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LÉANDRE .... René de Castéra\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le vieillard et le jeune homme.\nCOLETTE WLLLY Les\nJEAN MARNOLD Les\nRiemann\nMARTIAL TENEO Miettes historiques.\nREVUE DE LA QUINZAINE\nJEAN CHANTAVOINE \\\nLouis LALOY /\nLOUIS LALOY F C\nH a (\nJEAN POUEIGH )\nLOUIS LALOY : la Ronde des Saison\nJACQUES REBOUL La m\nLEF ZEITLIN La m\n• » *■\nLIONEL DE LA LAURENCIE. .. La musique au XVIIIE siècle.\nLouis LALOY . Les livres.\nEDOUARD PERRIN... Courrier de Nice.\nP. M . Courrier de Dijon.\nX. M. 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Notes sur quelques habitudes musicales 97\nUn chant historique latin du xm* siècle : le saint Clou de Saint-Denys ( 1233). 423\nR. Q. Le Congrès musical de Clermont 182\nJ. d'AUTREY\nR. Q. Livres et musique : Georges le Cardonnel et Charles Yellay : La litté-\nrature contemporaine 642\nE. BORREL\nR. Q. Les Concerts : Soirées d'art 586\nX.-MARCEL BOULESTIN\nR. Q. La Saison de Londres : En guise de prélude 89\n- 335\nLa musique en Angleterre : Londres et les environs 636\nRAYMOND BOUYER\nR. Q. Les Théâtres : A propos de la reprise du Freischùtz à l'Opéra 538\nMICHEL BRENET\nR. Q. Les livres : Louis Laloy : Aristoxène de Tarente et la musique de l'anti-\nquité 450\nR. C.\nR. Q. Chronique des Concerts : Les Mathurins. Quatuor Capet. Athénée.\nSociété Bach. Schola Cantorum . 91\nRICCIOTTO CANUDO\nLa musique italienne contemporaine 145\nL'X de la civilisation 210\nGASTON CARRAUD\nPour le Conservatoire 193\nABBÉ CHAMINADE\nIrois chansons sarladaises . 390\nE. JAQUES-DALCROZE\nLes Etonnements de M. Quelconque 273\nHENRY GAUTHIER-VILLARS\nLe Goût musical 254\nA propos d'Offenbach 421\nR. Q. A propos de l'Opérette 489\n(1) Les lettres R. Q. sont l'abréviation de Revue de la Quinzaine."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.7", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "P. G.\nH. Q. Courrier de Bruxelles: Une poignée de nouvelles\nPAUL GROSFILS\nR. Q. LA MUSIQUE EN BELGIQUE : Le théâtre : le groupe flamand\n. • • 490\nLes Concerts og\nA propos d'Armide • * * * ' * * '\nLivres et musique: Richard Wagner et Mathilde Wesendonk . Jouina\net Lettres, 1853-1871, trad. G. Khnopff. »\nALBERT GROZ\nR. Q. Le monument Beethoven\nF. HOLL\nR. Q. Courrier de Strasbourg 493\nELISABETH DIIRVEL\nR. Q. COURRIER DE MANCHESTER : Musique anglaise 494\n_ - 55i\nF. L.\nR. Q. Chronique des Concerts : Châtelet. 93\nLouis LALOY\nAux lecteurs 1\nLe drame musical moderne : L Vincent d'lndy\nIL Zola-Bruneau 7^\n111. Gustave Charpentier 169\nIV. Claude Debussy 233\nUn dernier mot sur Alfred Bruneau 288\nR. Q. De quelques concerts :M. Ricardo Vines. Mme Giorgette Leblanc-\nMaeterlinck 39\nCHRONIQUE DES CONCERTS 91, 93» *39\nLES CONCERTS. Concerts Chevillard :la Mer, trois esquisses symphoni-\nques de Claude Debussy. Concerts Colonne : Wagner 487\nConcerts Chevillard. Concerts Colonne 546\nConcerts Colonne. Concerts Chevillard. Mlle Elisabeth Delhez. . 584\nConcerts Chevillard. Concerts Colonne. Schola Cantorum.\nMM. Emile Mendels et Plamondon. M. Risler. MM. Marneff,\nFliege, Delacroix et Mrae C. Fourrier 628\nAu THÉÂTRE : Siberia, de Giordano, au théâtre Sarah-Bernhardt.— La\nCabrera, de G. Dupont, à l'Opéra-Comique 44\nChérubin, comédie chantée de Francis du Croisset et Henri Cain, musi-\nque de Massenet, à TOpéra-Comique 87\nOpéra-Comique : Miarka, drame lyrique en 4 actes, de Jean Richepin et\nAlexandre Georges 541\nAu Conservatoire :Le Concours de Rome. Une revision nécessaire. 85\nDéodat de Séverac 134\nLivres et Musique 135\nLes Idées de M. Houdard 138, 263, 374\nM. Camille Saint-Saëns et les Italiens 180\nConcours du Conservatoire 265, 307\nLes Livres\nLes Superflus\nMusique nouvelle. Albert Roussel : Quatre poèmes (Henri de Régnier). 444\nLes réformes du Conservatoire 45!\nLivres et Musique. Romain Rolland : Jean Christophe. Henry\nExpert : Extraits des Maîtres Musiciens de la Renaissance française.\nFrédéric Hellouin : Essai de critiquede la critique musicale 640\nLIONEL DE LA LAURENCIE\nUn primitif français du violon : François du Val 5o\nL'anoblissement d'un musicien sous Louis XIV ! . . 386"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.8", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "R. Q. Iconographie musicale : Deux nouveaux portraits de Rameau et de Mon-\ndonville 4°4\nCH. LÉANDRE\nCROQUIS D'ALBUM INÉDITS : Blanche Selva et René de Castéra 64 bis\nA. Geloso 160 bis\nRicardo Viries 208 bis\nEtudes de chef d'orchestre : Gabriel Marie 360 bis\nEtudes de virtuose 424 bis\nA la Schola Cantorum : Marcel Labey 520 bis\nPianiste : Alfred Cortot 616 bis\nJEAN LEROUX\nDialogues d'été : l'Opéra populaire 377\nCH.-W. LOEFFLER\nR. Q. La musique en Amérique: Faits et documents 638\nJEAN MARNOLD\nLes sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Riemann. 26, 119, 214, 293, 435, 530\nDialogues des Morts : I. Mendelssohn, Brahms 49\n11. Liszt, Wagner 160\n111. Marsyas, Olympos 345\nIV. Berlioz, Mendelssohn, et quelques autres 457\nV. Rossini, Auber et quelques autres 601\nR. Q. Virtuosiana 40\n—Le Scandale du Prix de Rome 129, 178\nEchos : Au Conservatoire 184\nBasiliana 228\nConservatoriana 396\nPAUL MAZON\nR. Q. A l'Opéra : Débuts de Mll® Grandjean dans la Valkyrie 262\nJACQUES MÉRALY\nLes idées de Nietzsche sur la musique 324\nNEZEU\nR. Q. Chronique des Concerts : Schola Cantorum 91\nLes Théâtres : Le Jugement de Paris 544\nPAN\nR. Q. ECHOS :Un musicien de cour au xx° siècle. Société J.-S.-Bach.\nConcours de Rome. Question. Salons musicaux 46\nEn Italie. Timbales chromatiques. Théâtre lyrique. Une\nrectification : Balakiref et M. Gunsbourg. Mondanités. Au\nThéâtre de l'Ambigu. Ecole Beethoven. M. Paladilhe.\nL'Administration. Kubelik. M. Eugène Gigout. La Prépara-\ntion militaire. Nécrologie 94\nCeux qui ne sont\" pas au coin du quai. A l'Opéra. A l'Opéra-\nComique. Société symphonique. Mondanités. Une trouvaille.\n—• Vingt-trois directeurs de théâtres arrêtés 142\nAu Conservatoire. Les prudents. M. Vincent dTndy. Le prix\nd'un torticolis. Orgue à vendre, 4 claviers, 75 jeux, etc. Les\n« Chanteurs de Saint-Gervais » à l'église de la Sorbonne. Théâtres\npopulaires. Société philharmonique... française. La Société l'Or-\nchestre. Un Concours général de musique. A f Opéra-Comique.\nEcole des Hautes Etudes Sociales. Société des Auditions mo-\ndernes. L'Edition vaticane. Boulogne-sur-Mer. Bruxelles.\nLyon. Strasbourg. A. Cappella. Cours et écoles de musique.\nA l'étranger. —M. Gunsbourg. —Nécrologie 184"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2570, "texte": "R. Q. Le Dictionnaire du Conservatoire. L'Officieux d'Académie. A\nTokio. Auditions d'élèves. Prix de Rome. Munich. . . . . 230\nHonneurs officiels. A l'Opéra. Les amis de la maison. Vieille\nguitare. L'Officieux d'Académie. Soleure. L'Œuvre Inter-\nnationale. Mondanités. La chanson 269\nLes officiels. Au sous-secrétaire des Beaux-Arts. Concours\nRubinstein. Rennes. Heidelberg. Vichy. Montluçon.\nNécrologie 3°9\nRemerciements. Orange. Nîmes. —■ Vichy. Vevey. Gluck\nrevu et corrigé. Soirées d'Art. Prix Rubinstein 341\nL'Enfant-Roi. Béziers. Biarritz. Boulogne-sur-Mer. Schola\nCantorum. . . • 374\nConnais-toi toi-même. —La musique et l'Université. Critique\nparlementaire. L'Almanach des Amateurs. La traite des planches.\nOrganisation de Concerts. Les grands Concerts. Nécrologie. . 406\nConservatoire. Emile Zola musicien. Opéra-Comique. Opéra.\nM. Armand Parent. Schola musicae. Festival Schumann,\nTourcoing. Une opinion du maestro Mascagni. Helsingfors.\nSoirées d'Art. La Revue du Bien. Association générale des publi-\ncistes français. Société Beethoven. Une surprise 453\nPreuves. Directeurs irascibles. Schola Cantorum. Boston.\nM. Maurice Ravel. M. Henri Dallier. Lyon. Tiflis. Leyde.\nToulouse. Soirées d'Art. M. Armand Ferté. Le Faust de\nShakspeare. Société J.-S.-Bach. L'Œuvre Internationale.\nEcole Beethoven 497\nLes aboyeurs. Au Conservatoire. Quatuor Parent. Société\nBach. Elisabeth Delhez. Nécrologie 551\nL'Almanach des Amateurs. Matinées Danbé. Concerts Marneff.\nSociété Bach. Fondation Bach. Bruxelles. —Lyon. Nancy.\nNantes. —L'Argus de la Presse. Le sottisier musical 598\nAu Conservatoire. Bach jugé par Carmen Sylva. Société\nNationale. Matinées Cluny. Pharmacie musicale. Troyes.\nLa Rénovation esthétique. Le sottisier musical. ...... 646\nConcerts annoncés 47\nPublications récentes 48, 96, 144, 192, 232, 272, 312, 504, 600\nP. SALVATOR PEÏTAVI\nLes chansons populaires bulgares 354\nEsquisses musicales d'outre-Manche :I. Le peuple anglais et la musique. . . 410\n11. La musique et la religion 470\n111. Noël et les « Christmas Carols ». . . 567\nEDOUARD PERRIN\nR. Q. Courrier de Nice : Nice et la musique italienne 547\nARMANDE DE POLIGNAG\nLe Rythme. .... * 58\nPensées d'ailleurs 158, 251, 384, 511\nLe « jeune compositeur »et le ce spectateur amusé ». . 320\nParalipomena 563\nConte de Noël 616\nJEAN POUEIGH\nH. Q. Théâtre des Arènes de Béziers : Les Hérétiques, opéra en 3 actes, de\nMM. A.-Ferdinand Hérold et Ch. Levadé 402\nLES CONCERTS: Société Bach 587\nSociété Philharmonique 631\nJ.-G. PROD'IIOMME\nLettres de Beethoven à la famille Brentano . 514"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "JACQUES REBOUL\nH. Q. La musique à Lyon : Grancl-Théâtre de Lyon : première représentation\nd'Armor, drame lyrique en 3 actes de M. Silvio Lazzari, poème de\nM. E. Jaubert. Société Lyonnaise des Grands Concerts : première\naudition . f . 632\nROMAIN ROLLAND\nUn Vaudeville de Rameau . . . . 19\nJULES ROUANET\nEsquisse pour une histoire de la musique arabe en Algérie 553\nGUSTAVE SAMAZEUILH\nR. Q. Musiques nouvelles: M. Ducourau: Pièces pour piano, sur des thèmes\nbasques. Albeniz, Alquier, Bordes, de Bréville, etc. : Album pour\nenfants petits et grands. Déodat de Séverac: En Languedoc.\nMarcel Labey : Sonate pour piano et alto. Albert Groz: Prélude pour\npiano; Heures d'été (poèmes d'A. Samain). Claude Debussy: Suite\nbergamasque 305\nLouis DE SERRES\nRéponse à Willy 314\nAc. SEVER\nH. Q. Chronique des Concerts : Musiciens catalans go\nA. SORIANO\nR. Q. Concerts Cortot 88\nSOUS-OFF.\nR. Q. Courrier de Stuttgart: L'Opéra de Stuttgart 495\n~ ••••*. 596\n• De la pantomime. 645\nMARTIAL TENEO\nMiettes historiques : Le comte de Lauraguais et Sophie Arnould\nRabaut Saint-Etienne, théoricien musical 204\nEclipse d'Etoile\nLa Morte vivante 365\nLe danseur fou. 440\nUn spectacle à la Cour en 1763. * 480\nCe « marcheur)) de Rossini ! 524\nCorrespondance théâtrale du xvne siècle 576, 620\nA. M. D. V.\nR, Q. Concerts du Conservatoire 630\nEMILE VUILLERMOZ\nUne tasse de thé\nCOLETTE WILLY\nLes Vrilles de la vigne 18, 73, icg, 201, 420\nWILLY\nLe vieillard et le jeune homme\nH. Q. Festival Weingartner 4^\nCAUSETTE ; Jean M arnold, Félix Weingartner et Edouard Risler. . . 86\nCritique royale. xBo\nA bâtons rompus. , • 544\nX\nB. Q. 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L Aux lecteurs 1\nWILLY ..... . Le Vieillard et le Jeune Homme 3\nLouis LALOY Le Drame musical moderne : /. Vincent dy Indy. 8\nCOLETTE WILLY Les Vrilles de la vigne 17\nROMAIN ROLLAND. . . . Un Vaudeville de Rameau IG\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M, Hugo\nRiemann 25\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : De quelques Concerts, 39. —JEAN MARNOLD:\nVirtuosiana> 40. W. : Festival Weingartner, 43. Louis LALOY :Au théâtre,\n441 Pan : Echos, 46. Concerts annoncés,47. Publications [récentes,*'4B.\nN° 2. IER JUIN.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts :/. Mendelssohn, Brahms. . 49\nARMANDE DE POLIGNAC. . Le Rythme 57\nLIONEL DE LA LAURENCIE . Un primitif français du violon :Du Val. ... 59\nCOLETTE WILLY .... Les Vrilles de la vigne 73\nLouis LALOY Le Drame musical moderne : 11. Zola-Bruneau. . 75\nCH. LÉANDRE Croquis d'album: Blanche Selva et René de Cas-\ntéra 64 bis\nRevue delà Quinzaine : Louis LALOY: AU Conservatoire, 85. —WILLY: Causette,\n86. Louis LALOY :Au Théâtre : Chérubin, 87. A, SORIANO : Concerts Cortot, 88.\nX.-MARCEL BOULESTIN :La Saison de Londres, 89. Ac. SEVER, L. L., NÉZEU, R. C.,\nLOUIS LALOY, F. L. : Chronique des Concerts, 90. PAN : Echos, 94. Publications\nrécentes, 96.\nN° 3.\nPIERRE AUBRY Au Turkestan 97\nCOLETTE WILLY .... Les Vrilles de la vigne 109\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques. Le comte de Lauraguais et\nSophie Arnould 111\nJEAN MARNOLD. .... Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Hugo\nRiemann 119\nRevue de la Quinzaind : JEAN MARNOLD: Le scandah du Prix de Rome, 129.\nALBERT GROZ : Le Monument Beethoven, 133. Louis LALOY: Déodat de Séverac,\n134. Livres et musique, 135. Les idées de M. Houdard» 138. Chronique des Con-\ncerts, 139. PAN : Echos, 142. Publications récentes, 144.\nN° 4. I*R JUILLET.\nRICCIOTTO CANUDO . . . La musique italienne contemporaine 145\nARMANDE DE POLIGNAC, . Pensées d'ailleurs. 15^\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : 11. 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LÉANDRE Croquis d'album inédit : Ricardo Vines .. . 208 bis\nRevtie de la Quinzaine : JEAN MARNOLD : Basiliana, 228. PAN : Echos, 230.\nN° 6. IER AOUT.\nLOUIS LALOY Le Drame musical moderne : IV. Claude Debussy. 233\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs. 249\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le goût musical 253\nRevue dé la Quinzaine : PAUL GROSFILS : La musique en Belgique, 257. PAUL MA-\nZON : A VOpéra, 262. Louis LALOY : Les idées de M. Houdard, 263. Concours du\nConservatoirey 265. PAN : Echos, 269. Publications récentes, 272.\nN° 7.\nE. JAQUES DALCROZE. . . Les étonnements de M. Quelconque 273\nLouis LALOY Un dernier mot sur Alfred Bruneau 288\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Hupo\nRiemann\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques: Eclipse d'Etoile 299\nRevue de la Quinzaine : GUSTAVE SAMAZEUILH : Musiques nouvelles, 305. Louis\nLALOY : Concours du Conservatoire, 307. PAN, Echos, 309. Publications récentes,\n3 12.\nN# 8. IER SEPTEMBRE.\nLOUIS DE SERRES. . . . Réponse à Willy. . \" 31^\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : le « Jeune Compositeur »et le\n« Spectateur amusé » 020\nJACQUES MÉRALY. . . . Les idées de Nietzsche sur la [musique 324\nRevue DE la Quinzaine : X.-M. BOULESTIN : La Saison de Londres, 335. Louis\nLALOY : Les livres, 388. PAN : Echos, 341.\n#\nN° 9.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : 111. Marsyas, Olympos. . . 345\nP. SALVATOR PEÏTAVI. . . Les chansons populaires bulgares\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques :La morte vivante\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : Etudes de chef d'orchestre :\nGabriel Marie 360 bis\nRev&e de la Quinzaine : LOUIS LALOY : Les idées de M. Iloudard, 374. PAN :\nEchos, 374.\nN° 10. IER OCTOBRE.\nJEAN LEROUX Dialogues d'été : l'Opéra populaire, ?77\nARMANDE DE POLIGNAC. Pensées d'ailleurs,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.13", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "LIONEL DE LA LAURENCIE. Uanoblissement d'un musicien sous Louis XIV. . 386\nABBÉ CHAMINADE. . . . Trois chansons sarladaises 390\nRevu© de la Quinzaine ; JEAN MARNOLD : Conservatoriana, 396. Louis LALOY :\nLes Superflus, 402. - JEAN POUEIGH : A Déziers, 402. LIONEL DE LA LAURENCIE :\nIconographie musicale, 404. PAN : Echos, 405.\nN° 11.\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d 1 outre-Manche :I. Le peuple\nanglais et la musique 409\nCOLETTE WILLY. • . . Les Vrilles de la vigne 419\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. A propos d'OJJenbach 421\nPIERRE AUBRY Un chant historique latin du XIIIe siècle 42?\nJEAN MARNOLD Les Sons injèrieurs et la Théorie de M. Hugo\nRiemann 435\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques : le danseur fou 440\nCH. LÉ&NDRE Croquis d'album inédit : Etudes de virtuose. . 424 bis\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : Musique nouvelle, 444. JEAN MARNOLD :\nIdiot-musicaliana, 445. MICHEL BRENET : Les Livres, 450. Louis LALOY : Les\nréformes du Conservatoire, 451. PAN : Echos, 453.\nN° 12, IER NOVEMBRE.\nJEAN MARNOLD .... Dialogues des Morts : IV. Mendels-\nsohn et quelques autres. 457\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d'outre-M anche : IL La mu-\nsique et la religion. .......... 470\nMARTIAL TENEO ♦ . . . Miettes historiques :un Spectacle àla Cour en 17 6] . 480\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : Les Concerts, 488. HENRY GAUTHIER-\nVILLARS : A propos de VOpérette, 489. PAUL GROSFILS :La musique en Belgique)\n490. F, HOLL : Courrier de Strasbourg, 493. ELISABETH D'IRVEL ; Courrier de\nManchester, 494. SOUS-OFF : Courrier de Stuttgart, 495. —PAN: Echos, 497.\nPublications récentes, 504#\nN° 13.\nEMILE VUILLERMOZ . . . Une tasse de thé 505\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs. 511\nJ.-G. PRODHOMME. . . . Lettres de Beethoven àla famille Brentano. ... 514\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques :Ce « marcheur » de Rossini /. 524\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Ilugo\nRiemann 530\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : A la Schola Cantorum :\nMarcel Labey. 520 bis\nRevue de la Quinzaine : RAYMOND BOUYER, LOUIS LALOY, NÉZEU : Les Théâtres, 538.\nWILLY : A bâtons rompus, $44. Louis LALOY : Les Concerts, 546. EDOUARD\nPERRIN : Courrier de Nice, 547. ELISABETH D'IRVEL: Courrier de Manchester, 551.\nPAN : Echos, 551.\nN° 14.\nJULES ROUANET .... La musique arabe en Algérie 553\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs , . . . . 563\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d)outre-Manche : Noël et les\n« Christmas Carols » 566\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle : 1 576\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, E. BORREL, JEAN POUEIGH Î Les Concerts, 584.\nPAUL GROSFILS: La musique en Belgique, 588. SOUS-OFF : Courrier de Stutt-\ngart, 596, PAN : Echos, 598. Publications récentes, 600,"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.14", "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 799, "texte": "N° 15. 15 DÉCEMBRE.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : V. Rossini, Auber et quel-\nques autres • 602\nARMANDE DE POLIGNAC. • Conte de Noël 6X5\nMARTIAL TENEO. . . . Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle : II 620\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : Pianiste : Alfred Cortot. 616 bis\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, A. M. D. V,, JEAN POUEIGH, X. :Les Concerts,\n628. JACQUES REBOUL :La musique à Lyon, 632. X.-M. BOULESTIN :La musique\nen Angleterre, 636. CH. \\\\ . LOEFFLER :La musique en Amérique, 638. -—Louis\nLALOY, J. D AUTREY, PAUL GROSFILS : Livres et musique, 640. P. G.: Courrier de\nBruxelles, 644. SOUS-OFF : Courrier de Stuttgart, 645. 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Si je vous ai tourné le dos, incivilement, en\npleine discussion, c'était un acte de prudence. Depuis un ins-\ntant, je m'inquiétais d'un mystérieux personnage assis non loin\nde nous : silencieux et impassible, il feignit longtemps de ne pas\nentendre notre conversation, mais je le surpris soudain fort\nattentif à nos discours! Je le vis même tirer un calepin de sa\npoche et sténographier rapidement nos dernières paroles. Alors\nje me sentis pénétré d'épouvante.\nC'était Vadécard, peut-être ? Little-Fiche ?\nPis ! Un journaliste ! Devant cette race, aucun autre moyen\nde salut que la fuite. Hélas, il était trop tard. Quelques semaines\naprès notre rencontre, je retrouvai dans le A notre\nconversation ironiquement commentée, nos propos tournés en\ndérision et nos arguments raillés avec esprit, mais avec un mau-\nvais esprit, sous la signature de M. Louis de Serres. J'avais\nraison de m'enfuir. Mon seul tort fut de m'en aviser trop tard.\nPourquoi cette folle épouvante ? répondit le jeune homme\nd'un petit air satisfait. La publicité donnée aux bonnes doctri-\nnes n est jamais excessive. Je ne lis pas le non plus\nque le Courrier,mais le seul fait de lui avoir fourni un sujet\nd'article m'amuse.\nIl n'y a rien d'amusant à se voir traités comme nous le\nsommes par le dangereux musicien des Heures clauses, riposta le\n\n. (i) V«ir les numéros i et 8 de la ir« année."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.17", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "vieux monsieur en hochant la tête ! Il compare notre mentalité\nà celle d'un bull bringé ou d'un chat des Chartreux, il m'appelle\n« gâteux ».\nOh ! protesta le jeune homme, faussement apitoyé.\nEt il vous traite de « prétentieux ignorant ».\nAh ! murmura l'adolescent subitement refroidi.\nVous voyez que nous avions parlé trop haut !\nEt que me reprochait ce journaleux ? demanda le jeune\nhomme avec hauteur.\nUn bon lot d'hérésies ! Si j'ai bien compris ses attaques\ncontre votre « verbiage musico-littéraire », il trouve absurde\nvotre attitude de défenseur de l'harmonie. Pour lui, l'harmonie\nn'est pas une science à part, elle ne peut se séparer de la compo-\nsition, pas plus que l'accord ne peut se détacher de la place\nqu'il doit occuper, « tel le mot dans le langage », ajoute-t-il !\nEt il voit dans votre erreur l'influence de « la routine imbécile\nde l'enseignement officiel ».\nN'achevez pas, s'écria le jeune homme impétueusement.\nJe devine tout ! Ce n'est pas un journaliste, c'est un élève de la\nSchola Cantorum !\nComment le savez-vous ? J'ai bien noté, en effet, dans son\narticle, des témoignages de vive admiration envers M. Vincent\nd'lndy, auteur, paraît-il, d'un qui sera\nbientôt sur tous les pianos..., mais en quoi cela peut-il vous\nfaire croire...\nParbleu ! rien n'est plus clair ! La a pour mission\nterrestre de bouter le feu au Conservatoire et de faire flotter sur\nla Crète purgée du Minotaure l'étendard contrapontique !\nEcraser l'harmonie et la représenter comme une pratique né-\nfaste du faubourg Poissonnière constitue une profession de foi\ntrop significative. Notre adversaire ne peut nier ses origines !\nMon jeune ami, répliqua le conciliant vieillard, malgré la\nviolence incompréhensible des attaques dont j'y suis l'objet, je\nme plais à reconnaître dans l'article de M. Serres une esthétique\nassez inattaquable. J'en ai retenu quelques principes qu'il vous\nserait profitable de méditer, celui-ci, par exemple : « Dans toute\nœuvre d'art les détails doivent se rapporter à l'ensemble. » Qu'a-\nvez-vous à objecter à ce dogme ?\nAssurément rien, cher Monsieur, et j'imagine que M. de\nSerres n'attribue pas à son Vincent d'lndy le mérite d'une pa-\nreille découverte ? lime semble que le Conservatoire lui-même\na dû en entendre parler vaguement, quand ce ne serait que par\nM. de la Palisse.\nPaix, jeune homme, vous devenez insolent. La se\nmoque de vos railleries, car M. de Serres le dit expressément :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.18", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2490, "texte": "bien des gens qui ne s'en vantent pas écoutent à ses portes !\nDrôles de gens que ces gens-là ! fredonna l'éphèbe. Et,\ncontinua-t-il, qu'y entendent-ils, sans indiscrétion?\nlls y entendent quelquefois « médire de l'harmonie », mon\njeune ami, et rendre justice au « contrepoint émotionnel de\nBach », et ce sont là des choses que vous auriez profit à enten-\ndre vous-même !\nMédire de l'harmonie ! Ils l'avouent enfin ! Médire de l'élé-\nment vital de la musique, médire de ce qui constitue son âme,\nsa couleur, sa profondeur et sa magie ! Médire du principe\nmême de la jouissance musicale, la gerbe de vibrations simulta-\nnées, et cela, dans le but d'exalter seulement ce qu'il y a dans\nnotre art de scientifique et d'artificiel, le petit jeu d'échecs du\ncontrepoint! Médire de l'harmonie : mépriser Schuman, Fauré\net Debussy !!!\nPlaisantez-vous ? dit le vieux monsieur scandalisé.\nFichtre non ! Voilà où on en arrive avec cet isolement sys-\ntématique des éléments constitutifs de l'écriture musicale. Pour-\nquoi vouloir à tout prix l'antagonisme du contrepoint et de\nl'harmonie? Pourquoi former des spécialistes dans l'une ou\nl'autre branche ? Pourquoi appeler dédaigneusement « champions\nde l'harmonie » les musiciens qui, sans ignorer le contrepoint,\ntrouvent une jouissance réelle à l'audition, même isolée, d'une\nsavoureuse agrégation sonore ?\nJe connais l'antienne, coupa sèchement le vieillard, M. de\nSerres vous reproche précisément d'écrire « en hauteur » et il\najoute qu'écrire « en auteur » serait préférable !\nLe jeune homme ne daigna pas sourire et reprit avec plus\nd'âpreté :\nAi-je donc été si exclusif? Ai-je prétendu que le fait d'adop-\nter résolument une écriture harmonique vous oblige à répudier\ntout autre style ? D'ailleurs, pourquoi ce mépris de « l'écriture\nen hauteur »? Elle peut soutenir la comparaison avec tout autre\nprocédé « scholastique ». Relisez la Sarabande de Debussy, et\nvous verrez quelle puissante musicalité peut se dégager d'une\npage qui semble le résultat d'une véritable gageure d'écriture\nverticale !\nVous déniez donc aux modernes le sens delà polyphonie ?\nVous en êtes encore là? dit l'adolescent avec un geste de\ndécouragement. Vous ne comprenez le mot « polyphonie » que\ndans le sens étriqué et arbitraire de superposition contrapon-\ntique? Singulier dédain de l'étymologie! Pas de polyphonie,\npour vous, dans Shéhérazade,dans dans ? Voilà\nle résultat de vos néfastes classifications ! Tenez, laissez-moi\nrire !..."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.19", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "Et l'adolescent roula des yeux féroces.\nRiez tout à votre aise, jeune homme, car l'article de\nM. de Serres fera rire aussi à vos dépens ! Vous y êtes pris à\npartie également pour le singulier « un peu... singulier » que\nvous employez en parlant de l'écriture classique, comme s'il y\navait une écriture classique et comme si la manière d'écrire ne\ndifféraitpas bien plus suivant les genres que suivant les époques!\nMonsieur, les genres, même opposés, portent la marque\nde leur époque, et l'ambiance contemporaine me paraît consti-\ntuer pour chaque forme d'art une influence plus impérieuse que\ntous les legs ancestraux.\nJe vous embarrasserais peut-être en vous demandant des\nexemples? insinua le Monsieur âgé.\nDu tout. Choisissez deux genres opposés, la page sympho-\nnique et la mélodie « piano et chant ». Prélevez un échan-\ntillon de chacun de ces genres dans la période classique et dans\nla période moderne, goûtez et comparez. D'après la théorie de\nM. de Serres, la similitude d'écriture va éclater dans les genres\nsemblables, même d'époques diverses, et n'existera pas dans les\nformes opposées, même contemporaines. C'est bien là votre\npensée, n'est-ce pas?\nOui, oui, mon jeune ami, le genre prime l'époque, la\nmélodie est toujours la mélodie et la symphonie est toujours la\nsymphonie, quelle que soit sa date de naissance.\nEh bien, nous arrivons, en fait, à des résultats troublants,\ndit railleusement l'éphèbe. Je ne trouve aucune ressemblance\nentre l'écriture d'une symphonie d'Haydn et celle d'une sym-\nphonie de Vincent d'lndy, et je cherche en vain à rapprocher\nPlaisir d'amour de La Bonne CTout au contraire, je\nvois une parenté évidente entre les symphonies classiques et les\n« airs » conçus à la même époque; et, parallèlement, je cons-\ntate un lien étroit entre les Chansons de Bilitis et plus d'un\npoème symphonique contemporain. Les mélodies et les sym-\nphonies du xvme siècle sont des sœurs très unies; nos lieder et\nnos poèmes orchestraux du xixe ne sont pas des frères enne-\nmis ! Vous voyez bien que l'époque imprime à une forme d'art\nun sceau plus net que toutes les traditions que peuvent y\nattacher les siècles ! Debussy...\nLaissez Debussy tranquille, fit le vieillard avec un peu\nd humeui. Vous n avez a la bouche que le nom de ce composi-\nteur aux musiques déconcertantes...\nSang et tonnerre !\nLe mot n'est pas de moi, mais de M. de Serres, qui ne vous\nenvoie pas dire, d'ailleurs, que vous êtes bien peu apte à subir\nl émotion poignante de Pelléas."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.20", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "Ivre de fureur, le debussyste allait répondre avec fracas\nquand soninterlocuteurluiserranerveusementl'avant-bras en lui\nindiquant d'un clin d'œil le présence d'un voisin inattendu, et,\navant que le jeune homme ait pu faire sortir un son de sa gorge\nétranglée par l'émotion, le vieillard lui demanda d'un ton indif-\nférent : « Savez-vous combien pèse le roi de Portugal? »\n\nHenry Gauthier-Villars."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c010", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.7", "titre_corps": "LES VRILLES DE LA VIGNE", "titre_sommaire": "LES VRILLES DE LA VIGNE", "signature_source": "Colette Willy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "LES VRILLES DE LA VIGNE\nTOBY-CHIEN ET LA MUSIQUE.\n\n... Toby-Chien, le petit bull que j'interviewais, pro-\ntesta :\nNe me dites pas que je n'aime pas la musique ! Personne\nn'est fixé là-dessus, et moi-même...\nIl s'interrompit et rêva un instant, son bref menton ap-\npuyé sur ses pattes de devant. Trois plis pensifs rayaient son\nmufle bringé ; sa lèvre noire et laquée pendait amère, et, con-\ntemplant son front puissant et bossué, je fus frappée pour la\npremière fois de sa ressemblance avec Beethoven.\nIl rouvrit ses yeux batraciens, et la ressemblance auguste\ndisparut. A présent, les narines fendues et retroussées, les glo-\nbes saillants des yeuxrappelaient lointainement Joseph Reinach,\nen plus humain...\nJ'aime la musique, reprit Toby-Chien, car je la redoute ;\ncraindre, c'est presque toujours aimer.\nO profond psychologue, lui dis-je, éclairez-moi. De quel\namour donc enveloppez-vous ce que vous désignez d'un terme\nample et vague : la Musique, toute la Musique ?\nToby-Chien hésita :\nSi je précise, avoua-t-il avec une modestie charmante,\nje vais bafouiller. Vous ne saurez jamais ce que souffre une\nâme compliquée comme la mienne, obligée de se traduire par\nun vocabulaire de cinq cents mots. Illettré sensitif, voilà ce\nque je suis, comme la plupart des petits bouledogues. Et la\nmusique augmente ma misère en ouvrant en moi des jardins\nenchantés, des palais lumineux, des grottes où frissonne l'in-\nconnaissable...\nje, déférente.\nOh ! non, la dimension ordinaire suffira. Et puis ne\nm'interrompez pas comme ça tout le temps, j'ai déjà assez de\nmal... La Musique, disais-je... elle est partout. Dans le vent\nd'ouest rauque, enroué de la pluie qu'il apporte... dans la bise"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.22", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "d'est qui flûte agressive et coupante dans la cheminée... La bave\nmijotante de la bûche humide qui bout menu le long du che-\nnet imite la mouche prise dans une toile d'araignée...\nPardon, mais...\n« Tu me tires les cheveux ! » cependant qu'au plus haut de\nsa chevelure rebroussée crie l'oiseau dont je ne sais pas le nom,\nl'oiseau sans doute obsédé par un souvenir de music-hall et qui\nrépète sans fin : « Yvette ! Yvette ! »\n—Ce n'est pas de cela...\nVous dirai-je encore, poursuivit Toby-Chien lancé, la\nmusique du crapaud obscur, qui égoutte de seconde en seconde\nsa note liquide, perle de cristal qu'on peut ouïr rouler entre\nl'herbe et s'y figer ?... Car je ne puis croire à une autre origine\nde la rosée étincelante !... Esquisserai-je pour vous l'harmo-\nnie modeste de la bouilloire, grillonne tapie dans les cendres\nardentes, petite sorcière ventrue, bienveillante, quoiqu'elle\ncrache la vapeur par sa lèvre en lippe ? C'est elle qui rythme\nmon sommeil vingt fois rompu, ma sieste en miettes de repos\nqui ne me repose guère... Elle chante bas le plus souvent*, mais\ncertains soirs de grand feu, il sort d'elle une plainte si aiguë et\nsi canine que son ventre noir m'inquiète comme si elle avait\nmangé tout vif un petit chien...\nToby-Chien, essoufflé, s'arrêta un instant et fixa sur moi des\nyeux globuleux et hallucinés... J'en profitai pour glisser un\nmot :\nPardon, mais... ce n'est pas de cela que je voulais vous\nentendre parler. Laissons les harmonies naturelles et imitatives,\net dites-moi vos impressions de musique instrumentale, voire\norchestrale.\nIl s'agita, comme pris d'un subit malaise. Une de ses pattes\npostérieures esquissa une danse de Saint-Guy, un gigottement\ngalvanisé...\nAh ! oui... Ah ! je n'aime pas beaucoup ce sujet de conver-\nsation. Je suis (je l'ai déjà dit) un sensitif, et il suffit de me rap-\npeler certaines émotions vives pour que je les éprouve de nou-\nveau... Voyez cette convulsion légère de ma patte : j'en ai un\npeu honte, elle date d'un soir où j'écoutais bien à mon\ncorps défendant! Mrae Armande de Polignac jouer de la cla-\nrinette. Spectacle charmant, je vous le concède, que celui de\ncette jeune femme appliquant sa bouche naïve à l'ébène nasil-\nlard de l'instrument. Mais je n'eus pas plus tôt ouï les gammes\néclore en bulles, s'égailler comme un vol pressé de ronds petits\ncanards, qu'une étrange fureur d émulation s'empara de moi...\n«Et moi aussi !... » m'écriai-je mentalement. 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Le\nmajeur m'excite àde folles courses circulaires, tandis qu'aux\nmélodies mineures mes oreilles se tirent en arrière, ma langue\npâlit et je pleure tout haut je ne sais quelle inconsolable tris-\ntesse... Un jour, au concert Colonne, dans la loge 22...\nComment ? vous suivez les concerts ?\n—Ce n'est pas eux que je suis, mais bien celle de qui dépen-\ndent mes heures et qui m'y emmena un jour, caché sous son\nample manteau. Noyé de sonorités, suffoqué sous les ruissel-\nlements des harpes, scié en menus morceaux par le fil des ar-\nchets, cependant qu'en outre les cuivres m'aboyaientauxtrousses,\nje ne trouvai pas un cri, pas un mot, à peine un soupir,\net le 3e acte de Parsifalcommença avant que je revinsse à\nmoi...\n-- Mais ?\nMais un chemin lumineux divisa tout à coup les nuées de\nma cervelle lumineuse, un hautbois se mit à chanter... Ma vo-\nlonté de silence fondit en larmes mystérieuses qui me trem-\npaient le cœur... je me sentis la plus misérable àla fois et la\nplus comblée des créatures... Le sanglot qui jaillit de moi fut\nsi rauque, si incongru, si impossible à attribuer à un gosier ca-\nnin qu'à tout hasard un municipal expulsa des secondes galeries\nun individu suspect et long-chevelu. Ma maîtresse m'emmena\net je n'entendrai plus le pur et frêle hautbois... Nous n'irons plus\nhautbois !...\nComme dirait Willy...\n—Il a déjà dû le dire. Permettez maintenant que je vous\nquitte. Je n'ai que trop retardé l'heure de ma sieste méditative.\nEncore quelques instants, et ce sera l'heure où, pincée, sagace,\nautoritaire, survient la chatte grise qui règne sur ce logis et\nchange, d'un revers de patte, la couleur de mes pensées...\n\nColette Willy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c011", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.8", "titre_corps": "LES SONS INFÉRIEURS ET LA THÉORIE DE M. HUGO RIEMANN", "titre_sommaire": "LES SONS INFÉRIEURS ET LA THÉORIE DE M. 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Riemann a sou-\nvent changé d'idées, dans sa carrière de théoricien, pour ce qui\ntouche au détail de ses démonstrations, et sans doute abandonna-\nt-il depuis longtemps maintes conceptions, sur quoi il se basa\nnaguère, reconnues erronées ou fortement ébranlées aujour-\nd'hui. Néanmoins, dans ses écrits successifs, il n'a jamais renié\nformellement ses assertions précédentes ; il se contente d'ap-\nporter chaque fois des arguments nouveaux à l'appui de sa\nthèse, laquelle n'a pas cessé d'être la défense obstinée, encore\nque variable, de la réalité objective ou quelconque des « sons\ninférieurs ». C'est toujours à cela que nous le retrouvons\noccupé, en 1891, au cours d'un ouvrage didactique,\nde l'acoustique {Science musicale),où il semble toutefois renoncer\nà admettre une distinction essentielle ou d'origine entre les sons\nrésultants et les battements, et se séparer décidément de Helm-\nholtz à ce propos. Toutefois, à mesure que le temps s'écoule,\nsi la foi de M. Riemann apparaît toujours aussi robuste, on ne\npeut pas dire que la qualité de ses arguments s'améliore. On\nen va juger.\nAu second chapitre de ce petit volume, après avoir expliqué\nle phénomène des « harmoniques supérieurs »,des « vibrations\npar influence », et fait remarquer, dans ce cas, « que les con-\nditions de la production de certains sons aigus sont fournies\nen même temps par celles d'un son fondamental », M. Riemann\n\n{i) Voir la ir 9 année, nos ï, 3, 5, 7, net i 3."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.25", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "se demande « si le contraire ne serait pas possible », à savoir :\n« si les conditions de production des sons aigus ne peuvent et\nne doivent pas engendrer aussi des sons graves. » Et il ajoute .\n« Quelques phénomènes acoustiques autorisent à répondre à\ncette question par l'affirmative. » (P. 78, § 8.)\nLe premier de ces phénomènes est exposé comme il suit :\n« Quand on pose un diapason en vibration sur une table d har-\nmonie, de façon qu'il n'y soit pas fixe et stable, on entend,\nselon le degré de relâchement du contact, au lieu du son propre\ndu diapason, son octave ou sa douzième inférieures. » Plusieurs\nobjections se présentent aussitôt à l'esprit 5 mais, au lieu de les\nrédiger, on s'aperçoit bien vite qu'on n'a qu'à laisser la parole à\nM. Riemann, lequel continue sans broncher : «... Il ya là sim-\nplement le résultat de la transmission incomplète des vibra-\ntions à la table d'harmonie : celle-ci ne reçoit chaque fois que\nla deuxième ou troisième impulsion provenant du diapason et\nne peut naturellement transmettre qu'un son correspondant à\nune double ou triple période de vibration. » On ne saurait\nmieux dire, ni exprimer plus clairement que « les conditions\nde production » en cause sont ici celles du son entendu, et\nnon d'un son plus élevé, puisque la table d'harmonie transmet\nexactement à l'oreille les vibrations qui lui sont parvenues, pas\nune de plus, assurément, mais pas une de moins non plus.\nEnfin, même en négligeant l'étrange étourderie qui induit\nM. Riemann à étaler ingénument la contradiction flagrante\nentre ce qu'il promit et ce qu'il donne, on ne voit pas bien\nquel rapport ce « phénomène acoustique » peut avoir avec les\n« sons inférieurs ». M. Riemann prétend-il suggérer quelque\nréaction possible de telle « fibre de la membrane basilaire » à\nla « seconde ou troisième impulsion », non pas d'un diapason\nposé sur ladite membrane inaccessible dans le limaçon de notre\noreille interne, ce qui serait absurde, mais des vibra-\ntions périodiques d'un son émis, plus aigu que le son propre de\ncette fibre ? Le « phénomène » alors n'aurait plus rien de com-\nmun avec l'exemple offert, M. Riemann eût-il l'audacieuse ima-\ngination, après avoir comparé les « fibres » à des « cordes ten-\ndues librement », d'assimiler la « membrane basilaire » à une\n« table d harmonie ». M. Riemann, d'ailleurs, ne s'explique\npas, et je confesse volontiers mon impuissance à percer le mys-\ntère de « ressemblance ou analogie » éventuellement pressentie,\nen l'espèce, par l'avocat des « sons inférieurs ».\nJe traduis in exlenso l'alinéa où se trouve relaté le second\n« phénomène acoustique », aux pages 78 et 79 du\nde M. Riemann : « D'après Helmholtz,\nempjindungen, 4. Aujl. S. — les résonnateurs (sphères"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.26", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "creuses de verre accordées à un son déterminé) n'ont que des\nsons supérieurs très élevés et irréguliers ; ces résonnateurs,\nnéanmoins, produisent leur son propre quand un des plus pro-\nches harmoniques supérieurs de ce son propre retentit. »\nEn lisant ces quelques lignes, dépourvues de tout commen-\ntaire autant que de quelconque imprécision, j'avoue que je fus\nun peu décontenancé tout d'abord. Je ne me rappelais pas le\nmoins du monde avoir vu quelque chose de ce genre au lieu\nsignalé; je me souvenais même assez nettement du contraire.\nMalheureusement, je ne possède que la traduction française du\nlivre de Helmholtz, publiée par M. G. Guéroult sous ce titre :\nThéorie physiologique de la musique. (G. Masson, éditeur, 1874.)\nOr, la pagination ne concorde pas avec celle de l'original, et je\nn'étais pas certain du texte ayant servi au traducteur. Les ren-\nseignements de M. Riemann étant formels, je me rendis à la\nBibliothèque Nationale, où je requis la « 4e édition » spécifiée\nde l'ouvrage allemand. Je l'ouvris à la « page 74 », correspon-\ndant aux pages 59, ligne n, à 60, ligne 10, de la traduction\nGuéroult, que je puis garantir absolument exacte, après contrôle.\nVous me croirez si vous voulez et, même, je vous supplie de\nvérifier : j'y cherchai vainement l'exposé du « phénomène\nacoustique » cité par M. Riemann. Une faute d'impression\nétant possible, quoi qu'il s'agît bien, en l'endroit, de réson-\nnateurs, je continuai par la page 75 (Guéroult : page 60,\nligne 11, àla fin) avec le même insuccès. De « sons supérieurs\ntrès élevés et irréguliers », pas l'ombre ; du reste, pas la trace.\nEn revanche, j'y rencontrai ce qui suit : « Nous n'obtenons dans\nle résonnateur un son intense que si, dans la décomposition du\nmouvement aérien extérieur en vibrations pendulaires, une de\nces dernières se trouve avoir la même période (Guéroult :\n« durée », ce qui ne change pas le sens) que le son propre du\nrésonnateur... Qu'on en mette un à l'oreille et qu'on fasse exé-\ncuter, par des instruments quelconques, un morceau de mu-\nsique à plusieurs parties, dans lequel revienne souvent le son\npropre du résonnateur, chaque fois l'oreille l'entendra retentir\nd'une manière éclatante à travers tous les sons de l'accord. »\nEnfin, page 76 (Guéroult .* p. 61) : « On l'entend aussi souvent,\nmais moins fort, au moment où se produisent certaines notes\nplus graves ; et 1 expérience démontre que les sons émis com-\nprennent, parmi leurs harmoniques, le son du résonnateur... »\nBref, la source si catégoriquement notifiée relatait précisément le\ncontraire de l'assertion de M. Riemann.\nEvidemment, ça n'est pas ordinaire, et une documentation\nde cette élasticité faciliterait considérablement les démonstra-\ntions les plus épineuses. Mais, avec M. Riemann, on ne saurait"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.27", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "trop se défier, non pas, certes, de son âme honnete, il est visi-\nblement candide, et même à l'excès,— mais de sa mémoire et\nde ses notes. On augure que M. Riemann est un brave homme\nun peu distrait peut-être et, sans doute, fort occupé. Et,\nen effet, tout au bout du volume, on découvre, dans le « Supplé-\nment », un petit chapitre se rapportant à la page et au sujet en\nquestion. Voici ce qu'on y peut lire, entre autres choses :\n« Les résonnateurs qui agissent le mieux sont ceux de\nsphérique... L'avantage des résonnateurs de ce genre consiste,\nd'abord, en ce que les autres sons partiels sont très\néloignés du son fondamental et ne sont que faiblement renfor-\ncés... M. Kœnig m'a construit une série déterminée de\nen verre... »\n«... Pour les sons tout à fait graves, j'employais des de\ncarton... Dans les résonnateurs le second\npropre, correspondant à peu près à la douzième du son fonda-\nmental, peut se produire d'une façon Des\nniques, en laiton, comme M. Appunn en a construit pour\nm0i.... se prêtent à la plupart des applications. Il faut seule-\nment remarquer que ces tubes répondent aussi aux harmo-\nniques de leur son propre. »\nIl appert donc de ces textes de Helmholtz que, « dans les\nrésonnateurs en forme de TUBE», que l'un des har-\nmoniques propres du son fondamental se produise,—à condition,\nnaturellement, que, « dans la décomposition du mouvement\naérien extérieur en vibrations pendulaires, une de ces dernières\nse trouve avoir la même période » que l'harmonique propre en-\ntendu du résonnateur en forme de tube ; et que, « des TUBES\nCONIQUES EN LAITON répondent aussi aux harmoniques de letr\nson propre », sans que Helmholtz ait ici spécifié, de quelque\nmanière que ce soit, que cette réponse fût autre chose que le\nson de l'harmonique émis dans la masse aérienne extérieure,\ncomme c'est le cas pour les résonnateurs\nFaut-il rappeler la « citation» de M. Riemann ? En voici\nl'essentiel : «... Les résonnateurs (SPHÈRES creuses DE VERRE)...\nproduisent leur son propre quand un des plus proches harmo-\nniques supérieurs de ce son propre retentit. »\nLe troisième « phénomène » invoqué par M. Riemann est celui\ndes « sons résultants » suscités par l'émission simultanée de\ndeux sons de hauteur différente. Nous l'avons vu trop souvent\nexploité par M. Riemann,pour être surpris de rencontrer ici ce\n« phénomène acoustique »,et nous devons constater que,destrois\ncités comme exemples, celui-ci est le seul idoine à démontrer\npertinemment « la communauté des conditionsde production et\nde teneur» à l'égard de « sons graves engendrés par des sons"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.28", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "aigus ». Ledit phénomène étant partie intégrante et constitu-\ntive du phénomène de la résonance naturelle on\nn'aperçoit toujours pas quelle confirmation il pourrait apporter\nàla réalité d'une résonance naturelle opposée, constituée par\nles sons inférieurs ». Mais M. Riemann, au demeurant, n'insiste\npas plus ici que précédemment. Il semble s'être contenté de\nrappeler ce que nul n'ignorait, à savoir, que sons aigus\nsimultanés peuvent engendrer des sons résultants plus graves,\net il poursuit, sans embarras, par un raisonnement qui n'a pas\nde relation très visible avec les prémisses exposées, mais qui\nrachète, à coup sûr, amplement cette infirmité dialectique par\nun imprévu que d'aucuns, certes, n'hésiteront pas plus que moi\nà qualifier, atout le moins, d'insoupçonnable.\n«On ne doit pas négliger d'observer en outre, dit-il (p. 79),\net c'est toujours lui qui souligne, —que tout son remplit, en faitr\nles conditions voulues pour la prod\nde sons inférieurs opposée à\nD'après Helmholtz, la hauteur du son dépend exclusivement\nde la durée de chacune des vibrations successives : dans chaque\npériode considérée isolément, le m\nquelle so?*te...»\nLa dernière phrase, que j'ai transcrite en italiques, est em-\npruntée à Helmholtz, et M. Riemann en tire immédiatement\nla singulière conclusion que voici :\n« ... Si donc, par exemple, Sol(3) fait, dans le même temps\ndonné, trois fois plus de vibrations que Do (1), on ne peut dé-\nnier que le Sol(3) remplisse ainsi les conditions de production\ndu Do( 1), et cela, non pas seulement une fois, mais trois fois :\nles maximaa —a a doivent produire un (1), pareillement\naussi b b betc c c. »\nCes lettres (a b c) se rapportent àun petit schéma de\ncourbes représentatives, dont M. Riemann illustre sa démons-\ntration et qu'il n'est pas nécessaire de reproduire ici afin de\ncomprendre sa pensée. M. Riemann estime que pour chaque\ndurée périodique constituée par trois quelconques et succes-\nsives de ses vibrations, le Sol(3)réalise « les conditions de pro-\nduction du Do(1) », puisque, selon Helmholtz, « le mode du\nmouvement dans chaque période demeure indifférent », en ce\nqui concerne la hauteur du son produit.\nAssurément, l'idée n'est pas banale, et on demeure soi-même,\nnon pas certes indifférent, mais passablement ahuri tout d'a-\nbord en présence d'une déduction de cet acabit. Supposons un\ninstant que M. Riemann, désireux de travailler en paix à la\ndélicate genèse de ses « sons inférieurs », ait découvert en\nquelque rue écartée la retraite de ses rêves, et signé avec une"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.29", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "humble Wirthin un engagement ainsi conçu, entre autres stipu-\nlations accessoires : «... La présente location est consentie pour\nune durée minima d'un trimestre, renouvelable sauf congé de\nl'une ou de l'autre des parties dans les délais d'usage, et moyen-\nnant la somme de 20 marks par mois, quel que soit le mode de\njouissance pendant la période écoulée. » Cette dernière clause\ns'appliquant évidemment aux intentions formulées du preneur,\nde ne profiter de ce modeste asile qu'au gré de ses loisirs ou de\nsa fantaisie, M. Riemann paierait naturellement, sans s'éton-\nner, les 20 marks convenus, à la fin du premier et du second\nmois ; mais si, au jour ultime du troisième, sa propriétaire ui\nvenait présenter une quittance de 60 marks, j'imagine qu il\nferait la grimace et demanderait des explications. Que diiait-il-\nsi son hôtesse, et peut—être, àla fois, sa lectrice, arguant du\nmode de jouissance « indifférent » durant la période accom-\nplie, émettait la prétention de lui réclamer 60 marks, non seu-\nlement au bout de ce trimestre échu, mais désormais tous les\nmois suivants, desquels chacun, ajouté aux deux précédents,\nconstituerait une série de « périodes » trimestrielles exigi-\nbles ? Il est probable que M. Riemann riposterait : « Mais, la\npériode, c'est le mois, pour quoi je dois vous payer 20 marks! »\nCe petit apologue traduirait assez bien l'interprétation sau-\ngrenue du texte de Helmholtz par M. Hugo Riemann. La hau-\nteurd'unson, en effet, dépend exclusivement de la durée de cha-\ncune de ses vibrations, durée déterminée par un mouvement\npériodique d'où résulte la longueur d'onde propre àla hauteur\ndu son considéré. La fin de chaque « période » est marquée\npar la naissance d'une onde nouvelle, absolument identique\nlongueur à celle à quoi elle succède ; seule condition indis-\npensable à la production d'un son musical Or,\nla longueur d'onde, de corde ou de tuyau ouvert, nécessaire à\nla production du Sol (3), est le tiers de celle correspondant à\nla hauteur du Do(1). Comme il ne saurait s'agir ici de « sons\nrésultants » provoqués par les battements entre deux sons si-\nmultanés, par quelle aberration M. Riemann put-il se figurer que\ntrois vibrations successives de 1 mètre de longueur d'onde,\némises par un tuyau de 1 mètre, fussent capables d'engendrer\nun son dont la gravité exige un tuyau de 3 mètres, produisant,\ndans le même temps, 1 vibration de 3 mètres de longueur\nd'onde?\nEh bien ! le plus déconcertant n'est pas de le voir admettre\nune telle hypothèse avec sérénité, c'est surtout la soi-disant\nraison qu'il en prétend trouver chez Helmholtz. En vérité, on\nse demande comment M. Riemann lit ce qui est imprimé\ndans les livres. On serait presque tenté de lui prêter l'excuse"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.31", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "de la mauvaise foi, plutôt que de se résoudre à constater une...\nincompréhension aussi formidable. Voici, copiés dans la tra-\nduction de M. G. Guéroult, contrôlée conforme au sens de l'o-\nriginal, les textes de Helmholtz se rapportant à la courte phrase\ncitée par M. Riemann et dont, en la circonstance, il se targue :\n«... Ces ébranlements, qui donnent naissance aux sons mu-\nsicaux,... sont des vibrations,c'est-à-dire un mouvement de\nva-et-vient du corps sonore, et ces vibrations doivent être régu-\nlières, périodiques... La longueur constante de la période...\ns'appelle DURÉE de la vibration ou PÉRIODE\nà la NATURE DU MOUVEMENT exécuté par le corps vibrant PENDANT\nLA DURÉE D'UNE PÉRIODE, Cest ici t INDIFFÉRENT. » (P. IO\net ii.)\n« ... Les sons se distinguent entre eux: i° par leur intensité ;\n2° par leur hauteur ; 3° par leur croît et\ndécroît avec l'amplitude des vibrations du corps sonore... sans\nque la hauteur et le timbre en soient changés.\nvons déjà, par l'expérience journalière, qu'on peut tirer des sons\nde même hauteur des instruments les plus divers, au moyen\ndes combinaisons mécaniques les plus variées, et en donnant à\nl'intensité des valeurs les plus différentes. Les mouvements de\nl'air correspondant aux diverses doivent être tous pé-\nriodiques ; autrement, ils ne procureraient point à l'oreille la\nsensation d'un son musical. DANS L'INTERVALLE DE CHAQUE\nPÉRIODE, LE MOUVEMENT PEUT ÊTRE D'UNE NATURE QUELCONQUE ; il\nsuffit que la durée de la période soit la même pour que les deux\nsons aient la même hauteur. Donc, la hauteur dépend seulement\nde la durée de la vibration,ou, ce qui revient au même,\nnombre de . vibrations...»(P. i 5 et 16.)\n« Les variétés de TIMBRES paraissen EN NOMBRE INFINI...\nQuant à la question de savoir à quelles différences physiques\nextérieures des ondes sonores correspondent les différents\ntimbres, nous avons déjà vu qu'à l'amplitude de la vibration\ncorrespondait l'intensité, et àla durée de la vibration, la hau-\nteur. Le timbre ne peut pas dépendre de ces deux éléments.\nseule hypothèse restant possible es LE TIMBRE L'ES-\nPÈCE et de LA NATURE DU MOUVEMENT, CHAQUE\nVIBRATION ISOLÉE. Pour la production du son musical, nous\nl'avons vu, le mouvement du corps sonore doit être seulement\npériodique, c'est-à-dire exactement semblable, dans chaque\npériode de vibration, à ce qu'il était dans la période précédente.\nQuant à la nature du mouvement\nrestée tout à fait indifférente, si bien que, sous ce rapport en-\ncore, les variétés de MOUVEMENT NOMBRE INFINI. »\n(P. 25.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.32", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "Helmholtz étudie ensuite « l'espèce et la nature »de divers\n« mouvements périodiques » au cours de et\najoute: « Quand les physiciens ont ainsi déterminé la significa-\ntion de ces courbes qui donnent la loi du mouvement des corps\nsonores, ils parlent de la forme d un corps so-\nnore, et prétendent que le timbre en dépend. » (P. 29.)\nEt plus loin : « Nous avons vu quà correspond\nun mouvement périodique de l'air, que la hauteui est déterminée\npar la longueur de la période, mais que, dans 1 intervalle d une\nmême période,la nature du mouvement, entièrement arbitraire,\ncomporte une multiplicité infinie de formes difféi entes. »\n(P- 39-)\nOn accordera sans doute que ceci est suffisant, et qu il sem-\nble difficile d'être plus clair, s'adressât-on à la cervelle inavertie\nd'un enfant de dix ou douze ans d'intelligence moyenne. Celui-\nci, questionné sur la démonstration de M. Riemann, n'aurait\nqu'à réciter comme une leçon les mots employés par Helmholtz\ndans l'ouvrage invoqué par le démonstrateur, et répondrait sans\nhésiter :\n« i° La seule condition, nécessaire et indispensable àla\nproduction d'un son musical, est un mouvement périodique de\nl'air, dont chaque période constitue ce qu'on appelle une vibra-\ntion. Quant à la nature du mouvement dans chaque période, elle\nreste tout à fait indifférente.\n20 La hauteur d'un son musical est déterminée exclusive-\nment par la longueur de la période,autrement dit, par la durée\nde chaque vibration isolée. Dans l'intervalle de\nle mouvement peut être d'une natur quelconque.\n3° Le timbre dépend de l'espèce et de la nature du mouve-\nment fans l'intervalle de chaque v Les variétés de\nmouvement sonore et de timbre sont en nombre infini.\nPar conséquent :\na. Le Sol (3) de M. Riemann est constitué par un certain\nnombre de vibrations périodiques.\nb. La hauteur de ce Sol(3) est déterminée par la durée de\nchacune de ses vibrations, se produisant ici au nombre de\ntrois dans un temps donné, ou, en d'autres termes, par la\nlongueur de chaque période vibratoire isolée, estimée ici, par\nexemple, à une durée d'un centième de seconde.\nc. La qualité de son musical et la hauteur de ce Sol (3) de-\nmeurent immuables, quel que soit le timbre au moyen duquel\nil est émis, corde pincée (harpe), corde frottée par un archet\n(violon), tuyaux ouverts (flûte, hautbois, cor, trombone, etc.),\ntuyaux fermés (clarinette, orgue), ledit Sol (3) fût-il incidem-\nment produit par une porte grinçant sur un gond, le sifflement"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.33", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "du vent, le bruit d'un grelot, d'un coup de marteau sur une\nenclume, etc., c'est-à-dire, quelles que puissent être l'espèce\net la nature du mouvement dans l'intervalle de chaque vibra-\ntion isolée ou période. »\nEt, si quelqu'un essayait alors de persuader l'interrogé que\nla pensée de Helmholtz était telle, en cet endroit, qu'on la pour-\nrait énoncer par cette proposition : « trois vibrations successives\nd'un Sol(3), ayant chacune une durée de période de cen-\ntième de seconde, sont capables de donner naissance àun (i)\nde hauteur nécessitant, dans le même temps, vibration\ndont la durée de période est de tr centièmes de seconde »,—\nil est infiniment probable que l'adolescent rirait tout simplement\nau nez de son interlocuteur, et le renverrait au paragraphe\nci-dessus, spécifiant que « la haute est déterminée exclusive-\nment par la durée de CHAQUE vibration isolée ou période. »\nC'est cependant la proposition que M. Riemann n'a pas\ncraint de laisser imprimer sous son nom en 1891, près de vingt\nans après avoir couronné ses études universitaires par la con-\nquête du titre imposant de docteur en philosophie, dans un\nlivre pompeusement sous-intitulé à la page\nmême où nous l'avons vu, tout à l'heure, avancer justementle con-\ntraire du texte notifié de Helmholtz. En face d'une inconscience\nde cette envergure, qui prend soin de citer minutieusement des\nsources erronées, travesties ou incomprises,et démentant obsti-\nnément le citateur, on est plus interdit peut-être qu'au spectacle\nde l'ignorance ou de l'impéritie étalées par M. Riemann au labo-\nratoire et dans l'argumentation dialectique. On se sent envahi\nd'une sorte de pitié et on n'a presque plus le courage de hausser\nles épaules à la lecture de ce qui suit :\n« Si, néanmoins, le son Do (1) n'est pas entendu, cela s'expli-\nque par la loi de Y interférence,d'après laquelle deux formes de\nvibrations de période et d'amplitude égales s'annihilent mutuel-\nlement, quand elles coexistent en simultanéité parallèle... » Je\nn'insisterai pas sur ce cas « d'interférence » entre des vibra-\ntions successives nées d'une source de mouvement sonore.\nCela n'en vaut vraiment pas la peine, étant donnée la conclusion\noù aboutit M. Riemann et que voici :\n«... Tout son produit en même temps la série de ses sons in-\nférieurs; mais il est absolument impossible d'entendre ceux-\nci, puisque, plusieurs fois représentés, ils s'annihilent mutuel-\nlement... » Et j'ai grand'peur qu'on n'en veuille pas croire ses\nyeux, si je traduis ce qu'il ajoute : «... Mais, que l'existence\nlatente des sons inférieurs puisse, nonobstant, avoir des résul-\ntats perceptibles à l'ouïe, c'est ce que prouvent les\ntants. » (P. 80.)"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.34", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "Les « sons résultants » étant la conséquence de battements\nentre deux sons simultanés,et M. Riemann venant de vous affir-\nmer que la série des « sons inférieurs » est produite par les\nvibrations successives d'un son, de « tout son » considéré isolé-\nment, devine qui pourra ce rébus conclusif. Le reste du mor-\nceau, sinon du chapitre, se déroule à l'avenant, échappe à la\ndiscussion et se dérobe à toute analyse; on y rencontre à bien\npeu près autant d'erreurs, de contradictions ou d'absurdités\nque de lignes. Littéralement, c'est de la bouillie pour les chats.\n{A suivr\n\nJéan Marnold."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c013", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.9", "titre_corps": "Croquis d'Album inédit de Ch. Léandre", "titre_sommaire": "Croquis d'Album inédit de Ch. 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Jattends vostre\nretour pour en conférer avec vous et vous faire mes objections,\npourveu que vous soies en estât de les écouter. On nous fait\nmesme croire hycy que vous nestes pas en estât doccupper la\nplace de Pifetau qui a ete tue et que les baux pas de Letant (2)\net Pecour par vous si souvent répétés et exécutées a lisle\ndamour et chez Derla y demeureront ensevelis faute de les\npouvoir executter avec applaudissement attendu la repletion et\nla graisse causée par un mauvais sen et par une graisse qui\nvous a ote entièrement vostre belle taille et la baute de la jambe,\nchoses très essentieles a la dance et dunne telle importance que\nPecourt voudroit pour beaucoup navoir jamais fait le voiage de\n\n(i) Charles de Marguetel de Saint-Denys de Saint-Evremond, lettre mon-\ndain, grand ami de Ninon de Lenclos. Philosophe sceptique et épicurien\nautant que libertin discret, il s'exila en Angleterre pour éviter la Bastille\net mourut à Londres, où son corps reçut les honneurs de la sépulture dans\nl'abbaye de Westminster.\n(2) Lestang, danseur qui créa les Saisons avec Boutteville et Du Mirail."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.36", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "Lyon qui dans la suitte a ete cause de sa repletion (i). Mais\nnimporte a quelque chose malheur est bon on fera un profess1\nvocal en langue angloise, peu de naturels françois vous la con-\ntesteront. Je vous dirai que jay resçu huit exemplaires du livre\nde M 1\" Vaillant. Je croi que vous en aures a vostre retour unne\npareille quantité. Je ne lay point examine nen ayant point\nencor de relié. Je vous donnere aussi unne figure de la Venus\ndarles que jay dessignée sur unne estampedu ier livre avec deux\nmédaillés grecques et unne obélisque erige en lhonneur et qui\navoit ete longtemps ensevelie soubs les ruines du Theatre con-\nsacré à Venus. Je croi que vous naves pas ce livre la qui na pas\neu hycy un grand cours faute dexemplaire et dont je navois\npoint entendu parler et que jay trouve entre les mains d'un reli-\ngieux a Saint-Leu.\n« Je suis Mr\n« Ladvocat. »\nN'est-il pas curieux de voir ce grave conseiller, qui cite à\ntout propos des textes latins et grecs, railler à froid le pauvre\nabbé, pour ce qu'il n'a plus la jambe bien faite et la taille\namincie ? Et d'autre part n'est-il pas amusant de s'imaginer ce\ncuré de Beauvais qui, vingt-cinq ans plus tard, allait faire par-\ntie de l'Académie française en remplacement de Dacier, dansant\ndes pas de ballets à la façon d'un pensionnaire de l'Académie\nroyale de Musique ? Toutefois, la lettre qui précède est plutôt\nun hors-d'œuvre. Elle n'a pas l'intérêt de celles qui vont sui-\nvre et dont tous les détails sont précieux pour l'histoire du\nthéâtre au xvii® siècle :\n« A Paris, ce 20 octobre 1695.\nJ'arrivé hycy (a Paris sentend) le samedi au soir. Le diman-\nche matin jallai a la messe au Quinze Vingts. On me dit mille\nlouanges outrées du ballet des Saisons. Unne des princippales\nactrices sen promet lapplaudissement jusques a Noël prochain\net chaque officier ou campagnart qui arrive après avoir fait ses\nvandanges ne manque pas en lui rendant ce qu'il croit luy\ndebvoir de frapper des mains. Avons parler sincèrement, elle\nchante de maniéré a estre ecoutee avec plaisir mais si javois a\nbattre des mains jen batterois unne seconde fois pour M\"e Ro-\nchois quand elle chante « Languirai toujours Amour soubs ton\nempire », et adjoutant a vostre jugement je fus surpris de ne\n\n(i) On ne s'explique pas très bien, vraiment, comment ce voyage de\nLyon avait pu faire engraisser tout particulièrement le célèbre danseur !"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.37", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "pouvoir a peinne distinguer les airs de Babtiste (i) davec le\nsiens qui sont si bien unis les uns avec les autres qu il seroit\ndifficile a unne personne qui nen seroit pas instruite dassurer\nqu'ils ne sont pas de luy et sans le chagrin que jay eu des\nblessures de Mlla Subligni, jaurois ete charmé, surpris, étonné,\nextasie des ballets. Il me reste encor un mot pour Babet et\npour unne addition quelle y mit de son cru mardi dernier qui\nest le debarbouillement quelle a extrait dArlequinqui enchanta,\nravit, surprit, et fit dire aux connoisseurs quelle etoit la seule\ncapable de soutenir le caractère Darlequinne dans toutte sa\nperfection. Vos yeux et vos oreilles étoint si fort occupées de la\nbauté des airs et de la nouvauté des dances que vous aves ou-\nblié de me mander quon avoit oté des chœurs MUes Grossot,\nBlou, et Le Camus quelles places ont été remplie par deux au-\ntres qui y chantent dont lunne se nomme : La Vaquerie et unne\nheroinne marseilloise qui a tue unne homme a coup de pistollet\nle pourquoi ny lhistoire sont par moy ignores. Mile Pelerin unne\ndes principales actrices de la comedie de Marseille et de lopera\nde la mesme ville sest venu établir hycy a Paris et prétend en-\ntrer ou a lopera ou a lhotel suivant le meilleur parti quelle\npoura obtenir des uns ou des autres jusques a présent elle sest\ntenue dans les coulisses de lopera sur un siège de paille tire et\nporte aud. lieu par le valet de pied de Mlle Fanchon et hier elle\netoit dans la première loge aux François avec elle sa sœur et sa\nbelle sœur.\n« Monsieur Duché ma demandé suivant vostre pro-\nmesse verballe un de vos Livres que de Laune ne ma pas\ndonne suivant vos ordres. Desmarets netant pas de retour non\nplus que Mr de Francinne je ne vous scaurois mander lequel\naura lhonneur de mettre en musique Iphigenie que Colasse\nsouhaitte avec autant de passion quil a témoigné de froideur et\nde mépris pour lautheur quil jugeoit incapable den faire un qui\nvallut la peine detre noté et composé par luy.\n«Monsr du Rosaima dit que vous travaillez sur Momus et moy\nje vous prie de nous envoyer la critique des Saisons et le pané-\ngyrique de Colasse et loraison funebre de Desm. tout cela de\nvotre main nous feront attendre avec patience le jugement que\nvous ferez de la Toison quand elle sera imprimée. »\nA quelques jours de là, l'abbé Dubos recevait une nouvelle\nlettre ainsi conçue :\n>\n« A Paris, ce 2 5 octobre [1695].\n« Je vous diray Monsieur que je receus hier vos Livres qui\n\n(i) Ce passage démontre péremptoirement que la musique empruntée à\nLully par Colasse était de Jean-Baptiste, et non de Louis, son fils."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.38", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "avoint ete portes cheb Monsr Ladvocat le maître des requestes\ndans la rue Platriere quoique ladresse portât au Conseiller en\ngrand conseil rue des Petits Champs et de la renvoies attendu\nmon absence chez ma niepce qui me les a renvoies aujourdhuy\net en mesme temps j'en ai envoie un a Monsr Du Rosai jen ai\ndonne un autre a Monsr Duché, il m'en reste encor trois dont je\ndisposere suivant vos ordres que j'attends auplustost. Mons le\npremier président du grand conseil ma dict que vous luy en avies\ndonné un et que Monsr Galand se disposoit a vous repondre et\nque cela se passeroit honestement. _\n« Monsr du Rosai ma donne vostre dernier caier de Didon ou\nvous souhaites que Madc Saintonge eut entendu Virgille, Je ne\ndoute pas non plus que vous quelle ne fut ravie dentendre le\nlatin et quelle neut la derniere joie de pouvoir se servir du Grec.\n« Elle auroit peut-être travaillé sur Iphygenie ou quelque au-\ntre de pareille trempe. MonsI'de Francinne nest pas encor arrivé\nnon plus que Desmarets, ainsi je ne vous dirai rien jusques\nau temps de l'opéra dHyphygénie. Monseigr est attendu ven-\ndredi ou dimanche prochain et Pecourt se dispose a danser\nunne entrée dEspagnol entre MUa Deschars et Desplace, cest\nunne nouvauté qui sera applaudie de ses amis et peu goutee\nde ceux qui le trouvent trop gras. On dit hycy que le roy a dit\na Mr de Francinne qu'il devoit sestre servi plus tost de Colasse.\nCest a Desmarets a se precautionner pour lavenir et a faire en\nsorte qAdonis (1) efface Jason, ils sont du mesme autheur et si\nlon trouve des deffauts dans lun on ne dit encor rien de 1 autre\nque l'on n'a pas veuny entendu. Pourmoy a qui mon oreille ne\nrend pas un si bon service qua ces connoisseurs, je me reserve\nden dire mon petit sentiment après en avoir veu quelques re-\nprésentations et l'avoir leu et releu a loisir.\n« Si vous voulez donner un de vos Livres au sr Rousseau (2)\nvous naves qua me mander Je suis »\nLe lendemain même, notre nouvelliste écrivait encore à son\nami :\n« Ce samedi 26 octobre [1695].\n« Jay receu les deux dernieres lettres que vous aves ecrittes\net jai donne moi meme vos exemplaires aux personnes que\nvous souhaitties. Je vis hier le sieur Galland qui me témoigna\n\n(1) Vénus et Adonis,tragédie en 5 actes et un prologue, paroles de J.-B.\nRousseau, musique de Desmarets, donnée à l'Académie royale de musique\nle 17 mars 1697.\n(2) Jean-Baptiste Rousseau, alors âgé de 2 5 ans."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.39", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "que sa reponce étoit prete et quil la liroit à Mr Le Premier pré-\nsident et que sil la vouloit faire imprimer il nous la donneroit\nau plus tost. Si vous etes hycy après les festes comme je les-\npere vous seres asses a temps pour en entendre la lecture a\nlassemblee. Jay veu tous les jours a laudience Mr du Rosai qui\nvous attendoit hier a lopera. Il ne ma parle de rien et moi je\nne men suis pas presse metant imagine que depuis le temps que\nvous luy en aves parlé il ne pouvoit pas scavoir la dessus les\nsentiments de Monsieur son pere que je souhaiterois fort qui\nfussent conformes aux siens, laffaire seroit bientost terminée\nmais comme il va ces festes le trouver jespere qua son retour\net au vostre nous scaurons a quoi nous en tenir. Jai veu Mde de\nXaintonge qui ne ma rien dit de son fils mais qui prétend que\nses opéra sont aussi bons que ceux des deux autheurs modernes\ndont vous parles.\nCe nest pas daujourdhui quon a de lentestement pour ses\nouvrages et le peu de justice que lon se rend la dessus joint au\npeu detude et a lignorance du grec et du latin ne me persua-\nderont pas de la preference de ses ouvrages a celle de ces\ndeux messieurs, le stile et les caractères et les sentiments en\nsont si différents et cependant Didon a eu un succès si favo-\nrable quil est plus aise aux connoisseurs de dire ce qui est\nregulierement bon que dasseurer ce qui plaira le plus au par-\nterre. Nest-il pas vrai Monsr que la foire de Besons a attiré\nautant de spectateurs Qiphigenie. Peu de gens achepteront la\npremière et beaucoup de scavans liront Racinne qui seront\ninstruit a des bonnes réglés du Theatre et seront ravis de se\nperfectionner sur un aussi bon modèle. Baucoup de gens\nviennent pour le ballet des Saisons qui meurent dimpatience di\nretourner et cela fut hier a telle extremite que lon refusât plus\nde ioo personnes. Les ire 3et 2es loges étant doublées on crevoit\ndans le parterre et lon etoit les uns sur les autres dans le para-\ndis et tout cela parce que Pecourt y dansa unne sarabande espa-\ngnolle après les 2 espagnolles et entre Letang. Il avoit un habit\nde satin noir véritablement espagnol elevé sur la poitrinne fort\nserré du bas, les manches ouvertes au dessus de la médiane du\nbras droit et du gauche et au dessoubs du coude et on voioit\ndans les ouvertures un tafetas bleu qui en remplissoit le vuide.\nUnne très petite fraise de dentelles et sur les couture et extré-\nmités des diamants qui servoint aussi de boutons a son pour-\npoint. Sa teste etoit ombragee dun castor a forme platte orne\ndun plumet et dunne aigrette très espagnolisee. Les bas de soie\nbleus qui paroissoint vers au parterre et les souliers bordes\ndunne petite dentelle dargent sur un maroquin noir sans\nrubans et attaches seulement avec un boucle. On peut dire"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.40", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "quil dansa en metre et en scavant espagnol et je trouve ce ballet\nsi divertissant et si amusant que jai grand peur quil ne diminue\nlaffluence que lon esperoit avoir a Jason et que le tragique\ncothurne nen soit plus si fort a la mode. Je suis. »\nCe qu'il faut retenir de cette lettre curieuse, c'est non seule-\nment la description du costume porté par le fameux danseur\nPécourt dans un intermède chorégraphique ajouté au ballet des\nSaisons, mais la pointe malicieuse à l'endroit de Mnie de Sainc-\ntonge, bas-bleu du xvne, qui eut son heure de vogue, ainsi qu'en\ntémoigne ce passage du Mercure galant (janvier 1696) :\n« Nous sommes dans un temps où les Muses aiment à se\nfamiliariser avec les Dames. Il est aisé de le voir parle Recueil\nde Poésies galantes que Madame de Sainctonge vient de nous\ndonner. Le premier Ouvrage de cet excellent Recueil est le\nBallet des Saisons, quia servi d'idée à celuy qu'on a fait paroître\nà l'Opéra, depuis peu de temps. Si on s'étoit servi de ses Vers,\nils n'auroient sans doute fait qu'en augmenter la beauté, puis\nqu'ils sont aisez, naturels, et très chantants. Tout ce qu'on y lit\nensuite, Idilles, Elegies, Madrigaux, Epigrammes et Chansons,\nest du mesme caractère, et marque la fécondité et la délica-\ntesse du génie de cette Dame, qui fait beaucoup d honneur à\nson sexe. C'est d'elle que sont les Opéra de Didon, et de\nCircé ( 1), qui ont attiré si longtemps la foule. Il ne faut pas\ns'étonner qu'elle ait de si beaux talents, puisqu'elle est Fille\nd'une Mère, qui est tout esprit. L/Arioste Moderne, et plusieurs\nautres ouvrages qui ont tous été reçûs très favorablement du\nPublic, en sont une preuve. Les de Madame de\nSainctonge, se débitent chez le Sr Jean Guignard, Libraire, à\nl'entrée de la grande Salle du Palais. »\nComme on le voit, la réclame d'alors manquait de mesure\ntout autant que celle d'aujourd'hui. Mme de Sainctonge ne fut,\nâ vrai dire, qu'un médiocre auteur et ses ouvrages ne suppor-\nteraient plus la lecture.\nPrès de trois mois s'étaient écoulés lorsque Ladvocat écrivit\nde nouveau à son ami Dubos. C'était à l'occasion de la première\nde Jason(2), une des œuvres lyriques dont l'auteur des Odes\ndevait dire plus tard : « Elles sont ma honte. Je ne savais point\nencore mon métier quand je me suis donné à ce pitoyable\ngenre d'écrire. »\n\n(1) Tragédie lyrique en 5 actes, avec un prologue, musique de Desmarets,\nreprésenté le ier octobre 1694.\n(2) Jason,ou la Toison d'or, tragédie en 5 actes et un prologue, paroles\nde Jean-Baptiste Rousseau, musique de Colasse, représentée à l'opéra le\n17 janvier 1696."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.41", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "Cette lettre est d'un intérêt capital, comme on en va juger :\n« Ce jeudi 19 janvr 1696.\n« Ayant été obligé de garder la chambre depuis vendredy\ndernier je nay pu assister ny a la répétition de Jason ni aux\nreprésentations qui sen sont faites. Je croi que Monsr du\nRosai naura pas manqué a vous instruire de la mauvaise récep-\ntion de ses spectateurs. Ceux qui plaignent avec le plus dosten-\ntation son mauvais sort sont ceux qui se rejouissent davantage\nde la présomption du poete et du musicien.\nPeriisse germanicum nulli jactantius mœrent quam qui maxime letantur„\nCor. Tac., 1. 2. Vous nignores pas Monsr que «Jactantia»\nest définie par Ciceron, 4, Tus. : « quod sit voluptas gestiens\net se efferens insolentius » et que lobstination quils ont\ntémoigné lun et lautre (les auteurs) pour ne rien retrancher de\nleurs productions auroint deub obliger le musicien a ne pas\nmettre en musique des vers quils ny croioit pas disposes soit\nquils composassent des scenes trop longues soit que les vers\nalexandrins trop fréquents soint peu propres a rendre le chant\nagreable etc. (ne pas veu ny médité asses) mais comme\ndit fort bien Plaute dans son livre :\nHeg. quid tu ais ! tenax ne est\nPhi. imo edepol PERTINAX.\n« Pertinax autem » selon le musicien « suo more dixit pro\nvalde tenax. Hoc est rei suas augendee plus satis attento, etc.\n« Selon le poète et Horace « pertinax quod valde teneat vel\nquod propositi sit tenax\nJustum et tenacem propositi virum\net voila la véritable cause de leurs naufrage et que le parterre\nles auroit plus tost siffles quapplaudis. Cicer. 3eTuscul.\nQuoniam plausibilia heec non sunt uterque si nec gaudeant gloriose loqui\n[desinant\net en aille rendre grâce a cette divinité de Plaute « in Curcu «\nquil établit pour de tels gens dans les cloaques de Rome. Vous\nscavez quon y trouva unne Idole ou cru telle a qui lon fit au\nmesme lieu dresser un autel.\n« On a donné les rolles DAriadne (1) des Lundi. Marest en\nfera la première répétition des cœurs samedy prochain et\n\n(i) Ariane et Bacchus, opéra en 5 actes, paroles de Saint-Jean, musique\nde Marais, représenté à l'Aeadémie royale de musique le 8 mars 1696."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.42", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "prétend le mettre sur pied le 20 de fébr. Je ne scai si le poete\nvous a envoie son livre. . .\n« Je ne le vois pas asses pour len presser mais je vous dirai\nque j'attends vostre critique avec impatience. _ Elle vous fera\nmoins de peinne que si vous la fesies de la musique. Le peuple\nest si chagrin quil se plaint de lhabit de Mlle Morau quon ne\ntrouve pas bien fait et de celuy de la Sybille imaginaire (pour\nle temps) de la grande fille et quelle a ete oblige de quitter. On\na ete mesme contraint doter beaucoup de vers et de chants a\ncause de la longueur de lopera.\n« Sur la plainte que les comédiens françois et Italiens ont fait\nau roy conduits par Monsr de la Trimouille (1) des insolences\nque lon commettoit dans le parterre contre ceux des loges tant\nfemmes quabbes et quautres qui navoint point lhonneur de\nleurs plaire, le roy a envoie un ordre à Ml' de Renye (2) pour\nfaire une ordonnance qui condamnera les officiers a la prison\npendant un an et les inférieurs a celle que nous scaurons quand\nlordonnance sera publiée. »\nDans le prochain numéro je donnerai encore quelques lettres\nqui termineront cette série de documents dus à la plume de Lad-\nvocat. D'ores et déjà, je tiens à dire que je m'efforcerai de\ndécouvrir et de rassembler d'autres documents de source simi-\nlaire, afin de compléter ceux que j'apporte aujourd'hui et de\npeindre la véritable physionomie du monde du théâtre à la\nfin du xviie siècle.\n\nMartial Teneo.\n\n(1) Seigneur de la chambre du Roi.\n(2) Nicolas de La Reynie, premier lieutenant de police de Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c016", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11", "titre_corps": "REVUE DE LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "REVUE DE LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n\nLES CONCERTS.\nConcerts Chevillard. M. Safonof. Société de Concerts d'instruments anciens. —• Société\nBach. Quatuor Luquin. Fondation Bach. Soirées d'Art. Société Philharmonique. Ma-\ntinées Danbé. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nAvec la collaboration habituelle de son bruyant voisin, le Casino de\nParis, M. Chevillard a enlevé victorieusement l'ouverture de Benvenuto de\nBerlioz, et la Symphonie en si bémol {n° 12) de Haydn; je lui sais un gré par-\nticulier de la place qu'il fait cette année, au génie lucide, sain et toujours\nvivace du vieux maître autrichien: peut-être est-ce cependant pousser trop\nloin le souci de l'effet, que d'introduire dans cette musique si pondérée\nd'excessives oppositions de nuances. Une indisposition du violoniste Johan-\nnes Wolffit que le concerto affiché de Sinding fut remplacé par celui de\nHândel pour instruments à cordes, aussi familier au public de M. Chevil-\nlard qu'à ses musiciens. Le puissant poème de Richard Strauss, Mort et\nTransfiguration^t les vivantes Impressions d*ltalie de Gustave Charpentier\ncomplétaient avec une heureuse diversité ce programme, où la nouveauté\nétait représentée par deux mélodies, avec accompagnement d'orchestre, de\nM. Lazzari. Bien chantées par Mme Mayrand, ces pages, d'une inspiration\ndistinguée et délicate, d'une orchestration ferme et sobre, ont plu. Elles\nauraient plu davantage si le texte de la seconde avait été plus intelligible :\nSon corps si cher, son corps joli n'est pas iciy il n'est pas là !Il n'est plus\nqu'une ombre légère...\n{Les roses ne m'ont pas parlé !)\nL'effort considérable, et d'ailleurs stérile, qu'on fait pour essayer de trou-\nver un sens quelconque à ce pathos, distrait malheureusement une partie\nde l'attention qu'on voudrait accorder à la musique.\nJEAN CHANTAVOINE.\nLe concert du 27 décembre, dirigé par M. Safonof, a été une déception\npour moi. Non que je sois insensible à l'ingénieuse mimique de ce chef\ndédaigneux du bâton, dont les deux bras tour à tour s'animent et se raison-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.44", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "nent implorent, démontrent, réfutent, apostrophent, objurguent, invectivent,\nallument les flûtes, écrasent les contrebasses, déchaînent les trombones\nd'un geste créateur, ou aspergent les premiers violons d'un goupillon agile\nautant qu'imaginaire. Cette éloquence très étudiée, qui fait songer à quelque\nsermonnaire de la vieille école, à un Jaurès vu de dos, distrait un peu\nde la musique. Mais pas assez : car l'art russe était représenté àce concert\npar la 6e Symphonie de Glazounof, et une Ouverture de Tchaïkovsky pour\nRoméo et Juliette. Rien de Balakiref, ni de Rimsky, ni de Borodine, ni de\nLiapounoff. Ces exclusions singulières surprennent moins si l'onsonge que\nM. Safonof est directeur du Conservatoire de Moscou, quelque chose\ncomme le Théodore Dubois ou l'Ambroise Thomas de la Russie officielle.\nComment donc reconnaîtrait-il le moindre talent à l'école russe moderne,\ncréatrice d'un art glorieux ? Comment sentirait-il la beauté des fleurs fraî-\nches et sauvages qu'elle a fait éclore ? Comment ne veillerait-il pas,\ncasque en tête et lance au poing, pompier fidèle, auprès de l'arche sainte\nde la Banalité ?\nLe cas de Glazounof est attristant, car ce jeune compositeur donnait de\ngrandes espérances, et tel de ses poèmes symphoniques, la Mer, ou Sterika\nRacine, plaisait par un coloris encore un peu gros, mais déjà brillant et\nnourri : on pouvait saluer en lui le continuateur futur de Balakiref et de\nRimsky. Il n'en sera rien, car le voilà qui se prosterne à son tour devant\nles idoles du faux classicisme, de la tradition d'école et de la « musique\npure » à l'allemande. Sa symphonie est, si l'on veut, bien écrite pour l'or-\nchestre : un prix de Rome ne ferait pas mieux. Mais elle est dépourvue de\ntout intérêt musical, depuis son premier morceau, que défigure une sorte\nde choral protestant (genre Reformation-Symphony), jusqu'au finale aux\ncuivres vulgaires, en passant par un insipide thème varié et un intermezzo\nsans grâce ni joie : mélodies ternes, harmonies inexpressives, rythmes\nmonotones, tel est le signalement de cette musique à tout faire, qui n'est\npas plus russe qu'allemande ou française, ou plutôt, hélas ! qui est tout\ncela à la fois : car on la retrouve, toujours pareille à elle-même, dans tous\nles pays de l'Europe, et cela n'a d'ailleurs aucune importance. Ce qui existe\na seul de l'importance.\nQuant à l'Ouverture de Tchaïkovsky, c'est une autre affaire encore : ici ce\nn est pas seulement une banalité assez innocente en somme, c'estune pré-\ntention, une vaine et molle emphase, un romantisme de mélodrame, souve-\nrainement antipathiques. Si Glazounof se plaît aujourd'hui à ressembler à\nM. d'Olonne, Tchaïkovsky rappelleraitplutôt M. Lenepveu. Cette Ouverture\n(où l'on relève, en outre, un souvenir très direct de Berlioz) fut montrée à\nBalakiref, qui la trouva mauvaise. Remaniée, elle ne devint pas meilleure :\nelle avait donc tous les titres à la faveur de M. Safonof, directeur d'un Con-\nservatoire où M. Rimsky-Korsakof n'enseigne pas.\nA ce même concert, la Sérénade de Mozart était exécutée avec quelque\nexagération de nuances, et Mlle Lubochitz recueillait, par la sûreté de son\nstyle et l'ampleur aisée du son, des bravos unanimes dans le Concerto de\nBeethoven Mais que j'aurais mieux fait d'aller entendre, aux Concerts Co-\nlonne, le délicieux Conte d'avril de Widor, ou, au Conservatoire, le Prélude\na l après-midi d un Faune (oui, messeigneurs !) dirigé par l'excellent Martv\ndevant un public que M. Pierre Lalo appellerait un public de mufles s'il\nécrivait dans un journal moins sérieux ! 3\nSi j'ai failli maudire M. Safonof dimanche, je l'aurais volontiers béni\nsaîlePlevef LsTrS A* ™USlque an en son honneur àla\nePJeyel La Société de Concerts d instruments anciens est trop connue\npour que je la présente à nos lecteurs : ces excellents artistes (Mme H Casa-\ndessus-Dellerba, MM. Henri et Marcel Casadessus, M. Nanny, MUeDelcourt)"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "qui viennent de faire en Allemagne une tournée triomphale, nous ont joué\nde fort jolies choses, dont la plus faible était certainement la Symphonie\nde Bruni (1759-1823). D'ailleurs ces dates me donnent quelques doutes : à\nla fin du xvuie siècle, écrivait-on encore pour les instruments de la famille\ndes violes? Ou, s'il s'agit d'un arrangement, pourquoi ne pas s'adresser\nà la musique moderne, et transcrire le Quatuor de Ravel pour pardessus de\nviole, quinton, viole d'amour et contrebasse ? La 3e Sonate de Borghi est\nagréable, malgré son écriture un peu creuse, à deux parties seulement ;\nelle vaut un succès d'enthousiasme à M. Henri Casadessus, qui tire de la\nviole d'amour un son plein et doux, et à M. Nanny, Paganini de la contre-\nbasse et roi des harmoniques. Mais tout cela est bien pâle auprès du Diver-\ntissement de Mouret (1682-1738) et surtout du Ballet de Monteclair (1666-\n1737) : que de grâce alerte et précise ici, que de charme dans les mélodies,\nque d'exquises recherches de sonorité dans ce Carillon, quelle rusticité\nraffinée dans ce Tambourin ! Les villageois dansent sous les grands ormes\njaunis, d'où parfois une feuille se détache et tournoie ; le seigneur sourit à\nles voir, la main au pommeau de sa courte épée; et le parfum d'automne\nse marie à la délicate musique, pour faire à cette âme hautaine un voile\nde galante tendresse. Il n'y a pas au monde une musique plus aristocra-\ntique que la musique française.\nCes vieux maîtres du xvue et du xvme siècle nous étaient déjà apparus\nen toute leur gloire le i 5 décembre, au concert de la Fondation Bach\n(M. Ch. Bouvet, directeur; MM. Ezio Ciampi, Jemain, Gravrend, Migard,\nSchidenhelm). Ici encore les maîtres italiens, Caldara, Strozzi et Paesiello,\nont pâli devant le Quatuor en sol de Haydn, l'air de Rinaldo de Haendel, la\nSonate en sol pour violon et piano de Bach, et les Pièces en duo de Jean-\nMarie Leclair, d'une inspiration si noble et d'un style si ferme et si soutenu\nque certainement la comparaison avec Bach et Haendel est possible. Ce\nmagnifique programme a été interprété avec une ampleùr, une harmonie de\nsonorités, et une grandeur simple dans l'expression, qui sont au-dessus de\ntout éloge. Je crois que l'un des prochains concerts de la Fondation Bach\nsera consacré spécialement aux auteurs français. Nous devons bien de la\nreconnaissance à M. Ch. Bouvet, pour son grand talent d abord, et ensuite\npour l'avoir mis au service d'une si belle cause. Louis LALOY.\nSoirées d'Art. Jeudi 23 novembre. Au programme : les cinquième\net sixième Quatuors de Beethoven exécutés par le quatuor Capet avec sa\nmaîtrise ordinaire.\nMlle Jeanne Leclerc chante l'air de Suzanne des Noces de Figaro, le Clair\nde lune de Verlaine et Fauré, et obtient enfin les honneurs du bis dans le\nMariage des Roses de C. Franck, qui enthousiasme le public.\nM. Lazare Lévy joue un peu froidement la Sonate en la bémol de Beetho-\nven, puis se ressaisit dans une Étude de Chopin, et est finalement très\nvigoureusement applaudi pour sa belle exécution de la Polonaise op. 53.\nJeudi 3o novembre. Ces concerts justifient de plus en plus leur nom,\nau double point de vue de l'excellente composition des programmes et du\nchoix des artistes.\nLe concert débute brillamment par la Sonate en si mineur de Chopin,\ndont le merveilleux finale, exécuté avec chaleur par M. Alfred Cortot,\ndéchaîne une vraie tempête d'applaudissements.\nMme Jane Arger, accompagnée avec précision et délicatesse par M. Léon\nMoreau, chante l'air de Chérubin des Noces de Figaro, et l'air de Momus\nde la cantate Phébus et Pan de Bach, avec un style parfait et une diction\nravissante. Elle nous donne ensuite des chansons à danser d'A. Bruneau\net des mélodies de la Basse-Bretagne par Bourgault-Ducoudray."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.46", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "M. Cortot se fait réentendre dans Thème et Variations de Chevillard,\ntrès agréable composition fort bien écrite pour le piano.\nLa séance terminait par le septième Quatuor de Beethoven, exécuté par\nle quatuor Gapet. i\nJeudi 7 décembre. Le succès de ces concerts s affirme de plus en plus,\net le public y prend décidément goût. La séance d'aujourd'hui débutait\npar le très curieux Quintette de Beethoven pour piano, hautbois, clari-\nnette, basson et cor, exécuté par MUe Th. Chaigneau, MM. Bleuzet, Mi-\nmart, Letellier, Pénable, _\nM. Rousselière nous présentait trois mélodies de Léon Moreau, parmi\nlesquelles Pedro, en première audition.\nLe quatuor Gapet exécute les hu et de\nBeethoven (le premier interrompu malencontreusement par une corde\ncassée). Par moments, la sonorité du violoncelle ne s'harmonise pas com-\nplètement avec celle de ses partenaires. Malgré cette légère critique, exécu-\ntion de premier ordre, comme toujours.\nEnfin Mme Raunay se fait un succès énorme avec le et le\nRecueillement de Cl. Debussy.\nJeudi 14 décembre. L'événement du concert est la première audition\nde Y Hommage à Rameau, de Cl. Debussy (le 20 morceau des Images, qui\nviennent de paraître chez Durand). Hommage ému et grave : jamais le grand\ncharmeur ne nous avait rien donné d'aussi sobre, d'aussi contenu, ni d'aussi\nprofond peut-être. L'esprit de Rameau est bien là, avec sa netteté hautaine\net sa noble élégance ; mais combien la musique est plus riche et plus\nvraiment inspirée que celle de Rameau ! M. Dumesnil a fort bien rendu\nl'œuvre nouvelle, ainsi que la Sonate ut de Beethoven et\nle Scherzo en si bémol de Chopin. Le quatuor Capet joue admirablement\nles dixième et onzième Quatuors de Beethoven. Mme Mellot-Joubert chante\navec charme les paisibles Joies et douleurs d'Arthur Coquard, et le quatuor\nvocal Bataille a beaucoup de succès avec un programme un peu mêlé (de\nBeethoven à Léo Sachs).\nE. B.\nDans un précédent compte rendu je signalais la valeur très discutable\nde certaines œuvres entendues à la Société Philharmonique. Il me faut\naujourd'hui revenir plus longuement sur ce sujet. Le parti pris de mettre\nau programme de chaque concert ou presque certains noms de la\njeune école allemande, ce parti pris, dis-je, est trop évident et aussi trop\nregrettable pour le laisser passer sans protester : car c'est au détriment de\nnotre musique. Nul sil est de bonne foi ne conteste la supériorité\nactuelle de la jeune école française. Seule entre toutes, elle donne à la fois\ndes résultats et des promesses , semblable à quelque bel arbre de rêve dont\nla frondaison magnifique s épanouirait en un perpétuel printemps et qui por-\nterait, tout ensemble, des fruits savoureux et des fleurs éclatantes. Chez\nnos voisins d'outre-Rhin, au contraire, c'est la stagnation ; c'est l'ennui, le\nlourd et morne ennui teuton. Je sais bien que d'aucuns crient partout au\ngénie et prétendent que si nous n'admirons pas, c'est uniquement parce que\nnous ne comprenons pas. Entendons-nous. Lorsqu'il s'agit de novateurs\nun artiste sincère mais hynoptisé par la musique qu'il aime ou qu'il écrit\nc est en général la même chose —peutparfois se tromper. Enartles juge-\nments sont nombreux que la postérité ne ratifie pas. Mais la musique dont il\ns agit ici n est pas de novateurs, nous la comprenons d'autant mieux qu'elle\nne fait que repeter infiniment moins bien, ce que d'autres ont déjà dit.\nPlus seneuse est 1 objection suivante: cette musique teutonne est celle\nqui convient a des Teutons. Parfait. Dans ce cas qu'on ne cherche pas à"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.48", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "nous 1 imposer. Il est vrai que le public de la Société Philharmonique est\nessentiellement cosmopolite ; lorsque l'on acclame l'interprète, c'est en\nplusieurs langues, mais c'est surtout en allemand. Il semble donc que ces\nconcerts s'adressent à un public restreint, venu là pour écouter la musique\nqu'il aime, Toutefois, en raison des virtuoses qui s'y font entendre, et aussi\nen tant que manifestation de la vie musicale à Paris, l'effet moral est beau-\ncoup plus considérable. C'est pourquoi il convient de réagir contre de\npareilles tendances.\nQuelques mots sur les deux derniers concerts. Au début de la quatrième\nséance, Mme Jeanne Diot, violoniste au talent très honorable, se fit en-\ntendre dans une Sonate en ré majeur du vieux maître italien Arcangelo\nCorelli (seconde moitié du xvn® siècle,) et dans Prélude et fugue en sol\nmineur de Bach. Après elle le Dr Wullner avec douze lieds germains\nnous satura de « fleur bleue » et autres puérilités désuètes des vieilles\nlégendes allemandes. Ce chanteur, avec très peu de voix, arrive à une rare\npuissance d'expression ; par ce côté il est extrêmement intéressant. Mais\nque sa mimique est donc agaçante : yeux fermés, poings crispés, tout le\ncorps qui frémit et se contracte ridiculeusement ! Il est malheureux que\nlon admire encore un tel cabotinage. Pour moi (que l'Ouvreuse me par-\ndonne cette incursion dans ses plates-bandes), je ne recommanderai ce\n« Wullner herr » à personne, malade ou bien portant. Entre temps\nM. Joseph Slivinski, au piano, fît applaudir dans diverses œuvres de Cho-\npin un jeu brillant et expressif.\nC est le « Quatuor de Paris» MM. Hayot, André, Denayer et Salmon\nqui opérait à la séance du 19 décembre ; ensemble de tout premier ordre\net d ailleurs trop connu pour que je m'etende sur la très belle exécution\nqu'ils nous donnèrent du Quatuor en sol majeur de Haydn et du Xe Qua-\ntuor de Beethoven. Ce sont de vrais, de grands artistes, et les rappels ne\nleur ont pas été ménagés. A coté d'eux, dans le Quintette de Brahms,\nM. Ernesto Consolo tint le piano magistralement. Ce même artiste s'était\ndu reste fait acclamer précédemment, en jouant seul la superbe Fantaisie\nen fa mineur de Chopin. Je formulerai ici une légère réserve au sujet de\nl'exécution de cette œuvre pour laquelle j'aurais aimé, en certains endroits,\nun peu plus d abandon. Quant a M. Clark, sa voix de baryton, généreuse\net bien conduite, lui valut un succès mérité.\nC est une très belle cantate que celle pour le troisième dimanche après\n1 Epiphanie : Uieu9fais de moi ce que tu veux. Les proportions relativement\ncourtes de cette œuvre, que la Société J.-S. Bach nous faisait entendre à\nson second concert d'orchestre, me permirent d'en écouter la fin avec autant\nde que le commencement. A signaler, dans la dernière partie,\nun glas d'un effet impressionnant. Très bien chantée par Mlle Anne\nVila et MM. Plamondon et Louis Bourgeois, cette cantate fut fort bien\naccueillie.\nLe premier Concerto brandebourgeois, écrit pour violon principal, deux\ncors, trois hautbois, basson et orchestre, ne fut pas moins applaudi. Cela\nse meut, grouille et vit de façon parfois si intense que l'instrument prin-\ncipe ne parvient pas à se faire entendre. L'andante, heureusement, nous\nlaissa apprécier le talent du soliste, qui n'était autre que M. Georges\nEnesco, dont on connaît la valeur. Le Choix d'Hercule « dramma per\nmusica », ma paru un peu long. Je me contenterai de citer Mme Marthe\nPhilipp, Hercule bien chantant, ainsi du reste que Mlle Anne Vila la\nVolupté, —M. Plamondon —la Vertu,—M. Louis Bourgeois - Mercure.\nKAmkU 1 - . mant- l-)lral\n-je que les chœurs m'ont\nsemble quelquefois manquer de cohésion ? Mais l'orchestre sous la\naguette de M. Gustave Bret, fut en général suffisamment souple et docile."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.49", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "„en es, de certaine, œuvjes a£sg. l'on revoj, .on-\njours avec Quatuor de Grieg, dont le Quatuor Luquia et - dans\net aussi le p ? • te Q ,je Lausnay, nous donnèrent le 18 décembre\nexécution. Sonorités bien équilibrées nuances bien com-\nité href très bon ensemble que celui forme de MM. F. Luquin,\nH DumoQtA Roelens et H. Richet. Dans la Sonate de G. Franck, M. Fer-\n»nd T uaui'n fît preuve de beaucoup de style et fut chaleureux a souhait,\ntandis aue la 5S pour violoncelle de Grieg mit en valeur, notamment\n?nns l'andante le jeu expressif de M. Henri Richet, tous deux, d ailleurs,\necondes à merveille par M. Georges de Lausnay. Bref, excellente soiree\npour l'art, et aussi pour le public, dont les applaudissements furent nom-\nbrr es anciennes Matinées Danbé, sous le nom de « Matinées musicales et\npopulaires », viennent de reprendre à l'Ambigu leurs intéressantes séances\ndu mercredi avec, comme directeur artistique, M. A. Luigini.\nFn vedette sur le programme du i 3 décembre: Mme Marguerite Carre,\noui toute gracieuse, chanta délicieusement une chanson de Miarka : l Eau\ncourt accompagnée par l'auteur ; et M. Lucien Fugère, qui détailla\naveclnfiniment d'humour les Vieilles de Levadé. Ces deux chansons furent\nredemandées, ainsi que le duo de Xavieaprès lequel le public acclama\nlonguement ces deux excellents artistes. Dans le Quatuor op. Haydn\net dans le Nocturne du 2e quatuor de Borodine, le qua.uor !sou<dant fit\napplaudir un ensemble très homogène, compose de MM Soudant, de\nBruvne Mieard et Bedetti, auxquels vinrent s'ajouter MM. F. Lemaire,\nA Petit'et Delahègue, dans le Septuor de Saint-Saëns. Puis, avec\nbeaucoup de fougue, M. Jean Bedetti joua superbement la partie dun\nConcerto pour violoncelle de Popper. Cette musique est loin d etre amu-\nsante mais le public aime encore beaucoup ces œuvres de pure virtuosité.\nAussi' ne ménagea-t-il pas les ovations à l'interprète et au double quatuor\net piano qui l'accompagnait, dirigé par M. Luigini avec sa maîtrise habi-\ntULe\"programme de la seconde matinée contenait une part de chant plus\nimportante. Tour à tour, M-8 Jeanne Raunay l'inoubliable Guilhen de\nFervaal, MUe Lucy Vauthrin et M. Léon Beyle —de l'Opéra-Gomique\nvinrent charmer le public dans des pages diverses de Mozart, G. Franck,\nPuccini, H. Busser et Léon Moreau, ces dernières mélodies accompa-\ngnées par leur auteur. Très applaudi également M. Soudant, qui se pro-\nduisit en solo dans les Airs bohémiens de Sarasate, et avec ses habituels\npartenaires dans un Quatuor de Mozart et une Reverie de Schumann.\nJEAN POUEIGH.\nEcole des Hautes Etudes sociales. M. Henry\nExpert, dont on connaît les admirables travaux sur la musique de la Re-\nnaissance, est un erudit aussi passionnant qu il est passionne . il ne garde\npas pour lui son enthousiasme ; il sait le communiquer et, mieux encore,\nil sait le justifier. Avec quelle chaleur de zèle, avec quelle verve et quelle\nardeur il plaide la cause de ses vieux maîtres, montrant les finesses de\nleur grâce ou de leur gaieté, et tour à tour l'adresse ou la naïveté de leur\nart! Des pièces de Jannequin, Costeley, Mouton, etc., illustraient cette\nvivante causerie : elles ont valu le plus vif succès au « Quatuor Expert »,\ncomposé par Mmes Mathieu et Goulancourt, MM. Thibaut et Ragneau,\ntroupe alerte et disciplinée qui fait honneur à son excellent caporal.\nJ. CH."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.50", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "A L'OPÉRA\n\nLa Ronde des Saisons,ballet en trois actes et six tableaux, deCh Lomon, musique de Henri Busser,\npas réglés par M. Hansen.\nOn se montre encore les figures connues de tel et tel Parisien notoire, on\nse chuchote les surnoms nouveaux qui les décorent, que déjà les cuivres\nde 1 orchestre éveillent dans le somptueux hémicycle des échos de music-\nhall. Mais le rideau se lève sur un vaste décor de campagne à volonté, et\nM\"c Zambelli fait son entrée : tous les bavardages se taisent aussitôt, tou-\ntes les lorgnettes se braquent ; on ne peut imaginer en effet une légèreté\nplus aérienne ni un art plus exquis. Les fines pointes ne semblent plus\ntoucher terre, les jambes battent comme des ailes, c'estle vol d'un papillon,\nc'est le tournoiement d'un lutin fantasque, et c'est en même temps une\nmiraculeuse précision de rythme, une harmonieuse élégance, une grâce\nnoble, pure, nerveuse et décente. Sans M'ie Zambelli, je ne sais ce qu'il fût\nadvenu de cette soirée.\nLe ballet est cependant bien à sa place à l'Opéra, et c'est un genre qui\ndevrait enchanter, à ce qu'il semble, l'imagination d'un poète et d'un mu-\nsicien. Pourquoi donc ne nous donne-t-il plus que des fruits d'une si\nécœurante banalité ? On peut dire avec vérité que la Ronde des Saisons\nne révèle pas la moindre trace d'invention, ni dans le scénario, fade à pleu-\nrer, ni dans la musique, triviale je veux croire à dessein, ni dans la danse,\nmonotone et conventionnelle comme toujours, exception faite pour les\npas de Mlle Zambelli, qui, eux, furent réglés par Mme Rosita Mauri. 11 s'a-\ngissait, si j'ai bien compris, de justifier quatre entrées successives figurant\nles quatre Saisons : sujet traité souvent par l'ancien Opéra, mais demeuré\naimable et pittoresque. Or ces entrées n'ont ici aucun caractère, aucune\ncouleur, aucune grâce. Les hirondelles bleues du printemps, pas plus que\nles corbeaux noirs de l'hiver (conduits cependant par deux charmants chefs\nde file), ne savent que devenir sitôt entrées en scène ; c'est pourquoi, après\nquelques évolutions, chassés-croisés et entrelacements, elles se retirent,\nayant montré tout ce qu'elles peuvent faire. Et cependant les Saisons per-\nsonnifiées n'ont eu que le temps d'échanger avec le héros Tancrède quel-\nques gestes vagues qui semblent dire : '< Voyez-moi ça », et font songer à\nquelque commère d'une Revue sans paroles. C'est grand dommage, et l'on\npouvait certes mettre mieux en valeur le talent de Mlles Ricotti, Léa Piron,\nSirede et Nicloux. Quant à M'i° Louise Mante, en Tancrède, j'avoue que\nson travesti ne me plaît pas trop ; il éveille de vagues souvenirs archéolo-\ngiques, et donne des démangeaisons de lui parler d'Ecbatane et des fouilles\nde Suse, ce qui évidemment serait hors de propos. Pourquoi ne pas assi-\ngner ce rôle à un danseur ? L'Opéra en possède d'excellents, parmi les-\nquels je citerai M. Vanara, qui a mimé très vigoureusement le rôle de la\nSorcière (car c est ici la confusion des sexes). Quelle sorcière ? me dira-\nt-on. En effet, j'ai oublié de raconter l'histoire ; elle est plus que simple.\nTancrède, épris de la fée Oriel (sic), veut la retrouver ; la Sorcière lui pré-\ndit ce bonheur pour le prochain automne et le munit de trois fleurs magi-\nques qui tour à tour, et très rapidement, évoquent le printemps, puis l'été,\npuis la saison rêvée : extase, tendres ébats, et perte malencontreuse de la\ndernière fleur : l'hiver survient et ensevelit sous sa neige les deux amou-\nreux, transis pour de bon cette fois. Morale : si vous voulez danser, mé-\nfiez-vous de l'amour. Il y a certes du vrai dans cet aphorisme, mais on\npouvait l'illustrer d'une aventure plus neuve et plus émouvante aussi.\nUn grave danger nous menace, et je le signale à tous ceux qui savent dis-\ntinguer le sérieux du frivole : la danse, le plus noble peut-être de tous les"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.51", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "arts aeonise sous nos yeux. Elle a perdu ses pas les plus gracieux : menuets,\ncourantes et gavottes ; ses costumes ont été déformés par la tyrannie du\ntutu • elle n'a plus ni Plaisirs, ni Nymphes, ni bergeres, m Bacchantes,\nmais'seulement des premiers et des seconds sujets, des coryphées et des\nétoiles • toutes se ressemblent, toutes font, à peu de chose près, les memes\nexercices : un ballet à l'Opéra n'est pas un spectacle disposé pour le plaisir\ndes yeux ; on se croirait plutôt dans une classe, un jour d'inspection gel^e\"\nraie* L'une après l'autre ou par groupes, toutes viennent à leur tour débi-\nter leur petit morceau, devant MM. les abonnes qui scrutent, épient, pren-\nnent mentalement des notes et décernent sans doute des bons points.\nQuant à la musique, son rôle, bien modeste, est d accompagner ces évolu-\ntions monotones et de se débiter, comme elles, en petites tranches bien\ncoupées. Celle de M. Busser me paraît notablement inférieure à ce qu'on\nentend aux Folies-Bergère ou à l'Olympia : car elle est plus bruyante.\nMais peut-être le malheureux auteur est-il plus à plaindre quablâmei.\nQuant à moi, je déplore amèrement que tant de grâces soient perdues.\n(Ce n'est pas de M. Busser que je veux parler, même quand il paraît sur la\nscène et salue, entre Mlle Mante et Mlle Zambelli.)\n\nLouis Laloy.\n\nLA MUSIQUE A LYON\n\nConcerts et théâtres.\nLes concerts. La Revue musicale de Lyon continue avec bonheur la\nsérie de ses « Heures de musique moderne ». M. Vallas nous offrait cette\nfois les Estampes de Debussy, En Languedoc de Déodat de Séverac et,\noutre quatre lieder déjà publiés, une Sonate inédite de M. A. Mariotte. Je\ncrois bien cependant que les délicieuses Enfantines de Moussorgski ont eu\nle Succès du concert. Mme de Lestang, cantatrice aimable, s'y montra toute\nnaturelle, et M. Jean Reynaud, qui l'accompagnait, fît ressortir, sur un ins-\ntrument trop sonore, la pure musicalité du texte. M. Mariotte interprétait\nles autres numéros, et lui-même, M. Mariotte, m'a étonné !\nM. Vallas nous promet encore de très belles et très nobles choses. Les\nœuvres de M. Ravel viendront aux prochains programmes. Sans doute il\nn'y a pas jusqu'à la province qui n'ait le désir de s'en... paladilher, à sa\nfaçon.\n*\nA la 2e séance, encore unétonnement ! de la grâce, un sentiment tout fémi-\nnin de ce qui touche dans le génie des hommes ; Mme de Lestang se dévoue\nau piano de M. Léon Vallas. Je tremblais devant l'épaisseur du programme:\nje n'ai aucune honte d'avouer mon plaisir ; une telle interprétation rafraî-\nchit l'âme. M'est-il permis de reprendre pour mon compte l'épigraphe de\nRavel : « Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille » ? C'est un bain très\nintime...\nL'Aria de Franck, le Paysage de Chausson, deux Tableaux de Voyages\net la Laufenbourg de d'lndy (i) : voilà un petit rêve doré qui me berce...\nquand M. Vallas vient tout doucement nous annoncer la Sonate en cinq\nparties de Lekeu. Longue, très longue, toute fuguée en l'éternelle pour-\n\n(i) M. joue ses propres oeuvres d'une façon moins passionnée et plus intellec-\ntuelle: c'est pour lui acte d'évocation bien plus que de sensibilité. Mrae de Lestang vou-\ndra-t-elle « foncer» un peu la couleur de son interprétation ?"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.52", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "suite de quelque illusion mobile... Pourquoi donc le Rhin se présente-t-il\naussi obstinément devant mon esprit?...\nPuis Claude Debussy triomphe, et ses disciples réveillent quelques audi-\nteurs qui se chauffaient au roucoulement des arpèges. Après la Danse et la\nSarabande du maître, Séverac nous enseigne, au Jour des noces du Chant\nde la terre, un Languedoc trop cérébral encore. M. Vallas est méchant de\nnous lire l'épigraphe de cette œuvre : non, il ne faut pas écrire ce que l'on\nsent si bien ! M. Ravel, au scandale des nobles duènes, précipite sa\nPavane pour une Infante défunte,puis il quitte son auditeur inquiet dans\nl'effarement exquis de ses Jeux d'eaux.C'est tout, mais je suis encore sous\nle charme.\nSociété lyonnaise des Concerts de musique classique. Cette Société est\nune des rares de notre ville qui puissent se réclamer d'un passé artistique ;\naprès vingt-six ans d'existence, elle demeure aussi prête à sacrifier aux inté-\nrêts de l'art. Le Quatuor JBayotnous apporte donc une joie musicale :\ncela change du « plaisir de Paris » que promènent certains virtuoses, des\npianistes, pour ne nommer personne.\nLe Quatuor en ut majeur de Mozart (Adagio, Allegro Andante canta-\nbile Minuetto Molto allegro) est rendu avec toute la finesse désirable\net une simplicité... délicieuse chez des artistes de la capitale. Je crois cepen-\ndant que la dernière partie est interprétée avec plus de vigueur (oh, bien\npetite vigueur !) que d'apparente sympathie. Mais le respect de l'œuvre\njouée, la belle sonorité et la délicatesse des instruments font qu'on ne\nsaurait souhaiter meilleure exécution de Mozart, en France du moins.\n... Pourquoi ? Par quelle diabolique intention avait-on inclus le\nop./odeM. Debussy entre Mozart et Beethoven (VII) ? Je ne sais si l'on\nme trouvera logique, désirant que l'on respecte l'œuvre du temps, « tout de\nmême ».\nPour en revenir à MM. Hayot, Touche, Denayer, Salmon, en une inter-\nprétation vraiment excellente, la difficulté géniale de l'œuvre fut double-\nment vaincue par la jeunesse virile de l'enthousiasme. C'est dire que le\nSeptième de Beethoven venait bientôt après comme un roi très grave, sorti\ntout étonné des clairières de l'Oural, et un peu triste de cette effusion,\ntoute flottante encore, d'Oréades et d'Hamadryades.\nJ'ai dit que le Quatuor de Paris mettait plus de netteté que de profon-\ndeur dans la compréhension des maîtres. A cela près, il est parfait.\nSalle Philharmonique : Concert Poulet-Chanel. Mlle Madeleine Poulet,\nqui nous revient diplômée de lAcadémie royale de Berlin, ne rapporte\nnaturellement pas les bonnes méthodes en honneur dans son propre pays.\nC'est un tort sans doute ; mais tant de jeunesse et de bonne grâce y sup-\npléent, que c'est assez pour M. Joseph Chanel d'achever le succès de la\nsoirée, pesante pour de si jeunes épaules. (M. Chanel est déjà connu par\nde précédentes auditions et par son active participation au quatuor Rinuc-\ncini.) La Sonate à Kreutzer,celle de Frank, la de Beetho-\nven— (O, clair de la lune !..) —du Chopin, Nocturne et Ballade, la\nCampanella de Liszt c'est tant et tant que l'on fait appel àla fin à son ima-\ngination bien plus qu'à ses oreilles. M. Chanel avait interprété auparavant\nune Romança de Svendsen et une Polonai de Wienawski.\nIl faut penser en somme que ce début est honorable et que les Berlinois\nratifieront le jugement de nos compatriotes, puisqu'il est question d'un\nvoyage de reconnaissance.\nConcert des Chanteurs de Saint-Gervais. En location pour une œuvre\nparoissiale. —Je regrette d'avoir lu sur les murs certaines affiches vertes"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.53", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "où l'honorable M. Bordes dénie « toute concurrence commerciale entre-\nprise sous son nom ». Gela se fait-il à Paris ? Ici, c était inutile.\nM. Charlier, trompette-attraction de la Monnaie, joue presque juste,\nmais il est gênant de l'écouter.\nAu reste, programme « entièrement » inédit à Lyon: « La 2epartie com-\nprendra l'audition intégrale du deuxième acte dCArmide (orchestre et\nchœur :70 exécutants... !) » M. Bordes devra demander àM. Colonne\nce qu'il en coûte parfois de la superstition de la province. Il est heureux\nque ce concert n'ait pas été destiné aux musiciens. Je tiens cependant\nà lui signaler qu'Armide fut montée ici avant Paris qu un ministre y assista\net que nous connaissons même le deuxième acte.\nPour compléter le programme : trois textes de musique presque ancienne,\nc'est vraiment trop peu pour les Chanteurs.\nAu fond.il est facile de se consoler en pensant que M. Bordes n'est pour\nrien dans l'abus qu'on a fait de son nom.\nA signaler une conférence duPr Ehrhard :La danse à VOpéra en 1834.\nLes débuts de Fanny Elssler. Paraîtra prochainement au bulletin des\nAmis de l'Université.\nThéâtre. Je ne parlerai pas des reprises de Samson et Dalila et d'au-\ntres nouveautés qui sont entrées au répertoire. Ces chefs-d'œuvre ne va-\nlent que par l'interprétation. A Lyon c'est la municipalité qui joue le prin-\ncipal rôle... astringent, pécuniaire .. si j'ose... eût dit Sarcey...\nL'Attaque du moulin (reprise de). Le drame de M. Bruneau ne paraît\npas avoir gagné grand'chose depuis dix ans qu'il fut représenté ici. Pas\nmême auprès du public : en représentation de bienfaisance, —un samedi\n« jour de paye », il est triste pour Yart social de remplir quarante fau-\nteuils et la moitié des galeries donc succès modéré, recette idem.\nIl serait disgracieux de lacérer un chef-d'œuvre déchu. A part le manque\nd'invention, une certaine rusticité d'âme, sans trop de vulgarité, rend l'au-\ndition supportable. Cette musique est peuple évidemment. Si l'intention\nde l'auteur fut telle... J'oserai dire que c'est parfois « vague ». Et pour\nrester dans le ton local, Guignol possède un matériel dramatique qui ne le\ncède en rien à celui du vieux Zola.\nIl est juste sans doute —et démocratique —de tirerprofit de l'intérêtpuis-\nsant de quelques secousses verbales : guerre, mort, fusiller, tuer, brûler,\netc..., et de tout le bruit qu'on peut faire là-dessous (sans compter les coups\nde fusil). L'erreur de la Débâcle est tentante par le succès, et M. Bruneau,\nlui aussi, ne manque pas d'un certain sens dramatique. Mais pourquoi\navec tant d'instruments, tant de bois, tant de cordes et tant de métal, sou-\ntenir parfois une déclamation notée comme l'antique joueur de flûte dut\ncommenter le prologue de YAululaire} C'est pauvre sans être discret. Je\ngagerai que Y Artésienne prime l'œuvre de M. Bruneau en vérité musicale\nsinon en volonté d'être sincère.\nGros sentiment grosse musique en somme, même quand elle se tait...\nComme tant d'autres,M. Bruneau croit de sa fonction de flatterie sentiment\nélémentaire de l'ouvrier glissons le mot: d'une brute, tendre ou peureuse,\nsuivant le cas.\nVoilà sans doute l'erreur initiale. Une œuvre qui ne suppose pas effort\nmoral de la part du spectateur n'est pas œuvre d'art fut-elle sociale.\nQue voudrait-on signifier, du reste, aux réputées « classes supérieures »en\nleur imposant un sujet d'admiration inférieur ? Car enfin il faut tenir compte\nde tout le monde même en communisme...\nEt puisque « la vérité est en marche », je ne comprends guère, je l'avoue*"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.54", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "l'effrayante immobilité de cet idéal social, toujours plus cupide de ses\nconnaissances nouvelles, toujours plus vide de la volonté de lui-même. Au\ncours de Yhistoire naturelle des esprits, il est certain que 1 illusion cérébrale\nabsorbe la vie physique. Zola = Schopenhauer, alors ?...\nFaux idéalisme en somme ! L'idéal de l'ouvrier n est pas différent de\ncelui du plus farouche aristocrate de l'esprit. Sur tel sens de la volonté, —~\nqui n'est pas un but, comme on voudrait nous persuader, deux mentalités\nhumainement semblables ne sauraient différer. Tout se rejoint : l'antagoniste\ncompréhension des moyens ne préjuge en rien de la similitude profonde du\ndésir. Rappelons Héraclite : « Les âmes barbares ne savent pas que le bien\net le mal se réunissent en un même effet comme se combinent dans l'har-\nmonie de l'arc et de la lyre des actions opposées. »\n... M.-Bruneau n'est plus très 10in...\nEn terminant, je ne voudrais pas lui faire de la peine en assurant qu'il\na trahi la pensée de Zola en le traînant sur une scène lyrique. Dans cette\naction dramatique, trop récente trop précipitée, ou trop ralentie au\ngré de la partition,— l'horreur de la guerre m'apparaît trop antique ou trop\nnaturelle pour être enseignée avec fruit. Mais vraiment que ces Prus-\nsiens sont antipathiques... me pardonnent mes amis d'Allemagne !\n\nJacques Reboul.\n\nLA MUSIQUE EN FINLANDE.\n\nLes concerts d'Helsingfors. Sibelius.\nNous avons ici deux associations musicales : les Concerts populaires, qui\nont lieu deux fois par semaine, et les Concerts symphoniques, une ou deux\npar mois. Cette dernière entreprise a pour elle les mérites de l'exécution.\nMais les programmes de la première sont souvent beaucoup plus intéres-\nsants. C'est ainsi que son premier concert, consacré uniquement à la\nmusique finlandaise, nous faisait entendre le finale d'un opéra d'Ekmao, le\nRoi Karl-Pacius, des chants populaires arrangés pour orchestre à cordes\net un poème symphonique de Jârnefelt : puis des œuvres de\nSibelius : En Saga (conte), Élégie et (de la musique de scène\nécrite pour le drame Christian II), légende\nfinnoise; enfin une Ouverture dramatique de Mielck, une Valse de Palm-\ngren, et une Marche de Kajanus. Ces compositions ont toutes été accla-\nmées d'enthousiasme et le méritaient pour leur charme pénétrant et leur\ncouleur délicate. Il y a dans toute la musique finlandaise une mélancolie\ntendre et poignante ; ces chants venus du plus lointain des âges semblent\nnous dire la tristesse émue des premiers réveils, au bord des lacs voilés de\nbrumes où ne se risquaient pas les pirogues. Car la musique finlandaise,\ncomme notre musique russe, puise aux sources pures de l'inspiration popu-\nlaire. Témoin ce thème du Conte de Sibelius, simple et doux comme un\ntrès vieux récit :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.55", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "Ce Conte est d'ailleurs un chef-d'œuvre, et Sibelius, le chef de l'école\nfinlandaise, est un très grand compositeur, digne d'être mieux connu en\nEurope. Son Cygne de Tuonela a été récemment joué au Concert Chevil-\nlard et apprécié à sa valeur en cette Revue; mais bien d'autres œuvres\nmériteraient pareil honneur, entre autres une musique de scène pour\nPelléas et Mélisande qu'il serait intéressant de comparer, non certes au\ndrame de Debussy, mais à la Suite de Gabriel Fauré. Elle contient entre\nautres une délicieuse Pastorale et une chanson des Trois sœurs aveugles,\ntoute finlandaise de tour et d'accent.\nParmi les jeunes compositeurs finlandais, c'est Palmgren qui donne le\nplus d'espérances, depuis la mort prématurée de Mielck : son inspiration,\nmoins profonde que celle de Sibelius, a beaucoup de grâce et de poésie.\nAux Concerts populaires suivants figuraient le Cygne de Tuonela et la\nFinlande de Sibelius, l'Ouverture du Prince Igor de Borodine, une danse\ntirée de Rogneda de Serof, le Caprice espagnol de Rimsky-Korsakof et\ndiverses œuvres de Dvorjak, Smetana, Glazounof, Borodine, Grieg, Palm-\ngren et Melartin ; cependant que les Concerts symphoniques ne risquaient\nTchaïkovsky et Glazounof que pour mieux revenir à Schubert, Verdi et\nmême Spinelli.\nEnfin, le 9 décembre, M. Palmgren donnait un concert, avec le chœur de\ncent étudiants qu'il a formé et l'orchestre philharmonique. On y entendit\ndes chants populaires et deux chœurs avec orchestre, de Sibelius, qui, le\nsentiment national aidant, soulevèrent d'interminables acclamations. Une\nfoule enthousiaste fit la conduite aux choristes jusqu'à la maison des étu-\ndiants, en chantant les vieux airs finlandais. Ce sont là de belles manifes-\ntations de vie nationale et artistique, auxquelles un étranger même ne peut\nque s'associer avec émotion, espérance et sympathie.\n(Traduit du russe par Louis LALOY.)\n\nLef Zeitlin.\n\nMUSIQUE DU XVIIIe SIÈCLE\n\nLes Maîtres français du violon au xvnr siècle*\nOn sait avec quelle persévérance et quel zèle M. Joseph Debroux s'em-\nploie depuis nombre d'années à faire revivre l'ancienne école française du\nviolon. Son édition du ler livre des Sonates de J.-M. Leclair, publiée en\ncollaboration avec M. Guilmant, avait déjà commencé à combler une re-\ngrettable lacune de notre littérature musicale. Voici que 4 nouvelles Sona-\ntes (1) viennent révéler des maîtres qui dormaient d'un sommeil profond\ndans le sanctuaire des bibliothèques 1 François Ou Val. Jean-BaDtiste\nSénallié, François Francœur, et L'abbé le fils!\nPersonnellement, nous ne pouvons que nous féliciter d'assister à sem-\nblable résurrection, car nous avons été heureux de faire connaître aux lec-\nteurs du Mercure musical l'intéressant musicien qui se nomme François\nDu Val. Du reste, en ces temps où la « Debussyte » règne, où les plumes\ns'aiguisent, où les arguments font flèche à propos des discussions que\nsoulevé l'enivrante musique d'un jeune maître déjà illustre, il n'est pas\nmauvais de chercher un lieu de repos où, loin du tumulte des batailles\n\n(i) Publiées chez B. Roudanez, éditeur, 9, rue de Médicis, Paris."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.56", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "d'idées, et au sein de tranquilles harmonies, se puisse goûter un peu du\ncharme des choses du passé. Ce coin des Champs Elysées de la musique,\nce jardin d'Armide, M. Debroux nous l'indique en nous invitant à diriger de\nce côté notre flânerie etnotre curiosité. Au surplus, y a-t-il là de quoi nous\nsatisfaire, car cette lointaine Salente dispense quelques-unes des captivan-\ntes jouissances musicales dont notre sensibilité moderne s'affirme si avide.\nM. Debroux poursuit un double but : d'abord, un but historique, consis-\ntant en la restauration d'œuvres où l'esprit français est répandu à profusion;\nensuite, un but pédagogique, car les 4 Sonates qu'il vient d'éditer présen-\ntent un intérêt technique considérable ; elles exigent, pour être correcte-\nment interprétées, une grande netteté d'articulation et beaucoup de sou-\nplesse d'archet ; elles sont une sérieuse école de justesse en raison de la\nfréquence de l'emploi de la double corde, et, à ce titre, les élèves pourront\nles travailler avec fruit.\nAvec une honnêteté dont on ne saurait trop le louer, M. Debroux pré-\nsente le texte original sans autre modification que celle qui résulte de sa\ntranscription en clef de sol deuxième ligne pour celles des Sonates écrites\nen clef de so/première... puis, il donne son interprétation, toujours respec-\ntueuse des particularités rythmiques de ce texte, et du phrasé indiqué par\nl'auteur. Un pareil procédé désarme toute critique, car, au cas où quelque\ngrincheux s'aviserait d'épiloguer sur l'interprétation des petites notes et\ndes ornements, par exemple, le susdit grincheux aura toujours la faculté,\ngrâce à l'intégrité fidèlement conservée de la version primitive, de modi-\nfier à son gré la traduction proposée par l'excellent violoniste.\nChez François Du Val, on peut admirer la qualité mélodique si franche\nde Y Allemande,et aussi de savoureuses recherches harmoniques distribuées\ndans la dernière partie de la Gavotte.Sénallié est représenté par une œuvre\nde teinte un peu grise (ler livre, 1710) qui laisse voir l'influence italienne,\ndont la fréquentation du célèbre Antonio Vitali devait par la suite accen-\ntuer encore chez lui le caractère.\nLa Sonate en sol mineur de François Francœur (1720) est bien belle\navec son large Adagio tout semé de majestueuses formules ornementales,\nsa piquante Allemande,sa Sarabande recueillie et l'amusant ronronnement\nde son Rondeau.Elle affiche des qualités très françaises d'émotion, de\nclarté et d'élégance.\nAvec L'abbé le fils, nous constatons les progrès réalisés par l'école de\nLeclair qui fut son maître ; le style est alerte, ennemi des longueurs et des\nredites. L'abbé démanche crânement, et manie la double corde d'un\ngeste aisé et spirituel. Sa « Chasse » est plaisante dans ses effets de loin-\ntain, et la Gigue finale pétille d'une bonne humeur communicative. C'est\nde la musique pleine de santé et de joie.\nRemercions donc M. Debroux de l'heureuse inspiration qui l'a guidé\ndans le choix de ces 4 Sonates. Il a épousseté de véritables joyaux.\n\nL. de la Laurencie.\n\nLES LIVRES.\n\nProdhomme : Hector Berlioç. Paris, Delagraveg Pierre Aubry et Emile Daoier : Les\nCaractères de la Danse. Paris, Champion.\nLe livre de M. J.-G. Prodhomme est l'exposé très clair et très plausible\nd'une histoire qui, pour être assez récente, n'en présente pas moins bien"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.57", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "des obscurités : l'histoire de la vie de Berlioz. Non que les documents\nnous manquent ; ils ne sont que trop nombreux, et souvent se contredi-\nsent. Berlioz ne fut-il pas toujours maître de son imagination, ou au con-\ntraire sut-il trop bien la diriger selon les besoins de sa cause ? Toujours\nest-il que ses Mémoires et même ses lettres familières demandent à être\ncontrôlés sans cesse par les témoignages contemporains. C est ce que 1 au-\nteur a fort bien su faire, et il y a une modestie touchante dans le soin\nqu'il a de s'effacer devant les textes, et de ne prendre la parole que pour\nconclure, en peu de mots, après nous avoir loyalement communiqué toutes\nles pièces du procès. Il nous fait ainsi assister, presque semaine par\nsemaine, à l'existence entière de son héros, si mouvementée d ailleurs, si\ntourmentée, si pleine à la fois de triomphes et de tortures, que l'intérêt\nne languit pas un instant. La vie de Berlioz réalisa, mieux encore que son\nœuvre, l'idéal romantique. Cette œuvre est elle-même appréciée, dans le\nchapitre final, avec beaucoup de justesse et de netteté. Berlioz -et c'est là sa\nplus grande gloire peut-être est bien celui dont « l'influence libératrice\ns'est étendue de l'Occident à l'Orient, allant éveiller les pensées du monde\nslave, et par qui fut rendu possible le grand œuvre de Bayreuth ».\nC'est une curieuse histoire que nous content, en une élégante plaquette,\nMM. Pierre Aubry et Emile Dacier : l'histoire d'un ballet, de ses interprètes\net de ses transformations. Le célèbre violoniste Jean-Ferry Rebel estl'auteur\nde ce divertissement musical, les Caractères de la Danse, composé en 1715\npour faire valoir le talent de Mne Prévost. C'est simplement une série d'airs\nà danser (Courante, Menuet, Bourrée, Chaconne, etc.), dont l'ingénieuse\nartiste fit autant de pantomimes : dans la courante, un vieil amoureux, sou-\npirant pour une beauté rebelle, ne demande à l'Amour que de « croire\naimer », ce qui est vraiment bien modeste ; mais dans le menuet on voyait\nune fillette de douze ans prier l'Amour d'endormir samère, car elleattend son\namoureux, cequi est un peu prématuré peut-être, même à l'Opéra. Mlle Sallé,\nélève de MUe Prévost, suivit sa tradition, tandis que Mlle Camargo, sa rivale,\nse contenta de danser, avec une verve endiablée qui ne voulut jamais s'as-\ntreindre aux lenteurs de la pantomime. Cependant des interpolations de\nplus en plus nombreuses (nous sommes à l'Opéra) chassaient peu à peu de\ncette courte partition la musique de Rebel : dès 1739 il n'en restait plus\ngrand'chose. Cette musique a été recueillie par MM. Aubry et Dacier, et\nforme, à la fin de leur plaquette, un supplément fort bien gravé. Les au-\nteurs nous donnent en outre un fort beau portrait de Prévost, en bac-\nchante, et le joli dessin des ornements recommande leur ouvrage à tous les\nbibliophiles.\n\nLouis Laloy.\n\nCOURRIER DE NICE\n\nL'incident Heugel a fait couler beaucoup d'encre. On l'a commenté en\nprose et en vers. On a prié, supplié vainement l'éditeur parisien de revenir\nsur sa décision ; les autorités sont intervenues et ont fait des démarches\ninutiles; on a menacé les compositeurs français des représailles deM.Son-\nzogno ; on a invoqué l'entente franco-italienne ; on a essayé de prendre\nM.Massenet par la douceur, en le persuadant que Nice serait malheureuse,\nnavrée de ne point entendre sa musique, et en démontrant combien lui-\nmême devrait en être désolé, l'invitant à intervenir dans un intérêt com-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.58", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "mun : l'auteur de Manon a fait la sourde oreille. Au lieu de commencer par\nHérodiade, la saison s'est ouverte avec Aida, et la critique a déclaré que\nl'on n'avait rien perdu au change (attrape, Massenet!). Et depuis nous\nentendons la Juive, les Huguenots, Faust, Y Africaine, la Vie de Bohême, tout\ncela chanté par des débutants inhabiles, exception faite cependant pour\nM. Imbart de la Tour, le valeureux créateur de Fervaal, très applaudi dans\nSatnson et Dalila. Je ne sais si cela continuera, mais pour le moment on se\ncroirait à Landerneau ! Et tout cela pour s'obstiner à monter Siberia\ncar on nous le joue quand même, et en français encore (il paraît que c'est\npossible en s'adrcssant à l'éditeur italien), annoncé par des affiches bigar-\nrées et des réclamespompeuses... « l'œuvre pathétique etsuperbe du maestro\nGiordano... applaudie par le Tout-Nice artistique et mondain» (surtout\nmondain)... Au fond, jouer Siberia ainsi en commencement de saison m'a\ntout l'air d'une façon de s'en débarrasser !...\ny\nIl est vrai que plus tard nous aurons encore la Manon Lescaut de Puc-\ncini, et que c'est peut-être bien de là que proviennent le silence et l'inertie\nde M. Massenet, vexé de voir cette Manon jouée en France, où la sienne\njouit d'une si grande renommée: petites causes, grands effets. Mais il n'a\npas tout perdu ; Hérodiade a été exécutée tout de même, en fragments, au\nPalais de la Jetée, par l'orchestre Gervasio, le meilleur peut-être de Nice,\ncelui tout au moins qui met à ses programmes les oeuvres les plus intéres-\nsantes. Le maître est alors sorti de son mutisme et a envoyé par télégramme\n« de grandes félicitations » et « sa vive gratitude ».\nEt il faut voir le bon public emplir la salle de l'Opéra, attendre Yut du\nténor qui ne veut pas sortir, applaudir aux points d'orgue et aux roulades\nde la prima donna. Il se réjouit à la résurrection de ce vieux répertoire et\nne demande qu'une chose, c'est qu'il se maintienne jusqu'à la fin de la\nsaison. Quant au désir de s'instruire, il s'en moque, et son apathique igno-\nrance n'aide pas peu au mouvement réactionnaire qui, d'abord dissimulé,\ns'affirme maintenant on peut dire ouvertement. D'ailleurs 1 e primum vivere\nqui dirige les actes de la foule cosmopolite attirée ici par le soleil, et que\nl'esprit mercantile local entretient et exploite habilement, ne semble pas\nencourager les tentatives sérieuses d'éducation artistique. Je n'ai pas encore\ncompris comment des gens qui prétendent composer une élite, qui ont fait\nleurs humanités, fréquenté les musées et les théâtres, ne s'aperçoivent pas\nque leurs connaissances musicales sont à peu près nulles. Ils ont appris\ndans leurs classes à disserter sur Racine ou Molière, Voltaire ou Rousseau ;\nplus tard ils ont lu et commenté Hugo, Flaubert, Baudelaire, Verlaine et\nVerhaeren ; ils ont appris à dédaigner Cabanel ou Bouguereau et à appré-\ncier Manet et Rodin; mais en musique ils n'ont pu aller au delà de Verdi,\nGounod et Mascagni ! Et ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont incomplets,\nincohérents même. Le développement des facultés auditives est-il donc si\npénible et si long ? Ne serait-il pas parallèle avec celui des autres facultés,\nsi l'éducation artistique était mieux comprise de nos jours, et surtout si la\ncritique musicale...\nMais n'abordons pas ce sujet qui nous entraînerait trop loin. Je dirai\nseulement qu'à une époque où la puissance moralisatrice des religions\ns'affaiblit, celle de l'Art doit augmenter, et particulièrement celle de la\nMusique, infinie en profondeur, mystérieuse dans ses effets, propre à\nl'expression des sentiments intraduisibles dans un autre langage. Le père\nGratry, dont on vient de célébrer le centenaire, disait : « Rien de précis\nn'est éducatif », et ce paradoxe est peut-être déjà une vérité d'aujourd'hui.\nC'estpour cela que je considère comme éminemmentéducatrice et civilisa-\ntrice la Musique, source d'une émotion esthétique intense, pouvant réunir\nune collectivité d'individus différents dans un même sentiment d'harmonie"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.59", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "qui les rend pour un moment égaux. Le caractère de sociabilité lié à cette\némotion engendre au plus haut point ce que Guyau appelle la-synergie so-\nciale ; et le milieu dans lequel elle se manifestera s'élèvera d'autant plus\nque la musique qui la produit sera transcendante.\nC'est ce qu'un mondain et surtout une mondaine ne comprendront\njamais, et c'est peut-être pour cela aussi qu'ils fréquentent si volontiers les\nvilles de saison où l'on se garde bien de contrarier leurs inclinations : les\naffaires sont les affaires. De là l'éclosion pour cette foule oisive d'une\nlittérature malsaine, d'un art sans idéal, et d'une musique brutale, grossière,\nqui n'adopte pas le réalisme par conviction et les vieilles formules par prin-\ncipe, mais par intérêt. Car il ne faut pas se le dissimuler, et l'on ne s'en\ncache même pas, on ne fait plus des opéras que dans le but unique de\ngagner de l'argent ; et on en compose le plus possible sur des sujets de\nfeuilletons, agissant surtout sur les nerfs et, par suite, d'un effet certain.\nLa marchandise ainsi fabriquée est d'un écoulement facile. Dans ces condi-\ntions, des musiciens comme Wagner, César Franck, d'lndy, Bruneau,\nDebussy, qui ont eu la naïveté de s'imposer un idéal, sont des gêneurs\ndangereux, et on les écarte avec précaution. L'ésotérisme ? fantaisie de\nmaniaque. La synergie sociale? on s'enfiche et après nous\nle déluge! Ce n'est donc pas sa nationalité ni même absolument son\nréalisme que nous reprochons à l'école italienne actuelle, mais bien ses\ntendances réactionnaires intéressées et son esthétique sans élévation ni\nmorale. Et j'accuse ceux qui, susceptibles de réflexion, néanmoins l'encou-\nragent, d'être leurs complices ; ou bien s'ils pèchent par ignorance, alors\nqu'ils s'instruisent.\nPour une œuvre de charité entreprise par le journal local auquel j'ai\ndéjà fait allusion, une représentation extraordinaire a été décidée. On\naurait pu parmi les opéras anciens ou modernes en choisir un sortant un\npeu de l'ordinaire et profiter de l'occasion pour se distinguer. Ah bien oui !\nOn a encore pleuré auprès de M. Heugel, éditeur de Cavalleria Rusticana,\nqui s'est laissé attendrir pour cette fois, et c'est l'incomparable chef-d'œuvre\ndu maëstro Mascagni qui sera représenté. Ils feront réellement œuvre de\ncharité ceux qui viendront entendre ainsi l'air fameux : «\ntabac... ». Pour continuer et varier cette représentation, on a ajouté le\n2e acte de Siberia,« le chef-d'œuvre de la musique contemporaine »\n[Petit Niçois du 14 décembre) ; c'est, paraît-il, M. Catulle Mendès qui l'a\ndéclaré. Du moment que « l'éminent critique musical » l'affirme, il n'y a\nqu'à s'incliner. Il a du reste des tendances à adorer ce qu'il a brûlé, le\ngrand critique. Assistant un jour à une représentation de avec\nMme Mendès, cette dernière aurait dit à son mari : « Voilà du théâtre, du\nvrai théâtre », et vous savez, ce que femme veut... Et depuis, M. Leo'nca-\nvallo et lui sont d excellents amis, du moins le compositeur italien l'a\nassuré dans une interview publiée l'année dernière par le même Petit\nNiçois.\nMais voici le bouquet de cette extraordinaire soirée : le final de\nFaust chanté par tous les artistes de 1 Opéra, c'est-à-dire environ par trente\npersonnes. Cette idée-là ne viendrait certainement pas à tout le monde.\nUne mondaine, écrivant à ce même journal, trouve bien fâcheux que l'on\nsuive à Nice la mode des théâtres wagnériens et que l'on fasse l'obscurité\npresque totale pendant les représentations, ce qui rend inutile toute re-\ncherche de toilette. Et le journal de protester avec la mondaine et de de-\nmander l'abolition de cette coutume : du moment que l'on italianise, il faut\nbien dewagnériser, c'est logique. «On ne vient pas à l'Opéra uniquement\npour écouter la musique », continue la mondaine en question ; j'ajouterai\nque c est memele plus souvent la dernière de ses préoccupations. Mais àun"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.60", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "certain point de vue sa réclamation est fondée. En effet, si on éteint les\nlumières, à quoi sert cette obligation certains jours de la semaine de ne venir\nau théâtre qu'en habit et en décolleté? Le mardi, par exemple, qui est un\njour de gala, le jeudi, qui est souvent grand gala, et les soirées de pre-\nmières, qui sont des grand tralala ? Ce qui fait que vous ne pouvez écouter\nle samedi un opéra dans le même costume que le dimanche !\nEt voilà dans quel esprit doit s'effectuer la décentralisation à Nice, au\nmoins en ce qui concerne le drame musical. Sous d'autres rapports, il y a\nmoins àse plaindre. J'ai déjà dit qu'à la Jetée on entendait parfois de\nbonne musique. Au Casino la comédie est bien jouée et il y sera donné les\npremières représentations (créations) de pièces soignées : F. de Croisset,\nA. Germain, Xanroff, G. Berr, etc. Mais ces deux dernières scènes ont le\npouvoir de bien faire les choses grâce au produit des jeux. Ce qui fait que\nl'on pardonne à ceux-ci d'être la cause d'entr'actes démesurément prolon-\ngés. Les spectateurs qui ne jouent pas se promènent dans le hall. Parmi\nceux-ci, le soir, quelquefois, la présence de Jean Lorrain fait sensation.\nLes bourgeois le montrent à leurs épouses avides de connaître l'auteur de\nnouvelles si instructives pour elles. On entend alors des conversations\namusantes :\nELLE. Jean Lorrain, l'auteur de la Maison Tellier ? pas ?\nLui. Mais non, voyons...\nELLE. Mais si, je t'assure, même qu'il y a une image sur la couverture\navec une lanterne...\nL'AMI, qui croit s y entendre. Il a raison. La Maison Tellier, c'est cette\nnouvelle de Guy de Maupassant qu'un compositeur italien va mettre en\nmusique...\n\nEdouard Perrin.\n\nCOURRIER DE DIJON.\nP. M.\nM. Lucien Wurmser et Mme Charlotte Lormont ont donné un concert à\nDijon le 16 décembre. Le programme était d'un éclectisme déconcertant.\nJe ne parlerai donc pas de tous les numéros. Le jeu de M. Wurmser est\nsobre et délicat. On souhaiterait peut-être plus de chaleur et d'ampleur\ndans son interprétation de Beethoven. Mais, après tout, mieux vaut ici un\nexcès de simplicité que l'affectation déclamatoire de certains virtuoses.\nM. Wurmser a délicieusement joué les Variations en Ja de Mozart. Il a\nmême su donner quelque grâce à un Scherzo puérilement prétentieux de\nMendelssohn et à une Valse posthume de Chopin d'une banalité assez fade.\nIl a enfin déployé une virtuosité et une verve singulières dans la Grande\nPolonaise en mi de Liszt et VÉtude-Valse de Saint-Saëns. Mme Charlotte\nLormont a obtenu un très franc succès. La voix est claire, étendue, bien\nposée. Mais surtout l'artiste a une intelligence très précise du style de cha-\ncun de ses auteurs, et j'ai déjà dit combien ceux-ci étaient variés: dans le\nmême concert nous avons entendu du Monsigny, du Schubert, du Schu-\nmann, du Pergolèse, du Berlioz, du Ray-Berther, du Cuvillier, du Masse-\nnet. Mme Lormont a montré une souplesse de talent vraiment rare dans\nl'exécution de ce programme étrange. J'ai beaucoup goûté ses interpréta-\ntions de la poignante Absence de Berlioz, d'un air vieillot et coquet de Mon-\nsigny, et surtout du Solitaire de Schubert. Mme Lormont pourrait bien être\nnotre première chanteuse de lieder."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.61", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "COURRIER DE LONDRES.\nX.-M. B.\nTout est définitivement décidé pour les concerts que viendra donner à\nParis les 10 et 12 janvier, le London Symphony orchestra, sous la direction\nde Sir Charles V. Stanford. Le plus louable éclectisme a présidé à l'arran-\ngement des programmes, et ce déplacement artistique est « under the patro-\nnage » du Roi lui-même. Voici la liste des œuvres qui seront exécutées :\nPhaéton, de Saint-Saëns ;\nL'Ode Blest pair of Sirens, de H. Parry ;\nDance of Nymphs and Reapers, de Sullivan ;\nBenedictus, de Mackenzie;\nScherzo de la Scandinavian Symphony, de F. Cowen ;\nDon Juan, de Richard Strauss ;\nOuverture de Die Meistersinger ;\nUn Motet de Bach ;\nAndante et Finale de Vlrish Symphony, de Stanford ;\nThe Horse and his Rider, de Hândel;\nOuverture de Benvenuto Cellini, de Berlioz ;\nChœur, the Challenge of Thory extrait du King Olaf, de E. Elgar J\nQuœrens me et Lacrymosa, du Requiem de Stanford ;\nLe Sanctus de la messe en si mineur de Bach ;\nLa Symphonie avec chœurs de Beethoven.\nLes solistes engagés sont Miss Perceval Allen, Miss Marie Brema,\nMr. John Coates, Mr. Francis Braun et Mr. Plunket Greene ; les chœurs\ncomprennent ibo voix choisies parmi les meilleures du Leeds Festival Choir.\nEnfin MM. E. Colonne et A. Messager prêteront leur concours à Sir Charles\nV. Stanford.\nIl est bon que l'entente cordiale ne soit pas uniquement politique et\nmunicipale.\n\nÉCHOS\nLa Société Nationale donnera son premier concert le samedi 6 janvier,\nSalle Erard, avec le beau programme suivant :\nI. Sonate pour piano et violon de P. LE FLEM (IRE audition).\n11. Chansons bretonnes, harmonisées par P. LADMIRAULT (IRE audition).\na) Salud da Vrei\\ (Basse-Bretagne).\nb) E Kreii no% région hir ar goan (Basse-Bretagne).\n(Poésies de Taldir ab Hernin, adaptation française de P. Ladmirault).\nc) Chanson de la mariée (Haute-Bretagne).\n111. Miroirs. Cinq pièces de piano. M. RAVEL (ire audition).\na) Noctuelles.\nb) Oiseaux tristes.\nc) Une barque sur l'Océan.\nd) Alborada del gracioso.\ne) La vallée des cloches.\nIV. Premier quatuor à cordes, V. D'INDY.\nLes cinq pièces de M. Ravel paraîtront très prochainement chez\nDemets."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.62", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3347, "texte": "Le Quatuor vocal français, fondé par M. Paul Landormy et composé de\nMu® Mary Pironnay, soprano, Mme Marthe Philip, alto, M. Délit, ténor,\nM. Gébelin, basse, a donné le 15, le 17 et le 18 décembre à Milan et à Venise\nquatre auditions consacrées à la musique française ancienne et moderne,\ndont le succès a été très vif. Nous relevons au programme les noms de\nJannequin, Costeley, Charpentier, Rameau, Castillon, Fauré, Vincent\nd'lndy, Duparc, Chausson, Debussy, Paw/ Locard. Propagande excellente\npour l'art français, qui n'est pas un vain mot, comme d'aucuns pensent.\nLa Revue Illustrée donne, sous la signature de Martin-Gale, ce\ncurieux et charmant portrait de notre collaborateur et ami Willy-Gauthier-\nVillars ;\nWilly est un des visages les plus connus de Paris, les plus publics et les\nplus publiés. Il a Vair un peu d'un Jordaëns du Quartier Latin qui aurait\ndes yeux clairs de jeune Anglais. Il a bon cœur et mauvaise tête, il donne\nsans compter son talent et son temps à des choses qui sont inférieures à ce\ntalent et à la préoccupation qu'il y apporte. Il est aux premières, il est aux\nrépétitions générales, il est aux bars, il est au restaurant, aux matinées, aux\nfêtes de charité et aux soupers de centième ; il prend gravement des notes\naux concerts dominicaux, et fait des mots dans les loges de petites actrices.\nIl est bourru avec une voix affectueuse, rosse avec des yeux qu'on imagine\nhumides d'une larme de tendresse, il vous serre les mains, vous êtes son\nmeilleur ami et vous ave% un peu peur qu'il ne vous étrangle. Quand il aime,\nil aime, quand il n'aime plus, il déteste. Ne lui demande\\ pas pourquoi, il\nen ignore souvent la raison. C'est un instinctif. Et que d'esprit, que de\nlégèreté, de grâce ! Il sait peindre les âmes des petites femmes modernes\nmieux que personne. Il a trop de nerfs, trop de sensibilité, de cœur ; c'est un\ndes plus curieux littérateurs de ce temps, auquel il suffirait parfois de refré-\nner son besoin de vivre et de produire pour atteindre à la perfection qui\nrend les œuvres éternelles.\nLa Société J.-S. Bach donnera son prochain concert avec orchestre le\nmercredi 17 janvier, avec le concours du célèbre ténor allemand G. Walter.\nLe programme sera donné dans notre prochain numéro.\nBordeaux. On répète activement Y Anniversaire, drame musical de\nJean Ferval et Jean Harold pour les paroles et Ad. Mercier pour la mu-\nsique. La première représentation est annoncée pour le 5 janvier. Les\ninterprètes principaux seront Mme Ranflaur, du théâtre de Bukarest, et\nM. Fournets.\nLe Journal nous faisait entendre, à sa dernière matinée, Mme Adrienne\nGelma, une nouvelle venue parmi nous qui, espérons-le, nous charmera\nde sa voix plus d'une fois encore.\nLa harpe chromatique a triomphé le 16 décembre dernier à Lille, où\nMlle Zielinska, mandée à 1A dernière heure par M. Alfred Cortot, a joué\nsur son instrument unique les deux parties de harpe de la Symphonie fan-\ntastique de Berlioz. L'invention de M. Lyon et le talent de l'interprète ont\nparu également admirables.\nFanny Gaimaraès obtenait le plus grand succès récemment, dans la\nMatinée de charité présidée par Mme la Comtesse d'Eu, pour sa belle inter-\nprétation du Saint François de Paule de Liszt.La remarquable pianiste bré-\nsilienne donnera le 22 janvier, à la Salle des Agriculteurs, un fort inté-\nressant concert."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.63", "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "Le Sottisier musical. «La Mer de M. Debussy a semblé une mer essen-\ntiellement parisienne. » Le Ménestrel, 10 décembre (Correspondance de\nBruxelles).\n« De toutes les œuvres de Liszt entendues jusqu'ici, la Nuit de Noël,\nexécutée au Conservatoire le 11 et le 18 décembre dernier, est celle que\nj'ai le mieux goûtée. » La Revue musicale, i 5 décembre p- 623\n(confusion entre les programmes de 1904 et 1905, bien naturelle quand on\nne va pas au concert).\n« Dans tout le 11le acte il n'aura qu'un seul moment de génie. Ce moment\nest d'ailleurs admirable. » L. DAURIAC, Rossini? p. 83.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES.\nM.-D. Calvocoressi: Lisçt. Paris, Laurens.\nP.-L. Hillemacher : Gounod. Paris, Laurens.\nF. de Ménil : L'école contrapuntique flamande. Paris, Demets.\nWalter Niemann : La musique et les musiciens du X/Xe siècle jusqu'à l'é-\npoque actuelle, en 20 tableaux synoptiques. Leipzig, B. Senflf."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c018", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.2", "titre_corps": "LES CONCERTS.", "titre_sommaire": "LES CONCERTS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "LES CONCERTS.\nConcerts Chevillard. M. Safonof. Société de Concerts d'instruments anciens. —• Société\nBach. Quatuor Luquin. Fondation Bach. Soirées d'Art. Société Philharmonique. Ma-\ntinées Danbé. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nAvec la collaboration habituelle de son bruyant voisin, le Casino de\nParis, M. Chevillard a enlevé victorieusement l'ouverture de Benvenuto de\nBerlioz, et la Symphonie en si bémol {n° 12) de Haydn; je lui sais un gré par-\nticulier de la place qu'il fait cette année, au génie lucide, sain et toujours\nvivace du vieux maître autrichien: peut-être est-ce cependant pousser trop\nloin le souci de l'effet, que d'introduire dans cette musique si pondérée\nd'excessives oppositions de nuances. Une indisposition du violoniste Johan-\nnes Wolffit que le concerto affiché de Sinding fut remplacé par celui de\nHândel pour instruments à cordes, aussi familier au public de M. Chevil-\nlard qu'à ses musiciens. Le puissant poème de Richard Strauss, Mort et\nTransfiguration^t les vivantes Impressions d*ltalie de Gustave Charpentier\ncomplétaient avec une heureuse diversité ce programme, où la nouveauté\nétait représentée par deux mélodies, avec accompagnement d'orchestre, de\nM. Lazzari. Bien chantées par Mme Mayrand, ces pages, d'une inspiration\ndistinguée et délicate, d'une orchestration ferme et sobre, ont plu. Elles\nauraient plu davantage si le texte de la seconde avait été plus intelligible :\nSon corps si cher, son corps joli n'est pas iciy il n'est pas là !Il n'est plus\nqu'une ombre légère...\n{Les roses ne m'ont pas parlé !)\nL'effort considérable, et d'ailleurs stérile, qu'on fait pour essayer de trou-\nver un sens quelconque à ce pathos, distrait malheureusement une partie\nde l'attention qu'on voudrait accorder à la musique.\nJEAN CHANTAVOINE.\nLe concert du 27 décembre, dirigé par M. Safonof, a été une déception\npour moi. Non que je sois insensible à l'ingénieuse mimique de ce chef\ndédaigneux du bâton, dont les deux bras tour à tour s'animent et se raison-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.44", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "nent implorent, démontrent, réfutent, apostrophent, objurguent, invectivent,\nallument les flûtes, écrasent les contrebasses, déchaînent les trombones\nd'un geste créateur, ou aspergent les premiers violons d'un goupillon agile\nautant qu'imaginaire. Cette éloquence très étudiée, qui fait songer à quelque\nsermonnaire de la vieille école, à un Jaurès vu de dos, distrait un peu\nde la musique. Mais pas assez : car l'art russe était représenté àce concert\npar la 6e Symphonie de Glazounof, et une Ouverture de Tchaïkovsky pour\nRoméo et Juliette. Rien de Balakiref, ni de Rimsky, ni de Borodine, ni de\nLiapounoff. Ces exclusions singulières surprennent moins si l'onsonge que\nM. Safonof est directeur du Conservatoire de Moscou, quelque chose\ncomme le Théodore Dubois ou l'Ambroise Thomas de la Russie officielle.\nComment donc reconnaîtrait-il le moindre talent à l'école russe moderne,\ncréatrice d'un art glorieux ? Comment sentirait-il la beauté des fleurs fraî-\nches et sauvages qu'elle a fait éclore ? Comment ne veillerait-il pas,\ncasque en tête et lance au poing, pompier fidèle, auprès de l'arche sainte\nde la Banalité ?\nLe cas de Glazounof est attristant, car ce jeune compositeur donnait de\ngrandes espérances, et tel de ses poèmes symphoniques, la Mer, ou Sterika\nRacine, plaisait par un coloris encore un peu gros, mais déjà brillant et\nnourri : on pouvait saluer en lui le continuateur futur de Balakiref et de\nRimsky. Il n'en sera rien, car le voilà qui se prosterne à son tour devant\nles idoles du faux classicisme, de la tradition d'école et de la « musique\npure » à l'allemande. Sa symphonie est, si l'on veut, bien écrite pour l'or-\nchestre : un prix de Rome ne ferait pas mieux. Mais elle est dépourvue de\ntout intérêt musical, depuis son premier morceau, que défigure une sorte\nde choral protestant (genre Reformation-Symphony), jusqu'au finale aux\ncuivres vulgaires, en passant par un insipide thème varié et un intermezzo\nsans grâce ni joie : mélodies ternes, harmonies inexpressives, rythmes\nmonotones, tel est le signalement de cette musique à tout faire, qui n'est\npas plus russe qu'allemande ou française, ou plutôt, hélas ! qui est tout\ncela à la fois : car on la retrouve, toujours pareille à elle-même, dans tous\nles pays de l'Europe, et cela n'a d'ailleurs aucune importance. Ce qui existe\na seul de l'importance.\nQuant à l'Ouverture de Tchaïkovsky, c'est une autre affaire encore : ici ce\nn est pas seulement une banalité assez innocente en somme, c'estune pré-\ntention, une vaine et molle emphase, un romantisme de mélodrame, souve-\nrainement antipathiques. Si Glazounof se plaît aujourd'hui à ressembler à\nM. d'Olonne, Tchaïkovsky rappelleraitplutôt M. Lenepveu. Cette Ouverture\n(où l'on relève, en outre, un souvenir très direct de Berlioz) fut montrée à\nBalakiref, qui la trouva mauvaise. Remaniée, elle ne devint pas meilleure :\nelle avait donc tous les titres à la faveur de M. Safonof, directeur d'un Con-\nservatoire où M. Rimsky-Korsakof n'enseigne pas.\nA ce même concert, la Sérénade de Mozart était exécutée avec quelque\nexagération de nuances, et Mlle Lubochitz recueillait, par la sûreté de son\nstyle et l'ampleur aisée du son, des bravos unanimes dans le Concerto de\nBeethoven Mais que j'aurais mieux fait d'aller entendre, aux Concerts Co-\nlonne, le délicieux Conte d'avril de Widor, ou, au Conservatoire, le Prélude\na l après-midi d un Faune (oui, messeigneurs !) dirigé par l'excellent Martv\ndevant un public que M. Pierre Lalo appellerait un public de mufles s'il\nécrivait dans un journal moins sérieux ! 3\nSi j'ai failli maudire M. Safonof dimanche, je l'aurais volontiers béni\nsaîlePlevef LsTrS A* ™USlque an en son honneur àla\nePJeyel La Société de Concerts d instruments anciens est trop connue\npour que je la présente à nos lecteurs : ces excellents artistes (Mme H Casa-\ndessus-Dellerba, MM. Henri et Marcel Casadessus, M. Nanny, MUeDelcourt)"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "qui viennent de faire en Allemagne une tournée triomphale, nous ont joué\nde fort jolies choses, dont la plus faible était certainement la Symphonie\nde Bruni (1759-1823). D'ailleurs ces dates me donnent quelques doutes : à\nla fin du xvuie siècle, écrivait-on encore pour les instruments de la famille\ndes violes? Ou, s'il s'agit d'un arrangement, pourquoi ne pas s'adresser\nà la musique moderne, et transcrire le Quatuor de Ravel pour pardessus de\nviole, quinton, viole d'amour et contrebasse ? La 3e Sonate de Borghi est\nagréable, malgré son écriture un peu creuse, à deux parties seulement ;\nelle vaut un succès d'enthousiasme à M. Henri Casadessus, qui tire de la\nviole d'amour un son plein et doux, et à M. Nanny, Paganini de la contre-\nbasse et roi des harmoniques. Mais tout cela est bien pâle auprès du Diver-\ntissement de Mouret (1682-1738) et surtout du Ballet de Monteclair (1666-\n1737) : que de grâce alerte et précise ici, que de charme dans les mélodies,\nque d'exquises recherches de sonorité dans ce Carillon, quelle rusticité\nraffinée dans ce Tambourin ! Les villageois dansent sous les grands ormes\njaunis, d'où parfois une feuille se détache et tournoie ; le seigneur sourit à\nles voir, la main au pommeau de sa courte épée; et le parfum d'automne\nse marie à la délicate musique, pour faire à cette âme hautaine un voile\nde galante tendresse. Il n'y a pas au monde une musique plus aristocra-\ntique que la musique française.\nCes vieux maîtres du xvue et du xvme siècle nous étaient déjà apparus\nen toute leur gloire le i 5 décembre, au concert de la Fondation Bach\n(M. Ch. Bouvet, directeur; MM. Ezio Ciampi, Jemain, Gravrend, Migard,\nSchidenhelm). Ici encore les maîtres italiens, Caldara, Strozzi et Paesiello,\nont pâli devant le Quatuor en sol de Haydn, l'air de Rinaldo de Haendel, la\nSonate en sol pour violon et piano de Bach, et les Pièces en duo de Jean-\nMarie Leclair, d'une inspiration si noble et d'un style si ferme et si soutenu\nque certainement la comparaison avec Bach et Haendel est possible. Ce\nmagnifique programme a été interprété avec une ampleùr, une harmonie de\nsonorités, et une grandeur simple dans l'expression, qui sont au-dessus de\ntout éloge. Je crois que l'un des prochains concerts de la Fondation Bach\nsera consacré spécialement aux auteurs français. Nous devons bien de la\nreconnaissance à M. Ch. Bouvet, pour son grand talent d abord, et ensuite\npour l'avoir mis au service d'une si belle cause. Louis LALOY.\nSoirées d'Art. Jeudi 23 novembre. Au programme : les cinquième\net sixième Quatuors de Beethoven exécutés par le quatuor Capet avec sa\nmaîtrise ordinaire.\nMlle Jeanne Leclerc chante l'air de Suzanne des Noces de Figaro, le Clair\nde lune de Verlaine et Fauré, et obtient enfin les honneurs du bis dans le\nMariage des Roses de C. Franck, qui enthousiasme le public.\nM. Lazare Lévy joue un peu froidement la Sonate en la bémol de Beetho-\nven, puis se ressaisit dans une Étude de Chopin, et est finalement très\nvigoureusement applaudi pour sa belle exécution de la Polonaise op. 53.\nJeudi 3o novembre. Ces concerts justifient de plus en plus leur nom,\nau double point de vue de l'excellente composition des programmes et du\nchoix des artistes.\nLe concert débute brillamment par la Sonate en si mineur de Chopin,\ndont le merveilleux finale, exécuté avec chaleur par M. Alfred Cortot,\ndéchaîne une vraie tempête d'applaudissements.\nMme Jane Arger, accompagnée avec précision et délicatesse par M. Léon\nMoreau, chante l'air de Chérubin des Noces de Figaro, et l'air de Momus\nde la cantate Phébus et Pan de Bach, avec un style parfait et une diction\nravissante. Elle nous donne ensuite des chansons à danser d'A. Bruneau\net des mélodies de la Basse-Bretagne par Bourgault-Ducoudray."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.46", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "M. Cortot se fait réentendre dans Thème et Variations de Chevillard,\ntrès agréable composition fort bien écrite pour le piano.\nLa séance terminait par le septième Quatuor de Beethoven, exécuté par\nle quatuor Gapet. i\nJeudi 7 décembre. Le succès de ces concerts s affirme de plus en plus,\net le public y prend décidément goût. La séance d'aujourd'hui débutait\npar le très curieux Quintette de Beethoven pour piano, hautbois, clari-\nnette, basson et cor, exécuté par MUe Th. Chaigneau, MM. Bleuzet, Mi-\nmart, Letellier, Pénable, _\nM. Rousselière nous présentait trois mélodies de Léon Moreau, parmi\nlesquelles Pedro, en première audition.\nLe quatuor Gapet exécute les hu et de\nBeethoven (le premier interrompu malencontreusement par une corde\ncassée). Par moments, la sonorité du violoncelle ne s'harmonise pas com-\nplètement avec celle de ses partenaires. Malgré cette légère critique, exécu-\ntion de premier ordre, comme toujours.\nEnfin Mme Raunay se fait un succès énorme avec le et le\nRecueillement de Cl. Debussy.\nJeudi 14 décembre. L'événement du concert est la première audition\nde Y Hommage à Rameau, de Cl. Debussy (le 20 morceau des Images, qui\nviennent de paraître chez Durand). Hommage ému et grave : jamais le grand\ncharmeur ne nous avait rien donné d'aussi sobre, d'aussi contenu, ni d'aussi\nprofond peut-être. L'esprit de Rameau est bien là, avec sa netteté hautaine\net sa noble élégance ; mais combien la musique est plus riche et plus\nvraiment inspirée que celle de Rameau ! M. Dumesnil a fort bien rendu\nl'œuvre nouvelle, ainsi que la Sonate ut de Beethoven et\nle Scherzo en si bémol de Chopin. Le quatuor Capet joue admirablement\nles dixième et onzième Quatuors de Beethoven. Mme Mellot-Joubert chante\navec charme les paisibles Joies et douleurs d'Arthur Coquard, et le quatuor\nvocal Bataille a beaucoup de succès avec un programme un peu mêlé (de\nBeethoven à Léo Sachs).\nE. B.\nDans un précédent compte rendu je signalais la valeur très discutable\nde certaines œuvres entendues à la Société Philharmonique. Il me faut\naujourd'hui revenir plus longuement sur ce sujet. Le parti pris de mettre\nau programme de chaque concert ou presque certains noms de la\njeune école allemande, ce parti pris, dis-je, est trop évident et aussi trop\nregrettable pour le laisser passer sans protester : car c'est au détriment de\nnotre musique. Nul sil est de bonne foi ne conteste la supériorité\nactuelle de la jeune école française. Seule entre toutes, elle donne à la fois\ndes résultats et des promesses , semblable à quelque bel arbre de rêve dont\nla frondaison magnifique s épanouirait en un perpétuel printemps et qui por-\nterait, tout ensemble, des fruits savoureux et des fleurs éclatantes. Chez\nnos voisins d'outre-Rhin, au contraire, c'est la stagnation ; c'est l'ennui, le\nlourd et morne ennui teuton. Je sais bien que d'aucuns crient partout au\ngénie et prétendent que si nous n'admirons pas, c'est uniquement parce que\nnous ne comprenons pas. Entendons-nous. Lorsqu'il s'agit de novateurs\nun artiste sincère mais hynoptisé par la musique qu'il aime ou qu'il écrit\nc est en général la même chose —peutparfois se tromper. Enartles juge-\nments sont nombreux que la postérité ne ratifie pas. Mais la musique dont il\ns agit ici n est pas de novateurs, nous la comprenons d'autant mieux qu'elle\nne fait que repeter infiniment moins bien, ce que d'autres ont déjà dit.\nPlus seneuse est 1 objection suivante: cette musique teutonne est celle\nqui convient a des Teutons. Parfait. Dans ce cas qu'on ne cherche pas à"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.48", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "nous 1 imposer. Il est vrai que le public de la Société Philharmonique est\nessentiellement cosmopolite ; lorsque l'on acclame l'interprète, c'est en\nplusieurs langues, mais c'est surtout en allemand. Il semble donc que ces\nconcerts s'adressent à un public restreint, venu là pour écouter la musique\nqu'il aime, Toutefois, en raison des virtuoses qui s'y font entendre, et aussi\nen tant que manifestation de la vie musicale à Paris, l'effet moral est beau-\ncoup plus considérable. C'est pourquoi il convient de réagir contre de\npareilles tendances.\nQuelques mots sur les deux derniers concerts. Au début de la quatrième\nséance, Mme Jeanne Diot, violoniste au talent très honorable, se fit en-\ntendre dans une Sonate en ré majeur du vieux maître italien Arcangelo\nCorelli (seconde moitié du xvn® siècle,) et dans Prélude et fugue en sol\nmineur de Bach. Après elle le Dr Wullner avec douze lieds germains\nnous satura de « fleur bleue » et autres puérilités désuètes des vieilles\nlégendes allemandes. Ce chanteur, avec très peu de voix, arrive à une rare\npuissance d'expression ; par ce côté il est extrêmement intéressant. Mais\nque sa mimique est donc agaçante : yeux fermés, poings crispés, tout le\ncorps qui frémit et se contracte ridiculeusement ! Il est malheureux que\nlon admire encore un tel cabotinage. Pour moi (que l'Ouvreuse me par-\ndonne cette incursion dans ses plates-bandes), je ne recommanderai ce\n« Wullner herr » à personne, malade ou bien portant. Entre temps\nM. Joseph Slivinski, au piano, fît applaudir dans diverses œuvres de Cho-\npin un jeu brillant et expressif.\nC est le « Quatuor de Paris» MM. Hayot, André, Denayer et Salmon\nqui opérait à la séance du 19 décembre ; ensemble de tout premier ordre\net d ailleurs trop connu pour que je m'etende sur la très belle exécution\nqu'ils nous donnèrent du Quatuor en sol majeur de Haydn et du Xe Qua-\ntuor de Beethoven. Ce sont de vrais, de grands artistes, et les rappels ne\nleur ont pas été ménagés. A coté d'eux, dans le Quintette de Brahms,\nM. Ernesto Consolo tint le piano magistralement. Ce même artiste s'était\ndu reste fait acclamer précédemment, en jouant seul la superbe Fantaisie\nen fa mineur de Chopin. Je formulerai ici une légère réserve au sujet de\nl'exécution de cette œuvre pour laquelle j'aurais aimé, en certains endroits,\nun peu plus d abandon. Quant a M. Clark, sa voix de baryton, généreuse\net bien conduite, lui valut un succès mérité.\nC est une très belle cantate que celle pour le troisième dimanche après\n1 Epiphanie : Uieu9fais de moi ce que tu veux. Les proportions relativement\ncourtes de cette œuvre, que la Société J.-S. Bach nous faisait entendre à\nson second concert d'orchestre, me permirent d'en écouter la fin avec autant\nde que le commencement. A signaler, dans la dernière partie,\nun glas d'un effet impressionnant. Très bien chantée par Mlle Anne\nVila et MM. Plamondon et Louis Bourgeois, cette cantate fut fort bien\naccueillie.\nLe premier Concerto brandebourgeois, écrit pour violon principal, deux\ncors, trois hautbois, basson et orchestre, ne fut pas moins applaudi. Cela\nse meut, grouille et vit de façon parfois si intense que l'instrument prin-\ncipe ne parvient pas à se faire entendre. L'andante, heureusement, nous\nlaissa apprécier le talent du soliste, qui n'était autre que M. Georges\nEnesco, dont on connaît la valeur. Le Choix d'Hercule « dramma per\nmusica », ma paru un peu long. Je me contenterai de citer Mme Marthe\nPhilipp, Hercule bien chantant, ainsi du reste que Mlle Anne Vila la\nVolupté, —M. Plamondon —la Vertu,—M. Louis Bourgeois - Mercure.\nKAmkU 1 - . mant- l-)lral\n-je que les chœurs m'ont\nsemble quelquefois manquer de cohésion ? Mais l'orchestre sous la\naguette de M. Gustave Bret, fut en général suffisamment souple et docile."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.49", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "„en es, de certaine, œuvjes a£sg. l'on revoj, .on-\njours avec Quatuor de Grieg, dont le Quatuor Luquia et - dans\net aussi le p ? • te Q ,je Lausnay, nous donnèrent le 18 décembre\nexécution. Sonorités bien équilibrées nuances bien com-\nité href très bon ensemble que celui forme de MM. F. Luquin,\nH DumoQtA Roelens et H. Richet. Dans la Sonate de G. Franck, M. Fer-\n»nd T uaui'n fît preuve de beaucoup de style et fut chaleureux a souhait,\ntandis aue la 5S pour violoncelle de Grieg mit en valeur, notamment\n?nns l'andante le jeu expressif de M. Henri Richet, tous deux, d ailleurs,\necondes à merveille par M. Georges de Lausnay. Bref, excellente soiree\npour l'art, et aussi pour le public, dont les applaudissements furent nom-\nbrr es anciennes Matinées Danbé, sous le nom de « Matinées musicales et\npopulaires », viennent de reprendre à l'Ambigu leurs intéressantes séances\ndu mercredi avec, comme directeur artistique, M. A. Luigini.\nFn vedette sur le programme du i 3 décembre: Mme Marguerite Carre,\noui toute gracieuse, chanta délicieusement une chanson de Miarka : l Eau\ncourt accompagnée par l'auteur ; et M. Lucien Fugère, qui détailla\naveclnfiniment d'humour les Vieilles de Levadé. Ces deux chansons furent\nredemandées, ainsi que le duo de Xavieaprès lequel le public acclama\nlonguement ces deux excellents artistes. Dans le Quatuor op. Haydn\net dans le Nocturne du 2e quatuor de Borodine, le qua.uor !sou<dant fit\napplaudir un ensemble très homogène, compose de MM Soudant, de\nBruvne Mieard et Bedetti, auxquels vinrent s'ajouter MM. F. Lemaire,\nA Petit'et Delahègue, dans le Septuor de Saint-Saëns. Puis, avec\nbeaucoup de fougue, M. Jean Bedetti joua superbement la partie dun\nConcerto pour violoncelle de Popper. Cette musique est loin d etre amu-\nsante mais le public aime encore beaucoup ces œuvres de pure virtuosité.\nAussi' ne ménagea-t-il pas les ovations à l'interprète et au double quatuor\net piano qui l'accompagnait, dirigé par M. Luigini avec sa maîtrise habi-\ntULe\"programme de la seconde matinée contenait une part de chant plus\nimportante. Tour à tour, M-8 Jeanne Raunay l'inoubliable Guilhen de\nFervaal, MUe Lucy Vauthrin et M. Léon Beyle —de l'Opéra-Gomique\nvinrent charmer le public dans des pages diverses de Mozart, G. Franck,\nPuccini, H. Busser et Léon Moreau, ces dernières mélodies accompa-\ngnées par leur auteur. Très applaudi également M. Soudant, qui se pro-\nduisit en solo dans les Airs bohémiens de Sarasate, et avec ses habituels\npartenaires dans un Quatuor de Mozart et une Reverie de Schumann.\nJEAN POUEIGH.\nEcole des Hautes Etudes sociales. M. Henry\nExpert, dont on connaît les admirables travaux sur la musique de la Re-\nnaissance, est un erudit aussi passionnant qu il est passionne . il ne garde\npas pour lui son enthousiasme ; il sait le communiquer et, mieux encore,\nil sait le justifier. Avec quelle chaleur de zèle, avec quelle verve et quelle\nardeur il plaide la cause de ses vieux maîtres, montrant les finesses de\nleur grâce ou de leur gaieté, et tour à tour l'adresse ou la naïveté de leur\nart! Des pièces de Jannequin, Costeley, Mouton, etc., illustraient cette\nvivante causerie : elles ont valu le plus vif succès au « Quatuor Expert »,\ncomposé par Mmes Mathieu et Goulancourt, MM. Thibaut et Ragneau,\ntroupe alerte et disciplinée qui fait honneur à son excellent caporal.\nJ. CH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c019", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.3", "titre_corps": "A L'OPÉRA", "titre_sommaire": "A L'OPÉRA", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.50", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "A L'OPÉRA\n\nLa Ronde des Saisons,ballet en trois actes et six tableaux, deCh Lomon, musique de Henri Busser,\npas réglés par M. Hansen.\nOn se montre encore les figures connues de tel et tel Parisien notoire, on\nse chuchote les surnoms nouveaux qui les décorent, que déjà les cuivres\nde 1 orchestre éveillent dans le somptueux hémicycle des échos de music-\nhall. Mais le rideau se lève sur un vaste décor de campagne à volonté, et\nM\"c Zambelli fait son entrée : tous les bavardages se taisent aussitôt, tou-\ntes les lorgnettes se braquent ; on ne peut imaginer en effet une légèreté\nplus aérienne ni un art plus exquis. Les fines pointes ne semblent plus\ntoucher terre, les jambes battent comme des ailes, c'estle vol d'un papillon,\nc'est le tournoiement d'un lutin fantasque, et c'est en même temps une\nmiraculeuse précision de rythme, une harmonieuse élégance, une grâce\nnoble, pure, nerveuse et décente. Sans M'ie Zambelli, je ne sais ce qu'il fût\nadvenu de cette soirée.\nLe ballet est cependant bien à sa place à l'Opéra, et c'est un genre qui\ndevrait enchanter, à ce qu'il semble, l'imagination d'un poète et d'un mu-\nsicien. Pourquoi donc ne nous donne-t-il plus que des fruits d'une si\nécœurante banalité ? On peut dire avec vérité que la Ronde des Saisons\nne révèle pas la moindre trace d'invention, ni dans le scénario, fade à pleu-\nrer, ni dans la musique, triviale je veux croire à dessein, ni dans la danse,\nmonotone et conventionnelle comme toujours, exception faite pour les\npas de Mlle Zambelli, qui, eux, furent réglés par Mme Rosita Mauri. 11 s'a-\ngissait, si j'ai bien compris, de justifier quatre entrées successives figurant\nles quatre Saisons : sujet traité souvent par l'ancien Opéra, mais demeuré\naimable et pittoresque. Or ces entrées n'ont ici aucun caractère, aucune\ncouleur, aucune grâce. Les hirondelles bleues du printemps, pas plus que\nles corbeaux noirs de l'hiver (conduits cependant par deux charmants chefs\nde file), ne savent que devenir sitôt entrées en scène ; c'est pourquoi, après\nquelques évolutions, chassés-croisés et entrelacements, elles se retirent,\nayant montré tout ce qu'elles peuvent faire. Et cependant les Saisons per-\nsonnifiées n'ont eu que le temps d'échanger avec le héros Tancrède quel-\nques gestes vagues qui semblent dire : '< Voyez-moi ça », et font songer à\nquelque commère d'une Revue sans paroles. C'est grand dommage, et l'on\npouvait certes mettre mieux en valeur le talent de Mlles Ricotti, Léa Piron,\nSirede et Nicloux. Quant à M'i° Louise Mante, en Tancrède, j'avoue que\nson travesti ne me plaît pas trop ; il éveille de vagues souvenirs archéolo-\ngiques, et donne des démangeaisons de lui parler d'Ecbatane et des fouilles\nde Suse, ce qui évidemment serait hors de propos. Pourquoi ne pas assi-\ngner ce rôle à un danseur ? L'Opéra en possède d'excellents, parmi les-\nquels je citerai M. Vanara, qui a mimé très vigoureusement le rôle de la\nSorcière (car c est ici la confusion des sexes). Quelle sorcière ? me dira-\nt-on. En effet, j'ai oublié de raconter l'histoire ; elle est plus que simple.\nTancrède, épris de la fée Oriel (sic), veut la retrouver ; la Sorcière lui pré-\ndit ce bonheur pour le prochain automne et le munit de trois fleurs magi-\nques qui tour à tour, et très rapidement, évoquent le printemps, puis l'été,\npuis la saison rêvée : extase, tendres ébats, et perte malencontreuse de la\ndernière fleur : l'hiver survient et ensevelit sous sa neige les deux amou-\nreux, transis pour de bon cette fois. Morale : si vous voulez danser, mé-\nfiez-vous de l'amour. Il y a certes du vrai dans cet aphorisme, mais on\npouvait l'illustrer d'une aventure plus neuve et plus émouvante aussi.\nUn grave danger nous menace, et je le signale à tous ceux qui savent dis-\ntinguer le sérieux du frivole : la danse, le plus noble peut-être de tous les"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.51", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "arts aeonise sous nos yeux. Elle a perdu ses pas les plus gracieux : menuets,\ncourantes et gavottes ; ses costumes ont été déformés par la tyrannie du\ntutu • elle n'a plus ni Plaisirs, ni Nymphes, ni bergeres, m Bacchantes,\nmais'seulement des premiers et des seconds sujets, des coryphées et des\nétoiles • toutes se ressemblent, toutes font, à peu de chose près, les memes\nexercices : un ballet à l'Opéra n'est pas un spectacle disposé pour le plaisir\ndes yeux ; on se croirait plutôt dans une classe, un jour d'inspection gel^e\"\nraie* L'une après l'autre ou par groupes, toutes viennent à leur tour débi-\nter leur petit morceau, devant MM. les abonnes qui scrutent, épient, pren-\nnent mentalement des notes et décernent sans doute des bons points.\nQuant à la musique, son rôle, bien modeste, est d accompagner ces évolu-\ntions monotones et de se débiter, comme elles, en petites tranches bien\ncoupées. Celle de M. Busser me paraît notablement inférieure à ce qu'on\nentend aux Folies-Bergère ou à l'Olympia : car elle est plus bruyante.\nMais peut-être le malheureux auteur est-il plus à plaindre quablâmei.\nQuant à moi, je déplore amèrement que tant de grâces soient perdues.\n(Ce n'est pas de M. Busser que je veux parler, même quand il paraît sur la\nscène et salue, entre Mlle Mante et Mlle Zambelli.)\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c021", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.4", "titre_corps": "LA MUSIQUE A LYON", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE A LYON", "signature_source": "Jacques Reboul", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.51", "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "LA MUSIQUE A LYON\n\nConcerts et théâtres.\nLes concerts. La Revue musicale de Lyon continue avec bonheur la\nsérie de ses « Heures de musique moderne ». M. Vallas nous offrait cette\nfois les Estampes de Debussy, En Languedoc de Déodat de Séverac et,\noutre quatre lieder déjà publiés, une Sonate inédite de M. A. Mariotte. Je\ncrois bien cependant que les délicieuses Enfantines de Moussorgski ont eu\nle Succès du concert. Mme de Lestang, cantatrice aimable, s'y montra toute\nnaturelle, et M. Jean Reynaud, qui l'accompagnait, fît ressortir, sur un ins-\ntrument trop sonore, la pure musicalité du texte. M. Mariotte interprétait\nles autres numéros, et lui-même, M. Mariotte, m'a étonné !\nM. Vallas nous promet encore de très belles et très nobles choses. Les\nœuvres de M. Ravel viendront aux prochains programmes. Sans doute il\nn'y a pas jusqu'à la province qui n'ait le désir de s'en... paladilher, à sa\nfaçon.\n*\nA la 2e séance, encore unétonnement ! de la grâce, un sentiment tout fémi-\nnin de ce qui touche dans le génie des hommes ; Mme de Lestang se dévoue\nau piano de M. Léon Vallas. Je tremblais devant l'épaisseur du programme:\nje n'ai aucune honte d'avouer mon plaisir ; une telle interprétation rafraî-\nchit l'âme. M'est-il permis de reprendre pour mon compte l'épigraphe de\nRavel : « Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille » ? C'est un bain très\nintime...\nL'Aria de Franck, le Paysage de Chausson, deux Tableaux de Voyages\net la Laufenbourg de d'lndy (i) : voilà un petit rêve doré qui me berce...\nquand M. Vallas vient tout doucement nous annoncer la Sonate en cinq\nparties de Lekeu. Longue, très longue, toute fuguée en l'éternelle pour-\n\n(i) M. joue ses propres oeuvres d'une façon moins passionnée et plus intellec-\ntuelle: c'est pour lui acte d'évocation bien plus que de sensibilité. Mrae de Lestang vou-\ndra-t-elle « foncer» un peu la couleur de son interprétation ?"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.52", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "suite de quelque illusion mobile... Pourquoi donc le Rhin se présente-t-il\naussi obstinément devant mon esprit?...\nPuis Claude Debussy triomphe, et ses disciples réveillent quelques audi-\nteurs qui se chauffaient au roucoulement des arpèges. Après la Danse et la\nSarabande du maître, Séverac nous enseigne, au Jour des noces du Chant\nde la terre, un Languedoc trop cérébral encore. M. Vallas est méchant de\nnous lire l'épigraphe de cette œuvre : non, il ne faut pas écrire ce que l'on\nsent si bien ! M. Ravel, au scandale des nobles duènes, précipite sa\nPavane pour une Infante défunte,puis il quitte son auditeur inquiet dans\nl'effarement exquis de ses Jeux d'eaux.C'est tout, mais je suis encore sous\nle charme.\nSociété lyonnaise des Concerts de musique classique. Cette Société est\nune des rares de notre ville qui puissent se réclamer d'un passé artistique ;\naprès vingt-six ans d'existence, elle demeure aussi prête à sacrifier aux inté-\nrêts de l'art. Le Quatuor JBayotnous apporte donc une joie musicale :\ncela change du « plaisir de Paris » que promènent certains virtuoses, des\npianistes, pour ne nommer personne.\nLe Quatuor en ut majeur de Mozart (Adagio, Allegro Andante canta-\nbile Minuetto Molto allegro) est rendu avec toute la finesse désirable\net une simplicité... délicieuse chez des artistes de la capitale. Je crois cepen-\ndant que la dernière partie est interprétée avec plus de vigueur (oh, bien\npetite vigueur !) que d'apparente sympathie. Mais le respect de l'œuvre\njouée, la belle sonorité et la délicatesse des instruments font qu'on ne\nsaurait souhaiter meilleure exécution de Mozart, en France du moins.\n... Pourquoi ? Par quelle diabolique intention avait-on inclus le\nop./odeM. Debussy entre Mozart et Beethoven (VII) ? Je ne sais si l'on\nme trouvera logique, désirant que l'on respecte l'œuvre du temps, « tout de\nmême ».\nPour en revenir à MM. Hayot, Touche, Denayer, Salmon, en une inter-\nprétation vraiment excellente, la difficulté géniale de l'œuvre fut double-\nment vaincue par la jeunesse virile de l'enthousiasme. C'est dire que le\nSeptième de Beethoven venait bientôt après comme un roi très grave, sorti\ntout étonné des clairières de l'Oural, et un peu triste de cette effusion,\ntoute flottante encore, d'Oréades et d'Hamadryades.\nJ'ai dit que le Quatuor de Paris mettait plus de netteté que de profon-\ndeur dans la compréhension des maîtres. A cela près, il est parfait.\nSalle Philharmonique : Concert Poulet-Chanel. Mlle Madeleine Poulet,\nqui nous revient diplômée de lAcadémie royale de Berlin, ne rapporte\nnaturellement pas les bonnes méthodes en honneur dans son propre pays.\nC'est un tort sans doute ; mais tant de jeunesse et de bonne grâce y sup-\npléent, que c'est assez pour M. Joseph Chanel d'achever le succès de la\nsoirée, pesante pour de si jeunes épaules. (M. Chanel est déjà connu par\nde précédentes auditions et par son active participation au quatuor Rinuc-\ncini.) La Sonate à Kreutzer,celle de Frank, la de Beetho-\nven— (O, clair de la lune !..) —du Chopin, Nocturne et Ballade, la\nCampanella de Liszt c'est tant et tant que l'on fait appel àla fin à son ima-\ngination bien plus qu'à ses oreilles. M. Chanel avait interprété auparavant\nune Romança de Svendsen et une Polonai de Wienawski.\nIl faut penser en somme que ce début est honorable et que les Berlinois\nratifieront le jugement de nos compatriotes, puisqu'il est question d'un\nvoyage de reconnaissance.\nConcert des Chanteurs de Saint-Gervais. En location pour une œuvre\nparoissiale. —Je regrette d'avoir lu sur les murs certaines affiches vertes"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.53", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "où l'honorable M. Bordes dénie « toute concurrence commerciale entre-\nprise sous son nom ». Gela se fait-il à Paris ? Ici, c était inutile.\nM. Charlier, trompette-attraction de la Monnaie, joue presque juste,\nmais il est gênant de l'écouter.\nAu reste, programme « entièrement » inédit à Lyon: « La 2epartie com-\nprendra l'audition intégrale du deuxième acte dCArmide (orchestre et\nchœur :70 exécutants... !) » M. Bordes devra demander àM. Colonne\nce qu'il en coûte parfois de la superstition de la province. Il est heureux\nque ce concert n'ait pas été destiné aux musiciens. Je tiens cependant\nà lui signaler qu'Armide fut montée ici avant Paris qu un ministre y assista\net que nous connaissons même le deuxième acte.\nPour compléter le programme : trois textes de musique presque ancienne,\nc'est vraiment trop peu pour les Chanteurs.\nAu fond.il est facile de se consoler en pensant que M. Bordes n'est pour\nrien dans l'abus qu'on a fait de son nom.\nA signaler une conférence duPr Ehrhard :La danse à VOpéra en 1834.\nLes débuts de Fanny Elssler. Paraîtra prochainement au bulletin des\nAmis de l'Université.\nThéâtre. Je ne parlerai pas des reprises de Samson et Dalila et d'au-\ntres nouveautés qui sont entrées au répertoire. Ces chefs-d'œuvre ne va-\nlent que par l'interprétation. A Lyon c'est la municipalité qui joue le prin-\ncipal rôle... astringent, pécuniaire .. si j'ose... eût dit Sarcey...\nL'Attaque du moulin (reprise de). Le drame de M. Bruneau ne paraît\npas avoir gagné grand'chose depuis dix ans qu'il fut représenté ici. Pas\nmême auprès du public : en représentation de bienfaisance, —un samedi\n« jour de paye », il est triste pour Yart social de remplir quarante fau-\nteuils et la moitié des galeries donc succès modéré, recette idem.\nIl serait disgracieux de lacérer un chef-d'œuvre déchu. A part le manque\nd'invention, une certaine rusticité d'âme, sans trop de vulgarité, rend l'au-\ndition supportable. Cette musique est peuple évidemment. Si l'intention\nde l'auteur fut telle... J'oserai dire que c'est parfois « vague ». Et pour\nrester dans le ton local, Guignol possède un matériel dramatique qui ne le\ncède en rien à celui du vieux Zola.\nIl est juste sans doute —et démocratique —de tirerprofit de l'intérêtpuis-\nsant de quelques secousses verbales : guerre, mort, fusiller, tuer, brûler,\netc..., et de tout le bruit qu'on peut faire là-dessous (sans compter les coups\nde fusil). L'erreur de la Débâcle est tentante par le succès, et M. Bruneau,\nlui aussi, ne manque pas d'un certain sens dramatique. Mais pourquoi\navec tant d'instruments, tant de bois, tant de cordes et tant de métal, sou-\ntenir parfois une déclamation notée comme l'antique joueur de flûte dut\ncommenter le prologue de YAululaire} C'est pauvre sans être discret. Je\ngagerai que Y Artésienne prime l'œuvre de M. Bruneau en vérité musicale\nsinon en volonté d'être sincère.\nGros sentiment grosse musique en somme, même quand elle se tait...\nComme tant d'autres,M. Bruneau croit de sa fonction de flatterie sentiment\nélémentaire de l'ouvrier glissons le mot: d'une brute, tendre ou peureuse,\nsuivant le cas.\nVoilà sans doute l'erreur initiale. Une œuvre qui ne suppose pas effort\nmoral de la part du spectateur n'est pas œuvre d'art fut-elle sociale.\nQue voudrait-on signifier, du reste, aux réputées « classes supérieures »en\nleur imposant un sujet d'admiration inférieur ? Car enfin il faut tenir compte\nde tout le monde même en communisme...\nEt puisque « la vérité est en marche », je ne comprends guère, je l'avoue*"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.54", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "l'effrayante immobilité de cet idéal social, toujours plus cupide de ses\nconnaissances nouvelles, toujours plus vide de la volonté de lui-même. Au\ncours de Yhistoire naturelle des esprits, il est certain que 1 illusion cérébrale\nabsorbe la vie physique. Zola = Schopenhauer, alors ?...\nFaux idéalisme en somme ! L'idéal de l'ouvrier n est pas différent de\ncelui du plus farouche aristocrate de l'esprit. Sur tel sens de la volonté, —~\nqui n'est pas un but, comme on voudrait nous persuader, deux mentalités\nhumainement semblables ne sauraient différer. Tout se rejoint : l'antagoniste\ncompréhension des moyens ne préjuge en rien de la similitude profonde du\ndésir. Rappelons Héraclite : « Les âmes barbares ne savent pas que le bien\net le mal se réunissent en un même effet comme se combinent dans l'har-\nmonie de l'arc et de la lyre des actions opposées. »\n... M.-Bruneau n'est plus très 10in...\nEn terminant, je ne voudrais pas lui faire de la peine en assurant qu'il\na trahi la pensée de Zola en le traînant sur une scène lyrique. Dans cette\naction dramatique, trop récente trop précipitée, ou trop ralentie au\ngré de la partition,— l'horreur de la guerre m'apparaît trop antique ou trop\nnaturelle pour être enseignée avec fruit. Mais vraiment que ces Prus-\nsiens sont antipathiques... me pardonnent mes amis d'Allemagne !\n\nJacques Reboul."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c023", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.5", "titre_corps": "LA MUSIQUE EN FINLANDE.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE EN FINLANDE.", "signature_source": "Lef Zeitlin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.54", "debut_caractere": 1371, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "LA MUSIQUE EN FINLANDE.\n\nLes concerts d'Helsingfors. Sibelius.\nNous avons ici deux associations musicales : les Concerts populaires, qui\nont lieu deux fois par semaine, et les Concerts symphoniques, une ou deux\npar mois. Cette dernière entreprise a pour elle les mérites de l'exécution.\nMais les programmes de la première sont souvent beaucoup plus intéres-\nsants. C'est ainsi que son premier concert, consacré uniquement à la\nmusique finlandaise, nous faisait entendre le finale d'un opéra d'Ekmao, le\nRoi Karl-Pacius, des chants populaires arrangés pour orchestre à cordes\net un poème symphonique de Jârnefelt : puis des œuvres de\nSibelius : En Saga (conte), Élégie et (de la musique de scène\nécrite pour le drame Christian II), légende\nfinnoise; enfin une Ouverture dramatique de Mielck, une Valse de Palm-\ngren, et une Marche de Kajanus. Ces compositions ont toutes été accla-\nmées d'enthousiasme et le méritaient pour leur charme pénétrant et leur\ncouleur délicate. Il y a dans toute la musique finlandaise une mélancolie\ntendre et poignante ; ces chants venus du plus lointain des âges semblent\nnous dire la tristesse émue des premiers réveils, au bord des lacs voilés de\nbrumes où ne se risquaient pas les pirogues. Car la musique finlandaise,\ncomme notre musique russe, puise aux sources pures de l'inspiration popu-\nlaire. Témoin ce thème du Conte de Sibelius, simple et doux comme un\ntrès vieux récit :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.55", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "Ce Conte est d'ailleurs un chef-d'œuvre, et Sibelius, le chef de l'école\nfinlandaise, est un très grand compositeur, digne d'être mieux connu en\nEurope. Son Cygne de Tuonela a été récemment joué au Concert Chevil-\nlard et apprécié à sa valeur en cette Revue; mais bien d'autres œuvres\nmériteraient pareil honneur, entre autres une musique de scène pour\nPelléas et Mélisande qu'il serait intéressant de comparer, non certes au\ndrame de Debussy, mais à la Suite de Gabriel Fauré. Elle contient entre\nautres une délicieuse Pastorale et une chanson des Trois sœurs aveugles,\ntoute finlandaise de tour et d'accent.\nParmi les jeunes compositeurs finlandais, c'est Palmgren qui donne le\nplus d'espérances, depuis la mort prématurée de Mielck : son inspiration,\nmoins profonde que celle de Sibelius, a beaucoup de grâce et de poésie.\nAux Concerts populaires suivants figuraient le Cygne de Tuonela et la\nFinlande de Sibelius, l'Ouverture du Prince Igor de Borodine, une danse\ntirée de Rogneda de Serof, le Caprice espagnol de Rimsky-Korsakof et\ndiverses œuvres de Dvorjak, Smetana, Glazounof, Borodine, Grieg, Palm-\ngren et Melartin ; cependant que les Concerts symphoniques ne risquaient\nTchaïkovsky et Glazounof que pour mieux revenir à Schubert, Verdi et\nmême Spinelli.\nEnfin, le 9 décembre, M. Palmgren donnait un concert, avec le chœur de\ncent étudiants qu'il a formé et l'orchestre philharmonique. On y entendit\ndes chants populaires et deux chœurs avec orchestre, de Sibelius, qui, le\nsentiment national aidant, soulevèrent d'interminables acclamations. Une\nfoule enthousiaste fit la conduite aux choristes jusqu'à la maison des étu-\ndiants, en chantant les vieux airs finlandais. Ce sont là de belles manifes-\ntations de vie nationale et artistique, auxquelles un étranger même ne peut\nque s'associer avec émotion, espérance et sympathie.\n(Traduit du russe par Louis LALOY.)\n\nLef Zeitlin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c026", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.6", "titre_corps": "MUSIQUE DU XVIIIe SIÈCLE", "titre_sommaire": "MUSIQUE DU XVIIIe SIÈCLE", "signature_source": "L. de la Laurencie", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.55", "debut_caractere": 1920, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "MUSIQUE DU XVIIIe SIÈCLE\n\nLes Maîtres français du violon au xvnr siècle*\nOn sait avec quelle persévérance et quel zèle M. Joseph Debroux s'em-\nploie depuis nombre d'années à faire revivre l'ancienne école française du\nviolon. Son édition du ler livre des Sonates de J.-M. Leclair, publiée en\ncollaboration avec M. Guilmant, avait déjà commencé à combler une re-\ngrettable lacune de notre littérature musicale. Voici que 4 nouvelles Sona-\ntes (1) viennent révéler des maîtres qui dormaient d'un sommeil profond\ndans le sanctuaire des bibliothèques 1 François Ou Val. Jean-BaDtiste\nSénallié, François Francœur, et L'abbé le fils!\nPersonnellement, nous ne pouvons que nous féliciter d'assister à sem-\nblable résurrection, car nous avons été heureux de faire connaître aux lec-\nteurs du Mercure musical l'intéressant musicien qui se nomme François\nDu Val. Du reste, en ces temps où la « Debussyte » règne, où les plumes\ns'aiguisent, où les arguments font flèche à propos des discussions que\nsoulevé l'enivrante musique d'un jeune maître déjà illustre, il n'est pas\nmauvais de chercher un lieu de repos où, loin du tumulte des batailles\n\n(i) Publiées chez B. Roudanez, éditeur, 9, rue de Médicis, Paris."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.56", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "d'idées, et au sein de tranquilles harmonies, se puisse goûter un peu du\ncharme des choses du passé. Ce coin des Champs Elysées de la musique,\nce jardin d'Armide, M. Debroux nous l'indique en nous invitant à diriger de\nce côté notre flânerie etnotre curiosité. Au surplus, y a-t-il là de quoi nous\nsatisfaire, car cette lointaine Salente dispense quelques-unes des captivan-\ntes jouissances musicales dont notre sensibilité moderne s'affirme si avide.\nM. Debroux poursuit un double but : d'abord, un but historique, consis-\ntant en la restauration d'œuvres où l'esprit français est répandu à profusion;\nensuite, un but pédagogique, car les 4 Sonates qu'il vient d'éditer présen-\ntent un intérêt technique considérable ; elles exigent, pour être correcte-\nment interprétées, une grande netteté d'articulation et beaucoup de sou-\nplesse d'archet ; elles sont une sérieuse école de justesse en raison de la\nfréquence de l'emploi de la double corde, et, à ce titre, les élèves pourront\nles travailler avec fruit.\nAvec une honnêteté dont on ne saurait trop le louer, M. Debroux pré-\nsente le texte original sans autre modification que celle qui résulte de sa\ntranscription en clef de sol deuxième ligne pour celles des Sonates écrites\nen clef de so/première... puis, il donne son interprétation, toujours respec-\ntueuse des particularités rythmiques de ce texte, et du phrasé indiqué par\nl'auteur. Un pareil procédé désarme toute critique, car, au cas où quelque\ngrincheux s'aviserait d'épiloguer sur l'interprétation des petites notes et\ndes ornements, par exemple, le susdit grincheux aura toujours la faculté,\ngrâce à l'intégrité fidèlement conservée de la version primitive, de modi-\nfier à son gré la traduction proposée par l'excellent violoniste.\nChez François Du Val, on peut admirer la qualité mélodique si franche\nde Y Allemande,et aussi de savoureuses recherches harmoniques distribuées\ndans la dernière partie de la Gavotte.Sénallié est représenté par une œuvre\nde teinte un peu grise (ler livre, 1710) qui laisse voir l'influence italienne,\ndont la fréquentation du célèbre Antonio Vitali devait par la suite accen-\ntuer encore chez lui le caractère.\nLa Sonate en sol mineur de François Francœur (1720) est bien belle\navec son large Adagio tout semé de majestueuses formules ornementales,\nsa piquante Allemande,sa Sarabande recueillie et l'amusant ronronnement\nde son Rondeau.Elle affiche des qualités très françaises d'émotion, de\nclarté et d'élégance.\nAvec L'abbé le fils, nous constatons les progrès réalisés par l'école de\nLeclair qui fut son maître ; le style est alerte, ennemi des longueurs et des\nredites. L'abbé démanche crânement, et manie la double corde d'un\ngeste aisé et spirituel. Sa « Chasse » est plaisante dans ses effets de loin-\ntain, et la Gigue finale pétille d'une bonne humeur communicative. C'est\nde la musique pleine de santé et de joie.\nRemercions donc M. Debroux de l'heureuse inspiration qui l'a guidé\ndans le choix de ces 4 Sonates. Il a épousseté de véritables joyaux.\n\nL. de la Laurencie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c028", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.7", "titre_corps": "LES LIVRES.", "titre_sommaire": "LES LIVRES.", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.56", "debut_caractere": 3057, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "LES LIVRES.\n\nProdhomme : Hector Berlioç. Paris, Delagraveg Pierre Aubry et Emile Daoier : Les\nCaractères de la Danse. Paris, Champion.\nLe livre de M. J.-G. Prodhomme est l'exposé très clair et très plausible\nd'une histoire qui, pour être assez récente, n'en présente pas moins bien"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.57", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "des obscurités : l'histoire de la vie de Berlioz. Non que les documents\nnous manquent ; ils ne sont que trop nombreux, et souvent se contredi-\nsent. Berlioz ne fut-il pas toujours maître de son imagination, ou au con-\ntraire sut-il trop bien la diriger selon les besoins de sa cause ? Toujours\nest-il que ses Mémoires et même ses lettres familières demandent à être\ncontrôlés sans cesse par les témoignages contemporains. C est ce que 1 au-\nteur a fort bien su faire, et il y a une modestie touchante dans le soin\nqu'il a de s'effacer devant les textes, et de ne prendre la parole que pour\nconclure, en peu de mots, après nous avoir loyalement communiqué toutes\nles pièces du procès. Il nous fait ainsi assister, presque semaine par\nsemaine, à l'existence entière de son héros, si mouvementée d ailleurs, si\ntourmentée, si pleine à la fois de triomphes et de tortures, que l'intérêt\nne languit pas un instant. La vie de Berlioz réalisa, mieux encore que son\nœuvre, l'idéal romantique. Cette œuvre est elle-même appréciée, dans le\nchapitre final, avec beaucoup de justesse et de netteté. Berlioz -et c'est là sa\nplus grande gloire peut-être est bien celui dont « l'influence libératrice\ns'est étendue de l'Occident à l'Orient, allant éveiller les pensées du monde\nslave, et par qui fut rendu possible le grand œuvre de Bayreuth ».\nC'est une curieuse histoire que nous content, en une élégante plaquette,\nMM. Pierre Aubry et Emile Dacier : l'histoire d'un ballet, de ses interprètes\net de ses transformations. Le célèbre violoniste Jean-Ferry Rebel estl'auteur\nde ce divertissement musical, les Caractères de la Danse, composé en 1715\npour faire valoir le talent de Mne Prévost. C'est simplement une série d'airs\nà danser (Courante, Menuet, Bourrée, Chaconne, etc.), dont l'ingénieuse\nartiste fit autant de pantomimes : dans la courante, un vieil amoureux, sou-\npirant pour une beauté rebelle, ne demande à l'Amour que de « croire\naimer », ce qui est vraiment bien modeste ; mais dans le menuet on voyait\nune fillette de douze ans prier l'Amour d'endormir samère, car elleattend son\namoureux, cequi est un peu prématuré peut-être, même à l'Opéra. Mlle Sallé,\nélève de MUe Prévost, suivit sa tradition, tandis que Mlle Camargo, sa rivale,\nse contenta de danser, avec une verve endiablée qui ne voulut jamais s'as-\ntreindre aux lenteurs de la pantomime. Cependant des interpolations de\nplus en plus nombreuses (nous sommes à l'Opéra) chassaient peu à peu de\ncette courte partition la musique de Rebel : dès 1739 il n'en restait plus\ngrand'chose. Cette musique a été recueillie par MM. Aubry et Dacier, et\nforme, à la fin de leur plaquette, un supplément fort bien gravé. Les au-\nteurs nous donnent en outre un fort beau portrait de Prévost, en bac-\nchante, et le joli dessin des ornements recommande leur ouvrage à tous les\nbibliophiles.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c030", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.8", "titre_corps": "COURRIER DE NICE", "titre_sommaire": "COURRIER DE NICE", "signature_source": "Edouard Perrin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.57", "debut_caractere": 2879, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "COURRIER DE NICE\n\nL'incident Heugel a fait couler beaucoup d'encre. On l'a commenté en\nprose et en vers. On a prié, supplié vainement l'éditeur parisien de revenir\nsur sa décision ; les autorités sont intervenues et ont fait des démarches\ninutiles; on a menacé les compositeurs français des représailles deM.Son-\nzogno ; on a invoqué l'entente franco-italienne ; on a essayé de prendre\nM.Massenet par la douceur, en le persuadant que Nice serait malheureuse,\nnavrée de ne point entendre sa musique, et en démontrant combien lui-\nmême devrait en être désolé, l'invitant à intervenir dans un intérêt com-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.58", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "mun : l'auteur de Manon a fait la sourde oreille. Au lieu de commencer par\nHérodiade, la saison s'est ouverte avec Aida, et la critique a déclaré que\nl'on n'avait rien perdu au change (attrape, Massenet!). Et depuis nous\nentendons la Juive, les Huguenots, Faust, Y Africaine, la Vie de Bohême, tout\ncela chanté par des débutants inhabiles, exception faite cependant pour\nM. Imbart de la Tour, le valeureux créateur de Fervaal, très applaudi dans\nSatnson et Dalila. Je ne sais si cela continuera, mais pour le moment on se\ncroirait à Landerneau ! Et tout cela pour s'obstiner à monter Siberia\ncar on nous le joue quand même, et en français encore (il paraît que c'est\npossible en s'adrcssant à l'éditeur italien), annoncé par des affiches bigar-\nrées et des réclamespompeuses... « l'œuvre pathétique etsuperbe du maestro\nGiordano... applaudie par le Tout-Nice artistique et mondain» (surtout\nmondain)... Au fond, jouer Siberia ainsi en commencement de saison m'a\ntout l'air d'une façon de s'en débarrasser !...\ny\nIl est vrai que plus tard nous aurons encore la Manon Lescaut de Puc-\ncini, et que c'est peut-être bien de là que proviennent le silence et l'inertie\nde M. Massenet, vexé de voir cette Manon jouée en France, où la sienne\njouit d'une si grande renommée: petites causes, grands effets. Mais il n'a\npas tout perdu ; Hérodiade a été exécutée tout de même, en fragments, au\nPalais de la Jetée, par l'orchestre Gervasio, le meilleur peut-être de Nice,\ncelui tout au moins qui met à ses programmes les oeuvres les plus intéres-\nsantes. Le maître est alors sorti de son mutisme et a envoyé par télégramme\n« de grandes félicitations » et « sa vive gratitude ».\nEt il faut voir le bon public emplir la salle de l'Opéra, attendre Yut du\nténor qui ne veut pas sortir, applaudir aux points d'orgue et aux roulades\nde la prima donna. Il se réjouit à la résurrection de ce vieux répertoire et\nne demande qu'une chose, c'est qu'il se maintienne jusqu'à la fin de la\nsaison. Quant au désir de s'instruire, il s'en moque, et son apathique igno-\nrance n'aide pas peu au mouvement réactionnaire qui, d'abord dissimulé,\ns'affirme maintenant on peut dire ouvertement. D'ailleurs 1 e primum vivere\nqui dirige les actes de la foule cosmopolite attirée ici par le soleil, et que\nl'esprit mercantile local entretient et exploite habilement, ne semble pas\nencourager les tentatives sérieuses d'éducation artistique. Je n'ai pas encore\ncompris comment des gens qui prétendent composer une élite, qui ont fait\nleurs humanités, fréquenté les musées et les théâtres, ne s'aperçoivent pas\nque leurs connaissances musicales sont à peu près nulles. Ils ont appris\ndans leurs classes à disserter sur Racine ou Molière, Voltaire ou Rousseau ;\nplus tard ils ont lu et commenté Hugo, Flaubert, Baudelaire, Verlaine et\nVerhaeren ; ils ont appris à dédaigner Cabanel ou Bouguereau et à appré-\ncier Manet et Rodin; mais en musique ils n'ont pu aller au delà de Verdi,\nGounod et Mascagni ! Et ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont incomplets,\nincohérents même. Le développement des facultés auditives est-il donc si\npénible et si long ? Ne serait-il pas parallèle avec celui des autres facultés,\nsi l'éducation artistique était mieux comprise de nos jours, et surtout si la\ncritique musicale...\nMais n'abordons pas ce sujet qui nous entraînerait trop loin. Je dirai\nseulement qu'à une époque où la puissance moralisatrice des religions\ns'affaiblit, celle de l'Art doit augmenter, et particulièrement celle de la\nMusique, infinie en profondeur, mystérieuse dans ses effets, propre à\nl'expression des sentiments intraduisibles dans un autre langage. Le père\nGratry, dont on vient de célébrer le centenaire, disait : « Rien de précis\nn'est éducatif », et ce paradoxe est peut-être déjà une vérité d'aujourd'hui.\nC'estpour cela que je considère comme éminemmentéducatrice et civilisa-\ntrice la Musique, source d'une émotion esthétique intense, pouvant réunir\nune collectivité d'individus différents dans un même sentiment d'harmonie"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.59", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "qui les rend pour un moment égaux. Le caractère de sociabilité lié à cette\némotion engendre au plus haut point ce que Guyau appelle la-synergie so-\nciale ; et le milieu dans lequel elle se manifestera s'élèvera d'autant plus\nque la musique qui la produit sera transcendante.\nC'est ce qu'un mondain et surtout une mondaine ne comprendront\njamais, et c'est peut-être pour cela aussi qu'ils fréquentent si volontiers les\nvilles de saison où l'on se garde bien de contrarier leurs inclinations : les\naffaires sont les affaires. De là l'éclosion pour cette foule oisive d'une\nlittérature malsaine, d'un art sans idéal, et d'une musique brutale, grossière,\nqui n'adopte pas le réalisme par conviction et les vieilles formules par prin-\ncipe, mais par intérêt. Car il ne faut pas se le dissimuler, et l'on ne s'en\ncache même pas, on ne fait plus des opéras que dans le but unique de\ngagner de l'argent ; et on en compose le plus possible sur des sujets de\nfeuilletons, agissant surtout sur les nerfs et, par suite, d'un effet certain.\nLa marchandise ainsi fabriquée est d'un écoulement facile. Dans ces condi-\ntions, des musiciens comme Wagner, César Franck, d'lndy, Bruneau,\nDebussy, qui ont eu la naïveté de s'imposer un idéal, sont des gêneurs\ndangereux, et on les écarte avec précaution. L'ésotérisme ? fantaisie de\nmaniaque. La synergie sociale? on s'enfiche et après nous\nle déluge! Ce n'est donc pas sa nationalité ni même absolument son\nréalisme que nous reprochons à l'école italienne actuelle, mais bien ses\ntendances réactionnaires intéressées et son esthétique sans élévation ni\nmorale. Et j'accuse ceux qui, susceptibles de réflexion, néanmoins l'encou-\nragent, d'être leurs complices ; ou bien s'ils pèchent par ignorance, alors\nqu'ils s'instruisent.\nPour une œuvre de charité entreprise par le journal local auquel j'ai\ndéjà fait allusion, une représentation extraordinaire a été décidée. On\naurait pu parmi les opéras anciens ou modernes en choisir un sortant un\npeu de l'ordinaire et profiter de l'occasion pour se distinguer. Ah bien oui !\nOn a encore pleuré auprès de M. Heugel, éditeur de Cavalleria Rusticana,\nqui s'est laissé attendrir pour cette fois, et c'est l'incomparable chef-d'œuvre\ndu maëstro Mascagni qui sera représenté. Ils feront réellement œuvre de\ncharité ceux qui viendront entendre ainsi l'air fameux : «\ntabac... ». Pour continuer et varier cette représentation, on a ajouté le\n2e acte de Siberia,« le chef-d'œuvre de la musique contemporaine »\n[Petit Niçois du 14 décembre) ; c'est, paraît-il, M. Catulle Mendès qui l'a\ndéclaré. Du moment que « l'éminent critique musical » l'affirme, il n'y a\nqu'à s'incliner. Il a du reste des tendances à adorer ce qu'il a brûlé, le\ngrand critique. Assistant un jour à une représentation de avec\nMme Mendès, cette dernière aurait dit à son mari : « Voilà du théâtre, du\nvrai théâtre », et vous savez, ce que femme veut... Et depuis, M. Leo'nca-\nvallo et lui sont d excellents amis, du moins le compositeur italien l'a\nassuré dans une interview publiée l'année dernière par le même Petit\nNiçois.\nMais voici le bouquet de cette extraordinaire soirée : le final de\nFaust chanté par tous les artistes de 1 Opéra, c'est-à-dire environ par trente\npersonnes. Cette idée-là ne viendrait certainement pas à tout le monde.\nUne mondaine, écrivant à ce même journal, trouve bien fâcheux que l'on\nsuive à Nice la mode des théâtres wagnériens et que l'on fasse l'obscurité\npresque totale pendant les représentations, ce qui rend inutile toute re-\ncherche de toilette. Et le journal de protester avec la mondaine et de de-\nmander l'abolition de cette coutume : du moment que l'on italianise, il faut\nbien dewagnériser, c'est logique. «On ne vient pas à l'Opéra uniquement\npour écouter la musique », continue la mondaine en question ; j'ajouterai\nque c est memele plus souvent la dernière de ses préoccupations. Mais àun"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.60", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "certain point de vue sa réclamation est fondée. En effet, si on éteint les\nlumières, à quoi sert cette obligation certains jours de la semaine de ne venir\nau théâtre qu'en habit et en décolleté? Le mardi, par exemple, qui est un\njour de gala, le jeudi, qui est souvent grand gala, et les soirées de pre-\nmières, qui sont des grand tralala ? Ce qui fait que vous ne pouvez écouter\nle samedi un opéra dans le même costume que le dimanche !\nEt voilà dans quel esprit doit s'effectuer la décentralisation à Nice, au\nmoins en ce qui concerne le drame musical. Sous d'autres rapports, il y a\nmoins àse plaindre. J'ai déjà dit qu'à la Jetée on entendait parfois de\nbonne musique. Au Casino la comédie est bien jouée et il y sera donné les\npremières représentations (créations) de pièces soignées : F. de Croisset,\nA. Germain, Xanroff, G. Berr, etc. Mais ces deux dernières scènes ont le\npouvoir de bien faire les choses grâce au produit des jeux. Ce qui fait que\nl'on pardonne à ceux-ci d'être la cause d'entr'actes démesurément prolon-\ngés. Les spectateurs qui ne jouent pas se promènent dans le hall. Parmi\nceux-ci, le soir, quelquefois, la présence de Jean Lorrain fait sensation.\nLes bourgeois le montrent à leurs épouses avides de connaître l'auteur de\nnouvelles si instructives pour elles. On entend alors des conversations\namusantes :\nELLE. Jean Lorrain, l'auteur de la Maison Tellier ? pas ?\nLui. Mais non, voyons...\nELLE. Mais si, je t'assure, même qu'il y a une image sur la couverture\navec une lanterne...\nL'AMI, qui croit s y entendre. Il a raison. La Maison Tellier, c'est cette\nnouvelle de Guy de Maupassant qu'un compositeur italien va mettre en\nmusique...\n\nEdouard Perrin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c032", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.9", "titre_corps": "COURRIER DE DIJON.", "titre_sommaire": "COURRIER DE DIJON.", "signature_source": "P. 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Il a\nmême su donner quelque grâce à un Scherzo puérilement prétentieux de\nMendelssohn et à une Valse posthume de Chopin d'une banalité assez fade.\nIl a enfin déployé une virtuosité et une verve singulières dans la Grande\nPolonaise en mi de Liszt et VÉtude-Valse de Saint-Saëns. Mme Charlotte\nLormont a obtenu un très franc succès. La voix est claire, étendue, bien\nposée. Mais surtout l'artiste a une intelligence très précise du style de cha-\ncun de ses auteurs, et j'ai déjà dit combien ceux-ci étaient variés: dans le\nmême concert nous avons entendu du Monsigny, du Schubert, du Schu-\nmann, du Pergolèse, du Berlioz, du Ray-Berther, du Cuvillier, du Masse-\nnet. Mme Lormont a montré une souplesse de talent vraiment rare dans\nl'exécution de ce programme étrange. J'ai beaucoup goûté ses interpréta-\ntions de la poignante Absence de Berlioz, d'un air vieillot et coquet de Mon-\nsigny, et surtout du Solitaire de Schubert. Mme Lormont pourrait bien être\nnotre première chanteuse de lieder."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c033", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.10", "titre_corps": "COURRIER DE LONDRES.", "titre_sommaire": "COURRIER DE LONDRES.", "signature_source": "X.-M. 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Cowen ;\nDon Juan, de Richard Strauss ;\nOuverture de Die Meistersinger ;\nUn Motet de Bach ;\nAndante et Finale de Vlrish Symphony, de Stanford ;\nThe Horse and his Rider, de Hândel;\nOuverture de Benvenuto Cellini, de Berlioz ;\nChœur, the Challenge of Thory extrait du King Olaf, de E. Elgar J\nQuœrens me et Lacrymosa, du Requiem de Stanford ;\nLe Sanctus de la messe en si mineur de Bach ;\nLa Symphonie avec chœurs de Beethoven.\nLes solistes engagés sont Miss Perceval Allen, Miss Marie Brema,\nMr. John Coates, Mr. Francis Braun et Mr. Plunket Greene ; les chœurs\ncomprennent ibo voix choisies parmi les meilleures du Leeds Festival Choir.\nEnfin MM. E. Colonne et A. Messager prêteront leur concours à Sir Charles\nV. Stanford.\nIl est bon que l'entente cordiale ne soit pas uniquement politique et\nmunicipale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c035", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.11", "titre_corps": "ÉCHOS", "titre_sommaire": "ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.61", "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "ÉCHOS\nLa Société Nationale donnera son premier concert le samedi 6 janvier,\nSalle Erard, avec le beau programme suivant :\nI. Sonate pour piano et violon de P. LE FLEM (IRE audition).\n11. Chansons bretonnes, harmonisées par P. LADMIRAULT (IRE audition).\na) Salud da Vrei\\ (Basse-Bretagne).\nb) E Kreii no% région hir ar goan (Basse-Bretagne).\n(Poésies de Taldir ab Hernin, adaptation française de P. Ladmirault).\nc) Chanson de la mariée (Haute-Bretagne).\n111. Miroirs. Cinq pièces de piano. M. RAVEL (ire audition).\na) Noctuelles.\nb) Oiseaux tristes.\nc) Une barque sur l'Océan.\nd) Alborada del gracioso.\ne) La vallée des cloches.\nIV. Premier quatuor à cordes, V. D'INDY.\nLes cinq pièces de M. Ravel paraîtront très prochainement chez\nDemets."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.62", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3347, "texte": "Le Quatuor vocal français, fondé par M. Paul Landormy et composé de\nMu® Mary Pironnay, soprano, Mme Marthe Philip, alto, M. Délit, ténor,\nM. Gébelin, basse, a donné le 15, le 17 et le 18 décembre à Milan et à Venise\nquatre auditions consacrées à la musique française ancienne et moderne,\ndont le succès a été très vif. Nous relevons au programme les noms de\nJannequin, Costeley, Charpentier, Rameau, Castillon, Fauré, Vincent\nd'lndy, Duparc, Chausson, Debussy, Paw/ Locard. Propagande excellente\npour l'art français, qui n'est pas un vain mot, comme d'aucuns pensent.\nLa Revue Illustrée donne, sous la signature de Martin-Gale, ce\ncurieux et charmant portrait de notre collaborateur et ami Willy-Gauthier-\nVillars ;\nWilly est un des visages les plus connus de Paris, les plus publics et les\nplus publiés. Il a Vair un peu d'un Jordaëns du Quartier Latin qui aurait\ndes yeux clairs de jeune Anglais. Il a bon cœur et mauvaise tête, il donne\nsans compter son talent et son temps à des choses qui sont inférieures à ce\ntalent et à la préoccupation qu'il y apporte. Il est aux premières, il est aux\nrépétitions générales, il est aux bars, il est au restaurant, aux matinées, aux\nfêtes de charité et aux soupers de centième ; il prend gravement des notes\naux concerts dominicaux, et fait des mots dans les loges de petites actrices.\nIl est bourru avec une voix affectueuse, rosse avec des yeux qu'on imagine\nhumides d'une larme de tendresse, il vous serre les mains, vous êtes son\nmeilleur ami et vous ave% un peu peur qu'il ne vous étrangle. Quand il aime,\nil aime, quand il n'aime plus, il déteste. Ne lui demande\\ pas pourquoi, il\nen ignore souvent la raison. C'est un instinctif. Et que d'esprit, que de\nlégèreté, de grâce ! Il sait peindre les âmes des petites femmes modernes\nmieux que personne. Il a trop de nerfs, trop de sensibilité, de cœur ; c'est un\ndes plus curieux littérateurs de ce temps, auquel il suffirait parfois de refré-\nner son besoin de vivre et de produire pour atteindre à la perfection qui\nrend les œuvres éternelles.\nLa Société J.-S. Bach donnera son prochain concert avec orchestre le\nmercredi 17 janvier, avec le concours du célèbre ténor allemand G. Walter.\nLe programme sera donné dans notre prochain numéro.\nBordeaux. On répète activement Y Anniversaire, drame musical de\nJean Ferval et Jean Harold pour les paroles et Ad. Mercier pour la mu-\nsique. La première représentation est annoncée pour le 5 janvier. Les\ninterprètes principaux seront Mme Ranflaur, du théâtre de Bukarest, et\nM. Fournets.\nLe Journal nous faisait entendre, à sa dernière matinée, Mme Adrienne\nGelma, une nouvelle venue parmi nous qui, espérons-le, nous charmera\nde sa voix plus d'une fois encore.\nLa harpe chromatique a triomphé le 16 décembre dernier à Lille, où\nMlle Zielinska, mandée à 1A dernière heure par M. Alfred Cortot, a joué\nsur son instrument unique les deux parties de harpe de la Symphonie fan-\ntastique de Berlioz. L'invention de M. Lyon et le talent de l'interprète ont\nparu également admirables.\nFanny Gaimaraès obtenait le plus grand succès récemment, dans la\nMatinée de charité présidée par Mme la Comtesse d'Eu, pour sa belle inter-\nprétation du Saint François de Paule de Liszt.La remarquable pianiste bré-\nsilienne donnera le 22 janvier, à la Salle des Agriculteurs, un fort inté-\nressant concert."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.63", "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "Le Sottisier musical. «La Mer de M. Debussy a semblé une mer essen-\ntiellement parisienne. » Le Ménestrel, 10 décembre (Correspondance de\nBruxelles).\n« De toutes les œuvres de Liszt entendues jusqu'ici, la Nuit de Noël,\nexécutée au Conservatoire le 11 et le 18 décembre dernier, est celle que\nj'ai le mieux goûtée. » La Revue musicale, i 5 décembre p- 623\n(confusion entre les programmes de 1904 et 1905, bien naturelle quand on\nne va pas au concert).\n« Dans tout le 11le acte il n'aura qu'un seul moment de génie. Ce moment\nest d'ailleurs admirable. » L. DAURIAC, Rossini? p. 83."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-01-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-01-01_01#c037", "volume": "bmtnabh_1906-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.2.11.12", "titre_corps": "PUBLICATIONS RÉCENTES.", "titre_sommaire": "PUBLICATIONS RÉCENTES.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.63", "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "PUBLICATIONS RÉCENTES.\nM.-D. Calvocoressi: Lisçt. Paris, Laurens.\nP.-L. Hillemacher : Gounod. Paris, Laurens.\nF. de Ménil : L'école contrapuntique flamande. Paris, Demets.\nWalter Niemann : La musique et les musiciens du X/Xe siècle jusqu'à l'é-\npoque actuelle, en 20 tableaux synoptiques. Leipzig, B. 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Jarlot\nH, Boulevard\nPARIS VIe\nADMINISTRATION :\nE. Demets\n2, Rue de Louvois\nPARIS II-\n\nSommaire\nCH. LÉANDRE .... René de Castéra\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le vieillard et le jeune homme.\nCOLETTE WLLLY Les\nJEAN MARNOLD Les\nRiemann\nMARTIAL TENEO Miettes historiques.\nREVUE DE LA QUINZAINE\nJEAN CHANTAVOINE \\\nLouis LALOY /\nLOUIS LALOY F C\nH a (\nJEAN POUEIGH )\nLOUIS LALOY : la Ronde des Saison\nJACQUES REBOUL La m\nLEF ZEITLIN La m\n• » *■\nLIONEL DE LA LAURENCIE. .. La musique au XVIIIE siècle.\nLouis LALOY . Les livres.\nEDOUARD PERRIN... Courrier de Nice.\nP. M . Courrier de Dijon.\nX. M. 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Musique de chambre, trios, quatuors.\nDEMANDER LES CONDITIONS DÉTAILLÉES A\nÉMILE MENNESSON» A SAINTE-CÉCILE (ijooter 0,15 pour répon»\nDans ses prochains numéros, le « MERCURE MUSICAL » publiera des chapitres\ninédits de Jean Christophe, de Romain Rolland, ouvrage couronné au dernier\nconcours de la Vie heureuse ; de curieux traités de Théoriciens français de la musique\nau xvi° siècle, réédités pour la première fois par M. Henry Expert ; la suite des\nVrilles de la Vigne, des Pensées d'ailleurs, Dialogues des Morts Miettes\nhistoriques ; le commencement des Entretiens avec M. Croche, par Claude Debussy ;\ndes articles de MM. Pierre Aubry, Raymond Bouyer, Ricciotto Canudo,\nHenry Gauthier-Villars, Louis Laloy, Romain Rolland, Emile Vuillermoz\net G.-M. Widor.\nCertaines de ces publications entraînant des frais d'impression supplémentaires, le prix\nf\ndu numéro sera porté désormais à O fr. 60 (France) et O fr. 75 (Etranger). Mais les prix\nd'abonnement resteront les mêmes.\nBulletin d'Abonnement\n' # ■\nJe soussigné\ndemeurant à\ndéclare souscrire à un abonnement d'un an au Mercure Musical.\nA partir du (î) J 9\nSignature :\nCi-joint mandat de francs,\nlie JVTercape JVfetsie&l\nS, rue de Louvois, 2\n(1) Les abonnements partent du l=r de chaque mois. PARIS,(IIe\\ j"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.5", "texte": "lr# Année (1905).\nTome unique.\nÎLB\nPARIS (II )\n2, cPxue de\n■ im mm—1—«r tct—i———w——n^p— inn i i"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.6", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\nPAR NOMS D'AUTEURS\n(0\nIQ05\nPIERRE AUBRY\nAu Turkestan. Notes sur quelques habitudes musicales 97\nUn chant historique latin du xm* siècle : le saint Clou de Saint-Denys ( 1233). 423\nR. Q. Le Congrès musical de Clermont 182\nJ. d'AUTREY\nR. Q. Livres et musique : Georges le Cardonnel et Charles Yellay : La litté-\nrature contemporaine 642\nE. BORREL\nR. Q. Les Concerts : Soirées d'art 586\nX.-MARCEL BOULESTIN\nR. Q. La Saison de Londres : En guise de prélude 89\n- 335\nLa musique en Angleterre : Londres et les environs 636\nRAYMOND BOUYER\nR. Q. Les Théâtres : A propos de la reprise du Freischùtz à l'Opéra 538\nMICHEL BRENET\nR. Q. Les livres : Louis Laloy : Aristoxène de Tarente et la musique de l'anti-\nquité 450\nR. C.\nR. Q. Chronique des Concerts : Les Mathurins. Quatuor Capet. Athénée.\nSociété Bach. Schola Cantorum . 91\nRICCIOTTO CANUDO\nLa musique italienne contemporaine 145\nL'X de la civilisation 210\nGASTON CARRAUD\nPour le Conservatoire 193\nABBÉ CHAMINADE\nIrois chansons sarladaises . 390\nE. JAQUES-DALCROZE\nLes Etonnements de M. Quelconque 273\nHENRY GAUTHIER-VILLARS\nLe Goût musical 254\nA propos d'Offenbach 421\nR. Q. A propos de l'Opérette 489\n(1) Les lettres R. Q. sont l'abréviation de Revue de la Quinzaine."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.7", "texte": "650\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nP. G.\nH. Q. Courrier de Bruxelles: Une poignée de nouvelles\nPAUL GROSFILS\nR. Q. LA MUSIQUE EN BELGIQUE : Le théâtre : le groupe flamand\n. • • 490\nLes Concerts og\nA propos d'Armide • * * * ' * * '\nLivres et musique: Richard Wagner et Mathilde Wesendonk . Jouina\net Lettres, 1853-1871, trad. G. Khnopff. »\nALBERT GROZ\nR. Q. Le monument Beethoven\nF. HOLL\nR. Q. Courrier de Strasbourg 493\nELISABETH DIIRVEL\nR. Q. COURRIER DE MANCHESTER : Musique anglaise 494\n_ - 55i\nF. L.\nR. Q. Chronique des Concerts : Châtelet. 93\nLouis LALOY\nAux lecteurs 1\nLe drame musical moderne : L Vincent d'lndy\nIL Zola-Bruneau 7^\n111. Gustave Charpentier 169\nIV. Claude Debussy 233\nUn dernier mot sur Alfred Bruneau 288\nR. Q. De quelques concerts :M. Ricardo Vines. Mme Giorgette Leblanc-\nMaeterlinck 39\nCHRONIQUE DES CONCERTS 91, 93» *39\nLES CONCERTS. Concerts Chevillard :la Mer, trois esquisses symphoni-\nques de Claude Debussy. Concerts Colonne : Wagner 487\nConcerts Chevillard. Concerts Colonne 546\nConcerts Colonne. Concerts Chevillard. Mlle Elisabeth Delhez. . 584\nConcerts Chevillard. Concerts Colonne. Schola Cantorum.\nMM. Emile Mendels et Plamondon. M. Risler. MM. Marneff,\nFliege, Delacroix et Mrae C. Fourrier 628\nAu THÉÂTRE : Siberia, de Giordano, au théâtre Sarah-Bernhardt.— La\nCabrera, de G. Dupont, à l'Opéra-Comique 44\nChérubin, comédie chantée de Francis du Croisset et Henri Cain, musi-\nque de Massenet, à TOpéra-Comique 87\nOpéra-Comique : Miarka, drame lyrique en 4 actes, de Jean Richepin et\nAlexandre Georges 541\nAu Conservatoire :Le Concours de Rome. Une revision nécessaire. 85\nDéodat de Séverac 134\nLivres et Musique 135\nLes Idées de M. Houdard 138, 263, 374\nM. Camille Saint-Saëns et les Italiens 180\nConcours du Conservatoire 265, 307\nLes Livres\nLes Superflus\nMusique nouvelle. Albert Roussel : Quatre poèmes (Henri de Régnier). 444\nLes réformes du Conservatoire 45!\nLivres et Musique. Romain Rolland : Jean Christophe. Henry\nExpert : Extraits des Maîtres Musiciens de la Renaissance française.\nFrédéric Hellouin : Essai de critiquede la critique musicale 640\nLIONEL DE LA LAURENCIE\nUn primitif français du violon : François du Val 5o\nL'anoblissement d'un musicien sous Louis XIV ! . . 386"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.8", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n651\n\nR. Q. Iconographie musicale : Deux nouveaux portraits de Rameau et de Mon-\ndonville 4°4\nCH. LÉANDRE\nCROQUIS D'ALBUM INÉDITS : Blanche Selva et René de Castéra 64 bis\nA. Geloso 160 bis\nRicardo Viries 208 bis\nEtudes de chef d'orchestre : Gabriel Marie 360 bis\nEtudes de virtuose 424 bis\nA la Schola Cantorum : Marcel Labey 520 bis\nPianiste : Alfred Cortot 616 bis\nJEAN LEROUX\nDialogues d'été : l'Opéra populaire 377\nCH.-W. LOEFFLER\nR. Q. La musique en Amérique: Faits et documents 638\nJEAN MARNOLD\nLes sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Riemann. 26, 119, 214, 293, 435, 530\nDialogues des Morts : I. Mendelssohn, Brahms 49\n11. Liszt, Wagner 160\n111. Marsyas, Olympos 345\nIV. Berlioz, Mendelssohn, et quelques autres 457\nV. Rossini, Auber et quelques autres 601\nR. Q. Virtuosiana 40\n—Le Scandale du Prix de Rome 129, 178\nEchos : Au Conservatoire 184\nBasiliana 228\nConservatoriana 396\nPAUL MAZON\nR. Q. A l'Opéra : Débuts de Mll® Grandjean dans la Valkyrie 262\nJACQUES MÉRALY\nLes idées de Nietzsche sur la musique 324\nNEZEU\nR. Q. Chronique des Concerts : Schola Cantorum 91\nLes Théâtres : Le Jugement de Paris 544\nPAN\nR. Q. ECHOS :Un musicien de cour au xx° siècle. Société J.-S.-Bach.\nConcours de Rome. Question. Salons musicaux 46\nEn Italie. Timbales chromatiques. Théâtre lyrique. Une\nrectification : Balakiref et M. Gunsbourg. Mondanités. Au\nThéâtre de l'Ambigu. Ecole Beethoven. M. Paladilhe.\nL'Administration. Kubelik. M. Eugène Gigout. La Prépara-\ntion militaire. Nécrologie 94\nCeux qui ne sont\" pas au coin du quai. A l'Opéra. A l'Opéra-\nComique. Société symphonique. Mondanités. Une trouvaille.\n—• Vingt-trois directeurs de théâtres arrêtés 142\nAu Conservatoire. Les prudents. M. Vincent dTndy. Le prix\nd'un torticolis. Orgue à vendre, 4 claviers, 75 jeux, etc. Les\n« Chanteurs de Saint-Gervais » à l'église de la Sorbonne. Théâtres\npopulaires. Société philharmonique... française. La Société l'Or-\nchestre. Un Concours général de musique. A f Opéra-Comique.\nEcole des Hautes Etudes Sociales. Société des Auditions mo-\ndernes. L'Edition vaticane. Boulogne-sur-Mer. Bruxelles.\nLyon. Strasbourg. A. Cappella. Cours et écoles de musique.\nA l'étranger. —M. Gunsbourg. —Nécrologie 184"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.9", "texte": "652\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nR. Q. Le Dictionnaire du Conservatoire. L'Officieux d'Académie. A\nTokio. Auditions d'élèves. Prix de Rome. Munich. . . . . 230\nHonneurs officiels. A l'Opéra. Les amis de la maison. Vieille\nguitare. L'Officieux d'Académie. Soleure. L'Œuvre Inter-\nnationale. Mondanités. La chanson 269\nLes officiels. Au sous-secrétaire des Beaux-Arts. Concours\nRubinstein. Rennes. Heidelberg. Vichy. Montluçon.\nNécrologie 3°9\nRemerciements. Orange. Nîmes. —■ Vichy. Vevey. Gluck\nrevu et corrigé. Soirées d'Art. Prix Rubinstein 341\nL'Enfant-Roi. Béziers. Biarritz. Boulogne-sur-Mer. Schola\nCantorum. . . • 374\nConnais-toi toi-même. —La musique et l'Université. Critique\nparlementaire. L'Almanach des Amateurs. La traite des planches.\nOrganisation de Concerts. Les grands Concerts. Nécrologie. . 406\nConservatoire. Emile Zola musicien. Opéra-Comique. Opéra.\nM. Armand Parent. Schola musicae. Festival Schumann,\nTourcoing. Une opinion du maestro Mascagni. Helsingfors.\nSoirées d'Art. La Revue du Bien. Association générale des publi-\ncistes français. Société Beethoven. Une surprise 453\nPreuves. Directeurs irascibles. Schola Cantorum. Boston.\nM. Maurice Ravel. M. Henri Dallier. Lyon. Tiflis. Leyde.\nToulouse. Soirées d'Art. M. Armand Ferté. Le Faust de\nShakspeare. Société J.-S.-Bach. L'Œuvre Internationale.\nEcole Beethoven 497\nLes aboyeurs. Au Conservatoire. Quatuor Parent. Société\nBach. Elisabeth Delhez. Nécrologie 551\nL'Almanach des Amateurs. Matinées Danbé. Concerts Marneff.\nSociété Bach. Fondation Bach. Bruxelles. —Lyon. Nancy.\nNantes. —L'Argus de la Presse. Le sottisier musical 598\nAu Conservatoire. Bach jugé par Carmen Sylva. Société\nNationale. Matinées Cluny. Pharmacie musicale. Troyes.\nLa Rénovation esthétique. Le sottisier musical. ...... 646\nConcerts annoncés 47\nPublications récentes 48, 96, 144, 192, 232, 272, 312, 504, 600\nP. SALVATOR PEÏTAVI\nLes chansons populaires bulgares 354\nEsquisses musicales d'outre-Manche :I. Le peuple anglais et la musique. . . 410\n11. La musique et la religion 470\n111. Noël et les « Christmas Carols ». . . 567\nEDOUARD PERRIN\nR. Q. Courrier de Nice : Nice et la musique italienne 547\nARMANDE DE POLIGNAG\nLe Rythme. .... * 58\nPensées d'ailleurs 158, 251, 384, 511\nLe « jeune compositeur »et le ce spectateur amusé ». . 320\nParalipomena 563\nConte de Noël 616\nJEAN POUEIGH\nH. Q. Théâtre des Arènes de Béziers : Les Hérétiques, opéra en 3 actes, de\nMM. A.-Ferdinand Hérold et Ch. Levadé 402\nLES CONCERTS: Société Bach 587\nSociété Philharmonique 631\nJ.-G. PROD'IIOMME\nLettres de Beethoven à la famille Brentano . 514"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.10", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n653\n\nJACQUES REBOUL\nH. Q. La musique à Lyon : Grancl-Théâtre de Lyon : première représentation\nd'Armor, drame lyrique en 3 actes de M. Silvio Lazzari, poème de\nM. E. Jaubert. Société Lyonnaise des Grands Concerts : première\naudition . f . 632\nROMAIN ROLLAND\nUn Vaudeville de Rameau . . . . 19\nJULES ROUANET\nEsquisse pour une histoire de la musique arabe en Algérie 553\nGUSTAVE SAMAZEUILH\nR. Q. Musiques nouvelles: M. Ducourau: Pièces pour piano, sur des thèmes\nbasques. Albeniz, Alquier, Bordes, de Bréville, etc. : Album pour\nenfants petits et grands. Déodat de Séverac: En Languedoc.\nMarcel Labey : Sonate pour piano et alto. Albert Groz: Prélude pour\npiano; Heures d'été (poèmes d'A. Samain). Claude Debussy: Suite\nbergamasque 305\nLouis DE SERRES\nRéponse à Willy 314\nAc. SEVER\nH. Q. Chronique des Concerts : Musiciens catalans go\nA. SORIANO\nR. Q. Concerts Cortot 88\nSOUS-OFF.\nR. Q. Courrier de Stuttgart: L'Opéra de Stuttgart 495\n~ ••••*. 596\n• De la pantomime. 645\nMARTIAL TENEO\nMiettes historiques : Le comte de Lauraguais et Sophie Arnould\nRabaut Saint-Etienne, théoricien musical 204\nEclipse d'Etoile\nLa Morte vivante 365\nLe danseur fou. 440\nUn spectacle à la Cour en 1763. * 480\nCe « marcheur)) de Rossini ! 524\nCorrespondance théâtrale du xvne siècle 576, 620\nA. M. D. V.\nR, Q. Concerts du Conservatoire 630\nEMILE VUILLERMOZ\nUne tasse de thé\nCOLETTE WILLY\nLes Vrilles de la vigne 18, 73, icg, 201, 420\nWILLY\nLe vieillard et le jeune homme\nH. Q. Festival Weingartner 4^\nCAUSETTE ; Jean M arnold, Félix Weingartner et Edouard Risler. . . 86\nCritique royale. xBo\nA bâtons rompus. , • 544\nX\nB. Q. Les Concerts: M, Bret et Mlle Selva ~ ♦ .. , # # 633"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.11", "texte": "TABLE DES SOMMAIRES\n1905\nN° I.\nL. L Aux lecteurs 1\nWILLY ..... . Le Vieillard et le Jeune Homme 3\nLouis LALOY Le Drame musical moderne : /. Vincent dy Indy. 8\nCOLETTE WILLY Les Vrilles de la vigne 17\nROMAIN ROLLAND. . . . Un Vaudeville de Rameau IG\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M, Hugo\nRiemann 25\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : De quelques Concerts, 39. —JEAN MARNOLD:\nVirtuosiana> 40. W. : Festival Weingartner, 43. Louis LALOY :Au théâtre,\n441 Pan : Echos, 46. Concerts annoncés,47. Publications [récentes,*'4B.\nN° 2. IER JUIN.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts :/. Mendelssohn, Brahms. . 49\nARMANDE DE POLIGNAC. . Le Rythme 57\nLIONEL DE LA LAURENCIE . Un primitif français du violon :Du Val. ... 59\nCOLETTE WILLY .... Les Vrilles de la vigne 73\nLouis LALOY Le Drame musical moderne : 11. Zola-Bruneau. . 75\nCH. LÉANDRE Croquis d'album: Blanche Selva et René de Cas-\ntéra 64 bis\nRevue delà Quinzaine : Louis LALOY: AU Conservatoire, 85. —WILLY: Causette,\n86. Louis LALOY :Au Théâtre : Chérubin, 87. A, SORIANO : Concerts Cortot, 88.\nX.-MARCEL BOULESTIN :La Saison de Londres, 89. Ac. SEVER, L. L., NÉZEU, R. C.,\nLOUIS LALOY, F. L. : Chronique des Concerts, 90. PAN : Echos, 94. Publications\nrécentes, 96.\nN° 3.\nPIERRE AUBRY Au Turkestan 97\nCOLETTE WILLY .... Les Vrilles de la vigne 109\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques. Le comte de Lauraguais et\nSophie Arnould 111\nJEAN MARNOLD. .... Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Hugo\nRiemann 119\nRevue de la Quinzaind : JEAN MARNOLD: Le scandah du Prix de Rome, 129.\nALBERT GROZ : Le Monument Beethoven, 133. Louis LALOY: Déodat de Séverac,\n134. Livres et musique, 135. Les idées de M. Houdard» 138. Chronique des Con-\ncerts, 139. PAN : Echos, 142. Publications récentes, 144.\nN° 4. I*R JUILLET.\nRICCIOTTO CANUDO . . . La musique italienne contemporaine 145\nARMANDE DE POLIGNAC, . Pensées d'ailleurs. 15^\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : 11. Liszt, Wagner. ... 160"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.12", "texte": "656\nTABLE DES SOMMAIRES\n\nLouis LALOY Le Drame musical moderne : 111. Gustave Char-\npentier 169\nCII. LÉANDRE Croquis d'album inédit :A. Geloso 160 bis\nRevue de la Quinzaine : JEAN MARNOLD : Le scandale du Prix de Rome, 178.\nLouis LALOY : Camille Saint-Saëns et les Italiens, 180. —PIERRE AUBRY :Le Congrès\nmusical de Clermont, 182, WILLY : Causette, 183. —PAN \\ Echos, 184.\nN° 5.\nGASTON CARRAUD. . . . Pour le Conservatoire . 19^\nCOLETTE WILLY. . . . Les Vrilles de la vigne 201\nMARTIAL TENEO. .... Miettes historiques : Rabaut Saint-Etienne théori-\ncien musical 204\nRICCIOTTO CANUDO . . . L'X de la Civilisation 210\nJEAXN MARNOLD Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Hugo\nRitmann 214\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : Ricardo Vines .. . 208 bis\nRevtie de la Quinzaine : JEAN MARNOLD : Basiliana, 228. PAN : Echos, 230.\nN° 6. IER AOUT.\nLOUIS LALOY Le Drame musical moderne : IV. Claude Debussy. 233\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs. 249\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le goût musical 253\nRevue dé la Quinzaine : PAUL GROSFILS : La musique en Belgique, 257. PAUL MA-\nZON : A VOpéra, 262. Louis LALOY : Les idées de M. Houdard, 263. Concours du\nConservatoirey 265. PAN : Echos, 269. Publications récentes, 272.\nN° 7.\nE. JAQUES DALCROZE. . . Les étonnements de M. Quelconque 273\nLouis LALOY Un dernier mot sur Alfred Bruneau 288\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Hupo\nRiemann\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques: Eclipse d'Etoile 299\nRevue de la Quinzaine : GUSTAVE SAMAZEUILH : Musiques nouvelles, 305. Louis\nLALOY : Concours du Conservatoire, 307. PAN, Echos, 309. Publications récentes,\n3 12.\nN# 8. IER SEPTEMBRE.\nLOUIS DE SERRES. . . . Réponse à Willy. . \" 31^\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : le « Jeune Compositeur »et le\n« Spectateur amusé » 020\nJACQUES MÉRALY. . . . Les idées de Nietzsche sur la [musique 324\nRevue DE la Quinzaine : X.-M. BOULESTIN : La Saison de Londres, 335. Louis\nLALOY : Les livres, 388. PAN : Echos, 341.\n#\nN° 9.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : 111. Marsyas, Olympos. . . 345\nP. SALVATOR PEÏTAVI. . . Les chansons populaires bulgares\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques :La morte vivante\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : Etudes de chef d'orchestre :\nGabriel Marie 360 bis\nRev&e de la Quinzaine : LOUIS LALOY : Les idées de M. Iloudard, 374. PAN :\nEchos, 374.\nN° 10. IER OCTOBRE.\nJEAN LEROUX Dialogues d'été : l'Opéra populaire, ?77\nARMANDE DE POLIGNAC. Pensées d'ailleurs,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.13", "texte": "TABLE DES SOMMAIRES\n657\n\nLIONEL DE LA LAURENCIE. Uanoblissement d'un musicien sous Louis XIV. . 386\nABBÉ CHAMINADE. . . . Trois chansons sarladaises 390\nRevu© de la Quinzaine ; JEAN MARNOLD : Conservatoriana, 396. Louis LALOY :\nLes Superflus, 402. - JEAN POUEIGH : A Déziers, 402. LIONEL DE LA LAURENCIE :\nIconographie musicale, 404. PAN : Echos, 405.\nN° 11.\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d 1 outre-Manche :I. Le peuple\nanglais et la musique 409\nCOLETTE WILLY. • . . Les Vrilles de la vigne 419\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. A propos d'OJJenbach 421\nPIERRE AUBRY Un chant historique latin du XIIIe siècle 42?\nJEAN MARNOLD Les Sons injèrieurs et la Théorie de M. Hugo\nRiemann 435\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques : le danseur fou 440\nCH. LÉ&NDRE Croquis d'album inédit : Etudes de virtuose. . 424 bis\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : Musique nouvelle, 444. JEAN MARNOLD :\nIdiot-musicaliana, 445. MICHEL BRENET : Les Livres, 450. Louis LALOY : Les\nréformes du Conservatoire, 451. PAN : Echos, 453.\nN° 12, IER NOVEMBRE.\nJEAN MARNOLD .... Dialogues des Morts : IV. Mendels-\nsohn et quelques autres. 457\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d'outre-M anche : IL La mu-\nsique et la religion. .......... 470\nMARTIAL TENEO ♦ . . . Miettes historiques :un Spectacle àla Cour en 17 6] . 480\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY : Les Concerts, 488. HENRY GAUTHIER-\nVILLARS : A propos de VOpérette, 489. PAUL GROSFILS :La musique en Belgique)\n490. F, HOLL : Courrier de Strasbourg, 493. ELISABETH D'IRVEL ; Courrier de\nManchester, 494. SOUS-OFF : Courrier de Stuttgart, 495. —PAN: Echos, 497.\nPublications récentes, 504#\nN° 13.\nEMILE VUILLERMOZ . . . Une tasse de thé 505\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs. 511\nJ.-G. PRODHOMME. . . . Lettres de Beethoven àla famille Brentano. ... 514\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques :Ce « marcheur » de Rossini /. 524\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la Théorie de M. Ilugo\nRiemann 530\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : A la Schola Cantorum :\nMarcel Labey. 520 bis\nRevue de la Quinzaine : RAYMOND BOUYER, LOUIS LALOY, NÉZEU : Les Théâtres, 538.\nWILLY : A bâtons rompus, $44. Louis LALOY : Les Concerts, 546. EDOUARD\nPERRIN : Courrier de Nice, 547. ELISABETH D'IRVEL: Courrier de Manchester, 551.\nPAN : Echos, 551.\nN° 14.\nJULES ROUANET .... La musique arabe en Algérie 553\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs , . . . . 563\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d)outre-Manche : Noël et les\n« Christmas Carols » 566\nMARTIAL TENEO .... Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle : 1 576\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, E. BORREL, JEAN POUEIGH Î Les Concerts, 584.\nPAUL GROSFILS: La musique en Belgique, 588. SOUS-OFF : Courrier de Stutt-\ngart, 596, PAN : Echos, 598. Publications récentes, 600,"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.14", "texte": "658\nTABLE DES SOMMAIRES\nPosters. - tscistl française d'lmprimeria et d 3 Librairie,\n\nN° 15. 15 DÉCEMBRE.\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts : V. Rossini, Auber et quel-\nques autres • 602\nARMANDE DE POLIGNAC. • Conte de Noël 6X5\nMARTIAL TENEO. . . . Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle : II 620\nCH. LÉANDRE Croquis d'album inédit : Pianiste : Alfred Cortot. 616 bis\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, A. M. D. V,, JEAN POUEIGH, X. :Les Concerts,\n628. JACQUES REBOUL :La musique à Lyon, 632. X.-M. BOULESTIN :La musique\nen Angleterre, 636. CH. \\\\ . LOEFFLER :La musique en Amérique, 638. -—Louis\nLALOY, J. D AUTREY, PAUL GROSFILS : Livres et musique, 640. P. G.: Courrier de\nBruxelles, 644. SOUS-OFF : Courrier de Stuttgart, 645. PAN : Echos 646.\nPublications récentes, 648."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.15", "texte": "2e Année (1906).\nTome premier.\nLe\nlïïusîcal\nPARIS (II»)\n-> de{l-.oiivoi.i,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.16", "texte": "LE VIEILLARD\nET LE JEUNE HOMME\n\n(0\n_ Mon jeune ami, fit le vie?llard en souriant, ne me tenez pas\nrigueur de la brusquerie avec laquelle j'ai interrompu notre\ndernier entretien. Si je vous ai tourné le dos, incivilement, en\npleine discussion, c'était un acte de prudence. Depuis un ins-\ntant, je m'inquiétais d'un mystérieux personnage assis non loin\nde nous : silencieux et impassible, il feignit longtemps de ne pas\nentendre notre conversation, mais je le surpris soudain fort\nattentif à nos discours! Je le vis même tirer un calepin de sa\npoche et sténographier rapidement nos dernières paroles. Alors\nje me sentis pénétré d'épouvante.\nC'était Vadécard, peut-être ? Little-Fiche ?\nPis ! Un journaliste ! Devant cette race, aucun autre moyen\nde salut que la fuite. Hélas, il était trop tard. Quelques semaines\naprès notre rencontre, je retrouvai dans le A notre\nconversation ironiquement commentée, nos propos tournés en\ndérision et nos arguments raillés avec esprit, mais avec un mau-\nvais esprit, sous la signature de M. Louis de Serres. J'avais\nraison de m'enfuir. Mon seul tort fut de m'en aviser trop tard.\nPourquoi cette folle épouvante ? répondit le jeune homme\nd'un petit air satisfait. La publicité donnée aux bonnes doctri-\nnes n est jamais excessive. Je ne lis pas le non plus\nque le Courrier,mais le seul fait de lui avoir fourni un sujet\nd'article m'amuse.\nIl n'y a rien d'amusant à se voir traités comme nous le\nsommes par le dangereux musicien des Heures clauses, riposta le\n\n. (i) V«ir les numéros i et 8 de la ir« année."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.17", "texte": "4\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nvieux monsieur en hochant la tête ! Il compare notre mentalité\nà celle d'un bull bringé ou d'un chat des Chartreux, il m'appelle\n« gâteux ».\nOh ! protesta le jeune homme, faussement apitoyé.\nEt il vous traite de « prétentieux ignorant ».\nAh ! murmura l'adolescent subitement refroidi.\nVous voyez que nous avions parlé trop haut !\nEt que me reprochait ce journaleux ? demanda le jeune\nhomme avec hauteur.\nUn bon lot d'hérésies ! Si j'ai bien compris ses attaques\ncontre votre « verbiage musico-littéraire », il trouve absurde\nvotre attitude de défenseur de l'harmonie. Pour lui, l'harmonie\nn'est pas une science à part, elle ne peut se séparer de la compo-\nsition, pas plus que l'accord ne peut se détacher de la place\nqu'il doit occuper, « tel le mot dans le langage », ajoute-t-il !\nEt il voit dans votre erreur l'influence de « la routine imbécile\nde l'enseignement officiel ».\nN'achevez pas, s'écria le jeune homme impétueusement.\nJe devine tout ! Ce n'est pas un journaliste, c'est un élève de la\nSchola Cantorum !\nComment le savez-vous ? J'ai bien noté, en effet, dans son\narticle, des témoignages de vive admiration envers M. Vincent\nd'lndy, auteur, paraît-il, d'un qui sera\nbientôt sur tous les pianos..., mais en quoi cela peut-il vous\nfaire croire...\nParbleu ! rien n'est plus clair ! La a pour mission\nterrestre de bouter le feu au Conservatoire et de faire flotter sur\nla Crète purgée du Minotaure l'étendard contrapontique !\nEcraser l'harmonie et la représenter comme une pratique né-\nfaste du faubourg Poissonnière constitue une profession de foi\ntrop significative. Notre adversaire ne peut nier ses origines !\nMon jeune ami, répliqua le conciliant vieillard, malgré la\nviolence incompréhensible des attaques dont j'y suis l'objet, je\nme plais à reconnaître dans l'article de M. Serres une esthétique\nassez inattaquable. J'en ai retenu quelques principes qu'il vous\nserait profitable de méditer, celui-ci, par exemple : « Dans toute\nœuvre d'art les détails doivent se rapporter à l'ensemble. » Qu'a-\nvez-vous à objecter à ce dogme ?\nAssurément rien, cher Monsieur, et j'imagine que M. de\nSerres n'attribue pas à son Vincent d'lndy le mérite d'une pa-\nreille découverte ? lime semble que le Conservatoire lui-même\na dû en entendre parler vaguement, quand ce ne serait que par\nM. de la Palisse.\nPaix, jeune homme, vous devenez insolent. La se\nmoque de vos railleries, car M. de Serres le dit expressément :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.18", "texte": "LE VIEILLARD ET LE JEUNE HOMME\n5\n\nbien des gens qui ne s'en vantent pas écoutent à ses portes !\nDrôles de gens que ces gens-là ! fredonna l'éphèbe. Et,\ncontinua-t-il, qu'y entendent-ils, sans indiscrétion?\nlls y entendent quelquefois « médire de l'harmonie », mon\njeune ami, et rendre justice au « contrepoint émotionnel de\nBach », et ce sont là des choses que vous auriez profit à enten-\ndre vous-même !\nMédire de l'harmonie ! Ils l'avouent enfin ! Médire de l'élé-\nment vital de la musique, médire de ce qui constitue son âme,\nsa couleur, sa profondeur et sa magie ! Médire du principe\nmême de la jouissance musicale, la gerbe de vibrations simulta-\nnées, et cela, dans le but d'exalter seulement ce qu'il y a dans\nnotre art de scientifique et d'artificiel, le petit jeu d'échecs du\ncontrepoint! Médire de l'harmonie : mépriser Schuman, Fauré\net Debussy !!!\nPlaisantez-vous ? dit le vieux monsieur scandalisé.\nFichtre non ! Voilà où on en arrive avec cet isolement sys-\ntématique des éléments constitutifs de l'écriture musicale. Pour-\nquoi vouloir à tout prix l'antagonisme du contrepoint et de\nl'harmonie? Pourquoi former des spécialistes dans l'une ou\nl'autre branche ? Pourquoi appeler dédaigneusement « champions\nde l'harmonie » les musiciens qui, sans ignorer le contrepoint,\ntrouvent une jouissance réelle à l'audition, même isolée, d'une\nsavoureuse agrégation sonore ?\nJe connais l'antienne, coupa sèchement le vieillard, M. de\nSerres vous reproche précisément d'écrire « en hauteur » et il\najoute qu'écrire « en auteur » serait préférable !\nLe jeune homme ne daigna pas sourire et reprit avec plus\nd'âpreté :\nAi-je donc été si exclusif? Ai-je prétendu que le fait d'adop-\nter résolument une écriture harmonique vous oblige à répudier\ntout autre style ? D'ailleurs, pourquoi ce mépris de « l'écriture\nen hauteur »? Elle peut soutenir la comparaison avec tout autre\nprocédé « scholastique ». Relisez la Sarabande de Debussy, et\nvous verrez quelle puissante musicalité peut se dégager d'une\npage qui semble le résultat d'une véritable gageure d'écriture\nverticale !\nVous déniez donc aux modernes le sens delà polyphonie ?\nVous en êtes encore là? dit l'adolescent avec un geste de\ndécouragement. Vous ne comprenez le mot « polyphonie » que\ndans le sens étriqué et arbitraire de superposition contrapon-\ntique? Singulier dédain de l'étymologie! Pas de polyphonie,\npour vous, dans Shéhérazade,dans dans ? Voilà\nle résultat de vos néfastes classifications ! Tenez, laissez-moi\nrire !..."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.19", "texte": "6\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nEt l'adolescent roula des yeux féroces.\nRiez tout à votre aise, jeune homme, car l'article de\nM. de Serres fera rire aussi à vos dépens ! Vous y êtes pris à\npartie également pour le singulier « un peu... singulier » que\nvous employez en parlant de l'écriture classique, comme s'il y\navait une écriture classique et comme si la manière d'écrire ne\ndifféraitpas bien plus suivant les genres que suivant les époques!\nMonsieur, les genres, même opposés, portent la marque\nde leur époque, et l'ambiance contemporaine me paraît consti-\ntuer pour chaque forme d'art une influence plus impérieuse que\ntous les legs ancestraux.\nJe vous embarrasserais peut-être en vous demandant des\nexemples? insinua le Monsieur âgé.\nDu tout. Choisissez deux genres opposés, la page sympho-\nnique et la mélodie « piano et chant ». Prélevez un échan-\ntillon de chacun de ces genres dans la période classique et dans\nla période moderne, goûtez et comparez. D'après la théorie de\nM. de Serres, la similitude d'écriture va éclater dans les genres\nsemblables, même d'époques diverses, et n'existera pas dans les\nformes opposées, même contemporaines. C'est bien là votre\npensée, n'est-ce pas?\nOui, oui, mon jeune ami, le genre prime l'époque, la\nmélodie est toujours la mélodie et la symphonie est toujours la\nsymphonie, quelle que soit sa date de naissance.\nEh bien, nous arrivons, en fait, à des résultats troublants,\ndit railleusement l'éphèbe. Je ne trouve aucune ressemblance\nentre l'écriture d'une symphonie d'Haydn et celle d'une sym-\nphonie de Vincent d'lndy, et je cherche en vain à rapprocher\nPlaisir d'amour de La Bonne CTout au contraire, je\nvois une parenté évidente entre les symphonies classiques et les\n« airs » conçus à la même époque; et, parallèlement, je cons-\ntate un lien étroit entre les Chansons de Bilitis et plus d'un\npoème symphonique contemporain. Les mélodies et les sym-\nphonies du xvme siècle sont des sœurs très unies; nos lieder et\nnos poèmes orchestraux du xixe ne sont pas des frères enne-\nmis ! Vous voyez bien que l'époque imprime à une forme d'art\nun sceau plus net que toutes les traditions que peuvent y\nattacher les siècles ! Debussy...\nLaissez Debussy tranquille, fit le vieillard avec un peu\nd humeui. Vous n avez a la bouche que le nom de ce composi-\nteur aux musiques déconcertantes...\nSang et tonnerre !\nLe mot n'est pas de moi, mais de M. de Serres, qui ne vous\nenvoie pas dire, d'ailleurs, que vous êtes bien peu apte à subir\nl émotion poignante de Pelléas."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.20", "texte": "LE VIEILLARD ET LE JEUNE HOMME\n7\n\nIvre de fureur, le debussyste allait répondre avec fracas\nquand soninterlocuteurluiserranerveusementl'avant-bras en lui\nindiquant d'un clin d'œil le présence d'un voisin inattendu, et,\navant que le jeune homme ait pu faire sortir un son de sa gorge\nétranglée par l'émotion, le vieillard lui demanda d'un ton indif-\nférent : « Savez-vous combien pèse le roi de Portugal? »\n\nHenry Gauthier-Villars."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.21", "texte": "LES VRILLES DE LA VIGNE\nTOBY-CHIEN ET LA MUSIQUE.\n\n... Toby-Chien, le petit bull que j'interviewais, pro-\ntesta :\nNe me dites pas que je n'aime pas la musique ! Personne\nn'est fixé là-dessus, et moi-même...\nIl s'interrompit et rêva un instant, son bref menton ap-\npuyé sur ses pattes de devant. Trois plis pensifs rayaient son\nmufle bringé ; sa lèvre noire et laquée pendait amère, et, con-\ntemplant son front puissant et bossué, je fus frappée pour la\npremière fois de sa ressemblance avec Beethoven.\nIl rouvrit ses yeux batraciens, et la ressemblance auguste\ndisparut. A présent, les narines fendues et retroussées, les glo-\nbes saillants des yeuxrappelaient lointainement Joseph Reinach,\nen plus humain...\nJ'aime la musique, reprit Toby-Chien, car je la redoute ;\ncraindre, c'est presque toujours aimer.\nO profond psychologue, lui dis-je, éclairez-moi. De quel\namour donc enveloppez-vous ce que vous désignez d'un terme\nample et vague : la Musique, toute la Musique ?\nToby-Chien hésita :\nSi je précise, avoua-t-il avec une modestie charmante,\nje vais bafouiller. Vous ne saurez jamais ce que souffre une\nâme compliquée comme la mienne, obligée de se traduire par\nun vocabulaire de cinq cents mots. Illettré sensitif, voilà ce\nque je suis, comme la plupart des petits bouledogues. Et la\nmusique augmente ma misère en ouvrant en moi des jardins\nenchantés, des palais lumineux, des grottes où frissonne l'in-\nconnaissable...\nje, déférente.\nOh ! non, la dimension ordinaire suffira. Et puis ne\nm'interrompez pas comme ça tout le temps, j'ai déjà assez de\nmal... La Musique, disais-je... elle est partout. Dans le vent\nd'ouest rauque, enroué de la pluie qu'il apporte... dans la bise"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.22", "texte": "LES VRILLES DE LA VIGNE\n9\n\nd'est qui flûte agressive et coupante dans la cheminée... La bave\nmijotante de la bûche humide qui bout menu le long du che-\nnet imite la mouche prise dans une toile d'araignée...\nPardon, mais...\n« Tu me tires les cheveux ! » cependant qu'au plus haut de\nsa chevelure rebroussée crie l'oiseau dont je ne sais pas le nom,\nl'oiseau sans doute obsédé par un souvenir de music-hall et qui\nrépète sans fin : « Yvette ! Yvette ! »\n—Ce n'est pas de cela...\nVous dirai-je encore, poursuivit Toby-Chien lancé, la\nmusique du crapaud obscur, qui égoutte de seconde en seconde\nsa note liquide, perle de cristal qu'on peut ouïr rouler entre\nl'herbe et s'y figer ?... Car je ne puis croire à une autre origine\nde la rosée étincelante !... Esquisserai-je pour vous l'harmo-\nnie modeste de la bouilloire, grillonne tapie dans les cendres\nardentes, petite sorcière ventrue, bienveillante, quoiqu'elle\ncrache la vapeur par sa lèvre en lippe ? C'est elle qui rythme\nmon sommeil vingt fois rompu, ma sieste en miettes de repos\nqui ne me repose guère... Elle chante bas le plus souvent*, mais\ncertains soirs de grand feu, il sort d'elle une plainte si aiguë et\nsi canine que son ventre noir m'inquiète comme si elle avait\nmangé tout vif un petit chien...\nToby-Chien, essoufflé, s'arrêta un instant et fixa sur moi des\nyeux globuleux et hallucinés... J'en profitai pour glisser un\nmot :\nPardon, mais... ce n'est pas de cela que je voulais vous\nentendre parler. Laissons les harmonies naturelles et imitatives,\net dites-moi vos impressions de musique instrumentale, voire\norchestrale.\nIl s'agita, comme pris d'un subit malaise. Une de ses pattes\npostérieures esquissa une danse de Saint-Guy, un gigottement\ngalvanisé...\nAh ! oui... Ah ! je n'aime pas beaucoup ce sujet de conver-\nsation. Je suis (je l'ai déjà dit) un sensitif, et il suffit de me rap-\npeler certaines émotions vives pour que je les éprouve de nou-\nveau... Voyez cette convulsion légère de ma patte : j'en ai un\npeu honte, elle date d'un soir où j'écoutais bien à mon\ncorps défendant! Mrae Armande de Polignac jouer de la cla-\nrinette. Spectacle charmant, je vous le concède, que celui de\ncette jeune femme appliquant sa bouche naïve à l'ébène nasil-\nlard de l'instrument. Mais je n'eus pas plus tôt ouï les gammes\néclore en bulles, s'égailler comme un vol pressé de ronds petits\ncanards, qu'une étrange fureur d émulation s'empara de moi...\n«Et moi aussi !... » m'écriai-je mentalement. Et je chantai avec"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.23", "texte": "10\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nla clarinette, et plus haut qu'elle, modelant ma souple voix sut\nle son enrhumé de ce bâton ridicule qui s'achève en cloche de\nvolubilis... Arc-bouté, semblable aux dragons de bronze japonais,\nles yeux poussés hors de la tête et la gueule en museau de\ncarpe, mon aspect égaya si fort Mme Armande de Polignac\nqu'elle en perdit le souffle et que le bleu de ses yeux scintilla,\ndiamanté des larmes du fou rire... Elle s en alla choir de gaîté\nsur un divan, pareille, en sa robe épanouie, aux papillons fantas-\ntiques qui décorent chez elle les murailles...\nCroyez que je prends une vive part...\nQu'importe ! je demeure l'éternel incompris, le crapaud\npassionné en qui passa l'âme des syrinx. Vous 1 ai-je dit ? Le\nmajeur m'excite àde folles courses circulaires, tandis qu'aux\nmélodies mineures mes oreilles se tirent en arrière, ma langue\npâlit et je pleure tout haut je ne sais quelle inconsolable tris-\ntesse... Un jour, au concert Colonne, dans la loge 22...\nComment ? vous suivez les concerts ?\n—Ce n'est pas eux que je suis, mais bien celle de qui dépen-\ndent mes heures et qui m'y emmena un jour, caché sous son\nample manteau. Noyé de sonorités, suffoqué sous les ruissel-\nlements des harpes, scié en menus morceaux par le fil des ar-\nchets, cependant qu'en outre les cuivres m'aboyaientauxtrousses,\nje ne trouvai pas un cri, pas un mot, à peine un soupir,\net le 3e acte de Parsifalcommença avant que je revinsse à\nmoi...\n-- Mais ?\nMais un chemin lumineux divisa tout à coup les nuées de\nma cervelle lumineuse, un hautbois se mit à chanter... Ma vo-\nlonté de silence fondit en larmes mystérieuses qui me trem-\npaient le cœur... je me sentis la plus misérable àla fois et la\nplus comblée des créatures... Le sanglot qui jaillit de moi fut\nsi rauque, si incongru, si impossible à attribuer à un gosier ca-\nnin qu'à tout hasard un municipal expulsa des secondes galeries\nun individu suspect et long-chevelu. Ma maîtresse m'emmena\net je n'entendrai plus le pur et frêle hautbois... Nous n'irons plus\nhautbois !...\nComme dirait Willy...\n—Il a déjà dû le dire. Permettez maintenant que je vous\nquitte. Je n'ai que trop retardé l'heure de ma sieste méditative.\nEncore quelques instants, et ce sera l'heure où, pincée, sagace,\nautoritaire, survient la chatte grise qui règne sur ce logis et\nchange, d'un revers de patte, la couleur de mes pensées...\n\nColette Willy."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.24", "texte": "LES SONS INFÉRIEURS\nET LA THÉORIE DE M. HUGO RIEMANN\n\n(i)\nL'analyse du fascicule où, en 1875, M. Riemann s'efforçait\nde prouver « l'existence objective des sons inférieurs dans l'onde\nsonore », apparaît surtout précieuse en ce qu'elle met à nu\nsa manière d'opérer dans le domaine expérimental et d'y patau-\nger avec une hardiesse d'induction et de déduction, qui n'a\nd'égale que le sans-gêne antérieur de ses hypothèses et l'imper-\nturbabilité de ses syllogismes. On conte que M. Riemann a sou-\nvent changé d'idées, dans sa carrière de théoricien, pour ce qui\ntouche au détail de ses démonstrations, et sans doute abandonna-\nt-il depuis longtemps maintes conceptions, sur quoi il se basa\nnaguère, reconnues erronées ou fortement ébranlées aujour-\nd'hui. Néanmoins, dans ses écrits successifs, il n'a jamais renié\nformellement ses assertions précédentes ; il se contente d'ap-\nporter chaque fois des arguments nouveaux à l'appui de sa\nthèse, laquelle n'a pas cessé d'être la défense obstinée, encore\nque variable, de la réalité objective ou quelconque des « sons\ninférieurs ». C'est toujours à cela que nous le retrouvons\noccupé, en 1891, au cours d'un ouvrage didactique,\nde l'acoustique {Science musicale),où il semble toutefois renoncer\nà admettre une distinction essentielle ou d'origine entre les sons\nrésultants et les battements, et se séparer décidément de Helm-\nholtz à ce propos. Toutefois, à mesure que le temps s'écoule,\nsi la foi de M. Riemann apparaît toujours aussi robuste, on ne\npeut pas dire que la qualité de ses arguments s'améliore. On\nen va juger.\nAu second chapitre de ce petit volume, après avoir expliqué\nle phénomène des « harmoniques supérieurs »,des « vibrations\npar influence », et fait remarquer, dans ce cas, « que les con-\nditions de la production de certains sons aigus sont fournies\nen même temps par celles d'un son fondamental », M. Riemann\n\n{i) Voir la ir 9 année, nos ï, 3, 5, 7, net i 3."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.25", "texte": "12\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nse demande « si le contraire ne serait pas possible », à savoir :\n« si les conditions de production des sons aigus ne peuvent et\nne doivent pas engendrer aussi des sons graves. » Et il ajoute .\n« Quelques phénomènes acoustiques autorisent à répondre à\ncette question par l'affirmative. » (P. 78, § 8.)\nLe premier de ces phénomènes est exposé comme il suit :\n« Quand on pose un diapason en vibration sur une table d har-\nmonie, de façon qu'il n'y soit pas fixe et stable, on entend,\nselon le degré de relâchement du contact, au lieu du son propre\ndu diapason, son octave ou sa douzième inférieures. » Plusieurs\nobjections se présentent aussitôt à l'esprit 5 mais, au lieu de les\nrédiger, on s'aperçoit bien vite qu'on n'a qu'à laisser la parole à\nM. Riemann, lequel continue sans broncher : «... Il ya là sim-\nplement le résultat de la transmission incomplète des vibra-\ntions à la table d'harmonie : celle-ci ne reçoit chaque fois que\nla deuxième ou troisième impulsion provenant du diapason et\nne peut naturellement transmettre qu'un son correspondant à\nune double ou triple période de vibration. » On ne saurait\nmieux dire, ni exprimer plus clairement que « les conditions\nde production » en cause sont ici celles du son entendu, et\nnon d'un son plus élevé, puisque la table d'harmonie transmet\nexactement à l'oreille les vibrations qui lui sont parvenues, pas\nune de plus, assurément, mais pas une de moins non plus.\nEnfin, même en négligeant l'étrange étourderie qui induit\nM. Riemann à étaler ingénument la contradiction flagrante\nentre ce qu'il promit et ce qu'il donne, on ne voit pas bien\nquel rapport ce « phénomène acoustique » peut avoir avec les\n« sons inférieurs ». M. Riemann prétend-il suggérer quelque\nréaction possible de telle « fibre de la membrane basilaire » à\nla « seconde ou troisième impulsion », non pas d'un diapason\nposé sur ladite membrane inaccessible dans le limaçon de notre\noreille interne, ce qui serait absurde, mais des vibra-\ntions périodiques d'un son émis, plus aigu que le son propre de\ncette fibre ? Le « phénomène » alors n'aurait plus rien de com-\nmun avec l'exemple offert, M. Riemann eût-il l'audacieuse ima-\ngination, après avoir comparé les « fibres » à des « cordes ten-\ndues librement », d'assimiler la « membrane basilaire » à une\n« table d harmonie ». M. Riemann, d'ailleurs, ne s'explique\npas, et je confesse volontiers mon impuissance à percer le mys-\ntère de « ressemblance ou analogie » éventuellement pressentie,\nen l'espèce, par l'avocat des « sons inférieurs ».\nJe traduis in exlenso l'alinéa où se trouve relaté le second\n« phénomène acoustique », aux pages 78 et 79 du\nde M. Riemann : « D'après Helmholtz,\nempjindungen, 4. Aujl. S. — les résonnateurs (sphères"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.26", "texte": "LES SONS INFÉRIEURS\n13\n\ncreuses de verre accordées à un son déterminé) n'ont que des\nsons supérieurs très élevés et irréguliers ; ces résonnateurs,\nnéanmoins, produisent leur son propre quand un des plus pro-\nches harmoniques supérieurs de ce son propre retentit. »\nEn lisant ces quelques lignes, dépourvues de tout commen-\ntaire autant que de quelconque imprécision, j'avoue que je fus\nun peu décontenancé tout d'abord. Je ne me rappelais pas le\nmoins du monde avoir vu quelque chose de ce genre au lieu\nsignalé; je me souvenais même assez nettement du contraire.\nMalheureusement, je ne possède que la traduction française du\nlivre de Helmholtz, publiée par M. G. Guéroult sous ce titre :\nThéorie physiologique de la musique. (G. Masson, éditeur, 1874.)\nOr, la pagination ne concorde pas avec celle de l'original, et je\nn'étais pas certain du texte ayant servi au traducteur. Les ren-\nseignements de M. Riemann étant formels, je me rendis à la\nBibliothèque Nationale, où je requis la « 4e édition » spécifiée\nde l'ouvrage allemand. Je l'ouvris à la « page 74 », correspon-\ndant aux pages 59, ligne n, à 60, ligne 10, de la traduction\nGuéroult, que je puis garantir absolument exacte, après contrôle.\nVous me croirez si vous voulez et, même, je vous supplie de\nvérifier : j'y cherchai vainement l'exposé du « phénomène\nacoustique » cité par M. Riemann. Une faute d'impression\nétant possible, quoi qu'il s'agît bien, en l'endroit, de réson-\nnateurs, je continuai par la page 75 (Guéroult : page 60,\nligne 11, àla fin) avec le même insuccès. De « sons supérieurs\ntrès élevés et irréguliers », pas l'ombre ; du reste, pas la trace.\nEn revanche, j'y rencontrai ce qui suit : « Nous n'obtenons dans\nle résonnateur un son intense que si, dans la décomposition du\nmouvement aérien extérieur en vibrations pendulaires, une de\nces dernières se trouve avoir la même période (Guéroult :\n« durée », ce qui ne change pas le sens) que le son propre du\nrésonnateur... Qu'on en mette un à l'oreille et qu'on fasse exé-\ncuter, par des instruments quelconques, un morceau de mu-\nsique à plusieurs parties, dans lequel revienne souvent le son\npropre du résonnateur, chaque fois l'oreille l'entendra retentir\nd'une manière éclatante à travers tous les sons de l'accord. »\nEnfin, page 76 (Guéroult .* p. 61) : « On l'entend aussi souvent,\nmais moins fort, au moment où se produisent certaines notes\nplus graves ; et 1 expérience démontre que les sons émis com-\nprennent, parmi leurs harmoniques, le son du résonnateur... »\nBref, la source si catégoriquement notifiée relatait précisément le\ncontraire de l'assertion de M. Riemann.\nEvidemment, ça n'est pas ordinaire, et une documentation\nde cette élasticité faciliterait considérablement les démonstra-\ntions les plus épineuses. Mais, avec M. Riemann, on ne saurait"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.27", "texte": "14\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\ntrop se défier, non pas, certes, de son âme honnete, il est visi-\nblement candide, et même à l'excès,— mais de sa mémoire et\nde ses notes. On augure que M. Riemann est un brave homme\nun peu distrait peut-être et, sans doute, fort occupé. Et,\nen effet, tout au bout du volume, on découvre, dans le « Supplé-\nment », un petit chapitre se rapportant à la page et au sujet en\nquestion. Voici ce qu'on y peut lire, entre autres choses :\n« Les résonnateurs qui agissent le mieux sont ceux de\nsphérique... L'avantage des résonnateurs de ce genre consiste,\nd'abord, en ce que les autres sons partiels sont très\néloignés du son fondamental et ne sont que faiblement renfor-\ncés... M. Kœnig m'a construit une série déterminée de\nen verre... »\n«... Pour les sons tout à fait graves, j'employais des de\ncarton... Dans les résonnateurs le second\npropre, correspondant à peu près à la douzième du son fonda-\nmental, peut se produire d'une façon Des\nniques, en laiton, comme M. Appunn en a construit pour\nm0i.... se prêtent à la plupart des applications. Il faut seule-\nment remarquer que ces tubes répondent aussi aux harmo-\nniques de leur son propre. »\nIl appert donc de ces textes de Helmholtz que, « dans les\nrésonnateurs en forme de TUBE», que l'un des har-\nmoniques propres du son fondamental se produise,—à condition,\nnaturellement, que, « dans la décomposition du mouvement\naérien extérieur en vibrations pendulaires, une de ces dernières\nse trouve avoir la même période » que l'harmonique propre en-\ntendu du résonnateur en forme de tube ; et que, « des TUBES\nCONIQUES EN LAITON répondent aussi aux harmoniques de letr\nson propre », sans que Helmholtz ait ici spécifié, de quelque\nmanière que ce soit, que cette réponse fût autre chose que le\nson de l'harmonique émis dans la masse aérienne extérieure,\ncomme c'est le cas pour les résonnateurs\nFaut-il rappeler la « citation» de M. Riemann ? En voici\nl'essentiel : «... Les résonnateurs (SPHÈRES creuses DE VERRE)...\nproduisent leur son propre quand un des plus proches harmo-\nniques supérieurs de ce son propre retentit. »\nLe troisième « phénomène » invoqué par M. Riemann est celui\ndes « sons résultants » suscités par l'émission simultanée de\ndeux sons de hauteur différente. Nous l'avons vu trop souvent\nexploité par M. Riemann,pour être surpris de rencontrer ici ce\n« phénomène acoustique »,et nous devons constater que,destrois\ncités comme exemples, celui-ci est le seul idoine à démontrer\npertinemment « la communauté des conditionsde production et\nde teneur» à l'égard de « sons graves engendrés par des sons"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.28", "texte": "LES SONS INFÉRIEURS\n15\n\naigus ». Ledit phénomène étant partie intégrante et constitu-\ntive du phénomène de la résonance naturelle on\nn'aperçoit toujours pas quelle confirmation il pourrait apporter\nàla réalité d'une résonance naturelle opposée, constituée par\nles sons inférieurs ». Mais M. Riemann, au demeurant, n'insiste\npas plus ici que précédemment. Il semble s'être contenté de\nrappeler ce que nul n'ignorait, à savoir, que sons aigus\nsimultanés peuvent engendrer des sons résultants plus graves,\net il poursuit, sans embarras, par un raisonnement qui n'a pas\nde relation très visible avec les prémisses exposées, mais qui\nrachète, à coup sûr, amplement cette infirmité dialectique par\nun imprévu que d'aucuns, certes, n'hésiteront pas plus que moi\nà qualifier, atout le moins, d'insoupçonnable.\n«On ne doit pas négliger d'observer en outre, dit-il (p. 79),\net c'est toujours lui qui souligne, —que tout son remplit, en faitr\nles conditions voulues pour la prod\nde sons inférieurs opposée à\nD'après Helmholtz, la hauteur du son dépend exclusivement\nde la durée de chacune des vibrations successives : dans chaque\npériode considérée isolément, le m\nquelle so?*te...»\nLa dernière phrase, que j'ai transcrite en italiques, est em-\npruntée à Helmholtz, et M. Riemann en tire immédiatement\nla singulière conclusion que voici :\n« ... Si donc, par exemple, Sol(3) fait, dans le même temps\ndonné, trois fois plus de vibrations que Do (1), on ne peut dé-\nnier que le Sol(3) remplisse ainsi les conditions de production\ndu Do( 1), et cela, non pas seulement une fois, mais trois fois :\nles maximaa —a a doivent produire un (1), pareillement\naussi b b betc c c. »\nCes lettres (a b c) se rapportent àun petit schéma de\ncourbes représentatives, dont M. Riemann illustre sa démons-\ntration et qu'il n'est pas nécessaire de reproduire ici afin de\ncomprendre sa pensée. M. Riemann estime que pour chaque\ndurée périodique constituée par trois quelconques et succes-\nsives de ses vibrations, le Sol(3)réalise « les conditions de pro-\nduction du Do(1) », puisque, selon Helmholtz, « le mode du\nmouvement dans chaque période demeure indifférent », en ce\nqui concerne la hauteur du son produit.\nAssurément, l'idée n'est pas banale, et on demeure soi-même,\nnon pas certes indifférent, mais passablement ahuri tout d'a-\nbord en présence d'une déduction de cet acabit. Supposons un\ninstant que M. Riemann, désireux de travailler en paix à la\ndélicate genèse de ses « sons inférieurs », ait découvert en\nquelque rue écartée la retraite de ses rêves, et signé avec une"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.29", "texte": "16\nLE MERCURE MUSICAL. 1-1-06\n\nhumble Wirthin un engagement ainsi conçu, entre autres stipu-\nlations accessoires : «... La présente location est consentie pour\nune durée minima d'un trimestre, renouvelable sauf congé de\nl'une ou de l'autre des parties dans les délais d'usage, et moyen-\nnant la somme de 20 marks par mois, quel que soit le mode de\njouissance pendant la période écoulée. » Cette dernière clause\ns'appliquant évidemment aux intentions formulées du preneur,\nde ne profiter de ce modeste asile qu'au gré de ses loisirs ou de\nsa fantaisie, M. Riemann paierait naturellement, sans s'éton-\nner, les 20 marks convenus, à la fin du premier et du second\nmois ; mais si, au jour ultime du troisième, sa propriétaire ui\nvenait présenter une quittance de 60 marks, j'imagine qu il\nferait la grimace et demanderait des explications. Que diiait-il-\nsi son hôtesse, et peut—être, àla fois, sa lectrice, arguant du\nmode de jouissance « indifférent » durant la période accom-\nplie, émettait la prétention de lui réclamer 60 marks, non seu-\nlement au bout de ce trimestre échu, mais désormais tous les\nmois suivants, desquels chacun, ajouté aux deux précédents,\nconstituerait une série de « périodes » trimestrielles exigi-\nbles ? Il est probable que M. Riemann riposterait : « Mais, la\npériode, c'est le mois, pour quoi je dois vous payer 20 marks! »\nCe petit apologue traduirait assez bien l'interprétation sau-\ngrenue du texte de Helmholtz par M. Hugo Riemann. La hau-\nteurd'unson, en effet, dépend exclusivement de la durée de cha-\ncune de ses vibrations, durée déterminée par un mouvement\npériodique d'où résulte la longueur d'onde propre àla hauteur\ndu son considéré. La fin de chaque « période » est marquée\npar la naissance d'une onde nouvelle, absolument identique\nlongueur à celle à quoi elle succède ; seule condition indis-\npensable à la production d'un son musical Or,\nla longueur d'onde, de corde ou de tuyau ouvert, nécessaire à\nla production du Sol (3), est le tiers de celle correspondant à\nla hauteur du Do(1). Comme il ne saurait s'agir ici de « sons\nrésultants » provoqués par les battements entre deux sons si-\nmultanés, par quelle aberration M. Riemann put-il se figurer que\ntrois vibrations successives de 1 mètre de longueur d'onde,\némises par un tuyau de 1 mètre, fussent capables d'engendrer\nun son dont la gravité exige un tuyau de 3 mètres, produisant,\ndans le même temps, 1 vibration de 3 mètres de longueur\nd'onde?\nEh bien ! le plus déconcertant n'est pas de le voir admettre\nune telle hypothèse avec sérénité, c'est surtout la soi-disant\nraison qu'il en prétend trouver chez Helmholtz. En vérité, on\nse demande comment M. Riemann lit ce qui est imprimé\ndans les livres. On serait presque tenté de lui prêter l'excuse"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.30", "texte": "Croquis d'Album inédit\nde Ch. Léandre"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.31", "texte": "LES SONS INFÉRIEURS\n17\nLE MERCURE MUSICAL*\n2\n\nde la mauvaise foi, plutôt que de se résoudre à constater une...\nincompréhension aussi formidable. Voici, copiés dans la tra-\nduction de M. G. Guéroult, contrôlée conforme au sens de l'o-\nriginal, les textes de Helmholtz se rapportant à la courte phrase\ncitée par M. Riemann et dont, en la circonstance, il se targue :\n«... Ces ébranlements, qui donnent naissance aux sons mu-\nsicaux,... sont des vibrations,c'est-à-dire un mouvement de\nva-et-vient du corps sonore, et ces vibrations doivent être régu-\nlières, périodiques... La longueur constante de la période...\ns'appelle DURÉE de la vibration ou PÉRIODE\nà la NATURE DU MOUVEMENT exécuté par le corps vibrant PENDANT\nLA DURÉE D'UNE PÉRIODE, Cest ici t INDIFFÉRENT. » (P. IO\net ii.)\n« ... Les sons se distinguent entre eux: i° par leur intensité ;\n2° par leur hauteur ; 3° par leur croît et\ndécroît avec l'amplitude des vibrations du corps sonore... sans\nque la hauteur et le timbre en soient changés.\nvons déjà, par l'expérience journalière, qu'on peut tirer des sons\nde même hauteur des instruments les plus divers, au moyen\ndes combinaisons mécaniques les plus variées, et en donnant à\nl'intensité des valeurs les plus différentes. Les mouvements de\nl'air correspondant aux diverses doivent être tous pé-\nriodiques ; autrement, ils ne procureraient point à l'oreille la\nsensation d'un son musical. DANS L'INTERVALLE DE CHAQUE\nPÉRIODE, LE MOUVEMENT PEUT ÊTRE D'UNE NATURE QUELCONQUE ; il\nsuffit que la durée de la période soit la même pour que les deux\nsons aient la même hauteur. Donc, la hauteur dépend seulement\nde la durée de la vibration,ou, ce qui revient au même,\nnombre de . vibrations...»(P. i 5 et 16.)\n« Les variétés de TIMBRES paraissen EN NOMBRE INFINI...\nQuant à la question de savoir à quelles différences physiques\nextérieures des ondes sonores correspondent les différents\ntimbres, nous avons déjà vu qu'à l'amplitude de la vibration\ncorrespondait l'intensité, et àla durée de la vibration, la hau-\nteur. Le timbre ne peut pas dépendre de ces deux éléments.\nseule hypothèse restant possible es LE TIMBRE L'ES-\nPÈCE et de LA NATURE DU MOUVEMENT, CHAQUE\nVIBRATION ISOLÉE. Pour la production du son musical, nous\nl'avons vu, le mouvement du corps sonore doit être seulement\npériodique, c'est-à-dire exactement semblable, dans chaque\npériode de vibration, à ce qu'il était dans la période précédente.\nQuant à la nature du mouvement\nrestée tout à fait indifférente, si bien que, sous ce rapport en-\ncore, les variétés de MOUVEMENT NOMBRE INFINI. »\n(P. 25.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.32", "texte": "18\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nHelmholtz étudie ensuite « l'espèce et la nature »de divers\n« mouvements périodiques » au cours de et\najoute: « Quand les physiciens ont ainsi déterminé la significa-\ntion de ces courbes qui donnent la loi du mouvement des corps\nsonores, ils parlent de la forme d un corps so-\nnore, et prétendent que le timbre en dépend. » (P. 29.)\nEt plus loin : « Nous avons vu quà correspond\nun mouvement périodique de l'air, que la hauteui est déterminée\npar la longueur de la période, mais que, dans 1 intervalle d une\nmême période,la nature du mouvement, entièrement arbitraire,\ncomporte une multiplicité infinie de formes difféi entes. »\n(P- 39-)\nOn accordera sans doute que ceci est suffisant, et qu il sem-\nble difficile d'être plus clair, s'adressât-on à la cervelle inavertie\nd'un enfant de dix ou douze ans d'intelligence moyenne. Celui-\nci, questionné sur la démonstration de M. Riemann, n'aurait\nqu'à réciter comme une leçon les mots employés par Helmholtz\ndans l'ouvrage invoqué par le démonstrateur, et répondrait sans\nhésiter :\n« i° La seule condition, nécessaire et indispensable àla\nproduction d'un son musical, est un mouvement périodique de\nl'air, dont chaque période constitue ce qu'on appelle une vibra-\ntion. Quant à la nature du mouvement dans chaque période, elle\nreste tout à fait indifférente.\n20 La hauteur d'un son musical est déterminée exclusive-\nment par la longueur de la période,autrement dit, par la durée\nde chaque vibration isolée. Dans l'intervalle de\nle mouvement peut être d'une natur quelconque.\n3° Le timbre dépend de l'espèce et de la nature du mouve-\nment fans l'intervalle de chaque v Les variétés de\nmouvement sonore et de timbre sont en nombre infini.\nPar conséquent :\na. Le Sol (3) de M. Riemann est constitué par un certain\nnombre de vibrations périodiques.\nb. La hauteur de ce Sol(3) est déterminée par la durée de\nchacune de ses vibrations, se produisant ici au nombre de\ntrois dans un temps donné, ou, en d'autres termes, par la\nlongueur de chaque période vibratoire isolée, estimée ici, par\nexemple, à une durée d'un centième de seconde.\nc. La qualité de son musical et la hauteur de ce Sol (3) de-\nmeurent immuables, quel que soit le timbre au moyen duquel\nil est émis, corde pincée (harpe), corde frottée par un archet\n(violon), tuyaux ouverts (flûte, hautbois, cor, trombone, etc.),\ntuyaux fermés (clarinette, orgue), ledit Sol (3) fût-il incidem-\nment produit par une porte grinçant sur un gond, le sifflement"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.33", "texte": "LES SONS INFÉRIEURS\n19\n\ndu vent, le bruit d'un grelot, d'un coup de marteau sur une\nenclume, etc., c'est-à-dire, quelles que puissent être l'espèce\net la nature du mouvement dans l'intervalle de chaque vibra-\ntion isolée ou période. »\nEt, si quelqu'un essayait alors de persuader l'interrogé que\nla pensée de Helmholtz était telle, en cet endroit, qu'on la pour-\nrait énoncer par cette proposition : « trois vibrations successives\nd'un Sol(3), ayant chacune une durée de période de cen-\ntième de seconde, sont capables de donner naissance àun (i)\nde hauteur nécessitant, dans le même temps, vibration\ndont la durée de période est de tr centièmes de seconde »,—\nil est infiniment probable que l'adolescent rirait tout simplement\nau nez de son interlocuteur, et le renverrait au paragraphe\nci-dessus, spécifiant que « la haute est déterminée exclusive-\nment par la durée de CHAQUE vibration isolée ou période. »\nC'est cependant la proposition que M. Riemann n'a pas\ncraint de laisser imprimer sous son nom en 1891, près de vingt\nans après avoir couronné ses études universitaires par la con-\nquête du titre imposant de docteur en philosophie, dans un\nlivre pompeusement sous-intitulé à la page\nmême où nous l'avons vu, tout à l'heure, avancer justementle con-\ntraire du texte notifié de Helmholtz. En face d'une inconscience\nde cette envergure, qui prend soin de citer minutieusement des\nsources erronées, travesties ou incomprises,et démentant obsti-\nnément le citateur, on est plus interdit peut-être qu'au spectacle\nde l'ignorance ou de l'impéritie étalées par M. Riemann au labo-\nratoire et dans l'argumentation dialectique. On se sent envahi\nd'une sorte de pitié et on n'a presque plus le courage de hausser\nles épaules à la lecture de ce qui suit :\n« Si, néanmoins, le son Do (1) n'est pas entendu, cela s'expli-\nque par la loi de Y interférence,d'après laquelle deux formes de\nvibrations de période et d'amplitude égales s'annihilent mutuel-\nlement, quand elles coexistent en simultanéité parallèle... » Je\nn'insisterai pas sur ce cas « d'interférence » entre des vibra-\ntions successives nées d'une source de mouvement sonore.\nCela n'en vaut vraiment pas la peine, étant donnée la conclusion\noù aboutit M. Riemann et que voici :\n«... Tout son produit en même temps la série de ses sons in-\nférieurs; mais il est absolument impossible d'entendre ceux-\nci, puisque, plusieurs fois représentés, ils s'annihilent mutuel-\nlement... » Et j'ai grand'peur qu'on n'en veuille pas croire ses\nyeux, si je traduis ce qu'il ajoute : «... Mais, que l'existence\nlatente des sons inférieurs puisse, nonobstant, avoir des résul-\ntats perceptibles à l'ouïe, c'est ce que prouvent les\ntants. » (P. 80.)"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.34", "texte": "20\nLE MERCURE MUSICAL 1-I-0Ô\n\nLes « sons résultants » étant la conséquence de battements\nentre deux sons simultanés,et M. Riemann venant de vous affir-\nmer que la série des « sons inférieurs » est produite par les\nvibrations successives d'un son, de « tout son » considéré isolé-\nment, devine qui pourra ce rébus conclusif. Le reste du mor-\nceau, sinon du chapitre, se déroule à l'avenant, échappe à la\ndiscussion et se dérobe à toute analyse; on y rencontre à bien\npeu près autant d'erreurs, de contradictions ou d'absurdités\nque de lignes. Littéralement, c'est de la bouillie pour les chats.\n{A suivr\n\nJéan Marnold."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.35", "texte": "MIETTES HISTORIQUES\nCORRESPONDANCE THÉATRALE DU XVIIe SIÈCLE\n\nIII\nParfois l'esprit de Ladvocat est celui d'un pince-sans-rire.\nA cet égard il peint bien les mœurs de cette fin de siècle, où\nbeaucoup de menus détails font pressentir la venue d'une\népoque plus libre en sa façon de penser, et le temps, encore\nlointain, des philosophes et des encyclopédistes.\n« Je nay pas été plustot arrivé hycy, écrit-il à l'abbé Dubos le\n25 août 1695, que j'ai veu Monsr Brissonnet qui me communique\nvostre dissertation sur les comedies dont je suis très satisfait\net meme plus que du voiage que vous aves bien voulu faire\nsur unne Imagination laquelle dans la suitte se réduira a la\nlerudition du Theatre anglois dont Monsrde Saint-Evremont (1)\nne nous avoit pas si bien instruit que vous. Jattends vostre\nretour pour en conférer avec vous et vous faire mes objections,\npourveu que vous soies en estât de les écouter. On nous fait\nmesme croire hycy que vous nestes pas en estât doccupper la\nplace de Pifetau qui a ete tue et que les baux pas de Letant (2)\net Pecour par vous si souvent répétés et exécutées a lisle\ndamour et chez Derla y demeureront ensevelis faute de les\npouvoir executter avec applaudissement attendu la repletion et\nla graisse causée par un mauvais sen et par une graisse qui\nvous a ote entièrement vostre belle taille et la baute de la jambe,\nchoses très essentieles a la dance et dunne telle importance que\nPecourt voudroit pour beaucoup navoir jamais fait le voiage de\n\n(i) Charles de Marguetel de Saint-Denys de Saint-Evremond, lettre mon-\ndain, grand ami de Ninon de Lenclos. Philosophe sceptique et épicurien\nautant que libertin discret, il s'exila en Angleterre pour éviter la Bastille\net mourut à Londres, où son corps reçut les honneurs de la sépulture dans\nl'abbaye de Westminster.\n(2) Lestang, danseur qui créa les Saisons avec Boutteville et Du Mirail."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.36", "texte": "22\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nLyon qui dans la suitte a ete cause de sa repletion (i). Mais\nnimporte a quelque chose malheur est bon on fera un profess1\nvocal en langue angloise, peu de naturels françois vous la con-\ntesteront. Je vous dirai que jay resçu huit exemplaires du livre\nde M 1\" Vaillant. Je croi que vous en aures a vostre retour unne\npareille quantité. Je ne lay point examine nen ayant point\nencor de relié. Je vous donnere aussi unne figure de la Venus\ndarles que jay dessignée sur unne estampedu ier livre avec deux\nmédaillés grecques et unne obélisque erige en lhonneur et qui\navoit ete longtemps ensevelie soubs les ruines du Theatre con-\nsacré à Venus. Je croi que vous naves pas ce livre la qui na pas\neu hycy un grand cours faute dexemplaire et dont je navois\npoint entendu parler et que jay trouve entre les mains d'un reli-\ngieux a Saint-Leu.\n« Je suis Mr\n« Ladvocat. »\nN'est-il pas curieux de voir ce grave conseiller, qui cite à\ntout propos des textes latins et grecs, railler à froid le pauvre\nabbé, pour ce qu'il n'a plus la jambe bien faite et la taille\namincie ? Et d'autre part n'est-il pas amusant de s'imaginer ce\ncuré de Beauvais qui, vingt-cinq ans plus tard, allait faire par-\ntie de l'Académie française en remplacement de Dacier, dansant\ndes pas de ballets à la façon d'un pensionnaire de l'Académie\nroyale de Musique ? Toutefois, la lettre qui précède est plutôt\nun hors-d'œuvre. Elle n'a pas l'intérêt de celles qui vont sui-\nvre et dont tous les détails sont précieux pour l'histoire du\nthéâtre au xvii® siècle :\n« A Paris, ce 20 octobre 1695.\nJ'arrivé hycy (a Paris sentend) le samedi au soir. Le diman-\nche matin jallai a la messe au Quinze Vingts. On me dit mille\nlouanges outrées du ballet des Saisons. Unne des princippales\nactrices sen promet lapplaudissement jusques a Noël prochain\net chaque officier ou campagnart qui arrive après avoir fait ses\nvandanges ne manque pas en lui rendant ce qu'il croit luy\ndebvoir de frapper des mains. Avons parler sincèrement, elle\nchante de maniéré a estre ecoutee avec plaisir mais si javois a\nbattre des mains jen batterois unne seconde fois pour M\"e Ro-\nchois quand elle chante « Languirai toujours Amour soubs ton\nempire », et adjoutant a vostre jugement je fus surpris de ne\n\n(i) On ne s'explique pas très bien, vraiment, comment ce voyage de\nLyon avait pu faire engraisser tout particulièrement le célèbre danseur !"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.37", "texte": "MIETTES HISTORIQUES\n23\n\npouvoir a peinne distinguer les airs de Babtiste (i) davec le\nsiens qui sont si bien unis les uns avec les autres qu il seroit\ndifficile a unne personne qui nen seroit pas instruite dassurer\nqu'ils ne sont pas de luy et sans le chagrin que jay eu des\nblessures de Mlla Subligni, jaurois ete charmé, surpris, étonné,\nextasie des ballets. Il me reste encor un mot pour Babet et\npour unne addition quelle y mit de son cru mardi dernier qui\nest le debarbouillement quelle a extrait dArlequinqui enchanta,\nravit, surprit, et fit dire aux connoisseurs quelle etoit la seule\ncapable de soutenir le caractère Darlequinne dans toutte sa\nperfection. Vos yeux et vos oreilles étoint si fort occupées de la\nbauté des airs et de la nouvauté des dances que vous aves ou-\nblié de me mander quon avoit oté des chœurs MUes Grossot,\nBlou, et Le Camus quelles places ont été remplie par deux au-\ntres qui y chantent dont lunne se nomme : La Vaquerie et unne\nheroinne marseilloise qui a tue unne homme a coup de pistollet\nle pourquoi ny lhistoire sont par moy ignores. Mile Pelerin unne\ndes principales actrices de la comedie de Marseille et de lopera\nde la mesme ville sest venu établir hycy a Paris et prétend en-\ntrer ou a lopera ou a lhotel suivant le meilleur parti quelle\npoura obtenir des uns ou des autres jusques a présent elle sest\ntenue dans les coulisses de lopera sur un siège de paille tire et\nporte aud. lieu par le valet de pied de Mlle Fanchon et hier elle\netoit dans la première loge aux François avec elle sa sœur et sa\nbelle sœur.\n« Monsieur Duché ma demandé suivant vostre pro-\nmesse verballe un de vos Livres que de Laune ne ma pas\ndonne suivant vos ordres. Desmarets netant pas de retour non\nplus que Mr de Francinne je ne vous scaurois mander lequel\naura lhonneur de mettre en musique Iphigenie que Colasse\nsouhaitte avec autant de passion quil a témoigné de froideur et\nde mépris pour lautheur quil jugeoit incapable den faire un qui\nvallut la peine detre noté et composé par luy.\n«Monsr du Rosaima dit que vous travaillez sur Momus et moy\nje vous prie de nous envoyer la critique des Saisons et le pané-\ngyrique de Colasse et loraison funebre de Desm. tout cela de\nvotre main nous feront attendre avec patience le jugement que\nvous ferez de la Toison quand elle sera imprimée. »\nA quelques jours de là, l'abbé Dubos recevait une nouvelle\nlettre ainsi conçue :\n>\n« A Paris, ce 2 5 octobre [1695].\n« Je vous diray Monsieur que je receus hier vos Livres qui\n\n(i) Ce passage démontre péremptoirement que la musique empruntée à\nLully par Colasse était de Jean-Baptiste, et non de Louis, son fils."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.38", "texte": "24\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\navoint ete portes cheb Monsr Ladvocat le maître des requestes\ndans la rue Platriere quoique ladresse portât au Conseiller en\ngrand conseil rue des Petits Champs et de la renvoies attendu\nmon absence chez ma niepce qui me les a renvoies aujourdhuy\net en mesme temps j'en ai envoie un a Monsr Du Rosai jen ai\ndonne un autre a Monsr Duché, il m'en reste encor trois dont je\ndisposere suivant vos ordres que j'attends auplustost. Mons le\npremier président du grand conseil ma dict que vous luy en avies\ndonné un et que Monsr Galand se disposoit a vous repondre et\nque cela se passeroit honestement. _\n« Monsr du Rosai ma donne vostre dernier caier de Didon ou\nvous souhaites que Madc Saintonge eut entendu Virgille, Je ne\ndoute pas non plus que vous quelle ne fut ravie dentendre le\nlatin et quelle neut la derniere joie de pouvoir se servir du Grec.\n« Elle auroit peut-être travaillé sur Iphygenie ou quelque au-\ntre de pareille trempe. MonsI'de Francinne nest pas encor arrivé\nnon plus que Desmarets, ainsi je ne vous dirai rien jusques\nau temps de l'opéra dHyphygénie. Monseigr est attendu ven-\ndredi ou dimanche prochain et Pecourt se dispose a danser\nunne entrée dEspagnol entre MUa Deschars et Desplace, cest\nunne nouvauté qui sera applaudie de ses amis et peu goutee\nde ceux qui le trouvent trop gras. On dit hycy que le roy a dit\na Mr de Francinne qu'il devoit sestre servi plus tost de Colasse.\nCest a Desmarets a se precautionner pour lavenir et a faire en\nsorte qAdonis (1) efface Jason, ils sont du mesme autheur et si\nlon trouve des deffauts dans lun on ne dit encor rien de 1 autre\nque l'on n'a pas veuny entendu. Pourmoy a qui mon oreille ne\nrend pas un si bon service qua ces connoisseurs, je me reserve\nden dire mon petit sentiment après en avoir veu quelques re-\nprésentations et l'avoir leu et releu a loisir.\n« Si vous voulez donner un de vos Livres au sr Rousseau (2)\nvous naves qua me mander Je suis »\nLe lendemain même, notre nouvelliste écrivait encore à son\nami :\n« Ce samedi 26 octobre [1695].\n« Jay receu les deux dernieres lettres que vous aves ecrittes\net jai donne moi meme vos exemplaires aux personnes que\nvous souhaitties. Je vis hier le sieur Galland qui me témoigna\n\n(1) Vénus et Adonis,tragédie en 5 actes et un prologue, paroles de J.-B.\nRousseau, musique de Desmarets, donnée à l'Académie royale de musique\nle 17 mars 1697.\n(2) Jean-Baptiste Rousseau, alors âgé de 2 5 ans."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.39", "texte": "MIETTES HISTORIQUES\n25\n\nque sa reponce étoit prete et quil la liroit à Mr Le Premier pré-\nsident et que sil la vouloit faire imprimer il nous la donneroit\nau plus tost. Si vous etes hycy après les festes comme je les-\npere vous seres asses a temps pour en entendre la lecture a\nlassemblee. Jay veu tous les jours a laudience Mr du Rosai qui\nvous attendoit hier a lopera. Il ne ma parle de rien et moi je\nne men suis pas presse metant imagine que depuis le temps que\nvous luy en aves parlé il ne pouvoit pas scavoir la dessus les\nsentiments de Monsieur son pere que je souhaiterois fort qui\nfussent conformes aux siens, laffaire seroit bientost terminée\nmais comme il va ces festes le trouver jespere qua son retour\net au vostre nous scaurons a quoi nous en tenir. Jai veu Mde de\nXaintonge qui ne ma rien dit de son fils mais qui prétend que\nses opéra sont aussi bons que ceux des deux autheurs modernes\ndont vous parles.\nCe nest pas daujourdhui quon a de lentestement pour ses\nouvrages et le peu de justice que lon se rend la dessus joint au\npeu detude et a lignorance du grec et du latin ne me persua-\nderont pas de la preference de ses ouvrages a celle de ces\ndeux messieurs, le stile et les caractères et les sentiments en\nsont si différents et cependant Didon a eu un succès si favo-\nrable quil est plus aise aux connoisseurs de dire ce qui est\nregulierement bon que dasseurer ce qui plaira le plus au par-\nterre. Nest-il pas vrai Monsr que la foire de Besons a attiré\nautant de spectateurs Qiphigenie. Peu de gens achepteront la\npremière et beaucoup de scavans liront Racinne qui seront\ninstruit a des bonnes réglés du Theatre et seront ravis de se\nperfectionner sur un aussi bon modèle. Baucoup de gens\nviennent pour le ballet des Saisons qui meurent dimpatience di\nretourner et cela fut hier a telle extremite que lon refusât plus\nde ioo personnes. Les ire 3et 2es loges étant doublées on crevoit\ndans le parterre et lon etoit les uns sur les autres dans le para-\ndis et tout cela parce que Pecourt y dansa unne sarabande espa-\ngnolle après les 2 espagnolles et entre Letang. Il avoit un habit\nde satin noir véritablement espagnol elevé sur la poitrinne fort\nserré du bas, les manches ouvertes au dessus de la médiane du\nbras droit et du gauche et au dessoubs du coude et on voioit\ndans les ouvertures un tafetas bleu qui en remplissoit le vuide.\nUnne très petite fraise de dentelles et sur les couture et extré-\nmités des diamants qui servoint aussi de boutons a son pour-\npoint. Sa teste etoit ombragee dun castor a forme platte orne\ndun plumet et dunne aigrette très espagnolisee. Les bas de soie\nbleus qui paroissoint vers au parterre et les souliers bordes\ndunne petite dentelle dargent sur un maroquin noir sans\nrubans et attaches seulement avec un boucle. On peut dire"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.40", "texte": "26\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nquil dansa en metre et en scavant espagnol et je trouve ce ballet\nsi divertissant et si amusant que jai grand peur quil ne diminue\nlaffluence que lon esperoit avoir a Jason et que le tragique\ncothurne nen soit plus si fort a la mode. Je suis. »\nCe qu'il faut retenir de cette lettre curieuse, c'est non seule-\nment la description du costume porté par le fameux danseur\nPécourt dans un intermède chorégraphique ajouté au ballet des\nSaisons, mais la pointe malicieuse à l'endroit de Mnie de Sainc-\ntonge, bas-bleu du xvne, qui eut son heure de vogue, ainsi qu'en\ntémoigne ce passage du Mercure galant (janvier 1696) :\n« Nous sommes dans un temps où les Muses aiment à se\nfamiliariser avec les Dames. Il est aisé de le voir parle Recueil\nde Poésies galantes que Madame de Sainctonge vient de nous\ndonner. Le premier Ouvrage de cet excellent Recueil est le\nBallet des Saisons, quia servi d'idée à celuy qu'on a fait paroître\nà l'Opéra, depuis peu de temps. Si on s'étoit servi de ses Vers,\nils n'auroient sans doute fait qu'en augmenter la beauté, puis\nqu'ils sont aisez, naturels, et très chantants. Tout ce qu'on y lit\nensuite, Idilles, Elegies, Madrigaux, Epigrammes et Chansons,\nest du mesme caractère, et marque la fécondité et la délica-\ntesse du génie de cette Dame, qui fait beaucoup d honneur à\nson sexe. C'est d'elle que sont les Opéra de Didon, et de\nCircé ( 1), qui ont attiré si longtemps la foule. Il ne faut pas\ns'étonner qu'elle ait de si beaux talents, puisqu'elle est Fille\nd'une Mère, qui est tout esprit. L/Arioste Moderne, et plusieurs\nautres ouvrages qui ont tous été reçûs très favorablement du\nPublic, en sont une preuve. Les de Madame de\nSainctonge, se débitent chez le Sr Jean Guignard, Libraire, à\nl'entrée de la grande Salle du Palais. »\nComme on le voit, la réclame d'alors manquait de mesure\ntout autant que celle d'aujourd'hui. Mme de Sainctonge ne fut,\nâ vrai dire, qu'un médiocre auteur et ses ouvrages ne suppor-\nteraient plus la lecture.\nPrès de trois mois s'étaient écoulés lorsque Ladvocat écrivit\nde nouveau à son ami Dubos. C'était à l'occasion de la première\nde Jason(2), une des œuvres lyriques dont l'auteur des Odes\ndevait dire plus tard : « Elles sont ma honte. Je ne savais point\nencore mon métier quand je me suis donné à ce pitoyable\ngenre d'écrire. »\n\n(1) Tragédie lyrique en 5 actes, avec un prologue, musique de Desmarets,\nreprésenté le ier octobre 1694.\n(2) Jason,ou la Toison d'or, tragédie en 5 actes et un prologue, paroles\nde Jean-Baptiste Rousseau, musique de Colasse, représentée à l'opéra le\n17 janvier 1696."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.41", "texte": "MIETTES HISTORIQUES\n27\n\nCette lettre est d'un intérêt capital, comme on en va juger :\n« Ce jeudi 19 janvr 1696.\n« Ayant été obligé de garder la chambre depuis vendredy\ndernier je nay pu assister ny a la répétition de Jason ni aux\nreprésentations qui sen sont faites. Je croi que Monsr du\nRosai naura pas manqué a vous instruire de la mauvaise récep-\ntion de ses spectateurs. Ceux qui plaignent avec le plus dosten-\ntation son mauvais sort sont ceux qui se rejouissent davantage\nde la présomption du poete et du musicien.\nPeriisse germanicum nulli jactantius mœrent quam qui maxime letantur„\nCor. Tac., 1. 2. Vous nignores pas Monsr que «Jactantia»\nest définie par Ciceron, 4, Tus. : « quod sit voluptas gestiens\net se efferens insolentius » et que lobstination quils ont\ntémoigné lun et lautre (les auteurs) pour ne rien retrancher de\nleurs productions auroint deub obliger le musicien a ne pas\nmettre en musique des vers quils ny croioit pas disposes soit\nquils composassent des scenes trop longues soit que les vers\nalexandrins trop fréquents soint peu propres a rendre le chant\nagreable etc. (ne pas veu ny médité asses) mais comme\ndit fort bien Plaute dans son livre :\nHeg. quid tu ais ! tenax ne est\nPhi. imo edepol PERTINAX.\n« Pertinax autem » selon le musicien « suo more dixit pro\nvalde tenax. Hoc est rei suas augendee plus satis attento, etc.\n« Selon le poète et Horace « pertinax quod valde teneat vel\nquod propositi sit tenax\nJustum et tenacem propositi virum\net voila la véritable cause de leurs naufrage et que le parterre\nles auroit plus tost siffles quapplaudis. Cicer. 3eTuscul.\nQuoniam plausibilia heec non sunt uterque si nec gaudeant gloriose loqui\n[desinant\net en aille rendre grâce a cette divinité de Plaute « in Curcu «\nquil établit pour de tels gens dans les cloaques de Rome. Vous\nscavez quon y trouva unne Idole ou cru telle a qui lon fit au\nmesme lieu dresser un autel.\n« On a donné les rolles DAriadne (1) des Lundi. Marest en\nfera la première répétition des cœurs samedy prochain et\n\n(i) Ariane et Bacchus, opéra en 5 actes, paroles de Saint-Jean, musique\nde Marais, représenté à l'Aeadémie royale de musique le 8 mars 1696."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.42", "texte": "28\nLE MERCURE MUSICAL l-ï-OÔ\n\nprétend le mettre sur pied le 20 de fébr. Je ne scai si le poete\nvous a envoie son livre. . .\n« Je ne le vois pas asses pour len presser mais je vous dirai\nque j'attends vostre critique avec impatience. _ Elle vous fera\nmoins de peinne que si vous la fesies de la musique. Le peuple\nest si chagrin quil se plaint de lhabit de Mlle Morau quon ne\ntrouve pas bien fait et de celuy de la Sybille imaginaire (pour\nle temps) de la grande fille et quelle a ete oblige de quitter. On\na ete mesme contraint doter beaucoup de vers et de chants a\ncause de la longueur de lopera.\n« Sur la plainte que les comédiens françois et Italiens ont fait\nau roy conduits par Monsr de la Trimouille (1) des insolences\nque lon commettoit dans le parterre contre ceux des loges tant\nfemmes quabbes et quautres qui navoint point lhonneur de\nleurs plaire, le roy a envoie un ordre à Ml' de Renye (2) pour\nfaire une ordonnance qui condamnera les officiers a la prison\npendant un an et les inférieurs a celle que nous scaurons quand\nlordonnance sera publiée. »\nDans le prochain numéro je donnerai encore quelques lettres\nqui termineront cette série de documents dus à la plume de Lad-\nvocat. D'ores et déjà, je tiens à dire que je m'efforcerai de\ndécouvrir et de rassembler d'autres documents de source simi-\nlaire, afin de compléter ceux que j'apporte aujourd'hui et de\npeindre la véritable physionomie du monde du théâtre à la\nfin du xviie siècle.\n\nMartial Teneo.\n\n(1) Seigneur de la chambre du Roi.\n(2) Nicolas de La Reynie, premier lieutenant de police de Paris."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.43", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n\nLES CONCERTS.\nConcerts Chevillard. M. Safonof. Société de Concerts d'instruments anciens. —• Société\nBach. Quatuor Luquin. Fondation Bach. Soirées d'Art. Société Philharmonique. Ma-\ntinées Danbé. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nAvec la collaboration habituelle de son bruyant voisin, le Casino de\nParis, M. Chevillard a enlevé victorieusement l'ouverture de Benvenuto de\nBerlioz, et la Symphonie en si bémol {n° 12) de Haydn; je lui sais un gré par-\nticulier de la place qu'il fait cette année, au génie lucide, sain et toujours\nvivace du vieux maître autrichien: peut-être est-ce cependant pousser trop\nloin le souci de l'effet, que d'introduire dans cette musique si pondérée\nd'excessives oppositions de nuances. Une indisposition du violoniste Johan-\nnes Wolffit que le concerto affiché de Sinding fut remplacé par celui de\nHândel pour instruments à cordes, aussi familier au public de M. Chevil-\nlard qu'à ses musiciens. Le puissant poème de Richard Strauss, Mort et\nTransfiguration^t les vivantes Impressions d*ltalie de Gustave Charpentier\ncomplétaient avec une heureuse diversité ce programme, où la nouveauté\nétait représentée par deux mélodies, avec accompagnement d'orchestre, de\nM. Lazzari. Bien chantées par Mme Mayrand, ces pages, d'une inspiration\ndistinguée et délicate, d'une orchestration ferme et sobre, ont plu. Elles\nauraient plu davantage si le texte de la seconde avait été plus intelligible :\nSon corps si cher, son corps joli n'est pas iciy il n'est pas là !Il n'est plus\nqu'une ombre légère...\n{Les roses ne m'ont pas parlé !)\nL'effort considérable, et d'ailleurs stérile, qu'on fait pour essayer de trou-\nver un sens quelconque à ce pathos, distrait malheureusement une partie\nde l'attention qu'on voudrait accorder à la musique.\nJEAN CHANTAVOINE.\nLe concert du 27 décembre, dirigé par M. Safonof, a été une déception\npour moi. Non que je sois insensible à l'ingénieuse mimique de ce chef\ndédaigneux du bâton, dont les deux bras tour à tour s'animent et se raison-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.44", "texte": "30\nLE MERCURE MUSICAL l-l-OÔ\n\nnent implorent, démontrent, réfutent, apostrophent, objurguent, invectivent,\nallument les flûtes, écrasent les contrebasses, déchaînent les trombones\nd'un geste créateur, ou aspergent les premiers violons d'un goupillon agile\nautant qu'imaginaire. Cette éloquence très étudiée, qui fait songer à quelque\nsermonnaire de la vieille école, à un Jaurès vu de dos, distrait un peu\nde la musique. Mais pas assez : car l'art russe était représenté àce concert\npar la 6e Symphonie de Glazounof, et une Ouverture de Tchaïkovsky pour\nRoméo et Juliette. Rien de Balakiref, ni de Rimsky, ni de Borodine, ni de\nLiapounoff. Ces exclusions singulières surprennent moins si l'onsonge que\nM. Safonof est directeur du Conservatoire de Moscou, quelque chose\ncomme le Théodore Dubois ou l'Ambroise Thomas de la Russie officielle.\nComment donc reconnaîtrait-il le moindre talent à l'école russe moderne,\ncréatrice d'un art glorieux ? Comment sentirait-il la beauté des fleurs fraî-\nches et sauvages qu'elle a fait éclore ? Comment ne veillerait-il pas,\ncasque en tête et lance au poing, pompier fidèle, auprès de l'arche sainte\nde la Banalité ?\nLe cas de Glazounof est attristant, car ce jeune compositeur donnait de\ngrandes espérances, et tel de ses poèmes symphoniques, la Mer, ou Sterika\nRacine, plaisait par un coloris encore un peu gros, mais déjà brillant et\nnourri : on pouvait saluer en lui le continuateur futur de Balakiref et de\nRimsky. Il n'en sera rien, car le voilà qui se prosterne à son tour devant\nles idoles du faux classicisme, de la tradition d'école et de la « musique\npure » à l'allemande. Sa symphonie est, si l'on veut, bien écrite pour l'or-\nchestre : un prix de Rome ne ferait pas mieux. Mais elle est dépourvue de\ntout intérêt musical, depuis son premier morceau, que défigure une sorte\nde choral protestant (genre Reformation-Symphony), jusqu'au finale aux\ncuivres vulgaires, en passant par un insipide thème varié et un intermezzo\nsans grâce ni joie : mélodies ternes, harmonies inexpressives, rythmes\nmonotones, tel est le signalement de cette musique à tout faire, qui n'est\npas plus russe qu'allemande ou française, ou plutôt, hélas ! qui est tout\ncela à la fois : car on la retrouve, toujours pareille à elle-même, dans tous\nles pays de l'Europe, et cela n'a d'ailleurs aucune importance. Ce qui existe\na seul de l'importance.\nQuant à l'Ouverture de Tchaïkovsky, c'est une autre affaire encore : ici ce\nn est pas seulement une banalité assez innocente en somme, c'estune pré-\ntention, une vaine et molle emphase, un romantisme de mélodrame, souve-\nrainement antipathiques. Si Glazounof se plaît aujourd'hui à ressembler à\nM. d'Olonne, Tchaïkovsky rappelleraitplutôt M. Lenepveu. Cette Ouverture\n(où l'on relève, en outre, un souvenir très direct de Berlioz) fut montrée à\nBalakiref, qui la trouva mauvaise. Remaniée, elle ne devint pas meilleure :\nelle avait donc tous les titres à la faveur de M. Safonof, directeur d'un Con-\nservatoire où M. Rimsky-Korsakof n'enseigne pas.\nA ce même concert, la Sérénade de Mozart était exécutée avec quelque\nexagération de nuances, et Mlle Lubochitz recueillait, par la sûreté de son\nstyle et l'ampleur aisée du son, des bravos unanimes dans le Concerto de\nBeethoven Mais que j'aurais mieux fait d'aller entendre, aux Concerts Co-\nlonne, le délicieux Conte d'avril de Widor, ou, au Conservatoire, le Prélude\na l après-midi d un Faune (oui, messeigneurs !) dirigé par l'excellent Martv\ndevant un public que M. Pierre Lalo appellerait un public de mufles s'il\nécrivait dans un journal moins sérieux ! 3\nSi j'ai failli maudire M. Safonof dimanche, je l'aurais volontiers béni\nsaîlePlevef LsTrS A* ™USlque an en son honneur àla\nePJeyel La Société de Concerts d instruments anciens est trop connue\npour que je la présente à nos lecteurs : ces excellents artistes (Mme H Casa-\ndessus-Dellerba, MM. Henri et Marcel Casadessus, M. Nanny, MUeDelcourt)"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.45", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n3 1\n\nqui viennent de faire en Allemagne une tournée triomphale, nous ont joué\nde fort jolies choses, dont la plus faible était certainement la Symphonie\nde Bruni (1759-1823). D'ailleurs ces dates me donnent quelques doutes : à\nla fin du xvuie siècle, écrivait-on encore pour les instruments de la famille\ndes violes? Ou, s'il s'agit d'un arrangement, pourquoi ne pas s'adresser\nà la musique moderne, et transcrire le Quatuor de Ravel pour pardessus de\nviole, quinton, viole d'amour et contrebasse ? La 3e Sonate de Borghi est\nagréable, malgré son écriture un peu creuse, à deux parties seulement ;\nelle vaut un succès d'enthousiasme à M. Henri Casadessus, qui tire de la\nviole d'amour un son plein et doux, et à M. Nanny, Paganini de la contre-\nbasse et roi des harmoniques. Mais tout cela est bien pâle auprès du Diver-\ntissement de Mouret (1682-1738) et surtout du Ballet de Monteclair (1666-\n1737) : que de grâce alerte et précise ici, que de charme dans les mélodies,\nque d'exquises recherches de sonorité dans ce Carillon, quelle rusticité\nraffinée dans ce Tambourin ! Les villageois dansent sous les grands ormes\njaunis, d'où parfois une feuille se détache et tournoie ; le seigneur sourit à\nles voir, la main au pommeau de sa courte épée; et le parfum d'automne\nse marie à la délicate musique, pour faire à cette âme hautaine un voile\nde galante tendresse. Il n'y a pas au monde une musique plus aristocra-\ntique que la musique française.\nCes vieux maîtres du xvue et du xvme siècle nous étaient déjà apparus\nen toute leur gloire le i 5 décembre, au concert de la Fondation Bach\n(M. Ch. Bouvet, directeur; MM. Ezio Ciampi, Jemain, Gravrend, Migard,\nSchidenhelm). Ici encore les maîtres italiens, Caldara, Strozzi et Paesiello,\nont pâli devant le Quatuor en sol de Haydn, l'air de Rinaldo de Haendel, la\nSonate en sol pour violon et piano de Bach, et les Pièces en duo de Jean-\nMarie Leclair, d'une inspiration si noble et d'un style si ferme et si soutenu\nque certainement la comparaison avec Bach et Haendel est possible. Ce\nmagnifique programme a été interprété avec une ampleùr, une harmonie de\nsonorités, et une grandeur simple dans l'expression, qui sont au-dessus de\ntout éloge. Je crois que l'un des prochains concerts de la Fondation Bach\nsera consacré spécialement aux auteurs français. Nous devons bien de la\nreconnaissance à M. Ch. Bouvet, pour son grand talent d abord, et ensuite\npour l'avoir mis au service d'une si belle cause. Louis LALOY.\nSoirées d'Art. Jeudi 23 novembre. Au programme : les cinquième\net sixième Quatuors de Beethoven exécutés par le quatuor Capet avec sa\nmaîtrise ordinaire.\nMlle Jeanne Leclerc chante l'air de Suzanne des Noces de Figaro, le Clair\nde lune de Verlaine et Fauré, et obtient enfin les honneurs du bis dans le\nMariage des Roses de C. Franck, qui enthousiasme le public.\nM. Lazare Lévy joue un peu froidement la Sonate en la bémol de Beetho-\nven, puis se ressaisit dans une Étude de Chopin, et est finalement très\nvigoureusement applaudi pour sa belle exécution de la Polonaise op. 53.\nJeudi 3o novembre. Ces concerts justifient de plus en plus leur nom,\nau double point de vue de l'excellente composition des programmes et du\nchoix des artistes.\nLe concert débute brillamment par la Sonate en si mineur de Chopin,\ndont le merveilleux finale, exécuté avec chaleur par M. Alfred Cortot,\ndéchaîne une vraie tempête d'applaudissements.\nMme Jane Arger, accompagnée avec précision et délicatesse par M. Léon\nMoreau, chante l'air de Chérubin des Noces de Figaro, et l'air de Momus\nde la cantate Phébus et Pan de Bach, avec un style parfait et une diction\nravissante. Elle nous donne ensuite des chansons à danser d'A. Bruneau\net des mélodies de la Basse-Bretagne par Bourgault-Ducoudray."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.46", "texte": "32\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nM. Cortot se fait réentendre dans Thème et Variations de Chevillard,\ntrès agréable composition fort bien écrite pour le piano.\nLa séance terminait par le septième Quatuor de Beethoven, exécuté par\nle quatuor Gapet. i\nJeudi 7 décembre. Le succès de ces concerts s affirme de plus en plus,\net le public y prend décidément goût. La séance d'aujourd'hui débutait\npar le très curieux Quintette de Beethoven pour piano, hautbois, clari-\nnette, basson et cor, exécuté par MUe Th. Chaigneau, MM. Bleuzet, Mi-\nmart, Letellier, Pénable, _\nM. Rousselière nous présentait trois mélodies de Léon Moreau, parmi\nlesquelles Pedro, en première audition.\nLe quatuor Gapet exécute les hu et de\nBeethoven (le premier interrompu malencontreusement par une corde\ncassée). Par moments, la sonorité du violoncelle ne s'harmonise pas com-\nplètement avec celle de ses partenaires. Malgré cette légère critique, exécu-\ntion de premier ordre, comme toujours.\nEnfin Mme Raunay se fait un succès énorme avec le et le\nRecueillement de Cl. Debussy.\nJeudi 14 décembre. L'événement du concert est la première audition\nde Y Hommage à Rameau, de Cl. Debussy (le 20 morceau des Images, qui\nviennent de paraître chez Durand). Hommage ému et grave : jamais le grand\ncharmeur ne nous avait rien donné d'aussi sobre, d'aussi contenu, ni d'aussi\nprofond peut-être. L'esprit de Rameau est bien là, avec sa netteté hautaine\net sa noble élégance ; mais combien la musique est plus riche et plus\nvraiment inspirée que celle de Rameau ! M. Dumesnil a fort bien rendu\nl'œuvre nouvelle, ainsi que la Sonate ut de Beethoven et\nle Scherzo en si bémol de Chopin. Le quatuor Capet joue admirablement\nles dixième et onzième Quatuors de Beethoven. Mme Mellot-Joubert chante\navec charme les paisibles Joies et douleurs d'Arthur Coquard, et le quatuor\nvocal Bataille a beaucoup de succès avec un programme un peu mêlé (de\nBeethoven à Léo Sachs).\nE. B.\nDans un précédent compte rendu je signalais la valeur très discutable\nde certaines œuvres entendues à la Société Philharmonique. Il me faut\naujourd'hui revenir plus longuement sur ce sujet. Le parti pris de mettre\nau programme de chaque concert ou presque certains noms de la\njeune école allemande, ce parti pris, dis-je, est trop évident et aussi trop\nregrettable pour le laisser passer sans protester : car c'est au détriment de\nnotre musique. Nul sil est de bonne foi ne conteste la supériorité\nactuelle de la jeune école française. Seule entre toutes, elle donne à la fois\ndes résultats et des promesses , semblable à quelque bel arbre de rêve dont\nla frondaison magnifique s épanouirait en un perpétuel printemps et qui por-\nterait, tout ensemble, des fruits savoureux et des fleurs éclatantes. Chez\nnos voisins d'outre-Rhin, au contraire, c'est la stagnation ; c'est l'ennui, le\nlourd et morne ennui teuton. Je sais bien que d'aucuns crient partout au\ngénie et prétendent que si nous n'admirons pas, c'est uniquement parce que\nnous ne comprenons pas. Entendons-nous. Lorsqu'il s'agit de novateurs\nun artiste sincère mais hynoptisé par la musique qu'il aime ou qu'il écrit\nc est en général la même chose —peutparfois se tromper. Enartles juge-\nments sont nombreux que la postérité ne ratifie pas. Mais la musique dont il\ns agit ici n est pas de novateurs, nous la comprenons d'autant mieux qu'elle\nne fait que repeter infiniment moins bien, ce que d'autres ont déjà dit.\nPlus seneuse est 1 objection suivante: cette musique teutonne est celle\nqui convient a des Teutons. Parfait. Dans ce cas qu'on ne cherche pas à"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.47", "texte": "SALLE PLEYEL. 22, RUE ROCHECHOUART\n'\nDirection et organisation de Concerts : AQence E. DEMETS, 2, rue de LOUVOÎS\n\nendiedi ig fjanviez, à g lieuteô pzéciâeô du ôoir\n(OUVERTURE DES PORTES A 8 H. 1/2)\n\\fs\nMÊ j\nDONNE PAR\nM. POMPOSI, Violoniste\nfil\nAUDITION D'ŒUVRES\nDE\nG. Franck, Vincent d Indy et Cl. Debussy\nc\nV\n1. Sonate, piano et violon C. FRANCK.\nM11B SELVA et M. POMPOSI.\n2. Quatuop à cordes Ci.. DEBUSSY\nMM. POMPOSI, DE BRUYNE, MIGARD et SCHIDENHELM.\n3. Valses pour piano V. D INDY.\nM 1 B. SELVA.\n4. Quintette, piano et instruments à cordes. . G. FRANCK.\nMile g SELVA, MM. POMPOSI, DE BRUYNE, MIGARD et\nSCHIDENHELM.\nPRIX DES PLAGES :\nFauteuil de Grand Salop 10 îr.\nPetit Salop 5 îr.\nOn trouve des billets chez MM. DURAND & Fils, place de la Madeleine;\nà la Maison PLEYEL, .22, rue Rochechouart\net à l'Agence E. DEMETS, 2, rue de Louvois."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.48", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n33\nLE MERCURE MUSICAL\n3\n\nnous 1 imposer. Il est vrai que le public de la Société Philharmonique est\nessentiellement cosmopolite ; lorsque l'on acclame l'interprète, c'est en\nplusieurs langues, mais c'est surtout en allemand. Il semble donc que ces\nconcerts s'adressent à un public restreint, venu là pour écouter la musique\nqu'il aime, Toutefois, en raison des virtuoses qui s'y font entendre, et aussi\nen tant que manifestation de la vie musicale à Paris, l'effet moral est beau-\ncoup plus considérable. C'est pourquoi il convient de réagir contre de\npareilles tendances.\nQuelques mots sur les deux derniers concerts. Au début de la quatrième\nséance, Mme Jeanne Diot, violoniste au talent très honorable, se fit en-\ntendre dans une Sonate en ré majeur du vieux maître italien Arcangelo\nCorelli (seconde moitié du xvn® siècle,) et dans Prélude et fugue en sol\nmineur de Bach. Après elle le Dr Wullner avec douze lieds germains\nnous satura de « fleur bleue » et autres puérilités désuètes des vieilles\nlégendes allemandes. Ce chanteur, avec très peu de voix, arrive à une rare\npuissance d'expression ; par ce côté il est extrêmement intéressant. Mais\nque sa mimique est donc agaçante : yeux fermés, poings crispés, tout le\ncorps qui frémit et se contracte ridiculeusement ! Il est malheureux que\nlon admire encore un tel cabotinage. Pour moi (que l'Ouvreuse me par-\ndonne cette incursion dans ses plates-bandes), je ne recommanderai ce\n« Wullner herr » à personne, malade ou bien portant. Entre temps\nM. Joseph Slivinski, au piano, fît applaudir dans diverses œuvres de Cho-\npin un jeu brillant et expressif.\nC est le « Quatuor de Paris» MM. Hayot, André, Denayer et Salmon\nqui opérait à la séance du 19 décembre ; ensemble de tout premier ordre\net d ailleurs trop connu pour que je m'etende sur la très belle exécution\nqu'ils nous donnèrent du Quatuor en sol majeur de Haydn et du Xe Qua-\ntuor de Beethoven. Ce sont de vrais, de grands artistes, et les rappels ne\nleur ont pas été ménagés. A coté d'eux, dans le Quintette de Brahms,\nM. Ernesto Consolo tint le piano magistralement. Ce même artiste s'était\ndu reste fait acclamer précédemment, en jouant seul la superbe Fantaisie\nen fa mineur de Chopin. Je formulerai ici une légère réserve au sujet de\nl'exécution de cette œuvre pour laquelle j'aurais aimé, en certains endroits,\nun peu plus d abandon. Quant a M. Clark, sa voix de baryton, généreuse\net bien conduite, lui valut un succès mérité.\nC est une très belle cantate que celle pour le troisième dimanche après\n1 Epiphanie : Uieu9fais de moi ce que tu veux. Les proportions relativement\ncourtes de cette œuvre, que la Société J.-S. Bach nous faisait entendre à\nson second concert d'orchestre, me permirent d'en écouter la fin avec autant\nde que le commencement. A signaler, dans la dernière partie,\nun glas d'un effet impressionnant. Très bien chantée par Mlle Anne\nVila et MM. Plamondon et Louis Bourgeois, cette cantate fut fort bien\naccueillie.\nLe premier Concerto brandebourgeois, écrit pour violon principal, deux\ncors, trois hautbois, basson et orchestre, ne fut pas moins applaudi. Cela\nse meut, grouille et vit de façon parfois si intense que l'instrument prin-\ncipe ne parvient pas à se faire entendre. L'andante, heureusement, nous\nlaissa apprécier le talent du soliste, qui n'était autre que M. Georges\nEnesco, dont on connaît la valeur. Le Choix d'Hercule « dramma per\nmusica », ma paru un peu long. Je me contenterai de citer Mme Marthe\nPhilipp, Hercule bien chantant, ainsi du reste que Mlle Anne Vila la\nVolupté, —M. Plamondon —la Vertu,—M. Louis Bourgeois - Mercure.\nKAmkU 1 - . mant- l-)lral\n-je que les chœurs m'ont\nsemble quelquefois manquer de cohésion ? Mais l'orchestre sous la\naguette de M. Gustave Bret, fut en général suffisamment souple et docile."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.49", "texte": "34\nLE MERCURE MUSICAL I-1-06\n\n„en es, de certaine, œuvjes a£sg. l'on revoj, .on-\njours avec Quatuor de Grieg, dont le Quatuor Luquia et - dans\net aussi le p ? • te Q ,je Lausnay, nous donnèrent le 18 décembre\nexécution. Sonorités bien équilibrées nuances bien com-\nité href très bon ensemble que celui forme de MM. F. Luquin,\nH DumoQtA Roelens et H. Richet. Dans la Sonate de G. Franck, M. Fer-\n»nd T uaui'n fît preuve de beaucoup de style et fut chaleureux a souhait,\ntandis aue la 5S pour violoncelle de Grieg mit en valeur, notamment\n?nns l'andante le jeu expressif de M. Henri Richet, tous deux, d ailleurs,\necondes à merveille par M. Georges de Lausnay. Bref, excellente soiree\npour l'art, et aussi pour le public, dont les applaudissements furent nom-\nbrr es anciennes Matinées Danbé, sous le nom de « Matinées musicales et\npopulaires », viennent de reprendre à l'Ambigu leurs intéressantes séances\ndu mercredi avec, comme directeur artistique, M. A. Luigini.\nFn vedette sur le programme du i 3 décembre: Mme Marguerite Carre,\noui toute gracieuse, chanta délicieusement une chanson de Miarka : l Eau\ncourt accompagnée par l'auteur ; et M. Lucien Fugère, qui détailla\naveclnfiniment d'humour les Vieilles de Levadé. Ces deux chansons furent\nredemandées, ainsi que le duo de Xavieaprès lequel le public acclama\nlonguement ces deux excellents artistes. Dans le Quatuor op. Haydn\net dans le Nocturne du 2e quatuor de Borodine, le qua.uor !sou<dant fit\napplaudir un ensemble très homogène, compose de MM Soudant, de\nBruvne Mieard et Bedetti, auxquels vinrent s'ajouter MM. F. Lemaire,\nA Petit'et Delahègue, dans le Septuor de Saint-Saëns. Puis, avec\nbeaucoup de fougue, M. Jean Bedetti joua superbement la partie dun\nConcerto pour violoncelle de Popper. Cette musique est loin d etre amu-\nsante mais le public aime encore beaucoup ces œuvres de pure virtuosité.\nAussi' ne ménagea-t-il pas les ovations à l'interprète et au double quatuor\net piano qui l'accompagnait, dirigé par M. Luigini avec sa maîtrise habi-\ntULe\"programme de la seconde matinée contenait une part de chant plus\nimportante. Tour à tour, M-8 Jeanne Raunay l'inoubliable Guilhen de\nFervaal, MUe Lucy Vauthrin et M. Léon Beyle —de l'Opéra-Gomique\nvinrent charmer le public dans des pages diverses de Mozart, G. Franck,\nPuccini, H. Busser et Léon Moreau, ces dernières mélodies accompa-\ngnées par leur auteur. Très applaudi également M. Soudant, qui se pro-\nduisit en solo dans les Airs bohémiens de Sarasate, et avec ses habituels\npartenaires dans un Quatuor de Mozart et une Reverie de Schumann.\nJEAN POUEIGH.\nEcole des Hautes Etudes sociales. M. Henry\nExpert, dont on connaît les admirables travaux sur la musique de la Re-\nnaissance, est un erudit aussi passionnant qu il est passionne . il ne garde\npas pour lui son enthousiasme ; il sait le communiquer et, mieux encore,\nil sait le justifier. Avec quelle chaleur de zèle, avec quelle verve et quelle\nardeur il plaide la cause de ses vieux maîtres, montrant les finesses de\nleur grâce ou de leur gaieté, et tour à tour l'adresse ou la naïveté de leur\nart! Des pièces de Jannequin, Costeley, Mouton, etc., illustraient cette\nvivante causerie : elles ont valu le plus vif succès au « Quatuor Expert »,\ncomposé par Mmes Mathieu et Goulancourt, MM. Thibaut et Ragneau,\ntroupe alerte et disciplinée qui fait honneur à son excellent caporal.\nJ. CH."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.50", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n35\n\nA L'OPÉRA\n\nLa Ronde des Saisons,ballet en trois actes et six tableaux, deCh Lomon, musique de Henri Busser,\npas réglés par M. Hansen.\nOn se montre encore les figures connues de tel et tel Parisien notoire, on\nse chuchote les surnoms nouveaux qui les décorent, que déjà les cuivres\nde 1 orchestre éveillent dans le somptueux hémicycle des échos de music-\nhall. Mais le rideau se lève sur un vaste décor de campagne à volonté, et\nM\"c Zambelli fait son entrée : tous les bavardages se taisent aussitôt, tou-\ntes les lorgnettes se braquent ; on ne peut imaginer en effet une légèreté\nplus aérienne ni un art plus exquis. Les fines pointes ne semblent plus\ntoucher terre, les jambes battent comme des ailes, c'estle vol d'un papillon,\nc'est le tournoiement d'un lutin fantasque, et c'est en même temps une\nmiraculeuse précision de rythme, une harmonieuse élégance, une grâce\nnoble, pure, nerveuse et décente. Sans M'ie Zambelli, je ne sais ce qu'il fût\nadvenu de cette soirée.\nLe ballet est cependant bien à sa place à l'Opéra, et c'est un genre qui\ndevrait enchanter, à ce qu'il semble, l'imagination d'un poète et d'un mu-\nsicien. Pourquoi donc ne nous donne-t-il plus que des fruits d'une si\nécœurante banalité ? On peut dire avec vérité que la Ronde des Saisons\nne révèle pas la moindre trace d'invention, ni dans le scénario, fade à pleu-\nrer, ni dans la musique, triviale je veux croire à dessein, ni dans la danse,\nmonotone et conventionnelle comme toujours, exception faite pour les\npas de Mlle Zambelli, qui, eux, furent réglés par Mme Rosita Mauri. 11 s'a-\ngissait, si j'ai bien compris, de justifier quatre entrées successives figurant\nles quatre Saisons : sujet traité souvent par l'ancien Opéra, mais demeuré\naimable et pittoresque. Or ces entrées n'ont ici aucun caractère, aucune\ncouleur, aucune grâce. Les hirondelles bleues du printemps, pas plus que\nles corbeaux noirs de l'hiver (conduits cependant par deux charmants chefs\nde file), ne savent que devenir sitôt entrées en scène ; c'est pourquoi, après\nquelques évolutions, chassés-croisés et entrelacements, elles se retirent,\nayant montré tout ce qu'elles peuvent faire. Et cependant les Saisons per-\nsonnifiées n'ont eu que le temps d'échanger avec le héros Tancrède quel-\nques gestes vagues qui semblent dire : '< Voyez-moi ça », et font songer à\nquelque commère d'une Revue sans paroles. C'est grand dommage, et l'on\npouvait certes mettre mieux en valeur le talent de Mlles Ricotti, Léa Piron,\nSirede et Nicloux. Quant à M'i° Louise Mante, en Tancrède, j'avoue que\nson travesti ne me plaît pas trop ; il éveille de vagues souvenirs archéolo-\ngiques, et donne des démangeaisons de lui parler d'Ecbatane et des fouilles\nde Suse, ce qui évidemment serait hors de propos. Pourquoi ne pas assi-\ngner ce rôle à un danseur ? L'Opéra en possède d'excellents, parmi les-\nquels je citerai M. Vanara, qui a mimé très vigoureusement le rôle de la\nSorcière (car c est ici la confusion des sexes). Quelle sorcière ? me dira-\nt-on. En effet, j'ai oublié de raconter l'histoire ; elle est plus que simple.\nTancrède, épris de la fée Oriel (sic), veut la retrouver ; la Sorcière lui pré-\ndit ce bonheur pour le prochain automne et le munit de trois fleurs magi-\nques qui tour à tour, et très rapidement, évoquent le printemps, puis l'été,\npuis la saison rêvée : extase, tendres ébats, et perte malencontreuse de la\ndernière fleur : l'hiver survient et ensevelit sous sa neige les deux amou-\nreux, transis pour de bon cette fois. Morale : si vous voulez danser, mé-\nfiez-vous de l'amour. Il y a certes du vrai dans cet aphorisme, mais on\npouvait l'illustrer d'une aventure plus neuve et plus émouvante aussi.\nUn grave danger nous menace, et je le signale à tous ceux qui savent dis-\ntinguer le sérieux du frivole : la danse, le plus noble peut-être de tous les"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.51", "texte": "36\nLE MERCURE MUSICAL 1 I'OÔ\n\narts aeonise sous nos yeux. Elle a perdu ses pas les plus gracieux : menuets,\ncourantes et gavottes ; ses costumes ont été déformés par la tyrannie du\ntutu • elle n'a plus ni Plaisirs, ni Nymphes, ni bergeres, m Bacchantes,\nmais'seulement des premiers et des seconds sujets, des coryphées et des\nétoiles • toutes se ressemblent, toutes font, à peu de chose près, les memes\nexercices : un ballet à l'Opéra n'est pas un spectacle disposé pour le plaisir\ndes yeux ; on se croirait plutôt dans une classe, un jour d'inspection gel^e\"\nraie* L'une après l'autre ou par groupes, toutes viennent à leur tour débi-\nter leur petit morceau, devant MM. les abonnes qui scrutent, épient, pren-\nnent mentalement des notes et décernent sans doute des bons points.\nQuant à la musique, son rôle, bien modeste, est d accompagner ces évolu-\ntions monotones et de se débiter, comme elles, en petites tranches bien\ncoupées. Celle de M. Busser me paraît notablement inférieure à ce qu'on\nentend aux Folies-Bergère ou à l'Olympia : car elle est plus bruyante.\nMais peut-être le malheureux auteur est-il plus à plaindre quablâmei.\nQuant à moi, je déplore amèrement que tant de grâces soient perdues.\n(Ce n'est pas de M. Busser que je veux parler, même quand il paraît sur la\nscène et salue, entre Mlle Mante et Mlle Zambelli.)\n\nLouis Laloy.\n\nLA MUSIQUE A LYON\n\nConcerts et théâtres.\nLes concerts. La Revue musicale de Lyon continue avec bonheur la\nsérie de ses « Heures de musique moderne ». M. Vallas nous offrait cette\nfois les Estampes de Debussy, En Languedoc de Déodat de Séverac et,\noutre quatre lieder déjà publiés, une Sonate inédite de M. A. Mariotte. Je\ncrois bien cependant que les délicieuses Enfantines de Moussorgski ont eu\nle Succès du concert. Mme de Lestang, cantatrice aimable, s'y montra toute\nnaturelle, et M. Jean Reynaud, qui l'accompagnait, fît ressortir, sur un ins-\ntrument trop sonore, la pure musicalité du texte. M. Mariotte interprétait\nles autres numéros, et lui-même, M. Mariotte, m'a étonné !\nM. Vallas nous promet encore de très belles et très nobles choses. Les\nœuvres de M. Ravel viendront aux prochains programmes. Sans doute il\nn'y a pas jusqu'à la province qui n'ait le désir de s'en... paladilher, à sa\nfaçon.\n*\nA la 2e séance, encore unétonnement ! de la grâce, un sentiment tout fémi-\nnin de ce qui touche dans le génie des hommes ; Mme de Lestang se dévoue\nau piano de M. Léon Vallas. Je tremblais devant l'épaisseur du programme:\nje n'ai aucune honte d'avouer mon plaisir ; une telle interprétation rafraî-\nchit l'âme. M'est-il permis de reprendre pour mon compte l'épigraphe de\nRavel : « Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille » ? C'est un bain très\nintime...\nL'Aria de Franck, le Paysage de Chausson, deux Tableaux de Voyages\net la Laufenbourg de d'lndy (i) : voilà un petit rêve doré qui me berce...\nquand M. Vallas vient tout doucement nous annoncer la Sonate en cinq\nparties de Lekeu. Longue, très longue, toute fuguée en l'éternelle pour-\n\n(i) M. joue ses propres oeuvres d'une façon moins passionnée et plus intellec-\ntuelle: c'est pour lui acte d'évocation bien plus que de sensibilité. Mrae de Lestang vou-\ndra-t-elle « foncer» un peu la couleur de son interprétation ?"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.52", "texte": "REVUE DE I.A QUINZAINE\n37\n\nsuite de quelque illusion mobile... Pourquoi donc le Rhin se présente-t-il\naussi obstinément devant mon esprit?...\nPuis Claude Debussy triomphe, et ses disciples réveillent quelques audi-\nteurs qui se chauffaient au roucoulement des arpèges. Après la Danse et la\nSarabande du maître, Séverac nous enseigne, au Jour des noces du Chant\nde la terre, un Languedoc trop cérébral encore. M. Vallas est méchant de\nnous lire l'épigraphe de cette œuvre : non, il ne faut pas écrire ce que l'on\nsent si bien ! M. Ravel, au scandale des nobles duènes, précipite sa\nPavane pour une Infante défunte,puis il quitte son auditeur inquiet dans\nl'effarement exquis de ses Jeux d'eaux.C'est tout, mais je suis encore sous\nle charme.\nSociété lyonnaise des Concerts de musique classique. Cette Société est\nune des rares de notre ville qui puissent se réclamer d'un passé artistique ;\naprès vingt-six ans d'existence, elle demeure aussi prête à sacrifier aux inté-\nrêts de l'art. Le Quatuor JBayotnous apporte donc une joie musicale :\ncela change du « plaisir de Paris » que promènent certains virtuoses, des\npianistes, pour ne nommer personne.\nLe Quatuor en ut majeur de Mozart (Adagio, Allegro Andante canta-\nbile Minuetto Molto allegro) est rendu avec toute la finesse désirable\net une simplicité... délicieuse chez des artistes de la capitale. Je crois cepen-\ndant que la dernière partie est interprétée avec plus de vigueur (oh, bien\npetite vigueur !) que d'apparente sympathie. Mais le respect de l'œuvre\njouée, la belle sonorité et la délicatesse des instruments font qu'on ne\nsaurait souhaiter meilleure exécution de Mozart, en France du moins.\n... Pourquoi ? Par quelle diabolique intention avait-on inclus le\nop./odeM. Debussy entre Mozart et Beethoven (VII) ? Je ne sais si l'on\nme trouvera logique, désirant que l'on respecte l'œuvre du temps, « tout de\nmême ».\nPour en revenir à MM. Hayot, Touche, Denayer, Salmon, en une inter-\nprétation vraiment excellente, la difficulté géniale de l'œuvre fut double-\nment vaincue par la jeunesse virile de l'enthousiasme. C'est dire que le\nSeptième de Beethoven venait bientôt après comme un roi très grave, sorti\ntout étonné des clairières de l'Oural, et un peu triste de cette effusion,\ntoute flottante encore, d'Oréades et d'Hamadryades.\nJ'ai dit que le Quatuor de Paris mettait plus de netteté que de profon-\ndeur dans la compréhension des maîtres. A cela près, il est parfait.\nSalle Philharmonique : Concert Poulet-Chanel. Mlle Madeleine Poulet,\nqui nous revient diplômée de lAcadémie royale de Berlin, ne rapporte\nnaturellement pas les bonnes méthodes en honneur dans son propre pays.\nC'est un tort sans doute ; mais tant de jeunesse et de bonne grâce y sup-\npléent, que c'est assez pour M. Joseph Chanel d'achever le succès de la\nsoirée, pesante pour de si jeunes épaules. (M. Chanel est déjà connu par\nde précédentes auditions et par son active participation au quatuor Rinuc-\ncini.) La Sonate à Kreutzer,celle de Frank, la de Beetho-\nven— (O, clair de la lune !..) —du Chopin, Nocturne et Ballade, la\nCampanella de Liszt c'est tant et tant que l'on fait appel àla fin à son ima-\ngination bien plus qu'à ses oreilles. M. Chanel avait interprété auparavant\nune Romança de Svendsen et une Polonai de Wienawski.\nIl faut penser en somme que ce début est honorable et que les Berlinois\nratifieront le jugement de nos compatriotes, puisqu'il est question d'un\nvoyage de reconnaissance.\nConcert des Chanteurs de Saint-Gervais. En location pour une œuvre\nparoissiale. —Je regrette d'avoir lu sur les murs certaines affiches vertes"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.53", "texte": "38\nLE MERCURE MUSICAL l-T-OÔ\n\noù l'honorable M. Bordes dénie « toute concurrence commerciale entre-\nprise sous son nom ». Gela se fait-il à Paris ? Ici, c était inutile.\nM. Charlier, trompette-attraction de la Monnaie, joue presque juste,\nmais il est gênant de l'écouter.\nAu reste, programme « entièrement » inédit à Lyon: « La 2epartie com-\nprendra l'audition intégrale du deuxième acte dCArmide (orchestre et\nchœur :70 exécutants... !) » M. Bordes devra demander àM. Colonne\nce qu'il en coûte parfois de la superstition de la province. Il est heureux\nque ce concert n'ait pas été destiné aux musiciens. Je tiens cependant\nà lui signaler qu'Armide fut montée ici avant Paris qu un ministre y assista\net que nous connaissons même le deuxième acte.\nPour compléter le programme : trois textes de musique presque ancienne,\nc'est vraiment trop peu pour les Chanteurs.\nAu fond.il est facile de se consoler en pensant que M. Bordes n'est pour\nrien dans l'abus qu'on a fait de son nom.\nA signaler une conférence duPr Ehrhard :La danse à VOpéra en 1834.\nLes débuts de Fanny Elssler. Paraîtra prochainement au bulletin des\nAmis de l'Université.\nThéâtre. Je ne parlerai pas des reprises de Samson et Dalila et d'au-\ntres nouveautés qui sont entrées au répertoire. Ces chefs-d'œuvre ne va-\nlent que par l'interprétation. A Lyon c'est la municipalité qui joue le prin-\ncipal rôle... astringent, pécuniaire .. si j'ose... eût dit Sarcey...\nL'Attaque du moulin (reprise de). Le drame de M. Bruneau ne paraît\npas avoir gagné grand'chose depuis dix ans qu'il fut représenté ici. Pas\nmême auprès du public : en représentation de bienfaisance, —un samedi\n« jour de paye », il est triste pour Yart social de remplir quarante fau-\nteuils et la moitié des galeries donc succès modéré, recette idem.\nIl serait disgracieux de lacérer un chef-d'œuvre déchu. A part le manque\nd'invention, une certaine rusticité d'âme, sans trop de vulgarité, rend l'au-\ndition supportable. Cette musique est peuple évidemment. Si l'intention\nde l'auteur fut telle... J'oserai dire que c'est parfois « vague ». Et pour\nrester dans le ton local, Guignol possède un matériel dramatique qui ne le\ncède en rien à celui du vieux Zola.\nIl est juste sans doute —et démocratique —de tirerprofit de l'intérêtpuis-\nsant de quelques secousses verbales : guerre, mort, fusiller, tuer, brûler,\netc..., et de tout le bruit qu'on peut faire là-dessous (sans compter les coups\nde fusil). L'erreur de la Débâcle est tentante par le succès, et M. Bruneau,\nlui aussi, ne manque pas d'un certain sens dramatique. Mais pourquoi\navec tant d'instruments, tant de bois, tant de cordes et tant de métal, sou-\ntenir parfois une déclamation notée comme l'antique joueur de flûte dut\ncommenter le prologue de YAululaire} C'est pauvre sans être discret. Je\ngagerai que Y Artésienne prime l'œuvre de M. Bruneau en vérité musicale\nsinon en volonté d'être sincère.\nGros sentiment grosse musique en somme, même quand elle se tait...\nComme tant d'autres,M. Bruneau croit de sa fonction de flatterie sentiment\nélémentaire de l'ouvrier glissons le mot: d'une brute, tendre ou peureuse,\nsuivant le cas.\nVoilà sans doute l'erreur initiale. Une œuvre qui ne suppose pas effort\nmoral de la part du spectateur n'est pas œuvre d'art fut-elle sociale.\nQue voudrait-on signifier, du reste, aux réputées « classes supérieures »en\nleur imposant un sujet d'admiration inférieur ? Car enfin il faut tenir compte\nde tout le monde même en communisme...\nEt puisque « la vérité est en marche », je ne comprends guère, je l'avoue*"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.54", "texte": "REVUE I>E LA QUINZAINE\n39\n\nl'effrayante immobilité de cet idéal social, toujours plus cupide de ses\nconnaissances nouvelles, toujours plus vide de la volonté de lui-même. Au\ncours de Yhistoire naturelle des esprits, il est certain que 1 illusion cérébrale\nabsorbe la vie physique. Zola = Schopenhauer, alors ?...\nFaux idéalisme en somme ! L'idéal de l'ouvrier n est pas différent de\ncelui du plus farouche aristocrate de l'esprit. Sur tel sens de la volonté, —~\nqui n'est pas un but, comme on voudrait nous persuader, deux mentalités\nhumainement semblables ne sauraient différer. Tout se rejoint : l'antagoniste\ncompréhension des moyens ne préjuge en rien de la similitude profonde du\ndésir. Rappelons Héraclite : « Les âmes barbares ne savent pas que le bien\net le mal se réunissent en un même effet comme se combinent dans l'har-\nmonie de l'arc et de la lyre des actions opposées. »\n... M.-Bruneau n'est plus très 10in...\nEn terminant, je ne voudrais pas lui faire de la peine en assurant qu'il\na trahi la pensée de Zola en le traînant sur une scène lyrique. Dans cette\naction dramatique, trop récente trop précipitée, ou trop ralentie au\ngré de la partition,— l'horreur de la guerre m'apparaît trop antique ou trop\nnaturelle pour être enseignée avec fruit. Mais vraiment que ces Prus-\nsiens sont antipathiques... me pardonnent mes amis d'Allemagne !\n\nJacques Reboul.\n\nLA MUSIQUE EN FINLANDE.\n\nLes concerts d'Helsingfors. Sibelius.\nNous avons ici deux associations musicales : les Concerts populaires, qui\nont lieu deux fois par semaine, et les Concerts symphoniques, une ou deux\npar mois. Cette dernière entreprise a pour elle les mérites de l'exécution.\nMais les programmes de la première sont souvent beaucoup plus intéres-\nsants. C'est ainsi que son premier concert, consacré uniquement à la\nmusique finlandaise, nous faisait entendre le finale d'un opéra d'Ekmao, le\nRoi Karl-Pacius, des chants populaires arrangés pour orchestre à cordes\net un poème symphonique de Jârnefelt : puis des œuvres de\nSibelius : En Saga (conte), Élégie et (de la musique de scène\nécrite pour le drame Christian II), légende\nfinnoise; enfin une Ouverture dramatique de Mielck, une Valse de Palm-\ngren, et une Marche de Kajanus. Ces compositions ont toutes été accla-\nmées d'enthousiasme et le méritaient pour leur charme pénétrant et leur\ncouleur délicate. Il y a dans toute la musique finlandaise une mélancolie\ntendre et poignante ; ces chants venus du plus lointain des âges semblent\nnous dire la tristesse émue des premiers réveils, au bord des lacs voilés de\nbrumes où ne se risquaient pas les pirogues. Car la musique finlandaise,\ncomme notre musique russe, puise aux sources pures de l'inspiration popu-\nlaire. Témoin ce thème du Conte de Sibelius, simple et doux comme un\ntrès vieux récit :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.55", "texte": "40\nLE MERCURE MUSICAL L-I-OÔ\n\nCe Conte est d'ailleurs un chef-d'œuvre, et Sibelius, le chef de l'école\nfinlandaise, est un très grand compositeur, digne d'être mieux connu en\nEurope. Son Cygne de Tuonela a été récemment joué au Concert Chevil-\nlard et apprécié à sa valeur en cette Revue; mais bien d'autres œuvres\nmériteraient pareil honneur, entre autres une musique de scène pour\nPelléas et Mélisande qu'il serait intéressant de comparer, non certes au\ndrame de Debussy, mais à la Suite de Gabriel Fauré. Elle contient entre\nautres une délicieuse Pastorale et une chanson des Trois sœurs aveugles,\ntoute finlandaise de tour et d'accent.\nParmi les jeunes compositeurs finlandais, c'est Palmgren qui donne le\nplus d'espérances, depuis la mort prématurée de Mielck : son inspiration,\nmoins profonde que celle de Sibelius, a beaucoup de grâce et de poésie.\nAux Concerts populaires suivants figuraient le Cygne de Tuonela et la\nFinlande de Sibelius, l'Ouverture du Prince Igor de Borodine, une danse\ntirée de Rogneda de Serof, le Caprice espagnol de Rimsky-Korsakof et\ndiverses œuvres de Dvorjak, Smetana, Glazounof, Borodine, Grieg, Palm-\ngren et Melartin ; cependant que les Concerts symphoniques ne risquaient\nTchaïkovsky et Glazounof que pour mieux revenir à Schubert, Verdi et\nmême Spinelli.\nEnfin, le 9 décembre, M. Palmgren donnait un concert, avec le chœur de\ncent étudiants qu'il a formé et l'orchestre philharmonique. On y entendit\ndes chants populaires et deux chœurs avec orchestre, de Sibelius, qui, le\nsentiment national aidant, soulevèrent d'interminables acclamations. Une\nfoule enthousiaste fit la conduite aux choristes jusqu'à la maison des étu-\ndiants, en chantant les vieux airs finlandais. Ce sont là de belles manifes-\ntations de vie nationale et artistique, auxquelles un étranger même ne peut\nque s'associer avec émotion, espérance et sympathie.\n(Traduit du russe par Louis LALOY.)\n\nLef Zeitlin.\n\nMUSIQUE DU XVIIIe SIÈCLE\n\nLes Maîtres français du violon au xvnr siècle*\nOn sait avec quelle persévérance et quel zèle M. Joseph Debroux s'em-\nploie depuis nombre d'années à faire revivre l'ancienne école française du\nviolon. Son édition du ler livre des Sonates de J.-M. Leclair, publiée en\ncollaboration avec M. Guilmant, avait déjà commencé à combler une re-\ngrettable lacune de notre littérature musicale. Voici que 4 nouvelles Sona-\ntes (1) viennent révéler des maîtres qui dormaient d'un sommeil profond\ndans le sanctuaire des bibliothèques 1 François Ou Val. Jean-BaDtiste\nSénallié, François Francœur, et L'abbé le fils!\nPersonnellement, nous ne pouvons que nous féliciter d'assister à sem-\nblable résurrection, car nous avons été heureux de faire connaître aux lec-\nteurs du Mercure musical l'intéressant musicien qui se nomme François\nDu Val. Du reste, en ces temps où la « Debussyte » règne, où les plumes\ns'aiguisent, où les arguments font flèche à propos des discussions que\nsoulevé l'enivrante musique d'un jeune maître déjà illustre, il n'est pas\nmauvais de chercher un lieu de repos où, loin du tumulte des batailles\n\n(i) Publiées chez B. Roudanez, éditeur, 9, rue de Médicis, Paris."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.56", "texte": "REVUE DE I.A QUINZAINE\n41\n\nd'idées, et au sein de tranquilles harmonies, se puisse goûter un peu du\ncharme des choses du passé. Ce coin des Champs Elysées de la musique,\nce jardin d'Armide, M. Debroux nous l'indique en nous invitant à diriger de\nce côté notre flânerie etnotre curiosité. Au surplus, y a-t-il là de quoi nous\nsatisfaire, car cette lointaine Salente dispense quelques-unes des captivan-\ntes jouissances musicales dont notre sensibilité moderne s'affirme si avide.\nM. Debroux poursuit un double but : d'abord, un but historique, consis-\ntant en la restauration d'œuvres où l'esprit français est répandu à profusion;\nensuite, un but pédagogique, car les 4 Sonates qu'il vient d'éditer présen-\ntent un intérêt technique considérable ; elles exigent, pour être correcte-\nment interprétées, une grande netteté d'articulation et beaucoup de sou-\nplesse d'archet ; elles sont une sérieuse école de justesse en raison de la\nfréquence de l'emploi de la double corde, et, à ce titre, les élèves pourront\nles travailler avec fruit.\nAvec une honnêteté dont on ne saurait trop le louer, M. Debroux pré-\nsente le texte original sans autre modification que celle qui résulte de sa\ntranscription en clef de sol deuxième ligne pour celles des Sonates écrites\nen clef de so/première... puis, il donne son interprétation, toujours respec-\ntueuse des particularités rythmiques de ce texte, et du phrasé indiqué par\nl'auteur. Un pareil procédé désarme toute critique, car, au cas où quelque\ngrincheux s'aviserait d'épiloguer sur l'interprétation des petites notes et\ndes ornements, par exemple, le susdit grincheux aura toujours la faculté,\ngrâce à l'intégrité fidèlement conservée de la version primitive, de modi-\nfier à son gré la traduction proposée par l'excellent violoniste.\nChez François Du Val, on peut admirer la qualité mélodique si franche\nde Y Allemande,et aussi de savoureuses recherches harmoniques distribuées\ndans la dernière partie de la Gavotte.Sénallié est représenté par une œuvre\nde teinte un peu grise (ler livre, 1710) qui laisse voir l'influence italienne,\ndont la fréquentation du célèbre Antonio Vitali devait par la suite accen-\ntuer encore chez lui le caractère.\nLa Sonate en sol mineur de François Francœur (1720) est bien belle\navec son large Adagio tout semé de majestueuses formules ornementales,\nsa piquante Allemande,sa Sarabande recueillie et l'amusant ronronnement\nde son Rondeau.Elle affiche des qualités très françaises d'émotion, de\nclarté et d'élégance.\nAvec L'abbé le fils, nous constatons les progrès réalisés par l'école de\nLeclair qui fut son maître ; le style est alerte, ennemi des longueurs et des\nredites. L'abbé démanche crânement, et manie la double corde d'un\ngeste aisé et spirituel. Sa « Chasse » est plaisante dans ses effets de loin-\ntain, et la Gigue finale pétille d'une bonne humeur communicative. C'est\nde la musique pleine de santé et de joie.\nRemercions donc M. Debroux de l'heureuse inspiration qui l'a guidé\ndans le choix de ces 4 Sonates. Il a épousseté de véritables joyaux.\n\nL. de la Laurencie.\n\nLES LIVRES.\n\nProdhomme : Hector Berlioç. Paris, Delagraveg Pierre Aubry et Emile Daoier : Les\nCaractères de la Danse. Paris, Champion.\nLe livre de M. J.-G. Prodhomme est l'exposé très clair et très plausible\nd'une histoire qui, pour être assez récente, n'en présente pas moins bien"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.57", "texte": "42\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\ndes obscurités : l'histoire de la vie de Berlioz. Non que les documents\nnous manquent ; ils ne sont que trop nombreux, et souvent se contredi-\nsent. Berlioz ne fut-il pas toujours maître de son imagination, ou au con-\ntraire sut-il trop bien la diriger selon les besoins de sa cause ? Toujours\nest-il que ses Mémoires et même ses lettres familières demandent à être\ncontrôlés sans cesse par les témoignages contemporains. C est ce que 1 au-\nteur a fort bien su faire, et il y a une modestie touchante dans le soin\nqu'il a de s'effacer devant les textes, et de ne prendre la parole que pour\nconclure, en peu de mots, après nous avoir loyalement communiqué toutes\nles pièces du procès. Il nous fait ainsi assister, presque semaine par\nsemaine, à l'existence entière de son héros, si mouvementée d ailleurs, si\ntourmentée, si pleine à la fois de triomphes et de tortures, que l'intérêt\nne languit pas un instant. La vie de Berlioz réalisa, mieux encore que son\nœuvre, l'idéal romantique. Cette œuvre est elle-même appréciée, dans le\nchapitre final, avec beaucoup de justesse et de netteté. Berlioz -et c'est là sa\nplus grande gloire peut-être est bien celui dont « l'influence libératrice\ns'est étendue de l'Occident à l'Orient, allant éveiller les pensées du monde\nslave, et par qui fut rendu possible le grand œuvre de Bayreuth ».\nC'est une curieuse histoire que nous content, en une élégante plaquette,\nMM. Pierre Aubry et Emile Dacier : l'histoire d'un ballet, de ses interprètes\net de ses transformations. Le célèbre violoniste Jean-Ferry Rebel estl'auteur\nde ce divertissement musical, les Caractères de la Danse, composé en 1715\npour faire valoir le talent de Mne Prévost. C'est simplement une série d'airs\nà danser (Courante, Menuet, Bourrée, Chaconne, etc.), dont l'ingénieuse\nartiste fit autant de pantomimes : dans la courante, un vieil amoureux, sou-\npirant pour une beauté rebelle, ne demande à l'Amour que de « croire\naimer », ce qui est vraiment bien modeste ; mais dans le menuet on voyait\nune fillette de douze ans prier l'Amour d'endormir samère, car elleattend son\namoureux, cequi est un peu prématuré peut-être, même à l'Opéra. Mlle Sallé,\nélève de MUe Prévost, suivit sa tradition, tandis que Mlle Camargo, sa rivale,\nse contenta de danser, avec une verve endiablée qui ne voulut jamais s'as-\ntreindre aux lenteurs de la pantomime. Cependant des interpolations de\nplus en plus nombreuses (nous sommes à l'Opéra) chassaient peu à peu de\ncette courte partition la musique de Rebel : dès 1739 il n'en restait plus\ngrand'chose. Cette musique a été recueillie par MM. Aubry et Dacier, et\nforme, à la fin de leur plaquette, un supplément fort bien gravé. Les au-\nteurs nous donnent en outre un fort beau portrait de Prévost, en bac-\nchante, et le joli dessin des ornements recommande leur ouvrage à tous les\nbibliophiles.\n\nLouis Laloy.\n\nCOURRIER DE NICE\n\nL'incident Heugel a fait couler beaucoup d'encre. On l'a commenté en\nprose et en vers. On a prié, supplié vainement l'éditeur parisien de revenir\nsur sa décision ; les autorités sont intervenues et ont fait des démarches\ninutiles; on a menacé les compositeurs français des représailles deM.Son-\nzogno ; on a invoqué l'entente franco-italienne ; on a essayé de prendre\nM.Massenet par la douceur, en le persuadant que Nice serait malheureuse,\nnavrée de ne point entendre sa musique, et en démontrant combien lui-\nmême devrait en être désolé, l'invitant à intervenir dans un intérêt com-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.58", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n43\n\nmun : l'auteur de Manon a fait la sourde oreille. Au lieu de commencer par\nHérodiade, la saison s'est ouverte avec Aida, et la critique a déclaré que\nl'on n'avait rien perdu au change (attrape, Massenet!). Et depuis nous\nentendons la Juive, les Huguenots, Faust, Y Africaine, la Vie de Bohême, tout\ncela chanté par des débutants inhabiles, exception faite cependant pour\nM. Imbart de la Tour, le valeureux créateur de Fervaal, très applaudi dans\nSatnson et Dalila. Je ne sais si cela continuera, mais pour le moment on se\ncroirait à Landerneau ! Et tout cela pour s'obstiner à monter Siberia\ncar on nous le joue quand même, et en français encore (il paraît que c'est\npossible en s'adrcssant à l'éditeur italien), annoncé par des affiches bigar-\nrées et des réclamespompeuses... « l'œuvre pathétique etsuperbe du maestro\nGiordano... applaudie par le Tout-Nice artistique et mondain» (surtout\nmondain)... Au fond, jouer Siberia ainsi en commencement de saison m'a\ntout l'air d'une façon de s'en débarrasser !...\ny\nIl est vrai que plus tard nous aurons encore la Manon Lescaut de Puc-\ncini, et que c'est peut-être bien de là que proviennent le silence et l'inertie\nde M. Massenet, vexé de voir cette Manon jouée en France, où la sienne\njouit d'une si grande renommée: petites causes, grands effets. Mais il n'a\npas tout perdu ; Hérodiade a été exécutée tout de même, en fragments, au\nPalais de la Jetée, par l'orchestre Gervasio, le meilleur peut-être de Nice,\ncelui tout au moins qui met à ses programmes les oeuvres les plus intéres-\nsantes. Le maître est alors sorti de son mutisme et a envoyé par télégramme\n« de grandes félicitations » et « sa vive gratitude ».\nEt il faut voir le bon public emplir la salle de l'Opéra, attendre Yut du\nténor qui ne veut pas sortir, applaudir aux points d'orgue et aux roulades\nde la prima donna. Il se réjouit à la résurrection de ce vieux répertoire et\nne demande qu'une chose, c'est qu'il se maintienne jusqu'à la fin de la\nsaison. Quant au désir de s'instruire, il s'en moque, et son apathique igno-\nrance n'aide pas peu au mouvement réactionnaire qui, d'abord dissimulé,\ns'affirme maintenant on peut dire ouvertement. D'ailleurs 1 e primum vivere\nqui dirige les actes de la foule cosmopolite attirée ici par le soleil, et que\nl'esprit mercantile local entretient et exploite habilement, ne semble pas\nencourager les tentatives sérieuses d'éducation artistique. Je n'ai pas encore\ncompris comment des gens qui prétendent composer une élite, qui ont fait\nleurs humanités, fréquenté les musées et les théâtres, ne s'aperçoivent pas\nque leurs connaissances musicales sont à peu près nulles. Ils ont appris\ndans leurs classes à disserter sur Racine ou Molière, Voltaire ou Rousseau ;\nplus tard ils ont lu et commenté Hugo, Flaubert, Baudelaire, Verlaine et\nVerhaeren ; ils ont appris à dédaigner Cabanel ou Bouguereau et à appré-\ncier Manet et Rodin; mais en musique ils n'ont pu aller au delà de Verdi,\nGounod et Mascagni ! Et ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont incomplets,\nincohérents même. Le développement des facultés auditives est-il donc si\npénible et si long ? Ne serait-il pas parallèle avec celui des autres facultés,\nsi l'éducation artistique était mieux comprise de nos jours, et surtout si la\ncritique musicale...\nMais n'abordons pas ce sujet qui nous entraînerait trop loin. Je dirai\nseulement qu'à une époque où la puissance moralisatrice des religions\ns'affaiblit, celle de l'Art doit augmenter, et particulièrement celle de la\nMusique, infinie en profondeur, mystérieuse dans ses effets, propre à\nl'expression des sentiments intraduisibles dans un autre langage. Le père\nGratry, dont on vient de célébrer le centenaire, disait : « Rien de précis\nn'est éducatif », et ce paradoxe est peut-être déjà une vérité d'aujourd'hui.\nC'estpour cela que je considère comme éminemmentéducatrice et civilisa-\ntrice la Musique, source d'une émotion esthétique intense, pouvant réunir\nune collectivité d'individus différents dans un même sentiment d'harmonie"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.59", "texte": "44\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nqui les rend pour un moment égaux. Le caractère de sociabilité lié à cette\némotion engendre au plus haut point ce que Guyau appelle la-synergie so-\nciale ; et le milieu dans lequel elle se manifestera s'élèvera d'autant plus\nque la musique qui la produit sera transcendante.\nC'est ce qu'un mondain et surtout une mondaine ne comprendront\njamais, et c'est peut-être pour cela aussi qu'ils fréquentent si volontiers les\nvilles de saison où l'on se garde bien de contrarier leurs inclinations : les\naffaires sont les affaires. De là l'éclosion pour cette foule oisive d'une\nlittérature malsaine, d'un art sans idéal, et d'une musique brutale, grossière,\nqui n'adopte pas le réalisme par conviction et les vieilles formules par prin-\ncipe, mais par intérêt. Car il ne faut pas se le dissimuler, et l'on ne s'en\ncache même pas, on ne fait plus des opéras que dans le but unique de\ngagner de l'argent ; et on en compose le plus possible sur des sujets de\nfeuilletons, agissant surtout sur les nerfs et, par suite, d'un effet certain.\nLa marchandise ainsi fabriquée est d'un écoulement facile. Dans ces condi-\ntions, des musiciens comme Wagner, César Franck, d'lndy, Bruneau,\nDebussy, qui ont eu la naïveté de s'imposer un idéal, sont des gêneurs\ndangereux, et on les écarte avec précaution. L'ésotérisme ? fantaisie de\nmaniaque. La synergie sociale? on s'enfiche et après nous\nle déluge! Ce n'est donc pas sa nationalité ni même absolument son\nréalisme que nous reprochons à l'école italienne actuelle, mais bien ses\ntendances réactionnaires intéressées et son esthétique sans élévation ni\nmorale. Et j'accuse ceux qui, susceptibles de réflexion, néanmoins l'encou-\nragent, d'être leurs complices ; ou bien s'ils pèchent par ignorance, alors\nqu'ils s'instruisent.\nPour une œuvre de charité entreprise par le journal local auquel j'ai\ndéjà fait allusion, une représentation extraordinaire a été décidée. On\naurait pu parmi les opéras anciens ou modernes en choisir un sortant un\npeu de l'ordinaire et profiter de l'occasion pour se distinguer. Ah bien oui !\nOn a encore pleuré auprès de M. Heugel, éditeur de Cavalleria Rusticana,\nqui s'est laissé attendrir pour cette fois, et c'est l'incomparable chef-d'œuvre\ndu maëstro Mascagni qui sera représenté. Ils feront réellement œuvre de\ncharité ceux qui viendront entendre ainsi l'air fameux : «\ntabac... ». Pour continuer et varier cette représentation, on a ajouté le\n2e acte de Siberia,« le chef-d'œuvre de la musique contemporaine »\n[Petit Niçois du 14 décembre) ; c'est, paraît-il, M. Catulle Mendès qui l'a\ndéclaré. Du moment que « l'éminent critique musical » l'affirme, il n'y a\nqu'à s'incliner. Il a du reste des tendances à adorer ce qu'il a brûlé, le\ngrand critique. Assistant un jour à une représentation de avec\nMme Mendès, cette dernière aurait dit à son mari : « Voilà du théâtre, du\nvrai théâtre », et vous savez, ce que femme veut... Et depuis, M. Leo'nca-\nvallo et lui sont d excellents amis, du moins le compositeur italien l'a\nassuré dans une interview publiée l'année dernière par le même Petit\nNiçois.\nMais voici le bouquet de cette extraordinaire soirée : le final de\nFaust chanté par tous les artistes de 1 Opéra, c'est-à-dire environ par trente\npersonnes. Cette idée-là ne viendrait certainement pas à tout le monde.\nUne mondaine, écrivant à ce même journal, trouve bien fâcheux que l'on\nsuive à Nice la mode des théâtres wagnériens et que l'on fasse l'obscurité\npresque totale pendant les représentations, ce qui rend inutile toute re-\ncherche de toilette. Et le journal de protester avec la mondaine et de de-\nmander l'abolition de cette coutume : du moment que l'on italianise, il faut\nbien dewagnériser, c'est logique. «On ne vient pas à l'Opéra uniquement\npour écouter la musique », continue la mondaine en question ; j'ajouterai\nque c est memele plus souvent la dernière de ses préoccupations. Mais àun"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.60", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n45\n\ncertain point de vue sa réclamation est fondée. En effet, si on éteint les\nlumières, à quoi sert cette obligation certains jours de la semaine de ne venir\nau théâtre qu'en habit et en décolleté? Le mardi, par exemple, qui est un\njour de gala, le jeudi, qui est souvent grand gala, et les soirées de pre-\nmières, qui sont des grand tralala ? Ce qui fait que vous ne pouvez écouter\nle samedi un opéra dans le même costume que le dimanche !\nEt voilà dans quel esprit doit s'effectuer la décentralisation à Nice, au\nmoins en ce qui concerne le drame musical. Sous d'autres rapports, il y a\nmoins àse plaindre. J'ai déjà dit qu'à la Jetée on entendait parfois de\nbonne musique. Au Casino la comédie est bien jouée et il y sera donné les\npremières représentations (créations) de pièces soignées : F. de Croisset,\nA. Germain, Xanroff, G. Berr, etc. Mais ces deux dernières scènes ont le\npouvoir de bien faire les choses grâce au produit des jeux. Ce qui fait que\nl'on pardonne à ceux-ci d'être la cause d'entr'actes démesurément prolon-\ngés. Les spectateurs qui ne jouent pas se promènent dans le hall. Parmi\nceux-ci, le soir, quelquefois, la présence de Jean Lorrain fait sensation.\nLes bourgeois le montrent à leurs épouses avides de connaître l'auteur de\nnouvelles si instructives pour elles. On entend alors des conversations\namusantes :\nELLE. Jean Lorrain, l'auteur de la Maison Tellier ? pas ?\nLui. Mais non, voyons...\nELLE. Mais si, je t'assure, même qu'il y a une image sur la couverture\navec une lanterne...\nL'AMI, qui croit s y entendre. Il a raison. La Maison Tellier, c'est cette\nnouvelle de Guy de Maupassant qu'un compositeur italien va mettre en\nmusique...\n\nEdouard Perrin.\n\nCOURRIER DE DIJON.\nP. M.\nM. Lucien Wurmser et Mme Charlotte Lormont ont donné un concert à\nDijon le 16 décembre. Le programme était d'un éclectisme déconcertant.\nJe ne parlerai donc pas de tous les numéros. Le jeu de M. Wurmser est\nsobre et délicat. On souhaiterait peut-être plus de chaleur et d'ampleur\ndans son interprétation de Beethoven. Mais, après tout, mieux vaut ici un\nexcès de simplicité que l'affectation déclamatoire de certains virtuoses.\nM. Wurmser a délicieusement joué les Variations en Ja de Mozart. Il a\nmême su donner quelque grâce à un Scherzo puérilement prétentieux de\nMendelssohn et à une Valse posthume de Chopin d'une banalité assez fade.\nIl a enfin déployé une virtuosité et une verve singulières dans la Grande\nPolonaise en mi de Liszt et VÉtude-Valse de Saint-Saëns. Mme Charlotte\nLormont a obtenu un très franc succès. La voix est claire, étendue, bien\nposée. Mais surtout l'artiste a une intelligence très précise du style de cha-\ncun de ses auteurs, et j'ai déjà dit combien ceux-ci étaient variés: dans le\nmême concert nous avons entendu du Monsigny, du Schubert, du Schu-\nmann, du Pergolèse, du Berlioz, du Ray-Berther, du Cuvillier, du Masse-\nnet. Mme Lormont a montré une souplesse de talent vraiment rare dans\nl'exécution de ce programme étrange. J'ai beaucoup goûté ses interpréta-\ntions de la poignante Absence de Berlioz, d'un air vieillot et coquet de Mon-\nsigny, et surtout du Solitaire de Schubert. Mme Lormont pourrait bien être\nnotre première chanteuse de lieder."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.61", "texte": "46\nLE MERCURE MUSICAL l-I-OÔ\n\nCOURRIER DE LONDRES.\nX.-M. B.\nTout est définitivement décidé pour les concerts que viendra donner à\nParis les 10 et 12 janvier, le London Symphony orchestra, sous la direction\nde Sir Charles V. Stanford. Le plus louable éclectisme a présidé à l'arran-\ngement des programmes, et ce déplacement artistique est « under the patro-\nnage » du Roi lui-même. Voici la liste des œuvres qui seront exécutées :\nPhaéton, de Saint-Saëns ;\nL'Ode Blest pair of Sirens, de H. Parry ;\nDance of Nymphs and Reapers, de Sullivan ;\nBenedictus, de Mackenzie;\nScherzo de la Scandinavian Symphony, de F. Cowen ;\nDon Juan, de Richard Strauss ;\nOuverture de Die Meistersinger ;\nUn Motet de Bach ;\nAndante et Finale de Vlrish Symphony, de Stanford ;\nThe Horse and his Rider, de Hândel;\nOuverture de Benvenuto Cellini, de Berlioz ;\nChœur, the Challenge of Thory extrait du King Olaf, de E. Elgar J\nQuœrens me et Lacrymosa, du Requiem de Stanford ;\nLe Sanctus de la messe en si mineur de Bach ;\nLa Symphonie avec chœurs de Beethoven.\nLes solistes engagés sont Miss Perceval Allen, Miss Marie Brema,\nMr. John Coates, Mr. Francis Braun et Mr. Plunket Greene ; les chœurs\ncomprennent ibo voix choisies parmi les meilleures du Leeds Festival Choir.\nEnfin MM. E. Colonne et A. Messager prêteront leur concours à Sir Charles\nV. Stanford.\nIl est bon que l'entente cordiale ne soit pas uniquement politique et\nmunicipale.\n\nÉCHOS\nLa Société Nationale donnera son premier concert le samedi 6 janvier,\nSalle Erard, avec le beau programme suivant :\nI. Sonate pour piano et violon de P. LE FLEM (IRE audition).\n11. Chansons bretonnes, harmonisées par P. LADMIRAULT (IRE audition).\na) Salud da Vrei\\ (Basse-Bretagne).\nb) E Kreii no% région hir ar goan (Basse-Bretagne).\n(Poésies de Taldir ab Hernin, adaptation française de P. Ladmirault).\nc) Chanson de la mariée (Haute-Bretagne).\n111. Miroirs. Cinq pièces de piano. M. RAVEL (ire audition).\na) Noctuelles.\nb) Oiseaux tristes.\nc) Une barque sur l'Océan.\nd) Alborada del gracioso.\ne) La vallée des cloches.\nIV. Premier quatuor à cordes, V. D'INDY.\nLes cinq pièces de M. Ravel paraîtront très prochainement chez\nDemets."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.62", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n47\n\nLe Quatuor vocal français, fondé par M. Paul Landormy et composé de\nMu® Mary Pironnay, soprano, Mme Marthe Philip, alto, M. Délit, ténor,\nM. Gébelin, basse, a donné le 15, le 17 et le 18 décembre à Milan et à Venise\nquatre auditions consacrées à la musique française ancienne et moderne,\ndont le succès a été très vif. Nous relevons au programme les noms de\nJannequin, Costeley, Charpentier, Rameau, Castillon, Fauré, Vincent\nd'lndy, Duparc, Chausson, Debussy, Paw/ Locard. Propagande excellente\npour l'art français, qui n'est pas un vain mot, comme d'aucuns pensent.\nLa Revue Illustrée donne, sous la signature de Martin-Gale, ce\ncurieux et charmant portrait de notre collaborateur et ami Willy-Gauthier-\nVillars ;\nWilly est un des visages les plus connus de Paris, les plus publics et les\nplus publiés. Il a Vair un peu d'un Jordaëns du Quartier Latin qui aurait\ndes yeux clairs de jeune Anglais. Il a bon cœur et mauvaise tête, il donne\nsans compter son talent et son temps à des choses qui sont inférieures à ce\ntalent et à la préoccupation qu'il y apporte. Il est aux premières, il est aux\nrépétitions générales, il est aux bars, il est au restaurant, aux matinées, aux\nfêtes de charité et aux soupers de centième ; il prend gravement des notes\naux concerts dominicaux, et fait des mots dans les loges de petites actrices.\nIl est bourru avec une voix affectueuse, rosse avec des yeux qu'on imagine\nhumides d'une larme de tendresse, il vous serre les mains, vous êtes son\nmeilleur ami et vous ave% un peu peur qu'il ne vous étrangle. Quand il aime,\nil aime, quand il n'aime plus, il déteste. Ne lui demande\\ pas pourquoi, il\nen ignore souvent la raison. C'est un instinctif. Et que d'esprit, que de\nlégèreté, de grâce ! Il sait peindre les âmes des petites femmes modernes\nmieux que personne. Il a trop de nerfs, trop de sensibilité, de cœur ; c'est un\ndes plus curieux littérateurs de ce temps, auquel il suffirait parfois de refré-\nner son besoin de vivre et de produire pour atteindre à la perfection qui\nrend les œuvres éternelles.\nLa Société J.-S. Bach donnera son prochain concert avec orchestre le\nmercredi 17 janvier, avec le concours du célèbre ténor allemand G. Walter.\nLe programme sera donné dans notre prochain numéro.\nBordeaux. On répète activement Y Anniversaire, drame musical de\nJean Ferval et Jean Harold pour les paroles et Ad. Mercier pour la mu-\nsique. La première représentation est annoncée pour le 5 janvier. Les\ninterprètes principaux seront Mme Ranflaur, du théâtre de Bukarest, et\nM. Fournets.\nLe Journal nous faisait entendre, à sa dernière matinée, Mme Adrienne\nGelma, une nouvelle venue parmi nous qui, espérons-le, nous charmera\nde sa voix plus d'une fois encore.\nLa harpe chromatique a triomphé le 16 décembre dernier à Lille, où\nMlle Zielinska, mandée à 1A dernière heure par M. Alfred Cortot, a joué\nsur son instrument unique les deux parties de harpe de la Symphonie fan-\ntastique de Berlioz. L'invention de M. Lyon et le talent de l'interprète ont\nparu également admirables.\nFanny Gaimaraès obtenait le plus grand succès récemment, dans la\nMatinée de charité présidée par Mme la Comtesse d'Eu, pour sa belle inter-\nprétation du Saint François de Paule de Liszt.La remarquable pianiste bré-\nsilienne donnera le 22 janvier, à la Salle des Agriculteurs, un fort inté-\nressant concert."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060101-01.1.63", "texte": "48\nLE MERCURE 2VIUSICAL l-I-OÔ\n' ■■ ■\nLe Directeur-Gérant : Louis LALOY.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nLe Sottisier musical. «La Mer de M. Debussy a semblé une mer essen-\ntiellement parisienne. » Le Ménestrel, 10 décembre (Correspondance de\nBruxelles).\n« De toutes les œuvres de Liszt entendues jusqu'ici, la Nuit de Noël,\nexécutée au Conservatoire le 11 et le 18 décembre dernier, est celle que\nj'ai le mieux goûtée. » La Revue musicale, i 5 décembre p- 623\n(confusion entre les programmes de 1904 et 1905, bien naturelle quand on\nne va pas au concert).\n« Dans tout le 11le acte il n'aura qu'un seul moment de génie. Ce moment\nest d'ailleurs admirable. » L. DAURIAC, Rossini? p. 83.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES.\nM.-D. Calvocoressi: Lisçt. Paris, Laurens.\nP.-L. Hillemacher : Gounod. Paris, Laurens.\nF. de Ménil : L'école contrapuntique flamande. Paris, Demets.\nWalter Niemann : La musique et les musiciens du X/Xe siècle jusqu'à l'é-\npoque actuelle, en 20 tableaux synoptiques. Leipzig, B. Senflf."}]}