{"numero_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_sha256": "f5cccbab557876f28081ddb0a5ad1424736aa10da7bdfb3cb4506090cc1a45d7", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1906/10/15_01/bmtnabh_1906-10-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1906/10/15_01/bmtnabh_1906-10-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c001", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.1", "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "Sommaire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.1", "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "Sommaire\nF GEORGES D ESPAGNAT—. Composition\nLA RÉDACTION Le Mercu\nREMY DE GOURMONT....,. Simone. VIII : Le Jardin.\nPAUL DE CHÈVREMONT. .. Musique hongroise.\nE, BURLINGHAME HILI L'Œuvre d\nRAYMOND 80UYER......... Quelques\nMICHEL 8RÇNft........... Les débuts de l'abonnement\nJACQUES RE80UL.......... Uneforme galloise de la légende de Parsifal.\nGASTON KN05P......... ... Murger musicien.\nLouis Laloy : Le Congrès de Bâle. Jean Poueigh :La\nVestale au théâtre de Béliers., A. N.\n« Échos. Publications récentes.\n■ ■ '■ ■ .r-'\nV. ~ F, -F V.1 NVTJÇ-. „? , ; 4, * - .-T . fr*:û Mm."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.2", "titre_corps": "LE MERCURE MUSICAL MENSUEL", "titre_sommaire": "LE MERCURE MUSICAL MENSUEL", "signature_source": "La Rédaction", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 393, "texte": "LE MERCURE MUSICAL MENSUEL\nLa Rédaction.\nLexpérience tentée pendant ces vacances nous décide à faire\nparaître dorénavant le Mercure Musical\nsuelles,, le 15 de chaque mois. I\nn'y perdront rien, et recevront d\ndû. Ils y gagneront de n'avoir plus\net le caractère même de notre pu\ntenir un peu plus à distance de\nvoir plus haut et plus loin. Les\ndepuis longtemps à ce sujet no\napprobation unanime."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.3", "titre_corps": "MUSIQUE HONGROISE", "titre_sommaire": "MUSIQUE HONGROISE", "signature_source": "Paul de Chèvremmont", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "MUSIQUE HONGROISE\n\nArmenonville, Ritz, le restaurant de Paris au choix de vos\nsouvenirs... petites tables, petites femmes, lumière rebondis-\nsante à des angles de bijoux, densité agressive d'odeurs élé-\ngantes, d'aromes culinaires, puis, sur tout cela, devenue\ncomplice de digestions béates et d'états d'âmes indulgents,\ndiscrètement élaborée derrière des verdures par de pacifiques et\nfaux hussards, une musique qui, liquéfiée dans les cornues d'un\nVilliers de l'lsle-Adam chimiste, détrônerait immanquablement\nles plus onctueuses marques de sirops. Cette musique a du\nmoins un mérite : celui d'arriver à l'heure dont elle est digne.\nEt les Implorations, Fascinations, l'Amour qui meurt, celui qui\nrefleurit tous noms, comme dirait l'autre, à ne pas coucher\ndehors de monter, de descendre, avec la légèreté des choses\nvides, l'escalier des croches, de reprendre souffle sur le palier\ndes rondes, d'échouer enfin, en des pianissimos pantelants,\nsur la chaise longue des points d'orgue.\nEt les jolies digérantes de synthétiser leur gratitude complexe\ndans ce jugement cruellement définitif : il n'y a encore que les\ntziganes !\nQuels tziganes ? Il y a les uns, émigrés de la Butte et que des\nrevers de fortune ont rendus hongrois. Mais il y a aussi les\nautres, et l'on peut juger par ceux-là des culpabilités de l'im-\nportation à outrance. Leurs qualités se sont muées en défauts;\nleur souplesse est devenue gymnastique, leur énergie prétention,\nleur scrupule des nuances fade culte de l'effet. Et cela est natu-\nrel. La même nature souveraine et splénétique ne les entoure\nplus, ne leur insuffle plus son inspiration, ne les rehausse plus\nde son relief. Ce sont, mieux que des déracinés, des désenca-\ndrés. Joignez un régime de pots pourris et de valses lentes, le\nmensonge de l'uniforme écarlate, le sourire émollient des prin-\ncesses : l'avatar y est. Plus de chansons natales, ou presque, plus\nde fougue, d'imprévu, de coups d'archet pareils à des coups de\ntête : de la docilité, de la sagesse, des rênes. Le tzigane hon-\ngrois est devenu le tzigane hongre."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.5", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "Abandonnons ces douceâtres pantins et remontons « de la\nmare à la source ».\nUn soir de Hongrie. Un de ces soirs campagnards dont la\nlargeur d'un paysage à peine meublé de constructions basses,\nde haies discrètes, de lointaines processions d'arbres, permet\nde suivre toutes les phases. Là-bas, une fuite de montagnes;\nici, l'immense bras d'un puits à bascule et son importance\ndésolée; un silence fait de mille bruits vagues, propice à l'éveil\nde la vie intérieure. C'est alors qu'interviennent, arrivés on ne\nsait d'où, mais venus eux aussi à leur heure, les czigâny, les\ntziganes. Ils ne sont pas vêtus de rouge. Ils n'ont pas de bottes\nluisantes et les yeux ne leur saillent point de la tête. Ils ne se\nconvulsent pas, ne dessinent pas avec leur violon d'aériens et\nridicules paraphes. Ils jouent autant pour eux que pour vous-\nmême.\nQue jouent-ils ? Aucune musique, comme la musique hon-\ngroise, ne donne, de prime abord, l'illusion de l'improvisé.\nCeux qui, d'après Brahms, ce pesant classeur de papillons,\ns'imaginent la connaître, parlent avec une mine entendue de\nla sévérité de son rythme. Si l'on excepte quelques exordes un\npeu vulgaires, les seuls d'ailleurs que Brahms ait recueillis avec\nune rare maladresse de goût et qu'il a, en outre, doctoralement\nsurvulgarisés, le rythme hongrois met au contraire une coquette-\nrie à se dissimuler, s'élasticiser de façon telle, qu'il semble sou-\nvent n'exister plus. De là ces courses bizarres des instruments les\nuns après les autres, fugues haletantes comme des respirations,\ndonnant l'impression de trouvailles soudaines, joyeusement\nrépétées; de là cette imprécision de contours, cette fluidité par\nlaquelle la musique hongroise s'apparente à d'audacieuses\nmusiques modernes; de là, sa docilité à s'adapter au sentiment\nde celui qui l'écoute, à paraître lui obéir plus que lui comman-\nder, à se faire le canevas sur lequel il brodera son rêve. Musi-\nque séductrice, persuasive, magique et féminine. Orgueilleuse\ncependant, par la noblesse, la fierté native de son inspiration.\nPopulaire, elle n'a nul lien avec la facilité commune des chan-\nsons italiennes, avec la candeur ménagère des germa-\nniques, la monotonie un peu larmoyante des airs slaves. Sa joie\ncomme sa tristesse savent demeurer distinguées; et si lon\nsonge dans quels humbles cerveaux elle a germé, l'on ne peut se\ndéfendre d'une curieuse admiration pour un peuple dont les\npauvres n'ont jamais mis leur pauvreté en musique.\nJe me souviens d'une halte que je fis un jour dans un petit\nvillage de la Haute-Hongrie. Village composé d'une rue unique,\noù pêle-mêle pataugeaient des enfants et des bœufs. De droite\net de gauche, d'indigentes maisons dont l'une, celle que je"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.6", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "cherchais, s'ornait de l'écriteau Magyar kir posta, des postes\nhongroises. Je pénétrai dans une salle obscure. Deux femmes\nécrivaient; un homme fumait, accoudé sur un piano. Cet instru-\nment, égaré là, me parut un symbole... Je sentis entre ces incon-\nnus et moi la sympathie subite que crée la même ferveur pour\nun même art. Comme s'ils m'eussent compris, l'homme se mit\nau piano, les femmes chantèrent. Alors s'évanouit le contraste\nun peu cruel de l'idée d'un concert en un tel lieu. La salle\nobscure s'éclaira, s'ennoblit ; un archaïque chant de guerre,\nun chant d'automne l'emplirent tour à tour de bruissements\nd'armures et de bruissements de feuillages; des élégances gour-\nmées d'anciens magyars surgirent, puis tournoyèrent en danses\nfurieuses. La porte s'ouvrit : des passants, des villageois entraient,\nse mêlaient au chœur. Le piano, modeste patraque, vibrait sous\nla pédale comme un vieux pur-sang sous l'éperon ; c'était admi-\nrable et charmant. Je m'en allai au bout de deux heures, la\ncervelle en feu, sans que ce départ fût remarqué de personne,\nsans savoir pourquoi j'étais venu, suivi jusqu'au tournant de\nla route par les échos tenaces et fauves du\nrajta.\nTout l'amour impérieux et transfigurant du Hongrois pour\nsa musique tient en ce détail. Elle est la source esthétique à\nlaquelle petits et grands s'abreuvent, demandent les mêmes\njouissances, les mêmes consolations. Mais, comme certaines\neaux vives, il faut la goûter sur place, fût-ce entre deux étapes,\net dans le cadre prosaïque autant qu'inattendu d'un petit\nbureau de poste.\nQuel est le lot des paroles dans la musique hongroise ? L'ac-\ncord entre l'une et les autres est-il parfait ? Le mot n'est-il au\ncontraire qu'un point de départ, un prétexte à fantaisies libres,\ninsoucieuses des contraintes verbales ? Cette dernière opinion\nme semble la plus juste. Je connais, certes, plusieurs pièces\nadmirables dans lesquelles la couleur sonore s'adapte scrupu-\nleusement au dessin poétique, le renforce, le complète sans\nl'absorber. Ce sont pourtant des exceptions. La poésie hon-\ngroise a le style large, mais un peu primitif et monocorde des\nchansons de geste. Sa douleur, sa tendresse, sa joie sont celles\nde grands enfants farouches. ..Lamusique hongroise, plus variée,\nriche de moyens expressifs, tend au contraire à s'émanciper,\ns'universaliser. Il est naturel, dès lors, qu'elle veuille traduire\nà elle seule des douleurs, des tendresses, des joies plus péné-\ntrantes et plus vastes. Confiante en elle-même, elle quitte le\nchemin tracé, va où son désir la guide ; de la mélancolie d'un\npâtre elle fait celle d'un roi. Musique pure, à tel point que l'on\nne peut s'empêcher de la soupçonner parfois d'avoir précédé"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.7", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "les paroles dont elle s'affuble. Il lui suffit du reste de les délais-\nser pour s'affirmer aussitôt tout entière, dans son indépendance\net son étrangeté. La voix du violon est la seule qui lui con-\nvienne. Le tzigane le sait et ne chante pas. Cela lui permet de\npasser d'un morceau à un autre sans écouter à chaque fois notre\nimpression; d'unir ensemble par des fils adroits des thèmes\nsemblables par la sensation qu'ils évoquent et que les mots\nrendraient disparates ; de construire une manière de symphonie\nd'après son impulsion du moment et son degré de communica-\ntion nerveuse avec l'auditoire.\nCette tactique, d'un charme inimitable et déroutant, m'amène\nà l'interprétation de la musique hongroise. Elle est à ce point\nparticulière qu'elle exige un ensemble de qualités bonnes pour\nelle seule et qui, appliquées ailleurs, deviendraient aisément\ndéfauts. Hors de son domaine, le tzigane est vite insupportable ;\nla discipline lui pèse, il la rejette là où elle demeure nécessaire.\nLa réciproque est également vraie et l'artiste étranger à cette\nmusique la traduira sans couleur et sans âme, imbu qu'il a été\nd'autres préceptes tout aussi tyranniques. Lamusique hongroise\nest une musique d'exagération passionnée. Son interprète, pour\nla rendre, se forge une technique de liberté, faite de tous les\nmoyens utiles à son but. Il n'a point passé par les Conserva-\ntoires où Ton enseigne de très vénérables doigtés; il n'a point\nsubi l'affre des examens devant un jury de têtes chauves et\ngardiennes d'un inviolable code. Il va devant lui, sans autre\npréoccupation que celle de l'émotion à communiquer, violente,\nirréfléchie, magnétique. Il a pour cela, presque toujours, un don\nque nulle étude ne lui eût fait acquérir, la beauté du son. Il\nabuse certainement de l'expression, ses ports de voix confinent\nparfois au mauvais goût ; sa sincérité doit lui valoir le pardon.\nEn revanche, quelle science des ressources de l'instrument, du\ncaractère ample, lumineux ou sanglotant des cordes ! Le tzigane\nconnaît son violon de la façon dont l'Arabe connaît son cheval.\nL'un et l'autre ont eu pour maîtres l'atavisme et la nature ; ils\nne se souviennent pas de débuts arides, de sécheresses d écoles.\nIls sont heureux parce qu'ils sont libres.\nQuel est ce jardin ? C'est le jardin de la douleur;\nIl n'y croît que des fleurs et des arbres de peine.\nC'est mon amie qui les a plantés.\nSur ces traces douloureuses, je marche douloureux aussi.\nQuelle est cette ville pour être si sombre ?\nC'est la ville des douleurs ; c'est mon amie qui l'a construite.\nLa plus petite maison n'y est bâtie qu'en pierres de peine;\nL'oiseau migrateur lui-même n'y fait que pleurer."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.8", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "C'est par un exemple, si court fût-il, que j'ai voulu clore,\nmusicalement, ces reconnaissantes réflexions sur la musique\nhongroise.\n\nPaul de Chèvremmont."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.4", "titre_corps": "L'OEUVRE DE PIANO DE CLAUDE DEBUSSY", "titre_sommaire": "L'OEUVRE DE PIANO DE CLAUDE DEBUSSY", "signature_source": "Edward Burlinghame Hill", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1960, "texte": "L'OEUVRE DE PIANO\nDE CLAUDE DEBUSSY\n\n(1)\nIl est incontestable aujourd'hui que Claude Debussy occupe\nparmi les compositeurs modernes une situation unique.\nEn mettant de côté la question de sympathie ou antipathie,\nsa personnalité est absolument isolée, indépendante, et sans\naucun contact avec la mode musicale du jour. Bien au con-\ntraire, son style harmonique, si original, si nouveau, est devenu\nlui-même une mode suivie par bien des imitateurs désireux de\ns'approprier une aussi vivante écriture musicale. Mais il ne faut\npas considérer Debussy comme un novateur de parti pris :\nmême dans ses années d'études, il ne paraît s'être jamais assu-\njetti à l'influence d'aucun maître. Sa personnalité ne s'est pas\nformée, comme celle de Richard Strauss, à l'école des styles\nconventionnels ; elle s'est développée et a mûri graduellement\nde par sa conscience de soi-même et sa foi patiente en sa propre\nparole.\nClaude-Achille Debussy est né à Saint-Germain (Oise), près\nde Paris, le 22 août 1862. Il étudia au Conservatoire de\nParis l'harmonie avec Lavignac, le piano avec Marmontel et la\ncomposition avec Guiraud. Après avoir remporté des prix de\nsolfège et de piano, il obtint finalement le prix de Rome en 1884,\navec sa cantate Y Enfant prodigue, conventionnelle encore,\npour la forme et le fond. Pendant son séjour à Rome il en-\nvoya une suite pour orchestre et chœur, le Printemps, compo-\nsée en 1887 , qui n'a jamais été exécutée. En 1888, il écrivit la\nDamoiselle élue (d'après The blessed de Dante Gabriel\nRossetti) pour solo de contralto, chœur et orchestre. Cette\n\n(i) Cet article a été publié en anglais par l'excellent journal\nsician, de Boston (août 1906). Nous avons pensé être agréables à nos\nlecteurs en leur faisant connaître ces pages où s'affirme un goût délicat.\nNous sommes aussi en mesure de leur promettre, pour notre prochain\nnuméro, un article original de l'éminent critique dont la collaboration\nnous est désormais assurée. (N. d. 1. R.)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.10", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "dernière œuvre fut jugée par les autorités du Conservatoire\n« trop moderne », et refusée pour ce motif. Avant et après son\nservice militaire, qui date de son retour de Rome, il écrivit ses\nSix Ariettes, publiées plusieurs années plus tard, Cinq Poèmes\nd'après Baudelaire, les six chants sur des poésies de Verlaine,\nSagesse et Fêtes Galantes,et d'autres encore. En 1893, son\nquatuor à cordes fut terminé, et produit par Isaye, en dé-\ncembre de la même année. C'était la première œuvre de\nDebussy qui permît d'apprécier complètement son talent ; par\nelle on put entrevoir la direction qu'il allait prendre, quoique\nle style en paraisse classique en comparaison des hardiesses\ndes œuvres suivantes. C'est dans le Prélude pour orchestre à\nï Après-midi d'un Faune de Mallarmé, sujet étrange, d'un mysti-\ncisme transcendant, qu'apparaît le vrai Debussy. Nouvelle,\naussi bien dans sa conception que dans son harmonie et son\njeu de délicates sonorités orchestrales, cette pièce est presque\ndevenue populaire dans certains pays ; elle a même paru sur\nles classiques programmes des Concerts du Conservatoire, d'où\nsa Damoiselle élue avait été exclue. D'autres œuvres impor-\ntantes de Debussy furent : les Nocturnes pour orchestre inti-\ntulés Nuages, Fêtes et Sirènes, ce dernier avec chœur de femmes,\nsans paroles (cette idée nouvelle avait déjà été appliquée dans\nle Printemps); ensuite Pelléas et (1902) sur la pièce\nde Maeterlinck, œuvre qui lui avait coûté treize ans de travail,\ncertainement la plus importante de toutes, celle qui devait faire\népoque aussi bien par la manière de traiter le récitatif que par\nla nouveauté de l'écriture harmonique et l'orchestration si\nexquisement subtile ; celle qui doit être considérée comme la\nplus complète personnification de son mysticisme raffiné, d'un\ncoloris si varié, et de sa puissance d'émotion poignante et ori-\nginale. Pendant la saison de 1905-1906 l'orchestre Chevillard\na exécuté une nouvelle œuvre orchestrale : la Mer, trois\nesquisses symphoniques intitulées : De VAube à midi sur la mer,\nJeux de vagues, Dialogue du vent et de la mer, qui (à en juger\npar l'arrangement à 4 mains) est empreinte d'un sentiment plus\nuniversel, sans toutefois que l'auteur ait sacrifié le charme et le\npiquant du détail, si caractéristiques dans ses autres œuvres.\nDans l'intervalle, à côté de nombreux morceaux de chant, il\nécrivit les œuvres de piano suivantes: (1884)\nà quatre mains ; Mazurka, Rê (1890) ;\nbergamasque ; Prélude, Menuet,\n(1890); deux Arabesques (publiées en 1904) écrites\nen 1891 ; Pour le piano : Prélude, Sarabande et Toccata (1901),\nMarche écossaise (1902) à 4 mains; Estampes: Pagodes,\nSoirée à Grenade, Jardins sous (1903) ; et"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.15", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "l'lsle Joyeuse ; Images : Reflets dans\net Mouvement (publiés en 1905). Une courte pièce, Feuillet d'al-\nbum, et une transcription d'une pièce à 4 mains de Schumann\n(op. 85), A la fontaine,furent publiées en 1905. Une\npour piano et orchestre (1899) n'a jamais été exécutée ; une\nsérie d'lmages pour 2 pianos à 4 mains : et\nValse est sous presse.\nLa musique de piano de Debussy peut être divisée en deux\ngroupes distincts : l'un contient les œuvres de sa jeunesse, et\nl'autre celles qui caractérisent sa maturité. Ces groupes sont\nséparés par des années d'activité dirigée dans des sens divers.\nLa Petite Suite, composée l'année de son prix de Rome, est\nsimple et sans prétention, d'une musique agréable, correc-\ntement écrite, mais bien éloignée de celle qu'il écrira plus\ntard.\nLes premières petites pièces, en particulier la\nla Rêverie,la Danse,la Ballade et la sont\npiquantes et gracieuses, mais elles contiennent plus d'un lieu\ncommun, et leur harmonie frise l'extrême simplicité : ce n'est\nqu'un essai. D'autre part, la Suite datée de 1890,\nfait soupçonner un remaniement postérieur, tant elle est en\navance sur les œuvres contemporaines du même auteur. Publiée\nen 1905, on y reconnaît certaines parties datant de l'année de\nsa composition, à côté de détails de style, d'harmonie, defacture,\nqui ne se manifesteront que plus tard. Il y a dans le Clair\nde Lune des passages poétiques ; mais c'est dans le Menuet et\nle Passe-pied que l'invention est le plus personnelle. Les\nArabesques (publiées en 1904 sans retouche à ce qu'il semble)\nsont le plus frappant modèle de ses œuvres premières restées\ntelles qu'elles ont été écrites. Elles expriment dans un style\ncoulant et gracieux l'idée annoncée par le titre ; il ne s'y trouve\naucun effort pour arrivera une expression poétique particulière;\nelles sont bien construites, de forme agréable et nous paraî-\ntraient suffisamment originales si nous ne connaissions les\nœuvres si frappantes des années suivantes.\nEn effet, le progrès est tant soit peu brusque en ce qui\nconcerne le second groupe des pièces de piano (commençant par\nla série Pour le piano). Que ce soit pour l'invention harmonique\nou pour l'originalité du fond, ou pour la puissance d'expression,\nou pour le caractère personnel, le changement est saisissant. Le\nDebussy de 1891 est sans contredit un compositeur de mérite,\ncorrect, avec des idées piquantes et un joli talent ; celui de 1901\nest un harmoniste passé maître, d'une originalité incontestée,\nun poète d'une rare distinction, créateur d'impressions nou-\nvelles et uniques. Ce changement peut amplement s'expliquer"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.16", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "par les œuvres écrites dans l'intervalle : le le\nPrélude à l'après-midi d'un Faune ; les chants : de\nBaudelaire (1889-1893), Fêtes galantes (1892-1903), Chansons\nde Bilitis ( 1898), les Nocturnes pour orchestre, et, par-dessus\ntout, Pelléas et Mélisande,commencé dès 1889.\nC'est pendant cette période que Debussy s'appliqua à polir et\nassouplir sa technique, à se former un système complet de\ncombinaisons harmoniques, à élargir sa faculté d'expression\nmusicale pour la rendre à la fois subtile et forte. Pour moi, le\npremier recueil du second groupe : se ressent\nde l'influence de Bach, mais une influence qui porte l'empreinte\ndu maître moderne. De ces trois pièces, c'est le Prélude, d'al-\nlure vive, qui est le plus souvent joué dans les concerts ; mais\nla Toccata aussi est un morceau de virtuosité, et en outre rap-\npelle la toccata italienne classique. La Sarabande suggère la\nmême influence classique, quoique l'écriture harmonique en\nsoit ultra-moderne. Il est difficile de dire ce qui caractérise ici\nle dernier Debussy : est-ce l'ondulante cadence, aux sonorités de\nharpe du Prélude,ou la suave progression des accords de sep-\ntième de la Sarabande (au mépris des classiques résolutions\nexigées par les puristes), ou les nouvelles formes d'écriture que\nnous trouvons à chaque page de la\nLes Estampes,composées en juillet 1903, ont des sujets plus\ncaractérisés et une physionomie plus personnelle. Les\nsont une pièce charmante, très chinoise en sa gamme, et d'une\nlangueur orientale dont l'exotisme s'accorde merveilleusement\nà la dernière manière de Debussy. La fin, sur un accord dis-\nsonant, est d'un effet exquisement vague : un assoupissement\ninquiet dans le silence. L'indication du tempo de\nà Grenade (mouvement de habanera) donne la clef de son\ncaractère : une brusque variété de rythmes dansants, tantôt\nd'une langueur fluide ou d'une sauvagerie sourde, alternant\navec des passages d'une douce tendresse. Par instants les\nrefrains d'une guitare lointaine interrompent les souvenirs de\nla danse, et la fin s'évanouit dans l'impalpable. Les\nsous la pluie sont une œuvre d'une imagination vive et délicate,\nd'un développement plus achevé, mais aussi originale par la\nforme que par le fond. Ces trois pièces sont finement ciselées et\nd'une fantaisie incomparable. Primitivement les et\nYlsle Joyeuse devaient avec la Sarabande former la Suite ber-\ngamasque. La substitution des pièces antérieures est expliquée\npar une remarque de Debussy à Louis Laloy, le critique, écrivain\net directeur parisien, qui la cite comme une preuve évidente de\nla conscience artistique du maître : « Impossible de publier la\nSuite bergamasque, il me manque douze mesures pour la Sara-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.17", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2704, "texte": "bancle. » En conséquence, les Met Vis le furent\npubliés séparément. Les motifs en sont développés avec plus\nde fantaisie, plus d'abondance, et avec une science plus libre et\nplus large.\nLes Masques se distinguent par des effets harmoniques et\nrythmiques nouveaux ; dans Ylsle c'est le style brillant\nqui l'emporte, principalement dans le passage du commen-\ncement, pareil à une cadence, et son développement à la suite.\nToutes deux sont d'une imagination très vive et d'une coloration\npresque tropicale.\nLes dernières pièces : Images,comprennent :\nVeau, qui nous montrent une veine de contemplation idyllique,\nd'un rare bonheur ; Hommage à Rameau, qui a quelque chose\nd'un peu contraint, comme ployant sous le fardeau de la res-\nponsabilité élogieuse, et Mouvement,une charmante inspiration\nabstraite, de caprice fantastique. Feuillet d'album est une pièce\npittoresque, un peu vague. La Transcription de Schumann est\ncorrecte, sans être traitée d'une manière bien nouvelle.\nLe manque de place ne me permet pas d'analyser les infinies\ninnovations harmoniques de Debussy ; elles consistent dans\nune manière toute nouvelle d'associer les accords parfaits, dans\nle fréquent usage des septièmes et des neuvièmes sans résolu-\ntion, avec quelque indulgence pour les fausses relations, et les\nprogressions harmoniques fondées sur une gamme de tons\nentiers. Cette gamme a été essayée déjà par Liszt, un novateur de\njour en jour plus apprécié, par exemple dans son Dante ; mais\nDebussy a formé, sur ce principe, tout un système qui n'ap-\npartient qu'à lui seul. Le style des dernières œuvres pour piano,\ntout en figures originales, en rythmes variés, en contrastes de\nsonorités subtiles, est un style rigoureusement personnel et\nqui ne se ressent en rien de l'influence de l'école fondée par\nLiszt. Par son inspiration comme par son goût, Debussy est\navant toute chose un pur Français : c'est dire qu'il est résolu-\nment indépendant. Son territoire est à lui seul, exception faite\npour ses imitateurs. Parmi les compositeurs pour piano d'au-\njourd'hui, il n'appartient qu'à lui d'écrire ces morceaux de fan-\ntaisie amplement développés, et dont la forme est en relation\ndirecte avec l'idée qui les a inspirés. Poète avant tout, son ima-\ngination possède un riche clavier de nuances. Il a commencé\npar l'influence littéraire de Rossetti pour passer ensuite à\nBaudelaire et Verlaine ; et son œuvre la plus importante l'as-\nsocie à Maeterlinck. Son orchestre chante en une tonalité délica-\ntement personnelle \" sa musique de piano a reculé les bornes de\nla technique et de la fantaisie à la fois. Comme Richard Strauss\na découvert de nouveaux mondes dans le contrepoint, comme"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.18", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "Vincent d'lndy a su unir la tradition des premiers classiques à\nnotre manière moderne de penser et d'écrire, ainsi nous devons\nreconnaître en Debussy un grand inventeur d'harmonie et un\npoète d'un mysticisme inégalable.\n\nEdward Burlinghame Hill."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.5", "titre_corps": "SIMONE poème champêtre", "titre_sommaire": "SIMONE poème champêtre", "signature_source": "REMY DE GOURMONT ; Dessins de Georges d'Espagnat", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "SIMONE\npoème champêtre\nLe Jardin\n\npar\nREMY DE GOURMONT\nDessins de Georges d'Espagnat"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "Le Jardin\n\nSIMONE, le jardin du mois d'août\nEst parfumé, riche et doux :\nIl a des radis et des raves,\nDes aubergines et des betteraves,\nEt; parmi les pâles salades,\nDes bourraches pour les malades ;\nPlus loin, c'est le peuple des choux,\nNotre jardin est riche et doux."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 543, "texte": "Les pois grimpent le long des rames ;\nLes rames ressemblent à des jeunes femmes\nEn robes vertes fleuries de rouge.\nVoici les fèves, voici les courges\nQui reviennent de Jérusalem.\nL'oignon a poussé tout d'un coup\nEt s'est orné d'un diadème,\nNotre jardin est riche et doux.\nLes asperges tout en dentelles\nMûrissent leurs graines de corail ;\nLes capucines, vierges fidèles,\nOnt fait de leur treille un vitrail.\nJ\nEt, nonchalantes, les citrouilles\nAu bon soleil gonflent leurs joues ;\nOn sent le thym et le fenouil,\nNotre jardin est riche et doux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.6", "titre_corps": "QUELQUES IMPRESSIONS D'UN AMOUREUX D'ART", "titre_sommaire": "QUELQUES IMPRESSIONS D'UN AMOUREUX D'ART", "signature_source": "Raymond Bouyer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "QUELQUES IMPRESSIONS\nD'UN AMOUREUX D'ART\n\n(>)\nA M. Louis Laloy, qui a dit :\n« La musique est un art somp-\ntuaire, et c'est pour cela que je ne\ndeviendrai jamais socialiste... »\ndu ter juin\n1906, page 5x8.)\nV art pour tous ! V art dans tout ! Je crains les époques\nqui parlent d'art à tout bout de non moins que les\nfemmes qui nous fatiguent les oreilles de leur vertu.\n* *\nL'art pour le peuple ? L'hygiène et le bonheur matériel,\nd'abord...\n★\n* *\nQu'est-ce que la Musique? Eternelle question sans ré-\nponse ! La poser n'est point la résoudre. Et, cependant, les\ncompositeurs composent...\nLa musique ne serait-elle pas une physionomie ? Expres-\nsive ? Suggestive plutôt. « La physionomie », disait La\nBruyère à la fin du grand siècle moraliste, « n est pas une\nrègle qui nous soit donnée pour juger des hommes : elle nous\npeut servir de conjecture. » De même, sans programme, on ne\ncomprendra jamais les détails ou les causes de ce langage\nsecret qui n'est pas un langage articulé : la musique !\n<t II n'y a pas de musique absolue », a dit le Kupellmeister\nbeethovénien par excellence, Félix Weingartner de même, il\nn'est point de visage sans expression; les plus ou les\nplus ingrats ont ce caractère éloquent détie inexpt essifs , 01,\n\n(i) Cf. le Mercure musical du i 5 janvier 1906."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.20", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "certaines musiques pédantes ressemblent à ces visages-1à...\nBon gré, mal gré, la physionomie est une voix silencieuse ; la\nmusique, une physionomie qui chante. Et que de secrets dans\nun demi-sourire !\nInutile de connaître chacun des muscles faciaux par leur\nnom pour lire une physionomie; pour sentir la musique, il\nn'est pas plus indispensable de la\n« On ne pense pas en musique », a dit un psychologue; un\nsourire non plus n'exprimera jamais une pensée, mais son\natmosphère.\nSans Y expressionphysionomique, la des lignes est une\nbeauté froide. La musique de Brahms suggère souvent\ncette beauté-là. Réciproquement, « la beauté du diable » man-\nque de lignes...\nMusique, physionomie : mystérieuse\n*\n¥■ +\nIl y a plusieurs façons d'aimer la musique, comme il y a, tout\nau fond du cœur, plusieurs façons tout court.\n•k\n* *\n« La musique est femme » : en le disant, Richard Wagner ne\ncroyait pas si bien dire. C'est le propre du génie d'être\nencore plus profond qu'il ne croit. La musique est femme, et\nde nature angélique ou divine : un rien peut altérer sa physiono-\nmie ; le fard y creuse des rides indélébiles. La moindre vilenie\ns'y reflète... Entre les plus belles phrases d'une pantomime de\nmusic-hall et la plus chétive inspiration de Mozart, même in-\ntervalle qu'entre les habituées du promenoir et les honnêtes\nfemmes jolies (il y en a).\n★\n¥ *\nL'âme du compositeur se reflète à chaque mesure dans la\nphysionomie de sa musique. C'est là le de Beethoven.\n~k\n¥■ *\nIl y a des musiques-filles dont Beethoven rougirait.\n★\n* *\nNotre éducation musicale, qui fut si lente, prend une allure\nd'automobile... Notre mélomaniem'inquiète."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.21", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "•k\n* *\nComment le philistin devint snob ? C'est toute l'histoire\ndes quarante dernières années de Paris.\nLe Snobisme,qui paraît supérieur à la bourgeoise vulgarité\nde la franchise, est une hypocrisie : n'est-ce pas un hommage\nque notre légèreté rend au grand art ?\nIl faudrait un La Rochefoucauld pour le définir. Je m'abs-\ntiens donc, n'étant ni duc, ni vieux, ni génial...\n★\n* *\nGluckisme, rossinisme et meyerbeerisme, berliozisme,\nmassenétisme, wagnérisme, franckisme, debussysme : ces sept\nou huit barbarismes ne résument-ils point l'histoire des « états\nd'âme » musicaux d'un siècle d'art?\n★\n* *\nLe virtuose est à l'interprète ce qu'un avocat facile est à\nl'orateur convaincu. Busoni, puis Risler exécutant la 106 !\n*\n* *\nPENSÉE DE JUIN :\nPareille à certaines voyageuses divinités de ces admirables\nreligions antiques, symboles de la Nature, la Musique s'exile\ndans l'ombre du silence à l'heure où la Lumière chante sur les\nblés. Elle nous quitte sans pitié, ne nous laissant qu'un souve-\nnir pour consoler notre immense regret... La musique, l'amie,\nreviendra ; mais serons-nous là pour la recevoir ?\n*\n*\nPENSÉE DE SEPTEMBRE :\nLe regret, ce poète de la vie...\n★\n* *\nPENSÉE DE TOUJOURS :\nL'ldéal est ce qui n'est pas ou ce qu'on n'a pas...\n\nRaymond Bouyer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.7", "titre_corps": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE", "signature_source": "Michel Brenet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT\nDE MUSIQUE\n\nL'abonnement de musique fait tellement partie des habitudes\nmodernes, qu'en dehors des grands établissements dont les colis\npostaux circulent constamment, bien peu de centres provinciaux\nsont assez dépourvus de « ressources artistiques » pour ne point\nrecéler en quelque boutique un fonds plus ou moins rarement\nrenouvelé de papier noté offert en location. Ni les musiciens\nqui demandent à l'abonnement de les « tenir au courant », ni\nles amateurs qui s'en servent pour varier à peu de frais leurs\nlectures, ni les éditeurs qui l'utilisent pour écouler leurs\n« bouillons » et pour faire aux morceaux de bonne vente un\nsupplément de publicité, ne se doutent à l'heure actuelle des\nobstacles dressés, il y a un siècle et demi, devant l'inventeur du\nsystème. Le procès de l'abonnement de musique, qui dura deux\nans et dans lequel d'habiles plaideurs entraînèrent près de trois\ncents musiciens, est beaucoup moins célèbre que celui, plusieurs\nfois conté, des instrumentistes et des maîtres à danser. Nous\npourrions même dire que ses péripéties n'ont retenu jusqu'ici\nl'attention d'aucun musicologue, si M. Weckerlin n'avait jadis\nconsacré trois pages au résumé de l'un des factums imprimés à\nson sujet (i) : cet extrait n'était d'ailleurs accompagné d'aucune\nréférence précise, d'aucun supplément d'enquête (2). L'histoire\nest donc presque inédite. Nous avons pensé qu'elle méritait\nd'être mise sous les yeux de lecteurs musiciens, dont la curio-\nsité en matière historique s'avive de jour en jour.\n*\n* *\nCe fut un peintre étranger, Antoine de Peters, qui, le premier,\nimagina d'ouvrir à Paris, en 1765, un « bureau d'abonnement\n\n(1) Weckerlin, Origines de Vabonnement de musique, dans le Bulletin de\nla Société des compositeurs de musique, t. 11, 1867, pp. 38-40.\n(2) Sauf, n'omettons rien, d'une note, où Gaviniès était désigné comme\nayant, « avec Gossec, créé le concert spirituel>\\"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.23", "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "musical ». Il l'installa au domicile de Jean-Baptiste Miroglio,\nun violoniste italien, son associé ou son prête-nom. Avant de\nvoir à l'œuvre les deux personnages, essayons de les connaître.\nCe ne sera pas chose aisée, surtout pour le principal, Peters, au\nsujet duquel des documents sans liaison nous laissent presque\ntout ignorer.\nBien que la Biographie nationale ne mentionne pas son\nnom (i), on ne peut guère douter qu'il fût d'origine flamande.\nSiret le connaît vaguement et lui donne par erreur les initiales\nF. L. (2). Il mentionne une dédicace du graveur Weirotter,\nqui lui est adressée, et il ajoute qu' « on lui doit plusieurs\ntableaux qui ont été gravés », et des eaux-fortes exécutées vers\n1760. Une jolie suite de marines et paysages, dont le cabinet\ndes Estampes de la Bibliothèque nationale possède un exem-\nplaire, porte en effet cette légende : « Six différentes vues d'après\nnature, dédiées à M. de Peters, peintre ordinaire de Son Altesse\nroyale le Prince Charles de Lorraine et de Bar, grand maître\nde l'Ordre teutonique, etc., par son serviteur et ami Weirot-\nter » (3). Le blason de Peters, gravé, selon l'usage, au milieu\nde la dédicace, porte : de gueules à trois têtes de bélier d'or,\nposées 2 et 1. Cette suite de paysages n'a pu être gravée\nqu'après 1761, époque à laquelle la dignité de grand maître de\nl'Ordre teutonique fut conférée au prince Charles de Lorraine.\nLes premiers documents musicaux qui concernent Peters men-\ntionnent également ses fonctions auprès de ce prince ; elles ne\ndataient certainement que d'un temps postérieur à l'établisse-\nment de Charles de Lorraine à Bruxelles (4) : du moins le\n« peintre ordinaire » du prince n'a-t-il laissé à Lunéville et à\nNancy aucune trace de sa présence (5). En 1763, il vivait à\nParis, sans avoir quitté, de fait ou nominalement, son emploi ;\ndepuis 1767, il cesse d'en joindre la mention à son nom; en\n1771, on le voit se placer sous un autre patronage et s'intituler\n« premier peintre du roi de Danemark » (6), Christian VII,\n\n(1) Ce dictionnaire, si complet et si savamment rédigé, énumère toute\nune série de peintres du xviie siècle appelés Peeters ; aucun du xviii®, et\naucun Peters.\n(2) Siret, Dictionnaire des peintres de toutes les écoles, 3e édit,3 iBB3,\nt. 11, p. 146.\n(3) Cabinet des Estampes, Ca. 24.\n(4) Charles-Alexandre, prince de Lorraine et de Bar, né à Lunéville le 12\ndécembre 1712, fixa en 1737 sa résidence à Bruxelles, et mourut au château\nde Tervueren, le 4 juillet 1780.\n(5) Un très expert collectionneur et connaisseur lorrain a bien voulu\ncompléter amicalement, sur place, les recherches que nous avions entre-\nprises à Paris, et qui ont eu, sur ce point, un résultat négatif.\n(6) V. les textes cités ci-après.\ni 8"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.24", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "qui venait de voyager en France. Quoique nos renseignements\nsur Peters s'arrêtent là, nous ne supposerons pas qu il partit\npour les pays du Nord à la suite de son nouveau protecteur , il\nest au contraire probable qu'il mourut à Paris, car ce fut en\ncette ville qu'eut lieu, le 9 mars 1779, la vente de son « Cabi-\nnet )>5 vente partielle, que compléta, le 5 novembre 1787,\ncelle des tableaux qu'avait conservés sa veuve (1). Parmi ces\nderniers, le catalogue énumere sous le nom de J.-A. de Peters\ndouze tableaux de genre, et quelques miniatures et peintures\n« en mixaquarelle ». Dans la vente de 1779 avaient figuré tiois\nminiatures de « Guillaume-Antoine de Peters pète » et deux\naquarelles de « Bonaventure Peters ». La composition des deux\ncatalogues nous apprend que la situation de fortune de notre\npeintre-musicien lui permettait le luxe d'une collection nom-\nbreuse de toiles « des grands maîtres des trois écoles » : elle lui\npermettait aussi de risquer des capitaux dans 1 édition et la\nlocation d'œuvres musicales, et nous le verrons déployer en ce\ngenre d'affaires beaucoup de hardiesse et d'activité. Alors même\nqu'il faisait acte de commerçant, il insistait avant tout sur sa\nqualité de peintre : il se dit même, dans l'un de ses Mémoires\njuridiques, membre de <( l'Académie de peinture, sculptuie et\ngravure », ce qui doit vraisemblablement s entendie de 1 Aca-\ndémie de Bruxelles, car le nom de Peters est absent des proces-\nverbaux de celle de Paris (2).\nA l'égard de Miroglio, l'on peut croire de prime abord qu'il\nsuffit de s'en remettre aux dictionnaires musicaux, car Fayolle,\nFétis, Eitner, nous offrent des notices sur deux musiciens de\nce nom. Malheureusement, pas une ligne de ces notices\nn'est exempte d'erreurs : prénoms, dates, liens de parenté entre\nles deux Miroglio, titres de leurs œuvres, tout y est discutable.\nMieux vaut donc, ce qui n'est point d'ailleurs l'exception,\nmais la règle, fermer les dictionnaires et consulter unique-\nment les documents originaux.\nCeux-ci nous apprennent que Pierre Miroglio l'aîné était\nitalien, et neveu de Somis ; en 1738, on le citait dans un rang\nhonorable parmi les violonistes connus à Paris (3). En 1741, Ie\n\n(1) Catalogue des tableaux des trois écoles, pastels, gouaches, miniatures,\ndessins... qui composent le cabinet de M. de P*** [Peters]... la vente de ce\ncabinet se fera le 9 mars 1779... Paris, Muzier.Remy et Basan, 1779, in-12\nde 110 p. 651 numéros. Catalogue de tableaux des grands maîtres\ndes trois écoles, après le décès de Mme de Peters... dont la vente se fera\nle 5 novembre 1787... Paris, Le Brun, Remy, 1787» in_!2 de 74 p. 266\nnuméros. (Bibl. Nat. Cabinet des Estampes, Yd 134 a et 184 c.)\n(2) Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et sculpture, publiés\npar M. de Montaiglon, tomes VII à IX, Paris, 1880 et suiv., in-8.\n(3) Mercure de France, juin 1738, tome I, p. 1116."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.25", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "texte d'un privilège qu'il prit pour faire graver « plusieurs\nsonates, trios, musique sans paroles, de sa composition » l'appelle\n« le sieur Pierre Miroglio l'aîné, maître de musique, pour le\nviolon, du prince de Carignan » (1). Nous ne connaissons qu'un\nseul ouvrage publié en vertu de ce privilège : SONATE j a j\nVIOLINO E BASSO, | composte da PIETRO MIROGLIO, | dedicate\nal Sigr Francesco Geminiani, Opéra prima. Gravées par\nMlle Vandôme. A Paris, chez l'autheur grande place de l'hôtel\nde Soissons. Avec privilège du Roy (2). L'œuvre n'est pas sans\nmérite, et l'on pourrait y relever des détails intéressants. Mais\nnous ne devons pas nous attarder en compagnie de Miroglio\nl'aîné. L'autre, celui du « bureau d'abonnement musical », nous\nattend. Surnommé le cadet,puis il n'était pas le fils,\nmais le frère du précédent; il ne s'appelait pas Pierre-Jean, mais\nJean-Baptiste, et au lieu d'être né « vers 1750 (3) », il composait\ndéjà son troisième œuvre à cette date.\nLes programmes du Concert spirituel contiennent, en effet,\nle 11 mai 1752, « une symphonie de Miroglio» (4), et le\n8 décembre de la même année « la troisième ouverture du\ntroisième œuvre de Miroglio » (5). Ces deux mentions indiquent\napproximativement la date de publication des quatre premiers\nlivres de ce musicien, qui parurent sans millésime et sans\nreproduction de privilèges, sous les titres suivants :\nSix | SONATES | à | Violon seul et basse, [ dédiées j à\nMadame [ de La Faye la jeune, j composées par j Miroglio\nle cadet. | Gravées par Mlle Vandôme. [ Œuvre ler.Ier. | A\nParis, | chez Madame Boivin, marchande, rue Saint-Honoré à\nla Règle d'Or ; le sieur Le Clerc, Md rue du Roule à la Croix\nd'Or; Mlle Castagnerie, rue des Prouvaires, àla musique royale.\nAvec privilège du Roi (6;.\nSix | SONATES | à | Violon seul et basse, | dédiées | à\nMonsieur J Guignon, | Premier Violon du Roy. | Com-\nposées | par Miroglio le jeune. | Œuvre IIe. | A Paris...\n(mêmes adresses que pour l'œuvre I.) A Lion, chez M. de\nBrotonne, rue Merciere. Gravées par Mne Vandôme (7).\nOuvertures | à quatre parties | dédiées | à Madame\n\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21957, p. 489, privilège \"général, pour 9 ans, du\n3Q mars 1741, enregistré le 4 mai.\n(2) Bibl. nat., Vm 7, 785. Le recueil, in-folio de 26 pages, ne contient ni\ndédicace ni reproduction du privilège.\n(3) Ce sont les renseignements de Fétis.\n(4) Mercure de France,juin 1752, t. I, p. 166.\n(5) Annonces, affiches et avis divers, du i 3 décembre 1752.\n(6) In-fol. de 33 pages. Bibl. nat. Vm 7, 786 et 788, 2 exemplaires.\n(7) Bibl. nat. Vm 7, 787."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.26", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "Chicoyneau | de La Vallette | composées par M. Miroglio |\nIIIe Œuvre. J A Paris... (mêmes adresses) j Gravées par\nMlleVandôme (1).\nSix Sonates à deux /Violons sans basse | dédiées | à Mon-\nsieur Le Pilleur d'Appligny | Conseiller au Parlement |\npar } M. Miroglio | le cadet j Œuvre IVe | Gravées par\nMUe Vandôme | A Paris... (mêmes adresses) (2).\nQuelques années plus tard, en 1759, l'auteur du\nParis nomme Miroglio parmi les « Maîtres de violon et de\npardessus de viole », et indique son domicile « Cour du grand\ncerf ». C'est l'adresse à laquelle s'ouvrit en iy6s le « bureau\nd'abonnement musical », et à laquelle aussi, en 1764, le\nvioloniste-commercant débitait les exemplaires de son œuvre\nX:\nSix | SIMPHONIE j à grande Orchestre | pour j Deux\nviolons et basse, Alto Viola j les cors ad libitum | par\nM. Miroglio j Œuvre X. [ A Paris | Chez l'auteur Cour de\nl'ancien grand Cerf, rue des deux Portes | et aux adresses\nordinaires de musique ] Avec privilège du Roi | Gravée par\nMme Vandome vis-à-vis le Palais-Royal (3).\nD'autres ouvrages du même musicien ne nous sont connus\nque par des annonces ; ce sont un « Recueil d'ariettes avec\nparoles françaises et italiennes » ; une ariette avec accompa-\ngnement de 2 violons et basse, « Vous qui cherchez une\nfemme » ; et dix suites de duos pour deux violons, pardessus\nde violes, ou mandolines, intitulés L'Amusement des dames, dont\nles livraisons 7 et 8 parurent en 1767, les livraisons 9 et 10 en\n1769 (4).\n*\n* #\nLes relations de Miroglio avec Peters furent d'abord celles de\ncompositeur à éditeur. Le peintre du prince Charles s'était\naperçu qu'en France le commerce de la musique était\nlibre, non par l'effet d'une faveur spéciale, mais parce que la loi\nl'ignorait ou le dédaignait, et qu'il se trouvait tacitement assimilé\nau commerce des ouvrages gravés en taille-douce, estampes,\ncartes et plans, lesquels restaient en dehors de l'étroite\n\n(1) Bibl. nat.,Vm 7, 1519.\n(2) Idem,Vm 7, 856. Tous ces ouvrages sont signés, au bas de la p. 3, du\nseul nom : Miroglio, et de la même main.\n(3) Idem,Vm 7, i 520. Cet ouvrage est annoncé dans\ndu i 5 octobre 1764.\n(4) V. les textes de privilèges et le catalogue du bureau d'abonnement,\ncités plus loin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.27", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "réglementation de la librairie et des ouvrages Sans\nêtre forcé d'appartenir à un corps de métier, n'importe qui\navait donc le droit de publier et de vendre de la musique\nTantôt les musiciens faisaient eux-mêmes commerce de leurs\nœuvres, tantôt ils les déposaient chez des marchands merciers,\npapetiers, luthiers, voire des « marchandes lingères ».\n« Pour profiter de cette liberté » et sans doute parce que,\naimant la musique, il trouvait un double attrait à des spéculations\nfinancières la concernant, Antoine de Peters commença par se\nrendre acquéreur, en 1763 et 1764, de nombreux exemplaires\nd'oeuvres musicales déjà gravées, et d'ouvrages inédits, à\npublier. Parmi ces derniers se trouvait une ariette, VArt de\nplaire, composée par Miroglio pourMlle Piccinelli. Avant même\nqu'elle eût été exécutée en public, l'éditeur La Chevardière la\nreproduisit, au mépris des droits de Peters, et l'inséra dans\nune feuille hebdomadaire qui paraissait chez lui. Ce fut le\npremier sujet de querelle entre Peters et La Chevardière, et qui\nne manqua point d'être remis sur le tapis lorsque se plaida le\nprocès de l'abonnement musical.\nL'orage éclata dans l'été de 1765. Au mois de juin, avec la\npermission du lieutenant de police, Peters avait fait imprimer\net distribuer un prospectus annonçant l'établissement d'un\n« bureau d'abonnement musical », analogue aux trois « magasins\nlittéraires » qui fonctionnaient à Paris pour le prêt des livres.\nNous n'avons pas retrouvé ce prospectus, que cite l'un des\nfactums publiés au cours du procès, et que résume V Avant-\nCoureur dans l'article-réclame reproduit ci-après. Miroglio,\nchez lequel était installé le bureau, y est seul nommé, bien que\nPeters fût le fondateur et le propriétaire de la nouvelle entre-\nprise :\n« Depuis que la musique est devenue un amusement presque\ngénéral et que les personnes du plus haut rang en font leurs\ndélices, rien n'était plus utile qu'un magasin où se trouvent\nrassemblés tous les morceaux de musique tant ancienne que\nmoderne. C'est ce qu'offre aujourd'hui le bureau que nous\nannonçons, et qui sera ouvert le 22 de ce mois, Cour de l'ancien\ngrand Cerf, rue des deux portes Saint-Sauveur, chez le sieur\nMiroglio. La collection que présente ce bureau est des plus\ncomplettes, tant en musique instrumentale que vocale. On y\ntrouvera tous les bons morceaux François, Italiens et Allemans,\net on y ajoutera journellement tout ce qui paraîtra de nouveau.\nL'abonnement sera de 24 1. par an, moyennant laquelle somme\nles abonnés pourront y prendre telle pièce de musique qu'ils\ndésireront, et il leur sera à cet effet fourni un catalogue dont on\nleur donnera le supplément de six mois en six mois. On pourra"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.28", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "garder les exemplaires l'espace de huit jours, et on en fournira\nde nouveaux ; on en pourra même prendre de nouveaux tous les\njours en remettant les anciens entiers et non déchirés. On sent\ncombien cet établissement, à la tête duquel sont des personnes\nde goût, peut contribuer au progrès de l'art, et varier les\nagrémens qu'on en retire (1). »\nAu catalogue de Peters figuraient quelques morceaux du fonds\nde La Chevardière, dont il avait acheté des exemplaires. Ce fut\nle prétexte que saisit cet éditeur pour essayer de couper court\nà l'industrie du bureau d'abonnement, laquelle, prétendait-il,\nn'irait pas à moins qu'à ruiner le commerce de musique et tarir\nla source même de la composition, car « si la location de la\nmusique était conservée, on ne vendroit plus de musique, et\nles auteurs ne voudroient plus en composer ni en faire graver,\ndans la persuasion qu'ils perdraient leur dépense, faute de\npouvoir en vendre. »\nUn « marchand papetier », Toussaint Bordet ; deux\n« marchands merciers », Christophe Le Menu et Charles-\nNicolas Le Clerc ; et quatre musiciens, Pierre Gaviniés, Michel\nCorrette, Antoine Bailleuxet Jean-Baptiste Yenier, qui éditaient\nou vendaient de la musique, se joignirent donc à Louis-\nBalthasar de La Chevardière, pour déposer, le 2 septembre 1765,\nune demande en justice, à l'effet de pouvoir « saisir tous les\nouvrages de musique étant dans le bureau d'abonnement,\ncomme en contravention à leurs privilèges et qualités, et de se\nfaire assister d'un commissaire et d'un serrurier pour l'ouverture\ndes portes » ; en second lieu, les demandeurs sollicitaient la\npermission d'assigner Peters et Miroglio, « pour voir ordonner\nla suppression de leur bureau, et leur défendre de continuer\ncet établissement ».\nLa Chevardière n'obtint pas la permission de saisir, mais\nseulement celle d'assigner. Au lieu d'étouffer en germe la\nconcurrence redoutée, il lui fallut s'enfoncer dans le dédale de\nla procédure et lutter à grands coups d'exploits, requêtes,\nmémoires, sommaires, précis, défenses, plaidoiries, contre un\nadversaire habile, remuant, tenace, qui rétorquait ses arguments,\nfaisait désister ses témoins, mettait en branle toute la gent\nmusicale, et jetait à la tête de son adversaire des factums\nimprimés de trente, de cinquante pages in-quarto, avec des\nsignatures d'« intervenants » par centaines (2).\n\n(1) L'Avant-Coureur, du 22 juillet 1765.\n(2) Nous n'avons plus toutes les pièces du procès : mais l'on peut en\nreconstituer l'histoire par celles qui subsistent et qui sont : Mémoire\nsignifié pour les sieurs de Peters et Miroglio... de l'imprimerie de d'Houry,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.29", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "Bien loin de nuire au commerce de la musique, la location,\ndisait Peters, « facilitera la connaissance et l'achat de la\nmusique » ; elle est « nécessaire au public, aux auteurs, aux\nprofesseurs, à leurs élèves, aux concerts, à tous les citoyens, aux\npères de famille, au peuple, à tous les marchands, à tous les\nouvriers employés pour la musique, à la multiplicité de la\nvente, à la réputation des musiciens, et à la récompense de\nleurs talents ». Pour mieux affirmer que l'abonnement\nn'entraverait pas le débit de la marchandise, il portait à La\nChevardière une sorte de défi, en proposant « non seulement de\nfaire graver à ses frais en totalité la musique qu'il trouverait\nbonne, mais encore à moitié frais toute la musique qu'il ne\ntrouverait pas telle, et même la plus mauvaise, pourvu que\nl'auteur lui rapporte une attestation de deux musiciens connus\nà Paris, et choisis par l'auteur, qui assure que son ouvrage est\nbon et mérite l'impression ».\nIl ne semble pas cependant que ce fût par ce moyen hasardeux\nque Peters, à la même époque, se constituait un fonds\nd'éditeur. Les textes de deux privilèges qu'il prit dans la même\nannée fixent la date de publication d'un certain nombre\nd'ouvrages, pour la plupart importés de l'étranger, dont il était\npropriétaire et qui se vendaient chez Miroglio.\nLe premier de ces privilèges fut enregistré le 24 septembre\n1765 par le syndic de la communauté des libraires de Paris ;\nc'était un « privilège général » du 7 août, obtenu pour une\ndurée de douze ans par le « sieur de Peters, peintre de S. A. R.\nle prince Charles de Lorraine », qui se proposait de « donner\nau public une œuvre de solo par M, Burghoven, une œuvre de\nquatre trios par M. Kennis, une œuvre de quatre simphonies à\n4 par Wagenheil, une œuvre de cinq trios par Vanmaldere,\nune œuvre de duo de vcivi auiori^une œuvre de symphonies par\nToesky, une œuvre de six symphonies par Schwindele, une\nœuvre de 4 et de 6 symphonies par Smith, une œuvre de trio\nviolon et basse par Smith, une œuvre de 6 trio pour flutte par\nSmith, une œuvre pour clavecin, violon et basse par Smith, une\nœuvre de 6 solo par Smith, une œuvre de 6 duo pai Smith,\nune œuvre de 6 solo de clavecin par Smith (1). »\nPar le second privilège, daté du 14 novembre 1765, enre-\n\n-1767, in-4 de 60 p. (Bibl. nat. Fm 25687), Sommaire signifié...\nin-4 de 16 p. (Fm 25686). Arrêt de la Cour de Parlement.du 5 août\n1767 .. de l'imprimerie de Hérissant, in-4 de :>8 p. (Bibl. nat. ms. fr. 22005,\npièce 19 et ms. fr. 22121, pièce x 1). - Prospectus et pièces diverses, dans\nles mêmes mss. —JJAvant-Coureur, années 1767 17^8.\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21963, p. 372. Il faut lire Burckhofler, Wagenseï ,\nToeschi."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.30", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "gistré le 18 février 1766, le même « sieur de Peters, peintre de\nS. A. R. le prince de Lorraine », obtenait pour douze ans le\ndroit de « donner au public des ouvrages qui ont pour titre :\nSix symphonies d'Alexandre, trois suites de beaux airs mis en\nsymphonie parle même, une Ariette italienne qui commence :\nCompolesi ah Dio,solos de clavecin avec accompagnement de\nviolon ou flutte, 6 symphonies de Godeharlt, 6 quatuor de\nJ. Martini pour violon, flutte, alto viola et basse, les nouveaux\nprincipes du clavecin par M. Le Bœuf, organiste de Sainte-\nGeneviève, 6 duos de Gardon, de Holozbauer, 6 solos de\nRaphaël, 6 symphonies de Kennis, 6 symphonies de Wirtz-\ntham (1) ».\nLa proportion des noms étrangers dans ces deux listes est\nassez significative. Ou bien Peters avait précédemment connu\nhors de France, et spécialement à Bruxelles, plusieurs des musi-\nciens dont il introduisait les œuvres à Paris, ou bien il aperce-\nvait dans la reproduction de morceaux déjà publiés ailleurs une\nfaçon moins onéreuse d'augmenter son stock. Il imaginait en\nmême temps un second mode d'abonnement, qui lui permettait\nd'écouler périodiquement et à son choix ses publications nou-\nvelles, et dont il exposa les conditions dans un prospectus\nimprimé au mois d'octobre 1765 :\n« Le sieur de Peters, peintre ordinaire de S. A. R. Mgr le\nprince Charles de Lorraine, demeurant à Paris, rue du Hazard,\npropose à tous les citoyens français et étrangers, demeurant\ndans le Royaume et ailleurs, et s'oblige de fournir chaque mois\nde l'année, à chaque souscripteur, un exemplaire d'un nouvel\nœuvre de musique, moyennant la somme de 48 livres par an.\nLes douze livraisons annuelles seront composées d'exemplaires\ndont les prix ordinaires actuels monteront au moins àlasomme\nde 72 livres. » Pour la première année, du ier octobre 1765 au\nier septembre 1766, les douze ouvrages promis étaient précisé-\nment ceux visés par les récents privilèges qu'avait obtenus\nPeters : sonates, duetti, symphonies, de Burckhoffer, Théodore\nSchmid, Kennis, Godecharle, Alexandre, Gardon, Holzbauer,\nMartini, Wagenseil, Vitzthumb \", les souscriptions étaient reçues\nchez Miroglio, et les récépissés en devaient être ainsi libellés :\n« Je soussigné, Antoine de Peters, entrepreneur de l'établis-\nsement dont le prospectus est ci-contre, reconnais avoir\nreçu », etc. (2).\n\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21963, p. 435. Il faut lire Godecharle, Cardon,\nHolzbauer, Vitzthumb.\n(2) Prospectus in-40 de 4 pages, de l'imprimerie de P. de Lormel, 1765.\n(Bibl. nat., ms.fr. 22085, pièce 18.)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.31", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2717, "texte": "L'hiver de 1765-66 se passa en efforts pour fixer dans chacun\ndes camps ennemis le plus grand nombre possible de partisans.\nLa Chevardière, que Peters accusait d'avoir « ébloui des parti-\nculiers pour adopter ses demandes », réussit à s'assurer l'appro-\nbation d'une vingtaine d'artistes de marque : « Antoine Dau-\nvergne, surintendant de la musique du roi et maître de\nmusique de Mesdames de France \\ Michel Blavet, composi-\nteur ordinaire de M. le comte de Clermont; Pierre-Just\nDavesne, compositeur et ordinaire de l'Académie royale de\nmusique; Egide-Romuald Duni, auteur et compositeur; Duphly,\ncompositeur et maître de clavecin; Jean-Antoine-Léontzy\nHonaver, aussi compositeur et maître de clavecin ; Pierre\nVachon, compositeur et premier violon de M. le prince de Conti ;\nCharles Duport, aussi compositeur et ordinaire de sa dite\naltesse ; J ean-Baptiste Janson, idem Antoine Groneman, ;\nBenoît-Joseph Biaise, compositeur et ordinaire de la Comédie\nItalienne; Antoine Légat de Fursy, compositeur et organiste ;\nClaude Delaporte, aussi compositeur et organiste ; Vinceslaus\nSpourny, compositeur ; Nicolas Gravina, aussi composi-\nteur; Jean-Baptiste Mahony, Jean-François Bouin, Bernard\nMerchi, Frédéric Raupach, Charles Deblois, Pierre-Fran-\nçois Moreau, Pierre Delamotte, Charles Garnier, idem. »\nToutes ces signatures furent probablement de quelque\npoids pour obtenir du lieutenant de police, prononçant en\nqualité de « juge des privilèges», une sentence rendue le\n25 mars 1766 :\n« Faisons défense aux sieurs de Peters et Miroglio et à tous\nautres, de graver ou faire graver, distribuer ou faire distribuer,\nde louer ou prêter à prix d'argent, directement ou indirecte-\nment, les œuvres, en tout ou en partie, d'aucuns compositeurs\nou musiciens françois, ou établis en France, qui auront obtenu\nprivilège du roi, avant l'expiration du temps porté par le pre-\nmier privilège, à peine contre les sieurs de Peters et de Miro-\nglio, en cas de contravention, de suppression du bureau d'abon-\nnement musical, et contre eux et tous autres, de saisies et de\nconfiscations au profit de l'auteur ou éditeur ayant droit de\nlui. En ce qui concerne les ouvrages des compositeurs ou\nmusiciens françois qui n'auront pas obtenu de privilège, per-\nmettons aux sieurs de Peters et Miroglio de louer, trois mois\naprès la date de la permission accordée aux auteurs, les ouvrages\nde musique vocale, à la charge et non autrement de se pourvoir\npour ladite location, et d'en acheter les exemplaires qu'ils\nvoudront louer à l'auteur ou éditeur ayant les droits de\nl'auteur, sans pouvoir se servir d'exemplaires qu'ils se seraient\nprocurés ailleurs; à l'effet de quoi les exemplaires qui leur"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.32", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "seront vendus par l'auteur ou éditeur seront par lui marqués\net paraphés », etc.\nPeters ne perdit point de temps pour interjeter de cette sen-\ntence un appel que reçut la Cour; et comme elle statuait qu en\nattendant le prononcé du jugement; « toutes choses resteraient\nen l'état», le peintre-musicien mit à profit sa liberté provisoire,\nen s'appliquant à « compléter son bureau pour la location »,\njusqu'à faire paraître un supplément à son premier catalogue.\nPendant près de dix mois, La Chevardière se tint coi. Puis,\ntout à coup, son ardeur processive se rallumant de plus belle ,\nil réclama, le 18 février 1767, exécution de la sentence du\n2 5 mars précédent, dont l'effet était resté en suspens. La guerre\ndu papier timbré recommençait : mais des changements s'étaient\nproduits dans les rangs des belligérants.Certains musiciens, qui\navaient tout d'abord consenti à placer leur signature auprès de\ncelle de La Chevardière, refusaient désormais de le suivre. Le\ndésistement de Le Clerc et de Davesne marqua pour Peters une\nheureuse journée. Non content de les voir se détacher de son\nennemi, il voulut tirer avantage de leur retraite et leur en fit\ndemander les motifs dans les formes authentiques. Charles-\nNicol as Le Clerc, qui se faisait vieux, déclara par devant\nnotaire qu'il avait voulu seulement « se débarrasser des peines\net des soins d'un procès, et se procurer sa tranquillité ». Une\npareille profession de pacifisme ne pouvait plaire à un homme\nplongé depuis de longs mois jusqu'au col dans la chicane :\nPeters en prit acte avec dépit, le déclarant « sans doute bien\nfrivole ». Il obtint avec Davesne plus de satisfaction. Celui-ci\nreconnut n'avoir « approuvé ou signé les contestations de La\nChevardière que faute d'avoir été instruit suffisamment des rai-\nsons pour et contre », et ne fit pas difficulté d'avouer que, «en\nétant instruit aujourd'hui, il reconnaissait que le bureau et le\nprêt ne pouvaient qu'être utiles au public et aux musiciens ».\nLa Chevardière eut beau remplacer les déserteurs par de\nnouveaux partisans, il s'acquit les adhésions de Rebel, che-\nvalier de l'ordre du roi, surintendant de la musique de S. M. et\ndirecteur de son académie de musique; Pierre Lagarde, compo-\nsiteur et maître de musique des Enfants de France; Pierre-\nMontan Berton, compositeur et maître de musique de l'Opéra ;\nAndré Danican Philidor, auteur et compositeur d'ouvrages de\nmusique; Jean-Claude Trial l'aîné, compositeur et directeur de\nla musique du prince de Conti ; Claude Daquin, organiste de\nl'égli se de Paris (il se désista peu après, comme Davesne et Le\nClerc); Armand-Louis Couperin, compositeur et organiste de\nSaint-Gervais ; Claude Balbastre, compositeur et organiste de\nl'église de Paris; Charles Noblet, compositeur et maître de"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.33", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "clavecin de l'Académie royale de musique; Louis Aubert,\ncompositeur et premier violon de ladite Académie ; Jean Scho-\nbert, maître de clavecin et ordinaire de la musique du prince de\nConti; François Clément, compositeur et maître de clavecin;\nJean Tarade, compositeur et ordinaire de l'Académie royale de\nmusique; Etienne David, professeur de musique; demoiselle\nLouise Roussel, veuve du sieur Leclair l'aîné, vivant composi-\nteur de la chapelle du roi; les sieurs Nicolas Mal vaux, Herman,\nJoseph Carbonel, Edme-Jean-Baptiste Lejay, François Moria;\ntout cela ne fit que redoubler le zèle et l'ingéniosité de\nPeters. Jonglant avec les opérations d'une arithmétique em-\nbrouillée, le fondateur du bureau d'abonnement prétendit\nl'emporter de beaucoup quant au nombre de ses partisans, et se\nfit fort d'en réunir plus de cent cinquante : « C'est-à-dire, expli-\nqua-t-il, 46 approuvant par écrit sans intervenir, les 23 anciens\nintervenants de La Chevardière qui refusent de paraître à la\nCour, enfin ceux qui gardent le silence et conséquemment\nrefusent d'adopter le système de La Chevardière ». Avec le\nsystème de Peters, s'abstenir, c'était voter. Finalement, il porta\njusqu'à 217 le chiffre de son contingent et, dans les feuillets\nsupplémentaires de son « Mémoire signifié » en juin 1767, il\ndonna l'énorme liste nominative des musiciens qui avaient\nconsenti, soit à « intervenir» en sa faveur devant la Cour, soit à\nlui délivrer une approbation écrite.\nCette liste, jointe à celles qui des deux côtés la précédèrent\nou la suivirent, forme une sorte de Bottin ou d'Annuaire de la\nmusique à Paris en 1767. C'est donc un document historique\nd'un certain prix et que, malgré son étendue, nous ne croyons\npas inutile de reproduire :\n« Musique du Roi : Guignon, roi des violons ; Guillemain,\npremier violon du roi ; Albaneze ; Mathieu, maître de musique\nde la chapelle ; Talon ; Canavas l'aîné, professeur de violoncelle,\nà Paris, rue Neuve S. Roch ; Canavas cadet, professeur de\nviolon, rue Cassette ; Ajuto ; Antonio (Torresany); Bêche cadet ;\nBerard, à Paris, cul-de-sac Bertault ; Bohme, professeur de\nbasson, Chaussée d'Antin ; Bouleron ; Camus l'aîné ; Camus\npuîné, à Versailles ; Canavas fils, professeur de violon, à Paris,\nrue Neuve S. Roch; Dumény, rue Mazarine ; Dupont, pro-\nfesseur de violon, ordinaire de l'Académie royale de musique,\nrue S. Honoré; Falco, à Versailles; Guenin; Harand ; Huet;\nJadin ; Joguet ; Lamêche ; Lauras, à Versailles; Leroux,à Paris,\nrue des Moineaux; Metoyen, à Versailles; Piffet, à Paris, rue\ndes boucheries, faubourg S. Germain; Poirier; Rousseau;\nSimon, maître de clavecin, rue Ste Apolline.\n« Musiciens de la maison du roi, demeurant tous à Versailles :"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.34", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2567, "texte": "Bauerschmidt l'aîné ; Bintory ; Canal ; Bruner ; Baudeu cadet;\nFrance ; Ghmitte (sic) ; Destouches ; Gebauer ; Guerin ; Hart-\nmann aîné et cadet ; Huot ; Kreizer ; Krettly ; Michel ; Raab ;\nShmitt (sic) ; Simonnet aîné et cadet ; Stembaur.\n« Concert spirituel : Capron, premier violon, à Paris, rue\ndes Moulins.\n« Académie royale de musique : Davesne, quai des Quatre\nnations ; Yibert, rue Froid-manteau ; Bertheaume, professeur\nde violon ; Cugnier, professeur de basson, rue de Bourbon ;\nCupis le cadet, rue S. Denis ; de Montgaultier, rue Riche-\nlieu ; Favier l'aîné, à Chaillot ; Gally, rue de la licorne ; Guibert,\nplace Vendôme ; Lemiere, rue du Monceau ; Nochet, rue Croix\ndes petits champs ; Tourcaty, rue Montorgueil ; Vallé, rue\nS. Honoré ; Vaudémont, idem.\n« Musiciens des Comédies française et italienne : Desbrosses,\nrue Mauconseil; Berardfils, violoncelle, rue Comtesse d'Artois ;\nDargent, rue S. Honoré ; Malbrancq, charnier des Innocents ;\nLacombe ; Noël.\n« Musiciens des princes : Gaspard, première clarinette du\nprince de Conti ; Provers, premier hautbois du même, rue\nRichelieu ; Schencker, corps-de-chasse (sic) du même, rue\nGaillon ; Thomas, ancien organiste de Mme la duchesse du\nMaine, au Palais-Royal ; Hebert, maître de musique de Mme de\nPenthièvre, à Montmartre ; Raupach, attaché au prince de\nGallitzin, à Paris, rue Neuve S. Augustin ; Erenfeld, Klein,\nStiegler, professeurs de musique et ordinaires du prince de\nCondé, rue Mazarine ; Flieger, professeur de clarinette de\nM. le prince de Conti, rue Richelieu ; Heina, professeur de cor\nde chasse, vieille rue du Temple, et Hericourt, au Temple,\ntous deux ordinaires du prince de Conti; Bisch, clarinette de\nM. le prince Louis, rue S. Honoré ; Scharf, corps-de-chasse\ndu même prince, rue champ fleuri ; Sieber, vieille rue\ndu Temple.\n« Organistes et maîtres de clavecin : Bambini, professeur de\nclavecin, attaché à Mme la duchesse de Villeroy, rue de l'Uni-\nversité ; Cherée, maîtresse de clavecin, rue de Seine, faubourg\nS. Germain ; Desmereaux [de Mereaux], organiste de l'église\nS. Sauveur et des religieux bénédictins des blancs manteaux,\nrue S. Denis ; Lebœuf, organiste et maître de clavecin et de\nchant, près S. Etienne des grès ; Marin, professeur de cla-\nvecin et de chant, rue Thérèse ; Martini, professeur de\nclavecin et autres instruments, rue Montmartre ; Torlez,\nprofesseur de clavecin, rue Hautefeuille ; Alexandre, professeur\nde violon, rue d'Orléans S. Honoré ; Avril, cloître S. Ger-\nmain l'Auxerrois ; Barthelemon, professeur de violon, rue"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.35", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "S.Germain l'Auxerrois; Berard, rue Mauconseil ; Bonneau,\npremier violon du concert de Marseille, rue Poissonière ; Bor-\ndery ; Branche, professeur de violon, rue de la harpe ; Brouin,\ncommunauté des prêtres de S. Paul ; Burckoffer, professeur\nde violon, rue Richelieu ; Calais, à Versailles; Chauvin, pro-\nfesseur de chant à Paris, rue Transnonain ; Collet, professeur\nde chant, rue S. Sauveur ; Cupis le jeune, professeur de\nvioloncelle, rue S. Denis ; de Lamothe, rue Pagevin ; de\nLavaux, rue de Bourbon S. Denis ; Delépine, professeur de\nhaute-contre, cloître S. Germain l'Auxerrois ; Desbrosses,\nrue Mauconseil ; Duquesnoy, aux Innocents ; Emmig, profes-\nseur de harpe, rue Neuve S. Roch ; Favier, professeur de\ngoût et de guitare, rue de la bonne molue ; Franciscony, profes-\nseur de violon, Chaussée d'Antin ; Godecharles, rue Mazarine ;\nGresset, rue des Prouvaires ; Grillo, professeur de violon, rue\nchamp fieury ; Henry, professeur de chant, rue de la licorne ;\nLaloyeau, professeur de violon, rue des Tournelles ; Larsonier,\nà la communauté de Notre-Dame ; Lavanturier, idem] Leemans,\nprofesseur de chant et de violoncelle, rue de Tournon; Lejay,\ncloître S. Germain l'Auxerrois ; Leoné, professeur de man-\ndoline, rue S. Honoré ; Louis, professeur de cor de chasse,\nrue de Grenelle S. Honoré ; Mignard ; Meyer, professeur\nde harpe, rue Richelieu; Navoigille, professeur de violon, rue\ndes deux portes S. Sauveur; Och, rue de Bourbon; Payen ;\nPiquet de S. Julien, professeur de haute-contre, rue S. Ger-\nmain l'Auxerrois ; Polidory, professeur de violon, rue de\nTournon; Schmitt, rue de Tournon; Spourny, rue du petit\nlion ; Amable Angrand, professeur de violon ; Arnoult,\nprofesseur de violon, rue Comtesse d'Artois; Bâillon; Baudoin;\nBorniche, rue de la licorne ; Cajon, professeur de chant, quai\nde la Mégisserie ; Cales, professeur de violon ; Deshayes,\nprofesseur de violon et de chant ; Desplanques; Durieu, profes-\nseur de violon, rue de Savoie; Fabio, rue des Cordeliers ;\nGostello, rue Poissonière ; Gazel, professeur de chant, rue aux\nfers ; Geoffroy, professeur de violon, rue Dauphine ; Gior-\nnovichy, professeur de violon, rue S. Lazare; Hanot, place\nS. Michel ; Henry, professeur de chant; Ignazio, premier\nhautbois du roi Stanislas, rue Montmartre ; Langlet, professeur\nde chant, rue Ferronerie ; Louatron, rue S. Pierre aux bœufs ;\nLebouteux, professeur de violon, rue neuve S. Roch; Leclerc,\nprofesseur de violon ; Lerouge ; Lenoble, professeur de\nviolon ; Menard ; Mertrud, professeur de violoncelle, rue du\nFour S. Germain ; Michaud, professeur de violon, rue de\nTournon ; Montigny père et fils, professeurs de violon, rue\nMontmartre ; Paillon ; Paisible ; Parent ; Paturot, professeur"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.36", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "de flûte ; Pevrotte de Villiers, aussi professeur de flûte, rue\ndu faubourg Montmartre ; Thuillier père et fils, professeurs\nde violon, rue S. Médéric ; Vezou ; Vochery.\n« Pierre-Louis Charpentier, rue Gît-le-Cœur ; Drouet, rue\nS. Jacques ; la dame Quenet, rue et Montagne Ste Geneviève ;\nVandome mère et sa fille, rue S. Honoré, tous quatre graveurs\nde notes de musique. Petit-bled et Recoquillier, tous deux\nimprimeurs de musique. Gallet, marchand de planches d'étain\npour la musique. Cousineau, rue des poulies, marchand de\nmusique ; la veuve Daullé, idem,quai des Augustins. »\nLes listes s'allongèrent jusqu'à la fin du procès, qui fut appelé\nle 20 juin 1767 et occupa quatre audiences, à chacune desquelles\nparurent de nouveaux « demandeurs en requête », recrutés à la\ndernière heure. Ceux du i 3 juillet étaient; Blanchard, chevalier\nde l'ordre de S. Michel, maître de musique de la chapelle\ndu roi ; Besozzi, Cardon, Mondonville, compositeurs ; Car-\ndonne, Cauchois, Decharmes, Desjardins, du Buisson, Duguet,\nGautherot, Gelinek, Legrand, Passenau, Choizim le cadet,\nScapre, Vendeuil, ordinaires de la musique de la chapelle du\nroi ; Arsolier, professeur de violon ; Bâillon, Beaudin père,\nChauvin, Delavaux, Linot, Mignard, Romain, Bellot ; Bordery\nfils, professeur de violoncelle ; Castelin ; Charpentier petit-fils,\nmusette ; Corvé, cor de chasse ; Danguy père et fils, professeur\nde vielle ; David aîné, Delaunay, Forgelot, professeurs de chant ;\nFrédéric, professeur de violon ; Gaétan, professeur de man-\ndoline ; Gœpfen, professeur de harpe ; Groneau, professeur de\nvioloncelle ; Laberge, professeur de violon ; Lasalle, idem ;\nLecouteux, professeur de basson ; Lerouge, professeur de\nviolon ; Michel, professeur de cor ; Petit, professeur de chant ;\nPeau, professeur de hautbois ; Radet, professeur de chant et\nde basson ; Scorbe, professeur de violoncelle.\nDans la liste du 14 juillet reparaissent quelques noms déjà\ncités, et ceux de : Le Tourneur, maître de clavecin des Enfants\nde France ; Paulin, organiste de la chapelle du roi ; Won-\ndradschek, maître de clavecin; Dufour, Ferrand, organiste;\nRameau [le fils], écuyer; Despreaux, ordinaire de l'Académie\nde musique ; Milandre, Morambert, Boutroy, Patouart fils,\nDelaste, Pierre-François Moreau, Hugard, Petillot, Louis\nWerndelle, l'abbé Duchesne ; et quatre graveurs de musique,\nLabassée, Oger, Dezauche et Bouré.\nLe 4 août, veille du prononcé de l'arrêt, une liste confec-\ntionnée in extremis réunit encore les noms de Dumas, profes-\nseur de violoncelle et de chant, ancien ordinaire de l'Académie\nroyale de musique ; de La Motte, professeur de chant ;\nDesnoyers, Dumoncy, Kiescheser, ordinaires de la Comédie-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.37", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "française; Vasson, ancien ordinaire de la Comédie Italienne ;\nDubois, professeur de violon; Perrin, professeur de musique.\nQui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, dit le\nproverbe. Si la Courne rendit pas un jugement aussi sage que\ncelui de Salomon, ce ne fut pas faute d'avoir été assourdie de\ncarillons. Le 5 août 1767, elle confirma, en la complétant, la\nsentence de 1766. Il fut fait défense à Peters et Miroglio de\ngraver, distribuer et louer des œuvres de musique avant l'expi-\nration des privilèges : ce qui devait sensiblement nuire au\nbureau d'abonnement, d'où se trouvaient exclues toutes les\nnouveautés ; mais il fut en même temps fait défense à La\nChevardière et consorts de troubler Peters et Miroglio dans le\nprêt et la location des exemplaires de musique qu'ils auraient\nachetés et payés. La Chevardière était condamné à trois mille\nlivres de dommages-intérêts envers Peters, pour avoir fait\ngraver en contrefaçon l'ariette de Miroglio. Il était ordonné que\nl'arrêt fut imprimé à 200 exemplaires. Et les « intervenants »\nmettaient la main à la poche, pour solder leur quote-part des\nfrais du procès, dont personne, probablement, 11e sortait\nentièrement satisfait.\nPeters affectait cependant un contentement dont le journal\nVAvant-Coureur, qui lui était tout dévoué, se faisait l'interprète :\n« L'intérêt particulier s'était élevé et demandait la suppression\nde cet établissement si utile au public ; mais il a été autorisé\njudiciairement par une sentence du Châtelet du 2 5 mars 1766\net par un arrêt du Parlement du 5 août dernier, qui exceptent\nseulement les ouvrages des compositeurs français ou établis en\nFrance, pendant la durée du premier privilège, ou pendant les\ntrois premiers mois, s'ils ne sont revêtus que d'une simple per-\nmission (1). » Un peu plus tard, la même feuille insérait une\nnouvelle réclame au sujet du bureau d'abonnement musical :\n« L'accueil favorable que le public fait tous les jours à cet\nétablissement, encourage les entrepreneurs à chercher de nou-\nveaux moyens pour répondre à son empressement. » Ces\nmoyens consistaient toujours en deux modes d'abonnement,\nl'un pour la location, l'autre pour l'acquisition de la musique.\nLes conditions, pour le premier, étaient : 24 livres par an, ou\n18 livres pour 6 mois, et 6 livres pour un mois, avec dépôt d un\ncautionnement, en cas d'abonnement de peu de durée : « ceux\nqui n'en voudront que pour un concert, ne payeront que\n3 livres, quand même ils demanderaient douze ouvrages de\nmusique » ; échange obligatoire tous les huit jours, avec\namende de deux sols par jour de retard par chaque exemplaiie\n\n(i) L'Avant-Coureur du 14 septembre 1767."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.38", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "conservé ; échange quotidien, facultatif ; remboursement des\nexemplaires perdus, ou « gâtés de taches d'encre ou de graisse » ;\nobligation, pour les abonnés de province, de fournir la garantie\nd'une personne domiciliée à Paris ; bureau ouvert chez Miroglio,\ntous les jours, excepté les dimanches et fêtes, de 8 heures à\ni heure et de 3 heures à six, etc. Pour le second mode\nd'abonnement : vingt-quatre ouvrages de nouvelle musique,\nvocale ou instrumentale, par an, moyennant 60 livres (1).\nPour alimenter cette double industrie, Peters avait tout\navantage à ne point ralentir son activité comme éditeur. Si\nnous en cherchons la trace dans les archives de la communauté\ndes libraires, nous trouvons en effet, sous la date du 18 février\n1767, l'enregistrement d'un privilège général pour neuf ans, du\n4 février, au « Sieur de Peters » (sans titre), pour « 6 sym-\nphonies à grand orchestre de Polidori, op. 2, six symphonies\nà grand orchestre de Richter, op. 7, six symphonies à grand\norchestre de Lalleaueau (Lalloyau), op. 1, six symphonies à\ngrand orchestre de Jommelli, 6 quatuors pour 2 violons, alto\net basso de Celonietti, op. 1, six de Gresch, op. 2, six trios\npour 2 violons et basse de Helbert, op. 1, six idem de Greschtz,\nop. 1, six de Celonietti, six de Demachi, op. 1, six de Diters,\nop. 1, six duos pour violon et violoncelle de Kennis, op. 9,\nsix duos pour 2 violons de Brockioffer, op. 3, six idem par\nMiroglio, 7e et 8e suite des Amusements des dames, six trios\npour le clavecin, violon, basse, par Fable, op. 2, six duos\npour 2 violoncelles par Chabran, op. 2. » (2)— Puis, le 18\nseptembre 1769, l'enregistrement d'un privilège général pour\nsix ans, du i 3 septembre, au « Sieur de Peters » pour «6 duos\npour 2 violons, d'après les trios de J. Stamitz, 12 pièces choisies\ndes ouvrages de Stamitz, arrangés pour le clavecin, 2 sympho-\nnies de Toeschi, 6 quatuors par Gosset, 6 duos pour 2 vio-\nlons de Fantiny, 6 trios pour 2 violons et basses par Lidardi,\n6 trio par Bocharini, 12 airs tirés des opéra-comique et autres,\navec accompagnement de harpe, par Burchkoffer, six airs avec\nparoles françaises et italiennes et accompagnement de harpe,\npar Mayer, 6 trio par M. Dumoutier, 90 et 10e suite des Amu-\nsemens des dames, par Miroglio, 6 quatuor de Joseph Baur,\npour harpe, ou clavecin (3). »\nEnfin, le 16 mars 1771, l'enregistrement d'un privilège\n\n(1) L'Avant-Coureur du 14 mars 1768.\n(2) Bibl. nat. Ms. fr. 2x964, p. 157.\n(3) Bibl. nat. Ms. fr. 21965, p. 10. Gomme dans presque tous les textes\nprécédents, beaucoup de noms sont défigurés : le lecteur aura rétabli de\nlui-même ceux de Gossec, Lidarti, Boccherini, etc."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.39", "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "général pour six ans, du i 3 mars, au « Sieur de Peters,\npremier peintre de notre très cher frère le roi de Danemark »,\npour « des duos tirés du premier œuvre de Stamitz, et la\nmusique de 1 Amant de quinze ans, opéra-comique » (1). On a\nreconnu dans ce titre /'Amoureux de quinze ans, de Martini.\nQuant à l'arrangement des trios de Stamitz, il est surtout inté-\nressant par le catalogue placé en tête, qui donne, sous une\nforme abrégée, les titres de tous les ouvrages en vente vers\n17/ i au bureau d abonnement musical (2). On y remarque\ntous ceux pour lesquels Peters avait pris des privilèges : dans\nson association avec Miroglio, il jouait donc bien le rôle\nd éditeur-propriétaire, et celui-ci le rôle de marchand-commis-\nsionnaire (3).\nA partir de cette date, le « bureau d'abonnement », comme\nles peuples heureux, n'eut plus d'histoire. Il est probable qu'il\ncontinua de fonctionner tranquillement jusqu'au décès de son\nfondateur, et qu'il ne tarda pas beaucoup à trouver des imita-\nteurs.\nEn 1802, l'idée avait fait son chemin, et Paris possédait à la\nfois « trois établissemens favorables au progrès de la musique ;\nce sont les abonnemens des citoyens Leduc, marchand de\nmusique, rue Neuve des Petits champs, en face la trésorerie;\nSieber fils, rue de la Loi ; et Decombe, luthier, professeur et\nmarchand de musique, quai de l'Ecole ». Leduc annonçait que\n« le but de son établissement » était « de procurer aux ama-\nteurs la facilité de jouir d'une nombreuse collection de musique\net 1 assurance de connoître les meilleurs ouvrages en ce genre\nqui paraîtront » ; chaque abonné recevait un catalogue ; le prix de\nl'abonnement annuel était de 3o francs, avec un nantissement\nde 24 Irancs. Chez Sieber, pour le même prix, l'on n'avait « ni\npartitions, ni musique pour le forte-piano ou la harpe » ; chez\nDecombe, moyennant 36 francs par an, l'abonné pouvait lire\n« les partitions, la musique vocale, de piano, de harpe, et pour\ntous les instrumens (4) ».\n\nMichel Brenet.\n\n(1) Bibl. nat. Ms. fr. 21965, p. 458.\n(2) VI duos tirés des trios formant le premier œuvre de Jean Stamitz, etc.\nBibl. nat. Vm 7, 988.\n(3) Ala fin du catalogue du bureau musical, Miroglio donnait avis : <£ à\ntous les libraires et marchands de musique demeurant en province, qu'il\nse charge de toutes les commissions concernant la musique. Il fait de\nmême des envois dans les cours étrangères. »\n(4) Correspondance des amateurs musiciens, rédigée par le citoyen\nCocatrix, n<> 1, du 27 novembre 1802.\n'9"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 40, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.8", "titre_corps": "UNE FORME GALLOISE DE LA LÉGENDE DE PARSIFAL", "titre_sommaire": "UNE FORME GALLOISE DE LA LÉGENDE DE PARSIFAL", "signature_source": "Jacques Reboul", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "UNE FORME GALLOISE\nDE LA LÉGENDE DE PARSIFAL\n\nPEREDUR AB EVRAWC.\nA Bayreuth, ville celtique. — Pour tous\nceux qui voudront penser que la sensualité\nde Richard Wagner fut plus digne d'un\nCelte que d'un Germain.\nQuel rêve laïque dut troubler davantage les volontés averties\nde l'Eglise ? — La « Table Ronde » se défigure dans Chrestien\nde Troyes et dans Wolfram d'Eschenbach. Toute la richesse\nmystique et barbare de l'âme bretonne dégoutte chez eux en\nintentions morales. Ce sont les versificateurs prudents qui\nont faussé notre chevalerie i ceux qui les ont suivis les ont\ntrop écoutés... Etranges perversions littéraires que celles des\nAmadiset des Orlan do fur ioso: quelque chose dans le genre de\nnos japonaiseries européennes ! — Dois-je le dire ? Il me paraît\nque, plus que nul autre, Miguel de Cervantès s'appropria la\nvéritable âme chevaleresque ; son Don Quichotte et Sancho\nPança, pratique meunier, sont, jusqu'à un certain point, les\nhéritiers de Tristan et de Dinadan, le chevalier philosophe.\n— Oui, nul plus que Cervantès, jusqu'à Richard Wagner.\nIl fallut un singulier effort d'intuition au dramaturge de\nParsifalpour bondir des apologues de Wolfram. d'Eschenbach\naux aspirations les plus nobles de la légende celtique. Ce n'est\npas la seule fois, du reste, qu'il paraît s'être permis des incur-\nsions violentes aux fonds les plus étrangers de sa propre\nnature. Loheng~rin a subi cette « transmutation des valeurs »,\navec un succès moindre, il est vrai. Seul Tristan, œuvre de\nsouffrance, et par conséquent plus musicale que dramatique, se\ndoit tout à la belle version de l'Alsacien Gottfried ; mais Thomas\nest demeuré supérieur. Max Millier n'eut pas tort de le pré-\ntendre, et Gaston Paris l'a répété dans la suite."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.41", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "♦\n* *\nLa légende de Perceval le Gallois a eu, comme beaucoup de\nlégendes bretonnes, l'étrange fortune de retourner sur le tard\nà des versions toutes celtiques de forme et d'origine. Ce sont\nles contes des anciens Gallois, que lady Charlotte Guest a\npubliés en 1838-48, sous le titre de Hersart de la\nVillemarqué vers 1840-60 et plus récemment M. J. Loth (1)\nen ont donné des traductions qui en rendent le sens accessible\nà tous les non-celtisants. Le mabinogi de Peredur est celui\nqui nous intéresse..\n« Le comte Evrawc possédait le comté du Nord. Il avait\n« sept fils. Ce n'était pas par ses domaines que s'entretenait\n« Evrawc, mais par les tournois, les guerres et les combats,\n« et, comme il arrive souvent à qui les recherche, il fut tué,\n« ainsi que six de ses fils.\n« Le septième s'appelait Peredur ; c'était le plus jeune. Il\n« n'avait pas l'âge d'aller aux combats ni à la guerre; autre-\n« ment, il eût été tué comme son père et ses frères.\n« Sa mère était une femme avisée et intelligente. Elle réflé-\n« chit beaucoup au sujet de son fils et de ses domaines. Elle\n« finit par prendre le parti de fuir dans le désert et la solitude,\n« et d'abandonner les lieux habités. Elle ne garda dans sa\n« compagnie que des femmes, des enfants et des hommes\n« humbles, incapables de faire la guerre, et auxquels les com-\n« bats ne convenaient pas. Personne n'eût osé réunir armes et\n« chevaux là où l'enfant eût pu s'en apercevoir, de peur qu'il\n« n'y prît goût. »\nL'enfant vivait dans la forêt : il jouait et s'exerçait à lancer\ndes baguettes et des bâtons. Son esprit était simple, car on lui\ncachait toute chose... Un jour vinrent trois chevaliers à la\nlisière de la forêt. « Ma mère, dit Peredur, qu'est-ce que ces\ngens là-bas ? Ce sont des anges, mon fils, dit-elle.\nJ'en donne ma foi, dit Peredur, je m'en vais comme ange\navec eux. » Et Peredur alla sur la route à leur rencontre.\nLes chevaliers lui expliquèrent leur véritable nature, et\nPeredur les interrogeait sur tous les objets qu'il apercevait.\nPuis il retourna vers sa mère.\n« Mère, dit-il, ce ne sont pas des anges les gens de tout à\nl'heure, mais des chevaliers ordonnés. » La mère tomba éva-\nnouie. Alors Peredur alla vers l'endroit où se tenaient les\nchevaux, qui portaient le bois de chauffage. Il en choisit un,\n\n(i) D'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, tomes 111 et IV.\nLes Mabinogion, traduits par J. Loth. Paris, Thorin, 1889."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.42", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "gris pommelé, osseux, le plus vigoureux à son avis ; il lui serra\nun bât autour du corps en guise de selle, et, avec de 1 osier, il\nimita tous les objets d'équipement qu'il avait vus sur les des-\ntriers. Puis il prit congé de sa mère. La comtesse lui recom-\nmanda d'aller à la cour d'Arthur; elle lui enseigna les principes\nde toute chevalerie. Il s'éloigna, tenant à la main une poignée\nde javelots à pointe aiguë. _\nIl fut deux jours et deux nuits à cheminer dans la solitude\ndes forêts et divers lieux déserts, sans nourriture ni boisson.\nEnfin il arriva dans une clairière : au milieu était un pavillon\nen forme d'église. Il recita son Ppuis y alla.\n« La porte était ouverte ; près de la porte était une chaise,\n« dorée, dans laquelle était assise une jeune fille brune, d une\n« beauté parfaite, portant autour du front un diadème d'or,\n« enrichi de pierres brillantes, et aux mains des bagues d'or\n« épaisses. Peredur descendit de cheval et entra tout droit. La\n« pucelle lui fit un accueil amical et lui souhaita la bienvenue.\n« Au bout du pavillon, Peredur aperçut de la nourriture,\n« deux flacons pleins de vin, deux tourtes de pain blanc et\n« des tranches de cochon de lait. « Ma mère, dit Peredur,\n« m'a recommandé, en quelque lieu que je visse nourriture et\n« boisson, d'en prendre. Je te le permets avec plaisir,\n« seigneur, dit-elle, et grand bien te fasse. » Alors Peredur\n« prit la moitié de la nourriture et de la boisson pour lui, et\n« laissa l'autre àla pucelle. Lorsqu'il eut mangé, il plia un\n« genou devant la jeune fille et dit «Ma mère m a recommanda,\n«làoù je verrai un beau joyau, de le prendre. Prends\n« mon âme »5 dit-elle. Peredur prit la bague, emmena son\n« cheval et partit. » . .\nIl arrive àla cour d'Arthur. Un chevalier y avait insulte\nGwenhwyvar et personne n'osait le combattre. Peredur le tua.\n« Kei était debout au milieu de la salle. « Hé ! l'homme\n« long, là-bas, dit Peredur, où est Arthur ? Que veux-\n« tu d'Arthur ? dit Kei. Ma mère m'a recommandé de\n« venir vers lui pour me faire sacrer chevalier. Par ma foi, tu\n« es par trop mal monté en cheval et en armes. » Toute la cour\n« porta les yeux de son côté et se mit à lui lancer des baguettes. »\nPeredur quitte la cour et promet de n'y revenir ayant de\ns'être rencontré avec l'homme long, « pour venger 1 outrage\nfait au nain et àla naine ». Ces deux monstres avaient été\nles premiers à lui rendre hommage...\n★\n* *\nJe ne puis songer à suivre Peredur dans ses pérégrinations.\nQu'il triomphe des ennemis d'Arthur, après avoir appris la che-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.43", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "Valerie chez ses oncles puis à la cour des sorcières, qu'il re-\nvienne à Kaerllion, auprès du roi, et qu'il offre en vain son\namour à Ygharat Llaw Eurawc : ce sont autant d'éléments\nd'une comparaison minutieuse avec des textes connus, qui\nnous démontrent les origines laïques de la légende. Peredui\ndélivre la terre de monstres fabuleux (serpent gardien d'un\nanneau, ou « addanc »du lac, véritable minotaure celtique),\njusqu'à l'époque où il est aimé par l'impératrice d'un pays in-\nconnu, « vers l'lnde ». Il y règne pendant quatorze ans. Puis\nsurviennent les aventures du château des Merveilles. Au\ntemps de cet épisode, Peredur et des hommes d'Arthur détrui-\nsent les sorcières de Kaerloyw. Le conte s'arrête ici.\nAssurément le rapport paraît lointain entre cette narration\nbarbare et la transcription littéraire de Wolfram d'Eschenbach.\nEt cependant, quand on analyse le texte dans le détail, une\nfoule de similitudes surprennent. C'est que les contes popu-\nlaires, contrairement aux œuvres de la littérature écrite, parais-\nsent constitués par des accidents d'imagination, plutôt que par\ndes thèmes volontairement préparés. Le développement se fait\npar bourgeonnement, bien plus que par greffe artificielle, d'où\nvient que le sens en est plus naturel et plus profond, mais\naussi plus difficile à suivre dans son évolution.\nVoici par exemple comment le mabinogi de Peredur prélude\nà l'Enchantement du Vendredi Saint (i) :\nEn quittant les sorcières qui l'avaient instruit, le sauvage\nvalet marchait tout droit devant lui. « Vers le soir, il arriva\n« dans une vallée, et au bout de la vallée, devant la cellule\n« d'un serviteur de Dieu. L'ermite l'accueillit bien, et il y passa\n« la nuit. Le lendemain matin il se leva et sortit. Il était tombé\n« de la neige pendant la nuit, et un faucon avait tué un ca-\n« nard devant la cellule. Le bruit du cheval fit fuir le faucon,\n« et un corbeau s'abattit sur la chair de l'oiseau. Peredur s'arrêta,\n« et, en voyant la noirceur du corbeau, la blancheur de la neige,\n« la rougeur du sang, il songea à la chevelure de la femme\n« qu'il aimait le plus, aussi noire que le jais, à sa peau, aussi\n« blanche que la neige, aux pommettes de ses joues, aussi\n« rouges que le sang sur la neige. »\nCela est étrangement réduit, et cependant l'on ne peut se\ndéfendre de reconnaître l'identité des motifs. La situation est\nposée :il ne reste qu'à la développer, chrétiennement ou non.\nEt en effet, il ne faut pas chercher dans cette légende gal-\nloise le christianisme épuré qui caractérise les œuvres des\n\n(i) Une autre partie de la scène est racontée plus loin. (Trad. J. Loth,\npp. 101-I02.)"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.44", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "compilateurs des xiie-xme siècles. Ce serait une double erreur.\nCette affirmation n'étonnera que ceux qui veulent ignorer la\nsource naturelle des légendes de la Table Ronde, c'est-à-dire\nles antiques traditions apportées d'Asie par les peuples qui\nenvahirent l'Europe. Il est inconcevable que cette légende du\nGraal, véritable hérésie religieuse, puisse avoir des sources\nplus médiates. D'autant qu'on en retrouve tous les éléments sur\nd'autres territoires habités par les Celtes. Le « chaudron »\nqui ressuscite les morts des Gwyddyl, dans le mabinogi de\nBranwen, fille de Llyr, est le droit ancêtre du Graal. Cette vertu\nsecrète de certains vases est un des lieux communs de la poésie\nceltique (i).\nAinsi le propre de la légende de Parsifal paraît antérieur au\nchristianisme. Et la double version bretonne du « Peredur » et\ndu « Peronik » armoricain, dont M. Souvestre a révélé l'exis-\ntence, est faite pour vérifier cette idée : égale et superstitieuse\nglorification de l'innocent,qui est le fond même de l'œuvre\nprimitive.\nOserai-je en effet signaler l'évident rapport qui mit dans une\ncommune origine notre Perceval celtique et l'Héraklès des\nHellènes ? Forts, bons et simples, destinés à triompher de fata-\nlités que ni l'intelligence ni la ruse ne surmontèrent ; descente\naux demeures d'Adès ou visite au château des Merveilles, il s'en\nfaut de peu pour que l'on crie à la réminiscence! Mais ce serait\nune erreur. Les pommes de Peronik (et de Merlin) rappellent\naussi les Hespérides de bien loin, et les douze merveilles\nde Bretagne ne sont point seules dans l'histoire du folk-lore.\nCela prouve simplement l'universalité de nos concepts my-\nthiques.\nPeut-être faut-il voir dans Peredur un de ces héros solaires\ndont M. Pineau (2) définit excellemment le caractère : cela n'irait\npas sans convenir au culte primitif des bardes, suivant Hécatée,\ndans Diodore, et suivant Ausone.\n* *\nQuoiqu'il en soit, Wagner paraît s'en être tenu au texte\nmême de Wolfram pour ce qui est de l'histoire de son Parsifal.\nJe crois cependant qu'il lui a restitué une grande part de son ca-\nractère primitif. Je ne puis entrer encore ici dans une question\nd'exégèse littéraire. Le musicien qui s'intéresse à la création\nd'un livret pourra remonter aux sources que j'ai citées.\n\n(1) Je passe intentionnellement sur l'épisode du bassin sanglant et de la\nlance dans le mabinogi de Peredur ; son origine paraît douteuse.\n(2) Chants Scandinaves."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.45", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "Il me faut seulement constater ceci : c'est que « Parsifal »\nn'est pas une œuvre de « renoncement », comme beaucoup\nl'ont prétendu, mais bien une réelle affirmation de la « volonté\nde vivre » en dépit des faiblesses humaines. Parsifal\nnise en acceptant du christianisme ses vices et ses vertus : c'est\npourquoi il lui faut rester pur pour triompher. Mais l'essence\nde son être n'est point là : une fois en possession du Graal, le\nrôle de Parsifal est terminé. La légende est par là instruc-\ntive : ayant posé la « queste du Graal » comme un but, elle ou-\nblie d'en définir les conséquences.— Que le vase sacré retourne\nà Sarras sur la nef mystérieuse, que le successeur d'Amfortas\nse renferme dans un sacerdoce incomplet, il n'en demeure pas\nmoins que rien n'arrive à son terme, et que nous gardons l'in-\nquiétude de l'avenir.\nParsifal n'est pas, comme l'Adonis antique, partagé entre les\nforces hostiles d'Aphrodite et de Perséphone. En face de ce\nconte de profonde vie végétative, il se pose, comme l'Hé-\nraklès, en personnification de l'activité humaine, de la volonté.\nC'est pourquoi sa vie possède un caractère « potentiel » bien\nplutôt que « final » ; elle est à l'antithèse de celle du sage Mer-\nlin, comme la vie d'Héraklès s'oppose à celle de Prométhée.\nTous deux, les conquérants, sont inférieurs comme individus\naux penseurs, et cependant ils réussissent mieux. Décevant en-\nseignement de l'histoire qui prouve qu'un Alexandre peut aller\njusqu'au Gange sans en rapporter la sagesse des brahmes !\nEt si je ne craignais le ridicule aphoristique du texte, je rap-\npellerais cette parole de Michelet : « Etre pur pour être fort.\nEtre fort pour être fécond. » Telle est, en effet, la formule vitale\ncommune à Parsifal et à Héraklès. L'antique symbole de la\nforce, inconsciente de ses origines, les recouvre, comme tant\nde héros légendaires : comme Siegfried, comme le fils unique\nd'Aïffé dans le cycle irlandais d'Ulster, comme Sobrab aussi,\nfils de Rostem, au « Livre des Rois » de Firdousi. Et toutes ces\nanalogies de symboles ne me paraissent rien autre que la pres-\ncience du mystère du Temps et du rôle surhumain de la Vo-\nlonté dans les Heures : car la force n'est rien, qu'une négation\nde la connaissance.\n*\n* *\nJe ne prétendrai donc pas que Richard Wagner ait trans-\nformé « Parsifal » de promenade de chevalerie mystique en\nsimple action de sorcellerie. La nature des accidents drama-\ntiques ne prouve rien, et si Kundry est une proche parente des\n« sides » bretonnes, il reste assez de formules chrétiennes\npour qu'on ait l'illusion d'y constater la vie religieuse. Le"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.46", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "fait essentiel est dans la transformation du caractère de Parsi-\nfal : Wagner s'éloigne manifestement des idées de Wolfram et\nse rapproche de la conception galloise. Parsifal arrive jusqu'au\nGraal avec l'inconscience d'une brute, et toute la révélation\nde l'instant présent ne saurait modifier sa nature. Kundry se\ncouche et meurt à ses pieds, l'hydropique Amfortas gémit au-\nprès de lui : il parle, il guérit, sans intérêt évident ; il est au-\ndessus des vaines pitiés, tout entier à son but, tout droit\ndans son action. C'est justement ce qui fait que le « Peredur »\ngallois est plus symptomatique que le « Parzival » allemand,\ncar ce caractère impulsif,le seul qui lui demeure, est aussi la\nbase même de sa conception poétique.\nEt c'est aussi pourquoi Parsifal n'est point « une œuvre de\npureté sacrée et d'angélique foi », comme le prétend M. Men-\ndès. Païenne dans le fond, cette légende est simplement la plus\nhaute expression moderne du myst Le librettiste\ndes « Vainqueurs » s'attachait petitement à la nature humaine\ndes religions. Richard Wagner n'est point mort en priant, mais\nen pensant.\nIl avait pris son idéal, « nouveau Graal », dans ses paumes\njointes, et, débile, le soulevait au-dessus des tourmentes qui\nl'agitèrent trop longtemps. L'amour n'était plus pour lui qu'un\nindice, la sagesse n'était plus qu'un moyen, l'exaltation de la\nVolonté éternelle le soulevait tout entier : « Parsifal » est sa\npremière œuvre objective. Qualité étrange, formidable chez un\nmusicien, c'est ce que je me réserve de montrer quelque jour.\n\nJacques Reboul."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.9", "titre_corps": "MURGER MUSICIEN", "titre_sommaire": "MURGER MUSICIEN", "signature_source": "Gaston Knosp", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "MURGER MUSICIEN\n\nVoulant abréger le désœuvrement que nous vaut la canicule,\nje relisais ces temps derniers les Scènes de la vie de Bohème de\nMurger. Vers la fin se trouve placée une pièce de vers (Dieu\nme damne si je disais poésie!), Rodolphe y exhale de tendres\nsouvenirs sur de petits bouts de solfège comme\nla si do ré —fa ré mi ré ; Schaunard y va également de son\ninspiration dans un récit précédent, et l'on n'y attache d'ordinaire\naucune attention. Finalement je fus intrigué de savoir si la sol-\nmisation de Murger n'était que purement fantaisiste ou si\nelle recélait une musicalité, si petite soit-elle. Or voici le pre-\nmier thème que j'établis :\nCe thème a dû passer jadis par Torre de! Lago où respire\nPaccini le roublard, car il a un vague relent de la du\nmusicien italien.\nOn ne saurait cependant prétendre que ce motif ait une simi-\nlitude musicale avec les airs iB3o ; ce n'est donc pas dans la rue\nque Murger a pu entendre fredonner pareille phrase. Peut-on\nconclure de là que Murger faisait un doigt de cour à la Muse ?\nNe souriez pas, Murger est même un musicien à programme ;\nne fait-il pas dire en effet par Schaunard : « ça donne assez\nl'idée d'une pâquerette » et si la pâquerette représente assez\nbien la modestie, la naïveté enfantine, ce thème semble la\ndépeindre à souhait, car il est d'une charmante simplicité.\nEt Schaunard de continuer, guidé par 1 inspiration printa-\nnière, un huit avril où il doit trois termes à son propriétaire,\nla 1a... ré mi"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.48", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "ou encore\navec cadence sur le mi (mi-sofî -si-mi).\nPlus nous avançons et plus nous verrons que Puccini n'a pas\nlaissé dormir cette mine de petits thèmes; nous les retrouve-\nrons, « rescapés », dans sa Bohème. Je n'en veux pour preuve\nqu'une descente de quarte, répétée souvent dans la partition\nitalienne, et que Murger a placée dans les vers de Rodolphe à\nMimi :mi ré mi do ré la :\nDevons-nous croire au pur hasard ou pouvons-nous admettre,\ncomme très naturel et logique, que Puccini se sera documenté\nau moment d'écrire sa partition ? Acceptons la seconde hypo-\nthèse, basée sur un fait réel, toujours préférable au hasard qui est\nsouvent de l'inspiration et dont certains musiciens italiens de\nnos jours semblent n'avoir pas quantités à revendre.\nPour ceux qui voudraient encore douter, je réserve cette\npetite phrase de Rodolphe : Sol dodo si si la.\nMaladroit ! s'écrie Musette, c'est pas comme ça ! Écoutez-\nmoi, cher Monsieur :\nseulement, dit Musette, je ne le chante pas en car j'ai peur\ndes quatre dièses.\nJe soupçonne fort à présent Murger d'être allé reverdir son\ninspiration au soleil d'ltalie, et ce en prenant la jolie route qui\nmène de LucàTorre del Lago.\nTout de même ! ce que c'est que de nous ! Nous avions déjà\nle plus roublard des membres de l'lnstitut, nous connaissons à\nprésent le plus roublard des compositeurs italiens ; il n'y aura\ndonc plus de jaloux, espérons-nous.\nRodolphe évoque encore un motif de valse allemande, dansée\njadis, dit-il, avec Mimi : Do mi"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.49", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "et qui, développé et malaxé à l'usage des pensionnats, rempla-\ncerait avantageusement ce bijou qu'est la Valse de Durant ; le\nmal ne serait pas guéri, mais, changeant de place, il nous\nferait peut-être moins souffrir. Mais ne nous hâtons pas, car\nqui sait si cette valse n'est pas en voie d'élaboration ? Qui sait\nsi une prochaine œuvre italico-dramatico-lyrico portant la\nmarque : Ars et Labor ! ne nous la fera pas savourer ?\nCertains indiscrets, des gens sans pudeur, sont venus\nme chuchoter des choses genre Puccini-Murger, mais plus\ngraves, car les victimes s'appelaient Beethoven et Franck qui\nont fait de l'excellente musique, si je m'en souviens ; quant aux\ncambrioleurs, n'en parlons pas, car ils courent encore. J'allais\noublier certain Ta ra ra boum dié d/é dramatisé en mineur, qui\nnaguère nous fit prendre peu au sérieux des vers d'Ossian\nabandonnés par Gœthe à Werther.\nJ'en sais encore une bonne de « Madama Butterfly », char-\nmante Gio-cio-san dont nous parlerons si la canicule persiste.\nC. Q. F. D. suffit pour cette fois.\n\nGaston Knosp."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10", "titre_corps": "REVUE DU MOIS", "titre_sommaire": "REVUE DU MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "REVUE DU MOIS\n\nLE CONGRES DE BALE\n\nMémoires, concerts et banquets.\nC'est en cette ville aimablement cosmopolite que la Société internationale\nde musique a voulu, cette année, se réunir. L'idée était heureuse, et nous\ngardons le meilleur souvenir de l'accueil qui nous a été fait. Point de\nmagnificences inutiles, de luxe de fleurs ou de tentures, mais une affable\nsimplicité et les plus délicates attentions. Ce sont des journées fort occupées\nque celles d'un congressiste assidu : assemblée générale le matin, séances\nde sections l'après-midi, concert le soir, tel en était le programme moyen.\nMais la cordialité partout répandue, l'air de fête qui nous entourait, ont\nrendu ces fatigues légères. Peut-être le véritable intérêt d'un congrès n'est-\nil pas tant dans les séances que dans les libres réunions qui s'ensuivent,\net si j'ai pris le plus vif intérêt aux communications lues dans les salles de\nl'université, j'ai passé des moments meilleurs encore à l'hôtel Habsburg, à\ncauser avec le Dr E. von Hornbostel des moyens d'organiser une biblio-\nthèque phonographique, ou à écouter le professeur Traversari, directeur\ndu conservatoire de Quito (Equateur), qui nous parlait avec une tendresse\némue des Indiens de l'Amérique du Sud, de leur caractère hospitalier,\nchevaleresque et mélancolique, de leur passion pour la musique, et de la\nflûte nommée kena(douleur), qu'un ancien roi tira de la jambe de sa fille\nmorte, et dont la tristesse est si douce au cœur de l'lndien qu'une veille de\nbataille, le son s'en étant élevé dans la campagne, tous les soldats au service\ndu Pérou abandonnèrent le camp, laissant aux Chiliens une victoire\ninattendue... Je ne crois pas manquer de respect à la science en affirmant\nque d'aussi poétiques évocations valent bien des discussions de dates ou\nd'authenticité.\nJe ne dis pas cela pour diminuer le mérite de ce qui fut fait à l'univer-"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.51", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3916, "texte": "sité. Les rapports lus aux assemblées du matin sur l'état actuel de nos\nconnaissances dans les différentes branches de la science musicale, ont été\nfort instructifs, et l'auraient été davantage encore si on les eût parfois plus\nnettement entendus. Quant aux séances de sections, je ne puis parler\nd'expérience que sur la section de musique comparée, qui fut la mienne. Le\nphonographe aidant, nous y avons fait de grands voyages, écoutant tour à\ntour les airs mélanésiens, grimaçants et féroces, présentés par le Dr von\nHornbostel, les sombres, sauvages et mystérieux chants de nègres\nafricains rassemblés par le R, P. Schmidt, ou les délicates symphonies\ncambodgiennes que j'ai eu le bonheur de recueillir. Qu il me soit permis\nici de remercier M. le professeur G. Stumpf, membre de 1 Aca-\ndémie des sciences de Berlin, pour la bienveillance exquise qu il ma\nmontrée et l'honneur quil m'a fait en inappelant, le second jour, à la\nprésidence.\nJe ne puis parler que par ouï-dire de ce qui s'est passé dans les autres\nsections, et regrette de n'avoir pas eu le don d'ubiquité pour entendre le\nR. P. Gaïsser et leP.Janssens discuter des anciennes notations liturgiques,\nou M. Paul Masson parler de Y Humanisme musical en France au XVI* siècle,\navec exemples chantés par Mlîe Marguerite Babaïan. Mais jai assisté aux\ntrois concerts, tous trois fort intéressants. Le premier avait lieu a la\ncathédrale le soir: la majesté du lieu, le profond silence, la demi-obscurité\npropice au recueillement, tout appelait les impressions profondes et graves\nque les œuvres nous donnèrent en effet. Œuvres du xvie et du xvne siècle\nitalien, français, anglais ou allemand, allemand surtout, fort judicieuse-\nment choisies dans la variété des styles tentés à ces époques de grandecrois-\nsance de la musique. Ave Maria de Josquin, chanté, par malheur, trop\nlentement et sans grâce, des psaumes de Goudimel et de Mareschal, une\nchanson suédoise anonyme, représentaient, un peu pauvrement, l'ancien\ncontrepoint vocal. Une Sonata de Gabrieli pour cornets, trombones et\naltos, et une Padouane de Schein pour quatre cromornes, étaient de\nsavoureux essais de couleur instrumentale. Une Fantasia de Frohberger,\ngrave et magnifique, une ingénieuse Toccata de Frescobaldi, une autre de\nPachelbel, d'un caractère doux et pastoral, des chorals un peu lourds de\nWalther et de Scheidt, et la Passacaille en ré de Buxtehude, merveilleuse\nd'invention, de recherche harmonique et de sentiment orchestral,\nformaient un programme d'orgue des plus intéressants et qui eût été\ncomplet si l'on y eût admis un ou deux des maîtres français ressuscites par\nM. Guilmant. Enfin la nouvelle mode du solo vocal accompagné était\nreprésentée par un bel air de Stradella, et surtout des chansons de\nJ -W. Franck, d'une sincérité, d'une noblesse généreuse, d'un bonheur\nd'expression et d'une aisance de style incomparables; ce médecin de\nHambourg qui vivait vers la fin du xvne siècle et fit représenter quatorze\nopéras sur la scène de sa ville, fut certes un des musiciens les plus\ninspirés de son temps. Et sa qualité d'amateur le délivra, a ce qu il semble,\nde certaines préoccupations scolastiques sensibles chez presque tous les\nauteurs allemands du xvne et du XVIII® siècle. Mme Maria Phihppi a chante\nces mélodies avec la voix d'alto la plus égale et la plus nourrie, le style le\nplus pur et le plus expressif que l'on puisse rêver. Cette grande artiste s est\ndéjà fait entendre à Paris l'an passé, aux concerts de la Société Bach.\nNous espérons un prochain et plus long séjour parmi nous.^\nLe deuxième concert avait lieu dans les salons de M. Louis La Roche, le\nplus aimable des hôtes, qui nous a offert une soiree vraiment exquise. On\ny entendit Mme Landowska jouer sur le clavecin deux gracieuses pièces de\nGouperin, puis la Gavotte de Francisque et la Ronde a 1 enjouement si\nnostalgique de Chambonnières, où elle a montré cette merveilleuse"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.52", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "entente du pittoresque et du rythme qui est sa plus précieuse et rare\nqualité. Son interprétation du Coucou de Pasquini, au piano, m'a paru\nfausse, et je ne crois pas qu'il faille mettre de l'afféterie en cette page\naimable et poétique. Les Fastes de l'ancienne mènestrandise ont été traduits\navec l'espièglerie spirituelle qui convient, et ont valu à l'intelligente artiste\nun succès enthousiaste. Mme Maria Philippi, entre temps, avait chanté des\nchansons espagnoles de Luis Milan (1 536) d'une énergie admirable, et des\nairs plus que naïfs de Heinrich Albert et de Zumstreg. Au début de la soirée,\nle 3© Concerto pour flûte de Frédéric le Grand que je n'ai pu entendre,\nmais dont on m'a dit le plus grand bien ainsi que de son interprète,\nM. Buddenhagen.\nLe troisième concert ne le cédait en rien, pour l'intérêt, aux deux pre-\nmiers. Plus particulièrement consacré aux œuvres d'orchestre, il nous a\nfait connaître une charmante Suite de Bâwerl (vers 161 ï) et une autre de\nRosenmuller (1620-1684), d'une richesse de musique et d'une fraîcheur de\nstyle admirables ; les airs de ballet de Pirame et Tisbé de Hasse ont paru,\npar comparaison, lourds jusqu'à la trivialité par instants. Quant au Con-\ncerto de Ph.-E. Bach qui terminait le concert, c'est une œuvre laborieuse,\nd'une inspiration incertaine et d'un développement maladroit : une œuvre\nmanquée, pour tout dire, comme toutes celles de ce musicien dont la\ngloire tient surtout à une importance historique que l'on a beaucoup\nexagérée. Pour toute cette partie du concert, l'orchestre a été conduit avec\nune grande autorité par M. Hermann Suter, qui avait déjà fait ses preuves\nau concert d'église. L'ouverture de Scylla et Glaucus de Leclair, Y Air\nvif de Lalande, et les airs de ballet d'Hippolyte et Aricie de Rameau, qui\nreprésentaient la musique d'orchestre française, ont été dirigés par\nM. de Lacerda. Le premier de ces morceaux, nouveau pour nous tous, a\nété une vraie révélation, tant il montre, en plein xvme siècle français,\nd'ampleur puissante et dramatique et de goût pour la belle et large sono-\nrité. Rien n'était plus opportun que l'audition de cette œuvre pour ruiner\nun vieux préjugé qui condamne l'ancienne musique française à la galan-\nterie (où elle a donné en effet des chefs-d'œuvre), et l'excellent chef a fort\nbienfait d'en accuser la robuste carrure. Il s'est montré égal, d'autre part,\nà la grâce piquante de Lalande, à l'élégance expressive et sobre d'un\nRameau, malgré quelques lourdeurs imputables à un orchestre fort\nexercé certes et docile, mais accoutumé àun tout autre style. Mme Lan-\ndowska avait eu l'idée de nous présenter, à ce même concert, les petites\npièces de luth, transcrites par M. Quittard et arrangées pour clavecin par\nelle-même, que connaissent depuis cette année tous les amateurs de Paris.\nSon succès a été surtout un succès personnel et un succès de virtuose ;\nje le déplore, et ce n'est pas sans regret que j'ai lu dans les Basler Nach-\nrichten, en un article fort judicieux d'ailleurs, que la musique de clavecin,\nmalgré la parfaite maîtrise de l'artiste, a paru « à l'eau de rose » et peu\ndifférente en somme de la musique de cithare. C'est là un malentendu\ndont Mme Landowska est un peu responsable aussi, car elle a pris les\nmouvements beaucoup trop rapides, comme si elle cédait elle-même au\ndélire de la vitesse qui fait tant de victimes parmi nos maîtres du clavier ;\non n'a pu dès lors apprécier la grâce et l'énergie rythmique de ces danses,\nni comprendre comment les « Vieux », les «Domestiques » ou même les\n« Jeunes Mariés » se seraient livrés à d'aussi invraisemblables ébats. Je sais\nce que peuvent les circonstances et à quel point une nature d'artiste est\nsensible à l'impression du moment. Et si je me permets de dire que\nMme Landowska est restée ce soir-là au-dessous d'elle-même, c'est que je\nla place très haut, bien au-dessus des virtuoses, même illustres, qu'auraient\nlargement satisfaits les acclamations de la salle après le Forgeron harmo-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.53", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3250, "texte": "nieux de Haendel, ajouté au programme et enlevé dans un mouvement\nvertigineux et une miraculeuse netteté.\nLa partie vocale a été certainement la plus faible. Le quatuor vocal de\nBerlin a paru manquer d'homogénéité à l'égal des sociétés les plus illustres\nde Paris, et les madrigaux de Senfl, Marenzio, Sweelinck et Morley qu'il\nnous a chantés nous ont fait regretter douloureusement l'absence des\nchansons françaises du xvi® siècle et de leurs nerveuses et délicates archi-\ntectures, auprès desquelles tout le reste semble une copie épaisse et\ndécolorée. Je ne sais pourquoi on n'a pas fait appel pour ce concert aux\nrecueils admirables de M. Henry Expert. MUe Else Rosenmund nous a pré-\nsenté des mélodies italiennes de Cavalli, Carissimi et Marini, d'un contour\nagréable et facile, avec une voix délicate, quoique un peu fermée. Malgré\nces légères réserves, ce concert a été, comme les précédents, fort intéressant\npour les curieux, et en quelques-unes de ses parties fort beau. Il a été suivi\nd'un banquet tout fraternel où artistes et érudits ont choqué leurs verrès\nen l'honneur de l'hospitalière cité helvétique ; le menu de ce banquet,\nqui reproduisait un ancien manuscrit de la bibliothèque universitaire de\nBâle, était un chef-d'œuvre, car on y voyait alignées sur des portées, en\nguise de longues, brèves, semi-brèves et minimes, d'appétissantes rangées\nde barriques, cruches, chopes, poêles et poulardes en broche. Rien ne\npouvait mieux présider à un festin musicologique que ces facétieuses\néquivoques. Je ne sais à qui revient l'idée de les avoir fait revivre en notre\nhonneur. Ne serait-ce pas au Dr Bernoulli, le savant et aimable biblio-\nthécaire dont nous avons pu apprécier, en mainte occasion, la bonne\ngrâce et l'esprit ?\nA l'unanimité, le congrès, avant de se séparer, avait maintenu à la prési-\ndence le Dr Kretzschmar, bien connu du monde savant et digne en tout\npoint de ce témoignage d'estime et de sympathie. Une fort intéressante\nproposition de notre collaborateur M. Écorcheville, relative à l'extension\ndu Bulletin, est, nous le croyons et l'espérons, sur le point d'aboutir : ce\nsera là une preuve éclatante de la vitalité des études musicales.\n\nLouis Laloy.\n\nLES CONCERTS\n\nConcerts Lamoureux : La Forêt, fantaisie symphonique de GlazounofiF.\nChassés du Nouveau-Théâtre, les Concerts Lamoureux ont trouvé asile\ndans la coquette salle de Mme Sarah Bernhardt, où l'on regrette seulement\nl'absence de ce cher promenoir propice aux rencontres et aux échanges\nd'impressions. Mais l'air est moins étouffé, les fauteuils sont moins serrés,\nles loges plus spacieuses ; les bousculades et les horions ne sont plus à\ncraindre ; on peut écouter la musique en paix et sans trop souffrir de la tête,\ndes jambes ou d'ailleurs. Le premier concert, qui aeu lieu le 7 octobre,\nnous offrait une œuvre nouvelle et remarquable à plus d'un titre : La\nForêt, de Glazounoff. Le début m'avait charmé, avec ce chant aux inflexions\nchromatiques qui passe à tous les timbres doux de l'orchestre, flûte, cor,\nclarinette et cor anglais, et chante la mélancolie de la forêt russe, profonde,\nimpénétrable et monotone. Malheureusement la suite ne répond pas à\nnotre attente : on y trouve encore des passages délicieux, comme le chant"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.54", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "des Roussalki, suave et pâle, ou telle lente progression où Ton croit voir\ns'immobiliser, de branche en branche, les arbres sous la neige. Et la\ncouleur orchestrale est toujours savoureuse, vive et subtile. Mais une\nintempestive fanfare, qui accourt en droite ligne de la Norwège de Grieg,\nvient tout déranger, et l'œuvre finit on ne peut plus malheureusement, sur\ndes imitations d'oiseaux qui rappellent à la fois la Symphonie pastorale et\nSiegfried. Pourquoi faut-il que les maîtres russes, si raffinés et si bien\ndoués pour l'évocation poétique, n'aient presque jamais le courage de\nrester fidèles à leur personnalité ? Quelle fâcheuse manie d'occidentalisme\nou quelle mauvaise honte les pousse à se parer d'ornements étrangers ? La\nculture européenne, adoptée d'enthousiasme, sans critique ni discerne-\nment, fait beaucoup de tort à l'âme russe. Je ne parle pas de la musique\nseule, mais aussi de la politique et des mœurs. Ne désespérons de rien\ncependant : on peut attendre beaucoup d'une race capable d'impressions\naussi fortes et sincères.\n\nLouis Laloy.\n\nLA MUSIQUE A BÉZIERS\n\nLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes de MM. de Jouy et Spontini.\nIl me paraît difficile, en général, de porter un jugement précis sur une\nœuvre musicale déjà vieille d'un siècle. Inséparable de l'époque qui la fit\nnaître, elle nous force à nous y reporter, et, pour l'apprécier en juste\nconnaissance de cause, à volontairement négliger tout ce que cent années\nd'évolution ont apporté de nouveau dans la musique. Mais la tâche estplus\nmalaisée encore si cette œuvre n'est point représentée dans le cadre en vue\nduquel elle fut conçue ei écrite.\nJ'ignore quels motifs déterminèrent M. Castelbon à nous donner, en août\ndernier, la Vestale.Fut-il séduit par ses innombrables ballets, théories de\nprêtresses, marches guerrières ? ou bien la perspective de n'avoir point de\ndroits d'auteur à payer fit-elle seule pencher la balance ? Quoi qu'il en soit,\nla tragédie lyrique de Jouy et Spontini n'est pas une œuvre de plein air.\nSans doute avez-vous lu ailleurs que le succès en fut triomphal et que des\nmilliers de spectateurs délirants acclamèrent tumultueusement le Mécène\nbiterrois. N'en croyez rien : l'accueil fut des plus frais, malgré la chaleur\ntorride de cet après-midi d'été. Et la journée, commencée brillamment dans\nla gloire du soleil, faillit s'achever en désastre, quand on se décida àla\nretraite, alors que la nuit tombait et que, dans le crépuscule, s'agitaient\nencore sur la scène les danseuses et les figurants du ballet final. Si l'on\nsonge que les cordes comme l'infanterie, reine des batailles avaient,\ntoujours sur la brèche, mené le combat de tout en tout, et que par contre\nles lourds escadrons des cuivres n'avaient effectué que trop rarement leurs\ncharges fulgurantes, l'on se demande ce que peut bien avoir entendu l'au-\nditeur placé un peu loin de l'orchestre.\nCependant l'instrumentation de Spontini n'est pas à dédaigner. Contem-\nporain de Beethoven, comme lui il procède des devanciers : Haydn, Gluck\net Mozart. Mais chez le maître de Bonn, qui vivait à l'écart une vie labo-\nrieuse, la beauté de l'ensemble sonore vient surtout de la délicatesse et du\nfini des détails ; chaque instrument a son individualité propre bien que"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.55", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "solidaire des autres ; les entrées se répondent, s'étagent, s'enlacent avec\nun art extrême et tout à fait neuf. Et Beethoven agrandit le domaine\nde la sonate d orchestre avec pour aboutissement cette fresque gigantes-\nque : la symphonie avec chœurs. Chez Spontini, les mêmes causes (les\ngrands drames d'alors : la Révolution française et les chevauchées de Bona-\nparte à travers l'Europe) produisent des effets de même ordre et toutefois\nsi différents. Mêlé de près à la cour impériale, sa musique en reflète le faste\net la pompe. Mais combien factice et conventionnelle ! Avec lui apparais-\nsent ces grands ensembles da voix et d'instruments dont ses successeurs\nabusèrent. Ensembles qui nous paraissent aujourd'hui singulièrement\nternes ou creux, du moins à en juger par les représentations de Béziers, et\nqui, à l'époque, devaient sembler puissamment sonores. En écoutant (il\nest probable que dans une salle fermée l'impression eût été meilleure), en\nécoutant, dis-je, ces instruments à archet dont au plein air l'effet était\nsi déplorablement mince, archaïque et lointain, l'on regrettait le travail\npolyphonique, tous les dessous d'orchestre, qui, de nos jours, mettent si\nbien en valeur l'idée musicale.\nAu surplus est-ce un ouvrage lyrique, quel qu'il soit, qui convient aux\nthéâtres de plein air ? La réponse n'est pas douteuse : Non, puisque la mu-\nsique, afin d'être entendue, doit se priver de ses effets de finesse pour ne\nprocéder que par masses. Le succès éclatant de Déjanire et aussi dePromé-\nthée succès non renouvelé depuis en est la meilleure des preuves.\nC'étaient là des tragédies avec musique de scène, dans lesquelles alternaient\npour le plus grand plaisir du spectateur, le chant, la déclamation et la sym-\nphonie. Heures inoubliables que celles où Mme Segond Weber nous appa-\nraissait dans Déjanire harmonieuse d'attitudes comme une statue grecque,\net où Prométhée-de Max, semblable à quelque grand oiseau blessé,\nagitait en haut de la roche ses voiles pourpres comme des ailes sanglantes.\nL'interprétation de la Vestale fut excellente, du moins en ce qui concerne\nle chant. Paquot-Dassy, pathétique et douloureuse en blonde Julia, et\nMUeGeorgette Bastien, superbe grande Vestale, ont droit à tous nos éloges ;\nainsi, du reste, que MM. Valentin-Duc, Licinius-Martial, Cazeneuve,\nconfident tout à fait régence (déjà!), et Delmas, grand pontife aux gestes\npleins de noblesse et particulièrement bien chantant. Je n'en puis dire\nautant de l'orchestre. Composé d'éléments disparates, il manquait de\ncohésion et fut d'ailleurs très mal dirigé.\nPour finir je veux signaler un anachronisme d'autant plus blâmable que\nles organisateurs de ces fêtes prétendent faire œuvre d'art. Sur le passage\nde Licinius rentrant victorieux dans Rome, l'on avait placé bien en vue du\npublic une musique harmonie civile ou musique militaire dont les\nexécutants, costumés en Romains, soufflaient à pleins poumons dans des\ninstruments tels que saxophones, trombones et autres inconnus oh\ncombien ! à cette Il serait cruel d'insister.\n20\n\nJean Poueigh."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.56", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "COURRIER DE SAINT-PÉTERSBOURG\n\nLes Soirées de musique contetnporaiftt a Saint-Pétersbourg.\nLa Société des Soirées de musique contemporaine, dirigée par M. Alfred\nNourok, en est aujourd'hui à sa cinquième année; elle fait connaître au\npublic russe des œuvres nationales et étrangères, intéressantes et nouvelles\npour la plupart.\nVoici une liste des œuvres russes nouvelles qui ont été jouées la saison\n1905-06 :\nPoème satanique, op. 36 ) Scriabine\nValse, op. 38 > ]\nRomances (inédites) Karatyguine.\nSuite lyrique, op. 32 )\nGlas funèbre j F. Blumenfeld.\nCarillon • '\nQuatuor, op. 27 Withol,\nRomances )\nPoème mystique, pour alto, clarinette, harpe ? Seniloff\net harmonium )\n4e Quatuor en /a, op. 64 ... . ... Glazounof.\nVariations pour piano, sur un thème de Cho-\npin # # Rakhmaninoff.\nRomances Lodyjensky.\nChants géorgiens, harmonisés par Karatyguine.\nLes Vendredis, quatuor à cordes Rimsky, Glazounof, Liadoff.\nSonate pour piano et violon (inédite). . . . Kryjanowsky.\nQuatre chants de la Suite alexandrienne. . . Kousmine.\nPetite suite pour piano Medem.\nScène et arioso de la Princesse lointaine. . . Tchernoff.\nRomances Pokrovsky.\nQuartettino pour instruments à cordes. . . Pogojeff.\nVoici maintenant ce qui a été joué parmi les œuvres modernes fran-\nçaises :\nQuatuor en ré majeur C. Franck.\nNocturne (chant)\nPoème pour violon, op. 25 Chausson.\nPièce en si mineur pour 2 pianos Guy Ropartz.\nQuatuor, op. 10 Debussy.\nHelvetia, 3 valses pour piano V. d'lndy.\nPoème des montagnes, pour piano\nAu bord de l'eau, y\nRencontre, / romances G. Fauré.\nSérénade, )\nTrio pour piano, violon et violoncelle, op. 2. Roussel.\nSi nous examinons les programmes des années précédentes, parmi les\nnoms des compositeurs, nous voyons que les portes de ladite société sont\nlargement ouvertes aux différentes écoles, aux différents courants de la\nmusique russe ; nous relevons les noms des jeunes auteurs de talent,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.57", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "comme Th. Akimenko (Quatuor en ré majeur, Idylle pour flûte, Pièces pour\npiano, op. 27 et 28), N. Tcherepnine [Romances), élèves de Rimsky et de\nBalakiref, du conservatoire de Pétersbourg; Liadoff, Winkler, Withol»\nmusiciens savants, professeurs au conservatoire de Pétersbourg; Rakhma-\nninoff, un des mieux doués de toute l'école jeune russe ; Katouar, Rebikoff,\nWassilenko, tous du conservatoire de Moscou; Scriabine, aussi du conser-\nvatoire de Moscou, représentant tout à fait l'influence occidentale et\nwagnerienne; ChtchGrbatchef, éleve de Balakiref, qui est connu aussi à\nl'étranger par ses œuvres de piano, et F. Blumenfeld, élève de Rimsky,\nexcellent pianiste, qui écrit surtout pour son instrument.\nSans parler des tout jeunes gens, dont les tendances ne sont pas encore\nclaires, comme Karatyguine, Medem (excellent pianiste), Seniloff, Medtner,\nKryjanovsky et autres.\nLes grands de 1 école des cinq, comme Balakiref, Moussorgsky, Rimsky\net celm qui se place immédiatement après eux, A. Glazounof, sont re-\nprésentés par des œuvres peu connues ou nouvelles; par exemple on a\njoué le Prélude et fugue, op. 62, la 2e Sonate pour piano de Glazounof, le\n4G Quatuor, op. 64, du même, etc.\nLes années précédentes ont donné beaucoup d'œuvres françaises, et\nvoici dans un aperçu général les ouvrages que nous relevons :\nDebussy. Estampes (piano).\nPetite Suite (piano à 4 mains).\nFauré. Quatuor, op. i 5.\nFranck. Sonate pour piano et violon.\nQuatuor.\nQuintette.\n—• Plusieurs œuvres de piano.\nV. d'lndy. Poème des montagnes \\\nTableaux de voyage ) Plano-\n— Quatuor en la mineur.\nTrio, op. 29.\nSonate, piano et violon, op. 59.\nSaint-Saëns. Suite pour violoncelle, op. 16.\nDukas. Variations sur un thème de Rameau.\nSonate en mi bémol (piano).\nChausson. Paysage.\nQuelques danses.\nQuatuor.\nV. Vreuls. Sonate en si majeur (piano et violon).\nOn a exécuté aussi des romances de Debussy, Franck, Saint-Saëns,\nFauré, Bourgault-Ducoudray et C. Benoît.\nDes jeunes représentants de l'école française nous ne voyons encore que\nle nom d'A. Roussel qui figure sur ces programmes, où d'ailleurs l'école\nfrançaise est assez richement représentée.\n\nA. N."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.58", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "ÉCHOS.\n\nA l'Opéra. On annonce pour cette année les trois nouveautés suivantes:\nAriane, de Jules Massenet et Catulle Mendès; la Fille de Ramsès, de Paul\nVidal, et la Forêt, deux actes de MM. Savard et Laurent Tailhade. Voilà\nune activité peu coutumière. M. Gailhard aurait-il, malgré tout, quelques\ninquiétudes sur le renouvellement de son privilège et voudrait-il y acquérir\nquelques titres ? Mais qu'est-il besoin de titres à un homme qui se vante de\nsi hautes protections ?\nA rOpéra-Comique Toujours infatigable, M. Albert Carré nous promet\npour bientôt les œuvres suivantes :\nLes Armaillés, 2 actes, de M. G. Doret (interprètes : Mne Lamare,\nMM. Dufranne, Devriès et Guillamat) ;\nLe Bonhomme jadis, un acte, de M. Jaques Dalcroze (M. Fugère,\nMile Mathieu-Lutz, M. Francell) ;\nMadame Butterfly9 3 actes, de Puccini (MmeMarg. Carré, MM. Clément,\nJean Périer, Cazeneuve, Francell, Huberdeau), qui sera accompagnée sur\nl'affiche de la Légende du point d'Argentan, un acte, de M. Fourdrain\n(Mmes Friché, Vallandri, MM. Lucazeau et Azéma).\nViendront ensuite dans un ordre qui n'est pas déterminé :\nAriane et Barbe-Bleue, 3 actes, de Maurice Maeterlinck, musique de\nPaul DukaSj dont la principale interprète sera Georgette Leblanc ;\nÇircé, 3 actes, de E. Haraucourt, musique de MM. Hillemacher\n(Mmes Vix, Thiéry, Brohly, MM. Dufranne, Devriès et Vieuille) ;\nLe Songe d'une nuit d'automne, un acte, de M. d'Annunzio, musique de\nM. Torre-Alfina, avec Mme Felia Litvinne ;\nFortunio, 3 actes, d'après le Chandelier, de Alf. de Musset, musique de\nA. Messager (Mme Marg. Carré, MM. Fugère, Dufranne, etc...) ;\nNaïl, 3 actes, de Jules Bois, musique de J. de Lara, dont le principal\nrôle sera rempli par Emma Calvé ;\nLe Chemine au, 4 actes, de J. Richepin et Xavier Leroux ;\nSolange, 3 actes, de M. Salvayre ;\nLéone, 3 actes, de Samuel Rousseau ;\nChiquito, 3 actes, de M. Nouguès ;\nLe Maître, 3 actes, de Fernand le Borne ;\nHabanera, 3 actes, de M. Laparra ;\nMyrtil, 2 actes, de M. Garnier ;\nGhyslaine, un acte, de M. Marcel Bertrand;\nFleur de Neige, de Rimsky-Korsakow ;\nIb et Christine, de Léoni.\nConcerts Lamoureux. Voici le programme de la séance de réouverture\ndes concerts Lamoureux, qui a eu lieu dimanche 7 octobre, à 3 heures, au\nthéâtre Sarah Bernhardt :\n10 Ouverture de Tannhaûser Wagner.\n20 Symphonie en sol mineur. Mozart.\n3o La Forêt, poème symphonique (ire audition). . . Glazounof.\n4° Pelléas et Mélisande, suite d'orchestre G. Fauré.\n5° Aphrodite, prélude du 4e acte (ire audition). ... C. Erlanger.\n6° L'Apprenti sorcier P. Dukas.\n70 Ouverture A'Egmont Beethoven."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.59", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "Le programme du 14 octobre comprendra la Symphonie pastorale,\nl Après-midi cTun Faune et les Préludes de Liszt.\nL orchestre de M. Chevillard fera ensuite une tournée de i 3 jours en\nAllemagne et à son retour, le 28 octobre, il fera entendre l'ouverture de\nManfred, la Symphonie en ut mineur de Beethoven, les Adieux de Wotan,\nchantés par M. Frolich, et une œuvre pour piano et orchestre avec\nMm® Carreno.\nSchola Cantorum. Les cours ont repris le lundi ier octobre, sous la\ndirection de M. Vincent d'lndy qui faisait passer lui-même les examens\nd admission. L affluence des élèves a été telle que dès le 25 septembre le\nregistre des inscriptions était clos.\nSoirées d'art Les concerts commenceront le jeudi 8 novembre, àla\nsalle des Agriculteurs, 8, rue d'Athènes, par un festival Beethoven, avec le\nconcours de Mme Jane Bathori, de M. Jean Batalla et de la société le Double\nQuintette. Le deuxième concert aura lieu le i 5 novembre et sera un\nfestival Saint-Saëns (Mme G, Vicq, MM. Diémer et Staub, le Double\nQuintette).\nSociété philharmonique. La Société philharmonique de Paris, dont\nM. Rey a assumé seul la direction après la dissolution du comité, donnera\ncet hiver douze concerts à la salle des Agriculteurs.\nSont engagés : le quatuor Joachim (14, 17 et 18 novembre); les quatuors\nHayot; Gapet, de Paris; Sevcik, de Prague ; le violoniste Kubelik, qui don-\nnera le 12 mars avec le pianiste Goll une séance de sonates pour violon et\npiano ; le trio Cortot-1 hibaud-Casals ; M. Harold Bauer ; enfin, en avril,\nun festival Planté qui sera en réalité un festival de pianistes, puisque Ton\nentendra avec le célèbre virtuose, dans des œuvres à 2, 3 et 4 pianos,\nMM. Risler, Gortot et quelques autres maîtres non moins réputés.\nSociété Bach. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, donnera, la saison prochaine, six concerts mensuels d'abonnement\navec soli, orchestre et chœur, pour lesquels elle s'est assuré le concours\nd'artistes français et étrangers les plus réputés. Au programme du premier\nconcert, fixé au vendredi 16 novembre, figurera la première partie de la\nPassion selon saint Jean, avec le célèbre ténor allemand George Walter\ndans le rôle de l'Evangéliste.\nLes demandes d'inscription ou de renseignements peuvent être adressées\ndès maintenant à M. Daniel Herrmann, 9 bis, rue Méchain.\nBiarritz. Les concerts classiques du casino de Bellevue, à Biarritz,\nobtiennent un grand succès sous l'habile direction de M. Steck, par\nl'excellence de son orchestre et ses programmes composés des chefs-\nd'œuvre de maîtres classiques et modernes. Parmi les artistes qui ont\nprêté leur concours, nous citerons un jeune violoniste de 11 ans, Roger\nSchickel, qui a enthousiasmé le public en exécutant le Concerto de\nPaganini avec une virtuosité et un style parfaits ; voilà une nature d'artiste\npossédant tous les moyens et tous les dons pour arriver à faire une\nbrillante carrière de soliste, d'autant plus qu'il a pour maître son oncle\nM Henri Schickel, le distingué soliste des concerts Ghevillard.\nThéâtre et politique. De l'Echo de Paris, ces réflexions sur les\nrapports du théâtre et de la politique :\n« En indiquant l'autre jour qu'un théâtre lyrique, doté d'une subvention\nde 200.000 fr., était obligé de donner plus de 200.000 fr. de places aux\npoliticiens, M. André Messager a dévoilé un des abus dont le public ne se"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.60", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "doute pas, mais qui est des plus réels. Abus qui n'est pas spécial à 1 Opéra\nComique, mais à tous les théâtres subventionnés. Après les permis de\ncirculation sur les chemins de fer, les entrees aux courses et autres\nprébendes, les députés estiment que le théâtre doit être gratuit, non\nseulement pour eux, mais aussi pour les électeurs, auxquels ils offrent les\nplaces mises à leur disposition. Dans ces conditions, vous voyez où passe\nla subvention ; si grosse qu'elle soit, elle est toujours trop petite. Et si\nAntoine, avec un beau geste, avait, en un jour de dédain,\n100.000 fr. affectés à l'Odéon, il a eu raison de ne pas s'entêter. C'est\nlui qui, en fin de compte, se fût trouvé, comme un vulgaire budget, en\ndéficit. Plaignons les directeurs de théâtres subventionnés, mais ne\nplaignons pas seulement les directeurs de théâtres parisiens. Le mal s étend\njusqu'en province. Là, ce n'est plus 1 Etat, mais les municipalités qui\nsubventionnent. Et, en échange de la somme qu on leur alloue, que ne\ndemande-t-on pas aux directeurs ? Quelquefois le tiers des places, quel-\nquefois la moitié. J'ai eu récemment sous les yeux le cahier des charges\nd'un théâtre d'une grande ville de Normandie. C'est à faire frémir. Le\ndirecteur est l'homme lige du maire et de la municipalité. Il a tous les\ndevoirs; il n'a aucun droit. Depuis le concierge jusqu'au premier ténor,\ntout le monde doit plaire à la municipalité. Et je ne serais pas étonné si\nl'on demandait au directeur ses opinions politiques. Ne vous étonnez donc\npas si tant de directeurs de province ne vont même pas quelquefois\njusqu'à la fin de la saison théâtrale. Avant de commencer, ils sont con-\ndamnés. On cherche toujours pourquoi le théâtre se meurt en province.\nVoilà une des principales raisons. Le billet de faveur coûte cher aux\ndirecteurs. La subvention de faveur les ruine. Ce n était peut-etre pas\npour arriver à ce résultat qu'on a institué la liberté du theatre. »\nConcours de composition musicale. L'administration du\npublication pour musique militaire, ouvre un concours de composition\nmusicale, auquel les compositeurs de tous les pays peuvent prendre part\n(2.500 francs de prix).\nLes diverses épreuves portent sur des œuvres d'orchestre symphonique,\nd'harmonie et de fanfare.\nLe règlement sera envoyé sans aucuns frais à toute personne qui en fera\nla demande à M. Em. Strauwen fils, rue Albert, Bruxelles-Nord\n(Laeken).\nLa fin de la Lépreuse. On se souvient de la guerre engagée, depuis\nplus d'un an, autour de cette pièce, entre deux auteurs tenaces et un direc-\nteur qui leur semblait peu pressé. Nos amis Henry Gauthier-Villars, Willy\net l'Ouvreuse marchèrent comme un seul homme au secours de MM. Henry\nBataille et Sylvio Lazzari ; et l'incident, porté devant la ci-devant Chambre\ndes députés, y fut l'occasion d'un jovial débat, bien digne de cette assem-\nblée de beaux-esprits. M. Albert Carré vient de mettre fin à tout ce\ntumulte en adressant la lettre suivante au belliqueux M. Bataille :\nParis, 23 septembre.\nComme je vous l'ai télégraphié hier, il ne serait possible de songer\nà MHe Garden pour le rôle d'Ariette que si nous pouvions commencer\ndès à présent les études de la Lépreuse.\nOr, vous savez bien que je n'ai pas à ma disposition le matériel néces-\nsaire. Je me suis informé à la copie. On va aussi vite que possible, mais\nje n'aurai les rôles des artistes que dans une quinzaine de jours, et il faudra\ns'occuper ensuite de copier les chœurs, l'orchestre, ce qui demandera un"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.61", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "mois. La Lépreuse ne pourrait donc passer que vers le i 5 décembre au\nplus tôt.\nOr l'engagement de Mlie Garden expire le 3i décembre, et je n'ai aucu-\nnement l'intention de le prolonger. Du reste, elle ne pourrait y consentir\n(elle me l'a dit) que jusqu'au i 5 janvier. Cela n'en vaut donc pas la peine.\nJe ne donnerai pas la première d'une pièce avec une artiste obligée de\nquitter son rôle quinze jours après.\nDu reste, cette question n'est que subsidiaire.\nCe qui me fait vous écrire, c'est le ton général de votre lettre. Il y règne\nun tel esprit de rancune et de méfiance que je déclare toute collaboration\nimpossible dans ces conditions. Je ne m'assoirai pas à l'avant-scène entre\ndeux auteurs nourrissant contre moi de tels ressentiments. La vie n'y\nserait pas possible et je n'y supporterais certainement pas les petits mots\nqui vous échappent un peu trop souvent dans votre correspondance, mon\ncher monsieur Bataille.\nJ'estime qu'il est temps, pour ma dignité et pour la vôtre, d'en rester là.\nJ'ai fait, de la meilleure foi du monde, quoi que vous puissiez penser ou\ndire, tout ce qui était en mon pouvoir pour vous donner satisfaction. Les\nmaquettes des décors et des costumes qui vous ont été soumises auraient\ndû vous démontrer que je ne montais pas la pièce dans le but de la faire\ncrouler. Je ne me connais pas une âme aussi noire.\nJe n'agissais point par ordre, mais par pure sympathie pour vous.\nPuisque vous n'avez rien compris au bon mouvement qui m'a porté vers\nvous le 12 août dernier, il me reste le droit de le racheter. Il m'en coûtera\n6.000 francs ; mais je ne serai plus exposé, du moins, à recevoir des\nlettres du genre de celle que vous m'avez adressée hier.\nM. Lazzari est à Paris. Il pourra aller toucher dès demain lundi\nl'indemnité à laquelle tous deux vous donne droit la réception de votre\npièce.\nJe lui abandonnerai en outre toute la copie commencée et je me\ncharge d'indemniser le peintre et le dessinateur pour leurs maquettes.\nVeuillez, etc.\nConcerts classiques du Théâtre Moderne. Ces concerts auront lieu les\nmercredis et samedis à 5 heures et seront inaugurés à la fin de ce mois.\nAu programme, exécution complète des œuvres de musique de chambre\nde Beethoven, Schumann, Mozart, Schubert, Mendelssohn et des plus\nintéressantes compositions de Bœllmann, Borodine, Brahms, Debussy,\nFauré, Franck, Grieg, Lalo, Saint-Saëns, etc.\nLe concert du 24 octobre sera consacré aux œuvres de Wagner avec le\nconcours de Kutscherra.\n\nAlbert Carré.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES\nClaude Debussy : Cortège. Ballet. Extraits de la Petite Suite. Transcrip-\ntion pour piano à 2 mains, par F. Durand. Paris, Durand et fils.\nLa Fontaine. Les Cheveux. La mort de Pelléas. Transcrip-\ntion pour piano à 4 mains par Léon Roques.\nPaul Dukas : Villanelle9 pour cor et orchestre. Paris, Durand et fils."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.62", "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "Émile Frey : Scherzo, pour le piano. Paris, Durand et fils.\nVincent d'lndy : Prélude du 3® acte de Fervaal. Transcription à 2 pianos,\npar G. Choisnel. Paris, Durand et fils.\nJean-Philippe Rameau : Airs tirés des œuvres complètes. Deux recueils.\nParis, Durand et fils.\nCamille Saint-Saëns :Le Fleuve IG. Audigier). Paris, Durand et fils.\nTarentelle, pour flûte et clarinette, avec accompagnement d'or-\nchestre. Paris, Durand et fils.\nGustave Samazeuilh : Une étude symphonique (d'après la Nef). Paris,\nDurand et fils.\nJean-Baptiste Senaillé (1687-1730) : Sonates pour violon et clavecin.\nRevision par Vincent d lndy. Paris, Durand et fils."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.2", "titre_corps": "LE CONGRES DE BALE", "titre_sommaire": "LE CONGRES DE BALE", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.50", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "LE CONGRES DE BALE\n\nMémoires, concerts et banquets.\nC'est en cette ville aimablement cosmopolite que la Société internationale\nde musique a voulu, cette année, se réunir. L'idée était heureuse, et nous\ngardons le meilleur souvenir de l'accueil qui nous a été fait. Point de\nmagnificences inutiles, de luxe de fleurs ou de tentures, mais une affable\nsimplicité et les plus délicates attentions. Ce sont des journées fort occupées\nque celles d'un congressiste assidu : assemblée générale le matin, séances\nde sections l'après-midi, concert le soir, tel en était le programme moyen.\nMais la cordialité partout répandue, l'air de fête qui nous entourait, ont\nrendu ces fatigues légères. Peut-être le véritable intérêt d'un congrès n'est-\nil pas tant dans les séances que dans les libres réunions qui s'ensuivent,\net si j'ai pris le plus vif intérêt aux communications lues dans les salles de\nl'université, j'ai passé des moments meilleurs encore à l'hôtel Habsburg, à\ncauser avec le Dr E. von Hornbostel des moyens d'organiser une biblio-\nthèque phonographique, ou à écouter le professeur Traversari, directeur\ndu conservatoire de Quito (Equateur), qui nous parlait avec une tendresse\némue des Indiens de l'Amérique du Sud, de leur caractère hospitalier,\nchevaleresque et mélancolique, de leur passion pour la musique, et de la\nflûte nommée kena(douleur), qu'un ancien roi tira de la jambe de sa fille\nmorte, et dont la tristesse est si douce au cœur de l'lndien qu'une veille de\nbataille, le son s'en étant élevé dans la campagne, tous les soldats au service\ndu Pérou abandonnèrent le camp, laissant aux Chiliens une victoire\ninattendue... Je ne crois pas manquer de respect à la science en affirmant\nque d'aussi poétiques évocations valent bien des discussions de dates ou\nd'authenticité.\nJe ne dis pas cela pour diminuer le mérite de ce qui fut fait à l'univer-"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.51", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3916, "texte": "sité. Les rapports lus aux assemblées du matin sur l'état actuel de nos\nconnaissances dans les différentes branches de la science musicale, ont été\nfort instructifs, et l'auraient été davantage encore si on les eût parfois plus\nnettement entendus. Quant aux séances de sections, je ne puis parler\nd'expérience que sur la section de musique comparée, qui fut la mienne. Le\nphonographe aidant, nous y avons fait de grands voyages, écoutant tour à\ntour les airs mélanésiens, grimaçants et féroces, présentés par le Dr von\nHornbostel, les sombres, sauvages et mystérieux chants de nègres\nafricains rassemblés par le R, P. Schmidt, ou les délicates symphonies\ncambodgiennes que j'ai eu le bonheur de recueillir. Qu il me soit permis\nici de remercier M. le professeur G. Stumpf, membre de 1 Aca-\ndémie des sciences de Berlin, pour la bienveillance exquise qu il ma\nmontrée et l'honneur quil m'a fait en inappelant, le second jour, à la\nprésidence.\nJe ne puis parler que par ouï-dire de ce qui s'est passé dans les autres\nsections, et regrette de n'avoir pas eu le don d'ubiquité pour entendre le\nR. P. Gaïsser et leP.Janssens discuter des anciennes notations liturgiques,\nou M. Paul Masson parler de Y Humanisme musical en France au XVI* siècle,\navec exemples chantés par Mlîe Marguerite Babaïan. Mais jai assisté aux\ntrois concerts, tous trois fort intéressants. Le premier avait lieu a la\ncathédrale le soir: la majesté du lieu, le profond silence, la demi-obscurité\npropice au recueillement, tout appelait les impressions profondes et graves\nque les œuvres nous donnèrent en effet. Œuvres du xvie et du xvne siècle\nitalien, français, anglais ou allemand, allemand surtout, fort judicieuse-\nment choisies dans la variété des styles tentés à ces époques de grandecrois-\nsance de la musique. Ave Maria de Josquin, chanté, par malheur, trop\nlentement et sans grâce, des psaumes de Goudimel et de Mareschal, une\nchanson suédoise anonyme, représentaient, un peu pauvrement, l'ancien\ncontrepoint vocal. Une Sonata de Gabrieli pour cornets, trombones et\naltos, et une Padouane de Schein pour quatre cromornes, étaient de\nsavoureux essais de couleur instrumentale. Une Fantasia de Frohberger,\ngrave et magnifique, une ingénieuse Toccata de Frescobaldi, une autre de\nPachelbel, d'un caractère doux et pastoral, des chorals un peu lourds de\nWalther et de Scheidt, et la Passacaille en ré de Buxtehude, merveilleuse\nd'invention, de recherche harmonique et de sentiment orchestral,\nformaient un programme d'orgue des plus intéressants et qui eût été\ncomplet si l'on y eût admis un ou deux des maîtres français ressuscites par\nM. Guilmant. Enfin la nouvelle mode du solo vocal accompagné était\nreprésentée par un bel air de Stradella, et surtout des chansons de\nJ -W. Franck, d'une sincérité, d'une noblesse généreuse, d'un bonheur\nd'expression et d'une aisance de style incomparables; ce médecin de\nHambourg qui vivait vers la fin du xvne siècle et fit représenter quatorze\nopéras sur la scène de sa ville, fut certes un des musiciens les plus\ninspirés de son temps. Et sa qualité d'amateur le délivra, a ce qu il semble,\nde certaines préoccupations scolastiques sensibles chez presque tous les\nauteurs allemands du xvne et du XVIII® siècle. Mme Maria Phihppi a chante\nces mélodies avec la voix d'alto la plus égale et la plus nourrie, le style le\nplus pur et le plus expressif que l'on puisse rêver. Cette grande artiste s est\ndéjà fait entendre à Paris l'an passé, aux concerts de la Société Bach.\nNous espérons un prochain et plus long séjour parmi nous.^\nLe deuxième concert avait lieu dans les salons de M. Louis La Roche, le\nplus aimable des hôtes, qui nous a offert une soiree vraiment exquise. On\ny entendit Mme Landowska jouer sur le clavecin deux gracieuses pièces de\nGouperin, puis la Gavotte de Francisque et la Ronde a 1 enjouement si\nnostalgique de Chambonnières, où elle a montré cette merveilleuse"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.52", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "entente du pittoresque et du rythme qui est sa plus précieuse et rare\nqualité. Son interprétation du Coucou de Pasquini, au piano, m'a paru\nfausse, et je ne crois pas qu'il faille mettre de l'afféterie en cette page\naimable et poétique. Les Fastes de l'ancienne mènestrandise ont été traduits\navec l'espièglerie spirituelle qui convient, et ont valu à l'intelligente artiste\nun succès enthousiaste. Mme Maria Philippi, entre temps, avait chanté des\nchansons espagnoles de Luis Milan (1 536) d'une énergie admirable, et des\nairs plus que naïfs de Heinrich Albert et de Zumstreg. Au début de la soirée,\nle 3© Concerto pour flûte de Frédéric le Grand que je n'ai pu entendre,\nmais dont on m'a dit le plus grand bien ainsi que de son interprète,\nM. Buddenhagen.\nLe troisième concert ne le cédait en rien, pour l'intérêt, aux deux pre-\nmiers. Plus particulièrement consacré aux œuvres d'orchestre, il nous a\nfait connaître une charmante Suite de Bâwerl (vers 161 ï) et une autre de\nRosenmuller (1620-1684), d'une richesse de musique et d'une fraîcheur de\nstyle admirables ; les airs de ballet de Pirame et Tisbé de Hasse ont paru,\npar comparaison, lourds jusqu'à la trivialité par instants. Quant au Con-\ncerto de Ph.-E. Bach qui terminait le concert, c'est une œuvre laborieuse,\nd'une inspiration incertaine et d'un développement maladroit : une œuvre\nmanquée, pour tout dire, comme toutes celles de ce musicien dont la\ngloire tient surtout à une importance historique que l'on a beaucoup\nexagérée. Pour toute cette partie du concert, l'orchestre a été conduit avec\nune grande autorité par M. Hermann Suter, qui avait déjà fait ses preuves\nau concert d'église. L'ouverture de Scylla et Glaucus de Leclair, Y Air\nvif de Lalande, et les airs de ballet d'Hippolyte et Aricie de Rameau, qui\nreprésentaient la musique d'orchestre française, ont été dirigés par\nM. de Lacerda. Le premier de ces morceaux, nouveau pour nous tous, a\nété une vraie révélation, tant il montre, en plein xvme siècle français,\nd'ampleur puissante et dramatique et de goût pour la belle et large sono-\nrité. Rien n'était plus opportun que l'audition de cette œuvre pour ruiner\nun vieux préjugé qui condamne l'ancienne musique française à la galan-\nterie (où elle a donné en effet des chefs-d'œuvre), et l'excellent chef a fort\nbienfait d'en accuser la robuste carrure. Il s'est montré égal, d'autre part,\nà la grâce piquante de Lalande, à l'élégance expressive et sobre d'un\nRameau, malgré quelques lourdeurs imputables à un orchestre fort\nexercé certes et docile, mais accoutumé àun tout autre style. Mme Lan-\ndowska avait eu l'idée de nous présenter, à ce même concert, les petites\npièces de luth, transcrites par M. Quittard et arrangées pour clavecin par\nelle-même, que connaissent depuis cette année tous les amateurs de Paris.\nSon succès a été surtout un succès personnel et un succès de virtuose ;\nje le déplore, et ce n'est pas sans regret que j'ai lu dans les Basler Nach-\nrichten, en un article fort judicieux d'ailleurs, que la musique de clavecin,\nmalgré la parfaite maîtrise de l'artiste, a paru « à l'eau de rose » et peu\ndifférente en somme de la musique de cithare. C'est là un malentendu\ndont Mme Landowska est un peu responsable aussi, car elle a pris les\nmouvements beaucoup trop rapides, comme si elle cédait elle-même au\ndélire de la vitesse qui fait tant de victimes parmi nos maîtres du clavier ;\non n'a pu dès lors apprécier la grâce et l'énergie rythmique de ces danses,\nni comprendre comment les « Vieux », les «Domestiques » ou même les\n« Jeunes Mariés » se seraient livrés à d'aussi invraisemblables ébats. Je sais\nce que peuvent les circonstances et à quel point une nature d'artiste est\nsensible à l'impression du moment. Et si je me permets de dire que\nMme Landowska est restée ce soir-là au-dessous d'elle-même, c'est que je\nla place très haut, bien au-dessus des virtuoses, même illustres, qu'auraient\nlargement satisfaits les acclamations de la salle après le Forgeron harmo-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.53", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "nieux de Haendel, ajouté au programme et enlevé dans un mouvement\nvertigineux et une miraculeuse netteté.\nLa partie vocale a été certainement la plus faible. Le quatuor vocal de\nBerlin a paru manquer d'homogénéité à l'égal des sociétés les plus illustres\nde Paris, et les madrigaux de Senfl, Marenzio, Sweelinck et Morley qu'il\nnous a chantés nous ont fait regretter douloureusement l'absence des\nchansons françaises du xvi® siècle et de leurs nerveuses et délicates archi-\ntectures, auprès desquelles tout le reste semble une copie épaisse et\ndécolorée. Je ne sais pourquoi on n'a pas fait appel pour ce concert aux\nrecueils admirables de M. Henry Expert. MUe Else Rosenmund nous a pré-\nsenté des mélodies italiennes de Cavalli, Carissimi et Marini, d'un contour\nagréable et facile, avec une voix délicate, quoique un peu fermée. Malgré\nces légères réserves, ce concert a été, comme les précédents, fort intéressant\npour les curieux, et en quelques-unes de ses parties fort beau. Il a été suivi\nd'un banquet tout fraternel où artistes et érudits ont choqué leurs verrès\nen l'honneur de l'hospitalière cité helvétique ; le menu de ce banquet,\nqui reproduisait un ancien manuscrit de la bibliothèque universitaire de\nBâle, était un chef-d'œuvre, car on y voyait alignées sur des portées, en\nguise de longues, brèves, semi-brèves et minimes, d'appétissantes rangées\nde barriques, cruches, chopes, poêles et poulardes en broche. Rien ne\npouvait mieux présider à un festin musicologique que ces facétieuses\néquivoques. Je ne sais à qui revient l'idée de les avoir fait revivre en notre\nhonneur. Ne serait-ce pas au Dr Bernoulli, le savant et aimable biblio-\nthécaire dont nous avons pu apprécier, en mainte occasion, la bonne\ngrâce et l'esprit ?\nA l'unanimité, le congrès, avant de se séparer, avait maintenu à la prési-\ndence le Dr Kretzschmar, bien connu du monde savant et digne en tout\npoint de ce témoignage d'estime et de sympathie. Une fort intéressante\nproposition de notre collaborateur M. Écorcheville, relative à l'extension\ndu Bulletin, est, nous le croyons et l'espérons, sur le point d'aboutir : ce\nsera là une preuve éclatante de la vitalité des études musicales.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.3", "titre_corps": "LES CONCERTS", "titre_sommaire": "LES CONCERTS", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.53", "debut_caractere": 2209, "fin_caractere_exclue": 3250, "texte": "LES CONCERTS\n\nConcerts Lamoureux : La Forêt, fantaisie symphonique de GlazounofiF.\nChassés du Nouveau-Théâtre, les Concerts Lamoureux ont trouvé asile\ndans la coquette salle de Mme Sarah Bernhardt, où l'on regrette seulement\nl'absence de ce cher promenoir propice aux rencontres et aux échanges\nd'impressions. Mais l'air est moins étouffé, les fauteuils sont moins serrés,\nles loges plus spacieuses ; les bousculades et les horions ne sont plus à\ncraindre ; on peut écouter la musique en paix et sans trop souffrir de la tête,\ndes jambes ou d'ailleurs. Le premier concert, qui aeu lieu le 7 octobre,\nnous offrait une œuvre nouvelle et remarquable à plus d'un titre : La\nForêt, de Glazounoff. Le début m'avait charmé, avec ce chant aux inflexions\nchromatiques qui passe à tous les timbres doux de l'orchestre, flûte, cor,\nclarinette et cor anglais, et chante la mélancolie de la forêt russe, profonde,\nimpénétrable et monotone. Malheureusement la suite ne répond pas à\nnotre attente : on y trouve encore des passages délicieux, comme le chant"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.54", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "des Roussalki, suave et pâle, ou telle lente progression où Ton croit voir\ns'immobiliser, de branche en branche, les arbres sous la neige. Et la\ncouleur orchestrale est toujours savoureuse, vive et subtile. Mais une\nintempestive fanfare, qui accourt en droite ligne de la Norwège de Grieg,\nvient tout déranger, et l'œuvre finit on ne peut plus malheureusement, sur\ndes imitations d'oiseaux qui rappellent à la fois la Symphonie pastorale et\nSiegfried. Pourquoi faut-il que les maîtres russes, si raffinés et si bien\ndoués pour l'évocation poétique, n'aient presque jamais le courage de\nrester fidèles à leur personnalité ? Quelle fâcheuse manie d'occidentalisme\nou quelle mauvaise honte les pousse à se parer d'ornements étrangers ? La\nculture européenne, adoptée d'enthousiasme, sans critique ni discerne-\nment, fait beaucoup de tort à l'âme russe. Je ne parle pas de la musique\nseule, mais aussi de la politique et des mœurs. Ne désespérons de rien\ncependant : on peut attendre beaucoup d'une race capable d'impressions\naussi fortes et sincères.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.4", "titre_corps": "LA MUSIQUE A BÉZIERS", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE A BÉZIERS", "signature_source": "Jean Poueigh", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.54", "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "LA MUSIQUE A BÉZIERS\n\nLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes de MM. de Jouy et Spontini.\nIl me paraît difficile, en général, de porter un jugement précis sur une\nœuvre musicale déjà vieille d'un siècle. Inséparable de l'époque qui la fit\nnaître, elle nous force à nous y reporter, et, pour l'apprécier en juste\nconnaissance de cause, à volontairement négliger tout ce que cent années\nd'évolution ont apporté de nouveau dans la musique. Mais la tâche estplus\nmalaisée encore si cette œuvre n'est point représentée dans le cadre en vue\nduquel elle fut conçue ei écrite.\nJ'ignore quels motifs déterminèrent M. Castelbon à nous donner, en août\ndernier, la Vestale.Fut-il séduit par ses innombrables ballets, théories de\nprêtresses, marches guerrières ? ou bien la perspective de n'avoir point de\ndroits d'auteur à payer fit-elle seule pencher la balance ? Quoi qu'il en soit,\nla tragédie lyrique de Jouy et Spontini n'est pas une œuvre de plein air.\nSans doute avez-vous lu ailleurs que le succès en fut triomphal et que des\nmilliers de spectateurs délirants acclamèrent tumultueusement le Mécène\nbiterrois. N'en croyez rien : l'accueil fut des plus frais, malgré la chaleur\ntorride de cet après-midi d'été. Et la journée, commencée brillamment dans\nla gloire du soleil, faillit s'achever en désastre, quand on se décida àla\nretraite, alors que la nuit tombait et que, dans le crépuscule, s'agitaient\nencore sur la scène les danseuses et les figurants du ballet final. Si l'on\nsonge que les cordes comme l'infanterie, reine des batailles avaient,\ntoujours sur la brèche, mené le combat de tout en tout, et que par contre\nles lourds escadrons des cuivres n'avaient effectué que trop rarement leurs\ncharges fulgurantes, l'on se demande ce que peut bien avoir entendu l'au-\nditeur placé un peu loin de l'orchestre.\nCependant l'instrumentation de Spontini n'est pas à dédaigner. Contem-\nporain de Beethoven, comme lui il procède des devanciers : Haydn, Gluck\net Mozart. Mais chez le maître de Bonn, qui vivait à l'écart une vie labo-\nrieuse, la beauté de l'ensemble sonore vient surtout de la délicatesse et du\nfini des détails ; chaque instrument a son individualité propre bien que"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.55", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "solidaire des autres ; les entrées se répondent, s'étagent, s'enlacent avec\nun art extrême et tout à fait neuf. Et Beethoven agrandit le domaine\nde la sonate d orchestre avec pour aboutissement cette fresque gigantes-\nque : la symphonie avec chœurs. Chez Spontini, les mêmes causes (les\ngrands drames d'alors : la Révolution française et les chevauchées de Bona-\nparte à travers l'Europe) produisent des effets de même ordre et toutefois\nsi différents. Mêlé de près à la cour impériale, sa musique en reflète le faste\net la pompe. Mais combien factice et conventionnelle ! Avec lui apparais-\nsent ces grands ensembles da voix et d'instruments dont ses successeurs\nabusèrent. Ensembles qui nous paraissent aujourd'hui singulièrement\nternes ou creux, du moins à en juger par les représentations de Béziers, et\nqui, à l'époque, devaient sembler puissamment sonores. En écoutant (il\nest probable que dans une salle fermée l'impression eût été meilleure), en\nécoutant, dis-je, ces instruments à archet dont au plein air l'effet était\nsi déplorablement mince, archaïque et lointain, l'on regrettait le travail\npolyphonique, tous les dessous d'orchestre, qui, de nos jours, mettent si\nbien en valeur l'idée musicale.\nAu surplus est-ce un ouvrage lyrique, quel qu'il soit, qui convient aux\nthéâtres de plein air ? La réponse n'est pas douteuse : Non, puisque la mu-\nsique, afin d'être entendue, doit se priver de ses effets de finesse pour ne\nprocéder que par masses. Le succès éclatant de Déjanire et aussi dePromé-\nthée succès non renouvelé depuis en est la meilleure des preuves.\nC'étaient là des tragédies avec musique de scène, dans lesquelles alternaient\npour le plus grand plaisir du spectateur, le chant, la déclamation et la sym-\nphonie. Heures inoubliables que celles où Mme Segond Weber nous appa-\nraissait dans Déjanire harmonieuse d'attitudes comme une statue grecque,\net où Prométhée-de Max, semblable à quelque grand oiseau blessé,\nagitait en haut de la roche ses voiles pourpres comme des ailes sanglantes.\nL'interprétation de la Vestale fut excellente, du moins en ce qui concerne\nle chant. Paquot-Dassy, pathétique et douloureuse en blonde Julia, et\nMUeGeorgette Bastien, superbe grande Vestale, ont droit à tous nos éloges ;\nainsi, du reste, que MM. Valentin-Duc, Licinius-Martial, Cazeneuve,\nconfident tout à fait régence (déjà!), et Delmas, grand pontife aux gestes\npleins de noblesse et particulièrement bien chantant. Je n'en puis dire\nautant de l'orchestre. Composé d'éléments disparates, il manquait de\ncohésion et fut d'ailleurs très mal dirigé.\nPour finir je veux signaler un anachronisme d'autant plus blâmable que\nles organisateurs de ces fêtes prétendent faire œuvre d'art. Sur le passage\nde Licinius rentrant victorieux dans Rome, l'on avait placé bien en vue du\npublic une musique harmonie civile ou musique militaire dont les\nexécutants, costumés en Romains, soufflaient à pleins poumons dans des\ninstruments tels que saxophones, trombones et autres inconnus oh\ncombien ! à cette Il serait cruel d'insister.\n20\n\nJean Poueigh."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.5", "titre_corps": "COURRIER DE SAINT-PÉTERSBOURG", "titre_sommaire": "COURRIER DE SAINT-PÉTERSBOURG", "signature_source": "A. N", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.56", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "COURRIER DE SAINT-PÉTERSBOURG\n\nLes Soirées de musique contetnporaiftt a Saint-Pétersbourg.\nLa Société des Soirées de musique contemporaine, dirigée par M. Alfred\nNourok, en est aujourd'hui à sa cinquième année; elle fait connaître au\npublic russe des œuvres nationales et étrangères, intéressantes et nouvelles\npour la plupart.\nVoici une liste des œuvres russes nouvelles qui ont été jouées la saison\n1905-06 :\nPoème satanique, op. 36 ) Scriabine\nValse, op. 38 > ]\nRomances (inédites) Karatyguine.\nSuite lyrique, op. 32 )\nGlas funèbre j F. Blumenfeld.\nCarillon • '\nQuatuor, op. 27 Withol,\nRomances )\nPoème mystique, pour alto, clarinette, harpe ? Seniloff\net harmonium )\n4e Quatuor en /a, op. 64 ... . ... Glazounof.\nVariations pour piano, sur un thème de Cho-\npin # # Rakhmaninoff.\nRomances Lodyjensky.\nChants géorgiens, harmonisés par Karatyguine.\nLes Vendredis, quatuor à cordes Rimsky, Glazounof, Liadoff.\nSonate pour piano et violon (inédite). . . . Kryjanowsky.\nQuatre chants de la Suite alexandrienne. . . Kousmine.\nPetite suite pour piano Medem.\nScène et arioso de la Princesse lointaine. . . Tchernoff.\nRomances Pokrovsky.\nQuartettino pour instruments à cordes. . . Pogojeff.\nVoici maintenant ce qui a été joué parmi les œuvres modernes fran-\nçaises :\nQuatuor en ré majeur C. Franck.\nNocturne (chant)\nPoème pour violon, op. 25 Chausson.\nPièce en si mineur pour 2 pianos Guy Ropartz.\nQuatuor, op. 10 Debussy.\nHelvetia, 3 valses pour piano V. d'lndy.\nPoème des montagnes, pour piano\nAu bord de l'eau, y\nRencontre, / romances G. Fauré.\nSérénade, )\nTrio pour piano, violon et violoncelle, op. 2. Roussel.\nSi nous examinons les programmes des années précédentes, parmi les\nnoms des compositeurs, nous voyons que les portes de ladite société sont\nlargement ouvertes aux différentes écoles, aux différents courants de la\nmusique russe ; nous relevons les noms des jeunes auteurs de talent,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.57", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "comme Th. Akimenko (Quatuor en ré majeur, Idylle pour flûte, Pièces pour\npiano, op. 27 et 28), N. Tcherepnine [Romances), élèves de Rimsky et de\nBalakiref, du conservatoire de Pétersbourg; Liadoff, Winkler, Withol»\nmusiciens savants, professeurs au conservatoire de Pétersbourg; Rakhma-\nninoff, un des mieux doués de toute l'école jeune russe ; Katouar, Rebikoff,\nWassilenko, tous du conservatoire de Moscou; Scriabine, aussi du conser-\nvatoire de Moscou, représentant tout à fait l'influence occidentale et\nwagnerienne; ChtchGrbatchef, éleve de Balakiref, qui est connu aussi à\nl'étranger par ses œuvres de piano, et F. Blumenfeld, élève de Rimsky,\nexcellent pianiste, qui écrit surtout pour son instrument.\nSans parler des tout jeunes gens, dont les tendances ne sont pas encore\nclaires, comme Karatyguine, Medem (excellent pianiste), Seniloff, Medtner,\nKryjanovsky et autres.\nLes grands de 1 école des cinq, comme Balakiref, Moussorgsky, Rimsky\net celm qui se place immédiatement après eux, A. Glazounof, sont re-\nprésentés par des œuvres peu connues ou nouvelles; par exemple on a\njoué le Prélude et fugue, op. 62, la 2e Sonate pour piano de Glazounof, le\n4G Quatuor, op. 64, du même, etc.\nLes années précédentes ont donné beaucoup d'œuvres françaises, et\nvoici dans un aperçu général les ouvrages que nous relevons :\nDebussy. Estampes (piano).\nPetite Suite (piano à 4 mains).\nFauré. Quatuor, op. i 5.\nFranck. Sonate pour piano et violon.\nQuatuor.\nQuintette.\n—• Plusieurs œuvres de piano.\nV. d'lndy. Poème des montagnes \\\nTableaux de voyage ) Plano-\n— Quatuor en la mineur.\nTrio, op. 29.\nSonate, piano et violon, op. 59.\nSaint-Saëns. Suite pour violoncelle, op. 16.\nDukas. Variations sur un thème de Rameau.\nSonate en mi bémol (piano).\nChausson. Paysage.\nQuelques danses.\nQuatuor.\nV. Vreuls. Sonate en si majeur (piano et violon).\nOn a exécuté aussi des romances de Debussy, Franck, Saint-Saëns,\nFauré, Bourgault-Ducoudray et C. Benoît.\nDes jeunes représentants de l'école française nous ne voyons encore que\nle nom d'A. Roussel qui figure sur ces programmes, où d'ailleurs l'école\nfrançaise est assez richement représentée.\n\nA. N."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 58, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.6", "titre_corps": "ÉCHOS.", "titre_sommaire": "ÉCHOS.", "signature_source": "Albert Carré", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.58", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "ÉCHOS.\n\nA l'Opéra. On annonce pour cette année les trois nouveautés suivantes:\nAriane, de Jules Massenet et Catulle Mendès; la Fille de Ramsès, de Paul\nVidal, et la Forêt, deux actes de MM. Savard et Laurent Tailhade. Voilà\nune activité peu coutumière. M. Gailhard aurait-il, malgré tout, quelques\ninquiétudes sur le renouvellement de son privilège et voudrait-il y acquérir\nquelques titres ? Mais qu'est-il besoin de titres à un homme qui se vante de\nsi hautes protections ?\nA rOpéra-Comique Toujours infatigable, M. Albert Carré nous promet\npour bientôt les œuvres suivantes :\nLes Armaillés, 2 actes, de M. G. Doret (interprètes : Mne Lamare,\nMM. Dufranne, Devriès et Guillamat) ;\nLe Bonhomme jadis, un acte, de M. Jaques Dalcroze (M. Fugère,\nMile Mathieu-Lutz, M. Francell) ;\nMadame Butterfly9 3 actes, de Puccini (MmeMarg. Carré, MM. Clément,\nJean Périer, Cazeneuve, Francell, Huberdeau), qui sera accompagnée sur\nl'affiche de la Légende du point d'Argentan, un acte, de M. Fourdrain\n(Mmes Friché, Vallandri, MM. Lucazeau et Azéma).\nViendront ensuite dans un ordre qui n'est pas déterminé :\nAriane et Barbe-Bleue, 3 actes, de Maurice Maeterlinck, musique de\nPaul DukaSj dont la principale interprète sera Georgette Leblanc ;\nÇircé, 3 actes, de E. Haraucourt, musique de MM. Hillemacher\n(Mmes Vix, Thiéry, Brohly, MM. Dufranne, Devriès et Vieuille) ;\nLe Songe d'une nuit d'automne, un acte, de M. d'Annunzio, musique de\nM. Torre-Alfina, avec Mme Felia Litvinne ;\nFortunio, 3 actes, d'après le Chandelier, de Alf. de Musset, musique de\nA. Messager (Mme Marg. Carré, MM. Fugère, Dufranne, etc...) ;\nNaïl, 3 actes, de Jules Bois, musique de J. de Lara, dont le principal\nrôle sera rempli par Emma Calvé ;\nLe Chemine au, 4 actes, de J. Richepin et Xavier Leroux ;\nSolange, 3 actes, de M. Salvayre ;\nLéone, 3 actes, de Samuel Rousseau ;\nChiquito, 3 actes, de M. Nouguès ;\nLe Maître, 3 actes, de Fernand le Borne ;\nHabanera, 3 actes, de M. Laparra ;\nMyrtil, 2 actes, de M. Garnier ;\nGhyslaine, un acte, de M. Marcel Bertrand;\nFleur de Neige, de Rimsky-Korsakow ;\nIb et Christine, de Léoni.\nConcerts Lamoureux. Voici le programme de la séance de réouverture\ndes concerts Lamoureux, qui a eu lieu dimanche 7 octobre, à 3 heures, au\nthéâtre Sarah Bernhardt :\n10 Ouverture de Tannhaûser Wagner.\n20 Symphonie en sol mineur. Mozart.\n3o La Forêt, poème symphonique (ire audition). . . Glazounof.\n4° Pelléas et Mélisande, suite d'orchestre G. Fauré.\n5° Aphrodite, prélude du 4e acte (ire audition). ... C. Erlanger.\n6° L'Apprenti sorcier P. Dukas.\n70 Ouverture A'Egmont Beethoven."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.59", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "Le programme du 14 octobre comprendra la Symphonie pastorale,\nl Après-midi cTun Faune et les Préludes de Liszt.\nL orchestre de M. Chevillard fera ensuite une tournée de i 3 jours en\nAllemagne et à son retour, le 28 octobre, il fera entendre l'ouverture de\nManfred, la Symphonie en ut mineur de Beethoven, les Adieux de Wotan,\nchantés par M. Frolich, et une œuvre pour piano et orchestre avec\nMm® Carreno.\nSchola Cantorum. Les cours ont repris le lundi ier octobre, sous la\ndirection de M. Vincent d'lndy qui faisait passer lui-même les examens\nd admission. L affluence des élèves a été telle que dès le 25 septembre le\nregistre des inscriptions était clos.\nSoirées d'art Les concerts commenceront le jeudi 8 novembre, àla\nsalle des Agriculteurs, 8, rue d'Athènes, par un festival Beethoven, avec le\nconcours de Mme Jane Bathori, de M. Jean Batalla et de la société le Double\nQuintette. Le deuxième concert aura lieu le i 5 novembre et sera un\nfestival Saint-Saëns (Mme G, Vicq, MM. Diémer et Staub, le Double\nQuintette).\nSociété philharmonique. La Société philharmonique de Paris, dont\nM. Rey a assumé seul la direction après la dissolution du comité, donnera\ncet hiver douze concerts à la salle des Agriculteurs.\nSont engagés : le quatuor Joachim (14, 17 et 18 novembre); les quatuors\nHayot; Gapet, de Paris; Sevcik, de Prague ; le violoniste Kubelik, qui don-\nnera le 12 mars avec le pianiste Goll une séance de sonates pour violon et\npiano ; le trio Cortot-1 hibaud-Casals ; M. Harold Bauer ; enfin, en avril,\nun festival Planté qui sera en réalité un festival de pianistes, puisque Ton\nentendra avec le célèbre virtuose, dans des œuvres à 2, 3 et 4 pianos,\nMM. Risler, Gortot et quelques autres maîtres non moins réputés.\nSociété Bach. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, donnera, la saison prochaine, six concerts mensuels d'abonnement\navec soli, orchestre et chœur, pour lesquels elle s'est assuré le concours\nd'artistes français et étrangers les plus réputés. Au programme du premier\nconcert, fixé au vendredi 16 novembre, figurera la première partie de la\nPassion selon saint Jean, avec le célèbre ténor allemand George Walter\ndans le rôle de l'Evangéliste.\nLes demandes d'inscription ou de renseignements peuvent être adressées\ndès maintenant à M. Daniel Herrmann, 9 bis, rue Méchain.\nBiarritz. Les concerts classiques du casino de Bellevue, à Biarritz,\nobtiennent un grand succès sous l'habile direction de M. Steck, par\nl'excellence de son orchestre et ses programmes composés des chefs-\nd'œuvre de maîtres classiques et modernes. Parmi les artistes qui ont\nprêté leur concours, nous citerons un jeune violoniste de 11 ans, Roger\nSchickel, qui a enthousiasmé le public en exécutant le Concerto de\nPaganini avec une virtuosité et un style parfaits ; voilà une nature d'artiste\npossédant tous les moyens et tous les dons pour arriver à faire une\nbrillante carrière de soliste, d'autant plus qu'il a pour maître son oncle\nM Henri Schickel, le distingué soliste des concerts Ghevillard.\nThéâtre et politique. De l'Echo de Paris, ces réflexions sur les\nrapports du théâtre et de la politique :\n« En indiquant l'autre jour qu'un théâtre lyrique, doté d'une subvention\nde 200.000 fr., était obligé de donner plus de 200.000 fr. de places aux\npoliticiens, M. André Messager a dévoilé un des abus dont le public ne se"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.60", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "doute pas, mais qui est des plus réels. Abus qui n'est pas spécial à 1 Opéra\nComique, mais à tous les théâtres subventionnés. Après les permis de\ncirculation sur les chemins de fer, les entrees aux courses et autres\nprébendes, les députés estiment que le théâtre doit être gratuit, non\nseulement pour eux, mais aussi pour les électeurs, auxquels ils offrent les\nplaces mises à leur disposition. Dans ces conditions, vous voyez où passe\nla subvention ; si grosse qu'elle soit, elle est toujours trop petite. Et si\nAntoine, avec un beau geste, avait, en un jour de dédain,\n100.000 fr. affectés à l'Odéon, il a eu raison de ne pas s'entêter. C'est\nlui qui, en fin de compte, se fût trouvé, comme un vulgaire budget, en\ndéficit. Plaignons les directeurs de théâtres subventionnés, mais ne\nplaignons pas seulement les directeurs de théâtres parisiens. Le mal s étend\njusqu'en province. Là, ce n'est plus 1 Etat, mais les municipalités qui\nsubventionnent. Et, en échange de la somme qu on leur alloue, que ne\ndemande-t-on pas aux directeurs ? Quelquefois le tiers des places, quel-\nquefois la moitié. J'ai eu récemment sous les yeux le cahier des charges\nd'un théâtre d'une grande ville de Normandie. C'est à faire frémir. Le\ndirecteur est l'homme lige du maire et de la municipalité. Il a tous les\ndevoirs; il n'a aucun droit. Depuis le concierge jusqu'au premier ténor,\ntout le monde doit plaire à la municipalité. Et je ne serais pas étonné si\nl'on demandait au directeur ses opinions politiques. Ne vous étonnez donc\npas si tant de directeurs de province ne vont même pas quelquefois\njusqu'à la fin de la saison théâtrale. Avant de commencer, ils sont con-\ndamnés. On cherche toujours pourquoi le théâtre se meurt en province.\nVoilà une des principales raisons. Le billet de faveur coûte cher aux\ndirecteurs. La subvention de faveur les ruine. Ce n était peut-etre pas\npour arriver à ce résultat qu'on a institué la liberté du theatre. »\nConcours de composition musicale. L'administration du\npublication pour musique militaire, ouvre un concours de composition\nmusicale, auquel les compositeurs de tous les pays peuvent prendre part\n(2.500 francs de prix).\nLes diverses épreuves portent sur des œuvres d'orchestre symphonique,\nd'harmonie et de fanfare.\nLe règlement sera envoyé sans aucuns frais à toute personne qui en fera\nla demande à M. Em. Strauwen fils, rue Albert, Bruxelles-Nord\n(Laeken).\nLa fin de la Lépreuse. On se souvient de la guerre engagée, depuis\nplus d'un an, autour de cette pièce, entre deux auteurs tenaces et un direc-\nteur qui leur semblait peu pressé. Nos amis Henry Gauthier-Villars, Willy\net l'Ouvreuse marchèrent comme un seul homme au secours de MM. Henry\nBataille et Sylvio Lazzari ; et l'incident, porté devant la ci-devant Chambre\ndes députés, y fut l'occasion d'un jovial débat, bien digne de cette assem-\nblée de beaux-esprits. M. Albert Carré vient de mettre fin à tout ce\ntumulte en adressant la lettre suivante au belliqueux M. Bataille :\nParis, 23 septembre.\nComme je vous l'ai télégraphié hier, il ne serait possible de songer\nà MHe Garden pour le rôle d'Ariette que si nous pouvions commencer\ndès à présent les études de la Lépreuse.\nOr, vous savez bien que je n'ai pas à ma disposition le matériel néces-\nsaire. Je me suis informé à la copie. On va aussi vite que possible, mais\nje n'aurai les rôles des artistes que dans une quinzaine de jours, et il faudra\ns'occuper ensuite de copier les chœurs, l'orchestre, ce qui demandera un"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.61", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "mois. La Lépreuse ne pourrait donc passer que vers le i 5 décembre au\nplus tôt.\nOr l'engagement de Mlie Garden expire le 3i décembre, et je n'ai aucu-\nnement l'intention de le prolonger. Du reste, elle ne pourrait y consentir\n(elle me l'a dit) que jusqu'au i 5 janvier. Cela n'en vaut donc pas la peine.\nJe ne donnerai pas la première d'une pièce avec une artiste obligée de\nquitter son rôle quinze jours après.\nDu reste, cette question n'est que subsidiaire.\nCe qui me fait vous écrire, c'est le ton général de votre lettre. Il y règne\nun tel esprit de rancune et de méfiance que je déclare toute collaboration\nimpossible dans ces conditions. Je ne m'assoirai pas à l'avant-scène entre\ndeux auteurs nourrissant contre moi de tels ressentiments. La vie n'y\nserait pas possible et je n'y supporterais certainement pas les petits mots\nqui vous échappent un peu trop souvent dans votre correspondance, mon\ncher monsieur Bataille.\nJ'estime qu'il est temps, pour ma dignité et pour la vôtre, d'en rester là.\nJ'ai fait, de la meilleure foi du monde, quoi que vous puissiez penser ou\ndire, tout ce qui était en mon pouvoir pour vous donner satisfaction. Les\nmaquettes des décors et des costumes qui vous ont été soumises auraient\ndû vous démontrer que je ne montais pas la pièce dans le but de la faire\ncrouler. Je ne me connais pas une âme aussi noire.\nJe n'agissais point par ordre, mais par pure sympathie pour vous.\nPuisque vous n'avez rien compris au bon mouvement qui m'a porté vers\nvous le 12 août dernier, il me reste le droit de le racheter. Il m'en coûtera\n6.000 francs ; mais je ne serai plus exposé, du moins, à recevoir des\nlettres du genre de celle que vous m'avez adressée hier.\nM. Lazzari est à Paris. Il pourra aller toucher dès demain lundi\nl'indemnité à laquelle tous deux vous donne droit la réception de votre\npièce.\nJe lui abandonnerai en outre toute la copie commencée et je me\ncharge d'indemniser le peintre et le dessinateur pour leurs maquettes.\nVeuillez, etc.\nConcerts classiques du Théâtre Moderne. Ces concerts auront lieu les\nmercredis et samedis à 5 heures et seront inaugurés à la fin de ce mois.\nAu programme, exécution complète des œuvres de musique de chambre\nde Beethoven, Schumann, Mozart, Schubert, Mendelssohn et des plus\nintéressantes compositions de Bœllmann, Borodine, Brahms, Debussy,\nFauré, Franck, Grieg, Lalo, Saint-Saëns, etc.\nLe concert du 24 octobre sera consacré aux œuvres de Wagner avec le\nconcours de Kutscherra.\n\nAlbert Carré."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.10.7", "titre_corps": "PUBLICATIONS RÉCENTES", "titre_sommaire": "PUBLICATIONS RÉCENTES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.61", "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "PUBLICATIONS RÉCENTES\nClaude Debussy : Cortège. Ballet. Extraits de la Petite Suite. Transcrip-\ntion pour piano à 2 mains, par F. Durand. Paris, Durand et fils.\nLa Fontaine. Les Cheveux. La mort de Pelléas. Transcrip-\ntion pour piano à 4 mains par Léon Roques.\nPaul Dukas : Villanelle9 pour cor et orchestre. Paris, Durand et fils."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.62", "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "Émile Frey : Scherzo, pour le piano. Paris, Durand et fils.\nVincent d'lndy : Prélude du 3® acte de Fervaal. Transcription à 2 pianos,\npar G. Choisnel. Paris, Durand et fils.\nJean-Philippe Rameau : Airs tirés des œuvres complètes. Deux recueils.\nParis, Durand et fils.\nCamille Saint-Saëns :Le Fleuve IG. Audigier). Paris, Durand et fils.\nTarentelle, pour flûte et clarinette, avec accompagnement d'or-\nchestre. Paris, Durand et fils.\nGustave Samazeuilh : Une étude symphonique (d'après la Nef). Paris,\nDurand et fils.\nJean-Baptiste Senaillé (1687-1730) : Sonates pour violon et clavecin.\nRevision par Vincent d lndy. 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H. A. Beach\nThe Musical Year :\nNew York\nLondon Nicolas Gatty\nParis (en français et en anglLouis Laloy\nBerlin J. C. Lusztig\nDresden Albert Noll\nMilan Aldo Franchetti\nSt. Petersburg N. Findeisen\nAmerica's Army of Musiclovers Victor Herberi\nEssay E. A. Baughan\nBiographical Notes and Sketches, with Portraits :\nAgathe Backer-Grondahl\nArthur Foote\nEmile Sjôgren\nAndré Messager\nArthur Farwell\nEdward Marc Dowell\nG. W. Ghadwick\nBibliography\nCompositions, 1905—A selected list\nCadenz to the first and third movements of Beethoven's G major\nPiano Concerto, from manuscript Julius Rontgen"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.12", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.2", "debut_caractere": 520, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "CHANT ET PIANO\nS, Éditeur de Musique\n■> EI 1\n2, rue de Louvois. PARIS, II9\n5\ni 5o\nBardao(R.). « Tel qu'en songe » (H. de Régnier).\nC'est l'espoir.\nLes grands vents.\nTristesse.\nEn recueil. Net\nk Trois Stances # (il. Moréas).\nI. Roses en bracelet autour.\n11. Dans le jeune et frais cimetière.\n111, Va-t-on songer à l'automne*\nEn recueil Net.\n« Cinq mélodies ».\n1. Sur l'eau pâle et plate (F. Gregh).\n11. Si la plage penche (P. Valéry).\n111. Les deux Perles (Tchang-Tsi),\nIV. L'air (Th. de Banville).\nV. La cloche fêlée (Ch. Baudelaire).\nEn recueil. Net.\nDêodat de Séverac.\nChanson de Blaisine (M. Magrej. Net,\nLe Chevrier (P. Rey).\ni.es Cors (P. Rey).\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren).\nL'lnfidèle (M. Maeterlinck).\nDuparc (H.). La Fuite, duo pour\nSopr. etTén. (Th. Gautier).\nDupont (G.)* Les Effarés (J.-A.\nRimbaud).\n- Le Jour des Morts (G. Vanor).\nRavel (M.).D'Anne jouant deTEspi-\nnette.\nD'Anne qui me jecta de la neige>\n(Epigrammes de CL Marot).\n■Qz ■* '' •: • ;\n.\nPIAN<\nBilla (Rr). En rythme de valse.\nBrugnoli (A.). Mazurka italienne.\nMinuetto.\nValse, en sol mineur\nCohen (J.). Marche funèbre.\nLabey(M-). Sonate en quatre part.\nMel-Bonis. Bourrée.\nLe moustique.\nRhené-Baton, « Six préludes »\nI. Prélude, en m» min. Net.\nIL Prélude oriental, en /tfjjmaj.\n111. Prélude, en ut min.\nIV, Prélude, en la \\> maj„\nV. Prélude ancien, en si min.\nVI. Prélude, en sol min.\nRavel (M.). Jeux d'eau.\nPavane pour une Infante défunte.\nVanzande (R.). Marine.\nLabey (M.). Symphonie en mit\npiano 4 mains.\nDaparc (H.). Prélude et fugue en\nla min. (de J.-S. Bach).\nPrélude et fugue en mi min. (de\nJ.-S. Bach).\n(Transcriptions pour 2 pianos 4 mains).\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.)* Sonate en 4 parties. Net.\nLeclair (J.-M.)» ler1er Livre de b So-\nnates. »\nMel-Bonis. Largo en mi maj. (attri-\nbué à Haendel). »\nMunktell (H.). Sonate. »\nSérieyx (A.). Sonate en so/, en 4\nparties. i »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate, g »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nFLUTE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nDIVERS\nLacroix (E.). Quintette, pour piano\net cordes.\nLeclair (J .-M .). Sonate à trois, vio-\nlon ou flûte, violonc. et piano.\nMel-Bonis. Quatuor, pour piano et\ncordes.\nSuite, pour piano, flûte et violonc.\nSeitz Quatuor, pour instru-\nments à cordes.\nï »\n2 5o\nÎ >»\n1 70\n1 70\n3 35\n2 »\n2 DO\n8 »\n3 *\n1 70\n10 »\n15 »\n1 70\n8 »\n8 »\n7 »\n6 »\n15\n2 5o\n12 #\n5 »\n12 »\nAgence de la Société Nationale de ]Hasiqae\nAchat et vente d'lnstruments de musique neufs et d'occasion"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.13", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "Agence Musicale\nJEU - X> JEUIVX JEîl T 9 2, rue de lioui/ois\nPARIS (IIE AIT1)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\ncelles de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert : de là\ntant de salles vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des conditions\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique et son expé-\nrience professionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS\nest devenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal\nde Paris, la Société de Concerts de Chant classique, nombre d'œuvres privées et d'artistes\nvirtuoses qui l'ont choisi pour Administrateur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, ler1er octobre 1905.\nÉDITIONS MUSICALES\nDans le but d'aider à la vulgarisation des Œuvres Musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d' imprimer, d'éditer et de lancer à des conditions\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur réservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.63", "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "La Revue du Mois\nParaît le 10 de chaque mois et donne Î2B pages in-8°\nC'est une publication sérieuse n'ayant rien de spécialement technique,\nmais s'adressant à tout le public instruit qui s'intéresse aux questions scienti-\nfiques, littéraires, économiques, sociales, coloniales et militaires. Les articles\nde fond sont dus à des hommes hautement compétents. Unechroniquetermine\nchaque livraison. Les rubriques en sont nombreuses et variables suivant les\nmois ; les collaborateurs de la Revue y tiennent le public au courant de ce\nqui se passe d'essentiel dans le monde des idées. La est\nimprimée sur papier glacé de façon à donner beaucoup de matière sous une\nforme à la fois élégante et aussi peu encombrante que possible. Chaque livrai-\nson renferme au moins six articles de fond.\nDirecteur : Émile BOREL, professeur àla Sorbonne\nDÉPÔT GÉNÉRAL DE LA REVUE:\nLibrairie LE SOUDIER, 174\nLA LIVRAISON : 2 FR. 25\n/ PARIS .... Six mois, 10 fr. » Un an, 20 fr. »\nAbonnement < FRANCK ... 11 fr. » 22 fr. »\n' UNION POSTALE. 12 fr. 50 25 fr »\n* *"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "Jietne-Port (Seine-et-Marne). Ligne de\nP.-L.-M., gares de Cesson et de Saint-Far-\ngeau. A louer pour la saison d'été, maison\nmeublée, avec grand jardin, situation mer-\nveilleuse au milieu des forêts. S'adresser\nau bureau du journal, 2, rué de Louvois,\nParis, IIe.\n, ,\nA weiidre un violon d'Amati authen-\ntique. Prix : 4500 fr. S'adresser au bu-\nreau du journal, 2, rue de Louvois, Paris,\nIle.\nA vendre un piano Pleyel, grand\nformat à queue, véritable occasion, état\nde neuf. S'adresser 2, rue de Louvois\nA vendre Viole d'amour allemande,\nbelle occasion (1731). S'adresser 2, rue\nde Louvois.\nA vendre superbe violon Gigli, très\nbien conservé, intact, n'ayant besoin\nd'aucune réparation, excellente sonorité.\nS'adresser 2, rue de Louvois."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.16", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.65", "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "COURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nMM.\nStéphane Austin, du Théâtre <ïe la\nMonnaie. 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Leçons particulières de chant.\nMarguerite Balïaïaii. Leçons de\nchant. Répertoire français, allemand et\nrusse, 14, rue Poisson.\n4. Barwolf-Isanis. Cours et leçons\nparticulières. 60, boulevard de Clichy.\nk ———m———— ————— ———M———\nÉléoiaore Blanc, 71, rue Lafayette.\nCours d'ensemble vocal : Mll® E. Blanc et\nM. Henry Eymieu. Le vendredi à 4 h.\nBourgarel-Baroit, 111, boulevard Port-\nRoyal, Professeur de chant. Soins et\nhygiène de la voix.\nLouis Brisset. Cours et leçons de sol-\nL| fège et de chant, 8, rue Garancière.\nCamille Fourrier, 157, rue du Fau-\nbourg-Saint-Honoré. Cours et leçons de\nchant.\nrlp l'nnérQ.Pfirmmio T P-\nçons de chant, 00, boulevard des Bâti\ngnolles.\nl, rue Yvon-Villarceau. 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Cours Che-\nvillard-Lamoureux. (Succursale : 21, bou-\nlevard de Strasbourg, le lundi.)\nFasiny Cours et leçons de\nchant. 89, boulevard Malesherbes.\n®e gorge. Le lied français, cours de\nstyle vocal, sous la direction des plus cé-\nlèbres compositeurs français. Mercredi et\nsamedi, de 4 à 6 h., salle Pleyel, 22, rue\nRochechouart."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.19", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.65", "debut_caractere": 2185, "fin_caractere_exclue": 3011, "texte": "ORGUE ET HARMONIE\nMM.\n€r. Bret, suppléant de Widor à St-Sul-\npice. Cours et Leçons d'orgue, harmonie,\ncomposition, grand orgue Cavaiilé-Coll à\nla disposition des élèves. 35 bis, rue de\nFleurus.\nH. Brailler, organiste de la Madeleine.\nLeçons de piano, orgue, harmonie, contre-\npoint, fugue. 7, boulevard Pereire.\nEugène Gigout, 113, avenue de Villiers.\nCours et leçons d'orgue, d'improvisation\net de plain-chant, fondés en 1885.\nGrand orgue de Cavaillé-Coll à la dispo-\nsition des élèves.\nEttg, ILacroix, organiste de St-Merri et\ndes Concerts Lamoureux. Leçons d'orgue,\nharmonium, piano, plain-chant, harmo--\nnie, contrepoint et composition. 154, bou-\nlevard Magenta.\n«Peau Poueigh, 16, rue Duperré. Leçons\nd'harmonie et de composition. Orches-\ntration.\nA. Série yx, 108, avenue de Wagram.\nHarmonie, contrepoint et composition."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.65", "debut_caractere": 3013, "fin_caractere_exclue": 3617, "texte": "PIANO\nMM.\nEd. Bernard, 27, rue Lepic. Cours et\nleçons de piano.\nPaut-E. Brtinold, 3, rue Yvon-Villar-\nceau. Leçons de piano et d'harmonie.\nCr. efaitdoin, 112, boulevard Koche-\nchouart. Leçons particulières : salle Herz,\nCours chez Erard.\n«Î. PEINAIIÎ, piano, harmonie, contre-\npoint et fugue. 76, rue de Passy.\n<S. •foaetitm Nin, 53, rue des Tenne-\nrolles, à Saint-Cloud. Çours et leçons de\npiano en français et en espagnol.\nil ——p—■— i i i\nRaoul Piclcaëi% 11, rue du Delta. Le-\nçons de solfège, chant, piano et orgue.\nDaniel Rouerie, 7, avenue Taillade,\nLeçons particulières de piano, solfège,\nharmonie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "Cîeorges Sporck» Piano, harmonie,\ncomposition. 26, rue Grange-Batelière.\nRené Vannais fie, pianiste-compositeur,\n38, rue Laborde. Leçons de piano, har-\nmonie, contrepoint et fugue.\nRicardo Vioès, 6, rue Troyon. Cours\net leçons de piano.\nfinies\nCatore, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\nP. Landormy, 30, rue Saint-Sulpice.\nCours et leçons particulières de piano.\nWamla Lamlowslca, 236, faubourg\nSaint-Honoré. Leçons et cours de piano.\nXeveu, 8, rue Mouton-Duvernet. Leçons\nde piano et solfège.\nA. SlOMlJerSiîelle,2o4,boulevardPereire.\nCours et leçons de piano.\nMlles\nC'iicmela il* Bafcaïaii. Piano et accom-\npagnement, 14, rue Poisson.\nBertfie I*urantom, 11, rue Saint-La-\nzare. Officier d'Académie. Leçons de piano\net cours de musique d'ensemble.\nFaniiy Laming, 18, rue Godot-de-Mau-\nroi, et 101, avenue de Villiers. 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Le-\nçons de violoncelle et d'accompagnement.\nMarneff, 51 bis, avenue de la République.\nVioloncelle solo des Concerts Lamoureux.\nLeçons de violoncelle.\n11 laissai'!, des Concerts Colonne, 45, rue\nRochechouart. 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Borrel, 11, rue des Halles. Concer-\ntiste. Leçons de violon.\nCliarlcp Bouvet, officier de l'Instruc-\ntion publique, 42, avenue de Wagram.\nLeçons de violon et d'accompagnement.\nEdouard Brou, 30, rue de Naples. Le-\nçons de violon et d'accompagnement.\nII. de Itruyne, des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particuliè-\nres de violon et d'accompagnement.\nR. I>uroî, 22, rué Baudin. Leçons parti-\nculières de violon et d'accompagnement.\nYwan Flâe&'C. Leçons de violon et d'ac-\ncompagnement. 207, boulevard Saint-\nGermain,\n3, avenue Bosquet. Leçons de\nviolon. Concerts.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de\nviolon et d'accompagnement.\nHenry Schickel, des Concerts Lamou-\nreux, 5, rue d'Enghien. Leçons de violon\net d'accompagnement.\n«fosepts Seltgmann, prix Joachim de\nl'Académie royale de Berlin. 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A. CSiiiclias'tloii, professeur au Con-\nservatoire. Cours et leçons particulières\nde violon et d'accompagnement. 24, rue\nRabelais\nLacliarrière, Piano, accompagne-\nment. 7, rue des Archers.\nPAU\nPaul Maufrel, 29, rue Carnot. Leçons\nde piano et d'harmonie. j;\nTOULOUSE\nI®. Omer Criiiraud. 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Cours de piano, solfège, harmonie, pédagogie,\npréparation aux examens des Ecoles normales,\nîre Section : Amateurs ; 2e Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n(Diplômes) ; 3e Seciion : Cours par correspondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "-V':\nMERCVRE\n26, rue de Condé, PARIS\nCE\nPARAIT LE !\" ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\nSEIZIÈME ANNÉE\n■\nLittérature, Poésie, Théâtre, Musique, Peinture, Sculpture, Philosophie,\nHistoire, Sociologie, Sciences, Voyages, Bibliophilie, Sciences occultes, Critique,\nLittératures étrangères, Revue de la Quinzaine\nLa Bevue de la Quinzaine, qui occupe plus du tiers de chacune des livraisons, comprend\nun roulement d'environ cinquante rubriquès ; elle s'alimente à l'Etranger autant qu'en\nFrance, offrant ainsi un nombre considérable de documents, et constitue une sorte\n« d'Encyclopédië au jour le jour » du mouvement universel des idées.\nPrix du numéro ; France, 1 fr. 25 net ; Etranger, 1 fr. 50\nABONNEMENT :\nFrance\nUN AN 25 fr.\n14 fr.\n8 fr\nSix MOIS .\nTROIS MOIS\nÉtr\nange.\nUN AN . .\nSIX Mois .\nTROIS MOIS\n30 fr.\n17 fr.\n10 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.67", "debut_caractere": 813, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "m\n9\nh:\\;\nSEIZIÈME ANNÉE\nNouvelle série. Format agrandi.\nRevue de Littérature et d'Art, paraissant le 15 de chaque mois.\nDirecteur : Edouard Ducoté. Secrétaire: Charles Verrier.\n3'is\nComité de Rédaction : Remy de Gourmont, André Gide.\n,\nLe numéro : UN franc.\nBONNEMENT E™ 10 ;,SlXcMOIS' 5 ?°Krt\nETRANGER, UN AN, 12 fr. ; Six MOIS, 6 fr. 50.\n—M.IIH «m mu I m\nEnvoi d'un Spécimen sur demande accompagnée d'un timbre de Qfr* 15-\n,\nREDACTION ET ADMINISTRATION : 38, rue de Sèvres, 38, PARIS\n■—\"T >Ç«\nCHRONIQUES DE L'ERMITAGE\nChronique générale mensuelle, par M. ANDRÉ GIDE. Les Poèmes, par M. VIELÉ\nGRIFFIN. Les Arts, par M. MAURICE DENIS. La Musique, par M. JACQUES-EMILE\nBLANCHE. Philosophie, Critique, par M. MICHEL ARNAUD. Les Romans, par\nM. HENRI GHÉON. Le Théâtre, par JACQUES COPEAU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.67", "debut_caractere": 1600, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "REVUE GÉNÉRALE\nDE\nBIBLIOGRAPHIE FRANÇAISE\nParaissant tous les Mois\nsous la Direction de Victor DAVE\net la collaboration de H. BAGUENIER-DESOMBEAUX, E. BAILLY, L* BONNEFF, G. BROCHER, Lieu-\ntenant-Colonel B. G- DEMONBYNES, C. FAGES, DR A. FERENCZ, A. VAN GENNEP, G. GIROUD,\nDR L. LALOY, A. LANTOINE, C. LE BON, A. MONTOUX,§MONY-SABIN, P. de MORTILLET,\nED. OLIVIER, E. POTIER, P. ROBIN, G. SOREL, V* de WÉPINNES, etc., etc.\n* Un An : France, Algérie, Tunisie- 110 francs\nABONNEMENTS l _ Zn i •\nm p ( Etranger et Colonies 12\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : iq, rue Servandoni, Paris (Vl*)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "m m\n\\CA\nrue rfe ||ûiipoîs, 2, PARIS (IIe)\nDirecteurs : Louis LALOY et Jean MARNOLD\nH-*—i\nï \"fi;\nPierre AUBR.Y, René d'AVRIL, Charles BORDES, Raymond\nBOUYER,MicheI BRENET,Ricciotto CANUDO,Gaston CARRAUD,\nCh. CHAMBELLAN, René DE CASTÉRA, Jean CHANTAVOINE,\nJ.-G. ERWYN-CORNÉLIUS, JAQUES-DALCROZE, M. DAU-\nBRESSE, Claude DEBUSSY, Jules ECORCHEVILLÈ, Henry\nEXPERT, Edmond FLEG, Henry GAUTHIER-VILLARS, Remy\nDE GOURMONT, Paul GROSFILS, Vincent D'INDY, Gaston KNOSP,\nPierre LALO, Fr. DE LACERDA, Lionel DE LA LAURENCIE, Ch.\nLÉANDRE, Gustave LYON, C. DE MALARET/ Octave M AUS,\nPaul MAZON, Jacques MERALY, le R. P. PEITAVI, André PIRRO,\nArmande DE POLIGNAC, Jean POUEÏGH, J.-G. PRODHOMME,\nJean RAGE, Jacques REBOUL, Odilon REDON, DU ROBEC, Jules\nROUANET, Romain ROLLAND, Gustave SAMAZEUILH, Louis\nDE SERRES, Martial TENEO, Joseph TRILLAT, Emile VUIL-\nLERMOZ, C.-M. WIDOR, Colette WILLY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.68", "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "RE\nVUE DU MOIS :\nMoyen âge : Pierre AUBRY,\nRenaissance: Henry EXPERT.\nXVII* et XVIIIe : Lionel DE\nLA LA^RENCIE.\nFolk-lore : Pierre AUBRY.\n■ '\nScience et théorie musicales : Jean\nMARNOLD. I\nAllemagne : Romain ROLLAND.\nAngleterre :X.-Marcel BOULESTIN.\nBelgique: Paul GROSFILS.\nV\nBohême : William RITTER\nEspagne et Portugal: Fr. DELACERDA.\nÉtats-Unis d'Amérique : Ch.-M.\nLŒFFLER,\nItalie : Romain ROLLAND.\nNorvège et Danemark\nSYNNESTVEDT.\nRussie: A. NODROK\nSuède : André PIRRO\nSuisse : E. ANSËRMET\nOrient : Pierre AUBRY\nMagnus"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1906-10-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1906-10-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1906-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.68", "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "DÉPOSITAIRES DU «MERCURE MUSICAL»\nm m-.\nPARIS,\nFLAMMARION et VAILLANT\nGaleries de l'Odéon,\n36 avenue de l'Opéra\n2ov rue des Mathurins.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40* boulevard Haussmann,\nFLOURY, I, boulevard des Capucines.\nLAFONTAINEj 4, rue Rougemont*\nMARTIN, 3, faubourg Saint-Honoré.\nREY, 8, boulevard des italiens.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQUE 70, 10, boulevard Saint-Denis.\n-r- 213, Grand-Hôtel, boul. des Capu-\ncines. |\n296, 18, boulevard Poissonnière.\nAMIQÎIS : LENÔIR-B|.YÀRD, Galeries du- Com<\nmerce-\nGiermont-Ferrand : SOULACRQUP-LJGIBR, I I BIS*\nrue Pascal.\nLyon : JANIN frères, 1.0, rueldu Président-\nCarnot.\nMontpellier : LAPEYRIE, 22, rue de là Loge.\nNancy : DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNice : BELLET, 35, boulevard Dubouchage.\nNîmes : THIBAUD.\nReims : MENNESSON, 10, rue Carnot.\nKoubaix : MARCELLL 3, rue du Bois.\nToulouse : SOCIÉTÉ MARTIN, 72/: rue de l'a\nPomme.\nValence : BUREAU «\n.\n'\n*\nETRANGER.\nAnvers O. FORST, 69, place de Mier.\nBruxelles : SPINEUX* 62, Montagne-de-la-Cour.\nGênes : RIECI et Gie, 43, Galeries Mazzini.\nMadrid: FERNANDO FE> 2, Carrera de San-\nJeronimo.\nStrasbourg : WOLF, 24, rue de la Mésange.\nStuttgart : G. EISELE, Bapserwaldstrasse."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.1", "texte": "2® Année. 19-20 15 Octobre 1906.\n_\nmm ™ sjt as mK jHE a| Vb wT\" 'Œra, TT \"w\n•';? v'-; ' J? .gT S -ttfùt--- '- A? 9p ®*i 43? I •>*\nh 1 m SB H— fl\n«jo -j^- iff '. ÊÊ 1ê j£ ■! a „ H Wk H gtsl HEs M Ib HSB y\nJggKIÊÊÊIÊÊr JtKÊmtÊm dm 't JKmmmgdr JÊBI T®h?» JSt JS&mmtdÊ\niß V Wp v\"W *W\n$È f®w®?w jgï JSf Ifi PP SI SKÊ_ W- XBs \"•■?i-\\ /.:■%''Jft hBK\n/O Jp HK B H * H\n\\nhi mL Hf j* I\n««fll ir BL ***mdr Jmk jg JÊmmm\nFRANCE..... ... 1 fr. | UNION P05TALE........ 1 fr. 25\nANNONCES ET PUBLICITÉ\nX 4* Boulevard Saint-Michel\nADMINISTRATION :\nE. Demets\n2, Rue de Louvois\nPARIS IIe\n. • C'v:;' ■ • ■ / %g ■ -\n\nSommaire\nF GEORGES D ESPAGNAT—. Composition\nLA RÉDACTION Le Mercu\nREMY DE GOURMONT....,. Simone. VIII : Le Jardin.\nPAUL DE CHÈVREMONT. .. Musique hongroise.\nE, BURLINGHAME HILI L'Œuvre d\nRAYMOND 80UYER......... Quelques\nMICHEL 8RÇNft........... Les débuts de l'abonnement\nJACQUES RE80UL.......... Uneforme galloise de la légende de Parsifal.\nGASTON KN05P......... ... Murger musicien.\nLouis Laloy : Le Congrès de Bâle. Jean Poueigh :La\nVestale au théâtre de Béliers., A. N.\n« Échos. Publications récentes.\n■ ■ '■ ■ .r-'\nV. ~ F, -F V.1 NVTJÇ-. „? , ; 4, * - .-T . fr*:û Mm."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.2", "texte": "Le Mercure Musical parait le 15 de chaque mois.\nABONNEMENTS D'UN AN :\nPARIS ET DÉPARTEMENTS 12 tr.\nPour les abonnés du Mercure le prix de l'abon-\nnement d'un an est réduit à 10 fr, (Paris et départements)\net à 13 fr. (Étranger).\nP Toute demande de spécimen doit être accompagnée d'un timbre\nde 0 fr. 45.\nTout avis de changement d'adresse doit être accompagné de\n0 fr. 50 en timbres-poste.\nRÉDACTION :2, rue de Louvois, PARIS IIe I jS\nLe Mercredi de 3 heures à 5 heures\nLes manuscrits non insérés ne sont pas retournés.\n\nCHANT ET PIANO\nS, Éditeur de Musique\n■> EI 1\n2, rue de Louvois. PARIS, II9\n5\ni 5o\nBardao(R.). « Tel qu'en songe » (H. de Régnier).\nC'est l'espoir.\nLes grands vents.\nTristesse.\nEn recueil. Net\nk Trois Stances # (il. Moréas).\nI. Roses en bracelet autour.\n11. Dans le jeune et frais cimetière.\n111, Va-t-on songer à l'automne*\nEn recueil Net.\n« Cinq mélodies ».\n1. Sur l'eau pâle et plate (F. Gregh).\n11. Si la plage penche (P. Valéry).\n111. Les deux Perles (Tchang-Tsi),\nIV. L'air (Th. de Banville).\nV. La cloche fêlée (Ch. Baudelaire).\nEn recueil. Net.\nDêodat de Séverac.\nChanson de Blaisine (M. Magrej. Net,\nLe Chevrier (P. Rey).\ni.es Cors (P. Rey).\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren).\nL'lnfidèle (M. Maeterlinck).\nDuparc (H.). La Fuite, duo pour\nSopr. etTén. (Th. Gautier).\nDupont (G.)* Les Effarés (J.-A.\nRimbaud).\n- Le Jour des Morts (G. Vanor).\nRavel (M.).D'Anne jouant deTEspi-\nnette.\nD'Anne qui me jecta de la neige>\n(Epigrammes de CL Marot).\n■Qz ■* '' •: • ;\n.\nPIAN<\nBilla (Rr). En rythme de valse.\nBrugnoli (A.). Mazurka italienne.\nMinuetto.\nValse, en sol mineur\nCohen (J.). Marche funèbre.\nLabey(M-). Sonate en quatre part.\nMel-Bonis. Bourrée.\nLe moustique.\nRhené-Baton, « Six préludes »\nI. Prélude, en m» min. Net.\nIL Prélude oriental, en /tfjjmaj.\n111. Prélude, en ut min.\nIV, Prélude, en la \\> maj„\nV. Prélude ancien, en si min.\nVI. Prélude, en sol min.\nRavel (M.). Jeux d'eau.\nPavane pour une Infante défunte.\nVanzande (R.). Marine.\nLabey (M.). Symphonie en mit\npiano 4 mains.\nDaparc (H.). Prélude et fugue en\nla min. (de J.-S. Bach).\nPrélude et fugue en mi min. (de\nJ.-S. Bach).\n(Transcriptions pour 2 pianos 4 mains).\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.)* Sonate en 4 parties. Net.\nLeclair (J.-M.)» ler1er Livre de b So-\nnates. »\nMel-Bonis. Largo en mi maj. (attri-\nbué à Haendel). »\nMunktell (H.). Sonate. »\nSérieyx (A.). Sonate en so/, en 4\nparties. i »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate, g »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nFLUTE ET PIANO\nMel-Bonis. Sonate. »\nDIVERS\nLacroix (E.). Quintette, pour piano\net cordes.\nLeclair (J .-M .). Sonate à trois, vio-\nlon ou flûte, violonc. et piano.\nMel-Bonis. Quatuor, pour piano et\ncordes.\nSuite, pour piano, flûte et violonc.\nSeitz Quatuor, pour instru-\nments à cordes.\nï »\n2 5o\nÎ >»\n1 70\n1 70\n3 35\n2 »\n2 DO\n8 »\n3 *\n1 70\n10 »\n15 »\n1 70\n8 »\n8 »\n7 »\n6 »\n15\n2 5o\n12 #\n5 »\n12 »\nAgence de la Société Nationale de ]Hasiqae\nAchat et vente d'lnstruments de musique neufs et d'occasion"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.3", "texte": "LE MERCURE MUSICAL MENSUEL\nLa Rédaction.\nLexpérience tentée pendant ces vacances nous décide à faire\nparaître dorénavant le Mercure Musical\nsuelles,, le 15 de chaque mois. I\nn'y perdront rien, et recevront d\ndû. Ils y gagneront de n'avoir plus\net le caractère même de notre pu\ntenir un peu plus à distance de\nvoir plus haut et plus loin. Les\ndepuis longtemps à ce sujet no\napprobation unanime.\n\nLE MERCURE MUSICAL\nl 7"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.4", "texte": "MUSIQUE HONGROISE\n\nArmenonville, Ritz, le restaurant de Paris au choix de vos\nsouvenirs... petites tables, petites femmes, lumière rebondis-\nsante à des angles de bijoux, densité agressive d'odeurs élé-\ngantes, d'aromes culinaires, puis, sur tout cela, devenue\ncomplice de digestions béates et d'états d'âmes indulgents,\ndiscrètement élaborée derrière des verdures par de pacifiques et\nfaux hussards, une musique qui, liquéfiée dans les cornues d'un\nVilliers de l'lsle-Adam chimiste, détrônerait immanquablement\nles plus onctueuses marques de sirops. Cette musique a du\nmoins un mérite : celui d'arriver à l'heure dont elle est digne.\nEt les Implorations, Fascinations, l'Amour qui meurt, celui qui\nrefleurit tous noms, comme dirait l'autre, à ne pas coucher\ndehors de monter, de descendre, avec la légèreté des choses\nvides, l'escalier des croches, de reprendre souffle sur le palier\ndes rondes, d'échouer enfin, en des pianissimos pantelants,\nsur la chaise longue des points d'orgue.\nEt les jolies digérantes de synthétiser leur gratitude complexe\ndans ce jugement cruellement définitif : il n'y a encore que les\ntziganes !\nQuels tziganes ? Il y a les uns, émigrés de la Butte et que des\nrevers de fortune ont rendus hongrois. Mais il y a aussi les\nautres, et l'on peut juger par ceux-là des culpabilités de l'im-\nportation à outrance. Leurs qualités se sont muées en défauts;\nleur souplesse est devenue gymnastique, leur énergie prétention,\nleur scrupule des nuances fade culte de l'effet. Et cela est natu-\nrel. La même nature souveraine et splénétique ne les entoure\nplus, ne leur insuffle plus son inspiration, ne les rehausse plus\nde son relief. Ce sont, mieux que des déracinés, des désenca-\ndrés. Joignez un régime de pots pourris et de valses lentes, le\nmensonge de l'uniforme écarlate, le sourire émollient des prin-\ncesses : l'avatar y est. Plus de chansons natales, ou presque, plus\nde fougue, d'imprévu, de coups d'archet pareils à des coups de\ntête : de la docilité, de la sagesse, des rênes. Le tzigane hon-\ngrois est devenu le tzigane hongre."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.5", "texte": "MUSIQUE HONGROISE\n243\n\nAbandonnons ces douceâtres pantins et remontons « de la\nmare à la source ».\nUn soir de Hongrie. Un de ces soirs campagnards dont la\nlargeur d'un paysage à peine meublé de constructions basses,\nde haies discrètes, de lointaines processions d'arbres, permet\nde suivre toutes les phases. Là-bas, une fuite de montagnes;\nici, l'immense bras d'un puits à bascule et son importance\ndésolée; un silence fait de mille bruits vagues, propice à l'éveil\nde la vie intérieure. C'est alors qu'interviennent, arrivés on ne\nsait d'où, mais venus eux aussi à leur heure, les czigâny, les\ntziganes. Ils ne sont pas vêtus de rouge. Ils n'ont pas de bottes\nluisantes et les yeux ne leur saillent point de la tête. Ils ne se\nconvulsent pas, ne dessinent pas avec leur violon d'aériens et\nridicules paraphes. Ils jouent autant pour eux que pour vous-\nmême.\nQue jouent-ils ? Aucune musique, comme la musique hon-\ngroise, ne donne, de prime abord, l'illusion de l'improvisé.\nCeux qui, d'après Brahms, ce pesant classeur de papillons,\ns'imaginent la connaître, parlent avec une mine entendue de\nla sévérité de son rythme. Si l'on excepte quelques exordes un\npeu vulgaires, les seuls d'ailleurs que Brahms ait recueillis avec\nune rare maladresse de goût et qu'il a, en outre, doctoralement\nsurvulgarisés, le rythme hongrois met au contraire une coquette-\nrie à se dissimuler, s'élasticiser de façon telle, qu'il semble sou-\nvent n'exister plus. De là ces courses bizarres des instruments les\nuns après les autres, fugues haletantes comme des respirations,\ndonnant l'impression de trouvailles soudaines, joyeusement\nrépétées; de là cette imprécision de contours, cette fluidité par\nlaquelle la musique hongroise s'apparente à d'audacieuses\nmusiques modernes; de là, sa docilité à s'adapter au sentiment\nde celui qui l'écoute, à paraître lui obéir plus que lui comman-\nder, à se faire le canevas sur lequel il brodera son rêve. Musi-\nque séductrice, persuasive, magique et féminine. Orgueilleuse\ncependant, par la noblesse, la fierté native de son inspiration.\nPopulaire, elle n'a nul lien avec la facilité commune des chan-\nsons italiennes, avec la candeur ménagère des germa-\nniques, la monotonie un peu larmoyante des airs slaves. Sa joie\ncomme sa tristesse savent demeurer distinguées; et si lon\nsonge dans quels humbles cerveaux elle a germé, l'on ne peut se\ndéfendre d'une curieuse admiration pour un peuple dont les\npauvres n'ont jamais mis leur pauvreté en musique.\nJe me souviens d'une halte que je fis un jour dans un petit\nvillage de la Haute-Hongrie. Village composé d'une rue unique,\noù pêle-mêle pataugeaient des enfants et des bœufs. De droite\net de gauche, d'indigentes maisons dont l'une, celle que je"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.6", "texte": "244\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\ncherchais, s'ornait de l'écriteau Magyar kir posta, des postes\nhongroises. Je pénétrai dans une salle obscure. Deux femmes\nécrivaient; un homme fumait, accoudé sur un piano. Cet instru-\nment, égaré là, me parut un symbole... Je sentis entre ces incon-\nnus et moi la sympathie subite que crée la même ferveur pour\nun même art. Comme s'ils m'eussent compris, l'homme se mit\nau piano, les femmes chantèrent. Alors s'évanouit le contraste\nun peu cruel de l'idée d'un concert en un tel lieu. La salle\nobscure s'éclaira, s'ennoblit ; un archaïque chant de guerre,\nun chant d'automne l'emplirent tour à tour de bruissements\nd'armures et de bruissements de feuillages; des élégances gour-\nmées d'anciens magyars surgirent, puis tournoyèrent en danses\nfurieuses. La porte s'ouvrit : des passants, des villageois entraient,\nse mêlaient au chœur. Le piano, modeste patraque, vibrait sous\nla pédale comme un vieux pur-sang sous l'éperon ; c'était admi-\nrable et charmant. Je m'en allai au bout de deux heures, la\ncervelle en feu, sans que ce départ fût remarqué de personne,\nsans savoir pourquoi j'étais venu, suivi jusqu'au tournant de\nla route par les échos tenaces et fauves du\nrajta.\nTout l'amour impérieux et transfigurant du Hongrois pour\nsa musique tient en ce détail. Elle est la source esthétique à\nlaquelle petits et grands s'abreuvent, demandent les mêmes\njouissances, les mêmes consolations. Mais, comme certaines\neaux vives, il faut la goûter sur place, fût-ce entre deux étapes,\net dans le cadre prosaïque autant qu'inattendu d'un petit\nbureau de poste.\nQuel est le lot des paroles dans la musique hongroise ? L'ac-\ncord entre l'une et les autres est-il parfait ? Le mot n'est-il au\ncontraire qu'un point de départ, un prétexte à fantaisies libres,\ninsoucieuses des contraintes verbales ? Cette dernière opinion\nme semble la plus juste. Je connais, certes, plusieurs pièces\nadmirables dans lesquelles la couleur sonore s'adapte scrupu-\nleusement au dessin poétique, le renforce, le complète sans\nl'absorber. Ce sont pourtant des exceptions. La poésie hon-\ngroise a le style large, mais un peu primitif et monocorde des\nchansons de geste. Sa douleur, sa tendresse, sa joie sont celles\nde grands enfants farouches. ..Lamusique hongroise, plus variée,\nriche de moyens expressifs, tend au contraire à s'émanciper,\ns'universaliser. Il est naturel, dès lors, qu'elle veuille traduire\nà elle seule des douleurs, des tendresses, des joies plus péné-\ntrantes et plus vastes. Confiante en elle-même, elle quitte le\nchemin tracé, va où son désir la guide ; de la mélancolie d'un\npâtre elle fait celle d'un roi. Musique pure, à tel point que l'on\nne peut s'empêcher de la soupçonner parfois d'avoir précédé"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.7", "texte": "MUSIQUE HONGROISE\n245\n\nles paroles dont elle s'affuble. Il lui suffit du reste de les délais-\nser pour s'affirmer aussitôt tout entière, dans son indépendance\net son étrangeté. La voix du violon est la seule qui lui con-\nvienne. Le tzigane le sait et ne chante pas. Cela lui permet de\npasser d'un morceau à un autre sans écouter à chaque fois notre\nimpression; d'unir ensemble par des fils adroits des thèmes\nsemblables par la sensation qu'ils évoquent et que les mots\nrendraient disparates ; de construire une manière de symphonie\nd'après son impulsion du moment et son degré de communica-\ntion nerveuse avec l'auditoire.\nCette tactique, d'un charme inimitable et déroutant, m'amène\nà l'interprétation de la musique hongroise. Elle est à ce point\nparticulière qu'elle exige un ensemble de qualités bonnes pour\nelle seule et qui, appliquées ailleurs, deviendraient aisément\ndéfauts. Hors de son domaine, le tzigane est vite insupportable ;\nla discipline lui pèse, il la rejette là où elle demeure nécessaire.\nLa réciproque est également vraie et l'artiste étranger à cette\nmusique la traduira sans couleur et sans âme, imbu qu'il a été\nd'autres préceptes tout aussi tyranniques. Lamusique hongroise\nest une musique d'exagération passionnée. Son interprète, pour\nla rendre, se forge une technique de liberté, faite de tous les\nmoyens utiles à son but. Il n'a point passé par les Conserva-\ntoires où Ton enseigne de très vénérables doigtés; il n'a point\nsubi l'affre des examens devant un jury de têtes chauves et\ngardiennes d'un inviolable code. Il va devant lui, sans autre\npréoccupation que celle de l'émotion à communiquer, violente,\nirréfléchie, magnétique. Il a pour cela, presque toujours, un don\nque nulle étude ne lui eût fait acquérir, la beauté du son. Il\nabuse certainement de l'expression, ses ports de voix confinent\nparfois au mauvais goût ; sa sincérité doit lui valoir le pardon.\nEn revanche, quelle science des ressources de l'instrument, du\ncaractère ample, lumineux ou sanglotant des cordes ! Le tzigane\nconnaît son violon de la façon dont l'Arabe connaît son cheval.\nL'un et l'autre ont eu pour maîtres l'atavisme et la nature ; ils\nne se souviennent pas de débuts arides, de sécheresses d écoles.\nIls sont heureux parce qu'ils sont libres.\nQuel est ce jardin ? C'est le jardin de la douleur;\nIl n'y croît que des fleurs et des arbres de peine.\nC'est mon amie qui les a plantés.\nSur ces traces douloureuses, je marche douloureux aussi.\nQuelle est cette ville pour être si sombre ?\nC'est la ville des douleurs ; c'est mon amie qui l'a construite.\nLa plus petite maison n'y est bâtie qu'en pierres de peine;\nL'oiseau migrateur lui-même n'y fait que pleurer."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.8", "texte": "246\nLE MERCURE MUSICAL IS~X-0Ô\n\nC'est par un exemple, si court fût-il, que j'ai voulu clore,\nmusicalement, ces reconnaissantes réflexions sur la musique\nhongroise.\n\nPaul de Chèvremmont."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.9", "texte": "L'OEUVRE DE PIANO\nDE CLAUDE DEBUSSY\n\n(1)\nIl est incontestable aujourd'hui que Claude Debussy occupe\nparmi les compositeurs modernes une situation unique.\nEn mettant de côté la question de sympathie ou antipathie,\nsa personnalité est absolument isolée, indépendante, et sans\naucun contact avec la mode musicale du jour. Bien au con-\ntraire, son style harmonique, si original, si nouveau, est devenu\nlui-même une mode suivie par bien des imitateurs désireux de\ns'approprier une aussi vivante écriture musicale. Mais il ne faut\npas considérer Debussy comme un novateur de parti pris :\nmême dans ses années d'études, il ne paraît s'être jamais assu-\njetti à l'influence d'aucun maître. Sa personnalité ne s'est pas\nformée, comme celle de Richard Strauss, à l'école des styles\nconventionnels ; elle s'est développée et a mûri graduellement\nde par sa conscience de soi-même et sa foi patiente en sa propre\nparole.\nClaude-Achille Debussy est né à Saint-Germain (Oise), près\nde Paris, le 22 août 1862. Il étudia au Conservatoire de\nParis l'harmonie avec Lavignac, le piano avec Marmontel et la\ncomposition avec Guiraud. Après avoir remporté des prix de\nsolfège et de piano, il obtint finalement le prix de Rome en 1884,\navec sa cantate Y Enfant prodigue, conventionnelle encore,\npour la forme et le fond. Pendant son séjour à Rome il en-\nvoya une suite pour orchestre et chœur, le Printemps, compo-\nsée en 1887 , qui n'a jamais été exécutée. En 1888, il écrivit la\nDamoiselle élue (d'après The blessed de Dante Gabriel\nRossetti) pour solo de contralto, chœur et orchestre. Cette\n\n(i) Cet article a été publié en anglais par l'excellent journal\nsician, de Boston (août 1906). Nous avons pensé être agréables à nos\nlecteurs en leur faisant connaître ces pages où s'affirme un goût délicat.\nNous sommes aussi en mesure de leur promettre, pour notre prochain\nnuméro, un article original de l'éminent critique dont la collaboration\nnous est désormais assurée. (N. d. 1. R.)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.10", "texte": "248\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-O6\n\ndernière œuvre fut jugée par les autorités du Conservatoire\n« trop moderne », et refusée pour ce motif. Avant et après son\nservice militaire, qui date de son retour de Rome, il écrivit ses\nSix Ariettes, publiées plusieurs années plus tard, Cinq Poèmes\nd'après Baudelaire, les six chants sur des poésies de Verlaine,\nSagesse et Fêtes Galantes,et d'autres encore. En 1893, son\nquatuor à cordes fut terminé, et produit par Isaye, en dé-\ncembre de la même année. C'était la première œuvre de\nDebussy qui permît d'apprécier complètement son talent ; par\nelle on put entrevoir la direction qu'il allait prendre, quoique\nle style en paraisse classique en comparaison des hardiesses\ndes œuvres suivantes. C'est dans le Prélude pour orchestre à\nï Après-midi d'un Faune de Mallarmé, sujet étrange, d'un mysti-\ncisme transcendant, qu'apparaît le vrai Debussy. Nouvelle,\naussi bien dans sa conception que dans son harmonie et son\njeu de délicates sonorités orchestrales, cette pièce est presque\ndevenue populaire dans certains pays ; elle a même paru sur\nles classiques programmes des Concerts du Conservatoire, d'où\nsa Damoiselle élue avait été exclue. D'autres œuvres impor-\ntantes de Debussy furent : les Nocturnes pour orchestre inti-\ntulés Nuages, Fêtes et Sirènes, ce dernier avec chœur de femmes,\nsans paroles (cette idée nouvelle avait déjà été appliquée dans\nle Printemps); ensuite Pelléas et (1902) sur la pièce\nde Maeterlinck, œuvre qui lui avait coûté treize ans de travail,\ncertainement la plus importante de toutes, celle qui devait faire\népoque aussi bien par la manière de traiter le récitatif que par\nla nouveauté de l'écriture harmonique et l'orchestration si\nexquisement subtile ; celle qui doit être considérée comme la\nplus complète personnification de son mysticisme raffiné, d'un\ncoloris si varié, et de sa puissance d'émotion poignante et ori-\nginale. Pendant la saison de 1905-1906 l'orchestre Chevillard\na exécuté une nouvelle œuvre orchestrale : la Mer, trois\nesquisses symphoniques intitulées : De VAube à midi sur la mer,\nJeux de vagues, Dialogue du vent et de la mer, qui (à en juger\npar l'arrangement à 4 mains) est empreinte d'un sentiment plus\nuniversel, sans toutefois que l'auteur ait sacrifié le charme et le\npiquant du détail, si caractéristiques dans ses autres œuvres.\nDans l'intervalle, à côté de nombreux morceaux de chant, il\nécrivit les œuvres de piano suivantes: (1884)\nà quatre mains ; Mazurka, Rê (1890) ;\nbergamasque ; Prélude, Menuet,\n(1890); deux Arabesques (publiées en 1904) écrites\nen 1891 ; Pour le piano : Prélude, Sarabande et Toccata (1901),\nMarche écossaise (1902) à 4 mains; Estampes: Pagodes,\nSoirée à Grenade, Jardins sous (1903) ; et"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.11", "texte": "SIMONE\npoème champêtre\nLe Jardin\n\npar\nREMY DE GOURMONT\nDessins de Georges d'Espagnat"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.13", "texte": "Le Jardin\n\nSIMONE, le jardin du mois d'août\nEst parfumé, riche et doux :\nIl a des radis et des raves,\nDes aubergines et des betteraves,\nEt; parmi les pâles salades,\nDes bourraches pour les malades ;\nPlus loin, c'est le peuple des choux,\nNotre jardin est riche et doux."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.14", "texte": "Les pois grimpent le long des rames ;\nLes rames ressemblent à des jeunes femmes\nEn robes vertes fleuries de rouge.\nVoici les fèves, voici les courges\nQui reviennent de Jérusalem.\nL'oignon a poussé tout d'un coup\nEt s'est orné d'un diadème,\nNotre jardin est riche et doux.\nLes asperges tout en dentelles\nMûrissent leurs graines de corail ;\nLes capucines, vierges fidèles,\nOnt fait de leur treille un vitrail.\nJ\nEt, nonchalantes, les citrouilles\nAu bon soleil gonflent leurs joues ;\nOn sent le thym et le fenouil,\nNotre jardin est riche et doux."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.15", "texte": "L'OEUVRE DE PIANO DE CLAUDE DEBUSSY\n249\n\nl'lsle Joyeuse ; Images : Reflets dans\net Mouvement (publiés en 1905). Une courte pièce, Feuillet d'al-\nbum, et une transcription d'une pièce à 4 mains de Schumann\n(op. 85), A la fontaine,furent publiées en 1905. Une\npour piano et orchestre (1899) n'a jamais été exécutée ; une\nsérie d'lmages pour 2 pianos à 4 mains : et\nValse est sous presse.\nLa musique de piano de Debussy peut être divisée en deux\ngroupes distincts : l'un contient les œuvres de sa jeunesse, et\nl'autre celles qui caractérisent sa maturité. Ces groupes sont\nséparés par des années d'activité dirigée dans des sens divers.\nLa Petite Suite, composée l'année de son prix de Rome, est\nsimple et sans prétention, d'une musique agréable, correc-\ntement écrite, mais bien éloignée de celle qu'il écrira plus\ntard.\nLes premières petites pièces, en particulier la\nla Rêverie,la Danse,la Ballade et la sont\npiquantes et gracieuses, mais elles contiennent plus d'un lieu\ncommun, et leur harmonie frise l'extrême simplicité : ce n'est\nqu'un essai. D'autre part, la Suite datée de 1890,\nfait soupçonner un remaniement postérieur, tant elle est en\navance sur les œuvres contemporaines du même auteur. Publiée\nen 1905, on y reconnaît certaines parties datant de l'année de\nsa composition, à côté de détails de style, d'harmonie, defacture,\nqui ne se manifesteront que plus tard. Il y a dans le Clair\nde Lune des passages poétiques ; mais c'est dans le Menuet et\nle Passe-pied que l'invention est le plus personnelle. Les\nArabesques (publiées en 1904 sans retouche à ce qu'il semble)\nsont le plus frappant modèle de ses œuvres premières restées\ntelles qu'elles ont été écrites. Elles expriment dans un style\ncoulant et gracieux l'idée annoncée par le titre ; il ne s'y trouve\naucun effort pour arrivera une expression poétique particulière;\nelles sont bien construites, de forme agréable et nous paraî-\ntraient suffisamment originales si nous ne connaissions les\nœuvres si frappantes des années suivantes.\nEn effet, le progrès est tant soit peu brusque en ce qui\nconcerne le second groupe des pièces de piano (commençant par\nla série Pour le piano). Que ce soit pour l'invention harmonique\nou pour l'originalité du fond, ou pour la puissance d'expression,\nou pour le caractère personnel, le changement est saisissant. Le\nDebussy de 1891 est sans contredit un compositeur de mérite,\ncorrect, avec des idées piquantes et un joli talent ; celui de 1901\nest un harmoniste passé maître, d'une originalité incontestée,\nun poète d'une rare distinction, créateur d'impressions nou-\nvelles et uniques. Ce changement peut amplement s'expliquer"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.16", "texte": "250\nLE MERCURE MUSICAL I 5-X-06\n\npar les œuvres écrites dans l'intervalle : le le\nPrélude à l'après-midi d'un Faune ; les chants : de\nBaudelaire (1889-1893), Fêtes galantes (1892-1903), Chansons\nde Bilitis ( 1898), les Nocturnes pour orchestre, et, par-dessus\ntout, Pelléas et Mélisande,commencé dès 1889.\nC'est pendant cette période que Debussy s'appliqua à polir et\nassouplir sa technique, à se former un système complet de\ncombinaisons harmoniques, à élargir sa faculté d'expression\nmusicale pour la rendre à la fois subtile et forte. Pour moi, le\npremier recueil du second groupe : se ressent\nde l'influence de Bach, mais une influence qui porte l'empreinte\ndu maître moderne. De ces trois pièces, c'est le Prélude, d'al-\nlure vive, qui est le plus souvent joué dans les concerts ; mais\nla Toccata aussi est un morceau de virtuosité, et en outre rap-\npelle la toccata italienne classique. La Sarabande suggère la\nmême influence classique, quoique l'écriture harmonique en\nsoit ultra-moderne. Il est difficile de dire ce qui caractérise ici\nle dernier Debussy : est-ce l'ondulante cadence, aux sonorités de\nharpe du Prélude,ou la suave progression des accords de sep-\ntième de la Sarabande (au mépris des classiques résolutions\nexigées par les puristes), ou les nouvelles formes d'écriture que\nnous trouvons à chaque page de la\nLes Estampes,composées en juillet 1903, ont des sujets plus\ncaractérisés et une physionomie plus personnelle. Les\nsont une pièce charmante, très chinoise en sa gamme, et d'une\nlangueur orientale dont l'exotisme s'accorde merveilleusement\nà la dernière manière de Debussy. La fin, sur un accord dis-\nsonant, est d'un effet exquisement vague : un assoupissement\ninquiet dans le silence. L'indication du tempo de\nà Grenade (mouvement de habanera) donne la clef de son\ncaractère : une brusque variété de rythmes dansants, tantôt\nd'une langueur fluide ou d'une sauvagerie sourde, alternant\navec des passages d'une douce tendresse. Par instants les\nrefrains d'une guitare lointaine interrompent les souvenirs de\nla danse, et la fin s'évanouit dans l'impalpable. Les\nsous la pluie sont une œuvre d'une imagination vive et délicate,\nd'un développement plus achevé, mais aussi originale par la\nforme que par le fond. Ces trois pièces sont finement ciselées et\nd'une fantaisie incomparable. Primitivement les et\nYlsle Joyeuse devaient avec la Sarabande former la Suite ber-\ngamasque. La substitution des pièces antérieures est expliquée\npar une remarque de Debussy à Louis Laloy, le critique, écrivain\net directeur parisien, qui la cite comme une preuve évidente de\nla conscience artistique du maître : « Impossible de publier la\nSuite bergamasque, il me manque douze mesures pour la Sara-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.17", "texte": "L'OEUVRE DE PIANO DE CLAUDE DEBUSSY\n251\n\nbancle. » En conséquence, les Met Vis le furent\npubliés séparément. Les motifs en sont développés avec plus\nde fantaisie, plus d'abondance, et avec une science plus libre et\nplus large.\nLes Masques se distinguent par des effets harmoniques et\nrythmiques nouveaux ; dans Ylsle c'est le style brillant\nqui l'emporte, principalement dans le passage du commen-\ncement, pareil à une cadence, et son développement à la suite.\nToutes deux sont d'une imagination très vive et d'une coloration\npresque tropicale.\nLes dernières pièces : Images,comprennent :\nVeau, qui nous montrent une veine de contemplation idyllique,\nd'un rare bonheur ; Hommage à Rameau, qui a quelque chose\nd'un peu contraint, comme ployant sous le fardeau de la res-\nponsabilité élogieuse, et Mouvement,une charmante inspiration\nabstraite, de caprice fantastique. Feuillet d'album est une pièce\npittoresque, un peu vague. La Transcription de Schumann est\ncorrecte, sans être traitée d'une manière bien nouvelle.\nLe manque de place ne me permet pas d'analyser les infinies\ninnovations harmoniques de Debussy ; elles consistent dans\nune manière toute nouvelle d'associer les accords parfaits, dans\nle fréquent usage des septièmes et des neuvièmes sans résolu-\ntion, avec quelque indulgence pour les fausses relations, et les\nprogressions harmoniques fondées sur une gamme de tons\nentiers. Cette gamme a été essayée déjà par Liszt, un novateur de\njour en jour plus apprécié, par exemple dans son Dante ; mais\nDebussy a formé, sur ce principe, tout un système qui n'ap-\npartient qu'à lui seul. Le style des dernières œuvres pour piano,\ntout en figures originales, en rythmes variés, en contrastes de\nsonorités subtiles, est un style rigoureusement personnel et\nqui ne se ressent en rien de l'influence de l'école fondée par\nLiszt. Par son inspiration comme par son goût, Debussy est\navant toute chose un pur Français : c'est dire qu'il est résolu-\nment indépendant. Son territoire est à lui seul, exception faite\npour ses imitateurs. Parmi les compositeurs pour piano d'au-\njourd'hui, il n'appartient qu'à lui d'écrire ces morceaux de fan-\ntaisie amplement développés, et dont la forme est en relation\ndirecte avec l'idée qui les a inspirés. Poète avant tout, son ima-\ngination possède un riche clavier de nuances. Il a commencé\npar l'influence littéraire de Rossetti pour passer ensuite à\nBaudelaire et Verlaine ; et son œuvre la plus importante l'as-\nsocie à Maeterlinck. Son orchestre chante en une tonalité délica-\ntement personnelle \" sa musique de piano a reculé les bornes de\nla technique et de la fantaisie à la fois. Comme Richard Strauss\na découvert de nouveaux mondes dans le contrepoint, comme"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.18", "texte": "252\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nVincent d'lndy a su unir la tradition des premiers classiques à\nnotre manière moderne de penser et d'écrire, ainsi nous devons\nreconnaître en Debussy un grand inventeur d'harmonie et un\npoète d'un mysticisme inégalable.\n\nEdward Burlinghame Hill."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.19", "texte": "QUELQUES IMPRESSIONS\nD'UN AMOUREUX D'ART\n\n(>)\nA M. Louis Laloy, qui a dit :\n« La musique est un art somp-\ntuaire, et c'est pour cela que je ne\ndeviendrai jamais socialiste... »\ndu ter juin\n1906, page 5x8.)\nV art pour tous ! V art dans tout ! Je crains les époques\nqui parlent d'art à tout bout de non moins que les\nfemmes qui nous fatiguent les oreilles de leur vertu.\n* *\nL'art pour le peuple ? L'hygiène et le bonheur matériel,\nd'abord...\n★\n* *\nQu'est-ce que la Musique? Eternelle question sans ré-\nponse ! La poser n'est point la résoudre. Et, cependant, les\ncompositeurs composent...\nLa musique ne serait-elle pas une physionomie ? Expres-\nsive ? Suggestive plutôt. « La physionomie », disait La\nBruyère à la fin du grand siècle moraliste, « n est pas une\nrègle qui nous soit donnée pour juger des hommes : elle nous\npeut servir de conjecture. » De même, sans programme, on ne\ncomprendra jamais les détails ou les causes de ce langage\nsecret qui n'est pas un langage articulé : la musique !\n<t II n'y a pas de musique absolue », a dit le Kupellmeister\nbeethovénien par excellence, Félix Weingartner de même, il\nn'est point de visage sans expression; les plus ou les\nplus ingrats ont ce caractère éloquent détie inexpt essifs , 01,\n\n(i) Cf. le Mercure musical du i 5 janvier 1906."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.20", "texte": "254\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-OO\n\ncertaines musiques pédantes ressemblent à ces visages-1à...\nBon gré, mal gré, la physionomie est une voix silencieuse ; la\nmusique, une physionomie qui chante. Et que de secrets dans\nun demi-sourire !\nInutile de connaître chacun des muscles faciaux par leur\nnom pour lire une physionomie; pour sentir la musique, il\nn'est pas plus indispensable de la\n« On ne pense pas en musique », a dit un psychologue; un\nsourire non plus n'exprimera jamais une pensée, mais son\natmosphère.\nSans Y expressionphysionomique, la des lignes est une\nbeauté froide. La musique de Brahms suggère souvent\ncette beauté-là. Réciproquement, « la beauté du diable » man-\nque de lignes...\nMusique, physionomie : mystérieuse\n*\n¥■ +\nIl y a plusieurs façons d'aimer la musique, comme il y a, tout\nau fond du cœur, plusieurs façons tout court.\n•k\n* *\n« La musique est femme » : en le disant, Richard Wagner ne\ncroyait pas si bien dire. C'est le propre du génie d'être\nencore plus profond qu'il ne croit. La musique est femme, et\nde nature angélique ou divine : un rien peut altérer sa physiono-\nmie ; le fard y creuse des rides indélébiles. La moindre vilenie\ns'y reflète... Entre les plus belles phrases d'une pantomime de\nmusic-hall et la plus chétive inspiration de Mozart, même in-\ntervalle qu'entre les habituées du promenoir et les honnêtes\nfemmes jolies (il y en a).\n★\n¥ *\nL'âme du compositeur se reflète à chaque mesure dans la\nphysionomie de sa musique. C'est là le de Beethoven.\n~k\n¥■ *\nIl y a des musiques-filles dont Beethoven rougirait.\n★\n* *\nNotre éducation musicale, qui fut si lente, prend une allure\nd'automobile... Notre mélomaniem'inquiète."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.21", "texte": "QUELQUES IMPRESSIONS D'UN AMOUREUX D'ART\n255\n\n•k\n* *\nComment le philistin devint snob ? C'est toute l'histoire\ndes quarante dernières années de Paris.\nLe Snobisme,qui paraît supérieur à la bourgeoise vulgarité\nde la franchise, est une hypocrisie : n'est-ce pas un hommage\nque notre légèreté rend au grand art ?\nIl faudrait un La Rochefoucauld pour le définir. Je m'abs-\ntiens donc, n'étant ni duc, ni vieux, ni génial...\n★\n* *\nGluckisme, rossinisme et meyerbeerisme, berliozisme,\nmassenétisme, wagnérisme, franckisme, debussysme : ces sept\nou huit barbarismes ne résument-ils point l'histoire des « états\nd'âme » musicaux d'un siècle d'art?\n★\n* *\nLe virtuose est à l'interprète ce qu'un avocat facile est à\nl'orateur convaincu. Busoni, puis Risler exécutant la 106 !\n*\n* *\nPENSÉE DE JUIN :\nPareille à certaines voyageuses divinités de ces admirables\nreligions antiques, symboles de la Nature, la Musique s'exile\ndans l'ombre du silence à l'heure où la Lumière chante sur les\nblés. Elle nous quitte sans pitié, ne nous laissant qu'un souve-\nnir pour consoler notre immense regret... La musique, l'amie,\nreviendra ; mais serons-nous là pour la recevoir ?\n*\n*\nPENSÉE DE SEPTEMBRE :\nLe regret, ce poète de la vie...\n★\n* *\nPENSÉE DE TOUJOURS :\nL'ldéal est ce qui n'est pas ou ce qu'on n'a pas...\n\nRaymond Bouyer."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.22", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT\nDE MUSIQUE\n\nL'abonnement de musique fait tellement partie des habitudes\nmodernes, qu'en dehors des grands établissements dont les colis\npostaux circulent constamment, bien peu de centres provinciaux\nsont assez dépourvus de « ressources artistiques » pour ne point\nrecéler en quelque boutique un fonds plus ou moins rarement\nrenouvelé de papier noté offert en location. Ni les musiciens\nqui demandent à l'abonnement de les « tenir au courant », ni\nles amateurs qui s'en servent pour varier à peu de frais leurs\nlectures, ni les éditeurs qui l'utilisent pour écouler leurs\n« bouillons » et pour faire aux morceaux de bonne vente un\nsupplément de publicité, ne se doutent à l'heure actuelle des\nobstacles dressés, il y a un siècle et demi, devant l'inventeur du\nsystème. Le procès de l'abonnement de musique, qui dura deux\nans et dans lequel d'habiles plaideurs entraînèrent près de trois\ncents musiciens, est beaucoup moins célèbre que celui, plusieurs\nfois conté, des instrumentistes et des maîtres à danser. Nous\npourrions même dire que ses péripéties n'ont retenu jusqu'ici\nl'attention d'aucun musicologue, si M. Weckerlin n'avait jadis\nconsacré trois pages au résumé de l'un des factums imprimés à\nson sujet (i) : cet extrait n'était d'ailleurs accompagné d'aucune\nréférence précise, d'aucun supplément d'enquête (2). L'histoire\nest donc presque inédite. Nous avons pensé qu'elle méritait\nd'être mise sous les yeux de lecteurs musiciens, dont la curio-\nsité en matière historique s'avive de jour en jour.\n*\n* *\nCe fut un peintre étranger, Antoine de Peters, qui, le premier,\nimagina d'ouvrir à Paris, en 1765, un « bureau d'abonnement\n\n(1) Weckerlin, Origines de Vabonnement de musique, dans le Bulletin de\nla Société des compositeurs de musique, t. 11, 1867, pp. 38-40.\n(2) Sauf, n'omettons rien, d'une note, où Gaviniès était désigné comme\nayant, « avec Gossec, créé le concert spirituel>\\"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.23", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n257\nLE MERCURE MUSICAL\n\nmusical ». Il l'installa au domicile de Jean-Baptiste Miroglio,\nun violoniste italien, son associé ou son prête-nom. Avant de\nvoir à l'œuvre les deux personnages, essayons de les connaître.\nCe ne sera pas chose aisée, surtout pour le principal, Peters, au\nsujet duquel des documents sans liaison nous laissent presque\ntout ignorer.\nBien que la Biographie nationale ne mentionne pas son\nnom (i), on ne peut guère douter qu'il fût d'origine flamande.\nSiret le connaît vaguement et lui donne par erreur les initiales\nF. L. (2). Il mentionne une dédicace du graveur Weirotter,\nqui lui est adressée, et il ajoute qu' « on lui doit plusieurs\ntableaux qui ont été gravés », et des eaux-fortes exécutées vers\n1760. Une jolie suite de marines et paysages, dont le cabinet\ndes Estampes de la Bibliothèque nationale possède un exem-\nplaire, porte en effet cette légende : « Six différentes vues d'après\nnature, dédiées à M. de Peters, peintre ordinaire de Son Altesse\nroyale le Prince Charles de Lorraine et de Bar, grand maître\nde l'Ordre teutonique, etc., par son serviteur et ami Weirot-\nter » (3). Le blason de Peters, gravé, selon l'usage, au milieu\nde la dédicace, porte : de gueules à trois têtes de bélier d'or,\nposées 2 et 1. Cette suite de paysages n'a pu être gravée\nqu'après 1761, époque à laquelle la dignité de grand maître de\nl'Ordre teutonique fut conférée au prince Charles de Lorraine.\nLes premiers documents musicaux qui concernent Peters men-\ntionnent également ses fonctions auprès de ce prince ; elles ne\ndataient certainement que d'un temps postérieur à l'établisse-\nment de Charles de Lorraine à Bruxelles (4) : du moins le\n« peintre ordinaire » du prince n'a-t-il laissé à Lunéville et à\nNancy aucune trace de sa présence (5). En 1763, il vivait à\nParis, sans avoir quitté, de fait ou nominalement, son emploi ;\ndepuis 1767, il cesse d'en joindre la mention à son nom; en\n1771, on le voit se placer sous un autre patronage et s'intituler\n« premier peintre du roi de Danemark » (6), Christian VII,\n\n(1) Ce dictionnaire, si complet et si savamment rédigé, énumère toute\nune série de peintres du xviie siècle appelés Peeters ; aucun du xviii®, et\naucun Peters.\n(2) Siret, Dictionnaire des peintres de toutes les écoles, 3e édit,3 iBB3,\nt. 11, p. 146.\n(3) Cabinet des Estampes, Ca. 24.\n(4) Charles-Alexandre, prince de Lorraine et de Bar, né à Lunéville le 12\ndécembre 1712, fixa en 1737 sa résidence à Bruxelles, et mourut au château\nde Tervueren, le 4 juillet 1780.\n(5) Un très expert collectionneur et connaisseur lorrain a bien voulu\ncompléter amicalement, sur place, les recherches que nous avions entre-\nprises à Paris, et qui ont eu, sur ce point, un résultat négatif.\n(6) V. les textes cités ci-après.\ni 8"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.24", "texte": "258\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nqui venait de voyager en France. Quoique nos renseignements\nsur Peters s'arrêtent là, nous ne supposerons pas qu il partit\npour les pays du Nord à la suite de son nouveau protecteur , il\nest au contraire probable qu'il mourut à Paris, car ce fut en\ncette ville qu'eut lieu, le 9 mars 1779, la vente de son « Cabi-\nnet )>5 vente partielle, que compléta, le 5 novembre 1787,\ncelle des tableaux qu'avait conservés sa veuve (1). Parmi ces\nderniers, le catalogue énumere sous le nom de J.-A. de Peters\ndouze tableaux de genre, et quelques miniatures et peintures\n« en mixaquarelle ». Dans la vente de 1779 avaient figuré tiois\nminiatures de « Guillaume-Antoine de Peters pète » et deux\naquarelles de « Bonaventure Peters ». La composition des deux\ncatalogues nous apprend que la situation de fortune de notre\npeintre-musicien lui permettait le luxe d'une collection nom-\nbreuse de toiles « des grands maîtres des trois écoles » : elle lui\npermettait aussi de risquer des capitaux dans 1 édition et la\nlocation d'œuvres musicales, et nous le verrons déployer en ce\ngenre d'affaires beaucoup de hardiesse et d'activité. Alors même\nqu'il faisait acte de commerçant, il insistait avant tout sur sa\nqualité de peintre : il se dit même, dans l'un de ses Mémoires\njuridiques, membre de <( l'Académie de peinture, sculptuie et\ngravure », ce qui doit vraisemblablement s entendie de 1 Aca-\ndémie de Bruxelles, car le nom de Peters est absent des proces-\nverbaux de celle de Paris (2).\nA l'égard de Miroglio, l'on peut croire de prime abord qu'il\nsuffit de s'en remettre aux dictionnaires musicaux, car Fayolle,\nFétis, Eitner, nous offrent des notices sur deux musiciens de\nce nom. Malheureusement, pas une ligne de ces notices\nn'est exempte d'erreurs : prénoms, dates, liens de parenté entre\nles deux Miroglio, titres de leurs œuvres, tout y est discutable.\nMieux vaut donc, ce qui n'est point d'ailleurs l'exception,\nmais la règle, fermer les dictionnaires et consulter unique-\nment les documents originaux.\nCeux-ci nous apprennent que Pierre Miroglio l'aîné était\nitalien, et neveu de Somis ; en 1738, on le citait dans un rang\nhonorable parmi les violonistes connus à Paris (3). En 1741, Ie\n\n(1) Catalogue des tableaux des trois écoles, pastels, gouaches, miniatures,\ndessins... qui composent le cabinet de M. de P*** [Peters]... la vente de ce\ncabinet se fera le 9 mars 1779... Paris, Muzier.Remy et Basan, 1779, in-12\nde 110 p. 651 numéros. Catalogue de tableaux des grands maîtres\ndes trois écoles, après le décès de Mme de Peters... dont la vente se fera\nle 5 novembre 1787... Paris, Le Brun, Remy, 1787» in_!2 de 74 p. 266\nnuméros. (Bibl. Nat. Cabinet des Estampes, Yd 134 a et 184 c.)\n(2) Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et sculpture, publiés\npar M. de Montaiglon, tomes VII à IX, Paris, 1880 et suiv., in-8.\n(3) Mercure de France, juin 1738, tome I, p. 1116."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.25", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n259\n\ntexte d'un privilège qu'il prit pour faire graver « plusieurs\nsonates, trios, musique sans paroles, de sa composition » l'appelle\n« le sieur Pierre Miroglio l'aîné, maître de musique, pour le\nviolon, du prince de Carignan » (1). Nous ne connaissons qu'un\nseul ouvrage publié en vertu de ce privilège : SONATE j a j\nVIOLINO E BASSO, | composte da PIETRO MIROGLIO, | dedicate\nal Sigr Francesco Geminiani, Opéra prima. Gravées par\nMlle Vandôme. A Paris, chez l'autheur grande place de l'hôtel\nde Soissons. Avec privilège du Roy (2). L'œuvre n'est pas sans\nmérite, et l'on pourrait y relever des détails intéressants. Mais\nnous ne devons pas nous attarder en compagnie de Miroglio\nl'aîné. L'autre, celui du « bureau d'abonnement musical », nous\nattend. Surnommé le cadet,puis il n'était pas le fils,\nmais le frère du précédent; il ne s'appelait pas Pierre-Jean, mais\nJean-Baptiste, et au lieu d'être né « vers 1750 (3) », il composait\ndéjà son troisième œuvre à cette date.\nLes programmes du Concert spirituel contiennent, en effet,\nle 11 mai 1752, « une symphonie de Miroglio» (4), et le\n8 décembre de la même année « la troisième ouverture du\ntroisième œuvre de Miroglio » (5). Ces deux mentions indiquent\napproximativement la date de publication des quatre premiers\nlivres de ce musicien, qui parurent sans millésime et sans\nreproduction de privilèges, sous les titres suivants :\nSix | SONATES | à | Violon seul et basse, [ dédiées j à\nMadame [ de La Faye la jeune, j composées par j Miroglio\nle cadet. | Gravées par Mlle Vandôme. [ Œuvre ler.Ier. | A\nParis, | chez Madame Boivin, marchande, rue Saint-Honoré à\nla Règle d'Or ; le sieur Le Clerc, Md rue du Roule à la Croix\nd'Or; Mlle Castagnerie, rue des Prouvaires, àla musique royale.\nAvec privilège du Roi (6;.\nSix | SONATES | à | Violon seul et basse, | dédiées | à\nMonsieur J Guignon, | Premier Violon du Roy. | Com-\nposées | par Miroglio le jeune. | Œuvre IIe. | A Paris...\n(mêmes adresses que pour l'œuvre I.) A Lion, chez M. de\nBrotonne, rue Merciere. Gravées par Mne Vandôme (7).\nOuvertures | à quatre parties | dédiées | à Madame\n\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21957, p. 489, privilège \"général, pour 9 ans, du\n3Q mars 1741, enregistré le 4 mai.\n(2) Bibl. nat., Vm 7, 785. Le recueil, in-folio de 26 pages, ne contient ni\ndédicace ni reproduction du privilège.\n(3) Ce sont les renseignements de Fétis.\n(4) Mercure de France,juin 1752, t. I, p. 166.\n(5) Annonces, affiches et avis divers, du i 3 décembre 1752.\n(6) In-fol. de 33 pages. Bibl. nat. Vm 7, 786 et 788, 2 exemplaires.\n(7) Bibl. nat. Vm 7, 787."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.26", "texte": "260\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-OÔ\n\nChicoyneau | de La Vallette | composées par M. Miroglio |\nIIIe Œuvre. J A Paris... (mêmes adresses) j Gravées par\nMlleVandôme (1).\nSix Sonates à deux /Violons sans basse | dédiées | à Mon-\nsieur Le Pilleur d'Appligny | Conseiller au Parlement |\npar } M. Miroglio | le cadet j Œuvre IVe | Gravées par\nMUe Vandôme | A Paris... (mêmes adresses) (2).\nQuelques années plus tard, en 1759, l'auteur du\nParis nomme Miroglio parmi les « Maîtres de violon et de\npardessus de viole », et indique son domicile « Cour du grand\ncerf ». C'est l'adresse à laquelle s'ouvrit en iy6s le « bureau\nd'abonnement musical », et à laquelle aussi, en 1764, le\nvioloniste-commercant débitait les exemplaires de son œuvre\nX:\nSix | SIMPHONIE j à grande Orchestre | pour j Deux\nviolons et basse, Alto Viola j les cors ad libitum | par\nM. Miroglio j Œuvre X. [ A Paris | Chez l'auteur Cour de\nl'ancien grand Cerf, rue des deux Portes | et aux adresses\nordinaires de musique ] Avec privilège du Roi | Gravée par\nMme Vandome vis-à-vis le Palais-Royal (3).\nD'autres ouvrages du même musicien ne nous sont connus\nque par des annonces ; ce sont un « Recueil d'ariettes avec\nparoles françaises et italiennes » ; une ariette avec accompa-\ngnement de 2 violons et basse, « Vous qui cherchez une\nfemme » ; et dix suites de duos pour deux violons, pardessus\nde violes, ou mandolines, intitulés L'Amusement des dames, dont\nles livraisons 7 et 8 parurent en 1767, les livraisons 9 et 10 en\n1769 (4).\n*\n* #\nLes relations de Miroglio avec Peters furent d'abord celles de\ncompositeur à éditeur. Le peintre du prince Charles s'était\naperçu qu'en France le commerce de la musique était\nlibre, non par l'effet d'une faveur spéciale, mais parce que la loi\nl'ignorait ou le dédaignait, et qu'il se trouvait tacitement assimilé\nau commerce des ouvrages gravés en taille-douce, estampes,\ncartes et plans, lesquels restaient en dehors de l'étroite\n\n(1) Bibl. nat.,Vm 7, 1519.\n(2) Idem,Vm 7, 856. Tous ces ouvrages sont signés, au bas de la p. 3, du\nseul nom : Miroglio, et de la même main.\n(3) Idem,Vm 7, i 520. Cet ouvrage est annoncé dans\ndu i 5 octobre 1764.\n(4) V. les textes de privilèges et le catalogue du bureau d'abonnement,\ncités plus loin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.27", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n261\n\nréglementation de la librairie et des ouvrages Sans\nêtre forcé d'appartenir à un corps de métier, n'importe qui\navait donc le droit de publier et de vendre de la musique\nTantôt les musiciens faisaient eux-mêmes commerce de leurs\nœuvres, tantôt ils les déposaient chez des marchands merciers,\npapetiers, luthiers, voire des « marchandes lingères ».\n« Pour profiter de cette liberté » et sans doute parce que,\naimant la musique, il trouvait un double attrait à des spéculations\nfinancières la concernant, Antoine de Peters commença par se\nrendre acquéreur, en 1763 et 1764, de nombreux exemplaires\nd'oeuvres musicales déjà gravées, et d'ouvrages inédits, à\npublier. Parmi ces derniers se trouvait une ariette, VArt de\nplaire, composée par Miroglio pourMlle Piccinelli. Avant même\nqu'elle eût été exécutée en public, l'éditeur La Chevardière la\nreproduisit, au mépris des droits de Peters, et l'inséra dans\nune feuille hebdomadaire qui paraissait chez lui. Ce fut le\npremier sujet de querelle entre Peters et La Chevardière, et qui\nne manqua point d'être remis sur le tapis lorsque se plaida le\nprocès de l'abonnement musical.\nL'orage éclata dans l'été de 1765. Au mois de juin, avec la\npermission du lieutenant de police, Peters avait fait imprimer\net distribuer un prospectus annonçant l'établissement d'un\n« bureau d'abonnement musical », analogue aux trois « magasins\nlittéraires » qui fonctionnaient à Paris pour le prêt des livres.\nNous n'avons pas retrouvé ce prospectus, que cite l'un des\nfactums publiés au cours du procès, et que résume V Avant-\nCoureur dans l'article-réclame reproduit ci-après. Miroglio,\nchez lequel était installé le bureau, y est seul nommé, bien que\nPeters fût le fondateur et le propriétaire de la nouvelle entre-\nprise :\n« Depuis que la musique est devenue un amusement presque\ngénéral et que les personnes du plus haut rang en font leurs\ndélices, rien n'était plus utile qu'un magasin où se trouvent\nrassemblés tous les morceaux de musique tant ancienne que\nmoderne. C'est ce qu'offre aujourd'hui le bureau que nous\nannonçons, et qui sera ouvert le 22 de ce mois, Cour de l'ancien\ngrand Cerf, rue des deux portes Saint-Sauveur, chez le sieur\nMiroglio. La collection que présente ce bureau est des plus\ncomplettes, tant en musique instrumentale que vocale. On y\ntrouvera tous les bons morceaux François, Italiens et Allemans,\net on y ajoutera journellement tout ce qui paraîtra de nouveau.\nL'abonnement sera de 24 1. par an, moyennant laquelle somme\nles abonnés pourront y prendre telle pièce de musique qu'ils\ndésireront, et il leur sera à cet effet fourni un catalogue dont on\nleur donnera le supplément de six mois en six mois. On pourra"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.28", "texte": "262\nLE MERCUP-E MUSICAL 15-X-06\n\ngarder les exemplaires l'espace de huit jours, et on en fournira\nde nouveaux ; on en pourra même prendre de nouveaux tous les\njours en remettant les anciens entiers et non déchirés. On sent\ncombien cet établissement, à la tête duquel sont des personnes\nde goût, peut contribuer au progrès de l'art, et varier les\nagrémens qu'on en retire (1). »\nAu catalogue de Peters figuraient quelques morceaux du fonds\nde La Chevardière, dont il avait acheté des exemplaires. Ce fut\nle prétexte que saisit cet éditeur pour essayer de couper court\nà l'industrie du bureau d'abonnement, laquelle, prétendait-il,\nn'irait pas à moins qu'à ruiner le commerce de musique et tarir\nla source même de la composition, car « si la location de la\nmusique était conservée, on ne vendroit plus de musique, et\nles auteurs ne voudroient plus en composer ni en faire graver,\ndans la persuasion qu'ils perdraient leur dépense, faute de\npouvoir en vendre. »\nUn « marchand papetier », Toussaint Bordet ; deux\n« marchands merciers », Christophe Le Menu et Charles-\nNicolas Le Clerc ; et quatre musiciens, Pierre Gaviniés, Michel\nCorrette, Antoine Bailleuxet Jean-Baptiste Yenier, qui éditaient\nou vendaient de la musique, se joignirent donc à Louis-\nBalthasar de La Chevardière, pour déposer, le 2 septembre 1765,\nune demande en justice, à l'effet de pouvoir « saisir tous les\nouvrages de musique étant dans le bureau d'abonnement,\ncomme en contravention à leurs privilèges et qualités, et de se\nfaire assister d'un commissaire et d'un serrurier pour l'ouverture\ndes portes » ; en second lieu, les demandeurs sollicitaient la\npermission d'assigner Peters et Miroglio, « pour voir ordonner\nla suppression de leur bureau, et leur défendre de continuer\ncet établissement ».\nLa Chevardière n'obtint pas la permission de saisir, mais\nseulement celle d'assigner. Au lieu d'étouffer en germe la\nconcurrence redoutée, il lui fallut s'enfoncer dans le dédale de\nla procédure et lutter à grands coups d'exploits, requêtes,\nmémoires, sommaires, précis, défenses, plaidoiries, contre un\nadversaire habile, remuant, tenace, qui rétorquait ses arguments,\nfaisait désister ses témoins, mettait en branle toute la gent\nmusicale, et jetait à la tête de son adversaire des factums\nimprimés de trente, de cinquante pages in-quarto, avec des\nsignatures d'« intervenants » par centaines (2).\n\n(1) L'Avant-Coureur, du 22 juillet 1765.\n(2) Nous n'avons plus toutes les pièces du procès : mais l'on peut en\nreconstituer l'histoire par celles qui subsistent et qui sont : Mémoire\nsignifié pour les sieurs de Peters et Miroglio... de l'imprimerie de d'Houry,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.29", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n263\n\nBien loin de nuire au commerce de la musique, la location,\ndisait Peters, « facilitera la connaissance et l'achat de la\nmusique » ; elle est « nécessaire au public, aux auteurs, aux\nprofesseurs, à leurs élèves, aux concerts, à tous les citoyens, aux\npères de famille, au peuple, à tous les marchands, à tous les\nouvriers employés pour la musique, à la multiplicité de la\nvente, à la réputation des musiciens, et à la récompense de\nleurs talents ». Pour mieux affirmer que l'abonnement\nn'entraverait pas le débit de la marchandise, il portait à La\nChevardière une sorte de défi, en proposant « non seulement de\nfaire graver à ses frais en totalité la musique qu'il trouverait\nbonne, mais encore à moitié frais toute la musique qu'il ne\ntrouverait pas telle, et même la plus mauvaise, pourvu que\nl'auteur lui rapporte une attestation de deux musiciens connus\nà Paris, et choisis par l'auteur, qui assure que son ouvrage est\nbon et mérite l'impression ».\nIl ne semble pas cependant que ce fût par ce moyen hasardeux\nque Peters, à la même époque, se constituait un fonds\nd'éditeur. Les textes de deux privilèges qu'il prit dans la même\nannée fixent la date de publication d'un certain nombre\nd'ouvrages, pour la plupart importés de l'étranger, dont il était\npropriétaire et qui se vendaient chez Miroglio.\nLe premier de ces privilèges fut enregistré le 24 septembre\n1765 par le syndic de la communauté des libraires de Paris ;\nc'était un « privilège général » du 7 août, obtenu pour une\ndurée de douze ans par le « sieur de Peters, peintre de S. A. R.\nle prince Charles de Lorraine », qui se proposait de « donner\nau public une œuvre de solo par M, Burghoven, une œuvre de\nquatre trios par M. Kennis, une œuvre de quatre simphonies à\n4 par Wagenheil, une œuvre de cinq trios par Vanmaldere,\nune œuvre de duo de vcivi auiori^une œuvre de symphonies par\nToesky, une œuvre de six symphonies par Schwindele, une\nœuvre de 4 et de 6 symphonies par Smith, une œuvre de trio\nviolon et basse par Smith, une œuvre de 6 trio pour flutte par\nSmith, une œuvre pour clavecin, violon et basse par Smith, une\nœuvre de 6 solo par Smith, une œuvre de 6 duo pai Smith,\nune œuvre de 6 solo de clavecin par Smith (1). »\nPar le second privilège, daté du 14 novembre 1765, enre-\n\n-1767, in-4 de 60 p. (Bibl. nat. Fm 25687), Sommaire signifié...\nin-4 de 16 p. (Fm 25686). Arrêt de la Cour de Parlement.du 5 août\n1767 .. de l'imprimerie de Hérissant, in-4 de :>8 p. (Bibl. nat. ms. fr. 22005,\npièce 19 et ms. fr. 22121, pièce x 1). - Prospectus et pièces diverses, dans\nles mêmes mss. —JJAvant-Coureur, années 1767 17^8.\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21963, p. 372. Il faut lire Burckhofler, Wagenseï ,\nToeschi."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.30", "texte": "2 64\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\ngistré le 18 février 1766, le même « sieur de Peters, peintre de\nS. A. R. le prince de Lorraine », obtenait pour douze ans le\ndroit de « donner au public des ouvrages qui ont pour titre :\nSix symphonies d'Alexandre, trois suites de beaux airs mis en\nsymphonie parle même, une Ariette italienne qui commence :\nCompolesi ah Dio,solos de clavecin avec accompagnement de\nviolon ou flutte, 6 symphonies de Godeharlt, 6 quatuor de\nJ. Martini pour violon, flutte, alto viola et basse, les nouveaux\nprincipes du clavecin par M. Le Bœuf, organiste de Sainte-\nGeneviève, 6 duos de Gardon, de Holozbauer, 6 solos de\nRaphaël, 6 symphonies de Kennis, 6 symphonies de Wirtz-\ntham (1) ».\nLa proportion des noms étrangers dans ces deux listes est\nassez significative. Ou bien Peters avait précédemment connu\nhors de France, et spécialement à Bruxelles, plusieurs des musi-\nciens dont il introduisait les œuvres à Paris, ou bien il aperce-\nvait dans la reproduction de morceaux déjà publiés ailleurs une\nfaçon moins onéreuse d'augmenter son stock. Il imaginait en\nmême temps un second mode d'abonnement, qui lui permettait\nd'écouler périodiquement et à son choix ses publications nou-\nvelles, et dont il exposa les conditions dans un prospectus\nimprimé au mois d'octobre 1765 :\n« Le sieur de Peters, peintre ordinaire de S. A. R. Mgr le\nprince Charles de Lorraine, demeurant à Paris, rue du Hazard,\npropose à tous les citoyens français et étrangers, demeurant\ndans le Royaume et ailleurs, et s'oblige de fournir chaque mois\nde l'année, à chaque souscripteur, un exemplaire d'un nouvel\nœuvre de musique, moyennant la somme de 48 livres par an.\nLes douze livraisons annuelles seront composées d'exemplaires\ndont les prix ordinaires actuels monteront au moins àlasomme\nde 72 livres. » Pour la première année, du ier octobre 1765 au\nier septembre 1766, les douze ouvrages promis étaient précisé-\nment ceux visés par les récents privilèges qu'avait obtenus\nPeters : sonates, duetti, symphonies, de Burckhoffer, Théodore\nSchmid, Kennis, Godecharle, Alexandre, Gardon, Holzbauer,\nMartini, Wagenseil, Vitzthumb \", les souscriptions étaient reçues\nchez Miroglio, et les récépissés en devaient être ainsi libellés :\n« Je soussigné, Antoine de Peters, entrepreneur de l'établis-\nsement dont le prospectus est ci-contre, reconnais avoir\nreçu », etc. (2).\n\n(1) Bibl. nat., ms. fr. 21963, p. 435. Il faut lire Godecharle, Cardon,\nHolzbauer, Vitzthumb.\n(2) Prospectus in-40 de 4 pages, de l'imprimerie de P. de Lormel, 1765.\n(Bibl. nat., ms.fr. 22085, pièce 18.)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.31", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n265\n\nL'hiver de 1765-66 se passa en efforts pour fixer dans chacun\ndes camps ennemis le plus grand nombre possible de partisans.\nLa Chevardière, que Peters accusait d'avoir « ébloui des parti-\nculiers pour adopter ses demandes », réussit à s'assurer l'appro-\nbation d'une vingtaine d'artistes de marque : « Antoine Dau-\nvergne, surintendant de la musique du roi et maître de\nmusique de Mesdames de France \\ Michel Blavet, composi-\nteur ordinaire de M. le comte de Clermont; Pierre-Just\nDavesne, compositeur et ordinaire de l'Académie royale de\nmusique; Egide-Romuald Duni, auteur et compositeur; Duphly,\ncompositeur et maître de clavecin; Jean-Antoine-Léontzy\nHonaver, aussi compositeur et maître de clavecin ; Pierre\nVachon, compositeur et premier violon de M. le prince de Conti ;\nCharles Duport, aussi compositeur et ordinaire de sa dite\naltesse ; J ean-Baptiste Janson, idem Antoine Groneman, ;\nBenoît-Joseph Biaise, compositeur et ordinaire de la Comédie\nItalienne; Antoine Légat de Fursy, compositeur et organiste ;\nClaude Delaporte, aussi compositeur et organiste ; Vinceslaus\nSpourny, compositeur ; Nicolas Gravina, aussi composi-\nteur; Jean-Baptiste Mahony, Jean-François Bouin, Bernard\nMerchi, Frédéric Raupach, Charles Deblois, Pierre-Fran-\nçois Moreau, Pierre Delamotte, Charles Garnier, idem. »\nToutes ces signatures furent probablement de quelque\npoids pour obtenir du lieutenant de police, prononçant en\nqualité de « juge des privilèges», une sentence rendue le\n25 mars 1766 :\n« Faisons défense aux sieurs de Peters et Miroglio et à tous\nautres, de graver ou faire graver, distribuer ou faire distribuer,\nde louer ou prêter à prix d'argent, directement ou indirecte-\nment, les œuvres, en tout ou en partie, d'aucuns compositeurs\nou musiciens françois, ou établis en France, qui auront obtenu\nprivilège du roi, avant l'expiration du temps porté par le pre-\nmier privilège, à peine contre les sieurs de Peters et de Miro-\nglio, en cas de contravention, de suppression du bureau d'abon-\nnement musical, et contre eux et tous autres, de saisies et de\nconfiscations au profit de l'auteur ou éditeur ayant droit de\nlui. En ce qui concerne les ouvrages des compositeurs ou\nmusiciens françois qui n'auront pas obtenu de privilège, per-\nmettons aux sieurs de Peters et Miroglio de louer, trois mois\naprès la date de la permission accordée aux auteurs, les ouvrages\nde musique vocale, à la charge et non autrement de se pourvoir\npour ladite location, et d'en acheter les exemplaires qu'ils\nvoudront louer à l'auteur ou éditeur ayant les droits de\nl'auteur, sans pouvoir se servir d'exemplaires qu'ils se seraient\nprocurés ailleurs; à l'effet de quoi les exemplaires qui leur"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.32", "texte": "266\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-O6\n\nseront vendus par l'auteur ou éditeur seront par lui marqués\net paraphés », etc.\nPeters ne perdit point de temps pour interjeter de cette sen-\ntence un appel que reçut la Cour; et comme elle statuait qu en\nattendant le prononcé du jugement; « toutes choses resteraient\nen l'état», le peintre-musicien mit à profit sa liberté provisoire,\nen s'appliquant à « compléter son bureau pour la location »,\njusqu'à faire paraître un supplément à son premier catalogue.\nPendant près de dix mois, La Chevardière se tint coi. Puis,\ntout à coup, son ardeur processive se rallumant de plus belle ,\nil réclama, le 18 février 1767, exécution de la sentence du\n2 5 mars précédent, dont l'effet était resté en suspens. La guerre\ndu papier timbré recommençait : mais des changements s'étaient\nproduits dans les rangs des belligérants.Certains musiciens, qui\navaient tout d'abord consenti à placer leur signature auprès de\ncelle de La Chevardière, refusaient désormais de le suivre. Le\ndésistement de Le Clerc et de Davesne marqua pour Peters une\nheureuse journée. Non content de les voir se détacher de son\nennemi, il voulut tirer avantage de leur retraite et leur en fit\ndemander les motifs dans les formes authentiques. Charles-\nNicol as Le Clerc, qui se faisait vieux, déclara par devant\nnotaire qu'il avait voulu seulement « se débarrasser des peines\net des soins d'un procès, et se procurer sa tranquillité ». Une\npareille profession de pacifisme ne pouvait plaire à un homme\nplongé depuis de longs mois jusqu'au col dans la chicane :\nPeters en prit acte avec dépit, le déclarant « sans doute bien\nfrivole ». Il obtint avec Davesne plus de satisfaction. Celui-ci\nreconnut n'avoir « approuvé ou signé les contestations de La\nChevardière que faute d'avoir été instruit suffisamment des rai-\nsons pour et contre », et ne fit pas difficulté d'avouer que, «en\nétant instruit aujourd'hui, il reconnaissait que le bureau et le\nprêt ne pouvaient qu'être utiles au public et aux musiciens ».\nLa Chevardière eut beau remplacer les déserteurs par de\nnouveaux partisans, il s'acquit les adhésions de Rebel, che-\nvalier de l'ordre du roi, surintendant de la musique de S. M. et\ndirecteur de son académie de musique; Pierre Lagarde, compo-\nsiteur et maître de musique des Enfants de France; Pierre-\nMontan Berton, compositeur et maître de musique de l'Opéra ;\nAndré Danican Philidor, auteur et compositeur d'ouvrages de\nmusique; Jean-Claude Trial l'aîné, compositeur et directeur de\nla musique du prince de Conti ; Claude Daquin, organiste de\nl'égli se de Paris (il se désista peu après, comme Davesne et Le\nClerc); Armand-Louis Couperin, compositeur et organiste de\nSaint-Gervais ; Claude Balbastre, compositeur et organiste de\nl'église de Paris; Charles Noblet, compositeur et maître de"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.33", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n267\n\nclavecin de l'Académie royale de musique; Louis Aubert,\ncompositeur et premier violon de ladite Académie ; Jean Scho-\nbert, maître de clavecin et ordinaire de la musique du prince de\nConti; François Clément, compositeur et maître de clavecin;\nJean Tarade, compositeur et ordinaire de l'Académie royale de\nmusique; Etienne David, professeur de musique; demoiselle\nLouise Roussel, veuve du sieur Leclair l'aîné, vivant composi-\nteur de la chapelle du roi; les sieurs Nicolas Mal vaux, Herman,\nJoseph Carbonel, Edme-Jean-Baptiste Lejay, François Moria;\ntout cela ne fit que redoubler le zèle et l'ingéniosité de\nPeters. Jonglant avec les opérations d'une arithmétique em-\nbrouillée, le fondateur du bureau d'abonnement prétendit\nl'emporter de beaucoup quant au nombre de ses partisans, et se\nfit fort d'en réunir plus de cent cinquante : « C'est-à-dire, expli-\nqua-t-il, 46 approuvant par écrit sans intervenir, les 23 anciens\nintervenants de La Chevardière qui refusent de paraître à la\nCour, enfin ceux qui gardent le silence et conséquemment\nrefusent d'adopter le système de La Chevardière ». Avec le\nsystème de Peters, s'abstenir, c'était voter. Finalement, il porta\njusqu'à 217 le chiffre de son contingent et, dans les feuillets\nsupplémentaires de son « Mémoire signifié » en juin 1767, il\ndonna l'énorme liste nominative des musiciens qui avaient\nconsenti, soit à « intervenir» en sa faveur devant la Cour, soit à\nlui délivrer une approbation écrite.\nCette liste, jointe à celles qui des deux côtés la précédèrent\nou la suivirent, forme une sorte de Bottin ou d'Annuaire de la\nmusique à Paris en 1767. C'est donc un document historique\nd'un certain prix et que, malgré son étendue, nous ne croyons\npas inutile de reproduire :\n« Musique du Roi : Guignon, roi des violons ; Guillemain,\npremier violon du roi ; Albaneze ; Mathieu, maître de musique\nde la chapelle ; Talon ; Canavas l'aîné, professeur de violoncelle,\nà Paris, rue Neuve S. Roch ; Canavas cadet, professeur de\nviolon, rue Cassette ; Ajuto ; Antonio (Torresany); Bêche cadet ;\nBerard, à Paris, cul-de-sac Bertault ; Bohme, professeur de\nbasson, Chaussée d'Antin ; Bouleron ; Camus l'aîné ; Camus\npuîné, à Versailles ; Canavas fils, professeur de violon, à Paris,\nrue Neuve S. Roch; Dumény, rue Mazarine ; Dupont, pro-\nfesseur de violon, ordinaire de l'Académie royale de musique,\nrue S. Honoré; Falco, à Versailles; Guenin; Harand ; Huet;\nJadin ; Joguet ; Lamêche ; Lauras, à Versailles; Leroux,à Paris,\nrue des Moineaux; Metoyen, à Versailles; Piffet, à Paris, rue\ndes boucheries, faubourg S. Germain; Poirier; Rousseau;\nSimon, maître de clavecin, rue Ste Apolline.\n« Musiciens de la maison du roi, demeurant tous à Versailles :"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.34", "texte": "268\nLE MERCURE MUSICAL 15~X-OÔ\n\nBauerschmidt l'aîné ; Bintory ; Canal ; Bruner ; Baudeu cadet;\nFrance ; Ghmitte (sic) ; Destouches ; Gebauer ; Guerin ; Hart-\nmann aîné et cadet ; Huot ; Kreizer ; Krettly ; Michel ; Raab ;\nShmitt (sic) ; Simonnet aîné et cadet ; Stembaur.\n« Concert spirituel : Capron, premier violon, à Paris, rue\ndes Moulins.\n« Académie royale de musique : Davesne, quai des Quatre\nnations ; Yibert, rue Froid-manteau ; Bertheaume, professeur\nde violon ; Cugnier, professeur de basson, rue de Bourbon ;\nCupis le cadet, rue S. Denis ; de Montgaultier, rue Riche-\nlieu ; Favier l'aîné, à Chaillot ; Gally, rue de la licorne ; Guibert,\nplace Vendôme ; Lemiere, rue du Monceau ; Nochet, rue Croix\ndes petits champs ; Tourcaty, rue Montorgueil ; Vallé, rue\nS. Honoré ; Vaudémont, idem.\n« Musiciens des Comédies française et italienne : Desbrosses,\nrue Mauconseil; Berardfils, violoncelle, rue Comtesse d'Artois ;\nDargent, rue S. Honoré ; Malbrancq, charnier des Innocents ;\nLacombe ; Noël.\n« Musiciens des princes : Gaspard, première clarinette du\nprince de Conti ; Provers, premier hautbois du même, rue\nRichelieu ; Schencker, corps-de-chasse (sic) du même, rue\nGaillon ; Thomas, ancien organiste de Mme la duchesse du\nMaine, au Palais-Royal ; Hebert, maître de musique de Mme de\nPenthièvre, à Montmartre ; Raupach, attaché au prince de\nGallitzin, à Paris, rue Neuve S. Augustin ; Erenfeld, Klein,\nStiegler, professeurs de musique et ordinaires du prince de\nCondé, rue Mazarine ; Flieger, professeur de clarinette de\nM. le prince de Conti, rue Richelieu ; Heina, professeur de cor\nde chasse, vieille rue du Temple, et Hericourt, au Temple,\ntous deux ordinaires du prince de Conti; Bisch, clarinette de\nM. le prince Louis, rue S. Honoré ; Scharf, corps-de-chasse\ndu même prince, rue champ fleuri ; Sieber, vieille rue\ndu Temple.\n« Organistes et maîtres de clavecin : Bambini, professeur de\nclavecin, attaché à Mme la duchesse de Villeroy, rue de l'Uni-\nversité ; Cherée, maîtresse de clavecin, rue de Seine, faubourg\nS. Germain ; Desmereaux [de Mereaux], organiste de l'église\nS. Sauveur et des religieux bénédictins des blancs manteaux,\nrue S. Denis ; Lebœuf, organiste et maître de clavecin et de\nchant, près S. Etienne des grès ; Marin, professeur de cla-\nvecin et de chant, rue Thérèse ; Martini, professeur de\nclavecin et autres instruments, rue Montmartre ; Torlez,\nprofesseur de clavecin, rue Hautefeuille ; Alexandre, professeur\nde violon, rue d'Orléans S. Honoré ; Avril, cloître S. Ger-\nmain l'Auxerrois ; Barthelemon, professeur de violon, rue"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.35", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n269\n\nS.Germain l'Auxerrois; Berard, rue Mauconseil ; Bonneau,\npremier violon du concert de Marseille, rue Poissonière ; Bor-\ndery ; Branche, professeur de violon, rue de la harpe ; Brouin,\ncommunauté des prêtres de S. Paul ; Burckoffer, professeur\nde violon, rue Richelieu ; Calais, à Versailles; Chauvin, pro-\nfesseur de chant à Paris, rue Transnonain ; Collet, professeur\nde chant, rue S. Sauveur ; Cupis le jeune, professeur de\nvioloncelle, rue S. Denis ; de Lamothe, rue Pagevin ; de\nLavaux, rue de Bourbon S. Denis ; Delépine, professeur de\nhaute-contre, cloître S. Germain l'Auxerrois ; Desbrosses,\nrue Mauconseil ; Duquesnoy, aux Innocents ; Emmig, profes-\nseur de harpe, rue Neuve S. Roch ; Favier, professeur de\ngoût et de guitare, rue de la bonne molue ; Franciscony, profes-\nseur de violon, Chaussée d'Antin ; Godecharles, rue Mazarine ;\nGresset, rue des Prouvaires ; Grillo, professeur de violon, rue\nchamp fieury ; Henry, professeur de chant, rue de la licorne ;\nLaloyeau, professeur de violon, rue des Tournelles ; Larsonier,\nà la communauté de Notre-Dame ; Lavanturier, idem] Leemans,\nprofesseur de chant et de violoncelle, rue de Tournon; Lejay,\ncloître S. Germain l'Auxerrois ; Leoné, professeur de man-\ndoline, rue S. Honoré ; Louis, professeur de cor de chasse,\nrue de Grenelle S. Honoré ; Mignard ; Meyer, professeur\nde harpe, rue Richelieu; Navoigille, professeur de violon, rue\ndes deux portes S. Sauveur; Och, rue de Bourbon; Payen ;\nPiquet de S. Julien, professeur de haute-contre, rue S. Ger-\nmain l'Auxerrois ; Polidory, professeur de violon, rue de\nTournon; Schmitt, rue de Tournon; Spourny, rue du petit\nlion ; Amable Angrand, professeur de violon ; Arnoult,\nprofesseur de violon, rue Comtesse d'Artois; Bâillon; Baudoin;\nBorniche, rue de la licorne ; Cajon, professeur de chant, quai\nde la Mégisserie ; Cales, professeur de violon ; Deshayes,\nprofesseur de violon et de chant ; Desplanques; Durieu, profes-\nseur de violon, rue de Savoie; Fabio, rue des Cordeliers ;\nGostello, rue Poissonière ; Gazel, professeur de chant, rue aux\nfers ; Geoffroy, professeur de violon, rue Dauphine ; Gior-\nnovichy, professeur de violon, rue S. Lazare; Hanot, place\nS. Michel ; Henry, professeur de chant; Ignazio, premier\nhautbois du roi Stanislas, rue Montmartre ; Langlet, professeur\nde chant, rue Ferronerie ; Louatron, rue S. Pierre aux bœufs ;\nLebouteux, professeur de violon, rue neuve S. Roch; Leclerc,\nprofesseur de violon ; Lerouge ; Lenoble, professeur de\nviolon ; Menard ; Mertrud, professeur de violoncelle, rue du\nFour S. Germain ; Michaud, professeur de violon, rue de\nTournon ; Montigny père et fils, professeurs de violon, rue\nMontmartre ; Paillon ; Paisible ; Parent ; Paturot, professeur"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.36", "texte": "270\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-O6\n\nde flûte ; Pevrotte de Villiers, aussi professeur de flûte, rue\ndu faubourg Montmartre ; Thuillier père et fils, professeurs\nde violon, rue S. Médéric ; Vezou ; Vochery.\n« Pierre-Louis Charpentier, rue Gît-le-Cœur ; Drouet, rue\nS. Jacques ; la dame Quenet, rue et Montagne Ste Geneviève ;\nVandome mère et sa fille, rue S. Honoré, tous quatre graveurs\nde notes de musique. Petit-bled et Recoquillier, tous deux\nimprimeurs de musique. Gallet, marchand de planches d'étain\npour la musique. Cousineau, rue des poulies, marchand de\nmusique ; la veuve Daullé, idem,quai des Augustins. »\nLes listes s'allongèrent jusqu'à la fin du procès, qui fut appelé\nle 20 juin 1767 et occupa quatre audiences, à chacune desquelles\nparurent de nouveaux « demandeurs en requête », recrutés à la\ndernière heure. Ceux du i 3 juillet étaient; Blanchard, chevalier\nde l'ordre de S. Michel, maître de musique de la chapelle\ndu roi ; Besozzi, Cardon, Mondonville, compositeurs ; Car-\ndonne, Cauchois, Decharmes, Desjardins, du Buisson, Duguet,\nGautherot, Gelinek, Legrand, Passenau, Choizim le cadet,\nScapre, Vendeuil, ordinaires de la musique de la chapelle du\nroi ; Arsolier, professeur de violon ; Bâillon, Beaudin père,\nChauvin, Delavaux, Linot, Mignard, Romain, Bellot ; Bordery\nfils, professeur de violoncelle ; Castelin ; Charpentier petit-fils,\nmusette ; Corvé, cor de chasse ; Danguy père et fils, professeur\nde vielle ; David aîné, Delaunay, Forgelot, professeurs de chant ;\nFrédéric, professeur de violon ; Gaétan, professeur de man-\ndoline ; Gœpfen, professeur de harpe ; Groneau, professeur de\nvioloncelle ; Laberge, professeur de violon ; Lasalle, idem ;\nLecouteux, professeur de basson ; Lerouge, professeur de\nviolon ; Michel, professeur de cor ; Petit, professeur de chant ;\nPeau, professeur de hautbois ; Radet, professeur de chant et\nde basson ; Scorbe, professeur de violoncelle.\nDans la liste du 14 juillet reparaissent quelques noms déjà\ncités, et ceux de : Le Tourneur, maître de clavecin des Enfants\nde France ; Paulin, organiste de la chapelle du roi ; Won-\ndradschek, maître de clavecin; Dufour, Ferrand, organiste;\nRameau [le fils], écuyer; Despreaux, ordinaire de l'Académie\nde musique ; Milandre, Morambert, Boutroy, Patouart fils,\nDelaste, Pierre-François Moreau, Hugard, Petillot, Louis\nWerndelle, l'abbé Duchesne ; et quatre graveurs de musique,\nLabassée, Oger, Dezauche et Bouré.\nLe 4 août, veille du prononcé de l'arrêt, une liste confec-\ntionnée in extremis réunit encore les noms de Dumas, profes-\nseur de violoncelle et de chant, ancien ordinaire de l'Académie\nroyale de musique ; de La Motte, professeur de chant ;\nDesnoyers, Dumoncy, Kiescheser, ordinaires de la Comédie-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.37", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n271\n\nfrançaise; Vasson, ancien ordinaire de la Comédie Italienne ;\nDubois, professeur de violon; Perrin, professeur de musique.\nQui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, dit le\nproverbe. Si la Courne rendit pas un jugement aussi sage que\ncelui de Salomon, ce ne fut pas faute d'avoir été assourdie de\ncarillons. Le 5 août 1767, elle confirma, en la complétant, la\nsentence de 1766. Il fut fait défense à Peters et Miroglio de\ngraver, distribuer et louer des œuvres de musique avant l'expi-\nration des privilèges : ce qui devait sensiblement nuire au\nbureau d'abonnement, d'où se trouvaient exclues toutes les\nnouveautés ; mais il fut en même temps fait défense à La\nChevardière et consorts de troubler Peters et Miroglio dans le\nprêt et la location des exemplaires de musique qu'ils auraient\nachetés et payés. La Chevardière était condamné à trois mille\nlivres de dommages-intérêts envers Peters, pour avoir fait\ngraver en contrefaçon l'ariette de Miroglio. Il était ordonné que\nl'arrêt fut imprimé à 200 exemplaires. Et les « intervenants »\nmettaient la main à la poche, pour solder leur quote-part des\nfrais du procès, dont personne, probablement, 11e sortait\nentièrement satisfait.\nPeters affectait cependant un contentement dont le journal\nVAvant-Coureur, qui lui était tout dévoué, se faisait l'interprète :\n« L'intérêt particulier s'était élevé et demandait la suppression\nde cet établissement si utile au public ; mais il a été autorisé\njudiciairement par une sentence du Châtelet du 2 5 mars 1766\net par un arrêt du Parlement du 5 août dernier, qui exceptent\nseulement les ouvrages des compositeurs français ou établis en\nFrance, pendant la durée du premier privilège, ou pendant les\ntrois premiers mois, s'ils ne sont revêtus que d'une simple per-\nmission (1). » Un peu plus tard, la même feuille insérait une\nnouvelle réclame au sujet du bureau d'abonnement musical :\n« L'accueil favorable que le public fait tous les jours à cet\nétablissement, encourage les entrepreneurs à chercher de nou-\nveaux moyens pour répondre à son empressement. » Ces\nmoyens consistaient toujours en deux modes d'abonnement,\nl'un pour la location, l'autre pour l'acquisition de la musique.\nLes conditions, pour le premier, étaient : 24 livres par an, ou\n18 livres pour 6 mois, et 6 livres pour un mois, avec dépôt d un\ncautionnement, en cas d'abonnement de peu de durée : « ceux\nqui n'en voudront que pour un concert, ne payeront que\n3 livres, quand même ils demanderaient douze ouvrages de\nmusique » ; échange obligatoire tous les huit jours, avec\namende de deux sols par jour de retard par chaque exemplaiie\n\n(i) L'Avant-Coureur du 14 septembre 1767."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.38", "texte": "272\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-O6\n\nconservé ; échange quotidien, facultatif ; remboursement des\nexemplaires perdus, ou « gâtés de taches d'encre ou de graisse » ;\nobligation, pour les abonnés de province, de fournir la garantie\nd'une personne domiciliée à Paris ; bureau ouvert chez Miroglio,\ntous les jours, excepté les dimanches et fêtes, de 8 heures à\ni heure et de 3 heures à six, etc. Pour le second mode\nd'abonnement : vingt-quatre ouvrages de nouvelle musique,\nvocale ou instrumentale, par an, moyennant 60 livres (1).\nPour alimenter cette double industrie, Peters avait tout\navantage à ne point ralentir son activité comme éditeur. Si\nnous en cherchons la trace dans les archives de la communauté\ndes libraires, nous trouvons en effet, sous la date du 18 février\n1767, l'enregistrement d'un privilège général pour neuf ans, du\n4 février, au « Sieur de Peters » (sans titre), pour « 6 sym-\nphonies à grand orchestre de Polidori, op. 2, six symphonies\nà grand orchestre de Richter, op. 7, six symphonies à grand\norchestre de Lalleaueau (Lalloyau), op. 1, six symphonies à\ngrand orchestre de Jommelli, 6 quatuors pour 2 violons, alto\net basso de Celonietti, op. 1, six de Gresch, op. 2, six trios\npour 2 violons et basse de Helbert, op. 1, six idem de Greschtz,\nop. 1, six de Celonietti, six de Demachi, op. 1, six de Diters,\nop. 1, six duos pour violon et violoncelle de Kennis, op. 9,\nsix duos pour 2 violons de Brockioffer, op. 3, six idem par\nMiroglio, 7e et 8e suite des Amusements des dames, six trios\npour le clavecin, violon, basse, par Fable, op. 2, six duos\npour 2 violoncelles par Chabran, op. 2. » (2)— Puis, le 18\nseptembre 1769, l'enregistrement d'un privilège général pour\nsix ans, du i 3 septembre, au « Sieur de Peters » pour «6 duos\npour 2 violons, d'après les trios de J. Stamitz, 12 pièces choisies\ndes ouvrages de Stamitz, arrangés pour le clavecin, 2 sympho-\nnies de Toeschi, 6 quatuors par Gosset, 6 duos pour 2 vio-\nlons de Fantiny, 6 trios pour 2 violons et basses par Lidardi,\n6 trio par Bocharini, 12 airs tirés des opéra-comique et autres,\navec accompagnement de harpe, par Burchkoffer, six airs avec\nparoles françaises et italiennes et accompagnement de harpe,\npar Mayer, 6 trio par M. Dumoutier, 90 et 10e suite des Amu-\nsemens des dames, par Miroglio, 6 quatuor de Joseph Baur,\npour harpe, ou clavecin (3). »\nEnfin, le 16 mars 1771, l'enregistrement d'un privilège\n\n(1) L'Avant-Coureur du 14 mars 1768.\n(2) Bibl. nat. Ms. fr. 2x964, p. 157.\n(3) Bibl. nat. Ms. fr. 21965, p. 10. Gomme dans presque tous les textes\nprécédents, beaucoup de noms sont défigurés : le lecteur aura rétabli de\nlui-même ceux de Gossec, Lidarti, Boccherini, etc."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.39", "texte": "LES DÉBUTS DE L'ABONNEMENT DE MUSIQUE\n273\nLE MERCURE MUSICAL.\n\ngénéral pour six ans, du i 3 mars, au « Sieur de Peters,\npremier peintre de notre très cher frère le roi de Danemark »,\npour « des duos tirés du premier œuvre de Stamitz, et la\nmusique de 1 Amant de quinze ans, opéra-comique » (1). On a\nreconnu dans ce titre /'Amoureux de quinze ans, de Martini.\nQuant à l'arrangement des trios de Stamitz, il est surtout inté-\nressant par le catalogue placé en tête, qui donne, sous une\nforme abrégée, les titres de tous les ouvrages en vente vers\n17/ i au bureau d abonnement musical (2). On y remarque\ntous ceux pour lesquels Peters avait pris des privilèges : dans\nson association avec Miroglio, il jouait donc bien le rôle\nd éditeur-propriétaire, et celui-ci le rôle de marchand-commis-\nsionnaire (3).\nA partir de cette date, le « bureau d'abonnement », comme\nles peuples heureux, n'eut plus d'histoire. Il est probable qu'il\ncontinua de fonctionner tranquillement jusqu'au décès de son\nfondateur, et qu'il ne tarda pas beaucoup à trouver des imita-\nteurs.\nEn 1802, l'idée avait fait son chemin, et Paris possédait à la\nfois « trois établissemens favorables au progrès de la musique ;\nce sont les abonnemens des citoyens Leduc, marchand de\nmusique, rue Neuve des Petits champs, en face la trésorerie;\nSieber fils, rue de la Loi ; et Decombe, luthier, professeur et\nmarchand de musique, quai de l'Ecole ». Leduc annonçait que\n« le but de son établissement » était « de procurer aux ama-\nteurs la facilité de jouir d'une nombreuse collection de musique\net 1 assurance de connoître les meilleurs ouvrages en ce genre\nqui paraîtront » ; chaque abonné recevait un catalogue ; le prix de\nl'abonnement annuel était de 3o francs, avec un nantissement\nde 24 Irancs. Chez Sieber, pour le même prix, l'on n'avait « ni\npartitions, ni musique pour le forte-piano ou la harpe » ; chez\nDecombe, moyennant 36 francs par an, l'abonné pouvait lire\n« les partitions, la musique vocale, de piano, de harpe, et pour\ntous les instrumens (4) ».\n\nMichel Brenet.\n\n(1) Bibl. nat. Ms. fr. 21965, p. 458.\n(2) VI duos tirés des trios formant le premier œuvre de Jean Stamitz, etc.\nBibl. nat. Vm 7, 988.\n(3) Ala fin du catalogue du bureau musical, Miroglio donnait avis : <£ à\ntous les libraires et marchands de musique demeurant en province, qu'il\nse charge de toutes les commissions concernant la musique. Il fait de\nmême des envois dans les cours étrangères. »\n(4) Correspondance des amateurs musiciens, rédigée par le citoyen\nCocatrix, n<> 1, du 27 novembre 1802.\n'9"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.40", "texte": "UNE FORME GALLOISE\nDE LA LÉGENDE DE PARSIFAL\n\nPEREDUR AB EVRAWC.\nA Bayreuth, ville celtique. — Pour tous\nceux qui voudront penser que la sensualité\nde Richard Wagner fut plus digne d'un\nCelte que d'un Germain.\nQuel rêve laïque dut troubler davantage les volontés averties\nde l'Eglise ? — La « Table Ronde » se défigure dans Chrestien\nde Troyes et dans Wolfram d'Eschenbach. Toute la richesse\nmystique et barbare de l'âme bretonne dégoutte chez eux en\nintentions morales. Ce sont les versificateurs prudents qui\nont faussé notre chevalerie i ceux qui les ont suivis les ont\ntrop écoutés... Etranges perversions littéraires que celles des\nAmadiset des Orlan do fur ioso: quelque chose dans le genre de\nnos japonaiseries européennes ! — Dois-je le dire ? Il me paraît\nque, plus que nul autre, Miguel de Cervantès s'appropria la\nvéritable âme chevaleresque ; son Don Quichotte et Sancho\nPança, pratique meunier, sont, jusqu'à un certain point, les\nhéritiers de Tristan et de Dinadan, le chevalier philosophe.\n— Oui, nul plus que Cervantès, jusqu'à Richard Wagner.\nIl fallut un singulier effort d'intuition au dramaturge de\nParsifalpour bondir des apologues de Wolfram. d'Eschenbach\naux aspirations les plus nobles de la légende celtique. Ce n'est\npas la seule fois, du reste, qu'il paraît s'être permis des incur-\nsions violentes aux fonds les plus étrangers de sa propre\nnature. Loheng~rin a subi cette « transmutation des valeurs »,\navec un succès moindre, il est vrai. Seul Tristan, œuvre de\nsouffrance, et par conséquent plus musicale que dramatique, se\ndoit tout à la belle version de l'Alsacien Gottfried ; mais Thomas\nest demeuré supérieur. Max Millier n'eut pas tort de le pré-\ntendre, et Gaston Paris l'a répété dans la suite."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.41", "texte": "LA LÉGENDE DE PARSIFAL\n275\n\n♦\n* *\nLa légende de Perceval le Gallois a eu, comme beaucoup de\nlégendes bretonnes, l'étrange fortune de retourner sur le tard\nà des versions toutes celtiques de forme et d'origine. Ce sont\nles contes des anciens Gallois, que lady Charlotte Guest a\npubliés en 1838-48, sous le titre de Hersart de la\nVillemarqué vers 1840-60 et plus récemment M. J. Loth (1)\nen ont donné des traductions qui en rendent le sens accessible\nà tous les non-celtisants. Le mabinogi de Peredur est celui\nqui nous intéresse..\n« Le comte Evrawc possédait le comté du Nord. Il avait\n« sept fils. Ce n'était pas par ses domaines que s'entretenait\n« Evrawc, mais par les tournois, les guerres et les combats,\n« et, comme il arrive souvent à qui les recherche, il fut tué,\n« ainsi que six de ses fils.\n« Le septième s'appelait Peredur ; c'était le plus jeune. Il\n« n'avait pas l'âge d'aller aux combats ni à la guerre; autre-\n« ment, il eût été tué comme son père et ses frères.\n« Sa mère était une femme avisée et intelligente. Elle réflé-\n« chit beaucoup au sujet de son fils et de ses domaines. Elle\n« finit par prendre le parti de fuir dans le désert et la solitude,\n« et d'abandonner les lieux habités. Elle ne garda dans sa\n« compagnie que des femmes, des enfants et des hommes\n« humbles, incapables de faire la guerre, et auxquels les com-\n« bats ne convenaient pas. Personne n'eût osé réunir armes et\n« chevaux là où l'enfant eût pu s'en apercevoir, de peur qu'il\n« n'y prît goût. »\nL'enfant vivait dans la forêt : il jouait et s'exerçait à lancer\ndes baguettes et des bâtons. Son esprit était simple, car on lui\ncachait toute chose... Un jour vinrent trois chevaliers à la\nlisière de la forêt. « Ma mère, dit Peredur, qu'est-ce que ces\ngens là-bas ? Ce sont des anges, mon fils, dit-elle.\nJ'en donne ma foi, dit Peredur, je m'en vais comme ange\navec eux. » Et Peredur alla sur la route à leur rencontre.\nLes chevaliers lui expliquèrent leur véritable nature, et\nPeredur les interrogeait sur tous les objets qu'il apercevait.\nPuis il retourna vers sa mère.\n« Mère, dit-il, ce ne sont pas des anges les gens de tout à\nl'heure, mais des chevaliers ordonnés. » La mère tomba éva-\nnouie. Alors Peredur alla vers l'endroit où se tenaient les\nchevaux, qui portaient le bois de chauffage. Il en choisit un,\n\n(i) D'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, tomes 111 et IV.\nLes Mabinogion, traduits par J. Loth. Paris, Thorin, 1889."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.42", "texte": "276\nLE MERCURE MUSICAL I 5~X~06\n\ngris pommelé, osseux, le plus vigoureux à son avis ; il lui serra\nun bât autour du corps en guise de selle, et, avec de 1 osier, il\nimita tous les objets d'équipement qu'il avait vus sur les des-\ntriers. Puis il prit congé de sa mère. La comtesse lui recom-\nmanda d'aller à la cour d'Arthur; elle lui enseigna les principes\nde toute chevalerie. Il s'éloigna, tenant à la main une poignée\nde javelots à pointe aiguë. _\nIl fut deux jours et deux nuits à cheminer dans la solitude\ndes forêts et divers lieux déserts, sans nourriture ni boisson.\nEnfin il arriva dans une clairière : au milieu était un pavillon\nen forme d'église. Il recita son Ppuis y alla.\n« La porte était ouverte ; près de la porte était une chaise,\n« dorée, dans laquelle était assise une jeune fille brune, d une\n« beauté parfaite, portant autour du front un diadème d'or,\n« enrichi de pierres brillantes, et aux mains des bagues d'or\n« épaisses. Peredur descendit de cheval et entra tout droit. La\n« pucelle lui fit un accueil amical et lui souhaita la bienvenue.\n« Au bout du pavillon, Peredur aperçut de la nourriture,\n« deux flacons pleins de vin, deux tourtes de pain blanc et\n« des tranches de cochon de lait. « Ma mère, dit Peredur,\n« m'a recommandé, en quelque lieu que je visse nourriture et\n« boisson, d'en prendre. Je te le permets avec plaisir,\n« seigneur, dit-elle, et grand bien te fasse. » Alors Peredur\n« prit la moitié de la nourriture et de la boisson pour lui, et\n« laissa l'autre àla pucelle. Lorsqu'il eut mangé, il plia un\n« genou devant la jeune fille et dit «Ma mère m a recommanda,\n«làoù je verrai un beau joyau, de le prendre. Prends\n« mon âme »5 dit-elle. Peredur prit la bague, emmena son\n« cheval et partit. » . .\nIl arrive àla cour d'Arthur. Un chevalier y avait insulte\nGwenhwyvar et personne n'osait le combattre. Peredur le tua.\n« Kei était debout au milieu de la salle. « Hé ! l'homme\n« long, là-bas, dit Peredur, où est Arthur ? Que veux-\n« tu d'Arthur ? dit Kei. Ma mère m'a recommandé de\n« venir vers lui pour me faire sacrer chevalier. Par ma foi, tu\n« es par trop mal monté en cheval et en armes. » Toute la cour\n« porta les yeux de son côté et se mit à lui lancer des baguettes. »\nPeredur quitte la cour et promet de n'y revenir ayant de\ns'être rencontré avec l'homme long, « pour venger 1 outrage\nfait au nain et àla naine ». Ces deux monstres avaient été\nles premiers à lui rendre hommage...\n★\n* *\nJe ne puis songer à suivre Peredur dans ses pérégrinations.\nQu'il triomphe des ennemis d'Arthur, après avoir appris la che-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.43", "texte": "LA LÉGENDE DE PARSIFAL\n277\n\nValerie chez ses oncles puis à la cour des sorcières, qu'il re-\nvienne à Kaerllion, auprès du roi, et qu'il offre en vain son\namour à Ygharat Llaw Eurawc : ce sont autant d'éléments\nd'une comparaison minutieuse avec des textes connus, qui\nnous démontrent les origines laïques de la légende. Peredui\ndélivre la terre de monstres fabuleux (serpent gardien d'un\nanneau, ou « addanc »du lac, véritable minotaure celtique),\njusqu'à l'époque où il est aimé par l'impératrice d'un pays in-\nconnu, « vers l'lnde ». Il y règne pendant quatorze ans. Puis\nsurviennent les aventures du château des Merveilles. Au\ntemps de cet épisode, Peredur et des hommes d'Arthur détrui-\nsent les sorcières de Kaerloyw. Le conte s'arrête ici.\nAssurément le rapport paraît lointain entre cette narration\nbarbare et la transcription littéraire de Wolfram d'Eschenbach.\nEt cependant, quand on analyse le texte dans le détail, une\nfoule de similitudes surprennent. C'est que les contes popu-\nlaires, contrairement aux œuvres de la littérature écrite, parais-\nsent constitués par des accidents d'imagination, plutôt que par\ndes thèmes volontairement préparés. Le développement se fait\npar bourgeonnement, bien plus que par greffe artificielle, d'où\nvient que le sens en est plus naturel et plus profond, mais\naussi plus difficile à suivre dans son évolution.\nVoici par exemple comment le mabinogi de Peredur prélude\nà l'Enchantement du Vendredi Saint (i) :\nEn quittant les sorcières qui l'avaient instruit, le sauvage\nvalet marchait tout droit devant lui. « Vers le soir, il arriva\n« dans une vallée, et au bout de la vallée, devant la cellule\n« d'un serviteur de Dieu. L'ermite l'accueillit bien, et il y passa\n« la nuit. Le lendemain matin il se leva et sortit. Il était tombé\n« de la neige pendant la nuit, et un faucon avait tué un ca-\n« nard devant la cellule. Le bruit du cheval fit fuir le faucon,\n« et un corbeau s'abattit sur la chair de l'oiseau. Peredur s'arrêta,\n« et, en voyant la noirceur du corbeau, la blancheur de la neige,\n« la rougeur du sang, il songea à la chevelure de la femme\n« qu'il aimait le plus, aussi noire que le jais, à sa peau, aussi\n« blanche que la neige, aux pommettes de ses joues, aussi\n« rouges que le sang sur la neige. »\nCela est étrangement réduit, et cependant l'on ne peut se\ndéfendre de reconnaître l'identité des motifs. La situation est\nposée :il ne reste qu'à la développer, chrétiennement ou non.\nEt en effet, il ne faut pas chercher dans cette légende gal-\nloise le christianisme épuré qui caractérise les œuvres des\n\n(i) Une autre partie de la scène est racontée plus loin. (Trad. J. Loth,\npp. 101-I02.)"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.44", "texte": "278\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\ncompilateurs des xiie-xme siècles. Ce serait une double erreur.\nCette affirmation n'étonnera que ceux qui veulent ignorer la\nsource naturelle des légendes de la Table Ronde, c'est-à-dire\nles antiques traditions apportées d'Asie par les peuples qui\nenvahirent l'Europe. Il est inconcevable que cette légende du\nGraal, véritable hérésie religieuse, puisse avoir des sources\nplus médiates. D'autant qu'on en retrouve tous les éléments sur\nd'autres territoires habités par les Celtes. Le « chaudron »\nqui ressuscite les morts des Gwyddyl, dans le mabinogi de\nBranwen, fille de Llyr, est le droit ancêtre du Graal. Cette vertu\nsecrète de certains vases est un des lieux communs de la poésie\nceltique (i).\nAinsi le propre de la légende de Parsifal paraît antérieur au\nchristianisme. Et la double version bretonne du « Peredur » et\ndu « Peronik » armoricain, dont M. Souvestre a révélé l'exis-\ntence, est faite pour vérifier cette idée : égale et superstitieuse\nglorification de l'innocent,qui est le fond même de l'œuvre\nprimitive.\nOserai-je en effet signaler l'évident rapport qui mit dans une\ncommune origine notre Perceval celtique et l'Héraklès des\nHellènes ? Forts, bons et simples, destinés à triompher de fata-\nlités que ni l'intelligence ni la ruse ne surmontèrent ; descente\naux demeures d'Adès ou visite au château des Merveilles, il s'en\nfaut de peu pour que l'on crie à la réminiscence! Mais ce serait\nune erreur. Les pommes de Peronik (et de Merlin) rappellent\naussi les Hespérides de bien loin, et les douze merveilles\nde Bretagne ne sont point seules dans l'histoire du folk-lore.\nCela prouve simplement l'universalité de nos concepts my-\nthiques.\nPeut-être faut-il voir dans Peredur un de ces héros solaires\ndont M. Pineau (2) définit excellemment le caractère : cela n'irait\npas sans convenir au culte primitif des bardes, suivant Hécatée,\ndans Diodore, et suivant Ausone.\n* *\nQuoiqu'il en soit, Wagner paraît s'en être tenu au texte\nmême de Wolfram pour ce qui est de l'histoire de son Parsifal.\nJe crois cependant qu'il lui a restitué une grande part de son ca-\nractère primitif. Je ne puis entrer encore ici dans une question\nd'exégèse littéraire. Le musicien qui s'intéresse à la création\nd'un livret pourra remonter aux sources que j'ai citées.\n\n(1) Je passe intentionnellement sur l'épisode du bassin sanglant et de la\nlance dans le mabinogi de Peredur ; son origine paraît douteuse.\n(2) Chants Scandinaves."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.45", "texte": "LA LÉGENDE DE PARSIFAL\n279\n\nIl me faut seulement constater ceci : c'est que « Parsifal »\nn'est pas une œuvre de « renoncement », comme beaucoup\nl'ont prétendu, mais bien une réelle affirmation de la « volonté\nde vivre » en dépit des faiblesses humaines. Parsifal\nnise en acceptant du christianisme ses vices et ses vertus : c'est\npourquoi il lui faut rester pur pour triompher. Mais l'essence\nde son être n'est point là : une fois en possession du Graal, le\nrôle de Parsifal est terminé. La légende est par là instruc-\ntive : ayant posé la « queste du Graal » comme un but, elle ou-\nblie d'en définir les conséquences.— Que le vase sacré retourne\nà Sarras sur la nef mystérieuse, que le successeur d'Amfortas\nse renferme dans un sacerdoce incomplet, il n'en demeure pas\nmoins que rien n'arrive à son terme, et que nous gardons l'in-\nquiétude de l'avenir.\nParsifal n'est pas, comme l'Adonis antique, partagé entre les\nforces hostiles d'Aphrodite et de Perséphone. En face de ce\nconte de profonde vie végétative, il se pose, comme l'Hé-\nraklès, en personnification de l'activité humaine, de la volonté.\nC'est pourquoi sa vie possède un caractère « potentiel » bien\nplutôt que « final » ; elle est à l'antithèse de celle du sage Mer-\nlin, comme la vie d'Héraklès s'oppose à celle de Prométhée.\nTous deux, les conquérants, sont inférieurs comme individus\naux penseurs, et cependant ils réussissent mieux. Décevant en-\nseignement de l'histoire qui prouve qu'un Alexandre peut aller\njusqu'au Gange sans en rapporter la sagesse des brahmes !\nEt si je ne craignais le ridicule aphoristique du texte, je rap-\npellerais cette parole de Michelet : « Etre pur pour être fort.\nEtre fort pour être fécond. » Telle est, en effet, la formule vitale\ncommune à Parsifal et à Héraklès. L'antique symbole de la\nforce, inconsciente de ses origines, les recouvre, comme tant\nde héros légendaires : comme Siegfried, comme le fils unique\nd'Aïffé dans le cycle irlandais d'Ulster, comme Sobrab aussi,\nfils de Rostem, au « Livre des Rois » de Firdousi. Et toutes ces\nanalogies de symboles ne me paraissent rien autre que la pres-\ncience du mystère du Temps et du rôle surhumain de la Vo-\nlonté dans les Heures : car la force n'est rien, qu'une négation\nde la connaissance.\n*\n* *\nJe ne prétendrai donc pas que Richard Wagner ait trans-\nformé « Parsifal » de promenade de chevalerie mystique en\nsimple action de sorcellerie. La nature des accidents drama-\ntiques ne prouve rien, et si Kundry est une proche parente des\n« sides » bretonnes, il reste assez de formules chrétiennes\npour qu'on ait l'illusion d'y constater la vie religieuse. Le"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.46", "texte": "280\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nfait essentiel est dans la transformation du caractère de Parsi-\nfal : Wagner s'éloigne manifestement des idées de Wolfram et\nse rapproche de la conception galloise. Parsifal arrive jusqu'au\nGraal avec l'inconscience d'une brute, et toute la révélation\nde l'instant présent ne saurait modifier sa nature. Kundry se\ncouche et meurt à ses pieds, l'hydropique Amfortas gémit au-\nprès de lui : il parle, il guérit, sans intérêt évident ; il est au-\ndessus des vaines pitiés, tout entier à son but, tout droit\ndans son action. C'est justement ce qui fait que le « Peredur »\ngallois est plus symptomatique que le « Parzival » allemand,\ncar ce caractère impulsif,le seul qui lui demeure, est aussi la\nbase même de sa conception poétique.\nEt c'est aussi pourquoi Parsifal n'est point « une œuvre de\npureté sacrée et d'angélique foi », comme le prétend M. Men-\ndès. Païenne dans le fond, cette légende est simplement la plus\nhaute expression moderne du myst Le librettiste\ndes « Vainqueurs » s'attachait petitement à la nature humaine\ndes religions. Richard Wagner n'est point mort en priant, mais\nen pensant.\nIl avait pris son idéal, « nouveau Graal », dans ses paumes\njointes, et, débile, le soulevait au-dessus des tourmentes qui\nl'agitèrent trop longtemps. L'amour n'était plus pour lui qu'un\nindice, la sagesse n'était plus qu'un moyen, l'exaltation de la\nVolonté éternelle le soulevait tout entier : « Parsifal » est sa\npremière œuvre objective. Qualité étrange, formidable chez un\nmusicien, c'est ce que je me réserve de montrer quelque jour.\n\nJacques Reboul."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.47", "texte": "MURGER MUSICIEN\n\nVoulant abréger le désœuvrement que nous vaut la canicule,\nje relisais ces temps derniers les Scènes de la vie de Bohème de\nMurger. Vers la fin se trouve placée une pièce de vers (Dieu\nme damne si je disais poésie!), Rodolphe y exhale de tendres\nsouvenirs sur de petits bouts de solfège comme\nla si do ré —fa ré mi ré ; Schaunard y va également de son\ninspiration dans un récit précédent, et l'on n'y attache d'ordinaire\naucune attention. Finalement je fus intrigué de savoir si la sol-\nmisation de Murger n'était que purement fantaisiste ou si\nelle recélait une musicalité, si petite soit-elle. Or voici le pre-\nmier thème que j'établis :\nCe thème a dû passer jadis par Torre de! Lago où respire\nPaccini le roublard, car il a un vague relent de la du\nmusicien italien.\nOn ne saurait cependant prétendre que ce motif ait une simi-\nlitude musicale avec les airs iB3o ; ce n'est donc pas dans la rue\nque Murger a pu entendre fredonner pareille phrase. Peut-on\nconclure de là que Murger faisait un doigt de cour à la Muse ?\nNe souriez pas, Murger est même un musicien à programme ;\nne fait-il pas dire en effet par Schaunard : « ça donne assez\nl'idée d'une pâquerette » et si la pâquerette représente assez\nbien la modestie, la naïveté enfantine, ce thème semble la\ndépeindre à souhait, car il est d'une charmante simplicité.\nEt Schaunard de continuer, guidé par 1 inspiration printa-\nnière, un huit avril où il doit trois termes à son propriétaire,\nla 1a... ré mi"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.48", "texte": "282\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nou encore\navec cadence sur le mi (mi-sofî -si-mi).\nPlus nous avançons et plus nous verrons que Puccini n'a pas\nlaissé dormir cette mine de petits thèmes; nous les retrouve-\nrons, « rescapés », dans sa Bohème. Je n'en veux pour preuve\nqu'une descente de quarte, répétée souvent dans la partition\nitalienne, et que Murger a placée dans les vers de Rodolphe à\nMimi :mi ré mi do ré la :\nDevons-nous croire au pur hasard ou pouvons-nous admettre,\ncomme très naturel et logique, que Puccini se sera documenté\nau moment d'écrire sa partition ? Acceptons la seconde hypo-\nthèse, basée sur un fait réel, toujours préférable au hasard qui est\nsouvent de l'inspiration et dont certains musiciens italiens de\nnos jours semblent n'avoir pas quantités à revendre.\nPour ceux qui voudraient encore douter, je réserve cette\npetite phrase de Rodolphe : Sol dodo si si la.\nMaladroit ! s'écrie Musette, c'est pas comme ça ! Écoutez-\nmoi, cher Monsieur :\nseulement, dit Musette, je ne le chante pas en car j'ai peur\ndes quatre dièses.\nJe soupçonne fort à présent Murger d'être allé reverdir son\ninspiration au soleil d'ltalie, et ce en prenant la jolie route qui\nmène de LucàTorre del Lago.\nTout de même ! ce que c'est que de nous ! Nous avions déjà\nle plus roublard des membres de l'lnstitut, nous connaissons à\nprésent le plus roublard des compositeurs italiens ; il n'y aura\ndonc plus de jaloux, espérons-nous.\nRodolphe évoque encore un motif de valse allemande, dansée\njadis, dit-il, avec Mimi : Do mi"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.49", "texte": "MURGER MUSICIEN\n283\n\net qui, développé et malaxé à l'usage des pensionnats, rempla-\ncerait avantageusement ce bijou qu'est la Valse de Durant ; le\nmal ne serait pas guéri, mais, changeant de place, il nous\nferait peut-être moins souffrir. Mais ne nous hâtons pas, car\nqui sait si cette valse n'est pas en voie d'élaboration ? Qui sait\nsi une prochaine œuvre italico-dramatico-lyrico portant la\nmarque : Ars et Labor ! ne nous la fera pas savourer ?\nCertains indiscrets, des gens sans pudeur, sont venus\nme chuchoter des choses genre Puccini-Murger, mais plus\ngraves, car les victimes s'appelaient Beethoven et Franck qui\nont fait de l'excellente musique, si je m'en souviens ; quant aux\ncambrioleurs, n'en parlons pas, car ils courent encore. J'allais\noublier certain Ta ra ra boum dié d/é dramatisé en mineur, qui\nnaguère nous fit prendre peu au sérieux des vers d'Ossian\nabandonnés par Gœthe à Werther.\nJ'en sais encore une bonne de « Madama Butterfly », char-\nmante Gio-cio-san dont nous parlerons si la canicule persiste.\nC. Q. F. D. suffit pour cette fois.\n\nGaston Knosp."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.50", "texte": "REVUE DU MOIS\n\nLE CONGRES DE BALE\n\nMémoires, concerts et banquets.\nC'est en cette ville aimablement cosmopolite que la Société internationale\nde musique a voulu, cette année, se réunir. L'idée était heureuse, et nous\ngardons le meilleur souvenir de l'accueil qui nous a été fait. Point de\nmagnificences inutiles, de luxe de fleurs ou de tentures, mais une affable\nsimplicité et les plus délicates attentions. Ce sont des journées fort occupées\nque celles d'un congressiste assidu : assemblée générale le matin, séances\nde sections l'après-midi, concert le soir, tel en était le programme moyen.\nMais la cordialité partout répandue, l'air de fête qui nous entourait, ont\nrendu ces fatigues légères. Peut-être le véritable intérêt d'un congrès n'est-\nil pas tant dans les séances que dans les libres réunions qui s'ensuivent,\net si j'ai pris le plus vif intérêt aux communications lues dans les salles de\nl'université, j'ai passé des moments meilleurs encore à l'hôtel Habsburg, à\ncauser avec le Dr E. von Hornbostel des moyens d'organiser une biblio-\nthèque phonographique, ou à écouter le professeur Traversari, directeur\ndu conservatoire de Quito (Equateur), qui nous parlait avec une tendresse\némue des Indiens de l'Amérique du Sud, de leur caractère hospitalier,\nchevaleresque et mélancolique, de leur passion pour la musique, et de la\nflûte nommée kena(douleur), qu'un ancien roi tira de la jambe de sa fille\nmorte, et dont la tristesse est si douce au cœur de l'lndien qu'une veille de\nbataille, le son s'en étant élevé dans la campagne, tous les soldats au service\ndu Pérou abandonnèrent le camp, laissant aux Chiliens une victoire\ninattendue... Je ne crois pas manquer de respect à la science en affirmant\nque d'aussi poétiques évocations valent bien des discussions de dates ou\nd'authenticité.\nJe ne dis pas cela pour diminuer le mérite de ce qui fut fait à l'univer-"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.51", "texte": "REVUE DU MOIS\n285\n\nsité. Les rapports lus aux assemblées du matin sur l'état actuel de nos\nconnaissances dans les différentes branches de la science musicale, ont été\nfort instructifs, et l'auraient été davantage encore si on les eût parfois plus\nnettement entendus. Quant aux séances de sections, je ne puis parler\nd'expérience que sur la section de musique comparée, qui fut la mienne. Le\nphonographe aidant, nous y avons fait de grands voyages, écoutant tour à\ntour les airs mélanésiens, grimaçants et féroces, présentés par le Dr von\nHornbostel, les sombres, sauvages et mystérieux chants de nègres\nafricains rassemblés par le R, P. Schmidt, ou les délicates symphonies\ncambodgiennes que j'ai eu le bonheur de recueillir. Qu il me soit permis\nici de remercier M. le professeur G. Stumpf, membre de 1 Aca-\ndémie des sciences de Berlin, pour la bienveillance exquise qu il ma\nmontrée et l'honneur quil m'a fait en inappelant, le second jour, à la\nprésidence.\nJe ne puis parler que par ouï-dire de ce qui s'est passé dans les autres\nsections, et regrette de n'avoir pas eu le don d'ubiquité pour entendre le\nR. P. Gaïsser et leP.Janssens discuter des anciennes notations liturgiques,\nou M. Paul Masson parler de Y Humanisme musical en France au XVI* siècle,\navec exemples chantés par Mlîe Marguerite Babaïan. Mais jai assisté aux\ntrois concerts, tous trois fort intéressants. Le premier avait lieu a la\ncathédrale le soir: la majesté du lieu, le profond silence, la demi-obscurité\npropice au recueillement, tout appelait les impressions profondes et graves\nque les œuvres nous donnèrent en effet. Œuvres du xvie et du xvne siècle\nitalien, français, anglais ou allemand, allemand surtout, fort judicieuse-\nment choisies dans la variété des styles tentés à ces époques de grandecrois-\nsance de la musique. Ave Maria de Josquin, chanté, par malheur, trop\nlentement et sans grâce, des psaumes de Goudimel et de Mareschal, une\nchanson suédoise anonyme, représentaient, un peu pauvrement, l'ancien\ncontrepoint vocal. Une Sonata de Gabrieli pour cornets, trombones et\naltos, et une Padouane de Schein pour quatre cromornes, étaient de\nsavoureux essais de couleur instrumentale. Une Fantasia de Frohberger,\ngrave et magnifique, une ingénieuse Toccata de Frescobaldi, une autre de\nPachelbel, d'un caractère doux et pastoral, des chorals un peu lourds de\nWalther et de Scheidt, et la Passacaille en ré de Buxtehude, merveilleuse\nd'invention, de recherche harmonique et de sentiment orchestral,\nformaient un programme d'orgue des plus intéressants et qui eût été\ncomplet si l'on y eût admis un ou deux des maîtres français ressuscites par\nM. Guilmant. Enfin la nouvelle mode du solo vocal accompagné était\nreprésentée par un bel air de Stradella, et surtout des chansons de\nJ -W. Franck, d'une sincérité, d'une noblesse généreuse, d'un bonheur\nd'expression et d'une aisance de style incomparables; ce médecin de\nHambourg qui vivait vers la fin du xvne siècle et fit représenter quatorze\nopéras sur la scène de sa ville, fut certes un des musiciens les plus\ninspirés de son temps. Et sa qualité d'amateur le délivra, a ce qu il semble,\nde certaines préoccupations scolastiques sensibles chez presque tous les\nauteurs allemands du xvne et du XVIII® siècle. Mme Maria Phihppi a chante\nces mélodies avec la voix d'alto la plus égale et la plus nourrie, le style le\nplus pur et le plus expressif que l'on puisse rêver. Cette grande artiste s est\ndéjà fait entendre à Paris l'an passé, aux concerts de la Société Bach.\nNous espérons un prochain et plus long séjour parmi nous.^\nLe deuxième concert avait lieu dans les salons de M. Louis La Roche, le\nplus aimable des hôtes, qui nous a offert une soiree vraiment exquise. On\ny entendit Mme Landowska jouer sur le clavecin deux gracieuses pièces de\nGouperin, puis la Gavotte de Francisque et la Ronde a 1 enjouement si\nnostalgique de Chambonnières, où elle a montré cette merveilleuse"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.52", "texte": "286\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nentente du pittoresque et du rythme qui est sa plus précieuse et rare\nqualité. Son interprétation du Coucou de Pasquini, au piano, m'a paru\nfausse, et je ne crois pas qu'il faille mettre de l'afféterie en cette page\naimable et poétique. Les Fastes de l'ancienne mènestrandise ont été traduits\navec l'espièglerie spirituelle qui convient, et ont valu à l'intelligente artiste\nun succès enthousiaste. Mme Maria Philippi, entre temps, avait chanté des\nchansons espagnoles de Luis Milan (1 536) d'une énergie admirable, et des\nairs plus que naïfs de Heinrich Albert et de Zumstreg. Au début de la soirée,\nle 3© Concerto pour flûte de Frédéric le Grand que je n'ai pu entendre,\nmais dont on m'a dit le plus grand bien ainsi que de son interprète,\nM. Buddenhagen.\nLe troisième concert ne le cédait en rien, pour l'intérêt, aux deux pre-\nmiers. Plus particulièrement consacré aux œuvres d'orchestre, il nous a\nfait connaître une charmante Suite de Bâwerl (vers 161 ï) et une autre de\nRosenmuller (1620-1684), d'une richesse de musique et d'une fraîcheur de\nstyle admirables ; les airs de ballet de Pirame et Tisbé de Hasse ont paru,\npar comparaison, lourds jusqu'à la trivialité par instants. Quant au Con-\ncerto de Ph.-E. Bach qui terminait le concert, c'est une œuvre laborieuse,\nd'une inspiration incertaine et d'un développement maladroit : une œuvre\nmanquée, pour tout dire, comme toutes celles de ce musicien dont la\ngloire tient surtout à une importance historique que l'on a beaucoup\nexagérée. Pour toute cette partie du concert, l'orchestre a été conduit avec\nune grande autorité par M. Hermann Suter, qui avait déjà fait ses preuves\nau concert d'église. L'ouverture de Scylla et Glaucus de Leclair, Y Air\nvif de Lalande, et les airs de ballet d'Hippolyte et Aricie de Rameau, qui\nreprésentaient la musique d'orchestre française, ont été dirigés par\nM. de Lacerda. Le premier de ces morceaux, nouveau pour nous tous, a\nété une vraie révélation, tant il montre, en plein xvme siècle français,\nd'ampleur puissante et dramatique et de goût pour la belle et large sono-\nrité. Rien n'était plus opportun que l'audition de cette œuvre pour ruiner\nun vieux préjugé qui condamne l'ancienne musique française à la galan-\nterie (où elle a donné en effet des chefs-d'œuvre), et l'excellent chef a fort\nbienfait d'en accuser la robuste carrure. Il s'est montré égal, d'autre part,\nà la grâce piquante de Lalande, à l'élégance expressive et sobre d'un\nRameau, malgré quelques lourdeurs imputables à un orchestre fort\nexercé certes et docile, mais accoutumé àun tout autre style. Mme Lan-\ndowska avait eu l'idée de nous présenter, à ce même concert, les petites\npièces de luth, transcrites par M. Quittard et arrangées pour clavecin par\nelle-même, que connaissent depuis cette année tous les amateurs de Paris.\nSon succès a été surtout un succès personnel et un succès de virtuose ;\nje le déplore, et ce n'est pas sans regret que j'ai lu dans les Basler Nach-\nrichten, en un article fort judicieux d'ailleurs, que la musique de clavecin,\nmalgré la parfaite maîtrise de l'artiste, a paru « à l'eau de rose » et peu\ndifférente en somme de la musique de cithare. C'est là un malentendu\ndont Mme Landowska est un peu responsable aussi, car elle a pris les\nmouvements beaucoup trop rapides, comme si elle cédait elle-même au\ndélire de la vitesse qui fait tant de victimes parmi nos maîtres du clavier ;\non n'a pu dès lors apprécier la grâce et l'énergie rythmique de ces danses,\nni comprendre comment les « Vieux », les «Domestiques » ou même les\n« Jeunes Mariés » se seraient livrés à d'aussi invraisemblables ébats. Je sais\nce que peuvent les circonstances et à quel point une nature d'artiste est\nsensible à l'impression du moment. Et si je me permets de dire que\nMme Landowska est restée ce soir-là au-dessous d'elle-même, c'est que je\nla place très haut, bien au-dessus des virtuoses, même illustres, qu'auraient\nlargement satisfaits les acclamations de la salle après le Forgeron harmo-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.53", "texte": "REVUE DU MOIS\n287\n\nnieux de Haendel, ajouté au programme et enlevé dans un mouvement\nvertigineux et une miraculeuse netteté.\nLa partie vocale a été certainement la plus faible. Le quatuor vocal de\nBerlin a paru manquer d'homogénéité à l'égal des sociétés les plus illustres\nde Paris, et les madrigaux de Senfl, Marenzio, Sweelinck et Morley qu'il\nnous a chantés nous ont fait regretter douloureusement l'absence des\nchansons françaises du xvi® siècle et de leurs nerveuses et délicates archi-\ntectures, auprès desquelles tout le reste semble une copie épaisse et\ndécolorée. Je ne sais pourquoi on n'a pas fait appel pour ce concert aux\nrecueils admirables de M. Henry Expert. MUe Else Rosenmund nous a pré-\nsenté des mélodies italiennes de Cavalli, Carissimi et Marini, d'un contour\nagréable et facile, avec une voix délicate, quoique un peu fermée. Malgré\nces légères réserves, ce concert a été, comme les précédents, fort intéressant\npour les curieux, et en quelques-unes de ses parties fort beau. Il a été suivi\nd'un banquet tout fraternel où artistes et érudits ont choqué leurs verrès\nen l'honneur de l'hospitalière cité helvétique ; le menu de ce banquet,\nqui reproduisait un ancien manuscrit de la bibliothèque universitaire de\nBâle, était un chef-d'œuvre, car on y voyait alignées sur des portées, en\nguise de longues, brèves, semi-brèves et minimes, d'appétissantes rangées\nde barriques, cruches, chopes, poêles et poulardes en broche. Rien ne\npouvait mieux présider à un festin musicologique que ces facétieuses\néquivoques. Je ne sais à qui revient l'idée de les avoir fait revivre en notre\nhonneur. Ne serait-ce pas au Dr Bernoulli, le savant et aimable biblio-\nthécaire dont nous avons pu apprécier, en mainte occasion, la bonne\ngrâce et l'esprit ?\nA l'unanimité, le congrès, avant de se séparer, avait maintenu à la prési-\ndence le Dr Kretzschmar, bien connu du monde savant et digne en tout\npoint de ce témoignage d'estime et de sympathie. Une fort intéressante\nproposition de notre collaborateur M. Écorcheville, relative à l'extension\ndu Bulletin, est, nous le croyons et l'espérons, sur le point d'aboutir : ce\nsera là une preuve éclatante de la vitalité des études musicales.\n\nLouis Laloy.\n\nLES CONCERTS\n\nConcerts Lamoureux : La Forêt, fantaisie symphonique de GlazounofiF.\nChassés du Nouveau-Théâtre, les Concerts Lamoureux ont trouvé asile\ndans la coquette salle de Mme Sarah Bernhardt, où l'on regrette seulement\nl'absence de ce cher promenoir propice aux rencontres et aux échanges\nd'impressions. Mais l'air est moins étouffé, les fauteuils sont moins serrés,\nles loges plus spacieuses ; les bousculades et les horions ne sont plus à\ncraindre ; on peut écouter la musique en paix et sans trop souffrir de la tête,\ndes jambes ou d'ailleurs. Le premier concert, qui aeu lieu le 7 octobre,\nnous offrait une œuvre nouvelle et remarquable à plus d'un titre : La\nForêt, de Glazounoff. Le début m'avait charmé, avec ce chant aux inflexions\nchromatiques qui passe à tous les timbres doux de l'orchestre, flûte, cor,\nclarinette et cor anglais, et chante la mélancolie de la forêt russe, profonde,\nimpénétrable et monotone. Malheureusement la suite ne répond pas à\nnotre attente : on y trouve encore des passages délicieux, comme le chant"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.54", "texte": "288\nLE MERCURE MUSICAL IÇ-X-OÔ\n\ndes Roussalki, suave et pâle, ou telle lente progression où Ton croit voir\ns'immobiliser, de branche en branche, les arbres sous la neige. Et la\ncouleur orchestrale est toujours savoureuse, vive et subtile. Mais une\nintempestive fanfare, qui accourt en droite ligne de la Norwège de Grieg,\nvient tout déranger, et l'œuvre finit on ne peut plus malheureusement, sur\ndes imitations d'oiseaux qui rappellent à la fois la Symphonie pastorale et\nSiegfried. Pourquoi faut-il que les maîtres russes, si raffinés et si bien\ndoués pour l'évocation poétique, n'aient presque jamais le courage de\nrester fidèles à leur personnalité ? Quelle fâcheuse manie d'occidentalisme\nou quelle mauvaise honte les pousse à se parer d'ornements étrangers ? La\nculture européenne, adoptée d'enthousiasme, sans critique ni discerne-\nment, fait beaucoup de tort à l'âme russe. Je ne parle pas de la musique\nseule, mais aussi de la politique et des mœurs. Ne désespérons de rien\ncependant : on peut attendre beaucoup d'une race capable d'impressions\naussi fortes et sincères.\n\nLouis Laloy.\n\nLA MUSIQUE A BÉZIERS\n\nLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes de MM. de Jouy et Spontini.\nIl me paraît difficile, en général, de porter un jugement précis sur une\nœuvre musicale déjà vieille d'un siècle. Inséparable de l'époque qui la fit\nnaître, elle nous force à nous y reporter, et, pour l'apprécier en juste\nconnaissance de cause, à volontairement négliger tout ce que cent années\nd'évolution ont apporté de nouveau dans la musique. Mais la tâche estplus\nmalaisée encore si cette œuvre n'est point représentée dans le cadre en vue\nduquel elle fut conçue ei écrite.\nJ'ignore quels motifs déterminèrent M. Castelbon à nous donner, en août\ndernier, la Vestale.Fut-il séduit par ses innombrables ballets, théories de\nprêtresses, marches guerrières ? ou bien la perspective de n'avoir point de\ndroits d'auteur à payer fit-elle seule pencher la balance ? Quoi qu'il en soit,\nla tragédie lyrique de Jouy et Spontini n'est pas une œuvre de plein air.\nSans doute avez-vous lu ailleurs que le succès en fut triomphal et que des\nmilliers de spectateurs délirants acclamèrent tumultueusement le Mécène\nbiterrois. N'en croyez rien : l'accueil fut des plus frais, malgré la chaleur\ntorride de cet après-midi d'été. Et la journée, commencée brillamment dans\nla gloire du soleil, faillit s'achever en désastre, quand on se décida àla\nretraite, alors que la nuit tombait et que, dans le crépuscule, s'agitaient\nencore sur la scène les danseuses et les figurants du ballet final. Si l'on\nsonge que les cordes comme l'infanterie, reine des batailles avaient,\ntoujours sur la brèche, mené le combat de tout en tout, et que par contre\nles lourds escadrons des cuivres n'avaient effectué que trop rarement leurs\ncharges fulgurantes, l'on se demande ce que peut bien avoir entendu l'au-\nditeur placé un peu loin de l'orchestre.\nCependant l'instrumentation de Spontini n'est pas à dédaigner. Contem-\nporain de Beethoven, comme lui il procède des devanciers : Haydn, Gluck\net Mozart. Mais chez le maître de Bonn, qui vivait à l'écart une vie labo-\nrieuse, la beauté de l'ensemble sonore vient surtout de la délicatesse et du\nfini des détails ; chaque instrument a son individualité propre bien que"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.55", "texte": "REVUE DU MOIS\n289\nLE MERCURE MUSICAL.\n\nsolidaire des autres ; les entrées se répondent, s'étagent, s'enlacent avec\nun art extrême et tout à fait neuf. Et Beethoven agrandit le domaine\nde la sonate d orchestre avec pour aboutissement cette fresque gigantes-\nque : la symphonie avec chœurs. Chez Spontini, les mêmes causes (les\ngrands drames d'alors : la Révolution française et les chevauchées de Bona-\nparte à travers l'Europe) produisent des effets de même ordre et toutefois\nsi différents. Mêlé de près à la cour impériale, sa musique en reflète le faste\net la pompe. Mais combien factice et conventionnelle ! Avec lui apparais-\nsent ces grands ensembles da voix et d'instruments dont ses successeurs\nabusèrent. Ensembles qui nous paraissent aujourd'hui singulièrement\nternes ou creux, du moins à en juger par les représentations de Béziers, et\nqui, à l'époque, devaient sembler puissamment sonores. En écoutant (il\nest probable que dans une salle fermée l'impression eût été meilleure), en\nécoutant, dis-je, ces instruments à archet dont au plein air l'effet était\nsi déplorablement mince, archaïque et lointain, l'on regrettait le travail\npolyphonique, tous les dessous d'orchestre, qui, de nos jours, mettent si\nbien en valeur l'idée musicale.\nAu surplus est-ce un ouvrage lyrique, quel qu'il soit, qui convient aux\nthéâtres de plein air ? La réponse n'est pas douteuse : Non, puisque la mu-\nsique, afin d'être entendue, doit se priver de ses effets de finesse pour ne\nprocéder que par masses. Le succès éclatant de Déjanire et aussi dePromé-\nthée succès non renouvelé depuis en est la meilleure des preuves.\nC'étaient là des tragédies avec musique de scène, dans lesquelles alternaient\npour le plus grand plaisir du spectateur, le chant, la déclamation et la sym-\nphonie. Heures inoubliables que celles où Mme Segond Weber nous appa-\nraissait dans Déjanire harmonieuse d'attitudes comme une statue grecque,\net où Prométhée-de Max, semblable à quelque grand oiseau blessé,\nagitait en haut de la roche ses voiles pourpres comme des ailes sanglantes.\nL'interprétation de la Vestale fut excellente, du moins en ce qui concerne\nle chant. Paquot-Dassy, pathétique et douloureuse en blonde Julia, et\nMUeGeorgette Bastien, superbe grande Vestale, ont droit à tous nos éloges ;\nainsi, du reste, que MM. Valentin-Duc, Licinius-Martial, Cazeneuve,\nconfident tout à fait régence (déjà!), et Delmas, grand pontife aux gestes\npleins de noblesse et particulièrement bien chantant. Je n'en puis dire\nautant de l'orchestre. Composé d'éléments disparates, il manquait de\ncohésion et fut d'ailleurs très mal dirigé.\nPour finir je veux signaler un anachronisme d'autant plus blâmable que\nles organisateurs de ces fêtes prétendent faire œuvre d'art. Sur le passage\nde Licinius rentrant victorieux dans Rome, l'on avait placé bien en vue du\npublic une musique harmonie civile ou musique militaire dont les\nexécutants, costumés en Romains, soufflaient à pleins poumons dans des\ninstruments tels que saxophones, trombones et autres inconnus oh\ncombien ! à cette Il serait cruel d'insister.\n20\n\nJean Poueigh."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.56", "texte": "290\nLE MERCURE MUSICAL 15-X-06\n\nCOURRIER DE SAINT-PÉTERSBOURG\n\nLes Soirées de musique contetnporaiftt a Saint-Pétersbourg.\nLa Société des Soirées de musique contemporaine, dirigée par M. Alfred\nNourok, en est aujourd'hui à sa cinquième année; elle fait connaître au\npublic russe des œuvres nationales et étrangères, intéressantes et nouvelles\npour la plupart.\nVoici une liste des œuvres russes nouvelles qui ont été jouées la saison\n1905-06 :\nPoème satanique, op. 36 ) Scriabine\nValse, op. 38 > ]\nRomances (inédites) Karatyguine.\nSuite lyrique, op. 32 )\nGlas funèbre j F. Blumenfeld.\nCarillon • '\nQuatuor, op. 27 Withol,\nRomances )\nPoème mystique, pour alto, clarinette, harpe ? Seniloff\net harmonium )\n4e Quatuor en /a, op. 64 ... . ... Glazounof.\nVariations pour piano, sur un thème de Cho-\npin # # Rakhmaninoff.\nRomances Lodyjensky.\nChants géorgiens, harmonisés par Karatyguine.\nLes Vendredis, quatuor à cordes Rimsky, Glazounof, Liadoff.\nSonate pour piano et violon (inédite). . . . Kryjanowsky.\nQuatre chants de la Suite alexandrienne. . . Kousmine.\nPetite suite pour piano Medem.\nScène et arioso de la Princesse lointaine. . . Tchernoff.\nRomances Pokrovsky.\nQuartettino pour instruments à cordes. . . Pogojeff.\nVoici maintenant ce qui a été joué parmi les œuvres modernes fran-\nçaises :\nQuatuor en ré majeur C. Franck.\nNocturne (chant)\nPoème pour violon, op. 25 Chausson.\nPièce en si mineur pour 2 pianos Guy Ropartz.\nQuatuor, op. 10 Debussy.\nHelvetia, 3 valses pour piano V. d'lndy.\nPoème des montagnes, pour piano\nAu bord de l'eau, y\nRencontre, / romances G. Fauré.\nSérénade, )\nTrio pour piano, violon et violoncelle, op. 2. Roussel.\nSi nous examinons les programmes des années précédentes, parmi les\nnoms des compositeurs, nous voyons que les portes de ladite société sont\nlargement ouvertes aux différentes écoles, aux différents courants de la\nmusique russe ; nous relevons les noms des jeunes auteurs de talent,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.57", "texte": "REVUE DU MOIS\n291\n\ncomme Th. Akimenko (Quatuor en ré majeur, Idylle pour flûte, Pièces pour\npiano, op. 27 et 28), N. Tcherepnine [Romances), élèves de Rimsky et de\nBalakiref, du conservatoire de Pétersbourg; Liadoff, Winkler, Withol»\nmusiciens savants, professeurs au conservatoire de Pétersbourg; Rakhma-\nninoff, un des mieux doués de toute l'école jeune russe ; Katouar, Rebikoff,\nWassilenko, tous du conservatoire de Moscou; Scriabine, aussi du conser-\nvatoire de Moscou, représentant tout à fait l'influence occidentale et\nwagnerienne; ChtchGrbatchef, éleve de Balakiref, qui est connu aussi à\nl'étranger par ses œuvres de piano, et F. Blumenfeld, élève de Rimsky,\nexcellent pianiste, qui écrit surtout pour son instrument.\nSans parler des tout jeunes gens, dont les tendances ne sont pas encore\nclaires, comme Karatyguine, Medem (excellent pianiste), Seniloff, Medtner,\nKryjanovsky et autres.\nLes grands de 1 école des cinq, comme Balakiref, Moussorgsky, Rimsky\net celm qui se place immédiatement après eux, A. Glazounof, sont re-\nprésentés par des œuvres peu connues ou nouvelles; par exemple on a\njoué le Prélude et fugue, op. 62, la 2e Sonate pour piano de Glazounof, le\n4G Quatuor, op. 64, du même, etc.\nLes années précédentes ont donné beaucoup d'œuvres françaises, et\nvoici dans un aperçu général les ouvrages que nous relevons :\nDebussy. Estampes (piano).\nPetite Suite (piano à 4 mains).\nFauré. Quatuor, op. i 5.\nFranck. Sonate pour piano et violon.\nQuatuor.\nQuintette.\n—• Plusieurs œuvres de piano.\nV. d'lndy. Poème des montagnes \\\nTableaux de voyage ) Plano-\n— Quatuor en la mineur.\nTrio, op. 29.\nSonate, piano et violon, op. 59.\nSaint-Saëns. Suite pour violoncelle, op. 16.\nDukas. Variations sur un thème de Rameau.\nSonate en mi bémol (piano).\nChausson. Paysage.\nQuelques danses.\nQuatuor.\nV. Vreuls. Sonate en si majeur (piano et violon).\nOn a exécuté aussi des romances de Debussy, Franck, Saint-Saëns,\nFauré, Bourgault-Ducoudray et C. Benoît.\nDes jeunes représentants de l'école française nous ne voyons encore que\nle nom d'A. Roussel qui figure sur ces programmes, où d'ailleurs l'école\nfrançaise est assez richement représentée.\n\nA. N."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.58", "texte": "292\nLE MERCURE MUSICAL ï 5-X-06\n\nÉCHOS.\n\nA l'Opéra. On annonce pour cette année les trois nouveautés suivantes:\nAriane, de Jules Massenet et Catulle Mendès; la Fille de Ramsès, de Paul\nVidal, et la Forêt, deux actes de MM. Savard et Laurent Tailhade. Voilà\nune activité peu coutumière. M. Gailhard aurait-il, malgré tout, quelques\ninquiétudes sur le renouvellement de son privilège et voudrait-il y acquérir\nquelques titres ? Mais qu'est-il besoin de titres à un homme qui se vante de\nsi hautes protections ?\nA rOpéra-Comique Toujours infatigable, M. Albert Carré nous promet\npour bientôt les œuvres suivantes :\nLes Armaillés, 2 actes, de M. G. Doret (interprètes : Mne Lamare,\nMM. Dufranne, Devriès et Guillamat) ;\nLe Bonhomme jadis, un acte, de M. Jaques Dalcroze (M. Fugère,\nMile Mathieu-Lutz, M. Francell) ;\nMadame Butterfly9 3 actes, de Puccini (MmeMarg. Carré, MM. Clément,\nJean Périer, Cazeneuve, Francell, Huberdeau), qui sera accompagnée sur\nl'affiche de la Légende du point d'Argentan, un acte, de M. Fourdrain\n(Mmes Friché, Vallandri, MM. Lucazeau et Azéma).\nViendront ensuite dans un ordre qui n'est pas déterminé :\nAriane et Barbe-Bleue, 3 actes, de Maurice Maeterlinck, musique de\nPaul DukaSj dont la principale interprète sera Georgette Leblanc ;\nÇircé, 3 actes, de E. Haraucourt, musique de MM. Hillemacher\n(Mmes Vix, Thiéry, Brohly, MM. Dufranne, Devriès et Vieuille) ;\nLe Songe d'une nuit d'automne, un acte, de M. d'Annunzio, musique de\nM. Torre-Alfina, avec Mme Felia Litvinne ;\nFortunio, 3 actes, d'après le Chandelier, de Alf. de Musset, musique de\nA. Messager (Mme Marg. Carré, MM. Fugère, Dufranne, etc...) ;\nNaïl, 3 actes, de Jules Bois, musique de J. de Lara, dont le principal\nrôle sera rempli par Emma Calvé ;\nLe Chemine au, 4 actes, de J. Richepin et Xavier Leroux ;\nSolange, 3 actes, de M. Salvayre ;\nLéone, 3 actes, de Samuel Rousseau ;\nChiquito, 3 actes, de M. Nouguès ;\nLe Maître, 3 actes, de Fernand le Borne ;\nHabanera, 3 actes, de M. Laparra ;\nMyrtil, 2 actes, de M. Garnier ;\nGhyslaine, un acte, de M. Marcel Bertrand;\nFleur de Neige, de Rimsky-Korsakow ;\nIb et Christine, de Léoni.\nConcerts Lamoureux. Voici le programme de la séance de réouverture\ndes concerts Lamoureux, qui a eu lieu dimanche 7 octobre, à 3 heures, au\nthéâtre Sarah Bernhardt :\n10 Ouverture de Tannhaûser Wagner.\n20 Symphonie en sol mineur. Mozart.\n3o La Forêt, poème symphonique (ire audition). . . Glazounof.\n4° Pelléas et Mélisande, suite d'orchestre G. Fauré.\n5° Aphrodite, prélude du 4e acte (ire audition). ... C. Erlanger.\n6° L'Apprenti sorcier P. Dukas.\n70 Ouverture A'Egmont Beethoven."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.59", "texte": "REVUE DU MOIS\n293\n\nLe programme du 14 octobre comprendra la Symphonie pastorale,\nl Après-midi cTun Faune et les Préludes de Liszt.\nL orchestre de M. Chevillard fera ensuite une tournée de i 3 jours en\nAllemagne et à son retour, le 28 octobre, il fera entendre l'ouverture de\nManfred, la Symphonie en ut mineur de Beethoven, les Adieux de Wotan,\nchantés par M. Frolich, et une œuvre pour piano et orchestre avec\nMm® Carreno.\nSchola Cantorum. Les cours ont repris le lundi ier octobre, sous la\ndirection de M. Vincent d'lndy qui faisait passer lui-même les examens\nd admission. L affluence des élèves a été telle que dès le 25 septembre le\nregistre des inscriptions était clos.\nSoirées d'art Les concerts commenceront le jeudi 8 novembre, àla\nsalle des Agriculteurs, 8, rue d'Athènes, par un festival Beethoven, avec le\nconcours de Mme Jane Bathori, de M. Jean Batalla et de la société le Double\nQuintette. Le deuxième concert aura lieu le i 5 novembre et sera un\nfestival Saint-Saëns (Mme G, Vicq, MM. Diémer et Staub, le Double\nQuintette).\nSociété philharmonique. La Société philharmonique de Paris, dont\nM. Rey a assumé seul la direction après la dissolution du comité, donnera\ncet hiver douze concerts à la salle des Agriculteurs.\nSont engagés : le quatuor Joachim (14, 17 et 18 novembre); les quatuors\nHayot; Gapet, de Paris; Sevcik, de Prague ; le violoniste Kubelik, qui don-\nnera le 12 mars avec le pianiste Goll une séance de sonates pour violon et\npiano ; le trio Cortot-1 hibaud-Casals ; M. Harold Bauer ; enfin, en avril,\nun festival Planté qui sera en réalité un festival de pianistes, puisque Ton\nentendra avec le célèbre virtuose, dans des œuvres à 2, 3 et 4 pianos,\nMM. Risler, Gortot et quelques autres maîtres non moins réputés.\nSociété Bach. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, donnera, la saison prochaine, six concerts mensuels d'abonnement\navec soli, orchestre et chœur, pour lesquels elle s'est assuré le concours\nd'artistes français et étrangers les plus réputés. Au programme du premier\nconcert, fixé au vendredi 16 novembre, figurera la première partie de la\nPassion selon saint Jean, avec le célèbre ténor allemand George Walter\ndans le rôle de l'Evangéliste.\nLes demandes d'inscription ou de renseignements peuvent être adressées\ndès maintenant à M. Daniel Herrmann, 9 bis, rue Méchain.\nBiarritz. Les concerts classiques du casino de Bellevue, à Biarritz,\nobtiennent un grand succès sous l'habile direction de M. Steck, par\nl'excellence de son orchestre et ses programmes composés des chefs-\nd'œuvre de maîtres classiques et modernes. Parmi les artistes qui ont\nprêté leur concours, nous citerons un jeune violoniste de 11 ans, Roger\nSchickel, qui a enthousiasmé le public en exécutant le Concerto de\nPaganini avec une virtuosité et un style parfaits ; voilà une nature d'artiste\npossédant tous les moyens et tous les dons pour arriver à faire une\nbrillante carrière de soliste, d'autant plus qu'il a pour maître son oncle\nM Henri Schickel, le distingué soliste des concerts Ghevillard.\nThéâtre et politique. De l'Echo de Paris, ces réflexions sur les\nrapports du théâtre et de la politique :\n« En indiquant l'autre jour qu'un théâtre lyrique, doté d'une subvention\nde 200.000 fr., était obligé de donner plus de 200.000 fr. de places aux\npoliticiens, M. André Messager a dévoilé un des abus dont le public ne se"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.60", "texte": "294\nLE MERCURE MUSICAL IÇ-X-OÔ\n\ndoute pas, mais qui est des plus réels. Abus qui n'est pas spécial à 1 Opéra\nComique, mais à tous les théâtres subventionnés. Après les permis de\ncirculation sur les chemins de fer, les entrees aux courses et autres\nprébendes, les députés estiment que le théâtre doit être gratuit, non\nseulement pour eux, mais aussi pour les électeurs, auxquels ils offrent les\nplaces mises à leur disposition. Dans ces conditions, vous voyez où passe\nla subvention ; si grosse qu'elle soit, elle est toujours trop petite. Et si\nAntoine, avec un beau geste, avait, en un jour de dédain,\n100.000 fr. affectés à l'Odéon, il a eu raison de ne pas s'entêter. C'est\nlui qui, en fin de compte, se fût trouvé, comme un vulgaire budget, en\ndéficit. Plaignons les directeurs de théâtres subventionnés, mais ne\nplaignons pas seulement les directeurs de théâtres parisiens. Le mal s étend\njusqu'en province. Là, ce n'est plus 1 Etat, mais les municipalités qui\nsubventionnent. Et, en échange de la somme qu on leur alloue, que ne\ndemande-t-on pas aux directeurs ? Quelquefois le tiers des places, quel-\nquefois la moitié. J'ai eu récemment sous les yeux le cahier des charges\nd'un théâtre d'une grande ville de Normandie. C'est à faire frémir. Le\ndirecteur est l'homme lige du maire et de la municipalité. Il a tous les\ndevoirs; il n'a aucun droit. Depuis le concierge jusqu'au premier ténor,\ntout le monde doit plaire à la municipalité. Et je ne serais pas étonné si\nl'on demandait au directeur ses opinions politiques. Ne vous étonnez donc\npas si tant de directeurs de province ne vont même pas quelquefois\njusqu'à la fin de la saison théâtrale. Avant de commencer, ils sont con-\ndamnés. On cherche toujours pourquoi le théâtre se meurt en province.\nVoilà une des principales raisons. Le billet de faveur coûte cher aux\ndirecteurs. La subvention de faveur les ruine. Ce n était peut-etre pas\npour arriver à ce résultat qu'on a institué la liberté du theatre. »\nConcours de composition musicale. L'administration du\npublication pour musique militaire, ouvre un concours de composition\nmusicale, auquel les compositeurs de tous les pays peuvent prendre part\n(2.500 francs de prix).\nLes diverses épreuves portent sur des œuvres d'orchestre symphonique,\nd'harmonie et de fanfare.\nLe règlement sera envoyé sans aucuns frais à toute personne qui en fera\nla demande à M. Em. Strauwen fils, rue Albert, Bruxelles-Nord\n(Laeken).\nLa fin de la Lépreuse. On se souvient de la guerre engagée, depuis\nplus d'un an, autour de cette pièce, entre deux auteurs tenaces et un direc-\nteur qui leur semblait peu pressé. Nos amis Henry Gauthier-Villars, Willy\net l'Ouvreuse marchèrent comme un seul homme au secours de MM. Henry\nBataille et Sylvio Lazzari ; et l'incident, porté devant la ci-devant Chambre\ndes députés, y fut l'occasion d'un jovial débat, bien digne de cette assem-\nblée de beaux-esprits. M. Albert Carré vient de mettre fin à tout ce\ntumulte en adressant la lettre suivante au belliqueux M. Bataille :\nParis, 23 septembre.\nComme je vous l'ai télégraphié hier, il ne serait possible de songer\nà MHe Garden pour le rôle d'Ariette que si nous pouvions commencer\ndès à présent les études de la Lépreuse.\nOr, vous savez bien que je n'ai pas à ma disposition le matériel néces-\nsaire. Je me suis informé à la copie. On va aussi vite que possible, mais\nje n'aurai les rôles des artistes que dans une quinzaine de jours, et il faudra\ns'occuper ensuite de copier les chœurs, l'orchestre, ce qui demandera un"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.61", "texte": "REVUE DU MOIS\n295\n\nmois. La Lépreuse ne pourrait donc passer que vers le i 5 décembre au\nplus tôt.\nOr l'engagement de Mlie Garden expire le 3i décembre, et je n'ai aucu-\nnement l'intention de le prolonger. Du reste, elle ne pourrait y consentir\n(elle me l'a dit) que jusqu'au i 5 janvier. Cela n'en vaut donc pas la peine.\nJe ne donnerai pas la première d'une pièce avec une artiste obligée de\nquitter son rôle quinze jours après.\nDu reste, cette question n'est que subsidiaire.\nCe qui me fait vous écrire, c'est le ton général de votre lettre. Il y règne\nun tel esprit de rancune et de méfiance que je déclare toute collaboration\nimpossible dans ces conditions. Je ne m'assoirai pas à l'avant-scène entre\ndeux auteurs nourrissant contre moi de tels ressentiments. La vie n'y\nserait pas possible et je n'y supporterais certainement pas les petits mots\nqui vous échappent un peu trop souvent dans votre correspondance, mon\ncher monsieur Bataille.\nJ'estime qu'il est temps, pour ma dignité et pour la vôtre, d'en rester là.\nJ'ai fait, de la meilleure foi du monde, quoi que vous puissiez penser ou\ndire, tout ce qui était en mon pouvoir pour vous donner satisfaction. Les\nmaquettes des décors et des costumes qui vous ont été soumises auraient\ndû vous démontrer que je ne montais pas la pièce dans le but de la faire\ncrouler. Je ne me connais pas une âme aussi noire.\nJe n'agissais point par ordre, mais par pure sympathie pour vous.\nPuisque vous n'avez rien compris au bon mouvement qui m'a porté vers\nvous le 12 août dernier, il me reste le droit de le racheter. Il m'en coûtera\n6.000 francs ; mais je ne serai plus exposé, du moins, à recevoir des\nlettres du genre de celle que vous m'avez adressée hier.\nM. Lazzari est à Paris. Il pourra aller toucher dès demain lundi\nl'indemnité à laquelle tous deux vous donne droit la réception de votre\npièce.\nJe lui abandonnerai en outre toute la copie commencée et je me\ncharge d'indemniser le peintre et le dessinateur pour leurs maquettes.\nVeuillez, etc.\nConcerts classiques du Théâtre Moderne. Ces concerts auront lieu les\nmercredis et samedis à 5 heures et seront inaugurés à la fin de ce mois.\nAu programme, exécution complète des œuvres de musique de chambre\nde Beethoven, Schumann, Mozart, Schubert, Mendelssohn et des plus\nintéressantes compositions de Bœllmann, Borodine, Brahms, Debussy,\nFauré, Franck, Grieg, Lalo, Saint-Saëns, etc.\nLe concert du 24 octobre sera consacré aux œuvres de Wagner avec le\nconcours de Kutscherra.\n\nAlbert Carré.\n\nPUBLICATIONS RÉCENTES\nClaude Debussy : Cortège. Ballet. Extraits de la Petite Suite. Transcrip-\ntion pour piano à 2 mains, par F. Durand. Paris, Durand et fils.\nLa Fontaine. Les Cheveux. La mort de Pelléas. Transcrip-\ntion pour piano à 4 mains par Léon Roques.\nPaul Dukas : Villanelle9 pour cor et orchestre. Paris, Durand et fils."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.62", "texte": "296\nLE MERCURE MUSICAL I 5~X~06\nLe Directeur-Gérant : Louis LALOY.\nPoitiers. - Société française d'imprimerie et de Librairie»\n\nÉmile Frey : Scherzo, pour le piano. Paris, Durand et fils.\nVincent d'lndy : Prélude du 3® acte de Fervaal. Transcription à 2 pianos,\npar G. Choisnel. Paris, Durand et fils.\nJean-Philippe Rameau : Airs tirés des œuvres complètes. Deux recueils.\nParis, Durand et fils.\nCamille Saint-Saëns :Le Fleuve IG. Audigier). Paris, Durand et fils.\nTarentelle, pour flûte et clarinette, avec accompagnement d'or-\nchestre. Paris, Durand et fils.\nGustave Samazeuilh : Une étude symphonique (d'après la Nef). Paris,\nDurand et fils.\nJean-Baptiste Senaillé (1687-1730) : Sonates pour violon et clavecin.\nRevision par Vincent d lndy. Paris, Durand et fils."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.63", "texte": "Agence Musicale\nJEU - X> JEUIVX JEîl T 9 2, rue de lioui/ois\nPARIS (IIE AIT1)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\ncelles de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert : de là\ntant de salles vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des conditions\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique et son expé-\nrience professionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS\nest devenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal\nde Paris, la Société de Concerts de Chant classique, nombre d'œuvres privées et d'artistes\nvirtuoses qui l'ont choisi pour Administrateur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, ler1er octobre 1905.\nÉDITIONS MUSICALES\nDans le but d'aider à la vulgarisation des Œuvres Musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d' imprimer, d'éditer et de lancer à des conditions\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur réservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive.\n\nLa Revue du Mois\nParaît le 10 de chaque mois et donne Î2B pages in-8°\nC'est une publication sérieuse n'ayant rien de spécialement technique,\nmais s'adressant à tout le public instruit qui s'intéresse aux questions scienti-\nfiques, littéraires, économiques, sociales, coloniales et militaires. Les articles\nde fond sont dus à des hommes hautement compétents. Unechroniquetermine\nchaque livraison. Les rubriques en sont nombreuses et variables suivant les\nmois ; les collaborateurs de la Revue y tiennent le public au courant de ce\nqui se passe d'essentiel dans le monde des idées. La est\nimprimée sur papier glacé de façon à donner beaucoup de matière sous une\nforme à la fois élégante et aussi peu encombrante que possible. Chaque livrai-\nson renferme au moins six articles de fond.\nDirecteur : Émile BOREL, professeur àla Sorbonne\nDÉPÔT GÉNÉRAL DE LA REVUE:\nLibrairie LE SOUDIER, 174\nLA LIVRAISON : 2 FR. 25\n/ PARIS .... Six mois, 10 fr. » Un an, 20 fr. »\nAbonnement < FRANCK ... 11 fr. » 22 fr. »\n' UNION POSTALE. 12 fr. 50 25 fr »\n* *"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.64", "texte": "The Musiclovers Calendar\nVolume I\nDECEMBRE MCMV\nNuméro I\nPublished by The Musiclovers Company at 37 St. Botolph Street, Boston, U.S.A. MCMV\nvente au Bureau du Mercure Musical, 2 rue de Louvois, PARIS (2e)\nPrix : 2 fr. 50\n\nTABLE DES MATIÈRES\nCalendar and Anniversaries\nThe Music of To-morrow Lawrence Gilman\nJulius Rontgen Jacques Hartog\nThe Uplift of Music Mrs. H. H. A. Beach\nThe Musical Year :\nNew York\nLondon Nicolas Gatty\nParis (en français et en anglLouis Laloy\nBerlin J. C. Lusztig\nDresden Albert Noll\nMilan Aldo Franchetti\nSt. Petersburg N. Findeisen\nAmerica's Army of Musiclovers Victor Herberi\nEssay E. A. Baughan\nBiographical Notes and Sketches, with Portraits :\nAgathe Backer-Grondahl\nArthur Foote\nEmile Sjôgren\nAndré Messager\nArthur Farwell\nEdward Marc Dowell\nG. W. Ghadwick\nBibliography\nCompositions, 1905—A selected list\nCadenz to the first and third movements of Beethoven's G major\nPiano Concerto, from manuscript Julius Rontgen"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.65", "texte": "Jietne-Port (Seine-et-Marne). Ligne de\nP.-L.-M., gares de Cesson et de Saint-Far-\ngeau. A louer pour la saison d'été, maison\nmeublée, avec grand jardin, situation mer-\nveilleuse au milieu des forêts. S'adresser\nau bureau du journal, 2, rué de Louvois,\nParis, IIe.\n, ,\nA weiidre un violon d'Amati authen-\ntique. Prix : 4500 fr. S'adresser au bu-\nreau du journal, 2, rue de Louvois, Paris,\nIle.\nA vendre un piano Pleyel, grand\nformat à queue, véritable occasion, état\nde neuf. S'adresser 2, rue de Louvois\nA vendre Viole d'amour allemande,\nbelle occasion (1731). S'adresser 2, rue\nde Louvois.\nA vendre superbe violon Gigli, très\nbien conservé, intact, n'ayant besoin\nd'aucune réparation, excellente sonorité.\nS'adresser 2, rue de Louvois.\n\nCOURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nMM.\nStéphane Austin, du Théâtre <ïe la\nMonnaie. Leçons de chant. 108, rue du\nBac.\nVictor Blanc, 50, avenue de Ségur (des\nConcerts Lamoureux). Leçons de chant.\nBoucrel, des Concerts Colonne. Leçons\nde chant. 27, rue des Batignolles.\n\n]\\/[mes\nMatliieu d'Ancy, 11, Grande-Rue, Sè-\nvres. Leçons particulières de chant.\nMarguerite Balïaïaii. Leçons de\nchant. Répertoire français, allemand et\nrusse, 14, rue Poisson.\n4. Barwolf-Isanis. Cours et leçons\nparticulières. 60, boulevard de Clichy.\nk ———m———— ————— ———M———\nÉléoiaore Blanc, 71, rue Lafayette.\nCours d'ensemble vocal : Mll® E. Blanc et\nM. Henry Eymieu. Le vendredi à 4 h.\nBourgarel-Baroit, 111, boulevard Port-\nRoyal, Professeur de chant. Soins et\nhygiène de la voix.\nLouis Brisset. Cours et leçons de sol-\nL| fège et de chant, 8, rue Garancière.\nCamille Fourrier, 157, rue du Fau-\nbourg-Saint-Honoré. Cours et leçons de\nchant.\nrlp l'nnérQ.Pfirmmio T P-\nçons de chant, 00, boulevard des Bâti\ngnolles.\nl, rue Yvon-Villarceau. Leçons\n: de chant en français et en russe.\n\nsu%aiuie La3>ai*flie, des Concerts La-\nra ou r eux, 13, rue Mazagran. Cours Che-\nvillard-Lamoureux. (Succursale : 21, bou-\nlevard de Strasbourg, le lundi.)\nFasiny Cours et leçons de\nchant. 89, boulevard Malesherbes.\n®e gorge. Le lied français, cours de\nstyle vocal, sous la direction des plus cé-\nlèbres compositeurs français. Mercredi et\nsamedi, de 4 à 6 h., salle Pleyel, 22, rue\nRochechouart.\n\nORGUE ET HARMONIE\nMM.\n€r. Bret, suppléant de Widor à St-Sul-\npice. Cours et Leçons d'orgue, harmonie,\ncomposition, grand orgue Cavaiilé-Coll à\nla disposition des élèves. 35 bis, rue de\nFleurus.\nH. Brailler, organiste de la Madeleine.\nLeçons de piano, orgue, harmonie, contre-\npoint, fugue. 7, boulevard Pereire.\nEugène Gigout, 113, avenue de Villiers.\nCours et leçons d'orgue, d'improvisation\net de plain-chant, fondés en 1885.\nGrand orgue de Cavaillé-Coll à la dispo-\nsition des élèves.\nEttg, ILacroix, organiste de St-Merri et\ndes Concerts Lamoureux. Leçons d'orgue,\nharmonium, piano, plain-chant, harmo--\nnie, contrepoint et composition. 154, bou-\nlevard Magenta.\n«Peau Poueigh, 16, rue Duperré. Leçons\nd'harmonie et de composition. Orches-\ntration.\nA. Série yx, 108, avenue de Wagram.\nHarmonie, contrepoint et composition.\n\nPIANO\nMM.\nEd. Bernard, 27, rue Lepic. Cours et\nleçons de piano.\nPaut-E. Brtinold, 3, rue Yvon-Villar-\nceau. Leçons de piano et d'harmonie.\nCr. efaitdoin, 112, boulevard Koche-\nchouart. Leçons particulières : salle Herz,\nCours chez Erard.\n«Î. PEINAIIÎ, piano, harmonie, contre-\npoint et fugue. 76, rue de Passy.\n<S. •foaetitm Nin, 53, rue des Tenne-\nrolles, à Saint-Cloud. Çours et leçons de\npiano en français et en espagnol.\nil ——p—■— i i i\nRaoul Piclcaëi% 11, rue du Delta. Le-\nçons de solfège, chant, piano et orgue.\nDaniel Rouerie, 7, avenue Taillade,\nLeçons particulières de piano, solfège,\nharmonie."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.66", "texte": "Cîeorges Sporck» Piano, harmonie,\ncomposition. 26, rue Grange-Batelière.\nRené Vannais fie, pianiste-compositeur,\n38, rue Laborde. Leçons de piano, har-\nmonie, contrepoint et fugue.\nRicardo Vioès, 6, rue Troyon. Cours\net leçons de piano.\nfinies\nCatore, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\nP. Landormy, 30, rue Saint-Sulpice.\nCours et leçons particulières de piano.\nWamla Lamlowslca, 236, faubourg\nSaint-Honoré. Leçons et cours de piano.\nXeveu, 8, rue Mouton-Duvernet. Leçons\nde piano et solfège.\nA. SlOMlJerSiîelle,2o4,boulevardPereire.\nCours et leçons de piano.\nMlles\nC'iicmela il* Bafcaïaii. Piano et accom-\npagnement, 14, rue Poisson.\nBertfie I*urantom, 11, rue Saint-La-\nzare. Officier d'Académie. Leçons de piano\net cours de musique d'ensemble.\nFaniiy Laming, 18, rue Godot-de-Mau-\nroi, et 101, avenue de Villiers. Cours et\nleçons de piano et de musique.\n\nfflMlftffflfffll\nVIOLONCELLE\nMM.\nde Bniyn, 118, rue de la Pompe. Le-\nçons de violoncelle et d'accompagnement.\nMarneff, 51 bis, avenue de la République.\nVioloncelle solo des Concerts Lamoureux.\nLeçons de violoncelle.\n11 laissai'!, des Concerts Colonne, 45, rue\nRochechouart. Leçons de violoncelle et\nd'accompagnement.\n\nVIOLON\nMM.\nLouis Baill y, 22, rue Chauchat, ler\nprix du Conservatoire. Leçons d'alto,\nviolon et accompagnement.\n\nE. Borrel, 11, rue des Halles. Concer-\ntiste. Leçons de violon.\nCliarlcp Bouvet, officier de l'Instruc-\ntion publique, 42, avenue de Wagram.\nLeçons de violon et d'accompagnement.\nEdouard Brou, 30, rue de Naples. Le-\nçons de violon et d'accompagnement.\nII. de Itruyne, des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particuliè-\nres de violon et d'accompagnement.\nR. I>uroî, 22, rué Baudin. Leçons parti-\nculières de violon et d'accompagnement.\nYwan Flâe&'C. Leçons de violon et d'ac-\ncompagnement. 207, boulevard Saint-\nGermain,\n3, avenue Bosquet. Leçons de\nviolon. Concerts.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de\nviolon et d'accompagnement.\nHenry Schickel, des Concerts Lamou-\nreux, 5, rue d'Enghien. Leçons de violon\net d'accompagnement.\n«fosepts Seltgmann, prix Joachim de\nl'Académie royale de Berlin. Leçons de\nviolon et d'accompagnement. 33, rue de\nTocqueville.\n\nCLARINETTE\nM.\n§iiévenard, des Concerts Lamoureux,\n75, rue Blanche. Leçons de clarinette et\nd accompagnement.\n\nPROVINCE\nLYON\nM. A. CSiiiclias'tloii, professeur au Con-\nservatoire. Cours et leçons particulières\nde violon et d'accompagnement. 24, rue\nRabelais\nLacliarrière, Piano, accompagne-\nment. 7, rue des Archers.\nPAU\nPaul Maufrel, 29, rue Carnot. Leçons\nde piano et d'harmonie. j;\nTOULOUSE\nI®. Omer Criiiraud. Orgue, harmonie.\n18, rue Saint-Bernard.\n\nfpni C DCCTUniirM dirigée par Mlle M. Balutét| 80, rue Blanche, à\nLyULC ÛL, L i nUVCII, Paris. Cours de piano, solfège, harmonie, pédagogie,\npréparation aux examens des Ecoles normales,\nîre Section : Amateurs ; 2e Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n(Diplômes) ; 3e Seciion : Cours par correspondance."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.67", "texte": "-V':\nMERCVRE\n26, rue de Condé, PARIS\nCE\nPARAIT LE !\" ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\nSEIZIÈME ANNÉE\n■\nLittérature, Poésie, Théâtre, Musique, Peinture, Sculpture, Philosophie,\nHistoire, Sociologie, Sciences, Voyages, Bibliophilie, Sciences occultes, Critique,\nLittératures étrangères, Revue de la Quinzaine\nLa Bevue de la Quinzaine, qui occupe plus du tiers de chacune des livraisons, comprend\nun roulement d'environ cinquante rubriquès ; elle s'alimente à l'Etranger autant qu'en\nFrance, offrant ainsi un nombre considérable de documents, et constitue une sorte\n« d'Encyclopédië au jour le jour » du mouvement universel des idées.\nPrix du numéro ; France, 1 fr. 25 net ; Etranger, 1 fr. 50\nABONNEMENT :\nFrance\nUN AN 25 fr.\n14 fr.\n8 fr\nSix MOIS .\nTROIS MOIS\nÉtr\nange.\nUN AN . .\nSIX Mois .\nTROIS MOIS\n30 fr.\n17 fr.\n10 fr.\n\nm\n9\nh:\\;\nSEIZIÈME ANNÉE\nNouvelle série. Format agrandi.\nRevue de Littérature et d'Art, paraissant le 15 de chaque mois.\nDirecteur : Edouard Ducoté. Secrétaire: Charles Verrier.\n3'is\nComité de Rédaction : Remy de Gourmont, André Gide.\n,\nLe numéro : UN franc.\nBONNEMENT E™ 10 ;,SlXcMOIS' 5 ?°Krt\nETRANGER, UN AN, 12 fr. ; Six MOIS, 6 fr. 50.\n—M.IIH «m mu I m\nEnvoi d'un Spécimen sur demande accompagnée d'un timbre de Qfr* 15-\n,\nREDACTION ET ADMINISTRATION : 38, rue de Sèvres, 38, PARIS\n■—\"T >Ç«\nCHRONIQUES DE L'ERMITAGE\nChronique générale mensuelle, par M. ANDRÉ GIDE. Les Poèmes, par M. VIELÉ\nGRIFFIN. Les Arts, par M. MAURICE DENIS. La Musique, par M. JACQUES-EMILE\nBLANCHE. Philosophie, Critique, par M. MICHEL ARNAUD. Les Romans, par\nM. HENRI GHÉON. Le Théâtre, par JACQUES COPEAU.\n\nREVUE GÉNÉRALE\nDE\nBIBLIOGRAPHIE FRANÇAISE\nParaissant tous les Mois\nsous la Direction de Victor DAVE\net la collaboration de H. BAGUENIER-DESOMBEAUX, E. BAILLY, L* BONNEFF, G. BROCHER, Lieu-\ntenant-Colonel B. G- DEMONBYNES, C. FAGES, DR A. FERENCZ, A. VAN GENNEP, G. GIROUD,\nDR L. LALOY, A. LANTOINE, C. LE BON, A. MONTOUX,§MONY-SABIN, P. de MORTILLET,\nED. OLIVIER, E. POTIER, P. ROBIN, G. SOREL, V* de WÉPINNES, etc., etc.\n* Un An : France, Algérie, Tunisie- 110 francs\nABONNEMENTS l _ Zn i •\nm p ( Etranger et Colonies 12\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION : iq, rue Servandoni, Paris (Vl*)"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19061015-01.1.68", "texte": "m m\n\\CA\nrue rfe ||ûiipoîs, 2, PARIS (IIe)\nDirecteurs : Louis LALOY et Jean MARNOLD\nH-*—i\nï \"fi;\nPierre AUBR.Y, René d'AVRIL, Charles BORDES, Raymond\nBOUYER,MicheI BRENET,Ricciotto CANUDO,Gaston CARRAUD,\nCh. CHAMBELLAN, René DE CASTÉRA, Jean CHANTAVOINE,\nJ.-G. ERWYN-CORNÉLIUS, JAQUES-DALCROZE, M. DAU-\nBRESSE, Claude DEBUSSY, Jules ECORCHEVILLÈ, Henry\nEXPERT, Edmond FLEG, Henry GAUTHIER-VILLARS, Remy\nDE GOURMONT, Paul GROSFILS, Vincent D'INDY, Gaston KNOSP,\nPierre LALO, Fr. DE LACERDA, Lionel DE LA LAURENCIE, Ch.\nLÉANDRE, Gustave LYON, C. DE MALARET/ Octave M AUS,\nPaul MAZON, Jacques MERALY, le R. P. PEITAVI, André PIRRO,\nArmande DE POLIGNAC, Jean POUEÏGH, J.-G. PRODHOMME,\nJean RAGE, Jacques REBOUL, Odilon REDON, DU ROBEC, Jules\nROUANET, Romain ROLLAND, Gustave SAMAZEUILH, Louis\nDE SERRES, Martial TENEO, Joseph TRILLAT, Emile VUIL-\nLERMOZ, C.-M. WIDOR, Colette WILLY.\n\nRE\nVUE DU MOIS :\nMoyen âge : Pierre AUBRY,\nRenaissance: Henry EXPERT.\nXVII* et XVIIIe : Lionel DE\nLA LA^RENCIE.\nFolk-lore : Pierre AUBRY.\n■ '\nScience et théorie musicales : Jean\nMARNOLD. I\nAllemagne : Romain ROLLAND.\nAngleterre :X.-Marcel BOULESTIN.\nBelgique: Paul GROSFILS.\nV\nBohême : William RITTER\nEspagne et Portugal: Fr. DELACERDA.\nÉtats-Unis d'Amérique : Ch.-M.\nLŒFFLER,\nItalie : Romain ROLLAND.\nNorvège et Danemark\nSYNNESTVEDT.\nRussie: A. NODROK\nSuède : André PIRRO\nSuisse : E. ANSËRMET\nOrient : Pierre AUBRY\nMagnus\n\nDÉPOSITAIRES DU «MERCURE MUSICAL»\nm m-.\nPARIS,\nFLAMMARION et VAILLANT\nGaleries de l'Odéon,\n36 avenue de l'Opéra\n2ov rue des Mathurins.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40* boulevard Haussmann,\nFLOURY, I, boulevard des Capucines.\nLAFONTAINEj 4, rue Rougemont*\nMARTIN, 3, faubourg Saint-Honoré.\nREY, 8, boulevard des italiens.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQUE 70, 10, boulevard Saint-Denis.\n-r- 213, Grand-Hôtel, boul. des Capu-\ncines. |\n296, 18, boulevard Poissonnière.\nAMIQÎIS : LENÔIR-B|.YÀRD, Galeries du- Com<\nmerce-\nGiermont-Ferrand : SOULACRQUP-LJGIBR, I I BIS*\nrue Pascal.\nLyon : JANIN frères, 1.0, rueldu Président-\nCarnot.\nMontpellier : LAPEYRIE, 22, rue de là Loge.\nNancy : DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNice : BELLET, 35, boulevard Dubouchage.\nNîmes : THIBAUD.\nReims : MENNESSON, 10, rue Carnot.\nKoubaix : MARCELLL 3, rue du Bois.\nToulouse : SOCIÉTÉ MARTIN, 72/: rue de l'a\nPomme.\nValence : BUREAU «\n.\n'\n*\nETRANGER.\nAnvers O. FORST, 69, place de Mier.\nBruxelles : SPINEUX* 62, Montagne-de-la-Cour.\nGênes : RIECI et Gie, 43, Galeries Mazzini.\nMadrid: FERNANDO FE> 2, Carrera de San-\nJeronimo.\nStrasbourg : WOLF, 24, rue de la Mésange.\nStuttgart : G. EISELE, Bapserwaldstrasse."}]}