{"numero_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_sha256": "af80d0b900fc0ee831d0530cd7de2e52bfb770dcd491a72d7a6e45598551cf09", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1908/08/15_01/bmtnabh_1908-08-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1908/08/15_01/bmtnabh_1908-08-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.1", "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "DANS CE NUMÉRO\nIdeUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND, par JULES ECORCHEVILLE 0 L'ORIGINE\n% DE LA GAMME, par M. GANDILLOT 0 LA MUSIQUE MALGACHE, par MARIUS-ARY |\nILEBLOND 0L'HYGIÈNE DU VIOLON, par LUCIEN *GREILSAMER LA THÉORIE\nDE RICCIOTTO CANUDO, par JACQUES REBOUL LE MOIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.3", "titre_corps": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND", "titre_sommaire": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND\n\n(!)\nu moment où les Musiciens d'aujourd'hui revêtaient\nl'habit jaune (l'habit de gala) de la maison\nHachette, Jean-Christophe débarquait aux Cahiers\nde la Quinzaine, et se ruait au travers de notre\nvie parisienne. Cette double apparition fut un\névénement dans le monde musical. Et la coïncidence mérite\nd'être signalée. En effet, la critique avouée et la satire déguisée\nse rencontrent ici pour dresser devant nous, chacune à leur\nfaçon, le bilan de notre société moderne. Les\njourd'hui, portraits déjà exposés, mais retouchés et mis au point,\nnous donnent avec toute l'impartialité possible, l'image fidèle\nde la réalité, et cette ressemblance extérieure dont on aime\nà tomber d'accord. Jean-Christophe s'écarte au contraire, et à\nplaisir, de la sage imitation de la nature ; il charge, il accuse, il\nmet en relief certains aspects, il déforme pour mieax caracté-\nriser. Dans la première de ces œuvres, M. Rolland concentre ses\nopinions et rassemble son jugement en un grand effort d'objec-\ntivité. Dans l'autre, il s'abandonne à l'esprit malin de la cri-\ntique, et se laisse entraîner bien loin du domaine des sons. Là,\nnous sommes en face de l'auteur lui-même ; ici nous assistons\naux péripéties romanesques d'un insociable et d'un incorrigible\nsincère. Entre ces deux attitudes l'opposition est voulue, mais\ncependant la communauté d'origine manifeste. Et dans l'esprit\ndu lecteur s'établit,-non pas un parallèle, mais une inévitable\n\n(i) Musiciens d'aujourd'hui. (Hachette, 1908, in-12.) Jean-Christophe d Paris.\n(Cahiers de la quinzaine, 1908, deux volumes ia-12)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.4", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "comparaison. En faisant la part de l'exubérance de Jean-Chris-\ntophe, en tenant compte aussi de ce que M. Rolland tient à ne\npas nous dire lui-même, nous pouvons dégager une moyenne\nqui nous permette d'apprécier le sens de cette philosophie hardie\net généreusement idéaliste.\nEt tout d'abord, (est-il besoin de le rappeler ici), la critique\nde M. Romain Rolland, soit qu'elle s'irrite ou qu'elle se con-\ntienne, n'abandonne jamais cette discipline de l'esprit qui dis-\ntingue les grands écrivains. Jean-Christophe est une œuvre d'art,\nun peu austère sans doute, mais singulièrement plastique cepen-\ndant. Chose rare parmi les musiciens, M. Rolland est un visuel. Les\ncrayons qu'il nous trace d'une main frémissante, conservent\nune netteté presque cruelle. Point n'est besoin de lire de nom\nsous le portrait, tant l'image est impressionnante. Et ceux-là\nmêmes auxquels notre petit monde parisien n'est pas familier\n(je les envie !) seront saisis de l'expression vigoureuse des\ntableaux, autant que de l'exposé tranchant des doctrines. Cette\nsûreté de main ne relève pas seulement du talent littéraire ;\nelle s'appuie sur la volonté manifeste de faire œuvre morale\net salutaire. Si M. Rolland tolère que son héros promène parmi nous\ndes habits râpés, une figure maussade, des propos incongrus,\net toute sa maladroite brutalité, c'est qu'il espère ainsi pouvoir\nfaire le bien par le mal. L'acuité des traits, qui pénètrent, qui\ndéchirent parfois, est ici au service de la bonté, d'une bonté\nlarge et scrupuleuse et non pas de l'animosité. Le dessin tracé\nde l'éditeur Hecht et du critique Goujart n'ont-ils point quelque\nchose de vengeur et de bienfaisant ? Comme Rousseau, comme\nTolstoï et Nietzsche, M. Rolland se plaît à déchirer les voiles\nhypocrites dont l'humanité se couvre. Il lutte contre ce tru-\nquage perpétuel des valeurs intellectuelles et morales qui\nfausse le cours naturel du beau, du vrai et bien.\nCette campagne de salubrité publique profite à la musique.\nEt ici les deux ouvrages, et les deux méthodes, de M. Rolland se\nrejoignent. Sous les aspects différents d'une même combativité\nidéaliste la musique reparaît toujours ; elle est partout en cause,\net forme le lien choisi par l'auteur pour unir ses « essais » de\nsociologie, d'esthétique, de politique. ' i\nLa critique musicale, en cette atmosphère de probité et de\nsincère indignation/sera donc naturellement dogmatique. D'un\ndogmatisme très libéral assurément. Car M. Rolland est trop"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.5", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "perspicace pour s'enfermer dans les limites d'un système, et\ntrop indépendant pour subir les contraintes d'école. Mais dogma-\ntisme inévitable et sensible par instant. Le point de vue (j'allais\ndire la mission) que l'auteur s'est choisi, le porte à formuler\ndes conclusions positives.\nL effort de sa critique tend, si je ne me trompe, à restaurer\n1 ordre et la discipline dans l'esprit du public. Non point tel\nordre, ou telle discipline en particulier ; ceci est l'affaire du\ngénie ; mais un ordre de principe, qui s'oppose au dilettantisme\ninfécond, au libertinage artistique, à toute cette fausse liberté\na esprit dont le spectacle afflige M. Rolland. L'équilibre (assezins-\ntable assurément) que M. Rolland voudrait établir entre l'autorité\nde la critique et la liberté du chef-d'œuvre frappera certaine-\nment l'attention de tous les gens qui tiennent une plume et\ns'en servent pour juger autrui. Au plus fort de la lutte où Jean-\nChristophe donne et reçoit des coups, nous apercevons toujours\ncette réserve scrupuleuse qui prévient l'auteur de la contradic-\ntion possible, et lui montre en quelque sorte l'envers de sa\npropre opinion. Ainsi Christophe, révolutionnaire en Allemagne,\ndevient conservateur en France Chez lui, en face de la tradition,\nil réclamait la liberté ; ici, au milieu de l'anarchie, il a\nsoif'd'autorité. De même M. Rolland admirant le flot puissant\nde la musique allemande en constatera l'inutile effort ; et tout\naussitôt il cédera à l'attrait de notre debussysme raffiné, pour\nen signaler la stérile indolence. Il y a là comme un jeu de bascule,\ndestiné à maintenir la vérité dans tous ses droits. J'y vois autre\nchose qu'une simple impartialité, et plutôt un besoin d'échapper\nà la tyrannie des partis.\nEn tout cas il n'y faudrait rien chercher qui ressemble à de\nl'éclectisme. M. Rolland a des préférences personnelles très\nmarquées, et nous les fait parfois sentir vivement. Ses\nsympathies vont à la musique vigoureusement héroïque\ndont Beethoven, Berlioz et Richard Strauss ont ébloui le\nXIXe siècle. Le parti pris d'appauvrissement apparent et de mys-\ntère dont nous voyons les effets depuis quelque temps en France\nlui répugne évidemment. A propos de Pelléas, il écrira : « Il y a\n« un tout autre côté du génie français qui n'est nullement repré-\n« senté ici, c'est l'action héroïque, l'ivresse de la raison, le rire,\n« la passion de la lumière, la France de Rabelais, de Molière, de\n« Diderot, et en musique, dirons-nous (faute de mieux), la France"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.6", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "« de Berlioz et de Bizet. Pour dire la vérité, c'est celle que je\n« préfère ». Mais le goût de l'auteur, lorsqu'il se manifeste ainsi,\ncherche toujours à s'isoler du jugement objectif et l'humeur\nde Christophe ne manque point de soulever, là où il en est besoin,\nquelques réflexions anonymes qui sont autant de correctifs.\nEffort très noble assurément pour transporter la critique musi-\ncale hors d'elle-même, pour l'élever, l'arracher à son égoïsme,\nà son étroite spécialisation, pour la libérer en donnant\nainsi à toutes les disciplines de l'esprit un bel exemple d'affran-\nchissement.\nAvec ces deux ouvrages, pour la première fois en France,\nl'esprit de la musique pénètre dans le domaine des spéculations\nintellectuelles, d'où on l'avait depuis longtemps banni. Qu'on\ny prenne garde, ce n'est pas seulement la critique proprement\ndite, mais la satire des mœurs et des sociétés qui tombent cette\nfois entre les mains de ceux qu'on a si longtemps ti aités de rêveurs\net de spécialistes. Et il semble que les premiers coups portent\nassez heureusement ; il paraît surtout qu'ils sont appliqués\nd'une manière nouvelle. Oui, le point de vue change, lorsque\nle littérateur fait place au musicien dans l'appréciation des\naffaires du temps. L'artiste qui tient le moins compte de l'imita-\ntion directe de la nature extérieure, méprise les réalités tangi-\nbles que la politique révère. « La », disait\njadis la marquise de la Pluralité des Mondes. C'est-à-dire elle\nnous isole et nous désabuse des conventions sociales. Mais ce\nn'est pas pour toujours rendre misanthropes ou moralistes. C'est\npour agrandir au contraire le champ de notre sympathie et de\nnotre intuition, et Jean-Christophe ne ressemble ni à Chamfort, ni\nà Boileau. Les oreilles, en se contentant de quelques vibrations,\nlaissent deviner à l'esprit tout un monde de possibilités et un\njeu de forces éternelles, que lui masque la brutale réalité des\ndonnées visuelles. Pour tout dire, le sentiment musical subs-\ntitue au déterminisme étroit de la forme, la liberté des notions sub-\ntiles de force, de vie, d'énergie... Et il n'est pas de voix qui se\nfasse mieux entendre aujourd'hui que celle de cette mysté-\nrieuse musique. Elle fait tomber pierre à pierre les murailles\ndes doctrines. Elle s'insinue jusque dans les arts les plus formels,\ncomme 1 architecture et la sculpture. Elle crée la\nl esquisse et la passion de l'informe. Elle fait prévaloir dans\nles sciences le souci de son dynamisme. Partout elle réduit la"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.7", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "nature à n'être plus qu'un aspect changeant d'un perpétuel\neffort. Et ne voyons-nous pas ses effets dans l'esthétique sociale\nde M. R. Rolland ? Goût de l'isolement, dédain des apparences,\nrespect de toute énergie, apologie de la contention héroïque,\nhaine du formalisme, telles sont bien les directives qui pous-\nsent Jeau-Christophe dans son œuvre de\nsique.\nA vrai dire, je crois qu'on ira plus loin encore dans cette voie\nque l'auteur des Musiciens d'au Tout dogmatisme\ndisparaîtra de la critique musicale à quelque jour. J'entends\npar dogmatisme l'habitude de transformer une préférence per-\nsonnelle en vérité absolue. M. Rollandécrit quelquepart:«llsétaient\n« tous musiciens, mais comme ils ne l'étaient pas de la même\n« manière, ils prétendaient chacun que sa manière seule était\n« la bonne et ils criaient raca sur celle de leurs confrères.\n« Ils se traitaient mutuellement de faux littérateurs et de\n« faux savants ; ils se lançaient à la tête les mots d'idéalisme\n« et de matérialisme, de symbolisme et de vérisme, de sub-\n« jectivisme et d'objectivisme Au lieu de savoir gré àla\n« bonne musique de leur offrir à tous tant de façons diverses\n« d'en jouir, ils ne toléraient pas d'autre façon que la leur. »\nVoilà le dogmatisme condamné, et cependant on lui tend\nencore la main par la réticence de ce petit mot :\nsique. Supprimons ce qualificatif, si nous voulons être en sûreté.\nTout inoffensif qu'il paraisse, il tient la porte ouverte au cor-\ntège des a-priori chicaneurs et des postulats malins, dont\nnous ne parvenons pas à nous délivrer. En fait, aucune logique\nne saurait contraindre un auditeur à trouver bonne une mu-\nsique dont l'impression lui est fâcheuse. La jouissance esthé-\ntique est essentiellement relative, et tous les adjectifs\nemployés pour en exprimer les nuances n'indiquent autre\nchose que le coefficient d'un goût individuel. Si la tolérance\ndevait s'exercer quelque part c'est bien ici. Et précisément\nelle fait ici défaut. La critique se montre d'autant plus passionnée\nqu'elle est moins capable de f aire ses preuves (i). Notre senti-\nment est seul et toujours en jeu. Nous critiquons par un\n\n(i) De grands esprits déplorent le caractère subjectif de notre critique;\nbien plus, ils voient dans cet individualisme une preuve de l'inanité de toute\ncritique. Ce qui ne les empêche pas de tomber à leur tour dans le piège, tant\nle Français a le dogmatisme dans le sang !"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.8", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "besoin très naturel de donner cours à un émoi intérieur. Une\nœuvre nous blesse, nous blessons à notre tour son auteur. C'est\nun droit, dira-t-on, et de légitime défense, c'est une prophy-\nlaxie nécessaire. Je le veux bien. Mais qu'il soit alors entendu\nqu'il s'agit du struggle for life. Parlons en notre nom et ne\nfaisons pas intervenir ces petits mots, qui transforment insi-\ndieusement nos expériences en données universelles, et nos\nsusceptibilités en impératifs. Ces disputes misérables, et\nl'aigreur des coteries, et l'anarchie intellectuelle dont se\nplaint M. Rolland tomberont d'elles-mêmes le jour où le sentiment,\nc'est-à-dire la rancune personnelle, ne s'abritera plus derrière\nl'objectivité des systèmes. Tout le mal vient de la confusion\ndes points de vue.\nJ e suis surpris que M. Rolland n' ait pas complètement mis ànu\ncette plaie de notre critique musicale. Combien\neut été dans son rôle en réclamant ici la revision des pouvoirs, et en\ndemandant à ceux qui jugent les œuvres d'art, qui les a quali-\nfiés pour donner leur avis. Mieux que tout autre, il eut démasqué\nla véritable hypocrisie qui trompe à la fois l'esprit et le cœur, en\nles faisant dupes l'un de l'autre.\nIl n'est pas besoin d'être prophète pour annoncer qu'un\npartage s'accomplira dans l'ordre des émotions musicales,\ncomme il s'est accompli dans d'autres régions de l'âme humaine.\nAu temps de l'alchimie et de l'astrologie, tous les phénomènes\nde la nature semblaient bons ou mauvais. En notre temps,\népoque de chimie et d'astronomie, ils ont perdu leur qualificatif,\ndevant le regard de la science. Ils existent ou n'existent pas.\nC'est-à-dire que nous avons fait la part du jugement et celle du\nsentiment. Et cette division du travail psychologique a donné\nd'excellents résultats. A côté du savant qui définit le vrai,\nl'artiste s'éprend du beau.\nL'un ne fait point tort à l'autre, parce que celui-ci ne cherche\npas à supplanter celui-là. Le naturaliste ne s'indigne pas de\nvoir les arbres revêtus de vert, ou les poissons vivre dans l'eau ;\nle géographe ne s'écrie pas: «Comment peut-on être Persan ?»\nIls acceptent par avance toutes les données vérifiables de la\nnature. D'autre part, l'artiste ne prétend pas donner à sa vision\nparticulière la valeur d'une expérience scientifique ; il inter-\nprète, il crée. C'est sa gloire. En musique de même. Et si nous\ncomparons l'effort d'objectivité d'une œuvre comme celle de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.9", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "M. Rolland, aux polémiques blessantes de la critique française\ndu xvni6 siècle, nous sentons bien que l'évolution suit la voie\nqui conduit à la séparation. Notre vénéré « » a\ndonné la formule de la critique musicale de l'avenir lorsqu'il\ndisait : « J'aime » ou « Je n'aim ». Ajoutons, si nous\nsommes littéraires, les raisons de cette sympathie ou de\ncette antipathie. Le spectacle de notre moi peut intéresser le\nlecteur. Mais gardons-nous de conclure :\nest bonne, —7O n'aime pas, donc ce serait\ninutile.\nLa vérification des faits d'une part, et d'autre part le com-\nmentaire ou l'interprétation des gotûs offrent à l'activité du\ncritique musical un champ infini. Il pourra s'y livrer en paix,\net faire œuvre d'art ou œuvre de science, à son gré, lorsque\nl'esprit de la musique l'aura élevé au-dessus des partis pris et\ndes rancunes personnelles.Ce jour-là aura vérita-\nblement achevé son œuvre de salubrité publique, et nous lui en\nsaurons gré.\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.4", "titre_corps": "ORIGINE DE LA GAMME", "titre_sommaire": "ORIGINE DE LA GAMME", "signature_source": "M. Gandillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1123, "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n\nSOMMAIRE : I. Avant-propos. 11. Qu'est-ce qu'un son ?\n111. Qu'est-ce qu'un intervalle musical? IV. Loi des\nrythmes, V. Loi de la consonance. VI. Intervalles conso-\nnants et dissonants. VII. VIII.\nEchelles et gammes. IX. C\naccords. X. Imitation. XI. Autres lois musicales.\nXII. Conclusion.\nI. Avant-Propos. Parmi les notes en nombre très considé-\nrable que les instruments à sons variables permettent de réaliser,\nle compositeur écrivant librement sous la dictée de son inspira-\ntion n'en emploie jamais que quelques-unes ; pourquoi quel-\nques-unes seulement et pourquoi celles-là plutôt que d'autres ?\nCe problème est aussi vieux que la musique. Je me propose\nd'indiquer ici brièvement la solution que j'en conçois (i) ; mais\navant de montrer comment la gamme et l'harmonie tout entière\npeuvent se déduire logiquement d'un principe unique, je\nrappellerai d'abord certains laits expérimentaux.\n\nî\n(i) Cette solution a fait l'objet d'une communication présentée récemment\nà l'Académie des Sciences, et a été exposée en détail dans un ouvrage publié sous le\ntitre d'Essai sur la Gamme. (Gauthier-Villars)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.11", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "11. Qu'est-ce qu'un son ? Chacun sait que le son et le bruit\nsont des phénomènes acoustiques fort dissemblables ; mais leur\ndifférence n'est pas aussi profonde, aussi radicale qu'on se\nl'imagine généralement.Une série de bruits se succédant à inter-\nvalles très courts et très réguliers nous procure la sensation d'un\nson musical; ainsi, quand un diapason vibrant à la fréquence (1)\nde 435 produit le la normal, il exécute une série de claquements\ndont chacun, si on l'entendait isolément, n'aurait rien d'un la et\nserait un simple bruit. La synthèse d'un son quelconque à l'aide\nde bruits se réalise facilement,notamment avec la roue de Savart ;\ncelle-ci n'est autre chose qu'une roue dentée à son pourtour et\nmobile autour d'un axe fixe; en face d'elle est disposée une lan-\nguette de carton assez rapprochée pour être fléchie successivement\npar chacune des dents de la roue quand celle-ci est mise en mou-\nvement. Au début de la rotation, l'appareil fonctionne comme\nune sorte de crécelle, et fournit une série de bruits distincts pro-\nduits par les claquements qu'exécute le carton au passage des\ndents. Mais si la rotation s'accélérant arrive à atteindre, puis à\ndépasser la fréquence d'environ 30 chocs par seconde, 1 appareil\nfonctionne alors, non plus comme mais comme\nde Savart (2), et fait entendre, non plus une série de bruits, mais\nun son musical continu, dont la hauteur croît avec la vitesse de\nrotation (et atteindra précisément le la normal quand la roue\ntournera à une rapidité correspondant à 435 chocs sur la carte\npar seconde). Donc un corps nous sembleemettre un son,\nc'est qu'il procure à notre oreille un ébranlement périodique de\nfréquence comprise entre certaines limites ; de cette fréquence\ndépend uniquement la hauteur du son produit.\n111. Qu'est-ce qu'un intervalle musical ? Quand on mesure\nles fréquences d'une série de sons de hauteurs diiférentes, on\nconstate que tout couple de notes embrassant un même inter-\nvalle musical correspond à un couple de fréquences formant entre\nelles un même rapport numérique quand la valeur de\nl'intervalle change, celle du rapport change également, chaque\n\n(1) On entend ici par fréquence d'un mouvement oscillatoire le nombre des\nvibrations complètes ou périodes qu'exécute par seconde le corps considéré.\n(2) En réalité, le fonctionnement de l'appareil reste toujours le meme, e si\nnous sommes portés à dire qu'il change, c'est uniquement parce que notre propre\nsensation se modifie."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.12", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2260, "texte": "valeur du rapport est donc caractéristique d'un certain intervalle\nmusical ; c'est ainsi que le rapport 2/1 correspond à l'octave, 3/2 à\nla quinte, 4/3 à la quarte, 5/4 à la tierce majeure, etc... ce qui\nsignifie que quand deux sons forment, par exemple, une quinte\n(rapport 3/2), le son aigu fait 3 périodes vibratoires complètes\ntandis que le son grave n'en fait que 2. Réciproquement, lors-\nqu'on réalise mécaniquement deux dispositifs sonores dont l'un\nvibre moitié plus vite que l'autre, les notes entendues nous\ndonnent nettement la sensation de quinte. C'est l'ensemble de\nces résultats que l'on exprime souvent en disant que les\nintervalles musicaux correspondent à des rapports simples.\nCe principe des rapports simples n'est-il qu'une vaine\nrêverie de physiciens abusés par des coïncidences approximatives\nou fortuites ; traduit-il au contraire une véritable loi psycho-\nlogique ? En vue d'élucider cette vieille question, cherchons\nd'abord les conditions que doivent remplir deux rythmes diffé-\nrents pour que l'intelligence puisse facilement les associer.\nIV. Loi des rythmes. — On sait que les d'une même\ncomposition orchestrale (parties destinées à être jouées\nsimultanément par les divers instruments) peuvent être écrites\nsur des rythmes fort différents ; ces rythmes, néanmoins, ne\npeuvent pas être quelconques; pour s'associer convenablement,\nils doivent observer une certaine loi que l'exemple suivant\nsuffira à mettre en lumière.\nPuisqu'il s'agit ici uniquement de rythmes, considérons\nseulement les instruments de la batterie, et supposons que\nleurs diverses parties soient écrites conformément aux indica-\ntions du tableau suivant :\nPartie n° 1, une blanche par temps,\n— n° 2, deux noires par temps,\n— n° 3, trois noires en triolet par temps,\n— n° 4, quatre croches par temps,\n— n° 5, cinq croches en quintolet par temps,\net ainsi de suite.\nMême chez les Orientaux qui sont accoutumés à des rythmes\nplus variés ou moins simples que les nôtres (1), il ne faudrait pas\n\n(i) Cependant les Occidentaux emploient aussi parfois des associations de\nrythmes assez complexes ; ainsi Wagner (Siegfried, acte II, scène 2, page 177 de\nla partition française) fait marcher simultanément des parties comportant par"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.13", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "prolonger trop loin ce tableau sous peine de tomber dans une\ncomplexité inadmissible. Sous cette réserve, on pourra faire mar-\ncher ensemble deux ou plusieurs des parties indiquées ci-dessus,\nou toutes les parties, à condition, bien entendu, que\nchacune d'elles observe exactement la mesure; s'il en est ainsi,\nen effet, toutes les parties se retrouveront ensemble au début\nde chaque temps, et, à travers la variété des rythmes, l'auditeur\npercevra aisément leur unité; il constatera donc entre eux une\nsorte d'harmonie,tandis que si les parties n'observaient point\nla mesure, elles ne produiraient qu'un simple charivari.\nEn définitive, les rythmes à associer doivent figurer dans\nle tableau indiqué plus haut (à condition qu'il ne soit pas pro-\nlongé trop loin) ; en outre, les exécutants doivent observer rigou-\nreusement la mesure. La première de ces conditions exprime\nque les rythmes associés doivent être en rapports simples ; la\nseconde condition a précisément le même sens : supposons, en\neffet, que, quand les parties nos 2 et 3 du tableau précédent\njouent ensemble, la partie n° 3 aille trop vite, et, au lieu du\nrapport de 3 à 2, réalise celui de 3,1 a 2 (c'est-à-dire 31/20 au lieu\nde 3/2) ; alors, ses noires ne coïncident plus de 3 en 3 avec celles\nde la partie n° 2, mais seulement de 31 en 31 ; une telle périodi-\ncité est trop complexe pour être aisément perceptible, et l'audi-\nteur n'éprouvera qu'une impression de charivari ; il retrouvera,\nau contraire, l'impression d'harmonie si la partie n° 3, continuant\nd'accélérer sa mesure,atteint la proportion de 32 noires pour 20\nde la partie n° 2; c'est qu'en effet, dans ces conditions, on revient\nà un rapport simple, 32/20 = 8/5, celui qui correspond au cas\noù les parties nos setß du tableau ci-dessus joueraient ensemble.\nEn résumé, la loi des rythmes se réduit à ceci : les rythmes\nassociés doivent être en rapports\nV. Loi de la consonance. Deux notes que l'on fait sonner\nensemble forment ce que les harmonistes appellent une conso-\nnance (de cum sonare,sonner ensemble).\nL'expérience, avons-nous vu, prouve que deux rythmes, pour\npouvoir s'associer intelligiblement, doivent satisfaire à une\ncertaine loi (loi des rythmes) ; elle prouve aussi que, de même,\ndeux sons, pour pouvoir convenablement sonner ensemble,\n\nmesure, les unes, 4 temps de 1 noire (ou 2 croches ou 4 doubles croches), les autres\n3 temps de 6 doubles croches (association équivalente à celle des parties nOB Bet 9\ndu tableau ci-dessus).\n2"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.14", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "c'est-à-dire former consonance, doivent satisfaire à une certaine\nloi (loi de la consonance).\nPour montrer combien la seconde loi est pareille à la pre-\nmière, nous ferons voir comment toutes deux peuvent s'établir\nau moyen d'un même dispositif décrit ci-après :\nPlusieurs roues dentées semblables à celle dont il a été parlé\nplus haut (à propos de la définition du son musical) sont disposées\nà côté les unes des autres et peuvent actionner chacune une lan-\nguette légère, en bois ou carton ; ces roues sont identiques entre\nelles, mais les transmissions qui les relient à l'arbre moteur sont\nréglées de façon que, quand la première roue fait I tour, la seconde\nen fasse 2, la troisième 3... et ainsi de suite. Considérons l'une\nquelconque de ces roues ; suivant qu'elle tourne avec lenteur ou\nvitesse, elle fait entendre une série de bruits rythmés ou un son\nmusical continu. Si nous faisons tourner deux roues simultané-\nment, nous obtiendrons : en allure lente, 2 rythmes s'associant\nbien, et, en allure rapide, 2 sons s'accordant pour former un\nintervalle musical (consonance) ; au contraire, si les transmissions\nétaient déréglées, ni les rythmes ni les sons ne s'harmoniseraient,\net on observerait seulement « charivari » pour les rythmes, et\n« cacophonie » pour les sons. De même, la mise en marche simul-\ntanée de toutes les roues ne produirait qu'un ensemble confus, un\nbruit, tandis qu'avec des transmissions bien réglées, le dispo-\nsitif fait entendre un son musical formé de la fondamentale 1\naccompagnée de ses harmoniques 2, 3, 4, 5, etc...\nD'après cette expérience, la loi de la consonance et celle des\nrythmes seraient de tous points semblables : pour les associations\nde deux mouvements vibratoires (sons) comme pour celles de\ndeux mouvements rythmés (rythmes), l'homme serait instinc-\ntivement porté à préférer à toutes autres les harmonies de mou-\nvements donnant lieu à des coïncidences périodiques (1) assez\nrépétées pour être facilement connaissables ou sensibles ; la loi\n\n(1) Il est permis d'être affirnxatif sur ce Jjpoint, maintenant qu'a été élucidée\nthéoriquement et pratiquement l'ancienne difficulté relative à ce qu'on appelle\nsouvent, improprement d'ailleurs,l'influence de la différence de phase.(Essai sur la\nGamme, p. 13 et 16, influence du décalage). Au point de vue dont il s'agit ici, cette\ninfluence est nulle, ainsi qu'on pourrait s'en assurer matériellement avec les roues\nde Savart considérées plus haut, soit en se déplaçant circulairement autour d'elles\npendant qu'elles résonnent, soit en les écoutant toujours du même point, mais en\nles mettant en marche après les avoir réglées à des différences de phase ou décalages\nvariables."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.15", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3421, "texte": "de la consonance consiste donc simplement en ceci : pour former\nconsonance, deux notes doivent posséder des fréquences en rapport\nsimple.\nLes expériences de ce genre ont longtemps été considérées\ncomme concluantes, mais, pour raisonner avec certitude, ne les\ntenons pas pour absolument décisives, car la sensibilité de notre ,\noreille n'est pas illimitée, et il ne faut pas écarter sans débat\nl'opinion de certains théoriciens d'après lesquels les roues den- ,\ntées ci-dessus considérées donneraient des intervalles encore\nplus justes (?) si leurs transmissions subissaient au préalable de\npetits déréglages régis par le principe du tempérament ou par\ncelui de Pythagore (i). Nous comparerons donc ces deux prin-\ncipes à celui de la consonance (2), et nous chercherons lequel des\ntrois explique le mieux notre sensation la plus spontanée, celle\n\n(1) Pour montrer Tordre de grandeur des différences correspondant à ces petits\ndéréglages, on indiquera ici, à titre d'exemple, les diverses valeurs de la tierce majeure :\nsuivant qu'on forme cet intervalle par le principe de la consonance, ou de Pytha-\ngore, ou du tempérament, on obtient, soit 5/4 = 1,25, soit 81/64 = 1,265625, soit la\nracine cubique de 2 (comportant un nombre de décimales illimité) = 1,2599..., etc...\nLes différences entre ces valeurs sont accessibles à l'expérience directe, mais\nsi on les trouvait un peu petites à observer il serait facile (en procédant par répéti-\ntion, ainsi que jel'ai indiqué par ailleurs) de disposer l'expérience de manière à avoir\nà mesurer, non pas un seul de ces petits écarts, mais bien l'ensemble de plusieurs\nd'entre eux, accumulés en nombre suffisant pour constituer un intervalle résultant\nbeaucoup plus considérable.\n(2) Pour être plus complet, nous devrions aussi examiner comparativement\nla gamme des harmoniques ; mais dans bien des cas, et notamment dans celui de\nla tierce majeure que nous venons de prendre pour exemple, la gamme des harmo-\nniques coïncide avec celle que fournit le principe de la consonance. Nous nous\nbornerons donc à signaler ici l'une des raisons pour lesquelles il n'y a pas lieu\nd'étudier plus longuement la gamme des harmoniques. j\nCette gamme est dénommée parfois gamme naturelle parce qu'elle est natu-\nrelle, en, effet, non point à l'homme, mais au cor et à tous les instruments fondés\nsur le même principe mécanique (subdivision du corps sonore en parties aliquotes).\nOn a cru souvent qu'on pouvait assimiler entre elles la gamme de Vhomme et celle\ndu cory comme s'il devait fatalement y avoir identité entre, d'une part, la loi psy-\nchique présidant à l'association de nos sons musicaux et, d'autre part, la loi\nmécanique réglant les divers modes de vibration d'un même corps élastique. En\nréalité, les deux gammes n'ont que quelques sons en commun, et tous les cornistes\nsavent bien que plusieurs harmoniques fournis par leur instrument sont étrangers\nà notre tonalité usuelle, en sorte que, dans certains cas, leur émission doit être\nrectifiée par divers artifices.\nOn a souvent prétendu aussi que la gamme de l'homme ne pouvait manquer\nde coïncider avec celle des harmoniques parce que, dès notre plus jeune âge, nous\nsommes habitués à n'entendre que des notes où le son fondamental s'accompagne\nd'un long cortège d'harmoniques. Ceci n'est qu'imparfaitement conforme aux\nfaits : hormis le cas d'observations acoustiques faites à l'aide d'appareils très"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.16", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "que (sauf exception rare) nous éprouvons tous dès le plus jeune\nâge, et longtemps avant d'avoir commencé l'étude de la\nmusique.\nOn sait que les enfants apprennent très facilement par cœur\nles airs suffisamment simples. Si l'un d'eux connaît, par exemple,\nle « Ah! vous dirai-je maman »de Mozart, et si vous lui chantez\ncet air en commençant par une quarte au lieu d'une quinte/il\nreconnaîtra sans hésiter l'inexactitude commise, alors qu'il\nserait bien incapable de discerner si, comme première note, vous\navez choisi un do, un ré, ou tout autre son. C'est donc que la\nnotion de l'intervalle musical est intuitive entre toutes. Mais\ncomment jugeons-nous de la grandeur d'un intervalle musical ?\nSerait-ce par un processus rappelant celui de l'estimation d'une\nlongueur ? Certes non ! Les deux évaluations sont radicalement\ndifférentes, et il suffit, pour s'en assurer, d'exécuter réellement\nou par la pensée une expérience comparative telle que la sui-\nvante :\nConsidérons deux couples de grandeurs, les longueurs 100 cm.\net 150 cm. et les sons de fréquences ioov et i 5ov. Pendant que nous\ncomparons entre elles les grandeurs d'un même couple, faisons\ncroître progressivement la plus forte des deux, de façon que\nla longueur 150 cm. et le son i 5ov atteignent puis dépassent\nrespectivement 160 cm et i 6ov ; dans chaque couple, le rapport\ndes grandeurs comparées varie donc de 3/2 à 8/5 et au delà, en\nsorte que nos sensations visuelles et auditives varient égale-\nment, mais dans des conditions bien différentes. La sensation\nvisuelle se modifiant continûment ne cessera jamais d'être assez\ncomparable tant à la précédente qu'à la suivante; le cas du\nrapport 8/5, notamment, sera loin de correspondre à une sorte de\npoint singulier du phénomène. Au contraire, la sensation audi-\ntive présentera des changements très considérables, de tous\npoints analogues à ce que nous avons observé plus haut en étu-\ndiant l'association de deux rythmes dont le rapport, primitive-\nment fixé à 3/2, augmentait et tendait vers 8/5. Au début, pour le\nrapport 3/2, et aussi plus tard, au moment où le rapport passe\n\nspéciaux, nous n'entendons guère que les tout premiers harmoniques ; quant aux\nautres, si d'aventure un instrument nous fait entendre exactement certains d'entre\neux, notamment 7, 11, 13..., etc., nous ne manquons pas de constater qu'ils sont un\npeu différents des sons auxquels nous sommes accoutumés, tandis que d'autres\nharmoniques, bien que de rangs encore plus éloignés (par exemple,ceux de l'accord\nmineur 10, 12, 15), font.au contraire, partie de tonalités usitées depuis des siècles."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.17", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1720, "texte": "par sa seconde valeur remarquable 8/5, la sensation auditive est\nsimple, plutôt agréable, et, en tous cas, très nette et facile à\nretrouver de mémoire ; par la suite, elle devient complexe plutôt\ndésagréable, et non seulement difficile à retenir, mais même\nembarrassante à classer à son rang parmi les autres intervalles\nmusicaux auxquels nous sommes accoutumés.\nOn a depuis longtemps remarqué cette grande difficulté que\nnous éprouvons à comprendre notre propre sensation, dans le\ncas d'un intervalle complexe ; elle a été mise en évidence,\nnotamment, par une expérience bien connue de Delezenne. Cet\nacousticien fit un jour entendre à des musiciens exercés un inter-\nvalle de i/8e de ton réalisé à l'aide de diapasons, et leur demanda\nd'en estimer la valeur : toutes les évaluations furent inexactes, et\nl'une d'elles s'éleva même à un demi-ton ; il est manifeste qu'un\ndessinateur même peu exercé ne confondrait jamais un centimètre\nou un millimètre avec son quadruple.\nAinsi, la comparaison de deux sons n'a aucun rapport avec\ncelle de deux longueurs. Et il n'y a pas lieu, de s'en étonner, car,\nà la réflexion, rien ne paraît plus naturel.\nReprenons, en effet, dans l'expérience précédente, les deux\ncas singuliers (rapport 3/2 et 8/5) et un cas intermédiaire 31/20 ;\npar ordre de grandeur, ces rapports peuvent s'écrire ainsi :\nQuand nos yeux regardent successivement les trois couples\nde longueurs, les phénomènes tant peu-\nvent être figurés par les trois dessins suivants, dans chacun\ndesquels la plus petite ligne horizontale représente toujours un\nmètre, soit à échelle réduite,s'il s'agit des longueurs elles-mêmes,\nsoit à échelle amplifiée, s'il s'agit de leurs images sur la rétine."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.18", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1840, "texte": "Quand nos oreilles entendent successivement les trois couples de\nsons correspondants, les phénomènes tant\nse reproduisant toujours semblables à eux-mêmes dans chaque\npériode d'un cinquième de seconde, peuvent être figurés par\nles trois schémas suivants ; ici, chaque ligne horizontale repré-\nsente, non plus une longueur linéaire, mais bien une longueur de\ntemps (un cinquième de seconde), et les diverses subdivisions de\ncette ligne indiquent à quelle cadence se succèdent, soit les\nvibrations des corps sonores, soit les pulsations correspondantes\ntr'ansmises au cerveau de l'auditeur. Ceci posé, il devient facile\nd. interpréter nos sensations. Notre œil nous renseignant\ndirectement sur les longueurs mêmes et non sur leurs rapports,\nnous ne pouvons percevoir ceux-ci qu'au prix d'une opération\nmentale, d'un jugement, et c'est pourquoi aucun des trois\nrapports 3/2, 31/20 et 8/5 ne nous frappe particulièrement.\nIl en est tout autrement dans le phénomène auditif, et les\nrapports ou intervalles sont précisément la seule chose donnant\nlieu ici à une sensation directement perceptible. Nous ne pour-\nrions apprécier la hauteur absolue d'un son qu'en le comparant\nà un étalon généralement absent ; au contraire, pour reconnaître\nun intervalle musical, la particularité qui seule peut nous guider\nfait toujours partie de notre sensation : ce sont ces coïncidences\n(visibles sur les trois schémas précédents) survenant périodi-\nquement entre les deux séries de pulsations que nous font res-\nsentir les deux notes entendues (coïncidences par lesquelles\nnos deux séries de sensations élémentaires se repèrent pour\nainsi dire l'une sur l'autre) ; parmi tous les phénomènes, sons\nde différence, sons d'addition, etc., auxquels donne lieu la\ncoexistence de deux sons, c'est de beaucoup celui-ci qui produit"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.19", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "l'effet le plus facilement perceptible et reconnaissable ; il est\nd'autant plus net que les actions élémentaires, bien qu'émanant\nde notes différentes, concordent entre elles en plus grande\nproportion ; on voit sur la figure précédante que ces concor-\ndances sont fréquentes dans les schémas de la quinte 3/2 et de\nla sixte mineure 8/5, tandis qu'il n'en existe aucune dans le\ncourant du schéma de l'intervalle inusité 31/20. C'est évidem-\nment pour ce motif que les jeunes enfants eux-mêmes peuvent\nreconnaître aisément les quintes, les sixtes et les autres inter-\nvalles simples, tandis que, jusqu'à présent, l'intervalle complexe\n31/20 n'a emore jamais été employé dans l'art musical.\nAssurément, cette interprétation peut sembler étonnante,\ncomme, d'ailleurs, presque tout ce qui tend à expliquer le mer-\nveilleux fonctionnement de nos sens, mais elle est absolument\nplausible, et c'est encore le principe de la consonance qui paraît\nle mieux rendre compte des faits observés.\nCe que ce principe a surtout contre lui dans l'esprit de\ncertains théoriciens, c'est la puérilité des raisonnements ( ?) par\nlesquels on a souvent tenté autrefois de le démontrer : la\nsimplicité, disait-on, est un attribut essentiel de la Nature et\nde la Vérité, donc les rapports numériques correspondant aux\nvéritables intervalles musicaux doivent nécessairement posséder\nle caractère de simplicité. Il est évident qu'en raisonnant par\nces procédés « express », on pourrait aller loin ! Mais où n'irait-on\npas aussi si l'on posait, en principe, qu'une chose devient fausse\ndès qu'on en a donné une démonstration insuffisante (1) ?\nVoyons maintenant à quoi correspond, dans les autres\nthéories, cette même notion de l'intervalle musical, et, à titre\nd'exemple, considérons plus spécialement les tierces que les\nenfants associent parfois si aisément quand ils chantent d'ins-\ntinct en faux-bourdon.\nD'après les partisans de la les douze sons\nde la gamme chromatique diviseraient l'octave en parties exac-\ntement égales, en-sorte que la tierce majeure et la tierce mineure\nvaudraient respectivement 1/3 et 1/4 d'octave ; donc, étant\ndonné do, pour trouver mi, on estimerait le tiers d'octave. Or,\n\n(1) Le principe de simplicité suggère parfois fort élégamment la théorie de\ncertains phénomènes, mais à condition qu'au préalable, on examine avec soin dans\nquelles particularités et de quelle façon il est naturel que se manifeste la loi de\nsimplicité."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.20", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "cette opération est radicalement impraticable ; le lecteur s'en\nassurera bien facilement en partant d'un son fixe quelconque\net en exécutant par la pensée 3 modulations par tierce majeure\n(ou 4 modulations par tierce mineure) ; il aboutira ainsi à une\nnote finale formant une septième (ou une neuvième) avec la\nnote initiale, et non point du tout une octave, ainsi que cela\nsemble avoir lieu sur un piano ou sur tout autre instrument\ntempéré. Si le lecteur ne voulait pas s'en rapporter à lui-même\npour une expérience de ce genre, je lui citerais le témoignage\nd'un de nos musiciens les plus illustres et les plus réputés;\nmalgré son scepticisme, le Maître a bien voulu exécuter,\nlui-même et à plusieurs reprises, l'une des modulations que\nj'indiquais : « A ma grande stupéfaction, m'écrivait-il récem-\nment, je suis arrivé toujours à une octave diminuée (1). »\nD'après la conception de Pythagoles tierces se formeraient\npar des superpositions de quintes et d'octaves combinées en\nnombre et en sens convenables; ainsi, entendant pour\ntrouver mij, on concevrait les quintes ascendantes doj, solj,\nrê4, la 4, mis, puis les octaves descendantes mi5, mi 4, mij, ce\nqui finit, en effet, par fournir la tierce majeure mij; la tierce\nmineure s'obtiendrait par un procédé de complexité analogue\nmais inverse.\nCeci rappelé, voyons lequel des trois principes comparés\nnous permettra le mieux de comprendre comment deux enfants\nn ayant aucune notion d'harmonie peuvent cependant s'accom-\npagner d'instinct en chantant à la tierce.\nSi l'un des enfants chante do, l'autre concevra-t-il mi (2)\ncomme note tempérée ? Assurément non, car, ainsi que nous\n1 avons vu, l'estimation du tiers d'octave est irréalisable.\nLe second enfant formera-t-il mi en concevant successive-\nment les quatre quintes et les deux octaves indiquées plus\nhaut ? Ce procédé pythagoricien ne paraît guère compatible\navec le caractère instinctif et instantané de l'opération, et\nd'ailleurs, le principe même du procédé n'a rien en soi de parti-\nculièrement plausible. S 3\n\n( i ) L octave à laquelle on aboutit est diminuée ou augmentée, non seulement se-\nlon le type de la série de modulation exécutée, mais aussi selon les habitudes tona-\ncs de 1 operateur (habitudes dont nous constaterons plus loin la puissante influence).\n(2) Pour abréger, je laisse au lecteur le soin de faire lui-même la petite distinc-\ntion entre la tierce haute et la sixte basse qui s'emploie aussi dans le chant dit\n« à la tierce »."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.21", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "Combien n'est-il pas plus naturel d'admettre que le jeune\nchanteur est guidé par la seule particularité physique à laquelle\npuisse correspondre une sensation reconnaissable, c'est-à-dire\npar ces coïncidences qui se produisent périodiquement entre\nles pulsations de la note mi et celles de l'autre note. Ces coïnci-\ndences ayant lieu une fois sur 5 pour la tierce consonante et une\nfois sur 81 pour la tierce pythagoricienne, le rapport 5/4 paraît\nplus vraisemblable a admettre que 81/64, non pas pour cette\nraison de sentiment « qu'il serait plus agréable aux yeux de la\nNature et de la Vérité », mais tout simplement pour cette\nraison de fait « qu'il correspond à une sensation plus facile à\npercevoir et à reconnaître ».\nIl semble donc démontré par ce qui précède que le principe\nde la consonance peut être considéré comme très plausible « en\nsoi » ; il l'est plus encore si on l'étudié « en ses conséquences ».\nEn effet, si on l'adopte comme postulat, on peut, par des raison-\nnements fort simples, reconstituer toute la musique telle que\nles maîtres l'ont créée d'instinct. C'est à la démonstration de ce\nfait qu'est consacré l'ouvrage dont il a été dit un mot plus\nhaut (Essai sur la gamme). Sans chercher àle résumer ici, j'in-\ndiquerai simplement les principaux points sur lesquels le lecteur\npourra réfléchir successivement s'il a la curiosité d'établir\nthéoriquement les divers faits musicaux dont les traités d'har-\nmonie se bornent à donner une sorte d'énumération purement\nexpérimentale.\n\"VI. Intervalles consonants et Parmi tous les\nintervalles musicaux possibles, examinons notamment ceux\nqui correspondent aux rapports suivants :\nINTERVALLES"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.22", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "Considérons d'abord les représentations numériques ; dans\ncette série de fractions, les qualités inverses de simplicité ou de\ncomplexité varient de façon très progressive ; ces qualités\nd'ailleurs ne sont pas absolues, mais seulement relatives, de\nmême que le froid et le chaud ; aussi serait-il, en général, un\npeu délicat d'indiquer a priori le point précis où doit être placée\nla frontière entre la simplicité et la complexité. Mais, dans la\ntonalité qui est de beaucoup la plus employée, et dont il sera\nexclusivement question dans la suite de cet article (i), les\nintervalles formés par le facteur 7 sont inusités ; leur absence\ncrée donc, dans la série précédente, une large lacune formant\nprécisément une sorte de frontière naturelle entre les intervalles\nplutôt simples et les intervalles plutôt complexes.\nExaminons maintenant ces mêmes intervalles afin de les\nclasser, non plus d'après l'aspect plus ou moins simple de leurs\nformules, mais bien d'après la facilité plus ou moins grande\navec laquelle notre oreille accepte l'association des sons formant\nles intervalles considérés. Nous trouverons alors que cette\nfacilité d'association varie à peu près parallèlement à la simpli-\ncité des formules, et notre sentiment musical nous indiquera\nnettement une frontière située au même point que la précédente ;\nc'est ainsi que tous les harmonistes sont d'accord pour range*-\nles intervalles en deux catégories, l'une comprenant les associa-\ntions plutôt simples (unisson, tierces, quinte, et leurs renver-\nsements : octave, sixtes, quarte), l'autre englobant l'ensemble\ndes associations plus complexes (secondes, septièmes, etc ).\nSeulement, les harmonistes, au lieu des mots simple et\ncomplexe, emploient les qualificatifs et\ncomme aussi les substantifs « consonance » et « dissonance »\nsignifiant respectivement « intervalle consonant » ou « intervalle\ndissonant ». De ce choix de termes résultent certaines bizarre-\nries • ainsi, la tierce do mi = 5/4 la seconde mi fa = 16/15,\n\n(1) Celle qui est formée uniquement par les facteurs 2, 3 et 5, à l'exclusion de\n7 et au-dessus. Pour faire court, je n'examinerai ici que cette tonalité, et me\nborneiai même aux notes usitées dans les genres diatonique et chromatique j je\npasserai donc sous silence le genre enharmonique et aussi, d'ailleurs,\nune foule d'autres points intéressants que je ne pourrai même pas m'excuser\nd omettre, car alors je manquerais mon but principal, lequel est d'assurer au moins\nà cet article le mérite d'une certaine brièveté. Le lecteur voudra donc bien\nconsidérer comme prise à chaque paragraphe, cette sorte de « précaution oratoire »\nque constitue le présent renvoi."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.23", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "avec leurs formules inégalement simples et leurs sensations\ncaractéristiques inégalement harmonieuses seront classées,\nl'une dans les consonances, l'autre dans les dissonances ;\ncependant la dissonance mi fa,étant une sonance simultanée,\npourra aussi, comme on l'a vu plus haut, prétendre au nom\nde « consonance ».\nCes termes à acceptions multiples ne sont pas rares dans\nles langues, mais, dans les terminologies scientifiques, leur\nexistence n'est pas sans inconvénients.\nNota. On remarquera que les consonances contenues\ndans la liste établie plus haut se présentent par ordre de simpli-\ncité et non d'agrément, ce qui est tout différent ; en effet, nous\nn'aimons pas exclusivement la simplicité (unité), et, qu'il\ns'agisse de conter une belle histoire ou de faire entendre une\nagréable consonance, il faut savoir concilier la variété et l'unité,\nc'est-à-dire éviter à la fois le trop simple et le trop complexe.\nA cet égard, on pourrait dire que les consonances de la liste\nprécédente sont plutôt classées par ordre d'agrément croissant ; -\nmais ceci est loin d'être absolu, car avant de qualifier l'harmonie\nd'un intervalle, il est essentiel de spécifier par rapport à quoi,;\non l'estime (i). U\nx t-Lj\nVII. Question de*- mots. Les questions de mots ayant\nparfois plus d'importance qu'on ne se le figure habituellement,\nexaminons ici comment il faudrait dénommer le principe\npsycho-physique proposé plus haut pour postulat unique de\ntoute la science musicale.\nL'expression principe des co convien-\ndrait bien, mais ces coïncidences n'apparaissent pas directe-\nment sur les rapports par lesquels on a coutume de représenter\nles intervalles. A cet égard, l'expression principe des rapports\nsimples pourrait être adoptée si elle n'avait pas (ainsi qu'on\n\n(i) Faute d'avoir observé cette précaution, les auteurs ont émis les opinions\nles plus contradictoires ; la quarte, par exemple, a été, tantôt qualifiée de conso-\nnance parfaite entre toutes, tantôt placée au dernier rang des consonances, ou\nmême assimilée aux dissonances (avec préparation et résolution obligatoires). Ceci\nrésulte de ce que cet intervalle « rattache » à son sommet et non à sa base, en sorte\nque do fa, par exemple, rattache à fa, tandis que sol do consone en do. Tel est le\nmotif pour lequel, dans le style rigoureux, la préparation de la quarte est exigée\npour tous les seconds renversements en général, mais non pour celui de 1 accord\ntonique."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.24", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "l'a dit plus haut) l'inconvénient de représenter aux yeux de\nbien des gens une idée acceptée longtemps sans motifs sérieux\net pour de simples raisons de sentiment.\nL'expression principe des prop pourrait rem-\nplacer les précédentes si elle ne se trouvait pas déjà accaparée\npar une autre science (I). Celle de principe ptoléméen\netc... serait assez en harmonie avec le langage des théoriciens,\nmais manquerait de généralité, car ni la gamme de Zarlin ni le\ndiatonique synton de Ptolémée ne contiennent tous les facteurs\npremiers dont il se peut que le musicien fasse intuitivement\nusage (2).\nEn fait, le principe à dénommer étant celui qui règle la con-\nsonance (3), il n'est pas étonnant que l'expression\nla consonance ait été souvent employée dans la correspondance\nque m'a value l'apparition de l'ouvrage signalé plus haut\nsur la gamme). J'en ai moi-même fait usage dans des articles\ndestinés à répondre à certaines critiques ; mais alors elle a donné\nlieu à cette objection plus qu'inattendue : « Le principe de la\nconsonance ne saurait fournir une théorie générale de la musique\nvu que la dissonance,elle aussi, est de la musique ».\nIl est évident qu'en réalité, il n'y a là aucune objection, mais\nune simple erreur de critique, un malentendu résultant d'une\ncurieuse confusion entre les deux acceptions du mot « conso-\nnance » (4) ; peut-être n'eût-il pas été bien difficile de l'éviter en\nconsidérant qu'une théorie donnant la genèse de tous les inter-\nvalles et accords dissonants et altérés ne peut vraiment pas être\naccusée de se confiner dans les mêmes limites que l'harmonie\npurement consonante.\n\n(1) La Chimie :il existe,en effet,une curieuse identité entre, d'une part, la loi\nréglant la façon dont s'associent les vibrations des notes que l'inspiration suggère\nau musicien, et, d'autre part, la loi présidant aux unions que réalisent les molécules\ndes corps élémentaires pour former ces combinaisons innombrables qui, séparées\nou mélangées, constituent tous les solides, liquides ou gaz existant à la surface\nde notre globe ou dans ses flancs.\n(2) La même raison doit faire renoncer ici à l'expression principe cartésien ;\nj'ai cru pourtant pouvoir l'employer dans une publication antérieure, mais parce\nqu'il s'agissait alors d'une simple comparaison entre deux formules de gammes\ndéterminées.\n(3) Les musiciens, avons .nous vu, appellent ainsi l'accord de deux sons, et\nréservent le mot « accord » pour le cas où les sons réunis sont au nombre de trois au\nmoins.\n(4) « Principe de la consonance » signifie « principe de la sonance simul-\ntanée », et non point « principe de Y harmonie consonante »."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.25", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2929, "texte": "Quoi qu'il en soit, puisqu'il y a toujours intérêt à réduire\nau minimum les chances de malentendus, il est préférable de\nremplacer l'expression précédente par une autre telle que\n« loi psycho-musicale »ou « principe coïncidiste » ou « ratio-\nniste », etc.\nC'est de ce dernier adjectif (rationiste) que je ferai usage\ndans la suite du présent article, car il rappelle la double carac-\ntéristique du postulat adopté, laquelle consiste : i° à repré-\nsenter les intervalles musicaux par des rapports simples ou peu\ncomplexes {ratio,rapport) ; 2° à expliquer par le raisonnement\nles lois que les musiciens n'avaient encore établies qu'empiri-\nquement {ratio,raisonnement).\nVIII. Echelles et gammes. Conformément au principe\nrationiste, une gamme n'est autre chose que l'ensemble d'une\ntonique et de quelques degrés choisis de façon à former avec la\ntonique des rapports tels que le musicien les saisisse aisément (i).\nLes ressources dont l'Art peut disposer augmentent donc au\nfur et à mesure que l'artiste devient apte à comprendre des\nintervalles de moins en moins simples (2).\nLe maximum de ces ressources (du moins quand on limite\nla question ainsi qu'il a été indiqué plus haut) est atteint lors-\nqu'on a constitué une gamme de douze sons : c'est la gamme\n\n(1) Peut-être n'est-il pas inutile de répéter encore ici que, quand le musicien\nsaisit, par exemple, le rapport de quinte entre deux sons tels que do = 522 et sol\n= 783, cela ne veut pas dire qu'il calcule mentalement et vérifie si les fréquences\nprécédentes forment le rapport 3/2 ; cela signifie simplement que, les sons 522 et\n783 associant leurs rythmes vibratoires suivant une certaine proportion simple\n(3/2), l'homme peut facilement reconnaître la sensation caractéristique simple\nqui en résulte, et même la goûter, si toutefois il aime la musique. Constater qu'il\nexiste un rapport de quinte entre deux sons consiste donc essentiellement à recon-\nnaître une certaine sensation ; c'est là uniquement ce que fait l'enfant considéré\nplus haut à titre d'exemple, quand il vérifie si l'air « Ah / vous dirai-je maman »\nlui est chanté avec exactitude ; il n'a nul besoin pour cela de connaître ni le mot\nquinte inventé par les harmonistes ni le rapport 3j2 découvert par les physiciens.\nEt tous, chanteurs illettrés ou savants harmonistesy repèrent leur sensation par le\nmême processus intuitif. C'est donc seulement quand on s'adresse à un lecteur\néclairé (en ces matières) qu'on peut écrire : « Constater l'intervalle de quinte,\nc'est reconnaître l'existence du rapport 312, de même, par exemple, qu'à propos\nde l'analyse spectrale appliquée à l'étude des astres, on a pu dire : « Constater\ntels ou tels groupes de raies dans nos instruments, c'est reconnaître l'existence\nde telles ou telles matières terrestres dans les autres mondes qui nous entourent ».\n(2) C'est ce qui a eu lieu dans le passé et pourrait encore avoir lieu dans\nl'avenir."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.26", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "chromatique, à laquelle les musiciens sont depuis longtemps\narrivés expérimentalement. Quant à la gamme présentant le\nminimum de ressources mais le maximum de simplicité, c'est\ncelle dont chaque degré forme intervalle consonant avec chacun\ndes autres ; elle peut se présenter sous deux aspects différents\ntels que do mi sol et la do mi ; ces deux groupements de sons, qui\nont en musique un rôle prépondérant, seront, dans ce qui suit,\ndésignés sous le nom particulier ou\nEntre ces deux solutions extrêmes fournies par les nombres\n(échelle de 3 sons et gamme chromatique de 12 sons), l'homme\npeut imaginer à sa fantaisie une foule de gammes différentes.\nParmi elles, celles qui se prêteront le mieux à l'harmonie seront\nnaturellement celles dont les degrés, loin d'être pris au hasard\ndans la collection chromatique, auront, au contraire, été choisis\npar groupes de trois formant échelles : celles-ci correspondront\nalors aux accords fondamentaux de la tonalité. Parmi les gammes\nde cette catégorie, on rencontre, non seulement les deux gammes\nmodernes, l'une majeure, l'autre mineure, mais aussi trois\nvariantes de chacune d'elles, soit au total huit gammes dis-\ntinctes que les musiciens de nos parfois, il\nest vrai, à leur insu.\nIX. Constitution et enchaînement A l'époque\noù les premiers Maîtres fondaient l'harmonie, l'oreille humaine\nn'étant pas encore accoutumée aux combinaisons de sons, il\nétait de toute nécessité, pour plaire, que les différentes parties\nchantantes s'accordassent en un ensemble très simple, et que les\nharmonies successives fussent unies les unes aux autres par des\nliens particulièrement évidents. Les règles que les premiers Maîtres\nappliquèrent alors d'instinct, le principe rationiste permet de\nles formuler immédiatement ; ainsi, il a montré que les assem-\nblages de sons les plus consonants sont ceux qui ont été\ndénommés plus haut « échelles » ; de même, il ferait voir que,\nquand une composition admet pour base une certaine échelle\nfondamentale ou tonique telle que do mi sol, par exemple, les\nautres combinaisons harmoniques le plus intimement liées à la\ntonique constituent aussi une série d'autres échelles telles que\nsol si ré, fa la do, la do mi, mi en sorte que les\nprincipales règles à observer peuvent se formuler ainsi : com-\nbiner la marche des parties de manière qu'elles chantent simul-"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.27", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "tanément des notes appartenant à une même échelle (ou par-\nfois fausse-échelle) et n'employer que des échelles liées les unes\naux autres par des parentés suffisamment évidentes (eu égard\nau degré de culture harmonique de l'auditeur).\nX. Imitation. Dès qu'on écrit quelques lignes de musique,\non pratique d'instinct 1' « imitation » qui est, elle aussi, une con-\nséquence immédiate du principe rationiste. Si le sens d'une\nphrase musicale donnée résulte seulement de la série des rap-\nports que forment entre elles les fréquences des diverses notes,\non conçoit qu'en altérant toutes ces fréquences suivant une loi à\nla fois méthodique et simple, on obtiendra une nouvelle phrase\nou phrase transformée,non identique, mais plus ou moins\nanalogue à la phrase donnée. Par exemple, si on augmente ou si\non diminue la fréquence de chaque note d'un même tant pour\ncent, les rapports subsistent sans changement, et on réalise\nsimplement la transposition qui est, comme on le sait, la base du\ncontrepoint en imitation régulière ; ainsi, dans l'imitation à la\nquinte, le conséquent n'est autre chose que Vantécédent dont les\nnotes ont eu leurs fréquences majorées de moitié.\n{ La transposition étant extrêmement connue, je donnerai\nseulement des exemples des transformations que j'ai appelées\ninversion, contremodeet retournement.Dans la figure suivante, si\nl'on admet que le premier quart, marqué A, constitue le thème\ndonné, les autres quarts marqués B, C, D, ne sont respective-\nment autre chose que ce thème retourné, contremodé et inversé.\nUne phrase musicale étant donnée, on pourrait jouer\nd'emblée son contremode, son inversion et son retournement, à\ncondition, soit d'exécuter mentalement certains changements\nd'armure, soit de retourner la feuille de papier de haut en bas\net de la lire par transparence ou par réflexion dans une glace,\nsoit de combiner ces divers procédés ; on pourrait aussi obtenir\nles hauteurs des notes de l'air transformé en appliquant une\nméthode mathématique aussi facile à définir que longue et"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.28", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "fastidieuse à mettre en œuvre. Mais, pratiquement, on n'emploie\njamais ces procédés méthodiques; il est vrai que souvent le musi-\ncien « a l'air » de les avoir appliqués lorsque, composant d'ins-\ntinct, il a écrit un air coupé à la façon qu'indique sommaire-\nment le court exemple cité plus haut ; mais ce n'est là qu'une\napparence résultant de ce que son cerveau a fonctionné à son\ninsu conformément au principe rationiste.\nXI. Autres lois musicales. L'application de ce même prin-\ncipe permet de retrouver toutes les lois formulées dans les\ntraités : bons et mauvais degrés, cadences, progressions, quintes\nde suite, accords dissonants naturels ou altérés, etc... Toutefois,\nentre les lois des traités et les conséquences du principe ratio-\nniste, il existe souvent des différences dont l'exemple suivant,\nrelatif aux résolutions,fera suffisamment comprendre l'origine\net la portée.\nL'Ecole a longtemps enseigné que, dans la résolution de la\ndissonance, la note à marche doit rigoureusement\ndescendre d'un degré, tandis que la sensible monte à la tonique ;\nsous la pression de l'évidence, il a bien fallu consentir à tempérer\nla rigueur de cette pseudo-règle et admettre une série d'excep-\ntions et de licences,aussi dépourvues d'ailleurs de toute démons-\ntration logique que la règle principale elle-même; ainsienseigne-\nt-on aujourd'hui que la note à marche contrainte, suivant qu'on\nuse de ces exceptions ou licences, peut, ou bien descendre, ou\nbien monter, ou bien rester sur place, soit telle quelle, soit en se\ntransformant enharmoniquement, en sorte que, comme on le\nvoit, la « contrainte », remaniée par ces procédés empiriques,\nparaît tout au moins dépourvue de netteté.\nSi l'on examine la question au point de vue rationiste, on\nconstate que la règle des anciens harmonistes n'est vraie que\ndans une certaine catégorie de cas, catégorie très importante,\nil est vrai, et que considéraient sans doute presque exclusive-\nment ceux qui, les premiers, formulèrent la loi dans toute sa\nrigueur ; mais, pour ces cas spéciaux, l'ancienne loi devenue\njuste n'admet plus aucune exception, et est alors susceptible\nd'une démonstration aussi simple que rationnelle et sans doute\ninédite.\nXII. Conclusion. Ce qui précède montre que le principe\nrationiste n'est pas seulement plausible en soi mais a aussi"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.29", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "l'avantage d'expliquer parfaitement tous les faits musicaux ;\ncet avantage lui est spécial, car il ne semble pas que les autres\nthéories, par exemple, le tempérament ou le système de Pytha-\ngore, puissent jamais conduire au même résultat.\nCependant, même si le lecteur était tenté de partager cette\nopinion, il ne devrait pas se presser d'admettre qu'elle a\nchances de se répandre rapidement dans le public musical ;\ncelui-ci, en effet, a coutume, en ces matières, de s'en rapporter\npresque exclusivement à certaines personnes, musiciens ou\nhommes de science, dont l'opinion fait autorité ; or, ces per-\nsonnes n'ont sans doute pas les loisirs nécessaires pour mener\nà bien l'étude d'une question où l'on dirait que la nature s'est\nplue à accumuler les embûches et traquenards de toutes sortes.\nJ'ai déjà signalé, par ailleurs, plusieurs des causes d'erreur aux-\nquelles il est nécessaire de prendre garde quand on étudie ce\nproblème ; je me bornerai ici à rappeler l'une des plus curieuses.\npar exemple, l'intervalle de septième mineure,\n(tel que do sif» ); suivant les diverses théories, il devrait corres-\npondre à différentes valeurs, savoir :\n9/5 : théorie rationiste (1),\n7/4 : théorie des harmoniques,\n16/9 : théorie de Pythagore,\n2 5/6 : théorie du tempérament.\nFaisons donc exécuter cet intervalle par des artistes\néprouvés, et mesurons les fréquences des sons qu'ils produisent ;\ncalculant ensuite le rapport de ces fréquences, nous pourrons\naisément semble-t-il—reconnaître la théorie se montrant le\nplus exactement conforme aux faits.\nEh bien non ! Ce procédé paraît simple et sûr, et cependant\nil doit être rejeté, car, si une voix naturelle fournit le rapport\n9/5, un cor (produisant des harmoniques) pourra donner 7/4,\n\n(i) Du moins, dans certains cas, car, d'après la théorie rationiste, chaque note\nsusceptible de jouer plusieurs rôles dans la tonalité peut aussi avoir plusieurs\nhauteurs un peu différentes (apparaissant toutes à première vue sur le plan de la\ntonalité). Aussi la théorie rationiste échappe-t-elle absolument à l'objection suivante\n(irréfutable pour les partisans des gammes pythagoriciennes ou tempérées) : «Com-\nment les sons de la gamme pourraient-ils être réglés par un principe rigoureux,\npuisque notre sentiment artistique nous révèle qu'une même note peut se présenter\nà nous avec des hauteurs un peu différentes ? » __ y r ,\nf ' M"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.30", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "un violon (réglé par quinte), 16/9, un piano (accordé au tempéra-\nment), 2 3/6 ; en somme, le résultat variera avec le mode\nd'accord ou de construction de l'instrument employé (1) ;\ncelui-ci ne peut donner que ce qu'on y a mis ; s'en rapporter à\nlui, c'est imiter l'erreur du statuaire de La Fontaine tremblant\ndevant le dieu créé par son ciseau.\nIl ne faudrait pas croire qu'en rejetant l'emploi de tous les\ninstruments de musique, et en enregistrant uniquement les\nintervalles produits par la voix humaine, on est certain d'éviter\nla cause d'erreur précédente ; si l'on observe des chanteurs pro-\nfessionnels, cette cause d'erreur subsistera presque sans change-\nment.\nEn effet,considérons, par exemple, la tierce majeure qui vaut\n5/4 dans la théorie rationiste (chant 81/64 dans la\nthéorie pythagoricienne (violon) et 21/3 dans la gamme tempérée\n(piano). Un chanteur .professionnel, même s'il sent la musique\nla loi rationiste, est bien obligé de conformer sa gamme à\ncelle des instruments à sons fixes ; c'est là une nécessité inéluctable\ncar, si le public constatait le moindre écart entre les deux\ngammes, (et dans certains cas, l'écart peut devenir considérable),\nc'est toujours au chanteur qu'il donnerait tort. Celui-ci doit\ndonc s'efforcer de déformer son organe à la demande des instru-\nments à sons fixes ; visant ce but, il en atteint un autre ;\nje veux dire que, tâchant d'apprendre la gamme du piano\n(nombres incommensurables), il apprend à la place la gamme du\nviolon (nombres commensurables), car celle-ci, très peu diffé-\nrente de celle-là mais fondée sur des nombres incomparable-\nment moins complexes, peut seule se graver dans la mémoire ;\nl'étude faite sur un chanteur professionnel doit donc souvent\nconduire aux mêmes résultats que l'enregistrement des sons\nd'un violon.\nMais alors, dira-t-on, si nous retrouvons partout la gamme\n\n(i)En ce qui concerne le violon, ceci est surtout vrai quand l'instrument est em-\nployé comme dans les célèbres expériences Cornu-Mercadier, c'est-à-dire en rompant\nle rythme de façon que le musicien ne se souvienne pas de la mélodie, et, soustrait\nà l'influence de la dynamis des notes, forme celles-ci plutôt d'une manière mécanique\nque d'après son sentiment artistique. Au contraire, dans des conditions plus nor-\nmales, le musicien, ainsi que le pense M. Mercadier lui-même (Institut général\npsychologique, séance du 12 février 1908), peut subir l'influence de la dynamis,\net,par conséquent,produire des sons en opposition formelle (voir le renvoi précédent)\navec la conception pythagoricienne de la musique."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.31", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2515, "texte": "de Pythagore, ne serait-ce pas d'après elle que nous sentons\nintuitivement la musique ?\nCertes non, répondrai-je d'après des témoignages (i) que le\nlecteur jugera sans doute d'autant plus concluants qu'ils\némanent de savants nettement hostiles à la théorie soutenue ici.\nLorsque des artistes observés isolément semblent concevoir la\nmusique selon la gamme par quintes et font usage d'intervalles\ncorrespondant aux rapports de Pythagore, si on vient à les réunir,\nils abandonnent ces rapports et, pour se faire harmonie entre eux,\nadoptent toujours les rapports simples. (Expériences Cornu-\nMercadier). Faut-il conclure de là qu'il existe deux gammes\ndistinctes, que les rapports pythagoriciens conviennent à la\nmélodie, et les rapports simples à l'harmonie ? Cette dualité de\nnotre sens artistique serait au moins «singulière» (2). Je crois\navoir démontré (3) qu'elle n'est pas soutenable ; il paraît beau-\nCoup plus plausible d'admettre que, si les professionnels jouant\nisolément semblent se conformer à une gamme voisine de celles\ndu violon et du piano, c'est tout simplement parce que, sous peine\nde compromettre àla fois leur « gloire » et leur « gagne-pain »,\nils ont dû contracter l'habitude de déformer de cette façon la\ngamme que leur suggérait leur sentiment artistique. Cette inter-\nprétation, qui s'applique aussi aux résultats des expériences de\nMM. Stumpf et Meyer (4), est beaucoup plus naturelle à\nadmettre que la dualité de notre sens artistique ; c'est aussi elle\nqui semble expliquer le mieux les faits suivants :\n« Si on produit une tierce majeure juste 5/4, les musiciens,\n« qui sont habitués à la tierce tempérée, déclarent tout d'abord\n« que la tierce 5/4 est trop petite ; puis, si l'on fait varier les\n« tierces, ils n'en sont pas satisfaits, ils les trouvent toutes un\n« peu fausses, et ils finissent par se rallier à la tierce 5/4». (A. Guil-\nlemin, loc. cit. p. 256).\n« Les acousticiens qui ont cherché à résoudre le problème\n\n(1) Voir notamment les comptes rendus de l'Académie des sciences 1867-1872,\nEx pértences de MM. Cornu et Mercadier, ainsi que /'Acoustique musicale du Dr A.\nGuillemin.\n(2) Qualificatif employé par M. Mercadier lui-même dans sa Science musicale,\npetit opuscule publié en 1865, c'est-à-dire peu d'années avant les célèbres expé-\nriences Cornu-Mercadier.\n(3) Article paru sous le titre Débat sur la gamme, dans la Revue Générale des\nSciences du 15 septemble 1907.\n(4) Ainsi que l'a fait observer le Dr A. Guillemin dans l'ouvrage précité."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.32", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "« consistant à réaliser des orgues qui donnent les accords justes\n« dans tous les tons, et non les acco sont unanimes à\n« vanter la douceur et la pureté de la sensation résultante. L'en-\n« semble est si harmonieux, si fondu, que parfois les chanteurs\n« sont tout interdits, quand ils sont pour la première fois accom-\n« pagnés par des accords justes : ils sont amenés eux-mêmes à\n« chanter d'après les intervalles justes et ils n'entendent plus\n«l'accompagnement». (A. Guillemin, ibid., p. 145)-\n« Les chanteurs trouvent qu'il est plus facile de chanter\n« avec accompagnement de l'orgue enharmonique, bien qu'ils\n« n'entendent pas en chantant parce\n« qu'il est en parfait accord avec la voix et ne fait point de\n« battements avec elle ». (Helmholtz, cité par A. Guillemin,\nibid.y p. 145).\nCes citations sont assez concluantes pour ne nécessiter aucun\ncommentaire.\nEn définitive, la réalité, le fond des choses est rationiste,\nmais pythagoricienne ; or, en musique, peut-être\nencore plus qu'ailleurs, l'apparence a sur la réalité cet avantage\nimmense, cette supériorité presque invincible, qu'elle apparaît\net qu'elle est même seule à apparaître, sauf dans le cas un peu\nspécial d'un critique ayant à la fois loisir, pouvoir et vouloir\nd'aller au fond des choses. C'est pourquoi il est probable que\nlongtemps encore on continuera de constater et de déplorer les\ndivergences entre la pratique et la théorie, alors que, pour mettre\nfin à ces divergences, il suffirait que quelqu'un de nos hommes\nréputés, savant aimant la musique ou libre de tout préjugé\ncontre les spéculations théoriques, voulût bien fixer son atten-\ntion sur le vieux problème rappelé par les pages précédentes,\net appliquer à son étude un peu de cette méthode qui n'est\ncertes pas rare au pays de Descartes.\n\nM. Gandillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 33, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.5", "titre_corps": "Lettre sur la Musique Malgache", "titre_sommaire": "Lettre sur la Musique Malgache", "signature_source": "Marius-Ary Leblond", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.33", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "Lettre sur la Musique Malgache\nLE SENTIMENT DE LA MUSIQUE CHEZ LES PRIMITIFS\n\nous nous avez demandé de vous renseigner sur la\nmusique à Madagascar : puissent quelques notes\nintéresser votre curiosité des harmonies exotiques\noù l'amour de la simplicité vous fait apprécier\nla confidence des âmes naïves se balbutiant à\nelles-mêmes leurs rêveries passagères, dans la conscience de\nleur humilité et de leur éphémérité, et dans le désir d'affiner\nencore, par la qualité aérienne des sons, ce que leurs médita-\ntions réservent déjà à leur esprit de fugace et d'insaisissable.\nNulle part, selon l'avis général des explorateurs, il n'est aussi\nsuggestif d'étudier le sentiment musical chez des primitifs,\nce qui invite toujours quelques minutes à se mettre devant la\nmusique moderne dans l'état de sensibilité où se mettait\nRousseau devant la société moderne.\nNos plus vieux voyageurs qui, soucieux de commerce ou\nd'évangélisation, n'avaient guère l'idée d'examiner les arts\nindigènes, n'ont cependant point manqué de vanter le tempé-\nrament essentiellement musicien des Malgaches. Et aujourd'hui\nceux de nos administrateurs que ni l'art grandiose des tombeaux,\nni la contexture délicate des lambas, ni l'architecture monu-\nmentale des rizières ne peuvent convaincre de l'existence d'une"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.34", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "civilisation malgache, avouent leur admiration entière pour la\nsouplesse de la musique indigène. Hovas du centre, Tanalas\nde la forêt médiane, Sakalaves des côtes, ce sont des improvi-\nsateurs de la plus libre fantaisie : on peut dire qu'ils pensent en\nmusique; au reste, leur langue est d'une tonalité tour à tour\nclaire et veloutée du plus enveloppant effet. De telles disposi-\ntions originelles à l'harmonie, une harmonie perlée, subtile,\ntramante puis palpitante, jolie dans ses accents de tristesse et\ncoquette dans ses pâmoisons de mélancolie, laissent meme\nespérer que l'oreille malgache ne se pervertira point facilement\naux dissonances criardes des phonographes qui transportent\ndans le silence de la brousse australe le tapage barbare des\ncafés-concerts d'Europe. Ceux qui ont le sens de l'ouïe assez\ndélié pour avoir dénommé leurs rivières d'après les nuances\nde leurs murmures il y en a une qui s'appelle : celle où une\nlokanga (i) est cachée » —comme d'autres les distinguent à la\ncoloration de leurs eaux, conserveront sans doute assez long-\ntemps te don ingénieux de traduire dans leurs chants et dans\nleurs mélodies l'âme de leur terre si monotonement lourde\ndans ses formes, que l'homme y éprouve comme le besoin\nvoluptueux de la légèreté et du sautillant.\nNous avons demandé un peu partout qu'on recueillît les\nvieux airs dont les derniers chantres royaux ont gardé la\ntradition ; mais il est a craindre qu'ils n'aient point de succes-\nseurs. On a collectionné proverbes, légendes, fables, textes de\nlois, discours pour restaurer une ancienne langue ho va qu'on\napprend péniblement aujourd'hui aux enfants dans les écoles ;\nmais on ne s'est point soucié de rassembler les airs malgaches\nqui enchantent encore la monotonie des petits villages écartés (2).\n\n(1) Violon indigène.\n(2) Cela est, sans nul doute, assez difficile : par groupes de 7ou 8 un chef,\ndeux violonistes, un tambour, une grosse caisse, deux chanteurs et deux chanteuses\nles mpilala, sorte de sordides nxinnesingers madécasses, colportent de village\nen village leurs lieds qui se transforment avec les ans au caprice des exécutants.\nCependant le R. P. Colin a fait paraître, en 189,9, un recueil de mélodies malgaches.\nLa Dépêche de Madagascar a Tamatave a publié un très joli article de Fernand\nBrot sur les compositeurs indigènes, dont il donne quelques noms, et l'évolution\nde la musique a Madagascar. Il note que le sens du rythme est « extraordinaire\nchez les Malgaches. « Le rythme vient chez eux avant la mélodie. L'harmonie,\nrésultante de la mélodie, est ici le 3e élément, un élément à peine développé encore,\nmais, dès a présent, d une indéniable saveur ». Touchant l'avenir de la musique à\nMadagascar, M. Brot, qui a assiste a un concert malgache comportant des morceaux"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.35", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "Il nous a semblé que l'argent qu'on dépense à envoyer à Paris\nde jeunes indigènes pour qu'ils s'y perfectionnent dans l'art\nde la clarinette ou du violoncelle, serait plus fructueusement\nemployé à faire transcrire les mélodies malgaches, transcrire\net non adapter comme on l'a tenté pour les cantiques des\nEglises et des Temples où les Malgaches viennent en foule\nprendre le plaisir d'un concert avec le double attrait d'y être\nauditeurs et choristes.\nLes instruments sont d'une conformation si simple et si\nhumble qu'on est naturellement porté à les oublier quand on\nparle de la musique malgache, comme on ne les voit pas quand\non entend un concert : la flûte n'est autre qu'un tube de\nbambou percé de trous, le tambour un tronc évidé recouvert\nd'une peau, le bobre qu'une calebasse attachée à la base d'un\narc de bois tendu d'une corde ; l'instrument principal ou\nqu'une tige de bambou : un ancien voyageur l'a décrit avec le\nsentiment décoratif qu'on avait alors gardé de la Société du\nPremier Empire inspirée de Grèce et d'Océanie : « La\ndes Malgaches est une ligne cylindrique dont les cordes, au\nnombre de sept ou huit, sont distribuées autour d'un tronçon\nou d'une petite colonne de bambou ; elles sont formées de filets\nd'écorce détachés du cylindre lui-même et tendus par des\nchevalets placés près des nœuds qui sont à l'un et à l'autre bout.\nOn pourrait, ce me semble, tirer parti de l'idée des Malgaches :\nune jolie colonne d'une élégante proportion, ayant des cordes\naux filets des carmelures, et autour de laquelle un beau bras se\npromènerait, ne serait peut-être pas un instrument que les\nGrâces auraient à dédaigner (i). »\nTous les instruments malgaches sont en bois. Comme la\ncivilisation madécasse sort de la forêt toits de chaumes,\ncloisons de bambous, plancher en nattes, vêtements en fibres\nvégétales la musique malgache tire du bois, de sa matité\nsourde ou de sa résonance argentine le caractère de son\nharmonie. Aussi bien semble-t-il qu'elle est naturellement\n\nde Mozart et de Grieg, << arrangés par Andriantseheno », fait une ingénieuse com-\nparaison, plus judicieuse qu'il ne paraît au premier abord : « Le Japon, à qui l'on\nn'accordait naguère que des qualités simiesques d'imitation, s'est adapté l'art mili-\ntaire européen et est arrivé à concevoir de lui-même une place formidable et à l'exé-\ncuter ; le Malgache, avant tout musicien, peut fort bien accomplir quelque chose\nd'analogue dans l'art musical. »\n(i) Billiard, 1822, Voyage aux Colonies orientales."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.36", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "faite pour être entendue en forêt : du moins en exprime-t-elle\navec une rare subtilité l'atmosphère, à quelque endroit qu'on\nl'entende : les notes vives y recréent sur la sourdine des sons\nbrumeux l'effet mobile et scintillant des lumières dans un sous-\nbois enfumé et le cours de la mélodie, égal puis saccadé, limpide\npuis se brouillant en trilles, reproduit bien à l'oreille le cours\nde la ravine (i) qui glisse invisible, puis bourdonne et sonne entre\ndes rochers et des troncs renversés : c'est un assourdissement\nharmonieux qai attriste par la finesse des accords dans leur\ncontinuité ; par instants, un jet de notes plus claires, plus\ngraciles fait s'élever l'âme; puis elle retombe dans la monotonie\ninépuisable et fluide des mesures basses, accidentement, casca-\ndement infatigable et doux qui emporte l'âme de chute en\nchute, la fait voyager à travers une région fraîche et profonde\noù elle se sent mince, fragile, perdue, solitaire.\nAutre chose la caractérise : la musique malgache est une\nmusique qui se joue dehors : son acoustique est celle-là même\nde la voix humaine, de la mélodie des eaux vives, des brises\net des vocalises d'oiseaux : le plein air. Il en résulte qu'elle perd\nun peu de la gravité de l'accent humain pour se confondre avec\nles bruissements de la nature : elle se dissout, s'éparpille, s'éva-\npore dans l'atmosphère. Elle ne réserve point l'émotion insistante\nni personnelle qui contracte le cœur et l'esprit, elle répand\nun charme tour à tour traînant et sautillant qui les berce\nlégèrement en ménageant à l'auditeur le doux loisir de regarder\nles voisins, les bois moussus à l'horizon, la lune sur la rivière,\nles roches blanches dans les herbes : elle n'absorbe point, elle\ndistrait. Elle n'est pas encore devenue l'art de réveiller dans\nl'intimité de la maison close les émotions recueillies au dehors,\nelle est encore, dans la naïveté de ses origines, l'art inconscient\net primesautier d'élargir, d'épanouir sous le ciel la rêverie\n\n(i) Un passionné de musique qui alu Les Bohémiens de Liszt et qui se demande\nen quelle mesure, ainsi que Ta écrit, par pur lyrisme, le romantique amant de la\nmusique en pleine nature l'univers, avec ses brises, ses arbres, ses eaux, ses chants,\nfut le professeur d'harmonie de la primitive humanité, nous avait recommandé\nde chercher si la musique des races forestières de Madagascar tenait quelques-uns\nde ses accents du chant des oiseaux. Il ne nous a pas paru que le Malgache ait eu\nl'oreille formée par les oiseaux, crieurs plus que chanteurs dans ces régions taci-\nturnes. Mais il est incontestable que c'est lui qui a appris la danse à l'indigène, ces\ndanses où les mains s'agitent puis planent comme des ailes. Le Malgache accuse\nlui-même nettement cette imitation : « Danse, ô crécerelle, afin que nous puissions\napprendre à danser au temps de la moisson »."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.37", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "intérieure entretenue ensemble par la vie du dehors et celle\nde la case : ce n'est pas la domestication de la nature dans\nle logis de l'homme qui s'en est déjà isolé, c'est l'élargisse-\nment universel de l'âme de l'homme qui, en rendant à la vaste\nnature le rêve mélodieux qui d'elle a pénétré en lui, se propage\nencore plus amoureusement dans le milieu où elle baigne.\nAinsi, loin d'épi ou ver le besoin de s'enfermer pour mieux\ngoûter les délices encloses dans la musique d'une flûte ou\nd'un violon, le malgache n'en jouit-il bien que s'il l'entend\ndans un paysage d'arbres, de collines et d'eaux, réalisant cette\nadaptation de la musique aux sites dont les Giorgione et les\nWatteau, puis un Gauguin nous ont laissé les voluptueux\ntableaux dans leurs Concerts champêtres... Ainsi que les Grecs\navaient composé leurs théâtres de telle sorte que le rythme des\nbeaux vers élevât leur lumière sur le fond d'un décor montueux,\nles Hovas ont imaginé de construire une île pour qu'elle servît\nde scène aux concerts et à cette fin que l'adjuvant de la musique\ny fît jouir plus délicatement les yeux d'un paysage où se,,trou-\nvaient groupées les plus belles choses de la terre : les femmes\nen robes couleur de fleurs sous les arbres épais ; les palpitations\ndes oiseaux dans les branches ; la lumière du soleil entre les\nfeuilles et les frissons des nuages sur les eaux (i).\nFaute d'avoir pu vous transcrire quelques-uns des airs que\nnos porteurs chantaient quand ils quittaient 1 etape où des\nfemmes avaient lavé leurs lambas, nous vous avons copié quel-\nques-unes des affiches qu'on placarde en été à Tananarive,\nsortes d'invitations aux concerts où le rythme des phrases\nexprime assez à quel point leur pensee se module naturellement\nen motif musical.\nAucune ne manque à vanter d'abord le charme original et\nfrais de l'ilôt d'Anosy où la foule doit se rassembler :\n\n(i) Il semble à nombre de disciples de Rousseau qu'il serait intéressant de\nvoir la musique moderne se confronter au paysage, développer ses harmonies dans\nl'air, devant un décor de collines, de bois et de rivières, et que ce serait une épreuve\nbonne à nous faire mesurer le degre peut-être excessif de cercbralité ou est montée\nla musique, trop enclose, formée uniquement aux proportions des salles de concert\net des salons : tout y est trop souvent au premier plan; la perspective manque."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.38", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "UN ILOT\n« Qui excite à faire une bonne promenade et des chants mélodieux\nqui charment l'oreille. Tous les chanteurs peuvent s'y présenter. Donc\nfaites venir ceux du Nord, du Sud, de l'Est, de l'Ouest et faites-les entrer\ndans ce bon îlot. »\nUN ILOT\n« Quand on l'aperçoit de loin, il attiie l'attention ; si on le regarde de\nprès, il se montre agréable et lorsqu'on y arrive, on est heureux. C'est\nendroit non seulement sain, mais qui contient de l'air pur où on peut\nconduire les aveugles et les sourds. »\nC est le rendez-vous des amoureux, ainsi que le laissent délica-\ntement entendre ces autres affiches :\n« J'ai aperçu la route qu'il a prise,\nJ'ai vu aussi où il est entré,\nNulle part qu'à Anosy,\nJ'irai y voir mon chéri.\nIl m'est insupportable qu'on me le dise,\nIl m'est intolérable qu'on me le raconte,\nJe vais me présenter moi-même,\nJe veux le voir de mes yeux.\nAlors j'irai donner un coup d'œil\nCar à Anosy la mode ne manque point\nEt c'est ce qui m'intéresse le plus. »\nEt :\nEcoutez un\nOù est-elle, où est-elle, où est-elle, ma chérie ? Je ne l'ai pas vue depuis\nsi longtemps, qui est-ce qui l'a cachée ?\nElle est toujours là, mais\nC'est vous qui l'avez mal regardée. Pensez à elle.\nC est vous qui avez mal réfléchi. Alors sachez supporter.\nC'est vous qui ne savez pas aimer. Soyez donc amoureux.\nC'est vous qui n'arrivez pas au rendez-vous ; elle est déjà partie.\nHélas !je suis donc arriv\n« Mais comme j'ai trop espéré qu'elle m'aime, elle a changé d'amour.\nJe l'ai attendue, mais elle n'a pas comparu."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.39", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "Je suis bien habitué à elle, et si je ne vois pas sa pommette,\nJe soupire d'amour.\nOù est donc ma chérie ? si je ne pouvais pas la voir, je perdrais la tête.\nElles proposent des thèmes de méditation sur lesquels\nl'esprit de l'auditeur, flatté de musique, se laissera flotter : ce\nsont le plus souvent ceux de l'amour :\n« Dis-moi, chérie quel est le remède qui empêche la mort ? Dis-le à\nton amoureux, Adieu donc, amis. Ne me dissimule rien car je\nprétends avoir en toi une amitié. Oh ! spectateurs présents, Je\nvous souhaite bonne année. Applaudissez avec joie. Réjouissons-nous\nCar c est un beau jour qui vaut cent. Heureux que nous sommes\nde revoir ce beau jour! »\nOu :\n<Regarde et vois\n« Si celle que tu aimes ne s'est pas égarée et, par suite, embarrassée, ne\nsachant quelle rue enfiler. Elle rêve de toi peut-être et accélère sa marche\nvers toi par celle de son cœur ; vois encore si la comète de ta vie ne\nt'attend pas depuis longtemps et si, sous la piqûre douloureuse des\nmoustiques, elle ne désespère pas de te voir et si elle ne s'en va pas tout\nen te regrettant de tout son cœur.\n« Regarde e\n«Si la désirée ne t'ennuie pas en tardant beaucoup, elle a peut-être\nété abandonnée en route par ses amies, car elle a un petit peu boudé. Vois\nsi ta flamme ne perd pas de temps en marchant dolentement. Allons,\nhabille-toi vite et va la suivre : elle t'a peut-être laissé hier derrière elle.\n« Regarde et vois\n« Car, sans contredit, c'est un beau garçon, ou une charmante jeune\nfille que tu attends. Si tu ne la vois pas, regarde demain, elle a peut-être\nété surprise par le voile sombre de la nuit ou par l'orage. Attention,\nl'amour forcé, amis, est changeant comme le temps, et surtout l'amour\ndéréglé est facilement dénoué : aussi, ne te presse pas trop. »\nParfois des conseils de morale sociale se mêlent à ces\nmotifs d'amour :"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.40", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "« Les chanteurs en question se sont depuis longtemps envoyé des\ndéfis pour cause d'échange, qui s'est produit parmi eux ; par conséquent,\nils veulent engager une lutte de savoir qu'il est à souhaiter de voir se\nproduire, car ils sont aussi fameux les uns que les autres.\n«On commencera à deux heures par des chants uniquement sans\ndanses, vu que lesdits chanteurs sont de vieux artistes qui font leur appa-\nrition non comme des nuages qui arrivent en se filtrant ainsi que de la\nneige et produisent ainsi des effets engourdissants et sensationnels. »\n« Souvenez-vous\na On tarde de revoir ce qu on n'a pas vu depuis longtemps. Que les\namours qui ont pris racine sont difficiles à arracher. Que celui qui est\nabandonné depuis longtemps par une amie est mélancolique. Et que celui\nqui est loin de ce qu'il aime est condamné à soupirer. »\n« Souvenez-vous que\n«C'est la canne qui donne le sucre. Le paddy, le riz décortiqué. Et\nque c'est bien celui qui n'aime pas qui hait. Et, par contre, c'est celle\nqu'on aime qu'on appelle la chérie. »\n« Souvenez-vous que\n« Ce sont les crues des eaux qui rompent les digues.\nLes plaisanteries outrées provoquent la lutte.\nLe cœur non comprimé engendre la séparation des relations.\nEt l'esprit qui ne sait pas s'assujettir conduit au malheur. »\nSouvent ce sont de vraies litanies de proverbes sages,\ndes programmes de sentences, de morale destinées à être\ncommentées pendant la musique, car la musique touche l'homme\nd'une sorte de grâce où il se trouve plus susceptible de se perfec-\ntionner soi-meme :\n« C'est le plus beau jour, on se rappellera, en ce moment les chants\nmalgaches d'auparavant qu'ont chantés les vieux joueurs. Ces chants\nles ont rendus célèbres dans le temps.\n« Voici ce qu'on fera ce jour : à partir de heures à une heure, on ne\nprésentera que de vieux chants et de vieilles danses. Et à partir de une\nà 5, on fera valoir toutes les modes nouvelles.\n« Réfléchissez donc un peu. Le temps enrouille l'amitié; seulement,\npourvu qu'on s'aime au début, peu importe si on s'aimera ou non dans\nl'avenir, mais pensez au passé, ainsi qu'à l'avenir."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.41", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "« Ecoutez donc un peu. Ceux qui ne s'aiment pas de leur vivant res-\nsemblent aux morts, et ceux qui sont morts sans avoir fait leur volonté\nsont les plus malheureux; les jeunes gens non munis de travail ne sont\nplus des hommes, soyez donc sages.\n« Gardez bien ce que vous possédez car il est difficile de chercher\nune autre.\n« Finissez donc ce qui n'est pas fini.\n« Que la main de ceux qui ont l'habitude de caresser leur ami par\nhypocrisie soit enlevée.\n« Il faut donc supporter la discussion insignifiante.\n«Il faut s'abstenir de l'orgueil pour que notre chérie puisse nous\naimer tendrement.\n« Réjouissons-nous donc\"car c'est le jour du plaisir et de la paix,\nnous sommes heureux de voir ce beau jour, alors, soyons ravis. >\nCe que les Malgaches recherchent passionnément dans la\nmusique, c'est le plaisir de se trouver réunis dans une atmos-\nphère où « rien qu'en se regardant on peut causer et se\ncomprendre par la pensée ». Toute assemblée se constitue\nbientôt en chœur.\nDans les pérégrinations au fil des sentiers malgaches, nous\narrivions, la nuit noire, aux étapes. Les paillotes du village\nétaient fermées : l'on voyait seulement aux interstices des\nchaumes les lueurs sursautantes des flammes ; on n'entendait\npas de paroles, mais les crépitements du bois. Les bagages\ndéposés, nos porteurs avaient vite fait d'y pénétrer. C'était\naussitôt un grand babillage où dominaient les exclamations\ndes femmes, car les bourjanes, colporteurs de nouvelles, sont\nbavards comme commis-voyageurs de la brousse. Des indigènes\nqui s'étaient déjà endormis sortaient des cases et venaient\nse joindre à eux, puis, tandis que les lambas mouillés de sueur\nséchaient devant le foyer, les voyageurs et les hôtes, à voix\npresque basse, entretenaient des chants qui, graduellement,\ns'accentuaient et s'élevaient des paillotes. Dehors, l'averse\nd'une lune éclatante et froide faisait paraître plus rase la terre\nmalgache mamelonnée d'ombre et de lumière jusqu'aux\nhorizons verdis. En marchant entre les cases, à écouter se re-\nforcer et monter ces chants, nasillards mais puissants dans\nl'accord des voix aigrelettes, on sentait, par les souffles de\nsolitude qui frissonnaient entre ciel et terre nus, jusqu'à quel\npoint le plaisir de se voir, de se frôler, de se compter, de se rejoindre"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.42", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "à travers l'espace de leur île qu'ils savent très grande, triomphait\ndans une allégresse plaintive. Aussitôt qu'ils se retrouvent, ils\ncèdent au langoureux instinct de chanter en chœur comme pour\ncommuniquer d'une façon immédiate et sûre, comme pour se\nmettre d'accord par-dessus les différences d'usages et de dia-\nlectes, éprouvant l'intimité de leur étreinte et la fraternité\nde leur entrevue à l'unisson de leurs accents. Dans l'élévation\ndes notes fusant ensemble autant que devant le feu nourri\npar chacun, ils goûtent la joie de réchauffer leur frilosité senti-\nmentale en face de la vie et de la mort. (Quelques jours auparavant,\naprès avoir passé à l'aube l'estuaire du Mangoro, si redoutable\nqu'on ne prononce pas un mot tout le temps qu'on le traverse,\nnos bourjanes s'étaient embrassés les uns les autres à mesure\nqu'ils s'étaient retrouvés sur la berge : ainsi se félicitaient-ils\nd'avoir échappé encore cette fois à la gueule du caïman, se\nrecensant après le danger et scellant par le baiser un nouveau\npacte de solidarité pour la vie qui, en quelque sorte, recommen-\nçait.) Cependant que les récitatifs interminables et nasillards\nconfondaient en une même harmonie, dans le silence aride d'un\nhameau de la côte pareil à tous les autres hameaux, les voix\ndes hommes descendus des hauts plateaux du Nord et celles\ndes indigènes du littoral, on est mystérieusement touché du\nmutuel amour inspiré, on ne sait comment, au cœur de ces êtres\nqui, vivant presque en races étrangères, éloignés les uns des\nautres sur leur petit continent, se chérissent assez pour con-\nsacrer par une ovation mélodieuse lia joie fortuite de se trouver\nréunis pour un soir en une veillée de famille devant une flambée\nde paille.\nToute la vie malgache, comme elle s'enveloppe continuelle-\nment de la fumée des cases, se déroule dans une atmosphère\nde musique : non seulement la musique met, pour ainsi dire, de\nl'harmonie entre les événements capitaux les plus différents de\nla vie, naissance, mariage, mort et retournement de cadavres,\nmais encore elle s'adapte à toutes sortes d'exercices et de\njeux : outre les danses, il y a des pugilats en musique où des\nbattements de tambours soulignent les coups; l'ensemencement,\nle repiquage des rizières s'accomplissent sur un rythme d'ins-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.43", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "truments ; la traversée des rivières où il faut effrayer de bruits\nles caïmans provoque des récitatifs avec chœur ; dans les têtes,\ndes phrases de violon interrompent à intervalles réguliers,\ncomme une réplique narquoise, la narration volubile et\nnasillarde d'un conteur comique, ou les périodes sonores d'un\norateur cambré ; derrière le pitre qui, de ses contorsions, de ses\ngrimaces, de ses cris, réjouit la foule jusqu'au rire en l'inter-\npellant d'une façon familière et bouffonne, un joueur de bobre\naccentue de notes piquantes les mimiques les plus drôles.\n\nMarius-Ary Leblond."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 44, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.6", "titre_corps": "L'HYGIÈNE DU VIOLON", "titre_sommaire": "L'HYGIÈNE DU VIOLON", "signature_source": "Lucien Greilsamer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1317, "texte": "L'HYGIÈNE DU VIOLON\n\nCONSEILS PRATIQUES SUR L'ENTRETIEN DES INSTRUMENTS\nA ARCHET EN VUE DE LEUR CONSERVATION.\nTROISIÈME CA USERIE\nLa longueur de la portion vibrante des cordes dans les ins-\ntruments à archet n'est pas arbitraire, et le soin que les anciens\nluthiers de l'ltalie prirent de marquer par le cran intérieur des\nff la place exacte du chevalet, montre quelle importance; ils\nattribuaient à cette mesure. Je dépasserais le but de ces cau-\nseries en essayant de trouver les raisons qui les amenèrent à\ndéterminer la longueur de cordes comprise entre le sillet du\nmanche et le chevalet, à laquelle on a donné le nom de diaàason.\nOn peut dire, en général, qu'elle est un peu inférieure à la longueur\ntotale de la caisse de l'instrument. Pour le violon, par exemple,\nsi l'on admet la distance du sillet du manche au cran intérieur de\nl'A de 32 cent. 5 %, la longueur de la corde sera en chiffres\nronds de 33 centimètres.\nJusqu'à présent, personne n'a formulé ces raisons, et lors-\nqu'un spécialiste vous parle gravement de déterminer ou de\nrectifier le diapason, il n'en sait théoriquement pas plus que vous,\nmais il connaît la proportion sur laquelle ce diapason est actuel-\nlement établi, et les mesures que l'on est plus ou moins convenu\nd'adopter.\nSans pénétrer au cœur de la question, il est utile de ne pas"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.45", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "ignorer que les anciens comprenaient le diapason autre-\nment que nous. Aujourd'hui, la mesure du diapason est\nuniforme, quel que soit le patron de l'instrument. Chez les\nanciens, cette mesure variait suivant les proportions de la\ncaisse, de sorte qu'un petit instrument ne pouvait guère être\njoué par une grande main. Il est à présumer que ces modèles\nétaient précisément destinés à des mains mignonnes, de femmes,\ntrès probablement, sans quoi on ne s'expliquerait pas leur\nraison d'être.\nLes écrits du temps nous apprennent d'ailleurs qu'au\nxvine siècle, en Italie, les jeunes filles s'adonnaient, en grande\npartie, à l'étude des instruments à archet, et que même elles\nformaient, particulièrement dans certaines communautés reli-\ngieuses, des symphonies réputées.\nNous nous expliquons donc aisément pourquoi l'ltalie\nnous a légué un si grand nombre d'instruments de petit format,\net nous le comprenons d'autant mieux, que, depuis quelques\nannées, nous assistons à l'invasion de nos salles de concerts par\nune foule charmante de violonistes, altistes, violoncellistes et\nmême contrebassistes, soit comme solistes, soit à l'orchestre.\nJ'applaudis de tout cœur à cette conquête, écho de temps\nlointains, et je souhaite que, par l'observation de mes conseils,\nviolons, contrebasses, altos et violoncelles deviennent des\nesclaves dociles et soumis entre les mains les plus frêles et les\nplus délicates...\nDe nos jours, quel que soit le patron, si la distance indiquée\npar le cran de I'/ d'un antique paraît trop courte par rapport\nà notre diapason, on dit que l'instrument est mal diapasonné, et\non déplace le chevalet conformément à la nouvelle loi. Bien\nheureux encore, quand on ne déplace pas les // elles-mêmes.\nD'autre part, lorsque le manche n'a pas la dimension réglemen-\ntaire, c'est ce dernier qu'on rectifie.\nDu temps de Stradivarius, le manche des violons était plus\ncourt de deux lignes, et c'est à Viotti qu'on doit la dimension\nactuelle, nécessaire à la technique moderne.\nIci se place une objection. Si tout était calculé avec tant de\nprécision dans l'œuvre des maîtres anciens, comment se fait-il\nque l'allongement du diapason n'ait pas nui à l'équilibre général\nde l'instrument, et qu'au contraire ce dernier y ait gagné ?\nIl est aisé de trouver l'explication de cette contradiction"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.46", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2085, "texte": "apparente. Les instruments anciens ne sonnaient autrefois ni\nmieux ni plus mal qu'aujourd'hui : ils sonnaient autrement. Le\nla étant considérablement plus bas, la tension des cordes se\ntrouvait bien moindre, et la sonorité différente avait plus de\ndouceur et moins de portée. Mais avec le renversement moderne,\nnécessité par l'élévation progressive du la, l'équilibre s'est\nmodifié. On a donc dû pour résister à la tension plus forte,\naugmenter la longueur et l'épaisseur de la barre : dans ces\nconditions, l'allongement du diapason ne pouvait qu'être favorable\nà la vibration qui eût été trop si l'on avait\nconservé l'ancienne longueur de cordes.\nCeci nous mène naturellement à ce que l'on appelle le\nversement, et son étude nous permettra de déterminer pratique-\nment la hauteur des cordes au-dessus de la touche, et l'angle\nqu'elles doivent former sur le chevalet.\nAuparavant je vais indiquer comment on calcule le diapason,\net les mesures exactes qui résultent des différentes méthodes\nemployées à cet effet.\nIl y a deux manières d'établir le diapason :\ni° Diviser la distance qui se trouve entre le sillet du manche\net le cran intérieur de Vf en cinq parties, dont deux pour le\nmanche (du sillet au bord de la table), et trois pour la table\n(du bord de la table au cran intérieur de I'/).\n2° Diviser cette distance en douze parties, donc cinq pour le\nmanche (du sillet au filet ou à l'éclisse), et sept pour la table\n(du filet ou de l'éclisse au cran intérieur de I'/).\nVoici à titre d'exemple le diapason calculé d'après la pre-\nmière manière :\nviolon alto violoncelle\nDistance du sillet au cran de I'/. 0.32.50 0.36.50 0.69.50\nDistance du bord de la table\nau cran de I'/(3 parties) ... 0.19.50 0.21.90 0.41.70\nDistance du bord de la table\nau sillet du manche (2 parties) 0.13 0.14.60 0.27.80\nDans la pratique et particulièrement en France, on emploie\nla seconde manière, en prenant pour point de division l'éclisse\nqui donne une base plus constante que les filets, la place de ces\nderniers n'étant pas fixe. Puis dans la pratique encore, ou"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "plutôt dans la construction ou divise ainsi : i° du sillet à l'é-\nclisse; 2° du bord de la table au cran intérieur de Vf.\nDepuis quelques années on est à peu près tombé d'accord\nsur le diapason des instruments du quatuor, particulièrement\nen France et en Angleterre. Malgré cela il circule encore une masse\nd'instruments mal diapasonnés.\nLes mesures qui répondent le mieux aux besoins de l'exécu-\ntion et sont le plus en harmonie avec les dimensions moyennes\nde la main sont :\nVIOLON ALTO MOYEN ALTO VIOLONCELLE VIOLONCELLE\nGrand Modèle Moyen Grand Modèle\nDu sillet \\ ,\n( 5 pouces 5 pouces 5 pouces i° pouces iopoucesplus\nFéclisse J nioins 2 lignes plus 3 lignes plus 4 lignes P-us 4 lignes 5 lignes faibles\nDu bord de la j\nTable au cran t 7 pouces 8 pouces 8 pouces 14 pouces 15 pouces\nintérieur de l'fjpluS 3 ligneS Plus 1 ligne plus 10 lignes\nOn remarquera que les mesures ci-dessus sont données en\npouces et lignes, la lutherie française se servant encore aujour-\nd'hui exclusivement de nos anciennes mesures. Il est facile de\nles ramener au système métrique en se rappelant que le nombre\nde divisions de l'unité est 12 et que la ligne contient approxi-\nmativement 2 % 255.\n(A suivre.)\n\nLucien Greilsamer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c024", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.7", "titre_corps": "La Théorie musicale des Civilisations", "titre_sommaire": "La Théorie musicale des Civilisations", "signature_source": "Jacques Reboul", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1181, "texte": "La Théorie musicale des Civilisations\nDE RICCIOTTO CANUDO\n\n« Or9 Claude Debussy est un précurseur... »\nE noble aspect d'un penseur —la seconde figure\ndivine que j'aie cru rencontrer au hasard des durs\ncontacts occidentaux plus inquiet qu'exalté,\nplus étroitement renfermé dans la pure, enfantine\nclarté de son rêve, de sa passion réfléchie, que\ndélirant et inexact apôtre des communes religions du succès\nun tel homme, digne à la fois de toutes les sympathies et de\ntoutes les haines, si son génie doit un jour trahir la jeune con-\nfiance que, sans aucune réserve de pudeur, notre amitié met en\nlui il me plaît de le découvrir ici.\nLe livre de Y Homme de Ricciotto Canudo appelle la violence\nde toute critique qui ne veut pas le comprendre. Capable de\npeupler un Panthéon nouveau par tout le dynamisme lyrique\nde sa métaphysique constructive, il demeure concis dans ses\ntermes, et riche, au demeurant, d'un monde d'idées communes\nque réalise mieux pour nos sens une toute merveilleuse invention\nplastique. La marche et la portée d'un tel livre se définissent,\n\n(*) RICCIOTTO CANUDO. Le Livre de l Evolution, —— L'HOMME Psychologie\nmusicale des Civilisations. Paris, Sansot, MCMVIII"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.49", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "elles ne se font pas sentir. L'auteur en a donné une nette\nexplication dans la courte prélace qui l'annonce et qui le\npourrait mieux résumer :\n« Dans ce livre de l'Evolution je présente une métaphysique\n« musicale des civilisations... Ici je suivrai l'Homme, mani-\n« festation suprême et mobile de la Nature dans sa marche dite\n« de l'Orient vers l'Occident et j'expliquerai l'âme et l'ordre de\n«ce mouvement en prenant comme paradigme de la vie la\n« musique ».\nEt plus loin :\n« Je vois, le premier, l'évolution de l'Homme à travers lamani-\n« festation que je considère comme la plus synthétique, la plus\n« représentative de l'activité humaine ; la vie musicale des\n« peuples. » (L'auteur expliquera en effet par ailleurs que toute\nla politique légiférante, guerrière et commerciale ne lui semble\nqu'une simple apparence du iatum esthétique de chaque moment\nde l'histoire commune.)\nUne telle position de l'esprit procède immédiatement de\nSchopenhauer du moins dans la partie positive de son œuvre\net par là du Kant de la Critique mais elle procède\nde Schopenhauer à travers Nietzsche. Aucune phrase de cet\nouvrage ne me paraît plus émouvante que ces brèves lignes de\nl'avant-propos qui sont, plus que le codex de la jeune pensée\ncontemporaine, la parole même de l'avenir : «Je continue la\n« conception de vie de Frédéric Nietzsche... Nietzsche rêva\n« une reconstruction du Mythe four exalter une race. C'est cette\n« aspiration que j'ai continuée en regardant à travers elle toute\n« l'histoire et en particulier l'histoire et la gloire de la race médi-\n« terranéenne : du bassin de la Méditerranée, berceau du\n« monde moderne. »\nCeux qui liront l'Homme avec la pensée d'y découvrir une\nexplication aux faits de notre civilisation occidentale, même\nvus au travers de la musique, ceux-ci seront déçus ceux qui\nliront le livre croyant y trouver les raisons mêmes de l'évo-\nlution se tromperont mais ceux qui, ayant voulu embrasser\nd'une vue d'ensemble tout ce qui fait l'intérêt de la vie dans\nl'avenir et dans le passé, auront perdu courage devant l'infini\nenchevêtrement du processus du Temps et de l'Hypothèse\ntoujours réalisable, ceux qui auront mis une mystique confiance\ndans les données harmoniques de l'existence et de l'action,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.50", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "ceux-là découvriront ici le commentaire lucide, l'explication de\nleur rêve et, d'un seul coup, se trouveront fixés dans la plus\npuissante, la plus féconde direction de leur pensée qu'il leur ait\nété permis d'espérer au delà de toutes les critiques données de la\nconnaissance : Hume et Kant.\nCe livre est une hypothèse et c'est justement par là qu'il vit.\nQu'on imagine ce qu'il y a de singulier dans la vie interne de\nl'esprit classant et déclassant des faits qu'il « réalise isolément »\npour son propre plaisir et sa propre nécessité, car sa nature le\ndemande (l'ensemble des faits perceptifs crée l'esprit) établis-\nsant, si l'on veut encore, des barrières et dans « ce qui\ncoule » quand bien même le tout du Temps, de l'action est éternel,\nque nous y puisons seulement la matière de nos songes si l'on\npréfère : quand la représentation est et que les images,\nles idées dont nous parlons (même concepts généraux elles en\nsont la réapparition) ne sont que des tranches postérieurement\ndéfinies dans la réalité perçue troisième condition de penser\nque Kant négligea de nous faire sentir au delà et peut-être\npréalablement aux formes premières qui semblent s'engendrer\nautomatiquement et parallèlement à elle : l'Espace et le Temps.\nJe m'excuse de l'obscurité nécessaire. Or c'est cette nature même\nde l'esprit identité musicale (i) au plus haut chef qui\npousse à affirmer que le point de départ de l'Homme est une idée\nprofonde.\nMusica est ezercitium metaphysices occultum\ninscientis se philosophari animi.\nSCHOPENHAUER.\nTelle est l'épigraphe de ce livre.\nLe style, dit l'auteur, en est fait particulièrement de visions,\nd'intuitions positives et de reconstitutions lyriques. Il ne\n\n(i) Harmonie réelle dont nous ne réalisons les parties que vis-à-vis de la\niaison. On conçoit que l'oreille de l'enfant, une fois formée, ne demeure jamais en\nrepos. De même pour la conscience. Mais il y a plus : la perception sensible est\nlimitée à son origine par des conditions matérielles: intensité vibrante (?) de la\ncellule motrice ayant un début et une fin la pensée, non."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.51", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "faudrait pas s'abuser pourtant et supposer que la richesse du\nstyle supplée à la déduction forcément subjective des termes.\nChaque image y révèle une importante volonté d'admonition,\nchaque ensemble intuitif recouvre un parallélisme d'idées ou\nune intention démonstrative.\nLa conception même du plan oratoire de l'ouvrage est d'un\ndynamisme intense dans sa simplicité style en mouvement. La\nparaphrase lyrique delà vie première de l'humanité se transpose\nau mode historique, puis au critique àmesure que l'on serapproche\ndes modes communs de notre sensibilité. Cette application des\nnaturelles qualités réactives de l'esprit vis-à-vis des œuvres du\npassé paraîtra un effort méritoire pour ne pas retourner au néant\ncommun. Quoi de plus vide en effet, de plus dénué de réelle,\nfécondatrice valeur que cette application, où nous sommes\naccoutumés, des positions critiques de l'esprit et des objets\nqui souvent meurent à notre imagination de l'absence totale\nde données positives ?\nJ'ajoute que, si l'on veut bien s'en rendre un compte exact, le\nprocessus même qui va de l'état lyrique à l'état critique en\npassant par l'analyse historique est le processus même\nde l'esprit à propos de toutes ses représentations vitales.\nL'imagination est le fondement même de l'analyse ration-\nnelle. Si Kant livrait le fond de sa pensée quand il écrit sa\npremière Critique il donnerait l'imagination-volonté comme\nraison principale de l'être. (Il le fait presque dans les Prolégo-\nmènes, Ch. 11, App. II.) La méthode de se justifie donc,\nje crois, en considérant la nature de l'esprit. On peut donc le\nlire sans craindre d'entreprendre un inutile pèlerinage au do-\nmaine des nécessités hypothétiques. Pèlerin passionné, certes\nil faut l'être ! Et combien s'en voudraient de n'avoir pas osé leur\neffort quand le Temps aura marqué de son doigt la divinité de\n? Il est vrai que la mort est une autre sagesse...\nJe n'exposerai pas ce livre : il faut le lire. Je ne le critiquerai\npas—toute critique est en fonction dans la préface—une préface,\nje l'ai dit, qui ne prépare rien, mais qui, une fois qu'on a lu,\néclaire tout. Ainsi d'un autre livre fameux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.52", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "Possédons-nous donc les Prolégomènes de la Métaphysique\nfuture ? Une extraordinaire volonté symbolique lait de l'ou-\nvrage un problème plus encore qu'une démonstration. Un\nmanque partiel de méthode dans la synthèse, qui se fond dans\nla puissance organique de l'ldée, l'exotisme fâcheux de cer-\ntaines formules qui se replient naïvement et se referment en\nelles-mêmes sans vouloir aucun au delà, des répétitions nécessaires,\nune écriture si riche de mouvement qu'elle tourbillonne d'idées,\ncette puissance géniale enfin qui ne s'interdit pas la possibilité\nd'être inexacte pour chacune des idées qu'elle exprime, voilà\nle côté obscur, à peu près inévitable, de l'œuvre. Mais que ceux\ndu moins qui n'auront pas un cycle d'idées générales égal à lui\nopposer daignent le suivre ! J'aperçois une armée. Un tel écri-\nvain me paraît de la race des divinateurs, un de ces êtres « para-\ndisiaques » qu'il nomme lui-même « vibrant en pleine lumière »\nsans souci des contingences. La foule des opinions qui se pres-\nsent sans nécessité apparente, caractéristique d'un esprit créa-\nteur, contraint à chaque instant de son invention de repérer son\neffort, cette classification généreuse des notions historiques,\nnécessaires dans leur vulgarité (chaque terme de la poli-\ntique apparente prend une couleur naturelle à ses yeux),\ncette jeunesse triomphale enfin d'un esprit qui, ayant long-\ntemps souffert, longtemps réfléchi, se livre définitivement sans\nsouci, ni des haines, ni des mesquines rivalités de son milieu,\nvoilà ce qui nous fera aimer l'auteur de l'Homme et son livre. Une\ntelle philosophie musicale est un très fort essai inattendu\net plus encore que cet ouvrage, qui n'est plus le premier, la\nvigueur non tarie d'une telle pensée nous donne le droit de con-\nsidérer l'avenir avec joie.\nJe voudrais que l'on puisse retrouver tout l'intérêt du livre\nde Ricciotto Canudo dans l'exposé d'une part de ses théories.\nAprès avoir évoqué et lyriquement traduit l'origine insoup-\nçonnée de la danse et du chant « grandes ailes ouvertes dans\nciel sur tous les gestes de la vie humaine », après avoir exalté\n1 identité orgiaque de toute primitive sensation musicale, sa\nvaleur traductrice de la volonté harmonique de la Terre joie"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.53", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "uranique l'auteur nous transporte dans le monde naissant\nd'lsraël.\nL'hymne des femmes servantes chantant leur joie au châti-\nment marin de Pharaon, au châtiment exemplaire dans les\neaux rouges, par la main du J aveh qui se souvient, tel est le\npremier document d'une musique qui ne meurt pas avec sa\npropre création : une terrible, victorieuse ivresse de haine\nl'engendra, c'est pourquoi il demeure. Cependant plus à l'Orient,\nplus au Sud, des peuples sont aux prises avec le Secret immortel :\nils rêvent, et c'est pourquoi aussi la musique des Hindous refuse\nde guider ses effluves dans un sens de plus humaine volonté.\nLe Pélasge, traînant avec lui l'horreur de sa migration\nforcenée, « féconda l'Hellade et mourut ». L'Hellène, entant libre,\naccepta le destin farouche de son hôte et en fit une joie : orgueil\nde la Niké, délire de sa propre vengeance. Fils naturel de toutes les\nnécessités acceptées de la vie il tourna en forces toutes les passi-\nvités de son ère. « Des milliers de vengeances étaient à accom-\n« plir, toutes les vengeances de la terre que l'angoisse orientale\n« avait accumulée dans un seul héritage pour les créatures\n« libres et nouvelles de l'Occident. Il fallait affirmer la puissance\n« de l'homme et la sainteté de l'orgueil. » Le culte de la forme,\nl'exaltation de toute humaine vigueur, voilà ce que traduisaient\nles premières tentatives lyriques des pasteurs trop faibles\nencore et trop subjectives.\nMais bientôt l'hymne orgiaque magnifia son action. On\ndédaigna le cantique délirant et la saltation autour du thymèle.\n« Le peuple aimait le grand spectacle nouveau où l'ode et l'épopée\n« étaient mêlées dans ses luxueuses aspirations de vie. La danse\n« silencieuse des choristes, dirigée par le cri aigu du coryphée,\n« harmonisait tous les corps dans un mouvement unique et\n« rythmé. Ils formaient tous une seule image, ondoyant en\n« cadence selon l'expression et la force de leur fureur. Puis,\n« les bouches ne pouvant résister longtemps à la violence du\n« nouveau délire dithyrambique, les danseurs chantaient dans\n« une belle ordonnance. »\nLe chant triompha toujours plus de la musique. Le festin\npastoral n'existait plus. Bientôt « la danse qui était l'orchestre\n« des premiers chants, céda sa place aux bois et aux peaux\n« sonores... La musique et l'orgie naïve sont devenues désormais\n« maîtresses des rythmes et des combinaisons savantes »."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.54", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "Je désirerais ne pas poursuivre davantage un exposé qui n'a\nguère de sens, puisque il faut le répéter, quitte à sembler odieux\nd'affirmations, dans un tel livre toute parole est essentielle,\naucune épithète, aucune digression ne paraît susceptible d'être\nretranchée. On peut le concevoir différent, on ne peut pas le\nsupposer autre. Comment, dans ces conditions, suivre l'auteur\nquand il nous conduit au rapprochement de l'hymne orgiastique\net de l'ldée à mesure qu'une nouvelle aube d'angoisse étreint\nl'Occident ? Le Christ né, c'est la fin : un couronnement de misère\nen la douleur de ce cœur très ancien. Mais « il raconta son rêve\n« et ses paroles furent comme la semence à l'eau dans les cœurs\n« arides ; elles engendrèrent la vie. Puis il mourut ».\nEt, tandis que les aigles romaines se jettent sur l'Orient à\nla recherche de la lumière impossible, «des souterrains de la ville\n« impériale en joie montent des chants longs et tristes, d'une\n«longueur qui semble s'éloigner vers l'avenir... »\nC'est un calme nouveau,une volupté nouvelle. « Les Chrétiens\n« ne dansèrent pas. Le corps qui avait trop vibré, devait s'im-\n« mobiliser pour laisser s'épanouir, dans l'air enfin tranquille,\n« la fleur de l'âme. Toutes les valeurs humaines se transfor-\n« maient. La vengeance devenait le pardon... La Danse s'im-\n« mobilisait dans l'Extase. » Cependant comme l'âme païenne\nnécessairement avait évolué, s'assombrissant vers la tragédie,\nde même la solidarité chrétienne se réclamait de la complexité\nde son expérience pour réaliser une langue nouvelle : aspiration\nà la polyphonie. La religion triomphante, les croisades déchaî-\nnèrent la printanière marée de 1\nLe peuple chrétien voulait sa tragédie. « Elle était dans sa\n« mémoire classique... acquise par l'esprit humain », elle ne\npouvait s'ensevelir avec les ruines de pierre. Ce furent les Mys-\ntères. Mais comme le sentiment tragique de la divinité s'huma-\nnisait dans la chair, la chair se réveilla. Du nord vers le sud les\ntrouvères levèrent les clairs étendards de la Gaya scienza. La\nreligion extériorisée ne fut plus d'aucune entrave pour la joyeuse\nfièvre des hommes. « On vit des miracles : Giotto et Dante...\n« Adam de la Halle... Et ce fut en 1285 à Naples : la naissance\n« de l'opéra.»\n« Les cœurs aussi étaient trop troublés par les nouveaux\n« désirs des esprits trop simples... L'automne éclata. Tout deve-\n« nait mouvement. » Pendant une certaine période on n'avait"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.55", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "conçu le portrait que sur un fond inspiré par une divinité. Peu\na peu on supprima le fond : « l'Homme seul resta ». On revient\nà l'antique idéal, on le copie, on l'enrichit. Dans cette exubé-\nrance le Christianisme brûle son fonds. La musique suit\ntoute cette évolution. Des Flandres elle s'épanouit aux cités\nitaliennes : Tinctoris, Willaert, Goudimel, soutiennent d'une\nflamme nouvelle et généreuse le génie enfant de Palestrina.\nL'Eglise réagit. Il est trop tard : Luther est là. Et tandis que\n« Luther avec le choral surgissant de la polyphonie ouvre le\n« chemin à un peuple de génies, dans la chapelle Sixtine le\n« musique divine de la Missa Papa Marcelli affirmait le\n« triomphe de l'homme seul ». Le double courant était né :\nl'événement typique surgit bientôt.\nAvant Palestrina la danse triomphait ; ses airs prenaient\npartout des noms particuliers, noms de provinces ou de carac-\ntère. Ce sont eux qui vont engendrer au delà du système primitif\nde la Sonate, le Concerto et la Symphonie. Mais ce besoin d'ac-\ntion avait appelé l'existence de phénomènes dramatiques nou-\nveaux : à Venise, le Madrigal ; en France, les Ballets et les\nMômeries. C'était trop peu pour l'âme naissante. Palestrina\navait purifié l'âme musicale. Son dernier cri théiste ensevelit\nle lourd soupir de l'Eglise devant les nouveaux joyeux efforts\ndes individus. Les mystères étant morts, la musique s'adressa\nde nouveau à la tragédie sauvée par les érudits byzantins de\nl'effroyable assaut des torches ottomanes. « En 1594, l'année\nde la mort de Palestrina, la tragédie en musique de Jacopo\nPéri triompha. » C'était le premier drame musical.\nIl faut renoncer définitivement ici à accompagner l'auteur\ndans cette étonnante entreprise d'embrasser d'un seul coup\nd'œil l'évolution du drame musical de Monteverdi à Wagner,\npuis à Debussy. Les quelque deux cents pages qui suivent\net qui forment peut-être bien à ses yeux la partie essentielle\nde son ouvrage, réalisent le plus durable effort que je crois aper-\ncevoir pour concilier tout ce qui nous apparaît philosophique-\nment divergent dans l'évolution des formes humaines. Le souci\nde se relier à une loi esthétique générale maintient la démons-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.56", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "tration dans une manière de rigueur apologétique qui ne laisse\npas d'impressionner.\nQue Monteverdi, par génie et résultat nécessaire de tant\nd'ambitions solidaires, que Monteverdi ait réellement créé\nnotre âme musicale, peu le voudront contester. Que la musique\nà sa suite envahissant tous les domaines se soit étendue du plus\nhéroïque de l'art jusqu'au plus inférieur, c'est une constatation\nqu'a dès longtemps imposée l'étude des données communes de\nnotre esthétique. Mais nous retrouvons déjà, à propos de l'opéra-\nballet une théorie de la Danse èt sa définition en tant que com-\nmentaire individuel, féminin et plastique de la musique. « L'effort\nde la matière féminine pour deven » peut enseigner\nquiconque s'inquiète de la triste indifférence de notre orches-\ntique moderne. Il faut passer. L'auteur nous conduit\nensuite vers la seconde étape du drame musical moderne :\nWanger. La querelle des Bouffons met en cause dans les pays\nlatins la définition même de la musique.\nEt c'est là que nous voulons suivre la pensée de l'auteur :\n« La musique, en tant que faculté essentielle de l'homme, doit\n« être expliquée dans sa substantia devant l'intelligence humaine.»\nLaissons toute leur vigueur aux explications de Ricciotto Canudo :\n« Il y a certaines musiques qui répondent à des états d'âme\n« précis... d'autres qui se nourrissent de certaines essences obs-\n« cures et se perdent dans l'inconscient... L'émotion que\n« nous ressentons de ces musiques, qu'elle soit joyeuse ou dou-\n« loureuse est l'impression provoquée par la connaissance...\n« Tout ce qui dans des nuits lointaines fut comme un rythme\n« enveloppant notre rythme de vibrations ou fut précisé par\n« une image durable dans la mémoire ; tout cela se dégage, est\n« libéré par la représentation synthétique, et par cela évoca-\n« trice, de l'œuvre d'art. La joie ou la douleur que nous croyons\n« ressentir aspects différents de la connaissance est plus\n« ou moins grande selon notre sensibilité. Mais les images... sont\n« bien ce qu'on appelle des sentiments ou des sensations que\n« l'œuvre d'art objective devant nous lorsque le phénomène\n« de libération est accompli par la puissance de l'évocateur.\n« Ce phénomène sensoriel de la musique agissant sur celui\n« qui l'entend est identique à celui même de tout art... »\nSuit un rapprochement du mécanisme de l'émotion musicale\net de celui moins profond de la parole :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.57", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "« Mes images (résultantes de ma volonté facultés d'assimi-\n« lation et d'élimination) sont en celui qui m'écoute s'il est\n« capable de me comprendre... de contenir mon idée en lui.\n« L'action projetée de ma volonté ne fait que tendre à des\n« images que, par l'influence diverse de ma parole, je veux\n« imposer à un organisme intellectuel, afin de les soulever de\n« sa subconscience, en le forçant à les formuler jusqu'à ce qu'il\n«en ait connaissance... Il faut\n« m'écoute oppose une résistance résistance\n« dérivante de sa culture et de toute son idiosyncrasie, pour\n« qu'il puisse réaliser le modelé idéal de mon discours. » Le\nphénomène musical présente les mêmes nécessités et les mêmes\nlois. « La musique est la suprême subtilisation concevable de la\n« matière terrestre (effort de libération vie. Les énergies de\n« l'univers veulent être libérées). Elle est semblable à la lumière\n« et comme la lumière elle enveloppe la vie. »\nLa musique suggère, ne définit jamais : c'est le véritable\nlangage de l'inconscient. « Sa force de divination et d'impulsion\n« n'a pas de bornes. Elle suit l'Homme et la Nature... devient\n« riche de toutes les formes que l'Homme découvre dans la\n« Nature... que l'Homme surprend, poursuit, écrase dans sa\n« marche en avant vers l'infini stérile de la Nature .»\n« L'âme est la forme du corps », annonce Aristote. Il faut se\nrallier en même temps à la définition de I'HOMME : la Musique\nest la forme de l'âme.\nJe préfère m'arrêter ici. Il faut avoir compris, ou le vouloir.\nRien mieux qu'une lecture ne peut renseigner sur la portée\nexacte d'un livre qui présente de prime abord l'intérêt des\ndonnées non communes. Et il est plus sage de ne pas lasser par\navance le plaisir qu'apportera la lecture des pages sur l'évolu-\ntion de l'âme occidentale : Beethoven et Wagner. La prépara-\ntion de Atmosphère Musicale,le rôle probable de Debussy\net la définition de la mélodie seront la source de curieuses\ndigressions mentales pour ceux qui auront suivi l'auteur avec\nattention. Il nous conduit plus loin même que le drame\nd'idée, vers la synthèse suprême de tous les arts, aux portes\nde l'avenir, dans le Théâtre métaph"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.58", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "Du moins ceux qui, ayant parcouru ces pages, auront annoncé\nun éloge, se seront trompés. Tout éloge crée un adversaire :\nl'éloge n'est que le plus médiocre blâme des modesties. Mais\nla vérité crée sa loi.\nJ'appelle les raisons du Destin et, les deux mains loyale-\nment tendues vers la tendre impassibilité de l'avenir toujours\ngénéreux, je lui demande de justifier mon rêve, sachant que\ntoute la saine, inégalée puissance des conjonctures sentimen-\ntales de l'être ont porté plus de fins devant la raison humaine\nque les discussions des écoles certain de me réjouir juste-\nment dans la double richesse d'affirmer que celui-ci est un\nhomme et qu'il pense.\n\nJacques Reboul."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "LE MOIS\n\nLE CHANT AUX CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nCinquante-six voix à entendre ! Voici l'occasion de\nréfléchir sur l'enseignement du chant, se rendre compte du\ndéveloppement ou de la décadence de certaines voix qu'on\nréentend à ces concours. Certainement, les défauts s'exa-\ngèrent par l'effet de l'émotion, et pour la même raison les\nqualités, selon les natures, ne se révèlent pas toutes ; les\nconcurrents et leurs camarades ont trop de préoccupations,\ntrop d'inquiétudes pour donner toute la mesure de leur talent,\nmais quand même on peut se rendre compte de la différence\nde l'enseignement, des résultats obtenus et de l'intelligence\nmusicale, des tempéraments artistiques de toute cette jeu-\nnesse chantante.\nAu premier concours, celui des hommes, considérons\nd'abord la classe de M. Hettich : le baryton, M. Combes (se-\ncond accessit), concourt dans DC'est une voix assez\nforte et assez travaillée, dont le timbre n'est pas saillant,\nmais l'articulation nette, l'exécution soignée, réfléchie.\nLa voix du ténor, M. Coulomb (premier accessit), sans être\nriche en timbre est très bien placée, sa façon de dire est très\nintelligente ; c'est un des rares qui ne cherche pas à grossir\nsa voix, sait s'en servir et avance admirablement le son. Son\ninterprétation $ Adélaïde,très musicale, était un peu pâle,\nquoique nuancée. Il nous semble qu'il peut devenir un excel-\nlent chanteur.\nLa plus jeune et la plus belle basse du concours est celle"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.60", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "de M. Dupré (second accessit), qui chante un air fort beau et\nfort difficile de la Passion de Le poids de la\nvoix est un peu fort pour les minces épaules de l'artiste, mais\nelle est pleine, fraîche et a cette légère coloration nasale, par-\nticulièrement impressionnante dans la voix des basses. La\njustesse, la musicalité et l'intelligence sont hors de doute.\nLes valeurs ont manqué dans son exécution, mais on sent\nun plan. Pour le moment, sa respiration paraît un peu courte.\nLa voix de M. Villaret (ténor) eât très agréable, ronde,\nmais un peu sourde. Les demi-teintes sont très jolies. Il exa-\ngère trop les nuances, les souligne au point de détruire l'im-\npression. En cherchant plus de simplicité, il peut, croyons-nous,\nobtenir un joli résultat, puisqu'il est capable de dire avec\nntelligence et charme. {Le Déserteur).\nLa classe de M. Cazeneuve envoie au concours le ténor\narménien, M. Chah-Mouradian (premier accessit). L émotion\nle gêne visiblement au commencement de l'air de et\nil manque même de justesse, mais il se domine. Il ne déploie\npas toute la force de sa belle et chaude voix assez posee, il\nnuance beaucoup son air et donne de touchantes et douces\ndemi-teintes. Son côté faible est la prononciation.\nLa classe de M. Lassalle présente le baryton, M. Vaurs\n(second prix) et la basse, M. Audiger. Le premier chante un\nair bien fâcheux de Polyeucte. Il a dû posséder un très beau\ntimbre, mais que la voix est forcée ! Il prononce indistincte-\nment, on croirait, en l'écoutant, que la voix est entre les joues.\nIl y a une certaine chaleur dans l'exécution, qui dans l'en-\nsemble est banale.\nLa basse de M. Audiger est assez dure, forte, la sonorité\nest belle ; on comprend difficilement les paroles. La façon de\nchanter n'est pas intelligente. {La Fête d'Alexandre.)\nLa classe de M. Duvernoy envoie M. Paulet (premier prix) :\nvoix de ténor aigu, mince, quelque peu nasale, mais c'est un\nexcellent musicien et il dit agréablement l'air\nLa classe de M. Dubulle : M. Jourde (second accessit),\nune belle basse profonde, une voix assez complète, beaucoup\nde tempérament, a énormément à travailler, surtout pour\nne plus chanter en amateur. {La Reine de Saba.)\nLa voix gutturale de M. Taréria (ténor) pourrait être\nagréable dans les demi-teintes, surtout vers le médium,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "mais il force les notes élevées. Son exécution de l'air du\nschiitz ne présente pas d'intérêt. Son camarade de classe, M. de\nLaromiguière, une basse agréable, musicale, assez ronde,\nrisque de perdre cette dernière qualité importante et rare,\npuisqu'il force sa voix, et le résultat est là : les notes élevées\ntremblent beaucoup. Il chante l'air de avec un certain\nsoin de l'exécution.\nLa classe de M. Engel envoie deux sujets. M. Imbert\n(second accessit), dont la basse est grande, malheureusement\ntrès forcée, chante l'air de Hippolyte avec peu d'in-\ntelligence musicale.\nM. Eojeat possède une voix, mais est-ce la faute de l'air,\nqu'il ne comprend pas (La Rde Hsendel), son\nexécution saccadée produit une impression plutôt amusante.\nFaut-il vraiment demander du classique à ceux de ces\njeunes gens qui, faute de culture musicale et de goût naturel,\nne peuvent l'interpréter ?\nEst-ce que cela peut être utile à leur développement mu-\nsical, puisque c'est un désagréable devoir, tandis que, dans\nun air banal du répertoire, qu'ils sentent mieux, ils seraient\nà leur aise ?\nLa classe de M. de Martini : M. Teissier, la plus belle voix\nde baryton (second prix), quelque peu forcée; son exécution,\nla plus accomplie, est très froide M. Castel manque.\nLa classe de Mme Rose Caron présente M. Laloye (ténor).\nOn devine à la suite des trois concours qu'il a un très bel\norgane, généreux et chaud, mais toutes ses qualités sont cou-\nvertes par tant de défauts que les belles notes arrivent à la\nsurprise de l'auditeur. La joie n'est pas longue, les notes\nétroites, serrées, gutturales, le zézaiement continuel revien-\nnent vite. Il a énormément à travailler, n'a aucune idée du\nstyle (ce serait du luxe à lui demander); chante les\nrages presque un demi-ton plus haut et continue assez long-\ntemps de même. L'accompagnateur aurait pu même dissi-\nmuler cette erreur en transposant tout l'air d'un demi-ton\nplus haut.\nLa classe de M. Manoury envoie le barvton M. Ponzio\n(premier accessit), qui est en progrès sur l'année dernière. La\nvoix est assez ronde, sympathique, bonne, mais fait l'impres-\nsion d'être boursouflée, grossie, la prononciation n'est pas\n\n5"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.62", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "claire, ni l'exécution bien intéressante. {Les Indes Galantes.)\nQuoique malade ou peut-être terrassé par l'émotion, la\nvoix de M. Decourcelle ne fait pas mauvaise impression. C'est\nun ténor large de caractère, agréable dans tout le registre,\nà l'articulation très nette. Il* chante mais l'exé-\ncution est complètement entravée par la peur.\nDe la classe de M. Lorrain, nous avons manqué MM. Bellet\net Félisaz (deux seconds accessits). Le troisième de la classe,\nc'est M. Collard, un ténor à la voix un peu larmoyante, qui\nexécute assez bien l'air de Freiet paraît avoir une\nrespiration assez travaillée.\nLa plus belle voix de ténor du concours est incontesta-\nblement celle de M. Chah-Mouradian. Comme intelligence\nmusicale se distinguent MM. Coulomb, Paulet et Villaret.\nParmi les barytons, aucun de véritablement intéressant,\npas d'individualité saillante, attachante, personnelle. Le plus\nprêt, le plus honnête est M. Tessier.\nDeux basses paraissent avoir un bel avenir : M. Dupré et\nM. Jourde, pourvu que le goût du dernier s'améliore.\nEn résumé, peu de grandes qualités vocales, quantité\nde voix forcées, peu de culture musicale, de goût et de tempé-\nrament.\nDans l'ensemble, la classe de M. Hettich apporte un grand\nsoin dans le plan de l'exécution, les voix ne sont point forcées\net leur développement prend un chemin rationnel. (MM. Cou-\nlomb, Dupré, Combes et Villaret).\nParmi les femmes, trente-cinq concurrentes, dont deux\nmalades !\nCommençons par la classe de M. Cazeneuve, qui fournit\nl'élément le plus intéressant comme voix et comme dévelop-\npement artistique. La première place comme soprano drama-\ntique revient à Mlle Le Senne (second prix), qui chante\nintelligemment, d'une voix solide, comprend le style, mais c est\nun peu froid (Renaud, de Sacchini). Mlle Kaiser (second prix),\nle second soprano dramatique, dont le timbre est très sympa-"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "tique. Pourquoi pousse-t-elle tant sa voix, si harmonieuse\nde nature ? Elle a beaucoup de tempérament dramatique.\nUn petit défaut à signaler : elle ouvre en général trop les e\nmuets (Fidelio). Mlle Cebron-Norbens a la voix charmante\nde soprano lyrique, avec beaucoup de virtuosité dans la dic-\ntion, très adroite, mais maniérée dans l'exécution. Son métier\nvocal est loin d'être achevé, la voix tremble, elle pousse les\nnotes élevées, l'égalité manque. Paraît être une nature remar-\nquablement douée, très intelligente, sans réelle distinction\nartistique. (Thésée de Lulli.)\nLe contralto de Mlle Sylla est très fatigué, elle exécute\nl'air d' Orphée,dans les nuances ft et ppy avec beaucoup d'acquis\net d'assurance. La version d'Orphé n'est pas celle du théâtre,\ncette dernière est plus favorable comme paroles.\nLe mezzo dramatique de Mlle Wiltz est assez intéressant\ncomme timbre, sourd dans la région élevée (la langue paraît\nêtre un grand obstacle pour cela). Elle a tort de s'attaquer\nà des morceaux élevés de tessiture, qui demandent une trop\ngrande tension vocale. (Obéron.)\nMlle Vivier des Vallons chanta l'air de\navec mauvais goût, en poussant l'aigu plus haut que ce\nn'était demandé ; presque pas de médium ni de grave.\nToutes ces six chanteuses ont des façons différentes de\nchanter, mais excepté la dernière, elles sont intéressantes,\nindividuelles, et cette liberté de l'enseignemet fait honneur\nà M. Cazeneuve, qui laisse se développer les tempéraments\nartistiques et les voix sans vouloir les mouler de force dans\nune certaine forme, comme c'est le cas pour d'autres classes.\nCelle de M. Engel présente deux élèves : Mlle Arné, mezzo,\nqui chanta en détonnant l'air a un bon médium et\nparaît en progrès, pour le goût surtout, et Mlle Amoretti,\nun clair, agréable et surtout très intelligent et adroit soprano\nléger, qui phrase d'une façon charmante la\nPeut-être la sonorité deviendrait-elle plus arrondie si la chan-\nteuse n'ouvrait pas démesurément la bouche en largeur.\nLa classe de M. Hettich, si remarquable au concours\nd'hommes, envoie trois sujets : Mlle Gabrielle Demougeot\n(second accessit),une jolie coquette à la voix de soprano élevé,\nd'une sonorité quelque peu aigre, qui a du charme et des\nintentions dans l'interprétation. Mlle Pradier"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.64", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "(premier accessit), un soprano élevé aux demi-teintes déli-\ncates, aimable et sans tempérament (Hippolyte et Aride) et\nMlle Daumas (second accessit), dont la voix tremble, n'est\npas juste, de sonorité terne, mais a déjà un certain acquis.\n(Alceste.)\nDans la classe de M. Dubulle, nous rencontrons une chan-\nteuse d'une voix si remarquable, qu'elle remporte le premier\nprix à l'unanimité en chantant le lied de Saint-Saëns\nCloche : Mlle Alice Raveau. La pâte de sa voix de mezzo est\ntellement riche, tellement naturelle et personnelle (cette\ndernière qualité manque tant au concours), son assurance\nmusicale si évidente, qu'on est obligé de la placer immédia-\ntement à part. Mais elle a encore beaucoup à apprendre, son\nmédium et le grave se déplacent facilement, se voilent, la\ndiction a besoin d'être beaucoup soignée, le piano ne tient\npas encore, les notes élevées sont captivantes de vibration,\nde beauté et d'audace. Vu sa grande jeunesse et ses qualités\nsi remarquables, dans un ou deux ans, elle peut être complè-\ntement formée comme artiste.\nLa suivante de la classe, Mlle Pams, un soprano drama-\ntique, chante Fidelio.Belle et sérieuse voix un peu déformée\npar l'enseignement, étriqué ses notes élevées.\nEnsuite Mlle Bonnard, joli soprano lyrique au timbre\nargentin, paraît très inexpérimentée et manque souvent de\njustesse. {Création.)\nDans la classe de M. Duvernoy, Mlles Gustin, Jurand et\nMme Rénaux ont des défauts communs : les voix tremblent,\nsont en général grossies et forcées. Mlle Gustin (second prix),\npossède un beau profond mezzo, chante simplement, sans\npose, un air de Héraclès,la diction n'est pas claire. Mlle Ju-\nrand, un soprano léger, a beaucoup perdu depuis l'année\ndernière, chante avec brutalité un air démodé de\nde Rossini, déjà bien déplaisant à entendre et surtout avec\ncette interprétation et ce manque de justesse. On devine\ncertaines qualités naturelles, mais comment les retrouver\nmaintenant ?\nMme Rénaux (second accessit), soprano lyrique à la voix\nfroide, un peu anémique, chante un air d'Œdipe à Colone, très\nhonnêtement.\nLa classe Lassalle a Mlle Bourdon (second prix), très joli"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "et fort soprano lyrique, beaucoup de richesse et de variété\ndans le timbre qui a quelque chose de rafraîchissant, une\ncertaine nervosité artistique, en progrès depuis l'année der-\nnière, ne calcule pas assez la justesse du son. (Alceste).\nMlle Yvon a un soprano doucereux, au médium et au grave\nfaibles, a beaucoup à apprendre. Un\ncontralto intéressant, Mlle Alavoine (second accessit) : la voix\nn'est pas assez homogène, manque d'appui, le timbre paraît\nquelque peu cassé, mais elle apporte une note personnelle\nardente dans l'interprétation de Mitrane de Rossi, qui la met\nà part.\nLa classe de Martini présente Mlle Billard (premier accessit),\ninférieure à son dernier concours. Cette voix de soprano\ndélicat et poétique est déjà plus gutturale, l'interprétation a\nperdu un certain charme d'inexpérience. Pourquoi s'épou-\nmonner autant pour les longues vocalises de\nen voulant les exécuter d'un seul trait ? Cette exagération\nmanque de grâce. De Mlles Delph et Dennery, nous aimons\nmieux ne rien dire, excepté que la dernière paraît tout à fait\nantimusicale.\nDans la classe de Mme Rose Caron, le soprano de demi-\ncaractère de Mlle Robur est très sympathique, avec un cer-\ntain reflet métallique ; son exécution est assez intelligente,\nsentie, consciencieuse ; il faut qu'elle surveille le tremble-\nment de la voix, et les passages dans l'air du Freischùtz qui\nmanquent de netteté et de précision. Mlle Chantai n'est pas\nen progrès depuis l'année dernière. L'étoffe de sa voix paraît\nmanquer de distinction, mais aux concours suivants, elle se\nrévélera adroite et gracieuse comédienne. Le soprano lyrique\nde Mme Delisle (premier accessit), ne manque pas d'une cer-\ntaine générosité. Elle a chanté un air avec variations de Rode,\nvocalise, en réalité, plutôt crânement, que juste et net,\nce qui vaudrait mieux.\nLa voix enfantine de Mlle Fraisse (second accessit) ,ne\nmanque pas de fraîcheur et de charme, sans aucun appui\n(j Freischùtz). Un des plus jolis sopranos légers du concours\nest celui de Mlle Lambert. La voix a beaucoup de charme,\nde jeunesse, d'éclat dans l'aigu, elle apporte une\nvraie note ingénue, légère, insouciante. Les traits, les trilles\nont besoin de beaucoup d'étude, mais c'est une voix"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.66", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "qui promet de se développer, pourvu qu'elle garde son enve-\nloppe.\nLa classe Manoury présente Mme Garchery (premier prix),\nqui n'est pas en progrès sur l'année dernière, surtout dans la\nfaçon de chanter qui reste encore rudimentaire, enfantine,\nsans appui, poussée, monte difficilement cette année, tandis\nque le médium et le grave ne sont pas devenus plus forts pour\ncela, et pourtant quel beau et généreux organe !\nMlle Borione a la voix douce, une certaine résistance phy-\nsique, du tempérament, aurait mieux réussi probablement\ndans un morceau moins abstrait que les Noces de Figaro.\nIl nous semble qu'elle peut devenir intéressante. Puis Mlle Mé-\nnard, petit soprano léger à l'interprétation complètement\neffacée. En général, cette classe paraît s'occuper peu du déve-\nloppement vocal et manque d'interprétation, ainsi que la\nsuivante, celle de M. Lorrain, qui cependant révèle une nature.\nMlle Duvernay: la voix de mezzo dramatique, assez forte,\na quelque chose de tourmenté et pourtant d'enfantin dans\nle timbre, aucune exécution, mauvaise articulation, mais le\nsentiment est expressif, comme les concours suivants vont\nle montrer.\nTrop de concurrentes, dont le bon tiers pouvait attendre\nl'année suivante ; beaucoup de belles voix, mais que de fausses\nnotes, beaucoup d'acquis, de travail, peu de tempéraments\nd'artistes.\nLe concours de l'Opéra-Comique donne 25 scènes, quel-\nques-unes si longues, que l'audition dure de midi et demie\njusqu'à six heures et demie. Bien fatigante et pas toujours\nsatisfaisante journée.\nPassons vite Mlle Ménard, aussi effacée en Manon, que\ndans son concours de chant, et Mlle Pradier, insignifiante\nAriette de Jean de Nivelle. Dans cette scène, on ne saurait\noublier l'expression qu'apporte à sa réplique Mlle Duvernay.\nM. Taréria concourt dans Sapho, de Massenet. Sa bonne\nvolonté est hors de doute, tant il va figurer dans ce con-\ncours, en secondant ses camarades ; mais dans sa scène à\nlui il n'a presque rien à montrer. M. Coulomb (second prix),"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "apporte son assurance musicale dans la scène du\nPloërmel, si mauvaise musicalement.\nM. Bellet (premier accessit), est très amusant dans les\nNoces de Jeannette, la voix est bonne et donne de l'espoir,\nainsi que le jeu vif et adroit.\nLa première qui apporte un type, un ensemble, c'est\nMlle Gustin (second prix), qui joua avec beaucoup de dis-\ntinction le 3e acte de Werther. Le jeu de sa physionomie si\nbelle et régulière, était vraiment remarquable. La réplique\nde Mlle Chantai fut assez gracieuse.\nSur le suivant, M. Félisaz, dont le jeu et la voix présentent\npeu d'intérêt, passons {Manon).Mlle Jurand, un peu iourde\npour Suzanne (Noces de Figaro),apporte beaucoup de viva-\ncité et d'aisance, mais a vraiment trop peu à chanter,\nMlle Gustin est excellente dans le rôle épisodique de la com-\ntesse, et Mlle Chantai, gentille en Chérubin et en travesti.\nMlle Duvernay (premier accessit), déjà si touchante dans\nla courte réplique de Sapho,aborde un rôle très dramatique,\ncelui de Santuzza de Cavalieria Elle a beaucoup\nde tempérament dramatique, sait s'identifier avec son per-\nsonnage, se livre à la situation. Pour le moment, elle manque\nde mesure, mais certainement, ces défauts vaincus, se révé-\nlera une touchante et impressionnante artiste.\nNous n'expliquons pas bien ce malentendu de faire\nchanter à Mme Garchery, soprano lyrique, faible dans le\nmédium et dans le grave, Charlotte de Werther ; son jeu\nmanqua absolument de mouvement ; la tessiture aussi ne\ndevait pas mettre à son aise la chanteuse. Mlle Amoretti (pre-\nmier accessit), est délicieuse dans sa réplique et vocalise en\nvirtuose.\nM. Audiger (second accessit), ennuyeux dans sa scène\nde Mireille, reçoit des répliques très bonnes de Mlles Robur,\nDuvernay.\nSecond malentendu : Mlle Demougeot, soprano aigu,\nconcourt en Carmen. Il est vrai qu'elle y met une coquetterie\ntoute parisienne ; c'est une note personnelle, qui excuse cette\ninfidélité à la tradition de Carmen.\nMlle Chenal (second prix ),est très gracieuse en Mimi de\nLa Vie de Bohême,mais les ensembles, MM. Paulet, Villaret,\nMlle Jurand, manquent de justesse."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.68", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Mlle Robur est très bonne en Louise, elle joue avec ardeur,\nc'est un bel effort, puisqu'elle fait plutôt l'impression d'une\nnature discrète et modeste.\nLe Figaro de M. Ponzio (premier accessit), est essoufflé\net peu spirituel ; dans la réplique, M. Ancelin, dont le timbre\nde ténor est vraiment fâcheux, vocalise avec une pureté et\nune justesse impeccables le rôle du comte.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), prétend, du moins\nson choix l'atteste, que les rôles de courtisanes doivent lui\nréussir particulièrement, donc elle choisit Aphrodite, qui ne\nprésente aucun intérêt ni musical, ni vocal, et où elle montre,\navec l'aide de l'ingrate et stérile musique, tous ses défauts\nvocaux. Il est étonnant qu'il ne se soit trouvé personne pour\nla détourner de son choix. Aussi adroite qu'elle est, elle manque\nencore de personnalité. Il nous semble que tout ce qu'elle\nfait est un peu précoce, et les rôles moins pompeux, moins\npassionnés, mais plus gracieux et aimables pourraient lui\nconvenir mieux et surtout être utiles à son développement\nvocal, qui n'est pas à ce point à négliger. Plus tard, elle pourra,\ndominant son métier, prendre les rôles qui la séduiront le\nplus.\nTout à fait charmante, Mlle Lambert (premier accessit),\nen Manon.C'est bien choisi. M. Coulomb en Des Grieux a\nune jolie tenue et une élégance, qui, hélas, ne fait pas le fort\ndes autres concurrents.\nM. Laloye, en Don José, est si mauvais vocalement, que\nnous passerons vite, mais il y a autre chose à remarquer,\nqui produit un étonnement général : Mme Garchery en Car-\nmen ! Ni sa voix, ni sa nature ne se prêtent à ce rôle ; donc\nencore un grand effort complètement perdu !\nM. Villaret (second accessit) est vraiment charmant dans\nle rôle de marquis de Moncontour, du Roi l'a dit. Il a apporté\nune aisance, un sens d'une époque ancienne, qui ont fait de\ncette scène, avec les exquises répliques de Mmes Jurand,\nRobur, Demougeot, Chantai, Cebron-Norbens, Devriès et\nM. Paulet, une des plus réussies et agréables du concours.\nDeux scènes reliées : celle de M. Vaurs (second prix) en\nBartholo, et celle de M. Dupré (premier accessit) en Don Ba-\nsile {Barbier de Sêville).Le premier n'est pas un vrai comique,\nmais il a beaucoup de bonne volonté; le second, malgré sa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "grande jeunesse pour le rôle de Don Basile, a de bonnes qua-\nlités vocales et donne un relief à son personnage ; ses grimaces\net le jeu des mains y contribuent aussi. Mlle Lambert est\ntrès gentille en Rosine.\nM. Combes est un peu dur comme voix, mais assez véhé-\nment dans la Tosca, et la réplique de Mlle Cebron-Norbens\nest très bonne.\nArrive la jeune triomphatrice du jour, Mlle Alice Raveau\n(premier prix), en Charlotte de Werther. Elle est peut-être\ntrop tragique pour la petite bourgeoise de Gœthe, mais c'est\nla couleur de sa voix qui surtout produit cette impression\net le masque tragique de sa figure. Son jeu est simple, sans\nemphase, elle a eu quelques gestes d'une largeur impression-\nnante, dans les adieux avec Sophie. La virtuosité de Mme Ma-\nthieu-Lutz en réplique n'a pas pu faire oublier Mlle Amoretti.\nM. Paulet (premier accessit), dans\nde Grétry, joue et chante très bien ; sa partenaire, c'est la\nsûre et adroite Mlle Demougeot.\nMlle Amoretti a choisi la délicieuse première scène de\nHânsel et Gretelde Humperdinck, et toutes deux avec\nMlle Chantai étaient exquises de jeu et de chant, procurant\nun réel plaisir aux auditeurs surmenés.\nLa journée d'Opéra fut la plus fatigante et la moins satis-\nfaisante, trop peu de natures intéressantes, peu d'interpré-\ntation, de style et d'émotion.\nMme Delisle (second accessit), pousse trop sa voix dans le\nrôle de Marguerite (acte de la prison). Elle est très bien\nsecondée par M. Gautier, à la voix solide de ténor et à l'excel-\nlente diction, qui vient lui donner la réplique.\nM. Imbert, comme frère Laurent de est mieux que\ndans son concours de chant. Mlle Robur (second accessit),\nparaît fatiguée dans cette dernière épreuve, elle chante la\ntouchante scène du 4e acte à!Otellod'une façon inégale. Pour-\nquoi l'accompagnement est-il tellement bousculé, est-ce qu'une\nprière peut courir ainsi ? Du reste tout l'air est pris trop vite.\nDe Mlle Vivier des Vallons comme Aïda, nous aimons"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.70", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "mieux ne rien dire. Faut-il faire concourir des élèves si peu\navancées encore et qui ne savent pas du tout leur métier ?\nM. Chah-Mouradian (second accessit), a choisi une très\nmusicale scène d'A rmideoù nous entendons un joli chœur.\nLa tessiture paraît un peu élevée, par endroits, et le chanteur\nest gêné par le comédien trop peu expérimenté, mais ses mou-\nvements sont sobres, il donne à Armide, jolie d'attitudes,\n(Mlle Cebron-Norbens), une pitié virile, qui est touchante et\npersonnelle.\nMlle Sylla est glaciale comme Dalila, M. Teissier (premier\nprix) froid comme Nelusko de l'Africaine ; par contre, M. La-\nloye sort un peu sa belle voix dans la réplique de Samson.\nMlle Bourdon n'est pas vraiment assez prête pour ce\nconcours, elle hausse les forte, baisse les piano, chante faux\ndans le duo de Faust de Boïto et dévoie son partenaire\nM. Chah-Mouradian.\nM. Audiger montre sa belle voix en Don Carlos de Verdi,\net M. Vaurs (premier prix) la sienne dans le Bal masqué du\nmême auteur.\nMlle Panis (second prix), choisit singulièrement\ndu moulin,une scène dure, tragique, où elle est obligée de\nforcer sa voix et puis son partenaire M. Georges Petit, de la\nMonnaie, qui, littéralement crie et pousse sa partie jusqu'à\nla dénaturer, doit avoir la plus mauvaise influence en forçant\nde suivre son exemple. Mais elle apporte beaucoup de tempé-\nrament et d'intelligence.\nMlle Le Senne (premier prix), la première,se montre artiste\net chante et joue d'une façon excellente, avec assurance et\ncompréhension, le premier acte à!A Iceste.\nLa seconde Alceste, Mlle Kaiser (second prix), promet\nbeaucoup et prendra sûrement une place remarquable aux\nconcours suivants. Qu'elle évite de trop pousser sa voix déjà\nsi généreuse et sympathique, et qu'elle cherche plus de grâce\ndans l'expression des mains.\nM. Dupré (premier accessit) est bon comme Œdipe-Roi\net Mlle Bourdon beaucoup mieux comme Antigone que dans\nsa scène de Faust.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), concourt en Salammbô\nsans beaucoup d'éclat, ainsi que Mlle Wiltz au 2e acte\nMlle Jurand (second accessit), dans"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "écrase de sa voix gutturale et fausse la belle voix de M. Chah-\nMouradian, qui d'ailleurs est trop gêné encore par le jeu.\nL'arrivée de Mlle Raveau (premier prix) était attendue\navec impatience. La scène choisie par elle est une des plus\ndifficiles du répertoire : dans les Troyens de Berlioz, l'air de\nDidon. Certainement ses attitudes manquent encore de la\nvéritable grandeur, qui ne peut être acquise que par l'expé-\nrience de la scène ; cette douleur intense est au-dessus de sa\njeunesse triomphante, les défauts de la pose de voix, le trem-\nblement, la mauvaise diction, tout est là, mais le jury a eu\ngrandement raison de lui décerner les premiers prix : ce tem-\npérament, cette voix exceptionnelle ont besoin de se former\nau théâtre même, à la grande action, et il faut saluer en elle\nla jeune tragédienne lyrique de l'avenir.\n\nMarguerite Babaian.\n\nCONCOURS D'INSTRUMENTS\n\nIls furent inégaux en valeur comme en intérêt, et je ne\nm'attarderai pas à comparer, par un calcul infinitésimal, les\nmérites des 23 pianistes en jupe longue ou courte à qui le 2e con-\ncerto de Saint-Saëns, accommodé pour piano seul, valut un\nprix ou un accessit : toutes, dans quelques années, enseigne-\nront, selon de sages principes, à d'autres jeunes filles, le jeu\ninnocent des touches noires et blanches, consolateur des\nlongues journées où le fiancé n'arrive pas.\nLe piano a, par bonheur, d'autres emplois : sa sonorité,\ndont beaucoup, même parmi les artistes, sont loin de soup-\nçonner les ressources, est susceptible des plus changeantes\ncouleurs, lorsque le compositeur sait les former par la combi-\nnaison des notes, et que l'exécutant répond à ses intentions.\nEn cet art délicat et riche, dont les pratiques ressemblent à\ncelles de la décomposition du ton, chez les peintres, Chopin\nfut un maître inégalé jusqu'à nos jours : Liszt lui-même n'a"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.72", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "pas cette inépuisable variété d'accords tour à tour étouffés,\nvaporeux, ou rutilants et triomphaux. Les jeunes gens à qui\nfut confiée, cette année, la quatrième ont presque\ntous un assez bon mécanisme ; presque tous aussi semblèrent\ncroire qu'il ne s'agissait que de réussir des traits rapides.\nSeul, M. Trillat montra qu'il comprenait ce poème de fièvre,\noù l'âme tour à tour implore et se désespère, rêve dans la\nbrume des lacs ou s'abandonne à l'orage qui fracasse les pins.\nSeul, il sut calculer ses sonorités, les disposer et les équilibrer :\nlorsque son jeu sera devenu plus souple et plus fondu, c'est-\nà-dire lorsqu'il aura perdu un peu de sa jeunesse, il sera un\nde nos meilleurs artistes, et l'on ne peut qu'approuver un\njury, d'ailleurs fort bien composé, de lui avoir décerné le\npremier des premiers prix.\nLa harpe chromatique ne sera plus enseignée au Conser-\nvatoire, dit-on. Je le regrette, mais le cor et la trompette à\npistons en ont vu bien d'autres, et se sont imposés. Tout\ncomme à la harpe chromatique, on leur a reproché d'acheter\nl'aisance aux dépens du timbre, et ce reproche était fondé\npeut-être, au moins au début. On les a préférés cependant,\nparce que la pensée d'un compositeur moderne ne peut s'en-\nfermer dans les limites surannées d'une gamme diatonique.\nLa harpe deviendra chromatique, si elle sait attendre, et cela,\nquand bien même elle perdrait le son pur de l'ancienne harpe\nà pédales. J'applaudis d'ailleurs au premier prix chroma-\ntique de M. Mullot, qui est un bon musicien, comme aux\npremier et second prix diatoniques de Mlle Pierre-Petit, très\nprécise, et de Mlle Inghelbrecht, plus délicate.\nLes concours d'instruments à cordes ont été médiocres :\nla classe d'alto, malgré son utilité certaine, continue àse\nrecruter parmi les violonistes malheureux ; les contrebasses\nmanquent de vigueur et de décision, les violoncelles de ron-\ndeur, et les violons écrasent les cordes de leur archet, avec\nférocité. Ici, comme pour le piano, on ne semble s'occuper\nque du mécanisme, non de la sonorité. On me dira que pour\ndes musiciens dont la plupart joueront à l'orchestre, la sono-\nrité importe peu. Grave erreur, en un temps où les couleurs\nsymphoniques, au lieu d'être plaquées par grandes masses,\nen tutti imposants et confus, s'allègent et se brisent : les divi-\nsions à quatre parties ne sont plus rares, ni aux premiers"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "ou seconds violons, ni aux violoncelles ; il faut donc à tous\nles pupitres des musiciens, non des manœuvres, et l'on peut\nprévoir un temps où l'on jouera, à l'orchestre, comme on joue\naujourd'hui dans la musique de chambre : en s'écoutant les\nuns les autres, et prenant le pas chacun à son tour. Telles\nsont, du moins, les intentions de nos musiciens ; nos sociétés\nde concerts sont encore loin d'y répondre.\nPareillement, les instruments à vent, dont le rôle était,\nau temps de Beethoven, tout épisodique, vont\nles cordes d'un privilège ancien. Il serait donc temps que les J\nclasses en fussent plus et mieux fréquentées. Celle de flûte\nest bonne, et MM. Paul, Friscourt et René joignent à un sûr\nmécanisme un son agréable, qui gagnerait à être plus varié.\nDans les autres, les musiciens sont rares : je citerai, parmi\nles hautbois, M. Riva, dont le son est plein, et M. Bonneau,\nqui a du sentiment ; seul M. Rouillard a su tirer de la clari-\nnette cette voix chaude et passionnée qui lui est propre ;\nles bassons et les cors manquent de rythme, parce qu'ils\nmanquent de force; parmi les pistons, M. de Lathouwer a seul\nmontré la verve entraînante dont cet instrument est capable ;\nles trompettes n'ont paru avoir aucun souci de la nuance ;\net les trombones ont été desservis par une pièce en bémol\nmineur de M. Guy-Ropartz, très ingrate et d'une absurde\ndifficulté : ainsi s'explique l'échec de M. Lacroix, second prix\nen 1907, celui de tous qui est le plus maître de sa sonorité ;\nmais, devant ces gammes rapides et ce trille saugrenu, com-\nment ne pas se troubler ?\nDans toutes les classes (et l'article qui précède montre\nque celles de chant ne doivent pas être exceptées), on avoue\ndonc un souci presque exclusif de la virtuosité. Il faut en\nchercher la cause dans l'institution même des concours, véri-\ntables épreuves sportives avec sauts d'obstacles, chutes et\ngalop final, et peut-être aussi dans une oblitération du sens\nauditif, spéciale à ceux que leur profession condamne à en\nabuser journellement : à force d'entendre les mêmes sons,\nils ne les entendent plus, deviennent indifférents à leur qua-\nlité, même à leur justesse, et ne savent apprécier que les dif-\nficultés de l'exécution. Comment y remédier ? Un premier\nmoyen serait de ne plus admettre le public à ces concours ;\nun second, de rajeunir assidûment le corps enseignant."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.74", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": ", L'illustre musicien qui dirige le Conservatoire est aussi un\nfort avisé ; bien des progrès ont été réalisés\ndêJaTpàr son intervention, surtout en ce qui concerne le choix\ndes morceaux de concours (encore les pouvoirs du directeur\nrestent-ils, sur ce point, trop limités). Nous pouvons donc\nnous en rapporter entièrement à lui pour rendre peu à peu\ncette vieille école professionnelle à sa mission, qui est d'aider\nau progrès de l'art.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERT DU CHŒUR RUSSE\nRECITAL MOUSSORGSKI\n\nDeux concerts de musique russe, après le grandiose\nGodounov, d'un programme tout à fait différent, ainsi que\nd'une exécution diamétralement opposée.\nD'abord, nous avons entendu le 3 juin, salle Gaveau, le\nconcert donné par les chœurs russes du Grand Théâtre Impérial\nde Moscou, sous la direction de M. Avranek.\nLa musicalité hors ligne de tous ces artistes (au nombre de\n100), doués de belles voix timbrées (surtout les voix de soprani),\nleur précision, la force de l'émotion et de l'expression doivent\nles classer parmi les plus remarquables chœurs du monde\nentier.\nLeur obéissance à la baguette magique et autoritaire de\nM. Avranek, (dont Mlle de Krouglicoff, dans notre dernier\nnuméro, montrait si bien le mouvement), dépasse tout ce\nqu'on peut imaginer comme discipline musicale. Les chan-\ngements les plus imprévus de rythme, de tonalité, d'intensité,\nétonnent par leur perfection, mais tout cela se perd encore\ndans la profondeur et la force du sentiment qui dominent leur\nexécution et qui prennent l'auditeur dès les premières mesures\nentendues.\nLe chœur d'hommes nous a donné quelques merveilles de\nla musique populaire comme Doutiaï, Eï Oukhnetn, hélas, pas\n<ians la version originale, mais dans les arrangements de"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1994, "texte": "Blaramberg ; l'exécution simple, condensée, corrigeait cette\nerreur. Il a admirablement exécuté aussi deux chœurs de\nMoussorgski et de Rimski-Korsakov. Un chœur délicieux\ndu Prince Igor de Borodine était chanté par le chœur entier.\nA côté de cela, des œuvres sans couleur, fades, insipides,\nsentimentales, germanisantes, de Gretchaninov, de Wassilenko,\nde Cui ; le chœur final de M. Avranek a le mérite d'être\nconçu dans le mode populaire, avec beaucoup de variétés de\nrythme ainsi qu'un large chœur de Sachnowski, intitulé\nSteppe, chanté divinement bien : on pouvait croire à un\nmiracle de sonorité, à un orchestre vivant.\nAprès cette inoubliable émotion, un récital Moussorgski\ndonné par Mme Olénine d'Alheim (salle Berlioz, le 5 juin),\nqui présente alors au nombreux public une série de chefs-\nd'œuvre vocaux de Moussorgski.\nLe public russe ainsi qu'étranger doit une grande recon-\nnaissance à Mme Olénine qui, depuis de longues années, pro-\npage, avec un admirable dévouement, l'œuvre de Moussorgski,\nsurtout à une époque où ce musicien était à peine connu en\nEurope et tout à fait méconnu dans son pays. Tous les admirables\ntableaux de Moussorgski, pleins de vie, vibrants d'émotion,\nde pitié, peignant toutes les douleurs, les misères, les chagrins\nd'amour, les orphelins, les innocents du peuple, les enfants,\nles sensitivités des intellectuels, etc., etc., sont présentés\npar une musicienne infaillible, infatigable, mais par une voix\nqui ne cherche aucune expression, aucune émotion dans tout\nce qu'elle dit. Cette monotonie bénisseuse fait penser à la\nmiséricorde bien élevée des enfants de bonnes maisons qui\napprennent, dans les livres destinés à leur usage, qu'il y a des\nmalheureux au monde, mais qui ne les ont jamais vus.\nIl faut reconnaître que cette interprétation n'est pas un\nhasard de la disposition d'une artiste, elle est entière du\ncommencement jusqu'à la fin du programme : c'est une\nconviction, que, malheureusement, nous ne pouvons pas par-\ntager.\n\nM. B."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.76", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "LA MANECANTERIE DES PETITS CHANTEURS\nA LA CROIX DE BOIS\nLa Manêcanterie des petits c que\nle Bulletin a déjà fait connaître, a donné un intéressant con-\ncert au profit de l'œuvre. Rappelons succinctement ce qu'elle\nest : un groupement d'étudiants artistes et religieux ayant\nformé et réalisé le projet de faire connaître et aimer les chefs-\nd'œuvre de la musique d'église, chants grégoriens et pales-\ntiniens, pièces de Bach, comme moyen d'éducation. Un\ngroupe d'enfants du peuple est par eux réuni tous les jours,\nsorte de patronage musical, et, le dimanche, tous s'en vont\nchanter en quelque église les motets et les antiennes étudiés\nen commun. Le concert dont nous voulons parler a été donné\nau profit de la colonie de vacances, dont les aînés veulent\nfaire profiter les plus jeunes, et il a été des mieux réussis.\nUn choral, un prélude, une toccata et une fugue de Bach,\ndes pièces de Buxtehude et de Grigny, ont été interprétés\nd'une manière superbe par M. Tournemine, l'éminent orga-\nniste ; le ravissant Concerto pour quatre violons, de Leonardo\nLéo, a été une véritable révélation pour beaucoup d'audi-\nteurs; au piano: Mlle Nun; au quatuor : MM. Borrel, Jenck,\nPoiré et Raugel, dont l'exécution fut remarquable. Entre\ntemps, la manêcanterie se fit entendre dans plusieurs mono-\ndies et polyphonies sans accompagnement ; Hic est Panis,\nde Palestrina, le répons Hierusalem surge, attribué si long-\ntemps au même maître, mais, en réalité, de M. A. Ingegneri,\nY Alléluia de la Pentecôte, V eni, et la grandiose\nlitanie Christus vintic,le Tantum de Vittoria, et enfin\nDomine converterede Roland de Lassus, avec le\nd'Aichinger. Si, dans les deux dernières pièces, les enfants\net les hommes eurent quelques défaillances dues à la fatigue,\nil était minuit, par contre, plusieurs passages des autres\nmorceaux furent admirablement rendus. En particulier, le\ntrio du Hierusalem surge mit en valeur de remarquables voix\nd'enfants solistes, montrant le soin et l'art avec lequel les\nforment au solfège et au chant les deux jeunes directeurs\nde la Manêcanterie, MM. P. Martin et Ch. Simon."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "LE CONGRÈS DE FERRARE\nET L'ASSOCIATION DES MUSICOLOGUES ITALIENS\n\nIl y a deux mois, les musicologues italiens se sont réunis\npour la première fois en congrès officiel. Le fait mérite d'être\nsignalé, car il montre combien nos études gagnent peu à peu\ndans tous les pays. L'ltalie, dont la fécondité musicale est une\ndes plus grandes gloires, avait négligé jusqu'à maintenant l'his-\ntoire de l'art sonore. Elle s'intéressait assez peu aux questions\nde doctrines et de documentation sans lesquelles une connaissance\ndu passé ne s'aurait s'acquérir.Elle comptait pourtant quelques\nérudits passionnés, mais isolés, qui, peu à peu, ont reconnu\nla nécessité de coordonner leurs recherches et d'associer leurs\nefforts.\nLe professeur Guido Gasparini, bibliothécaire à Parme, a\nle premier lancé l'idée d'une association effective de toutes ces\nbonnes volontés éparses dans notre pays. Et de suite, le profes-\nseur Vatielli du Liceo Musicale de Bologne, et l'auteur de ces\nlignes se joignirent à lui, pour former un comité de propagande.\nEnfin les fêtes données à Ferrare, lors de l'inauguration de la\nstatue de Frescobaldi, au mois de mai dernier, furent pour tous\nles amis de l'histoire musicale, en Italie, l'occasion de se compter\net de prendre des décisions utiles.\nAprès les discours d'usage, et un concert d'œuvres de Fres-\ncobaldi, dirigé par le maître G.-A. Tano, directeur du Conser-\nvatoire de Parme, le Congrès des Musicologues Italiens s'ou-\nvrit dans le merveilleux Palais Estense, qui résonne encore de\nl'écho des poésies de l'Arioste et du Tasse, et où l'on croit voir\npasser les ombres de Ugo et de Parisina, devant les fresques\nde Dosti. Successivement prirent la parole, le député de Ferrare,\nle président du Conseil provincial, le représentant du Ministre\nde l'lnstruction publique. Le bureau fut ensuite composé de la\nlaçon suivante : Gasparini,(président), et\n(vice-présidents), Montefioreet (assesseurs),\n(secrétaire). On en vint alors à discuter l'opportunité de l'affilia-\ntion de l'Association à la Société Internationale de Musique.\nAprès discussion, cette question fut réservée, et l'on passa à la\nrédaction des statuts. Il lut décidé que cette rédaction serait\nconfiée au Comité, qui aurait pour mission de diriger tous\nles efforts de l'Association vers les travaux de bibliographie\n\n6"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.78", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "et de dépouillements d'archives, et, si possible, de songer\naux futures publications critiques de notre littérature musi-\ncale. Le Congrès fut unanime sur ce point : l'Association\nconsidère comme son but premier et essentiel de faire\nl'inventaire des richesses artistiques de l'ltalie musicale.\nLe jour suivant, la question d'une de\nla S. I. M. lut reprise par MM. Gasparini, Chilesotti et Bona-\nventura. L'ordre du jour suivant fut voté : « L'Association des\nMusicologues Italiens adhère en principe à la Société Interna-\ntionale de Musique, et charge son comité directeur de déter-\nminer le mode de cette adhésion, au mieux des intérêts et de\nl'autonomie de l'Association. »\nLa dernière séance fut consacrée à la visite de l'Exposition\ndes livres et manuscrits de musique organisée à la Bibliothèque\nde la ville par le Professeur Agnelli. Avant de se séparer le\nCongrès reçut une communication du professeur Guido Adler,\nde Vienne, demandant aux savants italiens de bien vouloir\nparticiper à l'œuvre de réédition du Corpus scriptorum de\nmusica medii aevi,entreprise par notre Société Internatio-\nnale de Musique, sous sa direction. L'Association, considérant\nque ces travaux rentrent tout à fait dans ceux qu'elle se propose\nd'exécuter, accepte de collaborer à cette œuvre, et d'envoyer à\nVienne le résultat de ses recherches sur cette matière. Enfin,\naprès avoir discuté quelques questions de bibliographie pra-\ntique, le Congrès émet le vœu de voir le gouvernement s'inté-\nresser à son activité, et demande la création d'une commis-\nsion de musicologie au Ministère de l'lnstruction publique,\nainsi que de chaires d'histoire musicale auprès des Universités\nitaliennes.\nC'est ainsi que le nom glorieux de Frescobaldi servit à\nréunir tous ceux qui, en notre pays, ont à cœur de voir\nprospérer l'étude sérieuse de la musique du passé.\n\nArnoldo Bonaventura."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.80", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "QUATUOR PARENT\n\nEn huit nouvelles séances, M. Parent nous a fait passer de\nl'œuvre des grands classiques allemands aux compositions\nmodernes de notre école. La leçon est bonne, mais incomplète,\nsi l'art classique irançais compte des maîtres indiscutables et\nnovateurs autres que Vincent d'lndy et César Franck. Quelques-\nuns, qu'on me dispensera de citer, n'étaient-ils pas nécessaires à\nnotre jugement autant qu'essentiels pour la conscience des\njeunes symphonistes, oscillant de la superstition à l'anar-\nchie ?\nM. Joaquin Turina pallie ces extrêmes par une musicalité\nnaturelle et une certaine franchise d'inspiration qui le dissuadent\nd'entrer dans l'imitation trop servile des formules franc-\nkistes comme dans l'étrangeté facile des néo-debussystes, cher-\ncheurs d'accords. Son art est de bon aloi, mais sans direction.\nAu moins dans le quintette—-car je n'ai pu entendre la\non sent un musicien sous l'influence de Franck, incertain du\nstyle et sans maturité symphonique.\nJ'ai indiqué maintes fois ce qui me paraît constituer les\ndéfauts d'une école dont l'ambition est trop exclusivement\nportée vers la forme architecturale et les schémas, et qui bâtit\nsans construction intérieure ni induction vraie, pour le seul\nplaisir intellectuel d'un édifice savant et négatif. Une telle raison\nmet en péril l'intelligence, laquelle, donnant au sentiment une\nforme et un style, représente et exprime la véritable idée du\nmusicien.\nJe n'aperçois chez M. Turina ni une idée réelle, ni une\n« vision ». Son quintette module arbitrairement des thèmes\nexpressifs, parfois trop en dehors ou banals\nvoués à l'imitation comme au canon traditionnel par lequel\ntout franckiste doit décemment conclure, pour faire preuve\nd'esplrit. Ces faiblesses ont quelques années. Avec ses dons très\ngrands et sa technique, M. Turina peut et doit fixer l'œuvre\ndéfinitive que lui faciliteront des connaissances esthétiques\nplus vastes, la méditation des chefs-d'œuvre et l'absence de\npréjugés.\nSi le genre de la sonate est celui de l'invention libre où règne,\navec l'esprit décoratif, la fantaisie pure, la composition de\nM. Jean Poueigh est une sonate ; mais si les formes du caprice"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.81", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "ne conviennent qu'à des improvisations brèves et variées, la\nsonate de M. Jean Poueigh est une erreur.\nCet art est celui d'un coloriste et sous-entend des images\nplutôt qu'il n'offre la cohérence d'un discours complet et\nordonné, conforme à la pensée du créateur de sonates. Au delà\ndes règles, qu'il doit connaître et qu'il a peut-être appliquées,\nM. Jean Poueigh me semble s'être trompé de mode, de forme\net de style devant un sujet à clef poétique, naturellement im-\npropre à un développement de sonate. On ne peut que le redire :\nil manque à la jeune école, jugée dans son ensemble, l'intelli-\ngence des formes et du style symphoniques.\nCette intelligence, le Debussy du quatuor la possède. C'est\nbien elle qui gouverne un art non sans procédé, mais hostile\naux mensonges de la théorie. Novateur paradoxal, Debussy\nn'est pas l'annulateur qu'on suppose ou que certains nous\nreprésentent. Sa hardiesse, loin d'exclure les anciens modes,\ns'en sert parfois encore, comme d'un appui. J'en trouve la\npreuve dans le quatuor, et bientôt il faudra montrer que tout\nchez Im, ou beaucoup de choses, sont sous-entendues.\nDebussy développe, à sa manière, un sujet, qui prend toute\nl'extension classique par l'effort d'une pensée attentive à l'am-\nplitude naturelle de motifs dont la rigoureuse concordance, au\nsens de l'expression et du style, et la liaison laissent à l'œuvre\nl'apparence d'une progression libre vers le but précis inconnu\ndes Avec ses méthodes, l'auteur de\ntend vers l'unité, à l'exemple des classiques, dont il renouvelle\nsurtout l'esprit ; je doute seulement qu'il en surpasse la\nconstruction profonde malgré l'audace et la curieuse indé-\npendance de son art et parce qu'il lui manque le génie de la\nmélodie capable d'étendre, en la multipliant, la flèche toujours\nnouvelle affranchie des bases traditionnelles comme des\nprocédés classiques.\nCette conviction, ancienne, se fortifie à chaque nouvelle\nrencontre avec l'art incomparable des cinq dieux germaniques,\nBach, Hsendel, Haydn, Mozart et Beethoven. Nous devons la\ndernière à M. Parent, qui s'est montré digne des œuvres, ainsi\nque son quatuor, comme aux excellentes pianistes, Mlles Dron et\nGellée, et M. Joseph Boulnois.\nM. Boulnois présentait les compositions d'orgue de Bach ;\nc'est un artiste adroit, précis et respectueux du style. Les sonates"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.82", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "de Haendel sont très pures; je regrette l'uniformité d'archet\ndes interprètes qui semblent ne croire qu'à la sonorité, à son\négalité, comme au style exclusivement sévère de cette musique.\naydn, supérieurement compris par M. Parent et ses parte-\nnaires a paru le génial, spirituel et toujours jeune musicien\ndont les quatuors, des merveilles, sont les dignes précurseurs\nde ceux de Mozart, absolument parfaits\nQue notre génération, qui voit Beethoven « héros » plutôt\nà ces maîtres, elle aura compris la double\npuissance de la musique.\n\nAlbert Trotrot.\n\nAU PRE CATELAN\n\nLa Société de V Histoire du Th a donné au Bois de Bou-\nlogne (théâtre de verdure du Pré Catelan),le lundi 29 juin dans\n1 après-midi, une superbe représentation de gala entièrement\nmusicale dont voici quel était le programme : d'André\nChénier (ce gracieux dialogue à la Théocrite, entre un berger\net une bergère, exquisement dit par Mlle Géniat et M. Guilhen,\na été le sujet de toute une petite partition de musique de scène'\ntrès poétique, de très heureuses sonorités, et bien dans le carac-\ntère antique de l'œuvre, dont l'auteur est M. Raoul Brunei).\nPuis un choix de danses mêlées de chants, tirées de\nPollux, à'Hippolyte et Aride et des de Rameau\n(où Mlle Bakkers, de l'Opéra-Comique, a chanté avec beaucoup\nde grâce le charmant « Naissez, dons de Flore », ainsi que l'air\ndu Rossignol, coupé par M. d'lndy dans Hippolyte et Aride,\net où Mlle Régina Badet, avec Mlles Richeaume, Luparia,\nDugué... se sont surpassées de joli style dans ce cadre aux\nfraîches verdures). Enfin le sublime acte du temple d'Alceste,\navec Mme Félia Litvinne, dont la voix splendide a rayonné\ndans les airs de cette scène naturelle plus saisissante, plus émou-\nvante que jamais, et M. Dufranne,qui reprit à ses côtés son rôle\ndu grand prêtre ; plus le ballet si original et si caractéristique\ndu troisième acte, avec tous les chœurs qui l'accompagnent,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.83", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "toujours dansé par Mlle Badet et ses compagnes. C'est naturel-\nlement M. Albert Carré, assisté de Mme Mariquita, qui, profitant\ndes accidents du terrain et de ses bosquets ombreux, avait remis\nen scène ces inoubliables apparitions antiques.\n\nH. DE C.\n\nCONCERT E. BERNARD\nE. G.\nLe dernier concert de la salle Gaveau a été donné le 23 juin\npar M. Edouard Bernard pour l'audition des œuvres de M. Emile\nSjôgren et, malgré une température tiède, la salle fut presque\npleine. La séance était intéressante. La sonate de violon, jouée\npar M. Bernard et M. Enesco, est, à notre sens, inférieure aux\nœuvres de piano. Elle manque de variété, la partie de violon\nse tenant presque constamment dans le même registre et les\ndessins mélodiques se répétant trop. Mais Thème et Variations\net Prélude et Fugue pour piano sont très correctement et solide-\nment écrits ; ce sont de belles pages classiques de forme et mo-\ndernes de procédé. M. Edouard Bernard les a fort bien jouées.\nLes légendes pour orgue (M. Guilmant) sont de gracieuses petites\nchoses.\nEnfin parmi les mélodies du maître suédois qu'à chantées\nMlle Minnie Tracey, il faut citer surtout les Tannhceuser Lieder,\nun peu schumanniens, mais distingués et expressifs. Nous avons\nterminé ainsi agréablement la saison par un compositeur du\nNord. Mais l'accueil ne fut nullement froid.\n\nSOCIETE DES COMPOSITEURS DE MUSIQUE\nA l'issue de l'Assemblée Générale, le Comité de la Société\ndes Compositeurs de Musique a procédé à l'élection de son Bureau\npour l'année 1908-1909.\nSont nommés :\nPrésident : M. Alex. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.84", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "Vice-Présidents : MM. Arthur Coquard, Charles Lefebvre,\n]. Mouquet, Charles Tournemire\nSecrétaire général : M. D. Planchet.\nSecrétaire adjoint, archiviste : M. Georges Guiot.\nSecrétaire rapporteur : M. Arthur Pougin.\nSecrétaires : MM. Marc Delmas, Bertrand, Ach. Philip, Marcel\nTournier.\nBibliothécaire : M, Anselme Vinée.\nTrésorier :M. Maurice Emmanuel.\nTrésorier adjoint : M. Anatole Lefebvre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.2", "titre_corps": "LE CHANT AUX CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "LE CHANT AUX CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "Marguerite Babaian", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.59", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "LE CHANT AUX CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nCinquante-six voix à entendre ! Voici l'occasion de\nréfléchir sur l'enseignement du chant, se rendre compte du\ndéveloppement ou de la décadence de certaines voix qu'on\nréentend à ces concours. Certainement, les défauts s'exa-\ngèrent par l'effet de l'émotion, et pour la même raison les\nqualités, selon les natures, ne se révèlent pas toutes ; les\nconcurrents et leurs camarades ont trop de préoccupations,\ntrop d'inquiétudes pour donner toute la mesure de leur talent,\nmais quand même on peut se rendre compte de la différence\nde l'enseignement, des résultats obtenus et de l'intelligence\nmusicale, des tempéraments artistiques de toute cette jeu-\nnesse chantante.\nAu premier concours, celui des hommes, considérons\nd'abord la classe de M. Hettich : le baryton, M. Combes (se-\ncond accessit), concourt dans DC'est une voix assez\nforte et assez travaillée, dont le timbre n'est pas saillant,\nmais l'articulation nette, l'exécution soignée, réfléchie.\nLa voix du ténor, M. Coulomb (premier accessit), sans être\nriche en timbre est très bien placée, sa façon de dire est très\nintelligente ; c'est un des rares qui ne cherche pas à grossir\nsa voix, sait s'en servir et avance admirablement le son. Son\ninterprétation $ Adélaïde,très musicale, était un peu pâle,\nquoique nuancée. Il nous semble qu'il peut devenir un excel-\nlent chanteur.\nLa plus jeune et la plus belle basse du concours est celle"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.60", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "de M. Dupré (second accessit), qui chante un air fort beau et\nfort difficile de la Passion de Le poids de la\nvoix est un peu fort pour les minces épaules de l'artiste, mais\nelle est pleine, fraîche et a cette légère coloration nasale, par-\nticulièrement impressionnante dans la voix des basses. La\njustesse, la musicalité et l'intelligence sont hors de doute.\nLes valeurs ont manqué dans son exécution, mais on sent\nun plan. Pour le moment, sa respiration paraît un peu courte.\nLa voix de M. Villaret (ténor) eât très agréable, ronde,\nmais un peu sourde. Les demi-teintes sont très jolies. Il exa-\ngère trop les nuances, les souligne au point de détruire l'im-\npression. En cherchant plus de simplicité, il peut, croyons-nous,\nobtenir un joli résultat, puisqu'il est capable de dire avec\nntelligence et charme. {Le Déserteur).\nLa classe de M. Cazeneuve envoie au concours le ténor\narménien, M. Chah-Mouradian (premier accessit). L émotion\nle gêne visiblement au commencement de l'air de et\nil manque même de justesse, mais il se domine. Il ne déploie\npas toute la force de sa belle et chaude voix assez posee, il\nnuance beaucoup son air et donne de touchantes et douces\ndemi-teintes. Son côté faible est la prononciation.\nLa classe de M. Lassalle présente le baryton, M. Vaurs\n(second prix) et la basse, M. Audiger. Le premier chante un\nair bien fâcheux de Polyeucte. Il a dû posséder un très beau\ntimbre, mais que la voix est forcée ! Il prononce indistincte-\nment, on croirait, en l'écoutant, que la voix est entre les joues.\nIl y a une certaine chaleur dans l'exécution, qui dans l'en-\nsemble est banale.\nLa basse de M. Audiger est assez dure, forte, la sonorité\nest belle ; on comprend difficilement les paroles. La façon de\nchanter n'est pas intelligente. {La Fête d'Alexandre.)\nLa classe de M. Duvernoy envoie M. Paulet (premier prix) :\nvoix de ténor aigu, mince, quelque peu nasale, mais c'est un\nexcellent musicien et il dit agréablement l'air\nLa classe de M. Dubulle : M. Jourde (second accessit),\nune belle basse profonde, une voix assez complète, beaucoup\nde tempérament, a énormément à travailler, surtout pour\nne plus chanter en amateur. {La Reine de Saba.)\nLa voix gutturale de M. Taréria (ténor) pourrait être\nagréable dans les demi-teintes, surtout vers le médium,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "mais il force les notes élevées. Son exécution de l'air du\nschiitz ne présente pas d'intérêt. Son camarade de classe, M. de\nLaromiguière, une basse agréable, musicale, assez ronde,\nrisque de perdre cette dernière qualité importante et rare,\npuisqu'il force sa voix, et le résultat est là : les notes élevées\ntremblent beaucoup. Il chante l'air de avec un certain\nsoin de l'exécution.\nLa classe de M. Engel envoie deux sujets. M. Imbert\n(second accessit), dont la basse est grande, malheureusement\ntrès forcée, chante l'air de Hippolyte avec peu d'in-\ntelligence musicale.\nM. Eojeat possède une voix, mais est-ce la faute de l'air,\nqu'il ne comprend pas (La Rde Hsendel), son\nexécution saccadée produit une impression plutôt amusante.\nFaut-il vraiment demander du classique à ceux de ces\njeunes gens qui, faute de culture musicale et de goût naturel,\nne peuvent l'interpréter ?\nEst-ce que cela peut être utile à leur développement mu-\nsical, puisque c'est un désagréable devoir, tandis que, dans\nun air banal du répertoire, qu'ils sentent mieux, ils seraient\nà leur aise ?\nLa classe de M. de Martini : M. Teissier, la plus belle voix\nde baryton (second prix), quelque peu forcée; son exécution,\nla plus accomplie, est très froide M. Castel manque.\nLa classe de Mme Rose Caron présente M. Laloye (ténor).\nOn devine à la suite des trois concours qu'il a un très bel\norgane, généreux et chaud, mais toutes ses qualités sont cou-\nvertes par tant de défauts que les belles notes arrivent à la\nsurprise de l'auditeur. La joie n'est pas longue, les notes\nétroites, serrées, gutturales, le zézaiement continuel revien-\nnent vite. Il a énormément à travailler, n'a aucune idée du\nstyle (ce serait du luxe à lui demander); chante les\nrages presque un demi-ton plus haut et continue assez long-\ntemps de même. L'accompagnateur aurait pu même dissi-\nmuler cette erreur en transposant tout l'air d'un demi-ton\nplus haut.\nLa classe de M. Manoury envoie le barvton M. Ponzio\n(premier accessit), qui est en progrès sur l'année dernière. La\nvoix est assez ronde, sympathique, bonne, mais fait l'impres-\nsion d'être boursouflée, grossie, la prononciation n'est pas\n\n5"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.62", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "claire, ni l'exécution bien intéressante. {Les Indes Galantes.)\nQuoique malade ou peut-être terrassé par l'émotion, la\nvoix de M. Decourcelle ne fait pas mauvaise impression. C'est\nun ténor large de caractère, agréable dans tout le registre,\nà l'articulation très nette. Il* chante mais l'exé-\ncution est complètement entravée par la peur.\nDe la classe de M. Lorrain, nous avons manqué MM. Bellet\net Félisaz (deux seconds accessits). Le troisième de la classe,\nc'est M. Collard, un ténor à la voix un peu larmoyante, qui\nexécute assez bien l'air de Freiet paraît avoir une\nrespiration assez travaillée.\nLa plus belle voix de ténor du concours est incontesta-\nblement celle de M. Chah-Mouradian. Comme intelligence\nmusicale se distinguent MM. Coulomb, Paulet et Villaret.\nParmi les barytons, aucun de véritablement intéressant,\npas d'individualité saillante, attachante, personnelle. Le plus\nprêt, le plus honnête est M. Tessier.\nDeux basses paraissent avoir un bel avenir : M. Dupré et\nM. Jourde, pourvu que le goût du dernier s'améliore.\nEn résumé, peu de grandes qualités vocales, quantité\nde voix forcées, peu de culture musicale, de goût et de tempé-\nrament.\nDans l'ensemble, la classe de M. Hettich apporte un grand\nsoin dans le plan de l'exécution, les voix ne sont point forcées\net leur développement prend un chemin rationnel. (MM. Cou-\nlomb, Dupré, Combes et Villaret).\nParmi les femmes, trente-cinq concurrentes, dont deux\nmalades !\nCommençons par la classe de M. Cazeneuve, qui fournit\nl'élément le plus intéressant comme voix et comme dévelop-\npement artistique. La première place comme soprano drama-\ntique revient à Mlle Le Senne (second prix), qui chante\nintelligemment, d'une voix solide, comprend le style, mais c est\nun peu froid (Renaud, de Sacchini). Mlle Kaiser (second prix),\nle second soprano dramatique, dont le timbre est très sympa-"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "tique. Pourquoi pousse-t-elle tant sa voix, si harmonieuse\nde nature ? Elle a beaucoup de tempérament dramatique.\nUn petit défaut à signaler : elle ouvre en général trop les e\nmuets (Fidelio). Mlle Cebron-Norbens a la voix charmante\nde soprano lyrique, avec beaucoup de virtuosité dans la dic-\ntion, très adroite, mais maniérée dans l'exécution. Son métier\nvocal est loin d'être achevé, la voix tremble, elle pousse les\nnotes élevées, l'égalité manque. Paraît être une nature remar-\nquablement douée, très intelligente, sans réelle distinction\nartistique. (Thésée de Lulli.)\nLe contralto de Mlle Sylla est très fatigué, elle exécute\nl'air d' Orphée,dans les nuances ft et ppy avec beaucoup d'acquis\net d'assurance. La version d'Orphé n'est pas celle du théâtre,\ncette dernière est plus favorable comme paroles.\nLe mezzo dramatique de Mlle Wiltz est assez intéressant\ncomme timbre, sourd dans la région élevée (la langue paraît\nêtre un grand obstacle pour cela). Elle a tort de s'attaquer\nà des morceaux élevés de tessiture, qui demandent une trop\ngrande tension vocale. (Obéron.)\nMlle Vivier des Vallons chanta l'air de\navec mauvais goût, en poussant l'aigu plus haut que ce\nn'était demandé ; presque pas de médium ni de grave.\nToutes ces six chanteuses ont des façons différentes de\nchanter, mais excepté la dernière, elles sont intéressantes,\nindividuelles, et cette liberté de l'enseignemet fait honneur\nà M. Cazeneuve, qui laisse se développer les tempéraments\nartistiques et les voix sans vouloir les mouler de force dans\nune certaine forme, comme c'est le cas pour d'autres classes.\nCelle de M. Engel présente deux élèves : Mlle Arné, mezzo,\nqui chanta en détonnant l'air a un bon médium et\nparaît en progrès, pour le goût surtout, et Mlle Amoretti,\nun clair, agréable et surtout très intelligent et adroit soprano\nléger, qui phrase d'une façon charmante la\nPeut-être la sonorité deviendrait-elle plus arrondie si la chan-\nteuse n'ouvrait pas démesurément la bouche en largeur.\nLa classe de M. Hettich, si remarquable au concours\nd'hommes, envoie trois sujets : Mlle Gabrielle Demougeot\n(second accessit),une jolie coquette à la voix de soprano élevé,\nd'une sonorité quelque peu aigre, qui a du charme et des\nintentions dans l'interprétation. Mlle Pradier"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.64", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "(premier accessit), un soprano élevé aux demi-teintes déli-\ncates, aimable et sans tempérament (Hippolyte et Aride) et\nMlle Daumas (second accessit), dont la voix tremble, n'est\npas juste, de sonorité terne, mais a déjà un certain acquis.\n(Alceste.)\nDans la classe de M. Dubulle, nous rencontrons une chan-\nteuse d'une voix si remarquable, qu'elle remporte le premier\nprix à l'unanimité en chantant le lied de Saint-Saëns\nCloche : Mlle Alice Raveau. La pâte de sa voix de mezzo est\ntellement riche, tellement naturelle et personnelle (cette\ndernière qualité manque tant au concours), son assurance\nmusicale si évidente, qu'on est obligé de la placer immédia-\ntement à part. Mais elle a encore beaucoup à apprendre, son\nmédium et le grave se déplacent facilement, se voilent, la\ndiction a besoin d'être beaucoup soignée, le piano ne tient\npas encore, les notes élevées sont captivantes de vibration,\nde beauté et d'audace. Vu sa grande jeunesse et ses qualités\nsi remarquables, dans un ou deux ans, elle peut être complè-\ntement formée comme artiste.\nLa suivante de la classe, Mlle Pams, un soprano drama-\ntique, chante Fidelio.Belle et sérieuse voix un peu déformée\npar l'enseignement, étriqué ses notes élevées.\nEnsuite Mlle Bonnard, joli soprano lyrique au timbre\nargentin, paraît très inexpérimentée et manque souvent de\njustesse. {Création.)\nDans la classe de M. Duvernoy, Mlles Gustin, Jurand et\nMme Rénaux ont des défauts communs : les voix tremblent,\nsont en général grossies et forcées. Mlle Gustin (second prix),\npossède un beau profond mezzo, chante simplement, sans\npose, un air de Héraclès,la diction n'est pas claire. Mlle Ju-\nrand, un soprano léger, a beaucoup perdu depuis l'année\ndernière, chante avec brutalité un air démodé de\nde Rossini, déjà bien déplaisant à entendre et surtout avec\ncette interprétation et ce manque de justesse. On devine\ncertaines qualités naturelles, mais comment les retrouver\nmaintenant ?\nMme Rénaux (second accessit), soprano lyrique à la voix\nfroide, un peu anémique, chante un air d'Œdipe à Colone, très\nhonnêtement.\nLa classe Lassalle a Mlle Bourdon (second prix), très joli"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "et fort soprano lyrique, beaucoup de richesse et de variété\ndans le timbre qui a quelque chose de rafraîchissant, une\ncertaine nervosité artistique, en progrès depuis l'année der-\nnière, ne calcule pas assez la justesse du son. (Alceste).\nMlle Yvon a un soprano doucereux, au médium et au grave\nfaibles, a beaucoup à apprendre. Un\ncontralto intéressant, Mlle Alavoine (second accessit) : la voix\nn'est pas assez homogène, manque d'appui, le timbre paraît\nquelque peu cassé, mais elle apporte une note personnelle\nardente dans l'interprétation de Mitrane de Rossi, qui la met\nà part.\nLa classe de Martini présente Mlle Billard (premier accessit),\ninférieure à son dernier concours. Cette voix de soprano\ndélicat et poétique est déjà plus gutturale, l'interprétation a\nperdu un certain charme d'inexpérience. Pourquoi s'épou-\nmonner autant pour les longues vocalises de\nen voulant les exécuter d'un seul trait ? Cette exagération\nmanque de grâce. De Mlles Delph et Dennery, nous aimons\nmieux ne rien dire, excepté que la dernière paraît tout à fait\nantimusicale.\nDans la classe de Mme Rose Caron, le soprano de demi-\ncaractère de Mlle Robur est très sympathique, avec un cer-\ntain reflet métallique ; son exécution est assez intelligente,\nsentie, consciencieuse ; il faut qu'elle surveille le tremble-\nment de la voix, et les passages dans l'air du Freischùtz qui\nmanquent de netteté et de précision. Mlle Chantai n'est pas\nen progrès depuis l'année dernière. L'étoffe de sa voix paraît\nmanquer de distinction, mais aux concours suivants, elle se\nrévélera adroite et gracieuse comédienne. Le soprano lyrique\nde Mme Delisle (premier accessit), ne manque pas d'une cer-\ntaine générosité. Elle a chanté un air avec variations de Rode,\nvocalise, en réalité, plutôt crânement, que juste et net,\nce qui vaudrait mieux.\nLa voix enfantine de Mlle Fraisse (second accessit) ,ne\nmanque pas de fraîcheur et de charme, sans aucun appui\n(j Freischùtz). Un des plus jolis sopranos légers du concours\nest celui de Mlle Lambert. La voix a beaucoup de charme,\nde jeunesse, d'éclat dans l'aigu, elle apporte une\nvraie note ingénue, légère, insouciante. Les traits, les trilles\nont besoin de beaucoup d'étude, mais c'est une voix"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.66", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "qui promet de se développer, pourvu qu'elle garde son enve-\nloppe.\nLa classe Manoury présente Mme Garchery (premier prix),\nqui n'est pas en progrès sur l'année dernière, surtout dans la\nfaçon de chanter qui reste encore rudimentaire, enfantine,\nsans appui, poussée, monte difficilement cette année, tandis\nque le médium et le grave ne sont pas devenus plus forts pour\ncela, et pourtant quel beau et généreux organe !\nMlle Borione a la voix douce, une certaine résistance phy-\nsique, du tempérament, aurait mieux réussi probablement\ndans un morceau moins abstrait que les Noces de Figaro.\nIl nous semble qu'elle peut devenir intéressante. Puis Mlle Mé-\nnard, petit soprano léger à l'interprétation complètement\neffacée. En général, cette classe paraît s'occuper peu du déve-\nloppement vocal et manque d'interprétation, ainsi que la\nsuivante, celle de M. Lorrain, qui cependant révèle une nature.\nMlle Duvernay: la voix de mezzo dramatique, assez forte,\na quelque chose de tourmenté et pourtant d'enfantin dans\nle timbre, aucune exécution, mauvaise articulation, mais le\nsentiment est expressif, comme les concours suivants vont\nle montrer.\nTrop de concurrentes, dont le bon tiers pouvait attendre\nl'année suivante ; beaucoup de belles voix, mais que de fausses\nnotes, beaucoup d'acquis, de travail, peu de tempéraments\nd'artistes.\nLe concours de l'Opéra-Comique donne 25 scènes, quel-\nques-unes si longues, que l'audition dure de midi et demie\njusqu'à six heures et demie. Bien fatigante et pas toujours\nsatisfaisante journée.\nPassons vite Mlle Ménard, aussi effacée en Manon, que\ndans son concours de chant, et Mlle Pradier, insignifiante\nAriette de Jean de Nivelle. Dans cette scène, on ne saurait\noublier l'expression qu'apporte à sa réplique Mlle Duvernay.\nM. Taréria concourt dans Sapho, de Massenet. Sa bonne\nvolonté est hors de doute, tant il va figurer dans ce con-\ncours, en secondant ses camarades ; mais dans sa scène à\nlui il n'a presque rien à montrer. M. Coulomb (second prix),"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "apporte son assurance musicale dans la scène du\nPloërmel, si mauvaise musicalement.\nM. Bellet (premier accessit), est très amusant dans les\nNoces de Jeannette, la voix est bonne et donne de l'espoir,\nainsi que le jeu vif et adroit.\nLa première qui apporte un type, un ensemble, c'est\nMlle Gustin (second prix), qui joua avec beaucoup de dis-\ntinction le 3e acte de Werther. Le jeu de sa physionomie si\nbelle et régulière, était vraiment remarquable. La réplique\nde Mlle Chantai fut assez gracieuse.\nSur le suivant, M. Félisaz, dont le jeu et la voix présentent\npeu d'intérêt, passons {Manon).Mlle Jurand, un peu iourde\npour Suzanne (Noces de Figaro),apporte beaucoup de viva-\ncité et d'aisance, mais a vraiment trop peu à chanter,\nMlle Gustin est excellente dans le rôle épisodique de la com-\ntesse, et Mlle Chantai, gentille en Chérubin et en travesti.\nMlle Duvernay (premier accessit), déjà si touchante dans\nla courte réplique de Sapho,aborde un rôle très dramatique,\ncelui de Santuzza de Cavalieria Elle a beaucoup\nde tempérament dramatique, sait s'identifier avec son per-\nsonnage, se livre à la situation. Pour le moment, elle manque\nde mesure, mais certainement, ces défauts vaincus, se révé-\nlera une touchante et impressionnante artiste.\nNous n'expliquons pas bien ce malentendu de faire\nchanter à Mme Garchery, soprano lyrique, faible dans le\nmédium et dans le grave, Charlotte de Werther ; son jeu\nmanqua absolument de mouvement ; la tessiture aussi ne\ndevait pas mettre à son aise la chanteuse. Mlle Amoretti (pre-\nmier accessit), est délicieuse dans sa réplique et vocalise en\nvirtuose.\nM. Audiger (second accessit), ennuyeux dans sa scène\nde Mireille, reçoit des répliques très bonnes de Mlles Robur,\nDuvernay.\nSecond malentendu : Mlle Demougeot, soprano aigu,\nconcourt en Carmen. Il est vrai qu'elle y met une coquetterie\ntoute parisienne ; c'est une note personnelle, qui excuse cette\ninfidélité à la tradition de Carmen.\nMlle Chenal (second prix ),est très gracieuse en Mimi de\nLa Vie de Bohême,mais les ensembles, MM. Paulet, Villaret,\nMlle Jurand, manquent de justesse."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.68", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Mlle Robur est très bonne en Louise, elle joue avec ardeur,\nc'est un bel effort, puisqu'elle fait plutôt l'impression d'une\nnature discrète et modeste.\nLe Figaro de M. Ponzio (premier accessit), est essoufflé\net peu spirituel ; dans la réplique, M. Ancelin, dont le timbre\nde ténor est vraiment fâcheux, vocalise avec une pureté et\nune justesse impeccables le rôle du comte.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), prétend, du moins\nson choix l'atteste, que les rôles de courtisanes doivent lui\nréussir particulièrement, donc elle choisit Aphrodite, qui ne\nprésente aucun intérêt ni musical, ni vocal, et où elle montre,\navec l'aide de l'ingrate et stérile musique, tous ses défauts\nvocaux. Il est étonnant qu'il ne se soit trouvé personne pour\nla détourner de son choix. Aussi adroite qu'elle est, elle manque\nencore de personnalité. Il nous semble que tout ce qu'elle\nfait est un peu précoce, et les rôles moins pompeux, moins\npassionnés, mais plus gracieux et aimables pourraient lui\nconvenir mieux et surtout être utiles à son développement\nvocal, qui n'est pas à ce point à négliger. Plus tard, elle pourra,\ndominant son métier, prendre les rôles qui la séduiront le\nplus.\nTout à fait charmante, Mlle Lambert (premier accessit),\nen Manon.C'est bien choisi. M. Coulomb en Des Grieux a\nune jolie tenue et une élégance, qui, hélas, ne fait pas le fort\ndes autres concurrents.\nM. Laloye, en Don José, est si mauvais vocalement, que\nnous passerons vite, mais il y a autre chose à remarquer,\nqui produit un étonnement général : Mme Garchery en Car-\nmen ! Ni sa voix, ni sa nature ne se prêtent à ce rôle ; donc\nencore un grand effort complètement perdu !\nM. Villaret (second accessit) est vraiment charmant dans\nle rôle de marquis de Moncontour, du Roi l'a dit. Il a apporté\nune aisance, un sens d'une époque ancienne, qui ont fait de\ncette scène, avec les exquises répliques de Mmes Jurand,\nRobur, Demougeot, Chantai, Cebron-Norbens, Devriès et\nM. Paulet, une des plus réussies et agréables du concours.\nDeux scènes reliées : celle de M. Vaurs (second prix) en\nBartholo, et celle de M. Dupré (premier accessit) en Don Ba-\nsile {Barbier de Sêville).Le premier n'est pas un vrai comique,\nmais il a beaucoup de bonne volonté; le second, malgré sa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "grande jeunesse pour le rôle de Don Basile, a de bonnes qua-\nlités vocales et donne un relief à son personnage ; ses grimaces\net le jeu des mains y contribuent aussi. Mlle Lambert est\ntrès gentille en Rosine.\nM. Combes est un peu dur comme voix, mais assez véhé-\nment dans la Tosca, et la réplique de Mlle Cebron-Norbens\nest très bonne.\nArrive la jeune triomphatrice du jour, Mlle Alice Raveau\n(premier prix), en Charlotte de Werther. Elle est peut-être\ntrop tragique pour la petite bourgeoise de Gœthe, mais c'est\nla couleur de sa voix qui surtout produit cette impression\net le masque tragique de sa figure. Son jeu est simple, sans\nemphase, elle a eu quelques gestes d'une largeur impression-\nnante, dans les adieux avec Sophie. La virtuosité de Mme Ma-\nthieu-Lutz en réplique n'a pas pu faire oublier Mlle Amoretti.\nM. Paulet (premier accessit), dans\nde Grétry, joue et chante très bien ; sa partenaire, c'est la\nsûre et adroite Mlle Demougeot.\nMlle Amoretti a choisi la délicieuse première scène de\nHânsel et Gretelde Humperdinck, et toutes deux avec\nMlle Chantai étaient exquises de jeu et de chant, procurant\nun réel plaisir aux auditeurs surmenés.\nLa journée d'Opéra fut la plus fatigante et la moins satis-\nfaisante, trop peu de natures intéressantes, peu d'interpré-\ntation, de style et d'émotion.\nMme Delisle (second accessit), pousse trop sa voix dans le\nrôle de Marguerite (acte de la prison). Elle est très bien\nsecondée par M. Gautier, à la voix solide de ténor et à l'excel-\nlente diction, qui vient lui donner la réplique.\nM. Imbert, comme frère Laurent de est mieux que\ndans son concours de chant. Mlle Robur (second accessit),\nparaît fatiguée dans cette dernière épreuve, elle chante la\ntouchante scène du 4e acte à!Otellod'une façon inégale. Pour-\nquoi l'accompagnement est-il tellement bousculé, est-ce qu'une\nprière peut courir ainsi ? Du reste tout l'air est pris trop vite.\nDe Mlle Vivier des Vallons comme Aïda, nous aimons"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.70", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "mieux ne rien dire. Faut-il faire concourir des élèves si peu\navancées encore et qui ne savent pas du tout leur métier ?\nM. Chah-Mouradian (second accessit), a choisi une très\nmusicale scène d'A rmideoù nous entendons un joli chœur.\nLa tessiture paraît un peu élevée, par endroits, et le chanteur\nest gêné par le comédien trop peu expérimenté, mais ses mou-\nvements sont sobres, il donne à Armide, jolie d'attitudes,\n(Mlle Cebron-Norbens), une pitié virile, qui est touchante et\npersonnelle.\nMlle Sylla est glaciale comme Dalila, M. Teissier (premier\nprix) froid comme Nelusko de l'Africaine ; par contre, M. La-\nloye sort un peu sa belle voix dans la réplique de Samson.\nMlle Bourdon n'est pas vraiment assez prête pour ce\nconcours, elle hausse les forte, baisse les piano, chante faux\ndans le duo de Faust de Boïto et dévoie son partenaire\nM. Chah-Mouradian.\nM. Audiger montre sa belle voix en Don Carlos de Verdi,\net M. Vaurs (premier prix) la sienne dans le Bal masqué du\nmême auteur.\nMlle Panis (second prix), choisit singulièrement\ndu moulin,une scène dure, tragique, où elle est obligée de\nforcer sa voix et puis son partenaire M. Georges Petit, de la\nMonnaie, qui, littéralement crie et pousse sa partie jusqu'à\nla dénaturer, doit avoir la plus mauvaise influence en forçant\nde suivre son exemple. Mais elle apporte beaucoup de tempé-\nrament et d'intelligence.\nMlle Le Senne (premier prix), la première,se montre artiste\net chante et joue d'une façon excellente, avec assurance et\ncompréhension, le premier acte à!A Iceste.\nLa seconde Alceste, Mlle Kaiser (second prix), promet\nbeaucoup et prendra sûrement une place remarquable aux\nconcours suivants. Qu'elle évite de trop pousser sa voix déjà\nsi généreuse et sympathique, et qu'elle cherche plus de grâce\ndans l'expression des mains.\nM. Dupré (premier accessit) est bon comme Œdipe-Roi\net Mlle Bourdon beaucoup mieux comme Antigone que dans\nsa scène de Faust.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), concourt en Salammbô\nsans beaucoup d'éclat, ainsi que Mlle Wiltz au 2e acte\nMlle Jurand (second accessit), dans"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "écrase de sa voix gutturale et fausse la belle voix de M. Chah-\nMouradian, qui d'ailleurs est trop gêné encore par le jeu.\nL'arrivée de Mlle Raveau (premier prix) était attendue\navec impatience. La scène choisie par elle est une des plus\ndifficiles du répertoire : dans les Troyens de Berlioz, l'air de\nDidon. Certainement ses attitudes manquent encore de la\nvéritable grandeur, qui ne peut être acquise que par l'expé-\nrience de la scène ; cette douleur intense est au-dessus de sa\njeunesse triomphante, les défauts de la pose de voix, le trem-\nblement, la mauvaise diction, tout est là, mais le jury a eu\ngrandement raison de lui décerner les premiers prix : ce tem-\npérament, cette voix exceptionnelle ont besoin de se former\nau théâtre même, à la grande action, et il faut saluer en elle\nla jeune tragédienne lyrique de l'avenir.\n\nMarguerite Babaian."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.3", "titre_corps": "CONCOURS D'INSTRUMENTS", "titre_sommaire": "CONCOURS D'INSTRUMENTS", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.71", "debut_caractere": 869, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "CONCOURS D'INSTRUMENTS\n\nIls furent inégaux en valeur comme en intérêt, et je ne\nm'attarderai pas à comparer, par un calcul infinitésimal, les\nmérites des 23 pianistes en jupe longue ou courte à qui le 2e con-\ncerto de Saint-Saëns, accommodé pour piano seul, valut un\nprix ou un accessit : toutes, dans quelques années, enseigne-\nront, selon de sages principes, à d'autres jeunes filles, le jeu\ninnocent des touches noires et blanches, consolateur des\nlongues journées où le fiancé n'arrive pas.\nLe piano a, par bonheur, d'autres emplois : sa sonorité,\ndont beaucoup, même parmi les artistes, sont loin de soup-\nçonner les ressources, est susceptible des plus changeantes\ncouleurs, lorsque le compositeur sait les former par la combi-\nnaison des notes, et que l'exécutant répond à ses intentions.\nEn cet art délicat et riche, dont les pratiques ressemblent à\ncelles de la décomposition du ton, chez les peintres, Chopin\nfut un maître inégalé jusqu'à nos jours : Liszt lui-même n'a"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.72", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "pas cette inépuisable variété d'accords tour à tour étouffés,\nvaporeux, ou rutilants et triomphaux. Les jeunes gens à qui\nfut confiée, cette année, la quatrième ont presque\ntous un assez bon mécanisme ; presque tous aussi semblèrent\ncroire qu'il ne s'agissait que de réussir des traits rapides.\nSeul, M. Trillat montra qu'il comprenait ce poème de fièvre,\noù l'âme tour à tour implore et se désespère, rêve dans la\nbrume des lacs ou s'abandonne à l'orage qui fracasse les pins.\nSeul, il sut calculer ses sonorités, les disposer et les équilibrer :\nlorsque son jeu sera devenu plus souple et plus fondu, c'est-\nà-dire lorsqu'il aura perdu un peu de sa jeunesse, il sera un\nde nos meilleurs artistes, et l'on ne peut qu'approuver un\njury, d'ailleurs fort bien composé, de lui avoir décerné le\npremier des premiers prix.\nLa harpe chromatique ne sera plus enseignée au Conser-\nvatoire, dit-on. Je le regrette, mais le cor et la trompette à\npistons en ont vu bien d'autres, et se sont imposés. Tout\ncomme à la harpe chromatique, on leur a reproché d'acheter\nl'aisance aux dépens du timbre, et ce reproche était fondé\npeut-être, au moins au début. On les a préférés cependant,\nparce que la pensée d'un compositeur moderne ne peut s'en-\nfermer dans les limites surannées d'une gamme diatonique.\nLa harpe deviendra chromatique, si elle sait attendre, et cela,\nquand bien même elle perdrait le son pur de l'ancienne harpe\nà pédales. J'applaudis d'ailleurs au premier prix chroma-\ntique de M. Mullot, qui est un bon musicien, comme aux\npremier et second prix diatoniques de Mlle Pierre-Petit, très\nprécise, et de Mlle Inghelbrecht, plus délicate.\nLes concours d'instruments à cordes ont été médiocres :\nla classe d'alto, malgré son utilité certaine, continue àse\nrecruter parmi les violonistes malheureux ; les contrebasses\nmanquent de vigueur et de décision, les violoncelles de ron-\ndeur, et les violons écrasent les cordes de leur archet, avec\nférocité. Ici, comme pour le piano, on ne semble s'occuper\nque du mécanisme, non de la sonorité. On me dira que pour\ndes musiciens dont la plupart joueront à l'orchestre, la sono-\nrité importe peu. Grave erreur, en un temps où les couleurs\nsymphoniques, au lieu d'être plaquées par grandes masses,\nen tutti imposants et confus, s'allègent et se brisent : les divi-\nsions à quatre parties ne sont plus rares, ni aux premiers"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "ou seconds violons, ni aux violoncelles ; il faut donc à tous\nles pupitres des musiciens, non des manœuvres, et l'on peut\nprévoir un temps où l'on jouera, à l'orchestre, comme on joue\naujourd'hui dans la musique de chambre : en s'écoutant les\nuns les autres, et prenant le pas chacun à son tour. Telles\nsont, du moins, les intentions de nos musiciens ; nos sociétés\nde concerts sont encore loin d'y répondre.\nPareillement, les instruments à vent, dont le rôle était,\nau temps de Beethoven, tout épisodique, vont\nles cordes d'un privilège ancien. Il serait donc temps que les J\nclasses en fussent plus et mieux fréquentées. Celle de flûte\nest bonne, et MM. Paul, Friscourt et René joignent à un sûr\nmécanisme un son agréable, qui gagnerait à être plus varié.\nDans les autres, les musiciens sont rares : je citerai, parmi\nles hautbois, M. Riva, dont le son est plein, et M. Bonneau,\nqui a du sentiment ; seul M. Rouillard a su tirer de la clari-\nnette cette voix chaude et passionnée qui lui est propre ;\nles bassons et les cors manquent de rythme, parce qu'ils\nmanquent de force; parmi les pistons, M. de Lathouwer a seul\nmontré la verve entraînante dont cet instrument est capable ;\nles trompettes n'ont paru avoir aucun souci de la nuance ;\net les trombones ont été desservis par une pièce en bémol\nmineur de M. Guy-Ropartz, très ingrate et d'une absurde\ndifficulté : ainsi s'explique l'échec de M. Lacroix, second prix\nen 1907, celui de tous qui est le plus maître de sa sonorité ;\nmais, devant ces gammes rapides et ce trille saugrenu, com-\nment ne pas se troubler ?\nDans toutes les classes (et l'article qui précède montre\nque celles de chant ne doivent pas être exceptées), on avoue\ndonc un souci presque exclusif de la virtuosité. Il faut en\nchercher la cause dans l'institution même des concours, véri-\ntables épreuves sportives avec sauts d'obstacles, chutes et\ngalop final, et peut-être aussi dans une oblitération du sens\nauditif, spéciale à ceux que leur profession condamne à en\nabuser journellement : à force d'entendre les mêmes sons,\nils ne les entendent plus, deviennent indifférents à leur qua-\nlité, même à leur justesse, et ne savent apprécier que les dif-\nficultés de l'exécution. Comment y remédier ? Un premier\nmoyen serait de ne plus admettre le public à ces concours ;\nun second, de rajeunir assidûment le corps enseignant."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.74", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": ", L'illustre musicien qui dirige le Conservatoire est aussi un\nfort avisé ; bien des progrès ont été réalisés\ndêJaTpàr son intervention, surtout en ce qui concerne le choix\ndes morceaux de concours (encore les pouvoirs du directeur\nrestent-ils, sur ce point, trop limités). Nous pouvons donc\nnous en rapporter entièrement à lui pour rendre peu à peu\ncette vieille école professionnelle à sa mission, qui est d'aider\nau progrès de l'art.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.4", "titre_corps": "CONCERT DU CHŒUR RUSSE RECITAL MOUSSORGSKI", "titre_sommaire": "CONCERT DU CHŒUR RUSSE RECITAL MOUSSORGSKI", "signature_source": "M. B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.74", "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "CONCERT DU CHŒUR RUSSE\nRECITAL MOUSSORGSKI\n\nDeux concerts de musique russe, après le grandiose\nGodounov, d'un programme tout à fait différent, ainsi que\nd'une exécution diamétralement opposée.\nD'abord, nous avons entendu le 3 juin, salle Gaveau, le\nconcert donné par les chœurs russes du Grand Théâtre Impérial\nde Moscou, sous la direction de M. Avranek.\nLa musicalité hors ligne de tous ces artistes (au nombre de\n100), doués de belles voix timbrées (surtout les voix de soprani),\nleur précision, la force de l'émotion et de l'expression doivent\nles classer parmi les plus remarquables chœurs du monde\nentier.\nLeur obéissance à la baguette magique et autoritaire de\nM. Avranek, (dont Mlle de Krouglicoff, dans notre dernier\nnuméro, montrait si bien le mouvement), dépasse tout ce\nqu'on peut imaginer comme discipline musicale. Les chan-\ngements les plus imprévus de rythme, de tonalité, d'intensité,\nétonnent par leur perfection, mais tout cela se perd encore\ndans la profondeur et la force du sentiment qui dominent leur\nexécution et qui prennent l'auditeur dès les premières mesures\nentendues.\nLe chœur d'hommes nous a donné quelques merveilles de\nla musique populaire comme Doutiaï, Eï Oukhnetn, hélas, pas\n<ians la version originale, mais dans les arrangements de"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1994, "texte": "Blaramberg ; l'exécution simple, condensée, corrigeait cette\nerreur. Il a admirablement exécuté aussi deux chœurs de\nMoussorgski et de Rimski-Korsakov. Un chœur délicieux\ndu Prince Igor de Borodine était chanté par le chœur entier.\nA côté de cela, des œuvres sans couleur, fades, insipides,\nsentimentales, germanisantes, de Gretchaninov, de Wassilenko,\nde Cui ; le chœur final de M. Avranek a le mérite d'être\nconçu dans le mode populaire, avec beaucoup de variétés de\nrythme ainsi qu'un large chœur de Sachnowski, intitulé\nSteppe, chanté divinement bien : on pouvait croire à un\nmiracle de sonorité, à un orchestre vivant.\nAprès cette inoubliable émotion, un récital Moussorgski\ndonné par Mme Olénine d'Alheim (salle Berlioz, le 5 juin),\nqui présente alors au nombreux public une série de chefs-\nd'œuvre vocaux de Moussorgski.\nLe public russe ainsi qu'étranger doit une grande recon-\nnaissance à Mme Olénine qui, depuis de longues années, pro-\npage, avec un admirable dévouement, l'œuvre de Moussorgski,\nsurtout à une époque où ce musicien était à peine connu en\nEurope et tout à fait méconnu dans son pays. Tous les admirables\ntableaux de Moussorgski, pleins de vie, vibrants d'émotion,\nde pitié, peignant toutes les douleurs, les misères, les chagrins\nd'amour, les orphelins, les innocents du peuple, les enfants,\nles sensitivités des intellectuels, etc., etc., sont présentés\npar une musicienne infaillible, infatigable, mais par une voix\nqui ne cherche aucune expression, aucune émotion dans tout\nce qu'elle dit. Cette monotonie bénisseuse fait penser à la\nmiséricorde bien élevée des enfants de bonnes maisons qui\napprennent, dans les livres destinés à leur usage, qu'il y a des\nmalheureux au monde, mais qui ne les ont jamais vus.\nIl faut reconnaître que cette interprétation n'est pas un\nhasard de la disposition d'une artiste, elle est entière du\ncommencement jusqu'à la fin du programme : c'est une\nconviction, que, malheureusement, nous ne pouvons pas par-\ntager.\n\nM. B."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.5", "titre_corps": "LA MANECANTERIE DES PETITS CHANTEURS A LA CROIX DE BOIS", "titre_sommaire": "LA MANECANTERIE DES PETITS CHANTEURS A LA CROIX DE BOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.76", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "LA MANECANTERIE DES PETITS CHANTEURS\nA LA CROIX DE BOIS\nLa Manêcanterie des petits c que\nle Bulletin a déjà fait connaître, a donné un intéressant con-\ncert au profit de l'œuvre. Rappelons succinctement ce qu'elle\nest : un groupement d'étudiants artistes et religieux ayant\nformé et réalisé le projet de faire connaître et aimer les chefs-\nd'œuvre de la musique d'église, chants grégoriens et pales-\ntiniens, pièces de Bach, comme moyen d'éducation. Un\ngroupe d'enfants du peuple est par eux réuni tous les jours,\nsorte de patronage musical, et, le dimanche, tous s'en vont\nchanter en quelque église les motets et les antiennes étudiés\nen commun. Le concert dont nous voulons parler a été donné\nau profit de la colonie de vacances, dont les aînés veulent\nfaire profiter les plus jeunes, et il a été des mieux réussis.\nUn choral, un prélude, une toccata et une fugue de Bach,\ndes pièces de Buxtehude et de Grigny, ont été interprétés\nd'une manière superbe par M. Tournemine, l'éminent orga-\nniste ; le ravissant Concerto pour quatre violons, de Leonardo\nLéo, a été une véritable révélation pour beaucoup d'audi-\nteurs; au piano: Mlle Nun; au quatuor : MM. Borrel, Jenck,\nPoiré et Raugel, dont l'exécution fut remarquable. Entre\ntemps, la manêcanterie se fit entendre dans plusieurs mono-\ndies et polyphonies sans accompagnement ; Hic est Panis,\nde Palestrina, le répons Hierusalem surge, attribué si long-\ntemps au même maître, mais, en réalité, de M. A. Ingegneri,\nY Alléluia de la Pentecôte, V eni, et la grandiose\nlitanie Christus vintic,le Tantum de Vittoria, et enfin\nDomine converterede Roland de Lassus, avec le\nd'Aichinger. Si, dans les deux dernières pièces, les enfants\net les hommes eurent quelques défaillances dues à la fatigue,\nil était minuit, par contre, plusieurs passages des autres\nmorceaux furent admirablement rendus. En particulier, le\ntrio du Hierusalem surge mit en valeur de remarquables voix\nd'enfants solistes, montrant le soin et l'art avec lequel les\nforment au solfège et au chant les deux jeunes directeurs\nde la Manêcanterie, MM. P. Martin et Ch. Simon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.6", "titre_corps": "LE CONGRÈS DE FERRARE ET L'ASSOCIATION DES MUSICOLOGUES ITALIENS", "titre_sommaire": "LE CONGRÈS DE FERRARE ET L'ASSOCIATION DES MUSICOLOGUES ITALIENS", "signature_source": "Arnoldo Bonaventura", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "LE CONGRÈS DE FERRARE\nET L'ASSOCIATION DES MUSICOLOGUES ITALIENS\n\nIl y a deux mois, les musicologues italiens se sont réunis\npour la première fois en congrès officiel. Le fait mérite d'être\nsignalé, car il montre combien nos études gagnent peu à peu\ndans tous les pays. L'ltalie, dont la fécondité musicale est une\ndes plus grandes gloires, avait négligé jusqu'à maintenant l'his-\ntoire de l'art sonore. Elle s'intéressait assez peu aux questions\nde doctrines et de documentation sans lesquelles une connaissance\ndu passé ne s'aurait s'acquérir.Elle comptait pourtant quelques\nérudits passionnés, mais isolés, qui, peu à peu, ont reconnu\nla nécessité de coordonner leurs recherches et d'associer leurs\nefforts.\nLe professeur Guido Gasparini, bibliothécaire à Parme, a\nle premier lancé l'idée d'une association effective de toutes ces\nbonnes volontés éparses dans notre pays. Et de suite, le profes-\nseur Vatielli du Liceo Musicale de Bologne, et l'auteur de ces\nlignes se joignirent à lui, pour former un comité de propagande.\nEnfin les fêtes données à Ferrare, lors de l'inauguration de la\nstatue de Frescobaldi, au mois de mai dernier, furent pour tous\nles amis de l'histoire musicale, en Italie, l'occasion de se compter\net de prendre des décisions utiles.\nAprès les discours d'usage, et un concert d'œuvres de Fres-\ncobaldi, dirigé par le maître G.-A. Tano, directeur du Conser-\nvatoire de Parme, le Congrès des Musicologues Italiens s'ou-\nvrit dans le merveilleux Palais Estense, qui résonne encore de\nl'écho des poésies de l'Arioste et du Tasse, et où l'on croit voir\npasser les ombres de Ugo et de Parisina, devant les fresques\nde Dosti. Successivement prirent la parole, le député de Ferrare,\nle président du Conseil provincial, le représentant du Ministre\nde l'lnstruction publique. Le bureau fut ensuite composé de la\nlaçon suivante : Gasparini,(président), et\n(vice-présidents), Montefioreet (assesseurs),\n(secrétaire). On en vint alors à discuter l'opportunité de l'affilia-\ntion de l'Association à la Société Internationale de Musique.\nAprès discussion, cette question fut réservée, et l'on passa à la\nrédaction des statuts. Il lut décidé que cette rédaction serait\nconfiée au Comité, qui aurait pour mission de diriger tous\nles efforts de l'Association vers les travaux de bibliographie\n\n6"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.78", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "et de dépouillements d'archives, et, si possible, de songer\naux futures publications critiques de notre littérature musi-\ncale. Le Congrès fut unanime sur ce point : l'Association\nconsidère comme son but premier et essentiel de faire\nl'inventaire des richesses artistiques de l'ltalie musicale.\nLe jour suivant, la question d'une de\nla S. I. M. lut reprise par MM. Gasparini, Chilesotti et Bona-\nventura. L'ordre du jour suivant fut voté : « L'Association des\nMusicologues Italiens adhère en principe à la Société Interna-\ntionale de Musique, et charge son comité directeur de déter-\nminer le mode de cette adhésion, au mieux des intérêts et de\nl'autonomie de l'Association. »\nLa dernière séance fut consacrée à la visite de l'Exposition\ndes livres et manuscrits de musique organisée à la Bibliothèque\nde la ville par le Professeur Agnelli. Avant de se séparer le\nCongrès reçut une communication du professeur Guido Adler,\nde Vienne, demandant aux savants italiens de bien vouloir\nparticiper à l'œuvre de réédition du Corpus scriptorum de\nmusica medii aevi,entreprise par notre Société Internatio-\nnale de Musique, sous sa direction. L'Association, considérant\nque ces travaux rentrent tout à fait dans ceux qu'elle se propose\nd'exécuter, accepte de collaborer à cette œuvre, et d'envoyer à\nVienne le résultat de ses recherches sur cette matière. Enfin,\naprès avoir discuté quelques questions de bibliographie pra-\ntique, le Congrès émet le vœu de voir le gouvernement s'inté-\nresser à son activité, et demande la création d'une commis-\nsion de musicologie au Ministère de l'lnstruction publique,\nainsi que de chaires d'histoire musicale auprès des Universités\nitaliennes.\nC'est ainsi que le nom glorieux de Frescobaldi servit à\nréunir tous ceux qui, en notre pays, ont à cœur de voir\nprospérer l'étude sérieuse de la musique du passé.\n\nArnoldo Bonaventura."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.7", "titre_corps": "MAISON DE FRESCOBALDI A FERRARE", "titre_sommaire": "MAISON DE FRESCOBALDI A FERRARE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "MAISON DE FRESCOBALDI A FERRARE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.8", "titre_corps": "PALAIS \" ESTENSE \" OU S'EST TENU LE CONGRÈS DE 1908", "titre_sommaire": "PALAIS \" ESTENSE \" OU S'EST TENU LE CONGRÈS DE 1908", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.79", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "PALAIS \" ESTENSE \" OU S'EST TENU LE CONGRÈS DE 1908"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.9", "titre_corps": "QUATUOR PARENT", "titre_sommaire": "QUATUOR PARENT", "signature_source": "Albert Trotrot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.80", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "QUATUOR PARENT\n\nEn huit nouvelles séances, M. Parent nous a fait passer de\nl'œuvre des grands classiques allemands aux compositions\nmodernes de notre école. La leçon est bonne, mais incomplète,\nsi l'art classique irançais compte des maîtres indiscutables et\nnovateurs autres que Vincent d'lndy et César Franck. Quelques-\nuns, qu'on me dispensera de citer, n'étaient-ils pas nécessaires à\nnotre jugement autant qu'essentiels pour la conscience des\njeunes symphonistes, oscillant de la superstition à l'anar-\nchie ?\nM. Joaquin Turina pallie ces extrêmes par une musicalité\nnaturelle et une certaine franchise d'inspiration qui le dissuadent\nd'entrer dans l'imitation trop servile des formules franc-\nkistes comme dans l'étrangeté facile des néo-debussystes, cher-\ncheurs d'accords. Son art est de bon aloi, mais sans direction.\nAu moins dans le quintette—-car je n'ai pu entendre la\non sent un musicien sous l'influence de Franck, incertain du\nstyle et sans maturité symphonique.\nJ'ai indiqué maintes fois ce qui me paraît constituer les\ndéfauts d'une école dont l'ambition est trop exclusivement\nportée vers la forme architecturale et les schémas, et qui bâtit\nsans construction intérieure ni induction vraie, pour le seul\nplaisir intellectuel d'un édifice savant et négatif. Une telle raison\nmet en péril l'intelligence, laquelle, donnant au sentiment une\nforme et un style, représente et exprime la véritable idée du\nmusicien.\nJe n'aperçois chez M. Turina ni une idée réelle, ni une\n« vision ». Son quintette module arbitrairement des thèmes\nexpressifs, parfois trop en dehors ou banals\nvoués à l'imitation comme au canon traditionnel par lequel\ntout franckiste doit décemment conclure, pour faire preuve\nd'esplrit. Ces faiblesses ont quelques années. Avec ses dons très\ngrands et sa technique, M. Turina peut et doit fixer l'œuvre\ndéfinitive que lui faciliteront des connaissances esthétiques\nplus vastes, la méditation des chefs-d'œuvre et l'absence de\npréjugés.\nSi le genre de la sonate est celui de l'invention libre où règne,\navec l'esprit décoratif, la fantaisie pure, la composition de\nM. Jean Poueigh est une sonate ; mais si les formes du caprice"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.81", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "ne conviennent qu'à des improvisations brèves et variées, la\nsonate de M. Jean Poueigh est une erreur.\nCet art est celui d'un coloriste et sous-entend des images\nplutôt qu'il n'offre la cohérence d'un discours complet et\nordonné, conforme à la pensée du créateur de sonates. Au delà\ndes règles, qu'il doit connaître et qu'il a peut-être appliquées,\nM. Jean Poueigh me semble s'être trompé de mode, de forme\net de style devant un sujet à clef poétique, naturellement im-\npropre à un développement de sonate. On ne peut que le redire :\nil manque à la jeune école, jugée dans son ensemble, l'intelli-\ngence des formes et du style symphoniques.\nCette intelligence, le Debussy du quatuor la possède. C'est\nbien elle qui gouverne un art non sans procédé, mais hostile\naux mensonges de la théorie. Novateur paradoxal, Debussy\nn'est pas l'annulateur qu'on suppose ou que certains nous\nreprésentent. Sa hardiesse, loin d'exclure les anciens modes,\ns'en sert parfois encore, comme d'un appui. J'en trouve la\npreuve dans le quatuor, et bientôt il faudra montrer que tout\nchez Im, ou beaucoup de choses, sont sous-entendues.\nDebussy développe, à sa manière, un sujet, qui prend toute\nl'extension classique par l'effort d'une pensée attentive à l'am-\nplitude naturelle de motifs dont la rigoureuse concordance, au\nsens de l'expression et du style, et la liaison laissent à l'œuvre\nl'apparence d'une progression libre vers le but précis inconnu\ndes Avec ses méthodes, l'auteur de\ntend vers l'unité, à l'exemple des classiques, dont il renouvelle\nsurtout l'esprit ; je doute seulement qu'il en surpasse la\nconstruction profonde malgré l'audace et la curieuse indé-\npendance de son art et parce qu'il lui manque le génie de la\nmélodie capable d'étendre, en la multipliant, la flèche toujours\nnouvelle affranchie des bases traditionnelles comme des\nprocédés classiques.\nCette conviction, ancienne, se fortifie à chaque nouvelle\nrencontre avec l'art incomparable des cinq dieux germaniques,\nBach, Hsendel, Haydn, Mozart et Beethoven. Nous devons la\ndernière à M. Parent, qui s'est montré digne des œuvres, ainsi\nque son quatuor, comme aux excellentes pianistes, Mlles Dron et\nGellée, et M. Joseph Boulnois.\nM. Boulnois présentait les compositions d'orgue de Bach ;\nc'est un artiste adroit, précis et respectueux du style. Les sonates"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.82", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "de Haendel sont très pures; je regrette l'uniformité d'archet\ndes interprètes qui semblent ne croire qu'à la sonorité, à son\négalité, comme au style exclusivement sévère de cette musique.\naydn, supérieurement compris par M. Parent et ses parte-\nnaires a paru le génial, spirituel et toujours jeune musicien\ndont les quatuors, des merveilles, sont les dignes précurseurs\nde ceux de Mozart, absolument parfaits\nQue notre génération, qui voit Beethoven « héros » plutôt\nà ces maîtres, elle aura compris la double\npuissance de la musique.\n\nAlbert Trotrot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.10", "titre_corps": "AU PRE CATELAN", "titre_sommaire": "AU PRE CATELAN", "signature_source": "H. DE C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.82", "debut_caractere": 566, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "AU PRE CATELAN\n\nLa Société de V Histoire du Th a donné au Bois de Bou-\nlogne (théâtre de verdure du Pré Catelan),le lundi 29 juin dans\n1 après-midi, une superbe représentation de gala entièrement\nmusicale dont voici quel était le programme : d'André\nChénier (ce gracieux dialogue à la Théocrite, entre un berger\net une bergère, exquisement dit par Mlle Géniat et M. Guilhen,\na été le sujet de toute une petite partition de musique de scène'\ntrès poétique, de très heureuses sonorités, et bien dans le carac-\ntère antique de l'œuvre, dont l'auteur est M. Raoul Brunei).\nPuis un choix de danses mêlées de chants, tirées de\nPollux, à'Hippolyte et Aride et des de Rameau\n(où Mlle Bakkers, de l'Opéra-Comique, a chanté avec beaucoup\nde grâce le charmant « Naissez, dons de Flore », ainsi que l'air\ndu Rossignol, coupé par M. d'lndy dans Hippolyte et Aride,\net où Mlle Régina Badet, avec Mlles Richeaume, Luparia,\nDugué... se sont surpassées de joli style dans ce cadre aux\nfraîches verdures). Enfin le sublime acte du temple d'Alceste,\navec Mme Félia Litvinne, dont la voix splendide a rayonné\ndans les airs de cette scène naturelle plus saisissante, plus émou-\nvante que jamais, et M. Dufranne,qui reprit à ses côtés son rôle\ndu grand prêtre ; plus le ballet si original et si caractéristique\ndu troisième acte, avec tous les chœurs qui l'accompagnent,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.83", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "toujours dansé par Mlle Badet et ses compagnes. C'est naturel-\nlement M. Albert Carré, assisté de Mme Mariquita, qui, profitant\ndes accidents du terrain et de ses bosquets ombreux, avait remis\nen scène ces inoubliables apparitions antiques.\n\nH. DE C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.11", "titre_corps": "CONCERT E. BERNARD", "titre_sommaire": "CONCERT E. BERNARD", "signature_source": "E. G", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.83", "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "CONCERT E. BERNARD\nE. G.\nLe dernier concert de la salle Gaveau a été donné le 23 juin\npar M. Edouard Bernard pour l'audition des œuvres de M. Emile\nSjôgren et, malgré une température tiède, la salle fut presque\npleine. La séance était intéressante. La sonate de violon, jouée\npar M. Bernard et M. Enesco, est, à notre sens, inférieure aux\nœuvres de piano. Elle manque de variété, la partie de violon\nse tenant presque constamment dans le même registre et les\ndessins mélodiques se répétant trop. Mais Thème et Variations\net Prélude et Fugue pour piano sont très correctement et solide-\nment écrits ; ce sont de belles pages classiques de forme et mo-\ndernes de procédé. M. Edouard Bernard les a fort bien jouées.\nLes légendes pour orgue (M. Guilmant) sont de gracieuses petites\nchoses.\nEnfin parmi les mélodies du maître suédois qu'à chantées\nMlle Minnie Tracey, il faut citer surtout les Tannhceuser Lieder,\nun peu schumanniens, mais distingués et expressifs. Nous avons\nterminé ainsi agréablement la saison par un compositeur du\nNord. Mais l'accueil ne fut nullement froid."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.8.12", "titre_corps": "SOCIETE DES COMPOSITEURS DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIETE DES COMPOSITEURS DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.83", "debut_caractere": 1367, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "SOCIETE DES COMPOSITEURS DE MUSIQUE\nA l'issue de l'Assemblée Générale, le Comité de la Société\ndes Compositeurs de Musique a procédé à l'élection de son Bureau\npour l'année 1908-1909.\nSont nommés :\nPrésident : M. Alex. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.84", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "Vice-Présidents : MM. Arthur Coquard, Charles Lefebvre,\n]. Mouquet, Charles Tournemire\nSecrétaire général : M. D. Planchet.\nSecrétaire adjoint, archiviste : M. Georges Guiot.\nSecrétaire rapporteur : M. Arthur Pougin.\nSecrétaires : MM. Marc Delmas, Bertrand, Ach. Philip, Marcel\nTournier.\nBibliothécaire : M, Anselme Vinée.\nTrésorier :M. Maurice Emmanuel.\nTrésorier adjoint : M. Anatole Lefebvre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.9", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1324, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nG. CAPON. Les Vestris (1730-1808). (Mercure de France,\n1908, in-120).\nLe présent ouvrage appartient plutôt à la chronique de\nCythère qu'à la musicologie proprement dite. Il nous conduit et\nnous maintient dans le domaine de la galanterie, où le lecteur\nfrançais a du reste l'habitude de passer la plus grande partie\nde son existence intellectuelle. La documentaticn qui nous\nguide est empruntée à ces petits ouvrages fugitifs, si difficiles\nà découvrir, aux mémoires du temps et surtout aux rapports\nde police. De soigneuses références et un Index des noms\nrendent ces recherches très iacilement utilisables.\nNous avons ainsi une image assez poussée de cette société\ngalante, où évoluait le monde de l'opéra àla fin du XVIIP siècle,\net dont la famille des danseurs Vestris était le plus bel orne-\nment. L'intrigue et le libertinage ont à peu près seuls retenus\nl'attention de l'auteur, et en lisant toutes ces anecdotes, on ne\npeut se défendre de songer qu'il y avait autre chose à l'Opéra,\nmême dans les coulisses, que des compétitions dépravées. Il\nest sans doute un peu dommage qu'une documentation aussi\nabondante ne nous ait montré de cette famille d'artistes que les\nmœurs douteuses.\nCette réserve faite, je suis heureux de signaler l'attrait véri-\ntable de ce volume. Cette fin de l'ancien régime, liber-"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.86", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "tine, fastueuse, et aussi pauvre que possible en idéalisme, exerce\ntoujours sur nous une sorte de fascination. Et que d'esprit\nrépandu sur toute canaillerie de paroles et de vie ! Ce mot\nentre autres du «-Dtou de la danse»à un camarade trompé : «Et\npuis, vois-tu, mon ami, dans notre état, les cornes, c'est comme\nles dents;quand elles poussent, cela fait un mal du diable ; peu à\npeu on s'y accoutume, et puis, et puis on finit par manger avec. »\nCe qui intéresse ici l'historien de la musique c'est de\nrespirer l'atmosphère d'alcôve au milieu duquel se produisirent\nles opéras de l'Académie royale. Je recommande la lecture\nde ce livre à tous les modernes zélateurs de Rameau, à tous\nceux qui tiennent absolument à forcer notre admiration\npour ce qui reste de tragédie et de drame antique dans une œuvre\ncomme Aride. Ils verront ici dans quel sens allaient les préoccu-\npations du public, des acteurs et des auteurs en 1760 ! Et com-\nbien le costume, la danse, la virtuosité, l'emportaient sur toute\nautre considération. Ce qui domine alors, et qu'on s'empresse\nde faire disparaître aujourd'hui, c'est le dans tout ce\nqu'il a de plus frelaté, c'est le falbalas, le rouge, le faux bril-\nlant sensuel et délicat, la fantaisie et le bibelot.\nEt quand on nous supprime tout cela, sous prétexte de\nsincérité artistique, les œuvres semblent froides et incolores !\nParbleu !\nJe signale particulièrement à M. Messager la description de\ncostumes des Fragments d'Opéras et de Ballets, de Lully et de\nRameau, dansés à la cour en 1754. Que dira-t-il de cet habit de\nThésée :\n« Un habit à la grecque de glacé argent nouveau, brodé en\nchenille bleue et papillons argent peints en bleu ; vêtement de\ndessous de gaze bleue à fleurs d'argent ; le tout garni de réseaux\nargent, une coeffure fronton de glacé argent entrelacé de gaze\nraiée bleue et argent. Une culotte de satin blanc. »\nLes ouvrages comme ceux de M. Capon, préparent une géné-\nration de musicologues amis de la vérité. Espérons qu'elle\nne tardera pas trop.\nJ. E-"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.87", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "FRANZ LISZT MUSIKALISCHE WERKE. (Breitkopf & Haertel\n1908, in-fol.) V. I & II. (chaque, 15 marks).\nLiszt, qui a tant fait pour les autres, s'est assez peu occupé du\nsort de ses propres œuvres. Ce désintéressement se trouve aujour-\nd'hui récompensé. L'Allgemeine Deutscher Musikverein fondé\njadis par l'auteur de Mazeftpa, après avoir plusieurs fois depuis\nquinze ans remis à l'ordre du jour de ses séances le projet\nd'une édition complète des œuvres de Liszt, vient enfin de voter\nla somme nécessaire à cette grande entreprise. La Liszt-\nStiftung et la maison Breitkopf vont mener à bien cette publica-\ntion critique, sous la direction d'un certain nombre desavants\nallemands des plus qualifiés. Deux volumes de cette collection\nviennent de paraître. Ils contiennent, en partition d'orchestre,\nquatre poèmes symphoniques : Ce qu'on entend sur la montagne\n— Tasso — Les Préludes — Orphée.\nL'apparition de ces volumes coïncide avec un retour du\npublic vers ce grand homme auquel notre musique la plus\nmoderne doit tant. On saura plus tard tout ce que des artistes\ncomme Debussy et Ravel ont eu d'admiration pour des œuvres\nde Liszt. Quant à Wagner et à Berlioz, sans Liszt, ils ne seraient\npas ce qu'ils sont. Liszt appartient à ces orientaux de l'Europe\ndont on devrait bien dresser la nomenclature et étudier l'in-\nfluence. Hongrois, Bohémiens, Tchèques Viennois, ont apporté\nà notre Occident fatigué et formaliste une liberté d'inspiration,\nune exubérance harmonique dont nous avons tous profité, et\nqui, je le crois, a été beaucoup plus féconde qu'onnese l'imagine.\nA retenir d'ans la préface de ce premier volume, un avis de\nl'auteur lui-même, que tous nos chefs d'orchestre pourront lire\navec fruit. Liszt y caractérise en excellents termes la liberté\nd'interprétation qu'il réclame pour ses œuvres et, .en général,\npour les œuvres de ce genre. Je regrette cependant qu'une si\nbelle publication ne comporte pas un avertissement assez court\ndonnant quelques indications sur les ouvrages édités.\nJ.E."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.88", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "I). ANDRÉ GOUIRAND. La Musique en Provence et le\nConservatoire de Mavseille,in-12 de xii-484 pp. Marseille,\nP. Ruat ; Paris, Fischbacher, 1908.\nII). LÉON LEFEBVRE. Le Concevt de Lille (1726-1816).\nin-12 de vn-66 pp. Lille, Lefebvre-Ducroq, 1908.\nVoici deux ouvrages qui, apparus presque simultanément,\nprouvent que, du Nord au Sud, nosérudits de province commen-\ncent à s'intéresser aux études de musicologie locale. C'est là un\nsymptôme qu'il nous est tout particulièrement agréable\nd'enregistrer, et nous faisons les vœux les plus ardents pour\nque les chercheurs se mettent à l'œuvre et dépouillent, dans\ntoutes nos provinces, les riches dépôts d'archives qui y sont\nconservés. Ils y recueilleront une abondante moisson. Ajoutons\nà ce propos qu'on annonce l'apparition prochaine d'une publi-\ncation très développée sur la musique à Lyon.\nLes livres de MM. Gouirand et Lefebvre présentent chacun\nun caractère différent ; le premier, plus étendu, embrasse toute\nla musique provençale; le second se restreint à l'étude appro-\nfondie d'une institution lilloise.\nSur la musique en Provence, de nombreux travaux avaient\ndéjà vu le jour. Qu'il suffise de citer ici ceux d'Alexis Rostang,\nd'Arbaud, de Terris, de Laurens, de Bonnefille, de l'abbé Marbot\net de notre collègue Amédée Gastoué (1). Disons, en passant,\nque cette dernière étude, qui expose les importantes découvertes\nfaites par M. Gastoué aux Archives et à la Bibliothèque d'Avi-\ngnon, semble avoir été ignorée de M. Gouirand.\nDivisé en dix chapitres, le livre de M. Gouirand n'en consacre\nguère que quatre à l'histoire de la musique en Provence et à\nMarseille avant le xixe siècle. Cette première partie a donc plutôt\nle caractère d'un état de science que celui d'un travail original\nbasé sur des recherches personnelles. L'ampleur de la matière\ntraitée, son étendue dans le temps et dans l'espace empêchent\nl'auteur d'en faire un examen détaillé. Il a seulement brossé\nun tableau d'ensemble dont la majeure partie des éléments\nest empruntée aux travaux antérieurs. On ne saurait, du reste,\nle lui reprocher, car M. Gouirand prend soin dans son avertisse-\n\n(1) A. GASTOUÉ. La musique à Avignon et dans le Comtat du XIVE au XVME\nsiècle. (Rivista musicale italiana, T. XI, FASC. 2E, L 904)."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.89", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "ment de bien, spécifier cju il n & nullement 1 intention d écrire\nun ouvrage définitif.\nQuoi qu'il en soit, son travail nous renseigne sur une foule\nde points intéressants. Des écoles de musique fondées\nà Marseille en 1545 et à Avignon en 1547, par Barthélémy de\nla Croix et Claude Noguyer. De nombreuses bandes de violons\nse constituent en Provence au xvne siècle, mais 1 histoiie si\ncurieuse de ces bandes reste à faire. A ce propos, M. Gouiiand\ndonne le texte, encore inédit, d'une lettre écrite par Guillaume\nDumanoir, en 1678, au sujet de la lieutenance de roi des violons\nque les échevins de Marseille demandaient pour le sieur Besson.\nOn regrettera que l'auteur glisse si légèrement sut un\nmusicien de la valeur de Sauveur Intermet d'Avignon, dont\nM. Gastoué a publié un certain nombre de compositions manus-\ncrites. M. Gouirand ne parle d'lntermet qu'incidemment, à\npropos du passage de Louis XIII à Avignon en 1622. Il ne nous\napprend non plus rien de neuf sur ce personnage quelque peu\nmystérieux de Pierre Gaultier de Marseille, lequel fait bonne\nfigure comme symphoniste et compositeur d'opéras à la fin du\nxvne siècle. Jusqu'à présent, sa physionomie demeure un peu\nincertaine et nuageuse. Les œuvres que nous connaissons de\nlui, ses Symphonies et son Triomphe de la Paix, mériteraient\nqu'une monographie spéciale fût consacrée à Gaultier. Que de\nchoses à dire, d'ailleurs, sur la musique de cette Provence si\nlettrée et si artiste ! Que de problèmes à résoudre, de questions\nà élucider, depuis l'œuvre des Noëllistes jusqu'à l'organisation\ncoopérative des ménétriers et joueurs d'instruments, depuis\nl'an'alyse du caractère de la mélodie provençale, jusqu à\nl'examen des infiltrations italiennes nombreuses et puissantes\nau pays de Campra et de Gilles !\nSignalons les motets de l'organiste marseillais Barthélémy\nBeaulaigne (1564), dont M. Gouirand nous donne la description,\net venons-en à la seconde partie de son livre, où il étudie plus\nspécialement le mouvement musical à Marseille depuis la\nfondation de l'Académie de musique de cette ville au xvine\nsiècle jusqu'à nos jours.\nIci, l'auteur se meut sur un terrain moins vaste, et sa docu-\nmentation se fait plus personnelle et plus neuve. Il a mis à\ncontribution les archives municipales, les archives du Conserva-\ntoire,les comptes rendus de la presse locale,et apporte un nombre"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.90", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "considérable de documents de première main sur l'Ecole de\nmusique de Marseille, sur le goût musical de ses compatriotes,\nsur les exécutions symphoniques, sur les concerts de musique\nde chambre, etc. Cette partie, qui comprend les chapitres V à X,\nest étudiée de très près; elle se termine par un intéressant résumé\nchronologique de l'histoire du Conservatoire et des manifestations\nmusicales qui se produisirent à Marseille de 1872 à nos jours.\nLe livre de M. Gouirand ne contient pas d'index alphabé-\ntique. C'est là un délaut auquel l'auteur a partiellement remédié\nen mettant en vedette, en marge, les noms des musiciens et\nl'indication des matières dont il s'occupe. Néanmoins, l'absence\nd'index dans un ouvrage qui confine à l'érudition est regrettable.\nNul livre d'histoire ne doit plus se présenter sans un\nund Sach Register, comme disent les Allemands, et aussi sans\nune bibliographie détaillée.\n*\nLe Concert de Lille,de M. Lefebvre, est un travail concis,\nsubstantiel, bourré de documents inédits puisés à des sources\ndirectes. Aucun délayage, aucun développement littéraire ;\ntout l'effort de l'auteur va aux faits qu'il assemble et classe\navec une parfaite clarté, après les avoir minutieusement recueil-\nlis. On devait déjà à M. Lefebvre une série de travaux d'érudi-\ntion relatifs au théâtre, aux fêtes et à la musique à Lille (1).\nSon dernier ouvrage est particulièrement précieux, en ce qu'il\nrecueille à peu près tout ce qui a été conservé des archives\ndes anciennes sociétés musicales de Lille, archives dont le pilon\na détruit la plus grande partie.\nIl nous apprend l'existence, à la fin du xvne siècle, d'œuvres\nlyriques locales, telles que l'opéra- sur l'adoration des\nMages de Claude Olry de Loriande, (1688), et le divertissement\ncomposé, en 1695, par le courtraisien Alphonse Eve, à l'occasion\n\n(i) Voici quelques-uns des travaux de M. Lefebvre :\nLa procession de Lille du xve, au xvne siècle (1902).— L'évêque des fous et la\nfête des innocents à Lille (1902).—Fêtes lilloises du xive au xvie siècle.—Les origines\ndu théâtre à Lille ( 1905 ). Notes pour servir à l'histoire de la musique à Lille ( 1906).\nLe théâtre à Lille au xvne siècle (1906). Tous ces ouvrages édités à Lille, chez\nl'auteur. Ajoutons que le Concert de Lille est orné du portrait de Mondonville par\nCochin, de 2 titres de compositions du même musicien et d'un fac-similé de la vignette\ndu Concert de Lille, gravée, par Duriq en 1787."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.91", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "de l'entrée de B ouf fiers à Lille. M. Lefebvre, que notre collègue\nM. Pannier a judicieusement secondé dans ses recherches, trace\nun tableau animé de la vie musicale dans l'antique cité flamande.\nC'est le Concert se tenant à l'Hôtel de Ville, de 1689 à 1701;\nc'est l'Opéra installé également à l'Hôtel de Ville en 1695 ;\npuis la Société de musique fondée en 1722 chez Hendricqz, et\nl'Académie de musique instituée en 1726, un an après le Concert\nSpirituel de Paris, et placée sous la protection du duc de Bouf-\nflers, gouverneur général de la Flandre. M. Lefebvre en publie\nle règlement daté de 1733, et s'étend sur le séjour que Mondon-\nville fit à Lille de 1735 à 1737.\nL'Etat des musiques de la bibliothèque du\n(3:739) jette un jour très vif sur les œuvres qui détenaient alors\nla faveur du public. Parmi les opéras, on relève la Jephté de\nMontéclair, les Fêtes grecques et romaines de Colin de Blamont,\net aussi Hippolyteet les Indes de Rameau. Campra\nest représenté par de nombreux ouvrages. Une Philomèle\nde 1705 est attribuée, par erreur sans doute, à Rebel, car\nune pièce du même nom, due à La Coste, fut jouée précisément\ncette année-là ; puis, c'est le répertoire très nombreux des\ncantates et des motets. L'examen des compositions sym-\nphoniques montre à quel point les œuvres de Vivaldi étaient\ngoûtées en France dans le premier tiers du XVIIP siècle ; du\nmaître italien, le Grand Concert exécutait 1\nOn jouait aussi, à Lille, le curieux concerto de Jacques Aubert\nintitulé Le Carillon,sur lequel nous avons déjà attiré l'attention\ndes lecteurs du Mercure musical(l) ; on y faisait encore entendre\nles célèbres Caractères de la Danse de Jean-Ferry Rebel.\nUn certain nombre de programmes du Concert de Lille\nde 1733 à 1737, recueillis par Barbaze, ont pu être conservés et\nconstituent une collection précieuse et presque unique en\nFrance. A partir de 1750, les institutions musicales se multi-\nplient à Lille : Concerts Raparlier(l7sB et 1767),\nGrand Concert qui renaît de ses cendres en 1775-1776. Une salle\nde l'hôtel Soubise héberge un concert par abonnement dans le\ngenre du Concert des Amateurs à Paris, tenu lui aussi, à l'hôtel\nSoubise ; puis, se fondent les Sociétés des\n(1785). En 1800, Lille a la primeur en France de l'oratorio\n\n(1) Mercure Musical du 15 mai 1906."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.92", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "d'Haydn, la Création du Monde. Enfin, après de nombreuses\nvicissitudes, l'Ecole de musique de Lille devient une succursale\ndu Conservatoire de Paris (1827).\nLe petit livre de M. Lefebvre, si plein de renseignements\nprécis, sera lu avec le plus vif intérêt par tous ceux qui s'occupent\nde l'histoire de la musique dans les provinces françaises au\nXVIIIe siècle.\nL. DE LA LAURENCIE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.10", "titre_corps": "PUBLICATIONS REÇUES", "titre_sommaire": "PUBLICATIONS REÇUES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "PUBLICATIONS REÇUES\nLA LAURENCIE. Rameau. (Collection des musiciens\ncélèbres) i vol. de 125 pages in-B°.\nAUGE DE LASSUS. Boieldieu. (Même collection) 1 vol. de\n125 pages in-B°.\nBOURGAULT-DUCOUDRAY. Schubert. (Même collection)\n1 vol. de 130 pages, in-B°.\nDOM MOCQUEREAU. Le nombre musical grégorien. T. I\n(Tournai, chez Desol et Cie), 1 vol. in-40 de 430 pages.\nGEVAERT. Traité d'harmonie. Deux tomes en un volume\nin-B°. (Paris, Lemoine, 1908.)\nSONNECK (TH.). Catalogue\nBibliothèque nationale des Etats-Unis. (Washington, 1908,\nin-B°.)\nSONNECK (TH.). Classification of Music and Music Lite-\nrature in the Library of (Washington. 1908,\nin-B°.)\nLibrary of Congrès (Bibliothèque nationale des Etats-Unis).\nReport of the librarian,for 1907. (Washington, 1908, in-B°.)\nLes Chansons de France, n° 7 ; juillet, 1908. (Rouart, Lerolle\net Cie, in-40.)\nRichard Wagners Photographisclie mit einem Vor-\nwort von Vanselow.(Munich, Bruckmann, in-12; 3 mk.)\nASSOCIATION DES MUSICIENS SUISSES. Rapport de\nl'Assemblée générale du 31 mai 1908. (Neuchâtel, 1 vol.de\n30 pages in-B°.)\nLEMAITRE ET H. CLORIZOT. Trente noèls poitevins, du\nXV au XVIIIe siècle.\nPROD'HOMME. Œuvres de R. traduction française.\nVol. II (Delagrave, in-12.)\nR. ROLLAND. Musiciens d'autref(Paris, Hachette, in-B°.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.11", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "Ed. de Luvay", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.94", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nNÉCROLOGIE\nLOUIS VAN WAEFELGHEM.\n\nNé en 1840,1 e 13 janvier, à Bruges, cette ville,où l'on respire\ni'art ainsi qu'un souffle régénérateur, il s'éprit de la musique\nardemment, vit en elle une Aimée à conquérir, une maîtresse fière\net douce dont il fallait à jamais triompher. Mais elle fat bonne\net lui sourit tout de suite, et c'est ainsi qu'après avoir,élève stu-\ndieux, bu la science profane à l'Athénée de Bruges en compagnie\nde Delacenserie, Mamet, Siron et Willaert, notamment,— ses\namis encore, et fidèles,— on le retrouve, àl7 ans, suivant les\ncours de violon au Conservatoire de Bruxelles, sous la maîtrise\nde Meerts,et de composition, avec Fétis. Cette faveur,il la devait\nà M.Jules Busschop,lequel,en réalité,nousa donné Van Waefel-\nghem.\nCelui-ci disons-le en passant ne put jamais sans regret\nse séparer de sa ville natale,qui lui demeurait en l'esprit comme\nle berceau d'art berçant l'artiste,le paradis de calme et de rêverie\noù éclôt le génie, et l'on cite de lui cette réponse qu'il fit à son\nprofesseur Meerts, celui-ci désirant savoir si Bruxelles lui sou-\nriait :\nHélas ! non... Il me manque mon carillon !...\nAh ! comme il poursuit l'âme et la pensée des enfants de\nBruges, ce carillon carillonnant dans le silence, clair, pur, net,\ndoux, et comme il leur évoque le décor religieux, et les canaux\nreflétant les pignons dentelés, et les cygnes mélancoliques,\nBruges entière, leur inspiratrice et leur mère !\nEn 1860, Van Waefelghem quitte Bruxelles avec un premier\n\n7"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.95", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "prix, et passe en Allemagne afin de s'initier, en leur terre d'ori-\ngine, à la science des maîtres de là-bas.\nIl se fait entendre à Weimar, à Dresde, où il séjourna long-\ntemps, lié tout de suite d'amitié avec ce virtuose de l'archet qui\ns'appela Lipinski, et qui lui offrit le choix entre la place de\nprofesseur de violon au Conservatoire de Lemberg et celle de\nviolon-solo au Théâtre Impérial de Pesth.\nVan Waefelghem s'arrêta à celle-ci et partit pour la Hon-\ngrie, où, peu de temps après, il créait une société de quatuor.\nCe fut à ce moment que lui parvint la nouvelle de la mort\nde son père, qui le brisa. De son plein triomphe artistique il\ns'éloigna comme d'un bagne, abandonna tout, fut auprès de\nsa mère, se consacrant à elle.\nLes succès lointains ne le tentaient plus ; en 1863, il se\nrendit cependant à Paris, et sur les conseils de M. Gevaert, il\ns'adonna à l'étude de l'alto, ce violon qui est presque une viole,\nboîte sonore enflée d'âme, et qu'il affectionnait.\nUn concours pour cet instrument le fit entrer à l'orchestre\nde l'Opéra et aux concerts Pasdeloup.\nLa guerre éclata, puis, la paix rétablie, Van Waefelghem\nest appelé en Angleterre comme alto-solo, pour la season, au\n«Majesty's Theatre», et pour les concerts de musique de chambre\nde la «Musical Union». C'est au cours de ces travaux pour cette\nsociété dernière qu'il joignit son nom à ceux de Vieux-temps,\nJoachim, Sivori, Sarasate, Auer, en des quatuors inoubliés.\nDurant de longues années, il quitta ainsi chaque été Paris\npour la capitale de la Grande-Bretagne. Après avoir été, qua-\ntorze ans, alto-solo des concerts Lamoureux, il quitta cet\norchestre pour réaliser un rêve qu'il caressait depuis long-\ntemps : faire revivre la viole d'amour, ce merveilleux instru-\nment de jadis, injustement délaissé, chantant comme les\nsirènes, d'une douceur pénétrante, irrésistible, et sous son\narchet de grand artiste, refleurit alors l'école flamande du\nXVIe siècle, le siècle de notre impérissable grandeur !\nPendant un de ses périodiques séjours à Londres, il découvrit\nchez le grand luthier Hill, une viole admirable, la perle de l'écrin\nde Paolo Aletzi, qui florissait à Venise en 1720, et conçut le\nprojet de rétablir minutieusement l'histoire de ces instru-\nments. A la suite de ses recherches, une littérature musicale\nreparut, qu'il fallait populariser."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.97", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "Avec trois de ses amis, le prestigieux claveciniste Diémer,\nM. Delsart, viole de Gambe et M. Grillet, vielle, Van Waefel-\nghem fonda une société d'instruments anciens qui se fit entendre\ndans toutes les grandes villes de France, de Suisse, d'Angleterre\net de Belgique.\nLouis Van Waefelghem faisait en outre partie du célèbre\nquatuor Sarasate, et était Officier d'Académie de France et\nChevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. Il appartenait\nà notre S. I. M. depuis 1905.\nIl avait conservé pour Bruges l'attachement le plus profond,\net, chaque année, y revenait s'inspirer en elle, et contempler,\nle long de la côte, avec ses amis Gevaert, Jourrz et Lassen, la\ngrande mer dont l'âme mouvante, faite de grandeur tragique\net de poésie, crée les véritables artistes.\n\nEd. de Luvay."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.12", "titre_corps": "LOUIS VAN WAEFELGHEM (1840 1903)", "titre_sommaire": "LOUIS VAN WAEFELGHEM (1840 1903)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.96", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 32, "texte": "LOUIS VAN WAEFELGHEM\n(1840 1903)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.13", "titre_corps": "NOS ÉCHOS", "titre_sommaire": "NOS ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\nNous avons informé nos lecteurs en notre dernier numéro des récom-\npenses attribuées aux chanteurs et chanteuses. Voici les résultats des\nsuivants concours :\nPIANO (F\nPremiers prix : Mlles Piltan (classe Delaborde) ; Déroché, Penne-\nquin (Philipp) ; Chassaing, Boucheron (Cortot) ; Lewinsohn (Philipp).\nSeconds prix : Mlles Guller (Philipp ); Guillon, Bouvaist (Cortot) ;\nMorin (Philipp) ; Bompard (Delaborde).\nPremiers accessits : Mlles Fourgeaud (Philipp) ; Boucher de Verni-\ncourt, Duchesne (Cortot) ; Marx, Laeuffer(Delaborde) ; Schulhof (Cortot)\nSeconds accessits : Mlles Parody (Cortot) ; Vargues (Philipp) ; Haskii\n(Cortot) ; Fritsch, Heinemann, Michel (Philipp).\n6+5 + 6 + 6=23 récompenses, sur un total de 32 concurrentes.\nALTO\nProfesseur : M. Laforge.\nPremiers prix : M. Rousseau, Mlle Dumont, M. Taine.\nDeuxième prix :M. Barrier.\nPremier accessit :M. Mayeux.\nDeuxième accessit : Mlle Desnoyers.\nVIOLONCELLE\nPremiers prix : MM. Mas et Vaugeois (classe Cros Saint-Ange).\nSeconds prix : MM. Jamin et Ruyssen (Loeb).\nPremiers accessits : MM. Challet, Dussol (Cros Saint-Ange); Dumont\n(Loeb).\nSeconds accessits : MM. Maréchal, Mangot, Allaux (Loeb); Martin\n(Cros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "NOS ÉCHOS"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.99", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "VIOLON\nPremiers prix: MM. Michelon (classe Berthelier); Caremhat (Lefort);\nMlles Wolff, Talluel (Nadaud).\nSeconds prix : Mlle Roussel (Berthelier); MM Tiulot (Nadaud);\nPoirier (Lefort); Krettly (Berthelier).\nPremiers accessits : MM. Carruette (Remy); Hémery (Nadaud);\nMlle Goyon (Rémy); Mlle de la Hardrouyère (Berthelier); M. Olmazu\n(Rémy).\nSeconds accessits :M.Duran,MlleElwell (Lefort); Mlle Didier (Nadaud) ;\nM. Villain (Rémy).\nPIANO (Hommes)\nPremiers prix : MM. Trillat, Gayraud (classe Risler); Eustratiou\n(Diémer).\nSeconds prix : MM. Gallon et Gauntlett (Risler).\nPremiers accessits:MM. Moretti, Schmitz (Diémer) ; Schwaab (Risler):\nLaporte (Diémer).\nHARPE CHROMATIQUE\nProfesseur : Mme Tassu-Spencer.\nPremiers prix : M. Mulot, Mlle Chalot.\nSecond prix :O.\nPremier accessit : Mlle de Montmartin.\nHARPE A PÉDALES\nProfesseur : M. Hasselmans.\nPremiers prix : Mlles Pierre-Petit, Delgado-Perez, Laggé.\nSeconds prix : Mlles Inghelbrecht, Dretz, Gaulier.\nPremier accessit : M. Pré.\nOPÉRA (Hommes)\nPremiers prix : MM. Vaurs et Teissier (classe Bouvet).\nSecond prix : O.\nPremier accessit : M. Dupré (Bouvet).\nSeconds accessits : MM. Laloye (Dupeyron); Chah-Mouradian, Combes\n(Isnardon).\nFemmes\nPremiers prix : Mlles Raveau (Bouvet); Le Senne (Melchissédec).\nSeconds prix : Mlles Cebron-Norbens (Isnardon); Kaiser, Bourdon\nBouvet); Panis (Dupeyron)."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.100", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "Premier accessit : Mlle Garchery (Dupeyron).\nSeconds accessits : Mme Delisle (Dupeyron); Mlles Robur, Jurand\n(Isnardon).\nOPÉRA-COMIQUE\nPremier prix :O.\nSeconds prix : MM. Vaurs et Coulomb (classe Bouvet).\nPremiers accessits : MM. Dupré (Bouvet) ; Bellet (Dupeyron) ; onzio\n(Melchissédec); Paulet (Isnardon). P\nSeconds accessits : MM. Villaret et Audigier (Isnardon).\nFemmes\nPremier prix : A l'unanimité, Mlle Raveau (Bouvet).\nSeconds prix : Mlles Gustin, Chantai, Cebron-Norbens (Isnardon).\nPremiers accessits : Mlles Duvernay (Isnardon); Amoretti (Du-\npeyron); Lambert (Bouvet).\nSecond accessit : Mlle Pradier (Isnardon).\nCONTREBASSE\nProfesseur : M. Charpentier.\nPremier prix : O.\nSeconds prix : MM. Dumont, Juste, Arrès.\nPremier accessit :M. Leuliet.\nFLUTE\nProfesseur : M. Taffanel.\nPremier prix : M. Paul.\nSeconds prix : MM. Friscourt et René.\nPremiers accessits : MM. André Castel et Lespès.\nSeconds accessits : MM. Clouet, Marchant et Raoul.\nHAUTBOIS\nProfesseur : M. Gillet.\nPremiers prix : MM. Riva, André Tournier, Bonneau.\nSeconds prix : MM. Morel, Durivaux, Rigot.\nPremier accessit :M. Du voir.\nSecond aeeesssit :M. Burgunder."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.101", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "CLARINETTE\nProfesseur : M. Mimart.\nPremiers prix : MM. Rouillard, Corbet.\nSecond prix : M. Jauffrion.\nPremier accessit : M. Siguret.\nBASSON\nProfesseur : M. Bourdeau.\nPremiers prix : MM. Thauvin et Fleurquin.\nSeconds prix : MM. Verdier, Piard.\nPremiers accessits : MM. Guilloteau, Petrot.\nSecond accessit :M. Letellier.\nCOR\nProfesseur : M. Brémond.\nPremier prix :M. van Bedaf.\nSecond prix : M. Bacquier.\nPremiers accessits : MM. Bordet, Stermann.\nSeconds accessits : MM. Michel, Fabre.\nCORNET A PISTONS\nProfesseur : M. Mellet.\nPremiers prix : MM. de Lathouwer et Beghin\nSeconds prix : MM. Rodet et Minet.\nPremier accessit : M. Delmotte.\nSecond accessit : M. Kauffmann.\nTROMPETTE\nProfesseur : M. Franquin.\nPremiers prix : MM. Gilis, Séguélas, Perret.\nSecond prix :M. Borie.\nPremiers accessits : MM. Cherrière et Delattre.\nSeconds accessits : MM. Panier, Champendal.\nTROMBONE\nProfesseur : M. Allard.\nPremiers prix : MM. Lafosse,Tudesq."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.102", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Seconds prix : MM. Barat, Meyei.\nPremier accessit :M. Munio..\nSeconds accessits : MM. Lagrange, Deivaux.\nCONTREPOINT\nPremiers prix : MM. Ribollet (classe Gédalge); Noël, Gallon, Mati-\ngnon (Caussade).\nSeconds prix : MM. Raulin (Gédalge); Bourdon (Caussade); Scotto,\nRoger (Gédalge).\nPremiers accessits : Mlles Delmasion et Guérin (Caussade).\nPRIX DE ROME\nSujet : la Sirène,cantate de MM. Eugène Adenis et G. Desvraux-\nVérité.\nPremier grand prix :M. André Gailhard (classe Lenepveu).\nDeuxième second grand prix : Mlle Nadia Boulanger (classe Widor).\nMention honorable :M. Flament (classe Lenepveu)\nLa bibliothèque royale de Berlin vient de s'enrichir d'une superbe\ncollection d'œuvres manuscrites de J.-S. Bach, Joseph Haydn, W.-A.\nMozart et Beethoven. Cette collection a été offerte à l'empereur par le\nconseiller intime de commerce, M. Ernst von Mendelssohn-Bartholdy,\nfils du frère et, par conséquent, neveu du célèbre compositeur Félix von\nMendelssohn-Bartholdy. Elle comprend, comme principales pièces,\nune cantate de Bach ; quatre symphonies, un concerto pour violon et\nune messe de Haydn, ainsi que la partition intégrale de Y Enlèvement du\nsérail de Mozart. Mais ce sont les originaux des œuvres de Beethoven\nqui forment le joyau de cette collection. La quatrième, la cinquième et\nla septième symphonies y sont représentées dans des partitions com-\nplètes. S'y trouvent également : le septuor op. 20, le quintette op. 29,\nle grand trio op. 97, les six quatuors op. 59, les op. 74, 127,130,131 et\n132 ; l'ouverture de Fidelio, et un très intéressant carnet d'esquisses."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.103", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE\nDE LUXEMBOURG\nSOLFÈGE (jeunes gens). Division inférieure.\n. Première mention avec distinction M. Richy Muller (5g pts).\nPremières mentions : MM. Jean Schmit (54 pts), Henri Kolbach (54 pts),\nGustave Goergen (52 pts), Jean Kieffer (50 pts), Charles Lauser (50 pts),\nFrançois Tribou (50 pts).\nDeuxièmes mentions : MM. François Knaff (44 pts), Ernest Georgen\n(43 pts), René Wagner (40 pts), Emile Clémen (40 pts).\nTroisièmes mentions : MM. Ferdinand Lallemand (38 pts), Max\nGoergen (35 pts).\nSOLFÈGE (demoiselles). Division inférieure.\nPremières mentions avec distinction Mlles Marie Govers (56 pts),\nWally Crocius (55 pts), Anne Cornevin (55 pts).\nPremières mentions: Mlles Nazli Denaut (52 pts), Eugénie Wenger\n(51 pts), Julienne Leduc (51 pts), Gertrude Duhr (51 pts), Louise Biick\n(51 pts), Edith Schaach (sopts), Maria Schleser (50 pts), Rosalie\nTockert (50 pts), Marguerite Yung (50 pts), Françoise Scharff (50 pts),\nMarguerite Rischard (50 pts), Marie Leclère (50 pts).\nDeuxièmes mentions avec distinction Mlles Emma Thielen (45 pts),\nFanny de Wael (45 pts), Jeanne de Wael (45 pts).\nDeuxièmes mentions : Mlles Daisy Leclère (41 pts), Francis Hastert\n(41 pts), Virginie Schou (40 pts), Mmes Van Acker (40 pts), Marguerite\nMajerus (40 pts).\nTroisièmes mentions : Mlles Maria Emmel (37 pts), Maria Jaans\n(36 pts), Fanny Heintz (36 pts), Suzanne Weinerskirch (36 pts),\nEmilie Backes (35 pts), Mimy Wenger (35 pts), Mélanie Clémen (35 pts),\nGabrielle Stoffel (35 pts), Marguerite Leick (35 pts).\nSOLFÈGE (demoiselles). Division ordinaire.\nDeuxième prix avec distinction : Mlle Emilie Dauphin (46 pts).\nDeuxièmes Prix : Mlles Louise Koster (43 pts), Valentine Valentin\n(40 pts).\nSOLFÈGE (jeunes gens). Division ordinaire.\nDeuxièmes prix : MM. François Es (41 pts), Tos. Heinen (40 pts),\npaul Albrecht (40 pts)."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.104", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "Premiers accessits : MM. Nicolas Weyrich (38 pts), Albert Hach\n(37 pts), Jean Tandel (37 pts), Henri Braun (36 pts).\nDeuxièmes accessits : MM. Albert Glesener (34 pts), Jean Gieres\n(32 pts).\nPIANO. Division inférieure.\nPremière mention avec distinction : Mlle Marguerite Jung (57 pts).\nDeuxièmes mentions avec distinction M. 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Nasos sera chargé de l'organisation du\nnouvelfinstitut.,\nF Le compositeur espagnol Rançon Rodriguez Socas doit donner en\naudition au théâtre Dal Verme, à Milan, son opéra Jeba,"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.107", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "Au théâtre de Prague on annonce une fête donnée à la mémoire de\nWagner par le Dr Richard Batka. Wagner paraîtra en scène. C'est\nJoseph Kainz qui sera chargé de personnifier le poète-compositeur.\nAlbert Stritt, le ténor de l'opéra de Francfort, est mort à Dresde à\n61 ans.\nA Munich, Tieflandd'Albert a obtenu un succès qui va\nMottl dirigeait et Mlle Fassbender chantait Martha.\nAu cours de la dernière saison soixante œuvres de ce genre ont été\ninscrites sur les programmes.\nM. Sigmund Lautenburg qui, en quittant le Residenz theater de\nBerlin, était devenu directeur du Raimund theater de Vienne, a résigné\nses fonctions qu'il occupait depuis quelques semaines seulement. Il a préféré\npayer un dédit de 24.000 couronnes et échapper aux difficultés de tout\ngenre créées volontairement par son personnel artistique.\nGenève.\nLa cérémonie de la fête des promotions de l'Ecole secondaire et\nsupérieure des jeunes filles, est toujours une joie pour les yeux et un\nagrément pour les oreilles des assistants.\nCette année, les élèves, sous la direction de leur professeur, M. H.\nKling, ont chanté un hymne : Vaincre ou Mourir, paroles de M. E. de\nBudé, musique de H. Kling. Une mélodie aisée à retenir, simple, fran-\nchement rythmée, entraînante, un texte qui s'adapte fort bien et exalte\njoyeusement le sentiment patriotique, tels sont les caractères de ce\nchant suisse. La preuve en est dans les nombreuses éditions qui l'ont\naccueilli et le plaisir avec lequel les élèves l'ont interprété. Pour finir,"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.108", "debut_caractere": 126, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "on a entendu avec non moins de plaisir YEfithalame de Lohengrin,\nde R. Wagner, dans lequel les voix fraîches des élèves ont fait mer-\nveille.\nInstitut.\nLes études musicologiqu.es ont reçu à l'Académie des Inscriptions et\nBelles-Lettres une consécration que, depuis longtemps, nous aurions\nvoulu voir venir. La porte est ouverte, c'est à nos confrères en études\nmusicales de faire qu'elle ne se referme point.\nEn tout cas, voici les résultats de cette année :\nSur le prix Saintour, l'lnstitut a prélevé une somme de 1.500 fr.\nattribuée par tiers aux trois volumes parus dans la Bibliothèque\nmusicologique, que notre collègue P. Aubry dirige avec tant de\ncompétence :\nGASTOUÉ. Les origines du. chant\nR. P. THIBAUT. Les origines de la notation neumatique.\nR. P. REBOURS. Traité de fsaltique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.13.2", "titre_corps": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\nNous avons informé nos lecteurs en notre dernier numéro des récom-\npenses attribuées aux chanteurs et chanteuses. Voici les résultats des\nsuivants concours :\nPIANO (F\nPremiers prix : Mlles Piltan (classe Delaborde) ; Déroché, Penne-\nquin (Philipp) ; Chassaing, Boucheron (Cortot) ; Lewinsohn (Philipp).\nSeconds prix : Mlles Guller (Philipp ); Guillon, Bouvaist (Cortot) ;\nMorin (Philipp) ; Bompard (Delaborde).\nPremiers accessits : Mlles Fourgeaud (Philipp) ; Boucher de Verni-\ncourt, Duchesne (Cortot) ; Marx, Laeuffer(Delaborde) ; Schulhof (Cortot)\nSeconds accessits : Mlles Parody (Cortot) ; Vargues (Philipp) ; Haskii\n(Cortot) ; Fritsch, Heinemann, Michel (Philipp).\n6+5 + 6 + 6=23 récompenses, sur un total de 32 concurrentes.\nALTO\nProfesseur : M. Laforge.\nPremiers prix : M. Rousseau, Mlle Dumont, M. Taine.\nDeuxième prix :M. Barrier.\nPremier accessit :M. Mayeux.\nDeuxième accessit : Mlle Desnoyers.\nVIOLONCELLE\nPremiers prix : MM. Mas et Vaugeois (classe Cros Saint-Ange).\nSeconds prix : MM. Jamin et Ruyssen (Loeb).\nPremiers accessits : MM. Challet, Dussol (Cros Saint-Ange); Dumont\n(Loeb).\nSeconds accessits : MM. Maréchal, Mangot, Allaux (Loeb); Martin\n(Cros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.99", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "VIOLON\nPremiers prix: MM. Michelon (classe Berthelier); Caremhat (Lefort);\nMlles Wolff, Talluel (Nadaud).\nSeconds prix : Mlle Roussel (Berthelier); MM Tiulot (Nadaud);\nPoirier (Lefort); Krettly (Berthelier).\nPremiers accessits : MM. Carruette (Remy); Hémery (Nadaud);\nMlle Goyon (Rémy); Mlle de la Hardrouyère (Berthelier); M. Olmazu\n(Rémy).\nSeconds accessits :M.Duran,MlleElwell (Lefort); Mlle Didier (Nadaud) ;\nM. Villain (Rémy).\nPIANO (Hommes)\nPremiers prix : MM. Trillat, Gayraud (classe Risler); Eustratiou\n(Diémer).\nSeconds prix : MM. Gallon et Gauntlett (Risler).\nPremiers accessits:MM. Moretti, Schmitz (Diémer) ; Schwaab (Risler):\nLaporte (Diémer).\nHARPE CHROMATIQUE\nProfesseur : Mme Tassu-Spencer.\nPremiers prix : M. Mulot, Mlle Chalot.\nSecond prix :O.\nPremier accessit : Mlle de Montmartin.\nHARPE A PÉDALES\nProfesseur : M. Hasselmans.\nPremiers prix : Mlles Pierre-Petit, Delgado-Perez, Laggé.\nSeconds prix : Mlles Inghelbrecht, Dretz, Gaulier.\nPremier accessit : M. Pré.\nOPÉRA (Hommes)\nPremiers prix : MM. Vaurs et Teissier (classe Bouvet).\nSecond prix : O.\nPremier accessit : M. Dupré (Bouvet).\nSeconds accessits : MM. Laloye (Dupeyron); Chah-Mouradian, Combes\n(Isnardon).\nFemmes\nPremiers prix : Mlles Raveau (Bouvet); Le Senne (Melchissédec).\nSeconds prix : Mlles Cebron-Norbens (Isnardon); Kaiser, Bourdon\nBouvet); Panis (Dupeyron)."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.100", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "Premier accessit : Mlle Garchery (Dupeyron).\nSeconds accessits : Mme Delisle (Dupeyron); Mlles Robur, Jurand\n(Isnardon).\nOPÉRA-COMIQUE\nPremier prix :O.\nSeconds prix : MM. Vaurs et Coulomb (classe Bouvet).\nPremiers accessits : MM. Dupré (Bouvet) ; Bellet (Dupeyron) ; onzio\n(Melchissédec); Paulet (Isnardon). P\nSeconds accessits : MM. Villaret et Audigier (Isnardon).\nFemmes\nPremier prix : A l'unanimité, Mlle Raveau (Bouvet).\nSeconds prix : Mlles Gustin, Chantai, Cebron-Norbens (Isnardon).\nPremiers accessits : Mlles Duvernay (Isnardon); Amoretti (Du-\npeyron); Lambert (Bouvet).\nSecond accessit : Mlle Pradier (Isnardon).\nCONTREBASSE\nProfesseur : M. Charpentier.\nPremier prix : O.\nSeconds prix : MM. Dumont, Juste, Arrès.\nPremier accessit :M. Leuliet.\nFLUTE\nProfesseur : M. Taffanel.\nPremier prix : M. Paul.\nSeconds prix : MM. Friscourt et René.\nPremiers accessits : MM. André Castel et Lespès.\nSeconds accessits : MM. Clouet, Marchant et Raoul.\nHAUTBOIS\nProfesseur : M. Gillet.\nPremiers prix : MM. Riva, André Tournier, Bonneau.\nSeconds prix : MM. Morel, Durivaux, Rigot.\nPremier accessit :M. Du voir.\nSecond aeeesssit :M. Burgunder."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.101", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "CLARINETTE\nProfesseur : M. Mimart.\nPremiers prix : MM. Rouillard, Corbet.\nSecond prix : M. Jauffrion.\nPremier accessit : M. Siguret.\nBASSON\nProfesseur : M. Bourdeau.\nPremiers prix : MM. Thauvin et Fleurquin.\nSeconds prix : MM. Verdier, Piard.\nPremiers accessits : MM. Guilloteau, Petrot.\nSecond accessit :M. Letellier.\nCOR\nProfesseur : M. Brémond.\nPremier prix :M. van Bedaf.\nSecond prix : M. Bacquier.\nPremiers accessits : MM. Bordet, Stermann.\nSeconds accessits : MM. Michel, Fabre.\nCORNET A PISTONS\nProfesseur : M. Mellet.\nPremiers prix : MM. de Lathouwer et Beghin\nSeconds prix : MM. Rodet et Minet.\nPremier accessit : M. Delmotte.\nSecond accessit : M. Kauffmann.\nTROMPETTE\nProfesseur : M. Franquin.\nPremiers prix : MM. Gilis, Séguélas, Perret.\nSecond prix :M. Borie.\nPremiers accessits : MM. Cherrière et Delattre.\nSeconds accessits : MM. Panier, Champendal.\nTROMBONE\nProfesseur : M. Allard.\nPremiers prix : MM. Lafosse,Tudesq."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.102", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Seconds prix : MM. Barat, Meyei.\nPremier accessit :M. Munio..\nSeconds accessits : MM. Lagrange, Deivaux.\nCONTREPOINT\nPremiers prix : MM. Ribollet (classe Gédalge); Noël, Gallon, Mati-\ngnon (Caussade).\nSeconds prix : MM. Raulin (Gédalge); Bourdon (Caussade); Scotto,\nRoger (Gédalge).\nPremiers accessits : Mlles Delmasion et Guérin (Caussade).\nPRIX DE ROME\nSujet : la Sirène,cantate de MM. Eugène Adenis et G. Desvraux-\nVérité.\nPremier grand prix :M. André Gailhard (classe Lenepveu).\nDeuxième second grand prix : Mlle Nadia Boulanger (classe Widor).\nMention honorable :M. Flament (classe Lenepveu)\nLa bibliothèque royale de Berlin vient de s'enrichir d'une superbe\ncollection d'œuvres manuscrites de J.-S. Bach, Joseph Haydn, W.-A.\nMozart et Beethoven. Cette collection a été offerte à l'empereur par le\nconseiller intime de commerce, M. Ernst von Mendelssohn-Bartholdy,\nfils du frère et, par conséquent, neveu du célèbre compositeur Félix von\nMendelssohn-Bartholdy. Elle comprend, comme principales pièces,\nune cantate de Bach ; quatre symphonies, un concerto pour violon et\nune messe de Haydn, ainsi que la partition intégrale de Y Enlèvement du\nsérail de Mozart. Mais ce sont les originaux des œuvres de Beethoven\nqui forment le joyau de cette collection. La quatrième, la cinquième et\nla septième symphonies y sont représentées dans des partitions com-\nplètes. 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Ferdinand Lallemand (45 pts).\nHAUTBOIS. Division ordinaire.\nDeuxième prix avec distinction :M. Jean Gieres (46 pts).\nCOR. Division inférieure.\nPremière mention :M. Gustave Goergen (50 pts).\nTROMPETTE. Division inférieure.\nDeuxièmes mentions avec distinction : MM. Henri Kolbach (49 pts),\nGrégoire Tiausch (48 pts).\nTROMBONE A COULISSE. Division inférieure.\nPremière mention : M. Joseph Kieffer (53 pts).\nTROMBONE A COULISSE. Division ordinaire.\nDeuxième prix :M. Nicolas. Weyrich (40 pts)."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.106", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "CHANT (FEMMES). 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Nasos sera chargé de l'organisation du\nnouvelfinstitut.,\nF Le compositeur espagnol Rançon Rodriguez Socas doit donner en\naudition au théâtre Dal Verme, à Milan, son opéra Jeba,"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.107", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "Au théâtre de Prague on annonce une fête donnée à la mémoire de\nWagner par le Dr Richard Batka. Wagner paraîtra en scène. C'est\nJoseph Kainz qui sera chargé de personnifier le poète-compositeur.\nAlbert Stritt, le ténor de l'opéra de Francfort, est mort à Dresde à\n61 ans.\nA Munich, Tieflandd'Albert a obtenu un succès qui va\nMottl dirigeait et Mlle Fassbender chantait Martha.\nAu cours de la dernière saison soixante œuvres de ce genre ont été\ninscrites sur les programmes.\nM. Sigmund Lautenburg qui, en quittant le Residenz theater de\nBerlin, était devenu directeur du Raimund theater de Vienne, a résigné\nses fonctions qu'il occupait depuis quelques semaines seulement. Il a préféré\npayer un dédit de 24.000 couronnes et échapper aux difficultés de tout\ngenre créées volontairement par son personnel artistique.\nGenève.\nLa cérémonie de la fête des promotions de l'Ecole secondaire et\nsupérieure des jeunes filles, est toujours une joie pour les yeux et un\nagrément pour les oreilles des assistants.\nCette année, les élèves, sous la direction de leur professeur, M. H.\nKling, ont chanté un hymne : Vaincre ou Mourir, paroles de M. E. de\nBudé, musique de H. Kling. Une mélodie aisée à retenir, simple, fran-\nchement rythmée, entraînante, un texte qui s'adapte fort bien et exalte\njoyeusement le sentiment patriotique, tels sont les caractères de ce\nchant suisse. La preuve en est dans les nombreuses éditions qui l'ont\naccueilli et le plaisir avec lequel les élèves l'ont interprété. Pour finir,"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.108", "debut_caractere": 126, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "on a entendu avec non moins de plaisir YEfithalame de Lohengrin,\nde R. Wagner, dans lequel les voix fraîches des élèves ont fait mer-\nveille.\nInstitut.\nLes études musicologiqu.es ont reçu à l'Académie des Inscriptions et\nBelles-Lettres une consécration que, depuis longtemps, nous aurions\nvoulu voir venir. La porte est ouverte, c'est à nos confrères en études\nmusicales de faire qu'elle ne se referme point.\nEn tout cas, voici les résultats de cette année :\nSur le prix Saintour, l'lnstitut a prélevé une somme de 1.500 fr.\nattribuée par tiers aux trois volumes parus dans la Bibliothèque\nmusicologique, que notre collègue P. Aubry dirige avec tant de\ncompétence :\nGASTOUÉ. Les origines du. chant\nR. P. THIBAUT. Les origines de la notation neumatique.\nR. P. REBOURS. Traité de fsaltique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "L.-MARCEL FORTIN & Cie\nIMPRESSIONS ARTISTIQUES\n6, Rue de la Ch\nPARIS (IX) \" Téléphone 322-65\nJULES ÊCOR\nVingt suites d'Orchestre\ndu xvir siècle français\nEn deux volumes raisin\nCet ouvrage a été honoré d'une souscription du Ministère de l*lnstruction publique et des Beaux-Arts\nTOME PREMIER. 100 pages de texte avec citations, 3 estampes hors-texte\nd'après Abraham BOSSE, 220 fac-similés du manuscrit de CASSEL en\nphotogravure, un index et une bibliographie.\nLOME SECOND. Vingt suites d'orchestre à quatre et cinq parties formant\n300 pages de musique in-40 raisin avec une adaptation pour le piano.\nLes 2 Volumes : 25 Francs (1)\nDU MEME AUTEUR\nb'ESTBETIQUE (IÎUSIC\nDE LUbbl fl RflmEflU (1690-173\nUn volume in-40 couronne, de 200 pages de texte avec table bibliographique\nPrix : S Francs (*>\nDU MÊME AUTEUR\nCORNEILLE ET LA MUSIQUE\nPlaquette de 24 pages (avec hors-texte et fac-similé).\nPrix: 5 Francs (3)\nVIENT DE PARAITRE : H. DE CURZON\nL'ÉUObUTIOn È9RIQUE au TBÉfITRE\nDANS LES DIFFÉRENTS PAYS\nTABLEAU CHRONOLOGIQUE\n= Prix : 3 francs (4) =\n(Ï) Envoi franco contre un mandat*de 25 francs pour Vingt Suites d'Orchestre\n(») S l'Esthétique.\n(3) 5 Corneille et la. Musique.\n(4) 3 L'hvotution lyrique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 109, "image_fin": 109, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.109", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "ÉPITIONS SCriOTT S SIMROCK\nDépositaire Exclusif : MAX ESCHIG\n13, Rue Laffitte, PARIS (IXe) (Téléphone 108-14)\nNOUVELLES PUBLICATIONS (suite)\nPour Piano à 4 mains Nct frg\nBRAHMS, J.t op. 9 Variations sur un thème de Schumaïin _ coc\nCAETANI, R., op. 10 Suite '* Z\nCOOLS, E., symphonie * \" ** JQ t\nDOHNANYI, E. von, op. 9 Symphonie # «j gg\nDVORAK, A., op. 54 Valses cahier I # gjg\nSCHUTT, Ed., op. 59 N° 2 A la bien-aimée «.ç\nSTRAUSS, Richard, Symphonie domestique \" jq\nPiano seul :\nBRAHMS, J., Mélodies transcrites par Max Reger,deux volumes à.. .. .. .. 5 »\nDVOKÀK, A., Célèbre Humoresque, original en sol bémol.. 2 »\nle même, simplifié en sol * * 2 »\nFRANCK, César, Les Plaintes d'une Poupée j en\nMOSZKOWSKI, M., op. 77 Dix Pièces Mignonnes, chaque.. .. 2 »\n1 Tristesse. 2 Scherzino. —■- 3 Romance sans paroles. 4 Inquiétude.\n5 Intimité. 6 Tarentelle. f Impromptu. 8 Pantomime. 9 Mélodie\n10 Menuet*\nSAUER, E., Prélude érotique . .♦ 250\nTarentelle fantastique 2 »\nSCHUTT, Ed. op. 76 Doux moments. 1 en la bémol, 2 en fa. Chaque 2 »\nop. 77 Au Village et au Salon\n1 Dans la prairie, polka-humoresque 250\n2 A mon amour, poésie-valse 375\nop. 78 Amourettes (En promenant. Tendresse. Fleur déracinée.\nVoilà tout) g w\nTOVEY, D., op. 15 Concerto en la maj 7 50\nPour Chant et Piano :\nBRAHMS, J., Mélodies choisies en huit volumes, deux tons, chaque .. .. .. 375\nDELUNE, Fl. L., Les Cygnes (avec accomp. de Violoncelle) 3 »\nDVORAK, A., Quand ma vieille Mire (tirée des Mélodies Bohémiennes, traduction\nde Mad. C. Chevillard), 2 tons, chaque 2 »\nELGAR, Salut d'amour, deux tons, chaque I 50\nFABRE G., Dimanche .. .. • 175\nHUMPERDINCK, E., La Veillée de l'Amant (Berceuse). Adaptation de G. Montoya. | 50\nLEMAIRE, G., La Tabatière 2 »\nMARTI-ESTEBAN, Chanson Rêvée 175\nMon livre d'amour |75\nSACHS, Léo, Nuit de Mai j »\nRetour àla bien-aimée (Trad. Mad. Chevillard) |35\nSTRAUSS, Richard, Deux nouvelles Mélodies, traduites par Mad. C. Eschig, ..\n1 Trouvé, —a. Avec tes yeux bleus. chaque 225\nVient de Paraître :\nJOACHIM et M OSER, Traité du Violon, vol. 111, conte-\nnant « Seize Chefs-d'œuvre » édités avec cadences ori-\nginales et signes d'interprétation par JOSEPH JOACHIM\nTraduction française par Henri MARTEAU net 15 »\nLe volume premier du Traité du Violon de JOACHIM\nparaîtra en français au mois de Juillet, le vol. II en\nautomne, de sorte que ce superbe ouvrage aura entière-\nment paru en français avant la fin de Tannée.\nSpécialité de Musique Etrangère. Envoi gratis et franco des Catalogues"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 110, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.16", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.110", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "Alberto Bacfimann\nCOMPOSITIONS POUR VIOLON\nVIENT DE\nSIMROCK\nDEUXIÈME CONCERT\net Piano ou Orchestre\nPrix marqués\nTraité eomplet des gammes. WBIL-\nLER, 21, rue de Choiseul, Paris..\nMéthode complète de violon. Ri-\nCORDI, Paris, ia, rue de Lisbonne\nLe Violon (Lutherie, Œuvres, Bio-\ngraphies). FISCHBACHER, 33, rue\nde Seine, Paris\n5 fr.\n50\nSCHÔTT' SOHNE, ÉDITEURS\nMayence\nTD Première Suite (Allegro, Scherzo,\nAndante, Allegro, Appassionato).\nTD Deuxième Suite (Allegro, Sara-\nbande variée, Scherzo, Rhapsodie\nauvergnate) |0 mlc 50\nTD 6 Caprices de Virtuosité.\nMF Coneertino 3 »\nMF Mazurka sentimentale .... 2 »\nF Sérénade Florentine.\nF Berceuse I 50\nF Scènes d'Enfants :\nPetit Noël | 50\nPetit Pierrot * »\nLa Toupie » »\nPatrouille » »\nTD Zortzieo, danse espagnole (va\nparaître) » »\nMF Passepied » »\nMF Andante Religioso » »\nSCHOTT FRÈRES, Bruxelles\nTD Concerto en sol mineur.. ..\nTD Polonaise\nF Friska, Csarda 5\nF Romance sans paroles 5\nF Chant rustique 5\nF Le Chant du Toréador 5,\nMF Deux Mélodies 5\nTD Rhapsodie Tzigane 7\n7 fr. 50\n5\n50\nPrix marqués\nSIMROCK, Berlin\nParaîtra prochainement :\nTD Deuxième Concerto en la mi-\nneur » »\nLEDUC ET BERTRAND\n3, Rue de Grammont, Paris\nTD La Jota Aragonesa 3 fr. »\nMF Serenata Espafiola 2 50\nMF Adagio j 35\nMF Capriccio 2 50\nMF Fileuse 2 50\nF Minuetto 2 fr. »\nMF Mélodie 2 »\nTD L'Abeille 2 *\nMF Romance 2 50\nMF Air 2 50\nF Danse Bretonne .. 2 50\nF Danse Hongroise 2 50\nTD Mazurka de Concert 2 50\nMF Réve d'Enfant | 75\nF Maeietta \\ 75\nCRANZ, Bruxelles\nTD Cadix, danse espagnole .. .. 2 fr. 50\nCinq Morceaux :\nF Souvenir \\ 75\nF Aubade | 75\nF Danse Bretonne » »\nF Valse mignonne » »\nF Gigue » »\nJ. HAMELLE, Paris\nD Scherzo diabolique 2 fr* 50\nD Elégie 2 »\nMF Chant du Printemps 2 »\nMF Pavane 2 »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.111", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "Prix marqués\nTD Mazurka brillante o 50\nMF Aria ~ « 75\nD Juanita 2 »\nTD Barcarolle. ......... 2 »\nMF Sévi lie, Suite pour deux vio-\nlons et piano 4 »\nTRANSCRIPTIONS\nMF Papillon, de G. Fauré .. .. 3 fr. »\nD Chant Elégiaque, \\de TOp. 29 2 >\nD Divertissement, jde V. d'lndy 2 50\nD Sérénade de Namouna, de Lalo. 2 »\nTD Toccata (tirée de la 5® Sym-\nphonie pour orgue), de Ch.-M.\nWidor 3 »\nValse en rè, de Ch.-M. Widor ..2 »\nTD 24 Caprices de Locatelll, revus\npar A. B » »\nCHANOT\nSoho Street, 5, Londres\nF Cinq Morceaux faciles (va pa-\nraître) v *\nASHDOWN\n19, Hanover Square, Londres\nD Gigue 3 sch.\nF, facile. MF, moyenne force.\nPrix marqués\nWEILLER\n21, Rue de Choiseul, Paris\nD Arioso I fr. 75\nD 3» Mazurka de Concert .... 2 50\nF Rêverie 2 *\nDEMETS\n2, Rue de Louvois, Paris\nTD Romance Appassionata .. .. 9 fr. »\nD Sérénade Madrilène 9 »\nF Canzone 6 »\nF Chaconne 7 50\nDURDILLY\n11 bis,Brd Haussmann, Paris\nTD Habanera .. .. 3 fr. »\nD 3* Danse Hongroise 2 50\nF Menuet | 75\nG. ASTRUC\n35, Brd des Italiens, Paris\nF Chanson Bohémienne 2 fr. »\nF Chanson Provençale 2 >\nMF Eglogue 2 50\nTD Zapateado 3 »\nTD Mazurka de Concert 2 50\nD, difficile. TD, très difficile.\nEcole Artistique et Pédagogique\n: DO VIOLON :\nSous la Direction de\n!\\. ALBERTO BACH Hd NN\nET DE PLUSIEURS AUTORITÉS VIOLONISTIQUES\n0 203, 'Boulevard \"Perdre (17*) 0\nOuDeriure des Cours : ler1er Octobre 1908\n[ Supérieurs- 20 fr. par mois.\nPRIX DES COURS : \\ Accompagnement.. 20\n! Elémentaires 15\nEnseignements complets du Violon et de l'Accompagnement\nN.-B. Pour renseignements, écrire boulevard Pereire, PARIS\nua"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.112", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 4915, "texte": "Agence Musicale\nEZ . OEZ SVI El TS , 2 , rue de Louv o i s\nPARIS (ll® Arr4)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\nceîîes de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert: de là\ntant de salles vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des condition--\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de ia musique et son expérience\nprofessionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS est\ndevenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal de\nParis, la Société de Concerts de Chant Classique, nombre d'œuvres privées et d'artistes virtuoses\nqui l'ont choisi pour Administrateur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, TER octobre 190\nEDITIONS MUSICALES\nDans Je but d'aider à la vulgarisation des Œuvres Musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d'imprimer, d'éditer et de lancer à des condition*\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur iéservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive.\nCHANT ET PIANO\nBardac (R.). « Tel qu'en\nsonge * (H. de Régnier).\nNet 4 t\n- « Trois Stances » (J. Mo-\nréas) .... Net 3 *\n—« Cinq Mélodies > (divers)\nNet 5 »\nBertelin (A.). Dix poésies ti-\nrées du « Jardin de l'lnfante »\n(A. Samain) . . Net 10 »\nLa Chimère (A. Samain).\nNet 2 50\nChansarel (R.)* Sonnet Elé-\ngiaque (de Ronsard). Net 2 »\nRequiem d'amour (L. Tail-\nlade) . . Net i5O\nL'invitation au voyage (Ch.\nBaudelaire) .Net 2 50\nCouperin. Pastorale, air sé-\nrieux .... Net 1 70\nDe Crèvecœur (L.). Dé-\ncembre (G. de Fontenay).\nNet 1 70\nLa tendre famille (Ballade à\n5 voix et chœur mixte, d'a-\nprès le « Kalevala » Net 3 »\nDéodat de Séverac. Chan-\nson de Blaisine M. Magre.\nNet 1 50\nLe Chevrier (P. Rey).\nNet 1 70\nLes Cors (P. Rey) » 2 »\nL'Eveil de Pâques (Verhae-\nren) .... Net 1 70\nL'lnfidèle (Maeterlinck).\nNet 1 70\nDuparc (H.). La Fuite (Th.\nGauthier, duo pour Soprano\net Ténor . . . Net 250\nKomïtasW ar dapet.La Lyre\narménienne, recueil de chan»\nsons rustiques. . Net 10 *\nLocard (P.). Juin(Lecontede\nLisle, pour M.-S. et chœur à\n3 voix de femmes) et P°.\nNet 3 »\nMel- Bonis. Epithaïame\n(chœur pour 2 voix de fem-\nmes et P°.) . . Net 2 50\nNazare Aga (Y.-K.). « Les\nNuits persanes » (poésies\nde A. Renaud) . Net 8 *\nRavel (M.). D'Anne jouant\nde l'Espinette. . Net 1 70\nD'Anne qui me jecta de la\nneige. (Epigrammes de Cl.\nMarot) . . Net 1 70\nPIANO\nBardac (R.). « Horizons ».\nLes Cloches de Casbeno. J eux.\nSur la Tresa. . Net 4 *\n(P. de). Portraits de\nmaîtres : Gabriel Fauré ,\nVincent d'lndy . Ernest\nChausson. César Franck.\nNet 5 »\nCollin (C.-A.). Ricordando.\nNet 1 70\nGroz (A.). Epithaïame. I. Pay-\nsage. Portrait. Amour. Rê-\nves; 11. Gens de noces. Dan-\nses bourgeoises et rustiques.\n111. Cloches. Cortège. Epou-\nsailles. Duo.. Avenir.\nNet 8 »\nHenriessy (S.). « Au Vil-\nlage » : Noce campagnarde.\nFillettes. Basse-Cour. Sur\nl'herbe. Au bord du Ruis-\nseau .... Net 5 »\nInghelbrecht (D.-E), Suite\npetite russienne. J'ai aimé\nY van. Chant du Vent. Ko-\nzatchka. Mon Cœur. Chant\ndu Soldat. . . Net 7 »\nLabey (M.). Sonate en 4 par-\nties.\" .... Net 8 p\nSymphonie en mi (à 4\nmains). . . . Net 8 »\nLadmirault {P ). Variations\nsur des airs de biniou tré-\ncorois (à 4 mains). Net 4 »\nMel Bonis. Variations (pour\n2pianos,4 mains). Net 7 »\nPoueigh (J.), « Pointes sè-\nches ». Cerfs-volants. Parc\nd'automne. Combat de coqs.\nNet 4 »\nRavel (M.). Jeux d'eau.\nNet 3 35\nPavane pour une infante\ndéfunte . . .Net 2 »\n4 Miroirs ». Noctuelles. Oi-\nseaux tristes, Une barque sur\nl'Océan. Alborada deî Gra*\ncioso. La Vallée des Cloches\nNet 10 v\nThirion (L,). Sonate en 4 par-\nties. .... Net 7 *\nVIOLON ET PIANO\nAJquicr (M.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 10 #\nBerteSin (A.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 10 *\nLeclair (J.-M.). ir* série du\nlerIer livre, op, 3 (1 à 6)*\nNet 15 s\n—2° série du iBr iivre, op, 3.\n(7 à 12). . . . Net 10 »\nMimkteli (H.) Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nPoueigh (J ), Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 p\nFLUTE ET PIANO\nOU HARPE\nInghelbrecht (D.-E.). Deux\nesquisses antiques.\nDryades . . Net 1 30\nScaphé. ...» 170\nMel Bonis. Sonate. $ 7 *\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate Net 7 »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel Bonis. Sonate. Net 6 *\nTRIOS\nMel Bonis. Suite pour flûte,\nviolon et piano. Net 5 »\n2 trios pour violon, violon-\ncelle et piano :\nMatin »... Net 4 »\nSoir . . . . t 3 »\nQUATUORS\nMel Bonis. Quatuor piano,\nviolon, alto, violoncelle.\nNet 12 »\nSeisz (A.). Quatuor pour ins-\ntruments à cordes. Ne* 12 »\nQUINTETTES\nLacroix (E,). Quintette pour\npiano et cordes Net 15 »\n(Léo). Op. 77. 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S'adresser 2 rue de Louvois,\nParis, ll®.\nA vendre un piano Pleyel, grand format\nà queue, véritable occasion, état de neuf.\nS'adresser, 2, rue de Louvois.\nA vendre viole d'amour allemande, belle\noccasion ( 1731). S'adresser,2, rue de Louvois.\nA vendre superbe violon Gigli, très bien\nconservé, intact, n'ayant besoin d'aucune\nréparation, excellente sonorité. S'adresser,\n2, rue de Louvois.\nCOURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nM\"\"\nMarguerite Babaïan. Leçons de chant.\n100, rue d'Assas.\nSuzanne Lafoarthe, des Concerts Lamou-\nreux, 13, rue Mazagran. Cours Chevillard-\nLamoureux. (Succursale : 21, boulevard de\nStrasbourg, le lundi).\nLenoel-Zevort, officier de l'lnstruction\npublique, directrice du cour municipal de\ndéclamation (Ville de Paris). Leçons parti-\nculières. Préparation au Conservatoire.\nPetite scène, 2, rue Favart.\nFrida Eissler, 69, avenue d'Antin.\nCourtier-Dartigues, 56 rue du Rocher.\nLeçons particulières. Cours de chant et\nd'ensemble vocal.\nM,\nCharles Sautelet, Leçons de chant,\n74» avenue Kléber.\nORGUE ET HARMONIE\nMM.\nH. Dallier, organiste de la Madeleine.\nLeçons de piano, orgue, harmonie, contre-\npoint, fugue, s* boulevard Pereire.\nGaston Knosp, harmonie et composition.\n3, rue Maître-Albert.\nJean Poueigh, 16, rue Duperré. Leçons\nd'harmonie et de composition. Orchestra-\ntion.\nPIANO\nMM.\nPaul-E. Bruoold, 3, rue Y von - Villarceau.\nLeçons de piano et d'harmonie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.113", "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "J. Jemain, piano, harmonie, contre-point\net fugue, 76, rue de Passy.\nJ. Joachim Nin, 53, rue des Tennerolles,\nà Saint-Cloud. Cours et leçons de piano en\nfrançais et en espagnol.\nRicardo Vinès, 6, rue Troyon, Cours et\nleçons de piano.\nM™\".\nCabre, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\nM. Guilliou, 42, rue de Grenelle. Piano,\nsolfège, accompagnement. Cours d'histoire\nde la musique avec auditions.\nWanda Landowska, 236, faubourg Saint-\nHonoré. Leçons et cours de piano.\nRafaël R. de Spinola, 47» rue de la Mon-\ntagne-Sainte-Geneviève.\nVIOLONCELLE\nM.\nMinssart. des Concerts Colonnet 45, rue\nRochechouart. Leçons de violoncelle et\nd'accompagnement.\nVIOLON\nMHHWMM\nMM.\nCharles Bouvet, officier de l'lnstruction\npublique, 42, avenue de Wagram. Leçon»\nde violon et d'accompagnement.\nH, de Bruym., des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particulières\nde violon et d'accompagnement.\nClaveau, 6, rue des Ursulines. Professeur à\nla Schola Cantorum. Leçons particulières.\nYwan Fîiege. Leçons de violon et d'accom-\npagnement, 207, boulevard Saint-Germain.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de violon\net d'accompagnement.\nHenri Schickei, des Concerts Lamoureux,\n5, rue d'Enghien. Leçons de violon et\nd'accompagnement.\nCLARINETTE\nM.\nStiévenard, des Concerts Lamoureux, 75,\nrue Blanche. Leçons de clarinette et\nd'accompagnement.\nPROVINCE\nI.YON\nM. A. Guichardon, professeur au Conserva-\ntoire. Cours et leçons particulières de violon\net d'accompagnement, 24, rue Rabelais.\nPAU\nM. Paul Maufret, 29, rue Carnot. 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Balutet, 80, rue Blanche, à Paris. Cours de piano, solfège, harmonie,\npédagogie, préparation aux examens des Ecoles normales.\niw Section : Amateurs ; a» Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n( Diplômes ) ; 3® Section : Cours par correspondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.114", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 79, "texte": "VIENT DE PARAITRE :\nRAMEAU, par\nParis, Félix Alcan\" Collection\nPrix broché"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c096", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.114", "debut_caractere": 81, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "L'ART DÉCORATIF\nREVDE DE LA VIE ARTISTIQUE ANCIENNE EX MODERNE\nPARIS, 35, rue de Valois =-\n125 et 126, galerie de Valois, Palais-Royal\n' , ( EUGÈNE BELVILLE\nDtrec eurs j YVANHOÉ RAMBOSSON\nChaque mois 40 pages de texte luxueusement illustrées sur papier couché et un\nsupplément donnant les nouvelles du monde des Arts.\nL'Art Décoratif suit de près toutes les manifestations artistiques et particulièrement\ntout ce qui concerne l'art appliqué ; il publie de nombreuses études sur le théâtre et la\nmusique (Décor de Polyphème; costumes de Snégôurotchka ; couvertures de musique\nanciennes, etc., etc.)\nLe Numéro : FRANCE 2 fr., ÉTRANGER 2 fr. 50.\nAbonnement d'un an 20 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.115", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "V\nPUBLICATIONS DE LA\nSOCIETE INTERNATIO-\nNALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS\nVIENT DE PARAITRE :\nH. QUITTARD. Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque,\ntranscrit pour piano à deux mains; i volume in-40\nde 100 pages .. . . glr\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'état civil d'artistes musiciens\ninsinués au Châtelet de Paris (1539-1650); 1 vol, in-40 .. JO fr.\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine\nconservés dans les Bibliothèques de France; 1 vol. in-40 .. 20.fr.\nSOUS PRESSE :\n-— Cent motets du XIII0 siècle, tirés du ms.\nEd. vi-4 de la Bibliothèque de Bamberg; 3 vol in-40 .. ~ 150 fr.\nEN PREPARATION :\nH. QUITTARD. Pièces de Louis Couperin pour le clavecin. (Bibl. Nat.\nVm 7 1862.)\nH. EXPERT. Fantaisie de Du Cauroy (pour instruments) 1610.\nM. BRENET. Les archives de la Sainte-Chapelle du Palais.\nP. AUBRY. Glossaire musical du moyen âge.\nEléments d'iconographie musicale du Xe au XVIe siècle.\nA. PIRRO et G. PROD* HOMME. La correspondance de Mersenne.\nH. DE CURZON. Inventaire des Archives de l'Opéra conservées aux\nArchives Nationales,\nL. DE LA LAURENCIE. Les musiciens de la Maison du Roi aux XVIIe\net XVIIIe siècles (Série Oi des Archives Nationales).\nLe Comité de publication :\nP. AUBRY, M. BRBNEÏ . L. DAOKÏAC, J. ECORCHKVILLB.\nH. EXPKRT. L. ©B LA LAURENCIB. CH. MALHERBE\n£. POIRÉB. 6. PROD'SOUMB, E. ROLLAND.\nAdresser les demandes de renseignements et les bulletins de souscription\nà MM„ L.-M. FORTIN et Ciet 6, Chaussée d'Antin, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.116", "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "FABRICATION EXCLUSIVEMENT ARTISTIQUE\nCéléstas Mustel\nUniquement à grand cadre en fer et cordes croisées\navec système spécial de tablage qui assure & la\nsonorité le plus large développement et une\nextraordinaire prolongation.\nUne réelle petite svmphonie sous les doigts d'un\nseul. Depuis plus d un demi-siècle les instruments\nles plus artistiques du monde.\nLa seule nouveauté instrumentale qui ait pris\nune place définitive dans l'orchestre depuis cin-\nquante ans.\n? -\n■g \"v- .. ; ùtk- 'v :\"1';- •' • - ■'\ns'. - ' - -W\" \"\nwF • M)) \\r\n• • •' ■ \" ( ma- \\\n't.,v>\"-r-V - ,\nm\n■\n■tijniTteatri"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-08-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-08-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1908-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.116", "debut_caractere": 650, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "HUIT GRANDS PRIX ET TROIS CROIX DE LA LÉGION D lIONNFI K\nMUSTEL ET C,c\nUSINE A PARIS: 48. 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GANDILLOT 0 LA MUSIQUE MALGACHE, par MARIUS-ARY |\nILEBLOND 0L'HYGIÈNE DU VIOLON, par LUCIEN *GREILSAMER LA THÉORIE\nDE RICCIOTTO CANUDO, par JACQUES REBOUL LE MOIS"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.2", "texte": "L.-MARCEL FORTIN & Cie\nIMPRESSIONS ARTISTIQUES\n6, Rue de la Ch\nPARIS (IX) \" Téléphone 322-65\nJULES ÊCOR\nVingt suites d'Orchestre\ndu xvir siècle français\nEn deux volumes raisin\nCet ouvrage a été honoré d'une souscription du Ministère de l*lnstruction publique et des Beaux-Arts\nTOME PREMIER. 100 pages de texte avec citations, 3 estampes hors-texte\nd'après Abraham BOSSE, 220 fac-similés du manuscrit de CASSEL en\nphotogravure, un index et une bibliographie.\nLOME SECOND. Vingt suites d'orchestre à quatre et cinq parties formant\n300 pages de musique in-40 raisin avec une adaptation pour le piano.\nLes 2 Volumes : 25 Francs (1)\nDU MEME AUTEUR\nb'ESTBETIQUE (IÎUSIC\nDE LUbbl fl RflmEflU (1690-173\nUn volume in-40 couronne, de 200 pages de texte avec table bibliographique\nPrix : S Francs (*>\nDU MÊME AUTEUR\nCORNEILLE ET LA MUSIQUE\nPlaquette de 24 pages (avec hors-texte et fac-similé).\nPrix: 5 Francs (3)\nVIENT DE PARAITRE : H. DE CURZON\nL'ÉUObUTIOn È9RIQUE au TBÉfITRE\nDANS LES DIFFÉRENTS PAYS\nTABLEAU CHRONOLOGIQUE\n= Prix : 3 francs (4) =\n(Ï) Envoi franco contre un mandat*de 25 francs pour Vingt Suites d'Orchestre\n(») S l'Esthétique.\n(3) 5 Corneille et la. 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Jean-Christophe s'écarte au contraire, et à\nplaisir, de la sage imitation de la nature ; il charge, il accuse, il\nmet en relief certains aspects, il déforme pour mieax caracté-\nriser. Dans la première de ces œuvres, M. Rolland concentre ses\nopinions et rassemble son jugement en un grand effort d'objec-\ntivité. Dans l'autre, il s'abandonne à l'esprit malin de la cri-\ntique, et se laisse entraîner bien loin du domaine des sons. Là,\nnous sommes en face de l'auteur lui-même ; ici nous assistons\naux péripéties romanesques d'un insociable et d'un incorrigible\nsincère. Entre ces deux attitudes l'opposition est voulue, mais\ncependant la communauté d'origine manifeste. Et dans l'esprit\ndu lecteur s'établit,-non pas un parallèle, mais une inévitable\n\n(i) Musiciens d'aujourd'hui. (Hachette, 1908, in-12.) Jean-Christophe d Paris.\n(Cahiers de la quinzaine, 1908, deux volumes ia-12)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.4", "texte": "848\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ncomparaison. En faisant la part de l'exubérance de Jean-Chris-\ntophe, en tenant compte aussi de ce que M. Rolland tient à ne\npas nous dire lui-même, nous pouvons dégager une moyenne\nqui nous permette d'apprécier le sens de cette philosophie hardie\net généreusement idéaliste.\nEt tout d'abord, (est-il besoin de le rappeler ici), la critique\nde M. Romain Rolland, soit qu'elle s'irrite ou qu'elle se con-\ntienne, n'abandonne jamais cette discipline de l'esprit qui dis-\ntingue les grands écrivains. Jean-Christophe est une œuvre d'art,\nun peu austère sans doute, mais singulièrement plastique cepen-\ndant. Chose rare parmi les musiciens, M. Rolland est un visuel. Les\ncrayons qu'il nous trace d'une main frémissante, conservent\nune netteté presque cruelle. Point n'est besoin de lire de nom\nsous le portrait, tant l'image est impressionnante. Et ceux-là\nmêmes auxquels notre petit monde parisien n'est pas familier\n(je les envie !) seront saisis de l'expression vigoureuse des\ntableaux, autant que de l'exposé tranchant des doctrines. Cette\nsûreté de main ne relève pas seulement du talent littéraire ;\nelle s'appuie sur la volonté manifeste de faire œuvre morale\net salutaire. Si M. Rolland tolère que son héros promène parmi nous\ndes habits râpés, une figure maussade, des propos incongrus,\net toute sa maladroite brutalité, c'est qu'il espère ainsi pouvoir\nfaire le bien par le mal. L'acuité des traits, qui pénètrent, qui\ndéchirent parfois, est ici au service de la bonté, d'une bonté\nlarge et scrupuleuse et non pas de l'animosité. Le dessin tracé\nde l'éditeur Hecht et du critique Goujart n'ont-ils point quelque\nchose de vengeur et de bienfaisant ? Comme Rousseau, comme\nTolstoï et Nietzsche, M. Rolland se plaît à déchirer les voiles\nhypocrites dont l'humanité se couvre. Il lutte contre ce tru-\nquage perpétuel des valeurs intellectuelles et morales qui\nfausse le cours naturel du beau, du vrai et bien.\nCette campagne de salubrité publique profite à la musique.\nEt ici les deux ouvrages, et les deux méthodes, de M. Rolland se\nrejoignent. Sous les aspects différents d'une même combativité\nidéaliste la musique reparaît toujours ; elle est partout en cause,\net forme le lien choisi par l'auteur pour unir ses « essais » de\nsociologie, d'esthétique, de politique. ' i\nLa critique musicale, en cette atmosphère de probité et de\nsincère indignation/sera donc naturellement dogmatique. D'un\ndogmatisme très libéral assurément. Car M. Rolland est trop"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.5", "texte": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND\n849\n\nperspicace pour s'enfermer dans les limites d'un système, et\ntrop indépendant pour subir les contraintes d'école. Mais dogma-\ntisme inévitable et sensible par instant. Le point de vue (j'allais\ndire la mission) que l'auteur s'est choisi, le porte à formuler\ndes conclusions positives.\nL effort de sa critique tend, si je ne me trompe, à restaurer\n1 ordre et la discipline dans l'esprit du public. Non point tel\nordre, ou telle discipline en particulier ; ceci est l'affaire du\ngénie ; mais un ordre de principe, qui s'oppose au dilettantisme\ninfécond, au libertinage artistique, à toute cette fausse liberté\na esprit dont le spectacle afflige M. Rolland. L'équilibre (assezins-\ntable assurément) que M. Rolland voudrait établir entre l'autorité\nde la critique et la liberté du chef-d'œuvre frappera certaine-\nment l'attention de tous les gens qui tiennent une plume et\ns'en servent pour juger autrui. Au plus fort de la lutte où Jean-\nChristophe donne et reçoit des coups, nous apercevons toujours\ncette réserve scrupuleuse qui prévient l'auteur de la contradic-\ntion possible, et lui montre en quelque sorte l'envers de sa\npropre opinion. Ainsi Christophe, révolutionnaire en Allemagne,\ndevient conservateur en France Chez lui, en face de la tradition,\nil réclamait la liberté ; ici, au milieu de l'anarchie, il a\nsoif'd'autorité. De même M. Rolland admirant le flot puissant\nde la musique allemande en constatera l'inutile effort ; et tout\naussitôt il cédera à l'attrait de notre debussysme raffiné, pour\nen signaler la stérile indolence. Il y a là comme un jeu de bascule,\ndestiné à maintenir la vérité dans tous ses droits. J'y vois autre\nchose qu'une simple impartialité, et plutôt un besoin d'échapper\nà la tyrannie des partis.\nEn tout cas il n'y faudrait rien chercher qui ressemble à de\nl'éclectisme. M. Rolland a des préférences personnelles très\nmarquées, et nous les fait parfois sentir vivement. Ses\nsympathies vont à la musique vigoureusement héroïque\ndont Beethoven, Berlioz et Richard Strauss ont ébloui le\nXIXe siècle. Le parti pris d'appauvrissement apparent et de mys-\ntère dont nous voyons les effets depuis quelque temps en France\nlui répugne évidemment. A propos de Pelléas, il écrira : « Il y a\n« un tout autre côté du génie français qui n'est nullement repré-\n« senté ici, c'est l'action héroïque, l'ivresse de la raison, le rire,\n« la passion de la lumière, la France de Rabelais, de Molière, de\n« Diderot, et en musique, dirons-nous (faute de mieux), la France"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.6", "texte": "850\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n« de Berlioz et de Bizet. Pour dire la vérité, c'est celle que je\n« préfère ». Mais le goût de l'auteur, lorsqu'il se manifeste ainsi,\ncherche toujours à s'isoler du jugement objectif et l'humeur\nde Christophe ne manque point de soulever, là où il en est besoin,\nquelques réflexions anonymes qui sont autant de correctifs.\nEffort très noble assurément pour transporter la critique musi-\ncale hors d'elle-même, pour l'élever, l'arracher à son égoïsme,\nà son étroite spécialisation, pour la libérer en donnant\nainsi à toutes les disciplines de l'esprit un bel exemple d'affran-\nchissement.\nAvec ces deux ouvrages, pour la première fois en France,\nl'esprit de la musique pénètre dans le domaine des spéculations\nintellectuelles, d'où on l'avait depuis longtemps banni. Qu'on\ny prenne garde, ce n'est pas seulement la critique proprement\ndite, mais la satire des mœurs et des sociétés qui tombent cette\nfois entre les mains de ceux qu'on a si longtemps ti aités de rêveurs\net de spécialistes. Et il semble que les premiers coups portent\nassez heureusement ; il paraît surtout qu'ils sont appliqués\nd'une manière nouvelle. Oui, le point de vue change, lorsque\nle littérateur fait place au musicien dans l'appréciation des\naffaires du temps. L'artiste qui tient le moins compte de l'imita-\ntion directe de la nature extérieure, méprise les réalités tangi-\nbles que la politique révère. « La », disait\njadis la marquise de la Pluralité des Mondes. C'est-à-dire elle\nnous isole et nous désabuse des conventions sociales. Mais ce\nn'est pas pour toujours rendre misanthropes ou moralistes. C'est\npour agrandir au contraire le champ de notre sympathie et de\nnotre intuition, et Jean-Christophe ne ressemble ni à Chamfort, ni\nà Boileau. Les oreilles, en se contentant de quelques vibrations,\nlaissent deviner à l'esprit tout un monde de possibilités et un\njeu de forces éternelles, que lui masque la brutale réalité des\ndonnées visuelles. Pour tout dire, le sentiment musical subs-\ntitue au déterminisme étroit de la forme, la liberté des notions sub-\ntiles de force, de vie, d'énergie... Et il n'est pas de voix qui se\nfasse mieux entendre aujourd'hui que celle de cette mysté-\nrieuse musique. Elle fait tomber pierre à pierre les murailles\ndes doctrines. Elle s'insinue jusque dans les arts les plus formels,\ncomme 1 architecture et la sculpture. Elle crée la\nl esquisse et la passion de l'informe. Elle fait prévaloir dans\nles sciences le souci de son dynamisme. Partout elle réduit la"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.7", "texte": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND\n851\n\nnature à n'être plus qu'un aspect changeant d'un perpétuel\neffort. Et ne voyons-nous pas ses effets dans l'esthétique sociale\nde M. R. Rolland ? Goût de l'isolement, dédain des apparences,\nrespect de toute énergie, apologie de la contention héroïque,\nhaine du formalisme, telles sont bien les directives qui pous-\nsent Jeau-Christophe dans son œuvre de\nsique.\nA vrai dire, je crois qu'on ira plus loin encore dans cette voie\nque l'auteur des Musiciens d'au Tout dogmatisme\ndisparaîtra de la critique musicale à quelque jour. J'entends\npar dogmatisme l'habitude de transformer une préférence per-\nsonnelle en vérité absolue. M. Rollandécrit quelquepart:«llsétaient\n« tous musiciens, mais comme ils ne l'étaient pas de la même\n« manière, ils prétendaient chacun que sa manière seule était\n« la bonne et ils criaient raca sur celle de leurs confrères.\n« Ils se traitaient mutuellement de faux littérateurs et de\n« faux savants ; ils se lançaient à la tête les mots d'idéalisme\n« et de matérialisme, de symbolisme et de vérisme, de sub-\n« jectivisme et d'objectivisme Au lieu de savoir gré àla\n« bonne musique de leur offrir à tous tant de façons diverses\n« d'en jouir, ils ne toléraient pas d'autre façon que la leur. »\nVoilà le dogmatisme condamné, et cependant on lui tend\nencore la main par la réticence de ce petit mot :\nsique. Supprimons ce qualificatif, si nous voulons être en sûreté.\nTout inoffensif qu'il paraisse, il tient la porte ouverte au cor-\ntège des a-priori chicaneurs et des postulats malins, dont\nnous ne parvenons pas à nous délivrer. En fait, aucune logique\nne saurait contraindre un auditeur à trouver bonne une mu-\nsique dont l'impression lui est fâcheuse. La jouissance esthé-\ntique est essentiellement relative, et tous les adjectifs\nemployés pour en exprimer les nuances n'indiquent autre\nchose que le coefficient d'un goût individuel. Si la tolérance\ndevait s'exercer quelque part c'est bien ici. Et précisément\nelle fait ici défaut. La critique se montre d'autant plus passionnée\nqu'elle est moins capable de f aire ses preuves (i). Notre senti-\nment est seul et toujours en jeu. Nous critiquons par un\n\n(i) De grands esprits déplorent le caractère subjectif de notre critique;\nbien plus, ils voient dans cet individualisme une preuve de l'inanité de toute\ncritique. Ce qui ne les empêche pas de tomber à leur tour dans le piège, tant\nle Français a le dogmatisme dans le sang !"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.8", "texte": "852\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nbesoin très naturel de donner cours à un émoi intérieur. Une\nœuvre nous blesse, nous blessons à notre tour son auteur. C'est\nun droit, dira-t-on, et de légitime défense, c'est une prophy-\nlaxie nécessaire. Je le veux bien. Mais qu'il soit alors entendu\nqu'il s'agit du struggle for life. Parlons en notre nom et ne\nfaisons pas intervenir ces petits mots, qui transforment insi-\ndieusement nos expériences en données universelles, et nos\nsusceptibilités en impératifs. Ces disputes misérables, et\nl'aigreur des coteries, et l'anarchie intellectuelle dont se\nplaint M. Rolland tomberont d'elles-mêmes le jour où le sentiment,\nc'est-à-dire la rancune personnelle, ne s'abritera plus derrière\nl'objectivité des systèmes. Tout le mal vient de la confusion\ndes points de vue.\nJ e suis surpris que M. Rolland n' ait pas complètement mis ànu\ncette plaie de notre critique musicale. Combien\neut été dans son rôle en réclamant ici la revision des pouvoirs, et en\ndemandant à ceux qui jugent les œuvres d'art, qui les a quali-\nfiés pour donner leur avis. Mieux que tout autre, il eut démasqué\nla véritable hypocrisie qui trompe à la fois l'esprit et le cœur, en\nles faisant dupes l'un de l'autre.\nIl n'est pas besoin d'être prophète pour annoncer qu'un\npartage s'accomplira dans l'ordre des émotions musicales,\ncomme il s'est accompli dans d'autres régions de l'âme humaine.\nAu temps de l'alchimie et de l'astrologie, tous les phénomènes\nde la nature semblaient bons ou mauvais. En notre temps,\népoque de chimie et d'astronomie, ils ont perdu leur qualificatif,\ndevant le regard de la science. Ils existent ou n'existent pas.\nC'est-à-dire que nous avons fait la part du jugement et celle du\nsentiment. Et cette division du travail psychologique a donné\nd'excellents résultats. A côté du savant qui définit le vrai,\nl'artiste s'éprend du beau.\nL'un ne fait point tort à l'autre, parce que celui-ci ne cherche\npas à supplanter celui-là. Le naturaliste ne s'indigne pas de\nvoir les arbres revêtus de vert, ou les poissons vivre dans l'eau ;\nle géographe ne s'écrie pas: «Comment peut-on être Persan ?»\nIls acceptent par avance toutes les données vérifiables de la\nnature. D'autre part, l'artiste ne prétend pas donner à sa vision\nparticulière la valeur d'une expérience scientifique ; il inter-\nprète, il crée. C'est sa gloire. En musique de même. Et si nous\ncomparons l'effort d'objectivité d'une œuvre comme celle de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.9", "texte": "DEUX LIVRES DE ROMAIN ROLLAND\n853\n\nM. Rolland, aux polémiques blessantes de la critique française\ndu xvni6 siècle, nous sentons bien que l'évolution suit la voie\nqui conduit à la séparation. Notre vénéré « » a\ndonné la formule de la critique musicale de l'avenir lorsqu'il\ndisait : « J'aime » ou « Je n'aim ». Ajoutons, si nous\nsommes littéraires, les raisons de cette sympathie ou de\ncette antipathie. Le spectacle de notre moi peut intéresser le\nlecteur. Mais gardons-nous de conclure :\nest bonne, —7O n'aime pas, donc ce serait\ninutile.\nLa vérification des faits d'une part, et d'autre part le com-\nmentaire ou l'interprétation des gotûs offrent à l'activité du\ncritique musical un champ infini. Il pourra s'y livrer en paix,\net faire œuvre d'art ou œuvre de science, à son gré, lorsque\nl'esprit de la musique l'aura élevé au-dessus des partis pris et\ndes rancunes personnelles.Ce jour-là aura vérita-\nblement achevé son œuvre de salubrité publique, et nous lui en\nsaurons gré.\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.10", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n\nSOMMAIRE : I. Avant-propos. 11. Qu'est-ce qu'un son ?\n111. Qu'est-ce qu'un intervalle musical? IV. Loi des\nrythmes, V. Loi de la consonance. VI. Intervalles conso-\nnants et dissonants. VII. VIII.\nEchelles et gammes. IX. C\naccords. X. Imitation. XI. Autres lois musicales.\nXII. Conclusion.\nI. Avant-Propos. Parmi les notes en nombre très considé-\nrable que les instruments à sons variables permettent de réaliser,\nle compositeur écrivant librement sous la dictée de son inspira-\ntion n'en emploie jamais que quelques-unes ; pourquoi quel-\nques-unes seulement et pourquoi celles-là plutôt que d'autres ?\nCe problème est aussi vieux que la musique. Je me propose\nd'indiquer ici brièvement la solution que j'en conçois (i) ; mais\navant de montrer comment la gamme et l'harmonie tout entière\npeuvent se déduire logiquement d'un principe unique, je\nrappellerai d'abord certains laits expérimentaux.\n\nî\n(i) Cette solution a fait l'objet d'une communication présentée récemment\nà l'Académie des Sciences, et a été exposée en détail dans un ouvrage publié sous le\ntitre d'Essai sur la Gamme. (Gauthier-Villars)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.11", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n855\n\n11. Qu'est-ce qu'un son ? Chacun sait que le son et le bruit\nsont des phénomènes acoustiques fort dissemblables ; mais leur\ndifférence n'est pas aussi profonde, aussi radicale qu'on se\nl'imagine généralement.Une série de bruits se succédant à inter-\nvalles très courts et très réguliers nous procure la sensation d'un\nson musical; ainsi, quand un diapason vibrant à la fréquence (1)\nde 435 produit le la normal, il exécute une série de claquements\ndont chacun, si on l'entendait isolément, n'aurait rien d'un la et\nserait un simple bruit. La synthèse d'un son quelconque à l'aide\nde bruits se réalise facilement,notamment avec la roue de Savart ;\ncelle-ci n'est autre chose qu'une roue dentée à son pourtour et\nmobile autour d'un axe fixe; en face d'elle est disposée une lan-\nguette de carton assez rapprochée pour être fléchie successivement\npar chacune des dents de la roue quand celle-ci est mise en mou-\nvement. Au début de la rotation, l'appareil fonctionne comme\nune sorte de crécelle, et fournit une série de bruits distincts pro-\nduits par les claquements qu'exécute le carton au passage des\ndents. Mais si la rotation s'accélérant arrive à atteindre, puis à\ndépasser la fréquence d'environ 30 chocs par seconde, 1 appareil\nfonctionne alors, non plus comme mais comme\nde Savart (2), et fait entendre, non plus une série de bruits, mais\nun son musical continu, dont la hauteur croît avec la vitesse de\nrotation (et atteindra précisément le la normal quand la roue\ntournera à une rapidité correspondant à 435 chocs sur la carte\npar seconde). Donc un corps nous sembleemettre un son,\nc'est qu'il procure à notre oreille un ébranlement périodique de\nfréquence comprise entre certaines limites ; de cette fréquence\ndépend uniquement la hauteur du son produit.\n111. Qu'est-ce qu'un intervalle musical ? Quand on mesure\nles fréquences d'une série de sons de hauteurs diiférentes, on\nconstate que tout couple de notes embrassant un même inter-\nvalle musical correspond à un couple de fréquences formant entre\nelles un même rapport numérique quand la valeur de\nl'intervalle change, celle du rapport change également, chaque\n\n(1) On entend ici par fréquence d'un mouvement oscillatoire le nombre des\nvibrations complètes ou périodes qu'exécute par seconde le corps considéré.\n(2) En réalité, le fonctionnement de l'appareil reste toujours le meme, e si\nnous sommes portés à dire qu'il change, c'est uniquement parce que notre propre\nsensation se modifie."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.12", "texte": "856\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nvaleur du rapport est donc caractéristique d'un certain intervalle\nmusical ; c'est ainsi que le rapport 2/1 correspond à l'octave, 3/2 à\nla quinte, 4/3 à la quarte, 5/4 à la tierce majeure, etc... ce qui\nsignifie que quand deux sons forment, par exemple, une quinte\n(rapport 3/2), le son aigu fait 3 périodes vibratoires complètes\ntandis que le son grave n'en fait que 2. Réciproquement, lors-\nqu'on réalise mécaniquement deux dispositifs sonores dont l'un\nvibre moitié plus vite que l'autre, les notes entendues nous\ndonnent nettement la sensation de quinte. C'est l'ensemble de\nces résultats que l'on exprime souvent en disant que les\nintervalles musicaux correspondent à des rapports simples.\nCe principe des rapports simples n'est-il qu'une vaine\nrêverie de physiciens abusés par des coïncidences approximatives\nou fortuites ; traduit-il au contraire une véritable loi psycho-\nlogique ? En vue d'élucider cette vieille question, cherchons\nd'abord les conditions que doivent remplir deux rythmes diffé-\nrents pour que l'intelligence puisse facilement les associer.\nIV. Loi des rythmes. — On sait que les d'une même\ncomposition orchestrale (parties destinées à être jouées\nsimultanément par les divers instruments) peuvent être écrites\nsur des rythmes fort différents ; ces rythmes, néanmoins, ne\npeuvent pas être quelconques; pour s'associer convenablement,\nils doivent observer une certaine loi que l'exemple suivant\nsuffira à mettre en lumière.\nPuisqu'il s'agit ici uniquement de rythmes, considérons\nseulement les instruments de la batterie, et supposons que\nleurs diverses parties soient écrites conformément aux indica-\ntions du tableau suivant :\nPartie n° 1, une blanche par temps,\n— n° 2, deux noires par temps,\n— n° 3, trois noires en triolet par temps,\n— n° 4, quatre croches par temps,\n— n° 5, cinq croches en quintolet par temps,\net ainsi de suite.\nMême chez les Orientaux qui sont accoutumés à des rythmes\nplus variés ou moins simples que les nôtres (1), il ne faudrait pas\n\n(i) Cependant les Occidentaux emploient aussi parfois des associations de\nrythmes assez complexes ; ainsi Wagner (Siegfried, acte II, scène 2, page 177 de\nla partition française) fait marcher simultanément des parties comportant par"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.13", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n85 7\n\nprolonger trop loin ce tableau sous peine de tomber dans une\ncomplexité inadmissible. Sous cette réserve, on pourra faire mar-\ncher ensemble deux ou plusieurs des parties indiquées ci-dessus,\nou toutes les parties, à condition, bien entendu, que\nchacune d'elles observe exactement la mesure; s'il en est ainsi,\nen effet, toutes les parties se retrouveront ensemble au début\nde chaque temps, et, à travers la variété des rythmes, l'auditeur\npercevra aisément leur unité; il constatera donc entre eux une\nsorte d'harmonie,tandis que si les parties n'observaient point\nla mesure, elles ne produiraient qu'un simple charivari.\nEn définitive, les rythmes à associer doivent figurer dans\nle tableau indiqué plus haut (à condition qu'il ne soit pas pro-\nlongé trop loin) ; en outre, les exécutants doivent observer rigou-\nreusement la mesure. La première de ces conditions exprime\nque les rythmes associés doivent être en rapports simples ; la\nseconde condition a précisément le même sens : supposons, en\neffet, que, quand les parties nos 2 et 3 du tableau précédent\njouent ensemble, la partie n° 3 aille trop vite, et, au lieu du\nrapport de 3 à 2, réalise celui de 3,1 a 2 (c'est-à-dire 31/20 au lieu\nde 3/2) ; alors, ses noires ne coïncident plus de 3 en 3 avec celles\nde la partie n° 2, mais seulement de 31 en 31 ; une telle périodi-\ncité est trop complexe pour être aisément perceptible, et l'audi-\nteur n'éprouvera qu'une impression de charivari ; il retrouvera,\nau contraire, l'impression d'harmonie si la partie n° 3, continuant\nd'accélérer sa mesure,atteint la proportion de 32 noires pour 20\nde la partie n° 2; c'est qu'en effet, dans ces conditions, on revient\nà un rapport simple, 32/20 = 8/5, celui qui correspond au cas\noù les parties nos setß du tableau ci-dessus joueraient ensemble.\nEn résumé, la loi des rythmes se réduit à ceci : les rythmes\nassociés doivent être en rapports\nV. Loi de la consonance. Deux notes que l'on fait sonner\nensemble forment ce que les harmonistes appellent une conso-\nnance (de cum sonare,sonner ensemble).\nL'expérience, avons-nous vu, prouve que deux rythmes, pour\npouvoir s'associer intelligiblement, doivent satisfaire à une\ncertaine loi (loi des rythmes) ; elle prouve aussi que, de même,\ndeux sons, pour pouvoir convenablement sonner ensemble,\n\nmesure, les unes, 4 temps de 1 noire (ou 2 croches ou 4 doubles croches), les autres\n3 temps de 6 doubles croches (association équivalente à celle des parties nOB Bet 9\ndu tableau ci-dessus).\n2"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.14", "texte": "858\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. AI.\n\nc'est-à-dire former consonance, doivent satisfaire à une certaine\nloi (loi de la consonance).\nPour montrer combien la seconde loi est pareille à la pre-\nmière, nous ferons voir comment toutes deux peuvent s'établir\nau moyen d'un même dispositif décrit ci-après :\nPlusieurs roues dentées semblables à celle dont il a été parlé\nplus haut (à propos de la définition du son musical) sont disposées\nà côté les unes des autres et peuvent actionner chacune une lan-\nguette légère, en bois ou carton ; ces roues sont identiques entre\nelles, mais les transmissions qui les relient à l'arbre moteur sont\nréglées de façon que, quand la première roue fait I tour, la seconde\nen fasse 2, la troisième 3... et ainsi de suite. Considérons l'une\nquelconque de ces roues ; suivant qu'elle tourne avec lenteur ou\nvitesse, elle fait entendre une série de bruits rythmés ou un son\nmusical continu. Si nous faisons tourner deux roues simultané-\nment, nous obtiendrons : en allure lente, 2 rythmes s'associant\nbien, et, en allure rapide, 2 sons s'accordant pour former un\nintervalle musical (consonance) ; au contraire, si les transmissions\nétaient déréglées, ni les rythmes ni les sons ne s'harmoniseraient,\net on observerait seulement « charivari » pour les rythmes, et\n« cacophonie » pour les sons. De même, la mise en marche simul-\ntanée de toutes les roues ne produirait qu'un ensemble confus, un\nbruit, tandis qu'avec des transmissions bien réglées, le dispo-\nsitif fait entendre un son musical formé de la fondamentale 1\naccompagnée de ses harmoniques 2, 3, 4, 5, etc...\nD'après cette expérience, la loi de la consonance et celle des\nrythmes seraient de tous points semblables : pour les associations\nde deux mouvements vibratoires (sons) comme pour celles de\ndeux mouvements rythmés (rythmes), l'homme serait instinc-\ntivement porté à préférer à toutes autres les harmonies de mou-\nvements donnant lieu à des coïncidences périodiques (1) assez\nrépétées pour être facilement connaissables ou sensibles ; la loi\n\n(1) Il est permis d'être affirnxatif sur ce Jjpoint, maintenant qu'a été élucidée\nthéoriquement et pratiquement l'ancienne difficulté relative à ce qu'on appelle\nsouvent, improprement d'ailleurs,l'influence de la différence de phase.(Essai sur la\nGamme, p. 13 et 16, influence du décalage). Au point de vue dont il s'agit ici, cette\ninfluence est nulle, ainsi qu'on pourrait s'en assurer matériellement avec les roues\nde Savart considérées plus haut, soit en se déplaçant circulairement autour d'elles\npendant qu'elles résonnent, soit en les écoutant toujours du même point, mais en\nles mettant en marche après les avoir réglées à des différences de phase ou décalages\nvariables."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.15", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME J\n859\n\nde la consonance consiste donc simplement en ceci : pour former\nconsonance, deux notes doivent posséder des fréquences en rapport\nsimple.\nLes expériences de ce genre ont longtemps été considérées\ncomme concluantes, mais, pour raisonner avec certitude, ne les\ntenons pas pour absolument décisives, car la sensibilité de notre ,\noreille n'est pas illimitée, et il ne faut pas écarter sans débat\nl'opinion de certains théoriciens d'après lesquels les roues den- ,\ntées ci-dessus considérées donneraient des intervalles encore\nplus justes (?) si leurs transmissions subissaient au préalable de\npetits déréglages régis par le principe du tempérament ou par\ncelui de Pythagore (i). Nous comparerons donc ces deux prin-\ncipes à celui de la consonance (2), et nous chercherons lequel des\ntrois explique le mieux notre sensation la plus spontanée, celle\n\n(1) Pour montrer Tordre de grandeur des différences correspondant à ces petits\ndéréglages, on indiquera ici, à titre d'exemple, les diverses valeurs de la tierce majeure :\nsuivant qu'on forme cet intervalle par le principe de la consonance, ou de Pytha-\ngore, ou du tempérament, on obtient, soit 5/4 = 1,25, soit 81/64 = 1,265625, soit la\nracine cubique de 2 (comportant un nombre de décimales illimité) = 1,2599..., etc...\nLes différences entre ces valeurs sont accessibles à l'expérience directe, mais\nsi on les trouvait un peu petites à observer il serait facile (en procédant par répéti-\ntion, ainsi que jel'ai indiqué par ailleurs) de disposer l'expérience de manière à avoir\nà mesurer, non pas un seul de ces petits écarts, mais bien l'ensemble de plusieurs\nd'entre eux, accumulés en nombre suffisant pour constituer un intervalle résultant\nbeaucoup plus considérable.\n(2) Pour être plus complet, nous devrions aussi examiner comparativement\nla gamme des harmoniques ; mais dans bien des cas, et notamment dans celui de\nla tierce majeure que nous venons de prendre pour exemple, la gamme des harmo-\nniques coïncide avec celle que fournit le principe de la consonance. Nous nous\nbornerons donc à signaler ici l'une des raisons pour lesquelles il n'y a pas lieu\nd'étudier plus longuement la gamme des harmoniques. j\nCette gamme est dénommée parfois gamme naturelle parce qu'elle est natu-\nrelle, en, effet, non point à l'homme, mais au cor et à tous les instruments fondés\nsur le même principe mécanique (subdivision du corps sonore en parties aliquotes).\nOn a cru souvent qu'on pouvait assimiler entre elles la gamme de Vhomme et celle\ndu cory comme s'il devait fatalement y avoir identité entre, d'une part, la loi psy-\nchique présidant à l'association de nos sons musicaux et, d'autre part, la loi\nmécanique réglant les divers modes de vibration d'un même corps élastique. En\nréalité, les deux gammes n'ont que quelques sons en commun, et tous les cornistes\nsavent bien que plusieurs harmoniques fournis par leur instrument sont étrangers\nà notre tonalité usuelle, en sorte que, dans certains cas, leur émission doit être\nrectifiée par divers artifices.\nOn a souvent prétendu aussi que la gamme de l'homme ne pouvait manquer\nde coïncider avec celle des harmoniques parce que, dès notre plus jeune âge, nous\nsommes habitués à n'entendre que des notes où le son fondamental s'accompagne\nd'un long cortège d'harmoniques. Ceci n'est qu'imparfaitement conforme aux\nfaits : hormis le cas d'observations acoustiques faites à l'aide d'appareils très"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.16", "texte": "860\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nque (sauf exception rare) nous éprouvons tous dès le plus jeune\nâge, et longtemps avant d'avoir commencé l'étude de la\nmusique.\nOn sait que les enfants apprennent très facilement par cœur\nles airs suffisamment simples. Si l'un d'eux connaît, par exemple,\nle « Ah! vous dirai-je maman »de Mozart, et si vous lui chantez\ncet air en commençant par une quarte au lieu d'une quinte/il\nreconnaîtra sans hésiter l'inexactitude commise, alors qu'il\nserait bien incapable de discerner si, comme première note, vous\navez choisi un do, un ré, ou tout autre son. C'est donc que la\nnotion de l'intervalle musical est intuitive entre toutes. Mais\ncomment jugeons-nous de la grandeur d'un intervalle musical ?\nSerait-ce par un processus rappelant celui de l'estimation d'une\nlongueur ? Certes non ! Les deux évaluations sont radicalement\ndifférentes, et il suffit, pour s'en assurer, d'exécuter réellement\nou par la pensée une expérience comparative telle que la sui-\nvante :\nConsidérons deux couples de grandeurs, les longueurs 100 cm.\net 150 cm. et les sons de fréquences ioov et i 5ov. Pendant que nous\ncomparons entre elles les grandeurs d'un même couple, faisons\ncroître progressivement la plus forte des deux, de façon que\nla longueur 150 cm. et le son i 5ov atteignent puis dépassent\nrespectivement 160 cm et i 6ov ; dans chaque couple, le rapport\ndes grandeurs comparées varie donc de 3/2 à 8/5 et au delà, en\nsorte que nos sensations visuelles et auditives varient égale-\nment, mais dans des conditions bien différentes. La sensation\nvisuelle se modifiant continûment ne cessera jamais d'être assez\ncomparable tant à la précédente qu'à la suivante; le cas du\nrapport 8/5, notamment, sera loin de correspondre à une sorte de\npoint singulier du phénomène. Au contraire, la sensation audi-\ntive présentera des changements très considérables, de tous\npoints analogues à ce que nous avons observé plus haut en étu-\ndiant l'association de deux rythmes dont le rapport, primitive-\nment fixé à 3/2, augmentait et tendait vers 8/5. Au début, pour le\nrapport 3/2, et aussi plus tard, au moment où le rapport passe\n\nspéciaux, nous n'entendons guère que les tout premiers harmoniques ; quant aux\nautres, si d'aventure un instrument nous fait entendre exactement certains d'entre\neux, notamment 7, 11, 13..., etc., nous ne manquons pas de constater qu'ils sont un\npeu différents des sons auxquels nous sommes accoutumés, tandis que d'autres\nharmoniques, bien que de rangs encore plus éloignés (par exemple,ceux de l'accord\nmineur 10, 12, 15), font.au contraire, partie de tonalités usitées depuis des siècles."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.17", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n861\n\npar sa seconde valeur remarquable 8/5, la sensation auditive est\nsimple, plutôt agréable, et, en tous cas, très nette et facile à\nretrouver de mémoire ; par la suite, elle devient complexe plutôt\ndésagréable, et non seulement difficile à retenir, mais même\nembarrassante à classer à son rang parmi les autres intervalles\nmusicaux auxquels nous sommes accoutumés.\nOn a depuis longtemps remarqué cette grande difficulté que\nnous éprouvons à comprendre notre propre sensation, dans le\ncas d'un intervalle complexe ; elle a été mise en évidence,\nnotamment, par une expérience bien connue de Delezenne. Cet\nacousticien fit un jour entendre à des musiciens exercés un inter-\nvalle de i/8e de ton réalisé à l'aide de diapasons, et leur demanda\nd'en estimer la valeur : toutes les évaluations furent inexactes, et\nl'une d'elles s'éleva même à un demi-ton ; il est manifeste qu'un\ndessinateur même peu exercé ne confondrait jamais un centimètre\nou un millimètre avec son quadruple.\nAinsi, la comparaison de deux sons n'a aucun rapport avec\ncelle de deux longueurs. Et il n'y a pas lieu, de s'en étonner, car,\nà la réflexion, rien ne paraît plus naturel.\nReprenons, en effet, dans l'expérience précédente, les deux\ncas singuliers (rapport 3/2 et 8/5) et un cas intermédiaire 31/20 ;\npar ordre de grandeur, ces rapports peuvent s'écrire ainsi :\nQuand nos yeux regardent successivement les trois couples\nde longueurs, les phénomènes tant peu-\nvent être figurés par les trois dessins suivants, dans chacun\ndesquels la plus petite ligne horizontale représente toujours un\nmètre, soit à échelle réduite,s'il s'agit des longueurs elles-mêmes,\nsoit à échelle amplifiée, s'il s'agit de leurs images sur la rétine."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.18", "texte": "862\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nQuand nos oreilles entendent successivement les trois couples de\nsons correspondants, les phénomènes tant\nse reproduisant toujours semblables à eux-mêmes dans chaque\npériode d'un cinquième de seconde, peuvent être figurés par\nles trois schémas suivants ; ici, chaque ligne horizontale repré-\nsente, non plus une longueur linéaire, mais bien une longueur de\ntemps (un cinquième de seconde), et les diverses subdivisions de\ncette ligne indiquent à quelle cadence se succèdent, soit les\nvibrations des corps sonores, soit les pulsations correspondantes\ntr'ansmises au cerveau de l'auditeur. Ceci posé, il devient facile\nd. interpréter nos sensations. Notre œil nous renseignant\ndirectement sur les longueurs mêmes et non sur leurs rapports,\nnous ne pouvons percevoir ceux-ci qu'au prix d'une opération\nmentale, d'un jugement, et c'est pourquoi aucun des trois\nrapports 3/2, 31/20 et 8/5 ne nous frappe particulièrement.\nIl en est tout autrement dans le phénomène auditif, et les\nrapports ou intervalles sont précisément la seule chose donnant\nlieu ici à une sensation directement perceptible. Nous ne pour-\nrions apprécier la hauteur absolue d'un son qu'en le comparant\nà un étalon généralement absent ; au contraire, pour reconnaître\nun intervalle musical, la particularité qui seule peut nous guider\nfait toujours partie de notre sensation : ce sont ces coïncidences\n(visibles sur les trois schémas précédents) survenant périodi-\nquement entre les deux séries de pulsations que nous font res-\nsentir les deux notes entendues (coïncidences par lesquelles\nnos deux séries de sensations élémentaires se repèrent pour\nainsi dire l'une sur l'autre) ; parmi tous les phénomènes, sons\nde différence, sons d'addition, etc., auxquels donne lieu la\ncoexistence de deux sons, c'est de beaucoup celui-ci qui produit"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.19", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n863\n\nl'effet le plus facilement perceptible et reconnaissable ; il est\nd'autant plus net que les actions élémentaires, bien qu'émanant\nde notes différentes, concordent entre elles en plus grande\nproportion ; on voit sur la figure précédante que ces concor-\ndances sont fréquentes dans les schémas de la quinte 3/2 et de\nla sixte mineure 8/5, tandis qu'il n'en existe aucune dans le\ncourant du schéma de l'intervalle inusité 31/20. C'est évidem-\nment pour ce motif que les jeunes enfants eux-mêmes peuvent\nreconnaître aisément les quintes, les sixtes et les autres inter-\nvalles simples, tandis que, jusqu'à présent, l'intervalle complexe\n31/20 n'a emore jamais été employé dans l'art musical.\nAssurément, cette interprétation peut sembler étonnante,\ncomme, d'ailleurs, presque tout ce qui tend à expliquer le mer-\nveilleux fonctionnement de nos sens, mais elle est absolument\nplausible, et c'est encore le principe de la consonance qui paraît\nle mieux rendre compte des faits observés.\nCe que ce principe a surtout contre lui dans l'esprit de\ncertains théoriciens, c'est la puérilité des raisonnements ( ?) par\nlesquels on a souvent tenté autrefois de le démontrer : la\nsimplicité, disait-on, est un attribut essentiel de la Nature et\nde la Vérité, donc les rapports numériques correspondant aux\nvéritables intervalles musicaux doivent nécessairement posséder\nle caractère de simplicité. Il est évident qu'en raisonnant par\nces procédés « express », on pourrait aller loin ! Mais où n'irait-on\npas aussi si l'on posait, en principe, qu'une chose devient fausse\ndès qu'on en a donné une démonstration insuffisante (1) ?\nVoyons maintenant à quoi correspond, dans les autres\nthéories, cette même notion de l'intervalle musical, et, à titre\nd'exemple, considérons plus spécialement les tierces que les\nenfants associent parfois si aisément quand ils chantent d'ins-\ntinct en faux-bourdon.\nD'après les partisans de la les douze sons\nde la gamme chromatique diviseraient l'octave en parties exac-\ntement égales, en-sorte que la tierce majeure et la tierce mineure\nvaudraient respectivement 1/3 et 1/4 d'octave ; donc, étant\ndonné do, pour trouver mi, on estimerait le tiers d'octave. Or,\n\n(1) Le principe de simplicité suggère parfois fort élégamment la théorie de\ncertains phénomènes, mais à condition qu'au préalable, on examine avec soin dans\nquelles particularités et de quelle façon il est naturel que se manifeste la loi de\nsimplicité."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.20", "texte": "864\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ncette opération est radicalement impraticable ; le lecteur s'en\nassurera bien facilement en partant d'un son fixe quelconque\net en exécutant par la pensée 3 modulations par tierce majeure\n(ou 4 modulations par tierce mineure) ; il aboutira ainsi à une\nnote finale formant une septième (ou une neuvième) avec la\nnote initiale, et non point du tout une octave, ainsi que cela\nsemble avoir lieu sur un piano ou sur tout autre instrument\ntempéré. Si le lecteur ne voulait pas s'en rapporter à lui-même\npour une expérience de ce genre, je lui citerais le témoignage\nd'un de nos musiciens les plus illustres et les plus réputés;\nmalgré son scepticisme, le Maître a bien voulu exécuter,\nlui-même et à plusieurs reprises, l'une des modulations que\nj'indiquais : « A ma grande stupéfaction, m'écrivait-il récem-\nment, je suis arrivé toujours à une octave diminuée (1). »\nD'après la conception de Pythagoles tierces se formeraient\npar des superpositions de quintes et d'octaves combinées en\nnombre et en sens convenables; ainsi, entendant pour\ntrouver mij, on concevrait les quintes ascendantes doj, solj,\nrê4, la 4, mis, puis les octaves descendantes mi5, mi 4, mij, ce\nqui finit, en effet, par fournir la tierce majeure mij; la tierce\nmineure s'obtiendrait par un procédé de complexité analogue\nmais inverse.\nCeci rappelé, voyons lequel des trois principes comparés\nnous permettra le mieux de comprendre comment deux enfants\nn ayant aucune notion d'harmonie peuvent cependant s'accom-\npagner d'instinct en chantant à la tierce.\nSi l'un des enfants chante do, l'autre concevra-t-il mi (2)\ncomme note tempérée ? Assurément non, car, ainsi que nous\n1 avons vu, l'estimation du tiers d'octave est irréalisable.\nLe second enfant formera-t-il mi en concevant successive-\nment les quatre quintes et les deux octaves indiquées plus\nhaut ? Ce procédé pythagoricien ne paraît guère compatible\navec le caractère instinctif et instantané de l'opération, et\nd'ailleurs, le principe même du procédé n'a rien en soi de parti-\nculièrement plausible. S 3\n\n( i ) L octave à laquelle on aboutit est diminuée ou augmentée, non seulement se-\nlon le type de la série de modulation exécutée, mais aussi selon les habitudes tona-\ncs de 1 operateur (habitudes dont nous constaterons plus loin la puissante influence).\n(2) Pour abréger, je laisse au lecteur le soin de faire lui-même la petite distinc-\ntion entre la tierce haute et la sixte basse qui s'emploie aussi dans le chant dit\n« à la tierce »."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.21", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n865\n\nCombien n'est-il pas plus naturel d'admettre que le jeune\nchanteur est guidé par la seule particularité physique à laquelle\npuisse correspondre une sensation reconnaissable, c'est-à-dire\npar ces coïncidences qui se produisent périodiquement entre\nles pulsations de la note mi et celles de l'autre note. Ces coïnci-\ndences ayant lieu une fois sur 5 pour la tierce consonante et une\nfois sur 81 pour la tierce pythagoricienne, le rapport 5/4 paraît\nplus vraisemblable a admettre que 81/64, non pas pour cette\nraison de sentiment « qu'il serait plus agréable aux yeux de la\nNature et de la Vérité », mais tout simplement pour cette\nraison de fait « qu'il correspond à une sensation plus facile à\npercevoir et à reconnaître ».\nIl semble donc démontré par ce qui précède que le principe\nde la consonance peut être considéré comme très plausible « en\nsoi » ; il l'est plus encore si on l'étudié « en ses conséquences ».\nEn effet, si on l'adopte comme postulat, on peut, par des raison-\nnements fort simples, reconstituer toute la musique telle que\nles maîtres l'ont créée d'instinct. C'est à la démonstration de ce\nfait qu'est consacré l'ouvrage dont il a été dit un mot plus\nhaut (Essai sur la gamme). Sans chercher àle résumer ici, j'in-\ndiquerai simplement les principaux points sur lesquels le lecteur\npourra réfléchir successivement s'il a la curiosité d'établir\nthéoriquement les divers faits musicaux dont les traités d'har-\nmonie se bornent à donner une sorte d'énumération purement\nexpérimentale.\n\"VI. Intervalles consonants et Parmi tous les\nintervalles musicaux possibles, examinons notamment ceux\nqui correspondent aux rapports suivants :\nINTERVALLES"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.22", "texte": "866\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nConsidérons d'abord les représentations numériques ; dans\ncette série de fractions, les qualités inverses de simplicité ou de\ncomplexité varient de façon très progressive ; ces qualités\nd'ailleurs ne sont pas absolues, mais seulement relatives, de\nmême que le froid et le chaud ; aussi serait-il, en général, un\npeu délicat d'indiquer a priori le point précis où doit être placée\nla frontière entre la simplicité et la complexité. Mais, dans la\ntonalité qui est de beaucoup la plus employée, et dont il sera\nexclusivement question dans la suite de cet article (i), les\nintervalles formés par le facteur 7 sont inusités ; leur absence\ncrée donc, dans la série précédente, une large lacune formant\nprécisément une sorte de frontière naturelle entre les intervalles\nplutôt simples et les intervalles plutôt complexes.\nExaminons maintenant ces mêmes intervalles afin de les\nclasser, non plus d'après l'aspect plus ou moins simple de leurs\nformules, mais bien d'après la facilité plus ou moins grande\navec laquelle notre oreille accepte l'association des sons formant\nles intervalles considérés. Nous trouverons alors que cette\nfacilité d'association varie à peu près parallèlement à la simpli-\ncité des formules, et notre sentiment musical nous indiquera\nnettement une frontière située au même point que la précédente ;\nc'est ainsi que tous les harmonistes sont d'accord pour range*-\nles intervalles en deux catégories, l'une comprenant les associa-\ntions plutôt simples (unisson, tierces, quinte, et leurs renver-\nsements : octave, sixtes, quarte), l'autre englobant l'ensemble\ndes associations plus complexes (secondes, septièmes, etc ).\nSeulement, les harmonistes, au lieu des mots simple et\ncomplexe, emploient les qualificatifs et\ncomme aussi les substantifs « consonance » et « dissonance »\nsignifiant respectivement « intervalle consonant » ou « intervalle\ndissonant ». De ce choix de termes résultent certaines bizarre-\nries • ainsi, la tierce do mi = 5/4 la seconde mi fa = 16/15,\n\n(1) Celle qui est formée uniquement par les facteurs 2, 3 et 5, à l'exclusion de\n7 et au-dessus. Pour faire court, je n'examinerai ici que cette tonalité, et me\nborneiai même aux notes usitées dans les genres diatonique et chromatique j je\npasserai donc sous silence le genre enharmonique et aussi, d'ailleurs,\nune foule d'autres points intéressants que je ne pourrai même pas m'excuser\nd omettre, car alors je manquerais mon but principal, lequel est d'assurer au moins\nà cet article le mérite d'une certaine brièveté. Le lecteur voudra donc bien\nconsidérer comme prise à chaque paragraphe, cette sorte de « précaution oratoire »\nque constitue le présent renvoi."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.23", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n867\n\navec leurs formules inégalement simples et leurs sensations\ncaractéristiques inégalement harmonieuses seront classées,\nl'une dans les consonances, l'autre dans les dissonances ;\ncependant la dissonance mi fa,étant une sonance simultanée,\npourra aussi, comme on l'a vu plus haut, prétendre au nom\nde « consonance ».\nCes termes à acceptions multiples ne sont pas rares dans\nles langues, mais, dans les terminologies scientifiques, leur\nexistence n'est pas sans inconvénients.\nNota. On remarquera que les consonances contenues\ndans la liste établie plus haut se présentent par ordre de simpli-\ncité et non d'agrément, ce qui est tout différent ; en effet, nous\nn'aimons pas exclusivement la simplicité (unité), et, qu'il\ns'agisse de conter une belle histoire ou de faire entendre une\nagréable consonance, il faut savoir concilier la variété et l'unité,\nc'est-à-dire éviter à la fois le trop simple et le trop complexe.\nA cet égard, on pourrait dire que les consonances de la liste\nprécédente sont plutôt classées par ordre d'agrément croissant ; -\nmais ceci est loin d'être absolu, car avant de qualifier l'harmonie\nd'un intervalle, il est essentiel de spécifier par rapport à quoi,;\non l'estime (i). U\nx t-Lj\nVII. Question de*- mots. Les questions de mots ayant\nparfois plus d'importance qu'on ne se le figure habituellement,\nexaminons ici comment il faudrait dénommer le principe\npsycho-physique proposé plus haut pour postulat unique de\ntoute la science musicale.\nL'expression principe des co convien-\ndrait bien, mais ces coïncidences n'apparaissent pas directe-\nment sur les rapports par lesquels on a coutume de représenter\nles intervalles. A cet égard, l'expression principe des rapports\nsimples pourrait être adoptée si elle n'avait pas (ainsi qu'on\n\n(i) Faute d'avoir observé cette précaution, les auteurs ont émis les opinions\nles plus contradictoires ; la quarte, par exemple, a été, tantôt qualifiée de conso-\nnance parfaite entre toutes, tantôt placée au dernier rang des consonances, ou\nmême assimilée aux dissonances (avec préparation et résolution obligatoires). Ceci\nrésulte de ce que cet intervalle « rattache » à son sommet et non à sa base, en sorte\nque do fa, par exemple, rattache à fa, tandis que sol do consone en do. Tel est le\nmotif pour lequel, dans le style rigoureux, la préparation de la quarte est exigée\npour tous les seconds renversements en général, mais non pour celui de 1 accord\ntonique."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.24", "texte": "868\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nl'a dit plus haut) l'inconvénient de représenter aux yeux de\nbien des gens une idée acceptée longtemps sans motifs sérieux\net pour de simples raisons de sentiment.\nL'expression principe des prop pourrait rem-\nplacer les précédentes si elle ne se trouvait pas déjà accaparée\npar une autre science (I). Celle de principe ptoléméen\netc... serait assez en harmonie avec le langage des théoriciens,\nmais manquerait de généralité, car ni la gamme de Zarlin ni le\ndiatonique synton de Ptolémée ne contiennent tous les facteurs\npremiers dont il se peut que le musicien fasse intuitivement\nusage (2).\nEn fait, le principe à dénommer étant celui qui règle la con-\nsonance (3), il n'est pas étonnant que l'expression\nla consonance ait été souvent employée dans la correspondance\nque m'a value l'apparition de l'ouvrage signalé plus haut\nsur la gamme). J'en ai moi-même fait usage dans des articles\ndestinés à répondre à certaines critiques ; mais alors elle a donné\nlieu à cette objection plus qu'inattendue : « Le principe de la\nconsonance ne saurait fournir une théorie générale de la musique\nvu que la dissonance,elle aussi, est de la musique ».\nIl est évident qu'en réalité, il n'y a là aucune objection, mais\nune simple erreur de critique, un malentendu résultant d'une\ncurieuse confusion entre les deux acceptions du mot « conso-\nnance » (4) ; peut-être n'eût-il pas été bien difficile de l'éviter en\nconsidérant qu'une théorie donnant la genèse de tous les inter-\nvalles et accords dissonants et altérés ne peut vraiment pas être\naccusée de se confiner dans les mêmes limites que l'harmonie\npurement consonante.\n\n(1) La Chimie :il existe,en effet,une curieuse identité entre, d'une part, la loi\nréglant la façon dont s'associent les vibrations des notes que l'inspiration suggère\nau musicien, et, d'autre part, la loi présidant aux unions que réalisent les molécules\ndes corps élémentaires pour former ces combinaisons innombrables qui, séparées\nou mélangées, constituent tous les solides, liquides ou gaz existant à la surface\nde notre globe ou dans ses flancs.\n(2) La même raison doit faire renoncer ici à l'expression principe cartésien ;\nj'ai cru pourtant pouvoir l'employer dans une publication antérieure, mais parce\nqu'il s'agissait alors d'une simple comparaison entre deux formules de gammes\ndéterminées.\n(3) Les musiciens, avons .nous vu, appellent ainsi l'accord de deux sons, et\nréservent le mot « accord » pour le cas où les sons réunis sont au nombre de trois au\nmoins.\n(4) « Principe de la consonance » signifie « principe de la sonance simul-\ntanée », et non point « principe de Y harmonie consonante »."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.25", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n869\n\nQuoi qu'il en soit, puisqu'il y a toujours intérêt à réduire\nau minimum les chances de malentendus, il est préférable de\nremplacer l'expression précédente par une autre telle que\n« loi psycho-musicale »ou « principe coïncidiste » ou « ratio-\nniste », etc.\nC'est de ce dernier adjectif (rationiste) que je ferai usage\ndans la suite du présent article, car il rappelle la double carac-\ntéristique du postulat adopté, laquelle consiste : i° à repré-\nsenter les intervalles musicaux par des rapports simples ou peu\ncomplexes {ratio,rapport) ; 2° à expliquer par le raisonnement\nles lois que les musiciens n'avaient encore établies qu'empiri-\nquement {ratio,raisonnement).\nVIII. Echelles et gammes. Conformément au principe\nrationiste, une gamme n'est autre chose que l'ensemble d'une\ntonique et de quelques degrés choisis de façon à former avec la\ntonique des rapports tels que le musicien les saisisse aisément (i).\nLes ressources dont l'Art peut disposer augmentent donc au\nfur et à mesure que l'artiste devient apte à comprendre des\nintervalles de moins en moins simples (2).\nLe maximum de ces ressources (du moins quand on limite\nla question ainsi qu'il a été indiqué plus haut) est atteint lors-\nqu'on a constitué une gamme de douze sons : c'est la gamme\n\n(1) Peut-être n'est-il pas inutile de répéter encore ici que, quand le musicien\nsaisit, par exemple, le rapport de quinte entre deux sons tels que do = 522 et sol\n= 783, cela ne veut pas dire qu'il calcule mentalement et vérifie si les fréquences\nprécédentes forment le rapport 3/2 ; cela signifie simplement que, les sons 522 et\n783 associant leurs rythmes vibratoires suivant une certaine proportion simple\n(3/2), l'homme peut facilement reconnaître la sensation caractéristique simple\nqui en résulte, et même la goûter, si toutefois il aime la musique. Constater qu'il\nexiste un rapport de quinte entre deux sons consiste donc essentiellement à recon-\nnaître une certaine sensation ; c'est là uniquement ce que fait l'enfant considéré\nplus haut à titre d'exemple, quand il vérifie si l'air « Ah / vous dirai-je maman »\nlui est chanté avec exactitude ; il n'a nul besoin pour cela de connaître ni le mot\nquinte inventé par les harmonistes ni le rapport 3j2 découvert par les physiciens.\nEt tous, chanteurs illettrés ou savants harmonistesy repèrent leur sensation par le\nmême processus intuitif. C'est donc seulement quand on s'adresse à un lecteur\néclairé (en ces matières) qu'on peut écrire : « Constater l'intervalle de quinte,\nc'est reconnaître l'existence du rapport 312, de même, par exemple, qu'à propos\nde l'analyse spectrale appliquée à l'étude des astres, on a pu dire : « Constater\ntels ou tels groupes de raies dans nos instruments, c'est reconnaître l'existence\nde telles ou telles matières terrestres dans les autres mondes qui nous entourent ».\n(2) C'est ce qui a eu lieu dans le passé et pourrait encore avoir lieu dans\nl'avenir."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.26", "texte": "870\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nchromatique, à laquelle les musiciens sont depuis longtemps\narrivés expérimentalement. Quant à la gamme présentant le\nminimum de ressources mais le maximum de simplicité, c'est\ncelle dont chaque degré forme intervalle consonant avec chacun\ndes autres ; elle peut se présenter sous deux aspects différents\ntels que do mi sol et la do mi ; ces deux groupements de sons, qui\nont en musique un rôle prépondérant, seront, dans ce qui suit,\ndésignés sous le nom particulier ou\nEntre ces deux solutions extrêmes fournies par les nombres\n(échelle de 3 sons et gamme chromatique de 12 sons), l'homme\npeut imaginer à sa fantaisie une foule de gammes différentes.\nParmi elles, celles qui se prêteront le mieux à l'harmonie seront\nnaturellement celles dont les degrés, loin d'être pris au hasard\ndans la collection chromatique, auront, au contraire, été choisis\npar groupes de trois formant échelles : celles-ci correspondront\nalors aux accords fondamentaux de la tonalité. Parmi les gammes\nde cette catégorie, on rencontre, non seulement les deux gammes\nmodernes, l'une majeure, l'autre mineure, mais aussi trois\nvariantes de chacune d'elles, soit au total huit gammes dis-\ntinctes que les musiciens de nos parfois, il\nest vrai, à leur insu.\nIX. Constitution et enchaînement A l'époque\noù les premiers Maîtres fondaient l'harmonie, l'oreille humaine\nn'étant pas encore accoutumée aux combinaisons de sons, il\nétait de toute nécessité, pour plaire, que les différentes parties\nchantantes s'accordassent en un ensemble très simple, et que les\nharmonies successives fussent unies les unes aux autres par des\nliens particulièrement évidents. Les règles que les premiers Maîtres\nappliquèrent alors d'instinct, le principe rationiste permet de\nles formuler immédiatement ; ainsi, il a montré que les assem-\nblages de sons les plus consonants sont ceux qui ont été\ndénommés plus haut « échelles » ; de même, il ferait voir que,\nquand une composition admet pour base une certaine échelle\nfondamentale ou tonique telle que do mi sol, par exemple, les\nautres combinaisons harmoniques le plus intimement liées à la\ntonique constituent aussi une série d'autres échelles telles que\nsol si ré, fa la do, la do mi, mi en sorte que les\nprincipales règles à observer peuvent se formuler ainsi : com-\nbiner la marche des parties de manière qu'elles chantent simul-"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.27", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n871\n\ntanément des notes appartenant à une même échelle (ou par-\nfois fausse-échelle) et n'employer que des échelles liées les unes\naux autres par des parentés suffisamment évidentes (eu égard\nau degré de culture harmonique de l'auditeur).\nX. Imitation. Dès qu'on écrit quelques lignes de musique,\non pratique d'instinct 1' « imitation » qui est, elle aussi, une con-\nséquence immédiate du principe rationiste. Si le sens d'une\nphrase musicale donnée résulte seulement de la série des rap-\nports que forment entre elles les fréquences des diverses notes,\non conçoit qu'en altérant toutes ces fréquences suivant une loi à\nla fois méthodique et simple, on obtiendra une nouvelle phrase\nou phrase transformée,non identique, mais plus ou moins\nanalogue à la phrase donnée. Par exemple, si on augmente ou si\non diminue la fréquence de chaque note d'un même tant pour\ncent, les rapports subsistent sans changement, et on réalise\nsimplement la transposition qui est, comme on le sait, la base du\ncontrepoint en imitation régulière ; ainsi, dans l'imitation à la\nquinte, le conséquent n'est autre chose que Vantécédent dont les\nnotes ont eu leurs fréquences majorées de moitié.\n{ La transposition étant extrêmement connue, je donnerai\nseulement des exemples des transformations que j'ai appelées\ninversion, contremodeet retournement.Dans la figure suivante, si\nl'on admet que le premier quart, marqué A, constitue le thème\ndonné, les autres quarts marqués B, C, D, ne sont respective-\nment autre chose que ce thème retourné, contremodé et inversé.\nUne phrase musicale étant donnée, on pourrait jouer\nd'emblée son contremode, son inversion et son retournement, à\ncondition, soit d'exécuter mentalement certains changements\nd'armure, soit de retourner la feuille de papier de haut en bas\net de la lire par transparence ou par réflexion dans une glace,\nsoit de combiner ces divers procédés ; on pourrait aussi obtenir\nles hauteurs des notes de l'air transformé en appliquant une\nméthode mathématique aussi facile à définir que longue et"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.28", "texte": "872\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nfastidieuse à mettre en œuvre. Mais, pratiquement, on n'emploie\njamais ces procédés méthodiques; il est vrai que souvent le musi-\ncien « a l'air » de les avoir appliqués lorsque, composant d'ins-\ntinct, il a écrit un air coupé à la façon qu'indique sommaire-\nment le court exemple cité plus haut ; mais ce n'est là qu'une\napparence résultant de ce que son cerveau a fonctionné à son\ninsu conformément au principe rationiste.\nXI. Autres lois musicales. L'application de ce même prin-\ncipe permet de retrouver toutes les lois formulées dans les\ntraités : bons et mauvais degrés, cadences, progressions, quintes\nde suite, accords dissonants naturels ou altérés, etc... Toutefois,\nentre les lois des traités et les conséquences du principe ratio-\nniste, il existe souvent des différences dont l'exemple suivant,\nrelatif aux résolutions,fera suffisamment comprendre l'origine\net la portée.\nL'Ecole a longtemps enseigné que, dans la résolution de la\ndissonance, la note à marche doit rigoureusement\ndescendre d'un degré, tandis que la sensible monte à la tonique ;\nsous la pression de l'évidence, il a bien fallu consentir à tempérer\nla rigueur de cette pseudo-règle et admettre une série d'excep-\ntions et de licences,aussi dépourvues d'ailleurs de toute démons-\ntration logique que la règle principale elle-même; ainsienseigne-\nt-on aujourd'hui que la note à marche contrainte, suivant qu'on\nuse de ces exceptions ou licences, peut, ou bien descendre, ou\nbien monter, ou bien rester sur place, soit telle quelle, soit en se\ntransformant enharmoniquement, en sorte que, comme on le\nvoit, la « contrainte », remaniée par ces procédés empiriques,\nparaît tout au moins dépourvue de netteté.\nSi l'on examine la question au point de vue rationiste, on\nconstate que la règle des anciens harmonistes n'est vraie que\ndans une certaine catégorie de cas, catégorie très importante,\nil est vrai, et que considéraient sans doute presque exclusive-\nment ceux qui, les premiers, formulèrent la loi dans toute sa\nrigueur ; mais, pour ces cas spéciaux, l'ancienne loi devenue\njuste n'admet plus aucune exception, et est alors susceptible\nd'une démonstration aussi simple que rationnelle et sans doute\ninédite.\nXII. Conclusion. Ce qui précède montre que le principe\nrationiste n'est pas seulement plausible en soi mais a aussi"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.29", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n873\n\nl'avantage d'expliquer parfaitement tous les faits musicaux ;\ncet avantage lui est spécial, car il ne semble pas que les autres\nthéories, par exemple, le tempérament ou le système de Pytha-\ngore, puissent jamais conduire au même résultat.\nCependant, même si le lecteur était tenté de partager cette\nopinion, il ne devrait pas se presser d'admettre qu'elle a\nchances de se répandre rapidement dans le public musical ;\ncelui-ci, en effet, a coutume, en ces matières, de s'en rapporter\npresque exclusivement à certaines personnes, musiciens ou\nhommes de science, dont l'opinion fait autorité ; or, ces per-\nsonnes n'ont sans doute pas les loisirs nécessaires pour mener\nà bien l'étude d'une question où l'on dirait que la nature s'est\nplue à accumuler les embûches et traquenards de toutes sortes.\nJ'ai déjà signalé, par ailleurs, plusieurs des causes d'erreur aux-\nquelles il est nécessaire de prendre garde quand on étudie ce\nproblème ; je me bornerai ici à rappeler l'une des plus curieuses.\npar exemple, l'intervalle de septième mineure,\n(tel que do sif» ); suivant les diverses théories, il devrait corres-\npondre à différentes valeurs, savoir :\n9/5 : théorie rationiste (1),\n7/4 : théorie des harmoniques,\n16/9 : théorie de Pythagore,\n2 5/6 : théorie du tempérament.\nFaisons donc exécuter cet intervalle par des artistes\néprouvés, et mesurons les fréquences des sons qu'ils produisent ;\ncalculant ensuite le rapport de ces fréquences, nous pourrons\naisément semble-t-il—reconnaître la théorie se montrant le\nplus exactement conforme aux faits.\nEh bien non ! Ce procédé paraît simple et sûr, et cependant\nil doit être rejeté, car, si une voix naturelle fournit le rapport\n9/5, un cor (produisant des harmoniques) pourra donner 7/4,\n\n(i) Du moins, dans certains cas, car, d'après la théorie rationiste, chaque note\nsusceptible de jouer plusieurs rôles dans la tonalité peut aussi avoir plusieurs\nhauteurs un peu différentes (apparaissant toutes à première vue sur le plan de la\ntonalité). Aussi la théorie rationiste échappe-t-elle absolument à l'objection suivante\n(irréfutable pour les partisans des gammes pythagoriciennes ou tempérées) : «Com-\nment les sons de la gamme pourraient-ils être réglés par un principe rigoureux,\npuisque notre sentiment artistique nous révèle qu'une même note peut se présenter\nà nous avec des hauteurs un peu différentes ? » __ y r ,\nf ' M"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.30", "texte": "874\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nun violon (réglé par quinte), 16/9, un piano (accordé au tempéra-\nment), 2 3/6 ; en somme, le résultat variera avec le mode\nd'accord ou de construction de l'instrument employé (1) ;\ncelui-ci ne peut donner que ce qu'on y a mis ; s'en rapporter à\nlui, c'est imiter l'erreur du statuaire de La Fontaine tremblant\ndevant le dieu créé par son ciseau.\nIl ne faudrait pas croire qu'en rejetant l'emploi de tous les\ninstruments de musique, et en enregistrant uniquement les\nintervalles produits par la voix humaine, on est certain d'éviter\nla cause d'erreur précédente ; si l'on observe des chanteurs pro-\nfessionnels, cette cause d'erreur subsistera presque sans change-\nment.\nEn effet,considérons, par exemple, la tierce majeure qui vaut\n5/4 dans la théorie rationiste (chant 81/64 dans la\nthéorie pythagoricienne (violon) et 21/3 dans la gamme tempérée\n(piano). Un chanteur .professionnel, même s'il sent la musique\nla loi rationiste, est bien obligé de conformer sa gamme à\ncelle des instruments à sons fixes ; c'est là une nécessité inéluctable\ncar, si le public constatait le moindre écart entre les deux\ngammes, (et dans certains cas, l'écart peut devenir considérable),\nc'est toujours au chanteur qu'il donnerait tort. Celui-ci doit\ndonc s'efforcer de déformer son organe à la demande des instru-\nments à sons fixes ; visant ce but, il en atteint un autre ;\nje veux dire que, tâchant d'apprendre la gamme du piano\n(nombres incommensurables), il apprend à la place la gamme du\nviolon (nombres commensurables), car celle-ci, très peu diffé-\nrente de celle-là mais fondée sur des nombres incomparable-\nment moins complexes, peut seule se graver dans la mémoire ;\nl'étude faite sur un chanteur professionnel doit donc souvent\nconduire aux mêmes résultats que l'enregistrement des sons\nd'un violon.\nMais alors, dira-t-on, si nous retrouvons partout la gamme\n\n(i)En ce qui concerne le violon, ceci est surtout vrai quand l'instrument est em-\nployé comme dans les célèbres expériences Cornu-Mercadier, c'est-à-dire en rompant\nle rythme de façon que le musicien ne se souvienne pas de la mélodie, et, soustrait\nà l'influence de la dynamis des notes, forme celles-ci plutôt d'une manière mécanique\nque d'après son sentiment artistique. Au contraire, dans des conditions plus nor-\nmales, le musicien, ainsi que le pense M. Mercadier lui-même (Institut général\npsychologique, séance du 12 février 1908), peut subir l'influence de la dynamis,\net,par conséquent,produire des sons en opposition formelle (voir le renvoi précédent)\navec la conception pythagoricienne de la musique."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.31", "texte": "ORIGINE DE LA GAMME\n875\n\nde Pythagore, ne serait-ce pas d'après elle que nous sentons\nintuitivement la musique ?\nCertes non, répondrai-je d'après des témoignages (i) que le\nlecteur jugera sans doute d'autant plus concluants qu'ils\némanent de savants nettement hostiles à la théorie soutenue ici.\nLorsque des artistes observés isolément semblent concevoir la\nmusique selon la gamme par quintes et font usage d'intervalles\ncorrespondant aux rapports de Pythagore, si on vient à les réunir,\nils abandonnent ces rapports et, pour se faire harmonie entre eux,\nadoptent toujours les rapports simples. (Expériences Cornu-\nMercadier). Faut-il conclure de là qu'il existe deux gammes\ndistinctes, que les rapports pythagoriciens conviennent à la\nmélodie, et les rapports simples à l'harmonie ? Cette dualité de\nnotre sens artistique serait au moins «singulière» (2). Je crois\navoir démontré (3) qu'elle n'est pas soutenable ; il paraît beau-\nCoup plus plausible d'admettre que, si les professionnels jouant\nisolément semblent se conformer à une gamme voisine de celles\ndu violon et du piano, c'est tout simplement parce que, sous peine\nde compromettre àla fois leur « gloire » et leur « gagne-pain »,\nils ont dû contracter l'habitude de déformer de cette façon la\ngamme que leur suggérait leur sentiment artistique. Cette inter-\nprétation, qui s'applique aussi aux résultats des expériences de\nMM. Stumpf et Meyer (4), est beaucoup plus naturelle à\nadmettre que la dualité de notre sens artistique ; c'est aussi elle\nqui semble expliquer le mieux les faits suivants :\n« Si on produit une tierce majeure juste 5/4, les musiciens,\n« qui sont habitués à la tierce tempérée, déclarent tout d'abord\n« que la tierce 5/4 est trop petite ; puis, si l'on fait varier les\n« tierces, ils n'en sont pas satisfaits, ils les trouvent toutes un\n« peu fausses, et ils finissent par se rallier à la tierce 5/4». (A. Guil-\nlemin, loc. cit. p. 256).\n« Les acousticiens qui ont cherché à résoudre le problème\n\n(1) Voir notamment les comptes rendus de l'Académie des sciences 1867-1872,\nEx pértences de MM. Cornu et Mercadier, ainsi que /'Acoustique musicale du Dr A.\nGuillemin.\n(2) Qualificatif employé par M. Mercadier lui-même dans sa Science musicale,\npetit opuscule publié en 1865, c'est-à-dire peu d'années avant les célèbres expé-\nriences Cornu-Mercadier.\n(3) Article paru sous le titre Débat sur la gamme, dans la Revue Générale des\nSciences du 15 septemble 1907.\n(4) Ainsi que l'a fait observer le Dr A. Guillemin dans l'ouvrage précité."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.32", "texte": "876\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n« consistant à réaliser des orgues qui donnent les accords justes\n« dans tous les tons, et non les acco sont unanimes à\n« vanter la douceur et la pureté de la sensation résultante. L'en-\n« semble est si harmonieux, si fondu, que parfois les chanteurs\n« sont tout interdits, quand ils sont pour la première fois accom-\n« pagnés par des accords justes : ils sont amenés eux-mêmes à\n« chanter d'après les intervalles justes et ils n'entendent plus\n«l'accompagnement». (A. Guillemin, ibid., p. 145)-\n« Les chanteurs trouvent qu'il est plus facile de chanter\n« avec accompagnement de l'orgue enharmonique, bien qu'ils\n« n'entendent pas en chantant parce\n« qu'il est en parfait accord avec la voix et ne fait point de\n« battements avec elle ». (Helmholtz, cité par A. Guillemin,\nibid.y p. 145).\nCes citations sont assez concluantes pour ne nécessiter aucun\ncommentaire.\nEn définitive, la réalité, le fond des choses est rationiste,\nmais pythagoricienne ; or, en musique, peut-être\nencore plus qu'ailleurs, l'apparence a sur la réalité cet avantage\nimmense, cette supériorité presque invincible, qu'elle apparaît\net qu'elle est même seule à apparaître, sauf dans le cas un peu\nspécial d'un critique ayant à la fois loisir, pouvoir et vouloir\nd'aller au fond des choses. C'est pourquoi il est probable que\nlongtemps encore on continuera de constater et de déplorer les\ndivergences entre la pratique et la théorie, alors que, pour mettre\nfin à ces divergences, il suffirait que quelqu'un de nos hommes\nréputés, savant aimant la musique ou libre de tout préjugé\ncontre les spéculations théoriques, voulût bien fixer son atten-\ntion sur le vieux problème rappelé par les pages précédentes,\net appliquer à son étude un peu de cette méthode qui n'est\ncertes pas rare au pays de Descartes.\n\nM. Gandillot."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.33", "texte": "Lettre sur la Musique Malgache\nLE SENTIMENT DE LA MUSIQUE CHEZ LES PRIMITIFS\n\nous nous avez demandé de vous renseigner sur la\nmusique à Madagascar : puissent quelques notes\nintéresser votre curiosité des harmonies exotiques\noù l'amour de la simplicité vous fait apprécier\nla confidence des âmes naïves se balbutiant à\nelles-mêmes leurs rêveries passagères, dans la conscience de\nleur humilité et de leur éphémérité, et dans le désir d'affiner\nencore, par la qualité aérienne des sons, ce que leurs médita-\ntions réservent déjà à leur esprit de fugace et d'insaisissable.\nNulle part, selon l'avis général des explorateurs, il n'est aussi\nsuggestif d'étudier le sentiment musical chez des primitifs,\nce qui invite toujours quelques minutes à se mettre devant la\nmusique moderne dans l'état de sensibilité où se mettait\nRousseau devant la société moderne.\nNos plus vieux voyageurs qui, soucieux de commerce ou\nd'évangélisation, n'avaient guère l'idée d'examiner les arts\nindigènes, n'ont cependant point manqué de vanter le tempé-\nrament essentiellement musicien des Malgaches. Et aujourd'hui\nceux de nos administrateurs que ni l'art grandiose des tombeaux,\nni la contexture délicate des lambas, ni l'architecture monu-\nmentale des rizières ne peuvent convaincre de l'existence d'une"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.34", "texte": "878\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ncivilisation malgache, avouent leur admiration entière pour la\nsouplesse de la musique indigène. Hovas du centre, Tanalas\nde la forêt médiane, Sakalaves des côtes, ce sont des improvi-\nsateurs de la plus libre fantaisie : on peut dire qu'ils pensent en\nmusique; au reste, leur langue est d'une tonalité tour à tour\nclaire et veloutée du plus enveloppant effet. De telles disposi-\ntions originelles à l'harmonie, une harmonie perlée, subtile,\ntramante puis palpitante, jolie dans ses accents de tristesse et\ncoquette dans ses pâmoisons de mélancolie, laissent meme\nespérer que l'oreille malgache ne se pervertira point facilement\naux dissonances criardes des phonographes qui transportent\ndans le silence de la brousse australe le tapage barbare des\ncafés-concerts d'Europe. Ceux qui ont le sens de l'ouïe assez\ndélié pour avoir dénommé leurs rivières d'après les nuances\nde leurs murmures il y en a une qui s'appelle : celle où une\nlokanga (i) est cachée » —comme d'autres les distinguent à la\ncoloration de leurs eaux, conserveront sans doute assez long-\ntemps te don ingénieux de traduire dans leurs chants et dans\nleurs mélodies l'âme de leur terre si monotonement lourde\ndans ses formes, que l'homme y éprouve comme le besoin\nvoluptueux de la légèreté et du sautillant.\nNous avons demandé un peu partout qu'on recueillît les\nvieux airs dont les derniers chantres royaux ont gardé la\ntradition ; mais il est a craindre qu'ils n'aient point de succes-\nseurs. On a collectionné proverbes, légendes, fables, textes de\nlois, discours pour restaurer une ancienne langue ho va qu'on\napprend péniblement aujourd'hui aux enfants dans les écoles ;\nmais on ne s'est point soucié de rassembler les airs malgaches\nqui enchantent encore la monotonie des petits villages écartés (2).\n\n(1) Violon indigène.\n(2) Cela est, sans nul doute, assez difficile : par groupes de 7ou 8 un chef,\ndeux violonistes, un tambour, une grosse caisse, deux chanteurs et deux chanteuses\nles mpilala, sorte de sordides nxinnesingers madécasses, colportent de village\nen village leurs lieds qui se transforment avec les ans au caprice des exécutants.\nCependant le R. P. Colin a fait paraître, en 189,9, un recueil de mélodies malgaches.\nLa Dépêche de Madagascar a Tamatave a publié un très joli article de Fernand\nBrot sur les compositeurs indigènes, dont il donne quelques noms, et l'évolution\nde la musique a Madagascar. Il note que le sens du rythme est « extraordinaire\nchez les Malgaches. « Le rythme vient chez eux avant la mélodie. L'harmonie,\nrésultante de la mélodie, est ici le 3e élément, un élément à peine développé encore,\nmais, dès a présent, d une indéniable saveur ». Touchant l'avenir de la musique à\nMadagascar, M. Brot, qui a assiste a un concert malgache comportant des morceaux"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.35", "texte": "LETTRE SUR LA MUSIQUE MALGACHE\n879\n\nIl nous a semblé que l'argent qu'on dépense à envoyer à Paris\nde jeunes indigènes pour qu'ils s'y perfectionnent dans l'art\nde la clarinette ou du violoncelle, serait plus fructueusement\nemployé à faire transcrire les mélodies malgaches, transcrire\net non adapter comme on l'a tenté pour les cantiques des\nEglises et des Temples où les Malgaches viennent en foule\nprendre le plaisir d'un concert avec le double attrait d'y être\nauditeurs et choristes.\nLes instruments sont d'une conformation si simple et si\nhumble qu'on est naturellement porté à les oublier quand on\nparle de la musique malgache, comme on ne les voit pas quand\non entend un concert : la flûte n'est autre qu'un tube de\nbambou percé de trous, le tambour un tronc évidé recouvert\nd'une peau, le bobre qu'une calebasse attachée à la base d'un\narc de bois tendu d'une corde ; l'instrument principal ou\nqu'une tige de bambou : un ancien voyageur l'a décrit avec le\nsentiment décoratif qu'on avait alors gardé de la Société du\nPremier Empire inspirée de Grèce et d'Océanie : « La\ndes Malgaches est une ligne cylindrique dont les cordes, au\nnombre de sept ou huit, sont distribuées autour d'un tronçon\nou d'une petite colonne de bambou ; elles sont formées de filets\nd'écorce détachés du cylindre lui-même et tendus par des\nchevalets placés près des nœuds qui sont à l'un et à l'autre bout.\nOn pourrait, ce me semble, tirer parti de l'idée des Malgaches :\nune jolie colonne d'une élégante proportion, ayant des cordes\naux filets des carmelures, et autour de laquelle un beau bras se\npromènerait, ne serait peut-être pas un instrument que les\nGrâces auraient à dédaigner (i). »\nTous les instruments malgaches sont en bois. Comme la\ncivilisation madécasse sort de la forêt toits de chaumes,\ncloisons de bambous, plancher en nattes, vêtements en fibres\nvégétales la musique malgache tire du bois, de sa matité\nsourde ou de sa résonance argentine le caractère de son\nharmonie. Aussi bien semble-t-il qu'elle est naturellement\n\nde Mozart et de Grieg, << arrangés par Andriantseheno », fait une ingénieuse com-\nparaison, plus judicieuse qu'il ne paraît au premier abord : « Le Japon, à qui l'on\nn'accordait naguère que des qualités simiesques d'imitation, s'est adapté l'art mili-\ntaire européen et est arrivé à concevoir de lui-même une place formidable et à l'exé-\ncuter ; le Malgache, avant tout musicien, peut fort bien accomplir quelque chose\nd'analogue dans l'art musical. »\n(i) Billiard, 1822, Voyage aux Colonies orientales."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.36", "texte": "880\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nfaite pour être entendue en forêt : du moins en exprime-t-elle\navec une rare subtilité l'atmosphère, à quelque endroit qu'on\nl'entende : les notes vives y recréent sur la sourdine des sons\nbrumeux l'effet mobile et scintillant des lumières dans un sous-\nbois enfumé et le cours de la mélodie, égal puis saccadé, limpide\npuis se brouillant en trilles, reproduit bien à l'oreille le cours\nde la ravine (i) qui glisse invisible, puis bourdonne et sonne entre\ndes rochers et des troncs renversés : c'est un assourdissement\nharmonieux qai attriste par la finesse des accords dans leur\ncontinuité ; par instants, un jet de notes plus claires, plus\ngraciles fait s'élever l'âme; puis elle retombe dans la monotonie\ninépuisable et fluide des mesures basses, accidentement, casca-\ndement infatigable et doux qui emporte l'âme de chute en\nchute, la fait voyager à travers une région fraîche et profonde\noù elle se sent mince, fragile, perdue, solitaire.\nAutre chose la caractérise : la musique malgache est une\nmusique qui se joue dehors : son acoustique est celle-là même\nde la voix humaine, de la mélodie des eaux vives, des brises\net des vocalises d'oiseaux : le plein air. Il en résulte qu'elle perd\nun peu de la gravité de l'accent humain pour se confondre avec\nles bruissements de la nature : elle se dissout, s'éparpille, s'éva-\npore dans l'atmosphère. Elle ne réserve point l'émotion insistante\nni personnelle qui contracte le cœur et l'esprit, elle répand\nun charme tour à tour traînant et sautillant qui les berce\nlégèrement en ménageant à l'auditeur le doux loisir de regarder\nles voisins, les bois moussus à l'horizon, la lune sur la rivière,\nles roches blanches dans les herbes : elle n'absorbe point, elle\ndistrait. Elle n'est pas encore devenue l'art de réveiller dans\nl'intimité de la maison close les émotions recueillies au dehors,\nelle est encore, dans la naïveté de ses origines, l'art inconscient\net primesautier d'élargir, d'épanouir sous le ciel la rêverie\n\n(i) Un passionné de musique qui alu Les Bohémiens de Liszt et qui se demande\nen quelle mesure, ainsi que Ta écrit, par pur lyrisme, le romantique amant de la\nmusique en pleine nature l'univers, avec ses brises, ses arbres, ses eaux, ses chants,\nfut le professeur d'harmonie de la primitive humanité, nous avait recommandé\nde chercher si la musique des races forestières de Madagascar tenait quelques-uns\nde ses accents du chant des oiseaux. Il ne nous a pas paru que le Malgache ait eu\nl'oreille formée par les oiseaux, crieurs plus que chanteurs dans ces régions taci-\nturnes. Mais il est incontestable que c'est lui qui a appris la danse à l'indigène, ces\ndanses où les mains s'agitent puis planent comme des ailes. Le Malgache accuse\nlui-même nettement cette imitation : « Danse, ô crécerelle, afin que nous puissions\napprendre à danser au temps de la moisson »."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.37", "texte": "LETTRE SUR LA MUSIQUE MALGACHE\n881\n\nintérieure entretenue ensemble par la vie du dehors et celle\nde la case : ce n'est pas la domestication de la nature dans\nle logis de l'homme qui s'en est déjà isolé, c'est l'élargisse-\nment universel de l'âme de l'homme qui, en rendant à la vaste\nnature le rêve mélodieux qui d'elle a pénétré en lui, se propage\nencore plus amoureusement dans le milieu où elle baigne.\nAinsi, loin d'épi ou ver le besoin de s'enfermer pour mieux\ngoûter les délices encloses dans la musique d'une flûte ou\nd'un violon, le malgache n'en jouit-il bien que s'il l'entend\ndans un paysage d'arbres, de collines et d'eaux, réalisant cette\nadaptation de la musique aux sites dont les Giorgione et les\nWatteau, puis un Gauguin nous ont laissé les voluptueux\ntableaux dans leurs Concerts champêtres... Ainsi que les Grecs\navaient composé leurs théâtres de telle sorte que le rythme des\nbeaux vers élevât leur lumière sur le fond d'un décor montueux,\nles Hovas ont imaginé de construire une île pour qu'elle servît\nde scène aux concerts et à cette fin que l'adjuvant de la musique\ny fît jouir plus délicatement les yeux d'un paysage où se,,trou-\nvaient groupées les plus belles choses de la terre : les femmes\nen robes couleur de fleurs sous les arbres épais ; les palpitations\ndes oiseaux dans les branches ; la lumière du soleil entre les\nfeuilles et les frissons des nuages sur les eaux (i).\nFaute d'avoir pu vous transcrire quelques-uns des airs que\nnos porteurs chantaient quand ils quittaient 1 etape où des\nfemmes avaient lavé leurs lambas, nous vous avons copié quel-\nques-unes des affiches qu'on placarde en été à Tananarive,\nsortes d'invitations aux concerts où le rythme des phrases\nexprime assez à quel point leur pensee se module naturellement\nen motif musical.\nAucune ne manque à vanter d'abord le charme original et\nfrais de l'ilôt d'Anosy où la foule doit se rassembler :\n\n(i) Il semble à nombre de disciples de Rousseau qu'il serait intéressant de\nvoir la musique moderne se confronter au paysage, développer ses harmonies dans\nl'air, devant un décor de collines, de bois et de rivières, et que ce serait une épreuve\nbonne à nous faire mesurer le degre peut-être excessif de cercbralité ou est montée\nla musique, trop enclose, formée uniquement aux proportions des salles de concert\net des salons : tout y est trop souvent au premier plan; la perspective manque."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.38", "texte": "882\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nUN ILOT\n« Qui excite à faire une bonne promenade et des chants mélodieux\nqui charment l'oreille. Tous les chanteurs peuvent s'y présenter. Donc\nfaites venir ceux du Nord, du Sud, de l'Est, de l'Ouest et faites-les entrer\ndans ce bon îlot. »\nUN ILOT\n« Quand on l'aperçoit de loin, il attiie l'attention ; si on le regarde de\nprès, il se montre agréable et lorsqu'on y arrive, on est heureux. C'est\nendroit non seulement sain, mais qui contient de l'air pur où on peut\nconduire les aveugles et les sourds. »\nC est le rendez-vous des amoureux, ainsi que le laissent délica-\ntement entendre ces autres affiches :\n« J'ai aperçu la route qu'il a prise,\nJ'ai vu aussi où il est entré,\nNulle part qu'à Anosy,\nJ'irai y voir mon chéri.\nIl m'est insupportable qu'on me le dise,\nIl m'est intolérable qu'on me le raconte,\nJe vais me présenter moi-même,\nJe veux le voir de mes yeux.\nAlors j'irai donner un coup d'œil\nCar à Anosy la mode ne manque point\nEt c'est ce qui m'intéresse le plus. »\nEt :\nEcoutez un\nOù est-elle, où est-elle, où est-elle, ma chérie ? Je ne l'ai pas vue depuis\nsi longtemps, qui est-ce qui l'a cachée ?\nElle est toujours là, mais\nC'est vous qui l'avez mal regardée. Pensez à elle.\nC est vous qui avez mal réfléchi. Alors sachez supporter.\nC'est vous qui ne savez pas aimer. Soyez donc amoureux.\nC'est vous qui n'arrivez pas au rendez-vous ; elle est déjà partie.\nHélas !je suis donc arriv\n« Mais comme j'ai trop espéré qu'elle m'aime, elle a changé d'amour.\nJe l'ai attendue, mais elle n'a pas comparu."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.39", "texte": "LETTRE SUR LA MUSIQUE MALGACHE\n883\n\nJe suis bien habitué à elle, et si je ne vois pas sa pommette,\nJe soupire d'amour.\nOù est donc ma chérie ? si je ne pouvais pas la voir, je perdrais la tête.\nElles proposent des thèmes de méditation sur lesquels\nl'esprit de l'auditeur, flatté de musique, se laissera flotter : ce\nsont le plus souvent ceux de l'amour :\n« Dis-moi, chérie quel est le remède qui empêche la mort ? Dis-le à\nton amoureux, Adieu donc, amis. Ne me dissimule rien car je\nprétends avoir en toi une amitié. Oh ! spectateurs présents, Je\nvous souhaite bonne année. Applaudissez avec joie. Réjouissons-nous\nCar c est un beau jour qui vaut cent. Heureux que nous sommes\nde revoir ce beau jour! »\nOu :\n<Regarde et vois\n« Si celle que tu aimes ne s'est pas égarée et, par suite, embarrassée, ne\nsachant quelle rue enfiler. Elle rêve de toi peut-être et accélère sa marche\nvers toi par celle de son cœur ; vois encore si la comète de ta vie ne\nt'attend pas depuis longtemps et si, sous la piqûre douloureuse des\nmoustiques, elle ne désespère pas de te voir et si elle ne s'en va pas tout\nen te regrettant de tout son cœur.\n« Regarde e\n«Si la désirée ne t'ennuie pas en tardant beaucoup, elle a peut-être\nété abandonnée en route par ses amies, car elle a un petit peu boudé. Vois\nsi ta flamme ne perd pas de temps en marchant dolentement. Allons,\nhabille-toi vite et va la suivre : elle t'a peut-être laissé hier derrière elle.\n« Regarde et vois\n« Car, sans contredit, c'est un beau garçon, ou une charmante jeune\nfille que tu attends. Si tu ne la vois pas, regarde demain, elle a peut-être\nété surprise par le voile sombre de la nuit ou par l'orage. Attention,\nl'amour forcé, amis, est changeant comme le temps, et surtout l'amour\ndéréglé est facilement dénoué : aussi, ne te presse pas trop. »\nParfois des conseils de morale sociale se mêlent à ces\nmotifs d'amour :"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.40", "texte": "884\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n« Les chanteurs en question se sont depuis longtemps envoyé des\ndéfis pour cause d'échange, qui s'est produit parmi eux ; par conséquent,\nils veulent engager une lutte de savoir qu'il est à souhaiter de voir se\nproduire, car ils sont aussi fameux les uns que les autres.\n«On commencera à deux heures par des chants uniquement sans\ndanses, vu que lesdits chanteurs sont de vieux artistes qui font leur appa-\nrition non comme des nuages qui arrivent en se filtrant ainsi que de la\nneige et produisent ainsi des effets engourdissants et sensationnels. »\n« Souvenez-vous\na On tarde de revoir ce qu on n'a pas vu depuis longtemps. Que les\namours qui ont pris racine sont difficiles à arracher. Que celui qui est\nabandonné depuis longtemps par une amie est mélancolique. Et que celui\nqui est loin de ce qu'il aime est condamné à soupirer. »\n« Souvenez-vous que\n«C'est la canne qui donne le sucre. Le paddy, le riz décortiqué. Et\nque c'est bien celui qui n'aime pas qui hait. Et, par contre, c'est celle\nqu'on aime qu'on appelle la chérie. »\n« Souvenez-vous que\n« Ce sont les crues des eaux qui rompent les digues.\nLes plaisanteries outrées provoquent la lutte.\nLe cœur non comprimé engendre la séparation des relations.\nEt l'esprit qui ne sait pas s'assujettir conduit au malheur. »\nSouvent ce sont de vraies litanies de proverbes sages,\ndes programmes de sentences, de morale destinées à être\ncommentées pendant la musique, car la musique touche l'homme\nd'une sorte de grâce où il se trouve plus susceptible de se perfec-\ntionner soi-meme :\n« C'est le plus beau jour, on se rappellera, en ce moment les chants\nmalgaches d'auparavant qu'ont chantés les vieux joueurs. Ces chants\nles ont rendus célèbres dans le temps.\n« Voici ce qu'on fera ce jour : à partir de heures à une heure, on ne\nprésentera que de vieux chants et de vieilles danses. Et à partir de une\nà 5, on fera valoir toutes les modes nouvelles.\n« Réfléchissez donc un peu. Le temps enrouille l'amitié; seulement,\npourvu qu'on s'aime au début, peu importe si on s'aimera ou non dans\nl'avenir, mais pensez au passé, ainsi qu'à l'avenir."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.41", "texte": "LETTRE SUR|LA MUSIQUE MALGACHE\n885\n\n« Ecoutez donc un peu. Ceux qui ne s'aiment pas de leur vivant res-\nsemblent aux morts, et ceux qui sont morts sans avoir fait leur volonté\nsont les plus malheureux; les jeunes gens non munis de travail ne sont\nplus des hommes, soyez donc sages.\n« Gardez bien ce que vous possédez car il est difficile de chercher\nune autre.\n« Finissez donc ce qui n'est pas fini.\n« Que la main de ceux qui ont l'habitude de caresser leur ami par\nhypocrisie soit enlevée.\n« Il faut donc supporter la discussion insignifiante.\n«Il faut s'abstenir de l'orgueil pour que notre chérie puisse nous\naimer tendrement.\n« Réjouissons-nous donc\"car c'est le jour du plaisir et de la paix,\nnous sommes heureux de voir ce beau jour, alors, soyons ravis. >\nCe que les Malgaches recherchent passionnément dans la\nmusique, c'est le plaisir de se trouver réunis dans une atmos-\nphère où « rien qu'en se regardant on peut causer et se\ncomprendre par la pensée ». Toute assemblée se constitue\nbientôt en chœur.\nDans les pérégrinations au fil des sentiers malgaches, nous\narrivions, la nuit noire, aux étapes. Les paillotes du village\nétaient fermées : l'on voyait seulement aux interstices des\nchaumes les lueurs sursautantes des flammes ; on n'entendait\npas de paroles, mais les crépitements du bois. Les bagages\ndéposés, nos porteurs avaient vite fait d'y pénétrer. C'était\naussitôt un grand babillage où dominaient les exclamations\ndes femmes, car les bourjanes, colporteurs de nouvelles, sont\nbavards comme commis-voyageurs de la brousse. Des indigènes\nqui s'étaient déjà endormis sortaient des cases et venaient\nse joindre à eux, puis, tandis que les lambas mouillés de sueur\nséchaient devant le foyer, les voyageurs et les hôtes, à voix\npresque basse, entretenaient des chants qui, graduellement,\ns'accentuaient et s'élevaient des paillotes. Dehors, l'averse\nd'une lune éclatante et froide faisait paraître plus rase la terre\nmalgache mamelonnée d'ombre et de lumière jusqu'aux\nhorizons verdis. En marchant entre les cases, à écouter se re-\nforcer et monter ces chants, nasillards mais puissants dans\nl'accord des voix aigrelettes, on sentait, par les souffles de\nsolitude qui frissonnaient entre ciel et terre nus, jusqu'à quel\npoint le plaisir de se voir, de se frôler, de se compter, de se rejoindre"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.42", "texte": "886\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nà travers l'espace de leur île qu'ils savent très grande, triomphait\ndans une allégresse plaintive. Aussitôt qu'ils se retrouvent, ils\ncèdent au langoureux instinct de chanter en chœur comme pour\ncommuniquer d'une façon immédiate et sûre, comme pour se\nmettre d'accord par-dessus les différences d'usages et de dia-\nlectes, éprouvant l'intimité de leur étreinte et la fraternité\nde leur entrevue à l'unisson de leurs accents. Dans l'élévation\ndes notes fusant ensemble autant que devant le feu nourri\npar chacun, ils goûtent la joie de réchauffer leur frilosité senti-\nmentale en face de la vie et de la mort. (Quelques jours auparavant,\naprès avoir passé à l'aube l'estuaire du Mangoro, si redoutable\nqu'on ne prononce pas un mot tout le temps qu'on le traverse,\nnos bourjanes s'étaient embrassés les uns les autres à mesure\nqu'ils s'étaient retrouvés sur la berge : ainsi se félicitaient-ils\nd'avoir échappé encore cette fois à la gueule du caïman, se\nrecensant après le danger et scellant par le baiser un nouveau\npacte de solidarité pour la vie qui, en quelque sorte, recommen-\nçait.) Cependant que les récitatifs interminables et nasillards\nconfondaient en une même harmonie, dans le silence aride d'un\nhameau de la côte pareil à tous les autres hameaux, les voix\ndes hommes descendus des hauts plateaux du Nord et celles\ndes indigènes du littoral, on est mystérieusement touché du\nmutuel amour inspiré, on ne sait comment, au cœur de ces êtres\nqui, vivant presque en races étrangères, éloignés les uns des\nautres sur leur petit continent, se chérissent assez pour con-\nsacrer par une ovation mélodieuse lia joie fortuite de se trouver\nréunis pour un soir en une veillée de famille devant une flambée\nde paille.\nToute la vie malgache, comme elle s'enveloppe continuelle-\nment de la fumée des cases, se déroule dans une atmosphère\nde musique : non seulement la musique met, pour ainsi dire, de\nl'harmonie entre les événements capitaux les plus différents de\nla vie, naissance, mariage, mort et retournement de cadavres,\nmais encore elle s'adapte à toutes sortes d'exercices et de\njeux : outre les danses, il y a des pugilats en musique où des\nbattements de tambours soulignent les coups; l'ensemencement,\nle repiquage des rizières s'accomplissent sur un rythme d'ins-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.43", "texte": "LETTRE SUR LA MUSIQUE MALGACHE\n887\n\ntruments ; la traversée des rivières où il faut effrayer de bruits\nles caïmans provoque des récitatifs avec chœur ; dans les têtes,\ndes phrases de violon interrompent à intervalles réguliers,\ncomme une réplique narquoise, la narration volubile et\nnasillarde d'un conteur comique, ou les périodes sonores d'un\norateur cambré ; derrière le pitre qui, de ses contorsions, de ses\ngrimaces, de ses cris, réjouit la foule jusqu'au rire en l'inter-\npellant d'une façon familière et bouffonne, un joueur de bobre\naccentue de notes piquantes les mimiques les plus drôles.\n\nMarius-Ary Leblond."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.44", "texte": "L'HYGIÈNE DU VIOLON\n\nCONSEILS PRATIQUES SUR L'ENTRETIEN DES INSTRUMENTS\nA ARCHET EN VUE DE LEUR CONSERVATION.\nTROISIÈME CA USERIE\nLa longueur de la portion vibrante des cordes dans les ins-\ntruments à archet n'est pas arbitraire, et le soin que les anciens\nluthiers de l'ltalie prirent de marquer par le cran intérieur des\nff la place exacte du chevalet, montre quelle importance; ils\nattribuaient à cette mesure. Je dépasserais le but de ces cau-\nseries en essayant de trouver les raisons qui les amenèrent à\ndéterminer la longueur de cordes comprise entre le sillet du\nmanche et le chevalet, à laquelle on a donné le nom de diaàason.\nOn peut dire, en général, qu'elle est un peu inférieure à la longueur\ntotale de la caisse de l'instrument. Pour le violon, par exemple,\nsi l'on admet la distance du sillet du manche au cran intérieur de\nl'A de 32 cent. 5 %, la longueur de la corde sera en chiffres\nronds de 33 centimètres.\nJusqu'à présent, personne n'a formulé ces raisons, et lors-\nqu'un spécialiste vous parle gravement de déterminer ou de\nrectifier le diapason, il n'en sait théoriquement pas plus que vous,\nmais il connaît la proportion sur laquelle ce diapason est actuel-\nlement établi, et les mesures que l'on est plus ou moins convenu\nd'adopter.\nSans pénétrer au cœur de la question, il est utile de ne pas"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.45", "texte": "LUTHERIE\n889\n\nignorer que les anciens comprenaient le diapason autre-\nment que nous. Aujourd'hui, la mesure du diapason est\nuniforme, quel que soit le patron de l'instrument. Chez les\nanciens, cette mesure variait suivant les proportions de la\ncaisse, de sorte qu'un petit instrument ne pouvait guère être\njoué par une grande main. Il est à présumer que ces modèles\nétaient précisément destinés à des mains mignonnes, de femmes,\ntrès probablement, sans quoi on ne s'expliquerait pas leur\nraison d'être.\nLes écrits du temps nous apprennent d'ailleurs qu'au\nxvine siècle, en Italie, les jeunes filles s'adonnaient, en grande\npartie, à l'étude des instruments à archet, et que même elles\nformaient, particulièrement dans certaines communautés reli-\ngieuses, des symphonies réputées.\nNous nous expliquons donc aisément pourquoi l'ltalie\nnous a légué un si grand nombre d'instruments de petit format,\net nous le comprenons d'autant mieux, que, depuis quelques\nannées, nous assistons à l'invasion de nos salles de concerts par\nune foule charmante de violonistes, altistes, violoncellistes et\nmême contrebassistes, soit comme solistes, soit à l'orchestre.\nJ'applaudis de tout cœur à cette conquête, écho de temps\nlointains, et je souhaite que, par l'observation de mes conseils,\nviolons, contrebasses, altos et violoncelles deviennent des\nesclaves dociles et soumis entre les mains les plus frêles et les\nplus délicates...\nDe nos jours, quel que soit le patron, si la distance indiquée\npar le cran de I'/ d'un antique paraît trop courte par rapport\nà notre diapason, on dit que l'instrument est mal diapasonné, et\non déplace le chevalet conformément à la nouvelle loi. Bien\nheureux encore, quand on ne déplace pas les // elles-mêmes.\nD'autre part, lorsque le manche n'a pas la dimension réglemen-\ntaire, c'est ce dernier qu'on rectifie.\nDu temps de Stradivarius, le manche des violons était plus\ncourt de deux lignes, et c'est à Viotti qu'on doit la dimension\nactuelle, nécessaire à la technique moderne.\nIci se place une objection. Si tout était calculé avec tant de\nprécision dans l'œuvre des maîtres anciens, comment se fait-il\nque l'allongement du diapason n'ait pas nui à l'équilibre général\nde l'instrument, et qu'au contraire ce dernier y ait gagné ?\nIl est aisé de trouver l'explication de cette contradiction"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.46", "texte": "890\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\napparente. Les instruments anciens ne sonnaient autrefois ni\nmieux ni plus mal qu'aujourd'hui : ils sonnaient autrement. Le\nla étant considérablement plus bas, la tension des cordes se\ntrouvait bien moindre, et la sonorité différente avait plus de\ndouceur et moins de portée. Mais avec le renversement moderne,\nnécessité par l'élévation progressive du la, l'équilibre s'est\nmodifié. On a donc dû pour résister à la tension plus forte,\naugmenter la longueur et l'épaisseur de la barre : dans ces\nconditions, l'allongement du diapason ne pouvait qu'être favorable\nà la vibration qui eût été trop si l'on avait\nconservé l'ancienne longueur de cordes.\nCeci nous mène naturellement à ce que l'on appelle le\nversement, et son étude nous permettra de déterminer pratique-\nment la hauteur des cordes au-dessus de la touche, et l'angle\nqu'elles doivent former sur le chevalet.\nAuparavant je vais indiquer comment on calcule le diapason,\net les mesures exactes qui résultent des différentes méthodes\nemployées à cet effet.\nIl y a deux manières d'établir le diapason :\ni° Diviser la distance qui se trouve entre le sillet du manche\net le cran intérieur de Vf en cinq parties, dont deux pour le\nmanche (du sillet au bord de la table), et trois pour la table\n(du bord de la table au cran intérieur de I'/).\n2° Diviser cette distance en douze parties, donc cinq pour le\nmanche (du sillet au filet ou à l'éclisse), et sept pour la table\n(du filet ou de l'éclisse au cran intérieur de I'/).\nVoici à titre d'exemple le diapason calculé d'après la pre-\nmière manière :\nviolon alto violoncelle\nDistance du sillet au cran de I'/. 0.32.50 0.36.50 0.69.50\nDistance du bord de la table\nau cran de I'/(3 parties) ... 0.19.50 0.21.90 0.41.70\nDistance du bord de la table\nau sillet du manche (2 parties) 0.13 0.14.60 0.27.80\nDans la pratique et particulièrement en France, on emploie\nla seconde manière, en prenant pour point de division l'éclisse\nqui donne une base plus constante que les filets, la place de ces\nderniers n'étant pas fixe. Puis dans la pratique encore, ou"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.47", "texte": "LUTHERIE\n891\n\nplutôt dans la construction ou divise ainsi : i° du sillet à l'é-\nclisse; 2° du bord de la table au cran intérieur de Vf.\nDepuis quelques années on est à peu près tombé d'accord\nsur le diapason des instruments du quatuor, particulièrement\nen France et en Angleterre. Malgré cela il circule encore une masse\nd'instruments mal diapasonnés.\nLes mesures qui répondent le mieux aux besoins de l'exécu-\ntion et sont le plus en harmonie avec les dimensions moyennes\nde la main sont :\nVIOLON ALTO MOYEN ALTO VIOLONCELLE VIOLONCELLE\nGrand Modèle Moyen Grand Modèle\nDu sillet \\ ,\n( 5 pouces 5 pouces 5 pouces i° pouces iopoucesplus\nFéclisse J nioins 2 lignes plus 3 lignes plus 4 lignes P-us 4 lignes 5 lignes faibles\nDu bord de la j\nTable au cran t 7 pouces 8 pouces 8 pouces 14 pouces 15 pouces\nintérieur de l'fjpluS 3 ligneS Plus 1 ligne plus 10 lignes\nOn remarquera que les mesures ci-dessus sont données en\npouces et lignes, la lutherie française se servant encore aujour-\nd'hui exclusivement de nos anciennes mesures. Il est facile de\nles ramener au système métrique en se rappelant que le nombre\nde divisions de l'unité est 12 et que la ligne contient approxi-\nmativement 2 % 255.\n(A suivre.)\n\nLucien Greilsamer."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.48", "texte": "La Théorie musicale des Civilisations\nDE RICCIOTTO CANUDO\n\n« Or9 Claude Debussy est un précurseur... »\nE noble aspect d'un penseur —la seconde figure\ndivine que j'aie cru rencontrer au hasard des durs\ncontacts occidentaux plus inquiet qu'exalté,\nplus étroitement renfermé dans la pure, enfantine\nclarté de son rêve, de sa passion réfléchie, que\ndélirant et inexact apôtre des communes religions du succès\nun tel homme, digne à la fois de toutes les sympathies et de\ntoutes les haines, si son génie doit un jour trahir la jeune con-\nfiance que, sans aucune réserve de pudeur, notre amitié met en\nlui il me plaît de le découvrir ici.\nLe livre de Y Homme de Ricciotto Canudo appelle la violence\nde toute critique qui ne veut pas le comprendre. Capable de\npeupler un Panthéon nouveau par tout le dynamisme lyrique\nde sa métaphysique constructive, il demeure concis dans ses\ntermes, et riche, au demeurant, d'un monde d'idées communes\nque réalise mieux pour nos sens une toute merveilleuse invention\nplastique. La marche et la portée d'un tel livre se définissent,\n\n(*) RICCIOTTO CANUDO. Le Livre de l Evolution, —— L'HOMME Psychologie\nmusicale des Civilisations. Paris, Sansot, MCMVIII"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.49", "texte": "LA THÉORIE MUSICALE DES CIVILISATIONS\n893\n\nelles ne se font pas sentir. L'auteur en a donné une nette\nexplication dans la courte prélace qui l'annonce et qui le\npourrait mieux résumer :\n« Dans ce livre de l'Evolution je présente une métaphysique\n« musicale des civilisations... Ici je suivrai l'Homme, mani-\n« festation suprême et mobile de la Nature dans sa marche dite\n« de l'Orient vers l'Occident et j'expliquerai l'âme et l'ordre de\n«ce mouvement en prenant comme paradigme de la vie la\n« musique ».\nEt plus loin :\n« Je vois, le premier, l'évolution de l'Homme à travers lamani-\n« festation que je considère comme la plus synthétique, la plus\n« représentative de l'activité humaine ; la vie musicale des\n« peuples. » (L'auteur expliquera en effet par ailleurs que toute\nla politique légiférante, guerrière et commerciale ne lui semble\nqu'une simple apparence du iatum esthétique de chaque moment\nde l'histoire commune.)\nUne telle position de l'esprit procède immédiatement de\nSchopenhauer du moins dans la partie positive de son œuvre\net par là du Kant de la Critique mais elle procède\nde Schopenhauer à travers Nietzsche. Aucune phrase de cet\nouvrage ne me paraît plus émouvante que ces brèves lignes de\nl'avant-propos qui sont, plus que le codex de la jeune pensée\ncontemporaine, la parole même de l'avenir : «Je continue la\n« conception de vie de Frédéric Nietzsche... Nietzsche rêva\n« une reconstruction du Mythe four exalter une race. C'est cette\n« aspiration que j'ai continuée en regardant à travers elle toute\n« l'histoire et en particulier l'histoire et la gloire de la race médi-\n« terranéenne : du bassin de la Méditerranée, berceau du\n« monde moderne. »\nCeux qui liront l'Homme avec la pensée d'y découvrir une\nexplication aux faits de notre civilisation occidentale, même\nvus au travers de la musique, ceux-ci seront déçus ceux qui\nliront le livre croyant y trouver les raisons mêmes de l'évo-\nlution se tromperont mais ceux qui, ayant voulu embrasser\nd'une vue d'ensemble tout ce qui fait l'intérêt de la vie dans\nl'avenir et dans le passé, auront perdu courage devant l'infini\nenchevêtrement du processus du Temps et de l'Hypothèse\ntoujours réalisable, ceux qui auront mis une mystique confiance\ndans les données harmoniques de l'existence et de l'action,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.50", "texte": "894\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nceux-là découvriront ici le commentaire lucide, l'explication de\nleur rêve et, d'un seul coup, se trouveront fixés dans la plus\npuissante, la plus féconde direction de leur pensée qu'il leur ait\nété permis d'espérer au delà de toutes les critiques données de la\nconnaissance : Hume et Kant.\nCe livre est une hypothèse et c'est justement par là qu'il vit.\nQu'on imagine ce qu'il y a de singulier dans la vie interne de\nl'esprit classant et déclassant des faits qu'il « réalise isolément »\npour son propre plaisir et sa propre nécessité, car sa nature le\ndemande (l'ensemble des faits perceptifs crée l'esprit) établis-\nsant, si l'on veut encore, des barrières et dans « ce qui\ncoule » quand bien même le tout du Temps, de l'action est éternel,\nque nous y puisons seulement la matière de nos songes si l'on\npréfère : quand la représentation est et que les images,\nles idées dont nous parlons (même concepts généraux elles en\nsont la réapparition) ne sont que des tranches postérieurement\ndéfinies dans la réalité perçue troisième condition de penser\nque Kant négligea de nous faire sentir au delà et peut-être\npréalablement aux formes premières qui semblent s'engendrer\nautomatiquement et parallèlement à elle : l'Espace et le Temps.\nJe m'excuse de l'obscurité nécessaire. Or c'est cette nature même\nde l'esprit identité musicale (i) au plus haut chef qui\npousse à affirmer que le point de départ de l'Homme est une idée\nprofonde.\nMusica est ezercitium metaphysices occultum\ninscientis se philosophari animi.\nSCHOPENHAUER.\nTelle est l'épigraphe de ce livre.\nLe style, dit l'auteur, en est fait particulièrement de visions,\nd'intuitions positives et de reconstitutions lyriques. Il ne\n\n(i) Harmonie réelle dont nous ne réalisons les parties que vis-à-vis de la\niaison. On conçoit que l'oreille de l'enfant, une fois formée, ne demeure jamais en\nrepos. De même pour la conscience. Mais il y a plus : la perception sensible est\nlimitée à son origine par des conditions matérielles: intensité vibrante (?) de la\ncellule motrice ayant un début et une fin la pensée, non."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.51", "texte": "LA THÉORIE MUSICALE DES CIVILISATIONS\n895\n\nfaudrait pas s'abuser pourtant et supposer que la richesse du\nstyle supplée à la déduction forcément subjective des termes.\nChaque image y révèle une importante volonté d'admonition,\nchaque ensemble intuitif recouvre un parallélisme d'idées ou\nune intention démonstrative.\nLa conception même du plan oratoire de l'ouvrage est d'un\ndynamisme intense dans sa simplicité style en mouvement. La\nparaphrase lyrique delà vie première de l'humanité se transpose\nau mode historique, puis au critique àmesure que l'on serapproche\ndes modes communs de notre sensibilité. Cette application des\nnaturelles qualités réactives de l'esprit vis-à-vis des œuvres du\npassé paraîtra un effort méritoire pour ne pas retourner au néant\ncommun. Quoi de plus vide en effet, de plus dénué de réelle,\nfécondatrice valeur que cette application, où nous sommes\naccoutumés, des positions critiques de l'esprit et des objets\nqui souvent meurent à notre imagination de l'absence totale\nde données positives ?\nJ'ajoute que, si l'on veut bien s'en rendre un compte exact, le\nprocessus même qui va de l'état lyrique à l'état critique en\npassant par l'analyse historique est le processus même\nde l'esprit à propos de toutes ses représentations vitales.\nL'imagination est le fondement même de l'analyse ration-\nnelle. Si Kant livrait le fond de sa pensée quand il écrit sa\npremière Critique il donnerait l'imagination-volonté comme\nraison principale de l'être. (Il le fait presque dans les Prolégo-\nmènes, Ch. 11, App. II.) La méthode de se justifie donc,\nje crois, en considérant la nature de l'esprit. On peut donc le\nlire sans craindre d'entreprendre un inutile pèlerinage au do-\nmaine des nécessités hypothétiques. Pèlerin passionné, certes\nil faut l'être ! Et combien s'en voudraient de n'avoir pas osé leur\neffort quand le Temps aura marqué de son doigt la divinité de\n? Il est vrai que la mort est une autre sagesse...\nJe n'exposerai pas ce livre : il faut le lire. Je ne le critiquerai\npas—toute critique est en fonction dans la préface—une préface,\nje l'ai dit, qui ne prépare rien, mais qui, une fois qu'on a lu,\néclaire tout. Ainsi d'un autre livre fameux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.52", "texte": "896\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nPossédons-nous donc les Prolégomènes de la Métaphysique\nfuture ? Une extraordinaire volonté symbolique lait de l'ou-\nvrage un problème plus encore qu'une démonstration. Un\nmanque partiel de méthode dans la synthèse, qui se fond dans\nla puissance organique de l'ldée, l'exotisme fâcheux de cer-\ntaines formules qui se replient naïvement et se referment en\nelles-mêmes sans vouloir aucun au delà, des répétitions nécessaires,\nune écriture si riche de mouvement qu'elle tourbillonne d'idées,\ncette puissance géniale enfin qui ne s'interdit pas la possibilité\nd'être inexacte pour chacune des idées qu'elle exprime, voilà\nle côté obscur, à peu près inévitable, de l'œuvre. Mais que ceux\ndu moins qui n'auront pas un cycle d'idées générales égal à lui\nopposer daignent le suivre ! J'aperçois une armée. Un tel écri-\nvain me paraît de la race des divinateurs, un de ces êtres « para-\ndisiaques » qu'il nomme lui-même « vibrant en pleine lumière »\nsans souci des contingences. La foule des opinions qui se pres-\nsent sans nécessité apparente, caractéristique d'un esprit créa-\nteur, contraint à chaque instant de son invention de repérer son\neffort, cette classification généreuse des notions historiques,\nnécessaires dans leur vulgarité (chaque terme de la poli-\ntique apparente prend une couleur naturelle à ses yeux),\ncette jeunesse triomphale enfin d'un esprit qui, ayant long-\ntemps souffert, longtemps réfléchi, se livre définitivement sans\nsouci, ni des haines, ni des mesquines rivalités de son milieu,\nvoilà ce qui nous fera aimer l'auteur de l'Homme et son livre. Une\ntelle philosophie musicale est un très fort essai inattendu\net plus encore que cet ouvrage, qui n'est plus le premier, la\nvigueur non tarie d'une telle pensée nous donne le droit de con-\nsidérer l'avenir avec joie.\nJe voudrais que l'on puisse retrouver tout l'intérêt du livre\nde Ricciotto Canudo dans l'exposé d'une part de ses théories.\nAprès avoir évoqué et lyriquement traduit l'origine insoup-\nçonnée de la danse et du chant « grandes ailes ouvertes dans\nciel sur tous les gestes de la vie humaine », après avoir exalté\n1 identité orgiaque de toute primitive sensation musicale, sa\nvaleur traductrice de la volonté harmonique de la Terre joie"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.53", "texte": "LA THÉORIE MUSICALE DES CIVILISATIONS\n897\n\nuranique l'auteur nous transporte dans le monde naissant\nd'lsraël.\nL'hymne des femmes servantes chantant leur joie au châti-\nment marin de Pharaon, au châtiment exemplaire dans les\neaux rouges, par la main du J aveh qui se souvient, tel est le\npremier document d'une musique qui ne meurt pas avec sa\npropre création : une terrible, victorieuse ivresse de haine\nl'engendra, c'est pourquoi il demeure. Cependant plus à l'Orient,\nplus au Sud, des peuples sont aux prises avec le Secret immortel :\nils rêvent, et c'est pourquoi aussi la musique des Hindous refuse\nde guider ses effluves dans un sens de plus humaine volonté.\nLe Pélasge, traînant avec lui l'horreur de sa migration\nforcenée, « féconda l'Hellade et mourut ». L'Hellène, entant libre,\naccepta le destin farouche de son hôte et en fit une joie : orgueil\nde la Niké, délire de sa propre vengeance. Fils naturel de toutes les\nnécessités acceptées de la vie il tourna en forces toutes les passi-\nvités de son ère. « Des milliers de vengeances étaient à accom-\n« plir, toutes les vengeances de la terre que l'angoisse orientale\n« avait accumulée dans un seul héritage pour les créatures\n« libres et nouvelles de l'Occident. Il fallait affirmer la puissance\n« de l'homme et la sainteté de l'orgueil. » Le culte de la forme,\nl'exaltation de toute humaine vigueur, voilà ce que traduisaient\nles premières tentatives lyriques des pasteurs trop faibles\nencore et trop subjectives.\nMais bientôt l'hymne orgiaque magnifia son action. On\ndédaigna le cantique délirant et la saltation autour du thymèle.\n« Le peuple aimait le grand spectacle nouveau où l'ode et l'épopée\n« étaient mêlées dans ses luxueuses aspirations de vie. La danse\n« silencieuse des choristes, dirigée par le cri aigu du coryphée,\n« harmonisait tous les corps dans un mouvement unique et\n« rythmé. Ils formaient tous une seule image, ondoyant en\n« cadence selon l'expression et la force de leur fureur. Puis,\n« les bouches ne pouvant résister longtemps à la violence du\n« nouveau délire dithyrambique, les danseurs chantaient dans\n« une belle ordonnance. »\nLe chant triompha toujours plus de la musique. Le festin\npastoral n'existait plus. Bientôt « la danse qui était l'orchestre\n« des premiers chants, céda sa place aux bois et aux peaux\n« sonores... La musique et l'orgie naïve sont devenues désormais\n« maîtresses des rythmes et des combinaisons savantes »."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.54", "texte": "898\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nJe désirerais ne pas poursuivre davantage un exposé qui n'a\nguère de sens, puisque il faut le répéter, quitte à sembler odieux\nd'affirmations, dans un tel livre toute parole est essentielle,\naucune épithète, aucune digression ne paraît susceptible d'être\nretranchée. On peut le concevoir différent, on ne peut pas le\nsupposer autre. Comment, dans ces conditions, suivre l'auteur\nquand il nous conduit au rapprochement de l'hymne orgiastique\net de l'ldée à mesure qu'une nouvelle aube d'angoisse étreint\nl'Occident ? Le Christ né, c'est la fin : un couronnement de misère\nen la douleur de ce cœur très ancien. Mais « il raconta son rêve\n« et ses paroles furent comme la semence à l'eau dans les cœurs\n« arides ; elles engendrèrent la vie. Puis il mourut ».\nEt, tandis que les aigles romaines se jettent sur l'Orient à\nla recherche de la lumière impossible, «des souterrains de la ville\n« impériale en joie montent des chants longs et tristes, d'une\n«longueur qui semble s'éloigner vers l'avenir... »\nC'est un calme nouveau,une volupté nouvelle. « Les Chrétiens\n« ne dansèrent pas. Le corps qui avait trop vibré, devait s'im-\n« mobiliser pour laisser s'épanouir, dans l'air enfin tranquille,\n« la fleur de l'âme. Toutes les valeurs humaines se transfor-\n« maient. La vengeance devenait le pardon... La Danse s'im-\n« mobilisait dans l'Extase. » Cependant comme l'âme païenne\nnécessairement avait évolué, s'assombrissant vers la tragédie,\nde même la solidarité chrétienne se réclamait de la complexité\nde son expérience pour réaliser une langue nouvelle : aspiration\nà la polyphonie. La religion triomphante, les croisades déchaî-\nnèrent la printanière marée de 1\nLe peuple chrétien voulait sa tragédie. « Elle était dans sa\n« mémoire classique... acquise par l'esprit humain », elle ne\npouvait s'ensevelir avec les ruines de pierre. Ce furent les Mys-\ntères. Mais comme le sentiment tragique de la divinité s'huma-\nnisait dans la chair, la chair se réveilla. Du nord vers le sud les\ntrouvères levèrent les clairs étendards de la Gaya scienza. La\nreligion extériorisée ne fut plus d'aucune entrave pour la joyeuse\nfièvre des hommes. « On vit des miracles : Giotto et Dante...\n« Adam de la Halle... Et ce fut en 1285 à Naples : la naissance\n« de l'opéra.»\n« Les cœurs aussi étaient trop troublés par les nouveaux\n« désirs des esprits trop simples... L'automne éclata. Tout deve-\n« nait mouvement. » Pendant une certaine période on n'avait"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.55", "texte": "LA THÉORIE MUSICALE DES CIVILISATIONS\n899\n\nconçu le portrait que sur un fond inspiré par une divinité. Peu\na peu on supprima le fond : « l'Homme seul resta ». On revient\nà l'antique idéal, on le copie, on l'enrichit. Dans cette exubé-\nrance le Christianisme brûle son fonds. La musique suit\ntoute cette évolution. Des Flandres elle s'épanouit aux cités\nitaliennes : Tinctoris, Willaert, Goudimel, soutiennent d'une\nflamme nouvelle et généreuse le génie enfant de Palestrina.\nL'Eglise réagit. Il est trop tard : Luther est là. Et tandis que\n« Luther avec le choral surgissant de la polyphonie ouvre le\n« chemin à un peuple de génies, dans la chapelle Sixtine le\n« musique divine de la Missa Papa Marcelli affirmait le\n« triomphe de l'homme seul ». Le double courant était né :\nl'événement typique surgit bientôt.\nAvant Palestrina la danse triomphait ; ses airs prenaient\npartout des noms particuliers, noms de provinces ou de carac-\ntère. Ce sont eux qui vont engendrer au delà du système primitif\nde la Sonate, le Concerto et la Symphonie. Mais ce besoin d'ac-\ntion avait appelé l'existence de phénomènes dramatiques nou-\nveaux : à Venise, le Madrigal ; en France, les Ballets et les\nMômeries. C'était trop peu pour l'âme naissante. Palestrina\navait purifié l'âme musicale. Son dernier cri théiste ensevelit\nle lourd soupir de l'Eglise devant les nouveaux joyeux efforts\ndes individus. Les mystères étant morts, la musique s'adressa\nde nouveau à la tragédie sauvée par les érudits byzantins de\nl'effroyable assaut des torches ottomanes. « En 1594, l'année\nde la mort de Palestrina, la tragédie en musique de Jacopo\nPéri triompha. » C'était le premier drame musical.\nIl faut renoncer définitivement ici à accompagner l'auteur\ndans cette étonnante entreprise d'embrasser d'un seul coup\nd'œil l'évolution du drame musical de Monteverdi à Wagner,\npuis à Debussy. Les quelque deux cents pages qui suivent\net qui forment peut-être bien à ses yeux la partie essentielle\nde son ouvrage, réalisent le plus durable effort que je crois aper-\ncevoir pour concilier tout ce qui nous apparaît philosophique-\nment divergent dans l'évolution des formes humaines. Le souci\nde se relier à une loi esthétique générale maintient la démons-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.56", "texte": "900\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntration dans une manière de rigueur apologétique qui ne laisse\npas d'impressionner.\nQue Monteverdi, par génie et résultat nécessaire de tant\nd'ambitions solidaires, que Monteverdi ait réellement créé\nnotre âme musicale, peu le voudront contester. Que la musique\nà sa suite envahissant tous les domaines se soit étendue du plus\nhéroïque de l'art jusqu'au plus inférieur, c'est une constatation\nqu'a dès longtemps imposée l'étude des données communes de\nnotre esthétique. Mais nous retrouvons déjà, à propos de l'opéra-\nballet une théorie de la Danse èt sa définition en tant que com-\nmentaire individuel, féminin et plastique de la musique. « L'effort\nde la matière féminine pour deven » peut enseigner\nquiconque s'inquiète de la triste indifférence de notre orches-\ntique moderne. Il faut passer. L'auteur nous conduit\nensuite vers la seconde étape du drame musical moderne :\nWanger. La querelle des Bouffons met en cause dans les pays\nlatins la définition même de la musique.\nEt c'est là que nous voulons suivre la pensée de l'auteur :\n« La musique, en tant que faculté essentielle de l'homme, doit\n« être expliquée dans sa substantia devant l'intelligence humaine.»\nLaissons toute leur vigueur aux explications de Ricciotto Canudo :\n« Il y a certaines musiques qui répondent à des états d'âme\n« précis... d'autres qui se nourrissent de certaines essences obs-\n« cures et se perdent dans l'inconscient... L'émotion que\n« nous ressentons de ces musiques, qu'elle soit joyeuse ou dou-\n« loureuse est l'impression provoquée par la connaissance...\n« Tout ce qui dans des nuits lointaines fut comme un rythme\n« enveloppant notre rythme de vibrations ou fut précisé par\n« une image durable dans la mémoire ; tout cela se dégage, est\n« libéré par la représentation synthétique, et par cela évoca-\n« trice, de l'œuvre d'art. La joie ou la douleur que nous croyons\n« ressentir aspects différents de la connaissance est plus\n« ou moins grande selon notre sensibilité. Mais les images... sont\n« bien ce qu'on appelle des sentiments ou des sensations que\n« l'œuvre d'art objective devant nous lorsque le phénomène\n« de libération est accompli par la puissance de l'évocateur.\n« Ce phénomène sensoriel de la musique agissant sur celui\n« qui l'entend est identique à celui même de tout art... »\nSuit un rapprochement du mécanisme de l'émotion musicale\net de celui moins profond de la parole :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.57", "texte": "LA THÉORIE MUSICALE DES CIVILISATIONS\n901\n\n« Mes images (résultantes de ma volonté facultés d'assimi-\n« lation et d'élimination) sont en celui qui m'écoute s'il est\n« capable de me comprendre... de contenir mon idée en lui.\n« L'action projetée de ma volonté ne fait que tendre à des\n« images que, par l'influence diverse de ma parole, je veux\n« imposer à un organisme intellectuel, afin de les soulever de\n« sa subconscience, en le forçant à les formuler jusqu'à ce qu'il\n«en ait connaissance... Il faut\n« m'écoute oppose une résistance résistance\n« dérivante de sa culture et de toute son idiosyncrasie, pour\n« qu'il puisse réaliser le modelé idéal de mon discours. » Le\nphénomène musical présente les mêmes nécessités et les mêmes\nlois. « La musique est la suprême subtilisation concevable de la\n« matière terrestre (effort de libération vie. Les énergies de\n« l'univers veulent être libérées). Elle est semblable à la lumière\n« et comme la lumière elle enveloppe la vie. »\nLa musique suggère, ne définit jamais : c'est le véritable\nlangage de l'inconscient. « Sa force de divination et d'impulsion\n« n'a pas de bornes. Elle suit l'Homme et la Nature... devient\n« riche de toutes les formes que l'Homme découvre dans la\n« Nature... que l'Homme surprend, poursuit, écrase dans sa\n« marche en avant vers l'infini stérile de la Nature .»\n« L'âme est la forme du corps », annonce Aristote. Il faut se\nrallier en même temps à la définition de I'HOMME : la Musique\nest la forme de l'âme.\nJe préfère m'arrêter ici. Il faut avoir compris, ou le vouloir.\nRien mieux qu'une lecture ne peut renseigner sur la portée\nexacte d'un livre qui présente de prime abord l'intérêt des\ndonnées non communes. Et il est plus sage de ne pas lasser par\navance le plaisir qu'apportera la lecture des pages sur l'évolu-\ntion de l'âme occidentale : Beethoven et Wagner. La prépara-\ntion de Atmosphère Musicale,le rôle probable de Debussy\net la définition de la mélodie seront la source de curieuses\ndigressions mentales pour ceux qui auront suivi l'auteur avec\nattention. Il nous conduit plus loin même que le drame\nd'idée, vers la synthèse suprême de tous les arts, aux portes\nde l'avenir, dans le Théâtre métaph"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.58", "texte": "902\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nDu moins ceux qui, ayant parcouru ces pages, auront annoncé\nun éloge, se seront trompés. Tout éloge crée un adversaire :\nl'éloge n'est que le plus médiocre blâme des modesties. Mais\nla vérité crée sa loi.\nJ'appelle les raisons du Destin et, les deux mains loyale-\nment tendues vers la tendre impassibilité de l'avenir toujours\ngénéreux, je lui demande de justifier mon rêve, sachant que\ntoute la saine, inégalée puissance des conjonctures sentimen-\ntales de l'être ont porté plus de fins devant la raison humaine\nque les discussions des écoles certain de me réjouir juste-\nment dans la double richesse d'affirmer que celui-ci est un\nhomme et qu'il pense.\n\nJacques Reboul."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.59", "texte": "LE MOIS\n\nLE CHANT AUX CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nCinquante-six voix à entendre ! Voici l'occasion de\nréfléchir sur l'enseignement du chant, se rendre compte du\ndéveloppement ou de la décadence de certaines voix qu'on\nréentend à ces concours. Certainement, les défauts s'exa-\ngèrent par l'effet de l'émotion, et pour la même raison les\nqualités, selon les natures, ne se révèlent pas toutes ; les\nconcurrents et leurs camarades ont trop de préoccupations,\ntrop d'inquiétudes pour donner toute la mesure de leur talent,\nmais quand même on peut se rendre compte de la différence\nde l'enseignement, des résultats obtenus et de l'intelligence\nmusicale, des tempéraments artistiques de toute cette jeu-\nnesse chantante.\nAu premier concours, celui des hommes, considérons\nd'abord la classe de M. Hettich : le baryton, M. Combes (se-\ncond accessit), concourt dans DC'est une voix assez\nforte et assez travaillée, dont le timbre n'est pas saillant,\nmais l'articulation nette, l'exécution soignée, réfléchie.\nLa voix du ténor, M. Coulomb (premier accessit), sans être\nriche en timbre est très bien placée, sa façon de dire est très\nintelligente ; c'est un des rares qui ne cherche pas à grossir\nsa voix, sait s'en servir et avance admirablement le son. Son\ninterprétation $ Adélaïde,très musicale, était un peu pâle,\nquoique nuancée. Il nous semble qu'il peut devenir un excel-\nlent chanteur.\nLa plus jeune et la plus belle basse du concours est celle"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.60", "texte": "904\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nde M. Dupré (second accessit), qui chante un air fort beau et\nfort difficile de la Passion de Le poids de la\nvoix est un peu fort pour les minces épaules de l'artiste, mais\nelle est pleine, fraîche et a cette légère coloration nasale, par-\nticulièrement impressionnante dans la voix des basses. La\njustesse, la musicalité et l'intelligence sont hors de doute.\nLes valeurs ont manqué dans son exécution, mais on sent\nun plan. Pour le moment, sa respiration paraît un peu courte.\nLa voix de M. Villaret (ténor) eât très agréable, ronde,\nmais un peu sourde. Les demi-teintes sont très jolies. Il exa-\ngère trop les nuances, les souligne au point de détruire l'im-\npression. En cherchant plus de simplicité, il peut, croyons-nous,\nobtenir un joli résultat, puisqu'il est capable de dire avec\nntelligence et charme. {Le Déserteur).\nLa classe de M. Cazeneuve envoie au concours le ténor\narménien, M. Chah-Mouradian (premier accessit). L émotion\nle gêne visiblement au commencement de l'air de et\nil manque même de justesse, mais il se domine. Il ne déploie\npas toute la force de sa belle et chaude voix assez posee, il\nnuance beaucoup son air et donne de touchantes et douces\ndemi-teintes. Son côté faible est la prononciation.\nLa classe de M. Lassalle présente le baryton, M. Vaurs\n(second prix) et la basse, M. Audiger. Le premier chante un\nair bien fâcheux de Polyeucte. Il a dû posséder un très beau\ntimbre, mais que la voix est forcée ! Il prononce indistincte-\nment, on croirait, en l'écoutant, que la voix est entre les joues.\nIl y a une certaine chaleur dans l'exécution, qui dans l'en-\nsemble est banale.\nLa basse de M. Audiger est assez dure, forte, la sonorité\nest belle ; on comprend difficilement les paroles. La façon de\nchanter n'est pas intelligente. {La Fête d'Alexandre.)\nLa classe de M. Duvernoy envoie M. Paulet (premier prix) :\nvoix de ténor aigu, mince, quelque peu nasale, mais c'est un\nexcellent musicien et il dit agréablement l'air\nLa classe de M. Dubulle : M. Jourde (second accessit),\nune belle basse profonde, une voix assez complète, beaucoup\nde tempérament, a énormément à travailler, surtout pour\nne plus chanter en amateur. {La Reine de Saba.)\nLa voix gutturale de M. Taréria (ténor) pourrait être\nagréable dans les demi-teintes, surtout vers le médium,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.61", "texte": "LE MOIS\n905\n\nmais il force les notes élevées. Son exécution de l'air du\nschiitz ne présente pas d'intérêt. Son camarade de classe, M. de\nLaromiguière, une basse agréable, musicale, assez ronde,\nrisque de perdre cette dernière qualité importante et rare,\npuisqu'il force sa voix, et le résultat est là : les notes élevées\ntremblent beaucoup. Il chante l'air de avec un certain\nsoin de l'exécution.\nLa classe de M. Engel envoie deux sujets. M. Imbert\n(second accessit), dont la basse est grande, malheureusement\ntrès forcée, chante l'air de Hippolyte avec peu d'in-\ntelligence musicale.\nM. Eojeat possède une voix, mais est-ce la faute de l'air,\nqu'il ne comprend pas (La Rde Hsendel), son\nexécution saccadée produit une impression plutôt amusante.\nFaut-il vraiment demander du classique à ceux de ces\njeunes gens qui, faute de culture musicale et de goût naturel,\nne peuvent l'interpréter ?\nEst-ce que cela peut être utile à leur développement mu-\nsical, puisque c'est un désagréable devoir, tandis que, dans\nun air banal du répertoire, qu'ils sentent mieux, ils seraient\nà leur aise ?\nLa classe de M. de Martini : M. Teissier, la plus belle voix\nde baryton (second prix), quelque peu forcée; son exécution,\nla plus accomplie, est très froide M. Castel manque.\nLa classe de Mme Rose Caron présente M. Laloye (ténor).\nOn devine à la suite des trois concours qu'il a un très bel\norgane, généreux et chaud, mais toutes ses qualités sont cou-\nvertes par tant de défauts que les belles notes arrivent à la\nsurprise de l'auditeur. La joie n'est pas longue, les notes\nétroites, serrées, gutturales, le zézaiement continuel revien-\nnent vite. Il a énormément à travailler, n'a aucune idée du\nstyle (ce serait du luxe à lui demander); chante les\nrages presque un demi-ton plus haut et continue assez long-\ntemps de même. L'accompagnateur aurait pu même dissi-\nmuler cette erreur en transposant tout l'air d'un demi-ton\nplus haut.\nLa classe de M. Manoury envoie le barvton M. Ponzio\n(premier accessit), qui est en progrès sur l'année dernière. La\nvoix est assez ronde, sympathique, bonne, mais fait l'impres-\nsion d'être boursouflée, grossie, la prononciation n'est pas\n\n5"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.62", "texte": "906\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nclaire, ni l'exécution bien intéressante. {Les Indes Galantes.)\nQuoique malade ou peut-être terrassé par l'émotion, la\nvoix de M. Decourcelle ne fait pas mauvaise impression. C'est\nun ténor large de caractère, agréable dans tout le registre,\nà l'articulation très nette. Il* chante mais l'exé-\ncution est complètement entravée par la peur.\nDe la classe de M. Lorrain, nous avons manqué MM. Bellet\net Félisaz (deux seconds accessits). Le troisième de la classe,\nc'est M. Collard, un ténor à la voix un peu larmoyante, qui\nexécute assez bien l'air de Freiet paraît avoir une\nrespiration assez travaillée.\nLa plus belle voix de ténor du concours est incontesta-\nblement celle de M. Chah-Mouradian. Comme intelligence\nmusicale se distinguent MM. Coulomb, Paulet et Villaret.\nParmi les barytons, aucun de véritablement intéressant,\npas d'individualité saillante, attachante, personnelle. Le plus\nprêt, le plus honnête est M. Tessier.\nDeux basses paraissent avoir un bel avenir : M. Dupré et\nM. Jourde, pourvu que le goût du dernier s'améliore.\nEn résumé, peu de grandes qualités vocales, quantité\nde voix forcées, peu de culture musicale, de goût et de tempé-\nrament.\nDans l'ensemble, la classe de M. Hettich apporte un grand\nsoin dans le plan de l'exécution, les voix ne sont point forcées\net leur développement prend un chemin rationnel. (MM. Cou-\nlomb, Dupré, Combes et Villaret).\nParmi les femmes, trente-cinq concurrentes, dont deux\nmalades !\nCommençons par la classe de M. Cazeneuve, qui fournit\nl'élément le plus intéressant comme voix et comme dévelop-\npement artistique. La première place comme soprano drama-\ntique revient à Mlle Le Senne (second prix), qui chante\nintelligemment, d'une voix solide, comprend le style, mais c est\nun peu froid (Renaud, de Sacchini). Mlle Kaiser (second prix),\nle second soprano dramatique, dont le timbre est très sympa-"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.63", "texte": "LE MOIS\n907\n\ntique. Pourquoi pousse-t-elle tant sa voix, si harmonieuse\nde nature ? Elle a beaucoup de tempérament dramatique.\nUn petit défaut à signaler : elle ouvre en général trop les e\nmuets (Fidelio). Mlle Cebron-Norbens a la voix charmante\nde soprano lyrique, avec beaucoup de virtuosité dans la dic-\ntion, très adroite, mais maniérée dans l'exécution. Son métier\nvocal est loin d'être achevé, la voix tremble, elle pousse les\nnotes élevées, l'égalité manque. Paraît être une nature remar-\nquablement douée, très intelligente, sans réelle distinction\nartistique. (Thésée de Lulli.)\nLe contralto de Mlle Sylla est très fatigué, elle exécute\nl'air d' Orphée,dans les nuances ft et ppy avec beaucoup d'acquis\net d'assurance. La version d'Orphé n'est pas celle du théâtre,\ncette dernière est plus favorable comme paroles.\nLe mezzo dramatique de Mlle Wiltz est assez intéressant\ncomme timbre, sourd dans la région élevée (la langue paraît\nêtre un grand obstacle pour cela). Elle a tort de s'attaquer\nà des morceaux élevés de tessiture, qui demandent une trop\ngrande tension vocale. (Obéron.)\nMlle Vivier des Vallons chanta l'air de\navec mauvais goût, en poussant l'aigu plus haut que ce\nn'était demandé ; presque pas de médium ni de grave.\nToutes ces six chanteuses ont des façons différentes de\nchanter, mais excepté la dernière, elles sont intéressantes,\nindividuelles, et cette liberté de l'enseignemet fait honneur\nà M. Cazeneuve, qui laisse se développer les tempéraments\nartistiques et les voix sans vouloir les mouler de force dans\nune certaine forme, comme c'est le cas pour d'autres classes.\nCelle de M. Engel présente deux élèves : Mlle Arné, mezzo,\nqui chanta en détonnant l'air a un bon médium et\nparaît en progrès, pour le goût surtout, et Mlle Amoretti,\nun clair, agréable et surtout très intelligent et adroit soprano\nléger, qui phrase d'une façon charmante la\nPeut-être la sonorité deviendrait-elle plus arrondie si la chan-\nteuse n'ouvrait pas démesurément la bouche en largeur.\nLa classe de M. Hettich, si remarquable au concours\nd'hommes, envoie trois sujets : Mlle Gabrielle Demougeot\n(second accessit),une jolie coquette à la voix de soprano élevé,\nd'une sonorité quelque peu aigre, qui a du charme et des\nintentions dans l'interprétation. Mlle Pradier"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.64", "texte": "908\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n(premier accessit), un soprano élevé aux demi-teintes déli-\ncates, aimable et sans tempérament (Hippolyte et Aride) et\nMlle Daumas (second accessit), dont la voix tremble, n'est\npas juste, de sonorité terne, mais a déjà un certain acquis.\n(Alceste.)\nDans la classe de M. Dubulle, nous rencontrons une chan-\nteuse d'une voix si remarquable, qu'elle remporte le premier\nprix à l'unanimité en chantant le lied de Saint-Saëns\nCloche : Mlle Alice Raveau. La pâte de sa voix de mezzo est\ntellement riche, tellement naturelle et personnelle (cette\ndernière qualité manque tant au concours), son assurance\nmusicale si évidente, qu'on est obligé de la placer immédia-\ntement à part. Mais elle a encore beaucoup à apprendre, son\nmédium et le grave se déplacent facilement, se voilent, la\ndiction a besoin d'être beaucoup soignée, le piano ne tient\npas encore, les notes élevées sont captivantes de vibration,\nde beauté et d'audace. Vu sa grande jeunesse et ses qualités\nsi remarquables, dans un ou deux ans, elle peut être complè-\ntement formée comme artiste.\nLa suivante de la classe, Mlle Pams, un soprano drama-\ntique, chante Fidelio.Belle et sérieuse voix un peu déformée\npar l'enseignement, étriqué ses notes élevées.\nEnsuite Mlle Bonnard, joli soprano lyrique au timbre\nargentin, paraît très inexpérimentée et manque souvent de\njustesse. {Création.)\nDans la classe de M. Duvernoy, Mlles Gustin, Jurand et\nMme Rénaux ont des défauts communs : les voix tremblent,\nsont en général grossies et forcées. Mlle Gustin (second prix),\npossède un beau profond mezzo, chante simplement, sans\npose, un air de Héraclès,la diction n'est pas claire. Mlle Ju-\nrand, un soprano léger, a beaucoup perdu depuis l'année\ndernière, chante avec brutalité un air démodé de\nde Rossini, déjà bien déplaisant à entendre et surtout avec\ncette interprétation et ce manque de justesse. On devine\ncertaines qualités naturelles, mais comment les retrouver\nmaintenant ?\nMme Rénaux (second accessit), soprano lyrique à la voix\nfroide, un peu anémique, chante un air d'Œdipe à Colone, très\nhonnêtement.\nLa classe Lassalle a Mlle Bourdon (second prix), très joli"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.65", "texte": "LE MOIS\n909\n\net fort soprano lyrique, beaucoup de richesse et de variété\ndans le timbre qui a quelque chose de rafraîchissant, une\ncertaine nervosité artistique, en progrès depuis l'année der-\nnière, ne calcule pas assez la justesse du son. (Alceste).\nMlle Yvon a un soprano doucereux, au médium et au grave\nfaibles, a beaucoup à apprendre. Un\ncontralto intéressant, Mlle Alavoine (second accessit) : la voix\nn'est pas assez homogène, manque d'appui, le timbre paraît\nquelque peu cassé, mais elle apporte une note personnelle\nardente dans l'interprétation de Mitrane de Rossi, qui la met\nà part.\nLa classe de Martini présente Mlle Billard (premier accessit),\ninférieure à son dernier concours. Cette voix de soprano\ndélicat et poétique est déjà plus gutturale, l'interprétation a\nperdu un certain charme d'inexpérience. Pourquoi s'épou-\nmonner autant pour les longues vocalises de\nen voulant les exécuter d'un seul trait ? Cette exagération\nmanque de grâce. De Mlles Delph et Dennery, nous aimons\nmieux ne rien dire, excepté que la dernière paraît tout à fait\nantimusicale.\nDans la classe de Mme Rose Caron, le soprano de demi-\ncaractère de Mlle Robur est très sympathique, avec un cer-\ntain reflet métallique ; son exécution est assez intelligente,\nsentie, consciencieuse ; il faut qu'elle surveille le tremble-\nment de la voix, et les passages dans l'air du Freischùtz qui\nmanquent de netteté et de précision. Mlle Chantai n'est pas\nen progrès depuis l'année dernière. L'étoffe de sa voix paraît\nmanquer de distinction, mais aux concours suivants, elle se\nrévélera adroite et gracieuse comédienne. Le soprano lyrique\nde Mme Delisle (premier accessit), ne manque pas d'une cer-\ntaine générosité. Elle a chanté un air avec variations de Rode,\nvocalise, en réalité, plutôt crânement, que juste et net,\nce qui vaudrait mieux.\nLa voix enfantine de Mlle Fraisse (second accessit) ,ne\nmanque pas de fraîcheur et de charme, sans aucun appui\n(j Freischùtz). Un des plus jolis sopranos légers du concours\nest celui de Mlle Lambert. La voix a beaucoup de charme,\nde jeunesse, d'éclat dans l'aigu, elle apporte une\nvraie note ingénue, légère, insouciante. Les traits, les trilles\nont besoin de beaucoup d'étude, mais c'est une voix"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.66", "texte": "910\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nqui promet de se développer, pourvu qu'elle garde son enve-\nloppe.\nLa classe Manoury présente Mme Garchery (premier prix),\nqui n'est pas en progrès sur l'année dernière, surtout dans la\nfaçon de chanter qui reste encore rudimentaire, enfantine,\nsans appui, poussée, monte difficilement cette année, tandis\nque le médium et le grave ne sont pas devenus plus forts pour\ncela, et pourtant quel beau et généreux organe !\nMlle Borione a la voix douce, une certaine résistance phy-\nsique, du tempérament, aurait mieux réussi probablement\ndans un morceau moins abstrait que les Noces de Figaro.\nIl nous semble qu'elle peut devenir intéressante. Puis Mlle Mé-\nnard, petit soprano léger à l'interprétation complètement\neffacée. En général, cette classe paraît s'occuper peu du déve-\nloppement vocal et manque d'interprétation, ainsi que la\nsuivante, celle de M. Lorrain, qui cependant révèle une nature.\nMlle Duvernay: la voix de mezzo dramatique, assez forte,\na quelque chose de tourmenté et pourtant d'enfantin dans\nle timbre, aucune exécution, mauvaise articulation, mais le\nsentiment est expressif, comme les concours suivants vont\nle montrer.\nTrop de concurrentes, dont le bon tiers pouvait attendre\nl'année suivante ; beaucoup de belles voix, mais que de fausses\nnotes, beaucoup d'acquis, de travail, peu de tempéraments\nd'artistes.\nLe concours de l'Opéra-Comique donne 25 scènes, quel-\nques-unes si longues, que l'audition dure de midi et demie\njusqu'à six heures et demie. Bien fatigante et pas toujours\nsatisfaisante journée.\nPassons vite Mlle Ménard, aussi effacée en Manon, que\ndans son concours de chant, et Mlle Pradier, insignifiante\nAriette de Jean de Nivelle. Dans cette scène, on ne saurait\noublier l'expression qu'apporte à sa réplique Mlle Duvernay.\nM. Taréria concourt dans Sapho, de Massenet. Sa bonne\nvolonté est hors de doute, tant il va figurer dans ce con-\ncours, en secondant ses camarades ; mais dans sa scène à\nlui il n'a presque rien à montrer. M. Coulomb (second prix),"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.67", "texte": "LE MOIS\n911\n\napporte son assurance musicale dans la scène du\nPloërmel, si mauvaise musicalement.\nM. Bellet (premier accessit), est très amusant dans les\nNoces de Jeannette, la voix est bonne et donne de l'espoir,\nainsi que le jeu vif et adroit.\nLa première qui apporte un type, un ensemble, c'est\nMlle Gustin (second prix), qui joua avec beaucoup de dis-\ntinction le 3e acte de Werther. Le jeu de sa physionomie si\nbelle et régulière, était vraiment remarquable. La réplique\nde Mlle Chantai fut assez gracieuse.\nSur le suivant, M. Félisaz, dont le jeu et la voix présentent\npeu d'intérêt, passons {Manon).Mlle Jurand, un peu iourde\npour Suzanne (Noces de Figaro),apporte beaucoup de viva-\ncité et d'aisance, mais a vraiment trop peu à chanter,\nMlle Gustin est excellente dans le rôle épisodique de la com-\ntesse, et Mlle Chantai, gentille en Chérubin et en travesti.\nMlle Duvernay (premier accessit), déjà si touchante dans\nla courte réplique de Sapho,aborde un rôle très dramatique,\ncelui de Santuzza de Cavalieria Elle a beaucoup\nde tempérament dramatique, sait s'identifier avec son per-\nsonnage, se livre à la situation. Pour le moment, elle manque\nde mesure, mais certainement, ces défauts vaincus, se révé-\nlera une touchante et impressionnante artiste.\nNous n'expliquons pas bien ce malentendu de faire\nchanter à Mme Garchery, soprano lyrique, faible dans le\nmédium et dans le grave, Charlotte de Werther ; son jeu\nmanqua absolument de mouvement ; la tessiture aussi ne\ndevait pas mettre à son aise la chanteuse. Mlle Amoretti (pre-\nmier accessit), est délicieuse dans sa réplique et vocalise en\nvirtuose.\nM. Audiger (second accessit), ennuyeux dans sa scène\nde Mireille, reçoit des répliques très bonnes de Mlles Robur,\nDuvernay.\nSecond malentendu : Mlle Demougeot, soprano aigu,\nconcourt en Carmen. Il est vrai qu'elle y met une coquetterie\ntoute parisienne ; c'est une note personnelle, qui excuse cette\ninfidélité à la tradition de Carmen.\nMlle Chenal (second prix ),est très gracieuse en Mimi de\nLa Vie de Bohême,mais les ensembles, MM. Paulet, Villaret,\nMlle Jurand, manquent de justesse."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.68", "texte": "912\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nMlle Robur est très bonne en Louise, elle joue avec ardeur,\nc'est un bel effort, puisqu'elle fait plutôt l'impression d'une\nnature discrète et modeste.\nLe Figaro de M. Ponzio (premier accessit), est essoufflé\net peu spirituel ; dans la réplique, M. Ancelin, dont le timbre\nde ténor est vraiment fâcheux, vocalise avec une pureté et\nune justesse impeccables le rôle du comte.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), prétend, du moins\nson choix l'atteste, que les rôles de courtisanes doivent lui\nréussir particulièrement, donc elle choisit Aphrodite, qui ne\nprésente aucun intérêt ni musical, ni vocal, et où elle montre,\navec l'aide de l'ingrate et stérile musique, tous ses défauts\nvocaux. Il est étonnant qu'il ne se soit trouvé personne pour\nla détourner de son choix. Aussi adroite qu'elle est, elle manque\nencore de personnalité. Il nous semble que tout ce qu'elle\nfait est un peu précoce, et les rôles moins pompeux, moins\npassionnés, mais plus gracieux et aimables pourraient lui\nconvenir mieux et surtout être utiles à son développement\nvocal, qui n'est pas à ce point à négliger. Plus tard, elle pourra,\ndominant son métier, prendre les rôles qui la séduiront le\nplus.\nTout à fait charmante, Mlle Lambert (premier accessit),\nen Manon.C'est bien choisi. M. Coulomb en Des Grieux a\nune jolie tenue et une élégance, qui, hélas, ne fait pas le fort\ndes autres concurrents.\nM. Laloye, en Don José, est si mauvais vocalement, que\nnous passerons vite, mais il y a autre chose à remarquer,\nqui produit un étonnement général : Mme Garchery en Car-\nmen ! Ni sa voix, ni sa nature ne se prêtent à ce rôle ; donc\nencore un grand effort complètement perdu !\nM. Villaret (second accessit) est vraiment charmant dans\nle rôle de marquis de Moncontour, du Roi l'a dit. Il a apporté\nune aisance, un sens d'une époque ancienne, qui ont fait de\ncette scène, avec les exquises répliques de Mmes Jurand,\nRobur, Demougeot, Chantai, Cebron-Norbens, Devriès et\nM. Paulet, une des plus réussies et agréables du concours.\nDeux scènes reliées : celle de M. Vaurs (second prix) en\nBartholo, et celle de M. Dupré (premier accessit) en Don Ba-\nsile {Barbier de Sêville).Le premier n'est pas un vrai comique,\nmais il a beaucoup de bonne volonté; le second, malgré sa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.69", "texte": "LE MOIS\n913\n\ngrande jeunesse pour le rôle de Don Basile, a de bonnes qua-\nlités vocales et donne un relief à son personnage ; ses grimaces\net le jeu des mains y contribuent aussi. Mlle Lambert est\ntrès gentille en Rosine.\nM. Combes est un peu dur comme voix, mais assez véhé-\nment dans la Tosca, et la réplique de Mlle Cebron-Norbens\nest très bonne.\nArrive la jeune triomphatrice du jour, Mlle Alice Raveau\n(premier prix), en Charlotte de Werther. Elle est peut-être\ntrop tragique pour la petite bourgeoise de Gœthe, mais c'est\nla couleur de sa voix qui surtout produit cette impression\net le masque tragique de sa figure. Son jeu est simple, sans\nemphase, elle a eu quelques gestes d'une largeur impression-\nnante, dans les adieux avec Sophie. La virtuosité de Mme Ma-\nthieu-Lutz en réplique n'a pas pu faire oublier Mlle Amoretti.\nM. Paulet (premier accessit), dans\nde Grétry, joue et chante très bien ; sa partenaire, c'est la\nsûre et adroite Mlle Demougeot.\nMlle Amoretti a choisi la délicieuse première scène de\nHânsel et Gretelde Humperdinck, et toutes deux avec\nMlle Chantai étaient exquises de jeu et de chant, procurant\nun réel plaisir aux auditeurs surmenés.\nLa journée d'Opéra fut la plus fatigante et la moins satis-\nfaisante, trop peu de natures intéressantes, peu d'interpré-\ntation, de style et d'émotion.\nMme Delisle (second accessit), pousse trop sa voix dans le\nrôle de Marguerite (acte de la prison). Elle est très bien\nsecondée par M. Gautier, à la voix solide de ténor et à l'excel-\nlente diction, qui vient lui donner la réplique.\nM. Imbert, comme frère Laurent de est mieux que\ndans son concours de chant. Mlle Robur (second accessit),\nparaît fatiguée dans cette dernière épreuve, elle chante la\ntouchante scène du 4e acte à!Otellod'une façon inégale. Pour-\nquoi l'accompagnement est-il tellement bousculé, est-ce qu'une\nprière peut courir ainsi ? Du reste tout l'air est pris trop vite.\nDe Mlle Vivier des Vallons comme Aïda, nous aimons"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.70", "texte": "914\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nmieux ne rien dire. Faut-il faire concourir des élèves si peu\navancées encore et qui ne savent pas du tout leur métier ?\nM. Chah-Mouradian (second accessit), a choisi une très\nmusicale scène d'A rmideoù nous entendons un joli chœur.\nLa tessiture paraît un peu élevée, par endroits, et le chanteur\nest gêné par le comédien trop peu expérimenté, mais ses mou-\nvements sont sobres, il donne à Armide, jolie d'attitudes,\n(Mlle Cebron-Norbens), une pitié virile, qui est touchante et\npersonnelle.\nMlle Sylla est glaciale comme Dalila, M. Teissier (premier\nprix) froid comme Nelusko de l'Africaine ; par contre, M. La-\nloye sort un peu sa belle voix dans la réplique de Samson.\nMlle Bourdon n'est pas vraiment assez prête pour ce\nconcours, elle hausse les forte, baisse les piano, chante faux\ndans le duo de Faust de Boïto et dévoie son partenaire\nM. Chah-Mouradian.\nM. Audiger montre sa belle voix en Don Carlos de Verdi,\net M. Vaurs (premier prix) la sienne dans le Bal masqué du\nmême auteur.\nMlle Panis (second prix), choisit singulièrement\ndu moulin,une scène dure, tragique, où elle est obligée de\nforcer sa voix et puis son partenaire M. Georges Petit, de la\nMonnaie, qui, littéralement crie et pousse sa partie jusqu'à\nla dénaturer, doit avoir la plus mauvaise influence en forçant\nde suivre son exemple. Mais elle apporte beaucoup de tempé-\nrament et d'intelligence.\nMlle Le Senne (premier prix), la première,se montre artiste\net chante et joue d'une façon excellente, avec assurance et\ncompréhension, le premier acte à!A Iceste.\nLa seconde Alceste, Mlle Kaiser (second prix), promet\nbeaucoup et prendra sûrement une place remarquable aux\nconcours suivants. Qu'elle évite de trop pousser sa voix déjà\nsi généreuse et sympathique, et qu'elle cherche plus de grâce\ndans l'expression des mains.\nM. Dupré (premier accessit) est bon comme Œdipe-Roi\net Mlle Bourdon beaucoup mieux comme Antigone que dans\nsa scène de Faust.\nMlle Cebron-Norbens (second prix), concourt en Salammbô\nsans beaucoup d'éclat, ainsi que Mlle Wiltz au 2e acte\nMlle Jurand (second accessit), dans"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.71", "texte": "LE MOIS\n915\n\nécrase de sa voix gutturale et fausse la belle voix de M. Chah-\nMouradian, qui d'ailleurs est trop gêné encore par le jeu.\nL'arrivée de Mlle Raveau (premier prix) était attendue\navec impatience. La scène choisie par elle est une des plus\ndifficiles du répertoire : dans les Troyens de Berlioz, l'air de\nDidon. Certainement ses attitudes manquent encore de la\nvéritable grandeur, qui ne peut être acquise que par l'expé-\nrience de la scène ; cette douleur intense est au-dessus de sa\njeunesse triomphante, les défauts de la pose de voix, le trem-\nblement, la mauvaise diction, tout est là, mais le jury a eu\ngrandement raison de lui décerner les premiers prix : ce tem-\npérament, cette voix exceptionnelle ont besoin de se former\nau théâtre même, à la grande action, et il faut saluer en elle\nla jeune tragédienne lyrique de l'avenir.\n\nMarguerite Babaian.\n\nCONCOURS D'INSTRUMENTS\n\nIls furent inégaux en valeur comme en intérêt, et je ne\nm'attarderai pas à comparer, par un calcul infinitésimal, les\nmérites des 23 pianistes en jupe longue ou courte à qui le 2e con-\ncerto de Saint-Saëns, accommodé pour piano seul, valut un\nprix ou un accessit : toutes, dans quelques années, enseigne-\nront, selon de sages principes, à d'autres jeunes filles, le jeu\ninnocent des touches noires et blanches, consolateur des\nlongues journées où le fiancé n'arrive pas.\nLe piano a, par bonheur, d'autres emplois : sa sonorité,\ndont beaucoup, même parmi les artistes, sont loin de soup-\nçonner les ressources, est susceptible des plus changeantes\ncouleurs, lorsque le compositeur sait les former par la combi-\nnaison des notes, et que l'exécutant répond à ses intentions.\nEn cet art délicat et riche, dont les pratiques ressemblent à\ncelles de la décomposition du ton, chez les peintres, Chopin\nfut un maître inégalé jusqu'à nos jours : Liszt lui-même n'a"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.72", "texte": "916\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\npas cette inépuisable variété d'accords tour à tour étouffés,\nvaporeux, ou rutilants et triomphaux. Les jeunes gens à qui\nfut confiée, cette année, la quatrième ont presque\ntous un assez bon mécanisme ; presque tous aussi semblèrent\ncroire qu'il ne s'agissait que de réussir des traits rapides.\nSeul, M. Trillat montra qu'il comprenait ce poème de fièvre,\noù l'âme tour à tour implore et se désespère, rêve dans la\nbrume des lacs ou s'abandonne à l'orage qui fracasse les pins.\nSeul, il sut calculer ses sonorités, les disposer et les équilibrer :\nlorsque son jeu sera devenu plus souple et plus fondu, c'est-\nà-dire lorsqu'il aura perdu un peu de sa jeunesse, il sera un\nde nos meilleurs artistes, et l'on ne peut qu'approuver un\njury, d'ailleurs fort bien composé, de lui avoir décerné le\npremier des premiers prix.\nLa harpe chromatique ne sera plus enseignée au Conser-\nvatoire, dit-on. Je le regrette, mais le cor et la trompette à\npistons en ont vu bien d'autres, et se sont imposés. Tout\ncomme à la harpe chromatique, on leur a reproché d'acheter\nl'aisance aux dépens du timbre, et ce reproche était fondé\npeut-être, au moins au début. On les a préférés cependant,\nparce que la pensée d'un compositeur moderne ne peut s'en-\nfermer dans les limites surannées d'une gamme diatonique.\nLa harpe deviendra chromatique, si elle sait attendre, et cela,\nquand bien même elle perdrait le son pur de l'ancienne harpe\nà pédales. J'applaudis d'ailleurs au premier prix chroma-\ntique de M. Mullot, qui est un bon musicien, comme aux\npremier et second prix diatoniques de Mlle Pierre-Petit, très\nprécise, et de Mlle Inghelbrecht, plus délicate.\nLes concours d'instruments à cordes ont été médiocres :\nla classe d'alto, malgré son utilité certaine, continue àse\nrecruter parmi les violonistes malheureux ; les contrebasses\nmanquent de vigueur et de décision, les violoncelles de ron-\ndeur, et les violons écrasent les cordes de leur archet, avec\nférocité. Ici, comme pour le piano, on ne semble s'occuper\nque du mécanisme, non de la sonorité. On me dira que pour\ndes musiciens dont la plupart joueront à l'orchestre, la sono-\nrité importe peu. Grave erreur, en un temps où les couleurs\nsymphoniques, au lieu d'être plaquées par grandes masses,\nen tutti imposants et confus, s'allègent et se brisent : les divi-\nsions à quatre parties ne sont plus rares, ni aux premiers"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.73", "texte": "LE MOIS\n917\n\nou seconds violons, ni aux violoncelles ; il faut donc à tous\nles pupitres des musiciens, non des manœuvres, et l'on peut\nprévoir un temps où l'on jouera, à l'orchestre, comme on joue\naujourd'hui dans la musique de chambre : en s'écoutant les\nuns les autres, et prenant le pas chacun à son tour. Telles\nsont, du moins, les intentions de nos musiciens ; nos sociétés\nde concerts sont encore loin d'y répondre.\nPareillement, les instruments à vent, dont le rôle était,\nau temps de Beethoven, tout épisodique, vont\nles cordes d'un privilège ancien. Il serait donc temps que les J\nclasses en fussent plus et mieux fréquentées. Celle de flûte\nest bonne, et MM. Paul, Friscourt et René joignent à un sûr\nmécanisme un son agréable, qui gagnerait à être plus varié.\nDans les autres, les musiciens sont rares : je citerai, parmi\nles hautbois, M. Riva, dont le son est plein, et M. Bonneau,\nqui a du sentiment ; seul M. Rouillard a su tirer de la clari-\nnette cette voix chaude et passionnée qui lui est propre ;\nles bassons et les cors manquent de rythme, parce qu'ils\nmanquent de force; parmi les pistons, M. de Lathouwer a seul\nmontré la verve entraînante dont cet instrument est capable ;\nles trompettes n'ont paru avoir aucun souci de la nuance ;\net les trombones ont été desservis par une pièce en bémol\nmineur de M. Guy-Ropartz, très ingrate et d'une absurde\ndifficulté : ainsi s'explique l'échec de M. Lacroix, second prix\nen 1907, celui de tous qui est le plus maître de sa sonorité ;\nmais, devant ces gammes rapides et ce trille saugrenu, com-\nment ne pas se troubler ?\nDans toutes les classes (et l'article qui précède montre\nque celles de chant ne doivent pas être exceptées), on avoue\ndonc un souci presque exclusif de la virtuosité. Il faut en\nchercher la cause dans l'institution même des concours, véri-\ntables épreuves sportives avec sauts d'obstacles, chutes et\ngalop final, et peut-être aussi dans une oblitération du sens\nauditif, spéciale à ceux que leur profession condamne à en\nabuser journellement : à force d'entendre les mêmes sons,\nils ne les entendent plus, deviennent indifférents à leur qua-\nlité, même à leur justesse, et ne savent apprécier que les dif-\nficultés de l'exécution. Comment y remédier ? Un premier\nmoyen serait de ne plus admettre le public à ces concours ;\nun second, de rajeunir assidûment le corps enseignant."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.74", "texte": "918\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n, L'illustre musicien qui dirige le Conservatoire est aussi un\nfort avisé ; bien des progrès ont été réalisés\ndêJaTpàr son intervention, surtout en ce qui concerne le choix\ndes morceaux de concours (encore les pouvoirs du directeur\nrestent-ils, sur ce point, trop limités). Nous pouvons donc\nnous en rapporter entièrement à lui pour rendre peu à peu\ncette vieille école professionnelle à sa mission, qui est d'aider\nau progrès de l'art.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERT DU CHŒUR RUSSE\nRECITAL MOUSSORGSKI\n\nDeux concerts de musique russe, après le grandiose\nGodounov, d'un programme tout à fait différent, ainsi que\nd'une exécution diamétralement opposée.\nD'abord, nous avons entendu le 3 juin, salle Gaveau, le\nconcert donné par les chœurs russes du Grand Théâtre Impérial\nde Moscou, sous la direction de M. Avranek.\nLa musicalité hors ligne de tous ces artistes (au nombre de\n100), doués de belles voix timbrées (surtout les voix de soprani),\nleur précision, la force de l'émotion et de l'expression doivent\nles classer parmi les plus remarquables chœurs du monde\nentier.\nLeur obéissance à la baguette magique et autoritaire de\nM. Avranek, (dont Mlle de Krouglicoff, dans notre dernier\nnuméro, montrait si bien le mouvement), dépasse tout ce\nqu'on peut imaginer comme discipline musicale. Les chan-\ngements les plus imprévus de rythme, de tonalité, d'intensité,\nétonnent par leur perfection, mais tout cela se perd encore\ndans la profondeur et la force du sentiment qui dominent leur\nexécution et qui prennent l'auditeur dès les premières mesures\nentendues.\nLe chœur d'hommes nous a donné quelques merveilles de\nla musique populaire comme Doutiaï, Eï Oukhnetn, hélas, pas\n<ians la version originale, mais dans les arrangements de"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.75", "texte": "LE MOIS\n919\n\nBlaramberg ; l'exécution simple, condensée, corrigeait cette\nerreur. Il a admirablement exécuté aussi deux chœurs de\nMoussorgski et de Rimski-Korsakov. Un chœur délicieux\ndu Prince Igor de Borodine était chanté par le chœur entier.\nA côté de cela, des œuvres sans couleur, fades, insipides,\nsentimentales, germanisantes, de Gretchaninov, de Wassilenko,\nde Cui ; le chœur final de M. Avranek a le mérite d'être\nconçu dans le mode populaire, avec beaucoup de variétés de\nrythme ainsi qu'un large chœur de Sachnowski, intitulé\nSteppe, chanté divinement bien : on pouvait croire à un\nmiracle de sonorité, à un orchestre vivant.\nAprès cette inoubliable émotion, un récital Moussorgski\ndonné par Mme Olénine d'Alheim (salle Berlioz, le 5 juin),\nqui présente alors au nombreux public une série de chefs-\nd'œuvre vocaux de Moussorgski.\nLe public russe ainsi qu'étranger doit une grande recon-\nnaissance à Mme Olénine qui, depuis de longues années, pro-\npage, avec un admirable dévouement, l'œuvre de Moussorgski,\nsurtout à une époque où ce musicien était à peine connu en\nEurope et tout à fait méconnu dans son pays. Tous les admirables\ntableaux de Moussorgski, pleins de vie, vibrants d'émotion,\nde pitié, peignant toutes les douleurs, les misères, les chagrins\nd'amour, les orphelins, les innocents du peuple, les enfants,\nles sensitivités des intellectuels, etc., etc., sont présentés\npar une musicienne infaillible, infatigable, mais par une voix\nqui ne cherche aucune expression, aucune émotion dans tout\nce qu'elle dit. Cette monotonie bénisseuse fait penser à la\nmiséricorde bien élevée des enfants de bonnes maisons qui\napprennent, dans les livres destinés à leur usage, qu'il y a des\nmalheureux au monde, mais qui ne les ont jamais vus.\nIl faut reconnaître que cette interprétation n'est pas un\nhasard de la disposition d'une artiste, elle est entière du\ncommencement jusqu'à la fin du programme : c'est une\nconviction, que, malheureusement, nous ne pouvons pas par-\ntager.\n\nM. B."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.76", "texte": "920\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLA MANECANTERIE DES PETITS CHANTEURS\nA LA CROIX DE BOIS\nLa Manêcanterie des petits c que\nle Bulletin a déjà fait connaître, a donné un intéressant con-\ncert au profit de l'œuvre. Rappelons succinctement ce qu'elle\nest : un groupement d'étudiants artistes et religieux ayant\nformé et réalisé le projet de faire connaître et aimer les chefs-\nd'œuvre de la musique d'église, chants grégoriens et pales-\ntiniens, pièces de Bach, comme moyen d'éducation. Un\ngroupe d'enfants du peuple est par eux réuni tous les jours,\nsorte de patronage musical, et, le dimanche, tous s'en vont\nchanter en quelque église les motets et les antiennes étudiés\nen commun. Le concert dont nous voulons parler a été donné\nau profit de la colonie de vacances, dont les aînés veulent\nfaire profiter les plus jeunes, et il a été des mieux réussis.\nUn choral, un prélude, une toccata et une fugue de Bach,\ndes pièces de Buxtehude et de Grigny, ont été interprétés\nd'une manière superbe par M. Tournemine, l'éminent orga-\nniste ; le ravissant Concerto pour quatre violons, de Leonardo\nLéo, a été une véritable révélation pour beaucoup d'audi-\nteurs; au piano: Mlle Nun; au quatuor : MM. Borrel, Jenck,\nPoiré et Raugel, dont l'exécution fut remarquable. Entre\ntemps, la manêcanterie se fit entendre dans plusieurs mono-\ndies et polyphonies sans accompagnement ; Hic est Panis,\nde Palestrina, le répons Hierusalem surge, attribué si long-\ntemps au même maître, mais, en réalité, de M. A. Ingegneri,\nY Alléluia de la Pentecôte, V eni, et la grandiose\nlitanie Christus vintic,le Tantum de Vittoria, et enfin\nDomine converterede Roland de Lassus, avec le\nd'Aichinger. Si, dans les deux dernières pièces, les enfants\net les hommes eurent quelques défaillances dues à la fatigue,\nil était minuit, par contre, plusieurs passages des autres\nmorceaux furent admirablement rendus. En particulier, le\ntrio du Hierusalem surge mit en valeur de remarquables voix\nd'enfants solistes, montrant le soin et l'art avec lequel les\nforment au solfège et au chant les deux jeunes directeurs\nde la Manêcanterie, MM. P. Martin et Ch. Simon."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.77", "texte": "LE MOIS\nQ2I\n\nLE CONGRÈS DE FERRARE\nET L'ASSOCIATION DES MUSICOLOGUES ITALIENS\n\nIl y a deux mois, les musicologues italiens se sont réunis\npour la première fois en congrès officiel. Le fait mérite d'être\nsignalé, car il montre combien nos études gagnent peu à peu\ndans tous les pays. L'ltalie, dont la fécondité musicale est une\ndes plus grandes gloires, avait négligé jusqu'à maintenant l'his-\ntoire de l'art sonore. Elle s'intéressait assez peu aux questions\nde doctrines et de documentation sans lesquelles une connaissance\ndu passé ne s'aurait s'acquérir.Elle comptait pourtant quelques\nérudits passionnés, mais isolés, qui, peu à peu, ont reconnu\nla nécessité de coordonner leurs recherches et d'associer leurs\nefforts.\nLe professeur Guido Gasparini, bibliothécaire à Parme, a\nle premier lancé l'idée d'une association effective de toutes ces\nbonnes volontés éparses dans notre pays. Et de suite, le profes-\nseur Vatielli du Liceo Musicale de Bologne, et l'auteur de ces\nlignes se joignirent à lui, pour former un comité de propagande.\nEnfin les fêtes données à Ferrare, lors de l'inauguration de la\nstatue de Frescobaldi, au mois de mai dernier, furent pour tous\nles amis de l'histoire musicale, en Italie, l'occasion de se compter\net de prendre des décisions utiles.\nAprès les discours d'usage, et un concert d'œuvres de Fres-\ncobaldi, dirigé par le maître G.-A. Tano, directeur du Conser-\nvatoire de Parme, le Congrès des Musicologues Italiens s'ou-\nvrit dans le merveilleux Palais Estense, qui résonne encore de\nl'écho des poésies de l'Arioste et du Tasse, et où l'on croit voir\npasser les ombres de Ugo et de Parisina, devant les fresques\nde Dosti. Successivement prirent la parole, le député de Ferrare,\nle président du Conseil provincial, le représentant du Ministre\nde l'lnstruction publique. Le bureau fut ensuite composé de la\nlaçon suivante : Gasparini,(président), et\n(vice-présidents), Montefioreet (assesseurs),\n(secrétaire). On en vint alors à discuter l'opportunité de l'affilia-\ntion de l'Association à la Société Internationale de Musique.\nAprès discussion, cette question fut réservée, et l'on passa à la\nrédaction des statuts. Il lut décidé que cette rédaction serait\nconfiée au Comité, qui aurait pour mission de diriger tous\nles efforts de l'Association vers les travaux de bibliographie\n\n6"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.78", "texte": "922\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\net de dépouillements d'archives, et, si possible, de songer\naux futures publications critiques de notre littérature musi-\ncale. Le Congrès fut unanime sur ce point : l'Association\nconsidère comme son but premier et essentiel de faire\nl'inventaire des richesses artistiques de l'ltalie musicale.\nLe jour suivant, la question d'une de\nla S. I. M. lut reprise par MM. Gasparini, Chilesotti et Bona-\nventura. L'ordre du jour suivant fut voté : « L'Association des\nMusicologues Italiens adhère en principe à la Société Interna-\ntionale de Musique, et charge son comité directeur de déter-\nminer le mode de cette adhésion, au mieux des intérêts et de\nl'autonomie de l'Association. »\nLa dernière séance fut consacrée à la visite de l'Exposition\ndes livres et manuscrits de musique organisée à la Bibliothèque\nde la ville par le Professeur Agnelli. Avant de se séparer le\nCongrès reçut une communication du professeur Guido Adler,\nde Vienne, demandant aux savants italiens de bien vouloir\nparticiper à l'œuvre de réédition du Corpus scriptorum de\nmusica medii aevi,entreprise par notre Société Internatio-\nnale de Musique, sous sa direction. L'Association, considérant\nque ces travaux rentrent tout à fait dans ceux qu'elle se propose\nd'exécuter, accepte de collaborer à cette œuvre, et d'envoyer à\nVienne le résultat de ses recherches sur cette matière. Enfin,\naprès avoir discuté quelques questions de bibliographie pra-\ntique, le Congrès émet le vœu de voir le gouvernement s'inté-\nresser à son activité, et demande la création d'une commis-\nsion de musicologie au Ministère de l'lnstruction publique,\nainsi que de chaires d'histoire musicale auprès des Universités\nitaliennes.\nC'est ainsi que le nom glorieux de Frescobaldi servit à\nréunir tous ceux qui, en notre pays, ont à cœur de voir\nprospérer l'étude sérieuse de la musique du passé.\n\nArnoldo Bonaventura."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.79", "texte": "MAISON DE FRESCOBALDI A FERRARE\n\nPALAIS \" ESTENSE \" OU S'EST TENU LE CONGRÈS DE 1908"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n923\n\nQUATUOR PARENT\n\nEn huit nouvelles séances, M. Parent nous a fait passer de\nl'œuvre des grands classiques allemands aux compositions\nmodernes de notre école. La leçon est bonne, mais incomplète,\nsi l'art classique irançais compte des maîtres indiscutables et\nnovateurs autres que Vincent d'lndy et César Franck. Quelques-\nuns, qu'on me dispensera de citer, n'étaient-ils pas nécessaires à\nnotre jugement autant qu'essentiels pour la conscience des\njeunes symphonistes, oscillant de la superstition à l'anar-\nchie ?\nM. Joaquin Turina pallie ces extrêmes par une musicalité\nnaturelle et une certaine franchise d'inspiration qui le dissuadent\nd'entrer dans l'imitation trop servile des formules franc-\nkistes comme dans l'étrangeté facile des néo-debussystes, cher-\ncheurs d'accords. Son art est de bon aloi, mais sans direction.\nAu moins dans le quintette—-car je n'ai pu entendre la\non sent un musicien sous l'influence de Franck, incertain du\nstyle et sans maturité symphonique.\nJ'ai indiqué maintes fois ce qui me paraît constituer les\ndéfauts d'une école dont l'ambition est trop exclusivement\nportée vers la forme architecturale et les schémas, et qui bâtit\nsans construction intérieure ni induction vraie, pour le seul\nplaisir intellectuel d'un édifice savant et négatif. Une telle raison\nmet en péril l'intelligence, laquelle, donnant au sentiment une\nforme et un style, représente et exprime la véritable idée du\nmusicien.\nJe n'aperçois chez M. Turina ni une idée réelle, ni une\n« vision ». Son quintette module arbitrairement des thèmes\nexpressifs, parfois trop en dehors ou banals\nvoués à l'imitation comme au canon traditionnel par lequel\ntout franckiste doit décemment conclure, pour faire preuve\nd'esplrit. Ces faiblesses ont quelques années. Avec ses dons très\ngrands et sa technique, M. Turina peut et doit fixer l'œuvre\ndéfinitive que lui faciliteront des connaissances esthétiques\nplus vastes, la méditation des chefs-d'œuvre et l'absence de\npréjugés.\nSi le genre de la sonate est celui de l'invention libre où règne,\navec l'esprit décoratif, la fantaisie pure, la composition de\nM. Jean Poueigh est une sonate ; mais si les formes du caprice"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.81", "texte": "924\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nne conviennent qu'à des improvisations brèves et variées, la\nsonate de M. Jean Poueigh est une erreur.\nCet art est celui d'un coloriste et sous-entend des images\nplutôt qu'il n'offre la cohérence d'un discours complet et\nordonné, conforme à la pensée du créateur de sonates. Au delà\ndes règles, qu'il doit connaître et qu'il a peut-être appliquées,\nM. Jean Poueigh me semble s'être trompé de mode, de forme\net de style devant un sujet à clef poétique, naturellement im-\npropre à un développement de sonate. On ne peut que le redire :\nil manque à la jeune école, jugée dans son ensemble, l'intelli-\ngence des formes et du style symphoniques.\nCette intelligence, le Debussy du quatuor la possède. C'est\nbien elle qui gouverne un art non sans procédé, mais hostile\naux mensonges de la théorie. Novateur paradoxal, Debussy\nn'est pas l'annulateur qu'on suppose ou que certains nous\nreprésentent. Sa hardiesse, loin d'exclure les anciens modes,\ns'en sert parfois encore, comme d'un appui. J'en trouve la\npreuve dans le quatuor, et bientôt il faudra montrer que tout\nchez Im, ou beaucoup de choses, sont sous-entendues.\nDebussy développe, à sa manière, un sujet, qui prend toute\nl'extension classique par l'effort d'une pensée attentive à l'am-\nplitude naturelle de motifs dont la rigoureuse concordance, au\nsens de l'expression et du style, et la liaison laissent à l'œuvre\nl'apparence d'une progression libre vers le but précis inconnu\ndes Avec ses méthodes, l'auteur de\ntend vers l'unité, à l'exemple des classiques, dont il renouvelle\nsurtout l'esprit ; je doute seulement qu'il en surpasse la\nconstruction profonde malgré l'audace et la curieuse indé-\npendance de son art et parce qu'il lui manque le génie de la\nmélodie capable d'étendre, en la multipliant, la flèche toujours\nnouvelle affranchie des bases traditionnelles comme des\nprocédés classiques.\nCette conviction, ancienne, se fortifie à chaque nouvelle\nrencontre avec l'art incomparable des cinq dieux germaniques,\nBach, Hsendel, Haydn, Mozart et Beethoven. Nous devons la\ndernière à M. Parent, qui s'est montré digne des œuvres, ainsi\nque son quatuor, comme aux excellentes pianistes, Mlles Dron et\nGellée, et M. Joseph Boulnois.\nM. Boulnois présentait les compositions d'orgue de Bach ;\nc'est un artiste adroit, précis et respectueux du style. Les sonates"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.82", "texte": "LE MOIS\n925\n\nde Haendel sont très pures; je regrette l'uniformité d'archet\ndes interprètes qui semblent ne croire qu'à la sonorité, à son\négalité, comme au style exclusivement sévère de cette musique.\naydn, supérieurement compris par M. Parent et ses parte-\nnaires a paru le génial, spirituel et toujours jeune musicien\ndont les quatuors, des merveilles, sont les dignes précurseurs\nde ceux de Mozart, absolument parfaits\nQue notre génération, qui voit Beethoven « héros » plutôt\nà ces maîtres, elle aura compris la double\npuissance de la musique.\n\nAlbert Trotrot.\n\nAU PRE CATELAN\n\nLa Société de V Histoire du Th a donné au Bois de Bou-\nlogne (théâtre de verdure du Pré Catelan),le lundi 29 juin dans\n1 après-midi, une superbe représentation de gala entièrement\nmusicale dont voici quel était le programme : d'André\nChénier (ce gracieux dialogue à la Théocrite, entre un berger\net une bergère, exquisement dit par Mlle Géniat et M. Guilhen,\na été le sujet de toute une petite partition de musique de scène'\ntrès poétique, de très heureuses sonorités, et bien dans le carac-\ntère antique de l'œuvre, dont l'auteur est M. Raoul Brunei).\nPuis un choix de danses mêlées de chants, tirées de\nPollux, à'Hippolyte et Aride et des de Rameau\n(où Mlle Bakkers, de l'Opéra-Comique, a chanté avec beaucoup\nde grâce le charmant « Naissez, dons de Flore », ainsi que l'air\ndu Rossignol, coupé par M. d'lndy dans Hippolyte et Aride,\net où Mlle Régina Badet, avec Mlles Richeaume, Luparia,\nDugué... se sont surpassées de joli style dans ce cadre aux\nfraîches verdures). Enfin le sublime acte du temple d'Alceste,\navec Mme Félia Litvinne, dont la voix splendide a rayonné\ndans les airs de cette scène naturelle plus saisissante, plus émou-\nvante que jamais, et M. Dufranne,qui reprit à ses côtés son rôle\ndu grand prêtre ; plus le ballet si original et si caractéristique\ndu troisième acte, avec tous les chœurs qui l'accompagnent,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.83", "texte": "926\nBULLETIN FARNÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntoujours dansé par Mlle Badet et ses compagnes. C'est naturel-\nlement M. Albert Carré, assisté de Mme Mariquita, qui, profitant\ndes accidents du terrain et de ses bosquets ombreux, avait remis\nen scène ces inoubliables apparitions antiques.\n\nH. DE C.\n\nCONCERT E. BERNARD\nE. G.\nLe dernier concert de la salle Gaveau a été donné le 23 juin\npar M. Edouard Bernard pour l'audition des œuvres de M. Emile\nSjôgren et, malgré une température tiède, la salle fut presque\npleine. La séance était intéressante. La sonate de violon, jouée\npar M. Bernard et M. Enesco, est, à notre sens, inférieure aux\nœuvres de piano. Elle manque de variété, la partie de violon\nse tenant presque constamment dans le même registre et les\ndessins mélodiques se répétant trop. Mais Thème et Variations\net Prélude et Fugue pour piano sont très correctement et solide-\nment écrits ; ce sont de belles pages classiques de forme et mo-\ndernes de procédé. M. Edouard Bernard les a fort bien jouées.\nLes légendes pour orgue (M. Guilmant) sont de gracieuses petites\nchoses.\nEnfin parmi les mélodies du maître suédois qu'à chantées\nMlle Minnie Tracey, il faut citer surtout les Tannhceuser Lieder,\nun peu schumanniens, mais distingués et expressifs. Nous avons\nterminé ainsi agréablement la saison par un compositeur du\nNord. Mais l'accueil ne fut nullement froid.\n\nSOCIETE DES COMPOSITEURS DE MUSIQUE\nA l'issue de l'Assemblée Générale, le Comité de la Société\ndes Compositeurs de Musique a procédé à l'élection de son Bureau\npour l'année 1908-1909.\nSont nommés :\nPrésident : M. Alex. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n927\n\nVice-Présidents : MM. Arthur Coquard, Charles Lefebvre,\n]. Mouquet, Charles Tournemire\nSecrétaire général : M. D. Planchet.\nSecrétaire adjoint, archiviste : M. Georges Guiot.\nSecrétaire rapporteur : M. Arthur Pougin.\nSecrétaires : MM. Marc Delmas, Bertrand, Ach. Philip, Marcel\nTournier.\nBibliothécaire : M, Anselme Vinée.\nTrésorier :M. Maurice Emmanuel.\nTrésorier adjoint : M. Anatole Lefebvre."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.85", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nG. CAPON. Les Vestris (1730-1808). (Mercure de France,\n1908, in-120).\nLe présent ouvrage appartient plutôt à la chronique de\nCythère qu'à la musicologie proprement dite. Il nous conduit et\nnous maintient dans le domaine de la galanterie, où le lecteur\nfrançais a du reste l'habitude de passer la plus grande partie\nde son existence intellectuelle. La documentaticn qui nous\nguide est empruntée à ces petits ouvrages fugitifs, si difficiles\nà découvrir, aux mémoires du temps et surtout aux rapports\nde police. De soigneuses références et un Index des noms\nrendent ces recherches très iacilement utilisables.\nNous avons ainsi une image assez poussée de cette société\ngalante, où évoluait le monde de l'opéra àla fin du XVIIP siècle,\net dont la famille des danseurs Vestris était le plus bel orne-\nment. L'intrigue et le libertinage ont à peu près seuls retenus\nl'attention de l'auteur, et en lisant toutes ces anecdotes, on ne\npeut se défendre de songer qu'il y avait autre chose à l'Opéra,\nmême dans les coulisses, que des compétitions dépravées. Il\nest sans doute un peu dommage qu'une documentation aussi\nabondante ne nous ait montré de cette famille d'artistes que les\nmœurs douteuses.\nCette réserve faite, je suis heureux de signaler l'attrait véri-\ntable de ce volume. Cette fin de l'ancien régime, liber-"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.86", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n929\n\ntine, fastueuse, et aussi pauvre que possible en idéalisme, exerce\ntoujours sur nous une sorte de fascination. Et que d'esprit\nrépandu sur toute canaillerie de paroles et de vie ! Ce mot\nentre autres du «-Dtou de la danse»à un camarade trompé : «Et\npuis, vois-tu, mon ami, dans notre état, les cornes, c'est comme\nles dents;quand elles poussent, cela fait un mal du diable ; peu à\npeu on s'y accoutume, et puis, et puis on finit par manger avec. »\nCe qui intéresse ici l'historien de la musique c'est de\nrespirer l'atmosphère d'alcôve au milieu duquel se produisirent\nles opéras de l'Académie royale. Je recommande la lecture\nde ce livre à tous les modernes zélateurs de Rameau, à tous\nceux qui tiennent absolument à forcer notre admiration\npour ce qui reste de tragédie et de drame antique dans une œuvre\ncomme Aride. Ils verront ici dans quel sens allaient les préoccu-\npations du public, des acteurs et des auteurs en 1760 ! Et com-\nbien le costume, la danse, la virtuosité, l'emportaient sur toute\nautre considération. Ce qui domine alors, et qu'on s'empresse\nde faire disparaître aujourd'hui, c'est le dans tout ce\nqu'il a de plus frelaté, c'est le falbalas, le rouge, le faux bril-\nlant sensuel et délicat, la fantaisie et le bibelot.\nEt quand on nous supprime tout cela, sous prétexte de\nsincérité artistique, les œuvres semblent froides et incolores !\nParbleu !\nJe signale particulièrement à M. Messager la description de\ncostumes des Fragments d'Opéras et de Ballets, de Lully et de\nRameau, dansés à la cour en 1754. Que dira-t-il de cet habit de\nThésée :\n« Un habit à la grecque de glacé argent nouveau, brodé en\nchenille bleue et papillons argent peints en bleu ; vêtement de\ndessous de gaze bleue à fleurs d'argent ; le tout garni de réseaux\nargent, une coeffure fronton de glacé argent entrelacé de gaze\nraiée bleue et argent. Une culotte de satin blanc. »\nLes ouvrages comme ceux de M. Capon, préparent une géné-\nration de musicologues amis de la vérité. Espérons qu'elle\nne tardera pas trop.\nJ. E-"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.87", "texte": "930\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I M.\n\nFRANZ LISZT MUSIKALISCHE WERKE. (Breitkopf & Haertel\n1908, in-fol.) V. I & II. (chaque, 15 marks).\nLiszt, qui a tant fait pour les autres, s'est assez peu occupé du\nsort de ses propres œuvres. Ce désintéressement se trouve aujour-\nd'hui récompensé. L'Allgemeine Deutscher Musikverein fondé\njadis par l'auteur de Mazeftpa, après avoir plusieurs fois depuis\nquinze ans remis à l'ordre du jour de ses séances le projet\nd'une édition complète des œuvres de Liszt, vient enfin de voter\nla somme nécessaire à cette grande entreprise. La Liszt-\nStiftung et la maison Breitkopf vont mener à bien cette publica-\ntion critique, sous la direction d'un certain nombre desavants\nallemands des plus qualifiés. Deux volumes de cette collection\nviennent de paraître. Ils contiennent, en partition d'orchestre,\nquatre poèmes symphoniques : Ce qu'on entend sur la montagne\n— Tasso — Les Préludes — Orphée.\nL'apparition de ces volumes coïncide avec un retour du\npublic vers ce grand homme auquel notre musique la plus\nmoderne doit tant. On saura plus tard tout ce que des artistes\ncomme Debussy et Ravel ont eu d'admiration pour des œuvres\nde Liszt. Quant à Wagner et à Berlioz, sans Liszt, ils ne seraient\npas ce qu'ils sont. Liszt appartient à ces orientaux de l'Europe\ndont on devrait bien dresser la nomenclature et étudier l'in-\nfluence. Hongrois, Bohémiens, Tchèques Viennois, ont apporté\nà notre Occident fatigué et formaliste une liberté d'inspiration,\nune exubérance harmonique dont nous avons tous profité, et\nqui, je le crois, a été beaucoup plus féconde qu'onnese l'imagine.\nA retenir d'ans la préface de ce premier volume, un avis de\nl'auteur lui-même, que tous nos chefs d'orchestre pourront lire\navec fruit. Liszt y caractérise en excellents termes la liberté\nd'interprétation qu'il réclame pour ses œuvres et, .en général,\npour les œuvres de ce genre. Je regrette cependant qu'une si\nbelle publication ne comporte pas un avertissement assez court\ndonnant quelques indications sur les ouvrages édités.\nJ.E."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.88", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n931\n\nI). ANDRÉ GOUIRAND. La Musique en Provence et le\nConservatoire de Mavseille,in-12 de xii-484 pp. Marseille,\nP. Ruat ; Paris, Fischbacher, 1908.\nII). LÉON LEFEBVRE. Le Concevt de Lille (1726-1816).\nin-12 de vn-66 pp. Lille, Lefebvre-Ducroq, 1908.\nVoici deux ouvrages qui, apparus presque simultanément,\nprouvent que, du Nord au Sud, nosérudits de province commen-\ncent à s'intéresser aux études de musicologie locale. C'est là un\nsymptôme qu'il nous est tout particulièrement agréable\nd'enregistrer, et nous faisons les vœux les plus ardents pour\nque les chercheurs se mettent à l'œuvre et dépouillent, dans\ntoutes nos provinces, les riches dépôts d'archives qui y sont\nconservés. Ils y recueilleront une abondante moisson. Ajoutons\nà ce propos qu'on annonce l'apparition prochaine d'une publi-\ncation très développée sur la musique à Lyon.\nLes livres de MM. Gouirand et Lefebvre présentent chacun\nun caractère différent ; le premier, plus étendu, embrasse toute\nla musique provençale; le second se restreint à l'étude appro-\nfondie d'une institution lilloise.\nSur la musique en Provence, de nombreux travaux avaient\ndéjà vu le jour. Qu'il suffise de citer ici ceux d'Alexis Rostang,\nd'Arbaud, de Terris, de Laurens, de Bonnefille, de l'abbé Marbot\net de notre collègue Amédée Gastoué (1). Disons, en passant,\nque cette dernière étude, qui expose les importantes découvertes\nfaites par M. Gastoué aux Archives et à la Bibliothèque d'Avi-\ngnon, semble avoir été ignorée de M. Gouirand.\nDivisé en dix chapitres, le livre de M. Gouirand n'en consacre\nguère que quatre à l'histoire de la musique en Provence et à\nMarseille avant le xixe siècle. Cette première partie a donc plutôt\nle caractère d'un état de science que celui d'un travail original\nbasé sur des recherches personnelles. L'ampleur de la matière\ntraitée, son étendue dans le temps et dans l'espace empêchent\nl'auteur d'en faire un examen détaillé. Il a seulement brossé\nun tableau d'ensemble dont la majeure partie des éléments\nest empruntée aux travaux antérieurs. On ne saurait, du reste,\nle lui reprocher, car M. Gouirand prend soin dans son avertisse-\n\n(1) A. GASTOUÉ. La musique à Avignon et dans le Comtat du XIVE au XVME\nsiècle. (Rivista musicale italiana, T. XI, FASC. 2E, L 904)."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.89", "texte": "932\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nment de bien, spécifier cju il n & nullement 1 intention d écrire\nun ouvrage définitif.\nQuoi qu'il en soit, son travail nous renseigne sur une foule\nde points intéressants. Des écoles de musique fondées\nà Marseille en 1545 et à Avignon en 1547, par Barthélémy de\nla Croix et Claude Noguyer. De nombreuses bandes de violons\nse constituent en Provence au xvne siècle, mais 1 histoiie si\ncurieuse de ces bandes reste à faire. A ce propos, M. Gouiiand\ndonne le texte, encore inédit, d'une lettre écrite par Guillaume\nDumanoir, en 1678, au sujet de la lieutenance de roi des violons\nque les échevins de Marseille demandaient pour le sieur Besson.\nOn regrettera que l'auteur glisse si légèrement sut un\nmusicien de la valeur de Sauveur Intermet d'Avignon, dont\nM. Gastoué a publié un certain nombre de compositions manus-\ncrites. M. Gouirand ne parle d'lntermet qu'incidemment, à\npropos du passage de Louis XIII à Avignon en 1622. Il ne nous\napprend non plus rien de neuf sur ce personnage quelque peu\nmystérieux de Pierre Gaultier de Marseille, lequel fait bonne\nfigure comme symphoniste et compositeur d'opéras à la fin du\nxvne siècle. Jusqu'à présent, sa physionomie demeure un peu\nincertaine et nuageuse. Les œuvres que nous connaissons de\nlui, ses Symphonies et son Triomphe de la Paix, mériteraient\nqu'une monographie spéciale fût consacrée à Gaultier. Que de\nchoses à dire, d'ailleurs, sur la musique de cette Provence si\nlettrée et si artiste ! Que de problèmes à résoudre, de questions\nà élucider, depuis l'œuvre des Noëllistes jusqu'à l'organisation\ncoopérative des ménétriers et joueurs d'instruments, depuis\nl'an'alyse du caractère de la mélodie provençale, jusqu à\nl'examen des infiltrations italiennes nombreuses et puissantes\nau pays de Campra et de Gilles !\nSignalons les motets de l'organiste marseillais Barthélémy\nBeaulaigne (1564), dont M. Gouirand nous donne la description,\net venons-en à la seconde partie de son livre, où il étudie plus\nspécialement le mouvement musical à Marseille depuis la\nfondation de l'Académie de musique de cette ville au xvine\nsiècle jusqu'à nos jours.\nIci, l'auteur se meut sur un terrain moins vaste, et sa docu-\nmentation se fait plus personnelle et plus neuve. Il a mis à\ncontribution les archives municipales, les archives du Conserva-\ntoire,les comptes rendus de la presse locale,et apporte un nombre"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.90", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n933\n\nconsidérable de documents de première main sur l'Ecole de\nmusique de Marseille, sur le goût musical de ses compatriotes,\nsur les exécutions symphoniques, sur les concerts de musique\nde chambre, etc. Cette partie, qui comprend les chapitres V à X,\nest étudiée de très près; elle se termine par un intéressant résumé\nchronologique de l'histoire du Conservatoire et des manifestations\nmusicales qui se produisirent à Marseille de 1872 à nos jours.\nLe livre de M. Gouirand ne contient pas d'index alphabé-\ntique. C'est là un délaut auquel l'auteur a partiellement remédié\nen mettant en vedette, en marge, les noms des musiciens et\nl'indication des matières dont il s'occupe. Néanmoins, l'absence\nd'index dans un ouvrage qui confine à l'érudition est regrettable.\nNul livre d'histoire ne doit plus se présenter sans un\nund Sach Register, comme disent les Allemands, et aussi sans\nune bibliographie détaillée.\n*\nLe Concert de Lille,de M. Lefebvre, est un travail concis,\nsubstantiel, bourré de documents inédits puisés à des sources\ndirectes. Aucun délayage, aucun développement littéraire ;\ntout l'effort de l'auteur va aux faits qu'il assemble et classe\navec une parfaite clarté, après les avoir minutieusement recueil-\nlis. On devait déjà à M. Lefebvre une série de travaux d'érudi-\ntion relatifs au théâtre, aux fêtes et à la musique à Lille (1).\nSon dernier ouvrage est particulièrement précieux, en ce qu'il\nrecueille à peu près tout ce qui a été conservé des archives\ndes anciennes sociétés musicales de Lille, archives dont le pilon\na détruit la plus grande partie.\nIl nous apprend l'existence, à la fin du xvne siècle, d'œuvres\nlyriques locales, telles que l'opéra- sur l'adoration des\nMages de Claude Olry de Loriande, (1688), et le divertissement\ncomposé, en 1695, par le courtraisien Alphonse Eve, à l'occasion\n\n(i) Voici quelques-uns des travaux de M. Lefebvre :\nLa procession de Lille du xve, au xvne siècle (1902).— L'évêque des fous et la\nfête des innocents à Lille (1902).—Fêtes lilloises du xive au xvie siècle.—Les origines\ndu théâtre à Lille ( 1905 ). Notes pour servir à l'histoire de la musique à Lille ( 1906).\nLe théâtre à Lille au xvne siècle (1906). Tous ces ouvrages édités à Lille, chez\nl'auteur. Ajoutons que le Concert de Lille est orné du portrait de Mondonville par\nCochin, de 2 titres de compositions du même musicien et d'un fac-similé de la vignette\ndu Concert de Lille, gravée, par Duriq en 1787."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.91", "texte": "934\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nde l'entrée de B ouf fiers à Lille. M. Lefebvre, que notre collègue\nM. Pannier a judicieusement secondé dans ses recherches, trace\nun tableau animé de la vie musicale dans l'antique cité flamande.\nC'est le Concert se tenant à l'Hôtel de Ville, de 1689 à 1701;\nc'est l'Opéra installé également à l'Hôtel de Ville en 1695 ;\npuis la Société de musique fondée en 1722 chez Hendricqz, et\nl'Académie de musique instituée en 1726, un an après le Concert\nSpirituel de Paris, et placée sous la protection du duc de Bouf-\nflers, gouverneur général de la Flandre. M. Lefebvre en publie\nle règlement daté de 1733, et s'étend sur le séjour que Mondon-\nville fit à Lille de 1735 à 1737.\nL'Etat des musiques de la bibliothèque du\n(3:739) jette un jour très vif sur les œuvres qui détenaient alors\nla faveur du public. Parmi les opéras, on relève la Jephté de\nMontéclair, les Fêtes grecques et romaines de Colin de Blamont,\net aussi Hippolyteet les Indes de Rameau. Campra\nest représenté par de nombreux ouvrages. Une Philomèle\nde 1705 est attribuée, par erreur sans doute, à Rebel, car\nune pièce du même nom, due à La Coste, fut jouée précisément\ncette année-là ; puis, c'est le répertoire très nombreux des\ncantates et des motets. L'examen des compositions sym-\nphoniques montre à quel point les œuvres de Vivaldi étaient\ngoûtées en France dans le premier tiers du XVIIP siècle ; du\nmaître italien, le Grand Concert exécutait 1\nOn jouait aussi, à Lille, le curieux concerto de Jacques Aubert\nintitulé Le Carillon,sur lequel nous avons déjà attiré l'attention\ndes lecteurs du Mercure musical(l) ; on y faisait encore entendre\nles célèbres Caractères de la Danse de Jean-Ferry Rebel.\nUn certain nombre de programmes du Concert de Lille\nde 1733 à 1737, recueillis par Barbaze, ont pu être conservés et\nconstituent une collection précieuse et presque unique en\nFrance. A partir de 1750, les institutions musicales se multi-\nplient à Lille : Concerts Raparlier(l7sB et 1767),\nGrand Concert qui renaît de ses cendres en 1775-1776. Une salle\nde l'hôtel Soubise héberge un concert par abonnement dans le\ngenre du Concert des Amateurs à Paris, tenu lui aussi, à l'hôtel\nSoubise ; puis, se fondent les Sociétés des\n(1785). En 1800, Lille a la primeur en France de l'oratorio\n\n(1) Mercure Musical du 15 mai 1906."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.92", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n935\n\nd'Haydn, la Création du Monde. Enfin, après de nombreuses\nvicissitudes, l'Ecole de musique de Lille devient une succursale\ndu Conservatoire de Paris (1827).\nLe petit livre de M. Lefebvre, si plein de renseignements\nprécis, sera lu avec le plus vif intérêt par tous ceux qui s'occupent\nde l'histoire de la musique dans les provinces françaises au\nXVIIIe siècle.\nL. DE LA LAURENCIE."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.93", "texte": "PUBLICATIONS REÇUES\nLA LAURENCIE. Rameau. (Collection des musiciens\ncélèbres) i vol. de 125 pages in-B°.\nAUGE DE LASSUS. Boieldieu. (Même collection) 1 vol. de\n125 pages in-B°.\nBOURGAULT-DUCOUDRAY. Schubert. (Même collection)\n1 vol. de 130 pages, in-B°.\nDOM MOCQUEREAU. Le nombre musical grégorien. T. I\n(Tournai, chez Desol et Cie), 1 vol. in-40 de 430 pages.\nGEVAERT. Traité d'harmonie. Deux tomes en un volume\nin-B°. (Paris, Lemoine, 1908.)\nSONNECK (TH.). Catalogue\nBibliothèque nationale des Etats-Unis. (Washington, 1908,\nin-B°.)\nSONNECK (TH.). Classification of Music and Music Lite-\nrature in the Library of (Washington. 1908,\nin-B°.)\nLibrary of Congrès (Bibliothèque nationale des Etats-Unis).\nReport of the librarian,for 1907. (Washington, 1908, in-B°.)\nLes Chansons de France, n° 7 ; juillet, 1908. (Rouart, Lerolle\net Cie, in-40.)\nRichard Wagners Photographisclie mit einem Vor-\nwort von Vanselow.(Munich, Bruckmann, in-12; 3 mk.)\nASSOCIATION DES MUSICIENS SUISSES. Rapport de\nl'Assemblée générale du 31 mai 1908. (Neuchâtel, 1 vol.de\n30 pages in-B°.)\nLEMAITRE ET H. CLORIZOT. Trente noèls poitevins, du\nXV au XVIIIe siècle.\nPROD'HOMME. Œuvres de R. traduction française.\nVol. II (Delagrave, in-12.)\nR. ROLLAND. Musiciens d'autref(Paris, Hachette, in-B°.)"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.94", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nNÉCROLOGIE\nLOUIS VAN WAEFELGHEM.\n\nNé en 1840,1 e 13 janvier, à Bruges, cette ville,où l'on respire\ni'art ainsi qu'un souffle régénérateur, il s'éprit de la musique\nardemment, vit en elle une Aimée à conquérir, une maîtresse fière\net douce dont il fallait à jamais triompher. Mais elle fat bonne\net lui sourit tout de suite, et c'est ainsi qu'après avoir,élève stu-\ndieux, bu la science profane à l'Athénée de Bruges en compagnie\nde Delacenserie, Mamet, Siron et Willaert, notamment,— ses\namis encore, et fidèles,— on le retrouve, àl7 ans, suivant les\ncours de violon au Conservatoire de Bruxelles, sous la maîtrise\nde Meerts,et de composition, avec Fétis. Cette faveur,il la devait\nà M.Jules Busschop,lequel,en réalité,nousa donné Van Waefel-\nghem.\nCelui-ci disons-le en passant ne put jamais sans regret\nse séparer de sa ville natale,qui lui demeurait en l'esprit comme\nle berceau d'art berçant l'artiste,le paradis de calme et de rêverie\noù éclôt le génie, et l'on cite de lui cette réponse qu'il fit à son\nprofesseur Meerts, celui-ci désirant savoir si Bruxelles lui sou-\nriait :\nHélas ! non... Il me manque mon carillon !...\nAh ! comme il poursuit l'âme et la pensée des enfants de\nBruges, ce carillon carillonnant dans le silence, clair, pur, net,\ndoux, et comme il leur évoque le décor religieux, et les canaux\nreflétant les pignons dentelés, et les cygnes mélancoliques,\nBruges entière, leur inspiratrice et leur mère !\nEn 1860, Van Waefelghem quitte Bruxelles avec un premier\n\n7"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.95", "texte": "938\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nprix, et passe en Allemagne afin de s'initier, en leur terre d'ori-\ngine, à la science des maîtres de là-bas.\nIl se fait entendre à Weimar, à Dresde, où il séjourna long-\ntemps, lié tout de suite d'amitié avec ce virtuose de l'archet qui\ns'appela Lipinski, et qui lui offrit le choix entre la place de\nprofesseur de violon au Conservatoire de Lemberg et celle de\nviolon-solo au Théâtre Impérial de Pesth.\nVan Waefelghem s'arrêta à celle-ci et partit pour la Hon-\ngrie, où, peu de temps après, il créait une société de quatuor.\nCe fut à ce moment que lui parvint la nouvelle de la mort\nde son père, qui le brisa. De son plein triomphe artistique il\ns'éloigna comme d'un bagne, abandonna tout, fut auprès de\nsa mère, se consacrant à elle.\nLes succès lointains ne le tentaient plus ; en 1863, il se\nrendit cependant à Paris, et sur les conseils de M. Gevaert, il\ns'adonna à l'étude de l'alto, ce violon qui est presque une viole,\nboîte sonore enflée d'âme, et qu'il affectionnait.\nUn concours pour cet instrument le fit entrer à l'orchestre\nde l'Opéra et aux concerts Pasdeloup.\nLa guerre éclata, puis, la paix rétablie, Van Waefelghem\nest appelé en Angleterre comme alto-solo, pour la season, au\n«Majesty's Theatre», et pour les concerts de musique de chambre\nde la «Musical Union». C'est au cours de ces travaux pour cette\nsociété dernière qu'il joignit son nom à ceux de Vieux-temps,\nJoachim, Sivori, Sarasate, Auer, en des quatuors inoubliés.\nDurant de longues années, il quitta ainsi chaque été Paris\npour la capitale de la Grande-Bretagne. Après avoir été, qua-\ntorze ans, alto-solo des concerts Lamoureux, il quitta cet\norchestre pour réaliser un rêve qu'il caressait depuis long-\ntemps : faire revivre la viole d'amour, ce merveilleux instru-\nment de jadis, injustement délaissé, chantant comme les\nsirènes, d'une douceur pénétrante, irrésistible, et sous son\narchet de grand artiste, refleurit alors l'école flamande du\nXVIe siècle, le siècle de notre impérissable grandeur !\nPendant un de ses périodiques séjours à Londres, il découvrit\nchez le grand luthier Hill, une viole admirable, la perle de l'écrin\nde Paolo Aletzi, qui florissait à Venise en 1720, et conçut le\nprojet de rétablir minutieusement l'histoire de ces instru-\nments. A la suite de ses recherches, une littérature musicale\nreparut, qu'il fallait populariser."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.96", "texte": "LOUIS VAN WAEFELGHEM\n(1840 1903)"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.97", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n939\n\nAvec trois de ses amis, le prestigieux claveciniste Diémer,\nM. Delsart, viole de Gambe et M. Grillet, vielle, Van Waefel-\nghem fonda une société d'instruments anciens qui se fit entendre\ndans toutes les grandes villes de France, de Suisse, d'Angleterre\net de Belgique.\nLouis Van Waefelghem faisait en outre partie du célèbre\nquatuor Sarasate, et était Officier d'Académie de France et\nChevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. Il appartenait\nà notre S. I. M. depuis 1905.\nIl avait conservé pour Bruges l'attachement le plus profond,\net, chaque année, y revenait s'inspirer en elle, et contempler,\nle long de la côte, avec ses amis Gevaert, Jourrz et Lassen, la\ngrande mer dont l'âme mouvante, faite de grandeur tragique\net de poésie, crée les véritables artistes.\n\nEd. de Luvay."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.98", "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\nNous avons informé nos lecteurs en notre dernier numéro des récom-\npenses attribuées aux chanteurs et chanteuses. Voici les résultats des\nsuivants concours :\nPIANO (F\nPremiers prix : Mlles Piltan (classe Delaborde) ; Déroché, Penne-\nquin (Philipp) ; Chassaing, Boucheron (Cortot) ; Lewinsohn (Philipp).\nSeconds prix : Mlles Guller (Philipp ); Guillon, Bouvaist (Cortot) ;\nMorin (Philipp) ; Bompard (Delaborde).\nPremiers accessits : Mlles Fourgeaud (Philipp) ; Boucher de Verni-\ncourt, Duchesne (Cortot) ; Marx, Laeuffer(Delaborde) ; Schulhof (Cortot)\nSeconds accessits : Mlles Parody (Cortot) ; Vargues (Philipp) ; Haskii\n(Cortot) ; Fritsch, Heinemann, Michel (Philipp).\n6+5 + 6 + 6=23 récompenses, sur un total de 32 concurrentes.\nALTO\nProfesseur : M. Laforge.\nPremiers prix : M. Rousseau, Mlle Dumont, M. Taine.\nDeuxième prix :M. Barrier.\nPremier accessit :M. Mayeux.\nDeuxième accessit : Mlle Desnoyers.\nVIOLONCELLE\nPremiers prix : MM. Mas et Vaugeois (classe Cros Saint-Ange).\nSeconds prix : MM. Jamin et Ruyssen (Loeb).\nPremiers accessits : MM. Challet, Dussol (Cros Saint-Ange); Dumont\n(Loeb).\nSeconds accessits : MM. Maréchal, Mangot, Allaux (Loeb); Martin\n(Cros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.99", "texte": "NOS ÉCHOS\n\n941\n\nVIOLON\nPremiers prix: MM. Michelon (classe Berthelier); Caremhat (Lefort);\nMlles Wolff, Talluel (Nadaud).\nSeconds prix : Mlle Roussel (Berthelier); MM Tiulot (Nadaud);\nPoirier (Lefort); Krettly (Berthelier).\nPremiers accessits : MM. Carruette (Remy); Hémery (Nadaud);\nMlle Goyon (Rémy); Mlle de la Hardrouyère (Berthelier); M. Olmazu\n(Rémy).\nSeconds accessits :M.Duran,MlleElwell (Lefort); Mlle Didier (Nadaud) ;\nM. Villain (Rémy).\nPIANO (Hommes)\nPremiers prix : MM. Trillat, Gayraud (classe Risler); Eustratiou\n(Diémer).\nSeconds prix : MM. Gallon et Gauntlett (Risler).\nPremiers accessits:MM. Moretti, Schmitz (Diémer) ; Schwaab (Risler):\nLaporte (Diémer).\nHARPE CHROMATIQUE\nProfesseur : Mme Tassu-Spencer.\nPremiers prix : M. Mulot, Mlle Chalot.\nSecond prix :O.\nPremier accessit : Mlle de Montmartin.\nHARPE A PÉDALES\nProfesseur : M. Hasselmans.\nPremiers prix : Mlles Pierre-Petit, Delgado-Perez, Laggé.\nSeconds prix : Mlles Inghelbrecht, Dretz, Gaulier.\nPremier accessit : M. Pré.\nOPÉRA (Hommes)\nPremiers prix : MM. Vaurs et Teissier (classe Bouvet).\nSecond prix : O.\nPremier accessit : M. Dupré (Bouvet).\nSeconds accessits : MM. Laloye (Dupeyron); Chah-Mouradian, Combes\n(Isnardon).\nFemmes\nPremiers prix : Mlles Raveau (Bouvet); Le Senne (Melchissédec).\nSeconds prix : Mlles Cebron-Norbens (Isnardon); Kaiser, Bourdon\nBouvet); Panis (Dupeyron)."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.100", "texte": "942\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nPremier accessit : Mlle Garchery (Dupeyron).\nSeconds accessits : Mme Delisle (Dupeyron); Mlles Robur, Jurand\n(Isnardon).\nOPÉRA-COMIQUE\nPremier prix :O.\nSeconds prix : MM. Vaurs et Coulomb (classe Bouvet).\nPremiers accessits : MM. Dupré (Bouvet) ; Bellet (Dupeyron) ; onzio\n(Melchissédec); Paulet (Isnardon). P\nSeconds accessits : MM. Villaret et Audigier (Isnardon).\nFemmes\nPremier prix : A l'unanimité, Mlle Raveau (Bouvet).\nSeconds prix : Mlles Gustin, Chantai, Cebron-Norbens (Isnardon).\nPremiers accessits : Mlles Duvernay (Isnardon); Amoretti (Du-\npeyron); Lambert (Bouvet).\nSecond accessit : Mlle Pradier (Isnardon).\nCONTREBASSE\nProfesseur : M. Charpentier.\nPremier prix : O.\nSeconds prix : MM. Dumont, Juste, Arrès.\nPremier accessit :M. Leuliet.\nFLUTE\nProfesseur : M. Taffanel.\nPremier prix : M. Paul.\nSeconds prix : MM. Friscourt et René.\nPremiers accessits : MM. André Castel et Lespès.\nSeconds accessits : MM. Clouet, Marchant et Raoul.\nHAUTBOIS\nProfesseur : M. Gillet.\nPremiers prix : MM. Riva, André Tournier, Bonneau.\nSeconds prix : MM. Morel, Durivaux, Rigot.\nPremier accessit :M. Du voir.\nSecond aeeesssit :M. Burgunder."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.101", "texte": "NOS ECHOS\n943\n\nCLARINETTE\nProfesseur : M. Mimart.\nPremiers prix : MM. Rouillard, Corbet.\nSecond prix : M. Jauffrion.\nPremier accessit : M. Siguret.\nBASSON\nProfesseur : M. Bourdeau.\nPremiers prix : MM. Thauvin et Fleurquin.\nSeconds prix : MM. Verdier, Piard.\nPremiers accessits : MM. Guilloteau, Petrot.\nSecond accessit :M. Letellier.\nCOR\nProfesseur : M. Brémond.\nPremier prix :M. van Bedaf.\nSecond prix : M. Bacquier.\nPremiers accessits : MM. Bordet, Stermann.\nSeconds accessits : MM. Michel, Fabre.\nCORNET A PISTONS\nProfesseur : M. Mellet.\nPremiers prix : MM. de Lathouwer et Beghin\nSeconds prix : MM. Rodet et Minet.\nPremier accessit : M. Delmotte.\nSecond accessit : M. Kauffmann.\nTROMPETTE\nProfesseur : M. Franquin.\nPremiers prix : MM. Gilis, Séguélas, Perret.\nSecond prix :M. Borie.\nPremiers accessits : MM. Cherrière et Delattre.\nSeconds accessits : MM. Panier, Champendal.\nTROMBONE\nProfesseur : M. Allard.\nPremiers prix : MM. Lafosse,Tudesq."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.102", "texte": "944\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nSeconds prix : MM. Barat, Meyei.\nPremier accessit :M. Munio..\nSeconds accessits : MM. Lagrange, Deivaux.\nCONTREPOINT\nPremiers prix : MM. Ribollet (classe Gédalge); Noël, Gallon, Mati-\ngnon (Caussade).\nSeconds prix : MM. Raulin (Gédalge); Bourdon (Caussade); Scotto,\nRoger (Gédalge).\nPremiers accessits : Mlles Delmasion et Guérin (Caussade).\nPRIX DE ROME\nSujet : la Sirène,cantate de MM. Eugène Adenis et G. Desvraux-\nVérité.\nPremier grand prix :M. André Gailhard (classe Lenepveu).\nDeuxième second grand prix : Mlle Nadia Boulanger (classe Widor).\nMention honorable :M. Flament (classe Lenepveu)\nLa bibliothèque royale de Berlin vient de s'enrichir d'une superbe\ncollection d'œuvres manuscrites de J.-S. Bach, Joseph Haydn, W.-A.\nMozart et Beethoven. Cette collection a été offerte à l'empereur par le\nconseiller intime de commerce, M. Ernst von Mendelssohn-Bartholdy,\nfils du frère et, par conséquent, neveu du célèbre compositeur Félix von\nMendelssohn-Bartholdy. Elle comprend, comme principales pièces,\nune cantate de Bach ; quatre symphonies, un concerto pour violon et\nune messe de Haydn, ainsi que la partition intégrale de Y Enlèvement du\nsérail de Mozart. Mais ce sont les originaux des œuvres de Beethoven\nqui forment le joyau de cette collection. La quatrième, la cinquième et\nla septième symphonies y sont représentées dans des partitions com-\nplètes. S'y trouvent également : le septuor op. 20, le quintette op. 29,\nle grand trio op. 97, les six quatuors op. 59, les op. 74, 127,130,131 et\n132 ; l'ouverture de Fidelio, et un très intéressant carnet d'esquisses."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.103", "texte": "NOS ÉCHOS\n945\n\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE\nDE LUXEMBOURG\nSOLFÈGE (jeunes gens). Division inférieure.\n. Première mention avec distinction M. Richy Muller (5g pts).\nPremières mentions : MM. Jean Schmit (54 pts), Henri Kolbach (54 pts),\nGustave Goergen (52 pts), Jean Kieffer (50 pts), Charles Lauser (50 pts),\nFrançois Tribou (50 pts).\nDeuxièmes mentions : MM. François Knaff (44 pts), Ernest Georgen\n(43 pts), René Wagner (40 pts), Emile Clémen (40 pts).\nTroisièmes mentions : MM. Ferdinand Lallemand (38 pts), Max\nGoergen (35 pts).\nSOLFÈGE (demoiselles). Division inférieure.\nPremières mentions avec distinction Mlles Marie Govers (56 pts),\nWally Crocius (55 pts), Anne Cornevin (55 pts).\nPremières mentions: Mlles Nazli Denaut (52 pts), Eugénie Wenger\n(51 pts), Julienne Leduc (51 pts), Gertrude Duhr (51 pts), Louise Biick\n(51 pts), Edith Schaach (sopts), Maria Schleser (50 pts), Rosalie\nTockert (50 pts), Marguerite Yung (50 pts), Françoise Scharff (50 pts),\nMarguerite Rischard (50 pts), Marie Leclère (50 pts).\nDeuxièmes mentions avec distinction Mlles Emma Thielen (45 pts),\nFanny de Wael (45 pts), Jeanne de Wael (45 pts).\nDeuxièmes mentions : Mlles Daisy Leclère (41 pts), Francis Hastert\n(41 pts), Virginie Schou (40 pts), Mmes Van Acker (40 pts), Marguerite\nMajerus (40 pts).\nTroisièmes mentions : Mlles Maria Emmel (37 pts), Maria Jaans\n(36 pts), Fanny Heintz (36 pts), Suzanne Weinerskirch (36 pts),\nEmilie Backes (35 pts), Mimy Wenger (35 pts), Mélanie Clémen (35 pts),\nGabrielle Stoffel (35 pts), Marguerite Leick (35 pts).\nSOLFÈGE (demoiselles). Division ordinaire.\nDeuxième prix avec distinction : Mlle Emilie Dauphin (46 pts).\nDeuxièmes Prix : Mlles Louise Koster (43 pts), Valentine Valentin\n(40 pts).\nSOLFÈGE (jeunes gens). Division ordinaire.\nDeuxièmes prix : MM. François Es (41 pts), Tos. Heinen (40 pts),\npaul Albrecht (40 pts)."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.104", "texte": "946\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nPremiers accessits : MM. Nicolas Weyrich (38 pts), Albert Hach\n(37 pts), Jean Tandel (37 pts), Henri Braun (36 pts).\nDeuxièmes accessits : MM. Albert Glesener (34 pts), Jean Gieres\n(32 pts).\nPIANO. Division inférieure.\nPremière mention avec distinction : Mlle Marguerite Jung (57 pts).\nDeuxièmes mentions avec distinction M. Richy Muller (49 pts),\nMlle Marie Govers (47 pts).\nDeuxièmes mentions : Mlles Jeanne de Wael (44 pts), Anne Cor-\nnevin (43 pts).\nTroisième mention : Mlle Rosalie Tockert (36 pts).\nPIANO. Division ordinaire.\nDeuxièmes prix avec distinction : Mlles Emilie Dauphin (48 pts),\nJoséphine Decker (46 pts).\nVIOLON. Division inférieure.\nPremière mention avec la plus Mlle Louise\nKoster (60 pts).\nPremière mention : Mlle Julienne Leduc (52 pts).\nDeuxième mention avec distinction : Henri Braun (45 pts).\nDeuxièmes mentions : M. Albert Hack (43 pts), Mlle Fanny de Wael\n(42 pts).\nTroisième mention : Mlle Edith Schaack (39 pts).\nVIOLONCELLE. Division inférieure.\nPremières mentions avec distinction : Mlles Wally Crocius (58 pts),\nValentine Valentin (57 pts).\nTroisième mention : M. Charles Lauser (35 pts).\nALTO. Division inférieure.\nDeuxième mention avec distinction : M. Grégoire Trausch (45 pts).\nDeuxième mention : M. Jean Tandel (40 pts).\nVIOLON. Division ordinaire.\nDeuxièmes prix avec distinction :M. Joseph Heinen (48 pts), Mlle\nFrançoise Scharff (46 pts)."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.105", "texte": "NOS ÉCHOS\n947\n\nDeuxième prix :M. Paul Albrecht (40 pts).\nPremier accessit : M. Jean Gieres (36 pts).\nLes prix « Guy de Wendel », « Humbert de Wendel » et « Norbert\nLe Gallais » sont partagés et distribués de la manière suivante : un violon\nà Mlle Françoise Scharff, un violon à M. Henri Braun et un violoncelle\nà Mlle Valentine Valentin.\nBASSON. Division inférieure.\nPremière mention : M. Jean Tandel (50 pts).\nCLARINETTE. Division inférieure.\nPremière mention : M. Charles Lauser (50 pts).\nFLÛTE. Division inférieure.\nPremière mention avec distinction M. Albert Glesener (56 pts).\nPremière mention :M. François Tribou (50 ptir-j.\nDeuxième mention avec distinction M. Ferdinand Lallemand (45 pts).\nHAUTBOIS. Division ordinaire.\nDeuxième prix avec distinction :M. Jean Gieres (46 pts).\nCOR. Division inférieure.\nPremière mention :M. Gustave Goergen (50 pts).\nTROMPETTE. Division inférieure.\nDeuxièmes mentions avec distinction : MM. Henri Kolbach (49 pts),\nGrégoire Tiausch (48 pts).\nTROMBONE A COULISSE. Division inférieure.\nPremière mention : M. Joseph Kieffer (53 pts).\nTROMBONE A COULISSE. Division ordinaire.\nDeuxième prix :M. Nicolas. Weyrich (40 pts)."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.106", "texte": "948\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nCHANT (FEMMES). Division inférieure.\nPremière mention : Mlle P?ula Paquet (50 pts).\nDeuxième mention avec distinction : Mlle Maria Schleser (48 pts).\nDeuxième mention : Mlle Nazli Denaut (41 pts).\nTroisièmes mentions : Mlles Barbe Marx (36 pts), Emma Thielen\n(36 pts).\nA Naples, Saloméde Richard Strauss, sous la conduit® du compo-\nsiteur, a fait grande sensation.\nA Berlin, VEvangêlisteen est à sa 100® représentation.\nL'organiste Alfred Sittard, de Dresde, a été invité à aller inaugurer\ndes nouvelles et puissantes orgues à Barcelone.\nLa troisième symphonie de Jean Sibelius sera prochainement repré-\nsentée.\nAu Pirée, on doit fonder un Conservatoire de musique. Le directeur\ndu Conservatoire d'Athènes G. Nasos sera chargé de l'organisation du\nnouvelfinstitut.,\nF Le compositeur espagnol Rançon Rodriguez Socas doit donner en\naudition au théâtre Dal Verme, à Milan, son opéra Jeba,"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.107", "texte": "NOS ÉCHOS\n949\n\nAu théâtre de Prague on annonce une fête donnée à la mémoire de\nWagner par le Dr Richard Batka. Wagner paraîtra en scène. C'est\nJoseph Kainz qui sera chargé de personnifier le poète-compositeur.\nAlbert Stritt, le ténor de l'opéra de Francfort, est mort à Dresde à\n61 ans.\nA Munich, Tieflandd'Albert a obtenu un succès qui va\nMottl dirigeait et Mlle Fassbender chantait Martha.\nAu cours de la dernière saison soixante œuvres de ce genre ont été\ninscrites sur les programmes.\nM. Sigmund Lautenburg qui, en quittant le Residenz theater de\nBerlin, était devenu directeur du Raimund theater de Vienne, a résigné\nses fonctions qu'il occupait depuis quelques semaines seulement. Il a préféré\npayer un dédit de 24.000 couronnes et échapper aux difficultés de tout\ngenre créées volontairement par son personnel artistique.\nGenève.\nLa cérémonie de la fête des promotions de l'Ecole secondaire et\nsupérieure des jeunes filles, est toujours une joie pour les yeux et un\nagrément pour les oreilles des assistants.\nCette année, les élèves, sous la direction de leur professeur, M. H.\nKling, ont chanté un hymne : Vaincre ou Mourir, paroles de M. E. de\nBudé, musique de H. Kling. Une mélodie aisée à retenir, simple, fran-\nchement rythmée, entraînante, un texte qui s'adapte fort bien et exalte\njoyeusement le sentiment patriotique, tels sont les caractères de ce\nchant suisse. La preuve en est dans les nombreuses éditions qui l'ont\naccueilli et le plaisir avec lequel les élèves l'ont interprété. Pour finir,"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.108", "texte": "950\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nLe Gérant : C.-A. ROCOFFORT.\nImp. Art. L.-M. Fortin et Cie, 6, Chaussée d'Antin, Pari».\n\non a entendu avec non moins de plaisir YEfithalame de Lohengrin,\nde R. Wagner, dans lequel les voix fraîches des élèves ont fait mer-\nveille.\nInstitut.\nLes études musicologiqu.es ont reçu à l'Académie des Inscriptions et\nBelles-Lettres une consécration que, depuis longtemps, nous aurions\nvoulu voir venir. La porte est ouverte, c'est à nos confrères en études\nmusicales de faire qu'elle ne se referme point.\nEn tout cas, voici les résultats de cette année :\nSur le prix Saintour, l'lnstitut a prélevé une somme de 1.500 fr.\nattribuée par tiers aux trois volumes parus dans la Bibliothèque\nmusicologique, que notre collègue P. Aubry dirige avec tant de\ncompétence :\nGASTOUÉ. Les origines du. chant\nR. P. THIBAUT. Les origines de la notation neumatique.\nR. P. REBOURS. Traité de fsaltique."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.109", "texte": "VII\n\nÉPITIONS SCriOTT S SIMROCK\nDépositaire Exclusif : MAX ESCHIG\n13, Rue Laffitte, PARIS (IXe) (Téléphone 108-14)\nNOUVELLES PUBLICATIONS (suite)\nPour Piano à 4 mains Nct frg\nBRAHMS, J.t op. 9 Variations sur un thème de Schumaïin _ coc\nCAETANI, R., op. 10 Suite '* Z\nCOOLS, E., symphonie * \" ** JQ t\nDOHNANYI, E. von, op. 9 Symphonie # «j gg\nDVORAK, A., op. 54 Valses cahier I # gjg\nSCHUTT, Ed., op. 59 N° 2 A la bien-aimée «.ç\nSTRAUSS, Richard, Symphonie domestique \" jq\nPiano seul :\nBRAHMS, J., Mélodies transcrites par Max Reger,deux volumes à.. .. .. .. 5 »\nDVOKÀK, A., Célèbre Humoresque, original en sol bémol.. 2 »\nle même, simplifié en sol * * 2 »\nFRANCK, César, Les Plaintes d'une Poupée j en\nMOSZKOWSKI, M., op. 77 Dix Pièces Mignonnes, chaque.. .. 2 »\n1 Tristesse. 2 Scherzino. —■- 3 Romance sans paroles. 4 Inquiétude.\n5 Intimité. 6 Tarentelle. f Impromptu. 8 Pantomime. 9 Mélodie\n10 Menuet*\nSAUER, E., Prélude érotique . .♦ 250\nTarentelle fantastique 2 »\nSCHUTT, Ed. op. 76 Doux moments. 1 en la bémol, 2 en fa. Chaque 2 »\nop. 77 Au Village et au Salon\n1 Dans la prairie, polka-humoresque 250\n2 A mon amour, poésie-valse 375\nop. 78 Amourettes (En promenant. Tendresse. Fleur déracinée.\nVoilà tout) g w\nTOVEY, D., op. 15 Concerto en la maj 7 50\nPour Chant et Piano :\nBRAHMS, J., Mélodies choisies en huit volumes, deux tons, chaque .. .. .. 375\nDELUNE, Fl. L., Les Cygnes (avec accomp. de Violoncelle) 3 »\nDVORAK, A., Quand ma vieille Mire (tirée des Mélodies Bohémiennes, traduction\nde Mad. C. Chevillard), 2 tons, chaque 2 »\nELGAR, Salut d'amour, deux tons, chaque I 50\nFABRE G., Dimanche .. .. • 175\nHUMPERDINCK, E., La Veillée de l'Amant (Berceuse). Adaptation de G. Montoya. | 50\nLEMAIRE, G., La Tabatière 2 »\nMARTI-ESTEBAN, Chanson Rêvée 175\nMon livre d'amour |75\nSACHS, Léo, Nuit de Mai j »\nRetour àla bien-aimée (Trad. Mad. Chevillard) |35\nSTRAUSS, Richard, Deux nouvelles Mélodies, traduites par Mad. C. Eschig, ..\n1 Trouvé, —a. Avec tes yeux bleus. chaque 225\nVient de Paraître :\nJOACHIM et M OSER, Traité du Violon, vol. 111, conte-\nnant « Seize Chefs-d'œuvre » édités avec cadences ori-\nginales et signes d'interprétation par JOSEPH JOACHIM\nTraduction française par Henri MARTEAU net 15 »\nLe volume premier du Traité du Violon de JOACHIM\nparaîtra en français au mois de Juillet, le vol. II en\nautomne, de sorte que ce superbe ouvrage aura entière-\nment paru en français avant la fin de Tannée.\nSpécialité de Musique Etrangère. Envoi gratis et franco des Catalogues"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.110", "texte": "VIII\n\nAlberto Bacfimann\nCOMPOSITIONS POUR VIOLON\nVIENT DE\nSIMROCK\nDEUXIÈME CONCERT\net Piano ou Orchestre\nPrix marqués\nTraité eomplet des gammes. WBIL-\nLER, 21, rue de Choiseul, Paris..\nMéthode complète de violon. Ri-\nCORDI, Paris, ia, rue de Lisbonne\nLe Violon (Lutherie, Œuvres, Bio-\ngraphies). FISCHBACHER, 33, rue\nde Seine, Paris\n5 fr.\n50\nSCHÔTT' SOHNE, ÉDITEURS\nMayence\nTD Première Suite (Allegro, Scherzo,\nAndante, Allegro, Appassionato).\nTD Deuxième Suite (Allegro, Sara-\nbande variée, Scherzo, Rhapsodie\nauvergnate) |0 mlc 50\nTD 6 Caprices de Virtuosité.\nMF Coneertino 3 »\nMF Mazurka sentimentale .... 2 »\nF Sérénade Florentine.\nF Berceuse I 50\nF Scènes d'Enfants :\nPetit Noël | 50\nPetit Pierrot * »\nLa Toupie » »\nPatrouille » »\nTD Zortzieo, danse espagnole (va\nparaître) » »\nMF Passepied » »\nMF Andante Religioso » »\nSCHOTT FRÈRES, Bruxelles\nTD Concerto en sol mineur.. ..\nTD Polonaise\nF Friska, Csarda 5\nF Romance sans paroles 5\nF Chant rustique 5\nF Le Chant du Toréador 5,\nMF Deux Mélodies 5\nTD Rhapsodie Tzigane 7\n7 fr. 50\n5\n50\nPrix marqués\nSIMROCK, Berlin\nParaîtra prochainement :\nTD Deuxième Concerto en la mi-\nneur » »\nLEDUC ET BERTRAND\n3, Rue de Grammont, Paris\nTD La Jota Aragonesa 3 fr. »\nMF Serenata Espafiola 2 50\nMF Adagio j 35\nMF Capriccio 2 50\nMF Fileuse 2 50\nF Minuetto 2 fr. »\nMF Mélodie 2 »\nTD L'Abeille 2 *\nMF Romance 2 50\nMF Air 2 50\nF Danse Bretonne .. 2 50\nF Danse Hongroise 2 50\nTD Mazurka de Concert 2 50\nMF Réve d'Enfant | 75\nF Maeietta \\ 75\nCRANZ, Bruxelles\nTD Cadix, danse espagnole .. .. 2 fr. 50\nCinq Morceaux :\nF Souvenir \\ 75\nF Aubade | 75\nF Danse Bretonne » »\nF Valse mignonne » »\nF Gigue » »\nJ. HAMELLE, Paris\nD Scherzo diabolique 2 fr* 50\nD Elégie 2 »\nMF Chant du Printemps 2 »\nMF Pavane 2 »"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.111", "texte": "XI\n\nPrix marqués\nTD Mazurka brillante o 50\nMF Aria ~ « 75\nD Juanita 2 »\nTD Barcarolle. ......... 2 »\nMF Sévi lie, Suite pour deux vio-\nlons et piano 4 »\nTRANSCRIPTIONS\nMF Papillon, de G. Fauré .. .. 3 fr. »\nD Chant Elégiaque, \\de TOp. 29 2 >\nD Divertissement, jde V. d'lndy 2 50\nD Sérénade de Namouna, de Lalo. 2 »\nTD Toccata (tirée de la 5® Sym-\nphonie pour orgue), de Ch.-M.\nWidor 3 »\nValse en rè, de Ch.-M. Widor ..2 »\nTD 24 Caprices de Locatelll, revus\npar A. B » »\nCHANOT\nSoho Street, 5, Londres\nF Cinq Morceaux faciles (va pa-\nraître) v *\nASHDOWN\n19, Hanover Square, Londres\nD Gigue 3 sch.\nF, facile. MF, moyenne force.\nPrix marqués\nWEILLER\n21, Rue de Choiseul, Paris\nD Arioso I fr. 75\nD 3» Mazurka de Concert .... 2 50\nF Rêverie 2 *\nDEMETS\n2, Rue de Louvois, Paris\nTD Romance Appassionata .. .. 9 fr. »\nD Sérénade Madrilène 9 »\nF Canzone 6 »\nF Chaconne 7 50\nDURDILLY\n11 bis,Brd Haussmann, Paris\nTD Habanera .. .. 3 fr. »\nD 3* Danse Hongroise 2 50\nF Menuet | 75\nG. ASTRUC\n35, Brd des Italiens, Paris\nF Chanson Bohémienne 2 fr. »\nF Chanson Provençale 2 >\nMF Eglogue 2 50\nTD Zapateado 3 »\nTD Mazurka de Concert 2 50\nD, difficile. TD, très difficile.\nEcole Artistique et Pédagogique\n: DO VIOLON :\nSous la Direction de\n!\\. ALBERTO BACH Hd NN\nET DE PLUSIEURS AUTORITÉS VIOLONISTIQUES\n0 203, 'Boulevard \"Perdre (17*) 0\nOuDeriure des Cours : ler1er Octobre 1908\n[ Supérieurs- 20 fr. par mois.\nPRIX DES COURS : \\ Accompagnement.. 20\n! Elémentaires 15\nEnseignements complets du Violon et de l'Accompagnement\nN.-B. Pour renseignements, écrire boulevard Pereire, PARIS\nua"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.112", "texte": "X\n\nAgence Musicale\nEZ . OEZ SVI El TS , 2 , rue de Louv o i s\nPARIS (ll® Arr4)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\nceîîes de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert: de là\ntant de salles vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des condition--\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de ia musique et son expérience\nprofessionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS est\ndevenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal de\nParis, la Société de Concerts de Chant Classique, nombre d'œuvres privées et d'artistes virtuoses\nqui l'ont choisi pour Administrateur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, TER octobre 190\nEDITIONS MUSICALES\nDans Je but d'aider à la vulgarisation des Œuvres Musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d'imprimer, d'éditer et de lancer à des condition*\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur iéservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive.\nCHANT ET PIANO\nBardac (R.). « Tel qu'en\nsonge * (H. de Régnier).\nNet 4 t\n- « Trois Stances » (J. Mo-\nréas) .... Net 3 *\n—« Cinq Mélodies > (divers)\nNet 5 »\nBertelin (A.). Dix poésies ti-\nrées du « Jardin de l'lnfante »\n(A. Samain) . . Net 10 »\nLa Chimère (A. Samain).\nNet 2 50\nChansarel (R.)* Sonnet Elé-\ngiaque (de Ronsard). Net 2 »\nRequiem d'amour (L. Tail-\nlade) . . Net i5O\nL'invitation au voyage (Ch.\nBaudelaire) .Net 2 50\nCouperin. Pastorale, air sé-\nrieux .... Net 1 70\nDe Crèvecœur (L.). Dé-\ncembre (G. de Fontenay).\nNet 1 70\nLa tendre famille (Ballade à\n5 voix et chœur mixte, d'a-\nprès le « Kalevala » Net 3 »\nDéodat de Séverac. Chan-\nson de Blaisine M. Magre.\nNet 1 50\nLe Chevrier (P. Rey).\nNet 1 70\nLes Cors (P. Rey) » 2 »\nL'Eveil de Pâques (Verhae-\nren) .... Net 1 70\nL'lnfidèle (Maeterlinck).\nNet 1 70\nDuparc (H.). La Fuite (Th.\nGauthier, duo pour Soprano\net Ténor . . . Net 250\nKomïtasW ar dapet.La Lyre\narménienne, recueil de chan»\nsons rustiques. . Net 10 *\nLocard (P.). Juin(Lecontede\nLisle, pour M.-S. et chœur à\n3 voix de femmes) et P°.\nNet 3 »\nMel- Bonis. Epithaïame\n(chœur pour 2 voix de fem-\nmes et P°.) . . Net 2 50\nNazare Aga (Y.-K.). « Les\nNuits persanes » (poésies\nde A. Renaud) . Net 8 *\nRavel (M.). D'Anne jouant\nde l'Espinette. . Net 1 70\nD'Anne qui me jecta de la\nneige. (Epigrammes de Cl.\nMarot) . . Net 1 70\nPIANO\nBardac (R.). « Horizons ».\nLes Cloches de Casbeno. J eux.\nSur la Tresa. . Net 4 *\n(P. de). Portraits de\nmaîtres : Gabriel Fauré ,\nVincent d'lndy . Ernest\nChausson. César Franck.\nNet 5 »\nCollin (C.-A.). Ricordando.\nNet 1 70\nGroz (A.). Epithaïame. I. Pay-\nsage. Portrait. Amour. Rê-\nves; 11. Gens de noces. Dan-\nses bourgeoises et rustiques.\n111. Cloches. Cortège. Epou-\nsailles. Duo.. Avenir.\nNet 8 »\nHenriessy (S.). « Au Vil-\nlage » : Noce campagnarde.\nFillettes. Basse-Cour. Sur\nl'herbe. Au bord du Ruis-\nseau .... Net 5 »\nInghelbrecht (D.-E), Suite\npetite russienne. J'ai aimé\nY van. Chant du Vent. Ko-\nzatchka. Mon Cœur. Chant\ndu Soldat. . . Net 7 »\nLabey (M.). Sonate en 4 par-\nties.\" .... Net 8 p\nSymphonie en mi (à 4\nmains). . . . Net 8 »\nLadmirault {P ). Variations\nsur des airs de biniou tré-\ncorois (à 4 mains). Net 4 »\nMel Bonis. Variations (pour\n2pianos,4 mains). Net 7 »\nPoueigh (J.), « Pointes sè-\nches ». Cerfs-volants. Parc\nd'automne. Combat de coqs.\nNet 4 »\nRavel (M.). Jeux d'eau.\nNet 3 35\nPavane pour une infante\ndéfunte . . .Net 2 »\n4 Miroirs ». Noctuelles. Oi-\nseaux tristes, Une barque sur\nl'Océan. Alborada deî Gra*\ncioso. La Vallée des Cloches\nNet 10 v\nThirion (L,). Sonate en 4 par-\nties. .... Net 7 *\nVIOLON ET PIANO\nAJquicr (M.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 10 #\nBerteSin (A.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 10 *\nLeclair (J.-M.). ir* série du\nlerIer livre, op, 3 (1 à 6)*\nNet 15 s\n—2° série du iBr iivre, op, 3.\n(7 à 12). . . . Net 10 »\nMimkteli (H.) Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nPoueigh (J ), Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 p\nFLUTE ET PIANO\nOU HARPE\nInghelbrecht (D.-E.). Deux\nesquisses antiques.\nDryades . . Net 1 30\nScaphé. ...» 170\nMel Bonis. Sonate. $ 7 *\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate Net 7 »\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMel Bonis. Sonate. Net 6 *\nTRIOS\nMel Bonis. Suite pour flûte,\nviolon et piano. Net 5 »\n2 trios pour violon, violon-\ncelle et piano :\nMatin »... Net 4 »\nSoir . . . . t 3 »\nQUATUORS\nMel Bonis. Quatuor piano,\nviolon, alto, violoncelle.\nNet 12 »\nSeisz (A.). Quatuor pour ins-\ntruments à cordes. Ne* 12 »\nQUINTETTES\nLacroix (E,). Quintette pour\npiano et cordes Net 15 »\n(Léo). Op. 77. Quintette\npour piano et cordes.Net 12 >"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.113", "texte": "xr\n\nOCCASIONS\nÀ vendre un violon d*Amati authentique.\nPrix : 4.500 fr. S'adresser 2 rue de Louvois,\nParis, ll®.\nA vendre un piano Pleyel, grand format\nà queue, véritable occasion, état de neuf.\nS'adresser, 2, rue de Louvois.\nA vendre viole d'amour allemande, belle\noccasion ( 1731). S'adresser,2, rue de Louvois.\nA vendre superbe violon Gigli, très bien\nconservé, intact, n'ayant besoin d'aucune\nréparation, excellente sonorité. S'adresser,\n2, rue de Louvois.\nCOURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nM\"\"\nMarguerite Babaïan. Leçons de chant.\n100, rue d'Assas.\nSuzanne Lafoarthe, des Concerts Lamou-\nreux, 13, rue Mazagran. Cours Chevillard-\nLamoureux. (Succursale : 21, boulevard de\nStrasbourg, le lundi).\nLenoel-Zevort, officier de l'lnstruction\npublique, directrice du cour municipal de\ndéclamation (Ville de Paris). Leçons parti-\nculières. Préparation au Conservatoire.\nPetite scène, 2, rue Favart.\nFrida Eissler, 69, avenue d'Antin.\nCourtier-Dartigues, 56 rue du Rocher.\nLeçons particulières. Cours de chant et\nd'ensemble vocal.\nM,\nCharles Sautelet, Leçons de chant,\n74» avenue Kléber.\nORGUE ET HARMONIE\nMM.\nH. Dallier, organiste de la Madeleine.\nLeçons de piano, orgue, harmonie, contre-\npoint, fugue, s* boulevard Pereire.\nGaston Knosp, harmonie et composition.\n3, rue Maître-Albert.\nJean Poueigh, 16, rue Duperré. Leçons\nd'harmonie et de composition. Orchestra-\ntion.\nPIANO\nMM.\nPaul-E. Bruoold, 3, rue Y von - Villarceau.\nLeçons de piano et d'harmonie.\n\nJ. Jemain, piano, harmonie, contre-point\net fugue, 76, rue de Passy.\nJ. Joachim Nin, 53, rue des Tennerolles,\nà Saint-Cloud. Cours et leçons de piano en\nfrançais et en espagnol.\nRicardo Vinès, 6, rue Troyon, Cours et\nleçons de piano.\nM™\".\nCabre, élève de G. Falkenberg, 41, rue de\nSeine. Leçons de piano et de solfège.\nM. Guilliou, 42, rue de Grenelle. Piano,\nsolfège, accompagnement. Cours d'histoire\nde la musique avec auditions.\nWanda Landowska, 236, faubourg Saint-\nHonoré. Leçons et cours de piano.\nRafaël R. de Spinola, 47» rue de la Mon-\ntagne-Sainte-Geneviève.\nVIOLONCELLE\nM.\nMinssart. des Concerts Colonnet 45, rue\nRochechouart. Leçons de violoncelle et\nd'accompagnement.\nVIOLON\nMHHWMM\nMM.\nCharles Bouvet, officier de l'lnstruction\npublique, 42, avenue de Wagram. Leçon»\nde violon et d'accompagnement.\nH, de Bruym., des Concerts Lamoureux,\n29, rue de Maubeuge. Leçons particulières\nde violon et d'accompagnement.\nClaveau, 6, rue des Ursulines. Professeur à\nla Schola Cantorum. Leçons particulières.\nYwan Fîiege. Leçons de violon et d'accom-\npagnement, 207, boulevard Saint-Germain.\nPomposi, 75, rue Mozart. Leçons de violon\net d'accompagnement.\nHenri Schickei, des Concerts Lamoureux,\n5, rue d'Enghien. Leçons de violon et\nd'accompagnement.\nCLARINETTE\nM.\nStiévenard, des Concerts Lamoureux, 75,\nrue Blanche. Leçons de clarinette et\nd'accompagnement.\nPROVINCE\nI.YON\nM. A. Guichardon, professeur au Conserva-\ntoire. Cours et leçons particulières de violon\net d'accompagnement, 24, rue Rabelais.\nPAU\nM. Paul Maufret, 29, rue Carnot. Leçons de\npiano et d'harmonie.\n\nÉeOLE BEETHOVEN\ndirigée par Mlle M. Balutet, 80, rue Blanche, à Paris. Cours de piano, solfège, harmonie,\npédagogie, préparation aux examens des Ecoles normales.\niw Section : Amateurs ; a» Section : Artistes se préparant au professorat du piano\n( Diplômes ) ; 3® Section : Cours par correspondance."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.114", "texte": "XII\n\nVIENT DE PARAITRE :\nRAMEAU, par\nParis, Félix Alcan\" Collection\nPrix broché\n\nL'ART DÉCORATIF\nREVDE DE LA VIE ARTISTIQUE ANCIENNE EX MODERNE\nPARIS, 35, rue de Valois =-\n125 et 126, galerie de Valois, Palais-Royal\n' , ( EUGÈNE BELVILLE\nDtrec eurs j YVANHOÉ RAMBOSSON\nChaque mois 40 pages de texte luxueusement illustrées sur papier couché et un\nsupplément donnant les nouvelles du monde des Arts.\nL'Art Décoratif suit de près toutes les manifestations artistiques et particulièrement\ntout ce qui concerne l'art appliqué ; il publie de nombreuses études sur le théâtre et la\nmusique (Décor de Polyphème; costumes de Snégôurotchka ; couvertures de musique\nanciennes, etc., etc.)\nLe Numéro : FRANCE 2 fr., ÉTRANGER 2 fr. 50.\nAbonnement d'un an 20 fr."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.115", "texte": "V\nPUBLICATIONS DE LA\nSOCIETE INTERNATIO-\nNALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS\nVIENT DE PARAITRE :\nH. QUITTARD. Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque,\ntranscrit pour piano à deux mains; i volume in-40\nde 100 pages .. . . glr\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'état civil d'artistes musiciens\ninsinués au Châtelet de Paris (1539-1650); 1 vol, in-40 .. JO fr.\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine\nconservés dans les Bibliothèques de France; 1 vol. in-40 .. 20.fr.\nSOUS PRESSE :\n-— Cent motets du XIII0 siècle, tirés du ms.\nEd. vi-4 de la Bibliothèque de Bamberg; 3 vol in-40 .. ~ 150 fr.\nEN PREPARATION :\nH. QUITTARD. Pièces de Louis Couperin pour le clavecin. (Bibl. Nat.\nVm 7 1862.)\nH. EXPERT. Fantaisie de Du Cauroy (pour instruments) 1610.\nM. BRENET. Les archives de la Sainte-Chapelle du Palais.\nP. AUBRY. Glossaire musical du moyen âge.\nEléments d'iconographie musicale du Xe au XVIe siècle.\nA. PIRRO et G. PROD* HOMME. La correspondance de Mersenne.\nH. DE CURZON. Inventaire des Archives de l'Opéra conservées aux\nArchives Nationales,\nL. DE LA LAURENCIE. Les musiciens de la Maison du Roi aux XVIIe\net XVIIIe siècles (Série Oi des Archives Nationales).\nLe Comité de publication :\nP. AUBRY, M. BRBNEÏ . L. DAOKÏAC, J. ECORCHKVILLB.\nH. EXPKRT. L. ©B LA LAURENCIB. CH. MALHERBE\n£. POIRÉB. 6. PROD'SOUMB, E. ROLLAND.\nAdresser les demandes de renseignements et les bulletins de souscription\nà MM„ L.-M. FORTIN et Ciet 6, Chaussée d'Antin, Paris."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19080815-01.1.116", "texte": "ïmp Art* L.-Marcel Fortin et Cie* 6, Chaussée d'Antin, Paris.\n\nFABRICATION EXCLUSIVEMENT ARTISTIQUE\nCéléstas Mustel\nUniquement à grand cadre en fer et cordes croisées\navec système spécial de tablage qui assure & la\nsonorité le plus large développement et une\nextraordinaire prolongation.\nUne réelle petite svmphonie sous les doigts d'un\nseul. 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