{"numero_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_sha256": "1db795657e0b75777ddfd23fbf0fa078d490f3d29c2c7085dc47dfbd130c2910", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1909/01/15_01/bmtnabh_1909-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1909/01/15_01/bmtnabh_1909-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.1", "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "DANS CE NUMÉRO\nLETTRES INEDITES D'EMMANUEL CHABRIER, communiquées par R. 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DEMETS, 2, rue de Louvols.\nFLAMMARION et VAILLANT:\nGalerie de l'Odéon;\n36 bis, avenue de l'Opéra.\n20, rue des Mathurins.\nBADUEL, 52, rue des Ecoles.\nBARON, 51, rue Saint-Placide.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40, boulevard Haussmann.\nMme CHAMBREY, 26, rue Pigalle.\nFLOURY, 1, boulevard des Capucines.\nL. GRUSS et Cie, 116, bd. Haussmann.\nLAFONTAINE, 4, rue Rougemont.\nMARTIN, 3, faubourg Saint-Honoré;\nMAX ESCHIG, 13» RUE Laffitte.\nE. MEUDT, 55» rue de Vaugirard.\nREY, 8, boulevard des Italiens. *\nROUART, 18, boulevard de Strasbourg et\n78, rue d'Anjou.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQU», 213, Grand-Hôtel, boul. des\nCapucines.\nTIMOTEI, 14, rue de Castiglione.\nARENCIBIA, 30, faubourg Poissonnière.\nA ORPHÉE, 114, boul. St-Germain.\nROUDANEZ, 9, rue de Médicis.\nLAUDY, 224, boul. St-Germain.\nTOUZAA, 16, boni. St-Germain.\nBITBL, 8, rue de Richelieu.\nHIBRUIT, 135, boul. St-Michel.\nANDRÉE, 5, quai Voltaire.\nCOMPTOIR MUSICAL DE L'OPÉRA (Parmen-\ntier), 51, boulevard Haussmann.\nSAUVAISTRE, 72, Boulevard Haussmann.\nCHARTIER, 21, rue Saint-Sulpice.\nPROVINCE.\nAmiens : LENOIR-BAYARD, Galerie du\nCommerce.\nBordeaux: FERRT, 15, cours de l'lntendance.\nClermont-Ferrand : SOULACROUP - LICIER,\n11 bis, rue Pascal.\nLille : FRANÇAIS ET Cie, 109, boulevard\nde la Liberté.\nLYAN : JANIN frères, 10, rue du Président-\nCarnot.\nMme BÉAL, 42, rue de l'Hôtel-de-Ville.\nMarseille : CARBONELL, 56, Allées de Meilhan.\nMontpellier: LAPEYRIB, 22, rue de la Loge,\nNancy : DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNlee : BELLET, 35. boulevard du Bouchage.\nIllmet : THIBAUD.\nRoubaix : MARCELLI, 3, rue du Bois.\nToulouse: SOCIÉTÉ MARTIN, 72, rue de la\nForame.\nValenee : DUREAO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.4", "titre_corps": "SOMMAIRE", "titre_sommaire": "SOMMAIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.3", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "SOMMAIRE\nLETTRES INEDITES D'EM-\nMANUEL CHABRIER, com-\nmuniquées par R. BRUSSEL.\nLE CANTIQUE DES CANTI-\nQUES DE PIERRE DE\nCOURCELLES, publié par\nA. VAN BEVER.\nLES FORQUERAY {suite\npar LIONEL DE LA LAURENCIE.\nL'HYGIENE DU VIOLON {suite),\npar LUCIEN GREILSAMER.\nLe Mois\nTHEATRES ET CONCERTS,\npar Louis LALOY, R. ROL-\nLAND, ALBERT TROTROT,\nHENRI DE CURZON.\nLETTRE DE BRUXELLES,\npar RENÉ LYR.\nLETTRE DE HOLLANDE, par\nNEMO.\nSOCIETE INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE.\nNOS ÉCHOS.\nA L'OPERA, croquis d'album,\npar G. BILS.\nLes directeurs, MM. LALOY et\nECORCHEVILLE, reçoivent les\nmercredis, de 4 h. à 6 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5", "titre_corps": "LETTRES INEDITES DEMMANUEL CHABRIER", "titre_sommaire": "LETTRES INEDITES DEMMANUEL CHABRIER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "LETTRES INEDITES\nDEMMANUEL CHABRIER\n\nM. Robert Brussel a bien voulu\nd'Emmanuel Chabrier, choisies parmi\nrassemblés déjà en vue d'un ouvrage\nmusicien français. Etant les éditeurs d\nreconnaissants aux personnes qui posséder\ninconnus de nous en faire part.\n\nLETTRE A PAUL LACOME\n\nCauterets, lundi (7 juillet iS'jg).\nCher ami,\nQuand venez-vous? On joue le au Théâtre du Parc, jeudi\nprochain. Voilà un éclat de rire que vous ne sauriez vous refuser, et rire\nà deux, voire même à trois, car C... viendra, c'est rire double, c'est rire\ntriple, c'est s'écarquiller, c'est se fendre la mâchoire, se déboutonner le\nventre, se taper sur les cuisses en remuant la tête, enfin le au\nThéâtre du Parc, c'est inénarrable, il faut le voir, il faut courir, il faut voler,\ntraverser les gaves, escalader les pics, faire les choses les plus invraisem-\nblables pour contempler la plus invraisemblable de toutes le au\nThéâtre du Parc! Je le sais, vous avez des bœufs à vendre et du vin à je"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.11", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "ne sais plus quoi; C... m'a dit ça; il y a bien aussi probablement un\nCharles 11 dont le Figaro annonçait dernièrement la mise sur le chantier;\nnéanmoins je vous supplie de faire tout votre possible pour abouler ici\npromptement, nous filerons le 28 ou le 29 courant. Au fond je ne vais\npas très bien: j'ai mon oreille, et un œil, le tout à gauche, qui me donnent\nde l'inquiétude. Serais-je hypothéqué? Eh là-bas! ça me déplairait ferme!\nenfin, je me soigne en homme légèrement frappé, ça ne peut pas faire de\nmal. Ma femme reviendra, je l'espère, radicalement guérie. C'est moi, le\ncas intéressant ! Ce que c'est que de nous !\nAllons venez! le docteur trouve que vous vous enrhumez très faci-\nlement: il a quelque chose d'étonnant qui vous fera le plus grand bien!\nA vous cordialement.\n\nEmmanuel.\n\nLETTRE A MM. ENOCH ET COSTALLAT\n\nSan Sébastian, 20, Calle San\nMes chers amis,\nExcusez-moi, je vous prie, de n'avoir pas répondu plus tôt à votre toute\ncharmante honorée de l'autre jour, mais mes puces ne m'ont pas laissé un\ninstant de tranquillité. Voilà huit jours que je passe à les chercher. On voit\nbien que vous ne savez pas ce que c'est que la puce de Guypuzcoa, je vais\nvous le dire; aussi bien c'est une occasion que vous ne retrouverez peut-être\nplus. La puce espagnole est éminemment patriote et émigré peu; après\nles événements carlistes, auxquels elles furent vigoureusement mêlées, il\nen périt, hélas! un nombre considérable. Il y a eu du désarroi; il fallut se\nreconnaître; mais, vous n'imaginez pas (et c'est un exemple que nous\ndevrions bien méditer) avec quelle rapidité, quelle merveilleuse entente,\ncelles qui survécurent il en restait pas mal prirent le chemin du\npays.\nElles ont, du reste, leur chant national, comme qui dirait leur\nlaise, c'est un 3/4 en fa majeur qu'un compositeur français, un nommé\nBerlioz, a introduit dans sa Damnation de Faust, comme il y avait du reste\nintroduit aussi l'air national de Raccosky. La province de Guypuscoa étant\nune des plus fraîches de la péninsule, la puce y est un peu frileuse et\nrecherche volontiers les plis de terrains, les endroits abrités, moites, à\ntempérature d'étuve; elles ont un faible, et je le comprends, pour le corps\nde la femme; là, elles sont réellement à leur affaire. C'est surtout la femme\ngrasse, les grosses dondons, qu'elles visent spécialement, ces gros corps\nretenus dans un corset où l'on pourrait donner des courses de taureaux, ces\nimmenses derrières qui semblent des Krupps à longue portée, et encore\nle nombril, le bon vieux nombril perdu, le nombril en entonnoir, à forme de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.12", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "cratère Elles sont généralement assez débauchées et je pourrais vous\nraconter des histoires à faire rougir la couverture de la collection Litolff.\nSi vous êtes bien sage, je vous dirai ça une autre fois.\nMerci donc pour les renseignements si précis que vous me donnez sur\nE...; j'attends avec impatience le manuscrit de Je vous prie\naussi de remercier cet excellent K..., qui vient de m'envoyer de la part de\nG..., un livret en trois actes d'une humeur massacrante. Vous recevrez\ndans les huit jours la musique de cet ouvrage et je compte sur votre obli-\ngeance accoutumée pour le livrer immédiatement à nos premiers graveurs ;\ndimanche prochain, 6 courant, pendant que d'une main, vous tendrez\nl'arrosoir et que de l'autre vous enverrez des baisers à vos femmes, vers\nle coup de 4 heures de l'après-midi, nous serons tous aux taureaux. J'en\nrêve depuis huit jours; il est peu probable que je prenne à ces courses une\npart active et directe, ainsi que j'en avais tout d abord 1 intention; mon idée\nétait d'ahurir tout d'abord le taureau en lui présentant le manuscrit du\n3e acte des Muscadins et de le foudroyer en lui chantant la mais\nmon épouse n'est pas pour ces coups d'audace, elle dit que je ne suis qu un\nrêveur.\nSi vous voyez le directeur du théâtre de Port-Saïd, auquel M. de\nLesseps m'a vivement recommandé, dites-lui bien que je compte lui remettre\npour la Toussaint les deux premiers actes Cet ouvrage sera le cou-\nronnement de ma carrière, mon Parsifal.Après la première je me\nrepose et je ne l'aurai certes pas volé.\nAh ! nous pourrons dire, tous les trois, que nous avons bougrement trimé\nici-bas: C... surtout; il me fait positivement de la peine; pour lui,\nni paix, ni trêve; dites-lui donc, mon Enoch bien-aimé, qu'en agissant ainsi\nil file le plus mauvais coton ; cet homme se lève à 8 heures, il prend le train,\nil va à pied de la gare Saint-Lazare à son bureau ; il n'est pas plus tôt arrivé,\nqu'il s'enferme pendant deux heures avec Ernest pour dépouiller la corres-\npondance; son déjeuner est expédié en deux petites heures, risque à\ns'étouffer, et, alors que la digestion n'est point faite encore, que les aliments\nn'ont pas dépassé la luette, deux nouvelles heures d'un travail absorbant,\nterrible! Ernest ne saurait résister longtemps, mais c'est un détail, il n'est\npas associé, il est garçon; il resterait encore pas mal d'Ernest, sans\ncompter le vôtre, au souvenir duquel je vous prie de vouloir bien me rap-\npeler. Mais un père de famille, un époux! la chose est grave. Embrassez-le\npour moi et dites-lui de se ménager.\nA vous quatre nous deux cordialement.\nEt Lacome?\n\nEmmanuel."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.13", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "Emmanuel.\nSan Sébastian, 20, Calle Sa\nChers amis,\nLa famille est arrivée hier sans encombres. Peu à peu, on va prendre ses\npetites habitudes et d'ici huit jours nous ne serons plus de faux Espagnols.\nSan Sébastian est du reste légèrement cosmopolite et la couleur locale y est\nfort atténuée; néanmoins, ce n'est plus du tout la rue Rochechouart et ies\nenvirons de Paris n'ont qu'à bien se tenir. Oui est-ce qui a dit qu il n y avait\nplus de Pyrénées? quelle est cette foutue bête? où est-elle? j'en ai là devant\nmes fenêtres une tranche énorme; c'est la toile de fond; l'Uruméa, rivière\npaisible, serpente mollement sous mes yeux et se jette, je devrais dire se\nglisse, s'infundibule dans la mer, mais là tout près, à 1 m. 5°- Les femmes\nsont jolies, les hommes bien faits, et sur la plage, les qui ont une\nbelle gorge oublient souvent d'agrafer solidement leur costume; j'empor-\nterai désormais des boutons et du fil. Rendre service c'est ma passion.\nJ'ai loué fort cher un maigre Aucher, et je me propose d'initier le\nmaître de chapelle de la localité aux beautés non-pareilles de la\nque j'ai fourrée au fond de ma malle, bien entendu. Je ne parle pas de\nTristan, qui fait partie du costume.\nAvez-vous vu E...? Où en est la confection définitive de\nJe vais écrire au bon K... Savez-vous s'il a revu G...? Ça m'irait\ncomme un gant de faire lestement trois actes de n'importe quoi ici; répon-\ndez-moi aussi à ce sujet. Si G... n'a pas encore la partition de 1\npourquoi ne la lui porteriez-vous pas vous-même, bras dessus, bras dessous\navec K... ; qu'en dites-vous?\nNos meilleurs, nos plus affectueux compliments à ces dames, et à vous\nbien cordialement, mes bons amis.\n\nSéville, 21 octobre\nEh bien ! mes enfants, nous en voyons, des derrières andalous se tortiller\ncojm'me serpents en liesse! Nous ne bougeons plus le soir des\nflamencos entourés, tous deux, de tor en costume de ville, le feutre\nnoir fendu au milieu, la veste ajustée au-dessus des hanches et le pantalon\ncollant dessinant des jambes nerveuses et deux fesses du plus beau galbe.\nEt les gitanas chantant leur malaguenas ou dansant le tango, et le manzanille\nque l'on se passe de main en main et que tout le monde est forcé de boire.\nCes yeux, ces fleurs dans d'admirables chevelures, ces châles noués à la\ntaille, ces pieds qui frappent un rythme varié à l'infini, ces bras qui courent\nfrissonnants le long d'un corps toujours en mouvement, ces ondulations de\nla main, ces sourires éclatants, et cet admirable derrière sévillan qui se\ntourne en tous sens alors que le reste du corps semble immobile, et tout\ncela au cri de olle, olle, anda la Maria!"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "Carmen, andal andaî vociférés par les autres femmes et le public!\nCependant, les deux guitaristes graves, la cigarette aux lèvres, continuent\nà gratter n'importe quoi à trois temps. (Le tango seul est à deux temps.)\nLes cris des femmes excitent la danseuse qui, sur la fin de son pas, devient\nlittéralement folle de son corps. C'est inouï! Hier soir deux peintres nous\nont accompagnés et prenaient des croquis, moi j'avais mon papier de\nmusique à la main; nous avions toutes les danseuses autour de nous; les\nchanteuses me redisaient leurs chants, puis se retiraient en serrant for-\ntement la main d'Alice et la mienne!!! Puis il fallait boire dans le même\nverre, ah ! c'est du propre ! Enfin nous ne nous en portons pas plus mal ce\nmatin! Mais là, vrai, je ne vois pas du tout Mme E... là-dedans! Et\nnous allons mener cette vie-là pendant un mois, jusqu'à Barcelone, en\npassant par Malaga, Cadix, Grenade, Valencia ! ! ! Ah ! mes pauvres nerfs !\nEnfin il faut bien voir quelque chose avant de claquer mais, mes amis,\ncelui-là n'a réellement rien vu qui n'a pas assisté au spectacle de deux ou\ntrois Andalouses houlantdes fesseè, et en aussi, également en\nmesure de andal andal anda!et les éternels claquements des mains: elles\nbattent avec un instinct merveilleux le 3/4 à contre-temps, pendant que la\nguitare suit pacifiquement son> rythme.\nComme d'autres battent le temps / de chaque mesure, chacune battant\nun peu à sa fantaisie, c'est un amalgame de rythmes des plus curieux\ndu reste, je note tout cela mais quel métier, mes enfants! Courir les\ncathédrales (des splendeurs), voir les musées, se perdre dans les rues,\nvisiteur tout, manger quatre à quatre, et se coucher à minuit il y a des\n-moments où nous sommes imbéciles! Pour un oui, pour un non, nous\ngrimpons à cette sacrée Giralda, du haut de laquelle on a bien le plus beau\npanorama du monde; je connais le nom et le son de toutes les cloches, car\nle jeune sonneur est mon ami ; ses sœurs dansent dans un baile le soir et\nle jour montrent la cathédrale. C'est comme ça.\nDes mendiants plein les rues et vous demandant avec la cigarette à la\nbouche et des allures pleines de majesté ; ils ne disent pas merci, ça leur\nest dû, paraît-il. Et toute la nuit, le sereparcourt les rues, avec sa pique\net sa lanterne et chantant d'une voix forte : etc... ; cela\nsignifie que la ville est tranquille, qu'on peut dormir. Il y a même une\ndanse, intitulée le Sereno-, alors la danseuse imite ledit sereno et chante à\ntue-tête: Ave Maria purissima et tortille du derrière. Les théâtres\nsont détestables; le monde chic ne va pas aux bailes; quand il veut s'offrir\nce spectacle, les danseuses viennent à domicile. Je vous écrirai dans une\nhuitaine. On nous appelle pour déjeuner. Nous vous embrassons tous les\nquatre.\nEt Lacome et sa femme, comment vont-ils? Je pense tout le temps à\nmon vieux Lacome.\n\nEmmanuel."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.15", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "LETTRES A PAUL LACOME\ng septembre 1884. La Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire).\nCher Ami,\nJ'ignore si vous êtes avec Madame, s'il faut lancer ce manifeste affectueux\nchez la mère C... aux forts tétons ou chez l'Espagnol de la rue La Fayette, qui\na certainement beaucoup moins de tétons que la mère C..., et c est\nregrettable, car ne remarquez-vous pas comme de nos jours l'hermaphro-\nditisme se perd; je le disais encore ce matin, sur le mail, au brigadier de\ngendarmerie et turellement « vous avez raison »me répondait le brigadier.\nDu reste, il ne comprenait pas. Mais laissons là la mère C... ; aussi bien\nc'est de la mère Boniface que je veux vous parler ou plutôt dont je\ndésire que vous me parliez. Etes-vous satisfait de votre livret, de votre\npartition, de vos interprètes? J'ai vu la distribution dans le journal; elle ne\nme paraît pas vertigineuse. Je ne vois pas là-dedans des gens connus, aimés\ndu public. Et Théo, qu'en pensez-vous? Je me fais une fête de vous voir\nun bon bout de temps, cher ami; je serai chez Enoch et Costallat le jeudi\n4, entre set 6, à moins que je ne sois rappelé à Paris avant cette\népoque. Si vous saviez combien je vous souhaite un succès! mais je n'ai\npas beaucoup de veine moi non plus, et je crains toujours un ex-voto sur\nle veston d'un ami, si ça allait lui porter la guigne !—Ah ! nous faisons là\nun joli métier! Moi j'écris des morceaux de piano à quatre mains; pourquoi\nfaire, allez-vous me dire? Mais je n'en sais foutre rien, mon pauvre\nd'Estalenx, c'est idiot, je le sais bien, les E... n'en voudront même pas;\ncelui-ci sera trop long jamais trop court, par exemple, l'autre trop\ndifficile jamais pas assez, puis ce n'est pas pratique. Ce n'est jamais\npratique, ce que je fais, et notez que s'ils lisaient ce passage, ils criailleraient\ncomme deux coqs: « En voilà un salaud, nous éditons tout ce qu'il pond,\nnous lui répétons même qu'il ne pond pas suffisamment et ça se plaint; ah!\nmais il nous embête, le Chabrier ». Voilà ma vie, ma sacrée vie. Ah ! pour\nce qui est de la 3e valse, ça n'a pas traîné. Baudon l'avait cinq minutes après\nson arrivée. Eh bien! vous ne savez pas, j'ai idée que ça se vendra. Il y a\npeu de musique à deux pianos; les filles qui jouent sérieusement du piano\n(ai-je besoin d'ajouter qu'elles sont généralement laides) sont fichues de\ndemander ça. Oh ! ça se calmera quand on les aura lues... Mais on ne\npeut pas toujours exécuter mal du reste la Symphonie en ré. Dame, ça\nn'est pas d'un pratique à outrance, mais ça l'est un peu. Dieu soit loué.\nLaus ad te domine!\nC'est ce pauvre C... qui est à plaindre. Tout seul et tant de respon-\nsabilités! Pendant ce temps-là, E..., un feignant, prend du ventre à\nEtretat. Oui, tout seul, obligé de servir le client la bouche pleine, déjeuner\ndans la pièce à côté, là où on fait travailler T..., cette pièce à côté où\nMonsieur Léon et deux employés présentent fiévreusement de la cire à\ncacheter à un bec de gaz portatif pour empaqueter Litolff. Ç'a n'a l'air de\nrien, mon ami, cette pièce à côté ; c'est le nid, c'est le magot, et c'est de là"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.16", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "que tout part, c'est la pièce à bénir quand on se retirera! Oh! ne rions\njamais de petits paquets qui partent !\nAllons, trouvez entre deux béquets, cher ami, le temps de m'écrire\ndeux mots et présentez à la chère Madame Lacome l'expression de nos plus\naffectueux sentiments.\nVotre très affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCostallat ne doit pas être loin. Faites-lui quelques caresses de ma part,\nquelque chose de gentil.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), ig juin 1886.\nVotre lettre, camarade, m'a ravi. Je jubilais dès l'enveloppe. Et, blague\nà part, j'allais vous écrire, comme on dit, je m'embêtais après vous. Les\njournaux, art, théâtres n'annonçaient rien, le temps se passait, je vous\nsentais loin de ce salaud de Paris où il n'y a pas de milieu pour nous comme\npour le bourgeois où, dis-je, nos pauvres bougres de nerfs, toujours\ntendus, me font l'effet d'une guitare dont une demi-douzaine de fous furieux\npinceraient tous àla fois les cordes. J'ai croupi pendant je ne sais combien\nde temps ; il semble maintenant que ça veuille marcher, eh! bien ! ce n'est pas\ncela encore : il faut faire trois actes en trois mois, je ne peux pas. On\nvous laisse moisir des quinze ans, puis il faut les choses immédiatement, sans\nvous laisser le temps d'avaler. On s'échine, on fait de son mieux, puis un\nbeau soir, c'est un beau four. Alors c'est le cul par terre, pendant dix ans.\nOn a tant parlé de Gwendolineque si cet opéra-comique que je fabrique\nactuellement ne réussit pas, je suis nettoyé, mon vieux; les camarades n'en\nseront pas autrement fâchés, mais bibi fera une horrible tête, et il y aura\nde quoi. Bref, je termine le premier acte (piano et chant) ;le IERIER septembre,\nça y sera probablement, toujours piano et chant, alors il faudra orchestrer\ntrois actes, faire deux entr'actes, une ouverture, refaire à nouveau, couper\n(ça c'est moins long) que sais-je? Oh! que je n'aime pas à être bousculé et\ncomme surtout je ne veux rien compromettre... Ça se jouera quand j'en\nserai content, quand j'aurai terminé après un labeur consciencieux mais non\nsurmené ou bien j'enverrai tout faire foutre et ça ne se jouera pas. Ce\nsera bien, ou ça ne sera pas. Tout me coûte beaucoup de travail. Je n'ai pas\nce qu'on appelle de la facilité?Si peu que j'aie à faire, il me faut rentrer\ndans ma turne et une fois là, je crois que je ne vais rien ficher du tout.\nPuis il faut que la pièce soit très gaie, lestement conduite; je veux qu'on rie\ntant et plus là-dedans. C'est beaucoup de tracas. Enfin, qui vivra verra.\nA propos de verrats, comment vont les vôtres? Et vos foins, ça aime-t-il\nl'eau, les foins? Il en tombe suffisamment depuis six semaines; les proprié-\ntaires de par ici font des gueules... Il y en a un qui a perdu dernièrement sa\nvache d'une fièvre de lait; j'ai cru qu'il prendrait le deuil; il pleurait comme\nun veau; celui-ci en a réchappé du reste; il téte une autre mère, c'est son\nheure. Le voilà qui passe, ce propriétaire, je voudrais que vous vissiez sa"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "foutue mine. Eh bien! moi qui n'ai pas la moindre vache, cette douleur me\nlaisse gai ; je ris comme un bossu quand je vois ce propriétaire qui passe.\nJe n'ai pas d'autre événement à vous signaler depuis que je suis ici. Et\ncette bouture confiée aux soins d Enoch? Est-ce 1 affaire des Variétés?\nAvez-vous planté quelque nouveau jalon avant votre départ? Dans cc\nmétier-là, c'est triste à dire, il ne faut d'abord s'étonner de rien; mais si\nl'on devait s'étonner de quelque chose, ce serait d'avoir de la veine.\nM... en a, c'est incontestable; il est ce qu'on appelle vraiment bien\nun veinard;mais que d'autres, très poussés, très lancés, très surfaits même\npar les journaux qui attendent indéfiniment leur tour? Et et même\nSalvayre, et la petite Chaminade, et Guiraud, et joncières, et Reyer (quinze\nans de Sigurdnon joué). Et Lenepveu,et et et le père\nFranck, et le pauvre Lalo tout ça s'emmerde avec des floppées de par-\ntitions dans des armoires. Et Holmes,enfin tous, excepté\nGounodet Ambroise.Dans l'opérette, beaucoup aussi ont les dents longues;\nM... les embête. Enfin, et pour conclure, c'est le dernier des métiers.\nMon concours de Clermont est proche. Envoyez-moi donc un joli discours.\nJe vais être bête comme une oie devant tout le monde. En wagon, il me\nviendra peut-être quelques banalités de circonstance.\nCroyez toujours bien, cher et bon camarade, à mon inaltérable amitié.\nVotre EMMANUEL.\n\nLETTRES A FÉLIX MOTTL\n\nTours (Indier\nMon Cher Maître,\nLaissez-moi donc bien vous remercier pour le bienveillant intérêt dont\nvous ne cessez de me donner des preuves et vous dire combien je vous en\nserai toujours reconnaissant. J'aurai donc la double joie et l'insigne honneur\nd'être représenté à Karlsruhe et dirigé par vous. Ah! vous êtes un peu\nbien coté, ici, je vous en réponds, et quand on dit Mottl, on salue très bas!\nAussi considérerai-je comme une des plus douces de ma vie, l'heureuse\nsoirée que je devrai à l'amitié de mon cher Van Dyck et à votre dévouement.\nJe vous prie de vouloir bien remercier de ma part M. le baron de Pudlitz,\nen attendant que je puisse de vive voix lui exprimer toute ma reconnaissance.\nVous avez dû, je suppose, prendre connaissance du poème de\ndoline. C'est une légende danoise, rehaussée de fort beaux vers, dont\nl'auteur, Catulle Mendès, était très lié avec Wagner; et je puis dire qu'à\ndéfaut d'autres mérites, Gi vendolinea certainement, poème et musique,\ncelui d'être l'œuvre commune de deux fanatiques de ce grand génie.\nVan Dyck m'apprend que l'on s'occupe de la traduction et que l'ouvrage"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "pourrait passer en mars-avril ; mais il me fait connaître aussi et c'est ce\nqui me comble de joie ! que vous voudriez bien en août, après Bayreuth,\ndonner quelques représentations de Gwendoline à Karlsrhue, dans l'espoir\nd'y attirer des compatriotes.\nMerci d'avoir eu une si affectueuse idée. Je vais tâcher, d'ici le mois\nde mars, d'enrichir ma mémoire de quelques mots allemands autres que\nlangsam, schnell, ausdruckwoll, lebhaft (i) et autres.\nJ'arriverai, je l'espère, à parler tout au moins une variété\nd'allemand-nègre qui sera à pouffer de rire, mais pourra me sortir d'em-\nbarras. Je compte bien, au cours de mes dernières répétitions, prendre\nau théâtre, le soir, un bain vivifiant de Je sais que, pour cette\népoque, les quatre ouvrages seront prêts et que la est\nprête à passer. Si on pouvait glisser là-dedans une brave partition qui n'est\npas piquée des vers, j'ai nommé Tristan, c'est Chabrier qui serait aux anges!\nFaites-moi signe plus tôt que plus tard, tout l'hiver, je vais piaffer d'impa-\ntience.\nEvidemment, je l'aime, mon pauvre et cher Paris n'est-ce pas mon\ndevoir! mais nous avons ici deux théâtres, un pour la l'autre pour\nHaydée;hélas, ce n'est pas assez, et ces deux théâtres engouffrent un million\n300.000 francs de subvention ! De temps en temps, on donne, sous forme\nd'os à ronger, deux actes de ballet à un pauvre diable de compositeur, et\nencore, cette année-ci, c'est le père T... qui les fait! Ah! ce n'est pas\ndrôle! Quant à gagner sa simple vie, c'est impossible, à moins de verser\ndans l'opérette, là, après dix ans, on se retire fortune faite. Mais le rêveur\nde drame lyrique, s'il n'a pas le sac, peut se fouiller: Il crève de faim très\ncarrément. Il faut avoir l'âme chevillée dans le corps pour continuer ce\nmétier-là.\nMais j'ai le courage, et j'aurai en plus, cette année-ci, grâce à vous,\nVencouragement,mes efforts n'auront point été stériles, puisque vous agréez\nma chère petite partition, trouvée rébarbative et confuse dans mon cher\npays où l'on n'aime pas assez la musique où l'on ne compare pas assez.\nNous avons, avec nos qualités chaque peuple a les siennes, c'est\ncertain, le grand tort de nous regarder le nombril avec trop de complai-\nsance et de nous déclarer trop vite satisfaits. Enfin si quelqu'un a le droit\nde se déclarer satisfait, c'est moi, et je le dis très haut, et vous remercie de\ntout cœur.\nVotre tout dévoué et reconnaissant,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCher Ami,\nJe suis enchanté de mon séjour dans votre ville natale (2), une belle ville\net de belles femmes! Votre lettre à Richter a produit le meilleur effet; j'ai\n\n(1) Le manuscrit donne : beleft, qui ne signifie rien.\n(2) Chabrier fait ici une erreur que nous tenons à rectifier. Félix Mottl est\nAutrichien, et des environs de Vienne."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "eu deux séances avec lui, une pour Gwendoline, l'autre pour le Roi maigre\nIUI Richter s'est montré très très satisfait, mais il m'a laisse comprendre\nqu'un opéra-comique était plus attendu ici qu'un je crois donc que\nc'est le Roi qui leur conviendra; Jahn et Richter auront, dans quelques jours,\nle poème du Roi et s'il leur convient, ils monteront immédiatement ouvrage.\nVous voyez que nous n'avons pas perdu de temps et que, grâce a vos excel-\nlentes recommandations, le temps a été utilement employé.\nIci, à Berlin, on n'a pas l'air de travailler autant qu'à Karlsruhe. Bock,\nl'éditeur si aimable, que nous avons vu ce matin, nous a dit que l'on n avait\nrien monté depuis deux ans et que je caserais difficilement ma musique; que\nBerlin ne lançait pas une pièce, ordinairement ; que c'étaient des villes\ncomme Karlsruhe, Hambourg, Leipzig, Kôln qui faisaient les succès,\net que Berlin les enregistrait, mais que Berlin prenait très rarement\nVinitiative. Enfin, je verrai demain le comte de Hopsberg (i)\nl'intendant du théâtre, et je verrai bien ce qu'il me dira. Après\nquoi nous irons à Brunswick, où Enoch a affaire, puis à Pourriez-\nvous m'envoyer de suite une lettre de recommandation pour le kapellmeister\nde Cologne? Vous adresseriez votre lettre à\nM. Litolff, éditeur à Brunswick.Je serai à Brunswick jeudi et vendredi,\nje voudrais une audition à Cologne et enfin, mon vieux Paris me reverrait\ndimanche ou lundi au plus tard.\n7\nCher Ami,\nOù êtes-vous? Que faites-vous? Avez-vous chaud? Vous soignez-vous?\nMusiquez-vous? Flânez-vous? Enfin, êtes-vous heureux?\nJe n'aurai donc pas eu la joie douce de vous présenter mon gai Paris,\nsi vivant, si grouillant, où l'on fabrique de tout, depuis l'horrible jusqu au\nsuperbe et où, en fin de compte, on travaille rudement et gaiement !\nJ'aurais été si heureux de vous souligner rapidement les côtés nombreux\nencore par lesquels nous valons quelque chose, vous promener dans nos\nadmirables musées, au milieu de nos expositions permanentes, vous faire\nfaire le tour de tous nos théâtres dont I'ENSEMBLE constitue absolument une\nincomparable richesse de production, et J'aurais voulu\nvous conduire chez nos jeunes musiciens (nous en avons de pas trop bêtes),\nchez nos peintres, chez nos sculpteurs (nous en avons de premier ordre) et\nje suis sûr que vous, si vibrant, si doué, si esthétiquement élevé, vous auriez\nconservé un bon souvenir de l'accueil que vous auriez reçu et des impressions\nressenties.\nMais ce n'est que partie remise, et il y a des provinces, en France, où\nl'on est excessivement entêté. Je suis de celles-là, et dans quelques mois,\nquand j'aurai le plaisir de vous serrer la main, j'ai la conviction que je vous\ndéciderai complètement à venir nous voir.\nEcrivez-moi ; dites-moi ce que vous faites de mon bon Van Dyck et\n\n(1) Hochberg, sans doute?"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.20", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "quand vous partez pour Bayreuth. Ecrivez-moi en français, ça m'est égal,\nfaites des fautes, c'est le seul moyen de se corriger; je ne suis pas fichu\nd'en écrire en allemand autant que vous; dès lors, qu'est-ce que cela vous\nfait? Et puis, je me tordrai de rire : vous ferez passer à votre vieux Chabrier\nun moment amusant, ils ne le sont pas tous, hélas!\nAdieu, mon cher Mottl, et à bientôt, j'espère: rappelez-moi, je vous prie,\nau bon souvenir du baron de Pudlitz et du gros Plank un bon souvenir\naussi à Bop, à Orlânder et au régisseur de ce cher théâtre où j'ai tant pleuré\nà la répétition de Siegfried.\nVotre affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nJe me souviens aussi d'un grand violoncelliste de l'orchestre, un blond\net d'un referendar (?) un homme très bien mis et fort agréable qui\nm'avait donné sa carte. Dites-leur, si ça peut les intéresser, que je ne les\nai pas oubliés.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), 29 octobre 1888.\nMon Cher Ami,\nJ'ai été bien péniblement impressionné par la nouvelle de la maladie de\nPlank. Il faut espérer que ce brave artiste va se remettre, car, indépen-\ndemment de son talent, il est bien nécessaire à sa famille nombreuse, je\ncrois. Dites-lui, je vous prie, combien, en dehors de ce qui m'intéresse per-\nsonnellement, je fais des vœux pour le rétablissement de sa santé et pré-\nsentez-lui mes compliments affectueux.\nVeuillez aussi, cher Mottl, être mon interprète auprès de la charmante\net robuste artiste Mlle Mailhac ; dites-lui combien je la remercie de s'être\nmise à l'étude de mon cher ouvrage. Ah! que je voudrais l'entendre! Vous\npensez que dans le courant de janvier la pièce sera prête?\nSi vous saviez!\nJ'ai entendu dire que vous deviez quitter bientôt Karlsruhe, aller à\nVienne, ou à Pesth... Je serais foutu si je ne vous avais pas à Karlsruhe\npour mon ouvrage ; je ne veux que vous, vous seul, cher grand artiste, et je\nle répète, c'est pour moi un affectueux honneur de penser que vous voulez\nbien mettre au point et diriger ma pauvre Ne me laissez\npas sans nouvelles, cher ami; d'ici trois semaines ou un mois, soyez assez\nbon pour me faire savoir si les chœurs commencent à marcher, si le metteur\nen scène, le régisseur, un homme blond et frisé, très gai, très aimable, dont\nle nom m'échappe, sont déjà occupés de la tâche assez lourde qui leur\nincombe; enfin des détails, des détails! Et en allemand, ça m'est égal,\nje ferai traduire. Vous devez avoir tou Comme\nje ne puis pas arriver à me faire jouer ici, j'en fais une question\npropre: Je convoquerai tous mes amis de Paris, Franck, Fauré, d'lndy,\nLalo, Messager, Reyer, Widor; tout ça viendra à Karlsruhe; il faut que cet\nouvrage joué à Karlsruhe fasse plus de bruit (ou tout autant) à Paris qu'à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.21", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "Karlsruhe: je voudrais embêter les théâtres de Paris qui ne jouent pas ça...\nLamoureux m'a promis de venir aussi, de plus, je compte sur votre\nbonne amitié pour faire signe, le moment venu, aux directeurs et kapell-\nmeisters voisins: je tiendrais à avoir Levi de Munich, que j'ai connu il y a\nsept ou huit ans. Enfin nous arrangerions tout cela pour le mieux.\nDonc, cher Mottl, n'abandonnez pas votre collègue et ami Chabrier,\net croyez que je vous serai toujours reconnaissant de ce qu'un homme\nque vous aura bien voulu faire pour moi.\nVotre cordialement dévoué,\nPrésentez, je vous prie, mes respectueux hommages au baron de Pudlitz.\nVoilà l'ami Van Dyck parti pour la gloire!\nOle ! Ail rigt ! Evohé !\n(A suivre.)\n\nEmmanuel Chabrier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5.2", "titre_corps": "M. 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La puce espagnole est éminemment patriote et émigré peu; après\nles événements carlistes, auxquels elles furent vigoureusement mêlées, il\nen périt, hélas! un nombre considérable. Il y a eu du désarroi; il fallut se\nreconnaître; mais, vous n'imaginez pas (et c'est un exemple que nous\ndevrions bien méditer) avec quelle rapidité, quelle merveilleuse entente,\ncelles qui survécurent il en restait pas mal prirent le chemin du\npays.\nElles ont, du reste, leur chant national, comme qui dirait leur\nlaise, c'est un 3/4 en fa majeur qu'un compositeur français, un nommé\nBerlioz, a introduit dans sa Damnation de Faust, comme il y avait du reste\nintroduit aussi l'air national de Raccosky. La province de Guypuscoa étant\nune des plus fraîches de la péninsule, la puce y est un peu frileuse et\nrecherche volontiers les plis de terrains, les endroits abrités, moites, à\ntempérature d'étuve; elles ont un faible, et je le comprends, pour le corps\nde la femme; là, elles sont réellement à leur affaire. C'est surtout la femme\ngrasse, les grosses dondons, qu'elles visent spécialement, ces gros corps\nretenus dans un corset où l'on pourrait donner des courses de taureaux, ces\nimmenses derrières qui semblent des Krupps à longue portée, et encore\nle nombril, le bon vieux nombril perdu, le nombril en entonnoir, à forme de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.12", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "cratère Elles sont généralement assez débauchées et je pourrais vous\nraconter des histoires à faire rougir la couverture de la collection Litolff.\nSi vous êtes bien sage, je vous dirai ça une autre fois.\nMerci donc pour les renseignements si précis que vous me donnez sur\nE...; j'attends avec impatience le manuscrit de Je vous prie\naussi de remercier cet excellent K..., qui vient de m'envoyer de la part de\nG..., un livret en trois actes d'une humeur massacrante. Vous recevrez\ndans les huit jours la musique de cet ouvrage et je compte sur votre obli-\ngeance accoutumée pour le livrer immédiatement à nos premiers graveurs ;\ndimanche prochain, 6 courant, pendant que d'une main, vous tendrez\nl'arrosoir et que de l'autre vous enverrez des baisers à vos femmes, vers\nle coup de 4 heures de l'après-midi, nous serons tous aux taureaux. J'en\nrêve depuis huit jours; il est peu probable que je prenne à ces courses une\npart active et directe, ainsi que j'en avais tout d abord 1 intention; mon idée\nétait d'ahurir tout d'abord le taureau en lui présentant le manuscrit du\n3e acte des Muscadins et de le foudroyer en lui chantant la mais\nmon épouse n'est pas pour ces coups d'audace, elle dit que je ne suis qu un\nrêveur.\nSi vous voyez le directeur du théâtre de Port-Saïd, auquel M. de\nLesseps m'a vivement recommandé, dites-lui bien que je compte lui remettre\npour la Toussaint les deux premiers actes Cet ouvrage sera le cou-\nronnement de ma carrière, mon Parsifal.Après la première je me\nrepose et je ne l'aurai certes pas volé.\nAh ! nous pourrons dire, tous les trois, que nous avons bougrement trimé\nici-bas: C... surtout; il me fait positivement de la peine; pour lui,\nni paix, ni trêve; dites-lui donc, mon Enoch bien-aimé, qu'en agissant ainsi\nil file le plus mauvais coton ; cet homme se lève à 8 heures, il prend le train,\nil va à pied de la gare Saint-Lazare à son bureau ; il n'est pas plus tôt arrivé,\nqu'il s'enferme pendant deux heures avec Ernest pour dépouiller la corres-\npondance; son déjeuner est expédié en deux petites heures, risque à\ns'étouffer, et, alors que la digestion n'est point faite encore, que les aliments\nn'ont pas dépassé la luette, deux nouvelles heures d'un travail absorbant,\nterrible! Ernest ne saurait résister longtemps, mais c'est un détail, il n'est\npas associé, il est garçon; il resterait encore pas mal d'Ernest, sans\ncompter le vôtre, au souvenir duquel je vous prie de vouloir bien me rap-\npeler. Mais un père de famille, un époux! la chose est grave. Embrassez-le\npour moi et dites-lui de se ménager.\nA vous quatre nous deux cordialement.\nEt Lacome?\n\nEmmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5.5", "titre_corps": "San Sébastian, 20, Calle Sa", "titre_sommaire": "San Sébastian, 20, Calle Sa", "signature_source": "Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.13", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "Emmanuel.\nSan Sébastian, 20, Calle Sa\nChers amis,\nLa famille est arrivée hier sans encombres. Peu à peu, on va prendre ses\npetites habitudes et d'ici huit jours nous ne serons plus de faux Espagnols.\nSan Sébastian est du reste légèrement cosmopolite et la couleur locale y est\nfort atténuée; néanmoins, ce n'est plus du tout la rue Rochechouart et ies\nenvirons de Paris n'ont qu'à bien se tenir. Oui est-ce qui a dit qu il n y avait\nplus de Pyrénées? quelle est cette foutue bête? où est-elle? j'en ai là devant\nmes fenêtres une tranche énorme; c'est la toile de fond; l'Uruméa, rivière\npaisible, serpente mollement sous mes yeux et se jette, je devrais dire se\nglisse, s'infundibule dans la mer, mais là tout près, à 1 m. 5°- Les femmes\nsont jolies, les hommes bien faits, et sur la plage, les qui ont une\nbelle gorge oublient souvent d'agrafer solidement leur costume; j'empor-\nterai désormais des boutons et du fil. Rendre service c'est ma passion.\nJ'ai loué fort cher un maigre Aucher, et je me propose d'initier le\nmaître de chapelle de la localité aux beautés non-pareilles de la\nque j'ai fourrée au fond de ma malle, bien entendu. Je ne parle pas de\nTristan, qui fait partie du costume.\nAvez-vous vu E...? Où en est la confection définitive de\nJe vais écrire au bon K... Savez-vous s'il a revu G...? Ça m'irait\ncomme un gant de faire lestement trois actes de n'importe quoi ici; répon-\ndez-moi aussi à ce sujet. Si G... n'a pas encore la partition de 1\npourquoi ne la lui porteriez-vous pas vous-même, bras dessus, bras dessous\navec K... ; qu'en dites-vous?\nNos meilleurs, nos plus affectueux compliments à ces dames, et à vous\nbien cordialement, mes bons amis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5.6", "titre_corps": "Séville, 21 octobre", "titre_sommaire": "Séville, 21 octobre", "signature_source": "Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.13", "debut_caractere": 1706, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "Séville, 21 octobre\nEh bien ! mes enfants, nous en voyons, des derrières andalous se tortiller\ncojm'me serpents en liesse! Nous ne bougeons plus le soir des\nflamencos entourés, tous deux, de tor en costume de ville, le feutre\nnoir fendu au milieu, la veste ajustée au-dessus des hanches et le pantalon\ncollant dessinant des jambes nerveuses et deux fesses du plus beau galbe.\nEt les gitanas chantant leur malaguenas ou dansant le tango, et le manzanille\nque l'on se passe de main en main et que tout le monde est forcé de boire.\nCes yeux, ces fleurs dans d'admirables chevelures, ces châles noués à la\ntaille, ces pieds qui frappent un rythme varié à l'infini, ces bras qui courent\nfrissonnants le long d'un corps toujours en mouvement, ces ondulations de\nla main, ces sourires éclatants, et cet admirable derrière sévillan qui se\ntourne en tous sens alors que le reste du corps semble immobile, et tout\ncela au cri de olle, olle, anda la Maria!"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "Carmen, andal andaî vociférés par les autres femmes et le public!\nCependant, les deux guitaristes graves, la cigarette aux lèvres, continuent\nà gratter n'importe quoi à trois temps. (Le tango seul est à deux temps.)\nLes cris des femmes excitent la danseuse qui, sur la fin de son pas, devient\nlittéralement folle de son corps. C'est inouï! Hier soir deux peintres nous\nont accompagnés et prenaient des croquis, moi j'avais mon papier de\nmusique à la main; nous avions toutes les danseuses autour de nous; les\nchanteuses me redisaient leurs chants, puis se retiraient en serrant for-\ntement la main d'Alice et la mienne!!! Puis il fallait boire dans le même\nverre, ah ! c'est du propre ! Enfin nous ne nous en portons pas plus mal ce\nmatin! Mais là, vrai, je ne vois pas du tout Mme E... là-dedans! Et\nnous allons mener cette vie-là pendant un mois, jusqu'à Barcelone, en\npassant par Malaga, Cadix, Grenade, Valencia ! ! ! Ah ! mes pauvres nerfs !\nEnfin il faut bien voir quelque chose avant de claquer mais, mes amis,\ncelui-là n'a réellement rien vu qui n'a pas assisté au spectacle de deux ou\ntrois Andalouses houlantdes fesseè, et en aussi, également en\nmesure de andal andal anda!et les éternels claquements des mains: elles\nbattent avec un instinct merveilleux le 3/4 à contre-temps, pendant que la\nguitare suit pacifiquement son> rythme.\nComme d'autres battent le temps / de chaque mesure, chacune battant\nun peu à sa fantaisie, c'est un amalgame de rythmes des plus curieux\ndu reste, je note tout cela mais quel métier, mes enfants! Courir les\ncathédrales (des splendeurs), voir les musées, se perdre dans les rues,\nvisiteur tout, manger quatre à quatre, et se coucher à minuit il y a des\n-moments où nous sommes imbéciles! Pour un oui, pour un non, nous\ngrimpons à cette sacrée Giralda, du haut de laquelle on a bien le plus beau\npanorama du monde; je connais le nom et le son de toutes les cloches, car\nle jeune sonneur est mon ami ; ses sœurs dansent dans un baile le soir et\nle jour montrent la cathédrale. C'est comme ça.\nDes mendiants plein les rues et vous demandant avec la cigarette à la\nbouche et des allures pleines de majesté ; ils ne disent pas merci, ça leur\nest dû, paraît-il. Et toute la nuit, le sereparcourt les rues, avec sa pique\net sa lanterne et chantant d'une voix forte : etc... ; cela\nsignifie que la ville est tranquille, qu'on peut dormir. Il y a même une\ndanse, intitulée le Sereno-, alors la danseuse imite ledit sereno et chante à\ntue-tête: Ave Maria purissima et tortille du derrière. Les théâtres\nsont détestables; le monde chic ne va pas aux bailes; quand il veut s'offrir\nce spectacle, les danseuses viennent à domicile. Je vous écrirai dans une\nhuitaine. On nous appelle pour déjeuner. Nous vous embrassons tous les\nquatre.\nEt Lacome et sa femme, comment vont-ils? Je pense tout le temps à\nmon vieux Lacome.\n\nEmmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5.7", "titre_corps": "LETTRES A PAUL LACOME", "titre_sommaire": "LETTRES A PAUL LACOME", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.15", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "LETTRES A PAUL LACOME\ng septembre 1884. La Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire).\nCher Ami,\nJ'ignore si vous êtes avec Madame, s'il faut lancer ce manifeste affectueux\nchez la mère C... aux forts tétons ou chez l'Espagnol de la rue La Fayette, qui\na certainement beaucoup moins de tétons que la mère C..., et c est\nregrettable, car ne remarquez-vous pas comme de nos jours l'hermaphro-\nditisme se perd; je le disais encore ce matin, sur le mail, au brigadier de\ngendarmerie et turellement « vous avez raison »me répondait le brigadier.\nDu reste, il ne comprenait pas. Mais laissons là la mère C... ; aussi bien\nc'est de la mère Boniface que je veux vous parler ou plutôt dont je\ndésire que vous me parliez. Etes-vous satisfait de votre livret, de votre\npartition, de vos interprètes? J'ai vu la distribution dans le journal; elle ne\nme paraît pas vertigineuse. Je ne vois pas là-dedans des gens connus, aimés\ndu public. Et Théo, qu'en pensez-vous? Je me fais une fête de vous voir\nun bon bout de temps, cher ami; je serai chez Enoch et Costallat le jeudi\n4, entre set 6, à moins que je ne sois rappelé à Paris avant cette\népoque. Si vous saviez combien je vous souhaite un succès! mais je n'ai\npas beaucoup de veine moi non plus, et je crains toujours un ex-voto sur\nle veston d'un ami, si ça allait lui porter la guigne !—Ah ! nous faisons là\nun joli métier! Moi j'écris des morceaux de piano à quatre mains; pourquoi\nfaire, allez-vous me dire? Mais je n'en sais foutre rien, mon pauvre\nd'Estalenx, c'est idiot, je le sais bien, les E... n'en voudront même pas;\ncelui-ci sera trop long jamais trop court, par exemple, l'autre trop\ndifficile jamais pas assez, puis ce n'est pas pratique. Ce n'est jamais\npratique, ce que je fais, et notez que s'ils lisaient ce passage, ils criailleraient\ncomme deux coqs: « En voilà un salaud, nous éditons tout ce qu'il pond,\nnous lui répétons même qu'il ne pond pas suffisamment et ça se plaint; ah!\nmais il nous embête, le Chabrier ». Voilà ma vie, ma sacrée vie. Ah ! pour\nce qui est de la 3e valse, ça n'a pas traîné. Baudon l'avait cinq minutes après\nson arrivée. Eh bien! vous ne savez pas, j'ai idée que ça se vendra. Il y a\npeu de musique à deux pianos; les filles qui jouent sérieusement du piano\n(ai-je besoin d'ajouter qu'elles sont généralement laides) sont fichues de\ndemander ça. Oh ! ça se calmera quand on les aura lues... Mais on ne\npeut pas toujours exécuter mal du reste la Symphonie en ré. Dame, ça\nn'est pas d'un pratique à outrance, mais ça l'est un peu. Dieu soit loué.\nLaus ad te domine!\nC'est ce pauvre C... qui est à plaindre. Tout seul et tant de respon-\nsabilités! Pendant ce temps-là, E..., un feignant, prend du ventre à\nEtretat. Oui, tout seul, obligé de servir le client la bouche pleine, déjeuner\ndans la pièce à côté, là où on fait travailler T..., cette pièce à côté où\nMonsieur Léon et deux employés présentent fiévreusement de la cire à\ncacheter à un bec de gaz portatif pour empaqueter Litolff. Ç'a n'a l'air de\nrien, mon ami, cette pièce à côté ; c'est le nid, c'est le magot, et c'est de là"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.16", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "que tout part, c'est la pièce à bénir quand on se retirera! Oh! ne rions\njamais de petits paquets qui partent !\nAllons, trouvez entre deux béquets, cher ami, le temps de m'écrire\ndeux mots et présentez à la chère Madame Lacome l'expression de nos plus\naffectueux sentiments.\nVotre très affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCostallat ne doit pas être loin. Faites-lui quelques caresses de ma part,\nquelque chose de gentil.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), ig juin 1886.\nVotre lettre, camarade, m'a ravi. Je jubilais dès l'enveloppe. Et, blague\nà part, j'allais vous écrire, comme on dit, je m'embêtais après vous. Les\njournaux, art, théâtres n'annonçaient rien, le temps se passait, je vous\nsentais loin de ce salaud de Paris où il n'y a pas de milieu pour nous comme\npour le bourgeois où, dis-je, nos pauvres bougres de nerfs, toujours\ntendus, me font l'effet d'une guitare dont une demi-douzaine de fous furieux\npinceraient tous àla fois les cordes. J'ai croupi pendant je ne sais combien\nde temps ; il semble maintenant que ça veuille marcher, eh! bien ! ce n'est pas\ncela encore : il faut faire trois actes en trois mois, je ne peux pas. On\nvous laisse moisir des quinze ans, puis il faut les choses immédiatement, sans\nvous laisser le temps d'avaler. On s'échine, on fait de son mieux, puis un\nbeau soir, c'est un beau four. Alors c'est le cul par terre, pendant dix ans.\nOn a tant parlé de Gwendolineque si cet opéra-comique que je fabrique\nactuellement ne réussit pas, je suis nettoyé, mon vieux; les camarades n'en\nseront pas autrement fâchés, mais bibi fera une horrible tête, et il y aura\nde quoi. Bref, je termine le premier acte (piano et chant) ;le IERIER septembre,\nça y sera probablement, toujours piano et chant, alors il faudra orchestrer\ntrois actes, faire deux entr'actes, une ouverture, refaire à nouveau, couper\n(ça c'est moins long) que sais-je? Oh! que je n'aime pas à être bousculé et\ncomme surtout je ne veux rien compromettre... Ça se jouera quand j'en\nserai content, quand j'aurai terminé après un labeur consciencieux mais non\nsurmené ou bien j'enverrai tout faire foutre et ça ne se jouera pas. Ce\nsera bien, ou ça ne sera pas. Tout me coûte beaucoup de travail. Je n'ai pas\nce qu'on appelle de la facilité?Si peu que j'aie à faire, il me faut rentrer\ndans ma turne et une fois là, je crois que je ne vais rien ficher du tout.\nPuis il faut que la pièce soit très gaie, lestement conduite; je veux qu'on rie\ntant et plus là-dedans. C'est beaucoup de tracas. Enfin, qui vivra verra.\nA propos de verrats, comment vont les vôtres? Et vos foins, ça aime-t-il\nl'eau, les foins? Il en tombe suffisamment depuis six semaines; les proprié-\ntaires de par ici font des gueules... Il y en a un qui a perdu dernièrement sa\nvache d'une fièvre de lait; j'ai cru qu'il prendrait le deuil; il pleurait comme\nun veau; celui-ci en a réchappé du reste; il téte une autre mère, c'est son\nheure. Le voilà qui passe, ce propriétaire, je voudrais que vous vissiez sa"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "foutue mine. Eh bien! moi qui n'ai pas la moindre vache, cette douleur me\nlaisse gai ; je ris comme un bossu quand je vois ce propriétaire qui passe.\nJe n'ai pas d'autre événement à vous signaler depuis que je suis ici. Et\ncette bouture confiée aux soins d Enoch? Est-ce 1 affaire des Variétés?\nAvez-vous planté quelque nouveau jalon avant votre départ? Dans cc\nmétier-là, c'est triste à dire, il ne faut d'abord s'étonner de rien; mais si\nl'on devait s'étonner de quelque chose, ce serait d'avoir de la veine.\nM... en a, c'est incontestable; il est ce qu'on appelle vraiment bien\nun veinard;mais que d'autres, très poussés, très lancés, très surfaits même\npar les journaux qui attendent indéfiniment leur tour? Et et même\nSalvayre, et la petite Chaminade, et Guiraud, et joncières, et Reyer (quinze\nans de Sigurdnon joué). Et Lenepveu,et et et le père\nFranck, et le pauvre Lalo tout ça s'emmerde avec des floppées de par-\ntitions dans des armoires. Et Holmes,enfin tous, excepté\nGounodet Ambroise.Dans l'opérette, beaucoup aussi ont les dents longues;\nM... les embête. Enfin, et pour conclure, c'est le dernier des métiers.\nMon concours de Clermont est proche. Envoyez-moi donc un joli discours.\nJe vais être bête comme une oie devant tout le monde. En wagon, il me\nviendra peut-être quelques banalités de circonstance.\nCroyez toujours bien, cher et bon camarade, à mon inaltérable amitié.\nVotre EMMANUEL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.5.8", "titre_corps": "LETTRES A FÉLIX MOTTL", "titre_sommaire": "LETTRES A FÉLIX MOTTL", "signature_source": "Emmanuel Chabrier", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.17", "debut_caractere": 1444, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "LETTRES A FÉLIX MOTTL\n\nTours (Indier\nMon Cher Maître,\nLaissez-moi donc bien vous remercier pour le bienveillant intérêt dont\nvous ne cessez de me donner des preuves et vous dire combien je vous en\nserai toujours reconnaissant. J'aurai donc la double joie et l'insigne honneur\nd'être représenté à Karlsruhe et dirigé par vous. Ah! vous êtes un peu\nbien coté, ici, je vous en réponds, et quand on dit Mottl, on salue très bas!\nAussi considérerai-je comme une des plus douces de ma vie, l'heureuse\nsoirée que je devrai à l'amitié de mon cher Van Dyck et à votre dévouement.\nJe vous prie de vouloir bien remercier de ma part M. le baron de Pudlitz,\nen attendant que je puisse de vive voix lui exprimer toute ma reconnaissance.\nVous avez dû, je suppose, prendre connaissance du poème de\ndoline. C'est une légende danoise, rehaussée de fort beaux vers, dont\nl'auteur, Catulle Mendès, était très lié avec Wagner; et je puis dire qu'à\ndéfaut d'autres mérites, Gi vendolinea certainement, poème et musique,\ncelui d'être l'œuvre commune de deux fanatiques de ce grand génie.\nVan Dyck m'apprend que l'on s'occupe de la traduction et que l'ouvrage"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "pourrait passer en mars-avril ; mais il me fait connaître aussi et c'est ce\nqui me comble de joie ! que vous voudriez bien en août, après Bayreuth,\ndonner quelques représentations de Gwendoline à Karlsrhue, dans l'espoir\nd'y attirer des compatriotes.\nMerci d'avoir eu une si affectueuse idée. Je vais tâcher, d'ici le mois\nde mars, d'enrichir ma mémoire de quelques mots allemands autres que\nlangsam, schnell, ausdruckwoll, lebhaft (i) et autres.\nJ'arriverai, je l'espère, à parler tout au moins une variété\nd'allemand-nègre qui sera à pouffer de rire, mais pourra me sortir d'em-\nbarras. Je compte bien, au cours de mes dernières répétitions, prendre\nau théâtre, le soir, un bain vivifiant de Je sais que, pour cette\népoque, les quatre ouvrages seront prêts et que la est\nprête à passer. Si on pouvait glisser là-dedans une brave partition qui n'est\npas piquée des vers, j'ai nommé Tristan, c'est Chabrier qui serait aux anges!\nFaites-moi signe plus tôt que plus tard, tout l'hiver, je vais piaffer d'impa-\ntience.\nEvidemment, je l'aime, mon pauvre et cher Paris n'est-ce pas mon\ndevoir! mais nous avons ici deux théâtres, un pour la l'autre pour\nHaydée;hélas, ce n'est pas assez, et ces deux théâtres engouffrent un million\n300.000 francs de subvention ! De temps en temps, on donne, sous forme\nd'os à ronger, deux actes de ballet à un pauvre diable de compositeur, et\nencore, cette année-ci, c'est le père T... qui les fait! Ah! ce n'est pas\ndrôle! Quant à gagner sa simple vie, c'est impossible, à moins de verser\ndans l'opérette, là, après dix ans, on se retire fortune faite. Mais le rêveur\nde drame lyrique, s'il n'a pas le sac, peut se fouiller: Il crève de faim très\ncarrément. Il faut avoir l'âme chevillée dans le corps pour continuer ce\nmétier-là.\nMais j'ai le courage, et j'aurai en plus, cette année-ci, grâce à vous,\nVencouragement,mes efforts n'auront point été stériles, puisque vous agréez\nma chère petite partition, trouvée rébarbative et confuse dans mon cher\npays où l'on n'aime pas assez la musique où l'on ne compare pas assez.\nNous avons, avec nos qualités chaque peuple a les siennes, c'est\ncertain, le grand tort de nous regarder le nombril avec trop de complai-\nsance et de nous déclarer trop vite satisfaits. Enfin si quelqu'un a le droit\nde se déclarer satisfait, c'est moi, et je le dis très haut, et vous remercie de\ntout cœur.\nVotre tout dévoué et reconnaissant,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCher Ami,\nJe suis enchanté de mon séjour dans votre ville natale (2), une belle ville\net de belles femmes! Votre lettre à Richter a produit le meilleur effet; j'ai\n\n(1) Le manuscrit donne : beleft, qui ne signifie rien.\n(2) Chabrier fait ici une erreur que nous tenons à rectifier. Félix Mottl est\nAutrichien, et des environs de Vienne."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "eu deux séances avec lui, une pour Gwendoline, l'autre pour le Roi maigre\nIUI Richter s'est montré très très satisfait, mais il m'a laisse comprendre\nqu'un opéra-comique était plus attendu ici qu'un je crois donc que\nc'est le Roi qui leur conviendra; Jahn et Richter auront, dans quelques jours,\nle poème du Roi et s'il leur convient, ils monteront immédiatement ouvrage.\nVous voyez que nous n'avons pas perdu de temps et que, grâce a vos excel-\nlentes recommandations, le temps a été utilement employé.\nIci, à Berlin, on n'a pas l'air de travailler autant qu'à Karlsruhe. Bock,\nl'éditeur si aimable, que nous avons vu ce matin, nous a dit que l'on n avait\nrien monté depuis deux ans et que je caserais difficilement ma musique; que\nBerlin ne lançait pas une pièce, ordinairement ; que c'étaient des villes\ncomme Karlsruhe, Hambourg, Leipzig, Kôln qui faisaient les succès,\net que Berlin les enregistrait, mais que Berlin prenait très rarement\nVinitiative. Enfin, je verrai demain le comte de Hopsberg (i)\nl'intendant du théâtre, et je verrai bien ce qu'il me dira. Après\nquoi nous irons à Brunswick, où Enoch a affaire, puis à Pourriez-\nvous m'envoyer de suite une lettre de recommandation pour le kapellmeister\nde Cologne? Vous adresseriez votre lettre à\nM. Litolff, éditeur à Brunswick.Je serai à Brunswick jeudi et vendredi,\nje voudrais une audition à Cologne et enfin, mon vieux Paris me reverrait\ndimanche ou lundi au plus tard.\n7\nCher Ami,\nOù êtes-vous? Que faites-vous? Avez-vous chaud? Vous soignez-vous?\nMusiquez-vous? Flânez-vous? Enfin, êtes-vous heureux?\nJe n'aurai donc pas eu la joie douce de vous présenter mon gai Paris,\nsi vivant, si grouillant, où l'on fabrique de tout, depuis l'horrible jusqu au\nsuperbe et où, en fin de compte, on travaille rudement et gaiement !\nJ'aurais été si heureux de vous souligner rapidement les côtés nombreux\nencore par lesquels nous valons quelque chose, vous promener dans nos\nadmirables musées, au milieu de nos expositions permanentes, vous faire\nfaire le tour de tous nos théâtres dont I'ENSEMBLE constitue absolument une\nincomparable richesse de production, et J'aurais voulu\nvous conduire chez nos jeunes musiciens (nous en avons de pas trop bêtes),\nchez nos peintres, chez nos sculpteurs (nous en avons de premier ordre) et\nje suis sûr que vous, si vibrant, si doué, si esthétiquement élevé, vous auriez\nconservé un bon souvenir de l'accueil que vous auriez reçu et des impressions\nressenties.\nMais ce n'est que partie remise, et il y a des provinces, en France, où\nl'on est excessivement entêté. Je suis de celles-là, et dans quelques mois,\nquand j'aurai le plaisir de vous serrer la main, j'ai la conviction que je vous\ndéciderai complètement à venir nous voir.\nEcrivez-moi ; dites-moi ce que vous faites de mon bon Van Dyck et\n\n(1) Hochberg, sans doute?"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.20", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "quand vous partez pour Bayreuth. Ecrivez-moi en français, ça m'est égal,\nfaites des fautes, c'est le seul moyen de se corriger; je ne suis pas fichu\nd'en écrire en allemand autant que vous; dès lors, qu'est-ce que cela vous\nfait? Et puis, je me tordrai de rire : vous ferez passer à votre vieux Chabrier\nun moment amusant, ils ne le sont pas tous, hélas!\nAdieu, mon cher Mottl, et à bientôt, j'espère: rappelez-moi, je vous prie,\nau bon souvenir du baron de Pudlitz et du gros Plank un bon souvenir\naussi à Bop, à Orlânder et au régisseur de ce cher théâtre où j'ai tant pleuré\nà la répétition de Siegfried.\nVotre affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nJe me souviens aussi d'un grand violoncelliste de l'orchestre, un blond\net d'un referendar (?) un homme très bien mis et fort agréable qui\nm'avait donné sa carte. Dites-leur, si ça peut les intéresser, que je ne les\nai pas oubliés.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), 29 octobre 1888.\nMon Cher Ami,\nJ'ai été bien péniblement impressionné par la nouvelle de la maladie de\nPlank. Il faut espérer que ce brave artiste va se remettre, car, indépen-\ndemment de son talent, il est bien nécessaire à sa famille nombreuse, je\ncrois. Dites-lui, je vous prie, combien, en dehors de ce qui m'intéresse per-\nsonnellement, je fais des vœux pour le rétablissement de sa santé et pré-\nsentez-lui mes compliments affectueux.\nVeuillez aussi, cher Mottl, être mon interprète auprès de la charmante\net robuste artiste Mlle Mailhac ; dites-lui combien je la remercie de s'être\nmise à l'étude de mon cher ouvrage. Ah! que je voudrais l'entendre! Vous\npensez que dans le courant de janvier la pièce sera prête?\nSi vous saviez!\nJ'ai entendu dire que vous deviez quitter bientôt Karlsruhe, aller à\nVienne, ou à Pesth... Je serais foutu si je ne vous avais pas à Karlsruhe\npour mon ouvrage ; je ne veux que vous, vous seul, cher grand artiste, et je\nle répète, c'est pour moi un affectueux honneur de penser que vous voulez\nbien mettre au point et diriger ma pauvre Ne me laissez\npas sans nouvelles, cher ami; d'ici trois semaines ou un mois, soyez assez\nbon pour me faire savoir si les chœurs commencent à marcher, si le metteur\nen scène, le régisseur, un homme blond et frisé, très gai, très aimable, dont\nle nom m'échappe, sont déjà occupés de la tâche assez lourde qui leur\nincombe; enfin des détails, des détails! Et en allemand, ça m'est égal,\nje ferai traduire. Vous devez avoir tou Comme\nje ne puis pas arriver à me faire jouer ici, j'en fais une question\npropre: Je convoquerai tous mes amis de Paris, Franck, Fauré, d'lndy,\nLalo, Messager, Reyer, Widor; tout ça viendra à Karlsruhe; il faut que cet\nouvrage joué à Karlsruhe fasse plus de bruit (ou tout autant) à Paris qu'à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.21", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "Karlsruhe: je voudrais embêter les théâtres de Paris qui ne jouent pas ça...\nLamoureux m'a promis de venir aussi, de plus, je compte sur votre\nbonne amitié pour faire signe, le moment venu, aux directeurs et kapell-\nmeisters voisins: je tiendrais à avoir Levi de Munich, que j'ai connu il y a\nsept ou huit ans. Enfin nous arrangerions tout cela pour le mieux.\nDonc, cher Mottl, n'abandonnez pas votre collègue et ami Chabrier,\net croyez que je vous serai toujours reconnaissant de ce qu'un homme\nque vous aura bien voulu faire pour moi.\nVotre cordialement dévoué,\nPrésentez, je vous prie, mes respectueux hommages au baron de Pudlitz.\nVoilà l'ami Van Dyck parti pour la gloire!\nOle ! Ail rigt ! Evohé !\n(A suivre.)\n\nEmmanuel Chabrier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.6", "titre_corps": "PIERRE DE COURCELLES", "titre_sommaire": "PIERRE DE COURCELLES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 72, "texte": "PIERRE DE COURCELLES\nLE CANTIQUE\nDES CANTIQUES\nmis en vers françois\n1564"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7", "titre_corps": "PIERRE DE COURCELLES", "titre_sommaire": "PIERRE DE COURCELLES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n\nN sait peu de choses sur ce poète. Il était natif de\nCandes, en Touraine (1). On lui doit une Rhétorique\nen onze chapitres, publiée en 1557, à Paris, par\nGuillaume Le Noir et Sébastien Nivelle, et une\ntraduction en vers du Cantique des Cantiques de\nSalomon, suivie des Lamentations imprimée par\nRobert Estienne, en 1564. Il composa, en outre, un poème\noriginal, La Calomachie,dans lequel se voyait un combat entre\nles quatre gouverneurs du monde, mais cet ouvrage, auquel\nil fait allusion dans ses autres oeuvres, ne fut vraisemblable-\nment pas imprimé et se perdit. Il vivait encore, fort âgé,\naprès 1561.\nGuillaume Colletet qui, dans ses Vies des Poètes français, n'a\nfait que reproduire et interpréter sur cet auteur les notes\nsuccinctes d'Antoine du Verdier et de La Croix du Maine, s'est\nélevé avec violence contre la poésie de Pierre de Courcelles.\nNon seulement il ne lui reconnaît aucune grâce ni mérite d'in-\nvention, mais il la condamne comme une des misérables\nproductions du temps. A l'appui de son jugement, il donne\nquelques vers choisis parmi les plus faibles de ce dernier, et\nconclut plaisamment que Courcelles était corrompu du levain\nd'hérésie. Il faut croire que la passion, ou une complaisance\n\n(i) Cf. Antoine du Verdier et La Croix du Maine : Bibliothèques françoises\n(Ed. Rigoley de Juvigny, 111, 261, 11, 265)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.24", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "exagérée et servile pour de « bonnes idées », ont égaré notre\nsavant biographe.\nLes vers de Pierre de Courcelles sont fort inégaux, mais ils\nont cette grâce ingénue qui fait passer les maladresses de la\nversification.\nLe xvie siècle, on le sait, témoigne au point de vue poétique\nde tant d'habileté qu'on est tenté, parfois, de rechercher dans\nles publications des rimeurs de second ordre un peu de cette\nsincérité et de cette foi naïve qui n'abondent pas toujours\nchez les nobles écrivains.\nBien que nous ne songions guère à comparer cette traduc-\ntion du Cantique des Cantiques avec celle qu'a donnée Remy\nBelleau (i), et qui demeure un pur chef-d'œuvre, il nous semble\nque les deux poèmes se complètent. L'élégance de l'un ne\nbalance point le charme quasi populaire de l'autre. Une mu-\nsique dont nous ignorons l'auteur, mais qui paraît être due à\nl'inspiration personnelle du poète, accompagne les strophes\net font de cette interprétation d'un des plus beaux ouvrages\nde l'esprit humain, un chant rythmé fort agréable à entendre.\nLe Cantique des Cantiques est précédé d'un double sonnet\nsigné T. D.B. [Théodore de Bèze ] qui contient un vif éloge du\npoète. On le lira avec intérêt, non parce qu'il contient l'apo-\nlogie d'un écrivain dont l'œuvre était rarissime déjà au xvie\nsiècle, mais parce qu'il demeure le seul document sur lequel\nColletet s'est appuyé pour dénoncer Pierre de Courcelles\ncomme hérétique.\nIl nous dispensera d'ailleurs d'un plus long et stérile com-\nmentaire : Lf\nL'homme Chrestien des Muses allaité\nFavorisé du Ciel et de Nature,\nNe doit ailleurs qu'en la saincte Escriture\nAvoir Vesprit tendu et arresté.\nMaints aujourd'hui confits en vanité,\nNe chantent rien qu'urne Venus impure,\nEt de choisir autre subject n'ont cure\nPlus profitable à la postérité.\n\n(i) Cf. Eclogues (sic) sacrées prises da Cantique des Cantiques de Salomon.\nEd. des Œuvres poétiques de Remy Belleau, Paris. Mamert Pâtisson, MDLXXIII."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.25", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "L'un se complaint des rigueurs de sa dame9\nPensant ainsi fleschir son rude cueur :\nL'autre au rebours, se vante du bon-heur\nQu'il a reçu en V amoureuse flâme.\nEsgal ennuy sollicite leur âme :\nCar cil qui ha tant de bien et faveur,\nDe jalousie esprouve la fureur,\nEt de douleur, comme Vautre, se pasme.\nMais toy qui es po'ètbien appris,\nCognoissant bien les poétiques esprits\nEstre subjects aux flammes amoureuses :\nPour éviter les traicts de Cupidon,\nAs arresté ton lyrique fredon\nSur les amours ce lestes et heureuses.\nOr, pleust à Dieu que tous ces amoureux,\nQui sont ainsi pâlies et langoureux,\nFussent espris dyaffections pareilles :\nTant de propos corrompus et mauvais,\nEt de chansons impudiques, jamais\nN'offenseroyent les Ghrestiennes oreilles.\nL'exemplaire du Cantique des Cantiques qui a servi à la\nprésente réimpression est conservé à la Bibliothèque natio-\nnale sous cette cote: Réserve A 1580. C'est un charmant petit\nin-12 de 64 feuillets non chiffrés, imprimé en caractères fins\net revêtu d'une reliure en parchemin.\n\nAd. Van Bever."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.26", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "LE\nCANTIQUE DES\nCANTIQUES DE SA\nLOMON MIS EN VERS FRANÇOIS,\nSELON LA VERITE HEBRAÏQUE\nPAR PIERRE DE COURCELLES, DE\nCANDES EN TOURAINE,\nENSEMBLE,\nLes Lamentations de I\navec VEpistre d'iceluy\nA,\nTRES VERTUEUX ET TRE SMAGNANIME LOYS\nDE BOURBON, PRINCE\nDE CONDÉ.\nA PARIS\nChez Robert Estienne, Imprimeur du Roy\nM. D. LXIIII\nAVEC PRIVILEGE DV-\nDICT SEIGNEUR\n2"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "ODE AUX LECTEURS CHRESTIENS\nC'est à vous cueurs\nDe J esus-Christ,\nCe sainct Cantique amoureux\nDans lequel sous\nDe l'Espouse et\nEst escripte amour\nLaquelle je vous\nGraver en vostre\nAyez-la de jour\nImprimée en vostr\nCar ce n'est pas ceste amour\nQui les jeunes gen\nC'est un amour,\nUne amour spirituelle\nQui remet l'homme\nDedans la voye\nChassez doncques ces chansons,\nAmis, folles et l\nEt chantez en plai\nCe Cantique des\nQui ne porte que\nDe Christ, et de\nPour ce.. ayez-le\nEt le chant»z sans feintise."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.28", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 834, "texte": "CANTIQUE I.\n1\nDissuauiare me\nL Eglise esprise et ravie d'amour spirituelle et divine, desire estre ensei-\ngnée par la bouche de J esus-Christ, son espoux, et se dit brune pour les persé-\ncutions,mais plaisante par la grâce que luy a faicte son Espoux, de lui avoir\ndonné la puissance de les endurer pour l'amour de luy, qui fait qu'elle le loue,\net luy elle.\nl'espouse\nDes chastes baisers de ta bouche,\nA donc je te pri', baise-moy ;\nPermets, par amour, que je touche\nLes lèvres vermeilles de toy :\nCar tes amours, ô mon Espoux,\nSont meilleures que le vin doux.\nPour la senteur aromatique\nDe tes parfums tressouverains,\nTon nom precieux authentique\nUn doux parfum est aux humains :\nQui fait qu'en toy de jour en jour,\nLes filles mettent leur amour.\nTire-moy : en l'odeur suave\nDe tes parfums te poursuyvrons,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.29", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "Là où dans le secret conclave\nDu grand Roy introduicts serons :\nAuquel chacun joyeux sera,\nEt en toy se réjouira.\nLors aussi de tes amourettes\nPlus excellentes que le vin,\nEn nos divines chansonnettes\nPsalmodirons de cueur humain,\nCar les justes et droicturiers\nT'aiment, et suyvent tes sentiers.\nBrunette je suis, mais plaisante,\nO femmelettes de Sion,\nComme la magnifique tente\nDe Cedar l'habitation,\nEt comme du sage et bon Roy\nLes courtines en bel arroy.\nMais combien que je soy' brunette,\nSur moy pour ce n'ayez esgard,\nLe clair soleil de sa chambrette\nSur moy a dardé son regard :\nQui brune m'a rendue ainsi\nComme vous me voyez ici.\nLas, helas ' les fils de ma mere\nEn contre moy ont bataillé,\nLesquels d'une colere amere\nM'ont le guet des vignes baillé ;\nMais la mienne à moy proprement.\nJe n'ay gardée aucunement.\nDe peur qu'aux troupeaux ne fouivoye\nDe tes compagnons, monstre-moy,\n0 toy de qui mon âme a j oye,\nOù tu pais, et où à recoy (i)\nTu demeures et fais séjour\nDroictement au milieu du jour.\nl'espoux\nO belle entre les femmelettes.\nSi tu ne le sçais et cognois,\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.30", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "Suy le train de tes bestelettes,\nEt tes petits chevreaux pourvois\nPrès les cabanes des pasteurs\nDe leurs beaux troupeaux amateurs.\nEn beauté tu es comparée\nO ma cbere et parfaicte amour,\nA ma monture bien parée,\nReluisante comme le jour,\nEntre les chars Egyptiaux\nDu roy Pharaon les plus beaux.\nTes joues sont de bonne grâce\nEntre tes atours clairs et beaux,\nEt ton col de grande efficace\nEntre tes carquants et joyaux :\nMais nous te ferons boutons or'\nDe fin argent, et atours d'or.\nL'ESPOUSE\nTandis qu'en sa salle tendue\nLe Roy à banqueter estoit,\nL'odeur de mon nard espandue\nPar l'univers se departoit,\nDe laquelle son peuple aimé\nAlors estoit tout parfumé.\nComme un petit bouquet de myrrhe\nA moy est mon aimé parfaict,\nLequel comme mon Roy et Sire\nDedans mon sein demeure fait,\nEntre mes tetins rondelets\nComme deux boutons vermeillets.\nComme une grappe rougissante\nDe raisin le plus doucereux\nEs vignes d'Engaddi croissante,\nA moy seule est mon amoureux,\nLequel aussi seul j'aimeray\nDe tout mon cueur, et serviray.\nL'ESPOUX\nVois-tu, m'amour, que tu es belle,\nQue tu es belle de tes yeux,"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.31", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "Desquels la beauté estincelle\nCy-bas en ces terrestres lieux,\nDe tes yeux qui semblables sont\nA ceulx que les colombes ont.\nl'espouse\nVois-tu, mon aimé, vois-tu ore\nQue tu es beau et reluisant,\nVois-tu qui nostre lict decore\nEt le rend joly et plaisant,\nLes belles florissantes fleurs\nToutes de diverses couleurs.\nDessus les murailles massives\nDe nos maisons assises sont\nDe Cedre les grosses solives,\nEt de sapin rougeastre blond\nLes puissans soliveaux quarrez\nDu plus fin or, qui soit dorez.\n\nCAN. II L'espouse.\nEgo suftt Rosa Saron\nL'Eglise se glorifiant de quoy elle est la rose et le lis, désire parvenir en\nl'ombre de Jesus-Christ son Espoux,duquel (les persécutions passées) elle est\nappelée et invitée à venir à soy, et reprendre courage pour jouir encore après\nl'hyver des persécutions, de la beauté vernale de sa parolle. Pour à quoy obéir,\nelle prie luy aider de sa part, et de chasser les heretiques, et ennemis d'icelle\nqui, sous couleur de l'annoncer, mettent en avant les inventions des hommes,\nainsi gastant la vigne du Seigneur."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.32", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "l'espouse\nLa rose vermeille je suis\nDes belles fertiles campagnes,\nEt quand et quand le très blanc lis\nDes jardins entre les montagnes.\nQuel est le lis espanissant\nEntre les espines poignantes,\nTel est m'amour resplendissant\nEntre les fillettes amantes.\nQuel est le pommier fructueux\nEntre les verds arbres stériles,\nTel est mon aimé vertueux\nEntre les enfans juvéniles.\nSoubs l'ombre duquel tant-et-tant\nDésirée me suis assise,\nDuquel aussi le fruict goustant\nMa langue une douceur a prise.\nLe Roy par sa grande bonté,\nAu celier vineux m'a menée,\nLà ou son amour m'a esté,\nPour certaine enseigne donnée.\nDe pommes vineuses sans fin\nContorfez-moy je vous supplie,\nEt me sastentez de fort vin\nCar d'amour je suis affoiblie.\nLa fenestre de mon promis\nMa teste pesante soustienne,\nEt en la foiblesse où je suis\nM'embrasse aussi la dextre sienne.\nl'espoux\nPar les biches qui aux champs sont,\nJe vous atteste, ô femmelettes\nDe Sion le tresheureux mont,\nEt par les champestres chevrettes.\nJe vous atteste par serment\nDe ne reveiller mon amies,\n%"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.33", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "Ny la troubler aucunement,\nTant qu'elle sera endormie.\nl'espouse\nJ'entens la voix de mon ami\nQui vient sautant par les montagnes,\nEt tressaillant aussi parmi\nLes montaignettes et campagnes.\nLequel au blanchastre chevreau\nDe nature tres-amiable,\nEt au sautelant bicheteau\nVéritablement est semblable.\nJa (i) derrière nostre paroy\nJe le voy par les fenestrelles,\nRegardant, et comme je croy,\nVisant par les treillis d'icelles.\nMa douce amie, leve-toy,\nCe m'a il dict (2) de bonne grâce,\nLeve-toy, et vien(s) avec moy\nPasser le temps en ceste place.\nDe l'hyver triste et ennuyeux\nLa saison mauvaise est passée,\nDu temps chargé et pluvieux,\nQuand-et-quand la pluye cessée.\nDesja les amoureuses fleurs\nEntre les herbes verdes croissent,\nEt de maintes riches couleurs\nSur la terre humide apparoissent.\nLe temps est venu de tailler,\nDesja en nostre terre belle,\nNous avons ouy gazouiller\nLa chaste et pudicq' tourterelle.\nDesja le figuier verdoyant\nA produict ses figues jeunettes\nEt leurs lames les fleurs ayant\nRendent les vignes verdelettes.\n\n(1) Déjà.\n(2) Pour : m'a-t-il dict."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.34", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "Vien(s) donc, m'amie, leve-toy,\nLeve-toy ma sœur pacifique,\nTon visagelet monstre-moy,\nMa colombe chaste et pudique.\nMa colombe, dy-je, qui es\nEs pertuis de pierres mussée (1),\nEt es cachetés (2) des degrés,\nCraignant dehors estre offensée.\nMonstre-moy, ma sœur, ton regard,\nFay-moy ouir ta voix doucette,\nCar ton regard est tresmignard,\nEt ta vois tresmignardelette.\nPrenez-nous donc les regnards cauts\nQui nos vignes pamprées gastent,\nEt quand-et-quand les regnardeaux\nQui leur fleurs et boutons abbattent.\nMon très cher aimé est à moy,\nEt moy à luy d'amitié bonne,\nJe me donne à luy, et de soy\nPareillement à moy se donne :\nLequel entre les blancs lis paist,\nEt sa personne reconforte\nDe l'odeur qui en ce lieu est,\nQue le doux Zephyre y apporte.\nMon bien-aimé retourne icy\nJusques à la poignante Aurore,\nEt tant que les ombres aussi\nS'enclinent (3) et la nuict encore.\nRetourne, et au chevreau bellant\nSemblable fois par les campagnes,\nEt au bicheteau sautelant\nSur les mi-parties montagnes.\n\n(1) Cachée.\n(2) Prudent, fin, subtil.\n(3) S'inclinent."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.35", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "CAN. III. L'espouse.\nIn lectulo meo fer noctem quœfiui.\nL'Eglise, en la personne de l'âme pecheresse, retournant à soy, cherche\nJesus-Christ. au cabinet de sa conscience, là où elle ne le trouve pour les\noccupations mondaines, desquelles il est encores empesché, de quoy estant\ndélivré, elle l'y trouve alors : Pourquoy elle le prend et meine au milieu de\nl'Assemblée, faisant entendre sa volonté à tous ses enfans, qu'elle prie\naffectueusement de ne l'esveiller ny troubler par leurs malversations, mais\nle garder chèrement, comme un trésor singulier, lequel nous est descouvert\net mis en veue soubs la personne de Salomon et de son pavillon, figure\nadmirable de Jesus-Christ et de son Eglise.\nL'ESPOUSE\nDe nuict ttes soigneusement\nJ'ay cherché si je trouv'roye\nParmi mon lict, en dormant,\nCeluy dont mon âme ha ioye :\nJe l'ay cherché font à plein\nMais las ! Ç'a esté en vain.\nParquoy je me leveray,\nEt celuy entour la ville.\nPuis ça, puis là chercheray,\nQu'aime mon ame gentille.\nJe l'ay cherché bien à plein,\nMais las ! Ça esté en vain."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.36", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "Ainsi par la ville allant,\nJe fus du guet rencontrée,\nQui lors estoit vigilant.\nPour garder ceste contrée :\nAmis, leur dy-je avez-vous\nIcy point veu mon espoux ?\nIceux passez je trouvay\nL'aimé de mon ame chere,\nQue je pris, et ne lairray\nTant qu'au logis de ma mere\nJe l'ay' mené, jusques là\nMesme où elle m'engendra.\nPar les biches et chevreux (i)\nChampestres je vous adjure\nO filles du mont heureux\nDe n'esveiller m'amour pure :\nNy la troubler jusqu'à tant\nQu'elle en soit aussi content'.\nL' ESPOUX\nMais, ô mon Dieu, qu'est cela\nComme une grosse fumée,\nQui monte du desert là\nDe fin encens parfumée,\nDe myrrhe et autres odeurs\nD'un parfumeur de senteurs !\nVoicy à l'entour espars\nDu beau lict Salomonique\nSoixante braves souldars\nEn equippage bellique, (2)\nSurmontant en tous endroicts\nD'lsraël les plus adroicts :\nQui comme gens usitez\nA la guerre violente,\nOnt tous leurs glaives boutez\nChascun sur sa cuisse gente,\nA l'encontre de la peur\nDont le soir seul est auteur.\n\n(1) Chevreaux.\n(2) Bellique"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.37", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "Salomon le puissant Roy,\nLe Roy de grand' renommée\nA faict et basti pour soy\nUne ombrageuse ramée\nDes verds arbres florissans\nAu mont du Liban croissans :\nIl en a faict d'argent pur\nLes colo[n]nes, d'or la place,\nLa couverture d'azur,\nLe milieu de bonne grâce,\nSorti de dilection\nPour les filles de Sion.\nSortez, belles filles donc,\nEt en sa couronne chere\nVoyez Salomon adonc\nDont le couronna sa mere,\nLe jour qu'il fut espousé\nEt de liesse embrasé.\n\nCAN. IV. L'espoux."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.38", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "Quam pulchra es arnica mea, quant fiulchra.\nLes grâces et beautés de l'Eglise, dont Jesus-Christ l'a douée : pour les-\nquelles maintenir en leur entier, il la semond de laisser le monde, de peur\nQu'elles soyent souillées de la rouille d'iceluy. A quoy ne pouvant satisfaire\nd'elle mesme, l'invite à venir en elle, et avoir pour aggreable ses actions, qui\nsont les fruicts d iceiuy.\nO m'amie que tu es belle !\nQue tu es belle ! tes yeux sont\nDans les tresses de ton chef blond\nComme ceulx d'une colombelle.\nTa chevelure est toute telle\nQu'un troupeau de chevres paissant\nSur la montaigne pastourelle\nDe Galaad apparoissant.\nComme un troupeau de brebiettes\nTondues bien esgalement,\nQui remontent ensemblement\nDe leur lavoir aux eaux doucettes,\nLesquelles pour vray ne sont faictes\nInfertiles, mais toutes font\nA une fois deux agnelettes,\nTes blanches dentelettes sont :\nTa bouche vermeille et riante\nComme un ruban en graine teinct,\nTon parler très divin et sainct\nComme raye encor' distillante,\nTes joues de grâce plaisante,\nComme un beau petit quartelet\nD'une grenade rougissante,\nEntre ton tors chef blondelet.\n■\nComme la tourelle imprenable\nDe David, ton col bel et fort,\nPour soutenir un grand effort,\nEt à combatre convenable,\nA laquelle, pour faict notable,\nPendent mille boucliers luisans,\nQui sont en ce lieu mémorable\nPour les targes (i) des plus puissan?.\n\n(1) Boucliers."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.39", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "Tes blanches et rondes mamelles,\nComme deux petits fans (i) gemeaux\nQui paissent parmi les lis beaux\nA travers les roses vermeilles\nJusqu'à ce que les ombres belles\nS'enclinent (2), et que le clair jour,\nAvec ses lumières nouvelles,\nViennent à refaire leur tour.\nA la montagne bien ramée\nDe myrrhe ores je m'en iray,\nEt de là me transporteray,\nA celle d'encens parfumée :\nTu es ma tresloyale aimée\nToute belle, et certes en toy,\nDe laquelle sois diffamée\nMacule aucune n'apperçoy.\nVien(s) du Liban, ma sœur doucette\nDu Liban avecques moy vien,\nVien(s) et jette le regard tien\nDu coupeau d'Aman a la droicte,\nD'Hermon, et de la montagnette\nDe Senir, ensemble des monts\nOù les léopards font retraicte,\nEt des tasnières des lions.\nTu m'as, mon espouse divine,\nPar le regard tresgrac'eux\nDe l'un de tes attrayans yealx,\nRavi le cueur de la poitrine :\nTu me l'as d'un carquant insigne\nDe ton col, amoureusement,\nDe sa place tresbelle et digne,\nTiré dehors pareillement.\nMais combien belles sont tes mamelles,\nTes mamelles, dy-je ma sœur !\nMais combien plus, que le vin pur\nTes mamelles sont-elles belles !\nEt combien les odeurs nouvelles\nDe tes délicates senteurs,\nMa soeur, excellentes sont-elles\nPar sus toutes autres odeurs '\n\n(1) Faons.\n(2) S'inclinent."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.40", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1236, "texte": "Ta levre moite emmiellée\nComme distillante raye est,\nLe miel aussi et le laict croist\nDessus ta languette affilée,\nEt l'odeur humide et mouillée\nDe tes habits aromatiques,\nEt comme l'odeur distillée\nDe tous les arbres Libaniques,\nComme une pommeraye close,\nUne pommeraye, et ainsi\nQu'une source signée aussi\nCertainement est mon espouse :\nTa plante mesmement enclose\nComme un verger de grenadiers,\nD'aspic, et de camphre, et de rose,\nAvec le doux fruict des pommiers.\nLavande aussi, canelle, casse,\nSucre, saffran, avecque tous\nLes bois qui portent l'encens doux,\nL'odeur duquel tout aultre passe :\nAloës de grand' efficace,\nLe tresdoux myrrhe ensemblement,\nQuand-et-quand aussi l'outrepasse\nDe tous les parfums mesmement.\nMesmement la douce fontaine\nDes jardinets tresamoureux\nLe puits aussi profond et creux\nD'eau vive claire et souveraine :\nLaquelle par tuyaux on meine\nPour en arrouser les quarreaux,\nAvec l'eau bruyante et soudaine\nDes clairs Libaniques ruisseaux.\nReveille-toy maintenant Bise,\nSouffle Soulerre en mon jardin,\nSouffle toutes les fleurs, à fin\nQue l'odeur amoureuse en isse,\nMon aimé aussi s'esjouisse,\nEt vienne en son jardin aimé\nLà du fruict de luy se nourrisse,\nQui sera le plus estimé."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.41", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 755, "texte": "CAN. V. L'espoux.\n~Veni in hortum meum, ô soror.\nJesus-Christ vient en son Eglise, où il approuve sa parolle, nous invite à\nl'ouir, et nous enyvrer d'icelle : à fin qu'elle, laissant le monde, luy ouvrions\nquand il sera à notre porte : De quoy l'Eglise pour nous s'excuse, de le pou-\nvoir faire sans l'aide de son Espoux, qui luy vient par le Sainct-Esprit, lequel\nespanouy d'elle, plus amoureuse que devant, le recherche et prie les ames\nfideles luy enseigner : ausquelles pour mieux le recognoisttre, elle descrit les\nsingularitez d'iceluy. \\\nL'ESPOUX\nEn mon jardin beau et verd,\nDe diverses fleurs couvert,\nVenu suis, ô ma sœur belle,\nAuquel mon myrrhe tresbeau\nJ'ay recueilli de nouveau,\nAvec sa liqueur nouvelle :"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.42", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "J'ay mangé pareillement,\nMiel et raye (i) ensemblement\nBeu mon vin et mon laict doux :\nAinsi le temps consumez,\nBeuvez, mangez, mes aimez,\nEt vous enyvrez trestous.\nl'espouse\nJe dors, mais en sommeillant\nMon esprit est vigilant :\nCar j'enten(s) la voix doucette\nDe mon amy ey présent,\nQui heurte à l'huis, me disant :\nOuvre moy ma mignonnette,\nMa mignonnette, ouvre moy,\nOuvre la porte de toy,\nMa sœur, ma douce, m'amour ;\nTout mon chef est rosineux,\nEt dégouttent mes cheveux\nPour la nuict qui fait son tour.\nDesja despouillée je suis,\nComment vous ouvriray l'huis,\nComment aussi ma vesture\nDerechef habilleray ?\nComment, dy-je, souilleray\nMes pieds adonc sans chaussures.\nPar le pertuis tout soudain\nMon cher aimé meit sa main\nParquoy en moy je fremy,\nEt de peur me levay lors\nPour ouvrir l'huis de dehors\nA mon tresparfaict amy.\nMes mains blanches decouloyent,\nEt tous mes doits distilloyent\nLe myrrhe de telle sorte\nQu'il passoit parmi les trous\nDes gros et puissants verroux\nDe l'huis de ma chambre forte :\n\n(i) Rayon.\n3"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.43", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "Ayant d'un cueur desireux\nOuvert à mon amoureux,\nDesja retiré s'estoit\nDuquel la parolle oyant,\nEt iceluy ne voyant,\nMon ame s'espouvantoit.\nJe l'ay cherché en tous lieux,\nMais trouvé ne l'ont mes yeux,\nJe l'ay (l'une voix parfaicte\nAppelé semblablemeit,\nToutesfois aucunement\nIl ce m'a responce faicte.\nLe guet par la ville allant,\nEt çà et là vigilant,\nM'a trouvée errante ainsi,\nQui m'a battue, qui m'a\nEncore en oultre cela,\nGrandement blessée aussi.\nCeluy qui se pourmenoit,\nEt sur les murs se tenoit,\nM'a osté le voille encore,\nLe voille très riche et beau,\nQui affeuble mon cerveau,\nEt ma personne decore.\nJe vous pry' d'affection,\nO fillettes de Sion,\nFaire entendre sans séjour,\nA mon amoureux mignard,\nSi le trouvez quelque part.\nLas ! que je languis d'amour.\nLES FILLES\nMais, et qu'est ton amoureux\nSur les autres amoureux,\nQu'est-il dy, ô femme honneste\nEntre les femmes d'honneur,\nQue la puissance et grandeur\nDe toy ainsi nous atteste ?"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.44", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "l'espouse\nMon aimé est blondelet,\nTresblanc et tresvermeillet,\nPar dessus un millier beau,\nSon chef une masse d'or,\nCrespe sa perruque en cor'\nEt noire comme un corbeau.\nSes yeux comme ceux-là sont\nQue les pigeons cyprins ont\nSur les ruisseaux aquatiques,\nQui de laict lavez et teincts\nAuprès des vaisselets pleins\nDeux-à-deux sont domestiques.\nSes joues comme quarreaux\nOdoriférants et beaux,\nEt comme vermeilles fleurs\nRemplies de bonne odeur,\nDesquelles le parfumeur\nCompose et fait ses senteurs :\nSes levres comme les lis\nEn leur saison espanis\nPar le jardin magnifique,\nDont le myrrhe est dégouttant,\nLequel nous est apportant\nUne odeur aromatique.\nSes mains blanchettes encor'\nComme riches anneaux d'or,\nDe hyacinthes cousus,\nEt ses boyaux mesmement\nComme yvoire proprement\nDe sapphirs entretissus\nSes jambes comme pilliers\nDe marbre tressinguliers\nDisposez de bonne grâce,\nDont sont les soubassements\nAssis pour les fondements\nDu meilleur or que l'on face.\nSon clair viaire (i) mignard\nComme le Liban gaillard,\n\n(i) Vis"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.45", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "Les cedres hauts precellant,\nSon palais bening et doux,\nLoué et prisé de tous\nComme le plus excellant.\nCestuy est mon compagnon,\nCestuy, dy-je, est mon mignon,\nCestuy seul est lequel j'aime\nDe tressaincte affection,\nO fillettes de Sion,\nC'est luy à qui est mon ame.\nLES FILLES\nLà où il s'est transporté,\nLà où il s'est escarté,\nDy-le, et avec toy irons,\nDiy-le, ô femme de valeur\nEntre les femmes d'honneur,\nAvec toy le cercherons (i).\n\nCAN. VI. L'espouse.\n\n(i) Pour : chercherons."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.46", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "Dilectus meus descendit in hortum.\nJésus-Christ descend derechef en son Eglise, en l'odeur de sa parolle,à fin\nqu'il paisse (comme bon pasteur) ses fideles et bien aimez : lequel après que\nl'Eglise s'est asseurée de son amour, recite et chante les louanges d'icelle.\nPuis l'accompare à l'Aurore, au Soleil, et à la Lune, non sans grands mystères :\nCar comme la Lune et toutes les aultres estoilles tirent et reçoivent leur lu-\nmière du Soleil, aussi l'Eglise, la sienne de Jésus-Christ, sans lequel demeu-\nreroit comme la Lune sans Soleil.\nL'ESPOUSE\nEn mon jardin enfermé\nDescendu est mon aimé,\nEntre les petits quarreaux\nOdorifer[a]nts et beaux,\nPour repaistre et choisir\nEs vergers à plaisir,\nLes rosettes croissantes,\nEntr'espines poignantes.\nJ e suis à mon bel espoux,\nJe suis à mon amy douy,\nEt pareillement de soy\nMon bel espoux est à moy.\nQui de roses repaist,\nQui entre les lis est,\nEt de leur odeur bonne\nConforte sa personne.\nComme Thyrsa la cité,\nMa sœur tu es en beauté\nEn plaisir comme Sion,\nPleine de confection :\nMais redoutable autant\nComme un camp combattant,\nAux enseignes dressées\nPar le cher adressées.\nfDe mon regard precieux\nDestourne tes luisans yeux,\nDestourne ton œil mignard\nDe mon convoiteux regard :\nDestourne-le, en effect\nEnorgueillir me fait,\nDestourne aussi ta face\nQu'arrogant ne me face."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.47", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "Comme un -fertile troupeau\nDe chevres plaisant et beau,\nQui apparoist sur le mont\nDe G al'ad tes cheveux sont :\nDont ton chef est orné\nCeinct et environné,\nComme les montaignettes\nDe fertiles chevrettes.\nTes dents blanches vis-à-vis\nComme un troupeau de brebis,\nNagueres du baing montant,\nToutes deux agneaux portant,\nDeux petits agnelets\nEnsemble gemelets (1),\nUne seule desquelles,\nN'est infertile entr'elles.\nTes belles tempes (2) encor'\nParmi ta perruque d'or\nComme un vermeillet quartier\nDe pommes de grenadier.\nSoixante Roines sont\nQui grande beauté ont,\nSans nombre des plus gentes\nJeunes adolescentes :\nDes concubines octant',\nMais une seule pourtant,\nEst ma colombe, m'amour,\nMa clarté, et mon seul jour.\nSeule sa mere l'ha,\nCelle qui l'enfanta,\nSeule l'a recognue\nPour sa fille conceue.\nLes filles sa voix oyant,\nEt sa grand' beauté voyant\nDe tout l'enfermé pourpris (3),\nLuy ont adjugé le pris :\nPour sa rare beauté,\nFort louée a esté\n\n(1) Jumeaux.\n(2) Le texte porte ce mot erroné : temples.\n(3) Enceinte."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.48", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Des belles concubines\nEt des Roines insignes.\nQui est celle qui apparoist\nComme la bonde aurore est,\nComme la Lune, et ainsi\nQue le clair Soleil aussi,\nEt redoutable autant,\nComme un camp combattant\nAux enseignes dressées\nPar le chef adressées.\nL'ESPOUSE\nAu jardin marescageux\nPlein de noyers ombrageux\nMaintenant venue suis\nVoir les aquatiques fruicts :\nSi le fruict singulier\nFleurit du grenadier,\nEt si la vigne bonne\nPareillement boutonne.\nMais Dieu n'en ay sçeu scavoir,\nCar mon ame m'a faict voir\nComme lc-s chariots ronds\nD'Amminadab les plus prompts.\nRevien(s), revien(s) cueur doux,\nReviens), revien(s) vers nous,\nO Sulamith' de grâce,\nFay que voyons ta face,\nf\nO fillettes de Sion,\nFilles de perfection,\nQuel plaisir avoir pourrez\nQuand Sulamithe verrez,\nQuel plaisir et soulas\nAsseureront vos pas,\nEn me voyant semblable\nA un camp redoutable."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.49", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "CAN. VII. Les filles.\nQuàm i)ulchri sunt gressus\nLes pucelles louent l'Eglise de sa beauté singulière qui est en chascun de\nses membres à cause de la parolle de Christ son espoux, dont elle jouit. De\nlaquelle elles demandent estre respeues,à fin d'en repaistre les autres : qui fait\nqn elle est aimée de luy, et luy pareillemeat d'elle, tellement qu'elle desire\nle mener au champ, pour voir les fruicts de sa nourriture.\nO fille jadis née\nDe Royale lignée,\nCombien en ta chaussure\nMignarde est ta marchure ?\nTes pas combien sont-ils\nEn icelle gentils ?\nComme les affiquets\nMagnifiquement faicts"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.50", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "Par l'ouvrier (i) les joinctures\nSont de tes cuisses dures,\nOu comme les joyaulx\nTresprecieux et bearx.\nLe lieu qui fait le rentre\nDe ton albastrin ventre,\nComme une tasse ronde,\nDont la teneur profonde\nNe default de boisson\nFaicte selon raison.\nTon ventre mesmement\nComme un tas de froment,\nDe lis, de roses belles,\nEt aultres fleurs nouvelles\nRichement aorné (2),\nCeinct et environné.\nTes tendres mamelettes\nComme deux bichelettes\nD'une portée belle :\nEt comme la tourelle\nD'yvoire reluisant,\nTon col resplendissant.\nTes yeulx beaux et constans\nComme les clairs estangs\nEn Esbon, près la porte\nDe Batli-rabbin tresforte,\nDu peuple de Sion,\nLa congrégation.\nTon nez de bonne grâce\nEslevé en ta face\nComme la tresantique\nTourelle Libanique,\nPrès le pays ardant\nDe Damas regardant.\nTon chef beau et vermeil\nComme le mont Carmel,\nTa chevelure propre\nComme le Royal pourpre\n\n(1) Ce mot au seizième siècle compte pour deux syllabes\n(2) Orné."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.51", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "Attaché aux creneaux\nQui voyent snr les eaux.\nO que tu es gaillarde,\nPucelette mignarde,\nQue tu es embellie,\nO que tu es jolie\nEt en ce riche atour\nDelicate en amour !\nA un feuillu rameau\nDe palme tout nouveau,\nTa stature est semblable,\nEt à une amiable\nGrappe tes rondelets\nTetins tresvermeillets.\nPourquoy dy-je à mon ame,\nEn la fueillue palme\nJe monteray sans craincte,\nEt par amour non feincte\nLes rameaux tireray\nEt le fruict cueilleray.\nLors tes tetins seront\nComme le beau grain rond\nOu la grappe benigne\nDe la pamprée vigne,\nEt comme la senteur\nDe pommes ton odeur.\nTon palais très humide\nComme le vin liquide,\nQui de sa douce force\nMon doux ami renforce,\nEt dormant maintes fois\nFait begayer sa voix.\nL'ÉPOUSE\nJe suis à mon mignon,\nA mon cher compagnon,\nD'amitié pure et bonne\nMon amour je luy donne,\nEt luy pareillement\nLa sienne entièrement.\nVier'(s) mon aimé, mon frère,\nVien(s) le fils de ma mère,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.52", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "Et aux champs, à cette heure,\nAllons faire demeure,\nDans les villages beaux,\nPrès des monts et des eaux.\nLà nous promènerons,\nEt au matin verrons\nSi les vignes fleurissent,\nSi leur verjus produisent,\nEt si grenadiers\nSont les fruicts singuliers.\nLà de mes amourettes,\nLouables et honnestes,\nLà sans aucun diffame\nDe mon corps et mon ame,\nMaulgré le mesdisant\nTe feray jouissant.\nLes mandragores fleury\nOnt rendu leurs odeurs,\nLes fruicts de toute sorte\nPendent à nostre porte,\nLesquels j'ay à recoy (i)\nContre gardez pour toy.\n\nCAN. VIII. L'espouse.\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.53", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "Utinam esses mihi quasi fraterculus.\nL'Eglise souhaitte Jesus-Christ estre comme son frere, a fin qu'elle puisse\nsans danger par luy estre enseignée, et faire mieux sa volonté : le suppliant\nde demeurer toujours avec el e pour 1 incomparable\namour et inséparable qu'elle luy porte : pource (dit-elle) que nous avons une\nâœur qui n'a cogneu encores la vérité, laquelle l'ayant cogneue, peult\nbeaucoup profiter à l'enseigner.\nE(t) après, par comparaison de la vigne de Salomon, qu il bailloi g ,\nelle amplifie le fruict que fera l'Eglise du Seigneur n'estant point baillee à\ngarder à aultres estrangers, mais elle mesme en ayant le soing. Fma ement\nl'Espoux invite l'Eglise à faire confession de sa foy, qui lui sera fort aggreable,\net à l'appeler qu'il vienne hastivement à son secouis et assistance, ou il jouira\nde bonnes odeurs des œuvres et grâces que luy mesme a mises en elles...\nPleust à Dieu que tu fusses\nComme mon frere cher\nEt les mamelles peusses\nDe ma mere succer\nSans murmure, dehor«,\nJe te baiseroy' lors.\nEn la maison suprême\nDe la mere de moy.\nJusqu'en sa chambre mesme\nSeule te meneroy'\nOu tu m'enseignerois\nDe ta divine voix.\nDedans t'introduiroye\nEn despit des jaloux,\nEt boire te feroye\nMon vin hypocras doux,\nEt le moust singulier\nDe mon verd grenadier.\nLà dessus ta fenestre\nMon chef reposerait,\nEt la très douce dextre\nDe toy m'embrasserait,\nEn ensemble joyeux\nNous baiserions tous deux."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.54", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "l'espoux\nToutes je vous adjure,\nO filles de Sion,\nN'esveiller m'amour pure,\nPar maie affection,\nEn dormant jusqu'à tant\nQu'elle en soit bien content.\nl'espouse\nQui est celle Princesse\nEncontre nous venant,\nLe sentier et l'addresse\nDu bas désert tenant,\n(Et) enlacée parmi\nLes bras de son ami ?\nSous le pommier fertile\nJ'ay rompu ton repos,\nOu ta mere gentille\nConçeut tes premiers os,\nEt mesme en ce lieu là\nOu elle t'enfanta.\nDoncques sur ta poictrine\nComme cachet mets moy,\nEt comme un certain sipne\nDessus le bras de toy :\nCar autant ferme et fort\nA.mour est que la mort.\nJ alonsie terrible\nDure et fascheuse autant\nQue la tombe invincible\nTout en fin surmontant,\nDont les feux allumez\nDe Dieu sont enflammez.\nToutes les eaux courantes\nDe ce bas monde ici,\nLes rivières bruyantes,\nNy les ruisseaux aussi\nNe sçauroyent abysmer\nCest' amour en leur mer.\nCar pour vray elle est telle\nEn maintien et façon,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.55", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "Que si quelqu'un pour elle\nLe bien de sa maison\nEntièrement donnoit\nOn le mepriseroit.\nL'ESPOUSE\nUne tendre seurette\nSans tetins nous avons\nA laquelle grandette\nQuelle chose ferons,\nQuand le jour lèvera\nQue d'elle on parlera.\nLES FILLES\nSi c'est une muraille,\nSur elle édifierons,\nEt d'argent fin de taille\nUn palais y ferons,\nFaict à bastillons beaux,\nBoulevers et créneaux.\nSi c'est un huis ou porte\nFoible par le dehors,\nInviolable et forte\nNous la rendrons alors,\nAvecque de gros aix\nDe cedre et de cyprès.\nL'ESPOUSE\nJe suis, ô filles belles,\nLa muraille, et en rond\nMes deux blanches mamelles\nComme tourelles sont.\nDont en ses yeulx bien faicts\nDepuis j'ay trouvé paix.\nL'ESPOUX\nUne vigne fertile\nAssise en Baal hamon,\nPrès de Sion la ville\nFut au Roy Salomon,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.56", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "Laquelle en ce temps là\nAux gardes il bailla.\nAfin que chascun homme\nPour le fruict qu'elle rend\nLny rapportast en somme\nMille pièces d'argent,\nAu jour dict et nommé\nPar ce Roy bien-aimé.\nCelle là qui est mienne\nJe tien[s] devant mes yeu'x,\nL'une part en est tienne,\nEt l'autre part à cealx\nQui les jours et les nuicts\nEn préservent les fruicts,\nToy qui habites doncques\nEs jardins à recoy,\nTa voix doucette adoncques\nPar grâce ouir fay moy,\nEn plus gracieux sons\nQu'à mes faulx compagnons.\nL'espouse\nFuy t' en, et sois semblable\nMon aimé, au chevreau,\nEt au très amiable\nChampestre bicheteau\nDes cerfs qui, sur le mont\nAromatique, sont.\nFin clu Cantique cles C"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c025", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.2", "titre_corps": "N sait peu de choses sur ce poète. Il était natif de", "titre_sommaire": "N sait peu de choses sur ce poète. Il était natif de", "signature_source": "Ad. Van Bever", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.23", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "N sait peu de choses sur ce poète. Il était natif de\nCandes, en Touraine (1). On lui doit une Rhétorique\nen onze chapitres, publiée en 1557, à Paris, par\nGuillaume Le Noir et Sébastien Nivelle, et une\ntraduction en vers du Cantique des Cantiques de\nSalomon, suivie des Lamentations imprimée par\nRobert Estienne, en 1564. Il composa, en outre, un poème\noriginal, La Calomachie,dans lequel se voyait un combat entre\nles quatre gouverneurs du monde, mais cet ouvrage, auquel\nil fait allusion dans ses autres oeuvres, ne fut vraisemblable-\nment pas imprimé et se perdit. Il vivait encore, fort âgé,\naprès 1561.\nGuillaume Colletet qui, dans ses Vies des Poètes français, n'a\nfait que reproduire et interpréter sur cet auteur les notes\nsuccinctes d'Antoine du Verdier et de La Croix du Maine, s'est\nélevé avec violence contre la poésie de Pierre de Courcelles.\nNon seulement il ne lui reconnaît aucune grâce ni mérite d'in-\nvention, mais il la condamne comme une des misérables\nproductions du temps. A l'appui de son jugement, il donne\nquelques vers choisis parmi les plus faibles de ce dernier, et\nconclut plaisamment que Courcelles était corrompu du levain\nd'hérésie. Il faut croire que la passion, ou une complaisance\n\n(i) Cf. Antoine du Verdier et La Croix du Maine : Bibliothèques françoises\n(Ed. Rigoley de Juvigny, 111, 261, 11, 265)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.24", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "exagérée et servile pour de « bonnes idées », ont égaré notre\nsavant biographe.\nLes vers de Pierre de Courcelles sont fort inégaux, mais ils\nont cette grâce ingénue qui fait passer les maladresses de la\nversification.\nLe xvie siècle, on le sait, témoigne au point de vue poétique\nde tant d'habileté qu'on est tenté, parfois, de rechercher dans\nles publications des rimeurs de second ordre un peu de cette\nsincérité et de cette foi naïve qui n'abondent pas toujours\nchez les nobles écrivains.\nBien que nous ne songions guère à comparer cette traduc-\ntion du Cantique des Cantiques avec celle qu'a donnée Remy\nBelleau (i), et qui demeure un pur chef-d'œuvre, il nous semble\nque les deux poèmes se complètent. L'élégance de l'un ne\nbalance point le charme quasi populaire de l'autre. Une mu-\nsique dont nous ignorons l'auteur, mais qui paraît être due à\nl'inspiration personnelle du poète, accompagne les strophes\net font de cette interprétation d'un des plus beaux ouvrages\nde l'esprit humain, un chant rythmé fort agréable à entendre.\nLe Cantique des Cantiques est précédé d'un double sonnet\nsigné T. D.B. [Théodore de Bèze ] qui contient un vif éloge du\npoète. On le lira avec intérêt, non parce qu'il contient l'apo-\nlogie d'un écrivain dont l'œuvre était rarissime déjà au xvie\nsiècle, mais parce qu'il demeure le seul document sur lequel\nColletet s'est appuyé pour dénoncer Pierre de Courcelles\ncomme hérétique.\nIl nous dispensera d'ailleurs d'un plus long et stérile com-\nmentaire : Lf\nL'homme Chrestien des Muses allaité\nFavorisé du Ciel et de Nature,\nNe doit ailleurs qu'en la saincte Escriture\nAvoir Vesprit tendu et arresté.\nMaints aujourd'hui confits en vanité,\nNe chantent rien qu'urne Venus impure,\nEt de choisir autre subject n'ont cure\nPlus profitable à la postérité.\n\n(i) Cf. Eclogues (sic) sacrées prises da Cantique des Cantiques de Salomon.\nEd. des Œuvres poétiques de Remy Belleau, Paris. Mamert Pâtisson, MDLXXIII."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.25", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "L'un se complaint des rigueurs de sa dame9\nPensant ainsi fleschir son rude cueur :\nL'autre au rebours, se vante du bon-heur\nQu'il a reçu en V amoureuse flâme.\nEsgal ennuy sollicite leur âme :\nCar cil qui ha tant de bien et faveur,\nDe jalousie esprouve la fureur,\nEt de douleur, comme Vautre, se pasme.\nMais toy qui es po'ètbien appris,\nCognoissant bien les poétiques esprits\nEstre subjects aux flammes amoureuses :\nPour éviter les traicts de Cupidon,\nAs arresté ton lyrique fredon\nSur les amours ce lestes et heureuses.\nOr, pleust à Dieu que tous ces amoureux,\nQui sont ainsi pâlies et langoureux,\nFussent espris dyaffections pareilles :\nTant de propos corrompus et mauvais,\nEt de chansons impudiques, jamais\nN'offenseroyent les Ghrestiennes oreilles.\nL'exemplaire du Cantique des Cantiques qui a servi à la\nprésente réimpression est conservé à la Bibliothèque natio-\nnale sous cette cote: Réserve A 1580. C'est un charmant petit\nin-12 de 64 feuillets non chiffrés, imprimé en caractères fins\net revêtu d'une reliure en parchemin.\n\nAd. Van Bever."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.3", "titre_corps": "LE", "titre_sommaire": "LE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.26", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "LE\nCANTIQUE DES\nCANTIQUES DE SA\nLOMON MIS EN VERS FRANÇOIS,\nSELON LA VERITE HEBRAÏQUE\nPAR PIERRE DE COURCELLES, DE\nCANDES EN TOURAINE,\nENSEMBLE,\nLes Lamentations de I\navec VEpistre d'iceluy\nA,\nTRES VERTUEUX ET TRE SMAGNANIME LOYS\nDE BOURBON, PRINCE\nDE CONDÉ.\nA PARIS\nChez Robert Estienne, Imprimeur du Roy\nM. D. LXIIII\nAVEC PRIVILEGE DV-\nDICT SEIGNEUR\n2"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.4", "titre_corps": "ODE AUX LECTEURS CHRESTIENS", "titre_sommaire": "ODE AUX LECTEURS CHRESTIENS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "ODE AUX LECTEURS CHRESTIENS\nC'est à vous cueurs\nDe J esus-Christ,\nCe sainct Cantique amoureux\nDans lequel sous\nDe l'Espouse et\nEst escripte amour\nLaquelle je vous\nGraver en vostre\nAyez-la de jour\nImprimée en vostr\nCar ce n'est pas ceste amour\nQui les jeunes gen\nC'est un amour,\nUne amour spirituelle\nQui remet l'homme\nDedans la voye\nChassez doncques ces chansons,\nAmis, folles et l\nEt chantez en plai\nCe Cantique des\nQui ne porte que\nDe Christ, et de\nPour ce.. ayez-le\nEt le chant»z sans feintise."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.5", "titre_corps": "CANTIQUE I.", "titre_sommaire": "CANTIQUE I.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.28", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 834, "texte": "CANTIQUE I.\n1\nDissuauiare me\nL Eglise esprise et ravie d'amour spirituelle et divine, desire estre ensei-\ngnée par la bouche de J esus-Christ, son espoux, et se dit brune pour les persé-\ncutions,mais plaisante par la grâce que luy a faicte son Espoux, de lui avoir\ndonné la puissance de les endurer pour l'amour de luy, qui fait qu'elle le loue,\net luy elle.\nl'espouse\nDes chastes baisers de ta bouche,\nA donc je te pri', baise-moy ;\nPermets, par amour, que je touche\nLes lèvres vermeilles de toy :\nCar tes amours, ô mon Espoux,\nSont meilleures que le vin doux.\nPour la senteur aromatique\nDe tes parfums tressouverains,\nTon nom precieux authentique\nUn doux parfum est aux humains :\nQui fait qu'en toy de jour en jour,\nLes filles mettent leur amour.\nTire-moy : en l'odeur suave\nDe tes parfums te poursuyvrons,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.29", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "Là où dans le secret conclave\nDu grand Roy introduicts serons :\nAuquel chacun joyeux sera,\nEt en toy se réjouira.\nLors aussi de tes amourettes\nPlus excellentes que le vin,\nEn nos divines chansonnettes\nPsalmodirons de cueur humain,\nCar les justes et droicturiers\nT'aiment, et suyvent tes sentiers.\nBrunette je suis, mais plaisante,\nO femmelettes de Sion,\nComme la magnifique tente\nDe Cedar l'habitation,\nEt comme du sage et bon Roy\nLes courtines en bel arroy.\nMais combien que je soy' brunette,\nSur moy pour ce n'ayez esgard,\nLe clair soleil de sa chambrette\nSur moy a dardé son regard :\nQui brune m'a rendue ainsi\nComme vous me voyez ici.\nLas, helas ' les fils de ma mere\nEn contre moy ont bataillé,\nLesquels d'une colere amere\nM'ont le guet des vignes baillé ;\nMais la mienne à moy proprement.\nJe n'ay gardée aucunement.\nDe peur qu'aux troupeaux ne fouivoye\nDe tes compagnons, monstre-moy,\n0 toy de qui mon âme a j oye,\nOù tu pais, et où à recoy (i)\nTu demeures et fais séjour\nDroictement au milieu du jour.\nl'espoux\nO belle entre les femmelettes.\nSi tu ne le sçais et cognois,\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.30", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "Suy le train de tes bestelettes,\nEt tes petits chevreaux pourvois\nPrès les cabanes des pasteurs\nDe leurs beaux troupeaux amateurs.\nEn beauté tu es comparée\nO ma cbere et parfaicte amour,\nA ma monture bien parée,\nReluisante comme le jour,\nEntre les chars Egyptiaux\nDu roy Pharaon les plus beaux.\nTes joues sont de bonne grâce\nEntre tes atours clairs et beaux,\nEt ton col de grande efficace\nEntre tes carquants et joyaux :\nMais nous te ferons boutons or'\nDe fin argent, et atours d'or.\nL'ESPOUSE\nTandis qu'en sa salle tendue\nLe Roy à banqueter estoit,\nL'odeur de mon nard espandue\nPar l'univers se departoit,\nDe laquelle son peuple aimé\nAlors estoit tout parfumé.\nComme un petit bouquet de myrrhe\nA moy est mon aimé parfaict,\nLequel comme mon Roy et Sire\nDedans mon sein demeure fait,\nEntre mes tetins rondelets\nComme deux boutons vermeillets.\nComme une grappe rougissante\nDe raisin le plus doucereux\nEs vignes d'Engaddi croissante,\nA moy seule est mon amoureux,\nLequel aussi seul j'aimeray\nDe tout mon cueur, et serviray.\nL'ESPOUX\nVois-tu, m'amour, que tu es belle,\nQue tu es belle de tes yeux,"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.31", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "Desquels la beauté estincelle\nCy-bas en ces terrestres lieux,\nDe tes yeux qui semblables sont\nA ceulx que les colombes ont.\nl'espouse\nVois-tu, mon aimé, vois-tu ore\nQue tu es beau et reluisant,\nVois-tu qui nostre lict decore\nEt le rend joly et plaisant,\nLes belles florissantes fleurs\nToutes de diverses couleurs.\nDessus les murailles massives\nDe nos maisons assises sont\nDe Cedre les grosses solives,\nEt de sapin rougeastre blond\nLes puissans soliveaux quarrez\nDu plus fin or, qui soit dorez."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 31, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.6", "titre_corps": "CAN. II L'espouse.", "titre_sommaire": "CAN. II L'espouse.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.31", "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "CAN. II L'espouse.\nEgo suftt Rosa Saron\nL'Eglise se glorifiant de quoy elle est la rose et le lis, désire parvenir en\nl'ombre de Jesus-Christ son Espoux,duquel (les persécutions passées) elle est\nappelée et invitée à venir à soy, et reprendre courage pour jouir encore après\nl'hyver des persécutions, de la beauté vernale de sa parolle. Pour à quoy obéir,\nelle prie luy aider de sa part, et de chasser les heretiques, et ennemis d'icelle\nqui, sous couleur de l'annoncer, mettent en avant les inventions des hommes,\nainsi gastant la vigne du Seigneur."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.32", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "l'espouse\nLa rose vermeille je suis\nDes belles fertiles campagnes,\nEt quand et quand le très blanc lis\nDes jardins entre les montagnes.\nQuel est le lis espanissant\nEntre les espines poignantes,\nTel est m'amour resplendissant\nEntre les fillettes amantes.\nQuel est le pommier fructueux\nEntre les verds arbres stériles,\nTel est mon aimé vertueux\nEntre les enfans juvéniles.\nSoubs l'ombre duquel tant-et-tant\nDésirée me suis assise,\nDuquel aussi le fruict goustant\nMa langue une douceur a prise.\nLe Roy par sa grande bonté,\nAu celier vineux m'a menée,\nLà ou son amour m'a esté,\nPour certaine enseigne donnée.\nDe pommes vineuses sans fin\nContorfez-moy je vous supplie,\nEt me sastentez de fort vin\nCar d'amour je suis affoiblie.\nLa fenestre de mon promis\nMa teste pesante soustienne,\nEt en la foiblesse où je suis\nM'embrasse aussi la dextre sienne.\nl'espoux\nPar les biches qui aux champs sont,\nJe vous atteste, ô femmelettes\nDe Sion le tresheureux mont,\nEt par les champestres chevrettes.\nJe vous atteste par serment\nDe ne reveiller mon amies,\n%"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.33", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "Ny la troubler aucunement,\nTant qu'elle sera endormie.\nl'espouse\nJ'entens la voix de mon ami\nQui vient sautant par les montagnes,\nEt tressaillant aussi parmi\nLes montaignettes et campagnes.\nLequel au blanchastre chevreau\nDe nature tres-amiable,\nEt au sautelant bicheteau\nVéritablement est semblable.\nJa (i) derrière nostre paroy\nJe le voy par les fenestrelles,\nRegardant, et comme je croy,\nVisant par les treillis d'icelles.\nMa douce amie, leve-toy,\nCe m'a il dict (2) de bonne grâce,\nLeve-toy, et vien(s) avec moy\nPasser le temps en ceste place.\nDe l'hyver triste et ennuyeux\nLa saison mauvaise est passée,\nDu temps chargé et pluvieux,\nQuand-et-quand la pluye cessée.\nDesja les amoureuses fleurs\nEntre les herbes verdes croissent,\nEt de maintes riches couleurs\nSur la terre humide apparoissent.\nLe temps est venu de tailler,\nDesja en nostre terre belle,\nNous avons ouy gazouiller\nLa chaste et pudicq' tourterelle.\nDesja le figuier verdoyant\nA produict ses figues jeunettes\nEt leurs lames les fleurs ayant\nRendent les vignes verdelettes.\n\n(1) Déjà.\n(2) Pour : m'a-t-il dict."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.34", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "Vien(s) donc, m'amie, leve-toy,\nLeve-toy ma sœur pacifique,\nTon visagelet monstre-moy,\nMa colombe chaste et pudique.\nMa colombe, dy-je, qui es\nEs pertuis de pierres mussée (1),\nEt es cachetés (2) des degrés,\nCraignant dehors estre offensée.\nMonstre-moy, ma sœur, ton regard,\nFay-moy ouir ta voix doucette,\nCar ton regard est tresmignard,\nEt ta vois tresmignardelette.\nPrenez-nous donc les regnards cauts\nQui nos vignes pamprées gastent,\nEt quand-et-quand les regnardeaux\nQui leur fleurs et boutons abbattent.\nMon très cher aimé est à moy,\nEt moy à luy d'amitié bonne,\nJe me donne à luy, et de soy\nPareillement à moy se donne :\nLequel entre les blancs lis paist,\nEt sa personne reconforte\nDe l'odeur qui en ce lieu est,\nQue le doux Zephyre y apporte.\nMon bien-aimé retourne icy\nJusques à la poignante Aurore,\nEt tant que les ombres aussi\nS'enclinent (3) et la nuict encore.\nRetourne, et au chevreau bellant\nSemblable fois par les campagnes,\nEt au bicheteau sautelant\nSur les mi-parties montagnes.\n\n(1) Cachée.\n(2) Prudent, fin, subtil.\n(3) S'inclinent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.7", "titre_corps": "CAN. III. L'espouse.", "titre_sommaire": "CAN. III. L'espouse.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.35", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "CAN. III. L'espouse.\nIn lectulo meo fer noctem quœfiui.\nL'Eglise, en la personne de l'âme pecheresse, retournant à soy, cherche\nJesus-Christ. au cabinet de sa conscience, là où elle ne le trouve pour les\noccupations mondaines, desquelles il est encores empesché, de quoy estant\ndélivré, elle l'y trouve alors : Pourquoy elle le prend et meine au milieu de\nl'Assemblée, faisant entendre sa volonté à tous ses enfans, qu'elle prie\naffectueusement de ne l'esveiller ny troubler par leurs malversations, mais\nle garder chèrement, comme un trésor singulier, lequel nous est descouvert\net mis en veue soubs la personne de Salomon et de son pavillon, figure\nadmirable de Jesus-Christ et de son Eglise.\nL'ESPOUSE\nDe nuict ttes soigneusement\nJ'ay cherché si je trouv'roye\nParmi mon lict, en dormant,\nCeluy dont mon âme ha ioye :\nJe l'ay cherché font à plein\nMais las ! Ç'a esté en vain.\nParquoy je me leveray,\nEt celuy entour la ville.\nPuis ça, puis là chercheray,\nQu'aime mon ame gentille.\nJe l'ay cherché bien à plein,\nMais las ! Ça esté en vain."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.36", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "Ainsi par la ville allant,\nJe fus du guet rencontrée,\nQui lors estoit vigilant.\nPour garder ceste contrée :\nAmis, leur dy-je avez-vous\nIcy point veu mon espoux ?\nIceux passez je trouvay\nL'aimé de mon ame chere,\nQue je pris, et ne lairray\nTant qu'au logis de ma mere\nJe l'ay' mené, jusques là\nMesme où elle m'engendra.\nPar les biches et chevreux (i)\nChampestres je vous adjure\nO filles du mont heureux\nDe n'esveiller m'amour pure :\nNy la troubler jusqu'à tant\nQu'elle en soit aussi content'.\nL' ESPOUX\nMais, ô mon Dieu, qu'est cela\nComme une grosse fumée,\nQui monte du desert là\nDe fin encens parfumée,\nDe myrrhe et autres odeurs\nD'un parfumeur de senteurs !\nVoicy à l'entour espars\nDu beau lict Salomonique\nSoixante braves souldars\nEn equippage bellique, (2)\nSurmontant en tous endroicts\nD'lsraël les plus adroicts :\nQui comme gens usitez\nA la guerre violente,\nOnt tous leurs glaives boutez\nChascun sur sa cuisse gente,\nA l'encontre de la peur\nDont le soir seul est auteur.\n\n(1) Chevreaux.\n(2) Bellique"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.37", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 487, "texte": "Salomon le puissant Roy,\nLe Roy de grand' renommée\nA faict et basti pour soy\nUne ombrageuse ramée\nDes verds arbres florissans\nAu mont du Liban croissans :\nIl en a faict d'argent pur\nLes colo[n]nes, d'or la place,\nLa couverture d'azur,\nLe milieu de bonne grâce,\nSorti de dilection\nPour les filles de Sion.\nSortez, belles filles donc,\nEt en sa couronne chere\nVoyez Salomon adonc\nDont le couronna sa mere,\nLe jour qu'il fut espousé\nEt de liesse embrasé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.8", "titre_corps": "CAN. IV. L'espoux.", "titre_sommaire": "CAN. IV. L'espoux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.37", "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "CAN. IV. L'espoux."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.38", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "Quam pulchra es arnica mea, quant fiulchra.\nLes grâces et beautés de l'Eglise, dont Jesus-Christ l'a douée : pour les-\nquelles maintenir en leur entier, il la semond de laisser le monde, de peur\nQu'elles soyent souillées de la rouille d'iceluy. A quoy ne pouvant satisfaire\nd'elle mesme, l'invite à venir en elle, et avoir pour aggreable ses actions, qui\nsont les fruicts d iceiuy.\nO m'amie que tu es belle !\nQue tu es belle ! tes yeux sont\nDans les tresses de ton chef blond\nComme ceulx d'une colombelle.\nTa chevelure est toute telle\nQu'un troupeau de chevres paissant\nSur la montaigne pastourelle\nDe Galaad apparoissant.\nComme un troupeau de brebiettes\nTondues bien esgalement,\nQui remontent ensemblement\nDe leur lavoir aux eaux doucettes,\nLesquelles pour vray ne sont faictes\nInfertiles, mais toutes font\nA une fois deux agnelettes,\nTes blanches dentelettes sont :\nTa bouche vermeille et riante\nComme un ruban en graine teinct,\nTon parler très divin et sainct\nComme raye encor' distillante,\nTes joues de grâce plaisante,\nComme un beau petit quartelet\nD'une grenade rougissante,\nEntre ton tors chef blondelet.\n■\nComme la tourelle imprenable\nDe David, ton col bel et fort,\nPour soutenir un grand effort,\nEt à combatre convenable,\nA laquelle, pour faict notable,\nPendent mille boucliers luisans,\nQui sont en ce lieu mémorable\nPour les targes (i) des plus puissan?.\n\n(1) Boucliers."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.39", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "Tes blanches et rondes mamelles,\nComme deux petits fans (i) gemeaux\nQui paissent parmi les lis beaux\nA travers les roses vermeilles\nJusqu'à ce que les ombres belles\nS'enclinent (2), et que le clair jour,\nAvec ses lumières nouvelles,\nViennent à refaire leur tour.\nA la montagne bien ramée\nDe myrrhe ores je m'en iray,\nEt de là me transporteray,\nA celle d'encens parfumée :\nTu es ma tresloyale aimée\nToute belle, et certes en toy,\nDe laquelle sois diffamée\nMacule aucune n'apperçoy.\nVien(s) du Liban, ma sœur doucette\nDu Liban avecques moy vien,\nVien(s) et jette le regard tien\nDu coupeau d'Aman a la droicte,\nD'Hermon, et de la montagnette\nDe Senir, ensemble des monts\nOù les léopards font retraicte,\nEt des tasnières des lions.\nTu m'as, mon espouse divine,\nPar le regard tresgrac'eux\nDe l'un de tes attrayans yealx,\nRavi le cueur de la poitrine :\nTu me l'as d'un carquant insigne\nDe ton col, amoureusement,\nDe sa place tresbelle et digne,\nTiré dehors pareillement.\nMais combien belles sont tes mamelles,\nTes mamelles, dy-je ma sœur !\nMais combien plus, que le vin pur\nTes mamelles sont-elles belles !\nEt combien les odeurs nouvelles\nDe tes délicates senteurs,\nMa soeur, excellentes sont-elles\nPar sus toutes autres odeurs '\n\n(1) Faons.\n(2) S'inclinent."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.40", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1236, "texte": "Ta levre moite emmiellée\nComme distillante raye est,\nLe miel aussi et le laict croist\nDessus ta languette affilée,\nEt l'odeur humide et mouillée\nDe tes habits aromatiques,\nEt comme l'odeur distillée\nDe tous les arbres Libaniques,\nComme une pommeraye close,\nUne pommeraye, et ainsi\nQu'une source signée aussi\nCertainement est mon espouse :\nTa plante mesmement enclose\nComme un verger de grenadiers,\nD'aspic, et de camphre, et de rose,\nAvec le doux fruict des pommiers.\nLavande aussi, canelle, casse,\nSucre, saffran, avecque tous\nLes bois qui portent l'encens doux,\nL'odeur duquel tout aultre passe :\nAloës de grand' efficace,\nLe tresdoux myrrhe ensemblement,\nQuand-et-quand aussi l'outrepasse\nDe tous les parfums mesmement.\nMesmement la douce fontaine\nDes jardinets tresamoureux\nLe puits aussi profond et creux\nD'eau vive claire et souveraine :\nLaquelle par tuyaux on meine\nPour en arrouser les quarreaux,\nAvec l'eau bruyante et soudaine\nDes clairs Libaniques ruisseaux.\nReveille-toy maintenant Bise,\nSouffle Soulerre en mon jardin,\nSouffle toutes les fleurs, à fin\nQue l'odeur amoureuse en isse,\nMon aimé aussi s'esjouisse,\nEt vienne en son jardin aimé\nLà du fruict de luy se nourrisse,\nQui sera le plus estimé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.9", "titre_corps": "CAN. V. L'espoux.", "titre_sommaire": "CAN. V. L'espoux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.41", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 755, "texte": "CAN. V. L'espoux.\n~Veni in hortum meum, ô soror.\nJesus-Christ vient en son Eglise, où il approuve sa parolle, nous invite à\nl'ouir, et nous enyvrer d'icelle : à fin qu'elle, laissant le monde, luy ouvrions\nquand il sera à notre porte : De quoy l'Eglise pour nous s'excuse, de le pou-\nvoir faire sans l'aide de son Espoux, qui luy vient par le Sainct-Esprit, lequel\nespanouy d'elle, plus amoureuse que devant, le recherche et prie les ames\nfideles luy enseigner : ausquelles pour mieux le recognoisttre, elle descrit les\nsingularitez d'iceluy. \\\nL'ESPOUX\nEn mon jardin beau et verd,\nDe diverses fleurs couvert,\nVenu suis, ô ma sœur belle,\nAuquel mon myrrhe tresbeau\nJ'ay recueilli de nouveau,\nAvec sa liqueur nouvelle :"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.42", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "J'ay mangé pareillement,\nMiel et raye (i) ensemblement\nBeu mon vin et mon laict doux :\nAinsi le temps consumez,\nBeuvez, mangez, mes aimez,\nEt vous enyvrez trestous.\nl'espouse\nJe dors, mais en sommeillant\nMon esprit est vigilant :\nCar j'enten(s) la voix doucette\nDe mon amy ey présent,\nQui heurte à l'huis, me disant :\nOuvre moy ma mignonnette,\nMa mignonnette, ouvre moy,\nOuvre la porte de toy,\nMa sœur, ma douce, m'amour ;\nTout mon chef est rosineux,\nEt dégouttent mes cheveux\nPour la nuict qui fait son tour.\nDesja despouillée je suis,\nComment vous ouvriray l'huis,\nComment aussi ma vesture\nDerechef habilleray ?\nComment, dy-je, souilleray\nMes pieds adonc sans chaussures.\nPar le pertuis tout soudain\nMon cher aimé meit sa main\nParquoy en moy je fremy,\nEt de peur me levay lors\nPour ouvrir l'huis de dehors\nA mon tresparfaict amy.\nMes mains blanches decouloyent,\nEt tous mes doits distilloyent\nLe myrrhe de telle sorte\nQu'il passoit parmi les trous\nDes gros et puissants verroux\nDe l'huis de ma chambre forte :\n\n(i) Rayon.\n3"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.43", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "Ayant d'un cueur desireux\nOuvert à mon amoureux,\nDesja retiré s'estoit\nDuquel la parolle oyant,\nEt iceluy ne voyant,\nMon ame s'espouvantoit.\nJe l'ay cherché en tous lieux,\nMais trouvé ne l'ont mes yeux,\nJe l'ay (l'une voix parfaicte\nAppelé semblablemeit,\nToutesfois aucunement\nIl ce m'a responce faicte.\nLe guet par la ville allant,\nEt çà et là vigilant,\nM'a trouvée errante ainsi,\nQui m'a battue, qui m'a\nEncore en oultre cela,\nGrandement blessée aussi.\nCeluy qui se pourmenoit,\nEt sur les murs se tenoit,\nM'a osté le voille encore,\nLe voille très riche et beau,\nQui affeuble mon cerveau,\nEt ma personne decore.\nJe vous pry' d'affection,\nO fillettes de Sion,\nFaire entendre sans séjour,\nA mon amoureux mignard,\nSi le trouvez quelque part.\nLas ! que je languis d'amour.\nLES FILLES\nMais, et qu'est ton amoureux\nSur les autres amoureux,\nQu'est-il dy, ô femme honneste\nEntre les femmes d'honneur,\nQue la puissance et grandeur\nDe toy ainsi nous atteste ?"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.44", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "l'espouse\nMon aimé est blondelet,\nTresblanc et tresvermeillet,\nPar dessus un millier beau,\nSon chef une masse d'or,\nCrespe sa perruque en cor'\nEt noire comme un corbeau.\nSes yeux comme ceux-là sont\nQue les pigeons cyprins ont\nSur les ruisseaux aquatiques,\nQui de laict lavez et teincts\nAuprès des vaisselets pleins\nDeux-à-deux sont domestiques.\nSes joues comme quarreaux\nOdoriférants et beaux,\nEt comme vermeilles fleurs\nRemplies de bonne odeur,\nDesquelles le parfumeur\nCompose et fait ses senteurs :\nSes levres comme les lis\nEn leur saison espanis\nPar le jardin magnifique,\nDont le myrrhe est dégouttant,\nLequel nous est apportant\nUne odeur aromatique.\nSes mains blanchettes encor'\nComme riches anneaux d'or,\nDe hyacinthes cousus,\nEt ses boyaux mesmement\nComme yvoire proprement\nDe sapphirs entretissus\nSes jambes comme pilliers\nDe marbre tressinguliers\nDisposez de bonne grâce,\nDont sont les soubassements\nAssis pour les fondements\nDu meilleur or que l'on face.\nSon clair viaire (i) mignard\nComme le Liban gaillard,\n\n(i) Vis"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.45", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "Les cedres hauts precellant,\nSon palais bening et doux,\nLoué et prisé de tous\nComme le plus excellant.\nCestuy est mon compagnon,\nCestuy, dy-je, est mon mignon,\nCestuy seul est lequel j'aime\nDe tressaincte affection,\nO fillettes de Sion,\nC'est luy à qui est mon ame.\nLES FILLES\nLà où il s'est transporté,\nLà où il s'est escarté,\nDy-le, et avec toy irons,\nDiy-le, ô femme de valeur\nEntre les femmes d'honneur,\nAvec toy le cercherons (i)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.10", "titre_corps": "CAN. VI. L'espouse.", "titre_sommaire": "CAN. VI. L'espouse.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.45", "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "CAN. VI. L'espouse.\n\n(i) Pour : chercherons."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.46", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "Dilectus meus descendit in hortum.\nJésus-Christ descend derechef en son Eglise, en l'odeur de sa parolle,à fin\nqu'il paisse (comme bon pasteur) ses fideles et bien aimez : lequel après que\nl'Eglise s'est asseurée de son amour, recite et chante les louanges d'icelle.\nPuis l'accompare à l'Aurore, au Soleil, et à la Lune, non sans grands mystères :\nCar comme la Lune et toutes les aultres estoilles tirent et reçoivent leur lu-\nmière du Soleil, aussi l'Eglise, la sienne de Jésus-Christ, sans lequel demeu-\nreroit comme la Lune sans Soleil.\nL'ESPOUSE\nEn mon jardin enfermé\nDescendu est mon aimé,\nEntre les petits quarreaux\nOdorifer[a]nts et beaux,\nPour repaistre et choisir\nEs vergers à plaisir,\nLes rosettes croissantes,\nEntr'espines poignantes.\nJ e suis à mon bel espoux,\nJe suis à mon amy douy,\nEt pareillement de soy\nMon bel espoux est à moy.\nQui de roses repaist,\nQui entre les lis est,\nEt de leur odeur bonne\nConforte sa personne.\nComme Thyrsa la cité,\nMa sœur tu es en beauté\nEn plaisir comme Sion,\nPleine de confection :\nMais redoutable autant\nComme un camp combattant,\nAux enseignes dressées\nPar le cher adressées.\nfDe mon regard precieux\nDestourne tes luisans yeux,\nDestourne ton œil mignard\nDe mon convoiteux regard :\nDestourne-le, en effect\nEnorgueillir me fait,\nDestourne aussi ta face\nQu'arrogant ne me face."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.47", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "Comme un -fertile troupeau\nDe chevres plaisant et beau,\nQui apparoist sur le mont\nDe G al'ad tes cheveux sont :\nDont ton chef est orné\nCeinct et environné,\nComme les montaignettes\nDe fertiles chevrettes.\nTes dents blanches vis-à-vis\nComme un troupeau de brebis,\nNagueres du baing montant,\nToutes deux agneaux portant,\nDeux petits agnelets\nEnsemble gemelets (1),\nUne seule desquelles,\nN'est infertile entr'elles.\nTes belles tempes (2) encor'\nParmi ta perruque d'or\nComme un vermeillet quartier\nDe pommes de grenadier.\nSoixante Roines sont\nQui grande beauté ont,\nSans nombre des plus gentes\nJeunes adolescentes :\nDes concubines octant',\nMais une seule pourtant,\nEst ma colombe, m'amour,\nMa clarté, et mon seul jour.\nSeule sa mere l'ha,\nCelle qui l'enfanta,\nSeule l'a recognue\nPour sa fille conceue.\nLes filles sa voix oyant,\nEt sa grand' beauté voyant\nDe tout l'enfermé pourpris (3),\nLuy ont adjugé le pris :\nPour sa rare beauté,\nFort louée a esté\n\n(1) Jumeaux.\n(2) Le texte porte ce mot erroné : temples.\n(3) Enceinte."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.48", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Des belles concubines\nEt des Roines insignes.\nQui est celle qui apparoist\nComme la bonde aurore est,\nComme la Lune, et ainsi\nQue le clair Soleil aussi,\nEt redoutable autant,\nComme un camp combattant\nAux enseignes dressées\nPar le chef adressées.\nL'ESPOUSE\nAu jardin marescageux\nPlein de noyers ombrageux\nMaintenant venue suis\nVoir les aquatiques fruicts :\nSi le fruict singulier\nFleurit du grenadier,\nEt si la vigne bonne\nPareillement boutonne.\nMais Dieu n'en ay sçeu scavoir,\nCar mon ame m'a faict voir\nComme lc-s chariots ronds\nD'Amminadab les plus prompts.\nRevien(s), revien(s) cueur doux,\nReviens), revien(s) vers nous,\nO Sulamith' de grâce,\nFay que voyons ta face,\nf\nO fillettes de Sion,\nFilles de perfection,\nQuel plaisir avoir pourrez\nQuand Sulamithe verrez,\nQuel plaisir et soulas\nAsseureront vos pas,\nEn me voyant semblable\nA un camp redoutable."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.11", "titre_corps": "CAN. VII. Les filles.", "titre_sommaire": "CAN. VII. Les filles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.49", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "CAN. VII. Les filles.\nQuàm i)ulchri sunt gressus\nLes pucelles louent l'Eglise de sa beauté singulière qui est en chascun de\nses membres à cause de la parolle de Christ son espoux, dont elle jouit. De\nlaquelle elles demandent estre respeues,à fin d'en repaistre les autres : qui fait\nqn elle est aimée de luy, et luy pareillemeat d'elle, tellement qu'elle desire\nle mener au champ, pour voir les fruicts de sa nourriture.\nO fille jadis née\nDe Royale lignée,\nCombien en ta chaussure\nMignarde est ta marchure ?\nTes pas combien sont-ils\nEn icelle gentils ?\nComme les affiquets\nMagnifiquement faicts"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.50", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "Par l'ouvrier (i) les joinctures\nSont de tes cuisses dures,\nOu comme les joyaulx\nTresprecieux et bearx.\nLe lieu qui fait le rentre\nDe ton albastrin ventre,\nComme une tasse ronde,\nDont la teneur profonde\nNe default de boisson\nFaicte selon raison.\nTon ventre mesmement\nComme un tas de froment,\nDe lis, de roses belles,\nEt aultres fleurs nouvelles\nRichement aorné (2),\nCeinct et environné.\nTes tendres mamelettes\nComme deux bichelettes\nD'une portée belle :\nEt comme la tourelle\nD'yvoire reluisant,\nTon col resplendissant.\nTes yeulx beaux et constans\nComme les clairs estangs\nEn Esbon, près la porte\nDe Batli-rabbin tresforte,\nDu peuple de Sion,\nLa congrégation.\nTon nez de bonne grâce\nEslevé en ta face\nComme la tresantique\nTourelle Libanique,\nPrès le pays ardant\nDe Damas regardant.\nTon chef beau et vermeil\nComme le mont Carmel,\nTa chevelure propre\nComme le Royal pourpre\n\n(1) Ce mot au seizième siècle compte pour deux syllabes\n(2) Orné."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.51", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "Attaché aux creneaux\nQui voyent snr les eaux.\nO que tu es gaillarde,\nPucelette mignarde,\nQue tu es embellie,\nO que tu es jolie\nEt en ce riche atour\nDelicate en amour !\nA un feuillu rameau\nDe palme tout nouveau,\nTa stature est semblable,\nEt à une amiable\nGrappe tes rondelets\nTetins tresvermeillets.\nPourquoy dy-je à mon ame,\nEn la fueillue palme\nJe monteray sans craincte,\nEt par amour non feincte\nLes rameaux tireray\nEt le fruict cueilleray.\nLors tes tetins seront\nComme le beau grain rond\nOu la grappe benigne\nDe la pamprée vigne,\nEt comme la senteur\nDe pommes ton odeur.\nTon palais très humide\nComme le vin liquide,\nQui de sa douce force\nMon doux ami renforce,\nEt dormant maintes fois\nFait begayer sa voix.\nL'ÉPOUSE\nJe suis à mon mignon,\nA mon cher compagnon,\nD'amitié pure et bonne\nMon amour je luy donne,\nEt luy pareillement\nLa sienne entièrement.\nVier'(s) mon aimé, mon frère,\nVien(s) le fils de ma mère,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.52", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "Et aux champs, à cette heure,\nAllons faire demeure,\nDans les villages beaux,\nPrès des monts et des eaux.\nLà nous promènerons,\nEt au matin verrons\nSi les vignes fleurissent,\nSi leur verjus produisent,\nEt si grenadiers\nSont les fruicts singuliers.\nLà de mes amourettes,\nLouables et honnestes,\nLà sans aucun diffame\nDe mon corps et mon ame,\nMaulgré le mesdisant\nTe feray jouissant.\nLes mandragores fleury\nOnt rendu leurs odeurs,\nLes fruicts de toute sorte\nPendent à nostre porte,\nLesquels j'ay à recoy (i)\nContre gardez pour toy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.7.12", "titre_corps": "CAN. VIII. L'espouse.", "titre_sommaire": "CAN. VIII. L'espouse.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.52", "debut_caractere": 553, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "CAN. VIII. L'espouse.\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.53", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "Utinam esses mihi quasi fraterculus.\nL'Eglise souhaitte Jesus-Christ estre comme son frere, a fin qu'elle puisse\nsans danger par luy estre enseignée, et faire mieux sa volonté : le suppliant\nde demeurer toujours avec el e pour 1 incomparable\namour et inséparable qu'elle luy porte : pource (dit-elle) que nous avons une\nâœur qui n'a cogneu encores la vérité, laquelle l'ayant cogneue, peult\nbeaucoup profiter à l'enseigner.\nE(t) après, par comparaison de la vigne de Salomon, qu il bailloi g ,\nelle amplifie le fruict que fera l'Eglise du Seigneur n'estant point baillee à\ngarder à aultres estrangers, mais elle mesme en ayant le soing. Fma ement\nl'Espoux invite l'Eglise à faire confession de sa foy, qui lui sera fort aggreable,\net à l'appeler qu'il vienne hastivement à son secouis et assistance, ou il jouira\nde bonnes odeurs des œuvres et grâces que luy mesme a mises en elles...\nPleust à Dieu que tu fusses\nComme mon frere cher\nEt les mamelles peusses\nDe ma mere succer\nSans murmure, dehor«,\nJe te baiseroy' lors.\nEn la maison suprême\nDe la mere de moy.\nJusqu'en sa chambre mesme\nSeule te meneroy'\nOu tu m'enseignerois\nDe ta divine voix.\nDedans t'introduiroye\nEn despit des jaloux,\nEt boire te feroye\nMon vin hypocras doux,\nEt le moust singulier\nDe mon verd grenadier.\nLà dessus ta fenestre\nMon chef reposerait,\nEt la très douce dextre\nDe toy m'embrasserait,\nEn ensemble joyeux\nNous baiserions tous deux."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.54", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "l'espoux\nToutes je vous adjure,\nO filles de Sion,\nN'esveiller m'amour pure,\nPar maie affection,\nEn dormant jusqu'à tant\nQu'elle en soit bien content.\nl'espouse\nQui est celle Princesse\nEncontre nous venant,\nLe sentier et l'addresse\nDu bas désert tenant,\n(Et) enlacée parmi\nLes bras de son ami ?\nSous le pommier fertile\nJ'ay rompu ton repos,\nOu ta mere gentille\nConçeut tes premiers os,\nEt mesme en ce lieu là\nOu elle t'enfanta.\nDoncques sur ta poictrine\nComme cachet mets moy,\nEt comme un certain sipne\nDessus le bras de toy :\nCar autant ferme et fort\nA.mour est que la mort.\nJ alonsie terrible\nDure et fascheuse autant\nQue la tombe invincible\nTout en fin surmontant,\nDont les feux allumez\nDe Dieu sont enflammez.\nToutes les eaux courantes\nDe ce bas monde ici,\nLes rivières bruyantes,\nNy les ruisseaux aussi\nNe sçauroyent abysmer\nCest' amour en leur mer.\nCar pour vray elle est telle\nEn maintien et façon,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.55", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "Que si quelqu'un pour elle\nLe bien de sa maison\nEntièrement donnoit\nOn le mepriseroit.\nL'ESPOUSE\nUne tendre seurette\nSans tetins nous avons\nA laquelle grandette\nQuelle chose ferons,\nQuand le jour lèvera\nQue d'elle on parlera.\nLES FILLES\nSi c'est une muraille,\nSur elle édifierons,\nEt d'argent fin de taille\nUn palais y ferons,\nFaict à bastillons beaux,\nBoulevers et créneaux.\nSi c'est un huis ou porte\nFoible par le dehors,\nInviolable et forte\nNous la rendrons alors,\nAvecque de gros aix\nDe cedre et de cyprès.\nL'ESPOUSE\nJe suis, ô filles belles,\nLa muraille, et en rond\nMes deux blanches mamelles\nComme tourelles sont.\nDont en ses yeulx bien faicts\nDepuis j'ay trouvé paix.\nL'ESPOUX\nUne vigne fertile\nAssise en Baal hamon,\nPrès de Sion la ville\nFut au Roy Salomon,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.56", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "Laquelle en ce temps là\nAux gardes il bailla.\nAfin que chascun homme\nPour le fruict qu'elle rend\nLny rapportast en somme\nMille pièces d'argent,\nAu jour dict et nommé\nPar ce Roy bien-aimé.\nCelle là qui est mienne\nJe tien[s] devant mes yeu'x,\nL'une part en est tienne,\nEt l'autre part à cealx\nQui les jours et les nuicts\nEn préservent les fruicts,\nToy qui habites doncques\nEs jardins à recoy,\nTa voix doucette adoncques\nPar grâce ouir fay moy,\nEn plus gracieux sons\nQu'à mes faulx compagnons.\nL'espouse\nFuy t' en, et sois semblable\nMon aimé, au chevreau,\nEt au très amiable\nChampestre bicheteau\nDes cerfs qui, sur le mont\nAromatique, sont.\nFin clu Cantique cles C"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.8", "titre_corps": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES", "titre_sommaire": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES", "signature_source": "Lionel de la Laurencie", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.57", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n\nS\nIII\nL'œuvre des Forqueray\nIl ne faudrait pas croire que le robuste et sonore violon-\ncelle ait complètement et rapidement détrôné la basse de viole\nau xviii6 siecle. Tout au contraire, l'usage de cet instrument\nse prolongea fort avant dans le siècle, et on voit, en 1740, l'abbé\nHubert le Blanc prendre sa défense en un curieux ouvrage écrit\nen style macaronique.\nNéanmoins, notre littérature pour la viole de gambe ne se\ndéveloppe guère que jusque vers 1750, de sorte que les Pièces\nde Forqueray, publiées en 1747, marquent en quelque sorte le\ndéclin de cette littérature, quoique la plupart d'entre elles aient\nété composées à une époque antérieure. Forqueray fils se rend,\ndu reste, compte de la décadence qui menace la basse de\nviole lorsqu'il déclare, dans la dédicace adressée à son élève,\nMme Henriette de France, que « la viole, malgré ses avantages\nest tombée dans une espèce d'oubli » (2).\n\n(i) Suite et fin. Voir le numéro du 15 décembre 1908.\nnsr c-2' Dcdicace des Pièces de viole\nM. Forqueray le Père(B. a. Vm 7. 6295)."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.58", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "Quelques noms et quelques ouvrages vont nous permettre\nde jalonner l'histoire de la basse de viole en France, à partir de\nla fin du xviie siècle. Ce sont, d'abord, les méthodes de De Machy,\nde Danoville et de Rousseau qui paraissent coup sur coup en\n1685 et 1687 ; puis, à la suite des Pièces de Dubuisson et d'Hot-\nman (1674), les 5 Livres de Marin Marais, échelonnés de 1686\nà 1717, les 2 Livres d'Heudelinne (1701, 1705) qui, d'ailleurs,\nne contiennent pas que des pièces écrites pour la basse de viole,\nles Pièces de De Caix d'Hervelois (1708) et de Morel, élève de\nMarais (1709). Passé 1720, la production se ralentit ; il y a bien\nencore les compositions de Boismortier, Cappus, De Caix,\nRoland Marais et Dollé qui nous mènent jusqu'en 1740, en-\nfin les Pièces de viole de Forqueray publiées en 1747 ; mais, après\ncette date,le catalogue de Boisgelou ne mentionne plus d'œuvres\ndestinées à la basse de viole. Dollé donne, il est vrai, en 1754,\ndes Sonates de viole, seulement elles sont écrites pour 2 par-\ndessus et peuvent s'exécuter sur le violon. C'est encore au\npardessus qu'Hugard et Roget confient leurs pièces, et que De\nCaix destine son 6e Livre(l7sl) (1).\n| Si la littérature spéciale àla basse de viole n'est plus repré-\nsentée postérieurement à 1750, l'instrument reste toujours\ncultivé dans les concerts de chambre où sa sonorité un peu\nmolle et son caractère tendre, mélancolique, s'appliquent fort\nbien à une musique d'intimité. Nous avons vu Mme de Laura-\nguais lui faire bon accueil en 1751, et plus tard, Conty et le\nprince royal de Prusse marquent tout l'intérêt qu'ils portent\nà la basse de Forqueray (2).\nL'article nécrologique, que nous avons publié en tête de\ncette étude, attribue à Antoine Forqueray 300 pièces de viole ;\nà en juger par ce qui a été conservé de cet artiste, nous ignorons\n\n(1) Boisgelou, dans son Catalogue, indique une raison de convenance qui\naurait contribué à maintenir l'usage du pardessus de viole jusque dans les der-\nnières années du xvme siècle : « Les vieux Partisans de l'Ancienne musique,\nécrit-il, tentèrent un dernier effort et voulurent perpétuer leur goût en inspirant\nà leurs enfants et surtout aux jeunes demoiselles, de préférer, par décence, le\npardessus de viole aux autres instruirons comme s'il était moins honneste (dit\nun observateur plaisant) de mettre un violon sur l'épaule qu'un pardessus entre\nles jambes. »\n(2) Lors de la vente de De Caix (10 décembre 1759), une collection de\n30 basses de viole qui appartenaient à cet artiste fut dispersée, ce qui montre que\nl'instrument était encore très goûté. (E. DE BRICQUEVILLE : La Couperin, 1905,\npp. 16 et suivantes).\n4"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.59", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "la plus grande partie de son œuvre. Les compositions d'Antoine\nForqueray, en effet, ne furent publiées qu après sa mort et par\nles soins de son fils, et encore celui-ci ne fit-il paraître qu'un\nseul livre, qui ne saurait donner une idée complète de la pro-\nduction du musicien. Ce livre de Pièces de viole, signalé par\nM. Prod'homme, comprend 32 pièces, dont 3 sont de Jean-\nBaptiste-Antoine (1); restent donc 29 pièces au compte d'An-\ntoine. A ces 29 pièces, il convient d'en ajouter 4 que nous avons\ntrouvées dans un recueil manuscrit de la Bibliothèque nationale,\nportant la cote Vm7 6296 et le titre suivant :\nRecueil de pièces de viole | avec la basse j tiré des meilleurs\nautheurs \\ Marais le père| Roland | |de\n| et autres | (2).\nEn ajoutant ces ± pièces à celles du recueil de 1747, on ob-\ntient pour l'œuvre actuellement connue d'Antoine Forqueray,\nun total de 33 pièces ; nous sommes, on le voit, bien loin des\n300 pièces annoncées.\nIl convient, de plus, d'observer que le recueil de\nviole publié en 1747 par Jean-Baptiste Antoine et que M. Pro-\nd'homme a étudié au cours de son article de la\nn'est pas le seul que Forqueray ait fait paraître. Eitner, dans\nson Quellen-Lexikon, ne se trompe que sur le nom de 1 auteur,\nen signalant, après Fétis, un recueil de Pièces de viole mises en\npièces de clavecin qu'il attribue àan Jean-Baptiste Forqueray,\nfils de Jean-Baptiste-Antoine (3). Ce 2e recueil existe effecti-\nvement à la bibliothèque du Conservatoire ; on l'a relié à la\n1\n\n(1) Ce sont trois pièces ajoutées à la IIIe suite pour la compléter : La An-\ngyave, La du V aucel et La JVlovayigis ou La Plissay. Elles sont marquées dun\nastérisque.\n(2) Ms. in-f°. Nous devons ce renseignement à M. Ecorcheville que nous\nprions de vouloir bien accepter ici tous nos remerciements. Ces quatre pièces\ninédites publiées ci-après se trouvent, avec la mention : Forcroi, aux endroits\nsuivants du recueil factice en question : L A.llevyiayi<de, sans oasse, p.\nLa Girouette, sans basse, p. 54. La Muzeiie, avec la basse, p. 74. Bransle, sans\nbasse, p. 110.\n(3) Voir-. EITNER : Quellen Lexïkon, IV, p. 33 et FÉTIS, 111, p. 297. M. Pro-\nd'homme qui n'a pas vu le recueil mis en pièces de clavecin croit à tort que les\ndifférences de titres se rapportent simplement à des tirages différents du même\nouvrage celui décrit ci-dessus (le recueil des Pièces de viole, dédit- a IVlme Hen\nriette de France) dans le titre duquel il n'est nullement question de clavecin.\n(PROD'HOMME, LOC. cit. p. 688)."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.60", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "suite du Ier recueil de Pièces de viole, et il a ainsi échappé à\nM. Prod'homme. En voici le titre :\nPièces de viole | composées \\ Par M. Forqueray le Père\nMises en Pièces | De \\ Clavecin | Par M. Forqueray Le Fils\nOrdinaire de la Musique de la j\nà Madame | La Dauphine | Gravées par Mme Leclair\nLivre Premier \\ Prix en blanc 25 livres j A Paris | chez\nl'auteur, rue de la Croix des Petits Champs, vis-à-vis la rue\nCoquillière j chez La Vve Boivin | chez le Sr Leclerc (in-f°\ns. d.)-\nEn tête, on lit la dédicace ci-après, adressée à la Dauphine :\nA MADAME LA DAUPHINE\n(i),\nMadame,\nLorsque toute La France ressent le bonheur de vous voir\nremplir la première place auprès du Trône, il est au milieu de\nla joye universelle une félicité particulière aux Arts. Ils ont\noccupé les premiers moments de votre arrivée dans le Royaume\net l'accueil favorable que vous leur avès fait, Madame, les en-\nhardit à venir chercher une Protection auprès de vous, mais,\ntandisque les ouvrages de feu mon père que je prends la liberté\nde vous offrir, recevront de vôtre goût ces charmes qui font\nvaloir le mérite de l'auteur, je regarderai comme le plus heu-\nreux jour de ma vie celui où vous avès daigné m'entendre et\naplaudir à mes foibles talents.\nJe suis, avec le plus profond respect,\nMadame,\nVotre très-humble et très-obéissant serviteur\nFORQUERAY.\n\n(i) Il s'agit ici de Marie-josèphe de Saxe, née à Dresde, le 4 novembre 1731,\nfille d'Auguste 111, électeur de Saxe et roi de Pologne et de Marie-Josèphe d'Au-\ntriche; elle épousa le dauphin Louis, le 9 février 1747, précisément en l'année\noù Forqueray publiait ses Pièces de viole et de clavecin."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.61", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "Composé exactement des mêmes pièces que le lerIer recueil\nde Pièces de viole, pièces rangées dans le même ordre et distri-\nbuées également en 5 suites, ce recueil est évidemment con-\ntemporain de celui-ci. Il est gravé, lui aussi, par Madame Leclair\net porte, pour l'adresse de l'auteur, une indication identique (1).\nEt ainsi s'explique la première phrase de l'avertissement\nde ce lerIer recueil : « Mon intention, en donnant ces pièces au\npublic,étant d'amuser 3 personnes à la fois et\ncert de 2 violes et un clavecin, j'ai jugé à propos d'en faire la\nbasse très simple, afin d'éviter la confusion qui se trouverait\navec la basse des Pièces de clavecin que j'ai ornée autant qu'il\nm'a été possible » (2).\nAu surplus, nous reviendrons plus loin sur la combinaison\ninstrumentale imaginée par Jean-Baptiste Antoine Forqueray\net sur la nature de l'arrangement qu'il a réalisé pour le cla-\nvecin. 1\nCe que nous voulons actuellement faire resortir, c'est le\ncaractère individuel du 2e recueil, caractère déjà accusé par la\ndifférence de la dédicace et confirmé par l'Avertissement qui\nsuit :\nAVERTISSEMENT\n« Toutes les personnes qui touchent du clavecin étant accou-\ntumées aux signes dont s'est servi M. Rameau, pour marquer\nles agréments de ses pièces, j'ai cru devoir en faire usage pour\ncelles que je donne au public. On en trouvera, peut-être, quel-\nques-unes un peu basses ; je n'ai voulu y faire aucun change-\nment, non seulement, pour en conserver le caractère, mais pour\nne pas en renverser l'harmonie, lorsqu'elles seront exécutées\navec la viole.\nLa Troisième suite ne s'étant pas trouvée complète par le\nnombre des pièces, j'ai été obligé d'en ajouter trois des miennes,\nlesquelles sont marquées d'une étoile (2).\nSi le Public reçoit favorablement ce Premier livre, son suf-\nfrage m'encouragera à lui en présenter d'autres, dont le goût, la\n\n(1) Rue de la Croix des Petits-Champs, vis-à-vis la rue Coquillière. On ob-\nservera aussi que la pagination est la même dans les deux recueils.\n(2) Reproduction du deuxième alinéa de l'Avertissement du ler Recueil"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.62", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "force et la variété se trouveront rassemblés au moins autant\nque dans celuy-cy (i).\nOn trouvera des petits dièzes au dessus des pincés, pour\nmarquer qu'ils doivent-être faits avec la note sensible » (2).\nSi les 3 derniers alinéas sont la reproduction d'alinéas appar-\ntenant à l'Avertissement du lerIer recueil, on voit que le premier\nalinéa apporte deux observations nouvelles. Il souligne, d'une\npart, la ' généralisation, dans le public musicien, de l'emploi\ndes agréments du style de Rameau, et, d'autre part, il prend\nencore soin d'insister sur le caractère de la basse du recueil de\nclavecin. Forqueray a descendu cette basse autant que possible\nafin d'éviter des croisements avec la partie confiée à la\nviole (3).\nLe recueil de Pièces de viole prouve que les commentaires\ndes contemporains d'Antoine Forqueray sur la virtuosité de ce\nvioliste n'avaient rien d'exagéré. Toutes les pièces en sont dif-\nficiles, et certaines témoignent d'une hardiesse qui a fait taxer\nleur auteur d'italianisme .C'est ainsi que le Mercure de 1738\ndéclare que Marais a laissé à Forcroy l'honneur « de goûter le\nbon de la musique italienne », « qu'il entra dans le monde au\nmoment où cet essaim d'ltaliens excita une émulation éton-\nnante en France, en 1698. Il voulut faire sur la viole tout ce\nqu'ils faisoient sur le violon ; il y est parvenu. » (4).\nPlus loin, le journal ajoute : « Forcroy s'est distingué par\nune plus grande exécution (que Marais) et par la singularité\nde son beau génie, sans cependant donner dans l'extravagant\net dans le Néologisme musical, si l'on peut se servir de cette\nexpression... Si l'on a quelque chose à lui reprocher, c'est\nd'avoir rendu ses pièces si difficiles qu'il n'y a que lui et son\nfils qui puissent les exécuter avec grâce » (5).\nOn regrettait du reste cette difficulté, et on voyait en elle\nune des raisons qui déterminaient l'abandon progressif de la\n\n(1) Reproduction du quatrième alinéa id. On voit que Forqueray annonce\nla publication d'autres pièces de son père.\n(2) Reproduction du troisième alinéa de 1' Avertissement du ler Recueil.\n(3) Ceci est à rapprocher du dernier alinéa de l'Avertissement du ler Re-\ncueil : « On aura la bonté de faire attention qu'il faut rapprocher l'accompagne-\nment du clavecin le plus près de la basse qu'il sera possible, afin qu'il ne se trouve\npoint plus haut que la pièce de viole. »\n(4) Mercure, juin 1738, pp. 1733, 1734.\n(5) Mercure, juin 1738, pp. 1735, 1736."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.63", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "basse de viole. La crainte de la virtuosité se manifeste d'ailles\nsans relâche dans la litérature musicale de l'époque, et on &\ncesse d'y vanter la belle simplicité de jadis. «Cette difficulté\nlit-on dans les Variétés historiques et littéraires, contribue peut\nêtre autant qu'autre chose à faire négliger la viole, qui aurai'\ntoujours été préférée au violoncelle pour l'accompagnement\nau moins dans les concerts de chambre, si l'on n'avait pas dont\nà corps perdu, comme on a fait depuis quelques années, dan;\nles grands concerto » (i).\nIl n'est pas douteux qu'Antoine Forqueray ait subi l'in-\nfluence italienne. Son harmonie ne manque pas d'audace\nL'accord de la basse de viole disposé par quartes, avec unt\ntierce située à peu près au milieu de l'échelle, facilite beaucou:\nl'exécution des accords de 7e :\nAussi accumule-t~il les yes,tout comme Corelli qui en pla-\nçait 12 à la suite, àla grande stupeur du bon Lecerf delà Viéville\nLes accords de 9e ne sont pas rares non plus chez lui, et il a è\njolies harmonies d'accords altérés' à la sonorité mystérieuse\ntels que ceux-ci :\nSa rythmique manifeste aussi quelques traces d'infiltra-\ntion italienne ; les groupes ternaires de croches de ses |,p»\nexemple, présentent un aspect tout à fait corellien.\nDe son temps, on avait très bien discerné en quoi son style\nse distingue de celui de Marais : « Il s'est tellement familiarise\navec ces cordes singulières et ces traits particuliers aux boni\nauteurs d'ltalie, que, dans toutes les pièces, il y a un certain\nsel et un certain piquant qui ne se trouvent point dans les pièce;\nde Marais, même les plus travaillées ; celui-ci s'en tenait au?\n\n(i) Variétés historiques et littéraires, 11, p. 257. On sait que cette public»\ntion, parue à Paris en 1752, n'est qu'une compilation, faite par l'avocat Boc\ncher cTArgis, d'articles du Mercure. Cf. Mercure, juin 1738."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.64", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "grâces naturelles et l'autre en a de plus piquantes, et de plus\nrecherchées ; on peut donc les regarder tous deux comme deux\nexcellents hommes dans un genre tout différent » (i).\nPiquant, recherche, « cordes singulières » (accords), voilà\nbien les caractéristiques que les gens du premier tiers du XVIIIe\nsiècle attribuaient à la musique italienne.\nAu surplus, les pièces d'Antoine Forqueray exigent une\nexécution brillante et une technique alerte ; quelques-unes\nd'entre elles, telles que la Leclair,la Gui gnon, Jupiter, sont fort\nardues; l'auteur y entasse batteries, passages de cordes, traits\nrapides et légers. Si, par leur raffinement, elles se rapprochent\ndes pièces venues d'ltalie, elles ne sont point cependant sans\nprésenter quelques analogies avec les pièces plus françaises de\nMarais; d'abord, les agréments employés par Forqueray sont\nles mêmes que ceux de Marais; comme lui, il parsème sa mu-\nsique de « Tremblements » et de « Battements » qu'il désigne\npar des signes identiques (2) ; ensuite, on constatera sans peine\ncertaines parentés entre les thèmes des deux auteurs.\nVoici quelques exemples.\nOn comparera le début de l'Allemande de Forqueray (3) :\navec celui de l'Allemande du Livre de 1701 de Marais (4) :\nDe même, le « Branle » de notre auteur (5) :\n\n(1) Loc. cit. p. 257.\n(2) Les pièces publiées par Jean-Baptiste-Antoine sont très soigneusement\ndoigtées et les cordes dont l'exécutant doit se servir sont souvent indiquées par\nun dispositif spécial. »!\n(3) Voir ci-après les quatre pièces de Forcroi extraites du Recueil ms.\nqui porte à la Bibl. nat. la cote Vm7 6256.\n(4) Livre de Pièces de 1701,p. 132.\n(5) Recueil Vin? 6296."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.65", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1741, "texte": "offre un caractère rustique, populaire et pesant qui se retrouve\ndans un « Bransle de village » de Marais (i) •\nC'est le \"-même thème descendant, inclus dans une octave;\non le rapprochera de celui d'un autre « Bransle de village » du\nvioliste Heudelinne, qui, au lieu de descendre l'octave d'un\nmouvement continu, s'infléchit d'abord brusquement au grave,\npour remonter à la tonique en partant de la quinte ; mais, si la\nmélodie diffère, la distribution des valeurs demeure la\nmême (2) :\nEn dehors des pièces qui portent des noms de localités ou\nd'artistes, ces dernières souvent conçues avec l'intention de\npasticher la manière et de marquer la psychologie musicale\ndu personnage auquel elles sont dédiées (voyez la Rameau, avec\nson style fier et ramassé, la Gui gnon aux traits brillants, à l'al-\nlure bariolée), Forqueray s'applique à tracer de petits tableaux\ndésignés au moyen des titres pittoresques à la mode. Il écrit\nune Mandoline, une Musette, une Girouette, qu'il n'est pas sans\nintérêt de comparer avec des pièces homonymes dues à d'au-\ntres auteurs. Le Moulinet de Marais, par exemple, se rattache\nde très près à la Girouette de Forqueray (3). Dans la Girouette\ndu violoniste François Du Val (4), on voit apparaître les figu-\nrations virevoltantes que Forqueray a placées dans la sienne.\nIl semble même que Daquin se soit inspiré de la du\nvioliste en composant sa pièce intitulée Y Hirondelle, car le\nJ\"I V 1 \"t 1 • ~\ntheme de celle-ci (5) :\n\n(1) Livre de Pièces de 1701, p. 142, N° 138.\n(2) Deuxième livre (1710), p. 37.\n(3) Livre de Pièces de 1711, p. 85.\n(4) Livre VI (1718), Sonate I.\n(5) On rapprochera ce thème de celui des Petits Moulins à vent de F. Cou-\nperin (3e Livrej.de Pièces)."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.66", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "n'est point sans quelque analogie avec celui deForqueray, quoique\nle rythme de ce dernier produise un autre balancement :\nQuant à la Mandoline de Forqueray, elle se rapproche de\nla Guitare de Marais.\nForqueray (i) :\nMarais (2) :\nCes ressemblances ne doivent point nous surprendre, car\n1 esthétique objectiviste et le goût classique qui régissent alors\nla musique imposent, en quelque sorte, à tous les compositeurs,\nune thématique caractéristique des aspects sous lesquels on\nenvisage communément les objets à peindre ; de même qu'on\nrespecte les formes fixes des airs de danse, de même on se gar-\ndera de s écarter de schèmes mélodiques, traditionnels et fixés\npar 1 usage, de dispositifs rythmiques qui suggèrent immédia-\ntement 1 idée de ces objets. Aussi bien, les musiciens se distin-\nguent-ils moins les uns des autres par l'invention de nouvelles\nformules représentatives, par la traduction d'une vision person-\nnelle au moyen de mélodies originales, que par de petites\ndifférences de détail, par de menues dissemblances de mise en\nœuvre. Et c'est là, sans doute, une des raisons qui confèrent\nà la musique de ce temps un indéniable caractère de monotonie,\ncar nous ne discernons que difficilement les particularités\npropres à chaque auteur.\n\nI\n(1) FORQUERAY : 2e Suite.\n(2) MARAIS. Livre de 1711, p. 103. On trouve une et un\ndans l'œuvre de Du Val."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.67", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1496, "texte": "Parfois cependant, un thème classique se trouve traité\nd'une manière neuve, exprimé sous un point de vue différent\nde celui qui est traditionnellement adopté. Et Forqueray, dans\nson Caillon de Passy(l), va nous fournir un exemple d'une\nsemblable originalité. ,\nRien de plus répandu que le Carillon dans la littérature\nmusicale de la fin du xvne siècle et du premier tiers du XVIIP.\nJean-Ferry Rebel, François Couperin, Pierre Gaultier de Mar-\nseille, pour ne citer que ceux-là, ont laissé des Géné-\nralement, ces pièces, qui prétendent peindre la mise en branle\nd'un ensemble de cloches, débutent par une exposition lente\net lourde en accords frappés, bientôt suivie de figurations plus\nlégères et plus agogiques simulant 1 egienement des sonorités.\nVoici, par exemple, comment Marais expose ses « Cloches ou\nCarillon » (2) :\nou encore, comment débute le Carillon de Dollé (3) :\navec la répétition majestueuse et isochrone de la tonique\nredoublée. Forqueray, au contraire, organise son Carillon de\nPassy par la mise en action immédiate de figurations prove-\nnant des accords de tonique et de dominante qui sonnent dou-\ncement, avec une gravité mélancolique. La pièce commence ainsi:\n\n(1) FORQXTERAY : 4e Suite.\n(2) Livre de 1701. p. 51.\n(3) DOLLÉ : Pièces de vi01e(1737), 3e Suite p. 23. Voir encore les ou\nCarillon d'Heudelinne, Livre II (1710), p. 13. On remarquera la grande similitude\nqui existe entre les figurations imitatives de Marais et d'Heudelinne."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.68", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "Et, c'est seulement à la fin, qu'apparaissent des groupes\nde triolets, à l'effet de mouvementer la figuration et de repré-\nsenter le carillon, les cloches tintinnabulantes.\nLes Pièces de Forqueray sont destinées à être jouées à deux\nvioles. C'est ainsi que l'auteur les exécutait dans ses concerts,\nà la grande satisfaction des dames présentes, si nous en croyons\nHubert le Blanc : « L'arrêt définitif des Dames fut que rien\nn'équivaut dans le monde à deux basses de viole en parallèle\npour s'acquitter parfaitement du dessus et de la basse entre\nles mains du Père Marais, quand il jouait ses pièces accompagné\nde M. de Saint-Félix, et de Forcroi le Père, exécutant les sonates\naccompagné de M. de Bellemont » (2).\nMais, primitivement destinées à deux violes, les pièces du\nrecueil qui nous a été conservé peuvent s'exécuter en trio, avec\nle clavecin, au moyen de l'arrangement qu'en a fait Forqueray\nle fils. Le Recueil de Pièces de vio\npermet, en effet, cette combinaison instrumentale, en même\ntemps qu'il apporte une transcription des pièces de viole pour\nle clavecin. A cet égard, il présente donc un très vif\nintérêt, car il montre de quelle façon Jean-Baptiste-Antoine\nentendait la réalisation de la basse. Le musicien a orné la basse\ndes pièces de clavecin « autant qu'il lui a été possible », et son\narrangement disposé pour faire concerter deux violes et l'instru-\nment à clavier ne manque pas d'ingéniosité. Il laisse bien en\nvaleur la 2e basse d'archet chargée de frapper des accords entre\nlesquels les dessins brillants du clavecin évoluent fort adroitement\nsans jamais les couvrir. D'où un ensemble très plein, très\nnourri, qui sonne très symphoniquement. Afin de permettre\nde juger de cet arrangement, nous avons mis, ci-après, en par-\ntition les 2 parties de viole et la partie de clavecin. On verra,\n\n(1) Nous empruntons cette citation au\n(2) HUBERT LE BLANC : loc. cit. p. 103-104. Forqueray a dédié à son élève\nBellemont la 4e pièce de sa ire Suite."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.69", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "de la sorte (dans un fragment de la Mandoline [i] ) que For-\nqueray sait entourer la mélodie du dessus d'un bruissement\nd'arpèges rapides que devaient délicatement détailler les doigts\nagiles de Marie-Rose Du Bois. Généralement, sa réalisation\ns'effectue au moyen de brisements d'accords conformément\nau système de la Basse d'Albert i, et les imitations\nsont rares. D'autres fois (dans la Leclair, par exemple), elle\nincline vers un sens plus contrapontique et le clavecin répond\naux gammes de la viole par d'autres gammes en mouvements\ncontraires, pendant que la basse d'archet frappe, à inter-\nvalles égaux, des accords plaqués (2).\nAjoutons que Jean-Baptiste-Antoine Forqueray insère,\ndans le corps de son recueil, un certain nombre d'observations\nsur le style que comporte l'exécution de ses pièces ; il multiplie\nles indications de nuances, de mouvement, de registration,\nindiquant toujours le clavier qui doit servir à la présentation\nde tels ou tels dessins :\nEn tête de la D'Aubonne (3), on peut lire la note suivante :\n« Cette pièce doit être jouée avec beaucoup de goût et de\nsentiment ; pour en donner l'intelligence, j'ay marqué des\npetites croix qui signifient que les accords de la basse passent\navant ceux du dessus ; et à tous ceux où il ne s'en trouvera\npoint, le dessus doit passer avant la basse, »... toutes recom-\nmandations qui indiquent un artiste soigneux, précis, très\nattentif aux détails d'exécution. Il ne nous reste, en terminant\ncette étude, qu'à souhaiter que de nouvelles recherches amènent\nla découverte d'autres pièces de viole des deux excellents mu-\nsiciens que furent Forqueray père et fils (4). Nous publions ci-après\nles 4 pièces inédites d'Antoine Forqueray contenues dans le\nrecueil manuscrit Vm7 6296 de la Bibliothèque nationale.\n\nLionel de la Laurencie.\n\n(1) Deuxième suite, p. 8.\n(2) La Leclair, 2e Suite, p. 11.\n(3) Suite IV. Voir aussi l'indication de la page 30 à propos de La Léon.\n(4) Cet article était déjà composé lorsque nous avons appris l'existence de\npièces de Forqueray dans un autre manuscrit de la Bibliothèque nationale,\ncoté 3555 (Suite des dances pour les violons et les hautbois qui se jouent\nordinairement à tous les Bals chez le Royn recueillies et mises en ordre par\nPhilidor Vainé, 1712). Il s'agit d'un Menuet qui se trouve àla page 90 de ce\nrecueil."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "3\nALLEMAHDE\nN? 1.\nFORCROI."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 38, "texte": "5\n2\nLA MANDOLINE\n(fragment)\nFORCRQI\n\nA"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.72", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "4\n1"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 30, "texte": "4\n\nLA GIROUETTE\nH? 2.\nFORCROI."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.74", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "4\n5\n\nMUZETTE\nN<?3\nFORCROI."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.75", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 60, "texte": "BRÀNSLE\n«\nN<?4.\nFORCRQI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.9", "titre_corps": "L'HYGIÈNE DU VIOLON", "titre_sommaire": "L'HYGIÈNE DU VIOLON", "signature_source": "Lucien Greilsamer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1680, "texte": "L'HYGIÈNE DU VIOLON\n\nCONSEILS PRATIQUES SUR L'ENTRETIEN DES INSTRUMENTS A ARCHET EN VUE\nDE LEUR CONSERVATION\nCINQUIÈME CAUSERIE\nDans l'ignorance où l'on est, depuis la décadence de la lutherie italienne,\ndes causes qui influent sur les qualités acoustiques des instruments à archet,\nl'organe qui fut le plus torturé dans le but de lui procurer des facultés qu'il\nn'eut jamais, est sans contredit la barre.\nIl existe deux catégories de chercheurs de barres ; les déductifs, qui\nvoient un secret dans la manière dont les anciens ont barré leurs instruments,\nsecret perdu comme le vernis, ayant selon eux une plus grande importance\nque ce dernier, et les intuitifs, persuadés à priori qu'en changeant la forme\nou la place de la barre, même les deux à la fois, on doit arriver à améliorer\nn'importe quel instrument.\nLes partisans du soi-disant secret perdu doivent, lorsqu'ils sont raison-\nnables, s'incliner devant le simple argument suivant:\nSi les anciens avaient possédé un secret de barrage, perdu aujourd'hui,\nleurs instruments devraient mal sonner, munis de nos barres modernes.\nOr, c'est le contraire qui arrive.\nLa seconde catégorie a compté des chercheurs illustres et obstinés.\nSavart, admirable théoricien, médiocre praticien, fut, je crois, le premier qui\nfit des recherches dans cette voie :\n« On pourrait, dit-il, remplacer la barre par un support fait en arc de\ncercle, qui ne toucherait la table que par un point, et dont les extrémités\nseraient fixées à la partie inférieure des tasseaux. J'ai fait cette expérience\nplusieurs fois, et je n'ai pas remarqué que le son fut changé. Ce serait un\nmoyen d'avoir des instruments d'une grande solidité et dont le son se con-"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.77", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3120, "texte": "serverait longtemps sans altération; mais il faut noter qu'il est très difficile\nde déterminer les dimensions d'un pareil support, parce qu'elles ne peuvent\npas être les mêmes pour tous les violons, à cause de la rigidité si variable\ndu bois; cet inconvénient existe bien avec la barre ordinaire, mais il est\nmoins sensible. »\nLe luthier Rambeaux eut l'idée de fixer au fond de l'instrument une\nbarre longitudinale, dans une position symétrique, inverse à celle collée à !a\ntable d'harmonie.\nVoici ce qu'en dit M. Fétis, appelé à l'époque à se prononcer sur les\nmérites de l'innovation:\n« Un des exposants, M. Rambeaux, de Paris, a conçu l'idée de coller\nsur le fond du violon une seconde barre, sur laquelle l'âme est posée.\nSuivant le témoignage de quelques artistes distingués qui ont essayé l'ins-\ntrument (originairement peu satisfaisant), l'émission des sons était facile,\négale, puissante, et la 4e corde particulièrement avait une sonorité remar-\nquable. Cet effet nous paraît devoir être produit par la coïncidence des\nvibrations énergiques des deux barres, rendues normales par l'influence de\nl'âme. Nous croyons qu'un instrument construit avec des matériaux de\npremier choix, et avec la perfection de détails qu'ils ont portée dans leurs\nproduits n'a pas besoin de cet appendice; mais l'expérience récente, faite en\nnotre présence, démontre qu'il peut améliorer sensiblement des ins-\ntruments moins parfaits... »\nA l'Exposition universelle de 1867, M. Miremont exposa un violon muni\nd'une seconde barre.\nM. Gallay rendit compte de l'innovation en ces termes :\n« Nous nous réservons d'apprécier la modification intérieure pour\nlaquelle M. Miremont a pris, nous dit-on, un brevet d'invention. On nous\na parlé d'une seconde barre. S'il s'agit d'une seconde barre prenant son\npoint d'appui sur le tasseau du manche et allant rejoindre le tasseau du\ncordier, il n'y aurait là qu'une réminiscence d'un système déjà connu et\ndont l'application fut proposée à MM. Gand frères, il y a une quinzaine\nd'années environ par un luthier américain.\n« Avant d'adopter ce système et désireux de reconnaître les effets de cette\nsingulière armature, MM. Gand consentirent à établir quelques violons\nd'après cette méthode, mais les résultats ne furent en aucune manière con-\ncluants.\n« L'inventeur voulait surtout éviter le mouvement de renversement qui\nse produit quelquefois sur certains instruments, par suite de la trop grande\ntension du cordier, le manche étant ramené en avant et déterminant ainsi\nl'abaissement de la touche; de plus, cette barre supplémentaire aurait eu\nl'avantage de mieux répartir la sonorité et d'éviter les mauvaises notes... »\nM. Mordret, qui ne connut ces travaux que par le rapport de M. Gallay,\navait, en 1865, fait spontanément une expérience analogue au sujet de\nlaquelle il s'exprime ainsi:\n<( L'armature consistait en une verge de sapin, traversant intérieurement\nla caisse et encastrée par les deux bouts aux tasseaux; nous avions calculé\nla forme et les dimensions pour que la résistance à la flexion fût autant que\npossible la même sur toute la longueur."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.78", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "(( Au point de vue de la solidité, le résultat fut ce qu'il devait être,\nmais au point de vue de la sonorité, nous fûmes trompé dans notre attente.\nLe timbre et la force n'avaient point sensiblement varié; mais diverses\nnotes, particulièrement parmi celles de la quatrième corde, présentaient des\nintermittences dans la vibration, dont l'effet était des plus désagréables. Ce\nphénomène s'explique: il provient d'une trop grande mobilité dans la table\nd'harmonie, devenue comme isolée par suite de la solidarité du manche avec\nle cordier. Il se produit des soubresauts qui ne doivent pas exister,\nautrement dit un effet nuisible, qui a été parfaitement saisi par M. Savart\nquand il a dit que jamais la vibration de\ndes cordes.\n<( En sorte que, peu encouragé par le résultat, nous abandonnâmes\nnotre expérience. »\nCes insuccès, qui appartiennent au passé, n'ont point découragé les\nchercheurs de barres. Tous les jours on entend parler d'un nouveau brevet,\nd'une nouvelle découverte sensationnelle, mais je ne sache pas que l'un\nd'eux ait encore mué le Vinaigrius de... (mettez le nom qu'il vous plaira) en\nun Stradivarius authentique.\nPour bien se rendre compte du caractère chimérique de telles recherches\ncondamnées d'avance à la stérilité, il suffit de remonter à l'origine même\ndu violon. Seul celui qui, comme Savart, devant l'impuissance à reproduire\nce que les anciens ont fait, chercherait d'autres formes régies par d'autres\nprincipes, pourrait se justifier de tenter en même temps une modification de\nla barre. S'il réussissait à produire un instrument ayant des qualités nou-\nvelles, il enrichirait le quatuor à cordes d'un instrument nouveau qui ne\nserait plus un violon.\nNotre barre actuelle est exactement semblable à celle des Maggini,\nAmati, Stradivari, avec cette différence que, calculée pour un renversement\nplus grand, elle est plus forte et plus longue. Si les anciens avaient eu notre\nla, ils auraient agi comme nous. Tous les antiques italiens ont gagné à ce\nrebarrage et c'est certainement grâce à lui que nous pouvons apprécier la\nqualité de ces instruments appropriés aux besoins de la musique moderne.\nIl semble superflu de conclure que cette même barre moderne, qui est\nexcellente sur un excellent Crémone, ne pourra pas être mauvaise sur un\nautre instrument, mais il ne s'ensuivra pas que ce dernier doive de ce fait\nêtre aussi bon que notre excellent Crémone.\nCette pétition de principe est la faute qu'ont commise tous ceux qui ont\nvoulu imposer à la barre un rôle qui ne lui appartient pas.\nPourquoi donc chercher à améliorer un organe qui fournit des résultats\nparfaits sur des instruments parfaits? Les bons instruments donnent leur\nrendement maximum quand ils sont bien barrés et leur rendement minimum\nquand c'est le contraire, mais ils sont d'abord bons pour des raisons diffé-\nrentes qui ont chacune leur part proportionnelle d'influence: c'est dans\nl'architecture et le vernis que nous devons les chercher.\nLa place de l'âme et sa longueur jouent le plus grand rôle dans le réglage\ndéfinitif. Le centre de l'âme doit se trouver sur une ligne parallèle à l'axe de\n1 instrument, passant par le milieu du pied droit du chevalet (du côté opposé\nà la barre), à 4 ou 5 millimètres en arrière de ce dernier, pour le violon,"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.79", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "à 5 m/m, 5 m/m 1/2 pour l'aito et 7 à 8 m/m pour le violoncelle. Sa longueur\ndoit être telle que, située perpendiculairement aux deux tables, elle se tienne\ndans cette position sans forcer.\nTelles sont les conditions théoriques que doit remplir une âme bien\nplacée. Dans la pratique, rien n'est plus difficile que de saisir le point exact,\nle seul qui réponde au tempérament de l'instrument.\nEt dire que presque toujours celui qui pratique une opération si délicate\nne sait pas jouer du violon, et est par conséquent incapable d'apprécier la\nqualité de son travail.\nPar contre, il y a des instrumentistes qui passent leur vie à faire changer\nla place de cette âme, sans pour cela modifier d'un atome la nature de leur\ninstrument, ni celle de leur talent.\nLorsqu'on cherche la place d'une âme, il faut se pénétrer de ce prin-\ncipe que:\nSi on rapproche l'âme du chevalet, les cordes hautes gagnent de l'éclat\nau détriment des basses, et si on l'éloigné, c'est le contraire qui arrive.\n{A suivr\n\nLucien Greilsamer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "LE MOIS\n\nOPÉRA-COMIQUE\nLouis Laloy.\nLes débuts de Mlle Alice Raveau, dans Orphée, ont été des plus\nheureux, surtout si l'on tient compte de ses jeunes années. Sa voix, d'un\ntimbre vigoureux, n'est pas encore assez sortie, et, peut-être, l'émotion aussi\nl'emprisonnait un peu. Mais le style est profondément musical, et le jeu très\nsuffisant pour un drame où ne sont requises que des attitudes académiques.\nDans les danses, Mlle Régina Badet nous a montré sa grâce un peu affectée,\nbien parisienne: Tanagra de Montmartre; d'ailleurs il n'y a pas si loin de\nl'un à l'autre. Ces pas ingénieux, ces épaules suaves et ces mimes tentatrices\nne convenaient guère à la vague douceur d'une musique incapable de songer\nà mal; nulle danse, d'ailleurs, ne lui conviendra jamais, car elle n'est point\nplastique. Elle n'est pas davantage expressive, et n'a pour mérite qu'une\ngrandeur sans caractère, dont Beethoven s'emparera, pour y jeter toute\nl'ardeur des passions humaines.\n\nCONCERTS CHEVILLARD\n\nL'Enfant Prodigue,dont on nous donnait, le 6 décembre, deux fragments,\ndate de 1884; c'est une cantate comme les autres, avec les trois personnages\nde rigueur, les récitatifs et les airs. Mais la musique est de Claude Debussy,\nou, si l'on veut, de Claude-Achille Debussy. Déjà, malgré la tyrannie des\nformes traditionnelles, il s'y manifeste une fraîcheur de sentiment et une\npilreté de goût inconnues jusque-là, surtout au concours de Ro'me. Et\nl'air de danse est d'une grâce délicatement archaïque, avec cette flûte presque\nchinoise, qui descend, légère, le long d'une mélodie que n'attarde nul demi-\nton.\nAu suivant concert, ce furent deux mélodies de M. André Caplet : musique\nforte et chaude de couleur, fondue et souple, où je me plais à retrouver\nl'image de la plantureuse Normandie, d'où nous vient son auteur. Peut-être\nces poèmes, plus tempérés que sublimes, ne valaient-ils pas une telle"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.81", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "ampleur; mais qu'importe? C'est une telle consolation et un si grand espoir,\ncette musique généreuse ! Mlle Rose Féart a chanté ces mélodies en musi-\ncienne accomplie; il est seulement regrettable que l'orchestre n'ait pas eu\nplus d'égard pour ses mouvements et ses nuances. Je voudrais entendre\nplus souvent et cet auteur et cette artiste.\n\nLouis Laloy.\n\nCERCLE MUSICAL\nToujours actif et vigilant, M. Domergue a eu cette fois le bonheur rare\n•de nous présenter les Estampes et le récent exé-\ncutés par M. Harold Bauer. Tout virtuose est digne d'éloge, qui agrandit\nson répertoire; il est digne d'admiration, lorsqu'il passe de Brahms et de\nBeethoven à Claude Debussy. M. Bauer ne me croirait pas, si je lui disais\nque du premier coup il a trouvé l'interprétation rêvée: les plus tendres de\nces poèmes pour piano, les Pagodes, la Berceuse des Eléphants, la Neige,\nle Petit Berger, ont été quelque peu alourdis de contrastes excessifs, de\nchants inutilement marqués, de points d'orgue intempestifs, souvenirs d'un\nromantisme familier à l'artiste, mais ici déplacé. La Soirée dans Grenade\na été mieux comprise, quoique les voiles de la nuit s'y soient trouvés,\nparfois, un peu trop rudement déchirés. Les ont été\nenlevés avec une verve charmante, où ne manquait qu'une pointe de malice.\nQuant au Cake-walk,son rythme dégingandé et pourtant d'une régu-\nlarité presque mécanique échappe encore à M. Bauer. Ces erreurs sont\nnaturelles quand on songe à tant de concertos joués dans les cinq parties du\nmonde; elles sont vénielles au prix de deux qualités précieuses entre toutes:\nune grande intelligence, qui peut se tromper, mais qui raisonne, réfléchit,\narrête à l'avance un plan et des valeurs, et une sonorité variée, souple, déli-\ncate et pleine au point de charmer à elle seule.\nA ce même concert, Mlle Maggie Teyte chantait deux des\nlyriques, De Grève et De Soir, d'une voix pure comme un métal sans défaut;\nmais il ne faudrait pas qu'une artiste de cette valeur se fiât trop à sa facilité:\nc'est certes un tour de force d'apprendre en quelques jours des œuvres\nde cette importance; mais on n'apprend ainsi que les notes, non le style, qui\ndemande plus d'étude et de méditation. M. Delacroix a fait un tour de force,\nlui aussi, en donnant à la symphonie du piano son caractère et son mou-\nvement, malgré la préoccupation de suivre la chanteuse.\n\nENVOIS DE ROME\n\nL'Amphitryon, de Molière, a été recouvert par M. Raoul Laparra d'une\nmusique épaisse, aux couleurs crues, aux rythmes monotones que la timbale,"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.82", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "incessante, nous enfonce aux oreilles. De la fougue d'ailleurs, et un gro-\ntesque qui peut donner de bons effets; mais je regrette que les Divinités\nde l'Amour et les Grâces du Printemps aient été traitées à peu près comme\nSilène et ses compagnons.\n\nLouis Laloy.\n\nSOCIÉTÉ G.-F. HÆNDEL\n\nLa jeune Société, qui, sous la direction de MM. Eugène Borrel et Félix\nRaugel, a entrepris de ressusciter deux siècles de musique, m'a fait l'honneur\nde me demander de la présenter au public parisien. Je le fais, avec toute la\nsympathie que j'ai pour eux et pour leur œuvre.\nAvant tout, je les loue cordialement d'avoir mis leur Société sous l'égide\ndu grand Haendel. D'abord, parce qu'il est un maître sain, fort, heureux,\nlimpide, et que nous avons besoin, plus que de toute autre chose, de joie, de\nforce et de santé. Mais aussi, parce que ce vaste esprit, si largement ouvert\nà toutes les pensées de l'Europe de son siècle et du siècle avant lui, est le\nmeilleur modèle et comme le symbole de ce que nous voulons faire : non\npas une société vouée au culte exclusif d'un seul maître, d'un seul style,\nd'une seule forme de pensée, mais à tout ce qui fut grand et où brûle encore\nla flamme de vie et de beauté.\nQuels que soient les progrès qu'ont faits, en ces dernières années, la\nconnaissance et l'amour des œuvres anciennes, en France, il s'en faut de\nbeaucoup que nous soyons encore arrivés à avoir une vue exacte, même\nsommaire, de notre passé musical le plus proche, de nos classiques du xvne\net du xviii6 siècle, et à les juger avec équité. Nous nous sommes appliqués\ndepuis vingt ans à faire revivre quelques grands hommes. C'était justice;\nmais nous leur avons trop sacrifié tous les autres. C'était commettre ainsi\nde graves erreurs historiques, et nous priver de beaucoup de joies.\nNous sommes fiers de notre discernement artistique et nous croyons être\ntrès supérieurs à nos ancêtres du xvme siècle qui méprisaient l'art gothique,\nparce que nous en sentons la grandeur. Mais nous ne réfléchissons pas que\nsouvent nous ne valons pas mieux, en méconnaissant l'art qu'admiraient ces\nancêtres, et qui, pour être tout différent du gothique, n'en est peut-être pas\nmoins beau.J Nous n'avons pas assez de dédain pour les musiciens du\nxvme siècle, qui ne se doutaient pas de la grandeur de J.-S. Bach. Mais\nsommes-nous beaucoup plus avisés, lorsque nous ignorons ou méprisons, à\nnotre tour, tels maîtres de son temps, que ces musiciens du xviii6 siècle\nadmiraient, et qui étaient en effet très dignes de leur amour?\nIl n'y a pas en art qu'un seul art qui soit beau. Il n'y a pas, en un siècle,\nqu'un seul style qui soit vrai. Le superbe gothique, mélangé de barocco, de\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ngrands Italiens et des grands Allemands italianisés de son temps. Imitons\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ndes Scarlatti. Ayons le cœur assez large pour aimer tout ce qui est beau :\nPergolèse et Rameau, Beethoven et Rossini. Et affranchissons-nous des\nidées toutes faites, sur lesquelles nous vivons : théories de races et d'époques,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.83", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "théories d'évolution et de décadence de l'art. Ouvrons les yeux : nous verrons\nque le génie vient constamment donner le démenti à toutes nos théories.\nIl n'y est pas, dans notre lumineux Occident, de races privilégiées, ni\nd'époques privilégiées. La beauté, la grandeur d'âme, la puissance de vie,\nfleurissent où et quand il leur plaît, et souvent aux pays et aux temps\noù on les attend le moins. Le Sicilien Alessandro Scarlatti et le Napolitain\nProvenzale, qui sont d'une époque dite de décadence, sont parfois aussi\nprofonds que Bach, et aussi parfaits que Hœndel. Le XVIIIe siècle italien,\ncet âge où l'art de l'ltalie passe pour s'être dégradé, fourmille de génie.\nEt tels de ces maîtres, que la gloire de Haendel et de Bach a éclipsés, moins\ngrands sans doute, moins vastes qu'eux, avaient une beauté de forme peut-\nêtre supérieure, un pur génie classique, digne de Mozart, qu'ils annonçaient.\nPlus on sait regarder, entendre, plus on sait vivre, plus on sent\ncombien le monde est riche; et l'on plaint les pauvres gens, au cœur blasé\nou rétréci, qui ne peuvent ou ne veulent sentir qu'un tout petit nombre de\nchoses. Il n'y a qu'une tristesse: c'est de savoir qu'on ne pourra jamais\nembrasser toute la beauté des siècles. C'est une heureuse tristesse; il faut\nncus la souhaiter les uns aux autres. Il est bon de se dire que nous pourrions\nboire, pendant toute l'éternité, à notre chère musique, sans la tarir jamais.\nRemercions MM. Eugène Borrel et Félix Raugel de nous rouvrir les\nsources du grand fleuve, où chacun, en se penchant peut retrouver, comme\nen un miroir magique, l'image cachée qu'il cherche, le reflet de son idéal, la\nmélodie de son âme.\nEt que le puissant et serein Haendel fasse vaincre cette œuvre qui lui\nest dédiée !\n\nRomain Rolland.\n\nPROGRAMME DU Ier CONCERT\nSamedi 30 janvier 1 909.. G 9 he\n14, rue de\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlles ELÉONORE BLANC, BLANCHE LUCAS Boussu\nMM. ALEX. GUILMANT, R. PLAMONDON.\n1. Ouverture d'A grippina(l7oB) G.-F. H/ENDEL.\n(1685-1759).\n2. Loué sois-tu, Jésus-Christ H. SCHUTZ.\nChœur final de la Passion selon St-Mathieu. (1585-1672).\n3. Concerto d'orgue en si 1? G.-F. H.«NDEL.\nM. A. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "4. a) Air de Laodice : Cara tomba ALES. SCARLATTI.\n(Mithridate Eupator(l7o7) Acte iv. Scène 1). (1649-1725)-\nb)Air de Poppée G.-F. H^NDEL.\n(Agrippina. Acte m. Scène x).\nMlle E. Blanc.\n5. Chœur final du lERIER acte de Salomon (1748). . G.-F. H/ENDEL.\n6. a)Air de Timante FRANCESCO.\n(Il Schiavo di sua moglie(l67l). Acte m. PROVENZALE.\nScène iv) (16-- 1704)-\nb) Air de Castor J.-PH. RAMEAU.\n(Castor et P011ux(1737). Acte iv. Scène 1). (1683-1764).\nM. Plamondon.\n7. Pièces d'orgue DIETRICH BUXTEHUDE.\nM. A. Guilmant. (1637-1707)-\n8. Psaume pour l'Hospice des Enfants Trouvés\n(174 g) G.-F. FLENDEL.\nSoli. Chœurs et orchestre.\nRéalisation du Continuoà l'orgue et au piano, par Mlle DUREY-SOHY.\nL'orchestre et les chœurs de la Société G.-F. HAENDEL sous la direction\nde M. Félix RAUGEL.\nLe deuxième concert aura lieu le mardi 2 mars, sous la direction de\nM. VINCENT D'LNDY.\nŒuvres de H/ENDEL, ERLEBACH, LULLY, LALANDE.\nCantate : Gott hilf mir,de BUXTEHUDE.\nDates des 3E, 4E et 5E concerts: mardi 30 mars, mardi 27 avril, mardi\n25 mai.\n\nCONCERT\nTrès joli concert à l'hôtel du journal Les Modes, donné par Mme Val-\nlandri et M. Clément, de l'Opéra-Comique. La partie instrumentale était\nreprésentée par la Sonate de Franck, et quelques pièces de Debussy et\nBachmaninoff, exécutées par MM. Amour et Mendels.\n\nCONFÉRENCE\nNotre collaborateur, M. GEORGES DE DUBOR, qui, tant en France qu'à\nl'étranger, a donné de nombreuses conférences sur des sujets littéraires ou\nmusicaux, vient de consacrer une intéressante causerie aux\nde la Cour de France.\nLe côté nouveau de la question, celui qui nous intéresse, était l'audition\nde chansons relatives aux grandes Favorites des deux derniers siècles de\nla Monarchie française. Plusieurs ont été chantées avec la musique de\nl'époque; pour d'autres, dont !a musique est perdue, des compositeurs tels\nque Massenet, Francis Thomé, Etienne Rey, ont écrit une musique nouvelle,\nil est vrai, mais dans le style ancien, et parfois fort réussie.\nMmes Delty, de l'Opéra; Soibain, de l'Opéra-Comique; Dietz-Monnin,\nMarie-Thérèse Berka, ont interprété ces chansons avec beaucoup de goût."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.85", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES\nJ. E.\nNous n'avons pu, à notre grand regret, signaler encore le\ndétail du programme musicologique de l'Ecole des Hautes\nEtudes Sociales. Le voici :\nM. HELLOUIN. Les nationalités musicales (24 novembre, lERIER dé\ncembre). M. PAUL-MARIE MASSON : L'Opéra français de Lully\nà Rameau (8, 15, 22 décembre). M. ANDRÉ PIRRO, De\nSchutz à Keiser (12, 19, 26 janvier, 2 février). M. PIERRE\nAUBRY : La musique instrumentale avant la Renais-\nsance, xive et xve siècles (9, 16 février, 2 mars). M. AMÉDÉE\nGASTOUÉ : Les notations musicales avant les mensuralistes\n(8, 16, 23, 30 mars).\nConcerts, sous la direction de M. HENRY EXPERT, les jeudis\nà 8 h. 3/4 à partir du 14 janvier. Chants de France et d'ltalie,\nxvne et XVIIF siècles.\n1 (14 janvier) : Caccini, Péri, Monteverde, Frescolbadi,\nMauduit, Guédron, Boesset, Tessier. 2 (21 janvier) :\nCarissimi, Cavalli, Legrenzi, Stradella, Cambert, Lam-\nbert, Labarre. 3 (28 janvier) : Buononcini, Lotti, Mar-\ncello, A. Scarlatti, Rossi, Lully, Clérambault, Campra, Des-\ntouches. 4 (4 février) : Durante, Galuppi, Jomelli, Léo,\nPorporz, Pergolesi, Rameau. 5 (11 février) : Gluck, Pic-\ncini, Sacchini, Grétry, Monsigny, Philidor, Duni. 6 (18 fé-\nvrier) : Cimarosa, Paesiello, Cherubini, Dalayrac, Méhul.\nLes dates des concerts modernes ainsi que celles des\ncours de M. A.-Ferdinand Hérold sur la Musique à Naples au\ntemps de Murât seront ultérieurement fixées. ; ; ; ■ -\nComme on le voit, ces séances comprendront à côté des\nconférences proprement dites, des auditions historiques,\ndont notre excellent collègue M. Expert a bien voulu prendre\nla direction. Rien ne sera plus instructif, j'en suis sûr,\nque la comparaison de ces différentes écoles. La musique\nfrançaise ainsi présentée à côté des Ecoles contemporaines\nde l'étranger reprendra dans l'histoire la place qu'elle mérite."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.86", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "L'Ecole a rouvert ses portes avec le cours de M. Hellouin, sur\nnationalités musicales. Notre confrère a expliqué que, pour dépister une\nnationalité musicale, il est inutile de s'engager dans le domaine de la tech-\nnique, qui ne peut fournir que des indications absolument insuffisantes. On\nréussit, au contraire, quand on recourt à certaines particularités qui résident\ndans l'expression, dans l'accent, dans le caractère des œuvres. Pour cela, il\nfaut une oreille extraordinairement compréhensive. L'usage classe les\nécoles par nationalités, et il a raison, car ce procédé répond à la réalité, non\nseulement dans le présent, mais même dans le passé.\nM. Hellouin, après avoir examiné toutes les écoles modernes, a étudié\nles influences qu'exercent sur elles les sentiments nationalistes et les sen-\ntiments cosmopolites. Il a conclu en disant qu'un pays n'arrive à être\nvigoureux, musicalement parlant, que lorsqu'il sait concilier un nationalisme\nraisonnable avec un cosmopolitisme raisonné.\n\nLe 27 décembre, l'Ecole nous conviait à un thé, qui fut l'occasion d'une\namusante audition de chansons populaires de tous les pays. L'Arménie, la\nNorvège, la France et la Russie se trouvaient là côte à côte avec leur\nfolklore, le tout agrémenté d'un intermède de harpe.\n\nSAINT-QUENTIN, 1908\n\nNous suivons avec le plus grand intérêt, depuis trois\nans, les eftorts de Mme E. Marchand pour développer le\ngoût de la bonne musique, à Saint-Quentin, efforts constants\nque soutient une foi ardente, inébranlable dans l'Art. Elle a\npris pour devise : « Quantum po »\nSon influence est incontestable. Elle a, en plus de ses\nséances de musique,organisé, en février dernier, un récital\nd'orgue à la Collégiale, afin qu'après avoir étudié en\nchambre les œuvres de J.-S. Bach et de C. Franck, son\npublic pût en juger pleinement par une audition aux\ngrandes orgues. Pour cela, elle s'est adressée à un\nartiste fervent, plein d'amour pour son art, admirable"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.87", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "interprète de lHranck, auquel il a voué un culte et\ndu grand cantor de Leipzig cjuil admire de toutes ses loi ces.\nCet artiste, M. Fouquet, organiste à la cathédrale de Laon,\nn'admet pas qu'une manifestation d'art puisse être autrement\nque désintéressée. Il vint donc, à la seule condition qu il n aît-\nrait aucune rétribution, et que seuls les pauvres de la paroisse\nbénéficieraient de la recette (laquelle s'éleva à 2.400 fr., chiffre\néloquent !) Des programmes furent distribués avec d'excel-\nlentes notices explicatives de M. Fouquet sur chacune des\npièces d'orgue exécutées :\ni° Prélude et fugue en sol J.-S. BACH.\n2° Fantaisie en ut C. FRANCK.\n30 Fantaisie en sol mineur. . .J.-S. BACH.\n40 Pièce héroïque . . . C. FRANCK.\nToute une foule recueillie, venue des points politiques et\nreligieux les plus opposés, écoutait et communiait dans la\nmême émotion.\nCe furent de belles heures, et il faudrait qu'elles puissent\nrevenir plus souvent. M. Fouquet est toujours prêt à donner\nson concours, mais on obtient difficilement l'autorisation de\nfaire de la musique dans les églises en dehors des offices. C est\nainsi qu'à Laon, la permission fut rudement refusée par\nM. l'archiprêtre de la cathédrale.\nCette année, Mme et Mlle Marchand ont continué à faire\nentendre des œuvres\nMozart, Beethoven\nUne séance bien intéressante a été celle consacrée aux\ncurseurs de Beethoven, à son professeur Christian Gottlob Neefe\n(1748-1798), en particulier, qu'affectionne Mme Marchand.\n« Si je deviens quelque chose dans mon art, c'est à vous que je le\ndevrai », lui écrivait Beethoven.\nDifforme, d'aspect tout à fait pénible, Neefe avait une âme\nexcellente ; il éclaira d'un rayon d'affection tendre et délicate\nl'enfance si triste, tragique même, du pauvre Beethoven.\n« Plein d'amour pour son petit élève, alors âgé de onze ans, il a\nsu être sévère, le rendre difficile pour lui-même, empêcher trop\nde complaisance dans les premiers essais de composition. Il lui\nenseignait que la musique doit être sincère, exprimer un senti-\nment vrai ; qu'elle doit sortii du cœur, et en traduire les émo-\ntions ». « La musique,lui disait Neefe, doit"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.88", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2369, "texte": "point de prouver la science, ni l'adresse du musicien, et Point\nseulement non plus de flatter agréable\nnée à traduire les sentiments, com\ngénie ne doit pas être opprimé\npuise aux sources de l'émotion intérieu» C'était bien là l'homme\nqu'il fallait pour développer les germes de la riche nature de\nBeethoven. S'il n'était pas un musicien de génie, il était un\nexcellent maître, toujours préoccupé d'élargir les limites de son\nart, et s'y étant préparé par une remarquable culture littéraire.\nLes compositions de Neefe sont très inégales. Il y en a d'une\nextrême délicatesse, il y en a de profondes, mais il y en a aussi\nde très insignifiantes ; des gaucheries enfantines à chaque ins-\ntant, une sorte de timidité, mais parfois un élan qui surprend\net émeut singulièrement. Mme E. Marchand nous a lait entendre\nde lui des Sonates inédites dont l'aimable enjouement rappelle\nde loin Mozart, des Lieder, d'accents très variés ; certains\nexpriment la joie populaire, franche et simple :\nZufriedenheit (chantés en allemand par des enfants) ; Das\nTodtenopfer, douloureux et fort (le chant et l'accompagnement\nfurent rendus avec une émotion poignante) ; dont\nla beauté simple et contenue touche à l'art beethovenien, etc...\nNeefe a-t-il eu sur scn élève une influence musicale sérieuse?\nNon ; il fut pour lui ce qu'est pour Jean-Christophe son oncle\nGottfried, le colporteur ; et quelle excellente idée de relire, à\npropos de l'enfance de Beethoven, ces délicieuses pages de\nl'œuvre de Romain Rolland : « ... La musique veut être sincère,\nautrement qu'est-ce qu'elle est ? Une impiété, un blasphème » (Gott-\nfried à J.-Christophe).— Précieux conseil, mais que le génie seul\npeut rendre fécond ! Quand on étudie de près la formation de\nBeethoven, cette conclusion s'impcse qu'il n'a vraiment pas eu\nde maître ; son génie a tout pressenti et sa musique a été l'ex-\npression de son âme qui sortit si belle et si riche d'une si âpre\njeunesse : « Pourquoi j'écris ? C\nque cela sorte ;et c'est pour cela » (Beethoven). Mais,\nun des grands services qu'a rendu Neefe à Beethoven a été de\nle préserver du courant frivole et mortel de la musique italienne\nqui envahissait alors l'Allemagne. Il le mit à l'étude du\nbien tempéré de J.-S. Bach, qui, à lui seul, était un préservatif\nénergique contre le clinquant de la mode, et devait avoir une\ninfluence décisive sur l'enfance."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.89", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "De F.-W. Rust (1739-1796), le vrai précurseur de Beethoven,\net, comme Neele, fervent admirateur de J.-S. Bach, Mme Mar-\nchand a fait entendra, entre autres choses, l'admirable\nTodtenkranz fur ein Kind.C'est une musique d'une intimité\nprofonde ; pas d'explosion de douleur, mais une plainte lente,\nsourde, qui évoque l'effrayant et éternel silence de la mort !\nIl fait penser au prélude de l'op. 27 de Beethoven, qui est aussi\nl'expression d'une douleur navrante, d'un désespoir qui parle\nbas, avec des soupirs d'épuisement.\nEnfin, Mme E. Marchand a rendu familières à son public\nles Symphonies de Beethoven par des auditions répétées, et de\nnombreuses analyses.\nC'est ainsi que, cette année, la lui a été\nredemandée pour une matinée artistique de la Le\npublic était absolument piis et plusieurs auditeurs et audi-\ntrices enthousiastes, qui avaient entendu l'œuvre dans d'excel-\nlents concerts, avouaient n'avoir pas alors éprouvé une impres-\nsion aussi profonde de parfaite beauté.\nA l'issue du concert, une fillette de quatre ans est venue\ndemander à voir « les oiseaux qui étaient dans le piano ».\nA côté de cette musique classique, Mlle Marchand a fait\nentendre des œuvres de Debussy, Dukas, d'lndy, Moussorgski,\nRebikov; son jeu si délicat et si charmeur a fait ressortir les\ninfinies nuances de cette musique.\nQu'il nous soit permis, ici, de remercier du fond du cœur\nles deux musiciennes dévouées, qui se donnent sans compter\nà l'œuvre de vulgarisation artistique, avec une ardeur que rien\nn'arrête, et font naître, par l'impression d'art qu'elles commu-\nniquent, toute une émotion bienfaisante et réconfortante.\n\nC. D.\n\nSEANCES PARENT - L'ŒUVRE DE SCHUMANN\n\nNul n'oserait, je pense, soutenir que l'universalité de\nSchumann nous dispense d'approfondir une œuvre aussi\nincomplètement connue et comprise que celle de ses\net quatuors, et rende superflue l'audition intégrale (Sonates,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.90", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "6\n\nTrios, Quatuors et Quintette) que pour la seconde fois M.\nParent vient d'achever triomphalement à la Schola Canto-\nrum. Devant une œuvre aussi vaste et admirablement pro-\nfonde, par la pensée, le style, l'expression, parler de roman-\ntisme, c'est un peu errer dans ie vague des mots et des opi-\nnions approximatives. Romantique, certes, Schumann le fut,\navec génie, dans sa Sonate en pour piano, dont la\nfougue, le brio, le caprice, les précieux motifs et l'extraordi-\nnaire puissance me paraissent aujourd'hui dominer l'art plus\nmesuré de la Sonate en sol, pourtant si noblement passionnée ;\nil le fut dans son Quatuor avec un peu superficiel et\nmou, mais sonore, exubérant non sans panache, agréable\nd'ailleurs par ses mélodies optimistes qui font songer à César\nFranck; il le fut encore dans son fier et juvénile Quintette, plus\nmûr, mieux assis, débordant de lyrisme, où l'on peut voir la\nnote définitive, plus brillante et profonde avec humour,\nd'une Stimmungprécisant l'époque de Leipzig; il le fut un peu\npartout, sa sensibilité et son imagination s'accordant à lui\nen suggérer les modes, mais avec cette intuition du\nstyle et de l'idée par lesquelles les formes d'un art universa-\nlisent un destin, une vision, une expression.\nCeci est surtout vrai des Quatuors et des Trios, comme\nde la Symphonie en ut majeur et de la sublime préface de\nManjred. 1J allegro du premier en ré est déjà\ntypique ; on sent que Schumann y développe la mélodie com-\nplexe d'une humanité qui le dépasse et dont sa parole tra-\ngique épouse toutes les raisons : la y commande la\nmusique. Par cette expression plus générale de la volonté et\nses modes représentatifs, Schumann devient classique. Il\nsuffit de suivre la courbe évolutive de ses et\npour s'en convaincre. Au delà de l'unité d'âme, toujours\nmerveilleuse, de ses œuvres, on découvre bientôt les signes\nd'une intelligence et la profondeur d'une pensée qui réhabi-\nlitent singulièrement à nos yeux ces ouvrages auxquels l'opi-\nnion admise préfère les courtes pièces du maître.\nDéjà, les Sonates pour violon, l'une si délicate dans sa\npoésie rêveuse, l'autre opposant une naïveté sublime à la\nsombre grandeur d'un allegro fatal affirmaient l'équilibre\nsuffisant dont ne fut jamais privée cette prodigieuse fantaisie\nailée qu'est le Concerto en la mineur ; mais des pages comme"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.91", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "Y allegro du second Quatuor une étrange spirale mélodique\ncomme celui étonnamment concis du IIIe, que suit l'émou-\nvant et romantique agitato,frère douloureux de la funèbre\nMarcia du Quintette ou même l'ultime partie de ce pur\nchef-d'œuvre ; des pages comme le du 3 dont le\nvigoureux final est une merveille, comme de la\nen ré mineur et mainte autre qui m'échappe, attestent les\ndons symphoniques de Schumann de manière à balancer les\nobjections aujourd'hui insuffisantes justifiées par ses moins\nbonnes œuvres.\nEn vérité, une création comme le dépasse\nmême nos facultés d'analyse ; la vérité y est trop pénétrante,\ntrop haute et souveraine pour que nous songions à les exercer;\nn'en ayant plus le loisir, nous ne percevons qu'un art dont\nles imperfections possibles de forme ne comptent plus. Pro-\ndigieusement dynamique et inspirée, la musique dî Schumann\nl'emportera toujours sur celle plus réfléchie, parfois même trop\nréfléchie, de maint classique. Ce qui ne l'empêche pas d'être\nclassique. Qu'est-ce que le romantisme sinon le triomphe du\nmoi imaginatif, l'expression très individuelle de la volonté,\nle particularisme des motifs et du point de vue, enfin l'arbitraire\ndans l'analyse ? Or, la raison intérieure des motifs domine trop\nl'expression formelle du grand musicien qu'est Schumann pour\nqus nous ne voyions pas dans certaines de ses œuvres, sa person-\nnalité s'élever jusqu'au plan classique, vers l'idée de synthèse.\nCeci, dira-t-on, est secondaire. Je ne trouve pas. L'expression\nintelligente et profonde d'une idée plus vaste manifestée par\nl'ample développement de la forme, c'est-à-dire une plastique\négale mise au service d'une esthétique plus haute, comme il arrive\npour le dernier Quatuor et les Trio où Schumann, tout en s'affir-\nmant un penseur, ne se montre ni moins original, ni moins\ninspiré que dans sa littérature de piano, a sa valeur a a point\nde prévaloir dans notre jugement. Il est vrai qu'il faudrait\nen les appuyant d'exemples, donner les raisons probantes de cette\nsupériorité. C'est la matière d'un volume. Cependant je crains\nqu'on ait jusqu'alors un peu négligé d'approfondir ce côté\nd'une personnalité différente de celle de Mendelssohn ou de\nBrahms et qu'on situe généralement d'après les points de\nvue trop absolus du grand beethovénien Félix Weingartner.\nEn tout cas, sachons gré à M. Parent de son initiative."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.92", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "Grâce à elle, l'œuvre de chambre de Schumann comme celle,\nconsidérable, de Brahms qu'il aura, le premier, fait connaître\nen France et celle de César Franck, se précise, prend un relief\net un sens dont les jeunes esprits doivent tirer profit. Juste-\nment ils étaient quelques-uns, à ces quatre séances, données\ndans l'austère petite salle de la Schola. Quant à l'auditoire,\nil n'a pu éprouver que cette lassitude de l'émotion, —dont on\nne se lasse pas, parce qu'elle apports toujours un peu de cette\nsouffrance divine des créateurs que consume le feu animique\net supiêpie de la vie...\nL'interprétation a été supérieure. Le quatuor, MM. Parent,\nLoiseau, Brun et Fournier réalipe un ensemble parfaitement\nassis et homogène ; admirons-en la sonorité franche et puis-\nsante, le jeu aéré, la chaleur commumcative. M. Parent a\njoué en grand artiste, d'un archet magistral, les deux Sonates,\nparticulièrement celle en ré mdont jamais peut-être\nil ne caractérisa mieux l'énergique allegro et le suave adagio\nen doubles cordes. Avec la même conscience et une volonté\npresque masculine, Mlle Dron a tenu le piano à chaque séance.\nSon jeu et son style s'accordent bien à ceux du quatuor ;\nelle en possède la décision dans la plénitude orchestrale, sans\npréjudice des nuances ni de l'entente des effets, requise par\nce mode d'exécution. En soliste, Mlle Dron vise la puissance ;\nne la confond-elle pas avec la force exaspérée qu'un Risler\nsait tempérer par un toucher subtil indiquant d'autres\ndoigts et d'autres muscles ? La dureté, la taideuc et l'obscu-\nrité pourraient bien être au bout d'une telle recherche qui\nn'a, certes, altéré en rien les brillantes et solides qualités de\nla fougueuse interprète des Sonates, témoin, l'ampleur que,\nsous ses doigts, conserve le final de l'écrasante en\ndièse. Très grand a été le succès de la jeune artiste ; sa vaillance\net sa passion pour Schumann l'ont faite victorieuse. Le jour\noù l'équilibre de ses moyens unirait la délicatesse à la virilité\nnaturelle de son jeu, où sa respiration au piano serait deve-\nnue égale en douceur et puissance, Mlle Dron, jouant Schumann\ncomme elle le comprend et l'éprouve, en serait l'interprète\nidéale.\nL'Amour du Poète (Dichterliebe) est un poème complet.\nLa chaîne et la brièveté des lieder qui le composent justifiaient\nl'audition ininterrompue des seize mélodies admirables que"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.93", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "Mme Msllol-Joubert a détaillées d'une voix un peu hésitante,\nmais avec intelligence et un certain accent dramatique auquel\npourtant nous préférons le mystère et l'intimité passionnée\ndes interprètes d'outre-Rhin. Les voix ont leur destination ;\ncelle de Mme Mellot-Joubert est pour le théâtre, comme son\ntalent est pour le salon.\n\nAlbert Trotrot.\n\nCONCERT MARIGNY\nMargeon.\nL'orchestre des Concerts Populaires a repris le dimanche,\n22 novembre, le cycle de ses séances dominicales. Sous la\ndirection avisée de son chef, M. de Léry, cette phalange com-\nposée uniquement de jeunes nous a révélé toute son intelli-\ngente compréhension des oeuvres diverses, qui étaient au\nprogramme. Quoique en nombre inférieur aux troupes de nos\ngrands concerts, ce n'est pas cependant sans un réel senti-\nment artistique, que ce petit orchestre nous a interprété tour\nà tour : Y Ouverture du Tannhâuser, la Marche Hongroise de\nla Damnation de Faust,la Ve de Beethoven,\nla Rapsodie Norvégienne,de Lalo, et\nl'Asie Centrale,de Borodine. Le rapprochement en un même\njour de ces deux derniers ouvrages, si opposés en leur cons-\ntruction technique, nous a amenés cependant à constater\nl'heureuse universalité de l'expression musicale, qui fait que\nle musicien sensible se laisse aller presque aux mêmes accents,\nsoit qu'il se trouve perdu dans la solitude glaciale des fjords,\nsoit qu'il erre au milieu du désert aride. Les plaintes qu'exhale\nson âme angoissée se ressemblent étrangement. Par un sou-\nvenir ému à la mémoire de C. Franck, Mme Bureau-Berthelot\nnous a fait pénétrer tout le mysticisme qui enveloppe la\nProcession du maître disparu, et où celui-ci nous a laissé un\npeu de son âme si mystérieuse. Au même concert, il nous\nfut donné d'applaudir M. André Dorival, pianiste conscien-\ncieux, dans l'exécution du Scherzo en si mineur de Chopin, et\ndans une Etude en forme de valse de C. Saint-Saëns."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.94", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "MATINEES POPULAIRES ET MUSICALES\nM. D.\nBrillante réouverture des Matinées Populaires et Musi-\ncales (Fondation Danbé) à l'Ambigu. La séance était consa-\ncrée aux œuvres de MM. Saint-Saëns et Messager.\nUn ténor à la voix charmante, M. Francell, se fit appré-\ncier dans des fragments de Fortunio et de la Basoche qu'il\nchanta avec beaucoup de grâce. Mlle Mariette Sully et\nM. Jean Périer interprétèrent excellemment deux ravissants\nduos de Véronique qui furent bissés. La ligne mélodique des\nœuvres de M. Messager est exquise ; gracieuse, aisée, souple,\ndistinguée sans effort, elle conquiert tous ses auditeurs. Sou-\ntenu d'harmonies délicates et choisies, elle est une fête pour\nl'oreille. On le vit bien à cette matinée où un public sincère\nne cessa de l'applaudir. En personne, M. Messager avait con-\nsenti à accompagner au piano tous les artistes. Mlle Bakkers,\nau pur soprano, eut pour partenaire M. Reynaldo Hahn\nprésident de la Société qui avait consenti à remplacer une\nartiste absente. Il chanta avec un tact parfait, une élégance\net une science musicale accomplies le duo d que tous\ndeux durent redire.\nLe Trio en fa de Saint-Saëns mit en valeur Mlle Vi zen tin,\nau piano. Le Septuor du même maître réunissant le quatuor\nSoudant, M. Yves Nat, l'excellent trompette Yvain, et\nM. Delahègne valut aux artistes des bravos méiités.\n\nEGLISE DE LA SORBONNE\n\nSous la direction de M. Paul de Saunières, l'Association\ndes concerts spirituels de la Sorbonne a fait entendre au\nmois de novembre lamesse de Franck et\nLa messe n'est pas la meilleure des grandes œuvres du\nmaître ; ses rides sont visibles ; elle date de 1861, de l'époque\noù César Franck mûrissait son génie dans le recueillement\net se consacrait tout entier à son service paroissial. Elle paraît\nsurtout aujourd'hui trop éloignée des idées régnantes sur le\nrôle liturgique de la musique d'église : Franck, mort avant la"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.95", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "restauration de l'idéal grégorien, a ignoré des trésois qu il\neût su, mieux que personne, mettre en valeur. Aussi sa messe,\nsi heureusement parfois qu'elle exprime la sincère piété du\nmaître, reste une œuvre religieuse de concert : une messe\nd'après-midi.\nQuant à Rebecca, cette cantate plus jeune de vingt ans,\nrenferme, à côté de quelques banalités, des pages d une fraî-\ncheur ingénue et aussi d'un charme piquant, le\nchœur des chameliers, où se retrouve la transposition à la\ntierce lydienne, si chère au père Franck.\nL'exécution a été fort honorable, surtout du côté des\nchœurs. Le célèbre Panis angelicus, agréablement soupiré\npar le violoncelle de M. Giirt et la voix de M. Viannenc, a\nremporté son succès ordinaire.\nCette première séance de l'année fait bien des\nsuivantes ; les exécutions de la Sorbonne méritent d'être\nsuivies avec intérêt.\n\nG. A.\n\nSOCIETE BACH\nLe premier concert de la saison nous a fait entendre la\nPassion selon saint Jean, et nous a permis d'apprécier les\ngrands progrès accomplis par les chœurs pour la précision des\nattaques et l'unanimité de l'expression. Parmi les solistes,\nMme Mellot-Joubert, seule Française, a chanté en allemand\ncomme les autres, mais a gardé la pureté de sa voix cristalline.\nMme Altmann-Kuntz, de Strasbourg, a un beau timbre\nd'alto, et chante avec une simplicité qui prouve que tout\nn'est pas encore allemand dans le territoire annexé.\nM. Walter, de Berlin, joint au contraire à un profond sentiment\nmusical une indécision d'attaque qui suffirait à dénoncer sa\npatrie. M. Zalsman, d'Amsterdam, lui est inférieur pour le\nstyle, mais sa voix de basse est fort belle.\n\nM. George Walter, l'excellent ténor, a eu les honneurs de\nla deuxième séance de la Société J.-S. Bach. Si, lors de la\nrécente audition de la Passion on pouvait"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.96", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "lui reprocher un peu d'afféterie et de préciosité, il a été par-\niait dans la Cantate Ich arm dont le dernier\nair est d'une suavité et d'une onction exquises, ainsi que\ndans les Geisthilische Lieder qu'il a chantés. Il faut n'avoir\npas entendu ces petites pièces pour refuser à Bach la vie et\nl'expression. Ce sont des merveilles. Le piemier Concerto\nBrandebourgeois, pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon et orchestre, est une de ces œuvres qu'on ne se lasse\npas d'entendre. La sonorité en est ravissante, surtout dans\nle Menuet et la Polacca. Il a été fort bien joué et en particu-\nlier par les hautbois et les cors.\nCe fut donc encore une intéressante soirée. Que M. Bret\nnous permette cependant une critique. Pourquoi fait-il dou-\nbler les violoncelles et contrebasses par un piano ? C'est une\ninnovation peu heureuse. Mieux vaudrait augmenter le\nnombre des contrebasses qui est insuffisant que de s'écarter\ndes intentions du maître.\n\nF. G.\n\nLE CONCERT-ROUGE\n\nLe Concert-Rouge, après un long séjour à Ostende, a ou-\nvert ses portes le ler octobre et retrouvé son habituel succèe.\nIl est maintenant sous la direction de MM. Rabani et André\nde Léris, ce dernier ayant remplacé M. Doire, mais celui-ci\nn'a pas abandonné complètement son bâton de chef d'or-\nchestre. En octobre, il a conduit, devant une salle comble,\nun grand festival de musique russe, avec, au programme,\nla Pathétique de Tchaïkowsky, Antar et le Capriccio espa-\ngnol de Rimsky-Korsakow, l'Ouverture sur trois thèmes russes\nde Balakirew et cette belle page symphonique dans laquelle\nBorodine décrit l'immensité désolée des steppes de l'Asie\nCentrale.\nLe 24 novembre, il a dirigé également un très intéressant\nconcert où figurait Mlle Hatto qui a chanté, avec un art con-\nsommé, les deux admirables airs du lel1e1 acte de de\nGluck : Non, ce n'est pas un sacrifice, et Divinités du Styx."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.97", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "Le 20 du même mois, dans un festival Wagner dirigé par\nM. Rabani et rehaussé du concours de M. de Clavet-Dalnert\npour la partie vocale, on avait entendu l'Ouverture du\nseau Fantôme, le Prélude et la Mort d'Yseult, les Murmures\nde la Forêt de Siegfried,la Marche funèbre du\ndes Dieux et la Mort de Brunehilde.\nLe vaillant orchestre de la rue de Tournon ne prétendait\névidemment pas faire oublier les masses instrumentales de\nBayreuth ou même de l'Académie Nationale. Mais il donna\nun dessin assez net des vastes compositions du maître alle-\nmand. Il était, du reste, renforcé, en cette circonstance, d'un\ntrombone et d'une harpe.\nNous sommes obligés de mentionner plus brièvement\nque nous ne le voudrions le succès triomphal du concert\ndonné par M. Raoul Pugno et dans lequel le maître inter-\npréta si artistiquement un concerto de Mozart. Une soirée\naussi très agréable lut celle du 26 novembre où l'on entendit\nMlle Suzanne Decourt dans l'air célèbre de Castor et Pollux :\nTristes apprêts, pâles flambeaux,et dans deux mélodies de\nSchumann, tandis que la violoniste, Mlle Anna Hegner, jouait,\ndans un bon style, le concerto en de Beethoven et un menuet\nde Raft.\nIl convient de féliciter M. Rabani pour son poème sym-\nphonique, les Lins en fleurs,composé sur une poésie d'André\nTheuriet, qu'il nous donna, le 27 novembre, avec Mme Cla-\nvet-Dalnert pour interprète. Félicitations aussi pour l'idée\nde consacrer à Beethoven et à Mozart les premier et troi-\nsième jeudis des matinées de musique de chambre. Les au-\ntres matinées sont réservées aux maîtres plus modernes.\nParmi celles-ci, signalons, en terminant, la séance du 26 no-\nvembre où nous avons applaudi, dans les œuvres de Schu-\nmann et Ravel, Mme Bureau-Berthelot et Mlle Lily Las-\nkine, premier prix de harpe.\n\nH. Guérin.\n\nsociété des professeurs de musique, dont notre confrère\nM Landormy est le secrétaire, organise pour le 22 janvier, à 9 heures, salle\nd Horticulture, avec le concours de Mesdemoiselles Pironnay, Madame\nan ormy, MM. Plamondon, Jan Reder, et du quatuor Parent, un concert\nœuvres de Paul Dupin, dont nous tenons à signaler l'intérêt à nos lecteurs."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.98", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "Société Philharmonique.\nL. M.\nNous avons eu trois intéressantes séances de la Société Philharmonique.\nM. Félix Senius, qui chantait Schubert, Wolf et R. Strauss au concert du\n24 novembre, pousse à l'excès l'artifice allemand: sa voix, solide par elle-\nmême, est serrée, étriquée, et la diction est indistincte. Une nouvelle\nsociété, qui, sous le nom de Decem, associe un quintette à cordes et un\nquintette à vents, prenait part à ce même concert, et ce fut un très beau\ndébut, grâce au talent de son premier violon M. Charles Herman, à l'Octette\nde Schubert, et au Quintette de C. Chevillard, œuvre solide, sobre, vigou-\nreuse, où l'auteur, au piano, s'est montré maître de sonorités exquises. Le\nSextuor de Thuille est une œuvre peu originale, lourde autant que les mains\nde M. Dumesnil. Les deux aubades de Lalo sont charmantes.\nLa seconde séance nous a présenté le quatuor de Francfort, un groupe\nartistique, extrêmement homogène. Ce sont là quatre musiciens d'un goût\nsûr. Leurs sonorités très fondues, leur jeu parfaitement nuancé, font de cet\nensemble un premier de ce genre en Europe.\nL'audition du 15 décembre a été un succès pour le baryton Clark et le\npianiste Busoni. Ovations, rappels, acclamations, tout montrait combien le\npublic était heureux d'entendre ces deux grands artistes.\n\nFONDATION BACH\n\nLa Fondation Bach nous conviait, le 17 décembre, à une séance plénière\nen l'honneur et au profit du musée créé dans la maison natale de Sébastien,\nà Eisenach. Des artistes de choix, tels que Mme Mellot-Joubert,\nMM. Guilmant, Blanquart et Bleuzet, s'étaient joints pour cette solennité au\ngroupe habituel de la Fondation. Au programme, un Concerto {la mineur)\npour piano, flûte, violon et orchestre, la Cantate Amore traditore, quelques\npièces d'orgue, et la Cantate nuptiale pour soprano. En outre, un intermède\nlittéraire : Les derniers jours de Jean-Sébastien Bach, poésie de\nM. Grandmougin. M. J. Tiersot conduisait l'orchestre d'une allure franche et\nvigoureuse.\nA l'exception de M. Panneton, qui possède une voix trop rigide pour un\nair de belcanto du XVIIIe siècle, l'ensemble a donné l'impression de stabi-\nlité, de vigueur et de richesse que le vieux maître polyphone apporte\ntoujours dans nos Concerts. Il me semble pourtant que l'enthousiasme de\nM. Bouvet doit un jour parvenir à nous montrer de la musique de Bach,\nautre chose que les fondations, si je puis me permettre ce jeu de mot. La\nremise sur pied dans l'œuvre de Bach, commencée par Mendelssohn, et pour-\nsuivie par cinquante ans d'efforts, est maintenant achevée. Le colosse est\ndebout, il faut le rendre à la vie. Chez M. Bouvet, comme à la Schola,\ncomme presque partout où nous entendons du Sébastien Bach, il semble que\nla mise au point soit atteinte lorsque l'exécution tombe d'aplomb, lorsque les\nrentrées sont justes, les principales nuances établies, les cadences ralenties,\nles intonations assurées, en un mot, lorsque l'intrigue de cette musique com-\nplexe est rendue claire à l'auditeur."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.99", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "Comment ne voit-on pas que ce ne sont là que des qualités à peu près\nnégatives? Nous sommes suffisamment au fait du style de Bach aujourd hui\npour en pénétrer l'éthos,pour en rendre la valeur sentimentale. Nous devons\nen quelque sorte dominer notre sujet, et n'être pas accablés sous le poids de\nces partitions. Nous devons nous mouvoir avec aisance parmi ce dédale de\nla musique, et non pas comme des soldats à la manœuvre. Mme Mellot-\nJoubert est presque arrivée, dans certains de ses airs, à donner cette\nimpression de spontanéité que doit avoir toute musique pour toucher un\npublic. Mais que de réserve encore dans ses récits qui s accrochent désespé-\nrément aux temps forts de la mesure rigide ! Est-ce là cette déclamation souple\net vive pour laquelle le stylo recitativoavait été créé? De même l'admi-\nrable trio (hautbois, violon et violoncelle), qui entoure les nouveaux époux\nd'une atmosphère mystique, et qui transporte la musique elle-même dans les\nrégions où tout s'efface, où tout s'apaise, où la voix s'éteint... il ne suffît\npas d'en faire une conversation à trois interlocuteurs, où chacun place sa\nnote et son trait dans l'ordre voulu. C'est l'extase, et l'heure exquise, dont il\nfaut rendre ici toute la poésie subtile. Alors la voix d'une grande interprète\ncomme l'est Mme Mellot-Joubert, pourra se détacher sur ce clair-obscur,\net l'auditoire frissonnera devant cet apaisement, qui cherche à exprimer par\ndes sons le silence des deux âmes unies. Que ne donnerait-on pas en vérité,\npour une audition de Bach, où l'émotion reprendrait sa place, toute sa\nplace !\nMes excellents collègues MM. Tiersot et Bouvet ne m'en voudront pas\nde dire ainsi ce que je pense. Un organisme comme la Fondation Bach\nn'est pas un office de Concerts, mais en quelque sorte un laboratoire de\nmusicologie. A côté des leçons et des livres d'érudition, les Concerts Bouvet\nreprésentent nos travaux pratiques;ils cherchent l'application et la vérifi-\ncation des méthodes qui se précisent peu à peu de toutes parts, et qui don-\nneront un jour, aux auditions de musique ancienne, un caractère de per-\nfection auquel elles n'ont pu atteindre jusqu'ici. Ces recherches, je suis\ncertain que la Fondation Bach les poursuivra avec succès, et sera des pre-\nmières à les réaliser.\n\nJ. E.\n\nCONCERT VAN BAERENTZEN\nMlle Aline Van Baerentzen, pianiste, âgée de 11 ans, a donné, le\n14 décembre, salle des Agriculteurs, un concert dont le succès fut très\ngrand et très mérité. Cette jeune artiste, descendante de C.-M. de Weber,\npossède les qualités les plus précieuses et les plus rares: le charme, l'élé-\ngance, la simplicité. Sa musicalité précoce est encore plus séduisante que\nsa virtuosité déjà parfaite. Parmi les pièces de son très intéressant pro-\ngramme, la 3me Ballade de Chopin fut exécutée avec un sentiment exquis\ndes nuances et du rythme. La plus brillante carrière s'ouvre devant\nMlle Van Baerentzen."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.100", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "UNE CAUSERIE DE M. IMBART DE LA TOUR\nH. de C.\nParmi les causeries-auditions qu'organise chaque samedi, au Théâtre\nAntoine, à 5 heures, la Société de l'His une surtout nous\nattirait comme intéressant spécialement la musique, et se rattachant d'ailleurs\nà une étude que nous avons publiée ici même : la causerie de M. Imbart de la\nTour sur l'opéra français des XVIIe et XVIIIe siècles (Samedi 5 décembre).\nElle n'offrait pas seulement l'attrait d'une parole facile et spirituelle, docu-\nmentée d'observations curieuses, d'anecdotes piquantes, de souvenirs aussi.\nElle comportait une série de projections, dues à la maison Pathé et fort\nadroitement faites, d'après des dessins originaux, des costumes et des décors,\ndes tableaux, des portraits, des modèles de machinerie, conservés au Musée\nde l'Opéra. Elle nous a fait entendre encore M. Imbart de la Tour comme\nchanteur (dans le fameux air dVlfys: « Atys est trop heureux!... » et dans\ncelui de Pylade, dlphigénie en Tauride : « Unis dès la plus tendre\nenfance »), et plusieurs jeunes artistes de nos théâtres: Mme Le Senne et\nM. Duclos, de l'Opéra (l'une dans le premier air à'l phi génie en Tauride et\ncelui d'Alceste: « Divinités du Styx », l'autre dans l'air de Blondel, de\nRichard Cœur de Lion)ainsi que Mlle Gaby-Boissy et M. Defreyn, des\nBouffes (la première dans l'ariette de l'Amour, d et\ndans celle de l'Amour, d'Orphée, le second dans deux vieilles chansons\nrecueillies par Weckerlin).\nM. Imbart de la Tour a surtout parlé de la fondation de l'Opéra, de son\norganisation, de ses premiers artistes, de leur façon de chanter, de se cos-\ntumer, d'agir en scène, du récitatif de Lulli, des difficultés toutes particu-\nlières que rencontre aujourd'hui, avec nos conceptions et nos goûts\nmodernes, l'interprétation de cette musique... enfin de l'évolution qui amena\nGluck après Rameau. Sa causerie (qu'il venait de faire à Bruxelles avec un\nvif succès) serait tout à fait parfaite si les projections et surtout les auditions\npouvaient faire davantage corps avec elle, faire partie de sa démonstration\net suivre rigoureusement l'ordre chronologique. Mais il est vrai que la chose\nest difficile, un conférencier ignorant en général jusqu'au dernier moment\nsi ses interprètes n'auront pas eu quelque empêchement de la dernière\nheure (ce qui est justement arrivé cette fois), et ne pouvant guère compter\npartout sur les mêmes morceaux exécutés. C'est dommage, car il y aurait\nun réel intérêt à rapprocher et à opposer ces morceaux par un bref com-\nmentaire et M. Imbart de la Tour est plus qualifié que quiconque pour le\nfaire.\n\nNotre collègue, M. D. Calvocoressi, inaugure dans 1 une série\nd'articles sur l'état présent de notre art lyrique au théâtre. La première de\nces études a pour titre: Faut-il subventionne\n\nM. Amédée, le compositeur viennois bien connu, donnera, au mois\nà Paris, un grand concert de ses œuvres, avec le concours de l'orchestre\nColonne."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.101", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "LETTRE DE BRUXELLES\nAu point de vue musical, comme au point de vue linguis-\ntique, l'activité intellectuelle s'exprime, chez nous, selon\ndeux courants d'idées et de tendances, qui ont racines\naux tréfonds mêmes des deux races, essentiellement diffé-\nrentes, de par l'origine, et de par la fortune, quoi qu'on\ntente pour leur fusion.\nNos compositeurs, à l'exception de rares individualités,\npeuvent donc être classés en deux groupes: Wallons et Fla-\nmands.\nLes premiers subissent, un peu trop directement, pen-\nsons-nous, l'influence de l'école française actuelle, dont\nCésar Frank est le maître vénéré et dont les artistes d'avant-\ngarde ont noms Vincent d'lndy, l'auteur de Fervaal, que l'on\nentendit (et que nous voudrions réentendre) à la Monnaie ;\nPaul Dukas, Chabrier, Chausson, de qui l'orchestre Isaye nous\ndonna récemment une symphonie, etc...\nL'influence de Claude Debussy n'est pas suffisamment\nmarquée encore. D'autre part, les musiciens dont nous\nparlons sont de sa génération, et l'ont conséquemment ignoré\nà l'époque de leur formation.\nA cette catégorie appartient Lekeu, trop tôt disparu, dont\nla célèbre Sonate pour violon et ainsi que des partitions\nd'orchestre et mélodies resteront des plus remarquables\nproductions de la musique contemporaine.\nLes vivants, Vreuls, Jongen, Smulders, Mawet, Albert\nDupuis (auteur de Jean Michsel), François Rasse (auteur\nde Deïdamia),Radoux (le prix de Rome), écrivent avec\ntalent, dans la forme moderne, avec chacun une note person-\nnelle sans doute, mais que l'on désirerait plus accentuée.\nNous devons accorder ici mention spéciale à Emile Mathieu,\nun artiste de valeur, qu'une modestie exagérée tient trop\nsouvent dans la pénombre. Il est l'auteur de deux opéras\ntrès beaux : Richilde,représenté à la Monnaie, et que\ncréa Rose Caron ; et YEnfance de Roland. Aussi de remar-\nquables poèmes symphoniques, dans\nlesquels il a su, merveilleusement, évoquer les aspects rus-\ntiques et sylvestres."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.102", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "Quant au groupe flamand, qui doit tribut à Peter Benoît,\nson fondateur, il suit le courant germanique.\nComme les Wallons, ces compositeurs ont certes une ori-\nginalité, mais ils sont dominés, peut-on dire, par les conceptions\nwagnériennes.\nJean Blockx, leur chef consacré (en date du moins), a vu\nson opéra Princesse d'Auberge,représenté à Paris. Tout\nrécemment, le théâtre flamand d'Anvers a donné Baldie, sa\ndernière œuvre. Il écrivit aussi un ballet, assez\ncaractéristique d'art flamand.\nPaul Gilson le suit immédiatement.\nLes compositions de M. Gilson sont foncièrement wagné-\nriennes, avec, semble-t-il, une teinte très prononcée de\n« slavisme ». Après Richard Strauss, il est peut-être le plus\nbrillant symphoniste, le plus « fort en thème » de l'époque.\nIl s'est affirmé par des œuvres largement conçues, telles que\nl'Oratorio de Francesca di Rimini, esquisses sympho-\nniques, exécutées à Paris, il y a quelques années déjà.\nS'il joignait, à sa profonde connaissance du contrepoint\net à sa science orchestrale plus d'émotion inspiratrice, il\nserait, sans contredit, un artiste des plus complets de notre\ntemps. Son opéra, Princesse Rayo dont le finale du\npremier acte (thème du sommeil) est particulièrement admi-\nrable, fut représenté à Anvers et au théâtre de la Monnaie.\nCitons encore, parmi ceux dont la personnalité s'est le\nplus accusée, Deboek, compositeur abondant d'un grand\nnombre de mélodies, pièces pour piano, chœurs, opéras,\nqui a remporté plusieurs succès au théâtre.\ncourt. Le songe d'une nuit d'hiver) Léon Dubois, auteur d'une\nbelle adaptation de l'œuvre poignante de Camille Lemonnier,\nle Mort ; Mortelmans, qui possède un beau talent de sympho-\nniste, et surtout de mélodiste, et aussi Charles Hénusse,\nle trop modeste virtuose, auteur de forts beaux lieds.\nLes autres, Danau, Delune, Lunssens, Ryelaudt, Alpaerts,\netc..., sont gens de talent réel, certes, et d'habile métier, mais\nqui, selon nous, n'offrent rien de transcendental.\nEdgard Tinel, l'auteur apprécié de et\nde Sainte-Godelière, occupe une place à part. La mémoire\naustère du grand J.-S. Bach le hante, et, tandis que l'œuvre\nde Paul Gilson, par exemple, est d'un matérialisme vibrant"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.103", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "et coloré, celle de M. Tinel est empreinte d'un mysticisme\nmajestueux, de la plus noble élévation, d'une belle concentra-\ntion de pensée.\nJe veux remarquer encore, parmi les jeunes qui s'im-\nposent d'ores et déjà à l'attention, en attendant la consécra-\ntion publique, Frémolle, Brusselmans, Eekhautte.\n\nRené Lyr.\nTelle nous apparaît la physionomie générale du mouve-\nment musical belge présent. S'il est regrettable que nos\ncompositeurs ne soient pas plus originaux, les causes s'en\ntrouvent aisément dans le partage de sympathies latines et\nteutonnes.\nEn dépit des frontières, une grande affinité rapproche\nFrançais et Wallons, alors que les Flamands révèlent leur\nascendance germanique. Petit pays, petites mœurs; il semble\nd'autre part que nos artistes se sentent à l'étroit chez eux,\net point ne leur en faisons grief. A l'instar de ce qui s'était\nfait à Paris, un groupe de compositeurs s'étant formé, il y a\ndeux ans, n'a reçu jusqu'à présent le moindre encouragement\nni des autorités, ni du public. S'il est vrai que l'art n'a pas\nde patrie, il serait néanmoins souhaitable que les faveurs du\npouvoir fussent dispensées, chez nous, avec plus d'équité, et\nsans doute assisterions-nous alors à l'éclosion, au développe-\nment de plus nombreuses personnalités, dans la pure expression\nde la Beauté.\n\nLETTRE DE HOLLANDE\n\nLa Haye,\nNotre saison théâtrale s'est ouverte à notre Opéra\nRoyal Français. Les débuts ont eu lieu sous d'heureux aus-\npices ;la plupart des pensionnaires de notre troupe vient\nd'être rencuvelée et les nouveaux débutants ont reçu pour la"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.104", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "plus grande partie bon accueil du public. A citer, en premier\nlieu et avant tout, le premier ténor de grand opéra, M. Dangely,\nun artiste hors ligne que l'on psut considérer comme une trou-\nvaille pour le théâtre de La Haye, et qui a été reçu avec accla-\nmations. La nouvelle partie féminine du personnel actuel est\ngrandement à louer aussi et notre galli-marié Mme Cortez,\nles falcons, Mmes d'Hormière et Alys Lorraine, les premières\nchanteuses légères, Mmes Simone d'Arnaud et Dina Beumer,\nont toutes brillamment réussi. Une artiste de l'année dernière,\nle contralto'' Mme Hendrickx, a fait une rentrée triomphale.\nParmi les chanteurs se sont distingués avant tout MM.Rooser,\nbaryton de grand opéra, Burke, basse noble, Draine, basse\nchantante, Lacoste, ténor léger, Roussel, trial, Thirel, premier\nbaryton et Montano, second baryton. Les deux chefs d'orchestre\nMM. Bastide et Lecocq, les mêmes de l'année dernière, ont été\nrevus avec grand plaisir. Comme ballet-divertissement, M. Au-\nbert, maître de ballet, Mlles Raulin et Judit Dauling, premières\ndanseuses, et nn corps de ballet de seize coryphées.\nDepuis la réouverture de la saison, et pour les débuts des\nnouveaux pensionnaires, ont été représentés jusqu'ici comme\ngrands opéras : Samson et Dalila, de Saint-Saëns, Faust, de\nGounod et La Juive,d'Halévy ; comme opéras-comiques et\nautres : Carmen de Bizet, Lakmé, de Delibes,\nde Massenet, Mignon,de Thomas et de Gounod.\nEnsuite la diva Sigrid Arnoldson, une éternelle charmeuse\nqui fait toujours les délices de notre public, est venu donner des\nreprésentations avec son succès traditionnel, et l'on attend dans\nle courant de la saison en représentation la célèbre chanteuse\nitalienne Gemma Bellincioni, qui a déjà obtenu ici, il y a deux\nans, un succès d'enthousiasme. Nous reviendrons en détail sur les\nfaits et gestes de notre théâtre, quand la nouvelle troupe se\nsera consolidée et que ses représentations auront offert quelque\nchose d'intéressant.\nPour en venir à l'avalanche de concerts, par laquelle nous\nsommes menacés, commençons par signaler le premier des dix\nconcerts, donné par Willem Mengelberg et son admirable\norchestre, qui a pris les proportions d'un véritable événement,\net où l'on a fait à l'éminent kapellmeister une ovation enthou-\nsiaste exceptionnelle. Le programme orchestral de ce concert\nse composait de Y Ouverture Léonore n° 111, de Beethoven, de"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.105", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1366, "texte": "la Musique de Danse de Salomé,de Richard Strauss, de\net Eros,de César Franck et de Y\nde Hector Berlioz. Exécution superbe, hors ligne, de tous ces\nouvrages, enthousiasme sensationnel pour Mengelberg et sa\nvaillante phalange orchestrale, surtout après l'œuvre immor-\ntelle de Beethoven. Comme soliste à ce concert, c'est l'éminent\nvioloniste parisien, M. Jacques Thibaud, un des plus grands\nviclonistes cle notre époque, qui a mis le nombreux auditoire\nen ébullition par la perfection idéale avec laquelle il a exécuté\nla Symphonie Espagnole, de Lalo et le Konzertstùck, de Saint-\nSaëns.\nParmi les nombreux concerts donnés encore, n'oublions\npas surtout de citer celui donné par notre éminente cantatrice\nMme Noordewier-Reddingius et son accompagnateur, le pianiste\nJulius Rôntgen, devant un auditoire artistique d'élite. Mme\nNoordewier a chanté avec son beau style classique un Air\nd'Acis ot Galathea de Hœndel, une cantate de Mozart, des Lieder\nde Schumann et des Lieder Néerlandais. Le pianiste,M. Rôntgen,\na joué lui aussi quelques morceaux qui n'ont pas provoqué\nun bien grand enthousiasme.\nJ'aurais encore à dire quelques mots sur les représentations\nd'un nouvel Opéra Néerlandais, dirigé par Mlle Cateau Esser,\nmais ses auditions théâtrales m'ont paru si peu intéressantes\nque je préfère ne pas m'étendre à ce sujet.\n\nNemo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.2", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.80", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "OPÉRA-COMIQUE\nLouis Laloy.\nLes débuts de Mlle Alice Raveau, dans Orphée, ont été des plus\nheureux, surtout si l'on tient compte de ses jeunes années. Sa voix, d'un\ntimbre vigoureux, n'est pas encore assez sortie, et, peut-être, l'émotion aussi\nl'emprisonnait un peu. Mais le style est profondément musical, et le jeu très\nsuffisant pour un drame où ne sont requises que des attitudes académiques.\nDans les danses, Mlle Régina Badet nous a montré sa grâce un peu affectée,\nbien parisienne: Tanagra de Montmartre; d'ailleurs il n'y a pas si loin de\nl'un à l'autre. Ces pas ingénieux, ces épaules suaves et ces mimes tentatrices\nne convenaient guère à la vague douceur d'une musique incapable de songer\nà mal; nulle danse, d'ailleurs, ne lui conviendra jamais, car elle n'est point\nplastique. Elle n'est pas davantage expressive, et n'a pour mérite qu'une\ngrandeur sans caractère, dont Beethoven s'emparera, pour y jeter toute\nl'ardeur des passions humaines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.3", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.80", "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD\n\nL'Enfant Prodigue,dont on nous donnait, le 6 décembre, deux fragments,\ndate de 1884; c'est une cantate comme les autres, avec les trois personnages\nde rigueur, les récitatifs et les airs. Mais la musique est de Claude Debussy,\nou, si l'on veut, de Claude-Achille Debussy. Déjà, malgré la tyrannie des\nformes traditionnelles, il s'y manifeste une fraîcheur de sentiment et une\npilreté de goût inconnues jusque-là, surtout au concours de Ro'me. Et\nl'air de danse est d'une grâce délicatement archaïque, avec cette flûte presque\nchinoise, qui descend, légère, le long d'une mélodie que n'attarde nul demi-\nton.\nAu suivant concert, ce furent deux mélodies de M. André Caplet : musique\nforte et chaude de couleur, fondue et souple, où je me plais à retrouver\nl'image de la plantureuse Normandie, d'où nous vient son auteur. Peut-être\nces poèmes, plus tempérés que sublimes, ne valaient-ils pas une telle"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.81", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "ampleur; mais qu'importe? C'est une telle consolation et un si grand espoir,\ncette musique généreuse ! Mlle Rose Féart a chanté ces mélodies en musi-\ncienne accomplie; il est seulement regrettable que l'orchestre n'ait pas eu\nplus d'égard pour ses mouvements et ses nuances. Je voudrais entendre\nplus souvent et cet auteur et cette artiste.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.4", "titre_corps": "CERCLE MUSICAL", "titre_sommaire": "CERCLE MUSICAL", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.81", "debut_caractere": 393, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "CERCLE MUSICAL\nToujours actif et vigilant, M. Domergue a eu cette fois le bonheur rare\n•de nous présenter les Estampes et le récent exé-\ncutés par M. Harold Bauer. Tout virtuose est digne d'éloge, qui agrandit\nson répertoire; il est digne d'admiration, lorsqu'il passe de Brahms et de\nBeethoven à Claude Debussy. M. Bauer ne me croirait pas, si je lui disais\nque du premier coup il a trouvé l'interprétation rêvée: les plus tendres de\nces poèmes pour piano, les Pagodes, la Berceuse des Eléphants, la Neige,\nle Petit Berger, ont été quelque peu alourdis de contrastes excessifs, de\nchants inutilement marqués, de points d'orgue intempestifs, souvenirs d'un\nromantisme familier à l'artiste, mais ici déplacé. La Soirée dans Grenade\na été mieux comprise, quoique les voiles de la nuit s'y soient trouvés,\nparfois, un peu trop rudement déchirés. Les ont été\nenlevés avec une verve charmante, où ne manquait qu'une pointe de malice.\nQuant au Cake-walk,son rythme dégingandé et pourtant d'une régu-\nlarité presque mécanique échappe encore à M. Bauer. Ces erreurs sont\nnaturelles quand on songe à tant de concertos joués dans les cinq parties du\nmonde; elles sont vénielles au prix de deux qualités précieuses entre toutes:\nune grande intelligence, qui peut se tromper, mais qui raisonne, réfléchit,\narrête à l'avance un plan et des valeurs, et une sonorité variée, souple, déli-\ncate et pleine au point de charmer à elle seule.\nA ce même concert, Mlle Maggie Teyte chantait deux des\nlyriques, De Grève et De Soir, d'une voix pure comme un métal sans défaut;\nmais il ne faudrait pas qu'une artiste de cette valeur se fiât trop à sa facilité:\nc'est certes un tour de force d'apprendre en quelques jours des œuvres\nde cette importance; mais on n'apprend ainsi que les notes, non le style, qui\ndemande plus d'étude et de méditation. M. Delacroix a fait un tour de force,\nlui aussi, en donnant à la symphonie du piano son caractère et son mou-\nvement, malgré la préoccupation de suivre la chanteuse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.5", "titre_corps": "ENVOIS DE ROME", "titre_sommaire": "ENVOIS DE ROME", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.81", "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "ENVOIS DE ROME\n\nL'Amphitryon, de Molière, a été recouvert par M. Raoul Laparra d'une\nmusique épaisse, aux couleurs crues, aux rythmes monotones que la timbale,"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.82", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "incessante, nous enfonce aux oreilles. De la fougue d'ailleurs, et un gro-\ntesque qui peut donner de bons effets; mais je regrette que les Divinités\nde l'Amour et les Grâces du Printemps aient été traitées à peu près comme\nSilène et ses compagnons.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.6", "titre_corps": "SOCIÉTÉ G.-F. HÆNDEL", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ G.-F. HÆNDEL", "signature_source": "Romain Rolland", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.82", "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "SOCIÉTÉ G.-F. HÆNDEL\n\nLa jeune Société, qui, sous la direction de MM. Eugène Borrel et Félix\nRaugel, a entrepris de ressusciter deux siècles de musique, m'a fait l'honneur\nde me demander de la présenter au public parisien. Je le fais, avec toute la\nsympathie que j'ai pour eux et pour leur œuvre.\nAvant tout, je les loue cordialement d'avoir mis leur Société sous l'égide\ndu grand Haendel. D'abord, parce qu'il est un maître sain, fort, heureux,\nlimpide, et que nous avons besoin, plus que de toute autre chose, de joie, de\nforce et de santé. Mais aussi, parce que ce vaste esprit, si largement ouvert\nà toutes les pensées de l'Europe de son siècle et du siècle avant lui, est le\nmeilleur modèle et comme le symbole de ce que nous voulons faire : non\npas une société vouée au culte exclusif d'un seul maître, d'un seul style,\nd'une seule forme de pensée, mais à tout ce qui fut grand et où brûle encore\nla flamme de vie et de beauté.\nQuels que soient les progrès qu'ont faits, en ces dernières années, la\nconnaissance et l'amour des œuvres anciennes, en France, il s'en faut de\nbeaucoup que nous soyons encore arrivés à avoir une vue exacte, même\nsommaire, de notre passé musical le plus proche, de nos classiques du xvne\net du xviii6 siècle, et à les juger avec équité. Nous nous sommes appliqués\ndepuis vingt ans à faire revivre quelques grands hommes. C'était justice;\nmais nous leur avons trop sacrifié tous les autres. C'était commettre ainsi\nde graves erreurs historiques, et nous priver de beaucoup de joies.\nNous sommes fiers de notre discernement artistique et nous croyons être\ntrès supérieurs à nos ancêtres du xvme siècle qui méprisaient l'art gothique,\nparce que nous en sentons la grandeur. Mais nous ne réfléchissons pas que\nsouvent nous ne valons pas mieux, en méconnaissant l'art qu'admiraient ces\nancêtres, et qui, pour être tout différent du gothique, n'en est peut-être pas\nmoins beau.J Nous n'avons pas assez de dédain pour les musiciens du\nxvme siècle, qui ne se doutaient pas de la grandeur de J.-S. Bach. Mais\nsommes-nous beaucoup plus avisés, lorsque nous ignorons ou méprisons, à\nnotre tour, tels maîtres de son temps, que ces musiciens du xviii6 siècle\nadmiraient, et qui étaient en effet très dignes de leur amour?\nIl n'y a pas en art qu'un seul art qui soit beau. Il n'y a pas, en un siècle,\nqu'un seul style qui soit vrai. Le superbe gothique, mélangé de barocco, de\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ngrands Italiens et des grands Allemands italianisés de son temps. Imitons\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ndes Scarlatti. Ayons le cœur assez large pour aimer tout ce qui est beau :\nPergolèse et Rameau, Beethoven et Rossini. Et affranchissons-nous des\nidées toutes faites, sur lesquelles nous vivons : théories de races et d'époques,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.83", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "théories d'évolution et de décadence de l'art. Ouvrons les yeux : nous verrons\nque le génie vient constamment donner le démenti à toutes nos théories.\nIl n'y est pas, dans notre lumineux Occident, de races privilégiées, ni\nd'époques privilégiées. La beauté, la grandeur d'âme, la puissance de vie,\nfleurissent où et quand il leur plaît, et souvent aux pays et aux temps\noù on les attend le moins. Le Sicilien Alessandro Scarlatti et le Napolitain\nProvenzale, qui sont d'une époque dite de décadence, sont parfois aussi\nprofonds que Bach, et aussi parfaits que Hœndel. Le XVIIIe siècle italien,\ncet âge où l'art de l'ltalie passe pour s'être dégradé, fourmille de génie.\nEt tels de ces maîtres, que la gloire de Haendel et de Bach a éclipsés, moins\ngrands sans doute, moins vastes qu'eux, avaient une beauté de forme peut-\nêtre supérieure, un pur génie classique, digne de Mozart, qu'ils annonçaient.\nPlus on sait regarder, entendre, plus on sait vivre, plus on sent\ncombien le monde est riche; et l'on plaint les pauvres gens, au cœur blasé\nou rétréci, qui ne peuvent ou ne veulent sentir qu'un tout petit nombre de\nchoses. Il n'y a qu'une tristesse: c'est de savoir qu'on ne pourra jamais\nembrasser toute la beauté des siècles. C'est une heureuse tristesse; il faut\nncus la souhaiter les uns aux autres. Il est bon de se dire que nous pourrions\nboire, pendant toute l'éternité, à notre chère musique, sans la tarir jamais.\nRemercions MM. Eugène Borrel et Félix Raugel de nous rouvrir les\nsources du grand fleuve, où chacun, en se penchant peut retrouver, comme\nen un miroir magique, l'image cachée qu'il cherche, le reflet de son idéal, la\nmélodie de son âme.\nEt que le puissant et serein Haendel fasse vaincre cette œuvre qui lui\nest dédiée !\n\nRomain Rolland."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.7", "titre_corps": "PROGRAMME DU Ier CONCERT", "titre_sommaire": "PROGRAMME DU Ier CONCERT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.83", "debut_caractere": 1800, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "PROGRAMME DU Ier CONCERT\nSamedi 30 janvier 1 909.. G 9 he\n14, rue de\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlles ELÉONORE BLANC, BLANCHE LUCAS Boussu\nMM. ALEX. GUILMANT, R. PLAMONDON.\n1. Ouverture d'A grippina(l7oB) G.-F. H/ENDEL.\n(1685-1759).\n2. Loué sois-tu, Jésus-Christ H. SCHUTZ.\nChœur final de la Passion selon St-Mathieu. (1585-1672).\n3. Concerto d'orgue en si 1? G.-F. H.«NDEL.\nM. A. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "4. a) Air de Laodice : Cara tomba ALES. SCARLATTI.\n(Mithridate Eupator(l7o7) Acte iv. Scène 1). (1649-1725)-\nb)Air de Poppée G.-F. H^NDEL.\n(Agrippina. Acte m. Scène x).\nMlle E. Blanc.\n5. Chœur final du lERIER acte de Salomon (1748). . G.-F. H/ENDEL.\n6. a)Air de Timante FRANCESCO.\n(Il Schiavo di sua moglie(l67l). Acte m. PROVENZALE.\nScène iv) (16-- 1704)-\nb) Air de Castor J.-PH. RAMEAU.\n(Castor et P011ux(1737). Acte iv. Scène 1). (1683-1764).\nM. Plamondon.\n7. Pièces d'orgue DIETRICH BUXTEHUDE.\nM. A. Guilmant. (1637-1707)-\n8. Psaume pour l'Hospice des Enfants Trouvés\n(174 g) G.-F. FLENDEL.\nSoli. Chœurs et orchestre.\nRéalisation du Continuoà l'orgue et au piano, par Mlle DUREY-SOHY.\nL'orchestre et les chœurs de la Société G.-F. HAENDEL sous la direction\nde M. Félix RAUGEL.\nLe deuxième concert aura lieu le mardi 2 mars, sous la direction de\nM. VINCENT D'LNDY.\nŒuvres de H/ENDEL, ERLEBACH, LULLY, LALANDE.\nCantate : Gott hilf mir,de BUXTEHUDE.\nDates des 3E, 4E et 5E concerts: mardi 30 mars, mardi 27 avril, mardi\n25 mai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.8", "titre_corps": "CONCERT", "titre_sommaire": "CONCERT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.84", "debut_caractere": 1042, "fin_caractere_exclue": 1310, "texte": "CONCERT\nTrès joli concert à l'hôtel du journal Les Modes, donné par Mme Val-\nlandri et M. Clément, de l'Opéra-Comique. La partie instrumentale était\nreprésentée par la Sonate de Franck, et quelques pièces de Debussy et\nBachmaninoff, exécutées par MM. Amour et Mendels."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.9", "titre_corps": "CONFÉRENCE", "titre_sommaire": "CONFÉRENCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.84", "debut_caractere": 1312, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "CONFÉRENCE\nNotre collaborateur, M. GEORGES DE DUBOR, qui, tant en France qu'à\nl'étranger, a donné de nombreuses conférences sur des sujets littéraires ou\nmusicaux, vient de consacrer une intéressante causerie aux\nde la Cour de France.\nLe côté nouveau de la question, celui qui nous intéresse, était l'audition\nde chansons relatives aux grandes Favorites des deux derniers siècles de\nla Monarchie française. Plusieurs ont été chantées avec la musique de\nl'époque; pour d'autres, dont !a musique est perdue, des compositeurs tels\nque Massenet, Francis Thomé, Etienne Rey, ont écrit une musique nouvelle,\nil est vrai, mais dans le style ancien, et parfois fort réussie.\nMmes Delty, de l'Opéra; Soibain, de l'Opéra-Comique; Dietz-Monnin,\nMarie-Thérèse Berka, ont interprété ces chansons avec beaucoup de goût."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.10", "titre_corps": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES", "titre_sommaire": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES", "signature_source": "J. E", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.85", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES\nJ. E.\nNous n'avons pu, à notre grand regret, signaler encore le\ndétail du programme musicologique de l'Ecole des Hautes\nEtudes Sociales. Le voici :\nM. HELLOUIN. Les nationalités musicales (24 novembre, lERIER dé\ncembre). M. PAUL-MARIE MASSON : L'Opéra français de Lully\nà Rameau (8, 15, 22 décembre). M. ANDRÉ PIRRO, De\nSchutz à Keiser (12, 19, 26 janvier, 2 février). M. PIERRE\nAUBRY : La musique instrumentale avant la Renais-\nsance, xive et xve siècles (9, 16 février, 2 mars). M. AMÉDÉE\nGASTOUÉ : Les notations musicales avant les mensuralistes\n(8, 16, 23, 30 mars).\nConcerts, sous la direction de M. HENRY EXPERT, les jeudis\nà 8 h. 3/4 à partir du 14 janvier. Chants de France et d'ltalie,\nxvne et XVIIF siècles.\n1 (14 janvier) : Caccini, Péri, Monteverde, Frescolbadi,\nMauduit, Guédron, Boesset, Tessier. 2 (21 janvier) :\nCarissimi, Cavalli, Legrenzi, Stradella, Cambert, Lam-\nbert, Labarre. 3 (28 janvier) : Buononcini, Lotti, Mar-\ncello, A. Scarlatti, Rossi, Lully, Clérambault, Campra, Des-\ntouches. 4 (4 février) : Durante, Galuppi, Jomelli, Léo,\nPorporz, Pergolesi, Rameau. 5 (11 février) : Gluck, Pic-\ncini, Sacchini, Grétry, Monsigny, Philidor, Duni. 6 (18 fé-\nvrier) : Cimarosa, Paesiello, Cherubini, Dalayrac, Méhul.\nLes dates des concerts modernes ainsi que celles des\ncours de M. A.-Ferdinand Hérold sur la Musique à Naples au\ntemps de Murât seront ultérieurement fixées. ; ; ; ■ -\nComme on le voit, ces séances comprendront à côté des\nconférences proprement dites, des auditions historiques,\ndont notre excellent collègue M. Expert a bien voulu prendre\nla direction. Rien ne sera plus instructif, j'en suis sûr,\nque la comparaison de ces différentes écoles. La musique\nfrançaise ainsi présentée à côté des Ecoles contemporaines\nde l'étranger reprendra dans l'histoire la place qu'elle mérite."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.86", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "L'Ecole a rouvert ses portes avec le cours de M. Hellouin, sur\nnationalités musicales. Notre confrère a expliqué que, pour dépister une\nnationalité musicale, il est inutile de s'engager dans le domaine de la tech-\nnique, qui ne peut fournir que des indications absolument insuffisantes. On\nréussit, au contraire, quand on recourt à certaines particularités qui résident\ndans l'expression, dans l'accent, dans le caractère des œuvres. Pour cela, il\nfaut une oreille extraordinairement compréhensive. L'usage classe les\nécoles par nationalités, et il a raison, car ce procédé répond à la réalité, non\nseulement dans le présent, mais même dans le passé.\nM. Hellouin, après avoir examiné toutes les écoles modernes, a étudié\nles influences qu'exercent sur elles les sentiments nationalistes et les sen-\ntiments cosmopolites. Il a conclu en disant qu'un pays n'arrive à être\nvigoureux, musicalement parlant, que lorsqu'il sait concilier un nationalisme\nraisonnable avec un cosmopolitisme raisonné."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.11", "titre_corps": "Le 27 décembre, l'Ecole nous conviait à un thé, qui fut l'occasion d'une", "titre_sommaire": "Le 27 décembre, l'Ecole nous conviait à un thé, qui fut l'occasion d'une", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.86", "debut_caractere": 1006, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "Le 27 décembre, l'Ecole nous conviait à un thé, qui fut l'occasion d'une\namusante audition de chansons populaires de tous les pays. L'Arménie, la\nNorvège, la France et la Russie se trouvaient là côte à côte avec leur\nfolklore, le tout agrémenté d'un intermède de harpe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.12", "titre_corps": "SAINT-QUENTIN, 1908", "titre_sommaire": "SAINT-QUENTIN, 1908", "signature_source": "C. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.86", "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "SAINT-QUENTIN, 1908\n\nNous suivons avec le plus grand intérêt, depuis trois\nans, les eftorts de Mme E. Marchand pour développer le\ngoût de la bonne musique, à Saint-Quentin, efforts constants\nque soutient une foi ardente, inébranlable dans l'Art. Elle a\npris pour devise : « Quantum po »\nSon influence est incontestable. Elle a, en plus de ses\nséances de musique,organisé, en février dernier, un récital\nd'orgue à la Collégiale, afin qu'après avoir étudié en\nchambre les œuvres de J.-S. Bach et de C. Franck, son\npublic pût en juger pleinement par une audition aux\ngrandes orgues. Pour cela, elle s'est adressée à un\nartiste fervent, plein d'amour pour son art, admirable"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.87", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "interprète de lHranck, auquel il a voué un culte et\ndu grand cantor de Leipzig cjuil admire de toutes ses loi ces.\nCet artiste, M. Fouquet, organiste à la cathédrale de Laon,\nn'admet pas qu'une manifestation d'art puisse être autrement\nque désintéressée. Il vint donc, à la seule condition qu il n aît-\nrait aucune rétribution, et que seuls les pauvres de la paroisse\nbénéficieraient de la recette (laquelle s'éleva à 2.400 fr., chiffre\néloquent !) Des programmes furent distribués avec d'excel-\nlentes notices explicatives de M. Fouquet sur chacune des\npièces d'orgue exécutées :\ni° Prélude et fugue en sol J.-S. BACH.\n2° Fantaisie en ut C. FRANCK.\n30 Fantaisie en sol mineur. . .J.-S. BACH.\n40 Pièce héroïque . . . C. FRANCK.\nToute une foule recueillie, venue des points politiques et\nreligieux les plus opposés, écoutait et communiait dans la\nmême émotion.\nCe furent de belles heures, et il faudrait qu'elles puissent\nrevenir plus souvent. M. Fouquet est toujours prêt à donner\nson concours, mais on obtient difficilement l'autorisation de\nfaire de la musique dans les églises en dehors des offices. C est\nainsi qu'à Laon, la permission fut rudement refusée par\nM. l'archiprêtre de la cathédrale.\nCette année, Mme et Mlle Marchand ont continué à faire\nentendre des œuvres\nMozart, Beethoven\nUne séance bien intéressante a été celle consacrée aux\ncurseurs de Beethoven, à son professeur Christian Gottlob Neefe\n(1748-1798), en particulier, qu'affectionne Mme Marchand.\n« Si je deviens quelque chose dans mon art, c'est à vous que je le\ndevrai », lui écrivait Beethoven.\nDifforme, d'aspect tout à fait pénible, Neefe avait une âme\nexcellente ; il éclaira d'un rayon d'affection tendre et délicate\nl'enfance si triste, tragique même, du pauvre Beethoven.\n« Plein d'amour pour son petit élève, alors âgé de onze ans, il a\nsu être sévère, le rendre difficile pour lui-même, empêcher trop\nde complaisance dans les premiers essais de composition. Il lui\nenseignait que la musique doit être sincère, exprimer un senti-\nment vrai ; qu'elle doit sortii du cœur, et en traduire les émo-\ntions ». « La musique,lui disait Neefe, doit"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.88", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2369, "texte": "point de prouver la science, ni l'adresse du musicien, et Point\nseulement non plus de flatter agréable\nnée à traduire les sentiments, com\ngénie ne doit pas être opprimé\npuise aux sources de l'émotion intérieu» C'était bien là l'homme\nqu'il fallait pour développer les germes de la riche nature de\nBeethoven. S'il n'était pas un musicien de génie, il était un\nexcellent maître, toujours préoccupé d'élargir les limites de son\nart, et s'y étant préparé par une remarquable culture littéraire.\nLes compositions de Neefe sont très inégales. Il y en a d'une\nextrême délicatesse, il y en a de profondes, mais il y en a aussi\nde très insignifiantes ; des gaucheries enfantines à chaque ins-\ntant, une sorte de timidité, mais parfois un élan qui surprend\net émeut singulièrement. Mme E. Marchand nous a lait entendre\nde lui des Sonates inédites dont l'aimable enjouement rappelle\nde loin Mozart, des Lieder, d'accents très variés ; certains\nexpriment la joie populaire, franche et simple :\nZufriedenheit (chantés en allemand par des enfants) ; Das\nTodtenopfer, douloureux et fort (le chant et l'accompagnement\nfurent rendus avec une émotion poignante) ; dont\nla beauté simple et contenue touche à l'art beethovenien, etc...\nNeefe a-t-il eu sur scn élève une influence musicale sérieuse?\nNon ; il fut pour lui ce qu'est pour Jean-Christophe son oncle\nGottfried, le colporteur ; et quelle excellente idée de relire, à\npropos de l'enfance de Beethoven, ces délicieuses pages de\nl'œuvre de Romain Rolland : « ... La musique veut être sincère,\nautrement qu'est-ce qu'elle est ? Une impiété, un blasphème » (Gott-\nfried à J.-Christophe).— Précieux conseil, mais que le génie seul\npeut rendre fécond ! Quand on étudie de près la formation de\nBeethoven, cette conclusion s'impcse qu'il n'a vraiment pas eu\nde maître ; son génie a tout pressenti et sa musique a été l'ex-\npression de son âme qui sortit si belle et si riche d'une si âpre\njeunesse : « Pourquoi j'écris ? C\nque cela sorte ;et c'est pour cela » (Beethoven). Mais,\nun des grands services qu'a rendu Neefe à Beethoven a été de\nle préserver du courant frivole et mortel de la musique italienne\nqui envahissait alors l'Allemagne. Il le mit à l'étude du\nbien tempéré de J.-S. Bach, qui, à lui seul, était un préservatif\nénergique contre le clinquant de la mode, et devait avoir une\ninfluence décisive sur l'enfance."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.89", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "De F.-W. Rust (1739-1796), le vrai précurseur de Beethoven,\net, comme Neele, fervent admirateur de J.-S. Bach, Mme Mar-\nchand a fait entendra, entre autres choses, l'admirable\nTodtenkranz fur ein Kind.C'est une musique d'une intimité\nprofonde ; pas d'explosion de douleur, mais une plainte lente,\nsourde, qui évoque l'effrayant et éternel silence de la mort !\nIl fait penser au prélude de l'op. 27 de Beethoven, qui est aussi\nl'expression d'une douleur navrante, d'un désespoir qui parle\nbas, avec des soupirs d'épuisement.\nEnfin, Mme E. Marchand a rendu familières à son public\nles Symphonies de Beethoven par des auditions répétées, et de\nnombreuses analyses.\nC'est ainsi que, cette année, la lui a été\nredemandée pour une matinée artistique de la Le\npublic était absolument piis et plusieurs auditeurs et audi-\ntrices enthousiastes, qui avaient entendu l'œuvre dans d'excel-\nlents concerts, avouaient n'avoir pas alors éprouvé une impres-\nsion aussi profonde de parfaite beauté.\nA l'issue du concert, une fillette de quatre ans est venue\ndemander à voir « les oiseaux qui étaient dans le piano ».\nA côté de cette musique classique, Mlle Marchand a fait\nentendre des œuvres de Debussy, Dukas, d'lndy, Moussorgski,\nRebikov; son jeu si délicat et si charmeur a fait ressortir les\ninfinies nuances de cette musique.\nQu'il nous soit permis, ici, de remercier du fond du cœur\nles deux musiciennes dévouées, qui se donnent sans compter\nà l'œuvre de vulgarisation artistique, avec une ardeur que rien\nn'arrête, et font naître, par l'impression d'art qu'elles commu-\nniquent, toute une émotion bienfaisante et réconfortante.\n\nC. D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.13", "titre_corps": "SEANCES PARENT – L'ŒUVRE DE SCHUMANN", "titre_sommaire": "SEANCES PARENT – L'ŒUVRE DE SCHUMANN", "signature_source": "Albert Trotrot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.89", "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "SEANCES PARENT - L'ŒUVRE DE SCHUMANN\n\nNul n'oserait, je pense, soutenir que l'universalité de\nSchumann nous dispense d'approfondir une œuvre aussi\nincomplètement connue et comprise que celle de ses\net quatuors, et rende superflue l'audition intégrale (Sonates,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.90", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "6\n\nTrios, Quatuors et Quintette) que pour la seconde fois M.\nParent vient d'achever triomphalement à la Schola Canto-\nrum. Devant une œuvre aussi vaste et admirablement pro-\nfonde, par la pensée, le style, l'expression, parler de roman-\ntisme, c'est un peu errer dans ie vague des mots et des opi-\nnions approximatives. Romantique, certes, Schumann le fut,\navec génie, dans sa Sonate en pour piano, dont la\nfougue, le brio, le caprice, les précieux motifs et l'extraordi-\nnaire puissance me paraissent aujourd'hui dominer l'art plus\nmesuré de la Sonate en sol, pourtant si noblement passionnée ;\nil le fut dans son Quatuor avec un peu superficiel et\nmou, mais sonore, exubérant non sans panache, agréable\nd'ailleurs par ses mélodies optimistes qui font songer à César\nFranck; il le fut encore dans son fier et juvénile Quintette, plus\nmûr, mieux assis, débordant de lyrisme, où l'on peut voir la\nnote définitive, plus brillante et profonde avec humour,\nd'une Stimmungprécisant l'époque de Leipzig; il le fut un peu\npartout, sa sensibilité et son imagination s'accordant à lui\nen suggérer les modes, mais avec cette intuition du\nstyle et de l'idée par lesquelles les formes d'un art universa-\nlisent un destin, une vision, une expression.\nCeci est surtout vrai des Quatuors et des Trios, comme\nde la Symphonie en ut majeur et de la sublime préface de\nManjred. 1J allegro du premier en ré est déjà\ntypique ; on sent que Schumann y développe la mélodie com-\nplexe d'une humanité qui le dépasse et dont sa parole tra-\ngique épouse toutes les raisons : la y commande la\nmusique. Par cette expression plus générale de la volonté et\nses modes représentatifs, Schumann devient classique. Il\nsuffit de suivre la courbe évolutive de ses et\npour s'en convaincre. Au delà de l'unité d'âme, toujours\nmerveilleuse, de ses œuvres, on découvre bientôt les signes\nd'une intelligence et la profondeur d'une pensée qui réhabi-\nlitent singulièrement à nos yeux ces ouvrages auxquels l'opi-\nnion admise préfère les courtes pièces du maître.\nDéjà, les Sonates pour violon, l'une si délicate dans sa\npoésie rêveuse, l'autre opposant une naïveté sublime à la\nsombre grandeur d'un allegro fatal affirmaient l'équilibre\nsuffisant dont ne fut jamais privée cette prodigieuse fantaisie\nailée qu'est le Concerto en la mineur ; mais des pages comme"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.91", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "Y allegro du second Quatuor une étrange spirale mélodique\ncomme celui étonnamment concis du IIIe, que suit l'émou-\nvant et romantique agitato,frère douloureux de la funèbre\nMarcia du Quintette ou même l'ultime partie de ce pur\nchef-d'œuvre ; des pages comme le du 3 dont le\nvigoureux final est une merveille, comme de la\nen ré mineur et mainte autre qui m'échappe, attestent les\ndons symphoniques de Schumann de manière à balancer les\nobjections aujourd'hui insuffisantes justifiées par ses moins\nbonnes œuvres.\nEn vérité, une création comme le dépasse\nmême nos facultés d'analyse ; la vérité y est trop pénétrante,\ntrop haute et souveraine pour que nous songions à les exercer;\nn'en ayant plus le loisir, nous ne percevons qu'un art dont\nles imperfections possibles de forme ne comptent plus. Pro-\ndigieusement dynamique et inspirée, la musique dî Schumann\nl'emportera toujours sur celle plus réfléchie, parfois même trop\nréfléchie, de maint classique. Ce qui ne l'empêche pas d'être\nclassique. Qu'est-ce que le romantisme sinon le triomphe du\nmoi imaginatif, l'expression très individuelle de la volonté,\nle particularisme des motifs et du point de vue, enfin l'arbitraire\ndans l'analyse ? Or, la raison intérieure des motifs domine trop\nl'expression formelle du grand musicien qu'est Schumann pour\nqus nous ne voyions pas dans certaines de ses œuvres, sa person-\nnalité s'élever jusqu'au plan classique, vers l'idée de synthèse.\nCeci, dira-t-on, est secondaire. Je ne trouve pas. L'expression\nintelligente et profonde d'une idée plus vaste manifestée par\nl'ample développement de la forme, c'est-à-dire une plastique\négale mise au service d'une esthétique plus haute, comme il arrive\npour le dernier Quatuor et les Trio où Schumann, tout en s'affir-\nmant un penseur, ne se montre ni moins original, ni moins\ninspiré que dans sa littérature de piano, a sa valeur a a point\nde prévaloir dans notre jugement. Il est vrai qu'il faudrait\nen les appuyant d'exemples, donner les raisons probantes de cette\nsupériorité. C'est la matière d'un volume. Cependant je crains\nqu'on ait jusqu'alors un peu négligé d'approfondir ce côté\nd'une personnalité différente de celle de Mendelssohn ou de\nBrahms et qu'on situe généralement d'après les points de\nvue trop absolus du grand beethovénien Félix Weingartner.\nEn tout cas, sachons gré à M. Parent de son initiative."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.92", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "Grâce à elle, l'œuvre de chambre de Schumann comme celle,\nconsidérable, de Brahms qu'il aura, le premier, fait connaître\nen France et celle de César Franck, se précise, prend un relief\net un sens dont les jeunes esprits doivent tirer profit. Juste-\nment ils étaient quelques-uns, à ces quatre séances, données\ndans l'austère petite salle de la Schola. Quant à l'auditoire,\nil n'a pu éprouver que cette lassitude de l'émotion, —dont on\nne se lasse pas, parce qu'elle apports toujours un peu de cette\nsouffrance divine des créateurs que consume le feu animique\net supiêpie de la vie...\nL'interprétation a été supérieure. Le quatuor, MM. Parent,\nLoiseau, Brun et Fournier réalipe un ensemble parfaitement\nassis et homogène ; admirons-en la sonorité franche et puis-\nsante, le jeu aéré, la chaleur commumcative. M. Parent a\njoué en grand artiste, d'un archet magistral, les deux Sonates,\nparticulièrement celle en ré mdont jamais peut-être\nil ne caractérisa mieux l'énergique allegro et le suave adagio\nen doubles cordes. Avec la même conscience et une volonté\npresque masculine, Mlle Dron a tenu le piano à chaque séance.\nSon jeu et son style s'accordent bien à ceux du quatuor ;\nelle en possède la décision dans la plénitude orchestrale, sans\npréjudice des nuances ni de l'entente des effets, requise par\nce mode d'exécution. En soliste, Mlle Dron vise la puissance ;\nne la confond-elle pas avec la force exaspérée qu'un Risler\nsait tempérer par un toucher subtil indiquant d'autres\ndoigts et d'autres muscles ? La dureté, la taideuc et l'obscu-\nrité pourraient bien être au bout d'une telle recherche qui\nn'a, certes, altéré en rien les brillantes et solides qualités de\nla fougueuse interprète des Sonates, témoin, l'ampleur que,\nsous ses doigts, conserve le final de l'écrasante en\ndièse. Très grand a été le succès de la jeune artiste ; sa vaillance\net sa passion pour Schumann l'ont faite victorieuse. Le jour\noù l'équilibre de ses moyens unirait la délicatesse à la virilité\nnaturelle de son jeu, où sa respiration au piano serait deve-\nnue égale en douceur et puissance, Mlle Dron, jouant Schumann\ncomme elle le comprend et l'éprouve, en serait l'interprète\nidéale.\nL'Amour du Poète (Dichterliebe) est un poème complet.\nLa chaîne et la brièveté des lieder qui le composent justifiaient\nl'audition ininterrompue des seize mélodies admirables que"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.93", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "Mme Msllol-Joubert a détaillées d'une voix un peu hésitante,\nmais avec intelligence et un certain accent dramatique auquel\npourtant nous préférons le mystère et l'intimité passionnée\ndes interprètes d'outre-Rhin. Les voix ont leur destination ;\ncelle de Mme Mellot-Joubert est pour le théâtre, comme son\ntalent est pour le salon.\n\nAlbert Trotrot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c106", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.14", "titre_corps": "CONCERT MARIGNY", "titre_sommaire": "CONCERT MARIGNY", "signature_source": "Margeon", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.93", "debut_caractere": 385, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "CONCERT MARIGNY\nMargeon.\nL'orchestre des Concerts Populaires a repris le dimanche,\n22 novembre, le cycle de ses séances dominicales. Sous la\ndirection avisée de son chef, M. de Léry, cette phalange com-\nposée uniquement de jeunes nous a révélé toute son intelli-\ngente compréhension des oeuvres diverses, qui étaient au\nprogramme. Quoique en nombre inférieur aux troupes de nos\ngrands concerts, ce n'est pas cependant sans un réel senti-\nment artistique, que ce petit orchestre nous a interprété tour\nà tour : Y Ouverture du Tannhâuser, la Marche Hongroise de\nla Damnation de Faust,la Ve de Beethoven,\nla Rapsodie Norvégienne,de Lalo, et\nl'Asie Centrale,de Borodine. Le rapprochement en un même\njour de ces deux derniers ouvrages, si opposés en leur cons-\ntruction technique, nous a amenés cependant à constater\nl'heureuse universalité de l'expression musicale, qui fait que\nle musicien sensible se laisse aller presque aux mêmes accents,\nsoit qu'il se trouve perdu dans la solitude glaciale des fjords,\nsoit qu'il erre au milieu du désert aride. Les plaintes qu'exhale\nson âme angoissée se ressemblent étrangement. Par un sou-\nvenir ému à la mémoire de C. Franck, Mme Bureau-Berthelot\nnous a fait pénétrer tout le mysticisme qui enveloppe la\nProcession du maître disparu, et où celui-ci nous a laissé un\npeu de son âme si mystérieuse. Au même concert, il nous\nfut donné d'applaudir M. André Dorival, pianiste conscien-\ncieux, dans l'exécution du Scherzo en si mineur de Chopin, et\ndans une Etude en forme de valse de C. Saint-Saëns."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c108", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.15", "titre_corps": "MATINEES POPULAIRES ET MUSICALES", "titre_sommaire": "MATINEES POPULAIRES ET MUSICALES", "signature_source": "M. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.94", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "MATINEES POPULAIRES ET MUSICALES\nM. D.\nBrillante réouverture des Matinées Populaires et Musi-\ncales (Fondation Danbé) à l'Ambigu. La séance était consa-\ncrée aux œuvres de MM. Saint-Saëns et Messager.\nUn ténor à la voix charmante, M. Francell, se fit appré-\ncier dans des fragments de Fortunio et de la Basoche qu'il\nchanta avec beaucoup de grâce. Mlle Mariette Sully et\nM. Jean Périer interprétèrent excellemment deux ravissants\nduos de Véronique qui furent bissés. La ligne mélodique des\nœuvres de M. Messager est exquise ; gracieuse, aisée, souple,\ndistinguée sans effort, elle conquiert tous ses auditeurs. Sou-\ntenu d'harmonies délicates et choisies, elle est une fête pour\nl'oreille. On le vit bien à cette matinée où un public sincère\nne cessa de l'applaudir. En personne, M. Messager avait con-\nsenti à accompagner au piano tous les artistes. Mlle Bakkers,\nau pur soprano, eut pour partenaire M. Reynaldo Hahn\nprésident de la Société qui avait consenti à remplacer une\nartiste absente. Il chanta avec un tact parfait, une élégance\net une science musicale accomplies le duo d que tous\ndeux durent redire.\nLe Trio en fa de Saint-Saëns mit en valeur Mlle Vi zen tin,\nau piano. Le Septuor du même maître réunissant le quatuor\nSoudant, M. Yves Nat, l'excellent trompette Yvain, et\nM. Delahègne valut aux artistes des bravos méiités."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c110", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.16", "titre_corps": "EGLISE DE LA SORBONNE", "titre_sommaire": "EGLISE DE LA SORBONNE", "signature_source": "G. A", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.94", "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "EGLISE DE LA SORBONNE\n\nSous la direction de M. Paul de Saunières, l'Association\ndes concerts spirituels de la Sorbonne a fait entendre au\nmois de novembre lamesse de Franck et\nLa messe n'est pas la meilleure des grandes œuvres du\nmaître ; ses rides sont visibles ; elle date de 1861, de l'époque\noù César Franck mûrissait son génie dans le recueillement\net se consacrait tout entier à son service paroissial. Elle paraît\nsurtout aujourd'hui trop éloignée des idées régnantes sur le\nrôle liturgique de la musique d'église : Franck, mort avant la"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.95", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "restauration de l'idéal grégorien, a ignoré des trésois qu il\neût su, mieux que personne, mettre en valeur. Aussi sa messe,\nsi heureusement parfois qu'elle exprime la sincère piété du\nmaître, reste une œuvre religieuse de concert : une messe\nd'après-midi.\nQuant à Rebecca, cette cantate plus jeune de vingt ans,\nrenferme, à côté de quelques banalités, des pages d une fraî-\ncheur ingénue et aussi d'un charme piquant, le\nchœur des chameliers, où se retrouve la transposition à la\ntierce lydienne, si chère au père Franck.\nL'exécution a été fort honorable, surtout du côté des\nchœurs. Le célèbre Panis angelicus, agréablement soupiré\npar le violoncelle de M. Giirt et la voix de M. Viannenc, a\nremporté son succès ordinaire.\nCette première séance de l'année fait bien des\nsuivantes ; les exécutions de la Sorbonne méritent d'être\nsuivies avec intérêt.\n\nG. A."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.17", "titre_corps": "SOCIETE BACH", "titre_sommaire": "SOCIETE BACH", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.95", "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "SOCIETE BACH\nLe premier concert de la saison nous a fait entendre la\nPassion selon saint Jean, et nous a permis d'apprécier les\ngrands progrès accomplis par les chœurs pour la précision des\nattaques et l'unanimité de l'expression. Parmi les solistes,\nMme Mellot-Joubert, seule Française, a chanté en allemand\ncomme les autres, mais a gardé la pureté de sa voix cristalline.\nMme Altmann-Kuntz, de Strasbourg, a un beau timbre\nd'alto, et chante avec une simplicité qui prouve que tout\nn'est pas encore allemand dans le territoire annexé.\nM. Walter, de Berlin, joint au contraire à un profond sentiment\nmusical une indécision d'attaque qui suffirait à dénoncer sa\npatrie. M. Zalsman, d'Amsterdam, lui est inférieur pour le\nstyle, mais sa voix de basse est fort belle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c114", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c114", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.18", "titre_corps": "M. George Walter, l'excellent ténor, a eu les honneurs de", "titre_sommaire": "M. George Walter, l'excellent ténor, a eu les honneurs de", "signature_source": "F. 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Ce sont des merveilles. Le piemier Concerto\nBrandebourgeois, pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon et orchestre, est une de ces œuvres qu'on ne se lasse\npas d'entendre. La sonorité en est ravissante, surtout dans\nle Menuet et la Polacca. Il a été fort bien joué et en particu-\nlier par les hautbois et les cors.\nCe fut donc encore une intéressante soirée. Que M. Bret\nnous permette cependant une critique. Pourquoi fait-il dou-\nbler les violoncelles et contrebasses par un piano ? C'est une\ninnovation peu heureuse. Mieux vaudrait augmenter le\nnombre des contrebasses qui est insuffisant que de s'écarter\ndes intentions du maître.\n\nF. G."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c116", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.19", "titre_corps": "LE CONCERT-ROUGE", "titre_sommaire": "LE CONCERT-ROUGE", "signature_source": "H. Guérin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.96", "debut_caractere": 967, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "LE CONCERT-ROUGE\n\nLe Concert-Rouge, après un long séjour à Ostende, a ou-\nvert ses portes le ler octobre et retrouvé son habituel succèe.\nIl est maintenant sous la direction de MM. Rabani et André\nde Léris, ce dernier ayant remplacé M. Doire, mais celui-ci\nn'a pas abandonné complètement son bâton de chef d'or-\nchestre. En octobre, il a conduit, devant une salle comble,\nun grand festival de musique russe, avec, au programme,\nla Pathétique de Tchaïkowsky, Antar et le Capriccio espa-\ngnol de Rimsky-Korsakow, l'Ouverture sur trois thèmes russes\nde Balakirew et cette belle page symphonique dans laquelle\nBorodine décrit l'immensité désolée des steppes de l'Asie\nCentrale.\nLe 24 novembre, il a dirigé également un très intéressant\nconcert où figurait Mlle Hatto qui a chanté, avec un art con-\nsommé, les deux admirables airs du lel1e1 acte de de\nGluck : Non, ce n'est pas un sacrifice, et Divinités du Styx."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.97", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1817, "texte": "Le 20 du même mois, dans un festival Wagner dirigé par\nM. Rabani et rehaussé du concours de M. de Clavet-Dalnert\npour la partie vocale, on avait entendu l'Ouverture du\nseau Fantôme, le Prélude et la Mort d'Yseult, les Murmures\nde la Forêt de Siegfried,la Marche funèbre du\ndes Dieux et la Mort de Brunehilde.\nLe vaillant orchestre de la rue de Tournon ne prétendait\névidemment pas faire oublier les masses instrumentales de\nBayreuth ou même de l'Académie Nationale. Mais il donna\nun dessin assez net des vastes compositions du maître alle-\nmand. Il était, du reste, renforcé, en cette circonstance, d'un\ntrombone et d'une harpe.\nNous sommes obligés de mentionner plus brièvement\nque nous ne le voudrions le succès triomphal du concert\ndonné par M. Raoul Pugno et dans lequel le maître inter-\npréta si artistiquement un concerto de Mozart. Une soirée\naussi très agréable lut celle du 26 novembre où l'on entendit\nMlle Suzanne Decourt dans l'air célèbre de Castor et Pollux :\nTristes apprêts, pâles flambeaux,et dans deux mélodies de\nSchumann, tandis que la violoniste, Mlle Anna Hegner, jouait,\ndans un bon style, le concerto en de Beethoven et un menuet\nde Raft.\nIl convient de féliciter M. Rabani pour son poème sym-\nphonique, les Lins en fleurs,composé sur une poésie d'André\nTheuriet, qu'il nous donna, le 27 novembre, avec Mme Cla-\nvet-Dalnert pour interprète. Félicitations aussi pour l'idée\nde consacrer à Beethoven et à Mozart les premier et troi-\nsième jeudis des matinées de musique de chambre. Les au-\ntres matinées sont réservées aux maîtres plus modernes.\nParmi celles-ci, signalons, en terminant, la séance du 26 no-\nvembre où nous avons applaudi, dans les œuvres de Schu-\nmann et Ravel, Mme Bureau-Berthelot et Mlle Lily Las-\nkine, premier prix de harpe.\n\nH. Guérin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c118", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c118", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.20", "titre_corps": "société des professeurs de musique, dont notre confrère", "titre_sommaire": "société des professeurs de musique, dont notre confrère", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.97", "debut_caractere": 1819, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "société des professeurs de musique, dont notre confrère\nM Landormy est le secrétaire, organise pour le 22 janvier, à 9 heures, salle\nd Horticulture, avec le concours de Mesdemoiselles Pironnay, Madame\nan ormy, MM. Plamondon, Jan Reder, et du quatuor Parent, un concert\nœuvres de Paul Dupin, dont nous tenons à signaler l'intérêt à nos lecteurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c119", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.21", "titre_corps": "Société Philharmonique.", "titre_sommaire": "Société Philharmonique.", "signature_source": "L. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.98", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "Société Philharmonique.\nL. M.\nNous avons eu trois intéressantes séances de la Société Philharmonique.\nM. Félix Senius, qui chantait Schubert, Wolf et R. Strauss au concert du\n24 novembre, pousse à l'excès l'artifice allemand: sa voix, solide par elle-\nmême, est serrée, étriquée, et la diction est indistincte. Une nouvelle\nsociété, qui, sous le nom de Decem, associe un quintette à cordes et un\nquintette à vents, prenait part à ce même concert, et ce fut un très beau\ndébut, grâce au talent de son premier violon M. Charles Herman, à l'Octette\nde Schubert, et au Quintette de C. Chevillard, œuvre solide, sobre, vigou-\nreuse, où l'auteur, au piano, s'est montré maître de sonorités exquises. Le\nSextuor de Thuille est une œuvre peu originale, lourde autant que les mains\nde M. Dumesnil. Les deux aubades de Lalo sont charmantes.\nLa seconde séance nous a présenté le quatuor de Francfort, un groupe\nartistique, extrêmement homogène. Ce sont là quatre musiciens d'un goût\nsûr. Leurs sonorités très fondues, leur jeu parfaitement nuancé, font de cet\nensemble un premier de ce genre en Europe.\nL'audition du 15 décembre a été un succès pour le baryton Clark et le\npianiste Busoni. Ovations, rappels, acclamations, tout montrait combien le\npublic était heureux d'entendre ces deux grands artistes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c121", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.22", "titre_corps": "FONDATION BACH", "titre_sommaire": "FONDATION BACH", "signature_source": "J. 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Tiersot conduisait l'orchestre d'une allure franche et\nvigoureuse.\nA l'exception de M. Panneton, qui possède une voix trop rigide pour un\nair de belcanto du XVIIIe siècle, l'ensemble a donné l'impression de stabi-\nlité, de vigueur et de richesse que le vieux maître polyphone apporte\ntoujours dans nos Concerts. Il me semble pourtant que l'enthousiasme de\nM. Bouvet doit un jour parvenir à nous montrer de la musique de Bach,\nautre chose que les fondations, si je puis me permettre ce jeu de mot. La\nremise sur pied dans l'œuvre de Bach, commencée par Mendelssohn, et pour-\nsuivie par cinquante ans d'efforts, est maintenant achevée. Le colosse est\ndebout, il faut le rendre à la vie. Chez M. Bouvet, comme à la Schola,\ncomme presque partout où nous entendons du Sébastien Bach, il semble que\nla mise au point soit atteinte lorsque l'exécution tombe d'aplomb, lorsque les\nrentrées sont justes, les principales nuances établies, les cadences ralenties,\nles intonations assurées, en un mot, lorsque l'intrigue de cette musique com-\nplexe est rendue claire à l'auditeur."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.99", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "Comment ne voit-on pas que ce ne sont là que des qualités à peu près\nnégatives? Nous sommes suffisamment au fait du style de Bach aujourd hui\npour en pénétrer l'éthos,pour en rendre la valeur sentimentale. Nous devons\nen quelque sorte dominer notre sujet, et n'être pas accablés sous le poids de\nces partitions. Nous devons nous mouvoir avec aisance parmi ce dédale de\nla musique, et non pas comme des soldats à la manœuvre. Mme Mellot-\nJoubert est presque arrivée, dans certains de ses airs, à donner cette\nimpression de spontanéité que doit avoir toute musique pour toucher un\npublic. Mais que de réserve encore dans ses récits qui s accrochent désespé-\nrément aux temps forts de la mesure rigide ! Est-ce là cette déclamation souple\net vive pour laquelle le stylo recitativoavait été créé? De même l'admi-\nrable trio (hautbois, violon et violoncelle), qui entoure les nouveaux époux\nd'une atmosphère mystique, et qui transporte la musique elle-même dans les\nrégions où tout s'efface, où tout s'apaise, où la voix s'éteint... il ne suffît\npas d'en faire une conversation à trois interlocuteurs, où chacun place sa\nnote et son trait dans l'ordre voulu. C'est l'extase, et l'heure exquise, dont il\nfaut rendre ici toute la poésie subtile. Alors la voix d'une grande interprète\ncomme l'est Mme Mellot-Joubert, pourra se détacher sur ce clair-obscur,\net l'auditoire frissonnera devant cet apaisement, qui cherche à exprimer par\ndes sons le silence des deux âmes unies. Que ne donnerait-on pas en vérité,\npour une audition de Bach, où l'émotion reprendrait sa place, toute sa\nplace !\nMes excellents collègues MM. Tiersot et Bouvet ne m'en voudront pas\nde dire ainsi ce que je pense. Un organisme comme la Fondation Bach\nn'est pas un office de Concerts, mais en quelque sorte un laboratoire de\nmusicologie. A côté des leçons et des livres d'érudition, les Concerts Bouvet\nreprésentent nos travaux pratiques;ils cherchent l'application et la vérifi-\ncation des méthodes qui se précisent peu à peu de toutes parts, et qui don-\nneront un jour, aux auditions de musique ancienne, un caractère de per-\nfection auquel elles n'ont pu atteindre jusqu'ici. Ces recherches, je suis\ncertain que la Fondation Bach les poursuivra avec succès, et sera des pre-\nmières à les réaliser.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c123", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c123", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.23", "titre_corps": "CONCERT VAN BAERENTZEN", "titre_sommaire": "CONCERT VAN BAERENTZEN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.99", "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "CONCERT VAN BAERENTZEN\nMlle Aline Van Baerentzen, pianiste, âgée de 11 ans, a donné, le\n14 décembre, salle des Agriculteurs, un concert dont le succès fut très\ngrand et très mérité. Cette jeune artiste, descendante de C.-M. de Weber,\npossède les qualités les plus précieuses et les plus rares: le charme, l'élé-\ngance, la simplicité. Sa musicalité précoce est encore plus séduisante que\nsa virtuosité déjà parfaite. Parmi les pièces de son très intéressant pro-\ngramme, la 3me Ballade de Chopin fut exécutée avec un sentiment exquis\ndes nuances et du rythme. La plus brillante carrière s'ouvre devant\nMlle Van Baerentzen."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c125", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c125", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.24", "titre_corps": "UNE CAUSERIE DE M. IMBART DE LA TOUR", "titre_sommaire": "UNE CAUSERIE DE M. IMBART DE LA TOUR", "signature_source": "H. de C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.100", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "UNE CAUSERIE DE M. IMBART DE LA TOUR\nH. de C.\nParmi les causeries-auditions qu'organise chaque samedi, au Théâtre\nAntoine, à 5 heures, la Société de l'His une surtout nous\nattirait comme intéressant spécialement la musique, et se rattachant d'ailleurs\nà une étude que nous avons publiée ici même : la causerie de M. Imbart de la\nTour sur l'opéra français des XVIIe et XVIIIe siècles (Samedi 5 décembre).\nElle n'offrait pas seulement l'attrait d'une parole facile et spirituelle, docu-\nmentée d'observations curieuses, d'anecdotes piquantes, de souvenirs aussi.\nElle comportait une série de projections, dues à la maison Pathé et fort\nadroitement faites, d'après des dessins originaux, des costumes et des décors,\ndes tableaux, des portraits, des modèles de machinerie, conservés au Musée\nde l'Opéra. Elle nous a fait entendre encore M. Imbart de la Tour comme\nchanteur (dans le fameux air dVlfys: « Atys est trop heureux!... » et dans\ncelui de Pylade, dlphigénie en Tauride : « Unis dès la plus tendre\nenfance »), et plusieurs jeunes artistes de nos théâtres: Mme Le Senne et\nM. Duclos, de l'Opéra (l'une dans le premier air à'l phi génie en Tauride et\ncelui d'Alceste: « Divinités du Styx », l'autre dans l'air de Blondel, de\nRichard Cœur de Lion)ainsi que Mlle Gaby-Boissy et M. Defreyn, des\nBouffes (la première dans l'ariette de l'Amour, d et\ndans celle de l'Amour, d'Orphée, le second dans deux vieilles chansons\nrecueillies par Weckerlin).\nM. Imbart de la Tour a surtout parlé de la fondation de l'Opéra, de son\norganisation, de ses premiers artistes, de leur façon de chanter, de se cos-\ntumer, d'agir en scène, du récitatif de Lulli, des difficultés toutes particu-\nlières que rencontre aujourd'hui, avec nos conceptions et nos goûts\nmodernes, l'interprétation de cette musique... enfin de l'évolution qui amena\nGluck après Rameau. Sa causerie (qu'il venait de faire à Bruxelles avec un\nvif succès) serait tout à fait parfaite si les projections et surtout les auditions\npouvaient faire davantage corps avec elle, faire partie de sa démonstration\net suivre rigoureusement l'ordre chronologique. Mais il est vrai que la chose\nest difficile, un conférencier ignorant en général jusqu'au dernier moment\nsi ses interprètes n'auront pas eu quelque empêchement de la dernière\nheure (ce qui est justement arrivé cette fois), et ne pouvant guère compter\npartout sur les mêmes morceaux exécutés. C'est dommage, car il y aurait\nun réel intérêt à rapprocher et à opposer ces morceaux par un bref com-\nmentaire et M. Imbart de la Tour est plus qualifié que quiconque pour le\nfaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c127", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c127", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.25", "titre_corps": "Notre collègue, M. D. Calvocoressi, inaugure dans 1 une série", "titre_sommaire": "Notre collègue, M. D. Calvocoressi, inaugure dans 1 une série", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.100", "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "Notre collègue, M. D. Calvocoressi, inaugure dans 1 une série\nd'articles sur l'état présent de notre art lyrique au théâtre. La première de\nces études a pour titre: Faut-il subventionne"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c129", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c129", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.26", "titre_corps": "M. Amédée, le compositeur viennois bien connu, donnera, au mois", "titre_sommaire": "M. Amédée, le compositeur viennois bien connu, donnera, au mois", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.100", "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "M. 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D'autre part, les musiciens dont nous\nparlons sont de sa génération, et l'ont conséquemment ignoré\nà l'époque de leur formation.\nA cette catégorie appartient Lekeu, trop tôt disparu, dont\nla célèbre Sonate pour violon et ainsi que des partitions\nd'orchestre et mélodies resteront des plus remarquables\nproductions de la musique contemporaine.\nLes vivants, Vreuls, Jongen, Smulders, Mawet, Albert\nDupuis (auteur de Jean Michsel), François Rasse (auteur\nde Deïdamia),Radoux (le prix de Rome), écrivent avec\ntalent, dans la forme moderne, avec chacun une note person-\nnelle sans doute, mais que l'on désirerait plus accentuée.\nNous devons accorder ici mention spéciale à Emile Mathieu,\nun artiste de valeur, qu'une modestie exagérée tient trop\nsouvent dans la pénombre. Il est l'auteur de deux opéras\ntrès beaux : Richilde,représenté à la Monnaie, et que\ncréa Rose Caron ; et YEnfance de Roland. Aussi de remar-\nquables poèmes symphoniques, dans\nlesquels il a su, merveilleusement, évoquer les aspects rus-\ntiques et sylvestres."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c132", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c132", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.28", "titre_corps": "Quant au groupe flamand, qui doit tribut à Peter Benoît,", "titre_sommaire": "Quant au groupe flamand, qui doit tribut à Peter Benoît,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.102", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "Quant au groupe flamand, qui doit tribut à Peter Benoît,\nson fondateur, il suit le courant germanique.\nComme les Wallons, ces compositeurs ont certes une ori-\nginalité, mais ils sont dominés, peut-on dire, par les conceptions\nwagnériennes.\nJean Blockx, leur chef consacré (en date du moins), a vu\nson opéra Princesse d'Auberge,représenté à Paris. Tout\nrécemment, le théâtre flamand d'Anvers a donné Baldie, sa\ndernière œuvre. Il écrivit aussi un ballet, assez\ncaractéristique d'art flamand.\nPaul Gilson le suit immédiatement.\nLes compositions de M. Gilson sont foncièrement wagné-\nriennes, avec, semble-t-il, une teinte très prononcée de\n« slavisme ». Après Richard Strauss, il est peut-être le plus\nbrillant symphoniste, le plus « fort en thème » de l'époque.\nIl s'est affirmé par des œuvres largement conçues, telles que\nl'Oratorio de Francesca di Rimini, esquisses sympho-\nniques, exécutées à Paris, il y a quelques années déjà.\nS'il joignait, à sa profonde connaissance du contrepoint\net à sa science orchestrale plus d'émotion inspiratrice, il\nserait, sans contredit, un artiste des plus complets de notre\ntemps. Son opéra, Princesse Rayo dont le finale du\npremier acte (thème du sommeil) est particulièrement admi-\nrable, fut représenté à Anvers et au théâtre de la Monnaie.\nCitons encore, parmi ceux dont la personnalité s'est le\nplus accusée, Deboek, compositeur abondant d'un grand\nnombre de mélodies, pièces pour piano, chœurs, opéras,\nqui a remporté plusieurs succès au théâtre.\ncourt. Le songe d'une nuit d'hiver) Léon Dubois, auteur d'une\nbelle adaptation de l'œuvre poignante de Camille Lemonnier,\nle Mort ; Mortelmans, qui possède un beau talent de sympho-\nniste, et surtout de mélodiste, et aussi Charles Hénusse,\nle trop modeste virtuose, auteur de forts beaux lieds.\nLes autres, Danau, Delune, Lunssens, Ryelaudt, Alpaerts,\netc..., sont gens de talent réel, certes, et d'habile métier, mais\nqui, selon nous, n'offrent rien de transcendental.\nEdgard Tinel, l'auteur apprécié de et\nde Sainte-Godelière, occupe une place à part. La mémoire\naustère du grand J.-S. Bach le hante, et, tandis que l'œuvre\nde Paul Gilson, par exemple, est d'un matérialisme vibrant"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.103", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "et coloré, celle de M. Tinel est empreinte d'un mysticisme\nmajestueux, de la plus noble élévation, d'une belle concentra-\ntion de pensée.\nJe veux remarquer encore, parmi les jeunes qui s'im-\nposent d'ores et déjà à l'attention, en attendant la consécra-\ntion publique, Frémolle, Brusselmans, Eekhautte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c134", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c134", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.29", "titre_corps": "Telle nous apparaît la physionomie générale du", "titre_sommaire": "Telle nous apparaît la physionomie générale du", "signature_source": "René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.103", "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "René Lyr.\nTelle nous apparaît la physionomie générale du mouve-\nment musical belge présent. S'il est regrettable que nos\ncompositeurs ne soient pas plus originaux, les causes s'en\ntrouvent aisément dans le partage de sympathies latines et\nteutonnes.\nEn dépit des frontières, une grande affinité rapproche\nFrançais et Wallons, alors que les Flamands révèlent leur\nascendance germanique. Petit pays, petites mœurs; il semble\nd'autre part que nos artistes se sentent à l'étroit chez eux,\net point ne leur en faisons grief. A l'instar de ce qui s'était\nfait à Paris, un groupe de compositeurs s'étant formé, il y a\ndeux ans, n'a reçu jusqu'à présent le moindre encouragement\nni des autorités, ni du public. S'il est vrai que l'art n'a pas\nde patrie, il serait néanmoins souhaitable que les faveurs du\npouvoir fussent dispensées, chez nous, avec plus d'équité, et\nsans doute assisterions-nous alors à l'éclosion, au développe-\nment de plus nombreuses personnalités, dans la pure expression\nde la Beauté."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c136", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c136", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.10.30", "titre_corps": "LETTRE DE HOLLANDE", "titre_sommaire": "LETTRE DE HOLLANDE", "signature_source": "Nemo", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.103", "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "LETTRE DE HOLLANDE\n\nLa Haye,\nNotre saison théâtrale s'est ouverte à notre Opéra\nRoyal Français. Les débuts ont eu lieu sous d'heureux aus-\npices ;la plupart des pensionnaires de notre troupe vient\nd'être rencuvelée et les nouveaux débutants ont reçu pour la"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.104", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "plus grande partie bon accueil du public. A citer, en premier\nlieu et avant tout, le premier ténor de grand opéra, M. Dangely,\nun artiste hors ligne que l'on psut considérer comme une trou-\nvaille pour le théâtre de La Haye, et qui a été reçu avec accla-\nmations. La nouvelle partie féminine du personnel actuel est\ngrandement à louer aussi et notre galli-marié Mme Cortez,\nles falcons, Mmes d'Hormière et Alys Lorraine, les premières\nchanteuses légères, Mmes Simone d'Arnaud et Dina Beumer,\nont toutes brillamment réussi. Une artiste de l'année dernière,\nle contralto'' Mme Hendrickx, a fait une rentrée triomphale.\nParmi les chanteurs se sont distingués avant tout MM.Rooser,\nbaryton de grand opéra, Burke, basse noble, Draine, basse\nchantante, Lacoste, ténor léger, Roussel, trial, Thirel, premier\nbaryton et Montano, second baryton. Les deux chefs d'orchestre\nMM. Bastide et Lecocq, les mêmes de l'année dernière, ont été\nrevus avec grand plaisir. Comme ballet-divertissement, M. Au-\nbert, maître de ballet, Mlles Raulin et Judit Dauling, premières\ndanseuses, et nn corps de ballet de seize coryphées.\nDepuis la réouverture de la saison, et pour les débuts des\nnouveaux pensionnaires, ont été représentés jusqu'ici comme\ngrands opéras : Samson et Dalila, de Saint-Saëns, Faust, de\nGounod et La Juive,d'Halévy ; comme opéras-comiques et\nautres : Carmen de Bizet, Lakmé, de Delibes,\nde Massenet, Mignon,de Thomas et de Gounod.\nEnsuite la diva Sigrid Arnoldson, une éternelle charmeuse\nqui fait toujours les délices de notre public, est venu donner des\nreprésentations avec son succès traditionnel, et l'on attend dans\nle courant de la saison en représentation la célèbre chanteuse\nitalienne Gemma Bellincioni, qui a déjà obtenu ici, il y a deux\nans, un succès d'enthousiasme. Nous reviendrons en détail sur les\nfaits et gestes de notre théâtre, quand la nouvelle troupe se\nsera consolidée et que ses représentations auront offert quelque\nchose d'intéressant.\nPour en venir à l'avalanche de concerts, par laquelle nous\nsommes menacés, commençons par signaler le premier des dix\nconcerts, donné par Willem Mengelberg et son admirable\norchestre, qui a pris les proportions d'un véritable événement,\net où l'on a fait à l'éminent kapellmeister une ovation enthou-\nsiaste exceptionnelle. Le programme orchestral de ce concert\nse composait de Y Ouverture Léonore n° 111, de Beethoven, de"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.105", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1366, "texte": "la Musique de Danse de Salomé,de Richard Strauss, de\net Eros,de César Franck et de Y\nde Hector Berlioz. Exécution superbe, hors ligne, de tous ces\nouvrages, enthousiasme sensationnel pour Mengelberg et sa\nvaillante phalange orchestrale, surtout après l'œuvre immor-\ntelle de Beethoven. Comme soliste à ce concert, c'est l'éminent\nvioloniste parisien, M. Jacques Thibaud, un des plus grands\nviclonistes cle notre époque, qui a mis le nombreux auditoire\nen ébullition par la perfection idéale avec laquelle il a exécuté\nla Symphonie Espagnole, de Lalo et le Konzertstùck, de Saint-\nSaëns.\nParmi les nombreux concerts donnés encore, n'oublions\npas surtout de citer celui donné par notre éminente cantatrice\nMme Noordewier-Reddingius et son accompagnateur, le pianiste\nJulius Rôntgen, devant un auditoire artistique d'élite. Mme\nNoordewier a chanté avec son beau style classique un Air\nd'Acis ot Galathea de Hœndel, une cantate de Mozart, des Lieder\nde Schumann et des Lieder Néerlandais. Le pianiste,M. Rôntgen,\na joué lui aussi quelques morceaux qui n'ont pas provoqué\nun bien grand enthousiasme.\nJ'aurais encore à dire quelques mots sur les représentations\nd'un nouvel Opéra Néerlandais, dirigé par Mlle Cateau Esser,\nmais ses auditions théâtrales m'ont paru si peu intéressantes\nque je préfère ne pas m'étendre à ce sujet.\n\nNemo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c138", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c138", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.11", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "7\n\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\n\nASSEMBLEE GENERALE DU 28 NOVEMBRE\nLa section de Paris a tenu son assemblée générale annuelle\nchez M. M. Gaveau, le 28 novembre, sous la présidence de\nM. POIRÊE, président.\nLa séance est ouverte à 4 heures un quart. Etaient pré-\nsents : MM. Malherbe, Prod'homme, Ecorcheville, L. de la\nLamencie, Laloy et Aubry, membres du comité. Mmes Fou-\nquier, Daubresse, Wiener-Newton, Pereira et Brenet ; MM.\nRuelle, de Marsay, Gariel, Baudin, Prunières, Greilsamer,\nCharrier, Boschot, Guérillot, Allix, Bouvet, Pirro, Lefeuve,\nHenri-Martin, M. Laugier et A. Laugier.\nExcusés : Mme Filliaux-Tiger, MM. Diolez et Tuder.\nLe secrétaire donne lecture du procès-verbal de la der-\nnière assemblée générale, qui est approuvé.\nIl présente la démission de notre collègue Arthur Pougin,\nque son âge et sa santé empêchaient depuis quelque temps\ndéjà de prendre part à nos travaux et qui se trouve dans\nl'impossibilité d'assister désormais à nos séances.\nLes candidatures suivantes sont mises aux voix et adop-\ntées à l'unanimité :\nM. GANDILLOT, présenté par MM. Laloy et Ecorcheville.\nMlle G. CHEVALLET, présentée par MM. J. d'Udine et\nEcorcheville.\nM. Albert TROTROT, présenté par MM. Laloy et Ecorche-\nville.\nLe président rend compte des travaux de la section pen-\ndant cette année 1907-1908. Le secrétaire et le trésorier sou-\nmettent leur rapport à l'assemblée qui les ratifie.\nIl est ensuite procédé à l'élection du comité et du pré-\nsident sortant, M. Poirée ne se représentant pas. Le scrutin\ndonne les résultats suivants :"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.107", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "Président : Charles Malherbe.\nVice-président : Jules Ecorcheville.\nSecrétaire :J.-G. Prod'homme.\nTrésorier : Louis Laloy.\nArchiviste : L. de La Laurencie.\nMembres : Pierre Aubry et Adolphe Boschot.\nAprès \"une courte allocution du nouveau président,\nla séance est levée à 5 h. 45.\nLa séance mensuelle de décembre n'a pu avoir lieu par\nsuite de l'indisposition de plusieurs de nos collègues.\n\nCONGRÈS DE VIENNE\nL'organisation du Congrès de la S. I. M. au mois de mai est définiti-\nvement fixé comme suit :\nCOMITE EXÉCUTIF\nPrésident: S. E. Mgr L. MAYER, aumônier et conseiller intime de S. M.\nl'Empereur.\nVice-Président :M. le Dr GUIDO ADLER, professeur à l'Université de\nVienne.\nSecrétaires : MM. le DR HUGO BOTSTIBER, et le DR ERWIN LUNTZ.\nMembres :\nReprésentant du Gouvernement:DR KARL RITTER VON WIENER, président\nde l'Académie des Beaux-Arts.\nPrésident du Comité financier: Dr ALEXANDER SPITZMULLER, directeur à\nl'Administration provinciale des Finances.\nPrésident du Comité des auditions: Baron WILHELM WECKBECKER, con-\nseiller aulique et directeur à la Chancellerie du grand chambellan\nde S. M.\nPrésident du Comité des Fêtes: Comte JULIUS SEILERN.\nPrésident du Comité de la Presse: BALDUIN BRICHT, président de l'Asso-\nciation des critiques musicaux de Vienne.\nBUREAU DU CONGRES\nPrésident: M. le professeur GUIDO ADLER.\nVice-Présidents: M. le professeur VICTOR EDLER VON LANG, secrétaire\nperpétuel de l'Académie des Sciences. M. le DR FRÉDÉRIC JOLD,\nprofesseur de l'Université à Vienne.\nSecrétaires : MM. le DR ADOLPH KOCZIRZ, le DR OSCAR THALBERG, et L.-H.\nPERGER."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.108", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "Membres: MM. le professeur OSWALD KOLLER, DR ERWIN LUNTZ, pro-\nfesseur E. MANDYCZEWSKI, DR JOSEPH MANTUANI, professeurs J.\nPOMMER, RICHARD ROBERT, professeur W. SCHMIDT, Mgr KARL\nSCHNABL, professeurs A.-W. RITTER VON WEILEN, FÉLIX VON WEIN-\nGARTNER, professeur W.-A. WITZ-OBERLIN.\n\nPROGRAMME DES SÉANCES ET DES AUDITIONS\nMARDI 25 MAI à 9h. Séance du Comité Central du Congrès.\nà 10 h. Festmesse de J. Haydn, exécutée par la Cha-\npelle Impériale et Royale.\nà 4 h. Séance du Comité général et de la Com-\nmission de rédaction de la Société Inter-\nnationale.\nMERCREDI 26 MAI à 10 h. Ouverture du Congrès.\nà 12 h. Festival Haydn.\nAprès-midi. Séance générale du Congrès et\nconstitution des sections.\nJEUDI 27 MAI Matin et après-midi. Séances des sections.\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nà 6 h. Grand concert historique.\nVENDREDI 28 MAI Matin. Séances des sections.\nMidi. Audition historique de musique de\nchambre.\nAprès-midi. Séances des sections et du\nComité général de la Société.\nà 6 h. Les Saison\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nAprès-midi. Séance de clôture du Congrès\net assemblée générale de la Société.\nSoir. Opéra.\nPlusieurs réceptions et soirées sont prévues et seront annoncées ulté-\nrieurement. En outre, les membres du Congrès visiteront officiellement un\ncertain nombre de monuments, musées (relatifs à la musique) de la ville\nde Vienne et des environs.\nLa direction des auditions sera confiée à MM. F. von Weingartner,\ndirecteur de l'Opéra, Lutze, F. Schalk, F. Loewe compositeur, Erof, E.\nThomas.\nElles auront lieu avec le concours de la Chapelle Impériale, de la phil-\nharmonique Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde, de la Singaka-\ndemie, du Wiener Maennergesangverein, du Schubertbund, de Va-Capella-\nChor, du Quatuor Rosé,du Quatuor de MM. Joh Meschaest, Félix\nSenius, etc., etc...\nNous annoncerons ultérieurement toute une série de concerts et de fêtes,\nqui auront lieu cet hiver et au printemps de I9°9> en l'honneur de Haydn."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c139", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c139", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.11.1", "titre_corps": "ASSEMBLEE GENERALE DU 28 NOVEMBRE", "titre_sommaire": "ASSEMBLEE GENERALE DU 28 NOVEMBRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "7"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.106", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "ASSEMBLEE GENERALE DU 28 NOVEMBRE\nLa section de Paris a tenu son assemblée générale annuelle\nchez M. M. Gaveau, le 28 novembre, sous la présidence de\nM. POIRÊE, président.\nLa séance est ouverte à 4 heures un quart. Etaient pré-\nsents : MM. Malherbe, Prod'homme, Ecorcheville, L. de la\nLamencie, Laloy et Aubry, membres du comité. Mmes Fou-\nquier, Daubresse, Wiener-Newton, Pereira et Brenet ; MM.\nRuelle, de Marsay, Gariel, Baudin, Prunières, Greilsamer,\nCharrier, Boschot, Guérillot, Allix, Bouvet, Pirro, Lefeuve,\nHenri-Martin, M. Laugier et A. Laugier.\nExcusés : Mme Filliaux-Tiger, MM. Diolez et Tuder.\nLe secrétaire donne lecture du procès-verbal de la der-\nnière assemblée générale, qui est approuvé.\nIl présente la démission de notre collègue Arthur Pougin,\nque son âge et sa santé empêchaient depuis quelque temps\ndéjà de prendre part à nos travaux et qui se trouve dans\nl'impossibilité d'assister désormais à nos séances.\nLes candidatures suivantes sont mises aux voix et adop-\ntées à l'unanimité :\nM. GANDILLOT, présenté par MM. Laloy et Ecorcheville.\nMlle G. CHEVALLET, présentée par MM. J. d'Udine et\nEcorcheville.\nM. Albert TROTROT, présenté par MM. Laloy et Ecorche-\nville.\nLe président rend compte des travaux de la section pen-\ndant cette année 1907-1908. Le secrétaire et le trésorier sou-\nmettent leur rapport à l'assemblée qui les ratifie.\nIl est ensuite procédé à l'élection du comité et du pré-\nsident sortant, M. Poirée ne se représentant pas. Le scrutin\ndonne les résultats suivants :"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.107", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 426, "texte": "Président : Charles Malherbe.\nVice-président : Jules Ecorcheville.\nSecrétaire :J.-G. Prod'homme.\nTrésorier : Louis Laloy.\nArchiviste : L. de La Laurencie.\nMembres : Pierre Aubry et Adolphe Boschot.\nAprès \"une courte allocution du nouveau président,\nla séance est levée à 5 h. 45.\nLa séance mensuelle de décembre n'a pu avoir lieu par\nsuite de l'indisposition de plusieurs de nos collègues."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c141", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c141", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.11.2", "titre_corps": "CONGRÈS DE VIENNE", "titre_sommaire": "CONGRÈS DE VIENNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.107", "debut_caractere": 428, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "CONGRÈS DE VIENNE\nL'organisation du Congrès de la S. I. M. au mois de mai est définiti-\nvement fixé comme suit :\nCOMITE EXÉCUTIF\nPrésident: S. E. Mgr L. MAYER, aumônier et conseiller intime de S. M.\nl'Empereur.\nVice-Président :M. le Dr GUIDO ADLER, professeur à l'Université de\nVienne.\nSecrétaires : MM. le DR HUGO BOTSTIBER, et le DR ERWIN LUNTZ.\nMembres :\nReprésentant du Gouvernement:DR KARL RITTER VON WIENER, président\nde l'Académie des Beaux-Arts.\nPrésident du Comité financier: Dr ALEXANDER SPITZMULLER, directeur à\nl'Administration provinciale des Finances.\nPrésident du Comité des auditions: Baron WILHELM WECKBECKER, con-\nseiller aulique et directeur à la Chancellerie du grand chambellan\nde S. M.\nPrésident du Comité des Fêtes: Comte JULIUS SEILERN.\nPrésident du Comité de la Presse: BALDUIN BRICHT, président de l'Asso-\nciation des critiques musicaux de Vienne.\nBUREAU DU CONGRES\nPrésident: M. le professeur GUIDO ADLER.\nVice-Présidents: M. le professeur VICTOR EDLER VON LANG, secrétaire\nperpétuel de l'Académie des Sciences. M. le DR FRÉDÉRIC JOLD,\nprofesseur de l'Université à Vienne.\nSecrétaires : MM. le DR ADOLPH KOCZIRZ, le DR OSCAR THALBERG, et L.-H.\nPERGER."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.108", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "Membres: MM. le professeur OSWALD KOLLER, DR ERWIN LUNTZ, pro-\nfesseur E. MANDYCZEWSKI, DR JOSEPH MANTUANI, professeurs J.\nPOMMER, RICHARD ROBERT, professeur W. SCHMIDT, Mgr KARL\nSCHNABL, professeurs A.-W. RITTER VON WEILEN, FÉLIX VON WEIN-\nGARTNER, professeur W.-A. WITZ-OBERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c143", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c143", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.11.3", "titre_corps": "PROGRAMME DES SÉANCES ET DES AUDITIONS", "titre_sommaire": "PROGRAMME DES SÉANCES ET DES AUDITIONS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.108", "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "PROGRAMME DES SÉANCES ET DES AUDITIONS\nMARDI 25 MAI à 9h. Séance du Comité Central du Congrès.\nà 10 h. Festmesse de J. Haydn, exécutée par la Cha-\npelle Impériale et Royale.\nà 4 h. Séance du Comité général et de la Com-\nmission de rédaction de la Société Inter-\nnationale.\nMERCREDI 26 MAI à 10 h. Ouverture du Congrès.\nà 12 h. Festival Haydn.\nAprès-midi. Séance générale du Congrès et\nconstitution des sections.\nJEUDI 27 MAI Matin et après-midi. Séances des sections.\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nà 6 h. Grand concert historique.\nVENDREDI 28 MAI Matin. Séances des sections.\nMidi. Audition historique de musique de\nchambre.\nAprès-midi. Séances des sections et du\nComité général de la Société.\nà 6 h. Les Saison\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nAprès-midi. Séance de clôture du Congrès\net assemblée générale de la Société.\nSoir. Opéra.\nPlusieurs réceptions et soirées sont prévues et seront annoncées ulté-\nrieurement. En outre, les membres du Congrès visiteront officiellement un\ncertain nombre de monuments, musées (relatifs à la musique) de la ville\nde Vienne et des environs.\nLa direction des auditions sera confiée à MM. F. von Weingartner,\ndirecteur de l'Opéra, Lutze, F. Schalk, F. Loewe compositeur, Erof, E.\nThomas.\nElles auront lieu avec le concours de la Chapelle Impériale, de la phil-\nharmonique Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde, de la Singaka-\ndemie, du Wiener Maennergesangverein, du Schubertbund, de Va-Capella-\nChor, du Quatuor Rosé,du Quatuor de MM. Joh Meschaest, Félix\nSenius, etc., etc...\nNous annoncerons ultérieurement toute une série de concerts et de fêtes,\nqui auront lieu cet hiver et au printemps de I9°9> en l'honneur de Haydn."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c145", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c145", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 109, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.12", "titre_corps": "Publications Récentes", "titre_sommaire": "Publications Récentes", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.109", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "Publications Récentes\nMOZART. Ein Notenbuch Wolafgangs, publié par le DR Schunemann.\ni vol. in-40 obi. de 50 pages (Breitkopf & Haertel, 1908, 3 mk. Edition\nde luxe, 15 mk).\nKALISCHER DR A. Chr.). L. van Beethovens saemtliche Briefe. 5 vol.\nin-8° (27,50 mk. Berlin Schuster & Loeffler).\nKALISCHER. C.-M. von Weber saemtlische Schriften. 1 vol. in-8° (14 mk.\nBerlin, Schuster & Loeffler).\nAlmanach de Genève,publié par l'lnstitut National Genevois. (1909» in-12).\nOLMEDA (F.). Folklore de Burgos.(Sevilla, in-40 de 220 p., 8 francs).\nPERREAU. La plurialité des Modes.(Fischbacher, in-8° 1908).\nORIANA MADRIGAL SOCIETY. Euterpe,collection of musik of the xvi* et\nxvii6 centuries. 1906-1908. Six volumes in-40 (Londres, Breitkopf).\nKENNEDY SCOTT. Madrigal singing, 1907, in-40 de 68 p. (Londres,\nBreitkopf). .\nGILMAN (Benjamin-Yves). Hopi Songs. Vol. V du Journal of american\nethnology and archeology, 1908, in-40 de 233 p. (Boston, Houghtoa\nMifflin Company).\nERGO (E.). Dans les propylées de l'instrumentation. (Fischbacher, 1908,\nin-80 de 270 p., 7 fr. 50).\nISTEL (DR 1.). Die Bluetezeit der musiklischen Romantik in Deutschland.\n(Lpz. Teubner, in-12 de 170 p. Mk. 1 fr. 25).\nCONDIS (J. Sancho). Escuela de doble (Barcelona Sancho Condis,\nin-fol., 12 francs).\nDEITERS-THAYER-RIEMANN. Beethoven's Leben, vol. I, 111, IV. (Lpz.\nBreitkopf, 1908, 3 vol. in-8°).\nVALLAS (Léon). La Musique à Lyon T. I.\nà l'Académie. (Ed. de la Revue Musicale de Lyon, 1908, in-40 de\n250 p., 7 fr. 50).\nSCHNEIDER (L.). Des Franzôsische Volkslied. (Berlin, Marquardt, in-12).\nLENZ (W. de). Beethoven et ses tro édition nouvelle par M. D.\nCalvocoressi (in-12, 6 francs. Paris, Legouix et Berlin, Leipmannssohn).\nALVAREZ (Juan). Origenes de la mu (Rosario de Santa-Fé.\n1908, in-8°).\nGASTOUÉ (Amédée). La psalmodie\n(Edition de la Schola, in-80).\nWOTQUENNE (Alfred). Catalogue de la Bibliothèque du Conservatoire\nroyal de musique.Volume 111. (Bruxelles, 1908, 18 francs)."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.110", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "PRELINGER. Beethovens Briefe und Aufzeichnungen. (Wien, L.-W. Stern,\n1908-1909. Vol. I, 11, 111 et IV, in-B°, Kr. 48).\nLA MARIA. Briefxvechsel zwichen Liszt und Cari Alexander Grossherzog\nvon Sachsen (Breitkopf, in-12 de 215 p. Mk. 5).\nLA MARIA. Beethovens unsterbliche Geliebte, das Geheimnis der Graefin\nBrunsvik und ihre Memoiren. (Id. 1809, in-12. Mk. 3).\nA. Durand et\nH. BUSSER. Marche de Fête,pour orgue.\nL. DIDIER. Nous nous aimerons (M. Boucher), mélodie.\nRevoir (L. Maigne), mélodie.\nEDOUARD LALO. Symphonie espagnole. Piano à quatre mains (G.\nChoisnel).\nMAURICE RAVEL. Rapsodie espagnole.Petite partition d'orchestre.\nL'Heure espagnole(Franc-Nohain), piano et chant.\nRHENÉ BÂTON. Les Heures d'Eté (A. Samain). Piano et chant.\nC. SAINT-SAENS. L'Assassinat du du tableaux d'histoire (scé-\nnario d'Henri Lavedan). Ecrit pour le\nC. SAINT-SAENS. La gloire de Corne Cantate pour soli, chœurs et\norchestre.\nC. SAINT-SAENS. Airs de ballet de Piano à quatre mains (E.\nRoques).\nC. SAINT-SAENS. Sur les bords du Marche militaire.\nLOUIS VIERNE. Sonate pour piano et violon.\nDemets, 2, rue\nJ.-M. LECLAIR (1697-1764). Premier\n(collection des maîtres violonistes de l'Ecole française du XVIIIe siècle),\nédité par les soins de MM. Alexandre Guilmant et Joseph Debroux.\nPAUL LADMIRAULT. Musiques rustiquessuite pour piano à quatre mains.\nLOUIS THIRION. Rêves, trois nocturnes pour piano.\nPAUL DUPIN. Jean-Christophe, Oncle Gottfried, Méditation, Berceuse à\nLouisa, Christliches Wanderlied.\nCHANOINE-DAVRANCHES. Prélude en mi b, pour piano.\nSWAN HENNESY. Eaux-fortes, Sérénade d'Espagne, Bergerie, Mazurka.\nGABRIEL FRONTIN. Pleyelinette,petite valse de concert pour piano.\nJ. SANCHO CONDIS. Escuela de Dob Barcelone, J. Sancho\nCondis.\nDAVID C. TAYLOR. The Psychology New-York, Macmillan,\n1908.\nPOLIGNAC (A. DE). Echappées.Trois œuvres de piano.\nSoleil dans la forêt, Bazar d'Orient.(A.-Z. Mathot, in-fol., 4 fr. 50)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c147", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c147", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.13", "titre_corps": "NOS ÉCHOS", "titre_sommaire": "NOS ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 937, "texte": "Un nouveau gala Beethoven aura lieu à l'Opéra le 28 janvier prochain,\nau profit du fameux monument. M. Messager conduira la Fantaisie avec\nchœurs et piano (M. R. Pugno) ;M. Colonne conduira la\ntorale, et M. Chevillard le Concerto pour violon (M. Jacques Thibaud).\nLe nouvel opéra du compositeur italien Giordano, La Fête du Nil, écrit\nsur un livret de Victorien Sardou, sera représenté à l'Opéra-Comique de\nParis.\nLes dix concerts Séchiari, donnés salle Gaveau, auront lieu cette année\naux dates suivantes: 4, 11, 18, 25 février, 4, 11, 25 mars, 8, 22, 29 avril.\nOn annonce également des Concerts d'orchestre dirigés par M. A.\nHasselmans.\nM. Dallier est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire en rem-\nplacement de M. Georges Marty, décédé.\nM. J. Philipp, le très distingué professeur de piano du Conservatoire, et\nnotre collègue, est nommé membre du Conseil supérieur de l'enseignement\nmusical en remplacement du regretté Taffanel."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.112", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "NOS ÉCHOS"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.112", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "Nos étrennes.\nDes amis inconnus ont fait parvenir à nos bureaux divers présents de\nnouvelle année, que nous avons cru devoir nous partager suivant le goût\nde chacun. En voici le détail :\nNègre jouant du xylophone,attribué à M. Louis Laloy.\nRépertoire de poche des actes de naissance des musiciens\ninsinués aux différents conservatoires d à M. Jules Ecorcheville.\nCode de procédure et Traité de notariaà M. Lionel de la Laurencie.\nManuscrit autographe d'une symphonie intitulée: signé:\nChristophe, à Paris, à M. Romain Rolland.\nUn uniforme de général russe,à M. Calvocoressi.\nSouvenir de Samarcande,jouet indigène que nous ne pouvons décrire, à\nM. Pierre Aubry.\nŒuvres complètes de Sully-Prudhomme,à M. Louis Thomas.\nLa Clef des Songes, à M. Ricciotto Canudo.\nManuel de l'lmprimeur. (Collection Roret, 1846), à M. Marcel Fortin.\nUn pot à colle, à M. Lucien Greilsamer.\nUn miroir,à Mme Wanda Landowska.\nUne bénédiction de Liszt, à M. Alexandre de Bertha.\nBons Mots et Calembours, cinq recueils différents, distribués à MM. Allix,\nBrenet, Pirro, Prodhomme et Quittard.\nEnfin, un dernier objet n'a pu être décerné. C'est un instrument d'acier,\ntranchant et luisant, qui nous arrive d'Amérique avec cette devise:\ndevient un plaisir.ll nous a semblé juste qu'il demeurât la propriété com-\nmune et indivise de la rédaction tout entière.\nMonte-Carlo. Programme\nLe répertoire choisi par M. Gunsbourg se divisera en trois catégories\nbien distinctes : la Tétralogie (au complet), de Wagner, les œuvres nouvelles,\nc'est-à-dire en terme de théâtre, les créations, enfin les pièces du répertoire.\nParmi les œuvres nouvelles nous citerons: musique et\npoème de Raoul Gunsbourg, interprété par Mme Marguerite Carré;\nMM. Chaliapine et Rousselière. Cet opéra sera accompagné sur l'affiche par\nune reprise du drame lyrique de Saint-Saëns: viendront ensuite le\nCobzar, de Mme Gabrielle Ferrari; Naristé, de M. Bellonot. un débutant;\nLa Roussalka, de Dargomysky ; Christophe Colomb, de M. Franchetti ; Iris,\nde Mascagni.\nPuis la reprise des chefs-d'œuvre du répertoire:\nde Séville, Carmen, La Gioconde, Roméo\nTosca, Mefistofele, avec une interprétation non seulement hors ligne mais\naussi des plus originales, par exemple Carmen avec Lucienne Bréval dans le\nrôle si complexe et si humain de l'héroïne de Mérimée."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.113", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "Le premier chef d'orchestre sera comme toujours M. Léon Jehin ;\nM. Pomé dirigera l'exécution des œuvres italiennes.\nC'est donc une saison exceptionnelle qui va s'ouvrir ce mois-ci et dont\nil convient de féliciter par avance ceux qui sont chargés de sa direction.\nNouveaux opéras-comiques.\nLa partition chant et piano de la comédie musicale\ncomposée par Maurice Ravel, sur la charmante pièce de Franc-Nohain, vient\nde paraître chez les éditeurs A. Durand et fils.\nCette œuvre est inscrite au programme de l'Opéra-Comique.\nAu même théâtre, le Cœur du Moulin, de Déodat de Séverac, va entrer\nen répétitions.\nLe baron Gevaërt, dont les obsèques ont eu lieu dernièrement, avait inséré\ndans son testament un paragraphe très curieux par lequel il réglait lui-même,\navec la plus grande minutie, l'ordonnance artistique de ses obsèques. Il\ndemande un service convenable, sans être luxueux, et exprime le désir que\nles chants liturgiques de la messe soient exécutés en plain-chant, non accom-\npagnés de l'orgue, à l'exception du Dies irœ, qui doit être chanté alternati-\nvement en solo et en chœur. Quant à VAbsolve te, écrit M. Gevaërt dans ses\ndernières dispositions, il doit être dit par une seule voix de ténor, et le\nDomine Jesu Christedoit être chanté par trois ou quatre voix de basse,\n(( avec une diction moins uniformément rapide que dans la nouvelle\nmanière ». A la sortie du corps enfin, le De profondis devra être chanté en\nfaux bourdon, « seul genre de musique, a écrit encore le musicien, que je\ndésire qui soit entendu à mon enterrement à côté du chant liturgique homo-\nphone ». Ce suprême souci du maître disparu prouve que jusqu'au delà de\nla mort il a voulu défendre des idées musicales pour lesquelles il lutta\nbeaucoup dans la dernière partie de sa vie.\nLes 7et 11 décembre, le pianiste Godowski, qui remplace Busoni au\nConservatoire de Vienne, donne à Constantinople deux récitals, applaudis\navec enthousiasme. A noter, parmi les compositions du virtuose, des arran-\ngements sur la Musette en Rondeau, de Rameau, sur le Concert Allegro, de\nScarlatti, et un travail remarquable sur VEtude en mi bémol mineur de\nChopin, adaptée pour la main gauche seule."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.114", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "Au premier de ces concerts, petit incident ayant une portée didactique:\nAprès avoir joué le Carnaval,de Schumann, l'artiste venait d'attaquer le\nmorceau suivant, lorsqu'il s'arrête net. Des chuchotements s'étaient fait\nentendre.\n« Je préviens le public que j'ai besoin d'un silence absolu. Je vais\n« reprendre le morceau, et si l'on reparle, je le recommencerai une nou-\n« velle fois; et si l'on reparle encore, je renonce à jouer. » (Sic).\nCourt instant de surprise, suivi d'applaudissements, de bravos prolongés.\nEt c'est dans un religieux silence que le concert se poursuivit.\nLA PRODUCTION MUSICALE EN FRANCE DANS LES DIX DERNIÈRES ANNÉES\nLe nombre des œuvres musicales déposées a été:\nEn 1898 de 6.312\n1899 5-761\n1900 S\n1901 6.550\n1902 6.719\n1903 6.824\n1904 6.429\n1905 6.197\n1906 5-926\n1907 7.648\nQuelques chiffres pour les amateurs de statistique :\nBach en 65 ans composa 1.102 œuvres.\nBeethoven .... —57 439\nBrahms —64 53§\nCzerny —66 2.412\nDiabelli —77 2.585\nHsendel —7l 397\nHaydn —72 575\nLiszt —75 955\nMozart —35 626\nRaff 66 610\nRubinstein .... —66 550\nSchubert 31 791\nSchumann —46 671\nCes chiffres ont été publiés par M. Challier, éditeur de musique à\nGiessen, dans les Musick literarische (Vienne)."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.115", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1850, "texte": "Le Havre, 13 décembre.\nLe programme de la matinée organisée hier par la Société des Régates se\nréclamait d'œuvres classiques et du plus élevé répertoire des concerts\nmodernes. Son exécution fut un véritable régal.\nMlle Blanche Selva est une pianiste tout à fait remarquable. Elle inter-\nprète avec une extrême sûreté et un sens très précis de leur caractère, les\nœuvres les plus diverses de sentiment et de couleur.\nM. Louis Revel a joué dans la perfection la d'Her-\nveloîs, d'un caractère archaïque très simple, tout dans la ligne, et d'une\nsaveur, presque, de primitif. Il a développé très largement toute l'ampleur\nde VElégie,de Gabriel Fauré, qui semble inspirée d'une hymne liturgique à\nla Vierge, et pour laquelle son violoncelle avait des sonorités d'orgue. Il mit\ntoute la virtuosité qu'il exige dans le Papillon, de Popper.\nBruxelles.\nMM. Joachim Nin et G.-J. Aubry donneront deux séances, en\nfévrier, à l'Université Nouvelle de Bruxelles, une Conférence audition\nsur les Origines de la Musique de clavier actuelle.\nMunich.\nLes Concerts de VOdéon Royal seront dirigés cet hiver par les Chefs\nd'orchestre suivants :\nGustave Mahler (Vienne) ; Fritz Steinbach (Kôln) ; Edouard\nColonne (Paris) ; Max Schillings (Stuttgart) ; Félix Weingartner\n(Vienne); Hans Pfitzner (Brenen) ; Bernard Stavenhagen (Genf).\nLes œuvres exécutées seront :\nBEETHOVEN : Symphonie N° V ; Ouverture Léonore, N° 3.\nBERLIOZ : Symphonie Fantastique ; Symphonie Harold en Italie ;\nOuverture de Rob Roy.\nBRAHMS : Sérénade ; Première Symphonie Festouvertûre.\nBRUCKNER : SymphonieN° IX.\nCLAUDE DEBUSSY : Prélude de L? Aprè\nPAUL DURAS : V Apprenti sorcier.\nCÉSAR FRANCK : Morceau symphonique ae Rédemption.\nJACQUES DALCROZE : EntSacte.\nEDGAR ISTEL : Ouverture du Fahrende Schûler.\nLISZT : Hunnenschlacht.\nGUSTAVE MAHLER : Symphonie N° VIT."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.116", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "MARSCHNER : Ouverture du Templer\nHANS PFITZNER : Das Katchen von ; Ouverture\nel fiein.\nSAINT-SAENS : Le RouetdOmphale ; N° 3, avec orgue.\nMAX SCHILLINGS : Meergruss.\nRICHARD WAGNER : Prélude de Tris\nFÉLIX WEINGARTNER : Symphonie en mi bémol.\nFÉLIX WOYRSCH : Symphonie en ut\nUn portrait inédit de Rossini.\nL'inspecteur du musée de Bréra, le comte Malaguzzi Valeri, a\ndécouvert chez un marchand d'antiquités un portrait peint à l'huile,\nsur toile, exécuté avec une surprenante finesse, représentant Gioacchino\nRossini, âgé de 25 ans environ, très beau d'aspect, vêtu d'un élégant\nhabit noir, avec un plastron blanc où se voient des boutons de perles et\nde saphirs, et un grand collier d'or.\nAyant emporté chez lui ce portrait, M. Valeri découvrit sur la toile\nune inscription qui lui prouva qu'il avait été peint à Pesaro. Ce portrait—\nprécieux en ce sens qu'il montre Rossini dans la pleine vigueur de sa jeu-\nnesse et qu'il explique les succès de l'auteur du Barbier auprès des dames\nest une véritable œuvre d'art par le caractère et la grande habileté de\nl'exécution. Il fut exécuté vraisemblablement en 1819, alors que le com-\npositeur qui avait déjà écrit la Cambiale di matrimonio, la Pietra di Pa-\nragone, et Vltaliana in Algeri, fut reçu à Pesaro, dans la famille Perti-\ncari, et rencontra l'accueil le plus enthousiaste à l'académie Pisanzienne\noù on lui érigea plus tard un buste.\nLes passe-temps d'un pianiste.\nIl est toujours intéressant de connaître les intimes préférences d'un\nartiste et toute la psychologie de l'homme se trouve dans ses actes privés.\nLes habitudes, les manies, les passe-temps de chacun sont autant\nd'éléments biographiques de premier ordre.\nM. Wladimir de Pachmann, un virtuose de grand renom, a déclaré\nàfun interviewer que chez lui, lorsqu'il a travaillé journellement son\npiano, il se livre à la lecture d'ouvrages philosophiques et scientifiques.\nIl confond dans une même admiration Darwin, Spencer, Kant, Schopen-\nhauer, Huxley, Spinoza et connaît chacun d'eux aussi bien que Chopin,\nSchumann, Bach, Beethoven ou Liszt.\nEn dehors de la lecture sévère des penseurs il a un faible tout par-"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.117", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "ticulier pour les pierres précieuses. Il a collectionné des spécimens de\ndiamants, rubis, perles, saphirs, émeraudes, etc. que les experts ont déclaré\ndignes des plus riches collections privées. «Mon amour pour les pierres\nprécieuses, a-t-il déclaré, est idéal, abstrait. J'ai donné un nom à la plu-\npart de ceux que ie possède. Mon plus pur diamant a été baptisé Bach ;\nune surprenante émeraude est appelée Brahms. Ma meilleure opale, la\nplus poétique de toutes les pierres, porte le nom. de Chopin ; enfin un\nrubis rutilant est surnommé Liszt... »\nPour bizarre que paraîtra à certains la corrélation établie par M. de\nPachmann entre les pierres précieuses et les musiciens, il n'en est pas\nmoins vrai qu'elle dénote un esprit| point banal.\nEncore un théâtre lyrique.\nC'est à Philadelphie que va s'ériger une nouvelle salle d'opéra. Elle\nsera l'œuvre de M. Hamberstein, actuellement directeur du Manhatltan\nOpéra de New-York, et c'est cet éminent imprésario qui l'administrera\ndès la saison prochaine. La premierre pierre du monument à été posée\nle mois dernier avec une certaine solennité. Dans le bloc de marbre dis-\nposé à cet effet, on a scellé des rouleaux phonographiques enregistrant\ndes airs chantés par Mmes Melba et Tetrazini ; MM. Zenatello, Dal-\nmorès, Sammarco, Renaud, etc., etc.\nEt plus tard, dans des siècles, lorsque le monde actuel aura été bou-\nleversé, de vieux savants mettront au jour ces vestiges d'une époque\nabolie et ils en parleront sans doute comme d'un timide-essai scienti-\nfique assez comparable à la serinette de nos grands-pères.\nA Berlin, Pelléas et Melisande remporta un brillant succès sur la\nscène de l'Opère -Comique. L'œuvre de M. Debussy, dont l'originalité\nneuve étonna tout d'abord le public, fut applaudie chaleureusement à\npartir du deuxième acte. Mlle Deetjen s'est montrée une Mélisande\nremarquable et M. Buysson fut un Pelléas parfait. _T.112/\nVersiegelt,l'œuvre nouvelle de M. Léo Blech, a remporté une victoire\néclatante au Stadttheater de Hambourg. C'est certainement un des plus\nbeaux opéras qu'on ait joués en Allemagne depuis bien des années.\nInscrit au programme de l'Opéra royal de Berlin, sera joué\nen même temps que la Habanerade M. Laparra dont le livret a été\ntraduit en allemand par M. George Drœscher."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.118", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "Fin janvier, Dresdejassistera à la création de de Richard\nStrauss, sur le théâtre de la Cour.\nLa célèbre danseuse Isidora Duncan ; s'est rendue de Berlin à\nDarmstadt où elle va installer son école d'enseignement esthétique.\nUn comité admirateur de cette artiste a réuni les fonds nécessaires pour\naménager des classes qui contiendront cinquante élèves.\nL'Opéra de la Cour deVienne a repris le de jMéhul qui n'avait\npas été joué sur cette scène depuis 26 ans.\nC'est le 5 décembre 1809 que cette œuvre fut représentée pour la\npremière fois dans la capitale autrichienne, au Theater an der Wien.\nSur l'affiche le compositeur était ainsi désigné : « M. Méhul, un des Ins-\npecteurs du Conservatoire de Paris. *\nDans la grande salle du :Musikverein de Vienne on a donné récem-\nment un concert de bienfaisance qu'un public de choix a fort applaudi.\nLe programme ne comportait que des œuvres françaises anciennes. Ce\nconcert était donné sous le patronage de l'archiduchesse Marie-Josèphe\net avec le concours de Mme Buisson et la Société des instruments anciens\nde Paris.\nEdouard Grieg, plus spécialement compositeur de musique de chambre,\na écrit un seul opéra, Olav Trygvason,sur un livret de Bjœrnson en 1873.\nDemeurée inédite, cette œuvre vient d'être jouée à Christiania avec un\nsuccès énorme.\nWagner défenseur de Bellini.\nLorsque Wagner était chef d'orchestre à Riga, il choisit pour la repré-\nsentation donnée à son bénéfice, devinez quoi ? la Norma !\nC'était évidemment pure habileté de sa part ; il savait que le public\nde Riga aimait par-dessus tout la musique italienne. Mais encore fallait-\nil expliquer ce choix. Il le fit, sur affiche spéciale, dans les termes suivants\nqui sont d'un bon politique :"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.119", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "ANNONCE THÉÂTRALE\n« Dimanche, le 11 décembre 1837, sera représentée au bénéfice du\nsoussigné, pour la première fois, Normgrand opéra romantique en\ndeux actes, de Bellini.\n« Le soussigné croit ne pouvoir mieux prouver sa vénération pour le\npublic dilettante de cette ville qu'en choisissant cet opéra pour le béné-\nfice qu'on lui a d'abord accordé à cause de ses efforts, tendant à pousser\net à perfectionner les jeunes talents musicaux appartenant au théâtre\nde la ville. Parmi toutes les créations de Bellini, Norma est celle qui\nréunit, avec la plus riche moisson de mélodies, l'ardeur la plus intime et\nla vérité la plus profonde. Même les adversaires les plus résolus de la\nmusique néo-italienne ont justement reconnu que cette composition,\nqui parle au cœur, fait preuve d'un effort intérieur et ne sacrifie pas à la\nplatitude moderne.\n« Comme tout a été fait pour les répétitions et la mise en scène de cette\nœuvre, je puis oser inviter humblement le public qui aime le théâtre, et\nje le fais avec l'espoir joyeux que mes efforts de remplir autant que pos-\nsible les devoirs de ma position auront trouvé une approbation bien-\nveillante et sympathique.\n« Richard WAGNER,\n.»\nDu théâtre à l'église.\nLe renom du ténor Caruso est tel que son talent n'est pas seulement\nsollicité dans les salons et sur le théâtre, mais encore dans les églises.\nC'est ainsi que, voulant rehausser l'éclat de la «Feria» en 1909, les auto-\nrités supérieures de l'Espagne se sont mises en rapport avec le célèbre\nchanteur et l'ont déterminé argent sonnant bien entendu à chanter\npendant la semaine sainte, à la cathédrale de Séville, un inédit\njusqu'à présent et qui fut écrit par Eslova, un compositeur espagnol de\ngrand mérite, mort en 1878.\nL'entente cordiale a pour effet de provoquer des manifestations\nfrancophiles sur les scènes londoniennes. Parmi les pièces de circons-\ntance, il en est une intitulée A day in Paris (Un jour à Paris), qui a reçu\nl'accueil le plus chaleureux à l'Empire Theatre. Cette revue qui sert\nde prétexte à des chants et à des danses, est enrichie de décors splendides.\nrr! F '\nLe Queen's Theatre de Londres tient un gros succès avec une\ncomédie musicale de M. Howard Talbot intitulée : The Belle of Bri-"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.120", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "tain (La Belle de Bretagne). C'est la musique seule qui triomphe\nen la circonstance, car le livret dont s'est servi le compositeur est\nd'une pauvreté désolante. Miss Ruth Vincent, la délicieuse divette, per-\nsonnifie la belle Bretonne avec beaucoup de talent servi par une voix\ndélicieuse.\nLa saison d'hiver à Covent-Garden ne commencera que le janvier\net sera terminée mi-février. Pendant ce mois-là se donnera la\nde Wagner en anglais, quelques représentations des\nMadame Butterfly et Faust. L'orchestre sera dirigé par M. Hans Richter.\nDe 1909 à 1913, on jouera à Bayreuth chaque année. Cette décision\na été prise parce qu'en 1913, Parsifal entrant dans le domaine publie,\nl'intérêt des représentations spéciales diminuera beaucoup.\nLe succès remporté à Munich par M. Von Possart n'est pas étranger\nnon plus à cette décision.\nL'année prochaine, les représentations auront lieu aux dates suivantes:\n22 juillet, ler, 5, 12 et 15 août, Lohengrin :23, 31 juillet, 4, 7, 8, 11 et 20\naoût, Parsifal ;250u 28 juillet, 14 ou août,\nrr-f:r- r . ■\nLe nouvel opéra de M. Humperdinck Kœnigskinder (Enfants de Roi)\nsera créé au Metropolitan Opéra House de New-York le ler mars 1909.\nLe compositeur dirigera lui-même et le premier rôle sera tenu par\nMlle Géraldine Ferrar.\nAux « Auditions Modernes » (président M. Paul Vidal), seront inter-\nprétés cet hiver Salle Pleyel, entre autres œuvres inédites de musique\nde chambre : Sonate piano, violon de J.-M.-L. Mangué. Sonate piano,\nviolon de Grabriel Grovlez. Quatuor-Sérénade à cordes de Louis\nDelune. Deux quatuors avec piano de Mme Fleury-Roy et M. Ph.\nGallois. Quintette de H. Bogé.\nLe Quatuor P. Oberdœrffer, Gravrand, Jurgensen, Barraine, pren-\ndra part à ces auditions comme de coutume.\nLes matinées musicales et populaires (Fondation Danbé) vont inau-\ngurer leur neuvième année d'existence. M. Reynaldo Hahn a accepté"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.121", "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "la présidence étalai direction générale de la Société dont M. J. Jemai»\ndemeure l'administrateur artistique. Le Quatuor Soudant (MM. Sou-\ndant, De Bruyne, Migard et Bedetti) continuera de prêter son concours\naux séances hebdomadaires qui auront lieu cette année le mercredi à\n4 heures, au théâtre de l'Ambigu, à partir du 2 décembre.\nVoici la liste des prix décernés à la Musique française par l'Académie\ndes Beaux-Arts (séance du 7 novembre) :\n• Prix de Rome (grand prix) : M. André Gailhard ; second deuxième\ngrand prix (pas de premier) : Mlle Boulanger ; mention : M. Flament.\nPrix Tremont (en partie) : MM. Ganaye et A. Philip.\nPrix Chartier (musique de chambre) : M. Amédée Reuchsel.\nPrix Monbinne (opéra-comique): M. A. Messager pour\nFondation Pinette (pensionnaires de Rome, musiciens) : M. Raoul\nLaparra, et, par suite d'une démission, MM. Philippe Gaubert et Henri\nDallier.\nPrix Benlé (envois de Rome) : M. Raoul Laparra.\nFondation Clamageran-Hérold (seconds prix de Rome) : Mlle Bou-\nlanger.\nFondation Alphonse de Rothschild (triennal, en partie): M. Alexandre\nGeorges.\nM. Philippe Gaubert, deuxième chef d'orchestre de la Société des\nConcerts du Conservatoire, vient d'être désigné pour remplacer le\nregretté Georges Marty comme chef d'orchestre des concerts du Casino\nde Vichy.\nM. C. Saint-Saëns assistera à la première représentation de son\nœuvre nouvelle : la Foi (livret de M. Brieux), à Monte-Carlo, au mois\nde mars prochain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c186", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c186", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.14", "titre_corps": "L'OPÉRA", "titre_sommaire": "L'OPÉRA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "L'OPÉRA\n\nLA SCÈNE. - II."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.123", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "LA SALLE. - I."}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.124", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "L'ORCHESTRE. - II."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.125", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 16, "texte": "LA SCÈNE. - III."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c188", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c188", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 122, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.14.2", "titre_corps": "M. 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Toutes PhIM. Rens** et Exp°* fr'#\n(ajouter 0f25)of25) TOUHLADJIAN, Berck-Pla&e (P.-d-C.).\n*\\\nCLICHE JULES FORTIN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c195", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c195", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.5", "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "SAVON\nRAFRAICHISSANT\nCONTRE LA\nCHALEUR\nn w A H ■ a msm | A ■ M Hl A VENTE PARTOUT\nMOUSTIQUES i.so » m\nParfumerie CARON. 10. rue de la PAIX.\n# «• «• « «■H-\nI\nParfaite\nJ&/L Js<L £<L <M. ÀL\nïA VN\nLes\nMeilleurs\nGants\nDENT'S\nV\npour\nDames, Hommes,\nOfficiers, Enfants»\nGants de Ville, Soirées,\nM Sports, DriVing J£\ndans tous les Beaux Magasins\ndu Monde.\nGRAND PRIX\nParis 1900 •\nExigez cette Marque sur\nles boutons."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c196", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c196", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.6", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "LES MALADIES KXXAM et les affections\nc==3 de M *m A qui en découlent :\nGastralgies, Dyspepsies, Constipation, Maladies du Foie,\ndes Reins, de la Vessie, Diabète, Gravelle, Goutte,\nAlbuminurie, Rhumatisme, Arthritisme, affections pro-\nvoquées par le mauvais fonctionnement de l'Estomac.\nsont guéries par l'usage quotidien de\n\"TT\ncentimes\nla Bouteille\nsont gueries par 1 usage quotidien de\nl'Eau Minérale à 5\nqu'on prépare soi-même, instantanément, avec la\nPoudre \"CAP\nCERTIFICÂT DEGVÉRISON (pris entre milte).\nMonsieur Capmartin, phe\" à Blaye (Gironde).\n(( Depuis plus de vingt ans je souffrais constamment de VEstomac.\n« T4n ami me recommanda la Poudre Cap; j'en prends depuis trois\n(( mots et les résultats sont tellement extraordinaires, le soulagement\n(( tellement inespéré, que je n'hésite\na Veuillez agréer, etc. » Gaston GODEAU,\nVu pour légalisation de la signature ci-dessus, Le \"Maire : E. FURET. à \"Mirambeau (Chtc~lnfre).\nPoudre CAP : 1.50 la boîte, dans toutes les Pharmacies du Monde entier.\nCachets CAP s 2. »» » (Après tes repas, un Cachet CAP assure la digestion.)\n1*\nCLICHÉS JULES FORTIN\nwsi fôsii"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c197", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c197", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.19", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.7", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "Rouart, Lerolle & C\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n« Fonds Baudoux, Ponscarme, Louis Gregh & Meuriot réunis »=\n78, rue d'Anjou et chez MM. GAVEAU, 45, rue de la Boëtie\n—: - PARIS -\nDEPOSITAIRES EXCLUSIFS DES\nEDITION MUTUELLE.\nEDITION SCHLÉSINGER.\nEDITION DE LA SCHOLA CANTORUM.\nEDITION AIBL.\nEDITION BÉLAIEFF.\nEDITION JURGENSON.\nEditeurs des Publications de la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nEDITION ZIMMERMÀNN.\nEDITION UNIVERSELLE.\n4Î-\nPK pt* rk\nm\n■\n-X.~.ï. » •>*-\n; ; R--\n&\n& «-\nTÂ\nm\nzsz.\nŒCSSSSSSSS\nFSW\nVIENT DE PARAÎTRE: CATALOGUE DE MUSICOLOGIE\n===== Envoi franco à toute personne qui en fait la demande -"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c198", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c198", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.8", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "En Quelques Heures\nVous soulagerez vos RHUMES\nVous calmerez votre TOUX\nVous couperez votre GRIPPE\nVous êtes certains de guérir :\nRhumes, Bronchites,\nCatarrhe, Influenza, M avec ie\nSirop «.Vosges cm\nil convient à tous :\nHommes, Femmes, Enfants, Vieillards.\nATTENTION ! rien autre, car rien ne saurait\nproduire le même effet.\nLe Flacon, 2f. Granc Flacon, 3f. En Vente : Toutes Pharmacies et\nCAZÉ à St-Quentin (Aisne). (3f6O fco ; les 2 grands Flacons 6f)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c199", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c199", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.8", "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "du\nBuste\nSeins développés\nraffermis, reconstitués\nen DEUX MOIS par les\nPilules\nOrientales\nSeul pour la\nfemme, comme pour\nla jeune fille, d'obte-\nnir une poitrine har-\nmonieusement déve-\nloppée et une gorge\nparfaite.\nGaranties sans danger\nconseillées par les som-\nmités médicales.\nEn\\)oi discret et franco\nd'un flacon aVec notice\ncontre mandat ou bon\nde poste de\ncontre remboursement\nde 6f 50\nJ. RATIÉ, Pharmacien\n5, passage \\)erdeau (faubourg Montmartre)\nPARIS\n•a"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c200", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c200", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.8", "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "PHTI\nMa fillette était chétive et la phtisie la guettait.\nSeule, l'Emulsion SCOTT put la rétablir et lui\nrendre l'excellente santé dont elle jouit aujourd'hui.\"\nGRESSET, Oye (P.-de-C.), 9/4/06.\nL'Emulsion SCOTT, seule parmi le#\nautres émulsions, est assez puissante\npour enrayer la phtisie. Voici pour-\nquoi : Les ingrédients les meilleurs et\nl'incomparable procédé de fabrication\nSCOTT lui assurent cette exclusive\nsupériorité. La garantie de cette\némulsion unique est sur l'enveloppe\nextérieure— \"le pêcheur avec la\nmorue.\" La SCOTT guérit!\nEchantillon franco contre 0,50 cent, en\ntimbres-poste adressés à Delouche et Cie,\n356, rue St-Honoré (entresol), Paris.\n14 SCOTT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c201", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c201", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.8", "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "s\nV\ny.\ns*\n\\f\nCORYZA . . ;\n• • • • Migraine\nGUÉRISON RAPIDE par\nINHALATIONS \"RHINOL\"\nd'ouate a y Menthoformc\nLabre BAZIN &COLLAS,9, C. Victor-Hugo, Bordeaux\nET TOUTES PHARMACIES.- BOÎTE FRANCO : 0*75"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-01-15-01-c202", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-01-15_01#c202", "volume": "bmtnabh_1909-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.9", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "S. ». M.\nAVIS IMPOR\nMous prions nos\nABONNÉS\ndont /'abonnement se terminait avec le\nnuméro du\n15 Décembre\nde vouloir Bien, en raison de / importance de\neette échéance, nous adresser, dès maintenant,\nt\nleur\nRENOUVELLEMENT pour 1909\nI\nafin qu ils n éprouvent aucun retard dans la\nréception de leur numéro.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nParis Un an 10 fr,\nÉtranger (Union postale) 15 -"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.1", "texte": "INNEE\nIf» 1\nîS.J«ari^\n)j)f|SSÉg|>frt fl h .. ;^>\ny JE HE^^^HR\n1 IHI\nSB! IHH\nH SB\nBS ■H SS9HK\na ■■ h wus\nJS\n- Il M y ■hbbwmi •. ? 1 : F\n9 BH w aH^HH\n0 wÊÊKBÈÈ £ dßkl '*W mÊÊIÊÊLt £\niOCIÊTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\n|T'É LÉ PHONE\n,\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION\nF*u\nEr\nL\nParaissant le 15 de «ttaaue taoïg.\n/\n\nDANS CE NUMÉRO\nLETTRES INEDITES D'EMMANUEL CHABRIER, communiquées par R. BRUSSEL * LI\nCANTIQUE DES CANTIQUES DE PIERRE DE COURCELLES, publié par A. VAN BEVEF\n_ ' 1 '\nLES FORQUERAY (suite ci fin), par LIONEL DE LA LAURENCIE * L'HYGT\nDU VIOLON (suite), par LUCIEN GREILSAMER * LE MOIS * NOS ÊCT\nA LOPÉRA, Croquis d'Album par BILS I F"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.2", "texte": "BULLETIN FRANÇAIS DE LA\nS.I . M .\nSOCIETE INTERNATIONALE DE MUSIQUE (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\nPARAISSANT LE i 5 DE CHAQUE MOIS\nLe Numéro : 1 franc\n( France, un 10 francs\nABONNEMENTS l ■\n[ Etranger, un An 15 francs\nRappelons à nos abonnés que toute demande de changement d'adresse\ndoit être accompagnée de 50 cent. pour confection de nouvelles bandes.\nI\n\nDÉPOSITAIRES DU “MERCURE MUSICAL” ET “S.I.M.”\nPARIS.\nALLBTON L., 13, rue Racine.\nE. DEMETS, 2, rue de Louvols.\nFLAMMARION et VAILLANT:\nGalerie de l'Odéon;\n36 bis, avenue de l'Opéra.\n20, rue des Mathurins.\nBADUEL, 52, rue des Ecoles.\nBARON, 51, rue Saint-Placide.\nBOULINIER, 19, boulevard Saint-Michel.\nBRIQUET, 34 et 40, boulevard Haussmann.\nMme CHAMBREY, 26, rue Pigalle.\nFLOURY, 1, boulevard des Capucines.\nL. GRUSS et Cie, 116, bd. Haussmann.\nLAFONTAINE, 4, rue Rougemont.\nMARTIN, 3, faubourg Saint-Honoré;\nMAX ESCHIG, 13» RUE Laffitte.\nE. MEUDT, 55» rue de Vaugirard.\nREY, 8, boulevard des Italiens. *\nROUART, 18, boulevard de Strasbourg et\n78, rue d'Anjou.\nSTOCK, place du Théâtre-Français.\nKIOSQU», 213, Grand-Hôtel, boul. des\nCapucines.\nTIMOTEI, 14, rue de Castiglione.\nARENCIBIA, 30, faubourg Poissonnière.\nA ORPHÉE, 114, boul. St-Germain.\nROUDANEZ, 9, rue de Médicis.\nLAUDY, 224, boul. St-Germain.\nTOUZAA, 16, boni. St-Germain.\nBITBL, 8, rue de Richelieu.\nHIBRUIT, 135, boul. St-Michel.\nANDRÉE, 5, quai Voltaire.\nCOMPTOIR MUSICAL DE L'OPÉRA (Parmen-\ntier), 51, boulevard Haussmann.\nSAUVAISTRE, 72, Boulevard Haussmann.\nCHARTIER, 21, rue Saint-Sulpice.\nPROVINCE.\nAmiens : LENOIR-BAYARD, Galerie du\nCommerce.\nBordeaux: FERRT, 15, cours de l'lntendance.\nClermont-Ferrand : SOULACROUP - LICIER,\n11 bis, rue Pascal.\nLille : FRANÇAIS ET Cie, 109, boulevard\nde la Liberté.\nLYAN : JANIN frères, 10, rue du Président-\nCarnot.\nMme BÉAL, 42, rue de l'Hôtel-de-Ville.\nMarseille : CARBONELL, 56, Allées de Meilhan.\nMontpellier: LAPEYRIB, 22, rue de la Loge,\nNancy : DUPONT-METZNER, 7, rue Gambetta.\nNlee : BELLET, 35. boulevard du Bouchage.\nIllmet : THIBAUD.\nRoubaix : MARCELLI, 3, rue du Bois.\nToulouse: SOCIÉTÉ MARTIN, 72, rue de la\nForame.\nValenee : DUREAO."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.3", "texte": "II\n\nSOMMAIRE\nLETTRES INEDITES D'EM-\nMANUEL CHABRIER, com-\nmuniquées par R. BRUSSEL.\nLE CANTIQUE DES CANTI-\nQUES DE PIERRE DE\nCOURCELLES, publié par\nA. VAN BEVER.\nLES FORQUERAY {suite\npar LIONEL DE LA LAURENCIE.\nL'HYGIENE DU VIOLON {suite),\npar LUCIEN GREILSAMER.\nLe Mois\nTHEATRES ET CONCERTS,\npar Louis LALOY, R. ROL-\nLAND, ALBERT TROTROT,\nHENRI DE CURZON.\nLETTRE DE BRUXELLES,\npar RENÉ LYR.\nLETTRE DE HOLLANDE, par\nNEMO.\nSOCIETE INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE.\nNOS ÉCHOS.\nA L'OPERA, croquis d'album,\npar G. BILS.\nLes directeurs, MM. LALOY et\nECORCHEVILLE, reçoivent les\nmercredis, de 4 h. à 6 heures."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.4", "texte": "111\n\n(g Cachou\nT.AJAUNIE\nRafraîchit\nla Bouche.\nExcellent\nDigestif,\niA{VÎX«ij»i\nIndispensable\nClichés Jules FORTIN"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.5", "texte": "IV\n\nDroguer.\nRéfléchissez !\nPour guérir\nMaux de Gorge,\nK n rou etu en t,\nithume de Cerveau,\nGrippe, Mnfluenza,\nithutne, Catarrhe,\nitronehiîe, JËsUnne,\n€ \"oqueluche,\npourquoi encombrer votre\nESTOMAC\nen absorbant Pastilles, Pafes,\nPilules ef Sirops ne\npoint Voies respiratoires?\nC'est\nDroit But,\nc'est au siège du mal qu'il\nfaut aller directement en\nrespirant les\nVapeurs antiseptiques\nInhalateur de Poche. de V\nGarni d'essence : 2 fr.\nEssence\nAlgérienne\nle seul remède rationnel et scientifique.\nLe Flacon 3 fr. Toutes PhIM. Rens** et Exp°* fr'#\n(ajouter 0f25)of25) TOUHLADJIAN, Berck-Pla&e (P.-d-C.).\n*\\\nCLICHE JULES FORTIN\n\nSAVON\nRAFRAICHISSANT\nCONTRE LA\nCHALEUR\nn w A H ■ a msm | A ■ M Hl A VENTE PARTOUT\nMOUSTIQUES i.so » m\nParfumerie CARON. 10. rue de la PAIX.\n# «• «• « «■H-\nI\nParfaite\nJ&/L Js<L £<L <M. ÀL\nïA VN\nLes\nMeilleurs\nGants\nDENT'S\nV\npour\nDames, Hommes,\nOfficiers, Enfants»\nGants de Ville, Soirées,\nM Sports, DriVing J£\ndans tous les Beaux Magasins\ndu Monde.\nGRAND PRIX\nParis 1900 •\nExigez cette Marque sur\nles boutons."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.6", "texte": "V\n\nLES MALADIES KXXAM et les affections\nc==3 de M *m A qui en découlent :\nGastralgies, Dyspepsies, Constipation, Maladies du Foie,\ndes Reins, de la Vessie, Diabète, Gravelle, Goutte,\nAlbuminurie, Rhumatisme, Arthritisme, affections pro-\nvoquées par le mauvais fonctionnement de l'Estomac.\nsont guéries par l'usage quotidien de\n\"TT\ncentimes\nla Bouteille\nsont gueries par 1 usage quotidien de\nl'Eau Minérale à 5\nqu'on prépare soi-même, instantanément, avec la\nPoudre \"CAP\nCERTIFICÂT DEGVÉRISON (pris entre milte).\nMonsieur Capmartin, phe\" à Blaye (Gironde).\n(( Depuis plus de vingt ans je souffrais constamment de VEstomac.\n« T4n ami me recommanda la Poudre Cap; j'en prends depuis trois\n(( mots et les résultats sont tellement extraordinaires, le soulagement\n(( tellement inespéré, que je n'hésite\na Veuillez agréer, etc. » Gaston GODEAU,\nVu pour légalisation de la signature ci-dessus, Le \"Maire : E. FURET. à \"Mirambeau (Chtc~lnfre).\nPoudre CAP : 1.50 la boîte, dans toutes les Pharmacies du Monde entier.\nCachets CAP s 2. »» » (Après tes repas, un Cachet CAP assure la digestion.)\n1*\nCLICHÉS JULES FORTIN\nwsi fôsii"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.7", "texte": "VI\n\nRouart, Lerolle & C\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n« Fonds Baudoux, Ponscarme, Louis Gregh & Meuriot réunis »=\n78, rue d'Anjou et chez MM. GAVEAU, 45, rue de la Boëtie\n—: - PARIS -\nDEPOSITAIRES EXCLUSIFS DES\nEDITION MUTUELLE.\nEDITION SCHLÉSINGER.\nEDITION DE LA SCHOLA CANTORUM.\nEDITION AIBL.\nEDITION BÉLAIEFF.\nEDITION JURGENSON.\nEditeurs des Publications de la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nEDITION ZIMMERMÀNN.\nEDITION UNIVERSELLE.\n4Î-\nPK pt* rk\nm\n■\n-X.~.ï. » •>*-\n; ; R--\n&\n& «-\nTÂ\nm\nzsz.\nŒCSSSSSSSS\nFSW\nVIENT DE PARAÎTRE: CATALOGUE DE MUSICOLOGIE\n===== Envoi franco à toute personne qui en fait la demande -"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.8", "texte": "VII\n\nEn Quelques Heures\nVous soulagerez vos RHUMES\nVous calmerez votre TOUX\nVous couperez votre GRIPPE\nVous êtes certains de guérir :\nRhumes, Bronchites,\nCatarrhe, Influenza, M avec ie\nSirop «.Vosges cm\nil convient à tous :\nHommes, Femmes, Enfants, Vieillards.\nATTENTION ! rien autre, car rien ne saurait\nproduire le même effet.\nLe Flacon, 2f. Granc Flacon, 3f. En Vente : Toutes Pharmacies et\nCAZÉ à St-Quentin (Aisne). (3f6O fco ; les 2 grands Flacons 6f).\n\ndu\nBuste\nSeins développés\nraffermis, reconstitués\nen DEUX MOIS par les\nPilules\nOrientales\nSeul pour la\nfemme, comme pour\nla jeune fille, d'obte-\nnir une poitrine har-\nmonieusement déve-\nloppée et une gorge\nparfaite.\nGaranties sans danger\nconseillées par les som-\nmités médicales.\nEn\\)oi discret et franco\nd'un flacon aVec notice\ncontre mandat ou bon\nde poste de\ncontre remboursement\nde 6f 50\nJ. RATIÉ, Pharmacien\n5, passage \\)erdeau (faubourg Montmartre)\nPARIS\n•a\n\nPHTI\nMa fillette était chétive et la phtisie la guettait.\nSeule, l'Emulsion SCOTT put la rétablir et lui\nrendre l'excellente santé dont elle jouit aujourd'hui.\"\nGRESSET, Oye (P.-de-C.), 9/4/06.\nL'Emulsion SCOTT, seule parmi le#\nautres émulsions, est assez puissante\npour enrayer la phtisie. Voici pour-\nquoi : Les ingrédients les meilleurs et\nl'incomparable procédé de fabrication\nSCOTT lui assurent cette exclusive\nsupériorité. La garantie de cette\némulsion unique est sur l'enveloppe\nextérieure— \"le pêcheur avec la\nmorue.\" La SCOTT guérit!\nEchantillon franco contre 0,50 cent, en\ntimbres-poste adressés à Delouche et Cie,\n356, rue St-Honoré (entresol), Paris.\n14 SCOTT\n\ns\nV\ny.\ns*\n\\f\nCORYZA . . ;\n• • • • Migraine\nGUÉRISON RAPIDE par\nINHALATIONS \"RHINOL\"\nd'ouate a y Menthoformc\nLabre BAZIN &COLLAS,9, C. Victor-Hugo, Bordeaux\nET TOUTES PHARMACIES.- BOÎTE FRANCO : 0*75"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.9", "texte": "VIII\n\nS. ». M.\nAVIS IMPOR\nMous prions nos\nABONNÉS\ndont /'abonnement se terminait avec le\nnuméro du\n15 Décembre\nde vouloir Bien, en raison de / importance de\neette échéance, nous adresser, dès maintenant,\nt\nleur\nRENOUVELLEMENT pour 1909\nI\nafin qu ils n éprouvent aucun retard dans la\nréception de leur numéro.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nParis Un an 10 fr,\nÉtranger (Union postale) 15 -"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.10", "texte": "LETTRES INEDITES\nDEMMANUEL CHABRIER\n\nM. Robert Brussel a bien voulu\nd'Emmanuel Chabrier, choisies parmi\nrassemblés déjà en vue d'un ouvrage\nmusicien français. Etant les éditeurs d\nreconnaissants aux personnes qui posséder\ninconnus de nous en faire part.\n\nLETTRE A PAUL LACOME\n\nCauterets, lundi (7 juillet iS'jg).\nCher ami,\nQuand venez-vous? On joue le au Théâtre du Parc, jeudi\nprochain. Voilà un éclat de rire que vous ne sauriez vous refuser, et rire\nà deux, voire même à trois, car C... viendra, c'est rire double, c'est rire\ntriple, c'est s'écarquiller, c'est se fendre la mâchoire, se déboutonner le\nventre, se taper sur les cuisses en remuant la tête, enfin le au\nThéâtre du Parc, c'est inénarrable, il faut le voir, il faut courir, il faut voler,\ntraverser les gaves, escalader les pics, faire les choses les plus invraisem-\nblables pour contempler la plus invraisemblable de toutes le au\nThéâtre du Parc! Je le sais, vous avez des bœufs à vendre et du vin à je"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.11", "texte": "2\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nne sais plus quoi; C... m'a dit ça; il y a bien aussi probablement un\nCharles 11 dont le Figaro annonçait dernièrement la mise sur le chantier;\nnéanmoins je vous supplie de faire tout votre possible pour abouler ici\npromptement, nous filerons le 28 ou le 29 courant. Au fond je ne vais\npas très bien: j'ai mon oreille, et un œil, le tout à gauche, qui me donnent\nde l'inquiétude. Serais-je hypothéqué? Eh là-bas! ça me déplairait ferme!\nenfin, je me soigne en homme légèrement frappé, ça ne peut pas faire de\nmal. Ma femme reviendra, je l'espère, radicalement guérie. C'est moi, le\ncas intéressant ! Ce que c'est que de nous !\nAllons venez! le docteur trouve que vous vous enrhumez très faci-\nlement: il a quelque chose d'étonnant qui vous fera le plus grand bien!\nA vous cordialement.\n\nEmmanuel.\n\nLETTRE A MM. ENOCH ET COSTALLAT\n\nSan Sébastian, 20, Calle San\nMes chers amis,\nExcusez-moi, je vous prie, de n'avoir pas répondu plus tôt à votre toute\ncharmante honorée de l'autre jour, mais mes puces ne m'ont pas laissé un\ninstant de tranquillité. Voilà huit jours que je passe à les chercher. On voit\nbien que vous ne savez pas ce que c'est que la puce de Guypuzcoa, je vais\nvous le dire; aussi bien c'est une occasion que vous ne retrouverez peut-être\nplus. La puce espagnole est éminemment patriote et émigré peu; après\nles événements carlistes, auxquels elles furent vigoureusement mêlées, il\nen périt, hélas! un nombre considérable. Il y a eu du désarroi; il fallut se\nreconnaître; mais, vous n'imaginez pas (et c'est un exemple que nous\ndevrions bien méditer) avec quelle rapidité, quelle merveilleuse entente,\ncelles qui survécurent il en restait pas mal prirent le chemin du\npays.\nElles ont, du reste, leur chant national, comme qui dirait leur\nlaise, c'est un 3/4 en fa majeur qu'un compositeur français, un nommé\nBerlioz, a introduit dans sa Damnation de Faust, comme il y avait du reste\nintroduit aussi l'air national de Raccosky. La province de Guypuscoa étant\nune des plus fraîches de la péninsule, la puce y est un peu frileuse et\nrecherche volontiers les plis de terrains, les endroits abrités, moites, à\ntempérature d'étuve; elles ont un faible, et je le comprends, pour le corps\nde la femme; là, elles sont réellement à leur affaire. C'est surtout la femme\ngrasse, les grosses dondons, qu'elles visent spécialement, ces gros corps\nretenus dans un corset où l'on pourrait donner des courses de taureaux, ces\nimmenses derrières qui semblent des Krupps à longue portée, et encore\nle nombril, le bon vieux nombril perdu, le nombril en entonnoir, à forme de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.12", "texte": "LETTRES INÉDITES D'EMMANUEL CHABRIER\n3\n\ncratère Elles sont généralement assez débauchées et je pourrais vous\nraconter des histoires à faire rougir la couverture de la collection Litolff.\nSi vous êtes bien sage, je vous dirai ça une autre fois.\nMerci donc pour les renseignements si précis que vous me donnez sur\nE...; j'attends avec impatience le manuscrit de Je vous prie\naussi de remercier cet excellent K..., qui vient de m'envoyer de la part de\nG..., un livret en trois actes d'une humeur massacrante. Vous recevrez\ndans les huit jours la musique de cet ouvrage et je compte sur votre obli-\ngeance accoutumée pour le livrer immédiatement à nos premiers graveurs ;\ndimanche prochain, 6 courant, pendant que d'une main, vous tendrez\nl'arrosoir et que de l'autre vous enverrez des baisers à vos femmes, vers\nle coup de 4 heures de l'après-midi, nous serons tous aux taureaux. J'en\nrêve depuis huit jours; il est peu probable que je prenne à ces courses une\npart active et directe, ainsi que j'en avais tout d abord 1 intention; mon idée\nétait d'ahurir tout d'abord le taureau en lui présentant le manuscrit du\n3e acte des Muscadins et de le foudroyer en lui chantant la mais\nmon épouse n'est pas pour ces coups d'audace, elle dit que je ne suis qu un\nrêveur.\nSi vous voyez le directeur du théâtre de Port-Saïd, auquel M. de\nLesseps m'a vivement recommandé, dites-lui bien que je compte lui remettre\npour la Toussaint les deux premiers actes Cet ouvrage sera le cou-\nronnement de ma carrière, mon Parsifal.Après la première je me\nrepose et je ne l'aurai certes pas volé.\nAh ! nous pourrons dire, tous les trois, que nous avons bougrement trimé\nici-bas: C... surtout; il me fait positivement de la peine; pour lui,\nni paix, ni trêve; dites-lui donc, mon Enoch bien-aimé, qu'en agissant ainsi\nil file le plus mauvais coton ; cet homme se lève à 8 heures, il prend le train,\nil va à pied de la gare Saint-Lazare à son bureau ; il n'est pas plus tôt arrivé,\nqu'il s'enferme pendant deux heures avec Ernest pour dépouiller la corres-\npondance; son déjeuner est expédié en deux petites heures, risque à\ns'étouffer, et, alors que la digestion n'est point faite encore, que les aliments\nn'ont pas dépassé la luette, deux nouvelles heures d'un travail absorbant,\nterrible! Ernest ne saurait résister longtemps, mais c'est un détail, il n'est\npas associé, il est garçon; il resterait encore pas mal d'Ernest, sans\ncompter le vôtre, au souvenir duquel je vous prie de vouloir bien me rap-\npeler. Mais un père de famille, un époux! la chose est grave. Embrassez-le\npour moi et dites-lui de se ménager.\nA vous quatre nous deux cordialement.\nEt Lacome?\n\nEmmanuel."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.13", "texte": "4\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nEmmanuel.\nSan Sébastian, 20, Calle Sa\nChers amis,\nLa famille est arrivée hier sans encombres. Peu à peu, on va prendre ses\npetites habitudes et d'ici huit jours nous ne serons plus de faux Espagnols.\nSan Sébastian est du reste légèrement cosmopolite et la couleur locale y est\nfort atténuée; néanmoins, ce n'est plus du tout la rue Rochechouart et ies\nenvirons de Paris n'ont qu'à bien se tenir. Oui est-ce qui a dit qu il n y avait\nplus de Pyrénées? quelle est cette foutue bête? où est-elle? j'en ai là devant\nmes fenêtres une tranche énorme; c'est la toile de fond; l'Uruméa, rivière\npaisible, serpente mollement sous mes yeux et se jette, je devrais dire se\nglisse, s'infundibule dans la mer, mais là tout près, à 1 m. 5°- Les femmes\nsont jolies, les hommes bien faits, et sur la plage, les qui ont une\nbelle gorge oublient souvent d'agrafer solidement leur costume; j'empor-\nterai désormais des boutons et du fil. Rendre service c'est ma passion.\nJ'ai loué fort cher un maigre Aucher, et je me propose d'initier le\nmaître de chapelle de la localité aux beautés non-pareilles de la\nque j'ai fourrée au fond de ma malle, bien entendu. Je ne parle pas de\nTristan, qui fait partie du costume.\nAvez-vous vu E...? Où en est la confection définitive de\nJe vais écrire au bon K... Savez-vous s'il a revu G...? Ça m'irait\ncomme un gant de faire lestement trois actes de n'importe quoi ici; répon-\ndez-moi aussi à ce sujet. Si G... n'a pas encore la partition de 1\npourquoi ne la lui porteriez-vous pas vous-même, bras dessus, bras dessous\navec K... ; qu'en dites-vous?\nNos meilleurs, nos plus affectueux compliments à ces dames, et à vous\nbien cordialement, mes bons amis.\n\nSéville, 21 octobre\nEh bien ! mes enfants, nous en voyons, des derrières andalous se tortiller\ncojm'me serpents en liesse! Nous ne bougeons plus le soir des\nflamencos entourés, tous deux, de tor en costume de ville, le feutre\nnoir fendu au milieu, la veste ajustée au-dessus des hanches et le pantalon\ncollant dessinant des jambes nerveuses et deux fesses du plus beau galbe.\nEt les gitanas chantant leur malaguenas ou dansant le tango, et le manzanille\nque l'on se passe de main en main et que tout le monde est forcé de boire.\nCes yeux, ces fleurs dans d'admirables chevelures, ces châles noués à la\ntaille, ces pieds qui frappent un rythme varié à l'infini, ces bras qui courent\nfrissonnants le long d'un corps toujours en mouvement, ces ondulations de\nla main, ces sourires éclatants, et cet admirable derrière sévillan qui se\ntourne en tous sens alors que le reste du corps semble immobile, et tout\ncela au cri de olle, olle, anda la Maria!"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.14", "texte": "LETTRES INÉDITES D'EMMANUEL CHABRIER\n5\n\nCarmen, andal andaî vociférés par les autres femmes et le public!\nCependant, les deux guitaristes graves, la cigarette aux lèvres, continuent\nà gratter n'importe quoi à trois temps. (Le tango seul est à deux temps.)\nLes cris des femmes excitent la danseuse qui, sur la fin de son pas, devient\nlittéralement folle de son corps. C'est inouï! Hier soir deux peintres nous\nont accompagnés et prenaient des croquis, moi j'avais mon papier de\nmusique à la main; nous avions toutes les danseuses autour de nous; les\nchanteuses me redisaient leurs chants, puis se retiraient en serrant for-\ntement la main d'Alice et la mienne!!! Puis il fallait boire dans le même\nverre, ah ! c'est du propre ! Enfin nous ne nous en portons pas plus mal ce\nmatin! Mais là, vrai, je ne vois pas du tout Mme E... là-dedans! Et\nnous allons mener cette vie-là pendant un mois, jusqu'à Barcelone, en\npassant par Malaga, Cadix, Grenade, Valencia ! ! ! Ah ! mes pauvres nerfs !\nEnfin il faut bien voir quelque chose avant de claquer mais, mes amis,\ncelui-là n'a réellement rien vu qui n'a pas assisté au spectacle de deux ou\ntrois Andalouses houlantdes fesseè, et en aussi, également en\nmesure de andal andal anda!et les éternels claquements des mains: elles\nbattent avec un instinct merveilleux le 3/4 à contre-temps, pendant que la\nguitare suit pacifiquement son> rythme.\nComme d'autres battent le temps / de chaque mesure, chacune battant\nun peu à sa fantaisie, c'est un amalgame de rythmes des plus curieux\ndu reste, je note tout cela mais quel métier, mes enfants! Courir les\ncathédrales (des splendeurs), voir les musées, se perdre dans les rues,\nvisiteur tout, manger quatre à quatre, et se coucher à minuit il y a des\n-moments où nous sommes imbéciles! Pour un oui, pour un non, nous\ngrimpons à cette sacrée Giralda, du haut de laquelle on a bien le plus beau\npanorama du monde; je connais le nom et le son de toutes les cloches, car\nle jeune sonneur est mon ami ; ses sœurs dansent dans un baile le soir et\nle jour montrent la cathédrale. C'est comme ça.\nDes mendiants plein les rues et vous demandant avec la cigarette à la\nbouche et des allures pleines de majesté ; ils ne disent pas merci, ça leur\nest dû, paraît-il. Et toute la nuit, le sereparcourt les rues, avec sa pique\net sa lanterne et chantant d'une voix forte : etc... ; cela\nsignifie que la ville est tranquille, qu'on peut dormir. Il y a même une\ndanse, intitulée le Sereno-, alors la danseuse imite ledit sereno et chante à\ntue-tête: Ave Maria purissima et tortille du derrière. Les théâtres\nsont détestables; le monde chic ne va pas aux bailes; quand il veut s'offrir\nce spectacle, les danseuses viennent à domicile. Je vous écrirai dans une\nhuitaine. On nous appelle pour déjeuner. Nous vous embrassons tous les\nquatre.\nEt Lacome et sa femme, comment vont-ils? Je pense tout le temps à\nmon vieux Lacome.\n\nEmmanuel."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.15", "texte": "6\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\nLETTRES A PAUL LACOME\ng septembre 1884. La Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire).\nCher Ami,\nJ'ignore si vous êtes avec Madame, s'il faut lancer ce manifeste affectueux\nchez la mère C... aux forts tétons ou chez l'Espagnol de la rue La Fayette, qui\na certainement beaucoup moins de tétons que la mère C..., et c est\nregrettable, car ne remarquez-vous pas comme de nos jours l'hermaphro-\nditisme se perd; je le disais encore ce matin, sur le mail, au brigadier de\ngendarmerie et turellement « vous avez raison »me répondait le brigadier.\nDu reste, il ne comprenait pas. Mais laissons là la mère C... ; aussi bien\nc'est de la mère Boniface que je veux vous parler ou plutôt dont je\ndésire que vous me parliez. Etes-vous satisfait de votre livret, de votre\npartition, de vos interprètes? J'ai vu la distribution dans le journal; elle ne\nme paraît pas vertigineuse. Je ne vois pas là-dedans des gens connus, aimés\ndu public. Et Théo, qu'en pensez-vous? Je me fais une fête de vous voir\nun bon bout de temps, cher ami; je serai chez Enoch et Costallat le jeudi\n4, entre set 6, à moins que je ne sois rappelé à Paris avant cette\népoque. Si vous saviez combien je vous souhaite un succès! mais je n'ai\npas beaucoup de veine moi non plus, et je crains toujours un ex-voto sur\nle veston d'un ami, si ça allait lui porter la guigne !—Ah ! nous faisons là\nun joli métier! Moi j'écris des morceaux de piano à quatre mains; pourquoi\nfaire, allez-vous me dire? Mais je n'en sais foutre rien, mon pauvre\nd'Estalenx, c'est idiot, je le sais bien, les E... n'en voudront même pas;\ncelui-ci sera trop long jamais trop court, par exemple, l'autre trop\ndifficile jamais pas assez, puis ce n'est pas pratique. Ce n'est jamais\npratique, ce que je fais, et notez que s'ils lisaient ce passage, ils criailleraient\ncomme deux coqs: « En voilà un salaud, nous éditons tout ce qu'il pond,\nnous lui répétons même qu'il ne pond pas suffisamment et ça se plaint; ah!\nmais il nous embête, le Chabrier ». Voilà ma vie, ma sacrée vie. Ah ! pour\nce qui est de la 3e valse, ça n'a pas traîné. Baudon l'avait cinq minutes après\nson arrivée. Eh bien! vous ne savez pas, j'ai idée que ça se vendra. Il y a\npeu de musique à deux pianos; les filles qui jouent sérieusement du piano\n(ai-je besoin d'ajouter qu'elles sont généralement laides) sont fichues de\ndemander ça. Oh ! ça se calmera quand on les aura lues... Mais on ne\npeut pas toujours exécuter mal du reste la Symphonie en ré. Dame, ça\nn'est pas d'un pratique à outrance, mais ça l'est un peu. Dieu soit loué.\nLaus ad te domine!\nC'est ce pauvre C... qui est à plaindre. Tout seul et tant de respon-\nsabilités! Pendant ce temps-là, E..., un feignant, prend du ventre à\nEtretat. Oui, tout seul, obligé de servir le client la bouche pleine, déjeuner\ndans la pièce à côté, là où on fait travailler T..., cette pièce à côté où\nMonsieur Léon et deux employés présentent fiévreusement de la cire à\ncacheter à un bec de gaz portatif pour empaqueter Litolff. Ç'a n'a l'air de\nrien, mon ami, cette pièce à côté ; c'est le nid, c'est le magot, et c'est de là"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.16", "texte": "LETTRES INÉDITES D'EMMANUEL CHABRIER\n7\n\nque tout part, c'est la pièce à bénir quand on se retirera! Oh! ne rions\njamais de petits paquets qui partent !\nAllons, trouvez entre deux béquets, cher ami, le temps de m'écrire\ndeux mots et présentez à la chère Madame Lacome l'expression de nos plus\naffectueux sentiments.\nVotre très affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCostallat ne doit pas être loin. Faites-lui quelques caresses de ma part,\nquelque chose de gentil.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), ig juin 1886.\nVotre lettre, camarade, m'a ravi. Je jubilais dès l'enveloppe. Et, blague\nà part, j'allais vous écrire, comme on dit, je m'embêtais après vous. Les\njournaux, art, théâtres n'annonçaient rien, le temps se passait, je vous\nsentais loin de ce salaud de Paris où il n'y a pas de milieu pour nous comme\npour le bourgeois où, dis-je, nos pauvres bougres de nerfs, toujours\ntendus, me font l'effet d'une guitare dont une demi-douzaine de fous furieux\npinceraient tous àla fois les cordes. J'ai croupi pendant je ne sais combien\nde temps ; il semble maintenant que ça veuille marcher, eh! bien ! ce n'est pas\ncela encore : il faut faire trois actes en trois mois, je ne peux pas. On\nvous laisse moisir des quinze ans, puis il faut les choses immédiatement, sans\nvous laisser le temps d'avaler. On s'échine, on fait de son mieux, puis un\nbeau soir, c'est un beau four. Alors c'est le cul par terre, pendant dix ans.\nOn a tant parlé de Gwendolineque si cet opéra-comique que je fabrique\nactuellement ne réussit pas, je suis nettoyé, mon vieux; les camarades n'en\nseront pas autrement fâchés, mais bibi fera une horrible tête, et il y aura\nde quoi. Bref, je termine le premier acte (piano et chant) ;le IERIER septembre,\nça y sera probablement, toujours piano et chant, alors il faudra orchestrer\ntrois actes, faire deux entr'actes, une ouverture, refaire à nouveau, couper\n(ça c'est moins long) que sais-je? Oh! que je n'aime pas à être bousculé et\ncomme surtout je ne veux rien compromettre... Ça se jouera quand j'en\nserai content, quand j'aurai terminé après un labeur consciencieux mais non\nsurmené ou bien j'enverrai tout faire foutre et ça ne se jouera pas. Ce\nsera bien, ou ça ne sera pas. Tout me coûte beaucoup de travail. Je n'ai pas\nce qu'on appelle de la facilité?Si peu que j'aie à faire, il me faut rentrer\ndans ma turne et une fois là, je crois que je ne vais rien ficher du tout.\nPuis il faut que la pièce soit très gaie, lestement conduite; je veux qu'on rie\ntant et plus là-dedans. C'est beaucoup de tracas. Enfin, qui vivra verra.\nA propos de verrats, comment vont les vôtres? Et vos foins, ça aime-t-il\nl'eau, les foins? Il en tombe suffisamment depuis six semaines; les proprié-\ntaires de par ici font des gueules... Il y en a un qui a perdu dernièrement sa\nvache d'une fièvre de lait; j'ai cru qu'il prendrait le deuil; il pleurait comme\nun veau; celui-ci en a réchappé du reste; il téte une autre mère, c'est son\nheure. Le voilà qui passe, ce propriétaire, je voudrais que vous vissiez sa"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.17", "texte": "8\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. 1. M.\n\nfoutue mine. Eh bien! moi qui n'ai pas la moindre vache, cette douleur me\nlaisse gai ; je ris comme un bossu quand je vois ce propriétaire qui passe.\nJe n'ai pas d'autre événement à vous signaler depuis que je suis ici. Et\ncette bouture confiée aux soins d Enoch? Est-ce 1 affaire des Variétés?\nAvez-vous planté quelque nouveau jalon avant votre départ? Dans cc\nmétier-là, c'est triste à dire, il ne faut d'abord s'étonner de rien; mais si\nl'on devait s'étonner de quelque chose, ce serait d'avoir de la veine.\nM... en a, c'est incontestable; il est ce qu'on appelle vraiment bien\nun veinard;mais que d'autres, très poussés, très lancés, très surfaits même\npar les journaux qui attendent indéfiniment leur tour? Et et même\nSalvayre, et la petite Chaminade, et Guiraud, et joncières, et Reyer (quinze\nans de Sigurdnon joué). Et Lenepveu,et et et le père\nFranck, et le pauvre Lalo tout ça s'emmerde avec des floppées de par-\ntitions dans des armoires. Et Holmes,enfin tous, excepté\nGounodet Ambroise.Dans l'opérette, beaucoup aussi ont les dents longues;\nM... les embête. Enfin, et pour conclure, c'est le dernier des métiers.\nMon concours de Clermont est proche. Envoyez-moi donc un joli discours.\nJe vais être bête comme une oie devant tout le monde. En wagon, il me\nviendra peut-être quelques banalités de circonstance.\nCroyez toujours bien, cher et bon camarade, à mon inaltérable amitié.\nVotre EMMANUEL.\n\nLETTRES A FÉLIX MOTTL\n\nTours (Indier\nMon Cher Maître,\nLaissez-moi donc bien vous remercier pour le bienveillant intérêt dont\nvous ne cessez de me donner des preuves et vous dire combien je vous en\nserai toujours reconnaissant. J'aurai donc la double joie et l'insigne honneur\nd'être représenté à Karlsruhe et dirigé par vous. Ah! vous êtes un peu\nbien coté, ici, je vous en réponds, et quand on dit Mottl, on salue très bas!\nAussi considérerai-je comme une des plus douces de ma vie, l'heureuse\nsoirée que je devrai à l'amitié de mon cher Van Dyck et à votre dévouement.\nJe vous prie de vouloir bien remercier de ma part M. le baron de Pudlitz,\nen attendant que je puisse de vive voix lui exprimer toute ma reconnaissance.\nVous avez dû, je suppose, prendre connaissance du poème de\ndoline. C'est une légende danoise, rehaussée de fort beaux vers, dont\nl'auteur, Catulle Mendès, était très lié avec Wagner; et je puis dire qu'à\ndéfaut d'autres mérites, Gi vendolinea certainement, poème et musique,\ncelui d'être l'œuvre commune de deux fanatiques de ce grand génie.\nVan Dyck m'apprend que l'on s'occupe de la traduction et que l'ouvrage"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.18", "texte": "LETTRES INÉDITES D'EMMANUEL CHABRIER\n9\n\npourrait passer en mars-avril ; mais il me fait connaître aussi et c'est ce\nqui me comble de joie ! que vous voudriez bien en août, après Bayreuth,\ndonner quelques représentations de Gwendoline à Karlsrhue, dans l'espoir\nd'y attirer des compatriotes.\nMerci d'avoir eu une si affectueuse idée. Je vais tâcher, d'ici le mois\nde mars, d'enrichir ma mémoire de quelques mots allemands autres que\nlangsam, schnell, ausdruckwoll, lebhaft (i) et autres.\nJ'arriverai, je l'espère, à parler tout au moins une variété\nd'allemand-nègre qui sera à pouffer de rire, mais pourra me sortir d'em-\nbarras. Je compte bien, au cours de mes dernières répétitions, prendre\nau théâtre, le soir, un bain vivifiant de Je sais que, pour cette\népoque, les quatre ouvrages seront prêts et que la est\nprête à passer. Si on pouvait glisser là-dedans une brave partition qui n'est\npas piquée des vers, j'ai nommé Tristan, c'est Chabrier qui serait aux anges!\nFaites-moi signe plus tôt que plus tard, tout l'hiver, je vais piaffer d'impa-\ntience.\nEvidemment, je l'aime, mon pauvre et cher Paris n'est-ce pas mon\ndevoir! mais nous avons ici deux théâtres, un pour la l'autre pour\nHaydée;hélas, ce n'est pas assez, et ces deux théâtres engouffrent un million\n300.000 francs de subvention ! De temps en temps, on donne, sous forme\nd'os à ronger, deux actes de ballet à un pauvre diable de compositeur, et\nencore, cette année-ci, c'est le père T... qui les fait! Ah! ce n'est pas\ndrôle! Quant à gagner sa simple vie, c'est impossible, à moins de verser\ndans l'opérette, là, après dix ans, on se retire fortune faite. Mais le rêveur\nde drame lyrique, s'il n'a pas le sac, peut se fouiller: Il crève de faim très\ncarrément. Il faut avoir l'âme chevillée dans le corps pour continuer ce\nmétier-là.\nMais j'ai le courage, et j'aurai en plus, cette année-ci, grâce à vous,\nVencouragement,mes efforts n'auront point été stériles, puisque vous agréez\nma chère petite partition, trouvée rébarbative et confuse dans mon cher\npays où l'on n'aime pas assez la musique où l'on ne compare pas assez.\nNous avons, avec nos qualités chaque peuple a les siennes, c'est\ncertain, le grand tort de nous regarder le nombril avec trop de complai-\nsance et de nous déclarer trop vite satisfaits. Enfin si quelqu'un a le droit\nde se déclarer satisfait, c'est moi, et je le dis très haut, et vous remercie de\ntout cœur.\nVotre tout dévoué et reconnaissant,\nEMMANUEL CHABRIER.\nCher Ami,\nJe suis enchanté de mon séjour dans votre ville natale (2), une belle ville\net de belles femmes! Votre lettre à Richter a produit le meilleur effet; j'ai\n\n(1) Le manuscrit donne : beleft, qui ne signifie rien.\n(2) Chabrier fait ici une erreur que nous tenons à rectifier. Félix Mottl est\nAutrichien, et des environs de Vienne."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.19", "texte": "10\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\neu deux séances avec lui, une pour Gwendoline, l'autre pour le Roi maigre\nIUI Richter s'est montré très très satisfait, mais il m'a laisse comprendre\nqu'un opéra-comique était plus attendu ici qu'un je crois donc que\nc'est le Roi qui leur conviendra; Jahn et Richter auront, dans quelques jours,\nle poème du Roi et s'il leur convient, ils monteront immédiatement ouvrage.\nVous voyez que nous n'avons pas perdu de temps et que, grâce a vos excel-\nlentes recommandations, le temps a été utilement employé.\nIci, à Berlin, on n'a pas l'air de travailler autant qu'à Karlsruhe. Bock,\nl'éditeur si aimable, que nous avons vu ce matin, nous a dit que l'on n avait\nrien monté depuis deux ans et que je caserais difficilement ma musique; que\nBerlin ne lançait pas une pièce, ordinairement ; que c'étaient des villes\ncomme Karlsruhe, Hambourg, Leipzig, Kôln qui faisaient les succès,\net que Berlin les enregistrait, mais que Berlin prenait très rarement\nVinitiative. Enfin, je verrai demain le comte de Hopsberg (i)\nl'intendant du théâtre, et je verrai bien ce qu'il me dira. Après\nquoi nous irons à Brunswick, où Enoch a affaire, puis à Pourriez-\nvous m'envoyer de suite une lettre de recommandation pour le kapellmeister\nde Cologne? Vous adresseriez votre lettre à\nM. Litolff, éditeur à Brunswick.Je serai à Brunswick jeudi et vendredi,\nje voudrais une audition à Cologne et enfin, mon vieux Paris me reverrait\ndimanche ou lundi au plus tard.\n7\nCher Ami,\nOù êtes-vous? Que faites-vous? Avez-vous chaud? Vous soignez-vous?\nMusiquez-vous? Flânez-vous? Enfin, êtes-vous heureux?\nJe n'aurai donc pas eu la joie douce de vous présenter mon gai Paris,\nsi vivant, si grouillant, où l'on fabrique de tout, depuis l'horrible jusqu au\nsuperbe et où, en fin de compte, on travaille rudement et gaiement !\nJ'aurais été si heureux de vous souligner rapidement les côtés nombreux\nencore par lesquels nous valons quelque chose, vous promener dans nos\nadmirables musées, au milieu de nos expositions permanentes, vous faire\nfaire le tour de tous nos théâtres dont I'ENSEMBLE constitue absolument une\nincomparable richesse de production, et J'aurais voulu\nvous conduire chez nos jeunes musiciens (nous en avons de pas trop bêtes),\nchez nos peintres, chez nos sculpteurs (nous en avons de premier ordre) et\nje suis sûr que vous, si vibrant, si doué, si esthétiquement élevé, vous auriez\nconservé un bon souvenir de l'accueil que vous auriez reçu et des impressions\nressenties.\nMais ce n'est que partie remise, et il y a des provinces, en France, où\nl'on est excessivement entêté. Je suis de celles-là, et dans quelques mois,\nquand j'aurai le plaisir de vous serrer la main, j'ai la conviction que je vous\ndéciderai complètement à venir nous voir.\nEcrivez-moi ; dites-moi ce que vous faites de mon bon Van Dyck et\n\n(1) Hochberg, sans doute?"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.20", "texte": "LETTRES INÉDITES D'EMMANUEL CHABRIER\n11\n\nquand vous partez pour Bayreuth. Ecrivez-moi en français, ça m'est égal,\nfaites des fautes, c'est le seul moyen de se corriger; je ne suis pas fichu\nd'en écrire en allemand autant que vous; dès lors, qu'est-ce que cela vous\nfait? Et puis, je me tordrai de rire : vous ferez passer à votre vieux Chabrier\nun moment amusant, ils ne le sont pas tous, hélas!\nAdieu, mon cher Mottl, et à bientôt, j'espère: rappelez-moi, je vous prie,\nau bon souvenir du baron de Pudlitz et du gros Plank un bon souvenir\naussi à Bop, à Orlânder et au régisseur de ce cher théâtre où j'ai tant pleuré\nà la répétition de Siegfried.\nVotre affectionné,\nEMMANUEL CHABRIER.\nJe me souviens aussi d'un grand violoncelliste de l'orchestre, un blond\net d'un referendar (?) un homme très bien mis et fort agréable qui\nm'avait donné sa carte. Dites-leur, si ça peut les intéresser, que je ne les\nai pas oubliés.\nLa Membrolle, par Mettray (Indre-et-Loire), 29 octobre 1888.\nMon Cher Ami,\nJ'ai été bien péniblement impressionné par la nouvelle de la maladie de\nPlank. Il faut espérer que ce brave artiste va se remettre, car, indépen-\ndemment de son talent, il est bien nécessaire à sa famille nombreuse, je\ncrois. Dites-lui, je vous prie, combien, en dehors de ce qui m'intéresse per-\nsonnellement, je fais des vœux pour le rétablissement de sa santé et pré-\nsentez-lui mes compliments affectueux.\nVeuillez aussi, cher Mottl, être mon interprète auprès de la charmante\net robuste artiste Mlle Mailhac ; dites-lui combien je la remercie de s'être\nmise à l'étude de mon cher ouvrage. Ah! que je voudrais l'entendre! Vous\npensez que dans le courant de janvier la pièce sera prête?\nSi vous saviez!\nJ'ai entendu dire que vous deviez quitter bientôt Karlsruhe, aller à\nVienne, ou à Pesth... Je serais foutu si je ne vous avais pas à Karlsruhe\npour mon ouvrage ; je ne veux que vous, vous seul, cher grand artiste, et je\nle répète, c'est pour moi un affectueux honneur de penser que vous voulez\nbien mettre au point et diriger ma pauvre Ne me laissez\npas sans nouvelles, cher ami; d'ici trois semaines ou un mois, soyez assez\nbon pour me faire savoir si les chœurs commencent à marcher, si le metteur\nen scène, le régisseur, un homme blond et frisé, très gai, très aimable, dont\nle nom m'échappe, sont déjà occupés de la tâche assez lourde qui leur\nincombe; enfin des détails, des détails! Et en allemand, ça m'est égal,\nje ferai traduire. Vous devez avoir tou Comme\nje ne puis pas arriver à me faire jouer ici, j'en fais une question\npropre: Je convoquerai tous mes amis de Paris, Franck, Fauré, d'lndy,\nLalo, Messager, Reyer, Widor; tout ça viendra à Karlsruhe; il faut que cet\nouvrage joué à Karlsruhe fasse plus de bruit (ou tout autant) à Paris qu'à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.21", "texte": "12\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nKarlsruhe: je voudrais embêter les théâtres de Paris qui ne jouent pas ça...\nLamoureux m'a promis de venir aussi, de plus, je compte sur votre\nbonne amitié pour faire signe, le moment venu, aux directeurs et kapell-\nmeisters voisins: je tiendrais à avoir Levi de Munich, que j'ai connu il y a\nsept ou huit ans. Enfin nous arrangerions tout cela pour le mieux.\nDonc, cher Mottl, n'abandonnez pas votre collègue et ami Chabrier,\net croyez que je vous serai toujours reconnaissant de ce qu'un homme\nque vous aura bien voulu faire pour moi.\nVotre cordialement dévoué,\nPrésentez, je vous prie, mes respectueux hommages au baron de Pudlitz.\nVoilà l'ami Van Dyck parti pour la gloire!\nOle ! Ail rigt ! Evohé !\n(A suivre.)\n\nEmmanuel Chabrier."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.22", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\nLE CANTIQUE\nDES CANTIQUES\nmis en vers françois\n1564"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.23", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n\nN sait peu de choses sur ce poète. Il était natif de\nCandes, en Touraine (1). On lui doit une Rhétorique\nen onze chapitres, publiée en 1557, à Paris, par\nGuillaume Le Noir et Sébastien Nivelle, et une\ntraduction en vers du Cantique des Cantiques de\nSalomon, suivie des Lamentations imprimée par\nRobert Estienne, en 1564. Il composa, en outre, un poème\noriginal, La Calomachie,dans lequel se voyait un combat entre\nles quatre gouverneurs du monde, mais cet ouvrage, auquel\nil fait allusion dans ses autres oeuvres, ne fut vraisemblable-\nment pas imprimé et se perdit. Il vivait encore, fort âgé,\naprès 1561.\nGuillaume Colletet qui, dans ses Vies des Poètes français, n'a\nfait que reproduire et interpréter sur cet auteur les notes\nsuccinctes d'Antoine du Verdier et de La Croix du Maine, s'est\nélevé avec violence contre la poésie de Pierre de Courcelles.\nNon seulement il ne lui reconnaît aucune grâce ni mérite d'in-\nvention, mais il la condamne comme une des misérables\nproductions du temps. A l'appui de son jugement, il donne\nquelques vers choisis parmi les plus faibles de ce dernier, et\nconclut plaisamment que Courcelles était corrompu du levain\nd'hérésie. Il faut croire que la passion, ou une complaisance\n\n(i) Cf. Antoine du Verdier et La Croix du Maine : Bibliothèques françoises\n(Ed. Rigoley de Juvigny, 111, 261, 11, 265)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.24", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n15\n\nexagérée et servile pour de « bonnes idées », ont égaré notre\nsavant biographe.\nLes vers de Pierre de Courcelles sont fort inégaux, mais ils\nont cette grâce ingénue qui fait passer les maladresses de la\nversification.\nLe xvie siècle, on le sait, témoigne au point de vue poétique\nde tant d'habileté qu'on est tenté, parfois, de rechercher dans\nles publications des rimeurs de second ordre un peu de cette\nsincérité et de cette foi naïve qui n'abondent pas toujours\nchez les nobles écrivains.\nBien que nous ne songions guère à comparer cette traduc-\ntion du Cantique des Cantiques avec celle qu'a donnée Remy\nBelleau (i), et qui demeure un pur chef-d'œuvre, il nous semble\nque les deux poèmes se complètent. L'élégance de l'un ne\nbalance point le charme quasi populaire de l'autre. Une mu-\nsique dont nous ignorons l'auteur, mais qui paraît être due à\nl'inspiration personnelle du poète, accompagne les strophes\net font de cette interprétation d'un des plus beaux ouvrages\nde l'esprit humain, un chant rythmé fort agréable à entendre.\nLe Cantique des Cantiques est précédé d'un double sonnet\nsigné T. D.B. [Théodore de Bèze ] qui contient un vif éloge du\npoète. On le lira avec intérêt, non parce qu'il contient l'apo-\nlogie d'un écrivain dont l'œuvre était rarissime déjà au xvie\nsiècle, mais parce qu'il demeure le seul document sur lequel\nColletet s'est appuyé pour dénoncer Pierre de Courcelles\ncomme hérétique.\nIl nous dispensera d'ailleurs d'un plus long et stérile com-\nmentaire : Lf\nL'homme Chrestien des Muses allaité\nFavorisé du Ciel et de Nature,\nNe doit ailleurs qu'en la saincte Escriture\nAvoir Vesprit tendu et arresté.\nMaints aujourd'hui confits en vanité,\nNe chantent rien qu'urne Venus impure,\nEt de choisir autre subject n'ont cure\nPlus profitable à la postérité.\n\n(i) Cf. Eclogues (sic) sacrées prises da Cantique des Cantiques de Salomon.\nEd. des Œuvres poétiques de Remy Belleau, Paris. Mamert Pâtisson, MDLXXIII."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.25", "texte": "i 6\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nL'un se complaint des rigueurs de sa dame9\nPensant ainsi fleschir son rude cueur :\nL'autre au rebours, se vante du bon-heur\nQu'il a reçu en V amoureuse flâme.\nEsgal ennuy sollicite leur âme :\nCar cil qui ha tant de bien et faveur,\nDe jalousie esprouve la fureur,\nEt de douleur, comme Vautre, se pasme.\nMais toy qui es po'ètbien appris,\nCognoissant bien les poétiques esprits\nEstre subjects aux flammes amoureuses :\nPour éviter les traicts de Cupidon,\nAs arresté ton lyrique fredon\nSur les amours ce lestes et heureuses.\nOr, pleust à Dieu que tous ces amoureux,\nQui sont ainsi pâlies et langoureux,\nFussent espris dyaffections pareilles :\nTant de propos corrompus et mauvais,\nEt de chansons impudiques, jamais\nN'offenseroyent les Ghrestiennes oreilles.\nL'exemplaire du Cantique des Cantiques qui a servi à la\nprésente réimpression est conservé à la Bibliothèque natio-\nnale sous cette cote: Réserve A 1580. C'est un charmant petit\nin-12 de 64 feuillets non chiffrés, imprimé en caractères fins\net revêtu d'une reliure en parchemin.\n\nAd. Van Bever."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.26", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n17\n\nLE\nCANTIQUE DES\nCANTIQUES DE SA\nLOMON MIS EN VERS FRANÇOIS,\nSELON LA VERITE HEBRAÏQUE\nPAR PIERRE DE COURCELLES, DE\nCANDES EN TOURAINE,\nENSEMBLE,\nLes Lamentations de I\navec VEpistre d'iceluy\nA,\nTRES VERTUEUX ET TRE SMAGNANIME LOYS\nDE BOURBON, PRINCE\nDE CONDÉ.\nA PARIS\nChez Robert Estienne, Imprimeur du Roy\nM. D. LXIIII\nAVEC PRIVILEGE DV-\nDICT SEIGNEUR\n2"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.27", "texte": "i 8\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nODE AUX LECTEURS CHRESTIENS\nC'est à vous cueurs\nDe J esus-Christ,\nCe sainct Cantique amoureux\nDans lequel sous\nDe l'Espouse et\nEst escripte amour\nLaquelle je vous\nGraver en vostre\nAyez-la de jour\nImprimée en vostr\nCar ce n'est pas ceste amour\nQui les jeunes gen\nC'est un amour,\nUne amour spirituelle\nQui remet l'homme\nDedans la voye\nChassez doncques ces chansons,\nAmis, folles et l\nEt chantez en plai\nCe Cantique des\nQui ne porte que\nDe Christ, et de\nPour ce.. ayez-le\nEt le chant»z sans feintise."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.28", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\nI 9\n\nCANTIQUE I.\n1\nDissuauiare me\nL Eglise esprise et ravie d'amour spirituelle et divine, desire estre ensei-\ngnée par la bouche de J esus-Christ, son espoux, et se dit brune pour les persé-\ncutions,mais plaisante par la grâce que luy a faicte son Espoux, de lui avoir\ndonné la puissance de les endurer pour l'amour de luy, qui fait qu'elle le loue,\net luy elle.\nl'espouse\nDes chastes baisers de ta bouche,\nA donc je te pri', baise-moy ;\nPermets, par amour, que je touche\nLes lèvres vermeilles de toy :\nCar tes amours, ô mon Espoux,\nSont meilleures que le vin doux.\nPour la senteur aromatique\nDe tes parfums tressouverains,\nTon nom precieux authentique\nUn doux parfum est aux humains :\nQui fait qu'en toy de jour en jour,\nLes filles mettent leur amour.\nTire-moy : en l'odeur suave\nDe tes parfums te poursuyvrons,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.29", "texte": "20\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLà où dans le secret conclave\nDu grand Roy introduicts serons :\nAuquel chacun joyeux sera,\nEt en toy se réjouira.\nLors aussi de tes amourettes\nPlus excellentes que le vin,\nEn nos divines chansonnettes\nPsalmodirons de cueur humain,\nCar les justes et droicturiers\nT'aiment, et suyvent tes sentiers.\nBrunette je suis, mais plaisante,\nO femmelettes de Sion,\nComme la magnifique tente\nDe Cedar l'habitation,\nEt comme du sage et bon Roy\nLes courtines en bel arroy.\nMais combien que je soy' brunette,\nSur moy pour ce n'ayez esgard,\nLe clair soleil de sa chambrette\nSur moy a dardé son regard :\nQui brune m'a rendue ainsi\nComme vous me voyez ici.\nLas, helas ' les fils de ma mere\nEn contre moy ont bataillé,\nLesquels d'une colere amere\nM'ont le guet des vignes baillé ;\nMais la mienne à moy proprement.\nJe n'ay gardée aucunement.\nDe peur qu'aux troupeaux ne fouivoye\nDe tes compagnons, monstre-moy,\n0 toy de qui mon âme a j oye,\nOù tu pais, et où à recoy (i)\nTu demeures et fais séjour\nDroictement au milieu du jour.\nl'espoux\nO belle entre les femmelettes.\nSi tu ne le sçais et cognois,\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.30", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n21\n\nSuy le train de tes bestelettes,\nEt tes petits chevreaux pourvois\nPrès les cabanes des pasteurs\nDe leurs beaux troupeaux amateurs.\nEn beauté tu es comparée\nO ma cbere et parfaicte amour,\nA ma monture bien parée,\nReluisante comme le jour,\nEntre les chars Egyptiaux\nDu roy Pharaon les plus beaux.\nTes joues sont de bonne grâce\nEntre tes atours clairs et beaux,\nEt ton col de grande efficace\nEntre tes carquants et joyaux :\nMais nous te ferons boutons or'\nDe fin argent, et atours d'or.\nL'ESPOUSE\nTandis qu'en sa salle tendue\nLe Roy à banqueter estoit,\nL'odeur de mon nard espandue\nPar l'univers se departoit,\nDe laquelle son peuple aimé\nAlors estoit tout parfumé.\nComme un petit bouquet de myrrhe\nA moy est mon aimé parfaict,\nLequel comme mon Roy et Sire\nDedans mon sein demeure fait,\nEntre mes tetins rondelets\nComme deux boutons vermeillets.\nComme une grappe rougissante\nDe raisin le plus doucereux\nEs vignes d'Engaddi croissante,\nA moy seule est mon amoureux,\nLequel aussi seul j'aimeray\nDe tout mon cueur, et serviray.\nL'ESPOUX\nVois-tu, m'amour, que tu es belle,\nQue tu es belle de tes yeux,"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.31", "texte": "22\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S» I. M.\n\nDesquels la beauté estincelle\nCy-bas en ces terrestres lieux,\nDe tes yeux qui semblables sont\nA ceulx que les colombes ont.\nl'espouse\nVois-tu, mon aimé, vois-tu ore\nQue tu es beau et reluisant,\nVois-tu qui nostre lict decore\nEt le rend joly et plaisant,\nLes belles florissantes fleurs\nToutes de diverses couleurs.\nDessus les murailles massives\nDe nos maisons assises sont\nDe Cedre les grosses solives,\nEt de sapin rougeastre blond\nLes puissans soliveaux quarrez\nDu plus fin or, qui soit dorez.\n\nCAN. II L'espouse.\nEgo suftt Rosa Saron\nL'Eglise se glorifiant de quoy elle est la rose et le lis, désire parvenir en\nl'ombre de Jesus-Christ son Espoux,duquel (les persécutions passées) elle est\nappelée et invitée à venir à soy, et reprendre courage pour jouir encore après\nl'hyver des persécutions, de la beauté vernale de sa parolle. Pour à quoy obéir,\nelle prie luy aider de sa part, et de chasser les heretiques, et ennemis d'icelle\nqui, sous couleur de l'annoncer, mettent en avant les inventions des hommes,\nainsi gastant la vigne du Seigneur."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.32", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n23\n\nl'espouse\nLa rose vermeille je suis\nDes belles fertiles campagnes,\nEt quand et quand le très blanc lis\nDes jardins entre les montagnes.\nQuel est le lis espanissant\nEntre les espines poignantes,\nTel est m'amour resplendissant\nEntre les fillettes amantes.\nQuel est le pommier fructueux\nEntre les verds arbres stériles,\nTel est mon aimé vertueux\nEntre les enfans juvéniles.\nSoubs l'ombre duquel tant-et-tant\nDésirée me suis assise,\nDuquel aussi le fruict goustant\nMa langue une douceur a prise.\nLe Roy par sa grande bonté,\nAu celier vineux m'a menée,\nLà ou son amour m'a esté,\nPour certaine enseigne donnée.\nDe pommes vineuses sans fin\nContorfez-moy je vous supplie,\nEt me sastentez de fort vin\nCar d'amour je suis affoiblie.\nLa fenestre de mon promis\nMa teste pesante soustienne,\nEt en la foiblesse où je suis\nM'embrasse aussi la dextre sienne.\nl'espoux\nPar les biches qui aux champs sont,\nJe vous atteste, ô femmelettes\nDe Sion le tresheureux mont,\nEt par les champestres chevrettes.\nJe vous atteste par serment\nDe ne reveiller mon amies,\n%"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.33", "texte": "24\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nNy la troubler aucunement,\nTant qu'elle sera endormie.\nl'espouse\nJ'entens la voix de mon ami\nQui vient sautant par les montagnes,\nEt tressaillant aussi parmi\nLes montaignettes et campagnes.\nLequel au blanchastre chevreau\nDe nature tres-amiable,\nEt au sautelant bicheteau\nVéritablement est semblable.\nJa (i) derrière nostre paroy\nJe le voy par les fenestrelles,\nRegardant, et comme je croy,\nVisant par les treillis d'icelles.\nMa douce amie, leve-toy,\nCe m'a il dict (2) de bonne grâce,\nLeve-toy, et vien(s) avec moy\nPasser le temps en ceste place.\nDe l'hyver triste et ennuyeux\nLa saison mauvaise est passée,\nDu temps chargé et pluvieux,\nQuand-et-quand la pluye cessée.\nDesja les amoureuses fleurs\nEntre les herbes verdes croissent,\nEt de maintes riches couleurs\nSur la terre humide apparoissent.\nLe temps est venu de tailler,\nDesja en nostre terre belle,\nNous avons ouy gazouiller\nLa chaste et pudicq' tourterelle.\nDesja le figuier verdoyant\nA produict ses figues jeunettes\nEt leurs lames les fleurs ayant\nRendent les vignes verdelettes.\n\n(1) Déjà.\n(2) Pour : m'a-t-il dict."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.34", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n25\n\nVien(s) donc, m'amie, leve-toy,\nLeve-toy ma sœur pacifique,\nTon visagelet monstre-moy,\nMa colombe chaste et pudique.\nMa colombe, dy-je, qui es\nEs pertuis de pierres mussée (1),\nEt es cachetés (2) des degrés,\nCraignant dehors estre offensée.\nMonstre-moy, ma sœur, ton regard,\nFay-moy ouir ta voix doucette,\nCar ton regard est tresmignard,\nEt ta vois tresmignardelette.\nPrenez-nous donc les regnards cauts\nQui nos vignes pamprées gastent,\nEt quand-et-quand les regnardeaux\nQui leur fleurs et boutons abbattent.\nMon très cher aimé est à moy,\nEt moy à luy d'amitié bonne,\nJe me donne à luy, et de soy\nPareillement à moy se donne :\nLequel entre les blancs lis paist,\nEt sa personne reconforte\nDe l'odeur qui en ce lieu est,\nQue le doux Zephyre y apporte.\nMon bien-aimé retourne icy\nJusques à la poignante Aurore,\nEt tant que les ombres aussi\nS'enclinent (3) et la nuict encore.\nRetourne, et au chevreau bellant\nSemblable fois par les campagnes,\nEt au bicheteau sautelant\nSur les mi-parties montagnes.\n\n(1) Cachée.\n(2) Prudent, fin, subtil.\n(3) S'inclinent."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.35", "texte": "20\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nCAN. III. L'espouse.\nIn lectulo meo fer noctem quœfiui.\nL'Eglise, en la personne de l'âme pecheresse, retournant à soy, cherche\nJesus-Christ. au cabinet de sa conscience, là où elle ne le trouve pour les\noccupations mondaines, desquelles il est encores empesché, de quoy estant\ndélivré, elle l'y trouve alors : Pourquoy elle le prend et meine au milieu de\nl'Assemblée, faisant entendre sa volonté à tous ses enfans, qu'elle prie\naffectueusement de ne l'esveiller ny troubler par leurs malversations, mais\nle garder chèrement, comme un trésor singulier, lequel nous est descouvert\net mis en veue soubs la personne de Salomon et de son pavillon, figure\nadmirable de Jesus-Christ et de son Eglise.\nL'ESPOUSE\nDe nuict ttes soigneusement\nJ'ay cherché si je trouv'roye\nParmi mon lict, en dormant,\nCeluy dont mon âme ha ioye :\nJe l'ay cherché font à plein\nMais las ! Ç'a esté en vain.\nParquoy je me leveray,\nEt celuy entour la ville.\nPuis ça, puis là chercheray,\nQu'aime mon ame gentille.\nJe l'ay cherché bien à plein,\nMais las ! Ça esté en vain."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.36", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n27\n\nAinsi par la ville allant,\nJe fus du guet rencontrée,\nQui lors estoit vigilant.\nPour garder ceste contrée :\nAmis, leur dy-je avez-vous\nIcy point veu mon espoux ?\nIceux passez je trouvay\nL'aimé de mon ame chere,\nQue je pris, et ne lairray\nTant qu'au logis de ma mere\nJe l'ay' mené, jusques là\nMesme où elle m'engendra.\nPar les biches et chevreux (i)\nChampestres je vous adjure\nO filles du mont heureux\nDe n'esveiller m'amour pure :\nNy la troubler jusqu'à tant\nQu'elle en soit aussi content'.\nL' ESPOUX\nMais, ô mon Dieu, qu'est cela\nComme une grosse fumée,\nQui monte du desert là\nDe fin encens parfumée,\nDe myrrhe et autres odeurs\nD'un parfumeur de senteurs !\nVoicy à l'entour espars\nDu beau lict Salomonique\nSoixante braves souldars\nEn equippage bellique, (2)\nSurmontant en tous endroicts\nD'lsraël les plus adroicts :\nQui comme gens usitez\nA la guerre violente,\nOnt tous leurs glaives boutez\nChascun sur sa cuisse gente,\nA l'encontre de la peur\nDont le soir seul est auteur.\n\n(1) Chevreaux.\n(2) Bellique"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.37", "texte": "28\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nSalomon le puissant Roy,\nLe Roy de grand' renommée\nA faict et basti pour soy\nUne ombrageuse ramée\nDes verds arbres florissans\nAu mont du Liban croissans :\nIl en a faict d'argent pur\nLes colo[n]nes, d'or la place,\nLa couverture d'azur,\nLe milieu de bonne grâce,\nSorti de dilection\nPour les filles de Sion.\nSortez, belles filles donc,\nEt en sa couronne chere\nVoyez Salomon adonc\nDont le couronna sa mere,\nLe jour qu'il fut espousé\nEt de liesse embrasé.\n\nCAN. IV. L'espoux."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.38", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n29\n\nQuam pulchra es arnica mea, quant fiulchra.\nLes grâces et beautés de l'Eglise, dont Jesus-Christ l'a douée : pour les-\nquelles maintenir en leur entier, il la semond de laisser le monde, de peur\nQu'elles soyent souillées de la rouille d'iceluy. A quoy ne pouvant satisfaire\nd'elle mesme, l'invite à venir en elle, et avoir pour aggreable ses actions, qui\nsont les fruicts d iceiuy.\nO m'amie que tu es belle !\nQue tu es belle ! tes yeux sont\nDans les tresses de ton chef blond\nComme ceulx d'une colombelle.\nTa chevelure est toute telle\nQu'un troupeau de chevres paissant\nSur la montaigne pastourelle\nDe Galaad apparoissant.\nComme un troupeau de brebiettes\nTondues bien esgalement,\nQui remontent ensemblement\nDe leur lavoir aux eaux doucettes,\nLesquelles pour vray ne sont faictes\nInfertiles, mais toutes font\nA une fois deux agnelettes,\nTes blanches dentelettes sont :\nTa bouche vermeille et riante\nComme un ruban en graine teinct,\nTon parler très divin et sainct\nComme raye encor' distillante,\nTes joues de grâce plaisante,\nComme un beau petit quartelet\nD'une grenade rougissante,\nEntre ton tors chef blondelet.\n■\nComme la tourelle imprenable\nDe David, ton col bel et fort,\nPour soutenir un grand effort,\nEt à combatre convenable,\nA laquelle, pour faict notable,\nPendent mille boucliers luisans,\nQui sont en ce lieu mémorable\nPour les targes (i) des plus puissan?.\n\n(1) Boucliers."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.39", "texte": "30\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA. S. I. M.\n\nTes blanches et rondes mamelles,\nComme deux petits fans (i) gemeaux\nQui paissent parmi les lis beaux\nA travers les roses vermeilles\nJusqu'à ce que les ombres belles\nS'enclinent (2), et que le clair jour,\nAvec ses lumières nouvelles,\nViennent à refaire leur tour.\nA la montagne bien ramée\nDe myrrhe ores je m'en iray,\nEt de là me transporteray,\nA celle d'encens parfumée :\nTu es ma tresloyale aimée\nToute belle, et certes en toy,\nDe laquelle sois diffamée\nMacule aucune n'apperçoy.\nVien(s) du Liban, ma sœur doucette\nDu Liban avecques moy vien,\nVien(s) et jette le regard tien\nDu coupeau d'Aman a la droicte,\nD'Hermon, et de la montagnette\nDe Senir, ensemble des monts\nOù les léopards font retraicte,\nEt des tasnières des lions.\nTu m'as, mon espouse divine,\nPar le regard tresgrac'eux\nDe l'un de tes attrayans yealx,\nRavi le cueur de la poitrine :\nTu me l'as d'un carquant insigne\nDe ton col, amoureusement,\nDe sa place tresbelle et digne,\nTiré dehors pareillement.\nMais combien belles sont tes mamelles,\nTes mamelles, dy-je ma sœur !\nMais combien plus, que le vin pur\nTes mamelles sont-elles belles !\nEt combien les odeurs nouvelles\nDe tes délicates senteurs,\nMa soeur, excellentes sont-elles\nPar sus toutes autres odeurs '\n\n(1) Faons.\n(2) S'inclinent."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.40", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n3i\n\nTa levre moite emmiellée\nComme distillante raye est,\nLe miel aussi et le laict croist\nDessus ta languette affilée,\nEt l'odeur humide et mouillée\nDe tes habits aromatiques,\nEt comme l'odeur distillée\nDe tous les arbres Libaniques,\nComme une pommeraye close,\nUne pommeraye, et ainsi\nQu'une source signée aussi\nCertainement est mon espouse :\nTa plante mesmement enclose\nComme un verger de grenadiers,\nD'aspic, et de camphre, et de rose,\nAvec le doux fruict des pommiers.\nLavande aussi, canelle, casse,\nSucre, saffran, avecque tous\nLes bois qui portent l'encens doux,\nL'odeur duquel tout aultre passe :\nAloës de grand' efficace,\nLe tresdoux myrrhe ensemblement,\nQuand-et-quand aussi l'outrepasse\nDe tous les parfums mesmement.\nMesmement la douce fontaine\nDes jardinets tresamoureux\nLe puits aussi profond et creux\nD'eau vive claire et souveraine :\nLaquelle par tuyaux on meine\nPour en arrouser les quarreaux,\nAvec l'eau bruyante et soudaine\nDes clairs Libaniques ruisseaux.\nReveille-toy maintenant Bise,\nSouffle Soulerre en mon jardin,\nSouffle toutes les fleurs, à fin\nQue l'odeur amoureuse en isse,\nMon aimé aussi s'esjouisse,\nEt vienne en son jardin aimé\nLà du fruict de luy se nourrisse,\nQui sera le plus estimé."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.41", "texte": "32\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nCAN. V. L'espoux.\n~Veni in hortum meum, ô soror.\nJesus-Christ vient en son Eglise, où il approuve sa parolle, nous invite à\nl'ouir, et nous enyvrer d'icelle : à fin qu'elle, laissant le monde, luy ouvrions\nquand il sera à notre porte : De quoy l'Eglise pour nous s'excuse, de le pou-\nvoir faire sans l'aide de son Espoux, qui luy vient par le Sainct-Esprit, lequel\nespanouy d'elle, plus amoureuse que devant, le recherche et prie les ames\nfideles luy enseigner : ausquelles pour mieux le recognoisttre, elle descrit les\nsingularitez d'iceluy. \\\nL'ESPOUX\nEn mon jardin beau et verd,\nDe diverses fleurs couvert,\nVenu suis, ô ma sœur belle,\nAuquel mon myrrhe tresbeau\nJ'ay recueilli de nouveau,\nAvec sa liqueur nouvelle :"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.42", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n33\n\nJ'ay mangé pareillement,\nMiel et raye (i) ensemblement\nBeu mon vin et mon laict doux :\nAinsi le temps consumez,\nBeuvez, mangez, mes aimez,\nEt vous enyvrez trestous.\nl'espouse\nJe dors, mais en sommeillant\nMon esprit est vigilant :\nCar j'enten(s) la voix doucette\nDe mon amy ey présent,\nQui heurte à l'huis, me disant :\nOuvre moy ma mignonnette,\nMa mignonnette, ouvre moy,\nOuvre la porte de toy,\nMa sœur, ma douce, m'amour ;\nTout mon chef est rosineux,\nEt dégouttent mes cheveux\nPour la nuict qui fait son tour.\nDesja despouillée je suis,\nComment vous ouvriray l'huis,\nComment aussi ma vesture\nDerechef habilleray ?\nComment, dy-je, souilleray\nMes pieds adonc sans chaussures.\nPar le pertuis tout soudain\nMon cher aimé meit sa main\nParquoy en moy je fremy,\nEt de peur me levay lors\nPour ouvrir l'huis de dehors\nA mon tresparfaict amy.\nMes mains blanches decouloyent,\nEt tous mes doits distilloyent\nLe myrrhe de telle sorte\nQu'il passoit parmi les trous\nDes gros et puissants verroux\nDe l'huis de ma chambre forte :\n\n(i) Rayon.\n3"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.43", "texte": "34\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nAyant d'un cueur desireux\nOuvert à mon amoureux,\nDesja retiré s'estoit\nDuquel la parolle oyant,\nEt iceluy ne voyant,\nMon ame s'espouvantoit.\nJe l'ay cherché en tous lieux,\nMais trouvé ne l'ont mes yeux,\nJe l'ay (l'une voix parfaicte\nAppelé semblablemeit,\nToutesfois aucunement\nIl ce m'a responce faicte.\nLe guet par la ville allant,\nEt çà et là vigilant,\nM'a trouvée errante ainsi,\nQui m'a battue, qui m'a\nEncore en oultre cela,\nGrandement blessée aussi.\nCeluy qui se pourmenoit,\nEt sur les murs se tenoit,\nM'a osté le voille encore,\nLe voille très riche et beau,\nQui affeuble mon cerveau,\nEt ma personne decore.\nJe vous pry' d'affection,\nO fillettes de Sion,\nFaire entendre sans séjour,\nA mon amoureux mignard,\nSi le trouvez quelque part.\nLas ! que je languis d'amour.\nLES FILLES\nMais, et qu'est ton amoureux\nSur les autres amoureux,\nQu'est-il dy, ô femme honneste\nEntre les femmes d'honneur,\nQue la puissance et grandeur\nDe toy ainsi nous atteste ?"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.44", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n35\n\nl'espouse\nMon aimé est blondelet,\nTresblanc et tresvermeillet,\nPar dessus un millier beau,\nSon chef une masse d'or,\nCrespe sa perruque en cor'\nEt noire comme un corbeau.\nSes yeux comme ceux-là sont\nQue les pigeons cyprins ont\nSur les ruisseaux aquatiques,\nQui de laict lavez et teincts\nAuprès des vaisselets pleins\nDeux-à-deux sont domestiques.\nSes joues comme quarreaux\nOdoriférants et beaux,\nEt comme vermeilles fleurs\nRemplies de bonne odeur,\nDesquelles le parfumeur\nCompose et fait ses senteurs :\nSes levres comme les lis\nEn leur saison espanis\nPar le jardin magnifique,\nDont le myrrhe est dégouttant,\nLequel nous est apportant\nUne odeur aromatique.\nSes mains blanchettes encor'\nComme riches anneaux d'or,\nDe hyacinthes cousus,\nEt ses boyaux mesmement\nComme yvoire proprement\nDe sapphirs entretissus\nSes jambes comme pilliers\nDe marbre tressinguliers\nDisposez de bonne grâce,\nDont sont les soubassements\nAssis pour les fondements\nDu meilleur or que l'on face.\nSon clair viaire (i) mignard\nComme le Liban gaillard,\n\n(i) Vis"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.45", "texte": "36\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLes cedres hauts precellant,\nSon palais bening et doux,\nLoué et prisé de tous\nComme le plus excellant.\nCestuy est mon compagnon,\nCestuy, dy-je, est mon mignon,\nCestuy seul est lequel j'aime\nDe tressaincte affection,\nO fillettes de Sion,\nC'est luy à qui est mon ame.\nLES FILLES\nLà où il s'est transporté,\nLà où il s'est escarté,\nDy-le, et avec toy irons,\nDiy-le, ô femme de valeur\nEntre les femmes d'honneur,\nAvec toy le cercherons (i).\n\nCAN. VI. L'espouse.\n\n(i) Pour : chercherons."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.46", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n37\n\nDilectus meus descendit in hortum.\nJésus-Christ descend derechef en son Eglise, en l'odeur de sa parolle,à fin\nqu'il paisse (comme bon pasteur) ses fideles et bien aimez : lequel après que\nl'Eglise s'est asseurée de son amour, recite et chante les louanges d'icelle.\nPuis l'accompare à l'Aurore, au Soleil, et à la Lune, non sans grands mystères :\nCar comme la Lune et toutes les aultres estoilles tirent et reçoivent leur lu-\nmière du Soleil, aussi l'Eglise, la sienne de Jésus-Christ, sans lequel demeu-\nreroit comme la Lune sans Soleil.\nL'ESPOUSE\nEn mon jardin enfermé\nDescendu est mon aimé,\nEntre les petits quarreaux\nOdorifer[a]nts et beaux,\nPour repaistre et choisir\nEs vergers à plaisir,\nLes rosettes croissantes,\nEntr'espines poignantes.\nJ e suis à mon bel espoux,\nJe suis à mon amy douy,\nEt pareillement de soy\nMon bel espoux est à moy.\nQui de roses repaist,\nQui entre les lis est,\nEt de leur odeur bonne\nConforte sa personne.\nComme Thyrsa la cité,\nMa sœur tu es en beauté\nEn plaisir comme Sion,\nPleine de confection :\nMais redoutable autant\nComme un camp combattant,\nAux enseignes dressées\nPar le cher adressées.\nfDe mon regard precieux\nDestourne tes luisans yeux,\nDestourne ton œil mignard\nDe mon convoiteux regard :\nDestourne-le, en effect\nEnorgueillir me fait,\nDestourne aussi ta face\nQu'arrogant ne me face."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.47", "texte": "38\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nComme un -fertile troupeau\nDe chevres plaisant et beau,\nQui apparoist sur le mont\nDe G al'ad tes cheveux sont :\nDont ton chef est orné\nCeinct et environné,\nComme les montaignettes\nDe fertiles chevrettes.\nTes dents blanches vis-à-vis\nComme un troupeau de brebis,\nNagueres du baing montant,\nToutes deux agneaux portant,\nDeux petits agnelets\nEnsemble gemelets (1),\nUne seule desquelles,\nN'est infertile entr'elles.\nTes belles tempes (2) encor'\nParmi ta perruque d'or\nComme un vermeillet quartier\nDe pommes de grenadier.\nSoixante Roines sont\nQui grande beauté ont,\nSans nombre des plus gentes\nJeunes adolescentes :\nDes concubines octant',\nMais une seule pourtant,\nEst ma colombe, m'amour,\nMa clarté, et mon seul jour.\nSeule sa mere l'ha,\nCelle qui l'enfanta,\nSeule l'a recognue\nPour sa fille conceue.\nLes filles sa voix oyant,\nEt sa grand' beauté voyant\nDe tout l'enfermé pourpris (3),\nLuy ont adjugé le pris :\nPour sa rare beauté,\nFort louée a esté\n\n(1) Jumeaux.\n(2) Le texte porte ce mot erroné : temples.\n(3) Enceinte."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.48", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n39\n\nDes belles concubines\nEt des Roines insignes.\nQui est celle qui apparoist\nComme la bonde aurore est,\nComme la Lune, et ainsi\nQue le clair Soleil aussi,\nEt redoutable autant,\nComme un camp combattant\nAux enseignes dressées\nPar le chef adressées.\nL'ESPOUSE\nAu jardin marescageux\nPlein de noyers ombrageux\nMaintenant venue suis\nVoir les aquatiques fruicts :\nSi le fruict singulier\nFleurit du grenadier,\nEt si la vigne bonne\nPareillement boutonne.\nMais Dieu n'en ay sçeu scavoir,\nCar mon ame m'a faict voir\nComme lc-s chariots ronds\nD'Amminadab les plus prompts.\nRevien(s), revien(s) cueur doux,\nReviens), revien(s) vers nous,\nO Sulamith' de grâce,\nFay que voyons ta face,\nf\nO fillettes de Sion,\nFilles de perfection,\nQuel plaisir avoir pourrez\nQuand Sulamithe verrez,\nQuel plaisir et soulas\nAsseureront vos pas,\nEn me voyant semblable\nA un camp redoutable."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.49", "texte": "40\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nCAN. VII. Les filles.\nQuàm i)ulchri sunt gressus\nLes pucelles louent l'Eglise de sa beauté singulière qui est en chascun de\nses membres à cause de la parolle de Christ son espoux, dont elle jouit. De\nlaquelle elles demandent estre respeues,à fin d'en repaistre les autres : qui fait\nqn elle est aimée de luy, et luy pareillemeat d'elle, tellement qu'elle desire\nle mener au champ, pour voir les fruicts de sa nourriture.\nO fille jadis née\nDe Royale lignée,\nCombien en ta chaussure\nMignarde est ta marchure ?\nTes pas combien sont-ils\nEn icelle gentils ?\nComme les affiquets\nMagnifiquement faicts"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.50", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n41\n\nPar l'ouvrier (i) les joinctures\nSont de tes cuisses dures,\nOu comme les joyaulx\nTresprecieux et bearx.\nLe lieu qui fait le rentre\nDe ton albastrin ventre,\nComme une tasse ronde,\nDont la teneur profonde\nNe default de boisson\nFaicte selon raison.\nTon ventre mesmement\nComme un tas de froment,\nDe lis, de roses belles,\nEt aultres fleurs nouvelles\nRichement aorné (2),\nCeinct et environné.\nTes tendres mamelettes\nComme deux bichelettes\nD'une portée belle :\nEt comme la tourelle\nD'yvoire reluisant,\nTon col resplendissant.\nTes yeulx beaux et constans\nComme les clairs estangs\nEn Esbon, près la porte\nDe Batli-rabbin tresforte,\nDu peuple de Sion,\nLa congrégation.\nTon nez de bonne grâce\nEslevé en ta face\nComme la tresantique\nTourelle Libanique,\nPrès le pays ardant\nDe Damas regardant.\nTon chef beau et vermeil\nComme le mont Carmel,\nTa chevelure propre\nComme le Royal pourpre\n\n(1) Ce mot au seizième siècle compte pour deux syllabes\n(2) Orné."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.51", "texte": "42\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nAttaché aux creneaux\nQui voyent snr les eaux.\nO que tu es gaillarde,\nPucelette mignarde,\nQue tu es embellie,\nO que tu es jolie\nEt en ce riche atour\nDelicate en amour !\nA un feuillu rameau\nDe palme tout nouveau,\nTa stature est semblable,\nEt à une amiable\nGrappe tes rondelets\nTetins tresvermeillets.\nPourquoy dy-je à mon ame,\nEn la fueillue palme\nJe monteray sans craincte,\nEt par amour non feincte\nLes rameaux tireray\nEt le fruict cueilleray.\nLors tes tetins seront\nComme le beau grain rond\nOu la grappe benigne\nDe la pamprée vigne,\nEt comme la senteur\nDe pommes ton odeur.\nTon palais très humide\nComme le vin liquide,\nQui de sa douce force\nMon doux ami renforce,\nEt dormant maintes fois\nFait begayer sa voix.\nL'ÉPOUSE\nJe suis à mon mignon,\nA mon cher compagnon,\nD'amitié pure et bonne\nMon amour je luy donne,\nEt luy pareillement\nLa sienne entièrement.\nVier'(s) mon aimé, mon frère,\nVien(s) le fils de ma mère,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.52", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n43\n\nEt aux champs, à cette heure,\nAllons faire demeure,\nDans les villages beaux,\nPrès des monts et des eaux.\nLà nous promènerons,\nEt au matin verrons\nSi les vignes fleurissent,\nSi leur verjus produisent,\nEt si grenadiers\nSont les fruicts singuliers.\nLà de mes amourettes,\nLouables et honnestes,\nLà sans aucun diffame\nDe mon corps et mon ame,\nMaulgré le mesdisant\nTe feray jouissant.\nLes mandragores fleury\nOnt rendu leurs odeurs,\nLes fruicts de toute sorte\nPendent à nostre porte,\nLesquels j'ay à recoy (i)\nContre gardez pour toy.\n\nCAN. VIII. L'espouse.\n\n(i) En cachette."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.53", "texte": "44\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nUtinam esses mihi quasi fraterculus.\nL'Eglise souhaitte Jesus-Christ estre comme son frere, a fin qu'elle puisse\nsans danger par luy estre enseignée, et faire mieux sa volonté : le suppliant\nde demeurer toujours avec el e pour 1 incomparable\namour et inséparable qu'elle luy porte : pource (dit-elle) que nous avons une\nâœur qui n'a cogneu encores la vérité, laquelle l'ayant cogneue, peult\nbeaucoup profiter à l'enseigner.\nE(t) après, par comparaison de la vigne de Salomon, qu il bailloi g ,\nelle amplifie le fruict que fera l'Eglise du Seigneur n'estant point baillee à\ngarder à aultres estrangers, mais elle mesme en ayant le soing. Fma ement\nl'Espoux invite l'Eglise à faire confession de sa foy, qui lui sera fort aggreable,\net à l'appeler qu'il vienne hastivement à son secouis et assistance, ou il jouira\nde bonnes odeurs des œuvres et grâces que luy mesme a mises en elles...\nPleust à Dieu que tu fusses\nComme mon frere cher\nEt les mamelles peusses\nDe ma mere succer\nSans murmure, dehor«,\nJe te baiseroy' lors.\nEn la maison suprême\nDe la mere de moy.\nJusqu'en sa chambre mesme\nSeule te meneroy'\nOu tu m'enseignerois\nDe ta divine voix.\nDedans t'introduiroye\nEn despit des jaloux,\nEt boire te feroye\nMon vin hypocras doux,\nEt le moust singulier\nDe mon verd grenadier.\nLà dessus ta fenestre\nMon chef reposerait,\nEt la très douce dextre\nDe toy m'embrasserait,\nEn ensemble joyeux\nNous baiserions tous deux."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.54", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n45\n\nl'espoux\nToutes je vous adjure,\nO filles de Sion,\nN'esveiller m'amour pure,\nPar maie affection,\nEn dormant jusqu'à tant\nQu'elle en soit bien content.\nl'espouse\nQui est celle Princesse\nEncontre nous venant,\nLe sentier et l'addresse\nDu bas désert tenant,\n(Et) enlacée parmi\nLes bras de son ami ?\nSous le pommier fertile\nJ'ay rompu ton repos,\nOu ta mere gentille\nConçeut tes premiers os,\nEt mesme en ce lieu là\nOu elle t'enfanta.\nDoncques sur ta poictrine\nComme cachet mets moy,\nEt comme un certain sipne\nDessus le bras de toy :\nCar autant ferme et fort\nA.mour est que la mort.\nJ alonsie terrible\nDure et fascheuse autant\nQue la tombe invincible\nTout en fin surmontant,\nDont les feux allumez\nDe Dieu sont enflammez.\nToutes les eaux courantes\nDe ce bas monde ici,\nLes rivières bruyantes,\nNy les ruisseaux aussi\nNe sçauroyent abysmer\nCest' amour en leur mer.\nCar pour vray elle est telle\nEn maintien et façon,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.55", "texte": "4 6\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nQue si quelqu'un pour elle\nLe bien de sa maison\nEntièrement donnoit\nOn le mepriseroit.\nL'ESPOUSE\nUne tendre seurette\nSans tetins nous avons\nA laquelle grandette\nQuelle chose ferons,\nQuand le jour lèvera\nQue d'elle on parlera.\nLES FILLES\nSi c'est une muraille,\nSur elle édifierons,\nEt d'argent fin de taille\nUn palais y ferons,\nFaict à bastillons beaux,\nBoulevers et créneaux.\nSi c'est un huis ou porte\nFoible par le dehors,\nInviolable et forte\nNous la rendrons alors,\nAvecque de gros aix\nDe cedre et de cyprès.\nL'ESPOUSE\nJe suis, ô filles belles,\nLa muraille, et en rond\nMes deux blanches mamelles\nComme tourelles sont.\nDont en ses yeulx bien faicts\nDepuis j'ay trouvé paix.\nL'ESPOUX\nUne vigne fertile\nAssise en Baal hamon,\nPrès de Sion la ville\nFut au Roy Salomon,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.56", "texte": "PIERRE DE COURCELLES\n47\n\nLaquelle en ce temps là\nAux gardes il bailla.\nAfin que chascun homme\nPour le fruict qu'elle rend\nLny rapportast en somme\nMille pièces d'argent,\nAu jour dict et nommé\nPar ce Roy bien-aimé.\nCelle là qui est mienne\nJe tien[s] devant mes yeu'x,\nL'une part en est tienne,\nEt l'autre part à cealx\nQui les jours et les nuicts\nEn préservent les fruicts,\nToy qui habites doncques\nEs jardins à recoy,\nTa voix doucette adoncques\nPar grâce ouir fay moy,\nEn plus gracieux sons\nQu'à mes faulx compagnons.\nL'espouse\nFuy t' en, et sois semblable\nMon aimé, au chevreau,\nEt au très amiable\nChampestre bicheteau\nDes cerfs qui, sur le mont\nAromatique, sont.\nFin clu Cantique cles C"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.57", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n\nS\nIII\nL'œuvre des Forqueray\nIl ne faudrait pas croire que le robuste et sonore violon-\ncelle ait complètement et rapidement détrôné la basse de viole\nau xviii6 siecle. Tout au contraire, l'usage de cet instrument\nse prolongea fort avant dans le siècle, et on voit, en 1740, l'abbé\nHubert le Blanc prendre sa défense en un curieux ouvrage écrit\nen style macaronique.\nNéanmoins, notre littérature pour la viole de gambe ne se\ndéveloppe guère que jusque vers 1750, de sorte que les Pièces\nde Forqueray, publiées en 1747, marquent en quelque sorte le\ndéclin de cette littérature, quoique la plupart d'entre elles aient\nété composées à une époque antérieure. Forqueray fils se rend,\ndu reste, compte de la décadence qui menace la basse de\nviole lorsqu'il déclare, dans la dédicace adressée à son élève,\nMme Henriette de France, que « la viole, malgré ses avantages\nest tombée dans une espèce d'oubli » (2).\n\n(i) Suite et fin. Voir le numéro du 15 décembre 1908.\nnsr c-2' Dcdicace des Pièces de viole\nM. Forqueray le Père(B. a. Vm 7. 6295)."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.58", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n49\n\nQuelques noms et quelques ouvrages vont nous permettre\nde jalonner l'histoire de la basse de viole en France, à partir de\nla fin du xviie siècle. Ce sont, d'abord, les méthodes de De Machy,\nde Danoville et de Rousseau qui paraissent coup sur coup en\n1685 et 1687 ; puis, à la suite des Pièces de Dubuisson et d'Hot-\nman (1674), les 5 Livres de Marin Marais, échelonnés de 1686\nà 1717, les 2 Livres d'Heudelinne (1701, 1705) qui, d'ailleurs,\nne contiennent pas que des pièces écrites pour la basse de viole,\nles Pièces de De Caix d'Hervelois (1708) et de Morel, élève de\nMarais (1709). Passé 1720, la production se ralentit ; il y a bien\nencore les compositions de Boismortier, Cappus, De Caix,\nRoland Marais et Dollé qui nous mènent jusqu'en 1740, en-\nfin les Pièces de viole de Forqueray publiées en 1747 ; mais, après\ncette date,le catalogue de Boisgelou ne mentionne plus d'œuvres\ndestinées à la basse de viole. Dollé donne, il est vrai, en 1754,\ndes Sonates de viole, seulement elles sont écrites pour 2 par-\ndessus et peuvent s'exécuter sur le violon. C'est encore au\npardessus qu'Hugard et Roget confient leurs pièces, et que De\nCaix destine son 6e Livre(l7sl) (1).\n| Si la littérature spéciale àla basse de viole n'est plus repré-\nsentée postérieurement à 1750, l'instrument reste toujours\ncultivé dans les concerts de chambre où sa sonorité un peu\nmolle et son caractère tendre, mélancolique, s'appliquent fort\nbien à une musique d'intimité. Nous avons vu Mme de Laura-\nguais lui faire bon accueil en 1751, et plus tard, Conty et le\nprince royal de Prusse marquent tout l'intérêt qu'ils portent\nà la basse de Forqueray (2).\nL'article nécrologique, que nous avons publié en tête de\ncette étude, attribue à Antoine Forqueray 300 pièces de viole ;\nà en juger par ce qui a été conservé de cet artiste, nous ignorons\n\n(1) Boisgelou, dans son Catalogue, indique une raison de convenance qui\naurait contribué à maintenir l'usage du pardessus de viole jusque dans les der-\nnières années du xvme siècle : « Les vieux Partisans de l'Ancienne musique,\nécrit-il, tentèrent un dernier effort et voulurent perpétuer leur goût en inspirant\nà leurs enfants et surtout aux jeunes demoiselles, de préférer, par décence, le\npardessus de viole aux autres instruirons comme s'il était moins honneste (dit\nun observateur plaisant) de mettre un violon sur l'épaule qu'un pardessus entre\nles jambes. »\n(2) Lors de la vente de De Caix (10 décembre 1759), une collection de\n30 basses de viole qui appartenaient à cet artiste fut dispersée, ce qui montre que\nl'instrument était encore très goûté. (E. DE BRICQUEVILLE : La Couperin, 1905,\npp. 16 et suivantes).\n4"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.59", "texte": "50\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nla plus grande partie de son œuvre. Les compositions d'Antoine\nForqueray, en effet, ne furent publiées qu après sa mort et par\nles soins de son fils, et encore celui-ci ne fit-il paraître qu'un\nseul livre, qui ne saurait donner une idée complète de la pro-\nduction du musicien. Ce livre de Pièces de viole, signalé par\nM. Prod'homme, comprend 32 pièces, dont 3 sont de Jean-\nBaptiste-Antoine (1); restent donc 29 pièces au compte d'An-\ntoine. A ces 29 pièces, il convient d'en ajouter 4 que nous avons\ntrouvées dans un recueil manuscrit de la Bibliothèque nationale,\nportant la cote Vm7 6296 et le titre suivant :\nRecueil de pièces de viole | avec la basse j tiré des meilleurs\nautheurs \\ Marais le père| Roland | |de\n| et autres | (2).\nEn ajoutant ces ± pièces à celles du recueil de 1747, on ob-\ntient pour l'œuvre actuellement connue d'Antoine Forqueray,\nun total de 33 pièces ; nous sommes, on le voit, bien loin des\n300 pièces annoncées.\nIl convient, de plus, d'observer que le recueil de\nviole publié en 1747 par Jean-Baptiste Antoine et que M. Pro-\nd'homme a étudié au cours de son article de la\nn'est pas le seul que Forqueray ait fait paraître. Eitner, dans\nson Quellen-Lexikon, ne se trompe que sur le nom de 1 auteur,\nen signalant, après Fétis, un recueil de Pièces de viole mises en\npièces de clavecin qu'il attribue àan Jean-Baptiste Forqueray,\nfils de Jean-Baptiste-Antoine (3). Ce 2e recueil existe effecti-\nvement à la bibliothèque du Conservatoire ; on l'a relié à la\n1\n\n(1) Ce sont trois pièces ajoutées à la IIIe suite pour la compléter : La An-\ngyave, La du V aucel et La JVlovayigis ou La Plissay. Elles sont marquées dun\nastérisque.\n(2) Ms. in-f°. Nous devons ce renseignement à M. Ecorcheville que nous\nprions de vouloir bien accepter ici tous nos remerciements. Ces quatre pièces\ninédites publiées ci-après se trouvent, avec la mention : Forcroi, aux endroits\nsuivants du recueil factice en question : L A.llevyiayi<de, sans oasse, p.\nLa Girouette, sans basse, p. 54. La Muzeiie, avec la basse, p. 74. Bransle, sans\nbasse, p. 110.\n(3) Voir-. EITNER : Quellen Lexïkon, IV, p. 33 et FÉTIS, 111, p. 297. M. Pro-\nd'homme qui n'a pas vu le recueil mis en pièces de clavecin croit à tort que les\ndifférences de titres se rapportent simplement à des tirages différents du même\nouvrage celui décrit ci-dessus (le recueil des Pièces de viole, dédit- a IVlme Hen\nriette de France) dans le titre duquel il n'est nullement question de clavecin.\n(PROD'HOMME, LOC. cit. p. 688)."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.60", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n5i\n\nsuite du Ier recueil de Pièces de viole, et il a ainsi échappé à\nM. Prod'homme. En voici le titre :\nPièces de viole | composées \\ Par M. Forqueray le Père\nMises en Pièces | De \\ Clavecin | Par M. Forqueray Le Fils\nOrdinaire de la Musique de la j\nà Madame | La Dauphine | Gravées par Mme Leclair\nLivre Premier \\ Prix en blanc 25 livres j A Paris | chez\nl'auteur, rue de la Croix des Petits Champs, vis-à-vis la rue\nCoquillière j chez La Vve Boivin | chez le Sr Leclerc (in-f°\ns. d.)-\nEn tête, on lit la dédicace ci-après, adressée à la Dauphine :\nA MADAME LA DAUPHINE\n(i),\nMadame,\nLorsque toute La France ressent le bonheur de vous voir\nremplir la première place auprès du Trône, il est au milieu de\nla joye universelle une félicité particulière aux Arts. Ils ont\noccupé les premiers moments de votre arrivée dans le Royaume\net l'accueil favorable que vous leur avès fait, Madame, les en-\nhardit à venir chercher une Protection auprès de vous, mais,\ntandisque les ouvrages de feu mon père que je prends la liberté\nde vous offrir, recevront de vôtre goût ces charmes qui font\nvaloir le mérite de l'auteur, je regarderai comme le plus heu-\nreux jour de ma vie celui où vous avès daigné m'entendre et\naplaudir à mes foibles talents.\nJe suis, avec le plus profond respect,\nMadame,\nVotre très-humble et très-obéissant serviteur\nFORQUERAY.\n\n(i) Il s'agit ici de Marie-josèphe de Saxe, née à Dresde, le 4 novembre 1731,\nfille d'Auguste 111, électeur de Saxe et roi de Pologne et de Marie-Josèphe d'Au-\ntriche; elle épousa le dauphin Louis, le 9 février 1747, précisément en l'année\noù Forqueray publiait ses Pièces de viole et de clavecin."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.61", "texte": "52\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nComposé exactement des mêmes pièces que le lerIer recueil\nde Pièces de viole, pièces rangées dans le même ordre et distri-\nbuées également en 5 suites, ce recueil est évidemment con-\ntemporain de celui-ci. Il est gravé, lui aussi, par Madame Leclair\net porte, pour l'adresse de l'auteur, une indication identique (1).\nEt ainsi s'explique la première phrase de l'avertissement\nde ce lerIer recueil : « Mon intention, en donnant ces pièces au\npublic,étant d'amuser 3 personnes à la fois et\ncert de 2 violes et un clavecin, j'ai jugé à propos d'en faire la\nbasse très simple, afin d'éviter la confusion qui se trouverait\navec la basse des Pièces de clavecin que j'ai ornée autant qu'il\nm'a été possible » (2).\nAu surplus, nous reviendrons plus loin sur la combinaison\ninstrumentale imaginée par Jean-Baptiste Antoine Forqueray\net sur la nature de l'arrangement qu'il a réalisé pour le cla-\nvecin. 1\nCe que nous voulons actuellement faire resortir, c'est le\ncaractère individuel du 2e recueil, caractère déjà accusé par la\ndifférence de la dédicace et confirmé par l'Avertissement qui\nsuit :\nAVERTISSEMENT\n« Toutes les personnes qui touchent du clavecin étant accou-\ntumées aux signes dont s'est servi M. Rameau, pour marquer\nles agréments de ses pièces, j'ai cru devoir en faire usage pour\ncelles que je donne au public. On en trouvera, peut-être, quel-\nques-unes un peu basses ; je n'ai voulu y faire aucun change-\nment, non seulement, pour en conserver le caractère, mais pour\nne pas en renverser l'harmonie, lorsqu'elles seront exécutées\navec la viole.\nLa Troisième suite ne s'étant pas trouvée complète par le\nnombre des pièces, j'ai été obligé d'en ajouter trois des miennes,\nlesquelles sont marquées d'une étoile (2).\nSi le Public reçoit favorablement ce Premier livre, son suf-\nfrage m'encouragera à lui en présenter d'autres, dont le goût, la\n\n(1) Rue de la Croix des Petits-Champs, vis-à-vis la rue Coquillière. On ob-\nservera aussi que la pagination est la même dans les deux recueils.\n(2) Reproduction du deuxième alinéa de l'Avertissement du ler Recueil"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.62", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n53\n\nforce et la variété se trouveront rassemblés au moins autant\nque dans celuy-cy (i).\nOn trouvera des petits dièzes au dessus des pincés, pour\nmarquer qu'ils doivent-être faits avec la note sensible » (2).\nSi les 3 derniers alinéas sont la reproduction d'alinéas appar-\ntenant à l'Avertissement du lerIer recueil, on voit que le premier\nalinéa apporte deux observations nouvelles. Il souligne, d'une\npart, la ' généralisation, dans le public musicien, de l'emploi\ndes agréments du style de Rameau, et, d'autre part, il prend\nencore soin d'insister sur le caractère de la basse du recueil de\nclavecin. Forqueray a descendu cette basse autant que possible\nafin d'éviter des croisements avec la partie confiée à la\nviole (3).\nLe recueil de Pièces de viole prouve que les commentaires\ndes contemporains d'Antoine Forqueray sur la virtuosité de ce\nvioliste n'avaient rien d'exagéré. Toutes les pièces en sont dif-\nficiles, et certaines témoignent d'une hardiesse qui a fait taxer\nleur auteur d'italianisme .C'est ainsi que le Mercure de 1738\ndéclare que Marais a laissé à Forcroy l'honneur « de goûter le\nbon de la musique italienne », « qu'il entra dans le monde au\nmoment où cet essaim d'ltaliens excita une émulation éton-\nnante en France, en 1698. Il voulut faire sur la viole tout ce\nqu'ils faisoient sur le violon ; il y est parvenu. » (4).\nPlus loin, le journal ajoute : « Forcroy s'est distingué par\nune plus grande exécution (que Marais) et par la singularité\nde son beau génie, sans cependant donner dans l'extravagant\net dans le Néologisme musical, si l'on peut se servir de cette\nexpression... Si l'on a quelque chose à lui reprocher, c'est\nd'avoir rendu ses pièces si difficiles qu'il n'y a que lui et son\nfils qui puissent les exécuter avec grâce » (5).\nOn regrettait du reste cette difficulté, et on voyait en elle\nune des raisons qui déterminaient l'abandon progressif de la\n\n(1) Reproduction du quatrième alinéa id. On voit que Forqueray annonce\nla publication d'autres pièces de son père.\n(2) Reproduction du troisième alinéa de 1' Avertissement du ler Recueil.\n(3) Ceci est à rapprocher du dernier alinéa de l'Avertissement du ler Re-\ncueil : « On aura la bonté de faire attention qu'il faut rapprocher l'accompagne-\nment du clavecin le plus près de la basse qu'il sera possible, afin qu'il ne se trouve\npoint plus haut que la pièce de viole. »\n(4) Mercure, juin 1738, pp. 1733, 1734.\n(5) Mercure, juin 1738, pp. 1735, 1736."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.63", "texte": "54\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nbasse de viole. La crainte de la virtuosité se manifeste d'ailles\nsans relâche dans la litérature musicale de l'époque, et on &\ncesse d'y vanter la belle simplicité de jadis. «Cette difficulté\nlit-on dans les Variétés historiques et littéraires, contribue peut\nêtre autant qu'autre chose à faire négliger la viole, qui aurai'\ntoujours été préférée au violoncelle pour l'accompagnement\nau moins dans les concerts de chambre, si l'on n'avait pas dont\nà corps perdu, comme on a fait depuis quelques années, dan;\nles grands concerto » (i).\nIl n'est pas douteux qu'Antoine Forqueray ait subi l'in-\nfluence italienne. Son harmonie ne manque pas d'audace\nL'accord de la basse de viole disposé par quartes, avec unt\ntierce située à peu près au milieu de l'échelle, facilite beaucou:\nl'exécution des accords de 7e :\nAussi accumule-t~il les yes,tout comme Corelli qui en pla-\nçait 12 à la suite, àla grande stupeur du bon Lecerf delà Viéville\nLes accords de 9e ne sont pas rares non plus chez lui, et il a è\njolies harmonies d'accords altérés' à la sonorité mystérieuse\ntels que ceux-ci :\nSa rythmique manifeste aussi quelques traces d'infiltra-\ntion italienne ; les groupes ternaires de croches de ses |,p»\nexemple, présentent un aspect tout à fait corellien.\nDe son temps, on avait très bien discerné en quoi son style\nse distingue de celui de Marais : « Il s'est tellement familiarise\navec ces cordes singulières et ces traits particuliers aux boni\nauteurs d'ltalie, que, dans toutes les pièces, il y a un certain\nsel et un certain piquant qui ne se trouvent point dans les pièce;\nde Marais, même les plus travaillées ; celui-ci s'en tenait au?\n\n(i) Variétés historiques et littéraires, 11, p. 257. On sait que cette public»\ntion, parue à Paris en 1752, n'est qu'une compilation, faite par l'avocat Boc\ncher cTArgis, d'articles du Mercure. Cf. Mercure, juin 1738."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.64", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n55\n\ngrâces naturelles et l'autre en a de plus piquantes, et de plus\nrecherchées ; on peut donc les regarder tous deux comme deux\nexcellents hommes dans un genre tout différent » (i).\nPiquant, recherche, « cordes singulières » (accords), voilà\nbien les caractéristiques que les gens du premier tiers du XVIIIe\nsiècle attribuaient à la musique italienne.\nAu surplus, les pièces d'Antoine Forqueray exigent une\nexécution brillante et une technique alerte ; quelques-unes\nd'entre elles, telles que la Leclair,la Gui gnon, Jupiter, sont fort\nardues; l'auteur y entasse batteries, passages de cordes, traits\nrapides et légers. Si, par leur raffinement, elles se rapprochent\ndes pièces venues d'ltalie, elles ne sont point cependant sans\nprésenter quelques analogies avec les pièces plus françaises de\nMarais; d'abord, les agréments employés par Forqueray sont\nles mêmes que ceux de Marais; comme lui, il parsème sa mu-\nsique de « Tremblements » et de « Battements » qu'il désigne\npar des signes identiques (2) ; ensuite, on constatera sans peine\ncertaines parentés entre les thèmes des deux auteurs.\nVoici quelques exemples.\nOn comparera le début de l'Allemande de Forqueray (3) :\navec celui de l'Allemande du Livre de 1701 de Marais (4) :\nDe même, le « Branle » de notre auteur (5) :\n\n(1) Loc. cit. p. 257.\n(2) Les pièces publiées par Jean-Baptiste-Antoine sont très soigneusement\ndoigtées et les cordes dont l'exécutant doit se servir sont souvent indiquées par\nun dispositif spécial. »!\n(3) Voir ci-après les quatre pièces de Forcroi extraites du Recueil ms.\nqui porte à la Bibl. nat. la cote Vm7 6256.\n(4) Livre de Pièces de 1701,p. 132.\n(5) Recueil Vin? 6296."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.65", "texte": "56\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\noffre un caractère rustique, populaire et pesant qui se retrouve\ndans un « Bransle de village » de Marais (i) •\nC'est le \"-même thème descendant, inclus dans une octave;\non le rapprochera de celui d'un autre « Bransle de village » du\nvioliste Heudelinne, qui, au lieu de descendre l'octave d'un\nmouvement continu, s'infléchit d'abord brusquement au grave,\npour remonter à la tonique en partant de la quinte ; mais, si la\nmélodie diffère, la distribution des valeurs demeure la\nmême (2) :\nEn dehors des pièces qui portent des noms de localités ou\nd'artistes, ces dernières souvent conçues avec l'intention de\npasticher la manière et de marquer la psychologie musicale\ndu personnage auquel elles sont dédiées (voyez la Rameau, avec\nson style fier et ramassé, la Gui gnon aux traits brillants, à l'al-\nlure bariolée), Forqueray s'applique à tracer de petits tableaux\ndésignés au moyen des titres pittoresques à la mode. Il écrit\nune Mandoline, une Musette, une Girouette, qu'il n'est pas sans\nintérêt de comparer avec des pièces homonymes dues à d'au-\ntres auteurs. Le Moulinet de Marais, par exemple, se rattache\nde très près à la Girouette de Forqueray (3). Dans la Girouette\ndu violoniste François Du Val (4), on voit apparaître les figu-\nrations virevoltantes que Forqueray a placées dans la sienne.\nIl semble même que Daquin se soit inspiré de la du\nvioliste en composant sa pièce intitulée Y Hirondelle, car le\nJ\"I V 1 \"t 1 • ~\ntheme de celle-ci (5) :\n\n(1) Livre de Pièces de 1701, p. 142, N° 138.\n(2) Deuxième livre (1710), p. 37.\n(3) Livre de Pièces de 1711, p. 85.\n(4) Livre VI (1718), Sonate I.\n(5) On rapprochera ce thème de celui des Petits Moulins à vent de F. Cou-\nperin (3e Livrej.de Pièces)."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.66", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n57\n\nn'est point sans quelque analogie avec celui deForqueray, quoique\nle rythme de ce dernier produise un autre balancement :\nQuant à la Mandoline de Forqueray, elle se rapproche de\nla Guitare de Marais.\nForqueray (i) :\nMarais (2) :\nCes ressemblances ne doivent point nous surprendre, car\n1 esthétique objectiviste et le goût classique qui régissent alors\nla musique imposent, en quelque sorte, à tous les compositeurs,\nune thématique caractéristique des aspects sous lesquels on\nenvisage communément les objets à peindre ; de même qu'on\nrespecte les formes fixes des airs de danse, de même on se gar-\ndera de s écarter de schèmes mélodiques, traditionnels et fixés\npar 1 usage, de dispositifs rythmiques qui suggèrent immédia-\ntement 1 idée de ces objets. Aussi bien, les musiciens se distin-\nguent-ils moins les uns des autres par l'invention de nouvelles\nformules représentatives, par la traduction d'une vision person-\nnelle au moyen de mélodies originales, que par de petites\ndifférences de détail, par de menues dissemblances de mise en\nœuvre. Et c'est là, sans doute, une des raisons qui confèrent\nà la musique de ce temps un indéniable caractère de monotonie,\ncar nous ne discernons que difficilement les particularités\npropres à chaque auteur.\n\nI\n(1) FORQUERAY : 2e Suite.\n(2) MARAIS. Livre de 1711, p. 103. On trouve une et un\ndans l'œuvre de Du Val."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.67", "texte": "58\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nParfois cependant, un thème classique se trouve traité\nd'une manière neuve, exprimé sous un point de vue différent\nde celui qui est traditionnellement adopté. Et Forqueray, dans\nson Caillon de Passy(l), va nous fournir un exemple d'une\nsemblable originalité. ,\nRien de plus répandu que le Carillon dans la littérature\nmusicale de la fin du xvne siècle et du premier tiers du XVIIP.\nJean-Ferry Rebel, François Couperin, Pierre Gaultier de Mar-\nseille, pour ne citer que ceux-là, ont laissé des Géné-\nralement, ces pièces, qui prétendent peindre la mise en branle\nd'un ensemble de cloches, débutent par une exposition lente\net lourde en accords frappés, bientôt suivie de figurations plus\nlégères et plus agogiques simulant 1 egienement des sonorités.\nVoici, par exemple, comment Marais expose ses « Cloches ou\nCarillon » (2) :\nou encore, comment débute le Carillon de Dollé (3) :\navec la répétition majestueuse et isochrone de la tonique\nredoublée. Forqueray, au contraire, organise son Carillon de\nPassy par la mise en action immédiate de figurations prove-\nnant des accords de tonique et de dominante qui sonnent dou-\ncement, avec une gravité mélancolique. La pièce commence ainsi:\n\n(1) FORQXTERAY : 4e Suite.\n(2) Livre de 1701. p. 51.\n(3) DOLLÉ : Pièces de vi01e(1737), 3e Suite p. 23. Voir encore les ou\nCarillon d'Heudelinne, Livre II (1710), p. 13. On remarquera la grande similitude\nqui existe entre les figurations imitatives de Marais et d'Heudelinne."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.68", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n59\n\nEt, c'est seulement à la fin, qu'apparaissent des groupes\nde triolets, à l'effet de mouvementer la figuration et de repré-\nsenter le carillon, les cloches tintinnabulantes.\nLes Pièces de Forqueray sont destinées à être jouées à deux\nvioles. C'est ainsi que l'auteur les exécutait dans ses concerts,\nà la grande satisfaction des dames présentes, si nous en croyons\nHubert le Blanc : « L'arrêt définitif des Dames fut que rien\nn'équivaut dans le monde à deux basses de viole en parallèle\npour s'acquitter parfaitement du dessus et de la basse entre\nles mains du Père Marais, quand il jouait ses pièces accompagné\nde M. de Saint-Félix, et de Forcroi le Père, exécutant les sonates\naccompagné de M. de Bellemont » (2).\nMais, primitivement destinées à deux violes, les pièces du\nrecueil qui nous a été conservé peuvent s'exécuter en trio, avec\nle clavecin, au moyen de l'arrangement qu'en a fait Forqueray\nle fils. Le Recueil de Pièces de vio\npermet, en effet, cette combinaison instrumentale, en même\ntemps qu'il apporte une transcription des pièces de viole pour\nle clavecin. A cet égard, il présente donc un très vif\nintérêt, car il montre de quelle façon Jean-Baptiste-Antoine\nentendait la réalisation de la basse. Le musicien a orné la basse\ndes pièces de clavecin « autant qu'il lui a été possible », et son\narrangement disposé pour faire concerter deux violes et l'instru-\nment à clavier ne manque pas d'ingéniosité. Il laisse bien en\nvaleur la 2e basse d'archet chargée de frapper des accords entre\nlesquels les dessins brillants du clavecin évoluent fort adroitement\nsans jamais les couvrir. D'où un ensemble très plein, très\nnourri, qui sonne très symphoniquement. Afin de permettre\nde juger de cet arrangement, nous avons mis, ci-après, en par-\ntition les 2 parties de viole et la partie de clavecin. On verra,\n\n(1) Nous empruntons cette citation au\n(2) HUBERT LE BLANC : loc. cit. p. 103-104. Forqueray a dédié à son élève\nBellemont la 4e pièce de sa ire Suite."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.69", "texte": "6o\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nde la sorte (dans un fragment de la Mandoline [i] ) que For-\nqueray sait entourer la mélodie du dessus d'un bruissement\nd'arpèges rapides que devaient délicatement détailler les doigts\nagiles de Marie-Rose Du Bois. Généralement, sa réalisation\ns'effectue au moyen de brisements d'accords conformément\nau système de la Basse d'Albert i, et les imitations\nsont rares. D'autres fois (dans la Leclair, par exemple), elle\nincline vers un sens plus contrapontique et le clavecin répond\naux gammes de la viole par d'autres gammes en mouvements\ncontraires, pendant que la basse d'archet frappe, à inter-\nvalles égaux, des accords plaqués (2).\nAjoutons que Jean-Baptiste-Antoine Forqueray insère,\ndans le corps de son recueil, un certain nombre d'observations\nsur le style que comporte l'exécution de ses pièces ; il multiplie\nles indications de nuances, de mouvement, de registration,\nindiquant toujours le clavier qui doit servir à la présentation\nde tels ou tels dessins :\nEn tête de la D'Aubonne (3), on peut lire la note suivante :\n« Cette pièce doit être jouée avec beaucoup de goût et de\nsentiment ; pour en donner l'intelligence, j'ay marqué des\npetites croix qui signifient que les accords de la basse passent\navant ceux du dessus ; et à tous ceux où il ne s'en trouvera\npoint, le dessus doit passer avant la basse, »... toutes recom-\nmandations qui indiquent un artiste soigneux, précis, très\nattentif aux détails d'exécution. Il ne nous reste, en terminant\ncette étude, qu'à souhaiter que de nouvelles recherches amènent\nla découverte d'autres pièces de viole des deux excellents mu-\nsiciens que furent Forqueray père et fils (4). Nous publions ci-après\nles 4 pièces inédites d'Antoine Forqueray contenues dans le\nrecueil manuscrit Vm7 6296 de la Bibliothèque nationale.\n\nLionel de la Laurencie.\n\n(1) Deuxième suite, p. 8.\n(2) La Leclair, 2e Suite, p. 11.\n(3) Suite IV. Voir aussi l'indication de la page 30 à propos de La Léon.\n(4) Cet article était déjà composé lorsque nous avons appris l'existence de\npièces de Forqueray dans un autre manuscrit de la Bibliothèque nationale,\ncoté 3555 (Suite des dances pour les violons et les hautbois qui se jouent\nordinairement à tous les Bals chez le Royn recueillies et mises en ordre par\nPhilidor Vainé, 1712). Il s'agit d'un Menuet qui se trouve àla page 90 de ce\nrecueil."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.70", "texte": "3\nALLEMAHDE\nN? 1.\nFORCROI."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.71", "texte": "5\n2\nLA MANDOLINE\n(fragment)\nFORCRQI\n\nA"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.72", "texte": "DEUX VIOLISTES CÉLÈBRES\n63\n\n4\n1"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.73", "texte": "4\n\nLA GIROUETTE\nH? 2.\nFORCROI."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.74", "texte": "4\n5\n\nMUZETTE\nN<?3\nFORCROI."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.75", "texte": "66\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nBRÀNSLE\n«\nN<?4.\nFORCRQI"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.76", "texte": "L'HYGIÈNE DU VIOLON\n\nCONSEILS PRATIQUES SUR L'ENTRETIEN DES INSTRUMENTS A ARCHET EN VUE\nDE LEUR CONSERVATION\nCINQUIÈME CAUSERIE\nDans l'ignorance où l'on est, depuis la décadence de la lutherie italienne,\ndes causes qui influent sur les qualités acoustiques des instruments à archet,\nl'organe qui fut le plus torturé dans le but de lui procurer des facultés qu'il\nn'eut jamais, est sans contredit la barre.\nIl existe deux catégories de chercheurs de barres ; les déductifs, qui\nvoient un secret dans la manière dont les anciens ont barré leurs instruments,\nsecret perdu comme le vernis, ayant selon eux une plus grande importance\nque ce dernier, et les intuitifs, persuadés à priori qu'en changeant la forme\nou la place de la barre, même les deux à la fois, on doit arriver à améliorer\nn'importe quel instrument.\nLes partisans du soi-disant secret perdu doivent, lorsqu'ils sont raison-\nnables, s'incliner devant le simple argument suivant:\nSi les anciens avaient possédé un secret de barrage, perdu aujourd'hui,\nleurs instruments devraient mal sonner, munis de nos barres modernes.\nOr, c'est le contraire qui arrive.\nLa seconde catégorie a compté des chercheurs illustres et obstinés.\nSavart, admirable théoricien, médiocre praticien, fut, je crois, le premier qui\nfit des recherches dans cette voie :\n« On pourrait, dit-il, remplacer la barre par un support fait en arc de\ncercle, qui ne toucherait la table que par un point, et dont les extrémités\nseraient fixées à la partie inférieure des tasseaux. J'ai fait cette expérience\nplusieurs fois, et je n'ai pas remarqué que le son fut changé. Ce serait un\nmoyen d'avoir des instruments d'une grande solidité et dont le son se con-"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.77", "texte": "68\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nserverait longtemps sans altération; mais il faut noter qu'il est très difficile\nde déterminer les dimensions d'un pareil support, parce qu'elles ne peuvent\npas être les mêmes pour tous les violons, à cause de la rigidité si variable\ndu bois; cet inconvénient existe bien avec la barre ordinaire, mais il est\nmoins sensible. »\nLe luthier Rambeaux eut l'idée de fixer au fond de l'instrument une\nbarre longitudinale, dans une position symétrique, inverse à celle collée à !a\ntable d'harmonie.\nVoici ce qu'en dit M. Fétis, appelé à l'époque à se prononcer sur les\nmérites de l'innovation:\n« Un des exposants, M. Rambeaux, de Paris, a conçu l'idée de coller\nsur le fond du violon une seconde barre, sur laquelle l'âme est posée.\nSuivant le témoignage de quelques artistes distingués qui ont essayé l'ins-\ntrument (originairement peu satisfaisant), l'émission des sons était facile,\négale, puissante, et la 4e corde particulièrement avait une sonorité remar-\nquable. Cet effet nous paraît devoir être produit par la coïncidence des\nvibrations énergiques des deux barres, rendues normales par l'influence de\nl'âme. Nous croyons qu'un instrument construit avec des matériaux de\npremier choix, et avec la perfection de détails qu'ils ont portée dans leurs\nproduits n'a pas besoin de cet appendice; mais l'expérience récente, faite en\nnotre présence, démontre qu'il peut améliorer sensiblement des ins-\ntruments moins parfaits... »\nA l'Exposition universelle de 1867, M. Miremont exposa un violon muni\nd'une seconde barre.\nM. Gallay rendit compte de l'innovation en ces termes :\n« Nous nous réservons d'apprécier la modification intérieure pour\nlaquelle M. Miremont a pris, nous dit-on, un brevet d'invention. On nous\na parlé d'une seconde barre. S'il s'agit d'une seconde barre prenant son\npoint d'appui sur le tasseau du manche et allant rejoindre le tasseau du\ncordier, il n'y aurait là qu'une réminiscence d'un système déjà connu et\ndont l'application fut proposée à MM. Gand frères, il y a une quinzaine\nd'années environ par un luthier américain.\n« Avant d'adopter ce système et désireux de reconnaître les effets de cette\nsingulière armature, MM. Gand consentirent à établir quelques violons\nd'après cette méthode, mais les résultats ne furent en aucune manière con-\ncluants.\n« L'inventeur voulait surtout éviter le mouvement de renversement qui\nse produit quelquefois sur certains instruments, par suite de la trop grande\ntension du cordier, le manche étant ramené en avant et déterminant ainsi\nl'abaissement de la touche; de plus, cette barre supplémentaire aurait eu\nl'avantage de mieux répartir la sonorité et d'éviter les mauvaises notes... »\nM. Mordret, qui ne connut ces travaux que par le rapport de M. Gallay,\navait, en 1865, fait spontanément une expérience analogue au sujet de\nlaquelle il s'exprime ainsi:\n<( L'armature consistait en une verge de sapin, traversant intérieurement\nla caisse et encastrée par les deux bouts aux tasseaux; nous avions calculé\nla forme et les dimensions pour que la résistance à la flexion fût autant que\npossible la même sur toute la longueur."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.78", "texte": "LUTHERIE\n6g\n\n(( Au point de vue de la solidité, le résultat fut ce qu'il devait être,\nmais au point de vue de la sonorité, nous fûmes trompé dans notre attente.\nLe timbre et la force n'avaient point sensiblement varié; mais diverses\nnotes, particulièrement parmi celles de la quatrième corde, présentaient des\nintermittences dans la vibration, dont l'effet était des plus désagréables. Ce\nphénomène s'explique: il provient d'une trop grande mobilité dans la table\nd'harmonie, devenue comme isolée par suite de la solidarité du manche avec\nle cordier. Il se produit des soubresauts qui ne doivent pas exister,\nautrement dit un effet nuisible, qui a été parfaitement saisi par M. Savart\nquand il a dit que jamais la vibration de\ndes cordes.\n<( En sorte que, peu encouragé par le résultat, nous abandonnâmes\nnotre expérience. »\nCes insuccès, qui appartiennent au passé, n'ont point découragé les\nchercheurs de barres. Tous les jours on entend parler d'un nouveau brevet,\nd'une nouvelle découverte sensationnelle, mais je ne sache pas que l'un\nd'eux ait encore mué le Vinaigrius de... (mettez le nom qu'il vous plaira) en\nun Stradivarius authentique.\nPour bien se rendre compte du caractère chimérique de telles recherches\ncondamnées d'avance à la stérilité, il suffit de remonter à l'origine même\ndu violon. Seul celui qui, comme Savart, devant l'impuissance à reproduire\nce que les anciens ont fait, chercherait d'autres formes régies par d'autres\nprincipes, pourrait se justifier de tenter en même temps une modification de\nla barre. S'il réussissait à produire un instrument ayant des qualités nou-\nvelles, il enrichirait le quatuor à cordes d'un instrument nouveau qui ne\nserait plus un violon.\nNotre barre actuelle est exactement semblable à celle des Maggini,\nAmati, Stradivari, avec cette différence que, calculée pour un renversement\nplus grand, elle est plus forte et plus longue. Si les anciens avaient eu notre\nla, ils auraient agi comme nous. Tous les antiques italiens ont gagné à ce\nrebarrage et c'est certainement grâce à lui que nous pouvons apprécier la\nqualité de ces instruments appropriés aux besoins de la musique moderne.\nIl semble superflu de conclure que cette même barre moderne, qui est\nexcellente sur un excellent Crémone, ne pourra pas être mauvaise sur un\nautre instrument, mais il ne s'ensuivra pas que ce dernier doive de ce fait\nêtre aussi bon que notre excellent Crémone.\nCette pétition de principe est la faute qu'ont commise tous ceux qui ont\nvoulu imposer à la barre un rôle qui ne lui appartient pas.\nPourquoi donc chercher à améliorer un organe qui fournit des résultats\nparfaits sur des instruments parfaits? Les bons instruments donnent leur\nrendement maximum quand ils sont bien barrés et leur rendement minimum\nquand c'est le contraire, mais ils sont d'abord bons pour des raisons diffé-\nrentes qui ont chacune leur part proportionnelle d'influence: c'est dans\nl'architecture et le vernis que nous devons les chercher.\nLa place de l'âme et sa longueur jouent le plus grand rôle dans le réglage\ndéfinitif. Le centre de l'âme doit se trouver sur une ligne parallèle à l'axe de\n1 instrument, passant par le milieu du pied droit du chevalet (du côté opposé\nà la barre), à 4 ou 5 millimètres en arrière de ce dernier, pour le violon,"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.79", "texte": "70\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nà 5 m/m, 5 m/m 1/2 pour l'aito et 7 à 8 m/m pour le violoncelle. Sa longueur\ndoit être telle que, située perpendiculairement aux deux tables, elle se tienne\ndans cette position sans forcer.\nTelles sont les conditions théoriques que doit remplir une âme bien\nplacée. Dans la pratique, rien n'est plus difficile que de saisir le point exact,\nle seul qui réponde au tempérament de l'instrument.\nEt dire que presque toujours celui qui pratique une opération si délicate\nne sait pas jouer du violon, et est par conséquent incapable d'apprécier la\nqualité de son travail.\nPar contre, il y a des instrumentistes qui passent leur vie à faire changer\nla place de cette âme, sans pour cela modifier d'un atome la nature de leur\ninstrument, ni celle de leur talent.\nLorsqu'on cherche la place d'une âme, il faut se pénétrer de ce prin-\ncipe que:\nSi on rapproche l'âme du chevalet, les cordes hautes gagnent de l'éclat\nau détriment des basses, et si on l'éloigné, c'est le contraire qui arrive.\n{A suivr\n\nLucien Greilsamer."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n\nOPÉRA-COMIQUE\nLouis Laloy.\nLes débuts de Mlle Alice Raveau, dans Orphée, ont été des plus\nheureux, surtout si l'on tient compte de ses jeunes années. Sa voix, d'un\ntimbre vigoureux, n'est pas encore assez sortie, et, peut-être, l'émotion aussi\nl'emprisonnait un peu. Mais le style est profondément musical, et le jeu très\nsuffisant pour un drame où ne sont requises que des attitudes académiques.\nDans les danses, Mlle Régina Badet nous a montré sa grâce un peu affectée,\nbien parisienne: Tanagra de Montmartre; d'ailleurs il n'y a pas si loin de\nl'un à l'autre. Ces pas ingénieux, ces épaules suaves et ces mimes tentatrices\nne convenaient guère à la vague douceur d'une musique incapable de songer\nà mal; nulle danse, d'ailleurs, ne lui conviendra jamais, car elle n'est point\nplastique. Elle n'est pas davantage expressive, et n'a pour mérite qu'une\ngrandeur sans caractère, dont Beethoven s'emparera, pour y jeter toute\nl'ardeur des passions humaines.\n\nCONCERTS CHEVILLARD\n\nL'Enfant Prodigue,dont on nous donnait, le 6 décembre, deux fragments,\ndate de 1884; c'est une cantate comme les autres, avec les trois personnages\nde rigueur, les récitatifs et les airs. Mais la musique est de Claude Debussy,\nou, si l'on veut, de Claude-Achille Debussy. Déjà, malgré la tyrannie des\nformes traditionnelles, il s'y manifeste une fraîcheur de sentiment et une\npilreté de goût inconnues jusque-là, surtout au concours de Ro'me. Et\nl'air de danse est d'une grâce délicatement archaïque, avec cette flûte presque\nchinoise, qui descend, légère, le long d'une mélodie que n'attarde nul demi-\nton.\nAu suivant concert, ce furent deux mélodies de M. André Caplet : musique\nforte et chaude de couleur, fondue et souple, où je me plais à retrouver\nl'image de la plantureuse Normandie, d'où nous vient son auteur. Peut-être\nces poèmes, plus tempérés que sublimes, ne valaient-ils pas une telle"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.81", "texte": "72\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nampleur; mais qu'importe? C'est une telle consolation et un si grand espoir,\ncette musique généreuse ! Mlle Rose Féart a chanté ces mélodies en musi-\ncienne accomplie; il est seulement regrettable que l'orchestre n'ait pas eu\nplus d'égard pour ses mouvements et ses nuances. Je voudrais entendre\nplus souvent et cet auteur et cette artiste.\n\nLouis Laloy.\n\nCERCLE MUSICAL\nToujours actif et vigilant, M. Domergue a eu cette fois le bonheur rare\n•de nous présenter les Estampes et le récent exé-\ncutés par M. Harold Bauer. Tout virtuose est digne d'éloge, qui agrandit\nson répertoire; il est digne d'admiration, lorsqu'il passe de Brahms et de\nBeethoven à Claude Debussy. M. Bauer ne me croirait pas, si je lui disais\nque du premier coup il a trouvé l'interprétation rêvée: les plus tendres de\nces poèmes pour piano, les Pagodes, la Berceuse des Eléphants, la Neige,\nle Petit Berger, ont été quelque peu alourdis de contrastes excessifs, de\nchants inutilement marqués, de points d'orgue intempestifs, souvenirs d'un\nromantisme familier à l'artiste, mais ici déplacé. La Soirée dans Grenade\na été mieux comprise, quoique les voiles de la nuit s'y soient trouvés,\nparfois, un peu trop rudement déchirés. Les ont été\nenlevés avec une verve charmante, où ne manquait qu'une pointe de malice.\nQuant au Cake-walk,son rythme dégingandé et pourtant d'une régu-\nlarité presque mécanique échappe encore à M. Bauer. Ces erreurs sont\nnaturelles quand on songe à tant de concertos joués dans les cinq parties du\nmonde; elles sont vénielles au prix de deux qualités précieuses entre toutes:\nune grande intelligence, qui peut se tromper, mais qui raisonne, réfléchit,\narrête à l'avance un plan et des valeurs, et une sonorité variée, souple, déli-\ncate et pleine au point de charmer à elle seule.\nA ce même concert, Mlle Maggie Teyte chantait deux des\nlyriques, De Grève et De Soir, d'une voix pure comme un métal sans défaut;\nmais il ne faudrait pas qu'une artiste de cette valeur se fiât trop à sa facilité:\nc'est certes un tour de force d'apprendre en quelques jours des œuvres\nde cette importance; mais on n'apprend ainsi que les notes, non le style, qui\ndemande plus d'étude et de méditation. M. Delacroix a fait un tour de force,\nlui aussi, en donnant à la symphonie du piano son caractère et son mou-\nvement, malgré la préoccupation de suivre la chanteuse.\n\nENVOIS DE ROME\n\nL'Amphitryon, de Molière, a été recouvert par M. Raoul Laparra d'une\nmusique épaisse, aux couleurs crues, aux rythmes monotones que la timbale,"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.82", "texte": "LE MOIS\n73\n\nincessante, nous enfonce aux oreilles. De la fougue d'ailleurs, et un gro-\ntesque qui peut donner de bons effets; mais je regrette que les Divinités\nde l'Amour et les Grâces du Printemps aient été traitées à peu près comme\nSilène et ses compagnons.\n\nLouis Laloy.\n\nSOCIÉTÉ G.-F. HÆNDEL\n\nLa jeune Société, qui, sous la direction de MM. Eugène Borrel et Félix\nRaugel, a entrepris de ressusciter deux siècles de musique, m'a fait l'honneur\nde me demander de la présenter au public parisien. Je le fais, avec toute la\nsympathie que j'ai pour eux et pour leur œuvre.\nAvant tout, je les loue cordialement d'avoir mis leur Société sous l'égide\ndu grand Haendel. D'abord, parce qu'il est un maître sain, fort, heureux,\nlimpide, et que nous avons besoin, plus que de toute autre chose, de joie, de\nforce et de santé. Mais aussi, parce que ce vaste esprit, si largement ouvert\nà toutes les pensées de l'Europe de son siècle et du siècle avant lui, est le\nmeilleur modèle et comme le symbole de ce que nous voulons faire : non\npas une société vouée au culte exclusif d'un seul maître, d'un seul style,\nd'une seule forme de pensée, mais à tout ce qui fut grand et où brûle encore\nla flamme de vie et de beauté.\nQuels que soient les progrès qu'ont faits, en ces dernières années, la\nconnaissance et l'amour des œuvres anciennes, en France, il s'en faut de\nbeaucoup que nous soyons encore arrivés à avoir une vue exacte, même\nsommaire, de notre passé musical le plus proche, de nos classiques du xvne\net du xviii6 siècle, et à les juger avec équité. Nous nous sommes appliqués\ndepuis vingt ans à faire revivre quelques grands hommes. C'était justice;\nmais nous leur avons trop sacrifié tous les autres. C'était commettre ainsi\nde graves erreurs historiques, et nous priver de beaucoup de joies.\nNous sommes fiers de notre discernement artistique et nous croyons être\ntrès supérieurs à nos ancêtres du xvme siècle qui méprisaient l'art gothique,\nparce que nous en sentons la grandeur. Mais nous ne réfléchissons pas que\nsouvent nous ne valons pas mieux, en méconnaissant l'art qu'admiraient ces\nancêtres, et qui, pour être tout différent du gothique, n'en est peut-être pas\nmoins beau.J Nous n'avons pas assez de dédain pour les musiciens du\nxvme siècle, qui ne se doutaient pas de la grandeur de J.-S. Bach. Mais\nsommes-nous beaucoup plus avisés, lorsque nous ignorons ou méprisons, à\nnotre tour, tels maîtres de son temps, que ces musiciens du xviii6 siècle\nadmiraient, et qui étaient en effet très dignes de leur amour?\nIl n'y a pas en art qu'un seul art qui soit beau. Il n'y a pas, en un siècle,\nqu'un seul style qui soit vrai. Le superbe gothique, mélangé de barocco, de\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ngrands Italiens et des grands Allemands italianisés de son temps. Imitons\nJ.-S. Bach lui-même, qui était l'ami de Hasse, et Haendel, qui était l'ami\ndes Scarlatti. Ayons le cœur assez large pour aimer tout ce qui est beau :\nPergolèse et Rameau, Beethoven et Rossini. Et affranchissons-nous des\nidées toutes faites, sur lesquelles nous vivons : théories de races et d'époques,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.83", "texte": "74\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nthéories d'évolution et de décadence de l'art. Ouvrons les yeux : nous verrons\nque le génie vient constamment donner le démenti à toutes nos théories.\nIl n'y est pas, dans notre lumineux Occident, de races privilégiées, ni\nd'époques privilégiées. La beauté, la grandeur d'âme, la puissance de vie,\nfleurissent où et quand il leur plaît, et souvent aux pays et aux temps\noù on les attend le moins. Le Sicilien Alessandro Scarlatti et le Napolitain\nProvenzale, qui sont d'une époque dite de décadence, sont parfois aussi\nprofonds que Bach, et aussi parfaits que Hœndel. Le XVIIIe siècle italien,\ncet âge où l'art de l'ltalie passe pour s'être dégradé, fourmille de génie.\nEt tels de ces maîtres, que la gloire de Haendel et de Bach a éclipsés, moins\ngrands sans doute, moins vastes qu'eux, avaient une beauté de forme peut-\nêtre supérieure, un pur génie classique, digne de Mozart, qu'ils annonçaient.\nPlus on sait regarder, entendre, plus on sait vivre, plus on sent\ncombien le monde est riche; et l'on plaint les pauvres gens, au cœur blasé\nou rétréci, qui ne peuvent ou ne veulent sentir qu'un tout petit nombre de\nchoses. Il n'y a qu'une tristesse: c'est de savoir qu'on ne pourra jamais\nembrasser toute la beauté des siècles. C'est une heureuse tristesse; il faut\nncus la souhaiter les uns aux autres. Il est bon de se dire que nous pourrions\nboire, pendant toute l'éternité, à notre chère musique, sans la tarir jamais.\nRemercions MM. Eugène Borrel et Félix Raugel de nous rouvrir les\nsources du grand fleuve, où chacun, en se penchant peut retrouver, comme\nen un miroir magique, l'image cachée qu'il cherche, le reflet de son idéal, la\nmélodie de son âme.\nEt que le puissant et serein Haendel fasse vaincre cette œuvre qui lui\nest dédiée !\n\nRomain Rolland.\n\nPROGRAMME DU Ier CONCERT\nSamedi 30 janvier 1 909.. G 9 he\n14, rue de\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlles ELÉONORE BLANC, BLANCHE LUCAS Boussu\nMM. ALEX. GUILMANT, R. PLAMONDON.\n1. Ouverture d'A grippina(l7oB) G.-F. H/ENDEL.\n(1685-1759).\n2. Loué sois-tu, Jésus-Christ H. SCHUTZ.\nChœur final de la Passion selon St-Mathieu. (1585-1672).\n3. Concerto d'orgue en si 1? G.-F. H.«NDEL.\nM. A. Guilmant."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n75\n\n4. a) Air de Laodice : Cara tomba ALES. SCARLATTI.\n(Mithridate Eupator(l7o7) Acte iv. Scène 1). (1649-1725)-\nb)Air de Poppée G.-F. H^NDEL.\n(Agrippina. Acte m. Scène x).\nMlle E. Blanc.\n5. Chœur final du lERIER acte de Salomon (1748). . G.-F. H/ENDEL.\n6. a)Air de Timante FRANCESCO.\n(Il Schiavo di sua moglie(l67l). Acte m. PROVENZALE.\nScène iv) (16-- 1704)-\nb) Air de Castor J.-PH. RAMEAU.\n(Castor et P011ux(1737). Acte iv. Scène 1). (1683-1764).\nM. Plamondon.\n7. Pièces d'orgue DIETRICH BUXTEHUDE.\nM. A. Guilmant. (1637-1707)-\n8. Psaume pour l'Hospice des Enfants Trouvés\n(174 g) G.-F. FLENDEL.\nSoli. Chœurs et orchestre.\nRéalisation du Continuoà l'orgue et au piano, par Mlle DUREY-SOHY.\nL'orchestre et les chœurs de la Société G.-F. HAENDEL sous la direction\nde M. Félix RAUGEL.\nLe deuxième concert aura lieu le mardi 2 mars, sous la direction de\nM. VINCENT D'LNDY.\nŒuvres de H/ENDEL, ERLEBACH, LULLY, LALANDE.\nCantate : Gott hilf mir,de BUXTEHUDE.\nDates des 3E, 4E et 5E concerts: mardi 30 mars, mardi 27 avril, mardi\n25 mai.\n\nCONCERT\nTrès joli concert à l'hôtel du journal Les Modes, donné par Mme Val-\nlandri et M. Clément, de l'Opéra-Comique. La partie instrumentale était\nreprésentée par la Sonate de Franck, et quelques pièces de Debussy et\nBachmaninoff, exécutées par MM. Amour et Mendels.\n\nCONFÉRENCE\nNotre collaborateur, M. GEORGES DE DUBOR, qui, tant en France qu'à\nl'étranger, a donné de nombreuses conférences sur des sujets littéraires ou\nmusicaux, vient de consacrer une intéressante causerie aux\nde la Cour de France.\nLe côté nouveau de la question, celui qui nous intéresse, était l'audition\nde chansons relatives aux grandes Favorites des deux derniers siècles de\nla Monarchie française. Plusieurs ont été chantées avec la musique de\nl'époque; pour d'autres, dont !a musique est perdue, des compositeurs tels\nque Massenet, Francis Thomé, Etienne Rey, ont écrit une musique nouvelle,\nil est vrai, mais dans le style ancien, et parfois fort réussie.\nMmes Delty, de l'Opéra; Soibain, de l'Opéra-Comique; Dietz-Monnin,\nMarie-Thérèse Berka, ont interprété ces chansons avec beaucoup de goût."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.85", "texte": "76\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES\nJ. E.\nNous n'avons pu, à notre grand regret, signaler encore le\ndétail du programme musicologique de l'Ecole des Hautes\nEtudes Sociales. Le voici :\nM. HELLOUIN. Les nationalités musicales (24 novembre, lERIER dé\ncembre). M. PAUL-MARIE MASSON : L'Opéra français de Lully\nà Rameau (8, 15, 22 décembre). M. ANDRÉ PIRRO, De\nSchutz à Keiser (12, 19, 26 janvier, 2 février). M. PIERRE\nAUBRY : La musique instrumentale avant la Renais-\nsance, xive et xve siècles (9, 16 février, 2 mars). M. AMÉDÉE\nGASTOUÉ : Les notations musicales avant les mensuralistes\n(8, 16, 23, 30 mars).\nConcerts, sous la direction de M. HENRY EXPERT, les jeudis\nà 8 h. 3/4 à partir du 14 janvier. Chants de France et d'ltalie,\nxvne et XVIIF siècles.\n1 (14 janvier) : Caccini, Péri, Monteverde, Frescolbadi,\nMauduit, Guédron, Boesset, Tessier. 2 (21 janvier) :\nCarissimi, Cavalli, Legrenzi, Stradella, Cambert, Lam-\nbert, Labarre. 3 (28 janvier) : Buononcini, Lotti, Mar-\ncello, A. Scarlatti, Rossi, Lully, Clérambault, Campra, Des-\ntouches. 4 (4 février) : Durante, Galuppi, Jomelli, Léo,\nPorporz, Pergolesi, Rameau. 5 (11 février) : Gluck, Pic-\ncini, Sacchini, Grétry, Monsigny, Philidor, Duni. 6 (18 fé-\nvrier) : Cimarosa, Paesiello, Cherubini, Dalayrac, Méhul.\nLes dates des concerts modernes ainsi que celles des\ncours de M. A.-Ferdinand Hérold sur la Musique à Naples au\ntemps de Murât seront ultérieurement fixées. ; ; ; ■ -\nComme on le voit, ces séances comprendront à côté des\nconférences proprement dites, des auditions historiques,\ndont notre excellent collègue M. Expert a bien voulu prendre\nla direction. Rien ne sera plus instructif, j'en suis sûr,\nque la comparaison de ces différentes écoles. La musique\nfrançaise ainsi présentée à côté des Ecoles contemporaines\nde l'étranger reprendra dans l'histoire la place qu'elle mérite."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.86", "texte": "LE MOIS\n77\n\nL'Ecole a rouvert ses portes avec le cours de M. Hellouin, sur\nnationalités musicales. Notre confrère a expliqué que, pour dépister une\nnationalité musicale, il est inutile de s'engager dans le domaine de la tech-\nnique, qui ne peut fournir que des indications absolument insuffisantes. On\nréussit, au contraire, quand on recourt à certaines particularités qui résident\ndans l'expression, dans l'accent, dans le caractère des œuvres. Pour cela, il\nfaut une oreille extraordinairement compréhensive. L'usage classe les\nécoles par nationalités, et il a raison, car ce procédé répond à la réalité, non\nseulement dans le présent, mais même dans le passé.\nM. Hellouin, après avoir examiné toutes les écoles modernes, a étudié\nles influences qu'exercent sur elles les sentiments nationalistes et les sen-\ntiments cosmopolites. Il a conclu en disant qu'un pays n'arrive à être\nvigoureux, musicalement parlant, que lorsqu'il sait concilier un nationalisme\nraisonnable avec un cosmopolitisme raisonné.\n\nLe 27 décembre, l'Ecole nous conviait à un thé, qui fut l'occasion d'une\namusante audition de chansons populaires de tous les pays. L'Arménie, la\nNorvège, la France et la Russie se trouvaient là côte à côte avec leur\nfolklore, le tout agrémenté d'un intermède de harpe.\n\nSAINT-QUENTIN, 1908\n\nNous suivons avec le plus grand intérêt, depuis trois\nans, les eftorts de Mme E. Marchand pour développer le\ngoût de la bonne musique, à Saint-Quentin, efforts constants\nque soutient une foi ardente, inébranlable dans l'Art. Elle a\npris pour devise : « Quantum po »\nSon influence est incontestable. Elle a, en plus de ses\nséances de musique,organisé, en février dernier, un récital\nd'orgue à la Collégiale, afin qu'après avoir étudié en\nchambre les œuvres de J.-S. Bach et de C. Franck, son\npublic pût en juger pleinement par une audition aux\ngrandes orgues. Pour cela, elle s'est adressée à un\nartiste fervent, plein d'amour pour son art, admirable"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.87", "texte": "78\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ninterprète de lHranck, auquel il a voué un culte et\ndu grand cantor de Leipzig cjuil admire de toutes ses loi ces.\nCet artiste, M. Fouquet, organiste à la cathédrale de Laon,\nn'admet pas qu'une manifestation d'art puisse être autrement\nque désintéressée. Il vint donc, à la seule condition qu il n aît-\nrait aucune rétribution, et que seuls les pauvres de la paroisse\nbénéficieraient de la recette (laquelle s'éleva à 2.400 fr., chiffre\néloquent !) Des programmes furent distribués avec d'excel-\nlentes notices explicatives de M. Fouquet sur chacune des\npièces d'orgue exécutées :\ni° Prélude et fugue en sol J.-S. BACH.\n2° Fantaisie en ut C. FRANCK.\n30 Fantaisie en sol mineur. . .J.-S. BACH.\n40 Pièce héroïque . . . C. FRANCK.\nToute une foule recueillie, venue des points politiques et\nreligieux les plus opposés, écoutait et communiait dans la\nmême émotion.\nCe furent de belles heures, et il faudrait qu'elles puissent\nrevenir plus souvent. M. Fouquet est toujours prêt à donner\nson concours, mais on obtient difficilement l'autorisation de\nfaire de la musique dans les églises en dehors des offices. C est\nainsi qu'à Laon, la permission fut rudement refusée par\nM. l'archiprêtre de la cathédrale.\nCette année, Mme et Mlle Marchand ont continué à faire\nentendre des œuvres\nMozart, Beethoven\nUne séance bien intéressante a été celle consacrée aux\ncurseurs de Beethoven, à son professeur Christian Gottlob Neefe\n(1748-1798), en particulier, qu'affectionne Mme Marchand.\n« Si je deviens quelque chose dans mon art, c'est à vous que je le\ndevrai », lui écrivait Beethoven.\nDifforme, d'aspect tout à fait pénible, Neefe avait une âme\nexcellente ; il éclaira d'un rayon d'affection tendre et délicate\nl'enfance si triste, tragique même, du pauvre Beethoven.\n« Plein d'amour pour son petit élève, alors âgé de onze ans, il a\nsu être sévère, le rendre difficile pour lui-même, empêcher trop\nde complaisance dans les premiers essais de composition. Il lui\nenseignait que la musique doit être sincère, exprimer un senti-\nment vrai ; qu'elle doit sortii du cœur, et en traduire les émo-\ntions ». « La musique,lui disait Neefe, doit"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.88", "texte": "LE MOIS\n79\n\npoint de prouver la science, ni l'adresse du musicien, et Point\nseulement non plus de flatter agréable\nnée à traduire les sentiments, com\ngénie ne doit pas être opprimé\npuise aux sources de l'émotion intérieu» C'était bien là l'homme\nqu'il fallait pour développer les germes de la riche nature de\nBeethoven. S'il n'était pas un musicien de génie, il était un\nexcellent maître, toujours préoccupé d'élargir les limites de son\nart, et s'y étant préparé par une remarquable culture littéraire.\nLes compositions de Neefe sont très inégales. Il y en a d'une\nextrême délicatesse, il y en a de profondes, mais il y en a aussi\nde très insignifiantes ; des gaucheries enfantines à chaque ins-\ntant, une sorte de timidité, mais parfois un élan qui surprend\net émeut singulièrement. Mme E. Marchand nous a lait entendre\nde lui des Sonates inédites dont l'aimable enjouement rappelle\nde loin Mozart, des Lieder, d'accents très variés ; certains\nexpriment la joie populaire, franche et simple :\nZufriedenheit (chantés en allemand par des enfants) ; Das\nTodtenopfer, douloureux et fort (le chant et l'accompagnement\nfurent rendus avec une émotion poignante) ; dont\nla beauté simple et contenue touche à l'art beethovenien, etc...\nNeefe a-t-il eu sur scn élève une influence musicale sérieuse?\nNon ; il fut pour lui ce qu'est pour Jean-Christophe son oncle\nGottfried, le colporteur ; et quelle excellente idée de relire, à\npropos de l'enfance de Beethoven, ces délicieuses pages de\nl'œuvre de Romain Rolland : « ... La musique veut être sincère,\nautrement qu'est-ce qu'elle est ? Une impiété, un blasphème » (Gott-\nfried à J.-Christophe).— Précieux conseil, mais que le génie seul\npeut rendre fécond ! Quand on étudie de près la formation de\nBeethoven, cette conclusion s'impcse qu'il n'a vraiment pas eu\nde maître ; son génie a tout pressenti et sa musique a été l'ex-\npression de son âme qui sortit si belle et si riche d'une si âpre\njeunesse : « Pourquoi j'écris ? C\nque cela sorte ;et c'est pour cela » (Beethoven). Mais,\nun des grands services qu'a rendu Neefe à Beethoven a été de\nle préserver du courant frivole et mortel de la musique italienne\nqui envahissait alors l'Allemagne. Il le mit à l'étude du\nbien tempéré de J.-S. Bach, qui, à lui seul, était un préservatif\nénergique contre le clinquant de la mode, et devait avoir une\ninfluence décisive sur l'enfance."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.89", "texte": "8o\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nDe F.-W. Rust (1739-1796), le vrai précurseur de Beethoven,\net, comme Neele, fervent admirateur de J.-S. Bach, Mme Mar-\nchand a fait entendra, entre autres choses, l'admirable\nTodtenkranz fur ein Kind.C'est une musique d'une intimité\nprofonde ; pas d'explosion de douleur, mais une plainte lente,\nsourde, qui évoque l'effrayant et éternel silence de la mort !\nIl fait penser au prélude de l'op. 27 de Beethoven, qui est aussi\nl'expression d'une douleur navrante, d'un désespoir qui parle\nbas, avec des soupirs d'épuisement.\nEnfin, Mme E. Marchand a rendu familières à son public\nles Symphonies de Beethoven par des auditions répétées, et de\nnombreuses analyses.\nC'est ainsi que, cette année, la lui a été\nredemandée pour une matinée artistique de la Le\npublic était absolument piis et plusieurs auditeurs et audi-\ntrices enthousiastes, qui avaient entendu l'œuvre dans d'excel-\nlents concerts, avouaient n'avoir pas alors éprouvé une impres-\nsion aussi profonde de parfaite beauté.\nA l'issue du concert, une fillette de quatre ans est venue\ndemander à voir « les oiseaux qui étaient dans le piano ».\nA côté de cette musique classique, Mlle Marchand a fait\nentendre des œuvres de Debussy, Dukas, d'lndy, Moussorgski,\nRebikov; son jeu si délicat et si charmeur a fait ressortir les\ninfinies nuances de cette musique.\nQu'il nous soit permis, ici, de remercier du fond du cœur\nles deux musiciennes dévouées, qui se donnent sans compter\nà l'œuvre de vulgarisation artistique, avec une ardeur que rien\nn'arrête, et font naître, par l'impression d'art qu'elles commu-\nniquent, toute une émotion bienfaisante et réconfortante.\n\nC. D.\n\nSEANCES PARENT - L'ŒUVRE DE SCHUMANN\n\nNul n'oserait, je pense, soutenir que l'universalité de\nSchumann nous dispense d'approfondir une œuvre aussi\nincomplètement connue et comprise que celle de ses\net quatuors, et rende superflue l'audition intégrale (Sonates,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.90", "texte": "LE MOIS\n8i\n\n6\n\nTrios, Quatuors et Quintette) que pour la seconde fois M.\nParent vient d'achever triomphalement à la Schola Canto-\nrum. Devant une œuvre aussi vaste et admirablement pro-\nfonde, par la pensée, le style, l'expression, parler de roman-\ntisme, c'est un peu errer dans ie vague des mots et des opi-\nnions approximatives. Romantique, certes, Schumann le fut,\navec génie, dans sa Sonate en pour piano, dont la\nfougue, le brio, le caprice, les précieux motifs et l'extraordi-\nnaire puissance me paraissent aujourd'hui dominer l'art plus\nmesuré de la Sonate en sol, pourtant si noblement passionnée ;\nil le fut dans son Quatuor avec un peu superficiel et\nmou, mais sonore, exubérant non sans panache, agréable\nd'ailleurs par ses mélodies optimistes qui font songer à César\nFranck; il le fut encore dans son fier et juvénile Quintette, plus\nmûr, mieux assis, débordant de lyrisme, où l'on peut voir la\nnote définitive, plus brillante et profonde avec humour,\nd'une Stimmungprécisant l'époque de Leipzig; il le fut un peu\npartout, sa sensibilité et son imagination s'accordant à lui\nen suggérer les modes, mais avec cette intuition du\nstyle et de l'idée par lesquelles les formes d'un art universa-\nlisent un destin, une vision, une expression.\nCeci est surtout vrai des Quatuors et des Trios, comme\nde la Symphonie en ut majeur et de la sublime préface de\nManjred. 1J allegro du premier en ré est déjà\ntypique ; on sent que Schumann y développe la mélodie com-\nplexe d'une humanité qui le dépasse et dont sa parole tra-\ngique épouse toutes les raisons : la y commande la\nmusique. Par cette expression plus générale de la volonté et\nses modes représentatifs, Schumann devient classique. Il\nsuffit de suivre la courbe évolutive de ses et\npour s'en convaincre. Au delà de l'unité d'âme, toujours\nmerveilleuse, de ses œuvres, on découvre bientôt les signes\nd'une intelligence et la profondeur d'une pensée qui réhabi-\nlitent singulièrement à nos yeux ces ouvrages auxquels l'opi-\nnion admise préfère les courtes pièces du maître.\nDéjà, les Sonates pour violon, l'une si délicate dans sa\npoésie rêveuse, l'autre opposant une naïveté sublime à la\nsombre grandeur d'un allegro fatal affirmaient l'équilibre\nsuffisant dont ne fut jamais privée cette prodigieuse fantaisie\nailée qu'est le Concerto en la mineur ; mais des pages comme"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.91", "texte": "82\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nY allegro du second Quatuor une étrange spirale mélodique\ncomme celui étonnamment concis du IIIe, que suit l'émou-\nvant et romantique agitato,frère douloureux de la funèbre\nMarcia du Quintette ou même l'ultime partie de ce pur\nchef-d'œuvre ; des pages comme le du 3 dont le\nvigoureux final est une merveille, comme de la\nen ré mineur et mainte autre qui m'échappe, attestent les\ndons symphoniques de Schumann de manière à balancer les\nobjections aujourd'hui insuffisantes justifiées par ses moins\nbonnes œuvres.\nEn vérité, une création comme le dépasse\nmême nos facultés d'analyse ; la vérité y est trop pénétrante,\ntrop haute et souveraine pour que nous songions à les exercer;\nn'en ayant plus le loisir, nous ne percevons qu'un art dont\nles imperfections possibles de forme ne comptent plus. Pro-\ndigieusement dynamique et inspirée, la musique dî Schumann\nl'emportera toujours sur celle plus réfléchie, parfois même trop\nréfléchie, de maint classique. Ce qui ne l'empêche pas d'être\nclassique. Qu'est-ce que le romantisme sinon le triomphe du\nmoi imaginatif, l'expression très individuelle de la volonté,\nle particularisme des motifs et du point de vue, enfin l'arbitraire\ndans l'analyse ? Or, la raison intérieure des motifs domine trop\nl'expression formelle du grand musicien qu'est Schumann pour\nqus nous ne voyions pas dans certaines de ses œuvres, sa person-\nnalité s'élever jusqu'au plan classique, vers l'idée de synthèse.\nCeci, dira-t-on, est secondaire. Je ne trouve pas. L'expression\nintelligente et profonde d'une idée plus vaste manifestée par\nl'ample développement de la forme, c'est-à-dire une plastique\négale mise au service d'une esthétique plus haute, comme il arrive\npour le dernier Quatuor et les Trio où Schumann, tout en s'affir-\nmant un penseur, ne se montre ni moins original, ni moins\ninspiré que dans sa littérature de piano, a sa valeur a a point\nde prévaloir dans notre jugement. Il est vrai qu'il faudrait\nen les appuyant d'exemples, donner les raisons probantes de cette\nsupériorité. C'est la matière d'un volume. Cependant je crains\nqu'on ait jusqu'alors un peu négligé d'approfondir ce côté\nd'une personnalité différente de celle de Mendelssohn ou de\nBrahms et qu'on situe généralement d'après les points de\nvue trop absolus du grand beethovénien Félix Weingartner.\nEn tout cas, sachons gré à M. Parent de son initiative."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.92", "texte": "LE MOIS\n83\n\nGrâce à elle, l'œuvre de chambre de Schumann comme celle,\nconsidérable, de Brahms qu'il aura, le premier, fait connaître\nen France et celle de César Franck, se précise, prend un relief\net un sens dont les jeunes esprits doivent tirer profit. Juste-\nment ils étaient quelques-uns, à ces quatre séances, données\ndans l'austère petite salle de la Schola. Quant à l'auditoire,\nil n'a pu éprouver que cette lassitude de l'émotion, —dont on\nne se lasse pas, parce qu'elle apports toujours un peu de cette\nsouffrance divine des créateurs que consume le feu animique\net supiêpie de la vie...\nL'interprétation a été supérieure. Le quatuor, MM. Parent,\nLoiseau, Brun et Fournier réalipe un ensemble parfaitement\nassis et homogène ; admirons-en la sonorité franche et puis-\nsante, le jeu aéré, la chaleur commumcative. M. Parent a\njoué en grand artiste, d'un archet magistral, les deux Sonates,\nparticulièrement celle en ré mdont jamais peut-être\nil ne caractérisa mieux l'énergique allegro et le suave adagio\nen doubles cordes. Avec la même conscience et une volonté\npresque masculine, Mlle Dron a tenu le piano à chaque séance.\nSon jeu et son style s'accordent bien à ceux du quatuor ;\nelle en possède la décision dans la plénitude orchestrale, sans\npréjudice des nuances ni de l'entente des effets, requise par\nce mode d'exécution. En soliste, Mlle Dron vise la puissance ;\nne la confond-elle pas avec la force exaspérée qu'un Risler\nsait tempérer par un toucher subtil indiquant d'autres\ndoigts et d'autres muscles ? La dureté, la taideuc et l'obscu-\nrité pourraient bien être au bout d'une telle recherche qui\nn'a, certes, altéré en rien les brillantes et solides qualités de\nla fougueuse interprète des Sonates, témoin, l'ampleur que,\nsous ses doigts, conserve le final de l'écrasante en\ndièse. Très grand a été le succès de la jeune artiste ; sa vaillance\net sa passion pour Schumann l'ont faite victorieuse. Le jour\noù l'équilibre de ses moyens unirait la délicatesse à la virilité\nnaturelle de son jeu, où sa respiration au piano serait deve-\nnue égale en douceur et puissance, Mlle Dron, jouant Schumann\ncomme elle le comprend et l'éprouve, en serait l'interprète\nidéale.\nL'Amour du Poète (Dichterliebe) est un poème complet.\nLa chaîne et la brièveté des lieder qui le composent justifiaient\nl'audition ininterrompue des seize mélodies admirables que"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.93", "texte": "84\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nMme Msllol-Joubert a détaillées d'une voix un peu hésitante,\nmais avec intelligence et un certain accent dramatique auquel\npourtant nous préférons le mystère et l'intimité passionnée\ndes interprètes d'outre-Rhin. Les voix ont leur destination ;\ncelle de Mme Mellot-Joubert est pour le théâtre, comme son\ntalent est pour le salon.\n\nAlbert Trotrot.\n\nCONCERT MARIGNY\nMargeon.\nL'orchestre des Concerts Populaires a repris le dimanche,\n22 novembre, le cycle de ses séances dominicales. Sous la\ndirection avisée de son chef, M. de Léry, cette phalange com-\nposée uniquement de jeunes nous a révélé toute son intelli-\ngente compréhension des oeuvres diverses, qui étaient au\nprogramme. Quoique en nombre inférieur aux troupes de nos\ngrands concerts, ce n'est pas cependant sans un réel senti-\nment artistique, que ce petit orchestre nous a interprété tour\nà tour : Y Ouverture du Tannhâuser, la Marche Hongroise de\nla Damnation de Faust,la Ve de Beethoven,\nla Rapsodie Norvégienne,de Lalo, et\nl'Asie Centrale,de Borodine. Le rapprochement en un même\njour de ces deux derniers ouvrages, si opposés en leur cons-\ntruction technique, nous a amenés cependant à constater\nl'heureuse universalité de l'expression musicale, qui fait que\nle musicien sensible se laisse aller presque aux mêmes accents,\nsoit qu'il se trouve perdu dans la solitude glaciale des fjords,\nsoit qu'il erre au milieu du désert aride. Les plaintes qu'exhale\nson âme angoissée se ressemblent étrangement. Par un sou-\nvenir ému à la mémoire de C. Franck, Mme Bureau-Berthelot\nnous a fait pénétrer tout le mysticisme qui enveloppe la\nProcession du maître disparu, et où celui-ci nous a laissé un\npeu de son âme si mystérieuse. Au même concert, il nous\nfut donné d'applaudir M. André Dorival, pianiste conscien-\ncieux, dans l'exécution du Scherzo en si mineur de Chopin, et\ndans une Etude en forme de valse de C. Saint-Saëns."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.94", "texte": "LE MOIS\n85\n\nMATINEES POPULAIRES ET MUSICALES\nM. D.\nBrillante réouverture des Matinées Populaires et Musi-\ncales (Fondation Danbé) à l'Ambigu. La séance était consa-\ncrée aux œuvres de MM. Saint-Saëns et Messager.\nUn ténor à la voix charmante, M. Francell, se fit appré-\ncier dans des fragments de Fortunio et de la Basoche qu'il\nchanta avec beaucoup de grâce. Mlle Mariette Sully et\nM. Jean Périer interprétèrent excellemment deux ravissants\nduos de Véronique qui furent bissés. La ligne mélodique des\nœuvres de M. Messager est exquise ; gracieuse, aisée, souple,\ndistinguée sans effort, elle conquiert tous ses auditeurs. Sou-\ntenu d'harmonies délicates et choisies, elle est une fête pour\nl'oreille. On le vit bien à cette matinée où un public sincère\nne cessa de l'applaudir. En personne, M. Messager avait con-\nsenti à accompagner au piano tous les artistes. Mlle Bakkers,\nau pur soprano, eut pour partenaire M. Reynaldo Hahn\nprésident de la Société qui avait consenti à remplacer une\nartiste absente. Il chanta avec un tact parfait, une élégance\net une science musicale accomplies le duo d que tous\ndeux durent redire.\nLe Trio en fa de Saint-Saëns mit en valeur Mlle Vi zen tin,\nau piano. Le Septuor du même maître réunissant le quatuor\nSoudant, M. Yves Nat, l'excellent trompette Yvain, et\nM. Delahègne valut aux artistes des bravos méiités.\n\nEGLISE DE LA SORBONNE\n\nSous la direction de M. Paul de Saunières, l'Association\ndes concerts spirituels de la Sorbonne a fait entendre au\nmois de novembre lamesse de Franck et\nLa messe n'est pas la meilleure des grandes œuvres du\nmaître ; ses rides sont visibles ; elle date de 1861, de l'époque\noù César Franck mûrissait son génie dans le recueillement\net se consacrait tout entier à son service paroissial. Elle paraît\nsurtout aujourd'hui trop éloignée des idées régnantes sur le\nrôle liturgique de la musique d'église : Franck, mort avant la"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.95", "texte": "86\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nrestauration de l'idéal grégorien, a ignoré des trésois qu il\neût su, mieux que personne, mettre en valeur. Aussi sa messe,\nsi heureusement parfois qu'elle exprime la sincère piété du\nmaître, reste une œuvre religieuse de concert : une messe\nd'après-midi.\nQuant à Rebecca, cette cantate plus jeune de vingt ans,\nrenferme, à côté de quelques banalités, des pages d une fraî-\ncheur ingénue et aussi d'un charme piquant, le\nchœur des chameliers, où se retrouve la transposition à la\ntierce lydienne, si chère au père Franck.\nL'exécution a été fort honorable, surtout du côté des\nchœurs. Le célèbre Panis angelicus, agréablement soupiré\npar le violoncelle de M. Giirt et la voix de M. Viannenc, a\nremporté son succès ordinaire.\nCette première séance de l'année fait bien des\nsuivantes ; les exécutions de la Sorbonne méritent d'être\nsuivies avec intérêt.\n\nG. A.\n\nSOCIETE BACH\nLe premier concert de la saison nous a fait entendre la\nPassion selon saint Jean, et nous a permis d'apprécier les\ngrands progrès accomplis par les chœurs pour la précision des\nattaques et l'unanimité de l'expression. Parmi les solistes,\nMme Mellot-Joubert, seule Française, a chanté en allemand\ncomme les autres, mais a gardé la pureté de sa voix cristalline.\nMme Altmann-Kuntz, de Strasbourg, a un beau timbre\nd'alto, et chante avec une simplicité qui prouve que tout\nn'est pas encore allemand dans le territoire annexé.\nM. Walter, de Berlin, joint au contraire à un profond sentiment\nmusical une indécision d'attaque qui suffirait à dénoncer sa\npatrie. M. Zalsman, d'Amsterdam, lui est inférieur pour le\nstyle, mais sa voix de basse est fort belle.\n\nM. George Walter, l'excellent ténor, a eu les honneurs de\nla deuxième séance de la Société J.-S. Bach. Si, lors de la\nrécente audition de la Passion on pouvait"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.96", "texte": "LE MOIS\n87\n\nlui reprocher un peu d'afféterie et de préciosité, il a été par-\niait dans la Cantate Ich arm dont le dernier\nair est d'une suavité et d'une onction exquises, ainsi que\ndans les Geisthilische Lieder qu'il a chantés. Il faut n'avoir\npas entendu ces petites pièces pour refuser à Bach la vie et\nl'expression. Ce sont des merveilles. Le piemier Concerto\nBrandebourgeois, pour deux cors, trois hautbois, basson,\nviolon et orchestre, est une de ces œuvres qu'on ne se lasse\npas d'entendre. La sonorité en est ravissante, surtout dans\nle Menuet et la Polacca. Il a été fort bien joué et en particu-\nlier par les hautbois et les cors.\nCe fut donc encore une intéressante soirée. Que M. Bret\nnous permette cependant une critique. Pourquoi fait-il dou-\nbler les violoncelles et contrebasses par un piano ? C'est une\ninnovation peu heureuse. Mieux vaudrait augmenter le\nnombre des contrebasses qui est insuffisant que de s'écarter\ndes intentions du maître.\n\nF. G.\n\nLE CONCERT-ROUGE\n\nLe Concert-Rouge, après un long séjour à Ostende, a ou-\nvert ses portes le ler octobre et retrouvé son habituel succèe.\nIl est maintenant sous la direction de MM. Rabani et André\nde Léris, ce dernier ayant remplacé M. Doire, mais celui-ci\nn'a pas abandonné complètement son bâton de chef d'or-\nchestre. En octobre, il a conduit, devant une salle comble,\nun grand festival de musique russe, avec, au programme,\nla Pathétique de Tchaïkowsky, Antar et le Capriccio espa-\ngnol de Rimsky-Korsakow, l'Ouverture sur trois thèmes russes\nde Balakirew et cette belle page symphonique dans laquelle\nBorodine décrit l'immensité désolée des steppes de l'Asie\nCentrale.\nLe 24 novembre, il a dirigé également un très intéressant\nconcert où figurait Mlle Hatto qui a chanté, avec un art con-\nsommé, les deux admirables airs du lel1e1 acte de de\nGluck : Non, ce n'est pas un sacrifice, et Divinités du Styx."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.97", "texte": "88\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLe 20 du même mois, dans un festival Wagner dirigé par\nM. Rabani et rehaussé du concours de M. de Clavet-Dalnert\npour la partie vocale, on avait entendu l'Ouverture du\nseau Fantôme, le Prélude et la Mort d'Yseult, les Murmures\nde la Forêt de Siegfried,la Marche funèbre du\ndes Dieux et la Mort de Brunehilde.\nLe vaillant orchestre de la rue de Tournon ne prétendait\névidemment pas faire oublier les masses instrumentales de\nBayreuth ou même de l'Académie Nationale. Mais il donna\nun dessin assez net des vastes compositions du maître alle-\nmand. Il était, du reste, renforcé, en cette circonstance, d'un\ntrombone et d'une harpe.\nNous sommes obligés de mentionner plus brièvement\nque nous ne le voudrions le succès triomphal du concert\ndonné par M. Raoul Pugno et dans lequel le maître inter-\npréta si artistiquement un concerto de Mozart. Une soirée\naussi très agréable lut celle du 26 novembre où l'on entendit\nMlle Suzanne Decourt dans l'air célèbre de Castor et Pollux :\nTristes apprêts, pâles flambeaux,et dans deux mélodies de\nSchumann, tandis que la violoniste, Mlle Anna Hegner, jouait,\ndans un bon style, le concerto en de Beethoven et un menuet\nde Raft.\nIl convient de féliciter M. Rabani pour son poème sym-\nphonique, les Lins en fleurs,composé sur une poésie d'André\nTheuriet, qu'il nous donna, le 27 novembre, avec Mme Cla-\nvet-Dalnert pour interprète. Félicitations aussi pour l'idée\nde consacrer à Beethoven et à Mozart les premier et troi-\nsième jeudis des matinées de musique de chambre. Les au-\ntres matinées sont réservées aux maîtres plus modernes.\nParmi celles-ci, signalons, en terminant, la séance du 26 no-\nvembre où nous avons applaudi, dans les œuvres de Schu-\nmann et Ravel, Mme Bureau-Berthelot et Mlle Lily Las-\nkine, premier prix de harpe.\n\nH. Guérin.\n\nsociété des professeurs de musique, dont notre confrère\nM Landormy est le secrétaire, organise pour le 22 janvier, à 9 heures, salle\nd Horticulture, avec le concours de Mesdemoiselles Pironnay, Madame\nan ormy, MM. Plamondon, Jan Reder, et du quatuor Parent, un concert\nœuvres de Paul Dupin, dont nous tenons à signaler l'intérêt à nos lecteurs."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.98", "texte": "LE MOIS\n8g\n\nSociété Philharmonique.\nL. M.\nNous avons eu trois intéressantes séances de la Société Philharmonique.\nM. Félix Senius, qui chantait Schubert, Wolf et R. Strauss au concert du\n24 novembre, pousse à l'excès l'artifice allemand: sa voix, solide par elle-\nmême, est serrée, étriquée, et la diction est indistincte. Une nouvelle\nsociété, qui, sous le nom de Decem, associe un quintette à cordes et un\nquintette à vents, prenait part à ce même concert, et ce fut un très beau\ndébut, grâce au talent de son premier violon M. Charles Herman, à l'Octette\nde Schubert, et au Quintette de C. Chevillard, œuvre solide, sobre, vigou-\nreuse, où l'auteur, au piano, s'est montré maître de sonorités exquises. Le\nSextuor de Thuille est une œuvre peu originale, lourde autant que les mains\nde M. Dumesnil. Les deux aubades de Lalo sont charmantes.\nLa seconde séance nous a présenté le quatuor de Francfort, un groupe\nartistique, extrêmement homogène. Ce sont là quatre musiciens d'un goût\nsûr. Leurs sonorités très fondues, leur jeu parfaitement nuancé, font de cet\nensemble un premier de ce genre en Europe.\nL'audition du 15 décembre a été un succès pour le baryton Clark et le\npianiste Busoni. Ovations, rappels, acclamations, tout montrait combien le\npublic était heureux d'entendre ces deux grands artistes.\n\nFONDATION BACH\n\nLa Fondation Bach nous conviait, le 17 décembre, à une séance plénière\nen l'honneur et au profit du musée créé dans la maison natale de Sébastien,\nà Eisenach. Des artistes de choix, tels que Mme Mellot-Joubert,\nMM. Guilmant, Blanquart et Bleuzet, s'étaient joints pour cette solennité au\ngroupe habituel de la Fondation. Au programme, un Concerto {la mineur)\npour piano, flûte, violon et orchestre, la Cantate Amore traditore, quelques\npièces d'orgue, et la Cantate nuptiale pour soprano. En outre, un intermède\nlittéraire : Les derniers jours de Jean-Sébastien Bach, poésie de\nM. Grandmougin. M. J. Tiersot conduisait l'orchestre d'une allure franche et\nvigoureuse.\nA l'exception de M. Panneton, qui possède une voix trop rigide pour un\nair de belcanto du XVIIIe siècle, l'ensemble a donné l'impression de stabi-\nlité, de vigueur et de richesse que le vieux maître polyphone apporte\ntoujours dans nos Concerts. Il me semble pourtant que l'enthousiasme de\nM. Bouvet doit un jour parvenir à nous montrer de la musique de Bach,\nautre chose que les fondations, si je puis me permettre ce jeu de mot. La\nremise sur pied dans l'œuvre de Bach, commencée par Mendelssohn, et pour-\nsuivie par cinquante ans d'efforts, est maintenant achevée. Le colosse est\ndebout, il faut le rendre à la vie. Chez M. Bouvet, comme à la Schola,\ncomme presque partout où nous entendons du Sébastien Bach, il semble que\nla mise au point soit atteinte lorsque l'exécution tombe d'aplomb, lorsque les\nrentrées sont justes, les principales nuances établies, les cadences ralenties,\nles intonations assurées, en un mot, lorsque l'intrigue de cette musique com-\nplexe est rendue claire à l'auditeur."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.99", "texte": "9°\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nComment ne voit-on pas que ce ne sont là que des qualités à peu près\nnégatives? Nous sommes suffisamment au fait du style de Bach aujourd hui\npour en pénétrer l'éthos,pour en rendre la valeur sentimentale. Nous devons\nen quelque sorte dominer notre sujet, et n'être pas accablés sous le poids de\nces partitions. Nous devons nous mouvoir avec aisance parmi ce dédale de\nla musique, et non pas comme des soldats à la manœuvre. Mme Mellot-\nJoubert est presque arrivée, dans certains de ses airs, à donner cette\nimpression de spontanéité que doit avoir toute musique pour toucher un\npublic. Mais que de réserve encore dans ses récits qui s accrochent désespé-\nrément aux temps forts de la mesure rigide ! Est-ce là cette déclamation souple\net vive pour laquelle le stylo recitativoavait été créé? De même l'admi-\nrable trio (hautbois, violon et violoncelle), qui entoure les nouveaux époux\nd'une atmosphère mystique, et qui transporte la musique elle-même dans les\nrégions où tout s'efface, où tout s'apaise, où la voix s'éteint... il ne suffît\npas d'en faire une conversation à trois interlocuteurs, où chacun place sa\nnote et son trait dans l'ordre voulu. C'est l'extase, et l'heure exquise, dont il\nfaut rendre ici toute la poésie subtile. Alors la voix d'une grande interprète\ncomme l'est Mme Mellot-Joubert, pourra se détacher sur ce clair-obscur,\net l'auditoire frissonnera devant cet apaisement, qui cherche à exprimer par\ndes sons le silence des deux âmes unies. Que ne donnerait-on pas en vérité,\npour une audition de Bach, où l'émotion reprendrait sa place, toute sa\nplace !\nMes excellents collègues MM. Tiersot et Bouvet ne m'en voudront pas\nde dire ainsi ce que je pense. Un organisme comme la Fondation Bach\nn'est pas un office de Concerts, mais en quelque sorte un laboratoire de\nmusicologie. A côté des leçons et des livres d'érudition, les Concerts Bouvet\nreprésentent nos travaux pratiques;ils cherchent l'application et la vérifi-\ncation des méthodes qui se précisent peu à peu de toutes parts, et qui don-\nneront un jour, aux auditions de musique ancienne, un caractère de per-\nfection auquel elles n'ont pu atteindre jusqu'ici. Ces recherches, je suis\ncertain que la Fondation Bach les poursuivra avec succès, et sera des pre-\nmières à les réaliser.\n\nJ. E.\n\nCONCERT VAN BAERENTZEN\nMlle Aline Van Baerentzen, pianiste, âgée de 11 ans, a donné, le\n14 décembre, salle des Agriculteurs, un concert dont le succès fut très\ngrand et très mérité. Cette jeune artiste, descendante de C.-M. de Weber,\npossède les qualités les plus précieuses et les plus rares: le charme, l'élé-\ngance, la simplicité. Sa musicalité précoce est encore plus séduisante que\nsa virtuosité déjà parfaite. Parmi les pièces de son très intéressant pro-\ngramme, la 3me Ballade de Chopin fut exécutée avec un sentiment exquis\ndes nuances et du rythme. La plus brillante carrière s'ouvre devant\nMlle Van Baerentzen."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.100", "texte": "LE MOIS\n9t\n\nUNE CAUSERIE DE M. IMBART DE LA TOUR\nH. de C.\nParmi les causeries-auditions qu'organise chaque samedi, au Théâtre\nAntoine, à 5 heures, la Société de l'His une surtout nous\nattirait comme intéressant spécialement la musique, et se rattachant d'ailleurs\nà une étude que nous avons publiée ici même : la causerie de M. Imbart de la\nTour sur l'opéra français des XVIIe et XVIIIe siècles (Samedi 5 décembre).\nElle n'offrait pas seulement l'attrait d'une parole facile et spirituelle, docu-\nmentée d'observations curieuses, d'anecdotes piquantes, de souvenirs aussi.\nElle comportait une série de projections, dues à la maison Pathé et fort\nadroitement faites, d'après des dessins originaux, des costumes et des décors,\ndes tableaux, des portraits, des modèles de machinerie, conservés au Musée\nde l'Opéra. Elle nous a fait entendre encore M. Imbart de la Tour comme\nchanteur (dans le fameux air dVlfys: « Atys est trop heureux!... » et dans\ncelui de Pylade, dlphigénie en Tauride : « Unis dès la plus tendre\nenfance »), et plusieurs jeunes artistes de nos théâtres: Mme Le Senne et\nM. Duclos, de l'Opéra (l'une dans le premier air à'l phi génie en Tauride et\ncelui d'Alceste: « Divinités du Styx », l'autre dans l'air de Blondel, de\nRichard Cœur de Lion)ainsi que Mlle Gaby-Boissy et M. Defreyn, des\nBouffes (la première dans l'ariette de l'Amour, d et\ndans celle de l'Amour, d'Orphée, le second dans deux vieilles chansons\nrecueillies par Weckerlin).\nM. Imbart de la Tour a surtout parlé de la fondation de l'Opéra, de son\norganisation, de ses premiers artistes, de leur façon de chanter, de se cos-\ntumer, d'agir en scène, du récitatif de Lulli, des difficultés toutes particu-\nlières que rencontre aujourd'hui, avec nos conceptions et nos goûts\nmodernes, l'interprétation de cette musique... enfin de l'évolution qui amena\nGluck après Rameau. Sa causerie (qu'il venait de faire à Bruxelles avec un\nvif succès) serait tout à fait parfaite si les projections et surtout les auditions\npouvaient faire davantage corps avec elle, faire partie de sa démonstration\net suivre rigoureusement l'ordre chronologique. Mais il est vrai que la chose\nest difficile, un conférencier ignorant en général jusqu'au dernier moment\nsi ses interprètes n'auront pas eu quelque empêchement de la dernière\nheure (ce qui est justement arrivé cette fois), et ne pouvant guère compter\npartout sur les mêmes morceaux exécutés. C'est dommage, car il y aurait\nun réel intérêt à rapprocher et à opposer ces morceaux par un bref com-\nmentaire et M. Imbart de la Tour est plus qualifié que quiconque pour le\nfaire.\n\nNotre collègue, M. D. Calvocoressi, inaugure dans 1 une série\nd'articles sur l'état présent de notre art lyrique au théâtre. La première de\nces études a pour titre: Faut-il subventionne\n\nM. Amédée, le compositeur viennois bien connu, donnera, au mois\nà Paris, un grand concert de ses œuvres, avec le concours de l'orchestre\nColonne."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.101", "texte": "92\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLETTRE DE BRUXELLES\nAu point de vue musical, comme au point de vue linguis-\ntique, l'activité intellectuelle s'exprime, chez nous, selon\ndeux courants d'idées et de tendances, qui ont racines\naux tréfonds mêmes des deux races, essentiellement diffé-\nrentes, de par l'origine, et de par la fortune, quoi qu'on\ntente pour leur fusion.\nNos compositeurs, à l'exception de rares individualités,\npeuvent donc être classés en deux groupes: Wallons et Fla-\nmands.\nLes premiers subissent, un peu trop directement, pen-\nsons-nous, l'influence de l'école française actuelle, dont\nCésar Frank est le maître vénéré et dont les artistes d'avant-\ngarde ont noms Vincent d'lndy, l'auteur de Fervaal, que l'on\nentendit (et que nous voudrions réentendre) à la Monnaie ;\nPaul Dukas, Chabrier, Chausson, de qui l'orchestre Isaye nous\ndonna récemment une symphonie, etc...\nL'influence de Claude Debussy n'est pas suffisamment\nmarquée encore. D'autre part, les musiciens dont nous\nparlons sont de sa génération, et l'ont conséquemment ignoré\nà l'époque de leur formation.\nA cette catégorie appartient Lekeu, trop tôt disparu, dont\nla célèbre Sonate pour violon et ainsi que des partitions\nd'orchestre et mélodies resteront des plus remarquables\nproductions de la musique contemporaine.\nLes vivants, Vreuls, Jongen, Smulders, Mawet, Albert\nDupuis (auteur de Jean Michsel), François Rasse (auteur\nde Deïdamia),Radoux (le prix de Rome), écrivent avec\ntalent, dans la forme moderne, avec chacun une note person-\nnelle sans doute, mais que l'on désirerait plus accentuée.\nNous devons accorder ici mention spéciale à Emile Mathieu,\nun artiste de valeur, qu'une modestie exagérée tient trop\nsouvent dans la pénombre. Il est l'auteur de deux opéras\ntrès beaux : Richilde,représenté à la Monnaie, et que\ncréa Rose Caron ; et YEnfance de Roland. Aussi de remar-\nquables poèmes symphoniques, dans\nlesquels il a su, merveilleusement, évoquer les aspects rus-\ntiques et sylvestres."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.102", "texte": "LE MOIS\n93\n\nQuant au groupe flamand, qui doit tribut à Peter Benoît,\nson fondateur, il suit le courant germanique.\nComme les Wallons, ces compositeurs ont certes une ori-\nginalité, mais ils sont dominés, peut-on dire, par les conceptions\nwagnériennes.\nJean Blockx, leur chef consacré (en date du moins), a vu\nson opéra Princesse d'Auberge,représenté à Paris. Tout\nrécemment, le théâtre flamand d'Anvers a donné Baldie, sa\ndernière œuvre. Il écrivit aussi un ballet, assez\ncaractéristique d'art flamand.\nPaul Gilson le suit immédiatement.\nLes compositions de M. Gilson sont foncièrement wagné-\nriennes, avec, semble-t-il, une teinte très prononcée de\n« slavisme ». Après Richard Strauss, il est peut-être le plus\nbrillant symphoniste, le plus « fort en thème » de l'époque.\nIl s'est affirmé par des œuvres largement conçues, telles que\nl'Oratorio de Francesca di Rimini, esquisses sympho-\nniques, exécutées à Paris, il y a quelques années déjà.\nS'il joignait, à sa profonde connaissance du contrepoint\net à sa science orchestrale plus d'émotion inspiratrice, il\nserait, sans contredit, un artiste des plus complets de notre\ntemps. Son opéra, Princesse Rayo dont le finale du\npremier acte (thème du sommeil) est particulièrement admi-\nrable, fut représenté à Anvers et au théâtre de la Monnaie.\nCitons encore, parmi ceux dont la personnalité s'est le\nplus accusée, Deboek, compositeur abondant d'un grand\nnombre de mélodies, pièces pour piano, chœurs, opéras,\nqui a remporté plusieurs succès au théâtre.\ncourt. Le songe d'une nuit d'hiver) Léon Dubois, auteur d'une\nbelle adaptation de l'œuvre poignante de Camille Lemonnier,\nle Mort ; Mortelmans, qui possède un beau talent de sympho-\nniste, et surtout de mélodiste, et aussi Charles Hénusse,\nle trop modeste virtuose, auteur de forts beaux lieds.\nLes autres, Danau, Delune, Lunssens, Ryelaudt, Alpaerts,\netc..., sont gens de talent réel, certes, et d'habile métier, mais\nqui, selon nous, n'offrent rien de transcendental.\nEdgard Tinel, l'auteur apprécié de et\nde Sainte-Godelière, occupe une place à part. La mémoire\naustère du grand J.-S. Bach le hante, et, tandis que l'œuvre\nde Paul Gilson, par exemple, est d'un matérialisme vibrant"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.103", "texte": "94\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\net coloré, celle de M. Tinel est empreinte d'un mysticisme\nmajestueux, de la plus noble élévation, d'une belle concentra-\ntion de pensée.\nJe veux remarquer encore, parmi les jeunes qui s'im-\nposent d'ores et déjà à l'attention, en attendant la consécra-\ntion publique, Frémolle, Brusselmans, Eekhautte.\n\nRené Lyr.\nTelle nous apparaît la physionomie générale du mouve-\nment musical belge présent. S'il est regrettable que nos\ncompositeurs ne soient pas plus originaux, les causes s'en\ntrouvent aisément dans le partage de sympathies latines et\nteutonnes.\nEn dépit des frontières, une grande affinité rapproche\nFrançais et Wallons, alors que les Flamands révèlent leur\nascendance germanique. Petit pays, petites mœurs; il semble\nd'autre part que nos artistes se sentent à l'étroit chez eux,\net point ne leur en faisons grief. A l'instar de ce qui s'était\nfait à Paris, un groupe de compositeurs s'étant formé, il y a\ndeux ans, n'a reçu jusqu'à présent le moindre encouragement\nni des autorités, ni du public. S'il est vrai que l'art n'a pas\nde patrie, il serait néanmoins souhaitable que les faveurs du\npouvoir fussent dispensées, chez nous, avec plus d'équité, et\nsans doute assisterions-nous alors à l'éclosion, au développe-\nment de plus nombreuses personnalités, dans la pure expression\nde la Beauté.\n\nLETTRE DE HOLLANDE\n\nLa Haye,\nNotre saison théâtrale s'est ouverte à notre Opéra\nRoyal Français. Les débuts ont eu lieu sous d'heureux aus-\npices ;la plupart des pensionnaires de notre troupe vient\nd'être rencuvelée et les nouveaux débutants ont reçu pour la"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.104", "texte": "LE MOIS\n95\n\nplus grande partie bon accueil du public. A citer, en premier\nlieu et avant tout, le premier ténor de grand opéra, M. Dangely,\nun artiste hors ligne que l'on psut considérer comme une trou-\nvaille pour le théâtre de La Haye, et qui a été reçu avec accla-\nmations. La nouvelle partie féminine du personnel actuel est\ngrandement à louer aussi et notre galli-marié Mme Cortez,\nles falcons, Mmes d'Hormière et Alys Lorraine, les premières\nchanteuses légères, Mmes Simone d'Arnaud et Dina Beumer,\nont toutes brillamment réussi. Une artiste de l'année dernière,\nle contralto'' Mme Hendrickx, a fait une rentrée triomphale.\nParmi les chanteurs se sont distingués avant tout MM.Rooser,\nbaryton de grand opéra, Burke, basse noble, Draine, basse\nchantante, Lacoste, ténor léger, Roussel, trial, Thirel, premier\nbaryton et Montano, second baryton. Les deux chefs d'orchestre\nMM. Bastide et Lecocq, les mêmes de l'année dernière, ont été\nrevus avec grand plaisir. Comme ballet-divertissement, M. Au-\nbert, maître de ballet, Mlles Raulin et Judit Dauling, premières\ndanseuses, et nn corps de ballet de seize coryphées.\nDepuis la réouverture de la saison, et pour les débuts des\nnouveaux pensionnaires, ont été représentés jusqu'ici comme\ngrands opéras : Samson et Dalila, de Saint-Saëns, Faust, de\nGounod et La Juive,d'Halévy ; comme opéras-comiques et\nautres : Carmen de Bizet, Lakmé, de Delibes,\nde Massenet, Mignon,de Thomas et de Gounod.\nEnsuite la diva Sigrid Arnoldson, une éternelle charmeuse\nqui fait toujours les délices de notre public, est venu donner des\nreprésentations avec son succès traditionnel, et l'on attend dans\nle courant de la saison en représentation la célèbre chanteuse\nitalienne Gemma Bellincioni, qui a déjà obtenu ici, il y a deux\nans, un succès d'enthousiasme. Nous reviendrons en détail sur les\nfaits et gestes de notre théâtre, quand la nouvelle troupe se\nsera consolidée et que ses représentations auront offert quelque\nchose d'intéressant.\nPour en venir à l'avalanche de concerts, par laquelle nous\nsommes menacés, commençons par signaler le premier des dix\nconcerts, donné par Willem Mengelberg et son admirable\norchestre, qui a pris les proportions d'un véritable événement,\net où l'on a fait à l'éminent kapellmeister une ovation enthou-\nsiaste exceptionnelle. Le programme orchestral de ce concert\nse composait de Y Ouverture Léonore n° 111, de Beethoven, de"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.105", "texte": "96\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. ï. M.\n\nla Musique de Danse de Salomé,de Richard Strauss, de\net Eros,de César Franck et de Y\nde Hector Berlioz. Exécution superbe, hors ligne, de tous ces\nouvrages, enthousiasme sensationnel pour Mengelberg et sa\nvaillante phalange orchestrale, surtout après l'œuvre immor-\ntelle de Beethoven. Comme soliste à ce concert, c'est l'éminent\nvioloniste parisien, M. Jacques Thibaud, un des plus grands\nviclonistes cle notre époque, qui a mis le nombreux auditoire\nen ébullition par la perfection idéale avec laquelle il a exécuté\nla Symphonie Espagnole, de Lalo et le Konzertstùck, de Saint-\nSaëns.\nParmi les nombreux concerts donnés encore, n'oublions\npas surtout de citer celui donné par notre éminente cantatrice\nMme Noordewier-Reddingius et son accompagnateur, le pianiste\nJulius Rôntgen, devant un auditoire artistique d'élite. Mme\nNoordewier a chanté avec son beau style classique un Air\nd'Acis ot Galathea de Hœndel, une cantate de Mozart, des Lieder\nde Schumann et des Lieder Néerlandais. Le pianiste,M. Rôntgen,\na joué lui aussi quelques morceaux qui n'ont pas provoqué\nun bien grand enthousiasme.\nJ'aurais encore à dire quelques mots sur les représentations\nd'un nouvel Opéra Néerlandais, dirigé par Mlle Cateau Esser,\nmais ses auditions théâtrales m'ont paru si peu intéressantes\nque je préfère ne pas m'étendre à ce sujet.\n\nNemo."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.106", "texte": "7\n\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\n\nASSEMBLEE GENERALE DU 28 NOVEMBRE\nLa section de Paris a tenu son assemblée générale annuelle\nchez M. M. Gaveau, le 28 novembre, sous la présidence de\nM. POIRÊE, président.\nLa séance est ouverte à 4 heures un quart. Etaient pré-\nsents : MM. Malherbe, Prod'homme, Ecorcheville, L. de la\nLamencie, Laloy et Aubry, membres du comité. Mmes Fou-\nquier, Daubresse, Wiener-Newton, Pereira et Brenet ; MM.\nRuelle, de Marsay, Gariel, Baudin, Prunières, Greilsamer,\nCharrier, Boschot, Guérillot, Allix, Bouvet, Pirro, Lefeuve,\nHenri-Martin, M. Laugier et A. Laugier.\nExcusés : Mme Filliaux-Tiger, MM. Diolez et Tuder.\nLe secrétaire donne lecture du procès-verbal de la der-\nnière assemblée générale, qui est approuvé.\nIl présente la démission de notre collègue Arthur Pougin,\nque son âge et sa santé empêchaient depuis quelque temps\ndéjà de prendre part à nos travaux et qui se trouve dans\nl'impossibilité d'assister désormais à nos séances.\nLes candidatures suivantes sont mises aux voix et adop-\ntées à l'unanimité :\nM. GANDILLOT, présenté par MM. Laloy et Ecorcheville.\nMlle G. CHEVALLET, présentée par MM. J. d'Udine et\nEcorcheville.\nM. Albert TROTROT, présenté par MM. Laloy et Ecorche-\nville.\nLe président rend compte des travaux de la section pen-\ndant cette année 1907-1908. Le secrétaire et le trésorier sou-\nmettent leur rapport à l'assemblée qui les ratifie.\nIl est ensuite procédé à l'élection du comité et du pré-\nsident sortant, M. Poirée ne se représentant pas. Le scrutin\ndonne les résultats suivants :"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.107", "texte": "ç8\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. 1. M.\n\nPrésident : Charles Malherbe.\nVice-président : Jules Ecorcheville.\nSecrétaire :J.-G. Prod'homme.\nTrésorier : Louis Laloy.\nArchiviste : L. de La Laurencie.\nMembres : Pierre Aubry et Adolphe Boschot.\nAprès \"une courte allocution du nouveau président,\nla séance est levée à 5 h. 45.\nLa séance mensuelle de décembre n'a pu avoir lieu par\nsuite de l'indisposition de plusieurs de nos collègues.\n\nCONGRÈS DE VIENNE\nL'organisation du Congrès de la S. I. M. au mois de mai est définiti-\nvement fixé comme suit :\nCOMITE EXÉCUTIF\nPrésident: S. E. Mgr L. MAYER, aumônier et conseiller intime de S. M.\nl'Empereur.\nVice-Président :M. le Dr GUIDO ADLER, professeur à l'Université de\nVienne.\nSecrétaires : MM. le DR HUGO BOTSTIBER, et le DR ERWIN LUNTZ.\nMembres :\nReprésentant du Gouvernement:DR KARL RITTER VON WIENER, président\nde l'Académie des Beaux-Arts.\nPrésident du Comité financier: Dr ALEXANDER SPITZMULLER, directeur à\nl'Administration provinciale des Finances.\nPrésident du Comité des auditions: Baron WILHELM WECKBECKER, con-\nseiller aulique et directeur à la Chancellerie du grand chambellan\nde S. M.\nPrésident du Comité des Fêtes: Comte JULIUS SEILERN.\nPrésident du Comité de la Presse: BALDUIN BRICHT, président de l'Asso-\nciation des critiques musicaux de Vienne.\nBUREAU DU CONGRES\nPrésident: M. le professeur GUIDO ADLER.\nVice-Présidents: M. le professeur VICTOR EDLER VON LANG, secrétaire\nperpétuel de l'Académie des Sciences. M. le DR FRÉDÉRIC JOLD,\nprofesseur de l'Université à Vienne.\nSecrétaires : MM. le DR ADOLPH KOCZIRZ, le DR OSCAR THALBERG, et L.-H.\nPERGER."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.108", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n99\n\nMembres: MM. le professeur OSWALD KOLLER, DR ERWIN LUNTZ, pro-\nfesseur E. MANDYCZEWSKI, DR JOSEPH MANTUANI, professeurs J.\nPOMMER, RICHARD ROBERT, professeur W. SCHMIDT, Mgr KARL\nSCHNABL, professeurs A.-W. RITTER VON WEILEN, FÉLIX VON WEIN-\nGARTNER, professeur W.-A. WITZ-OBERLIN.\n\nPROGRAMME DES SÉANCES ET DES AUDITIONS\nMARDI 25 MAI à 9h. Séance du Comité Central du Congrès.\nà 10 h. Festmesse de J. Haydn, exécutée par la Cha-\npelle Impériale et Royale.\nà 4 h. Séance du Comité général et de la Com-\nmission de rédaction de la Société Inter-\nnationale.\nMERCREDI 26 MAI à 10 h. Ouverture du Congrès.\nà 12 h. Festival Haydn.\nAprès-midi. Séance générale du Congrès et\nconstitution des sections.\nJEUDI 27 MAI Matin et après-midi. Séances des sections.\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nà 6 h. Grand concert historique.\nVENDREDI 28 MAI Matin. Séances des sections.\nMidi. Audition historique de musique de\nchambre.\nAprès-midi. Séances des sections et du\nComité général de la Société.\nà 6 h. Les Saison\nSAMEDI 29 MAI Matin. Réunion des sections.\nAprès-midi. Séance de clôture du Congrès\net assemblée générale de la Société.\nSoir. Opéra.\nPlusieurs réceptions et soirées sont prévues et seront annoncées ulté-\nrieurement. En outre, les membres du Congrès visiteront officiellement un\ncertain nombre de monuments, musées (relatifs à la musique) de la ville\nde Vienne et des environs.\nLa direction des auditions sera confiée à MM. F. von Weingartner,\ndirecteur de l'Opéra, Lutze, F. Schalk, F. Loewe compositeur, Erof, E.\nThomas.\nElles auront lieu avec le concours de la Chapelle Impériale, de la phil-\nharmonique Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde, de la Singaka-\ndemie, du Wiener Maennergesangverein, du Schubertbund, de Va-Capella-\nChor, du Quatuor Rosé,du Quatuor de MM. Joh Meschaest, Félix\nSenius, etc., etc...\nNous annoncerons ultérieurement toute une série de concerts et de fêtes,\nqui auront lieu cet hiver et au printemps de I9°9> en l'honneur de Haydn."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.109", "texte": "Publications Récentes\nMOZART. Ein Notenbuch Wolafgangs, publié par le DR Schunemann.\ni vol. in-40 obi. de 50 pages (Breitkopf & Haertel, 1908, 3 mk. Edition\nde luxe, 15 mk).\nKALISCHER DR A. Chr.). L. van Beethovens saemtliche Briefe. 5 vol.\nin-8° (27,50 mk. Berlin Schuster & Loeffler).\nKALISCHER. C.-M. von Weber saemtlische Schriften. 1 vol. in-8° (14 mk.\nBerlin, Schuster & Loeffler).\nAlmanach de Genève,publié par l'lnstitut National Genevois. (1909» in-12).\nOLMEDA (F.). Folklore de Burgos.(Sevilla, in-40 de 220 p., 8 francs).\nPERREAU. La plurialité des Modes.(Fischbacher, in-8° 1908).\nORIANA MADRIGAL SOCIETY. Euterpe,collection of musik of the xvi* et\nxvii6 centuries. 1906-1908. Six volumes in-40 (Londres, Breitkopf).\nKENNEDY SCOTT. Madrigal singing, 1907, in-40 de 68 p. (Londres,\nBreitkopf). .\nGILMAN (Benjamin-Yves). Hopi Songs. Vol. V du Journal of american\nethnology and archeology, 1908, in-40 de 233 p. (Boston, Houghtoa\nMifflin Company).\nERGO (E.). Dans les propylées de l'instrumentation. (Fischbacher, 1908,\nin-80 de 270 p., 7 fr. 50).\nISTEL (DR 1.). Die Bluetezeit der musiklischen Romantik in Deutschland.\n(Lpz. Teubner, in-12 de 170 p. Mk. 1 fr. 25).\nCONDIS (J. Sancho). Escuela de doble (Barcelona Sancho Condis,\nin-fol., 12 francs).\nDEITERS-THAYER-RIEMANN. Beethoven's Leben, vol. I, 111, IV. (Lpz.\nBreitkopf, 1908, 3 vol. in-8°).\nVALLAS (Léon). La Musique à Lyon T. I.\nà l'Académie. (Ed. de la Revue Musicale de Lyon, 1908, in-40 de\n250 p., 7 fr. 50).\nSCHNEIDER (L.). Des Franzôsische Volkslied. (Berlin, Marquardt, in-12).\nLENZ (W. de). Beethoven et ses tro édition nouvelle par M. D.\nCalvocoressi (in-12, 6 francs. Paris, Legouix et Berlin, Leipmannssohn).\nALVAREZ (Juan). Origenes de la mu (Rosario de Santa-Fé.\n1908, in-8°).\nGASTOUÉ (Amédée). La psalmodie\n(Edition de la Schola, in-80).\nWOTQUENNE (Alfred). Catalogue de la Bibliothèque du Conservatoire\nroyal de musique.Volume 111. (Bruxelles, 1908, 18 francs)."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.110", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n101\n\nPRELINGER. Beethovens Briefe und Aufzeichnungen. (Wien, L.-W. Stern,\n1908-1909. Vol. I, 11, 111 et IV, in-B°, Kr. 48).\nLA MARIA. Briefxvechsel zwichen Liszt und Cari Alexander Grossherzog\nvon Sachsen (Breitkopf, in-12 de 215 p. Mk. 5).\nLA MARIA. Beethovens unsterbliche Geliebte, das Geheimnis der Graefin\nBrunsvik und ihre Memoiren. (Id. 1809, in-12. Mk. 3).\nA. Durand et\nH. BUSSER. Marche de Fête,pour orgue.\nL. DIDIER. Nous nous aimerons (M. Boucher), mélodie.\nRevoir (L. Maigne), mélodie.\nEDOUARD LALO. Symphonie espagnole. Piano à quatre mains (G.\nChoisnel).\nMAURICE RAVEL. Rapsodie espagnole.Petite partition d'orchestre.\nL'Heure espagnole(Franc-Nohain), piano et chant.\nRHENÉ BÂTON. Les Heures d'Eté (A. Samain). Piano et chant.\nC. SAINT-SAENS. L'Assassinat du du tableaux d'histoire (scé-\nnario d'Henri Lavedan). Ecrit pour le\nC. SAINT-SAENS. La gloire de Corne Cantate pour soli, chœurs et\norchestre.\nC. SAINT-SAENS. Airs de ballet de Piano à quatre mains (E.\nRoques).\nC. SAINT-SAENS. Sur les bords du Marche militaire.\nLOUIS VIERNE. Sonate pour piano et violon.\nDemets, 2, rue\nJ.-M. LECLAIR (1697-1764). Premier\n(collection des maîtres violonistes de l'Ecole française du XVIIIe siècle),\nédité par les soins de MM. Alexandre Guilmant et Joseph Debroux.\nPAUL LADMIRAULT. Musiques rustiquessuite pour piano à quatre mains.\nLOUIS THIRION. Rêves, trois nocturnes pour piano.\nPAUL DUPIN. Jean-Christophe, Oncle Gottfried, Méditation, Berceuse à\nLouisa, Christliches Wanderlied.\nCHANOINE-DAVRANCHES. Prélude en mi b, pour piano.\nSWAN HENNESY. Eaux-fortes, Sérénade d'Espagne, Bergerie, Mazurka.\nGABRIEL FRONTIN. Pleyelinette,petite valse de concert pour piano.\nJ. SANCHO CONDIS. Escuela de Dob Barcelone, J. Sancho\nCondis.\nDAVID C. TAYLOR. The Psychology New-York, Macmillan,\n1908.\nPOLIGNAC (A. DE). Echappées.Trois œuvres de piano.\nSoleil dans la forêt, Bazar d'Orient.(A.-Z. Mathot, in-fol., 4 fr. 50)."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.111", "texte": "Un nouveau gala Beethoven aura lieu à l'Opéra le 28 janvier prochain,\nau profit du fameux monument. M. Messager conduira la Fantaisie avec\nchœurs et piano (M. R. Pugno) ;M. Colonne conduira la\ntorale, et M. Chevillard le Concerto pour violon (M. Jacques Thibaud).\nLe nouvel opéra du compositeur italien Giordano, La Fête du Nil, écrit\nsur un livret de Victorien Sardou, sera représenté à l'Opéra-Comique de\nParis.\nLes dix concerts Séchiari, donnés salle Gaveau, auront lieu cette année\naux dates suivantes: 4, 11, 18, 25 février, 4, 11, 25 mars, 8, 22, 29 avril.\nOn annonce également des Concerts d'orchestre dirigés par M. A.\nHasselmans.\nM. Dallier est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire en rem-\nplacement de M. Georges Marty, décédé.\nM. J. Philipp, le très distingué professeur de piano du Conservatoire, et\nnotre collègue, est nommé membre du Conseil supérieur de l'enseignement\nmusical en remplacement du regretté Taffanel."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.112", "texte": "NOS ÉCHOS\n\n103\n\nNos étrennes.\nDes amis inconnus ont fait parvenir à nos bureaux divers présents de\nnouvelle année, que nous avons cru devoir nous partager suivant le goût\nde chacun. En voici le détail :\nNègre jouant du xylophone,attribué à M. Louis Laloy.\nRépertoire de poche des actes de naissance des musiciens\ninsinués aux différents conservatoires d à M. Jules Ecorcheville.\nCode de procédure et Traité de notariaà M. Lionel de la Laurencie.\nManuscrit autographe d'une symphonie intitulée: signé:\nChristophe, à Paris, à M. Romain Rolland.\nUn uniforme de général russe,à M. Calvocoressi.\nSouvenir de Samarcande,jouet indigène que nous ne pouvons décrire, à\nM. Pierre Aubry.\nŒuvres complètes de Sully-Prudhomme,à M. Louis Thomas.\nLa Clef des Songes, à M. Ricciotto Canudo.\nManuel de l'lmprimeur. (Collection Roret, 1846), à M. Marcel Fortin.\nUn pot à colle, à M. Lucien Greilsamer.\nUn miroir,à Mme Wanda Landowska.\nUne bénédiction de Liszt, à M. Alexandre de Bertha.\nBons Mots et Calembours, cinq recueils différents, distribués à MM. Allix,\nBrenet, Pirro, Prodhomme et Quittard.\nEnfin, un dernier objet n'a pu être décerné. C'est un instrument d'acier,\ntranchant et luisant, qui nous arrive d'Amérique avec cette devise:\ndevient un plaisir.ll nous a semblé juste qu'il demeurât la propriété com-\nmune et indivise de la rédaction tout entière.\nMonte-Carlo. Programme\nLe répertoire choisi par M. Gunsbourg se divisera en trois catégories\nbien distinctes : la Tétralogie (au complet), de Wagner, les œuvres nouvelles,\nc'est-à-dire en terme de théâtre, les créations, enfin les pièces du répertoire.\nParmi les œuvres nouvelles nous citerons: musique et\npoème de Raoul Gunsbourg, interprété par Mme Marguerite Carré;\nMM. Chaliapine et Rousselière. Cet opéra sera accompagné sur l'affiche par\nune reprise du drame lyrique de Saint-Saëns: viendront ensuite le\nCobzar, de Mme Gabrielle Ferrari; Naristé, de M. Bellonot. un débutant;\nLa Roussalka, de Dargomysky ; Christophe Colomb, de M. Franchetti ; Iris,\nde Mascagni.\nPuis la reprise des chefs-d'œuvre du répertoire:\nde Séville, Carmen, La Gioconde, Roméo\nTosca, Mefistofele, avec une interprétation non seulement hors ligne mais\naussi des plus originales, par exemple Carmen avec Lucienne Bréval dans le\nrôle si complexe et si humain de l'héroïne de Mérimée."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.113", "texte": "104\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLe premier chef d'orchestre sera comme toujours M. Léon Jehin ;\nM. Pomé dirigera l'exécution des œuvres italiennes.\nC'est donc une saison exceptionnelle qui va s'ouvrir ce mois-ci et dont\nil convient de féliciter par avance ceux qui sont chargés de sa direction.\nNouveaux opéras-comiques.\nLa partition chant et piano de la comédie musicale\ncomposée par Maurice Ravel, sur la charmante pièce de Franc-Nohain, vient\nde paraître chez les éditeurs A. Durand et fils.\nCette œuvre est inscrite au programme de l'Opéra-Comique.\nAu même théâtre, le Cœur du Moulin, de Déodat de Séverac, va entrer\nen répétitions.\nLe baron Gevaërt, dont les obsèques ont eu lieu dernièrement, avait inséré\ndans son testament un paragraphe très curieux par lequel il réglait lui-même,\navec la plus grande minutie, l'ordonnance artistique de ses obsèques. Il\ndemande un service convenable, sans être luxueux, et exprime le désir que\nles chants liturgiques de la messe soient exécutés en plain-chant, non accom-\npagnés de l'orgue, à l'exception du Dies irœ, qui doit être chanté alternati-\nvement en solo et en chœur. Quant à VAbsolve te, écrit M. Gevaërt dans ses\ndernières dispositions, il doit être dit par une seule voix de ténor, et le\nDomine Jesu Christedoit être chanté par trois ou quatre voix de basse,\n(( avec une diction moins uniformément rapide que dans la nouvelle\nmanière ». A la sortie du corps enfin, le De profondis devra être chanté en\nfaux bourdon, « seul genre de musique, a écrit encore le musicien, que je\ndésire qui soit entendu à mon enterrement à côté du chant liturgique homo-\nphone ». Ce suprême souci du maître disparu prouve que jusqu'au delà de\nla mort il a voulu défendre des idées musicales pour lesquelles il lutta\nbeaucoup dans la dernière partie de sa vie.\nLes 7et 11 décembre, le pianiste Godowski, qui remplace Busoni au\nConservatoire de Vienne, donne à Constantinople deux récitals, applaudis\navec enthousiasme. A noter, parmi les compositions du virtuose, des arran-\ngements sur la Musette en Rondeau, de Rameau, sur le Concert Allegro, de\nScarlatti, et un travail remarquable sur VEtude en mi bémol mineur de\nChopin, adaptée pour la main gauche seule."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.114", "texte": "NOS ÉCHOS\n105\n\nAu premier de ces concerts, petit incident ayant une portée didactique:\nAprès avoir joué le Carnaval,de Schumann, l'artiste venait d'attaquer le\nmorceau suivant, lorsqu'il s'arrête net. Des chuchotements s'étaient fait\nentendre.\n« Je préviens le public que j'ai besoin d'un silence absolu. Je vais\n« reprendre le morceau, et si l'on reparle, je le recommencerai une nou-\n« velle fois; et si l'on reparle encore, je renonce à jouer. » (Sic).\nCourt instant de surprise, suivi d'applaudissements, de bravos prolongés.\nEt c'est dans un religieux silence que le concert se poursuivit.\nLA PRODUCTION MUSICALE EN FRANCE DANS LES DIX DERNIÈRES ANNÉES\nLe nombre des œuvres musicales déposées a été:\nEn 1898 de 6.312\n1899 5-761\n1900 S\n1901 6.550\n1902 6.719\n1903 6.824\n1904 6.429\n1905 6.197\n1906 5-926\n1907 7.648\nQuelques chiffres pour les amateurs de statistique :\nBach en 65 ans composa 1.102 œuvres.\nBeethoven .... —57 439\nBrahms —64 53§\nCzerny —66 2.412\nDiabelli —77 2.585\nHsendel —7l 397\nHaydn —72 575\nLiszt —75 955\nMozart —35 626\nRaff 66 610\nRubinstein .... —66 550\nSchubert 31 791\nSchumann —46 671\nCes chiffres ont été publiés par M. Challier, éditeur de musique à\nGiessen, dans les Musick literarische (Vienne)."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.115", "texte": "106\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nLe Havre, 13 décembre.\nLe programme de la matinée organisée hier par la Société des Régates se\nréclamait d'œuvres classiques et du plus élevé répertoire des concerts\nmodernes. Son exécution fut un véritable régal.\nMlle Blanche Selva est une pianiste tout à fait remarquable. Elle inter-\nprète avec une extrême sûreté et un sens très précis de leur caractère, les\nœuvres les plus diverses de sentiment et de couleur.\nM. Louis Revel a joué dans la perfection la d'Her-\nveloîs, d'un caractère archaïque très simple, tout dans la ligne, et d'une\nsaveur, presque, de primitif. Il a développé très largement toute l'ampleur\nde VElégie,de Gabriel Fauré, qui semble inspirée d'une hymne liturgique à\nla Vierge, et pour laquelle son violoncelle avait des sonorités d'orgue. Il mit\ntoute la virtuosité qu'il exige dans le Papillon, de Popper.\nBruxelles.\nMM. Joachim Nin et G.-J. Aubry donneront deux séances, en\nfévrier, à l'Université Nouvelle de Bruxelles, une Conférence audition\nsur les Origines de la Musique de clavier actuelle.\nMunich.\nLes Concerts de VOdéon Royal seront dirigés cet hiver par les Chefs\nd'orchestre suivants :\nGustave Mahler (Vienne) ; Fritz Steinbach (Kôln) ; Edouard\nColonne (Paris) ; Max Schillings (Stuttgart) ; Félix Weingartner\n(Vienne); Hans Pfitzner (Brenen) ; Bernard Stavenhagen (Genf).\nLes œuvres exécutées seront :\nBEETHOVEN : Symphonie N° V ; Ouverture Léonore, N° 3.\nBERLIOZ : Symphonie Fantastique ; Symphonie Harold en Italie ;\nOuverture de Rob Roy.\nBRAHMS : Sérénade ; Première Symphonie Festouvertûre.\nBRUCKNER : SymphonieN° IX.\nCLAUDE DEBUSSY : Prélude de L? Aprè\nPAUL DURAS : V Apprenti sorcier.\nCÉSAR FRANCK : Morceau symphonique ae Rédemption.\nJACQUES DALCROZE : EntSacte.\nEDGAR ISTEL : Ouverture du Fahrende Schûler.\nLISZT : Hunnenschlacht.\nGUSTAVE MAHLER : Symphonie N° VIT."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.116", "texte": "NOS ÉCHOS\n107\n\nMARSCHNER : Ouverture du Templer\nHANS PFITZNER : Das Katchen von ; Ouverture\nel fiein.\nSAINT-SAENS : Le RouetdOmphale ; N° 3, avec orgue.\nMAX SCHILLINGS : Meergruss.\nRICHARD WAGNER : Prélude de Tris\nFÉLIX WEINGARTNER : Symphonie en mi bémol.\nFÉLIX WOYRSCH : Symphonie en ut\nUn portrait inédit de Rossini.\nL'inspecteur du musée de Bréra, le comte Malaguzzi Valeri, a\ndécouvert chez un marchand d'antiquités un portrait peint à l'huile,\nsur toile, exécuté avec une surprenante finesse, représentant Gioacchino\nRossini, âgé de 25 ans environ, très beau d'aspect, vêtu d'un élégant\nhabit noir, avec un plastron blanc où se voient des boutons de perles et\nde saphirs, et un grand collier d'or.\nAyant emporté chez lui ce portrait, M. Valeri découvrit sur la toile\nune inscription qui lui prouva qu'il avait été peint à Pesaro. Ce portrait—\nprécieux en ce sens qu'il montre Rossini dans la pleine vigueur de sa jeu-\nnesse et qu'il explique les succès de l'auteur du Barbier auprès des dames\nest une véritable œuvre d'art par le caractère et la grande habileté de\nl'exécution. Il fut exécuté vraisemblablement en 1819, alors que le com-\npositeur qui avait déjà écrit la Cambiale di matrimonio, la Pietra di Pa-\nragone, et Vltaliana in Algeri, fut reçu à Pesaro, dans la famille Perti-\ncari, et rencontra l'accueil le plus enthousiaste à l'académie Pisanzienne\noù on lui érigea plus tard un buste.\nLes passe-temps d'un pianiste.\nIl est toujours intéressant de connaître les intimes préférences d'un\nartiste et toute la psychologie de l'homme se trouve dans ses actes privés.\nLes habitudes, les manies, les passe-temps de chacun sont autant\nd'éléments biographiques de premier ordre.\nM. Wladimir de Pachmann, un virtuose de grand renom, a déclaré\nàfun interviewer que chez lui, lorsqu'il a travaillé journellement son\npiano, il se livre à la lecture d'ouvrages philosophiques et scientifiques.\nIl confond dans une même admiration Darwin, Spencer, Kant, Schopen-\nhauer, Huxley, Spinoza et connaît chacun d'eux aussi bien que Chopin,\nSchumann, Bach, Beethoven ou Liszt.\nEn dehors de la lecture sévère des penseurs il a un faible tout par-"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.117", "texte": "108\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nticulier pour les pierres précieuses. Il a collectionné des spécimens de\ndiamants, rubis, perles, saphirs, émeraudes, etc. que les experts ont déclaré\ndignes des plus riches collections privées. «Mon amour pour les pierres\nprécieuses, a-t-il déclaré, est idéal, abstrait. J'ai donné un nom à la plu-\npart de ceux que ie possède. Mon plus pur diamant a été baptisé Bach ;\nune surprenante émeraude est appelée Brahms. Ma meilleure opale, la\nplus poétique de toutes les pierres, porte le nom. de Chopin ; enfin un\nrubis rutilant est surnommé Liszt... »\nPour bizarre que paraîtra à certains la corrélation établie par M. de\nPachmann entre les pierres précieuses et les musiciens, il n'en est pas\nmoins vrai qu'elle dénote un esprit| point banal.\nEncore un théâtre lyrique.\nC'est à Philadelphie que va s'ériger une nouvelle salle d'opéra. Elle\nsera l'œuvre de M. Hamberstein, actuellement directeur du Manhatltan\nOpéra de New-York, et c'est cet éminent imprésario qui l'administrera\ndès la saison prochaine. La premierre pierre du monument à été posée\nle mois dernier avec une certaine solennité. Dans le bloc de marbre dis-\nposé à cet effet, on a scellé des rouleaux phonographiques enregistrant\ndes airs chantés par Mmes Melba et Tetrazini ; MM. Zenatello, Dal-\nmorès, Sammarco, Renaud, etc., etc.\nEt plus tard, dans des siècles, lorsque le monde actuel aura été bou-\nleversé, de vieux savants mettront au jour ces vestiges d'une époque\nabolie et ils en parleront sans doute comme d'un timide-essai scienti-\nfique assez comparable à la serinette de nos grands-pères.\nA Berlin, Pelléas et Melisande remporta un brillant succès sur la\nscène de l'Opère -Comique. L'œuvre de M. Debussy, dont l'originalité\nneuve étonna tout d'abord le public, fut applaudie chaleureusement à\npartir du deuxième acte. Mlle Deetjen s'est montrée une Mélisande\nremarquable et M. Buysson fut un Pelléas parfait. _T.112/\nVersiegelt,l'œuvre nouvelle de M. Léo Blech, a remporté une victoire\néclatante au Stadttheater de Hambourg. C'est certainement un des plus\nbeaux opéras qu'on ait joués en Allemagne depuis bien des années.\nInscrit au programme de l'Opéra royal de Berlin, sera joué\nen même temps que la Habanerade M. Laparra dont le livret a été\ntraduit en allemand par M. George Drœscher."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.118", "texte": "NOS ÉCHOS\n109\n\nFin janvier, Dresdejassistera à la création de de Richard\nStrauss, sur le théâtre de la Cour.\nLa célèbre danseuse Isidora Duncan ; s'est rendue de Berlin à\nDarmstadt où elle va installer son école d'enseignement esthétique.\nUn comité admirateur de cette artiste a réuni les fonds nécessaires pour\naménager des classes qui contiendront cinquante élèves.\nL'Opéra de la Cour deVienne a repris le de jMéhul qui n'avait\npas été joué sur cette scène depuis 26 ans.\nC'est le 5 décembre 1809 que cette œuvre fut représentée pour la\npremière fois dans la capitale autrichienne, au Theater an der Wien.\nSur l'affiche le compositeur était ainsi désigné : « M. Méhul, un des Ins-\npecteurs du Conservatoire de Paris. *\nDans la grande salle du :Musikverein de Vienne on a donné récem-\nment un concert de bienfaisance qu'un public de choix a fort applaudi.\nLe programme ne comportait que des œuvres françaises anciennes. Ce\nconcert était donné sous le patronage de l'archiduchesse Marie-Josèphe\net avec le concours de Mme Buisson et la Société des instruments anciens\nde Paris.\nEdouard Grieg, plus spécialement compositeur de musique de chambre,\na écrit un seul opéra, Olav Trygvason,sur un livret de Bjœrnson en 1873.\nDemeurée inédite, cette œuvre vient d'être jouée à Christiania avec un\nsuccès énorme.\nWagner défenseur de Bellini.\nLorsque Wagner était chef d'orchestre à Riga, il choisit pour la repré-\nsentation donnée à son bénéfice, devinez quoi ? la Norma !\nC'était évidemment pure habileté de sa part ; il savait que le public\nde Riga aimait par-dessus tout la musique italienne. Mais encore fallait-\nil expliquer ce choix. Il le fit, sur affiche spéciale, dans les termes suivants\nqui sont d'un bon politique :"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.119", "texte": "110\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nANNONCE THÉÂTRALE\n« Dimanche, le 11 décembre 1837, sera représentée au bénéfice du\nsoussigné, pour la première fois, Normgrand opéra romantique en\ndeux actes, de Bellini.\n« Le soussigné croit ne pouvoir mieux prouver sa vénération pour le\npublic dilettante de cette ville qu'en choisissant cet opéra pour le béné-\nfice qu'on lui a d'abord accordé à cause de ses efforts, tendant à pousser\net à perfectionner les jeunes talents musicaux appartenant au théâtre\nde la ville. Parmi toutes les créations de Bellini, Norma est celle qui\nréunit, avec la plus riche moisson de mélodies, l'ardeur la plus intime et\nla vérité la plus profonde. Même les adversaires les plus résolus de la\nmusique néo-italienne ont justement reconnu que cette composition,\nqui parle au cœur, fait preuve d'un effort intérieur et ne sacrifie pas à la\nplatitude moderne.\n« Comme tout a été fait pour les répétitions et la mise en scène de cette\nœuvre, je puis oser inviter humblement le public qui aime le théâtre, et\nje le fais avec l'espoir joyeux que mes efforts de remplir autant que pos-\nsible les devoirs de ma position auront trouvé une approbation bien-\nveillante et sympathique.\n« Richard WAGNER,\n.»\nDu théâtre à l'église.\nLe renom du ténor Caruso est tel que son talent n'est pas seulement\nsollicité dans les salons et sur le théâtre, mais encore dans les églises.\nC'est ainsi que, voulant rehausser l'éclat de la «Feria» en 1909, les auto-\nrités supérieures de l'Espagne se sont mises en rapport avec le célèbre\nchanteur et l'ont déterminé argent sonnant bien entendu à chanter\npendant la semaine sainte, à la cathédrale de Séville, un inédit\njusqu'à présent et qui fut écrit par Eslova, un compositeur espagnol de\ngrand mérite, mort en 1878.\nL'entente cordiale a pour effet de provoquer des manifestations\nfrancophiles sur les scènes londoniennes. Parmi les pièces de circons-\ntance, il en est une intitulée A day in Paris (Un jour à Paris), qui a reçu\nl'accueil le plus chaleureux à l'Empire Theatre. Cette revue qui sert\nde prétexte à des chants et à des danses, est enrichie de décors splendides.\nrr! F '\nLe Queen's Theatre de Londres tient un gros succès avec une\ncomédie musicale de M. Howard Talbot intitulée : The Belle of Bri-"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.120", "texte": "NOS ÉCHOS\n111\n\ntain (La Belle de Bretagne). C'est la musique seule qui triomphe\nen la circonstance, car le livret dont s'est servi le compositeur est\nd'une pauvreté désolante. Miss Ruth Vincent, la délicieuse divette, per-\nsonnifie la belle Bretonne avec beaucoup de talent servi par une voix\ndélicieuse.\nLa saison d'hiver à Covent-Garden ne commencera que le janvier\net sera terminée mi-février. Pendant ce mois-là se donnera la\nde Wagner en anglais, quelques représentations des\nMadame Butterfly et Faust. L'orchestre sera dirigé par M. Hans Richter.\nDe 1909 à 1913, on jouera à Bayreuth chaque année. Cette décision\na été prise parce qu'en 1913, Parsifal entrant dans le domaine publie,\nl'intérêt des représentations spéciales diminuera beaucoup.\nLe succès remporté à Munich par M. Von Possart n'est pas étranger\nnon plus à cette décision.\nL'année prochaine, les représentations auront lieu aux dates suivantes:\n22 juillet, ler, 5, 12 et 15 août, Lohengrin :23, 31 juillet, 4, 7, 8, 11 et 20\naoût, Parsifal ;250u 28 juillet, 14 ou août,\nrr-f:r- r . ■\nLe nouvel opéra de M. Humperdinck Kœnigskinder (Enfants de Roi)\nsera créé au Metropolitan Opéra House de New-York le ler mars 1909.\nLe compositeur dirigera lui-même et le premier rôle sera tenu par\nMlle Géraldine Ferrar.\nAux « Auditions Modernes » (président M. Paul Vidal), seront inter-\nprétés cet hiver Salle Pleyel, entre autres œuvres inédites de musique\nde chambre : Sonate piano, violon de J.-M.-L. Mangué. Sonate piano,\nviolon de Grabriel Grovlez. Quatuor-Sérénade à cordes de Louis\nDelune. Deux quatuors avec piano de Mme Fleury-Roy et M. Ph.\nGallois. Quintette de H. Bogé.\nLe Quatuor P. Oberdœrffer, Gravrand, Jurgensen, Barraine, pren-\ndra part à ces auditions comme de coutume.\nLes matinées musicales et populaires (Fondation Danbé) vont inau-\ngurer leur neuvième année d'existence. M. Reynaldo Hahn a accepté"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.121", "texte": "112\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nI*p. Art. L.-Marcel Fortin =»Rocoffort et Cie, Srs, 6, Chaussée d'Antin. Paris\nLe Gérant : L.-MARCEL FORTIW.\n\nla présidence étalai direction générale de la Société dont M. J. Jemai»\ndemeure l'administrateur artistique. Le Quatuor Soudant (MM. Sou-\ndant, De Bruyne, Migard et Bedetti) continuera de prêter son concours\naux séances hebdomadaires qui auront lieu cette année le mercredi à\n4 heures, au théâtre de l'Ambigu, à partir du 2 décembre.\nVoici la liste des prix décernés à la Musique française par l'Académie\ndes Beaux-Arts (séance du 7 novembre) :\n• Prix de Rome (grand prix) : M. André Gailhard ; second deuxième\ngrand prix (pas de premier) : Mlle Boulanger ; mention : M. Flament.\nPrix Tremont (en partie) : MM. Ganaye et A. Philip.\nPrix Chartier (musique de chambre) : M. Amédée Reuchsel.\nPrix Monbinne (opéra-comique): M. A. Messager pour\nFondation Pinette (pensionnaires de Rome, musiciens) : M. Raoul\nLaparra, et, par suite d'une démission, MM. Philippe Gaubert et Henri\nDallier.\nPrix Benlé (envois de Rome) : M. Raoul Laparra.\nFondation Clamageran-Hérold (seconds prix de Rome) : Mlle Bou-\nlanger.\nFondation Alphonse de Rothschild (triennal, en partie): M. Alexandre\nGeorges.\nM. Philippe Gaubert, deuxième chef d'orchestre de la Société des\nConcerts du Conservatoire, vient d'être désigné pour remplacer le\nregretté Georges Marty comme chef d'orchestre des concerts du Casino\nde Vichy.\nM. C. Saint-Saëns assistera à la première représentation de son\nœuvre nouvelle : la Foi (livret de M. Brieux), à Monte-Carlo, au mois\nde mars prochain."}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.122", "texte": "L'OPÉRA\n\nLA SCÈNE. - II.\n\nM. PATY\n«LE SPECTRE» (Hamlet)."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.123", "texte": "LA SALLE. - I.\n\nM. SAUCIN\nM. CAMBLOC\nM. ALIX"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.124", "texte": "L'ORCHESTRE. - II.\n\nM. LAFFITTE\nM. DUPUY\nM. BOURDEAU"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19090115-01.1.125", "texte": "LA SCÈNE. - III.\n\nM. MAURICE COLLEUILLE\nM. GALLOIS\n\nM. IDRAC"}]}