{"numero_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_sha256": "02dcd0956aa95a85bc350cc59b6347c1f14b83e605f3b3286d5fe414a87f3b8c", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1906/06/15_01/bmtnabh_1906-06-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1906/06/15_01/bmtnabh_1906-06-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c001", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.1", "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "Sommaire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.1", "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "Sommaire\n■\nGEORGES D ÊSPAGNAT. .... %tiodiêvour z WO/Î^»\n3Ti- *' ' ■' ' ' ■ • ! ■ I V- . jV •!■'),/ I •' . , , ;(\\> -1 ... • . '■ .1 . ' ■ . . î '/V. ' ' '*■ it ' ' •»''\nI ■\nREMY DE GOURMONT Simone. IV :\nE. MARCHAND... J.-S. Bach et Beethoven.\nEMILE VUILLERMOZ.v Le Dictionn (suite).\nPIERRE AUBRY . ...... La musique\nXIII* Hèclé (suite).\ny*- C y ' * ' ' » - \" * ' \"* •-.■ . x „ . . '4 -*, '( ■\n»\" Wni S3ê!¥* ' t £k y f r Vp, ♦ I l-t r\\/L? % : Vr- 3! r / vJtV ? »' * ; '> u < '\nSSmÊSK 1 \" **' \"* V U\\ *?>>\"'\"& V «S '} /♦, « 0 \" 1 ;\n- r ;:- :. \" ' :V ' \". ::-v;; - : : V\nREVUE DE LA QUINZAINE\n■\nLouis Laloy, Ch. Chambellan, M. 8., Maurice Fourrier :\nE. Ansermet: La musique en Suisse. Lef Zeitlin :\n|M.M. : Courrier de Munich.Du Robec : C\ncations récentes.\nTABLE DES MATIÈRES DU PREMIER SEMESTRE\n.. \\. .. , . ' ._-r . . , v yt-î.*. ,>.'t '^v.. ,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.2", "titre_corps": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN", "titre_sommaire": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN", "signature_source": "E. Marchand", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "JEAN-SÉBASTIEN BACH\nET BEETHOVEN\n\n« Lisez les cantates de Bach... Vous étant\nenveloppé de son style comme d'un manteau,\nIl enchaînera votre âme comme il a fait de\ncelles de nos grands compositeurs Mozart,\nBeethoven... Il ne les a entourés de liens que\npour leur permettre de s'épanouir avec plus\nde liberté. »\n{Lettre\nLa première fois que j'ai entendu la musique de Debussy dans\nPelléas et Mélisande, j'ai été frappée par la construction solide,\nsavante, de cette musique d'apparence si fragile, si aérienne, et,\npour mieux la comprendre, je suis remontée à la source intaris-\nsable à laquelle tous les musiciens de génie ont puisé, à Bach.\nIl m'avait semblé voir une relation étroite dans la façon de\ncomprendre l'harmonisation des paroles, de refaire le texte\nmusicalement. Cela m'a conduite à un travail des plus passion-\nnants, l'étude du langage musical de Bach dans ses chorals,\ncantates, motets, passions. Après m'être bien pénétrée de ce\nlangage, m'être rendu compte de la fidélité avec laquelle les\nnotes ou accords rendaient le mot ou l'idée contenus dans le\ntexte, je me suis demandé si la musique soi-disant abstraite,\ntelle que le Clavecin bien tempéré, ne cachait pas une idée bien\ndéfinie ; enfin, si la musique de Bach n'était pas vraiment une\nlangue toujours précise, exprimant un sens toujours déterminé."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "Et j'ai pu me convaincre qu'en effet les et les\nn'étaient que le développement d'un motif expressif.\n★\n* *\nVoici comment Jean-Sébastien Bach procède : il choisit une\nphrase musicale, ayant harmonisé des paroles, ou exprimé une\nidée déterminée, ou même quelques notes seulement répon-\ndant à un mot : il les prend telles quelles, ou avec de légères\nvariantes qui leur laissent la même physionomie, et en fait\nle sujet de la fugue, ou Vintroduction d'un prélude. La fugue ou\nle prélude développera l'idée exprimée parle motif initial.\nPar exemple, la fugue en ré mineur (IIe cahier).\nEt voici dans la cantate profane de Phébus et Pan :\nRapides, rapides, tourbillonnez, vents.\nDès le prélude, les vents s'agitent. Dans la fugue, ils tour-\nbillonnent avec rage.\nFugue XXIV(2e cahier), en mineur :\nCantate de Phébus et Pan. Zu Tarife,\n7. Arie. Pan.\nPrélude XIX (2e cahier), en la majeur.\nCantate de Phébus et Pan. g. Aria. Tmolus: « Phebus deine Melodei hat\ndie Anmuth selbst geboren. »"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.5", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "Prélude XII, mineur.\nCantate n° Bg. (Motif de tristesse que chante le haubois) :\nQue te ferai-je, Ephraïm? Dois-je te préserver ? Te traiterai-je comme\nAdmafTe rendrai-je semblable à Tséboum? Mais non, mon cœur a d'autres\npensées, ma compassion est trop ardente.\nCe prélude rend l'incertitude ; une phrase moins triste alterne\navec la première, et, dans la fugue, les motifs s'agitent, s'entre-\ncroisent ; on sent qu'à la fin la compassion l'emportera.\nNo 28. Choral de Pâques (basse obstinée, symbolisant le mot Triomphe:\n« C'est aujourd'hui le triomphe du Fils de Dieu. »\nLa fugue XX est triomphante.\nSon prélude est inspiré du choral VI (31 ). —Le motif est celui\nde la résurrection.\nChoral Vin0 3i (texte de la i\" strophe) :\nJésus-Christ notre sauveur\nQui de nous détourna la colère de Dieu,\nPar sa Passion douloureuse\nNous tira des supplices de l'Enfer.\nNous tira deo ouppliceo de l'enfantaisie brillante sur le\nmotif de la résurrection :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "La fugue chante donc le triomphe de la résurrection.\nFugue XII (1 er cahier), en fa mineur.\nThème de la fugue du Credo (chant grégorien) de la messe en si (messe\ncatholique).\nCes quelques exemples suffisent pour montrer la façon dont\nJean-Sébastien Bach s'appuie sur ses propres œuvres pour en\ncréer d'autres ; d'un fragment il crée un tout ; d'une idée il tire\ntout un développement. Sa musique ne laisse rien dans le\nvague ; elle est véritablement un langage.\n*\n* *\nMais n'en est-il ainsi que chez Bach? et le langage dont il\ns'est servi lui est-il demeuré personnel ? L'étude des œuvres\nque Beethoven a composées pendant la deuxième partie de sa\nvie m'a de plus en plus convaincue du contraire. Non seulement,\nen effet, nous y trouvons la même manière de poser et de déve-\nlopper un motif expressif ; mais les formules sur lesquelles\nBeethoven construit ses œuvres capitales sont souvent des for-\nmules de Bach; bien plus, elles expriment les mêmes sentiments\nque chez Bach : la patience dans la douleur, l'accablement sous\nle poids du Destin, la plénitude de la force, une explosion de\njoie, la résurrection triomphale de l'âme qui a vaincu la souf-\nfrance.\nVoyez, en effet, Beethoven à côté de Bach :\nSonate op. 2, 11° 3"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.7", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "BACH : « Une âme meurtrie par la vie cherche le chemin du ciel. »\nSoprano. Ah ! Dieu ! quelle douleur m'accable en ce moment !\nBasse. Patience, mon cœur, patience seulement, patience, mon cœur !\nc'est un mauvais temps.\nSoprano. Ce chemin étroit est plein d'affliction, je dois marcher vers\nle ciel.\nBasse. La marche vers le suprême bonheur entraîne la joie après la\ndouleur. Patience, patience, mon cœur 1 c'est un mauvais\ntemps.\nBEETHOVEN (Testament d'Reiligenstad) : « Patience! ainsi dit-on; c'est\nelle que je dois maintenant choisir pour guide. Je Fai. »\nSonate op. 2, n° /,\nBeethoven.\nMagnificat.\nBach.\nFinale de la sonate op. 10, n° 2.\nBeethoven.\nCantate n° 10. « Meine Seele erhebt den Herrn. »\nBach,\nSonate pour piano et violon dédiée à Kreutzer.\nBeethoven\nCantate n° 83. « Accours, cœur rempli de joie ! »\nL'adagio de Beethoven et celui de J.-S. Bach, dans le pre-\nmier exemple, expriment bien tous deux le même sentiment .\nune exhortation à la patience. C était en Beethoven res-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "sentait les premières atteintes de la surdité. On entend dans\ncet adagio, comme dans celui de Bach, deux voix. Chez Beetho-\nven, l'une est douce et persuasive, l'autre douloureuse et révol-\ntée; puis, vers la fin, la douce voix seule se fait entendre ;\ntrois petites notes piquées, avec un trille léger sur la première,\nindiquent discrètement que le cœur révolté est apaisé ; un\ngroupe de notes caressantes, infiniment douces, sert de con-\nclusion.\nEt on se ressouvient de ce fragment du testament d'Heiligen-\nstadt : « C'est elle (la patience) que je dois choisir pour guide.\nJe T ai. »\nRapprochez le sentiment de cet adagio des paroles chantées\ndans celui de la cantate de Bach :\n« Quelle douleur m'accable !\n« Patience, c'est un mauvais temps ».\nLe finale de la Sonate op. 10, n° 2, et la Cantate n 0 10 sont\ntraversés par le même motif :\n« Meine Seele ! erhebt den Herrn ».\nLe début de l'allégro de la Sonate à Kreutzer, l'exposition\nplutôt, cette phrase qui se pose comme un titre bien arrêté par\nun point d'orgue : « Accours, cœur rempli de joie », dit Bach.\nBeethoven, sans le dire, semble cacher ses mots dans les notes,\nsi semblables à celles de Bach qu'on ne peut les distinguer. Et\nl'allégro part dans la joie.\nQuelle conclusion tirer de là ?\nCes exemples montrent Beethoven se rencontrant avec\nJ.-S. Bach, non seulement dans la façon de poser son sujet,\nd'indiquer par un motif expressif le sentiment qui sera exprimé,\nmais dans les motifs eux-mêmes. Ce n'est plus là une simple\nfaçon de s'exprimer ; ce ne sont plus des ressemblances seule-\nment d'expression comme il s'en rencontre chez la plupart des\nmusiciens ; c'est un système.\nIl serait possible que chez Beethoven la même idée ait germé',\nce qui donne à réfléchir, c'est l'exactitude des motifs de Beetho-\nven qui se rencontrent avec ceux de Bach, ayant même visage,\nmême physionomie. Si cette analogie est l'effet du hasard, c'est\nmerveilleux. Ne vaut-il pas mieux admettre que l'œuvre de\nBach n'était pas inconnue de Beethoven ? et que, mieux qu'un\nautre peut-être, il avait pénétré l'âme de Bach ?\nLes exemples que j'ai donnés ne sont pas les seuls. Je citerai\nentre autres les motifs de Bach qu'on remarque dans l'œuvre la\nplus caractéristique de Beethoven, dans la Symphonie en ut\nmineur, et qui forment par leur signification précise comme\nle plan de l'œuvre.\n★\n* ¥"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.9", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Symphon ut\nPREMIÈRE PARTIE\nLe fameux motif qui ouvre le drame\nne peut être comparé à nul autre. Mais on sent en lui l'influence\ndu thème de terreur de Bach (5e cantate de l'oratorio de Noël :\n« Hérode effraj'é de la venue du Messie »).\nIl se dessinera plus nettement, ce thème de la terreur, après\nles accords hachés, terribles, une vraie lutte de Titans, à la fin\ndu premier allegro :\nLes mêmes in octa.\nEt à travers le scherzo, il retentira comme un cri strident,\ncomme un rauque aboiement de cors :\nBientôt il n'aura plus rien de trop terrifiant, on le sentira qui\nse diminue, qui s'atténue, enfin qui disparaît. La lutte est finie,\nla victoire va éclater définitive et triomphante."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.10", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "Plus loin se trouvent les accords dont la répétition brutale\nindique encore la terreur, et qu'on rencontre dans la cantate 70\nsous les mots : « Soyez terrifiés, vous malfaiteurs ! ».\nBeethoven.\nBach.\n« Soyez terrifiés, vous malfaiteurs ! »\nDEUXIÈME PARTIE\nDans la première phrase de l'andante, on reconnaît Bach\ndans la Passion selon saint Mat : c'est la démarche de\nl'homme qui porte la croix de Jésus, et que rend si parfaite-\nment l'orchestre dans l'air : « Viens, ô douce croix ! »\nAndante con moto.\nBeethoven,\nPassion selon saint Matthieu,n° 66 andante (Bach) :\n« Viens, ô douce croix ! »\nL'accompagnement dépeint la démarche de l'homme qui\naccepte de porter la croix.\nPuis ce sont les notes qui, dans la mélodie, expriment les\nmots : « trop lourd, trop lourd... » et que Beethoven rend\nainsi :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.15", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "et qui reviennent constamment comme un gémissement :\nBach, n° 66. Passion selon saint\nTROISIÈME PARTIE\nEnfin, dans l'admirable finale traversé par le scherzo, ce sont\nles quatre notes triomphantes qui chantent le mot resurrexit.\nEt ce resurrexit apparaît victorieux dans le trio sombre, au\nmoment le plus dramatique. C'est Beethoven, victorieux du\nDestin, qui reprend la pleine maîtrise de lui-même. Et ces\nnotes se répéteront en notes simples, en tierces, en accords ;\nc'est bien le chant d'allégresse, le cri de victoire.\nEt ces notes se rencontrent dans le choral de Bach VI, n° 3i,\nillustrant le mot resurrexit.C'est le choral déjà rencontré dans\nun prélude de Bach : « De l'enfer il nous a sauvés ».\nEt tandis que s'ouvre le finale, affirmant le triomphe, on\nvoit ce motif suivi de cette longue suite de notes qui descendent,\nse plient, se courbent.\nC'est le Destin vaincu.\n« Je veux saisir le Destina la gueule, » dit Beethoven.\nEt c'est dans la Passion selon sa que Bach donnera\nencore à Beethoven cette formule :\nBach (Passion :\n« Le Seigneur se prosterne devant son Père. »"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.16", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "Et la fin de Yut mineur est joyeuse, joyeuse ! C'est bien la\nvictoire !\nVous entendez ces motifs de joie lancés à toute volée :\nBeethoven (finale de V Allegro).\nAccords de plus en plus joyeux.\nEt ces petites notes dansantes :\nEt maintenant entendez Bach dans la Cantate n° i 3 :\n« Mais celui qui élève ses regards vers le ciel, »\nApercevra une lumière de joie !\n[A suiv\n\nE. Marchand."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.3", "titre_corps": "SIMONE poème champêtre", "titre_sommaire": "SIMONE poème champêtre", "signature_source": "REMY DE GOURMONT ; Dessins de Georges d'Ęspagnat", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "SIMONE\npoème champêtre\nLe Brouillard\n\npar\nREMY DE GOURMONT\nDessins de Georges d'Ęspagnat"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "Le Brouillard\n\nSIMONE, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles de beauté où les femmes ■\nSont belles comme des arbres et nues comme des âmes ;\nNous irons vers les îles où les hommes sont doux\nComme des lions, avec des cheveux longs et roux.\nViens, le monde incréé attend de notre rêve\nSes lois, ses joies, les dieux qui font fleurir la sève\nEt le vent qui fait luire et bruire les feuilles.\nViens, le monde innocent va sortir d'un cercueil."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles où il y a des montagnes\nD'où l'on voit l'étendue paisible des campagnes\nAvec des animaux heureux de brouter l'herbe,\nDes bergers qui ressemblent à des saules, et des gerbes\nQu'on monte avec des fourches sur le dos des charrettes.\nIl fait encore soleil et les moutons s'arrêtent\nPrès de l'étable. devant la porte du jardin.\nQui sent la pimprenelle, l'estragon et le thym.\nSimone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles où les pins gris et bleus\nChantent quand le vent d'ouest passe entre leurs cheveux.\nNous écouterons, couchés sous leur ombre odorante,\nLa plainte des esprits que le désir tourmente\nEt qui attendent l'heure où leur chair doit revivre\nViens, l'infini se trouble et rit le monde est ivre :\nNous entendrons peut-être, en rêvant sous les pins,\nDes mots d amour, des mots divins des mots lointains.\nSimone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.4", "titre_corps": "LE DICTIONNAIRE", "titre_sommaire": "LE DICTIONNAIRE", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "LE DICTIONNAIRE\n\n(,)\n« Me voici de nouveau contraint, Messieurs, de provoquer\nune discussion générale sur l'article inscrit à notre dernier ordre\ndu jour. Vous vous souvenez que la lettre B avait amené un\nconflit à propos du mot BERLIOZ, et que l'ensemble de vos lu-\nmières avait été nécessaire pour éclaircir ce point douteux de\nnotre travail. Aujourd'hui, nous nous trouvons dans une im-\npasse plus troublante encore avec la lettre D. Le nom d'un\ncertain compositeur de la fin du xixe siècle vient de soulever\ntoute une série de problèmes historiques d'un si grand intérêt,\nque j'ai cru de mon devoir de vous réunir en séance plénière\npour collationner vos découvertes et en vérifier l'authenticité. Je\ndonne donc la parole aux rapporteurs, et déclare la discussion\nouverte. »\nEt le président se rassit, tandis qu'à grand bruit de papiers\nfroissés, les membres de la Commission du Dictionnaire se hâ-\ntaient d'extraire de leurs serviettes les volumineux dossiers des\npièces justificatives.\nLe premier rapporteur ayant classé méthodiquement ses\nnotes, se leva et attendit que le silence régnât dans l'assemblée.\nC'était un homme robuste et haut en couleur qui s'exprimait\navec une solennité tranquille et soutenait d'un bras musclé ses\npériodes majestueuses : « Je vous rappelle, mes chers collègues,\ncommença-t-il, que nos recherches habituelles de biographie,\nbibliographie et iconographie tendaient aujourd'hui à exhu-\nmer un nommé DINDY (Vincent), ou,— pour respecter la naïve\northographe nobiliaire de nos aïeux, —D'INDY, compositeur\nde musique qui vécu vers la fin du xixe siècle et le commence-\nment du xxe. Vous remarquerez, Messieurs, que ce nom, pas\nplus que celui de Berlioz, n'a su résister à l'épreuve du temps,\net que, coïncidence singulière, —ce sont précisément ces\npersonnalités indécises que nous trouvons à la tête d'impor-\n\n(i) Voir le numéro du icrmars 1906. Nous croyons à peine utile de\nrappeler que la liberté des opinions est absolue au Mercure musicàl, et que\nl'un des directeurs de cette revue est élève de Vincent d'lndy (N. d. 1. R.)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.18", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "tantes écoles d'art et de curieuses évolutions artistiques du\npassé ! Des livres et journaux de l'époque, il résulte clairement\nque ce d'lndy occupa dans l'esprit de ses contemporains une\nplace, sinon prépondérante, du moins nettement significative.\nDe lui personnellement, nous savons peu de choses intéres-\nsantes. Homme de condition élevée, il paraît avoir mené la vie\nd'un riche amateur, écrivant peu, voyageant au long cours ou\nse terrant dans une seigneuriale demeure de province. En 1900\nla socialisation du capital et le communisme étaient encore à\nl'état de rêves lointains, et l'on trouvait des exemples suffisam-\nment nombreux de ces existences oisives et privilégiées pour\nque nul ne songeât à s'étonner de ces distinctions de caste et de\nnaissance quinous apparaissent aujourd hui si prodigieusement\ncomiques. Bien plus, une sorte de considération déférente\nsemble avoir accompagné dans toute sa facile carrière le gen-\ntilhomme-musicien. Dans l'absurde conception de l'état social\nqui régnait alors, on était sans doute confusément reconnaissant\nà cet aristocrate de ne pas se servir de ses capitaux pour op-\nprimer ses semblables, et on lui savait gré d'occuper ses loisirs\ndorés à un passe-temps aussi inoffensif que le pacifique jeu de\nla double croche ! On rapporte, d'ailleurs, qu'il était avenant\net d'un commerce aimable, et qu'on ne le pouvait fréquenter\nsans agrément. Mais, encore une fois, c'est moins sa personna-\nlité qui compte en ce débat que le curieux résultat de ses efforts.\nNon seulement son apport musical est de peu d'importance,\nmais ce ne sont guère que ses premières compositions qui\nnous peuvent révéler chez lui une organisation artistique. J'ai\nretrouvé, signée de son nom, une « Symphonie sur un thème\nmontagnard », qui dut vraiment être, à l'époque, une chose\nagréable à l'oreille. Les autres œuvres que j'ai pu réunir sont\nloin de présenter le même intérêt. Nous avons la preuve qu'il\ns'essaya dans l'art du théâtre, mais, de l'aveu même de ses amis,\nil le fit avec une telle inexpérience qu'il ne connut guère que\ndes échecs. Pour ma part je confesse n'avoir rien compris\naux recherches symboliques et mystiques de ces essais lyriques.\nMais si la production de ce compositeur ne nous saurait plus\ncaptiver, sa psychologie est prodigieusement attachante. Nous\nretrouvons en lui un de ces types ancestraux dont on nous a\nconté souvent les prouesses étonnantes et dont les vertus dé-\nsuètes nous apparaissent si étrangement lointaines. Car nous\navons quelque peine à pénétrer l'âme de ces aïeux si différents\nde nous, et il nous semble marcher en pleine légende, alors que\nnous foulons les routes authentiques du passé ! Ce d'lndy fut\nce qu'on appelait autrefois, non sans quelque prétention, un\nprofesseur d'énergie. Vers le milieu de sa carrière, il se mit en"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.19", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "tête de créer une école dont il serait le chef. Sous le titre un\npeu imprévu d'Ecole des Chanteurs,il ouvrit des cours de mu-\nsique dans un quartier reculé de Paris et y établit comme pro-\nfesseurs quelques artistes de bonne volonté. L'idée en soi\nn'avait rien que de très louable, et la création d'un institut ar-\ntistique de plus ne pouvait être que favorablement accueillie.\nMais la nouvelle maison ne tarda pas à trahir son apparente\ndestination. Au lieu de fournir simplement aux jeunes gens le\nmoyen de puiser librement dans les trésors de la science et de\nl'histoire, elle semble avoir été entre les mains de son chef un\ninstrument de pédagogie systématique, une sorte de champ\nd'expérience où cet homme volontaire éprouva la valeur de ses\ndogmes et de ses rigoureuses formules d'art. Autour des nou-\nveaux disciples il éleva de hautes barrières et leur dit : « Vous\nêtes mes fils bien-aimés en qui j'ai mis toutes mes complai-\nsances :je veux vous créer à mon image, et l'univers vous ap-\npartiendra. C'est dans mon jardin que se trouve l'arbre de la\nscience du Bien et du Mal. Quand vous aurez goûté de son fruit,\nvous serez semblables à des dieux. Ne vous mêlez pas à la foule\nqui vous environne, car elle se nourrit d'erreurs et vous ne trou-\nverez qu'ici le divin aliment de la Vérité. »\nEt avec l'ascendant qu'exercent toujours les caractères bien\ntrempés, cet inflexible capitaine persuada vite ses jeunes cons-\ncrits que les maisons d'enseignement officielles étaient des\nfoyers d'hérésie et d'imbécillité, et que\nchangerait la face du monde. Les timides, les amateurs, les fils\nde famille et les jeunes gens refusés aux examens d'entrée du\nConservatoire accoururent se ranger autour de lui.\nDès leur arrivée on leur apprit à honorer d'un culte éclatant\nquelques vieuxmaîtres inattaquables, et ils finirent par s'imagi-\nner qu'ils jouissaient là d'un privilège absolument exclusif. Le\nprestige du monopole, éternelle faiblesse de l'àme française,\nservit merveilleusement les desseins du directeur psychologue.\nLes écrits du temps nous apprennent que l'on ne pouvait ap-\nplaudir dans Paris une œuvre de Bach, de Rameau ou de Cé-\nsar Franck sans être immédiatement convaincu d'avoir écouté\nà la porte de Y Ecole des Chanteurs.Je n'ai pas besoin de vous\nrappeler, Messieurs, que Franck, Rameau et Bach étaient con-\nnus et honorés bien avant la fondation de l'institut dont il\ns'agit ; mais rien ne prévalait contre l'intransigeance d'une\njeunesse impétueuse, toute fière de ses illusoires conquêtes\net tout infatuée de trompeuses victoires 1\nL'heureux gentilhomme eut, par surcroît, la chance de ren-\ncontrer l'appui— alors assez efficace —de la presse. Il eut àsa\ndévotion plusieurs revues de musique qui l'encensèrent avec dis-"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.20", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "cipline et méthode et qui écartèrent impitoyablement tous ses\ncontradicteurs.il semble avoir attaché particulièrement à sa for-\ntune trois critiques des grands journaux quotidiens, appartenant,\nle premierà la noblesse, l'autre àla bourgeoisie et le troisième à\nla basse populace, grâce à quoi il pouvait régner sur l'opinion\npublique tout entière. L'un, baron sans doute ou chevalier, ré-\npondait au nom pompeux de Gaulthier de Villars, le second, an-\ncien militaire, était le fils du compositeur Lalo, et le dernier,\nchose curieuse, était une simple femme du peuple, employée\nsubalterne dans un théâtre, qui, chaque semaine, avec un ba-\ngout familier et plaisant, consignait des impressions d'art que\nle public lisait avec sympathie. Malgré toutes mes recherches,\nje n'ai pu découvrir aucun renseignement biographique sur\ncette pauvre femme qui eut une si étrange carrière et ne passa\nàla postérité que sous la livrée de son humble métier : l'Ou-\nvreuse ! Ces trois affidés exaltèrent l'œuvre du nouveau venu,\nchacun selon ses moyens : le chevalier Gaulthier avec morgue et\nassurance, le fils Lalo avec respectabilité et componction, et la\nbonne femme avec toute sa verve populacière. Tous trois y\napportèrent le même enthousiasme têtu, violent et irréductible.\nIls furent à 1 'Ecole des Chanteurs d'un puissant secours. La\nchaîne ininterrompue de leurs articles enflammés encercla Paris :\nle titre d'élève de cette école devint synonyme de désintéresse-\nment, de noblesse, de science et de conscience et, par une con-\nséquence inattendue, les nourrissons et les nourrices des Con-\nservatoires furent bientôt suspects d'ignorance, de vénalité, de\ncupidité et de bassesse. Une secte était née. Elle florissait :\nHussites de la clefdesol, Jansénistes delà quinte augmentée,\nses adeptes envahissaient déjà la province. Leur triomphe était\ncertain.\nC'est alors qu'enivré de son succès, le professeur d'énergie\nvoulut le couronner inoubliablement. Pas de religion nouvelle\nsans miracles : il aurait le sien. Le désintéressement, la\nnoblesse, la science et la conscience sont des vertus estimables,\nmais elles ne valent pas, en musique, le simple talent... et,\nd'après le peu qui nous en reste, il nous faut bien croire que\nles talents n'abondaient pas dans la maison. Le Maître résolut\nd'en créer. Pour cela il eut la coquetterie de se servir des na-\ntures les moins musicales de ses classes et les dressa à la com-\nposition ! L'entreprise était paradoxale, voici pourtant com-\nment il parvint à la mener à bien. Il commença d'abord par\njeter le discrédit sur les études harmoniques qui présentaient\npour son expérience l'inconvénient capital de mettre en jeu des\nfacultés sensorielles et innées. Puis il choisit un système d'é-\ncriture mécanique, une arithmétique sonore automatique qui"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.21", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "réduisit les jeux divins de l'inspiration à une patiente partie\nd'échecs. Sous prétexte d'honorer la technique des primitifs, il\ndécréta la pratique du contrepoint à outrance et, au nom de Bach,\nfit tresser à ses ouailles de longues et cruelles guirlandes de\nnotes ennemies. Le pavillon classique couvrait la détestable\nmarchandise ! Et ainsi se réalisa le plan de l'homme volontaire :\naprès quelques mois d'entraînement, les élèves les plus réfrac-\ntaires à toute sensation musicale écrivaient, comme en se\njouant, des quatuors, des trios, des sonates et des symphonies.\nParis en fut promptement inondé : on en vantait à haute voix\nla forme savante, les joints perfectionnés, l'articulation démon-\ntable et l'architecture brevetée. Le miracle était accompli.\nL'énergique gentilhomme venait de donner à l'univers une\nmagistrale leçon de volonté et pouvait s'enorgueillir d'un résul-\ntat prodigieux : du néant il avait tiré des forces vives, de jeunes\ngens que rien ne prédisposait à une carrière artistique il avait\nfait des compositeurs, d'un troupeau d'amateurs il avait obtenu\nun bataillon discipliné d'ardents prosélytes prêts à vaincre ou\nà mourir, et, chantant un triomphal l'orga-\nnisateur de la victoire pouvait répéter à ses élèves la parole\nhautaine de 'Wagner : « Et maintenant, Messieurs, vous avez\nun Art ! »\nAlors pour l'Ecole des Chanteurs sonna l'heure de l'apogée.\nSous prétexte de cultiver le noble sentiment de la camaraderie,\nses adhérents s'unirent les uns aux autres avec la solidarité\nétroite qui liait autrefois les «compagnons» de sociétés secrètes.\nIls se poussèrent mutuellement, organisèrent ensemble les acca-\nparements et les obstructions, se coulèrent dans les comités,\nles commissions et les jurys où ils firent sentir le poids de leur\npuissante organisation. On rapporte que leur discipline était\nsi parfaite qu'ils arrivaient toujours à faire prévaloir leurs déci-\nsions même lorsqu'ils constituaient une minorité. J'ai retrouvé\nune série de procès-verbaux d'une vieille société de concerts\nnommée « La Société Nationale », qui donnait à Paris des\nséances régulières de musique nouvelle depuis l'année 1871.\nQuelques-uns de nos carbonari musicaux s'y étant glissés, la\nsociété devint en peu de temps un fief de l'Ecole des Chanteurs,,\net mes documents me prouvent qu'au mépris des statuts les\ndignitaires de l'Ecole y tranchaient seuls, en toute tranquillité,\nles questions qui auraient dû relever du comité. J'ai trouvé\ntrace également d'une certaine société d'édition fondée par eux\nsur des bases très curieuses. Il serait trop long de vous en expo-\nser le fonctionnement : qu'il vous suffise de savoir, pour recon-\nnaître l'esprit de la maison, qu'elle se nommait Edition\n« mutuelle » et qu'elle était très fermée et réservée avec un"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.22", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "égoïsme étroit aux seuls pensionnaires de l'institution : car\nle paradoxe n'était pas pour déplaire à ces conquérants !\nConcerts et édition habilement accaparés servirent ainsi éga-\nlement leurs desseins. Joignez à ces succès une action provin-\nciale de plus en plus étendue et florissante, et vous aurez une\nidée des extraordinaires résultats obtenus par le professeur\nd'énergie, figure hautaine qu'il était intéressant de faire revivre\nà vos yeux dans son cadre oublié, dans cette période d'indivi-\ndualisme exaspéré qui permettait à un être isolé de créer de\ntoutes pièces des mouvements, des idées, des castes et des\nétats dans l'Etat sans soulever de protestations. Là d'ailleurs\nse termine mon rôle. Les dossiers réunis sur le nom de d'lndy\nne nous apprennent rien de plus. Cette création d'un milieu\nmusical artificiel, ce tour de force incroyable d'avoir tiré du néant\net fait prospérer un groupe de « compositeurs par persuasion »,\ncette magnifique mise en œuvre d'un système conçu à priori\nsont les seules choses qui doivent arracher son nom à l'oubli.\nJe n'ai pas besoin d'ajouter que cette organisation reposant\nsur l'énergie d'un seul homme portait en elle les éléments de\ncaducitédes créations trop individualistes. Le dictateur disparu,\nla dictature s'écroula. Après la mort de d'lndy, fusillé pendant\nles massacres de la grande révolution de 1913, l'Ecole des\nChanteurs périclita et sombra rapidement. Elle était devenue\nun conservatoire privé, opulent et redoutable : elle en avait les\ntares et les dangereuses prérogatives. Elle ne pouvait survivre\nlongtemps à son créateur.\nTelle est, Messieurs, l'œuvre de cet ancêtre farouche dont\nl'indomptable volonté fit des miracles. Nos mœurs se sont\nadoucies, l'instinct de la domination recule chaque jour da-\nvantage dans le passé, nous ne comprenons pas plus ce goût\neffréné du pouvoir que cette docilité à accepter les jougs et les\nasservissements. Pourtant, quelque inconcevables que nous\napparaissent de tels hommes, nous ne pouvons nous dispenser\nde saluer avec respect ces derniers représentants d'une huma-\nnité encore mal dégrossie, mais dont les gestes rudes et auto-\nritaires n'étaient pas dépourvus de grandeur. C'est àce titre\nque je vous propose d'ouvrir à d'iNDY (Vincent, ißsi-igi3) les\npages de notre encyclopédie et de lui réserver une place à part\nau milieu de nos candidats à l'immortalité ! »\nEt, satisfait de lui-même, le rapporteur se rassit pendant\nqu'un murmure d'étonnement courait dans l'assemblée. Un\npetit homme chafouin prit alors la parole. Sa voix pointue\ntraversa la vaste salle pendant que le silence se rétablissait\naussitôt, l'orateur étant connu pour l'ingéniosité et l'imprévu\nde ses hypothèses historiques."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "«Il convient, dit-il, de rendre hommage à la documentation\nprécise de notre collègue. Tout ce qu'il vous a exposé est ri-\ngoureusement exact, et c'est bien ainsi que se déroula l'étrange\naventure de l'Ecole des Chanteurs. Mais je ne suis pas entiè-\nrement satisfait des mobiles qu'il attribue à toute cette formi-\ndable et minutieuse activité. Pour la musique tous ces efforts,\ntoute cette organisation savante, toute cette admirable adminis-\ntration ? A d'autres ! Permettez-moi de n'en rien croire.\nN'oublions pas que cette Ecole fonctionna au moment de la\nloi sur les Congrégations religieuses et de la Séparation de\nl'Eglise et de l'Etat 1 Tout s'éclaire si l'on envisage sous cet\nangle les travaux et les menées de cette compagnie. Mon avis\nest que les « dindistes » étaient tout simplement une congréga-\ntion non autorisée comme les « maristes » ou les « lazaristes »\net cachaient sous une étiquette musicale leur véritable identité.\nLe contrepoint était pour eux ce que les liqueurs ou le chocolat\nétaient dans certaines trappes ou chartreuses. Tout nous le\nprouve : leurs attaches religieuses indiscutables, la piété de\nleur fondateur, bien invraisemblable chez un prétendu artiste sé-\nculier de 1900, le nom de leur école qui ne fut jamais prononcé\nen français et se perpétua dans la langue rituelle du clergé\n(ScholaCantorum, disait-on sans sourire en plein xxe siècle !),\nleurs recherches des traditions du plain-chant et leur collabo-\nration avec certains bénédictins et dominicains connus, l'exis-\ntence d'une sorte de noviciat à proximité de l'Ecole, maison\npieuse, dirigée par des ecclésiastiques et hébergeant les jeunes\ngens désirant appartenir à l'association, la personnalité mys-\ntérieuse d'un des lieutenants du fondateur qui, tout en portant\nle costume civil, se laissait appeler « Marcel l'Abbé » ou même,\nsignificativement « l'Abbé », les manifestations politiques col-\nlectives des prétendus élèves de musique en certaines circons-\ntances historiques, les rapports de la maison mère et des suc-\ncursales de province..., etc., etc. Tout, vous dis-je, démontreque\nnous avons affaire à un ordre religieux dissimulé et non à une\ninstitution artistique. Ecartons donc de nos travaux cette véné-\nrable compagnie et continuons à rechercher des noms d'au-\nthentiques musiciens î »\nUne partie de l'assemblée approuva bruyamment cette décla-\nration inattendue, mais un peu d'incrédulité se manifesta dans\nquelques groupes. Pendant plusieurs minutes on n'entendit\nque le brouhaha des discussions particulières. Enfin un philo-\nsophe respecté prit la parole et s'exprima en ces termes :\n« Je prétends vous soumettre, mes chers collègues, une troi-\nsième interprétation de ce curieux point d'histoire. A la vérité,\nelle emprunte aux deux hypothèses déjà proposées plusieurs de"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.24", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2849, "texte": "leurs arguments, mais elle a le mérite de les concilier dans une\nheureuse mesure. Je crois fermement que ce d'lndy et ses élèves\ns'occupèrent sérieusement de musique, mais j'estime que leur\neffort est intimement lié aux dernières convulsions de l'idée\nreligieuse au xxe siècle. Vous savez combien profondément la\nreligion catholique avait pénétré l'âme de nos aïeux et quelles\nracines elle avait jetées dans la terre française. A l'époque de la\nSchola Cantorum, ces racines n'étaient pas encore entièrement\nflétries, et des bourgeons d'arrière-saison pointaient au ras du\nsol. L'idéal d'art du fondateur de la Schola étant nettement\ncatholique, c'est instinctivement et non systématiquement qu'il\ndirigea ses élèves dans la voie que l'on vous a indiquée. C'était\nl'époque où le « sensualisme », le « matérialisme » musical com-\nmençait à s'avouer. Un goût littéraire du paganisme et de la\nvolupté s'insinuait dans l'art : Fauré en baignait ses lieder et\nDebussy en imprégnait son théâtre. C'était l'heure où les sens,\ntrop longtemps méprisés par discipline religieuse, prenaient\nconscience de leur valeur et de leur noblesse ; on commençait à\ncomprendre quels puissants leviers et quelles bienfaisantes\nénergies dormaient au cœur des hommes sous le nom trompeur\nde vices et péchés capitaux : on cessait d'appeler « orgueil »la\nconscience de sa force, « gourmandise » le culte des sensations\nexquises, « paresse » la faculté du rêve et « luxure » le goût\ndes divertissements fondamentaux ! Toute la musique s'orien-\ntait vers les caresses, les effleurements, les douces résonances\net les bons frissons. C'était le triomphe de l'harmonie, des\naccords savoureux, des enchaînements fondants et des succu-\nlentes successions. L'écriture harmonique était le langage natu-\nrel des musiciens sensuels. Vous comprenez dès lors qu'un\npédagogue religieux comme ce d'lndy, élevé à l'école de Franck\nqui était lui-même une manière de saint, devait chercher d'ins-\ntinct un moyen de protester contre ce mouvement abominable.\nCe fut donc très logiquement qu'il fut amené à choisir comme\nmoyen d'expression une forme austère et purement intellec-\ntuelle comme le contrepoint et ses décentes fantaisies. C'est, à\nmon avis, la seule manière d'expliquer l'orientation de son\nécole si représentative : la Schola Cantorum fut l'épisode\nsuprême de la lutte de l'idéalisme contre le matérialisme. La\nbataille avait été livrée sur tous les autres terrains de la pensée\nhumaine : l'idéalisme succomba partout. Le terrain musical\nfut l'un des derniers où put s'effectuer l'émouvante rencontre :\nvous en connaissez le résultat. Je vous propose donc de saluer\nen ce d'lndy le dernier vaincu de l'ldéalisme ! Ace titre il doit\nprendre place dans le Dictionnaire, car nous devons impérieu-\nsement cet hommage au courage malheureux ! Les dernières"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.25", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 366, "texte": "volontés des mourants sont sacrées : l'art de la naquit du\ndernier spasme de la religion expirante, je vous propose de\nnous découvrir devant ce cadavre ! »\nDes applaudissements éclatèrent : on décida à mains levées\nd'adopter l'avis du philosophe et de lui confier la rédaction de\nl'article litigieux, puis la séance fut levée.\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.5", "titre_corps": "LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS D'ÈGLISE EN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE D'APRÈS LE « JOURNAL DES VISITES PASTORALES » d'Odon Rigaud.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS D'ÈGLISE EN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE D'APRÈS LE « JOURNAL DES VISITES PASTORALES » d'Odon Rigaud.", "signature_source": "Pierre Aubry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "LA MUSIQUE\nET LES MUSICIENS D'ÈGLISE\nEN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE\nD'APRÈS LE « JOURNAL DES VISITES PASTORALES »\nd'Odon Rigaud.\n\n(0\n20 Littérature et art extra-liturgi —Il faut mainte-\nnant rechercher quels étaient dans les monastères normands,\nau temps d'Odon Rigaud, les éléments de ces fêtes joyeuses.\nA la Trinité de Caen, les religieuses récitent des épîtres\nfarcies, le jour des saints Innocents; à Villarceaux, quand le\nprélat a interdit les danses, les moniales se contentent, ce\njour-là, de chanter des cantilènes. A Saint-Amand de Rouen,\nles proses de l'office sont un ragoût bien ordinaire à côté des\npièces farcies, des conduits et des motets qu'on entendait à la\nSaint-Jean, à la Saint-Etienne comme à la fête des Inno-\ncents, dans le cloître de Montivilliers. Enfin, le passage relatif\nau clergé de Gournay nous fait regretter de n'avoir point vécu\nquelques siècles plus tôt, pour en être témoin, car ces graves\nchapelains dansant sur la voie publique, faciendo LE VIRELI,\ndurent être une des plus folles visions qui aient jamais pu\nhanter l'imagination d'un Rabelais.\nLes proses qu'on entendait dans les monastères bénédictins\nde la Normandie étaient certainement la manifestation la plus\nsaine et la plus conforme aux règles liturgiques. On sait que\nl'Église avait admis de très bonne heure ces compositions poé-\ntiques adaptées sur les vocalises, ou qui\nétaient comme le cortège ou la queue de Et de fait\nil eût été bien surprenant de ne point rencontrer dans le\ndiocèse même, qu'une tradition communément acceptée désigne\ncomme ayant été leur berceau (2), quelqu'une de ces séquences\n\n(1) Suite. Voir les numéros 8, 10 et n.\n(2) NOTKER, Prologus, en tête de son Liber sequentiarum, Migne, P. L\nt. GXXXI, col. ioo3."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "ou de ces proses au jour des saints Innocents. S'il est vrai que\nles premières séquences aient été composées au monastère de\nJumièges, où les moines vivaient sous la règle de saint Benoît,\nil est bien vraisemblable que les compositions que nous ren-\ncontrerons au treizième siècle dans les graduels-prosaires pro-\nvenant des monastères bénédictins de Normandie appar-\ntiendront à cette antique période de production. Veut-on un\nexemple de prose chantée en ce jour ? Nous le trouverons\ndans un manuscrit de ce même temps (i).\n\n(i) Paris, Bibl. Nat., lat. 904, fol. 23. Provenant de la cathédrale de\nRouen, dont il donne tous les usages liturgiques. Ajoutons qu'on prépare à\nRouen même une reproduction phototypique de ce précieux graduel.\nOn notera que cette mélodie a été reprise par Notker dans la prose\nSancti Spiritus.Nous considérons ce fait comme une preuve de plus en\nfaveur du récit de Notker et de la thèse traditionnelle sur l'origine nor-\nmande des proses."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.28", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 180, "texte": "(i) Ms. : Et.\n(a) Ms. : pion im.Cette correction du texte a permis le remaniement delà\nmélodie dans la seconde clausule sur le type de la première."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.29", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "Déjà les épîtres farcies ne tiennent plus à la liturgie que par\nun lien si fragile, par des attaches si incertaines, qu'à diverses\nreprises l'Église en a proscrit l'emploi. Nous avons dit par ail-\nleurs comment ces pièces se chantaient (i ). Rappelons seulement\nqu'un clerc, le sous-diacre sans doute, se réservait le texte même\nde VÉpître,tandis que deux ou trois enfants de chœur lui ré-\npondaient après chaque phrase ou chaque membre de phrase\nen chantant la farciture, c'est-à-dire l'explication en latin ou\nen langue vulgaire. Odon Rigaud ne nous dit point si les épî-\ntres qu'il interdit aux moniales de Caen étaient farcies en latin\nou en roman. Pourtant nous inclinons à penser que la para-\nphrase devait être en roman, car d'une manière générale les in-\nterdictions ecclésiastiques visaient surtout les farcitures en lan-\ngue vulgaire. En effet, les tropes latins du Kyrie,, du\nduSanctus, de AgnusDei, étaient d'un usage presque universel\ndans l'Église, tandis qu'à diverses reprises les compositions\nqui n'étaient point écrites dans la langue liturgique furent\nbannies du sanctuaire. Mais voici une autre raison de croire que\nles épîtres chantées à la Trinité de Caen étaient farcies en langue\n\n(i) Tribune de Saint-Gervais, années 1897 et 1898."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.30", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "vulgaire : c'est qu'il semble bien que l'idée première de ces\ncompositions, où le français s'entremêle à la langue liturgique,\nait été de mettre le texte sacré à la portée de religieuses qui ne\nsavaient point le latin. Nous n'avons pu trouver d'épître farcie\nen roman dans les manuscrits provenant du diocèse de Rouen.\nMais il en est une pour la fête des Innocents dans un manus-\ncrit de l'Église d'Amiens, aujourd'hui à la bibliothèque de cette\nville. Lebeuf, qui l'a connue et citée (1), date cette pièce des\nenvirons de l'année i 250.\nIN DIE SANCTORUM INNOCENCIUM EPISTOLA\n\n(I) LEBEUF (Abbé), Traité historique\np. 129. Paris, 1741."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.32", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "(1) La signification de ce mot est inconnue. Godefroy en cite un autre exemple :\n« Sachiés que li rois Heraus fu desconfis en cele bataille ; si ne sot on que il\ndevint, se par diaines non», dans YHistoire des ducs de Normandie et des rois d'An-\ngleterre, p. 64, publiée par Fr. Michel, 1840, in-8 (Soc. de l'Hist. de France)."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.33", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 55, "texte": "(i) Ms. virginté."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.34", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "(i) M s. deglaver."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.35", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "Le diocèse de Rouen n'est pas si loin d'Amiens que nous ne\npuissions conclure de ce qui se passait ici à ce qui se passait\nlà. En lisant cette curieuse Épître d saints Innocents, il nous\nsemble entendre derrière la grille du chœur les voix fraîches\ndes religieuses, qui, chantant pour un jour dans leur langue\nmaternelle, dans le parler familier de leurs jeunes souvenirs,\nretrouvent l'accent d'une foi plus simple en leurs cœurs plus\ncharmés. Il y a donc dans le hoc inhibuimus de l'archevêque"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.36", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "quelque excessive sévérité, surtout qu'en d'autres lieux le prélat\nne devait point, comme on va le voir, manquer de motifs graves\npour exercer ses rigueurs. En ce qui concerne les épîtres farcies\nde latin, la liturgie rouennaise en a chanté plusieurs, et, à titre\ndocumentaire au moins, il nous semble intéressant de donner\nici l'Épître farcie de cette même fête des saints Innocents d'après\nle même manuscrit, auquel nous sommes également redevables\nde la prose de ce jour. Il y aura lieu de comparer ces deux do-\ncuments."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.38", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 673, "texte": "Comme on le peut voir, la paraphrase du texte sacré se termi-\nnant sur le mot Dicentes enchaîne la lecture de l'Apocalypse au\nravissant graduel des saints Innocents :\neJ. Anima nostra sicut passer erept\n112. Laqueus contritus est et no :\nnostrum in nomine Domini, quifecit\nSuit immédiatement Valléluia et son verset, puis vient laprose\nCelsa puerique nous avons donnée plus haut et qui a, on apu le\nremarquer, inspiré la farciture de l'épître. Celle-ci d'ailleurs\nest fort médiocre, et l'avantage demeure sans conteste à la vieille\nlangue romane: nous ne saurions nous étonner que les monia-\nles l'aient préférée.\n{A suivre.)\n\nPierre Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6", "titre_corps": "REVUE DE LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "REVUE DE LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n\nCONCERTS\nSociété des grandes auditions musicales : Le Songe de Gérontius, oratorio d'EcLw\"ârd. Elçjar, sur\nun poème du Cardinal Newman.\nAprès deux siècles de stérilité, l'Angleterre renaît à la vie musicale, et,\npour la première fois, on voit paraître sur nos programmes de concerts\ndes noms a desinences anglo-saxonnes, qui sont des noms de compositeurs\nmodernes. Le plus connu, le plus estimé en son pays, est sir Edward Elgar,\ndont nous entendions, l'annéepassée, des Variations sur un thème original\naux Concerts Chevillard, et dont la Société des grandes Auditions musi-\ncales vient de nous faire connaître l'œuvre maîtresse : le\nLes Variations avaient paru correctement, et même assez habilement\nécrites, ce qui certes est un mérite pour un auteur qui s'est instruit lui-\nmême, qui est, comme aiment à le répéter ses admirateurs, un « autodi-\ndacte ». Mais le métier n'est pas l'art, il n'en est que la condition première ;\npeu m'importe, en réalité, que sir Elgar ait ou n'ait pas suivi les cours dû\nConservatoire ; puisqu'il écrit delà musique, il faut bien qu'il sache écrire.\nMais ce que je lui demande, c'est de m'intéresser. Les Variations ne m'a-\nvaient pas intéressé : le thème n'a d'original que le nom, et des diverses\ntransformations qu'il subit (et qui évoquent, dit-on, le caractère des diffé-\nrents amis de l'auteur), aucune n'arrive à masquer son incurable banalité\ncar elles sont ternes, grises et indifférentes comme lui. Avec cela, beau-\ncoup d'honnêteté, de sincérité, de tenue, d'honorabilité : rien ne ressemble\nplus à l'œuvre d'un bon élève, ou d'un bon fonctionnaire, que la musique\nde cet indépendant.\nOn retrouve, hélas ! dans l'oratorio ce caractère administratif. Le poème\nassez diffus du Cardinal Newman nous fait assister d'abord à l'agonie de\nGérontius, puis au voyage de son âme, entre l'Enfer et le Paradis, jusqu'au\nseuil du Tribunal céleste, sous la conduite de son Ange gardien. Sujet"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.40", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "mystique s'il en fut, qui fait songer à Schumann 011 à Franck, et que sir\nEdward Elgar a traité avec une application soutenue, une correction\nrigoureuse, une foi raisonnable et une sincère affectation de piété qui sont\ntout ce qu'on peut imaginer de plus intéressant, comme manifestation du\ncaractère anglais moyen. Musique de dimanche, et de dimanche à Lon-\ndres ; musique en redingote et en haut de forme, grave et digne, sûre\nd'elle-même, sans inquiétude, sans trouble, sans élan, sans personnalité,\nforte de ses conventions bien établies, fière de sa moralité tranquille,\nignorante avec candeur de tout ce qui est l'instinct, l'émotion, la passion,\nla joie libre, la douleur vraie, l'amour humain ou divin : la vie. Mendels-\nsohn règne en maître sur cette musique de prêche, de discipline et de com-\nmande, souligné, de ci de-là, par quelques chromatismes wagnériens. Et\nGounod n'est pas loin de certaines mélodies. Quant à sir Elgar, il n'est\nque le metteur en oeuvre impersonnel, le scrupuleux fonctionnaire chargé\npar les circonstances d'organiser un pieux divertissement. Qu'il s'agisse\nde damnés ou d'élus, de l'âme de Gerontius agonisant ou de cette même\nâme délivrée de ses liens terrestres, c'est toujours et partout même élé-\ngance froide et sans couleur, même perfection de banalité correcte, mêmes\nchants pareils à des cantiques, même orchestre où l'on retrouve, jusqu'à\n*la voix céleste, toutes les sonorités de l'harmonium. Le tout fort honnête\nd'ailleurs, sans nulle vulgarité, et d'une sincérité qui touche à l'inno-\ncence. Mais si cette œuvre atteste la renaissance, en Angleterre, du goût\nde la musique, elle ne fait pas encore espérer un génie : car on n'y\npeut relever la moindre trace d'un sentiment personnel, et la seule mélodie\nqui possède du charme, à savoir VAlléluia de l'ange, est empruntée au\nchant grégorien [Kyrie Orbis factor). M. Chevillard nous a donné une exé-\ncution très précise et vigoureuse, M. Plamondon a été sucré à souhait,\nMlle Groizat agréable, et M. Frôhlich a vociféré avec autant de force et de\ngoût qu'un soufflet de forge.\nLouis LALOY.\nConcert Mel-Bonis-Ravel. Concerts Jacques Thibaud.\nElève de César Franck et de Guiraud, Mme Mel-Bonis est une des très\nrares femmes dont les œuvres peuvent être comparées à celles de nos meil-\nleurs musiciens. Son mérite est d'autant plus grand qu'elle a choisi dans la\nmusique la partie la plus abstraite, la plus sévère et la moins faite pour lui\nassurer la consécration que donne le grand public à l'auteur de quelque\nAnneau d'argent bien pommadé.\nSon œuvre comporte presque exclusivement de la musique de chambre.\nAprès une sonate pour piano et violoncelle, une sonatine pour piano et\nflûte, elle vient de donner un quatuor pour piano et cordes et des variations\npour deux pianos.\nCes deux dernières œuvres, qui attestent la pleine maturité du talent de\nMme Mel-Bonis, auraient mérité le cadre plus large et la publicité p!us\ngrande des concerts de la Nationale. Le quatuor, écrit avec une simplicité\npleiue de charme à une époque où les dissonances s'accumulent à plai-\nsir, comporte d'ingénieux développements contrapontiques toujours mu-\nsicaux. L'adagio surtout est d'un charme très féminin, mais non efféminé.\nLe seul reproche que je pourrais faire à cette œuvre est une certaine mai-\ngreur de sonorités dans les parties confiées aux cordes. Les\npour deux pianos,au contraire, sonnent avec une belle ampleur. Ecrites\npour des instruments dont l'auteur connaît à merveille toutes les res-\nsources, elles offrent un intérêt musical dans chacun de leurs développe-\nments et représentent un effort artistique en même temps qu'une virtuosité"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "de métier qu'on ne rencontre que rarement. Les trois pièces pour piano,\nPavane, Barcarolle et Sarabande,d'une note à dessein plus moderne, exige-\nraient une nouvelle audition.\nMme Mel-Bonis, au concert où elle fit exécuter ces différentes oeuvres, et\ndont elle avait assumé toutes les charges, tint, et ce fut ce qu'il y eut de\nplus féminin, à associer à son succès trois jeunes, MM. Ravel, Ernest\nBloch et D. de Séverac. De Ravel, Ricardo Viîles joua les prestigieux\nMiroirs qui viennent de paraître chez l'éditeur Demets, comme lui seul\nsait et peut le faire. Notre ami J. Marnold vous a déjà dit, lors de leur\napparition à la Nationale, toute l'intense poésie de ces cinq pièces. A les\nconsidérer on peut mesurer la distance qui sépare Mendelssohn et ses\nRomances sans paroles de la génération présente, assoiffée d'impressions\névocatrices et dont les sens plus affinés exigent d'autres condiments que\nde platoniques accords de septième de dominante. Mme j. Bathori chante\nde M. Ernest Bloch une Légende de G. Mauclair, exquise tant par la musique\nque par la poésie. Cette mélodie qui ne doit rien à personne dénote un\nmusicien d'une sensibilité délicieuse et d'une délicatesse de sentiments\nintinie. Tour, dans la façon de traiter la voix comme dans l'accompagne-\nment, s'harmonise à merveille avec le petit chef-d'œuvre de poésie de\nM. Mauclair qui deux fois fut bien inspiré : en écrivant sa Légende et en\nla confiant à M. E. Bloch. Le public lui fit d'ailleurs un accueil enthou-\nsiaste, ainsi qu'aux deux épigrammes de Cl. Marot musiquées si finement\npar Maurice Ravel.\nAu premier rang des virtuoses français du violon, M. Jacques Thibaud\nbrille du plus vif éclat. Doué de façon surprenante par la nature, Thibaud,\naprès un brillant premier prix, n'a point cessé de travailler, et les trois con-\ncerts qu'il vient de donner n'ont été qu'une suite ininterrompue d'ovations.\nAprès avoir triomphé il y a près d'un mois à la Nationale, dans la diffi-\ncile Sonate de Samazeuilh, il vient de remporter le même succès en des con-\ncertos dont l'attrait sur le gros public est plus sûr. Je ne recommencerai\npoint une diatribe déjà mille fois entendue sur ou contre un genre indis-\npensable à l'éducation technique des artistes. En soi, d'ailleurs, le concerto\nn'a rien de blâmable, c'est un genre qui a ses règles comme la sonate ou\nla symphonie. Il est de mauvaises sonates, des symphonies qu'on n'écoute\nqu'en bâillant ; les concertos sont dans le même cas et c'est tout.\nQuoi qu'il en soit, je ne vous étonnerai guère en déclarant sans égale la\nqualité de son de Jacques Thibaud. Il réussit à donner une vague allure\nmusicale au concerto en si mineur de Saint-Saëns et supprime la cadence\ndu concerto de Beethoven. C'est là une besogne peu banale dont il con-\nvient de le féliciter et que ses collègues feraient bien d'imiter.\nPar contre, je ne vois pas l'utilité de l'accompagnement de piano que\nMendelssohn, ainsi que Schumann, a jugé bon d'accoler à la\npour violon seul de Bach. C'est là une œuvre dont l'harmonie est complète\net où un accompagnement ne sert qu'à alourdir une musique qui se suffit\namplement. Si des Français avaient tenté pareille absurdité, nos dogma-\ntiques voisins d'outre Rhin eussent crié au sacrilège et accusé la légèreté\nwelche bien connue de gâter un immortel chef-d'œuvre. Nous leur avons\nlaissé ce soin, et ils s'en sont doublement acquittés sans scrupules. C'est\nassez leur habitude.\nJ'aurais préféré lui voir jouer le concerto en mi de Bach, dont\nl'adagio est la plus sublime et la plus poignante invocation que le vieux\ncantor de la Thomas Kirche ait écrite, à la place du concerto de Mendels-\nsohn, dont le finale est d'une vulgarité sans égale. Cette évocation d'une\nvague joie populaire, selon une conception contemporaine des pantalons de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.42", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "Casimir blanc et des chapeaux en forme de tromblon, est macabrement\nréjouissante. Dans le concerto de Bach, J. Thibaud est d'ailleurs merveil-\nleux, et son succès eût été au moins aussi grand. Plus grand certainement\nque dans le Chant d'Hiver, d'E. Ysaye, qui fut applaudi sans grande convic-\ntion. Bien écrit pour le violon, ce poème qui vise à être symphonique\ntombe dans le fatras dès que l'orchestre s'essaie dans un envol qui ne s'é-\nlève guère. Le poncif et le maladroit sont bien ennuyeux dans le style dit\nclassique, où les modulations vont bien sagement de la tonique à la domi-\nnante, puis à la sous-dominante pour revenir à la tonique, où tous les\naccords ont leur résolution immédiate ; mais dans le genre prétendu impres-\nsionniste, la gaucherie et le manque d'inspiration produisent des résultats\nlamentables. Le Chant d'Hiver, aux prétentions wagaero-debussystes, fait\nperdre aux auditeurs vingt minutes d'air frais et pur. En cette saison, c'est\ncriminel.\nVous ne doutez pas qu'Ysaye ne prît une revanche anticipée en jouant\navec Thibaud le Concerto pour deux violons de Bach et que tous deux\ndurent revenir saluer la foule enthousiaste plus qu'ils ne l'auraient voulu.\nJ, Thibaud en avait l'air bien triste, et n'oublions pas de mentionner le\nsuccès de son frère dans les Variations du père Franck.\nCH. CHAMBELLAN.\nM. J.-J. Nin.\nL'audition de J.-J. Nin, le 3o mai, à la salle yEolian, est la troisième\ndans la série de douze que ce distingué et érudit pianiste appelle « Etude\ndes formes musicales au piano ». Cette fois-ci c'est l'histoire de la lente\nélaboration de la forme « suite », comme groupement tonal de danses dif-\nférentes. La Volte, le Rigaudon, la Musette et le Tambourin sont prises\ndans les danses françaises, la Passacaille et la Pavane dans les danses\nespagnoles, la Chaconne et probablement la Gigue dans les danses ita-\nliennes ; seule l'Allemande doit être d'origine saxonne. Mais l'éclosion\nréelle, au point de vue du groupement des morceaux, doit être recherchée\nen Allemagne : la conception nouvelle d'un certain nombre de morceaux,\ndestinés à composer un tout, c'est-à-dire une suite, variée dans ses mou-\nvements, unique dans sa tonalité.\nTout le programme, depuis Ant. Cabezon (i 5 10-1566) jusqu'à Handel\n(1685-1759), a été exécuté avec une noblesse peut-être un peu froide, mais\ntrès haute et très pure, et une correction absolue, précieuses qualités pour\nun pianiste qui se voue, comme M. Nin, à l'étude et à la résurrection des\nformes du passé. On sent, à l'entendre, que l'esprit religieux de la Scliola\nCantorum est en lui. M. B.\n54e Récital Moussorgski donné par Mme Olénine d'Alheim.\nQu'un virtuose de forte cote annonce, à grand renfort d'affiches éclatan-\ntes, le Concerto de Mendelssohn, la Sonate à Kreutzer, une transcription\nY Ouverture des Maîtres Chanteurs, ou de la Mort d'Y solde... et, docile\naux admirations conventionnelles, un public nombreux, très chic, accourt\ns'entasser dans le hall incommode, poussiéreux, étouffant, où les rois de\nla corde et de l'ivoire ont coutume de pratiquer leurs exercices favoris.\nMais sur un programme sans tapage, deux grands noms, que la mode n'a\npas encore admis aux applaudissements de commande, cela en vérité ne\nvaut pas que Paris se dérange !"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3100, "texte": "C'est ainsi que l'autre soir, Salle de l'Union, nous étions à peine deux\ncents pour écouter Mme Marie Olénine d'Alheim dans son récital\nMoussorgski ; et pendant près de deux heures, nous sommes restés atten-\ntifs, captivés, sous la domination de cet art libre comme la Vie, naïf,\nraffiné, douloureux, où vibre la sensibilité la plus aiguë qui se soit encore\nmanifestée.\nLe programme très intelligemment composé et gradué permettait d'em-\nbrasser la riche variété de l'œuvre du maître, et, par les Chants et Dits\npopulaires, la Chambre d*Enfants, les Chants et Chansons, nous menait\naux Lieder : Sans Soleil, Chants et Danses de la Mort, étreignants, terri-\nfiants de souffrance condensée.\nOn connaît Olénine, son charme étrange, son intelligente ferveur,\nson émouvante simplicité ; elle est bien l'expression idéale de la pensée\nde Moussorgski.\n« La réalisation artiste de la beauté seule, vue dans la matière, est\nune grande puérilité, une conception infantile de l'art. La recherche des\ntraits intimes de l'individu et de la masse, l'incursion dans les régions\ninexplorées, et l'apport des beautés qu'on y trouve, telle est la mission\nde l'artiste. « Vers de nouveaux rivages ! » Sans crainte, au travers de la\ntempête, malgré les tourbillons et les rochers, « vers de nouveaux\nrivages ! »\n« Dans les foules, dans les individus, il y a des trésors que nulle main nr'a\napprochés. Les pressentir, les chercher, les trouver, par la lecture, par\nl'observation et en nourrir l'humanité comme d'un plat sain que nul n'a\nencore goûté, voilà le problème, et la joie des joies... » (Pensées de\nMoussorgski, 1872.)\nNous souhaitons ardemment que, prochainement encore, MME Olénine\nnous apporte cette joie des joies.\nMAURICE FOURRIER.\n\nLA MUSIQUE EN SUISSE\n\nIl y a chez nous un endroit où les deux bras d'un ruisseau qui se bi-\nfurque suivent deux pentes opposées. L'une dévale vers le nord, et l'eau\nqui l'a choisie va se jeter dans le Rhin. L'autre regarde le midi, et cette\nbranche du ruisseau qui la suit va se jeter dans le Rhône. Quel peut être le\ncaractère d'un pays que les hasards de la politique ont si curieusement\nsitué aux sources, à la limite, ou au contact de deux races essentiellement\ndifférentes ? Les invasions germaniques lui ont donné deux langues et deux\npeuples dissemblables : l'allemand venu avec les Allemanes en Helvétie\norientale ;le latin aujourd'hui le français— conservé en Helvétie occiden-\ntale en dépit des Burgondes vainqueurs, et adopté par ceux-ci. Un siècle\nde querelles religieuses lui a donné deux confessions nouvelle scission,\ntrès marquée et d'ailleurs différente de l'autre. Point critique ethnique et\nlinguistique, il semble que la Suisse soit encore, géographiquement, un\npoint critique de la surface de l'Europe. Les aspects différents de la Gaule\net du Nord, du Midi et de l'Orient s'y rencontrent et s'y mêlent. Chacune\nde nos régions a son caractère propre dont sa population porte l'empreinte.\nChacune aussi, et peut-être même chacun de nos cantons, surtout en\nSuisse romande, a son histoire. Cela donne à penser que nos artistes ne"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.44", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 4051, "texte": "sauraient produire l'œuvre d'un pays ou d'un peuple, mais celle d'une\nrégion et presque d'un clocher.\nToutefois, si les aspects de nos régions sont dissemblables, ils sont voi-\nsins. Le citadin genevois est trop près des Alpes Vaudoises pour ne pas les\nconnaître et s'y sentir un peu chez lui. Et si nos histoires diffèrent, elles\nsuivent souvent des routes parallèles. Nos cantons ont combattu côte à\ncôte; ils ont combattu chacun de leur côté, mais c'était souvent pour sou-\ntenir le même principe de liberté et d'autonomie ; ils ont combattu l'un\ncontre l'autre, mais c'était pour conserver, au sein de leur alliance, leurs\ntraditions séculaires et leur indépendance absolue. Un fond commun d'as-\npirations les unit. Et M. William Ritter écrivait il y a quelque temps :\n« Je crois de toutes mes forces à un ar/ suisse, en dehors même des artistes\nsuisses parfois. Il a été, il est et il sera... Il vit en autant de langues et de\npatois qu'on voudra, et se fait livre, tableau, statue ou édifice, à son gré.\nIl s'appelle Holbein ou Friess, Buchser ou Boecklin, Gottfried Keller ou\nConrad-Ferdinand Meyer, Monnier des Pages genevoises ou Reynold du\nPays des aïeux, etc... A vos retours de l'étranger, cet art vous attend\ndans les quartiers intacts de vos vieilles villes, à Schaffouse et à Stein-\nam-Rhein comme à Sion et à Brigue, à Fribourg comme à Lucerne. Il\nse fait pont et il se fait beffroi. Il est festspiel et il est feuilleton et il est\nalmanach avec Diestli; où diable ne va-t-il pas se nicher? Parfois là où on\nle cherche le moins ». William Ritter le dit fort bien : « Il est festspiel ».\nIl est festspiel, et il est chœur d'hommes; ou plutôt il fut chœur d'hom-\nmes; il est et sera festspiel. Il fut chœur d'hommes en Suisse allemande,\nen vertu d'une tradition de plusieurs siècles. Mais cette forme se survit à\ngrand'peine ; et pour tout dire, je crois bien qu'elle est épuisée. L'utilisa-\ntion meilleure du goût de notre peuple pour la musique vocale, qu'est le\nfestspiel, date aussi de loin. Mais ce n'est qu'en ces dernières années que\ns'est développé ce spectacle de plein air où la poésie, la musique et la danse\nconcourent pour célébrer le travail, la patrie ou la légende. Et les meil-\nleurs d'entre nos compositeurs ont bien compris que là sans doute devait\nse continuer l'évolution de l'art musical suisse. Cet art, qui est chœur et\nfestspiel en Suisse allemande, —et qui y est symphonie aussi, chez Hans\nHuber par exemple, a donné jusqu'ici peu de fruits en Suisse romande.\nOn l'y rencontre ici et là, dans quelques-unes des plus naïves chansons de\nJàques-Dalcroze, chez Doret quelquefois, et chez Lauber. Peut-être n'est-il\npoint tout à fait absent du Devin du village ï C'est tout ce qu'on peut dire.\nLa musique romande n'a pas d'histoire, ou du moins son histoire est courte\net bien attristante.\nRetournons donc en Suisse allemande. Avant d'inspirer les compositeurs\nde chœurs d'hommes du xvine et du xixe siècle, l'art suisse avait donné au\nxvie siècle, dans les motets et les messes de Senfel, qui d'ailleurs vécut à\nMunich, quelques-uns de ses plus beaux accents. Au xve siècle, il inspirait\nles Minnesinger, et je ne sais plus qui a dit que Wolfram d'Eschenbach\nétait d'origine helvétique. Enfin, au xnie siècle, on en trouve les premiers\nessais ou les premières influences dans les séquences que Notker le bègue\nécrivait au couvent de Saint-Gall. Ce moine l'avait appris en écoutant les\npâtres sonner de leur alphorn. Et c'est ici sans doute qu'il faut chercher\nl'embryon et le caractère de ce qu'il peut y avoir d'essentiellement suisse\ndans notre musique. Ces vieux airs de l'alphorn, adaptés plus tard à des\nparoles, doivent être l'origine de nos ran% des vaches et des jodler de nos\nmontagnards. Entre eux et le Hameau de Jaques-Dalcroze, ou telle œuvre\nde Barblan, de Huber ou de Lauber, il y a certainement une différence de\nforme ; mais ici et là ce doit être le même sentiment ; c'est la montagne,\nc est la forêt, et c'est le petit lac près des glaciers. Comme les chants ty-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "roliens, mais à 1 inverse de beaucoup d'autres chants nationaux, les chants\nsuisses sont du mode majeur. Il faut voir dans cette particularité leur ori-\ngine instrumentale, beaucoup plus, me semble-t-il, qu'un caractère de gaieté\net de joie de vivre ; ils sont plus naïfs, tendres, idylliques, qu'exubé-\nrants ou gais. Et d autre part, ils semblent s'étendre et se développer sur\ndes accords longuement tenus, à cause sans doute de l'écho qui devait\npouvoir ramener leur mélodie sans troubler l'effet harmonique.\nCette musique où semble palpiter comme un dernier écho du taureau,\nd'Uri et de la vache d'Unterwald n'est pas toute notre musique. Elle en est\npeut-être la meilleure partie, mais elle en est la plus petite. Plus souvent,\ncomme je vous le faisais prévoir, l'œuvre d'un compositeur suisse paraît reflé-\nter le caractère d une région, ou d'une contrée. C'est le cas surtout des\nœuvres romandes. Plus souvent encore elle essaie d'être tout simplement\nde la musique jai dit « tout simplement » par étourderie. Et alors, elle\nne sera plus seulement chœur ou festspiel, elle sera symphonie, quatuor\nou sonate, lied, opéra ou oratorio. Qu'elle révèle chez un Suisse allemand\n1 influence de 1 école d outre-Rhin contemporaine, cela n'a rien qui doive\nnous etonner. Mais qu elle la révèle encore chez un Romand, voilà qui serait\nétrange ! C est pourtant le cas, bien souvent. L'éclat de la musique alle-\nmande du siècle jusques et y compris Wagner a fasciné nos mélomanes\nau point de leur faire oublier ou dédaigner tout autre art. Et nos jeunes\nmusiciens romands, cédant à ce fâcheux exclusivisme, méconnaissant leur\nnature et trahissant leur talent, ne s'aperçoivent pas qu'en délaissant Paris\npour et en demandant aux Allemands contemporains l'influence\nqu'étaient dignes d'exercer leurs prédécesseurs, ils laissent l'aube déjà\nféconde et rayonnante encore de promesses pour le crépuscule de fatigue\noù point la nuit glaciale. Pourtant, à cet aveuglement général, il y a quel-\nques exceptions. Et dernièrement encore, le jeune Genevois Ernest Bloch\npubliait des œuvres où l'on sent le large souffle d'un art libre.\nEn même temps que la Suisse voyait naître, vers la fin du siècle passé,\nune génération de compositeurs assez abondante pour qu'on puisse parler\nd'une « musique suisse », l'art musical devenait en ce pays l'objet d'une\npréoccupation plus grande. D'une préoccupation plus grande, oui, mais pas\ntoujours intelligente.; Laplupart de nos villes un peu importantes ont aujour-\nd'hui un orchestre satisfaisant. Mais aux mains de qui le laisse-t-on, trop\nsouvent! Et pour servir quel programme! Et si nos sociétés chorales don-\nnent parfois d'admirables exécutions d'une Passion selon saint Matthieu ou\nd'une Messe en ré, combien de fois le concours de tant de dévouements et\nde très estimables talents est-il consacré à quelque ennuyeux oratorio\nmendelssohnien ou à quelque sotte cantate à prétentions patriotiques ! De\nces mortelles solennités je ne vous ennuierai point, ni de ces séances où\nles maîtres très fêtés du virtuosisme viennent répéter des programmes\nque vous n'allez pas entendre à Paris. Mais peut-être ne vous est-il pas\nabsolument indifférent de connaître l'effort et la physionomie particulière\nde nos compositeurs dont j'ai essayé de vous dire le caractère commun, de\nceux surtout qui, comme Ernest Bloch, n'ont pas seulement les promesses\nde la vie présente, mais celles de la vie avenir. Et je vous annoncerais\ncomme avec l'allégresse d'une victoire le jour où la musique française ne\nsera plus uniquement, aux yeux ou aux oreilles de notre public celle\nde Massenet et de Saint-Saëns.\nCe jour, d'ailleurs, est peut-être proche. Gustave Doret est venu diriger à\nGenève, il y a quelques années, les principales œuvres de Debussy, Chaus-\nson, Dukas, Charpentier, etc. Et d'une manière générale, on n'ignore plus\nabsolument Franck, Fauréou Duparc. Mais on écoute encore leurs œuvres\navec plus de curiosité ou d'étonnement que d'émotion et de plaisir. Patience!"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.46", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "L'Après-midi d'un Faune a été fort bien accueilli cet hiver à Bâle et à\nLausanne. Et peut-être le jeune chef d'orchestre lausannois, M. Birunban,\nnous réserve-t-il encore d'heureuses surprises ? Me pardonnerez-vous alors,\nle jour où je pourrai vous dire le triomphe en Suisse de l'école française\nde la liberté, de vous avoir entretenu trop longtemps de mon pays, de ses\nconcerts et de ses musiciens?\n\nE. Ansermet.\n\nCOURRIER D'HELSINGFORS\n\nLe 23 décembre, au Théâtre national, nous eûmes un concert consacré\naux œuvres d'Ekki Meîartin, jeune compositeur de grand talent, d'inspira-\ntion délicate et un peu maladive : le Gabriel Dupont de la Finlande. Le\nprogramme comprenait d'abord cinq romances, dont les plus remarquables\nsont Ritorno et Morgoosang. Puis la basse Grandolfi un Italien gagné\npar le charme de la Finlande et fixé depuis vingt ans ici a chanté de sa\nvoix chaude et puissante la Torre di Nerone, qui fut bissée par l'auditoire\nenthousiasmé. L'orchestre exécutait ensuite l'Ouverture pour Hannele\nMattern et trois morceaux de la Princesse Thomrôsa. Et enfin les artistes\ndu théâtre jouèrent Salomé, avec la musique de scène de Melartin. De\ncette belle soirée, nous est restée à tous une admiration émue pour le jeune\net intéressant compositeur.\nLe ler février, le compositeur Païen organisait un concert au profit des\nouvriers russes sans travail : aussi se terminait-il par la Marseillaise, et\nGor'ki y prêtait son concours. On y entendit en outre Y Ouverture pour la\nGrande Pâque russe de Rimski-Korsakof, de Moussorgski, et\ndeux belles pages de Sibelius : Chanson du Printemps, pour orchestre, et\nLégende finnoise, chantée par M>e Elena Beck.\nLe concert du 12 février était dirigé par M. Schneevoigt, qui fut naguère\nvioloncelliste ici même avant de devenir un chef d'orchestre de tout pre-\nmier ordre : au programme, la 5e Symphonie de Bruckner, un concerto\npour orchestre à cordes de Flaendel et des fragments de Wagner.\nLe concert du 19 était dirigé par le compositeur suédois Alfven et consa-\ncré à ses œuvres, dont j'ai beaucoup goûté la forte saveur nationale :\ntémoin ce thème de sa Rapsodie, exposé par la clarinette, orchestré et\ndéveloppé ensuite avec l'art le plus délicat :\nLe 27 février, le Poème de Chausson (violon solo : L. Zeitlin) obtenait\nun grand succès, et, peu après, le concert au profit de la Caisse des retraites"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "de 1 orchestre, consacré aux œuvres de Sibelius, donnait la 2e\nde cet auteur, le Concerto pour violon et orchestre, à qui il ne manque,\npour me charmer, que de n'être pas un concerto, et la Suite pour\nMélisande, d une couleur mélancolique et délicate, digne en tout point\nd'être connue à Paris.\nCitons enfin, pour terminer, le concert donne par IVP'e JYÏoberg, qui\ncompose et dirige elle-meme ses œuvres, avec une assurance qui n'en fait\nque mieux apprécier la puérile incohérence.\n( Traduit du russe par Louis LALOY,)\n\nLef Zeitlin.\n\nCOURRIER DE MUNICH\n\nEchos.\nA Munich, à Prague, chaque hiver on donne à l'intention spéciale de la\njeunesse des écoles un ou plusieurs concerts dont les programmes, com-\nposés avant tout d'œuvres classiques, nettes et claires, sont choisis de façon\nà éduquer le goût et à former l'oreille des enfants. On sait qu'en Autriche,\nen Allemagne, les élèves des écoles primaires sont souvent appelés à chan-\nter ne fût-ce même qu'aux offices du dimanche en chœurs à plusieurs\nvoix. Néanmoins il se commet des erreurs : le programme du second\n« concert des enfants » à Prague (programme approuvé par l'impérial et\nroyal Conseil des Ecoles)fait une part regrettable à une musique de diver-\ntissement d'un parfait faux goût. Aux côtés de « à la portée des\npetites intelligences », écrites expressément pour ces concerts et fort bien\nexécutées par l'octette des dames de la Société Hlahol sous la direction de\nSvoboda, nous relevons de menus morceaux ; Romance, Rondinetto,\nAubade, plus qu'insignifiants ; puis une pour la harpe de Saint-\nSaëns, la Danse et sérénade pour deux pianos à huit mains de Moszkowski,\nle Sabbat des sorcières pour piano et violon de Paganini surtout, où le dé-\nploiement de virtuosité tient presque plus de l'acrobatie et du spectacle que\nde l'audition et qui sont, pour des enfants, plus curieux à voir jouer que\ndirectement instructifs; enfin, le bouquet, une pour con-\ntrebasse, exécutée par l'auteur M. Kuchynka, qui obtint, bien entendu, un\nsuccès fou de clownerie. Ce titre ne fait-il pas songer immédiatement à la\n« Première Communion du jeune M. Félicien Rops, grand galop brillant»,\netc. ?Un semblable concert va droit à l'encontre de son but éducateur ;\npourquoi pas tout de suite mener les classes à des matinées aux Variétés ?\nFonds Wagner. —Ce 22 mai, comme chaque année, un grand concert\na lieu à l'Odéon (Munich) au profit du fonds Wagner, que lui-même ins-\ntitua en 1882 pour faciliter ou, suivant les cas, complètement payer le\nvoyage de Bayreuth à ceux qui n'ont pas les moyens d'accomplir le pèleri-\nnage ; et en réalité un grand nombre de places sont chaque année accor-\ndées gratuitement sur demande motivée. Le fonds se monte aujourd'hui à\nprès de 200 000 mark ; on espère beaucoup atteindre le million en 19x3,\npour le centième anniversaire (déjà !) delà naissance du Maître.\nThéâtre du Prince-Régent. Pour les « wagnéries » de cet été, le théâtre\ndu Prince-Régent (Munich) s'est assuré le concours de M. Richard Strauss,\nqui dirigera trois représentations de Pour la persistance de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.48", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "ces Fetspiele et à la condition que chaque fois plusieurs exécutions du\nRing etune de Tristan en fassent partie, la municipalité de Munich verse\nà la caisse du théâtre un subside annuel de 61.000 mark. Signalons à\nce propos, dans le dernier numéro (avril) des Sud-deutschen Monatshefte\nun article important de M. Manfred Semper, fils du grand architecte, qui\napporte avec des dates précises, des renseignements authentiques, extraits\ndes lettres mêmes de Wagner et de Semper, sur le projet de construction\nà Munich en 1865-1869 du Festspielhaus devenu depuis le théâtre de Bay-\nreuth.\nOn y voit le projet, pour lequel le roi Louis II est tout feu et flammes,\ntomber peu à peu devant l'opposition du cabinet et les machinations hos-\ntiles, et finir par misérablement échouer. Pas besoin d'insister sur les re-\ngrets actuels des Munichois : la « Kunststadt » déjà pleine de ressources\net si avenante n'aurait-elle pas conquis dès lors letitre âprement disputé de\nMétropole d'art ? Et comme elle aurait meilleure grâce que d'autres à s'en\ntarguer !\nLa petite ville de Linz (Haute-Autriche), d'une coquetterie baroque si\njoliment conservée, a désormais ses festivals exclusifs, périodiques, défini-\ntivement organisés. Grâce à l'initiative de M. Auguste Gollerich, directeur\nde musique (élève et biographe de Liszt et qui prépare sur Bruckner un\nouvrage capital), le conseil communal de Linz a créé un fonds à l'effet de\ndonner tous les deux ans, à des prix populaires, par les soins dévoués\ndu Musikverein, un concert solennel d'œuvres du symphoniste : Bruckner\npassa en effet vingt ans de sa vie, ses années de préparation musicale\n(1845-68), comme organiste à Linz. Le cinquième de ces concerts avait\nlieu ce mois d'avril ; au programme figurait une œuvre de début encore\ninédite : Psaume 114 pour soprano, deux altos, ténor, basse et trois\ntrombones, la vne symphonie et le Te Deum.\n\nM. M.\n\nCOURRIER DE ROUEN\n\nM, A. Dupré dirige avec un véritable goût artistique et une conviction\nenthousiaste une société chorale qu'il baptisa très spirituellement « l'Ac-\ncord parfait » ; et jamais appellation ne fut mieux méritée.\nDans un concert donné au Cirque, cette société montra de grandes qua-\nlités de justesse, de cohésion, et nuança, d'une façon diverse mais toujours\ndélicate, la Fantaisie pour chœur, piano et orchestre de Beethoven, les\nBohémiens de Schumann, la marche du Tannhceuser, et un chœur de la\nCantate pour tous les temps. M. Marcel Dupré, premier prix de piano du\nConservatoire, exécuta avec un très beau style l'ouverture des Maîtres\nchanteurs, et se fit applaudir dans diverses pièces de Chopin. Mme A. Dupré\npartagea le grand succès de son fils en jouant avec lui d'une façon déli-\ncieuse le Concerto en ut mineur de Bach pour deux pianos et orchestre.\nL'Accord parfait fit entendre, dans l'église Saint-Vivien, Rédemption de\nFranck, dont l'excellente interprétation nous rappela les auditions des der-\nnières années : Ruth, Elie, le Messie, le Requiem de Brahms, la Passion\nselon saint Jean. Avec un tel passé et sous la direction d'un artiste aussi\ncompétent que M. A. Dupré, on peut attendre beaucoup de cette société"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.49", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "qui nous promet, pour Tan prochain, la Passion selon saint Matthieu et la\nDamoiselle élue.\nUne autre société chorale, « la Gamme », dirigée très habilement par\nM. Hoelling, chanta des chœurs délicieux des Festes d'Hébè. Mlle Selva\njoua des pièces de piano ou clavecin de Bach, Rameau, Couperin, Scar-\nlatti. Nous préférons de beaucoup le talent de pianiste de Mlle Selva à son\njeu sur le clavecin, qui nous a semblé un peu lourd. Dans un concert spi-\nrituel, la Gamme exécuta d'une façon très pure et très émouvante deux\nchorals a cappella de Bach, un chœur de la Passion de Schùtz, et des frag-\nments des Béatitudes de l'abbé Bourdon, maître de chapelle de la métro-\npole. M. Hœlling consacra plusieurs récitals d'orgue à l'œuvre du grand\nBach et de quelques vieux maîtres français parmi lesquels il choisit notam-\nment Titelouze qui fut, au xvn© siècle, son prédécesseur comme titulaire\ndu grand orgue à la cathédrale de Rouen.\nM. Heptia, professeur de violon, a eu la très heureuse idée de fonder ici\nun quatuor avec le concours de MM. Ch. Herman, G. Drouet et F. Thi-\nbaud. Nous les avons entendus avec un vif plaisir dans des quatuors de\nHaydn et de Beethoven : MM. Thibaud et Masson jouèrent d'une façon\nremarquable une sonate pour violoncelle et piano de Beethoven. A ce\nmême concert, Mme M. Herman, tour à tour candide, enjouée, puis dou-\nloureuse, chanta d'une voix pure la Vie d'une femme de Schumann, ainsi\nque quelques lieder de compositeurs modernes. Cette soirée restera parmi\nles meilleures de cet hiver, et nous espérons que M. Heptia continuera l'an\nprochain l'œuvre si bien commencée.\nAu théâtre des Arts, parmi toutes les nullités qui encombrèrent la fin de\nla saison, nous noterons seulement une reprise d'Orphée, que la contralto\nMme d'Hasty chanta remarquablement. Nous ne sommes malheureusement\npas habitués à applaudir souvent à Rouen de telles artistes.\nNous partageons, à propos de Paderewsky, l'opinion de Monsieur Vallas\n(Revue musicale de Lyon, dans le Mercure musical du ler mai). Nous ajou-\nterons cependant que, parmi les artistes en tournée entendus ici cet hiver,\nPaderewsky nous a semblé, par ses qualités et ses défauts, le plus grand\nvirtuose du piano.\nL'orchestre Colonne se fît applaudir dans un très beau programme :\nImpressions d'ltalie, Rapsodie norvégienne, Symphonie fantastique, Et,\nbonheur inespéré, dans le Prélude à VAprès-midi d'un Faune, nous enten-\ndîmes moduler la flûte champêtre de l'/Egipan, chantant les murmures des\nruisseaux, les frissons de la forêt sous le vent, les bourdonnements d'in-\nsectes, le parfum de l'aubépine et de la terre chaude sous le soleil ardent,\nla beauté à peine entrevue des nymphes...\n\nDu Robec.\n\nÉCHOS\nDoctorat. Un de nos plus chers collaborateurs (dont la modestie re»\ncourt trop volontiers au pseudonyme), M. Jules Écorcheville, vient de sou-\ntenir avec le plus grand succès, en Sorbonne, les deux thèses suivantes :\nVingt suites d'orchestre du XVIIe siècle, publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel ; De Lulli à Rameau\n(1690-1730). Après une vive et intéressante discussion, à laquelle prirent\npart MM. Alfred Groiset, G. Saint-Saëns, Emmanuel, Gazier, Lemonnier,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.50", "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 810, "texte": "R. Rolland et G. Séailles, le jeune érudit fut proclamé dignus intrare avec\nla mention honorable.\nNous lui adressons ici nos plus vives et sincères félicitations,\nM. Fr. de Lacerda nous promet pour bientôt les Chansons et Danses d'un\npetit peuple disparu.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES\nJules Écorcheville : De Lully à Rameau (i6go-iy3o). L'esthétique musi-\ncale. Paris, Fortin.\nVingt suites d'orchestre du XVIIQ siècle français (1640-1670), publiées\npour la première fois d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel\net précédées d'une étude historique. Paris, Fortin.\nWilliam Ritter : Études d'art étranger(Mehoffer, Rimski Kôrsakof, Mahler,\nBôcklin, etc.), Paris, Mercure de France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.2", "titre_corps": "CONCERTS", "titre_sommaire": "CONCERTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "CONCERTS\nSociété des grandes auditions musicales : Le Songe de Gérontius, oratorio d'EcLw\"ârd. Elçjar, sur\nun poème du Cardinal Newman.\nAprès deux siècles de stérilité, l'Angleterre renaît à la vie musicale, et,\npour la première fois, on voit paraître sur nos programmes de concerts\ndes noms a desinences anglo-saxonnes, qui sont des noms de compositeurs\nmodernes. Le plus connu, le plus estimé en son pays, est sir Edward Elgar,\ndont nous entendions, l'annéepassée, des Variations sur un thème original\naux Concerts Chevillard, et dont la Société des grandes Auditions musi-\ncales vient de nous faire connaître l'œuvre maîtresse : le\nLes Variations avaient paru correctement, et même assez habilement\nécrites, ce qui certes est un mérite pour un auteur qui s'est instruit lui-\nmême, qui est, comme aiment à le répéter ses admirateurs, un « autodi-\ndacte ». Mais le métier n'est pas l'art, il n'en est que la condition première ;\npeu m'importe, en réalité, que sir Elgar ait ou n'ait pas suivi les cours dû\nConservatoire ; puisqu'il écrit delà musique, il faut bien qu'il sache écrire.\nMais ce que je lui demande, c'est de m'intéresser. Les Variations ne m'a-\nvaient pas intéressé : le thème n'a d'original que le nom, et des diverses\ntransformations qu'il subit (et qui évoquent, dit-on, le caractère des diffé-\nrents amis de l'auteur), aucune n'arrive à masquer son incurable banalité\ncar elles sont ternes, grises et indifférentes comme lui. Avec cela, beau-\ncoup d'honnêteté, de sincérité, de tenue, d'honorabilité : rien ne ressemble\nplus à l'œuvre d'un bon élève, ou d'un bon fonctionnaire, que la musique\nde cet indépendant.\nOn retrouve, hélas ! dans l'oratorio ce caractère administratif. 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Musique de dimanche, et de dimanche à Lon-\ndres ; musique en redingote et en haut de forme, grave et digne, sûre\nd'elle-même, sans inquiétude, sans trouble, sans élan, sans personnalité,\nforte de ses conventions bien établies, fière de sa moralité tranquille,\nignorante avec candeur de tout ce qui est l'instinct, l'émotion, la passion,\nla joie libre, la douleur vraie, l'amour humain ou divin : la vie. Mendels-\nsohn règne en maître sur cette musique de prêche, de discipline et de com-\nmande, souligné, de ci de-là, par quelques chromatismes wagnériens. Et\nGounod n'est pas loin de certaines mélodies. Quant à sir Elgar, il n'est\nque le metteur en oeuvre impersonnel, le scrupuleux fonctionnaire chargé\npar les circonstances d'organiser un pieux divertissement. Qu'il s'agisse\nde damnés ou d'élus, de l'âme de Gerontius agonisant ou de cette même\nâme délivrée de ses liens terrestres, c'est toujours et partout même élé-\ngance froide et sans couleur, même perfection de banalité correcte, mêmes\nchants pareils à des cantiques, même orchestre où l'on retrouve, jusqu'à\n*la voix céleste, toutes les sonorités de l'harmonium. Le tout fort honnête\nd'ailleurs, sans nulle vulgarité, et d'une sincérité qui touche à l'inno-\ncence. Mais si cette œuvre atteste la renaissance, en Angleterre, du goût\nde la musique, elle ne fait pas encore espérer un génie : car on n'y\npeut relever la moindre trace d'un sentiment personnel, et la seule mélodie\nqui possède du charme, à savoir VAlléluia de l'ange, est empruntée au\nchant grégorien [Kyrie Orbis factor). M. Chevillard nous a donné une exé-\ncution très précise et vigoureuse, M. Plamondon a été sucré à souhait,\nMlle Groizat agréable, et M. Frôhlich a vociféré avec autant de force et de\ngoût qu'un soufflet de forge.\nLouis LALOY.\nConcert Mel-Bonis-Ravel. Concerts Jacques Thibaud.\nElève de César Franck et de Guiraud, Mme Mel-Bonis est une des très\nrares femmes dont les œuvres peuvent être comparées à celles de nos meil-\nleurs musiciens. Son mérite est d'autant plus grand qu'elle a choisi dans la\nmusique la partie la plus abstraite, la plus sévère et la moins faite pour lui\nassurer la consécration que donne le grand public à l'auteur de quelque\nAnneau d'argent bien pommadé.\nSon œuvre comporte presque exclusivement de la musique de chambre.\nAprès une sonate pour piano et violoncelle, une sonatine pour piano et\nflûte, elle vient de donner un quatuor pour piano et cordes et des variations\npour deux pianos.\nCes deux dernières œuvres, qui attestent la pleine maturité du talent de\nMme Mel-Bonis, auraient mérité le cadre plus large et la publicité p!us\ngrande des concerts de la Nationale. Le quatuor, écrit avec une simplicité\npleiue de charme à une époque où les dissonances s'accumulent à plai-\nsir, comporte d'ingénieux développements contrapontiques toujours mu-\nsicaux. L'adagio surtout est d'un charme très féminin, mais non efféminé.\nLe seul reproche que je pourrais faire à cette œuvre est une certaine mai-\ngreur de sonorités dans les parties confiées aux cordes. Les\npour deux pianos,au contraire, sonnent avec une belle ampleur. Ecrites\npour des instruments dont l'auteur connaît à merveille toutes les res-\nsources, elles offrent un intérêt musical dans chacun de leurs développe-\nments et représentent un effort artistique en même temps qu'une virtuosité"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "de métier qu'on ne rencontre que rarement. Les trois pièces pour piano,\nPavane, Barcarolle et Sarabande,d'une note à dessein plus moderne, exige-\nraient une nouvelle audition.\nMme Mel-Bonis, au concert où elle fit exécuter ces différentes oeuvres, et\ndont elle avait assumé toutes les charges, tint, et ce fut ce qu'il y eut de\nplus féminin, à associer à son succès trois jeunes, MM. Ravel, Ernest\nBloch et D. de Séverac. De Ravel, Ricardo Viîles joua les prestigieux\nMiroirs qui viennent de paraître chez l'éditeur Demets, comme lui seul\nsait et peut le faire. Notre ami J. Marnold vous a déjà dit, lors de leur\napparition à la Nationale, toute l'intense poésie de ces cinq pièces. A les\nconsidérer on peut mesurer la distance qui sépare Mendelssohn et ses\nRomances sans paroles de la génération présente, assoiffée d'impressions\névocatrices et dont les sens plus affinés exigent d'autres condiments que\nde platoniques accords de septième de dominante. Mme j. Bathori chante\nde M. Ernest Bloch une Légende de G. Mauclair, exquise tant par la musique\nque par la poésie. Cette mélodie qui ne doit rien à personne dénote un\nmusicien d'une sensibilité délicieuse et d'une délicatesse de sentiments\nintinie. Tour, dans la façon de traiter la voix comme dans l'accompagne-\nment, s'harmonise à merveille avec le petit chef-d'œuvre de poésie de\nM. Mauclair qui deux fois fut bien inspiré : en écrivant sa Légende et en\nla confiant à M. E. Bloch. Le public lui fit d'ailleurs un accueil enthou-\nsiaste, ainsi qu'aux deux épigrammes de Cl. Marot musiquées si finement\npar Maurice Ravel.\nAu premier rang des virtuoses français du violon, M. Jacques Thibaud\nbrille du plus vif éclat. Doué de façon surprenante par la nature, Thibaud,\naprès un brillant premier prix, n'a point cessé de travailler, et les trois con-\ncerts qu'il vient de donner n'ont été qu'une suite ininterrompue d'ovations.\nAprès avoir triomphé il y a près d'un mois à la Nationale, dans la diffi-\ncile Sonate de Samazeuilh, il vient de remporter le même succès en des con-\ncertos dont l'attrait sur le gros public est plus sûr. Je ne recommencerai\npoint une diatribe déjà mille fois entendue sur ou contre un genre indis-\npensable à l'éducation technique des artistes. En soi, d'ailleurs, le concerto\nn'a rien de blâmable, c'est un genre qui a ses règles comme la sonate ou\nla symphonie. Il est de mauvaises sonates, des symphonies qu'on n'écoute\nqu'en bâillant ; les concertos sont dans le même cas et c'est tout.\nQuoi qu'il en soit, je ne vous étonnerai guère en déclarant sans égale la\nqualité de son de Jacques Thibaud. Il réussit à donner une vague allure\nmusicale au concerto en si mineur de Saint-Saëns et supprime la cadence\ndu concerto de Beethoven. C'est là une besogne peu banale dont il con-\nvient de le féliciter et que ses collègues feraient bien d'imiter.\nPar contre, je ne vois pas l'utilité de l'accompagnement de piano que\nMendelssohn, ainsi que Schumann, a jugé bon d'accoler à la\npour violon seul de Bach. C'est là une œuvre dont l'harmonie est complète\net où un accompagnement ne sert qu'à alourdir une musique qui se suffit\namplement. Si des Français avaient tenté pareille absurdité, nos dogma-\ntiques voisins d'outre Rhin eussent crié au sacrilège et accusé la légèreté\nwelche bien connue de gâter un immortel chef-d'œuvre. Nous leur avons\nlaissé ce soin, et ils s'en sont doublement acquittés sans scrupules. C'est\nassez leur habitude.\nJ'aurais préféré lui voir jouer le concerto en mi de Bach, dont\nl'adagio est la plus sublime et la plus poignante invocation que le vieux\ncantor de la Thomas Kirche ait écrite, à la place du concerto de Mendels-\nsohn, dont le finale est d'une vulgarité sans égale. Cette évocation d'une\nvague joie populaire, selon une conception contemporaine des pantalons de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.42", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "Casimir blanc et des chapeaux en forme de tromblon, est macabrement\nréjouissante. Dans le concerto de Bach, J. Thibaud est d'ailleurs merveil-\nleux, et son succès eût été au moins aussi grand. Plus grand certainement\nque dans le Chant d'Hiver, d'E. Ysaye, qui fut applaudi sans grande convic-\ntion. Bien écrit pour le violon, ce poème qui vise à être symphonique\ntombe dans le fatras dès que l'orchestre s'essaie dans un envol qui ne s'é-\nlève guère. Le poncif et le maladroit sont bien ennuyeux dans le style dit\nclassique, où les modulations vont bien sagement de la tonique à la domi-\nnante, puis à la sous-dominante pour revenir à la tonique, où tous les\naccords ont leur résolution immédiate ; mais dans le genre prétendu impres-\nsionniste, la gaucherie et le manque d'inspiration produisent des résultats\nlamentables. Le Chant d'Hiver, aux prétentions wagaero-debussystes, fait\nperdre aux auditeurs vingt minutes d'air frais et pur. En cette saison, c'est\ncriminel.\nVous ne doutez pas qu'Ysaye ne prît une revanche anticipée en jouant\navec Thibaud le Concerto pour deux violons de Bach et que tous deux\ndurent revenir saluer la foule enthousiaste plus qu'ils ne l'auraient voulu.\nJ, Thibaud en avait l'air bien triste, et n'oublions pas de mentionner le\nsuccès de son frère dans les Variations du père Franck.\nCH. CHAMBELLAN.\nM. J.-J. Nin.\nL'audition de J.-J. Nin, le 3o mai, à la salle yEolian, est la troisième\ndans la série de douze que ce distingué et érudit pianiste appelle « Etude\ndes formes musicales au piano ». Cette fois-ci c'est l'histoire de la lente\nélaboration de la forme « suite », comme groupement tonal de danses dif-\nférentes. La Volte, le Rigaudon, la Musette et le Tambourin sont prises\ndans les danses françaises, la Passacaille et la Pavane dans les danses\nespagnoles, la Chaconne et probablement la Gigue dans les danses ita-\nliennes ; seule l'Allemande doit être d'origine saxonne. Mais l'éclosion\nréelle, au point de vue du groupement des morceaux, doit être recherchée\nen Allemagne : la conception nouvelle d'un certain nombre de morceaux,\ndestinés à composer un tout, c'est-à-dire une suite, variée dans ses mou-\nvements, unique dans sa tonalité.\nTout le programme, depuis Ant. Cabezon (i 5 10-1566) jusqu'à Handel\n(1685-1759), a été exécuté avec une noblesse peut-être un peu froide, mais\ntrès haute et très pure, et une correction absolue, précieuses qualités pour\nun pianiste qui se voue, comme M. Nin, à l'étude et à la résurrection des\nformes du passé. On sent, à l'entendre, que l'esprit religieux de la Scliola\nCantorum est en lui. M. B.\n54e Récital Moussorgski donné par Mme Olénine d'Alheim.\nQu'un virtuose de forte cote annonce, à grand renfort d'affiches éclatan-\ntes, le Concerto de Mendelssohn, la Sonate à Kreutzer, une transcription\nY Ouverture des Maîtres Chanteurs, ou de la Mort d'Y solde... et, docile\naux admirations conventionnelles, un public nombreux, très chic, accourt\ns'entasser dans le hall incommode, poussiéreux, étouffant, où les rois de\nla corde et de l'ivoire ont coutume de pratiquer leurs exercices favoris.\nMais sur un programme sans tapage, deux grands noms, que la mode n'a\npas encore admis aux applaudissements de commande, cela en vérité ne\nvaut pas que Paris se dérange !"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "C'est ainsi que l'autre soir, Salle de l'Union, nous étions à peine deux\ncents pour écouter Mme Marie Olénine d'Alheim dans son récital\nMoussorgski ; et pendant près de deux heures, nous sommes restés atten-\ntifs, captivés, sous la domination de cet art libre comme la Vie, naïf,\nraffiné, douloureux, où vibre la sensibilité la plus aiguë qui se soit encore\nmanifestée.\nLe programme très intelligemment composé et gradué permettait d'em-\nbrasser la riche variété de l'œuvre du maître, et, par les Chants et Dits\npopulaires, la Chambre d*Enfants, les Chants et Chansons, nous menait\naux Lieder : Sans Soleil, Chants et Danses de la Mort, étreignants, terri-\nfiants de souffrance condensée.\nOn connaît Olénine, son charme étrange, son intelligente ferveur,\nson émouvante simplicité ; elle est bien l'expression idéale de la pensée\nde Moussorgski.\n« La réalisation artiste de la beauté seule, vue dans la matière, est\nune grande puérilité, une conception infantile de l'art. La recherche des\ntraits intimes de l'individu et de la masse, l'incursion dans les régions\ninexplorées, et l'apport des beautés qu'on y trouve, telle est la mission\nde l'artiste. « Vers de nouveaux rivages ! » Sans crainte, au travers de la\ntempête, malgré les tourbillons et les rochers, « vers de nouveaux\nrivages ! »\n« Dans les foules, dans les individus, il y a des trésors que nulle main nr'a\napprochés. Les pressentir, les chercher, les trouver, par la lecture, par\nl'observation et en nourrir l'humanité comme d'un plat sain que nul n'a\nencore goûté, voilà le problème, et la joie des joies... » (Pensées de\nMoussorgski, 1872.)\nNous souhaitons ardemment que, prochainement encore, MME Olénine\nnous apporte cette joie des joies.\nMAURICE FOURRIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.3", "titre_corps": "LA MUSIQUE EN SUISSE", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE EN SUISSE", "signature_source": "E. Ansermet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.43", "debut_caractere": 1753, "fin_caractere_exclue": 3100, "texte": "LA MUSIQUE EN SUISSE\n\nIl y a chez nous un endroit où les deux bras d'un ruisseau qui se bi-\nfurque suivent deux pentes opposées. L'une dévale vers le nord, et l'eau\nqui l'a choisie va se jeter dans le Rhin. L'autre regarde le midi, et cette\nbranche du ruisseau qui la suit va se jeter dans le Rhône. Quel peut être le\ncaractère d'un pays que les hasards de la politique ont si curieusement\nsitué aux sources, à la limite, ou au contact de deux races essentiellement\ndifférentes ? Les invasions germaniques lui ont donné deux langues et deux\npeuples dissemblables : l'allemand venu avec les Allemanes en Helvétie\norientale ;le latin aujourd'hui le français— conservé en Helvétie occiden-\ntale en dépit des Burgondes vainqueurs, et adopté par ceux-ci. Un siècle\nde querelles religieuses lui a donné deux confessions nouvelle scission,\ntrès marquée et d'ailleurs différente de l'autre. Point critique ethnique et\nlinguistique, il semble que la Suisse soit encore, géographiquement, un\npoint critique de la surface de l'Europe. Les aspects différents de la Gaule\net du Nord, du Midi et de l'Orient s'y rencontrent et s'y mêlent. Chacune\nde nos régions a son caractère propre dont sa population porte l'empreinte.\nChacune aussi, et peut-être même chacun de nos cantons, surtout en\nSuisse romande, a son histoire. Cela donne à penser que nos artistes ne"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.44", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 4051, "texte": "sauraient produire l'œuvre d'un pays ou d'un peuple, mais celle d'une\nrégion et presque d'un clocher.\nToutefois, si les aspects de nos régions sont dissemblables, ils sont voi-\nsins. Le citadin genevois est trop près des Alpes Vaudoises pour ne pas les\nconnaître et s'y sentir un peu chez lui. Et si nos histoires diffèrent, elles\nsuivent souvent des routes parallèles. Nos cantons ont combattu côte à\ncôte; ils ont combattu chacun de leur côté, mais c'était souvent pour sou-\ntenir le même principe de liberté et d'autonomie ; ils ont combattu l'un\ncontre l'autre, mais c'était pour conserver, au sein de leur alliance, leurs\ntraditions séculaires et leur indépendance absolue. Un fond commun d'as-\npirations les unit. Et M. William Ritter écrivait il y a quelque temps :\n« Je crois de toutes mes forces à un ar/ suisse, en dehors même des artistes\nsuisses parfois. Il a été, il est et il sera... Il vit en autant de langues et de\npatois qu'on voudra, et se fait livre, tableau, statue ou édifice, à son gré.\nIl s'appelle Holbein ou Friess, Buchser ou Boecklin, Gottfried Keller ou\nConrad-Ferdinand Meyer, Monnier des Pages genevoises ou Reynold du\nPays des aïeux, etc... A vos retours de l'étranger, cet art vous attend\ndans les quartiers intacts de vos vieilles villes, à Schaffouse et à Stein-\nam-Rhein comme à Sion et à Brigue, à Fribourg comme à Lucerne. Il\nse fait pont et il se fait beffroi. Il est festspiel et il est feuilleton et il est\nalmanach avec Diestli; où diable ne va-t-il pas se nicher? Parfois là où on\nle cherche le moins ». William Ritter le dit fort bien : « Il est festspiel ».\nIl est festspiel, et il est chœur d'hommes; ou plutôt il fut chœur d'hom-\nmes; il est et sera festspiel. Il fut chœur d'hommes en Suisse allemande,\nen vertu d'une tradition de plusieurs siècles. Mais cette forme se survit à\ngrand'peine ; et pour tout dire, je crois bien qu'elle est épuisée. L'utilisa-\ntion meilleure du goût de notre peuple pour la musique vocale, qu'est le\nfestspiel, date aussi de loin. Mais ce n'est qu'en ces dernières années que\ns'est développé ce spectacle de plein air où la poésie, la musique et la danse\nconcourent pour célébrer le travail, la patrie ou la légende. Et les meil-\nleurs d'entre nos compositeurs ont bien compris que là sans doute devait\nse continuer l'évolution de l'art musical suisse. Cet art, qui est chœur et\nfestspiel en Suisse allemande, —et qui y est symphonie aussi, chez Hans\nHuber par exemple, a donné jusqu'ici peu de fruits en Suisse romande.\nOn l'y rencontre ici et là, dans quelques-unes des plus naïves chansons de\nJàques-Dalcroze, chez Doret quelquefois, et chez Lauber. Peut-être n'est-il\npoint tout à fait absent du Devin du village ï C'est tout ce qu'on peut dire.\nLa musique romande n'a pas d'histoire, ou du moins son histoire est courte\net bien attristante.\nRetournons donc en Suisse allemande. Avant d'inspirer les compositeurs\nde chœurs d'hommes du xvine et du xixe siècle, l'art suisse avait donné au\nxvie siècle, dans les motets et les messes de Senfel, qui d'ailleurs vécut à\nMunich, quelques-uns de ses plus beaux accents. Au xve siècle, il inspirait\nles Minnesinger, et je ne sais plus qui a dit que Wolfram d'Eschenbach\nétait d'origine helvétique. Enfin, au xnie siècle, on en trouve les premiers\nessais ou les premières influences dans les séquences que Notker le bègue\nécrivait au couvent de Saint-Gall. Ce moine l'avait appris en écoutant les\npâtres sonner de leur alphorn. Et c'est ici sans doute qu'il faut chercher\nl'embryon et le caractère de ce qu'il peut y avoir d'essentiellement suisse\ndans notre musique. Ces vieux airs de l'alphorn, adaptés plus tard à des\nparoles, doivent être l'origine de nos ran% des vaches et des jodler de nos\nmontagnards. Entre eux et le Hameau de Jaques-Dalcroze, ou telle œuvre\nde Barblan, de Huber ou de Lauber, il y a certainement une différence de\nforme ; mais ici et là ce doit être le même sentiment ; c'est la montagne,\nc est la forêt, et c'est le petit lac près des glaciers. Comme les chants ty-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "roliens, mais à 1 inverse de beaucoup d'autres chants nationaux, les chants\nsuisses sont du mode majeur. Il faut voir dans cette particularité leur ori-\ngine instrumentale, beaucoup plus, me semble-t-il, qu'un caractère de gaieté\net de joie de vivre ; ils sont plus naïfs, tendres, idylliques, qu'exubé-\nrants ou gais. Et d autre part, ils semblent s'étendre et se développer sur\ndes accords longuement tenus, à cause sans doute de l'écho qui devait\npouvoir ramener leur mélodie sans troubler l'effet harmonique.\nCette musique où semble palpiter comme un dernier écho du taureau,\nd'Uri et de la vache d'Unterwald n'est pas toute notre musique. Elle en est\npeut-être la meilleure partie, mais elle en est la plus petite. Plus souvent,\ncomme je vous le faisais prévoir, l'œuvre d'un compositeur suisse paraît reflé-\nter le caractère d une région, ou d'une contrée. C'est le cas surtout des\nœuvres romandes. Plus souvent encore elle essaie d'être tout simplement\nde la musique jai dit « tout simplement » par étourderie. Et alors, elle\nne sera plus seulement chœur ou festspiel, elle sera symphonie, quatuor\nou sonate, lied, opéra ou oratorio. Qu'elle révèle chez un Suisse allemand\n1 influence de 1 école d outre-Rhin contemporaine, cela n'a rien qui doive\nnous etonner. Mais qu elle la révèle encore chez un Romand, voilà qui serait\nétrange ! C est pourtant le cas, bien souvent. L'éclat de la musique alle-\nmande du siècle jusques et y compris Wagner a fasciné nos mélomanes\nau point de leur faire oublier ou dédaigner tout autre art. Et nos jeunes\nmusiciens romands, cédant à ce fâcheux exclusivisme, méconnaissant leur\nnature et trahissant leur talent, ne s'aperçoivent pas qu'en délaissant Paris\npour et en demandant aux Allemands contemporains l'influence\nqu'étaient dignes d'exercer leurs prédécesseurs, ils laissent l'aube déjà\nféconde et rayonnante encore de promesses pour le crépuscule de fatigue\noù point la nuit glaciale. Pourtant, à cet aveuglement général, il y a quel-\nques exceptions. Et dernièrement encore, le jeune Genevois Ernest Bloch\npubliait des œuvres où l'on sent le large souffle d'un art libre.\nEn même temps que la Suisse voyait naître, vers la fin du siècle passé,\nune génération de compositeurs assez abondante pour qu'on puisse parler\nd'une « musique suisse », l'art musical devenait en ce pays l'objet d'une\npréoccupation plus grande. D'une préoccupation plus grande, oui, mais pas\ntoujours intelligente.; Laplupart de nos villes un peu importantes ont aujour-\nd'hui un orchestre satisfaisant. Mais aux mains de qui le laisse-t-on, trop\nsouvent! Et pour servir quel programme! Et si nos sociétés chorales don-\nnent parfois d'admirables exécutions d'une Passion selon saint Matthieu ou\nd'une Messe en ré, combien de fois le concours de tant de dévouements et\nde très estimables talents est-il consacré à quelque ennuyeux oratorio\nmendelssohnien ou à quelque sotte cantate à prétentions patriotiques ! De\nces mortelles solennités je ne vous ennuierai point, ni de ces séances où\nles maîtres très fêtés du virtuosisme viennent répéter des programmes\nque vous n'allez pas entendre à Paris. Mais peut-être ne vous est-il pas\nabsolument indifférent de connaître l'effort et la physionomie particulière\nde nos compositeurs dont j'ai essayé de vous dire le caractère commun, de\nceux surtout qui, comme Ernest Bloch, n'ont pas seulement les promesses\nde la vie présente, mais celles de la vie avenir. Et je vous annoncerais\ncomme avec l'allégresse d'une victoire le jour où la musique française ne\nsera plus uniquement, aux yeux ou aux oreilles de notre public celle\nde Massenet et de Saint-Saëns.\nCe jour, d'ailleurs, est peut-être proche. Gustave Doret est venu diriger à\nGenève, il y a quelques années, les principales œuvres de Debussy, Chaus-\nson, Dukas, Charpentier, etc. Et d'une manière générale, on n'ignore plus\nabsolument Franck, Fauréou Duparc. Mais on écoute encore leurs œuvres\navec plus de curiosité ou d'étonnement que d'émotion et de plaisir. Patience!"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.46", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "L'Après-midi d'un Faune a été fort bien accueilli cet hiver à Bâle et à\nLausanne. Et peut-être le jeune chef d'orchestre lausannois, M. Birunban,\nnous réserve-t-il encore d'heureuses surprises ? Me pardonnerez-vous alors,\nle jour où je pourrai vous dire le triomphe en Suisse de l'école française\nde la liberté, de vous avoir entretenu trop longtemps de mon pays, de ses\nconcerts et de ses musiciens?\n\nE. 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Le\nprogramme comprenait d'abord cinq romances, dont les plus remarquables\nsont Ritorno et Morgoosang. Puis la basse Grandolfi un Italien gagné\npar le charme de la Finlande et fixé depuis vingt ans ici a chanté de sa\nvoix chaude et puissante la Torre di Nerone, qui fut bissée par l'auditoire\nenthousiasmé. L'orchestre exécutait ensuite l'Ouverture pour Hannele\nMattern et trois morceaux de la Princesse Thomrôsa. Et enfin les artistes\ndu théâtre jouèrent Salomé, avec la musique de scène de Melartin. De\ncette belle soirée, nous est restée à tous une admiration émue pour le jeune\net intéressant compositeur.\nLe ler février, le compositeur Païen organisait un concert au profit des\nouvriers russes sans travail : aussi se terminait-il par la Marseillaise, et\nGor'ki y prêtait son concours. On y entendit en outre Y Ouverture pour la\nGrande Pâque russe de Rimski-Korsakof, de Moussorgski, et\ndeux belles pages de Sibelius : Chanson du Printemps, pour orchestre, et\nLégende finnoise, chantée par M>e Elena Beck.\nLe concert du 12 février était dirigé par M. Schneevoigt, qui fut naguère\nvioloncelliste ici même avant de devenir un chef d'orchestre de tout pre-\nmier ordre : au programme, la 5e Symphonie de Bruckner, un concerto\npour orchestre à cordes de Flaendel et des fragments de Wagner.\nLe concert du 19 était dirigé par le compositeur suédois Alfven et consa-\ncré à ses œuvres, dont j'ai beaucoup goûté la forte saveur nationale :\ntémoin ce thème de sa Rapsodie, exposé par la clarinette, orchestré et\ndéveloppé ensuite avec l'art le plus délicat :\nLe 27 février, le Poème de Chausson (violon solo : L. Zeitlin) obtenait\nun grand succès, et, peu après, le concert au profit de la Caisse des retraites"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "de 1 orchestre, consacré aux œuvres de Sibelius, donnait la 2e\nde cet auteur, le Concerto pour violon et orchestre, à qui il ne manque,\npour me charmer, que de n'être pas un concerto, et la Suite pour\nMélisande, d une couleur mélancolique et délicate, digne en tout point\nd'être connue à Paris.\nCitons enfin, pour terminer, le concert donne par IVP'e JYÏoberg, qui\ncompose et dirige elle-meme ses œuvres, avec une assurance qui n'en fait\nque mieux apprécier la puérile incohérence.\n( Traduit du russe par Louis LALOY,)\n\nLef Zeitlin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.5", "titre_corps": "COURRIER DE MUNICH", "titre_sommaire": "COURRIER DE MUNICH", "signature_source": "M. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.47", "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "COURRIER DE MUNICH\n\nEchos.\nA Munich, à Prague, chaque hiver on donne à l'intention spéciale de la\njeunesse des écoles un ou plusieurs concerts dont les programmes, com-\nposés avant tout d'œuvres classiques, nettes et claires, sont choisis de façon\nà éduquer le goût et à former l'oreille des enfants. On sait qu'en Autriche,\nen Allemagne, les élèves des écoles primaires sont souvent appelés à chan-\nter ne fût-ce même qu'aux offices du dimanche en chœurs à plusieurs\nvoix. Néanmoins il se commet des erreurs : le programme du second\n« concert des enfants » à Prague (programme approuvé par l'impérial et\nroyal Conseil des Ecoles)fait une part regrettable à une musique de diver-\ntissement d'un parfait faux goût. Aux côtés de « à la portée des\npetites intelligences », écrites expressément pour ces concerts et fort bien\nexécutées par l'octette des dames de la Société Hlahol sous la direction de\nSvoboda, nous relevons de menus morceaux ; Romance, Rondinetto,\nAubade, plus qu'insignifiants ; puis une pour la harpe de Saint-\nSaëns, la Danse et sérénade pour deux pianos à huit mains de Moszkowski,\nle Sabbat des sorcières pour piano et violon de Paganini surtout, où le dé-\nploiement de virtuosité tient presque plus de l'acrobatie et du spectacle que\nde l'audition et qui sont, pour des enfants, plus curieux à voir jouer que\ndirectement instructifs; enfin, le bouquet, une pour con-\ntrebasse, exécutée par l'auteur M. Kuchynka, qui obtint, bien entendu, un\nsuccès fou de clownerie. Ce titre ne fait-il pas songer immédiatement à la\n« Première Communion du jeune M. Félicien Rops, grand galop brillant»,\netc. ?Un semblable concert va droit à l'encontre de son but éducateur ;\npourquoi pas tout de suite mener les classes à des matinées aux Variétés ?\nFonds Wagner. —Ce 22 mai, comme chaque année, un grand concert\na lieu à l'Odéon (Munich) au profit du fonds Wagner, que lui-même ins-\ntitua en 1882 pour faciliter ou, suivant les cas, complètement payer le\nvoyage de Bayreuth à ceux qui n'ont pas les moyens d'accomplir le pèleri-\nnage ; et en réalité un grand nombre de places sont chaque année accor-\ndées gratuitement sur demande motivée. Le fonds se monte aujourd'hui à\nprès de 200 000 mark ; on espère beaucoup atteindre le million en 19x3,\npour le centième anniversaire (déjà !) delà naissance du Maître.\nThéâtre du Prince-Régent. Pour les « wagnéries » de cet été, le théâtre\ndu Prince-Régent (Munich) s'est assuré le concours de M. Richard Strauss,\nqui dirigera trois représentations de Pour la persistance de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.48", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "ces Fetspiele et à la condition que chaque fois plusieurs exécutions du\nRing etune de Tristan en fassent partie, la municipalité de Munich verse\nà la caisse du théâtre un subside annuel de 61.000 mark. Signalons à\nce propos, dans le dernier numéro (avril) des Sud-deutschen Monatshefte\nun article important de M. Manfred Semper, fils du grand architecte, qui\napporte avec des dates précises, des renseignements authentiques, extraits\ndes lettres mêmes de Wagner et de Semper, sur le projet de construction\nà Munich en 1865-1869 du Festspielhaus devenu depuis le théâtre de Bay-\nreuth.\nOn y voit le projet, pour lequel le roi Louis II est tout feu et flammes,\ntomber peu à peu devant l'opposition du cabinet et les machinations hos-\ntiles, et finir par misérablement échouer. Pas besoin d'insister sur les re-\ngrets actuels des Munichois : la « Kunststadt » déjà pleine de ressources\net si avenante n'aurait-elle pas conquis dès lors letitre âprement disputé de\nMétropole d'art ? Et comme elle aurait meilleure grâce que d'autres à s'en\ntarguer !\nLa petite ville de Linz (Haute-Autriche), d'une coquetterie baroque si\njoliment conservée, a désormais ses festivals exclusifs, périodiques, défini-\ntivement organisés. Grâce à l'initiative de M. Auguste Gollerich, directeur\nde musique (élève et biographe de Liszt et qui prépare sur Bruckner un\nouvrage capital), le conseil communal de Linz a créé un fonds à l'effet de\ndonner tous les deux ans, à des prix populaires, par les soins dévoués\ndu Musikverein, un concert solennel d'œuvres du symphoniste : Bruckner\npassa en effet vingt ans de sa vie, ses années de préparation musicale\n(1845-68), comme organiste à Linz. Le cinquième de ces concerts avait\nlieu ce mois d'avril ; au programme figurait une œuvre de début encore\ninédite : Psaume 114 pour soprano, deux altos, ténor, basse et trois\ntrombones, la vne symphonie et le Te Deum.\n\nM. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.6", "titre_corps": "COURRIER DE ROUEN", "titre_sommaire": "COURRIER DE ROUEN", "signature_source": "Du Robec", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.48", "debut_caractere": 1924, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "COURRIER DE ROUEN\n\nM, A. Dupré dirige avec un véritable goût artistique et une conviction\nenthousiaste une société chorale qu'il baptisa très spirituellement « l'Ac-\ncord parfait » ; et jamais appellation ne fut mieux méritée.\nDans un concert donné au Cirque, cette société montra de grandes qua-\nlités de justesse, de cohésion, et nuança, d'une façon diverse mais toujours\ndélicate, la Fantaisie pour chœur, piano et orchestre de Beethoven, les\nBohémiens de Schumann, la marche du Tannhceuser, et un chœur de la\nCantate pour tous les temps. M. Marcel Dupré, premier prix de piano du\nConservatoire, exécuta avec un très beau style l'ouverture des Maîtres\nchanteurs, et se fit applaudir dans diverses pièces de Chopin. Mme A. Dupré\npartagea le grand succès de son fils en jouant avec lui d'une façon déli-\ncieuse le Concerto en ut mineur de Bach pour deux pianos et orchestre.\nL'Accord parfait fit entendre, dans l'église Saint-Vivien, Rédemption de\nFranck, dont l'excellente interprétation nous rappela les auditions des der-\nnières années : Ruth, Elie, le Messie, le Requiem de Brahms, la Passion\nselon saint Jean. Avec un tel passé et sous la direction d'un artiste aussi\ncompétent que M. A. Dupré, on peut attendre beaucoup de cette société"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.49", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2704, "texte": "qui nous promet, pour Tan prochain, la Passion selon saint Matthieu et la\nDamoiselle élue.\nUne autre société chorale, « la Gamme », dirigée très habilement par\nM. Hoelling, chanta des chœurs délicieux des Festes d'Hébè. Mlle Selva\njoua des pièces de piano ou clavecin de Bach, Rameau, Couperin, Scar-\nlatti. Nous préférons de beaucoup le talent de pianiste de Mlle Selva à son\njeu sur le clavecin, qui nous a semblé un peu lourd. Dans un concert spi-\nrituel, la Gamme exécuta d'une façon très pure et très émouvante deux\nchorals a cappella de Bach, un chœur de la Passion de Schùtz, et des frag-\nments des Béatitudes de l'abbé Bourdon, maître de chapelle de la métro-\npole. M. Hœlling consacra plusieurs récitals d'orgue à l'œuvre du grand\nBach et de quelques vieux maîtres français parmi lesquels il choisit notam-\nment Titelouze qui fut, au xvn© siècle, son prédécesseur comme titulaire\ndu grand orgue à la cathédrale de Rouen.\nM. Heptia, professeur de violon, a eu la très heureuse idée de fonder ici\nun quatuor avec le concours de MM. Ch. Herman, G. Drouet et F. Thi-\nbaud. Nous les avons entendus avec un vif plaisir dans des quatuors de\nHaydn et de Beethoven : MM. Thibaud et Masson jouèrent d'une façon\nremarquable une sonate pour violoncelle et piano de Beethoven. A ce\nmême concert, Mme M. Herman, tour à tour candide, enjouée, puis dou-\nloureuse, chanta d'une voix pure la Vie d'une femme de Schumann, ainsi\nque quelques lieder de compositeurs modernes. Cette soirée restera parmi\nles meilleures de cet hiver, et nous espérons que M. Heptia continuera l'an\nprochain l'œuvre si bien commencée.\nAu théâtre des Arts, parmi toutes les nullités qui encombrèrent la fin de\nla saison, nous noterons seulement une reprise d'Orphée, que la contralto\nMme d'Hasty chanta remarquablement. Nous ne sommes malheureusement\npas habitués à applaudir souvent à Rouen de telles artistes.\nNous partageons, à propos de Paderewsky, l'opinion de Monsieur Vallas\n(Revue musicale de Lyon, dans le Mercure musical du ler mai). Nous ajou-\nterons cependant que, parmi les artistes en tournée entendus ici cet hiver,\nPaderewsky nous a semblé, par ses qualités et ses défauts, le plus grand\nvirtuose du piano.\nL'orchestre Colonne se fît applaudir dans un très beau programme :\nImpressions d'ltalie, Rapsodie norvégienne, Symphonie fantastique, Et,\nbonheur inespéré, dans le Prélude à VAprès-midi d'un Faune, nous enten-\ndîmes moduler la flûte champêtre de l'/Egipan, chantant les murmures des\nruisseaux, les frissons de la forêt sous le vent, les bourdonnements d'in-\nsectes, le parfum de l'aubépine et de la terre chaude sous le soleil ardent,\nla beauté à peine entrevue des nymphes...\n\nDu Robec."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.7", "titre_corps": "ÉCHOS", "titre_sommaire": "ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.49", "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "ÉCHOS\nDoctorat. Un de nos plus chers collaborateurs (dont la modestie re»\ncourt trop volontiers au pseudonyme), M. Jules Écorcheville, vient de sou-\ntenir avec le plus grand succès, en Sorbonne, les deux thèses suivantes :\nVingt suites d'orchestre du XVIIe siècle, publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel ; De Lulli à Rameau\n(1690-1730). Après une vive et intéressante discussion, à laquelle prirent\npart MM. Alfred Groiset, G. Saint-Saëns, Emmanuel, Gazier, Lemonnier,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.50", "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "R. Rolland et G. Séailles, le jeune érudit fut proclamé dignus intrare avec\nla mention honorable.\nNous lui adressons ici nos plus vives et sincères félicitations,\nM. Fr. de Lacerda nous promet pour bientôt les Chansons et Danses d'un\npetit peuple disparu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.6.8", "titre_corps": "PUBLICATIONS RÉCENTES", "titre_sommaire": "PUBLICATIONS RÉCENTES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.50", "debut_caractere": 385, "fin_caractere_exclue": 810, "texte": "PUBLICATIONS RÉCENTES\nJules Écorcheville : De Lully à Rameau (i6go-iy3o). L'esthétique musi-\ncale. Paris, Fortin.\nVingt suites d'orchestre du XVIIQ siècle français (1640-1670), publiées\npour la première fois d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel\net précédées d'une étude historique. Paris, Fortin.\nWilliam Ritter : Études d'art étranger(Mehoffer, Rimski Kôrsakof, Mahler,\nBôcklin, etc.), Paris, Mercure de France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.7", "titre_corps": "TABLE ALPHABÉTIQUE", "titre_sommaire": "TABLE ALPHABÉTIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\nPAR NOMS D'AUTEURS\n(1)\n1906\nM. A.\nR, Q. Çourrier de Nantes #\nCH. ADRIANNE\nH. Q. Los Concerts : Concert Y. Morpain. * . . . . 370\nE. ANSERMET\nH. Q. La Musique en Suisse . Y ...... . 573\nPIERRE AUBRY\nLa Musique et les musiciens d'église en Normandie au xine siècle. 337, 455, 505, 556\nRENÉ D'AVRIL\nH. Q. Courrier de Nancy : Conservatoire : 5 concerts de l'abonnement. . . . 279\n~~ Conservatoire. Musique de chambre » .... 481\nA. B.\nR, Q. Courrier de Reims\nLes Concerts : Concert Brunold 320\nE. B»\nR. Q. Les Concerts t Soirées d'art 31\nL. B.\nR. Q. Courrier de Reims 386, 485\nM. B,\nR. Q. Les Concerts :\nAuteurs modernes 367\nAla Sorbonne. —« Société Bach 521\nMme O. d'Alheim. —M. J.-J. Nin 572\nE. BAILLY\nR. Q. A propos de la résonance inférieure 379\nALBERT BAZAILLAS\nR. Q. La Musique à Bordeaux : Adalbert Mercier : Y Anniversaire 229\nX.-MARCEL BOULESTIN\nR. Q. Accords anglo-français : Exportation et importation 125\nCourrier de Londres 46\nDeux « biggest show on earth » 282\n(1) Les lettres R, Q. sont l'abréviation de Revue de la Quinzaine."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.52", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "RAYMOND BOUYER\nImpressions musicales : A propos d'une symphonie pathétique 57\nH. Q. Le Quatuor Parent 122, 218, 266, 323, 363\nL'évolution de la Sonate. * 526\nLes Concerts :\nMme Jane Arger 216\nMME Landormy Plançon 265\nConcerts Kleeberg. Société Beethoven 366\nConcert avec orchestre, donné par MUe Geneviève Dehelly 473\nLes Théâtres : Opéra-Comique :Le Roi Aveugle, légende musicale;\nlivret de Hugues Le Roux, musique de Henry Février. ...... 515\nMICHEL BRENET\nR. Q. Berlioz et ses derniers biographes : Adolphe Boschot : Hector Berlio%\n(1803-1831). 173\nLes livres: Albert Soubies : Les Membres de l'Académie des beaux-arts\ndepuis la fondation de Vlnstitut 476\nC. C.\nR. O. Les Revues : Le Ménestrel. Revue musicale de Lyon. Revue de\nParis 220\nR. C.\nR. Q. Les Théâtres : Une nouvelle Carmen 467\nRICCIOTTO CANUDO\nOrigine de la Danse et du Chant 49\nCH. CHAMBELLAN\nR. Q. Les Concerts.\nConcerts Colonne; M. Enesco 118\nMme Wanda-Landowska. Jour d'été à la mon-\ntagne,y de V. d'lndy 212\nVAngélusy de M. Trépart 260\nMue Schumann-Heink. Ricardo Vines 314\nSymphonia domestica de Richard Strauss 357\nSchola Cantorum 262, 475\nSchola Cantorum. —M. Sauer. Mme Landowska. —* M. Duttenhoffer. 369\nLa Saison des Concerts Colonne 467\nMlle Blanche Selva. M. Ch. Bordes. —M. Kreisler 519\nConcert Mel-Bonis-Ravel. Concerts Jacques Thibaud. 570\nJEAN CHANTAVOINE\nR. Q. Les Concerts :\nEcole des Hautes Etudes sociales » 34\nF. BusonL 319\nC. D.\nR. Q. Les Concerts : Gaston Revel 321\nCourrier de Saint-Quentin. 532\nRAOUL DAVRAY\nR. Q. Le Théâtre en province. « 86\nPAUL DUBOT\nR. Q. Virtuoses. 236\nLes Concerts :\nSchola Cantorum. Virtuoses 321\nM. Llorca 370\nVirtuoses. . 426\nM. Luzzati et Mlle M, Mac Evily. Germaine Arnaud. —W. Bastard et\nA, de Montrichard. J. Hollmann et E. Gigout. Société des Con-\ncerts de chant classique# Mme M. Capoy. G, Loth. M. Hewit.\nAntoinette La m y 523"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.53", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "G. P. E.\nR. Q. Courrier de Bruxelles : Sixième Concert Ysaye 478\nGEORGES D'ESPAGNAT\nComposition inédite pour Simone : I. Les Cheveux 400 bis\nIL L'Aubépine 448 bis\n111. Le Houx 496 bis\nIV. Le Brouillard 544 bis\nEDMOND FLEG\nR. Q. Musique nouvelle : Ernest Bloch : Historiettes au Crépuscule (C. Mau-\nclair). 376\nMAURICE FOURRIER\nR. Q. A l'Opéra : Reprise de l'Etranger, de V. d'lndy. Mlle Bréval. . . . 269\nConcerts : Société Nationale. Festival G. Fauré. Le Quatuor\nCapet 522\nMme Olenine d'Alheim 573\nA. G.\nR. Q. Correspondance à propos d'Armor 88\nLa musique à Lyon 132, 187, 277, 383, 437\nH. G.\nR. Q. La Musique à Lille 179, 334\nGUIDO GASPERINI\nL'Art italien avant Palestrina 241, 348\nHENRY GAUTHIER-VILLARS\nLe vieillard et le jeune homme 3\nR. Q. Saint-Saëns contre Willy 272\nREMY DE GOURMONT\nMélodie sur des vers de Paul Verlaine 150\nSimone, poème champêtre : I. Les Cheveux 400 bis\n11. L'Aubépine « . 448 bis\n111. Le Houx 496 bis\nIV. Le Brouillard 544 bis\nF. H»\nR. Q. Courrier de Strasbourg 388\nELISABETH D'IRVEL\nR. Q. Courrier de Manchester 188, 284, 480\nE. J.\nR. Q. Courrrer du Havre 479\nLouis LALOY\nParoles sur Claude Debussy 193\nR. Q. Les Livres; J.-G. Prodhomme : Hector Berlioz. Pierre Aubry et Emile\nDacier : Les Caractères de la Danse 41\nPolémiques grégoriennes 274\nAu Salon de la Société Nationale 427\nLes Concerts :\nM Safonof. Société de Concerts d'lnstruments anciens. Société\nBach. Quatuor Luquin.— Fondation Bach 29\nConcerts Chevillard. Schola Cantorum. Mme Yvette Guilbert et les\nChanteurs de Saint-Gervais. Soirées d Art. M. Calvocoressi. . . 79\nConcerts Chevillard : Liszt et M. Arthur Coquard. Schola Cantorum :\nMlle Selva. Hautes Etudes sociales : MM. Henry Expert et Romain\nRolland. Société Nationale : J. Poueigh et D.-E. Inghelbrecht.\nRicardo Vines. ïl^"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.54", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "H. Q. Concerts Cbevillard :le Faust de Schumann. L'œuvre de Cl. Debussy\n(Mme Camille Fourrier, MllO Lucienne Bréval, MM. Jean Périer, Ricardo\nVines, A. Delacroix, A, Petit et Louis Laloy). Aux Mathurins.\nHautes Etudes sociales : Musique ancienne. LÎOrfeo, de Monteverdi\net F. de Lacerda - . . 164\nConcerts Chevillard : la Cloche fêlée, de M. Pécoud; les Nocturnes, de\nClaude Debussy 210\nConcerts Chevillard : Entracte symphonique, de M. Auzende 259\nHautes Etudes sociales :M. Pirro. —M. Henry Expert 265\n- Concerts Chevillard. Miguel Llobet 3i2\nJoseph Bonnet. Wanda Landowska . 318\nConcerts Chevillard. Société de musique de chambre pour instruments\nà vent. Société de Concerts d'lnstruments anciens, Mlles Suzanne\nLabarthe, Lucile Bartzi. Œuvres de M. de Saussine 360\nSociété Nationale: Trio, de Ch. Tournemire; Quatre Poèmes (Henri de\nRégnier), de Albert Roussel ; Trois Valses pour piano, de Florent\nSchmitt ; Poèmes en musique, de Albéric Magnard ; Sonate, de G. Sama-\nzeuilh. Félix Weingartner 426\nSociété Nationale : La Fée des Ondes, de de Crèvecœur; Historiettes au\nCrépuscule (Camille Mauclair), de Pierre Kunc ; Pénombre, deCl.Guil-\nlon ; Sarabande, de Mel-Bonis ; Rimes Tendres (Armand Sylvestre), de\nLouis Aubert ; Funn, suite d'orchestre (d'après G.'d'Esparbès), de Jean\nPoueigh ; Scherzo, de la Symphonie en ré, d'Eugène Lacroix ; Noël des\nJouets, de Maurice Ravel ; Poème (J. Mornand), de D.-E. Inghelbrecht ;\nPaysage d'hiver, de Henri Mulet ; Musiques en plein air9 de FI. Schmitt.\nE. Ysaye et R. Pugno. Le Maestro piano 470\nMax Reger. Musique française ancienne. —M. Alfred Cortot. M]le H.\nZielinska. Mme Kutscherra. —Le Conservatoire 517\nSociété des grandes auditions musicales : Le Songe de Gérontius, orato-\nrio d'Edward Elgar • . . . 569\nLes Théâtres :\nOpéra :La Ronde des Saisons, ballet de Ch. Lomon, musique de Henri\nBusser 35\n- Opéra-Comique : Les Pêcheurs de Saint- Jean, scènes de la vie maritime ;\nlivret de Henri Cain, musique de Ch.-M. Widor. La Coupe enchan-\ntée; livret de Matrat, d'après La Fontaine, musique de G. Pierné. . . 83\nOpéra-Comique : Aphrodite, pièce musicale ; livret de Louis de Gramont,\nmusique de Camille Erlanger 372\nNouveau-Théâtre : Le Clown, nouvelle musicale, livret de V. Capoul,\nmusique de I. de Camondo 465\nLes Revues :\nRevue générale des Sciences. Revue des Deux-Mondes 328\nRevue musicale de Lyon 428\nCorrespondance :\nA propos àïArmor 88\nUne lettre de M. C. F. Kahnt-Nachfolger 190\nUne lettre de Frédéric Hellouin 238\nUne lettre de Zahidé-Hanum 390\nA propos du Concert d'élèves do la Schola Cantorum : une lettre de Louis\nde Serres 439\nLettres de Léon Vallas et Sylvio Lazzari 534\nLIONEL DE LA LAURENCIE\nJacques Aubert et les premiers concertos français de violon 441\nH. Q. Musique du xvme siècle : les Maîtres français du violon au xvme siècle. 40\nMusique des xvne et xvme siècles : Musiques pastorales. Les Maîtres\nfrançais du violon au xvme siècle. 375"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.55", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2041, "texte": "CH. LÉANDRE\nCroquis d'album : René de Castéra 16 bis\nDéodat de Séverac 112 bis\nMaurice Dumesnil. 208 bis\nMiguel Llobet 408 bis\nP. Coindreau 504 bis\nJEAN LEROUX\nR. Q. Les Concerts : Hautes Etudes sociales :M. Quittard, Mœe Landowska et\nMlle Babaïan 3? 9\nCH.-M, LOEFFLER\nR. Q. La Musique aux Etats-Unis : Vincent d'lndy et l'école française mo-\nderne 222\nM. M.\nR. Q. Courrier de Munich 577\nP. M.\nR. Q. La Musique à Dijon 45, 227\nC. DE MALARET\nR. Q. Les Concerts :\nSociété Nationale : Sonate, de J. Jongen; Mélodies, de Raoul Bardac; En\nLanguedoc, de Déodat de Séverac ; Trio, de P. Coindreau. Conser-\nvatoire: le Quatuor Çapet 168\nConservatoire : Hillemacher et Balakirew. Société Nationale : Mélodies,\nde Marcel Labey ; Mélodies, de G. Corbin ; Pièces pour piano, de Albert\nRoussel . 214\nSociété Nationale : Suite pour instruments à vent, de de Wailly ; Sonatine,\nde Mariotte ; Chants de la Jungle (Rudyard Kipling), de Jean d'Udine ;\nImages, de Claude Debussy, exécutées par Ricardo Vines ; Chansons et\nDanses, de Vincent d'lndy 263\nConservatoire 3*3, 422\nSociété Nationale : Miguel Llobet et Ricardo Vines 316\nSociété Nationale :M. Henri Thiébaut ; Chanson, de Daniel Lamotte ;\nPoème lyrique, de Léon Saint-Requier ; Sonatine, de Maurice Ravel ;\nMélodies, deChausson; Mélodies, de P. deßréville ; Quatuor à cordes, de\nCésar Franck 362\nE. MARCHAND\nJean-Sébastien Bach et Beethoven. » 537\nJEAN MARNOLD\nLes sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Riemann . . . . ir, 289, 399, 494\nCloches • 5 5\nDialogues des Morts : VI. Terpandre, Palestrina. . 97\nR. Q. A la Nationale : Miroirs, de Maurice Ravel 121\nCoulissiana « 270\nGerolsteiniana 4*7\nMARCEL MONTANDON\nR. Q. Courrier de Munich • 133' 575\nNEZEU\nR. Q. Les Concerts: Conservatoire : La Belle de Georges Hue.\nConcert Galeotti Capet. 120\nL'OUVREUSE\nR. Q. Lettre de l'Ouvreuse 4^3\nPAN\nR. Q. Echos :\nSociété Nationale. Quatuor vocal français. - Revue illustrée. Société\nJ.-S. Bach. Bordeaux, Le Journal. La harpe chromatique.\nMlle Fanny Guimaraès 4^\nLE MERCURE MUSICAL 3^"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.56", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "R. Q Documents historiques. Armand Parent. —* Charles Tournemire.\nSociété J.-S. Bach. Bruxelles. Nantes, Grand Concours de\nComposition musicale. Nécrologie 94\nSociété Nationale, Société J.-S. Bach, L'autre joue, ou de la mu-\nsique à Tassyriologie. lntimités d'art. Auditions. Le cas d'un\nMaestro. Munich . . . 142\nEntente cordiale. Avis, —Le Havre. Lyon. Quatuor Parent.\nAuditions d'élèves 190\nA FOpéra-Comique : Le Cœur du Moulin, de Déodat de Séverac. —• Mon-\ndanités. —Le Courrier de la Presse. ■— La vie des Saints. —Un nou-\nveau roman de Willy 239\nA TOpéra-Comique :Au Trocadéro. A Monte-Carlo. L'Annuaire des\nArtistes, Concerts Barrau. Autriche-Hongrie. Société J.-S.\nBach. J.-J. Nin. Cours Chevillard-Lamoureux 287\nUne lettre de C. Saint-Saëns. —■ Schola Cantorum. Mondanités.\nEdouard Risler. Laïcisons les orgues ! Société philharmonique. 335\nOrgues. Les Intimités d'Art. Mondanités. Concessions. —G.\nMahler. Munich. Concerts annoncés 390\nMondanités. Orgues. Concerts annoncés. Les grandes Auditions. 440\n~~ A l'Opéra-Comique. Orgues. Ala recherche d'une salle. Chan-\nsons populaires grecques. La musique au Salon d'Automne. —Con-\ncours. Schola Cantorum 488\nUne enquête. Un projet. Maurice Ravel. Médisances. A.\nCortot. 536\nDoctorat: J. Ecorcheville. François de Lacerda . ........ 579\nPublications récentes 48, 144, 192, 240, 288, 488, 536, 580\n- Calendrier des Concerts. 144, 192, 288\nUN PASSANT\nH. Q. Courrier de Berlin 189\nSALVATOR PEÏTAVI\nEsquisses musicales d'outre-Manche : IV. La Harpe d'Erin. 248\nL. PERNY\nR. Q. Courrier de Tours 235\nEDOUARD PERRIN\nR. Q. La Musique à Nice:\nLa Saison théâtrale 42\nSociété Bach. M. Sarasate. —La Saison italienne, 281\nOn décentralise 329\nManon Lescaut, de Puccini. Concerts 484\nConcerts : Germaine Arnaud. 531\nLa Musique à Monte-Carlo.\nL*Ancêtre. Don Procopio. ilillß de Belle-îsle. Don Carlos. . , . 332\nEDGAR SULL POE\nLe Corbeau (Version nouvelle) 145\nARMANDE DE POLIGNAC\nPensées d'ailleurs : Ars et humanitas 110\nConversations 198\nMusique pure 299\nL'art est une périphrase 489\nJEAN POUEIGH\nAu pays des Neuvièmes . 310\nR. Q. Les Concerts :\nSociété Philharmonique. Société J.-S. Bach. Matinées Danbé. . .32\n- Société Nationale : Chansons bretonnes, de Paul Ladmiraut; Miroirs, de\nMaurice Ravel, exécutés par Ricardo Vines; Sonate, de P. Le Flem. .82"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.57", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1929, "texte": "H, Q. Société Philharmonique. Société Bach Matinées Danbé „ . . • 119\n- Société Philharmonique. Matinées Danbé. Miguel Llobet. . . . 217\nSociété Bach.— La Nursery, de D.-E. ïnghelbrecht ; Chansons populaires\net Chansons canadiennes, de Emile VuilJermoz 263\nSociété Philharmonique. —Société Bach. 317\nConcert J.-Joachim Nin 318\nSociété Philharmonique. Mme Marie Mockel et M. Stéphane Austin. . 361\nCourrier de Nantes :\n—• M. Paul Ladmirault 483\nJ. R.\nH, Q. Les Concerts : Concert Revel 170\nR. R.\nR. Q. Les Concerts : Hautes Etudes sociales : Société Caucasienne de Paris. 265\nJEAN RAGE\nSalade rosse : Une répétition des chœurs 114\nUne répétition générale 161\nR. Q. Simples avis 237\nMAURICE RAVEL\nNoël des Jouets 454\nJACQUES REBOUL\nR. Q. La Musique à Lyon :\nConcerts et Théâtres 36\n—» Grand-Théâtre : Représentations de Mme Kutcherra. Sibéria. ... 129\nLes Concerts : Société des grands Concerts. 3e concert de l'abonnement.\nTiphaine, drame lyrique ; livret de Louis Payen, musique de V.\nNeuville 185\nTristan et Yseult. —Le Quatuor Rinuccini 276\nLe Crépuscule des Dieux. —Mme Litvine. Les Concerts 380\n—■ Les Concerts 480\nWILLIAM RITTER\nR. Q. La Musique tchèque : état actuel de la musique tchèque 433\nJACQUES RIVIÈRE\nH. Q. La Musique à Bordeaux :\nConcerts mondains. Concerts populaires. . . 430\nQuatuor Zimmer. E. Risler 477\nConcert Pugno-Ysaye 530\nDu ROBEC\nR. Q. La Musique à Rouen :\nL'Etranger, de V. dlndy. Les Girondins, de F. Le Borne 177\nM. Albert Mahaut. Virtuoses divers. 386\nCourrier de Rouen 579\nROMAIN ROLLAND\nL'Opéra populaire à Venise : Francesco Cavalli 60, 115\nR. Q. Les Concerts : Festival Mozart (Société musicale, G. Astruc) 362\nJAN RUER\nR. Q. Courrier de Tours. . 389, 486, 533\nG. S.\nR. Q. Société moderne des Instruments à vent 476\nM. S.\nR. Q. Les Concerts :\nSociété des Instruments à vent: M. H. Viollet et D.-E. ïnghelbrecht. . 167\n. MUe Hanna Marie Hansen 320\nCourrier de Varsovie 486"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.58", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "SOUS-OFF\nR, Q. La Musique à Stuttgart :\nA. M. Karl Beutter (Rosenfeld) 90\nInterprètes et mise en scène 138\n—■ Les concerts 18°\nMAGNUS SYNNESTVEDT\nR. Q. Musique d'Extrême-Orient : Conférence de Louis Laloy au Cercle du\nLuxembourg 17°\nMARTIAL TENEO\nMiettes historiques : Correspondance théâtrale du XVIIg siècle : 111 21\nCorrespondance théâtrale du xviie siècle : IV 71\nUne vocation faussée. —Le théâtre de censure .... 302\nMaître de chant psychologue. Une figure peu connue. 409\nBARON DE TRÉMONT\nUne visite à Beethoven 393\nJOSEPH TRILLAT\nH. 0. Les Concerts :\nSoirées d'Art. Mme Landormy-Plançon. Joseph Hofmann. ... 120\nConcerts Barrau. M.etMmc Salmon. 169\n- Concerts Barrau. —M. Reitlinger 218\nThéo Delacroix. Concerts Barrau 264\nEdition Mathot.— Hautes Etudes sociales 368\nLes Revues :\nRevue hebdomadaire. Revue musicale de Lyon. —Le Guide Musical.\nRevue d'Egypte et d'Orient. Sonntags-Zeit . 128\nEMILE VUILLERMOZ\nLe Dictionnaire. . 202, 547\nCOLETTE WILLY\nLes Vrilles de la Vigne : Toby-Chien et la Musique. 8\nH. Q. La mort de Tintagiles . 83\nWILLY\nMusique de chambre 208\nH. Q. A propos de ce Don Procopio ». . 327\nLettre de Willy 513\nLEF ZEITLIN\nB. Q. La Musique en Finlande : Les concerts d'Helsingfors. - Sibelius. . . 39\nCourrier d'Helsingfors 57^"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-06-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-06-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.2.8", "titre_corps": "TABLE DES SOMMAIRES", "titre_sommaire": "TABLE DES SOMMAIRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "TABLE DES SOMMAIRES\n1906\nN° I. lERIER JANVIER.\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : René de Castéra 16 bis\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le vieillard et le jeune homme 3\nCOLETTE WILLY Les Vrilles de la vigne 8\nJEAN MARNOLD. .... Les Sons inférieurs et la théorie de M. Hugo\nRiemann 11\nMARTIAL TENEO. .... Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle, 111 21\nRevue de la Quinzaine : JEAN CHANTAVOINE, LOUIS LALOY, E. 8.. JEAN POUEIGH : Les\nConcerts, 29. Louis LALOY : A l'Opéra : La Ronde des Saisons, 35. JACQUES\nREBOUL :La Musique à Lyon, 36. LEF ZEITLIN :La Musique en Finlande, 39.\nLIONEL DE LA LAURENCIE : Musique du XVIIIe siècle, 40. Louis LALOY : Les livres,\n41. - EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 42.— P. M. : Courrier de Dijon, 45.\nX.-M. B. : Courrier de Londres, 46. PAN : Echos, 46. —Publications récentes, 48.\nN° 2. 15 JANVIER.\nRICCIOTTO CANUDO.. . . Origine de la Danse et du Chant 49\nJEAN MARNOLD. . . . Cloches. . 55\nRAYMOND BOUYER. . . . Impressions musicales 57\nROMAIN ROLLAND. . . . L'Opéra populaire à Venise 60\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle, IV 71\nRevue de la Quinzaine: Louis LALOY, JEAN POUEIGH, COLETTE WILLY : Les Concerts,\n79. LOUIS LALOY; A VOpéra-Comique : Les Pêcheurs de Saint-Jean, 83. —RAOUL\nDAVRAY : Le Théâtre en province, 86. A. G. et L. L. : Correspondance à propos\nd' (( Armor )), 88. SOUS-OFF. :La Musique à Stuttgart, 90. —J. R. : Courrier de\nLy on, 93. PAN : Echos, 94. Nécrologie, 96.\nN° 3. lERIER FÉVRIER.\nCH. LÉANDRE. .... Croquis d'album : Déodat de Severac 112 bis\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts: VI. Terpandre, Palestrina, . 97\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs: Ars et Humanitas 110\nJEAN RAGE. ..... Salade rosse 114\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, JEAN POUEIGH, JOSEPH TRIL-\nLAT, NEZEU : Les Concerts, 116. —JEAN MARNOLD : A la Nationale, 121.—RAYMOND\nBOUYER ; Le Quatuor Parent, 122. X.-MARCEL BOULESTIN : Accords anglo-fran-\nçais, 125. JOSEPH TRILLAT : Les Revues, 128. JACQUES REBOUL, A. G. :La\nMusique à Lyon, 129. —-MARCEL MONTANDON : Courrier de Munich, 133. Sous-\nOFF. : Courrier de Stuttgart, 138. Courrier de Reims, 140. —Courrier de Nantes,\n140. PAN : Echos, 142. Publications récentes, 144. Calendrier des Concerts,\nM -"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.60", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "N° 4. 15 FÉVRIER.\nEDGAR SULL. POE. . . . Le Corbeau (version nouvelle) 145\nREMY DE GOURMONT. . . Mélodie. 150\nROMAIN ROLLAND. . . . L'Opéra populaire à Venise 151\nJEAN RAGE Salade rosse 161\n\"Revue d@ la Quinzaine: Louis LALOY, G. DE MALARET, M, S., JOSEPH TRILLAT,\nJ. R. : Les Concerts, 164. MAGNUS SYNNESTVEDT : Musique d'Extrême-Orient, 170,\nMICHEL BRENET : Berlioz et ses derniers biographes, 173. Du ROBEC : La Mu-\nsique à Rouen, 177. —H.G. : La Musique à Lille, 179.— SOUS-OFF. :La Musique\nà Stuttgart, 180. EDOUARD PERRIN : La Musique à Nice, 183. —J. R., Â. G, : Cour-\nrier de Lyon, 185. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 188, —UN\nPASSANT : Courrier de Berlin, 189. Correspondance, 190. PAN : Echos, 190.\nPublications récentes, 192. Calendrier des Concerts, 192.\nN° 5. lERIER MARS.\nÇH. LÉANDRE Croquis d'album : Maurice DumesniL . . , « 208 bis\nLouis LALOY Paroles sur Claude Debussy 193\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : Conversations 198\nEMILE VUILLERMOZ. . . . Le Dictionnaire 202\nWILLY Musique de chambre 208\nRevue de la Quiozaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, C. DE MALARET, RAYMOND\nBOUYER, JEAN POUEIGH, JOSEPH TRILLAT : Les Concerts, 210. RAYMOND BOUYER :\nLe Quatuor Parent, 218. C. C. : Les Revues, 220. CH.-M. LOEFFLER : La\nMusique aux Etats-Unis, 222. P. M. : La Musique à Dijon, 227. —ALBERT BA-\nZAILLAS : La Musique à Bordeaux, 229. A. B. : Courrier de Reims, 235.\nL. PERNY : Courrier de Tours, 235. PAUL DUBOT : Virtuoses, 236. JEAN\nRAGE : Simples avis, 237. Correspondance, 238. PAN : Echos, 239. PW-\nblications récentes, 240.\nN# 6. 15 MARS.\nGUIDO GASPERINI. . . . L'Art italien avant Palestrina 241\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d'outre-Manche : /F, La Harpe\nd'Erin « 248\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, C. DE MALARET, JEAN\nPOUEIGH, JOSEPH TRILLAT, RAYMOND BOUYER, R. R. : Les Concerts, 259. RAYMOND\nBOUYER : Le Quatuor Parent, 266. MAURICE FOURRIER : Les Théâtres, 269.\nJEAN MARNOLD : Coulissiana, 270. HENRY GAUTHIER-VILLARS : Saint-Saëns contre\nWilly, 272. Louis LALOY : Polémiques grégoriennes, 274. JACQUES REBOUL, A. G. :\nLa Musique à Lyon, 276. RENÉ D'AVRIL : Courrier de Nancy, 279. EDOUARD\nPERRIN : Courrier de Nice, 281. X.-MARCEL BOULESTIN : Courrier de\n282. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 284. PAN : Echos, 284.\nPublications récentes, 288. Calendrier des Concerts, 288.\nN° 7. lERIER AVRIL.\nJEAN MARNOLD. .... LES SONS inférieurs et la théorie de M. Hugo\nRiemann (suite.) • 290\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : Musique pure 299\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : vocation faussée. Le\nthéâtre de censure . 302\nJEAN POUEIGH Au pays des Neuvièmes :En guise de préface* . . 310\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, C. DE MALARET, CH. CHAMBELLAN, JEAN\nPOUEIGH, JEAN CHANTAVOINE, JEAN LEROUX, A. 8., M. S., C. D., PAUL DUBOT : Les\nConcerts, 312. RAYMOND BOUYER : Le Quatuor Parent, 323. *—» WILLY Ï A propos\nde « Don Procopio », 327. Louis LALOY : Les Revues, 328. EDOUARD PERRIN :\nLa Musique â Nice et à Monte-Carlo, 329, H. G. : Courrier de Lille, 334. PAN :\nEchos, 335."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.61", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "N° 8. 15 AVRIL.\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle 337\nGUIDO GASPERINI. . . . L'Art italien avant Palestrina (suite et fin). . . . 348\nRevue de la Quinzaine : CH. CHAMBELLAN, LOUIS LALOY, JEAN POUEIGH, ROMAIN\nROLLAND, C. DE MALARET, RAYMOND BOUYER, M. 8., JOSEPH TRILLAT, CH. ADRIANNE,\nPAUL DUBOT : Les Concerts, 357. Louis LALOY : A VOpêra-Comique : Aphrodite,\npièce musicale en sept tableaux, 372. LIONEL DE LA LAURENCIE : Musique des XVIIe et\nXVIIIe siècles, 375. EDIMOND FLEG : Musique nouvelle, 376. EDMOND BAILLY :\nA propos de la résonance inférieure, 379. JACQUES REBOUL, A. G. : La Musique\nà Lyon, 380. —M.A. : Courrier de Nantes, 384.— L. B. : Courrier de Reims, 386.\nDu ROBEC : Courrier de Rouen, 386. F. H. : Courrier de Strasboui ■g, 388.\nJAN RUER : Courrier de Tours, 389. Correspondance, 390. PAN : Echos. 390.\nN° 9. lERIER MAI,\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone, de Remy de Gour-\nmont 400 bis\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : Miguel Llobet 408 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone, poème champêtre. —I. Les Cheveux• 400 bis\nBARON DE TRÉMONT. . . Une visite à Beethoven 393\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Rie-\nmann (suite) 399\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : Maître de chant psychologue.\nUne figure peu connue 409\nRevue de la Quinzaine : JEAN MARNOLD : Gerolsteiniana, 417. C. DE MALARET,\nCH. CHAMBELLAN, PAUL DUEOT, LOUIS LALOY : Les Concerts, 422. Louis LALOY:\nAu Salon de la Société Nationale, 427. L. L. : Revue des Revues, 428. JACQUES\nRIVIÈRE :La Musique à Bordeaux, 430. WILLIAM RITTER : La Musique tchèque,\n433. —A. G. : Courrier de Lyon, 437. Correspondance, 439. PAN : Echos,\n440.\nN° 10. 15 MAI,\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 448 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. 11. VAubépine 448 bis\nLIONEL DE LA LAURENCIE. . Jacques Aubert et les premiers concertos français de\nviolon 441\nMAURICE RAVEL. . Noël des Jouets 454\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle 455\nRevue de 3a Quinzaine: LETTRE DE L'OUVREUSE, 463. Louis LALOY, R. C. :\nThéâtres, 465. CH. CHAMBELLAN : La Saison des Concerts Colonne, 467. Louis\nLALOY, RAYMOND BOUYER, CH. CHAMBELLAN, G. S. : Les Concerts, 470. MICHE*.\nBRENET : Les Livres, 476. JACQUES RIVIÈRE : Courrier de Bordeaux, 477.\nG. P. E. : Courrier de Bruxelles, 478. E. J. : Courrier du Havre, 479. —j. R. :\nCourrier de Lyon, 480. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 480. —■\nRENÉ D'AVRIL : Courrier de Nancy, 481. JEAN POUEIGH : Courrier de Nantes,\n483. EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 484. L. B. : Courrier de Reims,\n485. JAN RUER: Courrier de Tours, 486. M. S. : Courrier de Varsovie, 486.\nPAN : Echos, 486. Publications récentes, 488.\nN° 11. lERIER JUIN.\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 496 bis\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : P. Coindreau 504 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. 111. Le Houx 496 bis\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d*ailleurs. . 4Ç0"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.62", "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "JEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M, Hugo\nRiemann (suite.) 494\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle (suite) 505\nRsvue de la Quinzaine : LETTRE DE WILLY, 513. RAYMOND BOUYER : Théâtres,\n515. Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, M, 8., MAURICE FOURRIER, PAUL DUBOT : Les\nConcerts, 517. RAYMOND BOUYER : L'évolution de la Sonate, 526. —JACQUES\nRIVIÈRE : Courrier de Bordeaux, 530. EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 531.\nC. D. : Courrier de Saint Quentin, 532. —JAN RUER : Courrier de Tours, 533.\nCorrespondance, 534. PAN : Echos, 535. Publications récentes, 536.\nN° 12. 15 JUIN-\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 544 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. —~ IV. Le Brouillard 544 bis\nE. MARCHAND J.-S. Bach et Beethoven 537\nEMILE VUILLERMOZ, . Le Dictionnaire (suite) 547\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle (suite). » . . 556\nRÔ¥U© de la Quinzaine : Louis LALOY,, CI-I. CHAMBELLAN, M. 8., MAURICE FOURRIER :\nConcerts, 569. - E. ANSERMET : La Musique en Suisse, 573. LEF ZEITLIN :\nCourrier d'Helsingfors, 576. M. M.: Courrier de Munich, 577. Du ROBEC :\nCourrier de Rouen, 578. 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Suite, pour piano» flûte et violonc. »\nSeitz Quatuor» pour Instru-\nments à cordes. t\n1 »\n2 5o\nI »\nI 70\n1 70\n3 35\n3 35\n2 »\n2 5o\n8 »\n1 70\nS*!.\"- t' <\nIO S»\nï5 »\n1 70\n8 »\n8\ni 5 »\n2 5o\n12\n5\n12\nagence de la Société jtatîonale de Ittasiqae\nAchat et vente d'lnstruments de musique neufs et d'occasion"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.1", "texte": "2« Année. - N° 12 45 Juin 4906.\n:■■■ C'i!V-Y\"'V,^' -C.CC-.-'s • :y-'\\ ■■<.-. ■'■ •;:\\ .-■\nS'.l''tF , 1 . ' 1\nPRIX DU NUMÉRO :\nFRANCE 0 fr. 60 | UNION 0 ir. 75\nANNONCES ET PUBLICITÉ :\nCh. Jarlot\nÏ4* Boulevard Saint-Michel\nPARIS VIe\nADMINISTRATION :\nE. Demets\n2, Rue de Louvois\n■\nPARIS IIE\n\nSommaire\n■\nGEORGES D ÊSPAGNAT. .... %tiodiêvour z WO/Î^»\n3Ti- *' ' ■' ' ' ■ • ! ■ I V- . jV •!■'),/ I •' . , , ;(\\> -1 ... • . '■ .1 . ' ■ . . î '/V. ' ' '*■ it ' ' •»''\nI ■\nREMY DE GOURMONT Simone. IV :\nE. MARCHAND... J.-S. Bach et Beethoven.\nEMILE VUILLERMOZ.v Le Dictionn (suite).\nPIERRE AUBRY . ...... La musique\nXIII* Hèclé (suite).\ny*- C y ' * ' ' » - \" * ' \"* •-.■ . x „ . . '4 -*, '( ■\n»\" Wni S3ê!¥* ' t £k y f r Vp, ♦ I l-t r\\/L? % : Vr- 3! r / vJtV ? »' * ; '> u < '\nSSmÊSK 1 \" **' \"* V U\\ *?>>\"'\"& V «S '} /♦, « 0 \" 1 ;\n- r ;:- :. \" ' :V ' \". ::-v;; - : : V\nREVUE DE LA QUINZAINE\n■\nLouis Laloy, Ch. Chambellan, M. 8., Maurice Fourrier :\nE. Ansermet: La musique en Suisse. Lef Zeitlin :\n|M.M. : Courrier de Munich.Du Robec : C\ncations récentes.\nTABLE DES MATIÈRES DU PREMIER SEMESTRE\n.. \\. .. , . ' ._-r . . , v yt-î.*. ,>.'t '^v.. ,"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.2", "texte": "Le Mercure Musical paraît le ler1er et le 15 de chaque mois\nABONNEMENTS D'UN AN : 1\n(Du iex de chaque mois)\nPARIS ET DÉPARTEMENTS. » * - 12 fr.\nÉtranger...,. . • 15 fr. !\nPour les abonnés du Mercure le prix de l'abon- 1\nnement d'un an est réduit à 10 fr. (Paris et départements)\net à 13 fr. (Étranger).\nToute demande de spécimen doit être accompagnée d'un timbre\nde 0 fr. 15.\nTout avis de changement d'adresse doit être accompagné de\n0 fr, 50 en timbres-poste.\nRÉDACTION : 2, rue deLouvois, PARIS ll®\nLe Mercredi de â heures à § heures\nLes manuscrits non insérés ne sont pas retournés.\n\nE. DEMETS, Éditeur de Musique\na, rue de Louvois. PARIS, ll'\nia-w -\nCHANT ET PIANO\n«\nBardac(R.). « Tel qu'en songe » (H. de Régnier).\nC'est l'espoir.\nLes grands vents.\nTristesse,\nEn recueil. 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Il ne les a entourés de liens que\npour leur permettre de s'épanouir avec plus\nde liberté. »\n{Lettre\nLa première fois que j'ai entendu la musique de Debussy dans\nPelléas et Mélisande, j'ai été frappée par la construction solide,\nsavante, de cette musique d'apparence si fragile, si aérienne, et,\npour mieux la comprendre, je suis remontée à la source intaris-\nsable à laquelle tous les musiciens de génie ont puisé, à Bach.\nIl m'avait semblé voir une relation étroite dans la façon de\ncomprendre l'harmonisation des paroles, de refaire le texte\nmusicalement. Cela m'a conduite à un travail des plus passion-\nnants, l'étude du langage musical de Bach dans ses chorals,\ncantates, motets, passions. Après m'être bien pénétrée de ce\nlangage, m'être rendu compte de la fidélité avec laquelle les\nnotes ou accords rendaient le mot ou l'idée contenus dans le\ntexte, je me suis demandé si la musique soi-disant abstraite,\ntelle que le Clavecin bien tempéré, ne cachait pas une idée bien\ndéfinie ; enfin, si la musique de Bach n'était pas vraiment une\nlangue toujours précise, exprimant un sens toujours déterminé.\n\nLE MERCURE MUSICAL\n35"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.4", "texte": "538\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nEt j'ai pu me convaincre qu'en effet les et les\nn'étaient que le développement d'un motif expressif.\n★\n* *\nVoici comment Jean-Sébastien Bach procède : il choisit une\nphrase musicale, ayant harmonisé des paroles, ou exprimé une\nidée déterminée, ou même quelques notes seulement répon-\ndant à un mot : il les prend telles quelles, ou avec de légères\nvariantes qui leur laissent la même physionomie, et en fait\nle sujet de la fugue, ou Vintroduction d'un prélude. La fugue ou\nle prélude développera l'idée exprimée parle motif initial.\nPar exemple, la fugue en ré mineur (IIe cahier).\nEt voici dans la cantate profane de Phébus et Pan :\nRapides, rapides, tourbillonnez, vents.\nDès le prélude, les vents s'agitent. Dans la fugue, ils tour-\nbillonnent avec rage.\nFugue XXIV(2e cahier), en mineur :\nCantate de Phébus et Pan. Zu Tarife,\n7. Arie. Pan.\nPrélude XIX (2e cahier), en la majeur.\nCantate de Phébus et Pan. g. Aria. Tmolus: « Phebus deine Melodei hat\ndie Anmuth selbst geboren. »"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.5", "texte": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN\n539\n\nPrélude XII, mineur.\nCantate n° Bg. (Motif de tristesse que chante le haubois) :\nQue te ferai-je, Ephraïm? Dois-je te préserver ? Te traiterai-je comme\nAdmafTe rendrai-je semblable à Tséboum? Mais non, mon cœur a d'autres\npensées, ma compassion est trop ardente.\nCe prélude rend l'incertitude ; une phrase moins triste alterne\navec la première, et, dans la fugue, les motifs s'agitent, s'entre-\ncroisent ; on sent qu'à la fin la compassion l'emportera.\nNo 28. Choral de Pâques (basse obstinée, symbolisant le mot Triomphe:\n« C'est aujourd'hui le triomphe du Fils de Dieu. »\nLa fugue XX est triomphante.\nSon prélude est inspiré du choral VI (31 ). —Le motif est celui\nde la résurrection.\nChoral Vin0 3i (texte de la i\" strophe) :\nJésus-Christ notre sauveur\nQui de nous détourna la colère de Dieu,\nPar sa Passion douloureuse\nNous tira des supplices de l'Enfer.\nNous tira deo ouppliceo de l'enfantaisie brillante sur le\nmotif de la résurrection :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.6", "texte": "540\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nLa fugue chante donc le triomphe de la résurrection.\nFugue XII (1 er cahier), en fa mineur.\nThème de la fugue du Credo (chant grégorien) de la messe en si (messe\ncatholique).\nCes quelques exemples suffisent pour montrer la façon dont\nJean-Sébastien Bach s'appuie sur ses propres œuvres pour en\ncréer d'autres ; d'un fragment il crée un tout ; d'une idée il tire\ntout un développement. Sa musique ne laisse rien dans le\nvague ; elle est véritablement un langage.\n*\n* *\nMais n'en est-il ainsi que chez Bach? et le langage dont il\ns'est servi lui est-il demeuré personnel ? L'étude des œuvres\nque Beethoven a composées pendant la deuxième partie de sa\nvie m'a de plus en plus convaincue du contraire. Non seulement,\nen effet, nous y trouvons la même manière de poser et de déve-\nlopper un motif expressif ; mais les formules sur lesquelles\nBeethoven construit ses œuvres capitales sont souvent des for-\nmules de Bach; bien plus, elles expriment les mêmes sentiments\nque chez Bach : la patience dans la douleur, l'accablement sous\nle poids du Destin, la plénitude de la force, une explosion de\njoie, la résurrection triomphale de l'âme qui a vaincu la souf-\nfrance.\nVoyez, en effet, Beethoven à côté de Bach :\nSonate op. 2, 11° 3"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.7", "texte": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN\n541\n\nBACH : « Une âme meurtrie par la vie cherche le chemin du ciel. »\nSoprano. Ah ! Dieu ! quelle douleur m'accable en ce moment !\nBasse. Patience, mon cœur, patience seulement, patience, mon cœur !\nc'est un mauvais temps.\nSoprano. Ce chemin étroit est plein d'affliction, je dois marcher vers\nle ciel.\nBasse. La marche vers le suprême bonheur entraîne la joie après la\ndouleur. Patience, patience, mon cœur 1 c'est un mauvais\ntemps.\nBEETHOVEN (Testament d'Reiligenstad) : « Patience! ainsi dit-on; c'est\nelle que je dois maintenant choisir pour guide. Je Fai. »\nSonate op. 2, n° /,\nBeethoven.\nMagnificat.\nBach.\nFinale de la sonate op. 10, n° 2.\nBeethoven.\nCantate n° 10. « Meine Seele erhebt den Herrn. »\nBach,\nSonate pour piano et violon dédiée à Kreutzer.\nBeethoven\nCantate n° 83. « Accours, cœur rempli de joie ! »\nL'adagio de Beethoven et celui de J.-S. Bach, dans le pre-\nmier exemple, expriment bien tous deux le même sentiment .\nune exhortation à la patience. C était en Beethoven res-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.8", "texte": "542\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nsentait les premières atteintes de la surdité. On entend dans\ncet adagio, comme dans celui de Bach, deux voix. Chez Beetho-\nven, l'une est douce et persuasive, l'autre douloureuse et révol-\ntée; puis, vers la fin, la douce voix seule se fait entendre ;\ntrois petites notes piquées, avec un trille léger sur la première,\nindiquent discrètement que le cœur révolté est apaisé ; un\ngroupe de notes caressantes, infiniment douces, sert de con-\nclusion.\nEt on se ressouvient de ce fragment du testament d'Heiligen-\nstadt : « C'est elle (la patience) que je dois choisir pour guide.\nJe T ai. »\nRapprochez le sentiment de cet adagio des paroles chantées\ndans celui de la cantate de Bach :\n« Quelle douleur m'accable !\n« Patience, c'est un mauvais temps ».\nLe finale de la Sonate op. 10, n° 2, et la Cantate n 0 10 sont\ntraversés par le même motif :\n« Meine Seele ! erhebt den Herrn ».\nLe début de l'allégro de la Sonate à Kreutzer, l'exposition\nplutôt, cette phrase qui se pose comme un titre bien arrêté par\nun point d'orgue : « Accours, cœur rempli de joie », dit Bach.\nBeethoven, sans le dire, semble cacher ses mots dans les notes,\nsi semblables à celles de Bach qu'on ne peut les distinguer. Et\nl'allégro part dans la joie.\nQuelle conclusion tirer de là ?\nCes exemples montrent Beethoven se rencontrant avec\nJ.-S. Bach, non seulement dans la façon de poser son sujet,\nd'indiquer par un motif expressif le sentiment qui sera exprimé,\nmais dans les motifs eux-mêmes. Ce n'est plus là une simple\nfaçon de s'exprimer ; ce ne sont plus des ressemblances seule-\nment d'expression comme il s'en rencontre chez la plupart des\nmusiciens ; c'est un système.\nIl serait possible que chez Beethoven la même idée ait germé',\nce qui donne à réfléchir, c'est l'exactitude des motifs de Beetho-\nven qui se rencontrent avec ceux de Bach, ayant même visage,\nmême physionomie. Si cette analogie est l'effet du hasard, c'est\nmerveilleux. Ne vaut-il pas mieux admettre que l'œuvre de\nBach n'était pas inconnue de Beethoven ? et que, mieux qu'un\nautre peut-être, il avait pénétré l'âme de Bach ?\nLes exemples que j'ai donnés ne sont pas les seuls. Je citerai\nentre autres les motifs de Bach qu'on remarque dans l'œuvre la\nplus caractéristique de Beethoven, dans la Symphonie en ut\nmineur, et qui forment par leur signification précise comme\nle plan de l'œuvre.\n★\n* ¥"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.9", "texte": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN\n543\n\nSymphon ut\nPREMIÈRE PARTIE\nLe fameux motif qui ouvre le drame\nne peut être comparé à nul autre. Mais on sent en lui l'influence\ndu thème de terreur de Bach (5e cantate de l'oratorio de Noël :\n« Hérode effraj'é de la venue du Messie »).\nIl se dessinera plus nettement, ce thème de la terreur, après\nles accords hachés, terribles, une vraie lutte de Titans, à la fin\ndu premier allegro :\nLes mêmes in octa.\nEt à travers le scherzo, il retentira comme un cri strident,\ncomme un rauque aboiement de cors :\nBientôt il n'aura plus rien de trop terrifiant, on le sentira qui\nse diminue, qui s'atténue, enfin qui disparaît. La lutte est finie,\nla victoire va éclater définitive et triomphante."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.10", "texte": "544\nLE MERCURE MUSICAL. 15-VI-06\n\nPlus loin se trouvent les accords dont la répétition brutale\nindique encore la terreur, et qu'on rencontre dans la cantate 70\nsous les mots : « Soyez terrifiés, vous malfaiteurs ! ».\nBeethoven.\nBach.\n« Soyez terrifiés, vous malfaiteurs ! »\nDEUXIÈME PARTIE\nDans la première phrase de l'andante, on reconnaît Bach\ndans la Passion selon saint Mat : c'est la démarche de\nl'homme qui porte la croix de Jésus, et que rend si parfaite-\nment l'orchestre dans l'air : « Viens, ô douce croix ! »\nAndante con moto.\nBeethoven,\nPassion selon saint Matthieu,n° 66 andante (Bach) :\n« Viens, ô douce croix ! »\nL'accompagnement dépeint la démarche de l'homme qui\naccepte de porter la croix.\nPuis ce sont les notes qui, dans la mélodie, expriment les\nmots : « trop lourd, trop lourd... » et que Beethoven rend\nainsi :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.11", "texte": "SIMONE\npoème champêtre\nLe Brouillard\n\npar\nREMY DE GOURMONT\nDessins de Georges d'Ęspagnat"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.13", "texte": "Le Brouillard\n\nSIMONE, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles de beauté où les femmes ■\nSont belles comme des arbres et nues comme des âmes ;\nNous irons vers les îles où les hommes sont doux\nComme des lions, avec des cheveux longs et roux.\nViens, le monde incréé attend de notre rêve\nSes lois, ses joies, les dieux qui font fleurir la sève\nEt le vent qui fait luire et bruire les feuilles.\nViens, le monde innocent va sortir d'un cercueil."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.14", "texte": "Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles où il y a des montagnes\nD'où l'on voit l'étendue paisible des campagnes\nAvec des animaux heureux de brouter l'herbe,\nDes bergers qui ressemblent à des saules, et des gerbes\nQu'on monte avec des fourches sur le dos des charrettes.\nIl fait encore soleil et les moutons s'arrêtent\nPrès de l'étable. devant la porte du jardin.\nQui sent la pimprenelle, l'estragon et le thym.\nSimone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard.\nNous irons vers les îles où les pins gris et bleus\nChantent quand le vent d'ouest passe entre leurs cheveux.\nNous écouterons, couchés sous leur ombre odorante,\nLa plainte des esprits que le désir tourmente\nEt qui attendent l'heure où leur chair doit revivre\nViens, l'infini se trouble et rit le monde est ivre :\nNous entendrons peut-être, en rêvant sous les pins,\nDes mots d amour, des mots divins des mots lointains.\nSimone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,\nNous irons comme en barque à travers le brouillard."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.15", "texte": "JEAN-SÉBASTIEN BACH ET BEETHOVEN\n545\n\net qui reviennent constamment comme un gémissement :\nBach, n° 66. Passion selon saint\nTROISIÈME PARTIE\nEnfin, dans l'admirable finale traversé par le scherzo, ce sont\nles quatre notes triomphantes qui chantent le mot resurrexit.\nEt ce resurrexit apparaît victorieux dans le trio sombre, au\nmoment le plus dramatique. C'est Beethoven, victorieux du\nDestin, qui reprend la pleine maîtrise de lui-même. Et ces\nnotes se répéteront en notes simples, en tierces, en accords ;\nc'est bien le chant d'allégresse, le cri de victoire.\nEt ces notes se rencontrent dans le choral de Bach VI, n° 3i,\nillustrant le mot resurrexit.C'est le choral déjà rencontré dans\nun prélude de Bach : « De l'enfer il nous a sauvés ».\nEt tandis que s'ouvre le finale, affirmant le triomphe, on\nvoit ce motif suivi de cette longue suite de notes qui descendent,\nse plient, se courbent.\nC'est le Destin vaincu.\n« Je veux saisir le Destina la gueule, » dit Beethoven.\nEt c'est dans la Passion selon sa que Bach donnera\nencore à Beethoven cette formule :\nBach (Passion :\n« Le Seigneur se prosterne devant son Père. »"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.16", "texte": "546\nI.E MERCURE MUSICAL IÇ-VI-OÔ\n\nEt la fin de Yut mineur est joyeuse, joyeuse ! C'est bien la\nvictoire !\nVous entendez ces motifs de joie lancés à toute volée :\nBeethoven (finale de V Allegro).\nAccords de plus en plus joyeux.\nEt ces petites notes dansantes :\nEt maintenant entendez Bach dans la Cantate n° i 3 :\n« Mais celui qui élève ses regards vers le ciel, »\nApercevra une lumière de joie !\n[A suiv\n\nE. Marchand."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.17", "texte": "LE DICTIONNAIRE\n\n(,)\n« Me voici de nouveau contraint, Messieurs, de provoquer\nune discussion générale sur l'article inscrit à notre dernier ordre\ndu jour. Vous vous souvenez que la lettre B avait amené un\nconflit à propos du mot BERLIOZ, et que l'ensemble de vos lu-\nmières avait été nécessaire pour éclaircir ce point douteux de\nnotre travail. Aujourd'hui, nous nous trouvons dans une im-\npasse plus troublante encore avec la lettre D. Le nom d'un\ncertain compositeur de la fin du xixe siècle vient de soulever\ntoute une série de problèmes historiques d'un si grand intérêt,\nque j'ai cru de mon devoir de vous réunir en séance plénière\npour collationner vos découvertes et en vérifier l'authenticité. Je\ndonne donc la parole aux rapporteurs, et déclare la discussion\nouverte. »\nEt le président se rassit, tandis qu'à grand bruit de papiers\nfroissés, les membres de la Commission du Dictionnaire se hâ-\ntaient d'extraire de leurs serviettes les volumineux dossiers des\npièces justificatives.\nLe premier rapporteur ayant classé méthodiquement ses\nnotes, se leva et attendit que le silence régnât dans l'assemblée.\nC'était un homme robuste et haut en couleur qui s'exprimait\navec une solennité tranquille et soutenait d'un bras musclé ses\npériodes majestueuses : « Je vous rappelle, mes chers collègues,\ncommença-t-il, que nos recherches habituelles de biographie,\nbibliographie et iconographie tendaient aujourd'hui à exhu-\nmer un nommé DINDY (Vincent), ou,— pour respecter la naïve\northographe nobiliaire de nos aïeux, —D'INDY, compositeur\nde musique qui vécu vers la fin du xixe siècle et le commence-\nment du xxe. Vous remarquerez, Messieurs, que ce nom, pas\nplus que celui de Berlioz, n'a su résister à l'épreuve du temps,\net que, coïncidence singulière, —ce sont précisément ces\npersonnalités indécises que nous trouvons à la tête d'impor-\n\n(i) Voir le numéro du icrmars 1906. Nous croyons à peine utile de\nrappeler que la liberté des opinions est absolue au Mercure musicàl, et que\nl'un des directeurs de cette revue est élève de Vincent d'lndy (N. d. 1. R.)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.18", "texte": "548\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-O6\n\ntantes écoles d'art et de curieuses évolutions artistiques du\npassé ! Des livres et journaux de l'époque, il résulte clairement\nque ce d'lndy occupa dans l'esprit de ses contemporains une\nplace, sinon prépondérante, du moins nettement significative.\nDe lui personnellement, nous savons peu de choses intéres-\nsantes. Homme de condition élevée, il paraît avoir mené la vie\nd'un riche amateur, écrivant peu, voyageant au long cours ou\nse terrant dans une seigneuriale demeure de province. En 1900\nla socialisation du capital et le communisme étaient encore à\nl'état de rêves lointains, et l'on trouvait des exemples suffisam-\nment nombreux de ces existences oisives et privilégiées pour\nque nul ne songeât à s'étonner de ces distinctions de caste et de\nnaissance quinous apparaissent aujourd hui si prodigieusement\ncomiques. Bien plus, une sorte de considération déférente\nsemble avoir accompagné dans toute sa facile carrière le gen-\ntilhomme-musicien. Dans l'absurde conception de l'état social\nqui régnait alors, on était sans doute confusément reconnaissant\nà cet aristocrate de ne pas se servir de ses capitaux pour op-\nprimer ses semblables, et on lui savait gré d'occuper ses loisirs\ndorés à un passe-temps aussi inoffensif que le pacifique jeu de\nla double croche ! On rapporte, d'ailleurs, qu'il était avenant\net d'un commerce aimable, et qu'on ne le pouvait fréquenter\nsans agrément. Mais, encore une fois, c'est moins sa personna-\nlité qui compte en ce débat que le curieux résultat de ses efforts.\nNon seulement son apport musical est de peu d'importance,\nmais ce ne sont guère que ses premières compositions qui\nnous peuvent révéler chez lui une organisation artistique. J'ai\nretrouvé, signée de son nom, une « Symphonie sur un thème\nmontagnard », qui dut vraiment être, à l'époque, une chose\nagréable à l'oreille. Les autres œuvres que j'ai pu réunir sont\nloin de présenter le même intérêt. Nous avons la preuve qu'il\ns'essaya dans l'art du théâtre, mais, de l'aveu même de ses amis,\nil le fit avec une telle inexpérience qu'il ne connut guère que\ndes échecs. Pour ma part je confesse n'avoir rien compris\naux recherches symboliques et mystiques de ces essais lyriques.\nMais si la production de ce compositeur ne nous saurait plus\ncaptiver, sa psychologie est prodigieusement attachante. Nous\nretrouvons en lui un de ces types ancestraux dont on nous a\nconté souvent les prouesses étonnantes et dont les vertus dé-\nsuètes nous apparaissent si étrangement lointaines. Car nous\navons quelque peine à pénétrer l'âme de ces aïeux si différents\nde nous, et il nous semble marcher en pleine légende, alors que\nnous foulons les routes authentiques du passé ! Ce d'lndy fut\nce qu'on appelait autrefois, non sans quelque prétention, un\nprofesseur d'énergie. Vers le milieu de sa carrière, il se mit en"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.19", "texte": "LE DICTIONNAIRE\n549\n\ntête de créer une école dont il serait le chef. Sous le titre un\npeu imprévu d'Ecole des Chanteurs,il ouvrit des cours de mu-\nsique dans un quartier reculé de Paris et y établit comme pro-\nfesseurs quelques artistes de bonne volonté. L'idée en soi\nn'avait rien que de très louable, et la création d'un institut ar-\ntistique de plus ne pouvait être que favorablement accueillie.\nMais la nouvelle maison ne tarda pas à trahir son apparente\ndestination. Au lieu de fournir simplement aux jeunes gens le\nmoyen de puiser librement dans les trésors de la science et de\nl'histoire, elle semble avoir été entre les mains de son chef un\ninstrument de pédagogie systématique, une sorte de champ\nd'expérience où cet homme volontaire éprouva la valeur de ses\ndogmes et de ses rigoureuses formules d'art. Autour des nou-\nveaux disciples il éleva de hautes barrières et leur dit : « Vous\nêtes mes fils bien-aimés en qui j'ai mis toutes mes complai-\nsances :je veux vous créer à mon image, et l'univers vous ap-\npartiendra. C'est dans mon jardin que se trouve l'arbre de la\nscience du Bien et du Mal. Quand vous aurez goûté de son fruit,\nvous serez semblables à des dieux. Ne vous mêlez pas à la foule\nqui vous environne, car elle se nourrit d'erreurs et vous ne trou-\nverez qu'ici le divin aliment de la Vérité. »\nEt avec l'ascendant qu'exercent toujours les caractères bien\ntrempés, cet inflexible capitaine persuada vite ses jeunes cons-\ncrits que les maisons d'enseignement officielles étaient des\nfoyers d'hérésie et d'imbécillité, et que\nchangerait la face du monde. Les timides, les amateurs, les fils\nde famille et les jeunes gens refusés aux examens d'entrée du\nConservatoire accoururent se ranger autour de lui.\nDès leur arrivée on leur apprit à honorer d'un culte éclatant\nquelques vieuxmaîtres inattaquables, et ils finirent par s'imagi-\nner qu'ils jouissaient là d'un privilège absolument exclusif. Le\nprestige du monopole, éternelle faiblesse de l'àme française,\nservit merveilleusement les desseins du directeur psychologue.\nLes écrits du temps nous apprennent que l'on ne pouvait ap-\nplaudir dans Paris une œuvre de Bach, de Rameau ou de Cé-\nsar Franck sans être immédiatement convaincu d'avoir écouté\nà la porte de Y Ecole des Chanteurs.Je n'ai pas besoin de vous\nrappeler, Messieurs, que Franck, Rameau et Bach étaient con-\nnus et honorés bien avant la fondation de l'institut dont il\ns'agit ; mais rien ne prévalait contre l'intransigeance d'une\njeunesse impétueuse, toute fière de ses illusoires conquêtes\net tout infatuée de trompeuses victoires 1\nL'heureux gentilhomme eut, par surcroît, la chance de ren-\ncontrer l'appui— alors assez efficace —de la presse. Il eut àsa\ndévotion plusieurs revues de musique qui l'encensèrent avec dis-"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.20", "texte": "550\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-05\n\ncipline et méthode et qui écartèrent impitoyablement tous ses\ncontradicteurs.il semble avoir attaché particulièrement à sa for-\ntune trois critiques des grands journaux quotidiens, appartenant,\nle premierà la noblesse, l'autre àla bourgeoisie et le troisième à\nla basse populace, grâce à quoi il pouvait régner sur l'opinion\npublique tout entière. L'un, baron sans doute ou chevalier, ré-\npondait au nom pompeux de Gaulthier de Villars, le second, an-\ncien militaire, était le fils du compositeur Lalo, et le dernier,\nchose curieuse, était une simple femme du peuple, employée\nsubalterne dans un théâtre, qui, chaque semaine, avec un ba-\ngout familier et plaisant, consignait des impressions d'art que\nle public lisait avec sympathie. Malgré toutes mes recherches,\nje n'ai pu découvrir aucun renseignement biographique sur\ncette pauvre femme qui eut une si étrange carrière et ne passa\nàla postérité que sous la livrée de son humble métier : l'Ou-\nvreuse ! Ces trois affidés exaltèrent l'œuvre du nouveau venu,\nchacun selon ses moyens : le chevalier Gaulthier avec morgue et\nassurance, le fils Lalo avec respectabilité et componction, et la\nbonne femme avec toute sa verve populacière. Tous trois y\napportèrent le même enthousiasme têtu, violent et irréductible.\nIls furent à 1 'Ecole des Chanteurs d'un puissant secours. La\nchaîne ininterrompue de leurs articles enflammés encercla Paris :\nle titre d'élève de cette école devint synonyme de désintéresse-\nment, de noblesse, de science et de conscience et, par une con-\nséquence inattendue, les nourrissons et les nourrices des Con-\nservatoires furent bientôt suspects d'ignorance, de vénalité, de\ncupidité et de bassesse. Une secte était née. Elle florissait :\nHussites de la clefdesol, Jansénistes delà quinte augmentée,\nses adeptes envahissaient déjà la province. Leur triomphe était\ncertain.\nC'est alors qu'enivré de son succès, le professeur d'énergie\nvoulut le couronner inoubliablement. Pas de religion nouvelle\nsans miracles : il aurait le sien. Le désintéressement, la\nnoblesse, la science et la conscience sont des vertus estimables,\nmais elles ne valent pas, en musique, le simple talent... et,\nd'après le peu qui nous en reste, il nous faut bien croire que\nles talents n'abondaient pas dans la maison. Le Maître résolut\nd'en créer. Pour cela il eut la coquetterie de se servir des na-\ntures les moins musicales de ses classes et les dressa à la com-\nposition ! L'entreprise était paradoxale, voici pourtant com-\nment il parvint à la mener à bien. Il commença d'abord par\njeter le discrédit sur les études harmoniques qui présentaient\npour son expérience l'inconvénient capital de mettre en jeu des\nfacultés sensorielles et innées. Puis il choisit un système d'é-\ncriture mécanique, une arithmétique sonore automatique qui"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.21", "texte": "LE DICTIONNAIRE\n551\n\nréduisit les jeux divins de l'inspiration à une patiente partie\nd'échecs. Sous prétexte d'honorer la technique des primitifs, il\ndécréta la pratique du contrepoint à outrance et, au nom de Bach,\nfit tresser à ses ouailles de longues et cruelles guirlandes de\nnotes ennemies. Le pavillon classique couvrait la détestable\nmarchandise ! Et ainsi se réalisa le plan de l'homme volontaire :\naprès quelques mois d'entraînement, les élèves les plus réfrac-\ntaires à toute sensation musicale écrivaient, comme en se\njouant, des quatuors, des trios, des sonates et des symphonies.\nParis en fut promptement inondé : on en vantait à haute voix\nla forme savante, les joints perfectionnés, l'articulation démon-\ntable et l'architecture brevetée. Le miracle était accompli.\nL'énergique gentilhomme venait de donner à l'univers une\nmagistrale leçon de volonté et pouvait s'enorgueillir d'un résul-\ntat prodigieux : du néant il avait tiré des forces vives, de jeunes\ngens que rien ne prédisposait à une carrière artistique il avait\nfait des compositeurs, d'un troupeau d'amateurs il avait obtenu\nun bataillon discipliné d'ardents prosélytes prêts à vaincre ou\nà mourir, et, chantant un triomphal l'orga-\nnisateur de la victoire pouvait répéter à ses élèves la parole\nhautaine de 'Wagner : « Et maintenant, Messieurs, vous avez\nun Art ! »\nAlors pour l'Ecole des Chanteurs sonna l'heure de l'apogée.\nSous prétexte de cultiver le noble sentiment de la camaraderie,\nses adhérents s'unirent les uns aux autres avec la solidarité\nétroite qui liait autrefois les «compagnons» de sociétés secrètes.\nIls se poussèrent mutuellement, organisèrent ensemble les acca-\nparements et les obstructions, se coulèrent dans les comités,\nles commissions et les jurys où ils firent sentir le poids de leur\npuissante organisation. On rapporte que leur discipline était\nsi parfaite qu'ils arrivaient toujours à faire prévaloir leurs déci-\nsions même lorsqu'ils constituaient une minorité. J'ai retrouvé\nune série de procès-verbaux d'une vieille société de concerts\nnommée « La Société Nationale », qui donnait à Paris des\nséances régulières de musique nouvelle depuis l'année 1871.\nQuelques-uns de nos carbonari musicaux s'y étant glissés, la\nsociété devint en peu de temps un fief de l'Ecole des Chanteurs,,\net mes documents me prouvent qu'au mépris des statuts les\ndignitaires de l'Ecole y tranchaient seuls, en toute tranquillité,\nles questions qui auraient dû relever du comité. J'ai trouvé\ntrace également d'une certaine société d'édition fondée par eux\nsur des bases très curieuses. Il serait trop long de vous en expo-\nser le fonctionnement : qu'il vous suffise de savoir, pour recon-\nnaître l'esprit de la maison, qu'elle se nommait Edition\n« mutuelle » et qu'elle était très fermée et réservée avec un"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.22", "texte": "552\nLE MERCURE MUSICAL 15-Vl-06\n\négoïsme étroit aux seuls pensionnaires de l'institution : car\nle paradoxe n'était pas pour déplaire à ces conquérants !\nConcerts et édition habilement accaparés servirent ainsi éga-\nlement leurs desseins. Joignez à ces succès une action provin-\nciale de plus en plus étendue et florissante, et vous aurez une\nidée des extraordinaires résultats obtenus par le professeur\nd'énergie, figure hautaine qu'il était intéressant de faire revivre\nà vos yeux dans son cadre oublié, dans cette période d'indivi-\ndualisme exaspéré qui permettait à un être isolé de créer de\ntoutes pièces des mouvements, des idées, des castes et des\nétats dans l'Etat sans soulever de protestations. Là d'ailleurs\nse termine mon rôle. Les dossiers réunis sur le nom de d'lndy\nne nous apprennent rien de plus. Cette création d'un milieu\nmusical artificiel, ce tour de force incroyable d'avoir tiré du néant\net fait prospérer un groupe de « compositeurs par persuasion »,\ncette magnifique mise en œuvre d'un système conçu à priori\nsont les seules choses qui doivent arracher son nom à l'oubli.\nJe n'ai pas besoin d'ajouter que cette organisation reposant\nsur l'énergie d'un seul homme portait en elle les éléments de\ncaducitédes créations trop individualistes. Le dictateur disparu,\nla dictature s'écroula. Après la mort de d'lndy, fusillé pendant\nles massacres de la grande révolution de 1913, l'Ecole des\nChanteurs périclita et sombra rapidement. Elle était devenue\nun conservatoire privé, opulent et redoutable : elle en avait les\ntares et les dangereuses prérogatives. Elle ne pouvait survivre\nlongtemps à son créateur.\nTelle est, Messieurs, l'œuvre de cet ancêtre farouche dont\nl'indomptable volonté fit des miracles. Nos mœurs se sont\nadoucies, l'instinct de la domination recule chaque jour da-\nvantage dans le passé, nous ne comprenons pas plus ce goût\neffréné du pouvoir que cette docilité à accepter les jougs et les\nasservissements. Pourtant, quelque inconcevables que nous\napparaissent de tels hommes, nous ne pouvons nous dispenser\nde saluer avec respect ces derniers représentants d'une huma-\nnité encore mal dégrossie, mais dont les gestes rudes et auto-\nritaires n'étaient pas dépourvus de grandeur. C'est àce titre\nque je vous propose d'ouvrir à d'iNDY (Vincent, ißsi-igi3) les\npages de notre encyclopédie et de lui réserver une place à part\nau milieu de nos candidats à l'immortalité ! »\nEt, satisfait de lui-même, le rapporteur se rassit pendant\nqu'un murmure d'étonnement courait dans l'assemblée. Un\npetit homme chafouin prit alors la parole. Sa voix pointue\ntraversa la vaste salle pendant que le silence se rétablissait\naussitôt, l'orateur étant connu pour l'ingéniosité et l'imprévu\nde ses hypothèses historiques."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.23", "texte": "«Il convient, dit-il, de rendre hommage à la documentation\nprécise de notre collègue. Tout ce qu'il vous a exposé est ri-\ngoureusement exact, et c'est bien ainsi que se déroula l'étrange\naventure de l'Ecole des Chanteurs. Mais je ne suis pas entiè-\nrement satisfait des mobiles qu'il attribue à toute cette formi-\ndable et minutieuse activité. Pour la musique tous ces efforts,\ntoute cette organisation savante, toute cette admirable adminis-\ntration ? A d'autres ! Permettez-moi de n'en rien croire.\nN'oublions pas que cette Ecole fonctionna au moment de la\nloi sur les Congrégations religieuses et de la Séparation de\nl'Eglise et de l'Etat 1 Tout s'éclaire si l'on envisage sous cet\nangle les travaux et les menées de cette compagnie. Mon avis\nest que les « dindistes » étaient tout simplement une congréga-\ntion non autorisée comme les « maristes » ou les « lazaristes »\net cachaient sous une étiquette musicale leur véritable identité.\nLe contrepoint était pour eux ce que les liqueurs ou le chocolat\nétaient dans certaines trappes ou chartreuses. Tout nous le\nprouve : leurs attaches religieuses indiscutables, la piété de\nleur fondateur, bien invraisemblable chez un prétendu artiste sé-\nculier de 1900, le nom de leur école qui ne fut jamais prononcé\nen français et se perpétua dans la langue rituelle du clergé\n(ScholaCantorum, disait-on sans sourire en plein xxe siècle !),\nleurs recherches des traditions du plain-chant et leur collabo-\nration avec certains bénédictins et dominicains connus, l'exis-\ntence d'une sorte de noviciat à proximité de l'Ecole, maison\npieuse, dirigée par des ecclésiastiques et hébergeant les jeunes\ngens désirant appartenir à l'association, la personnalité mys-\ntérieuse d'un des lieutenants du fondateur qui, tout en portant\nle costume civil, se laissait appeler « Marcel l'Abbé » ou même,\nsignificativement « l'Abbé », les manifestations politiques col-\nlectives des prétendus élèves de musique en certaines circons-\ntances historiques, les rapports de la maison mère et des suc-\ncursales de province..., etc., etc. Tout, vous dis-je, démontreque\nnous avons affaire à un ordre religieux dissimulé et non à une\ninstitution artistique. Ecartons donc de nos travaux cette véné-\nrable compagnie et continuons à rechercher des noms d'au-\nthentiques musiciens î »\nUne partie de l'assemblée approuva bruyamment cette décla-\nration inattendue, mais un peu d'incrédulité se manifesta dans\nquelques groupes. Pendant plusieurs minutes on n'entendit\nque le brouhaha des discussions particulières. Enfin un philo-\nsophe respecté prit la parole et s'exprima en ces termes :\n« Je prétends vous soumettre, mes chers collègues, une troi-\nsième interprétation de ce curieux point d'histoire. A la vérité,\nelle emprunte aux deux hypothèses déjà proposées plusieurs de\n\nLE MERCURE MUSICAL.\nLE DICTIONNAIRE\n553\n36"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.24", "texte": "554\nLE MERCURE MUSICAL 15-Vi-06\n\nleurs arguments, mais elle a le mérite de les concilier dans une\nheureuse mesure. Je crois fermement que ce d'lndy et ses élèves\ns'occupèrent sérieusement de musique, mais j'estime que leur\neffort est intimement lié aux dernières convulsions de l'idée\nreligieuse au xxe siècle. Vous savez combien profondément la\nreligion catholique avait pénétré l'âme de nos aïeux et quelles\nracines elle avait jetées dans la terre française. A l'époque de la\nSchola Cantorum, ces racines n'étaient pas encore entièrement\nflétries, et des bourgeons d'arrière-saison pointaient au ras du\nsol. L'idéal d'art du fondateur de la Schola étant nettement\ncatholique, c'est instinctivement et non systématiquement qu'il\ndirigea ses élèves dans la voie que l'on vous a indiquée. C'était\nl'époque où le « sensualisme », le « matérialisme » musical com-\nmençait à s'avouer. Un goût littéraire du paganisme et de la\nvolupté s'insinuait dans l'art : Fauré en baignait ses lieder et\nDebussy en imprégnait son théâtre. C'était l'heure où les sens,\ntrop longtemps méprisés par discipline religieuse, prenaient\nconscience de leur valeur et de leur noblesse ; on commençait à\ncomprendre quels puissants leviers et quelles bienfaisantes\nénergies dormaient au cœur des hommes sous le nom trompeur\nde vices et péchés capitaux : on cessait d'appeler « orgueil »la\nconscience de sa force, « gourmandise » le culte des sensations\nexquises, « paresse » la faculté du rêve et « luxure » le goût\ndes divertissements fondamentaux ! Toute la musique s'orien-\ntait vers les caresses, les effleurements, les douces résonances\net les bons frissons. C'était le triomphe de l'harmonie, des\naccords savoureux, des enchaînements fondants et des succu-\nlentes successions. L'écriture harmonique était le langage natu-\nrel des musiciens sensuels. Vous comprenez dès lors qu'un\npédagogue religieux comme ce d'lndy, élevé à l'école de Franck\nqui était lui-même une manière de saint, devait chercher d'ins-\ntinct un moyen de protester contre ce mouvement abominable.\nCe fut donc très logiquement qu'il fut amené à choisir comme\nmoyen d'expression une forme austère et purement intellec-\ntuelle comme le contrepoint et ses décentes fantaisies. C'est, à\nmon avis, la seule manière d'expliquer l'orientation de son\nécole si représentative : la Schola Cantorum fut l'épisode\nsuprême de la lutte de l'idéalisme contre le matérialisme. La\nbataille avait été livrée sur tous les autres terrains de la pensée\nhumaine : l'idéalisme succomba partout. Le terrain musical\nfut l'un des derniers où put s'effectuer l'émouvante rencontre :\nvous en connaissez le résultat. Je vous propose donc de saluer\nen ce d'lndy le dernier vaincu de l'ldéalisme ! Ace titre il doit\nprendre place dans le Dictionnaire, car nous devons impérieu-\nsement cet hommage au courage malheureux ! Les dernières"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.25", "texte": "LE DICTIONNAIRE\n555\n\nvolontés des mourants sont sacrées : l'art de la naquit du\ndernier spasme de la religion expirante, je vous propose de\nnous découvrir devant ce cadavre ! »\nDes applaudissements éclatèrent : on décida à mains levées\nd'adopter l'avis du philosophe et de lui confier la rédaction de\nl'article litigieux, puis la séance fut levée.\n\nEmile Vuillermoz."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.26", "texte": "LA MUSIQUE\nET LES MUSICIENS D'ÈGLISE\nEN NORMANDIE AU XIIIe SIÈCLE\nD'APRÈS LE « JOURNAL DES VISITES PASTORALES »\nd'Odon Rigaud.\n\n(0\n20 Littérature et art extra-liturgi —Il faut mainte-\nnant rechercher quels étaient dans les monastères normands,\nau temps d'Odon Rigaud, les éléments de ces fêtes joyeuses.\nA la Trinité de Caen, les religieuses récitent des épîtres\nfarcies, le jour des saints Innocents; à Villarceaux, quand le\nprélat a interdit les danses, les moniales se contentent, ce\njour-là, de chanter des cantilènes. A Saint-Amand de Rouen,\nles proses de l'office sont un ragoût bien ordinaire à côté des\npièces farcies, des conduits et des motets qu'on entendait à la\nSaint-Jean, à la Saint-Etienne comme à la fête des Inno-\ncents, dans le cloître de Montivilliers. Enfin, le passage relatif\nau clergé de Gournay nous fait regretter de n'avoir point vécu\nquelques siècles plus tôt, pour en être témoin, car ces graves\nchapelains dansant sur la voie publique, faciendo LE VIRELI,\ndurent être une des plus folles visions qui aient jamais pu\nhanter l'imagination d'un Rabelais.\nLes proses qu'on entendait dans les monastères bénédictins\nde la Normandie étaient certainement la manifestation la plus\nsaine et la plus conforme aux règles liturgiques. On sait que\nl'Église avait admis de très bonne heure ces compositions poé-\ntiques adaptées sur les vocalises, ou qui\nétaient comme le cortège ou la queue de Et de fait\nil eût été bien surprenant de ne point rencontrer dans le\ndiocèse même, qu'une tradition communément acceptée désigne\ncomme ayant été leur berceau (2), quelqu'une de ces séquences\n\n(1) Suite. Voir les numéros 8, 10 et n.\n(2) NOTKER, Prologus, en tête de son Liber sequentiarum, Migne, P. L\nt. GXXXI, col. ioo3."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.27", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n557\n\nou de ces proses au jour des saints Innocents. S'il est vrai que\nles premières séquences aient été composées au monastère de\nJumièges, où les moines vivaient sous la règle de saint Benoît,\nil est bien vraisemblable que les compositions que nous ren-\ncontrerons au treizième siècle dans les graduels-prosaires pro-\nvenant des monastères bénédictins de Normandie appar-\ntiendront à cette antique période de production. Veut-on un\nexemple de prose chantée en ce jour ? Nous le trouverons\ndans un manuscrit de ce même temps (i).\n\n(i) Paris, Bibl. Nat., lat. 904, fol. 23. Provenant de la cathédrale de\nRouen, dont il donne tous les usages liturgiques. Ajoutons qu'on prépare à\nRouen même une reproduction phototypique de ce précieux graduel.\nOn notera que cette mélodie a été reprise par Notker dans la prose\nSancti Spiritus.Nous considérons ce fait comme une preuve de plus en\nfaveur du récit de Notker et de la thèse traditionnelle sur l'origine nor-\nmande des proses."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.28", "texte": "558\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-OÔ\n\n(i) Ms. : Et.\n(a) Ms. : pion im.Cette correction du texte a permis le remaniement delà\nmélodie dans la seconde clausule sur le type de la première."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.29", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n559\n\nDéjà les épîtres farcies ne tiennent plus à la liturgie que par\nun lien si fragile, par des attaches si incertaines, qu'à diverses\nreprises l'Église en a proscrit l'emploi. Nous avons dit par ail-\nleurs comment ces pièces se chantaient (i ). Rappelons seulement\nqu'un clerc, le sous-diacre sans doute, se réservait le texte même\nde VÉpître,tandis que deux ou trois enfants de chœur lui ré-\npondaient après chaque phrase ou chaque membre de phrase\nen chantant la farciture, c'est-à-dire l'explication en latin ou\nen langue vulgaire. Odon Rigaud ne nous dit point si les épî-\ntres qu'il interdit aux moniales de Caen étaient farcies en latin\nou en roman. Pourtant nous inclinons à penser que la para-\nphrase devait être en roman, car d'une manière générale les in-\nterdictions ecclésiastiques visaient surtout les farcitures en lan-\ngue vulgaire. En effet, les tropes latins du Kyrie,, du\nduSanctus, de AgnusDei, étaient d'un usage presque universel\ndans l'Église, tandis qu'à diverses reprises les compositions\nqui n'étaient point écrites dans la langue liturgique furent\nbannies du sanctuaire. Mais voici une autre raison de croire que\nles épîtres chantées à la Trinité de Caen étaient farcies en langue\n\n(i) Tribune de Saint-Gervais, années 1897 et 1898."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.30", "texte": "560\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-O6\n\nvulgaire : c'est qu'il semble bien que l'idée première de ces\ncompositions, où le français s'entremêle à la langue liturgique,\nait été de mettre le texte sacré à la portée de religieuses qui ne\nsavaient point le latin. Nous n'avons pu trouver d'épître farcie\nen roman dans les manuscrits provenant du diocèse de Rouen.\nMais il en est une pour la fête des Innocents dans un manus-\ncrit de l'Église d'Amiens, aujourd'hui à la bibliothèque de cette\nville. Lebeuf, qui l'a connue et citée (1), date cette pièce des\nenvirons de l'année i 250.\nIN DIE SANCTORUM INNOCENCIUM EPISTOLA\n\n(I) LEBEUF (Abbé), Traité historique\np. 129. Paris, 1741."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.31", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n561"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.32", "texte": "562\nLE MERCURE MUSICAL I 5-VI-O6\n\n(1) La signification de ce mot est inconnue. Godefroy en cite un autre exemple :\n« Sachiés que li rois Heraus fu desconfis en cele bataille ; si ne sot on que il\ndevint, se par diaines non», dans YHistoire des ducs de Normandie et des rois d'An-\ngleterre, p. 64, publiée par Fr. Michel, 1840, in-8 (Soc. de l'Hist. de France)."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.33", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n563\n\n(i) Ms. virginté."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.34", "texte": "564\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\n(i) M s. deglaver."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.35", "texte": "fIiUSiQUE D ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n565\n\nLe diocèse de Rouen n'est pas si loin d'Amiens que nous ne\npuissions conclure de ce qui se passait ici à ce qui se passait\nlà. En lisant cette curieuse Épître d saints Innocents, il nous\nsemble entendre derrière la grille du chœur les voix fraîches\ndes religieuses, qui, chantant pour un jour dans leur langue\nmaternelle, dans le parler familier de leurs jeunes souvenirs,\nretrouvent l'accent d'une foi plus simple en leurs cœurs plus\ncharmés. Il y a donc dans le hoc inhibuimus de l'archevêque"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.36", "texte": "566\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-OÔ\n\nquelque excessive sévérité, surtout qu'en d'autres lieux le prélat\nne devait point, comme on va le voir, manquer de motifs graves\npour exercer ses rigueurs. En ce qui concerne les épîtres farcies\nde latin, la liturgie rouennaise en a chanté plusieurs, et, à titre\ndocumentaire au moins, il nous semble intéressant de donner\nici l'Épître farcie de cette même fête des saints Innocents d'après\nle même manuscrit, auquel nous sommes également redevables\nde la prose de ce jour. Il y aura lieu de comparer ces deux do-\ncuments."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.37", "texte": "MUSIQUE D'ÉGLISE AU XIIIe SIÈCLE\n5Ô7"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.38", "texte": "568\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nComme on le peut voir, la paraphrase du texte sacré se termi-\nnant sur le mot Dicentes enchaîne la lecture de l'Apocalypse au\nravissant graduel des saints Innocents :\neJ. Anima nostra sicut passer erept\n112. Laqueus contritus est et no :\nnostrum in nomine Domini, quifecit\nSuit immédiatement Valléluia et son verset, puis vient laprose\nCelsa puerique nous avons donnée plus haut et qui a, on apu le\nremarquer, inspiré la farciture de l'épître. Celle-ci d'ailleurs\nest fort médiocre, et l'avantage demeure sans conteste à la vieille\nlangue romane: nous ne saurions nous étonner que les monia-\nles l'aient préférée.\n{A suivre.)\n\nPierre Aubry."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.39", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n\nCONCERTS\nSociété des grandes auditions musicales : Le Songe de Gérontius, oratorio d'EcLw\"ârd. Elçjar, sur\nun poème du Cardinal Newman.\nAprès deux siècles de stérilité, l'Angleterre renaît à la vie musicale, et,\npour la première fois, on voit paraître sur nos programmes de concerts\ndes noms a desinences anglo-saxonnes, qui sont des noms de compositeurs\nmodernes. Le plus connu, le plus estimé en son pays, est sir Edward Elgar,\ndont nous entendions, l'annéepassée, des Variations sur un thème original\naux Concerts Chevillard, et dont la Société des grandes Auditions musi-\ncales vient de nous faire connaître l'œuvre maîtresse : le\nLes Variations avaient paru correctement, et même assez habilement\nécrites, ce qui certes est un mérite pour un auteur qui s'est instruit lui-\nmême, qui est, comme aiment à le répéter ses admirateurs, un « autodi-\ndacte ». Mais le métier n'est pas l'art, il n'en est que la condition première ;\npeu m'importe, en réalité, que sir Elgar ait ou n'ait pas suivi les cours dû\nConservatoire ; puisqu'il écrit delà musique, il faut bien qu'il sache écrire.\nMais ce que je lui demande, c'est de m'intéresser. Les Variations ne m'a-\nvaient pas intéressé : le thème n'a d'original que le nom, et des diverses\ntransformations qu'il subit (et qui évoquent, dit-on, le caractère des diffé-\nrents amis de l'auteur), aucune n'arrive à masquer son incurable banalité\ncar elles sont ternes, grises et indifférentes comme lui. Avec cela, beau-\ncoup d'honnêteté, de sincérité, de tenue, d'honorabilité : rien ne ressemble\nplus à l'œuvre d'un bon élève, ou d'un bon fonctionnaire, que la musique\nde cet indépendant.\nOn retrouve, hélas ! dans l'oratorio ce caractère administratif. Le poème\nassez diffus du Cardinal Newman nous fait assister d'abord à l'agonie de\nGérontius, puis au voyage de son âme, entre l'Enfer et le Paradis, jusqu'au\nseuil du Tribunal céleste, sous la conduite de son Ange gardien. Sujet\n\nLE MERCURE MUSICAL\n3?"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.40", "texte": "570\nLE MERCURE MUSICAL I^-VI-OÔ\n\nmystique s'il en fut, qui fait songer à Schumann 011 à Franck, et que sir\nEdward Elgar a traité avec une application soutenue, une correction\nrigoureuse, une foi raisonnable et une sincère affectation de piété qui sont\ntout ce qu'on peut imaginer de plus intéressant, comme manifestation du\ncaractère anglais moyen. Musique de dimanche, et de dimanche à Lon-\ndres ; musique en redingote et en haut de forme, grave et digne, sûre\nd'elle-même, sans inquiétude, sans trouble, sans élan, sans personnalité,\nforte de ses conventions bien établies, fière de sa moralité tranquille,\nignorante avec candeur de tout ce qui est l'instinct, l'émotion, la passion,\nla joie libre, la douleur vraie, l'amour humain ou divin : la vie. Mendels-\nsohn règne en maître sur cette musique de prêche, de discipline et de com-\nmande, souligné, de ci de-là, par quelques chromatismes wagnériens. Et\nGounod n'est pas loin de certaines mélodies. Quant à sir Elgar, il n'est\nque le metteur en oeuvre impersonnel, le scrupuleux fonctionnaire chargé\npar les circonstances d'organiser un pieux divertissement. Qu'il s'agisse\nde damnés ou d'élus, de l'âme de Gerontius agonisant ou de cette même\nâme délivrée de ses liens terrestres, c'est toujours et partout même élé-\ngance froide et sans couleur, même perfection de banalité correcte, mêmes\nchants pareils à des cantiques, même orchestre où l'on retrouve, jusqu'à\n*la voix céleste, toutes les sonorités de l'harmonium. Le tout fort honnête\nd'ailleurs, sans nulle vulgarité, et d'une sincérité qui touche à l'inno-\ncence. Mais si cette œuvre atteste la renaissance, en Angleterre, du goût\nde la musique, elle ne fait pas encore espérer un génie : car on n'y\npeut relever la moindre trace d'un sentiment personnel, et la seule mélodie\nqui possède du charme, à savoir VAlléluia de l'ange, est empruntée au\nchant grégorien [Kyrie Orbis factor). M. Chevillard nous a donné une exé-\ncution très précise et vigoureuse, M. Plamondon a été sucré à souhait,\nMlle Groizat agréable, et M. Frôhlich a vociféré avec autant de force et de\ngoût qu'un soufflet de forge.\nLouis LALOY.\nConcert Mel-Bonis-Ravel. Concerts Jacques Thibaud.\nElève de César Franck et de Guiraud, Mme Mel-Bonis est une des très\nrares femmes dont les œuvres peuvent être comparées à celles de nos meil-\nleurs musiciens. Son mérite est d'autant plus grand qu'elle a choisi dans la\nmusique la partie la plus abstraite, la plus sévère et la moins faite pour lui\nassurer la consécration que donne le grand public à l'auteur de quelque\nAnneau d'argent bien pommadé.\nSon œuvre comporte presque exclusivement de la musique de chambre.\nAprès une sonate pour piano et violoncelle, une sonatine pour piano et\nflûte, elle vient de donner un quatuor pour piano et cordes et des variations\npour deux pianos.\nCes deux dernières œuvres, qui attestent la pleine maturité du talent de\nMme Mel-Bonis, auraient mérité le cadre plus large et la publicité p!us\ngrande des concerts de la Nationale. Le quatuor, écrit avec une simplicité\npleiue de charme à une époque où les dissonances s'accumulent à plai-\nsir, comporte d'ingénieux développements contrapontiques toujours mu-\nsicaux. L'adagio surtout est d'un charme très féminin, mais non efféminé.\nLe seul reproche que je pourrais faire à cette œuvre est une certaine mai-\ngreur de sonorités dans les parties confiées aux cordes. Les\npour deux pianos,au contraire, sonnent avec une belle ampleur. Ecrites\npour des instruments dont l'auteur connaît à merveille toutes les res-\nsources, elles offrent un intérêt musical dans chacun de leurs développe-\nments et représentent un effort artistique en même temps qu'une virtuosité"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.41", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n571\n\nde métier qu'on ne rencontre que rarement. Les trois pièces pour piano,\nPavane, Barcarolle et Sarabande,d'une note à dessein plus moderne, exige-\nraient une nouvelle audition.\nMme Mel-Bonis, au concert où elle fit exécuter ces différentes oeuvres, et\ndont elle avait assumé toutes les charges, tint, et ce fut ce qu'il y eut de\nplus féminin, à associer à son succès trois jeunes, MM. Ravel, Ernest\nBloch et D. de Séverac. De Ravel, Ricardo Viîles joua les prestigieux\nMiroirs qui viennent de paraître chez l'éditeur Demets, comme lui seul\nsait et peut le faire. Notre ami J. Marnold vous a déjà dit, lors de leur\napparition à la Nationale, toute l'intense poésie de ces cinq pièces. A les\nconsidérer on peut mesurer la distance qui sépare Mendelssohn et ses\nRomances sans paroles de la génération présente, assoiffée d'impressions\névocatrices et dont les sens plus affinés exigent d'autres condiments que\nde platoniques accords de septième de dominante. Mme j. Bathori chante\nde M. Ernest Bloch une Légende de G. Mauclair, exquise tant par la musique\nque par la poésie. Cette mélodie qui ne doit rien à personne dénote un\nmusicien d'une sensibilité délicieuse et d'une délicatesse de sentiments\nintinie. Tour, dans la façon de traiter la voix comme dans l'accompagne-\nment, s'harmonise à merveille avec le petit chef-d'œuvre de poésie de\nM. Mauclair qui deux fois fut bien inspiré : en écrivant sa Légende et en\nla confiant à M. E. Bloch. Le public lui fit d'ailleurs un accueil enthou-\nsiaste, ainsi qu'aux deux épigrammes de Cl. Marot musiquées si finement\npar Maurice Ravel.\nAu premier rang des virtuoses français du violon, M. Jacques Thibaud\nbrille du plus vif éclat. Doué de façon surprenante par la nature, Thibaud,\naprès un brillant premier prix, n'a point cessé de travailler, et les trois con-\ncerts qu'il vient de donner n'ont été qu'une suite ininterrompue d'ovations.\nAprès avoir triomphé il y a près d'un mois à la Nationale, dans la diffi-\ncile Sonate de Samazeuilh, il vient de remporter le même succès en des con-\ncertos dont l'attrait sur le gros public est plus sûr. Je ne recommencerai\npoint une diatribe déjà mille fois entendue sur ou contre un genre indis-\npensable à l'éducation technique des artistes. En soi, d'ailleurs, le concerto\nn'a rien de blâmable, c'est un genre qui a ses règles comme la sonate ou\nla symphonie. Il est de mauvaises sonates, des symphonies qu'on n'écoute\nqu'en bâillant ; les concertos sont dans le même cas et c'est tout.\nQuoi qu'il en soit, je ne vous étonnerai guère en déclarant sans égale la\nqualité de son de Jacques Thibaud. Il réussit à donner une vague allure\nmusicale au concerto en si mineur de Saint-Saëns et supprime la cadence\ndu concerto de Beethoven. C'est là une besogne peu banale dont il con-\nvient de le féliciter et que ses collègues feraient bien d'imiter.\nPar contre, je ne vois pas l'utilité de l'accompagnement de piano que\nMendelssohn, ainsi que Schumann, a jugé bon d'accoler à la\npour violon seul de Bach. C'est là une œuvre dont l'harmonie est complète\net où un accompagnement ne sert qu'à alourdir une musique qui se suffit\namplement. Si des Français avaient tenté pareille absurdité, nos dogma-\ntiques voisins d'outre Rhin eussent crié au sacrilège et accusé la légèreté\nwelche bien connue de gâter un immortel chef-d'œuvre. Nous leur avons\nlaissé ce soin, et ils s'en sont doublement acquittés sans scrupules. C'est\nassez leur habitude.\nJ'aurais préféré lui voir jouer le concerto en mi de Bach, dont\nl'adagio est la plus sublime et la plus poignante invocation que le vieux\ncantor de la Thomas Kirche ait écrite, à la place du concerto de Mendels-\nsohn, dont le finale est d'une vulgarité sans égale. Cette évocation d'une\nvague joie populaire, selon une conception contemporaine des pantalons de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.42", "texte": "572\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-OÔ\n\nCasimir blanc et des chapeaux en forme de tromblon, est macabrement\nréjouissante. Dans le concerto de Bach, J. Thibaud est d'ailleurs merveil-\nleux, et son succès eût été au moins aussi grand. Plus grand certainement\nque dans le Chant d'Hiver, d'E. Ysaye, qui fut applaudi sans grande convic-\ntion. Bien écrit pour le violon, ce poème qui vise à être symphonique\ntombe dans le fatras dès que l'orchestre s'essaie dans un envol qui ne s'é-\nlève guère. Le poncif et le maladroit sont bien ennuyeux dans le style dit\nclassique, où les modulations vont bien sagement de la tonique à la domi-\nnante, puis à la sous-dominante pour revenir à la tonique, où tous les\naccords ont leur résolution immédiate ; mais dans le genre prétendu impres-\nsionniste, la gaucherie et le manque d'inspiration produisent des résultats\nlamentables. Le Chant d'Hiver, aux prétentions wagaero-debussystes, fait\nperdre aux auditeurs vingt minutes d'air frais et pur. En cette saison, c'est\ncriminel.\nVous ne doutez pas qu'Ysaye ne prît une revanche anticipée en jouant\navec Thibaud le Concerto pour deux violons de Bach et que tous deux\ndurent revenir saluer la foule enthousiaste plus qu'ils ne l'auraient voulu.\nJ, Thibaud en avait l'air bien triste, et n'oublions pas de mentionner le\nsuccès de son frère dans les Variations du père Franck.\nCH. CHAMBELLAN.\nM. J.-J. Nin.\nL'audition de J.-J. Nin, le 3o mai, à la salle yEolian, est la troisième\ndans la série de douze que ce distingué et érudit pianiste appelle « Etude\ndes formes musicales au piano ». Cette fois-ci c'est l'histoire de la lente\nélaboration de la forme « suite », comme groupement tonal de danses dif-\nférentes. La Volte, le Rigaudon, la Musette et le Tambourin sont prises\ndans les danses françaises, la Passacaille et la Pavane dans les danses\nespagnoles, la Chaconne et probablement la Gigue dans les danses ita-\nliennes ; seule l'Allemande doit être d'origine saxonne. Mais l'éclosion\nréelle, au point de vue du groupement des morceaux, doit être recherchée\nen Allemagne : la conception nouvelle d'un certain nombre de morceaux,\ndestinés à composer un tout, c'est-à-dire une suite, variée dans ses mou-\nvements, unique dans sa tonalité.\nTout le programme, depuis Ant. Cabezon (i 5 10-1566) jusqu'à Handel\n(1685-1759), a été exécuté avec une noblesse peut-être un peu froide, mais\ntrès haute et très pure, et une correction absolue, précieuses qualités pour\nun pianiste qui se voue, comme M. Nin, à l'étude et à la résurrection des\nformes du passé. On sent, à l'entendre, que l'esprit religieux de la Scliola\nCantorum est en lui. M. B.\n54e Récital Moussorgski donné par Mme Olénine d'Alheim.\nQu'un virtuose de forte cote annonce, à grand renfort d'affiches éclatan-\ntes, le Concerto de Mendelssohn, la Sonate à Kreutzer, une transcription\nY Ouverture des Maîtres Chanteurs, ou de la Mort d'Y solde... et, docile\naux admirations conventionnelles, un public nombreux, très chic, accourt\ns'entasser dans le hall incommode, poussiéreux, étouffant, où les rois de\nla corde et de l'ivoire ont coutume de pratiquer leurs exercices favoris.\nMais sur un programme sans tapage, deux grands noms, que la mode n'a\npas encore admis aux applaudissements de commande, cela en vérité ne\nvaut pas que Paris se dérange !"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.43", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n573\n\nC'est ainsi que l'autre soir, Salle de l'Union, nous étions à peine deux\ncents pour écouter Mme Marie Olénine d'Alheim dans son récital\nMoussorgski ; et pendant près de deux heures, nous sommes restés atten-\ntifs, captivés, sous la domination de cet art libre comme la Vie, naïf,\nraffiné, douloureux, où vibre la sensibilité la plus aiguë qui se soit encore\nmanifestée.\nLe programme très intelligemment composé et gradué permettait d'em-\nbrasser la riche variété de l'œuvre du maître, et, par les Chants et Dits\npopulaires, la Chambre d*Enfants, les Chants et Chansons, nous menait\naux Lieder : Sans Soleil, Chants et Danses de la Mort, étreignants, terri-\nfiants de souffrance condensée.\nOn connaît Olénine, son charme étrange, son intelligente ferveur,\nson émouvante simplicité ; elle est bien l'expression idéale de la pensée\nde Moussorgski.\n« La réalisation artiste de la beauté seule, vue dans la matière, est\nune grande puérilité, une conception infantile de l'art. La recherche des\ntraits intimes de l'individu et de la masse, l'incursion dans les régions\ninexplorées, et l'apport des beautés qu'on y trouve, telle est la mission\nde l'artiste. « Vers de nouveaux rivages ! » Sans crainte, au travers de la\ntempête, malgré les tourbillons et les rochers, « vers de nouveaux\nrivages ! »\n« Dans les foules, dans les individus, il y a des trésors que nulle main nr'a\napprochés. Les pressentir, les chercher, les trouver, par la lecture, par\nl'observation et en nourrir l'humanité comme d'un plat sain que nul n'a\nencore goûté, voilà le problème, et la joie des joies... » (Pensées de\nMoussorgski, 1872.)\nNous souhaitons ardemment que, prochainement encore, MME Olénine\nnous apporte cette joie des joies.\nMAURICE FOURRIER.\n\nLA MUSIQUE EN SUISSE\n\nIl y a chez nous un endroit où les deux bras d'un ruisseau qui se bi-\nfurque suivent deux pentes opposées. L'une dévale vers le nord, et l'eau\nqui l'a choisie va se jeter dans le Rhin. L'autre regarde le midi, et cette\nbranche du ruisseau qui la suit va se jeter dans le Rhône. Quel peut être le\ncaractère d'un pays que les hasards de la politique ont si curieusement\nsitué aux sources, à la limite, ou au contact de deux races essentiellement\ndifférentes ? Les invasions germaniques lui ont donné deux langues et deux\npeuples dissemblables : l'allemand venu avec les Allemanes en Helvétie\norientale ;le latin aujourd'hui le français— conservé en Helvétie occiden-\ntale en dépit des Burgondes vainqueurs, et adopté par ceux-ci. Un siècle\nde querelles religieuses lui a donné deux confessions nouvelle scission,\ntrès marquée et d'ailleurs différente de l'autre. Point critique ethnique et\nlinguistique, il semble que la Suisse soit encore, géographiquement, un\npoint critique de la surface de l'Europe. Les aspects différents de la Gaule\net du Nord, du Midi et de l'Orient s'y rencontrent et s'y mêlent. Chacune\nde nos régions a son caractère propre dont sa population porte l'empreinte.\nChacune aussi, et peut-être même chacun de nos cantons, surtout en\nSuisse romande, a son histoire. Cela donne à penser que nos artistes ne"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.44", "texte": "5 74\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nsauraient produire l'œuvre d'un pays ou d'un peuple, mais celle d'une\nrégion et presque d'un clocher.\nToutefois, si les aspects de nos régions sont dissemblables, ils sont voi-\nsins. Le citadin genevois est trop près des Alpes Vaudoises pour ne pas les\nconnaître et s'y sentir un peu chez lui. Et si nos histoires diffèrent, elles\nsuivent souvent des routes parallèles. Nos cantons ont combattu côte à\ncôte; ils ont combattu chacun de leur côté, mais c'était souvent pour sou-\ntenir le même principe de liberté et d'autonomie ; ils ont combattu l'un\ncontre l'autre, mais c'était pour conserver, au sein de leur alliance, leurs\ntraditions séculaires et leur indépendance absolue. Un fond commun d'as-\npirations les unit. Et M. William Ritter écrivait il y a quelque temps :\n« Je crois de toutes mes forces à un ar/ suisse, en dehors même des artistes\nsuisses parfois. Il a été, il est et il sera... Il vit en autant de langues et de\npatois qu'on voudra, et se fait livre, tableau, statue ou édifice, à son gré.\nIl s'appelle Holbein ou Friess, Buchser ou Boecklin, Gottfried Keller ou\nConrad-Ferdinand Meyer, Monnier des Pages genevoises ou Reynold du\nPays des aïeux, etc... A vos retours de l'étranger, cet art vous attend\ndans les quartiers intacts de vos vieilles villes, à Schaffouse et à Stein-\nam-Rhein comme à Sion et à Brigue, à Fribourg comme à Lucerne. Il\nse fait pont et il se fait beffroi. Il est festspiel et il est feuilleton et il est\nalmanach avec Diestli; où diable ne va-t-il pas se nicher? Parfois là où on\nle cherche le moins ». William Ritter le dit fort bien : « Il est festspiel ».\nIl est festspiel, et il est chœur d'hommes; ou plutôt il fut chœur d'hom-\nmes; il est et sera festspiel. Il fut chœur d'hommes en Suisse allemande,\nen vertu d'une tradition de plusieurs siècles. Mais cette forme se survit à\ngrand'peine ; et pour tout dire, je crois bien qu'elle est épuisée. L'utilisa-\ntion meilleure du goût de notre peuple pour la musique vocale, qu'est le\nfestspiel, date aussi de loin. Mais ce n'est qu'en ces dernières années que\ns'est développé ce spectacle de plein air où la poésie, la musique et la danse\nconcourent pour célébrer le travail, la patrie ou la légende. Et les meil-\nleurs d'entre nos compositeurs ont bien compris que là sans doute devait\nse continuer l'évolution de l'art musical suisse. Cet art, qui est chœur et\nfestspiel en Suisse allemande, —et qui y est symphonie aussi, chez Hans\nHuber par exemple, a donné jusqu'ici peu de fruits en Suisse romande.\nOn l'y rencontre ici et là, dans quelques-unes des plus naïves chansons de\nJàques-Dalcroze, chez Doret quelquefois, et chez Lauber. Peut-être n'est-il\npoint tout à fait absent du Devin du village ï C'est tout ce qu'on peut dire.\nLa musique romande n'a pas d'histoire, ou du moins son histoire est courte\net bien attristante.\nRetournons donc en Suisse allemande. Avant d'inspirer les compositeurs\nde chœurs d'hommes du xvine et du xixe siècle, l'art suisse avait donné au\nxvie siècle, dans les motets et les messes de Senfel, qui d'ailleurs vécut à\nMunich, quelques-uns de ses plus beaux accents. Au xve siècle, il inspirait\nles Minnesinger, et je ne sais plus qui a dit que Wolfram d'Eschenbach\nétait d'origine helvétique. Enfin, au xnie siècle, on en trouve les premiers\nessais ou les premières influences dans les séquences que Notker le bègue\nécrivait au couvent de Saint-Gall. Ce moine l'avait appris en écoutant les\npâtres sonner de leur alphorn. Et c'est ici sans doute qu'il faut chercher\nl'embryon et le caractère de ce qu'il peut y avoir d'essentiellement suisse\ndans notre musique. Ces vieux airs de l'alphorn, adaptés plus tard à des\nparoles, doivent être l'origine de nos ran% des vaches et des jodler de nos\nmontagnards. Entre eux et le Hameau de Jaques-Dalcroze, ou telle œuvre\nde Barblan, de Huber ou de Lauber, il y a certainement une différence de\nforme ; mais ici et là ce doit être le même sentiment ; c'est la montagne,\nc est la forêt, et c'est le petit lac près des glaciers. Comme les chants ty-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.45", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n575\n\nroliens, mais à 1 inverse de beaucoup d'autres chants nationaux, les chants\nsuisses sont du mode majeur. Il faut voir dans cette particularité leur ori-\ngine instrumentale, beaucoup plus, me semble-t-il, qu'un caractère de gaieté\net de joie de vivre ; ils sont plus naïfs, tendres, idylliques, qu'exubé-\nrants ou gais. Et d autre part, ils semblent s'étendre et se développer sur\ndes accords longuement tenus, à cause sans doute de l'écho qui devait\npouvoir ramener leur mélodie sans troubler l'effet harmonique.\nCette musique où semble palpiter comme un dernier écho du taureau,\nd'Uri et de la vache d'Unterwald n'est pas toute notre musique. Elle en est\npeut-être la meilleure partie, mais elle en est la plus petite. Plus souvent,\ncomme je vous le faisais prévoir, l'œuvre d'un compositeur suisse paraît reflé-\nter le caractère d une région, ou d'une contrée. C'est le cas surtout des\nœuvres romandes. Plus souvent encore elle essaie d'être tout simplement\nde la musique jai dit « tout simplement » par étourderie. Et alors, elle\nne sera plus seulement chœur ou festspiel, elle sera symphonie, quatuor\nou sonate, lied, opéra ou oratorio. Qu'elle révèle chez un Suisse allemand\n1 influence de 1 école d outre-Rhin contemporaine, cela n'a rien qui doive\nnous etonner. Mais qu elle la révèle encore chez un Romand, voilà qui serait\nétrange ! C est pourtant le cas, bien souvent. L'éclat de la musique alle-\nmande du siècle jusques et y compris Wagner a fasciné nos mélomanes\nau point de leur faire oublier ou dédaigner tout autre art. Et nos jeunes\nmusiciens romands, cédant à ce fâcheux exclusivisme, méconnaissant leur\nnature et trahissant leur talent, ne s'aperçoivent pas qu'en délaissant Paris\npour et en demandant aux Allemands contemporains l'influence\nqu'étaient dignes d'exercer leurs prédécesseurs, ils laissent l'aube déjà\nféconde et rayonnante encore de promesses pour le crépuscule de fatigue\noù point la nuit glaciale. Pourtant, à cet aveuglement général, il y a quel-\nques exceptions. Et dernièrement encore, le jeune Genevois Ernest Bloch\npubliait des œuvres où l'on sent le large souffle d'un art libre.\nEn même temps que la Suisse voyait naître, vers la fin du siècle passé,\nune génération de compositeurs assez abondante pour qu'on puisse parler\nd'une « musique suisse », l'art musical devenait en ce pays l'objet d'une\npréoccupation plus grande. D'une préoccupation plus grande, oui, mais pas\ntoujours intelligente.; Laplupart de nos villes un peu importantes ont aujour-\nd'hui un orchestre satisfaisant. Mais aux mains de qui le laisse-t-on, trop\nsouvent! Et pour servir quel programme! Et si nos sociétés chorales don-\nnent parfois d'admirables exécutions d'une Passion selon saint Matthieu ou\nd'une Messe en ré, combien de fois le concours de tant de dévouements et\nde très estimables talents est-il consacré à quelque ennuyeux oratorio\nmendelssohnien ou à quelque sotte cantate à prétentions patriotiques ! De\nces mortelles solennités je ne vous ennuierai point, ni de ces séances où\nles maîtres très fêtés du virtuosisme viennent répéter des programmes\nque vous n'allez pas entendre à Paris. Mais peut-être ne vous est-il pas\nabsolument indifférent de connaître l'effort et la physionomie particulière\nde nos compositeurs dont j'ai essayé de vous dire le caractère commun, de\nceux surtout qui, comme Ernest Bloch, n'ont pas seulement les promesses\nde la vie présente, mais celles de la vie avenir. Et je vous annoncerais\ncomme avec l'allégresse d'une victoire le jour où la musique française ne\nsera plus uniquement, aux yeux ou aux oreilles de notre public celle\nde Massenet et de Saint-Saëns.\nCe jour, d'ailleurs, est peut-être proche. Gustave Doret est venu diriger à\nGenève, il y a quelques années, les principales œuvres de Debussy, Chaus-\nson, Dukas, Charpentier, etc. Et d'une manière générale, on n'ignore plus\nabsolument Franck, Fauréou Duparc. Mais on écoute encore leurs œuvres\navec plus de curiosité ou d'étonnement que d'émotion et de plaisir. Patience!"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.46", "texte": "576\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nL'Après-midi d'un Faune a été fort bien accueilli cet hiver à Bâle et à\nLausanne. Et peut-être le jeune chef d'orchestre lausannois, M. Birunban,\nnous réserve-t-il encore d'heureuses surprises ? Me pardonnerez-vous alors,\nle jour où je pourrai vous dire le triomphe en Suisse de l'école française\nde la liberté, de vous avoir entretenu trop longtemps de mon pays, de ses\nconcerts et de ses musiciens?\n\nE. Ansermet.\n\nCOURRIER D'HELSINGFORS\n\nLe 23 décembre, au Théâtre national, nous eûmes un concert consacré\naux œuvres d'Ekki Meîartin, jeune compositeur de grand talent, d'inspira-\ntion délicate et un peu maladive : le Gabriel Dupont de la Finlande. Le\nprogramme comprenait d'abord cinq romances, dont les plus remarquables\nsont Ritorno et Morgoosang. Puis la basse Grandolfi un Italien gagné\npar le charme de la Finlande et fixé depuis vingt ans ici a chanté de sa\nvoix chaude et puissante la Torre di Nerone, qui fut bissée par l'auditoire\nenthousiasmé. L'orchestre exécutait ensuite l'Ouverture pour Hannele\nMattern et trois morceaux de la Princesse Thomrôsa. Et enfin les artistes\ndu théâtre jouèrent Salomé, avec la musique de scène de Melartin. De\ncette belle soirée, nous est restée à tous une admiration émue pour le jeune\net intéressant compositeur.\nLe ler février, le compositeur Païen organisait un concert au profit des\nouvriers russes sans travail : aussi se terminait-il par la Marseillaise, et\nGor'ki y prêtait son concours. On y entendit en outre Y Ouverture pour la\nGrande Pâque russe de Rimski-Korsakof, de Moussorgski, et\ndeux belles pages de Sibelius : Chanson du Printemps, pour orchestre, et\nLégende finnoise, chantée par M>e Elena Beck.\nLe concert du 12 février était dirigé par M. Schneevoigt, qui fut naguère\nvioloncelliste ici même avant de devenir un chef d'orchestre de tout pre-\nmier ordre : au programme, la 5e Symphonie de Bruckner, un concerto\npour orchestre à cordes de Flaendel et des fragments de Wagner.\nLe concert du 19 était dirigé par le compositeur suédois Alfven et consa-\ncré à ses œuvres, dont j'ai beaucoup goûté la forte saveur nationale :\ntémoin ce thème de sa Rapsodie, exposé par la clarinette, orchestré et\ndéveloppé ensuite avec l'art le plus délicat :\nLe 27 février, le Poème de Chausson (violon solo : L. Zeitlin) obtenait\nun grand succès, et, peu après, le concert au profit de la Caisse des retraites"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.47", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n577\n\nde 1 orchestre, consacré aux œuvres de Sibelius, donnait la 2e\nde cet auteur, le Concerto pour violon et orchestre, à qui il ne manque,\npour me charmer, que de n'être pas un concerto, et la Suite pour\nMélisande, d une couleur mélancolique et délicate, digne en tout point\nd'être connue à Paris.\nCitons enfin, pour terminer, le concert donne par IVP'e JYÏoberg, qui\ncompose et dirige elle-meme ses œuvres, avec une assurance qui n'en fait\nque mieux apprécier la puérile incohérence.\n( Traduit du russe par Louis LALOY,)\n\nLef Zeitlin.\n\nCOURRIER DE MUNICH\n\nEchos.\nA Munich, à Prague, chaque hiver on donne à l'intention spéciale de la\njeunesse des écoles un ou plusieurs concerts dont les programmes, com-\nposés avant tout d'œuvres classiques, nettes et claires, sont choisis de façon\nà éduquer le goût et à former l'oreille des enfants. On sait qu'en Autriche,\nen Allemagne, les élèves des écoles primaires sont souvent appelés à chan-\nter ne fût-ce même qu'aux offices du dimanche en chœurs à plusieurs\nvoix. Néanmoins il se commet des erreurs : le programme du second\n« concert des enfants » à Prague (programme approuvé par l'impérial et\nroyal Conseil des Ecoles)fait une part regrettable à une musique de diver-\ntissement d'un parfait faux goût. Aux côtés de « à la portée des\npetites intelligences », écrites expressément pour ces concerts et fort bien\nexécutées par l'octette des dames de la Société Hlahol sous la direction de\nSvoboda, nous relevons de menus morceaux ; Romance, Rondinetto,\nAubade, plus qu'insignifiants ; puis une pour la harpe de Saint-\nSaëns, la Danse et sérénade pour deux pianos à huit mains de Moszkowski,\nle Sabbat des sorcières pour piano et violon de Paganini surtout, où le dé-\nploiement de virtuosité tient presque plus de l'acrobatie et du spectacle que\nde l'audition et qui sont, pour des enfants, plus curieux à voir jouer que\ndirectement instructifs; enfin, le bouquet, une pour con-\ntrebasse, exécutée par l'auteur M. Kuchynka, qui obtint, bien entendu, un\nsuccès fou de clownerie. Ce titre ne fait-il pas songer immédiatement à la\n« Première Communion du jeune M. Félicien Rops, grand galop brillant»,\netc. ?Un semblable concert va droit à l'encontre de son but éducateur ;\npourquoi pas tout de suite mener les classes à des matinées aux Variétés ?\nFonds Wagner. —Ce 22 mai, comme chaque année, un grand concert\na lieu à l'Odéon (Munich) au profit du fonds Wagner, que lui-même ins-\ntitua en 1882 pour faciliter ou, suivant les cas, complètement payer le\nvoyage de Bayreuth à ceux qui n'ont pas les moyens d'accomplir le pèleri-\nnage ; et en réalité un grand nombre de places sont chaque année accor-\ndées gratuitement sur demande motivée. Le fonds se monte aujourd'hui à\nprès de 200 000 mark ; on espère beaucoup atteindre le million en 19x3,\npour le centième anniversaire (déjà !) delà naissance du Maître.\nThéâtre du Prince-Régent. Pour les « wagnéries » de cet été, le théâtre\ndu Prince-Régent (Munich) s'est assuré le concours de M. Richard Strauss,\nqui dirigera trois représentations de Pour la persistance de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.48", "texte": "578\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\n\nces Fetspiele et à la condition que chaque fois plusieurs exécutions du\nRing etune de Tristan en fassent partie, la municipalité de Munich verse\nà la caisse du théâtre un subside annuel de 61.000 mark. Signalons à\nce propos, dans le dernier numéro (avril) des Sud-deutschen Monatshefte\nun article important de M. Manfred Semper, fils du grand architecte, qui\napporte avec des dates précises, des renseignements authentiques, extraits\ndes lettres mêmes de Wagner et de Semper, sur le projet de construction\nà Munich en 1865-1869 du Festspielhaus devenu depuis le théâtre de Bay-\nreuth.\nOn y voit le projet, pour lequel le roi Louis II est tout feu et flammes,\ntomber peu à peu devant l'opposition du cabinet et les machinations hos-\ntiles, et finir par misérablement échouer. Pas besoin d'insister sur les re-\ngrets actuels des Munichois : la « Kunststadt » déjà pleine de ressources\net si avenante n'aurait-elle pas conquis dès lors letitre âprement disputé de\nMétropole d'art ? Et comme elle aurait meilleure grâce que d'autres à s'en\ntarguer !\nLa petite ville de Linz (Haute-Autriche), d'une coquetterie baroque si\njoliment conservée, a désormais ses festivals exclusifs, périodiques, défini-\ntivement organisés. Grâce à l'initiative de M. Auguste Gollerich, directeur\nde musique (élève et biographe de Liszt et qui prépare sur Bruckner un\nouvrage capital), le conseil communal de Linz a créé un fonds à l'effet de\ndonner tous les deux ans, à des prix populaires, par les soins dévoués\ndu Musikverein, un concert solennel d'œuvres du symphoniste : Bruckner\npassa en effet vingt ans de sa vie, ses années de préparation musicale\n(1845-68), comme organiste à Linz. Le cinquième de ces concerts avait\nlieu ce mois d'avril ; au programme figurait une œuvre de début encore\ninédite : Psaume 114 pour soprano, deux altos, ténor, basse et trois\ntrombones, la vne symphonie et le Te Deum.\n\nM. M.\n\nCOURRIER DE ROUEN\n\nM, A. Dupré dirige avec un véritable goût artistique et une conviction\nenthousiaste une société chorale qu'il baptisa très spirituellement « l'Ac-\ncord parfait » ; et jamais appellation ne fut mieux méritée.\nDans un concert donné au Cirque, cette société montra de grandes qua-\nlités de justesse, de cohésion, et nuança, d'une façon diverse mais toujours\ndélicate, la Fantaisie pour chœur, piano et orchestre de Beethoven, les\nBohémiens de Schumann, la marche du Tannhceuser, et un chœur de la\nCantate pour tous les temps. M. Marcel Dupré, premier prix de piano du\nConservatoire, exécuta avec un très beau style l'ouverture des Maîtres\nchanteurs, et se fit applaudir dans diverses pièces de Chopin. Mme A. Dupré\npartagea le grand succès de son fils en jouant avec lui d'une façon déli-\ncieuse le Concerto en ut mineur de Bach pour deux pianos et orchestre.\nL'Accord parfait fit entendre, dans l'église Saint-Vivien, Rédemption de\nFranck, dont l'excellente interprétation nous rappela les auditions des der-\nnières années : Ruth, Elie, le Messie, le Requiem de Brahms, la Passion\nselon saint Jean. Avec un tel passé et sous la direction d'un artiste aussi\ncompétent que M. A. Dupré, on peut attendre beaucoup de cette société"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.49", "texte": "REVUE DE LA QUINZAINE\n579\n\nqui nous promet, pour Tan prochain, la Passion selon saint Matthieu et la\nDamoiselle élue.\nUne autre société chorale, « la Gamme », dirigée très habilement par\nM. Hoelling, chanta des chœurs délicieux des Festes d'Hébè. Mlle Selva\njoua des pièces de piano ou clavecin de Bach, Rameau, Couperin, Scar-\nlatti. Nous préférons de beaucoup le talent de pianiste de Mlle Selva à son\njeu sur le clavecin, qui nous a semblé un peu lourd. Dans un concert spi-\nrituel, la Gamme exécuta d'une façon très pure et très émouvante deux\nchorals a cappella de Bach, un chœur de la Passion de Schùtz, et des frag-\nments des Béatitudes de l'abbé Bourdon, maître de chapelle de la métro-\npole. M. Hœlling consacra plusieurs récitals d'orgue à l'œuvre du grand\nBach et de quelques vieux maîtres français parmi lesquels il choisit notam-\nment Titelouze qui fut, au xvn© siècle, son prédécesseur comme titulaire\ndu grand orgue à la cathédrale de Rouen.\nM. Heptia, professeur de violon, a eu la très heureuse idée de fonder ici\nun quatuor avec le concours de MM. Ch. Herman, G. Drouet et F. Thi-\nbaud. Nous les avons entendus avec un vif plaisir dans des quatuors de\nHaydn et de Beethoven : MM. Thibaud et Masson jouèrent d'une façon\nremarquable une sonate pour violoncelle et piano de Beethoven. A ce\nmême concert, Mme M. Herman, tour à tour candide, enjouée, puis dou-\nloureuse, chanta d'une voix pure la Vie d'une femme de Schumann, ainsi\nque quelques lieder de compositeurs modernes. Cette soirée restera parmi\nles meilleures de cet hiver, et nous espérons que M. Heptia continuera l'an\nprochain l'œuvre si bien commencée.\nAu théâtre des Arts, parmi toutes les nullités qui encombrèrent la fin de\nla saison, nous noterons seulement une reprise d'Orphée, que la contralto\nMme d'Hasty chanta remarquablement. Nous ne sommes malheureusement\npas habitués à applaudir souvent à Rouen de telles artistes.\nNous partageons, à propos de Paderewsky, l'opinion de Monsieur Vallas\n(Revue musicale de Lyon, dans le Mercure musical du ler mai). Nous ajou-\nterons cependant que, parmi les artistes en tournée entendus ici cet hiver,\nPaderewsky nous a semblé, par ses qualités et ses défauts, le plus grand\nvirtuose du piano.\nL'orchestre Colonne se fît applaudir dans un très beau programme :\nImpressions d'ltalie, Rapsodie norvégienne, Symphonie fantastique, Et,\nbonheur inespéré, dans le Prélude à VAprès-midi d'un Faune, nous enten-\ndîmes moduler la flûte champêtre de l'/Egipan, chantant les murmures des\nruisseaux, les frissons de la forêt sous le vent, les bourdonnements d'in-\nsectes, le parfum de l'aubépine et de la terre chaude sous le soleil ardent,\nla beauté à peine entrevue des nymphes...\n\nDu Robec.\n\nÉCHOS\nDoctorat. Un de nos plus chers collaborateurs (dont la modestie re»\ncourt trop volontiers au pseudonyme), M. Jules Écorcheville, vient de sou-\ntenir avec le plus grand succès, en Sorbonne, les deux thèses suivantes :\nVingt suites d'orchestre du XVIIe siècle, publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel ; De Lulli à Rameau\n(1690-1730). Après une vive et intéressante discussion, à laquelle prirent\npart MM. Alfred Groiset, G. Saint-Saëns, Emmanuel, Gazier, Lemonnier,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.50", "texte": "580\nLE MERCURE MUSICAL 15-VI-06\nLe Directeur-Gérant : Louis LALOY.\nPoitiers, - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nR. Rolland et G. Séailles, le jeune érudit fut proclamé dignus intrare avec\nla mention honorable.\nNous lui adressons ici nos plus vives et sincères félicitations,\nM. Fr. de Lacerda nous promet pour bientôt les Chansons et Danses d'un\npetit peuple disparu.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES\nJules Écorcheville : De Lully à Rameau (i6go-iy3o). L'esthétique musi-\ncale. Paris, Fortin.\nVingt suites d'orchestre du XVIIQ siècle français (1640-1670), publiées\npour la première fois d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cassel\net précédées d'une étude historique. Paris, Fortin.\nWilliam Ritter : Études d'art étranger(Mehoffer, Rimski Kôrsakof, Mahler,\nBôcklin, etc.), Paris, Mercure de France."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.51", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\nPAR NOMS D'AUTEURS\n(1)\n1906\nM. A.\nR, Q. Çourrier de Nantes #\nCH. ADRIANNE\nH. Q. Los Concerts : Concert Y. Morpain. * . . . . 370\nE. ANSERMET\nH. Q. La Musique en Suisse . Y ...... . 573\nPIERRE AUBRY\nLa Musique et les musiciens d'église en Normandie au xine siècle. 337, 455, 505, 556\nRENÉ D'AVRIL\nH. Q. Courrier de Nancy : Conservatoire : 5 concerts de l'abonnement. . . . 279\n~~ Conservatoire. Musique de chambre » .... 481\nA. B.\nR, Q. Courrier de Reims\nLes Concerts : Concert Brunold 320\nE. B»\nR. Q. Les Concerts t Soirées d'art 31\nL. B.\nR. Q. Courrier de Reims 386, 485\nM. B,\nR. Q. Les Concerts :\nAuteurs modernes 367\nAla Sorbonne. —« Société Bach 521\nMme O. d'Alheim. —M. J.-J. Nin 572\nE. BAILLY\nR. Q. A propos de la résonance inférieure 379\nALBERT BAZAILLAS\nR. Q. La Musique à Bordeaux : Adalbert Mercier : Y Anniversaire 229\nX.-MARCEL BOULESTIN\nR. Q. Accords anglo-français : Exportation et importation 125\nCourrier de Londres 46\nDeux « biggest show on earth » 282\n(1) Les lettres R, Q. sont l'abréviation de Revue de la Quinzaine."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.52", "texte": "582\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nRAYMOND BOUYER\nImpressions musicales : A propos d'une symphonie pathétique 57\nH. Q. Le Quatuor Parent 122, 218, 266, 323, 363\nL'évolution de la Sonate. * 526\nLes Concerts :\nMme Jane Arger 216\nMME Landormy Plançon 265\nConcerts Kleeberg. Société Beethoven 366\nConcert avec orchestre, donné par MUe Geneviève Dehelly 473\nLes Théâtres : Opéra-Comique :Le Roi Aveugle, légende musicale;\nlivret de Hugues Le Roux, musique de Henry Février. ...... 515\nMICHEL BRENET\nR. Q. Berlioz et ses derniers biographes : Adolphe Boschot : Hector Berlio%\n(1803-1831). 173\nLes livres: Albert Soubies : Les Membres de l'Académie des beaux-arts\ndepuis la fondation de Vlnstitut 476\nC. C.\nR. O. Les Revues : Le Ménestrel. Revue musicale de Lyon. Revue de\nParis 220\nR. C.\nR. Q. Les Théâtres : Une nouvelle Carmen 467\nRICCIOTTO CANUDO\nOrigine de la Danse et du Chant 49\nCH. CHAMBELLAN\nR. Q. Les Concerts.\nConcerts Colonne; M. Enesco 118\nMme Wanda-Landowska. Jour d'été à la mon-\ntagne,y de V. d'lndy 212\nVAngélusy de M. Trépart 260\nMue Schumann-Heink. Ricardo Vines 314\nSymphonia domestica de Richard Strauss 357\nSchola Cantorum 262, 475\nSchola Cantorum. —M. Sauer. Mme Landowska. —* M. Duttenhoffer. 369\nLa Saison des Concerts Colonne 467\nMlle Blanche Selva. M. Ch. Bordes. —M. Kreisler 519\nConcert Mel-Bonis-Ravel. Concerts Jacques Thibaud. 570\nJEAN CHANTAVOINE\nR. Q. Les Concerts :\nEcole des Hautes Etudes sociales » 34\nF. BusonL 319\nC. D.\nR. Q. Les Concerts : Gaston Revel 321\nCourrier de Saint-Quentin. 532\nRAOUL DAVRAY\nR. Q. Le Théâtre en province. « 86\nPAUL DUBOT\nR. Q. Virtuoses. 236\nLes Concerts :\nSchola Cantorum. Virtuoses 321\nM. Llorca 370\nVirtuoses. . 426\nM. Luzzati et Mlle M, Mac Evily. Germaine Arnaud. —W. Bastard et\nA, de Montrichard. J. Hollmann et E. Gigout. Société des Con-\ncerts de chant classique# Mme M. Capoy. G, Loth. M. Hewit.\nAntoinette La m y 523"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.53", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n583\n\nG. P. E.\nR. Q. Courrier de Bruxelles : Sixième Concert Ysaye 478\nGEORGES D'ESPAGNAT\nComposition inédite pour Simone : I. Les Cheveux 400 bis\nIL L'Aubépine 448 bis\n111. Le Houx 496 bis\nIV. Le Brouillard 544 bis\nEDMOND FLEG\nR. Q. Musique nouvelle : Ernest Bloch : Historiettes au Crépuscule (C. Mau-\nclair). 376\nMAURICE FOURRIER\nR. Q. A l'Opéra : Reprise de l'Etranger, de V. d'lndy. Mlle Bréval. . . . 269\nConcerts : Société Nationale. Festival G. Fauré. Le Quatuor\nCapet 522\nMme Olenine d'Alheim 573\nA. G.\nR. Q. Correspondance à propos d'Armor 88\nLa musique à Lyon 132, 187, 277, 383, 437\nH. G.\nR. Q. La Musique à Lille 179, 334\nGUIDO GASPERINI\nL'Art italien avant Palestrina 241, 348\nHENRY GAUTHIER-VILLARS\nLe vieillard et le jeune homme 3\nR. Q. Saint-Saëns contre Willy 272\nREMY DE GOURMONT\nMélodie sur des vers de Paul Verlaine 150\nSimone, poème champêtre : I. Les Cheveux 400 bis\n11. L'Aubépine « . 448 bis\n111. Le Houx 496 bis\nIV. Le Brouillard 544 bis\nF. H»\nR. Q. Courrier de Strasbourg 388\nELISABETH D'IRVEL\nR. Q. Courrier de Manchester 188, 284, 480\nE. J.\nR. Q. Courrrer du Havre 479\nLouis LALOY\nParoles sur Claude Debussy 193\nR. Q. Les Livres; J.-G. Prodhomme : Hector Berlioz. Pierre Aubry et Emile\nDacier : Les Caractères de la Danse 41\nPolémiques grégoriennes 274\nAu Salon de la Société Nationale 427\nLes Concerts :\nM Safonof. Société de Concerts d'lnstruments anciens. Société\nBach. Quatuor Luquin.— Fondation Bach 29\nConcerts Chevillard. Schola Cantorum. Mme Yvette Guilbert et les\nChanteurs de Saint-Gervais. Soirées d Art. M. Calvocoressi. . . 79\nConcerts Chevillard : Liszt et M. Arthur Coquard. Schola Cantorum :\nMlle Selva. Hautes Etudes sociales : MM. Henry Expert et Romain\nRolland. Société Nationale : J. Poueigh et D.-E. Inghelbrecht.\nRicardo Vines. ïl^"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.54", "texte": "584\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nH. Q. Concerts Cbevillard :le Faust de Schumann. L'œuvre de Cl. Debussy\n(Mme Camille Fourrier, MllO Lucienne Bréval, MM. Jean Périer, Ricardo\nVines, A. Delacroix, A, Petit et Louis Laloy). Aux Mathurins.\nHautes Etudes sociales : Musique ancienne. LÎOrfeo, de Monteverdi\net F. de Lacerda - . . 164\nConcerts Chevillard : la Cloche fêlée, de M. Pécoud; les Nocturnes, de\nClaude Debussy 210\nConcerts Chevillard : Entracte symphonique, de M. Auzende 259\nHautes Etudes sociales :M. Pirro. —M. Henry Expert 265\n- Concerts Chevillard. Miguel Llobet 3i2\nJoseph Bonnet. Wanda Landowska . 318\nConcerts Chevillard. Société de musique de chambre pour instruments\nà vent. Société de Concerts d'lnstruments anciens, Mlles Suzanne\nLabarthe, Lucile Bartzi. Œuvres de M. de Saussine 360\nSociété Nationale: Trio, de Ch. Tournemire; Quatre Poèmes (Henri de\nRégnier), de Albert Roussel ; Trois Valses pour piano, de Florent\nSchmitt ; Poèmes en musique, de Albéric Magnard ; Sonate, de G. Sama-\nzeuilh. Félix Weingartner 426\nSociété Nationale : La Fée des Ondes, de de Crèvecœur; Historiettes au\nCrépuscule (Camille Mauclair), de Pierre Kunc ; Pénombre, deCl.Guil-\nlon ; Sarabande, de Mel-Bonis ; Rimes Tendres (Armand Sylvestre), de\nLouis Aubert ; Funn, suite d'orchestre (d'après G.'d'Esparbès), de Jean\nPoueigh ; Scherzo, de la Symphonie en ré, d'Eugène Lacroix ; Noël des\nJouets, de Maurice Ravel ; Poème (J. Mornand), de D.-E. Inghelbrecht ;\nPaysage d'hiver, de Henri Mulet ; Musiques en plein air9 de FI. Schmitt.\nE. Ysaye et R. Pugno. Le Maestro piano 470\nMax Reger. Musique française ancienne. —M. Alfred Cortot. M]le H.\nZielinska. Mme Kutscherra. —Le Conservatoire 517\nSociété des grandes auditions musicales : Le Songe de Gérontius, orato-\nrio d'Edward Elgar • . . . 569\nLes Théâtres :\nOpéra :La Ronde des Saisons, ballet de Ch. Lomon, musique de Henri\nBusser 35\n- Opéra-Comique : Les Pêcheurs de Saint- Jean, scènes de la vie maritime ;\nlivret de Henri Cain, musique de Ch.-M. Widor. La Coupe enchan-\ntée; livret de Matrat, d'après La Fontaine, musique de G. Pierné. . . 83\nOpéra-Comique : Aphrodite, pièce musicale ; livret de Louis de Gramont,\nmusique de Camille Erlanger 372\nNouveau-Théâtre : Le Clown, nouvelle musicale, livret de V. Capoul,\nmusique de I. de Camondo 465\nLes Revues :\nRevue générale des Sciences. Revue des Deux-Mondes 328\nRevue musicale de Lyon 428\nCorrespondance :\nA propos àïArmor 88\nUne lettre de M. C. F. Kahnt-Nachfolger 190\nUne lettre de Frédéric Hellouin 238\nUne lettre de Zahidé-Hanum 390\nA propos du Concert d'élèves do la Schola Cantorum : une lettre de Louis\nde Serres 439\nLettres de Léon Vallas et Sylvio Lazzari 534\nLIONEL DE LA LAURENCIE\nJacques Aubert et les premiers concertos français de violon 441\nH. Q. Musique du xvme siècle : les Maîtres français du violon au xvme siècle. 40\nMusique des xvne et xvme siècles : Musiques pastorales. Les Maîtres\nfrançais du violon au xvme siècle. 375"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.55", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n585\n\nCH. LÉANDRE\nCroquis d'album : René de Castéra 16 bis\nDéodat de Séverac 112 bis\nMaurice Dumesnil. 208 bis\nMiguel Llobet 408 bis\nP. Coindreau 504 bis\nJEAN LEROUX\nR. Q. Les Concerts : Hautes Etudes sociales :M. Quittard, Mœe Landowska et\nMlle Babaïan 3? 9\nCH.-M, LOEFFLER\nR. Q. La Musique aux Etats-Unis : Vincent d'lndy et l'école française mo-\nderne 222\nM. M.\nR. Q. Courrier de Munich 577\nP. M.\nR. Q. La Musique à Dijon 45, 227\nC. DE MALARET\nR. Q. Les Concerts :\nSociété Nationale : Sonate, de J. Jongen; Mélodies, de Raoul Bardac; En\nLanguedoc, de Déodat de Séverac ; Trio, de P. Coindreau. Conser-\nvatoire: le Quatuor Çapet 168\nConservatoire : Hillemacher et Balakirew. Société Nationale : Mélodies,\nde Marcel Labey ; Mélodies, de G. Corbin ; Pièces pour piano, de Albert\nRoussel . 214\nSociété Nationale : Suite pour instruments à vent, de de Wailly ; Sonatine,\nde Mariotte ; Chants de la Jungle (Rudyard Kipling), de Jean d'Udine ;\nImages, de Claude Debussy, exécutées par Ricardo Vines ; Chansons et\nDanses, de Vincent d'lndy 263\nConservatoire 3*3, 422\nSociété Nationale : Miguel Llobet et Ricardo Vines 316\nSociété Nationale :M. Henri Thiébaut ; Chanson, de Daniel Lamotte ;\nPoème lyrique, de Léon Saint-Requier ; Sonatine, de Maurice Ravel ;\nMélodies, deChausson; Mélodies, de P. deßréville ; Quatuor à cordes, de\nCésar Franck 362\nE. MARCHAND\nJean-Sébastien Bach et Beethoven. » 537\nJEAN MARNOLD\nLes sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Riemann . . . . ir, 289, 399, 494\nCloches • 5 5\nDialogues des Morts : VI. Terpandre, Palestrina. . 97\nR. Q. A la Nationale : Miroirs, de Maurice Ravel 121\nCoulissiana « 270\nGerolsteiniana 4*7\nMARCEL MONTANDON\nR. Q. Courrier de Munich • 133' 575\nNEZEU\nR. Q. Les Concerts: Conservatoire : La Belle de Georges Hue.\nConcert Galeotti Capet. 120\nL'OUVREUSE\nR. Q. Lettre de l'Ouvreuse 4^3\nPAN\nR. Q. Echos :\nSociété Nationale. Quatuor vocal français. - Revue illustrée. Société\nJ.-S. Bach. Bordeaux, Le Journal. La harpe chromatique.\nMlle Fanny Guimaraès 4^\nLE MERCURE MUSICAL 3^"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.56", "texte": "586\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nR. Q Documents historiques. Armand Parent. —* Charles Tournemire.\nSociété J.-S. Bach. Bruxelles. Nantes, Grand Concours de\nComposition musicale. Nécrologie 94\nSociété Nationale, Société J.-S. Bach, L'autre joue, ou de la mu-\nsique à Tassyriologie. lntimités d'art. Auditions. Le cas d'un\nMaestro. Munich . . . 142\nEntente cordiale. Avis, —Le Havre. Lyon. Quatuor Parent.\nAuditions d'élèves 190\nA FOpéra-Comique : Le Cœur du Moulin, de Déodat de Séverac. —• Mon-\ndanités. —Le Courrier de la Presse. ■— La vie des Saints. —Un nou-\nveau roman de Willy 239\nA TOpéra-Comique :Au Trocadéro. A Monte-Carlo. L'Annuaire des\nArtistes, Concerts Barrau. Autriche-Hongrie. Société J.-S.\nBach. J.-J. Nin. Cours Chevillard-Lamoureux 287\nUne lettre de C. Saint-Saëns. —■ Schola Cantorum. Mondanités.\nEdouard Risler. Laïcisons les orgues ! Société philharmonique. 335\nOrgues. Les Intimités d'Art. Mondanités. Concessions. —G.\nMahler. Munich. Concerts annoncés 390\nMondanités. Orgues. Concerts annoncés. Les grandes Auditions. 440\n~~ A l'Opéra-Comique. Orgues. Ala recherche d'une salle. Chan-\nsons populaires grecques. La musique au Salon d'Automne. —Con-\ncours. Schola Cantorum 488\nUne enquête. Un projet. Maurice Ravel. Médisances. A.\nCortot. 536\nDoctorat: J. Ecorcheville. François de Lacerda . ........ 579\nPublications récentes 48, 144, 192, 240, 288, 488, 536, 580\n- Calendrier des Concerts. 144, 192, 288\nUN PASSANT\nH. Q. Courrier de Berlin 189\nSALVATOR PEÏTAVI\nEsquisses musicales d'outre-Manche : IV. La Harpe d'Erin. 248\nL. PERNY\nR. Q. Courrier de Tours 235\nEDOUARD PERRIN\nR. Q. La Musique à Nice:\nLa Saison théâtrale 42\nSociété Bach. M. Sarasate. —La Saison italienne, 281\nOn décentralise 329\nManon Lescaut, de Puccini. Concerts 484\nConcerts : Germaine Arnaud. 531\nLa Musique à Monte-Carlo.\nL*Ancêtre. Don Procopio. ilillß de Belle-îsle. Don Carlos. . , . 332\nEDGAR SULL POE\nLe Corbeau (Version nouvelle) 145\nARMANDE DE POLIGNAC\nPensées d'ailleurs : Ars et humanitas 110\nConversations 198\nMusique pure 299\nL'art est une périphrase 489\nJEAN POUEIGH\nAu pays des Neuvièmes . 310\nR. Q. Les Concerts :\nSociété Philharmonique. Société J.-S. Bach. Matinées Danbé. . .32\n- Société Nationale : Chansons bretonnes, de Paul Ladmiraut; Miroirs, de\nMaurice Ravel, exécutés par Ricardo Vines; Sonate, de P. Le Flem. .82"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.57", "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n587\n\nH, Q. Société Philharmonique. Société Bach Matinées Danbé „ . . • 119\n- Société Philharmonique. Matinées Danbé. Miguel Llobet. . . . 217\nSociété Bach.— La Nursery, de D.-E. ïnghelbrecht ; Chansons populaires\net Chansons canadiennes, de Emile VuilJermoz 263\nSociété Philharmonique. —Société Bach. 317\nConcert J.-Joachim Nin 318\nSociété Philharmonique. Mme Marie Mockel et M. Stéphane Austin. . 361\nCourrier de Nantes :\n—• M. Paul Ladmirault 483\nJ. R.\nH, Q. Les Concerts : Concert Revel 170\nR. R.\nR. Q. Les Concerts : Hautes Etudes sociales : Société Caucasienne de Paris. 265\nJEAN RAGE\nSalade rosse : Une répétition des chœurs 114\nUne répétition générale 161\nR. Q. Simples avis 237\nMAURICE RAVEL\nNoël des Jouets 454\nJACQUES REBOUL\nR. Q. La Musique à Lyon :\nConcerts et Théâtres 36\n—» Grand-Théâtre : Représentations de Mme Kutcherra. Sibéria. ... 129\nLes Concerts : Société des grands Concerts. 3e concert de l'abonnement.\nTiphaine, drame lyrique ; livret de Louis Payen, musique de V.\nNeuville 185\nTristan et Yseult. —Le Quatuor Rinuccini 276\nLe Crépuscule des Dieux. —Mme Litvine. Les Concerts 380\n—■ Les Concerts 480\nWILLIAM RITTER\nR. Q. La Musique tchèque : état actuel de la musique tchèque 433\nJACQUES RIVIÈRE\nH. Q. La Musique à Bordeaux :\nConcerts mondains. Concerts populaires. . . 430\nQuatuor Zimmer. E. Risler 477\nConcert Pugno-Ysaye 530\nDu ROBEC\nR. Q. La Musique à Rouen :\nL'Etranger, de V. dlndy. Les Girondins, de F. Le Borne 177\nM. Albert Mahaut. Virtuoses divers. 386\nCourrier de Rouen 579\nROMAIN ROLLAND\nL'Opéra populaire à Venise : Francesco Cavalli 60, 115\nR. Q. Les Concerts : Festival Mozart (Société musicale, G. Astruc) 362\nJAN RUER\nR. Q. Courrier de Tours. . 389, 486, 533\nG. S.\nR. Q. Société moderne des Instruments à vent 476\nM. S.\nR. Q. Les Concerts :\nSociété des Instruments à vent: M. H. Viollet et D.-E. ïnghelbrecht. . 167\n. MUe Hanna Marie Hansen 320\nCourrier de Varsovie 486"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.58", "texte": "588\nTABLE ALPHABÉTIQUE\n\nSOUS-OFF\nR, Q. La Musique à Stuttgart :\nA. M. Karl Beutter (Rosenfeld) 90\nInterprètes et mise en scène 138\n—■ Les concerts 18°\nMAGNUS SYNNESTVEDT\nR. Q. Musique d'Extrême-Orient : Conférence de Louis Laloy au Cercle du\nLuxembourg 17°\nMARTIAL TENEO\nMiettes historiques : Correspondance théâtrale du XVIIg siècle : 111 21\nCorrespondance théâtrale du xviie siècle : IV 71\nUne vocation faussée. —Le théâtre de censure .... 302\nMaître de chant psychologue. Une figure peu connue. 409\nBARON DE TRÉMONT\nUne visite à Beethoven 393\nJOSEPH TRILLAT\nH. 0. Les Concerts :\nSoirées d'Art. Mme Landormy-Plançon. Joseph Hofmann. ... 120\nConcerts Barrau. M.etMmc Salmon. 169\n- Concerts Barrau. —M. Reitlinger 218\nThéo Delacroix. Concerts Barrau 264\nEdition Mathot.— Hautes Etudes sociales 368\nLes Revues :\nRevue hebdomadaire. Revue musicale de Lyon. —Le Guide Musical.\nRevue d'Egypte et d'Orient. Sonntags-Zeit . 128\nEMILE VUILLERMOZ\nLe Dictionnaire. . 202, 547\nCOLETTE WILLY\nLes Vrilles de la Vigne : Toby-Chien et la Musique. 8\nH. Q. La mort de Tintagiles . 83\nWILLY\nMusique de chambre 208\nH. Q. A propos de ce Don Procopio ». . 327\nLettre de Willy 513\nLEF ZEITLIN\nB. Q. La Musique en Finlande : Les concerts d'Helsingfors. - Sibelius. . . 39\nCourrier d'Helsingfors 57^"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.59", "texte": "TABLE DES SOMMAIRES\n1906\nN° I. lERIER JANVIER.\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : René de Castéra 16 bis\nHENRY GAUTHIER-VILLARS. Le vieillard et le jeune homme 3\nCOLETTE WILLY Les Vrilles de la vigne 8\nJEAN MARNOLD. .... Les Sons inférieurs et la théorie de M. Hugo\nRiemann 11\nMARTIAL TENEO. .... Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle, 111 21\nRevue de la Quinzaine : JEAN CHANTAVOINE, LOUIS LALOY, E. 8.. JEAN POUEIGH : Les\nConcerts, 29. Louis LALOY : A l'Opéra : La Ronde des Saisons, 35. JACQUES\nREBOUL :La Musique à Lyon, 36. LEF ZEITLIN :La Musique en Finlande, 39.\nLIONEL DE LA LAURENCIE : Musique du XVIIIe siècle, 40. Louis LALOY : Les livres,\n41. - EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 42.— P. M. : Courrier de Dijon, 45.\nX.-M. B. : Courrier de Londres, 46. PAN : Echos, 46. —Publications récentes, 48.\nN° 2. 15 JANVIER.\nRICCIOTTO CANUDO.. . . Origine de la Danse et du Chant 49\nJEAN MARNOLD. . . . Cloches. . 55\nRAYMOND BOUYER. . . . Impressions musicales 57\nROMAIN ROLLAND. . . . L'Opéra populaire à Venise 60\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : Correspondance théâtrale du\nXVIIe siècle, IV 71\nRevue de la Quinzaine: Louis LALOY, JEAN POUEIGH, COLETTE WILLY : Les Concerts,\n79. LOUIS LALOY; A VOpéra-Comique : Les Pêcheurs de Saint-Jean, 83. —RAOUL\nDAVRAY : Le Théâtre en province, 86. A. G. et L. L. : Correspondance à propos\nd' (( Armor )), 88. SOUS-OFF. :La Musique à Stuttgart, 90. —J. R. : Courrier de\nLy on, 93. PAN : Echos, 94. Nécrologie, 96.\nN° 3. lERIER FÉVRIER.\nCH. LÉANDRE. .... Croquis d'album : Déodat de Severac 112 bis\nJEAN MARNOLD Dialogues des Morts: VI. Terpandre, Palestrina, . 97\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs: Ars et Humanitas 110\nJEAN RAGE. ..... Salade rosse 114\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, JEAN POUEIGH, JOSEPH TRIL-\nLAT, NEZEU : Les Concerts, 116. —JEAN MARNOLD : A la Nationale, 121.—RAYMOND\nBOUYER ; Le Quatuor Parent, 122. X.-MARCEL BOULESTIN : Accords anglo-fran-\nçais, 125. JOSEPH TRILLAT : Les Revues, 128. JACQUES REBOUL, A. G. :La\nMusique à Lyon, 129. —-MARCEL MONTANDON : Courrier de Munich, 133. Sous-\nOFF. : Courrier de Stuttgart, 138. Courrier de Reims, 140. —Courrier de Nantes,\n140. PAN : Echos, 142. Publications récentes, 144. Calendrier des Concerts,\nM -"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.60", "texte": "590\nTABLE DES SOMMAIRES\n\nN° 4. 15 FÉVRIER.\nEDGAR SULL. POE. . . . Le Corbeau (version nouvelle) 145\nREMY DE GOURMONT. . . Mélodie. 150\nROMAIN ROLLAND. . . . L'Opéra populaire à Venise 151\nJEAN RAGE Salade rosse 161\n\"Revue d@ la Quinzaine: Louis LALOY, G. DE MALARET, M, S., JOSEPH TRILLAT,\nJ. R. : Les Concerts, 164. MAGNUS SYNNESTVEDT : Musique d'Extrême-Orient, 170,\nMICHEL BRENET : Berlioz et ses derniers biographes, 173. Du ROBEC : La Mu-\nsique à Rouen, 177. —H.G. : La Musique à Lille, 179.— SOUS-OFF. :La Musique\nà Stuttgart, 180. EDOUARD PERRIN : La Musique à Nice, 183. —J. R., Â. G, : Cour-\nrier de Lyon, 185. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 188, —UN\nPASSANT : Courrier de Berlin, 189. Correspondance, 190. PAN : Echos, 190.\nPublications récentes, 192. Calendrier des Concerts, 192.\nN° 5. lERIER MARS.\nÇH. LÉANDRE Croquis d'album : Maurice DumesniL . . , « 208 bis\nLouis LALOY Paroles sur Claude Debussy 193\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : Conversations 198\nEMILE VUILLERMOZ. . . . Le Dictionnaire 202\nWILLY Musique de chambre 208\nRevue de la Quiozaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, C. DE MALARET, RAYMOND\nBOUYER, JEAN POUEIGH, JOSEPH TRILLAT : Les Concerts, 210. RAYMOND BOUYER :\nLe Quatuor Parent, 218. C. C. : Les Revues, 220. CH.-M. LOEFFLER : La\nMusique aux Etats-Unis, 222. P. M. : La Musique à Dijon, 227. —ALBERT BA-\nZAILLAS : La Musique à Bordeaux, 229. A. B. : Courrier de Reims, 235.\nL. PERNY : Courrier de Tours, 235. PAUL DUBOT : Virtuoses, 236. JEAN\nRAGE : Simples avis, 237. Correspondance, 238. PAN : Echos, 239. PW-\nblications récentes, 240.\nN# 6. 15 MARS.\nGUIDO GASPERINI. . . . L'Art italien avant Palestrina 241\nSALVATOR PEÏTAVI. . . . Esquisses musicales d'outre-Manche : /F, La Harpe\nd'Erin « 248\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, C. DE MALARET, JEAN\nPOUEIGH, JOSEPH TRILLAT, RAYMOND BOUYER, R. R. : Les Concerts, 259. RAYMOND\nBOUYER : Le Quatuor Parent, 266. MAURICE FOURRIER : Les Théâtres, 269.\nJEAN MARNOLD : Coulissiana, 270. HENRY GAUTHIER-VILLARS : Saint-Saëns contre\nWilly, 272. Louis LALOY : Polémiques grégoriennes, 274. JACQUES REBOUL, A. G. :\nLa Musique à Lyon, 276. RENÉ D'AVRIL : Courrier de Nancy, 279. EDOUARD\nPERRIN : Courrier de Nice, 281. X.-MARCEL BOULESTIN : Courrier de\n282. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 284. PAN : Echos, 284.\nPublications récentes, 288. Calendrier des Concerts, 288.\nN° 7. lERIER AVRIL.\nJEAN MARNOLD. .... LES SONS inférieurs et la théorie de M. Hugo\nRiemann (suite.) • 290\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d'ailleurs : Musique pure 299\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : vocation faussée. Le\nthéâtre de censure . 302\nJEAN POUEIGH Au pays des Neuvièmes :En guise de préface* . . 310\nRevue de la Quinzaine : Louis LALOY, C. DE MALARET, CH. CHAMBELLAN, JEAN\nPOUEIGH, JEAN CHANTAVOINE, JEAN LEROUX, A. 8., M. S., C. D., PAUL DUBOT : Les\nConcerts, 312. RAYMOND BOUYER : Le Quatuor Parent, 323. *—» WILLY Ï A propos\nde « Don Procopio », 327. Louis LALOY : Les Revues, 328. EDOUARD PERRIN :\nLa Musique â Nice et à Monte-Carlo, 329, H. G. : Courrier de Lille, 334. PAN :\nEchos, 335."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.61", "texte": "TABLE DES SOMMAIRES\n591\n\nN° 8. 15 AVRIL.\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle 337\nGUIDO GASPERINI. . . . L'Art italien avant Palestrina (suite et fin). . . . 348\nRevue de la Quinzaine : CH. CHAMBELLAN, LOUIS LALOY, JEAN POUEIGH, ROMAIN\nROLLAND, C. DE MALARET, RAYMOND BOUYER, M. 8., JOSEPH TRILLAT, CH. ADRIANNE,\nPAUL DUBOT : Les Concerts, 357. Louis LALOY : A VOpêra-Comique : Aphrodite,\npièce musicale en sept tableaux, 372. LIONEL DE LA LAURENCIE : Musique des XVIIe et\nXVIIIe siècles, 375. EDIMOND FLEG : Musique nouvelle, 376. EDMOND BAILLY :\nA propos de la résonance inférieure, 379. JACQUES REBOUL, A. G. : La Musique\nà Lyon, 380. —M.A. : Courrier de Nantes, 384.— L. B. : Courrier de Reims, 386.\nDu ROBEC : Courrier de Rouen, 386. F. H. : Courrier de Strasboui ■g, 388.\nJAN RUER : Courrier de Tours, 389. Correspondance, 390. PAN : Echos. 390.\nN° 9. lERIER MAI,\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone, de Remy de Gour-\nmont 400 bis\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : Miguel Llobet 408 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone, poème champêtre. —I. Les Cheveux• 400 bis\nBARON DE TRÉMONT. . . Une visite à Beethoven 393\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Rie-\nmann (suite) 399\nMARTIAL TENEO Miettes historiques : Maître de chant psychologue.\nUne figure peu connue 409\nRevue de la Quinzaine : JEAN MARNOLD : Gerolsteiniana, 417. C. DE MALARET,\nCH. CHAMBELLAN, PAUL DUEOT, LOUIS LALOY : Les Concerts, 422. Louis LALOY:\nAu Salon de la Société Nationale, 427. L. L. : Revue des Revues, 428. JACQUES\nRIVIÈRE :La Musique à Bordeaux, 430. WILLIAM RITTER : La Musique tchèque,\n433. —A. G. : Courrier de Lyon, 437. Correspondance, 439. PAN : Echos,\n440.\nN° 10. 15 MAI,\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 448 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. 11. VAubépine 448 bis\nLIONEL DE LA LAURENCIE. . Jacques Aubert et les premiers concertos français de\nviolon 441\nMAURICE RAVEL. . Noël des Jouets 454\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle 455\nRevue de 3a Quinzaine: LETTRE DE L'OUVREUSE, 463. Louis LALOY, R. C. :\nThéâtres, 465. CH. CHAMBELLAN : La Saison des Concerts Colonne, 467. Louis\nLALOY, RAYMOND BOUYER, CH. CHAMBELLAN, G. S. : Les Concerts, 470. MICHE*.\nBRENET : Les Livres, 476. JACQUES RIVIÈRE : Courrier de Bordeaux, 477.\nG. P. E. : Courrier de Bruxelles, 478. E. J. : Courrier du Havre, 479. —j. R. :\nCourrier de Lyon, 480. ELISABETH D'IRVEL : Courrier de Manchester, 480. —■\nRENÉ D'AVRIL : Courrier de Nancy, 481. JEAN POUEIGH : Courrier de Nantes,\n483. EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 484. L. B. : Courrier de Reims,\n485. JAN RUER: Courrier de Tours, 486. M. S. : Courrier de Varsovie, 486.\nPAN : Echos, 486. Publications récentes, 488.\nN° 11. lERIER JUIN.\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 496 bis\nCH. LÉANDRE Croquis d'album : P. Coindreau 504 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. 111. Le Houx 496 bis\nARMANDE DE POLIGNAC. . Pensées d*ailleurs. . 4Ç0"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19060615-01.1.62", "texte": "592\nTABLE DES SOMMAIRES\nPoitiers. - Société française d'imprimerie et ds Librairie,\n\nJEAN MARNOLD Les Sons inférieurs et la théorie de M, Hugo\nRiemann (suite.) 494\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle (suite) 505\nRsvue de la Quinzaine : LETTRE DE WILLY, 513. RAYMOND BOUYER : Théâtres,\n515. Louis LALOY, CH. CHAMBELLAN, M, 8., MAURICE FOURRIER, PAUL DUBOT : Les\nConcerts, 517. RAYMOND BOUYER : L'évolution de la Sonate, 526. —JACQUES\nRIVIÈRE : Courrier de Bordeaux, 530. EDOUARD PERRIN : Courrier de Nice, 531.\nC. D. : Courrier de Saint Quentin, 532. —JAN RUER : Courrier de Tours, 533.\nCorrespondance, 534. PAN : Echos, 535. Publications récentes, 536.\nN° 12. 15 JUIN-\nGEORGES D'ESPAGNAT. . . Composition inédite pour Simone 544 bis\nREMY DE GOURMONT. . . Simone. —~ IV. Le Brouillard 544 bis\nE. MARCHAND J.-S. Bach et Beethoven 537\nEMILE VUILLERMOZ, . Le Dictionnaire (suite) 547\nPIERRE AUBRY La Musique et les musiciens d'église au XIIIe\nsiècle (suite). » . . 556\nRÔ¥U© de la Quinzaine : Louis LALOY,, CI-I. CHAMBELLAN, M. 8., MAURICE FOURRIER :\nConcerts, 569. - E. ANSERMET : La Musique en Suisse, 573. LEF ZEITLIN :\nCourrier d'Helsingfors, 576. M. M.: Courrier de Munich, 577. Du ROBEC :\nCourrier de Rouen, 578. PAN: Échos, 579. - Publications récentes, 580."}]}