{"numero_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_sha256": "065e2563a15827d5e327414766fb60481c27f13037426a6b5a132b8ccaa98439", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1907/03/15_01/bmtnabh_1907-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1907/03/15_01/bmtnabh_1907-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO:", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO:", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.1", "debut_caractere": 393, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "DANS CE NUMÉRO:\nFÉLICIEN DAVID, D'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE, PAR J.-G. 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Pourvu, au moins, qu'Escudier ait\nmenti en écrivant à Hainl (2) qu'il a acheté non seulement toute la\nmusique passée et présente, mais encore toute la musique future de\nDavid. Voyez bien cela.— Il faudrait remuer ciel et terre pour rompre\nun pareil traité.\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis.\n18 /** 1845.\nCe que vous me dites au sujet de David, cher ami, prouve que\nDieu est grand et que vous n'êtes pas petit. ; |\nSes brioches m'avaient vexé comme s'il se fût agi de ma bourse et\nde mon œuvre. Dieu soit loué, vous l'avez libéré,, autant; sans doute\nque c'était possible, de ses exploiteurs. Remerciez Charles le bon\npoète, de ma part, pour l'aide qu'il vous a prêté dans cette affaire.\nMaintenant tâchons que David tienne ma promesse vis-à-vis de\n\n(1) Ms. 7665.\n(2) Georges Ilainl, 1807-1873 ; chef d'orchestre à Lyon (1840), à l'Opéra de Paris\n(1863), au Conservatoire, à la cour de Napoléon 111."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "Georges Hainl. Qu'il choisisse son moment en me prévenant. Mais\nqu'il n'aille pas à Londres avant fin avril. C'est d'ailleurs' l'époque à\nlaquelle j'irai moi-même.\nLyon, 31 janvier 1845.\nPour David Il faut absolument le conduire par la main, sans\ncela, non seulement sa vie matérielle serait compromise, mais encore\nson génie. Il faut bien que vous le compreniez ainsi pour que, malgré\nvos souffrances de Paris, vous y prolongiez votre séjour. Tâchez d'en\nfinir et de faire mettre quelque chose en viager sur la tête de l'artiste.\nAprès tous ses concerts, il faut absolument qu'il vienne et s'il ne peut\ndonner le Désert pour le concert de Hainl, qu'il donne au moins, et qu'il\nenvoie d'avance orchestrée, la danse des astres. Georges [Hainl], avancera\ns'il le faut son concert.\n6 /* 45.\n... Voici encore un mot de Hainl. J'ajoute qu'on m'assure que\nles Escudier ont demandé des renouvellements d'acceptation, et qu'ils\nont fourni des traites sur marchandises non vendues. Cela sent la décon-\nfiture qui pourrait bien venir fin courant. Peut-être le besoin d'argent\ndéterminerait-il ces corsaires à lâcher leur proie, et Isaac [Pereire], vous\naiderait pour cela.\nHainl est persuadé et moi aussi qu'indépendamment de son concert,\nDavid pourrait en donner deux avec le directeur. Je crois qu'ils seraient\nproductifs.\nLyon 8 février 1845.\n... Les projets de courses à l'étranger pour David ne me plaisent\npas plus qu'à vous. Il faut qu'il aille en Allemagne ; mais précédé par\nson ou ses œuvres et non pour les exploiter comme un juif. Pour cela\nil faut d'abord lui assurer du pain. A Lyon je crois qu'outre les 1.000 112.\nque Hainl lui donnera, il pourra facilement gagner 2 à 3.000 112. Si\npour le concert de Georges il ne peut pas faire exécuter le Désert, il\npourra toujours lui donner la valse. Je crois, comme je vous le disais\navant-hier, que Pereire terminera mieux avec les Escudier que vous.\nBonne année donc (1), mon ancien, au revoir bientôt.\nA. D.\n* Prosper\nf Adresse : Monsieur Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis\n\n(i) Enfantin venait d'avoir cinquante ans."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.4", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "ESCUDIER A SYLVAIN SAINT-ETIENNE\n(I)\n24 [1845].\nPrince Albert hôtel, 11 Leicester place.\nMonsieur,\nC'est de Londres, où je suis venu pour faire exécuter l'ode sympho\"\nnique le Désert de Félicien David, que je réponds à votre lettre du\n12 mars.\nNous sommes convenus avec Félicien David de garder inédite,\npendant longtemps la grande partition du C'est pour nous une\nperte réelle ; il faut que nous trouvions une compensation dans les\nproduits de l'exécution. Nous ne vous cacherons pas que notre intention\na toujours été de faire exécuter, nous même à Aix le chef-d'œuvre\nde notre ami, mais si vous voulez présider à l'exécution, au lieu de\nprendre une part éventuelle de la recette, nous vous autorisons à donner\ndeux grandes fêtes pour mille francs, c'est-à-dire, 500 f. pour\nchaque fête. De plus, il faudra donner 100 f. pour l'auteur du poème,\nM. Colin, en tout onze cents francs. Sur la remise de cette somme ou\nd'un billet à notre ordre sur Paris, nous vous enverrons notre autori-\nsation.\nNous comprenons très bien que Dohler n'ait gagné que 400 f.\nà Aix (2) ; il y a des villes où il n'a gagné rien du tout ,; mais la curiosité\nqu'excitera le chef-d'œuvre de notre ami, votre compatriote, vous permet-\ntra d'augmenter les places et vous ferez certainement une belle recette.\nNous serons heureux que le Désert soit exécuté à Aix, la ville natale\nde son illustre auteur ; avec votre concours, nous sommes sûrs qu'il\nsera dignement interprêté.\nJ'ai fait reproduire dans tous les journaux de Londres, la biographie\nde David que vous avez écrite. Après avoir si bien compris l'homme,\nvous comprendrez mieux que personne la musique.\nA Londres l'exécution sera grandiose, grâce à nos soins, et j'ose\najouter, à nos exigences. L'orchestre se composera de 140 instrumen-\ntistes (il y aura 40 violons) et les chœurs de 80 chanteurs. On n'a\njamais fait plus pour Hândel, l'idole des Anglais.\nVous pouvez nous adresser votre réponse à Paris, 6, rue neuve St-Marc.\nAgréez, l'expression de nos meilleurs sentimens.\nESCUDIER.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(3)\nMonsieur.\nFelicien me charge de vous écrire, et je saisis avec empressement une\noccasion qui me permet de me mettre en rapport avec un homme qui lui\nporte une affection de père.\n\n(i) Ms. 7724. Cf. la lettre de Sylvain à Enfantin, qui suit.\n(2) Le pianiste Dôhler (1814-1856) venait de faire une tournée en France.\n/ \\ -\n(3) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.5", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "Voici l'histoire de David depuis qu'il vous a quitté.\nIl est arrivé à Aix vendredi matin : là rien n'a manqué à sontriomphef\net il doit être content de l'ovation qu'il a reçue, a Cadenet, berceau de\nson enfance, même réception, mêmes hommages. Nous voici maintenant\nà Marseille, ou il a reçu votre lettre. Il paraît que Colin continuera ici\nson système de vexation comme ill'afait jusqu'àprésent(i).— J'ai porté\nla partie de votre lettre que nous avons pu détacher du reste et qui pou-\nvait être montrée, à Mr Lecour, un de nos amis, avocat de grand mérite»\nqui va s'occuper de suite de parer à la saisie que ne manquerait pas de\nfaire opérer Colin. Cet avocat aurait désiré avoir une pièce ou deux,,\nsavoir le traité de félicien avec Escudier et celui de Colin avec les mêmes ;\nil prétend qu'il aurait pu puiser dans ces deux pièces des éléments pour\nbien apprécier les faits et le plus ou moins d'importance de la demande\nde Colin. Si vous avez ces pièces en votre possession, vous ferez peut\nêtre bien d'en envoyer une copie, car les pièces sont tout pour les avocats\nou avoués. Au reste le procès de Lion pourra venir assez à temps pour\ndétruire les absurdes prétentions du librettiste et nous attendons avec\nimpatience une lettre qui nous apprenne le résultat de ce procès. Le\npremier concert à Marseille, n'ayant lieu que lundi prochain, 7, nous\nconnaîtrons alors le résultat de l'affaire jugée en ce moment.\nQuant au traité avec le directeur, je l'ai fait de mon mieux, et tous,\nceux qui connaissent ici les usages disent que j'ai obtenu une faveur»\nOrdinairement le directeur traite de moitié et partage également les\ndépenses , même celles des pauvres. J'ai fait limiter tous les frais et les\ndroits des pauvres y sont compris. Je crois que c'est comme à Lyon,\nseulement ici, on ne le fesait pas ainsi d'habitude, et il a fallu parle-\nmenter beaucoup pour obtenir cela. Quant à obtenir un fixe de la part\ndu directeur, il n'a pas été possible de l'obtenir. Je compte surveiller\nmoi-même la porte ; ce n'est pas pour rien que j'ai tenu à accompagner\nmon bon ami et rien ne me coûtera pour assurer ses intérêts et les sauve-\ngarder contre la volerie habituelle de tous les exploiteurs de theatre.\nJ'ai obtenu pour Aix un concert. Ce concert indépendamment de ce\nqu'il pourra offrir une recette assez lucrative, fera honneur à David, car\nla ville d'Aix, qui l'adopte comme son enfant, aurait vu avec une vive\npeine qu'il privât son pays de lui faire entendre ce chef d'œuvre. Jeudi\non l'attend dans cette ville pour un grand banquet donné en son hon-\nneur. Les Escudier ont exigé un prix très élevé et surtout\nd'avance pour donner l'autorisation à Aix ; on voit que ces Messieurs\nveulent tirer la quintessence de l'œuvre qu'ils ont achetée. Je n'ai pu\nparer à cela qu'en augmentant le prix des places.\nJe compte avoir l'honneur de vous écrire encore pendant notre\nséjour à Marseille, et vous tenir au courant de ce que nous faisons\nne voulant pas laisser cette peine à felicien que les visites et les répéti-\ntions fatiguent. Je tache de lui aider le soir aux répétitions en me met-\ntant aux parties et en ne lui laissant que le soin du piano, malheureuse-\n\n(1) Auguste Colin faisait des procès à David partout où le Désert était excuté, arguant\niju'iln'avait pas donné son autorisation préalable. Voir plusloin les lettres de Lecour à David»"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.6", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "ment il est des cas où la présence du maître est indispensable. Je crois\nqu'il aura besoin de beaucoup de ménagements dans cette tournée\nd'Allemagne qu'il va faire pour que la fatigue des concerts ne le rende\npas malade.\nPour ne pas manquer l'heure du courrier, je termine cette lettre, me\nréservant ainsi que je vous l'ai dit de vous tenir au courant des affaires\nde Félicien David à Marseille.\nAgréez l'assurance du respectueux dévouement avec lequel\nj'ai l'honneur d'être,\nMonsieur,\nvotre très humble\net très obéissant serviteur.\nSYLVAIN St-ETIENNE,\nMarseille, le 3 avril 1845. hôtel de\nV univers ; rue\ndu jeune Anacharsis.\nP.-S. David me charge de mille choses affectueuses pour vous.\nLe retard apporté au premier concert vient de ce que l'on monte un\ngrand opéra d'Halévy, Charles VI; David a cru devoir presser les deux\nautres restant ; mais comme ce trop grand rapprochement pourrait\npeut-être nuire à la recette, il serait bien de faire connaître, si vous ne\npourriez pas donner à felicien un peu plus de latitude et consentir à\nretarder le jour que vous lui avez fixé pour qu'il fût rendu près de vous.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Marseille] n avril 1845\nPère,\nil nous a été impossible de presser les concerts comme je l'aurais\nvoulu, à cause des représentations de Charles VI. D'autre part, le direc-\nteur a voulu traiter absolument pour 3 concerts, le premier a eu lieu\nlundi 7. Il a produit pour moi près de 2.000 fr. Le second de mercredi\n% donné seulement I.ooo# a cause du mauvais temps. Les Marseil-\nlais ont été assez froids au premier concert; ils s'attendaient, m'assure-\nt-on, à voir figurer des Arabes, et des chameaux dans mon La\nseconde audition a été plus animée, on a fait bisser le lever du soleil,\nnous allons voir ce soir la dernière représentation.\nDemain samedi concert à Aix, je n'ai pu refuser cette satisfaction à.\nmes compatriotes, ils auraient été furieux, je ne pourrai donc partir que\nle 13 dimanche au soir, par la diligence, je n'ai pas trouvé de place à la\nmalle poste, je suis bien désolé de n'avoir pu partir plutôt pour\n\n(1) Ms. 7710."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "revenir vers mon bon pere quil me tarde tant de revoir, je n'ai pu faire\nautrement malgré ma bonne volonté. Mon ami Sylvain s'est donné une\npeine incroyable pour faire mes affaires. Malgré cela je suis un peu\nfatigué de toutes ces répétitions et excursions, il me tarde de me reposer\nun peu avec vous, et de puiser de nouvelles forces dans votre affection\npaternelle.\nj'arriverai lundi 14, à Paris, dans la soirée.\nJe vous embrasse de tout mon cœur.\nF. DAVID.\nIl a fallu déposer pour la garantie de Colin 1.000 [francs] pour les deux\nconcerts passés. M. Lecourt a une procuration pour [les] retirer aussitôt\nque faire se pourra. Je viens d'apprendre le jugement de Lyon. Victoire !...\n\nA. LECOUR A. F. DAVID\n(1)\nMon cher Ami,\nJe reçois ce matin une copie des motifs et du dispositif du Jugement\nde Lyon. La question y est très bien traitée. Il n'y a rien dont déjà, je\nn'eusse pris note (sans calembourg), mais tout est bien mis en relief, et\nun Jugement ainsi motivé peut faire autorité.\nOn m'a communiqué un Mémoire imprimé de Colin par-devant la\nCour de Paris, dans le procès Vatel. Colin y dit très expressément que la\nquestion du procès est le refus de laisser exécuter le Désert, pour ce qui\nconcerne le Poëme. Quant au droit d'Auteur, il reconnaît que la quotité\nde ce Droit, serait inconstestablement fixée par les usages, mais il ne\ns'agit pas, dit-il, de recevoir plus ou moins, il s'agit pour lui de refuser\net il en a le droit absolu.\nCeci nous vient en aide, car ici, il n'y a pas prétention de refus, mais\nprétention de moitié Recette, ce qui est tout l'opposé d'un Refus.\nReste toujours la difficulté de compétence dont je vous ai parlé.\nA Lyon, Colin a actionné le directeur et vous, ce qui entraînait l'affaire\nau Tribunal de commerce. Ici vous êtes seul en cause, et l'examen que\nque je fais de la Jurisprudence atteste qu'à Paris ces questions la se\nportent de préférence au Tribunal civil.\nJe crois pouvoir esquiver la difficulté en actionnant le Directeur et\nColin au Tribunal de Commerce, ce qui donnera alors la seconde édition\ndu procès de Paris.\nJe dois bien vous ennuyer avec ces questions de Procédure. Vous en\navez sans doute le Dossier (le Dos scié!).\n\n(1) Ms. 7755. Lecoar, avocat à Marseille, était aussi un ami cle Berlioz auquel celui-ci a\nadressé un certain nombre de lettres. ;"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.8", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "Bon voyage, on n'a rien d'autre à vous souhaiter aujourd'hui. Il\nn'y a pas de lettre pour vous à la Poste. Je ne vous envoie pas la copie du\nJugement, vous en verrez l'original à Lyon. J'ai envoyé votre carte au\nPrésident. Vous serez au courant de ce qui se fera ici.\nTout à vous\nLecour.\n13- 4- 45\nJ'écris à Mr Cornuty.\nAdresse : Monsieur E. de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR. (1)\nMon cher Ami\nVoici je crois ce qu'il y a à faire pour le moment. Colin en faisant une\nopposition sur vous entre les mains de la direction a mal procédé. Vous\nne lui êtes pas débiteurs de ses droits d'Auteur. Son débiteur c'est le\nDirecteur. L'action est donc mal introduite, en ce qu'on vous poursuit\net vous seul.\nA Lyon, on avait suivi une autre marche, et c'était la bonne. On avait\narrêté les Recettes sur Fleury directeur, et ce entre les mains d'un sieur\nC. Fauché (dites moi ce qu'était ce Monsieur). Et alors la question avait\nété portée au Tribunal de Commerce. On vous avait appelé en garantie\nou assistance de cause, à la bonne heure ; mais on avait agi contre le\nDébiteur des Droits d'Auteur.\nJe crois donc qu'il faut demander la nullité de tout ce qui s'est fait,\nsauf à Colin à se pourvoir non contre vous, mais contre le Directeur, non\nau Tribunal civil, mais au Tribunal de Commerce.\nVous êtes dans la ville des Lumières pour le Droit. Consultez et répon-\ndez-moi ou faites-moi répondre un mot. Adieu.\nL.\nLundi matin, [l4 avril 1845]\nAdresse :Mr de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR.\n\n( i ) Bouches-du-Rhône.\n(z) Extrait du Désert."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "A. LECOUR A ARLES-DUFOUR\n(1)\nMarseille. le21 Avril 184.=;.\nMonsieur,\nFélicien David m'a dit de vous faire passer les fonds que je retirerai\npour lui. Le 16 je lui ai écrit que le Président avait décidé en référé que\nl'opposition sur le directeur n'avait été autorisée que pour f. 500 en tout,\nque par suite, nous avions f. 1.000 de libre.\nAujourd'hui j'ai touché les f. 1.500 qui étaient dans un sac à part\nchez le directeur, avec cette indication Dépôt Félicien David, y ai pris:\nles f. 1.600 déclarés libres pat le référé et je vous les envoie en un mandat\nde ce jour à Etienne Gautier à vue. Quant aux f. 500, j'en ai fait une\nreconnaissance à l'avoué de Colin, mais étant censé aux mains du direc-\nteur quant a sa prétention.\nJ'ai écrit plusieurs lettres à notre Ami, une entr'autres le 16. \\\naucune on n'a répondu, il en est de même de deux billets écrits à Mr Cor-\nnuty. Je tiens cependant à savoir les intentions de Félicien David, et\naussi a avoir les pièces du procès de Lyon. J'espère que l'intérêt que vous\nportez à notre Ami me vaudra cette fois une réponse.\nDécidément Colin est fou. Il a appelé du Jugement de Paris. Il a plaidé\nà Lyon (probablement il appellera). Il plaide à Marseille. Puis il replaide\nà Paris pour s'opposer à la représentation qui a du avoir lieu avant hier 19.\nIl a cité Escudier en Référé, et a été débouté. Voyez la Gazette des Tri-\nbunaux du 16. Il écrit au Sud de Marseille une lettre dans laquelle il qua-\nlifie sa participation au Désert, de et cela par deux fois.\nVoyez le Sud du 17. Je persiste à conseiller à Félicien David de ne pas\naccepter la position qu'on veut lui faire ici, de débiteur ou contradicteur\nde Colin. Que Colin s'adresse aux Directeurs de théâtre, voilà l'action qui\nlui compète. Ici j'ai mes raisons pour qu'il en soit ainsi. Par exemple que\nColin attaque M. Chabrillat, le procès sera porté au Tribunal de Commerce\net là Colin sera débouté de ses prétentions ; le Directeur en sera quitte\npour f. 18 par représentation, que je paierai très volontiers pour compte\nde Félicien David mais sous le nom du Directeur. Je crains le Tribunal\ncivil.\nSi Colin persiste à vouloir actionner notre ami, alors je me replie sur\nla compétence. C'est une action personnelle ; Félicien David ne peut\nêtre cité que par devant les tribunaux de Paris. Or à Paris Colin n'osera\npas faire procès à Félicien David.\nAinsi de deux chose l'une. Il plaidera à Marseille par devant le Tri-\nbunal de Commerce. Ou s'il persiste à plaider au tribunal civil, il devra\nplaider à Paris.\nJe desire avoir la dessus l'opinion de notre ami. Il peut consulter à\nLyon, où la question du droit de Colin a été parfaitement bien traitée et\ntrès heureusement résolue. Qu'il me dise ce qu'on lui conseille de faire.\nJe lui parlais aussi d'une réclamation qui me semble juste, du facteur\n\n(i) Ms. 7755."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.10", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "qui a convoqué les amateurs, et charrié leurs instrumens réponse la\ndessus sil lui plaît.\nEnfin je désirerais savoir ce qu'il a fait à Lyon. Sa Symphonie a-t-elle\nété excutée comme il faut. A-t-elle eu un beau succès. Cela vous pourrez\nme le dire. Vendredi 25, je puis facilement avoir un réponse. Je l'attends\net je dois y compter, car il faut que je prenne position sur la citation,\nl'avoué de Colin fera distribuer demain, et l'affaire viendra sans retard.\nVeuillez exprimer à ce cher Félicien, combien je suis heureux de l'avoir\nconnu, et l'assurer de toute mon amitié.\nAgréez l'hommage de mes sentimens les plus distingués.\nA. Lecour (i).\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\n7 avril 1845.\nLes répétitions marchent et le festival est annoncé pour le 19. Il\nsuffira que David soit ici pour la répétition générale du 17, et donc chez\nvous le 14 ou le 15 pour rentrer par bateau et ne pas passer une nuit.\nJe viens de voir le président qui n'a pas encore le poème de Colin. Il\nva écrire à l'avoué et presser.\nLyon, 11 avril 1845\nJ'écris à David et à Lecour que Colin a été condamné aux dépens\net à se contenter des droits d'auteur tels qu'il les a touchés par l'agent\ndes auteurs dramatiques pour le concert de Georges [Hainl] N'ayant pas\nvu Cornuty, je lui écris pour lui demander les 1500 112. la note, des\nfrais et l'expédition du jugement à M. Lecour avocat à Marseille. J'ai\ndéjà touché les 2400 112.\n14 avril 1845.\nLorsque vous verrez David vous me fixerez sur votre arrivée.\nGeorges n'aura besoin de lui que pour les deux répétitions générales\nqu'il veut faire vendredi et samedi matin. Mais il faut cependant qu'il\nsoit ici jeudi\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\nchez les dames Nugues\nROMANS (Drôme).\n\n(1) A cette lettre est jointe une note signée du contrôleur du Grand-Théâtre (de Lyon),\nrelative au « 2e Concert de M. Félicien David. Le samedi 15 mars 1845 ». La recette, pour\n1181 places payantes, avait été de 5.992fr. 50, dont une fois les 500 francs dus à Colin\nprélevés, David toucha, la moitié, 2.976 fr. 25.\n(2) Ms. 7665. Le Père Enfantin était alors à Romans (Drôme)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "[Lyon, vers la\nCher ami\nMon ami le musicien à qui Dufour (i) a posé ses questions, répond,\nqu'au mois de mai les concerts sont généralement peu suivis, parce que\ntout le monde va à la campagne ou aux eaux, que néanmoins la curiosité\npublique étant excitée par les journaux de Londres et de Paris, il ne doute\npas que ses concerts ne soient brillants. Berlioz et sa musique ont laissé\nune mauvaise impression à Leipsick et à Berlin. Il faudra l'effacer.\nIl reste à voir s'il convient que David parte immédiatement, après\nle 19 pour Leipsick ou qu'il attende le mois d'octobre. Dans ce dernier cas\nil faudrait lui écrire de ne pas se tuer à Marseille et à Aix, où il retourne-\nrait avec nous le 23. S'il voulait se reposer, Paulin (2) lui offre sa petite\nmaison de Nîmes, où il serait libre comme l'air.\nVoyez.\nRien de nouveau du reste. Georges compte faire des répétitions géné-\nrales le vendredi et le samedi même. Ainsi il suffit que David arrive le 16\nou le 17.\nDavid fait répéter à force aujourd'hui à cause d'un relâche excep-\ntionnel. Boulo chantera mieux qu'on n'a chanté à Paris la Nuit et le\nMuezzine. Tout marche bien, ainsi donc que cela vous tranquillise : et si\npour éviter une seconde visite à Curson vous devez prolonger votre\nséjour vous le pouvez sans crainte et il suffira que vous soyez ici\nmardi matin.\nLyon, le 23 Avril 1845.\nL'ami Sylvain est un fameux emplâtre qui nuiera et ennuiera\ndiablement dans l'avenir de David, si vous ne lui trouvez pas\npour lui accoler. — Jourdan ne serait-il pas cet homme.\nL'huissier n'a pu encore payer les 1.500 francs il faut un référé parce\nqu'il y a opposition. et Datas (?) sont piqués. Le diable enlève\nles hommes de loi—et je dirais presque les artistes. — Depuis deux jours je\nne suis pris que par David qui aurait bien dû emmener ou expédier son\nembêtant ami qui heureusement part demain.\n\n(1) Dufour-Féronce, cousin d'Arles, alors à Leipzig.\n(2) Paulin Talabot, polytechnicien, Saint-Simonien, alors ingénieur dans le Gard, puis\ndéputé de ce département. Il prit une grande part à l'établissement des chemins de fer\nde Lyon."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.12", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "24 avril 1845.\nC'est de Saynes l'ami de David, celui qui depuis son retour d'Egypte\nl'a aidé de sa bourse qui vous remettra cette lettre et l'incluse. Il va à\nParis pour différentes affaires\nJ'espère que vous m'enverrez bientôt David.\nEn prévision de sa visite la bonne femme (1) m'a à acheter un\nbon piano à Mme Montgolfier.\nA vous,\nARLES D.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n(?) 1845]\nCher Père,\nJe voudrais vous présenter mon ami Prudent (3) pour causer de l'Al-\nlemagne ensemble. Nous irons vous voir tous deux à l'heure.\nVotre fils\n112. DAVID\n[Lyon, avril 1845 ?]\nCher père.\nL'habitant (4) vous a peut-être dit que je m'étais trouvé très embar-\nrassé ces jours derniers par manque d'argent. J'ai été obligé d'emprun-\nter 200 et je suis encore à sec. Il faut que j'aie encore recours aux\nsubsides d'Arlès. J'attends avec impatience.\nA vous de cœur,\nfelicien DAVID\n(1) C'est par cette expression familière qu'Arlès désigne sa femme.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Emile Prudent (1817-1863), pianiste et compositeur qui revenait d'une tournée en\nAllemagne.\n(4) Saint-Simonien."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(1)\nLyon, le 6 mai 1845\n.... Si David part seul pour Leipsick, et qu'il s'arrête, pour se reposer\ndeux jours à Francfort, voici un mot pour Bruckmann et sa femme qui\nsont grands musiciens amis de Mendelsohn quoique petits bourgeois, et\nqui soigneront David comme de vrais amis. Dufour est prévenu du carac-\ntère de David, il le guidera comme un enfant, et, peut-être, il le prendra\nchez lui, ce qui serait le mieux.\nCe maudit Colin, malgré votre soit disant arrangement, a défendu à\nson huissier de payer, prétendant qu'il avait traité avec David, mais non\navec Fleury (2) au moins c'est son animal d'avocat qui est aussi timbré que\nlui qui dit cela. Toujours est-il que Cornuty pressé pc*r moi et muni du\njugement du tribunal de commerce, a déclaré les 1.560 112., que sur le\nrefus de l'huissier il a obtenu un référé ; que l'huissier tout en avouant que\nc'était folie, a déclaré qu'il ne payerait que par la saisie et la vente de ses\nmeubles, et que sans mon arrivée cela aurait eu lieu avec naturellement\naugmentation de frais de tout genre. S'il y a traité, faites donc que Colin\ndonne ordre de payer sans nous forcer aux frais de s?isie. Savez vous que\nDatas (?) a le toupet de demander 250 francs pour sa plaidoirie ? J'ai dit\nque j'en référerais à Paris.Voyez ce qu'on donne en cas analogue et répon-\ndez, ou faites-moi répondre une lettre communicable.\n18 [1845]\n(P. S). Savez-vous ce qui reviendra à David des 1500 fr. ? Colin\net les frais payés 500 112. chien de fou de Colin ! ! Canailles\nd'avoué et d'avocats ! Et puis qu'on dise que la justice luit pour le riche\ncomme pour le pauvre ! !\nLyon le 26 mai 1845.\nGustave (3) écrit le 19 « à mon retour de Dresde j'ai trouvé David\nqui était arrivé le matin et j'ai passé quelques instans avec lui, il a mis\nses affaires en ordre pour son concert et est parti pour Berlin laissant\ntoutes ses partitions du Désert dans son bureau non fermé à l'hôtel de\nSaxe ».\n(1) Ms. 7665.\n(2) Directeur du théâtre de Lyon.\n(3) Gustave Arlès, fils d'Arlès-Dufour. Il était alors à Leipzig chez Dufour-Féronce."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.14", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE A JOURDAN\n(1)\nMonsieur\nMrs Enfantin et Arlès-Dufour m'ont dit à Lyon où j'avais suivi\nnotre ami commun felicien David, que vous etiez à Paris son représen-\ntant, que vous avez la clé de ses papiers, de ses appartements et que sa\nmvsique inédite surtout était sous votre sauvegarde, ce qui vous permet-\ntait de traiter a vec les Escudier quand ils voulaient donner au public ce qui\nest encore inédit delui. Il m'importerait de connaître en ce moment un fait\ndont je ne puis avoir l'explication que par vous, attendu que le père et\n[le] filleul sont trop loin pour que je fasse courir ma lettre après eux.\nVous avez su peut-être par les personnes que je vous ai déjà citées,\nsoit par les journaux, que j'avais été à Aix l'organisateur du concert de\nDavid. Celui-ci ne croyait pas pouvoir donner à Aix son œuvre, à cause\nde l'insuffisance des ressources musicales, mais le pays entier réclamait\njustement à cor et [à] cri d'entendre le chef-d'œuvre d'un compatriote,\net je désirais de mon côté que David pût être applaudi dans son pays.\nJ'eus donc l'idée de m'adresser aux Escudier, pour savoir à quel prix ils\nmettraient l'autorisation de faire représenter le Désett à Aix. Les Escudier\nétant à Londres, cette lettre n'arrivait pas ; je ne pouvais cependant\npas faire autrement que de monter le concert de suite, David étant pressé\npar le temps. Je donnai donc ce concert. Pendant ce temps la lettre d'Es-\ncudier arrivait. Comme je m'y attendais, le taux était exagéré, judaïque,\net comme on devait s'y attendre d'eux, i.ioo 112. (pour deux soirées\nil est vrai, mais payables avant de donner concert, avant de savoir même\nsi on ferait cette recette), i.ioo 112.... cent francs de plus et c'était\njuste le prix donné de l'œuvre de félicien. Comme je ne pouvais envoyer\nl'argent d'avance, attendu le retard qu'avaient mis les Escudier à répon-\ndre, je leur écrivis que j'avais reçu leur lettre, que j'allais rejoindre feli-\ncien à Lyon, et que ce serait lui-même qui réglerait la somme à leur don-\nner. Arrivé à Lyon, je donnai leur lettre au qui s'occupe des\naffaires de Félicien, et qui en cela agit prudemment, surtout vis-à-vis\ndes Escudier. Celui-ci me répondit : Je ne suis pas fâché que vous m'ayiez\napporté le produit net de la recette et que vous n'ayiez rien envoyé aux\nEscudier, parce que dès ce moment ils sont en contravention avec nous,\nen annonçant pour faire exécuter au Théâtre Italien la symphonie en\nbémol Œuvre inédite et qu'ils n'ont pas le droit de donner au public.Nous\nleur ferons payer d'un côté ce qu'ils demandent pour Aix.\nDepuis j'ai vu souvent l'annonce de cette Symphonie en mi bémol\npour d'autres concerts qui ont dû y avoir lieu et je pense qu'il a dû\ny avoir arrangement. Il me serait agréable, et vous voyez que\nj'y suis en quelque sorte intéressé, de savoir comment ces arran-\ngements se sont terminés. Je serais charmé d'apprendre que les\nEscudier ont rabattu un peu de leurs prétentions si rapaces, et qu'il\nn'ont pas voulu gruger celui qui vient naguères de les enrichir.\n\n(1) Ms. 7779. Louis Jourdan né à Toulon en 1810 ; l'un des fondateurs de VAlgérie\n(1845-1847) ; plus tard (1869), rédacteur au Siècle; créa le Causeur (1859); s'occupa beau-\ncoup d'industrie.\n2"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.15", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "Je sais que David aurait désiré que ses œuvres, le surtout, ne\nfût (sic)pas gaspillé par les faiseurs de quadrilles, malheureusement il\nn'en avait pas fait une des conditions du traité, et je viens de voir, sans\ndoute par suite de leur soif de lucre, que les Escudier annoncent un qua-\ndrille sur la Danse des Aimées. Je regrette bien cela pour ce bon félicien\nqui en sera très fâché.\nIe lis encore aujourd'hui dans le Droit les détails d'un procès au sujet\nde Debain (1), et dans lequel le Tribunal a débouté les demandeurs de\nleur demande. Que de procès engendre ce les Escudier lui portent\nréellement malheur ; quels regret devons-nous tous avoir nous qui aimons\nsincèrement felicien de voir que cette œuvre soit tombée dans de tel-\nles mains !\nVous m'obligerez, et ceci n'est point un vain motif de curiosité, en\nm'accusant réception de cette lettre et après avoir répondu à ce que je\nvous demande pour l'arrangement du concert d'Aix, de me dire égale-\nment si le père ou felicien ne vous a pas parlé de ce qui a été convenu\nentre vous trois à Lyon. Il serait extraordinaire qu'ils n'en eussent pas\nparlé à un homme comme vous, ami de David et qui devez vous intéres-\nser à son avenir de compositeur. Je n'ose pas entrer dans des détails,\nparce que s'ils ne vous en avaient pas parlé, c'est qu'ils auraient compris\nque le temps n'est pas venu encore de vous faire connaître des projets\nultérieurs. Quoiqu'il en soit, je puis vous dire que cette affaire m'appelle\nà Paris ou je serai obligé de me rendre dans quelques mois, et à cette\népoque, je pense vous donner une de mes premières visites. Vous aimez\ntrop David, pour ne pas avoir des droits à mes sympathies. Je suis cer-\ntain de trouver en vous la cordialité qui vous serait acquise, si jamais vous\nvous présentiez chez moi, avec la lettre d'un intime ami de félicien.\nJe suis obligé de lire le journal des Escudier (2), pour savoir des nou-\nvelles de David, ceux-ci dans leur intérêt, s'étant crée des correspondants\nen Allemagne. Mais si le -père ou lui vous écrivaient directement, ne\ncraignez pas de me faire parvenir des nouvelles plus intimes et plus cer-\ntaines. Vous m'obligeriez toujours beaucoup.\nDans l'espoir de faire bientôt votre connaissance, veuillez agréer\nl'assurance de mon estime et de mon entier dévouement.\nAix h 19 Mai 1845.\nSYLVAIN SAINT ETIENNE\nRue de la Miséricorde 10\na Aix.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Jour dan, homme de\nLettres, 39, rue neuve des Petits Champs\nA Paris.\n\n(1) Allusion au procès que firent les Escudier à l'inventeur de l'harmonium, Debainfl,\nauquel ils prétendaient faire défense de jouer le Désert sur cet instrument\n(2) La France musicale."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.16", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(i)\nMonsieur\nJ'éprouve à la fois de la peine et du plaisir, en recevant une lettre de\nvous ; du plaisir parce que je suis bien aise de vous savoir à Paris, à\nportée de correspondre avec moi, de recevoir mes observations, le\nrésultat de mes idées, de mes projets et de régler la partie avec votre\nhabitude d'observation et votre jugement pour les affaires et pour les\npersonnes ; de la peine, parce que je vois David privé d'un guide sûr,\néclairé, sévère, lui qui en a tant besoin, lui si candide, si oublieux même\npour ce qui touche de plus près à ses affaires.\nJ'accepte votre lettre avec la franchise qui l'a dictée, et j'y répondrai\nde même avec cette droiture qui doit présider a toute relation.\nDans ma pensée David a abdiqué en vous toute volonté ; il vous a\nconfié d'une manière absolue la direction et le soin de ses affaires ; sans\ncompliment, je crois qu'il ne pouvait mieux faire sous tous les rapports.\nMais ce fait change selon moi ma véritable position. David libre dans\nses volontés, pouvait rendre ma position avantageuse, brillante même,\nsanctionner mon succès, le rendre certain ; mais sa volonté subordonnée\nà une autre qui la domine et qui doit être nécessairement plus rigide,\nplus positive, ne me laisse plus le même espoir d'avenir. Il faudrait\nd'après moi que votre amitié pour moi devînt au niveau de celle de\nDavid, bonheur que je ne puis raisonnablement espérer, pour aspirer\naux mêmes avantages dont j'avais entrevu la réalisation dans un avenir\nplus ou moins prochain.\nJe me suis toujours rappelé les paroles que vous m'avez dites à Lyon ;\n< il faut à David du comptant, il faut qu'il traite argent sur table, et qu'il\naccepte les meilleures offres;» ces mots ont beaucoup de portée, et m'ont\ntoujours mis en considération. Cela en effet semble dire : le plus offrant\naura toujours la préférence, et l'amitié, le dévouement, devront céder\nle pas devant une bourse mieux garnie et qui permettra un plus gros\nlot. Certainement je n'ai jamais eu l'idée de me faire donner à David\nsa musique pour rien, mais j'avais l'espoir que David serait libre de me\nfaciliter les affaires soit en accordant du temps pour les échéances, soit\npour le mode et la combinaison des sommes à recevoir, le tout sans trop\nnuire à ses intérêts. Je comprends qu'en parlant de ce système absolu\nen matière de commerce, que le plus haut prix offert doit toujours avoir\nla préférence, le plus riche éditeur gagnerait toujours la partie contre\nmoi, parce que le plus riche serait naturellement le plus offrant. Si on\nréfléchit qu'avec la guerre que se font certains éditeurs, il y en a qui\npour arracher une œuvre de David à leur rival, payeront des prix exa-\ngérés, au risque même de se ruiner que deviendra celui qui ne pourra\nse permettre pareille folie, ne voulant pas compromettre les foncte qui\nauront été confiés à sa probité. Voilà le seul obstacle\nfuneste pour moi dans cette affaire.\n\n(1) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.17", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "Voici pour moi quel était mon plan ; veuillez bien le méditer.\nEditer le Moïse, mais avant le populariser inédit comme on a fait\npour le Désert, faire une tournée au printemps prochain qui serait néces-\nsairement très lucrative, en donnant à la fois le Moïse inédit, le Désert\nalors du domaine public, mais avec des paroles d'Autran, qui auraient\nd'abord le mérite de la nouveauté, et économiseraient en outre 100 112.\npar représentation ; le tout assaisonné de choeurs, mélodies nouvelles,\nsymphonies, &c. Dans ce cas et en suivant David je devrais avoir une\npart des recettes, ce qui serait très juste ; plus tard éditer le Moïse,\nen déterminant un prix raisonnable pour tous, et un intérêt pour David\ndans la vente de l'œuvre gravée. Aucun éditeur ne consentira jamais\naucun arrangement de ce genre avec David, parce qu'ils veulent s'enri-\nchir d'un seul coup, et ne pas l'associer au résultat d'une vente qui peut\ndevenir très considérable. D'ailleurs, David avec d'autres éditeurs que\nmoi, pourrait-il accepter ces arrangemens, ne le volerait-on pas en lui\ncachant leurs comptes Si je m'engage à lui donner le moyen de s'assurer\npar lui-même ou par qui que ce soit que tous les exemplaires vendus\nlui sont fidèlement mentionnés. Son bénéfice lui arriverait net et clair\nau contraire. Or, je soutiens qu'avec un intérêt dans la vente (chose que\nnul éditeur ne saurait faire) et un prix déjà donné de l'œuvre, David\ngagnerait plus que si on lui donnait tout d'abord une plus forte somme\net qu'on se bornât la. En d'autres termes les autres éditeurs aventure-\nraient une plus forte somme pour réaliser de grands bénéfices d'un seul\ncoup, moi, je me bornerai à faire les choses de manière àce que David\nse fit des revenus peut être moins considérables mais plus certains et\nsans cesse renouvelés.\nDe plus je désirerais, sans avoir cependant aucun engagement de\nDavid, avoir la probabilité d'avoir successivement ces divers ouvrages,\nje parle seulement des ouvrages marquants, surtout les opéras et scènes ;\ncar Je céderais volontiers même aux divers éditeurs pour les empêcher\nde jeter les hauts cris, des mélodies, romances, et autres pièces dont ils\npourraient au besoin s'en contenter. En effet il me serait pénible après\navoir édité une œuvre comme Moïse, de voir un autre Editeur avoir\nimmédiatement une autre œuvre. Je craindrais qu'on ne dise dans le\npublic que j'ai perdu la confiance et l'amitié de David, et chacun se\ndirait : Comment celui que David avait en quelque sorte appelé à lui,\nson ami, &c. n'edite-t-il pas cet ouvrage ? Il faudrait d'après moi, pour\nqu'on ne continuât pas à me donner les productions de David, qu'on eut\nreconnu que je n'ai pas été assez apte pour aider au débouché du premier\nouvrage et qu'il fût démontré que ce fût réellement ma faute et non\nl'insuccès de l'œuvre elle-même.\nJe m'attends à ce que vous me disiez ceci : pour accepter l'arrange-\nment que vous proposez il faudrait que votre habileté et votre aptitude\npour la vente et le commerce de musique fût parfaitement reconnue,\ntandis que je crois au contraire que vous êtes à peu près étranger à cette\npartie ; je vous prête ces expressions parce que vous m'avez tenu à\nLyon à peu près le même langage, non comme reproche je dois l'avouer,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.18", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "puisque vous m'avez dit que j'étais trop honnête pour ce commerce,\nmais dans l'intérêt général de l'affaire.\nC'est précisément sur ce point que je tiendrai à dissiper votre erreur.\nJe n'ai pas beaucoup causé avec vous à Lyon, cela vient de ce que je\nsuis intimidé parfois quand je me trouve avec des personnes que je\nconnais peu et surtout quand elles montrent sur moi une supériorité\nd'intelligence qui fait que j'écoute plutôt que je ne parle, mais je dois\nvous dire au contraire, d'après l'opinion de tous ceux qui me connaissent,\ncar ce n'est pas à moi à dire cela, que je suis au contraire éminemment\npropre au commerce de la musique et à tout ce qui touche à cette partie,\nsauf celle de la composition. J'ai créé à Aix, petite ville arriérée, égoïste\net avare, un magasin de musique et de pianos qui a parfaitement pros-\npéré, et qui me vaut chaque jour les éloges non seulement des gens du\npays, mais ce qui est plus significatif, de MM. Pépin et Boisselot qui\nm'ont associé à leur industrie. J'ai créé des sociétés de chœur, de philar-\nmonie, j'ai pris enfin comme éditeur [?] une telle influence qu'il ne peut\nse donner ici aucun concert sans que je l'organise moi-même, et que j'en\ncoordonne tous les elements. Je pourrais bien vous envoyer une foule\nde journaux qui témoignent tous de cette impulsion que j'ai donnée ici\nà la musique et à son commerce qui en est la conséquence immédiate,\nmais il vaut peut être mieux que je vous cite les noms de divers artistes\nque j'ai connus ici et qui tous m'ont engagé à aller à Paris en me disant\nque la ville d'Aix ne pouvait servir sur ce point mes idées et mes res-\nsources à cause du cadre étroit où je me trouvais placé. Si vous avez\nl'occasion de voir Amat (i), Milher, Richelmi, Lefébure, Dohler, Liszt,\ndemandez leur ce qu'ils pensent de moi comme artiste ; demandez à\nMme Lesueur qui m'a fait don des ouvrages de son mari lesquels j'ai\npopularisés dans cette ville en même temps que ceux de David ;\ndemandez à son gendre Xavier Boisselot qui m'a vu à l'œuvre, l'année\ndernière, puisque sa famille m'a conduite (sic) à ses frais à Paris, pour\nl'aider pendant l'exposition, dans ses affaires industrielles. Informez-\nvous de moi si vous en avez l'occasion, à Mr Giraud, inspecteur des\nfacultés de France, Mme Charles Reybaud (2), qui ont habité Aix et\nm'ont connu, toujours sur le rapport de la musique des concerts, en un\nmot tout ce qui a trait à l'affaire qui nous occupe. Ecrivez àM. Arlès\nDufour et dites-lui de sonder un peu Benacci (3), l'Editeur, à mon égard\net vous verrez que cet intelligent éditeur a compris que je pourrais\nfaire autre chose que tenir un dépôt à Aix puisqu'il m'a offert à deux\nreprises de me monter, quand je voudrai un magasin complet soit à Aix,\nsoit à Marseille et même à Marseille de préférence (4).\nEn disant tout cela, j'ai l'air de faire Y article et le fiuff en ma faveur,\nmais cependant je dois prouver que je ne suis pas inhabile dans cette\npartie, qui fait le fonds de l'affaire qui nous occupe, attendu surtout\n\n(1) Léopold Amat, chanteur et musicien, né à Toulouse en 1810.\n(2) Charles Reybaud, littérateur et journaliste né à Marseille en 1801.\n(3) De Lyon.\n(4) Je suis à peu près sûr de faire accepter une association à Benacci (pour Paris), qui\nest déjà associé lui même avec Troupenas, la maison la plus importante de la capitale."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.19", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "qu'à Lyon je vous ai fait un tout autre effet qu'un homme d'industrie.\nQuant à mon jugement sur les œuvres musicales, mon opinion sur David\némise dans la presse depuis plus de quinze ans, celle que j'ai émise dans\nplusieurs articles de journaux sur les musiciens du jour, ont prouvé que\nje savais apprécier ce qui était bon, et ce n'est là pas une des moindres\nconnaissances d'un Editeur, car elle lui sert à ne pas se fourvoyer dans\nune mauvaise voie, en ne pas laissant au hasard le choix d'une œuvre,\net en lui permettant de distinguer le bon grain de l'ivraie. J'aurai l'oc-\ncasion de revenir sur ce sujet ; qu'il me suffise de vous assurer qu'à Aix\net à Marseille, tous ceux qui me connaissent et s'intéressent à David,\ntrouvaient étonnant que je ne suivisse pas David à Paris et en Allemagne.\nTous ajoutaient qu'il fallait que je devinsse son éditeur, que ce serait\nl'avantage de l'un et de l'autre. Plusieurs le lui ont dit à lui-même,\nnotamment ses parents et ses amis, David disait à tous qu'il ne deman-\ndait pas mieux ; car il sait bien mieux, qu'il a besoin que quelqu'un\nparle, écrive, agisse pour lui. Si vous voulez (et je sais que vous le désirez\ncomme moi) qu'il produise des œuvres plus brillantes et en plus grand\nnombre, laissez-lui sa liberté d'esprit, qu'il ne s'occupe de rien de matériel,\nqu'il ait toujours à côté de lui un ami sur le dévouement duquel il puisse\nse reposer ; c'est l'essentiel. Aussi je regrette bien de le savoir seul en\nAllemagne. Comment se tirera-t-il de toutes les phases d'un si grand\nvoyage sans un compagnon, sans un ami ? Je vous assure que si vous\naviez fait, vous ou lui, appel à mon dévouement, j'aurais tout quitté\npour le suivre. Si vous lui écrivez, dites-lui d'abréger son voyage, à\nmoins d'éclatants succès, et de retourner plutôt à Paris.\nVous paraissez regretter dans votre lettre, que je ne vous parle pas\nd'une manière certaine des projets formés à Lyon, et craindre une indé-\ncision qui laisserait entrevoir que je ne me sens pas de force à bien faire\nles affaires de David. Vous oubliez sans doute que je ne croyais pas\nm'adresser à vous, en écrivant à une personne tierce ; que je lui parlais\nde notre affaire d'une manière vague, avec réserve ou hésitation, ne\nsachant pas s'il devait ou non en être instruit. La preuve que je pensais\nsérieusement à cette affaire toute capit pour moi, c'est que j'ai donné\nma démission de l'emploi que j'occupais comme homme d'affaires chez\nM* le marquis d'Albertas, pair de France, chez qui j'étais depuis dix\nans, lequel m'a écrit une lettre dont la lecture (car je pourrais vous la\nmontrer à Paris) vous fera voir comment j'étais apprécié de cette\nmaison. J'ai de plus fait des démarches pour céder mon établissement\nde musique et de pianos. En un mot, fai tout quitté ce qui fesait ma\nposition, 3 ou 4.000 112. environ ce qui pour Aix équivaut à 10 ou\n12.000 dans la capitale. J'ai pensé en agissant ainsi que la parole de\ntrois hommes d'honneur était aussi sainte que le meilleur de tous les\ntraités. Je me rappelais ces mots de David, à Mr Arlès à qui il serra\nexpressivement la main, à son départ de Lyon :\nce brave garçon, il faut arranger CELA de la manière la MEILLEURE pour\nlui. David sait fort bien qu'aujourd'hui il ne peut être que très riche, et\ndans ce cas il aimait mieux avantager un ami qui n'a pas les mêmes\nchances. C'est ce qui explique cette phrase de la manière la MEILLEURE"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.20", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "four lui. D'ailleurs en ce moment un souvenir spontané venait faire\npasser rapidement dans sa pensée tout ce que j'avais fait pour lui depuis\nle jour où je lui fis obtenir la pension de son oncle, jusqu'au jour où\nrefusant la recette d'Aix qu'il voulait m'abandonner, j'en portais le\nmontant intégral dans la caisse de M. Arlès. Il y aurait orgueil et vanité\nà moi à rappeler d'autres circonstances dans lesquelles David a pu juger\nmon cœur et mon dévouement ; je dois les taire, les services rappelés\nn'ont pas de prix ; seulement tout cela explique combien David désire\nm'être utile, il lui semble qu'il acquitterait ainsi une dette de reconnais-\nsance et d'amitié, et celui qui lui donnera le moyen de le faire, lui rendra\ntin véritable service.\nVous me parlez, avec raison, dans votre lettre d'une chose très essen-\ntielle, et dont je reconnais ainsi que vous toute l'importance, c'est la\nsomme nécessaire à l'exploitation de l'affaire Cette somme,\nDavid le sait, et je vous l'ai déjà dit, je ne la possède pas ; j'ai compté\nsur le dévouement de nos amis, et sur d'autres personnes à qui ma pro-\nbité peut avoir inspiré de la confiance et j'ai la certitude de pouvoir\nl'obtenir, mais il faut pour cela que je puisse donner aux disposeurs la\ngarantie sinon matérielle du moins morale que je vais être F homme de\nDavid. Vous comprenez tout ce que ce mot signifie. Ce n'est pas vous\nqui avez l'habitude des hommes et des choses, à qui je dois apprendre\nce que sont aujourd'hui les disposeurs de fonds, combien ils sont exi-\ngeants pour les garanties, il y en a qui voudraient étançonner le ciel.\nOr qu'elles sont les garanties que je vais leur donner quant à l'affaire ?\nJe leur dirai : j'ai la promesse de David d'avoir une œuvre de lui sans\naucun engagement pour d'autres ; mais le mot promesse qui me suffit\nà moi parce que j'en connais la portée dans la bouche de David, suf-\nfira-t-il à des disposeurs froids, logiques, qui me diront que les promesses\nn'ont pas cours chez eux. Si vous désirez réellement que je réussisse\ndans mes démarches à ce sujet, vous comprendrez l'utilité de me mettre\nà même de prouver autrement que par des paroles dont on pourrait\ndiscuter l'importance, le choix que David a réellement fait en désirant\nme voir son éditeur. Dans ma pensée, plus je pourrai démontrer claire-\nment les avantages de l'affaire et sa réussite, plus je pourrai trouver\ndes fonds et plus je réaliserai de fonds, plus l'affaire aura d'excellents\nrésultats.\nI Je suis bien aise de vous rassurer sur le classement de la musique\ndont je m'étais chargé ; je m'en suis occupé très activement et si nous\nn'étions pas dans un pays où on ne trouve pas même en payant à faire\ncopier de la musique, le recueil serait déjà fait. J'ai reçu l'envoi de\nMr S 1 Didier de Maçon ; a l'exception d'un chœur le Départ pour\nVOrient, ce sont tous des morceaux qui m'étaient connus, la plupart des\nhymnes et mottets religieux, compositions qui datent de 1828 à 183®.\nJ'ai aussi dans un recueil des morceaux de la même époque; ceux-là\npeuvent être arrangés avantageusement. Je porterai tout cela à Paris.\nM- En attendant je vous prie de ne rien vendre aux Editeurs. Je sais c©\nqu'il y a de meilleur dans les mélodies et romances de félicien, et il\nserait juste que ne pouvant éditer toutes ces pièces-là, j'eusse au moins"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.21", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "la faculté de choisir et profiter de l'avantage que j'ai ou que je crois\navoir de discerner les meilleures productions. Veuillez me rassurer sur\nce point.\nJe suis charmé que les Quintetti fassent de l'effet. Quant au Désert\nje suis étonné comme vous qu'il ait été reçu un peu froidement, cepen-\ndant je comprends qu'en offrant trop souvent cette musique au public\non pourrait finir par nuire à l'œuvre elle-même (1).\nJe serais bien aise d'apprendre si l'appartement de felicien, rue fon-\ntaine S 1 Georges est encore payé par lui jusqu'à S' Michel et dans\nce cas s'il n'y aurait pas d'inconvénient à ce que je puisse y loger en\nallant à paris provisoirement et avant de rien terminer. Maintenant\nque je vous sais à paris, je me déciderai plutôt à faire ce voyage. On dit\nbeaucoup plus de choses en une heure que ce qu'on écrit en huit jours,\nbien qu'on soit long comme je le suis aujourd'hui. J'espère pouvoir\ncompter sur vos conseils, sur votre appui ; avant cette époque, j'aurai\nreçu déjà réponse à cette lettre, et vous en aurai probablement écrit\nd'autres, car j'aime à vous écrire franchement mes idées et je verrai\ntoujours avec plaisir que ceux qui comme vous ont plus d'expérience\nque moi, me montrent les points où j'erre et la route que je dois suivre\npour arriver plus sûrement.\nJe pense, en terminant, que cette lettre où j'ai préféré parler avec\nfranchise, au lieu de chercher des détours, ce qui répugne à mon carac-\ntère, vous fera parfaitement connaître mes intentions et comment\nj'entends l'affaire, comment je la désire. Je serais trop heureux si selon\nles vœux de Félicien, vous me donniez les moyens d'aplanir les obstacles\nqui pourraient s'opposer à l'entière réalisation d'un projet qui peut\nfaire son bonheur et celui de ma famille. /\nDans l'espoir d'une prochaine réponse à cette lettre, veuillez croire\nà l'assurance de mon respectueux dévouement\nVotre très humble serviteur,\nSYLVAIN ST ETIENNE.\n[ Aix le 29 mai 1845.\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\nLyon le6 1845\n....J'ai reçu aussi ce matin une lettre du bon Schletter avec l'extrait\ndes journaux de Berlin relat1 au concert de Potsdam. J'espère\n\n(1) Le Désert, ainsi que plusieurs autres compositions de David (Quintetti, symphonies,\nmélodies) avait été joué le 27 avril et le 8 mai au Théâtre-Italien.\n(2) Ms. 7665."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.22", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "que votre lettre à David et les soins affectueux qu'il trouvera chez\nDufour, cicatriseront les blessures que cette harpie cherche à lui faire.\nJ'ai envoyé à Dufour pour qu'il la lise à David et à Gustave copie de\nvotre lettre du 27 mai. Çà leur fera du bien à tous, certainement.\nLyon le 25 juin 1845.\nJe ne crois pas que David doive visiter en Allemagne d'autres villes\nque Berlin, Leipsick, Vienne, Munie et Francfort, et les 3 dernières\nil doit les laisser pour l'hiver ou pour l'époque où vous irez vous-même\nen Allemagne. Après Leipsick, il pourrait revenir avec Dufour et Gus-\ntave (i)qui l'établieraient à Baden ou Wisbaden ou Ems, dans un bain\nd'Allemagne où il se reposerait et finirait son Moïse.\nJe crois que Dufour ferait bien de partir de Leipsick au courant de\njuillet et d'amener Gustave à Lyon où nous le laisserions sauf après\nnotre congrès à donner rendez-vous à lui, à Paulin et à David sur le\nRhin.\n\nMARIE ESCUDIER AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher Monsieur,\nTamisier (3) est passé ce matin chez M. Jourdan pour lui remettre\nles 1.500 112. contre la remise des six derniers Quintetti. D'après ce\nque nous a dit M. Armingaud (4), il parait que cette collection n'est pas\ncomplète ; David a écrit qu'il enverrait très prochainement le 6e Quin-\ntette. Vous savez que vous pouvez compter sur la somme convenue ; dès\nque le Quintetti (SÎC) qui manque sera arrivé,Tamisier s'enquerrera de vous\nremettre la somme. Il serait allé vous voir si la Garde nationale ne le\ntraquait aujourd'hui comme un loup. Je me suis présenté hier chez\nvous ; votre garçon de bureau m'a dit que vous étiez sorti et qu'il igno-\nrait l'heure à laquelle vous rentreriez. Il me sera bien agréable de vous\nentretenir un peu de mes voyages et de vous renouveler verbalement\nmes sentimens de profonde considération.\nM. ESCUDIER.\nParis,2 juillet[lB4s].\nMon cher Monsieur,\nCe sont, je pense, les mélodies pour chant et piano de David que vous\nnous demandez dans votre lettre. Nous nous faisons un plaisir de vous\n\n( i ) Le fils d/Arlès.\n(2) Ms. 7724.\n(3) Employé ou londé de pouvoirs des Escudier.\n(4) Louis Armingaud, le célèbre violoniste, né à Bayonne en 1820."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.23", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "les envoyer et comme la musique de David est sans prix pour vous comme\npour nous, vous voudrez bien accepter l'offre de ces morceaux.\nVous seriez bien aimable si vous pouviez nous faire faire une copié\ndes paroles de deux nouvelles mélodies de David que vous avez reçues.\nNous irons vous demander les six un de ces quatre matins.\nJ'attendtoujours votre réponse au sujet de l'opéra.Jesuis prêt à partir.\nVeuillez agréer nos complimens.\nESCUDIER.\nParis, 18 août [1845.]\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\nMonsieur.\nJe pars décidément lundi prochain, 21 courant. Il y a longtemps que\nmon voyage était décidé et si j'ai tardé un peu, c'est précisément dans\nl'intérêt de notre ami. J'ai été obligé de chercher en divers endroits les\nmanuscrits de felicien et ensuite j'ai dû les faire copier parce qu'en\nquelques endroits on ne voulait pas perdre les originaux. J'ai recueilli\ntous ceux que j'avais moi-même, ceux que nous avions fait en collabo-\nration et d'autres. Il n'y a qu'une œuvre qu'il m'a été impossible de me\nprocurer. Ce sont les quatuors faits à la maîtrise par David à 13 ans.\nJ'ai appris, après avoir cherché en divers endroits et être allé même\ntrouver Marius Roy, son prédécesseur à Marseille, que ces quatuor sont\nété achetés et vendus ensuite à la livre avec d'autre musique, il y a de\ncela très longtemps. Cependant, j'ai emporté quelques fragments qui\npourront mettre David sur la voie. Au reste il est possible que ces com-\npositions faites à un âge où David ignorait les premières notions de\nl'harmonie n'aient pas autant de valeur que celles que j'emporte, qui\ndatent de 5 et 6 ans plus tard.\nSitôt arrivé à Paris, j'aurai l'honneur de vous écrire pour vous\ndemander une visite. J'emporte plusieurs bonnes lettres de recommanda-\ntion et une lettre de crédit pour un banquier lequel pourrait bien me\nfaire trouver des capitalistes désireux de s'associer à notre affaire. Je\ncompte toujours sur votre dévouement et votre sympathie, permettez\nmoi d'espérer qu'ils ne me feront pas plus défaut que la bonne amitié de\nDavid. Ma foi en lui et mon espoir en vous, voilà ce qui me soutient et\nme guide dans ce voyage.\nEn attendant d'avoir l'avantage de vous voir\nAgréez l'assurance de mon sincère et\nrespectueux dévouement.\nSYLVAIN St-ETIENNE.\nAix le 18 juillet 1845."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.24", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "P. S. Je compte m'arrêter un jour ou deux à Lyon pour voir\nMr Arlès Dufour.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Enfantin, chez Mr Jourdan,\nrue neuve des petits\nchamps, 39.\nA Paris.\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(I)\n[Zurich,] Dimanche matin 17 août [1845.]\nLa description des fêtes de Bonn m'a fait pleurer. On pourrait\naussi, nous autres français nous réunir pour de grandes choses pacifiques ;\nmais on s'en garde. — Nos fêtes rappellent toujours la poudre, le sang,\nla destruction, aussi voyez comme nous nous aimons et nous aidons les uns\nles autres, chiens de chrétiens de chiens que nous sommes ! — J'ai vu\navec plaisir que David s'est enfin décidé à aller à Bonn, mais les honneurs\nont été là pour ce saltimbanque de Liszt parce qu'il a eu le toupet de\nse les préparer soi-même à soi-même. Il est impossible que cette grande\nsolennité n'exerce pas sur David une heureuse et grande influence. Si\nj'étais musicien comme David, le transport et le délire musicaux ne me\nquitteraient pas, dut ma vie se transformer 20 ans plus tôt.\nLorsque j'assiste réellement ou par la pensée à ces grandes commu-\nnions d'hommes, je me prends à détester la vie de famille, mon commerce,\nma cité !\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMonsieur,\nIl est bien malheureux pour moi de recevoir tant de reproches au\nsujet de la lettre que je vous ai écrite dernièrement, qui selon moi ne\nles méritait pas. Avant de vous écrire j'avais consulté David et ce n'est\nque quand il m'a démontré la nécessité d'une prorogation par rapport\nau voyage de Russie et par rapport au temps qu'il a encore à exploiter\nle Désert en Allemagne que j'ai dit qu'il fallait proroger ce traité. Car\nvous devez vous rappeler que je n'avais été moi-même de l'avis d'une\n\n(I)fMs. 7665.\n(2) Ms."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.25", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "prorogation, et je suis tellement malheureux dans les propositions que\nj'émets auprès de vous que quoique je dise, il ne m'en advient que des\nreproches. Dans notre entrevue à Paris, il fut question de cela, et je vous\ndis que à mon avis, le Désert avait été assez exploité et même trop, qu'il\nfallait le faire mettre au commerce en faisant graver, alors vous ne fûtes\npas de mon avis et vous trouvâtes que j'avais tort de penser ainsi. Ici\nje consulte David et il me dit qu'il tient au voyage de Russie et qu'à\ncause de cela il fau-t proroger. De plus, il ajoute, et je suis de son avis\nque si on grave, les partitions arriveront de suite en Allemagne, puisque\nMr Schott de Mayence se tient prêt à publier, et que David arrivera\nalors dans des pays où on serait déjà saturé de sa musique du Désert,\nraison de plus pour proroger. Ici vous avez fait erreur en pensant que\nje prêtais le projet aux Escudier de venir en Allemagne exploiter eux-\nmêmes, tandis que si vous relisez ma lettre vous trouverez tout le con-\ntraire, J'ai dit qu'ils y expédieraient de suite la partition ce qui revien-\ndrait au même pour que l'œuvre y fût exécutée avant l'arrivée de David.\nDonc cet article de ma lettre se résume en ceci : si David avait fini\nd'exploiter l'Allemagne, ou bien si son Moïse était terminé, pas de\nprorogation ; elle ne doit avoir lieu que par la nécessité de sa position\net parce qu'il peut y avoir intérêt à aller en Russie exploiter le\ninédit. Sur mon honneur vous ne trouverez pas autre chose dans ma\nprécédente lettre, et je ne vois réellement pas en quoi cette opinion est\nblamable. J'avais même ajouté que si on était obligé de proroger, il\nfallait le faire avec l'avantage pour David d'avoir d'autres pays que\nl'Allemagne, pour se rattrapper au besoin de ce que l'on ne gagne pas ici.\nTout ceci était plutôt à l'avantage de David que contre lui. Car en défi-\nnitive ma pensée est la même que le premier jour où je suis allé chez vous.\nSi on a le pouvoir de forcer les Escudier à graver, il faut le faire. Eux\nseuls y perdront la moitié de ce qu'ils auraient gagné en Russie. Quand\nà David, il n'y perdra rien, car il pourra y aller exploiter le Moïse inédit ;\nainsi que d'autres compositions et au besoin le qui bien que gravé\nalors n'en sera pas moins un corrollaire agréable pour les concerts. Voilà\nmon opinion, elle n'a que la valeur de cela ; car vous auriez tort de croire\nque je veux vous imposer mes idées, je sais reconnaître toujours l'au-\ntorité que vous donne votre expérience des hommes et des choses, et\nil vous est toujours réservé de pouvoir les rejeter ou les approuver selon\nque vous les jugez bonnes ou mauvaises.\nVous insistez dans votre lettre et d'une manière bien fâcheuse pour\nmoi sur mon incapacité industrielle, tandis qu'il vous serait bien facile\nd'avoir la preuve du contraire, si vous vouliez vous donner la moindre\npeine à ce sujet. En effet au lieu de me juger sur l'effet que j'ai pu\nproduire sur vous, il serait bien plus simple de consulter les divers indus-\ntriels dont j'ai dirigé les affaires. Donnez-vous la peine d'écrire àM. Bois-\nselot, facteur de pianos à Marseille et à M. Pépin, éditeur de la même\nville et là vous pourrez savoir comment j'ai opéré pour eux et quels résul-\ntats j'ai obtenus dans le commerce qui est celui qui s'allie le mieux\nàla musique. Il y a à Aix cinq mille âmes, écrivez au hazard au premier\nvenu, haut ou bas placé, car tous me connaissent, et demandez leur"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.26", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "comment j'ai opéré commercialement. Parce que j'aurai pu donner un\nconseil ou émettre une opinion fausse, si tant est que je l'ai fait, il ne\ndoit pas s'ensuivre de là que je sois incapable. Quel est l'industriel qui\nne se trompe pas. Vous même, qui êtes doué d'une intelligence supérieure\nà celle de beaucoup d'autres, je suis sûr qu'il a pu vous arriver de vous\ntromper quelquefois en affaires. Vous dites à David, si Sylvain avait\nla moindre idée d'industrie, il ne resterait pas un jour en Allemagne,\noù il n'y a rien à faire comme exploitation. J'avoue que je ne comprends\npas votre pensée sur ce point. Vous savez que je tiens essentiellement\nà débuter comme éditeur par un ouvrage un peu saillant, et il a été\ndécidé que ce devait être le Moïse. Or, il ne me convenait nullement\nd'ouvrir un magasin à Paris avec une ou plusieurs romances de David.\nJ'aurais excité la jalousie des autres éditeurs pour bien peu de chose.\nA paraitre sur la scène (?) il faut y arriver de manière à se poser conve-\nnablement. Or, il a été décidé, que au lieu de perdre mon temps à Paris\njusques là, je serais utile à David, et j'ai parti de suite, abandonnant\npar dévouement pour lui, patrie, femme, enfants, tout enfin. Au reste\nje ne m'en repens pas aujourd'hui, et vous-même vous en serez bien\naise quand vous saurez que le Moïse sans cela serait indéfiniment retardé.\nDavid a composé presque tout sans paroles, il y a des rithmes, sans\ncoupe régulière, et il faut être plutôt musicien que poète pour y accoler\ndes paroles. Grâce à une tâche laborieuse que je me suis imposée, travail-\nlant quand il va courir, je parviendrai, je l'espère, à faire que cet ouvrage\nsoit complètement prêt sous peu de temps. Or, s'il avait fallu faire cela\npar correspondance, surtout David étant si paresseux pour écrire, cela aurait\ntraîné encore six mois. Vous comprenez donc que je ne reste pas en\nAllemagne pour rien, et que je sais parfaitement que ce n'est pas un\npays pour y gagner de l'argent; ce n'est pas d'aujourd'hui que je sais\nque c'est plutôt un voyage que David devait faire pour sa réputation\nque pour l'intérêt. Si David vous a montré la lettre que je lui ai écrite\nle lendemain de son succès à Paris, vous y verrez que je lui conseillais\nde voyager dans ce sens. Notre marche était très simple. Il faut assurer\nle succès du Moïse en Allemagne soit à Leipsick soit à Vienne. Une fois\nce succès qui sert de passeport pour les autres villes, on va exploiter ferme\net rapidement Paris V Angleterre et ensuite les villes les plus importantes\nde France. Nous pouvons exploiter ensemble ou sur deux points diffé-\nrents àla fois, et un de nous peutaller exploiter la Russie. Je veux perdre\nà tout jamais l'amitié de David, si cette exploitation ne lui rapporte\npas à lui et à moi vingt fois plus que n'a rapporté le pour lui\nsurtout qui n'a presque rien eû des Escudier. Pourquoi ne voulez vous\npas comprendre qu'un dévouement sans bornes comme celui que j'ai\npour David peut faire d'aussi grandes choses que l'appât des richesses\nou une avide ambition ?\nCertes, je ne demanderais pas mieux que de prendre la position\nque vous voulez me faire auprès de David : etre toujours avec lui, son\naide de camp, son secrétaire intime, son sténographe, recueillant au vol\nses pensées, ses inspirations, comme je fais aujourd'hui, en un mot, mais\ncela ne peut pas avoir lieu encore. David n'a pas encore une position"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.27", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "assez opulente pour se permettre de rétribuer convenablement celui\nqui a comme moi une famille assez nombreuse, qui se repose tout entière\nsur moi. Dans ma pensée, mes deux idées pourraient se rallier. David\npar le Moïse et les autres mélodies qu'il m'a assurées me met en position\nde réaliser une certaine fortune et de recevoir des propositions d'Editeurs\ninfluents dont l'association (?) me représente des garanties et des chances\ncertaines. Je puis alors trouver moyen tout en étant intéressé dans leur\nexploitation de garder la liberté nécessaire pour suivre David dans ses\nvoyages, rester à côté de lui même à Paris, et être ce que vous désirez\nque je sois auprès de lui. Je ferai alors encor par dévouement ce que je\nfais aujourd'hui de la manière la plus désintéressée, car vous ne devez\npas douter que mon absence de mes affaires à Aix me fait perdre beaucoup\nd'argent, et je n'ai pû me décider à ce sacrifice pécuniaire que dans\nl'espoir d'un prochain avenir et d'une position plus favorable. Je n'ai\njamais pensé à enchaîner la volonté de David pour d'autres ouvrages\nà venir. L'exploitation du Moïse sera un fait et on pourra me juger. S'il\nest prouvé que je ne m'entends pas au métier d'éditeur, David sera\nlibre d'en chercher d'autres. Il en sera quitte pour m'avoir favorisé\nsous ce rapport et m'avoir donné un témoignage d'amitié et de recon-\nnaissance en me donnant la préférence en cette occasion. Certes, cela\nne l'empêchera d'aller pas malgré cela à la gloire et à la fortune. On peut\nbien prendre quelques gouttes d'eau dans un fleuve sans qu'il y paraisse,\nor, David n'est-il pas un fleuve d'harmonie ? Mais je suis forcé d'avoir\nmeilleure opinion de moi que vous n'en avez vous même. Le\nréussira, il fera beaucoup d'argent et tout le monde sera content, auteur,\npublic et éditeur. Quant à Paris, je n'en suis pas en peine, les directeurs\nont autant d'interet que l'auteur lui même à le faire réussir et ils con-\nnaissent encore mieux que personne les moyens de un succès.\nVous me parlez des éditeurs de Paris, et vous dites qu'ils en mange-\nraient dix comme moi.Cela est très exagéré, mais je suis trop franc pour\nne pas reconnaitre une partie de cette vérité. Ils sont plus intriguants, plus\nadroits si vous voulez et connaissent mieux la place de Paris. Mais\nil n'est pas juste de m'en faire un reproche. Ces messieurs quand ils\nsont venus à Paris ne le connaissaient pas mieux que moi, ils n'ont\npas toujours été aussi puissants qu'ils le sont aujourd'hui, et si jamais\nun auteur influent ne les avait favorisés, ils seraient restés en chemin\ncomme tant d'autres. En éditant de la bonne musique, quand ils n'en\néditent que de la mauvaise, je dois être plus qu'à leur niveau, et j'aurai\ntoujours l'avantage sur eux d'apprécier par moi même et non par le\ncanal d'autrui l'importance d'une composition qui me sera présentée.\nLe temps et l'expérience, je l'espère, feront le reste."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.28", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "LE RETOUR EN FRANCE\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[I845 ? ]\nCher pere\nJe suis malade depuis quelques jours d'un refroidissement qui,\nheureusement n'aura pas de suites graves. Je vais beaucoup mieux\naujourd'hui. La bourse seule va très mal. Le départ de Sylvain, le loyer,\nColin, et autres petits comptes à régler m'ont épuisés (sic). Voici\nles gros qui vont arriver ; il me faudrait donc deux mille francs. Soyez\nassez bon, cher père, pour me les envoyer d'ici à demain midi.\nJ'irai vous voir à ma première sortie.\nA vous de cœur,\nfélicien David.\n* ... K., •• .*Â - --v- 1\n\nF. DAVID A MADAME CHEVALIER\n(2)\n[Paris, 1845-1847]\nMadame\nJ'ai confié à Mademoiselle votre fille, depuis fort longtemps, deux\nmélodies, Crainte d'amour,et une autre commençant par ces mots :\nComme aujourd'hui je suis joyeuse,voudriez-vous avoir la bonté de les\nremettre à M. Jourdan qui vous présentera cette lettre.\nAgréez, madame, mes salutations empressées, et faire mes compli-\nments à mademoiselle Chevalier.\nfelicien||David.\nMadame Chevalier.\n(i) Ms. 7710\n(2) Ms. 7710. Ecrit sur du papier à\\en-tête du ajournai L, Algérie, Afrique,\nd'Orient et de la Méditerranée, rue Neuve4les-Petits-Cliaißps,|3s ; ce.billet date par consé-\nquent des années 1845-1847."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.29", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(2)\n[Paris, février 1846 J.\nCher père,\nJ'ai passé la soirée hier avec la famille Suquet avec David qui m'a\nfait faire leur connaissance. Demain il est convenu qu'il va chercher\ndes appartements pour David. C'est le moment pour moi de vous rappeler\nà vous qui en comprendrez mieux encore l'utilité que David, l'impor-\ntance pour moi d'être tout-a-fait à portée de me concerter avec David\net d être rapproché de lui. Cela nous a été utile en Allemagne, de pouvoir\nà chaque instant nous communiquer nos idées, nos plans de campagne\npour tout ce qui touche aux affaires et aux intérêts matériels de David\nque j en reconnais encore mieux l'avantage ici où les affaires vont qua-\ndrupler et où une fois le Moïse mis en branle, les courses, les copies,\nde parties, la surveillance à donner à l'orchestre et mille choses que je\nne puis prévoir encore, vont nous absorber complètement. N'ayant\npas amené ma famille, et me trouvant seul à Paris, il est beaucoup\nplus facile à David de trouver à me donner, après avoir gardé pour lui\nsalon, chambre à coucher, et cabinet de travail, il peut se trouver une\nautre chambre où on puisse caser un lit et un bureau pour écrire et où\nse trouvera toute la musique que j'aurai à voir souvent, à classer, à\nexaminer soit pour les paroles à ajouter sur ce qui est déjà fait, soit\npour en proposer la vente aux éditeurs ; vous savez l'insouciance de\nnotre ami, sa condescendance facile même quand elle peut nuire à ses\nintérêts, il pourrait livré à lui-même prêter des partitions, des ouvrages\nimportants qu'on lui copierait, qu'on lui emporterait, choses (sic) qui lui\nest arrivée quelquefois. Je veux prévenir cela et je n'ai pas d'autre\nbut en me rapprochant de lui. Si vous pensez la dessus comme moi,\nprévenez en Mr Suquet pour qu'il s'arrange de quoi trouver cette chambre\nde plus en prenant le logement de David.\nLes Escudier m'ont écrit hier, je m'y attendais, ils m'ont envoyé\nun billet pour leur concert d'hier ; je n'ai pu y tenir, il y a un certain\nchanteur qui a écorché David d'une manière si terrible que je suis\nsorti immédiatement. Ses Hirondelles ont été plumées complètement.\nC'est dégoûtant d'entendre parodier de si belles choses.\nMaintenant ils veulent que je leur fasse un article sur l'arrivée de\nDavid. Cela ne me convient pas, à cause de ma position et de la reserve\noù je prétends rester avec eux. ils veulent d'ailleurs emboucher la trompette\npour signaler le don fait aux pauvres par David à Aix et insérer la lettre\nque je fis écrire à David au maire et que les journaux d'Aix ont reproduite.\nTout cela serait bon dans un autre journal que la France musicale,\nmais ici on aurait l'air de dire que David n'a donné cela à Aix que pour\nle faire dire plus tard au journal des Escudier. Et cette bonne action\n\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.30", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "toute spontanée, toute de cœur serait ainsi gâtée. Je me propose d'aller\nchez eux empêcher cet article ou pour que du moins il soit présenté\nconvenablement.\nJe porte aujourd'hui, sur sa demande, à David la partition et les\nparties du Moïse. Jusqu'à présent je n'avais pas lâché cette partition\nqui avait échappé même à la Douane autrichienne. J'ai presque peur que\nDavid ne la montre un peu trop, avant-hier encore les Escudier sont\nallés chez lui à dix heures et demie du soir. Conseillez lui toujours la pru-\ndence.\nJ'ai pensé à quelques variantes sur les vers que vous m'avez signalés\ncomme devant être changés, je vous dirai cela à notre première entrevue,\net je voudrais savoir si demain aussi matin que vous voudrez, elle ne\npourrait pas avoir lieu chez vous, car il est beaucoup d'autres choses\nimportantes dont je pourrai avoir à causer avec vous, avant d'agir, il\nfaut bien se concerter.\nVoici un journal d'Allemagne ; leurs intentions sont bonnes mais\nles vers sont un peu trop aériens. J'en aurai d'autres à vous montrer\nplus tard. Mille salutations respectueuses.\nvendredi\n\nS. St-etienne.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Paris, fin février 1846.]\nCher père,\nil y a eu séance ce soir chez David : Suquet et Térence [Hadot] y\nétaient, et ont été enchantés des mélodies pour violoncelle et piano.\nOn à également joué la symphonie en mi-bémol arrangée à 4 mains\nM. Meissonnier qui y était, est plus que jamais porté pour la musique\nde David. C'est un Editeur intelligent, excellent musicien, il comprend\nce que vaut un jeune compositeur riche d'avenir. Nous sommes d'accord\npour l'album à 2.500 Mais maintenant il veut les mélodies de violon-\ncelle, il m'offrait 4.000 fr. du tout. Bien qu'on pût retirer encore 1.000 fr.\nde Schott pour l'Allemagne de ces deux ouvrages, et que 5.000 soient\nbons à prendre, je ne conseille pas cette affaire à moins de 2.500 —l'album\net 3.000 les mélodies de violoncelle pour la France seulement. Meis-\nsonnier y arrivera, je ( ? ) lui comprendre. A défaut, il prendra\ntoujours l'album à 2.500 et on pourra attendre cet hiver pour le\nreste. Voilà mon opinion.\n\n(1) Ms. 7779.\n3"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.31", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "David m'a remis la procuration. Il était mieux ce soir, j'espère qu'il\nsera bientôt complètement rétabli.\nRecevez, cher père, mes sincères et cordiales salutations.\nvotre tout dévoué.\nVendredi minuit. SYLVAIN St-ENENNE.\nCher père,\nJe résume ce que je vous ai dit ce matin pour la partie financière\nde la recette de David.\nIl faut que Meissonnier donne 2.500 — au lieu de 2.000 qu'il offre;\navec cela, il aura les romances déjà faites, deux petites mélodies pour\npiano faites également, et cinq romances à faire. Il complète la deuxième\navec une qu'il a achetée antérieurement. David ne doit pas s'engager à com-\nposer plus de cinq romances, pour ne pas arriérer un travail plus impor-\ntant. — On demandera de l'album à Schott, pour l'Allemagne, 50 —\nattendu que les 2.500 — pour Meissonnier se bornent à la propriété\npour la France.\nSi on veut acheter les mélodies violoncelle et piano, c'est 3.000 fr.\npour la France et 600 fr. pour l'Allemagne.\nDavid a vendu antérieurement, ainsi que je vous l'ai dit, savoir :\nà Meissonnier — Symphonie en mi bémol )\nle Captif, f\nChoeur Chant du soir j I,300 »\nnocturne à 3 voix )\nA Schott, les mêmes 600 »\nA MM. Brandus <§■ Cie, savoir :\nl'amour créateur 1\nLe mourant 3 mélodies j 700 »\nFormosa I\non a demandé à Schott, 200 »\nMme Carrare a acheté :\nO Salutaris \\ , „ .\nAve verum ! a payer dans 8 Jours 100 »\non a demandé à Schott pour les 2 morceaux\nreligieux 50 »\nen expectative 250 »\nEn affaire conclue et somme reçue 2.700 »\nJ'ai oublié une chose importante ce matin, c'est de vous demander\nla procuration en blanc que vous avez et qui m'est indispensable pour"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.32", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "traiter avec les directeurs, David n'étant pas cette fois avec moi, ayez\nla bonté de la remettre à Jules qui vous porte cette lettre et de la faire\nporter chez David où je passerai la soirée.\nTamisier est venu ; je lui ai dit formellement que David n'avait\naucune proposition d'acquisition du à faire, et que c'était à des\néditeurs que les Escudier devaient s'adresser si cela leur convenait. Ja\nne serai pas fâché de savoir ce qu'il adviendra de cette affaire, et je vous\nprie de m'en écrire le résultat.\nVeuillez recevoir, cher père, la nouvelle assurance de tout mon res-\npectueux dévouement, me continuer votre affectueuse bonté et ne pas\nme faire faute de vos conseils dans l'occasion.\nVotre tout dévoué serviteur\nSYLVAIN St-EnENNE.\nParis, le 17 juillet 1846.\nP. S. Je regrette bien de ne pas avoir copie du traité entre Escu-\ndier et David, qui fait l'objet du procès; je connais plusieurs légistes et\navocats distingués à Aix qui auraient pu me donner conseil là dessus ;\net comme le procès n'arrivera pas jusqu'à cet hiver, ils auraient pu être\nutiles. Si vous avez l'occasion de faire faire cette copie, et de me la faire\npasser dans une lettre, vous m'obligerez.\nS. S'-E.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n1847] (2)\nCher père\n, Arlès m'a annoncé une nouvelle qui m'aurait rendu très joyeux si\nj'avais pu retarder mon départ pour Paris. Malheureusement c'est\nimpossible, j'ai des engagemens pour Bruxelles, Gand et Lille, il faut\nque j'y sois au commencement d'octobre, je ne pourrai donc pas voyager\navec vous, ce qui m'attriste beaucoup, j'aurais tant aimé vous voir à\nmon arrivée à Paris, quand reviendrez-vous PArlès ne m'en dit rien,\nj'espère que vous reviendrez bientôt, et que je pourrai au moins vous\nembrasser avant mon départ pour la Belgique.\nCette lettre vous sera remise par S'-Didier qui tient absolument\nà vous voir et qui vous aime toujours de tout son cœur ; toute sa famille\npartage cette affection.\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Cette lettre date de l'époque du voyage de David dans le Midi."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.33", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "Adieu, mon père, je vous embrasse de loin en attendant de vous voir\nbientôt, je serre la main au brave Arlès quoiqu'il m'ait envoyé au diable.\na vous d'âme.\nFelicien DAVID.\nil est inutile de penser donner des concerts à Lyon maintenant, jl\nest presque convenu avec Georges (i) de mettre en scène C. Colomb et\nde le donner cet hyver. nous ne perdrons rien à attendre.\nje vous prie de faire mes compliments affectueux aux dames Nugues\net à toute la famille. Je regrette doublement de ne pouvoir vous accom-\npagner.\nje n'ai pas eu le temps d'aller à Oullins (2) voir Me Arlès et sa\nfamille. Quand vous les verrez, dites leur mille choses affectueuses\npour moi.\n[Marseille, été de 1847]\nCher père,\nArthur (3) et Bruno que j'ai vus l'autre jour m'ont fait les plus\nsanglants reproches sur ma paresse, je voulais un moment leur en\ndemander raison ; mais réfléchissant que des reproches venaient des\nhommes les meilleurs et les plus pacifiques, je me suis calmé, en avouant\nmoi-même qu'ils n'avaient pas tort, cependant ma faute n'est pas si\ngrande qu'on pourrait le croire et les bonnes intentions ne m'ont pas\nmanqué, chaque fois que j'allais écrire, je trouvais mon encrier à sec.\nque faire à cela!! j'y voyais une indication providentielle. Le ciel était\nd'accord avec ma pensée et si n'avaient été quelques petits remords\npar ci par là j'aurais été fort tranquille.\nVous avez de mes nouvelles de Lyon par Arlès. jl a du vous dire que\nje n'avais pas été très merveilleusement accueilli dans cette ville, la\nchaleur et lecolysée aidant, j'ai parfaitement compris cette conduite,\nj'avais moi-même plus envie de me baigner que de donner des concerts,\nd'ailleurs mon immense amour-propre me défendait de donner d'autres\ncauses à cette indifférence à mon égard. Mais à Marseille çà été bien pis :\nmes honorables compatriotes demandaient au désert des chameaux (4).\nCette fois, ils voulaient des thons, des tritons, que sais-je encore ? bref :\nIls ont voulu écraser C. Colomb par le Désert. Ils adorent ce Désert :\nils le demandent à grands cris ; et moi, bonne pâte que je suis, je vais le\nleur donner lundi prochain avec deux parties de Colomb. Mais je jure\npar le soleil qui nous éclaire que ce sera le dernier concert que je donnerai\nà mes chers compatriotes, dûssent-ils venir m'implorer à genoux.\nCe voyage aura donc été pour moi une promenade tout à fait de\nplaisir si n'avaient été ces atroces concerts qui m'ont un peu échauffé\nla bile... pour me dédommager j'ai été prendre des bains à force et je\n\n(1) Georges Hainl.\n(2) Dans le département du Rhône.\n(3) Arthur, fils naturel du Père-Enfantin.\n(4) Voir plus haut, la lettre du 11 avril 1845."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.34", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "m'en suis bien trouvé, je n'oublierai pas dans mes bonnes journées\ncelles que j'ai passées à Curson chez les demoiselles Nugues. il n'y man-\nquait qu'une chose, c'était votre présence, nous nous sommes dédom-\nmagés en pensant et parlant de vous.\nj'ai eu des nouvelles de tous les amis par les voyageurs égyptiens ;\nil paraît que tous se portent a merveille et qu'ils pestent contre moi à\nqui mieux mieux, je pense aller m'offrir à toute leur colere vers la fin du\nmois de 7bre. mais je leur conseille de parler bas, s'ils ne veulent\npas essuyer de mes arguments, vous pensez bien que je n'ai pas laissé\nde côté l'argumentation par tierce et par quarte et que j'ai\navec les meilleurs professeurs de la province, ainsi que chacun se tienne\ntranquille. aDieu, cher père, je désire bien vous revoir ; en attendant,\nje vous embrasse de tout mon cœur.\nj'embrasse aussi, malgré les mauvais propos tenus sur moi, tous les\namis: Térence, I Duveyrier et tutti quanti.\n(jour dan.\nmille choses affectueuses à Mr Adèle.\ntout a vous de cœur.\nFelicien DAVID.\n[1843-1855.]\nCher père,\nJe vais mieux. J'accepte l'invitation chez Mme Kienné (i). Quant à\naujourd'hui, je suis pris\na vous de cœur\nfelicien David.\nAdresse : Monsieur Enfantin\nEn Ville.\n[[lB4B-1849]\nCher pere,\nEncore de l'argent que je vous demande, 500 112. j'ai mon loyer\na payer et ma provision de bois a faire. Mais voici bientôt, j'espère, les\nrecettes qui vont arriver avec les concerts en Hollande, à Paris : avec\nle jugement dernier et puis ce fameux opéra que je mitonne avec amour.\nJe vous embrasse cher père.\nFélicien DAVID.\nje pars vendredi pour Chateaudun. (3) je pourrai donc encore dîner\navec vous demain.\n\n(r ) Mme Kiéné, mère de Mme Bigot, célèbre pianiste amie de Beethoven.\n(2) Chez Hadot."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.35", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "HADOT AU PERE ENFANTIN\n(i)\n25 juin{1848]\n...Je ne sais si l'affaire dm maestro a marché depuis son départ. Voici\noù elle en était le 16 juin. Son adversaire avait pris avocat, lequel était\ntombé d'accord avec Nicolet que le débat ne serait pas porté devant les\ntribunaux, mais seulement devant arbitres. Nicolet a de plus, consenti\nà accepter une sentence sans appel si les arbitres étaient choisis à sa\nconvenance. Trois anciens et très honorables bâtonniers de l'ordre des\navocats, M®* Marie, Paillet et Duveyrier ayant accepté cette mission,\ntoute objection tombait. Ces Messieurs jugeront en dernier ressort, et\nNicolet a l'assurance que quel que soit leur arrêt, il sera rendu sans\nfrais pour David. Voilà pour la procédure. Quant au fond, si, par impos-\nsible, David succombait, il serait condamné à relivrer sa partition, soit\nsous peine de dommages intérêts fixés, soit sous peine de dommages\nintérêts multipliés par chaque jour de retard. Dans ce dernier cas, à\nmoins que la somme ne dépassât que de peu le prix d'une course d'om-\nnibus ou d'un cigare de la Havane, il faudrait courber la tête et se dévouer\nà toutes les horreurs du boulevard du crime.\nLa question devait être vidée (du moins les arbitres l'avaient promis\nà Nicolet) peu de jours après le xetour de nos hôtes. Il avait, par suite,\nété trouvé convenable de ne pas se mettre en routepourSéricourt(2)avant\nle jugement, afin de n'avoir pas à revenir, en cas de condamnation dure,\nsur l'appropriation de la musique brésilienne aux faits et gestes\nbohèmes (3). Dans cette hypothèse, heureusement bien peu admissible,\nDavid ne se mettrait pas moins à l'œuvre avec le grand faiseur (4).\nMais il s'y mettrait avec une situation bien dessinée, une détermination\nbien nette, celle de faire du neuf et rien que du neuf. Vous aimez assez\nles déterminations nettes pour approuver celle-ci.\nJ'attends avec bien de l'impatience la solution de ce trop long\nimbroglio. Vous la connaîtrez sans doute avant moi. Priez du moins ce\nmaître taciturne de ne pas me laisser trop longtemps dans le doute. Je\nvais presser Nicolet, qui a été bien écrasé de besogne à son retour, de\nne laisser repos ni trêve à ses trois grands confrères aussitôt qu'il sera\nun peu débrouillé.\n[Chatea(?) 1848.]\n...De part et d'autre on nous traite en véritables et nous\nsommes ici comme au secret. Je me suis abonné à VEstafette pour être\n\n(1) Ces deux fragments extraits des lettres 135 et 136 du ms. 7630, datent de 1848.\nHadot qui écrivit avec Méry le livre de l'Eden.\n(2) Résidence de Scribe, en Seine-et-Marne.\n(3) Allusion à la partition de la Perle du qui ne fut représentée que le 22 no-\nvembre 1851, au Théâtre Lyrique; le poème était de Gabriel et Sylvain Saint-Etienne.\n(4) Scribe."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.36", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "au moins au courant (sans me compromettre) des destinées de (1)\nmais cet affreux journal, le plus mal rédigé que je connaisse, malgré\nl'intérêt que Bareste lui porte, ne manque jamais d'oublier l'article\nspectacles les lundis, mercredis et vendredis.\n\nF. DAVID A MADAME X.\n(2)\n[Automne 1851.]\nChere madame,\nJe me faisais une fête de dîner aujourd'hui chez vous avec les amis,\nquand il m'est survenu une invitation de Mr Sevestre (3) pour un dîner\nd'affaire, à laquelle il faut absolument que je me rende, j'espère que\nvous serez assez bonne pour m'excuser. j'irai d'ailleurs ce soir vous\nexprimer moi-même tous mes regrets.\nVotre bien dévoué et affectionne\nfelicien David\n[Hiver de 1851-52]\nChère Madame,\nJe suis en ce moment en froid avec la direction de l'Opéra national\net il me serait difficile pour ne pas dire impossible d'avoir des billets de\nfaveur pour mon opéra (4). J'espère que cette situation ne se prolongera\npas et que je pourrai bientôt vous dédommager du refus que je me vois\nobligé de vous faire à mon grand regret, aujourd'hui.\nmille complimens affectueux\nfelicien David.\n\nA LA MEME\nFélicien Daxid.\n(5)\nChère madame,\nje vous envoie cette loge pour vous dédommager de mon refus de\nl'autre jour.\nbien à vous\n(i) La première représentation de VEden avait eu lieu à l'Opéra le vendredi 25 août\n1848. Ce « mystère en deux parties», poème deMéryet Hadot, n'eut que cinq représentations.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Directeur du Théâtre Lyrique (1851-1852.)\n(4) La Perle du Brésil. Le Théâtre Lyrique porte nom d'Opéra National jusqu'au\n12 avril 1852.\n(5) Ms. 7710."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.37", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[:même époque.]\nj'étais bien entendu, cher Père, que ces deux entrées étaient pour\nvous. Quant aux places numérotées plus ou moins bonnes, je ne pouvais\nen avoir, attendu qu'on n'en donne qu'aux billets payants. Mais je\ndirai qu'on vous place le mieux possible.\nje n'ai pas entendu parler de cette affaire de Londres. Je ne sais ce\nque c'est.\na vous,\n112. DAVID.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher monsieur,\nLa partition de VEien est retrouvée. Je ne saurais trop vous remer-\ncier de m'avoir donné le moyen de me mettre en rapport avec M. de\nMaisonhaute, il a été l'obligeance extrême, et je vous le dis pour que\ndans l'occasion vous puissiez lui en tenir compte.\nC'est une bonne inspiration que nous avons eue d'avoir recours à\nvous en cette occasion, et par l'envoi de votre lettre qui a eu un si heu-\nreux résultat vous nous avez rendu à David, à Fonscolombe et à moi\nun véritable service.\nAgréez, avec mes remerciements, la nouvelle assurance de mon\nsincère et respectueux dévouement\nSYLVAIN S^ETIENNE.\nParis les Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port-Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher Monsieur,\nVous me dites qu'il est inutile que je réponde à votre dernière lettre,\nmais il faut bien que je vous dise cependant que je m'étais occupé de\n\n(1) Ms. 7630 (1840-1861), n<> 63. Ce billet fut vraisemblablement écrit comme les deux\nprécédents, à l'époque des représentations de la Perle du Brésil à l'Opéra national.\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.38", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "cette affaire de concerts à Lyon, et que ce n'est plus moi qui suis un\nobstacle à sa réalisation. Quand j'ai fait part à David, des propositions\ntrès vagues du reste, de Georges Hainl], David m'a répondu qu'occupé\ncomme il l'était par le travail sérieux de son opéra, il ne se déciderait\nqu'à regret à aller à Lyon, et il a fixé un prix de 4.000 112. à lui assurer\npour le cas où il entreprendrait ce voyage.\nJe pense moi que c'est cette manière de présenter l'affaire à Georges\nqui a fait que celui-ci n'a pas pris la peine de répondre, car je lui ai fait\nremettre la lettre à son hôtel à Paris, avant son départ, et depuis je\nn'ai plus rien reçu.\nJe ne vous charge de rien, je sais bien que vous avez assez de vastes\naffaires sur les bras, moi, je n'en suis pas non plus à me croiser les bras\naujourd'hui avec mon édition, mais je vous dis ceci au cas où le hazard\nvous ferait rencontrer Georges : la présence de David est-elle indispen-\nsable avec un chef d'orchestre comme Georges pour gagner de l'argent\nà Lyon avec les œuvres de David : Désert, Colomb, Eden et Moïse, ces\ndernières créations venant de produire beaucoup d'effet à Paris ? Moi\nje pense qu'on ferait beaucoup plus d'argent avec David, mais si le\nrefus de lui assurer 4.000 112. détourne le directeur du Cirque ou du\nfhéatre de cette affaire, il me semble qu'elle peut se faire autrement.\nA défaut de David, je mettrai mon concours pour ce qui tient aux détails\net à la tradition de ses œuvres, à la disposition de ces messieurs.\nAu reste je viens d'écrire dans ce sens à Georges.\nRecevez, mon cher monsieur,\nl'assurance de mon sincère\net respectueux dévouement.\nSYLVAIN SÏ-ETIENNE.\nParis le 11 Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher monsieur,\nJ'ai hésité longtemps à vous occuper de l'affaire pour laquelle je\nvous écris aujourd'hui. Mais j'ai pensé, après y avoir bien réfléchi, que\nvous seul pouviez en être l'arbitre entre David ou plutôt M. Arlès\net moi. Il n'est guère possible d'ailleurs que ce soit un autre que vous\nqui se trouve de moitié avec M. Arlès pour l'achat de (1).\n\n(i) La Fin du Monde, après de nombreuses transformations, devint Herculanum,\nreprésenté en 1859 à l'Opéra. Eugène de Mirecourt, le collaborateur de David publiant en\n1854 même, une biographie de ce dernier, écrivait (p. 91) : « L'œuvre de notre héros est\nprête ; elle a toutes les conditions exigées par le drame lyrique, son titre est la Fin du\nMonde ; toute la partition peut, dès aujourd'hui, se distribuer aux pupitres de votre"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.39", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "Je dois donc vous faire connaître ce qui est arrivé au sujet de cette\nœuvre.\nD'abord, vous n'ignorez pas que c'est moi qui ai le premier été\nchargé de faire faire cette œuvre à David. Tilly était alors directeur\nà la Porte-Saint-Martin, il venait de recevoir le drame d\nde Gabriel et de Mirecourt, et désirait avoir des chœurs comme on\navait fait à l'Odéon pour Antigone.(l) Je proposai la chose à David, qui\nl'accepta, et à cette époque, moi-même j'ai aidé à parodier la musique\nsur des paroles de David qui ne restent plus aujourd'hui à cause du\nbouleversement complet de l'ouvrage et de sa transformation en opéra.\nDu jour où je suis devenu éditeur de musique, vous savez que j'ai\nacheté tous les manuscrits qui lui restaient comprenant indépendamment\nde quelques morceaux isolés, L'Eden, le Moïse et les trois symphonies\nà grand orchestre en mi, en fa et en ut mineur. Je vous ferai observer\nen passant que ces cinq ouvrages, les trois derniers surtout, ne pouvaient\nêtre achetés que par un éditeur ami, l'affaire étant plus artistique que\ncommerciales. En effet, je savais déjà, bien que je fusse depuis peu\ndans le commerce de musique que de pareils ouvrages très coûteux\npour graver, ne se vendent qu'à de très rares exemplaires et ne payent\njamais les frais d'édition.\nJe dois vous expliquer cela pour vous faire apprécier le sentiment\nqui m'a guidé quand j'ai fait l'achat de ces œuvres de David, qui tenait\nessentiellement à ce qu'elles puissent être appréciées par les artistes.\nIl ne pouvait y avoir pour moi qu'une compensation à cette affaire\nonéreuse, c'était de publier plus tard des œuvres qui pourraient être\nobtenues à des conditions plus favorables par l'éditeur. . ■'% j\nVous comprenez que le jour où j'ai eu la pensée d'ouvrir un magasin\nde musique, c'est David qui dans ma pensée était mon guide et mon\ndrapeau ; mes amis qui sont ceux de David, sont devenus d'autant\nplus volontiers mes commandataires que je leur ai fait partager la\nconfiance que j'avais en lui. Mon idée était de suivre les chances de sa\nbonne ou mauvaise fortune, me consolant des revers ou m'applaudissant\ndes succès, suivant que la chance ou le caprice du public amènerait les\nuns ou les autres.\nTout ceci ne doit pas vous étonner, vous qui connaissez mon dévoue-\nment sincère, mes vives sympathies pour David, et je ne pense pas que\nvous croyez que j'écris ceci pour vous faire prendre le change sur mes\nvéritables sentiments pour lui que vous avez pû sonder et apprécier\ndepuis longtemps.\n\norchestre. Nous n'en ferons pas l'éloge d'avance, c'est au public de juger ». Et plus loin (p. 93 ):\n« Retenez bien cela, monsieur Roqueplan. Nous vous conseillons à vous qui aimez la\nraillerie, de ne jamais prononcer l'adage connu : « Après nous la Fin du Monde : » Cela vous\nporterait malheur ». E. de Mirecourt est bien connu par ses biographies des\nL autre collaborateur de David, Gabriel, était un auteur dramatique, qui travailla surtout\nen collaboration.\n(i ) L'Antigonede Sophocle, traduite par Vacquerie et Maquet (1844)\"; elle a été remise\nà la scène du Théâtre-Français, avec musique de M. Saint-Saëns, en 1893."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.40", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "Arrivons à l'affaire de la fin du m que j'offrais\nde racheter parce que je voyais que le prix de 3.000fr. qu'il devait à\nmes amis paraissait le gêner, nous étions d'accord sur ce point. Je lui\ndonnais encore une somme comptant pour lui en dehors des 3.000 fr.\net il me fallait encore acheter la part de Gabriel. Dans ce même moment\nil vint me proposer de lui acheter la Fin du M onde à des conditions qui\ntout en paraissant au premier aspect favorables, laissaient cependant\nbeaucoup plus de chances contraires pour moi que pour lui. J'ai su\ndepuis que David avait modifié en votre faveur ces clauses, et je crois\nqu'il a bien fait.\nMalgré que je trouvasse ces prétentions un peu fortes, à certain\npoint de vue, j'aurais peut-être consenti à les accepter, mais une des\npersonnes à qui je devais nécessairement en parler puisqu'elle devait\nme fournir les fonds nécessaires, me fit entrevoir précisément dans\nl'échelonnement des sommes à payer, des inconvénients pour moi,\nque j'avais fait déjà remarquer à David, et m'engagea à lui faire modifier\ncertaines dispositions du traité. David crut devoir ne pas le faire, et il\nne me dit plus rien de cette affaire que je regardais toujours comme\ndevant être reprise plus tard entre nous au moyen de certaines conces-\nsions mutuelles.\nJ'appris un jour par Mr Lhabitant et alors que j'avais tout à fait\npersuadé mon commanditaire que l'affaire avait passé des mains de\nDavid dans celles de Mr Arlès et ses amis. D'un côté je n'en fus pas fâché,\nje me dis : ce sont là des personnes qui n'ont pas voulu spéculer et qui\nont vouluseulement venir momentanément en aide à David. Depuis, je\ncausai avec celui-ci qui me raconta les détails de l'affaire, il me dit\nque pensant que j'avais renoncé définitivement à l'affaire (là était son\nerreur) il avait cédé l'ouvrage, mais que ses amis lui avaient promis de\nn'en pas faire l'objet d'une spéculation et de la rétrocéder à l'éditeur\nqui se mettrait à leur lieu et pince, et qu'ils avaient voulu seulement\nl'empêcher de donner son œuvre à un prix plus bas que celui qu'il avait\nlui-même demandé.\nDepuis, j'ai demandé à David, avant de tenter aucune démarche\nauprès de Mr Arlès, s'il serait bien aise que je reprisse l'ouvrage, en lui\nrappelant que je n'avais pas été le maître de l'accepter dans le temps\nqu'il me le proposait. Il m'a répondu qu'il le désirait vivement qu'il\ncomprenait que c'était juste, et qu'il aimait bien mieux d'ailleurs que\nce fût le même éditeur qui comptait tout lui prendre et ne s'était fait\néditeur que pour pousser et populariser ses œuvres. Car je ferai ici une\nparenthèse pour vous dire que j'ai racheté tous les morceaux édités\nautrefois par Schlesinger et plus tard par Brandus.\nDavid avait ajouté en cette ocasion : Je ne suis plus libre de les\nforcer à accepter, mais je ne doute pas qu'ils le feront d'après tout ce\nqui milite en ma faveur. Tous ces détails peuvent vous être confirmés\npar David lui-même.\nJ'ai cru pendant longtemps que Mr Lhabitant avait mission et\npouvoir de Mr Arlès et de vous pour traiter cette affaire et la preuve\nc'est que j'avais fait tenir prête pour lui être remise la somme de 1.500"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.41", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "qui avait été avancée par vous à David ; seulement il y avait à m'entendre\nencore avec lui sur un point pour la Perle qui le regardait personnel-\nlement mais que je traitais du même coup ; lorsque Mr Arlès, se trouvant\nà Paris, je pensai que je pourrais aller franchement au but avec lui.\nMon intention était de lui faire connaître tous les détails qui précèdent,\net de lui faire savoir que dès mon entrée dans le commerce d'Editeur,\nj'avais compté essentiellement sur les futurs ouvrages de David, et\nque sans cela je n'aurais pas exposé cinq mille francs environ que je\nlui ai comptés en plus de la somme qui sont (sic) à dépenser pour l'édition\ndes symphonies dont le produit est nul ; donc évidemment j'aurais\nl'espoir de me retrouver un peu sur les opéras à'venir.\nMalheureusement Mr Arlès était très occupé et àla veille d'un voyage\nle jour ou je fus chez lui ; il y avait plusieurs personnes dans sa chambre,\net je ne pus rien lui dire. D'ailleurs il m'avait beaucoup refroidi en me\ndisant que l'affaire était dans ses mains et qu'il voulait en courir la\nchance. Je compris bien qu'en ce moment il oubliait qu'il parlait à un\nami intime de David, et qu'il ne paraissait pas se souvenir de mon\ndévouement pour lui et du désintéressement dont en maintes circons-\ntances, je ne crains pas de le dire, j'ai donné des preuves certaines.\nSi Mr Arlès avait sû tous les détails qui précèdent, au sujet de cette\naffaire, j'aime à croire qu'il aurait accueilli plus favorablement ma\ndemande, car en plus d'une occasion, et alors que je voyageais frater-\nnellement avec David, je n'ai eu qu'à me louer de son bon cœur et de\nson affabilité.\nLe refus de Mr Arlès porte à peu près sur ceci : David n'est pas riche,\nil avait des besoins quand nous nous sommes chargés de son œuvre,\nen lui avançant de l'argent, aujourd'hui s'il y a du bénifice c'est lui qui\nl'aura. Ceci est juste au fond, et à Dieu ne plaise que je blâme cette bonne\nintention, moi qui à cette époque lui ai prêté une somme d'argent qu'il\nm'a d'ailleurs remboursée depuis. Mais en cas de succès, que feront\nquelques mille francs qu'on pourra tirer de plus pour David ? Au prix\ndu traité il touchera douze mille francs et au moins vingt mille francs\nen plus de droits d'auteur. Il aura là de quoi attendre l'autre opéra\ndont je lui ai fait donner les paroles par deux des meilleurs librettistes\ndu moment. Et d'ailleurs pourquoi ne serait-on pas bien aise quel'éditeur\neût du bénifice en cas de succès ? Je ne suppose pas qu'on veuille lui\nfaire acheter à coup sûr un mauvais ouvrage. Un Editeur décidé comme\nmoi à acheter toutes les œuvres de David, doit avoir des chances bonnes\net mauvaises et c'est l'une qui doit compenser l'autre. Je vous ai déjà\ndit que les ouvrages que j'ai en oratorio et en symphonies (consultez\nDavid là-dessus) peuvent faire perdre plus que ne fera gagner la fin du\nmonde, dont le prix de gravure et d'Edition, ne l'oubliez pas, peut se\nmonter seul de 20 à 30 mille francs.\nJ'aurais encore beaucoup à vous écrire à ce sujet, mais ma lettre\nest déjà bien longue et je crains bien qu'elle ne vous fatigue peut-être.\nEn ce cas, je fais un dernier appel à votre patiente obligeance et je me\nrésume en ceci.\nJe suis l'ami sincère, et dévoué de David."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.42", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "J'aime sa musique au delà de toute expression.\nDès l'ouverture de mon magasin je lui ai acheté tous ses manuscrits\net en ce moment je termine la publication de la\ncollection de 30 chœurs dans laquelle j'ai placé tous les hymnes des\nSaint-Simoniens en leur conservant leur caractère et en respectant\ncomplètement la musique.\nCette collection seule me revient à peu près à mille francs. Je défie\nque tous ces morceaux malgré leur beauté eussent été achetés par tout\nautre Editeur ainsi que tous les oratorios et les symphonies, si je l'ai\nfait, c'est dans la probabilité juste et rationnelle que tout l'avenir de\nDavid auquel je m'attachais de préférence à tout autre, me serait\nacquis.\nIl y a une différence entre votre affaire et la mienne, c'est que je\nprends àla fois la fin du monde et les autres ouvrages de David.\nJ'offre donc, ce à quoi David consent d'ailleurs, de reprendre l'affaire\naux conditions du traité actuel du remboursement de suite l'argent\nversé et en me mettant à votre lieu et place. Vous pouvez me dire :\nmais pourquoi ne l'avez-vous pas fait, quand David vous le proposait ?\nJe réponds : C'était à des conditions onéreuses qu'on à modifiées depuis,\net d'ailleurs vous comprenez que je ne pouvais, en attendant tous mes\nfonds d'un ami, ne pas le consulter en cotte occasion.\nEn remettant cet ouvrage dans mes mains, croyez bien que vous ne\nnuisez en rien à David, et à moi vous me rendez service sous ce rapport\nqu'il peut m'être très nuisible qu'on m'enlève un ouvrage qui peut être\nà succès, pour ne me laisser que ceux sur lesquels la perte est assurée\nd'avance,\nJ'ai tellement cru à la conclusion de cette affaire entre David et\nmoi, que j'ai acheté à la même époque pour une somme versée comptant\nles droits d'auteur de Méry, pour les paroles, et voyez si ma position ne\nserait pas fâcheuse autant que bizarre, moi, Editeur de musique d'avoir\nla propriété des paroles et non celle de la musique. L'effet moral de la\nchose serait d'autant plus mauvais pour moi, qu'on penserait que c'est\npour l'acheter ou que j'ai perdu la confiance de David.\nMr Arlès m'a parlé de manière à me faire croire que s'il était sûr\nque je devais bénéficier seul sur l'affaire, il me ferait la faveur de me le\ncéder plutôt, mais que mon associé y aurait aussi part ; qu'ainsi donc,\nil vaut mieux que ce soit David qui le gagne. En ce cas, il peut agir\nsuivant son inspiration, car je n'ai point d'associé mais seulement des\ncommanditaires qui n'ont rien à recevoir de moi que l'intérêt égal de\nleur capital.\nMaintenant je vous ai tout fait connaître. Je parle avec sincérité\net sans vouloir en rien vous influencer. Vous me connaissez, vous savez\ndonc si je mérite vos sympathies. Moi aussi j'ai lutté comme David, et\nje lutte encore. J'ai cru que je pouvais compter sur mes amis et sur\nles amis de David. Je ne pense pas avoir démérité de vous tous, aussi\nj'espère que vous ne voudrez pas tromper mon espoir. Vous avez été\ntoujours bon pour moi. J'attends donc une réponse favorable à cette\ndemande."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.43", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "Dans cet espoir, veuillez bien me croire toujours\nvotre dévoué et très affectionné serviteur.\nSYLVAIN St ETIENNE.\nParis 108 bre 1854.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[1843-1855.]\nCher père,\nun de mes amis d'Aix m'adresse M. Morret pour que je lui donne une\nlettre d'instruction auprès de vous. Je vous l'adresse donc, et ce sera à\nlui à vous formuler ce qu'il desire.\na vous d'ame.\nfeiicien David\nSamedi\nCher pere, 185\nJe suis allé vous voir ce matin et je ne vous ai pas trouvé. Je voulais\nque j'irai vous prendre lundi a4% pour aller ensemble chez\nBoisselot (2), comme c'était convenu. La soirée de Trio n'a pu avoir lieu,\ndeux des artistes ont dû partir plutôt (sic) que je ne croyais, nous avons\nremis cela au retour de Ritter (3)\n• a Lundi, je vous embrasse\ntendrement.\nFélicien David\n[iB4s]\nj'ai répondu a Arlès sur sa bonne offre et je l'ai acceptée de même\ncœur qu'il me l'a faite. J'aurai demain probablement le consentement\ndes collaborateurs.\na vous cher père, et tout de cœur.\nfeiicien David\n(1) Ms. 7710.\n(2) Théodore Rit ter le pianiste.\n(3) Xavier Boisselot, de Marseille."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.44", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(1)\nCher père,\nJe ne vous envoie jamais mes feuilletons, je ne les fais pas même voir\nà David. Je connais son indifférence pour tout ce qu'on dit de lui en bien\nou en mal dans la presse. Seulement je suis bien aise que vous sachiez\nque je suis toujours sur la brèche, ne manquant jamais de rompre une\nlance pour son talent ou sa personne. Pour peu que le sujet me le per-\nmette, je rappelle, sachant qu'il n'est que trop enclin à se faire oublier,\nlui-même, qu'il est l'espoir de notre génération moderne, et qu'il rêve\nd'autres succès moins éphémères que ceux de certains auteurs à la mode\nque je n'ai pas besoin de vous nommer.\nSi vos importantes occupations vous permettaient de jeter un coup\nd'œil sur cet article vous en comprendriez certains passages où les allu-\nsions sont assez faciles d'ailleurs à saisii. Mais j'appelle surtout votre atten-\ntion sur l'endroit où il est question de la reprise du pré-aux-Clercs. Dans\nles réflexions qui suivent une citation d'un de mes précédents articles,\nvous comprendrez aisément qu'il est question de la future reprise de la\nPerle du Brésil. A ce sujet, je vous dirai que vous aviez raison et que\nDavid a consenti (sans consulter ses amis comme toujours) à accorder\ndeux ans à M. Perrin pour la reprise de la Perle du Brésil. Son excuse est\nque si son ouvrage réussit au Théâtre Lyrique, Mr Perrin n'attendra pas\ndeux ans pour le reprendre à l'opéra comique, j e n'admets pas tout à fait\ncela ; mais enfin il vaut toujours mieux cet engagement dans deux ans\nque rien.\nPour en revenir à mon feuilleton qui, vous le voyez, est tout à fait de la\ndisposition de David et de ses œuvres, je ne regrette qu'une chose, c'est\nqu'il ne soit pas écrit dans un journal ayant les lecteurs du Constitutionnel,\ndu Moniteur ou du Siècle. J'avais fait il y a quelque temps des démarches\nauprès de ce dernier journal, et notre ami Louis Jourdan m'avait même\ndonné un bon coup de main. Desnoyers m'avait parfaitement accueilli et\nj'avais beaucoup de chance pour être admis dans cette feuille quand\nDesnoyers a marié sa fille et a donné pour dot à son gendre son feuilleton.\nIl est très fâcheux qu'il ne lui [ait | pas donné en même temps son esprit,\ncar vraiment le nouveau feuilletoniste n'est guère à la hauteur d'un de nos\npremiers journaux politiques.\nC'est égal, la vérité ne va pas mal, elle est dans les mains d'un homme\nfort et puissant comme finance (il est fâcheux qu'il soit prêtre) et en atten-\ndant il y a toujours moyen de faire encore là quelque bien, et de servir\nl'art et les véritables artistes. Toutefois si jamais vous trouvez le moyen\n\n(1) Ms. 7779.\n(2) Perrin avait reçu et mis en répétition au Théâtre Lyrique, le Dernier Amour, sur\nun livret de Méry, utilisant les morceaux que David avait composés pour le Jugement\ndernier, à la Porte-Saint-Martin. La tentative n'eut pas de suite, dit Azevedo, et le Dernier\nAmour fut représenté à l'Opéra sous le titre d'Herculanum en 1859."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.45", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "de me faire arriver, à une tribune d'où ma voix pût porter plus haut et\nplus loin, je vous en serais très reconnaissant.\nEn attendant l'avantage de vous voir, ce qui sera bientôt, veuillez\nrecevoir, cher père, la nouvelle assurance de tous les sentiments de\nvotre dévoué serviteur\nParis le 18 ja 1855.\n\nSylvain St ètienne.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\nSylvain St-Etienne\n(1)\nVous savez peut-être déjà que David va diriger une partie des\ngrands concerts qui vont avoir lieu du 15 au 25 dans le local de l'Exposi-\ntion. Cette fois il n'y aura pas à perdre au moins de l'argent. David doit\nrecevoir une somme fixe et assuréededeux millefrancs.il yaura 1000 musi-\nciens à chaque concert. Berlioz en conduira un même nombre que David\nqui fera exécuter des fragments de Colomb, le Désert, Moïse, et deux scènes\nnouvelles dont une intitulée Hymne à la paix universelle.\nJe pense que vous viendrez à Paris pour entendre cela ; mais j'espère\nbien aussi qu'à cette époque, je serai de retour de Marseille. J'ai envie de\npartir d'ici le 30 ou 31. Je voudrais bien savoir si vous serez encore à\nLyon à cause du projet que j'ai à vous laisser.\nRecevez, cher père, l'assurance de mon sincère dévouement\nParis le27 8bre 1855.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin 1\nRue de Bourbon N° 18\nA Lyon\n(Rhône).\n(I) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.47", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\nler janvier 1857.\nCher père,\nQuand venez vous à Paris ? Votre arrivée ici est attendue avec la plus\ngrande impatience. Voici pourquoi : un ancien élève de l'école de Grignon,\nriche agriculteur de l'Orne, et récemment emmené à notre foi, a\ntrouvé un procédé pour dessécher et fertiliser les marais. L'expérience a\nété faite chez lui, avec des résultats inespérés. Il veut vous apporter sa\ndécouverte pour la plus grande glorification de notre foi.\nMr Darclé n'est pas un rêveur. C'est un homme sérieux et pratique et\nil est en mesure de montrer les travaux qu'il a excuté dans ses propriétés.\nIl ne parle de rien moins que d'un nombre indéfini de millions à réaliser\ndans peu d'années. Je suis bien impatient de savoir ce que vous penserez\nde si belles choses. Quant à M. Darclé, il voudrait vous parler dès demain,\ntant il est enthousiasmé de pouvoir vous offrir le fruit de ses travaux.\nQuel bonheur si l'année 1857 commençait avec des espérances si belles\npour l'avenir.\nJe n'ai pas besoin de vous dire, cher père, que je vous embrasse avec\ntoute la tendresse de mon cœur,\nfelicien David.\n[184..- 185.. ?]\nCher père,\nArlès m'a-t-il définitivement fermé son crédit ? je me trouve aujour-\nd'hui àla tête de 2 50. c'est peu réjouissant, comme vous voyez, je\nn'ai pas encore reçu de réponse de Lumley (2). Il paraît qu'il se cache à\ntous les yeux et personne ne peut le voir.\na vous,\nfelicien David\n[lB6l].\nCher père, je me suis engagé pour lundi, ne sachant pas que vous dési-\nriez m'inviter pour ce jour-là. Maintenant je ne serai libre que vendredi\nprochain.\nA vous toujours,\nfélicien David\n[Paris, 1854]\nCher père,\nMadame Banderali, la veuve du chanteur de ce nom, que j'ai beau-\ncoup connu, m'a prié de vous demander votre protection pour son frère»\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Imprésario directeur de Covent-Garden à Londres.\n(3) Banderali, célèbre proiesseur.de chant (1789-1849). L'affaire des Eaux de Lyon\ndata de 1854.\n4"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.48", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "M 1 Cajani qui se trouve à Lyon. Mr Cajani, homme très distingué, au dire\nde sa sœur, voudrait trouver un emploi dans les Si vous\nvouliez le recevoir et juger par vous même de son mérite, vous rendriez\nservice à une femme distinguée et qui mérite qu'on s'intéresse à elle et\npuis à chacun suivant sa capacité et la possibilité de placement.\nJe ne puis vous demander davantage. J'espère vous embrasser bientôt..\n\nA NEREE DESARBRE, SECRETAIRE DE L'OPERA\n(*>\n[1859 J.\nMon cher Desarbre,\nVoulez vous remettre à la personne que j'envoie la loge que je vous\nai demandée pour aujourd'hui mercredi.\nVotre bien dévoué.\nFelicien David\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n[Paris, janvier 185 ?].\nF Nous sommes en train Paulin (3) et moi d'organiser 5 matinées musi-\ncales publiqueschez Erard, de 15 en 15 jours, le programme porterait :\nséance de musique ancienne et moderne ; bien entendu que je serais le\nprincipal moderne, nous passerions enrevue toute ma musique de chambre,\ny compris des fragments de mes oratorios, nous aurions quintetti, duos,,\net chœurs. Nous commencerions le Ier février, votre arrivée nous serait\nbien utile pour pousser à l'abonnement ; car nous aurons pas mal de frais.\nA vous, cher père, j'embrasse Arthur, Arlès et toute la famille.\n(1) Ms. 7710. Nérée Desarbre (1822-18...); vaudevilliste, secrétaire deTOpéraen 1856;;\nauteur de Sept ans à l'Opéra (1864). Ce billet date de l'époque des représentations d'Her~~\nculanum.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Paulin Taîabot sans doute."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.49", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "A ARLES-DUFOUR\nJ.-G. Prodhomme.\n[1864].\nMon cher Arlès,\nje compte partir pour les Eaux bonnes lundi prochain. Vous savez\nque la vie y est extrêmement chère et elle le sera encore plus cette année à\ncause de la présence de l'impératrice. Je ne pourrai pas m'en tirer a\nmoins de 1.200. je compte sur votre bonne amitié.\ntout a vous de cœur,\nfelicien David"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.2", "titre_corps": "D'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE", "titre_sommaire": "D'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.2", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "D'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE\nET CELLE DE SES AMIS (1832-1864)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.3", "titre_corps": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.2", "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(1)\nLyon, 12 ?er 45.\nSuchet m'a expliqué le traité Davi.d Je ne pouvais pas croire que\nvous l'ignoriez, c'est inouï. — Ces misérables Escudier ont abusé de\nde l'innocence de David ; mais celui-ci est impardonnable\nde ne vous avoir pas consulté. Pourvu, au moins, qu'Escudier ait\nmenti en écrivant à Hainl (2) qu'il a acheté non seulement toute la\nmusique passée et présente, mais encore toute la musique future de\nDavid. Voyez bien cela.— Il faudrait remuer ciel et terre pour rompre\nun pareil traité.\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis.\n18 /** 1845.\nCe que vous me dites au sujet de David, cher ami, prouve que\nDieu est grand et que vous n'êtes pas petit. ; |\nSes brioches m'avaient vexé comme s'il se fût agi de ma bourse et\nde mon œuvre. Dieu soit loué, vous l'avez libéré,, autant; sans doute\nque c'était possible, de ses exploiteurs. Remerciez Charles le bon\npoète, de ma part, pour l'aide qu'il vous a prêté dans cette affaire.\nMaintenant tâchons que David tienne ma promesse vis-à-vis de\n\n(1) Ms. 7665.\n(2) Georges Ilainl, 1807-1873 ; chef d'orchestre à Lyon (1840), à l'Opéra de Paris\n(1863), au Conservatoire, à la cour de Napoléon 111."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "Georges Hainl. Qu'il choisisse son moment en me prévenant. Mais\nqu'il n'aille pas à Londres avant fin avril. C'est d'ailleurs' l'époque à\nlaquelle j'irai moi-même.\nLyon, 31 janvier 1845.\nPour David Il faut absolument le conduire par la main, sans\ncela, non seulement sa vie matérielle serait compromise, mais encore\nson génie. Il faut bien que vous le compreniez ainsi pour que, malgré\nvos souffrances de Paris, vous y prolongiez votre séjour. Tâchez d'en\nfinir et de faire mettre quelque chose en viager sur la tête de l'artiste.\nAprès tous ses concerts, il faut absolument qu'il vienne et s'il ne peut\ndonner le Désert pour le concert de Hainl, qu'il donne au moins, et qu'il\nenvoie d'avance orchestrée, la danse des astres. Georges [Hainl], avancera\ns'il le faut son concert.\n6 /* 45.\n... Voici encore un mot de Hainl. J'ajoute qu'on m'assure que\nles Escudier ont demandé des renouvellements d'acceptation, et qu'ils\nont fourni des traites sur marchandises non vendues. Cela sent la décon-\nfiture qui pourrait bien venir fin courant. Peut-être le besoin d'argent\ndéterminerait-il ces corsaires à lâcher leur proie, et Isaac [Pereire], vous\naiderait pour cela.\nHainl est persuadé et moi aussi qu'indépendamment de son concert,\nDavid pourrait en donner deux avec le directeur. Je crois qu'ils seraient\nproductifs.\nLyon 8 février 1845.\n... Les projets de courses à l'étranger pour David ne me plaisent\npas plus qu'à vous. Il faut qu'il aille en Allemagne ; mais précédé par\nson ou ses œuvres et non pour les exploiter comme un juif. Pour cela\nil faut d'abord lui assurer du pain. A Lyon je crois qu'outre les 1.000 112.\nque Hainl lui donnera, il pourra facilement gagner 2 à 3.000 112. Si\npour le concert de Georges il ne peut pas faire exécuter le Désert, il\npourra toujours lui donner la valse. Je crois, comme je vous le disais\navant-hier, que Pereire terminera mieux avec les Escudier que vous.\nBonne année donc (1), mon ancien, au revoir bientôt.\nA. D.\n* Prosper\nf Adresse : Monsieur Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis\n\n(i) Enfantin venait d'avoir cinquante ans."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.4", "titre_corps": "ESCUDIER A SYLVAIN SAINT-ETIENNE", "titre_sommaire": "ESCUDIER A SYLVAIN SAINT-ETIENNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.4", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "ESCUDIER A SYLVAIN SAINT-ETIENNE\n(I)\n24 [1845].\nPrince Albert hôtel, 11 Leicester place.\nMonsieur,\nC'est de Londres, où je suis venu pour faire exécuter l'ode sympho\"\nnique le Désert de Félicien David, que je réponds à votre lettre du\n12 mars.\nNous sommes convenus avec Félicien David de garder inédite,\npendant longtemps la grande partition du C'est pour nous une\nperte réelle ; il faut que nous trouvions une compensation dans les\nproduits de l'exécution. Nous ne vous cacherons pas que notre intention\na toujours été de faire exécuter, nous même à Aix le chef-d'œuvre\nde notre ami, mais si vous voulez présider à l'exécution, au lieu de\nprendre une part éventuelle de la recette, nous vous autorisons à donner\ndeux grandes fêtes pour mille francs, c'est-à-dire, 500 f. pour\nchaque fête. De plus, il faudra donner 100 f. pour l'auteur du poème,\nM. Colin, en tout onze cents francs. Sur la remise de cette somme ou\nd'un billet à notre ordre sur Paris, nous vous enverrons notre autori-\nsation.\nNous comprenons très bien que Dohler n'ait gagné que 400 f.\nà Aix (2) ; il y a des villes où il n'a gagné rien du tout ,; mais la curiosité\nqu'excitera le chef-d'œuvre de notre ami, votre compatriote, vous permet-\ntra d'augmenter les places et vous ferez certainement une belle recette.\nNous serons heureux que le Désert soit exécuté à Aix, la ville natale\nde son illustre auteur ; avec votre concours, nous sommes sûrs qu'il\nsera dignement interprêté.\nJ'ai fait reproduire dans tous les journaux de Londres, la biographie\nde David que vous avez écrite. Après avoir si bien compris l'homme,\nvous comprendrez mieux que personne la musique.\nA Londres l'exécution sera grandiose, grâce à nos soins, et j'ose\najouter, à nos exigences. L'orchestre se composera de 140 instrumen-\ntistes (il y aura 40 violons) et les chœurs de 80 chanteurs. On n'a\njamais fait plus pour Hândel, l'idole des Anglais.\nVous pouvez nous adresser votre réponse à Paris, 6, rue neuve St-Marc.\nAgréez, l'expression de nos meilleurs sentimens.\nESCUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.5", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.4", "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(3)\nMonsieur.\nFelicien me charge de vous écrire, et je saisis avec empressement une\noccasion qui me permet de me mettre en rapport avec un homme qui lui\nporte une affection de père.\n\n(i) Ms. 7724. Cf. la lettre de Sylvain à Enfantin, qui suit.\n(2) Le pianiste Dôhler (1814-1856) venait de faire une tournée en France.\n/ \\ -\n(3) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.5", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "Voici l'histoire de David depuis qu'il vous a quitté.\nIl est arrivé à Aix vendredi matin : là rien n'a manqué à sontriomphef\net il doit être content de l'ovation qu'il a reçue, a Cadenet, berceau de\nson enfance, même réception, mêmes hommages. Nous voici maintenant\nà Marseille, ou il a reçu votre lettre. Il paraît que Colin continuera ici\nson système de vexation comme ill'afait jusqu'àprésent(i).— J'ai porté\nla partie de votre lettre que nous avons pu détacher du reste et qui pou-\nvait être montrée, à Mr Lecour, un de nos amis, avocat de grand mérite»\nqui va s'occuper de suite de parer à la saisie que ne manquerait pas de\nfaire opérer Colin. Cet avocat aurait désiré avoir une pièce ou deux,,\nsavoir le traité de félicien avec Escudier et celui de Colin avec les mêmes ;\nil prétend qu'il aurait pu puiser dans ces deux pièces des éléments pour\nbien apprécier les faits et le plus ou moins d'importance de la demande\nde Colin. Si vous avez ces pièces en votre possession, vous ferez peut\nêtre bien d'en envoyer une copie, car les pièces sont tout pour les avocats\nou avoués. Au reste le procès de Lion pourra venir assez à temps pour\ndétruire les absurdes prétentions du librettiste et nous attendons avec\nimpatience une lettre qui nous apprenne le résultat de ce procès. Le\npremier concert à Marseille, n'ayant lieu que lundi prochain, 7, nous\nconnaîtrons alors le résultat de l'affaire jugée en ce moment.\nQuant au traité avec le directeur, je l'ai fait de mon mieux, et tous,\nceux qui connaissent ici les usages disent que j'ai obtenu une faveur»\nOrdinairement le directeur traite de moitié et partage également les\ndépenses , même celles des pauvres. J'ai fait limiter tous les frais et les\ndroits des pauvres y sont compris. Je crois que c'est comme à Lyon,\nseulement ici, on ne le fesait pas ainsi d'habitude, et il a fallu parle-\nmenter beaucoup pour obtenir cela. Quant à obtenir un fixe de la part\ndu directeur, il n'a pas été possible de l'obtenir. Je compte surveiller\nmoi-même la porte ; ce n'est pas pour rien que j'ai tenu à accompagner\nmon bon ami et rien ne me coûtera pour assurer ses intérêts et les sauve-\ngarder contre la volerie habituelle de tous les exploiteurs de theatre.\nJ'ai obtenu pour Aix un concert. Ce concert indépendamment de ce\nqu'il pourra offrir une recette assez lucrative, fera honneur à David, car\nla ville d'Aix, qui l'adopte comme son enfant, aurait vu avec une vive\npeine qu'il privât son pays de lui faire entendre ce chef d'œuvre. Jeudi\non l'attend dans cette ville pour un grand banquet donné en son hon-\nneur. Les Escudier ont exigé un prix très élevé et surtout\nd'avance pour donner l'autorisation à Aix ; on voit que ces Messieurs\nveulent tirer la quintessence de l'œuvre qu'ils ont achetée. Je n'ai pu\nparer à cela qu'en augmentant le prix des places.\nJe compte avoir l'honneur de vous écrire encore pendant notre\nséjour à Marseille, et vous tenir au courant de ce que nous faisons\nne voulant pas laisser cette peine à felicien que les visites et les répéti-\ntions fatiguent. Je tache de lui aider le soir aux répétitions en me met-\ntant aux parties et en ne lui laissant que le soin du piano, malheureuse-\n\n(1) Auguste Colin faisait des procès à David partout où le Désert était excuté, arguant\niju'iln'avait pas donné son autorisation préalable. Voir plusloin les lettres de Lecour à David»"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.6", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "ment il est des cas où la présence du maître est indispensable. Je crois\nqu'il aura besoin de beaucoup de ménagements dans cette tournée\nd'Allemagne qu'il va faire pour que la fatigue des concerts ne le rende\npas malade.\nPour ne pas manquer l'heure du courrier, je termine cette lettre, me\nréservant ainsi que je vous l'ai dit de vous tenir au courant des affaires\nde Félicien David à Marseille.\nAgréez l'assurance du respectueux dévouement avec lequel\nj'ai l'honneur d'être,\nMonsieur,\nvotre très humble\net très obéissant serviteur.\nSYLVAIN St-ETIENNE,\nMarseille, le 3 avril 1845. hôtel de\nV univers ; rue\ndu jeune Anacharsis.\nP.-S. David me charge de mille choses affectueuses pour vous.\nLe retard apporté au premier concert vient de ce que l'on monte un\ngrand opéra d'Halévy, Charles VI; David a cru devoir presser les deux\nautres restant ; mais comme ce trop grand rapprochement pourrait\npeut-être nuire à la recette, il serait bien de faire connaître, si vous ne\npourriez pas donner à felicien un peu plus de latitude et consentir à\nretarder le jour que vous lui avez fixé pour qu'il fût rendu près de vous."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.6", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.6", "debut_caractere": 1156, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Marseille] n avril 1845\nPère,\nil nous a été impossible de presser les concerts comme je l'aurais\nvoulu, à cause des représentations de Charles VI. D'autre part, le direc-\nteur a voulu traiter absolument pour 3 concerts, le premier a eu lieu\nlundi 7. Il a produit pour moi près de 2.000 fr. Le second de mercredi\n% donné seulement I.ooo# a cause du mauvais temps. Les Marseil-\nlais ont été assez froids au premier concert; ils s'attendaient, m'assure-\nt-on, à voir figurer des Arabes, et des chameaux dans mon La\nseconde audition a été plus animée, on a fait bisser le lever du soleil,\nnous allons voir ce soir la dernière représentation.\nDemain samedi concert à Aix, je n'ai pu refuser cette satisfaction à.\nmes compatriotes, ils auraient été furieux, je ne pourrai donc partir que\nle 13 dimanche au soir, par la diligence, je n'ai pas trouvé de place à la\nmalle poste, je suis bien désolé de n'avoir pu partir plutôt pour\n\n(1) Ms. 7710."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 717, "texte": "revenir vers mon bon pere quil me tarde tant de revoir, je n'ai pu faire\nautrement malgré ma bonne volonté. Mon ami Sylvain s'est donné une\npeine incroyable pour faire mes affaires. Malgré cela je suis un peu\nfatigué de toutes ces répétitions et excursions, il me tarde de me reposer\nun peu avec vous, et de puiser de nouvelles forces dans votre affection\npaternelle.\nj'arriverai lundi 14, à Paris, dans la soirée.\nJe vous embrasse de tout mon cœur.\nF. DAVID.\nIl a fallu déposer pour la garantie de Colin 1.000 [francs] pour les deux\nconcerts passés. M. Lecourt a une procuration pour [les] retirer aussitôt\nque faire se pourra. Je viens d'apprendre le jugement de Lyon. Victoire !..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.7", "titre_corps": "A. LECOUR A. F. DAVID", "titre_sommaire": "A. LECOUR A. F. DAVID", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.7", "debut_caractere": 719, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "A. LECOUR A. F. DAVID\n(1)\nMon cher Ami,\nJe reçois ce matin une copie des motifs et du dispositif du Jugement\nde Lyon. La question y est très bien traitée. Il n'y a rien dont déjà, je\nn'eusse pris note (sans calembourg), mais tout est bien mis en relief, et\nun Jugement ainsi motivé peut faire autorité.\nOn m'a communiqué un Mémoire imprimé de Colin par-devant la\nCour de Paris, dans le procès Vatel. Colin y dit très expressément que la\nquestion du procès est le refus de laisser exécuter le Désert, pour ce qui\nconcerne le Poëme. Quant au droit d'Auteur, il reconnaît que la quotité\nde ce Droit, serait inconstestablement fixée par les usages, mais il ne\ns'agit pas, dit-il, de recevoir plus ou moins, il s'agit pour lui de refuser\net il en a le droit absolu.\nCeci nous vient en aide, car ici, il n'y a pas prétention de refus, mais\nprétention de moitié Recette, ce qui est tout l'opposé d'un Refus.\nReste toujours la difficulté de compétence dont je vous ai parlé.\nA Lyon, Colin a actionné le directeur et vous, ce qui entraînait l'affaire\nau Tribunal de commerce. Ici vous êtes seul en cause, et l'examen que\nque je fais de la Jurisprudence atteste qu'à Paris ces questions la se\nportent de préférence au Tribunal civil.\nJe crois pouvoir esquiver la difficulté en actionnant le Directeur et\nColin au Tribunal de Commerce, ce qui donnera alors la seconde édition\ndu procès de Paris.\nJe dois bien vous ennuyer avec ces questions de Procédure. Vous en\navez sans doute le Dossier (le Dos scié!).\n\n(1) Ms. 7755. Lecoar, avocat à Marseille, était aussi un ami cle Berlioz auquel celui-ci a\nadressé un certain nombre de lettres. ;"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.8", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "Bon voyage, on n'a rien d'autre à vous souhaiter aujourd'hui. Il\nn'y a pas de lettre pour vous à la Poste. Je ne vous envoie pas la copie du\nJugement, vous en verrez l'original à Lyon. J'ai envoyé votre carte au\nPrésident. Vous serez au courant de ce qui se fera ici.\nTout à vous\nLecour.\n13- 4- 45\nJ'écris à Mr Cornuty.\nAdresse : Monsieur E. de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR. (1)\nMon cher Ami\nVoici je crois ce qu'il y a à faire pour le moment. Colin en faisant une\nopposition sur vous entre les mains de la direction a mal procédé. Vous\nne lui êtes pas débiteurs de ses droits d'Auteur. Son débiteur c'est le\nDirecteur. L'action est donc mal introduite, en ce qu'on vous poursuit\net vous seul.\nA Lyon, on avait suivi une autre marche, et c'était la bonne. On avait\narrêté les Recettes sur Fleury directeur, et ce entre les mains d'un sieur\nC. Fauché (dites moi ce qu'était ce Monsieur). Et alors la question avait\nété portée au Tribunal de Commerce. On vous avait appelé en garantie\nou assistance de cause, à la bonne heure ; mais on avait agi contre le\nDébiteur des Droits d'Auteur.\nJe crois donc qu'il faut demander la nullité de tout ce qui s'est fait,\nsauf à Colin à se pourvoir non contre vous, mais contre le Directeur, non\nau Tribunal civil, mais au Tribunal de Commerce.\nVous êtes dans la ville des Lumières pour le Droit. Consultez et répon-\ndez-moi ou faites-moi répondre un mot. Adieu.\nL.\nLundi matin, [l4 avril 1845]\nAdresse :Mr de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR.\n\n( i ) Bouches-du-Rhône.\n(z) Extrait du Désert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c017", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.8", "titre_corps": "A. LECOUR A ARLES-DUFOUR", "titre_sommaire": "A. LECOUR A ARLES-DUFOUR", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "A. LECOUR A ARLES-DUFOUR\n(1)\nMarseille. le21 Avril 184.=;.\nMonsieur,\nFélicien David m'a dit de vous faire passer les fonds que je retirerai\npour lui. Le 16 je lui ai écrit que le Président avait décidé en référé que\nl'opposition sur le directeur n'avait été autorisée que pour f. 500 en tout,\nque par suite, nous avions f. 1.000 de libre.\nAujourd'hui j'ai touché les f. 1.500 qui étaient dans un sac à part\nchez le directeur, avec cette indication Dépôt Félicien David, y ai pris:\nles f. 1.600 déclarés libres pat le référé et je vous les envoie en un mandat\nde ce jour à Etienne Gautier à vue. Quant aux f. 500, j'en ai fait une\nreconnaissance à l'avoué de Colin, mais étant censé aux mains du direc-\nteur quant a sa prétention.\nJ'ai écrit plusieurs lettres à notre Ami, une entr'autres le 16. \\\naucune on n'a répondu, il en est de même de deux billets écrits à Mr Cor-\nnuty. Je tiens cependant à savoir les intentions de Félicien David, et\naussi a avoir les pièces du procès de Lyon. J'espère que l'intérêt que vous\nportez à notre Ami me vaudra cette fois une réponse.\nDécidément Colin est fou. Il a appelé du Jugement de Paris. Il a plaidé\nà Lyon (probablement il appellera). Il plaide à Marseille. Puis il replaide\nà Paris pour s'opposer à la représentation qui a du avoir lieu avant hier 19.\nIl a cité Escudier en Référé, et a été débouté. Voyez la Gazette des Tri-\nbunaux du 16. Il écrit au Sud de Marseille une lettre dans laquelle il qua-\nlifie sa participation au Désert, de et cela par deux fois.\nVoyez le Sud du 17. Je persiste à conseiller à Félicien David de ne pas\naccepter la position qu'on veut lui faire ici, de débiteur ou contradicteur\nde Colin. Que Colin s'adresse aux Directeurs de théâtre, voilà l'action qui\nlui compète. Ici j'ai mes raisons pour qu'il en soit ainsi. Par exemple que\nColin attaque M. Chabrillat, le procès sera porté au Tribunal de Commerce\net là Colin sera débouté de ses prétentions ; le Directeur en sera quitte\npour f. 18 par représentation, que je paierai très volontiers pour compte\nde Félicien David mais sous le nom du Directeur. Je crains le Tribunal\ncivil.\nSi Colin persiste à vouloir actionner notre ami, alors je me replie sur\nla compétence. C'est une action personnelle ; Félicien David ne peut\nêtre cité que par devant les tribunaux de Paris. Or à Paris Colin n'osera\npas faire procès à Félicien David.\nAinsi de deux chose l'une. Il plaidera à Marseille par devant le Tri-\nbunal de Commerce. Ou s'il persiste à plaider au tribunal civil, il devra\nplaider à Paris.\nJe desire avoir la dessus l'opinion de notre ami. Il peut consulter à\nLyon, où la question du droit de Colin a été parfaitement bien traitée et\ntrès heureusement résolue. Qu'il me dise ce qu'on lui conseille de faire.\nJe lui parlais aussi d'une réclamation qui me semble juste, du facteur\n\n(i) Ms. 7755."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.10", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "qui a convoqué les amateurs, et charrié leurs instrumens réponse la\ndessus sil lui plaît.\nEnfin je désirerais savoir ce qu'il a fait à Lyon. Sa Symphonie a-t-elle\nété excutée comme il faut. A-t-elle eu un beau succès. Cela vous pourrez\nme le dire. Vendredi 25, je puis facilement avoir un réponse. Je l'attends\net je dois y compter, car il faut que je prenne position sur la citation,\nl'avoué de Colin fera distribuer demain, et l'affaire viendra sans retard.\nVeuillez exprimer à ce cher Félicien, combien je suis heureux de l'avoir\nconnu, et l'assurer de toute mon amitié.\nAgréez l'hommage de mes sentimens les plus distingués.\nA. Lecour (i)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.9", "titre_corps": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.10", "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\n7 avril 1845.\nLes répétitions marchent et le festival est annoncé pour le 19. Il\nsuffira que David soit ici pour la répétition générale du 17, et donc chez\nvous le 14 ou le 15 pour rentrer par bateau et ne pas passer une nuit.\nJe viens de voir le président qui n'a pas encore le poème de Colin. Il\nva écrire à l'avoué et presser.\nLyon, 11 avril 1845\nJ'écris à David et à Lecour que Colin a été condamné aux dépens\net à se contenter des droits d'auteur tels qu'il les a touchés par l'agent\ndes auteurs dramatiques pour le concert de Georges [Hainl] N'ayant pas\nvu Cornuty, je lui écris pour lui demander les 1500 112. la note, des\nfrais et l'expédition du jugement à M. Lecour avocat à Marseille. J'ai\ndéjà touché les 2400 112.\n14 avril 1845.\nLorsque vous verrez David vous me fixerez sur votre arrivée.\nGeorges n'aura besoin de lui que pour les deux répétitions générales\nqu'il veut faire vendredi et samedi matin. Mais il faut cependant qu'il\nsoit ici jeudi\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\nchez les dames Nugues\nROMANS (Drôme).\n\n(1) A cette lettre est jointe une note signée du contrôleur du Grand-Théâtre (de Lyon),\nrelative au « 2e Concert de M. Félicien David. Le samedi 15 mars 1845 ». La recette, pour\n1181 places payantes, avait été de 5.992fr. 50, dont une fois les 500 francs dus à Colin\nprélevés, David toucha, la moitié, 2.976 fr. 25.\n(2) Ms. 7665. Le Père Enfantin était alors à Romans (Drôme)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "[Lyon, vers la\nCher ami\nMon ami le musicien à qui Dufour (i) a posé ses questions, répond,\nqu'au mois de mai les concerts sont généralement peu suivis, parce que\ntout le monde va à la campagne ou aux eaux, que néanmoins la curiosité\npublique étant excitée par les journaux de Londres et de Paris, il ne doute\npas que ses concerts ne soient brillants. Berlioz et sa musique ont laissé\nune mauvaise impression à Leipsick et à Berlin. Il faudra l'effacer.\nIl reste à voir s'il convient que David parte immédiatement, après\nle 19 pour Leipsick ou qu'il attende le mois d'octobre. Dans ce dernier cas\nil faudrait lui écrire de ne pas se tuer à Marseille et à Aix, où il retourne-\nrait avec nous le 23. S'il voulait se reposer, Paulin (2) lui offre sa petite\nmaison de Nîmes, où il serait libre comme l'air.\nVoyez.\nRien de nouveau du reste. Georges compte faire des répétitions géné-\nrales le vendredi et le samedi même. Ainsi il suffit que David arrive le 16\nou le 17.\nDavid fait répéter à force aujourd'hui à cause d'un relâche excep-\ntionnel. Boulo chantera mieux qu'on n'a chanté à Paris la Nuit et le\nMuezzine. Tout marche bien, ainsi donc que cela vous tranquillise : et si\npour éviter une seconde visite à Curson vous devez prolonger votre\nséjour vous le pouvez sans crainte et il suffira que vous soyez ici\nmardi matin.\nLyon, le 23 Avril 1845.\nL'ami Sylvain est un fameux emplâtre qui nuiera et ennuiera\ndiablement dans l'avenir de David, si vous ne lui trouvez pas\npour lui accoler. — Jourdan ne serait-il pas cet homme.\nL'huissier n'a pu encore payer les 1.500 francs il faut un référé parce\nqu'il y a opposition. et Datas (?) sont piqués. Le diable enlève\nles hommes de loi—et je dirais presque les artistes. — Depuis deux jours je\nne suis pris que par David qui aurait bien dû emmener ou expédier son\nembêtant ami qui heureusement part demain.\n\n(1) Dufour-Féronce, cousin d'Arles, alors à Leipzig.\n(2) Paulin Talabot, polytechnicien, Saint-Simonien, alors ingénieur dans le Gard, puis\ndéputé de ce département. Il prit une grande part à l'établissement des chemins de fer\nde Lyon."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.12", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 385, "texte": "24 avril 1845.\nC'est de Saynes l'ami de David, celui qui depuis son retour d'Egypte\nl'a aidé de sa bourse qui vous remettra cette lettre et l'incluse. Il va à\nParis pour différentes affaires\nJ'espère que vous m'enverrez bientôt David.\nEn prévision de sa visite la bonne femme (1) m'a à acheter un\nbon piano à Mme Montgolfier.\nA vous,\nARLES D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.10", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.12", "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n(?) 1845]\nCher Père,\nJe voudrais vous présenter mon ami Prudent (3) pour causer de l'Al-\nlemagne ensemble. Nous irons vous voir tous deux à l'heure.\nVotre fils\n112. DAVID\n[Lyon, avril 1845 ?]\nCher père.\nL'habitant (4) vous a peut-être dit que je m'étais trouvé très embar-\nrassé ces jours derniers par manque d'argent. J'ai été obligé d'emprun-\nter 200 et je suis encore à sec. Il faut que j'aie encore recours aux\nsubsides d'Arlès. J'attends avec impatience.\nA vous de cœur,\nfelicien DAVID\n(1) C'est par cette expression familière qu'Arlès désigne sa femme.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Emile Prudent (1817-1863), pianiste et compositeur qui revenait d'une tournée en\nAllemagne.\n(4) Saint-Simonien."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.11", "titre_corps": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(1)\nLyon, le 6 mai 1845\n.... Si David part seul pour Leipsick, et qu'il s'arrête, pour se reposer\ndeux jours à Francfort, voici un mot pour Bruckmann et sa femme qui\nsont grands musiciens amis de Mendelsohn quoique petits bourgeois, et\nqui soigneront David comme de vrais amis. Dufour est prévenu du carac-\ntère de David, il le guidera comme un enfant, et, peut-être, il le prendra\nchez lui, ce qui serait le mieux.\nCe maudit Colin, malgré votre soit disant arrangement, a défendu à\nson huissier de payer, prétendant qu'il avait traité avec David, mais non\navec Fleury (2) au moins c'est son animal d'avocat qui est aussi timbré que\nlui qui dit cela. Toujours est-il que Cornuty pressé pc*r moi et muni du\njugement du tribunal de commerce, a déclaré les 1.560 112., que sur le\nrefus de l'huissier il a obtenu un référé ; que l'huissier tout en avouant que\nc'était folie, a déclaré qu'il ne payerait que par la saisie et la vente de ses\nmeubles, et que sans mon arrivée cela aurait eu lieu avec naturellement\naugmentation de frais de tout genre. S'il y a traité, faites donc que Colin\ndonne ordre de payer sans nous forcer aux frais de s?isie. Savez vous que\nDatas (?) a le toupet de demander 250 francs pour sa plaidoirie ? J'ai dit\nque j'en référerais à Paris.Voyez ce qu'on donne en cas analogue et répon-\ndez, ou faites-moi répondre une lettre communicable.\n18 [1845]\n(P. S). Savez-vous ce qui reviendra à David des 1500 fr. ? Colin\net les frais payés 500 112. chien de fou de Colin ! ! Canailles\nd'avoué et d'avocats ! Et puis qu'on dise que la justice luit pour le riche\ncomme pour le pauvre ! !\nLyon le 26 mai 1845.\nGustave (3) écrit le 19 « à mon retour de Dresde j'ai trouvé David\nqui était arrivé le matin et j'ai passé quelques instans avec lui, il a mis\nses affaires en ordre pour son concert et est parti pour Berlin laissant\ntoutes ses partitions du Désert dans son bureau non fermé à l'hôtel de\nSaxe ».\n(1) Ms. 7665.\n(2) Directeur du théâtre de Lyon.\n(3) Gustave Arlès, fils d'Arlès-Dufour. Il était alors à Leipzig chez Dufour-Féronce."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c025", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.12", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE A JOURDAN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE A JOURDAN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.14", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE A JOURDAN\n(1)\nMonsieur\nMrs Enfantin et Arlès-Dufour m'ont dit à Lyon où j'avais suivi\nnotre ami commun felicien David, que vous etiez à Paris son représen-\ntant, que vous avez la clé de ses papiers, de ses appartements et que sa\nmvsique inédite surtout était sous votre sauvegarde, ce qui vous permet-\ntait de traiter a vec les Escudier quand ils voulaient donner au public ce qui\nest encore inédit delui. Il m'importerait de connaître en ce moment un fait\ndont je ne puis avoir l'explication que par vous, attendu que le père et\n[le] filleul sont trop loin pour que je fasse courir ma lettre après eux.\nVous avez su peut-être par les personnes que je vous ai déjà citées,\nsoit par les journaux, que j'avais été à Aix l'organisateur du concert de\nDavid. Celui-ci ne croyait pas pouvoir donner à Aix son œuvre, à cause\nde l'insuffisance des ressources musicales, mais le pays entier réclamait\njustement à cor et [à] cri d'entendre le chef-d'œuvre d'un compatriote,\net je désirais de mon côté que David pût être applaudi dans son pays.\nJ'eus donc l'idée de m'adresser aux Escudier, pour savoir à quel prix ils\nmettraient l'autorisation de faire représenter le Désett à Aix. Les Escudier\nétant à Londres, cette lettre n'arrivait pas ; je ne pouvais cependant\npas faire autrement que de monter le concert de suite, David étant pressé\npar le temps. Je donnai donc ce concert. Pendant ce temps la lettre d'Es-\ncudier arrivait. Comme je m'y attendais, le taux était exagéré, judaïque,\net comme on devait s'y attendre d'eux, i.ioo 112. (pour deux soirées\nil est vrai, mais payables avant de donner concert, avant de savoir même\nsi on ferait cette recette), i.ioo 112.... cent francs de plus et c'était\njuste le prix donné de l'œuvre de félicien. Comme je ne pouvais envoyer\nl'argent d'avance, attendu le retard qu'avaient mis les Escudier à répon-\ndre, je leur écrivis que j'avais reçu leur lettre, que j'allais rejoindre feli-\ncien à Lyon, et que ce serait lui-même qui réglerait la somme à leur don-\nner. Arrivé à Lyon, je donnai leur lettre au qui s'occupe des\naffaires de Félicien, et qui en cela agit prudemment, surtout vis-à-vis\ndes Escudier. Celui-ci me répondit : Je ne suis pas fâché que vous m'ayiez\napporté le produit net de la recette et que vous n'ayiez rien envoyé aux\nEscudier, parce que dès ce moment ils sont en contravention avec nous,\nen annonçant pour faire exécuter au Théâtre Italien la symphonie en\nbémol Œuvre inédite et qu'ils n'ont pas le droit de donner au public.Nous\nleur ferons payer d'un côté ce qu'ils demandent pour Aix.\nDepuis j'ai vu souvent l'annonce de cette Symphonie en mi bémol\npour d'autres concerts qui ont dû y avoir lieu et je pense qu'il a dû\ny avoir arrangement. Il me serait agréable, et vous voyez que\nj'y suis en quelque sorte intéressé, de savoir comment ces arran-\ngements se sont terminés. Je serais charmé d'apprendre que les\nEscudier ont rabattu un peu de leurs prétentions si rapaces, et qu'il\nn'ont pas voulu gruger celui qui vient naguères de les enrichir.\n\n(1) Ms. 7779. Louis Jourdan né à Toulon en 1810 ; l'un des fondateurs de VAlgérie\n(1845-1847) ; plus tard (1869), rédacteur au Siècle; créa le Causeur (1859); s'occupa beau-\ncoup d'industrie.\n2"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.15", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "Je sais que David aurait désiré que ses œuvres, le surtout, ne\nfût (sic)pas gaspillé par les faiseurs de quadrilles, malheureusement il\nn'en avait pas fait une des conditions du traité, et je viens de voir, sans\ndoute par suite de leur soif de lucre, que les Escudier annoncent un qua-\ndrille sur la Danse des Aimées. Je regrette bien cela pour ce bon félicien\nqui en sera très fâché.\nIe lis encore aujourd'hui dans le Droit les détails d'un procès au sujet\nde Debain (1), et dans lequel le Tribunal a débouté les demandeurs de\nleur demande. Que de procès engendre ce les Escudier lui portent\nréellement malheur ; quels regret devons-nous tous avoir nous qui aimons\nsincèrement felicien de voir que cette œuvre soit tombée dans de tel-\nles mains !\nVous m'obligerez, et ceci n'est point un vain motif de curiosité, en\nm'accusant réception de cette lettre et après avoir répondu à ce que je\nvous demande pour l'arrangement du concert d'Aix, de me dire égale-\nment si le père ou felicien ne vous a pas parlé de ce qui a été convenu\nentre vous trois à Lyon. Il serait extraordinaire qu'ils n'en eussent pas\nparlé à un homme comme vous, ami de David et qui devez vous intéres-\nser à son avenir de compositeur. Je n'ose pas entrer dans des détails,\nparce que s'ils ne vous en avaient pas parlé, c'est qu'ils auraient compris\nque le temps n'est pas venu encore de vous faire connaître des projets\nultérieurs. Quoiqu'il en soit, je puis vous dire que cette affaire m'appelle\nà Paris ou je serai obligé de me rendre dans quelques mois, et à cette\népoque, je pense vous donner une de mes premières visites. Vous aimez\ntrop David, pour ne pas avoir des droits à mes sympathies. Je suis cer-\ntain de trouver en vous la cordialité qui vous serait acquise, si jamais vous\nvous présentiez chez moi, avec la lettre d'un intime ami de félicien.\nJe suis obligé de lire le journal des Escudier (2), pour savoir des nou-\nvelles de David, ceux-ci dans leur intérêt, s'étant crée des correspondants\nen Allemagne. Mais si le -père ou lui vous écrivaient directement, ne\ncraignez pas de me faire parvenir des nouvelles plus intimes et plus cer-\ntaines. Vous m'obligeriez toujours beaucoup.\nDans l'espoir de faire bientôt votre connaissance, veuillez agréer\nl'assurance de mon estime et de mon entier dévouement.\nAix h 19 Mai 1845.\nSYLVAIN SAINT ETIENNE\nRue de la Miséricorde 10\na Aix.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Jour dan, homme de\nLettres, 39, rue neuve des Petits Champs\nA Paris.\n\n(1) Allusion au procès que firent les Escudier à l'inventeur de l'harmonium, Debainfl,\nauquel ils prétendaient faire défense de jouer le Désert sur cet instrument\n(2) La France musicale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c027", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 16, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.13", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.16", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(i)\nMonsieur\nJ'éprouve à la fois de la peine et du plaisir, en recevant une lettre de\nvous ; du plaisir parce que je suis bien aise de vous savoir à Paris, à\nportée de correspondre avec moi, de recevoir mes observations, le\nrésultat de mes idées, de mes projets et de régler la partie avec votre\nhabitude d'observation et votre jugement pour les affaires et pour les\npersonnes ; de la peine, parce que je vois David privé d'un guide sûr,\néclairé, sévère, lui qui en a tant besoin, lui si candide, si oublieux même\npour ce qui touche de plus près à ses affaires.\nJ'accepte votre lettre avec la franchise qui l'a dictée, et j'y répondrai\nde même avec cette droiture qui doit présider a toute relation.\nDans ma pensée David a abdiqué en vous toute volonté ; il vous a\nconfié d'une manière absolue la direction et le soin de ses affaires ; sans\ncompliment, je crois qu'il ne pouvait mieux faire sous tous les rapports.\nMais ce fait change selon moi ma véritable position. David libre dans\nses volontés, pouvait rendre ma position avantageuse, brillante même,\nsanctionner mon succès, le rendre certain ; mais sa volonté subordonnée\nà une autre qui la domine et qui doit être nécessairement plus rigide,\nplus positive, ne me laisse plus le même espoir d'avenir. Il faudrait\nd'après moi que votre amitié pour moi devînt au niveau de celle de\nDavid, bonheur que je ne puis raisonnablement espérer, pour aspirer\naux mêmes avantages dont j'avais entrevu la réalisation dans un avenir\nplus ou moins prochain.\nJe me suis toujours rappelé les paroles que vous m'avez dites à Lyon ;\n< il faut à David du comptant, il faut qu'il traite argent sur table, et qu'il\naccepte les meilleures offres;» ces mots ont beaucoup de portée, et m'ont\ntoujours mis en considération. Cela en effet semble dire : le plus offrant\naura toujours la préférence, et l'amitié, le dévouement, devront céder\nle pas devant une bourse mieux garnie et qui permettra un plus gros\nlot. Certainement je n'ai jamais eu l'idée de me faire donner à David\nsa musique pour rien, mais j'avais l'espoir que David serait libre de me\nfaciliter les affaires soit en accordant du temps pour les échéances, soit\npour le mode et la combinaison des sommes à recevoir, le tout sans trop\nnuire à ses intérêts. Je comprends qu'en parlant de ce système absolu\nen matière de commerce, que le plus haut prix offert doit toujours avoir\nla préférence, le plus riche éditeur gagnerait toujours la partie contre\nmoi, parce que le plus riche serait naturellement le plus offrant. Si on\nréfléchit qu'avec la guerre que se font certains éditeurs, il y en a qui\npour arracher une œuvre de David à leur rival, payeront des prix exa-\ngérés, au risque même de se ruiner que deviendra celui qui ne pourra\nse permettre pareille folie, ne voulant pas compromettre les foncte qui\nauront été confiés à sa probité. Voilà le seul obstacle\nfuneste pour moi dans cette affaire.\n\n(1) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.17", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "Voici pour moi quel était mon plan ; veuillez bien le méditer.\nEditer le Moïse, mais avant le populariser inédit comme on a fait\npour le Désert, faire une tournée au printemps prochain qui serait néces-\nsairement très lucrative, en donnant à la fois le Moïse inédit, le Désert\nalors du domaine public, mais avec des paroles d'Autran, qui auraient\nd'abord le mérite de la nouveauté, et économiseraient en outre 100 112.\npar représentation ; le tout assaisonné de choeurs, mélodies nouvelles,\nsymphonies, &c. Dans ce cas et en suivant David je devrais avoir une\npart des recettes, ce qui serait très juste ; plus tard éditer le Moïse,\nen déterminant un prix raisonnable pour tous, et un intérêt pour David\ndans la vente de l'œuvre gravée. Aucun éditeur ne consentira jamais\naucun arrangement de ce genre avec David, parce qu'ils veulent s'enri-\nchir d'un seul coup, et ne pas l'associer au résultat d'une vente qui peut\ndevenir très considérable. D'ailleurs, David avec d'autres éditeurs que\nmoi, pourrait-il accepter ces arrangemens, ne le volerait-on pas en lui\ncachant leurs comptes Si je m'engage à lui donner le moyen de s'assurer\npar lui-même ou par qui que ce soit que tous les exemplaires vendus\nlui sont fidèlement mentionnés. Son bénéfice lui arriverait net et clair\nau contraire. Or, je soutiens qu'avec un intérêt dans la vente (chose que\nnul éditeur ne saurait faire) et un prix déjà donné de l'œuvre, David\ngagnerait plus que si on lui donnait tout d'abord une plus forte somme\net qu'on se bornât la. En d'autres termes les autres éditeurs aventure-\nraient une plus forte somme pour réaliser de grands bénéfices d'un seul\ncoup, moi, je me bornerai à faire les choses de manière àce que David\nse fit des revenus peut être moins considérables mais plus certains et\nsans cesse renouvelés.\nDe plus je désirerais, sans avoir cependant aucun engagement de\nDavid, avoir la probabilité d'avoir successivement ces divers ouvrages,\nje parle seulement des ouvrages marquants, surtout les opéras et scènes ;\ncar Je céderais volontiers même aux divers éditeurs pour les empêcher\nde jeter les hauts cris, des mélodies, romances, et autres pièces dont ils\npourraient au besoin s'en contenter. En effet il me serait pénible après\navoir édité une œuvre comme Moïse, de voir un autre Editeur avoir\nimmédiatement une autre œuvre. Je craindrais qu'on ne dise dans le\npublic que j'ai perdu la confiance et l'amitié de David, et chacun se\ndirait : Comment celui que David avait en quelque sorte appelé à lui,\nson ami, &c. n'edite-t-il pas cet ouvrage ? Il faudrait d'après moi, pour\nqu'on ne continuât pas à me donner les productions de David, qu'on eut\nreconnu que je n'ai pas été assez apte pour aider au débouché du premier\nouvrage et qu'il fût démontré que ce fût réellement ma faute et non\nl'insuccès de l'œuvre elle-même.\nJe m'attends à ce que vous me disiez ceci : pour accepter l'arrange-\nment que vous proposez il faudrait que votre habileté et votre aptitude\npour la vente et le commerce de musique fût parfaitement reconnue,\ntandis que je crois au contraire que vous êtes à peu près étranger à cette\npartie ; je vous prête ces expressions parce que vous m'avez tenu à\nLyon à peu près le même langage, non comme reproche je dois l'avouer,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.18", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "puisque vous m'avez dit que j'étais trop honnête pour ce commerce,\nmais dans l'intérêt général de l'affaire.\nC'est précisément sur ce point que je tiendrai à dissiper votre erreur.\nJe n'ai pas beaucoup causé avec vous à Lyon, cela vient de ce que je\nsuis intimidé parfois quand je me trouve avec des personnes que je\nconnais peu et surtout quand elles montrent sur moi une supériorité\nd'intelligence qui fait que j'écoute plutôt que je ne parle, mais je dois\nvous dire au contraire, d'après l'opinion de tous ceux qui me connaissent,\ncar ce n'est pas à moi à dire cela, que je suis au contraire éminemment\npropre au commerce de la musique et à tout ce qui touche à cette partie,\nsauf celle de la composition. J'ai créé à Aix, petite ville arriérée, égoïste\net avare, un magasin de musique et de pianos qui a parfaitement pros-\npéré, et qui me vaut chaque jour les éloges non seulement des gens du\npays, mais ce qui est plus significatif, de MM. Pépin et Boisselot qui\nm'ont associé à leur industrie. J'ai créé des sociétés de chœur, de philar-\nmonie, j'ai pris enfin comme éditeur [?] une telle influence qu'il ne peut\nse donner ici aucun concert sans que je l'organise moi-même, et que j'en\ncoordonne tous les elements. Je pourrais bien vous envoyer une foule\nde journaux qui témoignent tous de cette impulsion que j'ai donnée ici\nà la musique et à son commerce qui en est la conséquence immédiate,\nmais il vaut peut être mieux que je vous cite les noms de divers artistes\nque j'ai connus ici et qui tous m'ont engagé à aller à Paris en me disant\nque la ville d'Aix ne pouvait servir sur ce point mes idées et mes res-\nsources à cause du cadre étroit où je me trouvais placé. Si vous avez\nl'occasion de voir Amat (i), Milher, Richelmi, Lefébure, Dohler, Liszt,\ndemandez leur ce qu'ils pensent de moi comme artiste ; demandez à\nMme Lesueur qui m'a fait don des ouvrages de son mari lesquels j'ai\npopularisés dans cette ville en même temps que ceux de David ;\ndemandez à son gendre Xavier Boisselot qui m'a vu à l'œuvre, l'année\ndernière, puisque sa famille m'a conduite (sic) à ses frais à Paris, pour\nl'aider pendant l'exposition, dans ses affaires industrielles. Informez-\nvous de moi si vous en avez l'occasion, à Mr Giraud, inspecteur des\nfacultés de France, Mme Charles Reybaud (2), qui ont habité Aix et\nm'ont connu, toujours sur le rapport de la musique des concerts, en un\nmot tout ce qui a trait à l'affaire qui nous occupe. Ecrivez àM. Arlès\nDufour et dites-lui de sonder un peu Benacci (3), l'Editeur, à mon égard\net vous verrez que cet intelligent éditeur a compris que je pourrais\nfaire autre chose que tenir un dépôt à Aix puisqu'il m'a offert à deux\nreprises de me monter, quand je voudrai un magasin complet soit à Aix,\nsoit à Marseille et même à Marseille de préférence (4).\nEn disant tout cela, j'ai l'air de faire Y article et le fiuff en ma faveur,\nmais cependant je dois prouver que je ne suis pas inhabile dans cette\npartie, qui fait le fonds de l'affaire qui nous occupe, attendu surtout\n\n(1) Léopold Amat, chanteur et musicien, né à Toulouse en 1810.\n(2) Charles Reybaud, littérateur et journaliste né à Marseille en 1801.\n(3) De Lyon.\n(4) Je suis à peu près sûr de faire accepter une association à Benacci (pour Paris), qui\nest déjà associé lui même avec Troupenas, la maison la plus importante de la capitale."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.19", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "qu'à Lyon je vous ai fait un tout autre effet qu'un homme d'industrie.\nQuant à mon jugement sur les œuvres musicales, mon opinion sur David\némise dans la presse depuis plus de quinze ans, celle que j'ai émise dans\nplusieurs articles de journaux sur les musiciens du jour, ont prouvé que\nje savais apprécier ce qui était bon, et ce n'est là pas une des moindres\nconnaissances d'un Editeur, car elle lui sert à ne pas se fourvoyer dans\nune mauvaise voie, en ne pas laissant au hasard le choix d'une œuvre,\net en lui permettant de distinguer le bon grain de l'ivraie. J'aurai l'oc-\ncasion de revenir sur ce sujet ; qu'il me suffise de vous assurer qu'à Aix\net à Marseille, tous ceux qui me connaissent et s'intéressent à David,\ntrouvaient étonnant que je ne suivisse pas David à Paris et en Allemagne.\nTous ajoutaient qu'il fallait que je devinsse son éditeur, que ce serait\nl'avantage de l'un et de l'autre. Plusieurs le lui ont dit à lui-même,\nnotamment ses parents et ses amis, David disait à tous qu'il ne deman-\ndait pas mieux ; car il sait bien mieux, qu'il a besoin que quelqu'un\nparle, écrive, agisse pour lui. Si vous voulez (et je sais que vous le désirez\ncomme moi) qu'il produise des œuvres plus brillantes et en plus grand\nnombre, laissez-lui sa liberté d'esprit, qu'il ne s'occupe de rien de matériel,\nqu'il ait toujours à côté de lui un ami sur le dévouement duquel il puisse\nse reposer ; c'est l'essentiel. Aussi je regrette bien de le savoir seul en\nAllemagne. Comment se tirera-t-il de toutes les phases d'un si grand\nvoyage sans un compagnon, sans un ami ? Je vous assure que si vous\naviez fait, vous ou lui, appel à mon dévouement, j'aurais tout quitté\npour le suivre. Si vous lui écrivez, dites-lui d'abréger son voyage, à\nmoins d'éclatants succès, et de retourner plutôt à Paris.\nVous paraissez regretter dans votre lettre, que je ne vous parle pas\nd'une manière certaine des projets formés à Lyon, et craindre une indé-\ncision qui laisserait entrevoir que je ne me sens pas de force à bien faire\nles affaires de David. Vous oubliez sans doute que je ne croyais pas\nm'adresser à vous, en écrivant à une personne tierce ; que je lui parlais\nde notre affaire d'une manière vague, avec réserve ou hésitation, ne\nsachant pas s'il devait ou non en être instruit. La preuve que je pensais\nsérieusement à cette affaire toute capit pour moi, c'est que j'ai donné\nma démission de l'emploi que j'occupais comme homme d'affaires chez\nM* le marquis d'Albertas, pair de France, chez qui j'étais depuis dix\nans, lequel m'a écrit une lettre dont la lecture (car je pourrais vous la\nmontrer à Paris) vous fera voir comment j'étais apprécié de cette\nmaison. J'ai de plus fait des démarches pour céder mon établissement\nde musique et de pianos. En un mot, fai tout quitté ce qui fesait ma\nposition, 3 ou 4.000 112. environ ce qui pour Aix équivaut à 10 ou\n12.000 dans la capitale. J'ai pensé en agissant ainsi que la parole de\ntrois hommes d'honneur était aussi sainte que le meilleur de tous les\ntraités. Je me rappelais ces mots de David, à Mr Arlès à qui il serra\nexpressivement la main, à son départ de Lyon :\nce brave garçon, il faut arranger CELA de la manière la MEILLEURE pour\nlui. David sait fort bien qu'aujourd'hui il ne peut être que très riche, et\ndans ce cas il aimait mieux avantager un ami qui n'a pas les mêmes\nchances. C'est ce qui explique cette phrase de la manière la MEILLEURE"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.20", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "four lui. D'ailleurs en ce moment un souvenir spontané venait faire\npasser rapidement dans sa pensée tout ce que j'avais fait pour lui depuis\nle jour où je lui fis obtenir la pension de son oncle, jusqu'au jour où\nrefusant la recette d'Aix qu'il voulait m'abandonner, j'en portais le\nmontant intégral dans la caisse de M. Arlès. Il y aurait orgueil et vanité\nà moi à rappeler d'autres circonstances dans lesquelles David a pu juger\nmon cœur et mon dévouement ; je dois les taire, les services rappelés\nn'ont pas de prix ; seulement tout cela explique combien David désire\nm'être utile, il lui semble qu'il acquitterait ainsi une dette de reconnais-\nsance et d'amitié, et celui qui lui donnera le moyen de le faire, lui rendra\ntin véritable service.\nVous me parlez, avec raison, dans votre lettre d'une chose très essen-\ntielle, et dont je reconnais ainsi que vous toute l'importance, c'est la\nsomme nécessaire à l'exploitation de l'affaire Cette somme,\nDavid le sait, et je vous l'ai déjà dit, je ne la possède pas ; j'ai compté\nsur le dévouement de nos amis, et sur d'autres personnes à qui ma pro-\nbité peut avoir inspiré de la confiance et j'ai la certitude de pouvoir\nl'obtenir, mais il faut pour cela que je puisse donner aux disposeurs la\ngarantie sinon matérielle du moins morale que je vais être F homme de\nDavid. Vous comprenez tout ce que ce mot signifie. Ce n'est pas vous\nqui avez l'habitude des hommes et des choses, à qui je dois apprendre\nce que sont aujourd'hui les disposeurs de fonds, combien ils sont exi-\ngeants pour les garanties, il y en a qui voudraient étançonner le ciel.\nOr qu'elles sont les garanties que je vais leur donner quant à l'affaire ?\nJe leur dirai : j'ai la promesse de David d'avoir une œuvre de lui sans\naucun engagement pour d'autres ; mais le mot promesse qui me suffit\nà moi parce que j'en connais la portée dans la bouche de David, suf-\nfira-t-il à des disposeurs froids, logiques, qui me diront que les promesses\nn'ont pas cours chez eux. Si vous désirez réellement que je réussisse\ndans mes démarches à ce sujet, vous comprendrez l'utilité de me mettre\nà même de prouver autrement que par des paroles dont on pourrait\ndiscuter l'importance, le choix que David a réellement fait en désirant\nme voir son éditeur. Dans ma pensée, plus je pourrai démontrer claire-\nment les avantages de l'affaire et sa réussite, plus je pourrai trouver\ndes fonds et plus je réaliserai de fonds, plus l'affaire aura d'excellents\nrésultats.\nI Je suis bien aise de vous rassurer sur le classement de la musique\ndont je m'étais chargé ; je m'en suis occupé très activement et si nous\nn'étions pas dans un pays où on ne trouve pas même en payant à faire\ncopier de la musique, le recueil serait déjà fait. J'ai reçu l'envoi de\nMr S 1 Didier de Maçon ; a l'exception d'un chœur le Départ pour\nVOrient, ce sont tous des morceaux qui m'étaient connus, la plupart des\nhymnes et mottets religieux, compositions qui datent de 1828 à 183®.\nJ'ai aussi dans un recueil des morceaux de la même époque; ceux-là\npeuvent être arrangés avantageusement. Je porterai tout cela à Paris.\nM- En attendant je vous prie de ne rien vendre aux Editeurs. Je sais c©\nqu'il y a de meilleur dans les mélodies et romances de félicien, et il\nserait juste que ne pouvant éditer toutes ces pièces-là, j'eusse au moins"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.21", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "la faculté de choisir et profiter de l'avantage que j'ai ou que je crois\navoir de discerner les meilleures productions. Veuillez me rassurer sur\nce point.\nJe suis charmé que les Quintetti fassent de l'effet. Quant au Désert\nje suis étonné comme vous qu'il ait été reçu un peu froidement, cepen-\ndant je comprends qu'en offrant trop souvent cette musique au public\non pourrait finir par nuire à l'œuvre elle-même (1).\nJe serais bien aise d'apprendre si l'appartement de felicien, rue fon-\ntaine S 1 Georges est encore payé par lui jusqu'à S' Michel et dans\nce cas s'il n'y aurait pas d'inconvénient à ce que je puisse y loger en\nallant à paris provisoirement et avant de rien terminer. Maintenant\nque je vous sais à paris, je me déciderai plutôt à faire ce voyage. On dit\nbeaucoup plus de choses en une heure que ce qu'on écrit en huit jours,\nbien qu'on soit long comme je le suis aujourd'hui. J'espère pouvoir\ncompter sur vos conseils, sur votre appui ; avant cette époque, j'aurai\nreçu déjà réponse à cette lettre, et vous en aurai probablement écrit\nd'autres, car j'aime à vous écrire franchement mes idées et je verrai\ntoujours avec plaisir que ceux qui comme vous ont plus d'expérience\nque moi, me montrent les points où j'erre et la route que je dois suivre\npour arriver plus sûrement.\nJe pense, en terminant, que cette lettre où j'ai préféré parler avec\nfranchise, au lieu de chercher des détours, ce qui répugne à mon carac-\ntère, vous fera parfaitement connaître mes intentions et comment\nj'entends l'affaire, comment je la désire. Je serais trop heureux si selon\nles vœux de Félicien, vous me donniez les moyens d'aplanir les obstacles\nqui pourraient s'opposer à l'entière réalisation d'un projet qui peut\nfaire son bonheur et celui de ma famille. /\nDans l'espoir d'une prochaine réponse à cette lettre, veuillez croire\nà l'assurance de mon respectueux dévouement\nVotre très humble serviteur,\nSYLVAIN ST ETIENNE.\n[ Aix le 29 mai 1845."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.14", "titre_corps": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.21", "debut_caractere": 1978, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\nLyon le6 1845\n....J'ai reçu aussi ce matin une lettre du bon Schletter avec l'extrait\ndes journaux de Berlin relat1 au concert de Potsdam. J'espère\n\n(1) Le Désert, ainsi que plusieurs autres compositions de David (Quintetti, symphonies,\nmélodies) avait été joué le 27 avril et le 8 mai au Théâtre-Italien.\n(2) Ms. 7665."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.22", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 961, "texte": "que votre lettre à David et les soins affectueux qu'il trouvera chez\nDufour, cicatriseront les blessures que cette harpie cherche à lui faire.\nJ'ai envoyé à Dufour pour qu'il la lise à David et à Gustave copie de\nvotre lettre du 27 mai. Çà leur fera du bien à tous, certainement.\nLyon le 25 juin 1845.\nJe ne crois pas que David doive visiter en Allemagne d'autres villes\nque Berlin, Leipsick, Vienne, Munie et Francfort, et les 3 dernières\nil doit les laisser pour l'hiver ou pour l'époque où vous irez vous-même\nen Allemagne. Après Leipsick, il pourrait revenir avec Dufour et Gus-\ntave (i)qui l'établieraient à Baden ou Wisbaden ou Ems, dans un bain\nd'Allemagne où il se reposerait et finirait son Moïse.\nJe crois que Dufour ferait bien de partir de Leipsick au courant de\njuillet et d'amener Gustave à Lyon où nous le laisserions sauf après\nnotre congrès à donner rendez-vous à lui, à Paulin et à David sur le\nRhin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.15", "titre_corps": "MARIE ESCUDIER AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "MARIE ESCUDIER AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.22", "debut_caractere": 963, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "MARIE ESCUDIER AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher Monsieur,\nTamisier (3) est passé ce matin chez M. Jourdan pour lui remettre\nles 1.500 112. contre la remise des six derniers Quintetti. D'après ce\nque nous a dit M. Armingaud (4), il parait que cette collection n'est pas\ncomplète ; David a écrit qu'il enverrait très prochainement le 6e Quin-\ntette. Vous savez que vous pouvez compter sur la somme convenue ; dès\nque le Quintetti (SÎC) qui manque sera arrivé,Tamisier s'enquerrera de vous\nremettre la somme. Il serait allé vous voir si la Garde nationale ne le\ntraquait aujourd'hui comme un loup. Je me suis présenté hier chez\nvous ; votre garçon de bureau m'a dit que vous étiez sorti et qu'il igno-\nrait l'heure à laquelle vous rentreriez. Il me sera bien agréable de vous\nentretenir un peu de mes voyages et de vous renouveler verbalement\nmes sentimens de profonde considération.\nM. ESCUDIER.\nParis,2 juillet[lB4s].\nMon cher Monsieur,\nCe sont, je pense, les mélodies pour chant et piano de David que vous\nnous demandez dans votre lettre. Nous nous faisons un plaisir de vous\n\n( i ) Le fils d/Arlès.\n(2) Ms. 7724.\n(3) Employé ou londé de pouvoirs des Escudier.\n(4) Louis Armingaud, le célèbre violoniste, né à Bayonne en 1820."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.23", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "les envoyer et comme la musique de David est sans prix pour vous comme\npour nous, vous voudrez bien accepter l'offre de ces morceaux.\nVous seriez bien aimable si vous pouviez nous faire faire une copié\ndes paroles de deux nouvelles mélodies de David que vous avez reçues.\nNous irons vous demander les six un de ces quatre matins.\nJ'attendtoujours votre réponse au sujet de l'opéra.Jesuis prêt à partir.\nVeuillez agréer nos complimens.\nESCUDIER.\nParis, 18 août [1845.]"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.16", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.23", "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\nMonsieur.\nJe pars décidément lundi prochain, 21 courant. Il y a longtemps que\nmon voyage était décidé et si j'ai tardé un peu, c'est précisément dans\nl'intérêt de notre ami. J'ai été obligé de chercher en divers endroits les\nmanuscrits de felicien et ensuite j'ai dû les faire copier parce qu'en\nquelques endroits on ne voulait pas perdre les originaux. J'ai recueilli\ntous ceux que j'avais moi-même, ceux que nous avions fait en collabo-\nration et d'autres. Il n'y a qu'une œuvre qu'il m'a été impossible de me\nprocurer. Ce sont les quatuors faits à la maîtrise par David à 13 ans.\nJ'ai appris, après avoir cherché en divers endroits et être allé même\ntrouver Marius Roy, son prédécesseur à Marseille, que ces quatuor sont\nété achetés et vendus ensuite à la livre avec d'autre musique, il y a de\ncela très longtemps. Cependant, j'ai emporté quelques fragments qui\npourront mettre David sur la voie. Au reste il est possible que ces com-\npositions faites à un âge où David ignorait les premières notions de\nl'harmonie n'aient pas autant de valeur que celles que j'emporte, qui\ndatent de 5 et 6 ans plus tard.\nSitôt arrivé à Paris, j'aurai l'honneur de vous écrire pour vous\ndemander une visite. J'emporte plusieurs bonnes lettres de recommanda-\ntion et une lettre de crédit pour un banquier lequel pourrait bien me\nfaire trouver des capitalistes désireux de s'associer à notre affaire. Je\ncompte toujours sur votre dévouement et votre sympathie, permettez\nmoi d'espérer qu'ils ne me feront pas plus défaut que la bonne amitié de\nDavid. Ma foi en lui et mon espoir en vous, voilà ce qui me soutient et\nme guide dans ce voyage.\nEn attendant d'avoir l'avantage de vous voir\nAgréez l'assurance de mon sincère et\nrespectueux dévouement.\nSYLVAIN St-ETIENNE.\nAix le 18 juillet 1845."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.24", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "P. S. Je compte m'arrêter un jour ou deux à Lyon pour voir\nMr Arlès Dufour.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Enfantin, chez Mr Jourdan,\nrue neuve des petits\nchamps, 39.\nA Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.17", "titre_corps": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.24", "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "ARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(I)\n[Zurich,] Dimanche matin 17 août [1845.]\nLa description des fêtes de Bonn m'a fait pleurer. On pourrait\naussi, nous autres français nous réunir pour de grandes choses pacifiques ;\nmais on s'en garde. — Nos fêtes rappellent toujours la poudre, le sang,\nla destruction, aussi voyez comme nous nous aimons et nous aidons les uns\nles autres, chiens de chrétiens de chiens que nous sommes ! — J'ai vu\navec plaisir que David s'est enfin décidé à aller à Bonn, mais les honneurs\nont été là pour ce saltimbanque de Liszt parce qu'il a eu le toupet de\nse les préparer soi-même à soi-même. Il est impossible que cette grande\nsolennité n'exerce pas sur David une heureuse et grande influence. Si\nj'étais musicien comme David, le transport et le délire musicaux ne me\nquitteraient pas, dut ma vie se transformer 20 ans plus tôt.\nLorsque j'assiste réellement ou par la pensée à ces grandes commu-\nnions d'hommes, je me prends à détester la vie de famille, mon commerce,\nma cité !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.18", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.24", "debut_caractere": 1219, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMonsieur,\nIl est bien malheureux pour moi de recevoir tant de reproches au\nsujet de la lettre que je vous ai écrite dernièrement, qui selon moi ne\nles méritait pas. Avant de vous écrire j'avais consulté David et ce n'est\nque quand il m'a démontré la nécessité d'une prorogation par rapport\nau voyage de Russie et par rapport au temps qu'il a encore à exploiter\nle Désert en Allemagne que j'ai dit qu'il fallait proroger ce traité. Car\nvous devez vous rappeler que je n'avais été moi-même de l'avis d'une\n\n(I)fMs. 7665.\n(2) Ms."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.25", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "prorogation, et je suis tellement malheureux dans les propositions que\nj'émets auprès de vous que quoique je dise, il ne m'en advient que des\nreproches. Dans notre entrevue à Paris, il fut question de cela, et je vous\ndis que à mon avis, le Désert avait été assez exploité et même trop, qu'il\nfallait le faire mettre au commerce en faisant graver, alors vous ne fûtes\npas de mon avis et vous trouvâtes que j'avais tort de penser ainsi. Ici\nje consulte David et il me dit qu'il tient au voyage de Russie et qu'à\ncause de cela il fau-t proroger. De plus, il ajoute, et je suis de son avis\nque si on grave, les partitions arriveront de suite en Allemagne, puisque\nMr Schott de Mayence se tient prêt à publier, et que David arrivera\nalors dans des pays où on serait déjà saturé de sa musique du Désert,\nraison de plus pour proroger. Ici vous avez fait erreur en pensant que\nje prêtais le projet aux Escudier de venir en Allemagne exploiter eux-\nmêmes, tandis que si vous relisez ma lettre vous trouverez tout le con-\ntraire, J'ai dit qu'ils y expédieraient de suite la partition ce qui revien-\ndrait au même pour que l'œuvre y fût exécutée avant l'arrivée de David.\nDonc cet article de ma lettre se résume en ceci : si David avait fini\nd'exploiter l'Allemagne, ou bien si son Moïse était terminé, pas de\nprorogation ; elle ne doit avoir lieu que par la nécessité de sa position\net parce qu'il peut y avoir intérêt à aller en Russie exploiter le\ninédit. Sur mon honneur vous ne trouverez pas autre chose dans ma\nprécédente lettre, et je ne vois réellement pas en quoi cette opinion est\nblamable. J'avais même ajouté que si on était obligé de proroger, il\nfallait le faire avec l'avantage pour David d'avoir d'autres pays que\nl'Allemagne, pour se rattrapper au besoin de ce que l'on ne gagne pas ici.\nTout ceci était plutôt à l'avantage de David que contre lui. Car en défi-\nnitive ma pensée est la même que le premier jour où je suis allé chez vous.\nSi on a le pouvoir de forcer les Escudier à graver, il faut le faire. Eux\nseuls y perdront la moitié de ce qu'ils auraient gagné en Russie. Quand\nà David, il n'y perdra rien, car il pourra y aller exploiter le Moïse inédit ;\nainsi que d'autres compositions et au besoin le qui bien que gravé\nalors n'en sera pas moins un corrollaire agréable pour les concerts. Voilà\nmon opinion, elle n'a que la valeur de cela ; car vous auriez tort de croire\nque je veux vous imposer mes idées, je sais reconnaître toujours l'au-\ntorité que vous donne votre expérience des hommes et des choses, et\nil vous est toujours réservé de pouvoir les rejeter ou les approuver selon\nque vous les jugez bonnes ou mauvaises.\nVous insistez dans votre lettre et d'une manière bien fâcheuse pour\nmoi sur mon incapacité industrielle, tandis qu'il vous serait bien facile\nd'avoir la preuve du contraire, si vous vouliez vous donner la moindre\npeine à ce sujet. En effet au lieu de me juger sur l'effet que j'ai pu\nproduire sur vous, il serait bien plus simple de consulter les divers indus-\ntriels dont j'ai dirigé les affaires. Donnez-vous la peine d'écrire àM. Bois-\nselot, facteur de pianos à Marseille et à M. Pépin, éditeur de la même\nville et là vous pourrez savoir comment j'ai opéré pour eux et quels résul-\ntats j'ai obtenus dans le commerce qui est celui qui s'allie le mieux\nàla musique. Il y a à Aix cinq mille âmes, écrivez au hazard au premier\nvenu, haut ou bas placé, car tous me connaissent, et demandez leur"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.26", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "comment j'ai opéré commercialement. Parce que j'aurai pu donner un\nconseil ou émettre une opinion fausse, si tant est que je l'ai fait, il ne\ndoit pas s'ensuivre de là que je sois incapable. Quel est l'industriel qui\nne se trompe pas. Vous même, qui êtes doué d'une intelligence supérieure\nà celle de beaucoup d'autres, je suis sûr qu'il a pu vous arriver de vous\ntromper quelquefois en affaires. Vous dites à David, si Sylvain avait\nla moindre idée d'industrie, il ne resterait pas un jour en Allemagne,\noù il n'y a rien à faire comme exploitation. J'avoue que je ne comprends\npas votre pensée sur ce point. Vous savez que je tiens essentiellement\nà débuter comme éditeur par un ouvrage un peu saillant, et il a été\ndécidé que ce devait être le Moïse. Or, il ne me convenait nullement\nd'ouvrir un magasin à Paris avec une ou plusieurs romances de David.\nJ'aurais excité la jalousie des autres éditeurs pour bien peu de chose.\nA paraitre sur la scène (?) il faut y arriver de manière à se poser conve-\nnablement. Or, il a été décidé, que au lieu de perdre mon temps à Paris\njusques là, je serais utile à David, et j'ai parti de suite, abandonnant\npar dévouement pour lui, patrie, femme, enfants, tout enfin. Au reste\nje ne m'en repens pas aujourd'hui, et vous-même vous en serez bien\naise quand vous saurez que le Moïse sans cela serait indéfiniment retardé.\nDavid a composé presque tout sans paroles, il y a des rithmes, sans\ncoupe régulière, et il faut être plutôt musicien que poète pour y accoler\ndes paroles. Grâce à une tâche laborieuse que je me suis imposée, travail-\nlant quand il va courir, je parviendrai, je l'espère, à faire que cet ouvrage\nsoit complètement prêt sous peu de temps. Or, s'il avait fallu faire cela\npar correspondance, surtout David étant si paresseux pour écrire, cela aurait\ntraîné encore six mois. Vous comprenez donc que je ne reste pas en\nAllemagne pour rien, et que je sais parfaitement que ce n'est pas un\npays pour y gagner de l'argent; ce n'est pas d'aujourd'hui que je sais\nque c'est plutôt un voyage que David devait faire pour sa réputation\nque pour l'intérêt. Si David vous a montré la lettre que je lui ai écrite\nle lendemain de son succès à Paris, vous y verrez que je lui conseillais\nde voyager dans ce sens. Notre marche était très simple. Il faut assurer\nle succès du Moïse en Allemagne soit à Leipsick soit à Vienne. Une fois\nce succès qui sert de passeport pour les autres villes, on va exploiter ferme\net rapidement Paris V Angleterre et ensuite les villes les plus importantes\nde France. Nous pouvons exploiter ensemble ou sur deux points diffé-\nrents àla fois, et un de nous peutaller exploiter la Russie. Je veux perdre\nà tout jamais l'amitié de David, si cette exploitation ne lui rapporte\npas à lui et à moi vingt fois plus que n'a rapporté le pour lui\nsurtout qui n'a presque rien eû des Escudier. Pourquoi ne voulez vous\npas comprendre qu'un dévouement sans bornes comme celui que j'ai\npour David peut faire d'aussi grandes choses que l'appât des richesses\nou une avide ambition ?\nCertes, je ne demanderais pas mieux que de prendre la position\nque vous voulez me faire auprès de David : etre toujours avec lui, son\naide de camp, son secrétaire intime, son sténographe, recueillant au vol\nses pensées, ses inspirations, comme je fais aujourd'hui, en un mot, mais\ncela ne peut pas avoir lieu encore. David n'a pas encore une position"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.27", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "assez opulente pour se permettre de rétribuer convenablement celui\nqui a comme moi une famille assez nombreuse, qui se repose tout entière\nsur moi. Dans ma pensée, mes deux idées pourraient se rallier. David\npar le Moïse et les autres mélodies qu'il m'a assurées me met en position\nde réaliser une certaine fortune et de recevoir des propositions d'Editeurs\ninfluents dont l'association (?) me représente des garanties et des chances\ncertaines. Je puis alors trouver moyen tout en étant intéressé dans leur\nexploitation de garder la liberté nécessaire pour suivre David dans ses\nvoyages, rester à côté de lui même à Paris, et être ce que vous désirez\nque je sois auprès de lui. Je ferai alors encor par dévouement ce que je\nfais aujourd'hui de la manière la plus désintéressée, car vous ne devez\npas douter que mon absence de mes affaires à Aix me fait perdre beaucoup\nd'argent, et je n'ai pû me décider à ce sacrifice pécuniaire que dans\nl'espoir d'un prochain avenir et d'une position plus favorable. Je n'ai\njamais pensé à enchaîner la volonté de David pour d'autres ouvrages\nà venir. L'exploitation du Moïse sera un fait et on pourra me juger. S'il\nest prouvé que je ne m'entends pas au métier d'éditeur, David sera\nlibre d'en chercher d'autres. Il en sera quitte pour m'avoir favorisé\nsous ce rapport et m'avoir donné un témoignage d'amitié et de recon-\nnaissance en me donnant la préférence en cette occasion. Certes, cela\nne l'empêchera d'aller pas malgré cela à la gloire et à la fortune. On peut\nbien prendre quelques gouttes d'eau dans un fleuve sans qu'il y paraisse,\nor, David n'est-il pas un fleuve d'harmonie ? Mais je suis forcé d'avoir\nmeilleure opinion de moi que vous n'en avez vous même. Le\nréussira, il fera beaucoup d'argent et tout le monde sera content, auteur,\npublic et éditeur. Quant à Paris, je n'en suis pas en peine, les directeurs\nont autant d'interet que l'auteur lui même à le faire réussir et ils con-\nnaissent encore mieux que personne les moyens de un succès.\nVous me parlez des éditeurs de Paris, et vous dites qu'ils en mange-\nraient dix comme moi.Cela est très exagéré, mais je suis trop franc pour\nne pas reconnaitre une partie de cette vérité. Ils sont plus intriguants, plus\nadroits si vous voulez et connaissent mieux la place de Paris. Mais\nil n'est pas juste de m'en faire un reproche. Ces messieurs quand ils\nsont venus à Paris ne le connaissaient pas mieux que moi, ils n'ont\npas toujours été aussi puissants qu'ils le sont aujourd'hui, et si jamais\nun auteur influent ne les avait favorisés, ils seraient restés en chemin\ncomme tant d'autres. En éditant de la bonne musique, quand ils n'en\néditent que de la mauvaise, je dois être plus qu'à leur niveau, et j'aurai\ntoujours l'avantage sur eux d'apprécier par moi même et non par le\ncanal d'autrui l'importance d'une composition qui me sera présentée.\nLe temps et l'expérience, je l'espère, feront le reste."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c039", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.19", "titre_corps": "LE RETOUR EN FRANCE F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "LE RETOUR EN FRANCE F. 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K., •• .*Â - --v- 1"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.20", "titre_corps": "F. DAVID A MADAME CHEVALIER", "titre_sommaire": "F. DAVID A MADAME CHEVALIER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.28", "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "F. DAVID A MADAME CHEVALIER\n(2)\n[Paris, 1845-1847]\nMadame\nJ'ai confié à Mademoiselle votre fille, depuis fort longtemps, deux\nmélodies, Crainte d'amour,et une autre commençant par ces mots :\nComme aujourd'hui je suis joyeuse,voudriez-vous avoir la bonté de les\nremettre à M. Jourdan qui vous présentera cette lettre.\nAgréez, madame, mes salutations empressées, et faire mes compli-\nments à mademoiselle Chevalier.\nfelicien||David.\nMadame Chevalier.\n(i) Ms. 7710\n(2) Ms. 7710. Ecrit sur du papier à\\en-tête du ajournai L, Algérie, Afrique,\nd'Orient et de la Méditerranée, rue Neuve4les-Petits-Cliaißps,|3s ; ce.billet date par consé-\nquent des années 1845-1847."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.21", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "S. St-etienne", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.29", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(2)\n[Paris, février 1846 J.\nCher père,\nJ'ai passé la soirée hier avec la famille Suquet avec David qui m'a\nfait faire leur connaissance. Demain il est convenu qu'il va chercher\ndes appartements pour David. C'est le moment pour moi de vous rappeler\nà vous qui en comprendrez mieux encore l'utilité que David, l'impor-\ntance pour moi d'être tout-a-fait à portée de me concerter avec David\net d être rapproché de lui. Cela nous a été utile en Allemagne, de pouvoir\nà chaque instant nous communiquer nos idées, nos plans de campagne\npour tout ce qui touche aux affaires et aux intérêts matériels de David\nque j en reconnais encore mieux l'avantage ici où les affaires vont qua-\ndrupler et où une fois le Moïse mis en branle, les courses, les copies,\nde parties, la surveillance à donner à l'orchestre et mille choses que je\nne puis prévoir encore, vont nous absorber complètement. N'ayant\npas amené ma famille, et me trouvant seul à Paris, il est beaucoup\nplus facile à David de trouver à me donner, après avoir gardé pour lui\nsalon, chambre à coucher, et cabinet de travail, il peut se trouver une\nautre chambre où on puisse caser un lit et un bureau pour écrire et où\nse trouvera toute la musique que j'aurai à voir souvent, à classer, à\nexaminer soit pour les paroles à ajouter sur ce qui est déjà fait, soit\npour en proposer la vente aux éditeurs ; vous savez l'insouciance de\nnotre ami, sa condescendance facile même quand elle peut nuire à ses\nintérêts, il pourrait livré à lui-même prêter des partitions, des ouvrages\nimportants qu'on lui copierait, qu'on lui emporterait, choses (sic) qui lui\nest arrivée quelquefois. Je veux prévenir cela et je n'ai pas d'autre\nbut en me rapprochant de lui. Si vous pensez la dessus comme moi,\nprévenez en Mr Suquet pour qu'il s'arrange de quoi trouver cette chambre\nde plus en prenant le logement de David.\nLes Escudier m'ont écrit hier, je m'y attendais, ils m'ont envoyé\nun billet pour leur concert d'hier ; je n'ai pu y tenir, il y a un certain\nchanteur qui a écorché David d'une manière si terrible que je suis\nsorti immédiatement. Ses Hirondelles ont été plumées complètement.\nC'est dégoûtant d'entendre parodier de si belles choses.\nMaintenant ils veulent que je leur fasse un article sur l'arrivée de\nDavid. Cela ne me convient pas, à cause de ma position et de la reserve\noù je prétends rester avec eux. ils veulent d'ailleurs emboucher la trompette\npour signaler le don fait aux pauvres par David à Aix et insérer la lettre\nque je fis écrire à David au maire et que les journaux d'Aix ont reproduite.\nTout cela serait bon dans un autre journal que la France musicale,\nmais ici on aurait l'air de dire que David n'a donné cela à Aix que pour\nle faire dire plus tard au journal des Escudier. Et cette bonne action\n\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.30", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "toute spontanée, toute de cœur serait ainsi gâtée. Je me propose d'aller\nchez eux empêcher cet article ou pour que du moins il soit présenté\nconvenablement.\nJe porte aujourd'hui, sur sa demande, à David la partition et les\nparties du Moïse. Jusqu'à présent je n'avais pas lâché cette partition\nqui avait échappé même à la Douane autrichienne. J'ai presque peur que\nDavid ne la montre un peu trop, avant-hier encore les Escudier sont\nallés chez lui à dix heures et demie du soir. Conseillez lui toujours la pru-\ndence.\nJ'ai pensé à quelques variantes sur les vers que vous m'avez signalés\ncomme devant être changés, je vous dirai cela à notre première entrevue,\net je voudrais savoir si demain aussi matin que vous voudrez, elle ne\npourrait pas avoir lieu chez vous, car il est beaucoup d'autres choses\nimportantes dont je pourrai avoir à causer avec vous, avant d'agir, il\nfaut bien se concerter.\nVoici un journal d'Allemagne ; leurs intentions sont bonnes mais\nles vers sont un peu trop aériens. J'en aurai d'autres à vous montrer\nplus tard. Mille salutations respectueuses.\nvendredi\n\nS. St-etienne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.22", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.30", "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Paris, fin février 1846.]\nCher père,\nil y a eu séance ce soir chez David : Suquet et Térence [Hadot] y\nétaient, et ont été enchantés des mélodies pour violoncelle et piano.\nOn à également joué la symphonie en mi-bémol arrangée à 4 mains\nM. Meissonnier qui y était, est plus que jamais porté pour la musique\nde David. C'est un Editeur intelligent, excellent musicien, il comprend\nce que vaut un jeune compositeur riche d'avenir. Nous sommes d'accord\npour l'album à 2.500 Mais maintenant il veut les mélodies de violon-\ncelle, il m'offrait 4.000 fr. du tout. Bien qu'on pût retirer encore 1.000 fr.\nde Schott pour l'Allemagne de ces deux ouvrages, et que 5.000 soient\nbons à prendre, je ne conseille pas cette affaire à moins de 2.500 —l'album\net 3.000 les mélodies de violoncelle pour la France seulement. Meis-\nsonnier y arrivera, je ( ? ) lui comprendre. A défaut, il prendra\ntoujours l'album à 2.500 et on pourra attendre cet hiver pour le\nreste. Voilà mon opinion.\n\n(1) Ms. 7779.\n3"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.31", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "David m'a remis la procuration. Il était mieux ce soir, j'espère qu'il\nsera bientôt complètement rétabli.\nRecevez, cher père, mes sincères et cordiales salutations.\nvotre tout dévoué.\nVendredi minuit. SYLVAIN St-ENENNE.\nCher père,\nJe résume ce que je vous ai dit ce matin pour la partie financière\nde la recette de David.\nIl faut que Meissonnier donne 2.500 — au lieu de 2.000 qu'il offre;\navec cela, il aura les romances déjà faites, deux petites mélodies pour\npiano faites également, et cinq romances à faire. Il complète la deuxième\navec une qu'il a achetée antérieurement. David ne doit pas s'engager à com-\nposer plus de cinq romances, pour ne pas arriérer un travail plus impor-\ntant. — On demandera de l'album à Schott, pour l'Allemagne, 50 —\nattendu que les 2.500 — pour Meissonnier se bornent à la propriété\npour la France.\nSi on veut acheter les mélodies violoncelle et piano, c'est 3.000 fr.\npour la France et 600 fr. pour l'Allemagne.\nDavid a vendu antérieurement, ainsi que je vous l'ai dit, savoir :\nà Meissonnier — Symphonie en mi bémol )\nle Captif, f\nChoeur Chant du soir j I,300 »\nnocturne à 3 voix )\nA Schott, les mêmes 600 »\nA MM. Brandus <§■ Cie, savoir :\nl'amour créateur 1\nLe mourant 3 mélodies j 700 »\nFormosa I\non a demandé à Schott, 200 »\nMme Carrare a acheté :\nO Salutaris \\ , „ .\nAve verum ! a payer dans 8 Jours 100 »\non a demandé à Schott pour les 2 morceaux\nreligieux 50 »\nen expectative 250 »\nEn affaire conclue et somme reçue 2.700 »\nJ'ai oublié une chose importante ce matin, c'est de vous demander\nla procuration en blanc que vous avez et qui m'est indispensable pour"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.32", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "traiter avec les directeurs, David n'étant pas cette fois avec moi, ayez\nla bonté de la remettre à Jules qui vous porte cette lettre et de la faire\nporter chez David où je passerai la soirée.\nTamisier est venu ; je lui ai dit formellement que David n'avait\naucune proposition d'acquisition du à faire, et que c'était à des\néditeurs que les Escudier devaient s'adresser si cela leur convenait. Ja\nne serai pas fâché de savoir ce qu'il adviendra de cette affaire, et je vous\nprie de m'en écrire le résultat.\nVeuillez recevoir, cher père, la nouvelle assurance de tout mon res-\npectueux dévouement, me continuer votre affectueuse bonté et ne pas\nme faire faute de vos conseils dans l'occasion.\nVotre tout dévoué serviteur\nSYLVAIN St-EnENNE.\nParis, le 17 juillet 1846.\nP. S. Je regrette bien de ne pas avoir copie du traité entre Escu-\ndier et David, qui fait l'objet du procès; je connais plusieurs légistes et\navocats distingués à Aix qui auraient pu me donner conseil là dessus ;\net comme le procès n'arrivera pas jusqu'à cet hiver, ils auraient pu être\nutiles. Si vous avez l'occasion de faire faire cette copie, et de me la faire\npasser dans une lettre, vous m'obligerez.\nS. S'-E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 32, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.23", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.32", "debut_caractere": 1226, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n1847] (2)\nCher père\n, Arlès m'a annoncé une nouvelle qui m'aurait rendu très joyeux si\nj'avais pu retarder mon départ pour Paris. Malheureusement c'est\nimpossible, j'ai des engagemens pour Bruxelles, Gand et Lille, il faut\nque j'y sois au commencement d'octobre, je ne pourrai donc pas voyager\navec vous, ce qui m'attriste beaucoup, j'aurais tant aimé vous voir à\nmon arrivée à Paris, quand reviendrez-vous PArlès ne m'en dit rien,\nj'espère que vous reviendrez bientôt, et que je pourrai au moins vous\nembrasser avant mon départ pour la Belgique.\nCette lettre vous sera remise par S'-Didier qui tient absolument\nà vous voir et qui vous aime toujours de tout son cœur ; toute sa famille\npartage cette affection.\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Cette lettre date de l'époque du voyage de David dans le Midi."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.33", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "Adieu, mon père, je vous embrasse de loin en attendant de vous voir\nbientôt, je serre la main au brave Arlès quoiqu'il m'ait envoyé au diable.\na vous d'âme.\nFelicien DAVID.\nil est inutile de penser donner des concerts à Lyon maintenant, jl\nest presque convenu avec Georges (i) de mettre en scène C. Colomb et\nde le donner cet hyver. nous ne perdrons rien à attendre.\nje vous prie de faire mes compliments affectueux aux dames Nugues\net à toute la famille. Je regrette doublement de ne pouvoir vous accom-\npagner.\nje n'ai pas eu le temps d'aller à Oullins (2) voir Me Arlès et sa\nfamille. Quand vous les verrez, dites leur mille choses affectueuses\npour moi.\n[Marseille, été de 1847]\nCher père,\nArthur (3) et Bruno que j'ai vus l'autre jour m'ont fait les plus\nsanglants reproches sur ma paresse, je voulais un moment leur en\ndemander raison ; mais réfléchissant que des reproches venaient des\nhommes les meilleurs et les plus pacifiques, je me suis calmé, en avouant\nmoi-même qu'ils n'avaient pas tort, cependant ma faute n'est pas si\ngrande qu'on pourrait le croire et les bonnes intentions ne m'ont pas\nmanqué, chaque fois que j'allais écrire, je trouvais mon encrier à sec.\nque faire à cela!! j'y voyais une indication providentielle. Le ciel était\nd'accord avec ma pensée et si n'avaient été quelques petits remords\npar ci par là j'aurais été fort tranquille.\nVous avez de mes nouvelles de Lyon par Arlès. jl a du vous dire que\nje n'avais pas été très merveilleusement accueilli dans cette ville, la\nchaleur et lecolysée aidant, j'ai parfaitement compris cette conduite,\nj'avais moi-même plus envie de me baigner que de donner des concerts,\nd'ailleurs mon immense amour-propre me défendait de donner d'autres\ncauses à cette indifférence à mon égard. Mais à Marseille çà été bien pis :\nmes honorables compatriotes demandaient au désert des chameaux (4).\nCette fois, ils voulaient des thons, des tritons, que sais-je encore ? bref :\nIls ont voulu écraser C. Colomb par le Désert. Ils adorent ce Désert :\nils le demandent à grands cris ; et moi, bonne pâte que je suis, je vais le\nleur donner lundi prochain avec deux parties de Colomb. Mais je jure\npar le soleil qui nous éclaire que ce sera le dernier concert que je donnerai\nà mes chers compatriotes, dûssent-ils venir m'implorer à genoux.\nCe voyage aura donc été pour moi une promenade tout à fait de\nplaisir si n'avaient été ces atroces concerts qui m'ont un peu échauffé\nla bile... pour me dédommager j'ai été prendre des bains à force et je\n\n(1) Georges Hainl.\n(2) Dans le département du Rhône.\n(3) Arthur, fils naturel du Père-Enfantin.\n(4) Voir plus haut, la lettre du 11 avril 1845."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.34", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "m'en suis bien trouvé, je n'oublierai pas dans mes bonnes journées\ncelles que j'ai passées à Curson chez les demoiselles Nugues. il n'y man-\nquait qu'une chose, c'était votre présence, nous nous sommes dédom-\nmagés en pensant et parlant de vous.\nj'ai eu des nouvelles de tous les amis par les voyageurs égyptiens ;\nil paraît que tous se portent a merveille et qu'ils pestent contre moi à\nqui mieux mieux, je pense aller m'offrir à toute leur colere vers la fin du\nmois de 7bre. mais je leur conseille de parler bas, s'ils ne veulent\npas essuyer de mes arguments, vous pensez bien que je n'ai pas laissé\nde côté l'argumentation par tierce et par quarte et que j'ai\navec les meilleurs professeurs de la province, ainsi que chacun se tienne\ntranquille. aDieu, cher père, je désire bien vous revoir ; en attendant,\nje vous embrasse de tout mon cœur.\nj'embrasse aussi, malgré les mauvais propos tenus sur moi, tous les\namis: Térence, I Duveyrier et tutti quanti.\n(jour dan.\nmille choses affectueuses à Mr Adèle.\ntout a vous de cœur.\nFelicien DAVID.\n[1843-1855.]\nCher père,\nJe vais mieux. J'accepte l'invitation chez Mme Kienné (i). Quant à\naujourd'hui, je suis pris\na vous de cœur\nfelicien David.\nAdresse : Monsieur Enfantin\nEn Ville.\n[[lB4B-1849]\nCher pere,\nEncore de l'argent que je vous demande, 500 112. j'ai mon loyer\na payer et ma provision de bois a faire. Mais voici bientôt, j'espère, les\nrecettes qui vont arriver avec les concerts en Hollande, à Paris : avec\nle jugement dernier et puis ce fameux opéra que je mitonne avec amour.\nJe vous embrasse cher père.\nFélicien DAVID.\nje pars vendredi pour Chateaudun. (3) je pourrai donc encore dîner\navec vous demain.\n\n(r ) Mme Kiéné, mère de Mme Bigot, célèbre pianiste amie de Beethoven.\n(2) Chez Hadot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.24", "titre_corps": "HADOT AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "HADOT AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.35", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "HADOT AU PERE ENFANTIN\n(i)\n25 juin{1848]\n...Je ne sais si l'affaire dm maestro a marché depuis son départ. Voici\noù elle en était le 16 juin. Son adversaire avait pris avocat, lequel était\ntombé d'accord avec Nicolet que le débat ne serait pas porté devant les\ntribunaux, mais seulement devant arbitres. Nicolet a de plus, consenti\nà accepter une sentence sans appel si les arbitres étaient choisis à sa\nconvenance. Trois anciens et très honorables bâtonniers de l'ordre des\navocats, M®* Marie, Paillet et Duveyrier ayant accepté cette mission,\ntoute objection tombait. Ces Messieurs jugeront en dernier ressort, et\nNicolet a l'assurance que quel que soit leur arrêt, il sera rendu sans\nfrais pour David. Voilà pour la procédure. Quant au fond, si, par impos-\nsible, David succombait, il serait condamné à relivrer sa partition, soit\nsous peine de dommages intérêts fixés, soit sous peine de dommages\nintérêts multipliés par chaque jour de retard. Dans ce dernier cas, à\nmoins que la somme ne dépassât que de peu le prix d'une course d'om-\nnibus ou d'un cigare de la Havane, il faudrait courber la tête et se dévouer\nà toutes les horreurs du boulevard du crime.\nLa question devait être vidée (du moins les arbitres l'avaient promis\nà Nicolet) peu de jours après le xetour de nos hôtes. Il avait, par suite,\nété trouvé convenable de ne pas se mettre en routepourSéricourt(2)avant\nle jugement, afin de n'avoir pas à revenir, en cas de condamnation dure,\nsur l'appropriation de la musique brésilienne aux faits et gestes\nbohèmes (3). Dans cette hypothèse, heureusement bien peu admissible,\nDavid ne se mettrait pas moins à l'œuvre avec le grand faiseur (4).\nMais il s'y mettrait avec une situation bien dessinée, une détermination\nbien nette, celle de faire du neuf et rien que du neuf. Vous aimez assez\nles déterminations nettes pour approuver celle-ci.\nJ'attends avec bien de l'impatience la solution de ce trop long\nimbroglio. Vous la connaîtrez sans doute avant moi. Priez du moins ce\nmaître taciturne de ne pas me laisser trop longtemps dans le doute. Je\nvais presser Nicolet, qui a été bien écrasé de besogne à son retour, de\nne laisser repos ni trêve à ses trois grands confrères aussitôt qu'il sera\nun peu débrouillé.\n[Chatea(?) 1848.]\n...De part et d'autre on nous traite en véritables et nous\nsommes ici comme au secret. Je me suis abonné à VEstafette pour être\n\n(1) Ces deux fragments extraits des lettres 135 et 136 du ms. 7630, datent de 1848.\nHadot qui écrivit avec Méry le livre de l'Eden.\n(2) Résidence de Scribe, en Seine-et-Marne.\n(3) Allusion à la partition de la Perle du qui ne fut représentée que le 22 no-\nvembre 1851, au Théâtre Lyrique; le poème était de Gabriel et Sylvain Saint-Etienne.\n(4) Scribe."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.36", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "au moins au courant (sans me compromettre) des destinées de (1)\nmais cet affreux journal, le plus mal rédigé que je connaisse, malgré\nl'intérêt que Bareste lui porte, ne manque jamais d'oublier l'article\nspectacles les lundis, mercredis et vendredis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.25", "titre_corps": "F. DAVID A MADAME X.", "titre_sommaire": "F. DAVID A MADAME X.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.36", "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "F. DAVID A MADAME X.\n(2)\n[Automne 1851.]\nChere madame,\nJe me faisais une fête de dîner aujourd'hui chez vous avec les amis,\nquand il m'est survenu une invitation de Mr Sevestre (3) pour un dîner\nd'affaire, à laquelle il faut absolument que je me rende, j'espère que\nvous serez assez bonne pour m'excuser. j'irai d'ailleurs ce soir vous\nexprimer moi-même tous mes regrets.\nVotre bien dévoué et affectionne\nfelicien David\n[Hiver de 1851-52]\nChère Madame,\nJe suis en ce moment en froid avec la direction de l'Opéra national\net il me serait difficile pour ne pas dire impossible d'avoir des billets de\nfaveur pour mon opéra (4). J'espère que cette situation ne se prolongera\npas et que je pourrai bientôt vous dédommager du refus que je me vois\nobligé de vous faire à mon grand regret, aujourd'hui.\nmille complimens affectueux\nfelicien David."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.26", "titre_corps": "A LA MEME", "titre_sommaire": "A LA MEME", "signature_source": "Félicien Daxid", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.36", "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "A LA MEME\nFélicien Daxid.\n(5)\nChère madame,\nje vous envoie cette loge pour vous dédommager de mon refus de\nl'autre jour.\nbien à vous\n(i) La première représentation de VEden avait eu lieu à l'Opéra le vendredi 25 août\n1848. Ce « mystère en deux parties», poème deMéryet Hadot, n'eut que cinq représentations.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Directeur du Théâtre Lyrique (1851-1852.)\n(4) La Perle du Brésil. Le Théâtre Lyrique porte nom d'Opéra National jusqu'au\n12 avril 1852.\n(5) Ms. 7710."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.27", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. 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DAVID."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.28", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.37", "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher monsieur,\nLa partition de VEien est retrouvée. Je ne saurais trop vous remer-\ncier de m'avoir donné le moyen de me mettre en rapport avec M. de\nMaisonhaute, il a été l'obligeance extrême, et je vous le dis pour que\ndans l'occasion vous puissiez lui en tenir compte.\nC'est une bonne inspiration que nous avons eue d'avoir recours à\nvous en cette occasion, et par l'envoi de votre lettre qui a eu un si heu-\nreux résultat vous nous avez rendu à David, à Fonscolombe et à moi\nun véritable service.\nAgréez, avec mes remerciements, la nouvelle assurance de mon\nsincère et respectueux dévouement\nSYLVAIN S^ETIENNE.\nParis les Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port-Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher Monsieur,\nVous me dites qu'il est inutile que je réponde à votre dernière lettre,\nmais il faut bien que je vous dise cependant que je m'étais occupé de\n\n(1) Ms. 7630 (1840-1861), n<> 63. Ce billet fut vraisemblablement écrit comme les deux\nprécédents, à l'époque des représentations de la Perle du Brésil à l'Opéra national.\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.38", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "cette affaire de concerts à Lyon, et que ce n'est plus moi qui suis un\nobstacle à sa réalisation. Quand j'ai fait part à David, des propositions\ntrès vagues du reste, de Georges Hainl], David m'a répondu qu'occupé\ncomme il l'était par le travail sérieux de son opéra, il ne se déciderait\nqu'à regret à aller à Lyon, et il a fixé un prix de 4.000 112. à lui assurer\npour le cas où il entreprendrait ce voyage.\nJe pense moi que c'est cette manière de présenter l'affaire à Georges\nqui a fait que celui-ci n'a pas pris la peine de répondre, car je lui ai fait\nremettre la lettre à son hôtel à Paris, avant son départ, et depuis je\nn'ai plus rien reçu.\nJe ne vous charge de rien, je sais bien que vous avez assez de vastes\naffaires sur les bras, moi, je n'en suis pas non plus à me croiser les bras\naujourd'hui avec mon édition, mais je vous dis ceci au cas où le hazard\nvous ferait rencontrer Georges : la présence de David est-elle indispen-\nsable avec un chef d'orchestre comme Georges pour gagner de l'argent\nà Lyon avec les œuvres de David : Désert, Colomb, Eden et Moïse, ces\ndernières créations venant de produire beaucoup d'effet à Paris ? Moi\nje pense qu'on ferait beaucoup plus d'argent avec David, mais si le\nrefus de lui assurer 4.000 112. détourne le directeur du Cirque ou du\nfhéatre de cette affaire, il me semble qu'elle peut se faire autrement.\nA défaut de David, je mettrai mon concours pour ce qui tient aux détails\net à la tradition de ses œuvres, à la disposition de ces messieurs.\nAu reste je viens d'écrire dans ce sens à Georges.\nRecevez, mon cher monsieur,\nl'assurance de mon sincère\net respectueux dévouement.\nSYLVAIN SÏ-ETIENNE.\nParis le 11 Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher monsieur,\nJ'ai hésité longtemps à vous occuper de l'affaire pour laquelle je\nvous écris aujourd'hui. Mais j'ai pensé, après y avoir bien réfléchi, que\nvous seul pouviez en être l'arbitre entre David ou plutôt M. Arlès\net moi. Il n'est guère possible d'ailleurs que ce soit un autre que vous\nqui se trouve de moitié avec M. Arlès pour l'achat de (1).\n\n(i) La Fin du Monde, après de nombreuses transformations, devint Herculanum,\nreprésenté en 1859 à l'Opéra. Eugène de Mirecourt, le collaborateur de David publiant en\n1854 même, une biographie de ce dernier, écrivait (p. 91) : « L'œuvre de notre héros est\nprête ; elle a toutes les conditions exigées par le drame lyrique, son titre est la Fin du\nMonde ; toute la partition peut, dès aujourd'hui, se distribuer aux pupitres de votre"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.39", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "Je dois donc vous faire connaître ce qui est arrivé au sujet de cette\nœuvre.\nD'abord, vous n'ignorez pas que c'est moi qui ai le premier été\nchargé de faire faire cette œuvre à David. Tilly était alors directeur\nà la Porte-Saint-Martin, il venait de recevoir le drame d\nde Gabriel et de Mirecourt, et désirait avoir des chœurs comme on\navait fait à l'Odéon pour Antigone.(l) Je proposai la chose à David, qui\nl'accepta, et à cette époque, moi-même j'ai aidé à parodier la musique\nsur des paroles de David qui ne restent plus aujourd'hui à cause du\nbouleversement complet de l'ouvrage et de sa transformation en opéra.\nDu jour où je suis devenu éditeur de musique, vous savez que j'ai\nacheté tous les manuscrits qui lui restaient comprenant indépendamment\nde quelques morceaux isolés, L'Eden, le Moïse et les trois symphonies\nà grand orchestre en mi, en fa et en ut mineur. Je vous ferai observer\nen passant que ces cinq ouvrages, les trois derniers surtout, ne pouvaient\nêtre achetés que par un éditeur ami, l'affaire étant plus artistique que\ncommerciales. En effet, je savais déjà, bien que je fusse depuis peu\ndans le commerce de musique que de pareils ouvrages très coûteux\npour graver, ne se vendent qu'à de très rares exemplaires et ne payent\njamais les frais d'édition.\nJe dois vous expliquer cela pour vous faire apprécier le sentiment\nqui m'a guidé quand j'ai fait l'achat de ces œuvres de David, qui tenait\nessentiellement à ce qu'elles puissent être appréciées par les artistes.\nIl ne pouvait y avoir pour moi qu'une compensation à cette affaire\nonéreuse, c'était de publier plus tard des œuvres qui pourraient être\nobtenues à des conditions plus favorables par l'éditeur. . ■'% j\nVous comprenez que le jour où j'ai eu la pensée d'ouvrir un magasin\nde musique, c'est David qui dans ma pensée était mon guide et mon\ndrapeau ; mes amis qui sont ceux de David, sont devenus d'autant\nplus volontiers mes commandataires que je leur ai fait partager la\nconfiance que j'avais en lui. Mon idée était de suivre les chances de sa\nbonne ou mauvaise fortune, me consolant des revers ou m'applaudissant\ndes succès, suivant que la chance ou le caprice du public amènerait les\nuns ou les autres.\nTout ceci ne doit pas vous étonner, vous qui connaissez mon dévoue-\nment sincère, mes vives sympathies pour David, et je ne pense pas que\nvous croyez que j'écris ceci pour vous faire prendre le change sur mes\nvéritables sentiments pour lui que vous avez pû sonder et apprécier\ndepuis longtemps.\n\norchestre. Nous n'en ferons pas l'éloge d'avance, c'est au public de juger ». Et plus loin (p. 93 ):\n« Retenez bien cela, monsieur Roqueplan. Nous vous conseillons à vous qui aimez la\nraillerie, de ne jamais prononcer l'adage connu : « Après nous la Fin du Monde : » Cela vous\nporterait malheur ». E. de Mirecourt est bien connu par ses biographies des\nL autre collaborateur de David, Gabriel, était un auteur dramatique, qui travailla surtout\nen collaboration.\n(i ) L'Antigonede Sophocle, traduite par Vacquerie et Maquet (1844)\"; elle a été remise\nà la scène du Théâtre-Français, avec musique de M. Saint-Saëns, en 1893."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.40", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "Arrivons à l'affaire de la fin du m que j'offrais\nde racheter parce que je voyais que le prix de 3.000fr. qu'il devait à\nmes amis paraissait le gêner, nous étions d'accord sur ce point. Je lui\ndonnais encore une somme comptant pour lui en dehors des 3.000 fr.\net il me fallait encore acheter la part de Gabriel. Dans ce même moment\nil vint me proposer de lui acheter la Fin du M onde à des conditions qui\ntout en paraissant au premier aspect favorables, laissaient cependant\nbeaucoup plus de chances contraires pour moi que pour lui. J'ai su\ndepuis que David avait modifié en votre faveur ces clauses, et je crois\nqu'il a bien fait.\nMalgré que je trouvasse ces prétentions un peu fortes, à certain\npoint de vue, j'aurais peut-être consenti à les accepter, mais une des\npersonnes à qui je devais nécessairement en parler puisqu'elle devait\nme fournir les fonds nécessaires, me fit entrevoir précisément dans\nl'échelonnement des sommes à payer, des inconvénients pour moi,\nque j'avais fait déjà remarquer à David, et m'engagea à lui faire modifier\ncertaines dispositions du traité. David crut devoir ne pas le faire, et il\nne me dit plus rien de cette affaire que je regardais toujours comme\ndevant être reprise plus tard entre nous au moyen de certaines conces-\nsions mutuelles.\nJ'appris un jour par Mr Lhabitant et alors que j'avais tout à fait\npersuadé mon commanditaire que l'affaire avait passé des mains de\nDavid dans celles de Mr Arlès et ses amis. D'un côté je n'en fus pas fâché,\nje me dis : ce sont là des personnes qui n'ont pas voulu spéculer et qui\nont vouluseulement venir momentanément en aide à David. Depuis, je\ncausai avec celui-ci qui me raconta les détails de l'affaire, il me dit\nque pensant que j'avais renoncé définitivement à l'affaire (là était son\nerreur) il avait cédé l'ouvrage, mais que ses amis lui avaient promis de\nn'en pas faire l'objet d'une spéculation et de la rétrocéder à l'éditeur\nqui se mettrait à leur lieu et pince, et qu'ils avaient voulu seulement\nl'empêcher de donner son œuvre à un prix plus bas que celui qu'il avait\nlui-même demandé.\nDepuis, j'ai demandé à David, avant de tenter aucune démarche\nauprès de Mr Arlès, s'il serait bien aise que je reprisse l'ouvrage, en lui\nrappelant que je n'avais pas été le maître de l'accepter dans le temps\nqu'il me le proposait. Il m'a répondu qu'il le désirait vivement qu'il\ncomprenait que c'était juste, et qu'il aimait bien mieux d'ailleurs que\nce fût le même éditeur qui comptait tout lui prendre et ne s'était fait\néditeur que pour pousser et populariser ses œuvres. Car je ferai ici une\nparenthèse pour vous dire que j'ai racheté tous les morceaux édités\nautrefois par Schlesinger et plus tard par Brandus.\nDavid avait ajouté en cette ocasion : Je ne suis plus libre de les\nforcer à accepter, mais je ne doute pas qu'ils le feront d'après tout ce\nqui milite en ma faveur. Tous ces détails peuvent vous être confirmés\npar David lui-même.\nJ'ai cru pendant longtemps que Mr Lhabitant avait mission et\npouvoir de Mr Arlès et de vous pour traiter cette affaire et la preuve\nc'est que j'avais fait tenir prête pour lui être remise la somme de 1.500"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.41", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "qui avait été avancée par vous à David ; seulement il y avait à m'entendre\nencore avec lui sur un point pour la Perle qui le regardait personnel-\nlement mais que je traitais du même coup ; lorsque Mr Arlès, se trouvant\nà Paris, je pensai que je pourrais aller franchement au but avec lui.\nMon intention était de lui faire connaître tous les détails qui précèdent,\net de lui faire savoir que dès mon entrée dans le commerce d'Editeur,\nj'avais compté essentiellement sur les futurs ouvrages de David, et\nque sans cela je n'aurais pas exposé cinq mille francs environ que je\nlui ai comptés en plus de la somme qui sont (sic) à dépenser pour l'édition\ndes symphonies dont le produit est nul ; donc évidemment j'aurais\nl'espoir de me retrouver un peu sur les opéras à'venir.\nMalheureusement Mr Arlès était très occupé et àla veille d'un voyage\nle jour ou je fus chez lui ; il y avait plusieurs personnes dans sa chambre,\net je ne pus rien lui dire. D'ailleurs il m'avait beaucoup refroidi en me\ndisant que l'affaire était dans ses mains et qu'il voulait en courir la\nchance. Je compris bien qu'en ce moment il oubliait qu'il parlait à un\nami intime de David, et qu'il ne paraissait pas se souvenir de mon\ndévouement pour lui et du désintéressement dont en maintes circons-\ntances, je ne crains pas de le dire, j'ai donné des preuves certaines.\nSi Mr Arlès avait sû tous les détails qui précèdent, au sujet de cette\naffaire, j'aime à croire qu'il aurait accueilli plus favorablement ma\ndemande, car en plus d'une occasion, et alors que je voyageais frater-\nnellement avec David, je n'ai eu qu'à me louer de son bon cœur et de\nson affabilité.\nLe refus de Mr Arlès porte à peu près sur ceci : David n'est pas riche,\nil avait des besoins quand nous nous sommes chargés de son œuvre,\nen lui avançant de l'argent, aujourd'hui s'il y a du bénifice c'est lui qui\nl'aura. Ceci est juste au fond, et à Dieu ne plaise que je blâme cette bonne\nintention, moi qui à cette époque lui ai prêté une somme d'argent qu'il\nm'a d'ailleurs remboursée depuis. Mais en cas de succès, que feront\nquelques mille francs qu'on pourra tirer de plus pour David ? Au prix\ndu traité il touchera douze mille francs et au moins vingt mille francs\nen plus de droits d'auteur. Il aura là de quoi attendre l'autre opéra\ndont je lui ai fait donner les paroles par deux des meilleurs librettistes\ndu moment. Et d'ailleurs pourquoi ne serait-on pas bien aise quel'éditeur\neût du bénifice en cas de succès ? Je ne suppose pas qu'on veuille lui\nfaire acheter à coup sûr un mauvais ouvrage. Un Editeur décidé comme\nmoi à acheter toutes les œuvres de David, doit avoir des chances bonnes\net mauvaises et c'est l'une qui doit compenser l'autre. Je vous ai déjà\ndit que les ouvrages que j'ai en oratorio et en symphonies (consultez\nDavid là-dessus) peuvent faire perdre plus que ne fera gagner la fin du\nmonde, dont le prix de gravure et d'Edition, ne l'oubliez pas, peut se\nmonter seul de 20 à 30 mille francs.\nJ'aurais encore beaucoup à vous écrire à ce sujet, mais ma lettre\nest déjà bien longue et je crains bien qu'elle ne vous fatigue peut-être.\nEn ce cas, je fais un dernier appel à votre patiente obligeance et je me\nrésume en ceci.\nJe suis l'ami sincère, et dévoué de David."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.42", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "J'aime sa musique au delà de toute expression.\nDès l'ouverture de mon magasin je lui ai acheté tous ses manuscrits\net en ce moment je termine la publication de la\ncollection de 30 chœurs dans laquelle j'ai placé tous les hymnes des\nSaint-Simoniens en leur conservant leur caractère et en respectant\ncomplètement la musique.\nCette collection seule me revient à peu près à mille francs. Je défie\nque tous ces morceaux malgré leur beauté eussent été achetés par tout\nautre Editeur ainsi que tous les oratorios et les symphonies, si je l'ai\nfait, c'est dans la probabilité juste et rationnelle que tout l'avenir de\nDavid auquel je m'attachais de préférence à tout autre, me serait\nacquis.\nIl y a une différence entre votre affaire et la mienne, c'est que je\nprends àla fois la fin du monde et les autres ouvrages de David.\nJ'offre donc, ce à quoi David consent d'ailleurs, de reprendre l'affaire\naux conditions du traité actuel du remboursement de suite l'argent\nversé et en me mettant à votre lieu et place. Vous pouvez me dire :\nmais pourquoi ne l'avez-vous pas fait, quand David vous le proposait ?\nJe réponds : C'était à des conditions onéreuses qu'on à modifiées depuis,\net d'ailleurs vous comprenez que je ne pouvais, en attendant tous mes\nfonds d'un ami, ne pas le consulter en cotte occasion.\nEn remettant cet ouvrage dans mes mains, croyez bien que vous ne\nnuisez en rien à David, et à moi vous me rendez service sous ce rapport\nqu'il peut m'être très nuisible qu'on m'enlève un ouvrage qui peut être\nà succès, pour ne me laisser que ceux sur lesquels la perte est assurée\nd'avance,\nJ'ai tellement cru à la conclusion de cette affaire entre David et\nmoi, que j'ai acheté à la même époque pour une somme versée comptant\nles droits d'auteur de Méry, pour les paroles, et voyez si ma position ne\nserait pas fâcheuse autant que bizarre, moi, Editeur de musique d'avoir\nla propriété des paroles et non celle de la musique. L'effet moral de la\nchose serait d'autant plus mauvais pour moi, qu'on penserait que c'est\npour l'acheter ou que j'ai perdu la confiance de David.\nMr Arlès m'a parlé de manière à me faire croire que s'il était sûr\nque je devais bénéficier seul sur l'affaire, il me ferait la faveur de me le\ncéder plutôt, mais que mon associé y aurait aussi part ; qu'ainsi donc,\nil vaut mieux que ce soit David qui le gagne. En ce cas, il peut agir\nsuivant son inspiration, car je n'ai point d'associé mais seulement des\ncommanditaires qui n'ont rien à recevoir de moi que l'intérêt égal de\nleur capital.\nMaintenant je vous ai tout fait connaître. Je parle avec sincérité\net sans vouloir en rien vous influencer. Vous me connaissez, vous savez\ndonc si je mérite vos sympathies. Moi aussi j'ai lutté comme David, et\nje lutte encore. J'ai cru que je pouvais compter sur mes amis et sur\nles amis de David. Je ne pense pas avoir démérité de vous tous, aussi\nj'espère que vous ne voudrez pas tromper mon espoir. Vous avez été\ntoujours bon pour moi. J'attends donc une réponse favorable à cette\ndemande."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.43", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "Dans cet espoir, veuillez bien me croire toujours\nvotre dévoué et très affectionné serviteur.\nSYLVAIN St ETIENNE.\nParis 108 bre 1854."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.29", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.43", "debut_caractere": 168, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[1843-1855.]\nCher père,\nun de mes amis d'Aix m'adresse M. Morret pour que je lui donne une\nlettre d'instruction auprès de vous. Je vous l'adresse donc, et ce sera à\nlui à vous formuler ce qu'il desire.\na vous d'ame.\nfeiicien David\nSamedi\nCher pere, 185\nJe suis allé vous voir ce matin et je ne vous ai pas trouvé. Je voulais\nque j'irai vous prendre lundi a4% pour aller ensemble chez\nBoisselot (2), comme c'était convenu. La soirée de Trio n'a pu avoir lieu,\ndeux des artistes ont dû partir plutôt (sic) que je ne croyais, nous avons\nremis cela au retour de Ritter (3)\n• a Lundi, je vous embrasse\ntendrement.\nFélicien David\n[iB4s]\nj'ai répondu a Arlès sur sa bonne offre et je l'ai acceptée de même\ncœur qu'il me l'a faite. J'aurai demain probablement le consentement\ndes collaborateurs.\na vous cher père, et tout de cœur.\nfeiicien David\n(1) Ms. 7710.\n(2) Théodore Rit ter le pianiste.\n(3) Xavier Boisselot, de Marseille."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 44, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.30", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "Sylvain St ètienne", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.44", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(1)\nCher père,\nJe ne vous envoie jamais mes feuilletons, je ne les fais pas même voir\nà David. Je connais son indifférence pour tout ce qu'on dit de lui en bien\nou en mal dans la presse. Seulement je suis bien aise que vous sachiez\nque je suis toujours sur la brèche, ne manquant jamais de rompre une\nlance pour son talent ou sa personne. Pour peu que le sujet me le per-\nmette, je rappelle, sachant qu'il n'est que trop enclin à se faire oublier,\nlui-même, qu'il est l'espoir de notre génération moderne, et qu'il rêve\nd'autres succès moins éphémères que ceux de certains auteurs à la mode\nque je n'ai pas besoin de vous nommer.\nSi vos importantes occupations vous permettaient de jeter un coup\nd'œil sur cet article vous en comprendriez certains passages où les allu-\nsions sont assez faciles d'ailleurs à saisii. Mais j'appelle surtout votre atten-\ntion sur l'endroit où il est question de la reprise du pré-aux-Clercs. Dans\nles réflexions qui suivent une citation d'un de mes précédents articles,\nvous comprendrez aisément qu'il est question de la future reprise de la\nPerle du Brésil. A ce sujet, je vous dirai que vous aviez raison et que\nDavid a consenti (sans consulter ses amis comme toujours) à accorder\ndeux ans à M. Perrin pour la reprise de la Perle du Brésil. Son excuse est\nque si son ouvrage réussit au Théâtre Lyrique, Mr Perrin n'attendra pas\ndeux ans pour le reprendre à l'opéra comique, j e n'admets pas tout à fait\ncela ; mais enfin il vaut toujours mieux cet engagement dans deux ans\nque rien.\nPour en revenir à mon feuilleton qui, vous le voyez, est tout à fait de la\ndisposition de David et de ses œuvres, je ne regrette qu'une chose, c'est\nqu'il ne soit pas écrit dans un journal ayant les lecteurs du Constitutionnel,\ndu Moniteur ou du Siècle. J'avais fait il y a quelque temps des démarches\nauprès de ce dernier journal, et notre ami Louis Jourdan m'avait même\ndonné un bon coup de main. Desnoyers m'avait parfaitement accueilli et\nj'avais beaucoup de chance pour être admis dans cette feuille quand\nDesnoyers a marié sa fille et a donné pour dot à son gendre son feuilleton.\nIl est très fâcheux qu'il ne lui [ait | pas donné en même temps son esprit,\ncar vraiment le nouveau feuilletoniste n'est guère à la hauteur d'un de nos\npremiers journaux politiques.\nC'est égal, la vérité ne va pas mal, elle est dans les mains d'un homme\nfort et puissant comme finance (il est fâcheux qu'il soit prêtre) et en atten-\ndant il y a toujours moyen de faire encore là quelque bien, et de servir\nl'art et les véritables artistes. Toutefois si jamais vous trouvez le moyen\n\n(1) Ms. 7779.\n(2) Perrin avait reçu et mis en répétition au Théâtre Lyrique, le Dernier Amour, sur\nun livret de Méry, utilisant les morceaux que David avait composés pour le Jugement\ndernier, à la Porte-Saint-Martin. La tentative n'eut pas de suite, dit Azevedo, et le Dernier\nAmour fut représenté à l'Opéra sous le titre d'Herculanum en 1859."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.45", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 355, "texte": "de me faire arriver, à une tribune d'où ma voix pût porter plus haut et\nplus loin, je vous en serais très reconnaissant.\nEn attendant l'avantage de vous voir, ce qui sera bientôt, veuillez\nrecevoir, cher père, la nouvelle assurance de tous les sentiments de\nvotre dévoué serviteur\nParis le 18 ja 1855.\n\nSylvain St ètienne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.31", "titre_corps": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "Sylvain St-Etienne", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.45", "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "SYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\nSylvain St-Etienne\n(1)\nVous savez peut-être déjà que David va diriger une partie des\ngrands concerts qui vont avoir lieu du 15 au 25 dans le local de l'Exposi-\ntion. Cette fois il n'y aura pas à perdre au moins de l'argent. David doit\nrecevoir une somme fixe et assuréededeux millefrancs.il yaura 1000 musi-\nciens à chaque concert. Berlioz en conduira un même nombre que David\nqui fera exécuter des fragments de Colomb, le Désert, Moïse, et deux scènes\nnouvelles dont une intitulée Hymne à la paix universelle.\nJe pense que vous viendrez à Paris pour entendre cela ; mais j'espère\nbien aussi qu'à cette époque, je serai de retour de Marseille. J'ai envie de\npartir d'ici le 30 ou 31. Je voudrais bien savoir si vous serez encore à\nLyon à cause du projet que j'ai à vous laisser.\nRecevez, cher père, l'assurance de mon sincère dévouement\nParis le27 8bre 1855.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin 1\nRue de Bourbon N° 18\nA Lyon\n(Rhône).\n(I) Ms. 7779."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.32", "titre_corps": "PIERRE SECHIARI Croquis d'album inédit de Ch. LÉANDRE", "titre_sommaire": "PIERRE SECHIARI Croquis d'album inédit de Ch. 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DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.47", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\nler janvier 1857.\nCher père,\nQuand venez vous à Paris ? Votre arrivée ici est attendue avec la plus\ngrande impatience. Voici pourquoi : un ancien élève de l'école de Grignon,\nriche agriculteur de l'Orne, et récemment emmené à notre foi, a\ntrouvé un procédé pour dessécher et fertiliser les marais. L'expérience a\nété faite chez lui, avec des résultats inespérés. Il veut vous apporter sa\ndécouverte pour la plus grande glorification de notre foi.\nMr Darclé n'est pas un rêveur. C'est un homme sérieux et pratique et\nil est en mesure de montrer les travaux qu'il a excuté dans ses propriétés.\nIl ne parle de rien moins que d'un nombre indéfini de millions à réaliser\ndans peu d'années. Je suis bien impatient de savoir ce que vous penserez\nde si belles choses. Quant à M. Darclé, il voudrait vous parler dès demain,\ntant il est enthousiasmé de pouvoir vous offrir le fruit de ses travaux.\nQuel bonheur si l'année 1857 commençait avec des espérances si belles\npour l'avenir.\nJe n'ai pas besoin de vous dire, cher père, que je vous embrasse avec\ntoute la tendresse de mon cœur,\nfelicien David.\n[184..- 185.. ?]\nCher père,\nArlès m'a-t-il définitivement fermé son crédit ? je me trouve aujour-\nd'hui àla tête de 2 50. c'est peu réjouissant, comme vous voyez, je\nn'ai pas encore reçu de réponse de Lumley (2). Il paraît qu'il se cache à\ntous les yeux et personne ne peut le voir.\na vous,\nfelicien David\n[lB6l].\nCher père, je me suis engagé pour lundi, ne sachant pas que vous dési-\nriez m'inviter pour ce jour-là. Maintenant je ne serai libre que vendredi\nprochain.\nA vous toujours,\nfélicien David\n[Paris, 1854]\nCher père,\nMadame Banderali, la veuve du chanteur de ce nom, que j'ai beau-\ncoup connu, m'a prié de vous demander votre protection pour son frère»\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Imprésario directeur de Covent-Garden à Londres.\n(3) Banderali, célèbre proiesseur.de chant (1789-1849). L'affaire des Eaux de Lyon\ndata de 1854.\n4"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.48", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "M 1 Cajani qui se trouve à Lyon. Mr Cajani, homme très distingué, au dire\nde sa sœur, voudrait trouver un emploi dans les Si vous\nvouliez le recevoir et juger par vous même de son mérite, vous rendriez\nservice à une femme distinguée et qui mérite qu'on s'intéresse à elle et\npuis à chacun suivant sa capacité et la possibilité de placement.\nJe ne puis vous demander davantage. J'espère vous embrasser bientôt.."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.34", "titre_corps": "A NEREE DESARBRE, SECRETAIRE DE L'OPERA", "titre_sommaire": "A NEREE DESARBRE, SECRETAIRE DE L'OPERA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.48", "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "A NEREE DESARBRE, SECRETAIRE DE L'OPERA\n(*>\n[1859 J.\nMon cher Desarbre,\nVoulez vous remettre à la personne que j'envoie la loge que je vous\nai demandée pour aujourd'hui mercredi.\nVotre bien dévoué.\nFelicien David"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.35", "titre_corps": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "titre_sommaire": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.48", "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "F. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n[Paris, janvier 185 ?].\nF Nous sommes en train Paulin (3) et moi d'organiser 5 matinées musi-\ncales publiqueschez Erard, de 15 en 15 jours, le programme porterait :\nséance de musique ancienne et moderne ; bien entendu que je serais le\nprincipal moderne, nous passerions enrevue toute ma musique de chambre,\ny compris des fragments de mes oratorios, nous aurions quintetti, duos,,\net chœurs. Nous commencerions le Ier février, votre arrivée nous serait\nbien utile pour pousser à l'abonnement ; car nous aurons pas mal de frais.\nA vous, cher père, j'embrasse Arthur, Arlès et toute la famille.\n(1) Ms. 7710. Nérée Desarbre (1822-18...); vaudevilliste, secrétaire deTOpéraen 1856;;\nauteur de Sept ans à l'Opéra (1864). Ce billet date de l'époque des représentations d'Her~~\nculanum.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Paulin Taîabot sans doute."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.3.36", "titre_corps": "A ARLES-DUFOUR", "titre_sommaire": "A ARLES-DUFOUR", "signature_source": "J.-G. Prodhomme", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.49", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "A ARLES-DUFOUR\nJ.-G. Prodhomme.\n[1864].\nMon cher Arlès,\nje compte partir pour les Eaux bonnes lundi prochain. Vous savez\nque la vie y est extrêmement chère et elle le sera encore plus cette année à\ncause de la présence de l'impératrice. Je ne pourrai pas m'en tirer a\nmoins de 1.200. je compte sur votre bonne amitié.\ntout a vous de cœur,\nfelicien David"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.4", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "Ch. Chambellan", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "LE MOIS\nLES GRANDS CONCERTS\nCONCERTS COLONNE.\n\nLa plus importante des nouveautés que M. Colonne a\ninscrite sur ses programmes est incontestablement la symphonie\nen ut mineur de M. Eug. Cools qui obtint le dernier prix Crescent\nconcurremment avec celle de M. Guy Ropartz exécutée récem-\nment au Conservatoire.\nAu début de notre Siècle et avec les tendances actuelles\nqui régnent dans le monde de la musique cette œuvre apparait\ncomme bizarre. Ecrite il y a cinquante ans elle eût été un\nchef d'œuvre, aujourd'hui elle nous parait rétrograde. Ses qua-\nlités nombreuses et indéniables nous laissent froids et ne peu-\nvent plus nous émouvoir. D'une forme très beethovénienne,\nelle ne manque ni de noblesse ni de grandeur et encore moins\nde savoir-faire. Cependant son style souvent pompeux, em-\nprunté, nous dit l'auteur, au style des chorals variés, ses har-\nmonies sans hardiesse, son orchestration si sobre, sont loin\nde notre sensibilité moderne et de nos besoins esthétiques.\nDédaigneuse des trouvailles de Franck ou de d'lndy dans le\ndomaine de la symphonie, l'œuvre de M. Cools s'avère plus"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "comme l'œuvre d'un élève de certains conservatoires allemands\nsoumis à la douce contemplation de l'œuvre de Mendelssohn que\ncomme celle d'un élève de Fauré.\nEn même temps M. Colonne nous redonnait la\nDomestica de R. Strauss pour laquelle je m'aperçois avoir\nété injuste l'an dernier. C'est là réellement un chef d'œuvre,\ntout y est force, vouloir, passion, la vie y circule intense et\nse parant d'une parure toute de joyaux rutilants et superbes.\nSon action sur les sens est aussi forte que celle qu'elle exerce\nsur le cœur et ses séductions la font aimer chaque fois davantage.\nPar deux fois le piano triomphe en soliste, salle du Châtelet.\nMlle Lucie Caffaret, premier prix en 1905, y remporte un vrai\ntriomphe en se jouant des difficultés que Liszt amoncelle dans\nsa transcription de la Fantaisie sol de Bach.\nMlle Caffaret, mignonne enfant de treize ans, a montré dans\nl'interprétation de cette œuvre une sorte de génie du piano.\nSimplement elle rythma la fugue avec une netteté que peu\nd'organistes très réputés possèdent, tira de son piano des effets\nde sonorités exquises et soutint sans faiblir le choc des formi-\ndables accords que Liszt écrivit pour ses formidables mains.\nCe fut stupéfiant et superbe.\nPar contre un soliste étranger et de très grand talent,\nM. Hugo Becker, a dû regretter d'avoir voulu nous faire goûter\nles délices plutôt cachées d'un pour violoncelle\nde E. Von Donahny. Celui-ci, fort connu en Allemagne et en\nAutriche, ne peut nous paraître, d'après cette œuvre, qu'un\ncompositeur aussi amateur des vieilles formules qu'il est pos-\nsible. Sans cesse renaissant, ce concerto plein de traits ou\nd'arpèges sans signification et de mélodies sans souffle, a\nprovoqué celui des siffleurs, d'où altercations, cris et discours\nde M. Colonne. Celui-ci très justement a réclamé pour le très\ngrand talent et la qualité d'étranger de M. Becker un accueil\nmoins cruel et n'a pas eu grand peine à se tailler un petit succès\nd'orateur. Il est dommage certes de laisser croire à M. Becker\nque nous sommes un peuple de goujats, mais il serait encore\nplus grave de lui laisser croire que nous pouvons admirer une\nœuvre dans laquelle il n'y a rien, si ce n'est un prétexte à ses\nqualités de violoncelliste.\nJe suis heureux de signaler le très grand succès\nà Vaprès-midi d'un Faune qui fut bissé d'enthousiasme et"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.52", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "étonné de constater quel accueil plutôt froid fut fait à\nbarque sur V Océan de M. Ravel. Cette dernière œuvre, trans-\ncription pour l'orchestre d'un des n'a pas moins que\ncelui-ci, le même souci de la recherche patiente, du raffi-\nnement sincère. Cependant elle ne m'a pas paru rendre sous sa\nnouvelle forme toutes les rutilances dont Ricardo Vinès savait\nla parer dans son écriture primitive. J'avouerai même que\nj'en fus quelque peu désorienté et que le charme n'opéra plus\ncomme maintes fois déjà.\nLes deux pièces en canon de M. Th. Dubois étaient pour\nle moins inutiles : elles ont tout au moins permis d'aligner\nsur le programme une foule d'épithètes à la louange du ci-\ndevant Directeur du Conservatoire, membre de l'lnstitut.\nAprès quelques nouveautés, M. Colonne éprouve l'impé-\nrieux besoin de revenir à un programme plus sûr comme résultat\net il nous offre Pugnodans le cla de Mozart\net les Djinns de C. Franck. Cette dernière œuvre offrait\nseule quelque intérêt car elle est une de celles où Franck a le\nplus sacrifié à la forme moderne du poème symphonique et\nce, sous l'influence de Liszt.\nAprès cette musique, et la fougueuse\nde Lalo foù le sympathique violon-solo M. Touche, remporta\nun très grand et très légitime succès, le de Félicien David\nparut d'une fadeur sans égale. Il y a soixante-dix ans cette\nœuvre parut peut-être d'un exotisme rare, mais aujourd'hui\nil est cruel d'être condamné à pareille audition. Le\nest maintenant une vieille tapisserie dont les couleurs fanées\net pâlies et les larges trous ne peuvent que nous faire regretter\nune exhibition inopportune.\n\nCh. Chambellan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.5", "titre_corps": "MUSIQUE NOUVELLE", "titre_sommaire": "MUSIQUE NOUVELLE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "MUSIQUE NOUVELLE\n\nMAURICE RAVEL\n\nLe Cercle musical consacrait son concert du 22 février aux\nœuvres de Maurice Ravel, coupées, en guise d'intermède, de la\nSérénade de Beethoven pour flûte, violon et alto ; ceci afin de\nnous montrer sans doute combien nous sommes loin des inno-\ncentes variations chères à nos grands-pères ; art d'enjolive-\nment, musique en dentelles dont Beethoven d'ailleurs ne fut\npas long à se lasser. J'écrivais dernièrement que les\nNaturelles sont à mon sens l'œuvre où se manifestent le mieux\nla personnalité de Maurice Ravel, sa vision particulière de la\nnature, et cette faculté de noter de subtiles nuances sonores\ndont une bonne fée lui a fait le précieux don. Cette impression\nse confirme aujourd'hui, après comparaison. Il y a dans le\nQuatuor des pages d'une fraîcheur exquise et un accent de jeu-\nnesse que l'on aime : mais l'œuvre n'est pas construite sur un\nplan qui lui soit propre, et le retour périodique de l'idée pre-\nmière, destiné à en assurer l'unité, semble par endroits un arti-\nfice. Quand aux morceaux de piano\nMiroirs), ils sont d'une technique prodigieuse et d'une couleur\nrare ; mais ici encore tout n'est pas d'une seule venue : et l'on\nsent parfois un peu de surcharge ornementale. 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Tel se livre tout entier\npar quelques mots calmes et réfléchis, qui mentirait s'il se\nrépandait en bruyants transports.\nLa pensée de Maurice Ravel est naturellement avisée, péné-\ntrante, et disposée à s'amuser de ce qui l'émeut. Un farfadet\nmoqueur habite en son esprit et chante en agitant ses grelots en\nsourdine : car il découvre d'un seul coup d'œil le comique\nimprévu et comme la secrète grimace enfermée en toute chose.\nEt cette légère ironie, loin de diminuer l'émotion, l'avive au\ncontraire et la rend plus poignante ; rien qui approche plus des\nlarmes qu'un tel sourire, qui après tout est celui de Cervantes\net de Dickens avant d'appartenir à Jules Renard, à Courteline\nou à Tristan Bernard. Maurice Ravel est un musicien humo-\nriste ; tel il est né, et je m'explique maintenant pourquoi j'ai\ntoujours préféré le « dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille »\nque nous montrent les Jeux d'Eaux ou le bouffon amoureux\nqui chante son A Iboradadans les àce rien d'affecta-\ntion sentimentale qui dépare, à mon goût, la Pavane ou la\nVallée des Cloches.Un tel homme n'est plus complètement\nlui-même lorsqu'il cesse de railler à la dérobée... Et voilà jus-\ntement pourquoi les Histoires Natu sont une œuvre accom-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.55", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "plie, et unique autant que la rencontre de deux pensées aussi\nbien accordées ensemble. Et quelle tendresse exquise apparaît\nsous le voile transparent du sourire ! Quelle sollicitude délicate\npour le grillon, « insecte nègre », si petit et si craintif ! 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Se souvenant sans doute que « les sots\nsont ici bas pour nos petits plaisirs », ils entendent nous vendre\nchèrement des joies qu'ils se savent en mesure de nous donner;\nqu'un rire s'élève,les voilà sur la défensive; et si l'on se moque,\nce ne peut être que d'eux-mêmes. L'un de ces chevaliers du\nridicule crut même devoir coucher ses griefs par écrit : il cria\ngravement à la mystification, et annonça en un langage féodal\nson intention de combattre « sans merci » une forme d'art qui\nlui semblait une insulte à sa dignité personnelle ; tout cela dans\nun journal qui mêle agréablement l'anathème à la réclame,\net demandait peu après à Maurice Ravel la permission de\nreproduire sa photographie avec notice élogieuse. Au Cercle\nmusical, les auditeurs de cette espèce faisaient défaut : sans\ndoute avaient-ils réfléchi qu'il ne s'agissait point d'eux en\ntout cela, puisqu'il n'y était question que d'un paon, d'une\npintade, d'une dinde et de quelques oisons ; et que si C. 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Mais\nc'est le rôle de la harpe que je n'ai pas très nettement saisi.\nL'exécution y fut pour quelque chose sans doute : l'instrument\nà pédales était mal accordé, et Mlle Micheline Kahn a eu le tort\nde nous asséner en bourrasque des dont on pouvait\ntirer un meilleur parti. Il n'en reste pas moins que la partie\nde harpe consiste surtout en traits; la virtuosité, en soi, n'est\npas un mal, je le sais ; encore faut-il qu'elle ait une signification.\nIl m'a semblé que le morceau gagnerait plus qu'il ne perdrait\nsi la harpe en était absente. Mais encore une fois il se peut qu'une\ninterprétation sèche m'ait induit en erreur. Et puis les\nNaturelles sont là, qui font pâlir Ravel devant Ravel.\n\nLouis Laloy.\n\nUN OPERA NOUVEAU DE RIMSKI-KORSAKOF.\n\nLe nouvel opéra du maître russe, représenté au Théâtre\nMarie, à St-Pétersbourg, les 7/33 février dernier, a pour titre\nLégende de la ville invisible de\nC'est un opéra russe dans toute la force du terme, puisqu'il\ns'inspire d'un vieux récit national : protégée de Dieu, la ville\nde Kitège serait devenue invisible devant l'invasion des Tartares\nqui ne découvrirent à sa place qu'un lac aux eaux claires. M. V.\nI. Bielski, auteur des paroles, a su fort ingénieusement unir\ncette histoire à celle de la vierge Févronia Mouromska, qui\ndevient ainsi une sorte de sainte Geneviève slave, et illumine\ntout le drame des rayons de sa pureté. A côté d'elle, l'ivrogne\net brutal Grichka Kouterma représente les puissances du\nmal-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.57", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "Jamais la musique russe n'avait produit une œuvre conçue\ndans le même esprit que cet opéra. C'est une nouvelle route\nqui s'ouvre, ce sont de nouveaux horizons qui apparaissent.\nAuteur et compositeur se rendent bien compte d'ailleurs de\nla hardiesse de leur tentative, et l'un et l'autre a cru devoir\ns'en expliquer. M. Bielski reconnaît que l'on pourra reprocher\nà son poème de manquer d'action dramatique en plus d'une\nde ses parties, mais c'est qu'il l'a voulu ainsi. Et M. Rimski-\nKorsakof veut que l'on considère son opéra comme une œuvre\navant tout musicale. « La nécessité du mouvement dramatique,\nfait remarquer le premier, est sujette à discussion, car la liaison\ndes.sentiments et la logique de leur progrès n'est certainement\npas un principe d'unité moins légitime. » Et le second ne s'est\npas occupé de réaliser « des exclamations dramatiques, des chu-\nchotements ou un bruit de paroles, mais un chant vraiment\nmélodique et expressif ». Il ajoute que « dans les moments lyri-\nques les acteurs qui se trouvent sur la scène et ne chantent pas\nn'ont pas le droit de détourner l'attention de l'auditeur par\nleur jeu et leurs mouvements superflus. »\nLa théorie exposée en ces lignes ne manque certainement pas\nde fondement logique, et l'on a parfaitement le droit de se libé-\nrer des conventions de l'opéra pour essayer une forme nouvelle\nd'art dramatique. Remarquons d'ailleurs que dès 1783 l'érudit\nhistorien Forkel signalait la possibilité de transformer l'oratorio\net formait le projet de ce qu'il nomme un « oratorio d'action »\n() ïandelndes Oratorium),c'est à-dire accompagné d'une réalisa-\ntion matérielle. Haendel avait envue quel que chose de semblable\nlorsqu'il rêvait de transporter ses oratorios à la scène, ce qu'il\neût fait sans doute, sans l'interdiction de l'autorité ecclésias-\ntique. L'« opéra spirituel» dont Antoine Rubinstein conçut l'idée\nn'est autre, lui aussi, qu'un oratorio mis en scène. Mais il n'y a\nrien de commun entre les tentatives de Rubinstein et la musi-\nque russe, si bien que notre art ne possédait pas encore d'orato-\nrio national, et Rimski-Korsakof est le premier à nous avoir\ndonné une composition de ce genre dont l'inspiration soit entiè-\nrement et absolument russe.\nSon œuvre, qui n'est pas sans analogie, pour la\navec la Légende de Sainte-Elisabeth de Liszt, donne une remar-\nquable impression de paix et de sérénité. Le personnage de\nFevronia, en sa beauté surnaturelle, a été peint avec amour par"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.58", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "le compositeur. Par malheur cette douceur imperturbable, cette\nsoumission sans réserve à la destinée lui communiquent une\nmonotonie qu'on ne pouvait guère éviter. Mais l'accent est si pro-\nfondément sincère, que l'on devient clément à ce défaut : car\non partage la pieuse conviction de l'auteur et sa foi mystique.\nGrichka, qui fait contraste avec cette figure d'icône, est\nd'abord un ivrogne insouciant et jovial, à qui le compositeur\ndonne une physionomie bien nationale. L'invasion des Tartares,\nla crainte de la mort et de la damnation, le son qui le poursuit\ndes cloches de Kitège lui donnent à penser ; si bien qu'il finit\npar perdre la raison. Ici Rimski-Korsakof n'a réussi qu'en partie.\nIl y a de la force et de la sincérité dans la scène où Grichka\ncourt à la prière ; sa terreur aux mots : «\nregarde » agit sur les nerfs, la scène de sa libération est émou-\nvante, et sa chanson folle est d'un réalisme saisissant ; mais\nl'ensemble du personnage manque de caractère. On sent que\nle compositeur a été guidé par son esprit et non par son cœur.\nMoussorgski nous aurait donné un autre Grichka. Au contraire,\nl'amour du jeune prince Vsiévolod est fort heureusement décrit;\nsa phrase «Si je ne t'aime pas »et son duo avec Fevronia, par\nexemple, sont des inspirations touchantes au plus haut degré.\nEnfin certains épisodes symphoniques sont fort beaux, et la\nscène à la cathédrale touche au sublime. Car ici tout vient du\ncœur, et, quelle que soit la complication de l'écriture, chaque\nnote est expressive et parlante.\nSomme toute, malgré quelques imperfections et quelques\nlongueurs regrettables, ce nouvel ouvrage témoigne une fois de\nplus de la puissance créatrice et de l'activité infatigable de ce\nchantre des jours antiques : Rimski-Korsakof.\nTraduit par Louis LALOY.\n\nN.-D. Bernstein."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.59", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "SOCIETE NATIONALE. — En somme, beaucoup à louer\ndans le dernier concert de la Nationale ; pourtant pas les Petits\nmétiers campagnards de C. Guillon, d'une insignifiance absolue\nunanimement reconnue.\nDes Heures dolentes de G. Dupont, M. Colonne nous avait\nfait entendre les pièces qui me semblent les moins bien venues :\nje n'ai guère apprécié, il y a quelques mois, Epigraphe, — Le\nsoir tombe dans la chambre, — D\n— Nuit blanche, — Hallucinations,en dépit de l'ingéniosité\nde l'écriture et de la puissance de l'orchestration ; en revanche\nj'ai fort goûté, salle Pleyel, la paix lumineuse enguirlandée\nde cloches cristallines de Y Après-m le cha-\ntoiement des arpèges de Une am et\nla poésie à la Rodenbach de Ca\nLa sonate pour piano et violon de Bertelin fut jouée par\nMM. Dumesnil etEnesco : œuvre terne, exécution éblouissante.\nJamais la technique d'Enesco ne m'a semblé plus personnelle\net, je l'avoue, plus bizarre Mais, à mesure qu'il s'écarte des\nméthodes classiques, il semble que son talent d'exécutant\ndevienne de plus en plus prodigieux. J'ai infiniment regretté\nque de fâcheux malentendus m'aient empêché d'assister aux\nrécitals que le grand artiste a donnés il y a quelques jours :\nj'aurais adressé à M. Enesco de vives critiques au sujet de la\ncomposition de ses programmes : je sais combien il est pure-\nment, profondément musicien ; et pourtant il a fait au public\namateur de prestidigitations et de jongleries, cette concession\nde jouer du Paganini après duHaendel, du Wieniawsky après du\nLeclair. Rien ne saurait excuser chez l'auteur de la belle symphonie\nque Colonne va, dit-on, nous redonner, de pareilles complai-\nsances. Enesco a écrit une sonate pour piano et violon incon-\ntestablement plus musicale que des œuvres injouables comme\nle Moto perpetuo,la Polonaise,et autres casse-cous chers au\nConservatoire. Des artistes, et non des moindres, les frères\nThibaut, par exemple, exécutent avec le plus grand succès\ncette sonate dans leurs récitals, et nous souhaiterions vivement\nqu'Enesco nous eut joué hier une œuvre d'Enesco.\nÇ'a toujours été le but et la gloire de la\nde nous révéler, en même temps que de jeunes compositeurs,\ndes exécutants quasi-inconnus la veille, et qui affrontent\npour leurs débuts le public le plus impartial mais aussi le plus"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.60", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 409, "texte": "averti qui soit : il a fait chaud accueil au beau quintette de\nA. de Castillon et surtout à son interprétation. 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Quelle grâce\npure, celle du cygne qui « glisse sur le bassin comme un traîneau\nblanc, de nuage en nuage » Entendez-vous la fuite molle de\nl'eau qu'il écarte et pousse devant lui ? Et quels caressants\naccords enveloppent le martin-pêcheur posé « comme une\ngrosse fleur bleue au bout d'une longue tige ! » Le paon lui-même,\nmalgré sa démarche ridiculement fière, devient attendrissant\nen son illusion d'éternelles fiançailles ; et comment en vouloir\nà la pintade de ses mauvaises farces, où elle met tant d'esprit ?\nA quand maintenant les Mouches ou la\nou les Chauves-Souris,ou tant d'autres chefs-d'œuvre d'ob-\nservation et de subtile poésie, auquels le musicien saura\nconférer une vie et un mouvement dont la littérature est\nincapable ?\nOn sait qu'un certain nombre d'auditeurs peu perméables\nà l'ironie s'étaient sentis offensés par les\nlorsqu'elles furent exécutées à la Société Nationale. Il y a en\neffet, même en France, des gens avec qui il est dangereux\nd'avoir de l'esprit. Se souvenant sans doute que « les sots\nsont ici bas pour nos petits plaisirs », ils entendent nous vendre\nchèrement des joies qu'ils se savent en mesure de nous donner;\nqu'un rire s'élève,les voilà sur la défensive; et si l'on se moque,\nce ne peut être que d'eux-mêmes. L'un de ces chevaliers du\nridicule crut même devoir coucher ses griefs par écrit : il cria\ngravement à la mystification, et annonça en un langage féodal\nson intention de combattre « sans merci » une forme d'art qui\nlui semblait une insulte à sa dignité personnelle ; tout cela dans\nun journal qui mêle agréablement l'anathème à la réclame,\net demandait peu après à Maurice Ravel la permission de\nreproduire sa photographie avec notice élogieuse. Au Cercle\nmusical, les auditeurs de cette espèce faisaient défaut : sans\ndoute avaient-ils réfléchi qu'il ne s'agissait point d'eux en\ntout cela, puisqu'il n'y était question que d'un paon, d'une\npintade, d'une dinde et de quelques oisons ; et que si C. Saint-\nSaëns avait fait figurer les Pianist en son\nmaux, ni Jules Renard ni Maurice Ravel n'avaient songé à\nécrire l'Histoire naturelle des SCe fut très sagement"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.56", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "fait. Il est toujours très désagréable de voir se fâcher tout rouge\nun homme à qui l'on n'avait point songé.\nLe concert se terminait par la première audition d'une\nIntroduction et allegro pour harpe et petit orchestre. Œuvre\nde circonstance, sans doute. L'idée est très jolie, un peu dans\nle goût de la Sonatine,et les deux instruments à vent, flûte\net clarinette, se marient délicieusement avec le quatuor. Mais\nc'est le rôle de la harpe que je n'ai pas très nettement saisi.\nL'exécution y fut pour quelque chose sans doute : l'instrument\nà pédales était mal accordé, et Mlle Micheline Kahn a eu le tort\nde nous asséner en bourrasque des dont on pouvait\ntirer un meilleur parti. Il n'en reste pas moins que la partie\nde harpe consiste surtout en traits; la virtuosité, en soi, n'est\npas un mal, je le sais ; encore faut-il qu'elle ait une signification.\nIl m'a semblé que le morceau gagnerait plus qu'il ne perdrait\nsi la harpe en était absente. Mais encore une fois il se peut qu'une\ninterprétation sèche m'ait induit en erreur. Et puis les\nNaturelles sont là, qui font pâlir Ravel devant Ravel.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.5.3", "titre_corps": "UN OPERA NOUVEAU DE RIMSKI-KORSAKOF.", "titre_sommaire": "UN OPERA NOUVEAU DE RIMSKI-KORSAKOF.", "signature_source": "N.-D. Bernstein", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.56", "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "UN OPERA NOUVEAU DE RIMSKI-KORSAKOF.\n\nLe nouvel opéra du maître russe, représenté au Théâtre\nMarie, à St-Pétersbourg, les 7/33 février dernier, a pour titre\nLégende de la ville invisible de\nC'est un opéra russe dans toute la force du terme, puisqu'il\ns'inspire d'un vieux récit national : protégée de Dieu, la ville\nde Kitège serait devenue invisible devant l'invasion des Tartares\nqui ne découvrirent à sa place qu'un lac aux eaux claires. M. V.\nI. Bielski, auteur des paroles, a su fort ingénieusement unir\ncette histoire à celle de la vierge Févronia Mouromska, qui\ndevient ainsi une sorte de sainte Geneviève slave, et illumine\ntout le drame des rayons de sa pureté. A côté d'elle, l'ivrogne\net brutal Grichka Kouterma représente les puissances du\nmal-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.57", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "Jamais la musique russe n'avait produit une œuvre conçue\ndans le même esprit que cet opéra. C'est une nouvelle route\nqui s'ouvre, ce sont de nouveaux horizons qui apparaissent.\nAuteur et compositeur se rendent bien compte d'ailleurs de\nla hardiesse de leur tentative, et l'un et l'autre a cru devoir\ns'en expliquer. M. Bielski reconnaît que l'on pourra reprocher\nà son poème de manquer d'action dramatique en plus d'une\nde ses parties, mais c'est qu'il l'a voulu ainsi. Et M. Rimski-\nKorsakof veut que l'on considère son opéra comme une œuvre\navant tout musicale. « La nécessité du mouvement dramatique,\nfait remarquer le premier, est sujette à discussion, car la liaison\ndes.sentiments et la logique de leur progrès n'est certainement\npas un principe d'unité moins légitime. » Et le second ne s'est\npas occupé de réaliser « des exclamations dramatiques, des chu-\nchotements ou un bruit de paroles, mais un chant vraiment\nmélodique et expressif ». Il ajoute que « dans les moments lyri-\nques les acteurs qui se trouvent sur la scène et ne chantent pas\nn'ont pas le droit de détourner l'attention de l'auditeur par\nleur jeu et leurs mouvements superflus. »\nLa théorie exposée en ces lignes ne manque certainement pas\nde fondement logique, et l'on a parfaitement le droit de se libé-\nrer des conventions de l'opéra pour essayer une forme nouvelle\nd'art dramatique. Remarquons d'ailleurs que dès 1783 l'érudit\nhistorien Forkel signalait la possibilité de transformer l'oratorio\net formait le projet de ce qu'il nomme un « oratorio d'action »\n() ïandelndes Oratorium),c'est à-dire accompagné d'une réalisa-\ntion matérielle. Haendel avait envue quel que chose de semblable\nlorsqu'il rêvait de transporter ses oratorios à la scène, ce qu'il\neût fait sans doute, sans l'interdiction de l'autorité ecclésias-\ntique. L'« opéra spirituel» dont Antoine Rubinstein conçut l'idée\nn'est autre, lui aussi, qu'un oratorio mis en scène. Mais il n'y a\nrien de commun entre les tentatives de Rubinstein et la musi-\nque russe, si bien que notre art ne possédait pas encore d'orato-\nrio national, et Rimski-Korsakof est le premier à nous avoir\ndonné une composition de ce genre dont l'inspiration soit entiè-\nrement et absolument russe.\nSon œuvre, qui n'est pas sans analogie, pour la\navec la Légende de Sainte-Elisabeth de Liszt, donne une remar-\nquable impression de paix et de sérénité. Le personnage de\nFevronia, en sa beauté surnaturelle, a été peint avec amour par"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.58", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "le compositeur. Par malheur cette douceur imperturbable, cette\nsoumission sans réserve à la destinée lui communiquent une\nmonotonie qu'on ne pouvait guère éviter. Mais l'accent est si pro-\nfondément sincère, que l'on devient clément à ce défaut : car\non partage la pieuse conviction de l'auteur et sa foi mystique.\nGrichka, qui fait contraste avec cette figure d'icône, est\nd'abord un ivrogne insouciant et jovial, à qui le compositeur\ndonne une physionomie bien nationale. L'invasion des Tartares,\nla crainte de la mort et de la damnation, le son qui le poursuit\ndes cloches de Kitège lui donnent à penser ; si bien qu'il finit\npar perdre la raison. Ici Rimski-Korsakof n'a réussi qu'en partie.\nIl y a de la force et de la sincérité dans la scène où Grichka\ncourt à la prière ; sa terreur aux mots : «\nregarde » agit sur les nerfs, la scène de sa libération est émou-\nvante, et sa chanson folle est d'un réalisme saisissant ; mais\nl'ensemble du personnage manque de caractère. On sent que\nle compositeur a été guidé par son esprit et non par son cœur.\nMoussorgski nous aurait donné un autre Grichka. Au contraire,\nl'amour du jeune prince Vsiévolod est fort heureusement décrit;\nsa phrase «Si je ne t'aime pas »et son duo avec Fevronia, par\nexemple, sont des inspirations touchantes au plus haut degré.\nEnfin certains épisodes symphoniques sont fort beaux, et la\nscène à la cathédrale touche au sublime. Car ici tout vient du\ncœur, et, quelle que soit la complication de l'écriture, chaque\nnote est expressive et parlante.\nSomme toute, malgré quelques imperfections et quelques\nlongueurs regrettables, ce nouvel ouvrage témoigne une fois de\nplus de la puissance créatrice et de l'activité infatigable de ce\nchantre des jours antiques : Rimski-Korsakof.\nTraduit par Louis LALOY.\n\nN.-D. Bernstein."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.5.4", "titre_corps": "SOCIETE NATIONALE. — En somme, beaucoup à louer", "titre_sommaire": "SOCIETE NATIONALE. — En somme, beaucoup à louer", "signature_source": "Louis Régis", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.59", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "SOCIETE NATIONALE. — En somme, beaucoup à louer\ndans le dernier concert de la Nationale ; pourtant pas les Petits\nmétiers campagnards de C. Guillon, d'une insignifiance absolue\nunanimement reconnue.\nDes Heures dolentes de G. Dupont, M. Colonne nous avait\nfait entendre les pièces qui me semblent les moins bien venues :\nje n'ai guère apprécié, il y a quelques mois, Epigraphe, — Le\nsoir tombe dans la chambre, — D\n— Nuit blanche, — Hallucinations,en dépit de l'ingéniosité\nde l'écriture et de la puissance de l'orchestration ; en revanche\nj'ai fort goûté, salle Pleyel, la paix lumineuse enguirlandée\nde cloches cristallines de Y Après-m le cha-\ntoiement des arpèges de Une am et\nla poésie à la Rodenbach de Ca\nLa sonate pour piano et violon de Bertelin fut jouée par\nMM. Dumesnil etEnesco : œuvre terne, exécution éblouissante.\nJamais la technique d'Enesco ne m'a semblé plus personnelle\net, je l'avoue, plus bizarre Mais, à mesure qu'il s'écarte des\nméthodes classiques, il semble que son talent d'exécutant\ndevienne de plus en plus prodigieux. J'ai infiniment regretté\nque de fâcheux malentendus m'aient empêché d'assister aux\nrécitals que le grand artiste a donnés il y a quelques jours :\nj'aurais adressé à M. Enesco de vives critiques au sujet de la\ncomposition de ses programmes : je sais combien il est pure-\nment, profondément musicien ; et pourtant il a fait au public\namateur de prestidigitations et de jongleries, cette concession\nde jouer du Paganini après duHaendel, du Wieniawsky après du\nLeclair. Rien ne saurait excuser chez l'auteur de la belle symphonie\nque Colonne va, dit-on, nous redonner, de pareilles complai-\nsances. Enesco a écrit une sonate pour piano et violon incon-\ntestablement plus musicale que des œuvres injouables comme\nle Moto perpetuo,la Polonaise,et autres casse-cous chers au\nConservatoire. Des artistes, et non des moindres, les frères\nThibaut, par exemple, exécutent avec le plus grand succès\ncette sonate dans leurs récitals, et nous souhaiterions vivement\nqu'Enesco nous eut joué hier une œuvre d'Enesco.\nÇ'a toujours été le but et la gloire de la\nde nous révéler, en même temps que de jeunes compositeurs,\ndes exécutants quasi-inconnus la veille, et qui affrontent\npour leurs débuts le public le plus impartial mais aussi le plus"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.60", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 409, "texte": "averti qui soit : il a fait chaud accueil au beau quintette de\nA. de Castillon et surtout à son interprétation. Le quatuor\nLefeuve a donné de cette œuvre une exécution complètement\nadéquate ; l'homogénéité, rare vertu pour un aussi jeune grou-\npement d'artistes, fut parfaite, et les quatre instruments\nsonnèrent avec la fusion et l'unité des meilleurs quatuors.\n\nLouis Régis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6", "titre_corps": "CONCERTS HISTORIQUES", "titre_sommaire": "CONCERTS HISTORIQUES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "CONCERTS HISTORIQUES\n\nCONCERT EN L'HONNEUR DE CLAUDE LEJEUNE\n\n(15 février).\nLe vieux maître de Valenciennes doit sa résurrection d'entre\nles oubliés à cet apôtre d'art enthousiaste autant que raffiné\nqu'on nomme M. Henry Expert. C'est un tard venu que Claude\nLejeune, l'un des derniers qui aient su tisser ensemble quatre,\ncinq et six voix toutes expressives et chantantes ; cette forme\nd'art, assouplie par le labeur des générations, enrichie de toutes\nles trouvailles d'un siècle ingénieux, devenue aussi libre et\nlégère aussi fouillée, et ciselée, et parée et fleuronnée, et subti-\nlement fantasque et somptueusement coquette que les plus\nflamboyantes architectures du style ogival finissant, cette\nforme allait disparaître sans retour, vaincue par la nudité\nd'un style nouveau, que l'on croyait imité de l'antique.\nAvec elle disparut la gloire de ceux qui l'avaient illustrée,\net si le nom de Claudinse rencontre encore, à côté de celui\nd'Orlando (Roland de Lassus), jusqu'au début du XVIIP siècle,\nil est clair que ce n'est là qu'un nom. Les œuvres ne sont plus\njamais exécutées, on en sait à peine l'existence. C'est M. Expert\nqui nous a fait connaître, dans sa monumentale collection des\nMaîtres Musiciens de la Renaissan le"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.62", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "de Cl. Lejeune, où le savant musicien s'essaie à restaurer\nles rythmes antiques selon le vœu de Baïf, et son\noù il compose en chacun des douze modes à qui Glarean venait\nde donner droit de cité. Musique recherchée certes, mais fraîche\net vive avant tout, sans rien qui sente l'effort et la peine,\nd'un tour aisé, élégant et dégagé, dont la grâce mélodique\net la netteté d'harmonie semblent souvent dépasser l'époque\nde beaucoup, et annoncer l'âge moderne. Il n'est pas surpre-\nnant qu'une telle musique ait eu le pouvoir d'enflammer un\nartiste comme M. Thennysen, maître sculpteur, à l'initiaitve\nde qui nous devons la solennité du 15 février.\nCe ne fut point un festival ; le nom de Lejeune ne figurait\npas seul au programme, mais aussi ceux de ses prédécesseurs\nJosquin des Prés, Pierre de la Rue et Clément Janequin,\net de ses contemporains Roland de Lassus et François Regnart :\nainsi pouvait-on replacer l'œuvre en son milieu véritable,\net mieux en apprécier les mérites personnels. Les chœurs,\nfournis par l'Ecole de chant choral et dirigés par M. Henry\nExpert, ont été corrects, animés, et le plus souvent expressifs :\nils ont bien fait sentir, en particulier, la joyeuse verdeur des\nchansons de La Rue et de Janequin (Ma mère, hélas, mariez-\nmoi, et Ce mois de mai),la grâce ironique de la chanson de\nRoland de Lassus (Quand un Par une\ninnovation fort heureuse, et qui est bien dans l'esprit de la\nRenaissance, des danses avaient été jointes au concert ; d'abord,\ndes danses du temps, une pavane, sur une musique chantée\net rythmée au tambourin que les curieux trouveront notée\ndans l'Orchesographie de Jehan Tabourot (1589) ; des basses-\ndanses, branles, tourdions et gaillardes, sur diverses musiques\ndu temps, exécutées par un délicieux petit orchestre à vent\n(flûte, clarinette, cor anglais et clarinette basse) qui repré-\nsentait fort bien les flûtes, doucines, hautbois et saquebouttes,\nsi chers à nos ancêtres ; une légère discordance lui donnait\nmême des sonorités de vieil orgue ou régale qui m'ont paru\ntrès évocatrices. Je dois dire que je n'ai pas très exactement\nretrouvé les « révérences, branles, simples, doubles et reprises »\nde la basse danse, ni les graves allées et venues de la pavane,\nni les sauts et entrechats variés de la gaillarde. Mais les cos-\ntumes étaient gracieux, et les mouvements bien exécutés ;\nc'est déjà beaucoup, si l'on songe que par suite de plusieurs"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.63", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "défections inattendues, tout dut être réglé en trois jours.\nIl reste maintenant à débarrasser ces nobles danses de ce faux\naîir de quadrille dont l'Opéra revêt aujourd'hui tout ce qu'il\ntouche.\nLa dernière partie du concert comprenait des musiques\nmesurées à l'antique de Claude Lejeune et de du Caurroy,\nsur des rythmes exquis, mis en valeur par des danses. Nous\nsavons en effet que les réformateurs de la poésie et de la mu-\nsique française, qui rêvaient une véritable renaissance de Fart\nantique, voulaient aussi associer les beaux gestes aux mélodies\net aux vers mesurés. Mais ici la danse, n'étant plus une danse\nde mouvement, doit traduire le sentiment général de la musique\net du poème. Le sentiment général, et non le détail matériel,\nselon la ridicule coutume de l'Opéra. C'est ainsi que l'autre\nsoir encore, le poète ayant comparé sa belle à une fleur qu'il\nveut cueillir, mais en vain, cela ne manqua point : l'une des\ndeux danseuses en chemisette antique de se baisser aussitôt,\npour cueillir sur le parquet une fleur imaginaire et la respirer\navec délices. Ce sont là, je le sais, gestes imposés par la tradition,\net l'une des jeunes artistes à qui on avait confié l'interprétation\nde ces danses antiques, Mlle Kerval, m'a paru avoir toute\nl'intelligence et le talent personnel nécessaires pour secouer\nce joug absurde. La danse n'est pas une mimique, elle est\nune musique du corps, qui a ,tout comme la musique des sons,\ndes correspondances mystérieuses avec nos sentiments. D'ail-\nleurs la vertu d'une belle œuvre est telle, que déjà le spectacle\nn'avait plus rien de commun avec ce que l'on voit d'ordinaire\nà l'Opéra. Il reste un dernier effort à faire, afin de restituer\nà la danse sa vraie noblesse, ou pour mieux dire sa vraie nature.\nEt je sais qu'il sera accompli.\nLa soirée a été fort belle, et les chaleureux commentaires\nde M. Henry Expert n'ont point paru exagérés, devant les\nfortes et fraîches musiques qu'ils recommandaient à notre\nadmiration : l'admiration n'a pas manqué, et nous souhaitons\nle prompt retour de telles fêtes de tous les sens.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.64", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "IIe CONCERT DE MUSIQUE FRANÇAISE HISTORIQUE\n\nL'annonce d'une séance de historique\navait dû effrayer beaucoup de gens, car malgré les affiches qui\ncouvraient les murs, il n'y avait pas foule à la Schola cantorum\npour applaudir le magnifique concert organisé par M. Bordes.\nIl est vraiment affligeant die constater cette défiance du publie\nà l'égard de tout ce qui n'est pas consacré par de multiples\nauditions. Des œuvres Justement célèbres, mais\nattirent toujours la foule, désireuse d'admirer en toute sécurité,\ncependant que les rares essais tentés pour produire au jour\ndes auteurs anciens, mal connus, mais souvent de la plus haute\nvaleur, n'obtiennent que peu de succès. Nous n'en féliciterons\nque plus chaudement M. Bordes de ne pas se laisser décourager\npar cette indifférence dont il finira certainement par triompher,.\nLors du premier concert de\nle 22 décembre 1905, il m'avait été donné d'entendre la splen-\ndide cantate de Clérambault : Orphée. J'avais été séduit par\nles mélodies gracieuses, expressives et poignantes, le récitatif\n•souple et coloré, l'harmonie raffinée, riche en modulations\nhardies et en dissonances délicates, enfin par les délicieux\n•effets d'instrumentation. Disposant d'un orchestre des plus\nrudimentaires flûte, violons, viole de ganibe et clavecin,\nGérambault marie les timbres de ces divers instruments avec\nun rare bonheur et trouve à chaque instant des combinaisons\nnouvelles. La cantate de •Chambre : Héro et Léandre, exécutée\nau concert du 6 février m'a semblé quelque peu inférieure\nà la précédente. A vrai dire on y retrouve les qualités ordinaires\nde Clérambault, la grâce et la largeur mélodique, la recherche\ndans l'harmonie et l'instrumentation, mais on les retrouve\natténuées et comme voilées. Cette cantate n'est pas inspirée\npar le souffle puissant et lyrique qui animait Orphée, elle est\n-loin d'en atteindre la parfaite beauté. On y trouve néanmoins\nde jolis airs tendres ou douloureux d'urne forme très italienne.\nIl faut remarquer toutefois chez Clérambault le souci de ne pas\ns'abandonner ï&bsolument à l'imitation des procédés italiens :\nainsi il ne se permet les roulades que sur les mots où elles sont\nadmises par les théoriciens contemporains\nLa « symphonie » qui soutient la voix est le plus souvent"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.65", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "construite sur des thèmes sans : aucun rapport avec le chant\net garde son individualité. Enfin le récitatif m'a paru particu-\nlièrement original : plus musical que celui de Lully il annonce\ncelui de Rameau.\nQuelque soit l'intérêt qu'offre Glérambault, il paraît\nà côté de Marc-Antoine Charpentier. Ge maître fut incompris\nde la plupart de ses contemporains qui le trouvaient «excessif »,\n« outré », et le traitaient d'« Italien » avec le mépris qui était\nde mise sous le grand Roi pour tous ceux qui avaient le mau-\nvais goût de s'affranchir de la réserve majestueuse et guindée\noù ils auraient dû se renfermer. De fait ses œuvres brûlantes\net passionnées semblent baignées par le soleil d'ltalie.\nL'histoire de la Madeleine devait d'ailleurs convenir particu-\nlièrement à son génie mystique et sensuèl, car on a de lui\nplusieurs œuvres sur ce sujet.— On connaît dans;les Histoires\nsacrées l'admirable dialogue de la Madeleine et du Christ.\nLe motet Magdalena lugem à voix seule avec symphonie est\nune des plus belles inspirations du maître. La mélodie souve-\nrainement expressive suit constamment le sens des paroles,\ntour à tour plaintive, déchirante, débordante d'amour mystique,\nelle nous trouble et nous ravit. iLorsqu'après les cris de douleur\nque lui arrache le souvenir des tortures de la Passion, la Made-\nleine reprend l'hymne d' amour : 0 amor meus, car et deli&mm,\nelle semble défaillir et se pâmer en une extase divine... et l'on\nsonge à la Sainte-Thérèse du Bernin ! —Comme il est naturel\ndans une œuvre destinée à l'Eglise, on y chercherait vainement\ndes effets d'instrumentation recherchée. L'orgue et la hasse\ncontinue suffisent à accompagner le récit et les violons n'entrent\nen scène que pour les ritournelles ou dans les passages parti-\nculièrement expressifs ; ils contribuent alors puissamment\nà faire ressortir la beauté de la ligne mélodique par leurs chants\npassionnés qui ne se confondent jamais avec la partie vocale.\nLe motet à trois voix 0 amor, est animé\ndu même souffle d'ardent mysticisme. Il donne une impression\nde plénitude, de puissance et de richesse incomparable. Les\nvoix y sont traitées avec une ingéniosité et une délicatesse\ninfinie : elles se fuient, s'attirent et se confondent en de suaves\nsonorités.\nIl y avait aussi la première audition d'une tort belle sonate\nde Leclair pour deux violons, basse continue clavecin."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.66", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "J'en ai très vivement goûté la grâce un peu compassée et la\nmajestueuse simplicité. Il est curieux de remarquer combien\nen général Leclair est resté français dans ses oeuvres bien\nque n'ayant guère devant les yeux que des modèles italiens.\nOn sait quel rôle prépondérant jouèrent les violonistes français\ndans la diffusion de l'esprit italien et combien ils s'inspirèrent\ndes œuvres des grands maîtres d'ltalie et surtout de Corelli\nTandis que Leclair garde une majesté et une solennité très,\nfrançaise, François Du Val, dont on exécutait une ravissante\nsonate pour violon et clavecin, subit absolument l'influence\nde l'ltalie. Sa sonate abonde en raffinements mélodiques,\nharmoniques et rythmiques qu'on chercherait en vain chez\nLeclair. Son art, plus délicat et plus précieux, manifeste des\ntendances toutes différentes. Sa mélodie tour a tour prenante et\ncaressante ou gracieuse et spirituelle m'a délicieusement charmé.\nM. Guilmant joua, avec la perfection à laquelle il nous a\naccoutumés, différentes pièces d'orgue d'un haut intérêt ;\non chanta du Lully : on joua du Rameau... Quant à l'in-\nterprétation, si je n'en ai pas encore parlé, c'est qu'elle n'eut\nrien de très saillant. Ce fut très suffisamment joué et la beauté\ndes œuvres aidant les interprètes furent très applaudis.\nMme La Mare chanta avec émotion et intelligence le motet\nMagdalena lugens. —et M. Lefeuve joua très joliment la Sonate\nde Du Val. J'ai déploré l'absence d'un clavecin que le piano\ns'évertua bien vainement à vouloir remplacer. Je fais des\nvœux pour que M. Bordes s'en procure un lors de la prochaine\nséance qui aura lieu, nous dit-on, au mois d'avril et sera con-\nsacrée à la musique de chambre. Puisse-t-elle nous réserver\nd'aussi agréables surprises que celle-ci !\n\nHenry de Busne\n\nSCHOLA CANTORUM.\n\nProfitant d'une reprise d'lphigênie en Tauride, M. d'lndy\nnous a donné d'importants fragments\nCette œuvre évidemment intéressante m'a amené à de bien\ntristes constatations."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.67", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "La froideur, le poncif et le conventionnel montrent leur\nsquelette et les airs cousus par des récitatifs sont froids comme\nles vers qui les inspirèrent. Je profane, dira-t-on, d'immortels\nchefs d'œuvres ? je ne sais. J'ai perdu la foi en des mythes\nqui ne me frappent plus et je ne puis sortir de mon indifférence\nà l'égard de ce que je ne puis plus comprendre.\nIl serait cependant également injuste de ne pas dire le\nsuccès de Mlles de la Rouvière et Pironnay et cruel d'insister\nsur le sort des autres chanteurs.\n\nCh. Chambellan.\n\nHenry de Busne.\nAu cours d'un intéressant Concert de musique ancienne\net moderne, Mlle Blanche Selva et L. Revel nous ont fait\nentendre une magnifique sonate en sol majeur pour viole\nde gambe et clavecin de Bach. Je dois dire que j'ai trouvé\nMlle Selva très inférieure à ce qu'elle nous a habitués à attendre\nd'elle au piano. Elle semblait peu à son aise sur le clavecin\net son jeu s'en ressentait ; je l'ai trouvé terne et quelque peu\nconfus. Elle reprit heureusement possession de tous ses moyens,\nun instant après, et, joua magistralement le\ntagnes : elle fut acclamée. J'ai trouvé également M. Revel\nbeaucoup plus maître de son violoncelle que de sa viole de\ngambe. Mlle Sylla chanta l'air de la\navec une voix puissante et pathétique, mais négligea de nous\nfaire part des paroles. L'exécution des chœurs de Chausson\net de M. Raugel laissa fort à désirer, mais malgré cette tache,\nce fut une fort belle soirée qui se termina triomphalement\npar le trio de Vincent d'lndy.\n\nSOCIETE BACH.\n\nCes messieurs et dames du chœur ayant tous été atteints\nen même temps de la fâcheuse grippe, et tous guéris, par une\ncoïncidence admirable, le jour de la répétition générale, il"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.68", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "eu est résulté un bouleversement du programme, M. Bret s'étant\nému de leur insuffisance flagrante ; il en est résulté également\nque M. George Walter, l'exellent ténor dont j'ai dit du bien\nici même, fut mis à forte contribution avec les cinq\nLieder, la cantate Sie merden aus Kommen, l'air de ténor\nde la cantate Ihr wwàetweinen und keulcn, et la cantate pour\nténor: solo Ich armer Memck - dson: tMent fut tel, qu'on ne\ns'aperçut pas du peu de variété que présentait le programme :\npour faire équilibre à cette pléthore de musique vocale, le seul\nconcerto brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois,\nbasson, violon principal et orchestre. Prétendait-on par là\nnous faire mieux goûter cette œuvre qui se passe fort bien\nde tels artifices, ou bien, plutôt, M. Bret craint il pour son\norchestre des tâches trop délicates ? Il est de fait que le con-\ncerto en question s'est trouvé fort incommodé et malmené\npar les coups d'archet fantaisistes de quelques jeunes gens.\nSans revenir sur une remarque déjà faite, je pense qu'il\nserait possible de nous rappeler à peu de frais combien l'œuvre\ninstrumentale de Bach est immense et admirable; j'en sais\nqui ouïraient volontiers une sonate pour violon seul, voire\nmême les six, ou bien encore quelque fugue de grand orgue\nEst-il vraiment besoin d'aller bien loin chercher les virtuoses,\net n'est-ce pas en France, n'est-ce pas à Paris que se trouvent les\nmeilleurs disciples du maître Guilmant et du père Franck ?\nUn ancien élève du Conservatoire de Boston nous disait hier\nencore combien la France a acquis de prestige chez les étrangers\npour son merveilleux développement musical actuel, et com-\nbien le Conservatoire de là-bas, avec ses instruments aux\nmécanismes parfaits, est pauvre d'élèves et de maîtres. Cepen-\ndant que Guilmant, déifié par les musiciens américains, forme\nsur l'affreux deux-claviers du Conservatoire des élèves comme\nles Vierne, les Joseph Bonnet et d'autres encore.\n\nLouis Régis."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.69", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "LE QUATUOR PARENT.\n\nAprès les très modernes séances, du Salon d*Automne et\nles quatre belles soirées du Cycle Franck à la Can-\ntwwn, la nouvelle saison du Quatuor Parent s'est brillamment\nouverte à l'yEolian le. vendredi soir 4 janvier 1907, à l'heure\nplus militaire que jamais, par un hommage fidèle à la mé-\nmoire de Chausson.\nLe programme de Tannée 1907 est un vrai menu d'amou-\nreux d'art : nouvel effort pour concilier plus délicatement\nque jamais les intérêts particuliers de F école française la\nplus contemporaine avec les intérêts généraux du grand art\nconsacré. Cette fois, la part est égale entre Beethoven, dont\nle cycle inaugure son deuxième hiver, et nos modernes plus\nou moins issus du maître César Franck : six séances pour l'un,\nsix pour tous les autres. D'importantes premières auditions\nnous recommandent les noms de Mlle Germaine Corbin, de\nMM. Edmond Malherbe et Canteloube de Malaret. Enfin, après\nune superbe soirée beethovénienne, la troisième séance, du\n18 janvier, fut essentiellement moderne et promettait la déli-\ncieuse angoisse d'une bataille avec le second quatuor inédit\nde Malherbe, encadré par le récent trio de Magnard et l'un\ndes plus authentiques chefs-d'œuvre de César Franck, daté\nde 1884, Prélude, choral et fugue, où s'est surpassée Mlle Marthe\nDron, de plus en plus remarquable, après avoir été la pianiste\njustement acclamée de VAppassionata centenaire et toujours\njeune de 1806. Or, la musique a fait des progrès... en diffi-\nculté, depuis Beethoven et même depuis Franck.\nIronie de l'histoire de l'Art ! Ce quatuor révolutionnaire\nest... un envoi de Rome. Et pour mettre encore plus d'ironie\ndans une citation, le programme du 18 janvier 1907 donnait\ncet extrait du Journal Officiel du 20 octobre 1901, où la « section\nmusicale » de l'lnstitut juge ainsi la partition de son lauréat :\n« M. Malherbe envoie un quatuor pour instruments à cordes.\n« Il n'a épargné ni son temps ni sa peine ; mais on se prend\n« à regretter qu'il ait été si laborieux. Dans cette longue corn-\n« position, les quatre instruments ne cessent de s'escrime)\n« simultanément, sans que l'un d'eux se repose jamais, fût-ce\n« l'espace d'une demi-mesure. Il en résulte un déluge d'accords"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.70", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "« non seulement dissonants, mais discordants. L'exécution\n« d'une telle œuvre, en admettant serait un\n« supplice pour les exécutants et pour les auditeurs ». L'lns-\ntitut seul a le privilège de juger d'emblée de pareils ouvrages.....\nUne seconde audition ne serait pas superflue pour apprécier\nce compliqué quatuor en mi Le début de l'adagio\nsaisit par une atmosphère nocturne et grandiose avant sa\nconquête par l'imperturbable contrepoint qui règne sur les\ndeux temps vifs, comme dans les poèmes symphoniques du\nmême jeune auteur sous la bourrasque assez de\nson orchestre : Y Amour profane d'après\nTit xen; Le Jugement de Pâris, d'après Bau dry (car ce musicien\ncompose d'après les peintres, comme Fantin-Latour peignait\nd'après les musiciens). J'ignore le Boecklin inspirateur de ce\nfinale techniquement sans pareil au monde : une fugue à quatre\nparties, en doubles croches, sous chacune desquelles se pose\nune harmonie différente ! Paganini s'avouerait vaincu ; mais\ncomme, à côté, la polyphonie sentimentale de César Franck,,\net r envolée chevaleresque du trio de Magnard, et même la\nsavante fierté du second quatuor de Vincent d'lndy parais-\nsent lumineuses !\nDe l'aveu même de l'auteur, ses interprètes, après quinze\nrépétitions et trois mois d'études, escomptaient courageuse-\nment ce que le « prix de Rome » Claude Debussy nomme,\navec son impertinence cavalière, « un accueil plutôt pommes-\ncuites »... Mais, d'abord désarçonné, puis emporté par tant\nde science, le public a salué, par deux magnifiques rappels,\nla magnanime eurythmie du Quatuor Parent et la loyale\nintransigeance de son fondateur, qui lutte pour la jeunesse\nmusicale depuis dix-sept hivers.\nLes bravos, d'ailleurs, ne se fourvoyaient point : car la\nsplendide cohésion des quatre archets de MM. Parent, Loiseau,\nVieux et Fournier s'est, à son tour, surpassée dans ce laby-\nrinthe inédit, comme elle avait étincelé, huit soirs plus tôt,\nd'un éclat de première grandeur dans l'inspiration, vraiment\ngéniale celle-là, du neuvième quatuor beethovénien.\n\nRaymond Bouyer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.2", "titre_corps": "CONCERT EN L'HONNEUR DE CLAUDE LEJEUNE", "titre_sommaire": "CONCERT EN L'HONNEUR DE CLAUDE LEJEUNE", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.61", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "CONCERT EN L'HONNEUR DE CLAUDE LEJEUNE\n\n(15 février).\nLe vieux maître de Valenciennes doit sa résurrection d'entre\nles oubliés à cet apôtre d'art enthousiaste autant que raffiné\nqu'on nomme M. Henry Expert. C'est un tard venu que Claude\nLejeune, l'un des derniers qui aient su tisser ensemble quatre,\ncinq et six voix toutes expressives et chantantes ; cette forme\nd'art, assouplie par le labeur des générations, enrichie de toutes\nles trouvailles d'un siècle ingénieux, devenue aussi libre et\nlégère aussi fouillée, et ciselée, et parée et fleuronnée, et subti-\nlement fantasque et somptueusement coquette que les plus\nflamboyantes architectures du style ogival finissant, cette\nforme allait disparaître sans retour, vaincue par la nudité\nd'un style nouveau, que l'on croyait imité de l'antique.\nAvec elle disparut la gloire de ceux qui l'avaient illustrée,\net si le nom de Claudinse rencontre encore, à côté de celui\nd'Orlando (Roland de Lassus), jusqu'au début du XVIIP siècle,\nil est clair que ce n'est là qu'un nom. Les œuvres ne sont plus\njamais exécutées, on en sait à peine l'existence. C'est M. Expert\nqui nous a fait connaître, dans sa monumentale collection des\nMaîtres Musiciens de la Renaissan le"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.62", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "de Cl. Lejeune, où le savant musicien s'essaie à restaurer\nles rythmes antiques selon le vœu de Baïf, et son\noù il compose en chacun des douze modes à qui Glarean venait\nde donner droit de cité. Musique recherchée certes, mais fraîche\net vive avant tout, sans rien qui sente l'effort et la peine,\nd'un tour aisé, élégant et dégagé, dont la grâce mélodique\net la netteté d'harmonie semblent souvent dépasser l'époque\nde beaucoup, et annoncer l'âge moderne. Il n'est pas surpre-\nnant qu'une telle musique ait eu le pouvoir d'enflammer un\nartiste comme M. Thennysen, maître sculpteur, à l'initiaitve\nde qui nous devons la solennité du 15 février.\nCe ne fut point un festival ; le nom de Lejeune ne figurait\npas seul au programme, mais aussi ceux de ses prédécesseurs\nJosquin des Prés, Pierre de la Rue et Clément Janequin,\net de ses contemporains Roland de Lassus et François Regnart :\nainsi pouvait-on replacer l'œuvre en son milieu véritable,\net mieux en apprécier les mérites personnels. Les chœurs,\nfournis par l'Ecole de chant choral et dirigés par M. Henry\nExpert, ont été corrects, animés, et le plus souvent expressifs :\nils ont bien fait sentir, en particulier, la joyeuse verdeur des\nchansons de La Rue et de Janequin (Ma mère, hélas, mariez-\nmoi, et Ce mois de mai),la grâce ironique de la chanson de\nRoland de Lassus (Quand un Par une\ninnovation fort heureuse, et qui est bien dans l'esprit de la\nRenaissance, des danses avaient été jointes au concert ; d'abord,\ndes danses du temps, une pavane, sur une musique chantée\net rythmée au tambourin que les curieux trouveront notée\ndans l'Orchesographie de Jehan Tabourot (1589) ; des basses-\ndanses, branles, tourdions et gaillardes, sur diverses musiques\ndu temps, exécutées par un délicieux petit orchestre à vent\n(flûte, clarinette, cor anglais et clarinette basse) qui repré-\nsentait fort bien les flûtes, doucines, hautbois et saquebouttes,\nsi chers à nos ancêtres ; une légère discordance lui donnait\nmême des sonorités de vieil orgue ou régale qui m'ont paru\ntrès évocatrices. Je dois dire que je n'ai pas très exactement\nretrouvé les « révérences, branles, simples, doubles et reprises »\nde la basse danse, ni les graves allées et venues de la pavane,\nni les sauts et entrechats variés de la gaillarde. Mais les cos-\ntumes étaient gracieux, et les mouvements bien exécutés ;\nc'est déjà beaucoup, si l'on songe que par suite de plusieurs"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.63", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "défections inattendues, tout dut être réglé en trois jours.\nIl reste maintenant à débarrasser ces nobles danses de ce faux\naîir de quadrille dont l'Opéra revêt aujourd'hui tout ce qu'il\ntouche.\nLa dernière partie du concert comprenait des musiques\nmesurées à l'antique de Claude Lejeune et de du Caurroy,\nsur des rythmes exquis, mis en valeur par des danses. Nous\nsavons en effet que les réformateurs de la poésie et de la mu-\nsique française, qui rêvaient une véritable renaissance de Fart\nantique, voulaient aussi associer les beaux gestes aux mélodies\net aux vers mesurés. Mais ici la danse, n'étant plus une danse\nde mouvement, doit traduire le sentiment général de la musique\net du poème. Le sentiment général, et non le détail matériel,\nselon la ridicule coutume de l'Opéra. C'est ainsi que l'autre\nsoir encore, le poète ayant comparé sa belle à une fleur qu'il\nveut cueillir, mais en vain, cela ne manqua point : l'une des\ndeux danseuses en chemisette antique de se baisser aussitôt,\npour cueillir sur le parquet une fleur imaginaire et la respirer\navec délices. Ce sont là, je le sais, gestes imposés par la tradition,\net l'une des jeunes artistes à qui on avait confié l'interprétation\nde ces danses antiques, Mlle Kerval, m'a paru avoir toute\nl'intelligence et le talent personnel nécessaires pour secouer\nce joug absurde. La danse n'est pas une mimique, elle est\nune musique du corps, qui a ,tout comme la musique des sons,\ndes correspondances mystérieuses avec nos sentiments. D'ail-\nleurs la vertu d'une belle œuvre est telle, que déjà le spectacle\nn'avait plus rien de commun avec ce que l'on voit d'ordinaire\nà l'Opéra. Il reste un dernier effort à faire, afin de restituer\nà la danse sa vraie noblesse, ou pour mieux dire sa vraie nature.\nEt je sais qu'il sera accompli.\nLa soirée a été fort belle, et les chaleureux commentaires\nde M. Henry Expert n'ont point paru exagérés, devant les\nfortes et fraîches musiques qu'ils recommandaient à notre\nadmiration : l'admiration n'a pas manqué, et nous souhaitons\nle prompt retour de telles fêtes de tous les sens.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.3", "titre_corps": "IIe CONCERT DE MUSIQUE FRANÇAISE HISTORIQUE", "titre_sommaire": "IIe CONCERT DE MUSIQUE FRANÇAISE HISTORIQUE", "signature_source": "Henry de Busne", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.64", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "IIe CONCERT DE MUSIQUE FRANÇAISE HISTORIQUE\n\nL'annonce d'une séance de historique\navait dû effrayer beaucoup de gens, car malgré les affiches qui\ncouvraient les murs, il n'y avait pas foule à la Schola cantorum\npour applaudir le magnifique concert organisé par M. Bordes.\nIl est vraiment affligeant die constater cette défiance du publie\nà l'égard de tout ce qui n'est pas consacré par de multiples\nauditions. Des œuvres Justement célèbres, mais\nattirent toujours la foule, désireuse d'admirer en toute sécurité,\ncependant que les rares essais tentés pour produire au jour\ndes auteurs anciens, mal connus, mais souvent de la plus haute\nvaleur, n'obtiennent que peu de succès. Nous n'en féliciterons\nque plus chaudement M. Bordes de ne pas se laisser décourager\npar cette indifférence dont il finira certainement par triompher,.\nLors du premier concert de\nle 22 décembre 1905, il m'avait été donné d'entendre la splen-\ndide cantate de Clérambault : Orphée. J'avais été séduit par\nles mélodies gracieuses, expressives et poignantes, le récitatif\n•souple et coloré, l'harmonie raffinée, riche en modulations\nhardies et en dissonances délicates, enfin par les délicieux\n•effets d'instrumentation. Disposant d'un orchestre des plus\nrudimentaires flûte, violons, viole de ganibe et clavecin,\nGérambault marie les timbres de ces divers instruments avec\nun rare bonheur et trouve à chaque instant des combinaisons\nnouvelles. La cantate de •Chambre : Héro et Léandre, exécutée\nau concert du 6 février m'a semblé quelque peu inférieure\nà la précédente. A vrai dire on y retrouve les qualités ordinaires\nde Clérambault, la grâce et la largeur mélodique, la recherche\ndans l'harmonie et l'instrumentation, mais on les retrouve\natténuées et comme voilées. Cette cantate n'est pas inspirée\npar le souffle puissant et lyrique qui animait Orphée, elle est\n-loin d'en atteindre la parfaite beauté. On y trouve néanmoins\nde jolis airs tendres ou douloureux d'urne forme très italienne.\nIl faut remarquer toutefois chez Clérambault le souci de ne pas\ns'abandonner ï&bsolument à l'imitation des procédés italiens :\nainsi il ne se permet les roulades que sur les mots où elles sont\nadmises par les théoriciens contemporains\nLa « symphonie » qui soutient la voix est le plus souvent"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.65", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "construite sur des thèmes sans : aucun rapport avec le chant\net garde son individualité. Enfin le récitatif m'a paru particu-\nlièrement original : plus musical que celui de Lully il annonce\ncelui de Rameau.\nQuelque soit l'intérêt qu'offre Glérambault, il paraît\nà côté de Marc-Antoine Charpentier. Ge maître fut incompris\nde la plupart de ses contemporains qui le trouvaient «excessif »,\n« outré », et le traitaient d'« Italien » avec le mépris qui était\nde mise sous le grand Roi pour tous ceux qui avaient le mau-\nvais goût de s'affranchir de la réserve majestueuse et guindée\noù ils auraient dû se renfermer. De fait ses œuvres brûlantes\net passionnées semblent baignées par le soleil d'ltalie.\nL'histoire de la Madeleine devait d'ailleurs convenir particu-\nlièrement à son génie mystique et sensuèl, car on a de lui\nplusieurs œuvres sur ce sujet.— On connaît dans;les Histoires\nsacrées l'admirable dialogue de la Madeleine et du Christ.\nLe motet Magdalena lugem à voix seule avec symphonie est\nune des plus belles inspirations du maître. La mélodie souve-\nrainement expressive suit constamment le sens des paroles,\ntour à tour plaintive, déchirante, débordante d'amour mystique,\nelle nous trouble et nous ravit. iLorsqu'après les cris de douleur\nque lui arrache le souvenir des tortures de la Passion, la Made-\nleine reprend l'hymne d' amour : 0 amor meus, car et deli&mm,\nelle semble défaillir et se pâmer en une extase divine... et l'on\nsonge à la Sainte-Thérèse du Bernin ! —Comme il est naturel\ndans une œuvre destinée à l'Eglise, on y chercherait vainement\ndes effets d'instrumentation recherchée. L'orgue et la hasse\ncontinue suffisent à accompagner le récit et les violons n'entrent\nen scène que pour les ritournelles ou dans les passages parti-\nculièrement expressifs ; ils contribuent alors puissamment\nà faire ressortir la beauté de la ligne mélodique par leurs chants\npassionnés qui ne se confondent jamais avec la partie vocale.\nLe motet à trois voix 0 amor, est animé\ndu même souffle d'ardent mysticisme. Il donne une impression\nde plénitude, de puissance et de richesse incomparable. Les\nvoix y sont traitées avec une ingéniosité et une délicatesse\ninfinie : elles se fuient, s'attirent et se confondent en de suaves\nsonorités.\nIl y avait aussi la première audition d'une tort belle sonate\nde Leclair pour deux violons, basse continue clavecin."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.66", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "J'en ai très vivement goûté la grâce un peu compassée et la\nmajestueuse simplicité. Il est curieux de remarquer combien\nen général Leclair est resté français dans ses oeuvres bien\nque n'ayant guère devant les yeux que des modèles italiens.\nOn sait quel rôle prépondérant jouèrent les violonistes français\ndans la diffusion de l'esprit italien et combien ils s'inspirèrent\ndes œuvres des grands maîtres d'ltalie et surtout de Corelli\nTandis que Leclair garde une majesté et une solennité très,\nfrançaise, François Du Val, dont on exécutait une ravissante\nsonate pour violon et clavecin, subit absolument l'influence\nde l'ltalie. Sa sonate abonde en raffinements mélodiques,\nharmoniques et rythmiques qu'on chercherait en vain chez\nLeclair. Son art, plus délicat et plus précieux, manifeste des\ntendances toutes différentes. Sa mélodie tour a tour prenante et\ncaressante ou gracieuse et spirituelle m'a délicieusement charmé.\nM. Guilmant joua, avec la perfection à laquelle il nous a\naccoutumés, différentes pièces d'orgue d'un haut intérêt ;\non chanta du Lully : on joua du Rameau... Quant à l'in-\nterprétation, si je n'en ai pas encore parlé, c'est qu'elle n'eut\nrien de très saillant. Ce fut très suffisamment joué et la beauté\ndes œuvres aidant les interprètes furent très applaudis.\nMme La Mare chanta avec émotion et intelligence le motet\nMagdalena lugens. —et M. Lefeuve joua très joliment la Sonate\nde Du Val. J'ai déploré l'absence d'un clavecin que le piano\ns'évertua bien vainement à vouloir remplacer. Je fais des\nvœux pour que M. Bordes s'en procure un lors de la prochaine\nséance qui aura lieu, nous dit-on, au mois d'avril et sera con-\nsacrée à la musique de chambre. Puisse-t-elle nous réserver\nd'aussi agréables surprises que celle-ci !\n\nHenry de Busne"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.4", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM.", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM.", "signature_source": "Ch. Chambellan", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.66", "debut_caractere": 1802, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "SCHOLA CANTORUM.\n\nProfitant d'une reprise d'lphigênie en Tauride, M. d'lndy\nnous a donné d'importants fragments\nCette œuvre évidemment intéressante m'a amené à de bien\ntristes constatations."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.67", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "La froideur, le poncif et le conventionnel montrent leur\nsquelette et les airs cousus par des récitatifs sont froids comme\nles vers qui les inspirèrent. Je profane, dira-t-on, d'immortels\nchefs d'œuvres ? je ne sais. J'ai perdu la foi en des mythes\nqui ne me frappent plus et je ne puis sortir de mon indifférence\nà l'égard de ce que je ne puis plus comprendre.\nIl serait cependant également injuste de ne pas dire le\nsuccès de Mlles de la Rouvière et Pironnay et cruel d'insister\nsur le sort des autres chanteurs.\n\nCh. Chambellan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.5", "titre_corps": "Au cours d'un intéressant Concert de musique ancienne", "titre_sommaire": "Au cours d'un intéressant Concert de musique ancienne", "signature_source": "Henry de Busne", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.67", "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "Henry de Busne.\nAu cours d'un intéressant Concert de musique ancienne\net moderne, Mlle Blanche Selva et L. Revel nous ont fait\nentendre une magnifique sonate en sol majeur pour viole\nde gambe et clavecin de Bach. Je dois dire que j'ai trouvé\nMlle Selva très inférieure à ce qu'elle nous a habitués à attendre\nd'elle au piano. Elle semblait peu à son aise sur le clavecin\net son jeu s'en ressentait ; je l'ai trouvé terne et quelque peu\nconfus. Elle reprit heureusement possession de tous ses moyens,\nun instant après, et, joua magistralement le\ntagnes : elle fut acclamée. J'ai trouvé également M. Revel\nbeaucoup plus maître de son violoncelle que de sa viole de\ngambe. Mlle Sylla chanta l'air de la\navec une voix puissante et pathétique, mais négligea de nous\nfaire part des paroles. L'exécution des chœurs de Chausson\net de M. Raugel laissa fort à désirer, mais malgré cette tache,\nce fut une fort belle soirée qui se termina triomphalement\npar le trio de Vincent d'lndy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.6", "titre_corps": "SOCIETE BACH.", "titre_sommaire": "SOCIETE BACH.", "signature_source": "Louis Régis", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.67", "debut_caractere": 1534, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "SOCIETE BACH.\n\nCes messieurs et dames du chœur ayant tous été atteints\nen même temps de la fâcheuse grippe, et tous guéris, par une\ncoïncidence admirable, le jour de la répétition générale, il"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.68", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "eu est résulté un bouleversement du programme, M. Bret s'étant\nému de leur insuffisance flagrante ; il en est résulté également\nque M. George Walter, l'exellent ténor dont j'ai dit du bien\nici même, fut mis à forte contribution avec les cinq\nLieder, la cantate Sie merden aus Kommen, l'air de ténor\nde la cantate Ihr wwàetweinen und keulcn, et la cantate pour\nténor: solo Ich armer Memck - dson: tMent fut tel, qu'on ne\ns'aperçut pas du peu de variété que présentait le programme :\npour faire équilibre à cette pléthore de musique vocale, le seul\nconcerto brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois,\nbasson, violon principal et orchestre. Prétendait-on par là\nnous faire mieux goûter cette œuvre qui se passe fort bien\nde tels artifices, ou bien, plutôt, M. Bret craint il pour son\norchestre des tâches trop délicates ? Il est de fait que le con-\ncerto en question s'est trouvé fort incommodé et malmené\npar les coups d'archet fantaisistes de quelques jeunes gens.\nSans revenir sur une remarque déjà faite, je pense qu'il\nserait possible de nous rappeler à peu de frais combien l'œuvre\ninstrumentale de Bach est immense et admirable; j'en sais\nqui ouïraient volontiers une sonate pour violon seul, voire\nmême les six, ou bien encore quelque fugue de grand orgue\nEst-il vraiment besoin d'aller bien loin chercher les virtuoses,\net n'est-ce pas en France, n'est-ce pas à Paris que se trouvent les\nmeilleurs disciples du maître Guilmant et du père Franck ?\nUn ancien élève du Conservatoire de Boston nous disait hier\nencore combien la France a acquis de prestige chez les étrangers\npour son merveilleux développement musical actuel, et com-\nbien le Conservatoire de là-bas, avec ses instruments aux\nmécanismes parfaits, est pauvre d'élèves et de maîtres. Cepen-\ndant que Guilmant, déifié par les musiciens américains, forme\nsur l'affreux deux-claviers du Conservatoire des élèves comme\nles Vierne, les Joseph Bonnet et d'autres encore.\n\nLouis Régis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.6.7", "titre_corps": "LE QUATUOR PARENT.", "titre_sommaire": "LE QUATUOR PARENT.", "signature_source": "Raymond Bouyer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.69", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "LE QUATUOR PARENT.\n\nAprès les très modernes séances, du Salon d*Automne et\nles quatre belles soirées du Cycle Franck à la Can-\ntwwn, la nouvelle saison du Quatuor Parent s'est brillamment\nouverte à l'yEolian le. vendredi soir 4 janvier 1907, à l'heure\nplus militaire que jamais, par un hommage fidèle à la mé-\nmoire de Chausson.\nLe programme de Tannée 1907 est un vrai menu d'amou-\nreux d'art : nouvel effort pour concilier plus délicatement\nque jamais les intérêts particuliers de F école française la\nplus contemporaine avec les intérêts généraux du grand art\nconsacré. Cette fois, la part est égale entre Beethoven, dont\nle cycle inaugure son deuxième hiver, et nos modernes plus\nou moins issus du maître César Franck : six séances pour l'un,\nsix pour tous les autres. D'importantes premières auditions\nnous recommandent les noms de Mlle Germaine Corbin, de\nMM. Edmond Malherbe et Canteloube de Malaret. Enfin, après\nune superbe soirée beethovénienne, la troisième séance, du\n18 janvier, fut essentiellement moderne et promettait la déli-\ncieuse angoisse d'une bataille avec le second quatuor inédit\nde Malherbe, encadré par le récent trio de Magnard et l'un\ndes plus authentiques chefs-d'œuvre de César Franck, daté\nde 1884, Prélude, choral et fugue, où s'est surpassée Mlle Marthe\nDron, de plus en plus remarquable, après avoir été la pianiste\njustement acclamée de VAppassionata centenaire et toujours\njeune de 1806. Or, la musique a fait des progrès... en diffi-\nculté, depuis Beethoven et même depuis Franck.\nIronie de l'histoire de l'Art ! Ce quatuor révolutionnaire\nest... un envoi de Rome. Et pour mettre encore plus d'ironie\ndans une citation, le programme du 18 janvier 1907 donnait\ncet extrait du Journal Officiel du 20 octobre 1901, où la « section\nmusicale » de l'lnstitut juge ainsi la partition de son lauréat :\n« M. Malherbe envoie un quatuor pour instruments à cordes.\n« Il n'a épargné ni son temps ni sa peine ; mais on se prend\n« à regretter qu'il ait été si laborieux. Dans cette longue corn-\n« position, les quatre instruments ne cessent de s'escrime)\n« simultanément, sans que l'un d'eux se repose jamais, fût-ce\n« l'espace d'une demi-mesure. Il en résulte un déluge d'accords"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.70", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "« non seulement dissonants, mais discordants. L'exécution\n« d'une telle œuvre, en admettant serait un\n« supplice pour les exécutants et pour les auditeurs ». L'lns-\ntitut seul a le privilège de juger d'emblée de pareils ouvrages.....\nUne seconde audition ne serait pas superflue pour apprécier\nce compliqué quatuor en mi Le début de l'adagio\nsaisit par une atmosphère nocturne et grandiose avant sa\nconquête par l'imperturbable contrepoint qui règne sur les\ndeux temps vifs, comme dans les poèmes symphoniques du\nmême jeune auteur sous la bourrasque assez de\nson orchestre : Y Amour profane d'après\nTit xen; Le Jugement de Pâris, d'après Bau dry (car ce musicien\ncompose d'après les peintres, comme Fantin-Latour peignait\nd'après les musiciens). J'ignore le Boecklin inspirateur de ce\nfinale techniquement sans pareil au monde : une fugue à quatre\nparties, en doubles croches, sous chacune desquelles se pose\nune harmonie différente ! Paganini s'avouerait vaincu ; mais\ncomme, à côté, la polyphonie sentimentale de César Franck,,\net r envolée chevaleresque du trio de Magnard, et même la\nsavante fierté du second quatuor de Vincent d'lndy parais-\nsent lumineuses !\nDe l'aveu même de l'auteur, ses interprètes, après quinze\nrépétitions et trois mois d'études, escomptaient courageuse-\nment ce que le « prix de Rome » Claude Debussy nomme,\navec son impertinence cavalière, « un accueil plutôt pommes-\ncuites »... Mais, d'abord désarçonné, puis emporté par tant\nde science, le public a salué, par deux magnifiques rappels,\nla magnanime eurythmie du Quatuor Parent et la loyale\nintransigeance de son fondateur, qui lutte pour la jeunesse\nmusicale depuis dix-sept hivers.\nLes bravos, d'ailleurs, ne se fourvoyaient point : car la\nsplendide cohésion des quatre archets de MM. Parent, Loiseau,\nVieux et Fournier s'est, à son tour, surpassée dans ce laby-\nrinthe inédit, comme elle avait étincelé, huit soirs plus tôt,\nd'un éclat de première grandeur dans l'inspiration, vraiment\ngéniale celle-là, du neuvième quatuor beethovénien.\n\nRaymond Bouyer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.7", "titre_corps": "EN PROVINCE", "titre_sommaire": "EN PROVINCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "EN PROVINCE\n\nLYON\nLe programme de l'audition donnée le 17 février par la\n« Société des Grands Concerts » comportait la suite de\nmouna, de Lalo, le poème symphonique\ntion, de R. Strauss, et la 7e symphen de Beethoven.\nL'orchestre dirigé par M. Witkowski ne possède pas encore\ntoute l'honogénéité désirable pour interpréter parfaitement\nles œuvres du maître de Bonn ; il faudrait moins de confusion\ndans les traits des violons, une sonorité plus limpide aux ins-\ntruments à vent, et surtout des mouvements moins vifs dans\nles allégros. Par contre, l'exécution du poème de R. Strauss\nfut très colorée et couverte d'applaudissements.\nM. Lemaire, ténor, a chanté avec un excellent style la\nIVe Béatitude, de C.Franck, et le chant du concours des Maîtres\nChanteurs, de Wagner. Ce dernier morceau, qu'il conviendrait\nde laisser à la scène, aurait pu être avantageusement remplacé,\nà notre avis, par un fragment de cantate classique.\nsf:\nLa « Société lyonnaise de musique ancienne » a donné le\n18 février une séance fort intéressante. Un public de dilettanti\na goûté tout le charme et toute la poésie des œuvres des maîtres\ndu xvine siècle portées au programme et interprétées sur les\ninstruments pour lesquels elles ont été écrites : la\ntrois (clavecin, violon et viole de gambe), de J.-M. Leclair ;\nV Air tendre et le Menuet(quinton, viole d'amour et viole de\ngambe), de Marin Marais ; le pour violoncelle de\nPh. Em. Bach ; le concerto en ré pour violon, de Tartini,\net le concerto en sol mineur pour clavecin, de J.-S, Bach.\nOn a fait un succès mérité à MM. Amédée Reuchsel (cla-"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.72", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "vecin), Maurice Reuchsel (violon et quinton), Arthur Ticier\n(viole de gambe et violoncelle) et J.-M. Bay (viole d'amour),\nquatre professeurs très réputés à Lyon.\nDes fragments d'Alceste,de Lully, et du de Haendel,\nont été traduits d'une fort belle voix par Mlle Serve.\nAu début de la séance, le violoniste Maurice Reuchsel,\nmembre de la Société Internationale de musique, a fait une\ncauserie documentée sur le style syllabique et le récitatif dans\nl'œuvre de Lully.\n\nLE HAVRE\n\nLa ferveur artistique du Cercle Havre,\nqui récemment se manifestait en faisant entendre pour la\npremière fois dans cette ville le quatuor de Debussy, et, grâce\nau prestigieux talent de Ricardo Vines, des pièces de Debussy,\nSéverac, Ravel, Albeniz, vient de consacrer son second grand\ngrand concert le 20 février à l'œuvre d'Ernest Chausson.\nLa gloire d'Ernest Chausson garde l'aspect de sa vie de\ndouceur discrète et noble : elle s'accroît peu à peu des hommages\nde ceux qui viennent à considérer en même temps que le groupe\nfranckiste, les préludes de notre musique française actuelle.\nSon élévation et sa délicatesse garderont son œuvre d'être\npopulaire avant que d'être classique : cela est proche.\nL'hommage d'un concert entièrement consacré à ses œu-\nvres vient de lui être ainsi, pour la première fois, je crois,\nrendu par une ville de province française.\nCamille Mauclair que le maître aima et dont il illustra des\npoèmes fut prié de parler de l'homme et de son œuvre, en\npréambule au concert.\nIl en dit avec une sobre et juste émotion la grandeur discrète\net la singulière modestie, l'incroyable bonté et ce bonheur\nqu'Ernest Chausson envisageait avec une religieuse inquiétude\net qu'en un seul instant brutal la mort effaça pour confier à notre\nadmirative pitié une œuvre, par son inachèvement, rendue plus\némouvante encore. Camille Mauclair définit avec excellence,\nle sens, la place de cette œuvre, les conditions qui la\ndéterminèrent et surtout le rôle considérable qu'Ernest\nChausson conserve dans l'histoire du lied moderne : comment"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.73", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "sa forte et profonde culture, son amour de la beauté sous les\nformes picturales et littéraires, sa curiosité pénétrante qui\nl'attirait vers un Redon, vers un Carrière, aussi bien que vers\nun Moréas ou un Maeterlinck, alors qu'on les raillait encore, son\ngoût de l'expression ardente et retenue tout ensemble le devaient\nconduire à affectionner la forme du lied à l'heure où elle ne\nfaisait même que de se laisser prévoir.\nCe concert comprenait six des plus beaux lieders d'Ernest\nChausson, les inoubliables Heure et les sur les\npoèmes de Mauclair : Apaisement où s'enclôt musicalement\ntoute l'essence de la poésie verlainienne ; l'adorable :\ndans la Forêt du Charme et del'enchantement, sur les paroles\nde Moréas : enfin la Chanson sans laquelle un\nhommage à Chausson ne se pourrait rendre, puisqu'elle est\npeut-être avec le Quatuor en la majeur la plus puissante expres-\nsion du génie propre du musicien.\nMlle Hélène M. Luquiens dont l'art fut ici à mainte reprise\néquitablement loué, assumait le périlleux honneur de restituer\naux auditeurs ce charme et cet enchantement ; sa voix remar-\nquablement souple et pure et une plus rare et profonde\nintelligence de l'interprétation du lied moderne permirent,\nauthentique et émouvante, cette restitution.\nRicardo Vines évoqua le Paysage mystérieux et mélan-\ncolique dont la suavité douloureuse un peu nous pénétra au\ncontact de ses doigts magiciens : puis il décrivit délicieusement\nles Quelques Danses avec cette délicatesse précise et cette\nfinesse d'expression qui en font le plus admirable interprète\nde « la musique de tout à l'heure ».\nLe quatuor en la majeur concluait de son architecture\nhautement spirituelle, cet hommage. Exprimé par Ricardo\nVines, par MM. Willaume, Maçon et Feuillard, qui déjà l'ayant\nau Havre exécuté en novembre, méritèrent l'approbative\ndemande d'une seconde audition, ce chef d'œuvre énonça\ntout son sens de pureté, de sensibilité et de puissance, et,\nconsacrant ce quatuor d'artistes ainsi formé comme l'un des\nplus précieux et des plus rares de ce temps, il magnifia le plus\nhautement la grandeur d'une œuvre qui tire son enviable\ngloire de sa noblesse d'âme et de sa pureté discrète et recueillie.\n\nG. Jean Aubry."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.74", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "BEZIERS.\nLe Comité d'organisation du concours de musique qui doit\navoir lieu à Béziers, sous les auspices de la municipalité, les\n19 et 20 mai prochain, avait sollicité Camille Saint-Saëns de\nprésider le Jury. Il vient de recevoir du Maître qui se trouve\nen ce moment au Caire, une lettre l'informant qu'il accepte\navec plaisir la présidence effective du concours Musical de\nBéziers.\nDe grandes réjouissances figureront au programme du\nconcours musical et seront destinées à fêter dignement la\nprésence du Maître à Béziers les 19 et 20 mai.\nM. Camille Saint-Saëns sera assisté, au Jury du concours,\nde MM. Charles Lévadé, Max d'Ollone et Henri Rabaud, tous\ntrois premiers prix de Rome.\nLe concours de Béziers aura donc un retentissement consi-\ndérable. Les adhésions des musiques et chorales françaises et\nétrangères affluent de toutes parts.\nLe Comité tient le règlement à la disposition des sociétés\nqui en feront la demande au secrétaire général, à l'Hôtel de\nVille de Béziers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.7.1", "titre_corps": "LYON", "titre_sommaire": "LYON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "LYON\nLe programme de l'audition donnée le 17 février par la\n« Société des Grands Concerts » comportait la suite de\nmouna, de Lalo, le poème symphonique\ntion, de R. Strauss, et la 7e symphen de Beethoven.\nL'orchestre dirigé par M. Witkowski ne possède pas encore\ntoute l'honogénéité désirable pour interpréter parfaitement\nles œuvres du maître de Bonn ; il faudrait moins de confusion\ndans les traits des violons, une sonorité plus limpide aux ins-\ntruments à vent, et surtout des mouvements moins vifs dans\nles allégros. Par contre, l'exécution du poème de R. Strauss\nfut très colorée et couverte d'applaudissements.\nM. Lemaire, ténor, a chanté avec un excellent style la\nIVe Béatitude, de C.Franck, et le chant du concours des Maîtres\nChanteurs, de Wagner. Ce dernier morceau, qu'il conviendrait\nde laisser à la scène, aurait pu être avantageusement remplacé,\nà notre avis, par un fragment de cantate classique.\nsf:\nLa « Société lyonnaise de musique ancienne » a donné le\n18 février une séance fort intéressante. Un public de dilettanti\na goûté tout le charme et toute la poésie des œuvres des maîtres\ndu xvine siècle portées au programme et interprétées sur les\ninstruments pour lesquels elles ont été écrites : la\ntrois (clavecin, violon et viole de gambe), de J.-M. Leclair ;\nV Air tendre et le Menuet(quinton, viole d'amour et viole de\ngambe), de Marin Marais ; le pour violoncelle de\nPh. Em. Bach ; le concerto en ré pour violon, de Tartini,\net le concerto en sol mineur pour clavecin, de J.-S, Bach.\nOn a fait un succès mérité à MM. Amédée Reuchsel (cla-"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.72", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "vecin), Maurice Reuchsel (violon et quinton), Arthur Ticier\n(viole de gambe et violoncelle) et J.-M. Bay (viole d'amour),\nquatre professeurs très réputés à Lyon.\nDes fragments d'Alceste,de Lully, et du de Haendel,\nont été traduits d'une fort belle voix par Mlle Serve.\nAu début de la séance, le violoniste Maurice Reuchsel,\nmembre de la Société Internationale de musique, a fait une\ncauserie documentée sur le style syllabique et le récitatif dans\nl'œuvre de Lully."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.7.2", "titre_corps": "LE HAVRE", "titre_sommaire": "LE HAVRE", "signature_source": "G. Jean Aubry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.72", "debut_caractere": 500, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "LE HAVRE\n\nLa ferveur artistique du Cercle Havre,\nqui récemment se manifestait en faisant entendre pour la\npremière fois dans cette ville le quatuor de Debussy, et, grâce\nau prestigieux talent de Ricardo Vines, des pièces de Debussy,\nSéverac, Ravel, Albeniz, vient de consacrer son second grand\ngrand concert le 20 février à l'œuvre d'Ernest Chausson.\nLa gloire d'Ernest Chausson garde l'aspect de sa vie de\ndouceur discrète et noble : elle s'accroît peu à peu des hommages\nde ceux qui viennent à considérer en même temps que le groupe\nfranckiste, les préludes de notre musique française actuelle.\nSon élévation et sa délicatesse garderont son œuvre d'être\npopulaire avant que d'être classique : cela est proche.\nL'hommage d'un concert entièrement consacré à ses œu-\nvres vient de lui être ainsi, pour la première fois, je crois,\nrendu par une ville de province française.\nCamille Mauclair que le maître aima et dont il illustra des\npoèmes fut prié de parler de l'homme et de son œuvre, en\npréambule au concert.\nIl en dit avec une sobre et juste émotion la grandeur discrète\net la singulière modestie, l'incroyable bonté et ce bonheur\nqu'Ernest Chausson envisageait avec une religieuse inquiétude\net qu'en un seul instant brutal la mort effaça pour confier à notre\nadmirative pitié une œuvre, par son inachèvement, rendue plus\némouvante encore. Camille Mauclair définit avec excellence,\nle sens, la place de cette œuvre, les conditions qui la\ndéterminèrent et surtout le rôle considérable qu'Ernest\nChausson conserve dans l'histoire du lied moderne : comment"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.73", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "sa forte et profonde culture, son amour de la beauté sous les\nformes picturales et littéraires, sa curiosité pénétrante qui\nl'attirait vers un Redon, vers un Carrière, aussi bien que vers\nun Moréas ou un Maeterlinck, alors qu'on les raillait encore, son\ngoût de l'expression ardente et retenue tout ensemble le devaient\nconduire à affectionner la forme du lied à l'heure où elle ne\nfaisait même que de se laisser prévoir.\nCe concert comprenait six des plus beaux lieders d'Ernest\nChausson, les inoubliables Heure et les sur les\npoèmes de Mauclair : Apaisement où s'enclôt musicalement\ntoute l'essence de la poésie verlainienne ; l'adorable :\ndans la Forêt du Charme et del'enchantement, sur les paroles\nde Moréas : enfin la Chanson sans laquelle un\nhommage à Chausson ne se pourrait rendre, puisqu'elle est\npeut-être avec le Quatuor en la majeur la plus puissante expres-\nsion du génie propre du musicien.\nMlle Hélène M. Luquiens dont l'art fut ici à mainte reprise\néquitablement loué, assumait le périlleux honneur de restituer\naux auditeurs ce charme et cet enchantement ; sa voix remar-\nquablement souple et pure et une plus rare et profonde\nintelligence de l'interprétation du lied moderne permirent,\nauthentique et émouvante, cette restitution.\nRicardo Vines évoqua le Paysage mystérieux et mélan-\ncolique dont la suavité douloureuse un peu nous pénétra au\ncontact de ses doigts magiciens : puis il décrivit délicieusement\nles Quelques Danses avec cette délicatesse précise et cette\nfinesse d'expression qui en font le plus admirable interprète\nde « la musique de tout à l'heure ».\nLe quatuor en la majeur concluait de son architecture\nhautement spirituelle, cet hommage. Exprimé par Ricardo\nVines, par MM. Willaume, Maçon et Feuillard, qui déjà l'ayant\nau Havre exécuté en novembre, méritèrent l'approbative\ndemande d'une seconde audition, ce chef d'œuvre énonça\ntout son sens de pureté, de sensibilité et de puissance, et,\nconsacrant ce quatuor d'artistes ainsi formé comme l'un des\nplus précieux et des plus rares de ce temps, il magnifia le plus\nhautement la grandeur d'une œuvre qui tire son enviable\ngloire de sa noblesse d'âme et de sa pureté discrète et recueillie.\n\nG. Jean Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.7.3", "titre_corps": "BEZIERS.", "titre_sommaire": "BEZIERS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.74", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "BEZIERS.\nLe Comité d'organisation du concours de musique qui doit\navoir lieu à Béziers, sous les auspices de la municipalité, les\n19 et 20 mai prochain, avait sollicité Camille Saint-Saëns de\nprésider le Jury. Il vient de recevoir du Maître qui se trouve\nen ce moment au Caire, une lettre l'informant qu'il accepte\navec plaisir la présidence effective du concours Musical de\nBéziers.\nDe grandes réjouissances figureront au programme du\nconcours musical et seront destinées à fêter dignement la\nprésence du Maître à Béziers les 19 et 20 mai.\nM. Camille Saint-Saëns sera assisté, au Jury du concours,\nde MM. Charles Lévadé, Max d'Ollone et Henri Rabaud, tous\ntrois premiers prix de Rome.\nLe concours de Béziers aura donc un retentissement consi-\ndérable. Les adhésions des musiques et chorales françaises et\nétrangères affluent de toutes parts.\nLe Comité tient le règlement à la disposition des sociétés\nqui en feront la demande au secrétaire général, à l'Hôtel de\nVille de Béziers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c103", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.8", "titre_corps": "LES SAISONS DE LONDRES", "titre_sommaire": "LES SAISONS DE LONDRES", "signature_source": "Marcel Boulestin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "LES SAISONS DE LONDRES\nPRÉLUDE, CONCERT ET FUGUE\n\nRien ne ressemble plus à une saison de Londres qu'une\nautre saison de Londres. Que le soleil de juin dore les verdures\nde Hyde Park ou que les brouillards de février enveloppent\nles maisons grises d'une ouate plus grise encore, les omnibus\nautomobiles n'en sillonnent pas moins Piccadilly, dérangeant\nde leur placide parcours les hommes-sandwiches qui portent\nsur leur dos le nom et la destinée d'innombrables virtuoses.\nUn assassin imprévu peut bien terminer brutalement les jours\nde Mr. Whiteley, un tremblement de terre laisser sans abri\nles habitants de la Jamaïque, rien, rien n'endiguera le flot\ntoujours montant des concerts. Aussi bien, les auditeurs, aug-\nmentant avec eux, « suivent la foule », tout est pour le mieux.\nJe crois d'ailleurs qu'il faut noter, comme un signe des\ntemps, cet empressement du public anglais à écouter de la\nmusique, bonne ou mauvaise. Car il ne distingue pas très bien,\nce public. Il applaudit indifféremment d'informes\nConcerts, des fragments de Musical Comédies, des concertos de\nBrahms, des productions de Mr. Percy Grainger, les séances\nClassiques de M. Henry J. Wood et les représentations wagné-\nriennes de Covent-Garden. Tant de bonne volonté est louable,\nencore qu'incompréhensible. Un moindre éclectisme ahurirait\nun critique, un acrobate musical, même un enfant prodige\nn'ayant pas encore atteint l'âge de raison. J'imagine qu'on\ndoit attribuer ce zèle à un sens du devoir un peu particulier,\nàun désir aigu de faire the rigkt en même temps qu'à un\nappréciable souci de s'instruire."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.76", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "Le souci de s'instruire, voilà la question :: un spectateur\nanglais suivra: sur son. programe. avec attention, lira depuis\nla notice biographique sur Beethoven jusqu'au dernier mot de\nl'argument de la Vie d'un héros,consciencieusement. Tandis\nque si, à Paris, vous voyez le public commencer de tourner\nnonchalemment des pages, les parcourir des yeux, c'est une\npreuvre certaine que le concert le fatigue et que son attention\ns'en va dimunendo. Parfaitement. Voilà bien sur quoi comptent\nles maisons de commerce qui paient fort cher des annonces\ndans les programmes de nos séances dominicales. Souvent\narrive-t-il, qu'après un poème symphonique particulièrement\npénible, dès le lundi matin, la jolie Madame X... se précipite\nvisiter les fourrures de la maison Dax ou demander des rensei-\ngnements sur le nouveau corset Hygeia, le seul rationel. Ainsi\nla musique dite sérieuse rapporte-t-elle aux classes commer-\nciales parisiennes. Mais à Londres, on ne va pas au Queen's hall\npour s'amuser,,, ni pour s'ennuyer,, on y travaille loyalement.\nCe n'est pas plus un jeu qu'un match de foot-ball.\n*\n* *\nJ'ai dit que, en dépit du thermomètre, les différentes saisons\ndifférent peu ; à Covent-Garden par exemple je vois de grandes\nsimilitudes entre les représentations de juin-juillet et les ac-\ntuelles. Jadis Dr. Richter y dirigeait le Ring, Tristan, les Maî-\ntres Chanteurs, et des mains aristocratiques y applaudissaient\ndes artistes tels que Mme, Ternina, Mme Raunay, Van Rooy,\nHerr Conrad, Herr Lieban; aujourd'hui la troupe allemande\ncommandée par Van Dyck nous offre des chanteurs comme\nvon Kranas, Marie Brema, Litvinne, Mme Ackté dans les\nMaîtres Chanteurs, Tristan, le Ring, conduits tantôt par Ni-\nkisch, tantôt par Ysaye.\nCependant,,ne nous y trompons pas, ce n'est pas «la saison »\nCertaines règles d'étiquette féminine, mieux que tout, le prou-\nvent ; on ne remarque ni bijoux de famille,, ni diadèmes, ni\ncolliers de diamants, réservés pour des soirs de gala, opéras\nitaliens ou « Melba nights » mieux éclairés que les représen-\ntations wagnériennes. Quelques perles tout au plus et des fleurs\ndans les cheveux suffisent à Wagner et à ces dames. La jeune\nduchesse de Westminster a donné l'exemple. Voilà, fixé un\npoint d'histoire d'une incomparable importance. Attendons"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.77", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "sans impatience la réouverture printanière du Royal Opéra de\nCovent-Garden.\n*\n* *\nLes séances continuent. Hans Richter triomphe au Queen's\nHall avec un programme bayreuthien (i) et le Thus\ntkustra devenu quasi populaire à Londres ; et Mr. Edouard\nColonne traverse le détroit pour venir conduire la « Philar-\nmonic Society », et du Berlioz.\nEt des théâtres nouveaux s'ouvrent et ne font pas faillite ;\net les anciens de désemplissent pas. Voilà plus d'un an que\nMr. George Alexander joue Hts house in order et qu'au Comedy\nThéâtre Rafflespar les soins de Mr. du Maurier continue de\nsoustraire des bijoux avec les meilleures manières du monde.\nMais au Garrick, Mr. Arthur Bourchier a caché les charmes\nde Mr. Vanderveldt sous les tragiques oripeaux de Macbeth\navec un égal succès. Et comme il est regrettable que\nfrom Blankley's ne figure plus sur l'affiche du Haymarket\nThéâtre. Rien ne remplacera cette parfaite comédie et l'on\nne peut se souvenir sans amusement des étonnements de\nMr. Charles Hawtrey, des brusqueries de Miss Fanny Brough,\ndes robes si admirables de laideur bourgeoise exécutées par\nMrs. Neville elle-même, de la mise en scène si bayswatérienne\ndans sa médiocrité dorée imaginée par Mr. Frédérick Harrisson.\nIl est vrai que nous avons pour nous consoler Mr. Le Bargy\ndans le Marquis de Priola et même Coquelin aîné dans le\nV@yage de Mr. Perrichonet que l'on peut toujours relire avec\nfruit Thore aud back,si l'on tient à être documenté sur Bays-\nwater, cette banlieue chère à Mr. Frank Richardson.\nEt je me suis enfui î J'ai quitté les brouillards. Sous les pins\ntildes (ou qui devraient l'être) de Bournemouth qui abritèrent\nla rêverie de Verlaine et le diabète de Cornélius Herz, je me\nrepose, écoutant la musique du vent et de la mer, « tableau\nde voyage » on dirait signé d'lndy, et celle de cloches uniques\nau monde qui se lancent à toute volée, au crépuscule, dans\nd'interminables concertos:.\n\n|ï) Unique occasion d'entendre et de comparer deux dissemblables interprétations\nd'une œuvre, l'Ouverture du Vaisseau Fantôme, conduite par M. Nikisch à Covent\nGarden avec une fougue et des oppositions curieuses et brusques, interprétation roman-\ntique que la mèche de ce chef -d'orchestre faisait prévoir et la façon admirable., grave elt\nimpitoyable, d'un tragique de drame grec (la terreur et la pitié), dont Richter dirige cette\nPaSe*"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.78", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "Dans cette campagne calme je n'ai pas une minute à moi,\nparce que tout y prend une importance exceptionnelle. Je lis\nconsciencieusement dans les journaux du matin dès qu'arrivés,\nles réflexions prudes et prudhommesques qu'inspirent à un\ncritique de Londres l'interdiction de à l'Opéra de New-\nYork. J'apprends avec émoi que la prose d'Oscar Wilde prend\nun relief non prévu et cynique jointe aux harmonies véhémentes\net passionnées de Richard Strauss, que la musique qui souligne\nle célèbre «Je baiserai tes lèvres, Jokanan ! » s'avère positive-\nment indécente. De l'indécence musicale, la pire de toutes, et\ndans un sujet biblique encore, on frémirait à moins. Je frémis,\npuis je me calme et vais inspecter un thermomètre obstiné\nqu'une audition de Salomé ferait monter, sans doute. Et j'ai\ntout juste le temps, avant le lunch, de surveiller les ouvriers\nqui construisent le long de la mer successive une nouvelle pro-\nmenade, mes ouvriers. Car là, je deviens propriétaire convaincu\net mon importance s'accroît ; la terre et l'eau m'appartiennent\ncomme ces oiseaux blancs et gris dont j'ignore le nom, qui\nvolent au dessus des vagues et s'y plongent, puis viennent se\ndégourdir les pattes sur le sable d'un air irrésolu et incohérent.\nJe leur fais signe et ils s'en vont. Un orgue de Barbarie joue\nThe Belle of New-York avec une vulgarité qui me rappelle\nLouise à Montmartre... Je m'attarde, je m'attarde et suis en\nretard pour le Concert des Win ter Gardens. Quand j'y arrive\neniin, 1 orchestre joue le God scive the Km g • je salue, empli\nd'une immense fierté pour le Met moi-même.\nEnsuite seulement je comprends que l'hymne national an-\nnonçait la fin de la séance.\nEn vérité, je ne puis m'ennuyer un instant, et vraiment,\nje suis même surpris de trouver dans cette petite ville un\norchestre aussi bon que celui des Win ter Gardens, un chef\ncomme Mr. Dan Godfrey, des solistes tels que Mme Teresa Ca-\nreno, Harold Bauer, Gerardy, Mischa Elman. Aussi bien, je\nm'y habitue ; rien ne m'étonne plus, ni la qualité des acteurs\ndu Théâtre Royal, ni l'annonce que Paderewski va venir opérer\nlui-même la semaine prochaine, ni les aperçus ingénieux déve-\nloppés par Mr. Reginald Turner sur Covent-Garden et le\ndans son intéressant livre Davray's affairs que je lis le soir au\ncoin du feu « illuminé par l'ardeur des charbons. «\n\nMarcel Boulestin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.9", "titre_corps": "COURRIER DE BRUXELLES", "titre_sommaire": "COURRIER DE BRUXELLES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "COURRIER DE BRUXELLES\n\nCONCERTS ISAYE\nLe programme du 2e Concert ne comportait point\nd'œuvres inédites, mais trois compositions dès longtemps\nréputées : la Symphonie en la, de Beethoven, le Chasseur\nMaudit, de C. Franck et le premier tableau du 3e acte du Cré-\npuscule des Dieux. Le Chasseur Maudit ressemble à ces mosaï-\nques où tous les tons, voire les plus francs, possèdent le même\néclat sans chaleur, harmonieux pourtant. La gamme des\nnuances est restreinte, sans effets inattendus ni vulgarité ;\ncordes, hautbois, cors s'expriment de leur façon la plus habi-\ntuelle. Il y a loin de ce poème symphonique, correct et pâlot\nà la flamme qui anime les Béati et En un\npareil sujet, une teinte de Berliozisme eût pu trouver sa place.\nLe premier tableau du 3e acte du Crépuscule des Dieux forme\nen quelque sorte l'argument analytique de toute la tétralogie ;\nà ce titre, aucun autre extrait de l'œuvre wagnérienne ne\nsouffre aussi peu de l'absence d'une réalisation théâtrale, si\nl'auditeur est au préalable familiarisé avec les péripéties de"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.80", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "l'action et les détails de mise en scène. M. Dyck fut le\nSiegfried bien disant que l'on sait et de plus un chanteur à\nvoix claire et vibrante que l'on connaissait moins.\nNul ne sait comme M. Isaye composer un programme à la\nfois intéressant et varié- Son Troisième; Comeri en témoigne ;\nsuccessivement furent exécutés : l'Ouverture Sakountala,\nde Goldmark ; le Concerto en ut majeur, de Vivaldi ; la 9e Sym-\nphonie {en ré mineur), de Brtickner ;le de Brahms,\nl'Ouverture de Léonore(n°3). L est\nbâtie sur plusieurs thèmes méditatifs, guerriers ou joyeux,\nmais tous empreints d'une mélancolie quelque peu maussade,\nd'une neurasthénie souffreteuse. D'où la prenante unité qui\némane de cette page. Elle est due pour autant au retour dn\nmotif principal : cantilène alanguie du hautbois enroulant de\nsa courbe onduleuse la mélodie au rythme inverse des cordes\ngraves, respectivement confiées à la péroraison, l'une au trom-\nbone et l'autre au cor anglais. Ce qui manque à cette compo-\nsition d'harmonie riche, de cachet sévère, d'inspiration\nsoutenue, c'est l'élan, la vaillance de l'esprit créateur ; on\nvoudrait moins sentir l'application, la sage mesure ; les déve-\nloppements surviennent à leur heure, sans imprévu et sans\nhâte et cèdent la place après le temps qu'il est raisonnable de\nleur assigner.\nLa 9e Symphonie d'Antoine a surpris bien des\nauditeurs et de fait si l'esthétique de l'auteur se dégage de\nl'application surabondante qu'il réalise dans cette symphonie,\nlë détail de l'exécution est irrégulier et déconcertant. On ne\nsaurait, en vérité, conclure si l'on se trouve en présence d'un\nbeau tempérament qui cherche sa voie ou d'un génie sur son\ndéclin. 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Kreis-\nler, assurément l'un des meilleurs violonistes actuels, les fit\nbriller d'un vif éclat.\nIl se tira de même à son honneur du Concerto en ré de Brahms,\ngigantesque machine de guerre qu'il aborde et enlève de haute\nlutte, avec une prestesse parfaite, une aisance d'archet et une\nlimpidité de son sans égales. Le programme imprimé dénomme\nindulgemment possession de soi-même, renonciation à tout\nélan, la sécheresse du cœur, l'étroitesse de conception qui\ncaractérisent cette œuvre. De multiples pages d'exercices,\nressassés dans tous les soli, empruntés à une quelconque école\nde virtuosité, se succèdent sans le moindre effort de rajeunis-\nsement, avec la seule intention de savamment doser les diffi-\ncultés. Grâces soient rendues à l'interprète d'avoir fait passer\ncette pilule amère.\nQuel soulagement d'entendre ensuite la sublime ouverture\nde Lêonore,si touchante et si inspirée. 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Par contre l'idéalisme\npur prédomine dans la 2e partie (très calme) et la 4e (animé).\nCette double tendance se retrouve dans le : d'une\npart le genre quasi-espagnol du motif très animé et la Sicilienne\nd'harmonisation subtile ; de l'autre un monologue gros de\nperplexités mentales, suivi d'une mélopée funèbre sur un\npénible accompagnement chromatique, qui enveloppe comme\nde voiles sombres le cœur meurtri. La grandeur et le charme\nde cet art furent rendus avec sollicitude et belle conviction :\nil faut louer surtout M. Chaumont de la chaleur qu'il a com-\nmuniquée à l'ensemble."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.84", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "DEUXIEME CONCERT POPULAIRE S. DUPUIS.\nP. E. 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Ce concerto suivant la formule\nest la déplorable négation de toute préoccupation artistique .\nLa Fantaisie écossaise êe Max Bruch ne mérite que peu d'échap-\nper à l'oubli ; des motifs populaires ont fourni les éléments\nde ce pot-pourri à un violoniste très au-courant des ressources\nde son instrument. M. 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Il y a loin de ce poème symphonique, correct et pâlot\nà la flamme qui anime les Béati et En un\npareil sujet, une teinte de Berliozisme eût pu trouver sa place.\nLe premier tableau du 3e acte du Crépuscule des Dieux forme\nen quelque sorte l'argument analytique de toute la tétralogie ;\nà ce titre, aucun autre extrait de l'œuvre wagnérienne ne\nsouffre aussi peu de l'absence d'une réalisation théâtrale, si\nl'auditeur est au préalable familiarisé avec les péripéties de"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.80", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "l'action et les détails de mise en scène. M. Dyck fut le\nSiegfried bien disant que l'on sait et de plus un chanteur à\nvoix claire et vibrante que l'on connaissait moins.\nNul ne sait comme M. 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Le roman-\ntisme <te cet ouvrage, aussi bien tzigane qu'italien ou polonais\néchappe à l'analyse. Les thèmes, peu originaux, font songer\nà un Mendelssohn de contrebande ; les tutti semblent n'exister\nque pour laisser reposer le soliste. Ce concerto suivant la formule\nest la déplorable négation de toute préoccupation artistique .\nLa Fantaisie écossaise êe Max Bruch ne mérite que peu d'échap-\nper à l'oubli ; des motifs populaires ont fourni les éléments\nde ce pot-pourri à un violoniste très au-courant des ressources\nde son instrument. M. Kochansky peut revendiquer la pureté\ndu son, la netteté de l'exécution et le tempérament studieux.\nSouhaitons-lui d'en faire un meilleur emploi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c113", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.10", "titre_corps": "CHRONIQUE TCHÈQUE", "titre_sommaire": "CHRONIQUE TCHÈQUE", "signature_source": "William Ritter", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "CHRONIQUE TCHÈQUE\nM. JOSEF SUK ET SA SYMPHONIE “ASRAEL”.\n\nCe mois de février 1907 marquera dans les annales de la musi-\nque tchèque par les premières auditions aux concerts du Théâtre\nNational de la IIe symphonie de M. Josef Suk. Elle est en ut mineur\net porte à côté de son numéro cette indication entre parenthèses :\nAsrael op. 27. C'est une œuvre d'une puissance étonnante.\nL'avis de la critique est unanime. Comme le poème sympho-\nnique tchèque a culminé naguère avec le du même\nM. Suk, la symphonie tchèque atteint des hauteurs auxquelles\nelle n'avait jamais prétendu avec cet Asrael dont tout, inspi-\nration, proportion, orchestration dépasse incomparablement\nce à quoi les maîtres de la génération précédente, Smetana,\nDvorak, Fibich nous avaient accoutumés. Cette symphonie\nfunèbre se place immédiatement auprès des grandes symphonies\nde Mahler et de Richard Strauss, auxquelles elle ne doit du\nreste rien. M. Suk est l'une des plus complètes et des plus pures\nindividualités de notre temps. Dès ses premières œuvres,\nla musique de scène pour Raduz il se démontrait\nlui-même sans alliage. Il fut le beau-fils de Dvorak, c'est vrai ;\nmais il n'en est pas le continuateur. H marche à part de tout\nce qui a été fait jusqu'ici en Bohème : c'est le Maître entier,\ncomplet, définitif que la nation tchèque n'osait même pas\nespérer après la pénible lutte de Smetana pour la musique\nnationale et le triomphe de celle-ci, grâce à Dvorak et Frbich,"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.86", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "dans des régions ou Brahms et Schubert n'étaient pas dépassés.\nLa patrie tchèque peut-être désormais aussi fière de Josef Suk\nque la Bohème allemande de Gustave Mahler. A eux deux\nils sont ce que l'Europe centrale à produit en musique de plus\ngrand depuis Bruckner.\nQuelle belle étude il y aurait à faire sur la musique moderne\net la mort! Voici l'ère des classiques marches funèbres dépassée.\nQuand la mort aujourd'hui s'installe dans la symphonie, c'est\ncomme dans la vie et non plus seulement en cortège décoratif\nque l'on regarde passer de la fenêtre. Ce sont les profondeurs\ndernières de l'âme que le deuil atteint et les cris et les silences\nen lesquels il s'exprime nous poignent jusqu'aux moelles.\nEt que font-ils de nos nerfs, grand Dieu ! C'est le désespoir\nhystérique, convulsif, puis prostré, et la rébellion de tout\nl'être, et la rage de l'énergie à outrance qui étouffera la douleur\ndans les deux premiers mouvements de la V. de Mahler. Sa\nIIeavait été déjà tout entière consacrée à la mort en sa splendeur\nnon pareille, et c'est à cette IIe qu'il faudra comparer la IIe de\nSuk le jour où j'en aurai le moyen.\nJe tiens en effet à déclarer tout de suite que je ne vais rien\ndire de personnel sur la symphonie de M. Suk, je ne l'ai pas\nentendue, ni je n'ai la partition sous les yeux : le voyage de\nMunich à Prague se fait malaisément à tout propos et la par-\ntition n'est pas encore publiée. Comme d'autre part il est im-\npossible de taire un tel événement, j'en parle aujourd'hui\nen annonciation et non en analyste, d'après ma correspondance\navec des amis dont je suis sûr et avec M. Suk lui-même, et\nd'après les meilleurs critiques tchèques, ceux de NarodniListy,\nde Kuryr et de Zlata Praha.Ajoutez à celà ma reconnaissance\nde l'œuvre précédant de M. Suk. J'espère que ces déclarations\nparaîtront garanties suffisantes pour que j'assume cette fois-ci le\nsimple rôle de trucheman de l'opinion de l'élite tchèque. Je\nn'ai pas plus coutume que Dvorak de bluffer, ni d'avancer ce\ndont je ne suis pas sûr. Et si je dis par exemple que Dvorak\nn'avait pas lu la Villemarqué, c'est une affirmation que je me\nfais fort de prouver par la liste des lectures d'un brave homme\nqui ne lisait beaucoup qu'en tchèque, et d'autre, rien qu'un peu\nen allemand.Or la Villemarqué est-il traduit? Car j'imagine\nqu'il s'agit de ces chants des b publiés par la\nmaison Didier, et qui étaient parfaitement introuvables voici"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.87", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "une dizaine d'années quand je les ai moi-même cherchés\nSont-ils aujourd'hui réédités ? Ce serait un peu tard pour\nDvorak ; du reste qu'il s'agissé de cela ou d'autre chose, comme\ndes recueils de Bourgault-Ducoudray et de Balakiref je ne\nsais rien de ceux de Rimski-Korsakof. nous allons être ren-\nseigné, car j'ai posé péremptoirement la question aux enfants de\nDvorak de grands j eunes gens dont le cadet est âgé de vingt-cinq ans\net qui voudront bien nous renseigner en dépit de toute logique\ninterdisant la preuve des faits négatifs, j'espère publier mon\nquestionnaire à la famille Dvorak et ses réponses au prochain\nnuméro. D'autre part, quand je donne un renseignement\nincomplet momentanément je préviens une fois pour toutes\nque je ne cherche pas à le déguiser : je présente le complément\nd'information quand il est parvenu. Ce n'est peut-être pas\naussi élégant que trancher de haut à tort et à travers. Mais\navant tout faut-il apporter dans une chronique des faits et\ndes faits exacts. Les appréciations viennent ensuite, et encore\nles faut-il assez réfléchies pour s'éviter des palinodies telles\nqu'écrire à un mois d'intervalle : « l'œvre\nni une nature vibrante d'artiste, »\npuis, « Dvorak a donné une note d'art très ses\ndanses et ses quatuors nous paraissent très expressifs et très\noriginaux, et cela nous suffit pour reconnaître\nqui s'attache à ce compositeur. » Resterait encore la question\nde l'orchestration lourde et mono des etc.\nMais laissons tranquille pour le moment Dvorak, dont nous\nallons du reste retrouver l'ombre planant sur l'œuvre de\nM. Suk, et profitons de l'occasion pour compléter en passant\nnotre dernier article : le cahier VII des œuvres posthumes de\nSmetana contient une sonate à deux pianos, huit mains, éga-\nlement, composée pour les élèves de ses écoles de musique (Voir\nprécédente chronique.)\nM. Josef Suk travaillait donc à sa IIe symphonie lorsque\nAsrael passa sur sa maison (On connaît très bien Asrael à\nPrague, depuis la représentation au théâtre national du drame\nmusical du Baron Franchetti). M. Suk qui parcourt sans cesse\nl'Europe avec le quatuor bohème, est du reste un homme\nde haute culture, un esprit averti très ami des poètes et de\nZeyer en particulier, le plus distingué et le plus profond des\nécrivains tchèques. A peu dé distance l'un de l'autre moururent"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.88", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "Dvorak son beau-père pour lequel il professait une Sainte\nadmiration, et sa femme qu'il chérissait. Tout d'abord la\nsymphonie fut tout-à-fait abandonnée. Peut-être allait-elle\nnous donner le pendant de cette Ire. « Joyeuse, et conquérante\ncomme le printemps vainqueur. » Reprise à la première accalmie\nde la douleur, l'œuvre en gestation s'est cristallisée, non sous,\nles formes amères et furieuses que nous avons connues à Mahler\net qui lui viennent de sa race et de son tempérament, mais dans\nune teneur en général dolente, morne, plaintive et angoissée,,\nréfléchie autant que passionnée, et qui est mieux dans le carac-\ntère tchèque. Et pourtant M.Suk ne s'interdira aucun paroxysme,\naucune exaltation. La dignité de l'œuvre est sans pareille ;\nl'unité poussée plus loin que jamais on ne l'a fait. Il est sans\nexemple qu'une composition de cette envergure ait pu être\nmaintenue dans toute sa durée dans la même atmosphère,\nécrite sous l'empire d'un même sentiment, être voulûment\nmonotone sans être jamais fatigante. C'est, il va s'en dire, une\nde ces symphonies modernes dont l'architecture amplifiée\nfait paraître singulièrement étriquée l'honnête forme à quatre\nparties dont Beethoven lui-même n'a jamais cru devoir s'écarter\nEt il est certain que Dvorak aurait sévèrement blâmé son\nbeau-fils d'avoir osé ce monument pentagonal. (i)\nIci c'est évidemment l'exemple de Mahler qui a entrainé\nM.. Suk.\nDonc cinq mouvements, le tout en deux grandes subdivi-\nsions, l'une de trois, l'autre de deux morceaux. Le centre de\nl'œuvre est le n° 3, un scherzo où se sont réfugiés et comme\nblottis les souvenirs les plus nombreux de Dvorak lui-même,\nlequel était comme l'on sait plutôt brusque et ardent que\nmélancolique et rêvasseur. Et cependant même en évoquant\nles jours heureux où vivait Dvorak dans la forme du\nM. Suk a réussi à ne pas rompre l'impression de gravité triste\nque laisse toute l'œuvre. Le trio (andante) est très touchant.\nAprès le souvenir des jours ensoleillés, c'est le retour au sen-\n\n(1) Dvorak interrogé une fois sur ces questions de forme, s'arrête net de marche**\net haussant sa droite : « Voyez...Dieu a donné cinq doigts. Pourquoi pas quatre ou six ?\nEh; bien! Beethoven, lui, a donné quatre morceaux àla symphonie. » Puis il ajouté\nimmédiatement comme à part et satisfait de son explication : « Trois, c'est peu ; cinq\nc'est trop. » Ce que nous citons, non parce que nous l'approuvons ou non, mais pour\nmontrer une fois de plus, quel grand enfant était Dvorak."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.89", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "tiaaaent du deuil et La préparation aux catastrophes: qui vont\nsurcharger les deux derniers, morceaux comme elles se sont\nappesanties sur les deux premiers. En somme deux formidables\nlamentos funèbres séparés par une éclaircie où se glissent des\nsouvenirs. Les alertes et scabreuses parties i et 5 parallèles\nsont remplies par la lutte intérieure du malheureux frappé\nà. dieux reprises en ses plus chères affections ; les lentes parties\n2 et 4, également parallèles, le sont de l'agonie de l'âme vaincue\nP?5 l'arrachemerit de tout ce qui était son amour, ses raisons\nd'être heureuse. Je ne m'aventurerai pas à arracher rien de\nplus précis à la phraséologie aussi inconsistante qu'imagée\nde mes auteurs et aime mieux me réserver au jour où partition\nentre les mains il me sera permis de parler de l'œuvre sous\nma propre responsabilité.\nMais je me rends très bien compte de ce qu'a pu trouver\nde neuf dans l'expression de son double deuil l'homme qui\navait imaginé pour exprimer Prague préhistorique des sonorités\ntroglodytes qui n'appartiennent à personne avant lui, et pour\nexprimer Prague des guerres hussites ces dévorantes dépenses\nd'énergies qui font penser au terrible maniement des fouets,\nfléaux et masses d'armes par quoi les crânes des ossuaires du\ntemps se montrent littéralement, concassés. Je vois par les\ncritiques que j'ai sous les yeux qu'il a eu recours à tout l'appa-\nreil d'effets étranges : trompettes bouchées, harpes pour les\nsons de cloches, batterie rénovée dont Mailler est l'initiateur.\nEt comme M. Suk est l'indépendance même il est clair qu'il\naura tiré de tout cela des effets singulièrements différents...\nOn nous parle de prénombres où s'acheminent étrangement les\nâmes « comme de petites flammes sur des prairies d'asphodèles ».\nMahler achevait sa funèbre 11\", (aussi en ut mineur) où l'on\na voulu voir la somme des méditations que peut fournir à un\ncerveau et à un cœur d'homme le tête à tête avec la pensée\net la présence de la mort, par l'entrée dans le radieux\net les grands chœurs introduits par le chant d'alto : « Je viens\nde Dieu et retourne à Dieu ! Le bon Dieu me donnera une petite\nlumière, et m'éclairera jusque dans l'éternité bienheureuse. »\nChose étrange, pas un des critiques tchèques que j'ai sous\nles yeux ne paraît se douter de l'existence de ces symphonies\nII et V de Mahler. Mais ils parlent tous de Richard Strauss\nque M. Suk admire jusqu'à un certain point naturellement,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.90", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 515, "texte": "mais en déclinant la moindre parenté, sa symphonie à lui\ns'achève dans la paix et la résignation, mais une paix cherchée\nen lui-même et une résignation qui ne se sent pas la force\nd'anticiper sur le Paradis. Il est vrai que le concert du 2 février\nqui fut la « première » d'A sraels'achevait par la manifestation\nde foi ardente qu'est le Te Deude Dvorak. Comme jadis\navec Praga, il en fallut immédiatement organiser une répétition\nqui a eu lieu le dimanche suivant.\n\nWilliam Ritter."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c116", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.11", "titre_corps": "CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE", "titre_sommaire": "CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE", "signature_source": "Arthur Farwell", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.91", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 925, "texte": "CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE\n\nLa tempête d'objections soulevée par l'apparition des pro-\ngrammes des Concerts symphoniques de Boston s'est calmée ;\nil n'est que juste de le noter. Peut-être cette accalmie ne sera-t-\n-elle pas de durée, car ces programmes ne contiennent que\npeu de noms dignes de tenir en haleine la curiosité ou d'inspirer\nle respect. Mais en général, il suffit au public de sentir l'impul-\nsion à la fois vigoureuse et poétique du chef d'orchestre, et\nil lui en sait gré.\nLe programme des Concerts mensuels, y compris celui de\njanvier est le suivant :\nSeptième Concert,Ier\nSymphonie en mi majeur Bruckner,,\nConcerto pour piano en mi\nmajeur Liszt.\n(Pianiste : Moritz Rosenthal).\nOuverture de Léonoren° 3...... Beethoven.\nHuitième Concert, 15 :\nOuverture In the South Elgar.\nCléopâtre.Poème symphonique.. G.-W. Chadwick.\nVariations et fugue double sur un\nthème joyeux George Schumann.\nOuverture de Rienzi Wagner."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.92", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "Neuvième Concert, 22 décembre :\n{consacré à\nOuverture d'Egmont Beethoven.\nConcerto de piano en sol »\n(Pianiste : Dr Otto Neitzel)\nSymphonie en la majeurn° 7... »\nDixième Concert,29 :\n(Sous la direction de Willy Hass, maître de chamelle)\nVariations sur un thème de\nHaydn Brahms.\nChant des bergers et Marche\nTrois Rois de Christus Liszt.\nÀ\nOnzième Concert,s *\nOuverture de Saheuntala Goldmark.\nConcerto en la mineur pour vio-\nloncelle Volkmann.\n(Soliste,: M. Warnke).\nSymphonien° 1 mi mineur Sibelius.\nLe Quatuor Kneiseldonna son second concert à Boston le\n4 décembre, avec le concours de M. Arthur Whiting, pianiste,\nen voici le programme :\nQuatuor en fa majeur Maurice Ravel.\nQuintette en la mineur op. 12 ... Vitezslav Novak."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.93", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "M. Philippe Haie s'exprime ainsi sur le quatuor de Ravel dans\nle Boston Herald du 5 décembre :\n« Le quatuor est inégal de valeur et d'intérêt. Le premier\nmouvement est d'une inspiration et d'une beauté harmonique\nde premier ordre ; le scherzo d'une originalité frappante et le\ntrio d'une euphonie rare. Toutefois le troisième mouvement\nest décevant, malgré l'emploi habile des timbres opposés; et\nle finale n'est pas comparable aux deux premiers mouvements.»\nM. Haie réfute l'idée que Ravel est un imitateur de Debussy.\nLa Sonate de Saint-Saëns pour piano et violoncelle, exécutée\nà un concert du Quatuor symphonique de Boston, le 17 décembre,\nfut chaleureusement accueillie. Le ler janvier, Miss Julia Mar-\nlowa et M. Sothern représentèrent au Théâtre de Boston, le\ndrame de Percy Mackaye, Jean avec musique de\nscène et d'entr'acte de Frédéric S. Converse, dont un drame\nlyrique en un acte The Pipe of Désire avait été joué il y a ,un\nan.\nj# Une Suite de la musique de sera exécutée au\npremier Concert d'orchestre de Jordan Hall, le 19 janvier.\n\nArthur Farwell."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c120", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.12", "titre_corps": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE", "titre_sommaire": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.94", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE\n\nA musique, qui fut par excellence, selon quelques-\nuns, l'art du xixe siècle, commence à tenir dans\nla littérature la place qu'elle mérite, et que nos\nmœurs lui assignaient depuis longtemps déjà. Le\ntemps n'est plus où Victor Hugo, au retour de\nquelque concert distraitement écouté, s'avisait « que la musique\ndate du xvie siècle », et que Palestrina l'a fondée. M. Ric~\nciotto Canudo, qui est, lui aussi, un poète, ne se croit pas pour\ncela tenu d'ignorer que Palestrina, s'il ouvrit un âge nouveau\nde la musique, en ferma un autre, et fut à la fois un couchant\net une aurore. Ecoutez plutôt cette évocation antithétique (i).\n« Mahomet, le grand poète-iconoclaste, poussa le désespoir\nmusical des Arabes jusqu'aux plus subtiles conquêtes des\nmathématiques, et leur désespoir de la représentation plas-\ntique jusqu'aux luxuriants vestiges du marbre et des mosaïques.\nLa guerre aboutit dans les siècles à l'un des plus étonnants\ntriomphes de l'Architecture. Il nourrit aussi d'orgueil ses\ndisciples. Et par ces grandes vertus il leur fit ébranler l'âme\nde l'Occident.\n« Luther, l'iconoclaste-musicien, ouvrit la voie au génie\nuranique des Germains, par la musique.\n« Palestrina avait surgi de la masse informe de tous les\ndébris du Siècle de Feu, et dans son chant immortel avait résumé\n\n(x) L'homme (Psychologie musicale Pour paraître fin\nfévrier à Paris, chez Sansot."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.95", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "l'esprit même de la croyance de son temps. Le chant de Pales-\ntrina fut le chant de l'homme, qui, debout à un sommet, lève\nvers son Dieu sa figure toute émue d'une joie profonde. Son\ngeste comme une tige de lys fut noble et droit. Les hommes\napollinéens le suivirent.\n« Luther et Palestrina représentèrent leurs races et aussi\nles deux tendances extrêmes de la musique de l'avenir (i).\nLa vie des deux peuples auxquels ils appartiennent était\nrésumée dans les gestes d'un destructeur et d'un synthétiseur.\n« Luther allant vers le Nord « los von Rom », emportait\navec lui un flambeau qui devait allumer plus d'un incendie.\nIl l'avait pris à Rome, aux pieds du Vatican fastueux. Il l'avait\nalimenté de sa révolte, il l'avait allumé avec sa fureur, qui\ns'éloignait dédaigneuse du symbole catholique devenu élément\nde grand trouble animique. En ayant oublié l'esprit on adorait\nle symbole religieux en lui-même, et non dans sa dans\nses primitives significations d'unanimité. Et l'étrange ratio-\nnalisme de l'Eglise, les polémiques de ses philosophes «le\ndispute di frati », rendaient ces significations toujours plus\nvoilées. Luther au contraire, avec une volonté barbare, voulu\nse joindre à l'âme lointaine du Christ, dans la seule solidarité\nque les hommes pouvaient désormais accepter : une solidarité\nde pensée, qui, par la lecture pure et simple des paroles sacrées,\naurait remplacé la solidarité sentimentale des premiers chrétiens.\n« Luther était un grand destructeur. Par son dédain et\npar sa révolte, il jetait largement dans l'atmosphère animique\ndes Germains les semences qui devaient s'épanouir plus tard\ndans quelques génies pour une civilisation prochaine, il avait\nporté dans le Nord une partie des richesses du catholicisme\nencore richissime. Puis il disparut dans des lueurs de flammes,\nau-delà des Alpes.\n« L'autre, le synthétiseur, qui n'avait point connu le doute\nsur quinze siècles d'aspirations, de joie et de souffrance, et sur\ndeux siècles de science profonde et de grand bouleversement,\néleva son chant du cygne. Il mourut la même année qu'Orlando\ndi Lasso, le dernier des Flamands.\n« Mais en vérité il ne mourut pas. Car Palestrina est, sur\nla Renaissance, comme un arbre qui dresse sa cime, droite\nvers le ciel, et riche de fraîcheur et d'ombre sur la terre. Il\nabritait le nid de l'avenir musical et il chérissait le chant,\n\n7"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.96", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "la voix humaine qui, toute seule et naïve, avait dans les sombres\ncatacombes sanctifié les nouvaux dieux, et qui experte en\nsciences et en langueurs, devait glorifier les dieux mourants,\nen illuminant le crépuscule d'un feu qui devait se répandre\nen mille étincelles immortelles. De la divine voix qu'il avait\nsuprêmement révélée aux hommes, jaillit la « volonté » du\nmélodrame, le triomphe du bel caEt ces deux géants, double\ncourant de vie où aboutissait toute la vie du christianisme,\nengendrèrent de leurs diverses substances Jean-Sébastien\nBach, le grand Initié de la Fugue tonale et de cette élévation\nmystique du contrepoint, d'où devait surgir ensuite le Génie\nsuprême de Beethoven et sa symphonie. »\nMme Valentine de Saint-Point montre, en un roman étrange\net troublant, comment tous les mystères de la vie et du désir\npeuvent être révélées à une âme fraîche par la musique de\nPellêas et Mélisande(i).\n« Au seuil de la porte que sa mère venait de franchir,\nSiegfried s'immobilisa.\n« Dans le salon, la foule élégante était silencieuse et atten-\ntive,\n« Le « doux calme » égrènement de l'octave sourdement\ns'imposait à Siegfried dompté. Vibrant et dévotieux, devant\nl'œuvre musicale il acceuillait avec gravité l'émotion accou-\ntumée. Ses bras déjà se croisaient sur sa poitrine pour contenir\nl'intensité de vie qu'il recevait des ondes sonores : l'exaspération\nde son cœur rythmé, le halètement de son souffle, l'afflux de\nson sang qui désertait sa face pâle.\n« Déjà il entendait Mélisande, libérant ses cheveux, mur-\nmurer leur attente, et il se tendait vers cette mélancolique\ninconscience, vers cette fragile fatalité.\n« Mes longs cheveux descende\n« Mes cheveux vous attendent...\n« Siegfried sursauta et ses yeux irrités se tournèrent vers\nla voix étrangère qui bruyamment précise brutalisait sa pres-\ncience attentive.\n« Quels étaient ces chocs syllabés ? Ces mots qu'il ne re-\nconnaissait pas, ne disaient, pas l'étrange et exquise poésie,\n\n(i) Un Inceste (deuxième roman delà Trilogie de l'amour et delà Movt),\npar Mme V. de Saint-Point. 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Edouard et Louis Thomas viennent de\ntraduire les Poèmes (i) ;\n\nCHOPIN\nArthur Symons.\nO musique passionnée battant le battement troublé\nQue j'ai entendu dans mon cœur, dans le vent, dans la course des pieds,\nDans la course des rêves, lorsqu'ils remuent leurs ailes comme des cœurs palpitants,\nO musique passionnée, pâle, avec vos terreurs de fantôme,\nGlacée par le commencement de la pluie, par les larmes qui coulent,\nJe viens à vous, vous fuyant, vous trouvant, fièvre de l'amour.\nLorsque la nuit je ne dors pas et qu'à travers la nuit je joue,\nDe peur d'entendre une voix que je devine, de voir, suppliante et blanche,\nUne figure qui jamais ne me quitte, dans les rêves ou à l'aurore,\nC'est alors, lorsque mes mains ont joué cette musique frissonnante,\nQue je vous trouve, vous fuyant, vous trouvant, musique faite\nDe tous les cœurs passionnés, blessés, capricieux, enflammés.\nTrad. Edouard et Louis Thomas.\n\nLouis Laloy.\nBelle poésie, en vérité toute vibrante d'une noble inquié-\ntude, comme la musique qui l'inspira.\n(i) Pour paraître prochainement à Anvers, chez A. 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Le\ntemps n'est plus où Victor Hugo, au retour de\nquelque concert distraitement écouté, s'avisait « que la musique\ndate du xvie siècle », et que Palestrina l'a fondée. M. Ric~\nciotto Canudo, qui est, lui aussi, un poète, ne se croit pas pour\ncela tenu d'ignorer que Palestrina, s'il ouvrit un âge nouveau\nde la musique, en ferma un autre, et fut à la fois un couchant\net une aurore. Ecoutez plutôt cette évocation antithétique (i).\n« Mahomet, le grand poète-iconoclaste, poussa le désespoir\nmusical des Arabes jusqu'aux plus subtiles conquêtes des\nmathématiques, et leur désespoir de la représentation plas-\ntique jusqu'aux luxuriants vestiges du marbre et des mosaïques.\nLa guerre aboutit dans les siècles à l'un des plus étonnants\ntriomphes de l'Architecture. Il nourrit aussi d'orgueil ses\ndisciples. Et par ces grandes vertus il leur fit ébranler l'âme\nde l'Occident.\n« Luther, l'iconoclaste-musicien, ouvrit la voie au génie\nuranique des Germains, par la musique.\n« Palestrina avait surgi de la masse informe de tous les\ndébris du Siècle de Feu, et dans son chant immortel avait résumé\n\n(x) L'homme (Psychologie musicale Pour paraître fin\nfévrier à Paris, chez Sansot."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.95", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "l'esprit même de la croyance de son temps. Le chant de Pales-\ntrina fut le chant de l'homme, qui, debout à un sommet, lève\nvers son Dieu sa figure toute émue d'une joie profonde. Son\ngeste comme une tige de lys fut noble et droit. Les hommes\napollinéens le suivirent.\n« Luther et Palestrina représentèrent leurs races et aussi\nles deux tendances extrêmes de la musique de l'avenir (i).\nLa vie des deux peuples auxquels ils appartiennent était\nrésumée dans les gestes d'un destructeur et d'un synthétiseur.\n« Luther allant vers le Nord « los von Rom », emportait\navec lui un flambeau qui devait allumer plus d'un incendie.\nIl l'avait pris à Rome, aux pieds du Vatican fastueux. Il l'avait\nalimenté de sa révolte, il l'avait allumé avec sa fureur, qui\ns'éloignait dédaigneuse du symbole catholique devenu élément\nde grand trouble animique. En ayant oublié l'esprit on adorait\nle symbole religieux en lui-même, et non dans sa dans\nses primitives significations d'unanimité. Et l'étrange ratio-\nnalisme de l'Eglise, les polémiques de ses philosophes «le\ndispute di frati », rendaient ces significations toujours plus\nvoilées. Luther au contraire, avec une volonté barbare, voulu\nse joindre à l'âme lointaine du Christ, dans la seule solidarité\nque les hommes pouvaient désormais accepter : une solidarité\nde pensée, qui, par la lecture pure et simple des paroles sacrées,\naurait remplacé la solidarité sentimentale des premiers chrétiens.\n« Luther était un grand destructeur. Par son dédain et\npar sa révolte, il jetait largement dans l'atmosphère animique\ndes Germains les semences qui devaient s'épanouir plus tard\ndans quelques génies pour une civilisation prochaine, il avait\nporté dans le Nord une partie des richesses du catholicisme\nencore richissime. Puis il disparut dans des lueurs de flammes,\nau-delà des Alpes.\n« L'autre, le synthétiseur, qui n'avait point connu le doute\nsur quinze siècles d'aspirations, de joie et de souffrance, et sur\ndeux siècles de science profonde et de grand bouleversement,\néleva son chant du cygne. Il mourut la même année qu'Orlando\ndi Lasso, le dernier des Flamands.\n« Mais en vérité il ne mourut pas. Car Palestrina est, sur\nla Renaissance, comme un arbre qui dresse sa cime, droite\nvers le ciel, et riche de fraîcheur et d'ombre sur la terre. Il\nabritait le nid de l'avenir musical et il chérissait le chant,\n\n7"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.96", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "la voix humaine qui, toute seule et naïve, avait dans les sombres\ncatacombes sanctifié les nouvaux dieux, et qui experte en\nsciences et en langueurs, devait glorifier les dieux mourants,\nen illuminant le crépuscule d'un feu qui devait se répandre\nen mille étincelles immortelles. 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Ses bras déjà se croisaient sur sa poitrine pour contenir\nl'intensité de vie qu'il recevait des ondes sonores : l'exaspération\nde son cœur rythmé, le halètement de son souffle, l'afflux de\nson sang qui désertait sa face pâle.\n« Déjà il entendait Mélisande, libérant ses cheveux, mur-\nmurer leur attente, et il se tendait vers cette mélancolique\ninconscience, vers cette fragile fatalité.\n« Mes longs cheveux descende\n« Mes cheveux vous attendent...\n« Siegfried sursauta et ses yeux irrités se tournèrent vers\nla voix étrangère qui bruyamment précise brutalisait sa pres-\ncience attentive.\n« Quels étaient ces chocs syllabés ? Ces mots qu'il ne re-\nconnaissait pas, ne disaient, pas l'étrange et exquise poésie,\n\n(i) Un Inceste (deuxième roman delà Trilogie de l'amour et delà Movt),\npar Mme V. de Saint-Point. 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On a pris un vrai peintre. Vous\nn'avez pas de décors à Paris. Vous n'en êtes pas encore là.\nC'est à Berlin, pendant un entracte de\nau village,le nouvel opéra de Frédéric Delius. Ma voisine me\ntient ces discours nuancés. Femme charmante, intelligente,\nqui s'exprime en un français péremptoire mais pur.\nSourire abject de ma part : la civilité a de ces exigences.\nMais je m'apprête à suggérer timidement quelques noms :\nAntoine et Jules César, Carré, Porel, tel Jusseaume dans\nYElektra au Français repaire des routines, les superbes impres-\nsions de Paris des Truands (contrastant malheureusement\navec l'à-peu-près et la vulgarité de la mise en scène) àla Porte\nSaint-Martin....\nJe vais vous dire tout cela... Mais la musique s'élève, la\nséduisante et caressante musique dont le drame pastoral,\nsimple et poignant, a été enveloppé par un maître, comme\nd'une atmosphère de chaste ardeur, de poésie et de mystère\npassionnés. Art singulièrement direct et spontané, jailli des"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.99", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "sources profondes, où se désaltère à même l'émotion trop\navide pour s'y pencher longtemps en quête d'un joyau sombré...\nMalgré quoi cet art a pleine conscience de ses ressources, il\ns'exprime dans un langage qui pour être direct n'en\nest pas moins subtil, et sa simplicité connaît d'autres moyens\nd'expression que le vagissement...\nLa toile tombe sur un véritable tableau de Carrière, le\ngroupe des amoureux dans la chaumière que transforme un\néclairage mystique, pendant que l'orchestre, des cloches,\ndes chœurs lointains, la voix cassée d'un vieux pasteur invi-\nsible résonnent dans le rêve d'épousailles impossibles qui berce\nles fiancés.\nOui, c'est un succès. Mais les critiques... Il faut craindre\nles critiques. Vous n'avez pas de critiques à Paris. Ici ils sont\ndurs, très durs, mais, au moins, on ne peut pas les acheter.\nC'est toujours ma voisine qui parle. Le dernier entracte\ntouche à sa fin. Un nouveau sourire abject de ma part consent\nà l'ignomimie de toute une corporation. Non je ne m'embal-\nlerai pas pour la gratuité de MM. tel et tel. A peine pourrais-je\ninsinuer que, pour ne pas se compromettre, ces messieurs se\nvendent plutôt contre des complaisances, des services de\ncamaraderie, ou de beaux yeux que pour des espèces sonnantes,\nqu'en effet il est indubitable que la critique dramatique est un\ngenre littéraire démodé, mais que cela tient surtout à l'intel-\nligence toujours croissante du public ! Consolation des plus\ntonifiantes, Madame !\nMais de nouveau la grande voix de l'orchestre couvre la\nmisère de ces débats inutiles. Un beau décor, après bien d'autres\nsi merveilleux dans leur simplicité compréhensive de l'action,\nfait miroiter sous la lune la rivière qui sera le tombeau des\ntristes amours de Sali et de Vrenschen. Mlle Lola Artot de\nPadilla, jusqu'alors seulement exquise de grâce et de beauté,\ntrouve d'admirables élans de passion et le kappelmeister Kas-\nsierer entraîne fougueusement son orchestre dans une superbe\npéroraison où des accords de neuvième s'exhalent doulou-\nreusement...\nVous n'avez pas d'accords de neuvième à Paris. J'ai\ncru que ma voisine allait me le dire. Mais j'aurais répondu\ncette fois.\n\nRobert d'Humières."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c129", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c129", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.14", "titre_corps": "VARIÉTÉS", "titre_sommaire": "VARIÉTÉS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.100", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "VARIÉTÉS\n\nCRITIQUE QUOTIDIENNE\n\nNos confrères des journaux quotidiens continuent à être\nfort occupés le dimanche. C'est ainsi que le critique d'un journal\nantisémite, appelé ailleurs par d'urgents devoirs, n'a pu assister,\nle 17 février, au concert Chevillard. Mais sa brillante imagination\nlui rendit sans difficulté les impressions que la réalité ne lui\ndonna pas ce jour-là. Elle les lui rendit même avec usure,\npuisque au lieu de deux « poèmes » tirés de la\nBretagne de Bourgault-Ducoudray, et interprétés parMmeMellot\nJoubert, il en a entendu quatre, « délicatement chantés alter-\nnativement » par Mme Mellot-Joubert et M. Louis Frôhlich.\nIl va sans dire d'ailleurs que cette critique de\nfantaisie est la plus honorée des administrateurs et secrétaires\nde théâtres et de concerts : d'excellents fauteuils sont alloués\nrégulièrement à MM. les journalistes absents, au lieu qu'on\nn'accorde qu'une entrée hasardeuse à ceux qui n'ont pas l'honneur\nd'écrire pour le papier à chandelles du quotidien à un sou ;\naussi les voit-on errer, mélancoliques, de l'orchestre au balcon\net des loges à l'amphithéâtre, en quête d'un humble strapontin,\nou bien s'entasser, debout devant les portes qui claquent et\nsoufflent des gifles d'air à chaque nouvelle entrée, chevaliers\nerrants de la critique, faméliques redresseurs de torts, martyrs\nde leur foi en la Vérité de la musique !\nQuand aux directeurs de journaux, je crois qu'ils se soucient\ncomme d'une guigne de ce que peut bien écrire leur collaborateur\nmusical, ou soi-disant tel. L'un d'eux, à qui je parlais de la\ntriste situation faite à la musique en son journal, me répondit\ncarrément : « Vous savez, c'est un peu une question de relations !\nEt puis, cela ne dépend pas de moi autant que vous croyez. »\nN'insistons pas. Mais les directeurs qui s'imaginent qu'on"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.101", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "achète un journal pour y lire chaque jour les mêmes informations\nfournies équitablement à tous par deux ou trois agences,\net les mêmes calomnies politiques sans fin ressassées, montrent\nsimplement par là combien le milieu où ils vivent est profon-\ndément éloigné de l'esprit français ; éloigné au point de ne\npouvoir le comprendre. Car aujourd'hui, plus que jamais depuis\nl'institution du suffrage universel, la politique est une chose,\nla vie nationale en est une autre. Il existait à Paris, jusqu'à\nprésent, trois critiques de journaux quotidiens qui s'acquit-\ntaient de leur tâche avec conscience et talent. C'est pourquoi\nl'un d'eux, qui cachait sous des dehors bouffons une grande\nsagesse et un sens musical des plus avertis, vient de cesser\nsa collaboration à un journal qui veut désormais se vouer sans\npartage à la politique d'opposition officieuse. Le tour des\ndeux autres viendra bientôt, espérons-le : ainsi tout rentrera\ndans l'ordre, et il n'y aura plus rien de commun entre la politique\nd'une part, et de l'autre ce qui intéresse un honnête homme :\nl'art, et la science, et la poésie, et tous les jeux aimables ou\nprofonds de la pensée.\n\nLouis Laloy.\n\nA PROPOS DU “TRESOR D'ORPHEE”.\n\nNous avons reçu de M. L. Maillieux, un des membres\nassociés de notre section, les corrections suivantes de toutes\nles erreurs qui se sont glissées (comme il arrive toujours) dans\nnotre transcription du Trésor d'Orphée. Nous sommes heureux\nde publier cet erratum précieux, et savons gré à l'auteur d'un\ntravail aussi minutieux.\nPage i, ligne 2, Ie mesure. —• Le b de la basse doit affecter\nle si,et non le\nPage 2,ligne 6, Ie mesure. Il manque une barre aux doubles\ncroches du 4me temps."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.102", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "Page 3, ligne 6, Ie mesure. Le \\ placé devant le la, est pro-\nbablement destiné au do.\nPage 6, ligne i, Ie mesure. —Si !» (aux deux mains).\nPage 7, ligne 4,le.Ie. mesure Mi ou b ?\nPage 11, ligne 6, Ie mesure.— b (à la basse).\nPage 12, ligne 4, 5e mesure. L'accord parfait doit être\net non mineur.\nPage 13, ligne 6, 7e mesure. <■— Si\nPage 21, ligne 6, 4e mesure. Mi k ou % ?\nPage 22, ligne 2,Ie mesure. M\nPage 23, ligne 1,Ie mesure. Det de la basse ne sont pas\ngravés en regard des temps de la main droite.\nPage 24, ligne 3, 4e mesure. la\nPage 32, ligne 6, 2e mesure. Barre des croches \\et %\ntrop prolongée à gauche.\nPage 35, ligne i,3e mesure. —Si (partie supérieure).\nPage 35, ligne 1, 4e mesure. Sb (main gauche)\nPage 35, ligne 3, 2e mesure. —Si '3 (2e partie).\nPage 35, ligne 3, 4e mesure. Si b (2e noire du 3e temps).\nPage 35, ligne 44, Ie mesure. Si $ (2e temps).\nPage 35, ligne 44, 2e mesure. Si ï (4e croche du 3e temps).\nPage 36, ligne 1, 5e mesure. Si a.\nPage 36, ligne 6, 3e mesure. La ronde et la blanche du 3e\ntemps doivent être gravées plus à droite.\nPage 43, ligne 1, 3e mesure. —Lab ou ? (à la basse).\nPage 50, ligne 1, 4e mesure. Si $ ou b ?\nPage 56, ligne 1, 3e mesure. Manque la barre des croches\ndu 4e temps.\nPage 65, ligne 4, Ie mesure. Manque la ligne supplémentaire\ndu do.\nPage 71, ligne 4, 2e mesure. F - à la main droite.\n\nH. 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C'est ainsi que le critique d'un journal\nantisémite, appelé ailleurs par d'urgents devoirs, n'a pu assister,\nle 17 février, au concert Chevillard. Mais sa brillante imagination\nlui rendit sans difficulté les impressions que la réalité ne lui\ndonna pas ce jour-là. Elle les lui rendit même avec usure,\npuisque au lieu de deux « poèmes » tirés de la\nBretagne de Bourgault-Ducoudray, et interprétés parMmeMellot\nJoubert, il en a entendu quatre, « délicatement chantés alter-\nnativement » par Mme Mellot-Joubert et M. Louis Frôhlich.\nIl va sans dire d'ailleurs que cette critique de\nfantaisie est la plus honorée des administrateurs et secrétaires\nde théâtres et de concerts : d'excellents fauteuils sont alloués\nrégulièrement à MM. les journalistes absents, au lieu qu'on\nn'accorde qu'une entrée hasardeuse à ceux qui n'ont pas l'honneur\nd'écrire pour le papier à chandelles du quotidien à un sou ;\naussi les voit-on errer, mélancoliques, de l'orchestre au balcon\net des loges à l'amphithéâtre, en quête d'un humble strapontin,\nou bien s'entasser, debout devant les portes qui claquent et\nsoufflent des gifles d'air à chaque nouvelle entrée, chevaliers\nerrants de la critique, faméliques redresseurs de torts, martyrs\nde leur foi en la Vérité de la musique !\nQuand aux directeurs de journaux, je crois qu'ils se soucient\ncomme d'une guigne de ce que peut bien écrire leur collaborateur\nmusical, ou soi-disant tel. L'un d'eux, à qui je parlais de la\ntriste situation faite à la musique en son journal, me répondit\ncarrément : « Vous savez, c'est un peu une question de relations !\nEt puis, cela ne dépend pas de moi autant que vous croyez. »\nN'insistons pas. Mais les directeurs qui s'imaginent qu'on"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.101", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "achète un journal pour y lire chaque jour les mêmes informations\nfournies équitablement à tous par deux ou trois agences,\net les mêmes calomnies politiques sans fin ressassées, montrent\nsimplement par là combien le milieu où ils vivent est profon-\ndément éloigné de l'esprit français ; éloigné au point de ne\npouvoir le comprendre. Car aujourd'hui, plus que jamais depuis\nl'institution du suffrage universel, la politique est une chose,\nla vie nationale en est une autre. Il existait à Paris, jusqu'à\nprésent, trois critiques de journaux quotidiens qui s'acquit-\ntaient de leur tâche avec conscience et talent. C'est pourquoi\nl'un d'eux, qui cachait sous des dehors bouffons une grande\nsagesse et un sens musical des plus avertis, vient de cesser\nsa collaboration à un journal qui veut désormais se vouer sans\npartage à la politique d'opposition officieuse. Le tour des\ndeux autres viendra bientôt, espérons-le : ainsi tout rentrera\ndans l'ordre, et il n'y aura plus rien de commun entre la politique\nd'une part, et de l'autre ce qui intéresse un honnête homme :\nl'art, et la science, et la poésie, et tous les jeux aimables ou\nprofonds de la pensée.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c132", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c132", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.14.2", "titre_corps": "A PROPOS DU “TRESOR D'ORPHEE”.", "titre_sommaire": "A PROPOS DU “TRESOR D'ORPHEE”.", "signature_source": "H. 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E. Poirée.\nPrésents : Mmes Filliaux-Tiger, Gallet, Laloy, de Faye-Jozin,\nMlles Daubresse, Babaianet Pereyra. MM. Dauriac, Prodhomme,\nde la Laurencie, Laloy, Ecorcheville, Pirro, Quittard, de La-\ncerda, Guérillot, Aubry, Gastoué, Sautelet, Pougin, Ogier,\nLegrand.\nLa séance est ouverte à 9 heures. Après l'expédition des\naffaires courantes la parole est donnée à M. pour\nune communication sur le manuscrit\nde Bamberg(l).\nM. Pierre Aubry a fait ressortir l'intérêt de ce monument\nde la musique française du moyen-âge, expliquant tout d'abord\nles caractéristiques du motet du treizième siècle et en rattachant\nle recueil de Bamberg aux manuscrits apparentés de Florence,\nde Madrid, de Wolfenbuttel, de Montpellier et de Paris. Cette\ncommunication s'est terminée par la curieuse audition de trois\nmotets. Le premier,\nJe ne puis amie, les\nFleur de lis, roseespanie.\nTénor.\n\n(i ) M. Aubry doit faire paraitre l'an prochain dans les Publications annexes de la\nSection l'édition complète de ce recueil de motets français du XIIIe siècle."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.104", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "est très curieux par la division binaire de la en deux\nbreues égales. Le second,\nNonne sué, nonne,\nNus ne m'i porroit\nAptatur.\nfut présenté comme le modèle classique du motet au temps de\nSaint-Louis. Pour ces deux pièces, la partie dite fut exécutée\ncomme une basse instrumentale.\nLe dernier enfin,\nJe ne chante pas par\nTalens m'est pris de\nOptatur,\nOmnes.\navait été choisi à cause de son double ténor, coïncidence fort\nrare avant l'apparition de la partie de contra au quatorzième\nsiècle. Mlle Marguerite Babaian, MM. Sautelet, de la Lau-\nrencie et L. 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A la suite\nde cette insertion, il sera publié une édition avec fac-similés sur laquelle nous reviendrons\nplus tard."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.105", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "BULLETIN MENSUEL INTERNATIONAL.\nSOMMAIRE DU NUMÉRO DE FÉVRIER\nF. Bienenfeld. Über ein bestimmtes Problem der Programm-\nmusik. —•\nJohannes Wolf. Die musikanschauung des Mittelalters.\nA. Prendergast.Masque of the \"\nMusik in Rom.\nComptes rendus et bibliographie. Revue des périodiques.\nCatalogues de librairie. Communications des sections.\n\nECOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES\nNous publierons prochainement le compte rendu analy-\ntique des cours de MM. Henri Quittard, André Pirro, Calvo-\ncoressi et Lionel de la Laurencie. La dernière conférence aura\nlieu le 18 Mars, à 4 h. 1/4 : M. Louis Laloy traitera de la\nMusique de l'Extrême-Orient (avec auditions).\n\nPUBLICATIONS RÈCENTES\nGEORGES BAUDIN. Le droit\nsur l'exécution de leurs œuvres.Paris, Chevalier Maresq.\nDE BEAUREPAIRE-FROMENT. popu-\nlaires français.Paris, Edition de la Revue du Traditionnisme.\nH. BONASSE. Les bases physi Paris,\nGauthier Villars.\nJULES COMBARIEU. La musique, ses lois, son évolution.\nParis, Flammarion.\nCLAUDE DEBUSSY. Le Printemßéduction pour tous\npianos à quatre mains. Paris, Durand et fils.\nANTOINE FRANCISQUE, Le Trésor d'Orphée (1600), pour luth,\ntranscrit pour piano par Henri Quittard. Paris, L.-Marcel\nFortin et Cie, 6, Chaussée d'Antin. (Publications de la\nSociété Internationale de Musique)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c135", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c135", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 104, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.15.1", "titre_corps": "SECTION DE PARIS", "titre_sommaire": "SECTION DE PARIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.103", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "SECTION DE PARIS\nSEANCE DU 18 FEVRIER\nPrésident :M. 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Henri Quittard, André Pirro, Calvo-\ncoressi et Lionel de la Laurencie. La dernière conférence aura\nlieu le 18 Mars, à 4 h. 1/4 : M. 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Le droit\nsur l'exécution de leurs œuvres.Paris, Chevalier Maresq.\nDE BEAUREPAIRE-FROMENT. popu-\nlaires français.Paris, Edition de la Revue du Traditionnisme.\nH. BONASSE. Les bases physi Paris,\nGauthier Villars.\nJULES COMBARIEU. La musique, ses lois, son évolution.\nParis, Flammarion.\nCLAUDE DEBUSSY. Le Printemßéduction pour tous\npianos à quatre mains. Paris, Durand et fils.\nANTOINE FRANCISQUE, Le Trésor d'Orphée (1600), pour luth,\ntranscrit pour piano par Henri Quittard. Paris, L.-Marcel\nFortin et Cie, 6, Chaussée d'Antin. (Publications de la\nSociété Internationale de Musique)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1907-03-15-01-c143", "article_bluemountain": "bmtnabh_1907-03-15_01#c143", "volume": "bmtnabh_1907-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.2.16", "titre_corps": "NÉCROLOGIE", "titre_sommaire": "NÉCROLOGIE", "signature_source": "M. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "NÉCROLOGIE\nMUNICH\nM. M.\nLudwig Thuille est mort subitement, le 5 février dernier, à\npeine âgé de 45 ans. Né à Bozen, le 30 Novembre 1861, d'une\nvieille famille tyrolienne de l'Etschtal, il fut élève de la même\nAcadémie de musique de Munich, dont il devait, à partir de\n1893, devenir professeur, pour la classe de piano et celle d'har-\nmonie. Il s'y fit une réputation bientôt comparable à celle du\nvieux maître Rheinberger, dont il n'avait peut-être pas toute\nla science, mais pas non plus les préjugés.\nMusicien bien doué, artiste sincère, son œuvre se recom-\nmande par des qualités de métier probe, de distinction, de clarté\nplus que par une originalité puissante, les mêmes qualités qui\nfaisaient de lui un maître si recherché. J'ai eu récemment l'occa-\nsion de signaler trois de ses élèves des dernières années dont\nl'individualité bien tranchée est tout à l'honneur de son ensei-\ngnement : MM. Walter Courvoisier et Karl Bleyle, comme\ncompositeurs, M. José Lasalle comme chef d'orchestre.\nLudwig Thuille avait déjà passablement produit, et sans\ndoute, s'il avait vécu, n'aurait-il rien donné d'une signification\nbeaucoup plus élevée que ce qu'il a laissé. Il s'est essayé au\nthéâtre, mais on n'a vu monté que son qui remporta\nun prix au concours d'opéras, et son une œuvre\ncharmante, dont on exécutait aussi des fragments au concert.\nSes lieder,quoique appréciés, de même que ses morceaux de\npiano, figurent rarement sur les programmes. En revanche on\nrecourt souvent à son ouverture que Mottl venait\nencore de donner le vendredi précédent. La Société des compo-\nsiteurs de Munich a projeté de consacrer àsa mémoire le ler mars\net le lerIer avril, deux concerts, dont ses œuvres feraient tous les\nfrais : pièces pour piano, sonate le avec\npiano op. 20, et des pièces symphoniques des différentes époques\nde sa vie. Le 19 février déjà l'Académie de musique reprenait\nson sextuor, 0p.6 pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson\net cor, entendu une première fois l'année passéeàun\nOn le connaîtra mieux ainsi que s'il avait continué de vivre."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.1", "texte": "!» ANNEE\nN° 3\n15 Mare IWW\nF- ■ '\nMERCURE MUSICAL\nE T BULLETIN FRANÇAIS DE LA\nF . *V - --\nr -,1 - - .\n■ I ii 1»^\n&GSB. ■ : T. HT\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE (Section de Paris)\nPublié sous la direction de Louis LALOY et Jules ECORCHEVILLE\nTÉLÉPHONE\n2 2 2-65\nIMP; ART 1 FDRTm &C«\nCHAUSSEE D ' ARTII, PAH I S\nTÉ LÉ PHONE\n2 22-6 5\nhk M*: 1 fr.\nParaissant le 15 de chaque mois.\nUa sa: 10 f§.\n\nDANS CE NUMÉRO:\nFÉLICIEN DAVID, D'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE, PAR J.-G. PRODHOMME\nMAURICE RAVEL, PAR LOUIS LALOY # UN OPÉRA NOUVEAU DE RIMSKI-\nKORSAKOF, PAR NICOLAS BERNSTEIN a LES SAISONS DE LONDRES, PAR MARCEL\nBOULESTIN a UNE SYMPHONIE NOUVELLE DE JOSEF SUK, PAR WILLIAM RITTER"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.2", "texte": "FÉLICIEN DAVID\n\nD'APRÈS SA CORRESPONDANCE INÉDITE\nET CELLE DE SES AMIS (1832-1864)\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(1)\nLyon, 12 ?er 45.\nSuchet m'a expliqué le traité Davi.d Je ne pouvais pas croire que\nvous l'ignoriez, c'est inouï. — Ces misérables Escudier ont abusé de\nde l'innocence de David ; mais celui-ci est impardonnable\nde ne vous avoir pas consulté. Pourvu, au moins, qu'Escudier ait\nmenti en écrivant à Hainl (2) qu'il a acheté non seulement toute la\nmusique passée et présente, mais encore toute la musique future de\nDavid. Voyez bien cela.— Il faudrait remuer ciel et terre pour rompre\nun pareil traité.\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis.\n18 /** 1845.\nCe que vous me dites au sujet de David, cher ami, prouve que\nDieu est grand et que vous n'êtes pas petit. ; |\nSes brioches m'avaient vexé comme s'il se fût agi de ma bourse et\nde mon œuvre. Dieu soit loué, vous l'avez libéré,, autant; sans doute\nque c'était possible, de ses exploiteurs. Remerciez Charles le bon\npoète, de ma part, pour l'aide qu'il vous a prêté dans cette affaire.\nMaintenant tâchons que David tienne ma promesse vis-à-vis de\n\n(1) Ms. 7665.\n(2) Georges Ilainl, 1807-1873 ; chef d'orchestre à Lyon (1840), à l'Opéra de Paris\n(1863), au Conservatoire, à la cour de Napoléon 111."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.3", "texte": "230\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nGeorges Hainl. Qu'il choisisse son moment en me prévenant. Mais\nqu'il n'aille pas à Londres avant fin avril. C'est d'ailleurs' l'époque à\nlaquelle j'irai moi-même.\nLyon, 31 janvier 1845.\nPour David Il faut absolument le conduire par la main, sans\ncela, non seulement sa vie matérielle serait compromise, mais encore\nson génie. Il faut bien que vous le compreniez ainsi pour que, malgré\nvos souffrances de Paris, vous y prolongiez votre séjour. Tâchez d'en\nfinir et de faire mettre quelque chose en viager sur la tête de l'artiste.\nAprès tous ses concerts, il faut absolument qu'il vienne et s'il ne peut\ndonner le Désert pour le concert de Hainl, qu'il donne au moins, et qu'il\nenvoie d'avance orchestrée, la danse des astres. Georges [Hainl], avancera\ns'il le faut son concert.\n6 /* 45.\n... Voici encore un mot de Hainl. J'ajoute qu'on m'assure que\nles Escudier ont demandé des renouvellements d'acceptation, et qu'ils\nont fourni des traites sur marchandises non vendues. Cela sent la décon-\nfiture qui pourrait bien venir fin courant. Peut-être le besoin d'argent\ndéterminerait-il ces corsaires à lâcher leur proie, et Isaac [Pereire], vous\naiderait pour cela.\nHainl est persuadé et moi aussi qu'indépendamment de son concert,\nDavid pourrait en donner deux avec le directeur. Je crois qu'ils seraient\nproductifs.\nLyon 8 février 1845.\n... Les projets de courses à l'étranger pour David ne me plaisent\npas plus qu'à vous. Il faut qu'il aille en Allemagne ; mais précédé par\nson ou ses œuvres et non pour les exploiter comme un juif. Pour cela\nil faut d'abord lui assurer du pain. A Lyon je crois qu'outre les 1.000 112.\nque Hainl lui donnera, il pourra facilement gagner 2 à 3.000 112. Si\npour le concert de Georges il ne peut pas faire exécuter le Désert, il\npourra toujours lui donner la valse. Je crois, comme je vous le disais\navant-hier, que Pereire terminera mieux avec les Escudier que vous.\nBonne année donc (1), mon ancien, au revoir bientôt.\nA. D.\n* Prosper\nf Adresse : Monsieur Enfantin\n39, rue neuve des petits champs\nParis\n\n(i) Enfantin venait d'avoir cinquante ans."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.4", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n231\n\nESCUDIER A SYLVAIN SAINT-ETIENNE\n(I)\n24 [1845].\nPrince Albert hôtel, 11 Leicester place.\nMonsieur,\nC'est de Londres, où je suis venu pour faire exécuter l'ode sympho\"\nnique le Désert de Félicien David, que je réponds à votre lettre du\n12 mars.\nNous sommes convenus avec Félicien David de garder inédite,\npendant longtemps la grande partition du C'est pour nous une\nperte réelle ; il faut que nous trouvions une compensation dans les\nproduits de l'exécution. Nous ne vous cacherons pas que notre intention\na toujours été de faire exécuter, nous même à Aix le chef-d'œuvre\nde notre ami, mais si vous voulez présider à l'exécution, au lieu de\nprendre une part éventuelle de la recette, nous vous autorisons à donner\ndeux grandes fêtes pour mille francs, c'est-à-dire, 500 f. pour\nchaque fête. De plus, il faudra donner 100 f. pour l'auteur du poème,\nM. Colin, en tout onze cents francs. Sur la remise de cette somme ou\nd'un billet à notre ordre sur Paris, nous vous enverrons notre autori-\nsation.\nNous comprenons très bien que Dohler n'ait gagné que 400 f.\nà Aix (2) ; il y a des villes où il n'a gagné rien du tout ,; mais la curiosité\nqu'excitera le chef-d'œuvre de notre ami, votre compatriote, vous permet-\ntra d'augmenter les places et vous ferez certainement une belle recette.\nNous serons heureux que le Désert soit exécuté à Aix, la ville natale\nde son illustre auteur ; avec votre concours, nous sommes sûrs qu'il\nsera dignement interprêté.\nJ'ai fait reproduire dans tous les journaux de Londres, la biographie\nde David que vous avez écrite. Après avoir si bien compris l'homme,\nvous comprendrez mieux que personne la musique.\nA Londres l'exécution sera grandiose, grâce à nos soins, et j'ose\najouter, à nos exigences. L'orchestre se composera de 140 instrumen-\ntistes (il y aura 40 violons) et les chœurs de 80 chanteurs. On n'a\njamais fait plus pour Hândel, l'idole des Anglais.\nVous pouvez nous adresser votre réponse à Paris, 6, rue neuve St-Marc.\nAgréez, l'expression de nos meilleurs sentimens.\nESCUDIER.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(3)\nMonsieur.\nFelicien me charge de vous écrire, et je saisis avec empressement une\noccasion qui me permet de me mettre en rapport avec un homme qui lui\nporte une affection de père.\n\n(i) Ms. 7724. Cf. la lettre de Sylvain à Enfantin, qui suit.\n(2) Le pianiste Dôhler (1814-1856) venait de faire une tournée en France.\n/ \\ -\n(3) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.5", "texte": "232\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M\n\nVoici l'histoire de David depuis qu'il vous a quitté.\nIl est arrivé à Aix vendredi matin : là rien n'a manqué à sontriomphef\net il doit être content de l'ovation qu'il a reçue, a Cadenet, berceau de\nson enfance, même réception, mêmes hommages. Nous voici maintenant\nà Marseille, ou il a reçu votre lettre. Il paraît que Colin continuera ici\nson système de vexation comme ill'afait jusqu'àprésent(i).— J'ai porté\nla partie de votre lettre que nous avons pu détacher du reste et qui pou-\nvait être montrée, à Mr Lecour, un de nos amis, avocat de grand mérite»\nqui va s'occuper de suite de parer à la saisie que ne manquerait pas de\nfaire opérer Colin. Cet avocat aurait désiré avoir une pièce ou deux,,\nsavoir le traité de félicien avec Escudier et celui de Colin avec les mêmes ;\nil prétend qu'il aurait pu puiser dans ces deux pièces des éléments pour\nbien apprécier les faits et le plus ou moins d'importance de la demande\nde Colin. Si vous avez ces pièces en votre possession, vous ferez peut\nêtre bien d'en envoyer une copie, car les pièces sont tout pour les avocats\nou avoués. Au reste le procès de Lion pourra venir assez à temps pour\ndétruire les absurdes prétentions du librettiste et nous attendons avec\nimpatience une lettre qui nous apprenne le résultat de ce procès. Le\npremier concert à Marseille, n'ayant lieu que lundi prochain, 7, nous\nconnaîtrons alors le résultat de l'affaire jugée en ce moment.\nQuant au traité avec le directeur, je l'ai fait de mon mieux, et tous,\nceux qui connaissent ici les usages disent que j'ai obtenu une faveur»\nOrdinairement le directeur traite de moitié et partage également les\ndépenses , même celles des pauvres. J'ai fait limiter tous les frais et les\ndroits des pauvres y sont compris. Je crois que c'est comme à Lyon,\nseulement ici, on ne le fesait pas ainsi d'habitude, et il a fallu parle-\nmenter beaucoup pour obtenir cela. Quant à obtenir un fixe de la part\ndu directeur, il n'a pas été possible de l'obtenir. Je compte surveiller\nmoi-même la porte ; ce n'est pas pour rien que j'ai tenu à accompagner\nmon bon ami et rien ne me coûtera pour assurer ses intérêts et les sauve-\ngarder contre la volerie habituelle de tous les exploiteurs de theatre.\nJ'ai obtenu pour Aix un concert. Ce concert indépendamment de ce\nqu'il pourra offrir une recette assez lucrative, fera honneur à David, car\nla ville d'Aix, qui l'adopte comme son enfant, aurait vu avec une vive\npeine qu'il privât son pays de lui faire entendre ce chef d'œuvre. Jeudi\non l'attend dans cette ville pour un grand banquet donné en son hon-\nneur. Les Escudier ont exigé un prix très élevé et surtout\nd'avance pour donner l'autorisation à Aix ; on voit que ces Messieurs\nveulent tirer la quintessence de l'œuvre qu'ils ont achetée. Je n'ai pu\nparer à cela qu'en augmentant le prix des places.\nJe compte avoir l'honneur de vous écrire encore pendant notre\nséjour à Marseille, et vous tenir au courant de ce que nous faisons\nne voulant pas laisser cette peine à felicien que les visites et les répéti-\ntions fatiguent. Je tache de lui aider le soir aux répétitions en me met-\ntant aux parties et en ne lui laissant que le soin du piano, malheureuse-\n\n(1) Auguste Colin faisait des procès à David partout où le Désert était excuté, arguant\niju'iln'avait pas donné son autorisation préalable. Voir plusloin les lettres de Lecour à David»"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.6", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n233\n\nment il est des cas où la présence du maître est indispensable. Je crois\nqu'il aura besoin de beaucoup de ménagements dans cette tournée\nd'Allemagne qu'il va faire pour que la fatigue des concerts ne le rende\npas malade.\nPour ne pas manquer l'heure du courrier, je termine cette lettre, me\nréservant ainsi que je vous l'ai dit de vous tenir au courant des affaires\nde Félicien David à Marseille.\nAgréez l'assurance du respectueux dévouement avec lequel\nj'ai l'honneur d'être,\nMonsieur,\nvotre très humble\net très obéissant serviteur.\nSYLVAIN St-ETIENNE,\nMarseille, le 3 avril 1845. hôtel de\nV univers ; rue\ndu jeune Anacharsis.\nP.-S. David me charge de mille choses affectueuses pour vous.\nLe retard apporté au premier concert vient de ce que l'on monte un\ngrand opéra d'Halévy, Charles VI; David a cru devoir presser les deux\nautres restant ; mais comme ce trop grand rapprochement pourrait\npeut-être nuire à la recette, il serait bien de faire connaître, si vous ne\npourriez pas donner à felicien un peu plus de latitude et consentir à\nretarder le jour que vous lui avez fixé pour qu'il fût rendu près de vous.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Marseille] n avril 1845\nPère,\nil nous a été impossible de presser les concerts comme je l'aurais\nvoulu, à cause des représentations de Charles VI. D'autre part, le direc-\nteur a voulu traiter absolument pour 3 concerts, le premier a eu lieu\nlundi 7. Il a produit pour moi près de 2.000 fr. Le second de mercredi\n% donné seulement I.ooo# a cause du mauvais temps. Les Marseil-\nlais ont été assez froids au premier concert; ils s'attendaient, m'assure-\nt-on, à voir figurer des Arabes, et des chameaux dans mon La\nseconde audition a été plus animée, on a fait bisser le lever du soleil,\nnous allons voir ce soir la dernière représentation.\nDemain samedi concert à Aix, je n'ai pu refuser cette satisfaction à.\nmes compatriotes, ils auraient été furieux, je ne pourrai donc partir que\nle 13 dimanche au soir, par la diligence, je n'ai pas trouvé de place à la\nmalle poste, je suis bien désolé de n'avoir pu partir plutôt pour\n\n(1) Ms. 7710."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.7", "texte": "234\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nrevenir vers mon bon pere quil me tarde tant de revoir, je n'ai pu faire\nautrement malgré ma bonne volonté. Mon ami Sylvain s'est donné une\npeine incroyable pour faire mes affaires. Malgré cela je suis un peu\nfatigué de toutes ces répétitions et excursions, il me tarde de me reposer\nun peu avec vous, et de puiser de nouvelles forces dans votre affection\npaternelle.\nj'arriverai lundi 14, à Paris, dans la soirée.\nJe vous embrasse de tout mon cœur.\nF. DAVID.\nIl a fallu déposer pour la garantie de Colin 1.000 [francs] pour les deux\nconcerts passés. M. Lecourt a une procuration pour [les] retirer aussitôt\nque faire se pourra. Je viens d'apprendre le jugement de Lyon. Victoire !...\n\nA. LECOUR A. F. DAVID\n(1)\nMon cher Ami,\nJe reçois ce matin une copie des motifs et du dispositif du Jugement\nde Lyon. La question y est très bien traitée. Il n'y a rien dont déjà, je\nn'eusse pris note (sans calembourg), mais tout est bien mis en relief, et\nun Jugement ainsi motivé peut faire autorité.\nOn m'a communiqué un Mémoire imprimé de Colin par-devant la\nCour de Paris, dans le procès Vatel. Colin y dit très expressément que la\nquestion du procès est le refus de laisser exécuter le Désert, pour ce qui\nconcerne le Poëme. Quant au droit d'Auteur, il reconnaît que la quotité\nde ce Droit, serait inconstestablement fixée par les usages, mais il ne\ns'agit pas, dit-il, de recevoir plus ou moins, il s'agit pour lui de refuser\net il en a le droit absolu.\nCeci nous vient en aide, car ici, il n'y a pas prétention de refus, mais\nprétention de moitié Recette, ce qui est tout l'opposé d'un Refus.\nReste toujours la difficulté de compétence dont je vous ai parlé.\nA Lyon, Colin a actionné le directeur et vous, ce qui entraînait l'affaire\nau Tribunal de commerce. Ici vous êtes seul en cause, et l'examen que\nque je fais de la Jurisprudence atteste qu'à Paris ces questions la se\nportent de préférence au Tribunal civil.\nJe crois pouvoir esquiver la difficulté en actionnant le Directeur et\nColin au Tribunal de Commerce, ce qui donnera alors la seconde édition\ndu procès de Paris.\nJe dois bien vous ennuyer avec ces questions de Procédure. Vous en\navez sans doute le Dossier (le Dos scié!).\n\n(1) Ms. 7755. Lecoar, avocat à Marseille, était aussi un ami cle Berlioz auquel celui-ci a\nadressé un certain nombre de lettres. ;"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.8", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n235\n\nBon voyage, on n'a rien d'autre à vous souhaiter aujourd'hui. Il\nn'y a pas de lettre pour vous à la Poste. Je ne vous envoie pas la copie du\nJugement, vous en verrez l'original à Lyon. J'ai envoyé votre carte au\nPrésident. Vous serez au courant de ce qui se fera ici.\nTout à vous\nLecour.\n13- 4- 45\nJ'écris à Mr Cornuty.\nAdresse : Monsieur E. de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR. (1)\nMon cher Ami\nVoici je crois ce qu'il y a à faire pour le moment. Colin en faisant une\nopposition sur vous entre les mains de la direction a mal procédé. Vous\nne lui êtes pas débiteurs de ses droits d'Auteur. Son débiteur c'est le\nDirecteur. L'action est donc mal introduite, en ce qu'on vous poursuit\net vous seul.\nA Lyon, on avait suivi une autre marche, et c'était la bonne. On avait\narrêté les Recettes sur Fleury directeur, et ce entre les mains d'un sieur\nC. Fauché (dites moi ce qu'était ce Monsieur). Et alors la question avait\nété portée au Tribunal de Commerce. On vous avait appelé en garantie\nou assistance de cause, à la bonne heure ; mais on avait agi contre le\nDébiteur des Droits d'Auteur.\nJe crois donc qu'il faut demander la nullité de tout ce qui s'est fait,\nsauf à Colin à se pourvoir non contre vous, mais contre le Directeur, non\nau Tribunal civil, mais au Tribunal de Commerce.\nVous êtes dans la ville des Lumières pour le Droit. Consultez et répon-\ndez-moi ou faites-moi répondre un mot. Adieu.\nL.\nLundi matin, [l4 avril 1845]\nAdresse :Mr de Fonscolombe\npour remettre à Mr Félicien David\nAix\nBDR.\n\n( i ) Bouches-du-Rhône.\n(z) Extrait du Désert."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.9", "texte": "236\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nA. LECOUR A ARLES-DUFOUR\n(1)\nMarseille. le21 Avril 184.=;.\nMonsieur,\nFélicien David m'a dit de vous faire passer les fonds que je retirerai\npour lui. Le 16 je lui ai écrit que le Président avait décidé en référé que\nl'opposition sur le directeur n'avait été autorisée que pour f. 500 en tout,\nque par suite, nous avions f. 1.000 de libre.\nAujourd'hui j'ai touché les f. 1.500 qui étaient dans un sac à part\nchez le directeur, avec cette indication Dépôt Félicien David, y ai pris:\nles f. 1.600 déclarés libres pat le référé et je vous les envoie en un mandat\nde ce jour à Etienne Gautier à vue. Quant aux f. 500, j'en ai fait une\nreconnaissance à l'avoué de Colin, mais étant censé aux mains du direc-\nteur quant a sa prétention.\nJ'ai écrit plusieurs lettres à notre Ami, une entr'autres le 16. \\\naucune on n'a répondu, il en est de même de deux billets écrits à Mr Cor-\nnuty. Je tiens cependant à savoir les intentions de Félicien David, et\naussi a avoir les pièces du procès de Lyon. J'espère que l'intérêt que vous\nportez à notre Ami me vaudra cette fois une réponse.\nDécidément Colin est fou. Il a appelé du Jugement de Paris. Il a plaidé\nà Lyon (probablement il appellera). Il plaide à Marseille. Puis il replaide\nà Paris pour s'opposer à la représentation qui a du avoir lieu avant hier 19.\nIl a cité Escudier en Référé, et a été débouté. Voyez la Gazette des Tri-\nbunaux du 16. Il écrit au Sud de Marseille une lettre dans laquelle il qua-\nlifie sa participation au Désert, de et cela par deux fois.\nVoyez le Sud du 17. Je persiste à conseiller à Félicien David de ne pas\naccepter la position qu'on veut lui faire ici, de débiteur ou contradicteur\nde Colin. Que Colin s'adresse aux Directeurs de théâtre, voilà l'action qui\nlui compète. Ici j'ai mes raisons pour qu'il en soit ainsi. Par exemple que\nColin attaque M. Chabrillat, le procès sera porté au Tribunal de Commerce\net là Colin sera débouté de ses prétentions ; le Directeur en sera quitte\npour f. 18 par représentation, que je paierai très volontiers pour compte\nde Félicien David mais sous le nom du Directeur. Je crains le Tribunal\ncivil.\nSi Colin persiste à vouloir actionner notre ami, alors je me replie sur\nla compétence. C'est une action personnelle ; Félicien David ne peut\nêtre cité que par devant les tribunaux de Paris. Or à Paris Colin n'osera\npas faire procès à Félicien David.\nAinsi de deux chose l'une. Il plaidera à Marseille par devant le Tri-\nbunal de Commerce. Ou s'il persiste à plaider au tribunal civil, il devra\nplaider à Paris.\nJe desire avoir la dessus l'opinion de notre ami. Il peut consulter à\nLyon, où la question du droit de Colin a été parfaitement bien traitée et\ntrès heureusement résolue. Qu'il me dise ce qu'on lui conseille de faire.\nJe lui parlais aussi d'une réclamation qui me semble juste, du facteur\n\n(i) Ms. 7755."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.10", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n237\n\nqui a convoqué les amateurs, et charrié leurs instrumens réponse la\ndessus sil lui plaît.\nEnfin je désirerais savoir ce qu'il a fait à Lyon. Sa Symphonie a-t-elle\nété excutée comme il faut. A-t-elle eu un beau succès. Cela vous pourrez\nme le dire. Vendredi 25, je puis facilement avoir un réponse. Je l'attends\net je dois y compter, car il faut que je prenne position sur la citation,\nl'avoué de Colin fera distribuer demain, et l'affaire viendra sans retard.\nVeuillez exprimer à ce cher Félicien, combien je suis heureux de l'avoir\nconnu, et l'assurer de toute mon amitié.\nAgréez l'hommage de mes sentimens les plus distingués.\nA. Lecour (i).\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\n7 avril 1845.\nLes répétitions marchent et le festival est annoncé pour le 19. Il\nsuffira que David soit ici pour la répétition générale du 17, et donc chez\nvous le 14 ou le 15 pour rentrer par bateau et ne pas passer une nuit.\nJe viens de voir le président qui n'a pas encore le poème de Colin. Il\nva écrire à l'avoué et presser.\nLyon, 11 avril 1845\nJ'écris à David et à Lecour que Colin a été condamné aux dépens\net à se contenter des droits d'auteur tels qu'il les a touchés par l'agent\ndes auteurs dramatiques pour le concert de Georges [Hainl] N'ayant pas\nvu Cornuty, je lui écris pour lui demander les 1500 112. la note, des\nfrais et l'expédition du jugement à M. Lecour avocat à Marseille. J'ai\ndéjà touché les 2400 112.\n14 avril 1845.\nLorsque vous verrez David vous me fixerez sur votre arrivée.\nGeorges n'aura besoin de lui que pour les deux répétitions générales\nqu'il veut faire vendredi et samedi matin. Mais il faut cependant qu'il\nsoit ici jeudi\nAdresse : Monsieur Prosper Enfantin\nchez les dames Nugues\nROMANS (Drôme).\n\n(1) A cette lettre est jointe une note signée du contrôleur du Grand-Théâtre (de Lyon),\nrelative au « 2e Concert de M. Félicien David. Le samedi 15 mars 1845 ». La recette, pour\n1181 places payantes, avait été de 5.992fr. 50, dont une fois les 500 francs dus à Colin\nprélevés, David toucha, la moitié, 2.976 fr. 25.\n(2) Ms. 7665. Le Père Enfantin était alors à Romans (Drôme)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.11", "texte": "238\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\n[Lyon, vers la\nCher ami\nMon ami le musicien à qui Dufour (i) a posé ses questions, répond,\nqu'au mois de mai les concerts sont généralement peu suivis, parce que\ntout le monde va à la campagne ou aux eaux, que néanmoins la curiosité\npublique étant excitée par les journaux de Londres et de Paris, il ne doute\npas que ses concerts ne soient brillants. Berlioz et sa musique ont laissé\nune mauvaise impression à Leipsick et à Berlin. Il faudra l'effacer.\nIl reste à voir s'il convient que David parte immédiatement, après\nle 19 pour Leipsick ou qu'il attende le mois d'octobre. Dans ce dernier cas\nil faudrait lui écrire de ne pas se tuer à Marseille et à Aix, où il retourne-\nrait avec nous le 23. S'il voulait se reposer, Paulin (2) lui offre sa petite\nmaison de Nîmes, où il serait libre comme l'air.\nVoyez.\nRien de nouveau du reste. Georges compte faire des répétitions géné-\nrales le vendredi et le samedi même. Ainsi il suffit que David arrive le 16\nou le 17.\nDavid fait répéter à force aujourd'hui à cause d'un relâche excep-\ntionnel. Boulo chantera mieux qu'on n'a chanté à Paris la Nuit et le\nMuezzine. Tout marche bien, ainsi donc que cela vous tranquillise : et si\npour éviter une seconde visite à Curson vous devez prolonger votre\nséjour vous le pouvez sans crainte et il suffira que vous soyez ici\nmardi matin.\nLyon, le 23 Avril 1845.\nL'ami Sylvain est un fameux emplâtre qui nuiera et ennuiera\ndiablement dans l'avenir de David, si vous ne lui trouvez pas\npour lui accoler. — Jourdan ne serait-il pas cet homme.\nL'huissier n'a pu encore payer les 1.500 francs il faut un référé parce\nqu'il y a opposition. et Datas (?) sont piqués. Le diable enlève\nles hommes de loi—et je dirais presque les artistes. — Depuis deux jours je\nne suis pris que par David qui aurait bien dû emmener ou expédier son\nembêtant ami qui heureusement part demain.\n\n(1) Dufour-Féronce, cousin d'Arles, alors à Leipzig.\n(2) Paulin Talabot, polytechnicien, Saint-Simonien, alors ingénieur dans le Gard, puis\ndéputé de ce département. Il prit une grande part à l'établissement des chemins de fer\nde Lyon."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.12", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n239\n\n24 avril 1845.\nC'est de Saynes l'ami de David, celui qui depuis son retour d'Egypte\nl'a aidé de sa bourse qui vous remettra cette lettre et l'incluse. Il va à\nParis pour différentes affaires\nJ'espère que vous m'enverrez bientôt David.\nEn prévision de sa visite la bonne femme (1) m'a à acheter un\nbon piano à Mme Montgolfier.\nA vous,\nARLES D.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n(?) 1845]\nCher Père,\nJe voudrais vous présenter mon ami Prudent (3) pour causer de l'Al-\nlemagne ensemble. Nous irons vous voir tous deux à l'heure.\nVotre fils\n112. DAVID\n[Lyon, avril 1845 ?]\nCher père.\nL'habitant (4) vous a peut-être dit que je m'étais trouvé très embar-\nrassé ces jours derniers par manque d'argent. J'ai été obligé d'emprun-\nter 200 et je suis encore à sec. Il faut que j'aie encore recours aux\nsubsides d'Arlès. J'attends avec impatience.\nA vous de cœur,\nfelicien DAVID\n(1) C'est par cette expression familière qu'Arlès désigne sa femme.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Emile Prudent (1817-1863), pianiste et compositeur qui revenait d'une tournée en\nAllemagne.\n(4) Saint-Simonien."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.13", "texte": "240\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(1)\nLyon, le 6 mai 1845\n.... Si David part seul pour Leipsick, et qu'il s'arrête, pour se reposer\ndeux jours à Francfort, voici un mot pour Bruckmann et sa femme qui\nsont grands musiciens amis de Mendelsohn quoique petits bourgeois, et\nqui soigneront David comme de vrais amis. Dufour est prévenu du carac-\ntère de David, il le guidera comme un enfant, et, peut-être, il le prendra\nchez lui, ce qui serait le mieux.\nCe maudit Colin, malgré votre soit disant arrangement, a défendu à\nson huissier de payer, prétendant qu'il avait traité avec David, mais non\navec Fleury (2) au moins c'est son animal d'avocat qui est aussi timbré que\nlui qui dit cela. Toujours est-il que Cornuty pressé pc*r moi et muni du\njugement du tribunal de commerce, a déclaré les 1.560 112., que sur le\nrefus de l'huissier il a obtenu un référé ; que l'huissier tout en avouant que\nc'était folie, a déclaré qu'il ne payerait que par la saisie et la vente de ses\nmeubles, et que sans mon arrivée cela aurait eu lieu avec naturellement\naugmentation de frais de tout genre. S'il y a traité, faites donc que Colin\ndonne ordre de payer sans nous forcer aux frais de s?isie. Savez vous que\nDatas (?) a le toupet de demander 250 francs pour sa plaidoirie ? J'ai dit\nque j'en référerais à Paris.Voyez ce qu'on donne en cas analogue et répon-\ndez, ou faites-moi répondre une lettre communicable.\n18 [1845]\n(P. S). Savez-vous ce qui reviendra à David des 1500 fr. ? Colin\net les frais payés 500 112. chien de fou de Colin ! ! Canailles\nd'avoué et d'avocats ! Et puis qu'on dise que la justice luit pour le riche\ncomme pour le pauvre ! !\nLyon le 26 mai 1845.\nGustave (3) écrit le 19 « à mon retour de Dresde j'ai trouvé David\nqui était arrivé le matin et j'ai passé quelques instans avec lui, il a mis\nses affaires en ordre pour son concert et est parti pour Berlin laissant\ntoutes ses partitions du Désert dans son bureau non fermé à l'hôtel de\nSaxe ».\n(1) Ms. 7665.\n(2) Directeur du théâtre de Lyon.\n(3) Gustave Arlès, fils d'Arlès-Dufour. Il était alors à Leipzig chez Dufour-Féronce."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.14", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n241\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE A JOURDAN\n(1)\nMonsieur\nMrs Enfantin et Arlès-Dufour m'ont dit à Lyon où j'avais suivi\nnotre ami commun felicien David, que vous etiez à Paris son représen-\ntant, que vous avez la clé de ses papiers, de ses appartements et que sa\nmvsique inédite surtout était sous votre sauvegarde, ce qui vous permet-\ntait de traiter a vec les Escudier quand ils voulaient donner au public ce qui\nest encore inédit delui. Il m'importerait de connaître en ce moment un fait\ndont je ne puis avoir l'explication que par vous, attendu que le père et\n[le] filleul sont trop loin pour que je fasse courir ma lettre après eux.\nVous avez su peut-être par les personnes que je vous ai déjà citées,\nsoit par les journaux, que j'avais été à Aix l'organisateur du concert de\nDavid. Celui-ci ne croyait pas pouvoir donner à Aix son œuvre, à cause\nde l'insuffisance des ressources musicales, mais le pays entier réclamait\njustement à cor et [à] cri d'entendre le chef-d'œuvre d'un compatriote,\net je désirais de mon côté que David pût être applaudi dans son pays.\nJ'eus donc l'idée de m'adresser aux Escudier, pour savoir à quel prix ils\nmettraient l'autorisation de faire représenter le Désett à Aix. Les Escudier\nétant à Londres, cette lettre n'arrivait pas ; je ne pouvais cependant\npas faire autrement que de monter le concert de suite, David étant pressé\npar le temps. Je donnai donc ce concert. Pendant ce temps la lettre d'Es-\ncudier arrivait. Comme je m'y attendais, le taux était exagéré, judaïque,\net comme on devait s'y attendre d'eux, i.ioo 112. (pour deux soirées\nil est vrai, mais payables avant de donner concert, avant de savoir même\nsi on ferait cette recette), i.ioo 112.... cent francs de plus et c'était\njuste le prix donné de l'œuvre de félicien. Comme je ne pouvais envoyer\nl'argent d'avance, attendu le retard qu'avaient mis les Escudier à répon-\ndre, je leur écrivis que j'avais reçu leur lettre, que j'allais rejoindre feli-\ncien à Lyon, et que ce serait lui-même qui réglerait la somme à leur don-\nner. Arrivé à Lyon, je donnai leur lettre au qui s'occupe des\naffaires de Félicien, et qui en cela agit prudemment, surtout vis-à-vis\ndes Escudier. Celui-ci me répondit : Je ne suis pas fâché que vous m'ayiez\napporté le produit net de la recette et que vous n'ayiez rien envoyé aux\nEscudier, parce que dès ce moment ils sont en contravention avec nous,\nen annonçant pour faire exécuter au Théâtre Italien la symphonie en\nbémol Œuvre inédite et qu'ils n'ont pas le droit de donner au public.Nous\nleur ferons payer d'un côté ce qu'ils demandent pour Aix.\nDepuis j'ai vu souvent l'annonce de cette Symphonie en mi bémol\npour d'autres concerts qui ont dû y avoir lieu et je pense qu'il a dû\ny avoir arrangement. Il me serait agréable, et vous voyez que\nj'y suis en quelque sorte intéressé, de savoir comment ces arran-\ngements se sont terminés. Je serais charmé d'apprendre que les\nEscudier ont rabattu un peu de leurs prétentions si rapaces, et qu'il\nn'ont pas voulu gruger celui qui vient naguères de les enrichir.\n\n(1) Ms. 7779. Louis Jourdan né à Toulon en 1810 ; l'un des fondateurs de VAlgérie\n(1845-1847) ; plus tard (1869), rédacteur au Siècle; créa le Causeur (1859); s'occupa beau-\ncoup d'industrie.\n2"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.15", "texte": "242\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nJe sais que David aurait désiré que ses œuvres, le surtout, ne\nfût (sic)pas gaspillé par les faiseurs de quadrilles, malheureusement il\nn'en avait pas fait une des conditions du traité, et je viens de voir, sans\ndoute par suite de leur soif de lucre, que les Escudier annoncent un qua-\ndrille sur la Danse des Aimées. Je regrette bien cela pour ce bon félicien\nqui en sera très fâché.\nIe lis encore aujourd'hui dans le Droit les détails d'un procès au sujet\nde Debain (1), et dans lequel le Tribunal a débouté les demandeurs de\nleur demande. Que de procès engendre ce les Escudier lui portent\nréellement malheur ; quels regret devons-nous tous avoir nous qui aimons\nsincèrement felicien de voir que cette œuvre soit tombée dans de tel-\nles mains !\nVous m'obligerez, et ceci n'est point un vain motif de curiosité, en\nm'accusant réception de cette lettre et après avoir répondu à ce que je\nvous demande pour l'arrangement du concert d'Aix, de me dire égale-\nment si le père ou felicien ne vous a pas parlé de ce qui a été convenu\nentre vous trois à Lyon. Il serait extraordinaire qu'ils n'en eussent pas\nparlé à un homme comme vous, ami de David et qui devez vous intéres-\nser à son avenir de compositeur. Je n'ose pas entrer dans des détails,\nparce que s'ils ne vous en avaient pas parlé, c'est qu'ils auraient compris\nque le temps n'est pas venu encore de vous faire connaître des projets\nultérieurs. Quoiqu'il en soit, je puis vous dire que cette affaire m'appelle\nà Paris ou je serai obligé de me rendre dans quelques mois, et à cette\népoque, je pense vous donner une de mes premières visites. Vous aimez\ntrop David, pour ne pas avoir des droits à mes sympathies. Je suis cer-\ntain de trouver en vous la cordialité qui vous serait acquise, si jamais vous\nvous présentiez chez moi, avec la lettre d'un intime ami de félicien.\nJe suis obligé de lire le journal des Escudier (2), pour savoir des nou-\nvelles de David, ceux-ci dans leur intérêt, s'étant crée des correspondants\nen Allemagne. Mais si le -père ou lui vous écrivaient directement, ne\ncraignez pas de me faire parvenir des nouvelles plus intimes et plus cer-\ntaines. Vous m'obligeriez toujours beaucoup.\nDans l'espoir de faire bientôt votre connaissance, veuillez agréer\nl'assurance de mon estime et de mon entier dévouement.\nAix h 19 Mai 1845.\nSYLVAIN SAINT ETIENNE\nRue de la Miséricorde 10\na Aix.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Jour dan, homme de\nLettres, 39, rue neuve des Petits Champs\nA Paris.\n\n(1) Allusion au procès que firent les Escudier à l'inventeur de l'harmonium, Debainfl,\nauquel ils prétendaient faire défense de jouer le Désert sur cet instrument\n(2) La France musicale."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.16", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n243\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(i)\nMonsieur\nJ'éprouve à la fois de la peine et du plaisir, en recevant une lettre de\nvous ; du plaisir parce que je suis bien aise de vous savoir à Paris, à\nportée de correspondre avec moi, de recevoir mes observations, le\nrésultat de mes idées, de mes projets et de régler la partie avec votre\nhabitude d'observation et votre jugement pour les affaires et pour les\npersonnes ; de la peine, parce que je vois David privé d'un guide sûr,\néclairé, sévère, lui qui en a tant besoin, lui si candide, si oublieux même\npour ce qui touche de plus près à ses affaires.\nJ'accepte votre lettre avec la franchise qui l'a dictée, et j'y répondrai\nde même avec cette droiture qui doit présider a toute relation.\nDans ma pensée David a abdiqué en vous toute volonté ; il vous a\nconfié d'une manière absolue la direction et le soin de ses affaires ; sans\ncompliment, je crois qu'il ne pouvait mieux faire sous tous les rapports.\nMais ce fait change selon moi ma véritable position. David libre dans\nses volontés, pouvait rendre ma position avantageuse, brillante même,\nsanctionner mon succès, le rendre certain ; mais sa volonté subordonnée\nà une autre qui la domine et qui doit être nécessairement plus rigide,\nplus positive, ne me laisse plus le même espoir d'avenir. Il faudrait\nd'après moi que votre amitié pour moi devînt au niveau de celle de\nDavid, bonheur que je ne puis raisonnablement espérer, pour aspirer\naux mêmes avantages dont j'avais entrevu la réalisation dans un avenir\nplus ou moins prochain.\nJe me suis toujours rappelé les paroles que vous m'avez dites à Lyon ;\n< il faut à David du comptant, il faut qu'il traite argent sur table, et qu'il\naccepte les meilleures offres;» ces mots ont beaucoup de portée, et m'ont\ntoujours mis en considération. Cela en effet semble dire : le plus offrant\naura toujours la préférence, et l'amitié, le dévouement, devront céder\nle pas devant une bourse mieux garnie et qui permettra un plus gros\nlot. Certainement je n'ai jamais eu l'idée de me faire donner à David\nsa musique pour rien, mais j'avais l'espoir que David serait libre de me\nfaciliter les affaires soit en accordant du temps pour les échéances, soit\npour le mode et la combinaison des sommes à recevoir, le tout sans trop\nnuire à ses intérêts. Je comprends qu'en parlant de ce système absolu\nen matière de commerce, que le plus haut prix offert doit toujours avoir\nla préférence, le plus riche éditeur gagnerait toujours la partie contre\nmoi, parce que le plus riche serait naturellement le plus offrant. Si on\nréfléchit qu'avec la guerre que se font certains éditeurs, il y en a qui\npour arracher une œuvre de David à leur rival, payeront des prix exa-\ngérés, au risque même de se ruiner que deviendra celui qui ne pourra\nse permettre pareille folie, ne voulant pas compromettre les foncte qui\nauront été confiés à sa probité. Voilà le seul obstacle\nfuneste pour moi dans cette affaire.\n\n(1) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.17", "texte": "244\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nVoici pour moi quel était mon plan ; veuillez bien le méditer.\nEditer le Moïse, mais avant le populariser inédit comme on a fait\npour le Désert, faire une tournée au printemps prochain qui serait néces-\nsairement très lucrative, en donnant à la fois le Moïse inédit, le Désert\nalors du domaine public, mais avec des paroles d'Autran, qui auraient\nd'abord le mérite de la nouveauté, et économiseraient en outre 100 112.\npar représentation ; le tout assaisonné de choeurs, mélodies nouvelles,\nsymphonies, &c. Dans ce cas et en suivant David je devrais avoir une\npart des recettes, ce qui serait très juste ; plus tard éditer le Moïse,\nen déterminant un prix raisonnable pour tous, et un intérêt pour David\ndans la vente de l'œuvre gravée. Aucun éditeur ne consentira jamais\naucun arrangement de ce genre avec David, parce qu'ils veulent s'enri-\nchir d'un seul coup, et ne pas l'associer au résultat d'une vente qui peut\ndevenir très considérable. D'ailleurs, David avec d'autres éditeurs que\nmoi, pourrait-il accepter ces arrangemens, ne le volerait-on pas en lui\ncachant leurs comptes Si je m'engage à lui donner le moyen de s'assurer\npar lui-même ou par qui que ce soit que tous les exemplaires vendus\nlui sont fidèlement mentionnés. Son bénéfice lui arriverait net et clair\nau contraire. Or, je soutiens qu'avec un intérêt dans la vente (chose que\nnul éditeur ne saurait faire) et un prix déjà donné de l'œuvre, David\ngagnerait plus que si on lui donnait tout d'abord une plus forte somme\net qu'on se bornât la. En d'autres termes les autres éditeurs aventure-\nraient une plus forte somme pour réaliser de grands bénéfices d'un seul\ncoup, moi, je me bornerai à faire les choses de manière àce que David\nse fit des revenus peut être moins considérables mais plus certains et\nsans cesse renouvelés.\nDe plus je désirerais, sans avoir cependant aucun engagement de\nDavid, avoir la probabilité d'avoir successivement ces divers ouvrages,\nje parle seulement des ouvrages marquants, surtout les opéras et scènes ;\ncar Je céderais volontiers même aux divers éditeurs pour les empêcher\nde jeter les hauts cris, des mélodies, romances, et autres pièces dont ils\npourraient au besoin s'en contenter. En effet il me serait pénible après\navoir édité une œuvre comme Moïse, de voir un autre Editeur avoir\nimmédiatement une autre œuvre. Je craindrais qu'on ne dise dans le\npublic que j'ai perdu la confiance et l'amitié de David, et chacun se\ndirait : Comment celui que David avait en quelque sorte appelé à lui,\nson ami, &c. n'edite-t-il pas cet ouvrage ? Il faudrait d'après moi, pour\nqu'on ne continuât pas à me donner les productions de David, qu'on eut\nreconnu que je n'ai pas été assez apte pour aider au débouché du premier\nouvrage et qu'il fût démontré que ce fût réellement ma faute et non\nl'insuccès de l'œuvre elle-même.\nJe m'attends à ce que vous me disiez ceci : pour accepter l'arrange-\nment que vous proposez il faudrait que votre habileté et votre aptitude\npour la vente et le commerce de musique fût parfaitement reconnue,\ntandis que je crois au contraire que vous êtes à peu près étranger à cette\npartie ; je vous prête ces expressions parce que vous m'avez tenu à\nLyon à peu près le même langage, non comme reproche je dois l'avouer,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.18", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n245\n\npuisque vous m'avez dit que j'étais trop honnête pour ce commerce,\nmais dans l'intérêt général de l'affaire.\nC'est précisément sur ce point que je tiendrai à dissiper votre erreur.\nJe n'ai pas beaucoup causé avec vous à Lyon, cela vient de ce que je\nsuis intimidé parfois quand je me trouve avec des personnes que je\nconnais peu et surtout quand elles montrent sur moi une supériorité\nd'intelligence qui fait que j'écoute plutôt que je ne parle, mais je dois\nvous dire au contraire, d'après l'opinion de tous ceux qui me connaissent,\ncar ce n'est pas à moi à dire cela, que je suis au contraire éminemment\npropre au commerce de la musique et à tout ce qui touche à cette partie,\nsauf celle de la composition. J'ai créé à Aix, petite ville arriérée, égoïste\net avare, un magasin de musique et de pianos qui a parfaitement pros-\npéré, et qui me vaut chaque jour les éloges non seulement des gens du\npays, mais ce qui est plus significatif, de MM. Pépin et Boisselot qui\nm'ont associé à leur industrie. J'ai créé des sociétés de chœur, de philar-\nmonie, j'ai pris enfin comme éditeur [?] une telle influence qu'il ne peut\nse donner ici aucun concert sans que je l'organise moi-même, et que j'en\ncoordonne tous les elements. Je pourrais bien vous envoyer une foule\nde journaux qui témoignent tous de cette impulsion que j'ai donnée ici\nà la musique et à son commerce qui en est la conséquence immédiate,\nmais il vaut peut être mieux que je vous cite les noms de divers artistes\nque j'ai connus ici et qui tous m'ont engagé à aller à Paris en me disant\nque la ville d'Aix ne pouvait servir sur ce point mes idées et mes res-\nsources à cause du cadre étroit où je me trouvais placé. Si vous avez\nl'occasion de voir Amat (i), Milher, Richelmi, Lefébure, Dohler, Liszt,\ndemandez leur ce qu'ils pensent de moi comme artiste ; demandez à\nMme Lesueur qui m'a fait don des ouvrages de son mari lesquels j'ai\npopularisés dans cette ville en même temps que ceux de David ;\ndemandez à son gendre Xavier Boisselot qui m'a vu à l'œuvre, l'année\ndernière, puisque sa famille m'a conduite (sic) à ses frais à Paris, pour\nl'aider pendant l'exposition, dans ses affaires industrielles. Informez-\nvous de moi si vous en avez l'occasion, à Mr Giraud, inspecteur des\nfacultés de France, Mme Charles Reybaud (2), qui ont habité Aix et\nm'ont connu, toujours sur le rapport de la musique des concerts, en un\nmot tout ce qui a trait à l'affaire qui nous occupe. Ecrivez àM. Arlès\nDufour et dites-lui de sonder un peu Benacci (3), l'Editeur, à mon égard\net vous verrez que cet intelligent éditeur a compris que je pourrais\nfaire autre chose que tenir un dépôt à Aix puisqu'il m'a offert à deux\nreprises de me monter, quand je voudrai un magasin complet soit à Aix,\nsoit à Marseille et même à Marseille de préférence (4).\nEn disant tout cela, j'ai l'air de faire Y article et le fiuff en ma faveur,\nmais cependant je dois prouver que je ne suis pas inhabile dans cette\npartie, qui fait le fonds de l'affaire qui nous occupe, attendu surtout\n\n(1) Léopold Amat, chanteur et musicien, né à Toulouse en 1810.\n(2) Charles Reybaud, littérateur et journaliste né à Marseille en 1801.\n(3) De Lyon.\n(4) Je suis à peu près sûr de faire accepter une association à Benacci (pour Paris), qui\nest déjà associé lui même avec Troupenas, la maison la plus importante de la capitale."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.19", "texte": "246\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nqu'à Lyon je vous ai fait un tout autre effet qu'un homme d'industrie.\nQuant à mon jugement sur les œuvres musicales, mon opinion sur David\némise dans la presse depuis plus de quinze ans, celle que j'ai émise dans\nplusieurs articles de journaux sur les musiciens du jour, ont prouvé que\nje savais apprécier ce qui était bon, et ce n'est là pas une des moindres\nconnaissances d'un Editeur, car elle lui sert à ne pas se fourvoyer dans\nune mauvaise voie, en ne pas laissant au hasard le choix d'une œuvre,\net en lui permettant de distinguer le bon grain de l'ivraie. J'aurai l'oc-\ncasion de revenir sur ce sujet ; qu'il me suffise de vous assurer qu'à Aix\net à Marseille, tous ceux qui me connaissent et s'intéressent à David,\ntrouvaient étonnant que je ne suivisse pas David à Paris et en Allemagne.\nTous ajoutaient qu'il fallait que je devinsse son éditeur, que ce serait\nl'avantage de l'un et de l'autre. Plusieurs le lui ont dit à lui-même,\nnotamment ses parents et ses amis, David disait à tous qu'il ne deman-\ndait pas mieux ; car il sait bien mieux, qu'il a besoin que quelqu'un\nparle, écrive, agisse pour lui. Si vous voulez (et je sais que vous le désirez\ncomme moi) qu'il produise des œuvres plus brillantes et en plus grand\nnombre, laissez-lui sa liberté d'esprit, qu'il ne s'occupe de rien de matériel,\nqu'il ait toujours à côté de lui un ami sur le dévouement duquel il puisse\nse reposer ; c'est l'essentiel. Aussi je regrette bien de le savoir seul en\nAllemagne. Comment se tirera-t-il de toutes les phases d'un si grand\nvoyage sans un compagnon, sans un ami ? Je vous assure que si vous\naviez fait, vous ou lui, appel à mon dévouement, j'aurais tout quitté\npour le suivre. Si vous lui écrivez, dites-lui d'abréger son voyage, à\nmoins d'éclatants succès, et de retourner plutôt à Paris.\nVous paraissez regretter dans votre lettre, que je ne vous parle pas\nd'une manière certaine des projets formés à Lyon, et craindre une indé-\ncision qui laisserait entrevoir que je ne me sens pas de force à bien faire\nles affaires de David. Vous oubliez sans doute que je ne croyais pas\nm'adresser à vous, en écrivant à une personne tierce ; que je lui parlais\nde notre affaire d'une manière vague, avec réserve ou hésitation, ne\nsachant pas s'il devait ou non en être instruit. La preuve que je pensais\nsérieusement à cette affaire toute capit pour moi, c'est que j'ai donné\nma démission de l'emploi que j'occupais comme homme d'affaires chez\nM* le marquis d'Albertas, pair de France, chez qui j'étais depuis dix\nans, lequel m'a écrit une lettre dont la lecture (car je pourrais vous la\nmontrer à Paris) vous fera voir comment j'étais apprécié de cette\nmaison. J'ai de plus fait des démarches pour céder mon établissement\nde musique et de pianos. En un mot, fai tout quitté ce qui fesait ma\nposition, 3 ou 4.000 112. environ ce qui pour Aix équivaut à 10 ou\n12.000 dans la capitale. J'ai pensé en agissant ainsi que la parole de\ntrois hommes d'honneur était aussi sainte que le meilleur de tous les\ntraités. Je me rappelais ces mots de David, à Mr Arlès à qui il serra\nexpressivement la main, à son départ de Lyon :\nce brave garçon, il faut arranger CELA de la manière la MEILLEURE pour\nlui. David sait fort bien qu'aujourd'hui il ne peut être que très riche, et\ndans ce cas il aimait mieux avantager un ami qui n'a pas les mêmes\nchances. C'est ce qui explique cette phrase de la manière la MEILLEURE"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.20", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n247\n\nfour lui. D'ailleurs en ce moment un souvenir spontané venait faire\npasser rapidement dans sa pensée tout ce que j'avais fait pour lui depuis\nle jour où je lui fis obtenir la pension de son oncle, jusqu'au jour où\nrefusant la recette d'Aix qu'il voulait m'abandonner, j'en portais le\nmontant intégral dans la caisse de M. Arlès. Il y aurait orgueil et vanité\nà moi à rappeler d'autres circonstances dans lesquelles David a pu juger\nmon cœur et mon dévouement ; je dois les taire, les services rappelés\nn'ont pas de prix ; seulement tout cela explique combien David désire\nm'être utile, il lui semble qu'il acquitterait ainsi une dette de reconnais-\nsance et d'amitié, et celui qui lui donnera le moyen de le faire, lui rendra\ntin véritable service.\nVous me parlez, avec raison, dans votre lettre d'une chose très essen-\ntielle, et dont je reconnais ainsi que vous toute l'importance, c'est la\nsomme nécessaire à l'exploitation de l'affaire Cette somme,\nDavid le sait, et je vous l'ai déjà dit, je ne la possède pas ; j'ai compté\nsur le dévouement de nos amis, et sur d'autres personnes à qui ma pro-\nbité peut avoir inspiré de la confiance et j'ai la certitude de pouvoir\nl'obtenir, mais il faut pour cela que je puisse donner aux disposeurs la\ngarantie sinon matérielle du moins morale que je vais être F homme de\nDavid. Vous comprenez tout ce que ce mot signifie. Ce n'est pas vous\nqui avez l'habitude des hommes et des choses, à qui je dois apprendre\nce que sont aujourd'hui les disposeurs de fonds, combien ils sont exi-\ngeants pour les garanties, il y en a qui voudraient étançonner le ciel.\nOr qu'elles sont les garanties que je vais leur donner quant à l'affaire ?\nJe leur dirai : j'ai la promesse de David d'avoir une œuvre de lui sans\naucun engagement pour d'autres ; mais le mot promesse qui me suffit\nà moi parce que j'en connais la portée dans la bouche de David, suf-\nfira-t-il à des disposeurs froids, logiques, qui me diront que les promesses\nn'ont pas cours chez eux. Si vous désirez réellement que je réussisse\ndans mes démarches à ce sujet, vous comprendrez l'utilité de me mettre\nà même de prouver autrement que par des paroles dont on pourrait\ndiscuter l'importance, le choix que David a réellement fait en désirant\nme voir son éditeur. Dans ma pensée, plus je pourrai démontrer claire-\nment les avantages de l'affaire et sa réussite, plus je pourrai trouver\ndes fonds et plus je réaliserai de fonds, plus l'affaire aura d'excellents\nrésultats.\nI Je suis bien aise de vous rassurer sur le classement de la musique\ndont je m'étais chargé ; je m'en suis occupé très activement et si nous\nn'étions pas dans un pays où on ne trouve pas même en payant à faire\ncopier de la musique, le recueil serait déjà fait. J'ai reçu l'envoi de\nMr S 1 Didier de Maçon ; a l'exception d'un chœur le Départ pour\nVOrient, ce sont tous des morceaux qui m'étaient connus, la plupart des\nhymnes et mottets religieux, compositions qui datent de 1828 à 183®.\nJ'ai aussi dans un recueil des morceaux de la même époque; ceux-là\npeuvent être arrangés avantageusement. Je porterai tout cela à Paris.\nM- En attendant je vous prie de ne rien vendre aux Editeurs. Je sais c©\nqu'il y a de meilleur dans les mélodies et romances de félicien, et il\nserait juste que ne pouvant éditer toutes ces pièces-là, j'eusse au moins"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.21", "texte": "248\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nla faculté de choisir et profiter de l'avantage que j'ai ou que je crois\navoir de discerner les meilleures productions. Veuillez me rassurer sur\nce point.\nJe suis charmé que les Quintetti fassent de l'effet. Quant au Désert\nje suis étonné comme vous qu'il ait été reçu un peu froidement, cepen-\ndant je comprends qu'en offrant trop souvent cette musique au public\non pourrait finir par nuire à l'œuvre elle-même (1).\nJe serais bien aise d'apprendre si l'appartement de felicien, rue fon-\ntaine S 1 Georges est encore payé par lui jusqu'à S' Michel et dans\nce cas s'il n'y aurait pas d'inconvénient à ce que je puisse y loger en\nallant à paris provisoirement et avant de rien terminer. Maintenant\nque je vous sais à paris, je me déciderai plutôt à faire ce voyage. On dit\nbeaucoup plus de choses en une heure que ce qu'on écrit en huit jours,\nbien qu'on soit long comme je le suis aujourd'hui. J'espère pouvoir\ncompter sur vos conseils, sur votre appui ; avant cette époque, j'aurai\nreçu déjà réponse à cette lettre, et vous en aurai probablement écrit\nd'autres, car j'aime à vous écrire franchement mes idées et je verrai\ntoujours avec plaisir que ceux qui comme vous ont plus d'expérience\nque moi, me montrent les points où j'erre et la route que je dois suivre\npour arriver plus sûrement.\nJe pense, en terminant, que cette lettre où j'ai préféré parler avec\nfranchise, au lieu de chercher des détours, ce qui répugne à mon carac-\ntère, vous fera parfaitement connaître mes intentions et comment\nj'entends l'affaire, comment je la désire. Je serais trop heureux si selon\nles vœux de Félicien, vous me donniez les moyens d'aplanir les obstacles\nqui pourraient s'opposer à l'entière réalisation d'un projet qui peut\nfaire son bonheur et celui de ma famille. /\nDans l'espoir d'une prochaine réponse à cette lettre, veuillez croire\nà l'assurance de mon respectueux dévouement\nVotre très humble serviteur,\nSYLVAIN ST ETIENNE.\n[ Aix le 29 mai 1845.\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(2)\nLyon le6 1845\n....J'ai reçu aussi ce matin une lettre du bon Schletter avec l'extrait\ndes journaux de Berlin relat1 au concert de Potsdam. J'espère\n\n(1) Le Désert, ainsi que plusieurs autres compositions de David (Quintetti, symphonies,\nmélodies) avait été joué le 27 avril et le 8 mai au Théâtre-Italien.\n(2) Ms. 7665."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.22", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n249\n\nque votre lettre à David et les soins affectueux qu'il trouvera chez\nDufour, cicatriseront les blessures que cette harpie cherche à lui faire.\nJ'ai envoyé à Dufour pour qu'il la lise à David et à Gustave copie de\nvotre lettre du 27 mai. Çà leur fera du bien à tous, certainement.\nLyon le 25 juin 1845.\nJe ne crois pas que David doive visiter en Allemagne d'autres villes\nque Berlin, Leipsick, Vienne, Munie et Francfort, et les 3 dernières\nil doit les laisser pour l'hiver ou pour l'époque où vous irez vous-même\nen Allemagne. Après Leipsick, il pourrait revenir avec Dufour et Gus-\ntave (i)qui l'établieraient à Baden ou Wisbaden ou Ems, dans un bain\nd'Allemagne où il se reposerait et finirait son Moïse.\nJe crois que Dufour ferait bien de partir de Leipsick au courant de\njuillet et d'amener Gustave à Lyon où nous le laisserions sauf après\nnotre congrès à donner rendez-vous à lui, à Paulin et à David sur le\nRhin.\n\nMARIE ESCUDIER AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher Monsieur,\nTamisier (3) est passé ce matin chez M. Jourdan pour lui remettre\nles 1.500 112. contre la remise des six derniers Quintetti. D'après ce\nque nous a dit M. Armingaud (4), il parait que cette collection n'est pas\ncomplète ; David a écrit qu'il enverrait très prochainement le 6e Quin-\ntette. Vous savez que vous pouvez compter sur la somme convenue ; dès\nque le Quintetti (SÎC) qui manque sera arrivé,Tamisier s'enquerrera de vous\nremettre la somme. Il serait allé vous voir si la Garde nationale ne le\ntraquait aujourd'hui comme un loup. Je me suis présenté hier chez\nvous ; votre garçon de bureau m'a dit que vous étiez sorti et qu'il igno-\nrait l'heure à laquelle vous rentreriez. Il me sera bien agréable de vous\nentretenir un peu de mes voyages et de vous renouveler verbalement\nmes sentimens de profonde considération.\nM. ESCUDIER.\nParis,2 juillet[lB4s].\nMon cher Monsieur,\nCe sont, je pense, les mélodies pour chant et piano de David que vous\nnous demandez dans votre lettre. Nous nous faisons un plaisir de vous\n\n( i ) Le fils d/Arlès.\n(2) Ms. 7724.\n(3) Employé ou londé de pouvoirs des Escudier.\n(4) Louis Armingaud, le célèbre violoniste, né à Bayonne en 1820."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.23", "texte": "250\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nles envoyer et comme la musique de David est sans prix pour vous comme\npour nous, vous voudrez bien accepter l'offre de ces morceaux.\nVous seriez bien aimable si vous pouviez nous faire faire une copié\ndes paroles de deux nouvelles mélodies de David que vous avez reçues.\nNous irons vous demander les six un de ces quatre matins.\nJ'attendtoujours votre réponse au sujet de l'opéra.Jesuis prêt à partir.\nVeuillez agréer nos complimens.\nESCUDIER.\nParis, 18 août [1845.]\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\nMonsieur.\nJe pars décidément lundi prochain, 21 courant. Il y a longtemps que\nmon voyage était décidé et si j'ai tardé un peu, c'est précisément dans\nl'intérêt de notre ami. J'ai été obligé de chercher en divers endroits les\nmanuscrits de felicien et ensuite j'ai dû les faire copier parce qu'en\nquelques endroits on ne voulait pas perdre les originaux. J'ai recueilli\ntous ceux que j'avais moi-même, ceux que nous avions fait en collabo-\nration et d'autres. Il n'y a qu'une œuvre qu'il m'a été impossible de me\nprocurer. Ce sont les quatuors faits à la maîtrise par David à 13 ans.\nJ'ai appris, après avoir cherché en divers endroits et être allé même\ntrouver Marius Roy, son prédécesseur à Marseille, que ces quatuor sont\nété achetés et vendus ensuite à la livre avec d'autre musique, il y a de\ncela très longtemps. Cependant, j'ai emporté quelques fragments qui\npourront mettre David sur la voie. Au reste il est possible que ces com-\npositions faites à un âge où David ignorait les premières notions de\nl'harmonie n'aient pas autant de valeur que celles que j'emporte, qui\ndatent de 5 et 6 ans plus tard.\nSitôt arrivé à Paris, j'aurai l'honneur de vous écrire pour vous\ndemander une visite. J'emporte plusieurs bonnes lettres de recommanda-\ntion et une lettre de crédit pour un banquier lequel pourrait bien me\nfaire trouver des capitalistes désireux de s'associer à notre affaire. Je\ncompte toujours sur votre dévouement et votre sympathie, permettez\nmoi d'espérer qu'ils ne me feront pas plus défaut que la bonne amitié de\nDavid. Ma foi en lui et mon espoir en vous, voilà ce qui me soutient et\nme guide dans ce voyage.\nEn attendant d'avoir l'avantage de vous voir\nAgréez l'assurance de mon sincère et\nrespectueux dévouement.\nSYLVAIN St-ETIENNE.\nAix le 18 juillet 1845."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.24", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n251\n\nP. S. Je compte m'arrêter un jour ou deux à Lyon pour voir\nMr Arlès Dufour.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur Enfantin, chez Mr Jourdan,\nrue neuve des petits\nchamps, 39.\nA Paris.\n\nARLES-DUFOUR AU PERE ENFANTIN\n(I)\n[Zurich,] Dimanche matin 17 août [1845.]\nLa description des fêtes de Bonn m'a fait pleurer. On pourrait\naussi, nous autres français nous réunir pour de grandes choses pacifiques ;\nmais on s'en garde. — Nos fêtes rappellent toujours la poudre, le sang,\nla destruction, aussi voyez comme nous nous aimons et nous aidons les uns\nles autres, chiens de chrétiens de chiens que nous sommes ! — J'ai vu\navec plaisir que David s'est enfin décidé à aller à Bonn, mais les honneurs\nont été là pour ce saltimbanque de Liszt parce qu'il a eu le toupet de\nse les préparer soi-même à soi-même. Il est impossible que cette grande\nsolennité n'exerce pas sur David une heureuse et grande influence. Si\nj'étais musicien comme David, le transport et le délire musicaux ne me\nquitteraient pas, dut ma vie se transformer 20 ans plus tôt.\nLorsque j'assiste réellement ou par la pensée à ces grandes commu-\nnions d'hommes, je me prends à détester la vie de famille, mon commerce,\nma cité !\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMonsieur,\nIl est bien malheureux pour moi de recevoir tant de reproches au\nsujet de la lettre que je vous ai écrite dernièrement, qui selon moi ne\nles méritait pas. Avant de vous écrire j'avais consulté David et ce n'est\nque quand il m'a démontré la nécessité d'une prorogation par rapport\nau voyage de Russie et par rapport au temps qu'il a encore à exploiter\nle Désert en Allemagne que j'ai dit qu'il fallait proroger ce traité. Car\nvous devez vous rappeler que je n'avais été moi-même de l'avis d'une\n\n(I)fMs. 7665.\n(2) Ms."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.25", "texte": "252\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nprorogation, et je suis tellement malheureux dans les propositions que\nj'émets auprès de vous que quoique je dise, il ne m'en advient que des\nreproches. Dans notre entrevue à Paris, il fut question de cela, et je vous\ndis que à mon avis, le Désert avait été assez exploité et même trop, qu'il\nfallait le faire mettre au commerce en faisant graver, alors vous ne fûtes\npas de mon avis et vous trouvâtes que j'avais tort de penser ainsi. Ici\nje consulte David et il me dit qu'il tient au voyage de Russie et qu'à\ncause de cela il fau-t proroger. De plus, il ajoute, et je suis de son avis\nque si on grave, les partitions arriveront de suite en Allemagne, puisque\nMr Schott de Mayence se tient prêt à publier, et que David arrivera\nalors dans des pays où on serait déjà saturé de sa musique du Désert,\nraison de plus pour proroger. Ici vous avez fait erreur en pensant que\nje prêtais le projet aux Escudier de venir en Allemagne exploiter eux-\nmêmes, tandis que si vous relisez ma lettre vous trouverez tout le con-\ntraire, J'ai dit qu'ils y expédieraient de suite la partition ce qui revien-\ndrait au même pour que l'œuvre y fût exécutée avant l'arrivée de David.\nDonc cet article de ma lettre se résume en ceci : si David avait fini\nd'exploiter l'Allemagne, ou bien si son Moïse était terminé, pas de\nprorogation ; elle ne doit avoir lieu que par la nécessité de sa position\net parce qu'il peut y avoir intérêt à aller en Russie exploiter le\ninédit. Sur mon honneur vous ne trouverez pas autre chose dans ma\nprécédente lettre, et je ne vois réellement pas en quoi cette opinion est\nblamable. J'avais même ajouté que si on était obligé de proroger, il\nfallait le faire avec l'avantage pour David d'avoir d'autres pays que\nl'Allemagne, pour se rattrapper au besoin de ce que l'on ne gagne pas ici.\nTout ceci était plutôt à l'avantage de David que contre lui. Car en défi-\nnitive ma pensée est la même que le premier jour où je suis allé chez vous.\nSi on a le pouvoir de forcer les Escudier à graver, il faut le faire. Eux\nseuls y perdront la moitié de ce qu'ils auraient gagné en Russie. Quand\nà David, il n'y perdra rien, car il pourra y aller exploiter le Moïse inédit ;\nainsi que d'autres compositions et au besoin le qui bien que gravé\nalors n'en sera pas moins un corrollaire agréable pour les concerts. Voilà\nmon opinion, elle n'a que la valeur de cela ; car vous auriez tort de croire\nque je veux vous imposer mes idées, je sais reconnaître toujours l'au-\ntorité que vous donne votre expérience des hommes et des choses, et\nil vous est toujours réservé de pouvoir les rejeter ou les approuver selon\nque vous les jugez bonnes ou mauvaises.\nVous insistez dans votre lettre et d'une manière bien fâcheuse pour\nmoi sur mon incapacité industrielle, tandis qu'il vous serait bien facile\nd'avoir la preuve du contraire, si vous vouliez vous donner la moindre\npeine à ce sujet. En effet au lieu de me juger sur l'effet que j'ai pu\nproduire sur vous, il serait bien plus simple de consulter les divers indus-\ntriels dont j'ai dirigé les affaires. Donnez-vous la peine d'écrire àM. Bois-\nselot, facteur de pianos à Marseille et à M. Pépin, éditeur de la même\nville et là vous pourrez savoir comment j'ai opéré pour eux et quels résul-\ntats j'ai obtenus dans le commerce qui est celui qui s'allie le mieux\nàla musique. Il y a à Aix cinq mille âmes, écrivez au hazard au premier\nvenu, haut ou bas placé, car tous me connaissent, et demandez leur"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.26", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n253\n\ncomment j'ai opéré commercialement. Parce que j'aurai pu donner un\nconseil ou émettre une opinion fausse, si tant est que je l'ai fait, il ne\ndoit pas s'ensuivre de là que je sois incapable. Quel est l'industriel qui\nne se trompe pas. Vous même, qui êtes doué d'une intelligence supérieure\nà celle de beaucoup d'autres, je suis sûr qu'il a pu vous arriver de vous\ntromper quelquefois en affaires. Vous dites à David, si Sylvain avait\nla moindre idée d'industrie, il ne resterait pas un jour en Allemagne,\noù il n'y a rien à faire comme exploitation. J'avoue que je ne comprends\npas votre pensée sur ce point. Vous savez que je tiens essentiellement\nà débuter comme éditeur par un ouvrage un peu saillant, et il a été\ndécidé que ce devait être le Moïse. Or, il ne me convenait nullement\nd'ouvrir un magasin à Paris avec une ou plusieurs romances de David.\nJ'aurais excité la jalousie des autres éditeurs pour bien peu de chose.\nA paraitre sur la scène (?) il faut y arriver de manière à se poser conve-\nnablement. Or, il a été décidé, que au lieu de perdre mon temps à Paris\njusques là, je serais utile à David, et j'ai parti de suite, abandonnant\npar dévouement pour lui, patrie, femme, enfants, tout enfin. Au reste\nje ne m'en repens pas aujourd'hui, et vous-même vous en serez bien\naise quand vous saurez que le Moïse sans cela serait indéfiniment retardé.\nDavid a composé presque tout sans paroles, il y a des rithmes, sans\ncoupe régulière, et il faut être plutôt musicien que poète pour y accoler\ndes paroles. Grâce à une tâche laborieuse que je me suis imposée, travail-\nlant quand il va courir, je parviendrai, je l'espère, à faire que cet ouvrage\nsoit complètement prêt sous peu de temps. Or, s'il avait fallu faire cela\npar correspondance, surtout David étant si paresseux pour écrire, cela aurait\ntraîné encore six mois. Vous comprenez donc que je ne reste pas en\nAllemagne pour rien, et que je sais parfaitement que ce n'est pas un\npays pour y gagner de l'argent; ce n'est pas d'aujourd'hui que je sais\nque c'est plutôt un voyage que David devait faire pour sa réputation\nque pour l'intérêt. Si David vous a montré la lettre que je lui ai écrite\nle lendemain de son succès à Paris, vous y verrez que je lui conseillais\nde voyager dans ce sens. Notre marche était très simple. Il faut assurer\nle succès du Moïse en Allemagne soit à Leipsick soit à Vienne. Une fois\nce succès qui sert de passeport pour les autres villes, on va exploiter ferme\net rapidement Paris V Angleterre et ensuite les villes les plus importantes\nde France. Nous pouvons exploiter ensemble ou sur deux points diffé-\nrents àla fois, et un de nous peutaller exploiter la Russie. Je veux perdre\nà tout jamais l'amitié de David, si cette exploitation ne lui rapporte\npas à lui et à moi vingt fois plus que n'a rapporté le pour lui\nsurtout qui n'a presque rien eû des Escudier. Pourquoi ne voulez vous\npas comprendre qu'un dévouement sans bornes comme celui que j'ai\npour David peut faire d'aussi grandes choses que l'appât des richesses\nou une avide ambition ?\nCertes, je ne demanderais pas mieux que de prendre la position\nque vous voulez me faire auprès de David : etre toujours avec lui, son\naide de camp, son secrétaire intime, son sténographe, recueillant au vol\nses pensées, ses inspirations, comme je fais aujourd'hui, en un mot, mais\ncela ne peut pas avoir lieu encore. David n'a pas encore une position"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.27", "texte": "254\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nassez opulente pour se permettre de rétribuer convenablement celui\nqui a comme moi une famille assez nombreuse, qui se repose tout entière\nsur moi. Dans ma pensée, mes deux idées pourraient se rallier. David\npar le Moïse et les autres mélodies qu'il m'a assurées me met en position\nde réaliser une certaine fortune et de recevoir des propositions d'Editeurs\ninfluents dont l'association (?) me représente des garanties et des chances\ncertaines. Je puis alors trouver moyen tout en étant intéressé dans leur\nexploitation de garder la liberté nécessaire pour suivre David dans ses\nvoyages, rester à côté de lui même à Paris, et être ce que vous désirez\nque je sois auprès de lui. Je ferai alors encor par dévouement ce que je\nfais aujourd'hui de la manière la plus désintéressée, car vous ne devez\npas douter que mon absence de mes affaires à Aix me fait perdre beaucoup\nd'argent, et je n'ai pû me décider à ce sacrifice pécuniaire que dans\nl'espoir d'un prochain avenir et d'une position plus favorable. Je n'ai\njamais pensé à enchaîner la volonté de David pour d'autres ouvrages\nà venir. L'exploitation du Moïse sera un fait et on pourra me juger. S'il\nest prouvé que je ne m'entends pas au métier d'éditeur, David sera\nlibre d'en chercher d'autres. Il en sera quitte pour m'avoir favorisé\nsous ce rapport et m'avoir donné un témoignage d'amitié et de recon-\nnaissance en me donnant la préférence en cette occasion. Certes, cela\nne l'empêchera d'aller pas malgré cela à la gloire et à la fortune. On peut\nbien prendre quelques gouttes d'eau dans un fleuve sans qu'il y paraisse,\nor, David n'est-il pas un fleuve d'harmonie ? Mais je suis forcé d'avoir\nmeilleure opinion de moi que vous n'en avez vous même. Le\nréussira, il fera beaucoup d'argent et tout le monde sera content, auteur,\npublic et éditeur. Quant à Paris, je n'en suis pas en peine, les directeurs\nont autant d'interet que l'auteur lui même à le faire réussir et ils con-\nnaissent encore mieux que personne les moyens de un succès.\nVous me parlez des éditeurs de Paris, et vous dites qu'ils en mange-\nraient dix comme moi.Cela est très exagéré, mais je suis trop franc pour\nne pas reconnaitre une partie de cette vérité. Ils sont plus intriguants, plus\nadroits si vous voulez et connaissent mieux la place de Paris. Mais\nil n'est pas juste de m'en faire un reproche. Ces messieurs quand ils\nsont venus à Paris ne le connaissaient pas mieux que moi, ils n'ont\npas toujours été aussi puissants qu'ils le sont aujourd'hui, et si jamais\nun auteur influent ne les avait favorisés, ils seraient restés en chemin\ncomme tant d'autres. En éditant de la bonne musique, quand ils n'en\néditent que de la mauvaise, je dois être plus qu'à leur niveau, et j'aurai\ntoujours l'avantage sur eux d'apprécier par moi même et non par le\ncanal d'autrui l'importance d'une composition qui me sera présentée.\nLe temps et l'expérience, je l'espère, feront le reste."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.28", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n255\n\nLE RETOUR EN FRANCE\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[I845 ? ]\nCher pere\nJe suis malade depuis quelques jours d'un refroidissement qui,\nheureusement n'aura pas de suites graves. Je vais beaucoup mieux\naujourd'hui. La bourse seule va très mal. Le départ de Sylvain, le loyer,\nColin, et autres petits comptes à régler m'ont épuisés (sic). Voici\nles gros qui vont arriver ; il me faudrait donc deux mille francs. Soyez\nassez bon, cher père, pour me les envoyer d'ici à demain midi.\nJ'irai vous voir à ma première sortie.\nA vous de cœur,\nfélicien David.\n* ... K., •• .*Â - --v- 1\n\nF. DAVID A MADAME CHEVALIER\n(2)\n[Paris, 1845-1847]\nMadame\nJ'ai confié à Mademoiselle votre fille, depuis fort longtemps, deux\nmélodies, Crainte d'amour,et une autre commençant par ces mots :\nComme aujourd'hui je suis joyeuse,voudriez-vous avoir la bonté de les\nremettre à M. Jourdan qui vous présentera cette lettre.\nAgréez, madame, mes salutations empressées, et faire mes compli-\nments à mademoiselle Chevalier.\nfelicien||David.\nMadame Chevalier.\n(i) Ms. 7710\n(2) Ms. 7710. Ecrit sur du papier à\\en-tête du ajournai L, Algérie, Afrique,\nd'Orient et de la Méditerranée, rue Neuve4les-Petits-Cliaißps,|3s ; ce.billet date par consé-\nquent des années 1845-1847."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.29", "texte": "256\nFÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(2)\n[Paris, février 1846 J.\nCher père,\nJ'ai passé la soirée hier avec la famille Suquet avec David qui m'a\nfait faire leur connaissance. Demain il est convenu qu'il va chercher\ndes appartements pour David. C'est le moment pour moi de vous rappeler\nà vous qui en comprendrez mieux encore l'utilité que David, l'impor-\ntance pour moi d'être tout-a-fait à portée de me concerter avec David\net d être rapproché de lui. Cela nous a été utile en Allemagne, de pouvoir\nà chaque instant nous communiquer nos idées, nos plans de campagne\npour tout ce qui touche aux affaires et aux intérêts matériels de David\nque j en reconnais encore mieux l'avantage ici où les affaires vont qua-\ndrupler et où une fois le Moïse mis en branle, les courses, les copies,\nde parties, la surveillance à donner à l'orchestre et mille choses que je\nne puis prévoir encore, vont nous absorber complètement. N'ayant\npas amené ma famille, et me trouvant seul à Paris, il est beaucoup\nplus facile à David de trouver à me donner, après avoir gardé pour lui\nsalon, chambre à coucher, et cabinet de travail, il peut se trouver une\nautre chambre où on puisse caser un lit et un bureau pour écrire et où\nse trouvera toute la musique que j'aurai à voir souvent, à classer, à\nexaminer soit pour les paroles à ajouter sur ce qui est déjà fait, soit\npour en proposer la vente aux éditeurs ; vous savez l'insouciance de\nnotre ami, sa condescendance facile même quand elle peut nuire à ses\nintérêts, il pourrait livré à lui-même prêter des partitions, des ouvrages\nimportants qu'on lui copierait, qu'on lui emporterait, choses (sic) qui lui\nest arrivée quelquefois. Je veux prévenir cela et je n'ai pas d'autre\nbut en me rapprochant de lui. Si vous pensez la dessus comme moi,\nprévenez en Mr Suquet pour qu'il s'arrange de quoi trouver cette chambre\nde plus en prenant le logement de David.\nLes Escudier m'ont écrit hier, je m'y attendais, ils m'ont envoyé\nun billet pour leur concert d'hier ; je n'ai pu y tenir, il y a un certain\nchanteur qui a écorché David d'une manière si terrible que je suis\nsorti immédiatement. Ses Hirondelles ont été plumées complètement.\nC'est dégoûtant d'entendre parodier de si belles choses.\nMaintenant ils veulent que je leur fasse un article sur l'arrivée de\nDavid. Cela ne me convient pas, à cause de ma position et de la reserve\noù je prétends rester avec eux. ils veulent d'ailleurs emboucher la trompette\npour signaler le don fait aux pauvres par David à Aix et insérer la lettre\nque je fis écrire à David au maire et que les journaux d'Aix ont reproduite.\nTout cela serait bon dans un autre journal que la France musicale,\nmais ici on aurait l'air de dire que David n'a donné cela à Aix que pour\nle faire dire plus tard au journal des Escudier. Et cette bonne action\n\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.30", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n257\n\ntoute spontanée, toute de cœur serait ainsi gâtée. Je me propose d'aller\nchez eux empêcher cet article ou pour que du moins il soit présenté\nconvenablement.\nJe porte aujourd'hui, sur sa demande, à David la partition et les\nparties du Moïse. Jusqu'à présent je n'avais pas lâché cette partition\nqui avait échappé même à la Douane autrichienne. J'ai presque peur que\nDavid ne la montre un peu trop, avant-hier encore les Escudier sont\nallés chez lui à dix heures et demie du soir. Conseillez lui toujours la pru-\ndence.\nJ'ai pensé à quelques variantes sur les vers que vous m'avez signalés\ncomme devant être changés, je vous dirai cela à notre première entrevue,\net je voudrais savoir si demain aussi matin que vous voudrez, elle ne\npourrait pas avoir lieu chez vous, car il est beaucoup d'autres choses\nimportantes dont je pourrai avoir à causer avec vous, avant d'agir, il\nfaut bien se concerter.\nVoici un journal d'Allemagne ; leurs intentions sont bonnes mais\nles vers sont un peu trop aériens. J'en aurai d'autres à vous montrer\nplus tard. Mille salutations respectueuses.\nvendredi\n\nS. St-etienne.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[Paris, fin février 1846.]\nCher père,\nil y a eu séance ce soir chez David : Suquet et Térence [Hadot] y\nétaient, et ont été enchantés des mélodies pour violoncelle et piano.\nOn à également joué la symphonie en mi-bémol arrangée à 4 mains\nM. Meissonnier qui y était, est plus que jamais porté pour la musique\nde David. C'est un Editeur intelligent, excellent musicien, il comprend\nce que vaut un jeune compositeur riche d'avenir. Nous sommes d'accord\npour l'album à 2.500 Mais maintenant il veut les mélodies de violon-\ncelle, il m'offrait 4.000 fr. du tout. Bien qu'on pût retirer encore 1.000 fr.\nde Schott pour l'Allemagne de ces deux ouvrages, et que 5.000 soient\nbons à prendre, je ne conseille pas cette affaire à moins de 2.500 —l'album\net 3.000 les mélodies de violoncelle pour la France seulement. Meis-\nsonnier y arrivera, je ( ? ) lui comprendre. A défaut, il prendra\ntoujours l'album à 2.500 et on pourra attendre cet hiver pour le\nreste. Voilà mon opinion.\n\n(1) Ms. 7779.\n3"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.31", "texte": "258\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nDavid m'a remis la procuration. Il était mieux ce soir, j'espère qu'il\nsera bientôt complètement rétabli.\nRecevez, cher père, mes sincères et cordiales salutations.\nvotre tout dévoué.\nVendredi minuit. SYLVAIN St-ENENNE.\nCher père,\nJe résume ce que je vous ai dit ce matin pour la partie financière\nde la recette de David.\nIl faut que Meissonnier donne 2.500 — au lieu de 2.000 qu'il offre;\navec cela, il aura les romances déjà faites, deux petites mélodies pour\npiano faites également, et cinq romances à faire. Il complète la deuxième\navec une qu'il a achetée antérieurement. David ne doit pas s'engager à com-\nposer plus de cinq romances, pour ne pas arriérer un travail plus impor-\ntant. — On demandera de l'album à Schott, pour l'Allemagne, 50 —\nattendu que les 2.500 — pour Meissonnier se bornent à la propriété\npour la France.\nSi on veut acheter les mélodies violoncelle et piano, c'est 3.000 fr.\npour la France et 600 fr. pour l'Allemagne.\nDavid a vendu antérieurement, ainsi que je vous l'ai dit, savoir :\nà Meissonnier — Symphonie en mi bémol )\nle Captif, f\nChoeur Chant du soir j I,300 »\nnocturne à 3 voix )\nA Schott, les mêmes 600 »\nA MM. Brandus <§■ Cie, savoir :\nl'amour créateur 1\nLe mourant 3 mélodies j 700 »\nFormosa I\non a demandé à Schott, 200 »\nMme Carrare a acheté :\nO Salutaris \\ , „ .\nAve verum ! a payer dans 8 Jours 100 »\non a demandé à Schott pour les 2 morceaux\nreligieux 50 »\nen expectative 250 »\nEn affaire conclue et somme reçue 2.700 »\nJ'ai oublié une chose importante ce matin, c'est de vous demander\nla procuration en blanc que vous avez et qui m'est indispensable pour"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.32", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n259\n\ntraiter avec les directeurs, David n'étant pas cette fois avec moi, ayez\nla bonté de la remettre à Jules qui vous porte cette lettre et de la faire\nporter chez David où je passerai la soirée.\nTamisier est venu ; je lui ai dit formellement que David n'avait\naucune proposition d'acquisition du à faire, et que c'était à des\néditeurs que les Escudier devaient s'adresser si cela leur convenait. Ja\nne serai pas fâché de savoir ce qu'il adviendra de cette affaire, et je vous\nprie de m'en écrire le résultat.\nVeuillez recevoir, cher père, la nouvelle assurance de tout mon res-\npectueux dévouement, me continuer votre affectueuse bonté et ne pas\nme faire faute de vos conseils dans l'occasion.\nVotre tout dévoué serviteur\nSYLVAIN St-EnENNE.\nParis, le 17 juillet 1846.\nP. S. Je regrette bien de ne pas avoir copie du traité entre Escu-\ndier et David, qui fait l'objet du procès; je connais plusieurs légistes et\navocats distingués à Aix qui auraient pu me donner conseil là dessus ;\net comme le procès n'arrivera pas jusqu'à cet hiver, ils auraient pu être\nutiles. Si vous avez l'occasion de faire faire cette copie, et de me la faire\npasser dans une lettre, vous m'obligerez.\nS. S'-E.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n1847] (2)\nCher père\n, Arlès m'a annoncé une nouvelle qui m'aurait rendu très joyeux si\nj'avais pu retarder mon départ pour Paris. Malheureusement c'est\nimpossible, j'ai des engagemens pour Bruxelles, Gand et Lille, il faut\nque j'y sois au commencement d'octobre, je ne pourrai donc pas voyager\navec vous, ce qui m'attriste beaucoup, j'aurais tant aimé vous voir à\nmon arrivée à Paris, quand reviendrez-vous PArlès ne m'en dit rien,\nj'espère que vous reviendrez bientôt, et que je pourrai au moins vous\nembrasser avant mon départ pour la Belgique.\nCette lettre vous sera remise par S'-Didier qui tient absolument\nà vous voir et qui vous aime toujours de tout son cœur ; toute sa famille\npartage cette affection.\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Cette lettre date de l'époque du voyage de David dans le Midi."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.33", "texte": "260\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nAdieu, mon père, je vous embrasse de loin en attendant de vous voir\nbientôt, je serre la main au brave Arlès quoiqu'il m'ait envoyé au diable.\na vous d'âme.\nFelicien DAVID.\nil est inutile de penser donner des concerts à Lyon maintenant, jl\nest presque convenu avec Georges (i) de mettre en scène C. Colomb et\nde le donner cet hyver. nous ne perdrons rien à attendre.\nje vous prie de faire mes compliments affectueux aux dames Nugues\net à toute la famille. Je regrette doublement de ne pouvoir vous accom-\npagner.\nje n'ai pas eu le temps d'aller à Oullins (2) voir Me Arlès et sa\nfamille. Quand vous les verrez, dites leur mille choses affectueuses\npour moi.\n[Marseille, été de 1847]\nCher père,\nArthur (3) et Bruno que j'ai vus l'autre jour m'ont fait les plus\nsanglants reproches sur ma paresse, je voulais un moment leur en\ndemander raison ; mais réfléchissant que des reproches venaient des\nhommes les meilleurs et les plus pacifiques, je me suis calmé, en avouant\nmoi-même qu'ils n'avaient pas tort, cependant ma faute n'est pas si\ngrande qu'on pourrait le croire et les bonnes intentions ne m'ont pas\nmanqué, chaque fois que j'allais écrire, je trouvais mon encrier à sec.\nque faire à cela!! j'y voyais une indication providentielle. Le ciel était\nd'accord avec ma pensée et si n'avaient été quelques petits remords\npar ci par là j'aurais été fort tranquille.\nVous avez de mes nouvelles de Lyon par Arlès. jl a du vous dire que\nje n'avais pas été très merveilleusement accueilli dans cette ville, la\nchaleur et lecolysée aidant, j'ai parfaitement compris cette conduite,\nj'avais moi-même plus envie de me baigner que de donner des concerts,\nd'ailleurs mon immense amour-propre me défendait de donner d'autres\ncauses à cette indifférence à mon égard. Mais à Marseille çà été bien pis :\nmes honorables compatriotes demandaient au désert des chameaux (4).\nCette fois, ils voulaient des thons, des tritons, que sais-je encore ? bref :\nIls ont voulu écraser C. Colomb par le Désert. Ils adorent ce Désert :\nils le demandent à grands cris ; et moi, bonne pâte que je suis, je vais le\nleur donner lundi prochain avec deux parties de Colomb. Mais je jure\npar le soleil qui nous éclaire que ce sera le dernier concert que je donnerai\nà mes chers compatriotes, dûssent-ils venir m'implorer à genoux.\nCe voyage aura donc été pour moi une promenade tout à fait de\nplaisir si n'avaient été ces atroces concerts qui m'ont un peu échauffé\nla bile... pour me dédommager j'ai été prendre des bains à force et je\n\n(1) Georges Hainl.\n(2) Dans le département du Rhône.\n(3) Arthur, fils naturel du Père-Enfantin.\n(4) Voir plus haut, la lettre du 11 avril 1845."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.34", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS J\n261\n\nm'en suis bien trouvé, je n'oublierai pas dans mes bonnes journées\ncelles que j'ai passées à Curson chez les demoiselles Nugues. il n'y man-\nquait qu'une chose, c'était votre présence, nous nous sommes dédom-\nmagés en pensant et parlant de vous.\nj'ai eu des nouvelles de tous les amis par les voyageurs égyptiens ;\nil paraît que tous se portent a merveille et qu'ils pestent contre moi à\nqui mieux mieux, je pense aller m'offrir à toute leur colere vers la fin du\nmois de 7bre. mais je leur conseille de parler bas, s'ils ne veulent\npas essuyer de mes arguments, vous pensez bien que je n'ai pas laissé\nde côté l'argumentation par tierce et par quarte et que j'ai\navec les meilleurs professeurs de la province, ainsi que chacun se tienne\ntranquille. aDieu, cher père, je désire bien vous revoir ; en attendant,\nje vous embrasse de tout mon cœur.\nj'embrasse aussi, malgré les mauvais propos tenus sur moi, tous les\namis: Térence, I Duveyrier et tutti quanti.\n(jour dan.\nmille choses affectueuses à Mr Adèle.\ntout a vous de cœur.\nFelicien DAVID.\n[1843-1855.]\nCher père,\nJe vais mieux. J'accepte l'invitation chez Mme Kienné (i). Quant à\naujourd'hui, je suis pris\na vous de cœur\nfelicien David.\nAdresse : Monsieur Enfantin\nEn Ville.\n[[lB4B-1849]\nCher pere,\nEncore de l'argent que je vous demande, 500 112. j'ai mon loyer\na payer et ma provision de bois a faire. Mais voici bientôt, j'espère, les\nrecettes qui vont arriver avec les concerts en Hollande, à Paris : avec\nle jugement dernier et puis ce fameux opéra que je mitonne avec amour.\nJe vous embrasse cher père.\nFélicien DAVID.\nje pars vendredi pour Chateaudun. (3) je pourrai donc encore dîner\navec vous demain.\n\n(r ) Mme Kiéné, mère de Mme Bigot, célèbre pianiste amie de Beethoven.\n(2) Chez Hadot."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.35", "texte": "2 62\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nHADOT AU PERE ENFANTIN\n(i)\n25 juin{1848]\n...Je ne sais si l'affaire dm maestro a marché depuis son départ. Voici\noù elle en était le 16 juin. Son adversaire avait pris avocat, lequel était\ntombé d'accord avec Nicolet que le débat ne serait pas porté devant les\ntribunaux, mais seulement devant arbitres. Nicolet a de plus, consenti\nà accepter une sentence sans appel si les arbitres étaient choisis à sa\nconvenance. Trois anciens et très honorables bâtonniers de l'ordre des\navocats, M®* Marie, Paillet et Duveyrier ayant accepté cette mission,\ntoute objection tombait. Ces Messieurs jugeront en dernier ressort, et\nNicolet a l'assurance que quel que soit leur arrêt, il sera rendu sans\nfrais pour David. Voilà pour la procédure. Quant au fond, si, par impos-\nsible, David succombait, il serait condamné à relivrer sa partition, soit\nsous peine de dommages intérêts fixés, soit sous peine de dommages\nintérêts multipliés par chaque jour de retard. Dans ce dernier cas, à\nmoins que la somme ne dépassât que de peu le prix d'une course d'om-\nnibus ou d'un cigare de la Havane, il faudrait courber la tête et se dévouer\nà toutes les horreurs du boulevard du crime.\nLa question devait être vidée (du moins les arbitres l'avaient promis\nà Nicolet) peu de jours après le xetour de nos hôtes. Il avait, par suite,\nété trouvé convenable de ne pas se mettre en routepourSéricourt(2)avant\nle jugement, afin de n'avoir pas à revenir, en cas de condamnation dure,\nsur l'appropriation de la musique brésilienne aux faits et gestes\nbohèmes (3). Dans cette hypothèse, heureusement bien peu admissible,\nDavid ne se mettrait pas moins à l'œuvre avec le grand faiseur (4).\nMais il s'y mettrait avec une situation bien dessinée, une détermination\nbien nette, celle de faire du neuf et rien que du neuf. Vous aimez assez\nles déterminations nettes pour approuver celle-ci.\nJ'attends avec bien de l'impatience la solution de ce trop long\nimbroglio. Vous la connaîtrez sans doute avant moi. Priez du moins ce\nmaître taciturne de ne pas me laisser trop longtemps dans le doute. Je\nvais presser Nicolet, qui a été bien écrasé de besogne à son retour, de\nne laisser repos ni trêve à ses trois grands confrères aussitôt qu'il sera\nun peu débrouillé.\n[Chatea(?) 1848.]\n...De part et d'autre on nous traite en véritables et nous\nsommes ici comme au secret. Je me suis abonné à VEstafette pour être\n\n(1) Ces deux fragments extraits des lettres 135 et 136 du ms. 7630, datent de 1848.\nHadot qui écrivit avec Méry le livre de l'Eden.\n(2) Résidence de Scribe, en Seine-et-Marne.\n(3) Allusion à la partition de la Perle du qui ne fut représentée que le 22 no-\nvembre 1851, au Théâtre Lyrique; le poème était de Gabriel et Sylvain Saint-Etienne.\n(4) Scribe."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.36", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n263\n\nau moins au courant (sans me compromettre) des destinées de (1)\nmais cet affreux journal, le plus mal rédigé que je connaisse, malgré\nl'intérêt que Bareste lui porte, ne manque jamais d'oublier l'article\nspectacles les lundis, mercredis et vendredis.\n\nF. DAVID A MADAME X.\n(2)\n[Automne 1851.]\nChere madame,\nJe me faisais une fête de dîner aujourd'hui chez vous avec les amis,\nquand il m'est survenu une invitation de Mr Sevestre (3) pour un dîner\nd'affaire, à laquelle il faut absolument que je me rende, j'espère que\nvous serez assez bonne pour m'excuser. j'irai d'ailleurs ce soir vous\nexprimer moi-même tous mes regrets.\nVotre bien dévoué et affectionne\nfelicien David\n[Hiver de 1851-52]\nChère Madame,\nJe suis en ce moment en froid avec la direction de l'Opéra national\net il me serait difficile pour ne pas dire impossible d'avoir des billets de\nfaveur pour mon opéra (4). J'espère que cette situation ne se prolongera\npas et que je pourrai bientôt vous dédommager du refus que je me vois\nobligé de vous faire à mon grand regret, aujourd'hui.\nmille complimens affectueux\nfelicien David.\n\nA LA MEME\nFélicien Daxid.\n(5)\nChère madame,\nje vous envoie cette loge pour vous dédommager de mon refus de\nl'autre jour.\nbien à vous\n(i) La première représentation de VEden avait eu lieu à l'Opéra le vendredi 25 août\n1848. Ce « mystère en deux parties», poème deMéryet Hadot, n'eut que cinq représentations.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Directeur du Théâtre Lyrique (1851-1852.)\n(4) La Perle du Brésil. Le Théâtre Lyrique porte nom d'Opéra National jusqu'au\n12 avril 1852.\n(5) Ms. 7710."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.37", "texte": "264\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[:même époque.]\nj'étais bien entendu, cher Père, que ces deux entrées étaient pour\nvous. Quant aux places numérotées plus ou moins bonnes, je ne pouvais\nen avoir, attendu qu'on n'en donne qu'aux billets payants. Mais je\ndirai qu'on vous place le mieux possible.\nje n'ai pas entendu parler de cette affaire de Londres. Je ne sais ce\nque c'est.\na vous,\n112. DAVID.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n(2)\nMon cher monsieur,\nLa partition de VEien est retrouvée. Je ne saurais trop vous remer-\ncier de m'avoir donné le moyen de me mettre en rapport avec M. de\nMaisonhaute, il a été l'obligeance extrême, et je vous le dis pour que\ndans l'occasion vous puissiez lui en tenir compte.\nC'est une bonne inspiration que nous avons eue d'avoir recours à\nvous en cette occasion, et par l'envoi de votre lettre qui a eu un si heu-\nreux résultat vous nous avez rendu à David, à Fonscolombe et à moi\nun véritable service.\nAgréez, avec mes remerciements, la nouvelle assurance de mon\nsincère et respectueux dévouement\nSYLVAIN S^ETIENNE.\nParis les Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port-Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher Monsieur,\nVous me dites qu'il est inutile que je réponde à votre dernière lettre,\nmais il faut bien que je vous dise cependant que je m'étais occupé de\n\n(1) Ms. 7630 (1840-1861), n<> 63. Ce billet fut vraisemblablement écrit comme les deux\nprécédents, à l'époque des représentations de la Perle du Brésil à l'Opéra national.\n(2) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.38", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n265\n\ncette affaire de concerts à Lyon, et que ce n'est plus moi qui suis un\nobstacle à sa réalisation. Quand j'ai fait part à David, des propositions\ntrès vagues du reste, de Georges Hainl], David m'a répondu qu'occupé\ncomme il l'était par le travail sérieux de son opéra, il ne se déciderait\nqu'à regret à aller à Lyon, et il a fixé un prix de 4.000 112. à lui assurer\npour le cas où il entreprendrait ce voyage.\nJe pense moi que c'est cette manière de présenter l'affaire à Georges\nqui a fait que celui-ci n'a pas pris la peine de répondre, car je lui ai fait\nremettre la lettre à son hôtel à Paris, avant son départ, et depuis je\nn'ai plus rien reçu.\nJe ne vous charge de rien, je sais bien que vous avez assez de vastes\naffaires sur les bras, moi, je n'en suis pas non plus à me croiser les bras\naujourd'hui avec mon édition, mais je vous dis ceci au cas où le hazard\nvous ferait rencontrer Georges : la présence de David est-elle indispen-\nsable avec un chef d'orchestre comme Georges pour gagner de l'argent\nà Lyon avec les œuvres de David : Désert, Colomb, Eden et Moïse, ces\ndernières créations venant de produire beaucoup d'effet à Paris ? Moi\nje pense qu'on ferait beaucoup plus d'argent avec David, mais si le\nrefus de lui assurer 4.000 112. détourne le directeur du Cirque ou du\nfhéatre de cette affaire, il me semble qu'elle peut se faire autrement.\nA défaut de David, je mettrai mon concours pour ce qui tient aux détails\net à la tradition de ses œuvres, à la disposition de ces messieurs.\nAu reste je viens d'écrire dans ce sens à Georges.\nRecevez, mon cher monsieur,\nl'assurance de mon sincère\net respectueux dévouement.\nSYLVAIN SÏ-ETIENNE.\nParis le 11 Avril 1853.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin\n21, place port Saint-Clair\nLyon (Rhône).\nMon cher monsieur,\nJ'ai hésité longtemps à vous occuper de l'affaire pour laquelle je\nvous écris aujourd'hui. Mais j'ai pensé, après y avoir bien réfléchi, que\nvous seul pouviez en être l'arbitre entre David ou plutôt M. Arlès\net moi. Il n'est guère possible d'ailleurs que ce soit un autre que vous\nqui se trouve de moitié avec M. Arlès pour l'achat de (1).\n\n(i) La Fin du Monde, après de nombreuses transformations, devint Herculanum,\nreprésenté en 1859 à l'Opéra. Eugène de Mirecourt, le collaborateur de David publiant en\n1854 même, une biographie de ce dernier, écrivait (p. 91) : « L'œuvre de notre héros est\nprête ; elle a toutes les conditions exigées par le drame lyrique, son titre est la Fin du\nMonde ; toute la partition peut, dès aujourd'hui, se distribuer aux pupitres de votre"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.39", "texte": "266\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nJe dois donc vous faire connaître ce qui est arrivé au sujet de cette\nœuvre.\nD'abord, vous n'ignorez pas que c'est moi qui ai le premier été\nchargé de faire faire cette œuvre à David. Tilly était alors directeur\nà la Porte-Saint-Martin, il venait de recevoir le drame d\nde Gabriel et de Mirecourt, et désirait avoir des chœurs comme on\navait fait à l'Odéon pour Antigone.(l) Je proposai la chose à David, qui\nl'accepta, et à cette époque, moi-même j'ai aidé à parodier la musique\nsur des paroles de David qui ne restent plus aujourd'hui à cause du\nbouleversement complet de l'ouvrage et de sa transformation en opéra.\nDu jour où je suis devenu éditeur de musique, vous savez que j'ai\nacheté tous les manuscrits qui lui restaient comprenant indépendamment\nde quelques morceaux isolés, L'Eden, le Moïse et les trois symphonies\nà grand orchestre en mi, en fa et en ut mineur. Je vous ferai observer\nen passant que ces cinq ouvrages, les trois derniers surtout, ne pouvaient\nêtre achetés que par un éditeur ami, l'affaire étant plus artistique que\ncommerciales. En effet, je savais déjà, bien que je fusse depuis peu\ndans le commerce de musique que de pareils ouvrages très coûteux\npour graver, ne se vendent qu'à de très rares exemplaires et ne payent\njamais les frais d'édition.\nJe dois vous expliquer cela pour vous faire apprécier le sentiment\nqui m'a guidé quand j'ai fait l'achat de ces œuvres de David, qui tenait\nessentiellement à ce qu'elles puissent être appréciées par les artistes.\nIl ne pouvait y avoir pour moi qu'une compensation à cette affaire\nonéreuse, c'était de publier plus tard des œuvres qui pourraient être\nobtenues à des conditions plus favorables par l'éditeur. . ■'% j\nVous comprenez que le jour où j'ai eu la pensée d'ouvrir un magasin\nde musique, c'est David qui dans ma pensée était mon guide et mon\ndrapeau ; mes amis qui sont ceux de David, sont devenus d'autant\nplus volontiers mes commandataires que je leur ai fait partager la\nconfiance que j'avais en lui. Mon idée était de suivre les chances de sa\nbonne ou mauvaise fortune, me consolant des revers ou m'applaudissant\ndes succès, suivant que la chance ou le caprice du public amènerait les\nuns ou les autres.\nTout ceci ne doit pas vous étonner, vous qui connaissez mon dévoue-\nment sincère, mes vives sympathies pour David, et je ne pense pas que\nvous croyez que j'écris ceci pour vous faire prendre le change sur mes\nvéritables sentiments pour lui que vous avez pû sonder et apprécier\ndepuis longtemps.\n\norchestre. Nous n'en ferons pas l'éloge d'avance, c'est au public de juger ». Et plus loin (p. 93 ):\n« Retenez bien cela, monsieur Roqueplan. Nous vous conseillons à vous qui aimez la\nraillerie, de ne jamais prononcer l'adage connu : « Après nous la Fin du Monde : » Cela vous\nporterait malheur ». E. de Mirecourt est bien connu par ses biographies des\nL autre collaborateur de David, Gabriel, était un auteur dramatique, qui travailla surtout\nen collaboration.\n(i ) L'Antigonede Sophocle, traduite par Vacquerie et Maquet (1844)\"; elle a été remise\nà la scène du Théâtre-Français, avec musique de M. Saint-Saëns, en 1893."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.40", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n267\n\nArrivons à l'affaire de la fin du m que j'offrais\nde racheter parce que je voyais que le prix de 3.000fr. qu'il devait à\nmes amis paraissait le gêner, nous étions d'accord sur ce point. Je lui\ndonnais encore une somme comptant pour lui en dehors des 3.000 fr.\net il me fallait encore acheter la part de Gabriel. Dans ce même moment\nil vint me proposer de lui acheter la Fin du M onde à des conditions qui\ntout en paraissant au premier aspect favorables, laissaient cependant\nbeaucoup plus de chances contraires pour moi que pour lui. J'ai su\ndepuis que David avait modifié en votre faveur ces clauses, et je crois\nqu'il a bien fait.\nMalgré que je trouvasse ces prétentions un peu fortes, à certain\npoint de vue, j'aurais peut-être consenti à les accepter, mais une des\npersonnes à qui je devais nécessairement en parler puisqu'elle devait\nme fournir les fonds nécessaires, me fit entrevoir précisément dans\nl'échelonnement des sommes à payer, des inconvénients pour moi,\nque j'avais fait déjà remarquer à David, et m'engagea à lui faire modifier\ncertaines dispositions du traité. David crut devoir ne pas le faire, et il\nne me dit plus rien de cette affaire que je regardais toujours comme\ndevant être reprise plus tard entre nous au moyen de certaines conces-\nsions mutuelles.\nJ'appris un jour par Mr Lhabitant et alors que j'avais tout à fait\npersuadé mon commanditaire que l'affaire avait passé des mains de\nDavid dans celles de Mr Arlès et ses amis. D'un côté je n'en fus pas fâché,\nje me dis : ce sont là des personnes qui n'ont pas voulu spéculer et qui\nont vouluseulement venir momentanément en aide à David. Depuis, je\ncausai avec celui-ci qui me raconta les détails de l'affaire, il me dit\nque pensant que j'avais renoncé définitivement à l'affaire (là était son\nerreur) il avait cédé l'ouvrage, mais que ses amis lui avaient promis de\nn'en pas faire l'objet d'une spéculation et de la rétrocéder à l'éditeur\nqui se mettrait à leur lieu et pince, et qu'ils avaient voulu seulement\nl'empêcher de donner son œuvre à un prix plus bas que celui qu'il avait\nlui-même demandé.\nDepuis, j'ai demandé à David, avant de tenter aucune démarche\nauprès de Mr Arlès, s'il serait bien aise que je reprisse l'ouvrage, en lui\nrappelant que je n'avais pas été le maître de l'accepter dans le temps\nqu'il me le proposait. Il m'a répondu qu'il le désirait vivement qu'il\ncomprenait que c'était juste, et qu'il aimait bien mieux d'ailleurs que\nce fût le même éditeur qui comptait tout lui prendre et ne s'était fait\néditeur que pour pousser et populariser ses œuvres. Car je ferai ici une\nparenthèse pour vous dire que j'ai racheté tous les morceaux édités\nautrefois par Schlesinger et plus tard par Brandus.\nDavid avait ajouté en cette ocasion : Je ne suis plus libre de les\nforcer à accepter, mais je ne doute pas qu'ils le feront d'après tout ce\nqui milite en ma faveur. Tous ces détails peuvent vous être confirmés\npar David lui-même.\nJ'ai cru pendant longtemps que Mr Lhabitant avait mission et\npouvoir de Mr Arlès et de vous pour traiter cette affaire et la preuve\nc'est que j'avais fait tenir prête pour lui être remise la somme de 1.500"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.41", "texte": "268\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nqui avait été avancée par vous à David ; seulement il y avait à m'entendre\nencore avec lui sur un point pour la Perle qui le regardait personnel-\nlement mais que je traitais du même coup ; lorsque Mr Arlès, se trouvant\nà Paris, je pensai que je pourrais aller franchement au but avec lui.\nMon intention était de lui faire connaître tous les détails qui précèdent,\net de lui faire savoir que dès mon entrée dans le commerce d'Editeur,\nj'avais compté essentiellement sur les futurs ouvrages de David, et\nque sans cela je n'aurais pas exposé cinq mille francs environ que je\nlui ai comptés en plus de la somme qui sont (sic) à dépenser pour l'édition\ndes symphonies dont le produit est nul ; donc évidemment j'aurais\nl'espoir de me retrouver un peu sur les opéras à'venir.\nMalheureusement Mr Arlès était très occupé et àla veille d'un voyage\nle jour ou je fus chez lui ; il y avait plusieurs personnes dans sa chambre,\net je ne pus rien lui dire. D'ailleurs il m'avait beaucoup refroidi en me\ndisant que l'affaire était dans ses mains et qu'il voulait en courir la\nchance. Je compris bien qu'en ce moment il oubliait qu'il parlait à un\nami intime de David, et qu'il ne paraissait pas se souvenir de mon\ndévouement pour lui et du désintéressement dont en maintes circons-\ntances, je ne crains pas de le dire, j'ai donné des preuves certaines.\nSi Mr Arlès avait sû tous les détails qui précèdent, au sujet de cette\naffaire, j'aime à croire qu'il aurait accueilli plus favorablement ma\ndemande, car en plus d'une occasion, et alors que je voyageais frater-\nnellement avec David, je n'ai eu qu'à me louer de son bon cœur et de\nson affabilité.\nLe refus de Mr Arlès porte à peu près sur ceci : David n'est pas riche,\nil avait des besoins quand nous nous sommes chargés de son œuvre,\nen lui avançant de l'argent, aujourd'hui s'il y a du bénifice c'est lui qui\nl'aura. Ceci est juste au fond, et à Dieu ne plaise que je blâme cette bonne\nintention, moi qui à cette époque lui ai prêté une somme d'argent qu'il\nm'a d'ailleurs remboursée depuis. Mais en cas de succès, que feront\nquelques mille francs qu'on pourra tirer de plus pour David ? Au prix\ndu traité il touchera douze mille francs et au moins vingt mille francs\nen plus de droits d'auteur. Il aura là de quoi attendre l'autre opéra\ndont je lui ai fait donner les paroles par deux des meilleurs librettistes\ndu moment. Et d'ailleurs pourquoi ne serait-on pas bien aise quel'éditeur\neût du bénifice en cas de succès ? Je ne suppose pas qu'on veuille lui\nfaire acheter à coup sûr un mauvais ouvrage. Un Editeur décidé comme\nmoi à acheter toutes les œuvres de David, doit avoir des chances bonnes\net mauvaises et c'est l'une qui doit compenser l'autre. Je vous ai déjà\ndit que les ouvrages que j'ai en oratorio et en symphonies (consultez\nDavid là-dessus) peuvent faire perdre plus que ne fera gagner la fin du\nmonde, dont le prix de gravure et d'Edition, ne l'oubliez pas, peut se\nmonter seul de 20 à 30 mille francs.\nJ'aurais encore beaucoup à vous écrire à ce sujet, mais ma lettre\nest déjà bien longue et je crains bien qu'elle ne vous fatigue peut-être.\nEn ce cas, je fais un dernier appel à votre patiente obligeance et je me\nrésume en ceci.\nJe suis l'ami sincère, et dévoué de David."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.42", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n269\n\nJ'aime sa musique au delà de toute expression.\nDès l'ouverture de mon magasin je lui ai acheté tous ses manuscrits\net en ce moment je termine la publication de la\ncollection de 30 chœurs dans laquelle j'ai placé tous les hymnes des\nSaint-Simoniens en leur conservant leur caractère et en respectant\ncomplètement la musique.\nCette collection seule me revient à peu près à mille francs. Je défie\nque tous ces morceaux malgré leur beauté eussent été achetés par tout\nautre Editeur ainsi que tous les oratorios et les symphonies, si je l'ai\nfait, c'est dans la probabilité juste et rationnelle que tout l'avenir de\nDavid auquel je m'attachais de préférence à tout autre, me serait\nacquis.\nIl y a une différence entre votre affaire et la mienne, c'est que je\nprends àla fois la fin du monde et les autres ouvrages de David.\nJ'offre donc, ce à quoi David consent d'ailleurs, de reprendre l'affaire\naux conditions du traité actuel du remboursement de suite l'argent\nversé et en me mettant à votre lieu et place. Vous pouvez me dire :\nmais pourquoi ne l'avez-vous pas fait, quand David vous le proposait ?\nJe réponds : C'était à des conditions onéreuses qu'on à modifiées depuis,\net d'ailleurs vous comprenez que je ne pouvais, en attendant tous mes\nfonds d'un ami, ne pas le consulter en cotte occasion.\nEn remettant cet ouvrage dans mes mains, croyez bien que vous ne\nnuisez en rien à David, et à moi vous me rendez service sous ce rapport\nqu'il peut m'être très nuisible qu'on m'enlève un ouvrage qui peut être\nà succès, pour ne me laisser que ceux sur lesquels la perte est assurée\nd'avance,\nJ'ai tellement cru à la conclusion de cette affaire entre David et\nmoi, que j'ai acheté à la même époque pour une somme versée comptant\nles droits d'auteur de Méry, pour les paroles, et voyez si ma position ne\nserait pas fâcheuse autant que bizarre, moi, Editeur de musique d'avoir\nla propriété des paroles et non celle de la musique. L'effet moral de la\nchose serait d'autant plus mauvais pour moi, qu'on penserait que c'est\npour l'acheter ou que j'ai perdu la confiance de David.\nMr Arlès m'a parlé de manière à me faire croire que s'il était sûr\nque je devais bénéficier seul sur l'affaire, il me ferait la faveur de me le\ncéder plutôt, mais que mon associé y aurait aussi part ; qu'ainsi donc,\nil vaut mieux que ce soit David qui le gagne. En ce cas, il peut agir\nsuivant son inspiration, car je n'ai point d'associé mais seulement des\ncommanditaires qui n'ont rien à recevoir de moi que l'intérêt égal de\nleur capital.\nMaintenant je vous ai tout fait connaître. Je parle avec sincérité\net sans vouloir en rien vous influencer. Vous me connaissez, vous savez\ndonc si je mérite vos sympathies. Moi aussi j'ai lutté comme David, et\nje lutte encore. J'ai cru que je pouvais compter sur mes amis et sur\nles amis de David. Je ne pense pas avoir démérité de vous tous, aussi\nj'espère que vous ne voudrez pas tromper mon espoir. Vous avez été\ntoujours bon pour moi. J'attends donc une réponse favorable à cette\ndemande."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.43", "texte": "270\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nDans cet espoir, veuillez bien me croire toujours\nvotre dévoué et très affectionné serviteur.\nSYLVAIN St ETIENNE.\nParis 108 bre 1854.\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\n[1843-1855.]\nCher père,\nun de mes amis d'Aix m'adresse M. Morret pour que je lui donne une\nlettre d'instruction auprès de vous. Je vous l'adresse donc, et ce sera à\nlui à vous formuler ce qu'il desire.\na vous d'ame.\nfeiicien David\nSamedi\nCher pere, 185\nJe suis allé vous voir ce matin et je ne vous ai pas trouvé. Je voulais\nque j'irai vous prendre lundi a4% pour aller ensemble chez\nBoisselot (2), comme c'était convenu. La soirée de Trio n'a pu avoir lieu,\ndeux des artistes ont dû partir plutôt (sic) que je ne croyais, nous avons\nremis cela au retour de Ritter (3)\n• a Lundi, je vous embrasse\ntendrement.\nFélicien David\n[iB4s]\nj'ai répondu a Arlès sur sa bonne offre et je l'ai acceptée de même\ncœur qu'il me l'a faite. J'aurai demain probablement le consentement\ndes collaborateurs.\na vous cher père, et tout de cœur.\nfeiicien David\n(1) Ms. 7710.\n(2) Théodore Rit ter le pianiste.\n(3) Xavier Boisselot, de Marseille."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.44", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n271\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\n\n(1)\nCher père,\nJe ne vous envoie jamais mes feuilletons, je ne les fais pas même voir\nà David. Je connais son indifférence pour tout ce qu'on dit de lui en bien\nou en mal dans la presse. Seulement je suis bien aise que vous sachiez\nque je suis toujours sur la brèche, ne manquant jamais de rompre une\nlance pour son talent ou sa personne. Pour peu que le sujet me le per-\nmette, je rappelle, sachant qu'il n'est que trop enclin à se faire oublier,\nlui-même, qu'il est l'espoir de notre génération moderne, et qu'il rêve\nd'autres succès moins éphémères que ceux de certains auteurs à la mode\nque je n'ai pas besoin de vous nommer.\nSi vos importantes occupations vous permettaient de jeter un coup\nd'œil sur cet article vous en comprendriez certains passages où les allu-\nsions sont assez faciles d'ailleurs à saisii. Mais j'appelle surtout votre atten-\ntion sur l'endroit où il est question de la reprise du pré-aux-Clercs. Dans\nles réflexions qui suivent une citation d'un de mes précédents articles,\nvous comprendrez aisément qu'il est question de la future reprise de la\nPerle du Brésil. A ce sujet, je vous dirai que vous aviez raison et que\nDavid a consenti (sans consulter ses amis comme toujours) à accorder\ndeux ans à M. Perrin pour la reprise de la Perle du Brésil. Son excuse est\nque si son ouvrage réussit au Théâtre Lyrique, Mr Perrin n'attendra pas\ndeux ans pour le reprendre à l'opéra comique, j e n'admets pas tout à fait\ncela ; mais enfin il vaut toujours mieux cet engagement dans deux ans\nque rien.\nPour en revenir à mon feuilleton qui, vous le voyez, est tout à fait de la\ndisposition de David et de ses œuvres, je ne regrette qu'une chose, c'est\nqu'il ne soit pas écrit dans un journal ayant les lecteurs du Constitutionnel,\ndu Moniteur ou du Siècle. J'avais fait il y a quelque temps des démarches\nauprès de ce dernier journal, et notre ami Louis Jourdan m'avait même\ndonné un bon coup de main. Desnoyers m'avait parfaitement accueilli et\nj'avais beaucoup de chance pour être admis dans cette feuille quand\nDesnoyers a marié sa fille et a donné pour dot à son gendre son feuilleton.\nIl est très fâcheux qu'il ne lui [ait | pas donné en même temps son esprit,\ncar vraiment le nouveau feuilletoniste n'est guère à la hauteur d'un de nos\npremiers journaux politiques.\nC'est égal, la vérité ne va pas mal, elle est dans les mains d'un homme\nfort et puissant comme finance (il est fâcheux qu'il soit prêtre) et en atten-\ndant il y a toujours moyen de faire encore là quelque bien, et de servir\nl'art et les véritables artistes. Toutefois si jamais vous trouvez le moyen\n\n(1) Ms. 7779.\n(2) Perrin avait reçu et mis en répétition au Théâtre Lyrique, le Dernier Amour, sur\nun livret de Méry, utilisant les morceaux que David avait composés pour le Jugement\ndernier, à la Porte-Saint-Martin. La tentative n'eut pas de suite, dit Azevedo, et le Dernier\nAmour fut représenté à l'Opéra sous le titre d'Herculanum en 1859."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.45", "texte": "272\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nde me faire arriver, à une tribune d'où ma voix pût porter plus haut et\nplus loin, je vous en serais très reconnaissant.\nEn attendant l'avantage de vous voir, ce qui sera bientôt, veuillez\nrecevoir, cher père, la nouvelle assurance de tous les sentiments de\nvotre dévoué serviteur\nParis le 18 ja 1855.\n\nSylvain St ètienne.\n\nSYLVAIN SAINT-ETIENNE AU PERE ENFANTIN\nSylvain St-Etienne\n(1)\nVous savez peut-être déjà que David va diriger une partie des\ngrands concerts qui vont avoir lieu du 15 au 25 dans le local de l'Exposi-\ntion. Cette fois il n'y aura pas à perdre au moins de l'argent. David doit\nrecevoir une somme fixe et assuréededeux millefrancs.il yaura 1000 musi-\nciens à chaque concert. Berlioz en conduira un même nombre que David\nqui fera exécuter des fragments de Colomb, le Désert, Moïse, et deux scènes\nnouvelles dont une intitulée Hymne à la paix universelle.\nJe pense que vous viendrez à Paris pour entendre cela ; mais j'espère\nbien aussi qu'à cette époque, je serai de retour de Marseille. J'ai envie de\npartir d'ici le 30 ou 31. Je voudrais bien savoir si vous serez encore à\nLyon à cause du projet que j'ai à vous laisser.\nRecevez, cher père, l'assurance de mon sincère dévouement\nParis le27 8bre 1855.\nAdresse : Monsieur\nMonsieur P. Enfantin 1\nRue de Bourbon N° 18\nA Lyon\n(Rhône).\n(I) Ms. 7779."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.46", "texte": "PIERRE SECHIARI\nCroquis d'album inédit\nde Ch. LÉANDRE"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.47", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n273\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(1)\nler janvier 1857.\nCher père,\nQuand venez vous à Paris ? Votre arrivée ici est attendue avec la plus\ngrande impatience. Voici pourquoi : un ancien élève de l'école de Grignon,\nriche agriculteur de l'Orne, et récemment emmené à notre foi, a\ntrouvé un procédé pour dessécher et fertiliser les marais. L'expérience a\nété faite chez lui, avec des résultats inespérés. Il veut vous apporter sa\ndécouverte pour la plus grande glorification de notre foi.\nMr Darclé n'est pas un rêveur. C'est un homme sérieux et pratique et\nil est en mesure de montrer les travaux qu'il a excuté dans ses propriétés.\nIl ne parle de rien moins que d'un nombre indéfini de millions à réaliser\ndans peu d'années. Je suis bien impatient de savoir ce que vous penserez\nde si belles choses. Quant à M. Darclé, il voudrait vous parler dès demain,\ntant il est enthousiasmé de pouvoir vous offrir le fruit de ses travaux.\nQuel bonheur si l'année 1857 commençait avec des espérances si belles\npour l'avenir.\nJe n'ai pas besoin de vous dire, cher père, que je vous embrasse avec\ntoute la tendresse de mon cœur,\nfelicien David.\n[184..- 185.. ?]\nCher père,\nArlès m'a-t-il définitivement fermé son crédit ? je me trouve aujour-\nd'hui àla tête de 2 50. c'est peu réjouissant, comme vous voyez, je\nn'ai pas encore reçu de réponse de Lumley (2). Il paraît qu'il se cache à\ntous les yeux et personne ne peut le voir.\na vous,\nfelicien David\n[lB6l].\nCher père, je me suis engagé pour lundi, ne sachant pas que vous dési-\nriez m'inviter pour ce jour-là. Maintenant je ne serai libre que vendredi\nprochain.\nA vous toujours,\nfélicien David\n[Paris, 1854]\nCher père,\nMadame Banderali, la veuve du chanteur de ce nom, que j'ai beau-\ncoup connu, m'a prié de vous demander votre protection pour son frère»\n\n(1) Ms. 7710.\n(2) Imprésario directeur de Covent-Garden à Londres.\n(3) Banderali, célèbre proiesseur.de chant (1789-1849). L'affaire des Eaux de Lyon\ndata de 1854.\n4"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.48", "texte": "274\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nM 1 Cajani qui se trouve à Lyon. Mr Cajani, homme très distingué, au dire\nde sa sœur, voudrait trouver un emploi dans les Si vous\nvouliez le recevoir et juger par vous même de son mérite, vous rendriez\nservice à une femme distinguée et qui mérite qu'on s'intéresse à elle et\npuis à chacun suivant sa capacité et la possibilité de placement.\nJe ne puis vous demander davantage. J'espère vous embrasser bientôt..\n\nA NEREE DESARBRE, SECRETAIRE DE L'OPERA\n(*>\n[1859 J.\nMon cher Desarbre,\nVoulez vous remettre à la personne que j'envoie la loge que je vous\nai demandée pour aujourd'hui mercredi.\nVotre bien dévoué.\nFelicien David\n\nF. DAVID AU PERE ENFANTIN\n(2)\n[Paris, janvier 185 ?].\nF Nous sommes en train Paulin (3) et moi d'organiser 5 matinées musi-\ncales publiqueschez Erard, de 15 en 15 jours, le programme porterait :\nséance de musique ancienne et moderne ; bien entendu que je serais le\nprincipal moderne, nous passerions enrevue toute ma musique de chambre,\ny compris des fragments de mes oratorios, nous aurions quintetti, duos,,\net chœurs. Nous commencerions le Ier février, votre arrivée nous serait\nbien utile pour pousser à l'abonnement ; car nous aurons pas mal de frais.\nA vous, cher père, j'embrasse Arthur, Arlès et toute la famille.\n(1) Ms. 7710. Nérée Desarbre (1822-18...); vaudevilliste, secrétaire deTOpéraen 1856;;\nauteur de Sept ans à l'Opéra (1864). Ce billet date de l'époque des représentations d'Her~~\nculanum.\n(2) Ms. 7710.\n(3) Paulin Taîabot sans doute."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.49", "texte": "FÉLICIEN DAVID ET LES SAINT-SIMONIENS\n275\n\nA ARLES-DUFOUR\nJ.-G. Prodhomme.\n[1864].\nMon cher Arlès,\nje compte partir pour les Eaux bonnes lundi prochain. Vous savez\nque la vie y est extrêmement chère et elle le sera encore plus cette année à\ncause de la présence de l'impératrice. Je ne pourrai pas m'en tirer a\nmoins de 1.200. je compte sur votre bonne amitié.\ntout a vous de cœur,\nfelicien David"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.50", "texte": "LE MOIS\nLES GRANDS CONCERTS\nCONCERTS COLONNE.\n\nLa plus importante des nouveautés que M. Colonne a\ninscrite sur ses programmes est incontestablement la symphonie\nen ut mineur de M. Eug. Cools qui obtint le dernier prix Crescent\nconcurremment avec celle de M. Guy Ropartz exécutée récem-\nment au Conservatoire.\nAu début de notre Siècle et avec les tendances actuelles\nqui régnent dans le monde de la musique cette œuvre apparait\ncomme bizarre. Ecrite il y a cinquante ans elle eût été un\nchef d'œuvre, aujourd'hui elle nous parait rétrograde. Ses qua-\nlités nombreuses et indéniables nous laissent froids et ne peu-\nvent plus nous émouvoir. D'une forme très beethovénienne,\nelle ne manque ni de noblesse ni de grandeur et encore moins\nde savoir-faire. Cependant son style souvent pompeux, em-\nprunté, nous dit l'auteur, au style des chorals variés, ses har-\nmonies sans hardiesse, son orchestration si sobre, sont loin\nde notre sensibilité moderne et de nos besoins esthétiques.\nDédaigneuse des trouvailles de Franck ou de d'lndy dans le\ndomaine de la symphonie, l'œuvre de M. Cools s'avère plus"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.51", "texte": "LE MOIS\n277\n\ncomme l'œuvre d'un élève de certains conservatoires allemands\nsoumis à la douce contemplation de l'œuvre de Mendelssohn que\ncomme celle d'un élève de Fauré.\nEn même temps M. Colonne nous redonnait la\nDomestica de R. Strauss pour laquelle je m'aperçois avoir\nété injuste l'an dernier. C'est là réellement un chef d'œuvre,\ntout y est force, vouloir, passion, la vie y circule intense et\nse parant d'une parure toute de joyaux rutilants et superbes.\nSon action sur les sens est aussi forte que celle qu'elle exerce\nsur le cœur et ses séductions la font aimer chaque fois davantage.\nPar deux fois le piano triomphe en soliste, salle du Châtelet.\nMlle Lucie Caffaret, premier prix en 1905, y remporte un vrai\ntriomphe en se jouant des difficultés que Liszt amoncelle dans\nsa transcription de la Fantaisie sol de Bach.\nMlle Caffaret, mignonne enfant de treize ans, a montré dans\nl'interprétation de cette œuvre une sorte de génie du piano.\nSimplement elle rythma la fugue avec une netteté que peu\nd'organistes très réputés possèdent, tira de son piano des effets\nde sonorités exquises et soutint sans faiblir le choc des formi-\ndables accords que Liszt écrivit pour ses formidables mains.\nCe fut stupéfiant et superbe.\nPar contre un soliste étranger et de très grand talent,\nM. Hugo Becker, a dû regretter d'avoir voulu nous faire goûter\nles délices plutôt cachées d'un pour violoncelle\nde E. Von Donahny. Celui-ci, fort connu en Allemagne et en\nAutriche, ne peut nous paraître, d'après cette œuvre, qu'un\ncompositeur aussi amateur des vieilles formules qu'il est pos-\nsible. Sans cesse renaissant, ce concerto plein de traits ou\nd'arpèges sans signification et de mélodies sans souffle, a\nprovoqué celui des siffleurs, d'où altercations, cris et discours\nde M. Colonne. Celui-ci très justement a réclamé pour le très\ngrand talent et la qualité d'étranger de M. Becker un accueil\nmoins cruel et n'a pas eu grand peine à se tailler un petit succès\nd'orateur. Il est dommage certes de laisser croire à M. Becker\nque nous sommes un peuple de goujats, mais il serait encore\nplus grave de lui laisser croire que nous pouvons admirer une\nœuvre dans laquelle il n'y a rien, si ce n'est un prétexte à ses\nqualités de violoncelliste.\nJe suis heureux de signaler le très grand succès\nà Vaprès-midi d'un Faune qui fut bissé d'enthousiasme et"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.52", "texte": "278\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nétonné de constater quel accueil plutôt froid fut fait à\nbarque sur V Océan de M. Ravel. Cette dernière œuvre, trans-\ncription pour l'orchestre d'un des n'a pas moins que\ncelui-ci, le même souci de la recherche patiente, du raffi-\nnement sincère. Cependant elle ne m'a pas paru rendre sous sa\nnouvelle forme toutes les rutilances dont Ricardo Vinès savait\nla parer dans son écriture primitive. J'avouerai même que\nj'en fus quelque peu désorienté et que le charme n'opéra plus\ncomme maintes fois déjà.\nLes deux pièces en canon de M. Th. Dubois étaient pour\nle moins inutiles : elles ont tout au moins permis d'aligner\nsur le programme une foule d'épithètes à la louange du ci-\ndevant Directeur du Conservatoire, membre de l'lnstitut.\nAprès quelques nouveautés, M. Colonne éprouve l'impé-\nrieux besoin de revenir à un programme plus sûr comme résultat\net il nous offre Pugnodans le cla de Mozart\net les Djinns de C. Franck. Cette dernière œuvre offrait\nseule quelque intérêt car elle est une de celles où Franck a le\nplus sacrifié à la forme moderne du poème symphonique et\nce, sous l'influence de Liszt.\nAprès cette musique, et la fougueuse\nde Lalo foù le sympathique violon-solo M. Touche, remporta\nun très grand et très légitime succès, le de Félicien David\nparut d'une fadeur sans égale. Il y a soixante-dix ans cette\nœuvre parut peut-être d'un exotisme rare, mais aujourd'hui\nil est cruel d'être condamné à pareille audition. Le\nest maintenant une vieille tapisserie dont les couleurs fanées\net pâlies et les larges trous ne peuvent que nous faire regretter\nune exhibition inopportune.\n\nCh. Chambellan."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.53", "texte": "MUSIQUE NOUVELLE\n\nMAURICE RAVEL\n\nLe Cercle musical consacrait son concert du 22 février aux\nœuvres de Maurice Ravel, coupées, en guise d'intermède, de la\nSérénade de Beethoven pour flûte, violon et alto ; ceci afin de\nnous montrer sans doute combien nous sommes loin des inno-\ncentes variations chères à nos grands-pères ; art d'enjolive-\nment, musique en dentelles dont Beethoven d'ailleurs ne fut\npas long à se lasser. J'écrivais dernièrement que les\nNaturelles sont à mon sens l'œuvre où se manifestent le mieux\nla personnalité de Maurice Ravel, sa vision particulière de la\nnature, et cette faculté de noter de subtiles nuances sonores\ndont une bonne fée lui a fait le précieux don. Cette impression\nse confirme aujourd'hui, après comparaison. Il y a dans le\nQuatuor des pages d'une fraîcheur exquise et un accent de jeu-\nnesse que l'on aime : mais l'œuvre n'est pas construite sur un\nplan qui lui soit propre, et le retour périodique de l'idée pre-\nmière, destiné à en assurer l'unité, semble par endroits un arti-\nfice. Quand aux morceaux de piano\nMiroirs), ils sont d'une technique prodigieuse et d'une couleur\nrare ; mais ici encore tout n'est pas d'une seule venue : et l'on\nsent parfois un peu de surcharge ornementale. C'est pourquoi\nje n'ai jamais pu m'élever, au sujet de ces œuvres, jusqu'aux"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.54", "texte": "280\nMERCURE MUSICAL ET S.I.M.\n\ncîmes d'enthousiasme où quelques-uns de nos amis parvenaient\nd'un bond ; même la magie de Ricardo Vines ne suffisait pas\ntoujours pour me tenir sous le charme et conjurer ce petit,\ntout petit soupçon d'arbitraire, qui surgit de temps à autre, et\nqui gêne. Je m'intéresse trop à Maurice Ravel, je sais trop ce\nqu'il peut faire pour notre musique, et je connais trop sa cons-\ncience et sa probité artistique pour hésiter un seul instant à lui\ndonner mon opinion tout entière, aujourd'hui surtout que je\npuis trouver dans sa dernière œuvre tout ce qui manquait aux\nprécédentes : la construction claire et l'étroite liaison de toutes\nles parties, la sobriété d'un style toujours exactement expressif\net, principe et raison de tout cela, une inspiration toujours\nsoutenue, une émotion partout présente. Emotion acérée d'une\npointe d'ironie sans doute, mais c'est par là justement qu'elle\nconvient si éminemment à un homme qui, à l'instar de Jules\nRenard, son poète, restera toujours un observateur. Il ne faut\npas croire, comme certains semblent faire, que l'emportement\ndes passions et la fougue romantique soient toujours la marque\nde la sincérité. Il en est de plus d'une sorte : les larmes sont\nsincères ici, et ailleurs c'est le sourire. Tel se livre tout entier\npar quelques mots calmes et réfléchis, qui mentirait s'il se\nrépandait en bruyants transports.\nLa pensée de Maurice Ravel est naturellement avisée, péné-\ntrante, et disposée à s'amuser de ce qui l'émeut. Un farfadet\nmoqueur habite en son esprit et chante en agitant ses grelots en\nsourdine : car il découvre d'un seul coup d'œil le comique\nimprévu et comme la secrète grimace enfermée en toute chose.\nEt cette légère ironie, loin de diminuer l'émotion, l'avive au\ncontraire et la rend plus poignante ; rien qui approche plus des\nlarmes qu'un tel sourire, qui après tout est celui de Cervantes\net de Dickens avant d'appartenir à Jules Renard, à Courteline\nou à Tristan Bernard. Maurice Ravel est un musicien humo-\nriste ; tel il est né, et je m'explique maintenant pourquoi j'ai\ntoujours préféré le « dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille »\nque nous montrent les Jeux d'Eaux ou le bouffon amoureux\nqui chante son A Iboradadans les àce rien d'affecta-\ntion sentimentale qui dépare, à mon goût, la Pavane ou la\nVallée des Cloches.Un tel homme n'est plus complètement\nlui-même lorsqu'il cesse de railler à la dérobée... Et voilà jus-\ntement pourquoi les Histoires Natu sont une œuvre accom-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.55", "texte": "MUSIQUE NOUVELLE\n281\n\nplie, et unique autant que la rencontre de deux pensées aussi\nbien accordées ensemble. Et quelle tendresse exquise apparaît\nsous le voile transparent du sourire ! Quelle sollicitude délicate\npour le grillon, « insecte nègre », si petit et si craintif ! Quelle grâce\npure, celle du cygne qui « glisse sur le bassin comme un traîneau\nblanc, de nuage en nuage » Entendez-vous la fuite molle de\nl'eau qu'il écarte et pousse devant lui ? Et quels caressants\naccords enveloppent le martin-pêcheur posé « comme une\ngrosse fleur bleue au bout d'une longue tige ! » Le paon lui-même,\nmalgré sa démarche ridiculement fière, devient attendrissant\nen son illusion d'éternelles fiançailles ; et comment en vouloir\nà la pintade de ses mauvaises farces, où elle met tant d'esprit ?\nA quand maintenant les Mouches ou la\nou les Chauves-Souris,ou tant d'autres chefs-d'œuvre d'ob-\nservation et de subtile poésie, auquels le musicien saura\nconférer une vie et un mouvement dont la littérature est\nincapable ?\nOn sait qu'un certain nombre d'auditeurs peu perméables\nà l'ironie s'étaient sentis offensés par les\nlorsqu'elles furent exécutées à la Société Nationale. Il y a en\neffet, même en France, des gens avec qui il est dangereux\nd'avoir de l'esprit. Se souvenant sans doute que « les sots\nsont ici bas pour nos petits plaisirs », ils entendent nous vendre\nchèrement des joies qu'ils se savent en mesure de nous donner;\nqu'un rire s'élève,les voilà sur la défensive; et si l'on se moque,\nce ne peut être que d'eux-mêmes. L'un de ces chevaliers du\nridicule crut même devoir coucher ses griefs par écrit : il cria\ngravement à la mystification, et annonça en un langage féodal\nson intention de combattre « sans merci » une forme d'art qui\nlui semblait une insulte à sa dignité personnelle ; tout cela dans\nun journal qui mêle agréablement l'anathème à la réclame,\net demandait peu après à Maurice Ravel la permission de\nreproduire sa photographie avec notice élogieuse. Au Cercle\nmusical, les auditeurs de cette espèce faisaient défaut : sans\ndoute avaient-ils réfléchi qu'il ne s'agissait point d'eux en\ntout cela, puisqu'il n'y était question que d'un paon, d'une\npintade, d'une dinde et de quelques oisons ; et que si C. Saint-\nSaëns avait fait figurer les Pianist en son\nmaux, ni Jules Renard ni Maurice Ravel n'avaient songé à\nécrire l'Histoire naturelle des SCe fut très sagement"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.56", "texte": "282\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nfait. Il est toujours très désagréable de voir se fâcher tout rouge\nun homme à qui l'on n'avait point songé.\nLe concert se terminait par la première audition d'une\nIntroduction et allegro pour harpe et petit orchestre. Œuvre\nde circonstance, sans doute. L'idée est très jolie, un peu dans\nle goût de la Sonatine,et les deux instruments à vent, flûte\net clarinette, se marient délicieusement avec le quatuor. Mais\nc'est le rôle de la harpe que je n'ai pas très nettement saisi.\nL'exécution y fut pour quelque chose sans doute : l'instrument\nà pédales était mal accordé, et Mlle Micheline Kahn a eu le tort\nde nous asséner en bourrasque des dont on pouvait\ntirer un meilleur parti. Il n'en reste pas moins que la partie\nde harpe consiste surtout en traits; la virtuosité, en soi, n'est\npas un mal, je le sais ; encore faut-il qu'elle ait une signification.\nIl m'a semblé que le morceau gagnerait plus qu'il ne perdrait\nsi la harpe en était absente. Mais encore une fois il se peut qu'une\ninterprétation sèche m'ait induit en erreur. Et puis les\nNaturelles sont là, qui font pâlir Ravel devant Ravel.\n\nLouis Laloy.\n\nUN OPERA NOUVEAU DE RIMSKI-KORSAKOF.\n\nLe nouvel opéra du maître russe, représenté au Théâtre\nMarie, à St-Pétersbourg, les 7/33 février dernier, a pour titre\nLégende de la ville invisible de\nC'est un opéra russe dans toute la force du terme, puisqu'il\ns'inspire d'un vieux récit national : protégée de Dieu, la ville\nde Kitège serait devenue invisible devant l'invasion des Tartares\nqui ne découvrirent à sa place qu'un lac aux eaux claires. M. V.\nI. Bielski, auteur des paroles, a su fort ingénieusement unir\ncette histoire à celle de la vierge Févronia Mouromska, qui\ndevient ainsi une sorte de sainte Geneviève slave, et illumine\ntout le drame des rayons de sa pureté. A côté d'elle, l'ivrogne\net brutal Grichka Kouterma représente les puissances du\nmal-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.57", "texte": "MUSIQUE NOUVELLE\n283\n\nJamais la musique russe n'avait produit une œuvre conçue\ndans le même esprit que cet opéra. C'est une nouvelle route\nqui s'ouvre, ce sont de nouveaux horizons qui apparaissent.\nAuteur et compositeur se rendent bien compte d'ailleurs de\nla hardiesse de leur tentative, et l'un et l'autre a cru devoir\ns'en expliquer. M. Bielski reconnaît que l'on pourra reprocher\nà son poème de manquer d'action dramatique en plus d'une\nde ses parties, mais c'est qu'il l'a voulu ainsi. Et M. Rimski-\nKorsakof veut que l'on considère son opéra comme une œuvre\navant tout musicale. « La nécessité du mouvement dramatique,\nfait remarquer le premier, est sujette à discussion, car la liaison\ndes.sentiments et la logique de leur progrès n'est certainement\npas un principe d'unité moins légitime. » Et le second ne s'est\npas occupé de réaliser « des exclamations dramatiques, des chu-\nchotements ou un bruit de paroles, mais un chant vraiment\nmélodique et expressif ». Il ajoute que « dans les moments lyri-\nques les acteurs qui se trouvent sur la scène et ne chantent pas\nn'ont pas le droit de détourner l'attention de l'auditeur par\nleur jeu et leurs mouvements superflus. »\nLa théorie exposée en ces lignes ne manque certainement pas\nde fondement logique, et l'on a parfaitement le droit de se libé-\nrer des conventions de l'opéra pour essayer une forme nouvelle\nd'art dramatique. Remarquons d'ailleurs que dès 1783 l'érudit\nhistorien Forkel signalait la possibilité de transformer l'oratorio\net formait le projet de ce qu'il nomme un « oratorio d'action »\n() ïandelndes Oratorium),c'est à-dire accompagné d'une réalisa-\ntion matérielle. Haendel avait envue quel que chose de semblable\nlorsqu'il rêvait de transporter ses oratorios à la scène, ce qu'il\neût fait sans doute, sans l'interdiction de l'autorité ecclésias-\ntique. L'« opéra spirituel» dont Antoine Rubinstein conçut l'idée\nn'est autre, lui aussi, qu'un oratorio mis en scène. Mais il n'y a\nrien de commun entre les tentatives de Rubinstein et la musi-\nque russe, si bien que notre art ne possédait pas encore d'orato-\nrio national, et Rimski-Korsakof est le premier à nous avoir\ndonné une composition de ce genre dont l'inspiration soit entiè-\nrement et absolument russe.\nSon œuvre, qui n'est pas sans analogie, pour la\navec la Légende de Sainte-Elisabeth de Liszt, donne une remar-\nquable impression de paix et de sérénité. Le personnage de\nFevronia, en sa beauté surnaturelle, a été peint avec amour par"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.58", "texte": "284\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nle compositeur. Par malheur cette douceur imperturbable, cette\nsoumission sans réserve à la destinée lui communiquent une\nmonotonie qu'on ne pouvait guère éviter. Mais l'accent est si pro-\nfondément sincère, que l'on devient clément à ce défaut : car\non partage la pieuse conviction de l'auteur et sa foi mystique.\nGrichka, qui fait contraste avec cette figure d'icône, est\nd'abord un ivrogne insouciant et jovial, à qui le compositeur\ndonne une physionomie bien nationale. L'invasion des Tartares,\nla crainte de la mort et de la damnation, le son qui le poursuit\ndes cloches de Kitège lui donnent à penser ; si bien qu'il finit\npar perdre la raison. Ici Rimski-Korsakof n'a réussi qu'en partie.\nIl y a de la force et de la sincérité dans la scène où Grichka\ncourt à la prière ; sa terreur aux mots : «\nregarde » agit sur les nerfs, la scène de sa libération est émou-\nvante, et sa chanson folle est d'un réalisme saisissant ; mais\nl'ensemble du personnage manque de caractère. On sent que\nle compositeur a été guidé par son esprit et non par son cœur.\nMoussorgski nous aurait donné un autre Grichka. Au contraire,\nl'amour du jeune prince Vsiévolod est fort heureusement décrit;\nsa phrase «Si je ne t'aime pas »et son duo avec Fevronia, par\nexemple, sont des inspirations touchantes au plus haut degré.\nEnfin certains épisodes symphoniques sont fort beaux, et la\nscène à la cathédrale touche au sublime. Car ici tout vient du\ncœur, et, quelle que soit la complication de l'écriture, chaque\nnote est expressive et parlante.\nSomme toute, malgré quelques imperfections et quelques\nlongueurs regrettables, ce nouvel ouvrage témoigne une fois de\nplus de la puissance créatrice et de l'activité infatigable de ce\nchantre des jours antiques : Rimski-Korsakof.\nTraduit par Louis LALOY.\n\nN.-D. Bernstein."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.59", "texte": "MUSIQUE NOUVELLE\n285\n\nSOCIETE NATIONALE. — En somme, beaucoup à louer\ndans le dernier concert de la Nationale ; pourtant pas les Petits\nmétiers campagnards de C. Guillon, d'une insignifiance absolue\nunanimement reconnue.\nDes Heures dolentes de G. Dupont, M. Colonne nous avait\nfait entendre les pièces qui me semblent les moins bien venues :\nje n'ai guère apprécié, il y a quelques mois, Epigraphe, — Le\nsoir tombe dans la chambre, — D\n— Nuit blanche, — Hallucinations,en dépit de l'ingéniosité\nde l'écriture et de la puissance de l'orchestration ; en revanche\nj'ai fort goûté, salle Pleyel, la paix lumineuse enguirlandée\nde cloches cristallines de Y Après-m le cha-\ntoiement des arpèges de Une am et\nla poésie à la Rodenbach de Ca\nLa sonate pour piano et violon de Bertelin fut jouée par\nMM. Dumesnil etEnesco : œuvre terne, exécution éblouissante.\nJamais la technique d'Enesco ne m'a semblé plus personnelle\net, je l'avoue, plus bizarre Mais, à mesure qu'il s'écarte des\nméthodes classiques, il semble que son talent d'exécutant\ndevienne de plus en plus prodigieux. J'ai infiniment regretté\nque de fâcheux malentendus m'aient empêché d'assister aux\nrécitals que le grand artiste a donnés il y a quelques jours :\nj'aurais adressé à M. Enesco de vives critiques au sujet de la\ncomposition de ses programmes : je sais combien il est pure-\nment, profondément musicien ; et pourtant il a fait au public\namateur de prestidigitations et de jongleries, cette concession\nde jouer du Paganini après duHaendel, du Wieniawsky après du\nLeclair. Rien ne saurait excuser chez l'auteur de la belle symphonie\nque Colonne va, dit-on, nous redonner, de pareilles complai-\nsances. Enesco a écrit une sonate pour piano et violon incon-\ntestablement plus musicale que des œuvres injouables comme\nle Moto perpetuo,la Polonaise,et autres casse-cous chers au\nConservatoire. Des artistes, et non des moindres, les frères\nThibaut, par exemple, exécutent avec le plus grand succès\ncette sonate dans leurs récitals, et nous souhaiterions vivement\nqu'Enesco nous eut joué hier une œuvre d'Enesco.\nÇ'a toujours été le but et la gloire de la\nde nous révéler, en même temps que de jeunes compositeurs,\ndes exécutants quasi-inconnus la veille, et qui affrontent\npour leurs débuts le public le plus impartial mais aussi le plus"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.60", "texte": "286\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\naverti qui soit : il a fait chaud accueil au beau quintette de\nA. de Castillon et surtout à son interprétation. Le quatuor\nLefeuve a donné de cette œuvre une exécution complètement\nadéquate ; l'homogénéité, rare vertu pour un aussi jeune grou-\npement d'artistes, fut parfaite, et les quatre instruments\nsonnèrent avec la fusion et l'unité des meilleurs quatuors.\n\nLouis Régis."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.61", "texte": "CONCERTS HISTORIQUES\n\nCONCERT EN L'HONNEUR DE CLAUDE LEJEUNE\n\n(15 février).\nLe vieux maître de Valenciennes doit sa résurrection d'entre\nles oubliés à cet apôtre d'art enthousiaste autant que raffiné\nqu'on nomme M. Henry Expert. C'est un tard venu que Claude\nLejeune, l'un des derniers qui aient su tisser ensemble quatre,\ncinq et six voix toutes expressives et chantantes ; cette forme\nd'art, assouplie par le labeur des générations, enrichie de toutes\nles trouvailles d'un siècle ingénieux, devenue aussi libre et\nlégère aussi fouillée, et ciselée, et parée et fleuronnée, et subti-\nlement fantasque et somptueusement coquette que les plus\nflamboyantes architectures du style ogival finissant, cette\nforme allait disparaître sans retour, vaincue par la nudité\nd'un style nouveau, que l'on croyait imité de l'antique.\nAvec elle disparut la gloire de ceux qui l'avaient illustrée,\net si le nom de Claudinse rencontre encore, à côté de celui\nd'Orlando (Roland de Lassus), jusqu'au début du XVIIP siècle,\nil est clair que ce n'est là qu'un nom. Les œuvres ne sont plus\njamais exécutées, on en sait à peine l'existence. C'est M. Expert\nqui nous a fait connaître, dans sa monumentale collection des\nMaîtres Musiciens de la Renaissan le"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.62", "texte": "2 88\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nde Cl. Lejeune, où le savant musicien s'essaie à restaurer\nles rythmes antiques selon le vœu de Baïf, et son\noù il compose en chacun des douze modes à qui Glarean venait\nde donner droit de cité. Musique recherchée certes, mais fraîche\net vive avant tout, sans rien qui sente l'effort et la peine,\nd'un tour aisé, élégant et dégagé, dont la grâce mélodique\net la netteté d'harmonie semblent souvent dépasser l'époque\nde beaucoup, et annoncer l'âge moderne. Il n'est pas surpre-\nnant qu'une telle musique ait eu le pouvoir d'enflammer un\nartiste comme M. Thennysen, maître sculpteur, à l'initiaitve\nde qui nous devons la solennité du 15 février.\nCe ne fut point un festival ; le nom de Lejeune ne figurait\npas seul au programme, mais aussi ceux de ses prédécesseurs\nJosquin des Prés, Pierre de la Rue et Clément Janequin,\net de ses contemporains Roland de Lassus et François Regnart :\nainsi pouvait-on replacer l'œuvre en son milieu véritable,\net mieux en apprécier les mérites personnels. Les chœurs,\nfournis par l'Ecole de chant choral et dirigés par M. Henry\nExpert, ont été corrects, animés, et le plus souvent expressifs :\nils ont bien fait sentir, en particulier, la joyeuse verdeur des\nchansons de La Rue et de Janequin (Ma mère, hélas, mariez-\nmoi, et Ce mois de mai),la grâce ironique de la chanson de\nRoland de Lassus (Quand un Par une\ninnovation fort heureuse, et qui est bien dans l'esprit de la\nRenaissance, des danses avaient été jointes au concert ; d'abord,\ndes danses du temps, une pavane, sur une musique chantée\net rythmée au tambourin que les curieux trouveront notée\ndans l'Orchesographie de Jehan Tabourot (1589) ; des basses-\ndanses, branles, tourdions et gaillardes, sur diverses musiques\ndu temps, exécutées par un délicieux petit orchestre à vent\n(flûte, clarinette, cor anglais et clarinette basse) qui repré-\nsentait fort bien les flûtes, doucines, hautbois et saquebouttes,\nsi chers à nos ancêtres ; une légère discordance lui donnait\nmême des sonorités de vieil orgue ou régale qui m'ont paru\ntrès évocatrices. Je dois dire que je n'ai pas très exactement\nretrouvé les « révérences, branles, simples, doubles et reprises »\nde la basse danse, ni les graves allées et venues de la pavane,\nni les sauts et entrechats variés de la gaillarde. Mais les cos-\ntumes étaient gracieux, et les mouvements bien exécutés ;\nc'est déjà beaucoup, si l'on songe que par suite de plusieurs"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.63", "texte": "CONCERTS HISTORÎOUE S\nrV\n289\n\ndéfections inattendues, tout dut être réglé en trois jours.\nIl reste maintenant à débarrasser ces nobles danses de ce faux\naîir de quadrille dont l'Opéra revêt aujourd'hui tout ce qu'il\ntouche.\nLa dernière partie du concert comprenait des musiques\nmesurées à l'antique de Claude Lejeune et de du Caurroy,\nsur des rythmes exquis, mis en valeur par des danses. Nous\nsavons en effet que les réformateurs de la poésie et de la mu-\nsique française, qui rêvaient une véritable renaissance de Fart\nantique, voulaient aussi associer les beaux gestes aux mélodies\net aux vers mesurés. Mais ici la danse, n'étant plus une danse\nde mouvement, doit traduire le sentiment général de la musique\net du poème. Le sentiment général, et non le détail matériel,\nselon la ridicule coutume de l'Opéra. C'est ainsi que l'autre\nsoir encore, le poète ayant comparé sa belle à une fleur qu'il\nveut cueillir, mais en vain, cela ne manqua point : l'une des\ndeux danseuses en chemisette antique de se baisser aussitôt,\npour cueillir sur le parquet une fleur imaginaire et la respirer\navec délices. Ce sont là, je le sais, gestes imposés par la tradition,\net l'une des jeunes artistes à qui on avait confié l'interprétation\nde ces danses antiques, Mlle Kerval, m'a paru avoir toute\nl'intelligence et le talent personnel nécessaires pour secouer\nce joug absurde. La danse n'est pas une mimique, elle est\nune musique du corps, qui a ,tout comme la musique des sons,\ndes correspondances mystérieuses avec nos sentiments. D'ail-\nleurs la vertu d'une belle œuvre est telle, que déjà le spectacle\nn'avait plus rien de commun avec ce que l'on voit d'ordinaire\nà l'Opéra. Il reste un dernier effort à faire, afin de restituer\nà la danse sa vraie noblesse, ou pour mieux dire sa vraie nature.\nEt je sais qu'il sera accompli.\nLa soirée a été fort belle, et les chaleureux commentaires\nde M. Henry Expert n'ont point paru exagérés, devant les\nfortes et fraîches musiques qu'ils recommandaient à notre\nadmiration : l'admiration n'a pas manqué, et nous souhaitons\nle prompt retour de telles fêtes de tous les sens.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.64", "texte": "290\nMERCURE MUSICAL ET S, I. M.\n\nIIe CONCERT DE MUSIQUE FRANÇAISE HISTORIQUE\n\nL'annonce d'une séance de historique\navait dû effrayer beaucoup de gens, car malgré les affiches qui\ncouvraient les murs, il n'y avait pas foule à la Schola cantorum\npour applaudir le magnifique concert organisé par M. Bordes.\nIl est vraiment affligeant die constater cette défiance du publie\nà l'égard de tout ce qui n'est pas consacré par de multiples\nauditions. Des œuvres Justement célèbres, mais\nattirent toujours la foule, désireuse d'admirer en toute sécurité,\ncependant que les rares essais tentés pour produire au jour\ndes auteurs anciens, mal connus, mais souvent de la plus haute\nvaleur, n'obtiennent que peu de succès. Nous n'en féliciterons\nque plus chaudement M. Bordes de ne pas se laisser décourager\npar cette indifférence dont il finira certainement par triompher,.\nLors du premier concert de\nle 22 décembre 1905, il m'avait été donné d'entendre la splen-\ndide cantate de Clérambault : Orphée. J'avais été séduit par\nles mélodies gracieuses, expressives et poignantes, le récitatif\n•souple et coloré, l'harmonie raffinée, riche en modulations\nhardies et en dissonances délicates, enfin par les délicieux\n•effets d'instrumentation. Disposant d'un orchestre des plus\nrudimentaires flûte, violons, viole de ganibe et clavecin,\nGérambault marie les timbres de ces divers instruments avec\nun rare bonheur et trouve à chaque instant des combinaisons\nnouvelles. La cantate de •Chambre : Héro et Léandre, exécutée\nau concert du 6 février m'a semblé quelque peu inférieure\nà la précédente. A vrai dire on y retrouve les qualités ordinaires\nde Clérambault, la grâce et la largeur mélodique, la recherche\ndans l'harmonie et l'instrumentation, mais on les retrouve\natténuées et comme voilées. Cette cantate n'est pas inspirée\npar le souffle puissant et lyrique qui animait Orphée, elle est\n-loin d'en atteindre la parfaite beauté. On y trouve néanmoins\nde jolis airs tendres ou douloureux d'urne forme très italienne.\nIl faut remarquer toutefois chez Clérambault le souci de ne pas\ns'abandonner ï&bsolument à l'imitation des procédés italiens :\nainsi il ne se permet les roulades que sur les mots où elles sont\nadmises par les théoriciens contemporains\nLa « symphonie » qui soutient la voix est le plus souvent"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.65", "texte": "CONCERTS HISTORIQUES\n291\n\nconstruite sur des thèmes sans : aucun rapport avec le chant\net garde son individualité. Enfin le récitatif m'a paru particu-\nlièrement original : plus musical que celui de Lully il annonce\ncelui de Rameau.\nQuelque soit l'intérêt qu'offre Glérambault, il paraît\nà côté de Marc-Antoine Charpentier. Ge maître fut incompris\nde la plupart de ses contemporains qui le trouvaient «excessif »,\n« outré », et le traitaient d'« Italien » avec le mépris qui était\nde mise sous le grand Roi pour tous ceux qui avaient le mau-\nvais goût de s'affranchir de la réserve majestueuse et guindée\noù ils auraient dû se renfermer. De fait ses œuvres brûlantes\net passionnées semblent baignées par le soleil d'ltalie.\nL'histoire de la Madeleine devait d'ailleurs convenir particu-\nlièrement à son génie mystique et sensuèl, car on a de lui\nplusieurs œuvres sur ce sujet.— On connaît dans;les Histoires\nsacrées l'admirable dialogue de la Madeleine et du Christ.\nLe motet Magdalena lugem à voix seule avec symphonie est\nune des plus belles inspirations du maître. La mélodie souve-\nrainement expressive suit constamment le sens des paroles,\ntour à tour plaintive, déchirante, débordante d'amour mystique,\nelle nous trouble et nous ravit. iLorsqu'après les cris de douleur\nque lui arrache le souvenir des tortures de la Passion, la Made-\nleine reprend l'hymne d' amour : 0 amor meus, car et deli&mm,\nelle semble défaillir et se pâmer en une extase divine... et l'on\nsonge à la Sainte-Thérèse du Bernin ! —Comme il est naturel\ndans une œuvre destinée à l'Eglise, on y chercherait vainement\ndes effets d'instrumentation recherchée. L'orgue et la hasse\ncontinue suffisent à accompagner le récit et les violons n'entrent\nen scène que pour les ritournelles ou dans les passages parti-\nculièrement expressifs ; ils contribuent alors puissamment\nà faire ressortir la beauté de la ligne mélodique par leurs chants\npassionnés qui ne se confondent jamais avec la partie vocale.\nLe motet à trois voix 0 amor, est animé\ndu même souffle d'ardent mysticisme. Il donne une impression\nde plénitude, de puissance et de richesse incomparable. Les\nvoix y sont traitées avec une ingéniosité et une délicatesse\ninfinie : elles se fuient, s'attirent et se confondent en de suaves\nsonorités.\nIl y avait aussi la première audition d'une tort belle sonate\nde Leclair pour deux violons, basse continue clavecin."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.66", "texte": "292\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nJ'en ai très vivement goûté la grâce un peu compassée et la\nmajestueuse simplicité. Il est curieux de remarquer combien\nen général Leclair est resté français dans ses oeuvres bien\nque n'ayant guère devant les yeux que des modèles italiens.\nOn sait quel rôle prépondérant jouèrent les violonistes français\ndans la diffusion de l'esprit italien et combien ils s'inspirèrent\ndes œuvres des grands maîtres d'ltalie et surtout de Corelli\nTandis que Leclair garde une majesté et une solennité très,\nfrançaise, François Du Val, dont on exécutait une ravissante\nsonate pour violon et clavecin, subit absolument l'influence\nde l'ltalie. Sa sonate abonde en raffinements mélodiques,\nharmoniques et rythmiques qu'on chercherait en vain chez\nLeclair. Son art, plus délicat et plus précieux, manifeste des\ntendances toutes différentes. Sa mélodie tour a tour prenante et\ncaressante ou gracieuse et spirituelle m'a délicieusement charmé.\nM. Guilmant joua, avec la perfection à laquelle il nous a\naccoutumés, différentes pièces d'orgue d'un haut intérêt ;\non chanta du Lully : on joua du Rameau... Quant à l'in-\nterprétation, si je n'en ai pas encore parlé, c'est qu'elle n'eut\nrien de très saillant. Ce fut très suffisamment joué et la beauté\ndes œuvres aidant les interprètes furent très applaudis.\nMme La Mare chanta avec émotion et intelligence le motet\nMagdalena lugens. —et M. Lefeuve joua très joliment la Sonate\nde Du Val. J'ai déploré l'absence d'un clavecin que le piano\ns'évertua bien vainement à vouloir remplacer. Je fais des\nvœux pour que M. Bordes s'en procure un lors de la prochaine\nséance qui aura lieu, nous dit-on, au mois d'avril et sera con-\nsacrée à la musique de chambre. Puisse-t-elle nous réserver\nd'aussi agréables surprises que celle-ci !\n\nHenry de Busne\n\nSCHOLA CANTORUM.\n\nProfitant d'une reprise d'lphigênie en Tauride, M. d'lndy\nnous a donné d'importants fragments\nCette œuvre évidemment intéressante m'a amené à de bien\ntristes constatations."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.67", "texte": "CONCERTS HISTORIQUES\n293\n\nLa froideur, le poncif et le conventionnel montrent leur\nsquelette et les airs cousus par des récitatifs sont froids comme\nles vers qui les inspirèrent. Je profane, dira-t-on, d'immortels\nchefs d'œuvres ? je ne sais. J'ai perdu la foi en des mythes\nqui ne me frappent plus et je ne puis sortir de mon indifférence\nà l'égard de ce que je ne puis plus comprendre.\nIl serait cependant également injuste de ne pas dire le\nsuccès de Mlles de la Rouvière et Pironnay et cruel d'insister\nsur le sort des autres chanteurs.\n\nCh. Chambellan.\n\nHenry de Busne.\nAu cours d'un intéressant Concert de musique ancienne\net moderne, Mlle Blanche Selva et L. Revel nous ont fait\nentendre une magnifique sonate en sol majeur pour viole\nde gambe et clavecin de Bach. Je dois dire que j'ai trouvé\nMlle Selva très inférieure à ce qu'elle nous a habitués à attendre\nd'elle au piano. Elle semblait peu à son aise sur le clavecin\net son jeu s'en ressentait ; je l'ai trouvé terne et quelque peu\nconfus. Elle reprit heureusement possession de tous ses moyens,\nun instant après, et, joua magistralement le\ntagnes : elle fut acclamée. J'ai trouvé également M. Revel\nbeaucoup plus maître de son violoncelle que de sa viole de\ngambe. Mlle Sylla chanta l'air de la\navec une voix puissante et pathétique, mais négligea de nous\nfaire part des paroles. L'exécution des chœurs de Chausson\net de M. Raugel laissa fort à désirer, mais malgré cette tache,\nce fut une fort belle soirée qui se termina triomphalement\npar le trio de Vincent d'lndy.\n\nSOCIETE BACH.\n\nCes messieurs et dames du chœur ayant tous été atteints\nen même temps de la fâcheuse grippe, et tous guéris, par une\ncoïncidence admirable, le jour de la répétition générale, il"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.68", "texte": "294\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\neu est résulté un bouleversement du programme, M. Bret s'étant\nému de leur insuffisance flagrante ; il en est résulté également\nque M. George Walter, l'exellent ténor dont j'ai dit du bien\nici même, fut mis à forte contribution avec les cinq\nLieder, la cantate Sie merden aus Kommen, l'air de ténor\nde la cantate Ihr wwàetweinen und keulcn, et la cantate pour\nténor: solo Ich armer Memck - dson: tMent fut tel, qu'on ne\ns'aperçut pas du peu de variété que présentait le programme :\npour faire équilibre à cette pléthore de musique vocale, le seul\nconcerto brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois,\nbasson, violon principal et orchestre. Prétendait-on par là\nnous faire mieux goûter cette œuvre qui se passe fort bien\nde tels artifices, ou bien, plutôt, M. Bret craint il pour son\norchestre des tâches trop délicates ? Il est de fait que le con-\ncerto en question s'est trouvé fort incommodé et malmené\npar les coups d'archet fantaisistes de quelques jeunes gens.\nSans revenir sur une remarque déjà faite, je pense qu'il\nserait possible de nous rappeler à peu de frais combien l'œuvre\ninstrumentale de Bach est immense et admirable; j'en sais\nqui ouïraient volontiers une sonate pour violon seul, voire\nmême les six, ou bien encore quelque fugue de grand orgue\nEst-il vraiment besoin d'aller bien loin chercher les virtuoses,\net n'est-ce pas en France, n'est-ce pas à Paris que se trouvent les\nmeilleurs disciples du maître Guilmant et du père Franck ?\nUn ancien élève du Conservatoire de Boston nous disait hier\nencore combien la France a acquis de prestige chez les étrangers\npour son merveilleux développement musical actuel, et com-\nbien le Conservatoire de là-bas, avec ses instruments aux\nmécanismes parfaits, est pauvre d'élèves et de maîtres. Cepen-\ndant que Guilmant, déifié par les musiciens américains, forme\nsur l'affreux deux-claviers du Conservatoire des élèves comme\nles Vierne, les Joseph Bonnet et d'autres encore.\n\nLouis Régis."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.69", "texte": "CONCERTS H'TSTQRiQCTES\n295\n\nLE QUATUOR PARENT.\n\nAprès les très modernes séances, du Salon d*Automne et\nles quatre belles soirées du Cycle Franck à la Can-\ntwwn, la nouvelle saison du Quatuor Parent s'est brillamment\nouverte à l'yEolian le. vendredi soir 4 janvier 1907, à l'heure\nplus militaire que jamais, par un hommage fidèle à la mé-\nmoire de Chausson.\nLe programme de Tannée 1907 est un vrai menu d'amou-\nreux d'art : nouvel effort pour concilier plus délicatement\nque jamais les intérêts particuliers de F école française la\nplus contemporaine avec les intérêts généraux du grand art\nconsacré. Cette fois, la part est égale entre Beethoven, dont\nle cycle inaugure son deuxième hiver, et nos modernes plus\nou moins issus du maître César Franck : six séances pour l'un,\nsix pour tous les autres. D'importantes premières auditions\nnous recommandent les noms de Mlle Germaine Corbin, de\nMM. Edmond Malherbe et Canteloube de Malaret. Enfin, après\nune superbe soirée beethovénienne, la troisième séance, du\n18 janvier, fut essentiellement moderne et promettait la déli-\ncieuse angoisse d'une bataille avec le second quatuor inédit\nde Malherbe, encadré par le récent trio de Magnard et l'un\ndes plus authentiques chefs-d'œuvre de César Franck, daté\nde 1884, Prélude, choral et fugue, où s'est surpassée Mlle Marthe\nDron, de plus en plus remarquable, après avoir été la pianiste\njustement acclamée de VAppassionata centenaire et toujours\njeune de 1806. Or, la musique a fait des progrès... en diffi-\nculté, depuis Beethoven et même depuis Franck.\nIronie de l'histoire de l'Art ! Ce quatuor révolutionnaire\nest... un envoi de Rome. Et pour mettre encore plus d'ironie\ndans une citation, le programme du 18 janvier 1907 donnait\ncet extrait du Journal Officiel du 20 octobre 1901, où la « section\nmusicale » de l'lnstitut juge ainsi la partition de son lauréat :\n« M. Malherbe envoie un quatuor pour instruments à cordes.\n« Il n'a épargné ni son temps ni sa peine ; mais on se prend\n« à regretter qu'il ait été si laborieux. Dans cette longue corn-\n« position, les quatre instruments ne cessent de s'escrime)\n« simultanément, sans que l'un d'eux se repose jamais, fût-ce\n« l'espace d'une demi-mesure. Il en résulte un déluge d'accords"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.70", "texte": "296\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\n« non seulement dissonants, mais discordants. L'exécution\n« d'une telle œuvre, en admettant serait un\n« supplice pour les exécutants et pour les auditeurs ». L'lns-\ntitut seul a le privilège de juger d'emblée de pareils ouvrages.....\nUne seconde audition ne serait pas superflue pour apprécier\nce compliqué quatuor en mi Le début de l'adagio\nsaisit par une atmosphère nocturne et grandiose avant sa\nconquête par l'imperturbable contrepoint qui règne sur les\ndeux temps vifs, comme dans les poèmes symphoniques du\nmême jeune auteur sous la bourrasque assez de\nson orchestre : Y Amour profane d'après\nTit xen; Le Jugement de Pâris, d'après Bau dry (car ce musicien\ncompose d'après les peintres, comme Fantin-Latour peignait\nd'après les musiciens). J'ignore le Boecklin inspirateur de ce\nfinale techniquement sans pareil au monde : une fugue à quatre\nparties, en doubles croches, sous chacune desquelles se pose\nune harmonie différente ! Paganini s'avouerait vaincu ; mais\ncomme, à côté, la polyphonie sentimentale de César Franck,,\net r envolée chevaleresque du trio de Magnard, et même la\nsavante fierté du second quatuor de Vincent d'lndy parais-\nsent lumineuses !\nDe l'aveu même de l'auteur, ses interprètes, après quinze\nrépétitions et trois mois d'études, escomptaient courageuse-\nment ce que le « prix de Rome » Claude Debussy nomme,\navec son impertinence cavalière, « un accueil plutôt pommes-\ncuites »... Mais, d'abord désarçonné, puis emporté par tant\nde science, le public a salué, par deux magnifiques rappels,\nla magnanime eurythmie du Quatuor Parent et la loyale\nintransigeance de son fondateur, qui lutte pour la jeunesse\nmusicale depuis dix-sept hivers.\nLes bravos, d'ailleurs, ne se fourvoyaient point : car la\nsplendide cohésion des quatre archets de MM. Parent, Loiseau,\nVieux et Fournier s'est, à son tour, surpassée dans ce laby-\nrinthe inédit, comme elle avait étincelé, huit soirs plus tôt,\nd'un éclat de première grandeur dans l'inspiration, vraiment\ngéniale celle-là, du neuvième quatuor beethovénien.\n\nRaymond Bouyer."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.71", "texte": "EN PROVINCE\n\nLYON\nLe programme de l'audition donnée le 17 février par la\n« Société des Grands Concerts » comportait la suite de\nmouna, de Lalo, le poème symphonique\ntion, de R. Strauss, et la 7e symphen de Beethoven.\nL'orchestre dirigé par M. Witkowski ne possède pas encore\ntoute l'honogénéité désirable pour interpréter parfaitement\nles œuvres du maître de Bonn ; il faudrait moins de confusion\ndans les traits des violons, une sonorité plus limpide aux ins-\ntruments à vent, et surtout des mouvements moins vifs dans\nles allégros. Par contre, l'exécution du poème de R. Strauss\nfut très colorée et couverte d'applaudissements.\nM. Lemaire, ténor, a chanté avec un excellent style la\nIVe Béatitude, de C.Franck, et le chant du concours des Maîtres\nChanteurs, de Wagner. Ce dernier morceau, qu'il conviendrait\nde laisser à la scène, aurait pu être avantageusement remplacé,\nà notre avis, par un fragment de cantate classique.\nsf:\nLa « Société lyonnaise de musique ancienne » a donné le\n18 février une séance fort intéressante. Un public de dilettanti\na goûté tout le charme et toute la poésie des œuvres des maîtres\ndu xvine siècle portées au programme et interprétées sur les\ninstruments pour lesquels elles ont été écrites : la\ntrois (clavecin, violon et viole de gambe), de J.-M. Leclair ;\nV Air tendre et le Menuet(quinton, viole d'amour et viole de\ngambe), de Marin Marais ; le pour violoncelle de\nPh. Em. Bach ; le concerto en ré pour violon, de Tartini,\net le concerto en sol mineur pour clavecin, de J.-S, Bach.\nOn a fait un succès mérité à MM. Amédée Reuchsel (cla-"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.72", "texte": "298\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nvecin), Maurice Reuchsel (violon et quinton), Arthur Ticier\n(viole de gambe et violoncelle) et J.-M. Bay (viole d'amour),\nquatre professeurs très réputés à Lyon.\nDes fragments d'Alceste,de Lully, et du de Haendel,\nont été traduits d'une fort belle voix par Mlle Serve.\nAu début de la séance, le violoniste Maurice Reuchsel,\nmembre de la Société Internationale de musique, a fait une\ncauserie documentée sur le style syllabique et le récitatif dans\nl'œuvre de Lully.\n\nLE HAVRE\n\nLa ferveur artistique du Cercle Havre,\nqui récemment se manifestait en faisant entendre pour la\npremière fois dans cette ville le quatuor de Debussy, et, grâce\nau prestigieux talent de Ricardo Vines, des pièces de Debussy,\nSéverac, Ravel, Albeniz, vient de consacrer son second grand\ngrand concert le 20 février à l'œuvre d'Ernest Chausson.\nLa gloire d'Ernest Chausson garde l'aspect de sa vie de\ndouceur discrète et noble : elle s'accroît peu à peu des hommages\nde ceux qui viennent à considérer en même temps que le groupe\nfranckiste, les préludes de notre musique française actuelle.\nSon élévation et sa délicatesse garderont son œuvre d'être\npopulaire avant que d'être classique : cela est proche.\nL'hommage d'un concert entièrement consacré à ses œu-\nvres vient de lui être ainsi, pour la première fois, je crois,\nrendu par une ville de province française.\nCamille Mauclair que le maître aima et dont il illustra des\npoèmes fut prié de parler de l'homme et de son œuvre, en\npréambule au concert.\nIl en dit avec une sobre et juste émotion la grandeur discrète\net la singulière modestie, l'incroyable bonté et ce bonheur\nqu'Ernest Chausson envisageait avec une religieuse inquiétude\net qu'en un seul instant brutal la mort effaça pour confier à notre\nadmirative pitié une œuvre, par son inachèvement, rendue plus\némouvante encore. Camille Mauclair définit avec excellence,\nle sens, la place de cette œuvre, les conditions qui la\ndéterminèrent et surtout le rôle considérable qu'Ernest\nChausson conserve dans l'histoire du lied moderne : comment"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.73", "texte": "EN PROVINCE\n299\n\nsa forte et profonde culture, son amour de la beauté sous les\nformes picturales et littéraires, sa curiosité pénétrante qui\nl'attirait vers un Redon, vers un Carrière, aussi bien que vers\nun Moréas ou un Maeterlinck, alors qu'on les raillait encore, son\ngoût de l'expression ardente et retenue tout ensemble le devaient\nconduire à affectionner la forme du lied à l'heure où elle ne\nfaisait même que de se laisser prévoir.\nCe concert comprenait six des plus beaux lieders d'Ernest\nChausson, les inoubliables Heure et les sur les\npoèmes de Mauclair : Apaisement où s'enclôt musicalement\ntoute l'essence de la poésie verlainienne ; l'adorable :\ndans la Forêt du Charme et del'enchantement, sur les paroles\nde Moréas : enfin la Chanson sans laquelle un\nhommage à Chausson ne se pourrait rendre, puisqu'elle est\npeut-être avec le Quatuor en la majeur la plus puissante expres-\nsion du génie propre du musicien.\nMlle Hélène M. Luquiens dont l'art fut ici à mainte reprise\néquitablement loué, assumait le périlleux honneur de restituer\naux auditeurs ce charme et cet enchantement ; sa voix remar-\nquablement souple et pure et une plus rare et profonde\nintelligence de l'interprétation du lied moderne permirent,\nauthentique et émouvante, cette restitution.\nRicardo Vines évoqua le Paysage mystérieux et mélan-\ncolique dont la suavité douloureuse un peu nous pénétra au\ncontact de ses doigts magiciens : puis il décrivit délicieusement\nles Quelques Danses avec cette délicatesse précise et cette\nfinesse d'expression qui en font le plus admirable interprète\nde « la musique de tout à l'heure ».\nLe quatuor en la majeur concluait de son architecture\nhautement spirituelle, cet hommage. Exprimé par Ricardo\nVines, par MM. Willaume, Maçon et Feuillard, qui déjà l'ayant\nau Havre exécuté en novembre, méritèrent l'approbative\ndemande d'une seconde audition, ce chef d'œuvre énonça\ntout son sens de pureté, de sensibilité et de puissance, et,\nconsacrant ce quatuor d'artistes ainsi formé comme l'un des\nplus précieux et des plus rares de ce temps, il magnifia le plus\nhautement la grandeur d'une œuvre qui tire son enviable\ngloire de sa noblesse d'âme et de sa pureté discrète et recueillie.\n\nG. Jean Aubry."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.74", "texte": "300\nEN PROVINCE\n\nBEZIERS.\nLe Comité d'organisation du concours de musique qui doit\navoir lieu à Béziers, sous les auspices de la municipalité, les\n19 et 20 mai prochain, avait sollicité Camille Saint-Saëns de\nprésider le Jury. Il vient de recevoir du Maître qui se trouve\nen ce moment au Caire, une lettre l'informant qu'il accepte\navec plaisir la présidence effective du concours Musical de\nBéziers.\nDe grandes réjouissances figureront au programme du\nconcours musical et seront destinées à fêter dignement la\nprésence du Maître à Béziers les 19 et 20 mai.\nM. Camille Saint-Saëns sera assisté, au Jury du concours,\nde MM. Charles Lévadé, Max d'Ollone et Henri Rabaud, tous\ntrois premiers prix de Rome.\nLe concours de Béziers aura donc un retentissement consi-\ndérable. Les adhésions des musiques et chorales françaises et\nétrangères affluent de toutes parts.\nLe Comité tient le règlement à la disposition des sociétés\nqui en feront la demande au secrétaire général, à l'Hôtel de\nVille de Béziers."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.75", "texte": "LES SAISONS DE LONDRES\nPRÉLUDE, CONCERT ET FUGUE\n\nRien ne ressemble plus à une saison de Londres qu'une\nautre saison de Londres. Que le soleil de juin dore les verdures\nde Hyde Park ou que les brouillards de février enveloppent\nles maisons grises d'une ouate plus grise encore, les omnibus\nautomobiles n'en sillonnent pas moins Piccadilly, dérangeant\nde leur placide parcours les hommes-sandwiches qui portent\nsur leur dos le nom et la destinée d'innombrables virtuoses.\nUn assassin imprévu peut bien terminer brutalement les jours\nde Mr. Whiteley, un tremblement de terre laisser sans abri\nles habitants de la Jamaïque, rien, rien n'endiguera le flot\ntoujours montant des concerts. Aussi bien, les auditeurs, aug-\nmentant avec eux, « suivent la foule », tout est pour le mieux.\nJe crois d'ailleurs qu'il faut noter, comme un signe des\ntemps, cet empressement du public anglais à écouter de la\nmusique, bonne ou mauvaise. Car il ne distingue pas très bien,\nce public. Il applaudit indifféremment d'informes\nConcerts, des fragments de Musical Comédies, des concertos de\nBrahms, des productions de Mr. Percy Grainger, les séances\nClassiques de M. Henry J. Wood et les représentations wagné-\nriennes de Covent-Garden. Tant de bonne volonté est louable,\nencore qu'incompréhensible. Un moindre éclectisme ahurirait\nun critique, un acrobate musical, même un enfant prodige\nn'ayant pas encore atteint l'âge de raison. J'imagine qu'on\ndoit attribuer ce zèle à un sens du devoir un peu particulier,\nàun désir aigu de faire the rigkt en même temps qu'à un\nappréciable souci de s'instruire."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.76", "texte": "302\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nLe souci de s'instruire, voilà la question :: un spectateur\nanglais suivra: sur son. programe. avec attention, lira depuis\nla notice biographique sur Beethoven jusqu'au dernier mot de\nl'argument de la Vie d'un héros,consciencieusement. Tandis\nque si, à Paris, vous voyez le public commencer de tourner\nnonchalemment des pages, les parcourir des yeux, c'est une\npreuvre certaine que le concert le fatigue et que son attention\ns'en va dimunendo. Parfaitement. Voilà bien sur quoi comptent\nles maisons de commerce qui paient fort cher des annonces\ndans les programmes de nos séances dominicales. Souvent\narrive-t-il, qu'après un poème symphonique particulièrement\npénible, dès le lundi matin, la jolie Madame X... se précipite\nvisiter les fourrures de la maison Dax ou demander des rensei-\ngnements sur le nouveau corset Hygeia, le seul rationel. Ainsi\nla musique dite sérieuse rapporte-t-elle aux classes commer-\nciales parisiennes. Mais à Londres, on ne va pas au Queen's hall\npour s'amuser,,, ni pour s'ennuyer,, on y travaille loyalement.\nCe n'est pas plus un jeu qu'un match de foot-ball.\n*\n* *\nJ'ai dit que, en dépit du thermomètre, les différentes saisons\ndifférent peu ; à Covent-Garden par exemple je vois de grandes\nsimilitudes entre les représentations de juin-juillet et les ac-\ntuelles. Jadis Dr. Richter y dirigeait le Ring, Tristan, les Maî-\ntres Chanteurs, et des mains aristocratiques y applaudissaient\ndes artistes tels que Mme, Ternina, Mme Raunay, Van Rooy,\nHerr Conrad, Herr Lieban; aujourd'hui la troupe allemande\ncommandée par Van Dyck nous offre des chanteurs comme\nvon Kranas, Marie Brema, Litvinne, Mme Ackté dans les\nMaîtres Chanteurs, Tristan, le Ring, conduits tantôt par Ni-\nkisch, tantôt par Ysaye.\nCependant,,ne nous y trompons pas, ce n'est pas «la saison »\nCertaines règles d'étiquette féminine, mieux que tout, le prou-\nvent ; on ne remarque ni bijoux de famille,, ni diadèmes, ni\ncolliers de diamants, réservés pour des soirs de gala, opéras\nitaliens ou « Melba nights » mieux éclairés que les représen-\ntations wagnériennes. Quelques perles tout au plus et des fleurs\ndans les cheveux suffisent à Wagner et à ces dames. La jeune\nduchesse de Westminster a donné l'exemple. Voilà, fixé un\npoint d'histoire d'une incomparable importance. Attendons"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.77", "texte": "LES SAISONS DE LONDRES\n303\n\nsans impatience la réouverture printanière du Royal Opéra de\nCovent-Garden.\n*\n* *\nLes séances continuent. Hans Richter triomphe au Queen's\nHall avec un programme bayreuthien (i) et le Thus\ntkustra devenu quasi populaire à Londres ; et Mr. Edouard\nColonne traverse le détroit pour venir conduire la « Philar-\nmonic Society », et du Berlioz.\nEt des théâtres nouveaux s'ouvrent et ne font pas faillite ;\net les anciens de désemplissent pas. Voilà plus d'un an que\nMr. George Alexander joue Hts house in order et qu'au Comedy\nThéâtre Rafflespar les soins de Mr. du Maurier continue de\nsoustraire des bijoux avec les meilleures manières du monde.\nMais au Garrick, Mr. Arthur Bourchier a caché les charmes\nde Mr. Vanderveldt sous les tragiques oripeaux de Macbeth\navec un égal succès. Et comme il est regrettable que\nfrom Blankley's ne figure plus sur l'affiche du Haymarket\nThéâtre. Rien ne remplacera cette parfaite comédie et l'on\nne peut se souvenir sans amusement des étonnements de\nMr. Charles Hawtrey, des brusqueries de Miss Fanny Brough,\ndes robes si admirables de laideur bourgeoise exécutées par\nMrs. Neville elle-même, de la mise en scène si bayswatérienne\ndans sa médiocrité dorée imaginée par Mr. Frédérick Harrisson.\nIl est vrai que nous avons pour nous consoler Mr. Le Bargy\ndans le Marquis de Priola et même Coquelin aîné dans le\nV@yage de Mr. Perrichonet que l'on peut toujours relire avec\nfruit Thore aud back,si l'on tient à être documenté sur Bays-\nwater, cette banlieue chère à Mr. Frank Richardson.\nEt je me suis enfui î J'ai quitté les brouillards. Sous les pins\ntildes (ou qui devraient l'être) de Bournemouth qui abritèrent\nla rêverie de Verlaine et le diabète de Cornélius Herz, je me\nrepose, écoutant la musique du vent et de la mer, « tableau\nde voyage » on dirait signé d'lndy, et celle de cloches uniques\nau monde qui se lancent à toute volée, au crépuscule, dans\nd'interminables concertos:.\n\n|ï) Unique occasion d'entendre et de comparer deux dissemblables interprétations\nd'une œuvre, l'Ouverture du Vaisseau Fantôme, conduite par M. Nikisch à Covent\nGarden avec une fougue et des oppositions curieuses et brusques, interprétation roman-\ntique que la mèche de ce chef -d'orchestre faisait prévoir et la façon admirable., grave elt\nimpitoyable, d'un tragique de drame grec (la terreur et la pitié), dont Richter dirige cette\nPaSe*"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.78", "texte": "304\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nDans cette campagne calme je n'ai pas une minute à moi,\nparce que tout y prend une importance exceptionnelle. Je lis\nconsciencieusement dans les journaux du matin dès qu'arrivés,\nles réflexions prudes et prudhommesques qu'inspirent à un\ncritique de Londres l'interdiction de à l'Opéra de New-\nYork. J'apprends avec émoi que la prose d'Oscar Wilde prend\nun relief non prévu et cynique jointe aux harmonies véhémentes\net passionnées de Richard Strauss, que la musique qui souligne\nle célèbre «Je baiserai tes lèvres, Jokanan ! » s'avère positive-\nment indécente. De l'indécence musicale, la pire de toutes, et\ndans un sujet biblique encore, on frémirait à moins. Je frémis,\npuis je me calme et vais inspecter un thermomètre obstiné\nqu'une audition de Salomé ferait monter, sans doute. Et j'ai\ntout juste le temps, avant le lunch, de surveiller les ouvriers\nqui construisent le long de la mer successive une nouvelle pro-\nmenade, mes ouvriers. Car là, je deviens propriétaire convaincu\net mon importance s'accroît ; la terre et l'eau m'appartiennent\ncomme ces oiseaux blancs et gris dont j'ignore le nom, qui\nvolent au dessus des vagues et s'y plongent, puis viennent se\ndégourdir les pattes sur le sable d'un air irrésolu et incohérent.\nJe leur fais signe et ils s'en vont. Un orgue de Barbarie joue\nThe Belle of New-York avec une vulgarité qui me rappelle\nLouise à Montmartre... Je m'attarde, je m'attarde et suis en\nretard pour le Concert des Win ter Gardens. Quand j'y arrive\neniin, 1 orchestre joue le God scive the Km g • je salue, empli\nd'une immense fierté pour le Met moi-même.\nEnsuite seulement je comprends que l'hymne national an-\nnonçait la fin de la séance.\nEn vérité, je ne puis m'ennuyer un instant, et vraiment,\nje suis même surpris de trouver dans cette petite ville un\norchestre aussi bon que celui des Win ter Gardens, un chef\ncomme Mr. Dan Godfrey, des solistes tels que Mme Teresa Ca-\nreno, Harold Bauer, Gerardy, Mischa Elman. Aussi bien, je\nm'y habitue ; rien ne m'étonne plus, ni la qualité des acteurs\ndu Théâtre Royal, ni l'annonce que Paderewski va venir opérer\nlui-même la semaine prochaine, ni les aperçus ingénieux déve-\nloppés par Mr. Reginald Turner sur Covent-Garden et le\ndans son intéressant livre Davray's affairs que je lis le soir au\ncoin du feu « illuminé par l'ardeur des charbons. «\n\nMarcel Boulestin."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.79", "texte": "COURRIER DE BRUXELLES\n\nCONCERTS ISAYE\nLe programme du 2e Concert ne comportait point\nd'œuvres inédites, mais trois compositions dès longtemps\nréputées : la Symphonie en la, de Beethoven, le Chasseur\nMaudit, de C. Franck et le premier tableau du 3e acte du Cré-\npuscule des Dieux. Le Chasseur Maudit ressemble à ces mosaï-\nques où tous les tons, voire les plus francs, possèdent le même\néclat sans chaleur, harmonieux pourtant. La gamme des\nnuances est restreinte, sans effets inattendus ni vulgarité ;\ncordes, hautbois, cors s'expriment de leur façon la plus habi-\ntuelle. Il y a loin de ce poème symphonique, correct et pâlot\nà la flamme qui anime les Béati et En un\npareil sujet, une teinte de Berliozisme eût pu trouver sa place.\nLe premier tableau du 3e acte du Crépuscule des Dieux forme\nen quelque sorte l'argument analytique de toute la tétralogie ;\nà ce titre, aucun autre extrait de l'œuvre wagnérienne ne\nsouffre aussi peu de l'absence d'une réalisation théâtrale, si\nl'auditeur est au préalable familiarisé avec les péripéties de\n\n6"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.80", "texte": "306\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nl'action et les détails de mise en scène. M. Dyck fut le\nSiegfried bien disant que l'on sait et de plus un chanteur à\nvoix claire et vibrante que l'on connaissait moins.\nNul ne sait comme M. Isaye composer un programme à la\nfois intéressant et varié- Son Troisième; Comeri en témoigne ;\nsuccessivement furent exécutés : l'Ouverture Sakountala,\nde Goldmark ; le Concerto en ut majeur, de Vivaldi ; la 9e Sym-\nphonie {en ré mineur), de Brtickner ;le de Brahms,\nl'Ouverture de Léonore(n°3). L est\nbâtie sur plusieurs thèmes méditatifs, guerriers ou joyeux,\nmais tous empreints d'une mélancolie quelque peu maussade,\nd'une neurasthénie souffreteuse. D'où la prenante unité qui\némane de cette page. Elle est due pour autant au retour dn\nmotif principal : cantilène alanguie du hautbois enroulant de\nsa courbe onduleuse la mélodie au rythme inverse des cordes\ngraves, respectivement confiées à la péroraison, l'une au trom-\nbone et l'autre au cor anglais. Ce qui manque à cette compo-\nsition d'harmonie riche, de cachet sévère, d'inspiration\nsoutenue, c'est l'élan, la vaillance de l'esprit créateur ; on\nvoudrait moins sentir l'application, la sage mesure ; les déve-\nloppements surviennent à leur heure, sans imprévu et sans\nhâte et cèdent la place après le temps qu'il est raisonnable de\nleur assigner.\nLa 9e Symphonie d'Antoine a surpris bien des\nauditeurs et de fait si l'esthétique de l'auteur se dégage de\nl'application surabondante qu'il réalise dans cette symphonie,\nlë détail de l'exécution est irrégulier et déconcertant. On ne\nsaurait, en vérité, conclure si l'on se trouve en présence d'un\nbeau tempérament qui cherche sa voie ou d'un génie sur son\ndéclin. La Mort de Brûckneravant l'achèvement de cette\nultime composition ferait pencher pour la seconde hypothèse\nsi les mêmes défauts ne se retrouvaient dans la première partie\nvraisemblablement terminée, au même titre que le Scherzo.\nL'œuvre, dans son ensemble, est un mélange d'originalité\nhardie et de fade imitation ; c'est l'adaptation à la symphonie\ndes théories wagnériennes et l'utilisation moins louable des\nprocédés wagnériens. Les quelques thèmes mélodieux qui\nformaient dans le type classique une trame serrée, facile à\nsuivre dans toutes ses transformations, font ici place à un\ngrand nombre de courts leitmotiv à signification malaisément"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.81", "texte": "COURRIER DE BRUXELLES\n307\n\ndiscernable. En vain, l'esprit s'efforce à les rattacher par une\naffabulation dont l'absence le choque. Car les fréquentes\naffinités wagnériennes de cette musique lui rappelle impru-\ndemment l'assistance féconde que se prêtent dans l'anneau\nde Niebelungen, poème et partition. Ces leitmotiv s'entre-\nmêlent capricieusement , comme pour dépeindre la complexité\nde caractères ou d'événements qui nous échappent. Jusque\ndans T orchestration la même influence se trahit ; on reconnaît\nà peine défigurés les gammes descendantes des violons de\nl'Ouverture de Tannhauser, les accords redoublés des cuivres\nde la Marche funèbre du Crépuscules harmonies du\nmuèer, les crescendos annonciateurs des culminants éclats\n{Tristan et Yseult).\nL'apport personnel du maître n'est point quantité négligeable\ncomme on pourrait le craindre, dans cette oeuvre touffue,\nl'excellent et le médiocre voisinent à tout moment, pénétrés\nd'une égale sincérité. Une science prodigieuse du contrepoint\nretient l'admiration jusqu'à voiler le vide que parfois elle\nrecouvre ; de ci, de là, des trouvailles harmoniques de la plus\nsavoureuse originalité récompensent l'oreille de sa longue\npatience. Dans l'instrumentation, les beautés de détail abon-\ndent, toutes marquées d'une virilité un peu âpre et fruste :\npizzicati hargneux, rythmes brisés, différents chez les premiers\net les deuxièmes violons, motifs distribués par notes séparées\nentre les unités d'une même catégorie de timbres.\nDes trois mouvements dont se compose la les\ndeux premiers se rapprochent par leur importance relative\net leur allure générale de l'Allégro et du classiques ;\nle - premier, Feierlîch-Misierioso,est développé librement en\nune paraphrase de proportions énormes, mais de façon peu\nmystérieuse sauf peut-être quant aux intentions du compo-\nsiteur. De contours bien définis, avec les Du tradition-\nnels, conçus dans la manière étrange et rude que nous avons\nsignalée, d'apparence plus soignée que les autres parties. Le\nScherzo (Bewegt-Lebhaft) ne mérite que louanges et enthou-\nsiaste appréciation. Enfin Y Adagio (Sehrlangsam-Feierlich)\nest tourmenté, diffus et visiblement inachevé. Le goût du\nmajestueux (Feierlich) n'est pas chez Bruckner pure outre-\ncuidance, mais l'inclination naturelle à son talent robuste.\nIl règne tout au long de son œuvre une tranquille assurance"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.82", "texte": "308\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\ndans l'effort, une volonté d'appliquer les principes choisis qui\nforcent le respect.\nEntre Goldmark et Brûckner, dans la\nforme étroite du concerto primitif est l'auteur dont l'inspira-\ntion s'épanouit le plus librement. La faiblesse des moyens\ndont elle s'accommode avec tant d'aisance contraste avec la\nmultiplicité des ressources à la disposition des contemporains.\nEt pourtant qu'ajouteraient les hardiesses harmoniques, la\npolyphonie moderne à ce Concerto en ut majeur pour violon, à\nla vivacité et l'esprit de l'allégro moderato, au sentimentatlisme\ndéconfit, au chagrin doucement plaintif de l'andante doloroso\n—oh ! si peu douloureux —la pétulance gamine, la gaieté\nprimesautière de l'allégro essai ? On joue rarement du Vivaldi ;\naussi oublie-t-on bien souvent tout ce que Bach lui doit ; créa-\nteur d'une forme musicale dont l'illustre J.-Sébastien donna\nde si magnifiques exemples, le Vénitien ne mérite pas que pour\ncette raison d'attirer l'attention ; ses concertos, tout imprégnés\ndu génie de sa race, valent par leurs qualités propres. M. Kreis-\nler, assurément l'un des meilleurs violonistes actuels, les fit\nbriller d'un vif éclat.\nIl se tira de même à son honneur du Concerto en ré de Brahms,\ngigantesque machine de guerre qu'il aborde et enlève de haute\nlutte, avec une prestesse parfaite, une aisance d'archet et une\nlimpidité de son sans égales. Le programme imprimé dénomme\nindulgemment possession de soi-même, renonciation à tout\nélan, la sécheresse du cœur, l'étroitesse de conception qui\ncaractérisent cette œuvre. De multiples pages d'exercices,\nressassés dans tous les soli, empruntés à une quelconque école\nde virtuosité, se succèdent sans le moindre effort de rajeunis-\nsement, avec la seule intention de savamment doser les diffi-\ncultés. Grâces soient rendues à l'interprète d'avoir fait passer\ncette pilule amère.\nQuel soulagement d'entendre ensuite la sublime ouverture\nde Lêonore,si touchante et si inspirée. C'est que Beethoven\nest un génie que Brahms est avant tout ger-\nmanique."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.83", "texte": "COURRIER DE BRUXELLES\n309\n\nSCHOLA MUSICAL.\nLa Schola Musical verra sa première audition musicale à\nla glorification 6!Ernest Chausson.Ce choix est à lui seul suffi-\nsamment démonstratif des tendances qu'elle entend suivre\net des exemples qu'elle propose à ses adeptes. A l'abri de\nl'infatuation qu'inspire trop souvent à de jeunes cerveaux\nune sélection prématurée, garante d'une carrière facile ; déta-\nchés de la gloriole des consécrations officielles, les courageux\nacquerront la science indispensable à toute création artistique.\nNous sommes trop reconnaissants à la maintenant glorieuse\nSchola Cantorum des services qu'elle a rendus à la musique\npour ne pas souhaiter pareil succès à son émule bruxelloise.\nOn ne pourrait trouver plus bel exemple d'indépendance et de\nconviction que l'œuvre de Chausson, dont furent extraits pour\ncette soirée le quatuor avec piano,le pour\nviolon solo, quatuor à cordes et pet le\nL'enseignement de Franck a laissé une trace profonde sans\nétouffer l'individualité de l'élève. Le génie de tous deux a des\naccents religieux, chez le second plus panthéistes qu'orthodoxes.\nLa Muse du disciple moins obstinément tournée vers le ciel,\naime à s'épancher en méditations que traversent le doute,\nles espoirs et les angoisses. Un autre point commun rapproche\nChausson de Vincent d'lndy : l'abondance des sources d'ins-\npiration populaires. Témoin la Chanson paysanne du premier\nmouvement (animé du quatuor), exposée avec une ferveur\nd'intimité qu'interrompt l'agitation subséquente du même\nthème largement syncopé ; témoin encore la complainte émue\ndu 3e mouvement (simple et sans hâte). Par contre l'idéalisme\npur prédomine dans la 2e partie (très calme) et la 4e (animé).\nCette double tendance se retrouve dans le : d'une\npart le genre quasi-espagnol du motif très animé et la Sicilienne\nd'harmonisation subtile ; de l'autre un monologue gros de\nperplexités mentales, suivi d'une mélopée funèbre sur un\npénible accompagnement chromatique, qui enveloppe comme\nde voiles sombres le cœur meurtri. La grandeur et le charme\nde cet art furent rendus avec sollicitude et belle conviction :\nil faut louer surtout M. Chaumont de la chaleur qu'il a com-\nmuniquée à l'ensemble."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.84", "texte": "310\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nDEUXIEME CONCERT POPULAIRE S. DUPUIS.\nP. E. Gouge.\nA part la 8e Symphonie de Beethoven précieux tableau\nde chevalet où se délassait Fauteur des vastes fresques sym-\nphoniques et nonobstant Y Ouverture de la Grotte de Finga ly\nl'une des œuvres les plus « léchées » de MendeJssohn, le grand\nattrait de la séance appartient sans conteste à\nCulfi. Grande voix au service, d'une grande intelligence, organe\npathétique et diction impeccable sont les fortes qualités de son\ntalent- La jeunesse de M.Kochansky l'excuse à peine de nous\navoir infligé le Concerto pour violon de Tchaïkowsky. Le roman-\ntisme <te cet ouvrage, aussi bien tzigane qu'italien ou polonais\néchappe à l'analyse. Les thèmes, peu originaux, font songer\nà un Mendelssohn de contrebande ; les tutti semblent n'exister\nque pour laisser reposer le soliste. Ce concerto suivant la formule\nest la déplorable négation de toute préoccupation artistique .\nLa Fantaisie écossaise êe Max Bruch ne mérite que peu d'échap-\nper à l'oubli ; des motifs populaires ont fourni les éléments\nde ce pot-pourri à un violoniste très au-courant des ressources\nde son instrument. M. Kochansky peut revendiquer la pureté\ndu son, la netteté de l'exécution et le tempérament studieux.\nSouhaitons-lui d'en faire un meilleur emploi."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.85", "texte": "CHRONIQUE TCHÈQUE\nM. JOSEF SUK ET SA SYMPHONIE “ASRAEL”.\n\nCe mois de février 1907 marquera dans les annales de la musi-\nque tchèque par les premières auditions aux concerts du Théâtre\nNational de la IIe symphonie de M. Josef Suk. Elle est en ut mineur\net porte à côté de son numéro cette indication entre parenthèses :\nAsrael op. 27. C'est une œuvre d'une puissance étonnante.\nL'avis de la critique est unanime. Comme le poème sympho-\nnique tchèque a culminé naguère avec le du même\nM. Suk, la symphonie tchèque atteint des hauteurs auxquelles\nelle n'avait jamais prétendu avec cet Asrael dont tout, inspi-\nration, proportion, orchestration dépasse incomparablement\nce à quoi les maîtres de la génération précédente, Smetana,\nDvorak, Fibich nous avaient accoutumés. Cette symphonie\nfunèbre se place immédiatement auprès des grandes symphonies\nde Mahler et de Richard Strauss, auxquelles elle ne doit du\nreste rien. M. Suk est l'une des plus complètes et des plus pures\nindividualités de notre temps. Dès ses premières œuvres,\nla musique de scène pour Raduz il se démontrait\nlui-même sans alliage. Il fut le beau-fils de Dvorak, c'est vrai ;\nmais il n'en est pas le continuateur. H marche à part de tout\nce qui a été fait jusqu'ici en Bohème : c'est le Maître entier,\ncomplet, définitif que la nation tchèque n'osait même pas\nespérer après la pénible lutte de Smetana pour la musique\nnationale et le triomphe de celle-ci, grâce à Dvorak et Frbich,"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.86", "texte": "312\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\ndans des régions ou Brahms et Schubert n'étaient pas dépassés.\nLa patrie tchèque peut-être désormais aussi fière de Josef Suk\nque la Bohème allemande de Gustave Mahler. A eux deux\nils sont ce que l'Europe centrale à produit en musique de plus\ngrand depuis Bruckner.\nQuelle belle étude il y aurait à faire sur la musique moderne\net la mort! Voici l'ère des classiques marches funèbres dépassée.\nQuand la mort aujourd'hui s'installe dans la symphonie, c'est\ncomme dans la vie et non plus seulement en cortège décoratif\nque l'on regarde passer de la fenêtre. Ce sont les profondeurs\ndernières de l'âme que le deuil atteint et les cris et les silences\nen lesquels il s'exprime nous poignent jusqu'aux moelles.\nEt que font-ils de nos nerfs, grand Dieu ! C'est le désespoir\nhystérique, convulsif, puis prostré, et la rébellion de tout\nl'être, et la rage de l'énergie à outrance qui étouffera la douleur\ndans les deux premiers mouvements de la V. de Mahler. Sa\nIIeavait été déjà tout entière consacrée à la mort en sa splendeur\nnon pareille, et c'est à cette IIe qu'il faudra comparer la IIe de\nSuk le jour où j'en aurai le moyen.\nJe tiens en effet à déclarer tout de suite que je ne vais rien\ndire de personnel sur la symphonie de M. Suk, je ne l'ai pas\nentendue, ni je n'ai la partition sous les yeux : le voyage de\nMunich à Prague se fait malaisément à tout propos et la par-\ntition n'est pas encore publiée. Comme d'autre part il est im-\npossible de taire un tel événement, j'en parle aujourd'hui\nen annonciation et non en analyste, d'après ma correspondance\navec des amis dont je suis sûr et avec M. Suk lui-même, et\nd'après les meilleurs critiques tchèques, ceux de NarodniListy,\nde Kuryr et de Zlata Praha.Ajoutez à celà ma reconnaissance\nde l'œuvre précédant de M. Suk. J'espère que ces déclarations\nparaîtront garanties suffisantes pour que j'assume cette fois-ci le\nsimple rôle de trucheman de l'opinion de l'élite tchèque. Je\nn'ai pas plus coutume que Dvorak de bluffer, ni d'avancer ce\ndont je ne suis pas sûr. Et si je dis par exemple que Dvorak\nn'avait pas lu la Villemarqué, c'est une affirmation que je me\nfais fort de prouver par la liste des lectures d'un brave homme\nqui ne lisait beaucoup qu'en tchèque, et d'autre, rien qu'un peu\nen allemand.Or la Villemarqué est-il traduit? Car j'imagine\nqu'il s'agit de ces chants des b publiés par la\nmaison Didier, et qui étaient parfaitement introuvables voici"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.87", "texte": "CHRONIQUE TCHÈQUE\n313\n\nune dizaine d'années quand je les ai moi-même cherchés\nSont-ils aujourd'hui réédités ? Ce serait un peu tard pour\nDvorak ; du reste qu'il s'agissé de cela ou d'autre chose, comme\ndes recueils de Bourgault-Ducoudray et de Balakiref je ne\nsais rien de ceux de Rimski-Korsakof. nous allons être ren-\nseigné, car j'ai posé péremptoirement la question aux enfants de\nDvorak de grands j eunes gens dont le cadet est âgé de vingt-cinq ans\net qui voudront bien nous renseigner en dépit de toute logique\ninterdisant la preuve des faits négatifs, j'espère publier mon\nquestionnaire à la famille Dvorak et ses réponses au prochain\nnuméro. D'autre part, quand je donne un renseignement\nincomplet momentanément je préviens une fois pour toutes\nque je ne cherche pas à le déguiser : je présente le complément\nd'information quand il est parvenu. Ce n'est peut-être pas\naussi élégant que trancher de haut à tort et à travers. Mais\navant tout faut-il apporter dans une chronique des faits et\ndes faits exacts. Les appréciations viennent ensuite, et encore\nles faut-il assez réfléchies pour s'éviter des palinodies telles\nqu'écrire à un mois d'intervalle : « l'œvre\nni une nature vibrante d'artiste, »\npuis, « Dvorak a donné une note d'art très ses\ndanses et ses quatuors nous paraissent très expressifs et très\noriginaux, et cela nous suffit pour reconnaître\nqui s'attache à ce compositeur. » Resterait encore la question\nde l'orchestration lourde et mono des etc.\nMais laissons tranquille pour le moment Dvorak, dont nous\nallons du reste retrouver l'ombre planant sur l'œuvre de\nM. Suk, et profitons de l'occasion pour compléter en passant\nnotre dernier article : le cahier VII des œuvres posthumes de\nSmetana contient une sonate à deux pianos, huit mains, éga-\nlement, composée pour les élèves de ses écoles de musique (Voir\nprécédente chronique.)\nM. Josef Suk travaillait donc à sa IIe symphonie lorsque\nAsrael passa sur sa maison (On connaît très bien Asrael à\nPrague, depuis la représentation au théâtre national du drame\nmusical du Baron Franchetti). M. Suk qui parcourt sans cesse\nl'Europe avec le quatuor bohème, est du reste un homme\nde haute culture, un esprit averti très ami des poètes et de\nZeyer en particulier, le plus distingué et le plus profond des\nécrivains tchèques. A peu dé distance l'un de l'autre moururent"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.88", "texte": "314\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nDvorak son beau-père pour lequel il professait une Sainte\nadmiration, et sa femme qu'il chérissait. Tout d'abord la\nsymphonie fut tout-à-fait abandonnée. Peut-être allait-elle\nnous donner le pendant de cette Ire. « Joyeuse, et conquérante\ncomme le printemps vainqueur. » Reprise à la première accalmie\nde la douleur, l'œuvre en gestation s'est cristallisée, non sous,\nles formes amères et furieuses que nous avons connues à Mahler\net qui lui viennent de sa race et de son tempérament, mais dans\nune teneur en général dolente, morne, plaintive et angoissée,,\nréfléchie autant que passionnée, et qui est mieux dans le carac-\ntère tchèque. Et pourtant M.Suk ne s'interdira aucun paroxysme,\naucune exaltation. La dignité de l'œuvre est sans pareille ;\nl'unité poussée plus loin que jamais on ne l'a fait. Il est sans\nexemple qu'une composition de cette envergure ait pu être\nmaintenue dans toute sa durée dans la même atmosphère,\nécrite sous l'empire d'un même sentiment, être voulûment\nmonotone sans être jamais fatigante. C'est, il va s'en dire, une\nde ces symphonies modernes dont l'architecture amplifiée\nfait paraître singulièrement étriquée l'honnête forme à quatre\nparties dont Beethoven lui-même n'a jamais cru devoir s'écarter\nEt il est certain que Dvorak aurait sévèrement blâmé son\nbeau-fils d'avoir osé ce monument pentagonal. (i)\nIci c'est évidemment l'exemple de Mahler qui a entrainé\nM.. Suk.\nDonc cinq mouvements, le tout en deux grandes subdivi-\nsions, l'une de trois, l'autre de deux morceaux. Le centre de\nl'œuvre est le n° 3, un scherzo où se sont réfugiés et comme\nblottis les souvenirs les plus nombreux de Dvorak lui-même,\nlequel était comme l'on sait plutôt brusque et ardent que\nmélancolique et rêvasseur. Et cependant même en évoquant\nles jours heureux où vivait Dvorak dans la forme du\nM. Suk a réussi à ne pas rompre l'impression de gravité triste\nque laisse toute l'œuvre. Le trio (andante) est très touchant.\nAprès le souvenir des jours ensoleillés, c'est le retour au sen-\n\n(1) Dvorak interrogé une fois sur ces questions de forme, s'arrête net de marche**\net haussant sa droite : « Voyez...Dieu a donné cinq doigts. Pourquoi pas quatre ou six ?\nEh; bien! Beethoven, lui, a donné quatre morceaux àla symphonie. » Puis il ajouté\nimmédiatement comme à part et satisfait de son explication : « Trois, c'est peu ; cinq\nc'est trop. » Ce que nous citons, non parce que nous l'approuvons ou non, mais pour\nmontrer une fois de plus, quel grand enfant était Dvorak."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.89", "texte": "CHRONIQUE TCHÈQUE\n315\n\ntiaaaent du deuil et La préparation aux catastrophes: qui vont\nsurcharger les deux derniers, morceaux comme elles se sont\nappesanties sur les deux premiers. En somme deux formidables\nlamentos funèbres séparés par une éclaircie où se glissent des\nsouvenirs. Les alertes et scabreuses parties i et 5 parallèles\nsont remplies par la lutte intérieure du malheureux frappé\nà. dieux reprises en ses plus chères affections ; les lentes parties\n2 et 4, également parallèles, le sont de l'agonie de l'âme vaincue\nP?5 l'arrachemerit de tout ce qui était son amour, ses raisons\nd'être heureuse. Je ne m'aventurerai pas à arracher rien de\nplus précis à la phraséologie aussi inconsistante qu'imagée\nde mes auteurs et aime mieux me réserver au jour où partition\nentre les mains il me sera permis de parler de l'œuvre sous\nma propre responsabilité.\nMais je me rends très bien compte de ce qu'a pu trouver\nde neuf dans l'expression de son double deuil l'homme qui\navait imaginé pour exprimer Prague préhistorique des sonorités\ntroglodytes qui n'appartiennent à personne avant lui, et pour\nexprimer Prague des guerres hussites ces dévorantes dépenses\nd'énergies qui font penser au terrible maniement des fouets,\nfléaux et masses d'armes par quoi les crânes des ossuaires du\ntemps se montrent littéralement, concassés. Je vois par les\ncritiques que j'ai sous les yeux qu'il a eu recours à tout l'appa-\nreil d'effets étranges : trompettes bouchées, harpes pour les\nsons de cloches, batterie rénovée dont Mailler est l'initiateur.\nEt comme M. Suk est l'indépendance même il est clair qu'il\naura tiré de tout cela des effets singulièrements différents...\nOn nous parle de prénombres où s'acheminent étrangement les\nâmes « comme de petites flammes sur des prairies d'asphodèles ».\nMahler achevait sa funèbre 11\", (aussi en ut mineur) où l'on\na voulu voir la somme des méditations que peut fournir à un\ncerveau et à un cœur d'homme le tête à tête avec la pensée\net la présence de la mort, par l'entrée dans le radieux\net les grands chœurs introduits par le chant d'alto : « Je viens\nde Dieu et retourne à Dieu ! Le bon Dieu me donnera une petite\nlumière, et m'éclairera jusque dans l'éternité bienheureuse. »\nChose étrange, pas un des critiques tchèques que j'ai sous\nles yeux ne paraît se douter de l'existence de ces symphonies\nII et V de Mahler. Mais ils parlent tous de Richard Strauss\nque M. Suk admire jusqu'à un certain point naturellement,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.90", "texte": "316\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nmais en déclinant la moindre parenté, sa symphonie à lui\ns'achève dans la paix et la résignation, mais une paix cherchée\nen lui-même et une résignation qui ne se sent pas la force\nd'anticiper sur le Paradis. Il est vrai que le concert du 2 février\nqui fut la « première » d'A sraels'achevait par la manifestation\nde foi ardente qu'est le Te Deude Dvorak. Comme jadis\navec Praga, il en fallut immédiatement organiser une répétition\nqui a eu lieu le dimanche suivant.\n\nWilliam Ritter."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.91", "texte": "CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE\n\nLa tempête d'objections soulevée par l'apparition des pro-\ngrammes des Concerts symphoniques de Boston s'est calmée ;\nil n'est que juste de le noter. Peut-être cette accalmie ne sera-t-\n-elle pas de durée, car ces programmes ne contiennent que\npeu de noms dignes de tenir en haleine la curiosité ou d'inspirer\nle respect. Mais en général, il suffit au public de sentir l'impul-\nsion à la fois vigoureuse et poétique du chef d'orchestre, et\nil lui en sait gré.\nLe programme des Concerts mensuels, y compris celui de\njanvier est le suivant :\nSeptième Concert,Ier\nSymphonie en mi majeur Bruckner,,\nConcerto pour piano en mi\nmajeur Liszt.\n(Pianiste : Moritz Rosenthal).\nOuverture de Léonoren° 3...... Beethoven.\nHuitième Concert, 15 :\nOuverture In the South Elgar.\nCléopâtre.Poème symphonique.. G.-W. Chadwick.\nVariations et fugue double sur un\nthème joyeux George Schumann.\nOuverture de Rienzi Wagner."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.92", "texte": "318\nMERCBjRE MiCJSSCM. ET S- I. .M,\n\nNeuvième Concert, 22 décembre :\n{consacré à\nOuverture d'Egmont Beethoven.\nConcerto de piano en sol »\n(Pianiste : Dr Otto Neitzel)\nSymphonie en la majeurn° 7... »\nDixième Concert,29 :\n(Sous la direction de Willy Hass, maître de chamelle)\nVariations sur un thème de\nHaydn Brahms.\nChant des bergers et Marche\nTrois Rois de Christus Liszt.\nÀ\nOnzième Concert,s *\nOuverture de Saheuntala Goldmark.\nConcerto en la mineur pour vio-\nloncelle Volkmann.\n(Soliste,: M. Warnke).\nSymphonien° 1 mi mineur Sibelius.\nLe Quatuor Kneiseldonna son second concert à Boston le\n4 décembre, avec le concours de M. Arthur Whiting, pianiste,\nen voici le programme :\nQuatuor en fa majeur Maurice Ravel.\nQuintette en la mineur op. 12 ... Vitezslav Novak."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.93", "texte": "CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE\n319\n\nM. Philippe Haie s'exprime ainsi sur le quatuor de Ravel dans\nle Boston Herald du 5 décembre :\n« Le quatuor est inégal de valeur et d'intérêt. Le premier\nmouvement est d'une inspiration et d'une beauté harmonique\nde premier ordre ; le scherzo d'une originalité frappante et le\ntrio d'une euphonie rare. Toutefois le troisième mouvement\nest décevant, malgré l'emploi habile des timbres opposés; et\nle finale n'est pas comparable aux deux premiers mouvements.»\nM. Haie réfute l'idée que Ravel est un imitateur de Debussy.\nLa Sonate de Saint-Saëns pour piano et violoncelle, exécutée\nà un concert du Quatuor symphonique de Boston, le 17 décembre,\nfut chaleureusement accueillie. Le ler janvier, Miss Julia Mar-\nlowa et M. Sothern représentèrent au Théâtre de Boston, le\ndrame de Percy Mackaye, Jean avec musique de\nscène et d'entr'acte de Frédéric S. Converse, dont un drame\nlyrique en un acte The Pipe of Désire avait été joué il y a ,un\nan.\nj# Une Suite de la musique de sera exécutée au\npremier Concert d'orchestre de Jordan Hall, le 19 janvier.\n\nArthur Farwell."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.94", "texte": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE\n\nA musique, qui fut par excellence, selon quelques-\nuns, l'art du xixe siècle, commence à tenir dans\nla littérature la place qu'elle mérite, et que nos\nmœurs lui assignaient depuis longtemps déjà. Le\ntemps n'est plus où Victor Hugo, au retour de\nquelque concert distraitement écouté, s'avisait « que la musique\ndate du xvie siècle », et que Palestrina l'a fondée. M. Ric~\nciotto Canudo, qui est, lui aussi, un poète, ne se croit pas pour\ncela tenu d'ignorer que Palestrina, s'il ouvrit un âge nouveau\nde la musique, en ferma un autre, et fut à la fois un couchant\net une aurore. Ecoutez plutôt cette évocation antithétique (i).\n« Mahomet, le grand poète-iconoclaste, poussa le désespoir\nmusical des Arabes jusqu'aux plus subtiles conquêtes des\nmathématiques, et leur désespoir de la représentation plas-\ntique jusqu'aux luxuriants vestiges du marbre et des mosaïques.\nLa guerre aboutit dans les siècles à l'un des plus étonnants\ntriomphes de l'Architecture. Il nourrit aussi d'orgueil ses\ndisciples. Et par ces grandes vertus il leur fit ébranler l'âme\nde l'Occident.\n« Luther, l'iconoclaste-musicien, ouvrit la voie au génie\nuranique des Germains, par la musique.\n« Palestrina avait surgi de la masse informe de tous les\ndébris du Siècle de Feu, et dans son chant immortel avait résumé\n\n(x) L'homme (Psychologie musicale Pour paraître fin\nfévrier à Paris, chez Sansot."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.95", "texte": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE\n321\n\nl'esprit même de la croyance de son temps. Le chant de Pales-\ntrina fut le chant de l'homme, qui, debout à un sommet, lève\nvers son Dieu sa figure toute émue d'une joie profonde. Son\ngeste comme une tige de lys fut noble et droit. Les hommes\napollinéens le suivirent.\n« Luther et Palestrina représentèrent leurs races et aussi\nles deux tendances extrêmes de la musique de l'avenir (i).\nLa vie des deux peuples auxquels ils appartiennent était\nrésumée dans les gestes d'un destructeur et d'un synthétiseur.\n« Luther allant vers le Nord « los von Rom », emportait\navec lui un flambeau qui devait allumer plus d'un incendie.\nIl l'avait pris à Rome, aux pieds du Vatican fastueux. Il l'avait\nalimenté de sa révolte, il l'avait allumé avec sa fureur, qui\ns'éloignait dédaigneuse du symbole catholique devenu élément\nde grand trouble animique. En ayant oublié l'esprit on adorait\nle symbole religieux en lui-même, et non dans sa dans\nses primitives significations d'unanimité. Et l'étrange ratio-\nnalisme de l'Eglise, les polémiques de ses philosophes «le\ndispute di frati », rendaient ces significations toujours plus\nvoilées. Luther au contraire, avec une volonté barbare, voulu\nse joindre à l'âme lointaine du Christ, dans la seule solidarité\nque les hommes pouvaient désormais accepter : une solidarité\nde pensée, qui, par la lecture pure et simple des paroles sacrées,\naurait remplacé la solidarité sentimentale des premiers chrétiens.\n« Luther était un grand destructeur. Par son dédain et\npar sa révolte, il jetait largement dans l'atmosphère animique\ndes Germains les semences qui devaient s'épanouir plus tard\ndans quelques génies pour une civilisation prochaine, il avait\nporté dans le Nord une partie des richesses du catholicisme\nencore richissime. Puis il disparut dans des lueurs de flammes,\nau-delà des Alpes.\n« L'autre, le synthétiseur, qui n'avait point connu le doute\nsur quinze siècles d'aspirations, de joie et de souffrance, et sur\ndeux siècles de science profonde et de grand bouleversement,\néleva son chant du cygne. Il mourut la même année qu'Orlando\ndi Lasso, le dernier des Flamands.\n« Mais en vérité il ne mourut pas. Car Palestrina est, sur\nla Renaissance, comme un arbre qui dresse sa cime, droite\nvers le ciel, et riche de fraîcheur et d'ombre sur la terre. Il\nabritait le nid de l'avenir musical et il chérissait le chant,\n\n7"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.96", "texte": "322\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nla voix humaine qui, toute seule et naïve, avait dans les sombres\ncatacombes sanctifié les nouvaux dieux, et qui experte en\nsciences et en langueurs, devait glorifier les dieux mourants,\nen illuminant le crépuscule d'un feu qui devait se répandre\nen mille étincelles immortelles. De la divine voix qu'il avait\nsuprêmement révélée aux hommes, jaillit la « volonté » du\nmélodrame, le triomphe du bel caEt ces deux géants, double\ncourant de vie où aboutissait toute la vie du christianisme,\nengendrèrent de leurs diverses substances Jean-Sébastien\nBach, le grand Initié de la Fugue tonale et de cette élévation\nmystique du contrepoint, d'où devait surgir ensuite le Génie\nsuprême de Beethoven et sa symphonie. »\nMme Valentine de Saint-Point montre, en un roman étrange\net troublant, comment tous les mystères de la vie et du désir\npeuvent être révélées à une âme fraîche par la musique de\nPellêas et Mélisande(i).\n« Au seuil de la porte que sa mère venait de franchir,\nSiegfried s'immobilisa.\n« Dans le salon, la foule élégante était silencieuse et atten-\ntive,\n« Le « doux calme » égrènement de l'octave sourdement\ns'imposait à Siegfried dompté. Vibrant et dévotieux, devant\nl'œuvre musicale il acceuillait avec gravité l'émotion accou-\ntumée. Ses bras déjà se croisaient sur sa poitrine pour contenir\nl'intensité de vie qu'il recevait des ondes sonores : l'exaspération\nde son cœur rythmé, le halètement de son souffle, l'afflux de\nson sang qui désertait sa face pâle.\n« Déjà il entendait Mélisande, libérant ses cheveux, mur-\nmurer leur attente, et il se tendait vers cette mélancolique\ninconscience, vers cette fragile fatalité.\n« Mes longs cheveux descende\n« Mes cheveux vous attendent...\n« Siegfried sursauta et ses yeux irrités se tournèrent vers\nla voix étrangère qui bruyamment précise brutalisait sa pres-\ncience attentive.\n« Quels étaient ces chocs syllabés ? Ces mots qu'il ne re-\nconnaissait pas, ne disaient, pas l'étrange et exquise poésie,\n\n(i) Un Inceste (deuxième roman delà Trilogie de l'amour et delà Movt),\npar Mme V. de Saint-Point. Paris, Vanier."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.97", "texte": "LITTÉRATURE ET MUSIQUE\n323\n\nqu'avec langueur et fièvre il avait si souvent scandée devant\nle clavier désert, convoité maintenant par ses mains désireuses...\n« Il fait beau cette nuit.»\nN'allons pas plus loin sur ces routes insolites et peut-être\ndéfendues et lisons plutôt, pour finir, ce beau sonnet d'Arthur\nSymons, dont MM. Edouard et Louis Thomas viennent de\ntraduire les Poèmes (i) ;\n\nCHOPIN\nArthur Symons.\nO musique passionnée battant le battement troublé\nQue j'ai entendu dans mon cœur, dans le vent, dans la course des pieds,\nDans la course des rêves, lorsqu'ils remuent leurs ailes comme des cœurs palpitants,\nO musique passionnée, pâle, avec vos terreurs de fantôme,\nGlacée par le commencement de la pluie, par les larmes qui coulent,\nJe viens à vous, vous fuyant, vous trouvant, fièvre de l'amour.\nLorsque la nuit je ne dors pas et qu'à travers la nuit je joue,\nDe peur d'entendre une voix que je devine, de voir, suppliante et blanche,\nUne figure qui jamais ne me quitte, dans les rêves ou à l'aurore,\nC'est alors, lorsque mes mains ont joué cette musique frissonnante,\nQue je vous trouve, vous fuyant, vous trouvant, musique faite\nDe tous les cœurs passionnés, blessés, capricieux, enflammés.\nTrad. Edouard et Louis Thomas.\n\nLouis Laloy.\nBelle poésie, en vérité toute vibrante d'une noble inquié-\ntude, comme la musique qui l'inspira.\n(i) Pour paraître prochainement à Anvers, chez A. Herbert."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.98", "texte": "UNE PREMIÈRE\nA L'OPÉRA-COMIQUE DE BERLIN\nFREDERIC DELIUS. — ROMEO\nET JULIETTE AU VILLAGE\n\n• Oui, les décors sont bien. On a pris un vrai peintre. Vous\nn'avez pas de décors à Paris. Vous n'en êtes pas encore là.\nC'est à Berlin, pendant un entracte de\nau village,le nouvel opéra de Frédéric Delius. Ma voisine me\ntient ces discours nuancés. Femme charmante, intelligente,\nqui s'exprime en un français péremptoire mais pur.\nSourire abject de ma part : la civilité a de ces exigences.\nMais je m'apprête à suggérer timidement quelques noms :\nAntoine et Jules César, Carré, Porel, tel Jusseaume dans\nYElektra au Français repaire des routines, les superbes impres-\nsions de Paris des Truands (contrastant malheureusement\navec l'à-peu-près et la vulgarité de la mise en scène) àla Porte\nSaint-Martin....\nJe vais vous dire tout cela... Mais la musique s'élève, la\nséduisante et caressante musique dont le drame pastoral,\nsimple et poignant, a été enveloppé par un maître, comme\nd'une atmosphère de chaste ardeur, de poésie et de mystère\npassionnés. Art singulièrement direct et spontané, jailli des"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.99", "texte": "UNE PREMIÈRE A L'OPÉRA-COMIOUE DE BERLIN\n325\n\nsources profondes, où se désaltère à même l'émotion trop\navide pour s'y pencher longtemps en quête d'un joyau sombré...\nMalgré quoi cet art a pleine conscience de ses ressources, il\ns'exprime dans un langage qui pour être direct n'en\nest pas moins subtil, et sa simplicité connaît d'autres moyens\nd'expression que le vagissement...\nLa toile tombe sur un véritable tableau de Carrière, le\ngroupe des amoureux dans la chaumière que transforme un\néclairage mystique, pendant que l'orchestre, des cloches,\ndes chœurs lointains, la voix cassée d'un vieux pasteur invi-\nsible résonnent dans le rêve d'épousailles impossibles qui berce\nles fiancés.\nOui, c'est un succès. Mais les critiques... Il faut craindre\nles critiques. Vous n'avez pas de critiques à Paris. Ici ils sont\ndurs, très durs, mais, au moins, on ne peut pas les acheter.\nC'est toujours ma voisine qui parle. Le dernier entracte\ntouche à sa fin. Un nouveau sourire abject de ma part consent\nà l'ignomimie de toute une corporation. Non je ne m'embal-\nlerai pas pour la gratuité de MM. tel et tel. A peine pourrais-je\ninsinuer que, pour ne pas se compromettre, ces messieurs se\nvendent plutôt contre des complaisances, des services de\ncamaraderie, ou de beaux yeux que pour des espèces sonnantes,\nqu'en effet il est indubitable que la critique dramatique est un\ngenre littéraire démodé, mais que cela tient surtout à l'intel-\nligence toujours croissante du public ! Consolation des plus\ntonifiantes, Madame !\nMais de nouveau la grande voix de l'orchestre couvre la\nmisère de ces débats inutiles. Un beau décor, après bien d'autres\nsi merveilleux dans leur simplicité compréhensive de l'action,\nfait miroiter sous la lune la rivière qui sera le tombeau des\ntristes amours de Sali et de Vrenschen. Mlle Lola Artot de\nPadilla, jusqu'alors seulement exquise de grâce et de beauté,\ntrouve d'admirables élans de passion et le kappelmeister Kas-\nsierer entraîne fougueusement son orchestre dans une superbe\npéroraison où des accords de neuvième s'exhalent doulou-\nreusement...\nVous n'avez pas d'accords de neuvième à Paris. J'ai\ncru que ma voisine allait me le dire. Mais j'aurais répondu\ncette fois.\n\nRobert d'Humières."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.100", "texte": "VARIÉTÉS\n\nCRITIQUE QUOTIDIENNE\n\nNos confrères des journaux quotidiens continuent à être\nfort occupés le dimanche. C'est ainsi que le critique d'un journal\nantisémite, appelé ailleurs par d'urgents devoirs, n'a pu assister,\nle 17 février, au concert Chevillard. Mais sa brillante imagination\nlui rendit sans difficulté les impressions que la réalité ne lui\ndonna pas ce jour-là. Elle les lui rendit même avec usure,\npuisque au lieu de deux « poèmes » tirés de la\nBretagne de Bourgault-Ducoudray, et interprétés parMmeMellot\nJoubert, il en a entendu quatre, « délicatement chantés alter-\nnativement » par Mme Mellot-Joubert et M. Louis Frôhlich.\nIl va sans dire d'ailleurs que cette critique de\nfantaisie est la plus honorée des administrateurs et secrétaires\nde théâtres et de concerts : d'excellents fauteuils sont alloués\nrégulièrement à MM. les journalistes absents, au lieu qu'on\nn'accorde qu'une entrée hasardeuse à ceux qui n'ont pas l'honneur\nd'écrire pour le papier à chandelles du quotidien à un sou ;\naussi les voit-on errer, mélancoliques, de l'orchestre au balcon\net des loges à l'amphithéâtre, en quête d'un humble strapontin,\nou bien s'entasser, debout devant les portes qui claquent et\nsoufflent des gifles d'air à chaque nouvelle entrée, chevaliers\nerrants de la critique, faméliques redresseurs de torts, martyrs\nde leur foi en la Vérité de la musique !\nQuand aux directeurs de journaux, je crois qu'ils se soucient\ncomme d'une guigne de ce que peut bien écrire leur collaborateur\nmusical, ou soi-disant tel. L'un d'eux, à qui je parlais de la\ntriste situation faite à la musique en son journal, me répondit\ncarrément : « Vous savez, c'est un peu une question de relations !\nEt puis, cela ne dépend pas de moi autant que vous croyez. »\nN'insistons pas. Mais les directeurs qui s'imaginent qu'on"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.101", "texte": "VARIÉTÉS\n327\n\nachète un journal pour y lire chaque jour les mêmes informations\nfournies équitablement à tous par deux ou trois agences,\net les mêmes calomnies politiques sans fin ressassées, montrent\nsimplement par là combien le milieu où ils vivent est profon-\ndément éloigné de l'esprit français ; éloigné au point de ne\npouvoir le comprendre. Car aujourd'hui, plus que jamais depuis\nl'institution du suffrage universel, la politique est une chose,\nla vie nationale en est une autre. Il existait à Paris, jusqu'à\nprésent, trois critiques de journaux quotidiens qui s'acquit-\ntaient de leur tâche avec conscience et talent. C'est pourquoi\nl'un d'eux, qui cachait sous des dehors bouffons une grande\nsagesse et un sens musical des plus avertis, vient de cesser\nsa collaboration à un journal qui veut désormais se vouer sans\npartage à la politique d'opposition officieuse. Le tour des\ndeux autres viendra bientôt, espérons-le : ainsi tout rentrera\ndans l'ordre, et il n'y aura plus rien de commun entre la politique\nd'une part, et de l'autre ce qui intéresse un honnête homme :\nl'art, et la science, et la poésie, et tous les jeux aimables ou\nprofonds de la pensée.\n\nLouis Laloy.\n\nA PROPOS DU “TRESOR D'ORPHEE”.\n\nNous avons reçu de M. L. Maillieux, un des membres\nassociés de notre section, les corrections suivantes de toutes\nles erreurs qui se sont glissées (comme il arrive toujours) dans\nnotre transcription du Trésor d'Orphée. Nous sommes heureux\nde publier cet erratum précieux, et savons gré à l'auteur d'un\ntravail aussi minutieux.\nPage i, ligne 2, Ie mesure. —• Le b de la basse doit affecter\nle si,et non le\nPage 2,ligne 6, Ie mesure. Il manque une barre aux doubles\ncroches du 4me temps."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.102", "texte": "328\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nPage 3, ligne 6, Ie mesure. Le \\ placé devant le la, est pro-\nbablement destiné au do.\nPage 6, ligne i, Ie mesure. —Si !» (aux deux mains).\nPage 7, ligne 4,le.Ie. mesure Mi ou b ?\nPage 11, ligne 6, Ie mesure.— b (à la basse).\nPage 12, ligne 4, 5e mesure. L'accord parfait doit être\net non mineur.\nPage 13, ligne 6, 7e mesure. <■— Si\nPage 21, ligne 6, 4e mesure. Mi k ou % ?\nPage 22, ligne 2,Ie mesure. M\nPage 23, ligne 1,Ie mesure. Det de la basse ne sont pas\ngravés en regard des temps de la main droite.\nPage 24, ligne 3, 4e mesure. la\nPage 32, ligne 6, 2e mesure. Barre des croches \\et %\ntrop prolongée à gauche.\nPage 35, ligne i,3e mesure. —Si (partie supérieure).\nPage 35, ligne 1, 4e mesure. Sb (main gauche)\nPage 35, ligne 3, 2e mesure. —Si '3 (2e partie).\nPage 35, ligne 3, 4e mesure. Si b (2e noire du 3e temps).\nPage 35, ligne 44, Ie mesure. Si $ (2e temps).\nPage 35, ligne 44, 2e mesure. Si ï (4e croche du 3e temps).\nPage 36, ligne 1, 5e mesure. Si a.\nPage 36, ligne 6, 3e mesure. La ronde et la blanche du 3e\ntemps doivent être gravées plus à droite.\nPage 43, ligne 1, 3e mesure. —Lab ou ? (à la basse).\nPage 50, ligne 1, 4e mesure. Si $ ou b ?\nPage 56, ligne 1, 3e mesure. Manque la barre des croches\ndu 4e temps.\nPage 65, ligne 4, Ie mesure. Manque la ligne supplémentaire\ndu do.\nPage 71, ligne 4, 2e mesure. F - à la main droite.\n\nH. Quittard."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.103", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\n\nSECTION DE PARIS\nSEANCE DU 18 FEVRIER\nPrésident :M. E. Poirée.\nPrésents : Mmes Filliaux-Tiger, Gallet, Laloy, de Faye-Jozin,\nMlles Daubresse, Babaianet Pereyra. MM. Dauriac, Prodhomme,\nde la Laurencie, Laloy, Ecorcheville, Pirro, Quittard, de La-\ncerda, Guérillot, Aubry, Gastoué, Sautelet, Pougin, Ogier,\nLegrand.\nLa séance est ouverte à 9 heures. Après l'expédition des\naffaires courantes la parole est donnée à M. pour\nune communication sur le manuscrit\nde Bamberg(l).\nM. Pierre Aubry a fait ressortir l'intérêt de ce monument\nde la musique française du moyen-âge, expliquant tout d'abord\nles caractéristiques du motet du treizième siècle et en rattachant\nle recueil de Bamberg aux manuscrits apparentés de Florence,\nde Madrid, de Wolfenbuttel, de Montpellier et de Paris. Cette\ncommunication s'est terminée par la curieuse audition de trois\nmotets. Le premier,\nJe ne puis amie, les\nFleur de lis, roseespanie.\nTénor.\n\n(i ) M. Aubry doit faire paraitre l'an prochain dans les Publications annexes de la\nSection l'édition complète de ce recueil de motets français du XIIIe siècle."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.104", "texte": "330\nMERCURE MUSICAL ET S. I. M.\n\nest très curieux par la division binaire de la en deux\nbreues égales. Le second,\nNonne sué, nonne,\nNus ne m'i porroit\nAptatur.\nfut présenté comme le modèle classique du motet au temps de\nSaint-Louis. Pour ces deux pièces, la partie dite fut exécutée\ncomme une basse instrumentale.\nLe dernier enfin,\nJe ne chante pas par\nTalens m'est pris de\nOptatur,\nOmnes.\navait été choisi à cause de son double ténor, coïncidence fort\nrare avant l'apparition de la partie de contra au quatorzième\nsiècle. Mlle Marguerite Babaian, MM. Sautelet, de la Lau-\nrencie et L. Laloy prêtaient leur concours à cet essai de recons-\ntitution.\nLa parole est ensuite donnée à M. pour une\ncommunication sur l'ancien art (i).\nM. Gastoué nous fit entendre, avec un art très sûr, des\nmélodies byzantines (vne-xvie siècle) et des chants gnostiques\n(iv® siècle).\nEnfin, M. Poiréetermina la séance par une lecture sur :\nFélicien David et V orientalisme.\nCette communication fut illustrée de nombreux exemples\nexécutés par le conférencier avec le concours de notre collègue\nM. Sautelet.\nLa prochaine séance aura lieu à fin de mars.\n\n(i) Nous ne résumerons pas ici cette remarquable communication que nos lecteurs\npourront lire prochainement dans ce bulletin, et qui sert de préface à un inventaire des\nmanuscrits de musique byzantine conservés dans les bibliothèques de France. A la suite\nde cette insertion, il sera publié une édition avec fac-similés sur laquelle nous reviendrons\nplus tard."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.105", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n331\n\nBULLETIN MENSUEL INTERNATIONAL.\nSOMMAIRE DU NUMÉRO DE FÉVRIER\nF. Bienenfeld. Über ein bestimmtes Problem der Programm-\nmusik. —•\nJohannes Wolf. Die musikanschauung des Mittelalters.\nA. Prendergast.Masque of the \"\nMusik in Rom.\nComptes rendus et bibliographie. Revue des périodiques.\nCatalogues de librairie. Communications des sections.\n\nECOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES\nNous publierons prochainement le compte rendu analy-\ntique des cours de MM. Henri Quittard, André Pirro, Calvo-\ncoressi et Lionel de la Laurencie. La dernière conférence aura\nlieu le 18 Mars, à 4 h. 1/4 : M. Louis Laloy traitera de la\nMusique de l'Extrême-Orient (avec auditions).\n\nPUBLICATIONS RÈCENTES\nGEORGES BAUDIN. Le droit\nsur l'exécution de leurs œuvres.Paris, Chevalier Maresq.\nDE BEAUREPAIRE-FROMENT. popu-\nlaires français.Paris, Edition de la Revue du Traditionnisme.\nH. BONASSE. Les bases physi Paris,\nGauthier Villars.\nJULES COMBARIEU. La musique, ses lois, son évolution.\nParis, Flammarion.\nCLAUDE DEBUSSY. Le Printemßéduction pour tous\npianos à quatre mains. Paris, Durand et fils.\nANTOINE FRANCISQUE, Le Trésor d'Orphée (1600), pour luth,\ntranscrit pour piano par Henri Quittard. Paris, L.-Marcel\nFortin et Cie, 6, Chaussée d'Antin. (Publications de la\nSociété Internationale de Musique)."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19070315-01.1.106", "texte": "NÉCROLOGIE\nMUNICH\nM. M.\nLudwig Thuille est mort subitement, le 5 février dernier, à\npeine âgé de 45 ans. Né à Bozen, le 30 Novembre 1861, d'une\nvieille famille tyrolienne de l'Etschtal, il fut élève de la même\nAcadémie de musique de Munich, dont il devait, à partir de\n1893, devenir professeur, pour la classe de piano et celle d'har-\nmonie. Il s'y fit une réputation bientôt comparable à celle du\nvieux maître Rheinberger, dont il n'avait peut-être pas toute\nla science, mais pas non plus les préjugés.\nMusicien bien doué, artiste sincère, son œuvre se recom-\nmande par des qualités de métier probe, de distinction, de clarté\nplus que par une originalité puissante, les mêmes qualités qui\nfaisaient de lui un maître si recherché. J'ai eu récemment l'occa-\nsion de signaler trois de ses élèves des dernières années dont\nl'individualité bien tranchée est tout à l'honneur de son ensei-\ngnement : MM. Walter Courvoisier et Karl Bleyle, comme\ncompositeurs, M. José Lasalle comme chef d'orchestre.\nLudwig Thuille avait déjà passablement produit, et sans\ndoute, s'il avait vécu, n'aurait-il rien donné d'une signification\nbeaucoup plus élevée que ce qu'il a laissé. Il s'est essayé au\nthéâtre, mais on n'a vu monté que son qui remporta\nun prix au concours d'opéras, et son une œuvre\ncharmante, dont on exécutait aussi des fragments au concert.\nSes lieder,quoique appréciés, de même que ses morceaux de\npiano, figurent rarement sur les programmes. En revanche on\nrecourt souvent à son ouverture que Mottl venait\nencore de donner le vendredi précédent. La Société des compo-\nsiteurs de Munich a projeté de consacrer àsa mémoire le ler mars\net le lerIer avril, deux concerts, dont ses œuvres feraient tous les\nfrais : pièces pour piano, sonate le avec\npiano op. 20, et des pièces symphoniques des différentes époques\nde sa vie. Le 19 février déjà l'Académie de musique reprenait\nson sextuor, 0p.6 pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson\net cor, entendu une première fois l'année passéeàun\nOn le connaîtra mieux ainsi que s'il avait continué de vivre.\n\nImp. Art. L.-M. FORTIN et Cie, 6, Chaussée d'Autin, Paris.\nLe Gérant : MARCEL FRX»ST"}]}