{"numero_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_sha256": "bb116ebd059a4f1f82857d277b4c3bedcf2d22a6d6fd2a6279ddbf1fcb8e25c6", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1876/06/15_01/bmtnabc_1876-06-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1876/06/15_01/bmtnabc_1876-06-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1876-06-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[249]", "page_fin": "254", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.2.1", "titre_corps": "LOUIS CONSTANTIN", "titre_sommaire": "LOUIS CONSTANTIN", "signature_source": "ER. THOINAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[249]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "LOUIS CONSTANTIN\nROI |DES VIOLONS\n\n( 1624— 1627)\nA chronologie des fameux Rois des\nViolons n'est pas chose facile à éta-\nblir; car, malgré les recherches con-\nsciencieuses et souvent réitérées de\nquelques érudits, il reste encore à\néclaircir bien des points obscurs, à\ncombler bien des lacunes dans l'his-\ntoire de la monarchie ménétrière.\nIl faut donc désormais ne compter\nque sur le temps et le hasard pour\ndécouvrir des documents ignorés\njusqu'à ce jour, et à l'aide desquels\nil sera possible de fixer sans inter-\nruption l'ordre de succession au trône des souverains de l'archet. Les\nphilosophes, les violonistes mêmes, ne s'inquiètent pas trop, croyons-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "250", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "nous, de la solution d'un problème historique aussi important; mais les\ncurieux, moins impassibles, ne seront peut-être pas fâchés de tromper leur\nattente en lisant l'analyse du règne d'un de ces souverains oubliés; c'est\ndonc pour eux, à leur seule intention, que nous détachons celle-ci de nos\nnotes sur l'illustre corporation des lou\nbas.\nLouis Constantin naquit vers 1585- Il fut fiancé en 1609 à Mar-\nguerite de La Grange, et marié le 20 janvier 1610 en présence de Jehan\nConstantin « etaultres tesmoings » (1). Ce Jehan Constantin, lui aussi\njoueur de violon, et qui était le père ou le frère du marié, n'eut pas la\nmême célébrité que celui-ci» Louis acquit de bonne heuie une certaine\nhabileté et fut considéré comme un des meilleurs violonistes de son\ntemps ; ses compositions lui valurent aussi quelque réputation. On ignore\ntoutefois quels furent ses maîtres et pour son instrument et pour la com-\nposition. Son nom, surtout en tant qu'instrumentiste, est toujours cité\navec éloge à côté de ceux des virtuoses ses contemporains les plus\nrenommés. Suivant Dassoucy, Apollon, pour séduire Daphné, ne pou-\nvait employer de moyens plus persuasifs que de lui taire entendre la\nmusique :\nDe La Pierre et de Constantin,\nLuy mener le jeune Martin\nEt monsieur Lambert, son compère.\nDe son côté, Mersenne, dans un passage de son\nselle où il reconnaît plus de mérite à un beau chant qu'à une compo-\nsition à plusieurs parties, quelle qu'en soit la difficulté, s'exprime de\ncette manière : « A quoy l'on peut ajouter que plusieurs de ceux qui\nont ouy le violon, dont Bocan, ConstanLazarin, et quelques autres\njoûent toutes sortes de chansons, avouent que la partie qu'ils jouent\nsurpasse toutes sortes de concerts, et qu'ils quitteront très-volontiers\ntoutes les compositions à plusieurs voix pour les ouïr, quoy qu'ils ne\ntouchent qu'une partie. » Le père minime, dans un autre endroit de son\nlivre, admet que le son de l'épinette ressemble assez à celui du luth ou\nde la harpe, et parle de la possibilité d'imiter sur le premier de ces\ninstruments le son de la viole et du violon au moyen d un mécanisme\ningénieux. « Mais je ne croy pas, dit-il, que l'on puisse suppléer les\ngentillesses de la main gauche* ny les fiedons, et les douceurs et ravis-\nsements des coups de l'archet* dont les excellents joueurs de violes et de\nviolons, comme les sieurs Maugards, Lazarin, Bocan,\n\n(I) Constantin habitait, en 1615, la rue de la Huchette."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "251", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.3", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "Léger et quelques autres, ravissent l'esprit des auditeurs. » Les doutes\ndu musicologue du xvne siècle se sont justifiés, aussi bien pour le piano\nque pour l'épinette. loutes les tentatives faites, malgré beaucoup d'in-\ngéniosité dépensée, pour donner ù ces instruments le son continu des\ninstruments à archet, n'ont abouti jusqu'ici à aucun résultat satisfaisant.\nLe témoignage d'un contemporain du poids du père Mersenne, témoi-\ngnage consigné dans l'énorme in-folio dont nous l'avons extrait, ne doit\nlaisser aucun doute sur le talent de violoniste de Constantin; mais\ndésormais il n'est possible d'apprécier son mérite comme compositeur\nque par un seul morceau de lui, lequel se trouve dans le premier volume\nde 1 inestimable et très-précieuse collection Philidor, possédée par le\nConservatoire de Musique de Paris (i). Ce morceau, qui porte la date\nde 1636, est à six parties, sans indication d'instruments et est intitulée :\nlu Pacifique. Pétis dit que cette pièce, dans le style fugué, « annonce\ndu talent, et que l'on y trouve quelques cadences inattendues d'un bon\neffet. » Dans tous les cas, le bibliothécaire du Conservatoire, notre\nami M. Wekerlin, qui a bien voulu, avec son obligeance accoutumée,\nnous faire une copie de ce morceau, comprendra facilement, puisqu'il\nl'a lu, que nous lui disions en nous inspirant du père Mersenne, ce que\nnous quitteiions très-volontiers l'exécution de la Pacifique pour ouïr,\nquoiqu'on ne touche qu'une partie, » un simple chant expressif et bien\nrhythmé. Toutefois, si ce morceau ne donne pas une haute idée du com-\npositeui comme mélodiste, l'opinion de Fétis, au point de vue scho-\nlastique, n en subsiste pas moins et lui est favorable à très-juste raison.\nLouis Constantin paraît avoir fait partie assez jeune de la musique de\nLouis XIII, prince qui Pavait en grande estime. Il comptait au nombre\nde ses amis les célébrités musicales d'alors, et, particulièrement lié avec\nFrançois Richomme, son confrère à la cour, et de plus roy des violons,\nil tint à ce que celui-ci fût parrain d'un de ses enfants, né en 1620. A la\nmort de Richomme, survenue en 1624, Constantin fut appelé à lui\nsuccéder, et c est le 12 décembre de cette même année, qu'il fut investi\npar son royal patron, le roi-musicien Louis XIII, de VEstât et office\nde Roy et Maistre des Menestriers et de tous les loueurs d'lnstru-\nments, tant hault que bas du royaume.\n\n(1) Voici le titre de ce volume : Recueil de plusieurs vieux Airs faits aux Sacres,\nCouronnements, Mariages et autres Solennité\\ faits sous les JRègnes de François /e%\nHenri 111, Henri IV et Louis XIII, avec plusieurs concerts faits pour leur divertis-\nsement. Grand in-f°. Le XYII® volume cette même série, intitulé : Recueil de\nBranles, etc., renfermait plusieurs me nx de Constantin, mais i a disparu àla\nsuite des deux vols dont la collection \"ienne a été victime."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "252", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "Son prédécesseur avait dû sévir contre plusieurs musiciens qui cher-\nchaient à éluder certaines prescriptions des statuts de la corporation;\nLouis Constantin fut obligé, lui aussi, d'avoir recours à l'autorité du\nlieutenant civil pour obtenir justice de quelques maîtres qui, « se dé-\nvoyants de l'observance des statuts, frustroient par là, tant la chapelle\nde Saint-Julien que le roy de la communauté des droits qui leur appar-\ntenoient. » Sa requête visait encore d'autres joueurs d'instruments qui,\nquoique non reçus maistres, « entreprenoient des nopces, doilnoient\ndes aubades, jouoient dans les cabarets et lieux infâmes, au grand mespris\ndes statuts et à la ruine des maistres de l'art. »\nLe lieutenant civil, par une sentence en date du 27 mars 1628, donna\ngain de cause au royal plaignant et défendit ce à tous musiciens de jouer\ndes instruments sans avoir au préalable fait apprentissage pendant six\nannées et expérience devant le roy, comme aussi de jouer dans les\ncabarets et mauvais lieux des dessus, basses ou autres parties de violon,\nains seulement du rebec, c'est-à-dire du violon à trois cordes, le tout\nsous peine de prison, de vingt-quatre livres d'amende et bris des\ninstruments. »\nOn se conforma bien quelque temps à l'arrêt du lieutenant civil,\nmais peu à peu les contraventions reparurent et amenèrent de tels dé-\nsordres que, quinze ans plus tard, Constantin dut encore s'adresser à la\njustice. Il obtint, le 2 août 1643, un avis du procureur du roi, basé\nsur le jugement de 1628, qui fut confirmé par sentence du prévôt, le\n2 mars 1644; puis? les abus continuant, il ne fallut rien moins qu'un\narrêt du Parlement du 11 juillet 1648, pour interdire à tous ménétriers\nnon reçus maîtres et sous les peines précédemment édictées, d'entre-\nprendre à Vavenir sur l exercice des joueurs <i'instruments de musique,\net de ne jouer d'autres violons que du rebec.\nCes tentatives de rébellion, qui se produisirent sous le règne de Cons-\ntantin, furent le prélude des luttes que ses successeurs eurent à soute-\nnir contre les organistes et clavecinistes ; luttes autrement acharnées et\ntoutefois plus légitimes qui traînèrent à leur suite la fin des privilèges\nde la corporation et des prérogatives royales de leur chef.\nLe brevet de maître joueur d'instruments, que nous prenons dans\nnotre collection pour le reproduire ici, est une pièce d'une grande ra-\nreté. A notre connaissance, aucun auteur jusqu'à présent n'avait publié\nle texte de ces sortes de diplômes; aucun fureteur d'archives, d'auto-\ngraphes et de documents rarissimes, n'avait eu l'heureuse chance de\ndécouvrir un autre spécimen de ces curieux parchemins. Il est même\ntrès probable que celui-ci, pendant longtemps encore, pourra être con-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "253", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.6", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2717, "texte": "sidéré comme une pièce unique. Nous en devons la possession à notre\nami M. Baluze, dernier descendant de l'historiographe du xvne siècle ;\nc'est un devoir et un plaisir pour nous de Ten remercier sincèrement\nici (1). Ce brevet fut donné à François Chevalier, artiste appartenant à\nune de ces nombreuses familles de musiciens existant à ces époques\néloignées. On trouve un Chevalier, musicien très en réputation sous\nHenri 111, Henri IV et Louis XIII ; quelques auteurs ont dit qu'il fut\nmusicien de la Chambre de ces deux derniers rois, ce qui est très-\nprobable, car la quantité de ballets de cour, dont cet artiste composa\nla musique en partie ou en entier, est considérable. Le catalogue de\nces sortes de pièces, faites par Michel Henry, lui en attribue au moins\nune quarantaine. Ce Chevalier était un des notables de la corporation\ndes ménétriers; aussi son nom figure-t-il parmi les musiciens qui se\nréunissaient la nuit de la féte de saint Julien, patron de la corporation,\net parcouraient la ville en sonnant des sérénades et des marches\njoyeuses composées expressément pour la circonstance. Il avait pour\ncompagnons dans ces promenades nocturnes et musicales, La Motte,\nMichel Henry, Richaine, Henry l'aîné, Lore, Planson, Fransigne\nqui composa, lui aussi, un certain nombre de ballets de cour, et Me-\nchaine dont une parente mariée avec Guillaume Mazuel, fut bisaïeule\nde Molière (2).\nIl y eut encore deux musiciens du nom de Chevalier : l'un, joueur\nde luth du duc d'Orléans, en 1649; l'autre, chantre de la reine mère.\nL'artiste, qui fut veu, visité, expérimenté et trouvé capable par Sa Ma-\njesté Constantin, était sans doute leur parent; toujours est-il que, reçu\nplus tard violon de la grande bande de la Chambre de Louis XIV,\nFrançois donnait sa démission en faveur de son fils François-Florent,\nen 1676. Ce dernier exerçait encore sa charge en 1712, et son fils\nJoseph, figurait à cette date parmi les violons de cabinet, autrefois petits\nviolons. Enfin, un autre François-Florent Chevalier, faisait partie de\nla bande des vingt-quatre violons en 1736, et c'est probablement son\nnom qui se lit jusqu'en 1770 sur la liste des vétérans de la musique du\nroi.\n\n(1) M. Baluze, violoniste et grand amateur de lutherie, est très versé dans la con-\nnaissance des instruments à archet. Il s'est occupé principalement de la lutherie pa-\nrisienne et surtout des Archetistes de Paris dont les baguettes reconnues supérieures\nà celles des luthiers de tous les autres pays, sont aujourd'hui recherchées du monde\nentier.\n(2) Voyez notre brochure: Un Bisaïeul de Molière. —Recherches sur les\nmusiciens des seizième et dix-septième sièclesy alliés de la famille Poquelin. Paris,\nClaudin, 1878, in-12."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "254", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.7", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "Le brevet octroyé à François Chevalier, à la date du n septembre\n1657, fut un des derniers, sinon le dernier que Louis Constantin siçna,\ncar il mourut à la fin d'octobre de la même année, soit après un règne\nde trente-trois ans. Il demeurait, lors de sa mort, rue des Fossés-de-\nNesles, dans une maison portant pour enseigne :\net la cérémonie de son enterrement eut lieu à Saint-Sulpice, le 25 oc-\ntobre 1657.\nUn de ses fils, Jean, qui avait eu sa survivance, comme violon ordi-\nnaire du roi, était déjà titulaire de cette charge; mais il n'hérita pas de\nla couronne paternelle. Louis XIV, voulant récompenser de ses bons\net loyaux services,un autre musicien de sa Chambre, d'un talent plus\ngénéralement reconnu, posa cette couronne sur la tête de Guillaume\nDumanoir I ,le 20 novembre i6s7>en lui imposant l'obligation d'avoir\nà indemniser la veuve de son predecesseur, Marguerite de La Grange ( 1 ).\nUn Constantin que nous croyons fils de Jean, et par conséquent\npetit-fils de notre Roi des violons, jouait du hautbois à la cour, en\n1700. On le voit figurer, à côté des Irères André et Jacques Philidor,\net de leurs fils Anne et Pierre Philidor, comme taille de hautbois, dans\nbeaucoup de petites pièces en musique que Louis XIV se faisait repré-\nsenter dans l'intimité, notamment dans la\nChine et dans celle des Savoyards,toutes les deux mises en musique\npar André Philidor l'aîné, et représentées à Marly.\nC est là. tout ce que nous avons pu découvrir sur ce chef de la maîtrise\ndes musiciens, dans la première moitié du xvne siècle. Les notes possé-\ndées sur ses prédécesseurs sont encore moins fournies, puisqu'on ne\nconnaît même que les noms de beaucoup d'entre eux. Après Louis\nConstantin, vinrent Guillaume Dumanoir leretIeret Guillaume Dumanoir II\npuis le fameux Guignon, dernier roi des violons, et dont le nom, placé\nà la fin de leur histoire, ressemble assez à une amère plaisanterie du\nsort sur la couronne ménétrière.\n\nER. THOINAN.\n\n'1) Les époux Constantin marièrent, en 1655, leur nièce, Suzanne de la Fontaine,\norpheline qu'ils avaient élevée, avec Antoine Desnoyers, violon ordinaire du Roi!\nArchives nationales, Y, 192.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1876-06-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.2.2", "titre_corps": "IE LOVIS CONSTANTIN, Violon ordinaire delà", "titre_sommaire": "IE LOVIS CONSTANTIN, Violon ordinaire delà", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 665, "texte": "IE LOVIS CONSTANTIN, Violon ordinaire delà\nChambre du Roy , Roy ôc Maiftre de tous les loueurs d ui-\nftruments tant hault que bas par tout le Royaume de France»\nconfefle auoir reçeu ôc paCfe Maiftre loueur d'inftruments\ndemeurant à\naprès lauoir veu,vifîté,experimeté ôc ttouuécapable,à la charge\ndes droidts deubs à la Chapelle de Monfieur Saindt Iulien, fondée\nà Paris rue Sainâ: Martin : ôc obferuer les Statuts Ôc ordonnances#\ndont ledit Çj) m'a ce iourd'huy requis luy vou-\nloir deliurer La prefente foubs-feripte, de mon (ignée de\nma main , pour luy feruir ôc valoir en temps ôc lieu ainfi que\nde raifon, laquelle luy av o-dbroyee, Faitt ce\niouc de mu fix cens"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabc_1876-06-15_01#c006", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "255", "page_fin": "265", "image_debut": 8, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.2.3", "titre_corps": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN", "titre_sommaire": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN", "signature_source": "A. PRADINES", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "255", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 851, "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\nDEUXIÈME PARTIE\nSTECTACLES DE LA FOIRE\n\n(l\n(Suite et fin.)\nXXV\n'année 1725 voit renaître l'Opéra-Comique avec un\nsieur Honoré, qui en obtint le privilège. Ce person-\nnage était un maître chandelier de Paris, un four-\nnisseur de oc lumières aux théâtres. )> 11 ouvrit son\nspectacle dans le préau de la foire Saint-Germain.\nPiron lui fournit les Chimères, Ja pièce d'ouverture,\net Fuzelier les deux opéras comiques Pierrot Perrette et Y Audience du\nTemps, Tout marcha à souhait cette année pour Honoré ; il eut beau-\ncoup de vogue et lit de fortes recettes. Naturellement ce début grisa un\ntantinet notre maître chandelier. Il se croyait déjà au pinacle, lorsqu'un\nbeau matin du mois de janvier 1726, quinze jours avant l'ouverture de\n\n(1) Voir les numéros des Ie*1 décembre 187b, lerIer et ib avril, 1\" et i 5 mai, ier juin\n1576."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "256", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "la foire, on vint le réveiller brutalement de ses rêves. On vous pré-\nvient, lui dit-on, que le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-\ndes-Prés, a décidé d'établir un marché sur le préau de la foire; que\nvotre loge va être démolie et que, par conséquent, vous ayez à vous\npourvoir d'une autre où vous voudrez.\nAh ! mes chimères du début ! pensa sans doute le maître chan-\ndelier.\nCependant, après réflexion, la sérénité revint sur son front. Il se dit,\navec raison, que, puisque le préau disparaissait, les autres forains ne\ntrouveraient pas plus de loges que lui à la foire Saint-Germain, et que,\ndès lors, le public, toujours friand de spectacles, irait les trouver là\noù ils s'établiraient. Sa conclusion fut que, moins que tout autre, il\navait à désespérer. Ne possédait-il pas le privilège de l'Opéra-Comique?\nHélas ! encore des chimères ! Honoré loua un jeu de paume dans la rue\nde Bussy, y dressa son théâtre et ouvrit le 19 février, avec Y Ambigu\ncomique et la parodie àïAtys; il ne fit presque rien. L'émigration avait\nété fatale à l'Opéra-Comique. Le moment n'était pas arrivé où on pou-\nvait impunément l'enlever au champ de foire. Hâtons-nous de dire que\nles autres forains, disséminés aux alentours, ne furent guère plus heu-\nreux. Un seul se sortit d'affaires. C'était un John Rines, Anglais, qui\ns'était établi dans la rue des Fossés-Saint-Germain. Avec des exercices\nde voltige agrémentés de sauts, de danses et d'un jeu de marionnettes\npour lequel d'Orneval et Fuzelier écrivirent deux pièces, ce sauteur\nréussit à attirer un moment le public.\nCe fut bien pis en 1727 et 1728; Honoré ne trouva pas où placer son\nspectacle. Cependant le bail du privilège courait toujours. La ruine\nétait prochaine pour le maître chandelier, lorsqu'un sieur Pontau prit\nà son compte le privilège et dressa de nouveau l'Opéra-Comique rue de\ns\nBussy, au jeu de paume de l'Etoile. Mieux entendu ou plus chanceux,\nPontau réalisa quelques bénéfices pendant les foires de 1729 et de 1730.\nIl faut dire que Panard lui fournit deux excellentes pièces dans lesquelles\ndébuta une célébrité de l'époque, Charpentier, fameux joueur de\nmusette.\nLa foire Saint-Germain des quatre années dont nous venons de parler\nfut lamentablement triste : d'abord, parce qu'il n'y avait plus aucun\nspectacle dans son enclos; ensuite, parce que le marché qu'avait fait\nconstruire le cardinal de Bissy la réduisait strictement aux deux halles.\nLe document suivant nous peint exactement la situation.\nC'est une requête présentée au roi par les marchands forains en\n1730."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "257", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2411, "texte": "Les propriétaires des boutiques de la foire, s'apercevant que l'éloi-\ngnemcnt des loges des spectacles leur causait une perte considérable,\nsollicitent en ces termes la permission une salle de jeux dans\nl'enceinte des deux halles couvertes :\ncc Les anciens syndics en charge de tous les propriétaires des loges\nsituées dans l'enclos, et sous le couvert de la foire Saint-Germain-des-\nPrés, ayant présenté une requête au roi, dès l'année dernière, contenant\nqu'ils ont remarqué que, depuis que les loges des spectacles établies dans\nle préau de ladite foire ont été démolies, la plupart de celles du dedans,\ntenues par des marchands, ont cessé d'être louées, ou ne l'ont été qu'à\nbas prix ; et que même, lors de la dernière foire, plusieurs marchands\nont préféré de fermer celles qu'ils y avaient louées au hasard de ne point\nvendre ni recevoir de quoi se rembourser de leurs frais ; les propriétaires,\nà qui les loges tiennent lieu d'un patrimoine considérable ou qui les ont\nreçues en dot sur la foi des privilèges de la foire, ont la douleur, depuis\nquelques années, de voir cette portion de leur subsistance diminuer à\nchaque foire, ce qui les a obligés à convoquer une assemblée de tous les\npropriétaires pour aviser aux moyens de remettre leurs loges à quelque\nvaleur; et ils ont cru que le seul expédient, pour prévenir leur ruine\ntotale, était de faire construire une salle de théâtre dans l'enceinte et sous\nle couvert de la foire, ce qui procurera l'agrément et la commodité au\npublic qui, depuis quelques années, est obligé d'aller de ladite foire à\ndes rues éloignées pour assister aux spectacles qui en dépendent. Ainsi,\nles marchands pourront trouver dans la fréquentation de la foire, devenue\npour lors un lieu de spectacles et de promenade, tout ensemble, le débit\ncertain de leurs marchandises; et les propriétaires rentreront par là dans\nla jouissance d'un revenu dont la privation les a fort incommodés. »\nLe roi fit droit à cette requête par un arrêt de son conseil, en date du\n25 novembre 1730, et la salle fut construite aussitôt, mais exclusivement\nlouée à des troupes de sauteurs, de danseurs, de joueurs de marionnettes,\nde pantomimes, de farces, etc.\nXXVI\nRevenons à Pontau. Toujours relégué rue de Bussy, il parvint à se\nsoutenir avec des pièces de Fagan et Panard jusqu'à la fin de 1732,\nqu'il passa son privilège à de Vienne, lequel tint pendant quelque temps"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "258", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.11", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "1 Opéra-Comique sous ie nom de l'acteur Hamoche. En 1734, le 22 mars,\nde Vienne représenta la première pièce de Favart, les Deux jumelles.\nMais, peu satisfait de son entreprise, il rendit le privilège à Pontau, qui\nréussit enfin à réinstaller rOpéra-Comique,«ksinon dans l'enclos même\nde la foire, mais tout comme, c'est-à-dire dans le cul-de-sac, rue des\nQuatre-Vents. C'est là qu'il ouvrit, le 3 février 1735, avec 11 Double\ntour, de Gallet, et les Efforts du hasard, de l'Affichard. Pontau gagna\nde l'argent cette année et les suivantes. La salle était coquette et parfai-\ntement décorée par Tonnelier, un peintre en ornements très en renom.\nPontau se retira en 1743, et passa son privilège à Monnet, qui le céda à\nson tour à Berger, entre les mains duquel l'Opéra-Comique fut une fois\nencore supprimé.\nCela arriva à la fin de la foire Saint-Germain de 1745.\nEt pourquoi cette suppression? L'opéra-comique était parvenu à\nvaincre le guignon et à retrouver ses plus beaux jours. Que fallait-il\nd'autre à ses ennemis pour le faire disparaître ? D'ailleurs, durant les\nvingt années qui se sont écoulées depuis sa réapparition, les comédiens\ndu roi et les Italiens ils s'en étaient mêlés eux aussi n'avaient\npoint cessé de poursuivre ce but.\nDéjà, en 1730, les comédiens du roi lui avaient intenté un procès. Ils\nle perdirent; mais peu s'en fallut qu'ils obtinssent gain de cause sans\nplaider, et cela pour un jeu de mot glissé dans le Malade par complai-\nsance, de Fuzelier :\nLe malade de la pièce avait une servante du nom de Marie, qui venait\nlui demander comment il souhaitait qu'on accommodât ses œufs; et lui\nde répondre : Marie, àla coque.\nOn vit là une allusion ironique contre un ouvrage fameux qui venait\nde paraître, et dame! la gent dévote et jésuitière cria au sacrilège avec\nun si touchant ensemble, qu'on balança de lui sacrifier l'opéra-comique.\nIl va sans dire que, toujours frondeur, l'Opéra-Comique n'avait jamais\nmanqué l'occasion de draper ses ennemis. Avant comme après sa pre-\nmière suppression, il fut incorrigible sur ce point. Ainsi, dans le Retour\nde V Opéra-Comique à la foire, la Comédie-Française apparaît, exhalant\nsa haine par ces imprécations burlesques imitées dé Corneille :\nAh! c'en est trop souffrir de ce vil adversaire ;\nQu'il sente les effets de ma juste colère :\nFoire, à qui V Opéra fait un sort si charmant,\nFoire, l'unique objet de mon ressentiment ;"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "259", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "Foire, qui malgré moi te trouves ma voisine;\nFoire enfin que je hais et qui fais ma ruine,\nPuissent tous tes rivaux contre toi conjurés\nSaper tes fondements encor mal assurés ;\nEt si ce n'est asse% de leurs trames secrettes}\nQue mille plats auteurs f apportent leurs sornettes\nQue che% toi la Discorde allume son flambeau,\nQue ce trône éclatant te serve de tombeau;\nQue cent coups de sifflets effrayent ton audace;\nQue ton cher Opéra te mette à la besace ;\nQue tes auteurs jaloux se disputent entr'eux ;\nQue jamais le bon goût ne préside à tes jeux.\nPuissé-je de mes yeux voir tomber ce théâtre\nDont Paris follement se déclare idolâtre ;\nVoir le dernier forain à son dernier soupir,\nMoi-même en être cause et mourir 'de plaisir.\nLa Comédie-Italienne n'était pas plus épargnée. Dans les Trois com-\nmères, parodie du Banquet des Sept sages, Le Sage fait tenir le dia-\nlogue suivant à Pierrot, à Martin et au Diable cuisinier :\nLE DIABLE. On va vous donner un banquet qui vient de nous ar-\nriver de l'autre monde.\nPIERROT. Je vais gager que c'est le Banquet des Sept sages.\nLE DIABLE. Tout juste.\nMARTIN. Nous ne voulons pas des restes de là-haut.\nLE DIABLE. Hélas ! on n'y a presque pas touché.\nPIERROT. N'importe ! cela sera froid.\nLE DIABLE. Il n'y a qu'à le faire réchauffer.\nMARTIN. Fi donc ! C'est du maigre, les sauces tourneront.\nXXVII\nA partir de la foire Saint-Germain de 1745 inclusivement, l'Opéra -\nComique disparait pendant sept ans. Mais il ne fut pas oublié. A cha-\nque retour de foire, le public le redemandait. Des personnes haut placées\ns'employèrent alors pour le faire revivre. En 1752, à la sollicitation des\nofficiers composant le bureau de la Ville de Paris, Bernage, prévôt des\nmarchands, fit accorder ce privilège à Monnet, qui l'avait déjà possédé.\nCelui-ci le logea dans une salle construite tout exprès sur remplace-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "260", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.13", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "ment de l'ancienne (cul-de-sac des Quatre-Vents), et lui donna une im-\npulsion considérable. A dire vrai, ce genre de spectacles acquit le plein de\nson développement sous sa direction. C'est, en effet, en 1753, que Vadé\net D'Auvergne, surintendant de la musique du roi, plus tard directeur de\nl'Opéra, firent représenter les Troqueurs. Jusque-là, on le sait, les opé-\nras comiques n'avaient été que des comédies entremêlées de couplets ou\nvaudevilles, sur des airs connus. Dans les Troqueurs il n'en est plus\nainsi. D'Auvergne en écrivit la musique entièrement, à l'imitation des\nintermèdes italiens, à l'exception du dialogue parlé qui tenait la place\ndu récitatif. Une nouvelle carrière s'ouvrit dès lors aux compositeurs\nfrançais. C'est pourquoi, à l'imitation de D'Auvergne, ce fut à qui\nmieux mieux, parmi nos musiciens, s'adonna au genre de l'opéra co-\nmique. Longue est la liste de ceux qui y excellèrent. Contentons-nous\nde citer Duni, Philidor, Monsigny, Grétry et de La Borde. Quant aux\nopéras comiques qui suivirent les Troqueurs, il n'est personne qui ne\nconnût, à la fin du dernier siècle, le Peintre amoureux de son modèle\nles Aveux indiscrets, Biaise, le Soldat magicien, le Maître en droit,\nle Docteur Sangrado, etc., etc. Les principaux paroliers de cette\ndernière période sont, par ordre, Vadé, Favart et Sedaine.\nQue dire de plus : Monnet conserva cinq ans le privilège et fit si bien\nqu'il réalisa 6,000 livres de rente et se retira, laissant son théâtre à une\ncompagnie composée de Corbi, Moette, Dehesse et Favart.\nLes acteurs renommés de l'Opéra Comique étaient alors, parmi les\nhommes : La Ruette, Bouret, Paran, Delisle, Audinot, Clairval, Saint-\nAubert; parmi les femmes : mesdames Rosaline, Lemoine, Rolland,\nVilliers, Deschamps, Neisselle, Prudhomme, Luzy, Vilmont, Soufflet,\nFlorigny, Saint-Martin, Delorme.\nLes danseurs hommes étaient : Billioni (maîtrfc de ballets), Pietro et\nDuval; les danseuses : mesdames Prudhomme, Dehesse, et Vizentini*\nLes figurants étaient au nombre de vingt.\nEnfin l'orchestre se composait de huit violons_, deux hautbois, un\ntambourin, une quinte, deux violoncelles, deux bassons, une contre-\nbasse et deux cors de chasse.\nUn dernier détail : les prix des places étaien t de quatre livres aux pre\nmières loges et à l'orchestre; de deux livres aux secondes loges ; d'une\nlivre dix sols aux troisièmes loges, et d'une livre au parterre et aux qua-\ntrièmes loges.\nParvenu à ce point, non-seulement l'Opéra-Comique était indestruc-\ntible, mais il s'imposait à l'art. Donc, impossible de le faire disparaître"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "261", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "une quatrième fois. Cependant il nuisait de plus en plus aux recettes\ndes comédiens du roi, et en outre, il faisait ombrage aux comédiens ita-\nliens. On était à chercher un biais pour satisfaire à la fois les Français\net les Italiens, lorsque, en pleine foire de 1762, le feu prit aux Halles et\nles consuma entièrement. Tout le monde put croire que c'en était fini de\nla foire Saint-Germain, et dès lors le prétexte pour lui enlever TOpéra-\nComique était naturellement trouvé : l'Opéra afferma par conséquent le\nprivilège aux Italiens pour 82,000 livres par année. Les nouveaux ac-\nquéreurs firent absolument leur ce spectacle; ils s'approprièrent jus-\nqu'au répertoire des pièces, sans oublier les meilleurs artistes tels que\nLa Ruette, Audinot, Glairval et les demoiselles Neissel et Deschamps.\nC est de la sorte que le fils de la Foire Saint-Germain fut arraché à sa\nmère. Une seule fois il lui fut contraire : c'est lorsque les syndics de\nl'Opéra Tayant pris en sevrage, interdirent les pièces à écriteaux. Mais\nil suffit de ce couplet chanté par Arlequin dans la Fausse foire, pour le\nfaire rentrer dans le devoir :\nAuprès de toi, mère des Ris,\nLes fions fions sont ensevelis.\nHélas! hélas! Foire follette,\nQiii chantie\\ si bien un couplet,\nC'est ton joli landerirette\nQui t'a fait couper le sifflet.\nXXVIII\nQu'étaient devenus, depuis 1726, les autres spectacles forains ? Ils\ntenaient dans la grande salle élevée exprès pour eux en 1731. Le fond\nse composait de danses sur la corde, de tours de souplesse et d'agilité,\nde pantomimes, de jeux de marionnettes ; enfin, de tout ce qui constituait\nles spectacles de la foire avant les pièces à vaudevilles. Entre autres forains\nde connaissance, nous retrouvons là Restier et Lavigne. Ils s'étaient\nassociés, et, sous le nom de Troupe hollandaise, ils avaient réuni l'élite\ndes sujets de toutes les autres troupes. Leurs pièces pantomimes, dont\nMainbray était en grande partie l'auteur, faisaient fureur comme jadis\nles pièces à écriteaux. Parmi les plus courues, nous citerons les Dupes1\nle Triomphe de VHymen, Arlequin et Colombine, A trompeur, trom-\npeur et demi, etc., etc. De superbes décorations, brossées par Lemaire et"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "262", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.15", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "Charmoton, ajoutaient à l'attrait de ce spectacle. Ajoutons que les acteurs-\nmimes jouissaient d'une réputation hors ligne. C'étaient : La Tour,\nDubroc, Nicolini, Guittard, Prévost, Jérôme et les demoiselles Oploo,\nBrila, Bertier aînée et cadette, Prévost. Les autres exercices étaient\nexécutés par diverses célébrités européennes; à mesure qu'elles se pro-\nduisaient, toutes briguaient l'honneur de se montrer dans la Troupe\nhollandaise. Ainsi, la vogue de Tannée 1742 fut pour le Polichinelle\nanglais, pour la demoiselle Frédéric German, première danseuse de corde\nde Londres, et pour « l'incomparable cabrioleur italien, Grimaldi, dit\nJambe de fer. » Il sautait si haut, dit-on, que parfois il s'élevait jusqu'au\nlustre. On raconte à ce propos que dans un divertissement intitulé le\nPrix de Cythère, Grimaldi ayant renouvelé son exercice à la demande\ndu public, se surpassa et fit détacher du lustre une verroterie qui alla se\nprojeter sur l'auguste abdomen de l'ambassadeur de la Porte, Méhémet-\nEffendi; l'excellence se fâcha tout rouge et fit rosser d'importance le\nsauteur par ses gens. On voit qu'en ce temps-là les sauteurs n'avaient\npas qu'à se préoccuper du danger de se rompre le cou. Bon vieux\ntemps, va !\nAu milieu de toutes ces célébrités, dont personne ne se doute plus\ndepuis longtemps, Nicolet, qui avait succédé à Bienfait dans le jeu des\nmarionnettes, établissait tout doucement sa réputation future. Petit à\npetit, il monta un vrai spectacle, et produisit Taconet en faisant jouer\nde cet auteur, le 16 février 1758, la première pièce en règle intitulée :\nY Ombre de Vadé.\nVoilà ce que furent les spectacles forains jusqu'à la nuit du 16 au\n17 mai 1762 où, ainsi que nous l'avons dit, un incendie épouvantable,\nactivé par un violent vent du nord, anéantit la foire légendaire de Saint-\nGermain-des-Prés, déjà fortement entamée par la construction du marché\nétabli en 1726.\nEPILOGUE\nLe lendemain du sinistre, le roi fit distribuer aux forains, à titre de\nsecours, une somme de 200,000 livres. C'était un bien maigre pallia-\ntif pour tant de ruines ; aussi, pendant quelques mois, ce fut une ques-\ntion bien controversée de savoir si on construirait d'autres bâtiments.\nOn se décida enfin pour l'affirmative, et, dès le mois d'octobre, les pro-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "263", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "priétaires des terrains présentèrent une requête pour procéder à une\nréédification. La requête fut admise; mais la permission portait de ne\nconstruire que cent loges. Il ne s'agissait donc plus de rétablir les an-\nciennes halles si admirées et si spacieuses. C'est vrai qu'en réduisant\nl'importance des constructions, on trouvait moyen de ménager tout au-\ntour une espèce de préau. La compensation ne fut pas goûtée, d'autant\nque les nouveaux bâtiments ne présentaient ni la beauté ni la commo-\ndité des anciens, à beaucoup près. Leur vice capital consistait surtout\nen ceci, que le plus grand nombre des rues étaient à découvert. Rien\nde plus incommode eu égard à la saison dans laquelle se tenait la foire.\nQuant aux rues qu'on avait songé à abriter au moyen de vitrages, quel-\nques années suffirent pour les mettre à l'unisson des autres. L'ensemble\ndes bâtiments nouveaux formait un carré régulier. Comme auparavant,\nil était coupé d'allées rentrant les unes dans les autres et entièrement\ngarnies de boutiques occupées par des marchands et des cafés. Mais\npoint de salles pour les spectacles et les jeux; ceux-ci s'établirent comme\nils purent dans les rues voisines et la portion du préau dans laquelle\nle cul-de-sac des Quatre-Vents rentrait en retour d'équerre. On réserva\nle restant pour le stationnement des carrosses.\nEn somme, un contemporain qui écrivait au commencement de ce\nsiecle, nous dit crûment que la nouvelle foire n'était qu'un « assem-\nblage de baïaques dans un emplacement enfoncé, étroit, inégal et\nbourbeux. » Cependant il ajoute mélancoliquement, sans doute à la\nsuite d'un rapide éclair de souvenirs du temps de sa jeunesse : « Il y a\ntiente ans, et dans 1 état misérable où nous voyons encore ce coin de\nParis, il y avait une toire de luxe, l'admiration et les délices de\nParis. »\nGrâce à l'activité avec laquelle furent menés les travaux de déblaie-\nment et de reconstruction, la foire put s'ouvrir, comme les années pré-\ncédentes, le 3 février 1763, avec le cérémonial accoutumé. La foule ne\nfut ni moins empressée ni moins nombreuse que par le passé. Seule-\nment les premiers jours elle se trouva quelque peu dépaysée. Sans\nparler de la physionomie qui était changée elle constata la disparition\nde beaucoup de troupes de spectacles. Et de fait, Audinot et Nicolet\nrestaient seuls.\nAudinot commandait à la Troupe de l'Ambigu-Comique, formée ex-\nclusivement d'enfants des deux sexes.\nNicolet commandait à la troupe... de Nicolet, qui prit le titre plus\ntard des Grands Danseurs du Roi.\nQuoiqu'il leur lût interdit de chanter sur leur théâtre, Audinot et"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "264", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "Nicolet n'en jouaient pas moins des pièces régulières, sans préjudice,\nbien entendu, des exercices des danseurs de corde et sauteurs.\nNicolet montrait en plus un singe savant qui répondait au nom de\nTurco et que son maître Spinacuta avait dressé à danser sur la corde et\nà exécuter des tours de voltige. Turco mourut en 1767 d'une indiges-\ntion de dragées et fut très regretté parce qu'il « était fort aimé du pu-\nblic et surtout des dames, avec lesquelles il conversait si elles l'appe-\nlaient. Il s'asseyait sur l'appui des loges et grugeait toutes les pastilles\ndes belles. »\nLe théâtre de Nicolet était plus considérable que celui d'Audinot. En\n17 67, sa troupe se composait de quatorze acteurs, parmi lesquels Taco-\nnet; de douze actrices, deux souffleurs, huit figurants, autant de figu-\nrantes, un maître de ballets et un premier danseur. Voilà pour les\npièces régulières. Pour les pantomimes, il avait quatre premiers sujets\nqui tenaient les rôles de Pantalon, d'Arlequin, de Colombine et de\nPierrot. Pour les exercices, il y avait sept sauteurs dont un sauteur-\npaillasse ; pour la corde tendue et la voltige, quatre sujets; pour les\ntours de force et de souplesse, un sujet; pour le saut du tremplin, deux\nsujets; pour les parades au dehors, un Scapin. Son orchestre se com-\nposait d'un premier violon, de trois premiers dessus, quatre seconds\ndessus, deux flûtes, deux basses, un basson, un joueur de timbales et\nde tambourin. Ajoutons à ce personnel : un magasinier, trois tailleurs,\ndeux tailleuses, deux peintres-décorateurs, un machiniste, quatre me-\nnuisiers, un premier garçon de théâtre, un perruquier, un coiffeur,\ndeux appeleurs, six placeuses ou ouvreuses de loges.\nLe prix des places était : balcon et premières loges, 3 livres; am-\nphithéâtre, i livre 10 sols; orchestre et premier parquet, i livre 4 sols;\nsecond parquet, 16 sols; secondes loges, 12 sols; galerie, 8 sols.\nEn 1769, les divertissements de la foire s'augmentèrent d'un Waux-\nhal construit par Ruggieri. Il y avait place à l'intérieur pour quinze\ncents personnes. Les contemporains en font « un palais de fée où tout\nétait or, azur, glaces, et que fréquentaient beaucoup de femmes de\nqualité. »\nEn 1778, un sieur l'Ecluse ouvrit encore un spectacle.\nEn 1780 furent inaugurées les Variétés Amusantes.\nJusqu'en 1786, la Foire Saint-Germain ne tendit pas trop à péricliter,\nquoiqu'à vrai dire les boutiques eussent beaucoup perdu de leur splen-\ndeur et partant de leur vogue; mais, à partir de cette année, les préoc-\ncupations politiques les firent à peu près délaisser. En 1787, on n'y\nétala plus guère que de la lingerie»"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "265", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "Il n'en fut pas de même des spectacles forains; leur succès dura jus-\nqu'au dernier jour, 4 avril 1789.\nSingulier rapprochement historique : la pièce de fermeture au spec-\ntacle des Grands Danseurs du Roi avait pour titre\nQuatre mois après, jour pour jour (le 4 août), la tourmente révo-\nlutionnaire anéantissait l'ancien régime.\nComme lui, la Foire Saint-Germain avait vécu.\n\nA. PRADINES."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabc_1876-06-15_01#c010", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "266", "page_fin": "267", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.2.4", "titre_corps": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "signature_source": "Raoul de Saint-Arroman", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "266", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nHÉATRE-LYRIQUE. Obéron. Je connais\npeu d'œuvres d'une exécution aussi difficile que cette\npartition si adorablement poétique de Weber. M. Vi-\nzentini s'est mis en frais de patience et d'argent pour\narriver au résultat dont le public l'a récompensé par\ndes applaudissements de bon aloi. La représentation\na dépassé toutes nos espérances. L'orchestre, tenu rigoureusement et\nhabilement par la main habile du directeur du Théâtre-Lyrique, a fait\nmerveille. L'ouverture, surtout, a été exécutée magistralement. On a\nbissé le ravissant quatuor du second acte, et le ballet, dansé sur l'ouver-\nture de Tu rantott,sur Y Invitation et sur un pour\norchestre, de Weber, a obtenu le plus vif succès. Les seules défail-\nlances qu'on puisse signaler, viennent toutes des sujets du premier rang.\nCes artistes sont à vrai dire d'une jeunesse qui excuse leur inexpé-\nrience. Ce sont soldats peu aguerris le feu leur fait peur des débu-\ntants enfin.\nMademoiselle Salla (Rezia) vient de Liège. Elle est fort accorte per-\nsonne et sa voix ne manque ni d'ampleur ni de pureté. Mais que de\ntravail encore pour arriver au goût, au style, à la mesure même !\nMademoiselle Sablairolles (Fatime) n'est point pour nous une nou-\nvelle connaissance. Nous l'avions déjà remarquée dans le rôle d'Annette,\nlorsque M. Bagier donna à la salle Ventadour quelques représentations"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "267", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.20", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "du FreischutCette jeune artiste pourra rendre de grands services\ndans l'emploi des Dugazon.\nM. Lepers (Scherasmin) s'est fait applaudir dans son beau duo avec\nFatime et dans l'air : Sur les bords de la Garonne, qu'il dit avec une\nexcellente méthode.\nC'est encore une de nos vieilles connaissances. Il obtint beaucoup de\nsuccès à l'Athénée dans la charmante pièce de Guiraud, Madame Tur-\nlupin. Il joue avec une gaîté communicative le rôle amusant de l'écuyer\ngascon.\nM. Richard (Huon) avait une émotion si terrible qu'elle a totalement\nparalysé ses moyens. Ce n'est plus que l'ombre de lui-même. Vaincra-\nt-il cette paralysie de la peur? Retrouvera-t-il jamais la jolie voix qu'il\navait au Conservatoire? Je n'ose l'espérer.\nBonne soirée, au total, au point de vue de l'art. Quand tous ces élé-\nments seront plus homogènes, le Théâtre-Lyrique marchera vite et\nbien.\n\nRaoul de Saint-Arroman."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1876-06-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1876-06-15_01#c014", "volume": "bmtnabc_1876-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "268", "page_fin": "270", "image_debut": 21, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.2.5", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "268", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nnë nouvelle feuille musicale hebdomadaire vient de\nraître à Paris. Elle a pour titre le Journal de Musique, et\nest rédigée par notre confrère Armand Gouzien. Chaque\nnuméro contiendra quatre pages de texte et huit pages de\nmusique inédite.\nLes chiffres proposés par la sous-commission du budget des Beaux -\nArts, pour les subventions théâtrales, sont acceptés par le ministre. Ils -se\nrésument ainsi : maintien des subventions de l'Opéra, du Théâtre-Français et\nde 1 Odéon, et élévation à 200,000 francs de celles de l'Opéra-Comique et du\nThéâtre-Lyrique. Dans notre précédent numéro, nous avons annoncé que\nM. Lucien Dautresme, député, proposait de porter à 3oo,ooo francs la sub-\nvention du Théâtre-Lyrique.\nCe même député vient de faire un nouvel amendement, qui a pour objet :\ni° la suppression des allocations fixes, tout en maintenant au budget la\nsomme de 1,400,000 francs affectée aux 20 la mise en régie de\n1 Opéra, de 1 Opéra-Comique et du Théâtre-Lyrique; 3° la distribution au\nprorata des besoins de chaque théâtre, de la somme totale votée.\nM. Halanzier voyant sa situation ainsi menacée, a cherché à se défendre\npar avance dans un mémoire qui vient d'être distribué aux députés.\nIl y fait valoir que la prospérité actuelle de l'Opéra peut fort bien ne pas\ndurer, et que si les recettes baissaient seulement de 2,000 francs par jour, ce\nqui les mettrait à 16,000 francs, chiffre magnifique encore, il y aurait\n400,000 francs de recettes de moins au bout de l'année.\nNous pensons que l'amendement, ou plutôt le projet de M. Dautrestefc\nsera repoussé d'autant mieux que la régie par l'État a fait ses preuves, et n'a\nproduit, on le sait, que de fâcheux résultats."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "269", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.22", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "Des examens au grade de sous-chef de musique dans l'armée ont eu lieu\nla semaine dernière au Conservatoire. Il s'est présenté environ deux cents\ncandidats.\nL'Assemblée générale annuelle des artistes musiciens aura lieu le\n29 juin, à 1 heure, dans la grande salle du Conservatoire. Il sera donné com-\nmunication, à cette réunion, d'un décret, en date du 3i mai dernier, par le-\nquel l'Association des Artistes musiciens est reconnue comme établissement\nd'utilité publique, ainsi que la décision prise par le comité de porter la coti-\nsation à 12 francs par an, au lieu de 6 francs. Le taux de la libération entière\nsera porté à 200 francs, au lieu de 100 francs, dans le but d'élever le chiffre\ndes pensions, à 400 et 500 francs, au lieu de 200 et 300 francs, mais à partir\nde l'an 1900 seulement. Les Sociétaires pourront néanmoins, s'ils le pré-\nfèrent, rester dans les conditions actuelles.\nL'Opéra a donné hier soir, 14 juin, la première représentation de Sylvia,\nballet-pantomime en trois actes et cinq tableaux, musique de M. Léo Delibes.\nLe livret est dû à MM. Jules Barbier, J. de Reinach et Mérante. Nous n'a-\nvons pas le temps d'en faire le compte rendu, au moment de mettre sous\npresse; mais nous constatons avec plaisir que ce ballet a complètement\nréussi.\nNous ne pouvons que nous réjouir du succès constant et si mérité\nqu'obtient le Gammomètre de M. Bellour. Cet ingénieux instrument se com-\npose de planchettes mobiles, glissant à frottement les unes contre les autres,\net sur lesquelles se trouvent indiqués tous les intervalles de l'échelle chroma-\ntique, en tenant compte des enharmoniques. Par son jeu, il précise la fonc-\ntion d'un son quelconque, pris comme degré d'une gamme déterminée; il in-\ndique encore la construction des accords consonnants et dissonants dans tous\nles tons. Pour mieux préciser, nous dirons que le Gammomètre Bellour est\nun jouet à mettre dans les mains des apprentis musiciens pour éclairer leur\nesprit sur les problèmes les plus ardus de la science harmonique. L'inventeur\ny a joint un nouvel appareil qu'il appelle la Tonologue et qui n'est pas moins\nprécieux pour l'étude de la musique.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Mademoiselle Krauss a pris le 4 juin, par suite\nd'une indisposition, son congé qui ne devait courir que du i 5 juin.\nLes représentations de Jeanne d'Arc ont donc cessé.\nLe Freyschilt\\ ne sera prêt à passer que dans deux ou trois se-\nmaines. Le Prophète sera donné dans le courant du mois prochain ; puis\nviendra la Reine de Chypre, et enfin, en octobre, l'Africaine."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "270", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "Théâtre-Italien. —M. L. Escudier a engagé pour l'hiver prochain made-\nmoiselle Erminia Borghi-Mamo, fille de la célèbre cantatrice.\nRenaissance.— Ce théâtre devait fermer ses portes le 31 mai; mais, en\nprésence des recettes que faisait la Petite Mariée, le directeur s'est décidé à\nne clôturer que ce soir.\nThéâtre-National-Lyriqiie. La clôture aura lieu le 20 juin. La Statue\nde M. E. 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Les\nphilosophes, les violonistes mêmes, ne s'inquiètent pas trop, croyons-\n\nXl.'\n*7"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "250", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nnous, de la solution d'un problème historique aussi important; mais les\ncurieux, moins impassibles, ne seront peut-être pas fâchés de tromper leur\nattente en lisant l'analyse du règne d'un de ces souverains oubliés; c'est\ndonc pour eux, à leur seule intention, que nous détachons celle-ci de nos\nnotes sur l'illustre corporation des lou\nbas.\nLouis Constantin naquit vers 1585- Il fut fiancé en 1609 à Mar-\nguerite de La Grange, et marié le 20 janvier 1610 en présence de Jehan\nConstantin « etaultres tesmoings » (1). Ce Jehan Constantin, lui aussi\njoueur de violon, et qui était le père ou le frère du marié, n'eut pas la\nmême célébrité que celui-ci» Louis acquit de bonne heuie une certaine\nhabileté et fut considéré comme un des meilleurs violonistes de son\ntemps ; ses compositions lui valurent aussi quelque réputation. On ignore\ntoutefois quels furent ses maîtres et pour son instrument et pour la com-\nposition. Son nom, surtout en tant qu'instrumentiste, est toujours cité\navec éloge à côté de ceux des virtuoses ses contemporains les plus\nrenommés. Suivant Dassoucy, Apollon, pour séduire Daphné, ne pou-\nvait employer de moyens plus persuasifs que de lui taire entendre la\nmusique :\nDe La Pierre et de Constantin,\nLuy mener le jeune Martin\nEt monsieur Lambert, son compère.\nDe son côté, Mersenne, dans un passage de son\nselle où il reconnaît plus de mérite à un beau chant qu'à une compo-\nsition à plusieurs parties, quelle qu'en soit la difficulté, s'exprime de\ncette manière : « A quoy l'on peut ajouter que plusieurs de ceux qui\nont ouy le violon, dont Bocan, ConstanLazarin, et quelques autres\njoûent toutes sortes de chansons, avouent que la partie qu'ils jouent\nsurpasse toutes sortes de concerts, et qu'ils quitteront très-volontiers\ntoutes les compositions à plusieurs voix pour les ouïr, quoy qu'ils ne\ntouchent qu'une partie. » Le père minime, dans un autre endroit de son\nlivre, admet que le son de l'épinette ressemble assez à celui du luth ou\nde la harpe, et parle de la possibilité d'imiter sur le premier de ces\ninstruments le son de la viole et du violon au moyen d un mécanisme\ningénieux. « Mais je ne croy pas, dit-il, que l'on puisse suppléer les\ngentillesses de la main gauche* ny les fiedons, et les douceurs et ravis-\nsements des coups de l'archet* dont les excellents joueurs de violes et de\nviolons, comme les sieurs Maugards, Lazarin, Bocan,\n\n(I) Constantin habitait, en 1615, la rue de la Huchette."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "251", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.3", "texte": "LOUIS CONSTANTIN\n\nLéger et quelques autres, ravissent l'esprit des auditeurs. » Les doutes\ndu musicologue du xvne siècle se sont justifiés, aussi bien pour le piano\nque pour l'épinette. loutes les tentatives faites, malgré beaucoup d'in-\ngéniosité dépensée, pour donner ù ces instruments le son continu des\ninstruments à archet, n'ont abouti jusqu'ici à aucun résultat satisfaisant.\nLe témoignage d'un contemporain du poids du père Mersenne, témoi-\ngnage consigné dans l'énorme in-folio dont nous l'avons extrait, ne doit\nlaisser aucun doute sur le talent de violoniste de Constantin; mais\ndésormais il n'est possible d'apprécier son mérite comme compositeur\nque par un seul morceau de lui, lequel se trouve dans le premier volume\nde 1 inestimable et très-précieuse collection Philidor, possédée par le\nConservatoire de Musique de Paris (i). Ce morceau, qui porte la date\nde 1636, est à six parties, sans indication d'instruments et est intitulée :\nlu Pacifique. Pétis dit que cette pièce, dans le style fugué, « annonce\ndu talent, et que l'on y trouve quelques cadences inattendues d'un bon\neffet. » Dans tous les cas, le bibliothécaire du Conservatoire, notre\nami M. Wekerlin, qui a bien voulu, avec son obligeance accoutumée,\nnous faire une copie de ce morceau, comprendra facilement, puisqu'il\nl'a lu, que nous lui disions en nous inspirant du père Mersenne, ce que\nnous quitteiions très-volontiers l'exécution de la Pacifique pour ouïr,\nquoiqu'on ne touche qu'une partie, » un simple chant expressif et bien\nrhythmé. Toutefois, si ce morceau ne donne pas une haute idée du com-\npositeui comme mélodiste, l'opinion de Fétis, au point de vue scho-\nlastique, n en subsiste pas moins et lui est favorable à très-juste raison.\nLouis Constantin paraît avoir fait partie assez jeune de la musique de\nLouis XIII, prince qui Pavait en grande estime. Il comptait au nombre\nde ses amis les célébrités musicales d'alors, et, particulièrement lié avec\nFrançois Richomme, son confrère à la cour, et de plus roy des violons,\nil tint à ce que celui-ci fût parrain d'un de ses enfants, né en 1620. A la\nmort de Richomme, survenue en 1624, Constantin fut appelé à lui\nsuccéder, et c est le 12 décembre de cette même année, qu'il fut investi\npar son royal patron, le roi-musicien Louis XIII, de VEstât et office\nde Roy et Maistre des Menestriers et de tous les loueurs d'lnstru-\nments, tant hault que bas du royaume.\n\n(1) Voici le titre de ce volume : Recueil de plusieurs vieux Airs faits aux Sacres,\nCouronnements, Mariages et autres Solennité\\ faits sous les JRègnes de François /e%\nHenri 111, Henri IV et Louis XIII, avec plusieurs concerts faits pour leur divertis-\nsement. Grand in-f°. Le XYII® volume cette même série, intitulé : Recueil de\nBranles, etc., renfermait plusieurs me nx de Constantin, mais i a disparu àla\nsuite des deux vols dont la collection \"ienne a été victime."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "252", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nSon prédécesseur avait dû sévir contre plusieurs musiciens qui cher-\nchaient à éluder certaines prescriptions des statuts de la corporation;\nLouis Constantin fut obligé, lui aussi, d'avoir recours à l'autorité du\nlieutenant civil pour obtenir justice de quelques maîtres qui, « se dé-\nvoyants de l'observance des statuts, frustroient par là, tant la chapelle\nde Saint-Julien que le roy de la communauté des droits qui leur appar-\ntenoient. » Sa requête visait encore d'autres joueurs d'instruments qui,\nquoique non reçus maistres, « entreprenoient des nopces, doilnoient\ndes aubades, jouoient dans les cabarets et lieux infâmes, au grand mespris\ndes statuts et à la ruine des maistres de l'art. »\nLe lieutenant civil, par une sentence en date du 27 mars 1628, donna\ngain de cause au royal plaignant et défendit ce à tous musiciens de jouer\ndes instruments sans avoir au préalable fait apprentissage pendant six\nannées et expérience devant le roy, comme aussi de jouer dans les\ncabarets et mauvais lieux des dessus, basses ou autres parties de violon,\nains seulement du rebec, c'est-à-dire du violon à trois cordes, le tout\nsous peine de prison, de vingt-quatre livres d'amende et bris des\ninstruments. »\nOn se conforma bien quelque temps à l'arrêt du lieutenant civil,\nmais peu à peu les contraventions reparurent et amenèrent de tels dé-\nsordres que, quinze ans plus tard, Constantin dut encore s'adresser à la\njustice. Il obtint, le 2 août 1643, un avis du procureur du roi, basé\nsur le jugement de 1628, qui fut confirmé par sentence du prévôt, le\n2 mars 1644; puis? les abus continuant, il ne fallut rien moins qu'un\narrêt du Parlement du 11 juillet 1648, pour interdire à tous ménétriers\nnon reçus maîtres et sous les peines précédemment édictées, d'entre-\nprendre à Vavenir sur l exercice des joueurs <i'instruments de musique,\net de ne jouer d'autres violons que du rebec.\nCes tentatives de rébellion, qui se produisirent sous le règne de Cons-\ntantin, furent le prélude des luttes que ses successeurs eurent à soute-\nnir contre les organistes et clavecinistes ; luttes autrement acharnées et\ntoutefois plus légitimes qui traînèrent à leur suite la fin des privilèges\nde la corporation et des prérogatives royales de leur chef.\nLe brevet de maître joueur d'instruments, que nous prenons dans\nnotre collection pour le reproduire ici, est une pièce d'une grande ra-\nreté. A notre connaissance, aucun auteur jusqu'à présent n'avait publié\nle texte de ces sortes de diplômes; aucun fureteur d'archives, d'auto-\ngraphes et de documents rarissimes, n'avait eu l'heureuse chance de\ndécouvrir un autre spécimen de ces curieux parchemins. Il est même\ntrès probable que celui-ci, pendant longtemps encore, pourra être con-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.5", "texte": "IE LOVIS CONSTANTIN, Violon ordinaire delà\nChambre du Roy , Roy ôc Maiftre de tous les loueurs d ui-\nftruments tant hault que bas par tout le Royaume de France»\nconfefle auoir reçeu ôc paCfe Maiftre loueur d'inftruments\ndemeurant à\naprès lauoir veu,vifîté,experimeté ôc ttouuécapable,à la charge\ndes droidts deubs à la Chapelle de Monfieur Saindt Iulien, fondée\nà Paris rue Sainâ: Martin : ôc obferuer les Statuts Ôc ordonnances#\ndont ledit Çj) m'a ce iourd'huy requis luy vou-\nloir deliurer La prefente foubs-feripte, de mon (ignée de\nma main , pour luy feruir ôc valoir en temps ôc lieu ainfi que\nde raifon, laquelle luy av o-dbroyee, Faitt ce\niouc de mu fix cens"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "253", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.6", "texte": "LOUIS CONSTANTIN\n\nsidéré comme une pièce unique. Nous en devons la possession à notre\nami M. Baluze, dernier descendant de l'historiographe du xvne siècle ;\nc'est un devoir et un plaisir pour nous de Ten remercier sincèrement\nici (1). Ce brevet fut donné à François Chevalier, artiste appartenant à\nune de ces nombreuses familles de musiciens existant à ces époques\néloignées. On trouve un Chevalier, musicien très en réputation sous\nHenri 111, Henri IV et Louis XIII ; quelques auteurs ont dit qu'il fut\nmusicien de la Chambre de ces deux derniers rois, ce qui est très-\nprobable, car la quantité de ballets de cour, dont cet artiste composa\nla musique en partie ou en entier, est considérable. Le catalogue de\nces sortes de pièces, faites par Michel Henry, lui en attribue au moins\nune quarantaine. Ce Chevalier était un des notables de la corporation\ndes ménétriers; aussi son nom figure-t-il parmi les musiciens qui se\nréunissaient la nuit de la féte de saint Julien, patron de la corporation,\net parcouraient la ville en sonnant des sérénades et des marches\njoyeuses composées expressément pour la circonstance. Il avait pour\ncompagnons dans ces promenades nocturnes et musicales, La Motte,\nMichel Henry, Richaine, Henry l'aîné, Lore, Planson, Fransigne\nqui composa, lui aussi, un certain nombre de ballets de cour, et Me-\nchaine dont une parente mariée avec Guillaume Mazuel, fut bisaïeule\nde Molière (2).\nIl y eut encore deux musiciens du nom de Chevalier : l'un, joueur\nde luth du duc d'Orléans, en 1649; l'autre, chantre de la reine mère.\nL'artiste, qui fut veu, visité, expérimenté et trouvé capable par Sa Ma-\njesté Constantin, était sans doute leur parent; toujours est-il que, reçu\nplus tard violon de la grande bande de la Chambre de Louis XIV,\nFrançois donnait sa démission en faveur de son fils François-Florent,\nen 1676. Ce dernier exerçait encore sa charge en 1712, et son fils\nJoseph, figurait à cette date parmi les violons de cabinet, autrefois petits\nviolons. Enfin, un autre François-Florent Chevalier, faisait partie de\nla bande des vingt-quatre violons en 1736, et c'est probablement son\nnom qui se lit jusqu'en 1770 sur la liste des vétérans de la musique du\nroi.\n\n(1) M. Baluze, violoniste et grand amateur de lutherie, est très versé dans la con-\nnaissance des instruments à archet. Il s'est occupé principalement de la lutherie pa-\nrisienne et surtout des Archetistes de Paris dont les baguettes reconnues supérieures\nà celles des luthiers de tous les autres pays, sont aujourd'hui recherchées du monde\nentier.\n(2) Voyez notre brochure: Un Bisaïeul de Molière. —Recherches sur les\nmusiciens des seizième et dix-septième sièclesy alliés de la famille Poquelin. Paris,\nClaudin, 1878, in-12."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "254", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.7", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLe brevet octroyé à François Chevalier, à la date du n septembre\n1657, fut un des derniers, sinon le dernier que Louis Constantin siçna,\ncar il mourut à la fin d'octobre de la même année, soit après un règne\nde trente-trois ans. Il demeurait, lors de sa mort, rue des Fossés-de-\nNesles, dans une maison portant pour enseigne :\net la cérémonie de son enterrement eut lieu à Saint-Sulpice, le 25 oc-\ntobre 1657.\nUn de ses fils, Jean, qui avait eu sa survivance, comme violon ordi-\nnaire du roi, était déjà titulaire de cette charge; mais il n'hérita pas de\nla couronne paternelle. Louis XIV, voulant récompenser de ses bons\net loyaux services,un autre musicien de sa Chambre, d'un talent plus\ngénéralement reconnu, posa cette couronne sur la tête de Guillaume\nDumanoir I ,le 20 novembre i6s7>en lui imposant l'obligation d'avoir\nà indemniser la veuve de son predecesseur, Marguerite de La Grange ( 1 ).\nUn Constantin que nous croyons fils de Jean, et par conséquent\npetit-fils de notre Roi des violons, jouait du hautbois à la cour, en\n1700. On le voit figurer, à côté des Irères André et Jacques Philidor,\net de leurs fils Anne et Pierre Philidor, comme taille de hautbois, dans\nbeaucoup de petites pièces en musique que Louis XIV se faisait repré-\nsenter dans l'intimité, notamment dans la\nChine et dans celle des Savoyards,toutes les deux mises en musique\npar André Philidor l'aîné, et représentées à Marly.\nC est là. tout ce que nous avons pu découvrir sur ce chef de la maîtrise\ndes musiciens, dans la première moitié du xvne siècle. Les notes possé-\ndées sur ses prédécesseurs sont encore moins fournies, puisqu'on ne\nconnaît même que les noms de beaucoup d'entre eux. Après Louis\nConstantin, vinrent Guillaume Dumanoir leretIeret Guillaume Dumanoir II\npuis le fameux Guignon, dernier roi des violons, et dont le nom, placé\nà la fin de leur histoire, ressemble assez à une amère plaisanterie du\nsort sur la couronne ménétrière.\n\nER. THOINAN.\n\n'1) Les époux Constantin marièrent, en 1655, leur nièce, Suzanne de la Fontaine,\norpheline qu'ils avaient élevée, avec Antoine Desnoyers, violon ordinaire du Roi!\nArchives nationales, Y, 192.)"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "255", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.8", "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\nDEUXIÈME PARTIE\nSTECTACLES DE LA FOIRE\n\n(l\n(Suite et fin.)\nXXV\n'année 1725 voit renaître l'Opéra-Comique avec un\nsieur Honoré, qui en obtint le privilège. Ce person-\nnage était un maître chandelier de Paris, un four-\nnisseur de oc lumières aux théâtres. )> 11 ouvrit son\nspectacle dans le préau de la foire Saint-Germain.\nPiron lui fournit les Chimères, Ja pièce d'ouverture,\net Fuzelier les deux opéras comiques Pierrot Perrette et Y Audience du\nTemps, Tout marcha à souhait cette année pour Honoré ; il eut beau-\ncoup de vogue et lit de fortes recettes. Naturellement ce début grisa un\ntantinet notre maître chandelier. Il se croyait déjà au pinacle, lorsqu'un\nbeau matin du mois de janvier 1726, quinze jours avant l'ouverture de\n\n(1) Voir les numéros des Ie*1 décembre 187b, lerIer et ib avril, 1\" et i 5 mai, ier juin\n1576."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "256", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.9", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla foire, on vint le réveiller brutalement de ses rêves. On vous pré-\nvient, lui dit-on, que le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-\ndes-Prés, a décidé d'établir un marché sur le préau de la foire; que\nvotre loge va être démolie et que, par conséquent, vous ayez à vous\npourvoir d'une autre où vous voudrez.\nAh ! mes chimères du début ! pensa sans doute le maître chan-\ndelier.\nCependant, après réflexion, la sérénité revint sur son front. Il se dit,\navec raison, que, puisque le préau disparaissait, les autres forains ne\ntrouveraient pas plus de loges que lui à la foire Saint-Germain, et que,\ndès lors, le public, toujours friand de spectacles, irait les trouver là\noù ils s'établiraient. Sa conclusion fut que, moins que tout autre, il\navait à désespérer. Ne possédait-il pas le privilège de l'Opéra-Comique?\nHélas ! encore des chimères ! Honoré loua un jeu de paume dans la rue\nde Bussy, y dressa son théâtre et ouvrit le 19 février, avec Y Ambigu\ncomique et la parodie àïAtys; il ne fit presque rien. L'émigration avait\nété fatale à l'Opéra-Comique. Le moment n'était pas arrivé où on pou-\nvait impunément l'enlever au champ de foire. Hâtons-nous de dire que\nles autres forains, disséminés aux alentours, ne furent guère plus heu-\nreux. Un seul se sortit d'affaires. C'était un John Rines, Anglais, qui\ns'était établi dans la rue des Fossés-Saint-Germain. Avec des exercices\nde voltige agrémentés de sauts, de danses et d'un jeu de marionnettes\npour lequel d'Orneval et Fuzelier écrivirent deux pièces, ce sauteur\nréussit à attirer un moment le public.\nCe fut bien pis en 1727 et 1728; Honoré ne trouva pas où placer son\nspectacle. Cependant le bail du privilège courait toujours. La ruine\nétait prochaine pour le maître chandelier, lorsqu'un sieur Pontau prit\nà son compte le privilège et dressa de nouveau l'Opéra-Comique rue de\ns\nBussy, au jeu de paume de l'Etoile. Mieux entendu ou plus chanceux,\nPontau réalisa quelques bénéfices pendant les foires de 1729 et de 1730.\nIl faut dire que Panard lui fournit deux excellentes pièces dans lesquelles\ndébuta une célébrité de l'époque, Charpentier, fameux joueur de\nmusette.\nLa foire Saint-Germain des quatre années dont nous venons de parler\nfut lamentablement triste : d'abord, parce qu'il n'y avait plus aucun\nspectacle dans son enclos; ensuite, parce que le marché qu'avait fait\nconstruire le cardinal de Bissy la réduisait strictement aux deux halles.\nLe document suivant nous peint exactement la situation.\nC'est une requête présentée au roi par les marchands forains en\n1730."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "257", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.10", "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\n\nLes propriétaires des boutiques de la foire, s'apercevant que l'éloi-\ngnemcnt des loges des spectacles leur causait une perte considérable,\nsollicitent en ces termes la permission une salle de jeux dans\nl'enceinte des deux halles couvertes :\ncc Les anciens syndics en charge de tous les propriétaires des loges\nsituées dans l'enclos, et sous le couvert de la foire Saint-Germain-des-\nPrés, ayant présenté une requête au roi, dès l'année dernière, contenant\nqu'ils ont remarqué que, depuis que les loges des spectacles établies dans\nle préau de ladite foire ont été démolies, la plupart de celles du dedans,\ntenues par des marchands, ont cessé d'être louées, ou ne l'ont été qu'à\nbas prix ; et que même, lors de la dernière foire, plusieurs marchands\nont préféré de fermer celles qu'ils y avaient louées au hasard de ne point\nvendre ni recevoir de quoi se rembourser de leurs frais ; les propriétaires,\nà qui les loges tiennent lieu d'un patrimoine considérable ou qui les ont\nreçues en dot sur la foi des privilèges de la foire, ont la douleur, depuis\nquelques années, de voir cette portion de leur subsistance diminuer à\nchaque foire, ce qui les a obligés à convoquer une assemblée de tous les\npropriétaires pour aviser aux moyens de remettre leurs loges à quelque\nvaleur; et ils ont cru que le seul expédient, pour prévenir leur ruine\ntotale, était de faire construire une salle de théâtre dans l'enceinte et sous\nle couvert de la foire, ce qui procurera l'agrément et la commodité au\npublic qui, depuis quelques années, est obligé d'aller de ladite foire à\ndes rues éloignées pour assister aux spectacles qui en dépendent. Ainsi,\nles marchands pourront trouver dans la fréquentation de la foire, devenue\npour lors un lieu de spectacles et de promenade, tout ensemble, le débit\ncertain de leurs marchandises; et les propriétaires rentreront par là dans\nla jouissance d'un revenu dont la privation les a fort incommodés. »\nLe roi fit droit à cette requête par un arrêt de son conseil, en date du\n25 novembre 1730, et la salle fut construite aussitôt, mais exclusivement\nlouée à des troupes de sauteurs, de danseurs, de joueurs de marionnettes,\nde pantomimes, de farces, etc.\nXXVI\nRevenons à Pontau. Toujours relégué rue de Bussy, il parvint à se\nsoutenir avec des pièces de Fagan et Panard jusqu'à la fin de 1732,\nqu'il passa son privilège à de Vienne, lequel tint pendant quelque temps"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "258", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.11", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n1 Opéra-Comique sous ie nom de l'acteur Hamoche. En 1734, le 22 mars,\nde Vienne représenta la première pièce de Favart, les Deux jumelles.\nMais, peu satisfait de son entreprise, il rendit le privilège à Pontau, qui\nréussit enfin à réinstaller rOpéra-Comique,«ksinon dans l'enclos même\nde la foire, mais tout comme, c'est-à-dire dans le cul-de-sac, rue des\nQuatre-Vents. C'est là qu'il ouvrit, le 3 février 1735, avec 11 Double\ntour, de Gallet, et les Efforts du hasard, de l'Affichard. Pontau gagna\nde l'argent cette année et les suivantes. La salle était coquette et parfai-\ntement décorée par Tonnelier, un peintre en ornements très en renom.\nPontau se retira en 1743, et passa son privilège à Monnet, qui le céda à\nson tour à Berger, entre les mains duquel l'Opéra-Comique fut une fois\nencore supprimé.\nCela arriva à la fin de la foire Saint-Germain de 1745.\nEt pourquoi cette suppression? L'opéra-comique était parvenu à\nvaincre le guignon et à retrouver ses plus beaux jours. Que fallait-il\nd'autre à ses ennemis pour le faire disparaître ? D'ailleurs, durant les\nvingt années qui se sont écoulées depuis sa réapparition, les comédiens\ndu roi et les Italiens ils s'en étaient mêlés eux aussi n'avaient\npoint cessé de poursuivre ce but.\nDéjà, en 1730, les comédiens du roi lui avaient intenté un procès. Ils\nle perdirent; mais peu s'en fallut qu'ils obtinssent gain de cause sans\nplaider, et cela pour un jeu de mot glissé dans le Malade par complai-\nsance, de Fuzelier :\nLe malade de la pièce avait une servante du nom de Marie, qui venait\nlui demander comment il souhaitait qu'on accommodât ses œufs; et lui\nde répondre : Marie, àla coque.\nOn vit là une allusion ironique contre un ouvrage fameux qui venait\nde paraître, et dame! la gent dévote et jésuitière cria au sacrilège avec\nun si touchant ensemble, qu'on balança de lui sacrifier l'opéra-comique.\nIl va sans dire que, toujours frondeur, l'Opéra-Comique n'avait jamais\nmanqué l'occasion de draper ses ennemis. Avant comme après sa pre-\nmière suppression, il fut incorrigible sur ce point. Ainsi, dans le Retour\nde V Opéra-Comique à la foire, la Comédie-Française apparaît, exhalant\nsa haine par ces imprécations burlesques imitées dé Corneille :\nAh! c'en est trop souffrir de ce vil adversaire ;\nQu'il sente les effets de ma juste colère :\nFoire, à qui V Opéra fait un sort si charmant,\nFoire, l'unique objet de mon ressentiment ;"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "259", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.12", "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\n\nFoire, qui malgré moi te trouves ma voisine;\nFoire enfin que je hais et qui fais ma ruine,\nPuissent tous tes rivaux contre toi conjurés\nSaper tes fondements encor mal assurés ;\nEt si ce n'est asse% de leurs trames secrettes}\nQue mille plats auteurs f apportent leurs sornettes\nQue che% toi la Discorde allume son flambeau,\nQue ce trône éclatant te serve de tombeau;\nQue cent coups de sifflets effrayent ton audace;\nQue ton cher Opéra te mette à la besace ;\nQue tes auteurs jaloux se disputent entr'eux ;\nQue jamais le bon goût ne préside à tes jeux.\nPuissé-je de mes yeux voir tomber ce théâtre\nDont Paris follement se déclare idolâtre ;\nVoir le dernier forain à son dernier soupir,\nMoi-même en être cause et mourir 'de plaisir.\nLa Comédie-Italienne n'était pas plus épargnée. Dans les Trois com-\nmères, parodie du Banquet des Sept sages, Le Sage fait tenir le dia-\nlogue suivant à Pierrot, à Martin et au Diable cuisinier :\nLE DIABLE. On va vous donner un banquet qui vient de nous ar-\nriver de l'autre monde.\nPIERROT. Je vais gager que c'est le Banquet des Sept sages.\nLE DIABLE. Tout juste.\nMARTIN. Nous ne voulons pas des restes de là-haut.\nLE DIABLE. Hélas ! on n'y a presque pas touché.\nPIERROT. N'importe ! cela sera froid.\nLE DIABLE. Il n'y a qu'à le faire réchauffer.\nMARTIN. Fi donc ! C'est du maigre, les sauces tourneront.\nXXVII\nA partir de la foire Saint-Germain de 1745 inclusivement, l'Opéra -\nComique disparait pendant sept ans. Mais il ne fut pas oublié. A cha-\nque retour de foire, le public le redemandait. Des personnes haut placées\ns'employèrent alors pour le faire revivre. En 1752, à la sollicitation des\nofficiers composant le bureau de la Ville de Paris, Bernage, prévôt des\nmarchands, fit accorder ce privilège à Monnet, qui l'avait déjà possédé.\nCelui-ci le logea dans une salle construite tout exprès sur remplace-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "260", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.13", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nment de l'ancienne (cul-de-sac des Quatre-Vents), et lui donna une im-\npulsion considérable. A dire vrai, ce genre de spectacles acquit le plein de\nson développement sous sa direction. C'est, en effet, en 1753, que Vadé\net D'Auvergne, surintendant de la musique du roi, plus tard directeur de\nl'Opéra, firent représenter les Troqueurs. Jusque-là, on le sait, les opé-\nras comiques n'avaient été que des comédies entremêlées de couplets ou\nvaudevilles, sur des airs connus. Dans les Troqueurs il n'en est plus\nainsi. D'Auvergne en écrivit la musique entièrement, à l'imitation des\nintermèdes italiens, à l'exception du dialogue parlé qui tenait la place\ndu récitatif. Une nouvelle carrière s'ouvrit dès lors aux compositeurs\nfrançais. C'est pourquoi, à l'imitation de D'Auvergne, ce fut à qui\nmieux mieux, parmi nos musiciens, s'adonna au genre de l'opéra co-\nmique. Longue est la liste de ceux qui y excellèrent. Contentons-nous\nde citer Duni, Philidor, Monsigny, Grétry et de La Borde. Quant aux\nopéras comiques qui suivirent les Troqueurs, il n'est personne qui ne\nconnût, à la fin du dernier siècle, le Peintre amoureux de son modèle\nles Aveux indiscrets, Biaise, le Soldat magicien, le Maître en droit,\nle Docteur Sangrado, etc., etc. Les principaux paroliers de cette\ndernière période sont, par ordre, Vadé, Favart et Sedaine.\nQue dire de plus : Monnet conserva cinq ans le privilège et fit si bien\nqu'il réalisa 6,000 livres de rente et se retira, laissant son théâtre à une\ncompagnie composée de Corbi, Moette, Dehesse et Favart.\nLes acteurs renommés de l'Opéra Comique étaient alors, parmi les\nhommes : La Ruette, Bouret, Paran, Delisle, Audinot, Clairval, Saint-\nAubert; parmi les femmes : mesdames Rosaline, Lemoine, Rolland,\nVilliers, Deschamps, Neisselle, Prudhomme, Luzy, Vilmont, Soufflet,\nFlorigny, Saint-Martin, Delorme.\nLes danseurs hommes étaient : Billioni (maîtrfc de ballets), Pietro et\nDuval; les danseuses : mesdames Prudhomme, Dehesse, et Vizentini*\nLes figurants étaient au nombre de vingt.\nEnfin l'orchestre se composait de huit violons_, deux hautbois, un\ntambourin, une quinte, deux violoncelles, deux bassons, une contre-\nbasse et deux cors de chasse.\nUn dernier détail : les prix des places étaien t de quatre livres aux pre\nmières loges et à l'orchestre; de deux livres aux secondes loges ; d'une\nlivre dix sols aux troisièmes loges, et d'une livre au parterre et aux qua-\ntrièmes loges.\nParvenu à ce point, non-seulement l'Opéra-Comique était indestruc-\ntible, mais il s'imposait à l'art. Donc, impossible de le faire disparaître"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "261", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.14", "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\n\nune quatrième fois. Cependant il nuisait de plus en plus aux recettes\ndes comédiens du roi, et en outre, il faisait ombrage aux comédiens ita-\nliens. On était à chercher un biais pour satisfaire à la fois les Français\net les Italiens, lorsque, en pleine foire de 1762, le feu prit aux Halles et\nles consuma entièrement. Tout le monde put croire que c'en était fini de\nla foire Saint-Germain, et dès lors le prétexte pour lui enlever TOpéra-\nComique était naturellement trouvé : l'Opéra afferma par conséquent le\nprivilège aux Italiens pour 82,000 livres par année. Les nouveaux ac-\nquéreurs firent absolument leur ce spectacle; ils s'approprièrent jus-\nqu'au répertoire des pièces, sans oublier les meilleurs artistes tels que\nLa Ruette, Audinot, Glairval et les demoiselles Neissel et Deschamps.\nC est de la sorte que le fils de la Foire Saint-Germain fut arraché à sa\nmère. Une seule fois il lui fut contraire : c'est lorsque les syndics de\nl'Opéra Tayant pris en sevrage, interdirent les pièces à écriteaux. Mais\nil suffit de ce couplet chanté par Arlequin dans la Fausse foire, pour le\nfaire rentrer dans le devoir :\nAuprès de toi, mère des Ris,\nLes fions fions sont ensevelis.\nHélas! hélas! Foire follette,\nQiii chantie\\ si bien un couplet,\nC'est ton joli landerirette\nQui t'a fait couper le sifflet.\nXXVIII\nQu'étaient devenus, depuis 1726, les autres spectacles forains ? Ils\ntenaient dans la grande salle élevée exprès pour eux en 1731. Le fond\nse composait de danses sur la corde, de tours de souplesse et d'agilité,\nde pantomimes, de jeux de marionnettes ; enfin, de tout ce qui constituait\nles spectacles de la foire avant les pièces à vaudevilles. Entre autres forains\nde connaissance, nous retrouvons là Restier et Lavigne. Ils s'étaient\nassociés, et, sous le nom de Troupe hollandaise, ils avaient réuni l'élite\ndes sujets de toutes les autres troupes. Leurs pièces pantomimes, dont\nMainbray était en grande partie l'auteur, faisaient fureur comme jadis\nles pièces à écriteaux. Parmi les plus courues, nous citerons les Dupes1\nle Triomphe de VHymen, Arlequin et Colombine, A trompeur, trom-\npeur et demi, etc., etc. De superbes décorations, brossées par Lemaire et"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "262", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.15", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCharmoton, ajoutaient à l'attrait de ce spectacle. Ajoutons que les acteurs-\nmimes jouissaient d'une réputation hors ligne. C'étaient : La Tour,\nDubroc, Nicolini, Guittard, Prévost, Jérôme et les demoiselles Oploo,\nBrila, Bertier aînée et cadette, Prévost. Les autres exercices étaient\nexécutés par diverses célébrités européennes; à mesure qu'elles se pro-\nduisaient, toutes briguaient l'honneur de se montrer dans la Troupe\nhollandaise. Ainsi, la vogue de Tannée 1742 fut pour le Polichinelle\nanglais, pour la demoiselle Frédéric German, première danseuse de corde\nde Londres, et pour « l'incomparable cabrioleur italien, Grimaldi, dit\nJambe de fer. » Il sautait si haut, dit-on, que parfois il s'élevait jusqu'au\nlustre. On raconte à ce propos que dans un divertissement intitulé le\nPrix de Cythère, Grimaldi ayant renouvelé son exercice à la demande\ndu public, se surpassa et fit détacher du lustre une verroterie qui alla se\nprojeter sur l'auguste abdomen de l'ambassadeur de la Porte, Méhémet-\nEffendi; l'excellence se fâcha tout rouge et fit rosser d'importance le\nsauteur par ses gens. On voit qu'en ce temps-là les sauteurs n'avaient\npas qu'à se préoccuper du danger de se rompre le cou. Bon vieux\ntemps, va !\nAu milieu de toutes ces célébrités, dont personne ne se doute plus\ndepuis longtemps, Nicolet, qui avait succédé à Bienfait dans le jeu des\nmarionnettes, établissait tout doucement sa réputation future. Petit à\npetit, il monta un vrai spectacle, et produisit Taconet en faisant jouer\nde cet auteur, le 16 février 1758, la première pièce en règle intitulée :\nY Ombre de Vadé.\nVoilà ce que furent les spectacles forains jusqu'à la nuit du 16 au\n17 mai 1762 où, ainsi que nous l'avons dit, un incendie épouvantable,\nactivé par un violent vent du nord, anéantit la foire légendaire de Saint-\nGermain-des-Prés, déjà fortement entamée par la construction du marché\nétabli en 1726.\nEPILOGUE\nLe lendemain du sinistre, le roi fit distribuer aux forains, à titre de\nsecours, une somme de 200,000 livres. C'était un bien maigre pallia-\ntif pour tant de ruines ; aussi, pendant quelques mois, ce fut une ques-\ntion bien controversée de savoir si on construirait d'autres bâtiments.\nOn se décida enfin pour l'affirmative, et, dès le mois d'octobre, les pro-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "263", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.16", "texte": "priétaires des terrains présentèrent une requête pour procéder à une\nréédification. La requête fut admise; mais la permission portait de ne\nconstruire que cent loges. Il ne s'agissait donc plus de rétablir les an-\nciennes halles si admirées et si spacieuses. C'est vrai qu'en réduisant\nl'importance des constructions, on trouvait moyen de ménager tout au-\ntour une espèce de préau. La compensation ne fut pas goûtée, d'autant\nque les nouveaux bâtiments ne présentaient ni la beauté ni la commo-\ndité des anciens, à beaucoup près. Leur vice capital consistait surtout\nen ceci, que le plus grand nombre des rues étaient à découvert. Rien\nde plus incommode eu égard à la saison dans laquelle se tenait la foire.\nQuant aux rues qu'on avait songé à abriter au moyen de vitrages, quel-\nques années suffirent pour les mettre à l'unisson des autres. L'ensemble\ndes bâtiments nouveaux formait un carré régulier. Comme auparavant,\nil était coupé d'allées rentrant les unes dans les autres et entièrement\ngarnies de boutiques occupées par des marchands et des cafés. Mais\npoint de salles pour les spectacles et les jeux; ceux-ci s'établirent comme\nils purent dans les rues voisines et la portion du préau dans laquelle\nle cul-de-sac des Quatre-Vents rentrait en retour d'équerre. On réserva\nle restant pour le stationnement des carrosses.\nEn somme, un contemporain qui écrivait au commencement de ce\nsiecle, nous dit crûment que la nouvelle foire n'était qu'un « assem-\nblage de baïaques dans un emplacement enfoncé, étroit, inégal et\nbourbeux. » Cependant il ajoute mélancoliquement, sans doute à la\nsuite d'un rapide éclair de souvenirs du temps de sa jeunesse : « Il y a\ntiente ans, et dans 1 état misérable où nous voyons encore ce coin de\nParis, il y avait une toire de luxe, l'admiration et les délices de\nParis. »\nGrâce à l'activité avec laquelle furent menés les travaux de déblaie-\nment et de reconstruction, la foire put s'ouvrir, comme les années pré-\ncédentes, le 3 février 1763, avec le cérémonial accoutumé. La foule ne\nfut ni moins empressée ni moins nombreuse que par le passé. Seule-\nment les premiers jours elle se trouva quelque peu dépaysée. Sans\nparler de la physionomie qui était changée elle constata la disparition\nde beaucoup de troupes de spectacles. Et de fait, Audinot et Nicolet\nrestaient seuls.\nAudinot commandait à la Troupe de l'Ambigu-Comique, formée ex-\nclusivement d'enfants des deux sexes.\nNicolet commandait à la troupe... de Nicolet, qui prit le titre plus\ntard des Grands Danseurs du Roi.\nQuoiqu'il leur lût interdit de chanter sur leur théâtre, Audinot et\n\nXI.\nLA FOIRE SAINT-GERMAIN\ni 8"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "264", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.17", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNicolet n'en jouaient pas moins des pièces régulières, sans préjudice,\nbien entendu, des exercices des danseurs de corde et sauteurs.\nNicolet montrait en plus un singe savant qui répondait au nom de\nTurco et que son maître Spinacuta avait dressé à danser sur la corde et\nà exécuter des tours de voltige. Turco mourut en 1767 d'une indiges-\ntion de dragées et fut très regretté parce qu'il « était fort aimé du pu-\nblic et surtout des dames, avec lesquelles il conversait si elles l'appe-\nlaient. Il s'asseyait sur l'appui des loges et grugeait toutes les pastilles\ndes belles. »\nLe théâtre de Nicolet était plus considérable que celui d'Audinot. En\n17 67, sa troupe se composait de quatorze acteurs, parmi lesquels Taco-\nnet; de douze actrices, deux souffleurs, huit figurants, autant de figu-\nrantes, un maître de ballets et un premier danseur. Voilà pour les\npièces régulières. Pour les pantomimes, il avait quatre premiers sujets\nqui tenaient les rôles de Pantalon, d'Arlequin, de Colombine et de\nPierrot. Pour les exercices, il y avait sept sauteurs dont un sauteur-\npaillasse ; pour la corde tendue et la voltige, quatre sujets; pour les\ntours de force et de souplesse, un sujet; pour le saut du tremplin, deux\nsujets; pour les parades au dehors, un Scapin. Son orchestre se com-\nposait d'un premier violon, de trois premiers dessus, quatre seconds\ndessus, deux flûtes, deux basses, un basson, un joueur de timbales et\nde tambourin. Ajoutons à ce personnel : un magasinier, trois tailleurs,\ndeux tailleuses, deux peintres-décorateurs, un machiniste, quatre me-\nnuisiers, un premier garçon de théâtre, un perruquier, un coiffeur,\ndeux appeleurs, six placeuses ou ouvreuses de loges.\nLe prix des places était : balcon et premières loges, 3 livres; am-\nphithéâtre, i livre 10 sols; orchestre et premier parquet, i livre 4 sols;\nsecond parquet, 16 sols; secondes loges, 12 sols; galerie, 8 sols.\nEn 1769, les divertissements de la foire s'augmentèrent d'un Waux-\nhal construit par Ruggieri. Il y avait place à l'intérieur pour quinze\ncents personnes. Les contemporains en font « un palais de fée où tout\nétait or, azur, glaces, et que fréquentaient beaucoup de femmes de\nqualité. »\nEn 1778, un sieur l'Ecluse ouvrit encore un spectacle.\nEn 1780 furent inaugurées les Variétés Amusantes.\nJusqu'en 1786, la Foire Saint-Germain ne tendit pas trop à péricliter,\nquoiqu'à vrai dire les boutiques eussent beaucoup perdu de leur splen-\ndeur et partant de leur vogue; mais, à partir de cette année, les préoc-\ncupations politiques les firent à peu près délaisser. En 1787, on n'y\nétala plus guère que de la lingerie»"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "265", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.18", "texte": "LA FOIRE SAINT-GERMAIN\n\nIl n'en fut pas de même des spectacles forains; leur succès dura jus-\nqu'au dernier jour, 4 avril 1789.\nSingulier rapprochement historique : la pièce de fermeture au spec-\ntacle des Grands Danseurs du Roi avait pour titre\nQuatre mois après, jour pour jour (le 4 août), la tourmente révo-\nlutionnaire anéantissait l'ancien régime.\nComme lui, la Foire Saint-Germain avait vécu.\n\nA. PRADINES."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "266", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.19", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nHÉATRE-LYRIQUE. Obéron. Je connais\npeu d'œuvres d'une exécution aussi difficile que cette\npartition si adorablement poétique de Weber. M. Vi-\nzentini s'est mis en frais de patience et d'argent pour\narriver au résultat dont le public l'a récompensé par\ndes applaudissements de bon aloi. La représentation\na dépassé toutes nos espérances. L'orchestre, tenu rigoureusement et\nhabilement par la main habile du directeur du Théâtre-Lyrique, a fait\nmerveille. L'ouverture, surtout, a été exécutée magistralement. On a\nbissé le ravissant quatuor du second acte, et le ballet, dansé sur l'ouver-\nture de Tu rantott,sur Y Invitation et sur un pour\norchestre, de Weber, a obtenu le plus vif succès. Les seules défail-\nlances qu'on puisse signaler, viennent toutes des sujets du premier rang.\nCes artistes sont à vrai dire d'une jeunesse qui excuse leur inexpé-\nrience. Ce sont soldats peu aguerris le feu leur fait peur des débu-\ntants enfin.\nMademoiselle Salla (Rezia) vient de Liège. Elle est fort accorte per-\nsonne et sa voix ne manque ni d'ampleur ni de pureté. Mais que de\ntravail encore pour arriver au goût, au style, à la mesure même !\nMademoiselle Sablairolles (Fatime) n'est point pour nous une nou-\nvelle connaissance. Nous l'avions déjà remarquée dans le rôle d'Annette,\nlorsque M. Bagier donna à la salle Ventadour quelques représentations"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "267", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.20", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\ndu FreischutCette jeune artiste pourra rendre de grands services\ndans l'emploi des Dugazon.\nM. Lepers (Scherasmin) s'est fait applaudir dans son beau duo avec\nFatime et dans l'air : Sur les bords de la Garonne, qu'il dit avec une\nexcellente méthode.\nC'est encore une de nos vieilles connaissances. Il obtint beaucoup de\nsuccès à l'Athénée dans la charmante pièce de Guiraud, Madame Tur-\nlupin. Il joue avec une gaîté communicative le rôle amusant de l'écuyer\ngascon.\nM. Richard (Huon) avait une émotion si terrible qu'elle a totalement\nparalysé ses moyens. Ce n'est plus que l'ombre de lui-même. Vaincra-\nt-il cette paralysie de la peur? Retrouvera-t-il jamais la jolie voix qu'il\navait au Conservatoire? Je n'ose l'espérer.\nBonne soirée, au total, au point de vue de l'art. Quand tous ces élé-\nments seront plus homogènes, le Théâtre-Lyrique marchera vite et\nbien.\n\nRaoul de Saint-Arroman."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "268", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.21", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nnë nouvelle feuille musicale hebdomadaire vient de\nraître à Paris. Elle a pour titre le Journal de Musique, et\nest rédigée par notre confrère Armand Gouzien. Chaque\nnuméro contiendra quatre pages de texte et huit pages de\nmusique inédite.\nLes chiffres proposés par la sous-commission du budget des Beaux -\nArts, pour les subventions théâtrales, sont acceptés par le ministre. Ils -se\nrésument ainsi : maintien des subventions de l'Opéra, du Théâtre-Français et\nde 1 Odéon, et élévation à 200,000 francs de celles de l'Opéra-Comique et du\nThéâtre-Lyrique. Dans notre précédent numéro, nous avons annoncé que\nM. Lucien Dautresme, député, proposait de porter à 3oo,ooo francs la sub-\nvention du Théâtre-Lyrique.\nCe même député vient de faire un nouvel amendement, qui a pour objet :\ni° la suppression des allocations fixes, tout en maintenant au budget la\nsomme de 1,400,000 francs affectée aux 20 la mise en régie de\n1 Opéra, de 1 Opéra-Comique et du Théâtre-Lyrique; 3° la distribution au\nprorata des besoins de chaque théâtre, de la somme totale votée.\nM. Halanzier voyant sa situation ainsi menacée, a cherché à se défendre\npar avance dans un mémoire qui vient d'être distribué aux députés.\nIl y fait valoir que la prospérité actuelle de l'Opéra peut fort bien ne pas\ndurer, et que si les recettes baissaient seulement de 2,000 francs par jour, ce\nqui les mettrait à 16,000 francs, chiffre magnifique encore, il y aurait\n400,000 francs de recettes de moins au bout de l'année.\nNous pensons que l'amendement, ou plutôt le projet de M. Dautrestefc\nsera repoussé d'autant mieux que la régie par l'État a fait ses preuves, et n'a\nproduit, on le sait, que de fâcheux résultats."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "269", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.22", "texte": "VARIA\n\nDes examens au grade de sous-chef de musique dans l'armée ont eu lieu\nla semaine dernière au Conservatoire. Il s'est présenté environ deux cents\ncandidats.\nL'Assemblée générale annuelle des artistes musiciens aura lieu le\n29 juin, à 1 heure, dans la grande salle du Conservatoire. Il sera donné com-\nmunication, à cette réunion, d'un décret, en date du 3i mai dernier, par le-\nquel l'Association des Artistes musiciens est reconnue comme établissement\nd'utilité publique, ainsi que la décision prise par le comité de porter la coti-\nsation à 12 francs par an, au lieu de 6 francs. Le taux de la libération entière\nsera porté à 200 francs, au lieu de 100 francs, dans le but d'élever le chiffre\ndes pensions, à 400 et 500 francs, au lieu de 200 et 300 francs, mais à partir\nde l'an 1900 seulement. Les Sociétaires pourront néanmoins, s'ils le pré-\nfèrent, rester dans les conditions actuelles.\nL'Opéra a donné hier soir, 14 juin, la première représentation de Sylvia,\nballet-pantomime en trois actes et cinq tableaux, musique de M. Léo Delibes.\nLe livret est dû à MM. Jules Barbier, J. de Reinach et Mérante. Nous n'a-\nvons pas le temps d'en faire le compte rendu, au moment de mettre sous\npresse; mais nous constatons avec plaisir que ce ballet a complètement\nréussi.\nNous ne pouvons que nous réjouir du succès constant et si mérité\nqu'obtient le Gammomètre de M. Bellour. Cet ingénieux instrument se com-\npose de planchettes mobiles, glissant à frottement les unes contre les autres,\net sur lesquelles se trouvent indiqués tous les intervalles de l'échelle chroma-\ntique, en tenant compte des enharmoniques. Par son jeu, il précise la fonc-\ntion d'un son quelconque, pris comme degré d'une gamme déterminée; il in-\ndique encore la construction des accords consonnants et dissonants dans tous\nles tons. Pour mieux préciser, nous dirons que le Gammomètre Bellour est\nun jouet à mettre dans les mains des apprentis musiciens pour éclairer leur\nesprit sur les problèmes les plus ardus de la science harmonique. L'inventeur\ny a joint un nouvel appareil qu'il appelle la Tonologue et qui n'est pas moins\nprécieux pour l'étude de la musique.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Mademoiselle Krauss a pris le 4 juin, par suite\nd'une indisposition, son congé qui ne devait courir que du i 5 juin.\nLes représentations de Jeanne d'Arc ont donc cessé.\nLe Freyschilt\\ ne sera prêt à passer que dans deux ou trois se-\nmaines. Le Prophète sera donné dans le courant du mois prochain ; puis\nviendra la Reine de Chypre, et enfin, en octobre, l'Africaine."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "270", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18760615-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nThéâtre-Italien. —M. L. Escudier a engagé pour l'hiver prochain made-\nmoiselle Erminia Borghi-Mamo, fille de la célèbre cantatrice.\nRenaissance.— Ce théâtre devait fermer ses portes le 31 mai; mais, en\nprésence des recettes que faisait la Petite Mariée, le directeur s'est décidé à\nne clôturer que ce soir.\nThéâtre-National-Lyriqiie. La clôture aura lieu le 20 juin. La Statue\nde M. E. Reyer, qui sera donnée à la saison prochaine, aura pour interprètes\nMM. Bouhy, Duchesne et mademoiselle Salla.\nLe ténor Devilliers vient de résilier son engagement avec M. Vizentini,\net de signer avec M. Escudier.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}