{"numero_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_sha256": "b1cc483cbc2e6424355e5be842d6c112901985caac5906f31c387a4ef8c945f3", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1908/11/15_01/bmtnabh_1908-11-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1908/11/15_01/bmtnabh_1908-11-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.1", "debut_caractere": 312, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "DANS CE NUMÉRO\nSOUVENIRS DE CLARA • SCHÙMAtfN, par CARMEN SYLVA a FRESCOBALDI, par ANDRE\nPIRRO aLA VIIe SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER, par WILLIAM RITTER\nPOESIE ET MUSIQUE, par LOUIS THOMAS a UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE\nMARINE, par J.-B. 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C'était à Bonn, lors de mon tout\npremier concert. Pendant tout le jour, je fus si\nnerveuse que je ne sais comment vint le soir. J'ai\nrarement vu, dans ma vie, un jour aussi long et\ninterminable. Enfin, 1 heure arrive. Ma belle et jeune mère,\nà peine âgée de vingt-sept ans et qui, depuis et encore pour\ndes années, était condamnée au fauteuil roulant et à de\ngrandes souffrances, fut coquettement habillée et roulée dans la\nsalle de concert. Je ne sais plus si je marchais à côté d'elle,\ncar j'ai le sentiment d'avoir volé et non marché. Mon premier\nconcert !...\nMaintenant, nous entrons dans la grande salle remplie de\nspectateurs. Je n'aperçus personne, car je regardais seulement\nla scène et le piano. Nous étions assises si loin, à droite, que\nje n'aurais aperçu que la queue du piano si ma mère ne m'avait\npermis de me mettre entre les deux rangées de sièges, d'où je\npouvais voir le clavier.\nJe ne fus qu'yeux et nervosité tremblante. Elle entre et se\nmet vivement au piano. Elle était vêtue d'une robe de velours\nnoir, la chevelure noire simplement relevée, nullement tom-\nbante sur les oreilles, comme c'était la mode alors, mais un peu\népaisse, forte et frisée, ornée d'une seule rose d'un rouge foncé,\n\n(i) Notre collaborateur M. G. de Dubor a bien voulu nous communiquer ce\nchapitre d'un livre de la Reine de Roumanie (en littérature Carmen Sylva), qui\nparaît en ce moment sous le titre de \" Mein Penatenwinkel et dont l'intérêt\nhistorique vient d'être signalé par les Annales politiques et littéraires. (H Minjon,\néditeur à Francfort)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.4", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2176, "texte": "placée un peu plus bas que l'oreille. Il y avait quelque chose de\nsi harmonieux dans sa personne que j'eus l'impression que la\nrobe était aussi rouge que la fleur. Les mains étaient petites,\nfermes et potelées, le jeu rond, fort, sain, presque mâle. Ce\njeu reste pour toujours dans mes oreilles ; mais, ce qui reste\ndans mon cœur, c'est son regard.\nUn peu penchée, s'approchant du clavier comme si elle vou-\nlait mieux entendre et être toute seule avec son piano loin des\nhommes, elle ne regardait point ; mais j'ai vu des yeux mer-\nveilleux, tristes comme la mort. Je ne pouvais plus écouter\nà cause de ses yeux si terriblement tristes, et je me demandais\ncomment on pouvait être si triste quand on avait le bonheur\nde jouer de façon si divine.\nPersonne ne me dit alors que son mari avait une maladie\nmentale et que ses dix enfants devaient être nourris de ses\ndix doigts. Je ne pensais pas qu'elle pût être pauvre, car elle\nportait une robe de velours.\nJe ne pouvais non plus me figurer qu'elle pût être artiste\net pauvre. Je m'imaginais qu'une artiste avait des millions\nà jeter. A cet âge, la réalité est un conte et le conte une réalité !\nOn est Robinson ou Aladin, et plus fréquemment Robinson\nqu'Aladin. On est encore insensible aux trésors de ce monde ;\nmais mon cœur était très sensible aux yeux tristes, car je ne\nconnaissais que trop bien la tristesse et le chagrin.\nMa mère ne quittait guère le fauteuil roulant ; mon petit\nfrère était aussi un martyr et mon père était phtisique. Tant\nde douleurs ouvrent les yeux des enfants, pour la douleur des\nautres. Mais, comme j'étais seulement une enfant rêveuse et\nnon une indiscrète, je gardai pour moi mes impressions et\nn'appris rien de la destinée tragique de Clara.\nSchumann m'était encore tout à fait inconnu,, sinon par\nquelques Kinderstuecke ; mais je ne voulais pas de morceaux\npour enfants. Je voulais du Beethoven !\nJe ne la revis qu'à Saint-Pétersbourg, à l'âge de vingt ans.\nJe relevais d'une fièvre typhoïde et j'étais encore si faible que je\npouvais à peine me tenir sur mes jambes. Je venais de recevoir\nla triste nouvelle de la mort de mon père. J'étais atterrée et"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.5", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "je pensais que la joie de la vie était à jamais finie pour moi.\nC'est à ce moment que Clara Schumann vint à Saint-Pé-\ntersbourg avec sa fille Marie. La grande duchesse Hélène, la\nbonne amie et protectrice des artistes, lui offrit immédiatement\nson palais pour demeure. A ma joie indescriptible, elle y vint\npour sept semaines et habita juste au-dessus de moi. Sa pré-\nsence me fut une grande consolation. Elle me faisait dire\nquand elle devait étudier ; je me tramais alors auprès d'elle ;\nje me blottissais dans un coin un peu éloigné et l'écoutais\npresque sans respirer.\nBientôt, la grande-duchesse me fit prendre des leçons de\nClara et ces leçons furent très belles. J'étais encore trop faible\npour bien jouer ; mais elle me trouva des scènes d'enfant, de\nSchumann, pour lesquelles mes forces suffisaient, et c'est ainsi\nque commencèrent ces leçons, qui devaient être d'une grande\nimportance pour ma vie, car cette femme superbe et respectable\nne trouva pas de meilleure consolation à mon chagrin que de me\nraconter sa propre vie. Et j'eus honte de me montrer si malheu-\nreuse en présence des douleurs que peut offrir la vie.\nVoici son récit :\nMon père et ma mère étaient divorcés. J'aimais passion-\nnément ma mère. Mon père s'était remarié et ma belle-mère\nn'était pas bonne pour moi. J'avais quatorze ans lorsque\nSchumann vint chez nous. Nous tombâmes amoureux l'un de\nl'autre et nous nous fiançâmes en secret. Il avait dix-huit ans\net moi quatorze. Nous n'en dîmes rien à mon rigide père, car\nil avait d'autres projets sur moi.\nElle avait sur les lèvres un fin sourire et ses yeux brillaient\npendant qu'elle me parlait de l'amour de sa jeunesse :\nLorsque mon mari fat âgé de vingt-deux ans et moi de\ndix-huit, je me présentai entre mon père et lui devant le juge.\nSchumann avait prouvé qu'il était majeur et parfaitement\ncapable de nourrir ane famille. Mais mon père lui avait répondu\npar une lettre dans laquelle se trouvaient dix-huit insultes et\nc'est pour ce motif que mon fiancé le fit citer devant le tribunal.\nC'est ainsi que je me trouvai entre les deux devant le juge,\nqui reconnut mon droit d'appartenir à mon fiancé."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.6", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "« Mon père était fort emporté ; il avait toujours dit :\n« Ma fille lie doit pas épouser un vulgaire musicien\nUn comte ou un prince ne sont pas encore assez bons pour elle.\n« Il me chassa de la maison sans vêtements et sans linge.\nMa belle-mère me retira du doigt une petite bague que je tenais\nde ma mère et la donna à sa fille. C'est ainsi que je fus déshé-\nritée. Je partis donc avec mon mari ; mais ce fut le ciel, pendant\ndix années, le ciel !\n« Les enfants vinrent vite. D'abord, nous ne nous aperçûmes\npoint que notre aîné n'était pas comme les autres, jusqu'au\njour où les autres eussent grandi. C'était une grande souffrance\npour nous de voir qu'il ne serait jamais capable de gagner son\npain ; mais nous étions si heureux que cette souffrance même\nne pouvait obscurcir notre ciel. Quant à mon père, je n'enten-\ndais plus parler de lui ; j'étais pour ainsi dire morte pour lui.\n« Je ne vivais que pour mon mari. Je suivais chaque mou-\nvement de son esprit, si bien que le jour où son intelligence\ncommença à se troubler, je crus devenir folle comme lui. Je\nvoulais le suivre dans cette nouvelle phase de sa vie et ne\ncomprenais point où elle conduisait. Il était mon dieu.\n« Mais, une nuit, il me réveilla et me dit :\n« Lève-toi et sors un instant, je te prie.\n« Quand je rentrai, je lui demandai pourquoi il m'avait\nfait sortir.\n« Je craignais, me dit-il, de te faire du mal.\n« C'est à cette époque qu'il entendit constamment un air\ns'adaptant à une mélodie et le nota. Ensuite, il alla sur les\nbords du Rhin et il ne me fut pas permis de le revoir. Il me\nfaisait demander pardon de ne pouvoir agir autrement, m'assu-\nrant que c'était pour nous épargner de plus grands chagrins.\n« Me voilà toute seule avec un homme fou et dix enfants,\nsans un denier. Mon père ne m'écrivait pas de peur que je ne lui\ndemandasse de l'argent. Mes amis organisèrent alors une quête\net je commençai de suite à voyager et à donner des concerts.\nJe laissai mon mari, pendant trois années, chez un médecin de\nBonn et, malgré toutes mes tentatives, je ne pus obtenir la\nfaveur de le voir.\n« Un jour, je devais justement jouer à Londres, dans un\nconcert, quand je reçus une lettre me disant que mon mari\nn'avait plus que quelques jours à vivr% qu'il était moribond"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.7", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "et que je devais venir. Et, dans cette situation, je dus donner\nmon concert. Les gens affirment que j'ai particulièrement bien\njoué ce soir-là ; mais je n'ai rien entendu et je ne sais même\nplus si j'ai joué et ce que j'ai joué. Je sais seulement que toute\nla salle nageait devant mes yeux et que tout semblait tourner\nautour de moi. Immédiatement après le concert, je me mis\nen route pour Bonn.\n« De nouveau on me refusa l'entrée ; mais je protestai et\ndis :\n« Puisqu'il doit mourir, ma présence ne peut lui nuire.\nJe veux entrer.\n« Je l'aurais à peine reconnu, sauf seulement ses yeux\nadmirables, qui étaient fixés sur moi et qui rayonnèrent subi-\ntement.\n« Ma chérie ! s'écria-t-il, étendant vers moi ses bras.\n« Il ne voulait rien manger, prétendant qu'on voulait l'em-\npoisonner. De moi seule, il accepta un peu de nourriture et\nsuivait des yeux tous mes mouvements. Je fus presque heu-\nreuse, dans ma terrible souffrance, de sentir, une fois encore,\nson grand amour.\n« Puis, il mourut. Et moi, toute seule sur la terre avec tous\nmes petits enfants à nourrir! C'était dur. »\nElle parlait avec simplicité, et toujours de lui, comme si\nla vie avait cessé depuis après lui. Tout ce qui s'était passé\ndepuis, elle n'en disait presque rien. C'était toujours lui ! Elle\nétait ce que doit être une vraie veuve : le mausolée vivant de\nson mari. Une fois elle me raconta, toute hors d'elle-même,\nqu'une dame lui avait demandé, dans une soirée, si son mari\naussi était pianiste. « La pauvre ! » m'écriai-je. Et elle ne put\ns'empêcher de sourire. Je me rappelle encore qu'elle me faisait\njouer le morceau intitulé Glucks\ndans une sonorité tout à fait douce. Un bonheur plein de lui-\nmême et rassasié. Et comme je me récriais, ne comprenant pas\nelle plongea son regard dans le mien, comme pour me dire :\n« Cela prouve que j'ai eu plus de bonheur que vous encore,\ncar moi je comprends. »\nAu mois de mai nous allâmes à Moscou, et je l'entendis jouer"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.8", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "avec Nicolas Rubinstein les Variations de Schumann pour\n2 pianos. Nicolas Rubinstein jouait en perfection, avec finesse,\ngravité et profondeur, mais n'avait pas le tempérament démo-\nniaque de son frère. Pour ces V à deux pianos, cela\nvalait mieux ainsi.\nJe ne revis plus Clara Schumann pendant plusieurs années,\njusqu'en 1869, où ma mère m'emmena à Cologne pour assister\nà un concert de Clara et de Stockhausen. Je passai toute la\nmatinée à la répétition générale. Mais Mme Schumann\nn'était pas à son aise. Elle s'était pris le quatrième doigt de la\nmain droite dans la clef d'un tiroir, et ne put jouer. Brahms\nla remplaça ; je l'entendis ainsi que Stockhausen. Ce fut une\nadmirable répétition. Toutefois ma mère me parut nerveuse,\net je fus un peu choquée de ne pas la voir s'abandonner\ntout à fait à cette musique divine. Elle voulut même quitter\nle Guerzenich avant la fin. Puis, nous allâmes dans la Flora,\noù nous déjeunâmes.\nPendant que nous étions dans la Flora, passèrent devant\nnous quelques messieurs et l'un d'eux s'assit à une table, tout\nprès de la nôtre, demanda une tasse de thé et me fixa constam-\nment au point que je fus obligée, en femme bien élevée, de lui\ntourner doucement le dos. Lorsque nous nous levâmes, ces\nmessieurs vinrent à nous et nous reconnûmes M. de Werner,\nque nous avions vu à Dusseldorf, chez le prince de Hohenzol-\nlern. Il présenta à ma mère le jeune prince de Roumanie et son\nreprésentant à Paris, M. Strat. Dans ce dernier, je reconnus\nl'homme qui venait de me fixer.\nJ'étais très contente de revoir le jeune prince, que j'avais vu\ntrès souvent pendant mon séjour à Berlin, il y avait huit ans,\nbien qu'il n'eût pas réussi, comme on dit dans les contes, àme\nretenir quand, marchant derrière la reine, je glissai et tombai\nsur une marche. Je me relevai aussitôt, car je ne me laissais\npas alors aider par des jeunes gens ou toucher par eux. J'étais\nindépendante jusqu'à l'extrême et tout à fait indomptable.\nJe m'intéressais beaucoup à ce jeune prince, dont je trouvais\nles actes téméraires et dont la pensée de se sacrifier pour un\npeuple jeune fut chevaleresque et noble...\n... Nous nous fîmes conduire chez Mme Schumann, que je\ntenais absolument à voir chez elle ; car au concert ce n'était\npas suffisant. Je m'assis aussitôt à ses pieds, sa main dans la"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.9", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "mienne. Ainsi, par terre je pouvais mieux regarder ses yeux\nadmirables et bons. Elle se mit alors à raconter à ma mère\ncombien elle était malheureuse. Elle venait de marier sa fille\nà un comte italien, et ne pouvait se faire à cette séparation.\n« Enfin, n'est-ce pas terrible ! On élève un enfant, on le choie,\non l'aime comme sa propre vie, on se sacrifie pour lui, et le\npremier étranger venu le prend et l'emporte... » Ma mère eut\nun air bien étrange en entendant ces mots de Mme Schumann !\nEnfin, nous dûmes partir, car il était l'heure de s'habiller\npour le concert. Je me préparai à la hâte et mis une robe toute\nneuve et très belle, an jupon bleu et, dessus, une très jolie\nrobe en soie blanche avec de petites fleurs, décolletée en carré.\nJe me figurais n'avoir jamais vu une chose aussi jolie.\nPendant que je faisais ma toilette, le prince de Roumanie\nse fit annoncer et resta. Et j'étais si impatiente que j'avais\ndéjà boutonné mes gants. Enfin, il part ! Je me précipite dans\nla pièce.\nMais, maman, allais-je dire, tu n'es pas encore habillée ?\nUne expression singulière sur la figure de ma mère fit\nmourir le mot sur mes lèvres. Elle commença à marcher dans\nla pièce et me dit :\nLe prince de Roumanie vient de me quitter et m'a de-\nmandé ta main.\nJe faisais une figure si déçue, mais si déçue, que ma mère\ns'attendait déjà à entendre le « non » habituel, que je répondais\nà tous les prétendants ; mais je dis simplement :\nDéjà !\nAprès un quart d'heure de réflexion, je dis :\nQu'il vienne, lui me convient !\nMa mère écrivit deux mots à Mme Schumann pour lui\ndire de ne plus compter sur nous parce que je venais de me\nfiancer.\nQuand il fut entré dans la chambre, on me fit appeler ;\nmais, en ouvrant la porte, je dus me tenir au bouton de la porte\npour ne pas tomber. Je '.marchai, ensuite, résolument vers lui\net lui tendis la main, qu'il baisa, mes lèvres effleurèrent ses\ncheveux. Et il paraît que j'aurais dit : « Cela me rend fière et\nhumble à la fois. »\nIl ne resta qu'une heure et demie, car il venait de Paris,\noù il devait retourner le soir même."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.10", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "Tant qu'il fut là, qu'il me parla de ses devoirs, de la gran-\ndeur de sa mission, des difficultés de celle-ci, tout alla bien ;\nj'étais remplie d'enthousiasme. J'acceptais tout ce qu'il me\ndemandait. Le travail étant pour moi la chose supérieure au\nmonde, je n'en avais jamais assez. Mais, après son départ,\nvint une nuit terrible ; une véritable angoisse m'envahit...\nIl m'avait donné une photographie sur laquelle il avait\nl'air sombre et que je ne pouvais regarder sans frayeur. Je\npensais :\nS'il doit me regarder ainsi, je mourrai.\nJ'étais déjà fiancée depuis quatre semaines et je ne pouvais\nl'écouter sans trembler et sans claquer des dents. Devant l'autel\nseulement, je fus tout à fait tranquille et je m'apaisai.\nJamais plus je ne revis Clara Schumann. Pendant dix ans,\nje ne fus presque jamais dans la maison paternelle. Mais je\nlui élevai un autel dans mon cœur silencieux ; je n'y conduisis\njamais personne et lui vouai une admiration sans bornes\nDeux jours après mon mariage, mon frère avait arrangé\nun très joli concert. Mais, hélas ! elle n'y put venir. C'était un\nquatuor de Cologne, avec le concours de mon honoré maître\nKonigslow, Mlle Schreck, de Bonn, excellente chanteuse,\net un chœur de jeunes filles, mes compagnes d'enfance, de\nNeuwied, qui chantaient : Tu es Je ne pou-\nvais retenir mes larmes.\nEnsuite, je partis ; j'allai loin, très loin dans le monde, sur\nun trône solitaire, dans le moulin du dur travail, puis, je\ndevins mère, et puis !... Ce fut la nuit pour moi sur la terre\net plus jamais le jour!\n\nCarmen Sylva."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.4", "titre_corps": "FRESCOBALDI", "titre_sommaire": "FRESCOBALDI", "signature_source": "Aadré Pirro", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "FRESCOBALDI\nET LES MUSICIENS DE LA FRANCE ET DES PAYS-BAS\n\nL y a trois cents ans que la première œuvre de\nFrescobaldi fut éditée, à Anvers. Au moment où\nl'on rappelle, par des fêtes, le souvenir de cette\npublication, l'occasion eût été bonne de donner\nune étude, longuement traitée, sur les rapports\nde Frescobaldi avec les artistes des Pays-Bas,\npuisqu'il vécut pendant quelque temps en leurs provinces.\nJe n'ai pas l'ambition de remplacer une telle étude, qui doit\nêtre ample et approfondie, en présentant, ici, quelques rensei-\ngnements au sujet du maître italien, et de quelques musiciens\nde France et des Flandres, qui purent lui être connus et\nl'inspirer, ou bien qui l'admirèrent et l'imitèrent.\nA Ferrare, où Frescobaldi naquit en 1587 (1), les composi-\nteurs de l'école dite « franco-flamande » avaient été en renom,\ndepuis longtemps. Hobrecht y était mort en 1505 et, la même\nannée, le duc Alphonse lerIer y avait appelé Brumel. Il n'est pas\ninvraisemblable que Josquin de Près ait, plus tôt encore,\nséjourné à la cour d'Hercule, duc de Ferrare, qui lui com-\n\n(1) M. F.-X. Haberl a, le premier, donné ces dates (Kirchenmusikalisches\nJahrbuch, Ratisbonne, Pustet, 1887). Voyez aussi, du même auteur, la préface\naux œuvres choisies de Frescobaldi, publiées en 1889 (Collectio Musices organicae,\netc., Leipzig, Breitkopf et Hârtel)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.12", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "manda le Miserere à cinq voix 1. IV,\n1519, n° 7), et fut le patron de la messe\n(Liber secundus, 1503, n° 2). Quelques thèmes de Josquin\nreparaissent chez Ftescobaldi.\nLe début de ce motet, que je prends chez Henricus Glarea-\nnus (1), se retrouve dans la basse des premières mesures du\nRecercar sesto sopra fa, fa, sol, dans\nCapricci, Canzon francese e recercari (Venise, 1628, p. 125).\nLe même livre contient (p.,34) un\nfa, re, mi ; c'est le sujet d'une messe de Josquin\n1502) (2).\nDans // Lauro secco, recueil de madrigaux à cinq voix,\npublié à Ferrare, par Vittorio Baldini, en 1582 (3), se ren-\ncontrent des pièces d'auteurs étrangers à l'ltalie. Le madrigal\nGoditi (31) est de Giovanni di Macque, qui, après avoir vécu\nà Rome, fut organiste du vice-roi de Naples. Nous connaissons\n\n(1) Glareani AÉ2AEKAXOPAON, Basileae, 1547. L. 111, p. 358 (hypoionici\nquartum exemplum).\n(2) D'après la copie de cette messe qui est à la Bibl. du Conservatoire,\n(N° 8434).\n(3) Bibl. Nat. Rés. Vm 7 604 (le canto seulement). Ce recueil contient un\nmadrigal de Luzzasco Luzzaschi, le maître de Frescobaldi (8)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "Toccate e fiartite.\nd. intavolatura di cimbalo di GEROLAMO FRESCGBALDI, organista in S. Pietro dißoma\nLibro prinio, éd. 22 déc. 1614. In Roma appresso Nicolo Borboni."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.15", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "quatre Canzoni alla Francesede sa composition : elles sont\ndonnées par Johann Woltz, dans la troisième partie de sa\nNova mvsices organicae tabvlatvra (1617), sous les nO3 11,\n12, 13 et 14 (1). Voici les motifs de ces\nXe thème de la dernière de ces pièces (IV) a de l'analogie avec\nle thème du Canto primo,dans la du\nLibro clelle Canzoni a vna, dve,tre, de Frescobaldi,\npublié en 1628, à Rome, par Bartolomeo Grassi (2) :\nNicolo Peruve (Pervè), qui, si l'on en croit Fétis, était de\nLyon (?), et qui, d'après Pitoni, fut maître de chapelle de\nSainte-Marie-Majeure, de 1581 à 1587 (3), a fait aussi un des\nmadrigaux du recueil II Lauro secco (21) :\nNous trouvons encore, dans le même livre (10), une pièce\nd'Alessandro Mille ville :\n\n(1) Bibliothèque du Conservatoire, N° 20209 (Réserve).\n(2) P. 22 (exemplaire appartenant à M. Ecorcheville).\n(3) Notizia de' Contrappuntisti e Compositori di Musica degli anni delV era\nchristiana 1.000 fino al 1700. (Bibl, Nat. ms. nouv. acq. fr. 266, p. 29).\n2"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.16", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "Ce musicien était d'origine française. Dans un compte de\nl'année 1532, est cité Mathieu de Milleville, organiste, à Paris,\nde « M. le marquis », fils aîné du duc de Lorraine (1). Ales-\nsandro vécut à Ferrare ; il était en faveur près des princes\nd'Esté, et comptait parmi les plus fameux organistes de son\ntemps, écrit Marc Antonio Guarini (2) ; Antonio Libanori le\nloue pour son doux chant et pour son jeu suave (3) ; Ercole\nPasquini, le prédécesseur de Frescobaldi à Saint-Pierre de\nRome, fut son élève (4) ; il mourut le 7 septembre 1589, âgé\nde 68 ans (5). Un de ses madrigaux figure dans II Lavro\nver de (6), publié deux ans après sa mort :\nUn souvenir du psautier français du xvie siècle apparaît\naussi chez Frescobaldi. Le Rec dans II\nlïbro di Caftricci, Canzon francese,\nversi soggetti et arie in partitura(l62B, p. 119),!? commence\nainsi :\nOn peut comparer ce motif avec le chant qui accompagne\n\n(1) Archives de la Meurthe-et-Moselle,B 1052. Compte de Jacques du Boys-\ngaultier, argentier du marquis de Pont-à-Mousson (François, qui devint le duc\nFrançois ler),Ier), pendant l'année 1532 que « iceluy seigneur a été résidant en cour\nde France ».\n(2) Compendio historico delV Origine,\ne Luoghi Pij délia Citta, e Diocesi di FerraraFerrare, 1621 (Bibl. Nat. K 2898).\n(3) Ferrara d'oro imbrvnito Parte terza, Ferrare, 1674, p. 17. (Bibl. Nat.\nK 184).\n(4) Guarini, op. cit., p. 247.\n(5) Agostino Superbi, Apparato de gli Hvomini illvstri délia Città di Fer-\nrara, 1620, p. 130 (parte terza). Bibl. Nat. K 2913.\n(6) Exempl. incomplet à la Bibl. Nat. (Rés. Via? 605). Partition datée de\n1615 à la Bibl. du Conservatoire (27732)."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.17", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "les paroles du psaume XCVIII, dans les 150 psaumes de Claude\nGoudimel (1580) (1) :\nConsidéré dans sa patrie comme une sorte d'enfant pro-\ndige, Frescobaldi, nous apprend Agostino Superbi dans un\nouvrage qui paraît en 1620, «\ndiede gransaggio di lui molt' ann(2) ». L'année de son départ\nn'est point fixée, et l'on ne connaît pas son itinéraire. Si l'on\nen croit E. Vander Straeten, un certain Jérôme Frescobaldi,\nmarchand florentin, vivait à Bruges dès la fin du xve siècle (3) ;\nle jeune musicien fut peut-être attiré dans les Pays-Bas par\nquelqu'un de ses parents (4). Pour Fétis, Frescobaldi séjourna\nà Malines. Il écrit : « L'abbé Quadrio ... dit que Frescobaldi...\nse rendit dans les Pays-Bas, où il séjourna pendant plusieurs\nannées. J'ai trouvé, en effet, par de nouvelles recherches,\nqu'il était à Malines, en 1607, où il remplit les fonctions\nd'organiste de la cathédrale de Saint-Rombault » (5). Nous savons\nd'autre part que Guido Bentivoglio, né à Ferrare, en 1579,\npartit pour la Flandre en 1607, comme nonce du pape. C'est\nà ce prélat que Frescobaldi dédia sa première œuvre, Il primo\nlibro di Madrigali a cinque voci,par une épître datée d'Anvers,\nle 10 juin 1608. Peut-être l'avait-il suivi dans son voyage :\nle jeune archevêque de Rhodes avait traversé la Suisse, en\nétait sorti par Bâle, avait gagné Nancy, et était arrivé à\n\n(1) Publié par M. H. Expert, dans les Maîtres Musiciens de la Renaissance\nfrançaise (IVe fascicule, 1896, p. 87).\n(2) Apparaio de gli Hvomini illvstri délia Città di Ferrara, in quali Lettere,\net in altre nobili Virtù fiorinono, Ferrare, 1620, 3e partie, p. 133.\n(3) La musique aux Pays-Bas avant le xixe, siècle VI, 1882, p. 503 et p. 562.\n(4) n y eut aussi en France des Frescobaldi, dont le nom devint Fré-\nquembault.\n(5) Notice biographique de Jérôme Frescobaldi (Le Trésor des Pianistes, de\nFarrenc, 13e livr. 1868)."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.18", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "Bruxelles pendant l'été de 1607 (1). A Bâle, vivait, depuis\n1576, un organiste né à Tournay en 1554, Samuel Mareschall,\nqui a laissé plusieurs livres de tablature (2). A Nancy, où le\nnonce fut reçu avec beaucoup d'honneurs et de bonté, par le\nduc de Lorraine, Charles 111, on ne peut guère citer que les\nChaveneau (3).\nPierre Philipps (4) et Pierre Cornet (5) étaient alors orga-\nnistes au service de l'archiduc Albert, à Bruxelles. A Anvers\nmême, vivait le maître de tant d'organistes allemands, Jan\nPieterszon Sweelinck (6). Frescobaldi put gagner en technique\ns'il étudia les œuvres de Sweelinck : de Philipps, il considéra\nsurtout, sans doute, les variations et les pièces ornées. Si l'on\ncompare, d'ailleurs, ce que Salomon de Caus nous commu-\nnique du madrigal « Che fera fed d'Alessandro Striggio,\nmis en tablature par Pierre Philippe (7) », avec le madrigal\nAncidetemi purd'Arcadelt « passaggiato », que Frescobaldi\ndonne à la page 37 d'il secondo\nVersi d'hinni, etc. (8), on juge bientôt que Frescobaldi sait\ntirer de la pièce même qu'il orne les « passages » dont il la\n\n(1) Opere del Cardinal Bentivoglio, Paris, 1645, p. 589.\n(2) Sur Samuel Mareschall, voyez la Geschichte der Klaviermusik de M. Seif-\nfert, I, p. 92 (1899). Cet organiste est cité en 1620, dans les comptes du chapitre\nde Saint-Maimbœuf de Montbéliard (Archives du Doubs, G. 1535). En 1612-1613,\non mentionne un certain Hans Christopti Marschal, de Bâle, faiseur d'orgues\n(Ibid., G. 1634).\n(3) On trouve à la Bibl. Nat. (ms. fr. 19099) un Traité de musique de\nLouis Chaveneau, «violon du duc de Lorraine ». Un Louis Chaveneau, «joueur\nde cornemuse» du duc, est cité dans les comptes du duché de Lorraine (Arch.\nde la Meurthe-et-Moselle, B 1308, B 2947,. B 534i> B 2063), de 1607 à 1619.\n(4) Pour tous ces maîtres, je renvoie à l'excellente Geschichte der Klavier-\nmusik de M. Seiffert, ouvrage déjà signalé. Philipps est nommé dans les comptes\nde l'archiduc qui gouvernait les Pays-Bas (Archives du Nord, B. 2884, année\n1616. —B. 2907, 1620). Il est aussi mentionné dans les actes du chapitre de Be-\nsançon, en 1626, au sujet d'un facteur d'orgues de Bruxelles, qui postulait\npour refaire l'orgue (22 mai, ler juillet, 19 août. Arch. du Doubs, G. 202). A la\nbibl. de Versailles, se trouvent les Rossignols spirituels (1616) dont il fit l'accom-\npagnement (M. S. B. I, in-12.) L'exemplaire est incomplet.\n(5) Voyez les Archives du Nord, B. 2901 (1619), fol. 290 a.\n(6) Cf. l'ouvr. de M. Seiffert.\n(7) Les raisons des forces mouvantes, Francfort 1615. (Bibl. Nat. V. 2446).\nIl y a aussi des compositions de Philipps dans Y Institution harmonique de S. de\nCaus (1615).\n(8) La pièce d'Archadelt et la transcription de Frescobaldi sont données\nà la suite de cet article. Le madrigal d'Archadelt se trouve à la Bibl. du Conserv.\n(Cinquanta et sei Madrigali a qvattro voci dello eccellente mvsico Giaches Arcadelt.\nVenise, 1547. Rés. 24418)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.19", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "fleurit, tandis que Philipps ne fait que surcharger de fioritures\ncommunes la composition de Striggio. Chez Sweelinck et chez\nCornet, il pouvait aussi trouver l'esquisse de son Capriccio\nsopra ut, re, mi, fa, sol, la (i° Libr p. i) (i). Mais\nil est vraisemblable qu'il en avait pris déjà l'idée chez les plus\nanciens maîtres flamands : Brumel avait donné une messe sur\nl'hexacorde dans le Liber quindec de 1516 ; et\nJacobus de Kèrle avait employé le même motif, montant ou\ndescendant, dans l'une de ses messes imprimées en 1582.\nC'est encore aux vieux maîtres néerlandais, à leurs arti-\nfices, que Frescobaldi nous fait penser, quand il no as propose\ndes énigmes musicales : une quint à introduire\ndans tel Recercar (2), ou dans tel Capriccio (3).\nD'Anvers, Frescobaldi se rendit en toute hâte à Milan :\nil s'y trouvait déjà le 29 juillet 1608 (1). S'il suivit, au retour,\nle même chemin qu'avait pris Gui do Bentivoglio pour aller\nd'ltalie en Flandre, il ne franchit jamais les limites de la France,\ntelle qu'elle était alors bornée. Il semble que les musiciens\nfrançais ne connurent ses œuvres que fort tard. Dans son\nHarmonie universelle,à la vérité, au livre VII des instruments\n(P* 65), Mersenne le cite, mais en avouant qu'il ne sait rien\nde lui : « Quant aux éloges d'Adrian le Vieillard (Willaert),\ndont les œuvres ont en partie servy d'idée à du Caurroy, et\nà ceux des autres compositeurs, tant d'Allemagne et des Pays-\nBas, comme de l'ltalie, entre lesquels on met Lucas Marenzio\nFresco-Baldi, Claude Monteverde, et plusieurs autres j'en\nlaisse le soin à ceux qui les ont connus. » Le plus grand orga-\nniste de France, au commencement du xvii® siècle, Jean Tite-\nlouze, qui mourut en 1633, ne témoigne point, par ses œuvres,\nqu'il ait étudié de près le maître italien. Cependant, nous\n\n(1) Cf. Touvr. cité de M. Seifiert, p. 114.\n(2) Fiori musicali, N° 45.\n(3) Il primo libro di Capricci, 1628, p. 77.\n(1 ) Musikerbriefe ans fùnf Jahrhunderten, publ. par La Mara, i®rvol. (1886),\np. 63."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.20", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "trouvons, dans ses versets pour le Magnificat (1626), une pièce\n(second Deposuit potentes duIer ton) qui commence ainsi (1) :\net Frescobaldi écrit, dans son (2) :\nIl serait toutefois imprudent de conclure, de cette res-\nsemblance, que l'organiste de Rouen a emprunté le motif\nqu'il traite à Frescobaldi ; on se plaît alors aux recherches\nchromatiques, et des formules de même dessin sont employées\npar Samuel Scheidt, l'auteur de la Tabulatura nova (1624) (3).\nTout vague qu'il fût, l'éloge que fait Mersenne de Fresco-\nbaldi, en le nommant parmi les musiciens illustres d'ltalie,\npouvait encore paraître outré. G.-B. Doni lui écrit : « Tou-\nchant ce que vous mettez (à la page 65 du livre 7 des Instr.\nde percussion) Frescobaldi au rang des plus estimez musiciens\nd'ltalie avec Lucas Marenzio et Monteverde, il ne faut pas\nque vous vous trompiez en cela. Car il y a aujourd'huy à Rome\nune douzaine de musiciens qui sont plus estimez que luy.\nMais estant peut estre le plus habil homme qui soit aujour-\nd'huy en Italie à iouer des orgues et du clavecin et à y com-\nposer des pièces ; les ignorans estiment qu'il ait attaint le\nbut de ceste profession ; quoy qu'il y ait bien de la différence\nd'estre bon melopee ou musicien, ou un bon compositeur de\nsinfonies. Au reste, je vous asseure qu'il est si peu savant\nqu'il ne scait pas ce que c'est semi-ton majeur ou mineur et\nne joue guieres sur les touches métaboliques (qu'on appelle\ncommunément cromatiques). Et quand il n'entend pas\n\n(1) Archives des Maîtres de l'Orgue,publ. par M. Alexandre Guilmant, I,p. 103.\n(2) Capriccio cromatico con ligatvre (p. 62).\n(3) Denkmàler deutscher Tonkunst (Ier vol. 1892, publ. par M. Seiffert p. 73\net p. 172)."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.21", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "quelque mot un peu rare en la poesie vulgaire, il en demande\nadvis à sa femme, qui en scait plus que luy (i) »• Plus tard,\nDoni écrit encore à Mersenne au sujet d'exemples de musique\nà insérer dans un traité : « Pour Frescobaldi, il est le moins\npropre de tous ; veu que c'est un homme fort grossier, quoy\nqu'il joue parfaitement des orgues et soit excellent a com-\nposer des fantasies, danceries et choses semblables ; mais\npour accommoder les parties, il est fort ignorant et despourveu\nde jugement, de façon qu'on peut dire qu'il ait toute sa science\naux bouts des doits. Et je ne doute pas qu'il soit plus estimé\nloin d'icy que la ou il est (2) ». En outre, Doni ne pouvait point\npardonner à Frescobaldi d'avoir approuvé le tempérament\négal des demi-tons que « ftannosus » lui avait\npersuadé, « frequentibus et gr », de\nrecommander « contra jidem au (3) ».\nMaugars est plus juste pour Frescobaldi, qu'il entendit à\nRome, en 1639. décrit la musique qui se fait, en l'Oratoire\nSaint-Marcel, les vendredis de Carême, de trois à six heures,\nà la demande de la « Congrégation des Frères du Saint-Cru-\ncifix, composée des plus grands seigneurs de Rome. » Il y\nadmira beaucoup un violon qui « sonna de la pure chroma-\ntique » « Mais surtout, ajoute-t-il, ce grand Friscobaldi\nfit paroistre mille sortes d'inventions sur son clavessin,\nl'orgue tenant tousiours ferme. Ce n'est pas sans cause que\nce fameux organiste de Saint-Pierre a acquis tant de répu-\ntation dans l'Europe : car bien que ses œuvres imprimées\nrendent assez de témoignage de sa suffisance, toutefois pour\nbien juger de sa profonde science, il faut l'entendre à l'im-\nproviste faire des toccades pleines de recherches et d'inven-\ntions admirables. C'est pour quoy il mérite bien que vous le\nproposiez comme un original à tous nos organistes, pour leur\ndonner envie de le venir entendre à Rome (4). »\nIl est bien douteux que jamais organiste français ait eu\nl'idée de suivre ce conseil. Même si l'on remarque, dans des\n\n(1) Bibl. Nat. Lettres adressées à Mersenne (ms. nouv. acq. fr. 6205, f°2BB b).\n(2) Ibid., i° 307 a.\n(3) /Q. B. Donii. De praestantia musicas veteris. Cf. Descartes et la Musique,\n1907, p. 17.\n(4) Response faite à vn cvrieux svr le sentiment de la mvsique d}ltalie. Escrite\nà Rome le premier octobre 1639. (Bibl. Nat. Rés. V. 2469)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.22", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "œuvres françaises de cette époque, des tournures familières\nà Frescobaldi, on n'a point de raison pour croire que ce sent\nlà des témoignages de l'influence de l'organiste de Rome.\nAinsi, nous rencontrons, dans un manuscrit de la bibliothèque\nde Tours (825) qui paraît dater de 1650 à 1660, une pièce\n« pour le gros jeu de nazard et le tremblant » (fol. 5 a) qui est\ncomposée sur ce thème :\nDe semblables motifs sont employés souvent par Fresco-\nbaldi, sinon comme sujets de ses pièces, du moins dans le\ndéveloppement (1). Mais ils ne lui appartiennent pas en\npropre. On en voit fréquemment de pareils dans le\nsilvano de Girolamo Diruta, dont la première partie est de\n1597, la seconde de 1609. Le motif est connu d'ailleurs en\nFrance. Nous le trouvons dans les\nquatre parties, disposées selon l'ordre des douze modes, par C.\nGuillet, « natif de Bruges en Flandres », publiées chez Ballard\nen 1610 (2) :\nOn ne peut pas non plus décider que d'autres pièces, du\nmême manuscrit de Tours, portent, bien que leur apparence\npermette de le penser, la marque expresse de Frescobaldi.\nIl en est ainsi pour le « vers pour le gros jeu de nazard »\n(fol. 11 a) A, et pour la «phantaisie en cromatique » (fol. 21 b)B:\n\n(1) P. Ex. dans II primo libro di Capricci, pp. 42-43, p. 102 ; dans II primo\nlibro délit Canzoni de 1628, p. 136, p. 53, etc.\n(2) Bibl. Nat. Vm7 1468."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.23", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1151, "texte": "Ce n'est que dans un manuscrit certainement postérieur\nà 1650 (i), et peut-être même à 1656 (2), que nous trouvons\ndes œuvres de Frescobaldi mêlées aux œuvres de composi-\nteurs français. Comme le recueil comprend des œuvres de\nFroberger, il est possible que les pièces de Frescobaldi qui y\nsont insérées aient été transmises par son élève allemand (3).\nNous les rencontrons dans la seconde partie du volume, dont\nles feuillets sont numérotés à part :\nCapriccio del Seignor Girolamo (fol. 19 de\nla seconde partie, 95 a à partir du commencement du volume) :\nCapricio (sic) del Seignor Frescobaldi (toi. 19 b, 95 b) :\nTrio de Frescobaldi (toi. 20 96 a) :\n\n(1) Une Toccata di Gio. Giacomo Froberger porte la mention fatto a Brunei lis\nanno 1650 (fol. 7 a de la seconde partie du volume).\n(2) Une Fantaisie de Couperin, transcrite dans la première partie du vol.\n(fol. 59 a) porte la date de décembre 1656.\n(3) Bibl. Nat. Vm. 7, 1862. Sur la reliure de ce volume sont imprimées de»\narmes des Bauyn d'Angervillïers et de la famille de Mathefelon. Notons qu'un\ncertain Jean Bauyn (ou Bauhin) avait quitté la France après la Réforme. Il fut"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.24", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "Suivent deux préludes de Richard, organiste de Saint-\nJacques, quelques pièces de « M. Couperin », puis une dernière\nœuvre de Frescobaldi : Fantaisie\ncobaldi (fol. 32 a, 108 a) :\nEnfin, dans ses Fvgves et Ca\nen partition povr l'orgve(l66o) (1), François Roberday donne\nune pièce de Frescobaldi. Il nous en avertit, sans désigner\navec précision l'œuvre elle-même : « Comme il ne seroit pas\niuste que ie tirasse aduentage du trauail d'autruy, ie vous dois\nauertir que dedans ce Liure il y a trois pièces qui ne sont pas\nde moy, il y en a une qui a esté autrefois composée par l'illustre\nFrescobaldi, vn autre de Monsieur Ebnert. et la troisiesme\nde Monsieur Froberger, tous deux organistes de l'Empereur ».\nLes trois dernières pièces du recueil doivent être ces pièces\nétrangères, et il semble que l'on puisse attribuer la première\n\nmédecin d'Ulrich de Wurtemberg à Montbéliard. Son neveu, Jean-Gaspard\nBauhin, fut médecin de Léopold Frédéric de Wurtemberg, en 1648. Deux de ses\nfils devinrent prêtres catholiques et moururent à Paris. On sait d'autre part que\nFroberger mourut en 1667, à Héricourt, chez la duchesse Sibylle de Wurtem-\nberg. Il se peut que ces pièces aient été données par lui à quelqu'un des Bauhin.\n(1) Archives des Maîtres de l'Orgue, publ. par M. A. Guilmant, 3e vol. (1901)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.25", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "d'entre elles à Frescobaldi (1). Voici, d'ailleurs, les thèmes de\nces « fugues » (2) :\nLes organistes français postérieurs à Roberday ne se\nréclament plus de « l'illustre Frescobaldi ». Cependant, ils ont\nsans doute parcouru ses œuvres. Dans le troisième\nd'Orgue de Lebègue, on trouve des qui, sans avoir\ntoute la liberté d'inspiration des faites pour la\ntione (3) par Frescobaldi, ont du moins un peu de ce charme\nd'harmonie et de cette tendresse rêveuse que l'on goûte en ces\npièces de l'organiste romain (4). Une fugue « poursuivie et\ndiversifiée à la manière italienne », nous rappelle encore\nquelque chose de Frescobaldi, dans le\nl'Orgue de Nicolas Gigault. Le thème en est successivement\ntraité sous deux formes rythmiques (5) :\nEnfin, André Raison se souvient peut-être du motif domi-\nnant d'un verset pour le Kyrie musicali,\n1635, p. 41) dans un verset pour la « pedalle de trompette en\ntaille » qu'il donne dans le Kyrie de sa messe du ler ton\nd'orgue de 1688) (6).\nDans tous ces rapprochements, d'ailleurs, que nous com-\nparions Frescobaldi avec ses devanciers, ou avec les musiciens\nqui vinrent après lui, il reste quelque chose d'insaisissable :\nil y a, pour chaque époque, des motifs que les compositeurs\n\n(1) Voyez rétude que j'ai donnée sur François Roberday, dans La Tribune\nde Saint-Gervais, de mars et d'avril 1901.\n(2) M. le Prof. Seiffert a bien voulu m'écrire, au sujet de ces pièces dont\nje lui avais communiqué les thèmes, qu'elles lui semblaient, ainsi que les\nquatre pièces de Frescobaldi du ms. Vm7 1862. ne se trouver dans aucun autre\nrecueil, manuscrit ou imprimé, que dans les recueils cités ici.\n(3) Il secondo libro di Toccate, etc., p. 6 et p. 10, et Fiori musicali,-p. 58 et p. 87.\n(4) Ces pièces de Lebègue sont en cours de publication dans les Archives\ndes Maîtres de VOrgue.\n(5) Archives des Maîtres de VOrgue, IVe vol., p. 77. Sur Gigault, qui fut l'un\ndes maîtres de Lulli et l'un des premiers juges de Rameau, à Paris, voyez la Revue\nMusicale de juillet et d'octobre 1903.\n(6) Archives des Maîtres de l'Orgue, 11e vol., p. 10."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.26", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "traitent avec prédilection, et il n'est guère possible de savoir,\navec précision, qui les a inventés. Même lorsqu'on ne peut\narriver à déterminer la part de chacun, il reste intéressant de\nconnaître, du moins, ce que fut le fond du langage, pour les\nmaîtres d'un certain temps. Notre seul dessein est de contri-\nbuer, par cette ébauche d'étude, à présenter, pour le siècle\nde Frescobaldi, quelques-uns des « lieux communs » de la\nmusique.\n\nAadré Pirro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.5", "titre_corps": "H. FRESCOBALDI", "titre_sommaire": "H. 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Le monde musical allemand et tchèque\ns'en souviendra longtemps. Depuis les\nde Bayreuth, aucune solennité n'avait eu un tel\nretentissement. On était accouru de Vienne, de Berlin, de\nMunich, de New-York, à cette salle de musique de l'exposition\njubilaire, si laide, mais àla voûte et à l'abside décorées avec\ntant de goût par le jeune Kysela. Et l'on peut dire que le jubilé\nde François-Joseph s'est dignement clos sur ces deux triomphes\ncongénères, celui de l'art de Klimt, à Vienne, celui définitif,\npéremptoire de la musique de Mahler, à Prague.\nLa musique de Mahler ! Voici sept ans bientôt que, sur une\nconversion foudroyante, je m'acharne à en dire à la France\nla merveille, le sortilège, l'originalité absolue, la puissance\nsaisissante... Autant en emporte le vent... De ci de là, quelque\nmusicien achète une partition, l'ouvre, en profite et garde\nsoigneusement le silence. De ci de là, quelque écrivain happe\nen Allemagne une audition fortuite et s'en retourne révulsé,\ncriant à l'horreur. . tout comme nous la première fois... Tel le\nvoyageur, qui, pour la première fois, voit un nègre, un Esqui-\nmau, un Bédouin ou un Chinois. C'est une orchestration si\nneuve, en effet, qu'il faut s'habituer des moyens, au premier\nabord tellement excentriques, qu'il faut la pratique d'un certain\nnombre de ces symphonies pour bien se rendre compte que nous"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.41", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "avons affaire là, non pas à un dangereux charlatan, à quelque\nsorcier funambule, comme je l'ai cru moi-même d'abord, mais\nà un des plus sérieux musiciens qui aient jamais existé, quoique\nmusicien à nul autre pareil, à un poèce d'une incroyable enver-\ngure, à un maître d'une puissance redoutable, à un génie dans\ntoute la force du terme. A qui pouvait en douter, ou affectait\nd'en douter, non seulement le doute, mais la moindre résis-\ntance ne sont plus permis, après la clameur d'admiration stu-\npéfaite, de surprise violente, qui, telle une traînée de poudre,\na fait explosion dans tous les journaux d'Allemagne, à la suite\nde cetteinoubliable première de Prague. Et pourtant, en Alle-\nmagne, règne Richard Strauss, avec Max Reger, les seuls\nreprésentants attitrés de l'art d'outre-Rhin près les oreilles\nfrançaises.\nEh bien, soit ! Mais alors réservons la représentation\ncomplète, absolue de l'Autriche-Hongrie tout entière avec\nses cent peuples adversaires, ses mille paysages contradictoires\net excessifs, à Mahler. Qu'il soit directeur de l'Opéra de New-\nYork, après l'avoir été de ceux de Vienne, Budapest et Prague,\npeu importe. Sa musique est telle, qu'il fallait pour la produire\nPrague, Budapest et Vienne à la fois, la délectable vie autri-\nchienne, la frénésie tsigane, la sentimentale nervosité slave.\nCet homme, qui sait trouver des mélodies plus attendrissantes\nque Schubert, qui construit, se maîtrise et se domine comme\nBeethoven, qui se déchaîne comme Wagner et s'exaspère comme\nBruckner, qui raffine, amenuise et enchante comme Delius\net Debussy, qui se joue de tous les jeux de Richard Strauss\net les surpasse, qui, au demeurant, ne fait rien de tout cela\ncomme aucun de ceux que je viens de citer, a,par surcroît, un\ndon d'humour dont on chercherait vainement un second\nexemple, non seulement dans le domaine de la musique, mais\nmême dans celui de la littérature et de l'art. C'est une flamme\ncontinuelle, c'est l'esprit le plus étourdissant, le plus étince-\nlant, l'Esprit même joint à l'âme la plus profonde, la plus\npassionnée, la plus tragique aussi, qu'il ait été donné à notre\ntemps de contempler à l'œuvre. Comment ils se comportent,\nmon intention n'est pas aujourd'hui de le demander aux six\ngrandioses précédentes symphonies. Cette dont j'ai\nsuivi les six dernières répétitions et entendu la glorieuse exé-\ncution me suffit. Qu'il me soit permis ici, non pas même de la"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.42", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "détailler, comme je pense le faire aussitôt que la partition aura\nparu, mais simplement de la présenter en ses grandes lignes\nà nos lecteurs.\nA-t-elle une clef ? Touche-t-elle en quelques points au poème\nsymphonique ? Il est des critiques pour l'affirmer. Je le nie,\nmais Mahler donne quelques brèves indications de\nd'état d'âme, et je crois fermement que, si cette symphonie\nne raconte pas d'histoires, du moins a-t-elle son histoire. J'ai\nl'impression qu'elle doit coïncider, écrite depuis cinq ans,\nles huitième et neuvième sont laites depuis avec l'heureux\nsecond mariage du compositeur. Lui nous dit simplement son\nplan : « Trois morceaux nocturnes ; au finale, le grand jour.\nComme base du tout, le premier morceau. » Et il insiste :\n« Pas de programme, une Stimmung»\nEt tout aussitôt de situer le premier morceau encore et\nde le mettre sous la nue et dans les pénombres crépusculaires.\nNe vient-il pas avant les trois nocturnes ? Mais nous allons\nvoir quels singuliers nocturnes. Crépuscule, si l'on veut, mais\ncrépuscule moral : doute, angoisses et lutte, et, à travers tous\nles obstacles, marche hardie et ferme, sinon confiante, d'un héros\nvers son destin. Sous ce rapport, un contraste, malgré la parenté,\navec la sixième précédente symphonie, est très marqué. Dans\nl'une et dans l'autre toutefois, il s'agit d'une marche en avant,\nmais dans la sixième,c'est une ascension, une conquête, une\nsoif de domination ; c'est une volonté de puissance qui s'exerce,\nune ambition démesurée que se satisfait. Ici, au contraire, en\nrase plaine, mais dans les fondrières de l'hostilité et le maquis\ndes haines, l'homme marche droit devant lui et fonce sur\nl'horizon. Introduction tragique et décidée, coupée de silences\ninquiétants, et nous pénétrons dans un monde de luttes,\nd'efforts et de menaces, sous un ciel de fin du monde, bourrelé\nde nuages livides et traversé de clartés pourpres et fuligineuses.\nCe premier morceau,— dont la durée, montre en main, ne doit pas\nexcéder vingt et une minutes,— atteint à une grandeur surhu-\nmaine et confond d'admiration les gens de métier. Pour qui ne\nsait pas, pour qui n'est pas familiarisé avec l'incroyable\norchestre de Mahler, l'impression cahoteuse de certaines parties\nva jusqu'à la souffrance, mais souffrance bienheureuse et\naustère, qui est comme ce sel de la pénitence préparatoire aux\ndélices de l'extase. Et voici la rencontre de l'amour... Oh!"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.43", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "tout ce qui suit ce fluide glissando de harpe! Mais le héros ne\ntraverse cette nouvelle crise que pour en sortir accru ; on le\nvoit se parer de tout ce qui lui fait obstacle, et, plus généreux,\nse ruer à travers ces frénésies brûlantes, tout en sonorités qu'on\neût appelées cacophoniques, il n'y a pas plus tard que dix ans,\net qui sont mordorures discrètes qui se jouent à la surface des\nluxuriances de la palette la plus chargée de couleurs de notre\ntemps. Et, dès lors, le thème du labeur s'en va avec un tel cou-\nrage sûr de la victoire... Tout cela chante non seulement avec\ntoutes les ressources nouvelles de l'harmonie et des bois\nmodernes, mais avec une frénésie des cordes elles-mêmes, en\ndehors de tout ce qui fut ouï jusqu'ici. Ni Tristan, ni Pelleas,\nni Zarathoustra n'ont de tels accents. Et voici l'écroulement\nvictorieux sur la saltation héroïque de toute la masse en délire\nhachée des saccades des trompettes, des tintinabulations trépi-\ndantes des triangles, des secousses du tambourin. Que peut\nencore ce diable d'homme après cela ? Mais n'est-ce pas après\nchaque partie de chaque symphonie que nous nous le deman-\ndons ?\nPour le moment, voici les trois Entendons-\nnous bien : des morceaux qui se passent la nuit, pas des noc-\nturnes.\nQuand on a dit nuit et nocturne jusqu'ici, on a toujours\nentendu en musique quelque chose de doux, de voilé, de tran-\nquille, de rêveur, de flottant. Rien de pareil en ce moment.\nCes musiques nocturnes-ci peuvent être rougeoyantes et\nfauves comme des nuits de ports de mer. Je retire cependant\naussitôt l'image comme trop précise et évoquant immédiate-\nment quelque Barcelone, Marseille ou Gênes à la Jean Lorrain.\nEt, non plus, il n'y a ici ni rivages, ni barcarolles. Ce que je veux\ndire, c'est qu'il s'y trouve au moins autant de tapage nocturne\nque de nuit. Quand la nuit tombe, la bestialité s'éveille. Mais\nune bestialité préhistorique de monstres et de dragons comme\ndans les tableaux préhistoriques d'un autre Allemand de\nBohême, le peintre Rudolph Jettmar.Et cependant, je réprouve\naussi les comparaisons tirées du monde fantastique, auxquelles\nont recouru la plupart de mes confrères d'Allemagne. Un\nMahler n'a besoin que de se livrer à ses impulsions démoniaques\nsans penser ni aux nuits tropicales, ni à la forêt d'Hyrcinie, et\npas plus à la forêt des Ardennes avec ou sans Shakespeare."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.44", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "Il est son Shakespeare et tout à la fois son Rudyard Kipling\nà lui-même. La jungle, dont il déchaîne les clameurs, est celle\nde son cœur, aux souvenirs en même temps des nuits de son\nenfance et des nuits de son amour, dans les forêts matérielles\nde sa Bohême et de son Autriche, dans les forêts idéales de son\nâme. Quand cette symphonie fat écrite, il n'avait pas encore\npassé l'Océan. Mais il avait vécu déjà le grandiose et paisible\nHymne à la nuit de la troisième\nRien de pareil ici. Ni calme, ni repos, tout au plus les pré-\ncautions de qui se sait entouré d'embûches tortueuses. Nous\nentrons dans le monde des fantasmagories et des épouvante-\nments, mais nous y découvrirons aussi des retraites enchantées.\nEt c'est premier morceau— au milieu des mille bruits de la\nnature, frémissements des feuilles et torpeur du pâturage,\ndepuis les hululements lointains des cuivres bouchés jusqu'aux\nsegantiniennes rentrées à l'étable et aux somnolentes transhu-\nmances des troupeaux, depuis les rauques et caverneux ron-\nflements des grosses bêtes, troublées en leur sommeil, jusqu'au\nfin égouttement d'un jet d'eau, la continuelle, l'obstinée marche\nen avant de quelqu'un ou de quelque chose de résolu qui va\ndroit au but. Un défilé svelte et martial, d'un certain dan-\ndysme, amer d'abord, puis tendrement amoureux, de quelqu'une\nencore de ces mélodies mahleriennes, toutes pleines de la sève\nautrichienne, mais scandées, rythmées, articulées comme avec\nde fortes têtes d'os, d'une façon qui n'est qu'à lui. Impossible\nde s'attarder aux trésors de poésie et de peinture dépensés là\nsans compter, d'autres géniales prodigalités vont s'y ajouter\nsans trêve, jusqu'à la fin de cette œuvre extraordinaire. Cette\npremière Nachtmusik, andante b entrecoupé\ngro et de tempo di marcia,dure seize minutes.\nLa seconde, dix. C'est un scherzoDe nouveau, les sons caver-\nneux, espacés d'abord, épandant entre eux la nuit, puis créant\nun rythme, de courts sons caverneux, frappés. Et les siffle-\nments subito des violons allument un incendie à grandes fusées\nde flammes. Et c'est tout soudain, et Mozart, si l'on veut, et le\nPrater, même si l'on ne veut pas. Un petit premier violon endia-\nblé dirige la danse. Il s'appelle, à Prague, Antoine Maixner,\npur comme J acques Thibaud, et sa petite figure exaltée nous\ndemeurera inséparable de ce premier aspect de l'œuvre. Et ce\nsont toujours, alternées ou simultanées, les délices et la nié-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.45", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "nagerie mahlerienn.es, cet abasourdissant mélange de mélodies\ndivines, d'harmonies pâmées et de timbres grotesques. Ce\nscherzo, à lui seul, justifie toutes les haines. Mais comme il\njustifie encore davantage tout notre amour ! On n'a jamais été\nplus loin dans les effets pittoresques, surtout délicats. Un\ncritique y voit un chef-d'œuvre pointilliste... Oui, comme « poin-\ntiliait » Botticelli illustrant Dante. Et comme Klimt œuvre\ndans les ors, les argents et les cuivres variés, frappés et gaufrés\nà la japonaise. Dans vingt ans, quand les critiques de la première\nheure se seront assez évertués, on aura créé un vocabulaire fixe\npour ces innovations, comme existent aujourd'hui les phrases\ntoutes faites pour définir Wagner ou Debussy. En attendant,\nailleurs que dans mes propres livres où je suis mon maître, je\nme récuse. C'est une manière de dire nouvelle qu'il faut in-\nventer.\nTroisième. Onze minutes. Et qu'on ne rie pas de ces indica-\ntions métronomiques. Elles sont celles de l'exécution originale\net intégrale. Elles devront faire loi dans l'avenir. Sic vult Mahler\nsic jubet. Andante amoroso... Lourd de passion le violon solo\ntombe, comme une tourterelle pâmée de tendresse, sur les harpes,\net,un moment,l'on n'entend plus que des battements de cœur.\nIl s'agit d'une sérénade, molle de volupté, moite de langueur,\nd'un flou, d'une rêverie... tout emperlée de la rosée de pleurs\nargentins, chus goutte à goutte d'une guitare et d une mando-\nline. L'alliance, avec la famille cousine des cordes, de ces deux\ninstruments, qui reçoivent ici leur lettre de grande naturali-\nsation dans l'orchestre, est, telle que Mahler 1 a comprise,\nl'une des plus heureuses qui soient. Ce n'est pas un artifice\ngrossier de couleur locale les nouveaux venus n envahissent\npas la place avec une outrecuidance de parvenus. Ils pleurent\ndans leur coin, tout juste assez pour ajouter quelque chose de\nmétallique aux autres grattements. Et quand le morceau\ns'achève, quand l'enchantement se dissipe, lointain, et traîne\nencore un peu comme évapore, nous nous surprenons a ecie\nplusieurs tout en larmes. ,\nEt maintenant nous touchons a la merveille derniète, o.u\ngrand épanouissement de lumière et de joie, à l'ivresse colosbcde\net enfantine de la jubilation suprême. Un rondo-finale irionsti t,\nun dacapostûck,comme on dit en allemand, volontairement\naffilié à l'ouverture des Maîtres a laquelle il em-"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.46", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "prunte, ou mieux paraît emprunter quelques rythmes et sono-\nrités, et dont Mailler joue comme un enfant d'une paume. Il la\nréduit à n'être que le cadre, ou, si l'on veut, le récipient de sa\nfantaisie. L'avez-vous assez admirée, semble-t-il nous dire,\neh bien! voyez ce que j'en fais! Et il la pelote et il en jongle,\net il la disloque, et, tout subitement, la lâche et nous montre ce\nqu'il peut faire sans elle, et qu'il n'avait pas besoin d'elle, et\nqu'elle était là simplement par gageure... et de nouveau ce qu'il\npeut avec e11e... et de nouveau sans. Qu'on imagine, dès lors,\npassant sous les arceaux de cette armature nurembergoise,\nune farandole yodlant,exultant de cris de joie et de bondisse-\nments, de rythmes dansants, de mélodies tyroliennes ou\ncarinthiennes, de chants de clarinettes slovaques. C'est plein de\nscènes d'autrefois avec ces déformations propres à l'art mo-\nderne. C'est encore une fois le Prater tout entier, vidé sous la\ncharmille wagnérienne... Et il n'y a plus de Wagner du tout.\nCherchez plutôt Haydn dans Beethoven. Et, dix-sept minutes,\ncette folie lumineuse s'éploie en perpétuels recommencements,\nperpétuelles variations. C'est du génie à la centième, àla\nmillième puissance. C'est la musique elle-même qui tout en-\ntière entre en danse ! Ah ! si Beethoven avait entendu cet\nhymne à la joie! Et quand on ne sait plus où l'on en est, que\ntout siffle, hurle, piaule, rit, s'esclaffe, bondit, mêlé aux cloches\nde vache et à toute la bigarrure excessive de la batterie mahle-\nrienne : cassure nette, chute chromatique, roulements, et la\nfin la plus brusque, la plus inopinée, comme si le compositeur\ncassait son bâton de chef d'orchestre et vous le lançait àla\ntête.\nCe chef d'orchestre, c'est à l'heure actuelle le premier du\nmonde. C'est le maître incontesté des Weingartner, des Mottl,\ndes Strauss et des Nikisch. L'Amérique l'a enlevé à l'Europe\nà coups de dollars. Paris, qui a entendu tous les autres, ne l'a\npas encore appelé. Il en a été souvent question, cela ne s'est\njamais fait. Ses exigences pourtant ne sont pas grandes. Il\ndemande surtout le droit et la licence de travailler son orchestre\nà sa façon. Il n'est pas d'usage, paraît-il, d'accorder beaucoup\nde répétitions au Kapelïmeisterétranger. A lui, il lui en faut\nune demi-douzaine, avec les premiers orchestres d'Allemagne\nou d'Autriche. Ne se résoudra-t-on donc à entendre en France\nles sept radieuses symphonies de Mahler, comme on l'a fait"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.48", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "de la musique de Wagner, que lorsqu'elles seront devenues\nnotre pain quotidien et que les arrivistes de demain auront\nete s y abreuver comme à une source publique ? Il manque\na 1 opinion française un élément de première importance, et\nmeme le plus important de tous, si elle prétend se prononcer\nen connaissance de cause sur la musique étrangère de l'heure\nprésente. Qui ne connaît pas la musique de Mahler non seule-\nment n a pas le droit de parler de la musique contemporaine\nd A emagne et d Autriche, mais pas même de musique moderne.\nEt, sans recourir à ses premières symphonies, quelque belles\net étranges soient-elles, qu'on aille d'emblée à cette septième\nson chef-d œuvre, —et peut-être le chef-d'œuvre des chefs-\nd'œuvre du monde de la symphonie pure après Beethoven.\nJ endosse fierement la responsabilité de le proclamer\nurbi et orhi.\n4\n\nWilliam Ritter."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.8", "titre_corps": "GUSTAV MAHLER D'APRÈS LE PORTRAIT DE FRITZ ERLER", "titre_sommaire": "GUSTAV MAHLER D'APRÈS LE PORTRAIT DE FRITZ ERLER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 73, "texte": "GUSTAV MAHLER\nD'APRÈS LE PORTRAIT DE FRITZ ERLER\n(Reproduction interdite)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.9", "titre_corps": "POÉSIE ET MUSIOUE", "titre_sommaire": "POÉSIE ET MUSIOUE", "signature_source": "Louis Thomas", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "POÉSIE ET MUSIOUE\n\nL y a eu un Monsieur qui n'a pas été satisfait\nmes articles : il m'a écrit une lettre où il m'ap-\npelle : « Petit sceptique »et « Baladin Je\npourrais le renvoyer a Banville, qui fit 1 eloge\ndu saltimbanque ; je préfète le renvoyer à Hello,\nqui passe pour un homme sérieux.\nT'ai en effet découvert dans L'Homme cette phrase:\n« La poésie et la musique, qui\ndans les mathématiques, inflexibles et absolument exactes ;\ncomme si Vamour et l'ordre, qui quelquefois nous semblent\nennemis, mettaient je ne sais quelle affectation à se proclamer\nunis dans ces hautes manifestations d'eux-mêmes.\nAu premier abord, rien de plus simple. Vérité dès longtemps\nadmise, dira-t-on. . ,\nEh bien ! moi qui n'aime pas les vérités admises, si quelqu un\nveut me dire en bon français, à quelle réalité correspond cette\nphrase de Hello, j'offre à cet Œdipe un petit macaron de\nRien n'est si difficile que de vouloir donner trop de précision\nà ce qui en comporte si peu.\n' -v -m\n. * *\nM. Sully-Prudhomme est mort : cela ne m'a pas attristé.\nIl y à eu ensuite une belle cérémonie à la Madeleine, avec des"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.50", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "soldats, M. Pierre Loti en capitaine de frégate, et M. Gaston\nBoissier, qui a une tête très plaisante à voir : j'ai été ravi.\nJe dois avouer que je n'avais jamais pu lire vingt vers de\nce vieux monsieur : chaque fois que j'essayais, je me sentais\nprêt à rendre le peu d'âme que m'a laissé la philosophie de\nCabanis et de Broussais. Cependant j'ai parcouru avec curio-\nsité les articles nécrologiques consacrés à cet académicien ;\nje voulais savoir si j'étais un monstre. Il m'a semblé qu'au\ncontraire j'étais comme tout le monde, car M. Sully-Prud-\nhomme a été déboulonné en cinq instants par toute la critique ;\na peine quelques palmes en zinc dans les organes\nmais chacun sait que cela ne compte pas. Il y a eu aussi, dans\nles Lettres, un essai de M. André Dumas, ex-prix Sully-Prud-\nhomme : cela ne comptait pas non plus.\nCependant j'ai été surpris de rencontrer dans cet article\ntrois strophes sur la musique, extraites du Bonheur, qui ne sont\npas trop mauvaises, sans pour cela atteindre au sublime.\nLes voici : elles plaisent d'abord; mais, à mesure qu'on les\nrelit, elles paraissent plus plates ;\nO musique, soleil du monde intérieur,\nMontre à mon bien-aimé tout le fond de mon être ;\nQu'il puisse, au fond du sien me réflétant, connaître\nCe que j'ai de plus beau, ce que j'ai de meilleur.\nFais que par ta vertu sympathique éveillées,\nLes fibres de son cœur répètent mon émoi,\nQu'il sente en lui frémir ce qui frémit en moi,\nQue nos ailes enfin battent appareillées !\nAlors, couple parfait, d'univol harmonieux\nNous irons explorer l'infini côte à côte,\nDu plus profond amour à la paix la plus haute,\nL'infini du bonheur, impénétrable aux yeux...\nJe leur préfère, sans ambages, quelques vers d'un jeune\nhomme inconnu, M. Jean Martineau ; je les ai copiés dans une\nplaquette de lui, la Boute au Soleil (i), qui n'est certes pas\nun ouvrage capital, mais qui a du moins ce mérite, qu'on y\n\n(1) Lille, éditions du Beffroi, 1907."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.51", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "trouve, avec des gaucheries d'expression, une sensibilité de\npoète et une ima.gination délicate :\nOuvre-moi ta forêt bruissante, ô musique,\nEt tes sources d'eau vive où rôde la folie.\nJe te donne mes sens. Prend-les, maîtresse unique\nDe l'angoisse crispée qui fait crier la vie.\nVoici mes mains vers toi. Perce mes mains de fièvre,\nAu fil des violons aigus comme des dagues.\nEt glisse dans mon sang ainsi que sur mes lèvres\nLe sanglotant baiser des flûtes et des harpes.\n« A la Mort ! à la Mort ! t> hurle la folle ronde\nDe la Musique-Hamlet à mon Ame-Ophélie,\nNoyée sous le mystère ardent des mélodies.\nO Musique plus éternelle que le monde\nEt plus immense, râle énervé de l'Amour,\nEt qui rend notre cœur solitaire et plus lourd.\nMusique, encore toi, tes larmes, ta folie.\nQue demeure-t-il en ton cœur, Mystérieuse,\nPour que bondisse ainsi plus haut que toute vie\nNotre cœur qu'a mordu ta douleur câlineuse.\nEt qu'y a-t-il en toi de flamme et de lumière,\nCar celui qui tendit à ton amour son âme\nA d'intenses regards dans l'ombre des paupières\nEt qui brûlent au feu d'éternelles extases.\nCe soir Schumann chantait le passionné délire\nDu \" Carnaval\" tintant de déchirante joie\nPlus lourde qu'un rameau tout en fleurs et qui ploie\nDe rosée.... Et vous, voluptueux romantique,\nTendre Chopin, qu'était, et pour qui, cette fièvre\nLa nuit où vous pleuriez votre \" \" !...\nSur le même sujet, dans le Me de novembre\n1906, un poème descriptif de Mademoiselle Anne Osmont,\nqui est un peu amphigourique, un peu entortillé, un peu extrait\ndes « Œuvres apocryphes » d'Albert Samain, mais qui dit\nquelque chose :"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.52", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1733, "texte": "Le clavier blanc, sous les doigts blancs qui le caressent,\nGémit dans l'ombre mauve et grise de la chambre\nOù s'attarde un parfum de cendre froide et d'ambre ;\nLes mortes des miroirs, lentement, apparaissent.\nElles dérivent dans l'étang d.s glaces vertes\nEt pâment sous le frôlement des voix câlines ;\nSi morte qu'on la voit comme en des mousselines,\nOphélie a laissé pendre ses mains ouvertes.\nLeurs cheveux blonds, leurs cheveux verts, leurs cheveux fauv*®\nTrament parmi les joncs et s'enroulent aux prèles ;\nLe rythme cependant soulevant leurs bras frêles,\nLes cadres d'or rougi paraissent des alcôves.\nMains unies et livrés à des délices vagues,\nLes amants du divan laissent fleurir leurs âmes ;\nEt quand revient un sanglot lourd d'épithalames,\nLeurs doigts crispés se meurtrissent à l'or des bagues».\nCette musique noire emplit le soir d'extase.\nUn long baiser câlin mord les lèvres de l'ombre ;\nLa nuit d'amour, à l'orient de velours sombre,\nMonte, comme un parfum s'épancherait d'un vase.\nUn trouble si subtil que la chair abolie\nMeurt de ne pas mourir et, dolente, somnole\nS'essore du clavier qui parle sans parole\nD'un soir lointain de charme et de mélancolie\nOù, comme des regards, les âmes sont mêlées\nEt languissent d'être encor deux n'étant plus qu'une :\nUn soir divin de silence et de clair de lune\nCaressé d'un frisson de présences ailées.\nr - r~l\n•i\nL'ombre a rempli le ciel. Sous ses voiles funèbres,\nLe miroir ne sait plus quels visages s'y mirent.\nC'est la Nuit. Les mains musicales la déchirent\nEt son grand sein pâmé soulève les ténèbres.\nMais qu'est-ce que tout cela, à côté d'un sonnet cornue\ncelui-ci, que j'extrais de 1 'Aurore,ce livre trop peu connu du\ngrand poète Maurice Bouchor :"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.53", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1998, "texte": "Musique, emporte-nous vers les sphères sublimes,\nLoin du monde où l'on voit fructifier le mal,\nOù la froide raison, discutant l'idéal,\nProuve que ses élans ne sont pas légitimes !\nBroyant des milliards d'innocentes victimes,\nLa Nature apparaît sur un char triomphal.\nQue m'importent sa gloire et son bandeau royal ?\nSa divine splendeur est le fruit de ses crimes.\nQui donc ose affirmer encore un juste Dieu ?\nMais toi, tu nous conduis, hors du temps et du lieu,\nJusqu'au ciel où l'amour ineffable repose.\nTu chantes que nos cœurs, loin de s'anéantir,\nSeront vivifiés par l'éternelle Rose ;\nEt nul n'a jamais pu t'accuser de mentir.\nIl y a eu ces temps derniers, dans la poésie et dans les arts\nplastiques, un « Grand Concours Beethoven »; cela ne s'est pas\narrêté aux sculpteurs, qui ont joué à celui qui transformerait\nle plus complètement le grand Beethoven en un nabot hydro-\ncéphale, et sa tête elle-même en une pomme de terre effroya-\nblement ravagée ; mais les peintres et les poètes s'y sont mis :\naux derniers Salons, de M. Jean-Paul Laurens à M. Lévy-\nDhurmer, ce n'étaient que Beethovens enveloppés des\neffluves du génie », comme le disait si bien un critique d'art\nauquel j e ferai la charité de ne point le nommer ; et dans les\nrevues, dans les volumes de vers que je parcours, partout\ndes appels à Beethoven, des comparaisons où il joue le rôle\nprincipal, des images (Tel Beetho Et\nque Beethoven ) dont je ne me rappelle que les plus cocasses,\net enfin jusqu'à des poèmes entiers où il n'est question que de\nBeethoven. Il semble que pour nos poètes, comme pour nos\npeintres et nos sculpteurs, Beethoven représente toute la mu-\nsique (il est vrai, dirait un critique en mal de truismes, qu'il\nen représente une certaine partie) ; et du moins, c'est un pro-\ncédé bien commode, surtout lorsque l'on n'a pas de connais-\nsances musicales, de grouper sous l'étiquette Beethoven toutes les\némotions que l'on peut avoir éprouvé en écoutant de la musique,"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.54", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "depuis celle que joue la petite cousine sur son piano jusqu'à\ncelle que répètent dans des guinguettes et dans les cours de\nvieux messieurs qui tinrent autrefois des parties de violoncelle\net de cornet à piston à l'orchestre des Folies-Montparnasse.\nAdmettons cependant, pour ne pas être trop méchant, que nos\nartistes connaissent autrement que de nom la\nhéroïque et la Neuvième ; et passons au concours lui-même.\nDans le Thyrse du lerIer février 1908, M. Prosper Roidot donne,\nen l'intitulant Beethoven,une série de poèmes haletants et\nblafards, où cependant l'on devine une émotion assez\nfortement sentie, quoique piètrement exprimée :\nI\nO tout petit jardin, ô tout petit Eden\noù lourd d'avoir marché le triste Beethoven\naurait pleuré. Je ne sais pas pourquoi je pense à lui.\nLa nuit est là. Comme quelqu'un elle m'accueille.\nJ'ai pris un caillou rouge et je le vois qui luit.\nJ'entends la pluie à chaque feuille et chaque feuille\ncontient de cette eau noire où le soir se reflète.\nOn casse du bois mort. On se dit des secrets.\nLe noir coucou jette ses cris et les répète.\nEt c'est le soir. Il faut rentrer. Tout est tout près.\nLe gravier crie. Petit enfant ne sois pas triste\nde n'être pas heureux. Est heureux qui existe.\nII\nJe ne veux rien avoir qu'un peu de sa musique,\nje veux rester ainsi goûtant ses entretiens.\nIl était triste et sourd. Il ne savait plus rien\nque ces sources d'azur et ces torrents bibliques,\nqui venaient de son coeur comme le vent des pins.\nIl mettait tristement ses mains au clavecin.\nIl baissait son front lourd. Il écoutait son âme\nque seule il entendait sourdre comme une flamme.\nIl voyait l'aube, il voyait l'eau, il voyait l'air,\nil n'entendait plus rien dans son tonnant désert.\nAlors il sanglotait. Oh ! maître, tu entends,\nn'est-ce pas tu entends t'ucl nirer tes enfants ?"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.55", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "III\nEt toi qui as confiance et restes près de moi,\nne prends pas tant de soin à cacher ton émoi.\nNe souris pas dans ton - ••• c'-1 V *aut, pleure.\nIgnore tout, ignore tout, l'heure après l'heure,\nle jour après le jour... Vivre n'est pas du bruit,\nc'est être dans de l'ombre et c'est voir dans la nuit.\nLe conseil survivra qu'a laissé ton génie...\non entendra aussi vivre et mourir ta vie.\nOn entend bien le vent, on entend bien la pluie,\non sait que l'écureuil saute dans les sapins,\non entend le sifflet vert que font les gamins,\non entend un silence entre deux coups de vent,\net puis sauter l'averse et croître l'ouragan,\net puis plus rien... on entendra ta douce vie\npas à pas qui viendra comme saute la pluie.\nIV\nLaisse naître et passer une si simple extase,\net maintenant reprends la tendre et grave phrase.\nOctobre est à la porte, sans un rr,ot, et si beau,\nil semble qu'on voit tout, tout à travers de l'eau,\nil semble qu'on est bien. On va faire du feu,\nnous ne bougerons pas, septembre est très heureux,\ntout près de nous, pour nous, nous l'aimons, il nous aime,\net nous sommes à lui autant qu'il est nous-mêmes.\nBientôt il va neiger... nous entendrons encor\nsa voix, rien que sa voix, qui parle dans la mort....\nDans le Clavier des Harmonies, volume qui fut ici même\nl'objet d'un long article, M. Henri Allorge n'a pas manqué\nau devoir qu'il s'était fixé, qui était de parler en vers honnêtes\nde tous les musiciens et de la musique tout entière, et il nous\na donné un Beethoven,qui, à vrai dire, ne manque pas d'une\ncertaine grandeur, en rapport avec le sujet :\nO Beethoven, Maître des Maîtres,\nCar tu fus le plus douloureux,\nToujours, toujours, tu me pénètres\nD'un tremblement religieux."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.56", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "Jamais nulle voix si profonde\nNe nous parla de la beauté ;\nNul n'a légué jamais au monde\nPlus d'austère immortalité.\nDevant ton chant, tout doit se taire ;\nTout pâlit, Géant, devant toi ;\nO Beethoven, ô solitaire,\nD'autres sont grands, toi seul es roi.\nJe ne sais pas comment exprimer mes extases ;\nJe ne puis rien trouver, que des mots impuissants ;\nA ma bouche il faudrait de plus subtiles phrases,\nEt mon vers veut en vain dire ce que je sens.\nIl faudrait t'emprunter ton suave langage :\nDes accords pénétrants comme un parfum de fleur,\nDes murmures lointains comme un bruit de feuillage,\nDes soupirs si poignants qu'ils font battre le cœur.\nTu saisis ma raison et mon intelligence,\nO toi le plus parfait comme le plus ému !\nJ'admire en m'inclinant ta féconde science,\nMais je pleure au sanglot de ton cœur éperdu.\nTu me prends tout entier, tu m'étreins, tu m'enlèves ;\nTu me fais traverser l'espace palpitant ;\nA ta voix l'univers s'emplit d'immenses rêves,\nDont le cortège pur prend l'essor en chantant.\nIls sont grands, ils sont fiers, ces fils de ta pensée.\nEt pourtant ils ont tous une plaie au côté ;\nLeur visage est divin, mais leur âme est blessée ;\nIls ont beaucoup de ciel, mais plus d'humanité.\nIls planent, et pourtant ce ne sont pas des anges :\nIls ont souffert beaucoup et sont marqués au front\nDu signe que l'enfant déjà porte en ses langes,\nDu signe qu'à jamais les hommes porteront.\nLeur tristesse parfois se reprend à sourire ;\nIls retrouvent ta paix, Eden éblouissant ;\nMais bientôt un regret infini les déchire ;\nDe leur cœur entr'ouvert on voit couler du sang."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.57", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "Et ces rêves altiers qu'évoque ton génie,\nO Maître, font frémir mon cœur ; je me souviens\nQue j'eus souvent tout bas, à quelque heure bénie,\nDes rêves merveilleux qui ressemblaient aux tiens !\nC'est ta voix qui donne la vie\nAux rêves dont j'ai palpité ;\nC'est ton chant qui les purifie\nEt les revêt d'éternité.\nIls viennent, mes rêves timides,\nAvec des vêtements splendides,\nQu'a tissés pour eux ta douleur ;\nMais surtout, Maître, ils ont des ailes\nIls ont des âmes immortelles,\nQuand ils ont passé par ton cœur!\nMalgré l'éclat qui les décore,\nIls me reviennent sans orgueil ;\nIls veulent bien me plaindre encore ;\nIls savent partager mon deuil.\nEt moi, je leur dis : « Prenez place\nA mon foyer ! l'ami qui passe\nSera toujours le bienvenu.\nCelui que votre lèvre nomme\nCertainement fut plus qu'un homme,\nEt je voudrais l'avoir connu.\n« Parlez-moi du Maître sublime\nQue secouaient tant de sanglots !\nRendez-moi le frisson intime\nQui le pénétrait jusqu'aux os,\nLorsque, pour tromper ses misères,\nSes yeux contemplaient les chimères,\nPleurant un idéal amour !\nOu quand, sourd et brisé de peines,\nIl notait le chant des sirènes\nQui font oublier le retour ! »\nAinsi j'interroge ses rêves ;\nIls répondent docilement ;\nTantôt c'est comme un choc de glaives,\nTantôt comme un bruissement.\nJe vois se lever tout entière\nCette grande âme de lumière;"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.58", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1765, "texte": "Je lui crie en pleurant : « Merci ! »\nEt je crois sentir qu'en mes veines\nBrûlent des fièvres surhumaines,\nEt que je puis chanter aussi !\nJe préférerais presque à ce poème bien construit une autre\nrapsodie du même genre, que j'ai trouvée dans un volume\nbien médiocre de M. André Delacour, Les Oasis (i) :\nBEETHOVEN\nI\nDans le recueillement de la terre et des cieux,\nQuand tout semble d'abord grave et silencieux,\nQue des bois apeurants aux pesantes ramures\nIl ne monte, le soir, ni frissons ni murmures ;\nQuand le fleuve amortit tel un voleur, ses pas\nSon bruit d'onde à ce point qu'on ne le perçoit pas,\nQue les vagues rumeurs, les faibles demi-teintes\nEn assoupissement se sont partout éteintes ;\nAlors l'homme songeur qui va par les sentiers,\nGardant son rêve intact et ses émois entiers,\nCar il n'a sur son front que l'azur troué d'astres\nEt devant lui les bois qui dressent leurs pilastres\nL'homme songeur alors écoute éperdument\nLa terre avec les cieux dans leur recueillement.\nPeu à peu son oreille aux finesses exquises\nEntend se préciser, sur d'impalpables brises,\nUn chant, un chant très simple, apporté, dirait-on,\nPar l'aile d'un Sylvain sur quelque blanc fronton\nOù le vent près du marbre a des notes plus douces\nQu'un frôlement de pas féminin sur les mousses,\nEt ce chant sur lequel son émoi sourdement\nBrode son harmonie en accompagnement,\nCe chant s'enfle bientôt, éclate et se déchaîne\nComme un bruit d'ouragan sous les branches d'un chêne\";\nIl envahit l'Espace infini qu'il étreint,\nTel un noir chevalier, son destrier sans frein,\nEt, toujours aussi simple et par là grandiose,\nFinit dans un éclat d'immense apothéose,\nCependant que le thème initial encor\nChante comme un flûteau de champêtre décor !\n\n(1) Paris, Pion, 1907."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.59", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "II\nDe même, ô Beethoven, âme à jamais chantante,\nLyre immense vibrant à tous les bruits du ciel,\nQuand tu venais, le soir, t'accouder sous la tente.\nOù de vieux villageois buvaient, l'air solennel,\nEn écoutant les chants naïfs d'un ménestrel ;\nOh ! tous ces chants naïfs dont la phrase module\nUn thème monotone et simple mais si vrai !\nDe les entendre ainsi dans le bleu crépuscule\nTon âme frissonnait d'un délire sacré\nEt, les notant, pensait : « Je me les chanterai ! »\nPuis quand tu te levais du banc de bois rustique j\nQuand ces airs dans ton cœur s'enflant et s'émouvant\nTu marchais à pas lents, vers la forêt mystique,\nGrouillante des rumeurs des feuilles et du vent,\nBourdonnante d'échos qu'on perçoit en rêvant ;\nAlors ce premier thème à la phrase naïve\nTon cœur l'amplifiait des bruits de la forêt,\nDu choc lointain des flots qui montent sur la rive\nEt du recueillement grandiose et discret\nQue donne au ciel profond la lune qui paraît.\nPuis lorsque dans ton sein, source de symphonie,\nAutour de cette phrase, un soir, prise en passant,\nSous l'évocation magique du Génie,\nS'étaient groupés les voix, les plaintes et l'accent\nD'une orchestration qui monte en progressant ;\nQuand l'accompagnement s'était fait assez large\nPour encadrer dans un décor illimité\nL'air rustique et pour faire une sublime image\nAu texte primitif dont la simplicité\nTranche magiquement sur tant de majesté ;\nAlors, ô Beethoven, maître, dans un délire\nTu notais comme un dieu pour l'avenir profond,\nCes morceaux immortels, vrais mondes qu'on peut lire.\nMondes où tu descends sans effroi, jusqu'au fond,\nTrouant leur ombre avec le soleil de ton front !...\nMais, sans te soucier des lauriers sur ta tête,\nSolitaire toujours, tu laissais l'Univers\nRésonner dans ton âme, or pur qui le reflète,\nEcho qui réfléchit ses mille chants divers,\nEternel inspiré des éternels concerts !"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.60", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "III\nO maître de la symphonie,\nToi le premier qui la compris,\nTu rêvas grand et ton génie\nVerse la force à nos esprits '\nEt le poète que l'art anime,\nDevant la richesse sublime\nQu'épand ton orchestration,\nComprend que c'est l'âme des choses\nEt du monde que tu transposes\nEn large modulation !\nCe n'est pas tel bruit de feuillage,\nTel chant d'oiseau, tel vent grondant,\nTel bourdonnement de village\nQue d'un haut sommet on entend !\nCe ne sont pas les rumeurs vagues\nDes grandes villes ou des vagues,\n- Les foules sont comme les flots !\nNi l'harmonie imitative\nD'une pauvre amante plaintive,\nOu d'un homme en proie aux sanglots !\nC'est quelque chose de plus vaste,\nDe plus profond, de plus troublant,\nDe plus simple, mais d'aussi chaste,\nQu'un cœur d'anges en voile blanc !\nC'est le frisson de la nature,\nD'abord naïf, qui s'aventure\nDans le silence d'un soir bleu,\nPuis qui grandit et s'amplifie,\nMusicale philosophie\nQui fait chanter la voix de Dieu !\nC'est la profondeur insondée\nQui pénètre jusqu'à « l'En Soi \\\nLe chant de l'Ame et de l'idée ;\nC'est le Verbe que l'on conçoit ;\nC'est toute la Nature entière,\nDont la musique est la matière\nOù tu puises, Maître vainqueur,\nToute la Nature qui vibre\nEt qui passe, chantante et libre,\nSur les cordes d'or de ton coeur !\nMais combien je mets au-dessus de ce verbiage, vraiment"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.61", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "trop didactique, la vision d'un poète véritable, le chant d'un\nhomme qui sait ce que doit être la poésie, comme, par exemple,\nce morceau que j'emprunte à un numéro récent de la revue\nVers et Prose,et qui est de M. Léo Larguier :\nAU SCULPTEUR N. ARONSON,\nA PROPOS D'UN BUSTE\nDE BEETHOVEN QU'IL ME DONNA...\nAmi, maître du marbre et de l'antique argile\nQui sous vos doigts savants prend la forme tranquille\nDe votre vision et de vos rêves blancs,\nEmportant Beethoven entre mes bras tremblants,\nJ'ai gagné l'autre nuit ma paisible demeure...\nDes filles me hélaient dans l'ombre. C'était l'heure\nOù Paris éblouit comme une gerbe d'or.\nDeux amants s'étreignaient au seuil d'un corridor ;\nLes théâtres étaient remplis d'épaules nues ;\nDes calèches roulaient le long des avenues ;\nLes louches assassins, dans leur poche, tâtaient\nLe manche d'un couteau ; les tavernes chantaient ;\nSur les nappes coulait la cire des bougies ;\nLes tristes débauchés revenaient aux orgies\nComme les travailleurs à leur tâche. En pleins cieux,\nL'humble chambre où songeait un jeune ambitieux,\nAvec sa lampe rouge avait l'aspect d'un phare,\nJe serrais Beethoven comme un furtif avare\nSerre un trésor, et je marchais, n'écoutant rien.\nMais la nuit, j'ai rêvé du vieux musicien !\nVoici. J'étais chez vous. Le grave crépuscule\nSolennisait votre atelier. Un large hercule\nLuttait avec le soir. De purs, de sveltes corps\nVivaient ; le feu frottait le parquet de ses ors.\nNous étions seuls. Soudain, dans le recoin plein d'ombre\nOù votre Beethoven courbait sa tête sombre,\nQuelque chose bougea... Nous vîmes le grand sourd\nSe lever rocailleux, voûté, terrible, lourd,\nMarcher au piano dont les touches d'ivoire\nLuisaient sous un miroir dans la salle plus noire.\nIl joua ! Vaguement on pouvait entrevoir,\nTels des oiseaux blessés voletant vers le soir,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.62", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "Ses mains que remuaient toutes les harmonies.\nL'atelier s'emplissait de grandes symphonies.\nDans la baie aux carreaux de plus en plus obscurs,\nChœurs d'argent, s'inscrivaient des astres vifs et\nEt le maître jouait ! Et comme un pin sylvestre\nGémissant dans le vent, aérien orchestre,\nL'antique clavecin chantait, priait, rêvait !...\nNous écoutions, debout, mais déjà se levait\nLe martyr et le saint âpre de la musique,\nEt toujours inquiet, sauvage et lunatique,\nIl partit, emportant ma canne et mon manteau.\nSur un meuble, en passant, il prit votre chapeau,\nHeurta quelque servante et sortit dans la rue,\nSes cheveux gris flottants, sombre forme bourrue/\nDe par Dieu ! que de Beethoven ! dira-t-on. L'on n'aura\npoint tort, et pour finir sur un ton moins grave je dédierai\naux amateurs de Debussy cette épigramme fuyante et souple,\nextraite de La Grappe de Raisin,le curieux petit dernier de\nM. Paul Drouot, un des poètes les plus attachants parmi ceux\nde la jeune génération :\nR POUR DEBUSSY^\nJe rêverais d'une musique\nA faire danser les parfums,\nEt dont le branle énigmatique\nConnu des seuls cistres défunts,\nFerait que l'on n'entendrait presque\nPlus les jets d'eau pulvérulents\nQui jonglent sous l'arceau burlesque\nOù sans escorte erre le vent.\nOn dirait d'un citron vert après une indigestion de roast*\nbeef.\n\nLouis Thomas."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.10", "titre_corps": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE", "titre_sommaire": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "UN MÉMOIRE SUR\nLA TROMPETTE MARINE\n\nA trompette marine n'est guère connue aujourd'hui\nque grâce au goût de M. Jourdain pour le grand\nmonocorde. Aussi, le comité de rédaction de la\nS. I. M. de Paris n'a pas jugé sans intérêt de publier\nle curieux mémoire écrit, en 1742, par J.-B. Prin\net envoyé alors « à Messieurs les Académiciens du célèbre\nConcert de Lvon. »\nDe Prin, nous ne savons que ce qu'il nous révèle lui-même\ndans son mémoire. Quant au « célèbre Concert de Lyon », c'est\nl'Académie des Beaux-Arts dont l'existence a été signalée par\nM. Michel Brenet et par M. L. de la Laurencie dans leurs ou-\nvrages consacrés au dix-huitième siècle musical. Nous ne dirons\nque peu de chose au sujet de cette société, car nous venons de\nconsacrer à son histoire un volume qui paraîtra à la fin de ce\nmois. L'Académie des Beaux-Arts ou Académie du Concert de\nLyon fut la première académie musicale de province. Fondée\nen 1713, elle était d'abord une simple société d'amateurs don-\nnant de grands concerts d'orchestre et chœurs. En 1714 elle\nfut vraisemblablement honorée de la collaboration du grand\nRameau, alors organiste à Lyon. En 1736, l'exécution de ses\nconcerts fut confiée à des gagistes, et, sous cette nouvelle forme,\nl'Académie vécut jusqu'en 1774, en donnant un concert par\nsemaine.\nDans l'épître dédicatoire de Prin, on remarquera le nom"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.64", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "de l'archevêque de Villeroy. Ce prélat était protecteur de\nl'Académie des Beaux-Arts. Musicien distingué, il composa,\npour les concerts de Lyon, deux motets à grand chœur et\norchestre, dont l'an a été conservé, et il ne craignit pas de\ndiriger lui-même des exécutions musicales (i).\nLe manuscrit que nous reproduisons faisait partie de la\nbibliothèque de l'Académie qui, au xvine siècle, était consi-\ndérée comme la plus riche collection musicale du royaume. Ce\nfonds musical existe en partie dans la bibliothèque du Palais\ndes Arts, à Lyon. Le manuscrit de Prin avait été égaré, et nous\navons eu la bonne fortune de le retrouver en établissant, au\ncours de nos recherches sur la musique à Lyon au xvin6 siècle,\nl'état exact de la bibliothèque du Concert et des ouvrages\nconservés.\n(1) V. l'article que nous avons publié, dans notre Revue Musicale de Lyon,\ndu 18 octobre dernier, sous le titre : Un Archevêque de Lyon compositeur et chef\nd} orchestre.\n5\n\nLéon Vallas."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LION\n\nJanvier 1742.\nMESSIEURS,\nQue direz-vous de ma simplicité d'oser présenter à un corps aussi\nillustre que le vôtre un Traité sur la Trompette marine, vil instrument,\nméprisé à la vérité de ceux qui peut-être seroient contents d'en avoir\nconnoissance ; en effet, j'ai trouvé peu de villes où il fut en usage. Lors-\nque j'arrivai à Lion, c'étoit à la création de l'Opéra, dont j'étois l'un des\nDanceurs, j'entendis jouer de cet instrument en différents endroits,\nentr'autres sur la rivière, il faisoit un merveilleux effet de loin, cela\nréveilla le talent que j'avois dès lors d'en jouer avec propreté ; c'est en\nAngleterre, païs de ma naissance, que j'ai appris à bien connoître cet\ninstrument.\nM'étant donc fait entendre dans Lion, l'on me rechercha, je formoy\nplusieurs écoliers, et fis construire des trompettes marines àma ma-\nnière, par les sieurs Goutenoire et Seraillac, habiles luttiers, qui ont suivi\nma méthode de les organiser, de même que le sieur Imbert. Pendant\nle séjour que j'y ai fait en différents tems, ils m'ont construit plus de\ncent cinquante trompettse marines, dont j'en ai envoyé une partie dans\nles païs étrangers.\nC'est, messieurs, en reconnoissance de vos bienfaits passés, que je\nvous présente ce petit ouvrage, recherche de mes occupations musicales,\net pour avoir eu la bonté de m'honorer de vos applaudissements,\nlorsque je me suis présenté à la Comédie sous le masque d'Arlequin,\net d'autres rolles comiques, faveur à laquelle je serai sensible jusqu'à\nla mort, et avec d'autant plus de raison qu'elle s'est étendue jusque\nsur mon fils, qui, encouragé de vos applaudissements et des avis de\nceux qui l'honoroient d'une intime amittié, l'ont rendu aujourd'hui le"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.66", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "plus fort comédien françois des provinces du royaume : car nous de-\nvons regarder les comédiens du Roy à Paris, comme des originaux, et\nne nous pas dire aussi bons qu'eux, ils s'offenceroient peut-être de la\ncomparaison.\nRecevez donc, messieurs, en bonne part le petit mémoire que j'ai\nfait pour l'instruction d'un écolier, je n'en retiens aucunes copies, afin\nque personne, après moi, n'en ait connoissance que vous. J'y joins un\nlivre de la musique du Roy pour les trompettes qui peut être utile à\nl'Académie, lorsqu'elle chantera quelques opéras où il y a des trompettes,\npuisqu'on y retrouvera la partie de plusieurs opéras de M. de Lully.\nPardonnez-moi, messieurs, ma franchise, l'honneur que j'ai eu de\njouer au concert, du tems de feu Monseigneur de Villeroi, archevêque,\nqui m'honoroit de sa protection, semble m'autoriser à rechercher la\nvôtre et de vous assurer de mon zèle. Je voudrois que ma reconnaissance\neût pu produire quelque chose de digne de vos suffrages, mais, malheu-\nreusement pour moi, mes talents sont à peu près bornez là. Qu'il vous\nplaise vous souvenir du proverbe, que la bonne volonté est réputée\npour l'effet. C'est dans ces sentiments que je prends la liberté de me\ndire très respectueusement, messieurs, votre très humble et très obéis-\nsant serviteur.\n\nJ.-B. Prin le père.\n\nMEMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\nAVEC L'ART D'APRENDRE A JOUER\nDE CET INSTRUMENT SANS MAITRE.\nPAR LE SR JEAN-BAPTISTE PRIN, MAÎTRE\nA DANCER DE PARIS ET MUSICIEN DE LA\nVILLE DE STRASBOURG\nDÉDIÉ A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LA VLLLE DE LLON.\n\nAUX AMATEURS DE LA TROMPETTE MARINE\nA la sollicitation de quelques amis, je me détermin sur\nmes vieux jours à faire paroître ce petit Mémoire sur la Trom-\npette Marine, avec lequel on peut apprendre à en jouer sans\nmaître et à la construire dans sa véritable forme et propor-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.67", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "tion. Je suis connu depuis longtemps à Lion pour avoir bien\njoué de cet instrument et l'avoir mis dans une espèce de per-\nfection, puisque j'ai trouvé le moyen de luy donner la force\nd'une trompette de bouche, la douceur d'une flûte et l'har-\nmonie d'un clavecin, il me semble qu'il ne devroit pas être\naussi négligé qu'il l'est, et peut-être même méprisé.\nJe commence par un petit traité historique de son origine\nque je n'allongerai point de preuves et de citations que je\npourrois rechercher, je dirai seulement ce que la mémoire\npourra me fournir sur ce que j'ai lû, vû et appris pendant\nplus de cinquante ans, que j'ai de connoissance et de pratique\nde cet instrument.\nDE SON ORIGINE\nOn est incertain de l'endroit où il a été inventé. La plus part\nveulent que ce soit en Allemagne, et cela fondé sur ce que\ncette nation a toujours été très inventive pour tous les instru-\nments de musique et que dans différents livres en leur langue,\nil est parlé du Monocorde comme très ancien. Cette opinion\ns'accorde assez à ce qu'en a dit M. Melon, de l'Académie de\nBourdeaux, dans une petite brochure qu'on lui attribue et qui\nparut à Paris en 1718. Les Allemands, disoit-il, joùoient, il\ny a plus de quatre siècles, du Monocorde, mais nous ne sçavons\npas comment il étoit construit, ce ne pouvoit être qu'un ins-\ntrument très imparfait, parce qu'une seule corde ne peut\nproduire dans sa division qu'un certain nombre de sons et\npeu de variété. Ce petit livre contenoit une infinité de choses\ntrès sçavantes sur les autres instruments, mais étrangères à\nce traité.\nDes personnes très sçavantes m'ont assuré à Marseille que\nle Monocorde était plus ancien que la harpe et que les Affricains\nen ont encore une idée imparfaite.\nIls prennent un bâton ou latte épaisse et de 4 à 5 poulces\nde tour et de la longueur de 6 à 7 pieds, y attachent par les\ndeux bouts une corde à boyau ou fiscelle cirée d'une grosseur\nconvenable et en forment avec force un arc, la corde par son\nmilieu est éloignée du bois d'environ un pied; cela fait, ils\npassent deux petites ficelles liées en chapelet auxquelles est\nattachée à chacune une moitié de callebasse sèche, en forme"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.68", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "de calotte de la grosseur à peu près de la tête; ils font un petit\ntrou au milieu de cette calotte par lequel ils passent leur lise elle\nen double, en sorte que le nœud des deux bouts s'arrête au\nfond, là ils mettent encore un petit morceau de bois en travers,\nnon seulement pour empêcher que le nœud ne s'échappe en\nagrandissant le trou, mais parce qu'il est nécessaire pour\naccorder, ensuite ils ouvrent ces deux fiscelles, en entourent le\nbâcon et la grosse corde, la partagent et l'assujettissent en\ntiois distances desquelles ils tirent l'accord parlait. Comme\nil est figuré ci-dessous :\nPour toucher ce rustique instrument il faut le tenir de la\nmain gauche par le milieu du bâton ou latte, appuyer la calle-\nbasse contre le ventre et de la main droite frapper avec un\npetit morceau de baguette. L'on dit que ces Affricains en chan-\ntant différents airs s'accompagnent avec assez d'art et de\njustesse.\nCela ne nous conduit point encore à la découverte de la\nTrompette Marine, les Allemands en effet ont pu y contribuer\ndes premiers. Le Monocorde est selon eux construit d'une\ntable ou planche de 6 à 7 pieds de long, sur laquelle est tendue\nune seule corde élevée de deux tassaux d'environ un poulce\nde haut, et divisant les sons de cette corde à peu près comme\nnous la divisons aujourd'hui sur la trompette marine. J'en ai\nfait l'essay et n'ai trouvé que le son d'une quatrième de basse\nà vuide fort sourd. Cependant il n'y a que cet instrument qui\nait pu être l'origine de la trompette marine.\nOn le touchoit autrefois d'une main, et de l'autre on con-\nduis oit un chevalet en forme de croissant, qui formoit diffé-\nrents sons depuis le milieu de la corde jusqu'à l'un des\nbouts, mais l'usage du chevalet ambulant aïant été trouvé\npénible et lent dans son exécution, le poulce fut introduit, et\nla corde se trouvant alors débarrassée de ce chevalet, frisa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.69", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "sur la table et forma imparfaitement quelques sons de trom-\npette. Après cette découverte, on construisit des Monocordes\nou trompettes marines avec trois planches en piramides\ntriangulaires, terminées par une teste qui portait la cheville,\nle tout de la longueur d'environ 6 pieds. J'en ai trouvé de\npareilles dans de vieux châteaux du Lyonnois et de Bresse qui\navoient plus de deux cents ans selon l'étiquette du luttier.\nJe ne dirai point en quel tems lurent inventées les trom-\npettes à 5 pans et à 7. Je sçay seulement de l'Anglois qui\nm'a enseigné qu'il avoit connoissance de ces triangulaires,\nmais qu'elles étaient d'un son nazard, et que celles à 7\npans avaient le son plus agréable ; comme je ne me suis pas\ndonné la peine de monter celles que j'ai trouvées et qu'elles\nétaient même un peu 'délabrées je n'en parle qu'après mon\nMaître qui en avoit joué.\nCOMMENT ELLE A ÉTÉ APPORTÉE EN FRANCE\nET APELÉE TROMPETTE MARINE.\nIl y a en Allemagne plusieurs universitez, les écoliers sont\ngrands partisans de la musique, ils en font toute leur récréa-\ntion, et l'on peut dire, dans la totalité qu'il s'y joue de tous\nles instruments du monde. Un grand nombre ne subsistent,\npendant le cours de leurs études, que des charitez qu'on leur\nfait les soirs à différentes portes des citoyens et riches étu-\ndiants, où ils vont, par bandes concertées, exécuter des mu-\nsiques à leur goût. La trompette marine qui s'entend de loin\net qui est agréable la nuit, surtout avec leurs hautbois et\nautres instruments singuliers dont ils jouoient à l'alternative\net en chorus, y a plu un tems ; comme toutes les nations\nsont reçeùes dans ces Universitez, il s'y est trouvé des écoliers\nhollandois et anglois qui ont transféré chez eux l'usage de cette\ntrompette, ils en ont joué sur leurs vaisseaux, et se sont fait\nentendre dans les différentes rades où ils mouilloient. Les\nmarins françois s'attachèrent à en jouer pareillement et sur-\npassèrent bientôt leurs voisins dans l'exécution, ils la surnom-\nmèrent Marine et en ont joué les derniers, ils ne se sont pas\nbornez à s'en servir sur mer ; sur les rivières, dans les forêts,\ndans les châteaux, maisons de campagne, souvent même dans"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.71", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "les villes, on en joiioit \\après avoir ete si en vogue, elle est\ncependant tombée dans l'oubly, et je pense, permettez-moi cet\namour propre, que si l'on en avait joue generalement aussi bien\nque moi, elle ne seroit pas aujourdhui abandonnée. Les imper-\nfections qui s'y rencontroient, les déplacements du chevalet,\nles grincements de l'archet et la difficulté d éviter ces mau-\nvais hazards, sans les secours que j'ai inventez, ont précipité\nce dégoût, je dirai même à. l'avantage de mon maître et de\ntous ceux qui en ont bien joué avant moi, qu il leur f ail oit\nune grande habilleté pour vaincre tant d obstacles, il est vray\nqu'ils ne le pouvoient pas toujours. Passez-moi encore celuy-cy.\nM. de Molière a rendu son bourgeois gentilhomme ridicule\nquand il luyafait demander à la suite d'un projet de concert,\nune trompette marine comme un instrument harmonieux,\nmais je crois que ce meme M. de Moliere auroit reconnu le sien,\ns'il m'avoit entendu tenir ma partie avec les meilleurs sympho-\nnistes de France.\nSA CONSTRUCTION ET SES PROPORTIONS\nJe détermine donc aujourd'hui la trompette marine pour\nmeilleure à sept pans de bois d'érabe, les tables sont d'environ\nune ligne 8 points d'épaisseur, la principale doit avoir un\npied de large par le bas et le haut 6 poulces, sa longueur,\n4 pieds de corps allongée d'un manche de 2 pieds, et d'une\nteste à mortoise pour la cheville d'environ demy-pied ; ce\nqui serait cy devant dans la feuille dessinée.\nLA MANIÈRE DE L'ORGANISER\nElle est de mon invention. Avant de coller la dernière table\nde l'instrument ou pendant qu'on le construit, il faut faire\nune mortoise au bas du manche qui est le fond du corps, d'en-\nviron deux doigts de profondeur large autant que le corps et\nlongue de 4 poulces et même plus s'il est besoin, c'est là\nqu'on établit des chevilles de fer, comme celles d'un clavecin\nrangées par trois rangs en biais, trois l'une sur l'autre, ce qui\npeut contenir 21 ou 24 cordes de laiton. Ces cordes doivent"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.72", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "avoir la longueur du corps de la trompette, elles sont\naccrochées par en bas à des pointes fixes qui tiennent au\ndessous du cercle, le tout précisément comme à un clavecin.\nIl faut pratiquer à la mortoise d'en haut un petit\nsillet d'un demi poulce de haut ou environ et en bas, du\ncôté du cercle, an chevalet d'un poulce de haut, prenant garde\ntoutefois à ne pas établir ces cordes trop près, ou contre les\nbarres qui traversent de distance en distance le dedans du\ncorps. L'ouverture de la mortoise d'en haut se ferme avec\nune coulisse bien jointe du même bois que la table ; que le\ncôté par où on la tire soit un peu plus large que l'autre bout\nqui ferme, on doit même y faire un petit ou deux boutons\npour l'ouvrir et,fermer facilement, il faut que cette ouverture\nsoit assez grande pour découvrir toutes les chevilles, et de\nquoi pincer les cordes, lorsqu'on veut les accorder.\nAprès avoir consulté des personnes plus sçavantes que moi,\nj'ay travaillé longtemps et vainement à trouver cet accord.\nMais, m'étant aperçu dans une salle où l'on préparoit un\nconcert, que plusieurs violons accordés et posés sur un cla-\nvecin fermé, résonnaient lorsque l'on jouait de l'un d'eux la\ncorde à vide, que les cordes du clavecin frémissaient aussi,\nje compris de là que je devois accorder toutes les cordes de la\ntrompette à l'unisson de la grosse corde à vuide ; ce qui me\nréussit si bien que quelque ton que je fasse, les cordes de\nlaiton répondent distinctement.\nLa grosse corde pour les trompettes de 6 >pieds et\nplus doit être d'une quatrième de basse 'non filée ou de 70 à\n80 boyaux. 'L'intelligence et l'épreuve du maître ou de\nl'écolier sont nécessaires pour le choix, on l'attache au bas\nde la trompette et on l'étend jusqu'à la teste où est une che-\nville de fer autour de laquelle on en assujettit le bout, cette\ncheville se met à droite et doit avoir à l'entrée du col une\npetite roue de fer ou d'acier avec des crans fins, contre le\nmanche et un peu au dessous de cette roue est attaché un\npetit valet de retenue aussi de fer ou d'acier qui doit se ren-\ncontrer aux crans de ladite roue pour la retenir, il faut que\nles crans soient arrondis par un côté afin que l'on puisse\ntendre la corde sans être obligé de toucher au valet de retenue\nqui se doit placer de lui-même et auquel on ne doit porter la\nmain que lorsqu'il faut détendre ; ce rouage est si connu que"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.73", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "je n'en diray pas davantage. La corde doit encore être posée\nsur deux sillets d'environ demy poulce d'élévation, l'un au\nbas de l'instrument et l'autre au haut du manche.\nIl faut que l'étendue de la corde soit en nombre pair, c'est\nune expérience que j'ai faite, il ne se doit point trouver de\ndemy poulce à partager. Par exemple, si la corde est de 6 pieds,\nsa moitié est de 3 pieds cela est bon ainsi que 5 pieds 10 pouces,\n8, 6, 4, etc. Mais 5 pieds 11 pouces, 9, 7, 5, 3,1, cela est mauvais\nil y aurait du taux dans les tons d'en haut. On mesure la corde\nd'un sillet à l'autre.\nDE L'ACCORD\nOn i'accoide en C. sol, ut,communément le ton est bas,\nmais elle aie son plus brillant en D. et on peut la tendre\nà ce ton, j'y ai fait même transposer toutes mes symphonies\nafin d'avoir l'agrément de concerter avec des violons, flûtes\net hautbois. C'est même le ton favorable de la trompette dont\nje me sers qui en 1715 a été faite à Lion par le Sr Imbert,\nluttier ; sa longueur totale est de 6 pieds 4 poulces, et la corde\nde 5 pieds 4 poulces.\nL'on peut encore accorder en E. qui est le ton naturel\nde la trompette de bouche, en prenant une corde un peu plus\ngrosse qu'une troisième de basse et un peu plus fine qu'une\nquatrième ou de 60 boyaux environ et que la longueur ne passe\npas 5 pieds 4 poulces.\nIl ne faut pas se servir de cordes trop fines même avec les\nplus petits instruments de trompettes ; car on n'en tireroit\npas les sons convenables ; lorsque j'en ai fait l'essai, je n'y ai\ntrouvé que le son d'un mauvais flageolet. Il est à observer,\ncomme je l'ai déjà dit, d'accorder les cordes de laiton à l'unis-\nson de la grosse corde ; sans cette attention, lesdites cordes\nseroient inutiles ; elles ne résonnent bien que lorsqu'elles sont\nparfaitement d'accord ; elles le tiennent longtemps, lorsqu'elles\nont pris une fois leur étendûe.\nIl y a deux façons de mettre les cordes de laiton dans le\ncorps de la trompette. La première est d'être deux personnes,\nl'une en bas et l'autre à la teste, là elle passe par l'ouverture\nqiu est au bas du manche une baguette un peu fendue par le"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.74", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "bout, dans laquelle fente est mise la corde préparée de son\nanneau tortillé, comme l'on fait aux cordes d'un clavecin, que\nla personne d'en bas débarrasse de la baguette pour l'accrocher\nà l'une des pointes de fer qui y sont établies et en même temps\nl'autre personne qui est à l'ouverture assujettit cette même\ncorde à la cheville correspondante à ladite pointe ; ainsi de la\npremière jusqu'à la dernière.\nLa seconde est d'être seul, et d'avoir un petit plomb dans\nlequel est un petit crochet que vous mettez dans l'anneau\ntortillé de la corde, ensuite vous l'introduisez dans l'ouverture\ndu bas du manche de la trompette que vous tenez debout, vous\nl'attrapez par en bas, vous décrochez le plomb et raccrochez\nla corde à la pointe de fer, et l'autre bout de la corde à la\ncheville aussi de fer correspondante comme dit est ; cette\nseconde manière est la plus longue et la moins commode.\nLorsque toutes les cordes sont mises, il ne faut pas d'abord\nles accorder au ton où elles doivent arriver, l'on risquerait de\nles casser, l'on doit seulement les égaler les unes aux autres\ndans un ton bas, pour qu'elles puissent prendre une tension\négale, et, au bout de peu de jours, on pourra les mettre d'accord\nau ton déterminé de la grosse corde à vide. Ces cordes de laiton\nsont ordinairement du n° 4. Les bonnes sont appelées cordes\ndu nord, et viennent de la ville de Nuremberg. Pour que le\nbout de chaque corde ne casse point lorsqu'on le tortille en y\nfaisant le petit anneau, il en faut brûler environ deux doigts.\nLA MANIÈRE DE JOUER\nIl ta ut se tenir debout, mettre le bas de la trompette sur\nquelque chose d'élevé, comme chaises, bancs ou tables, qu'elle\nsoit solidement appuïée, afin qu'elle ne puisse pas glisser, en\nposer la teste contre l'estomac, la soutenir ainsi ni trop ni trop\npeu, c'est-à-dire suffisamment pour qu'elle n'échappe pas,\navancer la jambe gauche comme pour tirer un coup de fusil,\nen cette situation la main droite qui tient l'archet est plus\ndégagée et le poulce de la main gauche qui touche la corde plus\nà portée d'aller et de venir et d'atteindre jusqu'au milieu d'icelle\noù se trouve le plus bas ton de cet instrument, le dedans de la\nmain droite doit sembler soutenir le manche comme si l'on"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.75", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "empoignoit, mais cependant qu'elle ne touche à rien affin qu'elle\nait la liberté d'agir, les doigts droits sans être roi des, le poulee\ncouché de côté et touchant la corde entre le coin de l'ongle\net la chair : car à plat on ne pourrait rien faire, les notes\ndoivent être graduées et écrites partie sur la table et le reste\nsur le manche de la trompette, et c'est vis-à-vis d'elles qu'il\nfaut toucher celles dont on a besoin pour former les sons qui\ncomposent les airs qu'on a dessein d'exécuter; vis-à-vis le milieu\nde la corde est le sol,un peu plus haut en retirant le poulce\nà soy le la et ainsi successivement Voilà\nles distances désignées ; mais il faut observer que le poulce\nn'abandonne pas la corde d'un son à un autre, on le doit glisser\nsans la quitter, et ne pousser ou retirer l'archet que lorsqu'il\nest vis-à-vis la note. Cependant, quand il en est besoin, on peut\nlier deux sons par un même coup d'archet, et ce en glissant\nle poulce d'une note à l'autre pendant la durée de l'action de\nl'archet, et c'est de cette façon qu'on articule gracieusement\nles croches lorsqu'on a acquis un peu d'habitude. Il en faut\nbeaucoup pour la cadence qui est composée de deux sons, par\nexemple pour faire celle de Y ut,il la faut préparer au et couler\nle poulce à Yut,et retourner de au et du à avec\nvitesse pendant ce temps ne tirer qu'un seul coup d'archet\navec propreté, avec l'exercice on en vient à bout peur vu que\nl'on ne se rebute pas dès les commencements, la difficulté est\nen ce que la main gauche que n'est appuïée que du poulce,\nfait plusieurs mouvements et que la droite armée de l'archet\nen veut faire aussi plusieurs et n'en doit faire qu'an seul.\nL'on avait autrefois une mauvaise méthode pour replacer\nle chevalet qui se dérangeoit souvent dans les morceaux de\nforce, comme la chasse, les bruits de guerre, etc. Il f ail oit\ns'interrompre et frapper ce chevalet du bout de l'archet à\ndroite et à gauche, jusqu'à ce que le hasard l'eut remis à son\npoint, quelquefois même l'on étoit obligé de se transporter\nau bout de son instrument et de le remettre avec la main, il\narrivait dans ce déplacement des grincements qui ont rebuté\nbien des personnes et qui m'auroient dégoûté moi-même si je\nn'avois trouvé le moyen d'y remédier. Ce chevalet est indis-\npensablement nécesssaire pour friser sur la superficie de la table\net produire par son moyen les sons de trompettes, il est très\ndifficile d'en avoir un bon et bien à son point, il faut en cela"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.76", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "comme en bien d'autres choses de l'attention et de l'intelligence.\nLa forme de ce chevalet est dessinée sur la feuille ci-devant.\nLe moyen donc quej'ay inventé c'est de percer avec une\npetite haleine le coin de la table et de l'éclisse du côté droit\nvis-à-vis le milieu de l'intervalle du chevalet et du muffle, d'y\npasser une petite corde à boyau de la grosseur d'une troisième\nde violon de l'arrêter au côté de l'éclisse par un petit nœud,\nde la passer vis-à-vis son trou autour de la grosse corde une ou\ndeux fois, puis l'arrêter d'un nœud, revenir avec cette même\ncorde au milieu de cette bride, là y faire un nœud coulant et\nl'étendre ensuite vers la teste de la trompette à la gauche de\nlaquelle sera une petite cheville de guittare, où on l'attachera ;\nde manière que cette corde étant par le bas fixée à droite et\nla cheville en haut la fixant à gauche, elle croise la grosse corde\nà la vérité, mais on doit empêcher qu'elles ne se touchent,\npour cet effet il faut que la petite corde croise sous la grosse,\nque le sillet du manche soit percé environ 3 lignes plus bas\nque le cran d'appui de la grosse corde, et que cette petite corde\npassée par ce trou et arrêtée à la cheville soit assez élevée pour\nne pas traîner sur la table, et qu'elle ne le soit pas tropaffin\nqu'elle ne touche point à la grosse corde.\nObservez que la teste a deux chevilles, l'une de fer dont la\nroue et le valet de retenue sont à droite, et la petite cheville de\nguittare se met à gauche, en voici la raison : Lorsqu'on est à\njouer et que l'on sent qu'il convient de tendre ou de détendre\ncette petite corde, la main gauche qui ne tient rien, tourne\nou détourne la cheville dans un clin d'œil au lieu qu'il faudroit\nde la droite quitter l'archet et le reprendre ce qui retarderoit\ndans l'exécution.\nDU GUIDON\nJ'apelle cette petite corde, le guide n, parce que c'est elle\nqui gouverne le chevalet. En la tendant à son juste point elle\nfait frémir le chevalet et forme les sons de trompette ; en la\ndétendant elle l'assourdit. C'est dans cette scituation que\nj'imite la flûte traversière, et que je joue des airs tendres qu'on\ncroiroit ne pas convenir à cet instrument, et qui sont cependant\ntrès agréables lorsqu'on est parvenu à un degré d'habitude et\nde propreté ; j'ai amusé et étonné des personnes de la première"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.77", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "condition et autres, ccnnoisseuses t de goût non seulement\navec des morceaux d'exécution, mais en jouant avec délicatesse\ndes brunettes comme L'autre jour\netc. Les échos ont aussi causé de l'admiration mais j'en suis\nredevable à la manière d'organiser dont j'ay parlé cy devant.\nJe fais encore une observation sur le chevalet. Cette pièce\nest trop principalle pour devoir rien obmettre, sa forme est donc\ndessinée cy devant, la grosse corde est élevée sur le pied\nd'iceluy qui est posé dans le milieu de la table et à environ\n3 pouces du sillet d'en bas, sa queue est à gauche, sous ce pied\nseulement il faut mettre de la colophanne en poudre pour l'em-\npescher de glisser et avoir grande attention qu'il n'y en ait pas\nsous la queue qui doit être toujours nette et polie sans quoi\nelle ne friseroit point et ne formeroit pas les sons de trompette.\nJ'aime avec tendresse cet instrument et c'est avec douleur\nque je le vois, pour ainsi dire, mourir avec moi. J'en ai subsisté\navec aisance à Lion pendant plusieurs années, j y ai fait de\nbons écoliers, mais trop riches pour en iaire à leur tour, et\npeut-être occupés à des affaires trop importantes pour y passer\nleur temps ; en Allemagne j'y ai trouvé d'habiles musiciens\npour lire la musique et l'exécuter avec précision, mais point\nde goût ni d'expression ; la trompette marine en demande\nbeaucoup, sans cela elle est bornée à imiter quelques airs de\ntrompettes de bouche et l'on ne peut parvenir a jouer, en\nconcerto, des opéra, et à amuser par des varietez de sons et de\njeu des gens d'un vrai discernement, comme je l'ay fait.\nLa Providence, pour me faire expiër mes fautes passées,\na fixé mon modique établissement dans une provin <e d'Alle-\nmagne, où les peuples pour la plupart ne captivent pas la\nbienveillance des François, où les valets sont musiciens, où\nles maîtres écoutent avec indifférence, peut-être même sans\nentendre, où les plus beaux spectacles sont par eux desertez\net ne subsisteroient pas sans les troupes militaires du Roi, où\nenfin je n'ai d'agrément qu'avec un très petit nombre de me?\nconfrères françois, qui comme moy n'abaissent point la musique\njusqu'à l'associer avec la livrée. De sorte qu'indigné de n'avoir\npu élever un second moi-meme pour faire revivre cette pauvre\ntrompette marine, je la. dépose et lègue à mes anciens bienfai-\nteurs, Messieurs les Académiciens de Lieu, auxquels j'adresse\nce mémoire j je les supplie de la cultiver, de reveiller 1 envie"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.78", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "d'en jouer à mes écoliers, s'il s'en trouvait encore quelques-uns,\net de tâcher qu'elle ressuscite après moy.\nMon grand âge m'annonce une fin prochaine, mais l'espoir\nque j'ai en cet écrit et l'abandon que je fais de ma trompette\naimée à cette célèbre Académie avec mes livres de musique\nme consolent beaucoup. Peut-être, dis-je en moi-même, qu'en\nlaissant là des marques d'une juste reconnoissance, j'y fais\nrevivre un instrument qui a fait si longtemps l'objet de mes\noccupations, suffi à mes besoins et à mes plaisirs, et qui seroit\nsûrement plus estimé s'il étoit plus connu (i).\n(i) La trompette marine de Prin fut conservée par l'Académie des Beaux-\nArts dans une des salles de l'Hôtel qu'elle avait fait construire en 1724. Un inven-\ntaire des meubles de l'Académie, établi en 1756 et conservé aux Archives\nmunicipales de Lyon, mentionne la présence d'une trompette marine avec son\nétui. « Le mobilier de l'Académie fut vendu aux enchères en 1792. Qu'est devenue\nla trompette aimée du pauvre Prin ? » Deux de ses livres de musique sont\nconservés dans la bibliothèque du Palais des Arts; l'un d'eux porte cette indica-\ntion : « Livre de musique du Roy, donné par Madame la duchesse de Bour-\ngogne au sieur Prin, fameux joueur de trompette marine, au concert des Princes\nà Trianon dans le parc de Versailles, le 15 juillet 1709. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.10.2", "titre_corps": "A trompette marine n'est guère connue aujourd'hui", "titre_sommaire": "A trompette marine n'est guère connue aujourd'hui", "signature_source": "Léon Vallas", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.63", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "A trompette marine n'est guère connue aujourd'hui\nque grâce au goût de M. 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En 1714 elle\nfut vraisemblablement honorée de la collaboration du grand\nRameau, alors organiste à Lyon. En 1736, l'exécution de ses\nconcerts fut confiée à des gagistes, et, sous cette nouvelle forme,\nl'Académie vécut jusqu'en 1774, en donnant un concert par\nsemaine.\nDans l'épître dédicatoire de Prin, on remarquera le nom"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.64", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "de l'archevêque de Villeroy. Ce prélat était protecteur de\nl'Académie des Beaux-Arts. Musicien distingué, il composa,\npour les concerts de Lyon, deux motets à grand chœur et\norchestre, dont l'an a été conservé, et il ne craignit pas de\ndiriger lui-même des exécutions musicales (i).\nLe manuscrit que nous reproduisons faisait partie de la\nbibliothèque de l'Académie qui, au xvine siècle, était consi-\ndérée comme la plus riche collection musicale du royaume. Ce\nfonds musical existe en partie dans la bibliothèque du Palais\ndes Arts, à Lyon. Le manuscrit de Prin avait été égaré, et nous\navons eu la bonne fortune de le retrouver en établissant, au\ncours de nos recherches sur la musique à Lyon au xvin6 siècle,\nl'état exact de la bibliothèque du Concert et des ouvrages\nconservés.\n(1) V. l'article que nous avons publié, dans notre Revue Musicale de Lyon,\ndu 18 octobre dernier, sous le titre : Un Archevêque de Lyon compositeur et chef\nd} orchestre.\n5\n\nLéon Vallas."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.10.3", "titre_corps": "A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS DU CÉLÈBRE CONCERT DE LION", "titre_sommaire": "A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS DU CÉLÈBRE CONCERT DE LION", "signature_source": "J.-B. Prin le père", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LION\n\nJanvier 1742.\nMESSIEURS,\nQue direz-vous de ma simplicité d'oser présenter à un corps aussi\nillustre que le vôtre un Traité sur la Trompette marine, vil instrument,\nméprisé à la vérité de ceux qui peut-être seroient contents d'en avoir\nconnoissance ; en effet, j'ai trouvé peu de villes où il fut en usage. Lors-\nque j'arrivai à Lion, c'étoit à la création de l'Opéra, dont j'étois l'un des\nDanceurs, j'entendis jouer de cet instrument en différents endroits,\nentr'autres sur la rivière, il faisoit un merveilleux effet de loin, cela\nréveilla le talent que j'avois dès lors d'en jouer avec propreté ; c'est en\nAngleterre, païs de ma naissance, que j'ai appris à bien connoître cet\ninstrument.\nM'étant donc fait entendre dans Lion, l'on me rechercha, je formoy\nplusieurs écoliers, et fis construire des trompettes marines àma ma-\nnière, par les sieurs Goutenoire et Seraillac, habiles luttiers, qui ont suivi\nma méthode de les organiser, de même que le sieur Imbert. Pendant\nle séjour que j'y ai fait en différents tems, ils m'ont construit plus de\ncent cinquante trompettse marines, dont j'en ai envoyé une partie dans\nles païs étrangers.\nC'est, messieurs, en reconnoissance de vos bienfaits passés, que je\nvous présente ce petit ouvrage, recherche de mes occupations musicales,\net pour avoir eu la bonté de m'honorer de vos applaudissements,\nlorsque je me suis présenté à la Comédie sous le masque d'Arlequin,\net d'autres rolles comiques, faveur à laquelle je serai sensible jusqu'à\nla mort, et avec d'autant plus de raison qu'elle s'est étendue jusque\nsur mon fils, qui, encouragé de vos applaudissements et des avis de\nceux qui l'honoroient d'une intime amittié, l'ont rendu aujourd'hui le"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.66", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "plus fort comédien françois des provinces du royaume : car nous de-\nvons regarder les comédiens du Roy à Paris, comme des originaux, et\nne nous pas dire aussi bons qu'eux, ils s'offenceroient peut-être de la\ncomparaison.\nRecevez donc, messieurs, en bonne part le petit mémoire que j'ai\nfait pour l'instruction d'un écolier, je n'en retiens aucunes copies, afin\nque personne, après moi, n'en ait connoissance que vous. J'y joins un\nlivre de la musique du Roy pour les trompettes qui peut être utile à\nl'Académie, lorsqu'elle chantera quelques opéras où il y a des trompettes,\npuisqu'on y retrouvera la partie de plusieurs opéras de M. de Lully.\nPardonnez-moi, messieurs, ma franchise, l'honneur que j'ai eu de\njouer au concert, du tems de feu Monseigneur de Villeroi, archevêque,\nqui m'honoroit de sa protection, semble m'autoriser à rechercher la\nvôtre et de vous assurer de mon zèle. Je voudrois que ma reconnaissance\neût pu produire quelque chose de digne de vos suffrages, mais, malheu-\nreusement pour moi, mes talents sont à peu près bornez là. Qu'il vous\nplaise vous souvenir du proverbe, que la bonne volonté est réputée\npour l'effet. C'est dans ces sentiments que je prends la liberté de me\ndire très respectueusement, messieurs, votre très humble et très obéis-\nsant serviteur.\n\nJ.-B. Prin le père."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.10.4", "titre_corps": "MEMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE", "titre_sommaire": "MEMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.66", "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "MEMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\nAVEC L'ART D'APRENDRE A JOUER\nDE CET INSTRUMENT SANS MAITRE.\nPAR LE SR JEAN-BAPTISTE PRIN, MAÎTRE\nA DANCER DE PARIS ET MUSICIEN DE LA\nVILLE DE STRASBOURG\nDÉDIÉ A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LA VLLLE DE LLON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.10.5", "titre_corps": "AUX AMATEURS DE LA TROMPETTE MARINE", "titre_sommaire": "AUX AMATEURS DE LA TROMPETTE MARINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.66", "debut_caractere": 1611, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "AUX AMATEURS DE LA TROMPETTE MARINE\nA la sollicitation de quelques amis, je me détermin sur\nmes vieux jours à faire paroître ce petit Mémoire sur la Trom-\npette Marine, avec lequel on peut apprendre à en jouer sans\nmaître et à la construire dans sa véritable forme et propor-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.67", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "tion. Je suis connu depuis longtemps à Lion pour avoir bien\njoué de cet instrument et l'avoir mis dans une espèce de per-\nfection, puisque j'ai trouvé le moyen de luy donner la force\nd'une trompette de bouche, la douceur d'une flûte et l'har-\nmonie d'un clavecin, il me semble qu'il ne devroit pas être\naussi négligé qu'il l'est, et peut-être même méprisé.\nJe commence par un petit traité historique de son origine\nque je n'allongerai point de preuves et de citations que je\npourrois rechercher, je dirai seulement ce que la mémoire\npourra me fournir sur ce que j'ai lû, vû et appris pendant\nplus de cinquante ans, que j'ai de connoissance et de pratique\nde cet instrument.\nDE SON ORIGINE\nOn est incertain de l'endroit où il a été inventé. La plus part\nveulent que ce soit en Allemagne, et cela fondé sur ce que\ncette nation a toujours été très inventive pour tous les instru-\nments de musique et que dans différents livres en leur langue,\nil est parlé du Monocorde comme très ancien. Cette opinion\ns'accorde assez à ce qu'en a dit M. Melon, de l'Académie de\nBourdeaux, dans une petite brochure qu'on lui attribue et qui\nparut à Paris en 1718. Les Allemands, disoit-il, joùoient, il\ny a plus de quatre siècles, du Monocorde, mais nous ne sçavons\npas comment il étoit construit, ce ne pouvoit être qu'un ins-\ntrument très imparfait, parce qu'une seule corde ne peut\nproduire dans sa division qu'un certain nombre de sons et\npeu de variété. Ce petit livre contenoit une infinité de choses\ntrès sçavantes sur les autres instruments, mais étrangères à\nce traité.\nDes personnes très sçavantes m'ont assuré à Marseille que\nle Monocorde était plus ancien que la harpe et que les Affricains\nen ont encore une idée imparfaite.\nIls prennent un bâton ou latte épaisse et de 4 à 5 poulces\nde tour et de la longueur de 6 à 7 pieds, y attachent par les\ndeux bouts une corde à boyau ou fiscelle cirée d'une grosseur\nconvenable et en forment avec force un arc, la corde par son\nmilieu est éloignée du bois d'environ un pied; cela fait, ils\npassent deux petites ficelles liées en chapelet auxquelles est\nattachée à chacune une moitié de callebasse sèche, en forme"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.68", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "de calotte de la grosseur à peu près de la tête; ils font un petit\ntrou au milieu de cette calotte par lequel ils passent leur lise elle\nen double, en sorte que le nœud des deux bouts s'arrête au\nfond, là ils mettent encore un petit morceau de bois en travers,\nnon seulement pour empêcher que le nœud ne s'échappe en\nagrandissant le trou, mais parce qu'il est nécessaire pour\naccorder, ensuite ils ouvrent ces deux fiscelles, en entourent le\nbâcon et la grosse corde, la partagent et l'assujettissent en\ntiois distances desquelles ils tirent l'accord parlait. Comme\nil est figuré ci-dessous :\nPour toucher ce rustique instrument il faut le tenir de la\nmain gauche par le milieu du bâton ou latte, appuyer la calle-\nbasse contre le ventre et de la main droite frapper avec un\npetit morceau de baguette. L'on dit que ces Affricains en chan-\ntant différents airs s'accompagnent avec assez d'art et de\njustesse.\nCela ne nous conduit point encore à la découverte de la\nTrompette Marine, les Allemands en effet ont pu y contribuer\ndes premiers. Le Monocorde est selon eux construit d'une\ntable ou planche de 6 à 7 pieds de long, sur laquelle est tendue\nune seule corde élevée de deux tassaux d'environ un poulce\nde haut, et divisant les sons de cette corde à peu près comme\nnous la divisons aujourd'hui sur la trompette marine. J'en ai\nfait l'essay et n'ai trouvé que le son d'une quatrième de basse\nà vuide fort sourd. Cependant il n'y a que cet instrument qui\nait pu être l'origine de la trompette marine.\nOn le touchoit autrefois d'une main, et de l'autre on con-\nduis oit un chevalet en forme de croissant, qui formoit diffé-\nrents sons depuis le milieu de la corde jusqu'à l'un des\nbouts, mais l'usage du chevalet ambulant aïant été trouvé\npénible et lent dans son exécution, le poulce fut introduit, et\nla corde se trouvant alors débarrassée de ce chevalet, frisa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.69", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "sur la table et forma imparfaitement quelques sons de trom-\npette. Après cette découverte, on construisit des Monocordes\nou trompettes marines avec trois planches en piramides\ntriangulaires, terminées par une teste qui portait la cheville,\nle tout de la longueur d'environ 6 pieds. J'en ai trouvé de\npareilles dans de vieux châteaux du Lyonnois et de Bresse qui\navoient plus de deux cents ans selon l'étiquette du luttier.\nJe ne dirai point en quel tems lurent inventées les trom-\npettes à 5 pans et à 7. Je sçay seulement de l'Anglois qui\nm'a enseigné qu'il avoit connoissance de ces triangulaires,\nmais qu'elles étaient d'un son nazard, et que celles à 7\npans avaient le son plus agréable ; comme je ne me suis pas\ndonné la peine de monter celles que j'ai trouvées et qu'elles\nétaient même un peu 'délabrées je n'en parle qu'après mon\nMaître qui en avoit joué.\nCOMMENT ELLE A ÉTÉ APPORTÉE EN FRANCE\nET APELÉE TROMPETTE MARINE.\nIl y a en Allemagne plusieurs universitez, les écoliers sont\ngrands partisans de la musique, ils en font toute leur récréa-\ntion, et l'on peut dire, dans la totalité qu'il s'y joue de tous\nles instruments du monde. Un grand nombre ne subsistent,\npendant le cours de leurs études, que des charitez qu'on leur\nfait les soirs à différentes portes des citoyens et riches étu-\ndiants, où ils vont, par bandes concertées, exécuter des mu-\nsiques à leur goût. La trompette marine qui s'entend de loin\net qui est agréable la nuit, surtout avec leurs hautbois et\nautres instruments singuliers dont ils jouoient à l'alternative\net en chorus, y a plu un tems ; comme toutes les nations\nsont reçeùes dans ces Universitez, il s'y est trouvé des écoliers\nhollandois et anglois qui ont transféré chez eux l'usage de cette\ntrompette, ils en ont joué sur leurs vaisseaux, et se sont fait\nentendre dans les différentes rades où ils mouilloient. Les\nmarins françois s'attachèrent à en jouer pareillement et sur-\npassèrent bientôt leurs voisins dans l'exécution, ils la surnom-\nmèrent Marine et en ont joué les derniers, ils ne se sont pas\nbornez à s'en servir sur mer ; sur les rivières, dans les forêts,\ndans les châteaux, maisons de campagne, souvent même dans"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.71", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "les villes, on en joiioit \\après avoir ete si en vogue, elle est\ncependant tombée dans l'oubly, et je pense, permettez-moi cet\namour propre, que si l'on en avait joue generalement aussi bien\nque moi, elle ne seroit pas aujourdhui abandonnée. Les imper-\nfections qui s'y rencontroient, les déplacements du chevalet,\nles grincements de l'archet et la difficulté d éviter ces mau-\nvais hazards, sans les secours que j'ai inventez, ont précipité\nce dégoût, je dirai même à. l'avantage de mon maître et de\ntous ceux qui en ont bien joué avant moi, qu il leur f ail oit\nune grande habilleté pour vaincre tant d obstacles, il est vray\nqu'ils ne le pouvoient pas toujours. Passez-moi encore celuy-cy.\nM. de Molière a rendu son bourgeois gentilhomme ridicule\nquand il luyafait demander à la suite d'un projet de concert,\nune trompette marine comme un instrument harmonieux,\nmais je crois que ce meme M. de Moliere auroit reconnu le sien,\ns'il m'avoit entendu tenir ma partie avec les meilleurs sympho-\nnistes de France.\nSA CONSTRUCTION ET SES PROPORTIONS\nJe détermine donc aujourd'hui la trompette marine pour\nmeilleure à sept pans de bois d'érabe, les tables sont d'environ\nune ligne 8 points d'épaisseur, la principale doit avoir un\npied de large par le bas et le haut 6 poulces, sa longueur,\n4 pieds de corps allongée d'un manche de 2 pieds, et d'une\nteste à mortoise pour la cheville d'environ demy-pied ; ce\nqui serait cy devant dans la feuille dessinée.\nLA MANIÈRE DE L'ORGANISER\nElle est de mon invention. Avant de coller la dernière table\nde l'instrument ou pendant qu'on le construit, il faut faire\nune mortoise au bas du manche qui est le fond du corps, d'en-\nviron deux doigts de profondeur large autant que le corps et\nlongue de 4 poulces et même plus s'il est besoin, c'est là\nqu'on établit des chevilles de fer, comme celles d'un clavecin\nrangées par trois rangs en biais, trois l'une sur l'autre, ce qui\npeut contenir 21 ou 24 cordes de laiton. Ces cordes doivent"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.72", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "avoir la longueur du corps de la trompette, elles sont\naccrochées par en bas à des pointes fixes qui tiennent au\ndessous du cercle, le tout précisément comme à un clavecin.\nIl faut pratiquer à la mortoise d'en haut un petit\nsillet d'un demi poulce de haut ou environ et en bas, du\ncôté du cercle, an chevalet d'un poulce de haut, prenant garde\ntoutefois à ne pas établir ces cordes trop près, ou contre les\nbarres qui traversent de distance en distance le dedans du\ncorps. L'ouverture de la mortoise d'en haut se ferme avec\nune coulisse bien jointe du même bois que la table ; que le\ncôté par où on la tire soit un peu plus large que l'autre bout\nqui ferme, on doit même y faire un petit ou deux boutons\npour l'ouvrir et,fermer facilement, il faut que cette ouverture\nsoit assez grande pour découvrir toutes les chevilles, et de\nquoi pincer les cordes, lorsqu'on veut les accorder.\nAprès avoir consulté des personnes plus sçavantes que moi,\nj'ay travaillé longtemps et vainement à trouver cet accord.\nMais, m'étant aperçu dans une salle où l'on préparoit un\nconcert, que plusieurs violons accordés et posés sur un cla-\nvecin fermé, résonnaient lorsque l'on jouait de l'un d'eux la\ncorde à vide, que les cordes du clavecin frémissaient aussi,\nje compris de là que je devois accorder toutes les cordes de la\ntrompette à l'unisson de la grosse corde à vuide ; ce qui me\nréussit si bien que quelque ton que je fasse, les cordes de\nlaiton répondent distinctement.\nLa grosse corde pour les trompettes de 6 >pieds et\nplus doit être d'une quatrième de basse 'non filée ou de 70 à\n80 boyaux. 'L'intelligence et l'épreuve du maître ou de\nl'écolier sont nécessaires pour le choix, on l'attache au bas\nde la trompette et on l'étend jusqu'à la teste où est une che-\nville de fer autour de laquelle on en assujettit le bout, cette\ncheville se met à droite et doit avoir à l'entrée du col une\npetite roue de fer ou d'acier avec des crans fins, contre le\nmanche et un peu au dessous de cette roue est attaché un\npetit valet de retenue aussi de fer ou d'acier qui doit se ren-\ncontrer aux crans de ladite roue pour la retenir, il faut que\nles crans soient arrondis par un côté afin que l'on puisse\ntendre la corde sans être obligé de toucher au valet de retenue\nqui se doit placer de lui-même et auquel on ne doit porter la\nmain que lorsqu'il faut détendre ; ce rouage est si connu que"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.73", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "je n'en diray pas davantage. La corde doit encore être posée\nsur deux sillets d'environ demy poulce d'élévation, l'un au\nbas de l'instrument et l'autre au haut du manche.\nIl faut que l'étendue de la corde soit en nombre pair, c'est\nune expérience que j'ai faite, il ne se doit point trouver de\ndemy poulce à partager. Par exemple, si la corde est de 6 pieds,\nsa moitié est de 3 pieds cela est bon ainsi que 5 pieds 10 pouces,\n8, 6, 4, etc. Mais 5 pieds 11 pouces, 9, 7, 5, 3,1, cela est mauvais\nil y aurait du taux dans les tons d'en haut. On mesure la corde\nd'un sillet à l'autre.\nDE L'ACCORD\nOn i'accoide en C. sol, ut,communément le ton est bas,\nmais elle aie son plus brillant en D. et on peut la tendre\nà ce ton, j'y ai fait même transposer toutes mes symphonies\nafin d'avoir l'agrément de concerter avec des violons, flûtes\net hautbois. C'est même le ton favorable de la trompette dont\nje me sers qui en 1715 a été faite à Lion par le Sr Imbert,\nluttier ; sa longueur totale est de 6 pieds 4 poulces, et la corde\nde 5 pieds 4 poulces.\nL'on peut encore accorder en E. qui est le ton naturel\nde la trompette de bouche, en prenant une corde un peu plus\ngrosse qu'une troisième de basse et un peu plus fine qu'une\nquatrième ou de 60 boyaux environ et que la longueur ne passe\npas 5 pieds 4 poulces.\nIl ne faut pas se servir de cordes trop fines même avec les\nplus petits instruments de trompettes ; car on n'en tireroit\npas les sons convenables ; lorsque j'en ai fait l'essai, je n'y ai\ntrouvé que le son d'un mauvais flageolet. Il est à observer,\ncomme je l'ai déjà dit, d'accorder les cordes de laiton à l'unis-\nson de la grosse corde ; sans cette attention, lesdites cordes\nseroient inutiles ; elles ne résonnent bien que lorsqu'elles sont\nparfaitement d'accord ; elles le tiennent longtemps, lorsqu'elles\nont pris une fois leur étendûe.\nIl y a deux façons de mettre les cordes de laiton dans le\ncorps de la trompette. La première est d'être deux personnes,\nl'une en bas et l'autre à la teste, là elle passe par l'ouverture\nqiu est au bas du manche une baguette un peu fendue par le"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.74", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "bout, dans laquelle fente est mise la corde préparée de son\nanneau tortillé, comme l'on fait aux cordes d'un clavecin, que\nla personne d'en bas débarrasse de la baguette pour l'accrocher\nà l'une des pointes de fer qui y sont établies et en même temps\nl'autre personne qui est à l'ouverture assujettit cette même\ncorde à la cheville correspondante à ladite pointe ; ainsi de la\npremière jusqu'à la dernière.\nLa seconde est d'être seul, et d'avoir un petit plomb dans\nlequel est un petit crochet que vous mettez dans l'anneau\ntortillé de la corde, ensuite vous l'introduisez dans l'ouverture\ndu bas du manche de la trompette que vous tenez debout, vous\nl'attrapez par en bas, vous décrochez le plomb et raccrochez\nla corde à la pointe de fer, et l'autre bout de la corde à la\ncheville aussi de fer correspondante comme dit est ; cette\nseconde manière est la plus longue et la moins commode.\nLorsque toutes les cordes sont mises, il ne faut pas d'abord\nles accorder au ton où elles doivent arriver, l'on risquerait de\nles casser, l'on doit seulement les égaler les unes aux autres\ndans un ton bas, pour qu'elles puissent prendre une tension\négale, et, au bout de peu de jours, on pourra les mettre d'accord\nau ton déterminé de la grosse corde à vide. Ces cordes de laiton\nsont ordinairement du n° 4. Les bonnes sont appelées cordes\ndu nord, et viennent de la ville de Nuremberg. Pour que le\nbout de chaque corde ne casse point lorsqu'on le tortille en y\nfaisant le petit anneau, il en faut brûler environ deux doigts.\nLA MANIÈRE DE JOUER\nIl ta ut se tenir debout, mettre le bas de la trompette sur\nquelque chose d'élevé, comme chaises, bancs ou tables, qu'elle\nsoit solidement appuïée, afin qu'elle ne puisse pas glisser, en\nposer la teste contre l'estomac, la soutenir ainsi ni trop ni trop\npeu, c'est-à-dire suffisamment pour qu'elle n'échappe pas,\navancer la jambe gauche comme pour tirer un coup de fusil,\nen cette situation la main droite qui tient l'archet est plus\ndégagée et le poulce de la main gauche qui touche la corde plus\nà portée d'aller et de venir et d'atteindre jusqu'au milieu d'icelle\noù se trouve le plus bas ton de cet instrument, le dedans de la\nmain droite doit sembler soutenir le manche comme si l'on"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.75", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "empoignoit, mais cependant qu'elle ne touche à rien affin qu'elle\nait la liberté d'agir, les doigts droits sans être roi des, le poulee\ncouché de côté et touchant la corde entre le coin de l'ongle\net la chair : car à plat on ne pourrait rien faire, les notes\ndoivent être graduées et écrites partie sur la table et le reste\nsur le manche de la trompette, et c'est vis-à-vis d'elles qu'il\nfaut toucher celles dont on a besoin pour former les sons qui\ncomposent les airs qu'on a dessein d'exécuter; vis-à-vis le milieu\nde la corde est le sol,un peu plus haut en retirant le poulce\nà soy le la et ainsi successivement Voilà\nles distances désignées ; mais il faut observer que le poulce\nn'abandonne pas la corde d'un son à un autre, on le doit glisser\nsans la quitter, et ne pousser ou retirer l'archet que lorsqu'il\nest vis-à-vis la note. Cependant, quand il en est besoin, on peut\nlier deux sons par un même coup d'archet, et ce en glissant\nle poulce d'une note à l'autre pendant la durée de l'action de\nl'archet, et c'est de cette façon qu'on articule gracieusement\nles croches lorsqu'on a acquis un peu d'habitude. Il en faut\nbeaucoup pour la cadence qui est composée de deux sons, par\nexemple pour faire celle de Y ut,il la faut préparer au et couler\nle poulce à Yut,et retourner de au et du à avec\nvitesse pendant ce temps ne tirer qu'un seul coup d'archet\navec propreté, avec l'exercice on en vient à bout peur vu que\nl'on ne se rebute pas dès les commencements, la difficulté est\nen ce que la main gauche que n'est appuïée que du poulce,\nfait plusieurs mouvements et que la droite armée de l'archet\nen veut faire aussi plusieurs et n'en doit faire qu'an seul.\nL'on avait autrefois une mauvaise méthode pour replacer\nle chevalet qui se dérangeoit souvent dans les morceaux de\nforce, comme la chasse, les bruits de guerre, etc. Il f ail oit\ns'interrompre et frapper ce chevalet du bout de l'archet à\ndroite et à gauche, jusqu'à ce que le hasard l'eut remis à son\npoint, quelquefois même l'on étoit obligé de se transporter\nau bout de son instrument et de le remettre avec la main, il\narrivait dans ce déplacement des grincements qui ont rebuté\nbien des personnes et qui m'auroient dégoûté moi-même si je\nn'avois trouvé le moyen d'y remédier. Ce chevalet est indis-\npensablement nécesssaire pour friser sur la superficie de la table\net produire par son moyen les sons de trompettes, il est très\ndifficile d'en avoir un bon et bien à son point, il faut en cela"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.76", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "comme en bien d'autres choses de l'attention et de l'intelligence.\nLa forme de ce chevalet est dessinée sur la feuille ci-devant.\nLe moyen donc quej'ay inventé c'est de percer avec une\npetite haleine le coin de la table et de l'éclisse du côté droit\nvis-à-vis le milieu de l'intervalle du chevalet et du muffle, d'y\npasser une petite corde à boyau de la grosseur d'une troisième\nde violon de l'arrêter au côté de l'éclisse par un petit nœud,\nde la passer vis-à-vis son trou autour de la grosse corde une ou\ndeux fois, puis l'arrêter d'un nœud, revenir avec cette même\ncorde au milieu de cette bride, là y faire un nœud coulant et\nl'étendre ensuite vers la teste de la trompette à la gauche de\nlaquelle sera une petite cheville de guittare, où on l'attachera ;\nde manière que cette corde étant par le bas fixée à droite et\nla cheville en haut la fixant à gauche, elle croise la grosse corde\nà la vérité, mais on doit empêcher qu'elles ne se touchent,\npour cet effet il faut que la petite corde croise sous la grosse,\nque le sillet du manche soit percé environ 3 lignes plus bas\nque le cran d'appui de la grosse corde, et que cette petite corde\npassée par ce trou et arrêtée à la cheville soit assez élevée pour\nne pas traîner sur la table, et qu'elle ne le soit pas tropaffin\nqu'elle ne touche point à la grosse corde.\nObservez que la teste a deux chevilles, l'une de fer dont la\nroue et le valet de retenue sont à droite, et la petite cheville de\nguittare se met à gauche, en voici la raison : Lorsqu'on est à\njouer et que l'on sent qu'il convient de tendre ou de détendre\ncette petite corde, la main gauche qui ne tient rien, tourne\nou détourne la cheville dans un clin d'œil au lieu qu'il faudroit\nde la droite quitter l'archet et le reprendre ce qui retarderoit\ndans l'exécution.\nDU GUIDON\nJ'apelle cette petite corde, le guide n, parce que c'est elle\nqui gouverne le chevalet. En la tendant à son juste point elle\nfait frémir le chevalet et forme les sons de trompette ; en la\ndétendant elle l'assourdit. C'est dans cette scituation que\nj'imite la flûte traversière, et que je joue des airs tendres qu'on\ncroiroit ne pas convenir à cet instrument, et qui sont cependant\ntrès agréables lorsqu'on est parvenu à un degré d'habitude et\nde propreté ; j'ai amusé et étonné des personnes de la première"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.77", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "condition et autres, ccnnoisseuses t de goût non seulement\navec des morceaux d'exécution, mais en jouant avec délicatesse\ndes brunettes comme L'autre jour\netc. Les échos ont aussi causé de l'admiration mais j'en suis\nredevable à la manière d'organiser dont j'ay parlé cy devant.\nJe fais encore une observation sur le chevalet. Cette pièce\nest trop principalle pour devoir rien obmettre, sa forme est donc\ndessinée cy devant, la grosse corde est élevée sur le pied\nd'iceluy qui est posé dans le milieu de la table et à environ\n3 pouces du sillet d'en bas, sa queue est à gauche, sous ce pied\nseulement il faut mettre de la colophanne en poudre pour l'em-\npescher de glisser et avoir grande attention qu'il n'y en ait pas\nsous la queue qui doit être toujours nette et polie sans quoi\nelle ne friseroit point et ne formeroit pas les sons de trompette.\nJ'aime avec tendresse cet instrument et c'est avec douleur\nque je le vois, pour ainsi dire, mourir avec moi. J'en ai subsisté\navec aisance à Lion pendant plusieurs années, j y ai fait de\nbons écoliers, mais trop riches pour en iaire à leur tour, et\npeut-être occupés à des affaires trop importantes pour y passer\nleur temps ; en Allemagne j'y ai trouvé d'habiles musiciens\npour lire la musique et l'exécuter avec précision, mais point\nde goût ni d'expression ; la trompette marine en demande\nbeaucoup, sans cela elle est bornée à imiter quelques airs de\ntrompettes de bouche et l'on ne peut parvenir a jouer, en\nconcerto, des opéra, et à amuser par des varietez de sons et de\njeu des gens d'un vrai discernement, comme je l'ay fait.\nLa Providence, pour me faire expiër mes fautes passées,\na fixé mon modique établissement dans une provin <e d'Alle-\nmagne, où les peuples pour la plupart ne captivent pas la\nbienveillance des François, où les valets sont musiciens, où\nles maîtres écoutent avec indifférence, peut-être même sans\nentendre, où les plus beaux spectacles sont par eux desertez\net ne subsisteroient pas sans les troupes militaires du Roi, où\nenfin je n'ai d'agrément qu'avec un très petit nombre de me?\nconfrères françois, qui comme moy n'abaissent point la musique\njusqu'à l'associer avec la livrée. De sorte qu'indigné de n'avoir\npu élever un second moi-meme pour faire revivre cette pauvre\ntrompette marine, je la. dépose et lègue à mes anciens bienfai-\nteurs, Messieurs les Académiciens de Lieu, auxquels j'adresse\nce mémoire j je les supplie de la cultiver, de reveiller 1 envie"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.78", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "d'en jouer à mes écoliers, s'il s'en trouvait encore quelques-uns,\net de tâcher qu'elle ressuscite après moy.\nMon grand âge m'annonce une fin prochaine, mais l'espoir\nque j'ai en cet écrit et l'abandon que je fais de ma trompette\naimée à cette célèbre Académie avec mes livres de musique\nme consolent beaucoup. Peut-être, dis-je en moi-même, qu'en\nlaissant là des marques d'une juste reconnoissance, j'y fais\nrevivre un instrument qui a fait si longtemps l'objet de mes\noccupations, suffi à mes besoins et à mes plaisirs, et qui seroit\nsûrement plus estimé s'il étoit plus connu (i).\n(i) La trompette marine de Prin fut conservée par l'Académie des Beaux-\nArts dans une des salles de l'Hôtel qu'elle avait fait construire en 1724. Un inven-\ntaire des meubles de l'Académie, établi en 1756 et conservé aux Archives\nmunicipales de Lyon, mentionne la présence d'une trompette marine avec son\nétui. « Le mobilier de l'Académie fut vendu aux enchères en 1792. Qu'est devenue\nla trompette aimée du pauvre Prin ? » Deux de ses livres de musique sont\nconservés dans la bibliothèque du Palais des Arts; l'un d'eux porte cette indica-\ntion : « Livre de musique du Roy, donné par Madame la duchesse de Bour-\ngogne au sieur Prin, fameux joueur de trompette marine, au concert des Princes\nà Trianon dans le parc de Versailles, le 15 juillet 1709. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "LE MOIS\n\nLA MUSIQUE ANCIENNE AU CONCERT EN 1909\nLa nouvelle saison est ouverte, déjà ! Elle a débuté chez Ma-\ndame de 8... ; elle s'achèvera sans doute chez Madame de Z...,\nun peu plus tard que de coutume. Et nous aurons peine à\nvoir les derniers «Echos» s'évanouir avant le 15 août. Que disait\ndonc Jean-Jacques lorsqu'il voulait douter de notre public\nmusical français et s'ingéniait à déprécier par avance la mu-\nsique française ! Et que penserait-il de cette concôftcifidi\nqui, dès le mois de novembre, agite tout Paris, à laquelle la\nmusique du présent ne suffit plus, puisqu elle s attaque éga-\nlement à la musique du passé. Serait-ce une revanche pour\nl'auteur du Dôvifi du Village de voir fetee par le puDlic\nde Boris et du Crépuscule ?\nAvouons-le, le sens historique a fait des progrès singuliers\nchez nos amateurs. Pour passer, d'un jour à 1 autre, de Rameau\nà d'lndy, de Mondonville à Ravel, de Weber à Palestrina,\nil faut un certain aplomb, c'est-à-dire un goût qui ne se laisse\npas tromper, une personnalité qui s'équilibre au milieu des\nréactions les plus diverses. Qu'adviendra-t-il de notre senti-\nment musical au milieu !de tant d'émotions contraires ?\nSerons-nous submergés par cet océan sonore ? Verrons-nous,\ncomme dans un roman prophétique de Paul Adam, la musique\nde tous les pays et de tous les temps se fondre en quelque\ngigantesque Babel, image de la civilisation communiste ?\nOu bien, l'individualisme et le choix seront-ils victorieux,\net cette sélection nous donnera-t-elle un art nouveau, dun"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.80", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "goût exclusif, d'un style intransigeant ? Graves problèmes\nqui n'empêcheront pas les artistes, le public et les historiens\nde se précipiter cet hiver aux concerts anciens et modernes\nde toutes les catégories. Tant il est vrai que l'homme ne court\njamais plus vite que lorsqu'il ne sait pas où il va.\nDonc, fort belle saison de musique rétrospective cette\nannée. En voici le sommaire.\nSCHOLA CANTORUM (*)\nPREMIER CONCERT. Vendredi 20 novembre 1908 (Schola).\nDestouches.\nDEUXIÈME CONCERT. Vendredi 18 décembre 1908 (Schola).\nde Bach.\nTROISIÈME CONCERT. Vendredi 22 janvier 1909 (Schola). Euryanthe,\nWeber.\nTROISIÈME CONCERT bis. Vendredi 9 janvier 1909 (Salle Gaveau).\nEuryanthe,Weber.\nQUATRIÈME CONCERT. Vendredi 19 février 1909 (Schola). La Passion,\nBach.\nCINQUIÈME CONCERT. Vendredi 26 février 1909 (Schola).\nBach.\nQUATRIÈME CONCERT bis. Vendredi 5 mars 1909 (Salle Gaveau). La\nPassion, Bach.\nCINQUIÈME CONCERT bis. Vendredi 12 mars 1909 (Salle Gaveau).\nLa Passion.Bach.\nSIXIÈME CONCERT. Vendredi 30 avril 1909 (Schola). Les Orphée s.\nSIXIÈME CONCERT bis.-— Vendredi 7 mai 1909 (Salle Gaveau).\nOfphées.\nCONFERENCES DE M. PAUL LAN DO RM Y (*)\nLundi, 9 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. La musique antique. Le chant grégorien.\nAUDITION. Hymne à Apollon. Exemples de chant grégorien.\nChansons populaires françaises.\nLundi,23 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. Le moyen âge. Diaphonie, déchant, polyphonie.—\nLes trouvères. L'école gallo-belge. - Palestrina.\nAUDITION. Fragments de Robin et Manon (Adam de la Halle).\nChansons de Trouvères.— Quatuors vocaux de Costeley, janne-\nquin, Palestrina, etc.\n(*) Salle d'Horticulture, rue de Grenelle, à cinq heures."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.81", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "Lundi,7 décembre 1908 :\nCONFÉRENCE. L'opéra en Italie au xvne siècle, de Monteverde\nà Scarlatti.\nAUDITION. Fragments ddOrfeo et du Couronnement de Poppée (Monte-\nverde). Œuvres de Provenzale, Scarlatti, etc. Pièces de clavecin\net de violon du xvne siècle italien. ;\nLundi,2l décembre 1908 : '\nCONFÉRENCE. Les origines de l'oratorio. ? ? \\\nAUDITION. Œuvres de Carissimi et de Schiitz. Pièces anciennes\npour harpe. •\nLundi, 11 janvier 1909 : H\nCONFÉRENCE. L'opéra en France avant Rameau.\nAUDITION. Œuvres de Lulli, Purcell. L'amour piqué par une\nabeille, Cantate de Clérembault(ire audition). Pièces anciennes\npour clavecin. ;\n■ i\nLundi,2s janvier 1909 :\nCONFÉRENCE. Rameau. r rR ;\nAUDITION. Air de la Guirlande. Fragments\nPièces pour le clavecin de Rameau et de Couperin. Pièces pour\nle violon des vieux maîtres français. 1\nLundid Bfévrier 1909 : ' 1\nCONFÉRENCE. L'Opéra-Comique au xvue siècle. '\nAUDITION. —Œuvres de Pergolèse, Monsigny, Piiilidor, Grétry, Dalayrac.\nŒuvres pour le piano et le violon de Mozart.\nLundi,22 février 1909 : •\nCONFÉRENCE- Gluck et Piccini. p\nAUDITION. Fragments dd'lphi génie\n(Gluck) ; d'Œdipe à Colone (Sacchini). Pièces pour clavecin de\nJ.-S. Bach.\nLundi, 8 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Gluck et Piccini (suite).!|\nAUDITION. Fragments de Paris (Gluck),\nPauride (Piccini), dilphigénie en Pauride (Gluck). Œuvres\npour piano et violon de Haydn et de Mozart.\nLundi,22 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Les successeurs de Gluck.\nAUDITION. Œuvres de Méhul, Lesueur, Chérubini, Spontini,\nBeethoven."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.82", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "HISTOIRE DU QUATUORJA CORDES, PAR M. LEJEUNEH\nPREMIÈRE SÉANCF\nConférence sur l'Histoire du quatuor à cordes,par M. VINCENT D'INDY.\nI° Suite pour 2 violons, alto et basse (pre-\nmière audition à Paris) JOHANN STADEN\n(1581-1684)\nŒuvres pour orgue\n2° Sonate à 4 (première audition à Paris) G. ROSENMULLER\n(1620-1684)\nŒuvres pour orgue. ;\n30 Sonate à 4 X J.-C. FASCH\n(1688-1758)\nDEUXIÈME SÉANCE ]\nI° Quatuor à cordes PH.-EM. BACH\n(1714-1788)\nŒuvres pour orgue\n2° Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) C.-F. ABEL\n(1725-1787)\nŒuvres pour orgue\n30 Quatuor à cordes (Divertimento). . . J. STARZER\n(1727-1787)\nTROISIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes J. HAYDN\n(1732-1809)\nŒuvres pour orgue\n20 Quatuor à cordes C.-D. VON DITTERSDORF\n(1739-Ï799)\nQuatuor à cordes W.-A. MOZART^\n(1756-1791) ;\nQ UATRIÈME ' SÉ AN CE\nI° Quatuor à cordes fa maj.op. 18,n° 1. L. VAN BEETHOVEN\n(1770-1827)\n2° Sonates pour orgue,2 violons\"et basse. W.-A. MOZART\n(*) Salle Mustel, à neuf heures."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.83", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "30 Quatuor à cordes ut maj. op. 59, n° 3. P. VAN BEETHOVEN\nSalle Mustel, à 9 heures.\nCINQUIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes fa maj. op. 135. . BEETHOVEN\n2° Sonata séria (première audition à\nParis) F.-W. RUST\n30 Quatuor à cordes la mineur op. 29. . F. SCHUBERT\n(1797-1828)\nSIXIÈME SÉANCE\ni° Quatuor à cordes fa mineur op. 80. . F. MENDELSSOHN\n(1809-1847)\n20 Œuvres pour orgue :\n30 Quatuor à cordes en la mineur op. 41,\nn» I R. SCHUMANN\n(1810-1847)\nSEPTIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes ut mineur op. 51,N° 1. J. BRAHMS\n(1833-1897)\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quintette à cordes (première audition\nà Paris) A. BRUCKNER\n(1824-1896)\nHUITIÈME SÉANCE\nI° Trio à cordes M. REGER\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) H. WOLFF\n(1860-1903)\nSOCIETE J.-S. BACH\n(CINQUIÈME ANNÉE)\nMercredi, 25 novembre .\nLa Passion selon saint Jean.\nMercredi,2 décembre :\n1. Triple concerto pour piano, flûte et violon, en la mineur."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.84", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "2. Cantate „ Ich armer Mensch \" (n° 55) pour ténor solo.\n3. Sonate -pour deux flûtes, avec accompagnement de basse chiffrée.\n4. Geistliche Lieder.\n5. Concerto Brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon principal et orchestre (n° 2).\nMercredi, 27 janvier :\n1. Cantate „ Widerstehe doch der Sûnde \" (n° 54) pour alto-solo.\n2. Suite en si mineur, pour flûtes et orchestre.\n3» 3e Sonate pour clavecin et viole de gambe.\n4. a) Cantate des Cloches (Schlage doch) pour alto-solo.\nb) Geistliche Lieder.\n5. Concerto en ut majeur, pour trois pianos et orchestre.\nMercredi, 3 février :\nKyrie et Gloria de la Messe en si mineur.\nMercredi, 10 mars :\n1. CANTATE „ Wachet auf\" (n° 140).\n2. CANTATE ~ Ich will den Kreuztab gerne tragen \" (n° 56), pour basse-\nsolo.\n3. CANTATE ~ Nun ist das Heil\" (nu 50), pour double-chœur.\nMercredi, 5 mai :\n1. Actus tragicus.\n2. Magnificat.\n; Tous les Concerts ont lieu à 9 heures, 45-47, rue la\nBoëtie.\nLa veille de chaque concert, à 4 heures, répétition publique.\n||j A cela s'ajouteront les auditions de la Fondation 'Bach,\nsi scrupuleusement dirigée par notre collègue Charles Bouvet;\ncelles de la Société des Concerts d'autrefois, celles de l'Ecole\ndes Hautes Etudes Sociales,organisées par M. Henry Expert,\net probablement d'autres encore, car la mode y est.\nVoici d'excellentes intentions, et des programmes qui\ns'adresseront à l'esprit comme à l'oreille. L'auditeur, conduit\nvers les œuvres du passé, comprendra, tout en écoutant, et\niljtrouvera plaisir à cette double occupation. Ainsi s'organise"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.85", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "individuellement un enseignement libre de l'histoire musicale.\nJadis de si belles initiatives auraient bien vite tendu la main\nà l'Etat tout puissant qui, du reste, ne les aurait pas soute-\nnues. Aujourd'hui, l'association des intérêts et des bonnes\nvolontés suffit. le public aidant.\nQuand je dis suffit, je n'ose pas cependant espérer\nqu'il s'agisse encore de la perfection. Pas plus l'hiver prochain\nque l'hiver dernier les auditions de musique ancienne ne donne-\nront aux amateurs des joies aussi pleines que les auditions de\nmusique moderne. Nous entendrons encore crier à la médiocrité.\nIl faut en prendre son parti, et pour beaucoup de raisons,\ndont la première est que la musique d'autrefois n'avait pas\nabsolument la même destination que celle d'aujourd'hui.\nAux temps passés, le rôle de l'art sonore n'était pas aussi indé-\npendant qu'il est actuellement. L'idée de l'art pur, de l'art\nélevé au-dessus de toutes les compromissions sociales, mon-\ndaines, religieuses, de l'art qui se suffit et qui nous suffit par\nlui-même, tout cela est assez nouveau dans l'histoire du Beau.\nLa vieille musique tenait par bien des côtés à la civilisation,\nqui se servait d'elle. A l'église, à table, dans les fêtes galantes,'\ndans les cérémonies populaires elle formait le décor auditif\nréclamé par l'oreille. Lorsque aujourd'hui nous transportons\nce décor dans une salle de concert nous exécutons un tour de\nforce, et nous épuisons les ressources de notre imagination.\nSi la curiosité scientifique, le snobisme, et l'habitude ne nous\nvenaient en aide, nous n'irions pas loin dans cette voie. Telle\nSuite de Lalande ne peut s'entendre à jeun, tel air de Rossi\nou de Boesset suppose une certaine réalité sociale à Cloris,\nà Tircis,à Célimène.Tel motet de Josquin est une prière ;\ntelle piece de luth ou de clavecin, une galanterie. Ce sont des\nactes psychologiques, que 1 émotion musicale seule ne justifie\npas entièrement, et que nous avons grand'peine à replacer\ndans le courant ordinaire de la vie moderne. On raconte que\nLully s'écriait plaisamment en écoutant un de ses airs profanes\ntransformé en motet: « Seigneur, je ne l'avais pas fait pour vous / »\nS'ils revenaient aujourd'hui, le Florentin et ses collègues du passé\nformuleraient sans doute les mêmes réserves.\nNous ne sommes pas faits pour ces musiques. Nous y ferons-\nnous ? Je l'espère, si nous sommes gens de bonne volonté ;\net je le souhaite. Mais notre bonne volonté se trouve si souvent"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.86", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "entravée par nos préjugés esthétiques ! Nous voulons voir\ndans les auteurs anciens ce qu'il nous plaît d'y mettre. A peine\navons-nous fait l'expérience d'une œuvre, défunte depuis\nquelques siècles, que tout aussitôt voilà notre jugement parti\nen campagne pour discuter, ratiociner, donner de bonnes et\ndes mauvaises notes. N'est-ce pas la vérité? J'ai vu à Paris\ndes gens très raisonnables, mais athées militants, qui, voulant\norganiser des chorals populaires, furent absolument navrés\ndes textes religieux et du parfum mystique de nos grands\ncontrapontistes. Et les amis de nu mélodique qui dépouillent\nhabilement notre bon Couperin des colifichets dont il aimait\nà se parer, au risque de le dévêtir complètement ! Et les apôtres\nd?< la déclamation qui trahissent la danse ! Et bien d'autres\nencore qui supposent qu'une œuvre significative dans l'his-\ntoire sera peur eax une œuvre belle dans leur idéal !\nEncore n'osons-nous guère pousser nos investigations au\ndelà du xvie siècle. M. Landormy lui-même, dont le programme\nsemble fort bien rédigé, saute par-dessus le moyen âge, et se\nhâte d'arriver aux Valois. Mais Ockeghem, Dufay, Dunstaple,\net ce prodigieux Guillaume de Machaut, et l'école de YArs\nnova,et le Motet du xme ?... Que dira notre public de tout cela ?\nPrétendra-t-on, comme je l'ai entendu, que ces quatre siècles\nde la vie musicale d'Occident ne justifient aucune espèce d'in-\ntérêt, parce qu'elles sont soi-disant des périodes d'élaboration ?\nEn somme, les auditions de musique ancienne se trouvent\nencore dans un âge d'expériences et de tâtonnements. C'est\nlà ce qu'il importe de préciser. Chaque année, des efforts coura-\ngeux nous donnent de nouveaux aperçus et de nouveaux\nespoirs. Mais un jour s'approche où un peu de méthode s'im-\nposera. Jusqu'à présent les influences extérieures (ressources\nfinancières, goût personnel, etc.) ont joué dans tout ceci un\nrôle qu'il faudrait réduire à son minimum. Autrement dit,\nsi l'empirisme est un excellent procédé d'initiative et de début,\nil doit céder la place à des vues précises. Ce moment est-il\nvenu ? C'est ce que nous dira la saison de cet hiver.\n\nJ. E."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "A L'OPÉRA\n\nCe n'est pas le meilleur drame de Wagner. L'action serait\némouvante, si elle n'était si embrouillée. La musique a de\ngrandes beautés, mais d'un caractère symphonique bien plutôt\nque dramatique : il s'agit en effet d'appeler, chacun à son tour,\nles thèmes déjà connus, afin de les rassembler en un beau\ncortège final. Même aux endroits où des mélodies nouvelles sont\ninventées, elles s'interrompent à tout instant, pour laisser\npasser le motif de l'or, ou de la convoitise, ou de l'amour. La"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.88", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "préoccupation de Wagner est\nsensible : il semble jouer, avec\nlui-même, à l'un de ces jeux où\nil faut à tout prix placer, dans\nn'importe quelle phrase, des mots\ndonnés d'avance. Il y a de la\nfatigue en cette partition.\nLes pages les plus belles, au\nconcert, sont celles qui présen-\ntent le plus grandiose entasse-\nment de thèmes : la marche\nfunèbre, et la chute du Walhalla,\nqui atteint au sublime. Mais\nelles perdent leur effet à la\nscène, faute de mouvement. Au\ncontraire, la musique d'opéra\ndont s'accompagne l'action elle-\nmême, porte, malgré une certaine banalité, parce qu'elle est\nvivante : l'appel aux armes de Hagen, au deuxième acte, et\nles reproches de Brunnhild à Siegfried, se suivent avec cette\ncuriosité passionnée qui est l'émotion du théâtre. Mais que de\nlongueurs embarrassent la pièce ! que de récits immobiles,\nque d'inutiles retours à ce qui s'est passé ! En bon pédagogue,\nWagner sent qu'il ne répétera jamais assez son obscure légende,\npour que la trame s'en grave en nos pauvres cerveaux. Je crois\nqu'il ne déplaît pas trop à l'Allemand de se sentir en classe. Le\nFrançais y bâille, ou cause avec ses voisins.\nje dois dire cependant que le public de la répétition géné-\nrale a montré une patience admirable. Mais quand je lis dans\nles journaux quotidiens rémunération béate des personnages\nofficiels ou mondains qui le composaient, je doute fort qu'ils\nne se soient pas entretenus de secrètes pensées, fort étrangères\naux destinées de l'anneau fatal. Car je ne suppose pas qu'ils aient\neu le temps de se rémémorer l'histoire antérieure de cet anneau,\nà qui toutes les clés du symbole sont attachées. Faute de\nquoi, impossible de comprendre un mot ni aux discours des\nNornes obscures, ni aux adieux héroïques de Siegfried et de\nBrunnhild, ni à tout ce qui vient après.\nIl faut cependant louer Paris d'avoir rendu cette justice\ntardive à un ouvrage qui nous fera plus patients à espérer"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.89", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Parsifal : dans quelques années,\nquand celui-ci à son tour aura\néchappé au monopole familial,\nnous n'aurons plus rien à en-\nvier à Bayreuth. Par malheur,\nWagner sera tout entier à notre\ndisposition au moment où per-\nsonne ne le saura plus jouer.\nJe ne dis pas cela pour l'or-\nchestre, dont M. Messager a\nobtenu des miracles de rythme,\nde suite et d'équilibre ; jamais\nle lever du soleil, ou la marche\nfunèbre n'ont été mieux ren-\ndus. Mais, parmi les acteurs,\nseul M. Van Dyck a conservé\nla tradition du jeu robuste et\nsimple qui convient aux propor-\ntions de ces drames épiques ; et il a su traduire la brutalité\njoyeuse d'un héros en qui Wagner n'a rien voulu incarner\nque le triomphe de la jeunesse. Les autres ont été d'une froi-\ndeur mortelle, à commencer par M. Delmas, de qui, en souvenir\nde Wotan, j'attendais un meilleur Hagen. Quant à Mlle Louise\nGrandjean, ce fut grande pitié que ses studieux efforts, impuis-\nsants à vaincre la sécheresse de sa voix et l'honnête lourdeur\nd'une nature mieux faite, assurément, pour nous montrer\nune boulangère, dans un drame de M. Bruneau, que la fierté\nd'une Walkyrie. Elle fut, je le sais, imposée par la famille\nWagner, la même qui préconise le ténor Burgstaller. Combien\nce rôle convenait à Mlle Bréval, c'est ce qu'il est à peine besoin\nde dire, puisqu'elle l'a déjà tenu, dans la Walkyrie, avec une\ntragique noblesse qu'elle n'a certes pas oubliée.\nChez tous, sans excepter les Nornes ni l'aimable\nMlle Lapeyrette, en Waltraute improvisée, l'indifférence est\nprofonde. Comment la leur reprocher ? Elle prouve simple-\nment que nous sommes revenus de ces démesures, et vou-\nlons un art humain. Wagner, comme Nietzsche, n'est plus\nde saison. De ses œuvres altières, nous n'apercevons\nplus que les cimes ; le brouillard en mange les as-\nsises, une à une, et monte. Nous leur tournons le dos."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.90", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "Bientôt elles seront hors de vue. L'âge\nhistorique sera venu pour elles : quand on\nles reprendra, ce sera à titre de reconsti-\ntutions dont les blasés feront leur;»\ndélices, les snobs leur mode\net la fôule sa stupeur. Mais\nalors, à moins que la machi-\nnerie théâtrale n'ait fait de\ngrands progrès, gare au ridi-\ncule pour la\nrainure de\nverre où\nglissent l'es\nfilles du\nRhin, faus-\nses nageuses,\net pour le\ncheval vieilli\nsous le har-\nnais qui ne\nbronche ni\naux éclats\nde l'orchestre, ni aux cris de Brunnhild ! On s'apercevra que ces\nmerveilles ne sont pas mieux conçues, et sont moins plai-\nsantes que celles dont usait notre ancien opéra.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERTS CHEVILLARD\n\nIls ont retrouvé leur maître, et je ne saurais trop les en\nféliciter. Le public, par l'ovation qu'il lui a faite, a bien montré\nd'ailleurs qu'il partageait ce sentiment. Il m'a semblé que\nle repos avait été profitable à ses forces, et surtout à cette\nraison toujours saine qui fait de lui le plus français peut-être\nde nos chefs. Jamais la VIIIe Sym de Beethoven n'avait\nété jouée avec plus de fermeté souriante, et sans aucun de ces\nexcès de vitesse où jadis il provoquait son orchestre fougueux.\nAu deuxième concert, une de ses œuvres, la Ballade pour\norchestre, vieille déjà de dix-huit ans (on ne peut dire qu'il"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.91", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "abuse de son nom sur ses programmes), a fait connaître un\nexcellent musicien, qui ne cherche pas à donner le change\nsur sa pensée ni à éblouir le public par ses cabrioles, mais sait\nconstruire, sur un élégant motif obstiné, des variations ai-\nmables et sombres tour à tour, d'un romantisme sincère et\nréfléchi.\nC'est le romantisme aussi qui devait animer le poème sym-\nphonique de M. Flament, Oceano Nox; il ne lui a inspiré que\ndes mélodies d'une symétrie décevante, et quelques bons effets\nd'orchestre. La Procession nocturne de M. Rabaud n'est pas\nun de ces morceaux qui bouleversent le monde ; mais la sonorité\nen est fort agréable, et la mélancolie s'y prolonge non sans élo-\nquence. Je crois, d'ailleurs, qu'il faut louer, pour son courage,\nun musicien qui, aujourd'hui, ne cherche pas la nouveauté\nà tout prix, même à celui de la laideur. Il risque la plus grosse\ninjure qui soit au répertoire de la critique : on le traitera de\nMendelssohn. De cet auteur compromettant, nous eûmes la\nSymphonie écossaise. Je ne consteste pas que les idées n'y\njoignent souvent à leur tendresse gracieuse une sorte d'opti-\nmisme mondain, qui peut déplaire à nos farouches. Mais cet\norchestre est d'une adresse et d'une légèreté admirables ; et\nil sonne clair, à la façon de Mozart et de Weber, non de Beetho-\nven. Mendelssohn doit compter parmi ceux qui ont aidé à\ndissiper les nuages. C'est un précurseur, et fort estimable, de\nnotre art tout en lumières.\nQuant au Till Eulenspiegel de Richard Strauss, c'est une\ntrès grosse farce, et l'on excusera un Français de préférer\nl'Apprenti sorcier de Paul Dukas. Il y a, je le sais, des tonnerres\nde grosse caisse, des cuivres et une crécelle. Mais, ce tapage\ncalmé, que reste-t-il ? Deux idées fort sages, d'où pouvait sortir\nune correcte sonate, et qui s'agrémentent, chemin faisant, de\nquelques petites mélodies accortes, dont un autre Strauss eût\nfait des valses. Je ne sens guère, en cette musique, qu'une\naigre volonté de frapper l'auditeur et de le réduire à l'impuis-\nsance, un travail forcené, un défi arrogant à l'usage, au savoir-\nvivre, parfois à la musique même. C'est une musique qui hait.\nJ aime mieux celle qui aime. L'exécution a été énergique ainsi\nqu'il convenait.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.92", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nDEUX OUVRAGES NOUVEAUX DE CLAUDE DEBUSSY\nOn en trouvera pins loin les titres détaillés ; le premier,\ndénommé Children's Corner (Le est un\nalbum d'images fantastiques et douces. L'autre est un hommage\nà l'une de nos plus pures traditions françaises, que l'on croyait\nperdue. Ces trois Chansons de écrites pour\nquatre voix mixtes sans accompagnement, n'imitent pas,\nmais continuent Janequin, Costeley et Roland de Lassus,\nmaîtres de la chanson française au XVIe siècle. C'est une mu-\nsique nette, non corrompue de faconde italienne ou de\ngermanique emphase, aux nervures délicates autant que\nrésistantes, moderne, cependant, par sa richesse de coloris,\npersonnelle, par son sourire ému. L'autre recueil risque fort\nd'irriter ce parti, de jour en jour plus nombreux en France,\nqui regimbe à l'ironie parce qu'il s'en croit victime. Ces esprits\nsérieux seront d'autant plus offensés de cette ironie, qu'elle\nest légère et amicale : à ceux-là je crois inutile d'expliquer\nles doctes arpèges du Gradus coupés d'ébats\njoyeux, ou la grâce étouffée de la sérénade, ou la mélancolie\nsi tendrement apaisée du chalumeau pastoral ; et le rythme\ndéhanché du cake-walk sera pour eux un scandale. Mais se\ntrouvera-t-il des hommes à qui la mu-\nsique noire et digne de Ruydard Kipling, ne montrera pas la\nforêt primitive, et le dandinement des bêtes graves, aux\nsoins attentifs, incomplets et touchants ? S'en trouvera-t-il\nqui, en écoutant danser la neige, ne verront pas le regard\nétonné et triste de la petite fille devant cette blancheur qui\ntournoie ? Certes, il s'en trouvera, mais ce seront à peine\ndes hommes : ce seront des critiques.\nEnfin, tout le chœur rancunier des anciens amis qui ont\ninventé Pelléass'exclamera :« Ce n'est plus lui ! » C'est ainsi\nqu'ils reconnaissent les progrès d'un art aujourd'hui parvenu\nà la confiance, à l'affirmation, à l'abondance aussi, et à une\nclarté qui réconcilierait tous les goûts en un pays moins"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.93", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "divisé que le nôtre, moins esclave de l'esprit de parti et moins\noccupé de querelles personnelles.\nMais ces deux œuvres ont des beautés qui consolent de\ntoutes nos misères.\nLouis LALOY.\nHUGO RIEMANN. Die Metrofthon Lô-\nsung der Ràtsel der byzantinisc Sam-\nmelbânde der Internationalen Musikgesellschaft. (Leipzig,\nBreitkopf und Hârtel). Jahrgang IX Heft i (i. Okt.\n1907) S. I—3l.1—31.\nLe savant théoricien de la musique qu'est M. Hugo Rie-\nmann vient de publier sous ce titre une étude dans laquelle\nil tente de démontrer la solution d'un problème que soulèvent\nla lecture et l'interprétation de la notation musicale byzan-\ntine. En effet, si l'on ouvre un manuscrit ancien de chant\nbyzantin, on y trouve souvent plusieurs signes superposés,\ndont un seul, au dire des théoriciens, possède une voix, cpcov-rçv\né'Xa, les autres, àcpœvoi, n'indiquant que des inflexions\nsecondaires, mais étant elles-mêmes sans valeur d'émission\nvocale.\nD'autres fois, certains intervalles musicaux sont marqués\npar la combinaison de deux signes, plusieurs même, indiquant\nchacun un intervalle moindre : leur somme exprime l'inter-\nvalle nouveau a franchir. Par exemple, indique un\ndegré ascendant (seconde) ;le xévTT) en composition avec\nun autre caractère, marque un intervalle de deux degrés\n(tierce) ; les deux signes réunis valent donc un intervalle de\ntrois degrés ascendants (seconde + tierce = quarte), que\nles traités de musique byzantine marquent d'un expri-\nmant suffisamment qu'il s'agit de trois degrés à franchir.\nOr, M; H. Riemann trouva dans le Lexikon de Philoxenos,\nla définition suivante : |X£Tpo?pcovta* XATAFXST TCOV (pGoyycov\nTWV xapaKTTjptov TCOCOTIQTOÇ oiav êôoxtpwcÇov ol TraXaioi sxxX?)-\ncrtaaTixoi (j.oucrtxoi TÔ (Jioucrtxôv Géfxa xal é'cJ>aXXov AÔTÔ (JIOVOV [xè TÀ\nsjxcpwva ARNIEÏA. 7roaoT7)Toç àvôu Tpoirixfjç aÛTwv TVOIÔTÏ)TOÇ.\nMuni de cette définition, dans laquelle il prend à la lettre\nle mot xaT<x(xéTp7]<nç, M. Riemann s'étonne que ni Gaisser, n"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.94", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "Thibaut, ni Rebours, ni moi-même, pour ne parler que des\nplus récentes études de musique byzantine, n'aient parlé\nde cette « Métrophonie » dans l'explication des caractères\nde cette musique. Il conclut, de la définition de Philoxenos,\nque les signes combinés (v. g. oçzïa et XSVTY] y.a) expriment non\nplus seulement une somme d'intervalles, mais une superpo-\nsition d intervalles partageant le temps premier en subdivi-\nsions rythmiques minimes. De là, ayant transcrit à nouveau\ndes pièces déjà transcrites par Oscar Fleischer, M. Riemann\nespère démontrer qu'il faut les lire autrement. Poussant plus\nloin, il arrive à conclure que la musique ecclésiastique\ngrecque' au moins, je suppose, dans le genre papadique,\nest soumise à une mesure à quatre temps bien régulière, et\nqu il ne faut pas craindre d'allonger, de doubler, de tripler,\nou de diminuer de moitié, du quart, du huitième, dans l'in-\nterprétation pratique, la durée des caractères de la notation\nbyzantine, pour y retrouver, sous des développements divers\nd'un thème donné, la mesure en question. C'est d'ailleurs la\nmême théorie que M. Riemann soutient pour le chant ancien\nde l'église latine.\nJe ne crains pas de dire que c'est là un a priori : les faits,\nles sources, sont loin de le démontrer, et ne peuvent qu'a-\nmener à contredire formellement la théorie de Riemann.\nSans parler du terme [A£Tpo<pcovia lui-même, qui est mo-\nderne, et vise non pas une base de lecture des caractères mu-\nsicaux, mais un procédé de variation, je dirai que uaXaioï pioucnxoi\ndans le dictionnaire de Philoxenos, qui date du milieu du\nxixe siècle, ne veut dire musiciens « anciens » que par oppo-\nsition à ceux de la « nouvelle méthode » du chant réformé\npar Chrysanthe vers 1830. Les uaXaioi sont simplement les\némules et les élèves du fameux de la grande\néglise de Constantinople, Pierre de Péloponèse, mort en\n1:777, Ie principal adaptateur de la mesure occidentale\nappliquée aux formes byzantines modernes, à la place des\nanciens oûaoùXtaconservés encore par les Turcs.\nLa « métrophonie » moderne n'intéresse donc en rien le\nchant de l'ancien empire byzantin. J'ajoute que c'est peine\nperdue de vouloir l'y appliquer.\nEn effet, nous possédons plusieurs traités, encore inédits,\nde la musique byzantine, antérieurement aux infiltrations de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.95", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "la musique turque, persane, et arabe : c'est là, évidemment,\nqu'il faut chercher l'interprétation des manuscrits anciens'\nOr, ils ne contiennent rien de ce qu'a présupposé M. Riemann!\nDans les pièces classiques et traditionnelles, le temps musical,\nconformément à l'enseignement antique, reste indivisé, in-\ncomposé. Un signe diviseur du temps, le n'apparaît\nqu'au xme siècle : encore est-il très rarement Employé et\nseulement dans les nouvelles compositions des\nde l'école de Koukouzélès. Par ailleurs, les traités sont for-\nmels, caractère phonétique n'exprime qu'un son et\nun temps ; s'il faut subdiviser, on l'indique par le gorgon ;\nsil faut doubler, on ajoute la diple, et, plus tard, l'apodoma.\nM. Riemann a cru devoir négliger ces données dans les\ntranscriptions qu'il a faites des phototypies publiées par\nD. vlaisser (Hefmoi de Pâques, Rome, 1905), en particulier\nde deux pages du ms. Barberini gr. 111, 20, 112. i2r (Gaisser,\npage 87). Dans sa transcription, page 26, deuxième ligne\nde musique, M. H. Riemann, sur les syllabes yovou TspaT (des\nroocs àyôvou TepaToupyoù[xsvov), donne successivement une\nnoixe (1/4) une blanche (%>) suivie d'une coupe de la phrase\net deux croches (1/8) c'est-à-dire des durées respectivement de\n1, de 2, de une y 2) de V 4. Or, le manuscrit, 112\" cité, lignes set 6\ndonne quatre notes brèves d'égale durée ! Un peu plus loin!\nsur TC7]yrjv, le ms. porte une brève suivie d'une longue :\nM. Riemann a transcrit juste le contraire. A la ligne suivante,\nau mot XpioTou, le ms. indique le gorgon, subdivisant le\ntemps bref, pour les deux notes du groupe : M. Riemann en\na fait des temps entiers ! Etc.\n-On voit par là le danger d'une pareille théorie, et com-\nment des idees absolument « aprioristiques » ont pu égarer\net nous le déplorons un didacticien de la valeur de\nM. Hugo Riemann.\nA. GASTOUÉ.\n(Extraite de la « Byzantinische Zeitschrift »)."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.96", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "LETTRE DE HOLLANDE\n\nLes trompettes de Jéricho commencent à annoncer peu à\npeu l'ouverture de la prochaine saison musicale de La Haye\npour le mois d'octobre. L'Opéra Royal Français annonce sa\nréouverture pour le premier de ce mois et nous promet comme\nnouveautés : Madame Butterfly,de Puccini, de Mas-\nsenet, Les Armaillis, de Doret, et pour les représentations de\nMme Gemma Bellincioni, Fêdora, de Giordano. Comme reprises,\nnous aurons Henri VIII,de Saint-Saëns, de de\nLara, Zaza, de Leoncavallo, et la d'Auber.\nIl y aura ensuite deux opéras néerlandais, dont l'existence\nne sera probablement pas de plus longue durée que celle de\nleurs prédécesseurs, dont aucun n'a pu se soutenir pendant\nlongtemps.\nNous aurons la bonne fortune d'applaudir ensuite les con-\ncerts donnés par la direction du d'Amsterdam,\navec l'admirable orchestre sous la direction chaude et vibrante\nde Willem Mengelberg, et les concerts beaucoup moins impor-\ntants de la Société de Digilentia avec le orchestre\nsous la direction de Henri Viotta, et les concerts annuels pour\nchœurs et orchestre, donnés par la Société pour l'Encourage-\nment de l'Art Musical, sous la direction d'Anton Verhey de\nRotterdam.\nHenri Viotta, le directeur du Conservatoire Royal de La\nHaye, vient d'être nommé Chevalier du Lion Néerlandais, et\nM. Beelearts van Bloleland, secrétaire de la Société pour l'En-\ncouragement de l'Art Musical, officier de l'Ordre d'Orange\nNassau.\nA l'occasion du vingt-huitième anniversaire de S. M. la\nReine Wilhelmine des Pays-Bas, le Dr Kundwald a donné au\nKursaal de Schéveningue un concert national, entièrement\nconsacré aux auteurs de compositions néerlandaises. Le\nprogramme se composait d'un poème symphonique Saûl\nDavid d'après un tableau de Rembrandt par Joh. Wage-\nnoor ; d'un concerto pour piano et orchestre, composé par Cari\nOberstadt, professeur de piano au Conservatoire Royal de La\nHaye, et dont la partie de piano a été exécutée par le composi-\n\n7"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.97", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "teur ; d'un concerto pour violon et orchestre, composé par Mlle\nElisabeth Kuyper, compositeur néerlandaise attachée àla\nHochschule de Berlin ; de musique de danse pour orchestre de\nKoeber et de trois Lieder de Zweers, Arnold Spael et L.-F.\nBrandts Buys, chantés par Mlle Tilly Koenen.\nLe programme était plus long que captivant et ne nous a\nsignalé aucune œuvre nouvelle bien intéressante. C est le poème\nsymphonique Saùl et David de Wagenaar qui a ete le plus fa-\nvorablement accueilli, et le pianiste Oberstadt a ete vivement\napplaudi après la belle exécution de son concerto avec orches-\ntre, un ouvrage en trois parties de forme traditionnelle. Le\nconcerto pour violon de Mlle Elisabeth Kuyper n a pas répondu\nà l'attente et n'a pu parvenir qu'à peine à un succès d estime.\nQuant à la musique de danse de Koeberg, elle a été froidement\naccueillie et la majorité du public est partie pendant l'exécu-\ntion de ce morceau. Parmi les trois Lieder, supérieurement\nchantés par notre charmante concitoyenne Mlle Tilly Koenen,\nc'est Ma langue maternelle} de L.-F. Brandts Buys, qui 3 ins-\npiré le plus grand enthousiasme.\nParmi les solistes qui vont se faire entendre aux pro-\nchains concerts de la Société de Diligentia à La Haye, il faut\nciter comme chanteuses : notre charmant contralto Julia\nCulp ; Mme Von Krauss-Osborne et Mlle Angèle Vidron ; les\nvioloncellistes Hugo Becker et Anton Hekhing ; les violonistes\nMlle Stefi Geyer, MM. Cari Flesch et Sebald ; comme pianistes\nMM. Risler et Frédéric Lamond. A l'exécution de la musique\nd'Egmont de Beethoven prendront part M. Rooyaards (dé-\nclamation) et Mme Anna Kappel (chant). Puis nous aurons\nplusieurs chefs d'orchestre étrangers de premier ordre.\nLa Société Royale d'Oratorio à Amsterdam exécutera l'hi-\nver prochain la Neuvième Symph de Beethoven ;\nde Heendel ; la Résurrection du Christ de Foch ; Ode à Vamitié\nde Johan Wagenoor et le Chant de Vincent d Indy.\nLa Société pour l'Encouragement de l'Art Musical donnera\ncomme toujours entre autres une exécution de la Passion selon\nSaint-Mathieu de J.-S. Bach.\nA la fin de septembre la célèbre Société Royale Chorale\nBelge, la Legia de Liège, donnera sous la direction de M. Jé-\nrôme deux concerts, avec le concours de M. Leopold Charlier,\nprofesseur de violon au Conservatoire de Liège, M. Mawet,"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.98", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "organiste, également professeur au Conservatoire de Liège,\net M. Salden, basse au Théâtre Royal de Liège,\npl JA ces Liega exécutera entre autres des œuvres\nde Gevaert, Radoux, Mathieu, Albert Dupuy etc.\n\nNemo.\n\nSOCIETE G.-F. HÆNDEL\nDirecteurs-fondateurs : MM. EUG. BORREL, FÉLIX RAUGEL.\nPrésident d'honneur : CAMILLE SAINT-SAENS.\nComité artistique et Comité GABRIEL FAURÉ,\nAL. GUILMANT, VINCENT D'INDY, CH.-M. WIDOR. C. BEL-\nLAI GUE, A. COQUARD, H- EXPERT, R. ROLLAND.\nDe toutes parts se manifeste une tendance de curiosité\nvers les origines : on retourne aux sources, on se plaît à évo-\nquer la poésie du passé. La musique n'échappe pas à ce mou-\nvement. Le moment est venu de faire connaître l'œuvre\nimmense des maîtres, qui, depuis la fin de la Renaissance\njusqu'à la deuxième moitié du xvme siècle, ont relié par une\nchaîne ininterrompue de chefs-d'œuvres la musique antique\nà l'art moderne.\nCes primitifs de Y Art de musiqusont peu ou mal connus :\nleurs œuvres ne sont presque jamais exécutées dans les con-\ncerts ; c'est un oubli regrettable à une époque où le goût de la\nmusique se développe de plus en plus. Notre ambition serait\nde combler cette lacune et de présenter au public les chefs-\nd'œuvre méconnus de ces maîtres oubliés.\nAujourd'hui la réalisation d'un tel projet est devenue,\npossible, grâce à l'immense effort accompli par des maîtres\ncomme : Saint-Saëns, Widor, Guilmant, Bourgault-Ducou-\ndray, V. d'lndy. De trop rares auditions aux grands concerts ;\ndes organisations artistiques comme : la Concordia, l'école\nNiedermeyer, les Chanteurs de Saint-Gervais, sous la direc-\ntion de Ch. Bordes, la Schola Cantorum ont peu à peu aidé à la\nvulgarisation de cet art noble et profond. La Société J.-S. Bach,\nla dernière venue en date, consacre exclusivement ses efforts"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.99", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "à l'exécution des œuvres du grand Cantor. Enfin, ces dernières\nannées, de savants musicologues comme : Michel Brenet,\nChrysander, Ecorcheville, Expert, Pirro, R. Rolland ont\nindiqué les sources, déchiffré les manuscrits, publié les\nœuvres, et mis à la disposition des artistes une bibliothèque\nmusicale des plus riches.\nToutefois, ces efforts ont tendu presque exclusivement à\nla diffusion de quelques œuvres d'un petit nombre de maîtres :\ndans le domaine de la musique vocale on s'est surtout attaché\nà Palestrina et à son écols ; dans le genre ds l'oratorio aux\ncantates et aux Passions de J.-S. Bach, à peine le Messie de\nHsendel a-t-il eu l'honneur de quelques exécutions de loin en\nloin. Bien plus le nom de Hsendel, paraît être l'objet d'un\ncertain discrédit —inexplicable selon nous, car clans cette\nimmense production, plus volumineuse peut-être que celle de\nBach, on compte nombre d'œuvres géniales aujourd'hui com-\nplètement oubliées.\nDes Maîtres qui ont vécu du milieu du xvie siècle à la fin\ndu xvine, en France, en Italie ou en Allemagne, on connaît\nseulement quelques pièces instrumentales ou vocales. Pourtant\nl'ancienne école d'orgue a pour chefs : Frescobaldi, Scheidt,\nMuffat, Pachelbel, Mattheson, Buxtehuûe, Kuhnau, ae\nGrigny, Couperin, Daquin, etc...\nLa littérature instrumentale s'impose par les œuvres admi-\nrables de : Corelli, Vivaldi, Tartini, J.-M. Leclair, D. Scarlatti,\nKirnberger...\nL'opéra, Y oratorio, la cantate ont pour créateurs des com-\npositeurs comme : Péri, Caccini, Monteverde, Carissimi,\nIcmelli, Clari, Steffani, Schiitz, Keiser, Lully, M.-A. Charpen-\ntier, Rameau, Clerambault...\nAux maîtres de ces trois grandes écoles, il faut joindre les\nnoms de : H- Purcell et W. Byrd (école anglaise), Cabezon\n(école espagnole), Sweelinck (école hollandaise).\nLes plus belles pages de ces maîtres dorment oubliées sur\nles rayons des bibliothèques. Nous pensons qu'il est néces-\nsaire de les présenter au public : c'est pourquoi nous faisons\nappel à tous ceux qui désirent nous aider dans ros efforts et\ncontribuer à répandre ainsi la connaissance de cette grande\népoque dont les manifestations sont d'un art si puissant et si\nvarié."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.100", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "Notre intention est de donner, chaque année, Salle de\nl'Union, 14, rue de Trévise,cinq concerts où figureront des\nœuvres vocales, instrumentales et chorales de tout genre, des\nmaîtres annoncés plus haut.\nPRIX DES PLACES :\nParquet(ire série) 7 fr.\nFauteuils de balcon 5 fr-\nParquet (2e série) 3 fr-\nPetit salon 2 fr.\nGalerie 1 fr.\nCes prix seront réduits pour les personnes qui s'inscriront\nà la Société au titre de membres fondateurs ou de membres\nhonoraires.\nLes membres fondateurs sont ceux qui font un don de cinq\ncents francs, au moins, à la Société ou versent une cotisation an-\nnuelle de cent francs. Ils auront droit à deux entrées par\nconcertât à quatre entrées à la répétition générale.\nLes membres honoraires sont ceux qui versent une cotisation\nannuelle de 25 francs en échange de laquelle ils ont droit à\nune place de parquet à chaque concert, et à deux entrées à\nchaque répétition générale.\nLes cotisations sont exigibles au commencement de chaque\nsaison. Les membres fondateurs et les membres honoraires\nrecevront une carte qui sera renouvelée chaque saison. Le\nprogramme des concerts leur sera envoyé gratuitement.\nLes adhésions doivent être adressées à M. Borrel, 55, rue\nJouffroy.\nLes personnes désirant faire partie du chœur sont priées\nde s'adresser àM. Borrel, 55> rue Jouffroy> Par correspon-\ndance, ou le lundi de 10 heures à midi.\nPour tous renseignements conc\n55, rue Jouffroy."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.101", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "OUVRAGES REÇUS\nPaléographie musicale, vingtième année, n° 80. Feuilles U et\nV du Tonale (en transcription), feuilles 28 et 29 de l'Anti-\nphonaire de Lucques (en fac-similé). Société de St-Jean\nl'Evangéliste (Desclée et Cie, à Tournay).\nD. DE LANGE. Exposé d'une théo Fischba-\ncher, 1908, in-B°.\nD. ALALEONA. Studi sulla storia dell'oratorio musicale in\nItalia.Turin, Bocca frères (in-8° de 450 pages, L. 6).\nCompte rendu analytique de la\nbibliographie et de documentatißruxelles, Institut\nInternational de Bibliographie, in-B°.\nH. EXPERT. Premier Volume\nvaise et d'Estienne Dutertre.(Collection de Maîtres Musiciens\nde la Renaissance). Paris, Leduc, 1 vol. in-40. Livraison 23.\nLA BIBLIOFILIA, numéro de Août - Septembre (Florence,\nOlschki in-40), contient un article du Professeur Vatielli\nsur la Bibliothèque du Liceo\nPIERRE AUBRY. Cent Motets publiés\nd'après le manuscrit Ed. iv 6 de la Bibliothèque de Bam-\nberg. Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nTrois volumes in-40, Is° francs.\nLÉON AUBIN. Le Drame Lyrique, 1 vol. in-B°. Tours, impri-\nmerie P. Salmon.\nM. BRENET.— Haydn. (Collection des Maîtres de la musique).\nAlcan, in-12.\nH. LEICHTËNTRITT. Geschichte ders Motette. (Collection des\nKleine Handbuecher der Muikgeschichte). Breitkopf,\nin-8° de 452 pages. Mark 8.\nA. PRUEFER. J. H. Schein\nLied des XVIIe Jahrhunderts. (Beihefte der internatio-\nnalen Musikgesellschaft). Lpz. in-B°, Mark 3.\nL. DAURIAC. Le Musicien Wagner. Fisch-\nbacher (in-12 de 330 pages).\nA. BEYSCHLAC. Die Ornamenti Breitkopf,\n(in-40 de 270 pages. Mark 18).\nH. VEVER. Histoire de la bijou\n(Floury, in-8° jésus. Fcs 120)."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.102", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "ROMAIN ROLLAND. Jean Chris\nla Place.Paris, Ollendorf.\nMaison A. Durand et Fils, à Paris :\nLouis AUBERT. Fantaisie pour piano et orchestre.\nHélène (A. de Bengy-Puy vallée).\nRHENÉ-RATON. L'âme des iris (C. Mauclair).\nBerceuse (G. Champenois).\nHENRI BUSSER. La Colombe (H. de Régnier).\nANDRÉ CAPLET. Chanson d'automne (A. Sylvestre).\nDeux poèmes (G. Jean-Aubry).\nFRANÇOIS COUPERIN. Les se,5e, 6e, 7e et 9e\nconcerts, Revision par Paul Dukas.\nCLAUDE DEBUSSY. Children' s petite suite pour\npiano (Doctor Gradus ad Parnassum. Jimbo's lullaby.\nSerenade for the doll. The snow is dancing. The little\nshepherd. Golliwogg' s cake-walk).\nCLAUDE DEBUSSY. Trois C\npour quatre voix mixtes sans accompagnement.\nqu'il la fait bon regarder. Quand j'ay ouï le tabourin.\nHyver, vous n'estes qu'un vila\nCLAUDE DEBUSSY. Petite suite, transcrite pour 2 pianos à\n4 mains, par H. Busser.\nPAUL DUKAS. L'Apprenti Sorcier. Piano seul.\nCÉSAR FRANCK. Première F\nCantabile, transcrits pour 2 pianos à 4 mains, par Henri\nDuparc.\nC. SAINT-SAËNS. Lntroduction\nConcerto pour piano et orchestie, pour\npiano et orchestre, Troisième pour violon et or-\nchestre. Petites partitions d'orchestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.2", "titre_corps": "LA MUSIQUE ANCIENNE AU CONCERT EN 1909", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE ANCIENNE AU CONCERT EN 1909", "signature_source": "J. 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Serait-ce une revanche pour\nl'auteur du Dôvifi du Village de voir fetee par le puDlic\nde Boris et du Crépuscule ?\nAvouons-le, le sens historique a fait des progrès singuliers\nchez nos amateurs. Pour passer, d'un jour à 1 autre, de Rameau\nà d'lndy, de Mondonville à Ravel, de Weber à Palestrina,\nil faut un certain aplomb, c'est-à-dire un goût qui ne se laisse\npas tromper, une personnalité qui s'équilibre au milieu des\nréactions les plus diverses. Qu'adviendra-t-il de notre senti-\nment musical au milieu !de tant d'émotions contraires ?\nSerons-nous submergés par cet océan sonore ? Verrons-nous,\ncomme dans un roman prophétique de Paul Adam, la musique\nde tous les pays et de tous les temps se fondre en quelque\ngigantesque Babel, image de la civilisation communiste ?\nOu bien, l'individualisme et le choix seront-ils victorieux,\net cette sélection nous donnera-t-elle un art nouveau, dun"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.80", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "goût exclusif, d'un style intransigeant ? Graves problèmes\nqui n'empêcheront pas les artistes, le public et les historiens\nde se précipiter cet hiver aux concerts anciens et modernes\nde toutes les catégories. Tant il est vrai que l'homme ne court\njamais plus vite que lorsqu'il ne sait pas où il va.\nDonc, fort belle saison de musique rétrospective cette\nannée. En voici le sommaire.\nSCHOLA CANTORUM (*)\nPREMIER CONCERT. Vendredi 20 novembre 1908 (Schola).\nDestouches.\nDEUXIÈME CONCERT. Vendredi 18 décembre 1908 (Schola).\nde Bach.\nTROISIÈME CONCERT. Vendredi 22 janvier 1909 (Schola). Euryanthe,\nWeber.\nTROISIÈME CONCERT bis. Vendredi 9 janvier 1909 (Salle Gaveau).\nEuryanthe,Weber.\nQUATRIÈME CONCERT. Vendredi 19 février 1909 (Schola). La Passion,\nBach.\nCINQUIÈME CONCERT. Vendredi 26 février 1909 (Schola).\nBach.\nQUATRIÈME CONCERT bis. Vendredi 5 mars 1909 (Salle Gaveau). La\nPassion, Bach.\nCINQUIÈME CONCERT bis. Vendredi 12 mars 1909 (Salle Gaveau).\nLa Passion.Bach.\nSIXIÈME CONCERT. Vendredi 30 avril 1909 (Schola). Les Orphée s.\nSIXIÈME CONCERT bis.-— Vendredi 7 mai 1909 (Salle Gaveau).\nOfphées.\nCONFERENCES DE M. PAUL LAN DO RM Y (*)\nLundi, 9 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. La musique antique. Le chant grégorien.\nAUDITION. Hymne à Apollon. Exemples de chant grégorien.\nChansons populaires françaises.\nLundi,23 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. Le moyen âge. Diaphonie, déchant, polyphonie.—\nLes trouvères. L'école gallo-belge. - Palestrina.\nAUDITION. Fragments de Robin et Manon (Adam de la Halle).\nChansons de Trouvères.— Quatuors vocaux de Costeley, janne-\nquin, Palestrina, etc.\n(*) Salle d'Horticulture, rue de Grenelle, à cinq heures."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.81", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "Lundi,7 décembre 1908 :\nCONFÉRENCE. L'opéra en Italie au xvne siècle, de Monteverde\nà Scarlatti.\nAUDITION. Fragments ddOrfeo et du Couronnement de Poppée (Monte-\nverde). Œuvres de Provenzale, Scarlatti, etc. Pièces de clavecin\net de violon du xvne siècle italien. ;\nLundi,2l décembre 1908 : '\nCONFÉRENCE. Les origines de l'oratorio. ? ? \\\nAUDITION. Œuvres de Carissimi et de Schiitz. Pièces anciennes\npour harpe. •\nLundi, 11 janvier 1909 : H\nCONFÉRENCE. L'opéra en France avant Rameau.\nAUDITION. Œuvres de Lulli, Purcell. L'amour piqué par une\nabeille, Cantate de Clérembault(ire audition). Pièces anciennes\npour clavecin. ;\n■ i\nLundi,2s janvier 1909 :\nCONFÉRENCE. Rameau. r rR ;\nAUDITION. Air de la Guirlande. Fragments\nPièces pour le clavecin de Rameau et de Couperin. Pièces pour\nle violon des vieux maîtres français. 1\nLundid Bfévrier 1909 : ' 1\nCONFÉRENCE. L'Opéra-Comique au xvue siècle. '\nAUDITION. —Œuvres de Pergolèse, Monsigny, Piiilidor, Grétry, Dalayrac.\nŒuvres pour le piano et le violon de Mozart.\nLundi,22 février 1909 : •\nCONFÉRENCE- Gluck et Piccini. p\nAUDITION. Fragments dd'lphi génie\n(Gluck) ; d'Œdipe à Colone (Sacchini). Pièces pour clavecin de\nJ.-S. Bach.\nLundi, 8 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Gluck et Piccini (suite).!|\nAUDITION. Fragments de Paris (Gluck),\nPauride (Piccini), dilphigénie en Pauride (Gluck). Œuvres\npour piano et violon de Haydn et de Mozart.\nLundi,22 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Les successeurs de Gluck.\nAUDITION. Œuvres de Méhul, Lesueur, Chérubini, Spontini,\nBeethoven."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.82", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "HISTOIRE DU QUATUORJA CORDES, PAR M. LEJEUNEH\nPREMIÈRE SÉANCF\nConférence sur l'Histoire du quatuor à cordes,par M. VINCENT D'INDY.\nI° Suite pour 2 violons, alto et basse (pre-\nmière audition à Paris) JOHANN STADEN\n(1581-1684)\nŒuvres pour orgue\n2° Sonate à 4 (première audition à Paris) G. ROSENMULLER\n(1620-1684)\nŒuvres pour orgue. ;\n30 Sonate à 4 X J.-C. FASCH\n(1688-1758)\nDEUXIÈME SÉANCE ]\nI° Quatuor à cordes PH.-EM. BACH\n(1714-1788)\nŒuvres pour orgue\n2° Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) C.-F. ABEL\n(1725-1787)\nŒuvres pour orgue\n30 Quatuor à cordes (Divertimento). . . J. STARZER\n(1727-1787)\nTROISIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes J. HAYDN\n(1732-1809)\nŒuvres pour orgue\n20 Quatuor à cordes C.-D. VON DITTERSDORF\n(1739-Ï799)\nQuatuor à cordes W.-A. MOZART^\n(1756-1791) ;\nQ UATRIÈME ' SÉ AN CE\nI° Quatuor à cordes fa maj.op. 18,n° 1. L. VAN BEETHOVEN\n(1770-1827)\n2° Sonates pour orgue,2 violons\"et basse. W.-A. MOZART\n(*) Salle Mustel, à neuf heures."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.83", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "30 Quatuor à cordes ut maj. op. 59, n° 3. P. VAN BEETHOVEN\nSalle Mustel, à 9 heures.\nCINQUIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes fa maj. op. 135. . BEETHOVEN\n2° Sonata séria (première audition à\nParis) F.-W. RUST\n30 Quatuor à cordes la mineur op. 29. . F. SCHUBERT\n(1797-1828)\nSIXIÈME SÉANCE\ni° Quatuor à cordes fa mineur op. 80. . F. MENDELSSOHN\n(1809-1847)\n20 Œuvres pour orgue :\n30 Quatuor à cordes en la mineur op. 41,\nn» I R. SCHUMANN\n(1810-1847)\nSEPTIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes ut mineur op. 51,N° 1. J. BRAHMS\n(1833-1897)\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quintette à cordes (première audition\nà Paris) A. BRUCKNER\n(1824-1896)\nHUITIÈME SÉANCE\nI° Trio à cordes M. REGER\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) H. WOLFF\n(1860-1903)\nSOCIETE J.-S. BACH\n(CINQUIÈME ANNÉE)\nMercredi, 25 novembre .\nLa Passion selon saint Jean.\nMercredi,2 décembre :\n1. Triple concerto pour piano, flûte et violon, en la mineur."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.84", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "2. Cantate „ Ich armer Mensch \" (n° 55) pour ténor solo.\n3. Sonate -pour deux flûtes, avec accompagnement de basse chiffrée.\n4. Geistliche Lieder.\n5. Concerto Brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon principal et orchestre (n° 2).\nMercredi, 27 janvier :\n1. Cantate „ Widerstehe doch der Sûnde \" (n° 54) pour alto-solo.\n2. Suite en si mineur, pour flûtes et orchestre.\n3» 3e Sonate pour clavecin et viole de gambe.\n4. a) Cantate des Cloches (Schlage doch) pour alto-solo.\nb) Geistliche Lieder.\n5. Concerto en ut majeur, pour trois pianos et orchestre.\nMercredi, 3 février :\nKyrie et Gloria de la Messe en si mineur.\nMercredi, 10 mars :\n1. CANTATE „ Wachet auf\" (n° 140).\n2. CANTATE ~ Ich will den Kreuztab gerne tragen \" (n° 56), pour basse-\nsolo.\n3. CANTATE ~ Nun ist das Heil\" (nu 50), pour double-chœur.\nMercredi, 5 mai :\n1. Actus tragicus.\n2. Magnificat.\n; Tous les Concerts ont lieu à 9 heures, 45-47, rue la\nBoëtie.\nLa veille de chaque concert, à 4 heures, répétition publique.\n||j A cela s'ajouteront les auditions de la Fondation 'Bach,\nsi scrupuleusement dirigée par notre collègue Charles Bouvet;\ncelles de la Société des Concerts d'autrefois, celles de l'Ecole\ndes Hautes Etudes Sociales,organisées par M. Henry Expert,\net probablement d'autres encore, car la mode y est.\nVoici d'excellentes intentions, et des programmes qui\ns'adresseront à l'esprit comme à l'oreille. L'auditeur, conduit\nvers les œuvres du passé, comprendra, tout en écoutant, et\niljtrouvera plaisir à cette double occupation. Ainsi s'organise"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.85", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "individuellement un enseignement libre de l'histoire musicale.\nJadis de si belles initiatives auraient bien vite tendu la main\nà l'Etat tout puissant qui, du reste, ne les aurait pas soute-\nnues. Aujourd'hui, l'association des intérêts et des bonnes\nvolontés suffit. le public aidant.\nQuand je dis suffit, je n'ose pas cependant espérer\nqu'il s'agisse encore de la perfection. Pas plus l'hiver prochain\nque l'hiver dernier les auditions de musique ancienne ne donne-\nront aux amateurs des joies aussi pleines que les auditions de\nmusique moderne. Nous entendrons encore crier à la médiocrité.\nIl faut en prendre son parti, et pour beaucoup de raisons,\ndont la première est que la musique d'autrefois n'avait pas\nabsolument la même destination que celle d'aujourd'hui.\nAux temps passés, le rôle de l'art sonore n'était pas aussi indé-\npendant qu'il est actuellement. L'idée de l'art pur, de l'art\nélevé au-dessus de toutes les compromissions sociales, mon-\ndaines, religieuses, de l'art qui se suffit et qui nous suffit par\nlui-même, tout cela est assez nouveau dans l'histoire du Beau.\nLa vieille musique tenait par bien des côtés à la civilisation,\nqui se servait d'elle. A l'église, à table, dans les fêtes galantes,'\ndans les cérémonies populaires elle formait le décor auditif\nréclamé par l'oreille. Lorsque aujourd'hui nous transportons\nce décor dans une salle de concert nous exécutons un tour de\nforce, et nous épuisons les ressources de notre imagination.\nSi la curiosité scientifique, le snobisme, et l'habitude ne nous\nvenaient en aide, nous n'irions pas loin dans cette voie. Telle\nSuite de Lalande ne peut s'entendre à jeun, tel air de Rossi\nou de Boesset suppose une certaine réalité sociale à Cloris,\nà Tircis,à Célimène.Tel motet de Josquin est une prière ;\ntelle piece de luth ou de clavecin, une galanterie. Ce sont des\nactes psychologiques, que 1 émotion musicale seule ne justifie\npas entièrement, et que nous avons grand'peine à replacer\ndans le courant ordinaire de la vie moderne. On raconte que\nLully s'écriait plaisamment en écoutant un de ses airs profanes\ntransformé en motet: « Seigneur, je ne l'avais pas fait pour vous / »\nS'ils revenaient aujourd'hui, le Florentin et ses collègues du passé\nformuleraient sans doute les mêmes réserves.\nNous ne sommes pas faits pour ces musiques. Nous y ferons-\nnous ? Je l'espère, si nous sommes gens de bonne volonté ;\net je le souhaite. Mais notre bonne volonté se trouve si souvent"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.86", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "entravée par nos préjugés esthétiques ! Nous voulons voir\ndans les auteurs anciens ce qu'il nous plaît d'y mettre. A peine\navons-nous fait l'expérience d'une œuvre, défunte depuis\nquelques siècles, que tout aussitôt voilà notre jugement parti\nen campagne pour discuter, ratiociner, donner de bonnes et\ndes mauvaises notes. N'est-ce pas la vérité? J'ai vu à Paris\ndes gens très raisonnables, mais athées militants, qui, voulant\norganiser des chorals populaires, furent absolument navrés\ndes textes religieux et du parfum mystique de nos grands\ncontrapontistes. Et les amis de nu mélodique qui dépouillent\nhabilement notre bon Couperin des colifichets dont il aimait\nà se parer, au risque de le dévêtir complètement ! Et les apôtres\nd?< la déclamation qui trahissent la danse ! Et bien d'autres\nencore qui supposent qu'une œuvre significative dans l'his-\ntoire sera peur eax une œuvre belle dans leur idéal !\nEncore n'osons-nous guère pousser nos investigations au\ndelà du xvie siècle. M. Landormy lui-même, dont le programme\nsemble fort bien rédigé, saute par-dessus le moyen âge, et se\nhâte d'arriver aux Valois. Mais Ockeghem, Dufay, Dunstaple,\net ce prodigieux Guillaume de Machaut, et l'école de YArs\nnova,et le Motet du xme ?... Que dira notre public de tout cela ?\nPrétendra-t-on, comme je l'ai entendu, que ces quatre siècles\nde la vie musicale d'Occident ne justifient aucune espèce d'in-\ntérêt, parce qu'elles sont soi-disant des périodes d'élaboration ?\nEn somme, les auditions de musique ancienne se trouvent\nencore dans un âge d'expériences et de tâtonnements. C'est\nlà ce qu'il importe de préciser. Chaque année, des efforts coura-\ngeux nous donnent de nouveaux aperçus et de nouveaux\nespoirs. Mais un jour s'approche où un peu de méthode s'im-\nposera. Jusqu'à présent les influences extérieures (ressources\nfinancières, goût personnel, etc.) ont joué dans tout ceci un\nrôle qu'il faudrait réduire à son minimum. Autrement dit,\nsi l'empirisme est un excellent procédé d'initiative et de début,\nil doit céder la place à des vues précises. Ce moment est-il\nvenu ? C'est ce que nous dira la saison de cet hiver.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.3", "titre_corps": "A L'OPÉRA", "titre_sommaire": "A L'OPÉRA", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "A L'OPÉRA\n\nCe n'est pas le meilleur drame de Wagner. L'action serait\némouvante, si elle n'était si embrouillée. La musique a de\ngrandes beautés, mais d'un caractère symphonique bien plutôt\nque dramatique : il s'agit en effet d'appeler, chacun à son tour,\nles thèmes déjà connus, afin de les rassembler en un beau\ncortège final. Même aux endroits où des mélodies nouvelles sont\ninventées, elles s'interrompent à tout instant, pour laisser\npasser le motif de l'or, ou de la convoitise, ou de l'amour. La"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.88", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "préoccupation de Wagner est\nsensible : il semble jouer, avec\nlui-même, à l'un de ces jeux où\nil faut à tout prix placer, dans\nn'importe quelle phrase, des mots\ndonnés d'avance. Il y a de la\nfatigue en cette partition.\nLes pages les plus belles, au\nconcert, sont celles qui présen-\ntent le plus grandiose entasse-\nment de thèmes : la marche\nfunèbre, et la chute du Walhalla,\nqui atteint au sublime. Mais\nelles perdent leur effet à la\nscène, faute de mouvement. Au\ncontraire, la musique d'opéra\ndont s'accompagne l'action elle-\nmême, porte, malgré une certaine banalité, parce qu'elle est\nvivante : l'appel aux armes de Hagen, au deuxième acte, et\nles reproches de Brunnhild à Siegfried, se suivent avec cette\ncuriosité passionnée qui est l'émotion du théâtre. Mais que de\nlongueurs embarrassent la pièce ! que de récits immobiles,\nque d'inutiles retours à ce qui s'est passé ! En bon pédagogue,\nWagner sent qu'il ne répétera jamais assez son obscure légende,\npour que la trame s'en grave en nos pauvres cerveaux. Je crois\nqu'il ne déplaît pas trop à l'Allemand de se sentir en classe. Le\nFrançais y bâille, ou cause avec ses voisins.\nje dois dire cependant que le public de la répétition géné-\nrale a montré une patience admirable. Mais quand je lis dans\nles journaux quotidiens rémunération béate des personnages\nofficiels ou mondains qui le composaient, je doute fort qu'ils\nne se soient pas entretenus de secrètes pensées, fort étrangères\naux destinées de l'anneau fatal. Car je ne suppose pas qu'ils aient\neu le temps de se rémémorer l'histoire antérieure de cet anneau,\nà qui toutes les clés du symbole sont attachées. Faute de\nquoi, impossible de comprendre un mot ni aux discours des\nNornes obscures, ni aux adieux héroïques de Siegfried et de\nBrunnhild, ni à tout ce qui vient après.\nIl faut cependant louer Paris d'avoir rendu cette justice\ntardive à un ouvrage qui nous fera plus patients à espérer"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.89", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Parsifal : dans quelques années,\nquand celui-ci à son tour aura\néchappé au monopole familial,\nnous n'aurons plus rien à en-\nvier à Bayreuth. Par malheur,\nWagner sera tout entier à notre\ndisposition au moment où per-\nsonne ne le saura plus jouer.\nJe ne dis pas cela pour l'or-\nchestre, dont M. Messager a\nobtenu des miracles de rythme,\nde suite et d'équilibre ; jamais\nle lever du soleil, ou la marche\nfunèbre n'ont été mieux ren-\ndus. Mais, parmi les acteurs,\nseul M. Van Dyck a conservé\nla tradition du jeu robuste et\nsimple qui convient aux propor-\ntions de ces drames épiques ; et il a su traduire la brutalité\njoyeuse d'un héros en qui Wagner n'a rien voulu incarner\nque le triomphe de la jeunesse. Les autres ont été d'une froi-\ndeur mortelle, à commencer par M. Delmas, de qui, en souvenir\nde Wotan, j'attendais un meilleur Hagen. Quant à Mlle Louise\nGrandjean, ce fut grande pitié que ses studieux efforts, impuis-\nsants à vaincre la sécheresse de sa voix et l'honnête lourdeur\nd'une nature mieux faite, assurément, pour nous montrer\nune boulangère, dans un drame de M. Bruneau, que la fierté\nd'une Walkyrie. Elle fut, je le sais, imposée par la famille\nWagner, la même qui préconise le ténor Burgstaller. Combien\nce rôle convenait à Mlle Bréval, c'est ce qu'il est à peine besoin\nde dire, puisqu'elle l'a déjà tenu, dans la Walkyrie, avec une\ntragique noblesse qu'elle n'a certes pas oubliée.\nChez tous, sans excepter les Nornes ni l'aimable\nMlle Lapeyrette, en Waltraute improvisée, l'indifférence est\nprofonde. Comment la leur reprocher ? Elle prouve simple-\nment que nous sommes revenus de ces démesures, et vou-\nlons un art humain. Wagner, comme Nietzsche, n'est plus\nde saison. De ses œuvres altières, nous n'apercevons\nplus que les cimes ; le brouillard en mange les as-\nsises, une à une, et monte. Nous leur tournons le dos."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.90", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "Bientôt elles seront hors de vue. L'âge\nhistorique sera venu pour elles : quand on\nles reprendra, ce sera à titre de reconsti-\ntutions dont les blasés feront leur;»\ndélices, les snobs leur mode\net la fôule sa stupeur. Mais\nalors, à moins que la machi-\nnerie théâtrale n'ait fait de\ngrands progrès, gare au ridi-\ncule pour la\nrainure de\nverre où\nglissent l'es\nfilles du\nRhin, faus-\nses nageuses,\net pour le\ncheval vieilli\nsous le har-\nnais qui ne\nbronche ni\naux éclats\nde l'orchestre, ni aux cris de Brunnhild ! On s'apercevra que ces\nmerveilles ne sont pas mieux conçues, et sont moins plai-\nsantes que celles dont usait notre ancien opéra.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.4", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.90", "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD\n\nIls ont retrouvé leur maître, et je ne saurais trop les en\nféliciter. Le public, par l'ovation qu'il lui a faite, a bien montré\nd'ailleurs qu'il partageait ce sentiment. Il m'a semblé que\nle repos avait été profitable à ses forces, et surtout à cette\nraison toujours saine qui fait de lui le plus français peut-être\nde nos chefs. Jamais la VIIIe Sym de Beethoven n'avait\nété jouée avec plus de fermeté souriante, et sans aucun de ces\nexcès de vitesse où jadis il provoquait son orchestre fougueux.\nAu deuxième concert, une de ses œuvres, la Ballade pour\norchestre, vieille déjà de dix-huit ans (on ne peut dire qu'il"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.91", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "abuse de son nom sur ses programmes), a fait connaître un\nexcellent musicien, qui ne cherche pas à donner le change\nsur sa pensée ni à éblouir le public par ses cabrioles, mais sait\nconstruire, sur un élégant motif obstiné, des variations ai-\nmables et sombres tour à tour, d'un romantisme sincère et\nréfléchi.\nC'est le romantisme aussi qui devait animer le poème sym-\nphonique de M. Flament, Oceano Nox; il ne lui a inspiré que\ndes mélodies d'une symétrie décevante, et quelques bons effets\nd'orchestre. La Procession nocturne de M. Rabaud n'est pas\nun de ces morceaux qui bouleversent le monde ; mais la sonorité\nen est fort agréable, et la mélancolie s'y prolonge non sans élo-\nquence. Je crois, d'ailleurs, qu'il faut louer, pour son courage,\nun musicien qui, aujourd'hui, ne cherche pas la nouveauté\nà tout prix, même à celui de la laideur. Il risque la plus grosse\ninjure qui soit au répertoire de la critique : on le traitera de\nMendelssohn. De cet auteur compromettant, nous eûmes la\nSymphonie écossaise. Je ne consteste pas que les idées n'y\njoignent souvent à leur tendresse gracieuse une sorte d'opti-\nmisme mondain, qui peut déplaire à nos farouches. Mais cet\norchestre est d'une adresse et d'une légèreté admirables ; et\nil sonne clair, à la façon de Mozart et de Weber, non de Beetho-\nven. Mendelssohn doit compter parmi ceux qui ont aidé à\ndissiper les nuages. C'est un précurseur, et fort estimable, de\nnotre art tout en lumières.\nQuant au Till Eulenspiegel de Richard Strauss, c'est une\ntrès grosse farce, et l'on excusera un Français de préférer\nl'Apprenti sorcier de Paul Dukas. Il y a, je le sais, des tonnerres\nde grosse caisse, des cuivres et une crécelle. Mais, ce tapage\ncalmé, que reste-t-il ? Deux idées fort sages, d'où pouvait sortir\nune correcte sonate, et qui s'agrémentent, chemin faisant, de\nquelques petites mélodies accortes, dont un autre Strauss eût\nfait des valses. Je ne sens guère, en cette musique, qu'une\naigre volonté de frapper l'auditeur et de le réduire à l'impuis-\nsance, un travail forcené, un défi arrogant à l'usage, au savoir-\nvivre, parfois à la musique même. C'est une musique qui hait.\nJ aime mieux celle qui aime. L'exécution a été énergique ainsi\nqu'il convenait.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.5", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.92", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nDEUX OUVRAGES NOUVEAUX DE CLAUDE DEBUSSY\nOn en trouvera pins loin les titres détaillés ; le premier,\ndénommé Children's Corner (Le est un\nalbum d'images fantastiques et douces. L'autre est un hommage\nà l'une de nos plus pures traditions françaises, que l'on croyait\nperdue. Ces trois Chansons de écrites pour\nquatre voix mixtes sans accompagnement, n'imitent pas,\nmais continuent Janequin, Costeley et Roland de Lassus,\nmaîtres de la chanson française au XVIe siècle. C'est une mu-\nsique nette, non corrompue de faconde italienne ou de\ngermanique emphase, aux nervures délicates autant que\nrésistantes, moderne, cependant, par sa richesse de coloris,\npersonnelle, par son sourire ému. L'autre recueil risque fort\nd'irriter ce parti, de jour en jour plus nombreux en France,\nqui regimbe à l'ironie parce qu'il s'en croit victime. Ces esprits\nsérieux seront d'autant plus offensés de cette ironie, qu'elle\nest légère et amicale : à ceux-là je crois inutile d'expliquer\nles doctes arpèges du Gradus coupés d'ébats\njoyeux, ou la grâce étouffée de la sérénade, ou la mélancolie\nsi tendrement apaisée du chalumeau pastoral ; et le rythme\ndéhanché du cake-walk sera pour eux un scandale. Mais se\ntrouvera-t-il des hommes à qui la mu-\nsique noire et digne de Ruydard Kipling, ne montrera pas la\nforêt primitive, et le dandinement des bêtes graves, aux\nsoins attentifs, incomplets et touchants ? S'en trouvera-t-il\nqui, en écoutant danser la neige, ne verront pas le regard\nétonné et triste de la petite fille devant cette blancheur qui\ntournoie ? Certes, il s'en trouvera, mais ce seront à peine\ndes hommes : ce seront des critiques.\nEnfin, tout le chœur rancunier des anciens amis qui ont\ninventé Pelléass'exclamera :« Ce n'est plus lui ! » C'est ainsi\nqu'ils reconnaissent les progrès d'un art aujourd'hui parvenu\nà la confiance, à l'affirmation, à l'abondance aussi, et à une\nclarté qui réconcilierait tous les goûts en un pays moins"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.93", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "divisé que le nôtre, moins esclave de l'esprit de parti et moins\noccupé de querelles personnelles.\nMais ces deux œuvres ont des beautés qui consolent de\ntoutes nos misères.\nLouis LALOY.\nHUGO RIEMANN. Die Metrofthon Lô-\nsung der Ràtsel der byzantinisc Sam-\nmelbânde der Internationalen Musikgesellschaft. (Leipzig,\nBreitkopf und Hârtel). Jahrgang IX Heft i (i. Okt.\n1907) S. I—3l.1—31.\nLe savant théoricien de la musique qu'est M. Hugo Rie-\nmann vient de publier sous ce titre une étude dans laquelle\nil tente de démontrer la solution d'un problème que soulèvent\nla lecture et l'interprétation de la notation musicale byzan-\ntine. En effet, si l'on ouvre un manuscrit ancien de chant\nbyzantin, on y trouve souvent plusieurs signes superposés,\ndont un seul, au dire des théoriciens, possède une voix, cpcov-rçv\né'Xa, les autres, àcpœvoi, n'indiquant que des inflexions\nsecondaires, mais étant elles-mêmes sans valeur d'émission\nvocale.\nD'autres fois, certains intervalles musicaux sont marqués\npar la combinaison de deux signes, plusieurs même, indiquant\nchacun un intervalle moindre : leur somme exprime l'inter-\nvalle nouveau a franchir. Par exemple, indique un\ndegré ascendant (seconde) ;le xévTT) en composition avec\nun autre caractère, marque un intervalle de deux degrés\n(tierce) ; les deux signes réunis valent donc un intervalle de\ntrois degrés ascendants (seconde + tierce = quarte), que\nles traités de musique byzantine marquent d'un expri-\nmant suffisamment qu'il s'agit de trois degrés à franchir.\nOr, M; H. Riemann trouva dans le Lexikon de Philoxenos,\nla définition suivante : |X£Tpo?pcovta* XATAFXST TCOV (pGoyycov\nTWV xapaKTTjptov TCOCOTIQTOÇ oiav êôoxtpwcÇov ol TraXaioi sxxX?)-\ncrtaaTixoi (j.oucrtxoi TÔ (Jioucrtxôv Géfxa xal é'cJ>aXXov AÔTÔ (JIOVOV [xè TÀ\nsjxcpwva ARNIEÏA. 7roaoT7)Toç àvôu Tpoirixfjç aÛTwv TVOIÔTÏ)TOÇ.\nMuni de cette définition, dans laquelle il prend à la lettre\nle mot xaT<x(xéTp7]<nç, M. Riemann s'étonne que ni Gaisser, n"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.94", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "Thibaut, ni Rebours, ni moi-même, pour ne parler que des\nplus récentes études de musique byzantine, n'aient parlé\nde cette « Métrophonie » dans l'explication des caractères\nde cette musique. Il conclut, de la définition de Philoxenos,\nque les signes combinés (v. g. oçzïa et XSVTY] y.a) expriment non\nplus seulement une somme d'intervalles, mais une superpo-\nsition d intervalles partageant le temps premier en subdivi-\nsions rythmiques minimes. De là, ayant transcrit à nouveau\ndes pièces déjà transcrites par Oscar Fleischer, M. Riemann\nespère démontrer qu'il faut les lire autrement. Poussant plus\nloin, il arrive à conclure que la musique ecclésiastique\ngrecque' au moins, je suppose, dans le genre papadique,\nest soumise à une mesure à quatre temps bien régulière, et\nqu il ne faut pas craindre d'allonger, de doubler, de tripler,\nou de diminuer de moitié, du quart, du huitième, dans l'in-\nterprétation pratique, la durée des caractères de la notation\nbyzantine, pour y retrouver, sous des développements divers\nd'un thème donné, la mesure en question. C'est d'ailleurs la\nmême théorie que M. Riemann soutient pour le chant ancien\nde l'église latine.\nJe ne crains pas de dire que c'est là un a priori : les faits,\nles sources, sont loin de le démontrer, et ne peuvent qu'a-\nmener à contredire formellement la théorie de Riemann.\nSans parler du terme [A£Tpo<pcovia lui-même, qui est mo-\nderne, et vise non pas une base de lecture des caractères mu-\nsicaux, mais un procédé de variation, je dirai que uaXaioï pioucnxoi\ndans le dictionnaire de Philoxenos, qui date du milieu du\nxixe siècle, ne veut dire musiciens « anciens » que par oppo-\nsition à ceux de la « nouvelle méthode » du chant réformé\npar Chrysanthe vers 1830. Les uaXaioi sont simplement les\némules et les élèves du fameux de la grande\néglise de Constantinople, Pierre de Péloponèse, mort en\n1:777, Ie principal adaptateur de la mesure occidentale\nappliquée aux formes byzantines modernes, à la place des\nanciens oûaoùXtaconservés encore par les Turcs.\nLa « métrophonie » moderne n'intéresse donc en rien le\nchant de l'ancien empire byzantin. J'ajoute que c'est peine\nperdue de vouloir l'y appliquer.\nEn effet, nous possédons plusieurs traités, encore inédits,\nde la musique byzantine, antérieurement aux infiltrations de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.95", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "la musique turque, persane, et arabe : c'est là, évidemment,\nqu'il faut chercher l'interprétation des manuscrits anciens'\nOr, ils ne contiennent rien de ce qu'a présupposé M. Riemann!\nDans les pièces classiques et traditionnelles, le temps musical,\nconformément à l'enseignement antique, reste indivisé, in-\ncomposé. Un signe diviseur du temps, le n'apparaît\nqu'au xme siècle : encore est-il très rarement Employé et\nseulement dans les nouvelles compositions des\nde l'école de Koukouzélès. Par ailleurs, les traités sont for-\nmels, caractère phonétique n'exprime qu'un son et\nun temps ; s'il faut subdiviser, on l'indique par le gorgon ;\nsil faut doubler, on ajoute la diple, et, plus tard, l'apodoma.\nM. Riemann a cru devoir négliger ces données dans les\ntranscriptions qu'il a faites des phototypies publiées par\nD. vlaisser (Hefmoi de Pâques, Rome, 1905), en particulier\nde deux pages du ms. Barberini gr. 111, 20, 112. i2r (Gaisser,\npage 87). Dans sa transcription, page 26, deuxième ligne\nde musique, M. H. Riemann, sur les syllabes yovou TspaT (des\nroocs àyôvou TepaToupyoù[xsvov), donne successivement une\nnoixe (1/4) une blanche (%>) suivie d'une coupe de la phrase\net deux croches (1/8) c'est-à-dire des durées respectivement de\n1, de 2, de une y 2) de V 4. Or, le manuscrit, 112\" cité, lignes set 6\ndonne quatre notes brèves d'égale durée ! Un peu plus loin!\nsur TC7]yrjv, le ms. porte une brève suivie d'une longue :\nM. Riemann a transcrit juste le contraire. A la ligne suivante,\nau mot XpioTou, le ms. indique le gorgon, subdivisant le\ntemps bref, pour les deux notes du groupe : M. Riemann en\na fait des temps entiers ! Etc.\n-On voit par là le danger d'une pareille théorie, et com-\nment des idees absolument « aprioristiques » ont pu égarer\net nous le déplorons un didacticien de la valeur de\nM. Hugo Riemann.\nA. GASTOUÉ.\n(Extraite de la « Byzantinische Zeitschrift »)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.6", "titre_corps": "LETTRE DE HOLLANDE", "titre_sommaire": "LETTRE DE HOLLANDE", "signature_source": "Nemo", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.96", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "LETTRE DE HOLLANDE\n\nLes trompettes de Jéricho commencent à annoncer peu à\npeu l'ouverture de la prochaine saison musicale de La Haye\npour le mois d'octobre. L'Opéra Royal Français annonce sa\nréouverture pour le premier de ce mois et nous promet comme\nnouveautés : Madame Butterfly,de Puccini, de Mas-\nsenet, Les Armaillis, de Doret, et pour les représentations de\nMme Gemma Bellincioni, Fêdora, de Giordano. Comme reprises,\nnous aurons Henri VIII,de Saint-Saëns, de de\nLara, Zaza, de Leoncavallo, et la d'Auber.\nIl y aura ensuite deux opéras néerlandais, dont l'existence\nne sera probablement pas de plus longue durée que celle de\nleurs prédécesseurs, dont aucun n'a pu se soutenir pendant\nlongtemps.\nNous aurons la bonne fortune d'applaudir ensuite les con-\ncerts donnés par la direction du d'Amsterdam,\navec l'admirable orchestre sous la direction chaude et vibrante\nde Willem Mengelberg, et les concerts beaucoup moins impor-\ntants de la Société de Digilentia avec le orchestre\nsous la direction de Henri Viotta, et les concerts annuels pour\nchœurs et orchestre, donnés par la Société pour l'Encourage-\nment de l'Art Musical, sous la direction d'Anton Verhey de\nRotterdam.\nHenri Viotta, le directeur du Conservatoire Royal de La\nHaye, vient d'être nommé Chevalier du Lion Néerlandais, et\nM. Beelearts van Bloleland, secrétaire de la Société pour l'En-\ncouragement de l'Art Musical, officier de l'Ordre d'Orange\nNassau.\nA l'occasion du vingt-huitième anniversaire de S. M. la\nReine Wilhelmine des Pays-Bas, le Dr Kundwald a donné au\nKursaal de Schéveningue un concert national, entièrement\nconsacré aux auteurs de compositions néerlandaises. Le\nprogramme se composait d'un poème symphonique Saûl\nDavid d'après un tableau de Rembrandt par Joh. Wage-\nnoor ; d'un concerto pour piano et orchestre, composé par Cari\nOberstadt, professeur de piano au Conservatoire Royal de La\nHaye, et dont la partie de piano a été exécutée par le composi-\n\n7"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.97", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "teur ; d'un concerto pour violon et orchestre, composé par Mlle\nElisabeth Kuyper, compositeur néerlandaise attachée àla\nHochschule de Berlin ; de musique de danse pour orchestre de\nKoeber et de trois Lieder de Zweers, Arnold Spael et L.-F.\nBrandts Buys, chantés par Mlle Tilly Koenen.\nLe programme était plus long que captivant et ne nous a\nsignalé aucune œuvre nouvelle bien intéressante. C est le poème\nsymphonique Saùl et David de Wagenaar qui a ete le plus fa-\nvorablement accueilli, et le pianiste Oberstadt a ete vivement\napplaudi après la belle exécution de son concerto avec orches-\ntre, un ouvrage en trois parties de forme traditionnelle. Le\nconcerto pour violon de Mlle Elisabeth Kuyper n a pas répondu\nà l'attente et n'a pu parvenir qu'à peine à un succès d estime.\nQuant à la musique de danse de Koeberg, elle a été froidement\naccueillie et la majorité du public est partie pendant l'exécu-\ntion de ce morceau. Parmi les trois Lieder, supérieurement\nchantés par notre charmante concitoyenne Mlle Tilly Koenen,\nc'est Ma langue maternelle} de L.-F. Brandts Buys, qui 3 ins-\npiré le plus grand enthousiasme.\nParmi les solistes qui vont se faire entendre aux pro-\nchains concerts de la Société de Diligentia à La Haye, il faut\nciter comme chanteuses : notre charmant contralto Julia\nCulp ; Mme Von Krauss-Osborne et Mlle Angèle Vidron ; les\nvioloncellistes Hugo Becker et Anton Hekhing ; les violonistes\nMlle Stefi Geyer, MM. Cari Flesch et Sebald ; comme pianistes\nMM. Risler et Frédéric Lamond. A l'exécution de la musique\nd'Egmont de Beethoven prendront part M. Rooyaards (dé-\nclamation) et Mme Anna Kappel (chant). Puis nous aurons\nplusieurs chefs d'orchestre étrangers de premier ordre.\nLa Société Royale d'Oratorio à Amsterdam exécutera l'hi-\nver prochain la Neuvième Symph de Beethoven ;\nde Heendel ; la Résurrection du Christ de Foch ; Ode à Vamitié\nde Johan Wagenoor et le Chant de Vincent d Indy.\nLa Société pour l'Encouragement de l'Art Musical donnera\ncomme toujours entre autres une exécution de la Passion selon\nSaint-Mathieu de J.-S. Bach.\nA la fin de septembre la célèbre Société Royale Chorale\nBelge, la Legia de Liège, donnera sous la direction de M. Jé-\nrôme deux concerts, avec le concours de M. Leopold Charlier,\nprofesseur de violon au Conservatoire de Liège, M. Mawet,"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.98", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "organiste, également professeur au Conservatoire de Liège,\net M. Salden, basse au Théâtre Royal de Liège,\npl JA ces Liega exécutera entre autres des œuvres\nde Gevaert, Radoux, Mathieu, Albert Dupuy etc.\n\nNemo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.7", "titre_corps": "SOCIETE G.-F. HÆNDEL", "titre_sommaire": "SOCIETE G.-F. HÆNDEL", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.98", "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "SOCIETE G.-F. HÆNDEL\nDirecteurs-fondateurs : MM. EUG. BORREL, FÉLIX RAUGEL.\nPrésident d'honneur : CAMILLE SAINT-SAENS.\nComité artistique et Comité GABRIEL FAURÉ,\nAL. GUILMANT, VINCENT D'INDY, CH.-M. WIDOR. C. BEL-\nLAI GUE, A. COQUARD, H- EXPERT, R. ROLLAND.\nDe toutes parts se manifeste une tendance de curiosité\nvers les origines : on retourne aux sources, on se plaît à évo-\nquer la poésie du passé. La musique n'échappe pas à ce mou-\nvement. Le moment est venu de faire connaître l'œuvre\nimmense des maîtres, qui, depuis la fin de la Renaissance\njusqu'à la deuxième moitié du xvme siècle, ont relié par une\nchaîne ininterrompue de chefs-d'œuvres la musique antique\nà l'art moderne.\nCes primitifs de Y Art de musiqusont peu ou mal connus :\nleurs œuvres ne sont presque jamais exécutées dans les con-\ncerts ; c'est un oubli regrettable à une époque où le goût de la\nmusique se développe de plus en plus. Notre ambition serait\nde combler cette lacune et de présenter au public les chefs-\nd'œuvre méconnus de ces maîtres oubliés.\nAujourd'hui la réalisation d'un tel projet est devenue,\npossible, grâce à l'immense effort accompli par des maîtres\ncomme : Saint-Saëns, Widor, Guilmant, Bourgault-Ducou-\ndray, V. d'lndy. De trop rares auditions aux grands concerts ;\ndes organisations artistiques comme : la Concordia, l'école\nNiedermeyer, les Chanteurs de Saint-Gervais, sous la direc-\ntion de Ch. Bordes, la Schola Cantorum ont peu à peu aidé à la\nvulgarisation de cet art noble et profond. La Société J.-S. Bach,\nla dernière venue en date, consacre exclusivement ses efforts"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.99", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "à l'exécution des œuvres du grand Cantor. Enfin, ces dernières\nannées, de savants musicologues comme : Michel Brenet,\nChrysander, Ecorcheville, Expert, Pirro, R. Rolland ont\nindiqué les sources, déchiffré les manuscrits, publié les\nœuvres, et mis à la disposition des artistes une bibliothèque\nmusicale des plus riches.\nToutefois, ces efforts ont tendu presque exclusivement à\nla diffusion de quelques œuvres d'un petit nombre de maîtres :\ndans le domaine de la musique vocale on s'est surtout attaché\nà Palestrina et à son écols ; dans le genre ds l'oratorio aux\ncantates et aux Passions de J.-S. Bach, à peine le Messie de\nHsendel a-t-il eu l'honneur de quelques exécutions de loin en\nloin. Bien plus le nom de Hsendel, paraît être l'objet d'un\ncertain discrédit —inexplicable selon nous, car clans cette\nimmense production, plus volumineuse peut-être que celle de\nBach, on compte nombre d'œuvres géniales aujourd'hui com-\nplètement oubliées.\nDes Maîtres qui ont vécu du milieu du xvie siècle à la fin\ndu xvine, en France, en Italie ou en Allemagne, on connaît\nseulement quelques pièces instrumentales ou vocales. Pourtant\nl'ancienne école d'orgue a pour chefs : Frescobaldi, Scheidt,\nMuffat, Pachelbel, Mattheson, Buxtehuûe, Kuhnau, ae\nGrigny, Couperin, Daquin, etc...\nLa littérature instrumentale s'impose par les œuvres admi-\nrables de : Corelli, Vivaldi, Tartini, J.-M. Leclair, D. Scarlatti,\nKirnberger...\nL'opéra, Y oratorio, la cantate ont pour créateurs des com-\npositeurs comme : Péri, Caccini, Monteverde, Carissimi,\nIcmelli, Clari, Steffani, Schiitz, Keiser, Lully, M.-A. Charpen-\ntier, Rameau, Clerambault...\nAux maîtres de ces trois grandes écoles, il faut joindre les\nnoms de : H- Purcell et W. Byrd (école anglaise), Cabezon\n(école espagnole), Sweelinck (école hollandaise).\nLes plus belles pages de ces maîtres dorment oubliées sur\nles rayons des bibliothèques. Nous pensons qu'il est néces-\nsaire de les présenter au public : c'est pourquoi nous faisons\nappel à tous ceux qui désirent nous aider dans ros efforts et\ncontribuer à répandre ainsi la connaissance de cette grande\népoque dont les manifestations sont d'un art si puissant et si\nvarié."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.100", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "Notre intention est de donner, chaque année, Salle de\nl'Union, 14, rue de Trévise,cinq concerts où figureront des\nœuvres vocales, instrumentales et chorales de tout genre, des\nmaîtres annoncés plus haut.\nPRIX DES PLACES :\nParquet(ire série) 7 fr.\nFauteuils de balcon 5 fr-\nParquet (2e série) 3 fr-\nPetit salon 2 fr.\nGalerie 1 fr.\nCes prix seront réduits pour les personnes qui s'inscriront\nà la Société au titre de membres fondateurs ou de membres\nhonoraires.\nLes membres fondateurs sont ceux qui font un don de cinq\ncents francs, au moins, à la Société ou versent une cotisation an-\nnuelle de cent francs. Ils auront droit à deux entrées par\nconcertât à quatre entrées à la répétition générale.\nLes membres honoraires sont ceux qui versent une cotisation\nannuelle de 25 francs en échange de laquelle ils ont droit à\nune place de parquet à chaque concert, et à deux entrées à\nchaque répétition générale.\nLes cotisations sont exigibles au commencement de chaque\nsaison. Les membres fondateurs et les membres honoraires\nrecevront une carte qui sera renouvelée chaque saison. Le\nprogramme des concerts leur sera envoyé gratuitement.\nLes adhésions doivent être adressées à M. Borrel, 55, rue\nJouffroy.\nLes personnes désirant faire partie du chœur sont priées\nde s'adresser àM. Borrel, 55> rue Jouffroy> Par correspon-\ndance, ou le lundi de 10 heures à midi.\nPour tous renseignements conc\n55, rue Jouffroy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.11.8", "titre_corps": "OUVRAGES REÇUS", "titre_sommaire": "OUVRAGES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.101", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "OUVRAGES REÇUS\nPaléographie musicale, vingtième année, n° 80. Feuilles U et\nV du Tonale (en transcription), feuilles 28 et 29 de l'Anti-\nphonaire de Lucques (en fac-similé). Société de St-Jean\nl'Evangéliste (Desclée et Cie, à Tournay).\nD. DE LANGE. Exposé d'une théo Fischba-\ncher, 1908, in-B°.\nD. ALALEONA. Studi sulla storia dell'oratorio musicale in\nItalia.Turin, Bocca frères (in-8° de 450 pages, L. 6).\nCompte rendu analytique de la\nbibliographie et de documentatißruxelles, Institut\nInternational de Bibliographie, in-B°.\nH. EXPERT. Premier Volume\nvaise et d'Estienne Dutertre.(Collection de Maîtres Musiciens\nde la Renaissance). Paris, Leduc, 1 vol. in-40. Livraison 23.\nLA BIBLIOFILIA, numéro de Août - Septembre (Florence,\nOlschki in-40), contient un article du Professeur Vatielli\nsur la Bibliothèque du Liceo\nPIERRE AUBRY. Cent Motets publiés\nd'après le manuscrit Ed. iv 6 de la Bibliothèque de Bam-\nberg. Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nTrois volumes in-40, Is° francs.\nLÉON AUBIN. Le Drame Lyrique, 1 vol. in-B°. Tours, impri-\nmerie P. Salmon.\nM. BRENET.— Haydn. (Collection des Maîtres de la musique).\nAlcan, in-12.\nH. LEICHTËNTRITT. Geschichte ders Motette. (Collection des\nKleine Handbuecher der Muikgeschichte). Breitkopf,\nin-8° de 452 pages. Mark 8.\nA. PRUEFER. J. H. Schein\nLied des XVIIe Jahrhunderts. (Beihefte der internatio-\nnalen Musikgesellschaft). Lpz. in-B°, Mark 3.\nL. DAURIAC. Le Musicien Wagner. Fisch-\nbacher (in-12 de 330 pages).\nA. BEYSCHLAC. Die Ornamenti Breitkopf,\n(in-40 de 270 pages. Mark 18).\nH. VEVER. Histoire de la bijou\n(Floury, in-8° jésus. Fcs 120)."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.102", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "ROMAIN ROLLAND. Jean Chris\nla Place.Paris, Ollendorf.\nMaison A. Durand et Fils, à Paris :\nLouis AUBERT. Fantaisie pour piano et orchestre.\nHélène (A. de Bengy-Puy vallée).\nRHENÉ-RATON. L'âme des iris (C. Mauclair).\nBerceuse (G. Champenois).\nHENRI BUSSER. La Colombe (H. de Régnier).\nANDRÉ CAPLET. Chanson d'automne (A. Sylvestre).\nDeux poèmes (G. Jean-Aubry).\nFRANÇOIS COUPERIN. Les se,5e, 6e, 7e et 9e\nconcerts, Revision par Paul Dukas.\nCLAUDE DEBUSSY. Children' s petite suite pour\npiano (Doctor Gradus ad Parnassum. Jimbo's lullaby.\nSerenade for the doll. The snow is dancing. The little\nshepherd. Golliwogg' s cake-walk).\nCLAUDE DEBUSSY. Trois C\npour quatre voix mixtes sans accompagnement.\nqu'il la fait bon regarder. Quand j'ay ouï le tabourin.\nHyver, vous n'estes qu'un vila\nCLAUDE DEBUSSY. Petite suite, transcrite pour 2 pianos à\n4 mains, par H. Busser.\nPAUL DUKAS. L'Apprenti Sorcier. Piano seul.\nCÉSAR FRANCK. Première F\nCantabile, transcrits pour 2 pianos à 4 mains, par Henri\nDuparc.\nC. SAINT-SAËNS. Lntroduction\nConcerto pour piano et orchestie, pour\npiano et orchestre, Troisième pour violon et or-\nchestre. Petites partitions d'orchestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.12", "titre_corps": "Le Gibet.", "titre_sommaire": "Le Gibet.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "Le Gibet.\nTel serait le titre d'une nouvelle composition pour piano de\nMaurice Ravel, dédiée au plus noir de nos critiques.\nSociété des Concerts.\nC'est à M. André Messager que passe le bâton de feu M. Marty.\nOn peut lire dans la Revue Blanche du ler juillet 1901, sous la signa-\nture de Claude Debussy, ces lignes :\n« La Société des Concerts du Con eut l'occasion dernière-\nment de nommer M. A. Messager son chef d'orchestre. Naturellement\nelle la manqua. »\nMieux vaut tard que jamais.\nChant Grégorien (Plain-Chant).\nUn cours théorique et pratique de chant grégorien s'est ouvert\ndans le quartier des Champs-Elysées sous la direction de Mme Jumelé,\nprofesseur de la Schola Cantorum.\nCe cours, destiné principalement aux personnes du monde, a pour\nbut de leur apprendre à suivre, à goûter, à accompagner, à diriger le\nchant soit dans leurs paroisses respectives, soit dans celles\ndes quartiers déshérités où leur zèle les attire, soit dans les églises des\ncampagnes où elles passent une partie de l'année.\nCette tentative nouvelle s'impose tout particulièrement à une\népoque où la restauration du chant grégorien, tant préconisé par le\nSouverain Pontife, pour la chrétienté entière, coïncide, pour nous\nFrançais, avec une crise douloureuse.\nL'Eglise se voit forcée de demander au généreux dévouement de\nses enfants une participation à la liturgie pour laquelle elle réclamait\nautrefois le concours de chantres salariés.\nLe Cours a lieu le lundi de 10 heures à n heures V 9, bis, rue de\nPonthieu (VIIIe)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 104, "image_fin": 109, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.13", "titre_corps": "L'OPÉRA", "titre_sommaire": "L'OPÉRA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.104", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "L'OPÉRA\nCroquis d'Album, par BILS.\nA musicologie n'est pas seulement la science du\npassé ; elle ne serait qu'une vaine archéologie, si\nelle négligeait le présent et l'avenir d'an art qui\nn'a jamais été plus vivant qu'aujourd'hui. Aussi\nest-ce un devoir pour une revue musicale d'ac-\ncorder le même intérêt à l'actualité qu'à l'histoire\nrétrospective, et de rassembler autour d'elle les documents\nles plus récents comme les plus anciens.\nNos lecteurs savent que nous avons à maintes reprises\njustifié ces vues, et que Y instantané du dernier événement mu-\nsical a souvent trouvé place dans nos pages à côté des exhuma-\ntions d'archives. Ils verront donc avec plaisir s'ouvrir désor-\nmais une véritable rubrique, d'iconographieque notre collabo-\nrateur M. Bils a bien voulu inaugurer par une série de croquis\nsur l'Opéra. La Direction, l'orchestre, la scène, la salle, seront\ntour à tour victimes du crayon inexorable et bienveillant ce-\npendant de notre collaborateur.\nQue ne donnerions-nous pas, pour connaître aujourd'hui\nde visu la physionomie d'une première au temps de Mont ever de,\nou la figure de Lulli dirigeant M. Bils évitera de\npareils regrets aux historiens futurs de notre Académie de\nMusique."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.108", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "Se faire inscrire chez Mme Jumel <J», 13, rue Pascal (Ve), le mercredi\nde 3 heures à 6 heures ou par correspondance.\nPrix des cours : 10 francs par mois, payable d'avance.\nVAnnuaire des Artistes (23e année), 161, rue Montmartre, Paris,\nprépare sa prochaine édition.\nLes Artistes, Professeurs, Sociétés musicales, etc., sont priés\nd'adresser leurs noms, adresses ou modifications les concernant qui\nseront insérés gratuitement.\nBerlin.\nUne dépêche privée nous apprend que Pellêas et Mêlisande a pro-\nduit en cette ville une « pure et profonde impression ».\nM ontreux.\nNotre collègue M. de Lacerda, nommé professeur honoraire à la\nSchola, vient d'être appelé à diriger l'orchestre du Kursaal de Mon-\ntreux en Suisse. Le programme de son concert d'ouverture comprenait,\nl'ouverture d'Egmont, la symphonie en sol de Mozart, ouverture du Freis-\nchûtz, Dans les Steppes de Borodine et la musique de\nLil/vC»\nLes concerts Maurice Maquet donneront le 25 décembre, le 21 fé-\nvrier et le 25 avril de grandes auditions. La première est réservée à\nFranck et à Berlioz, la seconde à Beethoven et Wagner, la troisième à\nHaydn. Nous reparlerons en leur temps de ces solennités.\nMunich.\nL'association des professeurs de chant (Lehrergesangverein) de\nMunich donnera le 25 décembre et le 18 mars deux concerts. L'un\nréservé à Richard Strauss et l'autre à Berlioz et à Liszt.\nFaculté des Sciences.\nNous sommes heureux d'apprendre que notre collègue M. Marage\na repris son cours de phonétique biologique à la Sorbonne. En voici le\nprogramme pour cet hiver :"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.109", "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "COURS THÉORIQUE\nLes samedis, à $ h.%, à VAmphithéâ\n14 novembre :\nRespiration thoracique et abdominale. Mesure de la capacité\nvitale : défauts dans la respiration : exercices respiratoires. Larynx\net laryngoscope : cordes vocales, leurs usages. Bouche et résonna-\nteurs, supra-laryngiens ; vibrations acoustiques simples et composées ;\nrôle des résonnateurs. Voyelles, leur formation, leur inscription.\nPhotographie de la voix ; usage des tracés ; l'artiste constate ses\nqualités, il voit ses défauts et les moyens d'y remédier. Consonnes ;\ndiction dans la voix parlée ; accent tonique ; pourquoi il est plus facile\nde bien parler que de bien chanter. Voix chantée ; divers registres,\nmoyen de les reconnaître par la photographie ; diction dans le chant.\nTravail développé pendant la phonation ; portée des diverses voix ;\nacoustique des salles ; comment se faire comprendre dans une salle\ndont l'acoustique est mauvaise. Oreille juste, oreille fausse, oreille\nmusicale ; centres auditifs. Diverses gammes ; instruments de\nmusique à son fixe et variable. Résumé du cours.\nTRAVAUX PRATIQUES\nLes dimanches, à 4 heures, à partir du 22 novembre :\nSérie de manipulations permettant aux professeurs et aux élèves\nde chant et de diction de se servir des appareils employés en physio-\nlogie ; exercices respiratoires , examen du larynx ; moulages de la cavité\nbuccale, inscription de la voix par la photographie ; qualités des\ndiverses voix ; différents registres ; leur détermination.\nChaque auditeur recevra un résumé\nLe nombre des places étant limité,\n14, rue Duphot, de 2 à 4 heures.\nFondation Bach.\nLa Fondation J.-S. Bach, instituée et dirigée depuis sept ans par\nl'érudit violoniste Charles Bouvet, donnera cet hiver quatre séances\ndu plus haut intérêt.\nLa première séance aura lieu salle Pleyel, le jeudi 17 décembre ; elle\nsera donnée au profit du musée créé à Eisenach dans la maison natale\ndu maître des maîtres.\nIl faut féliciter M. Ch. Bouvet de cette heureuse idée, pour la\nréalisation de laquelle il s'est assuré le concours d'artistes tels que\nMme Mellot-Joubert, de M. Alexandre Guilmant, du poète Ch. Grand-\nmougin, qui écrit spécialement pour cette circonstance une des plus\ncharmantes pièces de vers, ainsi que de MM. J. Jemain, G. Blanquart\net L. Bleuzet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1908-11-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1908-11-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1908-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.2.14", "titre_corps": "M. MESSAGER", "titre_sommaire": "M. MESSAGER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.105", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "M. 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ROCOFFORT\nIMPRESSIONS\n6, Rue de la Chaussée-d'Antin\nPARIS (IX)\nJules\nVingt suites d'Orchestre\ndu xvir siècle\nEn deux volumes ina,4« raisin\n.... . _.s- . .\n*Cetàuvragëa iti honoré d'une souscription âu Ministère de I*lnstruction publique et des Beaux-Arts\nTOME PREMIER. 100 pages de texte avec citations, 3 estampes hors-texte\nd'après Abraham BOSSE, 220 fac-similés du manuscrit de CAS SEL en\nphotogravure, un index et une bibliographie.\nTOME SECOND. Vingt suites d'orchestre à quatre et cinq parties formant\n300 pages de musique in-40 raisin avec une adaptation pour le piano.\nLes 2 Volumes : 25 Francs (1)\nDU MEME AUTEUR\nh'ESTBÉTIQUE mUSICfIIaE\nDE hUbhl fl RfHDEfIU (mo-mo)\nUn volume in-40 couronne, de 200 pages de texte avec table bibliographique\nPrix s 5 Francs <*>\nDU MEME AUTEUR\nCORNEILLE ET LA MUSIQUE\nPlaquette de 24 pages (avec hors-texte et fac-similé).\n.. . . . ' ■ •\nPrix : 5 Francs (3)\nmm\nVIENT DE PARAITRE : H. DE CURZON\n' —■ uni ■■mi m M—-nm lIHMHI ~vmm ui I 'II Ilin M«M ./.•\nh'É\\7ofaUTlon L9RIQUE au TSÉATRE\nDANS LES DIFFÉRENTS PAYS\nTABLEAU CHRONOLOGIQUE\n= Prix s 3 francs (4) =\n(x) Envol franco contre un mandat de 25 francs pour Vingt Suites d'Orchestres.\n(a) ■ —» S l'Esthétique.\n(3) 5 Corneille et la Musique.\n(4) 3 L'Evolution lyrique."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.1", "texte": "ANNEE\nN® 11\n15 Novembre 1908\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA\nmmmm SH «HH hk\n.\nÎSOCIÊTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\ntéléphone\nI 2 2 2-65\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION\n6, CHAUSSÉE O'ANTIN, PARIS\nFrance. Un an, 10 fr.\nEyrahosk. 15 »\nLe Numéro ... 1 »\nParaissant le 15 de ohtqae mois.\n\nDANS CE NUMÉRO\nSOUVENIRS DE CLARA • SCHÙMAtfN, par CARMEN SYLVA a FRESCOBALDI, par ANDRE\nPIRRO aLA VIIe SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER, par WILLIAM RITTER\nPOESIE ET MUSIQUE, par LOUIS THOMAS a UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE\nMARINE, par J.-B. PRIN (publié par LEON WALL AS) LE MOIS NOS ECHOS fi\nA VOPÉRA, Croquis d'Album, par BILS\n* M A IN ■ '- :r"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.2", "texte": "SilSpsdl\nte\nC.=A. 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Ma belle et jeune mère,\nà peine âgée de vingt-sept ans et qui, depuis et encore pour\ndes années, était condamnée au fauteuil roulant et à de\ngrandes souffrances, fut coquettement habillée et roulée dans la\nsalle de concert. Je ne sais plus si je marchais à côté d'elle,\ncar j'ai le sentiment d'avoir volé et non marché. Mon premier\nconcert !...\nMaintenant, nous entrons dans la grande salle remplie de\nspectateurs. Je n'aperçus personne, car je regardais seulement\nla scène et le piano. Nous étions assises si loin, à droite, que\nje n'aurais aperçu que la queue du piano si ma mère ne m'avait\npermis de me mettre entre les deux rangées de sièges, d'où je\npouvais voir le clavier.\nJe ne fus qu'yeux et nervosité tremblante. Elle entre et se\nmet vivement au piano. Elle était vêtue d'une robe de velours\nnoir, la chevelure noire simplement relevée, nullement tom-\nbante sur les oreilles, comme c'était la mode alors, mais un peu\népaisse, forte et frisée, ornée d'une seule rose d'un rouge foncé,\n\n(i) Notre collaborateur M. G. de Dubor a bien voulu nous communiquer ce\nchapitre d'un livre de la Reine de Roumanie (en littérature Carmen Sylva), qui\nparaît en ce moment sous le titre de \" Mein Penatenwinkel et dont l'intérêt\nhistorique vient d'être signalé par les Annales politiques et littéraires. (H Minjon,\néditeur à Francfort)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.4", "texte": "1120\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nplacée un peu plus bas que l'oreille. Il y avait quelque chose de\nsi harmonieux dans sa personne que j'eus l'impression que la\nrobe était aussi rouge que la fleur. Les mains étaient petites,\nfermes et potelées, le jeu rond, fort, sain, presque mâle. Ce\njeu reste pour toujours dans mes oreilles ; mais, ce qui reste\ndans mon cœur, c'est son regard.\nUn peu penchée, s'approchant du clavier comme si elle vou-\nlait mieux entendre et être toute seule avec son piano loin des\nhommes, elle ne regardait point ; mais j'ai vu des yeux mer-\nveilleux, tristes comme la mort. Je ne pouvais plus écouter\nà cause de ses yeux si terriblement tristes, et je me demandais\ncomment on pouvait être si triste quand on avait le bonheur\nde jouer de façon si divine.\nPersonne ne me dit alors que son mari avait une maladie\nmentale et que ses dix enfants devaient être nourris de ses\ndix doigts. Je ne pensais pas qu'elle pût être pauvre, car elle\nportait une robe de velours.\nJe ne pouvais non plus me figurer qu'elle pût être artiste\net pauvre. Je m'imaginais qu'une artiste avait des millions\nà jeter. A cet âge, la réalité est un conte et le conte une réalité !\nOn est Robinson ou Aladin, et plus fréquemment Robinson\nqu'Aladin. On est encore insensible aux trésors de ce monde ;\nmais mon cœur était très sensible aux yeux tristes, car je ne\nconnaissais que trop bien la tristesse et le chagrin.\nMa mère ne quittait guère le fauteuil roulant ; mon petit\nfrère était aussi un martyr et mon père était phtisique. Tant\nde douleurs ouvrent les yeux des enfants, pour la douleur des\nautres. Mais, comme j'étais seulement une enfant rêveuse et\nnon une indiscrète, je gardai pour moi mes impressions et\nn'appris rien de la destinée tragique de Clara.\nSchumann m'était encore tout à fait inconnu,, sinon par\nquelques Kinderstuecke ; mais je ne voulais pas de morceaux\npour enfants. Je voulais du Beethoven !\nJe ne la revis qu'à Saint-Pétersbourg, à l'âge de vingt ans.\nJe relevais d'une fièvre typhoïde et j'étais encore si faible que je\npouvais à peine me tenir sur mes jambes. Je venais de recevoir\nla triste nouvelle de la mort de mon père. J'étais atterrée et"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.5", "texte": "SOUVENIRS DE CLARA SCHUMANN\n1121\n%\n\nje pensais que la joie de la vie était à jamais finie pour moi.\nC'est à ce moment que Clara Schumann vint à Saint-Pé-\ntersbourg avec sa fille Marie. La grande duchesse Hélène, la\nbonne amie et protectrice des artistes, lui offrit immédiatement\nson palais pour demeure. A ma joie indescriptible, elle y vint\npour sept semaines et habita juste au-dessus de moi. Sa pré-\nsence me fut une grande consolation. Elle me faisait dire\nquand elle devait étudier ; je me tramais alors auprès d'elle ;\nje me blottissais dans un coin un peu éloigné et l'écoutais\npresque sans respirer.\nBientôt, la grande-duchesse me fit prendre des leçons de\nClara et ces leçons furent très belles. J'étais encore trop faible\npour bien jouer ; mais elle me trouva des scènes d'enfant, de\nSchumann, pour lesquelles mes forces suffisaient, et c'est ainsi\nque commencèrent ces leçons, qui devaient être d'une grande\nimportance pour ma vie, car cette femme superbe et respectable\nne trouva pas de meilleure consolation à mon chagrin que de me\nraconter sa propre vie. Et j'eus honte de me montrer si malheu-\nreuse en présence des douleurs que peut offrir la vie.\nVoici son récit :\nMon père et ma mère étaient divorcés. J'aimais passion-\nnément ma mère. Mon père s'était remarié et ma belle-mère\nn'était pas bonne pour moi. J'avais quatorze ans lorsque\nSchumann vint chez nous. Nous tombâmes amoureux l'un de\nl'autre et nous nous fiançâmes en secret. Il avait dix-huit ans\net moi quatorze. Nous n'en dîmes rien à mon rigide père, car\nil avait d'autres projets sur moi.\nElle avait sur les lèvres un fin sourire et ses yeux brillaient\npendant qu'elle me parlait de l'amour de sa jeunesse :\nLorsque mon mari fat âgé de vingt-deux ans et moi de\ndix-huit, je me présentai entre mon père et lui devant le juge.\nSchumann avait prouvé qu'il était majeur et parfaitement\ncapable de nourrir ane famille. Mais mon père lui avait répondu\npar une lettre dans laquelle se trouvaient dix-huit insultes et\nc'est pour ce motif que mon fiancé le fit citer devant le tribunal.\nC'est ainsi que je me trouvai entre les deux devant le juge,\nqui reconnut mon droit d'appartenir à mon fiancé."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.6", "texte": "1122\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n« Mon père était fort emporté ; il avait toujours dit :\n« Ma fille lie doit pas épouser un vulgaire musicien\nUn comte ou un prince ne sont pas encore assez bons pour elle.\n« Il me chassa de la maison sans vêtements et sans linge.\nMa belle-mère me retira du doigt une petite bague que je tenais\nde ma mère et la donna à sa fille. C'est ainsi que je fus déshé-\nritée. Je partis donc avec mon mari ; mais ce fut le ciel, pendant\ndix années, le ciel !\n« Les enfants vinrent vite. D'abord, nous ne nous aperçûmes\npoint que notre aîné n'était pas comme les autres, jusqu'au\njour où les autres eussent grandi. C'était une grande souffrance\npour nous de voir qu'il ne serait jamais capable de gagner son\npain ; mais nous étions si heureux que cette souffrance même\nne pouvait obscurcir notre ciel. Quant à mon père, je n'enten-\ndais plus parler de lui ; j'étais pour ainsi dire morte pour lui.\n« Je ne vivais que pour mon mari. Je suivais chaque mou-\nvement de son esprit, si bien que le jour où son intelligence\ncommença à se troubler, je crus devenir folle comme lui. Je\nvoulais le suivre dans cette nouvelle phase de sa vie et ne\ncomprenais point où elle conduisait. Il était mon dieu.\n« Mais, une nuit, il me réveilla et me dit :\n« Lève-toi et sors un instant, je te prie.\n« Quand je rentrai, je lui demandai pourquoi il m'avait\nfait sortir.\n« Je craignais, me dit-il, de te faire du mal.\n« C'est à cette époque qu'il entendit constamment un air\ns'adaptant à une mélodie et le nota. Ensuite, il alla sur les\nbords du Rhin et il ne me fut pas permis de le revoir. Il me\nfaisait demander pardon de ne pouvoir agir autrement, m'assu-\nrant que c'était pour nous épargner de plus grands chagrins.\n« Me voilà toute seule avec un homme fou et dix enfants,\nsans un denier. Mon père ne m'écrivait pas de peur que je ne lui\ndemandasse de l'argent. Mes amis organisèrent alors une quête\net je commençai de suite à voyager et à donner des concerts.\nJe laissai mon mari, pendant trois années, chez un médecin de\nBonn et, malgré toutes mes tentatives, je ne pus obtenir la\nfaveur de le voir.\n« Un jour, je devais justement jouer à Londres, dans un\nconcert, quand je reçus une lettre me disant que mon mari\nn'avait plus que quelques jours à vivr% qu'il était moribond"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.7", "texte": "SOUVENIRS DE CLARA SCHUMANN\n1123\n\net que je devais venir. Et, dans cette situation, je dus donner\nmon concert. Les gens affirment que j'ai particulièrement bien\njoué ce soir-là ; mais je n'ai rien entendu et je ne sais même\nplus si j'ai joué et ce que j'ai joué. Je sais seulement que toute\nla salle nageait devant mes yeux et que tout semblait tourner\nautour de moi. Immédiatement après le concert, je me mis\nen route pour Bonn.\n« De nouveau on me refusa l'entrée ; mais je protestai et\ndis :\n« Puisqu'il doit mourir, ma présence ne peut lui nuire.\nJe veux entrer.\n« Je l'aurais à peine reconnu, sauf seulement ses yeux\nadmirables, qui étaient fixés sur moi et qui rayonnèrent subi-\ntement.\n« Ma chérie ! s'écria-t-il, étendant vers moi ses bras.\n« Il ne voulait rien manger, prétendant qu'on voulait l'em-\npoisonner. De moi seule, il accepta un peu de nourriture et\nsuivait des yeux tous mes mouvements. Je fus presque heu-\nreuse, dans ma terrible souffrance, de sentir, une fois encore,\nson grand amour.\n« Puis, il mourut. Et moi, toute seule sur la terre avec tous\nmes petits enfants à nourrir! C'était dur. »\nElle parlait avec simplicité, et toujours de lui, comme si\nla vie avait cessé depuis après lui. Tout ce qui s'était passé\ndepuis, elle n'en disait presque rien. C'était toujours lui ! Elle\nétait ce que doit être une vraie veuve : le mausolée vivant de\nson mari. Une fois elle me raconta, toute hors d'elle-même,\nqu'une dame lui avait demandé, dans une soirée, si son mari\naussi était pianiste. « La pauvre ! » m'écriai-je. Et elle ne put\ns'empêcher de sourire. Je me rappelle encore qu'elle me faisait\njouer le morceau intitulé Glucks\ndans une sonorité tout à fait douce. Un bonheur plein de lui-\nmême et rassasié. Et comme je me récriais, ne comprenant pas\nelle plongea son regard dans le mien, comme pour me dire :\n« Cela prouve que j'ai eu plus de bonheur que vous encore,\ncar moi je comprends. »\nAu mois de mai nous allâmes à Moscou, et je l'entendis jouer"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.8", "texte": "1124\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\navec Nicolas Rubinstein les Variations de Schumann pour\n2 pianos. Nicolas Rubinstein jouait en perfection, avec finesse,\ngravité et profondeur, mais n'avait pas le tempérament démo-\nniaque de son frère. Pour ces V à deux pianos, cela\nvalait mieux ainsi.\nJe ne revis plus Clara Schumann pendant plusieurs années,\njusqu'en 1869, où ma mère m'emmena à Cologne pour assister\nà un concert de Clara et de Stockhausen. Je passai toute la\nmatinée à la répétition générale. Mais Mme Schumann\nn'était pas à son aise. Elle s'était pris le quatrième doigt de la\nmain droite dans la clef d'un tiroir, et ne put jouer. Brahms\nla remplaça ; je l'entendis ainsi que Stockhausen. Ce fut une\nadmirable répétition. Toutefois ma mère me parut nerveuse,\net je fus un peu choquée de ne pas la voir s'abandonner\ntout à fait à cette musique divine. Elle voulut même quitter\nle Guerzenich avant la fin. Puis, nous allâmes dans la Flora,\noù nous déjeunâmes.\nPendant que nous étions dans la Flora, passèrent devant\nnous quelques messieurs et l'un d'eux s'assit à une table, tout\nprès de la nôtre, demanda une tasse de thé et me fixa constam-\nment au point que je fus obligée, en femme bien élevée, de lui\ntourner doucement le dos. Lorsque nous nous levâmes, ces\nmessieurs vinrent à nous et nous reconnûmes M. de Werner,\nque nous avions vu à Dusseldorf, chez le prince de Hohenzol-\nlern. Il présenta à ma mère le jeune prince de Roumanie et son\nreprésentant à Paris, M. Strat. Dans ce dernier, je reconnus\nl'homme qui venait de me fixer.\nJ'étais très contente de revoir le jeune prince, que j'avais vu\ntrès souvent pendant mon séjour à Berlin, il y avait huit ans,\nbien qu'il n'eût pas réussi, comme on dit dans les contes, àme\nretenir quand, marchant derrière la reine, je glissai et tombai\nsur une marche. Je me relevai aussitôt, car je ne me laissais\npas alors aider par des jeunes gens ou toucher par eux. J'étais\nindépendante jusqu'à l'extrême et tout à fait indomptable.\nJe m'intéressais beaucoup à ce jeune prince, dont je trouvais\nles actes téméraires et dont la pensée de se sacrifier pour un\npeuple jeune fut chevaleresque et noble...\n... Nous nous fîmes conduire chez Mme Schumann, que je\ntenais absolument à voir chez elle ; car au concert ce n'était\npas suffisant. Je m'assis aussitôt à ses pieds, sa main dans la"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.9", "texte": "SOUVENIRS DE CLARA SCHUMANN\n1125\n\nmienne. Ainsi, par terre je pouvais mieux regarder ses yeux\nadmirables et bons. Elle se mit alors à raconter à ma mère\ncombien elle était malheureuse. Elle venait de marier sa fille\nà un comte italien, et ne pouvait se faire à cette séparation.\n« Enfin, n'est-ce pas terrible ! On élève un enfant, on le choie,\non l'aime comme sa propre vie, on se sacrifie pour lui, et le\npremier étranger venu le prend et l'emporte... » Ma mère eut\nun air bien étrange en entendant ces mots de Mme Schumann !\nEnfin, nous dûmes partir, car il était l'heure de s'habiller\npour le concert. Je me préparai à la hâte et mis une robe toute\nneuve et très belle, an jupon bleu et, dessus, une très jolie\nrobe en soie blanche avec de petites fleurs, décolletée en carré.\nJe me figurais n'avoir jamais vu une chose aussi jolie.\nPendant que je faisais ma toilette, le prince de Roumanie\nse fit annoncer et resta. Et j'étais si impatiente que j'avais\ndéjà boutonné mes gants. Enfin, il part ! Je me précipite dans\nla pièce.\nMais, maman, allais-je dire, tu n'es pas encore habillée ?\nUne expression singulière sur la figure de ma mère fit\nmourir le mot sur mes lèvres. Elle commença à marcher dans\nla pièce et me dit :\nLe prince de Roumanie vient de me quitter et m'a de-\nmandé ta main.\nJe faisais une figure si déçue, mais si déçue, que ma mère\ns'attendait déjà à entendre le « non » habituel, que je répondais\nà tous les prétendants ; mais je dis simplement :\nDéjà !\nAprès un quart d'heure de réflexion, je dis :\nQu'il vienne, lui me convient !\nMa mère écrivit deux mots à Mme Schumann pour lui\ndire de ne plus compter sur nous parce que je venais de me\nfiancer.\nQuand il fut entré dans la chambre, on me fit appeler ;\nmais, en ouvrant la porte, je dus me tenir au bouton de la porte\npour ne pas tomber. Je '.marchai, ensuite, résolument vers lui\net lui tendis la main, qu'il baisa, mes lèvres effleurèrent ses\ncheveux. Et il paraît que j'aurais dit : « Cela me rend fière et\nhumble à la fois. »\nIl ne resta qu'une heure et demie, car il venait de Paris,\noù il devait retourner le soir même."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.10", "texte": "1126\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nTant qu'il fut là, qu'il me parla de ses devoirs, de la gran-\ndeur de sa mission, des difficultés de celle-ci, tout alla bien ;\nj'étais remplie d'enthousiasme. J'acceptais tout ce qu'il me\ndemandait. Le travail étant pour moi la chose supérieure au\nmonde, je n'en avais jamais assez. Mais, après son départ,\nvint une nuit terrible ; une véritable angoisse m'envahit...\nIl m'avait donné une photographie sur laquelle il avait\nl'air sombre et que je ne pouvais regarder sans frayeur. Je\npensais :\nS'il doit me regarder ainsi, je mourrai.\nJ'étais déjà fiancée depuis quatre semaines et je ne pouvais\nl'écouter sans trembler et sans claquer des dents. Devant l'autel\nseulement, je fus tout à fait tranquille et je m'apaisai.\nJamais plus je ne revis Clara Schumann. Pendant dix ans,\nje ne fus presque jamais dans la maison paternelle. Mais je\nlui élevai un autel dans mon cœur silencieux ; je n'y conduisis\njamais personne et lui vouai une admiration sans bornes\nDeux jours après mon mariage, mon frère avait arrangé\nun très joli concert. Mais, hélas ! elle n'y put venir. C'était un\nquatuor de Cologne, avec le concours de mon honoré maître\nKonigslow, Mlle Schreck, de Bonn, excellente chanteuse,\net un chœur de jeunes filles, mes compagnes d'enfance, de\nNeuwied, qui chantaient : Tu es Je ne pou-\nvais retenir mes larmes.\nEnsuite, je partis ; j'allai loin, très loin dans le monde, sur\nun trône solitaire, dans le moulin du dur travail, puis, je\ndevins mère, et puis !... Ce fut la nuit pour moi sur la terre\net plus jamais le jour!\n\nCarmen Sylva."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.11", "texte": "FRESCOBALDI\nET LES MUSICIENS DE LA FRANCE ET DES PAYS-BAS\n\nL y a trois cents ans que la première œuvre de\nFrescobaldi fut éditée, à Anvers. Au moment où\nl'on rappelle, par des fêtes, le souvenir de cette\npublication, l'occasion eût été bonne de donner\nune étude, longuement traitée, sur les rapports\nde Frescobaldi avec les artistes des Pays-Bas,\npuisqu'il vécut pendant quelque temps en leurs provinces.\nJe n'ai pas l'ambition de remplacer une telle étude, qui doit\nêtre ample et approfondie, en présentant, ici, quelques rensei-\ngnements au sujet du maître italien, et de quelques musiciens\nde France et des Flandres, qui purent lui être connus et\nl'inspirer, ou bien qui l'admirèrent et l'imitèrent.\nA Ferrare, où Frescobaldi naquit en 1587 (1), les composi-\nteurs de l'école dite « franco-flamande » avaient été en renom,\ndepuis longtemps. Hobrecht y était mort en 1505 et, la même\nannée, le duc Alphonse lerIer y avait appelé Brumel. Il n'est pas\ninvraisemblable que Josquin de Près ait, plus tôt encore,\nséjourné à la cour d'Hercule, duc de Ferrare, qui lui com-\n\n(1) M. F.-X. Haberl a, le premier, donné ces dates (Kirchenmusikalisches\nJahrbuch, Ratisbonne, Pustet, 1887). Voyez aussi, du même auteur, la préface\naux œuvres choisies de Frescobaldi, publiées en 1889 (Collectio Musices organicae,\netc., Leipzig, Breitkopf et Hârtel)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.12", "texte": "1128\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nmanda le Miserere à cinq voix 1. IV,\n1519, n° 7), et fut le patron de la messe\n(Liber secundus, 1503, n° 2). Quelques thèmes de Josquin\nreparaissent chez Ftescobaldi.\nLe début de ce motet, que je prends chez Henricus Glarea-\nnus (1), se retrouve dans la basse des premières mesures du\nRecercar sesto sopra fa, fa, sol, dans\nCapricci, Canzon francese e recercari (Venise, 1628, p. 125).\nLe même livre contient (p.,34) un\nfa, re, mi ; c'est le sujet d'une messe de Josquin\n1502) (2).\nDans // Lauro secco, recueil de madrigaux à cinq voix,\npublié à Ferrare, par Vittorio Baldini, en 1582 (3), se ren-\ncontrent des pièces d'auteurs étrangers à l'ltalie. Le madrigal\nGoditi (31) est de Giovanni di Macque, qui, après avoir vécu\nà Rome, fut organiste du vice-roi de Naples. Nous connaissons\n\n(1) Glareani AÉ2AEKAXOPAON, Basileae, 1547. L. 111, p. 358 (hypoionici\nquartum exemplum).\n(2) D'après la copie de cette messe qui est à la Bibl. du Conservatoire,\n(N° 8434).\n(3) Bibl. Nat. Rés. Vm 7 604 (le canto seulement). Ce recueil contient un\nmadrigal de Luzzasco Luzzaschi, le maître de Frescobaldi (8)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.13", "texte": "H. FRESCOBALDI"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.14", "texte": "Toccate e fiartite.\nd. intavolatura di cimbalo di GEROLAMO FRESCGBALDI, organista in S. Pietro dißoma\nLibro prinio, éd. 22 déc. 1614. In Roma appresso Nicolo Borboni."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.15", "texte": "FRESCOBALDI\n1129\n\nquatre Canzoni alla Francesede sa composition : elles sont\ndonnées par Johann Woltz, dans la troisième partie de sa\nNova mvsices organicae tabvlatvra (1617), sous les nO3 11,\n12, 13 et 14 (1). Voici les motifs de ces\nXe thème de la dernière de ces pièces (IV) a de l'analogie avec\nle thème du Canto primo,dans la du\nLibro clelle Canzoni a vna, dve,tre, de Frescobaldi,\npublié en 1628, à Rome, par Bartolomeo Grassi (2) :\nNicolo Peruve (Pervè), qui, si l'on en croit Fétis, était de\nLyon (?), et qui, d'après Pitoni, fut maître de chapelle de\nSainte-Marie-Majeure, de 1581 à 1587 (3), a fait aussi un des\nmadrigaux du recueil II Lauro secco (21) :\nNous trouvons encore, dans le même livre (10), une pièce\nd'Alessandro Mille ville :\n\n(1) Bibliothèque du Conservatoire, N° 20209 (Réserve).\n(2) P. 22 (exemplaire appartenant à M. Ecorcheville).\n(3) Notizia de' Contrappuntisti e Compositori di Musica degli anni delV era\nchristiana 1.000 fino al 1700. (Bibl, Nat. ms. nouv. acq. fr. 266, p. 29).\n2"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.16", "texte": "1130\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nCe musicien était d'origine française. Dans un compte de\nl'année 1532, est cité Mathieu de Milleville, organiste, à Paris,\nde « M. le marquis », fils aîné du duc de Lorraine (1). Ales-\nsandro vécut à Ferrare ; il était en faveur près des princes\nd'Esté, et comptait parmi les plus fameux organistes de son\ntemps, écrit Marc Antonio Guarini (2) ; Antonio Libanori le\nloue pour son doux chant et pour son jeu suave (3) ; Ercole\nPasquini, le prédécesseur de Frescobaldi à Saint-Pierre de\nRome, fut son élève (4) ; il mourut le 7 septembre 1589, âgé\nde 68 ans (5). Un de ses madrigaux figure dans II Lavro\nver de (6), publié deux ans après sa mort :\nUn souvenir du psautier français du xvie siècle apparaît\naussi chez Frescobaldi. Le Rec dans II\nlïbro di Caftricci, Canzon francese,\nversi soggetti et arie in partitura(l62B, p. 119),!? commence\nainsi :\nOn peut comparer ce motif avec le chant qui accompagne\n\n(1) Archives de la Meurthe-et-Moselle,B 1052. Compte de Jacques du Boys-\ngaultier, argentier du marquis de Pont-à-Mousson (François, qui devint le duc\nFrançois ler),Ier), pendant l'année 1532 que « iceluy seigneur a été résidant en cour\nde France ».\n(2) Compendio historico delV Origine,\ne Luoghi Pij délia Citta, e Diocesi di FerraraFerrare, 1621 (Bibl. Nat. K 2898).\n(3) Ferrara d'oro imbrvnito Parte terza, Ferrare, 1674, p. 17. (Bibl. Nat.\nK 184).\n(4) Guarini, op. cit., p. 247.\n(5) Agostino Superbi, Apparato de gli Hvomini illvstri délia Città di Fer-\nrara, 1620, p. 130 (parte terza). Bibl. Nat. K 2913.\n(6) Exempl. incomplet à la Bibl. Nat. (Rés. Via? 605). Partition datée de\n1615 à la Bibl. du Conservatoire (27732)."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.17", "texte": "FRESCOBALDI\n1131\n\nles paroles du psaume XCVIII, dans les 150 psaumes de Claude\nGoudimel (1580) (1) :\nConsidéré dans sa patrie comme une sorte d'enfant pro-\ndige, Frescobaldi, nous apprend Agostino Superbi dans un\nouvrage qui paraît en 1620, «\ndiede gransaggio di lui molt' ann(2) ». L'année de son départ\nn'est point fixée, et l'on ne connaît pas son itinéraire. Si l'on\nen croit E. Vander Straeten, un certain Jérôme Frescobaldi,\nmarchand florentin, vivait à Bruges dès la fin du xve siècle (3) ;\nle jeune musicien fut peut-être attiré dans les Pays-Bas par\nquelqu'un de ses parents (4). Pour Fétis, Frescobaldi séjourna\nà Malines. Il écrit : « L'abbé Quadrio ... dit que Frescobaldi...\nse rendit dans les Pays-Bas, où il séjourna pendant plusieurs\nannées. J'ai trouvé, en effet, par de nouvelles recherches,\nqu'il était à Malines, en 1607, où il remplit les fonctions\nd'organiste de la cathédrale de Saint-Rombault » (5). Nous savons\nd'autre part que Guido Bentivoglio, né à Ferrare, en 1579,\npartit pour la Flandre en 1607, comme nonce du pape. C'est\nà ce prélat que Frescobaldi dédia sa première œuvre, Il primo\nlibro di Madrigali a cinque voci,par une épître datée d'Anvers,\nle 10 juin 1608. Peut-être l'avait-il suivi dans son voyage :\nle jeune archevêque de Rhodes avait traversé la Suisse, en\nétait sorti par Bâle, avait gagné Nancy, et était arrivé à\n\n(1) Publié par M. H. Expert, dans les Maîtres Musiciens de la Renaissance\nfrançaise (IVe fascicule, 1896, p. 87).\n(2) Apparaio de gli Hvomini illvstri délia Città di Ferrara, in quali Lettere,\net in altre nobili Virtù fiorinono, Ferrare, 1620, 3e partie, p. 133.\n(3) La musique aux Pays-Bas avant le xixe, siècle VI, 1882, p. 503 et p. 562.\n(4) n y eut aussi en France des Frescobaldi, dont le nom devint Fré-\nquembault.\n(5) Notice biographique de Jérôme Frescobaldi (Le Trésor des Pianistes, de\nFarrenc, 13e livr. 1868)."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.18", "texte": "1132\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nBruxelles pendant l'été de 1607 (1). A Bâle, vivait, depuis\n1576, un organiste né à Tournay en 1554, Samuel Mareschall,\nqui a laissé plusieurs livres de tablature (2). A Nancy, où le\nnonce fut reçu avec beaucoup d'honneurs et de bonté, par le\nduc de Lorraine, Charles 111, on ne peut guère citer que les\nChaveneau (3).\nPierre Philipps (4) et Pierre Cornet (5) étaient alors orga-\nnistes au service de l'archiduc Albert, à Bruxelles. A Anvers\nmême, vivait le maître de tant d'organistes allemands, Jan\nPieterszon Sweelinck (6). Frescobaldi put gagner en technique\ns'il étudia les œuvres de Sweelinck : de Philipps, il considéra\nsurtout, sans doute, les variations et les pièces ornées. Si l'on\ncompare, d'ailleurs, ce que Salomon de Caus nous commu-\nnique du madrigal « Che fera fed d'Alessandro Striggio,\nmis en tablature par Pierre Philippe (7) », avec le madrigal\nAncidetemi purd'Arcadelt « passaggiato », que Frescobaldi\ndonne à la page 37 d'il secondo\nVersi d'hinni, etc. (8), on juge bientôt que Frescobaldi sait\ntirer de la pièce même qu'il orne les « passages » dont il la\n\n(1) Opere del Cardinal Bentivoglio, Paris, 1645, p. 589.\n(2) Sur Samuel Mareschall, voyez la Geschichte der Klaviermusik de M. Seif-\nfert, I, p. 92 (1899). Cet organiste est cité en 1620, dans les comptes du chapitre\nde Saint-Maimbœuf de Montbéliard (Archives du Doubs, G. 1535). En 1612-1613,\non mentionne un certain Hans Christopti Marschal, de Bâle, faiseur d'orgues\n(Ibid., G. 1634).\n(3) On trouve à la Bibl. Nat. (ms. fr. 19099) un Traité de musique de\nLouis Chaveneau, «violon du duc de Lorraine ». Un Louis Chaveneau, «joueur\nde cornemuse» du duc, est cité dans les comptes du duché de Lorraine (Arch.\nde la Meurthe-et-Moselle, B 1308, B 2947,. B 534i> B 2063), de 1607 à 1619.\n(4) Pour tous ces maîtres, je renvoie à l'excellente Geschichte der Klavier-\nmusik de M. Seiffert, ouvrage déjà signalé. Philipps est nommé dans les comptes\nde l'archiduc qui gouvernait les Pays-Bas (Archives du Nord, B. 2884, année\n1616. —B. 2907, 1620). Il est aussi mentionné dans les actes du chapitre de Be-\nsançon, en 1626, au sujet d'un facteur d'orgues de Bruxelles, qui postulait\npour refaire l'orgue (22 mai, ler juillet, 19 août. Arch. du Doubs, G. 202). A la\nbibl. de Versailles, se trouvent les Rossignols spirituels (1616) dont il fit l'accom-\npagnement (M. S. B. I, in-12.) L'exemplaire est incomplet.\n(5) Voyez les Archives du Nord, B. 2901 (1619), fol. 290 a.\n(6) Cf. l'ouvr. de M. Seiffert.\n(7) Les raisons des forces mouvantes, Francfort 1615. (Bibl. Nat. V. 2446).\nIl y a aussi des compositions de Philipps dans Y Institution harmonique de S. de\nCaus (1615).\n(8) La pièce d'Archadelt et la transcription de Frescobaldi sont données\nà la suite de cet article. Le madrigal d'Archadelt se trouve à la Bibl. du Conserv.\n(Cinquanta et sei Madrigali a qvattro voci dello eccellente mvsico Giaches Arcadelt.\nVenise, 1547. Rés. 24418)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.19", "texte": "FRESCOBALDI\n1133\n\nfleurit, tandis que Philipps ne fait que surcharger de fioritures\ncommunes la composition de Striggio. Chez Sweelinck et chez\nCornet, il pouvait aussi trouver l'esquisse de son Capriccio\nsopra ut, re, mi, fa, sol, la (i° Libr p. i) (i). Mais\nil est vraisemblable qu'il en avait pris déjà l'idée chez les plus\nanciens maîtres flamands : Brumel avait donné une messe sur\nl'hexacorde dans le Liber quindec de 1516 ; et\nJacobus de Kèrle avait employé le même motif, montant ou\ndescendant, dans l'une de ses messes imprimées en 1582.\nC'est encore aux vieux maîtres néerlandais, à leurs arti-\nfices, que Frescobaldi nous fait penser, quand il no as propose\ndes énigmes musicales : une quint à introduire\ndans tel Recercar (2), ou dans tel Capriccio (3).\nD'Anvers, Frescobaldi se rendit en toute hâte à Milan :\nil s'y trouvait déjà le 29 juillet 1608 (1). S'il suivit, au retour,\nle même chemin qu'avait pris Gui do Bentivoglio pour aller\nd'ltalie en Flandre, il ne franchit jamais les limites de la France,\ntelle qu'elle était alors bornée. Il semble que les musiciens\nfrançais ne connurent ses œuvres que fort tard. Dans son\nHarmonie universelle,à la vérité, au livre VII des instruments\n(P* 65), Mersenne le cite, mais en avouant qu'il ne sait rien\nde lui : « Quant aux éloges d'Adrian le Vieillard (Willaert),\ndont les œuvres ont en partie servy d'idée à du Caurroy, et\nà ceux des autres compositeurs, tant d'Allemagne et des Pays-\nBas, comme de l'ltalie, entre lesquels on met Lucas Marenzio\nFresco-Baldi, Claude Monteverde, et plusieurs autres j'en\nlaisse le soin à ceux qui les ont connus. » Le plus grand orga-\nniste de France, au commencement du xvii® siècle, Jean Tite-\nlouze, qui mourut en 1633, ne témoigne point, par ses œuvres,\nqu'il ait étudié de près le maître italien. Cependant, nous\n\n(1) Cf. Touvr. cité de M. Seifiert, p. 114.\n(2) Fiori musicali, N° 45.\n(3) Il primo libro di Capricci, 1628, p. 77.\n(1 ) Musikerbriefe ans fùnf Jahrhunderten, publ. par La Mara, i®rvol. (1886),\np. 63."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.20", "texte": "1134\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntrouvons, dans ses versets pour le Magnificat (1626), une pièce\n(second Deposuit potentes duIer ton) qui commence ainsi (1) :\net Frescobaldi écrit, dans son (2) :\nIl serait toutefois imprudent de conclure, de cette res-\nsemblance, que l'organiste de Rouen a emprunté le motif\nqu'il traite à Frescobaldi ; on se plaît alors aux recherches\nchromatiques, et des formules de même dessin sont employées\npar Samuel Scheidt, l'auteur de la Tabulatura nova (1624) (3).\nTout vague qu'il fût, l'éloge que fait Mersenne de Fresco-\nbaldi, en le nommant parmi les musiciens illustres d'ltalie,\npouvait encore paraître outré. G.-B. Doni lui écrit : « Tou-\nchant ce que vous mettez (à la page 65 du livre 7 des Instr.\nde percussion) Frescobaldi au rang des plus estimez musiciens\nd'ltalie avec Lucas Marenzio et Monteverde, il ne faut pas\nque vous vous trompiez en cela. Car il y a aujourd'huy à Rome\nune douzaine de musiciens qui sont plus estimez que luy.\nMais estant peut estre le plus habil homme qui soit aujour-\nd'huy en Italie à iouer des orgues et du clavecin et à y com-\nposer des pièces ; les ignorans estiment qu'il ait attaint le\nbut de ceste profession ; quoy qu'il y ait bien de la différence\nd'estre bon melopee ou musicien, ou un bon compositeur de\nsinfonies. Au reste, je vous asseure qu'il est si peu savant\nqu'il ne scait pas ce que c'est semi-ton majeur ou mineur et\nne joue guieres sur les touches métaboliques (qu'on appelle\ncommunément cromatiques). Et quand il n'entend pas\n\n(1) Archives des Maîtres de l'Orgue,publ. par M. Alexandre Guilmant, I,p. 103.\n(2) Capriccio cromatico con ligatvre (p. 62).\n(3) Denkmàler deutscher Tonkunst (Ier vol. 1892, publ. par M. Seiffert p. 73\net p. 172)."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.21", "texte": "FRESCOBALDI\n1135\n\nquelque mot un peu rare en la poesie vulgaire, il en demande\nadvis à sa femme, qui en scait plus que luy (i) »• Plus tard,\nDoni écrit encore à Mersenne au sujet d'exemples de musique\nà insérer dans un traité : « Pour Frescobaldi, il est le moins\npropre de tous ; veu que c'est un homme fort grossier, quoy\nqu'il joue parfaitement des orgues et soit excellent a com-\nposer des fantasies, danceries et choses semblables ; mais\npour accommoder les parties, il est fort ignorant et despourveu\nde jugement, de façon qu'on peut dire qu'il ait toute sa science\naux bouts des doits. Et je ne doute pas qu'il soit plus estimé\nloin d'icy que la ou il est (2) ». En outre, Doni ne pouvait point\npardonner à Frescobaldi d'avoir approuvé le tempérament\négal des demi-tons que « ftannosus » lui avait\npersuadé, « frequentibus et gr », de\nrecommander « contra jidem au (3) ».\nMaugars est plus juste pour Frescobaldi, qu'il entendit à\nRome, en 1639. décrit la musique qui se fait, en l'Oratoire\nSaint-Marcel, les vendredis de Carême, de trois à six heures,\nà la demande de la « Congrégation des Frères du Saint-Cru-\ncifix, composée des plus grands seigneurs de Rome. » Il y\nadmira beaucoup un violon qui « sonna de la pure chroma-\ntique » « Mais surtout, ajoute-t-il, ce grand Friscobaldi\nfit paroistre mille sortes d'inventions sur son clavessin,\nl'orgue tenant tousiours ferme. Ce n'est pas sans cause que\nce fameux organiste de Saint-Pierre a acquis tant de répu-\ntation dans l'Europe : car bien que ses œuvres imprimées\nrendent assez de témoignage de sa suffisance, toutefois pour\nbien juger de sa profonde science, il faut l'entendre à l'im-\nproviste faire des toccades pleines de recherches et d'inven-\ntions admirables. C'est pour quoy il mérite bien que vous le\nproposiez comme un original à tous nos organistes, pour leur\ndonner envie de le venir entendre à Rome (4). »\nIl est bien douteux que jamais organiste français ait eu\nl'idée de suivre ce conseil. Même si l'on remarque, dans des\n\n(1) Bibl. Nat. Lettres adressées à Mersenne (ms. nouv. acq. fr. 6205, f°2BB b).\n(2) Ibid., i° 307 a.\n(3) /Q. B. Donii. De praestantia musicas veteris. Cf. Descartes et la Musique,\n1907, p. 17.\n(4) Response faite à vn cvrieux svr le sentiment de la mvsique d}ltalie. Escrite\nà Rome le premier octobre 1639. (Bibl. Nat. Rés. V. 2469)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.22", "texte": "1136\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nœuvres françaises de cette époque, des tournures familières\nà Frescobaldi, on n'a point de raison pour croire que ce sent\nlà des témoignages de l'influence de l'organiste de Rome.\nAinsi, nous rencontrons, dans un manuscrit de la bibliothèque\nde Tours (825) qui paraît dater de 1650 à 1660, une pièce\n« pour le gros jeu de nazard et le tremblant » (fol. 5 a) qui est\ncomposée sur ce thème :\nDe semblables motifs sont employés souvent par Fresco-\nbaldi, sinon comme sujets de ses pièces, du moins dans le\ndéveloppement (1). Mais ils ne lui appartiennent pas en\npropre. On en voit fréquemment de pareils dans le\nsilvano de Girolamo Diruta, dont la première partie est de\n1597, la seconde de 1609. Le motif est connu d'ailleurs en\nFrance. Nous le trouvons dans les\nquatre parties, disposées selon l'ordre des douze modes, par C.\nGuillet, « natif de Bruges en Flandres », publiées chez Ballard\nen 1610 (2) :\nOn ne peut pas non plus décider que d'autres pièces, du\nmême manuscrit de Tours, portent, bien que leur apparence\npermette de le penser, la marque expresse de Frescobaldi.\nIl en est ainsi pour le « vers pour le gros jeu de nazard »\n(fol. 11 a) A, et pour la «phantaisie en cromatique » (fol. 21 b)B:\n\n(1) P. Ex. dans II primo libro di Capricci, pp. 42-43, p. 102 ; dans II primo\nlibro délit Canzoni de 1628, p. 136, p. 53, etc.\n(2) Bibl. Nat. Vm7 1468."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.23", "texte": "FRESCOBALDI\n113 7\n\nCe n'est que dans un manuscrit certainement postérieur\nà 1650 (i), et peut-être même à 1656 (2), que nous trouvons\ndes œuvres de Frescobaldi mêlées aux œuvres de composi-\nteurs français. Comme le recueil comprend des œuvres de\nFroberger, il est possible que les pièces de Frescobaldi qui y\nsont insérées aient été transmises par son élève allemand (3).\nNous les rencontrons dans la seconde partie du volume, dont\nles feuillets sont numérotés à part :\nCapriccio del Seignor Girolamo (fol. 19 de\nla seconde partie, 95 a à partir du commencement du volume) :\nCapricio (sic) del Seignor Frescobaldi (toi. 19 b, 95 b) :\nTrio de Frescobaldi (toi. 20 96 a) :\n\n(1) Une Toccata di Gio. Giacomo Froberger porte la mention fatto a Brunei lis\nanno 1650 (fol. 7 a de la seconde partie du volume).\n(2) Une Fantaisie de Couperin, transcrite dans la première partie du vol.\n(fol. 59 a) porte la date de décembre 1656.\n(3) Bibl. Nat. Vm. 7, 1862. Sur la reliure de ce volume sont imprimées de»\narmes des Bauyn d'Angervillïers et de la famille de Mathefelon. Notons qu'un\ncertain Jean Bauyn (ou Bauhin) avait quitté la France après la Réforme. Il fut"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.24", "texte": "ii3§\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nSuivent deux préludes de Richard, organiste de Saint-\nJacques, quelques pièces de « M. Couperin », puis une dernière\nœuvre de Frescobaldi : Fantaisie\ncobaldi (fol. 32 a, 108 a) :\nEnfin, dans ses Fvgves et Ca\nen partition povr l'orgve(l66o) (1), François Roberday donne\nune pièce de Frescobaldi. Il nous en avertit, sans désigner\navec précision l'œuvre elle-même : « Comme il ne seroit pas\niuste que ie tirasse aduentage du trauail d'autruy, ie vous dois\nauertir que dedans ce Liure il y a trois pièces qui ne sont pas\nde moy, il y en a une qui a esté autrefois composée par l'illustre\nFrescobaldi, vn autre de Monsieur Ebnert. et la troisiesme\nde Monsieur Froberger, tous deux organistes de l'Empereur ».\nLes trois dernières pièces du recueil doivent être ces pièces\nétrangères, et il semble que l'on puisse attribuer la première\n\nmédecin d'Ulrich de Wurtemberg à Montbéliard. Son neveu, Jean-Gaspard\nBauhin, fut médecin de Léopold Frédéric de Wurtemberg, en 1648. Deux de ses\nfils devinrent prêtres catholiques et moururent à Paris. On sait d'autre part que\nFroberger mourut en 1667, à Héricourt, chez la duchesse Sibylle de Wurtem-\nberg. Il se peut que ces pièces aient été données par lui à quelqu'un des Bauhin.\n(1) Archives des Maîtres de l'Orgue, publ. par M. A. Guilmant, 3e vol. (1901)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.25", "texte": "FRESCOBALDI\n1139\n\nd'entre elles à Frescobaldi (1). Voici, d'ailleurs, les thèmes de\nces « fugues » (2) :\nLes organistes français postérieurs à Roberday ne se\nréclament plus de « l'illustre Frescobaldi ». Cependant, ils ont\nsans doute parcouru ses œuvres. Dans le troisième\nd'Orgue de Lebègue, on trouve des qui, sans avoir\ntoute la liberté d'inspiration des faites pour la\ntione (3) par Frescobaldi, ont du moins un peu de ce charme\nd'harmonie et de cette tendresse rêveuse que l'on goûte en ces\npièces de l'organiste romain (4). Une fugue « poursuivie et\ndiversifiée à la manière italienne », nous rappelle encore\nquelque chose de Frescobaldi, dans le\nl'Orgue de Nicolas Gigault. Le thème en est successivement\ntraité sous deux formes rythmiques (5) :\nEnfin, André Raison se souvient peut-être du motif domi-\nnant d'un verset pour le Kyrie musicali,\n1635, p. 41) dans un verset pour la « pedalle de trompette en\ntaille » qu'il donne dans le Kyrie de sa messe du ler ton\nd'orgue de 1688) (6).\nDans tous ces rapprochements, d'ailleurs, que nous com-\nparions Frescobaldi avec ses devanciers, ou avec les musiciens\nqui vinrent après lui, il reste quelque chose d'insaisissable :\nil y a, pour chaque époque, des motifs que les compositeurs\n\n(1) Voyez rétude que j'ai donnée sur François Roberday, dans La Tribune\nde Saint-Gervais, de mars et d'avril 1901.\n(2) M. le Prof. Seiffert a bien voulu m'écrire, au sujet de ces pièces dont\nje lui avais communiqué les thèmes, qu'elles lui semblaient, ainsi que les\nquatre pièces de Frescobaldi du ms. Vm7 1862. ne se trouver dans aucun autre\nrecueil, manuscrit ou imprimé, que dans les recueils cités ici.\n(3) Il secondo libro di Toccate, etc., p. 6 et p. 10, et Fiori musicali,-p. 58 et p. 87.\n(4) Ces pièces de Lebègue sont en cours de publication dans les Archives\ndes Maîtres de VOrgue.\n(5) Archives des Maîtres de VOrgue, IVe vol., p. 77. Sur Gigault, qui fut l'un\ndes maîtres de Lulli et l'un des premiers juges de Rameau, à Paris, voyez la Revue\nMusicale de juillet et d'octobre 1903.\n(6) Archives des Maîtres de l'Orgue, 11e vol., p. 10."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.26", "texte": "1140\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntraitent avec prédilection, et il n'est guère possible de savoir,\navec précision, qui les a inventés. Même lorsqu'on ne peut\narriver à déterminer la part de chacun, il reste intéressant de\nconnaître, du moins, ce que fut le fond du langage, pour les\nmaîtres d'un certain temps. Notre seul dessein est de contri-\nbuer, par cette ébauche d'étude, à présenter, pour le siècle\nde Frescobaldi, quelques-uns des « lieux communs » de la\nmusique.\n\nAadré Pirro."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.27", "texte": "FRESCOBALDI\n1141\n\nMADRIGAL D'ARCADELT TRANSCRIT PAR FRESCOBALDI\n1"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.28", "texte": "1142\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n2"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.29", "texte": "FRESCOBALDI\n1143\n\n3"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.30", "texte": "1144\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\n4"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.31", "texte": "FRESCOBALDI\n1145\n\n5\n3"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.32", "texte": "1146\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n6"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.33", "texte": "FRESCOBALDI\n1147\n\n7"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.34", "texte": "1148\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n8"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.35", "texte": "FRESCOBALDI\n1149\n\n9"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.36", "texte": "1150\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n10"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.37", "texte": "FRESCOBALDI\n1151\n\n11"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.38", "texte": "1152\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n12"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.39", "texte": "FRESCOBALDI\n1153\n\n13"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.40", "texte": "LA VIIe SYMPHONIE\nDE GUSTAVE MAHLER\n\nLLE est en mi mineur et a eu sa première, sur\nmanuscrit, à Prague, le samedi 19 septembre\n1908. Le monde musical allemand et tchèque\ns'en souviendra longtemps. Depuis les\nde Bayreuth, aucune solennité n'avait eu un tel\nretentissement. On était accouru de Vienne, de Berlin, de\nMunich, de New-York, à cette salle de musique de l'exposition\njubilaire, si laide, mais àla voûte et à l'abside décorées avec\ntant de goût par le jeune Kysela. Et l'on peut dire que le jubilé\nde François-Joseph s'est dignement clos sur ces deux triomphes\ncongénères, celui de l'art de Klimt, à Vienne, celui définitif,\npéremptoire de la musique de Mahler, à Prague.\nLa musique de Mahler ! Voici sept ans bientôt que, sur une\nconversion foudroyante, je m'acharne à en dire à la France\nla merveille, le sortilège, l'originalité absolue, la puissance\nsaisissante... Autant en emporte le vent... De ci de là, quelque\nmusicien achète une partition, l'ouvre, en profite et garde\nsoigneusement le silence. De ci de là, quelque écrivain happe\nen Allemagne une audition fortuite et s'en retourne révulsé,\ncriant à l'horreur. . tout comme nous la première fois... Tel le\nvoyageur, qui, pour la première fois, voit un nègre, un Esqui-\nmau, un Bédouin ou un Chinois. C'est une orchestration si\nneuve, en effet, qu'il faut s'habituer des moyens, au premier\nabord tellement excentriques, qu'il faut la pratique d'un certain\nnombre de ces symphonies pour bien se rendre compte que nous"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.41", "texte": "LA VIIe SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER\n1155\n\navons affaire là, non pas à un dangereux charlatan, à quelque\nsorcier funambule, comme je l'ai cru moi-même d'abord, mais\nà un des plus sérieux musiciens qui aient jamais existé, quoique\nmusicien à nul autre pareil, à un poèce d'une incroyable enver-\ngure, à un maître d'une puissance redoutable, à un génie dans\ntoute la force du terme. A qui pouvait en douter, ou affectait\nd'en douter, non seulement le doute, mais la moindre résis-\ntance ne sont plus permis, après la clameur d'admiration stu-\npéfaite, de surprise violente, qui, telle une traînée de poudre,\na fait explosion dans tous les journaux d'Allemagne, à la suite\nde cetteinoubliable première de Prague. Et pourtant, en Alle-\nmagne, règne Richard Strauss, avec Max Reger, les seuls\nreprésentants attitrés de l'art d'outre-Rhin près les oreilles\nfrançaises.\nEh bien, soit ! Mais alors réservons la représentation\ncomplète, absolue de l'Autriche-Hongrie tout entière avec\nses cent peuples adversaires, ses mille paysages contradictoires\net excessifs, à Mahler. Qu'il soit directeur de l'Opéra de New-\nYork, après l'avoir été de ceux de Vienne, Budapest et Prague,\npeu importe. Sa musique est telle, qu'il fallait pour la produire\nPrague, Budapest et Vienne à la fois, la délectable vie autri-\nchienne, la frénésie tsigane, la sentimentale nervosité slave.\nCet homme, qui sait trouver des mélodies plus attendrissantes\nque Schubert, qui construit, se maîtrise et se domine comme\nBeethoven, qui se déchaîne comme Wagner et s'exaspère comme\nBruckner, qui raffine, amenuise et enchante comme Delius\net Debussy, qui se joue de tous les jeux de Richard Strauss\net les surpasse, qui, au demeurant, ne fait rien de tout cela\ncomme aucun de ceux que je viens de citer, a,par surcroît, un\ndon d'humour dont on chercherait vainement un second\nexemple, non seulement dans le domaine de la musique, mais\nmême dans celui de la littérature et de l'art. C'est une flamme\ncontinuelle, c'est l'esprit le plus étourdissant, le plus étince-\nlant, l'Esprit même joint à l'âme la plus profonde, la plus\npassionnée, la plus tragique aussi, qu'il ait été donné à notre\ntemps de contempler à l'œuvre. Comment ils se comportent,\nmon intention n'est pas aujourd'hui de le demander aux six\ngrandioses précédentes symphonies. Cette dont j'ai\nsuivi les six dernières répétitions et entendu la glorieuse exé-\ncution me suffit. Qu'il me soit permis ici, non pas même de la"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.42", "texte": "1156\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ndétailler, comme je pense le faire aussitôt que la partition aura\nparu, mais simplement de la présenter en ses grandes lignes\nà nos lecteurs.\nA-t-elle une clef ? Touche-t-elle en quelques points au poème\nsymphonique ? Il est des critiques pour l'affirmer. Je le nie,\nmais Mahler donne quelques brèves indications de\nd'état d'âme, et je crois fermement que, si cette symphonie\nne raconte pas d'histoires, du moins a-t-elle son histoire. J'ai\nl'impression qu'elle doit coïncider, écrite depuis cinq ans,\nles huitième et neuvième sont laites depuis avec l'heureux\nsecond mariage du compositeur. Lui nous dit simplement son\nplan : « Trois morceaux nocturnes ; au finale, le grand jour.\nComme base du tout, le premier morceau. » Et il insiste :\n« Pas de programme, une Stimmung»\nEt tout aussitôt de situer le premier morceau encore et\nde le mettre sous la nue et dans les pénombres crépusculaires.\nNe vient-il pas avant les trois nocturnes ? Mais nous allons\nvoir quels singuliers nocturnes. Crépuscule, si l'on veut, mais\ncrépuscule moral : doute, angoisses et lutte, et, à travers tous\nles obstacles, marche hardie et ferme, sinon confiante, d'un héros\nvers son destin. Sous ce rapport, un contraste, malgré la parenté,\navec la sixième précédente symphonie, est très marqué. Dans\nl'une et dans l'autre toutefois, il s'agit d'une marche en avant,\nmais dans la sixième,c'est une ascension, une conquête, une\nsoif de domination ; c'est une volonté de puissance qui s'exerce,\nune ambition démesurée que se satisfait. Ici, au contraire, en\nrase plaine, mais dans les fondrières de l'hostilité et le maquis\ndes haines, l'homme marche droit devant lui et fonce sur\nl'horizon. Introduction tragique et décidée, coupée de silences\ninquiétants, et nous pénétrons dans un monde de luttes,\nd'efforts et de menaces, sous un ciel de fin du monde, bourrelé\nde nuages livides et traversé de clartés pourpres et fuligineuses.\nCe premier morceau,— dont la durée, montre en main, ne doit pas\nexcéder vingt et une minutes,— atteint à une grandeur surhu-\nmaine et confond d'admiration les gens de métier. Pour qui ne\nsait pas, pour qui n'est pas familiarisé avec l'incroyable\norchestre de Mahler, l'impression cahoteuse de certaines parties\nva jusqu'à la souffrance, mais souffrance bienheureuse et\naustère, qui est comme ce sel de la pénitence préparatoire aux\ndélices de l'extase. Et voici la rencontre de l'amour... Oh!"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.43", "texte": "LA VII0 SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER\n1157\n\ntout ce qui suit ce fluide glissando de harpe! Mais le héros ne\ntraverse cette nouvelle crise que pour en sortir accru ; on le\nvoit se parer de tout ce qui lui fait obstacle, et, plus généreux,\nse ruer à travers ces frénésies brûlantes, tout en sonorités qu'on\neût appelées cacophoniques, il n'y a pas plus tard que dix ans,\net qui sont mordorures discrètes qui se jouent à la surface des\nluxuriances de la palette la plus chargée de couleurs de notre\ntemps. Et, dès lors, le thème du labeur s'en va avec un tel cou-\nrage sûr de la victoire... Tout cela chante non seulement avec\ntoutes les ressources nouvelles de l'harmonie et des bois\nmodernes, mais avec une frénésie des cordes elles-mêmes, en\ndehors de tout ce qui fut ouï jusqu'ici. Ni Tristan, ni Pelleas,\nni Zarathoustra n'ont de tels accents. Et voici l'écroulement\nvictorieux sur la saltation héroïque de toute la masse en délire\nhachée des saccades des trompettes, des tintinabulations trépi-\ndantes des triangles, des secousses du tambourin. Que peut\nencore ce diable d'homme après cela ? Mais n'est-ce pas après\nchaque partie de chaque symphonie que nous nous le deman-\ndons ?\nPour le moment, voici les trois Entendons-\nnous bien : des morceaux qui se passent la nuit, pas des noc-\nturnes.\nQuand on a dit nuit et nocturne jusqu'ici, on a toujours\nentendu en musique quelque chose de doux, de voilé, de tran-\nquille, de rêveur, de flottant. Rien de pareil en ce moment.\nCes musiques nocturnes-ci peuvent être rougeoyantes et\nfauves comme des nuits de ports de mer. Je retire cependant\naussitôt l'image comme trop précise et évoquant immédiate-\nment quelque Barcelone, Marseille ou Gênes à la Jean Lorrain.\nEt, non plus, il n'y a ici ni rivages, ni barcarolles. Ce que je veux\ndire, c'est qu'il s'y trouve au moins autant de tapage nocturne\nque de nuit. Quand la nuit tombe, la bestialité s'éveille. Mais\nune bestialité préhistorique de monstres et de dragons comme\ndans les tableaux préhistoriques d'un autre Allemand de\nBohême, le peintre Rudolph Jettmar.Et cependant, je réprouve\naussi les comparaisons tirées du monde fantastique, auxquelles\nont recouru la plupart de mes confrères d'Allemagne. Un\nMahler n'a besoin que de se livrer à ses impulsions démoniaques\nsans penser ni aux nuits tropicales, ni à la forêt d'Hyrcinie, et\npas plus à la forêt des Ardennes avec ou sans Shakespeare."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.44", "texte": "1158\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nIl est son Shakespeare et tout à la fois son Rudyard Kipling\nà lui-même. La jungle, dont il déchaîne les clameurs, est celle\nde son cœur, aux souvenirs en même temps des nuits de son\nenfance et des nuits de son amour, dans les forêts matérielles\nde sa Bohême et de son Autriche, dans les forêts idéales de son\nâme. Quand cette symphonie fat écrite, il n'avait pas encore\npassé l'Océan. Mais il avait vécu déjà le grandiose et paisible\nHymne à la nuit de la troisième\nRien de pareil ici. Ni calme, ni repos, tout au plus les pré-\ncautions de qui se sait entouré d'embûches tortueuses. Nous\nentrons dans le monde des fantasmagories et des épouvante-\nments, mais nous y découvrirons aussi des retraites enchantées.\nEt c'est premier morceau— au milieu des mille bruits de la\nnature, frémissements des feuilles et torpeur du pâturage,\ndepuis les hululements lointains des cuivres bouchés jusqu'aux\nsegantiniennes rentrées à l'étable et aux somnolentes transhu-\nmances des troupeaux, depuis les rauques et caverneux ron-\nflements des grosses bêtes, troublées en leur sommeil, jusqu'au\nfin égouttement d'un jet d'eau, la continuelle, l'obstinée marche\nen avant de quelqu'un ou de quelque chose de résolu qui va\ndroit au but. Un défilé svelte et martial, d'un certain dan-\ndysme, amer d'abord, puis tendrement amoureux, de quelqu'une\nencore de ces mélodies mahleriennes, toutes pleines de la sève\nautrichienne, mais scandées, rythmées, articulées comme avec\nde fortes têtes d'os, d'une façon qui n'est qu'à lui. Impossible\nde s'attarder aux trésors de poésie et de peinture dépensés là\nsans compter, d'autres géniales prodigalités vont s'y ajouter\nsans trêve, jusqu'à la fin de cette œuvre extraordinaire. Cette\npremière Nachtmusik, andante b entrecoupé\ngro et de tempo di marcia,dure seize minutes.\nLa seconde, dix. C'est un scherzoDe nouveau, les sons caver-\nneux, espacés d'abord, épandant entre eux la nuit, puis créant\nun rythme, de courts sons caverneux, frappés. Et les siffle-\nments subito des violons allument un incendie à grandes fusées\nde flammes. Et c'est tout soudain, et Mozart, si l'on veut, et le\nPrater, même si l'on ne veut pas. Un petit premier violon endia-\nblé dirige la danse. Il s'appelle, à Prague, Antoine Maixner,\npur comme J acques Thibaud, et sa petite figure exaltée nous\ndemeurera inséparable de ce premier aspect de l'œuvre. Et ce\nsont toujours, alternées ou simultanées, les délices et la nié-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.45", "texte": "LA VIIe SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER\n1159\n\nnagerie mahlerienn.es, cet abasourdissant mélange de mélodies\ndivines, d'harmonies pâmées et de timbres grotesques. Ce\nscherzo, à lui seul, justifie toutes les haines. Mais comme il\njustifie encore davantage tout notre amour ! On n'a jamais été\nplus loin dans les effets pittoresques, surtout délicats. Un\ncritique y voit un chef-d'œuvre pointilliste... Oui, comme « poin-\ntiliait » Botticelli illustrant Dante. Et comme Klimt œuvre\ndans les ors, les argents et les cuivres variés, frappés et gaufrés\nà la japonaise. Dans vingt ans, quand les critiques de la première\nheure se seront assez évertués, on aura créé un vocabulaire fixe\npour ces innovations, comme existent aujourd'hui les phrases\ntoutes faites pour définir Wagner ou Debussy. En attendant,\nailleurs que dans mes propres livres où je suis mon maître, je\nme récuse. C'est une manière de dire nouvelle qu'il faut in-\nventer.\nTroisième. Onze minutes. Et qu'on ne rie pas de ces indica-\ntions métronomiques. Elles sont celles de l'exécution originale\net intégrale. Elles devront faire loi dans l'avenir. Sic vult Mahler\nsic jubet. Andante amoroso... Lourd de passion le violon solo\ntombe, comme une tourterelle pâmée de tendresse, sur les harpes,\net,un moment,l'on n'entend plus que des battements de cœur.\nIl s'agit d'une sérénade, molle de volupté, moite de langueur,\nd'un flou, d'une rêverie... tout emperlée de la rosée de pleurs\nargentins, chus goutte à goutte d'une guitare et d une mando-\nline. L'alliance, avec la famille cousine des cordes, de ces deux\ninstruments, qui reçoivent ici leur lettre de grande naturali-\nsation dans l'orchestre, est, telle que Mahler 1 a comprise,\nl'une des plus heureuses qui soient. Ce n'est pas un artifice\ngrossier de couleur locale les nouveaux venus n envahissent\npas la place avec une outrecuidance de parvenus. Ils pleurent\ndans leur coin, tout juste assez pour ajouter quelque chose de\nmétallique aux autres grattements. Et quand le morceau\ns'achève, quand l'enchantement se dissipe, lointain, et traîne\nencore un peu comme évapore, nous nous surprenons a ecie\nplusieurs tout en larmes. ,\nEt maintenant nous touchons a la merveille derniète, o.u\ngrand épanouissement de lumière et de joie, à l'ivresse colosbcde\net enfantine de la jubilation suprême. Un rondo-finale irionsti t,\nun dacapostûck,comme on dit en allemand, volontairement\naffilié à l'ouverture des Maîtres a laquelle il em-"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.46", "texte": "n6o\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nprunte, ou mieux paraît emprunter quelques rythmes et sono-\nrités, et dont Mailler joue comme un enfant d'une paume. Il la\nréduit à n'être que le cadre, ou, si l'on veut, le récipient de sa\nfantaisie. L'avez-vous assez admirée, semble-t-il nous dire,\neh bien! voyez ce que j'en fais! Et il la pelote et il en jongle,\net il la disloque, et, tout subitement, la lâche et nous montre ce\nqu'il peut faire sans elle, et qu'il n'avait pas besoin d'elle, et\nqu'elle était là simplement par gageure... et de nouveau ce qu'il\npeut avec e11e... et de nouveau sans. Qu'on imagine, dès lors,\npassant sous les arceaux de cette armature nurembergoise,\nune farandole yodlant,exultant de cris de joie et de bondisse-\nments, de rythmes dansants, de mélodies tyroliennes ou\ncarinthiennes, de chants de clarinettes slovaques. C'est plein de\nscènes d'autrefois avec ces déformations propres à l'art mo-\nderne. C'est encore une fois le Prater tout entier, vidé sous la\ncharmille wagnérienne... Et il n'y a plus de Wagner du tout.\nCherchez plutôt Haydn dans Beethoven. Et, dix-sept minutes,\ncette folie lumineuse s'éploie en perpétuels recommencements,\nperpétuelles variations. C'est du génie à la centième, àla\nmillième puissance. C'est la musique elle-même qui tout en-\ntière entre en danse ! Ah ! si Beethoven avait entendu cet\nhymne à la joie! Et quand on ne sait plus où l'on en est, que\ntout siffle, hurle, piaule, rit, s'esclaffe, bondit, mêlé aux cloches\nde vache et à toute la bigarrure excessive de la batterie mahle-\nrienne : cassure nette, chute chromatique, roulements, et la\nfin la plus brusque, la plus inopinée, comme si le compositeur\ncassait son bâton de chef d'orchestre et vous le lançait àla\ntête.\nCe chef d'orchestre, c'est à l'heure actuelle le premier du\nmonde. C'est le maître incontesté des Weingartner, des Mottl,\ndes Strauss et des Nikisch. L'Amérique l'a enlevé à l'Europe\nà coups de dollars. Paris, qui a entendu tous les autres, ne l'a\npas encore appelé. Il en a été souvent question, cela ne s'est\njamais fait. Ses exigences pourtant ne sont pas grandes. Il\ndemande surtout le droit et la licence de travailler son orchestre\nà sa façon. Il n'est pas d'usage, paraît-il, d'accorder beaucoup\nde répétitions au Kapelïmeisterétranger. A lui, il lui en faut\nune demi-douzaine, avec les premiers orchestres d'Allemagne\nou d'Autriche. Ne se résoudra-t-on donc à entendre en France\nles sept radieuses symphonies de Mahler, comme on l'a fait"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.47", "texte": "GUSTAV MAHLER\nD'APRÈS LE PORTRAIT DE FRITZ ERLER\n(Reproduction interdite)"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.48", "texte": "LA VII SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER\n1161\n\nde la musique de Wagner, que lorsqu'elles seront devenues\nnotre pain quotidien et que les arrivistes de demain auront\nete s y abreuver comme à une source publique ? Il manque\na 1 opinion française un élément de première importance, et\nmeme le plus important de tous, si elle prétend se prononcer\nen connaissance de cause sur la musique étrangère de l'heure\nprésente. Qui ne connaît pas la musique de Mahler non seule-\nment n a pas le droit de parler de la musique contemporaine\nd A emagne et d Autriche, mais pas même de musique moderne.\nEt, sans recourir à ses premières symphonies, quelque belles\net étranges soient-elles, qu'on aille d'emblée à cette septième\nson chef-d œuvre, —et peut-être le chef-d'œuvre des chefs-\nd'œuvre du monde de la symphonie pure après Beethoven.\nJ endosse fierement la responsabilité de le proclamer\nurbi et orhi.\n4\n\nWilliam Ritter."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.49", "texte": "POÉSIE ET MUSIOUE\n\nL y a eu un Monsieur qui n'a pas été satisfait\nmes articles : il m'a écrit une lettre où il m'ap-\npelle : « Petit sceptique »et « Baladin Je\npourrais le renvoyer a Banville, qui fit 1 eloge\ndu saltimbanque ; je préfète le renvoyer à Hello,\nqui passe pour un homme sérieux.\nT'ai en effet découvert dans L'Homme cette phrase:\n« La poésie et la musique, qui\ndans les mathématiques, inflexibles et absolument exactes ;\ncomme si Vamour et l'ordre, qui quelquefois nous semblent\nennemis, mettaient je ne sais quelle affectation à se proclamer\nunis dans ces hautes manifestations d'eux-mêmes.\nAu premier abord, rien de plus simple. Vérité dès longtemps\nadmise, dira-t-on. . ,\nEh bien ! moi qui n'aime pas les vérités admises, si quelqu un\nveut me dire en bon français, à quelle réalité correspond cette\nphrase de Hello, j'offre à cet Œdipe un petit macaron de\nRien n'est si difficile que de vouloir donner trop de précision\nà ce qui en comporte si peu.\n' -v -m\n. * *\nM. Sully-Prudhomme est mort : cela ne m'a pas attristé.\nIl y à eu ensuite une belle cérémonie à la Madeleine, avec des"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.50", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1163\n\nsoldats, M. Pierre Loti en capitaine de frégate, et M. Gaston\nBoissier, qui a une tête très plaisante à voir : j'ai été ravi.\nJe dois avouer que je n'avais jamais pu lire vingt vers de\nce vieux monsieur : chaque fois que j'essayais, je me sentais\nprêt à rendre le peu d'âme que m'a laissé la philosophie de\nCabanis et de Broussais. Cependant j'ai parcouru avec curio-\nsité les articles nécrologiques consacrés à cet académicien ;\nje voulais savoir si j'étais un monstre. Il m'a semblé qu'au\ncontraire j'étais comme tout le monde, car M. Sully-Prud-\nhomme a été déboulonné en cinq instants par toute la critique ;\na peine quelques palmes en zinc dans les organes\nmais chacun sait que cela ne compte pas. Il y a eu aussi, dans\nles Lettres, un essai de M. André Dumas, ex-prix Sully-Prud-\nhomme : cela ne comptait pas non plus.\nCependant j'ai été surpris de rencontrer dans cet article\ntrois strophes sur la musique, extraites du Bonheur, qui ne sont\npas trop mauvaises, sans pour cela atteindre au sublime.\nLes voici : elles plaisent d'abord; mais, à mesure qu'on les\nrelit, elles paraissent plus plates ;\nO musique, soleil du monde intérieur,\nMontre à mon bien-aimé tout le fond de mon être ;\nQu'il puisse, au fond du sien me réflétant, connaître\nCe que j'ai de plus beau, ce que j'ai de meilleur.\nFais que par ta vertu sympathique éveillées,\nLes fibres de son cœur répètent mon émoi,\nQu'il sente en lui frémir ce qui frémit en moi,\nQue nos ailes enfin battent appareillées !\nAlors, couple parfait, d'univol harmonieux\nNous irons explorer l'infini côte à côte,\nDu plus profond amour à la paix la plus haute,\nL'infini du bonheur, impénétrable aux yeux...\nJe leur préfère, sans ambages, quelques vers d'un jeune\nhomme inconnu, M. Jean Martineau ; je les ai copiés dans une\nplaquette de lui, la Boute au Soleil (i), qui n'est certes pas\nun ouvrage capital, mais qui a du moins ce mérite, qu'on y\n\n(1) Lille, éditions du Beffroi, 1907."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.51", "texte": "1164\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA 3. I. M.\n\ntrouve, avec des gaucheries d'expression, une sensibilité de\npoète et une ima.gination délicate :\nOuvre-moi ta forêt bruissante, ô musique,\nEt tes sources d'eau vive où rôde la folie.\nJe te donne mes sens. Prend-les, maîtresse unique\nDe l'angoisse crispée qui fait crier la vie.\nVoici mes mains vers toi. Perce mes mains de fièvre,\nAu fil des violons aigus comme des dagues.\nEt glisse dans mon sang ainsi que sur mes lèvres\nLe sanglotant baiser des flûtes et des harpes.\n« A la Mort ! à la Mort ! t> hurle la folle ronde\nDe la Musique-Hamlet à mon Ame-Ophélie,\nNoyée sous le mystère ardent des mélodies.\nO Musique plus éternelle que le monde\nEt plus immense, râle énervé de l'Amour,\nEt qui rend notre cœur solitaire et plus lourd.\nMusique, encore toi, tes larmes, ta folie.\nQue demeure-t-il en ton cœur, Mystérieuse,\nPour que bondisse ainsi plus haut que toute vie\nNotre cœur qu'a mordu ta douleur câlineuse.\nEt qu'y a-t-il en toi de flamme et de lumière,\nCar celui qui tendit à ton amour son âme\nA d'intenses regards dans l'ombre des paupières\nEt qui brûlent au feu d'éternelles extases.\nCe soir Schumann chantait le passionné délire\nDu \" Carnaval\" tintant de déchirante joie\nPlus lourde qu'un rameau tout en fleurs et qui ploie\nDe rosée.... Et vous, voluptueux romantique,\nTendre Chopin, qu'était, et pour qui, cette fièvre\nLa nuit où vous pleuriez votre \" \" !...\nSur le même sujet, dans le Me de novembre\n1906, un poème descriptif de Mademoiselle Anne Osmont,\nqui est un peu amphigourique, un peu entortillé, un peu extrait\ndes « Œuvres apocryphes » d'Albert Samain, mais qui dit\nquelque chose :"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.52", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1165\n\nLe clavier blanc, sous les doigts blancs qui le caressent,\nGémit dans l'ombre mauve et grise de la chambre\nOù s'attarde un parfum de cendre froide et d'ambre ;\nLes mortes des miroirs, lentement, apparaissent.\nElles dérivent dans l'étang d.s glaces vertes\nEt pâment sous le frôlement des voix câlines ;\nSi morte qu'on la voit comme en des mousselines,\nOphélie a laissé pendre ses mains ouvertes.\nLeurs cheveux blonds, leurs cheveux verts, leurs cheveux fauv*®\nTrament parmi les joncs et s'enroulent aux prèles ;\nLe rythme cependant soulevant leurs bras frêles,\nLes cadres d'or rougi paraissent des alcôves.\nMains unies et livrés à des délices vagues,\nLes amants du divan laissent fleurir leurs âmes ;\nEt quand revient un sanglot lourd d'épithalames,\nLeurs doigts crispés se meurtrissent à l'or des bagues».\nCette musique noire emplit le soir d'extase.\nUn long baiser câlin mord les lèvres de l'ombre ;\nLa nuit d'amour, à l'orient de velours sombre,\nMonte, comme un parfum s'épancherait d'un vase.\nUn trouble si subtil que la chair abolie\nMeurt de ne pas mourir et, dolente, somnole\nS'essore du clavier qui parle sans parole\nD'un soir lointain de charme et de mélancolie\nOù, comme des regards, les âmes sont mêlées\nEt languissent d'être encor deux n'étant plus qu'une :\nUn soir divin de silence et de clair de lune\nCaressé d'un frisson de présences ailées.\nr - r~l\n•i\nL'ombre a rempli le ciel. Sous ses voiles funèbres,\nLe miroir ne sait plus quels visages s'y mirent.\nC'est la Nuit. Les mains musicales la déchirent\nEt son grand sein pâmé soulève les ténèbres.\nMais qu'est-ce que tout cela, à côté d'un sonnet cornue\ncelui-ci, que j'extrais de 1 'Aurore,ce livre trop peu connu du\ngrand poète Maurice Bouchor :"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.53", "texte": "1166\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nMusique, emporte-nous vers les sphères sublimes,\nLoin du monde où l'on voit fructifier le mal,\nOù la froide raison, discutant l'idéal,\nProuve que ses élans ne sont pas légitimes !\nBroyant des milliards d'innocentes victimes,\nLa Nature apparaît sur un char triomphal.\nQue m'importent sa gloire et son bandeau royal ?\nSa divine splendeur est le fruit de ses crimes.\nQui donc ose affirmer encore un juste Dieu ?\nMais toi, tu nous conduis, hors du temps et du lieu,\nJusqu'au ciel où l'amour ineffable repose.\nTu chantes que nos cœurs, loin de s'anéantir,\nSeront vivifiés par l'éternelle Rose ;\nEt nul n'a jamais pu t'accuser de mentir.\nIl y a eu ces temps derniers, dans la poésie et dans les arts\nplastiques, un « Grand Concours Beethoven »; cela ne s'est pas\narrêté aux sculpteurs, qui ont joué à celui qui transformerait\nle plus complètement le grand Beethoven en un nabot hydro-\ncéphale, et sa tête elle-même en une pomme de terre effroya-\nblement ravagée ; mais les peintres et les poètes s'y sont mis :\naux derniers Salons, de M. Jean-Paul Laurens à M. Lévy-\nDhurmer, ce n'étaient que Beethovens enveloppés des\neffluves du génie », comme le disait si bien un critique d'art\nauquel j e ferai la charité de ne point le nommer ; et dans les\nrevues, dans les volumes de vers que je parcours, partout\ndes appels à Beethoven, des comparaisons où il joue le rôle\nprincipal, des images (Tel Beetho Et\nque Beethoven ) dont je ne me rappelle que les plus cocasses,\net enfin jusqu'à des poèmes entiers où il n'est question que de\nBeethoven. Il semble que pour nos poètes, comme pour nos\npeintres et nos sculpteurs, Beethoven représente toute la mu-\nsique (il est vrai, dirait un critique en mal de truismes, qu'il\nen représente une certaine partie) ; et du moins, c'est un pro-\ncédé bien commode, surtout lorsque l'on n'a pas de connais-\nsances musicales, de grouper sous l'étiquette Beethoven toutes les\némotions que l'on peut avoir éprouvé en écoutant de la musique,"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.54", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1167\n\ndepuis celle que joue la petite cousine sur son piano jusqu'à\ncelle que répètent dans des guinguettes et dans les cours de\nvieux messieurs qui tinrent autrefois des parties de violoncelle\net de cornet à piston à l'orchestre des Folies-Montparnasse.\nAdmettons cependant, pour ne pas être trop méchant, que nos\nartistes connaissent autrement que de nom la\nhéroïque et la Neuvième ; et passons au concours lui-même.\nDans le Thyrse du lerIer février 1908, M. Prosper Roidot donne,\nen l'intitulant Beethoven,une série de poèmes haletants et\nblafards, où cependant l'on devine une émotion assez\nfortement sentie, quoique piètrement exprimée :\nI\nO tout petit jardin, ô tout petit Eden\noù lourd d'avoir marché le triste Beethoven\naurait pleuré. Je ne sais pas pourquoi je pense à lui.\nLa nuit est là. Comme quelqu'un elle m'accueille.\nJ'ai pris un caillou rouge et je le vois qui luit.\nJ'entends la pluie à chaque feuille et chaque feuille\ncontient de cette eau noire où le soir se reflète.\nOn casse du bois mort. On se dit des secrets.\nLe noir coucou jette ses cris et les répète.\nEt c'est le soir. Il faut rentrer. Tout est tout près.\nLe gravier crie. Petit enfant ne sois pas triste\nde n'être pas heureux. Est heureux qui existe.\nII\nJe ne veux rien avoir qu'un peu de sa musique,\nje veux rester ainsi goûtant ses entretiens.\nIl était triste et sourd. Il ne savait plus rien\nque ces sources d'azur et ces torrents bibliques,\nqui venaient de son coeur comme le vent des pins.\nIl mettait tristement ses mains au clavecin.\nIl baissait son front lourd. Il écoutait son âme\nque seule il entendait sourdre comme une flamme.\nIl voyait l'aube, il voyait l'eau, il voyait l'air,\nil n'entendait plus rien dans son tonnant désert.\nAlors il sanglotait. Oh ! maître, tu entends,\nn'est-ce pas tu entends t'ucl nirer tes enfants ?"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.55", "texte": "1168\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nIII\nEt toi qui as confiance et restes près de moi,\nne prends pas tant de soin à cacher ton émoi.\nNe souris pas dans ton - ••• c'-1 V *aut, pleure.\nIgnore tout, ignore tout, l'heure après l'heure,\nle jour après le jour... Vivre n'est pas du bruit,\nc'est être dans de l'ombre et c'est voir dans la nuit.\nLe conseil survivra qu'a laissé ton génie...\non entendra aussi vivre et mourir ta vie.\nOn entend bien le vent, on entend bien la pluie,\non sait que l'écureuil saute dans les sapins,\non entend le sifflet vert que font les gamins,\non entend un silence entre deux coups de vent,\net puis sauter l'averse et croître l'ouragan,\net puis plus rien... on entendra ta douce vie\npas à pas qui viendra comme saute la pluie.\nIV\nLaisse naître et passer une si simple extase,\net maintenant reprends la tendre et grave phrase.\nOctobre est à la porte, sans un rr,ot, et si beau,\nil semble qu'on voit tout, tout à travers de l'eau,\nil semble qu'on est bien. On va faire du feu,\nnous ne bougerons pas, septembre est très heureux,\ntout près de nous, pour nous, nous l'aimons, il nous aime,\net nous sommes à lui autant qu'il est nous-mêmes.\nBientôt il va neiger... nous entendrons encor\nsa voix, rien que sa voix, qui parle dans la mort....\nDans le Clavier des Harmonies, volume qui fut ici même\nl'objet d'un long article, M. Henri Allorge n'a pas manqué\nau devoir qu'il s'était fixé, qui était de parler en vers honnêtes\nde tous les musiciens et de la musique tout entière, et il nous\na donné un Beethoven,qui, à vrai dire, ne manque pas d'une\ncertaine grandeur, en rapport avec le sujet :\nO Beethoven, Maître des Maîtres,\nCar tu fus le plus douloureux,\nToujours, toujours, tu me pénètres\nD'un tremblement religieux."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.56", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1169\n\nJamais nulle voix si profonde\nNe nous parla de la beauté ;\nNul n'a légué jamais au monde\nPlus d'austère immortalité.\nDevant ton chant, tout doit se taire ;\nTout pâlit, Géant, devant toi ;\nO Beethoven, ô solitaire,\nD'autres sont grands, toi seul es roi.\nJe ne sais pas comment exprimer mes extases ;\nJe ne puis rien trouver, que des mots impuissants ;\nA ma bouche il faudrait de plus subtiles phrases,\nEt mon vers veut en vain dire ce que je sens.\nIl faudrait t'emprunter ton suave langage :\nDes accords pénétrants comme un parfum de fleur,\nDes murmures lointains comme un bruit de feuillage,\nDes soupirs si poignants qu'ils font battre le cœur.\nTu saisis ma raison et mon intelligence,\nO toi le plus parfait comme le plus ému !\nJ'admire en m'inclinant ta féconde science,\nMais je pleure au sanglot de ton cœur éperdu.\nTu me prends tout entier, tu m'étreins, tu m'enlèves ;\nTu me fais traverser l'espace palpitant ;\nA ta voix l'univers s'emplit d'immenses rêves,\nDont le cortège pur prend l'essor en chantant.\nIls sont grands, ils sont fiers, ces fils de ta pensée.\nEt pourtant ils ont tous une plaie au côté ;\nLeur visage est divin, mais leur âme est blessée ;\nIls ont beaucoup de ciel, mais plus d'humanité.\nIls planent, et pourtant ce ne sont pas des anges :\nIls ont souffert beaucoup et sont marqués au front\nDu signe que l'enfant déjà porte en ses langes,\nDu signe qu'à jamais les hommes porteront.\nLeur tristesse parfois se reprend à sourire ;\nIls retrouvent ta paix, Eden éblouissant ;\nMais bientôt un regret infini les déchire ;\nDe leur cœur entr'ouvert on voit couler du sang."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.57", "texte": "1170\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nEt ces rêves altiers qu'évoque ton génie,\nO Maître, font frémir mon cœur ; je me souviens\nQue j'eus souvent tout bas, à quelque heure bénie,\nDes rêves merveilleux qui ressemblaient aux tiens !\nC'est ta voix qui donne la vie\nAux rêves dont j'ai palpité ;\nC'est ton chant qui les purifie\nEt les revêt d'éternité.\nIls viennent, mes rêves timides,\nAvec des vêtements splendides,\nQu'a tissés pour eux ta douleur ;\nMais surtout, Maître, ils ont des ailes\nIls ont des âmes immortelles,\nQuand ils ont passé par ton cœur!\nMalgré l'éclat qui les décore,\nIls me reviennent sans orgueil ;\nIls veulent bien me plaindre encore ;\nIls savent partager mon deuil.\nEt moi, je leur dis : « Prenez place\nA mon foyer ! l'ami qui passe\nSera toujours le bienvenu.\nCelui que votre lèvre nomme\nCertainement fut plus qu'un homme,\nEt je voudrais l'avoir connu.\n« Parlez-moi du Maître sublime\nQue secouaient tant de sanglots !\nRendez-moi le frisson intime\nQui le pénétrait jusqu'aux os,\nLorsque, pour tromper ses misères,\nSes yeux contemplaient les chimères,\nPleurant un idéal amour !\nOu quand, sourd et brisé de peines,\nIl notait le chant des sirènes\nQui font oublier le retour ! »\nAinsi j'interroge ses rêves ;\nIls répondent docilement ;\nTantôt c'est comme un choc de glaives,\nTantôt comme un bruissement.\nJe vois se lever tout entière\nCette grande âme de lumière;"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.58", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1171\n\nJe lui crie en pleurant : « Merci ! »\nEt je crois sentir qu'en mes veines\nBrûlent des fièvres surhumaines,\nEt que je puis chanter aussi !\nJe préférerais presque à ce poème bien construit une autre\nrapsodie du même genre, que j'ai trouvée dans un volume\nbien médiocre de M. André Delacour, Les Oasis (i) :\nBEETHOVEN\nI\nDans le recueillement de la terre et des cieux,\nQuand tout semble d'abord grave et silencieux,\nQue des bois apeurants aux pesantes ramures\nIl ne monte, le soir, ni frissons ni murmures ;\nQuand le fleuve amortit tel un voleur, ses pas\nSon bruit d'onde à ce point qu'on ne le perçoit pas,\nQue les vagues rumeurs, les faibles demi-teintes\nEn assoupissement se sont partout éteintes ;\nAlors l'homme songeur qui va par les sentiers,\nGardant son rêve intact et ses émois entiers,\nCar il n'a sur son front que l'azur troué d'astres\nEt devant lui les bois qui dressent leurs pilastres\nL'homme songeur alors écoute éperdument\nLa terre avec les cieux dans leur recueillement.\nPeu à peu son oreille aux finesses exquises\nEntend se préciser, sur d'impalpables brises,\nUn chant, un chant très simple, apporté, dirait-on,\nPar l'aile d'un Sylvain sur quelque blanc fronton\nOù le vent près du marbre a des notes plus douces\nQu'un frôlement de pas féminin sur les mousses,\nEt ce chant sur lequel son émoi sourdement\nBrode son harmonie en accompagnement,\nCe chant s'enfle bientôt, éclate et se déchaîne\nComme un bruit d'ouragan sous les branches d'un chêne\";\nIl envahit l'Espace infini qu'il étreint,\nTel un noir chevalier, son destrier sans frein,\nEt, toujours aussi simple et par là grandiose,\nFinit dans un éclat d'immense apothéose,\nCependant que le thème initial encor\nChante comme un flûteau de champêtre décor !\n\n(1) Paris, Pion, 1907."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.59", "texte": "1172\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nII\nDe même, ô Beethoven, âme à jamais chantante,\nLyre immense vibrant à tous les bruits du ciel,\nQuand tu venais, le soir, t'accouder sous la tente.\nOù de vieux villageois buvaient, l'air solennel,\nEn écoutant les chants naïfs d'un ménestrel ;\nOh ! tous ces chants naïfs dont la phrase module\nUn thème monotone et simple mais si vrai !\nDe les entendre ainsi dans le bleu crépuscule\nTon âme frissonnait d'un délire sacré\nEt, les notant, pensait : « Je me les chanterai ! »\nPuis quand tu te levais du banc de bois rustique j\nQuand ces airs dans ton cœur s'enflant et s'émouvant\nTu marchais à pas lents, vers la forêt mystique,\nGrouillante des rumeurs des feuilles et du vent,\nBourdonnante d'échos qu'on perçoit en rêvant ;\nAlors ce premier thème à la phrase naïve\nTon cœur l'amplifiait des bruits de la forêt,\nDu choc lointain des flots qui montent sur la rive\nEt du recueillement grandiose et discret\nQue donne au ciel profond la lune qui paraît.\nPuis lorsque dans ton sein, source de symphonie,\nAutour de cette phrase, un soir, prise en passant,\nSous l'évocation magique du Génie,\nS'étaient groupés les voix, les plaintes et l'accent\nD'une orchestration qui monte en progressant ;\nQuand l'accompagnement s'était fait assez large\nPour encadrer dans un décor illimité\nL'air rustique et pour faire une sublime image\nAu texte primitif dont la simplicité\nTranche magiquement sur tant de majesté ;\nAlors, ô Beethoven, maître, dans un délire\nTu notais comme un dieu pour l'avenir profond,\nCes morceaux immortels, vrais mondes qu'on peut lire.\nMondes où tu descends sans effroi, jusqu'au fond,\nTrouant leur ombre avec le soleil de ton front !...\nMais, sans te soucier des lauriers sur ta tête,\nSolitaire toujours, tu laissais l'Univers\nRésonner dans ton âme, or pur qui le reflète,\nEcho qui réfléchit ses mille chants divers,\nEternel inspiré des éternels concerts !"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.60", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1173\n\nIII\nO maître de la symphonie,\nToi le premier qui la compris,\nTu rêvas grand et ton génie\nVerse la force à nos esprits '\nEt le poète que l'art anime,\nDevant la richesse sublime\nQu'épand ton orchestration,\nComprend que c'est l'âme des choses\nEt du monde que tu transposes\nEn large modulation !\nCe n'est pas tel bruit de feuillage,\nTel chant d'oiseau, tel vent grondant,\nTel bourdonnement de village\nQue d'un haut sommet on entend !\nCe ne sont pas les rumeurs vagues\nDes grandes villes ou des vagues,\n- Les foules sont comme les flots !\nNi l'harmonie imitative\nD'une pauvre amante plaintive,\nOu d'un homme en proie aux sanglots !\nC'est quelque chose de plus vaste,\nDe plus profond, de plus troublant,\nDe plus simple, mais d'aussi chaste,\nQu'un cœur d'anges en voile blanc !\nC'est le frisson de la nature,\nD'abord naïf, qui s'aventure\nDans le silence d'un soir bleu,\nPuis qui grandit et s'amplifie,\nMusicale philosophie\nQui fait chanter la voix de Dieu !\nC'est la profondeur insondée\nQui pénètre jusqu'à « l'En Soi \\\nLe chant de l'Ame et de l'idée ;\nC'est le Verbe que l'on conçoit ;\nC'est toute la Nature entière,\nDont la musique est la matière\nOù tu puises, Maître vainqueur,\nToute la Nature qui vibre\nEt qui passe, chantante et libre,\nSur les cordes d'or de ton coeur !\nMais combien je mets au-dessus de ce verbiage, vraiment"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.61", "texte": "1174\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntrop didactique, la vision d'un poète véritable, le chant d'un\nhomme qui sait ce que doit être la poésie, comme, par exemple,\nce morceau que j'emprunte à un numéro récent de la revue\nVers et Prose,et qui est de M. Léo Larguier :\nAU SCULPTEUR N. ARONSON,\nA PROPOS D'UN BUSTE\nDE BEETHOVEN QU'IL ME DONNA...\nAmi, maître du marbre et de l'antique argile\nQui sous vos doigts savants prend la forme tranquille\nDe votre vision et de vos rêves blancs,\nEmportant Beethoven entre mes bras tremblants,\nJ'ai gagné l'autre nuit ma paisible demeure...\nDes filles me hélaient dans l'ombre. C'était l'heure\nOù Paris éblouit comme une gerbe d'or.\nDeux amants s'étreignaient au seuil d'un corridor ;\nLes théâtres étaient remplis d'épaules nues ;\nDes calèches roulaient le long des avenues ;\nLes louches assassins, dans leur poche, tâtaient\nLe manche d'un couteau ; les tavernes chantaient ;\nSur les nappes coulait la cire des bougies ;\nLes tristes débauchés revenaient aux orgies\nComme les travailleurs à leur tâche. En pleins cieux,\nL'humble chambre où songeait un jeune ambitieux,\nAvec sa lampe rouge avait l'aspect d'un phare,\nJe serrais Beethoven comme un furtif avare\nSerre un trésor, et je marchais, n'écoutant rien.\nMais la nuit, j'ai rêvé du vieux musicien !\nVoici. J'étais chez vous. Le grave crépuscule\nSolennisait votre atelier. Un large hercule\nLuttait avec le soir. De purs, de sveltes corps\nVivaient ; le feu frottait le parquet de ses ors.\nNous étions seuls. Soudain, dans le recoin plein d'ombre\nOù votre Beethoven courbait sa tête sombre,\nQuelque chose bougea... Nous vîmes le grand sourd\nSe lever rocailleux, voûté, terrible, lourd,\nMarcher au piano dont les touches d'ivoire\nLuisaient sous un miroir dans la salle plus noire.\nIl joua ! Vaguement on pouvait entrevoir,\nTels des oiseaux blessés voletant vers le soir,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.62", "texte": "POÉSIE ET MUSIQUE\n1175\n\nSes mains que remuaient toutes les harmonies.\nL'atelier s'emplissait de grandes symphonies.\nDans la baie aux carreaux de plus en plus obscurs,\nChœurs d'argent, s'inscrivaient des astres vifs et\nEt le maître jouait ! Et comme un pin sylvestre\nGémissant dans le vent, aérien orchestre,\nL'antique clavecin chantait, priait, rêvait !...\nNous écoutions, debout, mais déjà se levait\nLe martyr et le saint âpre de la musique,\nEt toujours inquiet, sauvage et lunatique,\nIl partit, emportant ma canne et mon manteau.\nSur un meuble, en passant, il prit votre chapeau,\nHeurta quelque servante et sortit dans la rue,\nSes cheveux gris flottants, sombre forme bourrue/\nDe par Dieu ! que de Beethoven ! dira-t-on. L'on n'aura\npoint tort, et pour finir sur un ton moins grave je dédierai\naux amateurs de Debussy cette épigramme fuyante et souple,\nextraite de La Grappe de Raisin,le curieux petit dernier de\nM. Paul Drouot, un des poètes les plus attachants parmi ceux\nde la jeune génération :\nR POUR DEBUSSY^\nJe rêverais d'une musique\nA faire danser les parfums,\nEt dont le branle énigmatique\nConnu des seuls cistres défunts,\nFerait que l'on n'entendrait presque\nPlus les jets d'eau pulvérulents\nQui jonglent sous l'arceau burlesque\nOù sans escorte erre le vent.\nOn dirait d'un citron vert après une indigestion de roast*\nbeef.\n\nLouis Thomas."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.63", "texte": "UN MÉMOIRE SUR\nLA TROMPETTE MARINE\n\nA trompette marine n'est guère connue aujourd'hui\nque grâce au goût de M. Jourdain pour le grand\nmonocorde. Aussi, le comité de rédaction de la\nS. I. M. de Paris n'a pas jugé sans intérêt de publier\nle curieux mémoire écrit, en 1742, par J.-B. Prin\net envoyé alors « à Messieurs les Académiciens du célèbre\nConcert de Lvon. »\nDe Prin, nous ne savons que ce qu'il nous révèle lui-même\ndans son mémoire. Quant au « célèbre Concert de Lyon », c'est\nl'Académie des Beaux-Arts dont l'existence a été signalée par\nM. Michel Brenet et par M. L. de la Laurencie dans leurs ou-\nvrages consacrés au dix-huitième siècle musical. Nous ne dirons\nque peu de chose au sujet de cette société, car nous venons de\nconsacrer à son histoire un volume qui paraîtra à la fin de ce\nmois. L'Académie des Beaux-Arts ou Académie du Concert de\nLyon fut la première académie musicale de province. Fondée\nen 1713, elle était d'abord une simple société d'amateurs don-\nnant de grands concerts d'orchestre et chœurs. En 1714 elle\nfut vraisemblablement honorée de la collaboration du grand\nRameau, alors organiste à Lyon. En 1736, l'exécution de ses\nconcerts fut confiée à des gagistes, et, sous cette nouvelle forme,\nl'Académie vécut jusqu'en 1774, en donnant un concert par\nsemaine.\nDans l'épître dédicatoire de Prin, on remarquera le nom"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.64", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1177\n\nde l'archevêque de Villeroy. Ce prélat était protecteur de\nl'Académie des Beaux-Arts. Musicien distingué, il composa,\npour les concerts de Lyon, deux motets à grand chœur et\norchestre, dont l'an a été conservé, et il ne craignit pas de\ndiriger lui-même des exécutions musicales (i).\nLe manuscrit que nous reproduisons faisait partie de la\nbibliothèque de l'Académie qui, au xvine siècle, était consi-\ndérée comme la plus riche collection musicale du royaume. Ce\nfonds musical existe en partie dans la bibliothèque du Palais\ndes Arts, à Lyon. Le manuscrit de Prin avait été égaré, et nous\navons eu la bonne fortune de le retrouver en établissant, au\ncours de nos recherches sur la musique à Lyon au xvin6 siècle,\nl'état exact de la bibliothèque du Concert et des ouvrages\nconservés.\n(1) V. l'article que nous avons publié, dans notre Revue Musicale de Lyon,\ndu 18 octobre dernier, sous le titre : Un Archevêque de Lyon compositeur et chef\nd} orchestre.\n5\n\nLéon Vallas."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.65", "texte": "A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LION\n\nJanvier 1742.\nMESSIEURS,\nQue direz-vous de ma simplicité d'oser présenter à un corps aussi\nillustre que le vôtre un Traité sur la Trompette marine, vil instrument,\nméprisé à la vérité de ceux qui peut-être seroient contents d'en avoir\nconnoissance ; en effet, j'ai trouvé peu de villes où il fut en usage. Lors-\nque j'arrivai à Lion, c'étoit à la création de l'Opéra, dont j'étois l'un des\nDanceurs, j'entendis jouer de cet instrument en différents endroits,\nentr'autres sur la rivière, il faisoit un merveilleux effet de loin, cela\nréveilla le talent que j'avois dès lors d'en jouer avec propreté ; c'est en\nAngleterre, païs de ma naissance, que j'ai appris à bien connoître cet\ninstrument.\nM'étant donc fait entendre dans Lion, l'on me rechercha, je formoy\nplusieurs écoliers, et fis construire des trompettes marines àma ma-\nnière, par les sieurs Goutenoire et Seraillac, habiles luttiers, qui ont suivi\nma méthode de les organiser, de même que le sieur Imbert. Pendant\nle séjour que j'y ai fait en différents tems, ils m'ont construit plus de\ncent cinquante trompettse marines, dont j'en ai envoyé une partie dans\nles païs étrangers.\nC'est, messieurs, en reconnoissance de vos bienfaits passés, que je\nvous présente ce petit ouvrage, recherche de mes occupations musicales,\net pour avoir eu la bonté de m'honorer de vos applaudissements,\nlorsque je me suis présenté à la Comédie sous le masque d'Arlequin,\net d'autres rolles comiques, faveur à laquelle je serai sensible jusqu'à\nla mort, et avec d'autant plus de raison qu'elle s'est étendue jusque\nsur mon fils, qui, encouragé de vos applaudissements et des avis de\nceux qui l'honoroient d'une intime amittié, l'ont rendu aujourd'hui le"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.66", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1179\n\nplus fort comédien françois des provinces du royaume : car nous de-\nvons regarder les comédiens du Roy à Paris, comme des originaux, et\nne nous pas dire aussi bons qu'eux, ils s'offenceroient peut-être de la\ncomparaison.\nRecevez donc, messieurs, en bonne part le petit mémoire que j'ai\nfait pour l'instruction d'un écolier, je n'en retiens aucunes copies, afin\nque personne, après moi, n'en ait connoissance que vous. J'y joins un\nlivre de la musique du Roy pour les trompettes qui peut être utile à\nl'Académie, lorsqu'elle chantera quelques opéras où il y a des trompettes,\npuisqu'on y retrouvera la partie de plusieurs opéras de M. de Lully.\nPardonnez-moi, messieurs, ma franchise, l'honneur que j'ai eu de\njouer au concert, du tems de feu Monseigneur de Villeroi, archevêque,\nqui m'honoroit de sa protection, semble m'autoriser à rechercher la\nvôtre et de vous assurer de mon zèle. Je voudrois que ma reconnaissance\neût pu produire quelque chose de digne de vos suffrages, mais, malheu-\nreusement pour moi, mes talents sont à peu près bornez là. Qu'il vous\nplaise vous souvenir du proverbe, que la bonne volonté est réputée\npour l'effet. C'est dans ces sentiments que je prends la liberté de me\ndire très respectueusement, messieurs, votre très humble et très obéis-\nsant serviteur.\n\nJ.-B. Prin le père.\n\nMEMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\nAVEC L'ART D'APRENDRE A JOUER\nDE CET INSTRUMENT SANS MAITRE.\nPAR LE SR JEAN-BAPTISTE PRIN, MAÎTRE\nA DANCER DE PARIS ET MUSICIEN DE LA\nVILLE DE STRASBOURG\nDÉDIÉ A MESSIEURS LES ACADÉMICIENS\nDU CÉLÈBRE CONCERT DE LA VLLLE DE LLON.\n\nAUX AMATEURS DE LA TROMPETTE MARINE\nA la sollicitation de quelques amis, je me détermin sur\nmes vieux jours à faire paroître ce petit Mémoire sur la Trom-\npette Marine, avec lequel on peut apprendre à en jouer sans\nmaître et à la construire dans sa véritable forme et propor-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.67", "texte": "1180\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ntion. Je suis connu depuis longtemps à Lion pour avoir bien\njoué de cet instrument et l'avoir mis dans une espèce de per-\nfection, puisque j'ai trouvé le moyen de luy donner la force\nd'une trompette de bouche, la douceur d'une flûte et l'har-\nmonie d'un clavecin, il me semble qu'il ne devroit pas être\naussi négligé qu'il l'est, et peut-être même méprisé.\nJe commence par un petit traité historique de son origine\nque je n'allongerai point de preuves et de citations que je\npourrois rechercher, je dirai seulement ce que la mémoire\npourra me fournir sur ce que j'ai lû, vû et appris pendant\nplus de cinquante ans, que j'ai de connoissance et de pratique\nde cet instrument.\nDE SON ORIGINE\nOn est incertain de l'endroit où il a été inventé. La plus part\nveulent que ce soit en Allemagne, et cela fondé sur ce que\ncette nation a toujours été très inventive pour tous les instru-\nments de musique et que dans différents livres en leur langue,\nil est parlé du Monocorde comme très ancien. Cette opinion\ns'accorde assez à ce qu'en a dit M. Melon, de l'Académie de\nBourdeaux, dans une petite brochure qu'on lui attribue et qui\nparut à Paris en 1718. Les Allemands, disoit-il, joùoient, il\ny a plus de quatre siècles, du Monocorde, mais nous ne sçavons\npas comment il étoit construit, ce ne pouvoit être qu'un ins-\ntrument très imparfait, parce qu'une seule corde ne peut\nproduire dans sa division qu'un certain nombre de sons et\npeu de variété. Ce petit livre contenoit une infinité de choses\ntrès sçavantes sur les autres instruments, mais étrangères à\nce traité.\nDes personnes très sçavantes m'ont assuré à Marseille que\nle Monocorde était plus ancien que la harpe et que les Affricains\nen ont encore une idée imparfaite.\nIls prennent un bâton ou latte épaisse et de 4 à 5 poulces\nde tour et de la longueur de 6 à 7 pieds, y attachent par les\ndeux bouts une corde à boyau ou fiscelle cirée d'une grosseur\nconvenable et en forment avec force un arc, la corde par son\nmilieu est éloignée du bois d'environ un pied; cela fait, ils\npassent deux petites ficelles liées en chapelet auxquelles est\nattachée à chacune une moitié de callebasse sèche, en forme"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.68", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1181\n\nde calotte de la grosseur à peu près de la tête; ils font un petit\ntrou au milieu de cette calotte par lequel ils passent leur lise elle\nen double, en sorte que le nœud des deux bouts s'arrête au\nfond, là ils mettent encore un petit morceau de bois en travers,\nnon seulement pour empêcher que le nœud ne s'échappe en\nagrandissant le trou, mais parce qu'il est nécessaire pour\naccorder, ensuite ils ouvrent ces deux fiscelles, en entourent le\nbâcon et la grosse corde, la partagent et l'assujettissent en\ntiois distances desquelles ils tirent l'accord parlait. Comme\nil est figuré ci-dessous :\nPour toucher ce rustique instrument il faut le tenir de la\nmain gauche par le milieu du bâton ou latte, appuyer la calle-\nbasse contre le ventre et de la main droite frapper avec un\npetit morceau de baguette. L'on dit que ces Affricains en chan-\ntant différents airs s'accompagnent avec assez d'art et de\njustesse.\nCela ne nous conduit point encore à la découverte de la\nTrompette Marine, les Allemands en effet ont pu y contribuer\ndes premiers. Le Monocorde est selon eux construit d'une\ntable ou planche de 6 à 7 pieds de long, sur laquelle est tendue\nune seule corde élevée de deux tassaux d'environ un poulce\nde haut, et divisant les sons de cette corde à peu près comme\nnous la divisons aujourd'hui sur la trompette marine. J'en ai\nfait l'essay et n'ai trouvé que le son d'une quatrième de basse\nà vuide fort sourd. Cependant il n'y a que cet instrument qui\nait pu être l'origine de la trompette marine.\nOn le touchoit autrefois d'une main, et de l'autre on con-\nduis oit un chevalet en forme de croissant, qui formoit diffé-\nrents sons depuis le milieu de la corde jusqu'à l'un des\nbouts, mais l'usage du chevalet ambulant aïant été trouvé\npénible et lent dans son exécution, le poulce fut introduit, et\nla corde se trouvant alors débarrassée de ce chevalet, frisa"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.69", "texte": "1182\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nsur la table et forma imparfaitement quelques sons de trom-\npette. Après cette découverte, on construisit des Monocordes\nou trompettes marines avec trois planches en piramides\ntriangulaires, terminées par une teste qui portait la cheville,\nle tout de la longueur d'environ 6 pieds. J'en ai trouvé de\npareilles dans de vieux châteaux du Lyonnois et de Bresse qui\navoient plus de deux cents ans selon l'étiquette du luttier.\nJe ne dirai point en quel tems lurent inventées les trom-\npettes à 5 pans et à 7. Je sçay seulement de l'Anglois qui\nm'a enseigné qu'il avoit connoissance de ces triangulaires,\nmais qu'elles étaient d'un son nazard, et que celles à 7\npans avaient le son plus agréable ; comme je ne me suis pas\ndonné la peine de monter celles que j'ai trouvées et qu'elles\nétaient même un peu 'délabrées je n'en parle qu'après mon\nMaître qui en avoit joué.\nCOMMENT ELLE A ÉTÉ APPORTÉE EN FRANCE\nET APELÉE TROMPETTE MARINE.\nIl y a en Allemagne plusieurs universitez, les écoliers sont\ngrands partisans de la musique, ils en font toute leur récréa-\ntion, et l'on peut dire, dans la totalité qu'il s'y joue de tous\nles instruments du monde. Un grand nombre ne subsistent,\npendant le cours de leurs études, que des charitez qu'on leur\nfait les soirs à différentes portes des citoyens et riches étu-\ndiants, où ils vont, par bandes concertées, exécuter des mu-\nsiques à leur goût. La trompette marine qui s'entend de loin\net qui est agréable la nuit, surtout avec leurs hautbois et\nautres instruments singuliers dont ils jouoient à l'alternative\net en chorus, y a plu un tems ; comme toutes les nations\nsont reçeùes dans ces Universitez, il s'y est trouvé des écoliers\nhollandois et anglois qui ont transféré chez eux l'usage de cette\ntrompette, ils en ont joué sur leurs vaisseaux, et se sont fait\nentendre dans les différentes rades où ils mouilloient. Les\nmarins françois s'attachèrent à en jouer pareillement et sur-\npassèrent bientôt leurs voisins dans l'exécution, ils la surnom-\nmèrent Marine et en ont joué les derniers, ils ne se sont pas\nbornez à s'en servir sur mer ; sur les rivières, dans les forêts,\ndans les châteaux, maisons de campagne, souvent même dans"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.70", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1183"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.71", "texte": "1184\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nles villes, on en joiioit \\après avoir ete si en vogue, elle est\ncependant tombée dans l'oubly, et je pense, permettez-moi cet\namour propre, que si l'on en avait joue generalement aussi bien\nque moi, elle ne seroit pas aujourdhui abandonnée. Les imper-\nfections qui s'y rencontroient, les déplacements du chevalet,\nles grincements de l'archet et la difficulté d éviter ces mau-\nvais hazards, sans les secours que j'ai inventez, ont précipité\nce dégoût, je dirai même à. l'avantage de mon maître et de\ntous ceux qui en ont bien joué avant moi, qu il leur f ail oit\nune grande habilleté pour vaincre tant d obstacles, il est vray\nqu'ils ne le pouvoient pas toujours. Passez-moi encore celuy-cy.\nM. de Molière a rendu son bourgeois gentilhomme ridicule\nquand il luyafait demander à la suite d'un projet de concert,\nune trompette marine comme un instrument harmonieux,\nmais je crois que ce meme M. de Moliere auroit reconnu le sien,\ns'il m'avoit entendu tenir ma partie avec les meilleurs sympho-\nnistes de France.\nSA CONSTRUCTION ET SES PROPORTIONS\nJe détermine donc aujourd'hui la trompette marine pour\nmeilleure à sept pans de bois d'érabe, les tables sont d'environ\nune ligne 8 points d'épaisseur, la principale doit avoir un\npied de large par le bas et le haut 6 poulces, sa longueur,\n4 pieds de corps allongée d'un manche de 2 pieds, et d'une\nteste à mortoise pour la cheville d'environ demy-pied ; ce\nqui serait cy devant dans la feuille dessinée.\nLA MANIÈRE DE L'ORGANISER\nElle est de mon invention. Avant de coller la dernière table\nde l'instrument ou pendant qu'on le construit, il faut faire\nune mortoise au bas du manche qui est le fond du corps, d'en-\nviron deux doigts de profondeur large autant que le corps et\nlongue de 4 poulces et même plus s'il est besoin, c'est là\nqu'on établit des chevilles de fer, comme celles d'un clavecin\nrangées par trois rangs en biais, trois l'une sur l'autre, ce qui\npeut contenir 21 ou 24 cordes de laiton. Ces cordes doivent"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.72", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1185\n\navoir la longueur du corps de la trompette, elles sont\naccrochées par en bas à des pointes fixes qui tiennent au\ndessous du cercle, le tout précisément comme à un clavecin.\nIl faut pratiquer à la mortoise d'en haut un petit\nsillet d'un demi poulce de haut ou environ et en bas, du\ncôté du cercle, an chevalet d'un poulce de haut, prenant garde\ntoutefois à ne pas établir ces cordes trop près, ou contre les\nbarres qui traversent de distance en distance le dedans du\ncorps. L'ouverture de la mortoise d'en haut se ferme avec\nune coulisse bien jointe du même bois que la table ; que le\ncôté par où on la tire soit un peu plus large que l'autre bout\nqui ferme, on doit même y faire un petit ou deux boutons\npour l'ouvrir et,fermer facilement, il faut que cette ouverture\nsoit assez grande pour découvrir toutes les chevilles, et de\nquoi pincer les cordes, lorsqu'on veut les accorder.\nAprès avoir consulté des personnes plus sçavantes que moi,\nj'ay travaillé longtemps et vainement à trouver cet accord.\nMais, m'étant aperçu dans une salle où l'on préparoit un\nconcert, que plusieurs violons accordés et posés sur un cla-\nvecin fermé, résonnaient lorsque l'on jouait de l'un d'eux la\ncorde à vide, que les cordes du clavecin frémissaient aussi,\nje compris de là que je devois accorder toutes les cordes de la\ntrompette à l'unisson de la grosse corde à vuide ; ce qui me\nréussit si bien que quelque ton que je fasse, les cordes de\nlaiton répondent distinctement.\nLa grosse corde pour les trompettes de 6 >pieds et\nplus doit être d'une quatrième de basse 'non filée ou de 70 à\n80 boyaux. 'L'intelligence et l'épreuve du maître ou de\nl'écolier sont nécessaires pour le choix, on l'attache au bas\nde la trompette et on l'étend jusqu'à la teste où est une che-\nville de fer autour de laquelle on en assujettit le bout, cette\ncheville se met à droite et doit avoir à l'entrée du col une\npetite roue de fer ou d'acier avec des crans fins, contre le\nmanche et un peu au dessous de cette roue est attaché un\npetit valet de retenue aussi de fer ou d'acier qui doit se ren-\ncontrer aux crans de ladite roue pour la retenir, il faut que\nles crans soient arrondis par un côté afin que l'on puisse\ntendre la corde sans être obligé de toucher au valet de retenue\nqui se doit placer de lui-même et auquel on ne doit porter la\nmain que lorsqu'il faut détendre ; ce rouage est si connu que"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.73", "texte": "1186\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nje n'en diray pas davantage. La corde doit encore être posée\nsur deux sillets d'environ demy poulce d'élévation, l'un au\nbas de l'instrument et l'autre au haut du manche.\nIl faut que l'étendue de la corde soit en nombre pair, c'est\nune expérience que j'ai faite, il ne se doit point trouver de\ndemy poulce à partager. Par exemple, si la corde est de 6 pieds,\nsa moitié est de 3 pieds cela est bon ainsi que 5 pieds 10 pouces,\n8, 6, 4, etc. Mais 5 pieds 11 pouces, 9, 7, 5, 3,1, cela est mauvais\nil y aurait du taux dans les tons d'en haut. On mesure la corde\nd'un sillet à l'autre.\nDE L'ACCORD\nOn i'accoide en C. sol, ut,communément le ton est bas,\nmais elle aie son plus brillant en D. et on peut la tendre\nà ce ton, j'y ai fait même transposer toutes mes symphonies\nafin d'avoir l'agrément de concerter avec des violons, flûtes\net hautbois. C'est même le ton favorable de la trompette dont\nje me sers qui en 1715 a été faite à Lion par le Sr Imbert,\nluttier ; sa longueur totale est de 6 pieds 4 poulces, et la corde\nde 5 pieds 4 poulces.\nL'on peut encore accorder en E. qui est le ton naturel\nde la trompette de bouche, en prenant une corde un peu plus\ngrosse qu'une troisième de basse et un peu plus fine qu'une\nquatrième ou de 60 boyaux environ et que la longueur ne passe\npas 5 pieds 4 poulces.\nIl ne faut pas se servir de cordes trop fines même avec les\nplus petits instruments de trompettes ; car on n'en tireroit\npas les sons convenables ; lorsque j'en ai fait l'essai, je n'y ai\ntrouvé que le son d'un mauvais flageolet. Il est à observer,\ncomme je l'ai déjà dit, d'accorder les cordes de laiton à l'unis-\nson de la grosse corde ; sans cette attention, lesdites cordes\nseroient inutiles ; elles ne résonnent bien que lorsqu'elles sont\nparfaitement d'accord ; elles le tiennent longtemps, lorsqu'elles\nont pris une fois leur étendûe.\nIl y a deux façons de mettre les cordes de laiton dans le\ncorps de la trompette. La première est d'être deux personnes,\nl'une en bas et l'autre à la teste, là elle passe par l'ouverture\nqiu est au bas du manche une baguette un peu fendue par le"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.74", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1187\n\nbout, dans laquelle fente est mise la corde préparée de son\nanneau tortillé, comme l'on fait aux cordes d'un clavecin, que\nla personne d'en bas débarrasse de la baguette pour l'accrocher\nà l'une des pointes de fer qui y sont établies et en même temps\nl'autre personne qui est à l'ouverture assujettit cette même\ncorde à la cheville correspondante à ladite pointe ; ainsi de la\npremière jusqu'à la dernière.\nLa seconde est d'être seul, et d'avoir un petit plomb dans\nlequel est un petit crochet que vous mettez dans l'anneau\ntortillé de la corde, ensuite vous l'introduisez dans l'ouverture\ndu bas du manche de la trompette que vous tenez debout, vous\nl'attrapez par en bas, vous décrochez le plomb et raccrochez\nla corde à la pointe de fer, et l'autre bout de la corde à la\ncheville aussi de fer correspondante comme dit est ; cette\nseconde manière est la plus longue et la moins commode.\nLorsque toutes les cordes sont mises, il ne faut pas d'abord\nles accorder au ton où elles doivent arriver, l'on risquerait de\nles casser, l'on doit seulement les égaler les unes aux autres\ndans un ton bas, pour qu'elles puissent prendre une tension\négale, et, au bout de peu de jours, on pourra les mettre d'accord\nau ton déterminé de la grosse corde à vide. Ces cordes de laiton\nsont ordinairement du n° 4. Les bonnes sont appelées cordes\ndu nord, et viennent de la ville de Nuremberg. Pour que le\nbout de chaque corde ne casse point lorsqu'on le tortille en y\nfaisant le petit anneau, il en faut brûler environ deux doigts.\nLA MANIÈRE DE JOUER\nIl ta ut se tenir debout, mettre le bas de la trompette sur\nquelque chose d'élevé, comme chaises, bancs ou tables, qu'elle\nsoit solidement appuïée, afin qu'elle ne puisse pas glisser, en\nposer la teste contre l'estomac, la soutenir ainsi ni trop ni trop\npeu, c'est-à-dire suffisamment pour qu'elle n'échappe pas,\navancer la jambe gauche comme pour tirer un coup de fusil,\nen cette situation la main droite qui tient l'archet est plus\ndégagée et le poulce de la main gauche qui touche la corde plus\nà portée d'aller et de venir et d'atteindre jusqu'au milieu d'icelle\noù se trouve le plus bas ton de cet instrument, le dedans de la\nmain droite doit sembler soutenir le manche comme si l'on"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.75", "texte": "1188\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nempoignoit, mais cependant qu'elle ne touche à rien affin qu'elle\nait la liberté d'agir, les doigts droits sans être roi des, le poulee\ncouché de côté et touchant la corde entre le coin de l'ongle\net la chair : car à plat on ne pourrait rien faire, les notes\ndoivent être graduées et écrites partie sur la table et le reste\nsur le manche de la trompette, et c'est vis-à-vis d'elles qu'il\nfaut toucher celles dont on a besoin pour former les sons qui\ncomposent les airs qu'on a dessein d'exécuter; vis-à-vis le milieu\nde la corde est le sol,un peu plus haut en retirant le poulce\nà soy le la et ainsi successivement Voilà\nles distances désignées ; mais il faut observer que le poulce\nn'abandonne pas la corde d'un son à un autre, on le doit glisser\nsans la quitter, et ne pousser ou retirer l'archet que lorsqu'il\nest vis-à-vis la note. Cependant, quand il en est besoin, on peut\nlier deux sons par un même coup d'archet, et ce en glissant\nle poulce d'une note à l'autre pendant la durée de l'action de\nl'archet, et c'est de cette façon qu'on articule gracieusement\nles croches lorsqu'on a acquis un peu d'habitude. Il en faut\nbeaucoup pour la cadence qui est composée de deux sons, par\nexemple pour faire celle de Y ut,il la faut préparer au et couler\nle poulce à Yut,et retourner de au et du à avec\nvitesse pendant ce temps ne tirer qu'un seul coup d'archet\navec propreté, avec l'exercice on en vient à bout peur vu que\nl'on ne se rebute pas dès les commencements, la difficulté est\nen ce que la main gauche que n'est appuïée que du poulce,\nfait plusieurs mouvements et que la droite armée de l'archet\nen veut faire aussi plusieurs et n'en doit faire qu'an seul.\nL'on avait autrefois une mauvaise méthode pour replacer\nle chevalet qui se dérangeoit souvent dans les morceaux de\nforce, comme la chasse, les bruits de guerre, etc. Il f ail oit\ns'interrompre et frapper ce chevalet du bout de l'archet à\ndroite et à gauche, jusqu'à ce que le hasard l'eut remis à son\npoint, quelquefois même l'on étoit obligé de se transporter\nau bout de son instrument et de le remettre avec la main, il\narrivait dans ce déplacement des grincements qui ont rebuté\nbien des personnes et qui m'auroient dégoûté moi-même si je\nn'avois trouvé le moyen d'y remédier. Ce chevalet est indis-\npensablement nécesssaire pour friser sur la superficie de la table\net produire par son moyen les sons de trompettes, il est très\ndifficile d'en avoir un bon et bien à son point, il faut en cela"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.76", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1189\n\ncomme en bien d'autres choses de l'attention et de l'intelligence.\nLa forme de ce chevalet est dessinée sur la feuille ci-devant.\nLe moyen donc quej'ay inventé c'est de percer avec une\npetite haleine le coin de la table et de l'éclisse du côté droit\nvis-à-vis le milieu de l'intervalle du chevalet et du muffle, d'y\npasser une petite corde à boyau de la grosseur d'une troisième\nde violon de l'arrêter au côté de l'éclisse par un petit nœud,\nde la passer vis-à-vis son trou autour de la grosse corde une ou\ndeux fois, puis l'arrêter d'un nœud, revenir avec cette même\ncorde au milieu de cette bride, là y faire un nœud coulant et\nl'étendre ensuite vers la teste de la trompette à la gauche de\nlaquelle sera une petite cheville de guittare, où on l'attachera ;\nde manière que cette corde étant par le bas fixée à droite et\nla cheville en haut la fixant à gauche, elle croise la grosse corde\nà la vérité, mais on doit empêcher qu'elles ne se touchent,\npour cet effet il faut que la petite corde croise sous la grosse,\nque le sillet du manche soit percé environ 3 lignes plus bas\nque le cran d'appui de la grosse corde, et que cette petite corde\npassée par ce trou et arrêtée à la cheville soit assez élevée pour\nne pas traîner sur la table, et qu'elle ne le soit pas tropaffin\nqu'elle ne touche point à la grosse corde.\nObservez que la teste a deux chevilles, l'une de fer dont la\nroue et le valet de retenue sont à droite, et la petite cheville de\nguittare se met à gauche, en voici la raison : Lorsqu'on est à\njouer et que l'on sent qu'il convient de tendre ou de détendre\ncette petite corde, la main gauche qui ne tient rien, tourne\nou détourne la cheville dans un clin d'œil au lieu qu'il faudroit\nde la droite quitter l'archet et le reprendre ce qui retarderoit\ndans l'exécution.\nDU GUIDON\nJ'apelle cette petite corde, le guide n, parce que c'est elle\nqui gouverne le chevalet. En la tendant à son juste point elle\nfait frémir le chevalet et forme les sons de trompette ; en la\ndétendant elle l'assourdit. C'est dans cette scituation que\nj'imite la flûte traversière, et que je joue des airs tendres qu'on\ncroiroit ne pas convenir à cet instrument, et qui sont cependant\ntrès agréables lorsqu'on est parvenu à un degré d'habitude et\nde propreté ; j'ai amusé et étonné des personnes de la première"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.77", "texte": "1190\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ncondition et autres, ccnnoisseuses t de goût non seulement\navec des morceaux d'exécution, mais en jouant avec délicatesse\ndes brunettes comme L'autre jour\netc. Les échos ont aussi causé de l'admiration mais j'en suis\nredevable à la manière d'organiser dont j'ay parlé cy devant.\nJe fais encore une observation sur le chevalet. Cette pièce\nest trop principalle pour devoir rien obmettre, sa forme est donc\ndessinée cy devant, la grosse corde est élevée sur le pied\nd'iceluy qui est posé dans le milieu de la table et à environ\n3 pouces du sillet d'en bas, sa queue est à gauche, sous ce pied\nseulement il faut mettre de la colophanne en poudre pour l'em-\npescher de glisser et avoir grande attention qu'il n'y en ait pas\nsous la queue qui doit être toujours nette et polie sans quoi\nelle ne friseroit point et ne formeroit pas les sons de trompette.\nJ'aime avec tendresse cet instrument et c'est avec douleur\nque je le vois, pour ainsi dire, mourir avec moi. J'en ai subsisté\navec aisance à Lion pendant plusieurs années, j y ai fait de\nbons écoliers, mais trop riches pour en iaire à leur tour, et\npeut-être occupés à des affaires trop importantes pour y passer\nleur temps ; en Allemagne j'y ai trouvé d'habiles musiciens\npour lire la musique et l'exécuter avec précision, mais point\nde goût ni d'expression ; la trompette marine en demande\nbeaucoup, sans cela elle est bornée à imiter quelques airs de\ntrompettes de bouche et l'on ne peut parvenir a jouer, en\nconcerto, des opéra, et à amuser par des varietez de sons et de\njeu des gens d'un vrai discernement, comme je l'ay fait.\nLa Providence, pour me faire expiër mes fautes passées,\na fixé mon modique établissement dans une provin <e d'Alle-\nmagne, où les peuples pour la plupart ne captivent pas la\nbienveillance des François, où les valets sont musiciens, où\nles maîtres écoutent avec indifférence, peut-être même sans\nentendre, où les plus beaux spectacles sont par eux desertez\net ne subsisteroient pas sans les troupes militaires du Roi, où\nenfin je n'ai d'agrément qu'avec un très petit nombre de me?\nconfrères françois, qui comme moy n'abaissent point la musique\njusqu'à l'associer avec la livrée. De sorte qu'indigné de n'avoir\npu élever un second moi-meme pour faire revivre cette pauvre\ntrompette marine, je la. dépose et lègue à mes anciens bienfai-\nteurs, Messieurs les Académiciens de Lieu, auxquels j'adresse\nce mémoire j je les supplie de la cultiver, de reveiller 1 envie"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.78", "texte": "UN MÉMOIRE SUR LA TROMPETTE MARINE\n1191\n\nd'en jouer à mes écoliers, s'il s'en trouvait encore quelques-uns,\net de tâcher qu'elle ressuscite après moy.\nMon grand âge m'annonce une fin prochaine, mais l'espoir\nque j'ai en cet écrit et l'abandon que je fais de ma trompette\naimée à cette célèbre Académie avec mes livres de musique\nme consolent beaucoup. Peut-être, dis-je en moi-même, qu'en\nlaissant là des marques d'une juste reconnoissance, j'y fais\nrevivre un instrument qui a fait si longtemps l'objet de mes\noccupations, suffi à mes besoins et à mes plaisirs, et qui seroit\nsûrement plus estimé s'il étoit plus connu (i).\n(i) La trompette marine de Prin fut conservée par l'Académie des Beaux-\nArts dans une des salles de l'Hôtel qu'elle avait fait construire en 1724. Un inven-\ntaire des meubles de l'Académie, établi en 1756 et conservé aux Archives\nmunicipales de Lyon, mentionne la présence d'une trompette marine avec son\nétui. « Le mobilier de l'Académie fut vendu aux enchères en 1792. Qu'est devenue\nla trompette aimée du pauvre Prin ? » Deux de ses livres de musique sont\nconservés dans la bibliothèque du Palais des Arts; l'un d'eux porte cette indica-\ntion : « Livre de musique du Roy, donné par Madame la duchesse de Bour-\ngogne au sieur Prin, fameux joueur de trompette marine, au concert des Princes\nà Trianon dans le parc de Versailles, le 15 juillet 1709. »"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.79", "texte": "LE MOIS\n\nLA MUSIQUE ANCIENNE AU CONCERT EN 1909\nLa nouvelle saison est ouverte, déjà ! Elle a débuté chez Ma-\ndame de 8... ; elle s'achèvera sans doute chez Madame de Z...,\nun peu plus tard que de coutume. Et nous aurons peine à\nvoir les derniers «Echos» s'évanouir avant le 15 août. Que disait\ndonc Jean-Jacques lorsqu'il voulait douter de notre public\nmusical français et s'ingéniait à déprécier par avance la mu-\nsique française ! Et que penserait-il de cette concôftcifidi\nqui, dès le mois de novembre, agite tout Paris, à laquelle la\nmusique du présent ne suffit plus, puisqu elle s attaque éga-\nlement à la musique du passé. Serait-ce une revanche pour\nl'auteur du Dôvifi du Village de voir fetee par le puDlic\nde Boris et du Crépuscule ?\nAvouons-le, le sens historique a fait des progrès singuliers\nchez nos amateurs. Pour passer, d'un jour à 1 autre, de Rameau\nà d'lndy, de Mondonville à Ravel, de Weber à Palestrina,\nil faut un certain aplomb, c'est-à-dire un goût qui ne se laisse\npas tromper, une personnalité qui s'équilibre au milieu des\nréactions les plus diverses. Qu'adviendra-t-il de notre senti-\nment musical au milieu !de tant d'émotions contraires ?\nSerons-nous submergés par cet océan sonore ? Verrons-nous,\ncomme dans un roman prophétique de Paul Adam, la musique\nde tous les pays et de tous les temps se fondre en quelque\ngigantesque Babel, image de la civilisation communiste ?\nOu bien, l'individualisme et le choix seront-ils victorieux,\net cette sélection nous donnera-t-elle un art nouveau, dun"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n1193\n\ngoût exclusif, d'un style intransigeant ? Graves problèmes\nqui n'empêcheront pas les artistes, le public et les historiens\nde se précipiter cet hiver aux concerts anciens et modernes\nde toutes les catégories. Tant il est vrai que l'homme ne court\njamais plus vite que lorsqu'il ne sait pas où il va.\nDonc, fort belle saison de musique rétrospective cette\nannée. En voici le sommaire.\nSCHOLA CANTORUM (*)\nPREMIER CONCERT. Vendredi 20 novembre 1908 (Schola).\nDestouches.\nDEUXIÈME CONCERT. Vendredi 18 décembre 1908 (Schola).\nde Bach.\nTROISIÈME CONCERT. Vendredi 22 janvier 1909 (Schola). Euryanthe,\nWeber.\nTROISIÈME CONCERT bis. Vendredi 9 janvier 1909 (Salle Gaveau).\nEuryanthe,Weber.\nQUATRIÈME CONCERT. Vendredi 19 février 1909 (Schola). La Passion,\nBach.\nCINQUIÈME CONCERT. Vendredi 26 février 1909 (Schola).\nBach.\nQUATRIÈME CONCERT bis. Vendredi 5 mars 1909 (Salle Gaveau). La\nPassion, Bach.\nCINQUIÈME CONCERT bis. Vendredi 12 mars 1909 (Salle Gaveau).\nLa Passion.Bach.\nSIXIÈME CONCERT. Vendredi 30 avril 1909 (Schola). Les Orphée s.\nSIXIÈME CONCERT bis.-— Vendredi 7 mai 1909 (Salle Gaveau).\nOfphées.\nCONFERENCES DE M. PAUL LAN DO RM Y (*)\nLundi, 9 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. La musique antique. Le chant grégorien.\nAUDITION. Hymne à Apollon. Exemples de chant grégorien.\nChansons populaires françaises.\nLundi,23 novembre 1908 :\nCONFÉRENCE. Le moyen âge. Diaphonie, déchant, polyphonie.—\nLes trouvères. L'école gallo-belge. - Palestrina.\nAUDITION. Fragments de Robin et Manon (Adam de la Halle).\nChansons de Trouvères.— Quatuors vocaux de Costeley, janne-\nquin, Palestrina, etc.\n(*) Salle d'Horticulture, rue de Grenelle, à cinq heures."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.81", "texte": "1194\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S- I. M.\n\nLundi,7 décembre 1908 :\nCONFÉRENCE. L'opéra en Italie au xvne siècle, de Monteverde\nà Scarlatti.\nAUDITION. Fragments ddOrfeo et du Couronnement de Poppée (Monte-\nverde). Œuvres de Provenzale, Scarlatti, etc. Pièces de clavecin\net de violon du xvne siècle italien. ;\nLundi,2l décembre 1908 : '\nCONFÉRENCE. Les origines de l'oratorio. ? ? \\\nAUDITION. Œuvres de Carissimi et de Schiitz. Pièces anciennes\npour harpe. •\nLundi, 11 janvier 1909 : H\nCONFÉRENCE. L'opéra en France avant Rameau.\nAUDITION. Œuvres de Lulli, Purcell. L'amour piqué par une\nabeille, Cantate de Clérembault(ire audition). Pièces anciennes\npour clavecin. ;\n■ i\nLundi,2s janvier 1909 :\nCONFÉRENCE. Rameau. r rR ;\nAUDITION. Air de la Guirlande. Fragments\nPièces pour le clavecin de Rameau et de Couperin. Pièces pour\nle violon des vieux maîtres français. 1\nLundid Bfévrier 1909 : ' 1\nCONFÉRENCE. L'Opéra-Comique au xvue siècle. '\nAUDITION. —Œuvres de Pergolèse, Monsigny, Piiilidor, Grétry, Dalayrac.\nŒuvres pour le piano et le violon de Mozart.\nLundi,22 février 1909 : •\nCONFÉRENCE- Gluck et Piccini. p\nAUDITION. Fragments dd'lphi génie\n(Gluck) ; d'Œdipe à Colone (Sacchini). Pièces pour clavecin de\nJ.-S. Bach.\nLundi, 8 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Gluck et Piccini (suite).!|\nAUDITION. Fragments de Paris (Gluck),\nPauride (Piccini), dilphigénie en Pauride (Gluck). Œuvres\npour piano et violon de Haydn et de Mozart.\nLundi,22 mars 1909 :\nCONFÉRENCE. Les successeurs de Gluck.\nAUDITION. Œuvres de Méhul, Lesueur, Chérubini, Spontini,\nBeethoven."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.82", "texte": "LE MOIS\n119 5\n\nHISTOIRE DU QUATUORJA CORDES, PAR M. LEJEUNEH\nPREMIÈRE SÉANCF\nConférence sur l'Histoire du quatuor à cordes,par M. VINCENT D'INDY.\nI° Suite pour 2 violons, alto et basse (pre-\nmière audition à Paris) JOHANN STADEN\n(1581-1684)\nŒuvres pour orgue\n2° Sonate à 4 (première audition à Paris) G. ROSENMULLER\n(1620-1684)\nŒuvres pour orgue. ;\n30 Sonate à 4 X J.-C. FASCH\n(1688-1758)\nDEUXIÈME SÉANCE ]\nI° Quatuor à cordes PH.-EM. BACH\n(1714-1788)\nŒuvres pour orgue\n2° Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) C.-F. ABEL\n(1725-1787)\nŒuvres pour orgue\n30 Quatuor à cordes (Divertimento). . . J. STARZER\n(1727-1787)\nTROISIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes J. HAYDN\n(1732-1809)\nŒuvres pour orgue\n20 Quatuor à cordes C.-D. VON DITTERSDORF\n(1739-Ï799)\nQuatuor à cordes W.-A. MOZART^\n(1756-1791) ;\nQ UATRIÈME ' SÉ AN CE\nI° Quatuor à cordes fa maj.op. 18,n° 1. L. VAN BEETHOVEN\n(1770-1827)\n2° Sonates pour orgue,2 violons\"et basse. W.-A. MOZART\n(*) Salle Mustel, à neuf heures."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.83", "texte": "1196\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n30 Quatuor à cordes ut maj. op. 59, n° 3. P. VAN BEETHOVEN\nSalle Mustel, à 9 heures.\nCINQUIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes fa maj. op. 135. . BEETHOVEN\n2° Sonata séria (première audition à\nParis) F.-W. RUST\n30 Quatuor à cordes la mineur op. 29. . F. SCHUBERT\n(1797-1828)\nSIXIÈME SÉANCE\ni° Quatuor à cordes fa mineur op. 80. . F. MENDELSSOHN\n(1809-1847)\n20 Œuvres pour orgue :\n30 Quatuor à cordes en la mineur op. 41,\nn» I R. SCHUMANN\n(1810-1847)\nSEPTIÈME SÉANCE\nI° Quatuor à cordes ut mineur op. 51,N° 1. J. BRAHMS\n(1833-1897)\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quintette à cordes (première audition\nà Paris) A. BRUCKNER\n(1824-1896)\nHUITIÈME SÉANCE\nI° Trio à cordes M. REGER\n2° Œuvres pour orgue.\n30 Quatuor à cordes (première audition\nà Paris) H. WOLFF\n(1860-1903)\nSOCIETE J.-S. BACH\n(CINQUIÈME ANNÉE)\nMercredi, 25 novembre .\nLa Passion selon saint Jean.\nMercredi,2 décembre :\n1. Triple concerto pour piano, flûte et violon, en la mineur."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n119 7\n\n2. Cantate „ Ich armer Mensch \" (n° 55) pour ténor solo.\n3. Sonate -pour deux flûtes, avec accompagnement de basse chiffrée.\n4. Geistliche Lieder.\n5. Concerto Brandebourgeois pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon principal et orchestre (n° 2).\nMercredi, 27 janvier :\n1. Cantate „ Widerstehe doch der Sûnde \" (n° 54) pour alto-solo.\n2. Suite en si mineur, pour flûtes et orchestre.\n3» 3e Sonate pour clavecin et viole de gambe.\n4. a) Cantate des Cloches (Schlage doch) pour alto-solo.\nb) Geistliche Lieder.\n5. Concerto en ut majeur, pour trois pianos et orchestre.\nMercredi, 3 février :\nKyrie et Gloria de la Messe en si mineur.\nMercredi, 10 mars :\n1. CANTATE „ Wachet auf\" (n° 140).\n2. CANTATE ~ Ich will den Kreuztab gerne tragen \" (n° 56), pour basse-\nsolo.\n3. CANTATE ~ Nun ist das Heil\" (nu 50), pour double-chœur.\nMercredi, 5 mai :\n1. Actus tragicus.\n2. Magnificat.\n; Tous les Concerts ont lieu à 9 heures, 45-47, rue la\nBoëtie.\nLa veille de chaque concert, à 4 heures, répétition publique.\n||j A cela s'ajouteront les auditions de la Fondation 'Bach,\nsi scrupuleusement dirigée par notre collègue Charles Bouvet;\ncelles de la Société des Concerts d'autrefois, celles de l'Ecole\ndes Hautes Etudes Sociales,organisées par M. Henry Expert,\net probablement d'autres encore, car la mode y est.\nVoici d'excellentes intentions, et des programmes qui\ns'adresseront à l'esprit comme à l'oreille. L'auditeur, conduit\nvers les œuvres du passé, comprendra, tout en écoutant, et\niljtrouvera plaisir à cette double occupation. Ainsi s'organise"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.85", "texte": "1198\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nindividuellement un enseignement libre de l'histoire musicale.\nJadis de si belles initiatives auraient bien vite tendu la main\nà l'Etat tout puissant qui, du reste, ne les aurait pas soute-\nnues. Aujourd'hui, l'association des intérêts et des bonnes\nvolontés suffit. le public aidant.\nQuand je dis suffit, je n'ose pas cependant espérer\nqu'il s'agisse encore de la perfection. Pas plus l'hiver prochain\nque l'hiver dernier les auditions de musique ancienne ne donne-\nront aux amateurs des joies aussi pleines que les auditions de\nmusique moderne. Nous entendrons encore crier à la médiocrité.\nIl faut en prendre son parti, et pour beaucoup de raisons,\ndont la première est que la musique d'autrefois n'avait pas\nabsolument la même destination que celle d'aujourd'hui.\nAux temps passés, le rôle de l'art sonore n'était pas aussi indé-\npendant qu'il est actuellement. L'idée de l'art pur, de l'art\nélevé au-dessus de toutes les compromissions sociales, mon-\ndaines, religieuses, de l'art qui se suffit et qui nous suffit par\nlui-même, tout cela est assez nouveau dans l'histoire du Beau.\nLa vieille musique tenait par bien des côtés à la civilisation,\nqui se servait d'elle. A l'église, à table, dans les fêtes galantes,'\ndans les cérémonies populaires elle formait le décor auditif\nréclamé par l'oreille. Lorsque aujourd'hui nous transportons\nce décor dans une salle de concert nous exécutons un tour de\nforce, et nous épuisons les ressources de notre imagination.\nSi la curiosité scientifique, le snobisme, et l'habitude ne nous\nvenaient en aide, nous n'irions pas loin dans cette voie. Telle\nSuite de Lalande ne peut s'entendre à jeun, tel air de Rossi\nou de Boesset suppose une certaine réalité sociale à Cloris,\nà Tircis,à Célimène.Tel motet de Josquin est une prière ;\ntelle piece de luth ou de clavecin, une galanterie. Ce sont des\nactes psychologiques, que 1 émotion musicale seule ne justifie\npas entièrement, et que nous avons grand'peine à replacer\ndans le courant ordinaire de la vie moderne. On raconte que\nLully s'écriait plaisamment en écoutant un de ses airs profanes\ntransformé en motet: « Seigneur, je ne l'avais pas fait pour vous / »\nS'ils revenaient aujourd'hui, le Florentin et ses collègues du passé\nformuleraient sans doute les mêmes réserves.\nNous ne sommes pas faits pour ces musiques. Nous y ferons-\nnous ? Je l'espère, si nous sommes gens de bonne volonté ;\net je le souhaite. Mais notre bonne volonté se trouve si souvent"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.86", "texte": "LE MOIS\n1199\n\nentravée par nos préjugés esthétiques ! Nous voulons voir\ndans les auteurs anciens ce qu'il nous plaît d'y mettre. A peine\navons-nous fait l'expérience d'une œuvre, défunte depuis\nquelques siècles, que tout aussitôt voilà notre jugement parti\nen campagne pour discuter, ratiociner, donner de bonnes et\ndes mauvaises notes. N'est-ce pas la vérité? J'ai vu à Paris\ndes gens très raisonnables, mais athées militants, qui, voulant\norganiser des chorals populaires, furent absolument navrés\ndes textes religieux et du parfum mystique de nos grands\ncontrapontistes. Et les amis de nu mélodique qui dépouillent\nhabilement notre bon Couperin des colifichets dont il aimait\nà se parer, au risque de le dévêtir complètement ! Et les apôtres\nd?< la déclamation qui trahissent la danse ! Et bien d'autres\nencore qui supposent qu'une œuvre significative dans l'his-\ntoire sera peur eax une œuvre belle dans leur idéal !\nEncore n'osons-nous guère pousser nos investigations au\ndelà du xvie siècle. M. Landormy lui-même, dont le programme\nsemble fort bien rédigé, saute par-dessus le moyen âge, et se\nhâte d'arriver aux Valois. Mais Ockeghem, Dufay, Dunstaple,\net ce prodigieux Guillaume de Machaut, et l'école de YArs\nnova,et le Motet du xme ?... Que dira notre public de tout cela ?\nPrétendra-t-on, comme je l'ai entendu, que ces quatre siècles\nde la vie musicale d'Occident ne justifient aucune espèce d'in-\ntérêt, parce qu'elles sont soi-disant des périodes d'élaboration ?\nEn somme, les auditions de musique ancienne se trouvent\nencore dans un âge d'expériences et de tâtonnements. C'est\nlà ce qu'il importe de préciser. Chaque année, des efforts coura-\ngeux nous donnent de nouveaux aperçus et de nouveaux\nespoirs. Mais un jour s'approche où un peu de méthode s'im-\nposera. Jusqu'à présent les influences extérieures (ressources\nfinancières, goût personnel, etc.) ont joué dans tout ceci un\nrôle qu'il faudrait réduire à son minimum. Autrement dit,\nsi l'empirisme est un excellent procédé d'initiative et de début,\nil doit céder la place à des vues précises. Ce moment est-il\nvenu ? C'est ce que nous dira la saison de cet hiver.\n\nJ. E."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.87", "texte": "A L'OPÉRA\n\nCe n'est pas le meilleur drame de Wagner. L'action serait\némouvante, si elle n'était si embrouillée. La musique a de\ngrandes beautés, mais d'un caractère symphonique bien plutôt\nque dramatique : il s'agit en effet d'appeler, chacun à son tour,\nles thèmes déjà connus, afin de les rassembler en un beau\ncortège final. Même aux endroits où des mélodies nouvelles sont\ninventées, elles s'interrompent à tout instant, pour laisser\npasser le motif de l'or, ou de la convoitise, ou de l'amour. La"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.88", "texte": "LE MOIS\n1201\n\npréoccupation de Wagner est\nsensible : il semble jouer, avec\nlui-même, à l'un de ces jeux où\nil faut à tout prix placer, dans\nn'importe quelle phrase, des mots\ndonnés d'avance. Il y a de la\nfatigue en cette partition.\nLes pages les plus belles, au\nconcert, sont celles qui présen-\ntent le plus grandiose entasse-\nment de thèmes : la marche\nfunèbre, et la chute du Walhalla,\nqui atteint au sublime. Mais\nelles perdent leur effet à la\nscène, faute de mouvement. Au\ncontraire, la musique d'opéra\ndont s'accompagne l'action elle-\nmême, porte, malgré une certaine banalité, parce qu'elle est\nvivante : l'appel aux armes de Hagen, au deuxième acte, et\nles reproches de Brunnhild à Siegfried, se suivent avec cette\ncuriosité passionnée qui est l'émotion du théâtre. Mais que de\nlongueurs embarrassent la pièce ! que de récits immobiles,\nque d'inutiles retours à ce qui s'est passé ! En bon pédagogue,\nWagner sent qu'il ne répétera jamais assez son obscure légende,\npour que la trame s'en grave en nos pauvres cerveaux. Je crois\nqu'il ne déplaît pas trop à l'Allemand de se sentir en classe. Le\nFrançais y bâille, ou cause avec ses voisins.\nje dois dire cependant que le public de la répétition géné-\nrale a montré une patience admirable. Mais quand je lis dans\nles journaux quotidiens rémunération béate des personnages\nofficiels ou mondains qui le composaient, je doute fort qu'ils\nne se soient pas entretenus de secrètes pensées, fort étrangères\naux destinées de l'anneau fatal. Car je ne suppose pas qu'ils aient\neu le temps de se rémémorer l'histoire antérieure de cet anneau,\nà qui toutes les clés du symbole sont attachées. Faute de\nquoi, impossible de comprendre un mot ni aux discours des\nNornes obscures, ni aux adieux héroïques de Siegfried et de\nBrunnhild, ni à tout ce qui vient après.\nIl faut cependant louer Paris d'avoir rendu cette justice\ntardive à un ouvrage qui nous fera plus patients à espérer"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.89", "texte": "1202\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nParsifal : dans quelques années,\nquand celui-ci à son tour aura\néchappé au monopole familial,\nnous n'aurons plus rien à en-\nvier à Bayreuth. Par malheur,\nWagner sera tout entier à notre\ndisposition au moment où per-\nsonne ne le saura plus jouer.\nJe ne dis pas cela pour l'or-\nchestre, dont M. Messager a\nobtenu des miracles de rythme,\nde suite et d'équilibre ; jamais\nle lever du soleil, ou la marche\nfunèbre n'ont été mieux ren-\ndus. Mais, parmi les acteurs,\nseul M. Van Dyck a conservé\nla tradition du jeu robuste et\nsimple qui convient aux propor-\ntions de ces drames épiques ; et il a su traduire la brutalité\njoyeuse d'un héros en qui Wagner n'a rien voulu incarner\nque le triomphe de la jeunesse. Les autres ont été d'une froi-\ndeur mortelle, à commencer par M. Delmas, de qui, en souvenir\nde Wotan, j'attendais un meilleur Hagen. Quant à Mlle Louise\nGrandjean, ce fut grande pitié que ses studieux efforts, impuis-\nsants à vaincre la sécheresse de sa voix et l'honnête lourdeur\nd'une nature mieux faite, assurément, pour nous montrer\nune boulangère, dans un drame de M. Bruneau, que la fierté\nd'une Walkyrie. Elle fut, je le sais, imposée par la famille\nWagner, la même qui préconise le ténor Burgstaller. Combien\nce rôle convenait à Mlle Bréval, c'est ce qu'il est à peine besoin\nde dire, puisqu'elle l'a déjà tenu, dans la Walkyrie, avec une\ntragique noblesse qu'elle n'a certes pas oubliée.\nChez tous, sans excepter les Nornes ni l'aimable\nMlle Lapeyrette, en Waltraute improvisée, l'indifférence est\nprofonde. Comment la leur reprocher ? Elle prouve simple-\nment que nous sommes revenus de ces démesures, et vou-\nlons un art humain. Wagner, comme Nietzsche, n'est plus\nde saison. De ses œuvres altières, nous n'apercevons\nplus que les cimes ; le brouillard en mange les as-\nsises, une à une, et monte. Nous leur tournons le dos."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.90", "texte": "LE MOIS\n1203\n\nBientôt elles seront hors de vue. L'âge\nhistorique sera venu pour elles : quand on\nles reprendra, ce sera à titre de reconsti-\ntutions dont les blasés feront leur;»\ndélices, les snobs leur mode\net la fôule sa stupeur. Mais\nalors, à moins que la machi-\nnerie théâtrale n'ait fait de\ngrands progrès, gare au ridi-\ncule pour la\nrainure de\nverre où\nglissent l'es\nfilles du\nRhin, faus-\nses nageuses,\net pour le\ncheval vieilli\nsous le har-\nnais qui ne\nbronche ni\naux éclats\nde l'orchestre, ni aux cris de Brunnhild ! On s'apercevra que ces\nmerveilles ne sont pas mieux conçues, et sont moins plai-\nsantes que celles dont usait notre ancien opéra.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERTS CHEVILLARD\n\nIls ont retrouvé leur maître, et je ne saurais trop les en\nféliciter. Le public, par l'ovation qu'il lui a faite, a bien montré\nd'ailleurs qu'il partageait ce sentiment. Il m'a semblé que\nle repos avait été profitable à ses forces, et surtout à cette\nraison toujours saine qui fait de lui le plus français peut-être\nde nos chefs. Jamais la VIIIe Sym de Beethoven n'avait\nété jouée avec plus de fermeté souriante, et sans aucun de ces\nexcès de vitesse où jadis il provoquait son orchestre fougueux.\nAu deuxième concert, une de ses œuvres, la Ballade pour\norchestre, vieille déjà de dix-huit ans (on ne peut dire qu'il"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.91", "texte": "1204\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nabuse de son nom sur ses programmes), a fait connaître un\nexcellent musicien, qui ne cherche pas à donner le change\nsur sa pensée ni à éblouir le public par ses cabrioles, mais sait\nconstruire, sur un élégant motif obstiné, des variations ai-\nmables et sombres tour à tour, d'un romantisme sincère et\nréfléchi.\nC'est le romantisme aussi qui devait animer le poème sym-\nphonique de M. Flament, Oceano Nox; il ne lui a inspiré que\ndes mélodies d'une symétrie décevante, et quelques bons effets\nd'orchestre. La Procession nocturne de M. Rabaud n'est pas\nun de ces morceaux qui bouleversent le monde ; mais la sonorité\nen est fort agréable, et la mélancolie s'y prolonge non sans élo-\nquence. Je crois, d'ailleurs, qu'il faut louer, pour son courage,\nun musicien qui, aujourd'hui, ne cherche pas la nouveauté\nà tout prix, même à celui de la laideur. Il risque la plus grosse\ninjure qui soit au répertoire de la critique : on le traitera de\nMendelssohn. De cet auteur compromettant, nous eûmes la\nSymphonie écossaise. Je ne consteste pas que les idées n'y\njoignent souvent à leur tendresse gracieuse une sorte d'opti-\nmisme mondain, qui peut déplaire à nos farouches. Mais cet\norchestre est d'une adresse et d'une légèreté admirables ; et\nil sonne clair, à la façon de Mozart et de Weber, non de Beetho-\nven. Mendelssohn doit compter parmi ceux qui ont aidé à\ndissiper les nuages. C'est un précurseur, et fort estimable, de\nnotre art tout en lumières.\nQuant au Till Eulenspiegel de Richard Strauss, c'est une\ntrès grosse farce, et l'on excusera un Français de préférer\nl'Apprenti sorcier de Paul Dukas. Il y a, je le sais, des tonnerres\nde grosse caisse, des cuivres et une crécelle. Mais, ce tapage\ncalmé, que reste-t-il ? Deux idées fort sages, d'où pouvait sortir\nune correcte sonate, et qui s'agrémentent, chemin faisant, de\nquelques petites mélodies accortes, dont un autre Strauss eût\nfait des valses. Je ne sens guère, en cette musique, qu'une\naigre volonté de frapper l'auditeur et de le réduire à l'impuis-\nsance, un travail forcené, un défi arrogant à l'usage, au savoir-\nvivre, parfois à la musique même. C'est une musique qui hait.\nJ aime mieux celle qui aime. L'exécution a été énergique ainsi\nqu'il convenait.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.92", "texte": "LE MOIS\n1205\n\nBIBLIOGRAPHIE\nDEUX OUVRAGES NOUVEAUX DE CLAUDE DEBUSSY\nOn en trouvera pins loin les titres détaillés ; le premier,\ndénommé Children's Corner (Le est un\nalbum d'images fantastiques et douces. L'autre est un hommage\nà l'une de nos plus pures traditions françaises, que l'on croyait\nperdue. Ces trois Chansons de écrites pour\nquatre voix mixtes sans accompagnement, n'imitent pas,\nmais continuent Janequin, Costeley et Roland de Lassus,\nmaîtres de la chanson française au XVIe siècle. C'est une mu-\nsique nette, non corrompue de faconde italienne ou de\ngermanique emphase, aux nervures délicates autant que\nrésistantes, moderne, cependant, par sa richesse de coloris,\npersonnelle, par son sourire ému. L'autre recueil risque fort\nd'irriter ce parti, de jour en jour plus nombreux en France,\nqui regimbe à l'ironie parce qu'il s'en croit victime. Ces esprits\nsérieux seront d'autant plus offensés de cette ironie, qu'elle\nest légère et amicale : à ceux-là je crois inutile d'expliquer\nles doctes arpèges du Gradus coupés d'ébats\njoyeux, ou la grâce étouffée de la sérénade, ou la mélancolie\nsi tendrement apaisée du chalumeau pastoral ; et le rythme\ndéhanché du cake-walk sera pour eux un scandale. Mais se\ntrouvera-t-il des hommes à qui la mu-\nsique noire et digne de Ruydard Kipling, ne montrera pas la\nforêt primitive, et le dandinement des bêtes graves, aux\nsoins attentifs, incomplets et touchants ? S'en trouvera-t-il\nqui, en écoutant danser la neige, ne verront pas le regard\nétonné et triste de la petite fille devant cette blancheur qui\ntournoie ? Certes, il s'en trouvera, mais ce seront à peine\ndes hommes : ce seront des critiques.\nEnfin, tout le chœur rancunier des anciens amis qui ont\ninventé Pelléass'exclamera :« Ce n'est plus lui ! » C'est ainsi\nqu'ils reconnaissent les progrès d'un art aujourd'hui parvenu\nà la confiance, à l'affirmation, à l'abondance aussi, et à une\nclarté qui réconcilierait tous les goûts en un pays moins"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.93", "texte": "1206\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ndivisé que le nôtre, moins esclave de l'esprit de parti et moins\noccupé de querelles personnelles.\nMais ces deux œuvres ont des beautés qui consolent de\ntoutes nos misères.\nLouis LALOY.\nHUGO RIEMANN. Die Metrofthon Lô-\nsung der Ràtsel der byzantinisc Sam-\nmelbânde der Internationalen Musikgesellschaft. (Leipzig,\nBreitkopf und Hârtel). Jahrgang IX Heft i (i. Okt.\n1907) S. I—3l.1—31.\nLe savant théoricien de la musique qu'est M. Hugo Rie-\nmann vient de publier sous ce titre une étude dans laquelle\nil tente de démontrer la solution d'un problème que soulèvent\nla lecture et l'interprétation de la notation musicale byzan-\ntine. En effet, si l'on ouvre un manuscrit ancien de chant\nbyzantin, on y trouve souvent plusieurs signes superposés,\ndont un seul, au dire des théoriciens, possède une voix, cpcov-rçv\né'Xa, les autres, àcpœvoi, n'indiquant que des inflexions\nsecondaires, mais étant elles-mêmes sans valeur d'émission\nvocale.\nD'autres fois, certains intervalles musicaux sont marqués\npar la combinaison de deux signes, plusieurs même, indiquant\nchacun un intervalle moindre : leur somme exprime l'inter-\nvalle nouveau a franchir. Par exemple, indique un\ndegré ascendant (seconde) ;le xévTT) en composition avec\nun autre caractère, marque un intervalle de deux degrés\n(tierce) ; les deux signes réunis valent donc un intervalle de\ntrois degrés ascendants (seconde + tierce = quarte), que\nles traités de musique byzantine marquent d'un expri-\nmant suffisamment qu'il s'agit de trois degrés à franchir.\nOr, M; H. Riemann trouva dans le Lexikon de Philoxenos,\nla définition suivante : |X£Tpo?pcovta* XATAFXST TCOV (pGoyycov\nTWV xapaKTTjptov TCOCOTIQTOÇ oiav êôoxtpwcÇov ol TraXaioi sxxX?)-\ncrtaaTixoi (j.oucrtxoi TÔ (Jioucrtxôv Géfxa xal é'cJ>aXXov AÔTÔ (JIOVOV [xè TÀ\nsjxcpwva ARNIEÏA. 7roaoT7)Toç àvôu Tpoirixfjç aÛTwv TVOIÔTÏ)TOÇ.\nMuni de cette définition, dans laquelle il prend à la lettre\nle mot xaT<x(xéTp7]<nç, M. Riemann s'étonne que ni Gaisser, n"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.94", "texte": "LE MOIS\n1207\n\nThibaut, ni Rebours, ni moi-même, pour ne parler que des\nplus récentes études de musique byzantine, n'aient parlé\nde cette « Métrophonie » dans l'explication des caractères\nde cette musique. Il conclut, de la définition de Philoxenos,\nque les signes combinés (v. g. oçzïa et XSVTY] y.a) expriment non\nplus seulement une somme d'intervalles, mais une superpo-\nsition d intervalles partageant le temps premier en subdivi-\nsions rythmiques minimes. De là, ayant transcrit à nouveau\ndes pièces déjà transcrites par Oscar Fleischer, M. Riemann\nespère démontrer qu'il faut les lire autrement. Poussant plus\nloin, il arrive à conclure que la musique ecclésiastique\ngrecque' au moins, je suppose, dans le genre papadique,\nest soumise à une mesure à quatre temps bien régulière, et\nqu il ne faut pas craindre d'allonger, de doubler, de tripler,\nou de diminuer de moitié, du quart, du huitième, dans l'in-\nterprétation pratique, la durée des caractères de la notation\nbyzantine, pour y retrouver, sous des développements divers\nd'un thème donné, la mesure en question. C'est d'ailleurs la\nmême théorie que M. Riemann soutient pour le chant ancien\nde l'église latine.\nJe ne crains pas de dire que c'est là un a priori : les faits,\nles sources, sont loin de le démontrer, et ne peuvent qu'a-\nmener à contredire formellement la théorie de Riemann.\nSans parler du terme [A£Tpo<pcovia lui-même, qui est mo-\nderne, et vise non pas une base de lecture des caractères mu-\nsicaux, mais un procédé de variation, je dirai que uaXaioï pioucnxoi\ndans le dictionnaire de Philoxenos, qui date du milieu du\nxixe siècle, ne veut dire musiciens « anciens » que par oppo-\nsition à ceux de la « nouvelle méthode » du chant réformé\npar Chrysanthe vers 1830. Les uaXaioi sont simplement les\némules et les élèves du fameux de la grande\néglise de Constantinople, Pierre de Péloponèse, mort en\n1:777, Ie principal adaptateur de la mesure occidentale\nappliquée aux formes byzantines modernes, à la place des\nanciens oûaoùXtaconservés encore par les Turcs.\nLa « métrophonie » moderne n'intéresse donc en rien le\nchant de l'ancien empire byzantin. J'ajoute que c'est peine\nperdue de vouloir l'y appliquer.\nEn effet, nous possédons plusieurs traités, encore inédits,\nde la musique byzantine, antérieurement aux infiltrations de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.95", "texte": "1208\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nla musique turque, persane, et arabe : c'est là, évidemment,\nqu'il faut chercher l'interprétation des manuscrits anciens'\nOr, ils ne contiennent rien de ce qu'a présupposé M. Riemann!\nDans les pièces classiques et traditionnelles, le temps musical,\nconformément à l'enseignement antique, reste indivisé, in-\ncomposé. Un signe diviseur du temps, le n'apparaît\nqu'au xme siècle : encore est-il très rarement Employé et\nseulement dans les nouvelles compositions des\nde l'école de Koukouzélès. Par ailleurs, les traités sont for-\nmels, caractère phonétique n'exprime qu'un son et\nun temps ; s'il faut subdiviser, on l'indique par le gorgon ;\nsil faut doubler, on ajoute la diple, et, plus tard, l'apodoma.\nM. Riemann a cru devoir négliger ces données dans les\ntranscriptions qu'il a faites des phototypies publiées par\nD. vlaisser (Hefmoi de Pâques, Rome, 1905), en particulier\nde deux pages du ms. Barberini gr. 111, 20, 112. i2r (Gaisser,\npage 87). Dans sa transcription, page 26, deuxième ligne\nde musique, M. H. Riemann, sur les syllabes yovou TspaT (des\nroocs àyôvou TepaToupyoù[xsvov), donne successivement une\nnoixe (1/4) une blanche (%>) suivie d'une coupe de la phrase\net deux croches (1/8) c'est-à-dire des durées respectivement de\n1, de 2, de une y 2) de V 4. Or, le manuscrit, 112\" cité, lignes set 6\ndonne quatre notes brèves d'égale durée ! Un peu plus loin!\nsur TC7]yrjv, le ms. porte une brève suivie d'une longue :\nM. Riemann a transcrit juste le contraire. A la ligne suivante,\nau mot XpioTou, le ms. indique le gorgon, subdivisant le\ntemps bref, pour les deux notes du groupe : M. Riemann en\na fait des temps entiers ! Etc.\n-On voit par là le danger d'une pareille théorie, et com-\nment des idees absolument « aprioristiques » ont pu égarer\net nous le déplorons un didacticien de la valeur de\nM. Hugo Riemann.\nA. GASTOUÉ.\n(Extraite de la « Byzantinische Zeitschrift »)."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.96", "texte": "LE MOIS\n1209\n\nLETTRE DE HOLLANDE\n\nLes trompettes de Jéricho commencent à annoncer peu à\npeu l'ouverture de la prochaine saison musicale de La Haye\npour le mois d'octobre. L'Opéra Royal Français annonce sa\nréouverture pour le premier de ce mois et nous promet comme\nnouveautés : Madame Butterfly,de Puccini, de Mas-\nsenet, Les Armaillis, de Doret, et pour les représentations de\nMme Gemma Bellincioni, Fêdora, de Giordano. Comme reprises,\nnous aurons Henri VIII,de Saint-Saëns, de de\nLara, Zaza, de Leoncavallo, et la d'Auber.\nIl y aura ensuite deux opéras néerlandais, dont l'existence\nne sera probablement pas de plus longue durée que celle de\nleurs prédécesseurs, dont aucun n'a pu se soutenir pendant\nlongtemps.\nNous aurons la bonne fortune d'applaudir ensuite les con-\ncerts donnés par la direction du d'Amsterdam,\navec l'admirable orchestre sous la direction chaude et vibrante\nde Willem Mengelberg, et les concerts beaucoup moins impor-\ntants de la Société de Digilentia avec le orchestre\nsous la direction de Henri Viotta, et les concerts annuels pour\nchœurs et orchestre, donnés par la Société pour l'Encourage-\nment de l'Art Musical, sous la direction d'Anton Verhey de\nRotterdam.\nHenri Viotta, le directeur du Conservatoire Royal de La\nHaye, vient d'être nommé Chevalier du Lion Néerlandais, et\nM. Beelearts van Bloleland, secrétaire de la Société pour l'En-\ncouragement de l'Art Musical, officier de l'Ordre d'Orange\nNassau.\nA l'occasion du vingt-huitième anniversaire de S. M. la\nReine Wilhelmine des Pays-Bas, le Dr Kundwald a donné au\nKursaal de Schéveningue un concert national, entièrement\nconsacré aux auteurs de compositions néerlandaises. Le\nprogramme se composait d'un poème symphonique Saûl\nDavid d'après un tableau de Rembrandt par Joh. Wage-\nnoor ; d'un concerto pour piano et orchestre, composé par Cari\nOberstadt, professeur de piano au Conservatoire Royal de La\nHaye, et dont la partie de piano a été exécutée par le composi-\n\n7"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.97", "texte": "1210\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nteur ; d'un concerto pour violon et orchestre, composé par Mlle\nElisabeth Kuyper, compositeur néerlandaise attachée àla\nHochschule de Berlin ; de musique de danse pour orchestre de\nKoeber et de trois Lieder de Zweers, Arnold Spael et L.-F.\nBrandts Buys, chantés par Mlle Tilly Koenen.\nLe programme était plus long que captivant et ne nous a\nsignalé aucune œuvre nouvelle bien intéressante. C est le poème\nsymphonique Saùl et David de Wagenaar qui a ete le plus fa-\nvorablement accueilli, et le pianiste Oberstadt a ete vivement\napplaudi après la belle exécution de son concerto avec orches-\ntre, un ouvrage en trois parties de forme traditionnelle. Le\nconcerto pour violon de Mlle Elisabeth Kuyper n a pas répondu\nà l'attente et n'a pu parvenir qu'à peine à un succès d estime.\nQuant à la musique de danse de Koeberg, elle a été froidement\naccueillie et la majorité du public est partie pendant l'exécu-\ntion de ce morceau. Parmi les trois Lieder, supérieurement\nchantés par notre charmante concitoyenne Mlle Tilly Koenen,\nc'est Ma langue maternelle} de L.-F. Brandts Buys, qui 3 ins-\npiré le plus grand enthousiasme.\nParmi les solistes qui vont se faire entendre aux pro-\nchains concerts de la Société de Diligentia à La Haye, il faut\nciter comme chanteuses : notre charmant contralto Julia\nCulp ; Mme Von Krauss-Osborne et Mlle Angèle Vidron ; les\nvioloncellistes Hugo Becker et Anton Hekhing ; les violonistes\nMlle Stefi Geyer, MM. Cari Flesch et Sebald ; comme pianistes\nMM. Risler et Frédéric Lamond. A l'exécution de la musique\nd'Egmont de Beethoven prendront part M. Rooyaards (dé-\nclamation) et Mme Anna Kappel (chant). Puis nous aurons\nplusieurs chefs d'orchestre étrangers de premier ordre.\nLa Société Royale d'Oratorio à Amsterdam exécutera l'hi-\nver prochain la Neuvième Symph de Beethoven ;\nde Heendel ; la Résurrection du Christ de Foch ; Ode à Vamitié\nde Johan Wagenoor et le Chant de Vincent d Indy.\nLa Société pour l'Encouragement de l'Art Musical donnera\ncomme toujours entre autres une exécution de la Passion selon\nSaint-Mathieu de J.-S. Bach.\nA la fin de septembre la célèbre Société Royale Chorale\nBelge, la Legia de Liège, donnera sous la direction de M. Jé-\nrôme deux concerts, avec le concours de M. Leopold Charlier,\nprofesseur de violon au Conservatoire de Liège, M. Mawet,"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.98", "texte": "LE MOIS\n1211\n\norganiste, également professeur au Conservatoire de Liège,\net M. Salden, basse au Théâtre Royal de Liège,\npl JA ces Liega exécutera entre autres des œuvres\nde Gevaert, Radoux, Mathieu, Albert Dupuy etc.\n\nNemo.\n\nSOCIETE G.-F. HÆNDEL\nDirecteurs-fondateurs : MM. EUG. BORREL, FÉLIX RAUGEL.\nPrésident d'honneur : CAMILLE SAINT-SAENS.\nComité artistique et Comité GABRIEL FAURÉ,\nAL. GUILMANT, VINCENT D'INDY, CH.-M. WIDOR. C. BEL-\nLAI GUE, A. COQUARD, H- EXPERT, R. ROLLAND.\nDe toutes parts se manifeste une tendance de curiosité\nvers les origines : on retourne aux sources, on se plaît à évo-\nquer la poésie du passé. La musique n'échappe pas à ce mou-\nvement. Le moment est venu de faire connaître l'œuvre\nimmense des maîtres, qui, depuis la fin de la Renaissance\njusqu'à la deuxième moitié du xvme siècle, ont relié par une\nchaîne ininterrompue de chefs-d'œuvres la musique antique\nà l'art moderne.\nCes primitifs de Y Art de musiqusont peu ou mal connus :\nleurs œuvres ne sont presque jamais exécutées dans les con-\ncerts ; c'est un oubli regrettable à une époque où le goût de la\nmusique se développe de plus en plus. Notre ambition serait\nde combler cette lacune et de présenter au public les chefs-\nd'œuvre méconnus de ces maîtres oubliés.\nAujourd'hui la réalisation d'un tel projet est devenue,\npossible, grâce à l'immense effort accompli par des maîtres\ncomme : Saint-Saëns, Widor, Guilmant, Bourgault-Ducou-\ndray, V. d'lndy. De trop rares auditions aux grands concerts ;\ndes organisations artistiques comme : la Concordia, l'école\nNiedermeyer, les Chanteurs de Saint-Gervais, sous la direc-\ntion de Ch. Bordes, la Schola Cantorum ont peu à peu aidé à la\nvulgarisation de cet art noble et profond. La Société J.-S. Bach,\nla dernière venue en date, consacre exclusivement ses efforts"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.99", "texte": "1212\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nà l'exécution des œuvres du grand Cantor. Enfin, ces dernières\nannées, de savants musicologues comme : Michel Brenet,\nChrysander, Ecorcheville, Expert, Pirro, R. Rolland ont\nindiqué les sources, déchiffré les manuscrits, publié les\nœuvres, et mis à la disposition des artistes une bibliothèque\nmusicale des plus riches.\nToutefois, ces efforts ont tendu presque exclusivement à\nla diffusion de quelques œuvres d'un petit nombre de maîtres :\ndans le domaine de la musique vocale on s'est surtout attaché\nà Palestrina et à son écols ; dans le genre ds l'oratorio aux\ncantates et aux Passions de J.-S. Bach, à peine le Messie de\nHsendel a-t-il eu l'honneur de quelques exécutions de loin en\nloin. Bien plus le nom de Hsendel, paraît être l'objet d'un\ncertain discrédit —inexplicable selon nous, car clans cette\nimmense production, plus volumineuse peut-être que celle de\nBach, on compte nombre d'œuvres géniales aujourd'hui com-\nplètement oubliées.\nDes Maîtres qui ont vécu du milieu du xvie siècle à la fin\ndu xvine, en France, en Italie ou en Allemagne, on connaît\nseulement quelques pièces instrumentales ou vocales. Pourtant\nl'ancienne école d'orgue a pour chefs : Frescobaldi, Scheidt,\nMuffat, Pachelbel, Mattheson, Buxtehuûe, Kuhnau, ae\nGrigny, Couperin, Daquin, etc...\nLa littérature instrumentale s'impose par les œuvres admi-\nrables de : Corelli, Vivaldi, Tartini, J.-M. Leclair, D. Scarlatti,\nKirnberger...\nL'opéra, Y oratorio, la cantate ont pour créateurs des com-\npositeurs comme : Péri, Caccini, Monteverde, Carissimi,\nIcmelli, Clari, Steffani, Schiitz, Keiser, Lully, M.-A. Charpen-\ntier, Rameau, Clerambault...\nAux maîtres de ces trois grandes écoles, il faut joindre les\nnoms de : H- Purcell et W. Byrd (école anglaise), Cabezon\n(école espagnole), Sweelinck (école hollandaise).\nLes plus belles pages de ces maîtres dorment oubliées sur\nles rayons des bibliothèques. Nous pensons qu'il est néces-\nsaire de les présenter au public : c'est pourquoi nous faisons\nappel à tous ceux qui désirent nous aider dans ros efforts et\ncontribuer à répandre ainsi la connaissance de cette grande\népoque dont les manifestations sont d'un art si puissant et si\nvarié."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.100", "texte": "LE MOIS\n1213\n\nNotre intention est de donner, chaque année, Salle de\nl'Union, 14, rue de Trévise,cinq concerts où figureront des\nœuvres vocales, instrumentales et chorales de tout genre, des\nmaîtres annoncés plus haut.\nPRIX DES PLACES :\nParquet(ire série) 7 fr.\nFauteuils de balcon 5 fr-\nParquet (2e série) 3 fr-\nPetit salon 2 fr.\nGalerie 1 fr.\nCes prix seront réduits pour les personnes qui s'inscriront\nà la Société au titre de membres fondateurs ou de membres\nhonoraires.\nLes membres fondateurs sont ceux qui font un don de cinq\ncents francs, au moins, à la Société ou versent une cotisation an-\nnuelle de cent francs. Ils auront droit à deux entrées par\nconcertât à quatre entrées à la répétition générale.\nLes membres honoraires sont ceux qui versent une cotisation\nannuelle de 25 francs en échange de laquelle ils ont droit à\nune place de parquet à chaque concert, et à deux entrées à\nchaque répétition générale.\nLes cotisations sont exigibles au commencement de chaque\nsaison. Les membres fondateurs et les membres honoraires\nrecevront une carte qui sera renouvelée chaque saison. Le\nprogramme des concerts leur sera envoyé gratuitement.\nLes adhésions doivent être adressées à M. Borrel, 55, rue\nJouffroy.\nLes personnes désirant faire partie du chœur sont priées\nde s'adresser àM. Borrel, 55> rue Jouffroy> Par correspon-\ndance, ou le lundi de 10 heures à midi.\nPour tous renseignements conc\n55, rue Jouffroy."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.101", "texte": "1214\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nOUVRAGES REÇUS\nPaléographie musicale, vingtième année, n° 80. Feuilles U et\nV du Tonale (en transcription), feuilles 28 et 29 de l'Anti-\nphonaire de Lucques (en fac-similé). Société de St-Jean\nl'Evangéliste (Desclée et Cie, à Tournay).\nD. DE LANGE. Exposé d'une théo Fischba-\ncher, 1908, in-B°.\nD. ALALEONA. Studi sulla storia dell'oratorio musicale in\nItalia.Turin, Bocca frères (in-8° de 450 pages, L. 6).\nCompte rendu analytique de la\nbibliographie et de documentatißruxelles, Institut\nInternational de Bibliographie, in-B°.\nH. EXPERT. Premier Volume\nvaise et d'Estienne Dutertre.(Collection de Maîtres Musiciens\nde la Renaissance). Paris, Leduc, 1 vol. in-40. Livraison 23.\nLA BIBLIOFILIA, numéro de Août - Septembre (Florence,\nOlschki in-40), contient un article du Professeur Vatielli\nsur la Bibliothèque du Liceo\nPIERRE AUBRY. Cent Motets publiés\nd'après le manuscrit Ed. iv 6 de la Bibliothèque de Bam-\nberg. Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nTrois volumes in-40, Is° francs.\nLÉON AUBIN. Le Drame Lyrique, 1 vol. in-B°. Tours, impri-\nmerie P. Salmon.\nM. BRENET.— Haydn. (Collection des Maîtres de la musique).\nAlcan, in-12.\nH. LEICHTËNTRITT. Geschichte ders Motette. (Collection des\nKleine Handbuecher der Muikgeschichte). Breitkopf,\nin-8° de 452 pages. Mark 8.\nA. PRUEFER. J. H. Schein\nLied des XVIIe Jahrhunderts. (Beihefte der internatio-\nnalen Musikgesellschaft). Lpz. in-B°, Mark 3.\nL. DAURIAC. Le Musicien Wagner. Fisch-\nbacher (in-12 de 330 pages).\nA. BEYSCHLAC. Die Ornamenti Breitkopf,\n(in-40 de 270 pages. Mark 18).\nH. VEVER. Histoire de la bijou\n(Floury, in-8° jésus. Fcs 120)."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.102", "texte": "LE MOIS\n1215\n\nROMAIN ROLLAND. Jean Chris\nla Place.Paris, Ollendorf.\nMaison A. Durand et Fils, à Paris :\nLouis AUBERT. Fantaisie pour piano et orchestre.\nHélène (A. de Bengy-Puy vallée).\nRHENÉ-RATON. L'âme des iris (C. Mauclair).\nBerceuse (G. Champenois).\nHENRI BUSSER. La Colombe (H. de Régnier).\nANDRÉ CAPLET. Chanson d'automne (A. Sylvestre).\nDeux poèmes (G. Jean-Aubry).\nFRANÇOIS COUPERIN. Les se,5e, 6e, 7e et 9e\nconcerts, Revision par Paul Dukas.\nCLAUDE DEBUSSY. Children' s petite suite pour\npiano (Doctor Gradus ad Parnassum. Jimbo's lullaby.\nSerenade for the doll. The snow is dancing. The little\nshepherd. Golliwogg' s cake-walk).\nCLAUDE DEBUSSY. Trois C\npour quatre voix mixtes sans accompagnement.\nqu'il la fait bon regarder. Quand j'ay ouï le tabourin.\nHyver, vous n'estes qu'un vila\nCLAUDE DEBUSSY. Petite suite, transcrite pour 2 pianos à\n4 mains, par H. Busser.\nPAUL DUKAS. L'Apprenti Sorcier. Piano seul.\nCÉSAR FRANCK. Première F\nCantabile, transcrits pour 2 pianos à 4 mains, par Henri\nDuparc.\nC. SAINT-SAËNS. Lntroduction\nConcerto pour piano et orchestie, pour\npiano et orchestre, Troisième pour violon et or-\nchestre. Petites partitions d'orchestre."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.103", "texte": "Le Gibet.\nTel serait le titre d'une nouvelle composition pour piano de\nMaurice Ravel, dédiée au plus noir de nos critiques.\nSociété des Concerts.\nC'est à M. André Messager que passe le bâton de feu M. Marty.\nOn peut lire dans la Revue Blanche du ler juillet 1901, sous la signa-\nture de Claude Debussy, ces lignes :\n« La Société des Concerts du Con eut l'occasion dernière-\nment de nommer M. A. Messager son chef d'orchestre. Naturellement\nelle la manqua. »\nMieux vaut tard que jamais.\nChant Grégorien (Plain-Chant).\nUn cours théorique et pratique de chant grégorien s'est ouvert\ndans le quartier des Champs-Elysées sous la direction de Mme Jumelé,\nprofesseur de la Schola Cantorum.\nCe cours, destiné principalement aux personnes du monde, a pour\nbut de leur apprendre à suivre, à goûter, à accompagner, à diriger le\nchant soit dans leurs paroisses respectives, soit dans celles\ndes quartiers déshérités où leur zèle les attire, soit dans les églises des\ncampagnes où elles passent une partie de l'année.\nCette tentative nouvelle s'impose tout particulièrement à une\népoque où la restauration du chant grégorien, tant préconisé par le\nSouverain Pontife, pour la chrétienté entière, coïncide, pour nous\nFrançais, avec une crise douloureuse.\nL'Eglise se voit forcée de demander au généreux dévouement de\nses enfants une participation à la liturgie pour laquelle elle réclamait\nautrefois le concours de chantres salariés.\nLe Cours a lieu le lundi de 10 heures à n heures V 9, bis, rue de\nPonthieu (VIIIe)."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.104", "texte": "L'OPÉRA\nCroquis d'Album, par BILS.\nA musicologie n'est pas seulement la science du\npassé ; elle ne serait qu'une vaine archéologie, si\nelle négligeait le présent et l'avenir d'an art qui\nn'a jamais été plus vivant qu'aujourd'hui. Aussi\nest-ce un devoir pour une revue musicale d'ac-\ncorder le même intérêt à l'actualité qu'à l'histoire\nrétrospective, et de rassembler autour d'elle les documents\nles plus récents comme les plus anciens.\nNos lecteurs savent que nous avons à maintes reprises\njustifié ces vues, et que Y instantané du dernier événement mu-\nsical a souvent trouvé place dans nos pages à côté des exhuma-\ntions d'archives. Ils verront donc avec plaisir s'ouvrir désor-\nmais une véritable rubrique, d'iconographieque notre collabo-\nrateur M. Bils a bien voulu inaugurer par une série de croquis\nsur l'Opéra. La Direction, l'orchestre, la scène, la salle, seront\ntour à tour victimes du crayon inexorable et bienveillant ce-\npendant de notre collaborateur.\nQue ne donnerions-nous pas, pour connaître aujourd'hui\nde visu la physionomie d'une première au temps de Mont ever de,\nou la figure de Lulli dirigeant M. Bils évitera de\npareils regrets aux historiens futurs de notre Académie de\nMusique."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.105", "texte": "M. MESSAGER"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.106", "texte": "M. BROUSSAN"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.107", "texte": "M. LAGARDE"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.108", "texte": "NOS ÉCHOS\n1217\n\nSe faire inscrire chez Mme Jumel <J», 13, rue Pascal (Ve), le mercredi\nde 3 heures à 6 heures ou par correspondance.\nPrix des cours : 10 francs par mois, payable d'avance.\nVAnnuaire des Artistes (23e année), 161, rue Montmartre, Paris,\nprépare sa prochaine édition.\nLes Artistes, Professeurs, Sociétés musicales, etc., sont priés\nd'adresser leurs noms, adresses ou modifications les concernant qui\nseront insérés gratuitement.\nBerlin.\nUne dépêche privée nous apprend que Pellêas et Mêlisande a pro-\nduit en cette ville une « pure et profonde impression ».\nM ontreux.\nNotre collègue M. de Lacerda, nommé professeur honoraire à la\nSchola, vient d'être appelé à diriger l'orchestre du Kursaal de Mon-\ntreux en Suisse. Le programme de son concert d'ouverture comprenait,\nl'ouverture d'Egmont, la symphonie en sol de Mozart, ouverture du Freis-\nchûtz, Dans les Steppes de Borodine et la musique de\nLil/vC»\nLes concerts Maurice Maquet donneront le 25 décembre, le 21 fé-\nvrier et le 25 avril de grandes auditions. La première est réservée à\nFranck et à Berlioz, la seconde à Beethoven et Wagner, la troisième à\nHaydn. Nous reparlerons en leur temps de ces solennités.\nMunich.\nL'association des professeurs de chant (Lehrergesangverein) de\nMunich donnera le 25 décembre et le 18 mars deux concerts. L'un\nréservé à Richard Strauss et l'autre à Berlioz et à Liszt.\nFaculté des Sciences.\nNous sommes heureux d'apprendre que notre collègue M. Marage\na repris son cours de phonétique biologique à la Sorbonne. En voici le\nprogramme pour cet hiver :"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19081115-01.1.109", "texte": "1218\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nLe Gérant : MARCEL FREDKT.\nIMP. A*T. !..-MAR(m KO ET! JT *• MCffFOBI «T <*• S», t, CHAUSSKR •>AICTI Sf, FA*[*.\n\nCOURS THÉORIQUE\nLes samedis, à $ h.%, à VAmphithéâ\n14 novembre :\nRespiration thoracique et abdominale. Mesure de la capacité\nvitale : défauts dans la respiration : exercices respiratoires. Larynx\net laryngoscope : cordes vocales, leurs usages. Bouche et résonna-\nteurs, supra-laryngiens ; vibrations acoustiques simples et composées ;\nrôle des résonnateurs. Voyelles, leur formation, leur inscription.\nPhotographie de la voix ; usage des tracés ; l'artiste constate ses\nqualités, il voit ses défauts et les moyens d'y remédier. Consonnes ;\ndiction dans la voix parlée ; accent tonique ; pourquoi il est plus facile\nde bien parler que de bien chanter. Voix chantée ; divers registres,\nmoyen de les reconnaître par la photographie ; diction dans le chant.\nTravail développé pendant la phonation ; portée des diverses voix ;\nacoustique des salles ; comment se faire comprendre dans une salle\ndont l'acoustique est mauvaise. Oreille juste, oreille fausse, oreille\nmusicale ; centres auditifs. Diverses gammes ; instruments de\nmusique à son fixe et variable. Résumé du cours.\nTRAVAUX PRATIQUES\nLes dimanches, à 4 heures, à partir du 22 novembre :\nSérie de manipulations permettant aux professeurs et aux élèves\nde chant et de diction de se servir des appareils employés en physio-\nlogie ; exercices respiratoires , examen du larynx ; moulages de la cavité\nbuccale, inscription de la voix par la photographie ; qualités des\ndiverses voix ; différents registres ; leur détermination.\nChaque auditeur recevra un résumé\nLe nombre des places étant limité,\n14, rue Duphot, de 2 à 4 heures.\nFondation Bach.\nLa Fondation J.-S. Bach, instituée et dirigée depuis sept ans par\nl'érudit violoniste Charles Bouvet, donnera cet hiver quatre séances\ndu plus haut intérêt.\nLa première séance aura lieu salle Pleyel, le jeudi 17 décembre ; elle\nsera donnée au profit du musée créé à Eisenach dans la maison natale\ndu maître des maîtres.\nIl faut féliciter M. Ch. Bouvet de cette heureuse idée, pour la\nréalisation de laquelle il s'est assuré le concours d'artistes tels que\nMme Mellot-Joubert, de M. Alexandre Guilmant, du poète Ch. Grand-\nmougin, qui écrit spécialement pour cette circonstance une des plus\ncharmantes pièces de vers, ainsi que de MM. J. Jemain, G. Blanquart\net L. Bleuzet."}]}