{"numero_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_sha256": "9d890a103891afff5cf8657a43118af07f2ca207e45dfbd023cc6b9c621234ad", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1906/04/15_01/bmtnabh_1906-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1906/04/15_01/bmtnabh_1906-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c001", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.1", "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "Sommaire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.1", "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "Sommaire\nPIERRE AUBRY La musique et les musiciens d'église au\nXVII*\nGuiDO GASPERINI L art italien avant Palestrina (suite et lin).\nRE VUE DE LA QUINZAINE\nCh. Chambellan, Louis Laloy, Jean Poueigh, Romain Rolland, C. de Malaret,\nRaymond Bouyer, M. 8., Joseph Trillat, Ch. Adrianne, Paul Dubot :\nConcertsi— Louis Laloy : A l'Opéra-Comiq\nsept tableaux Lionel de la Laurencie:\nEdmond Fleg * Musique nouvelle. Edmond Bailly : A propos de la réso-\nnance inférieure. Jacques Reboul, A. G. : La musique à Lyon - M. A. :\nI Courrier de Nantes. - L. B : Courrier de Reims. - Du Robec : Courrier de\nRouen. - F. H. : Courrier de Strasbourg. - Jean Ruer : Courrier de\nTours. —• Correspondance. Échos."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.2", "titre_corps": "LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS D'ÉGLISE EN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE d'après «JOURNAL DES VISITES PASTORALES» d'Odon Rigaud", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS D'ÉGLISE EN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE d'après «JOURNAL DES VISITES PASTORALES» d'Odon Rigaud", "signature_source": "Pierre Aubry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1531, "texte": "LA MUSIQUE\nET LES MUSICIENS D'ÉGLISE\nEN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE\nd'après «JOURNAL DES VISITES PASTORALES»\nd'Odon Rigaud\n\n(1)\nLe Journal des visites pastorales d'Odon Rigaud, qui fut ar-\nchevêque de Rouen au milieu du treizième siècle, est une\nsource à laquelle les historiens de la musique n'ont point\naccoutumé de puiser. Les extraits que nous en faisons ici\nmontrent pourtant la large part que tenaient les questions mu-\nsicales dans les préoccupations du prélat. Nous n'oserions en\nconclure qu'il fût lui-même véritablement musicien, mais\ncomme il avait le goût du beau, il regrettait que dans son dio-\n(i) Regestrum uisitationum archiepiscopi Journal des\nvisites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen (mccxi.viii-mcclxix).\nPublié, pour la première fois, d'après le manuscrit de la Bibliothèque\nnationale, avec autorisation du Ministre de l'lnstruction publique, par\nTh. Bonnin. Rouen, Auguste Le Brament, i 852, vii-860 p. in-4. Le ma-\nnuscrit original porte à la Bibl. Nat. de Paris la cote lat. •\nNous avons adopté la forme Odon du cas régime au lieu de\nEude prise sur le cas sujet O<io,enconformité avec une convention tressage\nétablie entre eux par les romanistes et les historiens. Au reste, pour la meme\nraison, on a accoutumé de dire Odon de Cluny, et non Eude de Gluny.\nIl faut consulter le mémoire de M. Léopold Delisle, Le cierge noi tntxnd\nau treizième siècle,dans la Bibliothèque VII,\n4.79-409.\ny a miniature que nous reproduisons ci-dessus est prise dans un manus-\ncrit d'Oxford, Bodley, 264, fol. 181 v°."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.4", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "cèse l'art du chant ne fût pas cultivé comme il eût souhaité\nqu'il le fût ; comme il avait le goût du bien, il éprouvait quelque\npeine àce que, dans les actes de la vie quotidienne, ceux à qui\nl'Église déléguait la mission de chanter à ses offices n'eussent\npoint toujours la beauté morale de l'artiste formé à l'idéal chré-\ntien, et ce sont ses plaintes que nous entendons.\nOdon Rigaud était entré en 1242 dans l'ordre de Saint-Fran-\nçois. Au mois de mars de l'année 1247, il fut sacré archevêque\nde Rouen, après que le pape Innocent IV l'eut préalablement\nrelevé du vœu de renonciation à toute dignité ecclésiastique,\nqu'il avait prononcé en entrant dans l'ordre des Frères Mineurs.\nDécidé à réaliser dans toute la Normandie l'œuvre de réforme\nque, simple religieux, il y avait prêchée, son premier soin fut\nla visite des doyennés ruraux de son diocèse. Comme il ne pou-\nvait se transporter dans chaque paroisse, Odon réunissait dans\nune même assemblée tous les curés d'un doyenné, et là, il faisait\nune sévère enquête sur les mœurs de chacun d'eux, enregis-\ntrant les résolutions prises, les punitions imposées aux coupa-\nbles et les promesses reçues d'une conduite meilleure : six prê-\ntres, investis des fonctions de jurés, dénonçaient hardiment\ntous les désordres que la voix publique imputait à leurs con-\nfrères.\nL'austère prélat visite de même les communautés religieuses\nde toute sa province ecclésiastique : dans chaque abbaye,\nprieuré ou chapitre, il s'informe des mœurs des religieux, de\nla situation financière de l'établissement, de l'état des édifices\net du mobilier, voire même des approvisionnements, et ne s'en\nva qu'après avoir avisé à la réforme des abus qui l'ont frappé.\nLe Journald'Odon Rigaud est le procès-verbal, fidèle et vi-\nvant, de ses visites pastorales. Dans ces pages sincères qu'il\nécrivait pour lui seul et qu'un secret impénétrable devait dé-\nrober à toute curiosité, il note impartialement des milliers et\ndes milliers de menus faits de l'existence quotidienne. C'est\ndonc un tableau extraordinairement précis et curieux tout en-\nsemble de la vie religieuse en Normandie au temps de saint\nLouis. Mais, s'il est exact de dire que l'on chercherait vainement\nune histoire plus intimement vraie des mœurs du clergé en\nune contrée et en un temps donnés, il faut ajouter que les ren-\nseignements que nous en recevons sont incomplets, en ce sens\nque, par la nature même de son enquête, Odon Rigaud enre-\ngistre sans exception toutes les actions mauvaises et garde le\nsilence sur le bien.\nDans les premières pages de cet article, nous jetterons un\ncoup d'œil indiscret sur la vie du clergé normand au temps de\nnotre document, et dans une seconde partie nous écouterons"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.5", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "les plaintes d'Odon en ce qui concerne particulièrement la mu-\nsique et les musiciens après quoi nos lecteurs pourront se\ndemander comme nous si, depuis le treizième siècle, le progrès\nartistique et le progrès moral ont marché d'un pas égal. Et la\nconclusion est assez consolante. Notre clergé vaut certes mieux\nau point de vue de la pureté des mœurs que les justiciables\nd'Odon Rigaud ; mais sa formation artistique, l'éducation de\nson goût, sa connaissance du chant liturgique, ne sont guère\nsupérieures à ce qu'elles étaient au treizième siècle, et de\ncombien d'ecclésiastiques aujourd'hui, tel archevêque de Rouen\nou d'ailleurs, auquel la politique laisserait le loisir de faire la\nbesogne d'Odon Rigaud, pourrait dire comme son prédécesseur!\nnoluit cantare et dixit se nihil scire de cantu !\n*\n* *\nDu fait seul que leur vocation les conduisait dans la vie\necclésiastique vers un idéal différent, réguliers et séculiers n'é-\ntaient point exposés à tomber dans les mêmes errements : il\nest assez rare en effet qu'Odon Rigaud relève chez les moines\nles infractions qu'il blâme chez les prêtres. Ordinairement chez\nles premiers nous ne remarquons guère que des manquements\nà la règle monastique, et aux yeux du monde leurs fautes sont\nlégères, tandis que le clergé qui vit de la vie extérieure et se\nmêle à la société qui l'entoure est exposé à toutes les dé-\nfaillances de droit commun, à toutes les tentations des sens,\nque le cloître épargne le plus souvent à ceux et à celles qu'il\nenferme.\nAussi bien, quand Odon Rigaud arrive dans une abbaye ou\ndans un prieuré, ce dont il s'inquiète aussitôt, c'est de savoir si\nla vie des moines et des moniales est conforme aux prescriptions\nde la règle. Il s'enquiert ensuite de l'état du temporel, c'est-à-\n-dire des bâtiments et du mobilier, des approvisionnements,\ndes finances et de leur comptabilité : combien de fois le prieur\nou l'abbé, un saint homme par ailleurs, a-t-il négligé de tenir\nrégulièrement le registre de ses recettes et de ses dépenses !\nOr, Odon insiste pour que la dévotion ne fasse pas oublier le\ncôté matériel de l'existence. D'autres, par faiblesse ou par bonté,\nentretiennent leurs parents pauvres avec les revenus de la com-\nmunauté, les admettant à vivre dans la maison, leur achetant\ndes livres, des vêtements, des instruments agricoles : l'austère\nprélat s'emploie à faire cesser ces abus. Et voici d'autres relâ-\nchements, il s'agit des moniales de Saint-Amand de Rouen :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "utuntur camisiis, culcilris et\nculorum, leporum, catorum et uul\npellicias cuniculorum (i). Ces religieuses portaient des chemises\nde toile ! A l'époque de notre document, ce soin de la personne\nétait encore un grand luxe et une innovation. Odon s'en offus-\nque; mais il réserve ses défenses formelles à l'emploi, en guise\nde fourrures, des peaux de lapins. Les religieuses, en d'autres\nlieux, se parent avec trop de recherche, élèvent des chiens, des\noiseaux, des écureuils, s'adonnent à de petits ouvrages de fan-\ntaisie : rien de cela n'est bien grave ; mais l'archevêque estime\nque la vie religieuse n'a que faire de ces futilités, et les interdit.\nA vrai dire, le Journald'Odon Rigaud contient à diverses\nreprises des imputations plus graves, mais il eût été assez ex-\ntraordinaire que, dans le nombre immense de moines et de mo-\nniales que contenaient son diocèse et les diocèses suffragants,\nquelques brebis galeuses ne se fussent point glissées.\nEn revanche, beaucoup plus fréquemment, ainsi que nous\nvenons de le dire, le contact permanent de la société avec les\nséculiers exposait le clergé de Normandie à des tentations sans\ncesse répétées, sans que l'idée religieuse ait été assez puissante\nd'autre part ou assez efficace pour constituer la sauvegarde de\nsa moralité.\nLe reproche d'incontinence est un de ceux qui reviennent\navec le plus de fréquence : tel curé entretient des concubines,\ntel autre élève son enfant sous le toit du presbytère, tel autre\nenfin a été rencontré dans une maison de débauche. Faut-il\nciter au hasard l'enquête qu'Odon Rigaud fit, le jeudi 28 jan-\nvier 1249, au doyenné de Basqueville ?\n... Item presbyter de Aupegart rixosus est et leuis capitis et rixatur\ncum parrochianis suis. Item presbyter de Donestanuilla infamatus est\nde uxore Girardi de Cellario : correctus. Richardus presbyter de Car-\nleuilla correctus de ebriositate non cessât. Item socius eius ebriosus\nsimiliter et notatus de incontinencia de quadam parrochiana sua...\nItem presbyter de Baudribosco defert habitum inhonestum et gerit se\ntanquam armiger et solet ministrare lanceas ad bohordamenta, nec\nresidet in ecclesia, nec uenit ad capitula. Item presbyter de Berteuilla\nest incontinens. Item presbyter de Buuilla notatus de incontinentia et\nebriositate et secutus fuit quandam per campos ut eam cognosceret.\nItem presbyter de Ambleuilla correctus fuit de quadam et iurauit archi-\ndiacono quod si recidiuaret haberet ecclesiam suam pro resignata :\nitem infamatus est idem de negociacione. Item presbyter de Mesnilio\nebriosus et quando bibit rixatur... (2).\n\n(1) Journal, p. 16,\n(2) Journal,p. 28."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.7", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "Nous en avons passé, sinon des meilleurs : il faut se rappe-\nler seulement que le doyenné de Basqueville se composait de\nquarante-six paroisses, c'est-à-dire que, sur quarante-six curés,\nil en est au moins quatre coupables d'avoir manqué au vœu de\nchasteté, l'un même est accusé de viol ! Quatre encore méri-\ntent l'épithète d'ebriosi, et quand ils sont pris de boisson, ces\ncurés batailleurs en viennent aux coups avec leurs paroissiens,\nquand ils ne tombent pas ivres-morts dans les champs,\nebrietatem aliquando iacuit in campis, comme tel clerc d'Ouville ;\nl'un prend part à ce genre de tournois, qu'on appelait dans la\nvieille langue bouhourdeïs,et un dernier enfin se livre au com-\nmerce. Et c'est à chaque page du Journal que ces accusations\nse retrouvent, s'aggravent parfois, comme c'est le cas de Gau-\ntier, curé de Grandcourt, qui inf\nde nimia potacione(i).\nLe commerce a tenté un certain nombre de curés normands :\nles uns s'occupent de la vente des bois, les autres font négoce\nd'animaux domestiques et vendent des béliers, des vaches, des\nchevaux, d'autres enfin spéculent sur le chanvre, le vin ou le\ncidre.\nQue nous rencontrions des curés se livrant à tel des jeux de\nhasard défendus par le droit canonique, notre conscience ne\ns'émeut guère. lien est de même si la coupe du costume n'est\npas en tout point conforme à la coutume locale et aux habitudes\nde l'époque; mais il est plus grave de rencontrer un curé, comme\ncelui de Saint-Laurent-le-Petit, fâcheusement connu pour ses\nmauvaises mœurs et son habitude d'exiger un salaire en retour\ndes sacrements qu'il administrait,\nuenditione sacramentorum (2). Mais encore une fois, si à chaque\npage de son. Journal,si à chaque jour de 1 année, et cela pen-\ndant vingt ans, Odon nous signale nombre de curés coupables de\nn'avoir pas su résister aux entraînements de leuis sens et d avoir\nen même temps semé le scandale dans leurs paroisses, souve-\nnons-nous qu'il n'a noté que les actions blâmables de son clergé\net qu'il a tu les autres. Celles-ci, nous pouvons les faiie îevi-\nvre en imagination et supposer que le bien l'a encore emporte\nsur le mal ; mais c'est là une statistique que nous ne voulons\npoint entreprendre. Bref, le Reg de\nl'archevêque de Rouen est un document du premier ordre pour\nl'histoire du clergé normand du treizième siècle, pittoresque et\nprécis : en outre, il a pour nous cet intérêt, que 1 historien de la\n\n(1) Journal, p. 21. Grandcourt : aujourd'hui dans la Seine-Infeneure,\narr. de Neufchâtel-en-Bray, canton de Londinieres.\n(2) Journal, p. 27."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "musique y trouve à glaner des détails, qui ne sont point indif-\nférents et que l'on chercherait vainement ailleurs.\n★\n*\nC'est en dépouillant, la plume en main, ce volumineux in-\nquarto de près de huit cents pages que nous avons relevé au\nfur et à mesure de notre lecture, sans aucun ordre logique, les\nindications concernant l'histoire musicale. Il nous a paru, une\nfois ce travail préliminaire terminé, que ces notes éparses pou-\nvaient assez simplement se classer sous quelques rubriques et\nces rubriques se ranger à leur tour sous trois titres d'un ordre\nplus général encore. Mais c'est là un côté accessoire delà ques-\ntion : nous tenons avant tout à publier d'une manière correcte\net critique quelques textes intéressants pour les études musi-\ncologiques, laissant bien volontiers à qui voudra le soin de les\nprésenter d'une façon différente.\nA. LA PRATIQUE DU CHANT. Cette question, avec les mul-\ntiples aperçus qu'elle découvre, ne sera jamais traitée dans son\nensemble, car elle est faite d'une infinité de détails, divers suivant\nles siècles et suivant les lieux, car les sources auxquelles l'histo-\nrien peut puiser sont disséminées en mille endroits dans la litté-\nrature du moyen âge et le plus souvent cachées aux regards de\nqui les cherche. Ainsi notre document contient sur ce sujet\nquelques indications curieuses, auxquelles on n'avait point\nencore songé, et voici celles qui nous ont paru mériter d'être\nretenues.\nS\ni° Ecoles de chant. —Ce n'est point ici le lieu de parler des\nécoles épiscopales et monastiques. On sait assez, sans que nous\nayons autrement besoin d'y revenir, que les monastères, après\nla réforme de saint Benoît d'Aniane, et les chapitres, après la\nréforme de Chrodegand, entretenaient chez eux des enfants\ndestinés au culte : ainsi la plupart des cathédrales en avaient\nune dizaine, qui formaient l'élément jeune de leur clergé. La\ndislocation des chapitres et leur sécularisation au dixième siècle\nn'interrompit pas complètement cette tradition, et dans l'enceinte\ndes cathédrales, sous l'œil sévère des chanoines, l'enseignement\ndu chant resta toujours la raison d'être première des écoles épi-\nscopales. Les deux textes d Odon concernant les\nsont relatifs aux Andelys. Dans l'un, le sacriste, sacrista, est\ntenu d'avoir une école de chant."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.9", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "Jeudi, 14 février 7269.\nAccessimus ad ecclesiam Beate Marie de Andeleio... (1) Sacrista\ntenetui in uestiario iacere continue et scolas cantus tenerefp. 618].\nDans 1 autre, le sacriste est invité à se faire remplacer par\ndes clercs capables, s'il ne dirige lui-même l'école de chant.\nMercredi 2 février 1261.\nVisitauimus canonicos et clericos Andeliacenses Precepimus do-\nmino Petro Robillard, sacriste, quod ipse haberet honestos et ydoneos\nclericos, qui regerent scolas cantus etiacerent in monasterio [p. 390].\nNous ne quitterons point ces deux textes sans y relever une\ncurieuse anomalie. On y voit qu'aux Andelys la direction des\nécoles de chant appartient au sacriste, et non au\ncantor, comme partout ailleurs. Un texte manuscrit du\nOrdinis de l'abbaye de Saint-Victor de Paris, cité par Du Cange,\nnous énumère tout au long les fonctions inhérentes à cette\ndignité ecclésiastique, mais ne fait en aucun endroit mention\nd'un semblable office : « Ad officium sacriste pertinent omnia\nque in thesauro sunt custodire, reliquias et omnia ornamenta\naltaris et sanctuarii ac totius ecclesie siue in auro, siue in\nargento, siue in ostro et palliis et tapetibus et cortinis ; sacras\nquoque uestes et pallas et manutergia, calices et textus et cruces\net thuribula et candelabra et cetera uasa que uel ad ministerium\nuel adornamentum altaris et sanctuarii totiusque ecclesie pertinent,\nlibros quoque missales, epistolares » (2) Mais dans\nle même article du Glossarium,il y a un texte épigraphique,\nque nous n'avons pu identifier, et qui.réunit sur la tête d'un\nmême personnage la double qualité de et de :\nIstius Ecctesiae Cantor (3).\nEn était-il de même dans le diocèse de Rouen ? Les textes\nmanquent pour résoudre la difficulté ; mais nous devons nous\ndemander s'il s'agit ici de la direction ou de l'entretien des\nécoles de chant, car on sait qu'à Rouen, par exemple, le cantor\navait la surveillance de ces écoles au point de vue des études,\ntandis que les questions d'entretien et d'administration rele-\nvaient du thesaurariusou sacrista,dont anciennement les fonc-\ntions se confondaient. C'est dans ce dernier sens, croyons-nous,\nqu'il faut comprendre le rôle du sacriste dans l'organisation\n\n(1) Les Andelys, Eure. ... „\n(2) Du CANGE, Glossarium medicie et su mot\n(3) ID., 1 'bid."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "des écoles aux Andelys : il en est l'économe, l'administrateur,\nsi l'on veut, et des professeurs, assurent l'ensei-\ngnement.\n2° Examens de musique. —Le document que nous étudions\nnous fournit quelques exemples de pédagogie musicale. Ce\nn'est point, comme tel dialogue entre le maître et l'élève, ainsi\nqu'il s'en trouve chez les théoriciens du moyen âge, un procédé\ncommode d'exposition, c'est une véritable interrogation, un\nexamen réel que l'archevêque de Rouen fait subir à un candi-\ndat proposé pour une cure vacante de son diocèse. Il l'inter-\nroge sur la grammaire et sur la musique, il attache presque\nune égale importance à ces deux ordres de connaissances et\nrefuse le candidat qui n'a pas su chanter, aussi nettement que\nsi celui-ci s'était montré malhabile à traduire un texte de\nl'Ancien ou du Nouveau Testament. Nous donnons le procès-\nverbal de trois de ces examens.\nVendredi, jo mai 1253-\nIbidem. (Apud Deiuillam (i) ] Ipsa die, uidelicet die martis antepen-\nthecostem, examinauimus Gaufridum, clericum, presentatum ad eccle-\nsiam Beati Richarii de Herecort in illa legenda :\net nuda sunt eias oculis(2). Requisitus que pars, responditnomen;\nrequisitus si possec esse alterius partis oracionis, respondit quod sic\nuidelicet participium ; requisitus a quo uerbo descendit, dixit ab hoc\nuerbo, aperio, aperis, aperii, aperire, aperior, aperieris, et cetera.\nRequisitus compati cuius figure, dixit compatire de cum et pateo, pâtes,\npatui, patere, patendi, patendo, patendum, passum, passu, patiens,\npassurus, pateor, pateris, passus, patendus. Requisitus quid significet\npateo, pâtes, dixit aperire uel sufferre. Requisitus absque que pars,\ndixit coniunctio, requisitus cuius partis, dixit causalis. Requisitus dé\ncantu, nichil sciebat cantare sine soffa siue nota, et etiam discordabat\nin soffa siue nota. Nos autem, tum propterhuius insufficienciam quam\nproptei hoc quia infamatus erat inuentus de incontinencia et bellicosi-\ntate pei inquisicionem quam de ipso fieri feceramus, ipsum ad dictam\necclesiam non duximus admittendum [p. 159].\n. aut signaler dans ce procès-verbal d'examen la très cu-\nrieuse expression cantare sine so Tout d'abord la\nforme soffadoit être ramenée à 1 il n'y a là que le résul-\ntat d un phénomène, connu en grammaire sous le nom d'assi-\nmilation, d ailleurs nous retrouverons un peu plus loin le terme\nsolfa exactement écrit. C'est, croyons-nous, une des plus\nanciennes apparitions de ces deux phonèmes de l'alphabet\n\n(1) Deville, Seine-Inférieure, commune de Grandcourt.\n(2) Hebr.,iv, i 3."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.11", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "musical réunis pour former la moderne expression de solfège.\nL'étude lexicographique de ce mot est purement historique.\nElle nous fait remonter aux étranges pratiques de la solmi-\nsation. Nous ne les rappellerons point ici, car le lecteur pourra\nse reporter facilement à l'exposé, confus, mais assez complet,\nqui en est fait dans le dictionnaire de J. d'Ortigue ( i). Nous\ndirons seulement qu'à notre sentiment pour créer ce vocable de\nsolfège, c'est-à-dire pour désigner cet exercice de lecture des-\ntiné à développer chez le musicien la faculté d'appréciation et\nd'intonation des intervalles, on a pris la note initiale g de\nl'hexacordum durum, caractérisé par le B durum, et on l'a fait\nsuivre de la note initiale fde qui com-\nprend le B molle. L'hexacorde commençant sur c appelé hexa-\ncorde de nature (do-la) ne présentait aucune difficulté. La com-\nplication ne venant que lorsque l'on dépassait le à l'aigu\net les deux hexacordes molle et durum servant à cet usage, il a\nsemblé tout naturel de désigner la méthode du nom de ses\ninitiales :\ng+ f = solfa,\nd'où les Italiens ont tiré l'expression et dont nous\navons fait solfège (2).\nMais dans le cas présent, le pauvre candidat ne se piéoccupe\nguère de haute théorie musicale : Odon Rigaud lui demande\nsimplement de chanter une antienne ou un répons et s'aper-\nçoit que son clerc, qui avait déjà médiocrement lépondu aux\ninterrogations de grammaire, non seulement est incapable de\nchanter sine sofa sine nota,mais encore chante faux\nsiue nota.Nous serions tenté d'expliquer cette distinction en\ndisant que le postulant ne savait rien chanter de mémoire, et\nque même avec la musique sous les yeux, il s'en tirait encore\nfort mal. Or, une explication plus subtile nous sollicite.\nSommes-nous fondé à identifier solfa et nota ? Nous avons\nun précieux document qui nous apprend que dans les ecoles\nde chant de Normandie on pratiquait la notation\ntique : c'est le Livre d'Ivoire,actuellement conserve à la Biblio-\n\n(I) ORTIGUE (J. D'). - Dictionnaire\nvlain-chant et de musique d'église. Migne, Paris, i . formulée dans\n(2Ï On voit que nous n'acceptons pas l'opinion de Diez formulée dans\nl'Elymologisclies Wijrterhuch der romam\nétvmoloeie de soif a est hautement fantaisiste dans sa naivete .il exp îque\npar la lecture à rebours de la gamme guidonienne ut r«,> sol,\ncette dernière syllabe la faisant article devant solfa substantif."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "thèque publique de Rouen (1), et appartenant anciennement\nau chapitre de la cathédrale.\nLe Livre d'lvoire présente une curieuse particularité de nota-\ntion : au lieu d'être écrit en notation neumatique usuelle, ce\nmanuscrit du onzième siècle adopte un système d'écriture\nmusicale en notation alphabétique avec les lettres du mono-\ncorde. C'était, au reste, une habitude d'école, et le R. P. Pothier\nen conclut que la présence de cette notation didactique au\nLivre d'lvoire semble indiquer très anciennement l'existence\nd'une école de chant à la Primatiale (2) : le livre de MM. Col-\nlette et Bourdon a précisé l'exactitude de cette hypothèse (3).\nBref, ce que nous voulons retenir ici, c'est que, dans le texte\nd'Odon Rigaud, il est certain que si cantare in nota signifie\nchanter sur les notes de musique écrites sur la portée, dans la\nbelle écriture musico-liturgique du treizième siècle, il est pos-\nsible que l'expression cantare in ait pu désigner la lecture\nd'une écriture musicale en notation alphabétique. Et voici une\nraison que nous avons pour nous arrêter à cette solution :\nen Angleterre, pays traditionaliste par excellence, nombre de\npublications populaires de folk-lore musical sont faites en\ndouble notation, staff or sol-fa, c'est-à-dire dans l'écriture\nordinaire avec l'emploi de la portée et en notation Ce\nsystème est celui qu a adopté la asso-\nciation chorale très répandue en Angleterre, où elle compte des\nmilliers de membres. Il use d'une notation spéciale avec les\nsyllabes de solmisation doh, ray*, me, fah, soh, lah, te, représen-\ntées dans 1 écriture par les initiales, comme on peut s'en rendre\ncompte sur le fac-similé d'une page de cette écriture.\n\n°*hèque de Remeti, n° 1405 (anc. Y. 27) du\nde safnr R* des bibliothèques publiques t. I. Au fol. 86, office\ncle saint Romain, xie siècle.\nM J°SErfo-\nnrimprî •**' m S dans les Assises de Caumont, juin 1896. Ligugé, im-\nprimerie Saint-Martin, 1896. 5\nRouen OURDON (Abbés). Histoire de la maîtrise de Rouen,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.13", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "Nous ne désirons point critiquer ici cette méthode (i),\nanalogue en bien des points au système Galin-Paris-Chevé, de\nfâcheuse mémoire : contentons-nous de faire le rapproche-\nment avec la notation alphabétique en usage à la Primatiale\nde Rouen au moyen âge et sans doute encore à l'époque\nd'Odon Rigaud. Nous aurons peut-être ainsi la clé d'une\nexpression énigmatique.\n(i) On sait que depuis les notations alphabétiques du moyen âge, ce\nmode d'écriture musical a survécu à travers les siècles. L'inventeur du\nTonic soif a ou, pour mieux dire, son propagateur, fut un prêtre non con-\nformiste qui mourut en 1880, John Curwen. Il aida à la diffusion de son\nsystème par nombre d'ouvrages pédagogiques, comme\nof lessons and exercices on the tonic Solfa-Melhod (1861), et fonda\nmême un périodique, the Tonic Solf(iBsr). En outre, des\nœuvres classiques et populaires ont été abondamment publiées.Un éditeur\nanglais, John Leng, vient ainsi de faire paraître\nSongs the Peoples lrish Songs, en dou-\nble notation. Le curieux recueil de LACHLAN MAC BEAN,\nHrmns of the Gael est publié with Music in both Staff and Sol-Fa No-\ntations chez Eneas Mackay, à Stirling. Nous lui empruntons le fac-similé\nci-dessus reproduit. Il serait curieux de rechercher si, depuis le moyen\nâge, on peut suivre en Angleterre la tradition d'une notation alphabétique.\n(A suivre.)\n\nPierre Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.3", "titre_corps": "L'ART ITALIEN AVANT PALESTRINA", "titre_sommaire": "L'ART ITALIEN AVANT PALESTRINA", "signature_source": "GUIDO GASPERINI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "L'ART ITALIEN\nAVANT PALESTRINA\n\n(,) #\nPetite chanson populaire italienne du xvic siècle. —Se trouve\narrangée à 3 voix dans le Libro\ndu P. Serafino Razzi. Venise, 1563 (exemplaire delà Biblio-\nthèque Nationale de Florence).\nMélodie religieuse populaire du xve siècle. Se trouve arran-\ngée a 3 voix dans le Libro primo di Laudi spirituali du\naerafino Razzi. Venise, 1563.\n\n(i) Suite et fin. Voir le Mercure musical du i 5 mars 1906."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.15", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "Mélodie d'une frottolade Nicolo Pifaro (sienrtois), se trouve\ndans le Libroprimo diFrottole.... impressum Saenis per Petrurn\nSambonettum... anno MDXV,pag. 41 (Bibliothèque Marucel-\nliana, Florence)."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.16", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "La même mélodie avec l'accompagnement des voix secon-\ndaires."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "Mélodie d'une frottola de Bartolomeo Tromboncino (de\nVérone). Cette frottola se trouve dans le\nretti, Frottole, Bar\\elette, etc...., stam\nAntonio de Laneto MDXVIII, p. 225 (un exemplaire à la\nBibliothèque Marucelliana de Florence)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.19", "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "Mélodie d'un sonetto de Marchetto Cara ; se trouve dans le\nLtbro secondo di Fioretti, etc...., stampato in Napoli per Joanne\nAntomo de Laneto... MDXVIII, p. 439 (Bibliothèque Maru-\ncelliana de Florence).\nLa même mélodie avec l'accompagnement des voix secondaires."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.20", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "Mélodie d'une frottola de Andréa Antico da Montona (celui\nqui a gravé le Liber Quindecim Cette\npièce se trouve dans le Libro tert Venetiis\nr/\nimpressum opéra et arte Andree antiqui... anno 1520, page 420\n(Bibliothèque Marucelliana, Florence).\nLa même mélodie avec l'accompagnement des voix secondaires:"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.21", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "Canzonetta di Arcangelo Crivello (delle Can\\onette per can-\ntar e sonar di liuto a tre voci..., Venetia, ap. 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La S/mphonia domestica de M. Richard Strauss.\nLe great event de la saison musicale de 1906 vient d'avoir lieu, et nous\ndevons dès 1 aboie! remercier M. Colonne de nous avoir procuré l'audition\nde la Sinfonia Domestica de Richard Strauss sous la direction de l'auteur,\nquoiqu'il soit cependant quelque peu honteux pour Paris de n'entendre\nqu'à la fin de la saison de 1906 une œuvre que New-York, Londres, Ber-\nlin et Bruxelles entendirent en 1904 et 1905.\nDans toute l'Allemagne musicale contemporaine, R. Strauss se détache\navec une netteté singulière. Kapellmeister distingué, il n'écrit pas de la\nmusique de chef d'orchestre ; contrapuntiste très savant, il ne ressemble en\nrien à Bruckner, Reger ou Mahler ; disciple wagnérien fervent, il écrit peu\npour le théâtre, et cependant il est très allemand. Teuton modem style,\ntelle me paraît être la dénomination qui caractérise le mieux cette nature\nardente et mélancolique, aimant l'intimité mais en même temps l'extério-\nrisation bruyante, et qui nage éperdument dans la\nIl y a de tout ceci dans la Domestica.La douce la gaîté\nbruyante et bouffonne, une certaine profondeur plus apparente que réelle,\nplus cherchée qu'atteinte, et une science de l'orchestre impeccable font de\ncette œuvre énorme (cinquante minutes sans interruption) un des monu-\nments de la musique moderne.\nDepuis Don Juan, Strauss a régulièrement évolué. Si son amour de la\nbouffonnerie lui a dicté Don Quichotte ou les\nlenspiegel,ses prétentions métaphysiques lui inspirèrent\nguration, Zarathoustra et la Vie d'un Les deux tendances indiquées\npar ces œuvres se retrouvent dans la Doù il tenta de représenter\nla vie de famille aux multiples faces et aux oppositions très marquées. Un\npoint commun à toutes ces œuvres est cependant à noter : la musique pure"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.24", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3864, "texte": "n'est nullement le fait de Strauss. Toutes sont inspirées, soit par une bal-\nlade de Lenau, un passage de Nietzsche, une légende connue ou une inten-\ntion très marquée. La musique de chambre de Strauss est peu intéressante\net parfois vulgaire ; il existe entre autres choses une sonate pour violon-\ncelle et piano {op.7) où se chante très nettement la chanson plus que po-\npulaire J'irai le dire A ma mère !..\nCe fait est intéressant à noter, non pas tant en lui-même que parce qu'il\ncorrobore deux des caractéristiques de Strauss : le peu d'aptitude à la,\nmusique pure et le manque de distinction des idées. Ces deux particula-\nrités de son talent sont portées à leur apogée dans la Dédiée à\nsa femme et à leur cher enfant, cette œuvre est également le reflet de l'incer-\ntitude musicale qui règne actuellement en Allemagne. Si, abstraction faite\ndes intentions descriptives, on considère l'œuvre, on est endroit d'y recon-\nnaître une symphonie classique où à une courte introduction succèdent un\nscherzo, un adagio et un finale en forme de fugue. Mais comme sympho-\nnie régénérée, elle est bien inférieure à des œuvres comme la troisième\nd'A. Magnard ou la seconde de V. d'lndy.\nL'orchestre de \\& Domestica est très chargé. Les pupitres de vents sont\nconsidérablement renforcés : deux hautbois ordinaires doublés par un\nhautbois d'amour et un cor anglais ; trois grandes flûtes et une petite ;\nquatre clarinettes, une en ré, une en la et deux en si p quatre bassons et un\ncontrebasson ; quatre saxophones en forme de quatuor; huit cors, quatre\ntrompettes, trois trombones et un tuba. Une pareille agglomération de vents\nexige une notable augmentation des cordes, ce qui mobilise un orchestre\nde cent vingt musiciens et rend une pareille œuvre inexécutable par beau-\ncoup d'associations de concerts ne possédant pas des ressources indéfinies.\nUne courte introduction sert de lexique et expose les six thèmes sur\nlesquels 1 œuvre tout entière est bâtie. Trois thèmes sont dévolus au père\net représentent son activité, son intelligence et son enthousiasme. Le pre-\nmier et le troisième remplacent la ligne mélodique par un certain mouve-\nment rythmique, mais le second ne donne qu'une piètre idée de l'intelligence\ndu père de famille. La femme n'a droit qu'à deux thèmes, dont la seule\ndésignation fera bondir les féministes intégrales. Le caprice et le senti-\nment sont caractérisés par des thèmes assez compliqués, à l'instar peut-être\nde 1 âme de la femme. Quant à l'enfant, un seul thème, sans désignation\naucune sorte, nous peint bien par sa nullité l'âme de l'enfant, cire vierge\nprete a toutes les empreintes età toutes les déformations. M. Ch. Malherbe\na trouve (dans le programme) une série de qualités et d'intentions à ces\nîvers thèmes, ce qui fait honneur à sa perspicacité, mais je suis obligé\navouer que sans son aide je ne me fusse nullement aperçu que je contem-\np aïs, en les entendant, une collection de portraits de famille. Hernani\nen musique !\nntro^uct'on se trouve une intention comique qui a dûplon-\nivr Me\"t^re dans un attendrissement prudhommesque. Je cite\n3 6,r (< Un fraSment du premier thème paternel, les tantes\nml!-.»0?115665 -lre \" ëan\\ der Papa ! » (tout à fait le papa), et sur un frag-\nfa . ! \" premier theme maternel les oncles : « ganf die Marna ! » (tout à\n• • am.an) *• Ç est comique, c'est touchant, mais tout seul je ne m'en\nI 1» °Ufte\" scherzo est la partie le mieux réussie de l'ouvrage.\n1 ,efe en a\"t s y développe avec science et bouffonnerie. Les mélo-\nJ. • emme entourent comme une mère son baby. Elle l'envoie\nde sonne sept heures. Sans effort ni extravagances\nouérilfxî rii63-' °r<u ,estre t?ut entier» l'orchestre a chanté les jeux et les joies\naux basson Jttine aer,os' Siegfried en herbe qui folâtre du hautbois d'amour\naux a tos. L adagio est, à mon sens, la partie la plus faible"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.25", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3851, "texte": "de 1 œuvre. Bien que Strauss y ait mis toute sa l'inspiration vul-\ngaire n'est point faite pour me faire admirer cette page à l'italienne, d'un\nsouffle qui veut être ému et n'est que dépourvu de distinction. C'est là une\ndémonstration bien nette de l'opinion de notre excellent collaborateur\nRomain Rolland sur l'italianisme persistant de l'Allemagne musicale.\nLe finale, dont la durée égale celle des trois premiers mouvements, se\nprésente sous l'aspect d'une fugue à deux sujets très librement traitée.\nTrop librement même, car elle conclut, puis recommence enaugmentant la\nlongueur du morceau sans avantage appréciable. Enfin, par analogie avec\nla forme cyclique chère à Franck, l'introduction se répète et tous les thè-\nmes sont réexposés sur une répétition prolongée des trois premières notes\n[doy lay fa) du thème initial. Tel est, brièvement résumé après une unique\naudition, l'aspect de cette œuvre dont il ne faut pas nier la force et la cou-\nleur, l'orchestration vibrante et toujours intéressante et qui, sous la con-\nduite de son auteur, a remporté un vif succès. J'espère, après une seconde\naudition, pouvoir y trouver plus de sources de véritable émotion et y goûter,\npar avance, les infinis, souverains et profonds bonheurs, les menues, futiles et\npassagères traces du ménage de M. Strauss. M. Bruneau, qui doit connaître\nmieux que moi la vie de famille, y a vu toutes ces choses. Je crois surtout\nqu'il y a vu ou qu'il eût pu y voir une réalisation musicale, malgré tout\nsupérieure à YEnfant-Roi, du rôle de l'enfant dans la famille. Enfin, féli-\ncitons-nous, il commence à louer ce qu'il ne peut réaliser. Il y a du pro-\ngrès depuis le Jour d'été à la Montagne qu'il trouvait lourd. Il est vrai que\nl'auteur dudit poème symphonique donne l'auteur de YEnfant-Roi comme\nprototype du compositeur antimusical. Je crois que même comme critique\ncette dénomination lui est bien due.\nJe n'ai guère déplacé pour vous dire que Mischa Elmann, le prodige\nvioloniste, joua en cinquante-cinq minutes le Concerto en ré de Beethoven\nqui est très beau, c'est entendu, Yandante et le presto surtout, mais dont\nYallegro initial renferme, à côté de phrases superbes, des traits en octaves\npeu réjouissants pour les oreilles. De plus, deux cadences, dont Joachim,\nje crois, est l'auteur, et qui sont du goût le plus détestable, pourraient, sans\ndifficulté, être supprimées pour toujours. Le jeune Mischa, en progrès sur\nl'année passée, a remporté le succès que les fauteuils font à tous les vir-\ntuoses et les hurleurs du paradis tinrent cois leurs sifflets. La symphonie\nen la mineur de Saint-Saëns obtint son succès habituel. Classiquement\ncomposée, sauf dans la réexposition des thèmes du mouvement initial,\nécrite avec une étonnante sûreté de main et une souplesse d'écriture qui\nsuppléent à bien des inspirations musicales, elle fait bien belle figure, dans\nla symphonie postbeethovénienne, àcôté des œuvres de Brahms. Elle esttou-\njours moins longue et moins ennuyeuse, ce qui n'est pas un mince avantage.\nQuant à la suite de Y Artésienne jouée après la Domestica, elle remporta un\nimmense succès bien significatif. Avec un orchestre ordinaire, par la seule\npuissance d'un métier prodigieux uni à une inspiration exquise, Bizet mon-\ntra que, trente ans avant Strauss, nous savions user du contrepoint le plus\nrigoureux et des transformations rythmiques sans cesser de faire de la mu-\nsique charmeuse, aux sonorités délicieuses et intentions descriptives\naussi intenses que possible. Pour quiconque a habité le Midi, lou Marcho\ndei JRei, c'est Arles au ciel éclatant, aux arenes emplies dune foule bruyante\net au délicieux cloître de Saint-Trophime. C'est la vie, la couleur, émues\net pensées avec sincérité ; ce n'est point la dissertation sur un sujet donné\nen vue d'effets prévus avant que d'être sentis.\nCH. CHAMBELLAN."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.26", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "Concerts Chevillard. Société de musique de chambre pour instruments à vent. Société de\nConcerts d'lnstruments anciens. M,lcg Suzanne Labsrthe, Lucile Bartzi. Œuvres de M. de Saus-\nsine.\nDécidément M. Chevillard, après la IXe Symphonie de Beethoven a\nfermé ses portes et permis au critique épuisé d'aller chaque dimanche écou-\nter les voix de la nature. Un croassement de corbeau, entendu à droite\nest-il de bon ou de mauvais augure ? Telle est la question que j'aurais envie\nde traiter aujourd'hui. Mais je crains qu'elle n'ait pas, pour la majorité de\nmes très patients lecteurs, le même intérêt que pour moi. Je vais donc\ncomme on dit dans la langue officielle, la « réserver » et parler plutôt d'une\nheure fort agréable que je dois à la Société de musique de chambre pour\ninstruments à vent: c'était, le 29 mars, son dernier concert. Ce sont d'excel-\nlents artistes que MM. Gaubert, Deschamps, Bleuzet, Bourbon, Mimart\nPerier, Pénable, Delgrange, Letellier et Jacot. Et leur œuvre mérite tous les'\nencouragements : les richesses du quatuor ou du quintette à cordes sont\nloin d'être inépuisables, et, malgré toute l'ingéniosité de l'écriture, la cou-\nleur ne peut jamais être bien vive, lorsque seuls les archets sont enjeu.\nIl semble donc que tout l'avenir de la musique de chambre moderne soit\ndans les bois, qui joignent aujourd'hui à leurs sonorités fraîches et variées\nun pouvoir expressif et des ressources de virtuosité presque égales à celles\nde leurs frères à quatre cordes. Malheureusement, le répertoire n'est pas\ntrès abondant encore. Le dernier concert débutait par une petite Sympho-\nnie de Gounod, fort habilement écrite, avec une légèreté de touche qui,\ndans un pareil genre de composition, est indispensable. Et rien de plus\nourd, de plus étourdissant, qu'un ensemble soutenu de six, sept ou huit\ninstruments a vent ; rien déplus gracieux qu'un dialogue. Venaient ensuite\nm°M de M. Ch.-M. LoefJer pour piano, hautbois et alto\n(MM. Groviez, Bleuzet et P. Monteux) : on sait l'affinité de l'alto :pour les\nnstruments a vent, au point qu'il peut entrer dans l'harmonie et remplacer\nnotm« ZTT'\"\" 5 C°ï an«lais' Ces Piè«?- \"rites « Illustration de\nrnlnric «J ' lclue.s e Maurice Rollinat (L'Étang ;la Cornemuse), ontun\nd'ineéni>n«S me .P *°rt » tr®s b*en construites d'ailleurs, avec\ndes S expressives variations du motif principal, elles m'ont appris\nce noint tf h° 6f ' Jama's Je n'aurais cru que l'alto pût assombrir à\ncherchée m U ut'3o\\s- C'est de bonne musique, àla fois re-\nricaine HnntVlvfoiirefflSe'6t (îu^a't êrand honneur à la jeune école amé-\nricaine dont M. Lœffler est un des meilleurs espoirs.\n*\n* *\nn/rlrTnl P'a?e dans la salle Pleyel, pas davantage sur l'estrade,\noù naitpnt^011 °'r C'UI cond :il faut se contenter du petit salon par\nles bflnmiAtt65 artlSt£S F,ortant quintons et violes de gambe, et dont toutes\nnas rip c CS S^nt occypées d ailleurs. Reste la ressource de faire quelques\naffiché 6S amies» de déchiffrer les curieux autographes\nment ca.k mur contempler le diapason normal qui s'abrite digne-\nde mnsinno n 0 e. e Per)dule. De temps à autre aussi quelques bouffées\net Casfll i .nous airivent : pépiements desclavecins jumeaux oùM. Diémer\néclats H il0116-1? iaVe Une r^B d'horloges un de Bach,\nMais ie snic mc Carlotta de Féo, qui me semble mal assurée.\nrutile aiinrA 6 re.m disposé. Mon aimable collaborateur Vuillermoz\nmUsioue,P Ie m01>((- eSt charmant, n'est-ce pas, d'entendre delà\nŒil rond lèvrp ltlo,-ns ' Exquis !me fait-il, c'est là le vrai cadre. »\nquelle éternelle S F°n eS'iv/i onde et blême, mèche collée par on ne sait\nsueur, M. Alfred Cortot fend les groupes, et l'on s'écarte"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.27", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "devant ce/visage hagard. Le directeur du mieux informé des journaux de\nmusique entre, interroge le garçon de service, et s'en va : son article est\nfait, paraît-il, et tous ses articles sont faits ainsi. Ils n'en sont d'ailleurs\npas plus mauvais pour cela, grâce au charme d'un style abondant en\ntrouvailles imprévues. Mais voilà que je reconnais une Symphonie de\nBruni, pauvre d'idées et froide de style ; combien je préférais le pittoresque\nBallet de Monteclair par où Ton commençait! Puis deux carillons flamands\nnous font entendre de curieuses sonorités de verres heurtés par des cou-\nteaux, à la fin de quelque agape de famille. Et c'est enfin le Divertisse-\nment de Mozart, dont les cinq trompettes, ornées de deux flûtes et\nsoutenues de timbales, arrivent à percer la muraille qui nous emprisonne.\nIl y a là de fort jolies choses, et l'alliance de la flûte et de la trompette\nest l'une des plus heureuses que l'on puisse imaginer. Mais quelle simpli-\ncité rudimentaire ! Je sais bien que la pauvreté de l'instrument l'exigeait\nalors. Tout de même, il y avait peut-être moyen de lui confier des parties\nun peu plus mélodiques. C'est une musique de table ou de rendez-vous de\nchasse, d'ailleurs aimable, et où se distinguent les excellents élèves de\nM. Franquin. Ainsi se termina cette triomphale soirée, d'un heureux\naugure pour l'avenir de la Société de Concerts d'lnstruments anciens,\nprésidée par M. Saint-Saëns, dirigée par M. Perilhou, et constituée par\nMme Henri Casadesus-Dellerba, MAI. H. et M. Casadesus, Casella et Olivier.\nEt maintenant je dois dire encore tout le plaisir que j'ai pris à entendre\nMll® Suzanne Labarthe, cantatrice au style sûr et puissamment dramatique,\ndont M. Frôhlich fut le digne partenaire; Lucile Bartzi, qui, pour\navoir treize ans, n'est pas une vulgaire enfant prodige, mais une très intel-\nligente musicienne dont le goût s'est fait valoir dans un programme très\nheureusement composé (Bach, Napravnik, Saint-Saëns et César Franck),\net enfin le 3o mars et le 6 avril, salle Erard, les œuvres de musique de\nchambre du comte Henri de Saussine, dont le style alerte et clair éveille\nun sourire, non d'ironie, mais de sympathie.\nLouis LALOY.\nSociété philharmonique. Mme Marie Mockel et M. Stéphane Austin.\nAprès le fameux quatuor tchèque, c'est le tour du quatuor Schorg, qui\njoue à lui seul le quatuor de Beethoven, op. 18, no 6, er, avec le secours de\nla société Hayot, YOtelto de Svendsen, dont la valeur n'est pas en rapport\navec le nombre des exécutants. Ce qui semble s'user aussi, c'est l'intérêt\nde ces importations de quatuors étrangers. Nous ne manquons pas en\nFrance de quartettistes, dont le talent est au moins égal à celui de leurs\nconfrères germaniques ou slaves et dont les programmes sont le plus sou-\nvent mieux composés.\nDepuis quelque temps, public et interprètes semblent las da ces pro-\ngrammes où figurent côte à côte, et, sans aucun ordre ni lien de parenté ,\nles noms les plus divers ou les plus inattendus. Aussi le goût se répand-il\ntous les jours davantage de consacrer plusieurs séances, s°it aux musi-\nciens d'une même école, soit aux seules œuvres dun génie prodigieuse-\nment fécond. #\nC'est l'école française depuis le xvme siècle jusqu a nos jours, que\nMme Marie Mockel et M. Stéphane Austin (du théàue ue la Monnaie) ont\nfait revivre les 23 et 28 mars dernier pour notre plus grand plaisir. Leurs\ndélicieuses voix, maniées avec un art exquis, rendirent à merveille le\ncharme pénétrant des vieilles musiques et la saveur expressive des œuvres\nmodernes."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.28", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "Parmi celles-ci, des pages de César Franck, d'lndy, Debussy, Ravel,\nSéverac et Vuillermoz furent tout particulièrement goûtées, et l'assistance,\ntrès nombreuse, ne ménagea point ses applaudissements aux deux excel-\nlents artistes qui les mirent si bien en valeur.\nJEAN POUEIGH.\nFestival Mozart (Société musicale, G. Astruc).\nLa Société la plus aristocratique et la plus élégante de Paris s'était ren-\ndue au Festival Mozart, sans doute pour tâcher de faire oublier l'inintelli-\ngence de ses ancêtres et tout ce que Mozart souffrit de leur ladrerie, pen-\ndant son triste séjour à Paris.\nLe premier concert, donné le vendredi 23 mars, « sous le patronage de\nMme Madeleine Lemaire », (je ne savais pas que Mozart était peintre de\nfleurs) a été fort beau. Reynaldo Hahn dirigeait l'orchestre con amore,\navec beaucoup de goût et de vie. L'exécution fut pourtant un peu lourde\nparfois, notamment dans le menuet de la Symphonie en mi bémol, auquel\non finit par prêter l'allure d'une danse d'hoplites ; mais le finale fut déli-\ncieux d'esprit. Ce fut une excellente idée de faire entendre la Marche\nfunèbre des Francs-Maçons, qui annonce et égale presque celle de Y Héroïque.\nLe concerto pour violon. en la mineur, admirablement joué par Hayot et\npar l'orchestre, montre que Mozart est le seul (avec Haendel peut-être)\nqui ait su écrire des concertos pour son plaisir, et non pour l'embête-\nment d'autrui.\nLe second acte des Noces de Figaro réunissait une interprétation, que\nl'on peut dire « mondiale » ; car les chanteurs étaient Allemands, Italiens,\nHollandais, Américains, etc. Il y avait même dans le nombre, si je ne me\ntrompe, un Français. —Mme Lilli Lehmann a chanté le rôle de la comtesse,\nd'une façon assurément étonnante ; mais, hélas ! tout l'art du monde ne\nvaut pas la jeunesse de la voix.\nMlleHelbig a dit avec beaucoup de finesse le rôle difficile de Suzanne, et\nMlle rate a charmé dans le rôle de Chérubin (de Cherubini, comme\ndisait le programme). Mais le véritable succès de la soirée a été pour\nM. Mario Ancona, qui a montré ce qu'était le chant italien comparé au\nchant allemand, et combien cette musique de Mozart, qui est guindée et\nraidie dans un gosier germanique, n'a de sens et de vie que chantée en\nitalien et par un artiste italien, d'une belle voix souple et chaude. Au reste,\nplus on étudie le xvme siècle italien et allemand, et plus il est évident que\nMozart est un compositeur italien pour la presque totalité de son art. J'ajoute\nque lon est frappé du caractère constamment théâtral de sa musique :\nsymphonies, concertos, tout est scénique; ce sont des dialogues drama-\ntiques ou comiques, de petites scènes de Singspiel ou d'opéra buffa.\nJ aurais voulu aller au concert suivant du dimanche 2 5 mars. Mais, dans\nîa journée, Richard Strauss avait donné, au Châtelet, sa Symphonia Do-\nmestica ; et j avoue que j'aurais été incapable de rien entendre après la\nplus puissante symphonie allemande depuis la Neuvièmey une œuvre où\nj ai cru voir passer par moments l'âme même de Beethoven.\nROMAIN ROLLAND.\nSociété Nationale.\nLe concert du 31 mars, donné par la àla\ntoruin, ne comportait rien de saillant parmi les premières auditions.\ne utait par un long Prélude suivi d'une Fugue interminable, sur un\ndieme que M. Henri Thiébaut avait emprunté à Bach."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.29", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "Bach aurait certainement été très étonné d'entendre cela ; le public, lui,\navait plutôt l'air ennuyé, à telle enseigne qu'à la fin de la fugue il se de-\nmandait s'il fallait applaudir (ce qu'il fît modérément), croyant que cela\nallait continuer encore. Il n'y avait pas de raison pour que cela finît d'ail-\nleurs, et M. Thiébaut aurait dû introduire dans la fugue un autre sujet et\nmême un autre encore ; c'eût été parfait. Plus de vingt minutes s'étaient\nécoulées depuis le commencement de l'exécution !\nA quoi bon, mon Dieu ! prendre un sujet que Bach avait traité et « assez\nbien », n'est-ce pas, dans 1 'Art de la fugu ?\nDe la forme de l'œuvre, jouée par M. Arthur van Dooren, je dirai sim-\nplement que le prélude m'a paru bien construit et bien écrit, la fugue\nm'ayant plongé dans une douce somnolence dont me tira la pour\nvioloncelle de M. Daniel Lamotte.\nCette Chanson,qui cependant « ne casse rien », me parut délicieuse ve\nnant après l'œuvre rébarbative dont j'ai parlé tout à l'heure. M. Feuillard\nen donna une bonne exécution, malgré quelques petites défaillances insi-\ngnifiantes.\nJ'aime bien le poème lyrique « à celui qui n'est plus » de M. Léon\nSaint-Réquier. C'est une œuvre bien faite, équilibrée, expressive, pleine\nd'émotion sincère. M'ie M.-L. Braquaval en chanta le poème avec une sim-\nplicité émue, soutenuepar le quatuor Geloso dont j'aurai le plaisir de parler\ntout à l'heure.\nLa Sonatine de M. Maurice Ravel, quoique bien écrite et charmante, ne\nme plaît pas complètement ; je fais exception cependant pour la 2e partie :\nmouvement de menuet. Je reproche à cette œuvre, qui d'ailleurs n'est pas\ntoute récente, de contenir peu d'émotion ; c'est bien fait, cela plaît, amuse\nsouvent, mais c'est froid. M. Gabriel Grovlez en a donné une assez bonne\nexécution, mais il y avait néanmoins, à mon avis, autre chose à en tirer.\nAprès trois délicieuses mélodies, l'Av et de £. Chausson, et la\npetite lise de M. P. de Bréville, chantées par M»e Béclard, le concert se\nterminait par une interprétation superbe du quatuor à cordes de César\nFranck. Quelle musique c'est là 1 Et que l'on a raison de dire que rien de\ntel n'a été écrit depuis les derniers quatuors de Beethoven! Où trouver une\npareille beauté de forme, une si merveilleuse architecture et une telle jouis-\nsance expressive ? Voilà l'art et le vrai.\nJe termine en louant sans réserve MM. Geloso, Blotte, Monteux et Ter-\neis • le Quatuor Geloso possède toutes les qualités possibles à un quatuor,\nles premières sont une souplesse et une homogénéité incomparables, -on\nexécution de l'œuvre de C. Franck fut vraiment impressionnante.\nC. DE MALARET.\nLe Quatuor Parent.\nLa musique française contemporaine. - Dernière séance moderne et con-\nclusion de la Saison 1906.-Où le printemps commence, la musique\nfinit • voici, déjà, la douzième et dernière séance delà saison 190b . Seance\nau programme très imprévu, par suite de deux contretemps : un départ\nsubit de M. Marcel Labey nous a privés de ses deux mélodies que devait\nchanter M\"e Jeanne Bertaux; une indisposition non moins soudaine, et que\nnous souhaitons passagère, de Mlle Marthe Dron retient, maigre sa vaillance\néprouvée, la charmante pianiste loin du concert et nous prive de 1 aimab e\ndeuxième quatuor de Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire, et de la\nfière sonate de Vincent d'lndy, directeur de la Schola Cantorum\nrécente dont la première audition ne remonte qu au j février 1905 et\nqu'évoque si fièrement le concours habituel d'Armand Parent et de\nM'ie Dron !"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.30", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "C'est grand dommage que la fâcheuse grippe sévisse à 1 car le\nrapprochement suggestif de ces deux ouvrages français nous eût grande-\nment instruits sur les origines obscures et la libre orientation de notre mu-\nsique française contemporaine... Aussi bien, toutes les œuvres aimables du\npoète un peu sceptique de la Bonne Chanson sont très connues des habitués\ndes séances annuelles du Quatuor Parent ; mais leur succès, universel\ndésormais, fut loin d'être spontané : faut-il rappeler le temps antédiluvien\n(quinze ans... grande mortalis cevi spati où le concours pianistique de\nM. Gabriel Fauré, pas encore poudré à frimas par sa jeune vieillesse, ne\nsuffisait pas toujours à faire venir le public? M. Gabriel Fauré, malgré son\ntalent spirituel comme son aimable génie, jouait plus d'une fois devant les\nbanquettes... Mais c'est de l'histoire ancienne ! Armand Parent, dont sa\nnature originaire des Flandres a fait un doux entêté, contribua fort, par\nson entêtement, à la rendre ancienne, cette histoire d'hier. Et comme il est\nentendu que lorsqu'une question d'art est en jeu, l'artiste qu'il est avant\ntout sacrifie volontiers toute considération de gros sous, Armand Parent\nn'a jamais cessé de jouer et, partant, d'imposer depuis 1892, les grâces\nmusicales de Gabriel Fauré. L'entêtement trouve, comme le mérite, sa ré-\ncompense en lui-même ; il n'attend rien de la gratitude officielle qui, pour\nhonorer quinze ans d'heureux efforts et d'âpres lances rompues en l'hon-\nneur de la musique française contemporaine, n'a rien de plus pressé que\nd'admettre au Conservatoire un jeune quatuor concurrent pour y faire\napplaudir les six derniers quatuors de Beethoven...\nVoilà comme on écrit l'histoire... de la musique. Et la sonate fière de\nVincent d'lndy, si fièrement enlevée par ses deux interprètes, vous aurait\négalement expliqué musicalement, c'est-à-dire avec toute la discrétion pos-\nsible, que les oeuvres altières, encore plus que les aimables ouvrages, ne\nreçoivent point d'emblée l'assentiment d'un auditoire même choisi! Le vio-\nloniste Armand Parent, cet entêté doublé d'un déclare aimer cette\nsonate d âme vraiment franckiste, comme une des compositions dont il se\ntrouve le plus honoré d'avoir spontanément reçu la dédicace. Et telle dé-\ndicace, comme le mérite, n'est-ce pas? console de tout.\nDonc, l'absence inattendue de la vaillante et jeune Walkyrie du piano,\nMlle Dron, nous a privés de minutes émouvantes et de comparaisons sug-\ngestives.\nCependant, même à la dernière minute, le Quatuor Parent ne reste\njamais court : aussitôt, MM. Parent, Loiseau, Vieux et Fournier sont venus\nnoub jouer comme ils savent le faire les deux curieux quatuors d'avant-\ngarde, signés Ravel et Debussy, le premier si curieusement et si person-\nnellement inspiré du second, dans sa courbe plus vague, si logiquement\net poétiquement greffé par un original sur cet op. 10 (1897) du futur no-\nvateur de Pelléas et Mélisande, et son chef-d'œuvre peut-être, au gré des\nâmes sages, avec son andantinode poésie nocturne et surnaturelle, où\na to reveur de M. Vieux semble soupirer telle romance sans paroles d'un\nVerlaine musicien... Et ces deux quatuors d'avant-garde\nrevenaient à propos nous confier l'état pour ainsi dire statique de la mu-\nsique contemporaine, la veille même de ce samedi plutôt bien rempli qui\nnous, eAn Proposait l'état dynamique sous ses deux formes très différentes :\nau ate et, le matin, répétition générale de la Symphonie domestique, c'est-\n3\"rn fa>™Hale,de lAllemand Richard Strauss, et, deux heures plus tard,\na pera-Comique, répétition générale de moins familiale du\nr rançais Camille Erlanger.\n1 c^^iant de auditu, le lendemain matin, le musical, le sentimental,\nle débordant, l'entraînant Poème symphonique de trois quarts\neure u poète de 1 orchestration, Richard Strauss, il nous plaisait"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.31", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "D'evoquer, dans les profondeurs du souvenir, un quatuor, alors tout à fait\nclassique et brahmsiste,de ce même compositeur si fougueux depuis un\nCS du 6 mars 189-, à la Société Nationale! par l\"\nQu or Parent, moins de deux mois après le quatuor de Claude Debussv\nS\"^lCelU'-Ci' da\"S S°\" P<— <*■***\njiïÏÏJT? V DebUSSy LeS POl6B mUSiClUe m°der^\nhnni^8 Quel parti prendre, en effet, après ce colosse de la Sym-\nïîrnrp ue le miroir du Drame? Le suivre, en cherchant àle dépasser\nencore ; - ou autre chose, en abaissant discrètement la voix\nAjoutons aussitôt que la conviction puissante et le bel emportement de\nDomestique nous a réconciliés avec l'art jusqu'ici trop du vir-\ntuose orchestral Richard Strauss...\nMais revenons, la veille, à la dernière séance du Quatuor Parent. Seul\nreprésentant du programme primitif compromis par ce temps neigeux\nM. Jean Hure vient exécuter la partie de piano de sa confidentielle et\nsincere Suite sur des chants bretons pour piano, violon et violoncelle •\nquatre mouvements, animés ou langoureux, toujours sagement populaires'\nsur de vieilles mélodies du pays natal,\nLa terre de granit, recouverte de chênes.\nNotre vieil Obermann, qui vantait le pouvoir méconnu des « mélodies\nprimitives », se réjouirait au moins de l'intention. D'ailleurs, le maître\nVincent d'lndy, ce soi-disant wagnérien de Bayreuth que le trop spirituel\npeintre mélomane Jacques-Emile Blanche déclare uniquement nourri de la\nchoucroute d outre-Rhin, n a-t-il pas donné fierement le bel exemple en\nparfumant tout son œuvre des échos de sa montagne ? Comme son quatuor\n(op. 45) et sa récente sonate, sa dernière symphonie cévenole apporte\naux amis d'Obermann le témoignage définitif.\nEnfin, un prestidigitateur (dans le bon sens étymologique du mot) nous\nravit trop brièvement : c'est Ricardo Vines, faisant jaillir une triple étin-\ncelle : Mouvement(n° 3 des Imagesdebussystes) ;\ntemps, extrait délicat de la délicate suite pianistique En Languedoc, de\nl'original Déodat de Sévérac, dont nous attendons impatiemment, à l'Opéra-\nGomique, une première qui peut être une date; Scherzo, capricieusement\nmélancolique et capiteux, du regretté Borodine, et dont la difficulté n'ap-\nparaît jamais sous les doigts de l'exécutant. Sous les nerveuses mains de\nRicardo Vines, le Steinway devient un livre magique d'où les paroles\nmontent, mystérieuses...\nTelle fut la très intéressante conclusion de la seizième année de luttes\ngracieuses et d'heureux efforts du Quatuor Parent pour imposer à l'au-\nditoire français la musique française contemporaine, sans oublier\nBeethoven, ce maître des maîtres, parce qu'il fut souverainement humain.\nMais Beethoven, cet éternellement jeune, n'a point permis, cette année\nmême, que fussent délaissés les jeunes. Et, quelles que soient les circons-\ntances extérieures et momentanées, l'artiste Armand Parent ne sera jamais\nde ceux qui les délaissent. A la fin d'une pareille séance, conclusion d'une\npareille saison, son autorité douce et naturellement sérieuse doit sourire\nintérieurement en se rappelant le critique, aujourd'hui converti par la\nmode, qui destinait administrativement l'interprète de la sonate... de\nFranck aux Petites-Maisons ! « L'artiste a le devoir de faire admirer\nles œuvres fortes, de les imposer sans découragement, en ne s'inquiétant\nnullement si elles plairont d'abord ou ne plairont point. L'artiste est seul\njuge. Si le public n'est pas à même d'apprécier les belles compositions"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.32", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "musicales, fâutc provient uniciucnicnt des exécutants qui ne prennent\npas leur rôle au sérieux. Grâce à César Franck, à ses adeptes et continua-\nteurs, nous sommes actuellement à la tête du mouvement musical universel;\nnotre'tâche, la tâche des vrais interprètes, est d'amener le public à donner\nson admiration à ces maîtres nouveaux qui représentent si fièrement l'art\nfrançais... (i). »\nTelle est, depuis quinze ans, l'intime conviction d'Armand Parent, un\nde ces rares artistes chez qui l'action devient la sœur du rêve; et ceux qui\nle connaissent de près, MM. André Lamette ou Gustave Robert, les plus\nloyaux de mes jeunes confrères, ne sauraient démentir ce fier langage.\nAnnonçons enfin que les 4, 11 et 18 mai 1906,\"trois soirées de sonates\nseront consacrées fort à propos par M. Parent et Mlle Dron aux maîtres du\ngenre : Bach, Mozart et Schumann, encadrés par les novateurs contempo-\nrains : Franck, A. de Castillon, Lekeu, MM. Vincent d'lndy, Magnard et\nPierné. De belles soirées d'art en perspective !\nRAYMOND BOUYER.\nErratum. Ce qui s'énonce bien s'imprime clairement.;. Quelques phrases obscures de nos\nrapides analyses précédentes ont subi quelques altérations typographiques; prière de lire dans le\nMercure musical du i 5 mars 1906, page 268, ligne 26 : « une sympathie mystérieuse es* impé-\nrieuse à ce point... » etc.\n• R. B.\nConcerts Kleeberg.\nAprès une première séance de haut style, qui conduisait l'auditeur de\nJean-Sébastien Bach à César Franck, Mme Clotilde Kleeberg a consacré sa\nseconde et dernière soirée plus romantique, du 4 avril, à Beethoven,\nSchumann et Chopin : la sonate en ré majeur (op. 28), surnommée\ntorale, déroula d'abord ses rythmes aériens et ses rafraîchissants lointains\nde poésie cristalline, toute beethovénienne, sous ses doigts ailés ; les Davids-\nbïtndler (op. 6) racontèrent poétiquement les innovations pianistiques et\nle génie varié de Robert Schumann en passant, pendant vingt-huit minutes\nconsécutives, de sa mémoire impeccable à son Erard docile ; et Chopin\ncapricieux nous enivra comme jamais : sa valse mélancolique en la mineur\nfut un enchantement; son nocturne (op. 55, n° 2) fut un poème évocateur\nde i83o; après la saisissante ballade en mineur, de nombreux rappels\ndiscrets et dignes de la haute artiste ont témoigné justement à cette reine\ndes pianistes féminins larespectueuse reconnaissance d'un auditoire conquis :\nreine du piano, Mme Clotilde Kleeberg l'est simplement, mais souveraine-\nment, par une qualité toute personnelle d'art sobre et vivant dans la dis-\ntinction des sonorités; nous ne lui ferons l'injurieux compliment de lui\ncrier qu'elle est la perfection même, car ce mot implique toujours, en\nfrançais, quelque chose de froidement et de correctement égal ; et rien de\nplus animé que son goût. Jamais depuis les inoubliables soirées de Risler,\ninterprète de Beethoven, le délicieux op. 28, en majeur, n'avait sonné\nde cette manière limpide et suavement forte en ses caprices pastoraux :\nc'était un souffle de l'atmosphère loyale d'autrefois... Et ce fut la joie saine\nde tous les amoureux d'art, ce goût, ce tact, cette harmonie, cette mesure,\ncette grâce animée sans effort, ce parfum d'atticisme en l'interprétation des\nmaîtres, après tant d'excentricités contemporaines et de cabotinages cos-\nmopolites !\nRAYMOND BOUYER.\n\n(1) Paroles rapportées par M. André Lamette dans le Journal musical du i 5 février 1906."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.33", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Société Beethoven (saison 1906 ; r® année).\nA côté des grandes associations musicales, l'initiative individuelle a beau-\ncoup fait pour la gloire des maîtres : en trois festivals récents, Reynaldo\nHahn manifestait sa piété pour Mozart devant un cénacle des plus mon-\ndains ; et, pendant toute la saison, dans une atmosphère plus recueillie, la\nSociété Beethoven, créée parle jeune graveur mélomane Jacques Beltrand,\ndigne fils de son regretté père, a donné les dix-sept quatuors beethové-\nniens, correctement exécutés par le quatuor de la fondation Beethoven :\nMM. Tracol, Dulaurens, Monteux et Schnéklùd. On n'a pas entendu, pen-\ndant un seul hiver, tout Beethoven ; mais il y a des beethovéniens qui ne\ndésirent pas tout connaître... Une sélection seulement, des morceaux\nhabilement choisis par Jacques Beltrand parmi les nombreux chefs-d'œuvre\ndu génie, ont rapproché des dix-sept quatuors les plus célèbres trios (op. r,\nn<> 3 ; op. 70, n® i ; et le trio à l'Archiduc, op. 97) ; la sonate, piano\net violon, en ut mineur (op. 30, n° 2) et la sonate à Kreutzer (op. 47) ; le\nseptuor de jeunesse (op. 20), pour lequel l'auteur génial devint trop\nsévère ; le grand air de Fidelio,plusieurs parmi les plus expressifs,\nle Chant élégiaque(op. 118), trop rarement entendu... L'admirateur de\nBeethoven avait groupé des pianistes diversement renommés : Mlles Cécile\nBoutet de Monvel et Blanche Selva ; Mmes Marguerite Jacquard et Monteux-\nBarrière ; MM. Ricardo Vines et David Blitz ; et parmi les cantatrices les\nplus applaudies M mes Jeanne Raunay, Jane Arger, Marthe Philip, Auguez\nde Montalant, et Mi'e Mary Pironnay. Contribution nouvelle au culte rendu\npar un nouveau siècle à l'universel génie de Beethoven, à ce consolateur\nsouverain, qui n'a jamais connu de consolation !\nRAYMOND BOUYER.\nAuteurs modernes.\nSalle gaie, enthousiaste, jeunes espoirs, conviction et ardeur, croyance\ndans l'avenir de l'art ; pour la plupart : des amis, des camarades, des\nartistes, voilà ce que présentait à l'auditeur la où M. et\nMme Bénédictus ont organisé une audition musicale d'auteurs français\nmodernes le 24 mars et auxquels on doit de chaleureux remerciements pour\nune soirée aussi intéressante.\nLe programme était très considérable : plusieurs œuvres inédites ou à\npeine parues ont charmé le public.\nMaurice Ravel était présenté par la et de\nsa Shéhérazade et l'amusant Noël des (les paroles sont du composi-\nteur même), qui ont été interprétés avec sa maîtrise et son intelligence\nhabituelles par Mme Bathori et admirablement accompagnés par l'auteur.\nM. R. Vines qui a joué du même auteur la Vallée des Cloches et l'Al-\nborada del Graposo(des Miroirs)était disposé d'une façon saisissante :\nune mélancolie se dégageait et enveloppait chaque phrase de la\nCloches. Elle pénétrait même la verve de VAlborada, ce qui lui donnait un\ncaractère tout à fait particulier.\nComme cette humeur de l'artiste était en harmonie avec la mélancolie\nprofonde et sentie du Coin de cimetière au de Déodat de Séverac,\ndont il a aussi interprété A cheval dans la prairie {En Languedoc). Deux\nchants exquis du même auteur : Temps de neige, et A l'Aube dans la mon-\ntagne, ont été chantés avec beaucoup de pénétration et de noblesse par\nMUe Mary Pironnay, qui a bien voulu remplacer Mlle Cesbron.\nMme Max Soulier a chanté d'une façon charmante et discrète des mélo-\ndies très intéressantes de M. Vuillermoz deux chants populaires très"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.34", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "expressifs et joliment harmonisés et les ingénieuses Dionysies, acompagnées\nfort bien par l'auteur même.\nIl y avait de grands ensembles (vu les proportions de la salle), com-\nposés de double quintette d'instruments à vent et harpe (MUe Inghelbrecht)\nqui ont joué (hélas ! les répétitions n'ont pas dû être nombreuses) le\nPoème sylvestre de Inghelbrecht et puis un autre ensemble, la Fan-\ntaisie japonaise de M. Lutz écrite pour 2 flûtes, violon, violoncelle,\nharpe, une œuvre jeune, sans prétention, sympathique ; la flûte charmeuse\nde M. Gaubert y a fait merveille.\nCitons enfin avec éloges des pièces de Fl. Schmitt pour 2 pianos, inter-\nprétées par M. Chadeigne et l'auteur, des mélodies du même, d'autres de\nM. Inghelbrecht chantés par Mlle Colas, qui ajoutaient à l'attrait de ce beau\nprogramme.\nM. B.\nEdition Mathot. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nLe 3o mars, au bénéfice des victimes de Courrières, l'éditeur Mathot\norganisait de son dernier cru un concert d'oeuvres inédites. Nous fîmes le\ntour de ses jardins, où il y a quelques fleurs rares à cueillir et bien des\nfruits verts à laisser sous cloche. Je ne marcherai pas sur les plates-bandes\net je tiendrai mes chiens en laisse. Tout de même, malgré tant de bienfai-\nsance, cette soirée fut parfois enfantine, à en sourire ou à en pleurer.\nEnfants terribles, qui, avant de savoir écrire, n'ont pas su se borner 1 II\nn'y a rien à redire aux mélodies de M. Jean Huré, sinon qu'il n'y a rien à\nen dire, malgré le talent de l'interprète. Dans ce pêle-mêle de beauté et de\nnaïveté, les « reflets d'Allemagne » de M. Florent Scbmitt ont émergé pour\nnotre joie. Quatre valses lentes écrites pour piano à quatre mains évoquent\ntour à tour Heidelberg, Coblentz, Lubeck et Werder, tout le charme\nromantique et langoureux d'une Allemagne de rêve. Une très douce quié-\ntude voile de mélancolie les cadences rythmées, comme certains thèmes\ndes làndler de Schubert, que reflètent ces mélodies sobres de couleur et\nd'un style tout classique. Le Jardin d'amour de M. Emile Vuillermoz a été\nfinement détaillé par Mme Mayrand. Il y a bien de l'esprit et de l'art dans\nce libertinage vieillot et attendri. C'est ainsi que quelques œuvres fraîches\net vives firent cette soirée de bienfaisance vraiment bienfaisante.\nAu siège de Y Ecole des Hautes Etudes dans un hall métallique qui\nsemblerait une halte pour train de banlieue s'il n'avait l'air triste d'une\nsalle de prêche, pour un soir, la salle s'est ouverte aux féeries du rêve, et\nun bouquet de sons raffinés s'est effeuillé fleur à fleur.\nD abord le quatuor de Maurice Ravel, d'une émotion juvénile et char-\nmante, que les jeunes artistes du Quatuor Luquin ont su traduire avec\nautant de finesse que de précision ; puis les trois Pièces pour piano d'Albert\nRoussel, récemment jouées à la Société Natipoétiques toutes trois, la\npremière plus parfaite que les autres peut-être, bientôt suivies du poème\nEn Languedoc de D. de Séverac, où Mlle Selva, qui vient de terminer sa\nsérie annuelle d hommages à Bach, montre la plus exquise délicatesse de\nson et de sentiment. Enfin Mm® Fourrier, admirablement accompagnée par\nune trop modeste anonyme, a chanté avec une extrême intensité d'émotion\nde jolies choses de P. de Bréville, D. de Séverac et M. Ravel, et de belles\nmélodies de Cl Debussy dont elle est la digne interprète. Et le public a\nretrouvé avec joie, dans la Shéhérazade de Ravel, invitation aux voyages\nimaginaires en de chatoyants pays, la voix si fraîche et si parfumée, si\nvivante et si naturelle surtout, de M»e Marguerite Babaïan, déjà applaudie\na a conférence du lundi 26 mars pour un admirable chant de muezzim,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.35", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "arabesque sonore dont elle fit valoir avec un art exquis les fins détails.\nEnfin, la conférence du 2 avril était illustrée d'une mélodie de Balakiref,\nan géorgien, ou la voix de M. Moughounian fut admirable, et d'une\ndanse javanaise, directement transcrite pour piano à quatre mains (d'après\nune partition authentique), par M. Louis Laloy : « musique grave et glis-\n! °tl ?nî, d6S SOns de §on§s et de cloches, musique insaisis-\nsable et bientôt hallucinante », ainsi que dit un jour le grand poète\nernaeren, musique ressuscitee pour quelques instants devant nous, dans\na riche parure de ses sonorités mêlées, et saluée d'un enthousiasme una-\nnime, cependant que M\"e Chouchik Babaïan, preste et furtive, regagne sa\nplace et ne veut pas agréer nos remerciements pour ses belles et intelli-\ngentes sonorités. JOSEPH TRILLAT.\nSchola Cantorum. M. Sauer. Landowska. M. Duttenhoffer.\nA la Schola Cantorum, le programme du cinquième concert mensuel\ncomportait la Passion selon saint Jean de J.-S. Bach. Jouée déjà plusieurs\n.on reprenait pour nous démontrer sans doute qu'elle n'est pas\ninférieure à la Passion selon saint Matthieu. Solistes, chœur et orchestre\nqui s'appliquèrent à tel point qu'on vit le plus barbu des contrebassistes\ns assoupir durant un récit et, réveillé en sursaut par l'allégro suivant,\nplonger éperdument sur son pupitre qui manqua de choir. Cette passion\ndure d ailleurs deux heures et demie, dont le tiers est pris par des récits\nde convention où Bach violente la musique pour la force à chanter:\n« Et 1 inscription fut faite en trois langues, en grec, en hébreu et en latin. »\nSolistes médiocres : Cazeneuve avec moins de voix que jamais, M. Gibert,\nténor moins grotesque qu'un M. Leclercq dont les deux phrases du servi-\nteur eurent un joli succès d hilarité, la basse Bourgeois sans voix ni style.\nM. Gébelin, Mme Legrand et M 11\" Pironnay furent excellents. Les chœurs\nsont admirables, et furent chantés avec beaucoup d'expression.\nJ'ai plus de plaisir à signaler, à la Scholle concert annuel de MUe 81. Selva\net de M. G. Bret, qui ont interprété les œuvres pour piano, et les trois\nchorals d'orgue du père Franck avec toute l'onction et en même temps\ntoute la force qu'exige cette musique merveilleuse. Cependant, l'année\nprochaine, Mlle Selva fera bien d'omettre la œuvre de com-\nmande écrite dans le supplément d'un journal mondain et qui n'est pas à\nsa place entre Prélude, Choral et Fugue et (1).\nM. Emile Sauer est certainement un virtuose parmi les virtuoses du\nclavier. Il joint à une souplesse du poignet et des doigts une puissance de\nson extraordinaire, et les difficultés de tout genre sont pour lui jeux d'en-\nfant. Cependant je suis sorti de deux de ses concerts avec une sensation\nde lassitude et d'étonnement, étonné des tours de force qu'il exécute le\nsourire sur les lèvres, lassé de la quantité infinie de notes que j'eus à subir.\nPeu émouvant dans la Sonate (op. 109) de Beethoven, il fut bien meilleur dans\nla Sonate (op. 35) de Chopin, dont la fut vraiment l'exal-\ntation de la finis Polonice.Son triomphe fut le de Schumann\nqu'il dut bisser et une série de morceaux de concert dont il est l'auteur. Je\nne comprends pas qu'en 1906 on ose encore jouer, il est vrai qu'on trouve\nbien un public qui applaudit, des morceaux intitulés (étude de\nconcert) ou les Délices de Vienne (valse de bravoure), qui nous ramènent aux\n\n(i) Dans le compte rendu du dernier concert d:élèves (p. 321), il faut lire Grate-\nrolle et non Gravollet. Toutes nos excuses, pour cette erreur typographique, à l'excel-\nlent professeur. Au sujet de ce même concert, M. de Serres nous écrit une aimable et\nintéressante lettre qui sera publiée dans notre prochain numéro."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.36", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "temps de Kalkbrenner et Hummel. Composés de traits extravagants, de\ngammes en octaves dans un mouvement de presto et d écœurantes\nromances, de telles œuvres sont peut-être utiles pour donner des doigts,\nmais ne sont nullement dignes de voisiner avec des chefs-d œuvre comme\nle Carnaval de Schumann ou V Appassionata\nBien plus intéressant, parce que plus artistique, le concert de\nMme Wanda Landowska, qui évoque toute l'âme de la musique aux xvne et\nxvnie siècles. D'exquises pastorales de Bach, la du père\nMartini évoquèrent les grâces poudrées et enrubannées des Trianons. Le\nRappel des oiseaux de Daquin, la Fuga de Bach et un\nCoucou, que j'ignorais, de Pasquini et qui est digne de rivaliser avec\ncelui de chantèrent la forêt frémissante de ses aimables hôtes s'en\ndonnant à pleine gorge. JMais la partie la plus intéressante et la plus nou-\nvelle du programme fut la Kermesse. Des danses villageoises : bransles,\ngavottes et rondes évoquèrent Téniers et toute l'école des petits-maîtres\nflamands, peintres de ducasses pittoresques où des fermiers bons vivants\nlutinent d'accortes servantes en dansant et trépignant aux sons des vielles\net des cornemuses. Une pièce surtout de Fr. Couperin le Grand, les\ngleurs, Sauteurs et Saltimbanques, avec qui est une\nvéritable pièce symphonique pour clavecin, obtint le plus grand et le plus\nmérité des succès. Il est vrai que Mme Landowska est l'interprète idéale d'une\npareille musique. J'ai déjà dit combien elle fut exquise chez Colonne,\ndans le Concerto en miï de Mozart, je ne pourrais que me répéter et vous\nengage, si vous ne l'avez point encore entendue, à ne pas manquer son\nprochain concert. Composés avec un goût impeccable, ses programmes com-\nportent toujours un très grand enseignement d'esthétique musicale. A\ncombien de virtuoses peut-on décerner un tel éloge ?\nCe n'est certainement pas à M. Duttenhoffer, qui impose à son auditoire\nun Concerto de M. Th. Dubois aussi intéressant que son auteur. Un allegro\npoussif, un adagio geignard et un finale naïvement vulgaire durèrent\nquarante minutes. C'est long, et le métier de chroniqueur musical n'est pas\ntoujours follement gai. L'Havanaise de Saint-Saëns et une Fantaisie de\n6. Huë qui finit et recommence trois fois avec un essai de pittoresque\norchestral de pacotille ne furent pas d'une musicalité supérieure. Seule la\nSymphonie espagnole de Lalo représentait la musique avec, il est vrai,\nl'ouverture d'Egmontet le ballet délicieusement fiûté par\nM. Hennebains, sous la souple direction de M. 6. Marty.\nC. C.\nConcert Y. Morpain,\nDu Schumann interprété avec une très émue simplicité, avec beaucoup\nd'intériorité. Pas de fracas, pas de gestes excessifs, une sonorité profonde,\ntour à tour délicate et puissante. Du Schumann vraiment schumannien,\nsi l'on peut s'exprimer ainsi. Oh! la pénétrante évocation d'un rêve, con-\ntemplé les yeux clos, pour ne pas voir le clinquant de la réalité.\nEt, par ces temps de cabotinage, un pianiste sur lequel le vent de vir-\ntuosité, secouant à outrance de si nombreuses têtes musicales pseudo\nn'a pas de prise, cela est notable... en blanches, en noires, en croches et\nen soupirs si l'on veut, mais certes pas en pauses.\nADRIANNE.\nM. Llorca.\nLe 9 mars a eu lieu, Salle Washington,le concert de M. Llorca très\nréussi. Parmi les artistes qui prêtaient leur concours : MHes Ch. Melno\net Claire Blot. La première s'est révélée cantatrice et musicienne con-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.37", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "sommée, particulièrement dans l'air: e Schumann qu'elle\nentendu D® U deux/ème les lecteurs du Mercure ont déjà\nentendu parler. Notre dernier numéro relatait, en effet les succès Qu'elle\navait obtenus dans une récente journée où elle jouait des pièces de R Hahn\nFautif H? ?larb?ne-, 7,°US av°ns eu à I>aPPlaudir l'autre soir dans là\nFantaisie de Sporck qu elle avait fait brillamment acclamer le premier à la\nsociété des compositeurs. C'est une artiste destinée à faire valoir supérieu-\nrement le bel instrument de M. Lyon, car au talent nécessaire à un prix du\nConservatoire elle joint la grâce et l'amabilité, qualités qui font hélas t\npresque totalement défaut à bien des étoiles de la harpe.\nApres les interprètes, un mot des oeuvres, celles seulement dont les\nau eurs des jeunes ont besoin d'être encouragés et soutenus dans leur\nprogrès artistique.\nLa Fantaisie de Sporck ne m'appartient plus. L'accueil chaleureux qu'elle\na reçu plusieurs fois du public me laisse seulement le soin de l'annoncer\ncomme définitivement lancée grâce à la virtuosité de sa créatrice.\nM. Rhené Bâton s est montré à nous sous un double aspect.\nsons douces ont été 1 occasion d'un beau succès pour M\"e Melno. Cette jolie\nmusique avait d ailleurs tout ce qui était nécessaire pour cela.\nM. Llorca a triomphé dans 2 préludes pour piano. Autant à dire pour\ncette composition que pour la précédente.\nEnfin le sympathique pianiste avait eu la bonne idée de continuer par\nune Etude de Jules Cohen. Les auditeurs ont montré par leurs applaudis-\nsements tout le cas qu ils faisaient du talent de M. Llorca et de la valeur\nde la musique qu'il interprétait si bien.\nC'est avec regret que les amateurs de musique allemande ont vu se ter-\nminer, pour cette année, les séances du Dr Lulek à Cet admirable\nbaryton n'était pas d'ailleurs un inconnu pour le grand public parisien, si\nj'en crois un vieux numéro du Gaulois que j'ai actuellement sous les yeux et\ndont j'extrais ces lignes : « M. Lulek, le distingué baryton viennois qui révo-\n« lutionne en ce moment le monde musical à Paris, après ses triomphes en\n« Autriche et en Allemagne, aobtenu un succès sans précédent. Pour mettre\n« fin aux ovations frénétiques, M. Lulek a dû chanter 5 lieder supplémen-\n« taires. » J'ai dit que le Dr Lulek était connu, je peux ajouter qu'il l'est fort\navantageusement.\nDans les 4 soirées qu'il vient de donner, il a fait entendre des compo-\nsitions de Schumann, Brahms, Strauss, Wolf et Schillings, compositions\npour la plupart inconnues en France. Ses programmes comportaient en\noutre des exécutions au piano et pianoforte des mêmes auteurs. Il suffira\nde citer les noms des interprètes : la délicate Mme Landowska, MM. Herz\net Thalberg, enfin l'étonnant Ricardo Vines.\nEn un mot, le succès a été parfait. Le public tout de choix, non pas une\nmasse indifférente venue là comme ailleurs, —non, une sélection de musi-\nciens en parfaite similitude de goûts et de vues musicales avec l'artiste, a\nfait le meilleur accueil au grand chanteur et à ses excellents collaborateurs.\nTous seraient heureux, j'en suis persuadé, d'applaudir encore le Dr Lulek\nl'année prochaine.\nC'est le meilleur éloge qu'on puisse faire de ses dons naturels merveil-\nleux et de son talent d'interprétation si dramatique.\nJe serais bien coupable si j'oubliais l'accompagnateur, Eug. Wagner.\nSon rôle était loin d'être effacé, car chacun sait que l'accompagnement de\nla mélodie allemande exige de véritables qualités de pianiste, interpré-\ntation, virtuosité même, que M. Wagner a montré, spécialement dans la\nséance Strauss, posséder au plus haut point."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.38", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "Tandis que pour venir en aide aux veuves et aux orphelins de Courrières,\nles chanteurs populaires ramassaient des sous dans les rues et les cours,\ntandis que dans les grandes salles, grâce au concours de célébrités artis-\ntiques et la haute société entassait des piles de billets de\nbanque, les jeunes de France, dont le cœur est grand, mais, hélas lia bourse\nbien légère, arrivaient à obtenir du cercle de leurs relations des pièces\nblanches, voire même des louis.\nLa musique n'ayant pas la majeure partie du programme, je\npeux seulement mentionner qu'elle a participé à l'exécution des plans\ngénéreux d'une petite société amicale artistique, fondée récemment par un\njeune littérateur, René Serout, auquel est certainement réservé l'avenir le\nplus brillant.\nMentionnons enfin le grand succès obtenu par Mlle Sara Pestre, harpiste\nexquise, au concert si intéressant d'ailleurs que donnait, le 7 avril, M'ievan\nGelder avec le concours de MM. Fleury et Petit. Ce sont là des soirées\nconsolatrices. P- D.\n\nA L'OPÉRA-COMIQUE\nLouis de Gramont et Camille Erlanger : Aphrodite, pièce musicale en sept tableaux.\nJe n'étonnerai personne en avançant que M. Louis de Gramont n'a pas\ntranscrit en ses vers blancs toutes les scènes du roman de Pierre Louys.\nFaut-il le regretter ? Non certes, car le livre, malgré tout le talent de l'au-\nteur et l'ampleur de son érudition apocryphe, ne laisse pas que de dégager,\nà la longue, un certain ennui : trop de fleurs, comme dit l'autre, et surtout\ntrop d'embrassades à la ronde et trop de lits défaits ; un air lourd et chargé\nde fades parfums, un relent d'alcôve qui obsède et qui finit par écœurer.\nCes tendres ébats perdent leur charme et leur attrait à force de se répé-\nter ; c'est une loi assez connue pour que je sois dispensé d'insister. On\njuge de ce qu'il en fût advenu àla scène, avec une réalisation incomplète\n(je l'espère) et gauche (je le crains).\nJe me hâte d'ajouter, pour l'honneur de notre Opéra-Comique et la con-\nfusion du député Jumel, qui voudrait en faire « le rendez-vous de toutes les\njeunes filles », que le sujet reste tel quel. Chrysis (laquelle n'est pas juive,\nmais bien galiléenne) n'est pas devenue une martyre chrétienne, il s'en\nfaut, et elle peut se vanter, avec un légitime orgueil, de ne s'être encore\nrefusée à personne ; quant à la jetée du port d'Alexandrie, où viennent et\nvont Myrto et R'nodis, et Tryphéra, et Séso, et Mousarion, et tant d'autres\naimables filles, trottineuses d'un monumental trottoir, c'est bien la jetée-\npromenade d une plage d'amour ; l'heure choisie par les belles solliciteuses\nétait, à cette époque reculée, proche du coucher du soleil : un très beau\ncoucher de soleil d'ailleurs, qui passe au mauve, puis au violet sombre et\nse perd enfin dans une nuit orientale où les blancheurs des maisons et du\nphare verdissent doucement et se fondent sous la lune. C'est à ce moment\nque la capricieuse Chrysis, aux cheveux d'or (parait-il), exige du beau et\nténébreux sculpteur Démétrios le don de trois objets, qu'il faut voler : le\nmiroir de Rhodopé, le peigne de l'antique reine Nitaoukrit et le collier de\nperles de la statue d'Aphrodite.\nOn devine la suite : la promesse tenue, la récompense généreusement\naccordée à ces gages d'un désir insensé ; puis le caprice cruel de Démétrios\npresque aussitôt lassé : il faut, pour ranimer son amour défaillant, que\nÇarysis affronte la mort, parée des objets volés, et qu'elle soit condamnée\na mort en effet, et jetée en prison. La ciguë est bue déjà lorsqu'il arrive,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.39", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "et ne trouve rien de mieux à faire qu'à mourir également. Entre temns\nnous; n'avons pas échappé au festin'chez Bacchis\", ni au crudfiemln? dé\net Grand Drêtre à n' \"î,4 ?\"\"? du temPle> aïec courtisanes sacrées\ng n pretre a barbe blanche (si vraiment il y avait un prêtre d'Aphro-\ndite, etait-il nécessaire de le prendre si vieux ?)\nM. Camille Erlanger, dans un entretien préliminaire que le du\n26 mars nous a conservé, s'est déclaré frappé, dès l'abord, par le carac-\ntère lyrique du conte de Pierre Louys. Ce « caractère lyrique >, qui s'est\nobstinément dérobé a mes investigations dans un roman tout descriptif\nsorte de Salammbôalexandnne, ressort un peu mieux de l'adaptation que\nje viens de résumer. Encore reste-t-il d'une qualité assez discrète et fort\nconventionnelle : il ny a pas moyen de prendre un seul instant au sérieux\nune aussi invraisemblable aventure, et tous ces beaux discours ne se\npeuvent admettre que tempérés d'un demi-sourire : sans doute, je vois bien,\nj entends, c est un crime d amour, trois crimes d'amour même, plus un\nquatrième beaucoup plus grave, qui est de laisser condamner Chrysis sans\nse dénoncer soi-même. Mais c'est surtout un prétexte à d'agréables spec-\ntacles et a de jolis entretiens. M. Camille Erlanger a fait un gios contre-\nsens en prenant, du commencement à la fin, son sujet au tragique. Et\nquel tragique !Il ne peut être question de désir sans qu'aussitôt des\nmotifs tortueux serpentent à travers tout l'orchestre ; pour un oui, pour\nun non, des tempêtes se déchaînent au quatuor, l'harmonie souffle des ra-\nfales ; le duo, l'inévitable duo du troisième acte, d'abord debout, puis demi-\ncouché (toujours très convenable, d'ailleurs), est traversé de cuivres horri-\nfiants ; les âges précédents savaient moduler sur le hautbois ou la viole de\ntendres plaintes et de profonds soupirs ; il était réservé au xxo siècle d'in-\nventer le trombone d'amour. Avec cela, cette musique n'est pas méprisable.\nE le est lourde, mais non vulgaire, appliquée, mais sans pédantisme, et\nles sonorités, prises en soi, en sont fortes et nourries, et sensiblement moins\népaisses que ce que l'auteur nous avait fait entendre jusqu'ici. Mais je ne\nparviens pas à saisir le moindre rapport entre les sentiments qu'il prétend\nexprimer et cette musique haletante et pesante, perpétuel chant de la forge,\nmais d'une forge sans feu. C'est de la musique de gros, de très gros mélo-\ndrame. Quant au chant, il est d'une fausseté de ton inconcevable, prolon-\ngeant indistinctement toutes les notes, et soudain, sans raison, pour illus-\ntrer le mot « collier », par exemple, ou « Touni, la femme du grand prêtre ».\nou tel autre aussi insignifiant, saisi de contorsions bizarres, dégingandé\nen sauts de septième ou d'octave qui touchent de bien près au grotesque.\nRestent les quelques passages où M. Erlanger n'a pas cherché une émo-\ntion que la nature semble lui avoir refusée : de jolis effets de flûtes et de\nglockenspiel ici, ailleurs des quartes et quintes parallèles qui sonnent\nagréablement, des danses assez gracieuses, quoique le motif en soit bien\npauvre ; et puis, dans la scène de la prison, un accompagnement continu,\nune sorte de basse contrainte, d'une couleur sombre et douce, où l'on\nretrouve (et ceci est un éloge) un peu de la manière de M. Massenet dans\nses bons jours. Ailleurs, dans la scène du temple, je crois reconnaître une\nmarche de nuit, qui me rappelle, avec plus de science, un passage analogue\nde l'Enfance du Christ. Nul pouvoir expressif, d'ailleurs, en ceci, et bien peu\nde pittoresque : on croirait que l'auteur a écrit sa musique d abord, et qu on\nlui a fourni ensuite un poème de longueur appropriée, qui s est trouvé\nêtre un poème antique et païen, mais qui pouvait tout aussi bien se situer\nen Allemagne, en Pologne ou en Judée, et mettre aux prises des soldats ou\ndes marchands, des prêtres ou des laboureurs, en un sujet comique, tra-\ngique, héroïque, rustique, religieux, symbolique, réaliste, ou généialement\nquelconque. Quelconque, voilà l'épithete qui convient le mieux à c^tte"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.40", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3573, "texte": "musique honorable et impersonnelle comme l'ameublement d'un riche\nsalon bourgeois. Il y a des moments où je la préférerais mauvaise, et\nregrette presque M. Bruneau et ses touchantes maladresses.\nLes journaux quotidiens ont trop vanté l'élégance et la prétendue har-\ndiesse des costumes pour que je m'attarde à les décrire après eux. Certains\nn'ont même donné de la pièce que des comptes rendus couturiers ; je\nn'insisterai pas sur l'ironie involontaire du procédé.\nDonc MUe Garden porte au premier acte un fort beau péplos de soie\njaune, recouvrant une tunique plus décolletée qu'il n'était d'usage dans\nl'antiquité, mais moins que beaucoup de corsages aperçus dans la salle\nle soir de la première.\nIl y a au second tableau beaucoup de voiles de gaze sur les épaules\ndes courtisanes sacrées, et beaucoup de corsets aussi, très apparents et\nqui étaient, paraît-il, nécessaires. Mlle Garden, au moment où elle se\njette dans les bras de son sculpteur, est revêtue d'une tunique rose dont\non doit dire qu'elle est « couleur de chair », et la « déshabille» audacieu-\nsement. Et nous la retrouvons dans la prison, gémissante sur son matelas\nen des postures d'Androgyne, toujours en grand décolleté, Phryné obs-\ntinée et mal récompensée. Et tout cela serait fort bien, si elle chantait\ndune voix moins traînante, et avec un accent anglais moins prononcé :\nEt por moâ, ne veux tiu pas preundre\nUn petit p'eigne qui me p'leait ?\nDèmètrious, Dèmètrious !\nM. Erlanger, toujours dans l'entretien historique relaté par le Figaro,\nnous avait avertis d'avance que le rôle de Chrysis serait un grand succès\npersonnel pour Mlle Garden. Je veux bien; mais retrouver Mélisande affublée\nen Chrysis ! La chute est profonde. Quant à M. Beyîe, en statuaire amou-\nreux, il nous était recommandé d'admirer sa « superbe plastique». J'ai\nsurtout admire sa belle diction, sa voix puissante et ses fortes lèvres de\nsatyre, apparentes sous la iausse barbe courte. Mlle Friché, en Bacchis, est\nplus vulgaire qu'il ne faudrait. Quant aux autres, on trouvera, dans le\nnuméro du Figaro précité, un petit mot aimable de l'auteur reconnaissant\nà chacun et chacune de ses interprètes. Pour ma part, je ne retiendrai que\nMii° Badet, au corps svelte sous des voiles que nul tutu ne profane, dont\nles danses furent une merveille de grâce légère et preste : des attitudes\nimitées de 1 antique, c est-à-dire (contrairement au préjugé répandu encore)\nexquises de fantaisie et de verve ; un soupçon d'orientalisme, fort discret,\nmais bien en situation ;et surtout une fougue juvénile, une sincérité\njoyeuse, qualités de premier ordre dans un art qui, comme la danse, est\nune création perpétuelle. Toutes les danses sont fort bien conçues d'ailleurs,\net surtout les danses lentes de la scène du temple. Quant aux décors, ils\nfort beaux, et MM. Carré et Jusseaume furent les vrais héros de la\nsoirée. Cette perspective de cyprès qui montent derrière le temple, mirés\ndans un bassin calme, jusqu'au ciel pâli par l'aurore, ou bien ce palmier lan-\ngoureux qui penche au côté de la vaste baie ouverte au fond de la salle,\nou encore, par la fenêtre de l'atelier, la vue d'Alexandrie, avec ses maisons\net ses temples aux pures blancheurs, ou enfin la mélancolie nocturne des\njardins d Hermanubis et de leurs grands arbres sombres, furent des tableaux\n81 parfaits et si poétiques, qu'à les contempler ou se fût passé volontiers\nV\" rf CTrant' et orchestre, et de paroles, et de drame, et même de costumes\nde Redfern.\nLouis LALOY.\nrelis mon article et me demande si je n'ai pas été trop sévère."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "malgréntouî> est srande et féconde, lorsqu'elle inspire d'aussi\nl 7 1 Q 1 4\" A 11\" i. •\noù commence le compte rendu d'un de nos\nSnnlÏÏ !întS Cntlqu?s musicaux, qui fut aussi le collaborateur occa-\nsionnel du Mercure musical : A. Mangeot:\nSi notre morale reposait sur des bases\ndesi°^nes ffoz'fset laids> «\nLou s 'l9UVer admirable roman de beauté, d'amour et de volupté de M. Pierre\nSans livrer à la vue les détails intimes\nmoins souillée que la nôtre, on aurait pu sanctifier publiquement la beauté\ncorporelle et montrer le noble tressaillement,\nL extase divine que peut causerie spectacle d'une belle forme nue.\nMais la morale s'y oppose, la loi l'interdit. Pourquoi le dévêtissement d'une\nfemme est-il impudique ? Pourquoi la forme humaine doit-elle être cachée aux\nregards alors que la forme animale oiseau, chat ou serpent peut se mani-\nfester librement sans choquer nos baroques principes ?\nA toi, civilisation; à toi, morale, d'expliquer de pareilles turpitudes.\nEn îevanche, l esprit a toutes les facilités, toutes les licences pour se profaner\npai la lecture. Les livres les plus malpropres, les plus avilissants9 les plus perni-\ncieux s offrent à tous : hommes virils, collégiens pubères, vierges nubiles n ont\nqu à tendre la main pour sen abreuver. Le poison leur est aussi facilement\noffert que la liqueur verte sur le comptoir d'étain.\nDe siècle en siècle la laideur nous envahit. L'intelligence subsiste et élève pro-\ngressivement ses conquêtes ; mais l idéal périclite ;le matérialisme devient gros<-\nsiei ; le sensualisme, obscène ; la gaité, lourde et basse ; les plus sublimes\nélans sont bafoués et traînés dans le ridicule... C'est l'asservissement et l'avilis-\nsement.\nBravo ! Bravo ! Bravo ! Voilà comme je voudrais écrire. Je crains de n'y\njamais arriver.\nL. L.\n\nMUSIQUE DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.\n\nMusiques pastorales. Les Maîtres français du violon au xvm siècle.\nLe vendredi, 3o mars, Mme Wanda Landowska nous offrait un régal\nexquis. Sous le titre galant de « Musiques pastorales des XVII6 et xvme siè-\ncles », elle avait ingénieusement composé un programme de bergeries mu-\nsicales où un contemporain d'Honoré d'Urfé aurait trouvé son compte tout\naussi bien qu'un « roué » de la Régence. Les noms de Bach, de Rameau,\nde Couperin, de Chambonnières s'alliaient à ceux de quelques-uns de nos\nvieux luthistes ou « luthériens », comme on les appelait. De ces derniers,\nreprésentés par Francisque, l'auteur du « Trésor d'Orphée » et par Bésard,\nMme Landowska joua au clavecin 4 « bransles » auxquels, utilisant non\nsans malice un passage de YOrcliésographie, elle avait donné d'amusantes\net pittoresques affectations. Le public, charmé par cette musique inédite, en\ngoûta les rythmes subtils et la savoureuse harmonie. De François Couperin\nnous eûmes les « Rossignols » et les admirables « Sylvains ». « La « Forêt »,\ndont Mme Landowska évoquait les ramages d'oiseaux, retentit de l'étonnant\ncoucou de Bernardo Pasquini auprès duquel celui de Daquin, quoique\ncomposé près d'un demi-siècle plus tard, parut bien mécanique, bien en\nbois et digne tout au plus de nicher dans une horloge. Il y a dans la pièce"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.42", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "de Pasquini une délicieuse poésie des sonorités et la mélancolique tierce\nmineure de l'appel de l'oiseau s'y enveloppe d'une sorte de buée harmo-\nnique évocatrice d'un véritable sentiment de « plein air ». Quelques jours\nauparavant, dans la même salle Pleyel, M. Debrouz terminait la série de\nses récitals de violon consacrés en majeure partie aux maîtres français du\nxvme siècle. La troisième et dernière séance, fort copieuse, ne comportait\npas moins de quatre concertos et deux sonates. Deux concertos de Leclair\nfirent admirer la prodigieuse habileté technique du vieux maître, en même\ntemps que sa belle et savante écriture. Ceux d'Aubert, composés dans un\nstyle moins serré, amusent par leur prestesse, par leur entrain, par leur\ncaractère « bouffe ». Que M. Debroux nous permette ici une petite rectifi-\ncation: ces concertos ne sont pas de Louis Aubert le fils, ainsi que l'in-\ndiquaient les programmes, mais bien de Jacques Aubert.\nDisons un mot des quatre nouvelles sonates éditées par la maison Rou-\ndanez, et que M. Debroux exécuta au cours de ses trois récitals ; signées\ndes noms de Jean-Féry Rebel, de Pierre Guignon, de Jacques Aubert, et\nde Branche, ces quatre sonates nous apportent quelques aspects assez\nvariés de la musique instrumentale française du xvme siècle. Chez Jean-\nFéry Rebel, la majesté solennelle domine, encore qu'elle se laisse égayer\npar la charmante bonhomie du rondo. Pierre Guignon, le dernier « Roi\ndes violons », nous transporte en territoire italien : il a beaucoup de grâce\net d'élégance. La Sonate en fa majeur de Jacques Aubert est pimpante et\nles petites formules accortes de son finale rappellent quelque joyeuse arle-\nquinade. Avec Branche, qui fut violoniste à la Comédie-Française, d'autres\nqualités plus sérieuses se laissent discerner, et les quelques mesures de\nl'adagio de la Sonate en sol mineur, par leur expression concise et réflé-\nchie, appartiennent à un art déjà intime et ému.\n\nLionel de la Laurencie.\n\nMUSIQUE NOUVELLE.\n\nErnest Bloch : Historiettes au Crépuscule (G. Mauclair), Paris, E. Demets.\nM. Ernest Bloch, qui vient de publier chez Demets quatre petits poèmes\nmusicaux pour chant et piano, est encore inconnu des Parisiens. Quelques\ninitiés ont eu seuls le privilège d'entendre des fragments de son œuvre si\nnouvelle, si savoureuse, si forte et qu'il semble cacher avec une sorte\nd'orgueilleuse coquetterie. C'est à peine si, une ou deux fois, dans son\npays d'origine, en Suisse, le public a trouvé l'occasion d'acclamer en lui\naudacieux et l'impeccable chef d'orchestre. A la fête de\nBaie, en 1902, âgé de 21 ans, il donnait et le d'une sym-\nphonie qui soulevait la lureur pédantesque de la critique allemande et que\nla; critique française saluait comme la révélation certaine d'un musicien\ngénial. Plus récemment, à Genève, on applaudissait deux courtes pages\nsymphoniques, intitulées Hiver et Printe 11 est à souhaiter que le nom\nde M. Bloch prenne bientôt au programme de nos grands concerts parisiens\nla place qui lui est due.\nLes Historiettes au Crépuscule comptent parmi les œuvres de jeunesse de\nce jeune artiste. Elles remontent à 1897 ou 1898. Et cependant ces quatre\nic erou plutôt ces quatre ballades annoncent déjà une sensibilité intense,\nqui trouve à s exprimer sous une forme étrangement vivante, à la fois très\nmo erne et très musicale, très savante et affranchie de toute scolastique. Elevé"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "à 1 école des Knorr et des Thuille, M. Ernest Bloch a réagi spontanément,\nimmédiatement contre la discipline de ses maîtres germaniques. Son tem-\npérament et ses convictions esthétiques le poussaient vers l'école française,\nvers Debussy surtout, qu il pressentait sans le connaître et dont il sera sans\naucun doute un des plus originaux et des plus puissants continuateurs.\nLes poemes que M. Ernest Bloch a choisis pour les illustrer musicale-\nment fournissent déjà sur la nature de son talent une précieuse indication.\nTout le monde a lu les Historiettes ciu Crépuscule de Camille Mauclair ; on\nse rappelle, entre autres, cette touchante Complainte :\nLes amoureuses aux matelots\nN'ont rien vu revenir sur l'eau.\nSont allées à la clairière\nOù il y a une croix en pierre.\nOnt dit au Jésus :\n« Nos amants sont perdus,\n« Faut nous les rendre. »\nEt le Jésus il leur a dit :\n« Ils sont si bien au paradis... » etc...\nGomme on le voit, ce ne sont pas là de vagues effusions lyriques, pouvant\nservir de thèmes à des romances. Ces petits récits coupés de brefs dialogues\nappellent un commentaire essentiellement dramatique. Les vers de M. Mau-\nclair, volontairement gauches et comme inachevés, évoquent plutôt qu'ils\nn'expriment les émotions et les images qui dorment en eux. Le musicien\nn'apportera pas ici un accompagnement superflu ; il achèvera l'œuvre du\npoète en réveillant par la magie des sons ces images et ces émotions\nendormies.\nM. Ernest Bloch y parvient sans aucun procédé artificiel. Tout son\nsecret réside dans la sincérité et dans l'intensité de sa propre émotion. Sa\nmusique en jaillit, si suggestive et surtout si sobre qu'on n'arrive plus,\nquand on Ta une fois entendue, à la dissocier du texte qu'elle transfigure.\nVoici, par exemple, les premières mesures de la Légende, une phrase\nsimple, que soulignent quelque accords déchirants et lugubres."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.44", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "Mais M. Ernest Bloch ne s'en tient pas à ce genre de déclamation\nlyrique. Les rythmes irréguliers et assonancés de M. Camille Mauclair ont\nune naïveté populaire qu'il essaie d'imiter au moyen de formes mélodiques\ntout à fait nettes, d'où la symétrie elle-même n'est pas exclue, et qui ont\nl'allure de refrains champêtres.\n. heureux mélange de ces deux modes d'expression donne à cette mu-\nsique, a a ois, une précision de contours dont la mémoire est hantée et\nune démarché imprévue, capricieuse, qui libère l'imagination. Aussi cha-\ncun de ces quatre morceaux est à lui seul un petit monde émouvant et\nantastique. Dans les Fleurs,une phrase qui se répète, lancinante et\nsurchargée d harmonies lourdes, crée une atmosphère de désir, où se con-\non ent upté et la mort. Dans la c'est encore la mort\nV° uPte'mais' \"-hantées sur des rythmes rustiques, elles apparaissent\nn , 63; domPtees: métamorphosées par l'ingénuité d'une âme\nmÂlnV *anS a Legende,où le récitatif cruel du début contraste avec la\n.i 'e iransparente de la conclusion, on croit sortir tout à coup d'un\nn\"l,ar pour penetrerdans un univers d'où la douleur aurait été bannie\net le 6' La. Ronde enfin, avec le grincement de ses trilles\ndiction nui A Ur escluf ?e,s dissonances tragiques, évoque la malé-\npuissances infernales!1\"6 CternUé SUr la nature livrée aux sortilèges des\ncadre a S&nS .aucun eff°rt faire tenir autant de vie dans le\nmatiaupç pt .^J Pa rapides possède des qualités essentiellement dra-\net durable °U e,\"nie un îour P°ur la scène une œuvre importante\n\nEdmond Fleg."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3724, "texte": "A PROPOS DE LA RÉSONANCE INFÈRIEURE\n\nDe la vibration sympathique dune corde grave à l'appel d'une corde aiguë, et des conséquences\npossibles qui en découlent (i).\nJusqu àce jour, les savants n'ont pas admis qu'un son quelconque était\ncapable de faire vibrer sympathiquement un autre son plus grave que lui,\nquelle que soit leur concomitance (voir d'Alembert, Helmholtz, Tyndall,\nKoenig, etc.). Or, c'est de la réalisation pratique d'une telle expérience que\nje viens entretenir 1 Académie. Les sages réserves d'Helmholtz m'ayant\nrendu sceptique à l'égard de la valeur scientifique des résultats obtenus sur\n1 harmonium, je lui ai préféré le piano dans la fabrication duquel les fac-\nteurs éliminent, le plus possible, les harmoniques, bourdonnements, etc.\nDe plus, cet instrument paraissant tout à fait impropre à la production\ndes sons résultants, on sera moins porté à assimiler ma résonance grave à\ndes sons de cette nature.\nM'étant exercé, d'abord, à faire octavier, quintoyer à l'aigu, Yutz du\npiano, puis les notes voisines, je devins bientôt passablement habile dans\ncet exercice préparatoire, tellement que je n'eus plus besoin de libérer de\nson étouffoir la corde aiguë qui devait vibrer sympathiquement à l'appel\ndu son fondamental de la série à laquelle elle appartenait. Ce résulta11\nacquis, je tentai d'obtenir, d'un son plus grave que la note émise, ce que\nm'avaient accordé, assez rapidement, les sons plus aigus. Cela me prit\nbeaucoup de temps, car je devais, pour réussir, arriver à un martèlement\ndont le rythme concordât synchroniquement avec le nombre de vibrations\nde la corde visée. Enfin, j'eus la satisfaction d'entendre, bien faiblement, le\nson grave et, pour être certain que mon désir de réaliser une expérience\ndes plus délicates ne me faisait point objectiver un son chimérique, je fis\npasser devant mon piano des témoins compétents, en tel nombre qu'il ne\n«-m'était plus loisible de douter. Bien que j'opère, le plus souvent, sur Y ut3,\nd'autres notes, bien entendu, se prêtent à l'expérience, pourvu qu'on ne\ns'écarte point sensiblement, surtout vers l'aigu, de cette région moyenne de\nl'instrument. Je dois, dès à présent, constater que j'obtiens la douzième\n(fa i ) bien plus facilement que l'octave inférieure (ut 2).\nLongtemps, et tout en levant l'étouffoir de la note appelée à vibrer sym-\npathiquement, je n'obtins qu'un son grave de faible intensité, quoique par-\nfaitement perceptible, même pour une oreille peu musicienne. Mais avec\nde la persévérance, et en frappant successivement plusieurs des harmo-\nniques supérieurs du fal9 je parvins à renforcer ce fa de telle îaçon qu'il\nvibra et se prolongea avec force, même après que le martèlement avait\ncessé. Il va de soi qu'il faut maintenir levé, pendant toute l'opération,\nl'étouffoir de la note grave, en appuyant sur cette note sans la faire sonner.\nJ'insiste pour qu'on ne confonde pas le son grave ainsi renforcé avec un\nson résultant, lequel demande l'émission simultanée et prolongée de deux\nsons. Dans mes expériences, il m'apparaît que c'est en qualité de troisième\nharmonique du fai que Yutz excite celui-ci dans les mêmes conditions\nqu'il pourrait exciter Y ut2 dont il est le second harmonique, le A dont il\nest le cinquième harmonique, etc., mais de telle sorte que sons graves\nseraient des fondamentaux et non les harmoniques graves préconisés par\ncertaine théorie allemande moderne. Considérant que plusieurs des termes\nde la série harmonique supérieure se trouvent occupés par des sons dont\n\n(i) Nous détachons des Comptes rendus de la séance du 12 mars de Y Académie des\nSciences de Paris, la communication suivante, qui intéresse, à la fois, la science acous-\ntique et la science musicale."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.46", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "le manque absolu de justesse ne permet pas de leur accorder une place\nparmi les notes constitutives de nos gammes, tels par exemple les harmo-\nniques 7,11,12,13, etc., qui sont ou trop bas ou trop hauts, on sera conduit\nà présumer que leur présence dans cette série harmonique est motivée par\nquelque autre raison que celle de charmer, simplement, notre oreille.\nCette raison semble m'être offerte par mon expérience même où je vois\nque, le plus souvent, le son émis, tout en développant, au-dessus de lui,\nune série qu'on ne peut rattacher qu'aux accords de la dominante, cherche\nsa tonique, laquelle, précisément, lui manque parmi ses harmoniques.\nEn effet, faisant résonner Yut%9 je suppose, le fa n'apparaît dans la série\ndes harmoniques qu'au terme 21, encore est-il d'une justesse contestable ;\nnotons que le la, non plus, n'apparaît pas avant le terme 27. Si ma con-\njecture se justifie, nous serions en présence d'une dynamique du son dans\nlaquelle ce n'est pas seulement le son fondamental qui excite toute une gerbe\nde sons supérieurs, mais également ceux-ci qui rendent à leur générateur\ncommun, qui échangent entre eux la plus grande partie des forces qu'ils\nont reçues de ce générateur. Car mon expérience, répétée un nombre con-\nsidérable de fois, m'a démontré que c'est bien par l'action insistante du\nson aigu que le son grave arrive, graduellement, à vibrer : peut-être trou-\nvera-t-on aussi que les résultats de cette expérience pourraient donner lieu\nà une nouvelle théorie de la durée vibratoire, laquelle ne me semble pas\nsuffisamment expliquée par la seule amplitude des vibrations, quoique je\nreconnaisse à ladite amplitude le pouvoir de favoriser grandement la pro-\nduction des harmoniques.\nAvant de clore ces lignes, je dois rappeler à ceux qui tenteront de répéter\nmon expérience qu'elle demande une délicatesse de toucher extrême,\nlaquelle est plus fréquente chez les compositeurs de musique que parmi\nles virtuoses ; qu'il est indispensable de faire coïncider synchroniquement\nle rythme de l'appel avec le nombre des vibrations de la note appelée ;\nenfin, qu'il m'a fallu beaucoup de patience et de temps pour arriver à pro-\nduire, d'une manière permanente et incontestable pour l'auditeur, le phé-\nnomène qui nous occupe. J'ajoute qu'un piano neuf doit être, dans cette\nexpérience, moins recherché qu'un piano ayant servi déjà, et que l'état\nhygrométrique de l'air n'est pas absolument indifférent.\n\nEdmond Bailly.\n\nLA MUSIQUE A LYON\nLe Crépuscule des dieux. Mme Litvinne. Les Concerts*\nDe la Tosca je ne dirai donc rien, sachant que ce serait trahir les pro-\nfondeurs de l'âme italienne. Ce que le talent d'un Bistolfî ou d'un\nMichetti a rendu à d'autres parmi leurs arts, leur musique l'attend toujours.\nRicciotto Canudo exposait l'an dernier, ici même, le bon espoir que fai-\nsaient concevoir un Catalani et un van Westherout, trop tôt fauchés : peut-\nêtre à cette heure la Fille de Jorio, d'Alberto Franchetti, nous a-t-elle donné\nune consolation ?\nComment parler dignement du Crépuscule Gôtterdâmmerung que\nlon reprend en hâte î Cela, ou Tristan, ou Parsifal, quelle est l'œuvre\nd avenir, ou du moins la plus féconde ? « L'Or du Rhin ou Siegfried, » me\nsuggère un ironiste, car ni Debussy, ni Strauss n'ont encore avoué leurs\nnourrices... Mais je vois bien que l'on parle beaucoup de Wagner ces\ntemps-ci, et qu'on l'écoute peu : la littérature a-t-elle quelque influence sur"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "a musique (on dit M. Boschot tueur de dieux) ? Il faut croire cependant,\nen un certain sens, que le folk-lore wagnérien fut de bonne pratique et que\n*,e genie ,aidant> et fatigue sociale, il y a encore de beaux jours pour le\nrame réparateur. Car il allait sans dire qu'il n'aurait point pour but de\nsatisfaire au sens critique Salomon Reinach ou àla hautaine générali-\nsation dun Feuerbach. Même l'analyste goûte encore son essence et lui\ntrouve du _ charme, celui du Crépuscule supérieur à celui de Tristan peut-\netre... Or je crois que Wagner fut musicien.\nL interprétation de cette reprise est inégale : l'orchestre un peu noueux\nles décors bizarres. M. Verdier (Siegfried) m'apparaît décidément comme\nun artiste supérieur, de ceux qui plaisent au musicien encore plus qu'au\npublic : sa conscience artistique n'est jamais en défaut ; aussi bien, pour\nn'avoir pas bénéficié d'une froide réclame mondaine et avoir subi la fami-\nliarité des critiques, gardera-t-il la reconnaissance de quelques-uns !\nMais il faut bien constater par contre combien Mme Litvinne, artiste\nnotoire, est inférieure à sa réputation, du moins dans quelques-uns' de ses\nrôles. Son interprétation d'lsolde était suffisante, des qualités de voix et de\ndiction suppléant à la tenue scénique et à la compréhension du détail ; par\ncontre, la Brùnnhild du Crépuscule a paru franchement médiocre. Une\ncertaine « habitude » de la scène, une manière d'être indifférente, une con-\nviction toute formelle, une grande réputation en somme et la conscience\ndycelle,— font que Mme Litvinne s'est montrée nettement inférieure à\nMme Janssen, qui n'est point parfaite. Du moins cette dernière artiste met-elle\ntoute son âme dans ses mouvements : une grâce imprévue et souvent très\nsaisissante compense bien des erreurs morales ; Mme Litvinne l'ignore ou\nveut l'ignorer. Et pour qu'on ne m'accuse pas de généraliser, je précise à\nregret : le serment du 2e acte, l'entrée de Brùnnhild dans la scène finale\nont paru ridicules à beaucoup de wagnériens fervents ; de même encore le\n« Siegfried... Toi » de Brùnnhild à Hagen est traduit de tellefaçon que cela\ndevient un peu non-sens. Je ne vois pas les raisons de dissimuler un fait\nqui s'est traduit vers la fin du spectacle en manifestations symptomatiques.\nLe mérite, relativement immense, de Mme Litvinne n'est pas en cause : on\nest simplement plus difficile ici... qu'ailleurs.\nTelles sont, en effet, les impressions compétentes, bien qu'à demi provin-\nciales, qui me reviennent d'une grande ville et que je me fais un devoir de\ncommuniquer : « Entendu Tristan à l'Opéra. L'Escalier a vraiment de\nl'allure... On ne comprend rien à Wagner ici ; vulgarité,\nguée, manque de grandeur ou besoin d dans tout, depuis l'orchestre\njusqu'aux chanteuses. Les décors sont bien, mais ce n'est vraiment pas\nassez pour une Académie *\" (suit une appréciation diffamante à l'égard du\npublic)... » La crudité du sentiment qui se fait jour dans ces critiques\ndévoile le mystère des sourires de Mme Litvinne sourires, oh, sans pro-\nfondeur ! Peut-être, au fait, n'est-ce qu'un Tic charnel ? Mme Litvinne\nn'a sans doute jamais mis les pieds à l'Opéra, mais au Nouveau-Théâtre, à\nAix, et au théâtre Michel : elle a cependant contracté la maladie du milieu\nparisien. Ce n'est pas un vain péché que celui de Yamabilité en art, puis-\nqu'il incite une artiste consciencieuse à confondre le « chic » et la profon-\ndeur... « Ah ! Paris ! » comme s'écrie noblement le père de Louise Paris,\nParis mutuel... Pardon! C'est qu'on est assez bête ici pour ne pas s'a-\nmuser au théâtre : la salle est obscure, les toilettes inutiles. Vraiment,\nvous concevez, ces provinciaux sont pires que les Anglais et sincères,\nsavez-vous? Mme Litvinne nous pardonnera.\nLa Société des Grands-Concerts clôt sa saison dans un heureux bilan.\nConcert Thibaud, d'abord.\nOuverture d 'Egmont,concerto de Saint-Saëns (3°). Symphonie en"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.48", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3631, "texte": "mineur de Franck l'allégro est difficile. Air de ballet du Prince Igor\nde Borodine. M. Jacques Thibaud joue, toujours agréablement, le prélude\net la fugue de la ire sonate de Bach, et bisse est-ce contre toute attente?\navec la Romance en fa, judicieux pendant de la Lettre à Elise d'un grand\nhomme. On sait que M. Thibaud est illustre, et peut-être supérieur à ses\nsemblables. C'est toujours un plaisir délicat de retrouver une de ces per-\nsonnes distinguées, qui, pratiquant sans regret Yatnphidromie autour de\nleur « Moi », sont nommés pour cela des\nEnfin une reprise de Parsifal,avec le concours de la qui\ndémontre que les mœurs de la maison mère ne sont pas sans s'être répan-\ndues en province, —et la Symphonie en ré mineur de G.-M. Witkowski.\nJe m'en voudrais de ne pas parler plus largement de cette œuvre solide\net de ne pas rapporter les progrès des autres sociétés symphoniques dans\nun prochain compte rendu. Les concerts deviennent légion aux approches\nde Pâques.\n« Non, M. Vallas n'est pas thériolâtre ! me souffle un de mes incubes,\nanthropologiste distingué. Les musiciens qu'il cultive ont de la grâce et ses\ninterprètes sont charmants. Les fêtes de l'hystérie d'Argos lui sont incon-\nnues, il ne croit point nécessaire de sacrifier le porc à Aphrodite, rite\nexceptionnel: la bonne musique lui suffit...» Trois lieder de Chausson :\nHeures, Couronnes et Ballade, Il est un enclos que j'aime de Moussorgski,\nles Dionysiesde Vuillermoz : Mme de Lestang et M. Jean Reynaud\ninterprètent. Puis du petit Golfe, golfe éclectique, se pressent vers moi,\npar-dessus les chapeaux balancés : la belle de Lekeu (violon, M. Ri-\ncou), le Soldat de Plomb de Séverac, la de Ravel, une Suite de\nDebussy {Prélude, Sarabande, Toccata)...Avouerai-je toutefois combien\ngrand me paraît Bach égaré parmi tous ces jeunes hommes et jeune encore ?\nLe Caprice sur le départ de son frère chéri est vivant et libre, la fugue\nfinale est un merveilleux exemple de transpositions du génie : l'artifice en\nest naturel. Grâces soient rendues à M. Vallas, et à ses amis, de ne pas\nnégliger les parfums d'Olympe en fleurissant nos modernes Prométhées !\n« Ravel...Debussy \\ » vagit cependant un voisin plus âgé... Debussy et\nRavel, cela est vrai !\nM. Péronnet a bien tort d'estimer le sévère pour ses program-\nmes. Celui de son deuxième concert est très intéressant : de C. de\nMalaret (En plein vent— Le soir Jour de fête Dans les Bois au Prin-\ntemps, vers l'Absente), Prélude QX fugue de Bach, en bémol mineur\nde Chopin, Concerto en la majeur de Saint-Saëns, de Schubert,\nTarentelle de Moszkowski, Scène de la Csarda de Hubay, Sonate de Co-\nrelli. Les qualités et les faiblesses, légères, des sympathiques interprètes\nsont celles-là mêmes qu'avait signalées mon ami A. G.— La première\nœuvre, inédite, m'a paru manquer de fermeté dans le détail : la personna-\nlité de l'auteur ne s'est pas encore desséchée en « Talent ». M. de Malaret\na de la fougue, un peu moins de subtilité, ou d'analyse, comme l'on vou-\ndra: c'est presque un éloge.\nLes grands concerts reviennent à des séances plus intimes, le soir, et\nnon plus en matinée le dimanche : je pense que le public lyonnais s'y ha-\nbituera. Deux ouvertures pour cette fois : la et le\nd'\\s, Siegfried-Idyll,les Variations Franck, la de\nPelléas de Fauré, enfin la Symphonie de\nVincent d'lndy. M. d'lndy aurait-il été un vériste? L'inspiration de cette\nœuvre, déjà ancienne, m'a paru moins noble que ce qu'on est accoutumé\nd'espérer. (M. Witkowski devra se hâter de nous faire connaître le Jour\nd'été à la montagne : on ne l'en félicitera pas, il a déjà les poches pleines,"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.49", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "mais on lui sera cordialement reconnaissant.) Je sais bien que je puis me\ntromper,^mais le public lui-même a paru désorienté; et je connais ce Vi-\nvarais, n étant pas de ceux pour qui Crussol et Issarlis vibrent plus musi-\nca ement que Vernoux et que les Coirons : la montagne de Vincent d'lndy\nest b orte. cela que traduit le finale de la Symphonie, amu-\nsant si lon veut, mais dune gaîté trop extérieure et qui est comme une\nremontee humiliante des joies des vallées et des filatures vers la tranquil-\nlité un peu dechue des sommets? Je regrette que M. d'lndy n'ait pu venir\npréciser la portée de son oeuvre en la dirigeant. Mlle Blanche Selva\nprêtait un aimable concours au chant montagnard et aux variations; moins\nsûrement m'a-t-elle paru pénétrer la rusticité asiatique de Balakiref (que\non joue trop à Paris). Il est certain cependant que Mlle Selva réalise au-\njourd hui, grâce à 1 enseignement de son maître, tout ce qu'on espérait\nd elle entre Valence et Privas, il y a peu de temps encore... Long life donc\nM. d'lndy !\nJACQUES REBOUL.\npropos du compte rendu de Tiphaine, M.Neuvilleme signale\n—et j'ai involontairement omis de rappeler que cette œuvre fut repré-\nsentée en 1899 à Anvers, en 1901 à Stockholm. Cet oubli dénaturait le\nsens de ma dernière phrase. Pas même en effet la vertu nouvelle de Pelléas\nne possède un caractère rétroactif, et ce n'est pas une quelconque in-\nfluence que j'entendais évoquer en rapprochant Y avenir de ces œuvres.\n*\n* *\nDeux grands noms au programme de la seconde séance du Quatuor Ri-\nnuccini: Beethoven et Franck. Le quatuor de César Franck n'a pas été bien\ncompris par le public, dérouté malgré tout par ces harmonies nouvelles et\nle chromatisme propre au style franckiste ; et il est resté de glace en écou-\ntant cette œuvre imposante. Les nobles élans, la gravité, la religiosité de\nla phrase initiale (poco lento) le songe, le rêve d'une âme épandusdans ces\npages, rien ne l'a touché. Ne faudrait-il pas mettre en cause une interpré-\ntation imparfaite? Les consciencieux artistes du quatuor me permettront\nquelques observations. J'ai cru remarquer qu'ils manquèrent de cohé-\nsion, de précision, d'où une indécision notable et des flottements très\nfâcheux qui certainement ont contribué à la non-compréhension de l'œu-\nvre. Cette réserve faite, je les félicite hautement pour les sérieuses quali-\ntés, les efforts dont ils sont coutumiers, et les résultats obtenus en si peu\nde temps : le Quatuor Rinuccini est jeune, il s'est fondé Tannée dernière\nseulement, ne l'oublions pas. Par contre, dans l'exécution de l'admirable\nquatuor n° XIII* de Beethoven, je n'ai que des éloges à faire. Quels purs\nchefs-d'œuvre de vie intérieure et de pensée profonde que ces derniers\nquatuors 1 Et que me plaît la sonorité exquise de M. Rinuccini, faite dun\ncharme indéfinissable! Avec quelle émotion et quelle délicate expression il\nchanta la Cavatine si triste et si passionnée à la fois ! Quand elle inspire\nde semblables phrases, la mission de l'art est vraiment noble et pure. Bref,\nl'interprétation en fut parfaite, oui, parfaite en tous points. On est en droit\nde fonder sur notre unique quatuor lyonnais les plus légitimes espérances;\nil peut les réaliser.\nLa séance Risler a été consacrée à Beethoven ; quatre sonates au menu.\nM. Risler joue en grand artiste, je veux dire avec abnégation et simplicité.\nIl possède une puissance étonnante, une sonorité évocatrice des masses\norchestrales. Chez lui, point d'exubérance déplacée, toujours quelque peu\nridicule ; on devine dans sa conception des œuvres qu il joue un sentiment"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.50", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "profond, une ardente et absolue sincérité. Toutefois je ferais quelques ré-\nserves personnelles sur son interprétation de telles ou telles pages. Il me\nparaît avoir un respect fétichiste pour la forme classique; il est par trop\nsoucieux de la lettre, pas assez de l'esprit. Le mot « classique » semble\nglacer les interprètes et les figer dans une immuable compréhension de la\nphrase, dans une forme rigide et froide qu'on ne saurait briser sans les\nplus grands dommages. Loin de moi la pensée d'introduire, au gré de l'ar-\ntiste, les rubatos incessants et les fantaisies échevelées et fausses dans ces\npages : On me ferait dire ce que je n'ai jamais pensé. Mais une âme palpite,\nvibre et gémit dans ces œuvres, surtout dans les dernières sonates ; c'est\nelle que j'aurais voulu saisir dans ses tressaillements, et c'est précisément\nce que j'ai mal senti. Et cependant, quand M. Risler oublie le souci de\nbelle ordonnance et de présentation parfaite qui le préoccupent, quelle\nimpression ne nous donne-t-il pas? Avec quelle fougue superbe, quelle bra-\nvoure, quel héroïsme, pourrait-on dire, n'a-t-il pas fait sonner merveilleu-\nsement YAppassionatalll s'est livré tout entier, entraîné, subjugué, em-\nporté lui-même, par les pages magnifiques qu'il traduisait. Quel brio dans\nle presto final de Yop. 3/, no 3 \\bien qu'encore il manquât un peu de déli-\ncatesse de touche dans le si poétique Menuet (sur lequel Saint-Saëns, si je\nne m'abuse, a écrit des Variations). La sonate et la\ncomplétaient le programme.\nEn terminant, je tiens bien à proclamer, pour qu'on ne puisse se mé-\nprendre sur le sens de mes paroles, que M. Risler, lors même qu'on ne\nserait pas d'accord avec lui sur certaines nuances d'interprétation, n'en est\npas moins un pianiste hors pair, d'une sincérité profonde et d'une probité\nartistique absolue; respectueux de l'œuvre beethovenienne, ce qui est un\néloge, le plus grand qu'on puisse adresser à un artiste, alors que l'on se\npermet les plus entières libertés avec les maîtres, en tâchant de mettre en\nvedette sa propre personnalité au détriment de ceux-ci.\nA. G.\n\nCOURRIER DE NANTES.\n\nJIl Concert de 1 Association des Concerts historiques de Nantes.\n2 mars igoô. La ville de Nantes, qui jusqu'ici était restée un peu en\narrière au point de vue musical, semble enfin s'éveiller de sa longue tor-\npeur ; un effort artistique vient d'y être tenté qui déjà a produit d'excel-\nlents résultats et a prouvé que les ressources symphoniques et vocales ne\nmanquaient pas dans notre ville. Ce qu'il fallait surtout, c'était un chef qui\nsût rassembler ces éléments épars, les grouper, et en faire sortir par une\nhabile direction les germes qu'ils contenaient à l'état latent. Ce chef s'est\nrencontré en M. de Lacerda, qui a bien voulu apporter aux Nantais l'appui\nde sa haute compétence musicale et de son autorité artistique. L'Associa-\ntion des Concerts historiques de Nantes, dont il est le fondateur, vient de\nremporter un éclatant succès avec son second concert, qui a été donné\ndevant une salle comble et un public enthousiaste.\nL orchestre figurait au programme pour une large part ; il a su se main-\ntenir constamment àla hauteur de la lourde tâche qui lui incombait, sans\n;aisser percer aucune fatigue, malgré le travail constant et soutenu des\njours précédents ; car pour parvenir à un tel résultat il a fallu surmonter\ndes difficultés sans nombre qui n'ont été vaincues que grâce au chef intel-\nigent et éclairé dont la direction patiente et sûre a brisé tous les obstacles;"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.51", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3932, "texte": "nous avons retrouvé en M. de Lacerda le maître éminent, l'artiste au goût\nsi pur au dévouement inépuisable, qui sait, d'un mot, indiquer le carac-\nole et le sens de chaque morceau, le sentiment dans lequel il doit être\ninterprète ; dun geste, entraîner ses exécutants et faire passer en eux sa\nnoble et infatigable ardeur pour la cause de l'Art.\nSous cette ferme et vigilante direction, l'orchestre a brillamment inter-\nprète 1 ouverture d Armide de J.-B. Lully, pleine de grâce et de noblesse ;\nla superbe ouverture d'Alceste de C.-W. Gluck, dont il a fait ressortir le\ndessin correct et bien composé, mis en valeur par un accord heureux des\numieres et des ; ainsi que deux danses hongroises de J. Brahms,\nau rythme entraînant et original qui ont été rendues avec brio. Signalons\nencore une série d airs de danse agréablement variés et d'un haut intérêt\nhistorique ; dans chacune de ces pièces très typiques, l'orchestre a su\nadopter un jeu savamment approprié à leur genre respectif; gracieux et\nléger dans 1 Air vif de Lalande, large et puissant dans Y Air grave de\nHândel, dun style élégant et galant dans les Menuets bien français de\nRameau, il asu garder kYAir et Musette de J.-M. Leclair son carac-\ntère rustique et champêtre, et au Passepied du même auteur sa lourdeur\nvoulue ; enfin la Chaconne de C.-W. Gluck lui a permis de faire valoir ses\nqualités expressives, qui se sont largement déployées dans cette musique\néminemment théâtrale et évocatrice d'attitudes.\nLes mêmes éloges doivent être adressés aux accompagnements, dans\nlesquels les instruments ont su seconder admirablement le chœur, s'unis-\nsant à lui d'une façon complète, pour former une masse parfaitement\nhomogène. Parmi les morceaux fort intéressants qui ont été exécutés par\nle chœur, signalons tout d'abord la déploration finale de Jephté de G.\nGarissimi ; cette œuvre admirable, d'un sentiment si poignant, a produit\nune profonde impression ; l'effet en a été saisissant, principalement dans\nle magnifique chœur final à six parties avec orchestre, où éclatent en de\nriches harmonies les lamentations de la foule pleurant la triste destinée de\nla fille de Jephté.\nUne chanson du xvie siècle de G. Costeley, dont la grâce naïve s'har-\nmonise à souhait avec la délicieuse poésie de Ronsard, et un morceau très\ncaractéristique, les Bohémiens de R. Schumann, œuvre d'un coloris intense,\nmerveilleusement évocatrice de la vie tzigane, ont été exécutés avec ensem-\nble, et ont valu au chœur de chaleureux applaudissements. Le Chant\nfunèbre de M. Chausson, pour quatre voix de femmes, dont l'accompagne-\nment a été orchestré de si admirable manière par M. de Lacerda, peut\nêtre rangé parmi les plus belles pages de la musique moderne. Orchestre\net chœur ont exécuté de saisissante façon cette grandiose et poignante\ninvocation à la nuit, dont la mélopée plaintive et les longs sanglots obstinés\névoquent avec une surprenante intensité une vision fantastique du grand\nShakspeare. Tandis que l'obsédante phrase des violoncelles gémissait en\nsourdine, tandis que le glas sonnait lugubrement dans les pizzicati des\nseconds violons, il nous semblait entendre les grondements plaintifs du\nvent soufflant lugubrement dans les cyprès et les lourds battements d ailes\ndes oiseaux nocturnes s'épandre sur la mélodie désolée.\nC'était, à Nantes, la première audition de cette œuvre incomparable et\ntrop peu connue, et l'exécution qui nous en a été donnée fait le plus grand\nhonneur àM. de Lacerda ainsi qu'à Mme Galdaguès, 1 éminent professeur\nnantais, dont l'infatigable dévoilement a puissamment contribué à la pré-\nparation de la partie vocale qui présente de sérieuses difficultés. Malheu-\nreusement Mme Caldaguès, dont le beau talent de cantatrice est fort appré-\ncié dans notre ville, se trouvant victime d une fâcheuse indisposition, n a\npu se faire entendre, et, au grand regret de 1 auditoire tout entiei, le solo de"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.52", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": ".lenhté dut, ainsi qu'un autre morceau annoncé, être rayé du programme.\nM J -J. Nin, un maître du piano qui sait faire plaisn sans chercher à\nbriller a interprété deux pièces : Sœur rondeau de F. Couperin,\net Cavpriccio de Scarlatti, ainsi que le Concerto en la majeur pour piano\net orchestre de J.-Ch. Bach. Ces morceaux, exécutés avec un goût très\npur ont mis en valeur son mécanisme parfait et qualité qui manque à\nbeaucoup de grands pianistes et qu il possède au plus haut point son\ndoigté souple et moelleux, son jeu délicat et velouté. Le concerto, dont la\ntrame légère a été très joliment nuancée par M. J.-J. Nin, et dont la. fac-\nture simple et gracieuse fait songer au style de Mozart, a été accompagné\npar l'orchestre avec discrétion et ensemble ; le presto, aux curieuses ca-\ndences, a été fort applaudi.\nDevant un tel résultat nous ne pouvons que formuler un vœu : c est de\nvoir M. de Lacerda revenir le plus souvent possible dans notre ville pour\nentretenir et développer le mouvement artistique qu il a su y créer , il est\nsûr d'y trouver toujours un accueil des plus sympathiques et d y rencontrer\nde nombreux et sérieux appuis toutes les fois qu il viendra combattre paimi\nnous pour la noble cause de l'Art.\n\nM. A.\n\nCOURRIER DE REIMS.\nL. B.\nDimanche 4 mars, se trouvait réunie en la salle Degermann une nom-\nbreuse assistance, auditoire composé de l'élite de la société rémoise.\nDivers artistes se sont fait entendre avec grand succès, parmi lesquels\nM. Lucien Fugère, qui a été le triomphateur de cette matinée. Aussi la salle\ntout entière éclata en frénétiques ovations après chacun des morceaux\nchantés par cet excellent artiste. C'est surtout dans la Légende de la Sauge\nque le grand chanteur a pu particulièrement faire valoir son timbre si géné-\nreux. Mlle Jeanne Leclerc, de l'Opéra-Comique, s'est fait également accla-\nmer, principalement dans YEcrin de Chaminade, qu'elle a dû bisser, ainsi\nque dans les duos qu'elle a interprétés avec M. Fugère. M^0 Nivard, pia-\nniste, tenait le piano d'accompagnement, et nous lui adressons nos plus\nvives félicitations pour la façon dont elle a su faire valoir ce rôle si modeste.\nNous ne terminerons pas ce compte rendu sans avoir complimenté bien\nsincèrement M. Fernand Lemaire, l'habile organisateur de cette matinée,\nqui nous a aussi donné toute la mesure de son beau talent de pianiste vir-\ntuose dans différentes pièces de Beethoven, Chopin et G. Fauré, ainsi qu'en\nchantant avec M. Fugère le duo des Pêcheurs de Perles.\n\nCOURRIER DE ROUEN.\n\nM. Albert Mahaut. Virtuoses divers.\nM. Albert Mahaut, organiste de Saint-Vincent-de-Paul (Paris), nous a\ndonné, en 1 église Saint-Godard, une inoubliable audition de l'oeuvre\nd'orgue de G. Franck.\nM. Mahaut est un grand artiste qui interprète avec un amour touchant"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.53", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "et un soin scrupuleux la pensée de son maître. Son jeu reste toujours\nsimple et net dans les mouvements rapides ou lents ; il donne à chaque\ndétail la valeur qui lui convient, et l'ensemble demeure délicieusement\nfondu ; il nuance idéalement ses transitions dans le forte ou le piano, et\njoue les fugues et les chorals avec un style large et puissant.\nDans la tantaisie en ut, il expose la phrase initiale d'une manière pleine\nde quiétude, puis, après un crescendo merveilleusement gradué, fait éclater\nl'adagio majestueux, et reprend avec une douceur infinie le chant séra-\nphique qui couronne cette pièce.\nTout en écoutant, j'admire une verrière où monte l'arbre symbolique de\nJessé ; et, embrasé par le soleil couchant, je vois surgir le roi David qui\njoue de sa harpe d'or.\nOui, la harpe d'or résonne : le thème de la pièce symphonique en\nfa dièse s'élève pur et grave. Comme sur les branches harmonieuses de\nl'Arbre, où les personnages bibliques jaillissent de fleurs étranges, les\nmotifs variés, les phrases épisodiques, s'alternent et se répondent en mo-\ndulant dans la fugue ; alors que, vers le ciel, s'ouvre une rose immense où\nreposent, ultime floraison, la Vierge et l'Enfant, les thèmes s'épanouis-\nsent en un choral d'une sérénité triomphante.\nLe Cantabile en s/, n'est-ce pas entendre un instant ici-bas la voix des\nanges qui chantèrent : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ?\nAh ! il faut dire et redire la beauté constante de cette œuvre d'orgue\npourtant si diverse !\nLe soleil meurt à travers la verrière obscurcie, et le Jessé méditatif m'é-\nvoque César Franck. De lui naît aussi un arbre harmonieux, où chantent\nles oiseaux du ciel, tandis que le vent murmure à travers les feuilles et\nque, sur les plus hautes branches, s'épanouit la Rose mystique des Béa-\ntitudes...\nQuel contraste saisissant présentent un véritable artiste tel que M. Mahaut\net les marchands de sons qui encombrent, sans l'honorer, le temple de la\nMusique ! A leur commerce s'applique la parole de Jésus fustigeant les\nvendeurs du Temple : « Otez tout cela d'ici et ne faites point de la maison\nde mon Père une maison de trafic ! »\nLes artistes en tournée prodiguent leur effigie, en des poses inspirées,\nsur les murs et chez les éditeurs de musique. Par une pensée délicate,\nM. Mahaut voulut nous faire aimer le visage du Maître qu'il vénère, et il\nplaça en tête de son programme un beau portrait de Franck.\nM. Mahaut a une juste et haute idée de son rôle d'artiste; ses longues\nétudes, son talent, sa sincérité, l'aveu même du public, le rendent supé-\nrieur à la foule. Il veut être le berger du troupeau et lui imposer son goût :\nil joue l'œuvre d'orgue intégrale de C. Franck, sans se soucier des repro-\nches d'austérité, de monotonie que d'aucuns lui adresseront.\nDes exécutants renommés se préoccupent, avec un soin extrême, d écar-\nter de leurs programmes toute œuvre trop nouvelle susceptible de coûter\nle moindre effort intellectuel ou de dérouter les amateurs de aux\npréférences cristallisées. Ils nous font subir, jusques au 1 audition\nd'œuvres ressassées ou dénuées de toute espèce d intérêt. Ah! ce trépied\nfastidieux des tournées provinciales : la Symphonie en ut mineur, la Sonate\nà Kreutzer, et Y Absence de Berlioz! avec quelle impatience, pour la ne\nfois, nous les écoutions, noyées au milieu d'un tas de pannes ! Nous ne\npourrons donc jamais entendre ici des préludes et fugues du Clavecin\nbien tempéré, la Mer ou Nocturnes de Debussy, Miroirs de Ravel, et tant\nd'autre s\nOn peut supposer, sans témérité, qu'en donnant ses lécitals dans une\néglise) M. Mahaut n'escomptait qu'une gloire muette et sans profit. Il ne"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.54", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "voulut rien sacrifier au mauvais goût et, au lieu de terminer, comme tant\nd'autres moins convaincus, par une marche banale pour la « sortie », c est\navec une fugue de Bach qu'il nous dit : Au revoir !\nLes artistes à la mode ont, en général, plus de sollicitude pour leur au-\nditoire, et, non contents de lui avoir épargné toute fatigue, ils lui donnent,\npour finir, sa petite récompense i romance à ou valse entraî-\nnante, qui provoquent sûrement les bravos, les bis frénétiques, et laissent\nles spectateurs sous une « bonne impression ».\nQue dire du jeu de ces virtuoses? Absence de mentalité artistique, mé-\ncanisme impeccable certainement, mais parfois si ridiculement prétentieux !\nTraits échevelés, difficultés niaises, onomatopées pseudo-musicales, le vir-\ntuose, préoccupé de son attitude, les exécute avec abondance pour le\nplaisir du public béat. # i\nLes organistes eux-mêmes ne- possèdent pas toujours un goût plus sur.\nHuysmans, dans un style imagé, décrit leurs exercices vulgaires . « Il gar-\ngouillait là-haut, imitant la voix humaine et la flûte, le biniou et le galou-\nbet, la musette et le basson, rapiotait des balivernes qu il accompagnait\nsur la cornemuse, ou bien, las de minauder, il sifflait furieusement au\ndisque, finissait par simuler le roulement des locomotives sur les ponts de\nfonte, en lâchant toutes ses bombardes. »\nM. Mahaut, avec un jeu sincère, sans virtuosité banale ni exagérations\nintempestives, nous ouvrit, pour des heures trop courtes, les portes du\nparadis : nous lui en sommes à jamais reconnaissants.\nNous répéterons, suivant le « style consacré », que M. Sarasate donna\nun concert où il fut chaudement acclamé, ainsi que sa remarquable parte-\nnaire, Mme Marx Goldschmidt. M. Chevillard conduisit magistralement un\nbeau festival Beethoven-Wagner, vraiment inédit!? MM. Joseph Thibaud,\nHekking, Mlle Artot, nous donnèrent la même impression qu'à M. P. M.\n(Courrier de Dijon, Mercure musical, ier mars 1906), avec un pro-\ngramme identique. Nous féliciterons M. Pierret, venu avec M. Jacques\nThibaud, d'avoir exécuté d'une façon délicieuse la Toccata de Debussy, à\npropos de laquelle un critique local écrivit : « Cette Toccata est réellement\ntoquée... ! ! »\n\nDu Robec.\n\nCOURRIER DE STRASBOURG.\n\nUn festival Massenet a eu lieu, jeudi dernier, à Strasbourg ; il a été orga-\nnisé par l'Union Chorale, la plus ancienne des sociétés de chant alsaciennes.\nD'enthousiastes ovations ont été faites à M. Massenet, qui a consenti à ve-\nnir diriger lui-même quelques-unes de ses œuvres, entre autres les Scènes\nalsaciennes, dont la finale avec retraite de tambours et clairons au loin\na été frénétiquement applaudie. M. Massenet a dirigé, en outre, le Der-\nnier sommeil d'une vierge et le Ballet d'Hérodiade, que l'orchestre municipal\nde Strasbourg a brillamment exécutés. En sus des œuvres d'orchestre, le\nprogramme se composait de chœurs d'hommes, d'un chœur de femmes et\nde plusieurs mélodies, que MHc Lucy Arbelle, de l'Opéra - accompagnée\nau piano par le maître, a dites avec un sentiment exquis.\nDes acclamations chaleureuses et des rappels sans fin ont été décernés au\nmaître et àla gracieuse chanteuse, parle public enthousiaste qui— repré-\nsentant le Tout-Strasbourg indigène garnissait jusqu'à ses derniers\nrecoins la vaste salle de fête."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.55", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "Sur la couverture du programme édité pour la circonstance par l'lm-\nprimerie Alsacienne se trouvait la reproduction d'une vue de Strasbourg\nainsi que l'aspect d'un coin de la Robertsau (banlieue de Strasbourg) où\nM. Massenet a passé une partie de son enfance.\n\nF. H.\n\nCOURRIER DE TOURS.\nJean Ruer.\nLe iomars, quatrième et dernier concert de Y Association artistique des\nmusiciens tourangeaux, avec le concours de Mll(= Marcelle Reignard, so-\nprano dramatique, et de M. Alejandro Ribô, pianiste.\nLa soirée débuta par la Symphonie héroïque, héroïquement jouée jus-\nqu'au bout malgré pas mal de défaillances. L orchestre se îacheta dans\nY Ouverture de Y Enfant-Roi et la March de Lenepveu, qu'on\nn'avait pas encore entendues à 1 ours.\nUn quatuor pour piano, tlute, clarinette et hautbois sembla surtout dis\ntraire le public et valut des applaudissements plus reconnaissants qu'admi-\nratifs aux exécutants. .\nParlons maintenant des solistes. De Mlle Marcelle Reignard peu de chose\nà dire Alliée à une famille de notre ville, elle comptait dans la salle bon\nnombre d'auditeurs décidés d'avance à tout applaudir. On nous a assure\nqu'elle est jeune, qu'elle deviendra dramatique et qu elle chantera bien...\nplus tard. Nous ne demandons pas mieux.\nPour le moment souhaitons-lui de chercher le regne de la justesse et\nd'en être récompensée. . , £ , • -,\nLe aros succès — le vrai succès — de la soiree fut celui de M. Aleja -\ndro Ribô, qui nous avait déjà émerveillés l'année derniere; Il nous a donne\ncette fois le Concerto de Rimsky-Korsakof, et la F saisie de Liszt avec\norchestre, et seul Au soir de Schumann, la Fileuse de Mendelssohn, la\nléeende de Liszt Saint François de Pau tappel\nun prélude de Bach. Si dans le Soir il a manqué un peu d émotion, dans\ntes pièces de virtuosité et de finesse il fut parfait. M. Ribo est un p.amste\naussi intéressant à entendre qu'agréable à applaudir.\nPui que la série de concerts de l'Association artist.que est close pour\ncette convient de rendre hommage à M. Etesse, qu. d.r.gelor-\nSitre avec beaucoup d'autorité, à la majorité des exécutants parmi les.\noùeUauelquesnomsSont i. citer/comme MM. Liéron et Fonten.lle aux pu-\npitres lies violons, M. Masson,\nd'accompagnement fait preuve d autant de talent qu\nl'œuvre que 1\" musiciens tourangeaux ont formée, d ans 1e bu qu. lu\nseul leur vaut bien un bravo sincere - de répandre le goui H\nenTouraine et de faire aimer leur art en le faisant connai re."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.56", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "CORRESPONDANCE.\nJ'ai reçu la jolie lettre suivante :\nMonsieur,\nJe me croyais malheureuse d'avoir épousé un OsmanlL Je vois que j ai eu bien\ntort de me plaindre, et que certains Français me feraient regretter Hamdi-bey :\ncar il m* permet au moins de jouer ce que je veux sur mon piano, au lieu que\nvous voulez me réduire à la musique des derviches ou aux chansons nègres de\nKondjé-Gul. Certainement M. Pierre Loti a eu tort deparler de mes petites com-\npositions, croyez bien que je ne Vy aurais pas autorisé, si j'avais su. Mais ne\nvous est-il pas arrivé, a vous aussi, le soir, tout seul dans votre salon, d'impro-\nviser de vagues rêveries ? Sans doute, vous n avez pas cru pour cela être un com-\npositeur, et vous ne vous êtes pas fait jouer à la Société Nationale. Moi non\nplus ; pourquoi donc vous moquer d'une si innocente distraction ? Quant à Var-\nrangement des fugues de Bach, que vous voudriez connaître, je vais vous en\ndonner le tiire : ce sont les deux fugues en la mineur et en mi mineur, arrangées\npour deux pianos par un compositeur assez célèbre, Henri Duparc, et publiées\nchez l'éditeur Demets. Pardonnez-moi si je les préfère à toutes les confitures de\nroses, et même au chant du muezzim. Et ne dites plus trop de mal de nous dans\nle Mercure musical que nous lisons toujours avec tant de plaisir.\nZAHIDÉ-HANUM.\nJe m'étais permis, en effet, quelques plaisanteries qui, je le sens aujour-\nd'hui, étaient fort déplacées, Zahidé n'est pas seulement une femme\nd'esprit, c'est une musicienne beaucoup plus avisée que M. Pierre Loti.\nEt je suis sûr à présent qu'elle n'a pas écrit dans son journal, comme la\nRevue des Deux-Mondes du icr avril voudrait nous le faire croire : « Pour\nle chant, c'est Wagner, Saint-Saëns, Holmès ou même Chaminade. »\nLouis LALOY.\n\nECHOS.\nOrgues. Noslecteurs apprendront avec plaisir qu'un concours a eu lieu\nrécemment pour l'obtention de la place d'organiste du grand orgue de l'é-\nglise Saint-Eustache, devenue vacante à la suite du départ de M. Dallier.\nLe jury, composé de MM. Guilmant, président, Widor, Vincent d'lndy,\nEugène Gigout, Tournemire et Vierne, a tait subir aux candidats, tous prix\ndu Conservatoire, les épreuves imposées à chacun des concours annuels\nde la classe d'orgue.\nCes épreuves comportaient trois improvisations: plain-chant, fugue sur\nun sujet donné, thème libre et exécution d'une des pièces désignées par les\nconcurrents.\nA l'unanimité, le jury a nommé organiste titulaire M. Joseph Bonnet,\nc ont es improvisations ont été remarquables et qui a merveilleusement\ninterprété le prélude et la fugue en sol majeur de J.-Sébastien Bach.\ni ous sommes d autant plus heureux d'enregistrer ce succès que M. Joseph\nonnet, un jeune et brillant disciple du maître Guilmant, a fait valoir à\nîverses reprises, notamment à la Société Bach et à la Société Nationale,\noutes es ressources de sa technique, jointes à une haute compréhension\ndes œuvres classiques et modernes.\nL'inauguration de l'orgue Cavaillé-Coll de la Salle Berlioz a été des plus"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.57", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "brillantes. M.Alex. Guilmant, qui avait été appelé à faire valoir ce bel ins-\ntrument, à obtenu un grand et légitime succès en exécutant sa Première\nSymphonie pour orgue et orchestre sous l'habile direction de M. Monteux,\net l'immortelle Passacaille de Bach.\nLes Intimités d'Art. Mmô Roger-Miclos vient de terminer au Théâtre-\nRoyal l'intéressante série de ses « Intimités d'Art », au programme des-\nquelles s'inscrivirent les meilleurs artistes de Paris. Parmi les œuvres\nnouvelles exécutées par l'éminente pianiste on nous signale le succès obtenu\npar un gracieux Menuet de Jaques-Dalcroze (Janin, éditeur, Lyon), où\nl'élégant mécanisme de Mme Roger-Miclos fit merveille. Nous souhaitons\nque ces matinées si suivies ne soient pas sans lendemain.\nMondanités. Chez Mm« la marquise de Saint-Paul, très intéressante\nmatinée le 29 mars : le Quatuor de Schumann, joué avec une virtuosité\nexpressive par la maîtresse de maison et MM. Phal, Neuberth et H. Jamin,\net une Sonate de Bach pour piano et deux violons (marquise de Saint-Paul,\nMM. Phal et de Martini) et un air de YAdmète de Haendel(M. Hardy-Thé)\nattestaient un goût très sûr pour la bonne musique classique.\nConcessions. La partition de Salomé de M. Richard Strauss exige plus\nde 100 instrumentistes : on a dit 120, on a rectifié 102. Quoi qu'il en soit,\nle maître ne paraît pas intraitable lorsqu'il s'agit pour lui d'être joué ailleurs\nencore que sur les seules grandes scènes qui disposent de cet immense appa-\nreil. C'est ainsi qu'à Breslau 80 musiciens ont mené à bien une exécution\ndont M. Strauss s'est déclaré, par voie de journal, entièrement satisfait. Il\nva plus loin encore dans la réduction de ses exigences : le rôle d'Hérode\nétant trop bas pour M. Siewert, le « Ritter vom hohen Cis » (chevalier de\nYut dièse supérieur), M. Strauss autorisa la transposition en hauteur de\ntoutes les notes gênantes. La Musikalische Rundschau, no 6 (Munich), s en-\ntonne avec raison que M. Strauss ait pu errer à ce point en formulant la\ncomposition de son orchestre et se demande à quel degré les moyens qu'il\nrequiert sont légitimes, puisqu'il peut ainsi les sacrifier impunément. Et\ncela ne prouve-t-il pas surtout que le compositeur n a pas doté ses person-\nnages d'un caractère musical bien strict et que son drame n'est en somme\nque du poème symphonique débité tant bien que mal à la scène ?...\nLe même M. Strauss vient de recevoir de Guillaume II l'ordre de la Cou-\nronne pour un Kaisergeburtstagmarsch... Les honneurs réservés jusqu ici\naux chefs de musiques militaires l'empêchaient de dormir, et il a été pris\nd'une noble émulation.\n%\nM. Gustave Mahler vient de faire paraître sa 6° symphonie pour grand\norchestre. La première audition en aura lieu cette année à 1 assemblée\ngénérale de la Société allemande de musique de Essen. Petite partition\nd'étude chez C. F. Kahnt, à Leipzig.\n*\nMunich. Aperçu des nouveautés données aux théâtres loyaux de\nMunich en douze ans : .\nIBQ3 : janvier: Djamileh, les Troyens à Cartilage \\ mars. ,\navril: Bastien et Bastienne ; mai: octobre: les\nRantzau: novembre : Echec au roi;décembre :\ni Sg4: janvier : la Fiancée vendue(Smetana) ; mars : ; octobre.\nSaint Foix ; novembre : Dalibor(Smetana).\niBgs : janvier : Fledennaus;mars: la octobre : 1\nque; novembre : Gi intram."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.58", "debut_caractere": 129, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "iBg6: février: la Poupée de Nurem avril: octobre:\nEvangelimann; décembre : le Grillon\n18g y : mars : Theuerdank (prix de concours) ; mai : Ingwelde, lolanihe •\noctobre : Sarema (prix de concours).\ni BgB : Der toile Eberstin (prix de concours); juin : Zinnober ; décembre\nle Fifre de Haardt.\niBgg : janvier : Der Bàrenhauter ; mai : YEtranger ; novembre : Horand\net Hilde.\nigoo : janvier : le Départ ; novembre : Kaïn ; décembre : Noël.\nigoi : janvier : Eros et Psyché ; février : Jery et Bàteli ; mars : Herzog\nWildfang-,novembre : die neue Mamsell.\nigo2 : février : die Maienkonigin ; mars : der Haubenkriegvon Wiïrzburp ;\njuin : Louise. b '\njgo3 : janvier : Messidor ; février : mars :\nLobetanif •,juin: le Jongleur de Notre-Dam novembre :\nles Femmes curieuses ; décembre : Domroschen.\nig°4: lévrier : die Rose vorn Liebesgarten: avril :\nder Pfeifertag ; mai: le Juif polonais ; juin: C'était moi, le Notre père ■\nnovembre : Oreste. - 'M\nigos : janvier: Béatrice et Bénédikt ; octobre: Ilsebill ; décembre-\niheuersnot, la Cabrera.\nConcerts annoncés. Le 21 avril, salle Pleyel : e\n26 avril, salle Erard : Société Nationale (concert d'orchestre).\nLe 2 mai, salle Berlioz : concert Luzzati.\nLe 11 mai, a3 h. 1/2, à l'Ambigu : Concert avec soli, chœurs et orches-\ntre, donne par la Société des Concerts de chant classique, au profit de VAs-\nsociation des Artistes musiciens et dirigé par M. E. Marty.\nM^g/loUi.1' 9h\" Salle Berlioz : concert donné par Mme Marie Capoy et\nLe i.-) mai, salle Erard, dernier concert de la Société Nationale consa\ncre aux œuvres de Gabriel Fauré. consa-"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c030", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.2", "titre_corps": "LES CONCERETS.", "titre_sommaire": "LES CONCERETS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1832, "texte": "LES CONCERETS.\nConcert Colonne. La S/mphonia domestica de M. Richard Strauss.\nLe great event de la saison musicale de 1906 vient d'avoir lieu, et nous\ndevons dès 1 aboie! remercier M. Colonne de nous avoir procuré l'audition\nde la Sinfonia Domestica de Richard Strauss sous la direction de l'auteur,\nquoiqu'il soit cependant quelque peu honteux pour Paris de n'entendre\nqu'à la fin de la saison de 1906 une œuvre que New-York, Londres, Ber-\nlin et Bruxelles entendirent en 1904 et 1905.\nDans toute l'Allemagne musicale contemporaine, R. Strauss se détache\navec une netteté singulière. Kapellmeister distingué, il n'écrit pas de la\nmusique de chef d'orchestre ; contrapuntiste très savant, il ne ressemble en\nrien à Bruckner, Reger ou Mahler ; disciple wagnérien fervent, il écrit peu\npour le théâtre, et cependant il est très allemand. Teuton modem style,\ntelle me paraît être la dénomination qui caractérise le mieux cette nature\nardente et mélancolique, aimant l'intimité mais en même temps l'extério-\nrisation bruyante, et qui nage éperdument dans la\nIl y a de tout ceci dans la Domestica.La douce la gaîté\nbruyante et bouffonne, une certaine profondeur plus apparente que réelle,\nplus cherchée qu'atteinte, et une science de l'orchestre impeccable font de\ncette œuvre énorme (cinquante minutes sans interruption) un des monu-\nments de la musique moderne.\nDepuis Don Juan, Strauss a régulièrement évolué. Si son amour de la\nbouffonnerie lui a dicté Don Quichotte ou les\nlenspiegel,ses prétentions métaphysiques lui inspirèrent\nguration, Zarathoustra et la Vie d'un Les deux tendances indiquées\npar ces œuvres se retrouvent dans la Doù il tenta de représenter\nla vie de famille aux multiples faces et aux oppositions très marquées. Un\npoint commun à toutes ces œuvres est cependant à noter : la musique pure"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.24", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3864, "texte": "n'est nullement le fait de Strauss. Toutes sont inspirées, soit par une bal-\nlade de Lenau, un passage de Nietzsche, une légende connue ou une inten-\ntion très marquée. La musique de chambre de Strauss est peu intéressante\net parfois vulgaire ; il existe entre autres choses une sonate pour violon-\ncelle et piano {op.7) où se chante très nettement la chanson plus que po-\npulaire J'irai le dire A ma mère !..\nCe fait est intéressant à noter, non pas tant en lui-même que parce qu'il\ncorrobore deux des caractéristiques de Strauss : le peu d'aptitude à la,\nmusique pure et le manque de distinction des idées. Ces deux particula-\nrités de son talent sont portées à leur apogée dans la Dédiée à\nsa femme et à leur cher enfant, cette œuvre est également le reflet de l'incer-\ntitude musicale qui règne actuellement en Allemagne. Si, abstraction faite\ndes intentions descriptives, on considère l'œuvre, on est endroit d'y recon-\nnaître une symphonie classique où à une courte introduction succèdent un\nscherzo, un adagio et un finale en forme de fugue. Mais comme sympho-\nnie régénérée, elle est bien inférieure à des œuvres comme la troisième\nd'A. Magnard ou la seconde de V. d'lndy.\nL'orchestre de \\& Domestica est très chargé. Les pupitres de vents sont\nconsidérablement renforcés : deux hautbois ordinaires doublés par un\nhautbois d'amour et un cor anglais ; trois grandes flûtes et une petite ;\nquatre clarinettes, une en ré, une en la et deux en si p quatre bassons et un\ncontrebasson ; quatre saxophones en forme de quatuor; huit cors, quatre\ntrompettes, trois trombones et un tuba. Une pareille agglomération de vents\nexige une notable augmentation des cordes, ce qui mobilise un orchestre\nde cent vingt musiciens et rend une pareille œuvre inexécutable par beau-\ncoup d'associations de concerts ne possédant pas des ressources indéfinies.\nUne courte introduction sert de lexique et expose les six thèmes sur\nlesquels 1 œuvre tout entière est bâtie. Trois thèmes sont dévolus au père\net représentent son activité, son intelligence et son enthousiasme. Le pre-\nmier et le troisième remplacent la ligne mélodique par un certain mouve-\nment rythmique, mais le second ne donne qu'une piètre idée de l'intelligence\ndu père de famille. La femme n'a droit qu'à deux thèmes, dont la seule\ndésignation fera bondir les féministes intégrales. Le caprice et le senti-\nment sont caractérisés par des thèmes assez compliqués, à l'instar peut-être\nde 1 âme de la femme. Quant à l'enfant, un seul thème, sans désignation\naucune sorte, nous peint bien par sa nullité l'âme de l'enfant, cire vierge\nprete a toutes les empreintes età toutes les déformations. M. Ch. Malherbe\na trouve (dans le programme) une série de qualités et d'intentions à ces\nîvers thèmes, ce qui fait honneur à sa perspicacité, mais je suis obligé\navouer que sans son aide je ne me fusse nullement aperçu que je contem-\np aïs, en les entendant, une collection de portraits de famille. Hernani\nen musique !\nntro^uct'on se trouve une intention comique qui a dûplon-\nivr Me\"t^re dans un attendrissement prudhommesque. Je cite\n3 6,r (< Un fraSment du premier thème paternel, les tantes\nml!-.»0?115665 -lre \" ëan\\ der Papa ! » (tout à fait le papa), et sur un frag-\nfa . ! \" premier theme maternel les oncles : « ganf die Marna ! » (tout à\n• • am.an) *• Ç est comique, c'est touchant, mais tout seul je ne m'en\nI 1» °Ufte\" scherzo est la partie le mieux réussie de l'ouvrage.\n1 ,efe en a\"t s y développe avec science et bouffonnerie. Les mélo-\nJ. • emme entourent comme une mère son baby. Elle l'envoie\nde sonne sept heures. Sans effort ni extravagances\nouérilfxî rii63-' °r<u ,estre t?ut entier» l'orchestre a chanté les jeux et les joies\naux basson Jttine aer,os' Siegfried en herbe qui folâtre du hautbois d'amour\naux a tos. L adagio est, à mon sens, la partie la plus faible"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.25", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3851, "texte": "de 1 œuvre. Bien que Strauss y ait mis toute sa l'inspiration vul-\ngaire n'est point faite pour me faire admirer cette page à l'italienne, d'un\nsouffle qui veut être ému et n'est que dépourvu de distinction. C'est là une\ndémonstration bien nette de l'opinion de notre excellent collaborateur\nRomain Rolland sur l'italianisme persistant de l'Allemagne musicale.\nLe finale, dont la durée égale celle des trois premiers mouvements, se\nprésente sous l'aspect d'une fugue à deux sujets très librement traitée.\nTrop librement même, car elle conclut, puis recommence enaugmentant la\nlongueur du morceau sans avantage appréciable. Enfin, par analogie avec\nla forme cyclique chère à Franck, l'introduction se répète et tous les thè-\nmes sont réexposés sur une répétition prolongée des trois premières notes\n[doy lay fa) du thème initial. Tel est, brièvement résumé après une unique\naudition, l'aspect de cette œuvre dont il ne faut pas nier la force et la cou-\nleur, l'orchestration vibrante et toujours intéressante et qui, sous la con-\nduite de son auteur, a remporté un vif succès. J'espère, après une seconde\naudition, pouvoir y trouver plus de sources de véritable émotion et y goûter,\npar avance, les infinis, souverains et profonds bonheurs, les menues, futiles et\npassagères traces du ménage de M. Strauss. M. Bruneau, qui doit connaître\nmieux que moi la vie de famille, y a vu toutes ces choses. Je crois surtout\nqu'il y a vu ou qu'il eût pu y voir une réalisation musicale, malgré tout\nsupérieure à YEnfant-Roi, du rôle de l'enfant dans la famille. Enfin, féli-\ncitons-nous, il commence à louer ce qu'il ne peut réaliser. Il y a du pro-\ngrès depuis le Jour d'été à la Montagne qu'il trouvait lourd. Il est vrai que\nl'auteur dudit poème symphonique donne l'auteur de YEnfant-Roi comme\nprototype du compositeur antimusical. Je crois que même comme critique\ncette dénomination lui est bien due.\nJe n'ai guère déplacé pour vous dire que Mischa Elmann, le prodige\nvioloniste, joua en cinquante-cinq minutes le Concerto en ré de Beethoven\nqui est très beau, c'est entendu, Yandante et le presto surtout, mais dont\nYallegro initial renferme, à côté de phrases superbes, des traits en octaves\npeu réjouissants pour les oreilles. De plus, deux cadences, dont Joachim,\nje crois, est l'auteur, et qui sont du goût le plus détestable, pourraient, sans\ndifficulté, être supprimées pour toujours. Le jeune Mischa, en progrès sur\nl'année passée, a remporté le succès que les fauteuils font à tous les vir-\ntuoses et les hurleurs du paradis tinrent cois leurs sifflets. La symphonie\nen la mineur de Saint-Saëns obtint son succès habituel. Classiquement\ncomposée, sauf dans la réexposition des thèmes du mouvement initial,\nécrite avec une étonnante sûreté de main et une souplesse d'écriture qui\nsuppléent à bien des inspirations musicales, elle fait bien belle figure, dans\nla symphonie postbeethovénienne, àcôté des œuvres de Brahms. Elle esttou-\njours moins longue et moins ennuyeuse, ce qui n'est pas un mince avantage.\nQuant à la suite de Y Artésienne jouée après la Domestica, elle remporta un\nimmense succès bien significatif. Avec un orchestre ordinaire, par la seule\npuissance d'un métier prodigieux uni à une inspiration exquise, Bizet mon-\ntra que, trente ans avant Strauss, nous savions user du contrepoint le plus\nrigoureux et des transformations rythmiques sans cesser de faire de la mu-\nsique charmeuse, aux sonorités délicieuses et intentions descriptives\naussi intenses que possible. Pour quiconque a habité le Midi, lou Marcho\ndei JRei, c'est Arles au ciel éclatant, aux arenes emplies dune foule bruyante\net au délicieux cloître de Saint-Trophime. C'est la vie, la couleur, émues\net pensées avec sincérité ; ce n'est point la dissertation sur un sujet donné\nen vue d'effets prévus avant que d'être sentis.\nCH. CHAMBELLAN."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.26", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "Concerts Chevillard. Société de musique de chambre pour instruments à vent. Société de\nConcerts d'lnstruments anciens. M,lcg Suzanne Labsrthe, Lucile Bartzi. Œuvres de M. de Saus-\nsine.\nDécidément M. Chevillard, après la IXe Symphonie de Beethoven a\nfermé ses portes et permis au critique épuisé d'aller chaque dimanche écou-\nter les voix de la nature. Un croassement de corbeau, entendu à droite\nest-il de bon ou de mauvais augure ? Telle est la question que j'aurais envie\nde traiter aujourd'hui. Mais je crains qu'elle n'ait pas, pour la majorité de\nmes très patients lecteurs, le même intérêt que pour moi. Je vais donc\ncomme on dit dans la langue officielle, la « réserver » et parler plutôt d'une\nheure fort agréable que je dois à la Société de musique de chambre pour\ninstruments à vent: c'était, le 29 mars, son dernier concert. Ce sont d'excel-\nlents artistes que MM. Gaubert, Deschamps, Bleuzet, Bourbon, Mimart\nPerier, Pénable, Delgrange, Letellier et Jacot. Et leur œuvre mérite tous les'\nencouragements : les richesses du quatuor ou du quintette à cordes sont\nloin d'être inépuisables, et, malgré toute l'ingéniosité de l'écriture, la cou-\nleur ne peut jamais être bien vive, lorsque seuls les archets sont enjeu.\nIl semble donc que tout l'avenir de la musique de chambre moderne soit\ndans les bois, qui joignent aujourd'hui à leurs sonorités fraîches et variées\nun pouvoir expressif et des ressources de virtuosité presque égales à celles\nde leurs frères à quatre cordes. Malheureusement, le répertoire n'est pas\ntrès abondant encore. Le dernier concert débutait par une petite Sympho-\nnie de Gounod, fort habilement écrite, avec une légèreté de touche qui,\ndans un pareil genre de composition, est indispensable. Et rien de plus\nourd, de plus étourdissant, qu'un ensemble soutenu de six, sept ou huit\ninstruments a vent ; rien déplus gracieux qu'un dialogue. Venaient ensuite\nm°M de M. Ch.-M. LoefJer pour piano, hautbois et alto\n(MM. Groviez, Bleuzet et P. Monteux) : on sait l'affinité de l'alto :pour les\nnstruments a vent, au point qu'il peut entrer dans l'harmonie et remplacer\nnotm« ZTT'\"\" 5 C°ï an«lais' Ces Piè«?- \"rites « Illustration de\nrnlnric «J ' lclue.s e Maurice Rollinat (L'Étang ;la Cornemuse), ontun\nd'ineéni>n«S me .P *°rt » tr®s b*en construites d'ailleurs, avec\ndes S expressives variations du motif principal, elles m'ont appris\nce noint tf h° 6f ' Jama's Je n'aurais cru que l'alto pût assombrir à\ncherchée m U ut'3o\\s- C'est de bonne musique, àla fois re-\nricaine HnntVlvfoiirefflSe'6t (îu^a't êrand honneur à la jeune école amé-\nricaine dont M. Lœffler est un des meilleurs espoirs.\n*\n* *\nn/rlrTnl P'a?e dans la salle Pleyel, pas davantage sur l'estrade,\noù naitpnt^011 °'r C'UI cond :il faut se contenter du petit salon par\nles bflnmiAtt65 artlSt£S F,ortant quintons et violes de gambe, et dont toutes\nnas rip c CS S^nt occypées d ailleurs. Reste la ressource de faire quelques\naffiché 6S amies» de déchiffrer les curieux autographes\nment ca.k mur contempler le diapason normal qui s'abrite digne-\nde mnsinno n 0 e. e Per)dule. De temps à autre aussi quelques bouffées\net Casfll i .nous airivent : pépiements desclavecins jumeaux oùM. Diémer\néclats H il0116-1? iaVe Une r^B d'horloges un de Bach,\nMais ie snic mc Carlotta de Féo, qui me semble mal assurée.\nrutile aiinrA 6 re.m disposé. Mon aimable collaborateur Vuillermoz\nmUsioue,P Ie m01>((- eSt charmant, n'est-ce pas, d'entendre delà\nŒil rond lèvrp ltlo,-ns ' Exquis !me fait-il, c'est là le vrai cadre. »\nquelle éternelle S F°n eS'iv/i onde et blême, mèche collée par on ne sait\nsueur, M. Alfred Cortot fend les groupes, et l'on s'écarte"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.27", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "devant ce/visage hagard. Le directeur du mieux informé des journaux de\nmusique entre, interroge le garçon de service, et s'en va : son article est\nfait, paraît-il, et tous ses articles sont faits ainsi. Ils n'en sont d'ailleurs\npas plus mauvais pour cela, grâce au charme d'un style abondant en\ntrouvailles imprévues. Mais voilà que je reconnais une Symphonie de\nBruni, pauvre d'idées et froide de style ; combien je préférais le pittoresque\nBallet de Monteclair par où Ton commençait! Puis deux carillons flamands\nnous font entendre de curieuses sonorités de verres heurtés par des cou-\nteaux, à la fin de quelque agape de famille. Et c'est enfin le Divertisse-\nment de Mozart, dont les cinq trompettes, ornées de deux flûtes et\nsoutenues de timbales, arrivent à percer la muraille qui nous emprisonne.\nIl y a là de fort jolies choses, et l'alliance de la flûte et de la trompette\nest l'une des plus heureuses que l'on puisse imaginer. Mais quelle simpli-\ncité rudimentaire ! Je sais bien que la pauvreté de l'instrument l'exigeait\nalors. Tout de même, il y avait peut-être moyen de lui confier des parties\nun peu plus mélodiques. C'est une musique de table ou de rendez-vous de\nchasse, d'ailleurs aimable, et où se distinguent les excellents élèves de\nM. Franquin. Ainsi se termina cette triomphale soirée, d'un heureux\naugure pour l'avenir de la Société de Concerts d'lnstruments anciens,\nprésidée par M. Saint-Saëns, dirigée par M. Perilhou, et constituée par\nMme Henri Casadesus-Dellerba, MAI. H. et M. Casadesus, Casella et Olivier.\nEt maintenant je dois dire encore tout le plaisir que j'ai pris à entendre\nMll® Suzanne Labarthe, cantatrice au style sûr et puissamment dramatique,\ndont M. Frôhlich fut le digne partenaire; Lucile Bartzi, qui, pour\navoir treize ans, n'est pas une vulgaire enfant prodige, mais une très intel-\nligente musicienne dont le goût s'est fait valoir dans un programme très\nheureusement composé (Bach, Napravnik, Saint-Saëns et César Franck),\net enfin le 3o mars et le 6 avril, salle Erard, les œuvres de musique de\nchambre du comte Henri de Saussine, dont le style alerte et clair éveille\nun sourire, non d'ironie, mais de sympathie.\nLouis LALOY.\nSociété philharmonique. Mme Marie Mockel et M. Stéphane Austin.\nAprès le fameux quatuor tchèque, c'est le tour du quatuor Schorg, qui\njoue à lui seul le quatuor de Beethoven, op. 18, no 6, er, avec le secours de\nla société Hayot, YOtelto de Svendsen, dont la valeur n'est pas en rapport\navec le nombre des exécutants. Ce qui semble s'user aussi, c'est l'intérêt\nde ces importations de quatuors étrangers. Nous ne manquons pas en\nFrance de quartettistes, dont le talent est au moins égal à celui de leurs\nconfrères germaniques ou slaves et dont les programmes sont le plus sou-\nvent mieux composés.\nDepuis quelque temps, public et interprètes semblent las da ces pro-\ngrammes où figurent côte à côte, et, sans aucun ordre ni lien de parenté ,\nles noms les plus divers ou les plus inattendus. Aussi le goût se répand-il\ntous les jours davantage de consacrer plusieurs séances, s°it aux musi-\nciens d'une même école, soit aux seules œuvres dun génie prodigieuse-\nment fécond. #\nC'est l'école française depuis le xvme siècle jusqu a nos jours, que\nMme Marie Mockel et M. Stéphane Austin (du théàue ue la Monnaie) ont\nfait revivre les 23 et 28 mars dernier pour notre plus grand plaisir. Leurs\ndélicieuses voix, maniées avec un art exquis, rendirent à merveille le\ncharme pénétrant des vieilles musiques et la saveur expressive des œuvres\nmodernes."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.28", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "Parmi celles-ci, des pages de César Franck, d'lndy, Debussy, Ravel,\nSéverac et Vuillermoz furent tout particulièrement goûtées, et l'assistance,\ntrès nombreuse, ne ménagea point ses applaudissements aux deux excel-\nlents artistes qui les mirent si bien en valeur.\nJEAN POUEIGH.\nFestival Mozart (Société musicale, G. Astruc).\nLa Société la plus aristocratique et la plus élégante de Paris s'était ren-\ndue au Festival Mozart, sans doute pour tâcher de faire oublier l'inintelli-\ngence de ses ancêtres et tout ce que Mozart souffrit de leur ladrerie, pen-\ndant son triste séjour à Paris.\nLe premier concert, donné le vendredi 23 mars, « sous le patronage de\nMme Madeleine Lemaire », (je ne savais pas que Mozart était peintre de\nfleurs) a été fort beau. Reynaldo Hahn dirigeait l'orchestre con amore,\navec beaucoup de goût et de vie. L'exécution fut pourtant un peu lourde\nparfois, notamment dans le menuet de la Symphonie en mi bémol, auquel\non finit par prêter l'allure d'une danse d'hoplites ; mais le finale fut déli-\ncieux d'esprit. Ce fut une excellente idée de faire entendre la Marche\nfunèbre des Francs-Maçons, qui annonce et égale presque celle de Y Héroïque.\nLe concerto pour violon. en la mineur, admirablement joué par Hayot et\npar l'orchestre, montre que Mozart est le seul (avec Haendel peut-être)\nqui ait su écrire des concertos pour son plaisir, et non pour l'embête-\nment d'autrui.\nLe second acte des Noces de Figaro réunissait une interprétation, que\nl'on peut dire « mondiale » ; car les chanteurs étaient Allemands, Italiens,\nHollandais, Américains, etc. Il y avait même dans le nombre, si je ne me\ntrompe, un Français. —Mme Lilli Lehmann a chanté le rôle de la comtesse,\nd'une façon assurément étonnante ; mais, hélas ! tout l'art du monde ne\nvaut pas la jeunesse de la voix.\nMlleHelbig a dit avec beaucoup de finesse le rôle difficile de Suzanne, et\nMlle rate a charmé dans le rôle de Chérubin (de Cherubini, comme\ndisait le programme). Mais le véritable succès de la soirée a été pour\nM. Mario Ancona, qui a montré ce qu'était le chant italien comparé au\nchant allemand, et combien cette musique de Mozart, qui est guindée et\nraidie dans un gosier germanique, n'a de sens et de vie que chantée en\nitalien et par un artiste italien, d'une belle voix souple et chaude. Au reste,\nplus on étudie le xvme siècle italien et allemand, et plus il est évident que\nMozart est un compositeur italien pour la presque totalité de son art. J'ajoute\nque lon est frappé du caractère constamment théâtral de sa musique :\nsymphonies, concertos, tout est scénique; ce sont des dialogues drama-\ntiques ou comiques, de petites scènes de Singspiel ou d'opéra buffa.\nJ aurais voulu aller au concert suivant du dimanche 2 5 mars. Mais, dans\nîa journée, Richard Strauss avait donné, au Châtelet, sa Symphonia Do-\nmestica ; et j avoue que j'aurais été incapable de rien entendre après la\nplus puissante symphonie allemande depuis la Neuvièmey une œuvre où\nj ai cru voir passer par moments l'âme même de Beethoven.\nROMAIN ROLLAND.\nSociété Nationale.\nLe concert du 31 mars, donné par la àla\ntoruin, ne comportait rien de saillant parmi les premières auditions.\ne utait par un long Prélude suivi d'une Fugue interminable, sur un\ndieme que M. Henri Thiébaut avait emprunté à Bach."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.29", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "Bach aurait certainement été très étonné d'entendre cela ; le public, lui,\navait plutôt l'air ennuyé, à telle enseigne qu'à la fin de la fugue il se de-\nmandait s'il fallait applaudir (ce qu'il fît modérément), croyant que cela\nallait continuer encore. Il n'y avait pas de raison pour que cela finît d'ail-\nleurs, et M. Thiébaut aurait dû introduire dans la fugue un autre sujet et\nmême un autre encore ; c'eût été parfait. Plus de vingt minutes s'étaient\nécoulées depuis le commencement de l'exécution !\nA quoi bon, mon Dieu ! prendre un sujet que Bach avait traité et « assez\nbien », n'est-ce pas, dans 1 'Art de la fugu ?\nDe la forme de l'œuvre, jouée par M. Arthur van Dooren, je dirai sim-\nplement que le prélude m'a paru bien construit et bien écrit, la fugue\nm'ayant plongé dans une douce somnolence dont me tira la pour\nvioloncelle de M. Daniel Lamotte.\nCette Chanson,qui cependant « ne casse rien », me parut délicieuse ve\nnant après l'œuvre rébarbative dont j'ai parlé tout à l'heure. M. Feuillard\nen donna une bonne exécution, malgré quelques petites défaillances insi-\ngnifiantes.\nJ'aime bien le poème lyrique « à celui qui n'est plus » de M. Léon\nSaint-Réquier. C'est une œuvre bien faite, équilibrée, expressive, pleine\nd'émotion sincère. M'ie M.-L. Braquaval en chanta le poème avec une sim-\nplicité émue, soutenuepar le quatuor Geloso dont j'aurai le plaisir de parler\ntout à l'heure.\nLa Sonatine de M. Maurice Ravel, quoique bien écrite et charmante, ne\nme plaît pas complètement ; je fais exception cependant pour la 2e partie :\nmouvement de menuet. Je reproche à cette œuvre, qui d'ailleurs n'est pas\ntoute récente, de contenir peu d'émotion ; c'est bien fait, cela plaît, amuse\nsouvent, mais c'est froid. M. Gabriel Grovlez en a donné une assez bonne\nexécution, mais il y avait néanmoins, à mon avis, autre chose à en tirer.\nAprès trois délicieuses mélodies, l'Av et de £. Chausson, et la\npetite lise de M. P. de Bréville, chantées par M»e Béclard, le concert se\nterminait par une interprétation superbe du quatuor à cordes de César\nFranck. Quelle musique c'est là 1 Et que l'on a raison de dire que rien de\ntel n'a été écrit depuis les derniers quatuors de Beethoven! Où trouver une\npareille beauté de forme, une si merveilleuse architecture et une telle jouis-\nsance expressive ? Voilà l'art et le vrai.\nJe termine en louant sans réserve MM. Geloso, Blotte, Monteux et Ter-\neis • le Quatuor Geloso possède toutes les qualités possibles à un quatuor,\nles premières sont une souplesse et une homogénéité incomparables, -on\nexécution de l'œuvre de C. Franck fut vraiment impressionnante.\nC. DE MALARET.\nLe Quatuor Parent.\nLa musique française contemporaine. - Dernière séance moderne et con-\nclusion de la Saison 1906.-Où le printemps commence, la musique\nfinit • voici, déjà, la douzième et dernière séance delà saison 190b . Seance\nau programme très imprévu, par suite de deux contretemps : un départ\nsubit de M. Marcel Labey nous a privés de ses deux mélodies que devait\nchanter M\"e Jeanne Bertaux; une indisposition non moins soudaine, et que\nnous souhaitons passagère, de Mlle Marthe Dron retient, maigre sa vaillance\néprouvée, la charmante pianiste loin du concert et nous prive de 1 aimab e\ndeuxième quatuor de Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire, et de la\nfière sonate de Vincent d'lndy, directeur de la Schola Cantorum\nrécente dont la première audition ne remonte qu au j février 1905 et\nqu'évoque si fièrement le concours habituel d'Armand Parent et de\nM'ie Dron !"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.30", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "C'est grand dommage que la fâcheuse grippe sévisse à 1 car le\nrapprochement suggestif de ces deux ouvrages français nous eût grande-\nment instruits sur les origines obscures et la libre orientation de notre mu-\nsique française contemporaine... Aussi bien, toutes les œuvres aimables du\npoète un peu sceptique de la Bonne Chanson sont très connues des habitués\ndes séances annuelles du Quatuor Parent ; mais leur succès, universel\ndésormais, fut loin d'être spontané : faut-il rappeler le temps antédiluvien\n(quinze ans... grande mortalis cevi spati où le concours pianistique de\nM. Gabriel Fauré, pas encore poudré à frimas par sa jeune vieillesse, ne\nsuffisait pas toujours à faire venir le public? M. Gabriel Fauré, malgré son\ntalent spirituel comme son aimable génie, jouait plus d'une fois devant les\nbanquettes... Mais c'est de l'histoire ancienne ! Armand Parent, dont sa\nnature originaire des Flandres a fait un doux entêté, contribua fort, par\nson entêtement, à la rendre ancienne, cette histoire d'hier. Et comme il est\nentendu que lorsqu'une question d'art est en jeu, l'artiste qu'il est avant\ntout sacrifie volontiers toute considération de gros sous, Armand Parent\nn'a jamais cessé de jouer et, partant, d'imposer depuis 1892, les grâces\nmusicales de Gabriel Fauré. L'entêtement trouve, comme le mérite, sa ré-\ncompense en lui-même ; il n'attend rien de la gratitude officielle qui, pour\nhonorer quinze ans d'heureux efforts et d'âpres lances rompues en l'hon-\nneur de la musique française contemporaine, n'a rien de plus pressé que\nd'admettre au Conservatoire un jeune quatuor concurrent pour y faire\napplaudir les six derniers quatuors de Beethoven...\nVoilà comme on écrit l'histoire... de la musique. Et la sonate fière de\nVincent d'lndy, si fièrement enlevée par ses deux interprètes, vous aurait\négalement expliqué musicalement, c'est-à-dire avec toute la discrétion pos-\nsible, que les oeuvres altières, encore plus que les aimables ouvrages, ne\nreçoivent point d'emblée l'assentiment d'un auditoire même choisi! Le vio-\nloniste Armand Parent, cet entêté doublé d'un déclare aimer cette\nsonate d âme vraiment franckiste, comme une des compositions dont il se\ntrouve le plus honoré d'avoir spontanément reçu la dédicace. Et telle dé-\ndicace, comme le mérite, n'est-ce pas? console de tout.\nDonc, l'absence inattendue de la vaillante et jeune Walkyrie du piano,\nMlle Dron, nous a privés de minutes émouvantes et de comparaisons sug-\ngestives.\nCependant, même à la dernière minute, le Quatuor Parent ne reste\njamais court : aussitôt, MM. Parent, Loiseau, Vieux et Fournier sont venus\nnoub jouer comme ils savent le faire les deux curieux quatuors d'avant-\ngarde, signés Ravel et Debussy, le premier si curieusement et si person-\nnellement inspiré du second, dans sa courbe plus vague, si logiquement\net poétiquement greffé par un original sur cet op. 10 (1897) du futur no-\nvateur de Pelléas et Mélisande, et son chef-d'œuvre peut-être, au gré des\nâmes sages, avec son andantinode poésie nocturne et surnaturelle, où\na to reveur de M. Vieux semble soupirer telle romance sans paroles d'un\nVerlaine musicien... Et ces deux quatuors d'avant-garde\nrevenaient à propos nous confier l'état pour ainsi dire statique de la mu-\nsique contemporaine, la veille même de ce samedi plutôt bien rempli qui\nnous, eAn Proposait l'état dynamique sous ses deux formes très différentes :\nau ate et, le matin, répétition générale de la Symphonie domestique, c'est-\n3\"rn fa>™Hale,de lAllemand Richard Strauss, et, deux heures plus tard,\na pera-Comique, répétition générale de moins familiale du\nr rançais Camille Erlanger.\n1 c^^iant de auditu, le lendemain matin, le musical, le sentimental,\nle débordant, l'entraînant Poème symphonique de trois quarts\neure u poète de 1 orchestration, Richard Strauss, il nous plaisait"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.31", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "D'evoquer, dans les profondeurs du souvenir, un quatuor, alors tout à fait\nclassique et brahmsiste,de ce même compositeur si fougueux depuis un\nCS du 6 mars 189-, à la Société Nationale! par l\"\nQu or Parent, moins de deux mois après le quatuor de Claude Debussv\nS\"^lCelU'-Ci' da\"S S°\" P<— <*■***\njiïÏÏJT? V DebUSSy LeS POl6B mUSiClUe m°der^\nhnni^8 Quel parti prendre, en effet, après ce colosse de la Sym-\nïîrnrp ue le miroir du Drame? Le suivre, en cherchant àle dépasser\nencore ; - ou autre chose, en abaissant discrètement la voix\nAjoutons aussitôt que la conviction puissante et le bel emportement de\nDomestique nous a réconciliés avec l'art jusqu'ici trop du vir-\ntuose orchestral Richard Strauss...\nMais revenons, la veille, à la dernière séance du Quatuor Parent. Seul\nreprésentant du programme primitif compromis par ce temps neigeux\nM. Jean Hure vient exécuter la partie de piano de sa confidentielle et\nsincere Suite sur des chants bretons pour piano, violon et violoncelle •\nquatre mouvements, animés ou langoureux, toujours sagement populaires'\nsur de vieilles mélodies du pays natal,\nLa terre de granit, recouverte de chênes.\nNotre vieil Obermann, qui vantait le pouvoir méconnu des « mélodies\nprimitives », se réjouirait au moins de l'intention. D'ailleurs, le maître\nVincent d'lndy, ce soi-disant wagnérien de Bayreuth que le trop spirituel\npeintre mélomane Jacques-Emile Blanche déclare uniquement nourri de la\nchoucroute d outre-Rhin, n a-t-il pas donné fierement le bel exemple en\nparfumant tout son œuvre des échos de sa montagne ? Comme son quatuor\n(op. 45) et sa récente sonate, sa dernière symphonie cévenole apporte\naux amis d'Obermann le témoignage définitif.\nEnfin, un prestidigitateur (dans le bon sens étymologique du mot) nous\nravit trop brièvement : c'est Ricardo Vines, faisant jaillir une triple étin-\ncelle : Mouvement(n° 3 des Imagesdebussystes) ;\ntemps, extrait délicat de la délicate suite pianistique En Languedoc, de\nl'original Déodat de Sévérac, dont nous attendons impatiemment, à l'Opéra-\nGomique, une première qui peut être une date; Scherzo, capricieusement\nmélancolique et capiteux, du regretté Borodine, et dont la difficulté n'ap-\nparaît jamais sous les doigts de l'exécutant. Sous les nerveuses mains de\nRicardo Vines, le Steinway devient un livre magique d'où les paroles\nmontent, mystérieuses...\nTelle fut la très intéressante conclusion de la seizième année de luttes\ngracieuses et d'heureux efforts du Quatuor Parent pour imposer à l'au-\nditoire français la musique française contemporaine, sans oublier\nBeethoven, ce maître des maîtres, parce qu'il fut souverainement humain.\nMais Beethoven, cet éternellement jeune, n'a point permis, cette année\nmême, que fussent délaissés les jeunes. Et, quelles que soient les circons-\ntances extérieures et momentanées, l'artiste Armand Parent ne sera jamais\nde ceux qui les délaissent. A la fin d'une pareille séance, conclusion d'une\npareille saison, son autorité douce et naturellement sérieuse doit sourire\nintérieurement en se rappelant le critique, aujourd'hui converti par la\nmode, qui destinait administrativement l'interprète de la sonate... de\nFranck aux Petites-Maisons ! « L'artiste a le devoir de faire admirer\nles œuvres fortes, de les imposer sans découragement, en ne s'inquiétant\nnullement si elles plairont d'abord ou ne plairont point. L'artiste est seul\njuge. Si le public n'est pas à même d'apprécier les belles compositions"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.32", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "musicales, fâutc provient uniciucnicnt des exécutants qui ne prennent\npas leur rôle au sérieux. Grâce à César Franck, à ses adeptes et continua-\nteurs, nous sommes actuellement à la tête du mouvement musical universel;\nnotre'tâche, la tâche des vrais interprètes, est d'amener le public à donner\nson admiration à ces maîtres nouveaux qui représentent si fièrement l'art\nfrançais... (i). »\nTelle est, depuis quinze ans, l'intime conviction d'Armand Parent, un\nde ces rares artistes chez qui l'action devient la sœur du rêve; et ceux qui\nle connaissent de près, MM. André Lamette ou Gustave Robert, les plus\nloyaux de mes jeunes confrères, ne sauraient démentir ce fier langage.\nAnnonçons enfin que les 4, 11 et 18 mai 1906,\"trois soirées de sonates\nseront consacrées fort à propos par M. Parent et Mlle Dron aux maîtres du\ngenre : Bach, Mozart et Schumann, encadrés par les novateurs contempo-\nrains : Franck, A. de Castillon, Lekeu, MM. Vincent d'lndy, Magnard et\nPierné. De belles soirées d'art en perspective !\nRAYMOND BOUYER.\nErratum. Ce qui s'énonce bien s'imprime clairement.;. Quelques phrases obscures de nos\nrapides analyses précédentes ont subi quelques altérations typographiques; prière de lire dans le\nMercure musical du i 5 mars 1906, page 268, ligne 26 : « une sympathie mystérieuse es* impé-\nrieuse à ce point... » etc.\n• R. B.\nConcerts Kleeberg.\nAprès une première séance de haut style, qui conduisait l'auditeur de\nJean-Sébastien Bach à César Franck, Mme Clotilde Kleeberg a consacré sa\nseconde et dernière soirée plus romantique, du 4 avril, à Beethoven,\nSchumann et Chopin : la sonate en ré majeur (op. 28), surnommée\ntorale, déroula d'abord ses rythmes aériens et ses rafraîchissants lointains\nde poésie cristalline, toute beethovénienne, sous ses doigts ailés ; les Davids-\nbïtndler (op. 6) racontèrent poétiquement les innovations pianistiques et\nle génie varié de Robert Schumann en passant, pendant vingt-huit minutes\nconsécutives, de sa mémoire impeccable à son Erard docile ; et Chopin\ncapricieux nous enivra comme jamais : sa valse mélancolique en la mineur\nfut un enchantement; son nocturne (op. 55, n° 2) fut un poème évocateur\nde i83o; après la saisissante ballade en mineur, de nombreux rappels\ndiscrets et dignes de la haute artiste ont témoigné justement à cette reine\ndes pianistes féminins larespectueuse reconnaissance d'un auditoire conquis :\nreine du piano, Mme Clotilde Kleeberg l'est simplement, mais souveraine-\nment, par une qualité toute personnelle d'art sobre et vivant dans la dis-\ntinction des sonorités; nous ne lui ferons l'injurieux compliment de lui\ncrier qu'elle est la perfection même, car ce mot implique toujours, en\nfrançais, quelque chose de froidement et de correctement égal ; et rien de\nplus animé que son goût. Jamais depuis les inoubliables soirées de Risler,\ninterprète de Beethoven, le délicieux op. 28, en majeur, n'avait sonné\nde cette manière limpide et suavement forte en ses caprices pastoraux :\nc'était un souffle de l'atmosphère loyale d'autrefois... Et ce fut la joie saine\nde tous les amoureux d'art, ce goût, ce tact, cette harmonie, cette mesure,\ncette grâce animée sans effort, ce parfum d'atticisme en l'interprétation des\nmaîtres, après tant d'excentricités contemporaines et de cabotinages cos-\nmopolites !\nRAYMOND BOUYER.\n\n(1) Paroles rapportées par M. André Lamette dans le Journal musical du i 5 février 1906."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.33", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Société Beethoven (saison 1906 ; r® année).\nA côté des grandes associations musicales, l'initiative individuelle a beau-\ncoup fait pour la gloire des maîtres : en trois festivals récents, Reynaldo\nHahn manifestait sa piété pour Mozart devant un cénacle des plus mon-\ndains ; et, pendant toute la saison, dans une atmosphère plus recueillie, la\nSociété Beethoven, créée parle jeune graveur mélomane Jacques Beltrand,\ndigne fils de son regretté père, a donné les dix-sept quatuors beethové-\nniens, correctement exécutés par le quatuor de la fondation Beethoven :\nMM. Tracol, Dulaurens, Monteux et Schnéklùd. On n'a pas entendu, pen-\ndant un seul hiver, tout Beethoven ; mais il y a des beethovéniens qui ne\ndésirent pas tout connaître... Une sélection seulement, des morceaux\nhabilement choisis par Jacques Beltrand parmi les nombreux chefs-d'œuvre\ndu génie, ont rapproché des dix-sept quatuors les plus célèbres trios (op. r,\nn<> 3 ; op. 70, n® i ; et le trio à l'Archiduc, op. 97) ; la sonate, piano\net violon, en ut mineur (op. 30, n° 2) et la sonate à Kreutzer (op. 47) ; le\nseptuor de jeunesse (op. 20), pour lequel l'auteur génial devint trop\nsévère ; le grand air de Fidelio,plusieurs parmi les plus expressifs,\nle Chant élégiaque(op. 118), trop rarement entendu... L'admirateur de\nBeethoven avait groupé des pianistes diversement renommés : Mlles Cécile\nBoutet de Monvel et Blanche Selva ; Mmes Marguerite Jacquard et Monteux-\nBarrière ; MM. Ricardo Vines et David Blitz ; et parmi les cantatrices les\nplus applaudies M mes Jeanne Raunay, Jane Arger, Marthe Philip, Auguez\nde Montalant, et Mi'e Mary Pironnay. Contribution nouvelle au culte rendu\npar un nouveau siècle à l'universel génie de Beethoven, à ce consolateur\nsouverain, qui n'a jamais connu de consolation !\nRAYMOND BOUYER.\nAuteurs modernes.\nSalle gaie, enthousiaste, jeunes espoirs, conviction et ardeur, croyance\ndans l'avenir de l'art ; pour la plupart : des amis, des camarades, des\nartistes, voilà ce que présentait à l'auditeur la où M. et\nMme Bénédictus ont organisé une audition musicale d'auteurs français\nmodernes le 24 mars et auxquels on doit de chaleureux remerciements pour\nune soirée aussi intéressante.\nLe programme était très considérable : plusieurs œuvres inédites ou à\npeine parues ont charmé le public.\nMaurice Ravel était présenté par la et de\nsa Shéhérazade et l'amusant Noël des (les paroles sont du composi-\nteur même), qui ont été interprétés avec sa maîtrise et son intelligence\nhabituelles par Mme Bathori et admirablement accompagnés par l'auteur.\nM. R. Vines qui a joué du même auteur la Vallée des Cloches et l'Al-\nborada del Graposo(des Miroirs)était disposé d'une façon saisissante :\nune mélancolie se dégageait et enveloppait chaque phrase de la\nCloches. Elle pénétrait même la verve de VAlborada, ce qui lui donnait un\ncaractère tout à fait particulier.\nComme cette humeur de l'artiste était en harmonie avec la mélancolie\nprofonde et sentie du Coin de cimetière au de Déodat de Séverac,\ndont il a aussi interprété A cheval dans la prairie {En Languedoc). Deux\nchants exquis du même auteur : Temps de neige, et A l'Aube dans la mon-\ntagne, ont été chantés avec beaucoup de pénétration et de noblesse par\nMUe Mary Pironnay, qui a bien voulu remplacer Mlle Cesbron.\nMme Max Soulier a chanté d'une façon charmante et discrète des mélo-\ndies très intéressantes de M. Vuillermoz deux chants populaires très"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.34", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "expressifs et joliment harmonisés et les ingénieuses Dionysies, acompagnées\nfort bien par l'auteur même.\nIl y avait de grands ensembles (vu les proportions de la salle), com-\nposés de double quintette d'instruments à vent et harpe (MUe Inghelbrecht)\nqui ont joué (hélas ! les répétitions n'ont pas dû être nombreuses) le\nPoème sylvestre de Inghelbrecht et puis un autre ensemble, la Fan-\ntaisie japonaise de M. Lutz écrite pour 2 flûtes, violon, violoncelle,\nharpe, une œuvre jeune, sans prétention, sympathique ; la flûte charmeuse\nde M. Gaubert y a fait merveille.\nCitons enfin avec éloges des pièces de Fl. Schmitt pour 2 pianos, inter-\nprétées par M. Chadeigne et l'auteur, des mélodies du même, d'autres de\nM. Inghelbrecht chantés par Mlle Colas, qui ajoutaient à l'attrait de ce beau\nprogramme.\nM. B.\nEdition Mathot. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nLe 3o mars, au bénéfice des victimes de Courrières, l'éditeur Mathot\norganisait de son dernier cru un concert d'oeuvres inédites. Nous fîmes le\ntour de ses jardins, où il y a quelques fleurs rares à cueillir et bien des\nfruits verts à laisser sous cloche. Je ne marcherai pas sur les plates-bandes\net je tiendrai mes chiens en laisse. Tout de même, malgré tant de bienfai-\nsance, cette soirée fut parfois enfantine, à en sourire ou à en pleurer.\nEnfants terribles, qui, avant de savoir écrire, n'ont pas su se borner 1 II\nn'y a rien à redire aux mélodies de M. Jean Huré, sinon qu'il n'y a rien à\nen dire, malgré le talent de l'interprète. Dans ce pêle-mêle de beauté et de\nnaïveté, les « reflets d'Allemagne » de M. Florent Scbmitt ont émergé pour\nnotre joie. Quatre valses lentes écrites pour piano à quatre mains évoquent\ntour à tour Heidelberg, Coblentz, Lubeck et Werder, tout le charme\nromantique et langoureux d'une Allemagne de rêve. Une très douce quié-\ntude voile de mélancolie les cadences rythmées, comme certains thèmes\ndes làndler de Schubert, que reflètent ces mélodies sobres de couleur et\nd'un style tout classique. Le Jardin d'amour de M. Emile Vuillermoz a été\nfinement détaillé par Mme Mayrand. Il y a bien de l'esprit et de l'art dans\nce libertinage vieillot et attendri. C'est ainsi que quelques œuvres fraîches\net vives firent cette soirée de bienfaisance vraiment bienfaisante.\nAu siège de Y Ecole des Hautes Etudes dans un hall métallique qui\nsemblerait une halte pour train de banlieue s'il n'avait l'air triste d'une\nsalle de prêche, pour un soir, la salle s'est ouverte aux féeries du rêve, et\nun bouquet de sons raffinés s'est effeuillé fleur à fleur.\nD abord le quatuor de Maurice Ravel, d'une émotion juvénile et char-\nmante, que les jeunes artistes du Quatuor Luquin ont su traduire avec\nautant de finesse que de précision ; puis les trois Pièces pour piano d'Albert\nRoussel, récemment jouées à la Société Natipoétiques toutes trois, la\npremière plus parfaite que les autres peut-être, bientôt suivies du poème\nEn Languedoc de D. de Séverac, où Mlle Selva, qui vient de terminer sa\nsérie annuelle d hommages à Bach, montre la plus exquise délicatesse de\nson et de sentiment. Enfin Mm® Fourrier, admirablement accompagnée par\nune trop modeste anonyme, a chanté avec une extrême intensité d'émotion\nde jolies choses de P. de Bréville, D. de Séverac et M. Ravel, et de belles\nmélodies de Cl Debussy dont elle est la digne interprète. Et le public a\nretrouvé avec joie, dans la Shéhérazade de Ravel, invitation aux voyages\nimaginaires en de chatoyants pays, la voix si fraîche et si parfumée, si\nvivante et si naturelle surtout, de M»e Marguerite Babaïan, déjà applaudie\na a conférence du lundi 26 mars pour un admirable chant de muezzim,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.35", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "arabesque sonore dont elle fit valoir avec un art exquis les fins détails.\nEnfin, la conférence du 2 avril était illustrée d'une mélodie de Balakiref,\nan géorgien, ou la voix de M. Moughounian fut admirable, et d'une\ndanse javanaise, directement transcrite pour piano à quatre mains (d'après\nune partition authentique), par M. Louis Laloy : « musique grave et glis-\n! °tl ?nî, d6S SOns de §on§s et de cloches, musique insaisis-\nsable et bientôt hallucinante », ainsi que dit un jour le grand poète\nernaeren, musique ressuscitee pour quelques instants devant nous, dans\na riche parure de ses sonorités mêlées, et saluée d'un enthousiasme una-\nnime, cependant que M\"e Chouchik Babaïan, preste et furtive, regagne sa\nplace et ne veut pas agréer nos remerciements pour ses belles et intelli-\ngentes sonorités. JOSEPH TRILLAT.\nSchola Cantorum. M. Sauer. Landowska. M. Duttenhoffer.\nA la Schola Cantorum, le programme du cinquième concert mensuel\ncomportait la Passion selon saint Jean de J.-S. Bach. Jouée déjà plusieurs\n.on reprenait pour nous démontrer sans doute qu'elle n'est pas\ninférieure à la Passion selon saint Matthieu. Solistes, chœur et orchestre\nqui s'appliquèrent à tel point qu'on vit le plus barbu des contrebassistes\ns assoupir durant un récit et, réveillé en sursaut par l'allégro suivant,\nplonger éperdument sur son pupitre qui manqua de choir. Cette passion\ndure d ailleurs deux heures et demie, dont le tiers est pris par des récits\nde convention où Bach violente la musique pour la force à chanter:\n« Et 1 inscription fut faite en trois langues, en grec, en hébreu et en latin. »\nSolistes médiocres : Cazeneuve avec moins de voix que jamais, M. Gibert,\nténor moins grotesque qu'un M. Leclercq dont les deux phrases du servi-\nteur eurent un joli succès d hilarité, la basse Bourgeois sans voix ni style.\nM. Gébelin, Mme Legrand et M 11\" Pironnay furent excellents. Les chœurs\nsont admirables, et furent chantés avec beaucoup d'expression.\nJ'ai plus de plaisir à signaler, à la Scholle concert annuel de MUe 81. Selva\net de M. G. Bret, qui ont interprété les œuvres pour piano, et les trois\nchorals d'orgue du père Franck avec toute l'onction et en même temps\ntoute la force qu'exige cette musique merveilleuse. Cependant, l'année\nprochaine, Mlle Selva fera bien d'omettre la œuvre de com-\nmande écrite dans le supplément d'un journal mondain et qui n'est pas à\nsa place entre Prélude, Choral et Fugue et (1).\nM. Emile Sauer est certainement un virtuose parmi les virtuoses du\nclavier. Il joint à une souplesse du poignet et des doigts une puissance de\nson extraordinaire, et les difficultés de tout genre sont pour lui jeux d'en-\nfant. Cependant je suis sorti de deux de ses concerts avec une sensation\nde lassitude et d'étonnement, étonné des tours de force qu'il exécute le\nsourire sur les lèvres, lassé de la quantité infinie de notes que j'eus à subir.\nPeu émouvant dans la Sonate (op. 109) de Beethoven, il fut bien meilleur dans\nla Sonate (op. 35) de Chopin, dont la fut vraiment l'exal-\ntation de la finis Polonice.Son triomphe fut le de Schumann\nqu'il dut bisser et une série de morceaux de concert dont il est l'auteur. Je\nne comprends pas qu'en 1906 on ose encore jouer, il est vrai qu'on trouve\nbien un public qui applaudit, des morceaux intitulés (étude de\nconcert) ou les Délices de Vienne (valse de bravoure), qui nous ramènent aux\n\n(i) Dans le compte rendu du dernier concert d:élèves (p. 321), il faut lire Grate-\nrolle et non Gravollet. Toutes nos excuses, pour cette erreur typographique, à l'excel-\nlent professeur. Au sujet de ce même concert, M. de Serres nous écrit une aimable et\nintéressante lettre qui sera publiée dans notre prochain numéro."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.36", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "temps de Kalkbrenner et Hummel. Composés de traits extravagants, de\ngammes en octaves dans un mouvement de presto et d écœurantes\nromances, de telles œuvres sont peut-être utiles pour donner des doigts,\nmais ne sont nullement dignes de voisiner avec des chefs-d œuvre comme\nle Carnaval de Schumann ou V Appassionata\nBien plus intéressant, parce que plus artistique, le concert de\nMme Wanda Landowska, qui évoque toute l'âme de la musique aux xvne et\nxvnie siècles. D'exquises pastorales de Bach, la du père\nMartini évoquèrent les grâces poudrées et enrubannées des Trianons. Le\nRappel des oiseaux de Daquin, la Fuga de Bach et un\nCoucou, que j'ignorais, de Pasquini et qui est digne de rivaliser avec\ncelui de chantèrent la forêt frémissante de ses aimables hôtes s'en\ndonnant à pleine gorge. JMais la partie la plus intéressante et la plus nou-\nvelle du programme fut la Kermesse. Des danses villageoises : bransles,\ngavottes et rondes évoquèrent Téniers et toute l'école des petits-maîtres\nflamands, peintres de ducasses pittoresques où des fermiers bons vivants\nlutinent d'accortes servantes en dansant et trépignant aux sons des vielles\net des cornemuses. Une pièce surtout de Fr. Couperin le Grand, les\ngleurs, Sauteurs et Saltimbanques, avec qui est une\nvéritable pièce symphonique pour clavecin, obtint le plus grand et le plus\nmérité des succès. Il est vrai que Mme Landowska est l'interprète idéale d'une\npareille musique. J'ai déjà dit combien elle fut exquise chez Colonne,\ndans le Concerto en miï de Mozart, je ne pourrais que me répéter et vous\nengage, si vous ne l'avez point encore entendue, à ne pas manquer son\nprochain concert. Composés avec un goût impeccable, ses programmes com-\nportent toujours un très grand enseignement d'esthétique musicale. A\ncombien de virtuoses peut-on décerner un tel éloge ?\nCe n'est certainement pas à M. Duttenhoffer, qui impose à son auditoire\nun Concerto de M. Th. Dubois aussi intéressant que son auteur. Un allegro\npoussif, un adagio geignard et un finale naïvement vulgaire durèrent\nquarante minutes. C'est long, et le métier de chroniqueur musical n'est pas\ntoujours follement gai. L'Havanaise de Saint-Saëns et une Fantaisie de\n6. Huë qui finit et recommence trois fois avec un essai de pittoresque\norchestral de pacotille ne furent pas d'une musicalité supérieure. Seule la\nSymphonie espagnole de Lalo représentait la musique avec, il est vrai,\nl'ouverture d'Egmontet le ballet délicieusement fiûté par\nM. Hennebains, sous la souple direction de M. 6. Marty.\nC. C.\nConcert Y. Morpain,\nDu Schumann interprété avec une très émue simplicité, avec beaucoup\nd'intériorité. Pas de fracas, pas de gestes excessifs, une sonorité profonde,\ntour à tour délicate et puissante. Du Schumann vraiment schumannien,\nsi l'on peut s'exprimer ainsi. Oh! la pénétrante évocation d'un rêve, con-\ntemplé les yeux clos, pour ne pas voir le clinquant de la réalité.\nEt, par ces temps de cabotinage, un pianiste sur lequel le vent de vir-\ntuosité, secouant à outrance de si nombreuses têtes musicales pseudo\nn'a pas de prise, cela est notable... en blanches, en noires, en croches et\nen soupirs si l'on veut, mais certes pas en pauses.\nADRIANNE.\nM. Llorca.\nLe 9 mars a eu lieu, Salle Washington,le concert de M. Llorca très\nréussi. Parmi les artistes qui prêtaient leur concours : MHes Ch. Melno\net Claire Blot. La première s'est révélée cantatrice et musicienne con-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.37", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "sommée, particulièrement dans l'air: e Schumann qu'elle\nentendu D® U deux/ème les lecteurs du Mercure ont déjà\nentendu parler. Notre dernier numéro relatait, en effet les succès Qu'elle\navait obtenus dans une récente journée où elle jouait des pièces de R Hahn\nFautif H? ?larb?ne-, 7,°US av°ns eu à I>aPPlaudir l'autre soir dans là\nFantaisie de Sporck qu elle avait fait brillamment acclamer le premier à la\nsociété des compositeurs. C'est une artiste destinée à faire valoir supérieu-\nrement le bel instrument de M. Lyon, car au talent nécessaire à un prix du\nConservatoire elle joint la grâce et l'amabilité, qualités qui font hélas t\npresque totalement défaut à bien des étoiles de la harpe.\nApres les interprètes, un mot des oeuvres, celles seulement dont les\nau eurs des jeunes ont besoin d'être encouragés et soutenus dans leur\nprogrès artistique.\nLa Fantaisie de Sporck ne m'appartient plus. L'accueil chaleureux qu'elle\na reçu plusieurs fois du public me laisse seulement le soin de l'annoncer\ncomme définitivement lancée grâce à la virtuosité de sa créatrice.\nM. Rhené Bâton s est montré à nous sous un double aspect.\nsons douces ont été 1 occasion d'un beau succès pour M\"e Melno. Cette jolie\nmusique avait d ailleurs tout ce qui était nécessaire pour cela.\nM. Llorca a triomphé dans 2 préludes pour piano. Autant à dire pour\ncette composition que pour la précédente.\nEnfin le sympathique pianiste avait eu la bonne idée de continuer par\nune Etude de Jules Cohen. Les auditeurs ont montré par leurs applaudis-\nsements tout le cas qu ils faisaient du talent de M. Llorca et de la valeur\nde la musique qu'il interprétait si bien.\nC'est avec regret que les amateurs de musique allemande ont vu se ter-\nminer, pour cette année, les séances du Dr Lulek à Cet admirable\nbaryton n'était pas d'ailleurs un inconnu pour le grand public parisien, si\nj'en crois un vieux numéro du Gaulois que j'ai actuellement sous les yeux et\ndont j'extrais ces lignes : « M. Lulek, le distingué baryton viennois qui révo-\n« lutionne en ce moment le monde musical à Paris, après ses triomphes en\n« Autriche et en Allemagne, aobtenu un succès sans précédent. Pour mettre\n« fin aux ovations frénétiques, M. Lulek a dû chanter 5 lieder supplémen-\n« taires. » J'ai dit que le Dr Lulek était connu, je peux ajouter qu'il l'est fort\navantageusement.\nDans les 4 soirées qu'il vient de donner, il a fait entendre des compo-\nsitions de Schumann, Brahms, Strauss, Wolf et Schillings, compositions\npour la plupart inconnues en France. Ses programmes comportaient en\noutre des exécutions au piano et pianoforte des mêmes auteurs. Il suffira\nde citer les noms des interprètes : la délicate Mme Landowska, MM. Herz\net Thalberg, enfin l'étonnant Ricardo Vines.\nEn un mot, le succès a été parfait. Le public tout de choix, non pas une\nmasse indifférente venue là comme ailleurs, —non, une sélection de musi-\nciens en parfaite similitude de goûts et de vues musicales avec l'artiste, a\nfait le meilleur accueil au grand chanteur et à ses excellents collaborateurs.\nTous seraient heureux, j'en suis persuadé, d'applaudir encore le Dr Lulek\nl'année prochaine.\nC'est le meilleur éloge qu'on puisse faire de ses dons naturels merveil-\nleux et de son talent d'interprétation si dramatique.\nJe serais bien coupable si j'oubliais l'accompagnateur, Eug. Wagner.\nSon rôle était loin d'être effacé, car chacun sait que l'accompagnement de\nla mélodie allemande exige de véritables qualités de pianiste, interpré-\ntation, virtuosité même, que M. Wagner a montré, spécialement dans la\nséance Strauss, posséder au plus haut point."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.38", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "Tandis que pour venir en aide aux veuves et aux orphelins de Courrières,\nles chanteurs populaires ramassaient des sous dans les rues et les cours,\ntandis que dans les grandes salles, grâce au concours de célébrités artis-\ntiques et la haute société entassait des piles de billets de\nbanque, les jeunes de France, dont le cœur est grand, mais, hélas lia bourse\nbien légère, arrivaient à obtenir du cercle de leurs relations des pièces\nblanches, voire même des louis.\nLa musique n'ayant pas la majeure partie du programme, je\npeux seulement mentionner qu'elle a participé à l'exécution des plans\ngénéreux d'une petite société amicale artistique, fondée récemment par un\njeune littérateur, René Serout, auquel est certainement réservé l'avenir le\nplus brillant.\nMentionnons enfin le grand succès obtenu par Mlle Sara Pestre, harpiste\nexquise, au concert si intéressant d'ailleurs que donnait, le 7 avril, M'ievan\nGelder avec le concours de MM. Fleury et Petit. Ce sont là des soirées\nconsolatrices. P- D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 38, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.3", "titre_corps": "A L'OPÉRA-COMIQUE", "titre_sommaire": "A L'OPÉRA-COMIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.38", "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "A L'OPÉRA-COMIQUE\nLouis de Gramont et Camille Erlanger : Aphrodite, pièce musicale en sept tableaux.\nJe n'étonnerai personne en avançant que M. Louis de Gramont n'a pas\ntranscrit en ses vers blancs toutes les scènes du roman de Pierre Louys.\nFaut-il le regretter ? Non certes, car le livre, malgré tout le talent de l'au-\nteur et l'ampleur de son érudition apocryphe, ne laisse pas que de dégager,\nà la longue, un certain ennui : trop de fleurs, comme dit l'autre, et surtout\ntrop d'embrassades à la ronde et trop de lits défaits ; un air lourd et chargé\nde fades parfums, un relent d'alcôve qui obsède et qui finit par écœurer.\nCes tendres ébats perdent leur charme et leur attrait à force de se répé-\nter ; c'est une loi assez connue pour que je sois dispensé d'insister. On\njuge de ce qu'il en fût advenu àla scène, avec une réalisation incomplète\n(je l'espère) et gauche (je le crains).\nJe me hâte d'ajouter, pour l'honneur de notre Opéra-Comique et la con-\nfusion du député Jumel, qui voudrait en faire « le rendez-vous de toutes les\njeunes filles », que le sujet reste tel quel. Chrysis (laquelle n'est pas juive,\nmais bien galiléenne) n'est pas devenue une martyre chrétienne, il s'en\nfaut, et elle peut se vanter, avec un légitime orgueil, de ne s'être encore\nrefusée à personne ; quant à la jetée du port d'Alexandrie, où viennent et\nvont Myrto et R'nodis, et Tryphéra, et Séso, et Mousarion, et tant d'autres\naimables filles, trottineuses d'un monumental trottoir, c'est bien la jetée-\npromenade d une plage d'amour ; l'heure choisie par les belles solliciteuses\nétait, à cette époque reculée, proche du coucher du soleil : un très beau\ncoucher de soleil d'ailleurs, qui passe au mauve, puis au violet sombre et\nse perd enfin dans une nuit orientale où les blancheurs des maisons et du\nphare verdissent doucement et se fondent sous la lune. C'est à ce moment\nque la capricieuse Chrysis, aux cheveux d'or (parait-il), exige du beau et\nténébreux sculpteur Démétrios le don de trois objets, qu'il faut voler : le\nmiroir de Rhodopé, le peigne de l'antique reine Nitaoukrit et le collier de\nperles de la statue d'Aphrodite.\nOn devine la suite : la promesse tenue, la récompense généreusement\naccordée à ces gages d'un désir insensé ; puis le caprice cruel de Démétrios\npresque aussitôt lassé : il faut, pour ranimer son amour défaillant, que\nÇarysis affronte la mort, parée des objets volés, et qu'elle soit condamnée\na mort en effet, et jetée en prison. La ciguë est bue déjà lorsqu'il arrive,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.39", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "et ne trouve rien de mieux à faire qu'à mourir également. Entre temns\nnous; n'avons pas échappé au festin'chez Bacchis\", ni au crudfiemln? dé\net Grand Drêtre à n' \"î,4 ?\"\"? du temPle> aïec courtisanes sacrées\ng n pretre a barbe blanche (si vraiment il y avait un prêtre d'Aphro-\ndite, etait-il nécessaire de le prendre si vieux ?)\nM. Camille Erlanger, dans un entretien préliminaire que le du\n26 mars nous a conservé, s'est déclaré frappé, dès l'abord, par le carac-\ntère lyrique du conte de Pierre Louys. Ce « caractère lyrique >, qui s'est\nobstinément dérobé a mes investigations dans un roman tout descriptif\nsorte de Salammbôalexandnne, ressort un peu mieux de l'adaptation que\nje viens de résumer. Encore reste-t-il d'une qualité assez discrète et fort\nconventionnelle : il ny a pas moyen de prendre un seul instant au sérieux\nune aussi invraisemblable aventure, et tous ces beaux discours ne se\npeuvent admettre que tempérés d'un demi-sourire : sans doute, je vois bien,\nj entends, c est un crime d amour, trois crimes d'amour même, plus un\nquatrième beaucoup plus grave, qui est de laisser condamner Chrysis sans\nse dénoncer soi-même. Mais c'est surtout un prétexte à d'agréables spec-\ntacles et a de jolis entretiens. M. Camille Erlanger a fait un gios contre-\nsens en prenant, du commencement à la fin, son sujet au tragique. Et\nquel tragique !Il ne peut être question de désir sans qu'aussitôt des\nmotifs tortueux serpentent à travers tout l'orchestre ; pour un oui, pour\nun non, des tempêtes se déchaînent au quatuor, l'harmonie souffle des ra-\nfales ; le duo, l'inévitable duo du troisième acte, d'abord debout, puis demi-\ncouché (toujours très convenable, d'ailleurs), est traversé de cuivres horri-\nfiants ; les âges précédents savaient moduler sur le hautbois ou la viole de\ntendres plaintes et de profonds soupirs ; il était réservé au xxo siècle d'in-\nventer le trombone d'amour. Avec cela, cette musique n'est pas méprisable.\nE le est lourde, mais non vulgaire, appliquée, mais sans pédantisme, et\nles sonorités, prises en soi, en sont fortes et nourries, et sensiblement moins\népaisses que ce que l'auteur nous avait fait entendre jusqu'ici. Mais je ne\nparviens pas à saisir le moindre rapport entre les sentiments qu'il prétend\nexprimer et cette musique haletante et pesante, perpétuel chant de la forge,\nmais d'une forge sans feu. C'est de la musique de gros, de très gros mélo-\ndrame. Quant au chant, il est d'une fausseté de ton inconcevable, prolon-\ngeant indistinctement toutes les notes, et soudain, sans raison, pour illus-\ntrer le mot « collier », par exemple, ou « Touni, la femme du grand prêtre ».\nou tel autre aussi insignifiant, saisi de contorsions bizarres, dégingandé\nen sauts de septième ou d'octave qui touchent de bien près au grotesque.\nRestent les quelques passages où M. Erlanger n'a pas cherché une émo-\ntion que la nature semble lui avoir refusée : de jolis effets de flûtes et de\nglockenspiel ici, ailleurs des quartes et quintes parallèles qui sonnent\nagréablement, des danses assez gracieuses, quoique le motif en soit bien\npauvre ; et puis, dans la scène de la prison, un accompagnement continu,\nune sorte de basse contrainte, d'une couleur sombre et douce, où l'on\nretrouve (et ceci est un éloge) un peu de la manière de M. Massenet dans\nses bons jours. Ailleurs, dans la scène du temple, je crois reconnaître une\nmarche de nuit, qui me rappelle, avec plus de science, un passage analogue\nde l'Enfance du Christ. Nul pouvoir expressif, d'ailleurs, en ceci, et bien peu\nde pittoresque : on croirait que l'auteur a écrit sa musique d abord, et qu on\nlui a fourni ensuite un poème de longueur appropriée, qui s est trouvé\nêtre un poème antique et païen, mais qui pouvait tout aussi bien se situer\nen Allemagne, en Pologne ou en Judée, et mettre aux prises des soldats ou\ndes marchands, des prêtres ou des laboureurs, en un sujet comique, tra-\ngique, héroïque, rustique, religieux, symbolique, réaliste, ou généialement\nquelconque. Quelconque, voilà l'épithete qui convient le mieux à c^tte"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.40", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3573, "texte": "musique honorable et impersonnelle comme l'ameublement d'un riche\nsalon bourgeois. Il y a des moments où je la préférerais mauvaise, et\nregrette presque M. Bruneau et ses touchantes maladresses.\nLes journaux quotidiens ont trop vanté l'élégance et la prétendue har-\ndiesse des costumes pour que je m'attarde à les décrire après eux. Certains\nn'ont même donné de la pièce que des comptes rendus couturiers ; je\nn'insisterai pas sur l'ironie involontaire du procédé.\nDonc MUe Garden porte au premier acte un fort beau péplos de soie\njaune, recouvrant une tunique plus décolletée qu'il n'était d'usage dans\nl'antiquité, mais moins que beaucoup de corsages aperçus dans la salle\nle soir de la première.\nIl y a au second tableau beaucoup de voiles de gaze sur les épaules\ndes courtisanes sacrées, et beaucoup de corsets aussi, très apparents et\nqui étaient, paraît-il, nécessaires. Mlle Garden, au moment où elle se\njette dans les bras de son sculpteur, est revêtue d'une tunique rose dont\non doit dire qu'elle est « couleur de chair », et la « déshabille» audacieu-\nsement. Et nous la retrouvons dans la prison, gémissante sur son matelas\nen des postures d'Androgyne, toujours en grand décolleté, Phryné obs-\ntinée et mal récompensée. Et tout cela serait fort bien, si elle chantait\ndune voix moins traînante, et avec un accent anglais moins prononcé :\nEt por moâ, ne veux tiu pas preundre\nUn petit p'eigne qui me p'leait ?\nDèmètrious, Dèmètrious !\nM. Erlanger, toujours dans l'entretien historique relaté par le Figaro,\nnous avait avertis d'avance que le rôle de Chrysis serait un grand succès\npersonnel pour Mlle Garden. Je veux bien; mais retrouver Mélisande affublée\nen Chrysis ! La chute est profonde. Quant à M. Beyîe, en statuaire amou-\nreux, il nous était recommandé d'admirer sa « superbe plastique». J'ai\nsurtout admire sa belle diction, sa voix puissante et ses fortes lèvres de\nsatyre, apparentes sous la iausse barbe courte. Mlle Friché, en Bacchis, est\nplus vulgaire qu'il ne faudrait. Quant aux autres, on trouvera, dans le\nnuméro du Figaro précité, un petit mot aimable de l'auteur reconnaissant\nà chacun et chacune de ses interprètes. Pour ma part, je ne retiendrai que\nMii° Badet, au corps svelte sous des voiles que nul tutu ne profane, dont\nles danses furent une merveille de grâce légère et preste : des attitudes\nimitées de 1 antique, c est-à-dire (contrairement au préjugé répandu encore)\nexquises de fantaisie et de verve ; un soupçon d'orientalisme, fort discret,\nmais bien en situation ;et surtout une fougue juvénile, une sincérité\njoyeuse, qualités de premier ordre dans un art qui, comme la danse, est\nune création perpétuelle. Toutes les danses sont fort bien conçues d'ailleurs,\net surtout les danses lentes de la scène du temple. Quant aux décors, ils\nfort beaux, et MM. Carré et Jusseaume furent les vrais héros de la\nsoirée. Cette perspective de cyprès qui montent derrière le temple, mirés\ndans un bassin calme, jusqu'au ciel pâli par l'aurore, ou bien ce palmier lan-\ngoureux qui penche au côté de la vaste baie ouverte au fond de la salle,\nou encore, par la fenêtre de l'atelier, la vue d'Alexandrie, avec ses maisons\net ses temples aux pures blancheurs, ou enfin la mélancolie nocturne des\njardins d Hermanubis et de leurs grands arbres sombres, furent des tableaux\n81 parfaits et si poétiques, qu'à les contempler ou se fût passé volontiers\nV\" rf CTrant' et orchestre, et de paroles, et de drame, et même de costumes\nde Redfern.\nLouis LALOY.\nrelis mon article et me demande si je n'ai pas été trop sévère."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "malgréntouî> est srande et féconde, lorsqu'elle inspire d'aussi\nl 7 1 Q 1 4\" A 11\" i. •\noù commence le compte rendu d'un de nos\nSnnlÏÏ !întS Cntlqu?s musicaux, qui fut aussi le collaborateur occa-\nsionnel du Mercure musical : A. Mangeot:\nSi notre morale reposait sur des bases\ndesi°^nes ffoz'fset laids> «\nLou s 'l9UVer admirable roman de beauté, d'amour et de volupté de M. Pierre\nSans livrer à la vue les détails intimes\nmoins souillée que la nôtre, on aurait pu sanctifier publiquement la beauté\ncorporelle et montrer le noble tressaillement,\nL extase divine que peut causerie spectacle d'une belle forme nue.\nMais la morale s'y oppose, la loi l'interdit. Pourquoi le dévêtissement d'une\nfemme est-il impudique ? Pourquoi la forme humaine doit-elle être cachée aux\nregards alors que la forme animale oiseau, chat ou serpent peut se mani-\nfester librement sans choquer nos baroques principes ?\nA toi, civilisation; à toi, morale, d'expliquer de pareilles turpitudes.\nEn îevanche, l esprit a toutes les facilités, toutes les licences pour se profaner\npai la lecture. Les livres les plus malpropres, les plus avilissants9 les plus perni-\ncieux s offrent à tous : hommes virils, collégiens pubères, vierges nubiles n ont\nqu à tendre la main pour sen abreuver. Le poison leur est aussi facilement\noffert que la liqueur verte sur le comptoir d'étain.\nDe siècle en siècle la laideur nous envahit. L'intelligence subsiste et élève pro-\ngressivement ses conquêtes ; mais l idéal périclite ;le matérialisme devient gros<-\nsiei ; le sensualisme, obscène ; la gaité, lourde et basse ; les plus sublimes\nélans sont bafoués et traînés dans le ridicule... C'est l'asservissement et l'avilis-\nsement.\nBravo ! Bravo ! Bravo ! Voilà comme je voudrais écrire. Je crains de n'y\njamais arriver.\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.4", "titre_corps": "MUSIQUE DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.", "titre_sommaire": "MUSIQUE DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.", "signature_source": "Lionel de la Laurencie", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.41", "debut_caractere": 1811, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "MUSIQUE DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.\n\nMusiques pastorales. Les Maîtres français du violon au xvm siècle.\nLe vendredi, 3o mars, Mme Wanda Landowska nous offrait un régal\nexquis. Sous le titre galant de « Musiques pastorales des XVII6 et xvme siè-\ncles », elle avait ingénieusement composé un programme de bergeries mu-\nsicales où un contemporain d'Honoré d'Urfé aurait trouvé son compte tout\naussi bien qu'un « roué » de la Régence. Les noms de Bach, de Rameau,\nde Couperin, de Chambonnières s'alliaient à ceux de quelques-uns de nos\nvieux luthistes ou « luthériens », comme on les appelait. De ces derniers,\nreprésentés par Francisque, l'auteur du « Trésor d'Orphée » et par Bésard,\nMme Landowska joua au clavecin 4 « bransles » auxquels, utilisant non\nsans malice un passage de YOrcliésographie, elle avait donné d'amusantes\net pittoresques affectations. Le public, charmé par cette musique inédite, en\ngoûta les rythmes subtils et la savoureuse harmonie. De François Couperin\nnous eûmes les « Rossignols » et les admirables « Sylvains ». « La « Forêt »,\ndont Mme Landowska évoquait les ramages d'oiseaux, retentit de l'étonnant\ncoucou de Bernardo Pasquini auprès duquel celui de Daquin, quoique\ncomposé près d'un demi-siècle plus tard, parut bien mécanique, bien en\nbois et digne tout au plus de nicher dans une horloge. Il y a dans la pièce"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.42", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "de Pasquini une délicieuse poésie des sonorités et la mélancolique tierce\nmineure de l'appel de l'oiseau s'y enveloppe d'une sorte de buée harmo-\nnique évocatrice d'un véritable sentiment de « plein air ». Quelques jours\nauparavant, dans la même salle Pleyel, M. Debrouz terminait la série de\nses récitals de violon consacrés en majeure partie aux maîtres français du\nxvme siècle. La troisième et dernière séance, fort copieuse, ne comportait\npas moins de quatre concertos et deux sonates. Deux concertos de Leclair\nfirent admirer la prodigieuse habileté technique du vieux maître, en même\ntemps que sa belle et savante écriture. Ceux d'Aubert, composés dans un\nstyle moins serré, amusent par leur prestesse, par leur entrain, par leur\ncaractère « bouffe ». Que M. Debroux nous permette ici une petite rectifi-\ncation: ces concertos ne sont pas de Louis Aubert le fils, ainsi que l'in-\ndiquaient les programmes, mais bien de Jacques Aubert.\nDisons un mot des quatre nouvelles sonates éditées par la maison Rou-\ndanez, et que M. Debroux exécuta au cours de ses trois récitals ; signées\ndes noms de Jean-Féry Rebel, de Pierre Guignon, de Jacques Aubert, et\nde Branche, ces quatre sonates nous apportent quelques aspects assez\nvariés de la musique instrumentale française du xvme siècle. Chez Jean-\nFéry Rebel, la majesté solennelle domine, encore qu'elle se laisse égayer\npar la charmante bonhomie du rondo. Pierre Guignon, le dernier « Roi\ndes violons », nous transporte en territoire italien : il a beaucoup de grâce\net d'élégance. La Sonate en fa majeur de Jacques Aubert est pimpante et\nles petites formules accortes de son finale rappellent quelque joyeuse arle-\nquinade. Avec Branche, qui fut violoniste à la Comédie-Française, d'autres\nqualités plus sérieuses se laissent discerner, et les quelques mesures de\nl'adagio de la Sonate en sol mineur, par leur expression concise et réflé-\nchie, appartiennent à un art déjà intime et ému.\n\nLionel de la Laurencie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.5", "titre_corps": "MUSIQUE NOUVELLE.", "titre_sommaire": "MUSIQUE NOUVELLE.", "signature_source": "Edmond Fleg", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.42", "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "MUSIQUE NOUVELLE.\n\nErnest Bloch : Historiettes au Crépuscule (G. Mauclair), Paris, E. Demets.\nM. Ernest Bloch, qui vient de publier chez Demets quatre petits poèmes\nmusicaux pour chant et piano, est encore inconnu des Parisiens. Quelques\ninitiés ont eu seuls le privilège d'entendre des fragments de son œuvre si\nnouvelle, si savoureuse, si forte et qu'il semble cacher avec une sorte\nd'orgueilleuse coquetterie. C'est à peine si, une ou deux fois, dans son\npays d'origine, en Suisse, le public a trouvé l'occasion d'acclamer en lui\naudacieux et l'impeccable chef d'orchestre. A la fête de\nBaie, en 1902, âgé de 21 ans, il donnait et le d'une sym-\nphonie qui soulevait la lureur pédantesque de la critique allemande et que\nla; critique française saluait comme la révélation certaine d'un musicien\ngénial. Plus récemment, à Genève, on applaudissait deux courtes pages\nsymphoniques, intitulées Hiver et Printe 11 est à souhaiter que le nom\nde M. Bloch prenne bientôt au programme de nos grands concerts parisiens\nla place qui lui est due.\nLes Historiettes au Crépuscule comptent parmi les œuvres de jeunesse de\nce jeune artiste. Elles remontent à 1897 ou 1898. Et cependant ces quatre\nic erou plutôt ces quatre ballades annoncent déjà une sensibilité intense,\nqui trouve à s exprimer sous une forme étrangement vivante, à la fois très\nmo erne et très musicale, très savante et affranchie de toute scolastique. Elevé"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "à 1 école des Knorr et des Thuille, M. Ernest Bloch a réagi spontanément,\nimmédiatement contre la discipline de ses maîtres germaniques. Son tem-\npérament et ses convictions esthétiques le poussaient vers l'école française,\nvers Debussy surtout, qu il pressentait sans le connaître et dont il sera sans\naucun doute un des plus originaux et des plus puissants continuateurs.\nLes poemes que M. Ernest Bloch a choisis pour les illustrer musicale-\nment fournissent déjà sur la nature de son talent une précieuse indication.\nTout le monde a lu les Historiettes ciu Crépuscule de Camille Mauclair ; on\nse rappelle, entre autres, cette touchante Complainte :\nLes amoureuses aux matelots\nN'ont rien vu revenir sur l'eau.\nSont allées à la clairière\nOù il y a une croix en pierre.\nOnt dit au Jésus :\n« Nos amants sont perdus,\n« Faut nous les rendre. »\nEt le Jésus il leur a dit :\n« Ils sont si bien au paradis... » etc...\nGomme on le voit, ce ne sont pas là de vagues effusions lyriques, pouvant\nservir de thèmes à des romances. Ces petits récits coupés de brefs dialogues\nappellent un commentaire essentiellement dramatique. Les vers de M. Mau-\nclair, volontairement gauches et comme inachevés, évoquent plutôt qu'ils\nn'expriment les émotions et les images qui dorment en eux. Le musicien\nn'apportera pas ici un accompagnement superflu ; il achèvera l'œuvre du\npoète en réveillant par la magie des sons ces images et ces émotions\nendormies.\nM. Ernest Bloch y parvient sans aucun procédé artificiel. Tout son\nsecret réside dans la sincérité et dans l'intensité de sa propre émotion. Sa\nmusique en jaillit, si suggestive et surtout si sobre qu'on n'arrive plus,\nquand on Ta une fois entendue, à la dissocier du texte qu'elle transfigure.\nVoici, par exemple, les premières mesures de la Légende, une phrase\nsimple, que soulignent quelque accords déchirants et lugubres."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.44", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "Mais M. Ernest Bloch ne s'en tient pas à ce genre de déclamation\nlyrique. Les rythmes irréguliers et assonancés de M. Camille Mauclair ont\nune naïveté populaire qu'il essaie d'imiter au moyen de formes mélodiques\ntout à fait nettes, d'où la symétrie elle-même n'est pas exclue, et qui ont\nl'allure de refrains champêtres.\n. heureux mélange de ces deux modes d'expression donne à cette mu-\nsique, a a ois, une précision de contours dont la mémoire est hantée et\nune démarché imprévue, capricieuse, qui libère l'imagination. Aussi cha-\ncun de ces quatre morceaux est à lui seul un petit monde émouvant et\nantastique. Dans les Fleurs,une phrase qui se répète, lancinante et\nsurchargée d harmonies lourdes, crée une atmosphère de désir, où se con-\non ent upté et la mort. Dans la c'est encore la mort\nV° uPte'mais' \"-hantées sur des rythmes rustiques, elles apparaissent\nn , 63; domPtees: métamorphosées par l'ingénuité d'une âme\nmÂlnV *anS a Legende,où le récitatif cruel du début contraste avec la\n.i 'e iransparente de la conclusion, on croit sortir tout à coup d'un\nn\"l,ar pour penetrerdans un univers d'où la douleur aurait été bannie\net le 6' La. Ronde enfin, avec le grincement de ses trilles\ndiction nui A Ur escluf ?e,s dissonances tragiques, évoque la malé-\npuissances infernales!1\"6 CternUé SUr la nature livrée aux sortilèges des\ncadre a S&nS .aucun eff°rt faire tenir autant de vie dans le\nmatiaupç pt .^J Pa rapides possède des qualités essentiellement dra-\net durable °U e,\"nie un îour P°ur la scène une œuvre importante\n\nEdmond Fleg."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.6", "titre_corps": "A PROPOS DE LA RÉSONANCE INFÈRIEURE", "titre_sommaire": "A PROPOS DE LA RÉSONANCE INFÈRIEURE", "signature_source": "Edmond Bailly", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3724, "texte": "A PROPOS DE LA RÉSONANCE INFÈRIEURE\n\nDe la vibration sympathique dune corde grave à l'appel d'une corde aiguë, et des conséquences\npossibles qui en découlent (i).\nJusqu àce jour, les savants n'ont pas admis qu'un son quelconque était\ncapable de faire vibrer sympathiquement un autre son plus grave que lui,\nquelle que soit leur concomitance (voir d'Alembert, Helmholtz, Tyndall,\nKoenig, etc.). Or, c'est de la réalisation pratique d'une telle expérience que\nje viens entretenir 1 Académie. Les sages réserves d'Helmholtz m'ayant\nrendu sceptique à l'égard de la valeur scientifique des résultats obtenus sur\n1 harmonium, je lui ai préféré le piano dans la fabrication duquel les fac-\nteurs éliminent, le plus possible, les harmoniques, bourdonnements, etc.\nDe plus, cet instrument paraissant tout à fait impropre à la production\ndes sons résultants, on sera moins porté à assimiler ma résonance grave à\ndes sons de cette nature.\nM'étant exercé, d'abord, à faire octavier, quintoyer à l'aigu, Yutz du\npiano, puis les notes voisines, je devins bientôt passablement habile dans\ncet exercice préparatoire, tellement que je n'eus plus besoin de libérer de\nson étouffoir la corde aiguë qui devait vibrer sympathiquement à l'appel\ndu son fondamental de la série à laquelle elle appartenait. Ce résulta11\nacquis, je tentai d'obtenir, d'un son plus grave que la note émise, ce que\nm'avaient accordé, assez rapidement, les sons plus aigus. Cela me prit\nbeaucoup de temps, car je devais, pour réussir, arriver à un martèlement\ndont le rythme concordât synchroniquement avec le nombre de vibrations\nde la corde visée. Enfin, j'eus la satisfaction d'entendre, bien faiblement, le\nson grave et, pour être certain que mon désir de réaliser une expérience\ndes plus délicates ne me faisait point objectiver un son chimérique, je fis\npasser devant mon piano des témoins compétents, en tel nombre qu'il ne\n«-m'était plus loisible de douter. Bien que j'opère, le plus souvent, sur Y ut3,\nd'autres notes, bien entendu, se prêtent à l'expérience, pourvu qu'on ne\ns'écarte point sensiblement, surtout vers l'aigu, de cette région moyenne de\nl'instrument. Je dois, dès à présent, constater que j'obtiens la douzième\n(fa i ) bien plus facilement que l'octave inférieure (ut 2).\nLongtemps, et tout en levant l'étouffoir de la note appelée à vibrer sym-\npathiquement, je n'obtins qu'un son grave de faible intensité, quoique par-\nfaitement perceptible, même pour une oreille peu musicienne. Mais avec\nde la persévérance, et en frappant successivement plusieurs des harmo-\nniques supérieurs du fal9 je parvins à renforcer ce fa de telle îaçon qu'il\nvibra et se prolongea avec force, même après que le martèlement avait\ncessé. Il va de soi qu'il faut maintenir levé, pendant toute l'opération,\nl'étouffoir de la note grave, en appuyant sur cette note sans la faire sonner.\nJ'insiste pour qu'on ne confonde pas le son grave ainsi renforcé avec un\nson résultant, lequel demande l'émission simultanée et prolongée de deux\nsons. Dans mes expériences, il m'apparaît que c'est en qualité de troisième\nharmonique du fai que Yutz excite celui-ci dans les mêmes conditions\nqu'il pourrait exciter Y ut2 dont il est le second harmonique, le A dont il\nest le cinquième harmonique, etc., mais de telle sorte que sons graves\nseraient des fondamentaux et non les harmoniques graves préconisés par\ncertaine théorie allemande moderne. Considérant que plusieurs des termes\nde la série harmonique supérieure se trouvent occupés par des sons dont\n\n(i) Nous détachons des Comptes rendus de la séance du 12 mars de Y Académie des\nSciences de Paris, la communication suivante, qui intéresse, à la fois, la science acous-\ntique et la science musicale."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.46", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "le manque absolu de justesse ne permet pas de leur accorder une place\nparmi les notes constitutives de nos gammes, tels par exemple les harmo-\nniques 7,11,12,13, etc., qui sont ou trop bas ou trop hauts, on sera conduit\nà présumer que leur présence dans cette série harmonique est motivée par\nquelque autre raison que celle de charmer, simplement, notre oreille.\nCette raison semble m'être offerte par mon expérience même où je vois\nque, le plus souvent, le son émis, tout en développant, au-dessus de lui,\nune série qu'on ne peut rattacher qu'aux accords de la dominante, cherche\nsa tonique, laquelle, précisément, lui manque parmi ses harmoniques.\nEn effet, faisant résonner Yut%9 je suppose, le fa n'apparaît dans la série\ndes harmoniques qu'au terme 21, encore est-il d'une justesse contestable ;\nnotons que le la, non plus, n'apparaît pas avant le terme 27. Si ma con-\njecture se justifie, nous serions en présence d'une dynamique du son dans\nlaquelle ce n'est pas seulement le son fondamental qui excite toute une gerbe\nde sons supérieurs, mais également ceux-ci qui rendent à leur générateur\ncommun, qui échangent entre eux la plus grande partie des forces qu'ils\nont reçues de ce générateur. Car mon expérience, répétée un nombre con-\nsidérable de fois, m'a démontré que c'est bien par l'action insistante du\nson aigu que le son grave arrive, graduellement, à vibrer : peut-être trou-\nvera-t-on aussi que les résultats de cette expérience pourraient donner lieu\nà une nouvelle théorie de la durée vibratoire, laquelle ne me semble pas\nsuffisamment expliquée par la seule amplitude des vibrations, quoique je\nreconnaisse à ladite amplitude le pouvoir de favoriser grandement la pro-\nduction des harmoniques.\nAvant de clore ces lignes, je dois rappeler à ceux qui tenteront de répéter\nmon expérience qu'elle demande une délicatesse de toucher extrême,\nlaquelle est plus fréquente chez les compositeurs de musique que parmi\nles virtuoses ; qu'il est indispensable de faire coïncider synchroniquement\nle rythme de l'appel avec le nombre des vibrations de la note appelée ;\nenfin, qu'il m'a fallu beaucoup de patience et de temps pour arriver à pro-\nduire, d'une manière permanente et incontestable pour l'auditeur, le phé-\nnomène qui nous occupe. J'ajoute qu'un piano neuf doit être, dans cette\nexpérience, moins recherché qu'un piano ayant servi déjà, et que l'état\nhygrométrique de l'air n'est pas absolument indifférent.\n\nEdmond Bailly."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.7", "titre_corps": "LA MUSIQUE A LYON", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE A LYON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.46", "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "LA MUSIQUE A LYON\nLe Crépuscule des dieux. Mme Litvinne. Les Concerts*\nDe la Tosca je ne dirai donc rien, sachant que ce serait trahir les pro-\nfondeurs de l'âme italienne. Ce que le talent d'un Bistolfî ou d'un\nMichetti a rendu à d'autres parmi leurs arts, leur musique l'attend toujours.\nRicciotto Canudo exposait l'an dernier, ici même, le bon espoir que fai-\nsaient concevoir un Catalani et un van Westherout, trop tôt fauchés : peut-\nêtre à cette heure la Fille de Jorio, d'Alberto Franchetti, nous a-t-elle donné\nune consolation ?\nComment parler dignement du Crépuscule Gôtterdâmmerung que\nlon reprend en hâte î Cela, ou Tristan, ou Parsifal, quelle est l'œuvre\nd avenir, ou du moins la plus féconde ? « L'Or du Rhin ou Siegfried, » me\nsuggère un ironiste, car ni Debussy, ni Strauss n'ont encore avoué leurs\nnourrices... Mais je vois bien que l'on parle beaucoup de Wagner ces\ntemps-ci, et qu'on l'écoute peu : la littérature a-t-elle quelque influence sur"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "a musique (on dit M. Boschot tueur de dieux) ? Il faut croire cependant,\nen un certain sens, que le folk-lore wagnérien fut de bonne pratique et que\n*,e genie ,aidant> et fatigue sociale, il y a encore de beaux jours pour le\nrame réparateur. Car il allait sans dire qu'il n'aurait point pour but de\nsatisfaire au sens critique Salomon Reinach ou àla hautaine générali-\nsation dun Feuerbach. Même l'analyste goûte encore son essence et lui\ntrouve du _ charme, celui du Crépuscule supérieur à celui de Tristan peut-\netre... Or je crois que Wagner fut musicien.\nL interprétation de cette reprise est inégale : l'orchestre un peu noueux\nles décors bizarres. M. Verdier (Siegfried) m'apparaît décidément comme\nun artiste supérieur, de ceux qui plaisent au musicien encore plus qu'au\npublic : sa conscience artistique n'est jamais en défaut ; aussi bien, pour\nn'avoir pas bénéficié d'une froide réclame mondaine et avoir subi la fami-\nliarité des critiques, gardera-t-il la reconnaissance de quelques-uns !\nMais il faut bien constater par contre combien Mme Litvinne, artiste\nnotoire, est inférieure à sa réputation, du moins dans quelques-uns' de ses\nrôles. Son interprétation d'lsolde était suffisante, des qualités de voix et de\ndiction suppléant à la tenue scénique et à la compréhension du détail ; par\ncontre, la Brùnnhild du Crépuscule a paru franchement médiocre. Une\ncertaine « habitude » de la scène, une manière d'être indifférente, une con-\nviction toute formelle, une grande réputation en somme et la conscience\ndycelle,— font que Mme Litvinne s'est montrée nettement inférieure à\nMme Janssen, qui n'est point parfaite. Du moins cette dernière artiste met-elle\ntoute son âme dans ses mouvements : une grâce imprévue et souvent très\nsaisissante compense bien des erreurs morales ; Mme Litvinne l'ignore ou\nveut l'ignorer. Et pour qu'on ne m'accuse pas de généraliser, je précise à\nregret : le serment du 2e acte, l'entrée de Brùnnhild dans la scène finale\nont paru ridicules à beaucoup de wagnériens fervents ; de même encore le\n« Siegfried... Toi » de Brùnnhild à Hagen est traduit de tellefaçon que cela\ndevient un peu non-sens. Je ne vois pas les raisons de dissimuler un fait\nqui s'est traduit vers la fin du spectacle en manifestations symptomatiques.\nLe mérite, relativement immense, de Mme Litvinne n'est pas en cause : on\nest simplement plus difficile ici... qu'ailleurs.\nTelles sont, en effet, les impressions compétentes, bien qu'à demi provin-\nciales, qui me reviennent d'une grande ville et que je me fais un devoir de\ncommuniquer : « Entendu Tristan à l'Opéra. L'Escalier a vraiment de\nl'allure... On ne comprend rien à Wagner ici ; vulgarité,\nguée, manque de grandeur ou besoin d dans tout, depuis l'orchestre\njusqu'aux chanteuses. Les décors sont bien, mais ce n'est vraiment pas\nassez pour une Académie *\" (suit une appréciation diffamante à l'égard du\npublic)... » La crudité du sentiment qui se fait jour dans ces critiques\ndévoile le mystère des sourires de Mme Litvinne sourires, oh, sans pro-\nfondeur ! Peut-être, au fait, n'est-ce qu'un Tic charnel ? Mme Litvinne\nn'a sans doute jamais mis les pieds à l'Opéra, mais au Nouveau-Théâtre, à\nAix, et au théâtre Michel : elle a cependant contracté la maladie du milieu\nparisien. Ce n'est pas un vain péché que celui de Yamabilité en art, puis-\nqu'il incite une artiste consciencieuse à confondre le « chic » et la profon-\ndeur... « Ah ! Paris ! » comme s'écrie noblement le père de Louise Paris,\nParis mutuel... Pardon! C'est qu'on est assez bête ici pour ne pas s'a-\nmuser au théâtre : la salle est obscure, les toilettes inutiles. Vraiment,\nvous concevez, ces provinciaux sont pires que les Anglais et sincères,\nsavez-vous? Mme Litvinne nous pardonnera.\nLa Société des Grands-Concerts clôt sa saison dans un heureux bilan.\nConcert Thibaud, d'abord.\nOuverture d 'Egmont,concerto de Saint-Saëns (3°). Symphonie en"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.48", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3631, "texte": "mineur de Franck l'allégro est difficile. Air de ballet du Prince Igor\nde Borodine. M. Jacques Thibaud joue, toujours agréablement, le prélude\net la fugue de la ire sonate de Bach, et bisse est-ce contre toute attente?\navec la Romance en fa, judicieux pendant de la Lettre à Elise d'un grand\nhomme. On sait que M. Thibaud est illustre, et peut-être supérieur à ses\nsemblables. C'est toujours un plaisir délicat de retrouver une de ces per-\nsonnes distinguées, qui, pratiquant sans regret Yatnphidromie autour de\nleur « Moi », sont nommés pour cela des\nEnfin une reprise de Parsifal,avec le concours de la qui\ndémontre que les mœurs de la maison mère ne sont pas sans s'être répan-\ndues en province, —et la Symphonie en ré mineur de G.-M. Witkowski.\nJe m'en voudrais de ne pas parler plus largement de cette œuvre solide\net de ne pas rapporter les progrès des autres sociétés symphoniques dans\nun prochain compte rendu. Les concerts deviennent légion aux approches\nde Pâques.\n« Non, M. Vallas n'est pas thériolâtre ! me souffle un de mes incubes,\nanthropologiste distingué. Les musiciens qu'il cultive ont de la grâce et ses\ninterprètes sont charmants. Les fêtes de l'hystérie d'Argos lui sont incon-\nnues, il ne croit point nécessaire de sacrifier le porc à Aphrodite, rite\nexceptionnel: la bonne musique lui suffit...» Trois lieder de Chausson :\nHeures, Couronnes et Ballade, Il est un enclos que j'aime de Moussorgski,\nles Dionysiesde Vuillermoz : Mme de Lestang et M. Jean Reynaud\ninterprètent. Puis du petit Golfe, golfe éclectique, se pressent vers moi,\npar-dessus les chapeaux balancés : la belle de Lekeu (violon, M. Ri-\ncou), le Soldat de Plomb de Séverac, la de Ravel, une Suite de\nDebussy {Prélude, Sarabande, Toccata)...Avouerai-je toutefois combien\ngrand me paraît Bach égaré parmi tous ces jeunes hommes et jeune encore ?\nLe Caprice sur le départ de son frère chéri est vivant et libre, la fugue\nfinale est un merveilleux exemple de transpositions du génie : l'artifice en\nest naturel. Grâces soient rendues à M. Vallas, et à ses amis, de ne pas\nnégliger les parfums d'Olympe en fleurissant nos modernes Prométhées !\n« Ravel...Debussy \\ » vagit cependant un voisin plus âgé... Debussy et\nRavel, cela est vrai !\nM. Péronnet a bien tort d'estimer le sévère pour ses program-\nmes. Celui de son deuxième concert est très intéressant : de C. de\nMalaret (En plein vent— Le soir Jour de fête Dans les Bois au Prin-\ntemps, vers l'Absente), Prélude QX fugue de Bach, en bémol mineur\nde Chopin, Concerto en la majeur de Saint-Saëns, de Schubert,\nTarentelle de Moszkowski, Scène de la Csarda de Hubay, Sonate de Co-\nrelli. Les qualités et les faiblesses, légères, des sympathiques interprètes\nsont celles-là mêmes qu'avait signalées mon ami A. G.— La première\nœuvre, inédite, m'a paru manquer de fermeté dans le détail : la personna-\nlité de l'auteur ne s'est pas encore desséchée en « Talent ». M. de Malaret\na de la fougue, un peu moins de subtilité, ou d'analyse, comme l'on vou-\ndra: c'est presque un éloge.\nLes grands concerts reviennent à des séances plus intimes, le soir, et\nnon plus en matinée le dimanche : je pense que le public lyonnais s'y ha-\nbituera. Deux ouvertures pour cette fois : la et le\nd'\\s, Siegfried-Idyll,les Variations Franck, la de\nPelléas de Fauré, enfin la Symphonie de\nVincent d'lndy. M. d'lndy aurait-il été un vériste? L'inspiration de cette\nœuvre, déjà ancienne, m'a paru moins noble que ce qu'on est accoutumé\nd'espérer. (M. Witkowski devra se hâter de nous faire connaître le Jour\nd'été à la montagne : on ne l'en félicitera pas, il a déjà les poches pleines,"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.49", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "mais on lui sera cordialement reconnaissant.) Je sais bien que je puis me\ntromper,^mais le public lui-même a paru désorienté; et je connais ce Vi-\nvarais, n étant pas de ceux pour qui Crussol et Issarlis vibrent plus musi-\nca ement que Vernoux et que les Coirons : la montagne de Vincent d'lndy\nest b orte. cela que traduit le finale de la Symphonie, amu-\nsant si lon veut, mais dune gaîté trop extérieure et qui est comme une\nremontee humiliante des joies des vallées et des filatures vers la tranquil-\nlité un peu dechue des sommets? Je regrette que M. d'lndy n'ait pu venir\npréciser la portée de son oeuvre en la dirigeant. Mlle Blanche Selva\nprêtait un aimable concours au chant montagnard et aux variations; moins\nsûrement m'a-t-elle paru pénétrer la rusticité asiatique de Balakiref (que\non joue trop à Paris). Il est certain cependant que Mlle Selva réalise au-\njourd hui, grâce à 1 enseignement de son maître, tout ce qu'on espérait\nd elle entre Valence et Privas, il y a peu de temps encore... Long life donc\nM. d'lndy !\nJACQUES REBOUL.\npropos du compte rendu de Tiphaine, M.Neuvilleme signale\n—et j'ai involontairement omis de rappeler que cette œuvre fut repré-\nsentée en 1899 à Anvers, en 1901 à Stockholm. Cet oubli dénaturait le\nsens de ma dernière phrase. Pas même en effet la vertu nouvelle de Pelléas\nne possède un caractère rétroactif, et ce n'est pas une quelconque in-\nfluence que j'entendais évoquer en rapprochant Y avenir de ces œuvres.\n*\n* *\nDeux grands noms au programme de la seconde séance du Quatuor Ri-\nnuccini: Beethoven et Franck. Le quatuor de César Franck n'a pas été bien\ncompris par le public, dérouté malgré tout par ces harmonies nouvelles et\nle chromatisme propre au style franckiste ; et il est resté de glace en écou-\ntant cette œuvre imposante. Les nobles élans, la gravité, la religiosité de\nla phrase initiale (poco lento) le songe, le rêve d'une âme épandusdans ces\npages, rien ne l'a touché. Ne faudrait-il pas mettre en cause une interpré-\ntation imparfaite? Les consciencieux artistes du quatuor me permettront\nquelques observations. J'ai cru remarquer qu'ils manquèrent de cohé-\nsion, de précision, d'où une indécision notable et des flottements très\nfâcheux qui certainement ont contribué à la non-compréhension de l'œu-\nvre. Cette réserve faite, je les félicite hautement pour les sérieuses quali-\ntés, les efforts dont ils sont coutumiers, et les résultats obtenus en si peu\nde temps : le Quatuor Rinuccini est jeune, il s'est fondé Tannée dernière\nseulement, ne l'oublions pas. Par contre, dans l'exécution de l'admirable\nquatuor n° XIII* de Beethoven, je n'ai que des éloges à faire. Quels purs\nchefs-d'œuvre de vie intérieure et de pensée profonde que ces derniers\nquatuors 1 Et que me plaît la sonorité exquise de M. Rinuccini, faite dun\ncharme indéfinissable! Avec quelle émotion et quelle délicate expression il\nchanta la Cavatine si triste et si passionnée à la fois ! Quand elle inspire\nde semblables phrases, la mission de l'art est vraiment noble et pure. Bref,\nl'interprétation en fut parfaite, oui, parfaite en tous points. On est en droit\nde fonder sur notre unique quatuor lyonnais les plus légitimes espérances;\nil peut les réaliser.\nLa séance Risler a été consacrée à Beethoven ; quatre sonates au menu.\nM. Risler joue en grand artiste, je veux dire avec abnégation et simplicité.\nIl possède une puissance étonnante, une sonorité évocatrice des masses\norchestrales. Chez lui, point d'exubérance déplacée, toujours quelque peu\nridicule ; on devine dans sa conception des œuvres qu il joue un sentiment"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.50", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "profond, une ardente et absolue sincérité. Toutefois je ferais quelques ré-\nserves personnelles sur son interprétation de telles ou telles pages. Il me\nparaît avoir un respect fétichiste pour la forme classique; il est par trop\nsoucieux de la lettre, pas assez de l'esprit. Le mot « classique » semble\nglacer les interprètes et les figer dans une immuable compréhension de la\nphrase, dans une forme rigide et froide qu'on ne saurait briser sans les\nplus grands dommages. Loin de moi la pensée d'introduire, au gré de l'ar-\ntiste, les rubatos incessants et les fantaisies échevelées et fausses dans ces\npages : On me ferait dire ce que je n'ai jamais pensé. Mais une âme palpite,\nvibre et gémit dans ces œuvres, surtout dans les dernières sonates ; c'est\nelle que j'aurais voulu saisir dans ses tressaillements, et c'est précisément\nce que j'ai mal senti. Et cependant, quand M. Risler oublie le souci de\nbelle ordonnance et de présentation parfaite qui le préoccupent, quelle\nimpression ne nous donne-t-il pas? Avec quelle fougue superbe, quelle bra-\nvoure, quel héroïsme, pourrait-on dire, n'a-t-il pas fait sonner merveilleu-\nsement YAppassionatalll s'est livré tout entier, entraîné, subjugué, em-\nporté lui-même, par les pages magnifiques qu'il traduisait. Quel brio dans\nle presto final de Yop. 3/, no 3 \\bien qu'encore il manquât un peu de déli-\ncatesse de touche dans le si poétique Menuet (sur lequel Saint-Saëns, si je\nne m'abuse, a écrit des Variations). La sonate et la\ncomplétaient le programme.\nEn terminant, je tiens bien à proclamer, pour qu'on ne puisse se mé-\nprendre sur le sens de mes paroles, que M. Risler, lors même qu'on ne\nserait pas d'accord avec lui sur certaines nuances d'interprétation, n'en est\npas moins un pianiste hors pair, d'une sincérité profonde et d'une probité\nartistique absolue; respectueux de l'œuvre beethovenienne, ce qui est un\néloge, le plus grand qu'on puisse adresser à un artiste, alors que l'on se\npermet les plus entières libertés avec les maîtres, en tâchant de mettre en\nvedette sa propre personnalité au détriment de ceux-ci.\nA. G."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.8", "titre_corps": "COURRIER DE NANTES.", "titre_sommaire": "COURRIER DE NANTES.", "signature_source": "M. 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Ce chef s'est\nrencontré en M. de Lacerda, qui a bien voulu apporter aux Nantais l'appui\nde sa haute compétence musicale et de son autorité artistique. L'Associa-\ntion des Concerts historiques de Nantes, dont il est le fondateur, vient de\nremporter un éclatant succès avec son second concert, qui a été donné\ndevant une salle comble et un public enthousiaste.\nL orchestre figurait au programme pour une large part ; il a su se main-\ntenir constamment àla hauteur de la lourde tâche qui lui incombait, sans\n;aisser percer aucune fatigue, malgré le travail constant et soutenu des\njours précédents ; car pour parvenir à un tel résultat il a fallu surmonter\ndes difficultés sans nombre qui n'ont été vaincues que grâce au chef intel-\nigent et éclairé dont la direction patiente et sûre a brisé tous les obstacles;"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.51", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3932, "texte": "nous avons retrouvé en M. de Lacerda le maître éminent, l'artiste au goût\nsi pur au dévouement inépuisable, qui sait, d'un mot, indiquer le carac-\nole et le sens de chaque morceau, le sentiment dans lequel il doit être\ninterprète ; dun geste, entraîner ses exécutants et faire passer en eux sa\nnoble et infatigable ardeur pour la cause de l'Art.\nSous cette ferme et vigilante direction, l'orchestre a brillamment inter-\nprète 1 ouverture d Armide de J.-B. Lully, pleine de grâce et de noblesse ;\nla superbe ouverture d'Alceste de C.-W. Gluck, dont il a fait ressortir le\ndessin correct et bien composé, mis en valeur par un accord heureux des\numieres et des ; ainsi que deux danses hongroises de J. Brahms,\nau rythme entraînant et original qui ont été rendues avec brio. Signalons\nencore une série d airs de danse agréablement variés et d'un haut intérêt\nhistorique ; dans chacune de ces pièces très typiques, l'orchestre a su\nadopter un jeu savamment approprié à leur genre respectif; gracieux et\nléger dans 1 Air vif de Lalande, large et puissant dans Y Air grave de\nHândel, dun style élégant et galant dans les Menuets bien français de\nRameau, il asu garder kYAir et Musette de J.-M. Leclair son carac-\ntère rustique et champêtre, et au Passepied du même auteur sa lourdeur\nvoulue ; enfin la Chaconne de C.-W. Gluck lui a permis de faire valoir ses\nqualités expressives, qui se sont largement déployées dans cette musique\néminemment théâtrale et évocatrice d'attitudes.\nLes mêmes éloges doivent être adressés aux accompagnements, dans\nlesquels les instruments ont su seconder admirablement le chœur, s'unis-\nsant à lui d'une façon complète, pour former une masse parfaitement\nhomogène. Parmi les morceaux fort intéressants qui ont été exécutés par\nle chœur, signalons tout d'abord la déploration finale de Jephté de G.\nGarissimi ; cette œuvre admirable, d'un sentiment si poignant, a produit\nune profonde impression ; l'effet en a été saisissant, principalement dans\nle magnifique chœur final à six parties avec orchestre, où éclatent en de\nriches harmonies les lamentations de la foule pleurant la triste destinée de\nla fille de Jephté.\nUne chanson du xvie siècle de G. Costeley, dont la grâce naïve s'har-\nmonise à souhait avec la délicieuse poésie de Ronsard, et un morceau très\ncaractéristique, les Bohémiens de R. Schumann, œuvre d'un coloris intense,\nmerveilleusement évocatrice de la vie tzigane, ont été exécutés avec ensem-\nble, et ont valu au chœur de chaleureux applaudissements. Le Chant\nfunèbre de M. Chausson, pour quatre voix de femmes, dont l'accompagne-\nment a été orchestré de si admirable manière par M. de Lacerda, peut\nêtre rangé parmi les plus belles pages de la musique moderne. Orchestre\net chœur ont exécuté de saisissante façon cette grandiose et poignante\ninvocation à la nuit, dont la mélopée plaintive et les longs sanglots obstinés\névoquent avec une surprenante intensité une vision fantastique du grand\nShakspeare. Tandis que l'obsédante phrase des violoncelles gémissait en\nsourdine, tandis que le glas sonnait lugubrement dans les pizzicati des\nseconds violons, il nous semblait entendre les grondements plaintifs du\nvent soufflant lugubrement dans les cyprès et les lourds battements d ailes\ndes oiseaux nocturnes s'épandre sur la mélodie désolée.\nC'était, à Nantes, la première audition de cette œuvre incomparable et\ntrop peu connue, et l'exécution qui nous en a été donnée fait le plus grand\nhonneur àM. de Lacerda ainsi qu'à Mme Galdaguès, 1 éminent professeur\nnantais, dont l'infatigable dévoilement a puissamment contribué à la pré-\nparation de la partie vocale qui présente de sérieuses difficultés. Malheu-\nreusement Mme Caldaguès, dont le beau talent de cantatrice est fort appré-\ncié dans notre ville, se trouvant victime d une fâcheuse indisposition, n a\npu se faire entendre, et, au grand regret de 1 auditoire tout entiei, le solo de"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.52", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1265, "texte": ".lenhté dut, ainsi qu'un autre morceau annoncé, être rayé du programme.\nM J -J. Nin, un maître du piano qui sait faire plaisn sans chercher à\nbriller a interprété deux pièces : Sœur rondeau de F. Couperin,\net Cavpriccio de Scarlatti, ainsi que le Concerto en la majeur pour piano\net orchestre de J.-Ch. Bach. Ces morceaux, exécutés avec un goût très\npur ont mis en valeur son mécanisme parfait et qualité qui manque à\nbeaucoup de grands pianistes et qu il possède au plus haut point son\ndoigté souple et moelleux, son jeu délicat et velouté. Le concerto, dont la\ntrame légère a été très joliment nuancée par M. J.-J. Nin, et dont la. fac-\nture simple et gracieuse fait songer au style de Mozart, a été accompagné\npar l'orchestre avec discrétion et ensemble ; le presto, aux curieuses ca-\ndences, a été fort applaudi.\nDevant un tel résultat nous ne pouvons que formuler un vœu : c est de\nvoir M. de Lacerda revenir le plus souvent possible dans notre ville pour\nentretenir et développer le mouvement artistique qu il a su y créer , il est\nsûr d'y trouver toujours un accueil des plus sympathiques et d y rencontrer\nde nombreux et sérieux appuis toutes les fois qu il viendra combattre paimi\nnous pour la noble cause de l'Art.\n\nM. A."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.9", "titre_corps": "COURRIER DE REIMS.", "titre_sommaire": "COURRIER DE REIMS.", "signature_source": "L. B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.52", "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "COURRIER DE REIMS.\nL. B.\nDimanche 4 mars, se trouvait réunie en la salle Degermann une nom-\nbreuse assistance, auditoire composé de l'élite de la société rémoise.\nDivers artistes se sont fait entendre avec grand succès, parmi lesquels\nM. Lucien Fugère, qui a été le triomphateur de cette matinée. Aussi la salle\ntout entière éclata en frénétiques ovations après chacun des morceaux\nchantés par cet excellent artiste. C'est surtout dans la Légende de la Sauge\nque le grand chanteur a pu particulièrement faire valoir son timbre si géné-\nreux. Mlle Jeanne Leclerc, de l'Opéra-Comique, s'est fait également accla-\nmer, principalement dans YEcrin de Chaminade, qu'elle a dû bisser, ainsi\nque dans les duos qu'elle a interprétés avec M. Fugère. M^0 Nivard, pia-\nniste, tenait le piano d'accompagnement, et nous lui adressons nos plus\nvives félicitations pour la façon dont elle a su faire valoir ce rôle si modeste.\nNous ne terminerons pas ce compte rendu sans avoir complimenté bien\nsincèrement M. Fernand Lemaire, l'habile organisateur de cette matinée,\nqui nous a aussi donné toute la mesure de son beau talent de pianiste vir-\ntuose dans différentes pièces de Beethoven, Chopin et G. Fauré, ainsi qu'en\nchantant avec M. Fugère le duo des Pêcheurs de Perles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.10", "titre_corps": "COURRIER DE ROUEN.", "titre_sommaire": "COURRIER DE ROUEN.", "signature_source": "Du Robec", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.52", "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "COURRIER DE ROUEN.\n\nM. Albert Mahaut. Virtuoses divers.\nM. Albert Mahaut, organiste de Saint-Vincent-de-Paul (Paris), nous a\ndonné, en 1 église Saint-Godard, une inoubliable audition de l'oeuvre\nd'orgue de G. Franck.\nM. Mahaut est un grand artiste qui interprète avec un amour touchant"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.53", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "et un soin scrupuleux la pensée de son maître. Son jeu reste toujours\nsimple et net dans les mouvements rapides ou lents ; il donne à chaque\ndétail la valeur qui lui convient, et l'ensemble demeure délicieusement\nfondu ; il nuance idéalement ses transitions dans le forte ou le piano, et\njoue les fugues et les chorals avec un style large et puissant.\nDans la tantaisie en ut, il expose la phrase initiale d'une manière pleine\nde quiétude, puis, après un crescendo merveilleusement gradué, fait éclater\nl'adagio majestueux, et reprend avec une douceur infinie le chant séra-\nphique qui couronne cette pièce.\nTout en écoutant, j'admire une verrière où monte l'arbre symbolique de\nJessé ; et, embrasé par le soleil couchant, je vois surgir le roi David qui\njoue de sa harpe d'or.\nOui, la harpe d'or résonne : le thème de la pièce symphonique en\nfa dièse s'élève pur et grave. Comme sur les branches harmonieuses de\nl'Arbre, où les personnages bibliques jaillissent de fleurs étranges, les\nmotifs variés, les phrases épisodiques, s'alternent et se répondent en mo-\ndulant dans la fugue ; alors que, vers le ciel, s'ouvre une rose immense où\nreposent, ultime floraison, la Vierge et l'Enfant, les thèmes s'épanouis-\nsent en un choral d'une sérénité triomphante.\nLe Cantabile en s/, n'est-ce pas entendre un instant ici-bas la voix des\nanges qui chantèrent : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ?\nAh ! il faut dire et redire la beauté constante de cette œuvre d'orgue\npourtant si diverse !\nLe soleil meurt à travers la verrière obscurcie, et le Jessé méditatif m'é-\nvoque César Franck. De lui naît aussi un arbre harmonieux, où chantent\nles oiseaux du ciel, tandis que le vent murmure à travers les feuilles et\nque, sur les plus hautes branches, s'épanouit la Rose mystique des Béa-\ntitudes...\nQuel contraste saisissant présentent un véritable artiste tel que M. Mahaut\net les marchands de sons qui encombrent, sans l'honorer, le temple de la\nMusique ! A leur commerce s'applique la parole de Jésus fustigeant les\nvendeurs du Temple : « Otez tout cela d'ici et ne faites point de la maison\nde mon Père une maison de trafic ! »\nLes artistes en tournée prodiguent leur effigie, en des poses inspirées,\nsur les murs et chez les éditeurs de musique. Par une pensée délicate,\nM. Mahaut voulut nous faire aimer le visage du Maître qu'il vénère, et il\nplaça en tête de son programme un beau portrait de Franck.\nM. Mahaut a une juste et haute idée de son rôle d'artiste; ses longues\nétudes, son talent, sa sincérité, l'aveu même du public, le rendent supé-\nrieur à la foule. Il veut être le berger du troupeau et lui imposer son goût :\nil joue l'œuvre d'orgue intégrale de C. Franck, sans se soucier des repro-\nches d'austérité, de monotonie que d'aucuns lui adresseront.\nDes exécutants renommés se préoccupent, avec un soin extrême, d écar-\nter de leurs programmes toute œuvre trop nouvelle susceptible de coûter\nle moindre effort intellectuel ou de dérouter les amateurs de aux\npréférences cristallisées. Ils nous font subir, jusques au 1 audition\nd'œuvres ressassées ou dénuées de toute espèce d intérêt. Ah! ce trépied\nfastidieux des tournées provinciales : la Symphonie en ut mineur, la Sonate\nà Kreutzer, et Y Absence de Berlioz! avec quelle impatience, pour la ne\nfois, nous les écoutions, noyées au milieu d'un tas de pannes ! Nous ne\npourrons donc jamais entendre ici des préludes et fugues du Clavecin\nbien tempéré, la Mer ou Nocturnes de Debussy, Miroirs de Ravel, et tant\nd'autre s\nOn peut supposer, sans témérité, qu'en donnant ses lécitals dans une\néglise) M. Mahaut n'escomptait qu'une gloire muette et sans profit. Il ne"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.54", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "voulut rien sacrifier au mauvais goût et, au lieu de terminer, comme tant\nd'autres moins convaincus, par une marche banale pour la « sortie », c est\navec une fugue de Bach qu'il nous dit : Au revoir !\nLes artistes à la mode ont, en général, plus de sollicitude pour leur au-\nditoire, et, non contents de lui avoir épargné toute fatigue, ils lui donnent,\npour finir, sa petite récompense i romance à ou valse entraî-\nnante, qui provoquent sûrement les bravos, les bis frénétiques, et laissent\nles spectateurs sous une « bonne impression ».\nQue dire du jeu de ces virtuoses? Absence de mentalité artistique, mé-\ncanisme impeccable certainement, mais parfois si ridiculement prétentieux !\nTraits échevelés, difficultés niaises, onomatopées pseudo-musicales, le vir-\ntuose, préoccupé de son attitude, les exécute avec abondance pour le\nplaisir du public béat. # i\nLes organistes eux-mêmes ne- possèdent pas toujours un goût plus sur.\nHuysmans, dans un style imagé, décrit leurs exercices vulgaires . « Il gar-\ngouillait là-haut, imitant la voix humaine et la flûte, le biniou et le galou-\nbet, la musette et le basson, rapiotait des balivernes qu il accompagnait\nsur la cornemuse, ou bien, las de minauder, il sifflait furieusement au\ndisque, finissait par simuler le roulement des locomotives sur les ponts de\nfonte, en lâchant toutes ses bombardes. »\nM. Mahaut, avec un jeu sincère, sans virtuosité banale ni exagérations\nintempestives, nous ouvrit, pour des heures trop courtes, les portes du\nparadis : nous lui en sommes à jamais reconnaissants.\nNous répéterons, suivant le « style consacré », que M. Sarasate donna\nun concert où il fut chaudement acclamé, ainsi que sa remarquable parte-\nnaire, Mme Marx Goldschmidt. M. Chevillard conduisit magistralement un\nbeau festival Beethoven-Wagner, vraiment inédit!? MM. Joseph Thibaud,\nHekking, Mlle Artot, nous donnèrent la même impression qu'à M. P. M.\n(Courrier de Dijon, Mercure musical, ier mars 1906), avec un pro-\ngramme identique. Nous féliciterons M. Pierret, venu avec M. Jacques\nThibaud, d'avoir exécuté d'une façon délicieuse la Toccata de Debussy, à\npropos de laquelle un critique local écrivit : « Cette Toccata est réellement\ntoquée... ! ! »\n\nDu Robec."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.11", "titre_corps": "COURRIER DE STRASBOURG.", "titre_sommaire": "COURRIER DE STRASBOURG.", "signature_source": "F. 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En sus des œuvres d'orchestre, le\nprogramme se composait de chœurs d'hommes, d'un chœur de femmes et\nde plusieurs mélodies, que MHc Lucy Arbelle, de l'Opéra - accompagnée\nau piano par le maître, a dites avec un sentiment exquis.\nDes acclamations chaleureuses et des rappels sans fin ont été décernés au\nmaître et àla gracieuse chanteuse, parle public enthousiaste qui— repré-\nsentant le Tout-Strasbourg indigène garnissait jusqu'à ses derniers\nrecoins la vaste salle de fête."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.55", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "Sur la couverture du programme édité pour la circonstance par l'lm-\nprimerie Alsacienne se trouvait la reproduction d'une vue de Strasbourg\nainsi que l'aspect d'un coin de la Robertsau (banlieue de Strasbourg) où\nM. Massenet a passé une partie de son enfance.\n\nF. H."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.12", "titre_corps": "COURRIER DE TOURS.", "titre_sommaire": "COURRIER DE TOURS.", "signature_source": "Jean Ruer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.55", "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "COURRIER DE TOURS.\nJean Ruer.\nLe iomars, quatrième et dernier concert de Y Association artistique des\nmusiciens tourangeaux, avec le concours de Mll(= Marcelle Reignard, so-\nprano dramatique, et de M. Alejandro Ribô, pianiste.\nLa soirée débuta par la Symphonie héroïque, héroïquement jouée jus-\nqu'au bout malgré pas mal de défaillances. L orchestre se îacheta dans\nY Ouverture de Y Enfant-Roi et la March de Lenepveu, qu'on\nn'avait pas encore entendues à 1 ours.\nUn quatuor pour piano, tlute, clarinette et hautbois sembla surtout dis\ntraire le public et valut des applaudissements plus reconnaissants qu'admi-\nratifs aux exécutants. .\nParlons maintenant des solistes. De Mlle Marcelle Reignard peu de chose\nà dire Alliée à une famille de notre ville, elle comptait dans la salle bon\nnombre d'auditeurs décidés d'avance à tout applaudir. On nous a assure\nqu'elle est jeune, qu'elle deviendra dramatique et qu elle chantera bien...\nplus tard. Nous ne demandons pas mieux.\nPour le moment souhaitons-lui de chercher le regne de la justesse et\nd'en être récompensée. . , £ , • -,\nLe aros succès — le vrai succès — de la soiree fut celui de M. Aleja -\ndro Ribô, qui nous avait déjà émerveillés l'année derniere; Il nous a donne\ncette fois le Concerto de Rimsky-Korsakof, et la F saisie de Liszt avec\norchestre, et seul Au soir de Schumann, la Fileuse de Mendelssohn, la\nléeende de Liszt Saint François de Pau tappel\nun prélude de Bach. Si dans le Soir il a manqué un peu d émotion, dans\ntes pièces de virtuosité et de finesse il fut parfait. M. Ribo est un p.amste\naussi intéressant à entendre qu'agréable à applaudir.\nPui que la série de concerts de l'Association artist.que est close pour\ncette convient de rendre hommage à M. Etesse, qu. d.r.gelor-\nSitre avec beaucoup d'autorité, à la majorité des exécutants parmi les.\noùeUauelquesnomsSont i. citer/comme MM. Liéron et Fonten.lle aux pu-\npitres lies violons, M. Masson,\nd'accompagnement fait preuve d autant de talent qu\nl'œuvre que 1\" musiciens tourangeaux ont formée, d ans 1e bu qu. lu\nseul leur vaut bien un bravo sincere - de répandre le goui H\nenTouraine et de faire aimer leur art en le faisant connai re."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.13", "titre_corps": "CORRESPONDANCE.", "titre_sommaire": "CORRESPONDANCE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.56", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1805, "texte": "CORRESPONDANCE.\nJ'ai reçu la jolie lettre suivante :\nMonsieur,\nJe me croyais malheureuse d'avoir épousé un OsmanlL Je vois que j ai eu bien\ntort de me plaindre, et que certains Français me feraient regretter Hamdi-bey :\ncar il m* permet au moins de jouer ce que je veux sur mon piano, au lieu que\nvous voulez me réduire à la musique des derviches ou aux chansons nègres de\nKondjé-Gul. Certainement M. Pierre Loti a eu tort deparler de mes petites com-\npositions, croyez bien que je ne Vy aurais pas autorisé, si j'avais su. Mais ne\nvous est-il pas arrivé, a vous aussi, le soir, tout seul dans votre salon, d'impro-\nviser de vagues rêveries ? Sans doute, vous n avez pas cru pour cela être un com-\npositeur, et vous ne vous êtes pas fait jouer à la Société Nationale. Moi non\nplus ; pourquoi donc vous moquer d'une si innocente distraction ? Quant à Var-\nrangement des fugues de Bach, que vous voudriez connaître, je vais vous en\ndonner le tiire : ce sont les deux fugues en la mineur et en mi mineur, arrangées\npour deux pianos par un compositeur assez célèbre, Henri Duparc, et publiées\nchez l'éditeur Demets. Pardonnez-moi si je les préfère à toutes les confitures de\nroses, et même au chant du muezzim. Et ne dites plus trop de mal de nous dans\nle Mercure musical que nous lisons toujours avec tant de plaisir.\nZAHIDÉ-HANUM.\nJe m'étais permis, en effet, quelques plaisanteries qui, je le sens aujour-\nd'hui, étaient fort déplacées, Zahidé n'est pas seulement une femme\nd'esprit, c'est une musicienne beaucoup plus avisée que M. Pierre Loti.\nEt je suis sûr à présent qu'elle n'a pas écrit dans son journal, comme la\nRevue des Deux-Mondes du icr avril voudrait nous le faire croire : « Pour\nle chant, c'est Wagner, Saint-Saëns, Holmès ou même Chaminade. »\nLouis LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.4.14", "titre_corps": "ECHOS.", "titre_sommaire": "ECHOS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.56", "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "ECHOS.\nOrgues. Noslecteurs apprendront avec plaisir qu'un concours a eu lieu\nrécemment pour l'obtention de la place d'organiste du grand orgue de l'é-\nglise Saint-Eustache, devenue vacante à la suite du départ de M. Dallier.\nLe jury, composé de MM. Guilmant, président, Widor, Vincent d'lndy,\nEugène Gigout, Tournemire et Vierne, a tait subir aux candidats, tous prix\ndu Conservatoire, les épreuves imposées à chacun des concours annuels\nde la classe d'orgue.\nCes épreuves comportaient trois improvisations: plain-chant, fugue sur\nun sujet donné, thème libre et exécution d'une des pièces désignées par les\nconcurrents.\nA l'unanimité, le jury a nommé organiste titulaire M. Joseph Bonnet,\nc ont es improvisations ont été remarquables et qui a merveilleusement\ninterprété le prélude et la fugue en sol majeur de J.-Sébastien Bach.\ni ous sommes d autant plus heureux d'enregistrer ce succès que M. Joseph\nonnet, un jeune et brillant disciple du maître Guilmant, a fait valoir à\nîverses reprises, notamment à la Société Bach et à la Société Nationale,\noutes es ressources de sa technique, jointes à une haute compréhension\ndes œuvres classiques et modernes.\nL'inauguration de l'orgue Cavaillé-Coll de la Salle Berlioz a été des plus"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.57", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "brillantes. M.Alex. Guilmant, qui avait été appelé à faire valoir ce bel ins-\ntrument, à obtenu un grand et légitime succès en exécutant sa Première\nSymphonie pour orgue et orchestre sous l'habile direction de M. Monteux,\net l'immortelle Passacaille de Bach.\nLes Intimités d'Art. Mmô Roger-Miclos vient de terminer au Théâtre-\nRoyal l'intéressante série de ses « Intimités d'Art », au programme des-\nquelles s'inscrivirent les meilleurs artistes de Paris. Parmi les œuvres\nnouvelles exécutées par l'éminente pianiste on nous signale le succès obtenu\npar un gracieux Menuet de Jaques-Dalcroze (Janin, éditeur, Lyon), où\nl'élégant mécanisme de Mme Roger-Miclos fit merveille. Nous souhaitons\nque ces matinées si suivies ne soient pas sans lendemain.\nMondanités. Chez Mm« la marquise de Saint-Paul, très intéressante\nmatinée le 29 mars : le Quatuor de Schumann, joué avec une virtuosité\nexpressive par la maîtresse de maison et MM. Phal, Neuberth et H. Jamin,\net une Sonate de Bach pour piano et deux violons (marquise de Saint-Paul,\nMM. Phal et de Martini) et un air de YAdmète de Haendel(M. Hardy-Thé)\nattestaient un goût très sûr pour la bonne musique classique.\nConcessions. La partition de Salomé de M. Richard Strauss exige plus\nde 100 instrumentistes : on a dit 120, on a rectifié 102. Quoi qu'il en soit,\nle maître ne paraît pas intraitable lorsqu'il s'agit pour lui d'être joué ailleurs\nencore que sur les seules grandes scènes qui disposent de cet immense appa-\nreil. C'est ainsi qu'à Breslau 80 musiciens ont mené à bien une exécution\ndont M. Strauss s'est déclaré, par voie de journal, entièrement satisfait. Il\nva plus loin encore dans la réduction de ses exigences : le rôle d'Hérode\nétant trop bas pour M. Siewert, le « Ritter vom hohen Cis » (chevalier de\nYut dièse supérieur), M. Strauss autorisa la transposition en hauteur de\ntoutes les notes gênantes. La Musikalische Rundschau, no 6 (Munich), s en-\ntonne avec raison que M. Strauss ait pu errer à ce point en formulant la\ncomposition de son orchestre et se demande à quel degré les moyens qu'il\nrequiert sont légitimes, puisqu'il peut ainsi les sacrifier impunément. Et\ncela ne prouve-t-il pas surtout que le compositeur n a pas doté ses person-\nnages d'un caractère musical bien strict et que son drame n'est en somme\nque du poème symphonique débité tant bien que mal à la scène ?...\nLe même M. Strauss vient de recevoir de Guillaume II l'ordre de la Cou-\nronne pour un Kaisergeburtstagmarsch... Les honneurs réservés jusqu ici\naux chefs de musiques militaires l'empêchaient de dormir, et il a été pris\nd'une noble émulation.\n%\nM. Gustave Mahler vient de faire paraître sa 6° symphonie pour grand\norchestre. La première audition en aura lieu cette année à 1 assemblée\ngénérale de la Société allemande de musique de Essen. Petite partition\nd'étude chez C. F. Kahnt, à Leipzig.\n*\nMunich. Aperçu des nouveautés données aux théâtres loyaux de\nMunich en douze ans : .\nIBQ3 : janvier: Djamileh, les Troyens à Cartilage \\ mars. ,\navril: Bastien et Bastienne ; mai: octobre: les\nRantzau: novembre : Echec au roi;décembre :\ni Sg4: janvier : la Fiancée vendue(Smetana) ; mars : ; octobre.\nSaint Foix ; novembre : Dalibor(Smetana).\niBgs : janvier : Fledennaus;mars: la octobre : 1\nque; novembre : Gi intram."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.58", "debut_caractere": 129, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "iBg6: février: la Poupée de Nurem avril: octobre:\nEvangelimann; décembre : le Grillon\n18g y : mars : Theuerdank (prix de concours) ; mai : Ingwelde, lolanihe •\noctobre : Sarema (prix de concours).\ni BgB : Der toile Eberstin (prix de concours); juin : Zinnober ; décembre\nle Fifre de Haardt.\niBgg : janvier : Der Bàrenhauter ; mai : YEtranger ; novembre : Horand\net Hilde.\nigoo : janvier : le Départ ; novembre : Kaïn ; décembre : Noël.\nigoi : janvier : Eros et Psyché ; février : Jery et Bàteli ; mars : Herzog\nWildfang-,novembre : die neue Mamsell.\nigo2 : février : die Maienkonigin ; mars : der Haubenkriegvon Wiïrzburp ;\njuin : Louise. b '\njgo3 : janvier : Messidor ; février : mars :\nLobetanif •,juin: le Jongleur de Notre-Dam novembre :\nles Femmes curieuses ; décembre : Domroschen.\nig°4: lévrier : die Rose vorn Liebesgarten: avril :\nder Pfeifertag ; mai: le Juif polonais ; juin: C'était moi, le Notre père ■\nnovembre : Oreste. - 'M\nigos : janvier: Béatrice et Bénédikt ; octobre: Ilsebill ; décembre-\niheuersnot, la Cabrera.\nConcerts annoncés. Le 21 avril, salle Pleyel : e\n26 avril, salle Erard : Société Nationale (concert d'orchestre).\nLe 2 mai, salle Berlioz : concert Luzzati.\nLe 11 mai, a3 h. 1/2, à l'Ambigu : Concert avec soli, chœurs et orches-\ntre, donne par la Société des Concerts de chant classique, au profit de VAs-\nsociation des Artistes musiciens et dirigé par M. E. Marty.\nM^g/loUi.1' 9h\" Salle Berlioz : concert donné par Mme Marie Capoy et\nLe i.-) mai, salle Erard, dernier concert de la Société Nationale consa\ncre aux œuvres de Gabriel Fauré. consa-"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.5", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.2", "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "E. DEM\n, Éditeur de Musique\n2, rue de Louvois. PARIS, IIe\nCHANT ET PIANO\nBardac(R-). * qu'en songe » (H. de Régnier).\nC'est l'espoir.\nLes grands vents.\nTristesse.\nEn recueil. Net- 4 »\n« Trois Stances » (J. Moréas).\nI. Roses en bracelet autour.\n11. Dans le jeune et frais cimetière.\n111. Va-t-on songer à l'automne.\nEn recueil. Net.\n« Cinq mélodies ».\nI. Sur l'eau pâle et plate (F. Gregh)\n11. Si la plage penche (P. Valéry).\n111. Les deux Perles (Tchang-Tsi).\nIV. L'air (Th. de Banville).\nV. La cloche fêlée (Ch. Baudelaire).\nEn recueil. Net,\nDéodat de Sèverac.\nChanson de Blaisine (M. Net.\nLe Chevrier (P. Rey).\nLes Cors (P. Rey).\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren).\nL'lnfidèle (M. Maeterlinck).\nDuparc (H.). La Fuite, duo pour\nSopr. etTén. (Th. Gautier).\nDupont (G.). Les Effarés (J.-A.\nRimbaud).\nLe Jour des Morts (G. Vanor).\nRavel (M.). D'Anne jouant del'Espi-\nnette.\nD'Anne qui me jecta de la neige\n(Epigrammes de Cl. Marot).\nPIANO\nBilla(R-). En rythme de valse.\nBrugnoli (A). Mazurka italienne.\nMinuetto.\nValse, en sol mineur\nCohen (J.). Marche funèbre.\nLatoey(M.). Sonate en quatre part.\nMel-Bonis. Bourrée.\nLe moustique.\n5o\n70\n70\n70\n5o\nU ■\n2\n1\nI\nI\n70\n70\n70\nRhené-Baton. « Six préludes »\n* I. Prélude, en mi min. Net.\nIL Prélude oriental, en/ajfmaj.\n111. Prélude, en ut min.\nIV, Prélude, en la |? maj.\nV. Prélude ancien, en si min.\nVI. Prélude, en sol min.\nRavel (M.). Jeux d'eau. »\nPavane pour une Infante défunte. »\nVanzande (R.). Marine. \" »\nLabey (M.). Symphonie en mi,\npiano 4 mains. »\nDuparc (H.). Prélude et fugue en\nla min. (de J.-S. Bach.) »p\nPrélude et fugue en mi min. (de\nJ.-S. Bach).\n(Transcriptions pour 2 pianos 4 tnains),\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.)» Sonate en 4 parties. Net.\nLeclair (J.-M.). ler1er Livre de 6 So-\nnates. »\nMel-Bonis Largo en mi maj. (attri-\nbué à Haendel). »\nMunktell (H.). Sonate. »\nSérieyx (A.). Sonate en so/, en 4\nparties. »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate. »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nFLUTE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nDIVERS\nLacroix (E.). Quintette, pour piano\net cordes. »\nLeclair (J .-M . ). Sonate à trois, vio-\nlon ou flûte, violonc. et piano. » 1\nMel-Bonis. Quatuor, pour piano et\ncordes. »\nSuite, pour piano, flûte et violonc. »\nSeitz Quatuor, pour instru-\nments à cordes.\nAgence de la Société Nationale de {Susique\n1\n2 5o\nI »\nI 70\n1 70\n3 35\n3 35\n2 »\n2 5o\n8 »\n3 »\n1 70\n10\ni 5\nI 70\ni 5\n12\n12\nii\n. ■ j,,\"\nAchat et vente d'lnstruments de musique neufs et d'occasion"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.6", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 995, "texte": "ORGANISATION DE CONCERTS\nEl. DEMETS, 2, rue de Louvois, PARIS, ll*\n• —*\nBeaucoup d artistes, plus familiarisés avec les difficultés de\nleur instrument qu'avec celles de\nlorsqu il s agit d'organiser un concert : de là tant de salles vides,\ntant d entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre\nun véritable service en leur rappela\ndéchargera, à des conditions très avantageuses, de ces soins qui\nne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans le monde\ndes musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique\net son expérience professionnelle, enfin par sa probité absolue,\njointe a une grande activité, M. Demets est devenu aujourd'hui\nl'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal\nde Paris, la Société de Concerts de Chant classique, nombre d'œuvres\nprivées et d'artistes virtuoses qui l'o\nlui doivent leur existence ou leur prospérité. Pour tous renseigne-\nments, s'adresser chez M. Demets, 2,rue de Louvois, PARIS, IIe.\nMercure musical, i®1'"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.7", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.59", "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "La Revue du Mois\nParaît le 10 de chaque mois et donne 128 pages in-8°\n\\\nC'est .une publication sérieuse n'ayant rien de spécialement technique,\nmais s'adressant à tout le public instruit qui s'intéresse aux questions scienti-\nfiques, littéraires, économiques, sociales, coloniales et militaires. Les articles\nde fond sont dus à des hommes hautement compétents. Unechroniquetermine\nchaque livraison. Les rubriques en sont nombreuses et variables suivant les\nmois ; les collaborateurs de la Revue y tiennent le public au courant de ce\nqui se passe d'essentiel dans le monde des idées. La est\nimprimée sur papier glacé de façon à donner beaucoup de matière sous une\nforme à la fois élégante et aussi peu encombrante que possible. Chaque livrai-\nson renferme au moins six articles de fond.\nDirecteur : Émile BOREL, professeur àla Sorbonne\nDÉPÔT GÉNÉRAL DE LA REVUE:\nLibrairie LE SOUDIER, ij4, boulevard Saint-Germain\nLA LIVRAISON : 2 FR. 25\npARis .... Six mois, 10 fr. » Un an, 20 fr. »\nAbonnemei FRANCE . . .\nUNION POSTALE.\n11 fr. »\n12 fr. 50\n22 fr. »\n25 fr. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.8", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "Mmes\n€al>re, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\n1». Landormy, 30, rue Saint-Sulpice.\nCours et leçons particulières de piano.\nWamla Laii(low§ka, 236, faubourg\nSaint-Honoré. Leçons et cours de piano.\nNeveu, 8, rue Mouton-Duvernet. Leçons\nde piano et solfège.\nA. ioubcrblelle, 204, boulevard Pereire.\nCours 'et leçons de piano.\nMlles\nCliouclftlK Kabaïan. Piano et accom-\npagnement, 14, rue Poisson.\nBerthe Durantoii, 11, rue Saint-La-\nzare. Officier d'Académie. Leçons de piano\net cours d£ musique d'ensemble.\nFaimy Ijamtiig-, 18, rue Godot-de-Mau-\nroi, et 101, avenue de Yilliers. 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Le-\nçons de violon et d'accompagnement.\n11. de Brwyne, des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particuliè-\nres de violon et d'accompagnement.\nR. Ou rot, 22, rue Baudin. Leçons parti-\nculières de violon et d'accompagnement.\n¥wan Fliege. Leçons de violon et d'ac-\ncompagnement. 207, boulevard Saint-\nGermain.\nHerweffh, 3, avenue Bosquet. Leçons de\nviolon. Concerts.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de\nviolon et d'accompagnement.\nHenry Scliickel, des Concerts Lamou-\nreux, 5, rue d'Enghien. Leçons de violon\net d'accompagnement.\n•losei>li Seligmaim, prix Joachim de\nl'Académie royale de Berlin. Leçons de\nviolon et d'accompagnement. 33, rue de\nTocqueville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.12", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.60", "debut_caractere": 1936, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "CLARINETTE\nM.\nStiéveiiai'd, des Concerts Lamoureux,\n75, rue Blanche. 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DietricKi. Piano, orgue, harmonie.\n105, rue de la Préfecture.\nLYON\n11. Clia.fies Bouché. Leçons de violon.\n7, place Edgar Quinet.\n11. A. C*uicliai'cloii, professeur au Con-\nservatoire. Cours et leçons particulières\nde violon et d'accompagnement. 24, rue\nRabelais\nIlUe Lacliart'ière, Piano, accompagne-\nment. 7, rue des Archers.\nPAU\nPaul Mau fret, 29, rue Carnot. Leçons\nde piano et d'harmonie\nTOULOUSE\nil. Omer Gufraud. 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Kalutet, 80, rue Blanche, à\nV 7> uS-i- ! llUïf-ii, Paris. Cours de piano, solfège, harmonie, pédagogie,\npréparation aux examens des Ecoles normales,\nI<\"Section: Amateurs ; - 2* Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n(Diplômes) ; Se Section : Cours par correspondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "MERCVRE DE FRANCE\n26, rue de Gondé, PARIS\nPARAIT LE IER ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\nRWWWVW\nSEIZIÈME ANNÉE\nLittérature, Poésie, Théâtre, Musique, Peinture, Sculpture, Philosophie,\nHistoire, Sociologie, Sciences, Voyages, Bibliophilie, Sciences occultes, Critique,\nLittératures étrangères, Revue de la Quinzaine\nLa Revue de la Quinzaine, qui occupe plus du tiers de chacune des livraisons, comprend\nun roulement d'environ cinquante rubriques ; elle s'alimente à l'Etranger autant qu'en\nFrance, offrant ainsi un nombre considérable de documents, et constitue une sorte\n« d'Encyclopédie au jour le jour» du mouvement universel des idées.\nPrix du numéro : France, 1 fr. 25 net ; Etranger, 1 fr. 50\nFrance\nABONNEMENT :\ni\n• . ■ . I\nUN AN . .\nSix MOIS .\nTROIS MOIS\n25 fr.\n14 fr.\n8 fr.\nÊtr\nanger\nUN AN . .\nSix Mois .\nTROIS MOIS\n• • • •\n30 fr.\n17 fr.\n10 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.16", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.61", "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "SEIZIEME ANNEE\nNouvelle série. Format agrandi.\n'fMt\n9\nRevue de Littérature et d'Art, paraissant le 15 de chaque mois.\nDirecteur : Édouard Ducoté. Secrétaire: Charles Verrier.\nComité de Rédaction : Remy de Gourmont, André Gide.\nLe numéro : UN franc.\nA FRANCE, UN AN, 10 fr. ; Six MOIS, 5 fr. 50.\nABONNEMENT ÉTRANGER, UN AN, 12 fr. ; Six MOIS, 6 fr. 50.\nEnvoi d'un Spécimen sur demande accompagnée d'un timbre de 0 fr. 15.\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : 38, rue de Sèvres, 38, PARIS\nCHRONIQUES DE L'ERMITAGE\nChronique qénérale mensuelle, par M. ANDRÉ GIDE. Les Poèmes, par M. VIELÉ\nGRIFFIN Les Arts, par M. MAURICE DENIS. -- La Musique, par M.\nBLANCHE. - Philosophie, Critique, par M. MICHEL ARNAUD. - Les Romans, par\nM. HENRI GHÉON. Le Théâtre, par JACQUES COPEAU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.61", "debut_caractere": 1609, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "REVUE GÉNÉRALE\nDE\nRAPHIE FRANÇAISE\nParaissant tous les Mois\nsous la Direction de Victor DAVE\net la collaboration de H. IL BAILLY,L.\ntenant-Colonel B. G. DEMONBYNES C. FÂGES A ONY-SABW, P. de MORTILLET,\nDR L. LALOV, A. LANTOINE, C. LE BON, A. MONTOUX,\nED. OLIVIER, E. POTIER, P. ROBIN, G. SOREL, Y. de WEPINNES, etc., etc.\n( Un An : France, Algérie, Tunisie 40 trancs\nABONNEMENTS | __ Etranger et Colonies ...••• 12\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : 19, rue Servandoni, Paris [VI%"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-04-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-04-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "£ v'\n£e J&wwwe Xusual\n2, rue afe Louvois, 2\nPARIS\nDirecteurs : Louis LALOY et Jean MARNOLD\nCollaborateurs:\nPierre AUBRY, René d'AVRIL, Charles BORDES, Raymond\nBOUYER, Michel BRENET, Ricciotto ÇANUDO,Gaston CARRAUD,\nCh CHAMBELLAN, René DE CASTÉRA, Jean CHANTAVOINE,\nJ.-G. ERWYN-CORNÉLIUS, JAQUES DALCROZE, M. DAU-\nBRESSE, Claude DEBUSSY, Jules ECORCHEVILLE, Henry\nEXPERT, Henry GAUTHIER-VILLARS, Remy DE GOURMONT,\nVincent D'INDY, Pierre LALO, Fr. DE LACERDA, Lionel DELÀ\nLAURENCIE, Ch. LÉANDRE, Gustave LYON, C. DE MALARET,\nOctave MAUS, Jacques MERALY, le R. P. PEITAVI, André PIRRO,\nArmande DE POLIGNAC, Jean POUEIGH, J.-G, PRODHOMME,\nJean RAGE, OdiIonREDON, JuIesROUANET. Romain ROLLAND,\nGustave SAMAZEUILH, Louis DE SERRES, Martial TENEO,\nJoseph TRILLAT, Emile VUILLERMOZ, C.-M. WIDOR, Colette\nWILLY.\nEntretiens avec M. Croche: Claude DEBUSSY.\nLes Vrilles de la Vigne : Colette WILLY.\nPensées d'ailleurs : Armande DE POLIGNAC.\nMiettes historiques : Martial TENEO.\nREVUE DE LA QUINZAINE :\nBelgique : Paul GROSFILS.\nEspagne et Portugal : Fr. DE LACERDA.\nÉtats-Unis : Ch.-M\nLŒFFLER.\nItalie: Romain ROLLAND.\nRussie et pays slaves : Louis LALOY.\nNorvège et Danemark : Magnus\nSYNNESTVEDT.\nSuède : André PIRRO.\nOrient: Pierre AUBRY.\nMoyen âge : Pierre AUBRY.\nRenaissance : Henry EXPERT.\nXVIIe et XVIIIe Lionel DE\nLA LAURENCIE.\nFolk-lore: Pierre AUBRY.\nScience et théorie musicales : Jean\nMARNOLD.\nAllemagne : Romain ROLLAND.\nAngleterre : X.-Marcel BOULESTIN.\nDÉPOSITAIRES DU «MERCURE MUSICAL»\nPARIS.\nFLAMMARION et VAILLANT :\nGaleries de l'Odéon.\n36 bis, avenue de 1 Opéra\n20, rue des Mathurins.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40, boulevard Haussmann.\nrLQURY, 1, boulevard des Capucines.\nLAFONTAINE, 4, rue Rougemont.\nMARTIN, 3, faubourg- Saint-Honoré.\nREY, 8, boulevard des Italiens.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQUE 70, 10, boulevard Saint-Denis.\n213, Grand-Hôtel, boul. des Capu-\ncines.\n296, 18, boulevard Poissonnière.\nPRO VINCE.\nAmiens : LENOIR-HAYARD,S Galeries du Com-\nmerce.\n, ; •\nClermont-Ferrand : SOULACROUP-LIGIER* I 1 biss\nrue Pascal.\nLyon : JANIN frères, 10, rue du Président-\nCarnot.\nMontpellier: LAPEYRIE, 22, rue de la Loge.\nNancy ; DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNice : BELLET, 35, boulevard Dubouchage.\nNimes : THIBAUD.\nReims : MENNESSON, 10, rue Carnot.\nRoubaix : MARGELLI, 3, rue du Bois.\nToulouse : SOCIÉTÉ MARTIN, 72, rue de la\nPomme.\nValence : DUREAU.\nETRANGER.\nAnvers : O. FORST, 69, place de Mier.\nBruxelles : SPINEUX, 62, Montagne-de~la-Cour.\nGênes : RIECI et OIE, 43, Galeries Mazzini.\nMadrid : FERNANDO FE, 2, Carrera de San-\nJeronimo.\nStrasbourg : WOLF, 24, rue de la Mésange.\nStuttgart : O. EISELE, 26, Bapserwaldstrasse."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.1", "texte": "2e Année. N° 8 15 Avril 1906.\nl\\ fit jjjj| '*\nPRIX DU NUMÉRO :\nO fr. 60 | UNION POSTALL. ....... 0 fr. 75\nANNONCES ET PUBLICITÉ:\nCh. Jarlot\n14, Boulevard Saint-Michel\nPARIS VIe\nADMINISTRATION :\nE. Demets\n2, Rue de Louvois\nPARIS IIe\n\nSommaire\nPIERRE AUBRY La musique et les musiciens d'église au\nXVII*\nGuiDO GASPERINI L art italien avant Palestrina (suite et lin).\nRE VUE DE LA QUINZAINE\nCh. Chambellan, Louis Laloy, Jean Poueigh, Romain Rolland, C. de Malaret,\nRaymond Bouyer, M. 8., Joseph Trillat, Ch. Adrianne, Paul Dubot :\nConcertsi— Louis Laloy : A l'Opéra-Comiq\nsept tableaux Lionel de la Laurencie:\nEdmond Fleg * Musique nouvelle. Edmond Bailly : A propos de la réso-\nnance inférieure. Jacques Reboul, A. G. : La musique à Lyon - M. A. :\nI Courrier de Nantes. - L. B : Courrier de Reims. - Du Robec : Courrier de\nRouen. - F. H. : Courrier de Strasbourg. - Jean Ruer : Courrier de\nTours. —• Correspondance. Échos."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.2", "texte": "Le Mercure Musical paraît le ler1er et le 15 de chaque mois\nABONNEMENTS D'UN AN :\n(Du ler de chaque mois)\nPARIS ET DÉPARTEMENTS— 12 lr.\nÉTRANGER..... 1® FR-\nPour les abonnés du Mercure de France, le prix de l'abon-\nnement d'un an est réduit à 10 fr. (Paris et départements)\net à 13 fr. (Étranger).\nToute demande de spécimen doit être accompagnée d'un timbre\nde 0 fr. 15.\nTout avis de changement d'adresse doit être accompagné de\n0 fr. 50 en timbres-poste.\nRÉDACTION : 2, rue de LPARIS IIe\nLe Mercredi de 3 heures à 5 heures\nLes manuscrits non insérés ne sont pas retournés.\n' . ' \"I • ' ' f':s ' , ' 1 fi ?. . ,v^\n\nE. DEM\n, Éditeur de Musique\n2, rue de Louvois. PARIS, IIe\nCHANT ET PIANO\nBardac(R-). * qu'en songe » (H. de Régnier).\nC'est l'espoir.\nLes grands vents.\nTristesse.\nEn recueil. Net- 4 »\n« Trois Stances » (J. Moréas).\nI. Roses en bracelet autour.\n11. Dans le jeune et frais cimetière.\n111. Va-t-on songer à l'automne.\nEn recueil. Net.\n« Cinq mélodies ».\nI. Sur l'eau pâle et plate (F. Gregh)\n11. Si la plage penche (P. Valéry).\n111. Les deux Perles (Tchang-Tsi).\nIV. L'air (Th. de Banville).\nV. La cloche fêlée (Ch. Baudelaire).\nEn recueil. Net,\nDéodat de Sèverac.\nChanson de Blaisine (M. Net.\nLe Chevrier (P. Rey).\nLes Cors (P. Rey).\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren).\nL'lnfidèle (M. Maeterlinck).\nDuparc (H.). La Fuite, duo pour\nSopr. etTén. (Th. Gautier).\nDupont (G.). Les Effarés (J.-A.\nRimbaud).\nLe Jour des Morts (G. Vanor).\nRavel (M.). D'Anne jouant del'Espi-\nnette.\nD'Anne qui me jecta de la neige\n(Epigrammes de Cl. Marot).\nPIANO\nBilla(R-). En rythme de valse.\nBrugnoli (A). Mazurka italienne.\nMinuetto.\nValse, en sol mineur\nCohen (J.). Marche funèbre.\nLatoey(M.). Sonate en quatre part.\nMel-Bonis. Bourrée.\nLe moustique.\n5o\n70\n70\n70\n5o\nU ■\n2\n1\nI\nI\n70\n70\n70\nRhené-Baton. « Six préludes »\n* I. Prélude, en mi min. Net.\nIL Prélude oriental, en/ajfmaj.\n111. Prélude, en ut min.\nIV, Prélude, en la |? maj.\nV. Prélude ancien, en si min.\nVI. Prélude, en sol min.\nRavel (M.). Jeux d'eau. »\nPavane pour une Infante défunte. »\nVanzande (R.). Marine. \" »\nLabey (M.). Symphonie en mi,\npiano 4 mains. »\nDuparc (H.). Prélude et fugue en\nla min. (de J.-S. Bach.) »p\nPrélude et fugue en mi min. (de\nJ.-S. Bach).\n(Transcriptions pour 2 pianos 4 tnains),\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.)» Sonate en 4 parties. Net.\nLeclair (J.-M.). ler1er Livre de 6 So-\nnates. »\nMel-Bonis Largo en mi maj. (attri-\nbué à Haendel). »\nMunktell (H.). Sonate. »\nSérieyx (A.). Sonate en so/, en 4\nparties. »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate. »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nFLUTE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nDIVERS\nLacroix (E.). Quintette, pour piano\net cordes. »\nLeclair (J .-M . ). Sonate à trois, vio-\nlon ou flûte, violonc. et piano. » 1\nMel-Bonis. Quatuor, pour piano et\ncordes. »\nSuite, pour piano, flûte et violonc. »\nSeitz Quatuor, pour instru-\nments à cordes.\nAgence de la Société Nationale de {Susique\n1\n2 5o\nI »\nI 70\n1 70\n3 35\n3 35\n2 »\n2 5o\n8 »\n3 »\n1 70\n10\ni 5\nI 70\ni 5\n12\n12\nii\n. ■ j,,\"\nAchat et vente d'lnstruments de musique neufs et d'occasion"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.3", "texte": "LA MUSIQUE\nET LES MUSICIENS D'ÉGLISE\nEN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE\nd'après «JOURNAL DES VISITES PASTORALES»\nd'Odon Rigaud\n\n(1)\nLe Journal des visites pastorales d'Odon Rigaud, qui fut ar-\nchevêque de Rouen au milieu du treizième siècle, est une\nsource à laquelle les historiens de la musique n'ont point\naccoutumé de puiser. Les extraits que nous en faisons ici\nmontrent pourtant la large part que tenaient les questions mu-\nsicales dans les préoccupations du prélat. Nous n'oserions en\nconclure qu'il fût lui-même véritablement musicien, mais\ncomme il avait le goût du beau, il regrettait que dans son dio-\n(i) Regestrum uisitationum archiepiscopi Journal des\nvisites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen (mccxi.viii-mcclxix).\nPublié, pour la première fois, d'après le manuscrit de la Bibliothèque\nnationale, avec autorisation du Ministre de l'lnstruction publique, par\nTh. Bonnin. Rouen, Auguste Le Brament, i 852, vii-860 p. in-4. Le ma-\nnuscrit original porte à la Bibl. Nat. de Paris la cote lat. •\nNous avons adopté la forme Odon du cas régime au lieu de\nEude prise sur le cas sujet O<io,enconformité avec une convention tressage\nétablie entre eux par les romanistes et les historiens. Au reste, pour la meme\nraison, on a accoutumé de dire Odon de Cluny, et non Eude de Gluny.\nIl faut consulter le mémoire de M. Léopold Delisle, Le cierge noi tntxnd\nau treizième siècle,dans la Bibliothèque VII,\n4.79-409.\ny a miniature que nous reproduisons ci-dessus est prise dans un manus-\ncrit d'Oxford, Bodley, 264, fol. 181 v°.\n\nLE MERCURE MUSICAL\n22"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.4", "texte": "338\nI.E MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\ncèse l'art du chant ne fût pas cultivé comme il eût souhaité\nqu'il le fût ; comme il avait le goût du bien, il éprouvait quelque\npeine àce que, dans les actes de la vie quotidienne, ceux à qui\nl'Église déléguait la mission de chanter à ses offices n'eussent\npoint toujours la beauté morale de l'artiste formé à l'idéal chré-\ntien, et ce sont ses plaintes que nous entendons.\nOdon Rigaud était entré en 1242 dans l'ordre de Saint-Fran-\nçois. Au mois de mars de l'année 1247, il fut sacré archevêque\nde Rouen, après que le pape Innocent IV l'eut préalablement\nrelevé du vœu de renonciation à toute dignité ecclésiastique,\nqu'il avait prononcé en entrant dans l'ordre des Frères Mineurs.\nDécidé à réaliser dans toute la Normandie l'œuvre de réforme\nque, simple religieux, il y avait prêchée, son premier soin fut\nla visite des doyennés ruraux de son diocèse. Comme il ne pou-\nvait se transporter dans chaque paroisse, Odon réunissait dans\nune même assemblée tous les curés d'un doyenné, et là, il faisait\nune sévère enquête sur les mœurs de chacun d'eux, enregis-\ntrant les résolutions prises, les punitions imposées aux coupa-\nbles et les promesses reçues d'une conduite meilleure : six prê-\ntres, investis des fonctions de jurés, dénonçaient hardiment\ntous les désordres que la voix publique imputait à leurs con-\nfrères.\nL'austère prélat visite de même les communautés religieuses\nde toute sa province ecclésiastique : dans chaque abbaye,\nprieuré ou chapitre, il s'informe des mœurs des religieux, de\nla situation financière de l'établissement, de l'état des édifices\net du mobilier, voire même des approvisionnements, et ne s'en\nva qu'après avoir avisé à la réforme des abus qui l'ont frappé.\nLe Journald'Odon Rigaud est le procès-verbal, fidèle et vi-\nvant, de ses visites pastorales. Dans ces pages sincères qu'il\nécrivait pour lui seul et qu'un secret impénétrable devait dé-\nrober à toute curiosité, il note impartialement des milliers et\ndes milliers de menus faits de l'existence quotidienne. C'est\ndonc un tableau extraordinairement précis et curieux tout en-\nsemble de la vie religieuse en Normandie au temps de saint\nLouis. Mais, s'il est exact de dire que l'on chercherait vainement\nune histoire plus intimement vraie des mœurs du clergé en\nune contrée et en un temps donnés, il faut ajouter que les ren-\nseignements que nous en recevons sont incomplets, en ce sens\nque, par la nature même de son enquête, Odon Rigaud enre-\ngistre sans exception toutes les actions mauvaises et garde le\nsilence sur le bien.\nDans les premières pages de cet article, nous jetterons un\ncoup d'œil indiscret sur la vie du clergé normand au temps de\nnotre document, et dans une seconde partie nous écouterons"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.5", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n339\n\nles plaintes d'Odon en ce qui concerne particulièrement la mu-\nsique et les musiciens après quoi nos lecteurs pourront se\ndemander comme nous si, depuis le treizième siècle, le progrès\nartistique et le progrès moral ont marché d'un pas égal. Et la\nconclusion est assez consolante. Notre clergé vaut certes mieux\nau point de vue de la pureté des mœurs que les justiciables\nd'Odon Rigaud ; mais sa formation artistique, l'éducation de\nson goût, sa connaissance du chant liturgique, ne sont guère\nsupérieures à ce qu'elles étaient au treizième siècle, et de\ncombien d'ecclésiastiques aujourd'hui, tel archevêque de Rouen\nou d'ailleurs, auquel la politique laisserait le loisir de faire la\nbesogne d'Odon Rigaud, pourrait dire comme son prédécesseur!\nnoluit cantare et dixit se nihil scire de cantu !\n*\n* *\nDu fait seul que leur vocation les conduisait dans la vie\necclésiastique vers un idéal différent, réguliers et séculiers n'é-\ntaient point exposés à tomber dans les mêmes errements : il\nest assez rare en effet qu'Odon Rigaud relève chez les moines\nles infractions qu'il blâme chez les prêtres. Ordinairement chez\nles premiers nous ne remarquons guère que des manquements\nà la règle monastique, et aux yeux du monde leurs fautes sont\nlégères, tandis que le clergé qui vit de la vie extérieure et se\nmêle à la société qui l'entoure est exposé à toutes les dé-\nfaillances de droit commun, à toutes les tentations des sens,\nque le cloître épargne le plus souvent à ceux et à celles qu'il\nenferme.\nAussi bien, quand Odon Rigaud arrive dans une abbaye ou\ndans un prieuré, ce dont il s'inquiète aussitôt, c'est de savoir si\nla vie des moines et des moniales est conforme aux prescriptions\nde la règle. Il s'enquiert ensuite de l'état du temporel, c'est-à-\n-dire des bâtiments et du mobilier, des approvisionnements,\ndes finances et de leur comptabilité : combien de fois le prieur\nou l'abbé, un saint homme par ailleurs, a-t-il négligé de tenir\nrégulièrement le registre de ses recettes et de ses dépenses !\nOr, Odon insiste pour que la dévotion ne fasse pas oublier le\ncôté matériel de l'existence. D'autres, par faiblesse ou par bonté,\nentretiennent leurs parents pauvres avec les revenus de la com-\nmunauté, les admettant à vivre dans la maison, leur achetant\ndes livres, des vêtements, des instruments agricoles : l'austère\nprélat s'emploie à faire cesser ces abus. Et voici d'autres relâ-\nchements, il s'agit des moniales de Saint-Amand de Rouen :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.6", "texte": "340\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nutuntur camisiis, culcilris et\nculorum, leporum, catorum et uul\npellicias cuniculorum (i). Ces religieuses portaient des chemises\nde toile ! A l'époque de notre document, ce soin de la personne\nétait encore un grand luxe et une innovation. Odon s'en offus-\nque; mais il réserve ses défenses formelles à l'emploi, en guise\nde fourrures, des peaux de lapins. Les religieuses, en d'autres\nlieux, se parent avec trop de recherche, élèvent des chiens, des\noiseaux, des écureuils, s'adonnent à de petits ouvrages de fan-\ntaisie : rien de cela n'est bien grave ; mais l'archevêque estime\nque la vie religieuse n'a que faire de ces futilités, et les interdit.\nA vrai dire, le Journald'Odon Rigaud contient à diverses\nreprises des imputations plus graves, mais il eût été assez ex-\ntraordinaire que, dans le nombre immense de moines et de mo-\nniales que contenaient son diocèse et les diocèses suffragants,\nquelques brebis galeuses ne se fussent point glissées.\nEn revanche, beaucoup plus fréquemment, ainsi que nous\nvenons de le dire, le contact permanent de la société avec les\nséculiers exposait le clergé de Normandie à des tentations sans\ncesse répétées, sans que l'idée religieuse ait été assez puissante\nd'autre part ou assez efficace pour constituer la sauvegarde de\nsa moralité.\nLe reproche d'incontinence est un de ceux qui reviennent\navec le plus de fréquence : tel curé entretient des concubines,\ntel autre élève son enfant sous le toit du presbytère, tel autre\nenfin a été rencontré dans une maison de débauche. Faut-il\nciter au hasard l'enquête qu'Odon Rigaud fit, le jeudi 28 jan-\nvier 1249, au doyenné de Basqueville ?\n... Item presbyter de Aupegart rixosus est et leuis capitis et rixatur\ncum parrochianis suis. Item presbyter de Donestanuilla infamatus est\nde uxore Girardi de Cellario : correctus. Richardus presbyter de Car-\nleuilla correctus de ebriositate non cessât. Item socius eius ebriosus\nsimiliter et notatus de incontinencia de quadam parrochiana sua...\nItem presbyter de Baudribosco defert habitum inhonestum et gerit se\ntanquam armiger et solet ministrare lanceas ad bohordamenta, nec\nresidet in ecclesia, nec uenit ad capitula. Item presbyter de Berteuilla\nest incontinens. Item presbyter de Buuilla notatus de incontinentia et\nebriositate et secutus fuit quandam per campos ut eam cognosceret.\nItem presbyter de Ambleuilla correctus fuit de quadam et iurauit archi-\ndiacono quod si recidiuaret haberet ecclesiam suam pro resignata :\nitem infamatus est idem de negociacione. Item presbyter de Mesnilio\nebriosus et quando bibit rixatur... (2).\n\n(1) Journal, p. 16,\n(2) Journal,p. 28."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.7", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n341\n\nNous en avons passé, sinon des meilleurs : il faut se rappe-\nler seulement que le doyenné de Basqueville se composait de\nquarante-six paroisses, c'est-à-dire que, sur quarante-six curés,\nil en est au moins quatre coupables d'avoir manqué au vœu de\nchasteté, l'un même est accusé de viol ! Quatre encore méri-\ntent l'épithète d'ebriosi, et quand ils sont pris de boisson, ces\ncurés batailleurs en viennent aux coups avec leurs paroissiens,\nquand ils ne tombent pas ivres-morts dans les champs,\nebrietatem aliquando iacuit in campis, comme tel clerc d'Ouville ;\nl'un prend part à ce genre de tournois, qu'on appelait dans la\nvieille langue bouhourdeïs,et un dernier enfin se livre au com-\nmerce. Et c'est à chaque page du Journal que ces accusations\nse retrouvent, s'aggravent parfois, comme c'est le cas de Gau-\ntier, curé de Grandcourt, qui inf\nde nimia potacione(i).\nLe commerce a tenté un certain nombre de curés normands :\nles uns s'occupent de la vente des bois, les autres font négoce\nd'animaux domestiques et vendent des béliers, des vaches, des\nchevaux, d'autres enfin spéculent sur le chanvre, le vin ou le\ncidre.\nQue nous rencontrions des curés se livrant à tel des jeux de\nhasard défendus par le droit canonique, notre conscience ne\ns'émeut guère. lien est de même si la coupe du costume n'est\npas en tout point conforme à la coutume locale et aux habitudes\nde l'époque; mais il est plus grave de rencontrer un curé, comme\ncelui de Saint-Laurent-le-Petit, fâcheusement connu pour ses\nmauvaises mœurs et son habitude d'exiger un salaire en retour\ndes sacrements qu'il administrait,\nuenditione sacramentorum (2). Mais encore une fois, si à chaque\npage de son. Journal,si à chaque jour de 1 année, et cela pen-\ndant vingt ans, Odon nous signale nombre de curés coupables de\nn'avoir pas su résister aux entraînements de leuis sens et d avoir\nen même temps semé le scandale dans leurs paroisses, souve-\nnons-nous qu'il n'a noté que les actions blâmables de son clergé\net qu'il a tu les autres. Celles-ci, nous pouvons les faiie îevi-\nvre en imagination et supposer que le bien l'a encore emporte\nsur le mal ; mais c'est là une statistique que nous ne voulons\npoint entreprendre. Bref, le Reg de\nl'archevêque de Rouen est un document du premier ordre pour\nl'histoire du clergé normand du treizième siècle, pittoresque et\nprécis : en outre, il a pour nous cet intérêt, que 1 historien de la\n\n(1) Journal, p. 21. Grandcourt : aujourd'hui dans la Seine-Infeneure,\narr. de Neufchâtel-en-Bray, canton de Londinieres.\n(2) Journal, p. 27."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.8", "texte": "342\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nmusique y trouve à glaner des détails, qui ne sont point indif-\nférents et que l'on chercherait vainement ailleurs.\n★\n*\nC'est en dépouillant, la plume en main, ce volumineux in-\nquarto de près de huit cents pages que nous avons relevé au\nfur et à mesure de notre lecture, sans aucun ordre logique, les\nindications concernant l'histoire musicale. Il nous a paru, une\nfois ce travail préliminaire terminé, que ces notes éparses pou-\nvaient assez simplement se classer sous quelques rubriques et\nces rubriques se ranger à leur tour sous trois titres d'un ordre\nplus général encore. Mais c'est là un côté accessoire delà ques-\ntion : nous tenons avant tout à publier d'une manière correcte\net critique quelques textes intéressants pour les études musi-\ncologiques, laissant bien volontiers à qui voudra le soin de les\nprésenter d'une façon différente.\nA. LA PRATIQUE DU CHANT. Cette question, avec les mul-\ntiples aperçus qu'elle découvre, ne sera jamais traitée dans son\nensemble, car elle est faite d'une infinité de détails, divers suivant\nles siècles et suivant les lieux, car les sources auxquelles l'histo-\nrien peut puiser sont disséminées en mille endroits dans la litté-\nrature du moyen âge et le plus souvent cachées aux regards de\nqui les cherche. Ainsi notre document contient sur ce sujet\nquelques indications curieuses, auxquelles on n'avait point\nencore songé, et voici celles qui nous ont paru mériter d'être\nretenues.\nS\ni° Ecoles de chant. —Ce n'est point ici le lieu de parler des\nécoles épiscopales et monastiques. On sait assez, sans que nous\nayons autrement besoin d'y revenir, que les monastères, après\nla réforme de saint Benoît d'Aniane, et les chapitres, après la\nréforme de Chrodegand, entretenaient chez eux des enfants\ndestinés au culte : ainsi la plupart des cathédrales en avaient\nune dizaine, qui formaient l'élément jeune de leur clergé. La\ndislocation des chapitres et leur sécularisation au dixième siècle\nn'interrompit pas complètement cette tradition, et dans l'enceinte\ndes cathédrales, sous l'œil sévère des chanoines, l'enseignement\ndu chant resta toujours la raison d'être première des écoles épi-\nscopales. Les deux textes d Odon concernant les\nsont relatifs aux Andelys. Dans l'un, le sacriste, sacrista, est\ntenu d'avoir une école de chant."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.9", "texte": "MUSIQUE D ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n343\n\nJeudi, 14 février 7269.\nAccessimus ad ecclesiam Beate Marie de Andeleio... (1) Sacrista\ntenetui in uestiario iacere continue et scolas cantus tenerefp. 618].\nDans 1 autre, le sacriste est invité à se faire remplacer par\ndes clercs capables, s'il ne dirige lui-même l'école de chant.\nMercredi 2 février 1261.\nVisitauimus canonicos et clericos Andeliacenses Precepimus do-\nmino Petro Robillard, sacriste, quod ipse haberet honestos et ydoneos\nclericos, qui regerent scolas cantus etiacerent in monasterio [p. 390].\nNous ne quitterons point ces deux textes sans y relever une\ncurieuse anomalie. On y voit qu'aux Andelys la direction des\nécoles de chant appartient au sacriste, et non au\ncantor, comme partout ailleurs. Un texte manuscrit du\nOrdinis de l'abbaye de Saint-Victor de Paris, cité par Du Cange,\nnous énumère tout au long les fonctions inhérentes à cette\ndignité ecclésiastique, mais ne fait en aucun endroit mention\nd'un semblable office : « Ad officium sacriste pertinent omnia\nque in thesauro sunt custodire, reliquias et omnia ornamenta\naltaris et sanctuarii ac totius ecclesie siue in auro, siue in\nargento, siue in ostro et palliis et tapetibus et cortinis ; sacras\nquoque uestes et pallas et manutergia, calices et textus et cruces\net thuribula et candelabra et cetera uasa que uel ad ministerium\nuel adornamentum altaris et sanctuarii totiusque ecclesie pertinent,\nlibros quoque missales, epistolares » (2) Mais dans\nle même article du Glossarium,il y a un texte épigraphique,\nque nous n'avons pu identifier, et qui.réunit sur la tête d'un\nmême personnage la double qualité de et de :\nIstius Ecctesiae Cantor (3).\nEn était-il de même dans le diocèse de Rouen ? Les textes\nmanquent pour résoudre la difficulté ; mais nous devons nous\ndemander s'il s'agit ici de la direction ou de l'entretien des\nécoles de chant, car on sait qu'à Rouen, par exemple, le cantor\navait la surveillance de ces écoles au point de vue des études,\ntandis que les questions d'entretien et d'administration rele-\nvaient du thesaurariusou sacrista,dont anciennement les fonc-\ntions se confondaient. C'est dans ce dernier sens, croyons-nous,\nqu'il faut comprendre le rôle du sacriste dans l'organisation\n\n(1) Les Andelys, Eure. ... „\n(2) Du CANGE, Glossarium medicie et su mot\n(3) ID., 1 'bid."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.10", "texte": "344\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\ndes écoles aux Andelys : il en est l'économe, l'administrateur,\nsi l'on veut, et des professeurs, assurent l'ensei-\ngnement.\n2° Examens de musique. —Le document que nous étudions\nnous fournit quelques exemples de pédagogie musicale. Ce\nn'est point, comme tel dialogue entre le maître et l'élève, ainsi\nqu'il s'en trouve chez les théoriciens du moyen âge, un procédé\ncommode d'exposition, c'est une véritable interrogation, un\nexamen réel que l'archevêque de Rouen fait subir à un candi-\ndat proposé pour une cure vacante de son diocèse. Il l'inter-\nroge sur la grammaire et sur la musique, il attache presque\nune égale importance à ces deux ordres de connaissances et\nrefuse le candidat qui n'a pas su chanter, aussi nettement que\nsi celui-ci s'était montré malhabile à traduire un texte de\nl'Ancien ou du Nouveau Testament. Nous donnons le procès-\nverbal de trois de ces examens.\nVendredi, jo mai 1253-\nIbidem. (Apud Deiuillam (i) ] Ipsa die, uidelicet die martis antepen-\nthecostem, examinauimus Gaufridum, clericum, presentatum ad eccle-\nsiam Beati Richarii de Herecort in illa legenda :\net nuda sunt eias oculis(2). Requisitus que pars, responditnomen;\nrequisitus si possec esse alterius partis oracionis, respondit quod sic\nuidelicet participium ; requisitus a quo uerbo descendit, dixit ab hoc\nuerbo, aperio, aperis, aperii, aperire, aperior, aperieris, et cetera.\nRequisitus compati cuius figure, dixit compatire de cum et pateo, pâtes,\npatui, patere, patendi, patendo, patendum, passum, passu, patiens,\npassurus, pateor, pateris, passus, patendus. Requisitus quid significet\npateo, pâtes, dixit aperire uel sufferre. Requisitus absque que pars,\ndixit coniunctio, requisitus cuius partis, dixit causalis. Requisitus dé\ncantu, nichil sciebat cantare sine soffa siue nota, et etiam discordabat\nin soffa siue nota. Nos autem, tum propterhuius insufficienciam quam\nproptei hoc quia infamatus erat inuentus de incontinencia et bellicosi-\ntate pei inquisicionem quam de ipso fieri feceramus, ipsum ad dictam\necclesiam non duximus admittendum [p. 159].\n. aut signaler dans ce procès-verbal d'examen la très cu-\nrieuse expression cantare sine so Tout d'abord la\nforme soffadoit être ramenée à 1 il n'y a là que le résul-\ntat d un phénomène, connu en grammaire sous le nom d'assi-\nmilation, d ailleurs nous retrouverons un peu plus loin le terme\nsolfa exactement écrit. C'est, croyons-nous, une des plus\nanciennes apparitions de ces deux phonèmes de l'alphabet\n\n(1) Deville, Seine-Inférieure, commune de Grandcourt.\n(2) Hebr.,iv, i 3."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.11", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n345\n\nmusical réunis pour former la moderne expression de solfège.\nL'étude lexicographique de ce mot est purement historique.\nElle nous fait remonter aux étranges pratiques de la solmi-\nsation. Nous ne les rappellerons point ici, car le lecteur pourra\nse reporter facilement à l'exposé, confus, mais assez complet,\nqui en est fait dans le dictionnaire de J. d'Ortigue ( i). Nous\ndirons seulement qu'à notre sentiment pour créer ce vocable de\nsolfège, c'est-à-dire pour désigner cet exercice de lecture des-\ntiné à développer chez le musicien la faculté d'appréciation et\nd'intonation des intervalles, on a pris la note initiale g de\nl'hexacordum durum, caractérisé par le B durum, et on l'a fait\nsuivre de la note initiale fde qui com-\nprend le B molle. L'hexacorde commençant sur c appelé hexa-\ncorde de nature (do-la) ne présentait aucune difficulté. La com-\nplication ne venant que lorsque l'on dépassait le à l'aigu\net les deux hexacordes molle et durum servant à cet usage, il a\nsemblé tout naturel de désigner la méthode du nom de ses\ninitiales :\ng+ f = solfa,\nd'où les Italiens ont tiré l'expression et dont nous\navons fait solfège (2).\nMais dans le cas présent, le pauvre candidat ne se piéoccupe\nguère de haute théorie musicale : Odon Rigaud lui demande\nsimplement de chanter une antienne ou un répons et s'aper-\nçoit que son clerc, qui avait déjà médiocrement lépondu aux\ninterrogations de grammaire, non seulement est incapable de\nchanter sine sofa sine nota,mais encore chante faux\nsiue nota.Nous serions tenté d'expliquer cette distinction en\ndisant que le postulant ne savait rien chanter de mémoire, et\nque même avec la musique sous les yeux, il s'en tirait encore\nfort mal. Or, une explication plus subtile nous sollicite.\nSommes-nous fondé à identifier solfa et nota ? Nous avons\nun précieux document qui nous apprend que dans les ecoles\nde chant de Normandie on pratiquait la notation\ntique : c'est le Livre d'Ivoire,actuellement conserve à la Biblio-\n\n(I) ORTIGUE (J. D'). - Dictionnaire\nvlain-chant et de musique d'église. Migne, Paris, i . formulée dans\n(2Ï On voit que nous n'acceptons pas l'opinion de Diez formulée dans\nl'Elymologisclies Wijrterhuch der romam\nétvmoloeie de soif a est hautement fantaisiste dans sa naivete .il exp îque\npar la lecture à rebours de la gamme guidonienne ut r«,> sol,\ncette dernière syllabe la faisant article devant solfa substantif."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.12", "texte": "346\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nthèque publique de Rouen (1), et appartenant anciennement\nau chapitre de la cathédrale.\nLe Livre d'lvoire présente une curieuse particularité de nota-\ntion : au lieu d'être écrit en notation neumatique usuelle, ce\nmanuscrit du onzième siècle adopte un système d'écriture\nmusicale en notation alphabétique avec les lettres du mono-\ncorde. C'était, au reste, une habitude d'école, et le R. P. Pothier\nen conclut que la présence de cette notation didactique au\nLivre d'lvoire semble indiquer très anciennement l'existence\nd'une école de chant à la Primatiale (2) : le livre de MM. Col-\nlette et Bourdon a précisé l'exactitude de cette hypothèse (3).\nBref, ce que nous voulons retenir ici, c'est que, dans le texte\nd'Odon Rigaud, il est certain que si cantare in nota signifie\nchanter sur les notes de musique écrites sur la portée, dans la\nbelle écriture musico-liturgique du treizième siècle, il est pos-\nsible que l'expression cantare in ait pu désigner la lecture\nd'une écriture musicale en notation alphabétique. Et voici une\nraison que nous avons pour nous arrêter à cette solution :\nen Angleterre, pays traditionaliste par excellence, nombre de\npublications populaires de folk-lore musical sont faites en\ndouble notation, staff or sol-fa, c'est-à-dire dans l'écriture\nordinaire avec l'emploi de la portée et en notation Ce\nsystème est celui qu a adopté la asso-\nciation chorale très répandue en Angleterre, où elle compte des\nmilliers de membres. Il use d'une notation spéciale avec les\nsyllabes de solmisation doh, ray*, me, fah, soh, lah, te, représen-\ntées dans 1 écriture par les initiales, comme on peut s'en rendre\ncompte sur le fac-similé d'une page de cette écriture.\n\n°*hèque de Remeti, n° 1405 (anc. Y. 27) du\nde safnr R* des bibliothèques publiques t. I. Au fol. 86, office\ncle saint Romain, xie siècle.\nM J°SErfo-\nnrimprî •**' m S dans les Assises de Caumont, juin 1896. Ligugé, im-\nprimerie Saint-Martin, 1896. 5\nRouen OURDON (Abbés). Histoire de la maîtrise de Rouen,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.13", "texte": "MUSIQUE D ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n347\n\nNous ne désirons point critiquer ici cette méthode (i),\nanalogue en bien des points au système Galin-Paris-Chevé, de\nfâcheuse mémoire : contentons-nous de faire le rapproche-\nment avec la notation alphabétique en usage à la Primatiale\nde Rouen au moyen âge et sans doute encore à l'époque\nd'Odon Rigaud. Nous aurons peut-être ainsi la clé d'une\nexpression énigmatique.\n(i) On sait que depuis les notations alphabétiques du moyen âge, ce\nmode d'écriture musical a survécu à travers les siècles. L'inventeur du\nTonic soif a ou, pour mieux dire, son propagateur, fut un prêtre non con-\nformiste qui mourut en 1880, John Curwen. Il aida à la diffusion de son\nsystème par nombre d'ouvrages pédagogiques, comme\nof lessons and exercices on the tonic Solfa-Melhod (1861), et fonda\nmême un périodique, the Tonic Solf(iBsr). En outre, des\nœuvres classiques et populaires ont été abondamment publiées.Un éditeur\nanglais, John Leng, vient ainsi de faire paraître\nSongs the Peoples lrish Songs, en dou-\nble notation. Le curieux recueil de LACHLAN MAC BEAN,\nHrmns of the Gael est publié with Music in both Staff and Sol-Fa No-\ntations chez Eneas Mackay, à Stirling. Nous lui empruntons le fac-similé\nci-dessus reproduit. Il serait curieux de rechercher si, depuis le moyen\nâge, on peut suivre en Angleterre la tradition d'une notation alphabétique.\n(A suivre.)\n\nPierre Aubry."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.14", "texte": "L'ART ITALIEN\nAVANT PALESTRINA\n\n(,) #\nPetite chanson populaire italienne du xvic siècle. —Se trouve\narrangée à 3 voix dans le Libro\ndu P. Serafino Razzi. Venise, 1563 (exemplaire delà Biblio-\nthèque Nationale de Florence).\nMélodie religieuse populaire du xve siècle. Se trouve arran-\ngée a 3 voix dans le Libro primo di Laudi spirituali du\naerafino Razzi. Venise, 1563.\n\n(i) Suite et fin. Voir le Mercure musical du i 5 mars 1906."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.15", "texte": "L ART ITALIEN AVANT PALESTRINA\n349\n\nMélodie d'une frottolade Nicolo Pifaro (sienrtois), se trouve\ndans le Libroprimo diFrottole.... impressum Saenis per Petrurn\nSambonettum... anno MDXV,pag. 41 (Bibliothèque Marucel-\nliana, Florence)."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.16", "texte": "350\nLE MERCURE MUSICAL I 5-IV-06\n\nLa même mélodie avec l'accompagnement des voix secon-\ndaires."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.17", "texte": "L'ART ITALIEN AVANT PALESTRINA\n351\n\nMélodie d'une frottola de Bartolomeo Tromboncino (de\nVérone). Cette frottola se trouve dans le\nretti, Frottole, Bar\\elette, etc...., stam\nAntonio de Laneto MDXVIII, p. 225 (un exemplaire à la\nBibliothèque Marucelliana de Florence)."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.18", "texte": "352\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.19", "texte": "L ART ITALIEN AVANT PALESTRINA\n353\nLE MERCURE MUSICAL.\n23\n\nMélodie d'un sonetto de Marchetto Cara ; se trouve dans le\nLtbro secondo di Fioretti, etc...., stampato in Napoli per Joanne\nAntomo de Laneto... MDXVIII, p. 439 (Bibliothèque Maru-\ncelliana de Florence).\nLa même mélodie avec l'accompagnement des voix secondaires."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.20", "texte": "354\nLE MERCURE MUSICAL IÇ-IV-OÔ\n\nMélodie d'une frottola de Andréa Antico da Montona (celui\nqui a gravé le Liber Quindecim Cette\npièce se trouve dans le Libro tert Venetiis\nr/\nimpressum opéra et arte Andree antiqui... anno 1520, page 420\n(Bibliothèque Marucelliana, Florence).\nLa même mélodie avec l'accompagnement des voix secondaires:"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.21", "texte": "L'ART ITALIEN AVANT PALESTRINA\n355\n\nCanzonetta di Arcangelo Crivello (delle Can\\onette per can-\ntar e sonar di liuto a tre voci..., Venetia, ap. Giacomo\nVincenti, MDXCI),"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.22", "texte": "356\nLE MERCURE MUSICAL I 5-IV-06\n\nCanzonetta di Giov. Maria Nanino (delle\ne sonar di 1iut0.... Venetia, ap. Giacomo Vincenti, MDXCI).\n\nGUIDO GASPERINI."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.23", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n\nLES CONCERETS.\nConcert Colonne. La S/mphonia domestica de M. Richard Strauss.\nLe great event de la saison musicale de 1906 vient d'avoir lieu, et nous\ndevons dès 1 aboie! remercier M. Colonne de nous avoir procuré l'audition\nde la Sinfonia Domestica de Richard Strauss sous la direction de l'auteur,\nquoiqu'il soit cependant quelque peu honteux pour Paris de n'entendre\nqu'à la fin de la saison de 1906 une œuvre que New-York, Londres, Ber-\nlin et Bruxelles entendirent en 1904 et 1905.\nDans toute l'Allemagne musicale contemporaine, R. Strauss se détache\navec une netteté singulière. Kapellmeister distingué, il n'écrit pas de la\nmusique de chef d'orchestre ; contrapuntiste très savant, il ne ressemble en\nrien à Bruckner, Reger ou Mahler ; disciple wagnérien fervent, il écrit peu\npour le théâtre, et cependant il est très allemand. Teuton modem style,\ntelle me paraît être la dénomination qui caractérise le mieux cette nature\nardente et mélancolique, aimant l'intimité mais en même temps l'extério-\nrisation bruyante, et qui nage éperdument dans la\nIl y a de tout ceci dans la Domestica.La douce la gaîté\nbruyante et bouffonne, une certaine profondeur plus apparente que réelle,\nplus cherchée qu'atteinte, et une science de l'orchestre impeccable font de\ncette œuvre énorme (cinquante minutes sans interruption) un des monu-\nments de la musique moderne.\nDepuis Don Juan, Strauss a régulièrement évolué. Si son amour de la\nbouffonnerie lui a dicté Don Quichotte ou les\nlenspiegel,ses prétentions métaphysiques lui inspirèrent\nguration, Zarathoustra et la Vie d'un Les deux tendances indiquées\npar ces œuvres se retrouvent dans la Doù il tenta de représenter\nla vie de famille aux multiples faces et aux oppositions très marquées. Un\npoint commun à toutes ces œuvres est cependant à noter : la musique pure"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.24", "texte": "358\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nn'est nullement le fait de Strauss. Toutes sont inspirées, soit par une bal-\nlade de Lenau, un passage de Nietzsche, une légende connue ou une inten-\ntion très marquée. La musique de chambre de Strauss est peu intéressante\net parfois vulgaire ; il existe entre autres choses une sonate pour violon-\ncelle et piano {op.7) où se chante très nettement la chanson plus que po-\npulaire J'irai le dire A ma mère !..\nCe fait est intéressant à noter, non pas tant en lui-même que parce qu'il\ncorrobore deux des caractéristiques de Strauss : le peu d'aptitude à la,\nmusique pure et le manque de distinction des idées. Ces deux particula-\nrités de son talent sont portées à leur apogée dans la Dédiée à\nsa femme et à leur cher enfant, cette œuvre est également le reflet de l'incer-\ntitude musicale qui règne actuellement en Allemagne. Si, abstraction faite\ndes intentions descriptives, on considère l'œuvre, on est endroit d'y recon-\nnaître une symphonie classique où à une courte introduction succèdent un\nscherzo, un adagio et un finale en forme de fugue. Mais comme sympho-\nnie régénérée, elle est bien inférieure à des œuvres comme la troisième\nd'A. Magnard ou la seconde de V. d'lndy.\nL'orchestre de \\& Domestica est très chargé. Les pupitres de vents sont\nconsidérablement renforcés : deux hautbois ordinaires doublés par un\nhautbois d'amour et un cor anglais ; trois grandes flûtes et une petite ;\nquatre clarinettes, une en ré, une en la et deux en si p quatre bassons et un\ncontrebasson ; quatre saxophones en forme de quatuor; huit cors, quatre\ntrompettes, trois trombones et un tuba. Une pareille agglomération de vents\nexige une notable augmentation des cordes, ce qui mobilise un orchestre\nde cent vingt musiciens et rend une pareille œuvre inexécutable par beau-\ncoup d'associations de concerts ne possédant pas des ressources indéfinies.\nUne courte introduction sert de lexique et expose les six thèmes sur\nlesquels 1 œuvre tout entière est bâtie. Trois thèmes sont dévolus au père\net représentent son activité, son intelligence et son enthousiasme. Le pre-\nmier et le troisième remplacent la ligne mélodique par un certain mouve-\nment rythmique, mais le second ne donne qu'une piètre idée de l'intelligence\ndu père de famille. La femme n'a droit qu'à deux thèmes, dont la seule\ndésignation fera bondir les féministes intégrales. Le caprice et le senti-\nment sont caractérisés par des thèmes assez compliqués, à l'instar peut-être\nde 1 âme de la femme. Quant à l'enfant, un seul thème, sans désignation\naucune sorte, nous peint bien par sa nullité l'âme de l'enfant, cire vierge\nprete a toutes les empreintes età toutes les déformations. M. Ch. Malherbe\na trouve (dans le programme) une série de qualités et d'intentions à ces\nîvers thèmes, ce qui fait honneur à sa perspicacité, mais je suis obligé\navouer que sans son aide je ne me fusse nullement aperçu que je contem-\np aïs, en les entendant, une collection de portraits de famille. Hernani\nen musique !\nntro^uct'on se trouve une intention comique qui a dûplon-\nivr Me\"t^re dans un attendrissement prudhommesque. Je cite\n3 6,r (< Un fraSment du premier thème paternel, les tantes\nml!-.»0?115665 -lre \" ëan\\ der Papa ! » (tout à fait le papa), et sur un frag-\nfa . ! \" premier theme maternel les oncles : « ganf die Marna ! » (tout à\n• • am.an) *• Ç est comique, c'est touchant, mais tout seul je ne m'en\nI 1» °Ufte\" scherzo est la partie le mieux réussie de l'ouvrage.\n1 ,efe en a\"t s y développe avec science et bouffonnerie. Les mélo-\nJ. • emme entourent comme une mère son baby. Elle l'envoie\nde sonne sept heures. Sans effort ni extravagances\nouérilfxî rii63-' °r<u ,estre t?ut entier» l'orchestre a chanté les jeux et les joies\naux basson Jttine aer,os' Siegfried en herbe qui folâtre du hautbois d'amour\naux a tos. L adagio est, à mon sens, la partie la plus faible"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.25", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n359\n\nde 1 œuvre. Bien que Strauss y ait mis toute sa l'inspiration vul-\ngaire n'est point faite pour me faire admirer cette page à l'italienne, d'un\nsouffle qui veut être ému et n'est que dépourvu de distinction. C'est là une\ndémonstration bien nette de l'opinion de notre excellent collaborateur\nRomain Rolland sur l'italianisme persistant de l'Allemagne musicale.\nLe finale, dont la durée égale celle des trois premiers mouvements, se\nprésente sous l'aspect d'une fugue à deux sujets très librement traitée.\nTrop librement même, car elle conclut, puis recommence enaugmentant la\nlongueur du morceau sans avantage appréciable. Enfin, par analogie avec\nla forme cyclique chère à Franck, l'introduction se répète et tous les thè-\nmes sont réexposés sur une répétition prolongée des trois premières notes\n[doy lay fa) du thème initial. Tel est, brièvement résumé après une unique\naudition, l'aspect de cette œuvre dont il ne faut pas nier la force et la cou-\nleur, l'orchestration vibrante et toujours intéressante et qui, sous la con-\nduite de son auteur, a remporté un vif succès. J'espère, après une seconde\naudition, pouvoir y trouver plus de sources de véritable émotion et y goûter,\npar avance, les infinis, souverains et profonds bonheurs, les menues, futiles et\npassagères traces du ménage de M. Strauss. M. Bruneau, qui doit connaître\nmieux que moi la vie de famille, y a vu toutes ces choses. Je crois surtout\nqu'il y a vu ou qu'il eût pu y voir une réalisation musicale, malgré tout\nsupérieure à YEnfant-Roi, du rôle de l'enfant dans la famille. Enfin, féli-\ncitons-nous, il commence à louer ce qu'il ne peut réaliser. Il y a du pro-\ngrès depuis le Jour d'été à la Montagne qu'il trouvait lourd. Il est vrai que\nl'auteur dudit poème symphonique donne l'auteur de YEnfant-Roi comme\nprototype du compositeur antimusical. Je crois que même comme critique\ncette dénomination lui est bien due.\nJe n'ai guère déplacé pour vous dire que Mischa Elmann, le prodige\nvioloniste, joua en cinquante-cinq minutes le Concerto en ré de Beethoven\nqui est très beau, c'est entendu, Yandante et le presto surtout, mais dont\nYallegro initial renferme, à côté de phrases superbes, des traits en octaves\npeu réjouissants pour les oreilles. De plus, deux cadences, dont Joachim,\nje crois, est l'auteur, et qui sont du goût le plus détestable, pourraient, sans\ndifficulté, être supprimées pour toujours. Le jeune Mischa, en progrès sur\nl'année passée, a remporté le succès que les fauteuils font à tous les vir-\ntuoses et les hurleurs du paradis tinrent cois leurs sifflets. La symphonie\nen la mineur de Saint-Saëns obtint son succès habituel. Classiquement\ncomposée, sauf dans la réexposition des thèmes du mouvement initial,\nécrite avec une étonnante sûreté de main et une souplesse d'écriture qui\nsuppléent à bien des inspirations musicales, elle fait bien belle figure, dans\nla symphonie postbeethovénienne, àcôté des œuvres de Brahms. Elle esttou-\njours moins longue et moins ennuyeuse, ce qui n'est pas un mince avantage.\nQuant à la suite de Y Artésienne jouée après la Domestica, elle remporta un\nimmense succès bien significatif. Avec un orchestre ordinaire, par la seule\npuissance d'un métier prodigieux uni à une inspiration exquise, Bizet mon-\ntra que, trente ans avant Strauss, nous savions user du contrepoint le plus\nrigoureux et des transformations rythmiques sans cesser de faire de la mu-\nsique charmeuse, aux sonorités délicieuses et intentions descriptives\naussi intenses que possible. Pour quiconque a habité le Midi, lou Marcho\ndei JRei, c'est Arles au ciel éclatant, aux arenes emplies dune foule bruyante\net au délicieux cloître de Saint-Trophime. C'est la vie, la couleur, émues\net pensées avec sincérité ; ce n'est point la dissertation sur un sujet donné\nen vue d'effets prévus avant que d'être sentis.\nCH. CHAMBELLAN."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.26", "texte": "360\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nConcerts Chevillard. Société de musique de chambre pour instruments à vent. Société de\nConcerts d'lnstruments anciens. M,lcg Suzanne Labsrthe, Lucile Bartzi. Œuvres de M. de Saus-\nsine.\nDécidément M. Chevillard, après la IXe Symphonie de Beethoven a\nfermé ses portes et permis au critique épuisé d'aller chaque dimanche écou-\nter les voix de la nature. Un croassement de corbeau, entendu à droite\nest-il de bon ou de mauvais augure ? Telle est la question que j'aurais envie\nde traiter aujourd'hui. Mais je crains qu'elle n'ait pas, pour la majorité de\nmes très patients lecteurs, le même intérêt que pour moi. Je vais donc\ncomme on dit dans la langue officielle, la « réserver » et parler plutôt d'une\nheure fort agréable que je dois à la Société de musique de chambre pour\ninstruments à vent: c'était, le 29 mars, son dernier concert. Ce sont d'excel-\nlents artistes que MM. Gaubert, Deschamps, Bleuzet, Bourbon, Mimart\nPerier, Pénable, Delgrange, Letellier et Jacot. Et leur œuvre mérite tous les'\nencouragements : les richesses du quatuor ou du quintette à cordes sont\nloin d'être inépuisables, et, malgré toute l'ingéniosité de l'écriture, la cou-\nleur ne peut jamais être bien vive, lorsque seuls les archets sont enjeu.\nIl semble donc que tout l'avenir de la musique de chambre moderne soit\ndans les bois, qui joignent aujourd'hui à leurs sonorités fraîches et variées\nun pouvoir expressif et des ressources de virtuosité presque égales à celles\nde leurs frères à quatre cordes. Malheureusement, le répertoire n'est pas\ntrès abondant encore. Le dernier concert débutait par une petite Sympho-\nnie de Gounod, fort habilement écrite, avec une légèreté de touche qui,\ndans un pareil genre de composition, est indispensable. Et rien de plus\nourd, de plus étourdissant, qu'un ensemble soutenu de six, sept ou huit\ninstruments a vent ; rien déplus gracieux qu'un dialogue. Venaient ensuite\nm°M de M. Ch.-M. LoefJer pour piano, hautbois et alto\n(MM. Groviez, Bleuzet et P. Monteux) : on sait l'affinité de l'alto :pour les\nnstruments a vent, au point qu'il peut entrer dans l'harmonie et remplacer\nnotm« ZTT'\"\" 5 C°ï an«lais' Ces Piè«?- \"rites « Illustration de\nrnlnric «J ' lclue.s e Maurice Rollinat (L'Étang ;la Cornemuse), ontun\nd'ineéni>n«S me .P *°rt » tr®s b*en construites d'ailleurs, avec\ndes S expressives variations du motif principal, elles m'ont appris\nce noint tf h° 6f ' Jama's Je n'aurais cru que l'alto pût assombrir à\ncherchée m U ut'3o\\s- C'est de bonne musique, àla fois re-\nricaine HnntVlvfoiirefflSe'6t (îu^a't êrand honneur à la jeune école amé-\nricaine dont M. Lœffler est un des meilleurs espoirs.\n*\n* *\nn/rlrTnl P'a?e dans la salle Pleyel, pas davantage sur l'estrade,\noù naitpnt^011 °'r C'UI cond :il faut se contenter du petit salon par\nles bflnmiAtt65 artlSt£S F,ortant quintons et violes de gambe, et dont toutes\nnas rip c CS S^nt occypées d ailleurs. Reste la ressource de faire quelques\naffiché 6S amies» de déchiffrer les curieux autographes\nment ca.k mur contempler le diapason normal qui s'abrite digne-\nde mnsinno n 0 e. e Per)dule. De temps à autre aussi quelques bouffées\net Casfll i .nous airivent : pépiements desclavecins jumeaux oùM. Diémer\néclats H il0116-1? iaVe Une r^B d'horloges un de Bach,\nMais ie snic mc Carlotta de Féo, qui me semble mal assurée.\nrutile aiinrA 6 re.m disposé. Mon aimable collaborateur Vuillermoz\nmUsioue,P Ie m01>((- eSt charmant, n'est-ce pas, d'entendre delà\nŒil rond lèvrp ltlo,-ns ' Exquis !me fait-il, c'est là le vrai cadre. »\nquelle éternelle S F°n eS'iv/i onde et blême, mèche collée par on ne sait\nsueur, M. Alfred Cortot fend les groupes, et l'on s'écarte"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.27", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n361\n\ndevant ce/visage hagard. Le directeur du mieux informé des journaux de\nmusique entre, interroge le garçon de service, et s'en va : son article est\nfait, paraît-il, et tous ses articles sont faits ainsi. Ils n'en sont d'ailleurs\npas plus mauvais pour cela, grâce au charme d'un style abondant en\ntrouvailles imprévues. Mais voilà que je reconnais une Symphonie de\nBruni, pauvre d'idées et froide de style ; combien je préférais le pittoresque\nBallet de Monteclair par où Ton commençait! Puis deux carillons flamands\nnous font entendre de curieuses sonorités de verres heurtés par des cou-\nteaux, à la fin de quelque agape de famille. Et c'est enfin le Divertisse-\nment de Mozart, dont les cinq trompettes, ornées de deux flûtes et\nsoutenues de timbales, arrivent à percer la muraille qui nous emprisonne.\nIl y a là de fort jolies choses, et l'alliance de la flûte et de la trompette\nest l'une des plus heureuses que l'on puisse imaginer. Mais quelle simpli-\ncité rudimentaire ! Je sais bien que la pauvreté de l'instrument l'exigeait\nalors. Tout de même, il y avait peut-être moyen de lui confier des parties\nun peu plus mélodiques. C'est une musique de table ou de rendez-vous de\nchasse, d'ailleurs aimable, et où se distinguent les excellents élèves de\nM. Franquin. Ainsi se termina cette triomphale soirée, d'un heureux\naugure pour l'avenir de la Société de Concerts d'lnstruments anciens,\nprésidée par M. Saint-Saëns, dirigée par M. Perilhou, et constituée par\nMme Henri Casadesus-Dellerba, MAI. H. et M. Casadesus, Casella et Olivier.\nEt maintenant je dois dire encore tout le plaisir que j'ai pris à entendre\nMll® Suzanne Labarthe, cantatrice au style sûr et puissamment dramatique,\ndont M. Frôhlich fut le digne partenaire; Lucile Bartzi, qui, pour\navoir treize ans, n'est pas une vulgaire enfant prodige, mais une très intel-\nligente musicienne dont le goût s'est fait valoir dans un programme très\nheureusement composé (Bach, Napravnik, Saint-Saëns et César Franck),\net enfin le 3o mars et le 6 avril, salle Erard, les œuvres de musique de\nchambre du comte Henri de Saussine, dont le style alerte et clair éveille\nun sourire, non d'ironie, mais de sympathie.\nLouis LALOY.\nSociété philharmonique. Mme Marie Mockel et M. Stéphane Austin.\nAprès le fameux quatuor tchèque, c'est le tour du quatuor Schorg, qui\njoue à lui seul le quatuor de Beethoven, op. 18, no 6, er, avec le secours de\nla société Hayot, YOtelto de Svendsen, dont la valeur n'est pas en rapport\navec le nombre des exécutants. Ce qui semble s'user aussi, c'est l'intérêt\nde ces importations de quatuors étrangers. Nous ne manquons pas en\nFrance de quartettistes, dont le talent est au moins égal à celui de leurs\nconfrères germaniques ou slaves et dont les programmes sont le plus sou-\nvent mieux composés.\nDepuis quelque temps, public et interprètes semblent las da ces pro-\ngrammes où figurent côte à côte, et, sans aucun ordre ni lien de parenté ,\nles noms les plus divers ou les plus inattendus. Aussi le goût se répand-il\ntous les jours davantage de consacrer plusieurs séances, s°it aux musi-\nciens d'une même école, soit aux seules œuvres dun génie prodigieuse-\nment fécond. #\nC'est l'école française depuis le xvme siècle jusqu a nos jours, que\nMme Marie Mockel et M. Stéphane Austin (du théàue ue la Monnaie) ont\nfait revivre les 23 et 28 mars dernier pour notre plus grand plaisir. Leurs\ndélicieuses voix, maniées avec un art exquis, rendirent à merveille le\ncharme pénétrant des vieilles musiques et la saveur expressive des œuvres\nmodernes."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.28", "texte": "362\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nParmi celles-ci, des pages de César Franck, d'lndy, Debussy, Ravel,\nSéverac et Vuillermoz furent tout particulièrement goûtées, et l'assistance,\ntrès nombreuse, ne ménagea point ses applaudissements aux deux excel-\nlents artistes qui les mirent si bien en valeur.\nJEAN POUEIGH.\nFestival Mozart (Société musicale, G. Astruc).\nLa Société la plus aristocratique et la plus élégante de Paris s'était ren-\ndue au Festival Mozart, sans doute pour tâcher de faire oublier l'inintelli-\ngence de ses ancêtres et tout ce que Mozart souffrit de leur ladrerie, pen-\ndant son triste séjour à Paris.\nLe premier concert, donné le vendredi 23 mars, « sous le patronage de\nMme Madeleine Lemaire », (je ne savais pas que Mozart était peintre de\nfleurs) a été fort beau. Reynaldo Hahn dirigeait l'orchestre con amore,\navec beaucoup de goût et de vie. L'exécution fut pourtant un peu lourde\nparfois, notamment dans le menuet de la Symphonie en mi bémol, auquel\non finit par prêter l'allure d'une danse d'hoplites ; mais le finale fut déli-\ncieux d'esprit. Ce fut une excellente idée de faire entendre la Marche\nfunèbre des Francs-Maçons, qui annonce et égale presque celle de Y Héroïque.\nLe concerto pour violon. en la mineur, admirablement joué par Hayot et\npar l'orchestre, montre que Mozart est le seul (avec Haendel peut-être)\nqui ait su écrire des concertos pour son plaisir, et non pour l'embête-\nment d'autrui.\nLe second acte des Noces de Figaro réunissait une interprétation, que\nl'on peut dire « mondiale » ; car les chanteurs étaient Allemands, Italiens,\nHollandais, Américains, etc. Il y avait même dans le nombre, si je ne me\ntrompe, un Français. —Mme Lilli Lehmann a chanté le rôle de la comtesse,\nd'une façon assurément étonnante ; mais, hélas ! tout l'art du monde ne\nvaut pas la jeunesse de la voix.\nMlleHelbig a dit avec beaucoup de finesse le rôle difficile de Suzanne, et\nMlle rate a charmé dans le rôle de Chérubin (de Cherubini, comme\ndisait le programme). Mais le véritable succès de la soirée a été pour\nM. Mario Ancona, qui a montré ce qu'était le chant italien comparé au\nchant allemand, et combien cette musique de Mozart, qui est guindée et\nraidie dans un gosier germanique, n'a de sens et de vie que chantée en\nitalien et par un artiste italien, d'une belle voix souple et chaude. Au reste,\nplus on étudie le xvme siècle italien et allemand, et plus il est évident que\nMozart est un compositeur italien pour la presque totalité de son art. J'ajoute\nque lon est frappé du caractère constamment théâtral de sa musique :\nsymphonies, concertos, tout est scénique; ce sont des dialogues drama-\ntiques ou comiques, de petites scènes de Singspiel ou d'opéra buffa.\nJ aurais voulu aller au concert suivant du dimanche 2 5 mars. Mais, dans\nîa journée, Richard Strauss avait donné, au Châtelet, sa Symphonia Do-\nmestica ; et j avoue que j'aurais été incapable de rien entendre après la\nplus puissante symphonie allemande depuis la Neuvièmey une œuvre où\nj ai cru voir passer par moments l'âme même de Beethoven.\nROMAIN ROLLAND.\nSociété Nationale.\nLe concert du 31 mars, donné par la àla\ntoruin, ne comportait rien de saillant parmi les premières auditions.\ne utait par un long Prélude suivi d'une Fugue interminable, sur un\ndieme que M. Henri Thiébaut avait emprunté à Bach."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.29", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n363\n\nBach aurait certainement été très étonné d'entendre cela ; le public, lui,\navait plutôt l'air ennuyé, à telle enseigne qu'à la fin de la fugue il se de-\nmandait s'il fallait applaudir (ce qu'il fît modérément), croyant que cela\nallait continuer encore. Il n'y avait pas de raison pour que cela finît d'ail-\nleurs, et M. Thiébaut aurait dû introduire dans la fugue un autre sujet et\nmême un autre encore ; c'eût été parfait. Plus de vingt minutes s'étaient\nécoulées depuis le commencement de l'exécution !\nA quoi bon, mon Dieu ! prendre un sujet que Bach avait traité et « assez\nbien », n'est-ce pas, dans 1 'Art de la fugu ?\nDe la forme de l'œuvre, jouée par M. Arthur van Dooren, je dirai sim-\nplement que le prélude m'a paru bien construit et bien écrit, la fugue\nm'ayant plongé dans une douce somnolence dont me tira la pour\nvioloncelle de M. Daniel Lamotte.\nCette Chanson,qui cependant « ne casse rien », me parut délicieuse ve\nnant après l'œuvre rébarbative dont j'ai parlé tout à l'heure. M. Feuillard\nen donna une bonne exécution, malgré quelques petites défaillances insi-\ngnifiantes.\nJ'aime bien le poème lyrique « à celui qui n'est plus » de M. Léon\nSaint-Réquier. C'est une œuvre bien faite, équilibrée, expressive, pleine\nd'émotion sincère. M'ie M.-L. Braquaval en chanta le poème avec une sim-\nplicité émue, soutenuepar le quatuor Geloso dont j'aurai le plaisir de parler\ntout à l'heure.\nLa Sonatine de M. Maurice Ravel, quoique bien écrite et charmante, ne\nme plaît pas complètement ; je fais exception cependant pour la 2e partie :\nmouvement de menuet. Je reproche à cette œuvre, qui d'ailleurs n'est pas\ntoute récente, de contenir peu d'émotion ; c'est bien fait, cela plaît, amuse\nsouvent, mais c'est froid. M. Gabriel Grovlez en a donné une assez bonne\nexécution, mais il y avait néanmoins, à mon avis, autre chose à en tirer.\nAprès trois délicieuses mélodies, l'Av et de £. Chausson, et la\npetite lise de M. P. de Bréville, chantées par M»e Béclard, le concert se\nterminait par une interprétation superbe du quatuor à cordes de César\nFranck. Quelle musique c'est là 1 Et que l'on a raison de dire que rien de\ntel n'a été écrit depuis les derniers quatuors de Beethoven! Où trouver une\npareille beauté de forme, une si merveilleuse architecture et une telle jouis-\nsance expressive ? Voilà l'art et le vrai.\nJe termine en louant sans réserve MM. Geloso, Blotte, Monteux et Ter-\neis • le Quatuor Geloso possède toutes les qualités possibles à un quatuor,\nles premières sont une souplesse et une homogénéité incomparables, -on\nexécution de l'œuvre de C. Franck fut vraiment impressionnante.\nC. DE MALARET.\nLe Quatuor Parent.\nLa musique française contemporaine. - Dernière séance moderne et con-\nclusion de la Saison 1906.-Où le printemps commence, la musique\nfinit • voici, déjà, la douzième et dernière séance delà saison 190b . Seance\nau programme très imprévu, par suite de deux contretemps : un départ\nsubit de M. Marcel Labey nous a privés de ses deux mélodies que devait\nchanter M\"e Jeanne Bertaux; une indisposition non moins soudaine, et que\nnous souhaitons passagère, de Mlle Marthe Dron retient, maigre sa vaillance\néprouvée, la charmante pianiste loin du concert et nous prive de 1 aimab e\ndeuxième quatuor de Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire, et de la\nfière sonate de Vincent d'lndy, directeur de la Schola Cantorum\nrécente dont la première audition ne remonte qu au j février 1905 et\nqu'évoque si fièrement le concours habituel d'Armand Parent et de\nM'ie Dron !"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.30", "texte": "364\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nC'est grand dommage que la fâcheuse grippe sévisse à 1 car le\nrapprochement suggestif de ces deux ouvrages français nous eût grande-\nment instruits sur les origines obscures et la libre orientation de notre mu-\nsique française contemporaine... Aussi bien, toutes les œuvres aimables du\npoète un peu sceptique de la Bonne Chanson sont très connues des habitués\ndes séances annuelles du Quatuor Parent ; mais leur succès, universel\ndésormais, fut loin d'être spontané : faut-il rappeler le temps antédiluvien\n(quinze ans... grande mortalis cevi spati où le concours pianistique de\nM. Gabriel Fauré, pas encore poudré à frimas par sa jeune vieillesse, ne\nsuffisait pas toujours à faire venir le public? M. Gabriel Fauré, malgré son\ntalent spirituel comme son aimable génie, jouait plus d'une fois devant les\nbanquettes... Mais c'est de l'histoire ancienne ! Armand Parent, dont sa\nnature originaire des Flandres a fait un doux entêté, contribua fort, par\nson entêtement, à la rendre ancienne, cette histoire d'hier. Et comme il est\nentendu que lorsqu'une question d'art est en jeu, l'artiste qu'il est avant\ntout sacrifie volontiers toute considération de gros sous, Armand Parent\nn'a jamais cessé de jouer et, partant, d'imposer depuis 1892, les grâces\nmusicales de Gabriel Fauré. L'entêtement trouve, comme le mérite, sa ré-\ncompense en lui-même ; il n'attend rien de la gratitude officielle qui, pour\nhonorer quinze ans d'heureux efforts et d'âpres lances rompues en l'hon-\nneur de la musique française contemporaine, n'a rien de plus pressé que\nd'admettre au Conservatoire un jeune quatuor concurrent pour y faire\napplaudir les six derniers quatuors de Beethoven...\nVoilà comme on écrit l'histoire... de la musique. Et la sonate fière de\nVincent d'lndy, si fièrement enlevée par ses deux interprètes, vous aurait\négalement expliqué musicalement, c'est-à-dire avec toute la discrétion pos-\nsible, que les oeuvres altières, encore plus que les aimables ouvrages, ne\nreçoivent point d'emblée l'assentiment d'un auditoire même choisi! Le vio-\nloniste Armand Parent, cet entêté doublé d'un déclare aimer cette\nsonate d âme vraiment franckiste, comme une des compositions dont il se\ntrouve le plus honoré d'avoir spontanément reçu la dédicace. Et telle dé-\ndicace, comme le mérite, n'est-ce pas? console de tout.\nDonc, l'absence inattendue de la vaillante et jeune Walkyrie du piano,\nMlle Dron, nous a privés de minutes émouvantes et de comparaisons sug-\ngestives.\nCependant, même à la dernière minute, le Quatuor Parent ne reste\njamais court : aussitôt, MM. Parent, Loiseau, Vieux et Fournier sont venus\nnoub jouer comme ils savent le faire les deux curieux quatuors d'avant-\ngarde, signés Ravel et Debussy, le premier si curieusement et si person-\nnellement inspiré du second, dans sa courbe plus vague, si logiquement\net poétiquement greffé par un original sur cet op. 10 (1897) du futur no-\nvateur de Pelléas et Mélisande, et son chef-d'œuvre peut-être, au gré des\nâmes sages, avec son andantinode poésie nocturne et surnaturelle, où\na to reveur de M. Vieux semble soupirer telle romance sans paroles d'un\nVerlaine musicien... Et ces deux quatuors d'avant-garde\nrevenaient à propos nous confier l'état pour ainsi dire statique de la mu-\nsique contemporaine, la veille même de ce samedi plutôt bien rempli qui\nnous, eAn Proposait l'état dynamique sous ses deux formes très différentes :\nau ate et, le matin, répétition générale de la Symphonie domestique, c'est-\n3\"rn fa>™Hale,de lAllemand Richard Strauss, et, deux heures plus tard,\na pera-Comique, répétition générale de moins familiale du\nr rançais Camille Erlanger.\n1 c^^iant de auditu, le lendemain matin, le musical, le sentimental,\nle débordant, l'entraînant Poème symphonique de trois quarts\neure u poète de 1 orchestration, Richard Strauss, il nous plaisait"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.31", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n365\n\nD'evoquer, dans les profondeurs du souvenir, un quatuor, alors tout à fait\nclassique et brahmsiste,de ce même compositeur si fougueux depuis un\nCS du 6 mars 189-, à la Société Nationale! par l\"\nQu or Parent, moins de deux mois après le quatuor de Claude Debussv\nS\"^lCelU'-Ci' da\"S S°\" P<— <*■***\njiïÏÏJT? V DebUSSy LeS POl6B mUSiClUe m°der^\nhnni^8 Quel parti prendre, en effet, après ce colosse de la Sym-\nïîrnrp ue le miroir du Drame? Le suivre, en cherchant àle dépasser\nencore ; - ou autre chose, en abaissant discrètement la voix\nAjoutons aussitôt que la conviction puissante et le bel emportement de\nDomestique nous a réconciliés avec l'art jusqu'ici trop du vir-\ntuose orchestral Richard Strauss...\nMais revenons, la veille, à la dernière séance du Quatuor Parent. Seul\nreprésentant du programme primitif compromis par ce temps neigeux\nM. Jean Hure vient exécuter la partie de piano de sa confidentielle et\nsincere Suite sur des chants bretons pour piano, violon et violoncelle •\nquatre mouvements, animés ou langoureux, toujours sagement populaires'\nsur de vieilles mélodies du pays natal,\nLa terre de granit, recouverte de chênes.\nNotre vieil Obermann, qui vantait le pouvoir méconnu des « mélodies\nprimitives », se réjouirait au moins de l'intention. D'ailleurs, le maître\nVincent d'lndy, ce soi-disant wagnérien de Bayreuth que le trop spirituel\npeintre mélomane Jacques-Emile Blanche déclare uniquement nourri de la\nchoucroute d outre-Rhin, n a-t-il pas donné fierement le bel exemple en\nparfumant tout son œuvre des échos de sa montagne ? Comme son quatuor\n(op. 45) et sa récente sonate, sa dernière symphonie cévenole apporte\naux amis d'Obermann le témoignage définitif.\nEnfin, un prestidigitateur (dans le bon sens étymologique du mot) nous\nravit trop brièvement : c'est Ricardo Vines, faisant jaillir une triple étin-\ncelle : Mouvement(n° 3 des Imagesdebussystes) ;\ntemps, extrait délicat de la délicate suite pianistique En Languedoc, de\nl'original Déodat de Sévérac, dont nous attendons impatiemment, à l'Opéra-\nGomique, une première qui peut être une date; Scherzo, capricieusement\nmélancolique et capiteux, du regretté Borodine, et dont la difficulté n'ap-\nparaît jamais sous les doigts de l'exécutant. Sous les nerveuses mains de\nRicardo Vines, le Steinway devient un livre magique d'où les paroles\nmontent, mystérieuses...\nTelle fut la très intéressante conclusion de la seizième année de luttes\ngracieuses et d'heureux efforts du Quatuor Parent pour imposer à l'au-\nditoire français la musique française contemporaine, sans oublier\nBeethoven, ce maître des maîtres, parce qu'il fut souverainement humain.\nMais Beethoven, cet éternellement jeune, n'a point permis, cette année\nmême, que fussent délaissés les jeunes. Et, quelles que soient les circons-\ntances extérieures et momentanées, l'artiste Armand Parent ne sera jamais\nde ceux qui les délaissent. A la fin d'une pareille séance, conclusion d'une\npareille saison, son autorité douce et naturellement sérieuse doit sourire\nintérieurement en se rappelant le critique, aujourd'hui converti par la\nmode, qui destinait administrativement l'interprète de la sonate... de\nFranck aux Petites-Maisons ! « L'artiste a le devoir de faire admirer\nles œuvres fortes, de les imposer sans découragement, en ne s'inquiétant\nnullement si elles plairont d'abord ou ne plairont point. L'artiste est seul\njuge. Si le public n'est pas à même d'apprécier les belles compositions"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.32", "texte": "366\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nmusicales, fâutc provient uniciucnicnt des exécutants qui ne prennent\npas leur rôle au sérieux. Grâce à César Franck, à ses adeptes et continua-\nteurs, nous sommes actuellement à la tête du mouvement musical universel;\nnotre'tâche, la tâche des vrais interprètes, est d'amener le public à donner\nson admiration à ces maîtres nouveaux qui représentent si fièrement l'art\nfrançais... (i). »\nTelle est, depuis quinze ans, l'intime conviction d'Armand Parent, un\nde ces rares artistes chez qui l'action devient la sœur du rêve; et ceux qui\nle connaissent de près, MM. André Lamette ou Gustave Robert, les plus\nloyaux de mes jeunes confrères, ne sauraient démentir ce fier langage.\nAnnonçons enfin que les 4, 11 et 18 mai 1906,\"trois soirées de sonates\nseront consacrées fort à propos par M. Parent et Mlle Dron aux maîtres du\ngenre : Bach, Mozart et Schumann, encadrés par les novateurs contempo-\nrains : Franck, A. de Castillon, Lekeu, MM. Vincent d'lndy, Magnard et\nPierné. De belles soirées d'art en perspective !\nRAYMOND BOUYER.\nErratum. Ce qui s'énonce bien s'imprime clairement.;. Quelques phrases obscures de nos\nrapides analyses précédentes ont subi quelques altérations typographiques; prière de lire dans le\nMercure musical du i 5 mars 1906, page 268, ligne 26 : « une sympathie mystérieuse es* impé-\nrieuse à ce point... » etc.\n• R. B.\nConcerts Kleeberg.\nAprès une première séance de haut style, qui conduisait l'auditeur de\nJean-Sébastien Bach à César Franck, Mme Clotilde Kleeberg a consacré sa\nseconde et dernière soirée plus romantique, du 4 avril, à Beethoven,\nSchumann et Chopin : la sonate en ré majeur (op. 28), surnommée\ntorale, déroula d'abord ses rythmes aériens et ses rafraîchissants lointains\nde poésie cristalline, toute beethovénienne, sous ses doigts ailés ; les Davids-\nbïtndler (op. 6) racontèrent poétiquement les innovations pianistiques et\nle génie varié de Robert Schumann en passant, pendant vingt-huit minutes\nconsécutives, de sa mémoire impeccable à son Erard docile ; et Chopin\ncapricieux nous enivra comme jamais : sa valse mélancolique en la mineur\nfut un enchantement; son nocturne (op. 55, n° 2) fut un poème évocateur\nde i83o; après la saisissante ballade en mineur, de nombreux rappels\ndiscrets et dignes de la haute artiste ont témoigné justement à cette reine\ndes pianistes féminins larespectueuse reconnaissance d'un auditoire conquis :\nreine du piano, Mme Clotilde Kleeberg l'est simplement, mais souveraine-\nment, par une qualité toute personnelle d'art sobre et vivant dans la dis-\ntinction des sonorités; nous ne lui ferons l'injurieux compliment de lui\ncrier qu'elle est la perfection même, car ce mot implique toujours, en\nfrançais, quelque chose de froidement et de correctement égal ; et rien de\nplus animé que son goût. Jamais depuis les inoubliables soirées de Risler,\ninterprète de Beethoven, le délicieux op. 28, en majeur, n'avait sonné\nde cette manière limpide et suavement forte en ses caprices pastoraux :\nc'était un souffle de l'atmosphère loyale d'autrefois... Et ce fut la joie saine\nde tous les amoureux d'art, ce goût, ce tact, cette harmonie, cette mesure,\ncette grâce animée sans effort, ce parfum d'atticisme en l'interprétation des\nmaîtres, après tant d'excentricités contemporaines et de cabotinages cos-\nmopolites !\nRAYMOND BOUYER.\n\n(1) Paroles rapportées par M. André Lamette dans le Journal musical du i 5 février 1906."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.33", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n367\n\nSociété Beethoven (saison 1906 ; r® année).\nA côté des grandes associations musicales, l'initiative individuelle a beau-\ncoup fait pour la gloire des maîtres : en trois festivals récents, Reynaldo\nHahn manifestait sa piété pour Mozart devant un cénacle des plus mon-\ndains ; et, pendant toute la saison, dans une atmosphère plus recueillie, la\nSociété Beethoven, créée parle jeune graveur mélomane Jacques Beltrand,\ndigne fils de son regretté père, a donné les dix-sept quatuors beethové-\nniens, correctement exécutés par le quatuor de la fondation Beethoven :\nMM. Tracol, Dulaurens, Monteux et Schnéklùd. On n'a pas entendu, pen-\ndant un seul hiver, tout Beethoven ; mais il y a des beethovéniens qui ne\ndésirent pas tout connaître... Une sélection seulement, des morceaux\nhabilement choisis par Jacques Beltrand parmi les nombreux chefs-d'œuvre\ndu génie, ont rapproché des dix-sept quatuors les plus célèbres trios (op. r,\nn<> 3 ; op. 70, n® i ; et le trio à l'Archiduc, op. 97) ; la sonate, piano\net violon, en ut mineur (op. 30, n° 2) et la sonate à Kreutzer (op. 47) ; le\nseptuor de jeunesse (op. 20), pour lequel l'auteur génial devint trop\nsévère ; le grand air de Fidelio,plusieurs parmi les plus expressifs,\nle Chant élégiaque(op. 118), trop rarement entendu... L'admirateur de\nBeethoven avait groupé des pianistes diversement renommés : Mlles Cécile\nBoutet de Monvel et Blanche Selva ; Mmes Marguerite Jacquard et Monteux-\nBarrière ; MM. Ricardo Vines et David Blitz ; et parmi les cantatrices les\nplus applaudies M mes Jeanne Raunay, Jane Arger, Marthe Philip, Auguez\nde Montalant, et Mi'e Mary Pironnay. Contribution nouvelle au culte rendu\npar un nouveau siècle à l'universel génie de Beethoven, à ce consolateur\nsouverain, qui n'a jamais connu de consolation !\nRAYMOND BOUYER.\nAuteurs modernes.\nSalle gaie, enthousiaste, jeunes espoirs, conviction et ardeur, croyance\ndans l'avenir de l'art ; pour la plupart : des amis, des camarades, des\nartistes, voilà ce que présentait à l'auditeur la où M. et\nMme Bénédictus ont organisé une audition musicale d'auteurs français\nmodernes le 24 mars et auxquels on doit de chaleureux remerciements pour\nune soirée aussi intéressante.\nLe programme était très considérable : plusieurs œuvres inédites ou à\npeine parues ont charmé le public.\nMaurice Ravel était présenté par la et de\nsa Shéhérazade et l'amusant Noël des (les paroles sont du composi-\nteur même), qui ont été interprétés avec sa maîtrise et son intelligence\nhabituelles par Mme Bathori et admirablement accompagnés par l'auteur.\nM. R. Vines qui a joué du même auteur la Vallée des Cloches et l'Al-\nborada del Graposo(des Miroirs)était disposé d'une façon saisissante :\nune mélancolie se dégageait et enveloppait chaque phrase de la\nCloches. Elle pénétrait même la verve de VAlborada, ce qui lui donnait un\ncaractère tout à fait particulier.\nComme cette humeur de l'artiste était en harmonie avec la mélancolie\nprofonde et sentie du Coin de cimetière au de Déodat de Séverac,\ndont il a aussi interprété A cheval dans la prairie {En Languedoc). Deux\nchants exquis du même auteur : Temps de neige, et A l'Aube dans la mon-\ntagne, ont été chantés avec beaucoup de pénétration et de noblesse par\nMUe Mary Pironnay, qui a bien voulu remplacer Mlle Cesbron.\nMme Max Soulier a chanté d'une façon charmante et discrète des mélo-\ndies très intéressantes de M. Vuillermoz deux chants populaires très"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.34", "texte": "368\nLE MERCURE MUSICAL 15\"IV-05\n\nexpressifs et joliment harmonisés et les ingénieuses Dionysies, acompagnées\nfort bien par l'auteur même.\nIl y avait de grands ensembles (vu les proportions de la salle), com-\nposés de double quintette d'instruments à vent et harpe (MUe Inghelbrecht)\nqui ont joué (hélas ! les répétitions n'ont pas dû être nombreuses) le\nPoème sylvestre de Inghelbrecht et puis un autre ensemble, la Fan-\ntaisie japonaise de M. Lutz écrite pour 2 flûtes, violon, violoncelle,\nharpe, une œuvre jeune, sans prétention, sympathique ; la flûte charmeuse\nde M. Gaubert y a fait merveille.\nCitons enfin avec éloges des pièces de Fl. Schmitt pour 2 pianos, inter-\nprétées par M. Chadeigne et l'auteur, des mélodies du même, d'autres de\nM. Inghelbrecht chantés par Mlle Colas, qui ajoutaient à l'attrait de ce beau\nprogramme.\nM. B.\nEdition Mathot. Ecole des Hautes Etudes sociales.\nLe 3o mars, au bénéfice des victimes de Courrières, l'éditeur Mathot\norganisait de son dernier cru un concert d'oeuvres inédites. Nous fîmes le\ntour de ses jardins, où il y a quelques fleurs rares à cueillir et bien des\nfruits verts à laisser sous cloche. Je ne marcherai pas sur les plates-bandes\net je tiendrai mes chiens en laisse. Tout de même, malgré tant de bienfai-\nsance, cette soirée fut parfois enfantine, à en sourire ou à en pleurer.\nEnfants terribles, qui, avant de savoir écrire, n'ont pas su se borner 1 II\nn'y a rien à redire aux mélodies de M. Jean Huré, sinon qu'il n'y a rien à\nen dire, malgré le talent de l'interprète. Dans ce pêle-mêle de beauté et de\nnaïveté, les « reflets d'Allemagne » de M. Florent Scbmitt ont émergé pour\nnotre joie. Quatre valses lentes écrites pour piano à quatre mains évoquent\ntour à tour Heidelberg, Coblentz, Lubeck et Werder, tout le charme\nromantique et langoureux d'une Allemagne de rêve. Une très douce quié-\ntude voile de mélancolie les cadences rythmées, comme certains thèmes\ndes làndler de Schubert, que reflètent ces mélodies sobres de couleur et\nd'un style tout classique. Le Jardin d'amour de M. Emile Vuillermoz a été\nfinement détaillé par Mme Mayrand. Il y a bien de l'esprit et de l'art dans\nce libertinage vieillot et attendri. C'est ainsi que quelques œuvres fraîches\net vives firent cette soirée de bienfaisance vraiment bienfaisante.\nAu siège de Y Ecole des Hautes Etudes dans un hall métallique qui\nsemblerait une halte pour train de banlieue s'il n'avait l'air triste d'une\nsalle de prêche, pour un soir, la salle s'est ouverte aux féeries du rêve, et\nun bouquet de sons raffinés s'est effeuillé fleur à fleur.\nD abord le quatuor de Maurice Ravel, d'une émotion juvénile et char-\nmante, que les jeunes artistes du Quatuor Luquin ont su traduire avec\nautant de finesse que de précision ; puis les trois Pièces pour piano d'Albert\nRoussel, récemment jouées à la Société Natipoétiques toutes trois, la\npremière plus parfaite que les autres peut-être, bientôt suivies du poème\nEn Languedoc de D. de Séverac, où Mlle Selva, qui vient de terminer sa\nsérie annuelle d hommages à Bach, montre la plus exquise délicatesse de\nson et de sentiment. Enfin Mm® Fourrier, admirablement accompagnée par\nune trop modeste anonyme, a chanté avec une extrême intensité d'émotion\nde jolies choses de P. de Bréville, D. de Séverac et M. Ravel, et de belles\nmélodies de Cl Debussy dont elle est la digne interprète. Et le public a\nretrouvé avec joie, dans la Shéhérazade de Ravel, invitation aux voyages\nimaginaires en de chatoyants pays, la voix si fraîche et si parfumée, si\nvivante et si naturelle surtout, de M»e Marguerite Babaïan, déjà applaudie\na a conférence du lundi 26 mars pour un admirable chant de muezzim,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.35", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n369\nLE MERCURE MUSICAL.\n24\n\narabesque sonore dont elle fit valoir avec un art exquis les fins détails.\nEnfin, la conférence du 2 avril était illustrée d'une mélodie de Balakiref,\nan géorgien, ou la voix de M. Moughounian fut admirable, et d'une\ndanse javanaise, directement transcrite pour piano à quatre mains (d'après\nune partition authentique), par M. Louis Laloy : « musique grave et glis-\n! °tl ?nî, d6S SOns de §on§s et de cloches, musique insaisis-\nsable et bientôt hallucinante », ainsi que dit un jour le grand poète\nernaeren, musique ressuscitee pour quelques instants devant nous, dans\na riche parure de ses sonorités mêlées, et saluée d'un enthousiasme una-\nnime, cependant que M\"e Chouchik Babaïan, preste et furtive, regagne sa\nplace et ne veut pas agréer nos remerciements pour ses belles et intelli-\ngentes sonorités. JOSEPH TRILLAT.\nSchola Cantorum. M. Sauer. Landowska. M. Duttenhoffer.\nA la Schola Cantorum, le programme du cinquième concert mensuel\ncomportait la Passion selon saint Jean de J.-S. Bach. Jouée déjà plusieurs\n.on reprenait pour nous démontrer sans doute qu'elle n'est pas\ninférieure à la Passion selon saint Matthieu. Solistes, chœur et orchestre\nqui s'appliquèrent à tel point qu'on vit le plus barbu des contrebassistes\ns assoupir durant un récit et, réveillé en sursaut par l'allégro suivant,\nplonger éperdument sur son pupitre qui manqua de choir. Cette passion\ndure d ailleurs deux heures et demie, dont le tiers est pris par des récits\nde convention où Bach violente la musique pour la force à chanter:\n« Et 1 inscription fut faite en trois langues, en grec, en hébreu et en latin. »\nSolistes médiocres : Cazeneuve avec moins de voix que jamais, M. Gibert,\nténor moins grotesque qu'un M. Leclercq dont les deux phrases du servi-\nteur eurent un joli succès d hilarité, la basse Bourgeois sans voix ni style.\nM. Gébelin, Mme Legrand et M 11\" Pironnay furent excellents. Les chœurs\nsont admirables, et furent chantés avec beaucoup d'expression.\nJ'ai plus de plaisir à signaler, à la Scholle concert annuel de MUe 81. Selva\net de M. G. Bret, qui ont interprété les œuvres pour piano, et les trois\nchorals d'orgue du père Franck avec toute l'onction et en même temps\ntoute la force qu'exige cette musique merveilleuse. Cependant, l'année\nprochaine, Mlle Selva fera bien d'omettre la œuvre de com-\nmande écrite dans le supplément d'un journal mondain et qui n'est pas à\nsa place entre Prélude, Choral et Fugue et (1).\nM. Emile Sauer est certainement un virtuose parmi les virtuoses du\nclavier. Il joint à une souplesse du poignet et des doigts une puissance de\nson extraordinaire, et les difficultés de tout genre sont pour lui jeux d'en-\nfant. Cependant je suis sorti de deux de ses concerts avec une sensation\nde lassitude et d'étonnement, étonné des tours de force qu'il exécute le\nsourire sur les lèvres, lassé de la quantité infinie de notes que j'eus à subir.\nPeu émouvant dans la Sonate (op. 109) de Beethoven, il fut bien meilleur dans\nla Sonate (op. 35) de Chopin, dont la fut vraiment l'exal-\ntation de la finis Polonice.Son triomphe fut le de Schumann\nqu'il dut bisser et une série de morceaux de concert dont il est l'auteur. Je\nne comprends pas qu'en 1906 on ose encore jouer, il est vrai qu'on trouve\nbien un public qui applaudit, des morceaux intitulés (étude de\nconcert) ou les Délices de Vienne (valse de bravoure), qui nous ramènent aux\n\n(i) Dans le compte rendu du dernier concert d:élèves (p. 321), il faut lire Grate-\nrolle et non Gravollet. Toutes nos excuses, pour cette erreur typographique, à l'excel-\nlent professeur. Au sujet de ce même concert, M. de Serres nous écrit une aimable et\nintéressante lettre qui sera publiée dans notre prochain numéro."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.36", "texte": "370\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\ntemps de Kalkbrenner et Hummel. Composés de traits extravagants, de\ngammes en octaves dans un mouvement de presto et d écœurantes\nromances, de telles œuvres sont peut-être utiles pour donner des doigts,\nmais ne sont nullement dignes de voisiner avec des chefs-d œuvre comme\nle Carnaval de Schumann ou V Appassionata\nBien plus intéressant, parce que plus artistique, le concert de\nMme Wanda Landowska, qui évoque toute l'âme de la musique aux xvne et\nxvnie siècles. D'exquises pastorales de Bach, la du père\nMartini évoquèrent les grâces poudrées et enrubannées des Trianons. Le\nRappel des oiseaux de Daquin, la Fuga de Bach et un\nCoucou, que j'ignorais, de Pasquini et qui est digne de rivaliser avec\ncelui de chantèrent la forêt frémissante de ses aimables hôtes s'en\ndonnant à pleine gorge. JMais la partie la plus intéressante et la plus nou-\nvelle du programme fut la Kermesse. Des danses villageoises : bransles,\ngavottes et rondes évoquèrent Téniers et toute l'école des petits-maîtres\nflamands, peintres de ducasses pittoresques où des fermiers bons vivants\nlutinent d'accortes servantes en dansant et trépignant aux sons des vielles\net des cornemuses. Une pièce surtout de Fr. Couperin le Grand, les\ngleurs, Sauteurs et Saltimbanques, avec qui est une\nvéritable pièce symphonique pour clavecin, obtint le plus grand et le plus\nmérité des succès. Il est vrai que Mme Landowska est l'interprète idéale d'une\npareille musique. J'ai déjà dit combien elle fut exquise chez Colonne,\ndans le Concerto en miï de Mozart, je ne pourrais que me répéter et vous\nengage, si vous ne l'avez point encore entendue, à ne pas manquer son\nprochain concert. Composés avec un goût impeccable, ses programmes com-\nportent toujours un très grand enseignement d'esthétique musicale. A\ncombien de virtuoses peut-on décerner un tel éloge ?\nCe n'est certainement pas à M. Duttenhoffer, qui impose à son auditoire\nun Concerto de M. Th. Dubois aussi intéressant que son auteur. Un allegro\npoussif, un adagio geignard et un finale naïvement vulgaire durèrent\nquarante minutes. C'est long, et le métier de chroniqueur musical n'est pas\ntoujours follement gai. L'Havanaise de Saint-Saëns et une Fantaisie de\n6. Huë qui finit et recommence trois fois avec un essai de pittoresque\norchestral de pacotille ne furent pas d'une musicalité supérieure. Seule la\nSymphonie espagnole de Lalo représentait la musique avec, il est vrai,\nl'ouverture d'Egmontet le ballet délicieusement fiûté par\nM. Hennebains, sous la souple direction de M. 6. Marty.\nC. C.\nConcert Y. Morpain,\nDu Schumann interprété avec une très émue simplicité, avec beaucoup\nd'intériorité. Pas de fracas, pas de gestes excessifs, une sonorité profonde,\ntour à tour délicate et puissante. Du Schumann vraiment schumannien,\nsi l'on peut s'exprimer ainsi. Oh! la pénétrante évocation d'un rêve, con-\ntemplé les yeux clos, pour ne pas voir le clinquant de la réalité.\nEt, par ces temps de cabotinage, un pianiste sur lequel le vent de vir-\ntuosité, secouant à outrance de si nombreuses têtes musicales pseudo\nn'a pas de prise, cela est notable... en blanches, en noires, en croches et\nen soupirs si l'on veut, mais certes pas en pauses.\nADRIANNE.\nM. Llorca.\nLe 9 mars a eu lieu, Salle Washington,le concert de M. Llorca très\nréussi. Parmi les artistes qui prêtaient leur concours : MHes Ch. Melno\net Claire Blot. La première s'est révélée cantatrice et musicienne con-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.37", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n371\n\nsommée, particulièrement dans l'air: e Schumann qu'elle\nentendu D® U deux/ème les lecteurs du Mercure ont déjà\nentendu parler. Notre dernier numéro relatait, en effet les succès Qu'elle\navait obtenus dans une récente journée où elle jouait des pièces de R Hahn\nFautif H? ?larb?ne-, 7,°US av°ns eu à I>aPPlaudir l'autre soir dans là\nFantaisie de Sporck qu elle avait fait brillamment acclamer le premier à la\nsociété des compositeurs. C'est une artiste destinée à faire valoir supérieu-\nrement le bel instrument de M. Lyon, car au talent nécessaire à un prix du\nConservatoire elle joint la grâce et l'amabilité, qualités qui font hélas t\npresque totalement défaut à bien des étoiles de la harpe.\nApres les interprètes, un mot des oeuvres, celles seulement dont les\nau eurs des jeunes ont besoin d'être encouragés et soutenus dans leur\nprogrès artistique.\nLa Fantaisie de Sporck ne m'appartient plus. L'accueil chaleureux qu'elle\na reçu plusieurs fois du public me laisse seulement le soin de l'annoncer\ncomme définitivement lancée grâce à la virtuosité de sa créatrice.\nM. Rhené Bâton s est montré à nous sous un double aspect.\nsons douces ont été 1 occasion d'un beau succès pour M\"e Melno. Cette jolie\nmusique avait d ailleurs tout ce qui était nécessaire pour cela.\nM. Llorca a triomphé dans 2 préludes pour piano. Autant à dire pour\ncette composition que pour la précédente.\nEnfin le sympathique pianiste avait eu la bonne idée de continuer par\nune Etude de Jules Cohen. Les auditeurs ont montré par leurs applaudis-\nsements tout le cas qu ils faisaient du talent de M. Llorca et de la valeur\nde la musique qu'il interprétait si bien.\nC'est avec regret que les amateurs de musique allemande ont vu se ter-\nminer, pour cette année, les séances du Dr Lulek à Cet admirable\nbaryton n'était pas d'ailleurs un inconnu pour le grand public parisien, si\nj'en crois un vieux numéro du Gaulois que j'ai actuellement sous les yeux et\ndont j'extrais ces lignes : « M. Lulek, le distingué baryton viennois qui révo-\n« lutionne en ce moment le monde musical à Paris, après ses triomphes en\n« Autriche et en Allemagne, aobtenu un succès sans précédent. Pour mettre\n« fin aux ovations frénétiques, M. Lulek a dû chanter 5 lieder supplémen-\n« taires. » J'ai dit que le Dr Lulek était connu, je peux ajouter qu'il l'est fort\navantageusement.\nDans les 4 soirées qu'il vient de donner, il a fait entendre des compo-\nsitions de Schumann, Brahms, Strauss, Wolf et Schillings, compositions\npour la plupart inconnues en France. Ses programmes comportaient en\noutre des exécutions au piano et pianoforte des mêmes auteurs. Il suffira\nde citer les noms des interprètes : la délicate Mme Landowska, MM. Herz\net Thalberg, enfin l'étonnant Ricardo Vines.\nEn un mot, le succès a été parfait. Le public tout de choix, non pas une\nmasse indifférente venue là comme ailleurs, —non, une sélection de musi-\nciens en parfaite similitude de goûts et de vues musicales avec l'artiste, a\nfait le meilleur accueil au grand chanteur et à ses excellents collaborateurs.\nTous seraient heureux, j'en suis persuadé, d'applaudir encore le Dr Lulek\nl'année prochaine.\nC'est le meilleur éloge qu'on puisse faire de ses dons naturels merveil-\nleux et de son talent d'interprétation si dramatique.\nJe serais bien coupable si j'oubliais l'accompagnateur, Eug. Wagner.\nSon rôle était loin d'être effacé, car chacun sait que l'accompagnement de\nla mélodie allemande exige de véritables qualités de pianiste, interpré-\ntation, virtuosité même, que M. Wagner a montré, spécialement dans la\nséance Strauss, posséder au plus haut point."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.38", "texte": "372\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nTandis que pour venir en aide aux veuves et aux orphelins de Courrières,\nles chanteurs populaires ramassaient des sous dans les rues et les cours,\ntandis que dans les grandes salles, grâce au concours de célébrités artis-\ntiques et la haute société entassait des piles de billets de\nbanque, les jeunes de France, dont le cœur est grand, mais, hélas lia bourse\nbien légère, arrivaient à obtenir du cercle de leurs relations des pièces\nblanches, voire même des louis.\nLa musique n'ayant pas la majeure partie du programme, je\npeux seulement mentionner qu'elle a participé à l'exécution des plans\ngénéreux d'une petite société amicale artistique, fondée récemment par un\njeune littérateur, René Serout, auquel est certainement réservé l'avenir le\nplus brillant.\nMentionnons enfin le grand succès obtenu par Mlle Sara Pestre, harpiste\nexquise, au concert si intéressant d'ailleurs que donnait, le 7 avril, M'ievan\nGelder avec le concours de MM. Fleury et Petit. Ce sont là des soirées\nconsolatrices. P- D.\n\nA L'OPÉRA-COMIQUE\nLouis de Gramont et Camille Erlanger : Aphrodite, pièce musicale en sept tableaux.\nJe n'étonnerai personne en avançant que M. Louis de Gramont n'a pas\ntranscrit en ses vers blancs toutes les scènes du roman de Pierre Louys.\nFaut-il le regretter ? Non certes, car le livre, malgré tout le talent de l'au-\nteur et l'ampleur de son érudition apocryphe, ne laisse pas que de dégager,\nà la longue, un certain ennui : trop de fleurs, comme dit l'autre, et surtout\ntrop d'embrassades à la ronde et trop de lits défaits ; un air lourd et chargé\nde fades parfums, un relent d'alcôve qui obsède et qui finit par écœurer.\nCes tendres ébats perdent leur charme et leur attrait à force de se répé-\nter ; c'est une loi assez connue pour que je sois dispensé d'insister. On\njuge de ce qu'il en fût advenu àla scène, avec une réalisation incomplète\n(je l'espère) et gauche (je le crains).\nJe me hâte d'ajouter, pour l'honneur de notre Opéra-Comique et la con-\nfusion du député Jumel, qui voudrait en faire « le rendez-vous de toutes les\njeunes filles », que le sujet reste tel quel. Chrysis (laquelle n'est pas juive,\nmais bien galiléenne) n'est pas devenue une martyre chrétienne, il s'en\nfaut, et elle peut se vanter, avec un légitime orgueil, de ne s'être encore\nrefusée à personne ; quant à la jetée du port d'Alexandrie, où viennent et\nvont Myrto et R'nodis, et Tryphéra, et Séso, et Mousarion, et tant d'autres\naimables filles, trottineuses d'un monumental trottoir, c'est bien la jetée-\npromenade d une plage d'amour ; l'heure choisie par les belles solliciteuses\nétait, à cette époque reculée, proche du coucher du soleil : un très beau\ncoucher de soleil d'ailleurs, qui passe au mauve, puis au violet sombre et\nse perd enfin dans une nuit orientale où les blancheurs des maisons et du\nphare verdissent doucement et se fondent sous la lune. C'est à ce moment\nque la capricieuse Chrysis, aux cheveux d'or (parait-il), exige du beau et\nténébreux sculpteur Démétrios le don de trois objets, qu'il faut voler : le\nmiroir de Rhodopé, le peigne de l'antique reine Nitaoukrit et le collier de\nperles de la statue d'Aphrodite.\nOn devine la suite : la promesse tenue, la récompense généreusement\naccordée à ces gages d'un désir insensé ; puis le caprice cruel de Démétrios\npresque aussitôt lassé : il faut, pour ranimer son amour défaillant, que\nÇarysis affronte la mort, parée des objets volés, et qu'elle soit condamnée\na mort en effet, et jetée en prison. La ciguë est bue déjà lorsqu'il arrive,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.39", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n373\n\net ne trouve rien de mieux à faire qu'à mourir également. Entre temns\nnous; n'avons pas échappé au festin'chez Bacchis\", ni au crudfiemln? dé\net Grand Drêtre à n' \"î,4 ?\"\"? du temPle> aïec courtisanes sacrées\ng n pretre a barbe blanche (si vraiment il y avait un prêtre d'Aphro-\ndite, etait-il nécessaire de le prendre si vieux ?)\nM. Camille Erlanger, dans un entretien préliminaire que le du\n26 mars nous a conservé, s'est déclaré frappé, dès l'abord, par le carac-\ntère lyrique du conte de Pierre Louys. Ce « caractère lyrique >, qui s'est\nobstinément dérobé a mes investigations dans un roman tout descriptif\nsorte de Salammbôalexandnne, ressort un peu mieux de l'adaptation que\nje viens de résumer. Encore reste-t-il d'une qualité assez discrète et fort\nconventionnelle : il ny a pas moyen de prendre un seul instant au sérieux\nune aussi invraisemblable aventure, et tous ces beaux discours ne se\npeuvent admettre que tempérés d'un demi-sourire : sans doute, je vois bien,\nj entends, c est un crime d amour, trois crimes d'amour même, plus un\nquatrième beaucoup plus grave, qui est de laisser condamner Chrysis sans\nse dénoncer soi-même. Mais c'est surtout un prétexte à d'agréables spec-\ntacles et a de jolis entretiens. M. Camille Erlanger a fait un gios contre-\nsens en prenant, du commencement à la fin, son sujet au tragique. Et\nquel tragique !Il ne peut être question de désir sans qu'aussitôt des\nmotifs tortueux serpentent à travers tout l'orchestre ; pour un oui, pour\nun non, des tempêtes se déchaînent au quatuor, l'harmonie souffle des ra-\nfales ; le duo, l'inévitable duo du troisième acte, d'abord debout, puis demi-\ncouché (toujours très convenable, d'ailleurs), est traversé de cuivres horri-\nfiants ; les âges précédents savaient moduler sur le hautbois ou la viole de\ntendres plaintes et de profonds soupirs ; il était réservé au xxo siècle d'in-\nventer le trombone d'amour. Avec cela, cette musique n'est pas méprisable.\nE le est lourde, mais non vulgaire, appliquée, mais sans pédantisme, et\nles sonorités, prises en soi, en sont fortes et nourries, et sensiblement moins\népaisses que ce que l'auteur nous avait fait entendre jusqu'ici. Mais je ne\nparviens pas à saisir le moindre rapport entre les sentiments qu'il prétend\nexprimer et cette musique haletante et pesante, perpétuel chant de la forge,\nmais d'une forge sans feu. C'est de la musique de gros, de très gros mélo-\ndrame. Quant au chant, il est d'une fausseté de ton inconcevable, prolon-\ngeant indistinctement toutes les notes, et soudain, sans raison, pour illus-\ntrer le mot « collier », par exemple, ou « Touni, la femme du grand prêtre ».\nou tel autre aussi insignifiant, saisi de contorsions bizarres, dégingandé\nen sauts de septième ou d'octave qui touchent de bien près au grotesque.\nRestent les quelques passages où M. Erlanger n'a pas cherché une émo-\ntion que la nature semble lui avoir refusée : de jolis effets de flûtes et de\nglockenspiel ici, ailleurs des quartes et quintes parallèles qui sonnent\nagréablement, des danses assez gracieuses, quoique le motif en soit bien\npauvre ; et puis, dans la scène de la prison, un accompagnement continu,\nune sorte de basse contrainte, d'une couleur sombre et douce, où l'on\nretrouve (et ceci est un éloge) un peu de la manière de M. Massenet dans\nses bons jours. Ailleurs, dans la scène du temple, je crois reconnaître une\nmarche de nuit, qui me rappelle, avec plus de science, un passage analogue\nde l'Enfance du Christ. Nul pouvoir expressif, d'ailleurs, en ceci, et bien peu\nde pittoresque : on croirait que l'auteur a écrit sa musique d abord, et qu on\nlui a fourni ensuite un poème de longueur appropriée, qui s est trouvé\nêtre un poème antique et païen, mais qui pouvait tout aussi bien se situer\nen Allemagne, en Pologne ou en Judée, et mettre aux prises des soldats ou\ndes marchands, des prêtres ou des laboureurs, en un sujet comique, tra-\ngique, héroïque, rustique, religieux, symbolique, réaliste, ou généialement\nquelconque. Quelconque, voilà l'épithete qui convient le mieux à c^tte"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.40", "texte": "374\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nmusique honorable et impersonnelle comme l'ameublement d'un riche\nsalon bourgeois. Il y a des moments où je la préférerais mauvaise, et\nregrette presque M. Bruneau et ses touchantes maladresses.\nLes journaux quotidiens ont trop vanté l'élégance et la prétendue har-\ndiesse des costumes pour que je m'attarde à les décrire après eux. Certains\nn'ont même donné de la pièce que des comptes rendus couturiers ; je\nn'insisterai pas sur l'ironie involontaire du procédé.\nDonc MUe Garden porte au premier acte un fort beau péplos de soie\njaune, recouvrant une tunique plus décolletée qu'il n'était d'usage dans\nl'antiquité, mais moins que beaucoup de corsages aperçus dans la salle\nle soir de la première.\nIl y a au second tableau beaucoup de voiles de gaze sur les épaules\ndes courtisanes sacrées, et beaucoup de corsets aussi, très apparents et\nqui étaient, paraît-il, nécessaires. Mlle Garden, au moment où elle se\njette dans les bras de son sculpteur, est revêtue d'une tunique rose dont\non doit dire qu'elle est « couleur de chair », et la « déshabille» audacieu-\nsement. Et nous la retrouvons dans la prison, gémissante sur son matelas\nen des postures d'Androgyne, toujours en grand décolleté, Phryné obs-\ntinée et mal récompensée. Et tout cela serait fort bien, si elle chantait\ndune voix moins traînante, et avec un accent anglais moins prononcé :\nEt por moâ, ne veux tiu pas preundre\nUn petit p'eigne qui me p'leait ?\nDèmètrious, Dèmètrious !\nM. Erlanger, toujours dans l'entretien historique relaté par le Figaro,\nnous avait avertis d'avance que le rôle de Chrysis serait un grand succès\npersonnel pour Mlle Garden. Je veux bien; mais retrouver Mélisande affublée\nen Chrysis ! La chute est profonde. Quant à M. Beyîe, en statuaire amou-\nreux, il nous était recommandé d'admirer sa « superbe plastique». J'ai\nsurtout admire sa belle diction, sa voix puissante et ses fortes lèvres de\nsatyre, apparentes sous la iausse barbe courte. Mlle Friché, en Bacchis, est\nplus vulgaire qu'il ne faudrait. Quant aux autres, on trouvera, dans le\nnuméro du Figaro précité, un petit mot aimable de l'auteur reconnaissant\nà chacun et chacune de ses interprètes. Pour ma part, je ne retiendrai que\nMii° Badet, au corps svelte sous des voiles que nul tutu ne profane, dont\nles danses furent une merveille de grâce légère et preste : des attitudes\nimitées de 1 antique, c est-à-dire (contrairement au préjugé répandu encore)\nexquises de fantaisie et de verve ; un soupçon d'orientalisme, fort discret,\nmais bien en situation ;et surtout une fougue juvénile, une sincérité\njoyeuse, qualités de premier ordre dans un art qui, comme la danse, est\nune création perpétuelle. Toutes les danses sont fort bien conçues d'ailleurs,\net surtout les danses lentes de la scène du temple. Quant aux décors, ils\nfort beaux, et MM. Carré et Jusseaume furent les vrais héros de la\nsoirée. Cette perspective de cyprès qui montent derrière le temple, mirés\ndans un bassin calme, jusqu'au ciel pâli par l'aurore, ou bien ce palmier lan-\ngoureux qui penche au côté de la vaste baie ouverte au fond de la salle,\nou encore, par la fenêtre de l'atelier, la vue d'Alexandrie, avec ses maisons\net ses temples aux pures blancheurs, ou enfin la mélancolie nocturne des\njardins d Hermanubis et de leurs grands arbres sombres, furent des tableaux\n81 parfaits et si poétiques, qu'à les contempler ou se fût passé volontiers\nV\" rf CTrant' et orchestre, et de paroles, et de drame, et même de costumes\nde Redfern.\nLouis LALOY.\nrelis mon article et me demande si je n'ai pas été trop sévère."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.41", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n375\n\nmalgréntouî> est srande et féconde, lorsqu'elle inspire d'aussi\nl 7 1 Q 1 4\" A 11\" i. •\noù commence le compte rendu d'un de nos\nSnnlÏÏ !întS Cntlqu?s musicaux, qui fut aussi le collaborateur occa-\nsionnel du Mercure musical : A. Mangeot:\nSi notre morale reposait sur des bases\ndesi°^nes ffoz'fset laids> «\nLou s 'l9UVer admirable roman de beauté, d'amour et de volupté de M. Pierre\nSans livrer à la vue les détails intimes\nmoins souillée que la nôtre, on aurait pu sanctifier publiquement la beauté\ncorporelle et montrer le noble tressaillement,\nL extase divine que peut causerie spectacle d'une belle forme nue.\nMais la morale s'y oppose, la loi l'interdit. Pourquoi le dévêtissement d'une\nfemme est-il impudique ? Pourquoi la forme humaine doit-elle être cachée aux\nregards alors que la forme animale oiseau, chat ou serpent peut se mani-\nfester librement sans choquer nos baroques principes ?\nA toi, civilisation; à toi, morale, d'expliquer de pareilles turpitudes.\nEn îevanche, l esprit a toutes les facilités, toutes les licences pour se profaner\npai la lecture. Les livres les plus malpropres, les plus avilissants9 les plus perni-\ncieux s offrent à tous : hommes virils, collégiens pubères, vierges nubiles n ont\nqu à tendre la main pour sen abreuver. Le poison leur est aussi facilement\noffert que la liqueur verte sur le comptoir d'étain.\nDe siècle en siècle la laideur nous envahit. L'intelligence subsiste et élève pro-\ngressivement ses conquêtes ; mais l idéal périclite ;le matérialisme devient gros<-\nsiei ; le sensualisme, obscène ; la gaité, lourde et basse ; les plus sublimes\nélans sont bafoués et traînés dans le ridicule... C'est l'asservissement et l'avilis-\nsement.\nBravo ! Bravo ! Bravo ! Voilà comme je voudrais écrire. Je crains de n'y\njamais arriver.\nL. L.\n\nMUSIQUE DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.\n\nMusiques pastorales. Les Maîtres français du violon au xvm siècle.\nLe vendredi, 3o mars, Mme Wanda Landowska nous offrait un régal\nexquis. Sous le titre galant de « Musiques pastorales des XVII6 et xvme siè-\ncles », elle avait ingénieusement composé un programme de bergeries mu-\nsicales où un contemporain d'Honoré d'Urfé aurait trouvé son compte tout\naussi bien qu'un « roué » de la Régence. Les noms de Bach, de Rameau,\nde Couperin, de Chambonnières s'alliaient à ceux de quelques-uns de nos\nvieux luthistes ou « luthériens », comme on les appelait. De ces derniers,\nreprésentés par Francisque, l'auteur du « Trésor d'Orphée » et par Bésard,\nMme Landowska joua au clavecin 4 « bransles » auxquels, utilisant non\nsans malice un passage de YOrcliésographie, elle avait donné d'amusantes\net pittoresques affectations. Le public, charmé par cette musique inédite, en\ngoûta les rythmes subtils et la savoureuse harmonie. De François Couperin\nnous eûmes les « Rossignols » et les admirables « Sylvains ». « La « Forêt »,\ndont Mme Landowska évoquait les ramages d'oiseaux, retentit de l'étonnant\ncoucou de Bernardo Pasquini auprès duquel celui de Daquin, quoique\ncomposé près d'un demi-siècle plus tard, parut bien mécanique, bien en\nbois et digne tout au plus de nicher dans une horloge. Il y a dans la pièce"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.42", "texte": "376\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nde Pasquini une délicieuse poésie des sonorités et la mélancolique tierce\nmineure de l'appel de l'oiseau s'y enveloppe d'une sorte de buée harmo-\nnique évocatrice d'un véritable sentiment de « plein air ». Quelques jours\nauparavant, dans la même salle Pleyel, M. Debrouz terminait la série de\nses récitals de violon consacrés en majeure partie aux maîtres français du\nxvme siècle. La troisième et dernière séance, fort copieuse, ne comportait\npas moins de quatre concertos et deux sonates. Deux concertos de Leclair\nfirent admirer la prodigieuse habileté technique du vieux maître, en même\ntemps que sa belle et savante écriture. Ceux d'Aubert, composés dans un\nstyle moins serré, amusent par leur prestesse, par leur entrain, par leur\ncaractère « bouffe ». Que M. Debroux nous permette ici une petite rectifi-\ncation: ces concertos ne sont pas de Louis Aubert le fils, ainsi que l'in-\ndiquaient les programmes, mais bien de Jacques Aubert.\nDisons un mot des quatre nouvelles sonates éditées par la maison Rou-\ndanez, et que M. Debroux exécuta au cours de ses trois récitals ; signées\ndes noms de Jean-Féry Rebel, de Pierre Guignon, de Jacques Aubert, et\nde Branche, ces quatre sonates nous apportent quelques aspects assez\nvariés de la musique instrumentale française du xvme siècle. Chez Jean-\nFéry Rebel, la majesté solennelle domine, encore qu'elle se laisse égayer\npar la charmante bonhomie du rondo. Pierre Guignon, le dernier « Roi\ndes violons », nous transporte en territoire italien : il a beaucoup de grâce\net d'élégance. La Sonate en fa majeur de Jacques Aubert est pimpante et\nles petites formules accortes de son finale rappellent quelque joyeuse arle-\nquinade. Avec Branche, qui fut violoniste à la Comédie-Française, d'autres\nqualités plus sérieuses se laissent discerner, et les quelques mesures de\nl'adagio de la Sonate en sol mineur, par leur expression concise et réflé-\nchie, appartiennent à un art déjà intime et ému.\n\nLionel de la Laurencie.\n\nMUSIQUE NOUVELLE.\n\nErnest Bloch : Historiettes au Crépuscule (G. Mauclair), Paris, E. Demets.\nM. Ernest Bloch, qui vient de publier chez Demets quatre petits poèmes\nmusicaux pour chant et piano, est encore inconnu des Parisiens. Quelques\ninitiés ont eu seuls le privilège d'entendre des fragments de son œuvre si\nnouvelle, si savoureuse, si forte et qu'il semble cacher avec une sorte\nd'orgueilleuse coquetterie. C'est à peine si, une ou deux fois, dans son\npays d'origine, en Suisse, le public a trouvé l'occasion d'acclamer en lui\naudacieux et l'impeccable chef d'orchestre. A la fête de\nBaie, en 1902, âgé de 21 ans, il donnait et le d'une sym-\nphonie qui soulevait la lureur pédantesque de la critique allemande et que\nla; critique française saluait comme la révélation certaine d'un musicien\ngénial. Plus récemment, à Genève, on applaudissait deux courtes pages\nsymphoniques, intitulées Hiver et Printe 11 est à souhaiter que le nom\nde M. Bloch prenne bientôt au programme de nos grands concerts parisiens\nla place qui lui est due.\nLes Historiettes au Crépuscule comptent parmi les œuvres de jeunesse de\nce jeune artiste. Elles remontent à 1897 ou 1898. Et cependant ces quatre\nic erou plutôt ces quatre ballades annoncent déjà une sensibilité intense,\nqui trouve à s exprimer sous une forme étrangement vivante, à la fois très\nmo erne et très musicale, très savante et affranchie de toute scolastique. Elevé"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.43", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n377\n\nà 1 école des Knorr et des Thuille, M. Ernest Bloch a réagi spontanément,\nimmédiatement contre la discipline de ses maîtres germaniques. Son tem-\npérament et ses convictions esthétiques le poussaient vers l'école française,\nvers Debussy surtout, qu il pressentait sans le connaître et dont il sera sans\naucun doute un des plus originaux et des plus puissants continuateurs.\nLes poemes que M. Ernest Bloch a choisis pour les illustrer musicale-\nment fournissent déjà sur la nature de son talent une précieuse indication.\nTout le monde a lu les Historiettes ciu Crépuscule de Camille Mauclair ; on\nse rappelle, entre autres, cette touchante Complainte :\nLes amoureuses aux matelots\nN'ont rien vu revenir sur l'eau.\nSont allées à la clairière\nOù il y a une croix en pierre.\nOnt dit au Jésus :\n« Nos amants sont perdus,\n« Faut nous les rendre. »\nEt le Jésus il leur a dit :\n« Ils sont si bien au paradis... » etc...\nGomme on le voit, ce ne sont pas là de vagues effusions lyriques, pouvant\nservir de thèmes à des romances. Ces petits récits coupés de brefs dialogues\nappellent un commentaire essentiellement dramatique. Les vers de M. Mau-\nclair, volontairement gauches et comme inachevés, évoquent plutôt qu'ils\nn'expriment les émotions et les images qui dorment en eux. Le musicien\nn'apportera pas ici un accompagnement superflu ; il achèvera l'œuvre du\npoète en réveillant par la magie des sons ces images et ces émotions\nendormies.\nM. Ernest Bloch y parvient sans aucun procédé artificiel. Tout son\nsecret réside dans la sincérité et dans l'intensité de sa propre émotion. Sa\nmusique en jaillit, si suggestive et surtout si sobre qu'on n'arrive plus,\nquand on Ta une fois entendue, à la dissocier du texte qu'elle transfigure.\nVoici, par exemple, les premières mesures de la Légende, une phrase\nsimple, que soulignent quelque accords déchirants et lugubres."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.44", "texte": "378\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nMais M. Ernest Bloch ne s'en tient pas à ce genre de déclamation\nlyrique. Les rythmes irréguliers et assonancés de M. Camille Mauclair ont\nune naïveté populaire qu'il essaie d'imiter au moyen de formes mélodiques\ntout à fait nettes, d'où la symétrie elle-même n'est pas exclue, et qui ont\nl'allure de refrains champêtres.\n. heureux mélange de ces deux modes d'expression donne à cette mu-\nsique, a a ois, une précision de contours dont la mémoire est hantée et\nune démarché imprévue, capricieuse, qui libère l'imagination. Aussi cha-\ncun de ces quatre morceaux est à lui seul un petit monde émouvant et\nantastique. Dans les Fleurs,une phrase qui se répète, lancinante et\nsurchargée d harmonies lourdes, crée une atmosphère de désir, où se con-\non ent upté et la mort. Dans la c'est encore la mort\nV° uPte'mais' \"-hantées sur des rythmes rustiques, elles apparaissent\nn , 63; domPtees: métamorphosées par l'ingénuité d'une âme\nmÂlnV *anS a Legende,où le récitatif cruel du début contraste avec la\n.i 'e iransparente de la conclusion, on croit sortir tout à coup d'un\nn\"l,ar pour penetrerdans un univers d'où la douleur aurait été bannie\net le 6' La. Ronde enfin, avec le grincement de ses trilles\ndiction nui A Ur escluf ?e,s dissonances tragiques, évoque la malé-\npuissances infernales!1\"6 CternUé SUr la nature livrée aux sortilèges des\ncadre a S&nS .aucun eff°rt faire tenir autant de vie dans le\nmatiaupç pt .^J Pa rapides possède des qualités essentiellement dra-\net durable °U e,\"nie un îour P°ur la scène une œuvre importante\n\nEdmond Fleg."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.45", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n379\n\nA PROPOS DE LA RÉSONANCE INFÈRIEURE\n\nDe la vibration sympathique dune corde grave à l'appel d'une corde aiguë, et des conséquences\npossibles qui en découlent (i).\nJusqu àce jour, les savants n'ont pas admis qu'un son quelconque était\ncapable de faire vibrer sympathiquement un autre son plus grave que lui,\nquelle que soit leur concomitance (voir d'Alembert, Helmholtz, Tyndall,\nKoenig, etc.). Or, c'est de la réalisation pratique d'une telle expérience que\nje viens entretenir 1 Académie. Les sages réserves d'Helmholtz m'ayant\nrendu sceptique à l'égard de la valeur scientifique des résultats obtenus sur\n1 harmonium, je lui ai préféré le piano dans la fabrication duquel les fac-\nteurs éliminent, le plus possible, les harmoniques, bourdonnements, etc.\nDe plus, cet instrument paraissant tout à fait impropre à la production\ndes sons résultants, on sera moins porté à assimiler ma résonance grave à\ndes sons de cette nature.\nM'étant exercé, d'abord, à faire octavier, quintoyer à l'aigu, Yutz du\npiano, puis les notes voisines, je devins bientôt passablement habile dans\ncet exercice préparatoire, tellement que je n'eus plus besoin de libérer de\nson étouffoir la corde aiguë qui devait vibrer sympathiquement à l'appel\ndu son fondamental de la série à laquelle elle appartenait. Ce résulta11\nacquis, je tentai d'obtenir, d'un son plus grave que la note émise, ce que\nm'avaient accordé, assez rapidement, les sons plus aigus. Cela me prit\nbeaucoup de temps, car je devais, pour réussir, arriver à un martèlement\ndont le rythme concordât synchroniquement avec le nombre de vibrations\nde la corde visée. Enfin, j'eus la satisfaction d'entendre, bien faiblement, le\nson grave et, pour être certain que mon désir de réaliser une expérience\ndes plus délicates ne me faisait point objectiver un son chimérique, je fis\npasser devant mon piano des témoins compétents, en tel nombre qu'il ne\n«-m'était plus loisible de douter. Bien que j'opère, le plus souvent, sur Y ut3,\nd'autres notes, bien entendu, se prêtent à l'expérience, pourvu qu'on ne\ns'écarte point sensiblement, surtout vers l'aigu, de cette région moyenne de\nl'instrument. Je dois, dès à présent, constater que j'obtiens la douzième\n(fa i ) bien plus facilement que l'octave inférieure (ut 2).\nLongtemps, et tout en levant l'étouffoir de la note appelée à vibrer sym-\npathiquement, je n'obtins qu'un son grave de faible intensité, quoique par-\nfaitement perceptible, même pour une oreille peu musicienne. Mais avec\nde la persévérance, et en frappant successivement plusieurs des harmo-\nniques supérieurs du fal9 je parvins à renforcer ce fa de telle îaçon qu'il\nvibra et se prolongea avec force, même après que le martèlement avait\ncessé. Il va de soi qu'il faut maintenir levé, pendant toute l'opération,\nl'étouffoir de la note grave, en appuyant sur cette note sans la faire sonner.\nJ'insiste pour qu'on ne confonde pas le son grave ainsi renforcé avec un\nson résultant, lequel demande l'émission simultanée et prolongée de deux\nsons. Dans mes expériences, il m'apparaît que c'est en qualité de troisième\nharmonique du fai que Yutz excite celui-ci dans les mêmes conditions\nqu'il pourrait exciter Y ut2 dont il est le second harmonique, le A dont il\nest le cinquième harmonique, etc., mais de telle sorte que sons graves\nseraient des fondamentaux et non les harmoniques graves préconisés par\ncertaine théorie allemande moderne. Considérant que plusieurs des termes\nde la série harmonique supérieure se trouvent occupés par des sons dont\n\n(i) Nous détachons des Comptes rendus de la séance du 12 mars de Y Académie des\nSciences de Paris, la communication suivante, qui intéresse, à la fois, la science acous-\ntique et la science musicale."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.46", "texte": "380\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06 *\n\nle manque absolu de justesse ne permet pas de leur accorder une place\nparmi les notes constitutives de nos gammes, tels par exemple les harmo-\nniques 7,11,12,13, etc., qui sont ou trop bas ou trop hauts, on sera conduit\nà présumer que leur présence dans cette série harmonique est motivée par\nquelque autre raison que celle de charmer, simplement, notre oreille.\nCette raison semble m'être offerte par mon expérience même où je vois\nque, le plus souvent, le son émis, tout en développant, au-dessus de lui,\nune série qu'on ne peut rattacher qu'aux accords de la dominante, cherche\nsa tonique, laquelle, précisément, lui manque parmi ses harmoniques.\nEn effet, faisant résonner Yut%9 je suppose, le fa n'apparaît dans la série\ndes harmoniques qu'au terme 21, encore est-il d'une justesse contestable ;\nnotons que le la, non plus, n'apparaît pas avant le terme 27. Si ma con-\njecture se justifie, nous serions en présence d'une dynamique du son dans\nlaquelle ce n'est pas seulement le son fondamental qui excite toute une gerbe\nde sons supérieurs, mais également ceux-ci qui rendent à leur générateur\ncommun, qui échangent entre eux la plus grande partie des forces qu'ils\nont reçues de ce générateur. Car mon expérience, répétée un nombre con-\nsidérable de fois, m'a démontré que c'est bien par l'action insistante du\nson aigu que le son grave arrive, graduellement, à vibrer : peut-être trou-\nvera-t-on aussi que les résultats de cette expérience pourraient donner lieu\nà une nouvelle théorie de la durée vibratoire, laquelle ne me semble pas\nsuffisamment expliquée par la seule amplitude des vibrations, quoique je\nreconnaisse à ladite amplitude le pouvoir de favoriser grandement la pro-\nduction des harmoniques.\nAvant de clore ces lignes, je dois rappeler à ceux qui tenteront de répéter\nmon expérience qu'elle demande une délicatesse de toucher extrême,\nlaquelle est plus fréquente chez les compositeurs de musique que parmi\nles virtuoses ; qu'il est indispensable de faire coïncider synchroniquement\nle rythme de l'appel avec le nombre des vibrations de la note appelée ;\nenfin, qu'il m'a fallu beaucoup de patience et de temps pour arriver à pro-\nduire, d'une manière permanente et incontestable pour l'auditeur, le phé-\nnomène qui nous occupe. J'ajoute qu'un piano neuf doit être, dans cette\nexpérience, moins recherché qu'un piano ayant servi déjà, et que l'état\nhygrométrique de l'air n'est pas absolument indifférent.\n\nEdmond Bailly.\n\nLA MUSIQUE A LYON\nLe Crépuscule des dieux. Mme Litvinne. Les Concerts*\nDe la Tosca je ne dirai donc rien, sachant que ce serait trahir les pro-\nfondeurs de l'âme italienne. Ce que le talent d'un Bistolfî ou d'un\nMichetti a rendu à d'autres parmi leurs arts, leur musique l'attend toujours.\nRicciotto Canudo exposait l'an dernier, ici même, le bon espoir que fai-\nsaient concevoir un Catalani et un van Westherout, trop tôt fauchés : peut-\nêtre à cette heure la Fille de Jorio, d'Alberto Franchetti, nous a-t-elle donné\nune consolation ?\nComment parler dignement du Crépuscule Gôtterdâmmerung que\nlon reprend en hâte î Cela, ou Tristan, ou Parsifal, quelle est l'œuvre\nd avenir, ou du moins la plus féconde ? « L'Or du Rhin ou Siegfried, » me\nsuggère un ironiste, car ni Debussy, ni Strauss n'ont encore avoué leurs\nnourrices... Mais je vois bien que l'on parle beaucoup de Wagner ces\ntemps-ci, et qu'on l'écoute peu : la littérature a-t-elle quelque influence sur"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.47", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n381\n\na musique (on dit M. Boschot tueur de dieux) ? Il faut croire cependant,\nen un certain sens, que le folk-lore wagnérien fut de bonne pratique et que\n*,e genie ,aidant> et fatigue sociale, il y a encore de beaux jours pour le\nrame réparateur. Car il allait sans dire qu'il n'aurait point pour but de\nsatisfaire au sens critique Salomon Reinach ou àla hautaine générali-\nsation dun Feuerbach. Même l'analyste goûte encore son essence et lui\ntrouve du _ charme, celui du Crépuscule supérieur à celui de Tristan peut-\netre... Or je crois que Wagner fut musicien.\nL interprétation de cette reprise est inégale : l'orchestre un peu noueux\nles décors bizarres. M. Verdier (Siegfried) m'apparaît décidément comme\nun artiste supérieur, de ceux qui plaisent au musicien encore plus qu'au\npublic : sa conscience artistique n'est jamais en défaut ; aussi bien, pour\nn'avoir pas bénéficié d'une froide réclame mondaine et avoir subi la fami-\nliarité des critiques, gardera-t-il la reconnaissance de quelques-uns !\nMais il faut bien constater par contre combien Mme Litvinne, artiste\nnotoire, est inférieure à sa réputation, du moins dans quelques-uns' de ses\nrôles. Son interprétation d'lsolde était suffisante, des qualités de voix et de\ndiction suppléant à la tenue scénique et à la compréhension du détail ; par\ncontre, la Brùnnhild du Crépuscule a paru franchement médiocre. Une\ncertaine « habitude » de la scène, une manière d'être indifférente, une con-\nviction toute formelle, une grande réputation en somme et la conscience\ndycelle,— font que Mme Litvinne s'est montrée nettement inférieure à\nMme Janssen, qui n'est point parfaite. Du moins cette dernière artiste met-elle\ntoute son âme dans ses mouvements : une grâce imprévue et souvent très\nsaisissante compense bien des erreurs morales ; Mme Litvinne l'ignore ou\nveut l'ignorer. Et pour qu'on ne m'accuse pas de généraliser, je précise à\nregret : le serment du 2e acte, l'entrée de Brùnnhild dans la scène finale\nont paru ridicules à beaucoup de wagnériens fervents ; de même encore le\n« Siegfried... Toi » de Brùnnhild à Hagen est traduit de tellefaçon que cela\ndevient un peu non-sens. Je ne vois pas les raisons de dissimuler un fait\nqui s'est traduit vers la fin du spectacle en manifestations symptomatiques.\nLe mérite, relativement immense, de Mme Litvinne n'est pas en cause : on\nest simplement plus difficile ici... qu'ailleurs.\nTelles sont, en effet, les impressions compétentes, bien qu'à demi provin-\nciales, qui me reviennent d'une grande ville et que je me fais un devoir de\ncommuniquer : « Entendu Tristan à l'Opéra. L'Escalier a vraiment de\nl'allure... On ne comprend rien à Wagner ici ; vulgarité,\nguée, manque de grandeur ou besoin d dans tout, depuis l'orchestre\njusqu'aux chanteuses. Les décors sont bien, mais ce n'est vraiment pas\nassez pour une Académie *\" (suit une appréciation diffamante à l'égard du\npublic)... » La crudité du sentiment qui se fait jour dans ces critiques\ndévoile le mystère des sourires de Mme Litvinne sourires, oh, sans pro-\nfondeur ! Peut-être, au fait, n'est-ce qu'un Tic charnel ? Mme Litvinne\nn'a sans doute jamais mis les pieds à l'Opéra, mais au Nouveau-Théâtre, à\nAix, et au théâtre Michel : elle a cependant contracté la maladie du milieu\nparisien. Ce n'est pas un vain péché que celui de Yamabilité en art, puis-\nqu'il incite une artiste consciencieuse à confondre le « chic » et la profon-\ndeur... « Ah ! Paris ! » comme s'écrie noblement le père de Louise Paris,\nParis mutuel... Pardon! C'est qu'on est assez bête ici pour ne pas s'a-\nmuser au théâtre : la salle est obscure, les toilettes inutiles. Vraiment,\nvous concevez, ces provinciaux sont pires que les Anglais et sincères,\nsavez-vous? Mme Litvinne nous pardonnera.\nLa Société des Grands-Concerts clôt sa saison dans un heureux bilan.\nConcert Thibaud, d'abord.\nOuverture d 'Egmont,concerto de Saint-Saëns (3°). Symphonie en"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.48", "texte": "382\nLE MERCURE MUSICAL I Ç-IV-OÔ\n\nmineur de Franck l'allégro est difficile. Air de ballet du Prince Igor\nde Borodine. M. Jacques Thibaud joue, toujours agréablement, le prélude\net la fugue de la ire sonate de Bach, et bisse est-ce contre toute attente?\navec la Romance en fa, judicieux pendant de la Lettre à Elise d'un grand\nhomme. On sait que M. Thibaud est illustre, et peut-être supérieur à ses\nsemblables. C'est toujours un plaisir délicat de retrouver une de ces per-\nsonnes distinguées, qui, pratiquant sans regret Yatnphidromie autour de\nleur « Moi », sont nommés pour cela des\nEnfin une reprise de Parsifal,avec le concours de la qui\ndémontre que les mœurs de la maison mère ne sont pas sans s'être répan-\ndues en province, —et la Symphonie en ré mineur de G.-M. Witkowski.\nJe m'en voudrais de ne pas parler plus largement de cette œuvre solide\net de ne pas rapporter les progrès des autres sociétés symphoniques dans\nun prochain compte rendu. Les concerts deviennent légion aux approches\nde Pâques.\n« Non, M. Vallas n'est pas thériolâtre ! me souffle un de mes incubes,\nanthropologiste distingué. Les musiciens qu'il cultive ont de la grâce et ses\ninterprètes sont charmants. Les fêtes de l'hystérie d'Argos lui sont incon-\nnues, il ne croit point nécessaire de sacrifier le porc à Aphrodite, rite\nexceptionnel: la bonne musique lui suffit...» Trois lieder de Chausson :\nHeures, Couronnes et Ballade, Il est un enclos que j'aime de Moussorgski,\nles Dionysiesde Vuillermoz : Mme de Lestang et M. Jean Reynaud\ninterprètent. Puis du petit Golfe, golfe éclectique, se pressent vers moi,\npar-dessus les chapeaux balancés : la belle de Lekeu (violon, M. Ri-\ncou), le Soldat de Plomb de Séverac, la de Ravel, une Suite de\nDebussy {Prélude, Sarabande, Toccata)...Avouerai-je toutefois combien\ngrand me paraît Bach égaré parmi tous ces jeunes hommes et jeune encore ?\nLe Caprice sur le départ de son frère chéri est vivant et libre, la fugue\nfinale est un merveilleux exemple de transpositions du génie : l'artifice en\nest naturel. Grâces soient rendues à M. Vallas, et à ses amis, de ne pas\nnégliger les parfums d'Olympe en fleurissant nos modernes Prométhées !\n« Ravel...Debussy \\ » vagit cependant un voisin plus âgé... Debussy et\nRavel, cela est vrai !\nM. Péronnet a bien tort d'estimer le sévère pour ses program-\nmes. Celui de son deuxième concert est très intéressant : de C. de\nMalaret (En plein vent— Le soir Jour de fête Dans les Bois au Prin-\ntemps, vers l'Absente), Prélude QX fugue de Bach, en bémol mineur\nde Chopin, Concerto en la majeur de Saint-Saëns, de Schubert,\nTarentelle de Moszkowski, Scène de la Csarda de Hubay, Sonate de Co-\nrelli. Les qualités et les faiblesses, légères, des sympathiques interprètes\nsont celles-là mêmes qu'avait signalées mon ami A. G.— La première\nœuvre, inédite, m'a paru manquer de fermeté dans le détail : la personna-\nlité de l'auteur ne s'est pas encore desséchée en « Talent ». M. de Malaret\na de la fougue, un peu moins de subtilité, ou d'analyse, comme l'on vou-\ndra: c'est presque un éloge.\nLes grands concerts reviennent à des séances plus intimes, le soir, et\nnon plus en matinée le dimanche : je pense que le public lyonnais s'y ha-\nbituera. Deux ouvertures pour cette fois : la et le\nd'\\s, Siegfried-Idyll,les Variations Franck, la de\nPelléas de Fauré, enfin la Symphonie de\nVincent d'lndy. M. d'lndy aurait-il été un vériste? L'inspiration de cette\nœuvre, déjà ancienne, m'a paru moins noble que ce qu'on est accoutumé\nd'espérer. (M. Witkowski devra se hâter de nous faire connaître le Jour\nd'été à la montagne : on ne l'en félicitera pas, il a déjà les poches pleines,"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.49", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n383\n\nmais on lui sera cordialement reconnaissant.) Je sais bien que je puis me\ntromper,^mais le public lui-même a paru désorienté; et je connais ce Vi-\nvarais, n étant pas de ceux pour qui Crussol et Issarlis vibrent plus musi-\nca ement que Vernoux et que les Coirons : la montagne de Vincent d'lndy\nest b orte. cela que traduit le finale de la Symphonie, amu-\nsant si lon veut, mais dune gaîté trop extérieure et qui est comme une\nremontee humiliante des joies des vallées et des filatures vers la tranquil-\nlité un peu dechue des sommets? Je regrette que M. d'lndy n'ait pu venir\npréciser la portée de son oeuvre en la dirigeant. Mlle Blanche Selva\nprêtait un aimable concours au chant montagnard et aux variations; moins\nsûrement m'a-t-elle paru pénétrer la rusticité asiatique de Balakiref (que\non joue trop à Paris). Il est certain cependant que Mlle Selva réalise au-\njourd hui, grâce à 1 enseignement de son maître, tout ce qu'on espérait\nd elle entre Valence et Privas, il y a peu de temps encore... Long life donc\nM. d'lndy !\nJACQUES REBOUL.\npropos du compte rendu de Tiphaine, M.Neuvilleme signale\n—et j'ai involontairement omis de rappeler que cette œuvre fut repré-\nsentée en 1899 à Anvers, en 1901 à Stockholm. Cet oubli dénaturait le\nsens de ma dernière phrase. Pas même en effet la vertu nouvelle de Pelléas\nne possède un caractère rétroactif, et ce n'est pas une quelconque in-\nfluence que j'entendais évoquer en rapprochant Y avenir de ces œuvres.\n*\n* *\nDeux grands noms au programme de la seconde séance du Quatuor Ri-\nnuccini: Beethoven et Franck. Le quatuor de César Franck n'a pas été bien\ncompris par le public, dérouté malgré tout par ces harmonies nouvelles et\nle chromatisme propre au style franckiste ; et il est resté de glace en écou-\ntant cette œuvre imposante. Les nobles élans, la gravité, la religiosité de\nla phrase initiale (poco lento) le songe, le rêve d'une âme épandusdans ces\npages, rien ne l'a touché. Ne faudrait-il pas mettre en cause une interpré-\ntation imparfaite? Les consciencieux artistes du quatuor me permettront\nquelques observations. J'ai cru remarquer qu'ils manquèrent de cohé-\nsion, de précision, d'où une indécision notable et des flottements très\nfâcheux qui certainement ont contribué à la non-compréhension de l'œu-\nvre. Cette réserve faite, je les félicite hautement pour les sérieuses quali-\ntés, les efforts dont ils sont coutumiers, et les résultats obtenus en si peu\nde temps : le Quatuor Rinuccini est jeune, il s'est fondé Tannée dernière\nseulement, ne l'oublions pas. Par contre, dans l'exécution de l'admirable\nquatuor n° XIII* de Beethoven, je n'ai que des éloges à faire. Quels purs\nchefs-d'œuvre de vie intérieure et de pensée profonde que ces derniers\nquatuors 1 Et que me plaît la sonorité exquise de M. Rinuccini, faite dun\ncharme indéfinissable! Avec quelle émotion et quelle délicate expression il\nchanta la Cavatine si triste et si passionnée à la fois ! Quand elle inspire\nde semblables phrases, la mission de l'art est vraiment noble et pure. Bref,\nl'interprétation en fut parfaite, oui, parfaite en tous points. On est en droit\nde fonder sur notre unique quatuor lyonnais les plus légitimes espérances;\nil peut les réaliser.\nLa séance Risler a été consacrée à Beethoven ; quatre sonates au menu.\nM. Risler joue en grand artiste, je veux dire avec abnégation et simplicité.\nIl possède une puissance étonnante, une sonorité évocatrice des masses\norchestrales. Chez lui, point d'exubérance déplacée, toujours quelque peu\nridicule ; on devine dans sa conception des œuvres qu il joue un sentiment"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.50", "texte": "384\nLE MERCURE MUSICAL 15-IV-06\n\nprofond, une ardente et absolue sincérité. Toutefois je ferais quelques ré-\nserves personnelles sur son interprétation de telles ou telles pages. Il me\nparaît avoir un respect fétichiste pour la forme classique; il est par trop\nsoucieux de la lettre, pas assez de l'esprit. Le mot « classique » semble\nglacer les interprètes et les figer dans une immuable compréhension de la\nphrase, dans une forme rigide et froide qu'on ne saurait briser sans les\nplus grands dommages. Loin de moi la pensée d'introduire, au gré de l'ar-\ntiste, les rubatos incessants et les fantaisies échevelées et fausses dans ces\npages : On me ferait dire ce que je n'ai jamais pensé. Mais une âme palpite,\nvibre et gémit dans ces œuvres, surtout dans les dernières sonates ; c'est\nelle que j'aurais voulu saisir dans ses tressaillements, et c'est précisément\nce que j'ai mal senti. Et cependant, quand M. Risler oublie le souci de\nbelle ordonnance et de présentation parfaite qui le préoccupent, quelle\nimpression ne nous donne-t-il pas? Avec quelle fougue superbe, quelle bra-\nvoure, quel héroïsme, pourrait-on dire, n'a-t-il pas fait sonner merveilleu-\nsement YAppassionatalll s'est livré tout entier, entraîné, subjugué, em-\nporté lui-même, par les pages magnifiques qu'il traduisait. Quel brio dans\nle presto final de Yop. 3/, no 3 \\bien qu'encore il manquât un peu de déli-\ncatesse de touche dans le si poétique Menuet (sur lequel Saint-Saëns, si je\nne m'abuse, a écrit des Variations). La sonate et la\ncomplétaient le programme.\nEn terminant, je tiens bien à proclamer, pour qu'on ne puisse se mé-\nprendre sur le sens de mes paroles, que M. Risler, lors même qu'on ne\nserait pas d'accord avec lui sur certaines nuances d'interprétation, n'en est\npas moins un pianiste hors pair, d'une sincérité profonde et d'une probité\nartistique absolue; respectueux de l'œuvre beethovenienne, ce qui est un\néloge, le plus grand qu'on puisse adresser à un artiste, alors que l'on se\npermet les plus entières libertés avec les maîtres, en tâchant de mettre en\nvedette sa propre personnalité au détriment de ceux-ci.\nA. G.\n\nCOURRIER DE NANTES.\n\nJIl Concert de 1 Association des Concerts historiques de Nantes.\n2 mars igoô. La ville de Nantes, qui jusqu'ici était restée un peu en\narrière au point de vue musical, semble enfin s'éveiller de sa longue tor-\npeur ; un effort artistique vient d'y être tenté qui déjà a produit d'excel-\nlents résultats et a prouvé que les ressources symphoniques et vocales ne\nmanquaient pas dans notre ville. Ce qu'il fallait surtout, c'était un chef qui\nsût rassembler ces éléments épars, les grouper, et en faire sortir par une\nhabile direction les germes qu'ils contenaient à l'état latent. Ce chef s'est\nrencontré en M. de Lacerda, qui a bien voulu apporter aux Nantais l'appui\nde sa haute compétence musicale et de son autorité artistique. L'Associa-\ntion des Concerts historiques de Nantes, dont il est le fondateur, vient de\nremporter un éclatant succès avec son second concert, qui a été donné\ndevant une salle comble et un public enthousiaste.\nL orchestre figurait au programme pour une large part ; il a su se main-\ntenir constamment àla hauteur de la lourde tâche qui lui incombait, sans\n;aisser percer aucune fatigue, malgré le travail constant et soutenu des\njours précédents ; car pour parvenir à un tel résultat il a fallu surmonter\ndes difficultés sans nombre qui n'ont été vaincues que grâce au chef intel-\nigent et éclairé dont la direction patiente et sûre a brisé tous les obstacles;"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.51", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n385\nLE MERCURE MUSICAL\n25\n\nnous avons retrouvé en M. de Lacerda le maître éminent, l'artiste au goût\nsi pur au dévouement inépuisable, qui sait, d'un mot, indiquer le carac-\nole et le sens de chaque morceau, le sentiment dans lequel il doit être\ninterprète ; dun geste, entraîner ses exécutants et faire passer en eux sa\nnoble et infatigable ardeur pour la cause de l'Art.\nSous cette ferme et vigilante direction, l'orchestre a brillamment inter-\nprète 1 ouverture d Armide de J.-B. Lully, pleine de grâce et de noblesse ;\nla superbe ouverture d'Alceste de C.-W. Gluck, dont il a fait ressortir le\ndessin correct et bien composé, mis en valeur par un accord heureux des\numieres et des ; ainsi que deux danses hongroises de J. Brahms,\nau rythme entraînant et original qui ont été rendues avec brio. Signalons\nencore une série d airs de danse agréablement variés et d'un haut intérêt\nhistorique ; dans chacune de ces pièces très typiques, l'orchestre a su\nadopter un jeu savamment approprié à leur genre respectif; gracieux et\nléger dans 1 Air vif de Lalande, large et puissant dans Y Air grave de\nHândel, dun style élégant et galant dans les Menuets bien français de\nRameau, il asu garder kYAir et Musette de J.-M. Leclair son carac-\ntère rustique et champêtre, et au Passepied du même auteur sa lourdeur\nvoulue ; enfin la Chaconne de C.-W. Gluck lui a permis de faire valoir ses\nqualités expressives, qui se sont largement déployées dans cette musique\néminemment théâtrale et évocatrice d'attitudes.\nLes mêmes éloges doivent être adressés aux accompagnements, dans\nlesquels les instruments ont su seconder admirablement le chœur, s'unis-\nsant à lui d'une façon complète, pour former une masse parfaitement\nhomogène. Parmi les morceaux fort intéressants qui ont été exécutés par\nle chœur, signalons tout d'abord la déploration finale de Jephté de G.\nGarissimi ; cette œuvre admirable, d'un sentiment si poignant, a produit\nune profonde impression ; l'effet en a été saisissant, principalement dans\nle magnifique chœur final à six parties avec orchestre, où éclatent en de\nriches harmonies les lamentations de la foule pleurant la triste destinée de\nla fille de Jephté.\nUne chanson du xvie siècle de G. Costeley, dont la grâce naïve s'har-\nmonise à souhait avec la délicieuse poésie de Ronsard, et un morceau très\ncaractéristique, les Bohémiens de R. Schumann, œuvre d'un coloris intense,\nmerveilleusement évocatrice de la vie tzigane, ont été exécutés avec ensem-\nble, et ont valu au chœur de chaleureux applaudissements. Le Chant\nfunèbre de M. Chausson, pour quatre voix de femmes, dont l'accompagne-\nment a été orchestré de si admirable manière par M. de Lacerda, peut\nêtre rangé parmi les plus belles pages de la musique moderne. Orchestre\net chœur ont exécuté de saisissante façon cette grandiose et poignante\ninvocation à la nuit, dont la mélopée plaintive et les longs sanglots obstinés\névoquent avec une surprenante intensité une vision fantastique du grand\nShakspeare. Tandis que l'obsédante phrase des violoncelles gémissait en\nsourdine, tandis que le glas sonnait lugubrement dans les pizzicati des\nseconds violons, il nous semblait entendre les grondements plaintifs du\nvent soufflant lugubrement dans les cyprès et les lourds battements d ailes\ndes oiseaux nocturnes s'épandre sur la mélodie désolée.\nC'était, à Nantes, la première audition de cette œuvre incomparable et\ntrop peu connue, et l'exécution qui nous en a été donnée fait le plus grand\nhonneur àM. de Lacerda ainsi qu'à Mme Galdaguès, 1 éminent professeur\nnantais, dont l'infatigable dévoilement a puissamment contribué à la pré-\nparation de la partie vocale qui présente de sérieuses difficultés. Malheu-\nreusement Mme Caldaguès, dont le beau talent de cantatrice est fort appré-\ncié dans notre ville, se trouvant victime d une fâcheuse indisposition, n a\npu se faire entendre, et, au grand regret de 1 auditoire tout entiei, le solo de"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.52", "texte": "386\nLF, MERCURE MUSICAL 15-IV-O6\n\n.lenhté dut, ainsi qu'un autre morceau annoncé, être rayé du programme.\nM J -J. Nin, un maître du piano qui sait faire plaisn sans chercher à\nbriller a interprété deux pièces : Sœur rondeau de F. Couperin,\net Cavpriccio de Scarlatti, ainsi que le Concerto en la majeur pour piano\net orchestre de J.-Ch. Bach. Ces morceaux, exécutés avec un goût très\npur ont mis en valeur son mécanisme parfait et qualité qui manque à\nbeaucoup de grands pianistes et qu il possède au plus haut point son\ndoigté souple et moelleux, son jeu délicat et velouté. Le concerto, dont la\ntrame légère a été très joliment nuancée par M. J.-J. Nin, et dont la. fac-\nture simple et gracieuse fait songer au style de Mozart, a été accompagné\npar l'orchestre avec discrétion et ensemble ; le presto, aux curieuses ca-\ndences, a été fort applaudi.\nDevant un tel résultat nous ne pouvons que formuler un vœu : c est de\nvoir M. de Lacerda revenir le plus souvent possible dans notre ville pour\nentretenir et développer le mouvement artistique qu il a su y créer , il est\nsûr d'y trouver toujours un accueil des plus sympathiques et d y rencontrer\nde nombreux et sérieux appuis toutes les fois qu il viendra combattre paimi\nnous pour la noble cause de l'Art.\n\nM. A.\n\nCOURRIER DE REIMS.\nL. B.\nDimanche 4 mars, se trouvait réunie en la salle Degermann une nom-\nbreuse assistance, auditoire composé de l'élite de la société rémoise.\nDivers artistes se sont fait entendre avec grand succès, parmi lesquels\nM. Lucien Fugère, qui a été le triomphateur de cette matinée. Aussi la salle\ntout entière éclata en frénétiques ovations après chacun des morceaux\nchantés par cet excellent artiste. C'est surtout dans la Légende de la Sauge\nque le grand chanteur a pu particulièrement faire valoir son timbre si géné-\nreux. Mlle Jeanne Leclerc, de l'Opéra-Comique, s'est fait également accla-\nmer, principalement dans YEcrin de Chaminade, qu'elle a dû bisser, ainsi\nque dans les duos qu'elle a interprétés avec M. Fugère. M^0 Nivard, pia-\nniste, tenait le piano d'accompagnement, et nous lui adressons nos plus\nvives félicitations pour la façon dont elle a su faire valoir ce rôle si modeste.\nNous ne terminerons pas ce compte rendu sans avoir complimenté bien\nsincèrement M. Fernand Lemaire, l'habile organisateur de cette matinée,\nqui nous a aussi donné toute la mesure de son beau talent de pianiste vir-\ntuose dans différentes pièces de Beethoven, Chopin et G. Fauré, ainsi qu'en\nchantant avec M. Fugère le duo des Pêcheurs de Perles.\n\nCOURRIER DE ROUEN.\n\nM. Albert Mahaut. Virtuoses divers.\nM. Albert Mahaut, organiste de Saint-Vincent-de-Paul (Paris), nous a\ndonné, en 1 église Saint-Godard, une inoubliable audition de l'oeuvre\nd'orgue de G. Franck.\nM. Mahaut est un grand artiste qui interprète avec un amour touchant"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.53", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n387\n\net un soin scrupuleux la pensée de son maître. Son jeu reste toujours\nsimple et net dans les mouvements rapides ou lents ; il donne à chaque\ndétail la valeur qui lui convient, et l'ensemble demeure délicieusement\nfondu ; il nuance idéalement ses transitions dans le forte ou le piano, et\njoue les fugues et les chorals avec un style large et puissant.\nDans la tantaisie en ut, il expose la phrase initiale d'une manière pleine\nde quiétude, puis, après un crescendo merveilleusement gradué, fait éclater\nl'adagio majestueux, et reprend avec une douceur infinie le chant séra-\nphique qui couronne cette pièce.\nTout en écoutant, j'admire une verrière où monte l'arbre symbolique de\nJessé ; et, embrasé par le soleil couchant, je vois surgir le roi David qui\njoue de sa harpe d'or.\nOui, la harpe d'or résonne : le thème de la pièce symphonique en\nfa dièse s'élève pur et grave. Comme sur les branches harmonieuses de\nl'Arbre, où les personnages bibliques jaillissent de fleurs étranges, les\nmotifs variés, les phrases épisodiques, s'alternent et se répondent en mo-\ndulant dans la fugue ; alors que, vers le ciel, s'ouvre une rose immense où\nreposent, ultime floraison, la Vierge et l'Enfant, les thèmes s'épanouis-\nsent en un choral d'une sérénité triomphante.\nLe Cantabile en s/, n'est-ce pas entendre un instant ici-bas la voix des\nanges qui chantèrent : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ?\nAh ! il faut dire et redire la beauté constante de cette œuvre d'orgue\npourtant si diverse !\nLe soleil meurt à travers la verrière obscurcie, et le Jessé méditatif m'é-\nvoque César Franck. De lui naît aussi un arbre harmonieux, où chantent\nles oiseaux du ciel, tandis que le vent murmure à travers les feuilles et\nque, sur les plus hautes branches, s'épanouit la Rose mystique des Béa-\ntitudes...\nQuel contraste saisissant présentent un véritable artiste tel que M. Mahaut\net les marchands de sons qui encombrent, sans l'honorer, le temple de la\nMusique ! A leur commerce s'applique la parole de Jésus fustigeant les\nvendeurs du Temple : « Otez tout cela d'ici et ne faites point de la maison\nde mon Père une maison de trafic ! »\nLes artistes en tournée prodiguent leur effigie, en des poses inspirées,\nsur les murs et chez les éditeurs de musique. Par une pensée délicate,\nM. Mahaut voulut nous faire aimer le visage du Maître qu'il vénère, et il\nplaça en tête de son programme un beau portrait de Franck.\nM. Mahaut a une juste et haute idée de son rôle d'artiste; ses longues\nétudes, son talent, sa sincérité, l'aveu même du public, le rendent supé-\nrieur à la foule. Il veut être le berger du troupeau et lui imposer son goût :\nil joue l'œuvre d'orgue intégrale de C. Franck, sans se soucier des repro-\nches d'austérité, de monotonie que d'aucuns lui adresseront.\nDes exécutants renommés se préoccupent, avec un soin extrême, d écar-\nter de leurs programmes toute œuvre trop nouvelle susceptible de coûter\nle moindre effort intellectuel ou de dérouter les amateurs de aux\npréférences cristallisées. Ils nous font subir, jusques au 1 audition\nd'œuvres ressassées ou dénuées de toute espèce d intérêt. Ah! ce trépied\nfastidieux des tournées provinciales : la Symphonie en ut mineur, la Sonate\nà Kreutzer, et Y Absence de Berlioz! avec quelle impatience, pour la ne\nfois, nous les écoutions, noyées au milieu d'un tas de pannes ! Nous ne\npourrons donc jamais entendre ici des préludes et fugues du Clavecin\nbien tempéré, la Mer ou Nocturnes de Debussy, Miroirs de Ravel, et tant\nd'autre s\nOn peut supposer, sans témérité, qu'en donnant ses lécitals dans une\néglise) M. Mahaut n'escomptait qu'une gloire muette et sans profit. Il ne"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.54", "texte": "388\nLE MERCURE MUSICAL 15-iv-oô\n\nvoulut rien sacrifier au mauvais goût et, au lieu de terminer, comme tant\nd'autres moins convaincus, par une marche banale pour la « sortie », c est\navec une fugue de Bach qu'il nous dit : Au revoir !\nLes artistes à la mode ont, en général, plus de sollicitude pour leur au-\nditoire, et, non contents de lui avoir épargné toute fatigue, ils lui donnent,\npour finir, sa petite récompense i romance à ou valse entraî-\nnante, qui provoquent sûrement les bravos, les bis frénétiques, et laissent\nles spectateurs sous une « bonne impression ».\nQue dire du jeu de ces virtuoses? Absence de mentalité artistique, mé-\ncanisme impeccable certainement, mais parfois si ridiculement prétentieux !\nTraits échevelés, difficultés niaises, onomatopées pseudo-musicales, le vir-\ntuose, préoccupé de son attitude, les exécute avec abondance pour le\nplaisir du public béat. # i\nLes organistes eux-mêmes ne- possèdent pas toujours un goût plus sur.\nHuysmans, dans un style imagé, décrit leurs exercices vulgaires . « Il gar-\ngouillait là-haut, imitant la voix humaine et la flûte, le biniou et le galou-\nbet, la musette et le basson, rapiotait des balivernes qu il accompagnait\nsur la cornemuse, ou bien, las de minauder, il sifflait furieusement au\ndisque, finissait par simuler le roulement des locomotives sur les ponts de\nfonte, en lâchant toutes ses bombardes. »\nM. Mahaut, avec un jeu sincère, sans virtuosité banale ni exagérations\nintempestives, nous ouvrit, pour des heures trop courtes, les portes du\nparadis : nous lui en sommes à jamais reconnaissants.\nNous répéterons, suivant le « style consacré », que M. Sarasate donna\nun concert où il fut chaudement acclamé, ainsi que sa remarquable parte-\nnaire, Mme Marx Goldschmidt. M. Chevillard conduisit magistralement un\nbeau festival Beethoven-Wagner, vraiment inédit!? MM. Joseph Thibaud,\nHekking, Mlle Artot, nous donnèrent la même impression qu'à M. P. M.\n(Courrier de Dijon, Mercure musical, ier mars 1906), avec un pro-\ngramme identique. Nous féliciterons M. Pierret, venu avec M. Jacques\nThibaud, d'avoir exécuté d'une façon délicieuse la Toccata de Debussy, à\npropos de laquelle un critique local écrivit : « Cette Toccata est réellement\ntoquée... ! ! »\n\nDu Robec.\n\nCOURRIER DE STRASBOURG.\n\nUn festival Massenet a eu lieu, jeudi dernier, à Strasbourg ; il a été orga-\nnisé par l'Union Chorale, la plus ancienne des sociétés de chant alsaciennes.\nD'enthousiastes ovations ont été faites à M. Massenet, qui a consenti à ve-\nnir diriger lui-même quelques-unes de ses œuvres, entre autres les Scènes\nalsaciennes, dont la finale avec retraite de tambours et clairons au loin\na été frénétiquement applaudie. M. Massenet a dirigé, en outre, le Der-\nnier sommeil d'une vierge et le Ballet d'Hérodiade, que l'orchestre municipal\nde Strasbourg a brillamment exécutés. En sus des œuvres d'orchestre, le\nprogramme se composait de chœurs d'hommes, d'un chœur de femmes et\nde plusieurs mélodies, que MHc Lucy Arbelle, de l'Opéra - accompagnée\nau piano par le maître, a dites avec un sentiment exquis.\nDes acclamations chaleureuses et des rappels sans fin ont été décernés au\nmaître et àla gracieuse chanteuse, parle public enthousiaste qui— repré-\nsentant le Tout-Strasbourg indigène garnissait jusqu'à ses derniers\nrecoins la vaste salle de fête."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.55", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n389\n\nSur la couverture du programme édité pour la circonstance par l'lm-\nprimerie Alsacienne se trouvait la reproduction d'une vue de Strasbourg\nainsi que l'aspect d'un coin de la Robertsau (banlieue de Strasbourg) où\nM. Massenet a passé une partie de son enfance.\n\nF. H.\n\nCOURRIER DE TOURS.\nJean Ruer.\nLe iomars, quatrième et dernier concert de Y Association artistique des\nmusiciens tourangeaux, avec le concours de Mll(= Marcelle Reignard, so-\nprano dramatique, et de M. Alejandro Ribô, pianiste.\nLa soirée débuta par la Symphonie héroïque, héroïquement jouée jus-\nqu'au bout malgré pas mal de défaillances. L orchestre se îacheta dans\nY Ouverture de Y Enfant-Roi et la March de Lenepveu, qu'on\nn'avait pas encore entendues à 1 ours.\nUn quatuor pour piano, tlute, clarinette et hautbois sembla surtout dis\ntraire le public et valut des applaudissements plus reconnaissants qu'admi-\nratifs aux exécutants. .\nParlons maintenant des solistes. De Mlle Marcelle Reignard peu de chose\nà dire Alliée à une famille de notre ville, elle comptait dans la salle bon\nnombre d'auditeurs décidés d'avance à tout applaudir. On nous a assure\nqu'elle est jeune, qu'elle deviendra dramatique et qu elle chantera bien...\nplus tard. Nous ne demandons pas mieux.\nPour le moment souhaitons-lui de chercher le regne de la justesse et\nd'en être récompensée. . , £ , • -,\nLe aros succès — le vrai succès — de la soiree fut celui de M. Aleja -\ndro Ribô, qui nous avait déjà émerveillés l'année derniere; Il nous a donne\ncette fois le Concerto de Rimsky-Korsakof, et la F saisie de Liszt avec\norchestre, et seul Au soir de Schumann, la Fileuse de Mendelssohn, la\nléeende de Liszt Saint François de Pau tappel\nun prélude de Bach. Si dans le Soir il a manqué un peu d émotion, dans\ntes pièces de virtuosité et de finesse il fut parfait. M. Ribo est un p.amste\naussi intéressant à entendre qu'agréable à applaudir.\nPui que la série de concerts de l'Association artist.que est close pour\ncette convient de rendre hommage à M. Etesse, qu. d.r.gelor-\nSitre avec beaucoup d'autorité, à la majorité des exécutants parmi les.\noùeUauelquesnomsSont i. citer/comme MM. Liéron et Fonten.lle aux pu-\npitres lies violons, M. Masson,\nd'accompagnement fait preuve d autant de talent qu\nl'œuvre que 1\" musiciens tourangeaux ont formée, d ans 1e bu qu. lu\nseul leur vaut bien un bravo sincere - de répandre le goui H\nenTouraine et de faire aimer leur art en le faisant connai re."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.56", "texte": "390\nLE MERCURE MUSICAL ™ 15-IV OÔ\n\nCORRESPONDANCE.\nJ'ai reçu la jolie lettre suivante :\nMonsieur,\nJe me croyais malheureuse d'avoir épousé un OsmanlL Je vois que j ai eu bien\ntort de me plaindre, et que certains Français me feraient regretter Hamdi-bey :\ncar il m* permet au moins de jouer ce que je veux sur mon piano, au lieu que\nvous voulez me réduire à la musique des derviches ou aux chansons nègres de\nKondjé-Gul. Certainement M. Pierre Loti a eu tort deparler de mes petites com-\npositions, croyez bien que je ne Vy aurais pas autorisé, si j'avais su. Mais ne\nvous est-il pas arrivé, a vous aussi, le soir, tout seul dans votre salon, d'impro-\nviser de vagues rêveries ? Sans doute, vous n avez pas cru pour cela être un com-\npositeur, et vous ne vous êtes pas fait jouer à la Société Nationale. Moi non\nplus ; pourquoi donc vous moquer d'une si innocente distraction ? Quant à Var-\nrangement des fugues de Bach, que vous voudriez connaître, je vais vous en\ndonner le tiire : ce sont les deux fugues en la mineur et en mi mineur, arrangées\npour deux pianos par un compositeur assez célèbre, Henri Duparc, et publiées\nchez l'éditeur Demets. Pardonnez-moi si je les préfère à toutes les confitures de\nroses, et même au chant du muezzim. Et ne dites plus trop de mal de nous dans\nle Mercure musical que nous lisons toujours avec tant de plaisir.\nZAHIDÉ-HANUM.\nJe m'étais permis, en effet, quelques plaisanteries qui, je le sens aujour-\nd'hui, étaient fort déplacées, Zahidé n'est pas seulement une femme\nd'esprit, c'est une musicienne beaucoup plus avisée que M. Pierre Loti.\nEt je suis sûr à présent qu'elle n'a pas écrit dans son journal, comme la\nRevue des Deux-Mondes du icr avril voudrait nous le faire croire : « Pour\nle chant, c'est Wagner, Saint-Saëns, Holmès ou même Chaminade. »\nLouis LALOY.\n\nECHOS.\nOrgues. Noslecteurs apprendront avec plaisir qu'un concours a eu lieu\nrécemment pour l'obtention de la place d'organiste du grand orgue de l'é-\nglise Saint-Eustache, devenue vacante à la suite du départ de M. Dallier.\nLe jury, composé de MM. Guilmant, président, Widor, Vincent d'lndy,\nEugène Gigout, Tournemire et Vierne, a tait subir aux candidats, tous prix\ndu Conservatoire, les épreuves imposées à chacun des concours annuels\nde la classe d'orgue.\nCes épreuves comportaient trois improvisations: plain-chant, fugue sur\nun sujet donné, thème libre et exécution d'une des pièces désignées par les\nconcurrents.\nA l'unanimité, le jury a nommé organiste titulaire M. Joseph Bonnet,\nc ont es improvisations ont été remarquables et qui a merveilleusement\ninterprété le prélude et la fugue en sol majeur de J.-Sébastien Bach.\ni ous sommes d autant plus heureux d'enregistrer ce succès que M. Joseph\nonnet, un jeune et brillant disciple du maître Guilmant, a fait valoir à\nîverses reprises, notamment à la Société Bach et à la Société Nationale,\noutes es ressources de sa technique, jointes à une haute compréhension\ndes œuvres classiques et modernes.\nL'inauguration de l'orgue Cavaillé-Coll de la Salle Berlioz a été des plus"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.57", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n39i\n\nbrillantes. M.Alex. Guilmant, qui avait été appelé à faire valoir ce bel ins-\ntrument, à obtenu un grand et légitime succès en exécutant sa Première\nSymphonie pour orgue et orchestre sous l'habile direction de M. Monteux,\net l'immortelle Passacaille de Bach.\nLes Intimités d'Art. Mmô Roger-Miclos vient de terminer au Théâtre-\nRoyal l'intéressante série de ses « Intimités d'Art », au programme des-\nquelles s'inscrivirent les meilleurs artistes de Paris. Parmi les œuvres\nnouvelles exécutées par l'éminente pianiste on nous signale le succès obtenu\npar un gracieux Menuet de Jaques-Dalcroze (Janin, éditeur, Lyon), où\nl'élégant mécanisme de Mme Roger-Miclos fit merveille. Nous souhaitons\nque ces matinées si suivies ne soient pas sans lendemain.\nMondanités. Chez Mm« la marquise de Saint-Paul, très intéressante\nmatinée le 29 mars : le Quatuor de Schumann, joué avec une virtuosité\nexpressive par la maîtresse de maison et MM. Phal, Neuberth et H. Jamin,\net une Sonate de Bach pour piano et deux violons (marquise de Saint-Paul,\nMM. Phal et de Martini) et un air de YAdmète de Haendel(M. Hardy-Thé)\nattestaient un goût très sûr pour la bonne musique classique.\nConcessions. La partition de Salomé de M. Richard Strauss exige plus\nde 100 instrumentistes : on a dit 120, on a rectifié 102. Quoi qu'il en soit,\nle maître ne paraît pas intraitable lorsqu'il s'agit pour lui d'être joué ailleurs\nencore que sur les seules grandes scènes qui disposent de cet immense appa-\nreil. C'est ainsi qu'à Breslau 80 musiciens ont mené à bien une exécution\ndont M. Strauss s'est déclaré, par voie de journal, entièrement satisfait. Il\nva plus loin encore dans la réduction de ses exigences : le rôle d'Hérode\nétant trop bas pour M. Siewert, le « Ritter vom hohen Cis » (chevalier de\nYut dièse supérieur), M. Strauss autorisa la transposition en hauteur de\ntoutes les notes gênantes. La Musikalische Rundschau, no 6 (Munich), s en-\ntonne avec raison que M. Strauss ait pu errer à ce point en formulant la\ncomposition de son orchestre et se demande à quel degré les moyens qu'il\nrequiert sont légitimes, puisqu'il peut ainsi les sacrifier impunément. Et\ncela ne prouve-t-il pas surtout que le compositeur n a pas doté ses person-\nnages d'un caractère musical bien strict et que son drame n'est en somme\nque du poème symphonique débité tant bien que mal à la scène ?...\nLe même M. Strauss vient de recevoir de Guillaume II l'ordre de la Cou-\nronne pour un Kaisergeburtstagmarsch... Les honneurs réservés jusqu ici\naux chefs de musiques militaires l'empêchaient de dormir, et il a été pris\nd'une noble émulation.\n%\nM. Gustave Mahler vient de faire paraître sa 6° symphonie pour grand\norchestre. La première audition en aura lieu cette année à 1 assemblée\ngénérale de la Société allemande de musique de Essen. Petite partition\nd'étude chez C. F. Kahnt, à Leipzig.\n*\nMunich. Aperçu des nouveautés données aux théâtres loyaux de\nMunich en douze ans : .\nIBQ3 : janvier: Djamileh, les Troyens à Cartilage \\ mars. ,\navril: Bastien et Bastienne ; mai: octobre: les\nRantzau: novembre : Echec au roi;décembre :\ni Sg4: janvier : la Fiancée vendue(Smetana) ; mars : ; octobre.\nSaint Foix ; novembre : Dalibor(Smetana).\niBgs : janvier : Fledennaus;mars: la octobre : 1\nque; novembre : Gi intram."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.58", "texte": "392\nLE MERCURE MUSICAL I j-IV-OÔ\nLe Directeur-Gérant : Louis LALOY.\nPoitiers. - société française d'Imprimerie et de Librairie.\n\niBg6: février: la Poupée de Nurem avril: octobre:\nEvangelimann; décembre : le Grillon\n18g y : mars : Theuerdank (prix de concours) ; mai : Ingwelde, lolanihe •\noctobre : Sarema (prix de concours).\ni BgB : Der toile Eberstin (prix de concours); juin : Zinnober ; décembre\nle Fifre de Haardt.\niBgg : janvier : Der Bàrenhauter ; mai : YEtranger ; novembre : Horand\net Hilde.\nigoo : janvier : le Départ ; novembre : Kaïn ; décembre : Noël.\nigoi : janvier : Eros et Psyché ; février : Jery et Bàteli ; mars : Herzog\nWildfang-,novembre : die neue Mamsell.\nigo2 : février : die Maienkonigin ; mars : der Haubenkriegvon Wiïrzburp ;\njuin : Louise. b '\njgo3 : janvier : Messidor ; février : mars :\nLobetanif •,juin: le Jongleur de Notre-Dam novembre :\nles Femmes curieuses ; décembre : Domroschen.\nig°4: lévrier : die Rose vorn Liebesgarten: avril :\nder Pfeifertag ; mai: le Juif polonais ; juin: C'était moi, le Notre père ■\nnovembre : Oreste. - 'M\nigos : janvier: Béatrice et Bénédikt ; octobre: Ilsebill ; décembre-\niheuersnot, la Cabrera.\nConcerts annoncés. Le 21 avril, salle Pleyel : e\n26 avril, salle Erard : Société Nationale (concert d'orchestre).\nLe 2 mai, salle Berlioz : concert Luzzati.\nLe 11 mai, a3 h. 1/2, à l'Ambigu : Concert avec soli, chœurs et orches-\ntre, donne par la Société des Concerts de chant classique, au profit de VAs-\nsociation des Artistes musiciens et dirigé par M. E. Marty.\nM^g/loUi.1' 9h\" Salle Berlioz : concert donné par Mme Marie Capoy et\nLe i.-) mai, salle Erard, dernier concert de la Société Nationale consa\ncre aux œuvres de Gabriel Fauré. consa-"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.59", "texte": "ORGANISATION DE CONCERTS\nEl. DEMETS, 2, rue de Louvois, PARIS, ll*\n• —*\nBeaucoup d artistes, plus familiarisés avec les difficultés de\nleur instrument qu'avec celles de\nlorsqu il s agit d'organiser un concert : de là tant de salles vides,\ntant d entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre\nun véritable service en leur rappela\ndéchargera, à des conditions très avantageuses, de ces soins qui\nne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans le monde\ndes musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique\net son expérience professionnelle, enfin par sa probité absolue,\njointe a une grande activité, M. Demets est devenu aujourd'hui\nl'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal\nde Paris, la Société de Concerts de Chant classique, nombre d'œuvres\nprivées et d'artistes virtuoses qui l'o\nlui doivent leur existence ou leur prospérité. Pour tous renseigne-\nments, s'adresser chez M. Demets, 2,rue de Louvois, PARIS, IIe.\nMercure musical, i®1'\n\nLa Revue du Mois\nParaît le 10 de chaque mois et donne 128 pages in-8°\n\\\nC'est .une publication sérieuse n'ayant rien de spécialement technique,\nmais s'adressant à tout le public instruit qui s'intéresse aux questions scienti-\nfiques, littéraires, économiques, sociales, coloniales et militaires. Les articles\nde fond sont dus à des hommes hautement compétents. Unechroniquetermine\nchaque livraison. Les rubriques en sont nombreuses et variables suivant les\nmois ; les collaborateurs de la Revue y tiennent le public au courant de ce\nqui se passe d'essentiel dans le monde des idées. La est\nimprimée sur papier glacé de façon à donner beaucoup de matière sous une\nforme à la fois élégante et aussi peu encombrante que possible. Chaque livrai-\nson renferme au moins six articles de fond.\nDirecteur : Émile BOREL, professeur àla Sorbonne\nDÉPÔT GÉNÉRAL DE LA REVUE:\nLibrairie LE SOUDIER, ij4, boulevard Saint-Germain\nLA LIVRAISON : 2 FR. 25\npARis .... Six mois, 10 fr. » Un an, 20 fr. »\nAbonnemei FRANCE . . .\nUNION POSTALE.\n11 fr. »\n12 fr. 50\n22 fr. »\n25 fr. »"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.60", "texte": "Mmes\n€al>re, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\n1». Landormy, 30, rue Saint-Sulpice.\nCours et leçons particulières de piano.\nWamla Laii(low§ka, 236, faubourg\nSaint-Honoré. Leçons et cours de piano.\nNeveu, 8, rue Mouton-Duvernet. Leçons\nde piano et solfège.\nA. ioubcrblelle, 204, boulevard Pereire.\nCours 'et leçons de piano.\nMlles\nCliouclftlK Kabaïan. Piano et accom-\npagnement, 14, rue Poisson.\nBerthe Durantoii, 11, rue Saint-La-\nzare. Officier d'Académie. Leçons de piano\net cours d£ musique d'ensemble.\nFaimy Ijamtiig-, 18, rue Godot-de-Mau-\nroi, et 101, avenue de Yilliers. Cours et\nleçons de piano et de musique.\n\nVIOLONCELLE\nMM.\nde Bruyn, 118, rue de la Pompe. Le-\nçons de violoncelle et d'accompagnement.\nMaritelF, 51 bis, avenue de la République.\nVioloncelle solo des Concerts Lamoureux.\nLeçons de violoncelle.\nllinssart, des Concerts Colonne, 45, rue\nRochechouart. Leçons de violoncelle et\nd'accompagnement.\n\nVIOLON\nMM.\nLouis Bailly, 22, rue Chauchat,\nprix du Conservatoire. Leçons d'alto,\nviolon et accompagnement.\n11, rue des Halles. Concer-\ntiste. Leçons de violon.\nCltcii'lcs Kouvot, officier de l'lnstruc-\ntion publique, 42, avenue de AVagram.\nLeçons de violon et d accompagnement.\n\nEdouard Bron, 30, rue de Naples. Le-\nçons de violon et d'accompagnement.\n11. de Brwyne, des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particuliè-\nres de violon et d'accompagnement.\nR. Ou rot, 22, rue Baudin. Leçons parti-\nculières de violon et d'accompagnement.\n¥wan Fliege. Leçons de violon et d'ac-\ncompagnement. 207, boulevard Saint-\nGermain.\nHerweffh, 3, avenue Bosquet. Leçons de\nviolon. Concerts.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de\nviolon et d'accompagnement.\nHenry Scliickel, des Concerts Lamou-\nreux, 5, rue d'Enghien. Leçons de violon\net d'accompagnement.\n•losei>li Seligmaim, prix Joachim de\nl'Académie royale de Berlin. Leçons de\nviolon et d'accompagnement. 33, rue de\nTocqueville.\n\nCLARINETTE\nM.\nStiéveiiai'd, des Concerts Lamoureux,\n75, rue Blanche. Leçons de clarinette et\nd'accompagnement.\n\nPROVINCE\nDIJON\nM. DietricKi. Piano, orgue, harmonie.\n105, rue de la Préfecture.\nLYON\n11. Clia.fies Bouché. Leçons de violon.\n7, place Edgar Quinet.\n11. A. C*uicliai'cloii, professeur au Con-\nservatoire. Cours et leçons particulières\nde violon et d'accompagnement. 24, rue\nRabelais\nIlUe Lacliart'ière, Piano, accompagne-\nment. 7, rue des Archers.\nPAU\nPaul Mau fret, 29, rue Carnot. Leçons\nde piano et d'harmonie\nTOULOUSE\nil. Omer Gufraud. Orgue, harmonie.\n18, rue Saint-Bernard.\n\nFfOS Ç RFFTMnWPN dirigée par M\"« M. Kalutet, 80, rue Blanche, à\nV 7> uS-i- ! llUïf-ii, Paris. Cours de piano, solfège, harmonie, pédagogie,\npréparation aux examens des Ecoles normales,\nI<\"Section: Amateurs ; - 2* Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n(Diplômes) ; Se Section : Cours par correspondance."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.61", "texte": "MERCVRE DE FRANCE\n26, rue de Gondé, PARIS\nPARAIT LE IER ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\nRWWWVW\nSEIZIÈME ANNÉE\nLittérature, Poésie, Théâtre, Musique, Peinture, Sculpture, Philosophie,\nHistoire, Sociologie, Sciences, Voyages, Bibliophilie, Sciences occultes, Critique,\nLittératures étrangères, Revue de la Quinzaine\nLa Revue de la Quinzaine, qui occupe plus du tiers de chacune des livraisons, comprend\nun roulement d'environ cinquante rubriques ; elle s'alimente à l'Etranger autant qu'en\nFrance, offrant ainsi un nombre considérable de documents, et constitue une sorte\n« d'Encyclopédie au jour le jour» du mouvement universel des idées.\nPrix du numéro : France, 1 fr. 25 net ; Etranger, 1 fr. 50\nFrance\nABONNEMENT :\ni\n• . ■ . I\nUN AN . .\nSix MOIS .\nTROIS MOIS\n25 fr.\n14 fr.\n8 fr.\nÊtr\nanger\nUN AN . .\nSix Mois .\nTROIS MOIS\n• • • •\n30 fr.\n17 fr.\n10 fr.\n\nSEIZIEME ANNEE\nNouvelle série. Format agrandi.\n'fMt\n9\nRevue de Littérature et d'Art, paraissant le 15 de chaque mois.\nDirecteur : Édouard Ducoté. Secrétaire: Charles Verrier.\nComité de Rédaction : Remy de Gourmont, André Gide.\nLe numéro : UN franc.\nA FRANCE, UN AN, 10 fr. ; Six MOIS, 5 fr. 50.\nABONNEMENT ÉTRANGER, UN AN, 12 fr. ; Six MOIS, 6 fr. 50.\nEnvoi d'un Spécimen sur demande accompagnée d'un timbre de 0 fr. 15.\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : 38, rue de Sèvres, 38, PARIS\nCHRONIQUES DE L'ERMITAGE\nChronique qénérale mensuelle, par M. ANDRÉ GIDE. Les Poèmes, par M. VIELÉ\nGRIFFIN Les Arts, par M. MAURICE DENIS. -- La Musique, par M.\nBLANCHE. - Philosophie, Critique, par M. MICHEL ARNAUD. - Les Romans, par\nM. HENRI GHÉON. Le Théâtre, par JACQUES COPEAU.\n\nREVUE GÉNÉRALE\nDE\nRAPHIE FRANÇAISE\nParaissant tous les Mois\nsous la Direction de Victor DAVE\net la collaboration de H. IL BAILLY,L.\ntenant-Colonel B. G. DEMONBYNES C. FÂGES A ONY-SABW, P. de MORTILLET,\nDR L. LALOV, A. LANTOINE, C. LE BON, A. MONTOUX,\nED. OLIVIER, E. POTIER, P. ROBIN, G. SOREL, Y. de WEPINNES, etc., etc.\n( Un An : France, Algérie, Tunisie 40 trancs\nABONNEMENTS | __ Etranger et Colonies ...••• 12\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : 19, rue Servandoni, Paris [VI%"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060415-01.1.62", "texte": "£ v'\n£e J&wwwe Xusual\n2, rue afe Louvois, 2\nPARIS\nDirecteurs : Louis LALOY et Jean MARNOLD\nCollaborateurs:\nPierre AUBRY, René d'AVRIL, Charles BORDES, Raymond\nBOUYER, Michel BRENET, Ricciotto ÇANUDO,Gaston CARRAUD,\nCh CHAMBELLAN, René DE CASTÉRA, Jean CHANTAVOINE,\nJ.-G. ERWYN-CORNÉLIUS, JAQUES DALCROZE, M. DAU-\nBRESSE, Claude DEBUSSY, Jules ECORCHEVILLE, Henry\nEXPERT, Henry GAUTHIER-VILLARS, Remy DE GOURMONT,\nVincent D'INDY, Pierre LALO, Fr. DE LACERDA, Lionel DELÀ\nLAURENCIE, Ch. LÉANDRE, Gustave LYON, C. DE MALARET,\nOctave MAUS, Jacques MERALY, le R. P. PEITAVI, André PIRRO,\nArmande DE POLIGNAC, Jean POUEIGH, J.-G, PRODHOMME,\nJean RAGE, OdiIonREDON, JuIesROUANET. Romain ROLLAND,\nGustave SAMAZEUILH, Louis DE SERRES, Martial TENEO,\nJoseph TRILLAT, Emile VUILLERMOZ, C.-M. WIDOR, Colette\nWILLY.\nEntretiens avec M. Croche: Claude DEBUSSY.\nLes Vrilles de la Vigne : Colette WILLY.\nPensées d'ailleurs : Armande DE POLIGNAC.\nMiettes historiques : Martial TENEO.\nREVUE DE LA QUINZAINE :\nBelgique : Paul GROSFILS.\nEspagne et Portugal : Fr. DE LACERDA.\nÉtats-Unis : Ch.-M\nLŒFFLER.\nItalie: Romain ROLLAND.\nRussie et pays slaves : Louis LALOY.\nNorvège et Danemark : Magnus\nSYNNESTVEDT.\nSuède : André PIRRO.\nOrient: Pierre AUBRY.\nMoyen âge : Pierre AUBRY.\nRenaissance : Henry EXPERT.\nXVIIe et XVIIIe Lionel DE\nLA LAURENCIE.\nFolk-lore: Pierre AUBRY.\nScience et théorie musicales : Jean\nMARNOLD.\nAllemagne : Romain ROLLAND.\nAngleterre : X.-Marcel BOULESTIN.\nDÉPOSITAIRES DU «MERCURE MUSICAL»\nPARIS.\nFLAMMARION et VAILLANT :\nGaleries de l'Odéon.\n36 bis, avenue de 1 Opéra\n20, rue des Mathurins.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40, boulevard Haussmann.\nrLQURY, 1, boulevard des Capucines.\nLAFONTAINE, 4, rue Rougemont.\nMARTIN, 3, faubourg- Saint-Honoré.\nREY, 8, boulevard des Italiens.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQUE 70, 10, boulevard Saint-Denis.\n213, Grand-Hôtel, boul. des Capu-\ncines.\n296, 18, boulevard Poissonnière.\nPRO VINCE.\nAmiens : LENOIR-HAYARD,S Galeries du Com-\nmerce.\n, ; •\nClermont-Ferrand : SOULACROUP-LIGIER* I 1 biss\nrue Pascal.\nLyon : JANIN frères, 10, rue du Président-\nCarnot.\nMontpellier: LAPEYRIE, 22, rue de la Loge.\nNancy ; DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNice : BELLET, 35, boulevard Dubouchage.\nNimes : THIBAUD.\nReims : MENNESSON, 10, rue Carnot.\nRoubaix : MARGELLI, 3, rue du Bois.\nToulouse : SOCIÉTÉ MARTIN, 72, rue de la\nPomme.\nValence : DUREAU.\nETRANGER.\nAnvers : O. FORST, 69, place de Mier.\nBruxelles : SPINEUX, 62, Montagne-de~la-Cour.\nGênes : RIECI et OIE, 43, Galeries Mazzini.\nMadrid : FERNANDO FE, 2, Carrera de San-\nJeronimo.\nStrasbourg : WOLF, 24, rue de la Mésange.\nStuttgart : O. EISELE, 26, Bapserwaldstrasse."}]}