{"numero_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_sha256": "fcd3c5bb4533f72d633c490a8caec5bc46baf4473ae20d1d9aa7ea7158b48f08", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1909/08_01/bmtnabh_1909-08_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1909/08_01/bmtnabh_1909-08_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c002", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.1", "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\n1 sical dans les écoles primaires Lettre de M. Henry Fortis.\nI LETTRE DE RICHARD STRAUSS * NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE, par E. DE BRICQUE-\nj VILLE ★LE CONGRÈS DE VIENNE, par J. E. ★ LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE, par\nf L. LALOY ★ MUSICIENS BELGES, par R. LYR * NOTES JURIDIQUES (LA COPIE MANUSCRITE\nDELA MUSIQUE), par G. BAUDIN ★ UN CONGRÈS DE CHANT GRÉGORIEN, par A. 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De mon\ntemps, on y enseignait un peu le grec, assez bien le latin et le français.\nMais il n'y avait pour le dessin qu'un cours illusoire, fastidieux,\ndédaigné des maîtres et des élèves à peu près à l égal de la gymnastique.\nQuant à la musique, il n'en était pas\n« On pouvait avoir, en payant, quelques vagues leçons particulières\nde piano ou de violon, redoutées des pères de famille et déconseillées aux\nbons élèves comme une perte de temps. Pour le programme commun et\nobligatoire des études, la musique n'existait\nnous inculquer les éléments du solfège et de la grammaire musicale.\nJamais nos professeurs ne nous en disaient un mot, non plus, d'ailleurs,\nque de peinture ou de sculpture. 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Fortis signale, de la façon suivante, la cause du mal et les remèdes :\n\nLETTRE DE M. HENRY FORTIS\n\n« Pendant trop longtemps on a pensé que les arts n'étaient acces-\nsibles qu à une élite ;et le mot populaire\ngrossier.\n« Mais aujourd hui que nous avon\nrapports qui peuvent exister entre l esthétique et l'âme du peuple, nous\navons jugé que, de tous les arts, la mus\nralisation du culte du Beau.\n« Voilà pourquoi une place importante est faite depuis vingt ans à\nl enseignement musical dans tous nos établissements scolaires.\n\n, signaler particulièrement le très remarquable\nde l enseignement du chant dans les écoles,de M. 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Saint-\nSaëns, Bourgault-Ducoudray, Danhaiiser,etc., jetaient le cri d'alarme.\n« Pour obliger les instituteurs à devenir musiciens, on a enfin, il y a\ndeux ans, rendu obligatoire au brevet supérieur une épreuve de dictée\nmusicale.\n« Mais son application stricte prése\ns'aperçoit que, en dehors des élèves des écoles normales, la plupart des\ncandidats sont incapables d'y participer\nen découlent ouvrent les yeux sur la\nles postulants au brevet élémentaire, sachant que leur nullité en musique\nn'était pas un obstacle à leur réussite à l'obtention de ce diplôme, se\nfiguraient qu'il en serait de même au\na dû être cruelle, et il leur a fallu\ncommission d être plus qu indulgente pour un examen simplement oral\n(c'est le cas du brevet élémentaire), cela\ndevoirs écrits.\n« Dans un avenir assez rapproché, nous verrons donc le plus grand\nnombre de nos instituteurs pourvus\nmusical suffisant pour l'utiliser dan\neffectivement l'enseignement de la m\n« Mais on peut en hâter la venue\nque les commissions d'examen du brevet élémentaire se montrent exi-\ngeantes pour l'épreuve musicale, au lieu de la réduire à la formalité de\nquelques questions bien anodines, posées par un membre sans compé-\ntenceainsi que cela se pratique journellement.\n« Si MM. les inspecteurs d'académie\nprogrès énormes seraient vite réalisés"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.9", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "« Je sais un département de l'Est où un de mes amis, professeur de\nmusique aux écoles normales, ayant obtenu presque carte blanche d'un\ninspecteur d'académie mélomane, causa\ncinquantaine de candidats en deux ses\n« La leçon porta rapidement ses fruits, car par la suite il eut la satis-\nfaction de constater une préparation\nles instituteurs enseigneront maintenant le chant : ils ont même formé\nune vingtaine de sociétés\n« Si cette expérience se renouvelait\ndoute même réussite.\n« Que devons-nous donc faire ?\n« Agir d abord auprès de MM. les\nexamens musicaux des différents brevets ne soient pas escamotés ;\n« Faire substituer la dictée musica écrite à\nmusique du brevet élémentaire ;\n« Obtenir des directeurs d'écoles normales et du Conseil des profes-\nseurs qu'ils observent les règlements\nécoles quant à l'épreuve du cha 22\nlet ÎBB3, qui, si elle est suivie, favorisera les musiciens au lieu de rester\nlettre morte ;\n« Pousser enfin MM. les inspecteurs primaires à exiger de tous les\néducateurs la stricte application de le\nenseignement musical obligatoire que tous les instituteurs indistinc-\ntement doivent, de par leur diplôme,\n« Ainsi serait résolue la question v\nlaire par la conception inéluctable de cette parole du père de la péda-\ngogie allemande, Luther :\n« Je ne considère pas comme un instituteur l'homme qui ne sait pas\nchanter. »\nEn renvoyant à bientôt la continuation\npermette d'exprimer le vœu de voir nos amis, nos lecteurs, s'intéresser\ndans une large mesure à cette si grave et si attachante question de l'édu-\ncation musicale chez les enfants. Do\nles communications de leur part seront\n\nHenry Fortis,\nNice."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.10", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "Avantages réservés aux membres de la Société française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages que nous avons obtenus jusqu'à présent, et que nous\npouvons porter à la connaissance de tous nos membres, sont les sui-\nvants :\n1° La Revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de\nParis de la Société internationale de Musique) est envoyée régulièrement\nà titre gratuit à tous les Amis.\n2 1 Sur la présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réduc-\ntions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 13, rue Lafïite : 10 0)0 sur Vabonnement ;\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et 10 0/0 sur les ouvrages absolument\nnets ;\nChez MM. Rouart, Lerolle et Cie, 18, boulevard de Strasbourg,\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et\nnets.\nChez M. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, 10 OJO sur les\nvolumes de la collection des Maîtres de la Musique.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, OjO\nla collection des Musiciens célèbres.\nLa liste de tous les Amis de la Musique étant déposée chez ces Messieurs, nos\nmembres de province n'auront qu'à adresser directement leurs commandes à ces\nMaisons, qui se feront un plaisir de leur envoyer dès maintenant le Catalogue\nd'ouvrages parus■\n\nEXTRAIT DES STATUTS\nArt. 3. La Société se compose de membres créateurs, de membres\nfondateurs, de membres donateurs et\nLes membres créateurs sont les personnes sous les auspices de qui la\nSociété a pris naissance.\nPour être membre fondateur, il fau\nune cotisation minimum de 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser une cotisation annuelle\nd'au moins 100 francs."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "Pour être membre actif, il faut\n20 francs, rachetable par un versement unique de 500 francs.\nLa cotisation annuelle de 20 francs\nprofessionnels.\nLe titre de membre d'honneur pourra être accordé par le Conseil\nd'administration aux personnes qui rendront ou auront rendu des ser-\nvices signalés à VAssociation, sans quelles soient tenues de payer une\ncotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de\ntoutes les fonctions.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à\nM. Ecorcheville, secrétaire général, 6, chaussée d'Antin,\nParis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c005", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.3.2", "titre_corps": "Infei iorite de la culture musicale en France. La musique à l'école primaire.", "titre_sommaire": "Infei iorite de la culture musicale en France. 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Bourgault-Ducou-\ndray, etc., lors d'une enquête entreprise en 1880 par Jules Ferry, alors\nministre de l'instruction publique(/).\nnous n'aurions rien, à ce point de vue, à envier aux pays étrangers.\nMais, hélas ! il y a un autre fait : c'est quen dehors des villes\nprincipales et encore ! ses prescrip\npas du tout.\nQuelles sont donc les raisons d\nmesure la Société française des Amis\nmanquer à l'un de ses devoirs les p\nson relèvement moral par la diffusion\nelle intervenir ? C'est ce qu'il importait\nNon content de recueillir des observations personnelles, nous avons\ntenu à soumettre la question à différ\nprononcer en toute connaissance de cause. M. Henry Fortis, que nous\navons consulté en premier lieu, n'est pas seulement un artiste éprouvé et\nconvaincu : c'est encore un écrivain\nquestion pédagogique, des idées claires et justes, et dont l'autorité,\nacquise par une longue et intelligente\nque la modestie. Dans la très intéress\nM. 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HENRY FORTIS", "signature_source": "Henry Fortis, Nice", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.7", "debut_caractere": 1160, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "LETTRE DE M. HENRY FORTIS\n\n« Pendant trop longtemps on a pensé que les arts n'étaient acces-\nsibles qu à une élite ;et le mot populaire\ngrossier.\n« Mais aujourd hui que nous avon\nrapports qui peuvent exister entre l esthétique et l'âme du peuple, nous\navons jugé que, de tous les arts, la mus\nralisation du culte du Beau.\n« Voilà pourquoi une place importante est faite depuis vingt ans à\nl enseignement musical dans tous nos établissements scolaires.\n\n, signaler particulièrement le très remarquable\nde l enseignement du chant dans les écoles,de M. Bourgault-Ducoudray. 11 a paru en\norochure (Rouart-Lerolle et Cie)."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "« Mais décréter est chose facile : il y a malheureusement loin de la\ncoupe aux lèvres.\n« On ne pouvait sonper évidemment\nspéciaux pour appliquer les nouveaux programmes et rendre la musique\nintelligible à la masse. Force était de s'en remettre aux éducateurs ordi-\nnaires des écoles, aux instituteurs. Mais ceux-ci, enfants du peuple,\nétaient ignorants de tout ce qui a rapport à la musique, et par consé-\nquent inhabiles à communiquer un goût et un savoir qu'ils ne pos-\nsédaient pas.\n« Tonte une génération s'est écoulée dans l'inaction, et nous ne\nsommes guère aujourclhui plus avancés qu'à ïépoque où MM. Saint-\nSaëns, Bourgault-Ducoudray, Danhaiiser,etc., jetaient le cri d'alarme.\n« Pour obliger les instituteurs à devenir musiciens, on a enfin, il y a\ndeux ans, rendu obligatoire au brevet supérieur une épreuve de dictée\nmusicale.\n« Mais son application stricte prése\ns'aperçoit que, en dehors des élèves des écoles normales, la plupart des\ncandidats sont incapables d'y participer\nen découlent ouvrent les yeux sur la\nles postulants au brevet élémentaire, sachant que leur nullité en musique\nn'était pas un obstacle à leur réussite à l'obtention de ce diplôme, se\nfiguraient qu'il en serait de même au\na dû être cruelle, et il leur a fallu\ncommission d être plus qu indulgente pour un examen simplement oral\n(c'est le cas du brevet élémentaire), cela\ndevoirs écrits.\n« Dans un avenir assez rapproché, nous verrons donc le plus grand\nnombre de nos instituteurs pourvus\nmusical suffisant pour l'utiliser dan\neffectivement l'enseignement de la m\n« Mais on peut en hâter la venue\nque les commissions d'examen du brevet élémentaire se montrent exi-\ngeantes pour l'épreuve musicale, au lieu de la réduire à la formalité de\nquelques questions bien anodines, posées par un membre sans compé-\ntenceainsi que cela se pratique journellement.\n« Si MM. les inspecteurs d'académie\nprogrès énormes seraient vite réalisés"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.9", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "« Je sais un département de l'Est où un de mes amis, professeur de\nmusique aux écoles normales, ayant obtenu presque carte blanche d'un\ninspecteur d'académie mélomane, causa\ncinquantaine de candidats en deux ses\n« La leçon porta rapidement ses fruits, car par la suite il eut la satis-\nfaction de constater une préparation\nles instituteurs enseigneront maintenant le chant : ils ont même formé\nune vingtaine de sociétés\n« Si cette expérience se renouvelait\ndoute même réussite.\n« Que devons-nous donc faire ?\n« Agir d abord auprès de MM. les\nexamens musicaux des différents brevets ne soient pas escamotés ;\n« Faire substituer la dictée musica écrite à\nmusique du brevet élémentaire ;\n« Obtenir des directeurs d'écoles normales et du Conseil des profes-\nseurs qu'ils observent les règlements\nécoles quant à l'épreuve du cha 22\nlet ÎBB3, qui, si elle est suivie, favorisera les musiciens au lieu de rester\nlettre morte ;\n« Pousser enfin MM. les inspecteurs primaires à exiger de tous les\néducateurs la stricte application de le\nenseignement musical obligatoire que tous les instituteurs indistinc-\ntement doivent, de par leur diplôme,\n« Ainsi serait résolue la question v\nlaire par la conception inéluctable de cette parole du père de la péda-\ngogie allemande, Luther :\n« Je ne considère pas comme un instituteur l'homme qui ne sait pas\nchanter. »\nEn renvoyant à bientôt la continuation\npermette d'exprimer le vœu de voir nos amis, nos lecteurs, s'intéresser\ndans une large mesure à cette si grave et si attachante question de l'édu-\ncation musicale chez les enfants. Do\nles communications de leur part seront\n\nHenry Fortis,\nNice."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c007", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.3.4", "titre_corps": "Avantages réservés aux membres de la Société française des Amis de la Musique.", "titre_sommaire": "Avantages réservés aux membres de la Société française des Amis de la Musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.10", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1199, "texte": "Avantages réservés aux membres de la Société française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages que nous avons obtenus jusqu'à présent, et que nous\npouvons porter à la connaissance de tous nos membres, sont les sui-\nvants :\n1° La Revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de\nParis de la Société internationale de Musique) est envoyée régulièrement\nà titre gratuit à tous les Amis.\n2 1 Sur la présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réduc-\ntions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 13, rue Lafïite : 10 0)0 sur Vabonnement ;\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et 10 0/0 sur les ouvrages absolument\nnets ;\nChez MM. Rouart, Lerolle et Cie, 18, boulevard de Strasbourg,\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et\nnets.\nChez M. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, 10 OJO sur les\nvolumes de la collection des Maîtres de la Musique.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, OjO\nla collection des Musiciens célèbres.\nLa liste de tous les Amis de la Musique étant déposée chez ces Messieurs, nos\nmembres de province n'auront qu'à adresser directement leurs commandes à ces\nMaisons, qui se feront un plaisir de leur envoyer dès maintenant le Catalogue\nd'ouvrages parus■"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c008", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.3.5", "titre_corps": "EXTRAIT DES STATUTS", "titre_sommaire": "EXTRAIT DES STATUTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.10", "debut_caractere": 1201, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "EXTRAIT DES STATUTS\nArt. 3. La Société se compose de membres créateurs, de membres\nfondateurs, de membres donateurs et\nLes membres créateurs sont les personnes sous les auspices de qui la\nSociété a pris naissance.\nPour être membre fondateur, il fau\nune cotisation minimum de 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser une cotisation annuelle\nd'au moins 100 francs."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "Pour être membre actif, il faut\n20 francs, rachetable par un versement unique de 500 francs.\nLa cotisation annuelle de 20 francs\nprofessionnels.\nLe titre de membre d'honneur pourra être accordé par le Conseil\nd'administration aux personnes qui rendront ou auront rendu des ser-\nvices signalés à VAssociation, sans quelles soient tenues de payer une\ncotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de\ntoutes les fonctions.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à\nM. Ecorcheville, secrétaire général, 6, chaussée d'Antin,\nParis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c010", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.4", "titre_corps": "A propos de Richard Strauss", "titre_sommaire": "A propos de Richard Strauss", "signature_source": "Richard STRAUSS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "A propos de Richard Strauss\nRichard STRAUSS.\nJ 7 juillet igoq.\n§M.Romain Rolland ri ou 6 lettze\nâuivante, quil vient de tecevoit de SM.\ncStzauôâ, et qui âolutionne l'incident SMaziotte. (Le\nSS. (112. £M. eôt heuzeux et fie\n1' apaisement de ceô conteôtation\nMurren, Oberland.\n12 Juillet 1909.\nMon cher Ami,\nJe me hâte de vous annoncer que j'ai réussi\naujourd'hui à obtenir de MM. Fuerstner que\nceux-ci rendissent la liberté à la Salomé de\nMariotte. M. Fuerstner s'entendra directement\navec M. Mariotte pour les formalités à\nremplir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c012", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5", "titre_corps": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE", "titre_sommaire": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.13", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n\nA mon ami J. E cor cheville.\nLa vielle est un violon sur lequel les cordes sont mises en vibra-\ntion au moyen d'un clavier, au lieu d'être touchées par les doigts\nde l'exécutant } l'archet garni de crins est remplacé par une roue\npolie et enduite de colophane.\nLes cordes pour la mélodie sont au nombre de deux, à 1 unisson.\nEn outre, il y a d'autres cordes destinées à produire des basses\ncontraintes ou des pédales, et qu'on appelle : bourdons, mouche,\ntrompette (ou coup de poignet).\nLes cordes chantantes, ou chanterelles, partent du che\\illet,\npassent sur un petit chevalet, descendent parallèlement à la table\net se mettent en contact avec la roue-archet. De là elles appuient\n\nL'instrument\n\n1"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "sur un grand chevalet et viennent s'accrocherà l'éclisse inférieure\ndu corps.\nCes deux cordes sont enfermées dans une boîte allongée qui\ncontient le mécanisme, soit une série de tiges plates coupées à des\npoints fixes et perpendiculairement par des lamelles de bois taillées\nen lames de couteau, enfoncées dans ces tiges de manière à pou-\nvoir tourner et recevoir l'accord : ce sont les\nLes doigts de la main gauche, appuyant sur la tête des touches,\nfont enfoncer la tige ; à ce moment les deux sautereaux jumeaux\nattaquent les chanterelles à l'endroit précis, et le son se produit\naussitôt que la main droite actionne la roue au moyen d'une\nmanivelle.\nPar conséquent la différence entre le violon et la vielle consiste\nd'abord en ceci : dans le violon, la corde est pressée de haut en\nbas sur la touche par le doigt du violoniste, tandis que dans la\nvielle cette même corde est tirée dans le sens horizontal de droite à\ngauche par le clavier du vielliste. L'effet produit est identique.\nCHANTERELLES.\nEtudions d'abord l'état des deux cordes appelées chanterelles,\ncomme nous l'avons dit, pour les distinguer des cordes d'accompa-\ngnement ou bourdons, et non par assimilation au mi du violon.\nElles doivent d'abord être accordées strictement à l'unisson, ce\nqu'on obtient aussitôt qu'on ne perçoit plus de battements entre\nelles au moment de l'émission du son. Pour éviter qu'elles\ngrincent sur la roue, on les garnit, au point de frottement, de lé-\ngers flocons d'ouate blanche. Leur justesse dépend de plusieurs\ncirconstances qu'il faut déterminer : i°\ndes petits chevalets, 3° la position des sautereaux, 40 la gar-\nniture d'ouate,s° la rondeur absolue\ni° Le calibre.\nIl va sans dire que les deux chanterelles doivent être de gros-\nseur pareille. Malgré tout, s'il existait, pour le registre aigu ou pour\nle grave, une petite différencede justesse, on y obvieraitendéplaçant\npetit à petit le chevalet de la seconde corde.\n20 L'emplacement des petits chevalets. Autrefois il y avait un\nchevalet commun aux deux chanterelles. Aujourd'hui, chaque corde"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.15", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "a son chevalet indépendant, ce qui facilite l'accord, comme on\nvient de voir. Il suffit parfois d'un déplacement d'un ou deux\nmillimètres pour rétablir la justesse entre les deux cordes.\n3° La position des sautereaux.\nCes lamelles de bois sont autant de doigts mécaniques. Etant\nenfoncées à force dans les trous des tiges, il est aisé de leur\ndonner l'inclinaison voulue, à droite ou à gauche, pour qu'elles\nsaisissent les cordes au point exact où elles doivent donner la\nnote juste de l'échelle chromatique. On accorde d'abord la\nchanterelle de droite (en regardant l'instrument), tandis que la\nchanterelle de gauche est immobilisée sur un épaulement d'os ou\nd'ivoire ménagé à cet effet dans la boîte à clavier. Puis on règle\nl'unisson avec la chanterelle qu'on a remise à sa position normale.\n4° La garniture d'ouate.\nC'est là la grosse question. Il faut légèrement présenter à la\ncorde l'ouate en flocon mince, plat et allongé, et, en même\ntemps, de la main droite imprimer à la roue un mouvement\nsaccadé.\nL'ouate commence à s'enrouler. Sans cesser de tourner la\nroue, on roule la corde fortement entre le pouce et le médius\nde la main gauche. L'opération est extrêmement délicate, car\npour peu que la touffe d'ouate soit trop forte, les notes aiguës\ndeviennent fausses ; et si elle est trop fine, les mêmes notes grin-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.16", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "cent désagréablement. L'habitude guidera le vielliste qui, en\naucun cas, ne doit poser, même légèrement, ses doigts sur la\nsurface polie de la roue.\n5° La rondeur absolue de la roue.\nLa roue-archet est tournée dans une bille de bois dur, généra-\nlement de sorbier ou d'alisier, parfois d'érable. Par conséquent,\nsous l'action de l'humidité ou du soleil, elle tend à se déjeter\ndans un sens ou dans l'autre. On s'en rend compte quand, en\ntournant doucement la roue, on perçoit des intermittences de\nvibrations. Il faut alors, si le déjet n'est pas important, présenter\ndélicatement au bas de la roue une lame de verre à l'arête\nbien nette, et tourner avec précaution de manière à rétablir\nl'uniformité de la surface polie du bois. Il est curieux qu'on\nn'ait pas songé, pour obvier à cet inconvénient très fréquent,\nà tourner la roue dans une pièce de bois composée de quatre\nmorceaux assemblés en sens contraire des fibres, quitte à recou-\nvrir le taillant de la roue d'un ruban de placage, si l'assemblage\noffrait quelque danger aux endroits du collage (i).\nBOURDONS\nLes bourdons devant produire des sons fixes à la tonique ou\nà la dominante du morceau, ils ne sont pas soumis à l'action du\nclavier. Partant du côté droit ou du côté gauche de la tête (ou\ncheviller), ils sont soutenus par un épaulement tout en haut du\ncouvercle des sautereaux, et viennent s'appuyer sur un chevalet\noù l'on peut les faire glisser si l'on veut les écarter de la roue\net, conséquemment, les réduire au silence. Il y a deux bourdons\nde chaque côté de la boîte à clavier. L'un d'eux s'appuie sur un\npetit chevalet mobile, trompil lon,qui, lorsque la corde est mise\nen vibration, se livre, sur la table, à des battements dont on règle\nla fréquence et l'intensité au moyen d'une cheville fixée dans le\ntire-cordes : on l'appelle : la trompette ou coup de poignet ; c'est\nla difficulté d'exécution la plus sérieuse quand on veut bien s'en\n\n(t) Dans le Mercure du 25 mars 1761 on lit : « le sieur Louvet, rue des\n« Petits-Champs, qui a trouvé le moyen d'empêcher la roue de la vielle de\n« se déjeter. » En quoi consistait l'innovation du célèbre facteur, il ne nous\na pas été possible de le savoir."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.17", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "servir. Un vielliste aveyronnais, depuis longtemps fixé à Paris,\nM. Tarible, possède un coup de poignet qui, comme articulation,\nprécision et variété de rythme pourrait être difficilement égalé.\nLes chanterelles, donnant au départ un sol, sont des la de\nviolon un peu fins ; le bourdon ut est un ut filé d'alto ; le se-\ncond bourdon sol, un sol filé de violon; la trompette, un fort\nré de violon ; le gros bourdon, dont on ne se sert pas d'ordinaire,\nun sol filé de violoncelle. On n'emploie plus la mouche, qui était\nun sol à l'unisson des chanterelles.\nInutile de dire que dans les pièces autres que les danses, et\nqui modulent, on supprime les bourdons et la trompette.\nException est faite pour les musettes, à condition toutefois\nqu'elles n'offrent pas des modulations s'écartant de la tonique et\nde la dominante.\nC'est la trompette,on peut le dire, qui a ridiculisé la vielle.\nAussi quand Bâton le jeune, en 1762, entreprit de perfectionner\nl'instrument, il s'empressa de supprimer cet accessoire gênant\net antimusical. « C'est, dit-il dans son prospectus, un défaut\n« essentiel et insoutenable qui n'a pris de crédit que parce qu'on\n« y a attaché l'articulation. Mais cette articulation est aussi défec-\n« tueuse que son principe, en ce que la trompette de la vielle\n« n'est occasionnée que par les frémissements d'un chevalet sur\n« la table, ce qui ne peut produire que du bruit. C'est un véri-\n« table concert de mouches, pour employer le mot d un plaisan'. »\nIl la remplaçait par ce qu'il appelle une articulation spéciale\ndont il fournit la description en termes tellement obscurs qu'il ne\nm'a pas été possible d'en saisir le sens.\nPour terminer cette revue des cordes de la vielle, il faut noter\nqu'on doit à Bâton l'aîné l'idée de faire courir le long de la table\ndes cordes d'acier ou de laiton vibrant par sympathie, comme\ndans la viole d'amour. L'accord judicieux de ces cordes peut cor-\nriger certaines défectuosités de justesse ou de sonorité qui attein-\ndraient les chanterelles.\nLE CLAVIER\nLe clavier de la vielle se composait primitivement de vingt tou-\nches ; Bâton l'aîné les porta à vingt-quatre en 1716, et son frère,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "en 1752, alla à trois octaves, en descendant la note initiale du\nau ré. Cette innovation n'a pas réussi, etle point de départ est resté\n1 e sol (sur la clé de sol deuxième ligne de la portée). Les treize\ntouches diatoniques sont noires comme dans les anciens clavecins ;\nles dièses qui les surmontent sont en os ou en ivoire. Il faut que\nles touches qui traversent la boîte à clavier de part en part glis-\nsent facilement dans leurs mortaises, sans, toutefois, avoir trop\nde jeu, car, dans ce cas, la touche, en ballottant, entraînerait les\nsautereaux dans un mouvement analogue qui détruirait la pureté\ndu son.\nL'étendue de la vielle est donc, depuis deux siècles, de deux\noctaves moins une note : le fa dièse aigu qui n'existe pas. Le\nfa naturel se trouve sur la rangée des dièses, pour la raison que\nle resserrement des touches à l'extrême aigu du clavier ne per-\nmettrait pas de placer fa dièse, et\nN'oublions pas que la vielle, étant munie d'un clavier, devient\nun instrument à sons fixes, et doit être accordée selon les règles\ndu tempérament.\nLa forme de la vielle a considérablement varié au cours des\nsiècles. Nous ne possédons aucun instrument authentique anté-\nrieur au xvne siècle, la vielle du Kensington dont parle Terras-\nson ayant été modifiée par le réparateur; aussi devons-nous\nnous contenter des reproductions graphiques ou sculpturales.\nJusqu'au début du xvme siècle les vielles étaient plates, de forme\nallongée, et faites d'un bois uniforme, jaunâtre le plus souvent,\navec quelques filets tracés au feu et des rosaces découpées à"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "jour. Les têtes, en forme de carré, de trèfle, de cœur ou de pique\nrenversé (on peut dire que toutes les figures du jeu de cartes\nont passé), étaient d'ordinaire rattachées à Téclisse supé-\nrieure par des baguettes en bois tourné. Elles portaient 3, 4 ou\n5 cordes. Anciennement, la chanterelle était simple ; latrompette\nn'intervint qu'à la fin du xvne siècle. Comme on l'a vu, Bâton\nl'aîné utilisa pour la construction de ses instruments des corps\nde luths, de théorbes et de guitares. Mais la forme plate du xvne\nsiècle ne disparut pas pour cela, et on la voit reproduite dans\ndes estampes de Bouchardon, de Basan, etc., postérieures à la\ndate de l'invention du luthier versaillais. La forme dite « à bateau »\nconquit néanmoins la faveur des artistes, et quand il n'y eut\nplus de luths ou de théorbes à décapiter, on construisit des\ndontes de forme analogue, composées le plus souvent de neul\ncôtes assemblées sur un moule, avec alternance de couleur : brun\net jaune.\nLa table des vielles est toujours de noyer ou d'acajou. Elle\naurait plus de son si elle était, comme pour tous les instruments\nà archet, de bois de sapin. Les vielles de notre époque subissent\ncette erreur, due à l'esprit de routine uniquement.\nLa richesse d'ornementation des vielles du xvme siècle fait\nl'admiration des curieux et des artistes. Ce ne sont que bords de\ntables délicatement filetés, couvercles de clavier et ponts de roue\nrecouverts de trophées en nacre de perle, de rinceaux d'ivoire,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.20", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "de médaillons sculptés, d'incrustations d'écaillé. Le bois des\ntouches parfois disparaît sous la marqueterie, et l'on y trouve\nmême des pierres précieuses serties, comme dans l'instrument\ndu Musée du Conservatoire qui porte le n° 207 du catalogue. Il\nest vrai qu'il passe pour avoir appartenu à Madame Adélaïde,\nfille de Louis XV.\nLes formes variaient, mais toutes se recommandaient par\nl'élégance de la coupe. Il y en avait de plates, présentant l'aspect\nd'un trapèze allongé ; d'autres rappelaient un berceau d'enfant,\nune gourde de pèlerin coupée par le milieu, une guitare, une\nviole. Quant à l'appellation de « vielle à la turque » qui se ren-\ncontre assez souvent dans les inventaires ou dans les annonces\nde vente, j avoue qu'il m'a été impossible de me renseigner sur\nce qu'elles avaient de particulier (1). Quant aux têtes, elles étaient\nravissantes, sculptées par Pineau ou par Lafille, têtes de roi cou-\nronné, de mousquetaire, de Turc, de femme, d'ange, de négril-\nlon, surmontant un cheviller que décore généralement à la base\nune coquille délicatement fouillée."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.20", "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1363, "texte": "Dans les Tablettes de Renommée de 1772, le Sr Foubert est signalé\ncomme « faisant toutes sortes de vielles à la façon du Sr Lourcetet de Farcy,\n« des vielles turques, tant doubles que simples."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.22", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "Au point de vue de la sonorité, les vielles en bateau ou sur\ncorps de luth sont incomparablement les meilleures (i).\nJe n'ai pas à parler des multiples essais ayant pourbut d'adapter\nau mécanisme de l'épinette, du clavecin ou du piano-forté\nl'économie de la vielle. On pourrait citer une centaine d'appareils\nsonores où l'on a essayé, au moyen de bandes de parchemin ou\nd'archet sans fin, de prolonger, à la façon de la vielle, le son du\nclavecin. Le dernier en date est le piano-quatuor de Baudet, qui\napparaît comme le résultat le plus parfait de la combinaison.\nMais il faut s'arrêter sur la vielle (2), qui eut un grand\nsuccès vers le milieu du xvme siècle et qui retint un moment\nl'attention des artistes.\nLA MARQUISE\n« J'ai, autrefois, joué de la guitare... et j'en ai là une très ornée\n« qui m'a coûté bien de l'argent...\nLE MAÎTRE\n« Comme il est nécessaire d'avoir\n« n'est plus à la mode,/e vous en vielle organisée ».\nDom Bedos, dans son remarquable traité de\nd'orgues, consacre une notice détaillée à cet amalgame de la vielle\net d'un jeu de flûte bouchée. La touche, en s'abaissant, ouvrait la\nsoupape du tuyau et le faisait parler. On pouvait jouer les deux\nensemble, ou les faire entendre séparément. Le soufflet destiné à\npousser l'air dans les tuyaux était mû par la tige de la roue, qui\nservait ainsi, à la fois, d'archet et d'agent souffleur.\nL appareil était d'aspect déplaisant, lourd à mouvoir, massif et\nencombrant. De plus, il était bien difficile de maintenir la justesse\nentre les deux éléments. Deux facteurs, l'un de Paris, l'autre de\nToulouse : Melling et Bergé, se firent une réputation dans cette\nfacture spéciale.\n\n(1 ) Dans sa méthode La Vielleuse habile, Bouin déclare que les vielles en\ncorps de luth ont plus d harmonie et rendent plus de son ; celles en corps de\nguitare sont plus douces, et pour la chambre elles sont plus gracieuses.\n(21 Joseph Haydn a composé pour le roi de Naples Ferdinand IV des noc-\nturnes pour vielle organisée."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.23", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1877, "texte": "J'ai relevé soit sur des étiquettes, soit sur des livres d'adresses,\nTablettes de Renommée et divers organes de publicité du\nxvme siècle, les noms suivants de luthiers s'étant occupés de la\nfabrication des vieilles.\nMelling (A la belle vielleuse), rue des Orties, et plus tard rue\nFromenteau.\nFleury, rue de l'Arbre-Sec.\nLelièvre, rue des Nonaindières.\nHurel, rue des Grands-Hurleurs.\nVibert, rue de la Seine.\nDelaunay,et Claude Girod(sans adresses).\nLambert, rue Michel-Le Comte.\nVeuve Champignon,rue du Bac.\nJoubert,rue Saint-Jacques.\nRichard, au vieux Louvre (c'est le fameux facteur-ingénieur.)\nPierre Louvet, le Stradivarius des vielles. Il a dû en construire\nune énorme quantité, à en juger par ce qu'il en reste dans les mu-\nsées et dans les collections particulières. Il avait pour enseigne\nA la vielle royale, et il habita successivement les rues Pastourelle,\nSaint-Martin et Montmartre. Ses claviers sont parfaits, et aucun\nde ses produits n'est de qualité courante. Toutes les vielles de\nP. Louvet sont admirables de proportions et artistiques d'aspect.\nJean Louvet, frère du précédent, rue Croix-des-Petits-Champs.\nBâton l'aîné, à Versailles. Son frère cadet était professeur mais\nnon facteur. Toujours préoccupé d'améliorer l'organisation et d'é-\ntendre les ressources de l'instrument, il confiait à Fleury la mise\nen œuvre de ses idées.\nCésar Pons, fixé à Grenoble après avoir travaillé à Paris, rue\nPont-au-Change.\nGrou, à Lyon. Il signait : Grou de Paris.\nBerger, à Toulouse.\nDesjardins,à Caen.\nParmi les facteurs contemporains qui marchent sur les traces\nde ces facteurs d'autrefois, je dois citer Pimpard, de Jenzat (Allier),\nqui fait de belles imitations de Louvet, et qui excelle à réparer,\nou plus exactement à restaurer les anciens instruments qui ont\nsubi les outrages du temps et surtout le vandalisme des ménétriers"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.24", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "ignorants. La maison Pajot construit aussi, pour les amateurs, des\ninstruments d'après les modèles classiques.\nMalheureusement le mauvais goût des vielleux de campagne\nimpose aux facteurs des peinturlurages odieux qui déshonorent\nla vielle. Quant aux têtes sculptées sur les instruments à bon\nmarché, elles sont si grossières qu'il vaudrait mieux les remplacer\npar une crosse ou une volute évidée.\nJe dois ajouter que, sur les prix courants, les vielles d'artistes\nsont annoncées : « Articles sérieux, sans fleurs aux couvercles. »\nLes vielles extra-soignées, avec une tête proprement sculptée,\nbordure nacre et filets mosaïque, fourniture ivoire et palissandre,\nsont de 140 à 500 francs. On peut avoir pour 100 à 120 francs\nun bel et bon instrument solidement construit et donnant toute\nsatisfaction à la virtuosité.\nLes vielles plates « ou forme guitare » sont, naturellement, moins\nchères. Mais comme on leur préfère, en général, les vielles en\nbateau, il est rare que les facteurs les soignent à l'égal de ces der-\nnières.\nRemarquons, en passant, que les roues des vielles actuelles,\ndestinées aux airs de danse en plein air, sont sensiblement plus\népaisses que celles des vielles du xvme siècle qu'on jouait dans\nles salons, et à qui on demandait surtout de la légèreté en vue de\nl'exécution des petites pièces musicales."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.25", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "L'histoire de la vielle\n\nLes origines présumées de la vielle sont connues de tous ( i ), et il\nn'existe pas un traité de musique, si élémentaire soit-il, qui n'ait\nreproduit le fragment du chapiteau de l'église de Bocherville\nremontant au xie siècle. On y voit deux personnages assis qui\ntiennent sur les genoux un appareil ayant à peu près la forme\nd'une guitare allongée. Au-dessus du manche se trouvent des\nmarches ou touches que fait mouvoir le personnage de gauche.\nQuant à son compagnon, il se contente de tourner une manivelle\ntrès apparente à la partie inférieure de l'instrument.\nIl fallait, par conséquent, deux musiciens pour actionner la\nvielle ou plus exactement l'organistrum.\nLes chroniques du moyen âge, à partir du xuie siècle, font\nfréquemment allusion à l'instrument dont nous nous occupons; ils\nle désignent d'abord sous le vocable d\npuis uniquement Symphonia, qui ne tarde pas à devenir par cor-\nruption chifonie, nom sous lequel il sera connu jusqu au\nxvie siècle.\nIci, une parenthèse :en Provence,à l'époque actuelle, la vielle\nest appelée communément « phonphogne ». Il est aisé de voir\ndans cette appellation un souvenir du mot primitif, qui a survécu\nde quatre siècles à la disparition de l'expression usuelle (2).\n\n(1) Pour l'histoire de la vielle, consulter le ms. de Barthélémy 1 Anglais du\nxve siècle (Bib. Nat., Fr. 22532, f° 340 v\") : « On appelle en France une\nsymphonie ung instrument dont les aveugles jouent en chantant les chansons\nde geste, et c'est un instrument qui a bien doux son, et plaisant à voir, si ce\nne fust pas l estât de ceux qui en usent » La grande miniature de ce ma-\nnuscrit, qui représente un orchestre complet du xve siècle, montre aussi un\njoueur de symphonie. ,\nCitons aussi le fameux roman de la Violette(Bib. Nat.,Fr. 24:178), où Gérard\nde Nevers se déguise en jongleur et vient la viel au col se montrer dans deux\nsuperbes miniatures (f°s 78 v° et 82 v°).\n(2) Dans son traité de la danse, imprimé en 1536 et rédigé en latin maca-\nronique, le Provençal Antonius Arena cite au nombre des instruments propres\nà animer suns compagnones la vielle, qu'il appelle fonfonta. Il la place entre\nle chipachaplum,dont la traduction nous échappe, et la (chalemie,\ncornemuse)."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.26", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "En matière cTorganographie, il n'est pas aisé de trouver\nquelque chose de nouveau touchant l'origine des appareils\nsonores. Nous n'avons donc aucune prétention à la décou-\nverte de ces documents primitifs que Kastner, pour ne citer\nqu'un musicographe, a colligés dans ces précieux volumes\nqui se nomment : Paremiologie musicale et Les Danses des\nMorts.\nDeux questions se posent tout d'abord : A quoi répondait ce mot\nsymphonie ?Le préfixe grec avv (à défaut de l'idée que nous nous\nfaisons aujourd'hui du terme), le préfixe avv indique l'idée d'une\nréunion, et répondrait parfaitement à la construction actuelle de\nla vielle qui, au moyen de ses chanterelles, de ses bourdons, de sa\ntrompette, de sa mouche, réalise l'association de plusieurs sons.\nMais, quand on l'appelait « symphonie », la vielle avait-elle ces\ncordes d'accompagnement ? Premier problème dont la solution\nest encore à trouver et qu'aucun document de l'époque ne peut\néclaircir.\nD'autre part, quel motif avait-on d'imaginer l'organistrum à\nune époque où la viole à archet était déjà connue ? Et remarquez\nque cet engin, exigeant la collaboration de deux musiciens, était\nune complication, alors que le « crout », la « rote », le « rebec »,\nembryons de la viole, et n'excédant pas les dimentions de l'alto\nactuel, pouvaient aisément être joués à l'épaule, ou sur les genoux,\npar une seule personne.\nIl paraît donc que cette « complication » avait pour objet de\nconstituer un instrument à plusieurs sons simultanés, se diffé-\nrenciant du rebec qui ne pouvait produire qu'un chant dépourvu\nde tout accompagnement.\nQuoi qu'il en soit, la chifonie, dès la période du moyen âge,\ndevient un instrument de mendiants, d'aveugles et de truands :\ntoutes les chroniques sont d'accord sur ce point, et qu'on consulte\nMathieu de Gourmay, de Peyrat, Gerson, Eustache Deschamps,\non trouve partout des traces de l'« ignominie » de la vielle. Les\nanciens auteurs allemands consacrent cet état par un mot carac-\n\n(0 Disso tation historique sur l instrument appelé lu vielle, 1741 (réimpri-\nmée en 1768. On en reparlera plus loin)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.27", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "téristique : lyra mendicorum,ou encore (i),qui subsiste\nencore.\nAu seizième siècle, sous le règne de Henri 111 de France, la\nvielle fait un effort pour se mettre au rang des instruments nobles.\nEt ici doit se placer l'extrait d'un mémoire de Terrasson qui\nmentionne d'un des plus beaux instruments qui soient à notre\nconnaissance. Il s'agit d'une vielle qui aurait appartenu non pas\nà Henri IV, comme avance l'auteur, mais bien à son prédécesseur\nsur le trône, le dernier des Valois.\nAu moment où paraît l'écrit de Terrasson, la vielle est en grande\nfaveur. Mlle de Mesmon, sœur de M. le chevalier de Mesmon, écuyer\nordinaire du Roi, ayant envie de posséder l'instrument à la mode,\nva pour en choisir un dans la boutique d'un luthier de Paris\nnommé Hurel (2), qui lui en montre plusieurs. Mlle de Mesmon\nles trouve trop grandes. « Alors Hurel (je cite le morceau textuel-\nlement) :\nAlors Hurel lui montra une petite vielle qu'il lui annonça sous le\ntitre de vielle Henry IV. Son antiquité paroit par le goût et la nature\nd'un très-beau travail qui a existé sur cet instrument dont on voit\nencore de très-beaux restes. Une partie de ce travail consiste en ce que,\nsur la table de cette vielle, on a peint une chasse d'animaux, le tout\norné d'une campane (?) en façon de broderie qui fait le tour de l'instru-\nment. Les deux rosettes percées à jour qui servent à faire sortir le son\nparles deux coins d'en haut de la table sont dessinées en façon de cou-\nronnes de lauriers entremêlées de roses ; les couronnes sont enlumi-\nnées de verd et les roses enluminées de rouge. Deux circonstances\nprouvent que cette vielle a appartenu à un Henry, roi de France. La\npremière est qu'en plusieurs endroits de la table et derrière la base on\nvoit de grandes H couronnées de France; la seconde est que derrière\nla base et sur le cerceau qui couvre la rôtie on voit en deux endroits\nles armes de France à champ d'azur, entourées l'une du seul collier\nde l'ordre de Saint-Michel, et l'autre d'un semblable collier audessus\nduquel on a gravé celui de l'Ordre du Saint-Esprit.\nDe ce quecette vielle (3) aappartenu à Henry 111, je ne crois pas qu on\n\n(î) Lyre de mendiants. Lyre de paysans.\n(2) Hurel demeurait rue desArcis, à l'image de Saint-Pierre, et se qualifiait:\n« faiseur d'instruments pour la musique du Roy ». C'est lui qui édita, en 1686,\nles pièces de viole de Marais.\n(3) Cette vielle fait partie actuellement des collections du Kensington\nMuséum."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.28", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "doive en conclure que ce roi jouoit de cet instrument. C'était autrefois\nl'usage que les princes et les seigneurs fournissoient les instruments\naux musiciens qu'ils employoient. Le chevalier de Mesmon fit réparer\ncette vielle par Bâton, luthier à Versailles, qui y mit des touches neuves.\nMais je ne scaurois approuver qu'en raccommodant l'instrument on ait\nmis un autre couvercle au clavier, sous prétexte que l'ancien était tout\nvermoulu, attendu que c'est sur ce couvercle que la main frotte conti-\nnuellement. On devoit laisser subsister cet ancien couvercle, quelqu'usé\nqu'il fût ; car il contenait sans doute les mêmes peintures et gravures\nque l'on voit sur le cercle qui couvre la roue ; et le frottement des mains\nde plusieurs siècles sur ce couvercle du clavier n'auroit servi qu'à le\nrendre plus précieux. Je ne suis pas certainement passionné pour les\nantiques ; mais je sçais en général que la vénérable rouille de l'Antiquité\nfait souvent le plus grand prix d'une médaille ou d'un monument qui\nseroient de peu de valeur s'ils estoient bien nettoyés.\nBien parlé ! Terrasson n'est pas partisan du maquillage des\nobjets d'art, et il faut l'en féliciter.\nDonc nous n'avons rien, ou peu de chose, qui nous fixe sur la\nconstruction et le jeu de la vielle au moyen âge. Bien plus, le\nmot vielle,le verbe vieller,s'appliquent indistinctement à l'ins-\ntrument à roue et à l'instrument à archet, par une confusion ana-\nlogue à celle qui, dans les auteurs grecs et latins, désigne à la fois\nsous le nom de cytharaou lyradeux instruments à cordes pin-\ncées qui ne se ressemblaient nullement. Et, de nos jours encore,\nn'a-t-on pas appelé fréquemment un mauvais piano une «épi-\nnette » ? un tambour de basque un « tambourin » ? Le mot clai-\nron, dans les anciennes chroniques, n'est-il pas opposé à ce que\nnous appelons clairon aujourd'hui, c'est-à-dire variété de bugle ?\nN'essayons pas de déchiffrer l'énigme, et datons du xvie siècle,\nd'après la narration de Terrasson que nous venons de transcrire, la\npremière apparition de la vielle à roue dans les fastes de la facture\ninstrumentale.\nDe la Cour des Valois, où elle a fait quelque figure, la vielle\ndégringole dans les cours... ouvertes aux mendiants et aux in-\nfirmes pour l'exploitation de la charité privée. Tous les auteurs\ndu xvne siècle le constatent en un latin qui ne brave pas seule-\nment l'honnêteté, mais, dans le cas présent, la bienveillance.\nSimphoniam pauci agnoscunt, tîim quià cxci et alii pauperes, apud"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.29", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "2"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.30", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "quos est in usu illam operculo tegunt, tùm quod honestiores viri\nhanc lyram veluti sordidam negligun(l). C'est clair; les .hon-\nnêtes gens considèrent cet instrument comme ignoble, d'après\nle P. Mersenne, l'homme de son époque qui connaissait le\nmieux l'organographie.\nPlus tard, Mersenne, revenant sur son appréciation, en fran-\nçais, cette fois, confesse que « si les hommes de condition\n« touchaient ordinairement la sinfonie, elle ne seroit pas si\n« méprisée qu'elle est ; mais parce qu'elle n'est touchée que par\n« les pauvres, l'on en fait moins de cas que les autres, quoy qu'ils\n« ne donnent pas autant de plaisir. »\nC'est aussi l'opinion de Millet de Challes, jésuite comme\nKircher, dans un ouvrage intitulé : Cursus seu mondus mathe-\nmaticus : Lyra communis et perpulgdit-il,\ntribuitur... viluit quant plurimum.\nMais lui aussi ne conteste pas que\nconcentum valde harmonicum producere (2). Il se souvient même\nd'avoir entendu des gens de sa connaissance qui en jouaient d'une\nmanière agréable : non contemnenda(3).\nSon opinion est partagée par Athanase Kircher : « instrumen-\ntum tritum et vulgare, mendicis p (4). »\nQue fallut-il pour relever la vielle tombée si bas ? un caprice\nde la mode. Sous le règne de Louis XIV, deux virtuoses ambu-\nlants, Janot et La Rose, firent entendre sur la vielle des menuets,\ndes entrées et des contredanses. Quelque seigneur, quelque\ndame qui les entendit vanta leur mérite en haut lieu, et toute\nla cour voulut les entendre. Bien mieux, on leur demanda des\nleçons ; ils s'y prêtèrent de bonne grâce, et, de ce moment, les\ngens de qualité, disciples de La Rose ou de Janot, commencèrent\nà vieller avec fureur.\n\n(1) « Peu de personnes connaissent la sinfonie, soit parce que les aveugles et\n« autres mendiants chez qui elle est en usage la recouvrent d'un couvercle,\n« soit parce que les honnêtes gens considèrent cet instrument comme\n« ignoble. » Harmonicorum libri, i 63 5.\n(2) « Cet instrument commun et vulgaire, parce qu'il est attribué aux aveugles,\n« a été considérablement avili... La lyre des mendiants pourrait cependant pro-\n« duire un chant fort harmonieux. »\n(3) litt. : « non méprisable. »\n(4) Musurgia universalis(i6so)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.31", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "Comme toutes les modes, celle-là ne dura pas longtemps. Mais,\nenfin, le mauvais sort de la vielle était conjuré, et il était prouvé\nque ce n'était plus l'objet sordidusque Mersenne avait flétri.\nLes gens du monde, au surplus, n'abandonnèrent pas l'instru-\nment tout à fait, et ils s'y amusaient encore sous la Régence. Or,\nà cette époque, il y avait à Versailles un luthier, nommé Bâton,\ndont la boutique était encombrée de guitares, de luths et de\nthéorbes, instruments désuets, condamnés par le bon ton, et,\npour tout dire, gothiques ; traduisez: méprisables.\nPour utiliser celot de laissés pour compte, il eut l'idée de couper\nles manches, et de se servir des bateaux ou des dontes comme\ncaisses de résonance de vielles. Il les surmonta d'une jolie tête\nsculptée par Pinau, sculpteur ornemaniste établi rue N.-D.-\nde-Nazareth ; il orna le couvercle et le pont de quelques agréments\nen ivoire écaille et nacre, et l'objet ainsi présenté eut une vogue\ninouïe.\nSi vous paraissez surpris qu'à notre époque on trouve si peu\nde luths et de guitares anciennes, lisez ce qui précède et vous\naurez la raison de leur disparition : on en a fait des vielles.\nJ'ai sous les yeux un ouvrage de Michel Corrette extrêmement\nrare ( i ) : Les dons d'Apollon,où l'opération qui consistait à détruire\nles instruments à cordes pincées pour en faire des instruments\nà cordes frottées se trouve narrée en un style allégorique et bur-\nlesque familier à l'auteur.\n« Apollon chanta et joua si supérieurement de la guitarre aux\n« noces de Thétis et Pelée qu'il eut l'applaudissement général\n« de tout l'Olimpe, des divinités infernales aquatiques et terrestres\n« qui s'y trouvèrent. Mais la Discorde, qui joignait à sa chevelure\n« de serpents, à son teint livide, à ses yeux égarés, à sa bouche\nc. écumante, à ses mains ensenglantées, l'art de jouer de la vièle,\n« fut si piquée de n'avoir pas été invitée pour y jouer de cet\n« instrument, qu'outre la pomme d'or qu'elle jetta sur la table,\n« elle jura aussi la perte de la guitarre qu'Apollon venoit de per-\nte sonifier en une des plus belles Géorgiennes qui fût au monde.\n\n(1) Les dons d'Apollon, méthode pour\ntare (Paris, s. d., in-fo). Je ne connais de cet ouvrage que l'exemplaire qui se\ntrouve dans la bibliothèque de M. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.32", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "« Le Dieu Pan, de son côté, métamorphosa la viéle en une jolie\n« Marmotte que Midas prit sous sa protection, ne trouvant lien au-\n« dessus de son chant et de son jeu ; de sorte que dans une feste\n« que ce dernier donna à Bacchus, il fit construire une vièle si\n« grosse qu'en dedans on pratiqua une salle dans laquelle on\n« dansa ensemble trente-six contredanses à huit. La manivelle\n« tournoit par le moyen d'un moulin à vent , .le chevalet\n« ressembloit à l'arc-en-ciel ; les plus petites cordes avoient servi\n« de cables aux vaisseaux d'Ulisse ; les chevilles étoient faites\n« sur le modèle des colonnes d'Hercule ; chaque touche étoit faite\n« avec un chesne de la forest de Dodone. Cette contre-vièle\n« étoit portée par les Titans.\n« Polyphême fut choisi pour jouer sur ce monstrueux instru-\n« ment. Il apporta sous son bras le Colosse de Rhodes pour lui\n« servir de pupitre et pour l'éclairer. Il donna un concert où il\n« chanta tout le roman de Cléopâet celui du\n« qu'il avoit mis en musique. » (Ici, la fête est troublée par les\nBacchantes. Le bruit de cette terrible vielle, qui jouait invaria-\nblement sur le mode phrygien (ton d'ut, semble-t-il), les excite à\ntel point qu'elles se livrent à toutes sortes d extravagances. Si bien\nque les Titans, épouvantés par leurs cris et leurs contorsions de\nfemmes ivres, jettent la vielle par terre.) « Cela n empescha pas\n« que notre Marmotte ne jouât toujours avec succès dans les\n« festes bachiques. Chacun la cherchoit avec empressement.\n« Point de noces ou de sérénades où elle ne fût appelée ; ce qui\n« l'enorgueillit au point qu'elle alla trouver la belle guitarre qui\n« dormait au bas de l'Olimpe, et comme un antropophage, l'ense-\n« velit dans son sein. Alors tous les Faunes, comme des lions\n« ravissants, décolent, brisent, déchirent, arrachent toutes les\n« guitarres qu'ils rencontrent sous leurs mains, pour en faire\n« des vièles. Les luths, les tuorbes, rien n'échappe à leur fureur.\n« La vièle ne manqua pas de se parer des dépouilles de\n« l'aimable guitarre, semblable aux sauvages qui se parent de la\n« chevelure d'un ennemi vaincu. Cette audacieuse n'en resta pas\n« là. D'une témérité sans exemple, elle va se présenter au Par-\nce nasse pour faire danser les Muses. Elle marcha toute la nuit,\n« accompagnéedu Dieu Pan et des Myrmidons."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.34", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "« A peine l'aurore commençoit à paraistre qu'elle étoit déjà\n« arrivée au bord du Permesse. Lorsqu'elle se mettoit en devoir\n« de la passer, son bourdonnement continuel et ennuyeux\n« réveilla tout à coup le cheval Pégase qui, d'un coup de pied,\n« la brisa en mille morceaux qu'Appollon fit jetter dans le\n« Tartare. » Malgré tout, la guitare était condamnée par la\nmode. Corrette ne s'entêta pas, et, de la même plume qui avait\nenfanté cette allégorie méprisante, il écrivit une\nlouer de la vielle,« instrument agréable, proclame-t-il, brillant, et\n« bon pour jouer seul et faire danser ».\nVoilà donc la lyra mendicorum devenue lyra patriciorum.\nIl surgit de tous côtés des-apologistes, des professeurs et des\ncompositeurs spéciaux. Le plus connu des premiers est Terrasson,\namateur de musique distingué, jouant agréablement de la vielle,\nde la flûte et de la musette, avocat, censeur royal, conseiller, puis\nchancelier de la principauté de Dombes (i).\nAntoine Terrasson s'éprit de l'instrument à la mode au point\nd'en faire le sujet d'une dissertation en règle qui figure dans ses\nMélanges d'histoire et de jurisprudence(l76B).\nIl convient de s'y arrêter un moment, non pas qu'on y trouve\ndes documents importants, mais parce que ce morceau de litté-\nrature musicale peint bien le goût très vif qu'inspira la vielle aux\ndilettanti du xvme siècle.\nIl y a pas mal de fatras dans le premier chapitre, réservé aux\norigines de l'instrument. C'est, d'après Terrasson, un dérivé de la\ncithara antique, laquelle n'était autre chose qu'une lyre.\n« Il faut, dit-il, remarquer qu'une vielle renversée ressemble parfai-\n« tement à une tortue (alors ce n'est pas cithara, mais testudo\n« qu'il faut lire), dont la tête est représentée par la poignée qui\n« tient au bout de la manivelle. »\nLa comparaison est juste, mais un peu anachronique. La forme\nde la vielle dite en bateau, qui peut, en effet, rappeler l'aspect d'une\ntortue, ne date que de 1716. La cithara aurait donc attendu deux\nmille ans pour se muer en vielle.\n\n(1) Le prince de Dombes était de première force sur le basson, et figurait\nen cette qualité à l'orchestre du Théâtre des Petits Appartements, monté par\nMme Pompadour."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.35", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "Et il ajoute : « Les cordes de la lyre étaient placées au milieu\n« de l'instrument, et les chanterelles sont aussi placées au milieu\n« de la vielle. » Ce n'est pas une raison pour faire dériver d'un\ninstrument à cordes pincées un instrument dont les cordes sont\nfrottées et actionnées par un clavier.\nL'obscurité redouble dans le passage relatif à Fétymologie du\nmot vielle. Terrasson le fait dériver du mot grec (?) sambuke. C'est\nle cas de rappeler le quatrain célèbre:\nALFANA vient sans doute ;\nMais il faut avouer aussi\nQu'en venant de là jusqu'ici,\nIl a bien changé sur la\nPar conséquent de sambucaon a fait symphonia. « Or les\n« auteurs de la basse latinité (voilà donc passé du grec\n« au latin) auront abrégé le terme symphonia en celui de sam et\n« celui de buccina en ces deux syllabes : Bucca, c'est-à-dire l'instru-\n« ment nommé symphonie, où il y a une trompette. Voilà bien la\n« vielle ; et en joignant à sambuca l'épithète rotata que le P. Jou-\n« bert lui donne, cela signifie l'instrument appelé symphonie, où il\n« y a une trompette et une roue. Le pays des conjectures est\n« vaste ! » Assurément. Mais quand on songe qu'Antoine Ter-\nrasson est contemporain de Voltaire, on conclut que la clarté du\nlangage n'était pas une qualité commune à tous les auteurs du\nxvme siècle.\nDe plus en plus l'auteur s'égare à travers les broussailles de l'an-\ntiquité. Ayant lu dans une chronique de Jean de Meun (J. de\nMeung apparemment) que Orphée\npar son beau vieller,il en arrive à cette conclusion qu'Orphée\ncharmait la nature en tournant la manivelle d'une « chifonie ».\nViennent ensuite la description de la vielle de Henri 111, que\nnous avons reproduite, et l'anecdote de Janot et La Rose, relevant\nl'instrument truand.\nNous voici au début du xvine siècle, qui est illustré par les\nperfectionnements de Bâton, les compositions agréables de\nBaptiste et de Boismortier, la virtuosité de Danguy, de Bâton fils,\nl'habileté de facture de P. Louvet ; et la se termine\nsur la conclusion un peu triste d'un philosophe qui voit avec peine"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.36", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "l'invasion du progrès reléguant à l'arrière-plan l'objet de ses pré-\nférences artistiques :\n« Mais, malgré tout cela, la vicissitude des choses humaines,\n« qui influe sur les instruments comme sur toutes les autres\n« choses de la vie, a fait un peu tomber les musettes et les vielles ;\n« surtout depuis que les clarinettes, les cors de chasse et autres\n« instruments bruyants ont fait expulser des concerts lesthéorbes,\n« luts et basses de viole qui cependant (au sentiment de tous les\n« vrais connoisseurs) estoient avec le clavessin les seuls instru-\n« ments capables d'entretenir et de nourrir l'harmonie. »\nTerrasson, je me hâte de le dire, voyait les choses un peu en\nnoir, car en 1768, date de la première édition de la\nla vielle jouissait encore d'un grand crédit, bien qu'elle ne régnât\nplus avec autant d'éclat qu'en 1750. A cette époque, Mme Adélaïde\nviellait avec passion, ainsi que le comte de Clermont. Le comte\nde Cheverny, dans ses intéressants Mémoires, mentionne qu' « un\nmaître de vielle lui a passé par les mains », mais, ajoute-t-il, sans\naucun profit. Les plus grands seigneurs encouragent les viellistes,\nnotamment le prince de Conty, le marquis de Castelnau, et tant\nd'autres, qui acceptent des dédicaces, et récompensent des musi-\nciens experts dans l'art d'actionner la manivelle. Mais la plus\nillustre adepte de l'instrument, c'est la reine de France, Maria\nLeczinska.\n«Elle aime la musique, dit le duc de Luynes t. VII),\n« et, en effet, il y a des opéras qui lui plaisent, et de petits airs\n« pour la vielle. »\nAilleurs (t. VII, p. 3i), le noble duc mentionne que la reine\nlui fit l'honneur de venir souper chez lui deux soirs de suite.\n« Les jours qu'elle vient, on lui donne une petite musique pen-\n« dant son souper. Le lundi, en sortant de table, elle joua de la\n« vielle pendant quelque tems avec les musiciens. »\nA la suite de son Mémoire sur la nouvelle vielle en D\nBâton inscrit avec un orgueil qu'on devine le\nsuivant :\n« Quelque temps après que Sa Majesté a eu examiné l'extrait du\n« mémoire ci-dessus, M. Bâton le jeune a été obligé de se rendre\n« à Compiègne avec sa vielle en et il a eu l'honneur d'en"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.37", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "« jouer, le 20 juillet, au dîner de la Reine, qui a trouvé cet instru-\n« ment bien plus flatteur et bien plus agréable que les autres\n« vielles. Le lendemain, il a encore eu l'honneur d'en jouer devant\n« Mrae la Dauphine et Mesdames pendant leur dîner, et elles en\n« ont été très satisfaites. »\nLorsque, en 179b, on dressa l'état des biens mobiliers des émi-\ngrés, l'inventaire mentionna de belles vielles, notamment chez le\nduc d'Avray, le marquis de Lowendal, la marquise de Caumont, le\ncomte de Maillebois, le marquis d'Herouville, le vicomte de"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.38", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "Noailles-Mouchy. Celle qui est trouvée en l'hôtel de ce dernier est\nmarquée ci-devant aux armes de\nSerait-ce, d'aventure, celle de la Reine ? Comme disait tout à\nl'heure Maître Terrasson : le champ des conjectures est vaste.\nIl faut que la vielle ait eu la vie dure, pour résister aux attaques\ndont elle a été l'objet. Voici un échantillon de la critique musicale\ndu Mercure (août 1738) :\n« On pourrait, sans inconvénient pour le bon goût, reléguer la\n« vielle aux guinguettes, et l'abandonner aux aveugles ; car, n'en\n« déplaise aux Danguys et aux belles qui s'y sont adonnées depuis\n« quelques années, c'est un instrument si borné, et son cornement\n« perpétuel est si désagréable pour des oreilles délicates, qu'il\n« devrait être proscrit sans miséricorde. »\nL'année suivante (1739), paraît la\nM. de V..., auteur du Temple du goust sur la mode des instruments\n« de musique ( 1 ). En voici un extrait : « La vielle n'a pour principal\n« objet qu'un dessus ; tout le bruit qui raccompagne est un chari-\n« vari continuel, auquel on peut ajouter le croassement des gre-\n« nouilles pour accompagnement, et pour contrebasse le mur-\n« mure ou ronflement que fait la roue d'un coutelier. On doit\n« conclure que la vielle en tout ou en partie est très inférieure, et\n« qu'elle ne peut convenir qu'à des villageois totalement ignorants\n« de bonne musique...\n« Ce n'est point le goût, encore moins la raison, mais la mode\n« qui a arraché ces instruments (la musette est associée à la vielle\n« dans la réprobation de Carbasus) de la main des aveugles et des\n« pâtres chez lesquels nos ancêtres les avoient relégués. Il faut\n« même devenir pantomime pour leur attirer quelques succès, et\n« sans les grimaces de ceux qui en jouent, ils ne seraient pas sup-\n« portables aux oreilles musiciennes après qu'on les a écoutés\n« pendant plus d'un quart d'heure. »\nEn même temps paraissait une estampe représentant une double\n\n( i ) Le pseudonyme de ce livre est dévoilé par un manuscrit de la Bibliothèque\nnationale de Paris, le Vin7 6221, autographe de Campion, qui contient des\npièces de guitare, et a été légué à la Bibliothèque en 1748. En tête de ce vo-\nlume se trouve le catalogue des œuvres de qui porte :\nl'abbé Carbasuns, critique de la vielle."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.40", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "rangée de dames et de gentilshommes jouant de la vielle et de la\nmusette sur l'escarpement d'un Parnasse couronné par un âne en\ntrain de braire.\nEn manière de signature :\nC sol ut pinxit.\nG ré sol sculpsit.\n(Ce sont les deux tons favoris de l'instrument) et comme\nlégende :\nUignorance et le mauvais goût\nEn ce siècle règlent tout.\nRien n'y fit. La vielle survécut aux brocards, aux critiques, aux\ninjures, et elle eut l'honneur de figurer aux programmes du Con-\ncert spirituel trois années de suite, en 1731, 1732, 1733, accom-\npagnée par l'orchestre (1) !\nC est à peu près à cette époque que Le Clerc peint sa jolie\nVielleuse, gravée ensuite par Basan avec ce quatrain du dernier\ngalant :\nUne aimable voix, un air tendre,\nDes belles sur nos cœurs augmentent le pouvoir.\nOn risque autant à les entendre\nQu'on a de plaisir à les voir (2).\nLa vielle figure aussi dans le petit groupe d'instruments de ssiné\npar Cochin à 1 angle gauche du Billet de mariage du Dauphin en\n1745. Elle rayonnait depuis longtemps dans un des plus délicieux\ntrophées de bronze doré qui décorent le salon de la Paix au palais\nde Versailles (panneau de gauche en venant de la Galerie des\nGlaces).\nSous le règne de Louis XVI, la vogue de la vielle déclina rapi-\ndement. On ne la voyait plus, en 1783, époque où parut le Tableau\nde Paris,qu aux mains des vielleuses du boulevard, dont Mercier\ndit « qu elles portent, sur leur gorge souillée, un large cordon\n\n(î) Les concerts en France sous l'ancien régime, par Michel Brenet (Fisch-\nbâcher, 1900).\n(2) Cette estampe a été reproduite en plus petit format avec ce titre : Ccecilia.\nC'est une lithographie assez mauvaise et qui doit dater des dernières années\ndu xixe siècle."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.42", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "« bleu qui a autrefois servi à une Majesté. Ce cordon déctuTleur\n« sert de bandoulière. »\nPlus tard, les différentes pièces inspirées par Fanchon la Viel-\nleuse (1) appelèrent pendant quelque temps l'attention sur le mal-\nheureux instrument ballotté pendant six siècles entre le succès et\nle mépris, cultivé tour à tour par des mendiants et des gentils-\nhommes, par des aveugles et par des reines de France, justifiant,\nplus que toute autre invention, les vers connus d'Horace :\nMulta renascenlur quœ jam cecidere, cadentque\nQuœ nunc sunt in honore...\nCe qui suit est emprunté à une jolie chronique de M. L. Pa-\n\n(i) Les voici dans Tordre des représentations :\n1. Fanchon la Vielleuse, 3 actes_, de Bouilly et Pain, 1800.\n2. Fanchon la Vielleuse, 1 acte, de Périn, 1802.\n3. La Vielleuse du boulevard, 3 actes, de H. Chaussier.\n4. Fanchon de retour dans ses montagnes, 3 actes, de Aude et Servières, iBo3.\n5. Les Trois Fanchons, de Bosset et Joie (ballet), iBo3.\n6. Fanchon toute seule, 1 acte de L. Conet, iBo3.\n7. Un trait de Fanchon la Vielleuse, 1 acte, par T. D., 1804.\n8. Fanchon la Vielleuse, opéra comique de Kotzbue, musique de Himmel,\niBos.\no. Fanchon la Vielleuse, à (revue locale), par Dupaty, 1811.\nLa plus connue de toutes ces pièces est sans contredit la première, repré-\nsentée le 28 nivôse an XI, avec une musique arrangée par J.-D. Doche, et qui\nne comprend pas moins de cinquante-un numéros de chant, une ouverture\nsymphonique et deux entr'actes. Les parties gravées supposent un petit\norchestre composé de premiers et deuxièmes violons, altos, violoncelles, deux\nflûtes, basson, deux cors. L'air Aux montagnes de la Savoie, chanté par\nFanchon, était devenu classique :\nAux montagnes de la Savoie,\nJe naquis de pauvres parents.\nVoilà qu'à Paris on m9envoie,\nCar nous étions beaucoup d'enfants.\nJe n'apportais, hélas ! en France,\nQue mes chansons, quinze ans, ma vielle et Vespérance.\n2e couplet.\nQuinze ans, et sans ressource aucune,\nQue Von éveille de soupçons !\nCependant j'ai fait ma fortune,\nEt n'ai donné que mes chansons.\nFillette sage, apporte en France,\nTes chansons, tes quinze ans, ta vielle et l'espérance.\nCette déclaration de vertu indique que la Fanchon de la pièce n'avait rien"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.43", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "gnerre, publiée récemment dans un journal musical, dont on a\nnégligé de me donner le titre en m'adressant la coupure.\nNous avons eu pour dernier joueur de vielle un grand gaillard, bien\nconnu des Parisiens, Barbu,coiffé d'un chapeau mou, arrogant et gouail-\nleur. Il circulait dans les rues avant 1870, il jouait aux Champs-Elysées,\nil jouait sur les places publiques et dans les cours, non dans les cours\nprincières, mais dans les cours de maisons choisies; quelquefois, au bal\ndu Château-Rouge, il donnaitdes concerts, et y faisait de bonnes recettes.\nC'était un véritable artiste, il avait du talent, du doigté et du goût ; il\navait le coup d'archet du violon. Non seulement il faisait chanter l'ins-\ntrument, mais quelquefois il chantait lui-même en s'accompagnant ; il\nimprovisait des ritournelles. Tantôt il était seul, tantôt il s'entourait\nd'un orchestre; alors il supprimait les la vielle faisait léchant,\nla guitare et le violon faisaient l'accompagnement; il avait un répertoire.\nNous l'avons entendu bien des fois jouer le ou le\nsextuor de Lucie. Il possédait si bien son instrument que dans les dimi-\nnuendo il lançait et lâchaitla manivelle; il la reprenait à temps, à la volée\npour renfler \\ il dédaignait de faire la quête et comptait sur l'enthou-\nsiasme des dilettanti.\nQu'est-il devenu ? A-t-il disparu dans un nuage comme Romulus ?\nDepuis 1870, on n'a plus revu l'homme à la vielle. La légende raconte\n\nde commun avec les vielleuses que Mercier a rencontrées dans le ruisseau des\nboulevards.\nVoici l'air final dont Florine, Francarville, L'Atteignant, Sainte-Luce, André\net Fanchon chantent tour à tour un couplet. Nous donnons seulement le pre-\nmier et le dernier.\nFI.ORINE\nAu boulevard\nLe jeudi l'on\nTous les gens du bon ton.\nPourquoi la mode a-t-elle\nFait choix de\nC'est, dit-on, pour entendre la vielle\nLa vielle de Fanchon.\nFANCHON (au public).\nUne main gé\nDonnait à la\nLe prix de s\nPour mieux fè/e,\nPar des bravos\nAccompagne^\nLa vielle de\nLa Fanchon authentique naquit en 1737. Elle s'appelait de son véritable\nnom Françoise Chemin, et, en se mariant, devint M\"\"- Ménart."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.44", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1759, "texte": "que pendant la Commune il courut aux barricades etqu'il fut fusillé.C'est\nle dernier des troubadours. Avec lui la vielle a peut-être disparu à tout\njamais.\nDans les dernières années de l'Empire, l'artiste dont il est\nquestion venait fréquemment jouer devant les cafés de Versailles.\nIl s'appelait Billorey. De là la confusion qui s'établit avec l'homme\npolitique du même nom qui, avant d'être membre de la Commune,\ns'occupait non de musique, mais de peinture, et fut condamné à\nla déportation à la suite des événements de 1871.\nDepuis plus d'un demi-siècle la vielle, à Paris, est redevenue\nl'instrument truand : la lyra mendicoentre les mains de quel-\nques musiciens ambulants qui, pour la plupart, justifient toutes\nles critiques dont le malheureux instrument a été comblé au cours\nde sa carrière si mouvementée. Mais la vielle est toujours en\nhonneur dans plusieurs provinces de France : le Bourbonnais, le\nNivernais, le Morvan, l'Auvergne, la Bretagne, et particulièrement\nle Berry. Elle a encore des facteurs réputés pour la construire,\nd'habiles virtuoses pour la faire valoir, et des artistes intelligents\npour l'apprécier.\nN'oublions pas que Laurent Grillet l'a jouée avec beaucoup de\nsuccès dans le quatuor d'instruments anciens où il avait pour par-\ntenaires Delsart, Van Wœfelghem et Diemer ; ce dernier seul\nsurvivant. Enfin la Coupemn,de Versailles, possède un vielliste\nfervent, dans la personne de son directeur, auteur du présent\ntraité, qui a fait entendre fréquement les oeuvres de Boismortier,\nBraun, Buterne, Chédeville, Michon, accompagnées par une gambe\net un dessus de viole, ce dernier instrument réalisant le chiffre\nindiqué sur la basse continue des œuvres gravées.\n[A suiv\n\nE. de Bricqueville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c013", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.1", "titre_corps": "Un orchestre morvandiau. Cliché de M. 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Desvignes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c014", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.2", "titre_corps": "L'instrument", "titre_sommaire": "L'instrument", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.13", "debut_caractere": 83, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "A mon ami J. E cor cheville.\nLa vielle est un violon sur lequel les cordes sont mises en vibra-\ntion au moyen d'un clavier, au lieu d'être touchées par les doigts\nde l'exécutant } l'archet garni de crins est remplacé par une roue\npolie et enduite de colophane.\nLes cordes pour la mélodie sont au nombre de deux, à 1 unisson.\nEn outre, il y a d'autres cordes destinées à produire des basses\ncontraintes ou des pédales, et qu'on appelle : bourdons, mouche,\ntrompette (ou coup de poignet).\nLes cordes chantantes, ou chanterelles, partent du che\\illet,\npassent sur un petit chevalet, descendent parallèlement à la table\net se mettent en contact avec la roue-archet. De là elles appuient\n\nL'instrument\n\n1"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "sur un grand chevalet et viennent s'accrocherà l'éclisse inférieure\ndu corps.\nCes deux cordes sont enfermées dans une boîte allongée qui\ncontient le mécanisme, soit une série de tiges plates coupées à des\npoints fixes et perpendiculairement par des lamelles de bois taillées\nen lames de couteau, enfoncées dans ces tiges de manière à pou-\nvoir tourner et recevoir l'accord : ce sont les\nLes doigts de la main gauche, appuyant sur la tête des touches,\nfont enfoncer la tige ; à ce moment les deux sautereaux jumeaux\nattaquent les chanterelles à l'endroit précis, et le son se produit\naussitôt que la main droite actionne la roue au moyen d'une\nmanivelle.\nPar conséquent la différence entre le violon et la vielle consiste\nd'abord en ceci : dans le violon, la corde est pressée de haut en\nbas sur la touche par le doigt du violoniste, tandis que dans la\nvielle cette même corde est tirée dans le sens horizontal de droite à\ngauche par le clavier du vielliste. L'effet produit est identique.\nCHANTERELLES.\nEtudions d'abord l'état des deux cordes appelées chanterelles,\ncomme nous l'avons dit, pour les distinguer des cordes d'accompa-\ngnement ou bourdons, et non par assimilation au mi du violon.\nElles doivent d'abord être accordées strictement à l'unisson, ce\nqu'on obtient aussitôt qu'on ne perçoit plus de battements entre\nelles au moment de l'émission du son. Pour éviter qu'elles\ngrincent sur la roue, on les garnit, au point de frottement, de lé-\ngers flocons d'ouate blanche. Leur justesse dépend de plusieurs\ncirconstances qu'il faut déterminer : i°\ndes petits chevalets, 3° la position des sautereaux, 40 la gar-\nniture d'ouate,s° la rondeur absolue\ni° Le calibre.\nIl va sans dire que les deux chanterelles doivent être de gros-\nseur pareille. Malgré tout, s'il existait, pour le registre aigu ou pour\nle grave, une petite différencede justesse, on y obvieraitendéplaçant\npetit à petit le chevalet de la seconde corde.\n20 L'emplacement des petits chevalets. Autrefois il y avait un\nchevalet commun aux deux chanterelles. Aujourd'hui, chaque corde"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.15", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "a son chevalet indépendant, ce qui facilite l'accord, comme on\nvient de voir. Il suffit parfois d'un déplacement d'un ou deux\nmillimètres pour rétablir la justesse entre les deux cordes.\n3° La position des sautereaux.\nCes lamelles de bois sont autant de doigts mécaniques. Etant\nenfoncées à force dans les trous des tiges, il est aisé de leur\ndonner l'inclinaison voulue, à droite ou à gauche, pour qu'elles\nsaisissent les cordes au point exact où elles doivent donner la\nnote juste de l'échelle chromatique. On accorde d'abord la\nchanterelle de droite (en regardant l'instrument), tandis que la\nchanterelle de gauche est immobilisée sur un épaulement d'os ou\nd'ivoire ménagé à cet effet dans la boîte à clavier. Puis on règle\nl'unisson avec la chanterelle qu'on a remise à sa position normale.\n4° La garniture d'ouate.\nC'est là la grosse question. Il faut légèrement présenter à la\ncorde l'ouate en flocon mince, plat et allongé, et, en même\ntemps, de la main droite imprimer à la roue un mouvement\nsaccadé.\nL'ouate commence à s'enrouler. Sans cesser de tourner la\nroue, on roule la corde fortement entre le pouce et le médius\nde la main gauche. L'opération est extrêmement délicate, car\npour peu que la touffe d'ouate soit trop forte, les notes aiguës\ndeviennent fausses ; et si elle est trop fine, les mêmes notes grin-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.16", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "cent désagréablement. L'habitude guidera le vielliste qui, en\naucun cas, ne doit poser, même légèrement, ses doigts sur la\nsurface polie de la roue.\n5° La rondeur absolue de la roue.\nLa roue-archet est tournée dans une bille de bois dur, généra-\nlement de sorbier ou d'alisier, parfois d'érable. Par conséquent,\nsous l'action de l'humidité ou du soleil, elle tend à se déjeter\ndans un sens ou dans l'autre. On s'en rend compte quand, en\ntournant doucement la roue, on perçoit des intermittences de\nvibrations. Il faut alors, si le déjet n'est pas important, présenter\ndélicatement au bas de la roue une lame de verre à l'arête\nbien nette, et tourner avec précaution de manière à rétablir\nl'uniformité de la surface polie du bois. Il est curieux qu'on\nn'ait pas songé, pour obvier à cet inconvénient très fréquent,\nà tourner la roue dans une pièce de bois composée de quatre\nmorceaux assemblés en sens contraire des fibres, quitte à recou-\nvrir le taillant de la roue d'un ruban de placage, si l'assemblage\noffrait quelque danger aux endroits du collage (i).\nBOURDONS\nLes bourdons devant produire des sons fixes à la tonique ou\nà la dominante du morceau, ils ne sont pas soumis à l'action du\nclavier. Partant du côté droit ou du côté gauche de la tête (ou\ncheviller), ils sont soutenus par un épaulement tout en haut du\ncouvercle des sautereaux, et viennent s'appuyer sur un chevalet\noù l'on peut les faire glisser si l'on veut les écarter de la roue\net, conséquemment, les réduire au silence. Il y a deux bourdons\nde chaque côté de la boîte à clavier. L'un d'eux s'appuie sur un\npetit chevalet mobile, trompil lon,qui, lorsque la corde est mise\nen vibration, se livre, sur la table, à des battements dont on règle\nla fréquence et l'intensité au moyen d'une cheville fixée dans le\ntire-cordes : on l'appelle : la trompette ou coup de poignet ; c'est\nla difficulté d'exécution la plus sérieuse quand on veut bien s'en\n\n(t) Dans le Mercure du 25 mars 1761 on lit : « le sieur Louvet, rue des\n« Petits-Champs, qui a trouvé le moyen d'empêcher la roue de la vielle de\n« se déjeter. » En quoi consistait l'innovation du célèbre facteur, il ne nous\na pas été possible de le savoir."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.17", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "servir. Un vielliste aveyronnais, depuis longtemps fixé à Paris,\nM. Tarible, possède un coup de poignet qui, comme articulation,\nprécision et variété de rythme pourrait être difficilement égalé.\nLes chanterelles, donnant au départ un sol, sont des la de\nviolon un peu fins ; le bourdon ut est un ut filé d'alto ; le se-\ncond bourdon sol, un sol filé de violon; la trompette, un fort\nré de violon ; le gros bourdon, dont on ne se sert pas d'ordinaire,\nun sol filé de violoncelle. On n'emploie plus la mouche, qui était\nun sol à l'unisson des chanterelles.\nInutile de dire que dans les pièces autres que les danses, et\nqui modulent, on supprime les bourdons et la trompette.\nException est faite pour les musettes, à condition toutefois\nqu'elles n'offrent pas des modulations s'écartant de la tonique et\nde la dominante.\nC'est la trompette,on peut le dire, qui a ridiculisé la vielle.\nAussi quand Bâton le jeune, en 1762, entreprit de perfectionner\nl'instrument, il s'empressa de supprimer cet accessoire gênant\net antimusical. « C'est, dit-il dans son prospectus, un défaut\n« essentiel et insoutenable qui n'a pris de crédit que parce qu'on\n« y a attaché l'articulation. Mais cette articulation est aussi défec-\n« tueuse que son principe, en ce que la trompette de la vielle\n« n'est occasionnée que par les frémissements d'un chevalet sur\n« la table, ce qui ne peut produire que du bruit. C'est un véri-\n« table concert de mouches, pour employer le mot d un plaisan'. »\nIl la remplaçait par ce qu'il appelle une articulation spéciale\ndont il fournit la description en termes tellement obscurs qu'il ne\nm'a pas été possible d'en saisir le sens.\nPour terminer cette revue des cordes de la vielle, il faut noter\nqu'on doit à Bâton l'aîné l'idée de faire courir le long de la table\ndes cordes d'acier ou de laiton vibrant par sympathie, comme\ndans la viole d'amour. L'accord judicieux de ces cordes peut cor-\nriger certaines défectuosités de justesse ou de sonorité qui attein-\ndraient les chanterelles.\nLE CLAVIER\nLe clavier de la vielle se composait primitivement de vingt tou-\nches ; Bâton l'aîné les porta à vingt-quatre en 1716, et son frère,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "en 1752, alla à trois octaves, en descendant la note initiale du\nau ré. Cette innovation n'a pas réussi, etle point de départ est resté\n1 e sol (sur la clé de sol deuxième ligne de la portée). Les treize\ntouches diatoniques sont noires comme dans les anciens clavecins ;\nles dièses qui les surmontent sont en os ou en ivoire. Il faut que\nles touches qui traversent la boîte à clavier de part en part glis-\nsent facilement dans leurs mortaises, sans, toutefois, avoir trop\nde jeu, car, dans ce cas, la touche, en ballottant, entraînerait les\nsautereaux dans un mouvement analogue qui détruirait la pureté\ndu son.\nL'étendue de la vielle est donc, depuis deux siècles, de deux\noctaves moins une note : le fa dièse aigu qui n'existe pas. Le\nfa naturel se trouve sur la rangée des dièses, pour la raison que\nle resserrement des touches à l'extrême aigu du clavier ne per-\nmettrait pas de placer fa dièse, et\nN'oublions pas que la vielle, étant munie d'un clavier, devient\nun instrument à sons fixes, et doit être accordée selon les règles\ndu tempérament.\nLa forme de la vielle a considérablement varié au cours des\nsiècles. Nous ne possédons aucun instrument authentique anté-\nrieur au xvne siècle, la vielle du Kensington dont parle Terras-\nson ayant été modifiée par le réparateur; aussi devons-nous\nnous contenter des reproductions graphiques ou sculpturales.\nJusqu'au début du xvme siècle les vielles étaient plates, de forme\nallongée, et faites d'un bois uniforme, jaunâtre le plus souvent,\navec quelques filets tracés au feu et des rosaces découpées à"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "jour. Les têtes, en forme de carré, de trèfle, de cœur ou de pique\nrenversé (on peut dire que toutes les figures du jeu de cartes\nont passé), étaient d'ordinaire rattachées à Téclisse supé-\nrieure par des baguettes en bois tourné. Elles portaient 3, 4 ou\n5 cordes. Anciennement, la chanterelle était simple ; latrompette\nn'intervint qu'à la fin du xvne siècle. Comme on l'a vu, Bâton\nl'aîné utilisa pour la construction de ses instruments des corps\nde luths, de théorbes et de guitares. Mais la forme plate du xvne\nsiècle ne disparut pas pour cela, et on la voit reproduite dans\ndes estampes de Bouchardon, de Basan, etc., postérieures à la\ndate de l'invention du luthier versaillais. La forme dite « à bateau »\nconquit néanmoins la faveur des artistes, et quand il n'y eut\nplus de luths ou de théorbes à décapiter, on construisit des\ndontes de forme analogue, composées le plus souvent de neul\ncôtes assemblées sur un moule, avec alternance de couleur : brun\net jaune.\nLa table des vielles est toujours de noyer ou d'acajou. Elle\naurait plus de son si elle était, comme pour tous les instruments\nà archet, de bois de sapin. Les vielles de notre époque subissent\ncette erreur, due à l'esprit de routine uniquement.\nLa richesse d'ornementation des vielles du xvme siècle fait\nl'admiration des curieux et des artistes. Ce ne sont que bords de\ntables délicatement filetés, couvercles de clavier et ponts de roue\nrecouverts de trophées en nacre de perle, de rinceaux d'ivoire,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.20", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "de médaillons sculptés, d'incrustations d'écaillé. Le bois des\ntouches parfois disparaît sous la marqueterie, et l'on y trouve\nmême des pierres précieuses serties, comme dans l'instrument\ndu Musée du Conservatoire qui porte le n° 207 du catalogue. Il\nest vrai qu'il passe pour avoir appartenu à Madame Adélaïde,\nfille de Louis XV.\nLes formes variaient, mais toutes se recommandaient par\nl'élégance de la coupe. Il y en avait de plates, présentant l'aspect\nd'un trapèze allongé ; d'autres rappelaient un berceau d'enfant,\nune gourde de pèlerin coupée par le milieu, une guitare, une\nviole. Quant à l'appellation de « vielle à la turque » qui se ren-\ncontre assez souvent dans les inventaires ou dans les annonces\nde vente, j avoue qu'il m'a été impossible de me renseigner sur\nce qu'elles avaient de particulier (1). Quant aux têtes, elles étaient\nravissantes, sculptées par Pineau ou par Lafille, têtes de roi cou-\nronné, de mousquetaire, de Turc, de femme, d'ange, de négril-\nlon, surmontant un cheviller que décore généralement à la base\nune coquille délicatement fouillée."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.20", "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1363, "texte": "Dans les Tablettes de Renommée de 1772, le Sr Foubert est signalé\ncomme « faisant toutes sortes de vielles à la façon du Sr Lourcetet de Farcy,\n« des vielles turques, tant doubles que simples."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.22", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "Au point de vue de la sonorité, les vielles en bateau ou sur\ncorps de luth sont incomparablement les meilleures (i).\nJe n'ai pas à parler des multiples essais ayant pourbut d'adapter\nau mécanisme de l'épinette, du clavecin ou du piano-forté\nl'économie de la vielle. On pourrait citer une centaine d'appareils\nsonores où l'on a essayé, au moyen de bandes de parchemin ou\nd'archet sans fin, de prolonger, à la façon de la vielle, le son du\nclavecin. Le dernier en date est le piano-quatuor de Baudet, qui\napparaît comme le résultat le plus parfait de la combinaison.\nMais il faut s'arrêter sur la vielle (2), qui eut un grand\nsuccès vers le milieu du xvme siècle et qui retint un moment\nl'attention des artistes.\nLA MARQUISE\n« J'ai, autrefois, joué de la guitare... et j'en ai là une très ornée\n« qui m'a coûté bien de l'argent...\nLE MAÎTRE\n« Comme il est nécessaire d'avoir\n« n'est plus à la mode,/e vous en vielle organisée ».\nDom Bedos, dans son remarquable traité de\nd'orgues, consacre une notice détaillée à cet amalgame de la vielle\net d'un jeu de flûte bouchée. La touche, en s'abaissant, ouvrait la\nsoupape du tuyau et le faisait parler. On pouvait jouer les deux\nensemble, ou les faire entendre séparément. Le soufflet destiné à\npousser l'air dans les tuyaux était mû par la tige de la roue, qui\nservait ainsi, à la fois, d'archet et d'agent souffleur.\nL appareil était d'aspect déplaisant, lourd à mouvoir, massif et\nencombrant. De plus, il était bien difficile de maintenir la justesse\nentre les deux éléments. Deux facteurs, l'un de Paris, l'autre de\nToulouse : Melling et Bergé, se firent une réputation dans cette\nfacture spéciale.\n\n(1 ) Dans sa méthode La Vielleuse habile, Bouin déclare que les vielles en\ncorps de luth ont plus d harmonie et rendent plus de son ; celles en corps de\nguitare sont plus douces, et pour la chambre elles sont plus gracieuses.\n(21 Joseph Haydn a composé pour le roi de Naples Ferdinand IV des noc-\nturnes pour vielle organisée."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.23", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1877, "texte": "J'ai relevé soit sur des étiquettes, soit sur des livres d'adresses,\nTablettes de Renommée et divers organes de publicité du\nxvme siècle, les noms suivants de luthiers s'étant occupés de la\nfabrication des vieilles.\nMelling (A la belle vielleuse), rue des Orties, et plus tard rue\nFromenteau.\nFleury, rue de l'Arbre-Sec.\nLelièvre, rue des Nonaindières.\nHurel, rue des Grands-Hurleurs.\nVibert, rue de la Seine.\nDelaunay,et Claude Girod(sans adresses).\nLambert, rue Michel-Le Comte.\nVeuve Champignon,rue du Bac.\nJoubert,rue Saint-Jacques.\nRichard, au vieux Louvre (c'est le fameux facteur-ingénieur.)\nPierre Louvet, le Stradivarius des vielles. Il a dû en construire\nune énorme quantité, à en juger par ce qu'il en reste dans les mu-\nsées et dans les collections particulières. Il avait pour enseigne\nA la vielle royale, et il habita successivement les rues Pastourelle,\nSaint-Martin et Montmartre. Ses claviers sont parfaits, et aucun\nde ses produits n'est de qualité courante. Toutes les vielles de\nP. Louvet sont admirables de proportions et artistiques d'aspect.\nJean Louvet, frère du précédent, rue Croix-des-Petits-Champs.\nBâton l'aîné, à Versailles. Son frère cadet était professeur mais\nnon facteur. Toujours préoccupé d'améliorer l'organisation et d'é-\ntendre les ressources de l'instrument, il confiait à Fleury la mise\nen œuvre de ses idées.\nCésar Pons, fixé à Grenoble après avoir travaillé à Paris, rue\nPont-au-Change.\nGrou, à Lyon. Il signait : Grou de Paris.\nBerger, à Toulouse.\nDesjardins,à Caen.\nParmi les facteurs contemporains qui marchent sur les traces\nde ces facteurs d'autrefois, je dois citer Pimpard, de Jenzat (Allier),\nqui fait de belles imitations de Louvet, et qui excelle à réparer,\nou plus exactement à restaurer les anciens instruments qui ont\nsubi les outrages du temps et surtout le vandalisme des ménétriers"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.24", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "ignorants. La maison Pajot construit aussi, pour les amateurs, des\ninstruments d'après les modèles classiques.\nMalheureusement le mauvais goût des vielleux de campagne\nimpose aux facteurs des peinturlurages odieux qui déshonorent\nla vielle. Quant aux têtes sculptées sur les instruments à bon\nmarché, elles sont si grossières qu'il vaudrait mieux les remplacer\npar une crosse ou une volute évidée.\nJe dois ajouter que, sur les prix courants, les vielles d'artistes\nsont annoncées : « Articles sérieux, sans fleurs aux couvercles. »\nLes vielles extra-soignées, avec une tête proprement sculptée,\nbordure nacre et filets mosaïque, fourniture ivoire et palissandre,\nsont de 140 à 500 francs. On peut avoir pour 100 à 120 francs\nun bel et bon instrument solidement construit et donnant toute\nsatisfaction à la virtuosité.\nLes vielles plates « ou forme guitare » sont, naturellement, moins\nchères. Mais comme on leur préfère, en général, les vielles en\nbateau, il est rare que les facteurs les soignent à l'égal de ces der-\nnières.\nRemarquons, en passant, que les roues des vielles actuelles,\ndestinées aux airs de danse en plein air, sont sensiblement plus\népaisses que celles des vielles du xvme siècle qu'on jouait dans\nles salons, et à qui on demandait surtout de la légèreté en vue de\nl'exécution des petites pièces musicales."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c015", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.2.1", "titre_corps": "Sautereaux de la vielle dans leur position de réglage.", "titre_sommaire": "Sautereaux de la vielle dans leur position de réglage.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.15", "debut_caractere": 1361, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "Sautereaux de la vielle dans leur position de réglage."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c016", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.2.2", "titre_corps": "Vielle en corps de luth de P. 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.3", "titre_corps": "L'histoire de la vielle", "titre_sommaire": "L'histoire de la vielle", "signature_source": "E. de Bricqueville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.25", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "L'histoire de la vielle\n\nLes origines présumées de la vielle sont connues de tous ( i ), et il\nn'existe pas un traité de musique, si élémentaire soit-il, qui n'ait\nreproduit le fragment du chapiteau de l'église de Bocherville\nremontant au xie siècle. On y voit deux personnages assis qui\ntiennent sur les genoux un appareil ayant à peu près la forme\nd'une guitare allongée. Au-dessus du manche se trouvent des\nmarches ou touches que fait mouvoir le personnage de gauche.\nQuant à son compagnon, il se contente de tourner une manivelle\ntrès apparente à la partie inférieure de l'instrument.\nIl fallait, par conséquent, deux musiciens pour actionner la\nvielle ou plus exactement l'organistrum.\nLes chroniques du moyen âge, à partir du xuie siècle, font\nfréquemment allusion à l'instrument dont nous nous occupons; ils\nle désignent d'abord sous le vocable d\npuis uniquement Symphonia, qui ne tarde pas à devenir par cor-\nruption chifonie, nom sous lequel il sera connu jusqu au\nxvie siècle.\nIci, une parenthèse :en Provence,à l'époque actuelle, la vielle\nest appelée communément « phonphogne ». Il est aisé de voir\ndans cette appellation un souvenir du mot primitif, qui a survécu\nde quatre siècles à la disparition de l'expression usuelle (2).\n\n(1) Pour l'histoire de la vielle, consulter le ms. de Barthélémy 1 Anglais du\nxve siècle (Bib. Nat., Fr. 22532, f° 340 v\") : « On appelle en France une\nsymphonie ung instrument dont les aveugles jouent en chantant les chansons\nde geste, et c'est un instrument qui a bien doux son, et plaisant à voir, si ce\nne fust pas l estât de ceux qui en usent » La grande miniature de ce ma-\nnuscrit, qui représente un orchestre complet du xve siècle, montre aussi un\njoueur de symphonie. ,\nCitons aussi le fameux roman de la Violette(Bib. Nat.,Fr. 24:178), où Gérard\nde Nevers se déguise en jongleur et vient la viel au col se montrer dans deux\nsuperbes miniatures (f°s 78 v° et 82 v°).\n(2) Dans son traité de la danse, imprimé en 1536 et rédigé en latin maca-\nronique, le Provençal Antonius Arena cite au nombre des instruments propres\nà animer suns compagnones la vielle, qu'il appelle fonfonta. Il la place entre\nle chipachaplum,dont la traduction nous échappe, et la (chalemie,\ncornemuse)."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.26", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "En matière cTorganographie, il n'est pas aisé de trouver\nquelque chose de nouveau touchant l'origine des appareils\nsonores. Nous n'avons donc aucune prétention à la décou-\nverte de ces documents primitifs que Kastner, pour ne citer\nqu'un musicographe, a colligés dans ces précieux volumes\nqui se nomment : Paremiologie musicale et Les Danses des\nMorts.\nDeux questions se posent tout d'abord : A quoi répondait ce mot\nsymphonie ?Le préfixe grec avv (à défaut de l'idée que nous nous\nfaisons aujourd'hui du terme), le préfixe avv indique l'idée d'une\nréunion, et répondrait parfaitement à la construction actuelle de\nla vielle qui, au moyen de ses chanterelles, de ses bourdons, de sa\ntrompette, de sa mouche, réalise l'association de plusieurs sons.\nMais, quand on l'appelait « symphonie », la vielle avait-elle ces\ncordes d'accompagnement ? Premier problème dont la solution\nest encore à trouver et qu'aucun document de l'époque ne peut\néclaircir.\nD'autre part, quel motif avait-on d'imaginer l'organistrum à\nune époque où la viole à archet était déjà connue ? Et remarquez\nque cet engin, exigeant la collaboration de deux musiciens, était\nune complication, alors que le « crout », la « rote », le « rebec »,\nembryons de la viole, et n'excédant pas les dimentions de l'alto\nactuel, pouvaient aisément être joués à l'épaule, ou sur les genoux,\npar une seule personne.\nIl paraît donc que cette « complication » avait pour objet de\nconstituer un instrument à plusieurs sons simultanés, se diffé-\nrenciant du rebec qui ne pouvait produire qu'un chant dépourvu\nde tout accompagnement.\nQuoi qu'il en soit, la chifonie, dès la période du moyen âge,\ndevient un instrument de mendiants, d'aveugles et de truands :\ntoutes les chroniques sont d'accord sur ce point, et qu'on consulte\nMathieu de Gourmay, de Peyrat, Gerson, Eustache Deschamps,\non trouve partout des traces de l'« ignominie » de la vielle. Les\nanciens auteurs allemands consacrent cet état par un mot carac-\n\n(0 Disso tation historique sur l instrument appelé lu vielle, 1741 (réimpri-\nmée en 1768. On en reparlera plus loin)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.27", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "téristique : lyra mendicorum,ou encore (i),qui subsiste\nencore.\nAu seizième siècle, sous le règne de Henri 111 de France, la\nvielle fait un effort pour se mettre au rang des instruments nobles.\nEt ici doit se placer l'extrait d'un mémoire de Terrasson qui\nmentionne d'un des plus beaux instruments qui soient à notre\nconnaissance. Il s'agit d'une vielle qui aurait appartenu non pas\nà Henri IV, comme avance l'auteur, mais bien à son prédécesseur\nsur le trône, le dernier des Valois.\nAu moment où paraît l'écrit de Terrasson, la vielle est en grande\nfaveur. Mlle de Mesmon, sœur de M. le chevalier de Mesmon, écuyer\nordinaire du Roi, ayant envie de posséder l'instrument à la mode,\nva pour en choisir un dans la boutique d'un luthier de Paris\nnommé Hurel (2), qui lui en montre plusieurs. Mlle de Mesmon\nles trouve trop grandes. « Alors Hurel (je cite le morceau textuel-\nlement) :\nAlors Hurel lui montra une petite vielle qu'il lui annonça sous le\ntitre de vielle Henry IV. Son antiquité paroit par le goût et la nature\nd'un très-beau travail qui a existé sur cet instrument dont on voit\nencore de très-beaux restes. Une partie de ce travail consiste en ce que,\nsur la table de cette vielle, on a peint une chasse d'animaux, le tout\norné d'une campane (?) en façon de broderie qui fait le tour de l'instru-\nment. Les deux rosettes percées à jour qui servent à faire sortir le son\nparles deux coins d'en haut de la table sont dessinées en façon de cou-\nronnes de lauriers entremêlées de roses ; les couronnes sont enlumi-\nnées de verd et les roses enluminées de rouge. Deux circonstances\nprouvent que cette vielle a appartenu à un Henry, roi de France. La\npremière est qu'en plusieurs endroits de la table et derrière la base on\nvoit de grandes H couronnées de France; la seconde est que derrière\nla base et sur le cerceau qui couvre la rôtie on voit en deux endroits\nles armes de France à champ d'azur, entourées l'une du seul collier\nde l'ordre de Saint-Michel, et l'autre d'un semblable collier audessus\nduquel on a gravé celui de l'Ordre du Saint-Esprit.\nDe ce quecette vielle (3) aappartenu à Henry 111, je ne crois pas qu on\n\n(î) Lyre de mendiants. Lyre de paysans.\n(2) Hurel demeurait rue desArcis, à l'image de Saint-Pierre, et se qualifiait:\n« faiseur d'instruments pour la musique du Roy ». C'est lui qui édita, en 1686,\nles pièces de viole de Marais.\n(3) Cette vielle fait partie actuellement des collections du Kensington\nMuséum."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.28", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "doive en conclure que ce roi jouoit de cet instrument. C'était autrefois\nl'usage que les princes et les seigneurs fournissoient les instruments\naux musiciens qu'ils employoient. Le chevalier de Mesmon fit réparer\ncette vielle par Bâton, luthier à Versailles, qui y mit des touches neuves.\nMais je ne scaurois approuver qu'en raccommodant l'instrument on ait\nmis un autre couvercle au clavier, sous prétexte que l'ancien était tout\nvermoulu, attendu que c'est sur ce couvercle que la main frotte conti-\nnuellement. On devoit laisser subsister cet ancien couvercle, quelqu'usé\nqu'il fût ; car il contenait sans doute les mêmes peintures et gravures\nque l'on voit sur le cercle qui couvre la roue ; et le frottement des mains\nde plusieurs siècles sur ce couvercle du clavier n'auroit servi qu'à le\nrendre plus précieux. Je ne suis pas certainement passionné pour les\nantiques ; mais je sçais en général que la vénérable rouille de l'Antiquité\nfait souvent le plus grand prix d'une médaille ou d'un monument qui\nseroient de peu de valeur s'ils estoient bien nettoyés.\nBien parlé ! Terrasson n'est pas partisan du maquillage des\nobjets d'art, et il faut l'en féliciter.\nDonc nous n'avons rien, ou peu de chose, qui nous fixe sur la\nconstruction et le jeu de la vielle au moyen âge. Bien plus, le\nmot vielle,le verbe vieller,s'appliquent indistinctement à l'ins-\ntrument à roue et à l'instrument à archet, par une confusion ana-\nlogue à celle qui, dans les auteurs grecs et latins, désigne à la fois\nsous le nom de cytharaou lyradeux instruments à cordes pin-\ncées qui ne se ressemblaient nullement. Et, de nos jours encore,\nn'a-t-on pas appelé fréquemment un mauvais piano une «épi-\nnette » ? un tambour de basque un « tambourin » ? Le mot clai-\nron, dans les anciennes chroniques, n'est-il pas opposé à ce que\nnous appelons clairon aujourd'hui, c'est-à-dire variété de bugle ?\nN'essayons pas de déchiffrer l'énigme, et datons du xvie siècle,\nd'après la narration de Terrasson que nous venons de transcrire, la\npremière apparition de la vielle à roue dans les fastes de la facture\ninstrumentale.\nDe la Cour des Valois, où elle a fait quelque figure, la vielle\ndégringole dans les cours... ouvertes aux mendiants et aux in-\nfirmes pour l'exploitation de la charité privée. Tous les auteurs\ndu xvne siècle le constatent en un latin qui ne brave pas seule-\nment l'honnêteté, mais, dans le cas présent, la bienveillance.\nSimphoniam pauci agnoscunt, tîim quià cxci et alii pauperes, apud"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.29", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "2"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.30", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "quos est in usu illam operculo tegunt, tùm quod honestiores viri\nhanc lyram veluti sordidam negligun(l). C'est clair; les .hon-\nnêtes gens considèrent cet instrument comme ignoble, d'après\nle P. Mersenne, l'homme de son époque qui connaissait le\nmieux l'organographie.\nPlus tard, Mersenne, revenant sur son appréciation, en fran-\nçais, cette fois, confesse que « si les hommes de condition\n« touchaient ordinairement la sinfonie, elle ne seroit pas si\n« méprisée qu'elle est ; mais parce qu'elle n'est touchée que par\n« les pauvres, l'on en fait moins de cas que les autres, quoy qu'ils\n« ne donnent pas autant de plaisir. »\nC'est aussi l'opinion de Millet de Challes, jésuite comme\nKircher, dans un ouvrage intitulé : Cursus seu mondus mathe-\nmaticus : Lyra communis et perpulgdit-il,\ntribuitur... viluit quant plurimum.\nMais lui aussi ne conteste pas que\nconcentum valde harmonicum producere (2). Il se souvient même\nd'avoir entendu des gens de sa connaissance qui en jouaient d'une\nmanière agréable : non contemnenda(3).\nSon opinion est partagée par Athanase Kircher : « instrumen-\ntum tritum et vulgare, mendicis p (4). »\nQue fallut-il pour relever la vielle tombée si bas ? un caprice\nde la mode. Sous le règne de Louis XIV, deux virtuoses ambu-\nlants, Janot et La Rose, firent entendre sur la vielle des menuets,\ndes entrées et des contredanses. Quelque seigneur, quelque\ndame qui les entendit vanta leur mérite en haut lieu, et toute\nla cour voulut les entendre. Bien mieux, on leur demanda des\nleçons ; ils s'y prêtèrent de bonne grâce, et, de ce moment, les\ngens de qualité, disciples de La Rose ou de Janot, commencèrent\nà vieller avec fureur.\n\n(1) « Peu de personnes connaissent la sinfonie, soit parce que les aveugles et\n« autres mendiants chez qui elle est en usage la recouvrent d'un couvercle,\n« soit parce que les honnêtes gens considèrent cet instrument comme\n« ignoble. » Harmonicorum libri, i 63 5.\n(2) « Cet instrument commun et vulgaire, parce qu'il est attribué aux aveugles,\n« a été considérablement avili... La lyre des mendiants pourrait cependant pro-\n« duire un chant fort harmonieux. »\n(3) litt. : « non méprisable. »\n(4) Musurgia universalis(i6so)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.31", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "Comme toutes les modes, celle-là ne dura pas longtemps. Mais,\nenfin, le mauvais sort de la vielle était conjuré, et il était prouvé\nque ce n'était plus l'objet sordidusque Mersenne avait flétri.\nLes gens du monde, au surplus, n'abandonnèrent pas l'instru-\nment tout à fait, et ils s'y amusaient encore sous la Régence. Or,\nà cette époque, il y avait à Versailles un luthier, nommé Bâton,\ndont la boutique était encombrée de guitares, de luths et de\nthéorbes, instruments désuets, condamnés par le bon ton, et,\npour tout dire, gothiques ; traduisez: méprisables.\nPour utiliser celot de laissés pour compte, il eut l'idée de couper\nles manches, et de se servir des bateaux ou des dontes comme\ncaisses de résonance de vielles. Il les surmonta d'une jolie tête\nsculptée par Pinau, sculpteur ornemaniste établi rue N.-D.-\nde-Nazareth ; il orna le couvercle et le pont de quelques agréments\nen ivoire écaille et nacre, et l'objet ainsi présenté eut une vogue\ninouïe.\nSi vous paraissez surpris qu'à notre époque on trouve si peu\nde luths et de guitares anciennes, lisez ce qui précède et vous\naurez la raison de leur disparition : on en a fait des vielles.\nJ'ai sous les yeux un ouvrage de Michel Corrette extrêmement\nrare ( i ) : Les dons d'Apollon,où l'opération qui consistait à détruire\nles instruments à cordes pincées pour en faire des instruments\nà cordes frottées se trouve narrée en un style allégorique et bur-\nlesque familier à l'auteur.\n« Apollon chanta et joua si supérieurement de la guitarre aux\n« noces de Thétis et Pelée qu'il eut l'applaudissement général\n« de tout l'Olimpe, des divinités infernales aquatiques et terrestres\n« qui s'y trouvèrent. Mais la Discorde, qui joignait à sa chevelure\n« de serpents, à son teint livide, à ses yeux égarés, à sa bouche\nc. écumante, à ses mains ensenglantées, l'art de jouer de la vièle,\n« fut si piquée de n'avoir pas été invitée pour y jouer de cet\n« instrument, qu'outre la pomme d'or qu'elle jetta sur la table,\n« elle jura aussi la perte de la guitarre qu'Apollon venoit de per-\nte sonifier en une des plus belles Géorgiennes qui fût au monde.\n\n(1) Les dons d'Apollon, méthode pour\ntare (Paris, s. d., in-fo). Je ne connais de cet ouvrage que l'exemplaire qui se\ntrouve dans la bibliothèque de M. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.32", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "« Le Dieu Pan, de son côté, métamorphosa la viéle en une jolie\n« Marmotte que Midas prit sous sa protection, ne trouvant lien au-\n« dessus de son chant et de son jeu ; de sorte que dans une feste\n« que ce dernier donna à Bacchus, il fit construire une vièle si\n« grosse qu'en dedans on pratiqua une salle dans laquelle on\n« dansa ensemble trente-six contredanses à huit. La manivelle\n« tournoit par le moyen d'un moulin à vent , .le chevalet\n« ressembloit à l'arc-en-ciel ; les plus petites cordes avoient servi\n« de cables aux vaisseaux d'Ulisse ; les chevilles étoient faites\n« sur le modèle des colonnes d'Hercule ; chaque touche étoit faite\n« avec un chesne de la forest de Dodone. Cette contre-vièle\n« étoit portée par les Titans.\n« Polyphême fut choisi pour jouer sur ce monstrueux instru-\n« ment. Il apporta sous son bras le Colosse de Rhodes pour lui\n« servir de pupitre et pour l'éclairer. Il donna un concert où il\n« chanta tout le roman de Cléopâet celui du\n« qu'il avoit mis en musique. » (Ici, la fête est troublée par les\nBacchantes. Le bruit de cette terrible vielle, qui jouait invaria-\nblement sur le mode phrygien (ton d'ut, semble-t-il), les excite à\ntel point qu'elles se livrent à toutes sortes d extravagances. Si bien\nque les Titans, épouvantés par leurs cris et leurs contorsions de\nfemmes ivres, jettent la vielle par terre.) « Cela n empescha pas\n« que notre Marmotte ne jouât toujours avec succès dans les\n« festes bachiques. Chacun la cherchoit avec empressement.\n« Point de noces ou de sérénades où elle ne fût appelée ; ce qui\n« l'enorgueillit au point qu'elle alla trouver la belle guitarre qui\n« dormait au bas de l'Olimpe, et comme un antropophage, l'ense-\n« velit dans son sein. Alors tous les Faunes, comme des lions\n« ravissants, décolent, brisent, déchirent, arrachent toutes les\n« guitarres qu'ils rencontrent sous leurs mains, pour en faire\n« des vièles. Les luths, les tuorbes, rien n'échappe à leur fureur.\n« La vièle ne manqua pas de se parer des dépouilles de\n« l'aimable guitarre, semblable aux sauvages qui se parent de la\n« chevelure d'un ennemi vaincu. Cette audacieuse n'en resta pas\n« là. D'une témérité sans exemple, elle va se présenter au Par-\nce nasse pour faire danser les Muses. Elle marcha toute la nuit,\n« accompagnéedu Dieu Pan et des Myrmidons."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.34", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "« A peine l'aurore commençoit à paraistre qu'elle étoit déjà\n« arrivée au bord du Permesse. Lorsqu'elle se mettoit en devoir\n« de la passer, son bourdonnement continuel et ennuyeux\n« réveilla tout à coup le cheval Pégase qui, d'un coup de pied,\n« la brisa en mille morceaux qu'Appollon fit jetter dans le\n« Tartare. » Malgré tout, la guitare était condamnée par la\nmode. Corrette ne s'entêta pas, et, de la même plume qui avait\nenfanté cette allégorie méprisante, il écrivit une\nlouer de la vielle,« instrument agréable, proclame-t-il, brillant, et\n« bon pour jouer seul et faire danser ».\nVoilà donc la lyra mendicorum devenue lyra patriciorum.\nIl surgit de tous côtés des-apologistes, des professeurs et des\ncompositeurs spéciaux. Le plus connu des premiers est Terrasson,\namateur de musique distingué, jouant agréablement de la vielle,\nde la flûte et de la musette, avocat, censeur royal, conseiller, puis\nchancelier de la principauté de Dombes (i).\nAntoine Terrasson s'éprit de l'instrument à la mode au point\nd'en faire le sujet d'une dissertation en règle qui figure dans ses\nMélanges d'histoire et de jurisprudence(l76B).\nIl convient de s'y arrêter un moment, non pas qu'on y trouve\ndes documents importants, mais parce que ce morceau de litté-\nrature musicale peint bien le goût très vif qu'inspira la vielle aux\ndilettanti du xvme siècle.\nIl y a pas mal de fatras dans le premier chapitre, réservé aux\norigines de l'instrument. C'est, d'après Terrasson, un dérivé de la\ncithara antique, laquelle n'était autre chose qu'une lyre.\n« Il faut, dit-il, remarquer qu'une vielle renversée ressemble parfai-\n« tement à une tortue (alors ce n'est pas cithara, mais testudo\n« qu'il faut lire), dont la tête est représentée par la poignée qui\n« tient au bout de la manivelle. »\nLa comparaison est juste, mais un peu anachronique. La forme\nde la vielle dite en bateau, qui peut, en effet, rappeler l'aspect d'une\ntortue, ne date que de 1716. La cithara aurait donc attendu deux\nmille ans pour se muer en vielle.\n\n(1) Le prince de Dombes était de première force sur le basson, et figurait\nen cette qualité à l'orchestre du Théâtre des Petits Appartements, monté par\nMme Pompadour."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.35", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "Et il ajoute : « Les cordes de la lyre étaient placées au milieu\n« de l'instrument, et les chanterelles sont aussi placées au milieu\n« de la vielle. » Ce n'est pas une raison pour faire dériver d'un\ninstrument à cordes pincées un instrument dont les cordes sont\nfrottées et actionnées par un clavier.\nL'obscurité redouble dans le passage relatif à Fétymologie du\nmot vielle. Terrasson le fait dériver du mot grec (?) sambuke. C'est\nle cas de rappeler le quatrain célèbre:\nALFANA vient sans doute ;\nMais il faut avouer aussi\nQu'en venant de là jusqu'ici,\nIl a bien changé sur la\nPar conséquent de sambucaon a fait symphonia. « Or les\n« auteurs de la basse latinité (voilà donc passé du grec\n« au latin) auront abrégé le terme symphonia en celui de sam et\n« celui de buccina en ces deux syllabes : Bucca, c'est-à-dire l'instru-\n« ment nommé symphonie, où il y a une trompette. Voilà bien la\n« vielle ; et en joignant à sambuca l'épithète rotata que le P. Jou-\n« bert lui donne, cela signifie l'instrument appelé symphonie, où il\n« y a une trompette et une roue. Le pays des conjectures est\n« vaste ! » Assurément. Mais quand on songe qu'Antoine Ter-\nrasson est contemporain de Voltaire, on conclut que la clarté du\nlangage n'était pas une qualité commune à tous les auteurs du\nxvme siècle.\nDe plus en plus l'auteur s'égare à travers les broussailles de l'an-\ntiquité. Ayant lu dans une chronique de Jean de Meun (J. de\nMeung apparemment) que Orphée\npar son beau vieller,il en arrive à cette conclusion qu'Orphée\ncharmait la nature en tournant la manivelle d'une « chifonie ».\nViennent ensuite la description de la vielle de Henri 111, que\nnous avons reproduite, et l'anecdote de Janot et La Rose, relevant\nl'instrument truand.\nNous voici au début du xvine siècle, qui est illustré par les\nperfectionnements de Bâton, les compositions agréables de\nBaptiste et de Boismortier, la virtuosité de Danguy, de Bâton fils,\nl'habileté de facture de P. Louvet ; et la se termine\nsur la conclusion un peu triste d'un philosophe qui voit avec peine"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.36", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "l'invasion du progrès reléguant à l'arrière-plan l'objet de ses pré-\nférences artistiques :\n« Mais, malgré tout cela, la vicissitude des choses humaines,\n« qui influe sur les instruments comme sur toutes les autres\n« choses de la vie, a fait un peu tomber les musettes et les vielles ;\n« surtout depuis que les clarinettes, les cors de chasse et autres\n« instruments bruyants ont fait expulser des concerts lesthéorbes,\n« luts et basses de viole qui cependant (au sentiment de tous les\n« vrais connoisseurs) estoient avec le clavessin les seuls instru-\n« ments capables d'entretenir et de nourrir l'harmonie. »\nTerrasson, je me hâte de le dire, voyait les choses un peu en\nnoir, car en 1768, date de la première édition de la\nla vielle jouissait encore d'un grand crédit, bien qu'elle ne régnât\nplus avec autant d'éclat qu'en 1750. A cette époque, Mme Adélaïde\nviellait avec passion, ainsi que le comte de Clermont. Le comte\nde Cheverny, dans ses intéressants Mémoires, mentionne qu' « un\nmaître de vielle lui a passé par les mains », mais, ajoute-t-il, sans\naucun profit. Les plus grands seigneurs encouragent les viellistes,\nnotamment le prince de Conty, le marquis de Castelnau, et tant\nd'autres, qui acceptent des dédicaces, et récompensent des musi-\nciens experts dans l'art d'actionner la manivelle. Mais la plus\nillustre adepte de l'instrument, c'est la reine de France, Maria\nLeczinska.\n«Elle aime la musique, dit le duc de Luynes t. VII),\n« et, en effet, il y a des opéras qui lui plaisent, et de petits airs\n« pour la vielle. »\nAilleurs (t. VII, p. 3i), le noble duc mentionne que la reine\nlui fit l'honneur de venir souper chez lui deux soirs de suite.\n« Les jours qu'elle vient, on lui donne une petite musique pen-\n« dant son souper. Le lundi, en sortant de table, elle joua de la\n« vielle pendant quelque tems avec les musiciens. »\nA la suite de son Mémoire sur la nouvelle vielle en D\nBâton inscrit avec un orgueil qu'on devine le\nsuivant :\n« Quelque temps après que Sa Majesté a eu examiné l'extrait du\n« mémoire ci-dessus, M. Bâton le jeune a été obligé de se rendre\n« à Compiègne avec sa vielle en et il a eu l'honneur d'en"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.37", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "« jouer, le 20 juillet, au dîner de la Reine, qui a trouvé cet instru-\n« ment bien plus flatteur et bien plus agréable que les autres\n« vielles. Le lendemain, il a encore eu l'honneur d'en jouer devant\n« Mrae la Dauphine et Mesdames pendant leur dîner, et elles en\n« ont été très satisfaites. »\nLorsque, en 179b, on dressa l'état des biens mobiliers des émi-\ngrés, l'inventaire mentionna de belles vielles, notamment chez le\nduc d'Avray, le marquis de Lowendal, la marquise de Caumont, le\ncomte de Maillebois, le marquis d'Herouville, le vicomte de"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.38", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "Noailles-Mouchy. Celle qui est trouvée en l'hôtel de ce dernier est\nmarquée ci-devant aux armes de\nSerait-ce, d'aventure, celle de la Reine ? Comme disait tout à\nl'heure Maître Terrasson : le champ des conjectures est vaste.\nIl faut que la vielle ait eu la vie dure, pour résister aux attaques\ndont elle a été l'objet. Voici un échantillon de la critique musicale\ndu Mercure (août 1738) :\n« On pourrait, sans inconvénient pour le bon goût, reléguer la\n« vielle aux guinguettes, et l'abandonner aux aveugles ; car, n'en\n« déplaise aux Danguys et aux belles qui s'y sont adonnées depuis\n« quelques années, c'est un instrument si borné, et son cornement\n« perpétuel est si désagréable pour des oreilles délicates, qu'il\n« devrait être proscrit sans miséricorde. »\nL'année suivante (1739), paraît la\nM. de V..., auteur du Temple du goust sur la mode des instruments\n« de musique ( 1 ). En voici un extrait : « La vielle n'a pour principal\n« objet qu'un dessus ; tout le bruit qui raccompagne est un chari-\n« vari continuel, auquel on peut ajouter le croassement des gre-\n« nouilles pour accompagnement, et pour contrebasse le mur-\n« mure ou ronflement que fait la roue d'un coutelier. On doit\n« conclure que la vielle en tout ou en partie est très inférieure, et\n« qu'elle ne peut convenir qu'à des villageois totalement ignorants\n« de bonne musique...\n« Ce n'est point le goût, encore moins la raison, mais la mode\n« qui a arraché ces instruments (la musette est associée à la vielle\n« dans la réprobation de Carbasus) de la main des aveugles et des\n« pâtres chez lesquels nos ancêtres les avoient relégués. Il faut\n« même devenir pantomime pour leur attirer quelques succès, et\n« sans les grimaces de ceux qui en jouent, ils ne seraient pas sup-\n« portables aux oreilles musiciennes après qu'on les a écoutés\n« pendant plus d'un quart d'heure. »\nEn même temps paraissait une estampe représentant une double\n\n( i ) Le pseudonyme de ce livre est dévoilé par un manuscrit de la Bibliothèque\nnationale de Paris, le Vin7 6221, autographe de Campion, qui contient des\npièces de guitare, et a été légué à la Bibliothèque en 1748. En tête de ce vo-\nlume se trouve le catalogue des œuvres de qui porte :\nl'abbé Carbasuns, critique de la vielle."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.40", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "rangée de dames et de gentilshommes jouant de la vielle et de la\nmusette sur l'escarpement d'un Parnasse couronné par un âne en\ntrain de braire.\nEn manière de signature :\nC sol ut pinxit.\nG ré sol sculpsit.\n(Ce sont les deux tons favoris de l'instrument) et comme\nlégende :\nUignorance et le mauvais goût\nEn ce siècle règlent tout.\nRien n'y fit. La vielle survécut aux brocards, aux critiques, aux\ninjures, et elle eut l'honneur de figurer aux programmes du Con-\ncert spirituel trois années de suite, en 1731, 1732, 1733, accom-\npagnée par l'orchestre (1) !\nC est à peu près à cette époque que Le Clerc peint sa jolie\nVielleuse, gravée ensuite par Basan avec ce quatrain du dernier\ngalant :\nUne aimable voix, un air tendre,\nDes belles sur nos cœurs augmentent le pouvoir.\nOn risque autant à les entendre\nQu'on a de plaisir à les voir (2).\nLa vielle figure aussi dans le petit groupe d'instruments de ssiné\npar Cochin à 1 angle gauche du Billet de mariage du Dauphin en\n1745. Elle rayonnait depuis longtemps dans un des plus délicieux\ntrophées de bronze doré qui décorent le salon de la Paix au palais\nde Versailles (panneau de gauche en venant de la Galerie des\nGlaces).\nSous le règne de Louis XVI, la vogue de la vielle déclina rapi-\ndement. On ne la voyait plus, en 1783, époque où parut le Tableau\nde Paris,qu aux mains des vielleuses du boulevard, dont Mercier\ndit « qu elles portent, sur leur gorge souillée, un large cordon\n\n(î) Les concerts en France sous l'ancien régime, par Michel Brenet (Fisch-\nbâcher, 1900).\n(2) Cette estampe a été reproduite en plus petit format avec ce titre : Ccecilia.\nC'est une lithographie assez mauvaise et qui doit dater des dernières années\ndu xixe siècle."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.42", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "« bleu qui a autrefois servi à une Majesté. Ce cordon déctuTleur\n« sert de bandoulière. »\nPlus tard, les différentes pièces inspirées par Fanchon la Viel-\nleuse (1) appelèrent pendant quelque temps l'attention sur le mal-\nheureux instrument ballotté pendant six siècles entre le succès et\nle mépris, cultivé tour à tour par des mendiants et des gentils-\nhommes, par des aveugles et par des reines de France, justifiant,\nplus que toute autre invention, les vers connus d'Horace :\nMulta renascenlur quœ jam cecidere, cadentque\nQuœ nunc sunt in honore...\nCe qui suit est emprunté à une jolie chronique de M. L. Pa-\n\n(i) Les voici dans Tordre des représentations :\n1. Fanchon la Vielleuse, 3 actes_, de Bouilly et Pain, 1800.\n2. Fanchon la Vielleuse, 1 acte, de Périn, 1802.\n3. La Vielleuse du boulevard, 3 actes, de H. Chaussier.\n4. Fanchon de retour dans ses montagnes, 3 actes, de Aude et Servières, iBo3.\n5. Les Trois Fanchons, de Bosset et Joie (ballet), iBo3.\n6. Fanchon toute seule, 1 acte de L. Conet, iBo3.\n7. Un trait de Fanchon la Vielleuse, 1 acte, par T. D., 1804.\n8. Fanchon la Vielleuse, opéra comique de Kotzbue, musique de Himmel,\niBos.\no. Fanchon la Vielleuse, à (revue locale), par Dupaty, 1811.\nLa plus connue de toutes ces pièces est sans contredit la première, repré-\nsentée le 28 nivôse an XI, avec une musique arrangée par J.-D. Doche, et qui\nne comprend pas moins de cinquante-un numéros de chant, une ouverture\nsymphonique et deux entr'actes. Les parties gravées supposent un petit\norchestre composé de premiers et deuxièmes violons, altos, violoncelles, deux\nflûtes, basson, deux cors. L'air Aux montagnes de la Savoie, chanté par\nFanchon, était devenu classique :\nAux montagnes de la Savoie,\nJe naquis de pauvres parents.\nVoilà qu'à Paris on m9envoie,\nCar nous étions beaucoup d'enfants.\nJe n'apportais, hélas ! en France,\nQue mes chansons, quinze ans, ma vielle et Vespérance.\n2e couplet.\nQuinze ans, et sans ressource aucune,\nQue Von éveille de soupçons !\nCependant j'ai fait ma fortune,\nEt n'ai donné que mes chansons.\nFillette sage, apporte en France,\nTes chansons, tes quinze ans, ta vielle et l'espérance.\nCette déclaration de vertu indique que la Fanchon de la pièce n'avait rien"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.43", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "gnerre, publiée récemment dans un journal musical, dont on a\nnégligé de me donner le titre en m'adressant la coupure.\nNous avons eu pour dernier joueur de vielle un grand gaillard, bien\nconnu des Parisiens, Barbu,coiffé d'un chapeau mou, arrogant et gouail-\nleur. Il circulait dans les rues avant 1870, il jouait aux Champs-Elysées,\nil jouait sur les places publiques et dans les cours, non dans les cours\nprincières, mais dans les cours de maisons choisies; quelquefois, au bal\ndu Château-Rouge, il donnaitdes concerts, et y faisait de bonnes recettes.\nC'était un véritable artiste, il avait du talent, du doigté et du goût ; il\navait le coup d'archet du violon. Non seulement il faisait chanter l'ins-\ntrument, mais quelquefois il chantait lui-même en s'accompagnant ; il\nimprovisait des ritournelles. Tantôt il était seul, tantôt il s'entourait\nd'un orchestre; alors il supprimait les la vielle faisait léchant,\nla guitare et le violon faisaient l'accompagnement; il avait un répertoire.\nNous l'avons entendu bien des fois jouer le ou le\nsextuor de Lucie. Il possédait si bien son instrument que dans les dimi-\nnuendo il lançait et lâchaitla manivelle; il la reprenait à temps, à la volée\npour renfler \\ il dédaignait de faire la quête et comptait sur l'enthou-\nsiasme des dilettanti.\nQu'est-il devenu ? A-t-il disparu dans un nuage comme Romulus ?\nDepuis 1870, on n'a plus revu l'homme à la vielle. La légende raconte\n\nde commun avec les vielleuses que Mercier a rencontrées dans le ruisseau des\nboulevards.\nVoici l'air final dont Florine, Francarville, L'Atteignant, Sainte-Luce, André\net Fanchon chantent tour à tour un couplet. Nous donnons seulement le pre-\nmier et le dernier.\nFI.ORINE\nAu boulevard\nLe jeudi l'on\nTous les gens du bon ton.\nPourquoi la mode a-t-elle\nFait choix de\nC'est, dit-on, pour entendre la vielle\nLa vielle de Fanchon.\nFANCHON (au public).\nUne main gé\nDonnait à la\nLe prix de s\nPour mieux fè/e,\nPar des bravos\nAccompagne^\nLa vielle de\nLa Fanchon authentique naquit en 1737. Elle s'appelait de son véritable\nnom Françoise Chemin, et, en se mariant, devint M\"\"- Ménart."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.44", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1759, "texte": "que pendant la Commune il courut aux barricades etqu'il fut fusillé.C'est\nle dernier des troubadours. Avec lui la vielle a peut-être disparu à tout\njamais.\nDans les dernières années de l'Empire, l'artiste dont il est\nquestion venait fréquemment jouer devant les cafés de Versailles.\nIl s'appelait Billorey. De là la confusion qui s'établit avec l'homme\npolitique du même nom qui, avant d'être membre de la Commune,\ns'occupait non de musique, mais de peinture, et fut condamné à\nla déportation à la suite des événements de 1871.\nDepuis plus d'un demi-siècle la vielle, à Paris, est redevenue\nl'instrument truand : la lyra mendicoentre les mains de quel-\nques musiciens ambulants qui, pour la plupart, justifient toutes\nles critiques dont le malheureux instrument a été comblé au cours\nde sa carrière si mouvementée. Mais la vielle est toujours en\nhonneur dans plusieurs provinces de France : le Bourbonnais, le\nNivernais, le Morvan, l'Auvergne, la Bretagne, et particulièrement\nle Berry. Elle a encore des facteurs réputés pour la construire,\nd'habiles virtuoses pour la faire valoir, et des artistes intelligents\npour l'apprécier.\nN'oublions pas que Laurent Grillet l'a jouée avec beaucoup de\nsuccès dans le quatuor d'instruments anciens où il avait pour par-\ntenaires Delsart, Van Wœfelghem et Diemer ; ce dernier seul\nsurvivant. Enfin la Coupemn,de Versailles, possède un vielliste\nfervent, dans la personne de son directeur, auteur du présent\ntraité, qui a fait entendre fréquement les oeuvres de Boismortier,\nBraun, Buterne, Chédeville, Michon, accompagnées par une gambe\net un dessus de viole, ce dernier instrument réalisant le chiffre\nindiqué sur la basse continue des œuvres gravées.\n[A suiv\n\nE. de Bricqueville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c024", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.5.3.1", "titre_corps": "Vielleur de 1650.", "titre_sommaire": "Vielleur de 1650.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "Vielleur de 1650."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c025", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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E", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.45", "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "LE CONGRÈS DE VIENNE\n\nTous les grands périodiques, toutes les revues musicales, ont\nretenti le mois dernier des échos du congrès de Vienne. Pour la\npremière fois, la musicologie a conquis le droit de cité dans la\npresse, pour la première fois elle s'est affirmée devant le grand\npublic et elle a pris rang parmi ces manifestations dont le compte\nrendu s'impose.\nCe succès coïncide avec la dixième année d'efforts de notre\nSociété Internationale. Depuis 1899, l'idée de la solidarité a fait\nson chemin dans l'esprit des historiens et des amateurs delà musi-\nque. Elle triomphe aujourd'hui, et les plus timorés sont forcés de\nreconnaître l'irrésistible puissance d'une entente collective et inter-\n\n4\n*"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.46", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1391, "texte": "nationale.Combien n'avons-nous pas été raillés dansnotre ambition\nde former un bloc au milieu du monde savant de la musique, de\nchercher notre mot d'ordre aussi bien à Berlin qu'à Londres ou\nqu'à Paris, de rompre en un mol avec les habitudes d'individua-\nlisme jaloux et de nationa-\nlisme sournois que l'école de\nFétis avait mises à la mode !\nEt voici qu'apparaît main-\ntenant le résultat éclatant de\nnotre légitime confiance. La\nréunion à Vienne de nos\ndélégués, au milieu des fêtes\nde Haydn, leur confrater-\nnité, le spectacle de leur acti-\nvité et de leurs travaux, les\ntémoignages de sympathie,\nles preuves d'estime qui les\nont accueillis, le mouvement\nd'intérêt qu'ils ont provoqué\ndans la presse du monde\nentier, tout nous permet\nd'affirmer que la S. I. M.\nest bien l'organisme capable\nde remplir avantageusement\nle rôle que ses fondateurs lui\nont assigné.\nC'est là une impression\nconsolante que je voudrais\nfaire partager à nos lecteurs\net amis, en évoquant de-\nvant eux quelques souve-\nnirs de cette mémorable semaine.\nDes séances administratives, rien à signaler de bien émouvant.\nRéunis dans la grande salle du Conseil supérieur de l'Université,\nautour d'une table solennelle, les présidents et représentants des\nSections de toutes les nations ont entendu de longs rapports et\ndiscuté des propositions que la différence des langues n'était pas"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.47", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 584, "texte": "pour éclaircir. Le grand débat devait porter sur la transformation\nde nos Bulletins internationaux, et sur l'établissement d'un fasci-\ncule nouveau, que les Anglais, toujours pittoresques dans leur\nbrièveté, qualifiaient de Polyglott Central. Ce projet fut ajourné\net le statu quomaintenu. Notre éminent trésorier général, le\nHofrat von Hase, nous apprit la formation d'une section russe\nà Saint-Pétersbourg, dont les statuts étaient soumis à l'examen\npeu bienveillant d'ailleurs des fonctionnaires du tsar, ainsi que\nl'affiliation définitive àla S. I. M. de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.48", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "Italiani. Quelques modifications administratives complétaient\nl'ordre du jour de ces séances, dont la première ne dura pas\nmoins de trois heures et demie.\nComme tout congrès qui se respecte, celui de Vienne n'oublia\npas les réunions d'apparat. Il nous fut donné d'entendre, en des\nlangues diverses et également officielles, Mgr Mayer, président\ndes fêtes de Haydn, le ministre de l'instruction publique d'Au-\ntriche-Hongrie (dont le français fit sensation), le maire de Vienne\n(humoriste et applaudi), le professeur Guido Adler, grand orga-\nnisateur du congrès, le président de la Société Internationale,\nSir Alexander Mackenzie, et enfin le président de notre section\nde Paris, délégué officiel du ministre, M. Ch. Malherbe, dont\nl'allocution, tout à fait de circonstance, paraîtra dans les\ndu congrès.\nMais, à côté de ces tableaux sévères, le congrès nous réservait\nde riantes perspectives comme Vienne et les Viennois savent en\noffrir à leurs hôtes. Tout d'abord des auditions musicales, dont\nHaydn fit naturellement presque tous les frais. Symphonies,\nmesses, musique de chambre et de concert, opéra, oratorio,\ntous les genres exploités par l'auteur des Saisons nous furent\nprésentés, et de fort bonne façon. Parmi ces manifestations,\nquelques-unes m'ont paru extrêmement typiques et j'y reviendrai\nsans doute dans notre numeio prochain, spécialement consacré\na Haydn. Haydn, d ailleurs, n était pas seul à figurer sur les pro-\ngrammes du congrès. En principe, les organisateurs de ces fêtes\navaient voulu nous permettre d'embrasser d'une vue, ou plutôt\nd'une oreille rapide, l'école viennoise, du xve au xvme siècle.\nEn réalité, il fallut se limiter à quelques noms : Fux, Muffat,\nHandl, Benevoli, Poglietti et quelques symphonistes. Nous aurions\naimé une plus grande abondance. Ces oeuvres et ces maîtres sont\nsi éloignés de nous dans le temps et dans l'espace !Je regrette\nsurtout que la question brûlante des précurseurs de Haydn\nn'ait pas été serrée de plus près par des auditions comparées.\nCertes, on nous a donné du Monn et du Starzer, mais pourquoi\npas du Sammartini, du Ph.-Emmanuel Bach, du Stamitz\nmême ?\nCeci n est pas un blâme, mais une remarque, dont un prochain"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.49", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "congrès devrait retenir l'indication. Les auditions d'un congrès\nmusical gagneraient à se concerter avec les travaux du congrès\nlui-même. Les grands problèmes à l'ordre du jour de la musico-\nlogie (origines de la symphonie classique, transcriptions du luth,\nréalisations du style orné, etc.) auraient aussi bien pu être exposées\nen auditions qu'en discussions. L'admirable Bibliothèque impériale\net les gigantesques travaux accomplis par les du\nkalisches Institut offraient toutes les ressources nécessaires pour\nprovoquer d'utiles ébats. J'aurais eu plaisir à voir les Viennois\net l'école de Riemann aux prises sur ce sujet des Mannheimer, à\ncomparer les réalisations luthistes de M. Wolf et de M. Kocircz,\nou bien à discuter moi-même avec M. H. Goldschmidt.\nCette légère critique ne m'empêche pas, bien entendu, de\nrendre pleinement hommage à l'effort considérable accompli par\nM. le Professeur Acller et son état-major, les docteurs Botstiber,\nKocirz et Lunz.L'organisation de ce premier grand congrès de la\nmusique était infiniment complexe. En tout cas, il n'était guère\npossible de nous faire tenir un plus grand nombre de réjouissances\nmusicales dans le temps disponible laissé aux congressistes par\nleurs obligations scientifiques. Et encore faut-il ajouter (pour nous\nautres Français du moins) les àde l'hospitalité viennoise,\nles visites aux maîtres, à M. Weingartner, à M. Gustave Malher,\nau spirituel Leschetitzky, les réceptions pleines d'entrain chez\nMme Johann Strauss, chez notre ambassadeur, chez le professeur\nGuido Adler, chez M. von Eisner-Eisenhof (i). Tout cela en dix\njours bien remplis jusque fort avant dans la nuit.\nLes deux clous de ces réceptions furent l'excursion chez le\nprince Antoine Esterhazy, en Hongrie, et Je dîner de gala\noffert par la municipalité de Vienne, à l'hôtel de ville.\nC'est aux châteaux de Kismarton et d'Esterhaz, on le sait, que\nHaydn passa la plus grande partie de sa vie, sous le protectorat de\nla puissante famille des princes Esterhazy. Aujourd'hui, Esterhaz\n\n(i) Je tiens à remercier tout particulièrement ici M. von Eisner, au nom de\ntous nos collègues français. Il nous a comblés de prévenances et d'attentive\nsollicitude. Nous lui devons une bonne part du souvenir exquis que nous\nemportons de ces réceptions viennoises."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.50", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2372, "texte": "a perdu sa splendeur, mais Kismarton en allemand)\nreste une demeure somptueuse et royale. Le prince et la princesse\nA. Esterhazy de Galantha nous y accueillent avec une bonne grâce\nd'autant plus touchante que nous sommes quinze cents personnes\nà nous laisser héberger par eux depuis 10 heures du matin jusqu'à\n4 heures du soir (1). Depuis le xvme siècle, Kismarton a subi peu\nde modifications. La chapelle du château et la grande salle des\nfêtes sont restées les mêmes. Nous voici donc tous, congressistes\net curieux, exécutants et invités, placés dans cette vaste galerie qui\na la hauteur de trois étages, et dans laquelle l'orchestre de 1775\ndevait sonner à l'aise. Celui de 1909, qui s'intitule Orchesterverein\nvon Pozsony, m'a paru un peu compact pour des musiques aussi\nlégères que les symphonies de Haydn. L'extrême chaleur d'une\njournée d'orage aidant à cette impression, je ne résiste pas à l'en-\nvie indiscrète de faire un tour dans le château sous la conduite de\nmon très distingué collègue M. Mereny, archiviste du prince. Qu'il\ny aurait à dire sur la plastique intérieure de Kismarton! sur cet\nameublement où le goût français et le style italien se rencontrent\ndans une atmosphère mi-allemande, mi-orientale !\nMais revenons à la musique. Dans une pièce voisine de la grande\nsalle-chapelle sont exposées les reliques de Haydn. Ses manus-\ncrits, ses instruments de musique, le (2) du prince Ester-\nhazy, sorte de viole de gambe à cordes sympathiques, et des por-\ntraits, de bien curieux pastels, offrent l'attrait d'un petit musée.\nLe concert s'achève par la marche hongroise pour instruments à\nvent, dont on vient de retrouver le texte de Haydn. Elle n'est pas\nterrible, cette brave marche, et cependant elle fournit au maire de\nVienne l'occasion de s'abstenir bruyamment d'une manifestation\nque son patriotisme germanique n'approuvait pas. Il est vrai\nqu'elle remplaçait ici l'hymne traditionnel, que tout le monde\nconnaît. La politique a de ces exigences !\n\n(1) Le groupe français a pu se féliciter tout particulièrement de cette cor-\ndialité bienveillante, et nous reproduisons ici même plusieurs vues photo-\ngraphiques, dans lesquelles Son Altesse le prince Esterhazy a pris place au\nmilieu de nous.\n(2) Dans notre numéro Haydn, notre collègue L. Greilsamer consacrera une\nétude à ce singulier instrument, si peu connu."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.51", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "Hâtons-nous d'ajouter que le même magistrat, le DrLueger, a\npris sa revanche en nous conviant le lendemain à une fête qui\nrestera éblouissante dans tous les souvenirs. Imaginez l'énorme\nsalle d'un hôtel de ville gothique, préparée pour recevoir mille\ncouverts, un repas discret mais exquis, des vins que je me\nreprocherais de passer sous silence, des discours d'apparat, et\nsur le tout une musique à la viennoise, aux rythmes ambigus,\nmélodies faciles, mais si bien d'accord avec le sentiment de\nparfait bien-être et de sentimentalité qui régnait sur tous les\nconvives (i) 1\nEt les travaux du congrès, demanderez-vous sans doute avec\nanxiété ? Ici, j'avoue quelque embarras. Non pas que nous n'ayons\ntravaillé, grands dieux ! Mais la répartition du labeur entre une\ndizaine de sections empêcha les plus assidus de se faire indivi-\nduellement une opinion sur les résultats d'ensemble du congrès.\nLes résolutions votées à la séance de clôture peuvent nous donner\nune idée de l'effort accompli, mais il faut attendre la publication\ndes Actes du congrès pour pouvoir dégager la physionomie scien-\ntifique, si j'ose dire, de ces longs débats. Pour ma part, je puis\nassurer que la section de bibliographie et celle du luth, les seules\nque j'aie suivies, ont donné d'excellents résultats. On ne saurait\ncroire combien, en quelques heures de conversation bien dirigée,\nles questions s'éclairent et les difficultés s'effacent. Nous sommes\nmaintenant d'accord pour mener à bien les transcriptions des\ntablatures, ce qui revient à dire que nous avons l'espoir et la\nperspective de rendre la vie à un bon tiers de la musique instru-\nmentale ancienne. De même, en bibliographie, nous avons fait un\npas dans la pratique de cette science austère, et pourtant indis-\npensable. Dans quelques mois il nous sera possible de tirer un\nenseignement positif de ces séances de Vienne.\nPour le moment, remercions nos collègues autrichiens, et parmi\neux surtout le professeur Adler, d'avoir si heureusement réalisé\nl'effarante mission qui leur était confiée ; félicitons la Société inter-\n\n(1) Pour nous combler, la municipalité nous offrit à chacun le présent d'un\nsuperbe étui porte-cigare, orné des armes de Vienne en argent."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.52", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "nationale d'avoir donné une preuve décisive de sa vitalité et pré-\nparons-nous en vue du congrès de Londres de 1911, où nos\ncollègues anglais nous convient à recevoir l'hospitalité britannique.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c031", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.6.1", "titre_corps": "Les délégués français au château du prince A. Esterhazy, à Kismarton.", "titre_sommaire": "Les délégués français au château du prince A. 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L'inconvénient de ce déplacement était\nde donner plus d'éclat encore, et un caractère franchement\nthéâtral, à de simples examens de sortie. L'avantage était de\nmettre un plus grand nombre de places à la disposition du public :\non pouvait espérer que les musiciens, professionnels ou amateurs,\nauraient enfin accès à des spectacles bien faits pour les intéresser,\net dont on les avait presque complètement privés jusque-là. Il\nn'en fut rien, car la Direction des Beaux-Arts profita du chan-\ngement pour s'attribuer le droit exclusif de répartir les billets\nd'invitation : neuf cents furent donnés aux membres du Parle-\nment, qui s'empressèrent de s'en défaire, les uns en faveur de\nleurs amis, amies ou serviteurs, d'autres au profit des marchands.\nIl n'y eut donc, cette année, dans la salle, qu'un public de mas-\ntroquets, de valets de chambre, d'étrangers de passage, et de ces\nélégantes dont Courteline notait jadis les travers sous ce titre\ninexplicable : Dindes et grues. Le scandale fut si grand que l'année\nsuivante la répartition des précieux bouts de carton revint au\nsecrétariat du Conservatoire, et, si les musiciens ne furent pas\n\n5"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.54", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "mieux partagés que par le passé, du moins ne le furent-ils pas\nplus mal : c'était un progrès. Mais le ministère ne se tenait pas\npour battu; cette année, profitant de l'inattention générale, il a\nrepris un monopole qui lui permet sans doute de se concilier\nbien des sympathies. Et il nous a bien fait sentir qu'il n'avait\nnullement besoin des nôtres. Non seulement les artistes ou pro-\nfesseurs ne purent rien obtenir, mais les titulaires des classes\ndont les élèves allaient se mesurer ne reçurent chacun que deux\nou trois places médiocres, et les membres du jury n'eurent que\nla leur, dans la loge officielle. Les services de la critique furent\neux-mêmes rognés, et à notre Revue il n'est échu qu'une mau-\nvaise chaise d'orchestre, qui ne permettait guère d'apprécier les\nsonorités, mais accordait une vue d'ensemble sur la salle.\nElle était, comme on pouvait s'y attendre, fort panachée. Aux\npremiers rangs de l'orchestre, la canne aux dents, de jeunes atta-\nchés de cabinet, à moins que ce ne fussent des secrétaires de dé-\nputés, se pavanaient, adressant des sourires flatteurs à des beautés\naux yeux agrandis, leurs voisines, et des quolibets facétieux aux\nconcurrents dont le nom ou la tournure excitait leur verve ma-\nligne : « Un navet ! » disaient-ils, ou bien : «Té 1 Marius I» ;\n« Pourquoi donc ? » disaient-elles, en montrant des dents friandes.\nMais leurs mères, auprès d'elles, gardaient, sur leurs faces dilatées\nd'orgueil et d'oisiveté, la gravité bougonne de ménagères fortes\nen bouche et âpres au marchandage. Il y avait beaucoup de saluts,\nde signes, et parfois des rencontres touchantes : « Tiens ! maman,\nqui est là ! » «Alfred, qui m'appelle !»eton se tendait la main,\npar-dessus le murmure de trois rangs. Une joie attendrissait tous\nles regards : rien n'est plus doux au cœur humain que l'angoisse\net le danger d'autrui. C'est pour leur carrière et pour leur pain\nquotidien que ces jeunes gens s'éverrudient àse bien tirer de leurs\ntraits, à ne pas perdre le souffle, à attraper le style et l'expression\nconvenables. Ils venaient risquer là le fruit de longues années\nde travail, et leur émotion était presque toujours manifeste.\nAussi faisait-on le possible pour l'aggraver encore ;la moindre\ndéfaillance, fausse note, geste maladroit ou manque de mémoire,\nétait soulignée d'un gros rire fait à souhait pour bouleverser au\nreste le délinquant. Quel spectacle enchanteur, s'il avait pu res-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "ter court ! Ce vœu si généreux ne fut pas exaucé : tous sont arrivés\nà vaincre leur frisson, à reprendre leurs esprits, mais parfois ce\nfut au prix d'efforts surhumains, bien agréables à contempler.\nD'ailleurs, on ne voulait la mort de personne, et on ne demandait\nqu'à applaudir après s'être bien diverti. Que fallait-il pour cela ?\nBien peu de chose, en vérité : une note insidieusement filée, un\nralentissement câlin, ou bien au contraire une vélocité de coureur\nd'obstacles, et aussitôt la salle entière crépitait d'un tumulte\nincoercible. Résigné et dédaigneux, M. Gabriel Fauré donnait,\ndepuis sa loge lumineuse, un coup de sonnette, un autre, un\nautre encore. On revenait à soi ; quelques mesures avaient passé\ninaperçues, mais il en restait encore assez pour trouver de bons\nmoments.\nCependant, sur l'escalier du théâtre, blanchi de pluie, une foule\nruisselante attendait, sans parvenir à perdre courage, que quel-\nqu'un sortît. Car le public a droit, dans ces concours, aux places\ndont on n'a pas disposé pour des invitations. Mais ce droit est\naujourd'hui complètement illusoire, puisque le nombre des invi-\ntations lancées dépasse, et de beaucoup, celui des fauteuils, chaises,\nstalles et strapontins que la salle renferme. Chaque année une\nmultitude de braves gens passent ainsi quelques journées devant\nune porte qu'un garde inflexible ne leur ouvrira jamais: ils croient\nà la force des lois.\nIl n'y aurait pas grand mal à tout cela, ou plutôt il n'y aurait\nen notre ville qu'un plaisir de plus, si l'avenir des concurrents ne\nrisquait d'être compromis. Sans doute ils n'ont à rechercher que\nl'approbation du jury ; mais comment ne seraient-ils pas troublés\npar les rumeurs du public ? Il est vrai que l'aplomb est utile à\nqui doit se produire ; c'est cependant une qualité secondaire.\nPlusieurs de nos plus grands artistes défaillent de peur, après des\nannées de triomphe, au moment d'entrer en scène ; l'attention\nqu'on leur témoigne, l'émotion qu'ils donnent et dont ils sentent\nle retour, les soutiennent ; devant un auditoire pareil à celui des\nconcours, ils perdraient tout leur talent. C'est pourquoi il ne faut\npas s'étonner si quelques-uns de ces jeunes gens cherchent à se\nconcilier, par des effets à sa convenance, la faveur de la foule qui\nles écoute ; rien ne vaut les applaudissements, bien ou mal gagnés,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.56", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "pour donner le courage, l'entrain, l'inspiration. Et le maître qui\ntient au succès de ses élèves doit leur recommander lui-même\ncertaines complaisances à un goût qui n'est pas le sien, ni celui\ndu jury.\nCe goût du public peut se mesurer à ceci : que les concours\nles plus passionnément suivis sont les plus médiocres : ceux de\nviolon et de chant. Le premier nous a montré, cette anné, de\njeunes virtuoses fort préoccupés de rendre Bach intéressant,\némules à la fois de Jacques Thibaud, celui d'aujourd'hui, qui\nrevient d'Amérique, et de Rigo. Quant aux chanteurs et chan-\nteuses, ils ont manifesté un ensemble de qualités moyennes et de\ndéfauts ordinaires, sans la consolation d'une nature intéressante.\nEt les nombreuses récompenses qui leur furent décernées ne sont\nguère que des encouragements à leur bonne volonté. La générosité\ndu jury n'a d'ailleurs pas empêché le public de protester violem-\nment, parce qu'une chanteuse, honorée d'un second prix en 1907,\nn'a pas été gratifiée, cette année encore, du premier. Elle n'a fait\naucun progrès depuis deux ans, bien au contraire :sa voix était\nplus serrée, son interprétation plus guindée, mais d'avance l'opi-\nnion était préparée à son succès.\nLes concours de piano ont été un peu meilleurs, et, comme tels,\nmoins applaudis. Le Carnaval de Schumann, abrégé, a été en\ngénéral bien interprété par les pianistes mâles, et les Quinze varia-\ntions de Beethoven, écourtées, n'ont pas été trop mal comprises\npar les jeunes filles, dont une seule est une véritable musicienne :\nson seul tort est de n'avoir que douze ans. Mais Mozart aussi fut\nun enfant prodige.\nAux concours d'instruments à vent, le spectacle est tout autre :\npoint d'élégances féminines, point de fatuités officielles. La moitié\ndes places restent vides ; aux autres, ce sont les uniformes qui\ndominent, tous marqués au bras gauche de la lyre en laine rouge :\nchefs de musique ou anciens camarades, attentifs, connaisseurs,\ncapables de reconnaître au passage les notes, d'apprécier les doigtés,\nde juger le style, et, par là même, bienveillants. Plus de compé-\ntitions, de partis pris, de cabales : on souhaite le succès de tous.\nPas de classes en lutte, ni de ces paris qui s'engageaient comme\npour des écuries de courses : Lefort ou Berthelier, Hettich ou"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "Melchissédec? Chaque enseignement, ici, est unique, et le maître,\naux côtés de l'accompagnateur, montre à tous ses élèves une sol-\nlicitude égale. Pour une fausse note ou une erreur de mesure, on\nvoit se contracter les rides de son front, éloquentes : « Le malheu-\nreux ! Pourvu qu'il ne perde pas la tête 1 » L'auditoire, que la\npitié gagne, feint de ne s'être aperçu de rien; le piano continue ;\nles derniers traits arrivent et s'achèvent sans encombre. La sueur\nperle au front de l'élève, et le maître, à peine moins ému, l'invite\nà boire au verre banal qu'un usage barbare offre à toutes les lèvres.\nDéjà le morceau de lecture est étalé sur le pupitre, le métronome\nbat, et il lui glisse encore à l'oreille ses dernières recommanda-\ntions. Certains de ces jeunes gens sont à tel point intimidés que\nleur souffle s'entrecoupe, leurs lèvres tremblent, c'est à peine s'ils\narrivent à former un son. Tous sont sérieux, ont travaillé avec\nzèle, s'intéressent à leur instrument; plusieurs ont ce rythme et cet\naccent, difficiles à définir, mais qui font reconnaître aussitôt un\nmusicien; et leur jeu, étant sincère, marque fortement la diffé-\nrence de leurs caractères : tel flûtiste a de la vigueur, tel autre\nune légèreté innocente ; tel fait pleurer le hautbois, tel lui donne\nune verdeur pastorale; et des deux premiers prix de trombone,\nl'un a autant de chaleur que l'autre de délicatesse. C'est en ces\nclasses que se trouvent les meilleurs élèves du Conservatoire, et\nil faut qu'il en soit ainsi, car c'est à ces instruments que l'avenir\nappartient. On ne s'en doute guère, parmi le public qui acclame\nl'aigre cri d'une chanteuse ou l'archet brandi d'un violoniste.\nSilence ! Gardons le secret, ne les avertissons pas ! Ou ils vont\nnous envahir, porter jusqu'à ces concours leur goût du scandale,\ndu tapage, de la réclame, et la musique s'enfuira.\n\nLouis Laloy.\n\nRÉSULTATS DES CONCOURS\n\nCHANT (ho\nJury : MM. Fauré, Messager, Bruneau, Broussan, Delmas,\nRenaud, Imbart de la Tour, Clément, Coquard, Escalaïs, Mou-\nliérat, Beraheim, d'Estournelles de Constant, Bourgeat, secré-\ntaire ."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.58", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1628, "texte": "Concurrents.\n1. M. Descols, 27 ans, Polyeucte(Gounod).\n2. M. Barreau, 29 ans 2 mois, Ricimer (Philidor).\n3. M. Broche, 27 ans 6 mois, Aulide (Gluck).\n4. M. Félisaz, 27 ans 11 mois, (Gluck).\n5. M. Taréria, 26 ans 9 mois, l'A (Bruneau).\n6. M. Tirmont, 24 ans 10 mois, (Mozart).\n7. M. Fontaine (Hugo), 26 ans 1 mois, (Gounod).\n8. M. Coulomb, 24 ans 5 mois, (Hœndel).\n9. M. Dupré (Pierre), 24 ans 11 mois, (Weber).\n10. M. Népote, 27 ans 1 mois, l (Rameau).\n11. M. Renault (Angelo), 25 ans 4 (air\nd'Achille) (Gluck).\n12. M. Laloye, 29 ans 3 mois, Fr(Weber).\n13. M. Courbon, 26 ans 11 mois, (Méhul).\n14. M. Ponzio, 26 ans 4 mois, I (Gluck).\n15. M. Decourcelle, 25 ans 8 mois, Lohengrin (Wagner).\n16. M. Carrié, 22 ans 1 mois, les Ind (Rameau),\n17. M. Chah-Mouradian, 27 ans 9 mois, i'1' accessit en 1908,\nFreyschiitz (Weber).\n18. M. Jourde, 27 ans 6 mois, 2e accessit en 1908,\nenchantée (Mozart).\n19. M. Pasquier, 24 ans, Atys (Piccini).\n20. M. Combes, 29 ans 4 mois, Boris Godounow (Moussorgski).\n21. M. Clauzure, 24 ans, Œdipe à Colone (Sacchini).\n22. M. Imbert, î5 ans 5 mois, le Messie (Hœndel).\n23. M. Toraille, 27 ans 3 mois, (Gounod).\n24. M. Bellet, 26 ans 11 mois, (Duparc).\n25. M. de Laromiguière, 26 ans 4 mois, Judas Machabée\n(Haendel).\nprs prix - MM. Coulomb, Combes (Hettich) et Ponzio (Manoury).\n2e\" Prix : MM. Jourde (Dubulle), Dupré (Hettich) et Bellet (Lor-\nrain).\nlersIers Accessits : MM. Carrié (Cazeneuve), Félisaz (Lorrain),\nImbert (Engel), Fontaine (Hettich).\nseB5e8 Accessits : MM. de Laromiguière (Dubulle), Pasquier (Ma-\nnoury), Clauzure (Cazeneuve) et Taréria (Dubulle)."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "1. M. Descols, élève de M. Duvernoy. Voix timbrée, du sen-\ntiment ; chante lourdement, mais avec application.\n2. M. Barreau, élève de M. Lassalle. Voix brillante et forte de\nbaryton, assez posée, possède même le piano ; de grandes qua-\nlités vocales. Le morceau a des plans tracés qu'il fait valoir.\n3. M. Broche, élève de M. Lassalle. Basse, voix forte et dure, ne\nmanque pas de timbre, mais force tant la voix qu'il est impos-\nsible de l'apprécier.\n4. M. Félisaz, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Agréable\nténor, un peu trop sucré dans l'exécution de son morceau ; la\nvoix par moments est trop étriquée, elle tremble encore ; beau-\ncoup de progrès sur l'année dernière.\n5. M. Taréria, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Ténor;\ntout paraît être ramené àla voyelle ; dès qu'il monte, la voix\ntremble fortement ; il phrase avec intelligence et sentiment ; la\nqualité très médiocre du son s'est infiniment améliorée depuis\nl'année dernière.\n6. M. Tirmont, élève de Mme R. Garon. Jeune et légère voix de\nténor, chante très facilement, vocalise sans effort, manque d'appui,\nla musicalité et l'intelligence sont certaines ; d'autant plus éton-\nnants sont les interminables points d'orgue et le mauvais style du\nmorceau. Cette voix doit se développer beaucoup, et certainement\npeut avoir un charmant avenir.\n7. M. Fontaine, élève de M. Hettich. Ténor, voix grasse, sympa-\nthique, phrase agréablement, conduit déjà sa voix, étriqué les\nnotes aiguës dans le piano ; l'interprétation paraît manquer de\nnerfs, mais ce n'est pas mal du tout dans l'ensemble.\n8. M. Coulomb, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Une\nvoix étonnante, puisque, sans avoir un timbre accusé ni la force,\nelle remplit toute la salle, se répand partout. L'acquis, la musi-\ncalité hors de pair ; les vocalises vraiment étonnantes par la ron-\ndeur, la grâce, l'égalité et le peu de recherche extérieure. Rare\nchanteur, d'un profond équilibre et d'harmonie ; mais pourquoi,\navec un goût et un savoir aussi parfaits, ce mauvais effet de traîner\ntrois ou quatre notes de suite pour finir une phrase ?\n9. M. Dupré, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Bien\ntimbrée et belle, cette voix de basse ; la diction quelque peu"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.60", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "molle ; par moments la voix trop ouverte ; la dernière partie du\nmorceau, au point de vue de l'exécution, trop désordonnée, sans\nplan. Il y a quelque chose de débordant et de très jeune dans le\ntempérament de cette voix, qui n'est pas encore complètement\nformé. Gagnera probablement encore, surtout vu le superbe ensei-\ngnement dont le fruit se manifeste de plus en plus.\n10. M. Népote, élève de M. Duvernoy. Voix de baryton froide\net assez brillante, paraît fabriquée, tremble beaucoup dans le fort\net le piano, a deux registres différents ; dans l'exécution est pré-\ntentieux, mais paraît assez intelligent musicalement.\n11. M. Renault, élève de M. Engel. Voix de ténor quelque peu\nserrée, phrase assez bien ; le timbre n'est pas riche, fait quelques\ntours de force de respiration.\n12. M. Laloye, élève de Mme R. Caron, a concouru en 1908.\nVoix ronde, belle, sans nerfs ni intelligence, baisse avant le final\neffroyablement, mais en somme un progrès remarquable de pro-\nnonciation et de voix depuis l'année dernière.\n13. M. Courbon, élève de M. Duvernoy. Voix pauvre de timbre\n(ténor), ne tremble pas, pleurniche, sans réelle sensibilité, en-\nnuyeux.\n14. M. Ponzio, élève de M. Manoury, ier accessit en 1908.\nProgrès vocal et artistique surprenants.\n15. M. Decourcelle, élève de M. Manoury. Voix de ténor étendue,\nsympathique, assez forte, mais d'un enrouement désespérant à\nchaque concours !\n16. M. Carrié, élève de M. Gazeneuve. Très forte et belle voix de\nbaryton, paraît avoir du tempérament, mais est très jeune\nencore. Une voix d'avenir. Les notes élevées tremblent, force la\nvoix, fait des points d'orgue désespérants, pas de nerfs dans l'in-\nterprétation.\n17. M. Chah-Mouradian, élève de M. Cazeneuve, ier accessit en\n1908. La beauté du timbre de ce ténor s'est développée depuis le\ndernier concours, mais il paraît mal disposé 5 le gosier n'est pas\nbien ouvert*, émotionné ; le choix du morceau est peu heureux\npour la chaleur de ce timbre et pour le caractère oriental et tendre\nde cette voix. Grand progrès au point de vue de la prononciation.\n18. M. Jourde, élève de M. Dubulle, 2e accessit en 1908. Très"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "belle et profonde basse sonore, en plein développement vocal,\nouvert comme interprétation, les valeurs claires, beau progrès ar-\ntistique et vocal. Nature d'artiste.\n19. M. Pasquier, élève de M. Manoury. Doux ténor, phrase\ntrès gentiment, avec sentiment et musicalité ; la voix tremble\nquelque peu.\n20. M. Combes, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Voix\nde basse très travaillée, la conduit très bien, avec intelligence ;\nbeau choix du morceau qui cause un extrême plaisir par son\némouvant caractère, rendu avec beaucoup de sincérité et de sen-\ntiment.\n21. M. Clauzure, élève de M. Cazeneuve. Joue son personnage,\na du relief dans l'interprétation, un masque tragique, voix très\nforte de basse, pas encore assez assouplie, mais promet beaucoup,\nde la véhémence et de l'âpreté dans l'interprétation, une nature.\n22. M. Imbert, élève de M. Engel, 2e accessit en 1908. Forte voix\nde basse sans aucune expression, voix qui paraît insensible au\ndéveloppement musical. •\n23. M. Toraille, élève de M. Duvernoy. Voix de ténor sucrée, de\ncaractère nasal ; une mentalité musicale très bornée ; ne manque\npas d'un certain savoir pour conduire la voix, mais c'est toujours\nborné.\n24. M. Bellet, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Cè\nbaryton, dont la voix n'a pas beaucoup de caractère ni de timbre,\nà force de tempérament, de verve, d'intelligence musicale, de\njolie diction, d'imagination et de talent, sait plaire et captiver la\nsalle.\n25. M. de Laromiguière, élève de M. Dubulle, a concouru en\n1908. Voix sérieuse de basse, joliment timbrée, bon musicien, du\nsentiment, une certaine distinction dans l'interprétation. La voix\nest encore un peu rentrée et s'étrique vers l'aigu, mais n'est pas\nà son complet développement. En résumé, rassurante impres-\nsion.\nCHANT (f\nJury : MM. Fauré, Messager, Debussy, Dukas, Bruneau, Lalo,\nErlanger, Véronge de la Nux, Broussan, Dufranne, Escalaïs,\nd'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat, secrétaire."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.62", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "Concurrentes.\n1. M,le Gautier (Alice), élève de M. Lorrain, 24 ans 1 mois, a\nconcouru en 1907, admise à concourir en 1908, malade,\n(Gluck).\n2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, 2 3 ans 3 mois, ier accessit\nen 1908, Cantate (Clérambault).\n3. M,le Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2 5 ans 4 mois, 2e prix en\n1908, Iphigénie en Tauride(Gluck).\n4. Mlle Guiblin, élève de M. Lorrain, 22 ans,\n(Saint-Saëns).\n5. Mlle Alavoine, élève de M. Lassalle, 25 ans 2 mois, 2e accessit\nen 1907, Héraclès (Hasndel).\n6. Mme Delisle, élève de Mme Rose Caron, 26 ans 10 mois, icr ac-\ncessit en 1908, la Damnation de Faus (Berlioz).\n7. MIU Vignes, élève de Manoury, 24 ans 5 mois, la Procession\n(César Franck).\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, 21 ans 11 mois, a con-\ncouru en 1908, la Flûte enchantée (air de Pamina) (Mozart).\n9. Mme Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2 5 ans 6 mois,\n2e accessit en 1907, malade en 1908, (Nicolo\nIsouard).\n10. Mlle Devriès, élève de M. Hettich, 2 5 ans 4 mois,\nde Figaro (air de la comtesse) (Mozart).\n11. M 1 Roseland, élève de Mme Rose Caron, 23 ans 4 mois,\nDanaïdes (Salieri).\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, 21 ans 5 mois,\ntion (Haydn).\n13. Mme Rénaux, élève de M. E. Duvernoy, 26 ans 5 mois, 2e ac-\ncessit en 1908, ÏEnfant prodigue (Debussy).\n14. MUo Charrières, élève de M. Dubulle, 23 ans 6 mois,\nGalathée(Hœndel).\n15. MUe Calvet, élève de M. Martini, 23 ans 2 mois,\nen Tauride (le songe) (Gluck).\n16. Mlle Bourdon, élève de M.. Lassalle, 22 ans 3 mois, 2e prix\nen 1908, Freyschiitz(air d'Agathe) (Weber).\n17. M 11\" Courso, élève de M. Hettich, 24 ans 10 mois,\n(Hasndel)."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "18. MUe Vivier des Vallons, élèvede M.Cazeneuve, 22 ans 3 mois,\na concouru en 1908, Guillaume T(Rossini).\ni *\nig. Mlle Billard, élève de Martini, 23 ans, 1\" accessit en 1908,\nla Flûte enchantée(ieracte) (la Reine de la Nuit) (Mozart).\n20. Mlle Hemmler, élève deManoury, 22 ans 4 mois,\nColin (Nicolo Isouard).\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel, 26 ans 2 mois,\ntecôte (Bach).\n22. Mm® Thévenet (Suzanne), élève de M. Dubulle, 23 ans\n11 mois, Etienne Marcel(Saint-Saëns).\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, 25 ans, a concouru en\n1908, Jules César(Haendel).\n24. M\"e Fraisse, élève de Mme Rose Garon, 21 ans 5 mois,\n2e accessit en 1908, Don Juan(Zerline) (Mozart).\n25. Mme Willaume-Lambert, élève de Mme Rose Caron, 22 ans\n5 mois, a concouru en 1908, (G. Saint-\nSaëns).\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 21 ans 8 mois, 2e prix en\n1907, a concouru en 1908, Alceste (Entrée aux Enfers) (Gluck).\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 26 ans 2 mois, 2e acces-\nsit en 1908, Freyschutz(Weber).\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, 23 ans 11 mois, ier acces-\nsit en 1908, Judas Machabée(Haendel).\n29. M,le Lalotte (Jeanne), élève de M. Cazeneuve, 22 ans,\nTroyens (air de Didon) (Berlioz).\nlers1ers Prix : Mlles Daumas (Hettich), Amoretti (Engel).\n2®s Prix : Mlles Fraisse (Rose Caron), Pradier (Hettich),\nMmes Delisle (Rose Caron), Willaume-Lambert (Rose Caron).\nlers1ers Accessits : Mme Rénaux (Duvernay), Mlles Hemmler (Manoury),\nAlavoine (Lassalle).\n2es Accessits :MUes Vivier des Vallons (Cazeneuve), Guille-\nmot (Lassalle), Bonnard (Dubulle), Wiltz (Cazeneuve), Thévenet\n(Dubulle).\n1. Mlle Gautier, élève de M. Lorrain, a concouru en 1907, admise\nà concourir en 1908, malade. Voix ample de mezzo, un certain\nacquis dans l'interprétation, sans personnalité, grossit quelque\npeu la voix."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.64", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Voix\nagréable de soprano, bien conduite, assez souple, sans tempéra-\nment et sans vraie ingénuité, charmant morceau de concours.\n3. MUe Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2e prix en 1908. Soprano\nde demi-caractère ; le médium n'est pas en bon état ; les notes\nélevées sont forcées ; le piano complètement sans appui, mais la\nqualité de la voix est très belle quand elle ne force pas ; l'exécution\nen réalité est froide et maniérée.\n4. Mlîe Guiblin, élève de M. Lorrain. Beau et profond mezzo,\nla voix très égale ; il est difficile de juger son interprétation, par\nsuite de son trouble.\n5. Mll9 Alavoine, élève de M. Lassalle, 2e accessit en 1908. Voix\nde mezzo qui paraît s'être étriquée depuis l'année dernière ; cer-\ntainement c'est un tempérament, mais non discipliné ; il est diffi-\ncile de juger cette voix d'après ce concours, elle ne donne pas\ntoute sa mesure.\n6. Mme Delisle, élève de MmeCaron, ier accessit en 1908. Tem-\npérament ouvert, belle qualité de voix (soprano), mais un goût\ndans l'interprétation absolument vulgaire.\n7. Mlle Vignes, élève de M. Manoury. Trop mince voix de\npetite fille, chante proprement, rien de saillant.\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Joli\nde timbre, ce soprano lyrique ; le phrasé n'est pas intéressant,\npas juste 5 paraît émotionnée.\n9. Mma Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2e accessit en\n1907, malade en 1908. Très agréable et ronde voix de soprano\nlyrique sans beaucoup de caractère, mais phrase avec intelligence,\nsait conduire la voix.\n10. MllB Devriès, élève de M. Hettich. Délicieux médium, char-\nmant soprano lyrique de caractère virginal, pouvait avoir le gosier\nplus ouvert (peut-être c'est l'émotion) ; phrase intelligemment,\nmais l'exécution manque un peu de valeurs.\n11. MUe Roseland, élève de Mme R. Garon. Forte voix de so-\nprano dramatique, tremble énormément, s'appuie dans le gosier,\nvoix qui promet, mais encore très inexpérimentée.\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, Voix froide, mais assez\njolie et poétique de timbre (soprano lyrique) ; les notes aiguës"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "paraissent être un peu en arrière ; a des intentions dans le\nphrasé.\ni 3.Mme Rénaux, élève de M. Duvernoy, 2e accessit en 1908.\nEn progrès depuis l'année dernière; le timbre de ce soprano n'est\npas riche, mais on apprécie le travail, une certaine intelligence et\nmusicalité dans 1 exécution. Dommage que les notes élevées\ntremblent tant !\n44. M 11\" Charrières, élève de M. Dubulle. Agréable sensibilité,\ntout d'un caractère nasal, soprano lyrique.\n15. Mlle Calvet, élève de M. Martini. Enorme voix brutale,\ngrand registre, cette voix n'a encore aucun acquis, mais pour-\nrait se développer. Elle est trop fermée comme sonorité et uni-\nforme.\n16. Mlle Bourdon, élève de M. Lassalle, 2e prix en 1908. La\nplus jolie qualité de soprano de demi-caractère, faible vers les\nnotes graves, manque d'appui, comme goût laisse beaucoup à\ndésirer, mais le tempérament nerveux, communicatif, vibrant.\nDommage qu'avec ces réelles qualités l'exécution ne soit pas plus\ndistinguée !\n17. Mlle Courso, élève de M. Hettich. Le vrai contralto, belle\nvoix, mais pas encore à son entier développement.\n18. Mlle Vivier des Vallons, élève de M. Cazeneuve, a concouru\nen 1908. Ce soprano léger est devenu plus ferme ; le timbre a\ngagné, tire encore le son du gosier; il n'y a pas d'équilibre entre\nle médium ou le grave et l'aigu qui est très beau et d'une qualité\ndélicieuse et claire. Le morceau pouvait être mieux exécuté.\n19. M,le Billard, élève de M. Martini, ire accessit en 1908. Un\nsoprano léger, sympathique et agréable, dit musicalement ;la\nvoix est enveloppée, ronde ; la figure manque quelque peu d'ex-\npression. Très en progrès ; dommage qu'elle vocalise avec la\nbouche.\n20. MUfi Hemmler, élève de M. Manoury. Voix de soprano bien\nnourrie, jolie, bonne diction, émission libre, par moments la\nvoix trop ouverte. Bonne impression.\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel. Agréable soprano lyrique ;\nchante musicalement.\n22. Mme Thévenet, élève de M. Dubulle. Elle paraît être para-"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.66", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "lysée par la peur, mais la voix de mezzo est jolie, expressive ;\nil y a des finesses et des intentions dans son interprétation, qui\nmanque de rythme.\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, a concouru en 1908.\nLa voix forcée est trop en dedans ; le registre aigu est criard et\nvulgaire. On dirait qu'elle chante au-dessus des limites de son\nmezzo. Aun acquis ; cherche à phraser.\n24. Mlle Fraisse, élève deMme R. Caron, 2eaccessit en 1908. Voix\nlégère, jolie. Gomme chanteuse d'un répertoire léger, doit avoir\ndu succès, mais il vaut mieux qu'elle n'attaque pas les chefs-\nd'œuvre de la musique.\n25. Mme Willaume-Lambert, élève deMme R. Caron, a concouru\nen 1908. La qualité de la voix paraît moins riche qu'au concours\nprécédent ; sa vocalise laisse à désirer. Ce morceau insignifiant de\nSaint-Saëns peut-être a pu lui nuire !\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 2e prix en 1907, a concouru\nen 1908. Dans le médium, la voix a gagné, mais les notes élevées\nsont toujours aussi étroites. On remarque peu de progrès au point\nde vue de l'interprétation. Aucune valeur, aucune intention per-\nsonnelle.\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908.\nBelle voix, bien posée, mais chante son air inégalement.\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, ier accessit en 1908.\nSoprano clair, intelligent, détaille son air avec calme, vocalise très\nbien, a du tempérament. Excellente musicienne.\n29. Mlle Lalotte, élève de M. Cazeneuve. La voix de mezzo a un\nbeau timbre, mais n'est pas encore suffisamment formée, et la\ndiction est très imparfaite. Pour le moment, impossible d'avoir\nune impression complète de cette voix.\nOPÉRA COMIQUE.\nJury : MM. G. Fauré, Carré, Debussy, Bruneau, Paul Hille-\nmacher, Maréchal, Renaud, Clément, Dufranne, Véronge de la\nNux, Ferrier, d'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat,\nsecrétaire.\nConcurrents :\n1. M. Angelo Renault : Carmen,ier acte, rôle de Don José."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "2. MIIe Calvet : Grisélidis, 2e acte, rôle de Grisélidis.\n3. Mlie Charrières : Man on,ieracte, rôle de Manon.\n4- Mme Suzanne Thévenet : Carmen, ier acte, rôle de Carmen.\n5. M. Decourcelle : Carmen,4e acte, rôle de Don José.\n6. Ml,e Guillemot : 2* acte.\n7. M. Tareria : Manon,rôle de des Grieux.\n8. M. de Laromiguière : Lakmé,2e acte, rôle de Nilakanta,\n9. M. Félisaz : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n10. M. Tirmont : Manon, 2e acte, rôle de des Grieux.\n11. Mlle Amoretti : le Barbier de 2e acte, rôle de Rosine.\n12. M. Chah-Mouradian : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n13- M\"9 Alavoine : Carmen,4e acte, rôle de Carmen.\n14. MUe Courso : Carmen,i«r acte, rôle de Carmen.\n15. M. Clauzure: le Barbier de S2eacte, rôle de Basile.\n16. Mlle Pradier :le Roi d'Ys, ieracte, rôle de Rozenn.\n17. M. Combes : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n18. M. Bellet (ier accessit en 1908) : 2e acte, rôle de\nClavaroche.\n19. M\"* Jeanne Lalotte : Piccolino,2e acte, rôle de Piccolino.\n20. Mffie Willaume-Lambert : M, 3e acte, rôle de Manon.\n21. Mlle Billard .* le Barbier de Séville.\n22. MUe Duvernay (ier accessit en 1908) .* rôle de\nla Navarraise.\n23. M. Coulomb (2e prix en 1908) : ier acte, rôle\nde Benoît.\n24. MUe Bonnard : Lakmé,ier acte, rôle de Lakmé.\n25. M. Ponzio : Falstaff,rôle de Falstaff.\n26. M. Paulet: le Roi cf Ys, 3e acte, rôle de Mylio.\n27. Mlle Devriès : Manon, ier acte.\n28. M. Pasquier : Manon,rôle de des Grieux.\n29. M. Pierre Dupré : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n30. Mme Delisle : Manon,3e acte, rôle de Manon.\n31. Mlle Fraisse :le Caïd, 2e acte, rôle de Virginie.\nHommes.\nlers1ers Prix : MM. Ponzio (Melchissédec), Bellet (Dupeyron), Dupré\n(Bouvet)."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.68", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "2es Prix : à l'unanimité : MM. Combes et Paulet (Isnardon).\nlers1ers Accessits : MM. Chah-Mouradian, Clauzure (Isnardon), Tir-\nmont (Melchissédec).\n2es Accessits : MM. Taréria et Pasquier (Isnardon).\nFemmes.\npis Prix :Mlle Duvernay (Isnardon).\n2es Prix :MUes Amoretti (Dupeyron), Billard (Melchissédec),\nDevriès (Isnardon), Willaume-Lambert (Bouvet).\nleis Accessits :Mlles Pradier, Fraisse, Guillemot (Isnardon),\nCourso (Melchissédec), Mme Delisle (Dupeyron).\n2es Accessits : Mlles Bonnard et Charrières (Dupeyron).\nMlla Duvernay révèle une sensibilité nerveuse et frémissante qui\nlui réussira fort bien dans le drame moderne. M. Ponzio sera un\nbon acteur de comédie ; il a déjà beaucoup de verve, et sait cons-\ntruire une scène.\nOPÉRA.\nJury : MM. Fauré, Bernheim, d'Estournelles de Constant.\nMessager, Broussan, Gunsbourg, Delmas, Gheusi, Erlanger.\nDukas, Renaud, Escalaïs, Lalo, Fernand Bourgeat, secrétaire.\nConcurrents.\n1. M. Imbert : Œdipe à Colone,ier acte, rôle d'Œdipe ;\n2. M 1\" Guiblin : Orphée,3e acte, rôle d'Orphée.\n3. Mlle Fontaine : Roméo et Juliette,5e acte, rôle de Juliette.\n4. M. Carrié : Aida,3e acte, rôle d'Amonasro ;\n6. Mlle Lalotte : Samson et Dalila,2e acte, rôle de Dalila.\n7. M. Barreau : l'Africaine,2e acte, rôle de Nélusko.\n8. Mme Willaume-Lambert : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\n9. M. Clauzure : Œdipe à Colone, ier acte, rôle d'Œdipe.\n10 et 11. MUe Courso : Samson 2e acte, rôle de Dalila ;\nM. Decourcelle, rôle de Samson.\n12. MUa Bourdon :le Cid, 3e acte, rôle de Chimène.\n13. M. Chah-Mouradian : Lucie de Lammermoor, 4e acte, rôle\nd'Edgard.\n14. Mlle Daumas : Salammbô, 2e acte, rôle de Salammbô ; ré-\nplique : M. Decourcelle."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "ibet 16. M. Dupré : la Walkyr3e acte, rôle de Wotan ;\nMlle Alice Gautier, rôle de la Walkyrie.\n17. Mlle Panis : Alceste,Ier acte, rôle d'Alceste.\n18 et 19. M. Népote : Iphigénieen Tanride, 2e acte, rôled'Oreste ;\nM. Laloye, rôle de Pylade.\n20. MUe W i!tz ; Otello, 4e acte, rôle de Desdemona j réplique\nMme Thévenet.\n21 et 22. Mlle Calvet : Aida,3e acte, rôle d'Aïda ; M. Combes,\nrôle d'Amonasro.\n23. MUe Kaiser : Méphistophélès, 4e acte, rôle de Marguerite.\n24. Mme Delisle : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\nFemmes.\nlers1ers Prix : Mlles Panis (Dupeyron), Kaiser (Bouvet) et Bourdon\n(Bouvet).\n2es Prix : Mlles Wiltz (Bouvet) et Daumas (Melchissédec).\nlers1ers Accessits : Mrae Willaume-Lambert (Bouvet), MUes Delisle\n(Dupeyron) et Guillemot (Isnardon.)\n2e9 Accessits : Mlles Gautier (Bouvet) et Courso (Melchissédec).\nHommes.\nPas de ler1er prix.\n2es Prix : MM. Chah-Mouradian (Isnardon) et Dupré (Bouvet).\nZ#rs Accessits : MM. Combes (Isnardon), Carrié (Dupeyron),\nNepote (Dupeyron), Laloye (Dupeyron), Clauzure (Isnardon).\n2e Accessit :M. Imbert (Bouvet).\nMIIe Kaiser atteint à l'émotion par l'étude. Mlle Bourdon la\ntrouve naturellement. Ml,e Panis s'en passe. M. Chah-Mouradian,\nayant triomphé de sa timidité, donne enfin essor à sa voix forte et\nchaude de ténor mâle 5 son jeu discret ne manque pas de dignité ;\nseule, la prononciation est beaucoup trop sourde encore. M. Dupré\nchante avec feu le rôle de Wotan.\nHARPE.\nJury : MM. G. Fauré, A. Bruneau, X. Leroux, Pugno, Chan-\nsarel, P. Lalo, Riéra, Yéronge de la Nux, Franck, Wurmser, de\nLausnay, Galeotti, F. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Fantaisie en la mineur de Saint-Saëns."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.69", "debut_caractere": 1670, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "6"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.70", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "Morceau à déchiffrer de M. Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Hasselmans.\npvs prix . Mii« Gaulier, Inghelbrecht, Rostagni, Dretz.\nPrix : Mlles Grandpierre et Couturier.\nlers1ers Accessits : Mlle Pla-Iglésias, M. Pré.\n2e Accessit : MUe Auchier.\nNeuf concurrents, neuf récompenses.\nPIANO (hommes).\nMême jury.\nMorceau de concours : Carnaval de Schumann.\nMorceau à déchiffrer de M. Raoul Pugno.\npm Prix : MM. Ramondou (Diémer), Gallon (Risler), Ciampi\n(Diémer\").\n2ePrix : M. Schmitz (Diémer) à l'unanimité.\nlers1ers Accessits : MM. Gilles (Diémer), Gaveau, Joubert (Risler).\n2es Accessits : MM. Servais, Bournonville (Risler).\nDans le Carnaval de Schumann, les morceaux suivants ont été\nsupprimés : Pierrot, Eusèbe, Réplique, reprise de\nla Valse allemande, Aveu, Promenade, et Pause. Le finale avait été\namputé de moitié ; ses deux débris, ne se raccordant pas très\nbien, avaient été réunis par une petite gamme chromatique du\nplus singulier effet.\nTrois premiers prix, évidemment mérités tous les trois.\nM. Gallon (le 2e prix de 1908 ; son frère est prix de Rome)\na évidemment plus d'autorité que ses camarades, est très maître\nde lui, joue prestissimo,et ne bafouille jamais.\nM. Ciampi, au jeu assez cherché, quelquefois trop sentimental,\nn'a pas toujours évité la lourdeur, surtout dans Valse noble et\ndans Reconnaissance. Malgré cela, l'ensemble de l'exécution assez\nattachant.\nM. Ramondou (ier accessit dé 1907), de la force, de la vitesse et\nde la légèreté.\nM. Schmitz (ier accessit de 1908), jeu confus et assez inco-\nlore ; mauvaise pédale.\nM. Gaveau, jeu propre et mesuré, ignore le tempo rubato, et\nmanque de hardiesse."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "M. Servais joue de trop près et manque de puissance.\nM. Bournonville manque d'accent, mais a beaucoup de goût ;\nde plus, il sait jouer piano : cest le seul à qui lon puisse faire ce\ncompliment.\nComment n'a-t-on rien décerné à M. Laporte, le ier accessit de\n1908? il a de l'élan, de l'autorité, et sait graduer ses effets en vue\nde 1 explosion finale. A noter ce fait que tous les concurrents, sans\nexception, ont eu la même sonorité, stridente, agressive et tapa-\ngeuse sans profondeur. Beaucoup de brio, de brillant, et très peu\nde charme.\nPIANO (fem\nJury : MM. G. Fauré, Bauer, Braud, Enesco, Galeotti, G. Hue,\nMoszkowski, Pierret, Pugno, Reitlinger, Staub, Véronge de la\nNux, Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours i Variations en mi bémol de Beethoven.\nMorceau à déchiffrer de Louis Diémer.\nlets Prix:Mlles van Barentzen (Delaborde), Guller (Philipp),\nBouvaist (Cortot), Landsmann (Delaborde), Laeuffer (Delaborde).\n2<s Prix :Mlles Haskil (Cortot), Fritsch (Philipp), Duchesne\n(Cortot), Alice Léon (Cortot).\nlers1ers Accessits : Mlles Hubert (Cortot), Vargues (Philipp), Parody\n(Cortot), Dubief (Cortot), Heineman (Philipp).\n2es Accessits : Mlles Boynet (Philipp), Dienne (Cortot), Hekking\n(Delaborde), Herr-Japy (Delaborde), Petit (Delaborde), Davin\n(Cortot).\nLes i 5 variations ont subi d'infâmes coupures, dans le finale sur-\ntout. Une seule concurrente tout à fait hors ligne : Aline van Ba-\nrentzen, arrière-petite-nièce de Weber.\nler1er Prix : Très joli jeu, net, spirituel et rapide; bonne sonorité\nferme et ronde ; pourra dans l'avenir acquérir plus de force ; si ses\ndoigts sont excellents, ses poignets le sont moins. Tempérament\nmusical de premier ordre.\nLe jury a malheureusement distribué quatre autres premiers\nprix ;on peut se demander pourquoi : Mlles Guller, Landsmann et\nLaeuffer, de bonnes élèves sans qualités ni défauts, etMlle Bouvaist,\ndont le jeu est aussi terne que languissant. Ces demoiselles auront"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.72", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "à couper en cinq une gratification de 1200 francs; cela frise de\nprès le ridicule.\nParmi les seconds prix, M\"4 Alice Léon, qui se coiffe en chien\nsavant, et tape à tort et à travers; Mlle Duchesne, qui perd la tête;\nMlle Fritsch, un peu moins mauvaise que les précédentes.\nlers1ers Accessits : Mlle Hubert, qui aurait mérité mieux; de la finesse,\ndu goût et de la gaieté ; MUe Parody, petit jeu net, propre et sans\naudace.\n2es Accessits : MUe Herr Japy n'eût pas dû être classée au même\nrang que Mlle Simone Petit, une élève déplorable.\nVIOLON.\nJury : MM. G. Fauré, P. Lalo, A. Bruneau, Colonne, H. Ma-\nréchal, Geloso, Hayot, Jacques Thibaud, Tracol, Chapuis, Laforge,\nBoucherit, d'Ambrosio, Fernand Bourgeat, secrétaire.\niers Prix :M. Fradkin (Lefort) ; Mlles Roussel (Berthelier),\nAstruc (Lefort), M. Kretty (Berthelier), Mtle Fidide (Berthelier).\n2es Prix : MM. Barozzi (Berthelier), Le Métayer (Nadaud), Hé-\nmery (Nadaud), Mlle Goyon (Remy), MM. Poulet (Lefort), Suffise\n(Nadaud), Villain (Rémyj.\nALTO.\nJury : MM. G. Fauré, Colonne, Bruneau, Liégeois, Salmon,\nHekking, Bailly, Casadesus, Cools, Chavy, de Bailly, Julien,\nF. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Poème de M. Eug. Cools.\nMorceau à déchiffrer du même auteur.\nProfesseur : M. Laforge.\nler1er Prix,à l'unanimité :M. Barrier.\n2es Prix : M. Mayeux, Mlle Desnoyers.\nlers1ers Accessits : MM. Chantome, Parmentier.\nVIOLONCELLE.\nMême jury.\nMorceaux de concours : Saraband en de Bach ; finale du\nConcerto de Lalo.\nMorceau à déchiffrer de M. Xavier Leroux.\n10TS Prix : MM. Ruyssen, Laurent-Longy (Loeb), Bloch, Dussol\n(Gros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1303, "texte": "2es Prix : MM. Lopes (Cros Saint-Ange), Dumont, Perrin(Loeb).\nlers1ers Accessits :M. Maréchal (Loeb),Mlles Soyer(Cros Saint-Ange),\nNehr, M. Aloux, Mangot(Loeb), Bernardel (Cros Saint-Ange).\n2es Accessits : M. Laggé (Cros Saint-Ange).\nCONTREBASSE.\nMême jury.\nMorceau de concours : ier mouvement du d'E. Storch.\nMorceau à déchiffrer de M. Autende.\nProfesseur : M. Charpentier.\njrers prix : MM. Dumont, Leuliet, Juste.\n2e Prix : M. Béghin.\nler1er Accessit,à l'unanimité : M. Godebert.\nQue faire d'un concerto de Storch ?\nBASSON.\nMorceau de concours : Récit et t d'Henri Busser.\nMorceau à déchiffrer de G. Hue.\nProfesseur : M. Burdeau.\nlers1ers Prix : MM. Verdier, Châtelain, Piard.\n2es Prix : MM. Guilloteau, Petrot, Laus.\nler1er Accessit : M. Druvet.\n2*s Accessits : MM. Bourdeau, Bourgain.\nCOR.\nJury : MM. G. Fauré, Busser, Picheran, Vidal, Lachanaud,\nPénable, Werbreghe, Reine, Belle, Petit, Bilbault, Laforgue,\nBourgeois, Bourgeat.\nMorceau de concours d'H. Busser.\nMorceau à déchiffrer du même.\nProfesseur : M. Brémond.\nPT Prix :M. Bacquier.\n2e Prix : M. Lamouret.\nlers1ers Accessits:MM. Fabre, Hoogstoel.\n2ts Accessits : MM. Julin, Fumière, Josse.\nComme les années précédentes, les morceaux choisis sont de\nvéritables casse-cou, dont la difficulté excessive nuit à la sûreté\ndes attaques."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.74", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "CORNET A PISTONS.\nMême jury.-\nMorceau de concours : Cantabile de Ph. Gaubert.\nMorceau à déchiffrer de Paul Vidal.\nProfesseur : M. Mellet.\nPrix : MM. Rodet, Caron.\n2es Prix : MM. Delmotte, Gobeaux, Laborie.\n2es Accessits : MM. Bonne, Montigny.\nC est une très bonne classe, où les élèves se suivent de fort près\nTROMPETTE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo d'Auguste Chapuis.\nMorceau à déchiffrer d'Alexandre Georges.\nProfesseur : M. Franquin.\nlers1ers Prix : MM. Beghin, Deruyck, Boissy.\n2es Prix : MM. Cherrière, Delattre.\nj?ers Accessits : MM. Panier, Perret, Ghampendal.\n2e Accessit : M. Godebert.\nBeaucoup d éclat, de précision et de chaleur chez presque tous.\nTROMBONE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo de concert de Th. Dubois.\nMorceau à déchiffrer de Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Allard.\nlers1ers Prix : MM. Lacroix, Meyer.\nSes Prix : MM. Duchesne, Munio.\nîers Accessits : MM. Dupont, Dervaux, Marin.\n2es Accessits : MM. Vigoureux, Garric.\nMM. Lacroix et Meyer sont tous deux remarquables : le pre-\nmier, qui nuance avec une finesse extrême, est peut-être plus\nmusicien; le second, qui a de l'ampleur et ne craint pas les oppo-\nsitions, plus artiste. Mais on ne devrait pas prescrire de trilles au\ntrombone à coulisse.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c037", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.7.2", "titre_corps": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.53", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nC'est en 1905 que les concours du Conservatoire furent trans-\nférés à l'Opéra-Comique. L'inconvénient de ce déplacement était\nde donner plus d'éclat encore, et un caractère franchement\nthéâtral, à de simples examens de sortie. L'avantage était de\nmettre un plus grand nombre de places à la disposition du public :\non pouvait espérer que les musiciens, professionnels ou amateurs,\nauraient enfin accès à des spectacles bien faits pour les intéresser,\net dont on les avait presque complètement privés jusque-là. Il\nn'en fut rien, car la Direction des Beaux-Arts profita du chan-\ngement pour s'attribuer le droit exclusif de répartir les billets\nd'invitation : neuf cents furent donnés aux membres du Parle-\nment, qui s'empressèrent de s'en défaire, les uns en faveur de\nleurs amis, amies ou serviteurs, d'autres au profit des marchands.\nIl n'y eut donc, cette année, dans la salle, qu'un public de mas-\ntroquets, de valets de chambre, d'étrangers de passage, et de ces\nélégantes dont Courteline notait jadis les travers sous ce titre\ninexplicable : Dindes et grues. Le scandale fut si grand que l'année\nsuivante la répartition des précieux bouts de carton revint au\nsecrétariat du Conservatoire, et, si les musiciens ne furent pas\n\n5"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.54", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "mieux partagés que par le passé, du moins ne le furent-ils pas\nplus mal : c'était un progrès. Mais le ministère ne se tenait pas\npour battu; cette année, profitant de l'inattention générale, il a\nrepris un monopole qui lui permet sans doute de se concilier\nbien des sympathies. Et il nous a bien fait sentir qu'il n'avait\nnullement besoin des nôtres. Non seulement les artistes ou pro-\nfesseurs ne purent rien obtenir, mais les titulaires des classes\ndont les élèves allaient se mesurer ne reçurent chacun que deux\nou trois places médiocres, et les membres du jury n'eurent que\nla leur, dans la loge officielle. Les services de la critique furent\neux-mêmes rognés, et à notre Revue il n'est échu qu'une mau-\nvaise chaise d'orchestre, qui ne permettait guère d'apprécier les\nsonorités, mais accordait une vue d'ensemble sur la salle.\nElle était, comme on pouvait s'y attendre, fort panachée. Aux\npremiers rangs de l'orchestre, la canne aux dents, de jeunes atta-\nchés de cabinet, à moins que ce ne fussent des secrétaires de dé-\nputés, se pavanaient, adressant des sourires flatteurs à des beautés\naux yeux agrandis, leurs voisines, et des quolibets facétieux aux\nconcurrents dont le nom ou la tournure excitait leur verve ma-\nligne : « Un navet ! » disaient-ils, ou bien : «Té 1 Marius I» ;\n« Pourquoi donc ? » disaient-elles, en montrant des dents friandes.\nMais leurs mères, auprès d'elles, gardaient, sur leurs faces dilatées\nd'orgueil et d'oisiveté, la gravité bougonne de ménagères fortes\nen bouche et âpres au marchandage. Il y avait beaucoup de saluts,\nde signes, et parfois des rencontres touchantes : « Tiens ! maman,\nqui est là ! » «Alfred, qui m'appelle !»eton se tendait la main,\npar-dessus le murmure de trois rangs. Une joie attendrissait tous\nles regards : rien n'est plus doux au cœur humain que l'angoisse\net le danger d'autrui. C'est pour leur carrière et pour leur pain\nquotidien que ces jeunes gens s'éverrudient àse bien tirer de leurs\ntraits, à ne pas perdre le souffle, à attraper le style et l'expression\nconvenables. Ils venaient risquer là le fruit de longues années\nde travail, et leur émotion était presque toujours manifeste.\nAussi faisait-on le possible pour l'aggraver encore ;la moindre\ndéfaillance, fausse note, geste maladroit ou manque de mémoire,\nétait soulignée d'un gros rire fait à souhait pour bouleverser au\nreste le délinquant. Quel spectacle enchanteur, s'il avait pu res-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "ter court ! Ce vœu si généreux ne fut pas exaucé : tous sont arrivés\nà vaincre leur frisson, à reprendre leurs esprits, mais parfois ce\nfut au prix d'efforts surhumains, bien agréables à contempler.\nD'ailleurs, on ne voulait la mort de personne, et on ne demandait\nqu'à applaudir après s'être bien diverti. Que fallait-il pour cela ?\nBien peu de chose, en vérité : une note insidieusement filée, un\nralentissement câlin, ou bien au contraire une vélocité de coureur\nd'obstacles, et aussitôt la salle entière crépitait d'un tumulte\nincoercible. Résigné et dédaigneux, M. Gabriel Fauré donnait,\ndepuis sa loge lumineuse, un coup de sonnette, un autre, un\nautre encore. On revenait à soi ; quelques mesures avaient passé\ninaperçues, mais il en restait encore assez pour trouver de bons\nmoments.\nCependant, sur l'escalier du théâtre, blanchi de pluie, une foule\nruisselante attendait, sans parvenir à perdre courage, que quel-\nqu'un sortît. Car le public a droit, dans ces concours, aux places\ndont on n'a pas disposé pour des invitations. Mais ce droit est\naujourd'hui complètement illusoire, puisque le nombre des invi-\ntations lancées dépasse, et de beaucoup, celui des fauteuils, chaises,\nstalles et strapontins que la salle renferme. Chaque année une\nmultitude de braves gens passent ainsi quelques journées devant\nune porte qu'un garde inflexible ne leur ouvrira jamais: ils croient\nà la force des lois.\nIl n'y aurait pas grand mal à tout cela, ou plutôt il n'y aurait\nen notre ville qu'un plaisir de plus, si l'avenir des concurrents ne\nrisquait d'être compromis. Sans doute ils n'ont à rechercher que\nl'approbation du jury ; mais comment ne seraient-ils pas troublés\npar les rumeurs du public ? Il est vrai que l'aplomb est utile à\nqui doit se produire ; c'est cependant une qualité secondaire.\nPlusieurs de nos plus grands artistes défaillent de peur, après des\nannées de triomphe, au moment d'entrer en scène ; l'attention\nqu'on leur témoigne, l'émotion qu'ils donnent et dont ils sentent\nle retour, les soutiennent ; devant un auditoire pareil à celui des\nconcours, ils perdraient tout leur talent. C'est pourquoi il ne faut\npas s'étonner si quelques-uns de ces jeunes gens cherchent à se\nconcilier, par des effets à sa convenance, la faveur de la foule qui\nles écoute ; rien ne vaut les applaudissements, bien ou mal gagnés,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.56", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "pour donner le courage, l'entrain, l'inspiration. Et le maître qui\ntient au succès de ses élèves doit leur recommander lui-même\ncertaines complaisances à un goût qui n'est pas le sien, ni celui\ndu jury.\nCe goût du public peut se mesurer à ceci : que les concours\nles plus passionnément suivis sont les plus médiocres : ceux de\nviolon et de chant. Le premier nous a montré, cette anné, de\njeunes virtuoses fort préoccupés de rendre Bach intéressant,\némules à la fois de Jacques Thibaud, celui d'aujourd'hui, qui\nrevient d'Amérique, et de Rigo. Quant aux chanteurs et chan-\nteuses, ils ont manifesté un ensemble de qualités moyennes et de\ndéfauts ordinaires, sans la consolation d'une nature intéressante.\nEt les nombreuses récompenses qui leur furent décernées ne sont\nguère que des encouragements à leur bonne volonté. La générosité\ndu jury n'a d'ailleurs pas empêché le public de protester violem-\nment, parce qu'une chanteuse, honorée d'un second prix en 1907,\nn'a pas été gratifiée, cette année encore, du premier. Elle n'a fait\naucun progrès depuis deux ans, bien au contraire :sa voix était\nplus serrée, son interprétation plus guindée, mais d'avance l'opi-\nnion était préparée à son succès.\nLes concours de piano ont été un peu meilleurs, et, comme tels,\nmoins applaudis. Le Carnaval de Schumann, abrégé, a été en\ngénéral bien interprété par les pianistes mâles, et les Quinze varia-\ntions de Beethoven, écourtées, n'ont pas été trop mal comprises\npar les jeunes filles, dont une seule est une véritable musicienne :\nson seul tort est de n'avoir que douze ans. Mais Mozart aussi fut\nun enfant prodige.\nAux concours d'instruments à vent, le spectacle est tout autre :\npoint d'élégances féminines, point de fatuités officielles. La moitié\ndes places restent vides ; aux autres, ce sont les uniformes qui\ndominent, tous marqués au bras gauche de la lyre en laine rouge :\nchefs de musique ou anciens camarades, attentifs, connaisseurs,\ncapables de reconnaître au passage les notes, d'apprécier les doigtés,\nde juger le style, et, par là même, bienveillants. Plus de compé-\ntitions, de partis pris, de cabales : on souhaite le succès de tous.\nPas de classes en lutte, ni de ces paris qui s'engageaient comme\npour des écuries de courses : Lefort ou Berthelier, Hettich ou"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Melchissédec? Chaque enseignement, ici, est unique, et le maître,\naux côtés de l'accompagnateur, montre à tous ses élèves une sol-\nlicitude égale. Pour une fausse note ou une erreur de mesure, on\nvoit se contracter les rides de son front, éloquentes : « Le malheu-\nreux ! Pourvu qu'il ne perde pas la tête 1 » L'auditoire, que la\npitié gagne, feint de ne s'être aperçu de rien; le piano continue ;\nles derniers traits arrivent et s'achèvent sans encombre. La sueur\nperle au front de l'élève, et le maître, à peine moins ému, l'invite\nà boire au verre banal qu'un usage barbare offre à toutes les lèvres.\nDéjà le morceau de lecture est étalé sur le pupitre, le métronome\nbat, et il lui glisse encore à l'oreille ses dernières recommanda-\ntions. Certains de ces jeunes gens sont à tel point intimidés que\nleur souffle s'entrecoupe, leurs lèvres tremblent, c'est à peine s'ils\narrivent à former un son. Tous sont sérieux, ont travaillé avec\nzèle, s'intéressent à leur instrument; plusieurs ont ce rythme et cet\naccent, difficiles à définir, mais qui font reconnaître aussitôt un\nmusicien; et leur jeu, étant sincère, marque fortement la diffé-\nrence de leurs caractères : tel flûtiste a de la vigueur, tel autre\nune légèreté innocente ; tel fait pleurer le hautbois, tel lui donne\nune verdeur pastorale; et des deux premiers prix de trombone,\nl'un a autant de chaleur que l'autre de délicatesse. C'est en ces\nclasses que se trouvent les meilleurs élèves du Conservatoire, et\nil faut qu'il en soit ainsi, car c'est à ces instruments que l'avenir\nappartient. On ne s'en doute guère, parmi le public qui acclame\nl'aigre cri d'une chanteuse ou l'archet brandi d'un violoniste.\nSilence ! Gardons le secret, ne les avertissons pas ! Ou ils vont\nnous envahir, porter jusqu'à ces concours leur goût du scandale,\ndu tapage, de la réclame, et la musique s'enfuira.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c038", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.7.3", "titre_corps": "RÉSULTATS DES CONCOURS", "titre_sommaire": "RÉSULTATS DES CONCOURS", "signature_source": "L. 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Tirmont, 24 ans 10 mois, (Mozart).\n7. M. Fontaine (Hugo), 26 ans 1 mois, (Gounod).\n8. M. Coulomb, 24 ans 5 mois, (Hœndel).\n9. M. Dupré (Pierre), 24 ans 11 mois, (Weber).\n10. M. Népote, 27 ans 1 mois, l (Rameau).\n11. M. Renault (Angelo), 25 ans 4 (air\nd'Achille) (Gluck).\n12. M. Laloye, 29 ans 3 mois, Fr(Weber).\n13. M. Courbon, 26 ans 11 mois, (Méhul).\n14. M. Ponzio, 26 ans 4 mois, I (Gluck).\n15. M. Decourcelle, 25 ans 8 mois, Lohengrin (Wagner).\n16. M. Carrié, 22 ans 1 mois, les Ind (Rameau),\n17. M. Chah-Mouradian, 27 ans 9 mois, i'1' accessit en 1908,\nFreyschiitz (Weber).\n18. M. Jourde, 27 ans 6 mois, 2e accessit en 1908,\nenchantée (Mozart).\n19. M. Pasquier, 24 ans, Atys (Piccini).\n20. M. Combes, 29 ans 4 mois, Boris Godounow (Moussorgski).\n21. M. Clauzure, 24 ans, Œdipe à Colone (Sacchini).\n22. M. Imbert, î5 ans 5 mois, le Messie (Hœndel).\n23. M. Toraille, 27 ans 3 mois, (Gounod).\n24. M. Bellet, 26 ans 11 mois, (Duparc).\n25. M. de Laromiguière, 26 ans 4 mois, Judas Machabée\n(Haendel).\nprs prix - MM. Coulomb, Combes (Hettich) et Ponzio (Manoury).\n2e\" Prix : MM. Jourde (Dubulle), Dupré (Hettich) et Bellet (Lor-\nrain).\nlersIers Accessits : MM. Carrié (Cazeneuve), Félisaz (Lorrain),\nImbert (Engel), Fontaine (Hettich).\nseB5e8 Accessits : MM. de Laromiguière (Dubulle), Pasquier (Ma-\nnoury), Clauzure (Cazeneuve) et Taréria (Dubulle)."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "1. M. Descols, élève de M. Duvernoy. Voix timbrée, du sen-\ntiment ; chante lourdement, mais avec application.\n2. M. Barreau, élève de M. Lassalle. Voix brillante et forte de\nbaryton, assez posée, possède même le piano ; de grandes qua-\nlités vocales. Le morceau a des plans tracés qu'il fait valoir.\n3. M. Broche, élève de M. Lassalle. Basse, voix forte et dure, ne\nmanque pas de timbre, mais force tant la voix qu'il est impos-\nsible de l'apprécier.\n4. M. Félisaz, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Agréable\nténor, un peu trop sucré dans l'exécution de son morceau ; la\nvoix par moments est trop étriquée, elle tremble encore ; beau-\ncoup de progrès sur l'année dernière.\n5. M. Taréria, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Ténor;\ntout paraît être ramené àla voyelle ; dès qu'il monte, la voix\ntremble fortement ; il phrase avec intelligence et sentiment ; la\nqualité très médiocre du son s'est infiniment améliorée depuis\nl'année dernière.\n6. M. Tirmont, élève de Mme R. Garon. Jeune et légère voix de\nténor, chante très facilement, vocalise sans effort, manque d'appui,\nla musicalité et l'intelligence sont certaines ; d'autant plus éton-\nnants sont les interminables points d'orgue et le mauvais style du\nmorceau. Cette voix doit se développer beaucoup, et certainement\npeut avoir un charmant avenir.\n7. M. Fontaine, élève de M. Hettich. Ténor, voix grasse, sympa-\nthique, phrase agréablement, conduit déjà sa voix, étriqué les\nnotes aiguës dans le piano ; l'interprétation paraît manquer de\nnerfs, mais ce n'est pas mal du tout dans l'ensemble.\n8. M. Coulomb, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Une\nvoix étonnante, puisque, sans avoir un timbre accusé ni la force,\nelle remplit toute la salle, se répand partout. L'acquis, la musi-\ncalité hors de pair ; les vocalises vraiment étonnantes par la ron-\ndeur, la grâce, l'égalité et le peu de recherche extérieure. Rare\nchanteur, d'un profond équilibre et d'harmonie ; mais pourquoi,\navec un goût et un savoir aussi parfaits, ce mauvais effet de traîner\ntrois ou quatre notes de suite pour finir une phrase ?\n9. M. Dupré, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Bien\ntimbrée et belle, cette voix de basse ; la diction quelque peu"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.60", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "molle ; par moments la voix trop ouverte ; la dernière partie du\nmorceau, au point de vue de l'exécution, trop désordonnée, sans\nplan. Il y a quelque chose de débordant et de très jeune dans le\ntempérament de cette voix, qui n'est pas encore complètement\nformé. Gagnera probablement encore, surtout vu le superbe ensei-\ngnement dont le fruit se manifeste de plus en plus.\n10. M. Népote, élève de M. Duvernoy. Voix de baryton froide\net assez brillante, paraît fabriquée, tremble beaucoup dans le fort\net le piano, a deux registres différents ; dans l'exécution est pré-\ntentieux, mais paraît assez intelligent musicalement.\n11. M. Renault, élève de M. Engel. Voix de ténor quelque peu\nserrée, phrase assez bien ; le timbre n'est pas riche, fait quelques\ntours de force de respiration.\n12. M. Laloye, élève de Mme R. Caron, a concouru en 1908.\nVoix ronde, belle, sans nerfs ni intelligence, baisse avant le final\neffroyablement, mais en somme un progrès remarquable de pro-\nnonciation et de voix depuis l'année dernière.\n13. M. Courbon, élève de M. Duvernoy. Voix pauvre de timbre\n(ténor), ne tremble pas, pleurniche, sans réelle sensibilité, en-\nnuyeux.\n14. M. Ponzio, élève de M. Manoury, ier accessit en 1908.\nProgrès vocal et artistique surprenants.\n15. M. Decourcelle, élève de M. Manoury. Voix de ténor étendue,\nsympathique, assez forte, mais d'un enrouement désespérant à\nchaque concours !\n16. M. Carrié, élève de M. Gazeneuve. Très forte et belle voix de\nbaryton, paraît avoir du tempérament, mais est très jeune\nencore. Une voix d'avenir. Les notes élevées tremblent, force la\nvoix, fait des points d'orgue désespérants, pas de nerfs dans l'in-\nterprétation.\n17. M. Chah-Mouradian, élève de M. Cazeneuve, ier accessit en\n1908. La beauté du timbre de ce ténor s'est développée depuis le\ndernier concours, mais il paraît mal disposé 5 le gosier n'est pas\nbien ouvert*, émotionné ; le choix du morceau est peu heureux\npour la chaleur de ce timbre et pour le caractère oriental et tendre\nde cette voix. Grand progrès au point de vue de la prononciation.\n18. M. Jourde, élève de M. Dubulle, 2e accessit en 1908. Très"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "belle et profonde basse sonore, en plein développement vocal,\nouvert comme interprétation, les valeurs claires, beau progrès ar-\ntistique et vocal. Nature d'artiste.\n19. M. Pasquier, élève de M. Manoury. Doux ténor, phrase\ntrès gentiment, avec sentiment et musicalité ; la voix tremble\nquelque peu.\n20. M. Combes, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Voix\nde basse très travaillée, la conduit très bien, avec intelligence ;\nbeau choix du morceau qui cause un extrême plaisir par son\némouvant caractère, rendu avec beaucoup de sincérité et de sen-\ntiment.\n21. M. Clauzure, élève de M. Cazeneuve. Joue son personnage,\na du relief dans l'interprétation, un masque tragique, voix très\nforte de basse, pas encore assez assouplie, mais promet beaucoup,\nde la véhémence et de l'âpreté dans l'interprétation, une nature.\n22. M. Imbert, élève de M. Engel, 2e accessit en 1908. Forte voix\nde basse sans aucune expression, voix qui paraît insensible au\ndéveloppement musical. •\n23. M. Toraille, élève de M. Duvernoy. Voix de ténor sucrée, de\ncaractère nasal ; une mentalité musicale très bornée ; ne manque\npas d'un certain savoir pour conduire la voix, mais c'est toujours\nborné.\n24. M. Bellet, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Cè\nbaryton, dont la voix n'a pas beaucoup de caractère ni de timbre,\nà force de tempérament, de verve, d'intelligence musicale, de\njolie diction, d'imagination et de talent, sait plaire et captiver la\nsalle.\n25. M. de Laromiguière, élève de M. Dubulle, a concouru en\n1908. Voix sérieuse de basse, joliment timbrée, bon musicien, du\nsentiment, une certaine distinction dans l'interprétation. La voix\nest encore un peu rentrée et s'étrique vers l'aigu, mais n'est pas\nà son complet développement. En résumé, rassurante impres-\nsion.\nCHANT (f\nJury : MM. Fauré, Messager, Debussy, Dukas, Bruneau, Lalo,\nErlanger, Véronge de la Nux, Broussan, Dufranne, Escalaïs,\nd'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat, secrétaire."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.62", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "Concurrentes.\n1. M,le Gautier (Alice), élève de M. Lorrain, 24 ans 1 mois, a\nconcouru en 1907, admise à concourir en 1908, malade,\n(Gluck).\n2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, 2 3 ans 3 mois, ier accessit\nen 1908, Cantate (Clérambault).\n3. M,le Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2 5 ans 4 mois, 2e prix en\n1908, Iphigénie en Tauride(Gluck).\n4. Mlle Guiblin, élève de M. Lorrain, 22 ans,\n(Saint-Saëns).\n5. Mlle Alavoine, élève de M. Lassalle, 25 ans 2 mois, 2e accessit\nen 1907, Héraclès (Hasndel).\n6. Mme Delisle, élève de Mme Rose Caron, 26 ans 10 mois, icr ac-\ncessit en 1908, la Damnation de Faus (Berlioz).\n7. MIU Vignes, élève de Manoury, 24 ans 5 mois, la Procession\n(César Franck).\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, 21 ans 11 mois, a con-\ncouru en 1908, la Flûte enchantée (air de Pamina) (Mozart).\n9. Mme Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2 5 ans 6 mois,\n2e accessit en 1907, malade en 1908, (Nicolo\nIsouard).\n10. Mlle Devriès, élève de M. Hettich, 2 5 ans 4 mois,\nde Figaro (air de la comtesse) (Mozart).\n11. M 1 Roseland, élève de Mme Rose Caron, 23 ans 4 mois,\nDanaïdes (Salieri).\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, 21 ans 5 mois,\ntion (Haydn).\n13. Mme Rénaux, élève de M. E. Duvernoy, 26 ans 5 mois, 2e ac-\ncessit en 1908, ÏEnfant prodigue (Debussy).\n14. MUo Charrières, élève de M. Dubulle, 23 ans 6 mois,\nGalathée(Hœndel).\n15. MUe Calvet, élève de M. Martini, 23 ans 2 mois,\nen Tauride (le songe) (Gluck).\n16. Mlle Bourdon, élève de M.. Lassalle, 22 ans 3 mois, 2e prix\nen 1908, Freyschiitz(air d'Agathe) (Weber).\n17. M 11\" Courso, élève de M. Hettich, 24 ans 10 mois,\n(Hasndel)."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "18. MUe Vivier des Vallons, élèvede M.Cazeneuve, 22 ans 3 mois,\na concouru en 1908, Guillaume T(Rossini).\ni *\nig. Mlle Billard, élève de Martini, 23 ans, 1\" accessit en 1908,\nla Flûte enchantée(ieracte) (la Reine de la Nuit) (Mozart).\n20. Mlle Hemmler, élève deManoury, 22 ans 4 mois,\nColin (Nicolo Isouard).\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel, 26 ans 2 mois,\ntecôte (Bach).\n22. Mm® Thévenet (Suzanne), élève de M. Dubulle, 23 ans\n11 mois, Etienne Marcel(Saint-Saëns).\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, 25 ans, a concouru en\n1908, Jules César(Haendel).\n24. M\"e Fraisse, élève de Mme Rose Garon, 21 ans 5 mois,\n2e accessit en 1908, Don Juan(Zerline) (Mozart).\n25. Mme Willaume-Lambert, élève de Mme Rose Caron, 22 ans\n5 mois, a concouru en 1908, (G. Saint-\nSaëns).\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 21 ans 8 mois, 2e prix en\n1907, a concouru en 1908, Alceste (Entrée aux Enfers) (Gluck).\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 26 ans 2 mois, 2e acces-\nsit en 1908, Freyschutz(Weber).\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, 23 ans 11 mois, ier acces-\nsit en 1908, Judas Machabée(Haendel).\n29. M,le Lalotte (Jeanne), élève de M. Cazeneuve, 22 ans,\nTroyens (air de Didon) (Berlioz).\nlers1ers Prix : Mlles Daumas (Hettich), Amoretti (Engel).\n2®s Prix : Mlles Fraisse (Rose Caron), Pradier (Hettich),\nMmes Delisle (Rose Caron), Willaume-Lambert (Rose Caron).\nlers1ers Accessits : Mme Rénaux (Duvernay), Mlles Hemmler (Manoury),\nAlavoine (Lassalle).\n2es Accessits :MUes Vivier des Vallons (Cazeneuve), Guille-\nmot (Lassalle), Bonnard (Dubulle), Wiltz (Cazeneuve), Thévenet\n(Dubulle).\n1. Mlle Gautier, élève de M. Lorrain, a concouru en 1907, admise\nà concourir en 1908, malade. Voix ample de mezzo, un certain\nacquis dans l'interprétation, sans personnalité, grossit quelque\npeu la voix."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.64", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Voix\nagréable de soprano, bien conduite, assez souple, sans tempéra-\nment et sans vraie ingénuité, charmant morceau de concours.\n3. MUe Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2e prix en 1908. Soprano\nde demi-caractère ; le médium n'est pas en bon état ; les notes\nélevées sont forcées ; le piano complètement sans appui, mais la\nqualité de la voix est très belle quand elle ne force pas ; l'exécution\nen réalité est froide et maniérée.\n4. Mlîe Guiblin, élève de M. Lorrain. Beau et profond mezzo,\nla voix très égale ; il est difficile de juger son interprétation, par\nsuite de son trouble.\n5. Mll9 Alavoine, élève de M. Lassalle, 2e accessit en 1908. Voix\nde mezzo qui paraît s'être étriquée depuis l'année dernière ; cer-\ntainement c'est un tempérament, mais non discipliné ; il est diffi-\ncile de juger cette voix d'après ce concours, elle ne donne pas\ntoute sa mesure.\n6. Mme Delisle, élève de MmeCaron, ier accessit en 1908. Tem-\npérament ouvert, belle qualité de voix (soprano), mais un goût\ndans l'interprétation absolument vulgaire.\n7. Mlle Vignes, élève de M. Manoury. Trop mince voix de\npetite fille, chante proprement, rien de saillant.\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Joli\nde timbre, ce soprano lyrique ; le phrasé n'est pas intéressant,\npas juste 5 paraît émotionnée.\n9. Mma Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2e accessit en\n1907, malade en 1908. Très agréable et ronde voix de soprano\nlyrique sans beaucoup de caractère, mais phrase avec intelligence,\nsait conduire la voix.\n10. MllB Devriès, élève de M. Hettich. Délicieux médium, char-\nmant soprano lyrique de caractère virginal, pouvait avoir le gosier\nplus ouvert (peut-être c'est l'émotion) ; phrase intelligemment,\nmais l'exécution manque un peu de valeurs.\n11. MUe Roseland, élève de Mme R. Garon. Forte voix de so-\nprano dramatique, tremble énormément, s'appuie dans le gosier,\nvoix qui promet, mais encore très inexpérimentée.\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, Voix froide, mais assez\njolie et poétique de timbre (soprano lyrique) ; les notes aiguës"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "paraissent être un peu en arrière ; a des intentions dans le\nphrasé.\ni 3.Mme Rénaux, élève de M. Duvernoy, 2e accessit en 1908.\nEn progrès depuis l'année dernière; le timbre de ce soprano n'est\npas riche, mais on apprécie le travail, une certaine intelligence et\nmusicalité dans 1 exécution. Dommage que les notes élevées\ntremblent tant !\n44. M 11\" Charrières, élève de M. Dubulle. Agréable sensibilité,\ntout d'un caractère nasal, soprano lyrique.\n15. Mlle Calvet, élève de M. Martini. Enorme voix brutale,\ngrand registre, cette voix n'a encore aucun acquis, mais pour-\nrait se développer. Elle est trop fermée comme sonorité et uni-\nforme.\n16. Mlle Bourdon, élève de M. Lassalle, 2e prix en 1908. La\nplus jolie qualité de soprano de demi-caractère, faible vers les\nnotes graves, manque d'appui, comme goût laisse beaucoup à\ndésirer, mais le tempérament nerveux, communicatif, vibrant.\nDommage qu'avec ces réelles qualités l'exécution ne soit pas plus\ndistinguée !\n17. Mlle Courso, élève de M. Hettich. Le vrai contralto, belle\nvoix, mais pas encore à son entier développement.\n18. Mlle Vivier des Vallons, élève de M. Cazeneuve, a concouru\nen 1908. Ce soprano léger est devenu plus ferme ; le timbre a\ngagné, tire encore le son du gosier; il n'y a pas d'équilibre entre\nle médium ou le grave et l'aigu qui est très beau et d'une qualité\ndélicieuse et claire. Le morceau pouvait être mieux exécuté.\n19. M,le Billard, élève de M. Martini, ire accessit en 1908. Un\nsoprano léger, sympathique et agréable, dit musicalement ;la\nvoix est enveloppée, ronde ; la figure manque quelque peu d'ex-\npression. Très en progrès ; dommage qu'elle vocalise avec la\nbouche.\n20. MUfi Hemmler, élève de M. Manoury. Voix de soprano bien\nnourrie, jolie, bonne diction, émission libre, par moments la\nvoix trop ouverte. Bonne impression.\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel. Agréable soprano lyrique ;\nchante musicalement.\n22. Mme Thévenet, élève de M. Dubulle. Elle paraît être para-"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.66", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "lysée par la peur, mais la voix de mezzo est jolie, expressive ;\nil y a des finesses et des intentions dans son interprétation, qui\nmanque de rythme.\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, a concouru en 1908.\nLa voix forcée est trop en dedans ; le registre aigu est criard et\nvulgaire. On dirait qu'elle chante au-dessus des limites de son\nmezzo. Aun acquis ; cherche à phraser.\n24. Mlle Fraisse, élève deMme R. Caron, 2eaccessit en 1908. Voix\nlégère, jolie. Gomme chanteuse d'un répertoire léger, doit avoir\ndu succès, mais il vaut mieux qu'elle n'attaque pas les chefs-\nd'œuvre de la musique.\n25. Mme Willaume-Lambert, élève deMme R. Caron, a concouru\nen 1908. La qualité de la voix paraît moins riche qu'au concours\nprécédent ; sa vocalise laisse à désirer. Ce morceau insignifiant de\nSaint-Saëns peut-être a pu lui nuire !\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 2e prix en 1907, a concouru\nen 1908. Dans le médium, la voix a gagné, mais les notes élevées\nsont toujours aussi étroites. On remarque peu de progrès au point\nde vue de l'interprétation. Aucune valeur, aucune intention per-\nsonnelle.\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908.\nBelle voix, bien posée, mais chante son air inégalement.\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, ier accessit en 1908.\nSoprano clair, intelligent, détaille son air avec calme, vocalise très\nbien, a du tempérament. Excellente musicienne.\n29. Mlle Lalotte, élève de M. Cazeneuve. La voix de mezzo a un\nbeau timbre, mais n'est pas encore suffisamment formée, et la\ndiction est très imparfaite. Pour le moment, impossible d'avoir\nune impression complète de cette voix.\nOPÉRA COMIQUE.\nJury : MM. G. Fauré, Carré, Debussy, Bruneau, Paul Hille-\nmacher, Maréchal, Renaud, Clément, Dufranne, Véronge de la\nNux, Ferrier, d'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat,\nsecrétaire.\nConcurrents :\n1. M. Angelo Renault : Carmen,ier acte, rôle de Don José."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "2. MIIe Calvet : Grisélidis, 2e acte, rôle de Grisélidis.\n3. Mlie Charrières : Man on,ieracte, rôle de Manon.\n4- Mme Suzanne Thévenet : Carmen, ier acte, rôle de Carmen.\n5. M. Decourcelle : Carmen,4e acte, rôle de Don José.\n6. Ml,e Guillemot : 2* acte.\n7. M. Tareria : Manon,rôle de des Grieux.\n8. M. de Laromiguière : Lakmé,2e acte, rôle de Nilakanta,\n9. M. Félisaz : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n10. M. Tirmont : Manon, 2e acte, rôle de des Grieux.\n11. Mlle Amoretti : le Barbier de 2e acte, rôle de Rosine.\n12. M. Chah-Mouradian : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n13- M\"9 Alavoine : Carmen,4e acte, rôle de Carmen.\n14. MUe Courso : Carmen,i«r acte, rôle de Carmen.\n15. M. Clauzure: le Barbier de S2eacte, rôle de Basile.\n16. Mlle Pradier :le Roi d'Ys, ieracte, rôle de Rozenn.\n17. M. Combes : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n18. M. Bellet (ier accessit en 1908) : 2e acte, rôle de\nClavaroche.\n19. M\"* Jeanne Lalotte : Piccolino,2e acte, rôle de Piccolino.\n20. Mffie Willaume-Lambert : M, 3e acte, rôle de Manon.\n21. Mlle Billard .* le Barbier de Séville.\n22. MUe Duvernay (ier accessit en 1908) .* rôle de\nla Navarraise.\n23. M. Coulomb (2e prix en 1908) : ier acte, rôle\nde Benoît.\n24. MUe Bonnard : Lakmé,ier acte, rôle de Lakmé.\n25. M. Ponzio : Falstaff,rôle de Falstaff.\n26. M. Paulet: le Roi cf Ys, 3e acte, rôle de Mylio.\n27. Mlle Devriès : Manon, ier acte.\n28. M. Pasquier : Manon,rôle de des Grieux.\n29. M. Pierre Dupré : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n30. Mme Delisle : Manon,3e acte, rôle de Manon.\n31. Mlle Fraisse :le Caïd, 2e acte, rôle de Virginie.\nHommes.\nlers1ers Prix : MM. Ponzio (Melchissédec), Bellet (Dupeyron), Dupré\n(Bouvet)."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.68", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "2es Prix : à l'unanimité : MM. Combes et Paulet (Isnardon).\nlers1ers Accessits : MM. Chah-Mouradian, Clauzure (Isnardon), Tir-\nmont (Melchissédec).\n2es Accessits : MM. Taréria et Pasquier (Isnardon).\nFemmes.\npis Prix :Mlle Duvernay (Isnardon).\n2es Prix :MUes Amoretti (Dupeyron), Billard (Melchissédec),\nDevriès (Isnardon), Willaume-Lambert (Bouvet).\nleis Accessits :Mlles Pradier, Fraisse, Guillemot (Isnardon),\nCourso (Melchissédec), Mme Delisle (Dupeyron).\n2es Accessits : Mlles Bonnard et Charrières (Dupeyron).\nMlla Duvernay révèle une sensibilité nerveuse et frémissante qui\nlui réussira fort bien dans le drame moderne. M. Ponzio sera un\nbon acteur de comédie ; il a déjà beaucoup de verve, et sait cons-\ntruire une scène.\nOPÉRA.\nJury : MM. Fauré, Bernheim, d'Estournelles de Constant.\nMessager, Broussan, Gunsbourg, Delmas, Gheusi, Erlanger.\nDukas, Renaud, Escalaïs, Lalo, Fernand Bourgeat, secrétaire.\nConcurrents.\n1. M. Imbert : Œdipe à Colone,ier acte, rôle d'Œdipe ;\n2. M 1\" Guiblin : Orphée,3e acte, rôle d'Orphée.\n3. Mlle Fontaine : Roméo et Juliette,5e acte, rôle de Juliette.\n4. M. Carrié : Aida,3e acte, rôle d'Amonasro ;\n6. Mlle Lalotte : Samson et Dalila,2e acte, rôle de Dalila.\n7. M. Barreau : l'Africaine,2e acte, rôle de Nélusko.\n8. Mme Willaume-Lambert : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\n9. M. Clauzure : Œdipe à Colone, ier acte, rôle d'Œdipe.\n10 et 11. MUe Courso : Samson 2e acte, rôle de Dalila ;\nM. Decourcelle, rôle de Samson.\n12. MUa Bourdon :le Cid, 3e acte, rôle de Chimène.\n13. M. Chah-Mouradian : Lucie de Lammermoor, 4e acte, rôle\nd'Edgard.\n14. Mlle Daumas : Salammbô, 2e acte, rôle de Salammbô ; ré-\nplique : M. Decourcelle."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "ibet 16. M. Dupré : la Walkyr3e acte, rôle de Wotan ;\nMlle Alice Gautier, rôle de la Walkyrie.\n17. Mlle Panis : Alceste,Ier acte, rôle d'Alceste.\n18 et 19. M. Népote : Iphigénieen Tanride, 2e acte, rôled'Oreste ;\nM. Laloye, rôle de Pylade.\n20. MUe W i!tz ; Otello, 4e acte, rôle de Desdemona j réplique\nMme Thévenet.\n21 et 22. Mlle Calvet : Aida,3e acte, rôle d'Aïda ; M. Combes,\nrôle d'Amonasro.\n23. MUe Kaiser : Méphistophélès, 4e acte, rôle de Marguerite.\n24. Mme Delisle : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\nFemmes.\nlers1ers Prix : Mlles Panis (Dupeyron), Kaiser (Bouvet) et Bourdon\n(Bouvet).\n2es Prix : Mlles Wiltz (Bouvet) et Daumas (Melchissédec).\nlers1ers Accessits : Mrae Willaume-Lambert (Bouvet), MUes Delisle\n(Dupeyron) et Guillemot (Isnardon.)\n2e9 Accessits : Mlles Gautier (Bouvet) et Courso (Melchissédec).\nHommes.\nPas de ler1er prix.\n2es Prix : MM. Chah-Mouradian (Isnardon) et Dupré (Bouvet).\nZ#rs Accessits : MM. Combes (Isnardon), Carrié (Dupeyron),\nNepote (Dupeyron), Laloye (Dupeyron), Clauzure (Isnardon).\n2e Accessit :M. Imbert (Bouvet).\nMIIe Kaiser atteint à l'émotion par l'étude. Mlle Bourdon la\ntrouve naturellement. Ml,e Panis s'en passe. M. Chah-Mouradian,\nayant triomphé de sa timidité, donne enfin essor à sa voix forte et\nchaude de ténor mâle 5 son jeu discret ne manque pas de dignité ;\nseule, la prononciation est beaucoup trop sourde encore. M. Dupré\nchante avec feu le rôle de Wotan.\nHARPE.\nJury : MM. G. Fauré, A. Bruneau, X. Leroux, Pugno, Chan-\nsarel, P. Lalo, Riéra, Yéronge de la Nux, Franck, Wurmser, de\nLausnay, Galeotti, F. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Fantaisie en la mineur de Saint-Saëns."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.69", "debut_caractere": 1670, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "6"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.70", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "Morceau à déchiffrer de M. Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Hasselmans.\npvs prix . Mii« Gaulier, Inghelbrecht, Rostagni, Dretz.\nPrix : Mlles Grandpierre et Couturier.\nlers1ers Accessits : Mlle Pla-Iglésias, M. Pré.\n2e Accessit : MUe Auchier.\nNeuf concurrents, neuf récompenses.\nPIANO (hommes).\nMême jury.\nMorceau de concours : Carnaval de Schumann.\nMorceau à déchiffrer de M. Raoul Pugno.\npm Prix : MM. Ramondou (Diémer), Gallon (Risler), Ciampi\n(Diémer\").\n2ePrix : M. Schmitz (Diémer) à l'unanimité.\nlers1ers Accessits : MM. Gilles (Diémer), Gaveau, Joubert (Risler).\n2es Accessits : MM. Servais, Bournonville (Risler).\nDans le Carnaval de Schumann, les morceaux suivants ont été\nsupprimés : Pierrot, Eusèbe, Réplique, reprise de\nla Valse allemande, Aveu, Promenade, et Pause. Le finale avait été\namputé de moitié ; ses deux débris, ne se raccordant pas très\nbien, avaient été réunis par une petite gamme chromatique du\nplus singulier effet.\nTrois premiers prix, évidemment mérités tous les trois.\nM. Gallon (le 2e prix de 1908 ; son frère est prix de Rome)\na évidemment plus d'autorité que ses camarades, est très maître\nde lui, joue prestissimo,et ne bafouille jamais.\nM. Ciampi, au jeu assez cherché, quelquefois trop sentimental,\nn'a pas toujours évité la lourdeur, surtout dans Valse noble et\ndans Reconnaissance. Malgré cela, l'ensemble de l'exécution assez\nattachant.\nM. Ramondou (ier accessit dé 1907), de la force, de la vitesse et\nde la légèreté.\nM. Schmitz (ier accessit de 1908), jeu confus et assez inco-\nlore ; mauvaise pédale.\nM. Gaveau, jeu propre et mesuré, ignore le tempo rubato, et\nmanque de hardiesse."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "M. Servais joue de trop près et manque de puissance.\nM. Bournonville manque d'accent, mais a beaucoup de goût ;\nde plus, il sait jouer piano : cest le seul à qui lon puisse faire ce\ncompliment.\nComment n'a-t-on rien décerné à M. Laporte, le ier accessit de\n1908? il a de l'élan, de l'autorité, et sait graduer ses effets en vue\nde 1 explosion finale. A noter ce fait que tous les concurrents, sans\nexception, ont eu la même sonorité, stridente, agressive et tapa-\ngeuse sans profondeur. Beaucoup de brio, de brillant, et très peu\nde charme.\nPIANO (fem\nJury : MM. G. Fauré, Bauer, Braud, Enesco, Galeotti, G. Hue,\nMoszkowski, Pierret, Pugno, Reitlinger, Staub, Véronge de la\nNux, Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours i Variations en mi bémol de Beethoven.\nMorceau à déchiffrer de Louis Diémer.\nlets Prix:Mlles van Barentzen (Delaborde), Guller (Philipp),\nBouvaist (Cortot), Landsmann (Delaborde), Laeuffer (Delaborde).\n2<s Prix :Mlles Haskil (Cortot), Fritsch (Philipp), Duchesne\n(Cortot), Alice Léon (Cortot).\nlers1ers Accessits : Mlles Hubert (Cortot), Vargues (Philipp), Parody\n(Cortot), Dubief (Cortot), Heineman (Philipp).\n2es Accessits : Mlles Boynet (Philipp), Dienne (Cortot), Hekking\n(Delaborde), Herr-Japy (Delaborde), Petit (Delaborde), Davin\n(Cortot).\nLes i 5 variations ont subi d'infâmes coupures, dans le finale sur-\ntout. Une seule concurrente tout à fait hors ligne : Aline van Ba-\nrentzen, arrière-petite-nièce de Weber.\nler1er Prix : Très joli jeu, net, spirituel et rapide; bonne sonorité\nferme et ronde ; pourra dans l'avenir acquérir plus de force ; si ses\ndoigts sont excellents, ses poignets le sont moins. Tempérament\nmusical de premier ordre.\nLe jury a malheureusement distribué quatre autres premiers\nprix ;on peut se demander pourquoi : Mlles Guller, Landsmann et\nLaeuffer, de bonnes élèves sans qualités ni défauts, etMlle Bouvaist,\ndont le jeu est aussi terne que languissant. Ces demoiselles auront"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.72", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "à couper en cinq une gratification de 1200 francs; cela frise de\nprès le ridicule.\nParmi les seconds prix, M\"4 Alice Léon, qui se coiffe en chien\nsavant, et tape à tort et à travers; Mlle Duchesne, qui perd la tête;\nMlle Fritsch, un peu moins mauvaise que les précédentes.\nlers1ers Accessits : Mlle Hubert, qui aurait mérité mieux; de la finesse,\ndu goût et de la gaieté ; MUe Parody, petit jeu net, propre et sans\naudace.\n2es Accessits : MUe Herr Japy n'eût pas dû être classée au même\nrang que Mlle Simone Petit, une élève déplorable.\nVIOLON.\nJury : MM. G. Fauré, P. Lalo, A. Bruneau, Colonne, H. Ma-\nréchal, Geloso, Hayot, Jacques Thibaud, Tracol, Chapuis, Laforge,\nBoucherit, d'Ambrosio, Fernand Bourgeat, secrétaire.\niers Prix :M. Fradkin (Lefort) ; Mlles Roussel (Berthelier),\nAstruc (Lefort), M. Kretty (Berthelier), Mtle Fidide (Berthelier).\n2es Prix : MM. Barozzi (Berthelier), Le Métayer (Nadaud), Hé-\nmery (Nadaud), Mlle Goyon (Remy), MM. Poulet (Lefort), Suffise\n(Nadaud), Villain (Rémyj.\nALTO.\nJury : MM. G. Fauré, Colonne, Bruneau, Liégeois, Salmon,\nHekking, Bailly, Casadesus, Cools, Chavy, de Bailly, Julien,\nF. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Poème de M. Eug. Cools.\nMorceau à déchiffrer du même auteur.\nProfesseur : M. Laforge.\nler1er Prix,à l'unanimité :M. Barrier.\n2es Prix : M. Mayeux, Mlle Desnoyers.\nlers1ers Accessits : MM. Chantome, Parmentier.\nVIOLONCELLE.\nMême jury.\nMorceaux de concours : Saraband en de Bach ; finale du\nConcerto de Lalo.\nMorceau à déchiffrer de M. Xavier Leroux.\n10TS Prix : MM. Ruyssen, Laurent-Longy (Loeb), Bloch, Dussol\n(Gros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1303, "texte": "2es Prix : MM. Lopes (Cros Saint-Ange), Dumont, Perrin(Loeb).\nlers1ers Accessits :M. Maréchal (Loeb),Mlles Soyer(Cros Saint-Ange),\nNehr, M. Aloux, Mangot(Loeb), Bernardel (Cros Saint-Ange).\n2es Accessits : M. Laggé (Cros Saint-Ange).\nCONTREBASSE.\nMême jury.\nMorceau de concours : ier mouvement du d'E. Storch.\nMorceau à déchiffrer de M. Autende.\nProfesseur : M. Charpentier.\njrers prix : MM. Dumont, Leuliet, Juste.\n2e Prix : M. Béghin.\nler1er Accessit,à l'unanimité : M. Godebert.\nQue faire d'un concerto de Storch ?\nBASSON.\nMorceau de concours : Récit et t d'Henri Busser.\nMorceau à déchiffrer de G. Hue.\nProfesseur : M. Burdeau.\nlers1ers Prix : MM. Verdier, Châtelain, Piard.\n2es Prix : MM. Guilloteau, Petrot, Laus.\nler1er Accessit : M. Druvet.\n2*s Accessits : MM. Bourdeau, Bourgain.\nCOR.\nJury : MM. G. Fauré, Busser, Picheran, Vidal, Lachanaud,\nPénable, Werbreghe, Reine, Belle, Petit, Bilbault, Laforgue,\nBourgeois, Bourgeat.\nMorceau de concours d'H. Busser.\nMorceau à déchiffrer du même.\nProfesseur : M. Brémond.\nPT Prix :M. Bacquier.\n2e Prix : M. Lamouret.\nlers1ers Accessits:MM. Fabre, Hoogstoel.\n2ts Accessits : MM. Julin, Fumière, Josse.\nComme les années précédentes, les morceaux choisis sont de\nvéritables casse-cou, dont la difficulté excessive nuit à la sûreté\ndes attaques."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.74", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "CORNET A PISTONS.\nMême jury.-\nMorceau de concours : Cantabile de Ph. Gaubert.\nMorceau à déchiffrer de Paul Vidal.\nProfesseur : M. Mellet.\nPrix : MM. Rodet, Caron.\n2es Prix : MM. Delmotte, Gobeaux, Laborie.\n2es Accessits : MM. Bonne, Montigny.\nC est une très bonne classe, où les élèves se suivent de fort près\nTROMPETTE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo d'Auguste Chapuis.\nMorceau à déchiffrer d'Alexandre Georges.\nProfesseur : M. Franquin.\nlers1ers Prix : MM. Beghin, Deruyck, Boissy.\n2es Prix : MM. Cherrière, Delattre.\nj?ers Accessits : MM. Panier, Perret, Ghampendal.\n2e Accessit : M. Godebert.\nBeaucoup d éclat, de précision et de chaleur chez presque tous.\nTROMBONE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo de concert de Th. Dubois.\nMorceau à déchiffrer de Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Allard.\nlers1ers Prix : MM. Lacroix, Meyer.\nSes Prix : MM. Duchesne, Munio.\nîers Accessits : MM. Dupont, Dervaux, Marin.\n2es Accessits : MM. Vigoureux, Garric.\nMM. Lacroix et Meyer sont tous deux remarquables : le pre-\nmier, qui nuance avec une finesse extrême, est peut-être plus\nmusicien; le second, qui a de l'ampleur et ne craint pas les oppo-\nsitions, plus artiste. Mais on ne devrait pas prescrire de trilles au\ntrombone à coulisse.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c039", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.8", "titre_corps": "Musiciens Belges", "titre_sommaire": "Musiciens Belges", "signature_source": "René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "Musiciens Belges\nCHARLES MÉLANT\n\nCharles Mêlant est né à Bruxelles le 2 août 1851. Il révéla,\njeune encore, son goût de la composition musicale; à l'âge de\n18 ans, il composait le Chant d\nresté populaire, et en honneur dans toutes les Universités belges.\nIl se livra bientôt exclusivement à son Art, et partit pour Paris\noù, en 1874, il fut reçu membre de la Société des auteurs et com-\npositeurs. Il suivit les cours du Conservatoire, se lia d'amitié avec\nde nombreux artistes devenus célèbres et « s'essaya » dès\nlors dans de nombreux poèmes, tels que d'A. Daudet,\nles Triolets à Nini de Grangeneuve, les Mois du bon François Coppée,\net quantité d'autres pièces d'Armand Sylvestre, Gabriel Prévost, etc.\nCes premières œuvres furent bien accueillies et trouvèrent de suite\nun éditeur. A. Leduc les publia. Le succès, avant-coureur du renom\nfutur, couronna les débuts du jeune auteur.\nEn 1878, il donne à la scène un premier opéra : l'Avalanche.\nD'autres ouvrages se succèdent alors sans interruption .' Enlevez\nïêcriteau. Folle Vie, le Prince charmant, (poème"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.76", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "de Maeterlink), Andromède (drame d'Edmond Picard),\nrance de Faust, la Chanson de la mer, la Main gauche, Ce n'était\nqu'un rêve, Chants d'Enfants (2 recueils), VAmi du Roi, 4 volumes\nd'Adaptations mélodiques, la Part six recueils de 20 mé-\nlodies, etc., etc., morceaux pour orchestre : symphonies,\nharmonies, fanfares.\nOn le voit par cette rapide énumération, certainement incom-\nplète, M. Mêlant possède, d'ores et déjà, un bagage important.\nTravailleur infatigable, il accomplit un surprenant labeur, ne\ns'accordant que bien peu de repos.\nIl a trouvé dans la compagne de sa vie une collaboratrice\nfidèle autant qu'autorisée en matière musicale. Mme Mêlant, fille\nd'Albert Picard, président du Conseil provincial du Brabant, fit\ndes études très complètes avec le maître Émile Mathieu, directeur\nactuel du Conservatoire de Gand, auteur trop modeste de\net eut comme professeur de piano M. Paul d'Hooghe, de l'Aca-\ndémie de musique de Louvain. Elle s'est, en outre, acquis une\nréputation dans la presse artistique et littéraire sous le pseudo-\nnomie de Severa Corelli.\nM. Charles Mêlant est, à présent, joué un peu partout, sur nos\nthéâtres, dans les concerts particuliers et publics, dans les salons,\njusqu'en les recoins de province. Ses œuvres furent applaudies\ndans tous les milieux « intellectuels » du pays ; son nom appartient\nà l'histoire des manifestations artistiques du peuple belge.\nDans sa préface au premier recueil d'Adaptations mélodiques\ndu compositeur, M. A. du Plessy, de la Tribune artistique,\nécrivait:\n« En fin psychologue, M. Mêlant a eu l'idée d'attirer les dilet-\ntanti à l'audition de nos poètes, en faisant souligner leurs récits\nd'une adaptation symphonique... »\nEt plus loin :\n« Nous irons partout où l'on voudra nous accueillir, porter,\navec une autre « bonne parole » au cœur des auditoires les plus\ndivers, la beauté émanée à travers l'âme de nos poètes. Nous\nessayons ainsi de ressusciter, pendant une heure, de temps en"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.78", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "temps, les anciennes assemblées où, pieusement, on écoutait les\nménestrels ou les rhétoriciens, s'élevant aux sons variés des ca-\ndences musicales et des rythmes prosodiques vers une seconde\nvie, celle où l'on respire un peu de Rêve et d'ldéal. »\nCes quelques notations nous indiquent la voie que s'est tracée\nle compositeur, et nous révèlent un premier caractère de sa mu-\nsique. A ce titre, Charles Mêlant occupe une place à part dans le\nmouvement musical belge. Tandis que, parmi nos compositeurs,\ncomme je le remarquais dans l'avant-propos à cette série d'es-\nquisses, les uns subissent l'influence germanique, révélant leur\nascendance teutonne, les autres se rattachent à l'école moderne\nfrançaise, avec pour chefs reconnus Dukas, Chabrier, Bruneau,\nChausson, etc., trop directement, selon nous, à quelques rares\nexceptions, M. Mêlant incarne, très réellement, l ame belge 1\nExubérant, joyeux, plein d'avenante santé, grivois, aimable,\nélégant, d'abord facile et de charmante compagnie, il est « le vrai\nmusicien de chez nous ». L'accueil chaleureux qu'il trouva, tout\nrécemment, auprès du grand public des universités populaires, le\nsuccès qu'il rencontre en tous lieux, le prouvent à merveille, d ail-\nleurs !\nSa musique a la gaieté prime-sautière du Wallon, le naturisme\nsincère du Flamand, tout à la fois, et les poètes « belges » ne\npouvaient trouver meilleur « rhapsode ».\nQuant à la formule d'expression, Charles Mêlant témoigne, dès\nses débuts, de ses dilections pour l'école de Massenet, le disciple\négale le maître. Ses ouvrages pour le théâtre s'apparentant\nau théâtre littéraire des Spaak, Lutens, Morisseaux, Liebrecht, etc.\nbrillent de l'esprit parisien, tout en gardant le caractère natio-\nnal que j'ai signalé plus haut.\nLa même note se retrouve dans ses mélodies et dans la plupart\ndes adaptations. C'est dans ce genre très spécial que semble\ndevoir « s'illustrer » principalement le compositeur. Il a su choisir\nles meilleures productions de notre littérature poétique actuelle .\nles noms de Verhaeren, Maeterlink, Edmond Picard, Gilkin,"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.79", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Eekhoud, Giraud, Le Roy, etc., y voisinent avec ceux des\n« jeunes », dès à présent salués des plus favorables augures.\nIl convient de louer vivement M. Mêlant pour sa belle initiative\net pour le noble but auquel il consacre son talent. Nul doute que\nses efforts ne soient couronnés du légitime succès.\nLa place me manque pour étudier ici, dans ses détails, l'œuvre\ndéjà longue du musicien. Ceci constitue la matière d'un volume.\nQu'il me suffise d'en avoir indiqué les caractères primordiaux et\nles pages capitales, en trop brève esquisse, et qu'il me soit\npermis de redire qu'elle restera une des plus vivantes expressions\ndes aspirations musicales de la nation belgique.\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c042", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.9", "titre_corps": "CHARLES MÉLANT", "titre_sommaire": "CHARLES MÉLANT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "CHARLES MÉLANT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c043", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.10", "titre_corps": "NOTES JURIDIQUES", "titre_sommaire": "NOTES JURIDIQUES", "signature_source": "Georges Baudin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "NOTES JURIDIQUES\nLA COPIE MANUSCRITE DE LA MUSIQUE\n\nLa copie manuscrite de la musique est-elle licite (1) ? C'est\nune question qui intéresse un grand nombre de personnes, aussi\nbien le musicien amateur et le critique d'art qui copient les\npages de musique qu'ils veulent étudier dans des partitions\nempruntées à des amis ou à des bibliothèques publiques, que\n1 entrepreneur de spectacles ou de concerts qui fait copier sur\nune partition d orchestre qu'il a achetée les parties d'instruments\ndestinées à ses musiciens.\nEn ce qui concerne les premiers, la solution n'est pas dou-\nteuse : la copie manuscrite de la musique est licite tant qu'elle\nest faite pour un usage privé et dans un but d'instruction per-\nsonnelle. La doctrine et la jurisprudence (2) sont d'accord sur ce\npoint. On ne peut, en effet, réputer contrefacteur celui qui, dans\nun but d'étude ou pour aider sa mémoire, copie un morceau de\nmusique ; il pourrait l'apprendre par cœur, pourquoi ne pourrait-\n\n(1) Il ne s agit naturellement que de la musique non tombée dans le domaine\npublic.\n(2) i rib. civ. de la Seine, 24 juin 1846, Blanc, p. 160: trib. civ. de la\nSeine, 20 avril 1870, Pataille, 1870, p. 172 ; trib. comm. de la Seine, 20 dé-\ncembre 1871, Droit,B février 1572 ; G. de Paris, 7 mars 1872, Pataille, 1874\np. 172."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.81", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "il pas le copier ? On peut bien dire, il est vrai, que la copie d'une\noeuvre musicale en est un véritable exemplaire, et qu'en le con-\nfectionnant, même pour ses besoins personnels, on prive le com-\npositeur ou l'éditeur du bénéfice qui résulterait pour lui de la\nvente de l'ouvrage imprimé. C'est exact ; mais il ne faut pas\nrendre trop tyrannique le monopole du compositeur ;et\nd'ailleurs l'usage privé de la copie de la musique échappe à son\ncontrôle. Il est non seulement logique, mais matériellement né-\ncessaire d'admettre, pour le cas qui nous occupe, la liberté de la\ncopie des oeuvres musicales, liberté qui est certainement con-\nforme à l'esprit de la loi de 1793.\nMais on doit limiter très strictement cet usage de la repro-\nduction manuscrite : dès que la copie sert à autre chose qu'à\nune étude personnelle ou à un usage privé, elle devient illicite,\net à plus forte raison lorsqu'elle a pour but de procurer au\ncopiste un bénéfice quelconque même indirect. Ainsi, il n'est pas\ndouteux que la copie vendue ou louée soit une contrefaçon ;et\nmême je n'hésiterais pas à réputer telle la copie qui servirait à\nguider la mémoire d'un virtuose dans un concert donné à son\nbénéfice.\nC'est surtout à propos des copies manuscrites employées dans\nles théâtres que les difficultés ont surgi, fréquentes et nom-\nbreuses ; il s'agit, il est vrai, d'intérêts assez considérables et la\nquestion demeure très controversée. Les directeurs de certaines\nscènes lyriques, dans un but d'économie, se contentent d'acheter\nune partition d'orchestre des ouvrage qu'ils ont l'intention de\nreprésenter, et font copier sur cet exemplaire les différentes parties\ndestinées aux instrumentistes. Ces parties séparées d'orchestre,\nqui doivent servir à l'exécution de la musique au cours des repré-\nsentations, sont-elles des contrefaçons ? Non, dit la jurispru-\ndence, car « il ne paraît pas douteux que de même que, s'agissant\n« d'une comédie, le directeur du théâtre qui paye le droit de\n« représentation peut, sans commettre de contrefaçon, copier\n«ou faire copier dans la brochure achetée à l'éditeur le\n« rôle à jouer par chacun des acteurs, de même ce directeur ne\n« fait qu'user d'un droit, lorsqu'ayant à représenter un opéra, il\n« copie ou fait copier àla main, dans la partition gravée achetée"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.82", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "« aux éditeurs, les parties de violon, de flûte ou autres, qu'il des-\n« tine au pupitre de chacun des exécutants ; la contrefaçon n'appar-\n« tiendrait que si ce directeur faisait œuvre d'éditeur, c'est-à-dire\n« multipliait les copies et les employait non pas seulement à\n« l'usage du théâtre dirigé par lui, mais pour les exploiter à\n« part et les ajoutera son commerce. La doctrine et la jurispru-\n« dence s'accordent à interpréter ainsi la loi ; elles consacrent pour\n« le directeur de théâtre, propriétaire d'un exemplaire d'une par-\n« tition, le droit de copier pour l'usage des artistes de l'orchestre\n« les parties de cette partition et décident qu'il n'y a dans ce fait\n« qu'un acte intérieur, un procédé de représentation dont les\n« conséquences sont bornées, et qui ne saurait porter atteinte au\n« droit de propriété des éditeurs (1). »\nCette opinion se retrouve, presque unanimement adoptée,\ndans toutes les décisions des tribunaux (2). La jurisprudence\nestime que la copie manuscrite des parties d'instruments d'après\nune partition d'orchestre, faite en vue des représentations, n'est\nillicite que si les exemplaires ainsi confectionnés sont loués ou\nvendus, font l'objet d'un commerce. Sans doute, disent les parti-\nsans de cette théorie, la représentation est un acte de commerce ;\nmais nous n'avons à nous occuper que du droit d'édition et non\nde celui de représentation ; les copies incriminées peuvent bien\nêtre utiles àla représentation, mais on ne peut pas dire qu'elles\nsont par là mises à l'usage du public. Ces copies ne constituent,\nde la part du directeur, qu'un acte d'administration intérieure\ncompris dans le droit de représentation ; le fait de copier, de repro-\nduire pour l'usage personnel des artistes, et en vue de la repré-\n\n(1) C. de Besançon, 6 juillet 1892, Dalloz, 92-2-579.\n(2) Voir notamment un arrêt de la Cour de cassation dans lequel il est\ndit :\n«... Attendu que le délit de contrefaçon ne peut exister que lorsqu'il y a édi-\n« tion, c'est-à-dire vente ou distribution au public de copies exécutées sans\n« autorisation de l'auteur ou de son cessionnaire et faisant une concurrence\n« illicite à l'édition originale ; qu'il en est autrement des copies dont l'usage\n« n'est que l'exercice du droit de représentation et qui ne sont pas mises dans\n« le commerce. » (Cass., 25 janvier 1893, Dalloz, 1893-1-144.)\nVoir dans le même sens : G. Paris, 25 janvier 1878, Dalloz, 1879-2-51 ; Cass.,\n28 janvier 1888, Dalloz, 1888-1-400 ; Cass., 5 décembre 1895, Dalloz, 1897-1-\n205."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.83", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "sentation, ne peut être à aucun point de vue considéré comme\nune édition. Tous ceux qui font une copie ont un intérêt à le\nfaire, ne fût-ce que pour épargner le coût d'un exemplaire pris\nchez l'éditeur ; mais ce n'est pas là la spéculation que la loi a\nen vue quand elle punit la contrefaçon. L'usage fait de la copie\ndans l'intérieur du théâtre pourra bien avoir pour conséquence\nune diminution des frais, une économie, mais n'augmentera pas\nle bénéfice résultant de la représentation. D'ailleurs, conclut-on,\npour rassurer les compositeurs et les éditeurs sur les consé-\nquences de ce système, les copies manuscrites ne remplacent\njamais les exemplaires gravés ; elles ne sont jamais qu'un expé-\ndient momentané qui ne peut faire diminuer sensiblement la vente\nde l'ouvrage original.\nBien que la jurisprudence ait généralement adopté cette manière\nde voir, etbien qu'elle soit d'accord avec la majorité des auteurs(i),\nje ne puis admettre son opinion. D'abord, il est nécessaire de\ndistinguer très nettement le droit d'édition du droit de repré-\nsentation ; ce n'est pas parce qu'un directeur de théâtre a obtenu\n1 autorisation de représenter un drame musical qu'il peut se\ndispenser d'acheter la musique nécessaire à son orchestre ;\nde même, en sens contraire, qu'il ne suffit pas d'acheter un\nmorceau de musique pour pouvoir l'exécuter en public. D'autre\npart, on ne peut pas dire que l'entrepreneur de spectacles ne\ncause aucun préjudice au compositeur ou à l'éditeur en faisant\ncopier la partition pour les besoins de ses musiciens 5 ce dernier,\nen effet, a avancé une somme considérable pour faire graver les\nparties d'orchestre ; il a calculé le tirage des exemplaires en pré-\nvision des exécutions ; et la mévente de sa musique lui cause un\npréjudice d'autant plus appréciable que les orchestres des théâtres\nlyriques se composent d'un assez grand nombre de musiciens. Il\nn est pas vrai non plus de prétendre que la copie manuscrite ne\nsoit qu'un expédient; elle remplace bel et bien, pour toute la durée\ndes représentations, les exemplaires gravés. Enfin on nepeut sou-\n\n(1) Dalloz , Propriété littéraire,no 363 ; Rendu, n« 866 ;\nVivien et Bianc, Législation des théâtres, n°7ii ; Renouard,t. 11, n\" 29;\nLacau, Législation des théâtres."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.84", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1581, "texte": "tenir que les copies dont il est question ne sont pas faites en vue\nd'un gain et ne sont qu'un acte d'administration intérieure; un\nthéâtre est une exploitation commerciale, et c'est en vue, de cette\nexploitation que le directeur de théâtre remet une copie à chaque\nmusicien ; il cherche par ce moyen à diminuer ses frais, autre-\nment dit à augmenter ses bénéfices, et il les augmente de tout ce\nqu'il ne paie pas à l'éditeur (i). Pour ces deux raisons : préjudice\ncausé au propriétaire du droit d'édition, et gain réalisé à son\ndétriment, je pense qu'il faut sans hésiter combattre et rejeter\nl'opinion qui a cours dans les tribunaux (2).\nEn résumé, on doit admettre que la copie manuscrite de la\nmusique est licite quand elle est faite pour un usage privé et en\nvue d'études personnelles, mais dans ce cas-là seul. Dès qu'elle\nest utilisée en dehors de ces limites très étroites, elle devient une\ncontrefaçon. C'est, il me semble, la seule interprétation qui soit\nconforme à l'esprit de la loi de 1793 et qui satisfasse ceux qui\nont souci de défendre les droits de l'artiste.\n\nGeorges Baudin.\n\n(I)En ce sens quelques décisions isolées : trib. corr. de la Seine, 6 dé-\ncembre 1877, Droit, 7 décembre 1877 > trib. corr. de Marseille, 23 décembre\n1886, Droit, 21 janvier 1887.\n(2) Pouillet [Traité de la propriété artistique) considère avec juste raison\ncomme une contrefaçon les copies faites par un directeur de théâtre pour rem-\nplacer des parties d'orchestre gravées, abîmées par l'usage.\nEn sens contraire, voir C. d'Angers, {B7B, Pataille, 1878, p. 120."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c046", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.11", "titre_corps": "Un Congrès de chant grégorien", "titre_sommaire": "Un Congrès de chant grégorien", "signature_source": "Amédée Gastoué", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "Un Congrès de chant grégorien\n\n(Les Sables-d'Olomte, ',\nChacune des espèces de l'art musical a ses fidèles et ses passion-\nnés : à l'heure actuelle, dans l'ordre de la musique religieuse, il\nn'est peut-être pas comme le chant grégorien pour réunir dans un\nmême but artistique et tout à la fois pratique un aussi grand\nnombre de partisans.\nLe chant grégorien est, en effet, dans l'art musical, le « pain quo-\ntidien » de l'Église, puisqu'il en est la seule musique officielle, la\nmélopée rituelle des fonctions liturgiques. Le mouvement de res-\ntauration parti des travaux de l'école de Solesmes depuis un demi-\nsiècle, et consacré d'une façon définitive par le pape Pie X, donne\nun regain de nouveauté à la vieille mélodie ; pour la plupart des\nauditeurs, c'est une initiation à des splendeurs inconnues, au\nculte de la mélodie pure, dans une de ses formes dans sa\nforme unique peut-être la plus parfaite.\nDepuis quinze ans, une dizaine d'assises musicales et de con-\ngrès (i) ont été consacrés en France à cette question, vitale pour la\n\n(i) Rodez, en 1894, organisé parles Bénédictins ; Bordeaux, Reims, Niort,\nles années suivantes, par des comités locaux ; Avignon (1899), Paris (1900),\nBruges (1902), Clermont (1902), par la ; Arras (1904), par la Procure\nde musique d Arras ; on peut y rattacher le premier grand congrès interna-\ntional de Strasbourg, en 1905. Depuis ce moment, la situation ecclésiastique\nen France n avait pas permis la réunion de semblables congrès."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "liturgie latine, du chant grégorien. Mais partout à part peut-\nêtre à Rodez, en 1894 il n'était pas le seul genre de musique\nqui fût envisagé dans ces assemblées : la polyphonie palestinienne\net plus moderne, les œuvres profanes ou populaires, y comptaient\nautant, et parfois plus.\nDans le congrès, au contraire, qui vient d'être tenu aux Sables-\nd'Olonne, si diverses compositions anciennes ou modernes ont été\nexécutées au cours des offices religieux, il n'a été question presque\nuniquement aux séances des congressistes que du principal fac-\nteur qui les avait groupés : le chant grégorien.\nLe moment était bien choisi pour réunir les fervents et les pra-\nticiens de cet art : un an écoulé depuis la publication du Graduel\nromain de l'Edition Vaticane permettait de se rendre compte de\nl'effort accompli et des résultats obtenus. La ville où nous fûmes\nconvoqués n'était pas moins désignée pour ces belles assemblées :\nc'est en effet aux Sables-d'Olonne, il y a trente ans déjà, dès l'appa-\nrition des premiers ouvrages de Dom Pothier, que fut constituée\nchez nous la première maîtrise vraiment grégorienne, par l'archi-\nprêtre de cette ville, Mgr R. du Botneau, dont on célébrait pré-\ncisément le jubilé sacerdotal.\nIl y avait donc là une double fête : fête de la réforme du chant\nliturgique, en même temps que d'un de ses plus fidèles apôtres. Et\nc'est la seconde pensée qui donna naissance à la première, dans\nl'esprit de son promoteur.\nDonc Mgr R. du Botneau, prélat de Sa Sainteté et archiprêtre\ndes Sables-d'Olonne, nous avait conviés, pendant trois jours, à\nunir nos efforts en vue de la « glorification » et dé la diffusion\npratique du chant grégorien, et spécialement du Graduel ré-\nformé de Pie X. Un comité de patronage fut réuni, parmi les\nmembres duquel nous relevons les noms de MM. Guilmant, Gi-\ngout, Pierre Aubry, de la Tombelle, Maurice Emmanuel, etc. Dès\nla première annonce du congrès, cent cinquante adhésions se ma-\nnifestèrent ; elles augmentèrent rapidement, et, finalement, on\ncompta près de quatre cents congressistes, chiffre énorme pour une\n\n7\n4"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.87", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "question, en somme, très spéciale, et dans une assemblée particu-\nlièrement régionale.\nL'ouest de la France était, en effet, spécialement visé, et l'on vint\nsurtout des diocèses de Bretagne, de la Vendée et des Gharentes,\ndes rives de la Garonne, depuis Saint-Brieuc jusqu'à Agen.\nEnviron trente archevêques et évêques avaient envoyé leurs\nencouragements, et seize d'entre eux s'étaient fait officiellement\nreprésenter. La lettre la plus explicite à ce sujet fut certainement\ncelle de l'archevêque de Paris, Mgr Amette, désirant et deman-\ndant que le mouvement grégorien demandé par Pie X soit ac-\ncompli le plus rapidement possible. Avis aux musiciens d'église\nparisiens, si clairsemés, hélas 1 à ce congrès, malgré l'adhésion ou\nla présence du maître de chœur de Notre-Dame, M. l'abbé Re-\nnault ; de M. Drees, de Saint-François-Xavier ;de M. Meunier,\nde Sainte-Clotilde ; du professeur de chant liturgique de l'lnstitut\ncatholique ; de M. l'abbé Latty, de Saint-Leu.\nLes réunions du congrès comprenaient des séances de rapports\net de discussions et les offices divins. Ceux-ci étaient célébrés\ndans la superbe église de Notre-Dame de Bon-Port; celles-là étaient\ntenues à la salie Jeanne-d'Arc.\nLe congrès fut ouvert par un remarquable discours du pro-\nmoteur, Mgr du Botneau, sur le rôle de la musique d'église, le\nsens artistique qui doit s'en dégager, avec l'élévation et l'enno-\nblissement intellectuel qui en résultent. Le Révérendissime Dom\nPothier, principal artisan de la réforme grégorienne, lui succéda,\net mit en lumière l'histoire du mouvement solesmien, en passant\nd'abord en revue les travaux d'approche de ses devanciers jus-\nqu'aux derniers résultats les plus tangibles, consignés dans le\nGraduel Vatican. Les lecteurs du bulletin delà S. I. M. n'exigeront\npas que je leur raconte dans le détail ces diverses séances ; elles\nfurent toutes des plus intéressantes, les quelques observations ou\ndiscussions rapidement résolues, et en fin de compte, on se pre-\nnait à regretter que le congrès fût si tôt terminé : tant de choses\nencore restaient à dire I\nC'est que le sujet est vaste, et il faut savoir se borner. Aussi\nle cadre des communications était-il à la fois pratique et précis.\nD'une part, montrer le bien fondé de la réforme en général, et, en"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.88", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "particulier, le caractère scientifique et artistique du Graduel Vati-\ncan ; d'un autre côté, envisager les progrès de l'enseignement et\nde l'exécution du chant grégorien dans les séminaires et les écoles\nchrétiennes, les églises, les œuvres diverses. De là conclure à\n1 avancement, plus accentué encore, de l'œuvre de restauration\npartout où les efforts peuvent pénétrer.\nJe citerai spécialement le lumineux rapport de M. le chanoine\nPoivet sur l'enseignement du chant dans les séminaires ; les spiri-\ntuels récits du Révérendissime Dom Guépin, abbé bénédictin de\nSilos, sur 1 unité de l'œuvre de Solesmes et sur le mouvement de\nrestauration enEspagne ; de M. l'abbé Méfray, l'excellent maître de\nchapelle des Sables-d'Olonne, sur le Graduel romain considéré\ncomme moyen d'apostolat dans les œuvres ; de M. Le Guennant,\nmaître de chapelle de Saint-Nicolas de Nantes, sur la formation\nd'une union des musiciens d'église de l'Ouest, fortement appuyée\npar M. Y. d'lndy, etc.\nMais je n'ai pas dit un mot encore des exécutions. Elles sont à\nciter, et d'autant plus qu'elles eurent pour agent principal la\nmaîtrise paroissiale des Sables, formée de marins et d'ouvriers du\nport, qui, avec leurs enfants, viennent régulièrement travailler\nl'art vocal avec les chefs-d'œuvre de la musique d'église, et don-\nner leur concours aux offices. Et c'est merveille de voir le résultat.\nUne cinquantaine de voix puissantes, mais assouplies, chantant\navec des qualités vocales et musicales qu'on rencontre rarement\ndans nos maîtrises de grandes villes ; et à Paris, je ne sais guère\nque celle de Saint-François-Xavier, et peut-être celle de Saint-\nSulpice, formées cependant de professionnels, qui puissent rivaliser\navec leur sœur maritime des Sables-d'Olonne. Je souhaite à tous\nles associés du S. I. M. de passer, ne serait-ce qu'un dimanche,\ndans cette coquette petite ville, et d'y assister aux offices ainsi\nchantés.\nLes pièces les plus remarquées furent tout d'abord les chants\ngrégoriens, et surtout le suave Übi les admirables graduels\nConstitues, Lœtatus sum, la messe entière du dernier jour, qui\nétait celle de la Dédicace. Ces chants étaient encadrés d'œuvres\npolyphoniques : un superbe choral de Bach,\n(traduction de M. Mahot), un chœur du de un"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.89", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "motet de Piel (école cécilienne allemande) pour soprano et alto,\ntrès délicatement rendu, le répons de l'abbé Couturier,\nle ravissant cantique (à l'unisson) de Ch. Bordes, Je te salue.\nLe troisième jour, la maîtrise alternait avec la\nla Croix de bois,qui donna d'excellente façon, et parfois àla per-\nfection, la messe Quarti tonide Vittoria, avec de la messe\nSine nominede Palestrina, le Diffusa de Nanini, le\nde Vittoria, et le Te Deumalternant avec l'assistance entière\nchantant le ton solennel du chant grégorien, tandis que le chœur\nrépondait par les admirables versets d'Anerio.\nCe furent, en résumé, des fêtesinoubliables. Mais, contrairement\nà tant d'autres, le résultat sera durable, car malgré une note\nanticipée et malveillante d'un de nos confrères italiens mal ins-\npiré de telles réunions seront fécondes en résultats pratiques.\nLe grand nom de Solesmes acclamé en la personne de ses illustres\nreprésentants au Congrès, l'unité de vues des assistants sur l'en-\nsemble des questions traitées, les éclaircissements apportés aux\nbonnes volontés jusque-là sans direction, l'union pratique qui en\nrésultera pour beaucoup d'entre eux, enfin le chant grégorien et\nle Graduel Vatican mieux compris, entrés désormais dans la pra-\ntique de tant de séminaires et d'églises, n'est-ce point la marque\nde la meilleure réussite du superbe congrès des Sables-d'Olonne ?\nSa date restera dans les annales de la réforme du chant liturgique\nen France.\n\nAmédée Gastoué."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c049", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.12", "titre_corps": "REVUE DE LA PRESSE", "titre_sommaire": "REVUE DE LA PRESSE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1248, "texte": "REVUE DE LA PRESSE\nM. Louis Laloy a publié dans du 10 avril et du\n10 mai 1909 une enquête sur Wa A l'occa-\nsion d'un article de M. Lalo dans le Temps, où celui-ci invitait nos\njeunes musiciens à étudier Wagner plutôt que M. Debussy,\nM. Laloy avait écrit à ces jeunes musiciens pour leur demander\njustement ce qu'ils pensaient des directions qu'on leur indiquait\nlà. Et ce sont ces réponses qu'il a données dans\navec un léger commentaire.\nMme A. de Polignac, MM. Alfred Casella, Gabriel Dupont, Jean\nHuré, Raoul Laparra, Albert Roussel, Gustave Samazeuilh, Déo-\ndat de Séverac, Paul Gilson, Raymond Bonheur, Florent Schmitt\net Maurice Ravel ont répondu aux questions que leur posait\nM. Laloy.\nEt il résulte nettement de leurs réponses : i° que nos musi-\nciens français bâtissent à l'écart du colosse, parce que le goût\nfrançais, dont ils sont les représentants, ne les pousse pas au\ncolossal ; 20 qu'ils admirent tous M. Claude Debussy.\nC'est simple, c'est clair, c'est net ; et il faut remercier M. Laloy\nd'avoir ainsi montré quelles étaient les positions, et d avoir déli-\nmité d'un trait net la situation : Wagner est Wagner; les Français\nsont Français, et M. Debussy est un grand musicien, au même\ntitre qu'un Gluck ou qu'un Berlioz.\nG. Q. F. D."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.91", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1876, "texte": "The Monthly Musical Record,Ier juillet 1909:\npar M. Sames A. Browne.\nM. J. Loisel poursuit dans le C son étude de\nSonate classique avant Beethoven.\nUn collectionneur viennois, M. le Dr Auguste Heymann, vient\nde retrouver, en feuilletant un carnet d'esquisses du peintre Joseph\nTeltscher, deux dessins représentant « Beethoven sur son lit de\nmort ». On savait depuis longtemps que ces feuillets devaient\nexister, et le Dr Frimmel rappelle dans les\nJe passage où Thayer dit, d'après A. Hiittenbrenner, que «le\npeintre Teltscher commença à dessiner les traits de Beethoven\nmourant », mais qu'un ami du moribond, Et. de Breuning, en fut\nfroissé, et que sur ses instances le peintre « empocha son carnet\nd'esquisses et s'en alla ». Quelque imparfaits que soient les dessins\nconservés, ils remplissent un vide dans la série des images d'après\nlesquelles nous pouvons nous faire une idée du physique du grand\nmusicien.\nUn journal italien, il Resto del Carlino, donne des détails sur\nla femme qui fut, dit-on, la grande passion de Bellini, et qui avait\nnom Giuditta Cantù-Turina. Il reproduit d'abord ce jugement\nporté sur elle par une autre femme : « Giuditta n'était point\nbelle, mais grande et bien faite de sa personne ; son visage, assez\npeu expressif, avait cependant quelque chose de sinistre. Elle par-\nlait beaucoup, et sa langue venimeuse s'attaquait aux réputations\nles mieux établies. Elle était effrontée et intrigante. Elle mourut\nvieille et malheureuse, sans que personne songeât à la plaindre. Un\nseul ami, si l'on peut l'appeler ainsi, lui restait, R... Je l'ai connu.\nIl la considéra toujours comme l'une des causes principales de la\nruine de la santé du pauvre Bellini. » En regard de ce portrait, un\nautre la présente comme fort aimable, en ajoutant que si, pour\nBellini, « elle trompa le mari Crésus qui avait pour ainsi dire"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.92", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "acheté sa beauté férocement sensuelle, cela ne doit porter tort à\nson intégrité morale (!) ». Les amours de Bellini avec cette Giu-\nditta durèrent de 1828 à 1834, c'est-à-dire pendant toute sa\npériode de grande inspiration. Romani, son librettiste, pour se\njustifier, dit-on, du fiasco de Béatrice di Tenda, publia un article si\nplein d'âcres allusions à ces amours qu'il en résulta un scandale\nénorme. L'époux de la Giuditta eut recours aux tribunaux et\nobtint la séparation légale. Bellini aurait pu alors l'amener avec\nlui à Paris ; mais dans ses triomphes parisiens, s'il ne put l'ou-\nblier, il voulut certainement la tenir loin de son cœur...\nReyer et Wagner.\nDans sa critique musicale, Reyer dit assez de bien de Wagner.\nIl voyait pourtant dans le musicien allemand un rival redoutable,\ndangereux surtout pour lui-même, en raison de l'identité des\nsujets de Y Anneau de Nibelung et de Sigurd. II dut souffrir vive-\nment lors de la création de la Walkà Paris, en mai 1893. Son\nfeuilleton du Journal des Débats,le i 3 mai 1893, renferme cette\nphrase attristée et exquise : « L'ère wagnérienne est arrivée ;\ntoute l'œuvre du maître y passera : va alterner sur\nl'affiche avec Lohengrin ; puis viendra Tristan et Yseult, en atten-\ndant les Maîtres Chanteurs et le Tannhseuser. Le reste viendra fata-\nlement... Le vent souffle de l'est. Et nous tous que le génie du\nTitan victorieux écrase, anéantit, ce qu'il nous reste à faire, après\navoir jeté un regard douloureux vers le passé, c'est de saluer l'ave-\nnir et de tomber avec grâce. »\nVers la même époque, une toute jeune fille de Lyon écrivait à\nReyer son enthousiasme pour Sigurd. Le vieux maître répondit à\nson admiratrice par le petit billet que voici, qui a son parfum de\nmélancolie :\nParis, 10 juillet 93.\nMademoiselle,\nJe vous laisse vos illusions, en vous priant de me les conserver jus-\nqu'au jour où vous serez venue à Paris la\nBien respectueusement.\nE. REYER.\n(Revue musicale de i 5 juillet 19°9-)"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.93", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "Il est question, parmi un certain clan de wagnériens habitant\nLucerne, d'acquérir sur le lac la villa que Wagner habita à Tribs-\nchen de 1866 à 1872. On en voudrait faire un musée des souvenirs.\nLa maison est restée, paraît-il, sensiblement pareille à ce qu'elle\nétait alors. On voudrait éviter que cette jolie retraite, dans\nlaquelle Wagner écrivit plusieurs de ses chefs-d'œuvre, ne devînt\nl'objet de convoitises intéressées. Elle se trouve sur un petit pro-\nmontoire qui avance dans le lac des Quatre-Cantons, sur le par-\ncours des bateaux qui vont de Lucerne à Stansstad et à Alpnach-\nStad, au pied du Pilate.\nDans la Tribune de Saint-Gervais (juillet 1909) : De Vaccompagne-\nment du chant grégorien,par l'abbé F. Brun.\nde Beethoven, par M. P. Coindreau. —La Logique du Rythme musi-\ncal, par l'abbé G. Marcetteau.\nUne parodie de Richard Strauss :\nIl manquait à la gloire de M. Richard Strauss la consécration de\n'a parodie : elle vient de lui être accordée. Sir Charles Yilliers\nStandford, le distingué symphoniste anglais, a fait exécuter le\n9 juin, au Queen's Hall de Londres, ce qu'il appelle une « combi-\nnaison chimérique en quatre crises » intitulée Ode àla cacophonie.\nLa première « crise » nous montre un thème connu de Schubert\nse débattant en vain contre le déchaînement des instruments à\nvent. On y voit aussi le chœur invoquant la déesse :« O toi, divine\ncacophonie, exerce ta puissance ! » La seconde crise débute par\nune mélodie lente pour clarinette-basse et violon, dans le genre\ndu Don Quichotte de Richard Strauss. Viennent ensuite de nom-\nbreuses réminiscences plus ou moins bien assimilées de Debussy,\npuis la Déesse s'écrie soudain : « Du bruit, encore du bruit, je\nveux du bruit! » Et cet ordre est congrûment exécuté. Ce passage\ndu texte en donne d'ailleurs une idée assez nette : « Soufflez,\nvous, trompettes, dans tous les tons à la fois, et déchirez l'air\népouvanté ! Maintenant, le fifre strident doit s'appliquer à percer"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.94", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "les crânes jusqu'à la cervelle. Vous, pistons, beuglez, beuglez\nencore, et quant au trombone, que ses sons perçants couvrent\nla voix effrayante des chiens braques ! »\nC'en est assez pour qu'on puisse imaginer ce que sont les deux\ndernières « crises «.Ajoutons cependant que le compositeur avait\nrecommandé de corser l'orchestre par l'adjonction d'un « tam-\nbour Dreadnought » et de divers instruments bruyants, « actionnés\npar la vapeur, l'électricité et l'air comprimé ».\nM. Charles Graves a écrit pour cette musique des vers fort\nspirituels ; mais on peut reprocher à sa critique de la musique de\nM.Strauss de manquerun peu de précision. Le public n'a d'ailleurs\npas songé à formuler cette réserve, et Y Ode to discord a été accueillie\navec un véritable enthousiasme. (Le Courrier musical du ler juillet\n1909.)\nCritique musicale.\nL'administration du Casino d'Aix-les-Bains fait passer cette\nannée dans les journaux de Lyon, par suite de traités de publicité,\ndes comptes rendus des soirées théâtrales données dans la célèbre\nstation. Ces articles panégyriques contiennent des opinions musi-\ncales un peu déconcertantes. Qu'on en juge par cet exemple :\n« Lohengrin, l'opéra romantique du maître de Bayreuth, contient\ndes pages d'une réelle beauté et d'une grande puissance.\n« Wagner, en y apportant une note bien personnelle dans sa\nfaçon d'écrire, n'est nullement révolutionnaire.\n> 7\n« Le leit-motiv n'y règne pas en maître.\n« Elle est avec Tannhxuserl'œùvre qui reste le plus accessible\nau public. Wagner les a reniées.C'est cependant à ces deux ouvrages\nqu'il doit sa popularité. »\nQuelle reconnaissance ne devons-nous pas à une administration\nqui nous enseigne ainsi l'histoire de la musique !\nUn « Communiqué ».\nCelui-ci est dû à Mozart le père et parut le 2 5 octobre 1764 dans\nla Frankfurter Zeitung.Son but est d'annoncer un concert que de-"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.95", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "vaient donner Wolfgang-Amédée et sa sœur aînée. En voici la\ntraduction : « Ma fille, qui a douze ans, et mon fils, qui en a sept,\nexécuteront les concertos des plus grands maîtres sur un clavecin\navec ou sans queue ; mon fils jouera aussi un concerto de violon.\nMon fils couvrira avec un drap les touches du clavier et jouera sur\ncelui-ci comme s'il était découvert. De près, de loin, il reconnaîtra\nn'importe quel son ou quel accord donné sur un clavier, sur une\ncloche ou sur quelque autre instrument que ce soit. En dernier\nlieu, il improvisera autant qu'on le désirera, au choix, sur l'orgue\nou sur le clavecin, dans toutes les tonalités, même les plus difficiles.\nEt ses exécutions sur l'orgue sont tout autres que sur le clavecin. »\nJe cueille dans Comœdiadu 21 juillet quelques excellentes pres-\ncriptions d'hygiène à l'usage des personnes qui prétendent avoir\nde la voix... ou qui en ont une (ceci est plus rare, chacun le sait) :\nUne jeune Américaine de quelque talent, cantatrice à ses mo-\nments perdus, est allée voir récemment Mme Adelina Patti et lui\na posé cette délicate question :\n« Voulez-vous être assez bonne pour me donner quelques con-\nseils d'hygiène vocale ?\nN'abusez pas de vêtements chauds et endurcissez votre corps\ncontre les intempéries. »\nTelle a été la première recommandation de l'illustre et célèbre\ncantatrice. Elle développa ensuite en ces termes :\n« J'ai conservé ma voix grâce à des précautions minutieuses et\nincessantes ; mais j'ai toujours pris grand soin de ne pas me lais-\nser surprendre par les changements de température. On a écrit\nune quantité de sottises sur la peurexagérée que j'avais des rhumes\net des bronchites. Rien de moins exact, ou du moins si je redoute\nle froid, je ne le montre pas. Je m'exerce, au contraire, à suppor-\nter, sans en souffrir, l'ardeur du soleil ou la glace hivernale.\nL'hiver, j'évite de faire trop de feu dans mes appartements, je passe\nau moins deux heures par jour à l'air libre, quel que soit le temps,\nje me promène à pied et en voiture découverte.\n« N'ayez pas cette terreur du grand air qui rend les artistes si\nridicules. Évitez les fourrures où disparaissent certaines canta-"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.96", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "trices. Toutes les fois que j'ai mis, en hiver, un voile devant ma\nbouche pour ma promenade habituelle, je suis rentrée avec... un\nrhume... Ah ! par exemple, évitez autant que possible de sortir à\nla tombée de la nuit. C'est le moment où le loup sort du bois et\noù les... chats descendent dans la gorge... »\nVIVANT- DENON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c052", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13", "titre_corps": "NOS ÉCHOS", "titre_sommaire": "NOS ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "VICHY\n\nLe théâtre du Casino vient de donner avec un gros succès la première\nd'un ballet inédit, le Cabrettaïre, qui mérite de retenir l'attention, parce\nque cette œuvre implique des indications intéressantes sur le genre lui-\nmême.\nLes livrets de ballet sont trop souvent affabulés de façon exagérément\nconventionnelle. Leur fantaisie ne se relève d'aucune note d'art. Tel\nn'est pas le cas du Cabrettaïre,qui doit sa saveur très particulière à\nl'inspiration légendaire dont il dérive directement.\nCabrettaïre est un mot de patois auvergnat qui sert à désigner un\nmusetteur ; et le musetteur, virtuose montagnard dont l'instrument\nprimitif sait exprimer la mélancolie d'un site et rythmer l'allégresse des\nfêtes paysannes, est un personnage authentiquement pratique.\nNotre « Cabrettaïre » se nomme Pierronnel ; on le reçoit avec empres-\nsement quand il arrive, un soir de moisson, la veille d'une fête. Mais\nPierronnel s'endort, et pendant son sommeil, les fées d'Auvergne\nviennent lui voler l'embouchure de sa musette. Elles ne se contentent\npas de rendre son instrument muet : elles entreprennent de séduire le\nmalheureux Cabrettaïre. L'une d'elles, la fée des blés, y parvient si bien\nque Pierronnel est affolé d'amour. Il implore un baiser, mais le baiser\nde la fée tue celui à qui elle l'accorde.\nTelle est la légende : tel est le livret qui a le bon esprit de ne le point\naltérer.\nSi un compositeur était bien qualifié pour mettre en musique cette\njolie légende auvergnate, c'était bien M. Versepuy, à qui l'on doit la\ntranscription et l'harmonisation de tant de mélodies populaires d'Au-\nvergne.\nM. Versepuy a voulu que sa partition présentât symphoniquement\nles airs populaires de son pays, et cette tâche, il l'a accomplie avec\nautant de talent que de conscience artistique.\nLa bourrée et ses dérivés sont amenés et par l'action scénique et par la\nligne même de la partition.\nOn pense bien, en effet, que le compositeur ne s'est pas astreint à\nn'utiliser que des airs populaires. Il leur a demandé la couleur locale,\nla poésie agreste, l'archaïsme ; mais tels ces maîtres décorateurs qui\nfont un panneau d'art pour encadrer un médaillon antique, il a enve-"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.98", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "NOS ÉCHOS\n\nloppé ces mélodies montagnardes d'une polyphonie originale. Cela,\nsans parler de telles scènes traitées en drame lyrique, avec un constant\nsouci de l'exactitude d'expression.\nLa chorégraphie du Ca brettaïreest l'œuvre de M. Soyer de Tondeur,\nl'excellent maître de ballet qui a su remarquablement coordonner les pas\nclassiques et les danses populaires.\nC'est lui également qui tenait le rôle de Pierronnel, le musetteur,\nrôle qui exige à la fois des qualités de mime et une virtuosité de\ndanseur.\nLa fée des blés avait pour interprète Mlle Ducy Maire, une première\ndanseuse étourdissante de brio.\nMl,cs Sosso et Carrica, deux autres fées, firent montre de grâce et de\ntalent.\nL'ensemble du ballet était, du reste, d'une excellente tenue quant\nà la correction des figures et des pas.\nLe public a beaucoup applaudi et l'œuvre qui plaît par son origina-\nlité poétique, pittoresque et musicale, et l'interprétation, grâce à laquelle\non a pu apprécier l'ouvrage dans une ambiance artistique digne de\nl'intérêt qu'il présente à tous les points de vue. Il convient, pour cela,\nde féliciter M. Saugey.\nL'orchestre, sous la direction nuancée de M. Rachet, a rendu supé-\nrieurement la partition de M. Versepuy.\n\nRinaldo.\n\nL'ORPHÉON MUNICIPAL DE LA VILLE DE PARIS\n\nCe groupement de professeurs et d'élèves des cours d'adultes et des\nécoles communales, en tout neuf cents exécutants, a donné le 6 juillet\ndernier son concert annuel, sous la direction de son inspecteur général\net chef réel, M. Auguste Chapuis, l'éminent professeur et compositeur.\nMalgré un temps exécrable, l'énorme salle duTrocadéro était bondée,\ndu côté du public comme sur l'estrade, et le succès a été superbe. Par\nun entraînement logique, une émulation intelligente, une sorte de véri-\ntable enthousiasme évoqué et manifeste chez tous ces groupes chorals,\ndepuis les enfants (ces enfants aux rythmes imperturbables qui nous\nont ravis naguère dans La Croisade des enfajusqu'aux hommes et\naux femmes dans la pleine maturité de leur voix, M. Chapuis arrive à\ndes ensembles d'une unité et d'une précision vraiment étonnantes.\nLe programme comportait, exprès, un peu de tous les genres\nd'orphéon : ensembles à l'unisson (Y Hymne à la nature de Beethoven) ;\nchœurs à toutes voix sans accompagnement (l'Hymne à la musique de\nM. Chapuis, d'un tour très remarquable, mais complexe et de grande"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.99", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "difficulté ainsi ; Chant de Valouette de Mendelssohn, beaucoup plUs\nsimple) ; chœurs à toutes voix avec orchestre de\nLenepveu) ; chœurs à quatre voix mixtes (de Schumann ou Moniuskzo) •\nchœurs pour voix de femmes {Les Esprits de B. Godard, qui furent\nbissés et donnèrent l'occasion d'une ovation à M. Chapuisj ; chœurs\nd'hommes (La Chanson d'ancêtre deSaint-Saëns, avec M. Déteneuille\npour le solo) ; enfin chœurs d'enfants, petites « symphonies vocales »\nmenuet, tambourin, ronde, solfiés avec une légèreté rapide, par les\nfilles, les garçons, puis tous ensemble, et qui font autant d'honneur àla\ndirection de M. Chapuisqu'à son mérite de compositeur.\nNous reparlerons de cette œuvre à tous points de vue si intéressante\n\nG. M.\n\nTOURNÉE DOIRE ET RABANI\nJ. E.\nMM. Doire et Rabani entreprennent en ce moment une grande\ntournée artistique en Allemagne, avec le concours de Mmes Litvinne et\nTrouhanova, et d'un orchestre composé de premiers prix du Conser-\nvatoire. Ils nous ont donné à Paris la répétition générale de leur premier\nconcert, qui a été fort réussie. Souhaitons bonne chance à ces voya-\ngeurs intrépides.\n\nMONTPELLIER. - NIMES\nUne très remarquable manifestation artistique, probablement unique\nen son genre, vient d avoir lieu dans le Midi, Deux sociétés amies, la\nSchola de Montpellier et la Ghambre musicale de Nîmes, se sont enten-\ndues pour appeler le quatuor belge Zimmer, qui a exécuté dans ces deux\nvilles la serie complété des quatuors de Beethoven. Le véritable inspi-\nrateur de cette manifestation fut le maître Ch. Bordes, dont le premier\nappel reçut un accueil enthousiaste de la part des administrateurs intel-\nligents et éclairés de la Chambre musicale. De nombreux amateurs s'em-\npiessèrent de se grouper autour des courageux organisateurs et, par\nîeur dévouement à Part, permirent la réussite d'une entreprise qui pa-\nraissait irréalisable dans de modestes villes de province.\nLe succès a été inespéré et est dû, non seulement à la beauté des\nœuvres exécutées, mais aussi aux qualités tout à fait rares des exécu-\ntants.\nMM. Albert Zimmer, G. Ryken, L. Baroen et F. Doehard constituent"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.100", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "un quatuor fort homogène, bien équilibré, précis, clair, plein d'entrain\net de feu, sobre d'effets. Ce sont des artistes modestes, convaincus et\nsolides, dont l'unique but est d'exprimer la pensée contenue dans les\nœuvres qu'ils interprètent. Aucune recherche de l'effet extérieur et su-\nperficiel, le fini très remarquable des détails, beaucoup de netteté et de\nvariété, une grande intensité d'expression : voilà ce qui a étonné et sou-\nlevé l'enthousiasme des auditeurs nîmois et montpelliérins. Une soirée\na été particulièrement remarquable : c'est celle dans laquelle on a en-\ntendu à Nîmes successivement les quatuors VI, VII et XV; ce jour-là le\nquatuor Zimmer a atteint à la beauté des plus grandes exécutions.\nIl est à souhaiter que l'exemple donné par Nîmes et Montpellier soit\nsuivi. Ch. Bordes a parfaitement traduit les sentiments des amateurs\nde ces deux villes en écrivant dans l'argument placé en tête du pro-\ngramme : « C'est une belle leçon de décentralisation artistique que nous\ndonnons à la province française et dont nous avons tout lieu d'être\nfiers. »\n\nNANCY\n\nLa saison musicale à l'Exposition de Nancy bat son plein. On ne peut\nnier que, sous le rapport des jouissances réservées à l'oreille, les visi-\nteurs qui, chaque jour par milliers, pénètrent à l'Exposition, n'ont que\nl'embarras du choix.\nNe cherchent-ils, ces visiteurs, qu'à se délasser sans vouloir se donner\nla peine de démêler les abstractions de la musique moderne? sans désirer\nentr'apercevoir « l'état d'âme qui précède la pensée » et que rêvait\nWagner? Là, tout près, dans un élégant kiosque où philharmoniques,\norphéons et musiques militaires se succèdent presque sans interruption,\nvoilà de quoi les satisfaire; des valses de Strauss alternent avec les musi-\nquettes d'Audran et de Méhul. Plus tard, c'est l'orchestre de M. Allô\nqui, délicieusement, exécute les partitions, plus tarabiscotées, de Ros-\nsini ou de Verdi.\nDire que les abords du kiosque sont toujours débordants d'auditeurs\nest superflu. Le nombre de ceux qu'attirent encore les beaux « airs » qui\nbercèrent leur enfance ne semble pas avoir beaucoup diminué, malgré\nles efforts faits en vue de les amener à nos conceptions nouvelles en ma-\ntière musicale.\nPlus loin, à l'exèdre, l'orchestre de M. Pollain retient des centaines\nd'auditeurs. De l'exèdre, je ne dirai pas grand'chose, sinon qu'elle est so-\nnore, très sonore même. Souvent, dans les forte, les cuivres et la batterie\ndominent aux dépens des cordes et des bois, et l'ensemble, de ce fait, n'a\npas toujours l'unité qu'il faudrait. D'autre part, les sons parviennent à"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.101", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2998, "texte": "l'oreille avec une amplitude considérable, comme s'ils émanaient d'un\ngigantesque résonateur. Résonateur ? l'exèdre n'est, à vrai dire, que\ncela, puisqu'elle épouse en grand la forme de cet instrument et\nqu'elle en rend tous les effets.\nN'allez pas croire, au moins, que j'essaie de la discréditer dans l'esprit\ndes lecteurs qui ont bien voulu consentir à me suivre. N'allez pas croire,\nsurtout, si vous venez visiter notre très intéressante exposition, qu'il ne\nfaille pas vous y arrêter. Au contraire. La nouveauté de l'installation et\nson originalité sont tellement curieuses qu'elles ne peuvent manquer de\nfrapper l'attention de tous ceux qui, de près ou de loin, s'occupent de\nmusique et d'organisations de concerts. Mais l'auditeur agira sagement\ns'il prend la précaution de s'installer à une distance plus grande des exé-\ncutants que celle qu'il eût choisie dans une salle quelconque. Cette pré-\ncaution prise, il jouira alors de tous les avantages de cette dernière sans\néprouver les inconvénients : musique en plein air, acoustique parfaite,\nensemble bien fondu, délicatesse et perceptibilité des moindres nuances,\nvoilà, n'est-il pas vrai, plus qu'il n'en faut pour le captiver et l'engager à\nrevenir. Les visiteurs de l'exposition le comprirent dès le premier jour,\nqui vinrent applaudir, entre autres œuvres jouées, et l'Ouverture de\nPhèdre,et la Nuit à Lisbonne.M. Pollain dirigeait en public pour la\npremière fois. Les applaudissements que, journellement, lui et son or-\nchestre recueillent, sont une preuve du plaisir éprouvé par le public à\nl'audition d'œuvres conduites avec une si habile autorité.\nMais ce n'est pas tout. A côté des concerts très suivis dont je viens de\nparler, ont lieu, deux fois la semaine (mercredi et vendredi), à la salle\ndes Fêtes de l'Exposition, d'autres concerts, classiques parfois, et di-\nrigés par M. Guy Ropartz, directeur du Conservatoire de Nancy.\nM. Ropartz n'a guère, ce me semble, besoin d'être présenté. Chacun sait\nque, grâce à lui, nous avons tous les ans à Nancy une saison musicale\ndes plus intéressantes. Ce que M. Ropartz a fait pour ses auditions du\nConservatoire, il le fait aujourd'hui pour celles de l'Exposition. Initier\nle public aux beautés musicales anciennes et modernes, tel est lebut qu'il\na toujours poursuivi et réalisé. La Direction de l'Exposition a donc vrai-\nment été bien inspirée en lui demandant de s'occuper des concerts clas-\nsiques. Elle ne pouvait mieux choisir.\nLa salle où ils se donnent est un carré long qui rend ce qu'on en peut\nattendre. A la tribune, la maison Cavaillé-Coll a monté, gracieusement,\nun petit orgue expressif à un clavier et pédalier. Neuf jeux le composent.\nQuelques accords essayés, une fois la mise au point terminée, m'ont\npermis de constater qu'il est très puissant, en dépit de son petit volume.\nDès qu'une pièce avec orgue sera inscrite au programme, nous pour-\nrons juger, en connaissance de cause, des ressources que peut offrir\nl'instrument."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "8"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "Quant à l'orchestre, composé d'excellents éléments, il est intéressant à\nplus d'un titre : équilibre des sonorités, cohésion parfaite, nuances bien\nobservées, telles sont ses principales qualités. De plus, les chefs de pu-\npitre jouent toujours bien «en dehors » les soli qui leur sont confiés. De\ntout cela on s'est aperçu à l'audition de la Symphonie de Franck, du\nRoid'Ys, de Lalo, des Suites de l'Artésienne, et aussi, dans l'Ouverture\ndu Carnaval romain, de Berlioz. Pareilles remarques furent faites par\nM. Gabriel Fauré qui, lors de son festival, vint lui-même le diriger.\nA cette solennité, les auditeurs étaient foule. Comment, avec des mots,\nrendre le charme si personnel et si élégant de la musique de M. Fauré ?\nParfois, cette musique, délicate comme une frêle plante venue en serre,\nsemble mal à l'aise devant un nombreux public. Dirait-on pas qu'elle se\nretient ? qu'elle a, d'une jeune fille, les pudeurs et les timidités ?Le\ncadre qui doit lui convenir et qui lui convient admirablement, c'est l'in-\ntimité ; le luxe raffiné d'un aimable épicurien, par exemple, et un jour\ndiscret comme elle. Exécutée dans un pareil milieu peuplé d'objets\nrares, de bibelots précieux -- car, au fond, n'est-elle pas, elle aussi, une\ncollection de bibelots finement ciselés, tels que, dans son art, aurait pu\nen orfévrer un Pierre Germain ? elle doit certainement produire chez\nl'auditeur une sensation pénétrante et douce.\nNous avons tous été ravis du programme élaboré par M. Fauré qui, à\nses heures, est aussi un délicieux accompagnateur. Deux suites d'or-\nchestre, celle de Pelléaset celle de Shpuis des mélodies, chantées\navec beaucoup de sentiment par miss Eâton ; de jolies pièces pour or-\nchestre : la Pavane et la Sicilienne,du chant, encore exécuté par\nMlle Marthe René, avec accompagnement d'orchestre, la célèbre Ber-\nceuse, que le violon de M. Heck murmura exquisement, enfin Y Im-\npromptu pour harpe,où la virtuosité impeccable de Mlle Bressler put se\ndonner libre cours, c'était là le menu du festival auquel nous avions été\nconviés. Auteur et interprètes recueillirent d'amples moissons d'applau-\ndissements.\nDes festivals du même genre auront lieu prochainement à la salle des\nFêtes de l'Exposition. On dit même que M. Colonne viendrait diriger\nl'Enfance du Christ. Nul doute que ces festivals soient aussi suivis que\ncelui de M, Fauré. Je vous en parlerai la prochaine fois.\n\nH. P.\n\nSTUTTGART\n\n45e Festival de VA llgemeiner\nLes assemblées et festivals de cette méritante société de musiciens alle-\nmands groupant les partis les plus divers, offrent chaque année des mani-\nfestations artistiques, de valeur inégale sans doute, mais dont l'intérêt"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.103", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "est toujours très grand. Cette fois encore, sans avoir révélé rien de\nvraiment remarquable au point de vue des présentées, cette série\nde concerts et de spectacles, de conférences et même de réceptions\ndiverses, mérite l'attention du monde musical et surtout la reconnaissance\ndes jeunes musiciens qu'elle a fait connaître au grand public.\nLe festival comprenait, au point de vue purement musical, 2 concerts\nde musique de chambre, un grand concert symphonique, une conférence\nde M. Jaques-Dalcroze avec démonstration de sa méthode par une\ndizaine de ses élèves de Genève, enfin trois représentations de pièces\nmodernes à l'lntérim Theater.\nIl est évident que, sur plus d'une œuvre, il est impossible de porter un\njugement définitif après une simple audition et malgré les notes analy-\ntiques ajoutées au programme pour la plupart d'entre elles. En général,\nelles accusent toutes une science consommée de l'harmonie, du contre-\npoint, de l'orchestration, et les jeunes auteurs semblent trouver plaisir à\nnouer et à dénouer les fils souvent trop nombreux de leur trame musi-\ncale ; ils se font volontiers virtuoses-composit et oublient parfois que\ntout cela n'est rien sans le sentiment profond, l'inspiration. Je ne m'ar-\nrêterai guère à ces exercices sans réel intérêt pour l'avenir et même le\nprésent de la musique allemande, et j'en viens directement aux oeuvres\nqui méritent, par leur fond même, l'attention des lecteurs.\nParmi les pages de musique de chambre qui toutes aussi sont de fac-\nture plutôt compliquée, il faut citer comme œuvre sérieusement mûrie et\npensée, le Quintette de M. Hans Pfît\\ner (op. 23), dont les thèmes ont\nune signification, une valeur propre, et que l'auteur a fortement\nindividualisés ; cependant, pour merveilleux et habile que soit l'enche-\nvêtrement de ces motifsdansun tissu harmonique souvent très complexe,\nil est évident aussi que cette individualisation à outrance nuit à l'unité et\nà la clarté de cette œuvre, qui reste néanmoins dans son ensemble haute-\nment estimable. Il y a peut-être aussi un peu de cet excès dans une\ncomposition vraiment personnelle de M. un quatuor à\ncordes, op. 4 de ce très jeune musicien danois. Mais que cela est plein\nd'originalité et de promesses, dans les deux premières parties surtout,\nles plus développées au reste ! L'exposition de l'idée est toujours d'une\nclartépresque classique, et comme cette idée n'est jamais banale, l'intérêt\net la sympathie sont immédiatement requis ; c'est ainsi que le début du\nsecond mouvement (très lent)fait réellement impression ; dans la suite\ncependant, les développements par trop polyphoniques font un peu\noublier la pensée par les complications de la forme. Mais gageons que\nM. Harder, qui est une vraie nature de musicien, intelligent et travail-\nleur, aura bien découvert à cette audition ce qu'ily a à corriger. Je ne\ncrois pas trop m'avancer en lui prédisant un bel avenir.\nPour l'exécution de ces deux œuvres, très difficiles, le Kammermusikve-\nrein, de Munich, et le quatuor de Stuttgart (quatuor Wendling) ont droit"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.104", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "aux plus grands éloges. Dans le domaine delà Sonate, deux compositions\ntrès intéressantes sont à signaler: une sonate pour violon et piano\nmineur),de M. Joseph Haas(interpr. par MM. Cari Wendling etMax\nPauer), et une « Sonate héroïque » pour piano, de\nBaus\\nern, admirablement jouée par M. Cari Friedberg.\nA côté de ces pièces instrumentales, toute une série de lieder vient\nprendre place ; il me serait impossible de les citer tous ici ; mais il faut\nretenir les noms de quelques auteurs distingués en cegenre, oùcependant\npeu d'originalité s'est manifestée. Le plus personnel de tous est incon-\ntestablement le compositeur suisse ; après lui, son\ncompatriote Othmar Schoeck,enfin M. L'interprétation\nconfiée à Mes Leydhecker (alto), Schmitz-Schweicker (mezzo-sopr.) et\nM, Ludwig Hess (ténor) a été parfaite.\nAu programme du concert symphonique, l'œuvre la plus importante\nétait la grande symphonie en si mineur, op. 33, de M.\nElle est conçue suivant un large plan, s'affirme avec force, parfois même\navec grandeur, et s'appuie sur une connaissance parfaite des ressources\norchestrales. Le scherzo, qui est une page aux détails charmants, fut bissé\nd'enthousiasme ; le finale, suivant un bel adagio, a pour motif principal\nun alléluia grégorien. L'orgue se joint ici à l'orchestre ordinaire, ce qui\najoute à l'impression de majesté qui se dégage de cette symphonie.\nToutefois, ce n'est pas une affirmation de personnalité transcendante,\npas plus que la charmante ouverture pour une comédie de Shakespeare\nde M. Paul Seheinpflug,qui a bien d'autres mérites du reste, ni le\ndes Apostats,pour chœur d'hommes et orchestre, de M.\n(texte de Gottfried Keller). Un Epilogue pour une tragé-\ndie (?) de M. Bœheexle finale du drame mystique de M.\nGotthelf, sont, sans doute, mis en œuvre par d'excellents techniciens ;\nmais c'est tout ce que je puis en dire. Comme dernier numéro de ce\nconcert figurait Y Hymne aux Artistes de Franz Liszt, qui ne découragera\ncertes pas nos jeunes compositeurs. M. Max Schillings a dirigé cette\nlongue audition avec une ardeur, un enthousiasme, une science et une\ngénérosité qui font honneur à l'homme comme à l'artiste.\nSous la direction du même excellent chef eurent lieu les représenta-\ntions de la Princesse Brambilla, de M. Walter Braunfels, et de Misé\nBrun, de M. Pierre Maurice.La troisième œuvre, jouée sous la direction\nde M. E. Band, était le drame mystique de M. A. , écrit il y a\ntreize ans déjà et représenté pour la première fois l'an dernier à Stuttgart\nmême. A vrai dire, musicalement, l'œuvre a de belles et émouvantes\npages, au deuxième acte surtout ; mais au seul point de vue dramatique,\non peut lui faire bien des reproches, surtout celui de se perdre en longues\ntirades philosophiques qui compromettent en grande partie le premier\nacte. Ce n'est pas le mouvement ni la progression qui manquent aux\ndeux autres œuvres, malgré quelques longueurs, notamment dans le tou-"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.105", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "chant drame lyrique Misé Brun,du compositeur genevois Pierre Mau-\nrice. Ce n'est ni bien profond ni très caractéristique, mais cela a le\nparfum toujours agréable des choses simples, dites sans prétention. Le\nsujet, d'après le roman provençal de Me Ch. Reybaud, est très dramati-\nque et porte directement. L'auteur a su habilement se servir de chansons\npopulaires de Provence qui ajoutent, par leur charme et leur vie, une\nnote de couleur locale toujours bien fondue dans l'ensemble de la com-\nposition. Cela pourrait bien être une œuvre à succès en France, comme\nla Bohème de Puccini ;je la signale avec plaisir aux directeurs de théâtre.\nVoici enfin la Princesse Brambilla, du jeune musicien Walter Braunfels.\nComme sujet ce n'est qu'une fantaisie de carnaval d'après un conte\nd'Hoffmann, et sa valeur est beaucoup plus dans la musique purement\norchestrale et chorale que dans son essence dramatique. La verve et le\ncoloris n'y manquent certes pas, et la science du compositeur n'est vrai-\nment pas ordinaire. D'où vient cependant que cela ne laisse guère\nd'impression réelle et profonde?\nIl est à remarquer que pour les trois œuvres dramatiques représen-\ntées, les trois compositeurs ont chacun écrit le texte et la musique. L'or-\nchestre et la troupe du théâtre de Stuttgart se sont remarquablement\nacquittés de leur tâche, souvent très difficile. Comme ensemble, unité,\nce fut admirable ; personnellement, il faut citer surtout Mmes Anna\nSutter, Senger-Bettaque et Schônberger ; MM. Goltz, Holm et Weil.\n11 me reste encore à dire un mot de la séance Jaques-Dalcroçe, et je ne\npuis mieux résumer mon impression que par ce simple qualificatif :\nadmirable ! Il est évident que la démonstration par les élèves du maître\ndispense de tout commentaire, de tout exposé. Le sens rythmique et\nplastique, expressif aussi, est remarquablement éveillé et cultivé chez\nces jeunes filles et ces enfants, et se manifeste de la manière la plus\nharmonieuse ; le fond de cette éducation est essentiellement musical.\nIl est à souhaiter qu'une méthode aux résultats si décisifs et si féconds\ntrouve une expansion générale et vienne rénover des éducations incom-\nplètes, fausses ou empiriques, qui sont malheureusement encore trop\nrépandues.\nComme complément aux manifestations artistiques de ces journées,\nil faut ajouter une réception des musiciens au château mauresque\n« Wilhelma » par le roi et la reine de Wurtemberg, que M. Richard\nStrauss a gracieusement remerciés au nom de tous ; une réception par\nla ville de Stuttgart en son beau Rathaus ; enfin une excursion à Mar-\nbach, la patrie de Schiller, avec visite collective à la maison natale et\nau musée du grand poète de Souabe.\nDans l'assemblée générale, M. Richard Strauss a été élu président\nd'honneur, M. Max Schillings, président, pour l'année nouvelle. Le pro-\nchain festival aura lieu en 1910, à Z\nStuttgart, juin 1909.\n\nMay de Rudder."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "LA SOCIÉTÉ GLUCK\nJ. E.\nUne société de ce nom vient de se fonder à Leipzig, par les soins de\nmon excellent ami le Rechtsanwalt Dr. le gluckiste le plus\npassionné qui soit en ce monde. A ses côtés nous remarquons MM. A.\nPruefer, Hugo Riemann, L. Frankenstein, etc.\nLa société a pour but de provoquer un mouvement d'intérêt éclairé en\nfaveur de la remise au théâtre des œuvres du maître, et surtout en\nfaveur de la compréhension du génie de Gluck. Il s'agirait de faire\nnaître une agitation d'ordre pratique et esthétique dont Gluck serait le\ncentre et l'oracle. Souhaitons bonne chance à ce nouveau groupement.\n\nCONCOURS DE CHANSONS MILITAIRES\nAvant son départ du Ministère delà Guerre, M. Chéron a pris l'ini-\ntiative d'un concours imprévu et tout à fait heureux. Voici le texte officiel\nde cette décision :\nDécision du Sous-Secré\n« L'importance de la musique vocale dans l'armée n'est plus à démon-\ntrer. Elle réveille les énergies et stimule les enthousiasmes. Mais le plus\nsouvent les soldats ne savent quoi chanter, faute d'éléments à cet égard.\nIl importe pourtant de ne pas oublier que le chant est un puissant moyen\nd'éducation morale.\n« Le Sous-Secrétaire d'État décide donc la mise au concours d'un\nrecueil de chansons militaires destinées soit aux troupes en marche, soit\naux troupes en station.\n« Ce recueil devra comprendre à la fois les vieilles chansons françaises\net des chansons nouvelles d'un caractère patriotique.\n« Le jury sera présidé par M. Gabriel Parés, chef de musique de la\ngarde républicaine. Il comprendra des littérateurs et des musiciens.\n« M. Parés soumettra au ier Bureau une liste de musiciens, et le\nier Bureau la complétera par une liste de littérateurs. Cette double liste\nsera soumise le plus tôt possible au Sous-Secrétaire d'Etat. Aussitôt\nconstitué, le jury réglera, pour être soumises au Sous-Secrétaire d'Etat\net ensuite publiées, les conditions du concours.\n« Paris, le i\" juillet 1909.\ny\n« Le Sous-Secrétaire\n« Signé : HENRY CHÉRON. »\n8*"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.107", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 342, "texte": "ÉCRITOIRES ET CLAVIERS\nMme Wanda Landowska et M. Joachim Nin ayant passé au rang\nd'écrivains, on annonce que Mme Marcelle Tinayre va entreprendre\nune tournée de concerts, et que M. Maurice Barrés nous initiera pro-\nchainement, en trente-deux séances, à Y Histoire de la musique person-\nnelle en Lorraine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c054", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.2", "titre_corps": "VICHY", "titre_sommaire": "VICHY", "signature_source": "Rinaldo", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "VICHY\n\nLe théâtre du Casino vient de donner avec un gros succès la première\nd'un ballet inédit, le Cabrettaïre, qui mérite de retenir l'attention, parce\nque cette œuvre implique des indications intéressantes sur le genre lui-\nmême.\nLes livrets de ballet sont trop souvent affabulés de façon exagérément\nconventionnelle. Leur fantaisie ne se relève d'aucune note d'art. Tel\nn'est pas le cas du Cabrettaïre,qui doit sa saveur très particulière à\nl'inspiration légendaire dont il dérive directement.\nCabrettaïre est un mot de patois auvergnat qui sert à désigner un\nmusetteur ; et le musetteur, virtuose montagnard dont l'instrument\nprimitif sait exprimer la mélancolie d'un site et rythmer l'allégresse des\nfêtes paysannes, est un personnage authentiquement pratique.\nNotre « Cabrettaïre » se nomme Pierronnel ; on le reçoit avec empres-\nsement quand il arrive, un soir de moisson, la veille d'une fête. Mais\nPierronnel s'endort, et pendant son sommeil, les fées d'Auvergne\nviennent lui voler l'embouchure de sa musette. Elles ne se contentent\npas de rendre son instrument muet : elles entreprennent de séduire le\nmalheureux Cabrettaïre. L'une d'elles, la fée des blés, y parvient si bien\nque Pierronnel est affolé d'amour. Il implore un baiser, mais le baiser\nde la fée tue celui à qui elle l'accorde.\nTelle est la légende : tel est le livret qui a le bon esprit de ne le point\naltérer.\nSi un compositeur était bien qualifié pour mettre en musique cette\njolie légende auvergnate, c'était bien M. Versepuy, à qui l'on doit la\ntranscription et l'harmonisation de tant de mélodies populaires d'Au-\nvergne.\nM. Versepuy a voulu que sa partition présentât symphoniquement\nles airs populaires de son pays, et cette tâche, il l'a accomplie avec\nautant de talent que de conscience artistique.\nLa bourrée et ses dérivés sont amenés et par l'action scénique et par la\nligne même de la partition.\nOn pense bien, en effet, que le compositeur ne s'est pas astreint à\nn'utiliser que des airs populaires. Il leur a demandé la couleur locale,\nla poésie agreste, l'archaïsme ; mais tels ces maîtres décorateurs qui\nfont un panneau d'art pour encadrer un médaillon antique, il a enve-"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.98", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1225, "texte": "loppé ces mélodies montagnardes d'une polyphonie originale. Cela,\nsans parler de telles scènes traitées en drame lyrique, avec un constant\nsouci de l'exactitude d'expression.\nLa chorégraphie du Ca brettaïreest l'œuvre de M. Soyer de Tondeur,\nl'excellent maître de ballet qui a su remarquablement coordonner les pas\nclassiques et les danses populaires.\nC'est lui également qui tenait le rôle de Pierronnel, le musetteur,\nrôle qui exige à la fois des qualités de mime et une virtuosité de\ndanseur.\nLa fée des blés avait pour interprète Mlle Ducy Maire, une première\ndanseuse étourdissante de brio.\nMl,cs Sosso et Carrica, deux autres fées, firent montre de grâce et de\ntalent.\nL'ensemble du ballet était, du reste, d'une excellente tenue quant\nà la correction des figures et des pas.\nLe public a beaucoup applaudi et l'œuvre qui plaît par son origina-\nlité poétique, pittoresque et musicale, et l'interprétation, grâce à laquelle\non a pu apprécier l'ouvrage dans une ambiance artistique digne de\nl'intérêt qu'il présente à tous les points de vue. Il convient, pour cela,\nde féliciter M. Saugey.\nL'orchestre, sous la direction nuancée de M. Rachet, a rendu supé-\nrieurement la partition de M. Versepuy.\n\nRinaldo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c056", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.3", "titre_corps": "L'ORPHÉON MUNICIPAL DE LA VILLE DE PARIS", "titre_sommaire": "L'ORPHÉON MUNICIPAL DE LA VILLE DE PARIS", "signature_source": "G. 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Par\nun entraînement logique, une émulation intelligente, une sorte de véri-\ntable enthousiasme évoqué et manifeste chez tous ces groupes chorals,\ndepuis les enfants (ces enfants aux rythmes imperturbables qui nous\nont ravis naguère dans La Croisade des enfajusqu'aux hommes et\naux femmes dans la pleine maturité de leur voix, M. Chapuis arrive à\ndes ensembles d'une unité et d'une précision vraiment étonnantes.\nLe programme comportait, exprès, un peu de tous les genres\nd'orphéon : ensembles à l'unisson (Y Hymne à la nature de Beethoven) ;\nchœurs à toutes voix sans accompagnement (l'Hymne à la musique de\nM. Chapuis, d'un tour très remarquable, mais complexe et de grande"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.99", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "difficulté ainsi ; Chant de Valouette de Mendelssohn, beaucoup plUs\nsimple) ; chœurs à toutes voix avec orchestre de\nLenepveu) ; chœurs à quatre voix mixtes (de Schumann ou Moniuskzo) •\nchœurs pour voix de femmes {Les Esprits de B. Godard, qui furent\nbissés et donnèrent l'occasion d'une ovation à M. Chapuisj ; chœurs\nd'hommes (La Chanson d'ancêtre deSaint-Saëns, avec M. Déteneuille\npour le solo) ; enfin chœurs d'enfants, petites « symphonies vocales »\nmenuet, tambourin, ronde, solfiés avec une légèreté rapide, par les\nfilles, les garçons, puis tous ensemble, et qui font autant d'honneur àla\ndirection de M. Chapuisqu'à son mérite de compositeur.\nNous reparlerons de cette œuvre à tous points de vue si intéressante\n\nG. 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Le véritable inspi-\nrateur de cette manifestation fut le maître Ch. Bordes, dont le premier\nappel reçut un accueil enthousiaste de la part des administrateurs intel-\nligents et éclairés de la Chambre musicale. De nombreux amateurs s'em-\npiessèrent de se grouper autour des courageux organisateurs et, par\nîeur dévouement à Part, permirent la réussite d'une entreprise qui pa-\nraissait irréalisable dans de modestes villes de province.\nLe succès a été inespéré et est dû, non seulement à la beauté des\nœuvres exécutées, mais aussi aux qualités tout à fait rares des exécu-\ntants.\nMM. Albert Zimmer, G. Ryken, L. Baroen et F. Doehard constituent"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.100", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "un quatuor fort homogène, bien équilibré, précis, clair, plein d'entrain\net de feu, sobre d'effets. Ce sont des artistes modestes, convaincus et\nsolides, dont l'unique but est d'exprimer la pensée contenue dans les\nœuvres qu'ils interprètent. Aucune recherche de l'effet extérieur et su-\nperficiel, le fini très remarquable des détails, beaucoup de netteté et de\nvariété, une grande intensité d'expression : voilà ce qui a étonné et sou-\nlevé l'enthousiasme des auditeurs nîmois et montpelliérins. Une soirée\na été particulièrement remarquable : c'est celle dans laquelle on a en-\ntendu à Nîmes successivement les quatuors VI, VII et XV; ce jour-là le\nquatuor Zimmer a atteint à la beauté des plus grandes exécutions.\nIl est à souhaiter que l'exemple donné par Nîmes et Montpellier soit\nsuivi. Ch. Bordes a parfaitement traduit les sentiments des amateurs\nde ces deux villes en écrivant dans l'argument placé en tête du pro-\ngramme : « C'est une belle leçon de décentralisation artistique que nous\ndonnons à la province française et dont nous avons tout lieu d'être\nfiers. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c062", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.6", "titre_corps": "NANCY", "titre_sommaire": "NANCY", "signature_source": "H. P", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.100", "debut_caractere": 1091, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "NANCY\n\nLa saison musicale à l'Exposition de Nancy bat son plein. On ne peut\nnier que, sous le rapport des jouissances réservées à l'oreille, les visi-\nteurs qui, chaque jour par milliers, pénètrent à l'Exposition, n'ont que\nl'embarras du choix.\nNe cherchent-ils, ces visiteurs, qu'à se délasser sans vouloir se donner\nla peine de démêler les abstractions de la musique moderne? sans désirer\nentr'apercevoir « l'état d'âme qui précède la pensée » et que rêvait\nWagner? Là, tout près, dans un élégant kiosque où philharmoniques,\norphéons et musiques militaires se succèdent presque sans interruption,\nvoilà de quoi les satisfaire; des valses de Strauss alternent avec les musi-\nquettes d'Audran et de Méhul. Plus tard, c'est l'orchestre de M. Allô\nqui, délicieusement, exécute les partitions, plus tarabiscotées, de Ros-\nsini ou de Verdi.\nDire que les abords du kiosque sont toujours débordants d'auditeurs\nest superflu. Le nombre de ceux qu'attirent encore les beaux « airs » qui\nbercèrent leur enfance ne semble pas avoir beaucoup diminué, malgré\nles efforts faits en vue de les amener à nos conceptions nouvelles en ma-\ntière musicale.\nPlus loin, à l'exèdre, l'orchestre de M. Pollain retient des centaines\nd'auditeurs. De l'exèdre, je ne dirai pas grand'chose, sinon qu'elle est so-\nnore, très sonore même. Souvent, dans les forte, les cuivres et la batterie\ndominent aux dépens des cordes et des bois, et l'ensemble, de ce fait, n'a\npas toujours l'unité qu'il faudrait. D'autre part, les sons parviennent à"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.101", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2998, "texte": "l'oreille avec une amplitude considérable, comme s'ils émanaient d'un\ngigantesque résonateur. Résonateur ? l'exèdre n'est, à vrai dire, que\ncela, puisqu'elle épouse en grand la forme de cet instrument et\nqu'elle en rend tous les effets.\nN'allez pas croire, au moins, que j'essaie de la discréditer dans l'esprit\ndes lecteurs qui ont bien voulu consentir à me suivre. N'allez pas croire,\nsurtout, si vous venez visiter notre très intéressante exposition, qu'il ne\nfaille pas vous y arrêter. Au contraire. La nouveauté de l'installation et\nson originalité sont tellement curieuses qu'elles ne peuvent manquer de\nfrapper l'attention de tous ceux qui, de près ou de loin, s'occupent de\nmusique et d'organisations de concerts. Mais l'auditeur agira sagement\ns'il prend la précaution de s'installer à une distance plus grande des exé-\ncutants que celle qu'il eût choisie dans une salle quelconque. Cette pré-\ncaution prise, il jouira alors de tous les avantages de cette dernière sans\néprouver les inconvénients : musique en plein air, acoustique parfaite,\nensemble bien fondu, délicatesse et perceptibilité des moindres nuances,\nvoilà, n'est-il pas vrai, plus qu'il n'en faut pour le captiver et l'engager à\nrevenir. Les visiteurs de l'exposition le comprirent dès le premier jour,\nqui vinrent applaudir, entre autres œuvres jouées, et l'Ouverture de\nPhèdre,et la Nuit à Lisbonne.M. Pollain dirigeait en public pour la\npremière fois. Les applaudissements que, journellement, lui et son or-\nchestre recueillent, sont une preuve du plaisir éprouvé par le public à\nl'audition d'œuvres conduites avec une si habile autorité.\nMais ce n'est pas tout. A côté des concerts très suivis dont je viens de\nparler, ont lieu, deux fois la semaine (mercredi et vendredi), à la salle\ndes Fêtes de l'Exposition, d'autres concerts, classiques parfois, et di-\nrigés par M. Guy Ropartz, directeur du Conservatoire de Nancy.\nM. Ropartz n'a guère, ce me semble, besoin d'être présenté. Chacun sait\nque, grâce à lui, nous avons tous les ans à Nancy une saison musicale\ndes plus intéressantes. Ce que M. Ropartz a fait pour ses auditions du\nConservatoire, il le fait aujourd'hui pour celles de l'Exposition. Initier\nle public aux beautés musicales anciennes et modernes, tel est lebut qu'il\na toujours poursuivi et réalisé. La Direction de l'Exposition a donc vrai-\nment été bien inspirée en lui demandant de s'occuper des concerts clas-\nsiques. Elle ne pouvait mieux choisir.\nLa salle où ils se donnent est un carré long qui rend ce qu'on en peut\nattendre. A la tribune, la maison Cavaillé-Coll a monté, gracieusement,\nun petit orgue expressif à un clavier et pédalier. Neuf jeux le composent.\nQuelques accords essayés, une fois la mise au point terminée, m'ont\npermis de constater qu'il est très puissant, en dépit de son petit volume.\nDès qu'une pièce avec orgue sera inscrite au programme, nous pour-\nrons juger, en connaissance de cause, des ressources que peut offrir\nl'instrument."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2425, "texte": "Quant à l'orchestre, composé d'excellents éléments, il est intéressant à\nplus d'un titre : équilibre des sonorités, cohésion parfaite, nuances bien\nobservées, telles sont ses principales qualités. De plus, les chefs de pu-\npitre jouent toujours bien «en dehors » les soli qui leur sont confiés. De\ntout cela on s'est aperçu à l'audition de la Symphonie de Franck, du\nRoid'Ys, de Lalo, des Suites de l'Artésienne, et aussi, dans l'Ouverture\ndu Carnaval romain, de Berlioz. Pareilles remarques furent faites par\nM. Gabriel Fauré qui, lors de son festival, vint lui-même le diriger.\nA cette solennité, les auditeurs étaient foule. Comment, avec des mots,\nrendre le charme si personnel et si élégant de la musique de M. Fauré ?\nParfois, cette musique, délicate comme une frêle plante venue en serre,\nsemble mal à l'aise devant un nombreux public. Dirait-on pas qu'elle se\nretient ? qu'elle a, d'une jeune fille, les pudeurs et les timidités ?Le\ncadre qui doit lui convenir et qui lui convient admirablement, c'est l'in-\ntimité ; le luxe raffiné d'un aimable épicurien, par exemple, et un jour\ndiscret comme elle. Exécutée dans un pareil milieu peuplé d'objets\nrares, de bibelots précieux -- car, au fond, n'est-elle pas, elle aussi, une\ncollection de bibelots finement ciselés, tels que, dans son art, aurait pu\nen orfévrer un Pierre Germain ? elle doit certainement produire chez\nl'auditeur une sensation pénétrante et douce.\nNous avons tous été ravis du programme élaboré par M. Fauré qui, à\nses heures, est aussi un délicieux accompagnateur. Deux suites d'or-\nchestre, celle de Pelléaset celle de Shpuis des mélodies, chantées\navec beaucoup de sentiment par miss Eâton ; de jolies pièces pour or-\nchestre : la Pavane et la Sicilienne,du chant, encore exécuté par\nMlle Marthe René, avec accompagnement d'orchestre, la célèbre Ber-\nceuse, que le violon de M. Heck murmura exquisement, enfin Y Im-\npromptu pour harpe,où la virtuosité impeccable de Mlle Bressler put se\ndonner libre cours, c'était là le menu du festival auquel nous avions été\nconviés. Auteur et interprètes recueillirent d'amples moissons d'applau-\ndissements.\nDes festivals du même genre auront lieu prochainement à la salle des\nFêtes de l'Exposition. On dit même que M. Colonne viendrait diriger\nl'Enfance du Christ. Nul doute que ces festivals soient aussi suivis que\ncelui de M, Fauré. Je vous en parlerai la prochaine fois.\n\nH. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c064", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.7", "titre_corps": "STUTTGART", "titre_sommaire": "STUTTGART", "signature_source": "May de Rudder", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "8"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "debut_caractere": 2427, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "STUTTGART\n\n45e Festival de VA llgemeiner\nLes assemblées et festivals de cette méritante société de musiciens alle-\nmands groupant les partis les plus divers, offrent chaque année des mani-\nfestations artistiques, de valeur inégale sans doute, mais dont l'intérêt"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.103", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "est toujours très grand. Cette fois encore, sans avoir révélé rien de\nvraiment remarquable au point de vue des présentées, cette série\nde concerts et de spectacles, de conférences et même de réceptions\ndiverses, mérite l'attention du monde musical et surtout la reconnaissance\ndes jeunes musiciens qu'elle a fait connaître au grand public.\nLe festival comprenait, au point de vue purement musical, 2 concerts\nde musique de chambre, un grand concert symphonique, une conférence\nde M. Jaques-Dalcroze avec démonstration de sa méthode par une\ndizaine de ses élèves de Genève, enfin trois représentations de pièces\nmodernes à l'lntérim Theater.\nIl est évident que, sur plus d'une œuvre, il est impossible de porter un\njugement définitif après une simple audition et malgré les notes analy-\ntiques ajoutées au programme pour la plupart d'entre elles. En général,\nelles accusent toutes une science consommée de l'harmonie, du contre-\npoint, de l'orchestration, et les jeunes auteurs semblent trouver plaisir à\nnouer et à dénouer les fils souvent trop nombreux de leur trame musi-\ncale ; ils se font volontiers virtuoses-composit et oublient parfois que\ntout cela n'est rien sans le sentiment profond, l'inspiration. Je ne m'ar-\nrêterai guère à ces exercices sans réel intérêt pour l'avenir et même le\nprésent de la musique allemande, et j'en viens directement aux oeuvres\nqui méritent, par leur fond même, l'attention des lecteurs.\nParmi les pages de musique de chambre qui toutes aussi sont de fac-\nture plutôt compliquée, il faut citer comme œuvre sérieusement mûrie et\npensée, le Quintette de M. Hans Pfît\\ner (op. 23), dont les thèmes ont\nune signification, une valeur propre, et que l'auteur a fortement\nindividualisés ; cependant, pour merveilleux et habile que soit l'enche-\nvêtrement de ces motifsdansun tissu harmonique souvent très complexe,\nil est évident aussi que cette individualisation à outrance nuit à l'unité et\nà la clarté de cette œuvre, qui reste néanmoins dans son ensemble haute-\nment estimable. Il y a peut-être aussi un peu de cet excès dans une\ncomposition vraiment personnelle de M. un quatuor à\ncordes, op. 4 de ce très jeune musicien danois. Mais que cela est plein\nd'originalité et de promesses, dans les deux premières parties surtout,\nles plus développées au reste ! L'exposition de l'idée est toujours d'une\nclartépresque classique, et comme cette idée n'est jamais banale, l'intérêt\net la sympathie sont immédiatement requis ; c'est ainsi que le début du\nsecond mouvement (très lent)fait réellement impression ; dans la suite\ncependant, les développements par trop polyphoniques font un peu\noublier la pensée par les complications de la forme. Mais gageons que\nM. Harder, qui est une vraie nature de musicien, intelligent et travail-\nleur, aura bien découvert à cette audition ce qu'ily a à corriger. Je ne\ncrois pas trop m'avancer en lui prédisant un bel avenir.\nPour l'exécution de ces deux œuvres, très difficiles, le Kammermusikve-\nrein, de Munich, et le quatuor de Stuttgart (quatuor Wendling) ont droit"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.104", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "aux plus grands éloges. Dans le domaine delà Sonate, deux compositions\ntrès intéressantes sont à signaler: une sonate pour violon et piano\nmineur),de M. Joseph Haas(interpr. par MM. Cari Wendling etMax\nPauer), et une « Sonate héroïque » pour piano, de\nBaus\\nern, admirablement jouée par M. Cari Friedberg.\nA côté de ces pièces instrumentales, toute une série de lieder vient\nprendre place ; il me serait impossible de les citer tous ici ; mais il faut\nretenir les noms de quelques auteurs distingués en cegenre, oùcependant\npeu d'originalité s'est manifestée. Le plus personnel de tous est incon-\ntestablement le compositeur suisse ; après lui, son\ncompatriote Othmar Schoeck,enfin M. L'interprétation\nconfiée à Mes Leydhecker (alto), Schmitz-Schweicker (mezzo-sopr.) et\nM, Ludwig Hess (ténor) a été parfaite.\nAu programme du concert symphonique, l'œuvre la plus importante\nétait la grande symphonie en si mineur, op. 33, de M.\nElle est conçue suivant un large plan, s'affirme avec force, parfois même\navec grandeur, et s'appuie sur une connaissance parfaite des ressources\norchestrales. Le scherzo, qui est une page aux détails charmants, fut bissé\nd'enthousiasme ; le finale, suivant un bel adagio, a pour motif principal\nun alléluia grégorien. L'orgue se joint ici à l'orchestre ordinaire, ce qui\najoute à l'impression de majesté qui se dégage de cette symphonie.\nToutefois, ce n'est pas une affirmation de personnalité transcendante,\npas plus que la charmante ouverture pour une comédie de Shakespeare\nde M. Paul Seheinpflug,qui a bien d'autres mérites du reste, ni le\ndes Apostats,pour chœur d'hommes et orchestre, de M.\n(texte de Gottfried Keller). Un Epilogue pour une tragé-\ndie (?) de M. Bœheexle finale du drame mystique de M.\nGotthelf, sont, sans doute, mis en œuvre par d'excellents techniciens ;\nmais c'est tout ce que je puis en dire. Comme dernier numéro de ce\nconcert figurait Y Hymne aux Artistes de Franz Liszt, qui ne découragera\ncertes pas nos jeunes compositeurs. M. Max Schillings a dirigé cette\nlongue audition avec une ardeur, un enthousiasme, une science et une\ngénérosité qui font honneur à l'homme comme à l'artiste.\nSous la direction du même excellent chef eurent lieu les représenta-\ntions de la Princesse Brambilla, de M. Walter Braunfels, et de Misé\nBrun, de M. Pierre Maurice.La troisième œuvre, jouée sous la direction\nde M. E. Band, était le drame mystique de M. A. , écrit il y a\ntreize ans déjà et représenté pour la première fois l'an dernier à Stuttgart\nmême. A vrai dire, musicalement, l'œuvre a de belles et émouvantes\npages, au deuxième acte surtout ; mais au seul point de vue dramatique,\non peut lui faire bien des reproches, surtout celui de se perdre en longues\ntirades philosophiques qui compromettent en grande partie le premier\nacte. Ce n'est pas le mouvement ni la progression qui manquent aux\ndeux autres œuvres, malgré quelques longueurs, notamment dans le tou-"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.105", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "chant drame lyrique Misé Brun,du compositeur genevois Pierre Mau-\nrice. Ce n'est ni bien profond ni très caractéristique, mais cela a le\nparfum toujours agréable des choses simples, dites sans prétention. Le\nsujet, d'après le roman provençal de Me Ch. Reybaud, est très dramati-\nque et porte directement. L'auteur a su habilement se servir de chansons\npopulaires de Provence qui ajoutent, par leur charme et leur vie, une\nnote de couleur locale toujours bien fondue dans l'ensemble de la com-\nposition. Cela pourrait bien être une œuvre à succès en France, comme\nla Bohème de Puccini ;je la signale avec plaisir aux directeurs de théâtre.\nVoici enfin la Princesse Brambilla, du jeune musicien Walter Braunfels.\nComme sujet ce n'est qu'une fantaisie de carnaval d'après un conte\nd'Hoffmann, et sa valeur est beaucoup plus dans la musique purement\norchestrale et chorale que dans son essence dramatique. La verve et le\ncoloris n'y manquent certes pas, et la science du compositeur n'est vrai-\nment pas ordinaire. D'où vient cependant que cela ne laisse guère\nd'impression réelle et profonde?\nIl est à remarquer que pour les trois œuvres dramatiques représen-\ntées, les trois compositeurs ont chacun écrit le texte et la musique. L'or-\nchestre et la troupe du théâtre de Stuttgart se sont remarquablement\nacquittés de leur tâche, souvent très difficile. Comme ensemble, unité,\nce fut admirable ; personnellement, il faut citer surtout Mmes Anna\nSutter, Senger-Bettaque et Schônberger ; MM. Goltz, Holm et Weil.\n11 me reste encore à dire un mot de la séance Jaques-Dalcroçe, et je ne\npuis mieux résumer mon impression que par ce simple qualificatif :\nadmirable ! Il est évident que la démonstration par les élèves du maître\ndispense de tout commentaire, de tout exposé. Le sens rythmique et\nplastique, expressif aussi, est remarquablement éveillé et cultivé chez\nces jeunes filles et ces enfants, et se manifeste de la manière la plus\nharmonieuse ; le fond de cette éducation est essentiellement musical.\nIl est à souhaiter qu'une méthode aux résultats si décisifs et si féconds\ntrouve une expansion générale et vienne rénover des éducations incom-\nplètes, fausses ou empiriques, qui sont malheureusement encore trop\nrépandues.\nComme complément aux manifestations artistiques de ces journées,\nil faut ajouter une réception des musiciens au château mauresque\n« Wilhelma » par le roi et la reine de Wurtemberg, que M. Richard\nStrauss a gracieusement remerciés au nom de tous ; une réception par\nla ville de Stuttgart en son beau Rathaus ; enfin une excursion à Mar-\nbach, la patrie de Schiller, avec visite collective à la maison natale et\nau musée du grand poète de Souabe.\nDans l'assemblée générale, M. Richard Strauss a été élu président\nd'honneur, M. Max Schillings, président, pour l'année nouvelle. Le pro-\nchain festival aura lieu en 1910, à Z\nStuttgart, juin 1909.\n\nMay de Rudder."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c065", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.8", "titre_corps": "LA SOCIÉTÉ GLUCK", "titre_sommaire": "LA SOCIÉTÉ GLUCK", "signature_source": "J. 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Souhaitons bonne chance à ce nouveau groupement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c067", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.9", "titre_corps": "CONCOURS DE CHANSONS MILITAIRES", "titre_sommaire": "CONCOURS DE CHANSONS MILITAIRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.106", "debut_caractere": 610, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "CONCOURS DE CHANSONS MILITAIRES\nAvant son départ du Ministère delà Guerre, M. Chéron a pris l'ini-\ntiative d'un concours imprévu et tout à fait heureux. Voici le texte officiel\nde cette décision :\nDécision du Sous-Secré\n« L'importance de la musique vocale dans l'armée n'est plus à démon-\ntrer. Elle réveille les énergies et stimule les enthousiasmes. Mais le plus\nsouvent les soldats ne savent quoi chanter, faute d'éléments à cet égard.\nIl importe pourtant de ne pas oublier que le chant est un puissant moyen\nd'éducation morale.\n« Le Sous-Secrétaire d'État décide donc la mise au concours d'un\nrecueil de chansons militaires destinées soit aux troupes en marche, soit\naux troupes en station.\n« Ce recueil devra comprendre à la fois les vieilles chansons françaises\net des chansons nouvelles d'un caractère patriotique.\n« Le jury sera présidé par M. Gabriel Parés, chef de musique de la\ngarde républicaine. Il comprendra des littérateurs et des musiciens.\n« M. Parés soumettra au ier Bureau une liste de musiciens, et le\nier Bureau la complétera par une liste de littérateurs. Cette double liste\nsera soumise le plus tôt possible au Sous-Secrétaire d'Etat. Aussitôt\nconstitué, le jury réglera, pour être soumises au Sous-Secrétaire d'Etat\net ensuite publiées, les conditions du concours.\n« Paris, le i\" juillet 1909.\ny\n« Le Sous-Secrétaire\n« Signé : HENRY CHÉRON. »\n8*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c068", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.13.10", "titre_corps": "ÉCRITOIRES ET CLAVIERS", "titre_sommaire": "ÉCRITOIRES ET CLAVIERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.107", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 342, "texte": "ÉCRITOIRES ET CLAVIERS\nMme Wanda Landowska et M. Joachim Nin ayant passé au rang\nd'écrivains, on annonce que Mme Marcelle Tinayre va entreprendre\nune tournée de concerts, et que M. Maurice Barrés nous initiera pro-\nchainement, en trente-deux séances, à Y Histoire de la musique person-\nnelle en Lorraine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c070", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 109, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.14", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "G. JEAN-AUBRY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.108", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nPublikationen der Internationalen M\nFolge VII. Joh. Hermann Schein\n17 Jahrhunderts... xon Arthur Prufer (Leipzig, Breitkopf et Hârtel,\n1908, vin et 96 pp., 3 Mark).\nM. Arthur Priifer a déjà donné une bonne biographie de Schein.\nIl examine ici le Venus Krân\\lein (1609), Musica boscareccia,\noder Wald-Liederlein(l62l-1626-1628), diverses compositions de\ncirconstance, les Diletti pastorali(l624) et le\n« einer lôblichen Compagni de la » (1626).\nIl insiste sur le caractère national de ces œuvres de Schein et ter-\nmine par une étude de la musique instrumentale de ce maître (danses\net can\\onidu Venus-K rdn\\lein,suites instrumentales du\nsicale, 1617), où nous trouvons des observations fort instructives sur les\nformes, l'harmonie et l'instrumentation de ces pièces.\nA. Pirro.\nEdgar Istel. Die Blute\\eit der musikalischen Romantik in Deutsch-\nland.(Collection : Au s Natur u Leipzig, Teubner,\nin-12, de 170 pp-,i Mark 25.)\nIl manquait un ouvrage d'ensemble sur le développement et la magni-\nfique floraison du romantisme allemand dans le domaine de la musique.\nCette lacune, le Dr E. Istel vient de la combler, et le petit livre qu'il\npublie dans la collection Teubnerest gros défaits et d'idées.Assurément\nun sujet aussi vaste paraissait difficile à enfermer dans le cadre de la col-\nlection : Aus Natur und Geisteswelt.L'auteur a cependant triomphé de\ncette difficulté ; son travail constitue comme une synthèse, comme un\nraccourci du romantisme musical en Allemagne ; il en marque, avec une\ngrande précision et un choix d'expressions très heureux, les tendances\némancipatrices et les liens qui le rattachent au mouvement général des\nidées dans le premier tiers du xixe siècle. Malgré sa condensation et l'a-\nbondante documentation qui s'y trouve comprimée, le livre de M. Istel\nest d'une lecture facile et attachante. On y trouvera une foule de détails\nbiographiques et esthétiques surWeber, Spohr, Marschner, Schubert,\nLœwe, Mendelssohn et Schumann...\nL, DE LA LAURENCIE.\nJ. JoACHiM Nin. Pour l'Art. (In-12, s. i., 1909, Paris.)\nQue ceux qui n'aimeront pas cet ouvrage gardent prudemment le\nsilence ; toute parole serait l'aveu de leur misère d'esprit ; tout effort\nà le contredire les compromettrait justement."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.109", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "Si celui-là qui a péché lui jette la première pierre, elle tombera dans\ncette eau sans en troubler le pur cristal, et si les pierres sont plus nom-\nbreuses, elles n'en feront que plus sonore, plus vivant et plus émouvant\nle chant de cette onde qui va porter aux âmes attentives l'écho de sa\ndouceur tout ensemble et de sa puissance.\nQue plutôt sur ce cristal clair se penchent ceux qui ont péché, tous\nceux-là qui prévariquèrent et qui prostituèrent la robe des mages sur le\ntréteau des bateleurs.\nIls démêleront les plis mauvais de leurs hypocrites visages ; ils tou-\ncheront la juste mesure de leur triste cupidité et peut-être, dans le silence,\nsentant leur misère et leur honte, comme il est dit dans les Écritures,\ntout le poil de leur chair se hérissera.\nIl faudra bien qu'ils s'y contemplent et y éprouvent leur laideur,\net que nous leur tendions en tous lieux, comme un impitoyable miroir,\nces pages nées de la ferveur.\nDéjà ma parole est tardive et ne peut prétendre à l'annonciation :\nbeaucoup d'esprits lurent Pour l'Art qui tout aussitôt s'y affection-\nnèrent avec une égale passion : vertu des mots de la conscience et sorti-\nlège de l'amour.\nQue de leurs estrades dédaigneuses, ornées de frivoles oripeaux, des\nhabiles sourient, il n importe. Un homme a dit ici ce qu'il convenait\nde dire : il l'a dit avec la saine vigueur d'une indignation passionnée.\nIl dénonce les histrions qui souillent le temple de l'art et surchargent\ninjurieusement de leurs turpides inscriptions les pures colonnes des\nchefs-d'œuvre.\nIl flétrit les « marchands du temple » qui vendent chaque jour leurs\ndieux et cette époque ou les Iscariotes étalent sans vergogne le paiement\nde leurs trahisons.\nIl récuse les témoignages de ceux qui, mauvais serviteurs des\nmaîtres, ne sont que les laquais des foules et s'emploient à bassement\nflatter les inclinations les plus viles.\nIl réclame l'élargissement des horizons de la musique, et de déchirer\n1 injuste voile qui cache encore tant d oeuvres belles i et sa ferveur ayant\naccru ses sujets, en exige aussi l'ordonnance.\nEt la flamme enfin qui l'anime se courbe avec humilité sous le vent\npur venu des cimes ou nous devons aller prendre les commandements\nde nos pensées.\nEn moins de cent pages, l'aveu d'une âme qui rachète nos lassitudes\net qui, au nom d'un art qu'elle sait propager, oppose aux vociférations\nde la « foire sur la place » une parole noble, ardente et résolue.\nQue ceux qui aiment la musique, et souffrent de la voir souillée,\nviennent puiser a cette source. Nous reconnaîtrons à leur grimace ceux\npour qui l'onde en est amère.\nAvril 1909.\n\nG. JEAN-AUBRY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c071", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 110, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.15", "titre_corps": "OUVRAGES REÇUS", "titre_sommaire": "OUVRAGES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.110", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "OUVRAGES REÇUS\nSAINT-SAENS G.—Portraits et Souvenirs. (Calmann-Lévy, 1909, in-12\nde 330 pp., 3,50.)\nBELLAIGUEG. Les Epoques de la musique, t. I et 11. (Delagrave, 1909,\n2 vol. in-12, chacun 3,50.)\nCART DE LAFONTAINE Henry.\n(London, Novello, 1909, in-40 de 522 pp.)\nMAGNETTE Paul. Contribution à l'histoire de la Symphonie post-\nbeethovénienne {1824-1 gog). (Publié en autocopie, in-12.)\nBAUX Emile. Notes et documents\n(Fischbacher, 1909, in-8° de 46 pp., avec fac-similés.)\nLICHTENBERGER Henri. Wagner. (Collection des Maîtres de la\nmusique, Alcan, 1909, in-12.)\nVAN AERDE Raymond. Cyp rien de (Mali-\nnes, A. Godenne, 1909, in-40 de 70 pp.)\nBORD Gustave. Rosina Stolt\\ (1815-igo3). (H. Daragon, 1909,\nin-12, 3,50.)\nCHILESOTTI Oscar. Biblioteca di ra\nbaldi. (Ricordi, in-40 de musique.)\nGASTOUÉ Amédée et LESABLAIS H. scénario avec mu-\nsique, en trente tableaux d'après nature. (Maison de la Bonne\nPresse, 1909, in-40 °bl. de PP-)\nARTARIA F. et BOTSTIBER H. Joseph\nria. (Vienne, Artaria, 1909, in-8° de 100 pp.)\nENGLJ.-E. J. Haydns handschriftliches (Leipzig., Breit-\nkopf, 1909, in-8° de 60 pp.)\nSCHEUERLEER. Het Musiekleven in (Lahaye, 2 vol. in-40\nde 432 pp., Florins 22,50.)\nEUTERPE. Collection of madrigals\nthe i6th et iyth centuries. Edited by Kennedy Scott, published by\nthe Oriana madrigal Society vol. IX. (London,Breitkopf, 1909, in-40.)\nLINEF (Eugénie). The peasant songs\nthe Impérial Academy of Science.(Petersburg, 1909, in-40 de\n150 pp., fr. 5.)\nMITJANA (Rafaël). L'orientalisme m (Stock-\nholm, 1906, in-80.)\nEn Bibliografisk Visit i\nMusikavdelning.(Stockholm, 1908, in-40.)\nCincuenta y cuarto Canciones\ncionero de Uppsala.(Uppsala, 1909, in-12, pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c072", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.16", "titre_corps": "Société Internationale de musique", "titre_sommaire": "Société Internationale de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1310, "texte": "Société Internationale de musique\nSOMMAIRES DES PUBLICATIONS INTERNATIONALES\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE MARS 1909\nMitteilungen über den 111. Kongress\nschaft in Wien.\nJOSEF LANNERS'S Fort-leben im Volksliede, par RAIMUND ZODER (Wien).\nA Schubert Song Analysed,par DONADL FRANCIS TOWEY (London).\nNotiç liber den Nachlass Agonstino Stejfanïs im Propaganda-Archiv\n\\u Rom,par Alfred EINSTEIN (Mtinchen).\nConférences sur la musique. Notes.\ntiques de musique. Revue\nlibraires. Envideru ngen. C\nnationale de Musique.\nSOMMAIRE DU BULLETIN D'AVRIL 1909\nM. Maurice Ravel,par M.-D. CALVOCORESSI (Paris).\nImpressions of Strauss « Elektra», par Alfred KALISCH (Londres).\nJohann HermannSchein, Sâmtliche Bd. 3, par Rudolf SCHWARTZ\n(Leipzig).\nExtraits du Bulletin français de l\nmusique.\nNotes. Critiques de livres. Revue\nCommunications de la Société Int\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE MAI 1909\nAntràge auf Aenderw ngen der Sat\\ungen\nMitteilungen Über die Haydn-Zentenarfeier\nInternationalem Musikgesellschaft\nFriedrich Wilhelm Zaehow als drama par\nAlfred HEUSS (Leipzig).\nSt. Cecilia as Musical Saint,par R. E. BRANDT (Londres).\nZur Cembalofrage, par Karl NEF (Bâle).\nExtrait du Bulletin français de la\nmusique aux collèges en été I9og\nNotes. Critiques de livres. Revue des journaux. Cata-\nlogues de libraire. Communications\nde Musique."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.112", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "SOMMAIRE DU BULLETIN DE JUIN 1909\nHauptversammlung der I. M. G.f Wien, den 29 mai igog.\nDer Volksgesang \\ur Zeit der Kirchentonapar Ludwig RIEMANN\n(Essen).\nNew Works in England ( V).\nThe London « Worshipful Company of Musicians ».\nZur Cembalofrage,par Richard BUCHMAYER (Dresden).\nExtraits du Bulletin français de la S. I. M. Conférences sur la musi-\nque. Notes. Critiques de livres. Critiques de musique.\nRevue des journaux. Communications\nde Musique.\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE JUILLET 1909\nResolutionen die auf dem 111. Kongres de\nDie Wiener Haydn-Zentenarfeier und der 111. Kongress der I. M. G.,\npar Alfred HEUSS (Leipzig).\nThe « Trojans » ofßerlio\\.\nVom Main\\er Mmikfest, par Herniann ROTH (Leipzig).\nDas Neunte KammermusikJest in Bonnpar L. SCHEIBLER (Godesberg).\nSommaire du Bulletin Français de la\nlivres. Revue des journaux.\nmunications de la Société Internationale de Musique.\n*\nSOMMAIRE DU RECUEIL D'AVRIL-JUIN 1909\nJEAN MARNOLD. Les fondements\nantique.\nA. CHYBINSKI. Zur Geschichte des\nMensuralmusik.\nK. NEF. Die Stadtpfeiferei in Basel\nA. ARNHEIM.— Ein Beitrag \\ur Geschich\nKunstliedes in Frankreich im 1 7\nW. H. CUMMINGS. Dr. John Blow.\nW. PREIBISCH. —Quellenstudien \\u Mo\\arCs « Entfuehrung ».\nW. ALTMANN.— Au s Gottfried Weber's\nSOMMAIRE DU RECUEIL DE JUILLET-SEPTEMBRE 1909\nJOSEPH GREGOR. Die deutsche Romantik aus den Be\\iehungen von\nMusik und Dich itung. W.H. W\nKARL NEF. Die Musik in Basel.\nMitte des ig. Jahrhunderts."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.113", "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "W. H. GRATTAN FLOOD. The English\nand Henry VI.\nWILIBALD NAGEL. Das Leben Christoph Graupner's.\nHUGO LEICHTENTRITT. Zur Ver\\ierun\nH. WASCHKE. —Eine noch unbekannte Komposition J.-S. BacWs.\nWILIBALD NAGEL. Zu Nikolaus Eric"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c074", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 61, "texte": "= BULLETIN =\n- DE L\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES\nA MIS DE LA MUSIQUE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c075", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "CONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. HENRY ROUJON, de l'lnstitut,\nsecrétaire perpétuel de l'Acadé-\nmie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. le Prince A. D'ARENBERG, de\nl'lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, minis-\ntre de la justice.\nM. le Comte GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nMEMBRES\nMme ALEXANDRE ANDRÉ.\nMme la comtesse RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général\nhonoraire au ministère des finan-\nces.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, an-\ncien ministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMme la vicomtesse D'HARCOURT.\nM. Louis HAVET, de l'lnstitut, pro-\nfesseur au Collège de France.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de\nlettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLK, docteur ès\nlettres.\nDU COMITÉ\nM™ la comtesse D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME la comtesse PAUL DE POUR-\nTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à\nla Faculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. JEAN WEBER, agrégé de l'Uni-\nversité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c076", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.19", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.114", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "T_Jf «j\n• *\\( ♦ k 1\nB\nF\na\ns\n;\n<■ • i\"-; •\nusai\nY\nigit • l ' '\nh\nm\nQ:v\nM\n\\ ' ~ \"V\n%a\n%«■\n::î\n' :■:\n—-\nS\n'W\n11\n-,\nV'\n1:2:\n: : ;•■.'•■\n-,\nû\n!•']\nt.\nm\nj>\n'jL\nV-\n■- —***->,•\nnt? . : v\n\"V%>\n»\nk\nS*\nS\n- £\nïfi\n\"^s\n:i!X:\nS\n3\n•v J*\nss\nsti\ni\n■\n«\nr\ni\n■\nr\nII\n-'. *\n»\n»\n>\n••'■•••\nA\ns\nj\n-,\n\"A...\n/.\n\"\"\"~v\nr\n*X3\n:-t\nO XI,\nTpnramij\n* ] 11111 il f IIN/iirnTTTtnrr\nCARTES D 1 EXCURSIONS\n( Individuelles ou de Famille )\nEH fIUVERGHE, LES CEVErïHES, ETC...\ndélivrées du-15 Juin au 3° Septembre au départ\nde toutesles gares du Réseau P L.M.\nConsulter le Livre t*Gnide Horaire PLilims en vente auprixde o*so clans toutesles gare? P. L IT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c077", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.115", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "COURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nMmes\nMarguerite Babaïan, Leçons de\nchant, 17, rue Denfert-Roche-\nreau.\nSuzanne Labarthe, des concerts\nLamoureux, i3,rue Mazagran.\nCours Chevillard-Lamoureux.\n(Succursale : 21, boulevard de\nStrasbourg, le lundi.)\nLenoël-Zevort, officier de l'lns-\ntruction publique, directrice du\ncours municipal de déclama-\ntion (Ville de Paris), Leçons\nparticulières. Préparation au\nConservatoire. Petite scène ,\n2, rue Favart.\nFrida Eissler;6<),avenue d'Antin.\nCourtier-Dartigues, 56, rue du\nRocher. Leçons particulières.\nCours de chant et d'ensemble\nvocal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c078", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.115", "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "M.\nCharles Sautelet. Leçons de\nchant, 74, avenue Kléber.\nORQUE ET HARMONIE\nMM.\nH. Dallier, organiste de la Made-\nleine, professeur au Conserva-\ntoire. Leçons de piano, orgue,\nharmonie, contrepoint, fugue,\n7, boulevard Pereire.\nGaston Knosp, harmonie et com-\nposition, 3, rue Maître-Albert.\nJean Poueigh, 16, rue Duperré.\nLeçons d'harmonie et de com-\nposition. Orchestration.\nPIANO\nMM.\nPaul-E. Brunold, 3, rue Yvon-\nVillarceau. Leçons de piano et\nd'harmonie.\nJ. Jemain, piano, harmonie, con-\ntrepoint et fugue, 76, rue de\nPassy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c079", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.115", "debut_caractere": 1107, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "On chezche à achetez un exemplaize complet\nde : (Ifétiô, cßiogzaphie Univezôelle deô <iMu-\nôicienô, édition compzenant\nplémentaizeô publiéô paz dA.\n===== à la zédaction de (f. zM. =="}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c080", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.116", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "Ricardo Vittès, 45, rue Poncelet,\nCours et leçons de piano.\nMmes\nCabre, élève de G. P'alkenberg,\n41, rue de Seine. Leçons de\npiano et de solfège.\nM. Guilliou, 33, rue de l'Abbé-\nGrégoire. Piano, solfège, ac-\ncompagnement. Cours d'his-\ntoire de la musique avec audi-\ntions.\nWanda Landowska ; 24, rue\nJacob. Leçons et cours de\npiano.\nVIOLONCELLE\nM.\nMinssart, des concerts Colonne,\n45, rue Rochechouart. Leçons\nde violoncelle et d'accompa-\ngnement.\nVIOLON\nMM.\nCharles Bouvet, officier de l'lns-\ntruction publique, 42, avenue\nde Wagram, Leçons de violon\net d'accompagnement.\nH. de Bruyne, des concerts La-\nmoureux, 29, rue de Maubeuge.\nLeçons particulières de violon\net d'accompagnement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c081", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.116", "debut_caractere": 689, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "Claveau, 6, rue des Ursulines.\nProfesseur à la Schola Canto-\nrum. Leçons particulières.\nYwan Fliege, Leçous de violon\net d'accompagnement, 287,\nboulevard Saint-Germain.\nPomposi, 75, rue Mozart, Leçons\nde violon et d'accompagne-\nment.\nHenri Schickel, des Concerts\nLamoureux, 5, rue d'Enghien.\nLeçons de violon et d'accom-\npagnement.\nCLARINETTE\nM.\nStiévenard, des concerts Lamou-\nreux, il, rue Henner. Leçons\nde clarinette et d'accompagné-\nment.\nPROVINCE\nLYON\nM. A. Guichardon, professeur au\nConservatoire. Cours et leçons\nparticulières de violon et d'ac-\ncompagnement, 24, rue Rabe-\nlais.\nPAU\nM. Paul Maufret, 29, rue Carnot.\nLeçons de piano et d'harmonie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c082", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.116", "debut_caractere": 1346, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "ÉCOLE BEETHOVEN\ndirigée par M,le M.Ba!utet,Bo, rue Blanche, à Paris. Cours de piano,\nsolfège, harmonie, pédagogie, préparation aux examens des Ecoles\nnormales, ire Section : Amateurs ; 2e Section : Artistes se prépa-\nrant au professorat du piano (Diplômes); 3e Section : Cours par\ncorrespondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c083", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.117", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 838, "texte": "• FACTEUR DE PIANOS ==\nSiège Social : 45 et 47, pue de la Boëtie (VIIIe) - PARIS\nRayon spécial de musiq» e\n— (vente et abonnement)—\n7 e lé phone : 528-20.\nAdresse télégraphique .\nGAVEAU-PIANOS - PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERT\nUsine modèle à Fonte» ay-\ntous-Bois (Seii.e).\nAgence générale à Bruxelles.\nDépôt des éditions de la S. I. M.\nfi V If fi- .iWHÊf >\\\\\nC - 4\nw ' vS -m\nm\n« 2\nitjwsse\n;\nH\n•) *\n0\nWïmÊ,\n- , ;|\n:\nmi\ns ; RS\nm\nmm\n% \\\nm\n-•/ ; V\n; v-,\nI v toi\n. c ' *\n«40 ' »,\nm\nm m f\n\" aMW:\nvA: i\n«\ny h\nme\nmmm.\n'4~Wa,\nm\nic*i> * ■?:\nw ; >,\n«X' *:>\n'-- •• XÎ5W®.®P9H^®M\n- *r\nr-- • N\n*** v.^\ns\\ - Ç\nS»*H\n.,,, „„. rr,\".... » ■\n— * xâJJs** t\nresst\nMEMBRE DU JURY - HORS CONCOURS\nBARCELONE I8S8, MOSCOU 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895,\nPARIS 1900.\nDIPLOMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM I883, ANVERS I883, BRUXELLES 1888.\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c084", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.118", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 4878, "texte": "AGENCE MUSICALE\n30 EL JYK El TS , 2, rue de Louvois\nPARIS (IIe Arr1)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\ncelles de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert : de là\ntant de vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des conditions\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique et son expérience\nprofessionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS est\ndevenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal de\nParis, la Société de Concerta de Chant classique, nombre d'oeuvres privées et d'artistes vir-\ntuoses qui l'ont choisi pour Administraieur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, IER1ER octobre IQOS.\nEDITIONS MUSICALES\nDans le but d'aider à la vulgarisation des Œuvres musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d'imprimer, d'éditer et de lancer à des conditions\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur réservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive.\nCHANT ET PIANO de A. Renaud). Net 8 »\nBardac \\ K ). « Tel qu'en\nsonge » (H. de Régnier).\nNet 4 »\n« Trois Stances » (J. Mo-\nréas) .... Net 3 »\n« Cinq Mélodies » (divers)\nNet 5 »\nBe rte lin (A.). Di x poésies ti-\nrées du « Jardin de l'lnfante »\n(A. Samain). Net io »\nLa Chimère (A. Samain).\nNet 2 5o\nChansarel (R )> Sonnet é1 é—\ngiaque (de Ronsard). Net 2 »\nRequiem d'amour (L. Tail-\nlade) .... Net I 5 o\nL'invitation au voyage (Ch.\nBaudelaire) . Net 250\nCouperin. Pastorale, air sé-\nrieux .... Net i 70\nDe Crèvecœur (L.). Dé-\ncembre (G. de Fontenay).\nNet I 70\nLa tendre Famille, Ballade à\n5 voix et chœur mixte, d'a-\nprès le « Kalevala » Net 3 »\nDéodat de Séverac. Chan-\nson de Blaisine M. Magre.\nNet i 5o\nLe Chevrier (P. Rey).\nNet l 70\nLes Cors (P. Rey) » 2 »\nL'Eveil de Pâques ( Verhae-\nlen) .... Net I 70\nL'lnfidèle (Maeterlinck).\nNet 1 70\nDuparc (H.). La Fuite (Th.\nGautier), duo pour Soprano\net Ténor. . , Net 2 5o\nKomitas Wardapet La Lyre\narménienne, recueil de chan-\nsons rustiques, . Net 10 »\nLocard (P.)- Juin (Leconte de\nLisle),pour M.-S et chœur\nà 3 voix de femmes et P°.\nNet 3 »\nMel-Bonis. Epithalame\n(chœur pour 2 voix de\nfemme et PO.). Net 2 5o\nNazare Aga (Y.-K.). « Les\nNuits persanes » (poésies\nRavel (M.). D'Anne jouant\nde l'Espinette. Net 1 70\nD'Anne qui me jecta de la\nneige (Epigrammes de Cl.\nMarot). . . . Net \\ 70\nPIANO\nBardac (R.). « H orizons ».\nLes Cloches de Casbeno.\nJeux. Sur la Tresa. Net 4 »\nBrévilte (P. de). Portraits de\nmaîtres : Gabriel Fauré.\nVincent d'indy. Ernest\nChausson. César Franck.\nNet 5 »\nCollin (C.-A.) Ricordando.\nNet I 70\nGroz (,\\.). Epithalame. I. Pay-\nsage. Porti ait. Amour. Rê-\nves; 11. Gens de noces. Dan-\nses bourgeoises et rustiques.\n111. Cloches. Cortège.\nEpousailles. Duo. Avenir.\nNet 8 »\nHennessy (S ). « Au vil-\nlage » : Noce campagnarde.\nFillettes. Basse-Cour. Sur\nl'herbe. Au bord du Ruis-\nseau Net 3 »\nInghelbrecht (D.-E.). Suite\npetite-russienne. J'ai aimé\nYvan. Chant du Vent. Ko-\nzatchka. Mon Cœur. Chant\ndu Soldat. . . Net 7 »\nLabey (M.). Sonate en 4 par-\nties Net 8 »\nSymphonie en mi (à 4\nmains). . . . Net 8 »\nLadmirault (P.). Variations\nsur des airs *de biniou tré-\ncorois (à 4 mains) Net 4 »\nMet Bonis. Variations (pour\n2 pianos» 4 mains). Net 7 »\nPoueigh (J.). « Pointes sè-\nches ». Cerfs-volants. Parc\nd'automne. Combat de coqs.\nNet 4 3)\nRavel (M.). Jeux d'eau .\nNet 3 35\nPavane pour une infante\ndéfunte. . . . Net 2 »\n« Miroirs ». Noctuelles. Oi-\nseaux tristes. Une barque\nsur l'Océan. Alborada del\nGracioso. La Vallée des\nCloches. . . Net 10 1\nThirion (L.) Sonate en 4 par\nties Net. 7\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.). Sonate en\nparties . . . Net 10\nBertelln (A.). Sonate en\nparties . . . Net 10\nLeclair (J.-M ). ire série d\nler1er livre, op. 3(là 6)\nNet 15\n2e série du ler livre, op.\n(17 à 12) . . Net 10\nMunktell (H.). S onate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nPoueigh (J.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nFLUTE ET PIANO\nOU HARPE\nInghelbrecht (D.-E.). Deux\nesquisses antiques.\nDryades. . . . Net 1 5o\nScaphé. ...» 170\nMel Bonis.S onate. » 7 »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate Net 7 »\nVIOLONCELLE ET\nPIANO\nMel Bonis.Sonate. Net 6 »\nTRIOS\nMel Bonis. Suite*pour flûte,\nviolon et piano. Net 5 »\n2 trios pour violon, vio-\nloncelle et piano :\nMatin. . . . Net 4 *\nSoir. . . » 3 »\nQUATUORS\nMel Bonis. Quatuor piano,\nviolon, alto, violoncelle.\nNet 12 »\nSeits (A ). Quatuor pour ins-\ntruments à cordes.Net 12 »\nQUINTETTES\nLacroix (E.). Quintette pour\npiano et cordes. Net l 5 J>\nSachs (Léo).Op.77.Quintette\npour piano et cordes.\nNet 12 »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c085", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.119", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "\"LA BALANCE\" IVIESSYI\nRevue Russe de Litt\n1909 Sixième année\nPOÈMES ~ NOUVELLES -- ROMANS ~ ESSAIS INÉDITS SUR\nLA LITTÉRATURE , LES ARTS ET LES SCIENCES COMPTES\nRENDUS SUR LES LIVRES NOUVEAUX PARAISSANT SOIT EN LANGUE\nRUSSE, SOIT EN TOUTE AUTRE LANGUE \" LA BALANCE \"\nANNOTERA TOUS LES LIVRES NOUVEAUX QUI LUI SERONT TRANS-\nMIS EN QUELQUE LANGUE Qu'lLS SOIENT \" LA BALANCE \"\nPARAIT CHAQUE MOIS EN LIVRAISONS D'UN GRAND FORMAT\nAVEC DESSINS (NOIRS ET EN COULEURS) DES ARTISTES RUS-\nSES ET ÉTRANGERS PRIX D'ABONNEMENT POUR L'UNION\n__ .. .. __ __ POSTALE : 18 FR. PAR AN\nDIRECTEUR : SERGE POLIAKOFF --\nBU REAUX : MOSCOU, Place de Théâtre, Métropole, 23."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-08-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-08_01#c086", "volume": "bmtnabh_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.119", "debut_caractere": 655, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "Revue de Hongrie\n- paraissant tous les mois\nLa REVUE DE HONGRIE est une revue hongroise rédigée en lan-\ngue française.\nElle publie des articles écrits par des hommes d'Etat, des littéra-\nteurs, des savants hongrois, et ayant trait à la Politique, à la Littéra-\nture, aux Sciences, aux Beaux-Arts, aux Finances, à l'Economie\nSociale, à l'Histoire, etc.\nLa REVUE DE HONGRIE s'occupe de toutes les questions qui, à\nun point de vue général, peuvent, en mettant en relief les choses de\nHongrie, intéresser l'étranger et notamment le lecteur français. Elle\ncompte également des collaborateurs dans tous les pays et publie\ndes articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère inter-\nnational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle\nrestera indépendante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire\nFrançaise de Budapest.\nPrix de v Hongrie et Autriche. Un an, 25 cour. 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Depuis plus d'un demi-siècle les instruments\nles plus artistiques du monde.\nLa seule nouveauté instrumentale qui ait pris\nOcl©StO-S Mustel une Place définitive dans l'orchestre depuis cin-\nv\nHUIT GRANDS PRIX ET TROIS CROIX DE LA LÉGION D'HONNEUR\nmUSTEU & G\"\nUSIfIE RPJRHIS ! *B, RUE PE^fiETY\n: 46, rue de Douai , 4 6\nli O |SI D ES : 41, Vitigtïiope Street, 41"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.1", "texte": "laNNÉË\nNos 8-9\nAoût-Septembre 1909\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\nTÉLÉPHONE\n2 2 2-65\nRÉDACTION ET ADMINISTRATION\nS CHAUSSÉE D'ANTIN, PARIS\n?SANCE | Un an, 15 fr.\nETRANGER)\nLe Numéro 1 50\nParaissant le 15 de chaque mois.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\n1 sical dans les écoles primaires Lettre de M. Henry Fortis.\nI LETTRE DE RICHARD STRAUSS * NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE, par E. DE BRICQUE-\nj VILLE ★LE CONGRÈS DE VIENNE, par J. E. ★ LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE, par\nf L. LALOY ★ MUSICIENS BELGES, par R. LYR * NOTES JURIDIQUES (LA COPIE MANUSCRITE\nDELA MUSIQUE), par G. BAUDIN ★ UN CONGRÈS DE CHANT GRÉGORIEN, par A. GASTOUE\n* REVUE DES REVUES, par VIVANT DENON * ECHOS ET NOUVELLES * BIBLIOGRAPHIE\n★ SOCIÉTÉ INTERNATIONALE."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.2", "texte": "= BULLETIN =\n- DE L\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES\nA MIS DE LA MUSIQUE"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.3", "texte": "CONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. HENRY ROUJON, de l'lnstitut,\nsecrétaire perpétuel de l'Acadé-\nmie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. le Prince A. D'ARENBERG, de\nl'lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, minis-\ntre de la justice.\nM. le Comte GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nMEMBRES\nMme ALEXANDRE ANDRÉ.\nMme la comtesse RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général\nhonoraire au ministère des finan-\nces.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, an-\ncien ministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMme la vicomtesse D'HARCOURT.\nM. Louis HAVET, de l'lnstitut, pro-\nfesseur au Collège de France.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de\nlettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLK, docteur ès\nlettres.\nDU COMITÉ\nM™ la comtesse D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME la comtesse PAUL DE POUR-\nTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à\nla Faculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. JEAN WEBER, agrégé de l'Uni-\nversité."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.4", "texte": "L'enseignement musical\ndans les écoles primaires\n\nInfei iorite de la culture musicale en France. La musique à l'école primaire.\nPourquoi les programmes ne sont pas appliqués. Lettre de M. Henry Fortis.\nRôle de la Société française des Amis de la musique.\nParmi les très nombreux et très di\ntention de la Société française des Am\noffre à ses yeux un intérêt tout spécia\ncale de l'enfance. C'est celui auquel\neffort. Et avec juste raison ! Nous entendons souvent parler nous\nparlons nous-mêmes trop souvent de /'infériorité musicale de notre\npays; ne serait-ce pas /'infériorité de l'éducation musicale qu'il faudrait\ndire ? Personne, parmi les gens compé\naffirmer que le petit Français est m\npetit Allemand, le petit Suisse ou\nsemble même prouver le contraire.\nil, règle générale, à l'écart\nvie des autres un besoin et un bienfait?\nà en goûter les jouissances ; c'est que\nCar, ainsi que le dit M. Paul Souday(l)\net que nous tenons à reproduire ici en partie :\n\n(1) V. VEctair du 28 mai 1909."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.5", "texte": "IV\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\n« Ce qui nous manque éuidemment,\nles abonnés de V Opéra ont passé huit\njeunesse à apprendre la langue et la\nn'ont jamais consacré une heure à étudier la musique. L'un d'eux me\ndisait, le soir de la premièrec/'llippolyte et Aricie : « Voilà\nque je suis abonné :je n'ai jamais en »\nS'il avait eu l'ombre de culture musical\njtroféré ce blasphème : il en aurait senti le ridicule, comme il sent celui\nqu'il y aurait à mépriser Corneille, Racine ou Molière.\n« L'un des principaux objets de\ndevrait être de combattre le préjugé\ntelle quelle se donne aujourd'hui dans nos lycées et collèges. De mon\ntemps, on y enseignait un peu le grec, assez bien le latin et le français.\nMais il n'y avait pour le dessin qu'un cours illusoire, fastidieux,\ndédaigné des maîtres et des élèves à peu près à l égal de la gymnastique.\nQuant à la musique, il n'en était pas\n« On pouvait avoir, en payant, quelques vagues leçons particulières\nde piano ou de violon, redoutées des pères de famille et déconseillées aux\nbons élèves comme une perte de temps. Pour le programme commun et\nobligatoire des études, la musique n'existait\nnous inculquer les éléments du solfège et de la grammaire musicale.\nJamais nos professeurs ne nous en disaient un mot, non plus, d'ailleurs,\nque de peinture ou de sculpture. Je me souviens qu'un matin, alors quil\nnous donnait quelques notions d'esthétique abstraite, notre professeur de\nphilosophie dans un grand lycée de\ntorisation de nous conduire au musée de la ville, qui possédait un beau\nDelacroix et quelques délicieux Corot.\n« C'est à quoi se borna, pour notre génération scolaire, l'enseignement\nde l'histoire de l'art. Mais je crois bien que jamais aucun de nos maîtres\nne prononça devant nous les noms\npouvions croire, en quittant le lycée\nl'art de ces grands musiciens était un\naussi peu importante dans l'histoire de l'humanité que la vénerie, la fau-\nconnerie ou l'habileté à tourner des ro\nment être encore pis dans les écoles primaires.\n« Comment s'étonner après cela que la majorité de la population soit\nincapable de pénétrer la pensée des gra"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.6", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\ny\n\nbelle et aussi profonde pourtant que\nsincèrement que la musique de café-c\navec un peu plus de prétention et de tenue superficielle ?\n« Il faut persuader à l'opinion publique et aux chefs de l'Université\nqu'on n'est pas un homme réellement\npas en état de goûter Bach et Rameau, Michel-Ange et Rembrandt,\naussi bien que Pascal et Bossuet, ou\noutre, convaincre tout le monde qu'il ne suffit pas d'aller distraitement\nfaire un tour au Louvre ou louer un\ndevenir un connaisseur, mais que l'intelligence de tous les arts exige un\nentraînement et une instruction préala\nqu'ils appellent difficile et qui se plaignent de n'y rien comprendre, mais\nqui n'ont jamais songé à prendre un peu de peine pour y arriver, ressem-\nblent à des nègres ou à des Caraïbes\nvoir Phèdre ou le Misanthrope sans avoir commencé par apprendre le\nfrançais.\n« C'est vraiment procéder avec méthode et attaquer le mal dans sa\nracine que de vouloir, comme la Société des Amis de la musique, « favo-\nriser chez les enfants la formation du\ntique du chant choral dans les institutions primaires et secondaires ».\nDivers moyens, intervention auprès\nincessante, fondation de prix, serviront ainsi à préparer des générations\nqui admireront et soutiendront l'art véritable et les vrais artistes,\nrendront impossible le scandale de certains\nL'esprit public et même la moralité publique, que corrompent les spec-\ntacles bas, ne pourront qu'y gagner.»\nEn ce qui concerne les établissements\nquestion a été soumise, par Vintermédiaire de notre éminent et dévoué\nprésident, aux pouvoirs publics. Elle\nsommes fondés à espérer que des pourparlers en cours naîtra un heu-\nreux résultat. Remettons donc à plus\naujourd'hui, examinons seulement ce qui se passe dans les établissements\nd'enseignement primaire.\nIl ya un fait tout d'abord: c'est qu'un programme d'enseignement\nmusical existe pour ces écoles, et ce programme, dans son ensemble, est"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.7", "texte": "VI\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nexcellent. Il s'inspire, autant que possible, des desiderata formulés par\ndes musiciens tels que M. Camille Saint-Saëns, M. Bourgault-Ducou-\ndray, etc., lors d'une enquête entreprise en 1880 par Jules Ferry, alors\nministre de l'instruction publique(/).\nnous n'aurions rien, à ce point de vue, à envier aux pays étrangers.\nMais, hélas ! il y a un autre fait : c'est quen dehors des villes\nprincipales et encore ! ses prescrip\npas du tout.\nQuelles sont donc les raisons d\nmesure la Société française des Amis\nmanquer à l'un de ses devoirs les p\nson relèvement moral par la diffusion\nelle intervenir ? C'est ce qu'il importait\nNon content de recueillir des observations personnelles, nous avons\ntenu à soumettre la question à différ\nprononcer en toute connaissance de cause. M. Henry Fortis, que nous\navons consulté en premier lieu, n'est pas seulement un artiste éprouvé et\nconvaincu : c'est encore un écrivain\nquestion pédagogique, des idées claires et justes, et dont l'autorité,\nacquise par une longue et intelligente\nque la modestie. Dans la très intéress\nM. Fortis signale, de la façon suivante, la cause du mal et les remèdes :\n\nLETTRE DE M. HENRY FORTIS\n\n« Pendant trop longtemps on a pensé que les arts n'étaient acces-\nsibles qu à une élite ;et le mot populaire\ngrossier.\n« Mais aujourd hui que nous avon\nrapports qui peuvent exister entre l esthétique et l'âme du peuple, nous\navons jugé que, de tous les arts, la mus\nralisation du culte du Beau.\n« Voilà pourquoi une place importante est faite depuis vingt ans à\nl enseignement musical dans tous nos établissements scolaires.\n\n, signaler particulièrement le très remarquable\nde l enseignement du chant dans les écoles,de M. Bourgault-Ducoudray. 11 a paru en\norochure (Rouart-Lerolle et Cie)."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.8", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nVII\n\n« Mais décréter est chose facile : il y a malheureusement loin de la\ncoupe aux lèvres.\n« On ne pouvait sonper évidemment\nspéciaux pour appliquer les nouveaux programmes et rendre la musique\nintelligible à la masse. Force était de s'en remettre aux éducateurs ordi-\nnaires des écoles, aux instituteurs. Mais ceux-ci, enfants du peuple,\nétaient ignorants de tout ce qui a rapport à la musique, et par consé-\nquent inhabiles à communiquer un goût et un savoir qu'ils ne pos-\nsédaient pas.\n« Tonte une génération s'est écoulée dans l'inaction, et nous ne\nsommes guère aujourclhui plus avancés qu'à ïépoque où MM. Saint-\nSaëns, Bourgault-Ducoudray, Danhaiiser,etc., jetaient le cri d'alarme.\n« Pour obliger les instituteurs à devenir musiciens, on a enfin, il y a\ndeux ans, rendu obligatoire au brevet supérieur une épreuve de dictée\nmusicale.\n« Mais son application stricte prése\ns'aperçoit que, en dehors des élèves des écoles normales, la plupart des\ncandidats sont incapables d'y participer\nen découlent ouvrent les yeux sur la\nles postulants au brevet élémentaire, sachant que leur nullité en musique\nn'était pas un obstacle à leur réussite à l'obtention de ce diplôme, se\nfiguraient qu'il en serait de même au\na dû être cruelle, et il leur a fallu\ncommission d être plus qu indulgente pour un examen simplement oral\n(c'est le cas du brevet élémentaire), cela\ndevoirs écrits.\n« Dans un avenir assez rapproché, nous verrons donc le plus grand\nnombre de nos instituteurs pourvus\nmusical suffisant pour l'utiliser dan\neffectivement l'enseignement de la m\n« Mais on peut en hâter la venue\nque les commissions d'examen du brevet élémentaire se montrent exi-\ngeantes pour l'épreuve musicale, au lieu de la réduire à la formalité de\nquelques questions bien anodines, posées par un membre sans compé-\ntenceainsi que cela se pratique journellement.\n« Si MM. les inspecteurs d'académie\nprogrès énormes seraient vite réalisés"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.9", "texte": "VIII\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\n« Je sais un département de l'Est où un de mes amis, professeur de\nmusique aux écoles normales, ayant obtenu presque carte blanche d'un\ninspecteur d'académie mélomane, causa\ncinquantaine de candidats en deux ses\n« La leçon porta rapidement ses fruits, car par la suite il eut la satis-\nfaction de constater une préparation\nles instituteurs enseigneront maintenant le chant : ils ont même formé\nune vingtaine de sociétés\n« Si cette expérience se renouvelait\ndoute même réussite.\n« Que devons-nous donc faire ?\n« Agir d abord auprès de MM. les\nexamens musicaux des différents brevets ne soient pas escamotés ;\n« Faire substituer la dictée musica écrite à\nmusique du brevet élémentaire ;\n« Obtenir des directeurs d'écoles normales et du Conseil des profes-\nseurs qu'ils observent les règlements\nécoles quant à l'épreuve du cha 22\nlet ÎBB3, qui, si elle est suivie, favorisera les musiciens au lieu de rester\nlettre morte ;\n« Pousser enfin MM. les inspecteurs primaires à exiger de tous les\néducateurs la stricte application de le\nenseignement musical obligatoire que tous les instituteurs indistinc-\ntement doivent, de par leur diplôme,\n« Ainsi serait résolue la question v\nlaire par la conception inéluctable de cette parole du père de la péda-\ngogie allemande, Luther :\n« Je ne considère pas comme un instituteur l'homme qui ne sait pas\nchanter. »\nEn renvoyant à bientôt la continuation\npermette d'exprimer le vœu de voir nos amis, nos lecteurs, s'intéresser\ndans une large mesure à cette si grave et si attachante question de l'édu-\ncation musicale chez les enfants. Do\nles communications de leur part seront\n\nHenry Fortis,\nNice."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.10", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nIX\n\nAvantages réservés aux membres de la Société française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages que nous avons obtenus jusqu'à présent, et que nous\npouvons porter à la connaissance de tous nos membres, sont les sui-\nvants :\n1° La Revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de\nParis de la Société internationale de Musique) est envoyée régulièrement\nà titre gratuit à tous les Amis.\n2 1 Sur la présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réduc-\ntions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 13, rue Lafïite : 10 0)0 sur Vabonnement ;\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et 10 0/0 sur les ouvrages absolument\nnets ;\nChez MM. Rouart, Lerolle et Cie, 18, boulevard de Strasbourg,\n25 0/0 sur la musique ordinaire, et\nnets.\nChez M. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, 10 OJO sur les\nvolumes de la collection des Maîtres de la Musique.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, OjO\nla collection des Musiciens célèbres.\nLa liste de tous les Amis de la Musique étant déposée chez ces Messieurs, nos\nmembres de province n'auront qu'à adresser directement leurs commandes à ces\nMaisons, qui se feront un plaisir de leur envoyer dès maintenant le Catalogue\nd'ouvrages parus■\n\nEXTRAIT DES STATUTS\nArt. 3. La Société se compose de membres créateurs, de membres\nfondateurs, de membres donateurs et\nLes membres créateurs sont les personnes sous les auspices de qui la\nSociété a pris naissance.\nPour être membre fondateur, il fau\nune cotisation minimum de 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser une cotisation annuelle\nd'au moins 100 francs."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.11", "texte": "X\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nPour être membre actif, il faut\n20 francs, rachetable par un versement unique de 500 francs.\nLa cotisation annuelle de 20 francs\nprofessionnels.\nLe titre de membre d'honneur pourra être accordé par le Conseil\nd'administration aux personnes qui rendront ou auront rendu des ser-\nvices signalés à VAssociation, sans quelles soient tenues de payer une\ncotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de\ntoutes les fonctions.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à\nM. Ecorcheville, secrétaire général, 6, chaussée d'Antin,\nParis."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.12", "texte": "A propos de Richard Strauss\nRichard STRAUSS.\nJ 7 juillet igoq.\n§M.Romain Rolland ri ou 6 lettze\nâuivante, quil vient de tecevoit de SM.\ncStzauôâ, et qui âolutionne l'incident SMaziotte. (Le\nSS. (112. £M. eôt heuzeux et fie\n1' apaisement de ceô conteôtation\nMurren, Oberland.\n12 Juillet 1909.\nMon cher Ami,\nJe me hâte de vous annoncer que j'ai réussi\naujourd'hui à obtenir de MM. Fuerstner que\nceux-ci rendissent la liberté à la Salomé de\nMariotte. M. Fuerstner s'entendra directement\navec M. Mariotte pour les formalités à\nremplir."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.13", "texte": "Un orchestre morvandiau.\nCliché de M. Desvignes.\n\nNOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n\nA mon ami J. E cor cheville.\nLa vielle est un violon sur lequel les cordes sont mises en vibra-\ntion au moyen d'un clavier, au lieu d'être touchées par les doigts\nde l'exécutant } l'archet garni de crins est remplacé par une roue\npolie et enduite de colophane.\nLes cordes pour la mélodie sont au nombre de deux, à 1 unisson.\nEn outre, il y a d'autres cordes destinées à produire des basses\ncontraintes ou des pédales, et qu'on appelle : bourdons, mouche,\ntrompette (ou coup de poignet).\nLes cordes chantantes, ou chanterelles, partent du che\\illet,\npassent sur un petit chevalet, descendent parallèlement à la table\net se mettent en contact avec la roue-archet. De là elles appuient\n\nL'instrument\n\n1\n\nS. I. M."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.14", "texte": "724\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nJ\n\nsur un grand chevalet et viennent s'accrocherà l'éclisse inférieure\ndu corps.\nCes deux cordes sont enfermées dans une boîte allongée qui\ncontient le mécanisme, soit une série de tiges plates coupées à des\npoints fixes et perpendiculairement par des lamelles de bois taillées\nen lames de couteau, enfoncées dans ces tiges de manière à pou-\nvoir tourner et recevoir l'accord : ce sont les\nLes doigts de la main gauche, appuyant sur la tête des touches,\nfont enfoncer la tige ; à ce moment les deux sautereaux jumeaux\nattaquent les chanterelles à l'endroit précis, et le son se produit\naussitôt que la main droite actionne la roue au moyen d'une\nmanivelle.\nPar conséquent la différence entre le violon et la vielle consiste\nd'abord en ceci : dans le violon, la corde est pressée de haut en\nbas sur la touche par le doigt du violoniste, tandis que dans la\nvielle cette même corde est tirée dans le sens horizontal de droite à\ngauche par le clavier du vielliste. L'effet produit est identique.\nCHANTERELLES.\nEtudions d'abord l'état des deux cordes appelées chanterelles,\ncomme nous l'avons dit, pour les distinguer des cordes d'accompa-\ngnement ou bourdons, et non par assimilation au mi du violon.\nElles doivent d'abord être accordées strictement à l'unisson, ce\nqu'on obtient aussitôt qu'on ne perçoit plus de battements entre\nelles au moment de l'émission du son. Pour éviter qu'elles\ngrincent sur la roue, on les garnit, au point de frottement, de lé-\ngers flocons d'ouate blanche. Leur justesse dépend de plusieurs\ncirconstances qu'il faut déterminer : i°\ndes petits chevalets, 3° la position des sautereaux, 40 la gar-\nniture d'ouate,s° la rondeur absolue\ni° Le calibre.\nIl va sans dire que les deux chanterelles doivent être de gros-\nseur pareille. Malgré tout, s'il existait, pour le registre aigu ou pour\nle grave, une petite différencede justesse, on y obvieraitendéplaçant\npetit à petit le chevalet de la seconde corde.\n20 L'emplacement des petits chevalets. Autrefois il y avait un\nchevalet commun aux deux chanterelles. Aujourd'hui, chaque corde"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.15", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n725\n\na son chevalet indépendant, ce qui facilite l'accord, comme on\nvient de voir. Il suffit parfois d'un déplacement d'un ou deux\nmillimètres pour rétablir la justesse entre les deux cordes.\n3° La position des sautereaux.\nCes lamelles de bois sont autant de doigts mécaniques. Etant\nenfoncées à force dans les trous des tiges, il est aisé de leur\ndonner l'inclinaison voulue, à droite ou à gauche, pour qu'elles\nsaisissent les cordes au point exact où elles doivent donner la\nnote juste de l'échelle chromatique. On accorde d'abord la\nchanterelle de droite (en regardant l'instrument), tandis que la\nchanterelle de gauche est immobilisée sur un épaulement d'os ou\nd'ivoire ménagé à cet effet dans la boîte à clavier. Puis on règle\nl'unisson avec la chanterelle qu'on a remise à sa position normale.\n4° La garniture d'ouate.\nC'est là la grosse question. Il faut légèrement présenter à la\ncorde l'ouate en flocon mince, plat et allongé, et, en même\ntemps, de la main droite imprimer à la roue un mouvement\nsaccadé.\nL'ouate commence à s'enrouler. Sans cesser de tourner la\nroue, on roule la corde fortement entre le pouce et le médius\nde la main gauche. L'opération est extrêmement délicate, car\npour peu que la touffe d'ouate soit trop forte, les notes aiguës\ndeviennent fausses ; et si elle est trop fine, les mêmes notes grin-\n\nSautereaux de la vielle dans leur position de réglage."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.16", "texte": "y 26\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ncent désagréablement. L'habitude guidera le vielliste qui, en\naucun cas, ne doit poser, même légèrement, ses doigts sur la\nsurface polie de la roue.\n5° La rondeur absolue de la roue.\nLa roue-archet est tournée dans une bille de bois dur, généra-\nlement de sorbier ou d'alisier, parfois d'érable. Par conséquent,\nsous l'action de l'humidité ou du soleil, elle tend à se déjeter\ndans un sens ou dans l'autre. On s'en rend compte quand, en\ntournant doucement la roue, on perçoit des intermittences de\nvibrations. Il faut alors, si le déjet n'est pas important, présenter\ndélicatement au bas de la roue une lame de verre à l'arête\nbien nette, et tourner avec précaution de manière à rétablir\nl'uniformité de la surface polie du bois. Il est curieux qu'on\nn'ait pas songé, pour obvier à cet inconvénient très fréquent,\nà tourner la roue dans une pièce de bois composée de quatre\nmorceaux assemblés en sens contraire des fibres, quitte à recou-\nvrir le taillant de la roue d'un ruban de placage, si l'assemblage\noffrait quelque danger aux endroits du collage (i).\nBOURDONS\nLes bourdons devant produire des sons fixes à la tonique ou\nà la dominante du morceau, ils ne sont pas soumis à l'action du\nclavier. Partant du côté droit ou du côté gauche de la tête (ou\ncheviller), ils sont soutenus par un épaulement tout en haut du\ncouvercle des sautereaux, et viennent s'appuyer sur un chevalet\noù l'on peut les faire glisser si l'on veut les écarter de la roue\net, conséquemment, les réduire au silence. Il y a deux bourdons\nde chaque côté de la boîte à clavier. L'un d'eux s'appuie sur un\npetit chevalet mobile, trompil lon,qui, lorsque la corde est mise\nen vibration, se livre, sur la table, à des battements dont on règle\nla fréquence et l'intensité au moyen d'une cheville fixée dans le\ntire-cordes : on l'appelle : la trompette ou coup de poignet ; c'est\nla difficulté d'exécution la plus sérieuse quand on veut bien s'en\n\n(t) Dans le Mercure du 25 mars 1761 on lit : « le sieur Louvet, rue des\n« Petits-Champs, qui a trouvé le moyen d'empêcher la roue de la vielle de\n« se déjeter. » En quoi consistait l'innovation du célèbre facteur, il ne nous\na pas été possible de le savoir."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.17", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n727\n\nservir. Un vielliste aveyronnais, depuis longtemps fixé à Paris,\nM. Tarible, possède un coup de poignet qui, comme articulation,\nprécision et variété de rythme pourrait être difficilement égalé.\nLes chanterelles, donnant au départ un sol, sont des la de\nviolon un peu fins ; le bourdon ut est un ut filé d'alto ; le se-\ncond bourdon sol, un sol filé de violon; la trompette, un fort\nré de violon ; le gros bourdon, dont on ne se sert pas d'ordinaire,\nun sol filé de violoncelle. On n'emploie plus la mouche, qui était\nun sol à l'unisson des chanterelles.\nInutile de dire que dans les pièces autres que les danses, et\nqui modulent, on supprime les bourdons et la trompette.\nException est faite pour les musettes, à condition toutefois\nqu'elles n'offrent pas des modulations s'écartant de la tonique et\nde la dominante.\nC'est la trompette,on peut le dire, qui a ridiculisé la vielle.\nAussi quand Bâton le jeune, en 1762, entreprit de perfectionner\nl'instrument, il s'empressa de supprimer cet accessoire gênant\net antimusical. « C'est, dit-il dans son prospectus, un défaut\n« essentiel et insoutenable qui n'a pris de crédit que parce qu'on\n« y a attaché l'articulation. Mais cette articulation est aussi défec-\n« tueuse que son principe, en ce que la trompette de la vielle\n« n'est occasionnée que par les frémissements d'un chevalet sur\n« la table, ce qui ne peut produire que du bruit. C'est un véri-\n« table concert de mouches, pour employer le mot d un plaisan'. »\nIl la remplaçait par ce qu'il appelle une articulation spéciale\ndont il fournit la description en termes tellement obscurs qu'il ne\nm'a pas été possible d'en saisir le sens.\nPour terminer cette revue des cordes de la vielle, il faut noter\nqu'on doit à Bâton l'aîné l'idée de faire courir le long de la table\ndes cordes d'acier ou de laiton vibrant par sympathie, comme\ndans la viole d'amour. L'accord judicieux de ces cordes peut cor-\nriger certaines défectuosités de justesse ou de sonorité qui attein-\ndraient les chanterelles.\nLE CLAVIER\nLe clavier de la vielle se composait primitivement de vingt tou-\nches ; Bâton l'aîné les porta à vingt-quatre en 1716, et son frère,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.18", "texte": "728\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\n\nen 1752, alla à trois octaves, en descendant la note initiale du\nau ré. Cette innovation n'a pas réussi, etle point de départ est resté\n1 e sol (sur la clé de sol deuxième ligne de la portée). Les treize\ntouches diatoniques sont noires comme dans les anciens clavecins ;\nles dièses qui les surmontent sont en os ou en ivoire. Il faut que\nles touches qui traversent la boîte à clavier de part en part glis-\nsent facilement dans leurs mortaises, sans, toutefois, avoir trop\nde jeu, car, dans ce cas, la touche, en ballottant, entraînerait les\nsautereaux dans un mouvement analogue qui détruirait la pureté\ndu son.\nL'étendue de la vielle est donc, depuis deux siècles, de deux\noctaves moins une note : le fa dièse aigu qui n'existe pas. Le\nfa naturel se trouve sur la rangée des dièses, pour la raison que\nle resserrement des touches à l'extrême aigu du clavier ne per-\nmettrait pas de placer fa dièse, et\nN'oublions pas que la vielle, étant munie d'un clavier, devient\nun instrument à sons fixes, et doit être accordée selon les règles\ndu tempérament.\nLa forme de la vielle a considérablement varié au cours des\nsiècles. Nous ne possédons aucun instrument authentique anté-\nrieur au xvne siècle, la vielle du Kensington dont parle Terras-\nson ayant été modifiée par le réparateur; aussi devons-nous\nnous contenter des reproductions graphiques ou sculpturales.\nJusqu'au début du xvme siècle les vielles étaient plates, de forme\nallongée, et faites d'un bois uniforme, jaunâtre le plus souvent,\navec quelques filets tracés au feu et des rosaces découpées à\n\nVielle en corps de luth de P. Louvet (1735)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.19", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n729\n\njour. Les têtes, en forme de carré, de trèfle, de cœur ou de pique\nrenversé (on peut dire que toutes les figures du jeu de cartes\nont passé), étaient d'ordinaire rattachées à Téclisse supé-\nrieure par des baguettes en bois tourné. Elles portaient 3, 4 ou\n5 cordes. Anciennement, la chanterelle était simple ; latrompette\nn'intervint qu'à la fin du xvne siècle. Comme on l'a vu, Bâton\nl'aîné utilisa pour la construction de ses instruments des corps\nde luths, de théorbes et de guitares. Mais la forme plate du xvne\nsiècle ne disparut pas pour cela, et on la voit reproduite dans\ndes estampes de Bouchardon, de Basan, etc., postérieures à la\ndate de l'invention du luthier versaillais. La forme dite « à bateau »\nconquit néanmoins la faveur des artistes, et quand il n'y eut\nplus de luths ou de théorbes à décapiter, on construisit des\ndontes de forme analogue, composées le plus souvent de neul\ncôtes assemblées sur un moule, avec alternance de couleur : brun\net jaune.\nLa table des vielles est toujours de noyer ou d'acajou. Elle\naurait plus de son si elle était, comme pour tous les instruments\nà archet, de bois de sapin. Les vielles de notre époque subissent\ncette erreur, due à l'esprit de routine uniquement.\nLa richesse d'ornementation des vielles du xvme siècle fait\nl'admiration des curieux et des artistes. Ce ne sont que bords de\ntables délicatement filetés, couvercles de clavier et ponts de roue\nrecouverts de trophées en nacre de perle, de rinceaux d'ivoire,\n\nVielle de forme ancienne."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.20", "texte": "y3o\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nJ\n\nde médaillons sculptés, d'incrustations d'écaillé. Le bois des\ntouches parfois disparaît sous la marqueterie, et l'on y trouve\nmême des pierres précieuses serties, comme dans l'instrument\ndu Musée du Conservatoire qui porte le n° 207 du catalogue. Il\nest vrai qu'il passe pour avoir appartenu à Madame Adélaïde,\nfille de Louis XV.\nLes formes variaient, mais toutes se recommandaient par\nl'élégance de la coupe. Il y en avait de plates, présentant l'aspect\nd'un trapèze allongé ; d'autres rappelaient un berceau d'enfant,\nune gourde de pèlerin coupée par le milieu, une guitare, une\nviole. Quant à l'appellation de « vielle à la turque » qui se ren-\ncontre assez souvent dans les inventaires ou dans les annonces\nde vente, j avoue qu'il m'a été impossible de me renseigner sur\nce qu'elles avaient de particulier (1). Quant aux têtes, elles étaient\nravissantes, sculptées par Pineau ou par Lafille, têtes de roi cou-\nronné, de mousquetaire, de Turc, de femme, d'ange, de négril-\nlon, surmontant un cheviller que décore généralement à la base\nune coquille délicatement fouillée.\n\nVielle en gourde.\n\nVielle plate.\n\nVielle en trapèze.\n\nDans les Tablettes de Renommée de 1772, le Sr Foubert est signalé\ncomme « faisant toutes sortes de vielles à la façon du Sr Lourcetet de Farcy,\n« des vielles turques, tant doubles que simples."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.21", "texte": "Têtes de vielles anciennes."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.22", "texte": "732\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nAu point de vue de la sonorité, les vielles en bateau ou sur\ncorps de luth sont incomparablement les meilleures (i).\nJe n'ai pas à parler des multiples essais ayant pourbut d'adapter\nau mécanisme de l'épinette, du clavecin ou du piano-forté\nl'économie de la vielle. On pourrait citer une centaine d'appareils\nsonores où l'on a essayé, au moyen de bandes de parchemin ou\nd'archet sans fin, de prolonger, à la façon de la vielle, le son du\nclavecin. Le dernier en date est le piano-quatuor de Baudet, qui\napparaît comme le résultat le plus parfait de la combinaison.\nMais il faut s'arrêter sur la vielle (2), qui eut un grand\nsuccès vers le milieu du xvme siècle et qui retint un moment\nl'attention des artistes.\nLA MARQUISE\n« J'ai, autrefois, joué de la guitare... et j'en ai là une très ornée\n« qui m'a coûté bien de l'argent...\nLE MAÎTRE\n« Comme il est nécessaire d'avoir\n« n'est plus à la mode,/e vous en vielle organisée ».\nDom Bedos, dans son remarquable traité de\nd'orgues, consacre une notice détaillée à cet amalgame de la vielle\net d'un jeu de flûte bouchée. La touche, en s'abaissant, ouvrait la\nsoupape du tuyau et le faisait parler. On pouvait jouer les deux\nensemble, ou les faire entendre séparément. Le soufflet destiné à\npousser l'air dans les tuyaux était mû par la tige de la roue, qui\nservait ainsi, à la fois, d'archet et d'agent souffleur.\nL appareil était d'aspect déplaisant, lourd à mouvoir, massif et\nencombrant. De plus, il était bien difficile de maintenir la justesse\nentre les deux éléments. Deux facteurs, l'un de Paris, l'autre de\nToulouse : Melling et Bergé, se firent une réputation dans cette\nfacture spéciale.\n\n(1 ) Dans sa méthode La Vielleuse habile, Bouin déclare que les vielles en\ncorps de luth ont plus d harmonie et rendent plus de son ; celles en corps de\nguitare sont plus douces, et pour la chambre elles sont plus gracieuses.\n(21 Joseph Haydn a composé pour le roi de Naples Ferdinand IV des noc-\nturnes pour vielle organisée."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.23", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n733\n\nJ'ai relevé soit sur des étiquettes, soit sur des livres d'adresses,\nTablettes de Renommée et divers organes de publicité du\nxvme siècle, les noms suivants de luthiers s'étant occupés de la\nfabrication des vieilles.\nMelling (A la belle vielleuse), rue des Orties, et plus tard rue\nFromenteau.\nFleury, rue de l'Arbre-Sec.\nLelièvre, rue des Nonaindières.\nHurel, rue des Grands-Hurleurs.\nVibert, rue de la Seine.\nDelaunay,et Claude Girod(sans adresses).\nLambert, rue Michel-Le Comte.\nVeuve Champignon,rue du Bac.\nJoubert,rue Saint-Jacques.\nRichard, au vieux Louvre (c'est le fameux facteur-ingénieur.)\nPierre Louvet, le Stradivarius des vielles. Il a dû en construire\nune énorme quantité, à en juger par ce qu'il en reste dans les mu-\nsées et dans les collections particulières. Il avait pour enseigne\nA la vielle royale, et il habita successivement les rues Pastourelle,\nSaint-Martin et Montmartre. Ses claviers sont parfaits, et aucun\nde ses produits n'est de qualité courante. Toutes les vielles de\nP. Louvet sont admirables de proportions et artistiques d'aspect.\nJean Louvet, frère du précédent, rue Croix-des-Petits-Champs.\nBâton l'aîné, à Versailles. Son frère cadet était professeur mais\nnon facteur. Toujours préoccupé d'améliorer l'organisation et d'é-\ntendre les ressources de l'instrument, il confiait à Fleury la mise\nen œuvre de ses idées.\nCésar Pons, fixé à Grenoble après avoir travaillé à Paris, rue\nPont-au-Change.\nGrou, à Lyon. Il signait : Grou de Paris.\nBerger, à Toulouse.\nDesjardins,à Caen.\nParmi les facteurs contemporains qui marchent sur les traces\nde ces facteurs d'autrefois, je dois citer Pimpard, de Jenzat (Allier),\nqui fait de belles imitations de Louvet, et qui excelle à réparer,\nou plus exactement à restaurer les anciens instruments qui ont\nsubi les outrages du temps et surtout le vandalisme des ménétriers"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.24", "texte": "734\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nignorants. La maison Pajot construit aussi, pour les amateurs, des\ninstruments d'après les modèles classiques.\nMalheureusement le mauvais goût des vielleux de campagne\nimpose aux facteurs des peinturlurages odieux qui déshonorent\nla vielle. Quant aux têtes sculptées sur les instruments à bon\nmarché, elles sont si grossières qu'il vaudrait mieux les remplacer\npar une crosse ou une volute évidée.\nJe dois ajouter que, sur les prix courants, les vielles d'artistes\nsont annoncées : « Articles sérieux, sans fleurs aux couvercles. »\nLes vielles extra-soignées, avec une tête proprement sculptée,\nbordure nacre et filets mosaïque, fourniture ivoire et palissandre,\nsont de 140 à 500 francs. On peut avoir pour 100 à 120 francs\nun bel et bon instrument solidement construit et donnant toute\nsatisfaction à la virtuosité.\nLes vielles plates « ou forme guitare » sont, naturellement, moins\nchères. Mais comme on leur préfère, en général, les vielles en\nbateau, il est rare que les facteurs les soignent à l'égal de ces der-\nnières.\nRemarquons, en passant, que les roues des vielles actuelles,\ndestinées aux airs de danse en plein air, sont sensiblement plus\népaisses que celles des vielles du xvme siècle qu'on jouait dans\nles salons, et à qui on demandait surtout de la légèreté en vue de\nl'exécution des petites pièces musicales.\n\nLe petit vielleux, par Bouchardon."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.25", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n7 35\n\nL'histoire de la vielle\n\nLes origines présumées de la vielle sont connues de tous ( i ), et il\nn'existe pas un traité de musique, si élémentaire soit-il, qui n'ait\nreproduit le fragment du chapiteau de l'église de Bocherville\nremontant au xie siècle. On y voit deux personnages assis qui\ntiennent sur les genoux un appareil ayant à peu près la forme\nd'une guitare allongée. Au-dessus du manche se trouvent des\nmarches ou touches que fait mouvoir le personnage de gauche.\nQuant à son compagnon, il se contente de tourner une manivelle\ntrès apparente à la partie inférieure de l'instrument.\nIl fallait, par conséquent, deux musiciens pour actionner la\nvielle ou plus exactement l'organistrum.\nLes chroniques du moyen âge, à partir du xuie siècle, font\nfréquemment allusion à l'instrument dont nous nous occupons; ils\nle désignent d'abord sous le vocable d\npuis uniquement Symphonia, qui ne tarde pas à devenir par cor-\nruption chifonie, nom sous lequel il sera connu jusqu au\nxvie siècle.\nIci, une parenthèse :en Provence,à l'époque actuelle, la vielle\nest appelée communément « phonphogne ». Il est aisé de voir\ndans cette appellation un souvenir du mot primitif, qui a survécu\nde quatre siècles à la disparition de l'expression usuelle (2).\n\n(1) Pour l'histoire de la vielle, consulter le ms. de Barthélémy 1 Anglais du\nxve siècle (Bib. Nat., Fr. 22532, f° 340 v\") : « On appelle en France une\nsymphonie ung instrument dont les aveugles jouent en chantant les chansons\nde geste, et c'est un instrument qui a bien doux son, et plaisant à voir, si ce\nne fust pas l estât de ceux qui en usent » La grande miniature de ce ma-\nnuscrit, qui représente un orchestre complet du xve siècle, montre aussi un\njoueur de symphonie. ,\nCitons aussi le fameux roman de la Violette(Bib. Nat.,Fr. 24:178), où Gérard\nde Nevers se déguise en jongleur et vient la viel au col se montrer dans deux\nsuperbes miniatures (f°s 78 v° et 82 v°).\n(2) Dans son traité de la danse, imprimé en 1536 et rédigé en latin maca-\nronique, le Provençal Antonius Arena cite au nombre des instruments propres\nà animer suns compagnones la vielle, qu'il appelle fonfonta. Il la place entre\nle chipachaplum,dont la traduction nous échappe, et la (chalemie,\ncornemuse)."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.26", "texte": "7 36\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\nEn matière cTorganographie, il n'est pas aisé de trouver\nquelque chose de nouveau touchant l'origine des appareils\nsonores. Nous n'avons donc aucune prétention à la décou-\nverte de ces documents primitifs que Kastner, pour ne citer\nqu'un musicographe, a colligés dans ces précieux volumes\nqui se nomment : Paremiologie musicale et Les Danses des\nMorts.\nDeux questions se posent tout d'abord : A quoi répondait ce mot\nsymphonie ?Le préfixe grec avv (à défaut de l'idée que nous nous\nfaisons aujourd'hui du terme), le préfixe avv indique l'idée d'une\nréunion, et répondrait parfaitement à la construction actuelle de\nla vielle qui, au moyen de ses chanterelles, de ses bourdons, de sa\ntrompette, de sa mouche, réalise l'association de plusieurs sons.\nMais, quand on l'appelait « symphonie », la vielle avait-elle ces\ncordes d'accompagnement ? Premier problème dont la solution\nest encore à trouver et qu'aucun document de l'époque ne peut\néclaircir.\nD'autre part, quel motif avait-on d'imaginer l'organistrum à\nune époque où la viole à archet était déjà connue ? Et remarquez\nque cet engin, exigeant la collaboration de deux musiciens, était\nune complication, alors que le « crout », la « rote », le « rebec »,\nembryons de la viole, et n'excédant pas les dimentions de l'alto\nactuel, pouvaient aisément être joués à l'épaule, ou sur les genoux,\npar une seule personne.\nIl paraît donc que cette « complication » avait pour objet de\nconstituer un instrument à plusieurs sons simultanés, se diffé-\nrenciant du rebec qui ne pouvait produire qu'un chant dépourvu\nde tout accompagnement.\nQuoi qu'il en soit, la chifonie, dès la période du moyen âge,\ndevient un instrument de mendiants, d'aveugles et de truands :\ntoutes les chroniques sont d'accord sur ce point, et qu'on consulte\nMathieu de Gourmay, de Peyrat, Gerson, Eustache Deschamps,\non trouve partout des traces de l'« ignominie » de la vielle. Les\nanciens auteurs allemands consacrent cet état par un mot carac-\n\n(0 Disso tation historique sur l instrument appelé lu vielle, 1741 (réimpri-\nmée en 1768. On en reparlera plus loin)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.27", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n737\n\ntéristique : lyra mendicorum,ou encore (i),qui subsiste\nencore.\nAu seizième siècle, sous le règne de Henri 111 de France, la\nvielle fait un effort pour se mettre au rang des instruments nobles.\nEt ici doit se placer l'extrait d'un mémoire de Terrasson qui\nmentionne d'un des plus beaux instruments qui soient à notre\nconnaissance. Il s'agit d'une vielle qui aurait appartenu non pas\nà Henri IV, comme avance l'auteur, mais bien à son prédécesseur\nsur le trône, le dernier des Valois.\nAu moment où paraît l'écrit de Terrasson, la vielle est en grande\nfaveur. Mlle de Mesmon, sœur de M. le chevalier de Mesmon, écuyer\nordinaire du Roi, ayant envie de posséder l'instrument à la mode,\nva pour en choisir un dans la boutique d'un luthier de Paris\nnommé Hurel (2), qui lui en montre plusieurs. Mlle de Mesmon\nles trouve trop grandes. « Alors Hurel (je cite le morceau textuel-\nlement) :\nAlors Hurel lui montra une petite vielle qu'il lui annonça sous le\ntitre de vielle Henry IV. Son antiquité paroit par le goût et la nature\nd'un très-beau travail qui a existé sur cet instrument dont on voit\nencore de très-beaux restes. Une partie de ce travail consiste en ce que,\nsur la table de cette vielle, on a peint une chasse d'animaux, le tout\norné d'une campane (?) en façon de broderie qui fait le tour de l'instru-\nment. Les deux rosettes percées à jour qui servent à faire sortir le son\nparles deux coins d'en haut de la table sont dessinées en façon de cou-\nronnes de lauriers entremêlées de roses ; les couronnes sont enlumi-\nnées de verd et les roses enluminées de rouge. Deux circonstances\nprouvent que cette vielle a appartenu à un Henry, roi de France. La\npremière est qu'en plusieurs endroits de la table et derrière la base on\nvoit de grandes H couronnées de France; la seconde est que derrière\nla base et sur le cerceau qui couvre la rôtie on voit en deux endroits\nles armes de France à champ d'azur, entourées l'une du seul collier\nde l'ordre de Saint-Michel, et l'autre d'un semblable collier audessus\nduquel on a gravé celui de l'Ordre du Saint-Esprit.\nDe ce quecette vielle (3) aappartenu à Henry 111, je ne crois pas qu on\n\n(î) Lyre de mendiants. Lyre de paysans.\n(2) Hurel demeurait rue desArcis, à l'image de Saint-Pierre, et se qualifiait:\n« faiseur d'instruments pour la musique du Roy ». C'est lui qui édita, en 1686,\nles pièces de viole de Marais.\n(3) Cette vielle fait partie actuellement des collections du Kensington\nMuséum."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.28", "texte": "738\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S I. M.\n\ndoive en conclure que ce roi jouoit de cet instrument. C'était autrefois\nl'usage que les princes et les seigneurs fournissoient les instruments\naux musiciens qu'ils employoient. Le chevalier de Mesmon fit réparer\ncette vielle par Bâton, luthier à Versailles, qui y mit des touches neuves.\nMais je ne scaurois approuver qu'en raccommodant l'instrument on ait\nmis un autre couvercle au clavier, sous prétexte que l'ancien était tout\nvermoulu, attendu que c'est sur ce couvercle que la main frotte conti-\nnuellement. On devoit laisser subsister cet ancien couvercle, quelqu'usé\nqu'il fût ; car il contenait sans doute les mêmes peintures et gravures\nque l'on voit sur le cercle qui couvre la roue ; et le frottement des mains\nde plusieurs siècles sur ce couvercle du clavier n'auroit servi qu'à le\nrendre plus précieux. Je ne suis pas certainement passionné pour les\nantiques ; mais je sçais en général que la vénérable rouille de l'Antiquité\nfait souvent le plus grand prix d'une médaille ou d'un monument qui\nseroient de peu de valeur s'ils estoient bien nettoyés.\nBien parlé ! Terrasson n'est pas partisan du maquillage des\nobjets d'art, et il faut l'en féliciter.\nDonc nous n'avons rien, ou peu de chose, qui nous fixe sur la\nconstruction et le jeu de la vielle au moyen âge. Bien plus, le\nmot vielle,le verbe vieller,s'appliquent indistinctement à l'ins-\ntrument à roue et à l'instrument à archet, par une confusion ana-\nlogue à celle qui, dans les auteurs grecs et latins, désigne à la fois\nsous le nom de cytharaou lyradeux instruments à cordes pin-\ncées qui ne se ressemblaient nullement. Et, de nos jours encore,\nn'a-t-on pas appelé fréquemment un mauvais piano une «épi-\nnette » ? un tambour de basque un « tambourin » ? Le mot clai-\nron, dans les anciennes chroniques, n'est-il pas opposé à ce que\nnous appelons clairon aujourd'hui, c'est-à-dire variété de bugle ?\nN'essayons pas de déchiffrer l'énigme, et datons du xvie siècle,\nd'après la narration de Terrasson que nous venons de transcrire, la\npremière apparition de la vielle à roue dans les fastes de la facture\ninstrumentale.\nDe la Cour des Valois, où elle a fait quelque figure, la vielle\ndégringole dans les cours... ouvertes aux mendiants et aux in-\nfirmes pour l'exploitation de la charité privée. Tous les auteurs\ndu xvne siècle le constatent en un latin qui ne brave pas seule-\nment l'honnêteté, mais, dans le cas présent, la bienveillance.\nSimphoniam pauci agnoscunt, tîim quià cxci et alii pauperes, apud"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.29", "texte": "Vielleur de 1650.\n\n2\n\nS. 1. M."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.30", "texte": "740\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nquos est in usu illam operculo tegunt, tùm quod honestiores viri\nhanc lyram veluti sordidam negligun(l). C'est clair; les .hon-\nnêtes gens considèrent cet instrument comme ignoble, d'après\nle P. Mersenne, l'homme de son époque qui connaissait le\nmieux l'organographie.\nPlus tard, Mersenne, revenant sur son appréciation, en fran-\nçais, cette fois, confesse que « si les hommes de condition\n« touchaient ordinairement la sinfonie, elle ne seroit pas si\n« méprisée qu'elle est ; mais parce qu'elle n'est touchée que par\n« les pauvres, l'on en fait moins de cas que les autres, quoy qu'ils\n« ne donnent pas autant de plaisir. »\nC'est aussi l'opinion de Millet de Challes, jésuite comme\nKircher, dans un ouvrage intitulé : Cursus seu mondus mathe-\nmaticus : Lyra communis et perpulgdit-il,\ntribuitur... viluit quant plurimum.\nMais lui aussi ne conteste pas que\nconcentum valde harmonicum producere (2). Il se souvient même\nd'avoir entendu des gens de sa connaissance qui en jouaient d'une\nmanière agréable : non contemnenda(3).\nSon opinion est partagée par Athanase Kircher : « instrumen-\ntum tritum et vulgare, mendicis p (4). »\nQue fallut-il pour relever la vielle tombée si bas ? un caprice\nde la mode. Sous le règne de Louis XIV, deux virtuoses ambu-\nlants, Janot et La Rose, firent entendre sur la vielle des menuets,\ndes entrées et des contredanses. Quelque seigneur, quelque\ndame qui les entendit vanta leur mérite en haut lieu, et toute\nla cour voulut les entendre. Bien mieux, on leur demanda des\nleçons ; ils s'y prêtèrent de bonne grâce, et, de ce moment, les\ngens de qualité, disciples de La Rose ou de Janot, commencèrent\nà vieller avec fureur.\n\n(1) « Peu de personnes connaissent la sinfonie, soit parce que les aveugles et\n« autres mendiants chez qui elle est en usage la recouvrent d'un couvercle,\n« soit parce que les honnêtes gens considèrent cet instrument comme\n« ignoble. » Harmonicorum libri, i 63 5.\n(2) « Cet instrument commun et vulgaire, parce qu'il est attribué aux aveugles,\n« a été considérablement avili... La lyre des mendiants pourrait cependant pro-\n« duire un chant fort harmonieux. »\n(3) litt. : « non méprisable. »\n(4) Musurgia universalis(i6so)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.31", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n741\n\nComme toutes les modes, celle-là ne dura pas longtemps. Mais,\nenfin, le mauvais sort de la vielle était conjuré, et il était prouvé\nque ce n'était plus l'objet sordidusque Mersenne avait flétri.\nLes gens du monde, au surplus, n'abandonnèrent pas l'instru-\nment tout à fait, et ils s'y amusaient encore sous la Régence. Or,\nà cette époque, il y avait à Versailles un luthier, nommé Bâton,\ndont la boutique était encombrée de guitares, de luths et de\nthéorbes, instruments désuets, condamnés par le bon ton, et,\npour tout dire, gothiques ; traduisez: méprisables.\nPour utiliser celot de laissés pour compte, il eut l'idée de couper\nles manches, et de se servir des bateaux ou des dontes comme\ncaisses de résonance de vielles. Il les surmonta d'une jolie tête\nsculptée par Pinau, sculpteur ornemaniste établi rue N.-D.-\nde-Nazareth ; il orna le couvercle et le pont de quelques agréments\nen ivoire écaille et nacre, et l'objet ainsi présenté eut une vogue\ninouïe.\nSi vous paraissez surpris qu'à notre époque on trouve si peu\nde luths et de guitares anciennes, lisez ce qui précède et vous\naurez la raison de leur disparition : on en a fait des vielles.\nJ'ai sous les yeux un ouvrage de Michel Corrette extrêmement\nrare ( i ) : Les dons d'Apollon,où l'opération qui consistait à détruire\nles instruments à cordes pincées pour en faire des instruments\nà cordes frottées se trouve narrée en un style allégorique et bur-\nlesque familier à l'auteur.\n« Apollon chanta et joua si supérieurement de la guitarre aux\n« noces de Thétis et Pelée qu'il eut l'applaudissement général\n« de tout l'Olimpe, des divinités infernales aquatiques et terrestres\n« qui s'y trouvèrent. Mais la Discorde, qui joignait à sa chevelure\n« de serpents, à son teint livide, à ses yeux égarés, à sa bouche\nc. écumante, à ses mains ensenglantées, l'art de jouer de la vièle,\n« fut si piquée de n'avoir pas été invitée pour y jouer de cet\n« instrument, qu'outre la pomme d'or qu'elle jetta sur la table,\n« elle jura aussi la perte de la guitarre qu'Apollon venoit de per-\nte sonifier en une des plus belles Géorgiennes qui fût au monde.\n\n(1) Les dons d'Apollon, méthode pour\ntare (Paris, s. d., in-fo). Je ne connais de cet ouvrage que l'exemplaire qui se\ntrouve dans la bibliothèque de M. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.32", "texte": "742\nBULI-ETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n« Le Dieu Pan, de son côté, métamorphosa la viéle en une jolie\n« Marmotte que Midas prit sous sa protection, ne trouvant lien au-\n« dessus de son chant et de son jeu ; de sorte que dans une feste\n« que ce dernier donna à Bacchus, il fit construire une vièle si\n« grosse qu'en dedans on pratiqua une salle dans laquelle on\n« dansa ensemble trente-six contredanses à huit. La manivelle\n« tournoit par le moyen d'un moulin à vent , .le chevalet\n« ressembloit à l'arc-en-ciel ; les plus petites cordes avoient servi\n« de cables aux vaisseaux d'Ulisse ; les chevilles étoient faites\n« sur le modèle des colonnes d'Hercule ; chaque touche étoit faite\n« avec un chesne de la forest de Dodone. Cette contre-vièle\n« étoit portée par les Titans.\n« Polyphême fut choisi pour jouer sur ce monstrueux instru-\n« ment. Il apporta sous son bras le Colosse de Rhodes pour lui\n« servir de pupitre et pour l'éclairer. Il donna un concert où il\n« chanta tout le roman de Cléopâet celui du\n« qu'il avoit mis en musique. » (Ici, la fête est troublée par les\nBacchantes. Le bruit de cette terrible vielle, qui jouait invaria-\nblement sur le mode phrygien (ton d'ut, semble-t-il), les excite à\ntel point qu'elles se livrent à toutes sortes d extravagances. Si bien\nque les Titans, épouvantés par leurs cris et leurs contorsions de\nfemmes ivres, jettent la vielle par terre.) « Cela n empescha pas\n« que notre Marmotte ne jouât toujours avec succès dans les\n« festes bachiques. Chacun la cherchoit avec empressement.\n« Point de noces ou de sérénades où elle ne fût appelée ; ce qui\n« l'enorgueillit au point qu'elle alla trouver la belle guitarre qui\n« dormait au bas de l'Olimpe, et comme un antropophage, l'ense-\n« velit dans son sein. Alors tous les Faunes, comme des lions\n« ravissants, décolent, brisent, déchirent, arrachent toutes les\n« guitarres qu'ils rencontrent sous leurs mains, pour en faire\n« des vièles. Les luths, les tuorbes, rien n'échappe à leur fureur.\n« La vièle ne manqua pas de se parer des dépouilles de\n« l'aimable guitarre, semblable aux sauvages qui se parent de la\n« chevelure d'un ennemi vaincu. Cette audacieuse n'en resta pas\n« là. D'une témérité sans exemple, elle va se présenter au Par-\nce nasse pour faire danser les Muses. Elle marcha toute la nuit,\n« accompagnéedu Dieu Pan et des Myrmidons."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.33", "texte": "Vielleur en 1730."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.34", "texte": "744\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n>\n\n« A peine l'aurore commençoit à paraistre qu'elle étoit déjà\n« arrivée au bord du Permesse. Lorsqu'elle se mettoit en devoir\n« de la passer, son bourdonnement continuel et ennuyeux\n« réveilla tout à coup le cheval Pégase qui, d'un coup de pied,\n« la brisa en mille morceaux qu'Appollon fit jetter dans le\n« Tartare. » Malgré tout, la guitare était condamnée par la\nmode. Corrette ne s'entêta pas, et, de la même plume qui avait\nenfanté cette allégorie méprisante, il écrivit une\nlouer de la vielle,« instrument agréable, proclame-t-il, brillant, et\n« bon pour jouer seul et faire danser ».\nVoilà donc la lyra mendicorum devenue lyra patriciorum.\nIl surgit de tous côtés des-apologistes, des professeurs et des\ncompositeurs spéciaux. Le plus connu des premiers est Terrasson,\namateur de musique distingué, jouant agréablement de la vielle,\nde la flûte et de la musette, avocat, censeur royal, conseiller, puis\nchancelier de la principauté de Dombes (i).\nAntoine Terrasson s'éprit de l'instrument à la mode au point\nd'en faire le sujet d'une dissertation en règle qui figure dans ses\nMélanges d'histoire et de jurisprudence(l76B).\nIl convient de s'y arrêter un moment, non pas qu'on y trouve\ndes documents importants, mais parce que ce morceau de litté-\nrature musicale peint bien le goût très vif qu'inspira la vielle aux\ndilettanti du xvme siècle.\nIl y a pas mal de fatras dans le premier chapitre, réservé aux\norigines de l'instrument. C'est, d'après Terrasson, un dérivé de la\ncithara antique, laquelle n'était autre chose qu'une lyre.\n« Il faut, dit-il, remarquer qu'une vielle renversée ressemble parfai-\n« tement à une tortue (alors ce n'est pas cithara, mais testudo\n« qu'il faut lire), dont la tête est représentée par la poignée qui\n« tient au bout de la manivelle. »\nLa comparaison est juste, mais un peu anachronique. La forme\nde la vielle dite en bateau, qui peut, en effet, rappeler l'aspect d'une\ntortue, ne date que de 1716. La cithara aurait donc attendu deux\nmille ans pour se muer en vielle.\n\n(1) Le prince de Dombes était de première force sur le basson, et figurait\nen cette qualité à l'orchestre du Théâtre des Petits Appartements, monté par\nMme Pompadour."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.35", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n74 5\n\nEt il ajoute : « Les cordes de la lyre étaient placées au milieu\n« de l'instrument, et les chanterelles sont aussi placées au milieu\n« de la vielle. » Ce n'est pas une raison pour faire dériver d'un\ninstrument à cordes pincées un instrument dont les cordes sont\nfrottées et actionnées par un clavier.\nL'obscurité redouble dans le passage relatif à Fétymologie du\nmot vielle. Terrasson le fait dériver du mot grec (?) sambuke. C'est\nle cas de rappeler le quatrain célèbre:\nALFANA vient sans doute ;\nMais il faut avouer aussi\nQu'en venant de là jusqu'ici,\nIl a bien changé sur la\nPar conséquent de sambucaon a fait symphonia. « Or les\n« auteurs de la basse latinité (voilà donc passé du grec\n« au latin) auront abrégé le terme symphonia en celui de sam et\n« celui de buccina en ces deux syllabes : Bucca, c'est-à-dire l'instru-\n« ment nommé symphonie, où il y a une trompette. Voilà bien la\n« vielle ; et en joignant à sambuca l'épithète rotata que le P. Jou-\n« bert lui donne, cela signifie l'instrument appelé symphonie, où il\n« y a une trompette et une roue. Le pays des conjectures est\n« vaste ! » Assurément. Mais quand on songe qu'Antoine Ter-\nrasson est contemporain de Voltaire, on conclut que la clarté du\nlangage n'était pas une qualité commune à tous les auteurs du\nxvme siècle.\nDe plus en plus l'auteur s'égare à travers les broussailles de l'an-\ntiquité. Ayant lu dans une chronique de Jean de Meun (J. de\nMeung apparemment) que Orphée\npar son beau vieller,il en arrive à cette conclusion qu'Orphée\ncharmait la nature en tournant la manivelle d'une « chifonie ».\nViennent ensuite la description de la vielle de Henri 111, que\nnous avons reproduite, et l'anecdote de Janot et La Rose, relevant\nl'instrument truand.\nNous voici au début du xvine siècle, qui est illustré par les\nperfectionnements de Bâton, les compositions agréables de\nBaptiste et de Boismortier, la virtuosité de Danguy, de Bâton fils,\nl'habileté de facture de P. Louvet ; et la se termine\nsur la conclusion un peu triste d'un philosophe qui voit avec peine"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.36", "texte": "746\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nl'invasion du progrès reléguant à l'arrière-plan l'objet de ses pré-\nférences artistiques :\n« Mais, malgré tout cela, la vicissitude des choses humaines,\n« qui influe sur les instruments comme sur toutes les autres\n« choses de la vie, a fait un peu tomber les musettes et les vielles ;\n« surtout depuis que les clarinettes, les cors de chasse et autres\n« instruments bruyants ont fait expulser des concerts lesthéorbes,\n« luts et basses de viole qui cependant (au sentiment de tous les\n« vrais connoisseurs) estoient avec le clavessin les seuls instru-\n« ments capables d'entretenir et de nourrir l'harmonie. »\nTerrasson, je me hâte de le dire, voyait les choses un peu en\nnoir, car en 1768, date de la première édition de la\nla vielle jouissait encore d'un grand crédit, bien qu'elle ne régnât\nplus avec autant d'éclat qu'en 1750. A cette époque, Mme Adélaïde\nviellait avec passion, ainsi que le comte de Clermont. Le comte\nde Cheverny, dans ses intéressants Mémoires, mentionne qu' « un\nmaître de vielle lui a passé par les mains », mais, ajoute-t-il, sans\naucun profit. Les plus grands seigneurs encouragent les viellistes,\nnotamment le prince de Conty, le marquis de Castelnau, et tant\nd'autres, qui acceptent des dédicaces, et récompensent des musi-\nciens experts dans l'art d'actionner la manivelle. Mais la plus\nillustre adepte de l'instrument, c'est la reine de France, Maria\nLeczinska.\n«Elle aime la musique, dit le duc de Luynes t. VII),\n« et, en effet, il y a des opéras qui lui plaisent, et de petits airs\n« pour la vielle. »\nAilleurs (t. VII, p. 3i), le noble duc mentionne que la reine\nlui fit l'honneur de venir souper chez lui deux soirs de suite.\n« Les jours qu'elle vient, on lui donne une petite musique pen-\n« dant son souper. Le lundi, en sortant de table, elle joua de la\n« vielle pendant quelque tems avec les musiciens. »\nA la suite de son Mémoire sur la nouvelle vielle en D\nBâton inscrit avec un orgueil qu'on devine le\nsuivant :\n« Quelque temps après que Sa Majesté a eu examiné l'extrait du\n« mémoire ci-dessus, M. Bâton le jeune a été obligé de se rendre\n« à Compiègne avec sa vielle en et il a eu l'honneur d'en"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.37", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n747\n\n« jouer, le 20 juillet, au dîner de la Reine, qui a trouvé cet instru-\n« ment bien plus flatteur et bien plus agréable que les autres\n« vielles. Le lendemain, il a encore eu l'honneur d'en jouer devant\n« Mrae la Dauphine et Mesdames pendant leur dîner, et elles en\n« ont été très satisfaites. »\nLorsque, en 179b, on dressa l'état des biens mobiliers des émi-\ngrés, l'inventaire mentionna de belles vielles, notamment chez le\nduc d'Avray, le marquis de Lowendal, la marquise de Caumont, le\ncomte de Maillebois, le marquis d'Herouville, le vicomte de\n\nFrontispice des Galanteries amusantes, de Chedeville le cadet."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.38", "texte": "748\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nNoailles-Mouchy. Celle qui est trouvée en l'hôtel de ce dernier est\nmarquée ci-devant aux armes de\nSerait-ce, d'aventure, celle de la Reine ? Comme disait tout à\nl'heure Maître Terrasson : le champ des conjectures est vaste.\nIl faut que la vielle ait eu la vie dure, pour résister aux attaques\ndont elle a été l'objet. Voici un échantillon de la critique musicale\ndu Mercure (août 1738) :\n« On pourrait, sans inconvénient pour le bon goût, reléguer la\n« vielle aux guinguettes, et l'abandonner aux aveugles ; car, n'en\n« déplaise aux Danguys et aux belles qui s'y sont adonnées depuis\n« quelques années, c'est un instrument si borné, et son cornement\n« perpétuel est si désagréable pour des oreilles délicates, qu'il\n« devrait être proscrit sans miséricorde. »\nL'année suivante (1739), paraît la\nM. de V..., auteur du Temple du goust sur la mode des instruments\n« de musique ( 1 ). En voici un extrait : « La vielle n'a pour principal\n« objet qu'un dessus ; tout le bruit qui raccompagne est un chari-\n« vari continuel, auquel on peut ajouter le croassement des gre-\n« nouilles pour accompagnement, et pour contrebasse le mur-\n« mure ou ronflement que fait la roue d'un coutelier. On doit\n« conclure que la vielle en tout ou en partie est très inférieure, et\n« qu'elle ne peut convenir qu'à des villageois totalement ignorants\n« de bonne musique...\n« Ce n'est point le goût, encore moins la raison, mais la mode\n« qui a arraché ces instruments (la musette est associée à la vielle\n« dans la réprobation de Carbasus) de la main des aveugles et des\n« pâtres chez lesquels nos ancêtres les avoient relégués. Il faut\n« même devenir pantomime pour leur attirer quelques succès, et\n« sans les grimaces de ceux qui en jouent, ils ne seraient pas sup-\n« portables aux oreilles musiciennes après qu'on les a écoutés\n« pendant plus d'un quart d'heure. »\nEn même temps paraissait une estampe représentant une double\n\n( i ) Le pseudonyme de ce livre est dévoilé par un manuscrit de la Bibliothèque\nnationale de Paris, le Vin7 6221, autographe de Campion, qui contient des\npièces de guitare, et a été légué à la Bibliothèque en 1748. En tête de ce vo-\nlume se trouve le catalogue des œuvres de qui porte :\nl'abbé Carbasuns, critique de la vielle."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.39", "texte": "Vielleuse par Leclerc."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.40", "texte": "750\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nrangée de dames et de gentilshommes jouant de la vielle et de la\nmusette sur l'escarpement d'un Parnasse couronné par un âne en\ntrain de braire.\nEn manière de signature :\nC sol ut pinxit.\nG ré sol sculpsit.\n(Ce sont les deux tons favoris de l'instrument) et comme\nlégende :\nUignorance et le mauvais goût\nEn ce siècle règlent tout.\nRien n'y fit. La vielle survécut aux brocards, aux critiques, aux\ninjures, et elle eut l'honneur de figurer aux programmes du Con-\ncert spirituel trois années de suite, en 1731, 1732, 1733, accom-\npagnée par l'orchestre (1) !\nC est à peu près à cette époque que Le Clerc peint sa jolie\nVielleuse, gravée ensuite par Basan avec ce quatrain du dernier\ngalant :\nUne aimable voix, un air tendre,\nDes belles sur nos cœurs augmentent le pouvoir.\nOn risque autant à les entendre\nQu'on a de plaisir à les voir (2).\nLa vielle figure aussi dans le petit groupe d'instruments de ssiné\npar Cochin à 1 angle gauche du Billet de mariage du Dauphin en\n1745. Elle rayonnait depuis longtemps dans un des plus délicieux\ntrophées de bronze doré qui décorent le salon de la Paix au palais\nde Versailles (panneau de gauche en venant de la Galerie des\nGlaces).\nSous le règne de Louis XVI, la vogue de la vielle déclina rapi-\ndement. On ne la voyait plus, en 1783, époque où parut le Tableau\nde Paris,qu aux mains des vielleuses du boulevard, dont Mercier\ndit « qu elles portent, sur leur gorge souillée, un large cordon\n\n(î) Les concerts en France sous l'ancien régime, par Michel Brenet (Fisch-\nbâcher, 1900).\n(2) Cette estampe a été reproduite en plus petit format avec ce titre : Ccecilia.\nC'est une lithographie assez mauvaise et qui doit dater des dernières années\ndu xixe siècle."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.41", "texte": "Le vielleur du Pont-Neuf en 1760, par Saint-Aubin."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.42", "texte": "752\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n->\n\n« bleu qui a autrefois servi à une Majesté. Ce cordon déctuTleur\n« sert de bandoulière. »\nPlus tard, les différentes pièces inspirées par Fanchon la Viel-\nleuse (1) appelèrent pendant quelque temps l'attention sur le mal-\nheureux instrument ballotté pendant six siècles entre le succès et\nle mépris, cultivé tour à tour par des mendiants et des gentils-\nhommes, par des aveugles et par des reines de France, justifiant,\nplus que toute autre invention, les vers connus d'Horace :\nMulta renascenlur quœ jam cecidere, cadentque\nQuœ nunc sunt in honore...\nCe qui suit est emprunté à une jolie chronique de M. L. Pa-\n\n(i) Les voici dans Tordre des représentations :\n1. Fanchon la Vielleuse, 3 actes_, de Bouilly et Pain, 1800.\n2. Fanchon la Vielleuse, 1 acte, de Périn, 1802.\n3. La Vielleuse du boulevard, 3 actes, de H. Chaussier.\n4. Fanchon de retour dans ses montagnes, 3 actes, de Aude et Servières, iBo3.\n5. Les Trois Fanchons, de Bosset et Joie (ballet), iBo3.\n6. Fanchon toute seule, 1 acte de L. Conet, iBo3.\n7. Un trait de Fanchon la Vielleuse, 1 acte, par T. D., 1804.\n8. Fanchon la Vielleuse, opéra comique de Kotzbue, musique de Himmel,\niBos.\no. Fanchon la Vielleuse, à (revue locale), par Dupaty, 1811.\nLa plus connue de toutes ces pièces est sans contredit la première, repré-\nsentée le 28 nivôse an XI, avec une musique arrangée par J.-D. Doche, et qui\nne comprend pas moins de cinquante-un numéros de chant, une ouverture\nsymphonique et deux entr'actes. Les parties gravées supposent un petit\norchestre composé de premiers et deuxièmes violons, altos, violoncelles, deux\nflûtes, basson, deux cors. L'air Aux montagnes de la Savoie, chanté par\nFanchon, était devenu classique :\nAux montagnes de la Savoie,\nJe naquis de pauvres parents.\nVoilà qu'à Paris on m9envoie,\nCar nous étions beaucoup d'enfants.\nJe n'apportais, hélas ! en France,\nQue mes chansons, quinze ans, ma vielle et Vespérance.\n2e couplet.\nQuinze ans, et sans ressource aucune,\nQue Von éveille de soupçons !\nCependant j'ai fait ma fortune,\nEt n'ai donné que mes chansons.\nFillette sage, apporte en France,\nTes chansons, tes quinze ans, ta vielle et l'espérance.\nCette déclaration de vertu indique que la Fanchon de la pièce n'avait rien"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.43", "texte": "NOTICE HISTORIQUE SUR LA VIELLE\n753\n\ngnerre, publiée récemment dans un journal musical, dont on a\nnégligé de me donner le titre en m'adressant la coupure.\nNous avons eu pour dernier joueur de vielle un grand gaillard, bien\nconnu des Parisiens, Barbu,coiffé d'un chapeau mou, arrogant et gouail-\nleur. Il circulait dans les rues avant 1870, il jouait aux Champs-Elysées,\nil jouait sur les places publiques et dans les cours, non dans les cours\nprincières, mais dans les cours de maisons choisies; quelquefois, au bal\ndu Château-Rouge, il donnaitdes concerts, et y faisait de bonnes recettes.\nC'était un véritable artiste, il avait du talent, du doigté et du goût ; il\navait le coup d'archet du violon. Non seulement il faisait chanter l'ins-\ntrument, mais quelquefois il chantait lui-même en s'accompagnant ; il\nimprovisait des ritournelles. Tantôt il était seul, tantôt il s'entourait\nd'un orchestre; alors il supprimait les la vielle faisait léchant,\nla guitare et le violon faisaient l'accompagnement; il avait un répertoire.\nNous l'avons entendu bien des fois jouer le ou le\nsextuor de Lucie. Il possédait si bien son instrument que dans les dimi-\nnuendo il lançait et lâchaitla manivelle; il la reprenait à temps, à la volée\npour renfler \\ il dédaignait de faire la quête et comptait sur l'enthou-\nsiasme des dilettanti.\nQu'est-il devenu ? A-t-il disparu dans un nuage comme Romulus ?\nDepuis 1870, on n'a plus revu l'homme à la vielle. La légende raconte\n\nde commun avec les vielleuses que Mercier a rencontrées dans le ruisseau des\nboulevards.\nVoici l'air final dont Florine, Francarville, L'Atteignant, Sainte-Luce, André\net Fanchon chantent tour à tour un couplet. Nous donnons seulement le pre-\nmier et le dernier.\nFI.ORINE\nAu boulevard\nLe jeudi l'on\nTous les gens du bon ton.\nPourquoi la mode a-t-elle\nFait choix de\nC'est, dit-on, pour entendre la vielle\nLa vielle de Fanchon.\nFANCHON (au public).\nUne main gé\nDonnait à la\nLe prix de s\nPour mieux fè/e,\nPar des bravos\nAccompagne^\nLa vielle de\nLa Fanchon authentique naquit en 1737. Elle s'appelait de son véritable\nnom Françoise Chemin, et, en se mariant, devint M\"\"- Ménart."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.44", "texte": "7 54\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nque pendant la Commune il courut aux barricades etqu'il fut fusillé.C'est\nle dernier des troubadours. Avec lui la vielle a peut-être disparu à tout\njamais.\nDans les dernières années de l'Empire, l'artiste dont il est\nquestion venait fréquemment jouer devant les cafés de Versailles.\nIl s'appelait Billorey. De là la confusion qui s'établit avec l'homme\npolitique du même nom qui, avant d'être membre de la Commune,\ns'occupait non de musique, mais de peinture, et fut condamné à\nla déportation à la suite des événements de 1871.\nDepuis plus d'un demi-siècle la vielle, à Paris, est redevenue\nl'instrument truand : la lyra mendicoentre les mains de quel-\nques musiciens ambulants qui, pour la plupart, justifient toutes\nles critiques dont le malheureux instrument a été comblé au cours\nde sa carrière si mouvementée. Mais la vielle est toujours en\nhonneur dans plusieurs provinces de France : le Bourbonnais, le\nNivernais, le Morvan, l'Auvergne, la Bretagne, et particulièrement\nle Berry. Elle a encore des facteurs réputés pour la construire,\nd'habiles virtuoses pour la faire valoir, et des artistes intelligents\npour l'apprécier.\nN'oublions pas que Laurent Grillet l'a jouée avec beaucoup de\nsuccès dans le quatuor d'instruments anciens où il avait pour par-\ntenaires Delsart, Van Wœfelghem et Diemer ; ce dernier seul\nsurvivant. Enfin la Coupemn,de Versailles, possède un vielliste\nfervent, dans la personne de son directeur, auteur du présent\ntraité, qui a fait entendre fréquement les oeuvres de Boismortier,\nBraun, Buterne, Chédeville, Michon, accompagnées par une gambe\net un dessus de viole, ce dernier instrument réalisant le chiffre\nindiqué sur la basse continue des œuvres gravées.\n[A suiv\n\nE. de Bricqueville.\n\nVielle du XVe siècle."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.45", "texte": "Les délégués français au château du prince A. Esterhazy, à Kismarton.\n\nLE CONGRÈS DE VIENNE\n\nTous les grands périodiques, toutes les revues musicales, ont\nretenti le mois dernier des échos du congrès de Vienne. Pour la\npremière fois, la musicologie a conquis le droit de cité dans la\npresse, pour la première fois elle s'est affirmée devant le grand\npublic et elle a pris rang parmi ces manifestations dont le compte\nrendu s'impose.\nCe succès coïncide avec la dixième année d'efforts de notre\nSociété Internationale. Depuis 1899, l'idée de la solidarité a fait\nson chemin dans l'esprit des historiens et des amateurs delà musi-\nque. Elle triomphe aujourd'hui, et les plus timorés sont forcés de\nreconnaître l'irrésistible puissance d'une entente collective et inter-\n\n4\n*\n\nS. T. M."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.46", "texte": "756\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nnationale.Combien n'avons-nous pas été raillés dansnotre ambition\nde former un bloc au milieu du monde savant de la musique, de\nchercher notre mot d'ordre aussi bien à Berlin qu'à Londres ou\nqu'à Paris, de rompre en un mol avec les habitudes d'individua-\nlisme jaloux et de nationa-\nlisme sournois que l'école de\nFétis avait mises à la mode !\nEt voici qu'apparaît main-\ntenant le résultat éclatant de\nnotre légitime confiance. La\nréunion à Vienne de nos\ndélégués, au milieu des fêtes\nde Haydn, leur confrater-\nnité, le spectacle de leur acti-\nvité et de leurs travaux, les\ntémoignages de sympathie,\nles preuves d'estime qui les\nont accueillis, le mouvement\nd'intérêt qu'ils ont provoqué\ndans la presse du monde\nentier, tout nous permet\nd'affirmer que la S. I. M.\nest bien l'organisme capable\nde remplir avantageusement\nle rôle que ses fondateurs lui\nont assigné.\nC'est là une impression\nconsolante que je voudrais\nfaire partager à nos lecteurs\net amis, en évoquant de-\nvant eux quelques souve-\nnirs de cette mémorable semaine.\nDes séances administratives, rien à signaler de bien émouvant.\nRéunis dans la grande salle du Conseil supérieur de l'Université,\nautour d'une table solennelle, les présidents et représentants des\nSections de toutes les nations ont entendu de longs rapports et\ndiscuté des propositions que la différence des langues n'était pas\n\nA Kismarton."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.47", "texte": "LE CONGRÈS DE VIENNE\n757\n\npour éclaircir. Le grand débat devait porter sur la transformation\nde nos Bulletins internationaux, et sur l'établissement d'un fasci-\ncule nouveau, que les Anglais, toujours pittoresques dans leur\nbrièveté, qualifiaient de Polyglott Central. Ce projet fut ajourné\net le statu quomaintenu. Notre éminent trésorier général, le\nHofrat von Hase, nous apprit la formation d'une section russe\nà Saint-Pétersbourg, dont les statuts étaient soumis à l'examen\npeu bienveillant d'ailleurs des fonctionnaires du tsar, ainsi que\nl'affiliation définitive àla S. I. M. de\n\nA Kismarton."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.48", "texte": "758\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nItaliani. Quelques modifications administratives complétaient\nl'ordre du jour de ces séances, dont la première ne dura pas\nmoins de trois heures et demie.\nComme tout congrès qui se respecte, celui de Vienne n'oublia\npas les réunions d'apparat. Il nous fut donné d'entendre, en des\nlangues diverses et également officielles, Mgr Mayer, président\ndes fêtes de Haydn, le ministre de l'instruction publique d'Au-\ntriche-Hongrie (dont le français fit sensation), le maire de Vienne\n(humoriste et applaudi), le professeur Guido Adler, grand orga-\nnisateur du congrès, le président de la Société Internationale,\nSir Alexander Mackenzie, et enfin le président de notre section\nde Paris, délégué officiel du ministre, M. Ch. Malherbe, dont\nl'allocution, tout à fait de circonstance, paraîtra dans les\ndu congrès.\nMais, à côté de ces tableaux sévères, le congrès nous réservait\nde riantes perspectives comme Vienne et les Viennois savent en\noffrir à leurs hôtes. Tout d'abord des auditions musicales, dont\nHaydn fit naturellement presque tous les frais. Symphonies,\nmesses, musique de chambre et de concert, opéra, oratorio,\ntous les genres exploités par l'auteur des Saisons nous furent\nprésentés, et de fort bonne façon. Parmi ces manifestations,\nquelques-unes m'ont paru extrêmement typiques et j'y reviendrai\nsans doute dans notre numeio prochain, spécialement consacré\na Haydn. Haydn, d ailleurs, n était pas seul à figurer sur les pro-\ngrammes du congrès. En principe, les organisateurs de ces fêtes\navaient voulu nous permettre d'embrasser d'une vue, ou plutôt\nd'une oreille rapide, l'école viennoise, du xve au xvme siècle.\nEn réalité, il fallut se limiter à quelques noms : Fux, Muffat,\nHandl, Benevoli, Poglietti et quelques symphonistes. Nous aurions\naimé une plus grande abondance. Ces oeuvres et ces maîtres sont\nsi éloignés de nous dans le temps et dans l'espace !Je regrette\nsurtout que la question brûlante des précurseurs de Haydn\nn'ait pas été serrée de plus près par des auditions comparées.\nCertes, on nous a donné du Monn et du Starzer, mais pourquoi\npas du Sammartini, du Ph.-Emmanuel Bach, du Stamitz\nmême ?\nCeci n est pas un blâme, mais une remarque, dont un prochain"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.49", "texte": "LE CONGRÈS DE VIENNE\n75 9\n\ncongrès devrait retenir l'indication. Les auditions d'un congrès\nmusical gagneraient à se concerter avec les travaux du congrès\nlui-même. Les grands problèmes à l'ordre du jour de la musico-\nlogie (origines de la symphonie classique, transcriptions du luth,\nréalisations du style orné, etc.) auraient aussi bien pu être exposées\nen auditions qu'en discussions. L'admirable Bibliothèque impériale\net les gigantesques travaux accomplis par les du\nkalisches Institut offraient toutes les ressources nécessaires pour\nprovoquer d'utiles ébats. J'aurais eu plaisir à voir les Viennois\net l'école de Riemann aux prises sur ce sujet des Mannheimer, à\ncomparer les réalisations luthistes de M. Wolf et de M. Kocircz,\nou bien à discuter moi-même avec M. H. Goldschmidt.\nCette légère critique ne m'empêche pas, bien entendu, de\nrendre pleinement hommage à l'effort considérable accompli par\nM. le Professeur Acller et son état-major, les docteurs Botstiber,\nKocirz et Lunz.L'organisation de ce premier grand congrès de la\nmusique était infiniment complexe. En tout cas, il n'était guère\npossible de nous faire tenir un plus grand nombre de réjouissances\nmusicales dans le temps disponible laissé aux congressistes par\nleurs obligations scientifiques. Et encore faut-il ajouter (pour nous\nautres Français du moins) les àde l'hospitalité viennoise,\nles visites aux maîtres, à M. Weingartner, à M. Gustave Malher,\nau spirituel Leschetitzky, les réceptions pleines d'entrain chez\nMme Johann Strauss, chez notre ambassadeur, chez le professeur\nGuido Adler, chez M. von Eisner-Eisenhof (i). Tout cela en dix\njours bien remplis jusque fort avant dans la nuit.\nLes deux clous de ces réceptions furent l'excursion chez le\nprince Antoine Esterhazy, en Hongrie, et Je dîner de gala\noffert par la municipalité de Vienne, à l'hôtel de ville.\nC'est aux châteaux de Kismarton et d'Esterhaz, on le sait, que\nHaydn passa la plus grande partie de sa vie, sous le protectorat de\nla puissante famille des princes Esterhazy. Aujourd'hui, Esterhaz\n\n(i) Je tiens à remercier tout particulièrement ici M. von Eisner, au nom de\ntous nos collègues français. Il nous a comblés de prévenances et d'attentive\nsollicitude. Nous lui devons une bonne part du souvenir exquis que nous\nemportons de ces réceptions viennoises."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.50", "texte": "760\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\na perdu sa splendeur, mais Kismarton en allemand)\nreste une demeure somptueuse et royale. Le prince et la princesse\nA. Esterhazy de Galantha nous y accueillent avec une bonne grâce\nd'autant plus touchante que nous sommes quinze cents personnes\nà nous laisser héberger par eux depuis 10 heures du matin jusqu'à\n4 heures du soir (1). Depuis le xvme siècle, Kismarton a subi peu\nde modifications. La chapelle du château et la grande salle des\nfêtes sont restées les mêmes. Nous voici donc tous, congressistes\net curieux, exécutants et invités, placés dans cette vaste galerie qui\na la hauteur de trois étages, et dans laquelle l'orchestre de 1775\ndevait sonner à l'aise. Celui de 1909, qui s'intitule Orchesterverein\nvon Pozsony, m'a paru un peu compact pour des musiques aussi\nlégères que les symphonies de Haydn. L'extrême chaleur d'une\njournée d'orage aidant à cette impression, je ne résiste pas à l'en-\nvie indiscrète de faire un tour dans le château sous la conduite de\nmon très distingué collègue M. Mereny, archiviste du prince. Qu'il\ny aurait à dire sur la plastique intérieure de Kismarton! sur cet\nameublement où le goût français et le style italien se rencontrent\ndans une atmosphère mi-allemande, mi-orientale !\nMais revenons à la musique. Dans une pièce voisine de la grande\nsalle-chapelle sont exposées les reliques de Haydn. Ses manus-\ncrits, ses instruments de musique, le (2) du prince Ester-\nhazy, sorte de viole de gambe à cordes sympathiques, et des por-\ntraits, de bien curieux pastels, offrent l'attrait d'un petit musée.\nLe concert s'achève par la marche hongroise pour instruments à\nvent, dont on vient de retrouver le texte de Haydn. Elle n'est pas\nterrible, cette brave marche, et cependant elle fournit au maire de\nVienne l'occasion de s'abstenir bruyamment d'une manifestation\nque son patriotisme germanique n'approuvait pas. Il est vrai\nqu'elle remplaçait ici l'hymne traditionnel, que tout le monde\nconnaît. La politique a de ces exigences !\n\n(1) Le groupe français a pu se féliciter tout particulièrement de cette cor-\ndialité bienveillante, et nous reproduisons ici même plusieurs vues photo-\ngraphiques, dans lesquelles Son Altesse le prince Esterhazy a pris place au\nmilieu de nous.\n(2) Dans notre numéro Haydn, notre collègue L. Greilsamer consacrera une\nétude à ce singulier instrument, si peu connu."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.51", "texte": "LE CONGRÈS DE VIENNE\n761\n\nHâtons-nous d'ajouter que le même magistrat, le DrLueger, a\npris sa revanche en nous conviant le lendemain à une fête qui\nrestera éblouissante dans tous les souvenirs. Imaginez l'énorme\nsalle d'un hôtel de ville gothique, préparée pour recevoir mille\ncouverts, un repas discret mais exquis, des vins que je me\nreprocherais de passer sous silence, des discours d'apparat, et\nsur le tout une musique à la viennoise, aux rythmes ambigus,\nmélodies faciles, mais si bien d'accord avec le sentiment de\nparfait bien-être et de sentimentalité qui régnait sur tous les\nconvives (i) 1\nEt les travaux du congrès, demanderez-vous sans doute avec\nanxiété ? Ici, j'avoue quelque embarras. Non pas que nous n'ayons\ntravaillé, grands dieux ! Mais la répartition du labeur entre une\ndizaine de sections empêcha les plus assidus de se faire indivi-\nduellement une opinion sur les résultats d'ensemble du congrès.\nLes résolutions votées à la séance de clôture peuvent nous donner\nune idée de l'effort accompli, mais il faut attendre la publication\ndes Actes du congrès pour pouvoir dégager la physionomie scien-\ntifique, si j'ose dire, de ces longs débats. Pour ma part, je puis\nassurer que la section de bibliographie et celle du luth, les seules\nque j'aie suivies, ont donné d'excellents résultats. On ne saurait\ncroire combien, en quelques heures de conversation bien dirigée,\nles questions s'éclairent et les difficultés s'effacent. Nous sommes\nmaintenant d'accord pour mener à bien les transcriptions des\ntablatures, ce qui revient à dire que nous avons l'espoir et la\nperspective de rendre la vie à un bon tiers de la musique instru-\nmentale ancienne. De même, en bibliographie, nous avons fait un\npas dans la pratique de cette science austère, et pourtant indis-\npensable. Dans quelques mois il nous sera possible de tirer un\nenseignement positif de ces séances de Vienne.\nPour le moment, remercions nos collègues autrichiens, et parmi\neux surtout le professeur Adler, d'avoir si heureusement réalisé\nl'effarante mission qui leur était confiée ; félicitons la Société inter-\n\n(1) Pour nous combler, la municipalité nous offrit à chacun le présent d'un\nsuperbe étui porte-cigare, orné des armes de Vienne en argent."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.52", "texte": "762\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nnationale d'avoir donné une preuve décisive de sa vitalité et pré-\nparons-nous en vue du congrès de Londres de 1911, où nos\ncollègues anglais nous convient à recevoir l'hospitalité britannique.\n\nJ. E.\n\nM. Vincent d'Indy."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.53", "texte": "LE MOIS\n\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nC'est en 1905 que les concours du Conservatoire furent trans-\nférés à l'Opéra-Comique. L'inconvénient de ce déplacement était\nde donner plus d'éclat encore, et un caractère franchement\nthéâtral, à de simples examens de sortie. L'avantage était de\nmettre un plus grand nombre de places à la disposition du public :\non pouvait espérer que les musiciens, professionnels ou amateurs,\nauraient enfin accès à des spectacles bien faits pour les intéresser,\net dont on les avait presque complètement privés jusque-là. Il\nn'en fut rien, car la Direction des Beaux-Arts profita du chan-\ngement pour s'attribuer le droit exclusif de répartir les billets\nd'invitation : neuf cents furent donnés aux membres du Parle-\nment, qui s'empressèrent de s'en défaire, les uns en faveur de\nleurs amis, amies ou serviteurs, d'autres au profit des marchands.\nIl n'y eut donc, cette année, dans la salle, qu'un public de mas-\ntroquets, de valets de chambre, d'étrangers de passage, et de ces\nélégantes dont Courteline notait jadis les travers sous ce titre\ninexplicable : Dindes et grues. Le scandale fut si grand que l'année\nsuivante la répartition des précieux bouts de carton revint au\nsecrétariat du Conservatoire, et, si les musiciens ne furent pas\n\n5\n\nS. I. M."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.54", "texte": "7 64\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nmieux partagés que par le passé, du moins ne le furent-ils pas\nplus mal : c'était un progrès. Mais le ministère ne se tenait pas\npour battu; cette année, profitant de l'inattention générale, il a\nrepris un monopole qui lui permet sans doute de se concilier\nbien des sympathies. Et il nous a bien fait sentir qu'il n'avait\nnullement besoin des nôtres. Non seulement les artistes ou pro-\nfesseurs ne purent rien obtenir, mais les titulaires des classes\ndont les élèves allaient se mesurer ne reçurent chacun que deux\nou trois places médiocres, et les membres du jury n'eurent que\nla leur, dans la loge officielle. Les services de la critique furent\neux-mêmes rognés, et à notre Revue il n'est échu qu'une mau-\nvaise chaise d'orchestre, qui ne permettait guère d'apprécier les\nsonorités, mais accordait une vue d'ensemble sur la salle.\nElle était, comme on pouvait s'y attendre, fort panachée. Aux\npremiers rangs de l'orchestre, la canne aux dents, de jeunes atta-\nchés de cabinet, à moins que ce ne fussent des secrétaires de dé-\nputés, se pavanaient, adressant des sourires flatteurs à des beautés\naux yeux agrandis, leurs voisines, et des quolibets facétieux aux\nconcurrents dont le nom ou la tournure excitait leur verve ma-\nligne : « Un navet ! » disaient-ils, ou bien : «Té 1 Marius I» ;\n« Pourquoi donc ? » disaient-elles, en montrant des dents friandes.\nMais leurs mères, auprès d'elles, gardaient, sur leurs faces dilatées\nd'orgueil et d'oisiveté, la gravité bougonne de ménagères fortes\nen bouche et âpres au marchandage. Il y avait beaucoup de saluts,\nde signes, et parfois des rencontres touchantes : « Tiens ! maman,\nqui est là ! » «Alfred, qui m'appelle !»eton se tendait la main,\npar-dessus le murmure de trois rangs. Une joie attendrissait tous\nles regards : rien n'est plus doux au cœur humain que l'angoisse\net le danger d'autrui. C'est pour leur carrière et pour leur pain\nquotidien que ces jeunes gens s'éverrudient àse bien tirer de leurs\ntraits, à ne pas perdre le souffle, à attraper le style et l'expression\nconvenables. Ils venaient risquer là le fruit de longues années\nde travail, et leur émotion était presque toujours manifeste.\nAussi faisait-on le possible pour l'aggraver encore ;la moindre\ndéfaillance, fausse note, geste maladroit ou manque de mémoire,\nétait soulignée d'un gros rire fait à souhait pour bouleverser au\nreste le délinquant. Quel spectacle enchanteur, s'il avait pu res-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.55", "texte": "LE MOIS\n765\n\nter court ! Ce vœu si généreux ne fut pas exaucé : tous sont arrivés\nà vaincre leur frisson, à reprendre leurs esprits, mais parfois ce\nfut au prix d'efforts surhumains, bien agréables à contempler.\nD'ailleurs, on ne voulait la mort de personne, et on ne demandait\nqu'à applaudir après s'être bien diverti. Que fallait-il pour cela ?\nBien peu de chose, en vérité : une note insidieusement filée, un\nralentissement câlin, ou bien au contraire une vélocité de coureur\nd'obstacles, et aussitôt la salle entière crépitait d'un tumulte\nincoercible. Résigné et dédaigneux, M. Gabriel Fauré donnait,\ndepuis sa loge lumineuse, un coup de sonnette, un autre, un\nautre encore. On revenait à soi ; quelques mesures avaient passé\ninaperçues, mais il en restait encore assez pour trouver de bons\nmoments.\nCependant, sur l'escalier du théâtre, blanchi de pluie, une foule\nruisselante attendait, sans parvenir à perdre courage, que quel-\nqu'un sortît. Car le public a droit, dans ces concours, aux places\ndont on n'a pas disposé pour des invitations. Mais ce droit est\naujourd'hui complètement illusoire, puisque le nombre des invi-\ntations lancées dépasse, et de beaucoup, celui des fauteuils, chaises,\nstalles et strapontins que la salle renferme. Chaque année une\nmultitude de braves gens passent ainsi quelques journées devant\nune porte qu'un garde inflexible ne leur ouvrira jamais: ils croient\nà la force des lois.\nIl n'y aurait pas grand mal à tout cela, ou plutôt il n'y aurait\nen notre ville qu'un plaisir de plus, si l'avenir des concurrents ne\nrisquait d'être compromis. Sans doute ils n'ont à rechercher que\nl'approbation du jury ; mais comment ne seraient-ils pas troublés\npar les rumeurs du public ? Il est vrai que l'aplomb est utile à\nqui doit se produire ; c'est cependant une qualité secondaire.\nPlusieurs de nos plus grands artistes défaillent de peur, après des\nannées de triomphe, au moment d'entrer en scène ; l'attention\nqu'on leur témoigne, l'émotion qu'ils donnent et dont ils sentent\nle retour, les soutiennent ; devant un auditoire pareil à celui des\nconcours, ils perdraient tout leur talent. C'est pourquoi il ne faut\npas s'étonner si quelques-uns de ces jeunes gens cherchent à se\nconcilier, par des effets à sa convenance, la faveur de la foule qui\nles écoute ; rien ne vaut les applaudissements, bien ou mal gagnés,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.56", "texte": "766\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\npour donner le courage, l'entrain, l'inspiration. Et le maître qui\ntient au succès de ses élèves doit leur recommander lui-même\ncertaines complaisances à un goût qui n'est pas le sien, ni celui\ndu jury.\nCe goût du public peut se mesurer à ceci : que les concours\nles plus passionnément suivis sont les plus médiocres : ceux de\nviolon et de chant. Le premier nous a montré, cette anné, de\njeunes virtuoses fort préoccupés de rendre Bach intéressant,\némules à la fois de Jacques Thibaud, celui d'aujourd'hui, qui\nrevient d'Amérique, et de Rigo. Quant aux chanteurs et chan-\nteuses, ils ont manifesté un ensemble de qualités moyennes et de\ndéfauts ordinaires, sans la consolation d'une nature intéressante.\nEt les nombreuses récompenses qui leur furent décernées ne sont\nguère que des encouragements à leur bonne volonté. La générosité\ndu jury n'a d'ailleurs pas empêché le public de protester violem-\nment, parce qu'une chanteuse, honorée d'un second prix en 1907,\nn'a pas été gratifiée, cette année encore, du premier. Elle n'a fait\naucun progrès depuis deux ans, bien au contraire :sa voix était\nplus serrée, son interprétation plus guindée, mais d'avance l'opi-\nnion était préparée à son succès.\nLes concours de piano ont été un peu meilleurs, et, comme tels,\nmoins applaudis. Le Carnaval de Schumann, abrégé, a été en\ngénéral bien interprété par les pianistes mâles, et les Quinze varia-\ntions de Beethoven, écourtées, n'ont pas été trop mal comprises\npar les jeunes filles, dont une seule est une véritable musicienne :\nson seul tort est de n'avoir que douze ans. Mais Mozart aussi fut\nun enfant prodige.\nAux concours d'instruments à vent, le spectacle est tout autre :\npoint d'élégances féminines, point de fatuités officielles. La moitié\ndes places restent vides ; aux autres, ce sont les uniformes qui\ndominent, tous marqués au bras gauche de la lyre en laine rouge :\nchefs de musique ou anciens camarades, attentifs, connaisseurs,\ncapables de reconnaître au passage les notes, d'apprécier les doigtés,\nde juger le style, et, par là même, bienveillants. Plus de compé-\ntitions, de partis pris, de cabales : on souhaite le succès de tous.\nPas de classes en lutte, ni de ces paris qui s'engageaient comme\npour des écuries de courses : Lefort ou Berthelier, Hettich ou"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.57", "texte": "LE MOIS\n767\n\nMelchissédec? Chaque enseignement, ici, est unique, et le maître,\naux côtés de l'accompagnateur, montre à tous ses élèves une sol-\nlicitude égale. Pour une fausse note ou une erreur de mesure, on\nvoit se contracter les rides de son front, éloquentes : « Le malheu-\nreux ! Pourvu qu'il ne perde pas la tête 1 » L'auditoire, que la\npitié gagne, feint de ne s'être aperçu de rien; le piano continue ;\nles derniers traits arrivent et s'achèvent sans encombre. La sueur\nperle au front de l'élève, et le maître, à peine moins ému, l'invite\nà boire au verre banal qu'un usage barbare offre à toutes les lèvres.\nDéjà le morceau de lecture est étalé sur le pupitre, le métronome\nbat, et il lui glisse encore à l'oreille ses dernières recommanda-\ntions. Certains de ces jeunes gens sont à tel point intimidés que\nleur souffle s'entrecoupe, leurs lèvres tremblent, c'est à peine s'ils\narrivent à former un son. Tous sont sérieux, ont travaillé avec\nzèle, s'intéressent à leur instrument; plusieurs ont ce rythme et cet\naccent, difficiles à définir, mais qui font reconnaître aussitôt un\nmusicien; et leur jeu, étant sincère, marque fortement la diffé-\nrence de leurs caractères : tel flûtiste a de la vigueur, tel autre\nune légèreté innocente ; tel fait pleurer le hautbois, tel lui donne\nune verdeur pastorale; et des deux premiers prix de trombone,\nl'un a autant de chaleur que l'autre de délicatesse. C'est en ces\nclasses que se trouvent les meilleurs élèves du Conservatoire, et\nil faut qu'il en soit ainsi, car c'est à ces instruments que l'avenir\nappartient. On ne s'en doute guère, parmi le public qui acclame\nl'aigre cri d'une chanteuse ou l'archet brandi d'un violoniste.\nSilence ! Gardons le secret, ne les avertissons pas ! Ou ils vont\nnous envahir, porter jusqu'à ces concours leur goût du scandale,\ndu tapage, de la réclame, et la musique s'enfuira.\n\nLouis Laloy.\n\nRÉSULTATS DES CONCOURS\n\nCHANT (ho\nJury : MM. Fauré, Messager, Bruneau, Broussan, Delmas,\nRenaud, Imbart de la Tour, Clément, Coquard, Escalaïs, Mou-\nliérat, Beraheim, d'Estournelles de Constant, Bourgeat, secré-\ntaire ."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.58", "texte": "768\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nConcurrents.\n1. M. Descols, 27 ans, Polyeucte(Gounod).\n2. M. Barreau, 29 ans 2 mois, Ricimer (Philidor).\n3. M. Broche, 27 ans 6 mois, Aulide (Gluck).\n4. M. Félisaz, 27 ans 11 mois, (Gluck).\n5. M. Taréria, 26 ans 9 mois, l'A (Bruneau).\n6. M. Tirmont, 24 ans 10 mois, (Mozart).\n7. M. Fontaine (Hugo), 26 ans 1 mois, (Gounod).\n8. M. Coulomb, 24 ans 5 mois, (Hœndel).\n9. M. Dupré (Pierre), 24 ans 11 mois, (Weber).\n10. M. Népote, 27 ans 1 mois, l (Rameau).\n11. M. Renault (Angelo), 25 ans 4 (air\nd'Achille) (Gluck).\n12. M. Laloye, 29 ans 3 mois, Fr(Weber).\n13. M. Courbon, 26 ans 11 mois, (Méhul).\n14. M. Ponzio, 26 ans 4 mois, I (Gluck).\n15. M. Decourcelle, 25 ans 8 mois, Lohengrin (Wagner).\n16. M. Carrié, 22 ans 1 mois, les Ind (Rameau),\n17. M. Chah-Mouradian, 27 ans 9 mois, i'1' accessit en 1908,\nFreyschiitz (Weber).\n18. M. Jourde, 27 ans 6 mois, 2e accessit en 1908,\nenchantée (Mozart).\n19. M. Pasquier, 24 ans, Atys (Piccini).\n20. M. Combes, 29 ans 4 mois, Boris Godounow (Moussorgski).\n21. M. Clauzure, 24 ans, Œdipe à Colone (Sacchini).\n22. M. Imbert, î5 ans 5 mois, le Messie (Hœndel).\n23. M. Toraille, 27 ans 3 mois, (Gounod).\n24. M. Bellet, 26 ans 11 mois, (Duparc).\n25. M. de Laromiguière, 26 ans 4 mois, Judas Machabée\n(Haendel).\nprs prix - MM. Coulomb, Combes (Hettich) et Ponzio (Manoury).\n2e\" Prix : MM. Jourde (Dubulle), Dupré (Hettich) et Bellet (Lor-\nrain).\nlersIers Accessits : MM. Carrié (Cazeneuve), Félisaz (Lorrain),\nImbert (Engel), Fontaine (Hettich).\nseB5e8 Accessits : MM. de Laromiguière (Dubulle), Pasquier (Ma-\nnoury), Clauzure (Cazeneuve) et Taréria (Dubulle)."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.59", "texte": "LE MOIS\n769\n\n1. M. Descols, élève de M. Duvernoy. Voix timbrée, du sen-\ntiment ; chante lourdement, mais avec application.\n2. M. Barreau, élève de M. Lassalle. Voix brillante et forte de\nbaryton, assez posée, possède même le piano ; de grandes qua-\nlités vocales. Le morceau a des plans tracés qu'il fait valoir.\n3. M. Broche, élève de M. Lassalle. Basse, voix forte et dure, ne\nmanque pas de timbre, mais force tant la voix qu'il est impos-\nsible de l'apprécier.\n4. M. Félisaz, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Agréable\nténor, un peu trop sucré dans l'exécution de son morceau ; la\nvoix par moments est trop étriquée, elle tremble encore ; beau-\ncoup de progrès sur l'année dernière.\n5. M. Taréria, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Ténor;\ntout paraît être ramené àla voyelle ; dès qu'il monte, la voix\ntremble fortement ; il phrase avec intelligence et sentiment ; la\nqualité très médiocre du son s'est infiniment améliorée depuis\nl'année dernière.\n6. M. Tirmont, élève de Mme R. Garon. Jeune et légère voix de\nténor, chante très facilement, vocalise sans effort, manque d'appui,\nla musicalité et l'intelligence sont certaines ; d'autant plus éton-\nnants sont les interminables points d'orgue et le mauvais style du\nmorceau. Cette voix doit se développer beaucoup, et certainement\npeut avoir un charmant avenir.\n7. M. Fontaine, élève de M. Hettich. Ténor, voix grasse, sympa-\nthique, phrase agréablement, conduit déjà sa voix, étriqué les\nnotes aiguës dans le piano ; l'interprétation paraît manquer de\nnerfs, mais ce n'est pas mal du tout dans l'ensemble.\n8. M. Coulomb, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Une\nvoix étonnante, puisque, sans avoir un timbre accusé ni la force,\nelle remplit toute la salle, se répand partout. L'acquis, la musi-\ncalité hors de pair ; les vocalises vraiment étonnantes par la ron-\ndeur, la grâce, l'égalité et le peu de recherche extérieure. Rare\nchanteur, d'un profond équilibre et d'harmonie ; mais pourquoi,\navec un goût et un savoir aussi parfaits, ce mauvais effet de traîner\ntrois ou quatre notes de suite pour finir une phrase ?\n9. M. Dupré, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Bien\ntimbrée et belle, cette voix de basse ; la diction quelque peu"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.60", "texte": "770\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\nmolle ; par moments la voix trop ouverte ; la dernière partie du\nmorceau, au point de vue de l'exécution, trop désordonnée, sans\nplan. Il y a quelque chose de débordant et de très jeune dans le\ntempérament de cette voix, qui n'est pas encore complètement\nformé. Gagnera probablement encore, surtout vu le superbe ensei-\ngnement dont le fruit se manifeste de plus en plus.\n10. M. Népote, élève de M. Duvernoy. Voix de baryton froide\net assez brillante, paraît fabriquée, tremble beaucoup dans le fort\net le piano, a deux registres différents ; dans l'exécution est pré-\ntentieux, mais paraît assez intelligent musicalement.\n11. M. Renault, élève de M. Engel. Voix de ténor quelque peu\nserrée, phrase assez bien ; le timbre n'est pas riche, fait quelques\ntours de force de respiration.\n12. M. Laloye, élève de Mme R. Caron, a concouru en 1908.\nVoix ronde, belle, sans nerfs ni intelligence, baisse avant le final\neffroyablement, mais en somme un progrès remarquable de pro-\nnonciation et de voix depuis l'année dernière.\n13. M. Courbon, élève de M. Duvernoy. Voix pauvre de timbre\n(ténor), ne tremble pas, pleurniche, sans réelle sensibilité, en-\nnuyeux.\n14. M. Ponzio, élève de M. Manoury, ier accessit en 1908.\nProgrès vocal et artistique surprenants.\n15. M. Decourcelle, élève de M. Manoury. Voix de ténor étendue,\nsympathique, assez forte, mais d'un enrouement désespérant à\nchaque concours !\n16. M. Carrié, élève de M. Gazeneuve. Très forte et belle voix de\nbaryton, paraît avoir du tempérament, mais est très jeune\nencore. Une voix d'avenir. Les notes élevées tremblent, force la\nvoix, fait des points d'orgue désespérants, pas de nerfs dans l'in-\nterprétation.\n17. M. Chah-Mouradian, élève de M. Cazeneuve, ier accessit en\n1908. La beauté du timbre de ce ténor s'est développée depuis le\ndernier concours, mais il paraît mal disposé 5 le gosier n'est pas\nbien ouvert*, émotionné ; le choix du morceau est peu heureux\npour la chaleur de ce timbre et pour le caractère oriental et tendre\nde cette voix. Grand progrès au point de vue de la prononciation.\n18. M. Jourde, élève de M. Dubulle, 2e accessit en 1908. Très"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.61", "texte": "LE MOIS\n771\n\nbelle et profonde basse sonore, en plein développement vocal,\nouvert comme interprétation, les valeurs claires, beau progrès ar-\ntistique et vocal. Nature d'artiste.\n19. M. Pasquier, élève de M. Manoury. Doux ténor, phrase\ntrès gentiment, avec sentiment et musicalité ; la voix tremble\nquelque peu.\n20. M. Combes, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908. Voix\nde basse très travaillée, la conduit très bien, avec intelligence ;\nbeau choix du morceau qui cause un extrême plaisir par son\némouvant caractère, rendu avec beaucoup de sincérité et de sen-\ntiment.\n21. M. Clauzure, élève de M. Cazeneuve. Joue son personnage,\na du relief dans l'interprétation, un masque tragique, voix très\nforte de basse, pas encore assez assouplie, mais promet beaucoup,\nde la véhémence et de l'âpreté dans l'interprétation, une nature.\n22. M. Imbert, élève de M. Engel, 2e accessit en 1908. Forte voix\nde basse sans aucune expression, voix qui paraît insensible au\ndéveloppement musical. •\n23. M. Toraille, élève de M. Duvernoy. Voix de ténor sucrée, de\ncaractère nasal ; une mentalité musicale très bornée ; ne manque\npas d'un certain savoir pour conduire la voix, mais c'est toujours\nborné.\n24. M. Bellet, élève de M. Lorrain, 2e accessit en 1908. Cè\nbaryton, dont la voix n'a pas beaucoup de caractère ni de timbre,\nà force de tempérament, de verve, d'intelligence musicale, de\njolie diction, d'imagination et de talent, sait plaire et captiver la\nsalle.\n25. M. de Laromiguière, élève de M. Dubulle, a concouru en\n1908. Voix sérieuse de basse, joliment timbrée, bon musicien, du\nsentiment, une certaine distinction dans l'interprétation. La voix\nest encore un peu rentrée et s'étrique vers l'aigu, mais n'est pas\nà son complet développement. En résumé, rassurante impres-\nsion.\nCHANT (f\nJury : MM. Fauré, Messager, Debussy, Dukas, Bruneau, Lalo,\nErlanger, Véronge de la Nux, Broussan, Dufranne, Escalaïs,\nd'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat, secrétaire."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.62", "texte": "772\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nConcurrentes.\n1. M,le Gautier (Alice), élève de M. Lorrain, 24 ans 1 mois, a\nconcouru en 1907, admise à concourir en 1908, malade,\n(Gluck).\n2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, 2 3 ans 3 mois, ier accessit\nen 1908, Cantate (Clérambault).\n3. M,le Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2 5 ans 4 mois, 2e prix en\n1908, Iphigénie en Tauride(Gluck).\n4. Mlle Guiblin, élève de M. Lorrain, 22 ans,\n(Saint-Saëns).\n5. Mlle Alavoine, élève de M. Lassalle, 25 ans 2 mois, 2e accessit\nen 1907, Héraclès (Hasndel).\n6. Mme Delisle, élève de Mme Rose Caron, 26 ans 10 mois, icr ac-\ncessit en 1908, la Damnation de Faus (Berlioz).\n7. MIU Vignes, élève de Manoury, 24 ans 5 mois, la Procession\n(César Franck).\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, 21 ans 11 mois, a con-\ncouru en 1908, la Flûte enchantée (air de Pamina) (Mozart).\n9. Mme Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2 5 ans 6 mois,\n2e accessit en 1907, malade en 1908, (Nicolo\nIsouard).\n10. Mlle Devriès, élève de M. Hettich, 2 5 ans 4 mois,\nde Figaro (air de la comtesse) (Mozart).\n11. M 1 Roseland, élève de Mme Rose Caron, 23 ans 4 mois,\nDanaïdes (Salieri).\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, 21 ans 5 mois,\ntion (Haydn).\n13. Mme Rénaux, élève de M. E. Duvernoy, 26 ans 5 mois, 2e ac-\ncessit en 1908, ÏEnfant prodigue (Debussy).\n14. MUo Charrières, élève de M. Dubulle, 23 ans 6 mois,\nGalathée(Hœndel).\n15. MUe Calvet, élève de M. Martini, 23 ans 2 mois,\nen Tauride (le songe) (Gluck).\n16. Mlle Bourdon, élève de M.. Lassalle, 22 ans 3 mois, 2e prix\nen 1908, Freyschiitz(air d'Agathe) (Weber).\n17. M 11\" Courso, élève de M. Hettich, 24 ans 10 mois,\n(Hasndel)."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.63", "texte": "LE MOIS\n773\n\n18. MUe Vivier des Vallons, élèvede M.Cazeneuve, 22 ans 3 mois,\na concouru en 1908, Guillaume T(Rossini).\ni *\nig. Mlle Billard, élève de Martini, 23 ans, 1\" accessit en 1908,\nla Flûte enchantée(ieracte) (la Reine de la Nuit) (Mozart).\n20. Mlle Hemmler, élève deManoury, 22 ans 4 mois,\nColin (Nicolo Isouard).\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel, 26 ans 2 mois,\ntecôte (Bach).\n22. Mm® Thévenet (Suzanne), élève de M. Dubulle, 23 ans\n11 mois, Etienne Marcel(Saint-Saëns).\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, 25 ans, a concouru en\n1908, Jules César(Haendel).\n24. M\"e Fraisse, élève de Mme Rose Garon, 21 ans 5 mois,\n2e accessit en 1908, Don Juan(Zerline) (Mozart).\n25. Mme Willaume-Lambert, élève de Mme Rose Caron, 22 ans\n5 mois, a concouru en 1908, (G. Saint-\nSaëns).\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 21 ans 8 mois, 2e prix en\n1907, a concouru en 1908, Alceste (Entrée aux Enfers) (Gluck).\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 26 ans 2 mois, 2e acces-\nsit en 1908, Freyschutz(Weber).\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, 23 ans 11 mois, ier acces-\nsit en 1908, Judas Machabée(Haendel).\n29. M,le Lalotte (Jeanne), élève de M. Cazeneuve, 22 ans,\nTroyens (air de Didon) (Berlioz).\nlers1ers Prix : Mlles Daumas (Hettich), Amoretti (Engel).\n2®s Prix : Mlles Fraisse (Rose Caron), Pradier (Hettich),\nMmes Delisle (Rose Caron), Willaume-Lambert (Rose Caron).\nlers1ers Accessits : Mme Rénaux (Duvernay), Mlles Hemmler (Manoury),\nAlavoine (Lassalle).\n2es Accessits :MUes Vivier des Vallons (Cazeneuve), Guille-\nmot (Lassalle), Bonnard (Dubulle), Wiltz (Cazeneuve), Thévenet\n(Dubulle).\n1. Mlle Gautier, élève de M. Lorrain, a concouru en 1907, admise\nà concourir en 1908, malade. Voix ample de mezzo, un certain\nacquis dans l'interprétation, sans personnalité, grossit quelque\npeu la voix."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.64", "texte": "774\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\n2. Mlle Pradier, élève de M. Hettich, ier accessit en 1908. Voix\nagréable de soprano, bien conduite, assez souple, sans tempéra-\nment et sans vraie ingénuité, charmant morceau de concours.\n3. MUe Kaiser, élève de M. Cazeneuve, 2e prix en 1908. Soprano\nde demi-caractère ; le médium n'est pas en bon état ; les notes\nélevées sont forcées ; le piano complètement sans appui, mais la\nqualité de la voix est très belle quand elle ne force pas ; l'exécution\nen réalité est froide et maniérée.\n4. Mlîe Guiblin, élève de M. Lorrain. Beau et profond mezzo,\nla voix très égale ; il est difficile de juger son interprétation, par\nsuite de son trouble.\n5. Mll9 Alavoine, élève de M. Lassalle, 2e accessit en 1908. Voix\nde mezzo qui paraît s'être étriquée depuis l'année dernière ; cer-\ntainement c'est un tempérament, mais non discipliné ; il est diffi-\ncile de juger cette voix d'après ce concours, elle ne donne pas\ntoute sa mesure.\n6. Mme Delisle, élève de MmeCaron, ier accessit en 1908. Tem-\npérament ouvert, belle qualité de voix (soprano), mais un goût\ndans l'interprétation absolument vulgaire.\n7. Mlle Vignes, élève de M. Manoury. Trop mince voix de\npetite fille, chante proprement, rien de saillant.\n8. Mlle Bonnard, élève de M. Dubulle, a concouru en 1908. Joli\nde timbre, ce soprano lyrique ; le phrasé n'est pas intéressant,\npas juste 5 paraît émotionnée.\n9. Mma Quinaux-Baudin, élève de M. Lorrain, 2e accessit en\n1907, malade en 1908. Très agréable et ronde voix de soprano\nlyrique sans beaucoup de caractère, mais phrase avec intelligence,\nsait conduire la voix.\n10. MllB Devriès, élève de M. Hettich. Délicieux médium, char-\nmant soprano lyrique de caractère virginal, pouvait avoir le gosier\nplus ouvert (peut-être c'est l'émotion) ; phrase intelligemment,\nmais l'exécution manque un peu de valeurs.\n11. MUe Roseland, élève de Mme R. Garon. Forte voix de so-\nprano dramatique, tremble énormément, s'appuie dans le gosier,\nvoix qui promet, mais encore très inexpérimentée.\n12. MUe Guillemot, élève de M. Lassalle, Voix froide, mais assez\njolie et poétique de timbre (soprano lyrique) ; les notes aiguës"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.65", "texte": "LE MOIS\n775\n\nparaissent être un peu en arrière ; a des intentions dans le\nphrasé.\ni 3.Mme Rénaux, élève de M. Duvernoy, 2e accessit en 1908.\nEn progrès depuis l'année dernière; le timbre de ce soprano n'est\npas riche, mais on apprécie le travail, une certaine intelligence et\nmusicalité dans 1 exécution. Dommage que les notes élevées\ntremblent tant !\n44. M 11\" Charrières, élève de M. Dubulle. Agréable sensibilité,\ntout d'un caractère nasal, soprano lyrique.\n15. Mlle Calvet, élève de M. Martini. Enorme voix brutale,\ngrand registre, cette voix n'a encore aucun acquis, mais pour-\nrait se développer. Elle est trop fermée comme sonorité et uni-\nforme.\n16. Mlle Bourdon, élève de M. Lassalle, 2e prix en 1908. La\nplus jolie qualité de soprano de demi-caractère, faible vers les\nnotes graves, manque d'appui, comme goût laisse beaucoup à\ndésirer, mais le tempérament nerveux, communicatif, vibrant.\nDommage qu'avec ces réelles qualités l'exécution ne soit pas plus\ndistinguée !\n17. Mlle Courso, élève de M. Hettich. Le vrai contralto, belle\nvoix, mais pas encore à son entier développement.\n18. Mlle Vivier des Vallons, élève de M. Cazeneuve, a concouru\nen 1908. Ce soprano léger est devenu plus ferme ; le timbre a\ngagné, tire encore le son du gosier; il n'y a pas d'équilibre entre\nle médium ou le grave et l'aigu qui est très beau et d'une qualité\ndélicieuse et claire. Le morceau pouvait être mieux exécuté.\n19. M,le Billard, élève de M. Martini, ire accessit en 1908. Un\nsoprano léger, sympathique et agréable, dit musicalement ;la\nvoix est enveloppée, ronde ; la figure manque quelque peu d'ex-\npression. Très en progrès ; dommage qu'elle vocalise avec la\nbouche.\n20. MUfi Hemmler, élève de M. Manoury. Voix de soprano bien\nnourrie, jolie, bonne diction, émission libre, par moments la\nvoix trop ouverte. Bonne impression.\n21. Mme Fargès, élève de M. Engel. Agréable soprano lyrique ;\nchante musicalement.\n22. Mme Thévenet, élève de M. Dubulle. Elle paraît être para-"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.66", "texte": "776\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\n\nlysée par la peur, mais la voix de mezzo est jolie, expressive ;\nil y a des finesses et des intentions dans son interprétation, qui\nmanque de rythme.\n23. Mlle Wiltz, élève de M. Cazeneuve, a concouru en 1908.\nLa voix forcée est trop en dedans ; le registre aigu est criard et\nvulgaire. On dirait qu'elle chante au-dessus des limites de son\nmezzo. Aun acquis ; cherche à phraser.\n24. Mlle Fraisse, élève deMme R. Caron, 2eaccessit en 1908. Voix\nlégère, jolie. Gomme chanteuse d'un répertoire léger, doit avoir\ndu succès, mais il vaut mieux qu'elle n'attaque pas les chefs-\nd'œuvre de la musique.\n25. Mme Willaume-Lambert, élève deMme R. Caron, a concouru\nen 1908. La qualité de la voix paraît moins riche qu'au concours\nprécédent ; sa vocalise laisse à désirer. Ce morceau insignifiant de\nSaint-Saëns peut-être a pu lui nuire !\n26. Mlle Panis, élève de M. Dubulle, 2e prix en 1907, a concouru\nen 1908. Dans le médium, la voix a gagné, mais les notes élevées\nsont toujours aussi étroites. On remarque peu de progrès au point\nde vue de l'interprétation. Aucune valeur, aucune intention per-\nsonnelle.\n27. Mlle Daumas, élève de M. Hettich, 2e accessit en 1908.\nBelle voix, bien posée, mais chante son air inégalement.\n28. Mlle Amoretti, élève de M. Engel, ier accessit en 1908.\nSoprano clair, intelligent, détaille son air avec calme, vocalise très\nbien, a du tempérament. Excellente musicienne.\n29. Mlle Lalotte, élève de M. Cazeneuve. La voix de mezzo a un\nbeau timbre, mais n'est pas encore suffisamment formée, et la\ndiction est très imparfaite. Pour le moment, impossible d'avoir\nune impression complète de cette voix.\nOPÉRA COMIQUE.\nJury : MM. G. Fauré, Carré, Debussy, Bruneau, Paul Hille-\nmacher, Maréchal, Renaud, Clément, Dufranne, Véronge de la\nNux, Ferrier, d'Estournelles de Constant, Bernheim, Bourgeat,\nsecrétaire.\nConcurrents :\n1. M. Angelo Renault : Carmen,ier acte, rôle de Don José."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.67", "texte": "LE MOIS\n777\n\n2. MIIe Calvet : Grisélidis, 2e acte, rôle de Grisélidis.\n3. Mlie Charrières : Man on,ieracte, rôle de Manon.\n4- Mme Suzanne Thévenet : Carmen, ier acte, rôle de Carmen.\n5. M. Decourcelle : Carmen,4e acte, rôle de Don José.\n6. Ml,e Guillemot : 2* acte.\n7. M. Tareria : Manon,rôle de des Grieux.\n8. M. de Laromiguière : Lakmé,2e acte, rôle de Nilakanta,\n9. M. Félisaz : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n10. M. Tirmont : Manon, 2e acte, rôle de des Grieux.\n11. Mlle Amoretti : le Barbier de 2e acte, rôle de Rosine.\n12. M. Chah-Mouradian : Werther, 3e acte, rôle de Werther.\n13- M\"9 Alavoine : Carmen,4e acte, rôle de Carmen.\n14. MUe Courso : Carmen,i«r acte, rôle de Carmen.\n15. M. Clauzure: le Barbier de S2eacte, rôle de Basile.\n16. Mlle Pradier :le Roi d'Ys, ieracte, rôle de Rozenn.\n17. M. Combes : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n18. M. Bellet (ier accessit en 1908) : 2e acte, rôle de\nClavaroche.\n19. M\"* Jeanne Lalotte : Piccolino,2e acte, rôle de Piccolino.\n20. Mffie Willaume-Lambert : M, 3e acte, rôle de Manon.\n21. Mlle Billard .* le Barbier de Séville.\n22. MUe Duvernay (ier accessit en 1908) .* rôle de\nla Navarraise.\n23. M. Coulomb (2e prix en 1908) : ier acte, rôle\nde Benoît.\n24. MUe Bonnard : Lakmé,ier acte, rôle de Lakmé.\n25. M. Ponzio : Falstaff,rôle de Falstaff.\n26. M. Paulet: le Roi cf Ys, 3e acte, rôle de Mylio.\n27. Mlle Devriès : Manon, ier acte.\n28. M. Pasquier : Manon,rôle de des Grieux.\n29. M. Pierre Dupré : Joseph, ier acte, rôle de Jacob.\n30. Mme Delisle : Manon,3e acte, rôle de Manon.\n31. Mlle Fraisse :le Caïd, 2e acte, rôle de Virginie.\nHommes.\nlers1ers Prix : MM. Ponzio (Melchissédec), Bellet (Dupeyron), Dupré\n(Bouvet)."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.68", "texte": "778\nBULLE! IN FRANÇAIS iLA S. I. M.\n\n2es Prix : à l'unanimité : MM. Combes et Paulet (Isnardon).\nlers1ers Accessits : MM. Chah-Mouradian, Clauzure (Isnardon), Tir-\nmont (Melchissédec).\n2es Accessits : MM. Taréria et Pasquier (Isnardon).\nFemmes.\npis Prix :Mlle Duvernay (Isnardon).\n2es Prix :MUes Amoretti (Dupeyron), Billard (Melchissédec),\nDevriès (Isnardon), Willaume-Lambert (Bouvet).\nleis Accessits :Mlles Pradier, Fraisse, Guillemot (Isnardon),\nCourso (Melchissédec), Mme Delisle (Dupeyron).\n2es Accessits : Mlles Bonnard et Charrières (Dupeyron).\nMlla Duvernay révèle une sensibilité nerveuse et frémissante qui\nlui réussira fort bien dans le drame moderne. M. Ponzio sera un\nbon acteur de comédie ; il a déjà beaucoup de verve, et sait cons-\ntruire une scène.\nOPÉRA.\nJury : MM. Fauré, Bernheim, d'Estournelles de Constant.\nMessager, Broussan, Gunsbourg, Delmas, Gheusi, Erlanger.\nDukas, Renaud, Escalaïs, Lalo, Fernand Bourgeat, secrétaire.\nConcurrents.\n1. M. Imbert : Œdipe à Colone,ier acte, rôle d'Œdipe ;\n2. M 1\" Guiblin : Orphée,3e acte, rôle d'Orphée.\n3. Mlle Fontaine : Roméo et Juliette,5e acte, rôle de Juliette.\n4. M. Carrié : Aida,3e acte, rôle d'Amonasro ;\n6. Mlle Lalotte : Samson et Dalila,2e acte, rôle de Dalila.\n7. M. Barreau : l'Africaine,2e acte, rôle de Nélusko.\n8. Mme Willaume-Lambert : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\n9. M. Clauzure : Œdipe à Colone, ier acte, rôle d'Œdipe.\n10 et 11. MUe Courso : Samson 2e acte, rôle de Dalila ;\nM. Decourcelle, rôle de Samson.\n12. MUa Bourdon :le Cid, 3e acte, rôle de Chimène.\n13. M. Chah-Mouradian : Lucie de Lammermoor, 4e acte, rôle\nd'Edgard.\n14. Mlle Daumas : Salammbô, 2e acte, rôle de Salammbô ; ré-\nplique : M. Decourcelle."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.69", "texte": "ibet 16. M. Dupré : la Walkyr3e acte, rôle de Wotan ;\nMlle Alice Gautier, rôle de la Walkyrie.\n17. Mlle Panis : Alceste,Ier acte, rôle d'Alceste.\n18 et 19. M. Népote : Iphigénieen Tanride, 2e acte, rôled'Oreste ;\nM. Laloye, rôle de Pylade.\n20. MUe W i!tz ; Otello, 4e acte, rôle de Desdemona j réplique\nMme Thévenet.\n21 et 22. Mlle Calvet : Aida,3e acte, rôle d'Aïda ; M. Combes,\nrôle d'Amonasro.\n23. MUe Kaiser : Méphistophélès, 4e acte, rôle de Marguerite.\n24. Mme Delisle : Thaïs, 2e acte, rôle de Thaïs.\nFemmes.\nlers1ers Prix : Mlles Panis (Dupeyron), Kaiser (Bouvet) et Bourdon\n(Bouvet).\n2es Prix : Mlles Wiltz (Bouvet) et Daumas (Melchissédec).\nlers1ers Accessits : Mrae Willaume-Lambert (Bouvet), MUes Delisle\n(Dupeyron) et Guillemot (Isnardon.)\n2e9 Accessits : Mlles Gautier (Bouvet) et Courso (Melchissédec).\nHommes.\nPas de ler1er prix.\n2es Prix : MM. Chah-Mouradian (Isnardon) et Dupré (Bouvet).\nZ#rs Accessits : MM. Combes (Isnardon), Carrié (Dupeyron),\nNepote (Dupeyron), Laloye (Dupeyron), Clauzure (Isnardon).\n2e Accessit :M. Imbert (Bouvet).\nMIIe Kaiser atteint à l'émotion par l'étude. Mlle Bourdon la\ntrouve naturellement. Ml,e Panis s'en passe. M. Chah-Mouradian,\nayant triomphé de sa timidité, donne enfin essor à sa voix forte et\nchaude de ténor mâle 5 son jeu discret ne manque pas de dignité ;\nseule, la prononciation est beaucoup trop sourde encore. M. Dupré\nchante avec feu le rôle de Wotan.\nHARPE.\nJury : MM. G. Fauré, A. Bruneau, X. Leroux, Pugno, Chan-\nsarel, P. Lalo, Riéra, Yéronge de la Nux, Franck, Wurmser, de\nLausnay, Galeotti, F. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Fantaisie en la mineur de Saint-Saëns.\n\ns. i. vi\nLE MOIS\n779\n\n6"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.70", "texte": "780\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nMorceau à déchiffrer de M. Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Hasselmans.\npvs prix . Mii« Gaulier, Inghelbrecht, Rostagni, Dretz.\nPrix : Mlles Grandpierre et Couturier.\nlers1ers Accessits : Mlle Pla-Iglésias, M. Pré.\n2e Accessit : MUe Auchier.\nNeuf concurrents, neuf récompenses.\nPIANO (hommes).\nMême jury.\nMorceau de concours : Carnaval de Schumann.\nMorceau à déchiffrer de M. Raoul Pugno.\npm Prix : MM. Ramondou (Diémer), Gallon (Risler), Ciampi\n(Diémer\").\n2ePrix : M. Schmitz (Diémer) à l'unanimité.\nlers1ers Accessits : MM. Gilles (Diémer), Gaveau, Joubert (Risler).\n2es Accessits : MM. Servais, Bournonville (Risler).\nDans le Carnaval de Schumann, les morceaux suivants ont été\nsupprimés : Pierrot, Eusèbe, Réplique, reprise de\nla Valse allemande, Aveu, Promenade, et Pause. Le finale avait été\namputé de moitié ; ses deux débris, ne se raccordant pas très\nbien, avaient été réunis par une petite gamme chromatique du\nplus singulier effet.\nTrois premiers prix, évidemment mérités tous les trois.\nM. Gallon (le 2e prix de 1908 ; son frère est prix de Rome)\na évidemment plus d'autorité que ses camarades, est très maître\nde lui, joue prestissimo,et ne bafouille jamais.\nM. Ciampi, au jeu assez cherché, quelquefois trop sentimental,\nn'a pas toujours évité la lourdeur, surtout dans Valse noble et\ndans Reconnaissance. Malgré cela, l'ensemble de l'exécution assez\nattachant.\nM. Ramondou (ier accessit dé 1907), de la force, de la vitesse et\nde la légèreté.\nM. Schmitz (ier accessit de 1908), jeu confus et assez inco-\nlore ; mauvaise pédale.\nM. Gaveau, jeu propre et mesuré, ignore le tempo rubato, et\nmanque de hardiesse."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.71", "texte": "LE MOIS\n781\n\nM. Servais joue de trop près et manque de puissance.\nM. Bournonville manque d'accent, mais a beaucoup de goût ;\nde plus, il sait jouer piano : cest le seul à qui lon puisse faire ce\ncompliment.\nComment n'a-t-on rien décerné à M. Laporte, le ier accessit de\n1908? il a de l'élan, de l'autorité, et sait graduer ses effets en vue\nde 1 explosion finale. A noter ce fait que tous les concurrents, sans\nexception, ont eu la même sonorité, stridente, agressive et tapa-\ngeuse sans profondeur. Beaucoup de brio, de brillant, et très peu\nde charme.\nPIANO (fem\nJury : MM. G. Fauré, Bauer, Braud, Enesco, Galeotti, G. Hue,\nMoszkowski, Pierret, Pugno, Reitlinger, Staub, Véronge de la\nNux, Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours i Variations en mi bémol de Beethoven.\nMorceau à déchiffrer de Louis Diémer.\nlets Prix:Mlles van Barentzen (Delaborde), Guller (Philipp),\nBouvaist (Cortot), Landsmann (Delaborde), Laeuffer (Delaborde).\n2<s Prix :Mlles Haskil (Cortot), Fritsch (Philipp), Duchesne\n(Cortot), Alice Léon (Cortot).\nlers1ers Accessits : Mlles Hubert (Cortot), Vargues (Philipp), Parody\n(Cortot), Dubief (Cortot), Heineman (Philipp).\n2es Accessits : Mlles Boynet (Philipp), Dienne (Cortot), Hekking\n(Delaborde), Herr-Japy (Delaborde), Petit (Delaborde), Davin\n(Cortot).\nLes i 5 variations ont subi d'infâmes coupures, dans le finale sur-\ntout. Une seule concurrente tout à fait hors ligne : Aline van Ba-\nrentzen, arrière-petite-nièce de Weber.\nler1er Prix : Très joli jeu, net, spirituel et rapide; bonne sonorité\nferme et ronde ; pourra dans l'avenir acquérir plus de force ; si ses\ndoigts sont excellents, ses poignets le sont moins. Tempérament\nmusical de premier ordre.\nLe jury a malheureusement distribué quatre autres premiers\nprix ;on peut se demander pourquoi : Mlles Guller, Landsmann et\nLaeuffer, de bonnes élèves sans qualités ni défauts, etMlle Bouvaist,\ndont le jeu est aussi terne que languissant. Ces demoiselles auront"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.72", "texte": "782\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nà couper en cinq une gratification de 1200 francs; cela frise de\nprès le ridicule.\nParmi les seconds prix, M\"4 Alice Léon, qui se coiffe en chien\nsavant, et tape à tort et à travers; Mlle Duchesne, qui perd la tête;\nMlle Fritsch, un peu moins mauvaise que les précédentes.\nlers1ers Accessits : Mlle Hubert, qui aurait mérité mieux; de la finesse,\ndu goût et de la gaieté ; MUe Parody, petit jeu net, propre et sans\naudace.\n2es Accessits : MUe Herr Japy n'eût pas dû être classée au même\nrang que Mlle Simone Petit, une élève déplorable.\nVIOLON.\nJury : MM. G. Fauré, P. Lalo, A. Bruneau, Colonne, H. Ma-\nréchal, Geloso, Hayot, Jacques Thibaud, Tracol, Chapuis, Laforge,\nBoucherit, d'Ambrosio, Fernand Bourgeat, secrétaire.\niers Prix :M. Fradkin (Lefort) ; Mlles Roussel (Berthelier),\nAstruc (Lefort), M. Kretty (Berthelier), Mtle Fidide (Berthelier).\n2es Prix : MM. Barozzi (Berthelier), Le Métayer (Nadaud), Hé-\nmery (Nadaud), Mlle Goyon (Remy), MM. Poulet (Lefort), Suffise\n(Nadaud), Villain (Rémyj.\nALTO.\nJury : MM. G. Fauré, Colonne, Bruneau, Liégeois, Salmon,\nHekking, Bailly, Casadesus, Cools, Chavy, de Bailly, Julien,\nF. Bourgeat, secrétaire.\nMorceau de concours : Poème de M. Eug. Cools.\nMorceau à déchiffrer du même auteur.\nProfesseur : M. Laforge.\nler1er Prix,à l'unanimité :M. Barrier.\n2es Prix : M. Mayeux, Mlle Desnoyers.\nlers1ers Accessits : MM. Chantome, Parmentier.\nVIOLONCELLE.\nMême jury.\nMorceaux de concours : Saraband en de Bach ; finale du\nConcerto de Lalo.\nMorceau à déchiffrer de M. Xavier Leroux.\n10TS Prix : MM. Ruyssen, Laurent-Longy (Loeb), Bloch, Dussol\n(Gros Saint-Ange)."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.73", "texte": "LE MOIS\n783\n\n2es Prix : MM. Lopes (Cros Saint-Ange), Dumont, Perrin(Loeb).\nlers1ers Accessits :M. Maréchal (Loeb),Mlles Soyer(Cros Saint-Ange),\nNehr, M. Aloux, Mangot(Loeb), Bernardel (Cros Saint-Ange).\n2es Accessits : M. Laggé (Cros Saint-Ange).\nCONTREBASSE.\nMême jury.\nMorceau de concours : ier mouvement du d'E. Storch.\nMorceau à déchiffrer de M. Autende.\nProfesseur : M. Charpentier.\njrers prix : MM. Dumont, Leuliet, Juste.\n2e Prix : M. Béghin.\nler1er Accessit,à l'unanimité : M. Godebert.\nQue faire d'un concerto de Storch ?\nBASSON.\nMorceau de concours : Récit et t d'Henri Busser.\nMorceau à déchiffrer de G. Hue.\nProfesseur : M. Burdeau.\nlers1ers Prix : MM. Verdier, Châtelain, Piard.\n2es Prix : MM. Guilloteau, Petrot, Laus.\nler1er Accessit : M. Druvet.\n2*s Accessits : MM. Bourdeau, Bourgain.\nCOR.\nJury : MM. G. Fauré, Busser, Picheran, Vidal, Lachanaud,\nPénable, Werbreghe, Reine, Belle, Petit, Bilbault, Laforgue,\nBourgeois, Bourgeat.\nMorceau de concours d'H. Busser.\nMorceau à déchiffrer du même.\nProfesseur : M. Brémond.\nPT Prix :M. Bacquier.\n2e Prix : M. Lamouret.\nlers1ers Accessits:MM. Fabre, Hoogstoel.\n2ts Accessits : MM. Julin, Fumière, Josse.\nComme les années précédentes, les morceaux choisis sont de\nvéritables casse-cou, dont la difficulté excessive nuit à la sûreté\ndes attaques."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.74", "texte": "784\nBULLETIN FRANÇAIS DU LA S. I. M\n\nCORNET A PISTONS.\nMême jury.-\nMorceau de concours : Cantabile de Ph. Gaubert.\nMorceau à déchiffrer de Paul Vidal.\nProfesseur : M. Mellet.\nPrix : MM. Rodet, Caron.\n2es Prix : MM. Delmotte, Gobeaux, Laborie.\n2es Accessits : MM. Bonne, Montigny.\nC est une très bonne classe, où les élèves se suivent de fort près\nTROMPETTE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo d'Auguste Chapuis.\nMorceau à déchiffrer d'Alexandre Georges.\nProfesseur : M. Franquin.\nlers1ers Prix : MM. Beghin, Deruyck, Boissy.\n2es Prix : MM. Cherrière, Delattre.\nj?ers Accessits : MM. Panier, Perret, Ghampendal.\n2e Accessit : M. Godebert.\nBeaucoup d éclat, de précision et de chaleur chez presque tous.\nTROMBONE.\nMême jury.\nMorceau de concours : Solo de concert de Th. Dubois.\nMorceau à déchiffrer de Véronge de la Nux.\nProfesseur : M. Allard.\nlers1ers Prix : MM. Lacroix, Meyer.\nSes Prix : MM. Duchesne, Munio.\nîers Accessits : MM. Dupont, Dervaux, Marin.\n2es Accessits : MM. Vigoureux, Garric.\nMM. Lacroix et Meyer sont tous deux remarquables : le pre-\nmier, qui nuance avec une finesse extrême, est peut-être plus\nmusicien; le second, qui a de l'ampleur et ne craint pas les oppo-\nsitions, plus artiste. Mais on ne devrait pas prescrire de trilles au\ntrombone à coulisse.\n\nL. L."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.75", "texte": "Musiciens Belges\nCHARLES MÉLANT\n\nCharles Mêlant est né à Bruxelles le 2 août 1851. Il révéla,\njeune encore, son goût de la composition musicale; à l'âge de\n18 ans, il composait le Chant d\nresté populaire, et en honneur dans toutes les Universités belges.\nIl se livra bientôt exclusivement à son Art, et partit pour Paris\noù, en 1874, il fut reçu membre de la Société des auteurs et com-\npositeurs. Il suivit les cours du Conservatoire, se lia d'amitié avec\nde nombreux artistes devenus célèbres et « s'essaya » dès\nlors dans de nombreux poèmes, tels que d'A. Daudet,\nles Triolets à Nini de Grangeneuve, les Mois du bon François Coppée,\net quantité d'autres pièces d'Armand Sylvestre, Gabriel Prévost, etc.\nCes premières œuvres furent bien accueillies et trouvèrent de suite\nun éditeur. A. Leduc les publia. Le succès, avant-coureur du renom\nfutur, couronna les débuts du jeune auteur.\nEn 1878, il donne à la scène un premier opéra : l'Avalanche.\nD'autres ouvrages se succèdent alors sans interruption .' Enlevez\nïêcriteau. Folle Vie, le Prince charmant, (poème"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.76", "texte": "786\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nde Maeterlink), Andromède (drame d'Edmond Picard),\nrance de Faust, la Chanson de la mer, la Main gauche, Ce n'était\nqu'un rêve, Chants d'Enfants (2 recueils), VAmi du Roi, 4 volumes\nd'Adaptations mélodiques, la Part six recueils de 20 mé-\nlodies, etc., etc., morceaux pour orchestre : symphonies,\nharmonies, fanfares.\nOn le voit par cette rapide énumération, certainement incom-\nplète, M. Mêlant possède, d'ores et déjà, un bagage important.\nTravailleur infatigable, il accomplit un surprenant labeur, ne\ns'accordant que bien peu de repos.\nIl a trouvé dans la compagne de sa vie une collaboratrice\nfidèle autant qu'autorisée en matière musicale. Mme Mêlant, fille\nd'Albert Picard, président du Conseil provincial du Brabant, fit\ndes études très complètes avec le maître Émile Mathieu, directeur\nactuel du Conservatoire de Gand, auteur trop modeste de\net eut comme professeur de piano M. Paul d'Hooghe, de l'Aca-\ndémie de musique de Louvain. Elle s'est, en outre, acquis une\nréputation dans la presse artistique et littéraire sous le pseudo-\nnomie de Severa Corelli.\nM. Charles Mêlant est, à présent, joué un peu partout, sur nos\nthéâtres, dans les concerts particuliers et publics, dans les salons,\njusqu'en les recoins de province. Ses œuvres furent applaudies\ndans tous les milieux « intellectuels » du pays ; son nom appartient\nà l'histoire des manifestations artistiques du peuple belge.\nDans sa préface au premier recueil d'Adaptations mélodiques\ndu compositeur, M. A. du Plessy, de la Tribune artistique,\nécrivait:\n« En fin psychologue, M. Mêlant a eu l'idée d'attirer les dilet-\ntanti à l'audition de nos poètes, en faisant souligner leurs récits\nd'une adaptation symphonique... »\nEt plus loin :\n« Nous irons partout où l'on voudra nous accueillir, porter,\navec une autre « bonne parole » au cœur des auditoires les plus\ndivers, la beauté émanée à travers l'âme de nos poètes. Nous\nessayons ainsi de ressusciter, pendant une heure, de temps en"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.77", "texte": "CHARLES MÉLANT"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.78", "texte": "MUSICIENS BELGES\n787\n\ntemps, les anciennes assemblées où, pieusement, on écoutait les\nménestrels ou les rhétoriciens, s'élevant aux sons variés des ca-\ndences musicales et des rythmes prosodiques vers une seconde\nvie, celle où l'on respire un peu de Rêve et d'ldéal. »\nCes quelques notations nous indiquent la voie que s'est tracée\nle compositeur, et nous révèlent un premier caractère de sa mu-\nsique. A ce titre, Charles Mêlant occupe une place à part dans le\nmouvement musical belge. Tandis que, parmi nos compositeurs,\ncomme je le remarquais dans l'avant-propos à cette série d'es-\nquisses, les uns subissent l'influence germanique, révélant leur\nascendance teutonne, les autres se rattachent à l'école moderne\nfrançaise, avec pour chefs reconnus Dukas, Chabrier, Bruneau,\nChausson, etc., trop directement, selon nous, à quelques rares\nexceptions, M. Mêlant incarne, très réellement, l ame belge 1\nExubérant, joyeux, plein d'avenante santé, grivois, aimable,\nélégant, d'abord facile et de charmante compagnie, il est « le vrai\nmusicien de chez nous ». L'accueil chaleureux qu'il trouva, tout\nrécemment, auprès du grand public des universités populaires, le\nsuccès qu'il rencontre en tous lieux, le prouvent à merveille, d ail-\nleurs !\nSa musique a la gaieté prime-sautière du Wallon, le naturisme\nsincère du Flamand, tout à la fois, et les poètes « belges » ne\npouvaient trouver meilleur « rhapsode ».\nQuant à la formule d'expression, Charles Mêlant témoigne, dès\nses débuts, de ses dilections pour l'école de Massenet, le disciple\négale le maître. Ses ouvrages pour le théâtre s'apparentant\nau théâtre littéraire des Spaak, Lutens, Morisseaux, Liebrecht, etc.\nbrillent de l'esprit parisien, tout en gardant le caractère natio-\nnal que j'ai signalé plus haut.\nLa même note se retrouve dans ses mélodies et dans la plupart\ndes adaptations. C'est dans ce genre très spécial que semble\ndevoir « s'illustrer » principalement le compositeur. Il a su choisir\nles meilleures productions de notre littérature poétique actuelle .\nles noms de Verhaeren, Maeterlink, Edmond Picard, Gilkin,"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.79", "texte": "788\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\n\nEekhoud, Giraud, Le Roy, etc., y voisinent avec ceux des\n« jeunes », dès à présent salués des plus favorables augures.\nIl convient de louer vivement M. Mêlant pour sa belle initiative\net pour le noble but auquel il consacre son talent. Nul doute que\nses efforts ne soient couronnés du légitime succès.\nLa place me manque pour étudier ici, dans ses détails, l'œuvre\ndéjà longue du musicien. Ceci constitue la matière d'un volume.\nQu'il me suffise d'en avoir indiqué les caractères primordiaux et\nles pages capitales, en trop brève esquisse, et qu'il me soit\npermis de redire qu'elle restera une des plus vivantes expressions\ndes aspirations musicales de la nation belgique.\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.80", "texte": "NOTES JURIDIQUES\nLA COPIE MANUSCRITE DE LA MUSIQUE\n\nLa copie manuscrite de la musique est-elle licite (1) ? C'est\nune question qui intéresse un grand nombre de personnes, aussi\nbien le musicien amateur et le critique d'art qui copient les\npages de musique qu'ils veulent étudier dans des partitions\nempruntées à des amis ou à des bibliothèques publiques, que\n1 entrepreneur de spectacles ou de concerts qui fait copier sur\nune partition d orchestre qu'il a achetée les parties d'instruments\ndestinées à ses musiciens.\nEn ce qui concerne les premiers, la solution n'est pas dou-\nteuse : la copie manuscrite de la musique est licite tant qu'elle\nest faite pour un usage privé et dans un but d'instruction per-\nsonnelle. La doctrine et la jurisprudence (2) sont d'accord sur ce\npoint. On ne peut, en effet, réputer contrefacteur celui qui, dans\nun but d'étude ou pour aider sa mémoire, copie un morceau de\nmusique ; il pourrait l'apprendre par cœur, pourquoi ne pourrait-\n\n(1) Il ne s agit naturellement que de la musique non tombée dans le domaine\npublic.\n(2) i rib. civ. de la Seine, 24 juin 1846, Blanc, p. 160: trib. civ. de la\nSeine, 20 avril 1870, Pataille, 1870, p. 172 ; trib. comm. de la Seine, 20 dé-\ncembre 1871, Droit,B février 1572 ; G. de Paris, 7 mars 1872, Pataille, 1874\np. 172."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.81", "texte": "790\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nil pas le copier ? On peut bien dire, il est vrai, que la copie d'une\noeuvre musicale en est un véritable exemplaire, et qu'en le con-\nfectionnant, même pour ses besoins personnels, on prive le com-\npositeur ou l'éditeur du bénéfice qui résulterait pour lui de la\nvente de l'ouvrage imprimé. C'est exact ; mais il ne faut pas\nrendre trop tyrannique le monopole du compositeur ;et\nd'ailleurs l'usage privé de la copie de la musique échappe à son\ncontrôle. Il est non seulement logique, mais matériellement né-\ncessaire d'admettre, pour le cas qui nous occupe, la liberté de la\ncopie des oeuvres musicales, liberté qui est certainement con-\nforme à l'esprit de la loi de 1793.\nMais on doit limiter très strictement cet usage de la repro-\nduction manuscrite : dès que la copie sert à autre chose qu'à\nune étude personnelle ou à un usage privé, elle devient illicite,\net à plus forte raison lorsqu'elle a pour but de procurer au\ncopiste un bénéfice quelconque même indirect. Ainsi, il n'est pas\ndouteux que la copie vendue ou louée soit une contrefaçon ;et\nmême je n'hésiterais pas à réputer telle la copie qui servirait à\nguider la mémoire d'un virtuose dans un concert donné à son\nbénéfice.\nC'est surtout à propos des copies manuscrites employées dans\nles théâtres que les difficultés ont surgi, fréquentes et nom-\nbreuses ; il s'agit, il est vrai, d'intérêts assez considérables et la\nquestion demeure très controversée. Les directeurs de certaines\nscènes lyriques, dans un but d'économie, se contentent d'acheter\nune partition d'orchestre des ouvrage qu'ils ont l'intention de\nreprésenter, et font copier sur cet exemplaire les différentes parties\ndestinées aux instrumentistes. Ces parties séparées d'orchestre,\nqui doivent servir à l'exécution de la musique au cours des repré-\nsentations, sont-elles des contrefaçons ? Non, dit la jurispru-\ndence, car « il ne paraît pas douteux que de même que, s'agissant\n« d'une comédie, le directeur du théâtre qui paye le droit de\n« représentation peut, sans commettre de contrefaçon, copier\n«ou faire copier dans la brochure achetée à l'éditeur le\n« rôle à jouer par chacun des acteurs, de même ce directeur ne\n« fait qu'user d'un droit, lorsqu'ayant à représenter un opéra, il\n« copie ou fait copier àla main, dans la partition gravée achetée"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.82", "texte": "NOTES JURIDIQUES\n79 1\n\n« aux éditeurs, les parties de violon, de flûte ou autres, qu'il des-\n« tine au pupitre de chacun des exécutants ; la contrefaçon n'appar-\n« tiendrait que si ce directeur faisait œuvre d'éditeur, c'est-à-dire\n« multipliait les copies et les employait non pas seulement à\n« l'usage du théâtre dirigé par lui, mais pour les exploiter à\n« part et les ajoutera son commerce. La doctrine et la jurispru-\n« dence s'accordent à interpréter ainsi la loi ; elles consacrent pour\n« le directeur de théâtre, propriétaire d'un exemplaire d'une par-\n« tition, le droit de copier pour l'usage des artistes de l'orchestre\n« les parties de cette partition et décident qu'il n'y a dans ce fait\n« qu'un acte intérieur, un procédé de représentation dont les\n« conséquences sont bornées, et qui ne saurait porter atteinte au\n« droit de propriété des éditeurs (1). »\nCette opinion se retrouve, presque unanimement adoptée,\ndans toutes les décisions des tribunaux (2). La jurisprudence\nestime que la copie manuscrite des parties d'instruments d'après\nune partition d'orchestre, faite en vue des représentations, n'est\nillicite que si les exemplaires ainsi confectionnés sont loués ou\nvendus, font l'objet d'un commerce. Sans doute, disent les parti-\nsans de cette théorie, la représentation est un acte de commerce ;\nmais nous n'avons à nous occuper que du droit d'édition et non\nde celui de représentation ; les copies incriminées peuvent bien\nêtre utiles àla représentation, mais on ne peut pas dire qu'elles\nsont par là mises à l'usage du public. Ces copies ne constituent,\nde la part du directeur, qu'un acte d'administration intérieure\ncompris dans le droit de représentation ; le fait de copier, de repro-\nduire pour l'usage personnel des artistes, et en vue de la repré-\n\n(1) C. de Besançon, 6 juillet 1892, Dalloz, 92-2-579.\n(2) Voir notamment un arrêt de la Cour de cassation dans lequel il est\ndit :\n«... Attendu que le délit de contrefaçon ne peut exister que lorsqu'il y a édi-\n« tion, c'est-à-dire vente ou distribution au public de copies exécutées sans\n« autorisation de l'auteur ou de son cessionnaire et faisant une concurrence\n« illicite à l'édition originale ; qu'il en est autrement des copies dont l'usage\n« n'est que l'exercice du droit de représentation et qui ne sont pas mises dans\n« le commerce. » (Cass., 25 janvier 1893, Dalloz, 1893-1-144.)\nVoir dans le même sens : G. Paris, 25 janvier 1878, Dalloz, 1879-2-51 ; Cass.,\n28 janvier 1888, Dalloz, 1888-1-400 ; Cass., 5 décembre 1895, Dalloz, 1897-1-\n205."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.83", "texte": "792\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nsentation, ne peut être à aucun point de vue considéré comme\nune édition. Tous ceux qui font une copie ont un intérêt à le\nfaire, ne fût-ce que pour épargner le coût d'un exemplaire pris\nchez l'éditeur ; mais ce n'est pas là la spéculation que la loi a\nen vue quand elle punit la contrefaçon. L'usage fait de la copie\ndans l'intérieur du théâtre pourra bien avoir pour conséquence\nune diminution des frais, une économie, mais n'augmentera pas\nle bénéfice résultant de la représentation. D'ailleurs, conclut-on,\npour rassurer les compositeurs et les éditeurs sur les consé-\nquences de ce système, les copies manuscrites ne remplacent\njamais les exemplaires gravés ; elles ne sont jamais qu'un expé-\ndient momentané qui ne peut faire diminuer sensiblement la vente\nde l'ouvrage original.\nBien que la jurisprudence ait généralement adopté cette manière\nde voir, etbien qu'elle soit d'accord avec la majorité des auteurs(i),\nje ne puis admettre son opinion. D'abord, il est nécessaire de\ndistinguer très nettement le droit d'édition du droit de repré-\nsentation ; ce n'est pas parce qu'un directeur de théâtre a obtenu\n1 autorisation de représenter un drame musical qu'il peut se\ndispenser d'acheter la musique nécessaire à son orchestre ;\nde même, en sens contraire, qu'il ne suffit pas d'acheter un\nmorceau de musique pour pouvoir l'exécuter en public. D'autre\npart, on ne peut pas dire que l'entrepreneur de spectacles ne\ncause aucun préjudice au compositeur ou à l'éditeur en faisant\ncopier la partition pour les besoins de ses musiciens 5 ce dernier,\nen effet, a avancé une somme considérable pour faire graver les\nparties d'orchestre ; il a calculé le tirage des exemplaires en pré-\nvision des exécutions ; et la mévente de sa musique lui cause un\npréjudice d'autant plus appréciable que les orchestres des théâtres\nlyriques se composent d'un assez grand nombre de musiciens. Il\nn est pas vrai non plus de prétendre que la copie manuscrite ne\nsoit qu'un expédient; elle remplace bel et bien, pour toute la durée\ndes représentations, les exemplaires gravés. Enfin on nepeut sou-\n\n(1) Dalloz , Propriété littéraire,no 363 ; Rendu, n« 866 ;\nVivien et Bianc, Législation des théâtres, n°7ii ; Renouard,t. 11, n\" 29;\nLacau, Législation des théâtres."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.84", "texte": "NOTES JURIDIQUES\n7 93\n\ntenir que les copies dont il est question ne sont pas faites en vue\nd'un gain et ne sont qu'un acte d'administration intérieure; un\nthéâtre est une exploitation commerciale, et c'est en vue, de cette\nexploitation que le directeur de théâtre remet une copie à chaque\nmusicien ; il cherche par ce moyen à diminuer ses frais, autre-\nment dit à augmenter ses bénéfices, et il les augmente de tout ce\nqu'il ne paie pas à l'éditeur (i). Pour ces deux raisons : préjudice\ncausé au propriétaire du droit d'édition, et gain réalisé à son\ndétriment, je pense qu'il faut sans hésiter combattre et rejeter\nl'opinion qui a cours dans les tribunaux (2).\nEn résumé, on doit admettre que la copie manuscrite de la\nmusique est licite quand elle est faite pour un usage privé et en\nvue d'études personnelles, mais dans ce cas-là seul. Dès qu'elle\nest utilisée en dehors de ces limites très étroites, elle devient une\ncontrefaçon. C'est, il me semble, la seule interprétation qui soit\nconforme à l'esprit de la loi de 1793 et qui satisfasse ceux qui\nont souci de défendre les droits de l'artiste.\n\nGeorges Baudin.\n\n(I)En ce sens quelques décisions isolées : trib. corr. de la Seine, 6 dé-\ncembre 1877, Droit, 7 décembre 1877 > trib. corr. de Marseille, 23 décembre\n1886, Droit, 21 janvier 1887.\n(2) Pouillet [Traité de la propriété artistique) considère avec juste raison\ncomme une contrefaçon les copies faites par un directeur de théâtre pour rem-\nplacer des parties d'orchestre gravées, abîmées par l'usage.\nEn sens contraire, voir C. d'Angers, {B7B, Pataille, 1878, p. 120."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.85", "texte": "Un Congrès de chant grégorien\n\n(Les Sables-d'Olomte, ',\nChacune des espèces de l'art musical a ses fidèles et ses passion-\nnés : à l'heure actuelle, dans l'ordre de la musique religieuse, il\nn'est peut-être pas comme le chant grégorien pour réunir dans un\nmême but artistique et tout à la fois pratique un aussi grand\nnombre de partisans.\nLe chant grégorien est, en effet, dans l'art musical, le « pain quo-\ntidien » de l'Église, puisqu'il en est la seule musique officielle, la\nmélopée rituelle des fonctions liturgiques. Le mouvement de res-\ntauration parti des travaux de l'école de Solesmes depuis un demi-\nsiècle, et consacré d'une façon définitive par le pape Pie X, donne\nun regain de nouveauté à la vieille mélodie ; pour la plupart des\nauditeurs, c'est une initiation à des splendeurs inconnues, au\nculte de la mélodie pure, dans une de ses formes dans sa\nforme unique peut-être la plus parfaite.\nDepuis quinze ans, une dizaine d'assises musicales et de con-\ngrès (i) ont été consacrés en France à cette question, vitale pour la\n\n(i) Rodez, en 1894, organisé parles Bénédictins ; Bordeaux, Reims, Niort,\nles années suivantes, par des comités locaux ; Avignon (1899), Paris (1900),\nBruges (1902), Clermont (1902), par la ; Arras (1904), par la Procure\nde musique d Arras ; on peut y rattacher le premier grand congrès interna-\ntional de Strasbourg, en 1905. Depuis ce moment, la situation ecclésiastique\nen France n avait pas permis la réunion de semblables congrès."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.86", "texte": "liturgie latine, du chant grégorien. Mais partout à part peut-\nêtre à Rodez, en 1894 il n'était pas le seul genre de musique\nqui fût envisagé dans ces assemblées : la polyphonie palestinienne\net plus moderne, les œuvres profanes ou populaires, y comptaient\nautant, et parfois plus.\nDans le congrès, au contraire, qui vient d'être tenu aux Sables-\nd'Olonne, si diverses compositions anciennes ou modernes ont été\nexécutées au cours des offices religieux, il n'a été question presque\nuniquement aux séances des congressistes que du principal fac-\nteur qui les avait groupés : le chant grégorien.\nLe moment était bien choisi pour réunir les fervents et les pra-\nticiens de cet art : un an écoulé depuis la publication du Graduel\nromain de l'Edition Vaticane permettait de se rendre compte de\nl'effort accompli et des résultats obtenus. La ville où nous fûmes\nconvoqués n'était pas moins désignée pour ces belles assemblées :\nc'est en effet aux Sables-d'Olonne, il y a trente ans déjà, dès l'appa-\nrition des premiers ouvrages de Dom Pothier, que fut constituée\nchez nous la première maîtrise vraiment grégorienne, par l'archi-\nprêtre de cette ville, Mgr R. du Botneau, dont on célébrait pré-\ncisément le jubilé sacerdotal.\nIl y avait donc là une double fête : fête de la réforme du chant\nliturgique, en même temps que d'un de ses plus fidèles apôtres. Et\nc'est la seconde pensée qui donna naissance à la première, dans\nl'esprit de son promoteur.\nDonc Mgr R. du Botneau, prélat de Sa Sainteté et archiprêtre\ndes Sables-d'Olonne, nous avait conviés, pendant trois jours, à\nunir nos efforts en vue de la « glorification » et dé la diffusion\npratique du chant grégorien, et spécialement du Graduel ré-\nformé de Pie X. Un comité de patronage fut réuni, parmi les\nmembres duquel nous relevons les noms de MM. Guilmant, Gi-\ngout, Pierre Aubry, de la Tombelle, Maurice Emmanuel, etc. Dès\nla première annonce du congrès, cent cinquante adhésions se ma-\nnifestèrent ; elles augmentèrent rapidement, et, finalement, on\ncompta près de quatre cents congressistes, chiffre énorme pour une\n\n7\n4\n\nS. I. M#\nUN CONGRÈS DE CHANT GREGORIEN\n795"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.87", "texte": "7 96\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nquestion, en somme, très spéciale, et dans une assemblée particu-\nlièrement régionale.\nL'ouest de la France était, en effet, spécialement visé, et l'on vint\nsurtout des diocèses de Bretagne, de la Vendée et des Gharentes,\ndes rives de la Garonne, depuis Saint-Brieuc jusqu'à Agen.\nEnviron trente archevêques et évêques avaient envoyé leurs\nencouragements, et seize d'entre eux s'étaient fait officiellement\nreprésenter. La lettre la plus explicite à ce sujet fut certainement\ncelle de l'archevêque de Paris, Mgr Amette, désirant et deman-\ndant que le mouvement grégorien demandé par Pie X soit ac-\ncompli le plus rapidement possible. Avis aux musiciens d'église\nparisiens, si clairsemés, hélas 1 à ce congrès, malgré l'adhésion ou\nla présence du maître de chœur de Notre-Dame, M. l'abbé Re-\nnault ; de M. Drees, de Saint-François-Xavier ;de M. Meunier,\nde Sainte-Clotilde ; du professeur de chant liturgique de l'lnstitut\ncatholique ; de M. l'abbé Latty, de Saint-Leu.\nLes réunions du congrès comprenaient des séances de rapports\net de discussions et les offices divins. Ceux-ci étaient célébrés\ndans la superbe église de Notre-Dame de Bon-Port; celles-là étaient\ntenues à la salie Jeanne-d'Arc.\nLe congrès fut ouvert par un remarquable discours du pro-\nmoteur, Mgr du Botneau, sur le rôle de la musique d'église, le\nsens artistique qui doit s'en dégager, avec l'élévation et l'enno-\nblissement intellectuel qui en résultent. Le Révérendissime Dom\nPothier, principal artisan de la réforme grégorienne, lui succéda,\net mit en lumière l'histoire du mouvement solesmien, en passant\nd'abord en revue les travaux d'approche de ses devanciers jus-\nqu'aux derniers résultats les plus tangibles, consignés dans le\nGraduel Vatican. Les lecteurs du bulletin delà S. I. M. n'exigeront\npas que je leur raconte dans le détail ces diverses séances ; elles\nfurent toutes des plus intéressantes, les quelques observations ou\ndiscussions rapidement résolues, et en fin de compte, on se pre-\nnait à regretter que le congrès fût si tôt terminé : tant de choses\nencore restaient à dire I\nC'est que le sujet est vaste, et il faut savoir se borner. Aussi\nle cadre des communications était-il à la fois pratique et précis.\nD'une part, montrer le bien fondé de la réforme en général, et, en"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.88", "texte": "UN CONGRÈS DE CHANT GRÉGORIEN\n797\n\nparticulier, le caractère scientifique et artistique du Graduel Vati-\ncan ; d'un autre côté, envisager les progrès de l'enseignement et\nde l'exécution du chant grégorien dans les séminaires et les écoles\nchrétiennes, les églises, les œuvres diverses. De là conclure à\n1 avancement, plus accentué encore, de l'œuvre de restauration\npartout où les efforts peuvent pénétrer.\nJe citerai spécialement le lumineux rapport de M. le chanoine\nPoivet sur l'enseignement du chant dans les séminaires ; les spiri-\ntuels récits du Révérendissime Dom Guépin, abbé bénédictin de\nSilos, sur 1 unité de l'œuvre de Solesmes et sur le mouvement de\nrestauration enEspagne ; de M. l'abbé Méfray, l'excellent maître de\nchapelle des Sables-d'Olonne, sur le Graduel romain considéré\ncomme moyen d'apostolat dans les œuvres ; de M. Le Guennant,\nmaître de chapelle de Saint-Nicolas de Nantes, sur la formation\nd'une union des musiciens d'église de l'Ouest, fortement appuyée\npar M. Y. d'lndy, etc.\nMais je n'ai pas dit un mot encore des exécutions. Elles sont à\nciter, et d'autant plus qu'elles eurent pour agent principal la\nmaîtrise paroissiale des Sables, formée de marins et d'ouvriers du\nport, qui, avec leurs enfants, viennent régulièrement travailler\nl'art vocal avec les chefs-d'œuvre de la musique d'église, et don-\nner leur concours aux offices. Et c'est merveille de voir le résultat.\nUne cinquantaine de voix puissantes, mais assouplies, chantant\navec des qualités vocales et musicales qu'on rencontre rarement\ndans nos maîtrises de grandes villes ; et à Paris, je ne sais guère\nque celle de Saint-François-Xavier, et peut-être celle de Saint-\nSulpice, formées cependant de professionnels, qui puissent rivaliser\navec leur sœur maritime des Sables-d'Olonne. Je souhaite à tous\nles associés du S. I. M. de passer, ne serait-ce qu'un dimanche,\ndans cette coquette petite ville, et d'y assister aux offices ainsi\nchantés.\nLes pièces les plus remarquées furent tout d'abord les chants\ngrégoriens, et surtout le suave Übi les admirables graduels\nConstitues, Lœtatus sum, la messe entière du dernier jour, qui\nétait celle de la Dédicace. Ces chants étaient encadrés d'œuvres\npolyphoniques : un superbe choral de Bach,\n(traduction de M. Mahot), un chœur du de un"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.89", "texte": "7 98\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\n\nmotet de Piel (école cécilienne allemande) pour soprano et alto,\ntrès délicatement rendu, le répons de l'abbé Couturier,\nle ravissant cantique (à l'unisson) de Ch. Bordes, Je te salue.\nLe troisième jour, la maîtrise alternait avec la\nla Croix de bois,qui donna d'excellente façon, et parfois àla per-\nfection, la messe Quarti tonide Vittoria, avec de la messe\nSine nominede Palestrina, le Diffusa de Nanini, le\nde Vittoria, et le Te Deumalternant avec l'assistance entière\nchantant le ton solennel du chant grégorien, tandis que le chœur\nrépondait par les admirables versets d'Anerio.\nCe furent, en résumé, des fêtesinoubliables. Mais, contrairement\nà tant d'autres, le résultat sera durable, car malgré une note\nanticipée et malveillante d'un de nos confrères italiens mal ins-\npiré de telles réunions seront fécondes en résultats pratiques.\nLe grand nom de Solesmes acclamé en la personne de ses illustres\nreprésentants au Congrès, l'unité de vues des assistants sur l'en-\nsemble des questions traitées, les éclaircissements apportés aux\nbonnes volontés jusque-là sans direction, l'union pratique qui en\nrésultera pour beaucoup d'entre eux, enfin le chant grégorien et\nle Graduel Vatican mieux compris, entrés désormais dans la pra-\ntique de tant de séminaires et d'églises, n'est-ce point la marque\nde la meilleure réussite du superbe congrès des Sables-d'Olonne ?\nSa date restera dans les annales de la réforme du chant liturgique\nen France.\n\nAmédée Gastoué."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.90", "texte": "REVUE DE LA PRESSE\nM. Louis Laloy a publié dans du 10 avril et du\n10 mai 1909 une enquête sur Wa A l'occa-\nsion d'un article de M. Lalo dans le Temps, où celui-ci invitait nos\njeunes musiciens à étudier Wagner plutôt que M. Debussy,\nM. Laloy avait écrit à ces jeunes musiciens pour leur demander\njustement ce qu'ils pensaient des directions qu'on leur indiquait\nlà. Et ce sont ces réponses qu'il a données dans\navec un léger commentaire.\nMme A. de Polignac, MM. Alfred Casella, Gabriel Dupont, Jean\nHuré, Raoul Laparra, Albert Roussel, Gustave Samazeuilh, Déo-\ndat de Séverac, Paul Gilson, Raymond Bonheur, Florent Schmitt\net Maurice Ravel ont répondu aux questions que leur posait\nM. Laloy.\nEt il résulte nettement de leurs réponses : i° que nos musi-\nciens français bâtissent à l'écart du colosse, parce que le goût\nfrançais, dont ils sont les représentants, ne les pousse pas au\ncolossal ; 20 qu'ils admirent tous M. Claude Debussy.\nC'est simple, c'est clair, c'est net ; et il faut remercier M. Laloy\nd'avoir ainsi montré quelles étaient les positions, et d avoir déli-\nmité d'un trait net la situation : Wagner est Wagner; les Français\nsont Français, et M. Debussy est un grand musicien, au même\ntitre qu'un Gluck ou qu'un Berlioz.\nG. Q. F. D."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.91", "texte": "800\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nThe Monthly Musical Record,Ier juillet 1909:\npar M. Sames A. Browne.\nM. J. Loisel poursuit dans le C son étude de\nSonate classique avant Beethoven.\nUn collectionneur viennois, M. le Dr Auguste Heymann, vient\nde retrouver, en feuilletant un carnet d'esquisses du peintre Joseph\nTeltscher, deux dessins représentant « Beethoven sur son lit de\nmort ». On savait depuis longtemps que ces feuillets devaient\nexister, et le Dr Frimmel rappelle dans les\nJe passage où Thayer dit, d'après A. Hiittenbrenner, que «le\npeintre Teltscher commença à dessiner les traits de Beethoven\nmourant », mais qu'un ami du moribond, Et. de Breuning, en fut\nfroissé, et que sur ses instances le peintre « empocha son carnet\nd'esquisses et s'en alla ». Quelque imparfaits que soient les dessins\nconservés, ils remplissent un vide dans la série des images d'après\nlesquelles nous pouvons nous faire une idée du physique du grand\nmusicien.\nUn journal italien, il Resto del Carlino, donne des détails sur\nla femme qui fut, dit-on, la grande passion de Bellini, et qui avait\nnom Giuditta Cantù-Turina. Il reproduit d'abord ce jugement\nporté sur elle par une autre femme : « Giuditta n'était point\nbelle, mais grande et bien faite de sa personne ; son visage, assez\npeu expressif, avait cependant quelque chose de sinistre. Elle par-\nlait beaucoup, et sa langue venimeuse s'attaquait aux réputations\nles mieux établies. Elle était effrontée et intrigante. Elle mourut\nvieille et malheureuse, sans que personne songeât à la plaindre. Un\nseul ami, si l'on peut l'appeler ainsi, lui restait, R... Je l'ai connu.\nIl la considéra toujours comme l'une des causes principales de la\nruine de la santé du pauvre Bellini. » En regard de ce portrait, un\nautre la présente comme fort aimable, en ajoutant que si, pour\nBellini, « elle trompa le mari Crésus qui avait pour ainsi dire"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.92", "texte": "REVUE DE LA PRESSE\n801\n\nacheté sa beauté férocement sensuelle, cela ne doit porter tort à\nson intégrité morale (!) ». Les amours de Bellini avec cette Giu-\nditta durèrent de 1828 à 1834, c'est-à-dire pendant toute sa\npériode de grande inspiration. Romani, son librettiste, pour se\njustifier, dit-on, du fiasco de Béatrice di Tenda, publia un article si\nplein d'âcres allusions à ces amours qu'il en résulta un scandale\nénorme. L'époux de la Giuditta eut recours aux tribunaux et\nobtint la séparation légale. Bellini aurait pu alors l'amener avec\nlui à Paris ; mais dans ses triomphes parisiens, s'il ne put l'ou-\nblier, il voulut certainement la tenir loin de son cœur...\nReyer et Wagner.\nDans sa critique musicale, Reyer dit assez de bien de Wagner.\nIl voyait pourtant dans le musicien allemand un rival redoutable,\ndangereux surtout pour lui-même, en raison de l'identité des\nsujets de Y Anneau de Nibelung et de Sigurd. II dut souffrir vive-\nment lors de la création de la Walkà Paris, en mai 1893. Son\nfeuilleton du Journal des Débats,le i 3 mai 1893, renferme cette\nphrase attristée et exquise : « L'ère wagnérienne est arrivée ;\ntoute l'œuvre du maître y passera : va alterner sur\nl'affiche avec Lohengrin ; puis viendra Tristan et Yseult, en atten-\ndant les Maîtres Chanteurs et le Tannhseuser. Le reste viendra fata-\nlement... Le vent souffle de l'est. Et nous tous que le génie du\nTitan victorieux écrase, anéantit, ce qu'il nous reste à faire, après\navoir jeté un regard douloureux vers le passé, c'est de saluer l'ave-\nnir et de tomber avec grâce. »\nVers la même époque, une toute jeune fille de Lyon écrivait à\nReyer son enthousiasme pour Sigurd. Le vieux maître répondit à\nson admiratrice par le petit billet que voici, qui a son parfum de\nmélancolie :\nParis, 10 juillet 93.\nMademoiselle,\nJe vous laisse vos illusions, en vous priant de me les conserver jus-\nqu'au jour où vous serez venue à Paris la\nBien respectueusement.\nE. REYER.\n(Revue musicale de i 5 juillet 19°9-)"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.93", "texte": "802\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\nJ\n\nIl est question, parmi un certain clan de wagnériens habitant\nLucerne, d'acquérir sur le lac la villa que Wagner habita à Tribs-\nchen de 1866 à 1872. On en voudrait faire un musée des souvenirs.\nLa maison est restée, paraît-il, sensiblement pareille à ce qu'elle\nétait alors. On voudrait éviter que cette jolie retraite, dans\nlaquelle Wagner écrivit plusieurs de ses chefs-d'œuvre, ne devînt\nl'objet de convoitises intéressées. Elle se trouve sur un petit pro-\nmontoire qui avance dans le lac des Quatre-Cantons, sur le par-\ncours des bateaux qui vont de Lucerne à Stansstad et à Alpnach-\nStad, au pied du Pilate.\nDans la Tribune de Saint-Gervais (juillet 1909) : De Vaccompagne-\nment du chant grégorien,par l'abbé F. Brun.\nde Beethoven, par M. P. Coindreau. —La Logique du Rythme musi-\ncal, par l'abbé G. Marcetteau.\nUne parodie de Richard Strauss :\nIl manquait à la gloire de M. Richard Strauss la consécration de\n'a parodie : elle vient de lui être accordée. Sir Charles Yilliers\nStandford, le distingué symphoniste anglais, a fait exécuter le\n9 juin, au Queen's Hall de Londres, ce qu'il appelle une « combi-\nnaison chimérique en quatre crises » intitulée Ode àla cacophonie.\nLa première « crise » nous montre un thème connu de Schubert\nse débattant en vain contre le déchaînement des instruments à\nvent. On y voit aussi le chœur invoquant la déesse :« O toi, divine\ncacophonie, exerce ta puissance ! » La seconde crise débute par\nune mélodie lente pour clarinette-basse et violon, dans le genre\ndu Don Quichotte de Richard Strauss. Viennent ensuite de nom-\nbreuses réminiscences plus ou moins bien assimilées de Debussy,\npuis la Déesse s'écrie soudain : « Du bruit, encore du bruit, je\nveux du bruit! » Et cet ordre est congrûment exécuté. Ce passage\ndu texte en donne d'ailleurs une idée assez nette : « Soufflez,\nvous, trompettes, dans tous les tons à la fois, et déchirez l'air\népouvanté ! Maintenant, le fifre strident doit s'appliquer à percer"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.94", "texte": "REVUE DE LA PRESSE\n803\n\nles crânes jusqu'à la cervelle. Vous, pistons, beuglez, beuglez\nencore, et quant au trombone, que ses sons perçants couvrent\nla voix effrayante des chiens braques ! »\nC'en est assez pour qu'on puisse imaginer ce que sont les deux\ndernières « crises «.Ajoutons cependant que le compositeur avait\nrecommandé de corser l'orchestre par l'adjonction d'un « tam-\nbour Dreadnought » et de divers instruments bruyants, « actionnés\npar la vapeur, l'électricité et l'air comprimé ».\nM. Charles Graves a écrit pour cette musique des vers fort\nspirituels ; mais on peut reprocher à sa critique de la musique de\nM.Strauss de manquerun peu de précision. Le public n'a d'ailleurs\npas songé à formuler cette réserve, et Y Ode to discord a été accueillie\navec un véritable enthousiasme. (Le Courrier musical du ler juillet\n1909.)\nCritique musicale.\nL'administration du Casino d'Aix-les-Bains fait passer cette\nannée dans les journaux de Lyon, par suite de traités de publicité,\ndes comptes rendus des soirées théâtrales données dans la célèbre\nstation. Ces articles panégyriques contiennent des opinions musi-\ncales un peu déconcertantes. Qu'on en juge par cet exemple :\n« Lohengrin, l'opéra romantique du maître de Bayreuth, contient\ndes pages d'une réelle beauté et d'une grande puissance.\n« Wagner, en y apportant une note bien personnelle dans sa\nfaçon d'écrire, n'est nullement révolutionnaire.\n> 7\n« Le leit-motiv n'y règne pas en maître.\n« Elle est avec Tannhxuserl'œùvre qui reste le plus accessible\nau public. Wagner les a reniées.C'est cependant à ces deux ouvrages\nqu'il doit sa popularité. »\nQuelle reconnaissance ne devons-nous pas à une administration\nqui nous enseigne ainsi l'histoire de la musique !\nUn « Communiqué ».\nCelui-ci est dû à Mozart le père et parut le 2 5 octobre 1764 dans\nla Frankfurter Zeitung.Son but est d'annoncer un concert que de-"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.95", "texte": "804\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\nvaient donner Wolfgang-Amédée et sa sœur aînée. En voici la\ntraduction : « Ma fille, qui a douze ans, et mon fils, qui en a sept,\nexécuteront les concertos des plus grands maîtres sur un clavecin\navec ou sans queue ; mon fils jouera aussi un concerto de violon.\nMon fils couvrira avec un drap les touches du clavier et jouera sur\ncelui-ci comme s'il était découvert. De près, de loin, il reconnaîtra\nn'importe quel son ou quel accord donné sur un clavier, sur une\ncloche ou sur quelque autre instrument que ce soit. En dernier\nlieu, il improvisera autant qu'on le désirera, au choix, sur l'orgue\nou sur le clavecin, dans toutes les tonalités, même les plus difficiles.\nEt ses exécutions sur l'orgue sont tout autres que sur le clavecin. »\nJe cueille dans Comœdiadu 21 juillet quelques excellentes pres-\ncriptions d'hygiène à l'usage des personnes qui prétendent avoir\nde la voix... ou qui en ont une (ceci est plus rare, chacun le sait) :\nUne jeune Américaine de quelque talent, cantatrice à ses mo-\nments perdus, est allée voir récemment Mme Adelina Patti et lui\na posé cette délicate question :\n« Voulez-vous être assez bonne pour me donner quelques con-\nseils d'hygiène vocale ?\nN'abusez pas de vêtements chauds et endurcissez votre corps\ncontre les intempéries. »\nTelle a été la première recommandation de l'illustre et célèbre\ncantatrice. Elle développa ensuite en ces termes :\n« J'ai conservé ma voix grâce à des précautions minutieuses et\nincessantes ; mais j'ai toujours pris grand soin de ne pas me lais-\nser surprendre par les changements de température. On a écrit\nune quantité de sottises sur la peurexagérée que j'avais des rhumes\net des bronchites. Rien de moins exact, ou du moins si je redoute\nle froid, je ne le montre pas. Je m'exerce, au contraire, à suppor-\nter, sans en souffrir, l'ardeur du soleil ou la glace hivernale.\nL'hiver, j'évite de faire trop de feu dans mes appartements, je passe\nau moins deux heures par jour à l'air libre, quel que soit le temps,\nje me promène à pied et en voiture découverte.\n« N'ayez pas cette terreur du grand air qui rend les artistes si\nridicules. Évitez les fourrures où disparaissent certaines canta-"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.96", "texte": "REVUE DE LA PRESSE\n805\n\ntrices. Toutes les fois que j'ai mis, en hiver, un voile devant ma\nbouche pour ma promenade habituelle, je suis rentrée avec... un\nrhume... Ah ! par exemple, évitez autant que possible de sortir à\nla tombée de la nuit. C'est le moment où le loup sort du bois et\noù les... chats descendent dans la gorge... »\nVIVANT- DENON."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.97", "texte": "VICHY\n\nLe théâtre du Casino vient de donner avec un gros succès la première\nd'un ballet inédit, le Cabrettaïre, qui mérite de retenir l'attention, parce\nque cette œuvre implique des indications intéressantes sur le genre lui-\nmême.\nLes livrets de ballet sont trop souvent affabulés de façon exagérément\nconventionnelle. Leur fantaisie ne se relève d'aucune note d'art. Tel\nn'est pas le cas du Cabrettaïre,qui doit sa saveur très particulière à\nl'inspiration légendaire dont il dérive directement.\nCabrettaïre est un mot de patois auvergnat qui sert à désigner un\nmusetteur ; et le musetteur, virtuose montagnard dont l'instrument\nprimitif sait exprimer la mélancolie d'un site et rythmer l'allégresse des\nfêtes paysannes, est un personnage authentiquement pratique.\nNotre « Cabrettaïre » se nomme Pierronnel ; on le reçoit avec empres-\nsement quand il arrive, un soir de moisson, la veille d'une fête. Mais\nPierronnel s'endort, et pendant son sommeil, les fées d'Auvergne\nviennent lui voler l'embouchure de sa musette. Elles ne se contentent\npas de rendre son instrument muet : elles entreprennent de séduire le\nmalheureux Cabrettaïre. L'une d'elles, la fée des blés, y parvient si bien\nque Pierronnel est affolé d'amour. Il implore un baiser, mais le baiser\nde la fée tue celui à qui elle l'accorde.\nTelle est la légende : tel est le livret qui a le bon esprit de ne le point\naltérer.\nSi un compositeur était bien qualifié pour mettre en musique cette\njolie légende auvergnate, c'était bien M. Versepuy, à qui l'on doit la\ntranscription et l'harmonisation de tant de mélodies populaires d'Au-\nvergne.\nM. Versepuy a voulu que sa partition présentât symphoniquement\nles airs populaires de son pays, et cette tâche, il l'a accomplie avec\nautant de talent que de conscience artistique.\nLa bourrée et ses dérivés sont amenés et par l'action scénique et par la\nligne même de la partition.\nOn pense bien, en effet, que le compositeur ne s'est pas astreint à\nn'utiliser que des airs populaires. Il leur a demandé la couleur locale,\nla poésie agreste, l'archaïsme ; mais tels ces maîtres décorateurs qui\nfont un panneau d'art pour encadrer un médaillon antique, il a enve-"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.98", "texte": "807\n\nNOS ÉCHOS\n\nloppé ces mélodies montagnardes d'une polyphonie originale. Cela,\nsans parler de telles scènes traitées en drame lyrique, avec un constant\nsouci de l'exactitude d'expression.\nLa chorégraphie du Ca brettaïreest l'œuvre de M. Soyer de Tondeur,\nl'excellent maître de ballet qui a su remarquablement coordonner les pas\nclassiques et les danses populaires.\nC'est lui également qui tenait le rôle de Pierronnel, le musetteur,\nrôle qui exige à la fois des qualités de mime et une virtuosité de\ndanseur.\nLa fée des blés avait pour interprète Mlle Ducy Maire, une première\ndanseuse étourdissante de brio.\nMl,cs Sosso et Carrica, deux autres fées, firent montre de grâce et de\ntalent.\nL'ensemble du ballet était, du reste, d'une excellente tenue quant\nà la correction des figures et des pas.\nLe public a beaucoup applaudi et l'œuvre qui plaît par son origina-\nlité poétique, pittoresque et musicale, et l'interprétation, grâce à laquelle\non a pu apprécier l'ouvrage dans une ambiance artistique digne de\nl'intérêt qu'il présente à tous les points de vue. Il convient, pour cela,\nde féliciter M. Saugey.\nL'orchestre, sous la direction nuancée de M. Rachet, a rendu supé-\nrieurement la partition de M. Versepuy.\n\nRinaldo.\n\nL'ORPHÉON MUNICIPAL DE LA VILLE DE PARIS\n\nCe groupement de professeurs et d'élèves des cours d'adultes et des\nécoles communales, en tout neuf cents exécutants, a donné le 6 juillet\ndernier son concert annuel, sous la direction de son inspecteur général\net chef réel, M. Auguste Chapuis, l'éminent professeur et compositeur.\nMalgré un temps exécrable, l'énorme salle duTrocadéro était bondée,\ndu côté du public comme sur l'estrade, et le succès a été superbe. Par\nun entraînement logique, une émulation intelligente, une sorte de véri-\ntable enthousiasme évoqué et manifeste chez tous ces groupes chorals,\ndepuis les enfants (ces enfants aux rythmes imperturbables qui nous\nont ravis naguère dans La Croisade des enfajusqu'aux hommes et\naux femmes dans la pleine maturité de leur voix, M. Chapuis arrive à\ndes ensembles d'une unité et d'une précision vraiment étonnantes.\nLe programme comportait, exprès, un peu de tous les genres\nd'orphéon : ensembles à l'unisson (Y Hymne à la nature de Beethoven) ;\nchœurs à toutes voix sans accompagnement (l'Hymne à la musique de\nM. Chapuis, d'un tour très remarquable, mais complexe et de grande"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.99", "texte": "808\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\ndifficulté ainsi ; Chant de Valouette de Mendelssohn, beaucoup plUs\nsimple) ; chœurs à toutes voix avec orchestre de\nLenepveu) ; chœurs à quatre voix mixtes (de Schumann ou Moniuskzo) •\nchœurs pour voix de femmes {Les Esprits de B. Godard, qui furent\nbissés et donnèrent l'occasion d'une ovation à M. Chapuisj ; chœurs\nd'hommes (La Chanson d'ancêtre deSaint-Saëns, avec M. Déteneuille\npour le solo) ; enfin chœurs d'enfants, petites « symphonies vocales »\nmenuet, tambourin, ronde, solfiés avec une légèreté rapide, par les\nfilles, les garçons, puis tous ensemble, et qui font autant d'honneur àla\ndirection de M. Chapuisqu'à son mérite de compositeur.\nNous reparlerons de cette œuvre à tous points de vue si intéressante\n\nG. M.\n\nTOURNÉE DOIRE ET RABANI\nJ. E.\nMM. Doire et Rabani entreprennent en ce moment une grande\ntournée artistique en Allemagne, avec le concours de Mmes Litvinne et\nTrouhanova, et d'un orchestre composé de premiers prix du Conser-\nvatoire. Ils nous ont donné à Paris la répétition générale de leur premier\nconcert, qui a été fort réussie. Souhaitons bonne chance à ces voya-\ngeurs intrépides.\n\nMONTPELLIER. - NIMES\nUne très remarquable manifestation artistique, probablement unique\nen son genre, vient d avoir lieu dans le Midi, Deux sociétés amies, la\nSchola de Montpellier et la Ghambre musicale de Nîmes, se sont enten-\ndues pour appeler le quatuor belge Zimmer, qui a exécuté dans ces deux\nvilles la serie complété des quatuors de Beethoven. Le véritable inspi-\nrateur de cette manifestation fut le maître Ch. Bordes, dont le premier\nappel reçut un accueil enthousiaste de la part des administrateurs intel-\nligents et éclairés de la Chambre musicale. De nombreux amateurs s'em-\npiessèrent de se grouper autour des courageux organisateurs et, par\nîeur dévouement à Part, permirent la réussite d'une entreprise qui pa-\nraissait irréalisable dans de modestes villes de province.\nLe succès a été inespéré et est dû, non seulement à la beauté des\nœuvres exécutées, mais aussi aux qualités tout à fait rares des exécu-\ntants.\nMM. Albert Zimmer, G. Ryken, L. Baroen et F. Doehard constituent"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.100", "texte": "NOS ÉCHOS\n809\n\nun quatuor fort homogène, bien équilibré, précis, clair, plein d'entrain\net de feu, sobre d'effets. Ce sont des artistes modestes, convaincus et\nsolides, dont l'unique but est d'exprimer la pensée contenue dans les\nœuvres qu'ils interprètent. Aucune recherche de l'effet extérieur et su-\nperficiel, le fini très remarquable des détails, beaucoup de netteté et de\nvariété, une grande intensité d'expression : voilà ce qui a étonné et sou-\nlevé l'enthousiasme des auditeurs nîmois et montpelliérins. Une soirée\na été particulièrement remarquable : c'est celle dans laquelle on a en-\ntendu à Nîmes successivement les quatuors VI, VII et XV; ce jour-là le\nquatuor Zimmer a atteint à la beauté des plus grandes exécutions.\nIl est à souhaiter que l'exemple donné par Nîmes et Montpellier soit\nsuivi. Ch. Bordes a parfaitement traduit les sentiments des amateurs\nde ces deux villes en écrivant dans l'argument placé en tête du pro-\ngramme : « C'est une belle leçon de décentralisation artistique que nous\ndonnons à la province française et dont nous avons tout lieu d'être\nfiers. »\n\nNANCY\n\nLa saison musicale à l'Exposition de Nancy bat son plein. On ne peut\nnier que, sous le rapport des jouissances réservées à l'oreille, les visi-\nteurs qui, chaque jour par milliers, pénètrent à l'Exposition, n'ont que\nl'embarras du choix.\nNe cherchent-ils, ces visiteurs, qu'à se délasser sans vouloir se donner\nla peine de démêler les abstractions de la musique moderne? sans désirer\nentr'apercevoir « l'état d'âme qui précède la pensée » et que rêvait\nWagner? Là, tout près, dans un élégant kiosque où philharmoniques,\norphéons et musiques militaires se succèdent presque sans interruption,\nvoilà de quoi les satisfaire; des valses de Strauss alternent avec les musi-\nquettes d'Audran et de Méhul. Plus tard, c'est l'orchestre de M. Allô\nqui, délicieusement, exécute les partitions, plus tarabiscotées, de Ros-\nsini ou de Verdi.\nDire que les abords du kiosque sont toujours débordants d'auditeurs\nest superflu. Le nombre de ceux qu'attirent encore les beaux « airs » qui\nbercèrent leur enfance ne semble pas avoir beaucoup diminué, malgré\nles efforts faits en vue de les amener à nos conceptions nouvelles en ma-\ntière musicale.\nPlus loin, à l'exèdre, l'orchestre de M. Pollain retient des centaines\nd'auditeurs. De l'exèdre, je ne dirai pas grand'chose, sinon qu'elle est so-\nnore, très sonore même. Souvent, dans les forte, les cuivres et la batterie\ndominent aux dépens des cordes et des bois, et l'ensemble, de ce fait, n'a\npas toujours l'unité qu'il faudrait. D'autre part, les sons parviennent à"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.101", "texte": "810\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\n\nl'oreille avec une amplitude considérable, comme s'ils émanaient d'un\ngigantesque résonateur. Résonateur ? l'exèdre n'est, à vrai dire, que\ncela, puisqu'elle épouse en grand la forme de cet instrument et\nqu'elle en rend tous les effets.\nN'allez pas croire, au moins, que j'essaie de la discréditer dans l'esprit\ndes lecteurs qui ont bien voulu consentir à me suivre. N'allez pas croire,\nsurtout, si vous venez visiter notre très intéressante exposition, qu'il ne\nfaille pas vous y arrêter. Au contraire. La nouveauté de l'installation et\nson originalité sont tellement curieuses qu'elles ne peuvent manquer de\nfrapper l'attention de tous ceux qui, de près ou de loin, s'occupent de\nmusique et d'organisations de concerts. Mais l'auditeur agira sagement\ns'il prend la précaution de s'installer à une distance plus grande des exé-\ncutants que celle qu'il eût choisie dans une salle quelconque. Cette pré-\ncaution prise, il jouira alors de tous les avantages de cette dernière sans\néprouver les inconvénients : musique en plein air, acoustique parfaite,\nensemble bien fondu, délicatesse et perceptibilité des moindres nuances,\nvoilà, n'est-il pas vrai, plus qu'il n'en faut pour le captiver et l'engager à\nrevenir. Les visiteurs de l'exposition le comprirent dès le premier jour,\nqui vinrent applaudir, entre autres œuvres jouées, et l'Ouverture de\nPhèdre,et la Nuit à Lisbonne.M. Pollain dirigeait en public pour la\npremière fois. Les applaudissements que, journellement, lui et son or-\nchestre recueillent, sont une preuve du plaisir éprouvé par le public à\nl'audition d'œuvres conduites avec une si habile autorité.\nMais ce n'est pas tout. A côté des concerts très suivis dont je viens de\nparler, ont lieu, deux fois la semaine (mercredi et vendredi), à la salle\ndes Fêtes de l'Exposition, d'autres concerts, classiques parfois, et di-\nrigés par M. Guy Ropartz, directeur du Conservatoire de Nancy.\nM. Ropartz n'a guère, ce me semble, besoin d'être présenté. Chacun sait\nque, grâce à lui, nous avons tous les ans à Nancy une saison musicale\ndes plus intéressantes. Ce que M. Ropartz a fait pour ses auditions du\nConservatoire, il le fait aujourd'hui pour celles de l'Exposition. Initier\nle public aux beautés musicales anciennes et modernes, tel est lebut qu'il\na toujours poursuivi et réalisé. La Direction de l'Exposition a donc vrai-\nment été bien inspirée en lui demandant de s'occuper des concerts clas-\nsiques. Elle ne pouvait mieux choisir.\nLa salle où ils se donnent est un carré long qui rend ce qu'on en peut\nattendre. A la tribune, la maison Cavaillé-Coll a monté, gracieusement,\nun petit orgue expressif à un clavier et pédalier. Neuf jeux le composent.\nQuelques accords essayés, une fois la mise au point terminée, m'ont\npermis de constater qu'il est très puissant, en dépit de son petit volume.\nDès qu'une pièce avec orgue sera inscrite au programme, nous pour-\nrons juger, en connaissance de cause, des ressources que peut offrir\nl'instrument."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.102", "texte": "8\n\nS. I. M.\nNOS ÉCHOS\n811\n\nQuant à l'orchestre, composé d'excellents éléments, il est intéressant à\nplus d'un titre : équilibre des sonorités, cohésion parfaite, nuances bien\nobservées, telles sont ses principales qualités. De plus, les chefs de pu-\npitre jouent toujours bien «en dehors » les soli qui leur sont confiés. De\ntout cela on s'est aperçu à l'audition de la Symphonie de Franck, du\nRoid'Ys, de Lalo, des Suites de l'Artésienne, et aussi, dans l'Ouverture\ndu Carnaval romain, de Berlioz. Pareilles remarques furent faites par\nM. Gabriel Fauré qui, lors de son festival, vint lui-même le diriger.\nA cette solennité, les auditeurs étaient foule. Comment, avec des mots,\nrendre le charme si personnel et si élégant de la musique de M. Fauré ?\nParfois, cette musique, délicate comme une frêle plante venue en serre,\nsemble mal à l'aise devant un nombreux public. Dirait-on pas qu'elle se\nretient ? qu'elle a, d'une jeune fille, les pudeurs et les timidités ?Le\ncadre qui doit lui convenir et qui lui convient admirablement, c'est l'in-\ntimité ; le luxe raffiné d'un aimable épicurien, par exemple, et un jour\ndiscret comme elle. Exécutée dans un pareil milieu peuplé d'objets\nrares, de bibelots précieux -- car, au fond, n'est-elle pas, elle aussi, une\ncollection de bibelots finement ciselés, tels que, dans son art, aurait pu\nen orfévrer un Pierre Germain ? elle doit certainement produire chez\nl'auditeur une sensation pénétrante et douce.\nNous avons tous été ravis du programme élaboré par M. Fauré qui, à\nses heures, est aussi un délicieux accompagnateur. Deux suites d'or-\nchestre, celle de Pelléaset celle de Shpuis des mélodies, chantées\navec beaucoup de sentiment par miss Eâton ; de jolies pièces pour or-\nchestre : la Pavane et la Sicilienne,du chant, encore exécuté par\nMlle Marthe René, avec accompagnement d'orchestre, la célèbre Ber-\nceuse, que le violon de M. Heck murmura exquisement, enfin Y Im-\npromptu pour harpe,où la virtuosité impeccable de Mlle Bressler put se\ndonner libre cours, c'était là le menu du festival auquel nous avions été\nconviés. Auteur et interprètes recueillirent d'amples moissons d'applau-\ndissements.\nDes festivals du même genre auront lieu prochainement à la salle des\nFêtes de l'Exposition. On dit même que M. Colonne viendrait diriger\nl'Enfance du Christ. Nul doute que ces festivals soient aussi suivis que\ncelui de M, Fauré. Je vous en parlerai la prochaine fois.\n\nH. P.\n\nSTUTTGART\n\n45e Festival de VA llgemeiner\nLes assemblées et festivals de cette méritante société de musiciens alle-\nmands groupant les partis les plus divers, offrent chaque année des mani-\nfestations artistiques, de valeur inégale sans doute, mais dont l'intérêt"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.103", "texte": "812\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nest toujours très grand. Cette fois encore, sans avoir révélé rien de\nvraiment remarquable au point de vue des présentées, cette série\nde concerts et de spectacles, de conférences et même de réceptions\ndiverses, mérite l'attention du monde musical et surtout la reconnaissance\ndes jeunes musiciens qu'elle a fait connaître au grand public.\nLe festival comprenait, au point de vue purement musical, 2 concerts\nde musique de chambre, un grand concert symphonique, une conférence\nde M. Jaques-Dalcroze avec démonstration de sa méthode par une\ndizaine de ses élèves de Genève, enfin trois représentations de pièces\nmodernes à l'lntérim Theater.\nIl est évident que, sur plus d'une œuvre, il est impossible de porter un\njugement définitif après une simple audition et malgré les notes analy-\ntiques ajoutées au programme pour la plupart d'entre elles. En général,\nelles accusent toutes une science consommée de l'harmonie, du contre-\npoint, de l'orchestration, et les jeunes auteurs semblent trouver plaisir à\nnouer et à dénouer les fils souvent trop nombreux de leur trame musi-\ncale ; ils se font volontiers virtuoses-composit et oublient parfois que\ntout cela n'est rien sans le sentiment profond, l'inspiration. Je ne m'ar-\nrêterai guère à ces exercices sans réel intérêt pour l'avenir et même le\nprésent de la musique allemande, et j'en viens directement aux oeuvres\nqui méritent, par leur fond même, l'attention des lecteurs.\nParmi les pages de musique de chambre qui toutes aussi sont de fac-\nture plutôt compliquée, il faut citer comme œuvre sérieusement mûrie et\npensée, le Quintette de M. Hans Pfît\\ner (op. 23), dont les thèmes ont\nune signification, une valeur propre, et que l'auteur a fortement\nindividualisés ; cependant, pour merveilleux et habile que soit l'enche-\nvêtrement de ces motifsdansun tissu harmonique souvent très complexe,\nil est évident aussi que cette individualisation à outrance nuit à l'unité et\nà la clarté de cette œuvre, qui reste néanmoins dans son ensemble haute-\nment estimable. Il y a peut-être aussi un peu de cet excès dans une\ncomposition vraiment personnelle de M. un quatuor à\ncordes, op. 4 de ce très jeune musicien danois. Mais que cela est plein\nd'originalité et de promesses, dans les deux premières parties surtout,\nles plus développées au reste ! L'exposition de l'idée est toujours d'une\nclartépresque classique, et comme cette idée n'est jamais banale, l'intérêt\net la sympathie sont immédiatement requis ; c'est ainsi que le début du\nsecond mouvement (très lent)fait réellement impression ; dans la suite\ncependant, les développements par trop polyphoniques font un peu\noublier la pensée par les complications de la forme. Mais gageons que\nM. Harder, qui est une vraie nature de musicien, intelligent et travail-\nleur, aura bien découvert à cette audition ce qu'ily a à corriger. Je ne\ncrois pas trop m'avancer en lui prédisant un bel avenir.\nPour l'exécution de ces deux œuvres, très difficiles, le Kammermusikve-\nrein, de Munich, et le quatuor de Stuttgart (quatuor Wendling) ont droit"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.104", "texte": "NOS ÉCHOS\n813\n\naux plus grands éloges. Dans le domaine delà Sonate, deux compositions\ntrès intéressantes sont à signaler: une sonate pour violon et piano\nmineur),de M. Joseph Haas(interpr. par MM. Cari Wendling etMax\nPauer), et une « Sonate héroïque » pour piano, de\nBaus\\nern, admirablement jouée par M. Cari Friedberg.\nA côté de ces pièces instrumentales, toute une série de lieder vient\nprendre place ; il me serait impossible de les citer tous ici ; mais il faut\nretenir les noms de quelques auteurs distingués en cegenre, oùcependant\npeu d'originalité s'est manifestée. Le plus personnel de tous est incon-\ntestablement le compositeur suisse ; après lui, son\ncompatriote Othmar Schoeck,enfin M. L'interprétation\nconfiée à Mes Leydhecker (alto), Schmitz-Schweicker (mezzo-sopr.) et\nM, Ludwig Hess (ténor) a été parfaite.\nAu programme du concert symphonique, l'œuvre la plus importante\nétait la grande symphonie en si mineur, op. 33, de M.\nElle est conçue suivant un large plan, s'affirme avec force, parfois même\navec grandeur, et s'appuie sur une connaissance parfaite des ressources\norchestrales. Le scherzo, qui est une page aux détails charmants, fut bissé\nd'enthousiasme ; le finale, suivant un bel adagio, a pour motif principal\nun alléluia grégorien. L'orgue se joint ici à l'orchestre ordinaire, ce qui\najoute à l'impression de majesté qui se dégage de cette symphonie.\nToutefois, ce n'est pas une affirmation de personnalité transcendante,\npas plus que la charmante ouverture pour une comédie de Shakespeare\nde M. Paul Seheinpflug,qui a bien d'autres mérites du reste, ni le\ndes Apostats,pour chœur d'hommes et orchestre, de M.\n(texte de Gottfried Keller). Un Epilogue pour une tragé-\ndie (?) de M. Bœheexle finale du drame mystique de M.\nGotthelf, sont, sans doute, mis en œuvre par d'excellents techniciens ;\nmais c'est tout ce que je puis en dire. Comme dernier numéro de ce\nconcert figurait Y Hymne aux Artistes de Franz Liszt, qui ne découragera\ncertes pas nos jeunes compositeurs. M. Max Schillings a dirigé cette\nlongue audition avec une ardeur, un enthousiasme, une science et une\ngénérosité qui font honneur à l'homme comme à l'artiste.\nSous la direction du même excellent chef eurent lieu les représenta-\ntions de la Princesse Brambilla, de M. Walter Braunfels, et de Misé\nBrun, de M. Pierre Maurice.La troisième œuvre, jouée sous la direction\nde M. E. Band, était le drame mystique de M. A. , écrit il y a\ntreize ans déjà et représenté pour la première fois l'an dernier à Stuttgart\nmême. A vrai dire, musicalement, l'œuvre a de belles et émouvantes\npages, au deuxième acte surtout ; mais au seul point de vue dramatique,\non peut lui faire bien des reproches, surtout celui de se perdre en longues\ntirades philosophiques qui compromettent en grande partie le premier\nacte. Ce n'est pas le mouvement ni la progression qui manquent aux\ndeux autres œuvres, malgré quelques longueurs, notamment dans le tou-"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.105", "texte": "814\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M\n\nchant drame lyrique Misé Brun,du compositeur genevois Pierre Mau-\nrice. Ce n'est ni bien profond ni très caractéristique, mais cela a le\nparfum toujours agréable des choses simples, dites sans prétention. Le\nsujet, d'après le roman provençal de Me Ch. Reybaud, est très dramati-\nque et porte directement. L'auteur a su habilement se servir de chansons\npopulaires de Provence qui ajoutent, par leur charme et leur vie, une\nnote de couleur locale toujours bien fondue dans l'ensemble de la com-\nposition. Cela pourrait bien être une œuvre à succès en France, comme\nla Bohème de Puccini ;je la signale avec plaisir aux directeurs de théâtre.\nVoici enfin la Princesse Brambilla, du jeune musicien Walter Braunfels.\nComme sujet ce n'est qu'une fantaisie de carnaval d'après un conte\nd'Hoffmann, et sa valeur est beaucoup plus dans la musique purement\norchestrale et chorale que dans son essence dramatique. La verve et le\ncoloris n'y manquent certes pas, et la science du compositeur n'est vrai-\nment pas ordinaire. D'où vient cependant que cela ne laisse guère\nd'impression réelle et profonde?\nIl est à remarquer que pour les trois œuvres dramatiques représen-\ntées, les trois compositeurs ont chacun écrit le texte et la musique. L'or-\nchestre et la troupe du théâtre de Stuttgart se sont remarquablement\nacquittés de leur tâche, souvent très difficile. Comme ensemble, unité,\nce fut admirable ; personnellement, il faut citer surtout Mmes Anna\nSutter, Senger-Bettaque et Schônberger ; MM. Goltz, Holm et Weil.\n11 me reste encore à dire un mot de la séance Jaques-Dalcroçe, et je ne\npuis mieux résumer mon impression que par ce simple qualificatif :\nadmirable ! Il est évident que la démonstration par les élèves du maître\ndispense de tout commentaire, de tout exposé. Le sens rythmique et\nplastique, expressif aussi, est remarquablement éveillé et cultivé chez\nces jeunes filles et ces enfants, et se manifeste de la manière la plus\nharmonieuse ; le fond de cette éducation est essentiellement musical.\nIl est à souhaiter qu'une méthode aux résultats si décisifs et si féconds\ntrouve une expansion générale et vienne rénover des éducations incom-\nplètes, fausses ou empiriques, qui sont malheureusement encore trop\nrépandues.\nComme complément aux manifestations artistiques de ces journées,\nil faut ajouter une réception des musiciens au château mauresque\n« Wilhelma » par le roi et la reine de Wurtemberg, que M. Richard\nStrauss a gracieusement remerciés au nom de tous ; une réception par\nla ville de Stuttgart en son beau Rathaus ; enfin une excursion à Mar-\nbach, la patrie de Schiller, avec visite collective à la maison natale et\nau musée du grand poète de Souabe.\nDans l'assemblée générale, M. Richard Strauss a été élu président\nd'honneur, M. Max Schillings, président, pour l'année nouvelle. Le pro-\nchain festival aura lieu en 1910, à Z\nStuttgart, juin 1909.\n\nMay de Rudder."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.106", "texte": "LA SOCIÉTÉ GLUCK\nJ. E.\nUne société de ce nom vient de se fonder à Leipzig, par les soins de\nmon excellent ami le Rechtsanwalt Dr. le gluckiste le plus\npassionné qui soit en ce monde. A ses côtés nous remarquons MM. A.\nPruefer, Hugo Riemann, L. Frankenstein, etc.\nLa société a pour but de provoquer un mouvement d'intérêt éclairé en\nfaveur de la remise au théâtre des œuvres du maître, et surtout en\nfaveur de la compréhension du génie de Gluck. Il s'agirait de faire\nnaître une agitation d'ordre pratique et esthétique dont Gluck serait le\ncentre et l'oracle. Souhaitons bonne chance à ce nouveau groupement.\n\nCONCOURS DE CHANSONS MILITAIRES\nAvant son départ du Ministère delà Guerre, M. Chéron a pris l'ini-\ntiative d'un concours imprévu et tout à fait heureux. Voici le texte officiel\nde cette décision :\nDécision du Sous-Secré\n« L'importance de la musique vocale dans l'armée n'est plus à démon-\ntrer. Elle réveille les énergies et stimule les enthousiasmes. Mais le plus\nsouvent les soldats ne savent quoi chanter, faute d'éléments à cet égard.\nIl importe pourtant de ne pas oublier que le chant est un puissant moyen\nd'éducation morale.\n« Le Sous-Secrétaire d'État décide donc la mise au concours d'un\nrecueil de chansons militaires destinées soit aux troupes en marche, soit\naux troupes en station.\n« Ce recueil devra comprendre à la fois les vieilles chansons françaises\net des chansons nouvelles d'un caractère patriotique.\n« Le jury sera présidé par M. Gabriel Parés, chef de musique de la\ngarde républicaine. Il comprendra des littérateurs et des musiciens.\n« M. Parés soumettra au ier Bureau une liste de musiciens, et le\nier Bureau la complétera par une liste de littérateurs. Cette double liste\nsera soumise le plus tôt possible au Sous-Secrétaire d'Etat. Aussitôt\nconstitué, le jury réglera, pour être soumises au Sous-Secrétaire d'Etat\net ensuite publiées, les conditions du concours.\n« Paris, le i\" juillet 1909.\ny\n« Le Sous-Secrétaire\n« Signé : HENRY CHÉRON. »\n8*\n\nS. I. M.\nNOS ÉCHOS\n81 5"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.107", "texte": "816\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nÉCRITOIRES ET CLAVIERS\nMme Wanda Landowska et M. Joachim Nin ayant passé au rang\nd'écrivains, on annonce que Mme Marcelle Tinayre va entreprendre\nune tournée de concerts, et que M. Maurice Barrés nous initiera pro-\nchainement, en trente-deux séances, à Y Histoire de la musique person-\nnelle en Lorraine."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.108", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nPublikationen der Internationalen M\nFolge VII. Joh. Hermann Schein\n17 Jahrhunderts... xon Arthur Prufer (Leipzig, Breitkopf et Hârtel,\n1908, vin et 96 pp., 3 Mark).\nM. Arthur Priifer a déjà donné une bonne biographie de Schein.\nIl examine ici le Venus Krân\\lein (1609), Musica boscareccia,\noder Wald-Liederlein(l62l-1626-1628), diverses compositions de\ncirconstance, les Diletti pastorali(l624) et le\n« einer lôblichen Compagni de la » (1626).\nIl insiste sur le caractère national de ces œuvres de Schein et ter-\nmine par une étude de la musique instrumentale de ce maître (danses\net can\\onidu Venus-K rdn\\lein,suites instrumentales du\nsicale, 1617), où nous trouvons des observations fort instructives sur les\nformes, l'harmonie et l'instrumentation de ces pièces.\nA. Pirro.\nEdgar Istel. Die Blute\\eit der musikalischen Romantik in Deutsch-\nland.(Collection : Au s Natur u Leipzig, Teubner,\nin-12, de 170 pp-,i Mark 25.)\nIl manquait un ouvrage d'ensemble sur le développement et la magni-\nfique floraison du romantisme allemand dans le domaine de la musique.\nCette lacune, le Dr E. Istel vient de la combler, et le petit livre qu'il\npublie dans la collection Teubnerest gros défaits et d'idées.Assurément\nun sujet aussi vaste paraissait difficile à enfermer dans le cadre de la col-\nlection : Aus Natur und Geisteswelt.L'auteur a cependant triomphé de\ncette difficulté ; son travail constitue comme une synthèse, comme un\nraccourci du romantisme musical en Allemagne ; il en marque, avec une\ngrande précision et un choix d'expressions très heureux, les tendances\némancipatrices et les liens qui le rattachent au mouvement général des\nidées dans le premier tiers du xixe siècle. Malgré sa condensation et l'a-\nbondante documentation qui s'y trouve comprimée, le livre de M. Istel\nest d'une lecture facile et attachante. On y trouvera une foule de détails\nbiographiques et esthétiques surWeber, Spohr, Marschner, Schubert,\nLœwe, Mendelssohn et Schumann...\nL, DE LA LAURENCIE.\nJ. JoACHiM Nin. Pour l'Art. (In-12, s. i., 1909, Paris.)\nQue ceux qui n'aimeront pas cet ouvrage gardent prudemment le\nsilence ; toute parole serait l'aveu de leur misère d'esprit ; tout effort\nà le contredire les compromettrait justement."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.109", "texte": "818\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n\nSi celui-là qui a péché lui jette la première pierre, elle tombera dans\ncette eau sans en troubler le pur cristal, et si les pierres sont plus nom-\nbreuses, elles n'en feront que plus sonore, plus vivant et plus émouvant\nle chant de cette onde qui va porter aux âmes attentives l'écho de sa\ndouceur tout ensemble et de sa puissance.\nQue plutôt sur ce cristal clair se penchent ceux qui ont péché, tous\nceux-là qui prévariquèrent et qui prostituèrent la robe des mages sur le\ntréteau des bateleurs.\nIls démêleront les plis mauvais de leurs hypocrites visages ; ils tou-\ncheront la juste mesure de leur triste cupidité et peut-être, dans le silence,\nsentant leur misère et leur honte, comme il est dit dans les Écritures,\ntout le poil de leur chair se hérissera.\nIl faudra bien qu'ils s'y contemplent et y éprouvent leur laideur,\net que nous leur tendions en tous lieux, comme un impitoyable miroir,\nces pages nées de la ferveur.\nDéjà ma parole est tardive et ne peut prétendre à l'annonciation :\nbeaucoup d'esprits lurent Pour l'Art qui tout aussitôt s'y affection-\nnèrent avec une égale passion : vertu des mots de la conscience et sorti-\nlège de l'amour.\nQue de leurs estrades dédaigneuses, ornées de frivoles oripeaux, des\nhabiles sourient, il n importe. Un homme a dit ici ce qu'il convenait\nde dire : il l'a dit avec la saine vigueur d'une indignation passionnée.\nIl dénonce les histrions qui souillent le temple de l'art et surchargent\ninjurieusement de leurs turpides inscriptions les pures colonnes des\nchefs-d'œuvre.\nIl flétrit les « marchands du temple » qui vendent chaque jour leurs\ndieux et cette époque ou les Iscariotes étalent sans vergogne le paiement\nde leurs trahisons.\nIl récuse les témoignages de ceux qui, mauvais serviteurs des\nmaîtres, ne sont que les laquais des foules et s'emploient à bassement\nflatter les inclinations les plus viles.\nIl réclame l'élargissement des horizons de la musique, et de déchirer\n1 injuste voile qui cache encore tant d oeuvres belles i et sa ferveur ayant\naccru ses sujets, en exige aussi l'ordonnance.\nEt la flamme enfin qui l'anime se courbe avec humilité sous le vent\npur venu des cimes ou nous devons aller prendre les commandements\nde nos pensées.\nEn moins de cent pages, l'aveu d'une âme qui rachète nos lassitudes\net qui, au nom d'un art qu'elle sait propager, oppose aux vociférations\nde la « foire sur la place » une parole noble, ardente et résolue.\nQue ceux qui aiment la musique, et souffrent de la voir souillée,\nviennent puiser a cette source. Nous reconnaîtrons à leur grimace ceux\npour qui l'onde en est amère.\nAvril 1909.\n\nG. JEAN-AUBRY."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.110", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n819\n\nOUVRAGES REÇUS\nSAINT-SAENS G.—Portraits et Souvenirs. (Calmann-Lévy, 1909, in-12\nde 330 pp., 3,50.)\nBELLAIGUEG. Les Epoques de la musique, t. I et 11. (Delagrave, 1909,\n2 vol. in-12, chacun 3,50.)\nCART DE LAFONTAINE Henry.\n(London, Novello, 1909, in-40 de 522 pp.)\nMAGNETTE Paul. Contribution à l'histoire de la Symphonie post-\nbeethovénienne {1824-1 gog). (Publié en autocopie, in-12.)\nBAUX Emile. Notes et documents\n(Fischbacher, 1909, in-8° de 46 pp., avec fac-similés.)\nLICHTENBERGER Henri. Wagner. (Collection des Maîtres de la\nmusique, Alcan, 1909, in-12.)\nVAN AERDE Raymond. Cyp rien de (Mali-\nnes, A. Godenne, 1909, in-40 de 70 pp.)\nBORD Gustave. Rosina Stolt\\ (1815-igo3). (H. Daragon, 1909,\nin-12, 3,50.)\nCHILESOTTI Oscar. Biblioteca di ra\nbaldi. (Ricordi, in-40 de musique.)\nGASTOUÉ Amédée et LESABLAIS H. scénario avec mu-\nsique, en trente tableaux d'après nature. (Maison de la Bonne\nPresse, 1909, in-40 °bl. de PP-)\nARTARIA F. et BOTSTIBER H. Joseph\nria. (Vienne, Artaria, 1909, in-8° de 100 pp.)\nENGLJ.-E. J. Haydns handschriftliches (Leipzig., Breit-\nkopf, 1909, in-8° de 60 pp.)\nSCHEUERLEER. Het Musiekleven in (Lahaye, 2 vol. in-40\nde 432 pp., Florins 22,50.)\nEUTERPE. Collection of madrigals\nthe i6th et iyth centuries. Edited by Kennedy Scott, published by\nthe Oriana madrigal Society vol. IX. (London,Breitkopf, 1909, in-40.)\nLINEF (Eugénie). The peasant songs\nthe Impérial Academy of Science.(Petersburg, 1909, in-40 de\n150 pp., fr. 5.)\nMITJANA (Rafaël). L'orientalisme m (Stock-\nholm, 1906, in-80.)\nEn Bibliografisk Visit i\nMusikavdelning.(Stockholm, 1908, in-40.)\nCincuenta y cuarto Canciones\ncionero de Uppsala.(Uppsala, 1909, in-12, pp.)"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.111", "texte": "Société Internationale de musique\nSOMMAIRES DES PUBLICATIONS INTERNATIONALES\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE MARS 1909\nMitteilungen über den 111. Kongress\nschaft in Wien.\nJOSEF LANNERS'S Fort-leben im Volksliede, par RAIMUND ZODER (Wien).\nA Schubert Song Analysed,par DONADL FRANCIS TOWEY (London).\nNotiç liber den Nachlass Agonstino Stejfanïs im Propaganda-Archiv\n\\u Rom,par Alfred EINSTEIN (Mtinchen).\nConférences sur la musique. Notes.\ntiques de musique. Revue\nlibraires. Envideru ngen. C\nnationale de Musique.\nSOMMAIRE DU BULLETIN D'AVRIL 1909\nM. Maurice Ravel,par M.-D. CALVOCORESSI (Paris).\nImpressions of Strauss « Elektra», par Alfred KALISCH (Londres).\nJohann HermannSchein, Sâmtliche Bd. 3, par Rudolf SCHWARTZ\n(Leipzig).\nExtraits du Bulletin français de l\nmusique.\nNotes. Critiques de livres. Revue\nCommunications de la Société Int\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE MAI 1909\nAntràge auf Aenderw ngen der Sat\\ungen\nMitteilungen Über die Haydn-Zentenarfeier\nInternationalem Musikgesellschaft\nFriedrich Wilhelm Zaehow als drama par\nAlfred HEUSS (Leipzig).\nSt. Cecilia as Musical Saint,par R. E. BRANDT (Londres).\nZur Cembalofrage, par Karl NEF (Bâle).\nExtrait du Bulletin français de la\nmusique aux collèges en été I9og\nNotes. Critiques de livres. Revue des journaux. Cata-\nlogues de libraire. Communications\nde Musique."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.112", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n821\n\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE JUIN 1909\nHauptversammlung der I. M. G.f Wien, den 29 mai igog.\nDer Volksgesang \\ur Zeit der Kirchentonapar Ludwig RIEMANN\n(Essen).\nNew Works in England ( V).\nThe London « Worshipful Company of Musicians ».\nZur Cembalofrage,par Richard BUCHMAYER (Dresden).\nExtraits du Bulletin français de la S. I. M. Conférences sur la musi-\nque. Notes. Critiques de livres. Critiques de musique.\nRevue des journaux. Communications\nde Musique.\nSOMMAIRE DU BULLETIN DE JUILLET 1909\nResolutionen die auf dem 111. Kongres de\nDie Wiener Haydn-Zentenarfeier und der 111. Kongress der I. M. G.,\npar Alfred HEUSS (Leipzig).\nThe « Trojans » ofßerlio\\.\nVom Main\\er Mmikfest, par Herniann ROTH (Leipzig).\nDas Neunte KammermusikJest in Bonnpar L. SCHEIBLER (Godesberg).\nSommaire du Bulletin Français de la\nlivres. Revue des journaux.\nmunications de la Société Internationale de Musique.\n*\nSOMMAIRE DU RECUEIL D'AVRIL-JUIN 1909\nJEAN MARNOLD. Les fondements\nantique.\nA. CHYBINSKI. Zur Geschichte des\nMensuralmusik.\nK. NEF. Die Stadtpfeiferei in Basel\nA. ARNHEIM.— Ein Beitrag \\ur Geschich\nKunstliedes in Frankreich im 1 7\nW. H. CUMMINGS. Dr. John Blow.\nW. PREIBISCH. —Quellenstudien \\u Mo\\arCs « Entfuehrung ».\nW. ALTMANN.— Au s Gottfried Weber's\nSOMMAIRE DU RECUEIL DE JUILLET-SEPTEMBRE 1909\nJOSEPH GREGOR. Die deutsche Romantik aus den Be\\iehungen von\nMusik und Dich itung. W.H. W\nKARL NEF. Die Musik in Basel.\nMitte des ig. Jahrhunderts."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.113", "texte": "822\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\nBULLETIN FRANÇAIS DE LA S. I. M.\n>\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie\n\nW. H. GRATTAN FLOOD. The English\nand Henry VI.\nWILIBALD NAGEL. Das Leben Christoph Graupner's.\nHUGO LEICHTENTRITT. Zur Ver\\ierun\nH. WASCHKE. —Eine noch unbekannte Komposition J.-S. BacWs.\nWILIBALD NAGEL. Zu Nikolaus Eric"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.114", "texte": "VII\n\nT_Jf «j\n• *\\( ♦ k 1\nB\nF\na\ns\n;\n<■ • i\"-; •\nusai\nY\nigit • l ' '\nh\nm\nQ:v\nM\n\\ ' ~ \"V\n%a\n%«■\n::î\n' :■:\n—-\nS\n'W\n11\n-,\nV'\n1:2:\n: : ;•■.'•■\n-,\nû\n!•']\nt.\nm\nj>\n'jL\nV-\n■- —***->,•\nnt? . : v\n\"V%>\n»\nk\nS*\nS\n- £\nïfi\n\"^s\n:i!X:\nS\n3\n•v J*\nss\nsti\ni\n■\n«\nr\ni\n■\nr\nII\n-'. *\n»\n»\n>\n••'■•••\nA\ns\nj\n-,\n\"A...\n/.\n\"\"\"~v\nr\n*X3\n:-t\nO XI,\nTpnramij\n* ] 11111 il f IIN/iirnTTTtnrr\nCARTES D 1 EXCURSIONS\n( Individuelles ou de Famille )\nEH fIUVERGHE, LES CEVErïHES, ETC...\ndélivrées du-15 Juin au 3° Septembre au départ\nde toutesles gares du Réseau P L.M.\nConsulter le Livre t*Gnide Horaire PLilims en vente auprixde o*so clans toutesles gare? P. L IT."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.115", "texte": "VIII\n\nCOURS ET LEÇONS\nPARIS\nCHANT\nMmes\nMarguerite Babaïan, Leçons de\nchant, 17, rue Denfert-Roche-\nreau.\nSuzanne Labarthe, des concerts\nLamoureux, i3,rue Mazagran.\nCours Chevillard-Lamoureux.\n(Succursale : 21, boulevard de\nStrasbourg, le lundi.)\nLenoël-Zevort, officier de l'lns-\ntruction publique, directrice du\ncours municipal de déclama-\ntion (Ville de Paris), Leçons\nparticulières. Préparation au\nConservatoire. Petite scène ,\n2, rue Favart.\nFrida Eissler;6<),avenue d'Antin.\nCourtier-Dartigues, 56, rue du\nRocher. Leçons particulières.\nCours de chant et d'ensemble\nvocal.\n\nM.\nCharles Sautelet. Leçons de\nchant, 74, avenue Kléber.\nORQUE ET HARMONIE\nMM.\nH. Dallier, organiste de la Made-\nleine, professeur au Conserva-\ntoire. Leçons de piano, orgue,\nharmonie, contrepoint, fugue,\n7, boulevard Pereire.\nGaston Knosp, harmonie et com-\nposition, 3, rue Maître-Albert.\nJean Poueigh, 16, rue Duperré.\nLeçons d'harmonie et de com-\nposition. Orchestration.\nPIANO\nMM.\nPaul-E. Brunold, 3, rue Yvon-\nVillarceau. Leçons de piano et\nd'harmonie.\nJ. Jemain, piano, harmonie, con-\ntrepoint et fugue, 76, rue de\nPassy.\n\nOn chezche à achetez un exemplaize complet\nde : (Ifétiô, cßiogzaphie Univezôelle deô <iMu-\nôicienô, édition compzenant\nplémentaizeô publiéô paz dA.\n===== à la zédaction de (f. zM. =="}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.116", "texte": "IX\n\nRicardo Vittès, 45, rue Poncelet,\nCours et leçons de piano.\nMmes\nCabre, élève de G. P'alkenberg,\n41, rue de Seine. Leçons de\npiano et de solfège.\nM. Guilliou, 33, rue de l'Abbé-\nGrégoire. Piano, solfège, ac-\ncompagnement. Cours d'his-\ntoire de la musique avec audi-\ntions.\nWanda Landowska ; 24, rue\nJacob. Leçons et cours de\npiano.\nVIOLONCELLE\nM.\nMinssart, des concerts Colonne,\n45, rue Rochechouart. Leçons\nde violoncelle et d'accompa-\ngnement.\nVIOLON\nMM.\nCharles Bouvet, officier de l'lns-\ntruction publique, 42, avenue\nde Wagram, Leçons de violon\net d'accompagnement.\nH. de Bruyne, des concerts La-\nmoureux, 29, rue de Maubeuge.\nLeçons particulières de violon\net d'accompagnement.\n\nClaveau, 6, rue des Ursulines.\nProfesseur à la Schola Canto-\nrum. Leçons particulières.\nYwan Fliege, Leçous de violon\net d'accompagnement, 287,\nboulevard Saint-Germain.\nPomposi, 75, rue Mozart, Leçons\nde violon et d'accompagne-\nment.\nHenri Schickel, des Concerts\nLamoureux, 5, rue d'Enghien.\nLeçons de violon et d'accom-\npagnement.\nCLARINETTE\nM.\nStiévenard, des concerts Lamou-\nreux, il, rue Henner. Leçons\nde clarinette et d'accompagné-\nment.\nPROVINCE\nLYON\nM. A. Guichardon, professeur au\nConservatoire. Cours et leçons\nparticulières de violon et d'ac-\ncompagnement, 24, rue Rabe-\nlais.\nPAU\nM. Paul Maufret, 29, rue Carnot.\nLeçons de piano et d'harmonie.\n\nÉCOLE BEETHOVEN\ndirigée par M,le M.Ba!utet,Bo, rue Blanche, à Paris. Cours de piano,\nsolfège, harmonie, pédagogie, préparation aux examens des Ecoles\nnormales, ire Section : Amateurs ; 2e Section : Artistes se prépa-\nrant au professorat du piano (Diplômes); 3e Section : Cours par\ncorrespondance."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.117", "texte": "X\n\n• FACTEUR DE PIANOS ==\nSiège Social : 45 et 47, pue de la Boëtie (VIIIe) - PARIS\nRayon spécial de musiq» e\n— (vente et abonnement)—\n7 e lé phone : 528-20.\nAdresse télégraphique .\nGAVEAU-PIANOS - PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERT\nUsine modèle à Fonte» ay-\ntous-Bois (Seii.e).\nAgence générale à Bruxelles.\nDépôt des éditions de la S. I. M.\nfi V If fi- .iWHÊf >\\\\\nC - 4\nw ' vS -m\nm\n« 2\nitjwsse\n;\nH\n•) *\n0\nWïmÊ,\n- , ;|\n:\nmi\ns ; RS\nm\nmm\n% \\\nm\n-•/ ; V\n; v-,\nI v toi\n. c ' *\n«40 ' »,\nm\nm m f\n\" aMW:\nvA: i\n«\ny h\nme\nmmm.\n'4~Wa,\nm\nic*i> * ■?:\nw ; >,\n«X' *:>\n'-- •• XÎ5W®.®P9H^®M\n- *r\nr-- • N\n*** v.^\ns\\ - Ç\nS»*H\n.,,, „„. rr,\".... » ■\n— * xâJJs** t\nresst\nMEMBRE DU JURY - HORS CONCOURS\nBARCELONE I8S8, MOSCOU 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895,\nPARIS 1900.\nDIPLOMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM I883, ANVERS I883, BRUXELLES 1888.\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.118", "texte": "ï\n\nAGENCE MUSICALE\n30 EL JYK El TS , 2, rue de Louvois\nPARIS (IIe Arr1)\nORGANISATION DE CONCERTS\nBeaucoup d'artistes, plus familiarisés avec les difficultés de leur instrument qu'avec\ncelles de la publicité, sont fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'organiser un concert : de là\ntant de vides, tant d'entreprises en déficit. A tous ceux-là nous croyons rendre un\nvéritable service en leur rappelant que la Maison DEMETS les déchargera, à des conditions\ntrès avantageuses, de ces soins qui ne sont pas les leurs. Par ses relations étendues dans\nle monde des musiciens et des amateurs, par sa connaissance de la musique et son expérience\nprofessionnelle, enfin par sa probité absolue, jointe à une grande activité, M. DEMETS est\ndevenu aujourd'hui l'organisateur sans rival. Et la Société Nationale, le Quatuor vocal de\nParis, la Société de Concerta de Chant classique, nombre d'oeuvres privées et d'artistes vir-\ntuoses qui l'ont choisi pour Administraieur, lui doivent leur existence ou leur prospérité.\nMercure musical, IER1ER octobre IQOS.\nEDITIONS MUSICALES\nDans le but d'aider à la vulgarisation des Œuvres musicales, la Maison E. DEMETS\noffre à MM. les Compositeurs de musique d'imprimer, d'éditer et de lancer à des conditions\nexceptionnelles de bon marché, de rapidité et d'exécution leurs ouvrages musicaux, tout\nen leur réservant, s'ils le désirent, la propriété exclusive.\nCHANT ET PIANO de A. Renaud). Net 8 »\nBardac \\ K ). « Tel qu'en\nsonge » (H. de Régnier).\nNet 4 »\n« Trois Stances » (J. Mo-\nréas) .... Net 3 »\n« Cinq Mélodies » (divers)\nNet 5 »\nBe rte lin (A.). Di x poésies ti-\nrées du « Jardin de l'lnfante »\n(A. Samain). Net io »\nLa Chimère (A. Samain).\nNet 2 5o\nChansarel (R )> Sonnet é1 é—\ngiaque (de Ronsard). Net 2 »\nRequiem d'amour (L. Tail-\nlade) .... Net I 5 o\nL'invitation au voyage (Ch.\nBaudelaire) . Net 250\nCouperin. Pastorale, air sé-\nrieux .... Net i 70\nDe Crèvecœur (L.). Dé-\ncembre (G. de Fontenay).\nNet I 70\nLa tendre Famille, Ballade à\n5 voix et chœur mixte, d'a-\nprès le « Kalevala » Net 3 »\nDéodat de Séverac. Chan-\nson de Blaisine M. Magre.\nNet i 5o\nLe Chevrier (P. Rey).\nNet l 70\nLes Cors (P. Rey) » 2 »\nL'Eveil de Pâques ( Verhae-\nlen) .... Net I 70\nL'lnfidèle (Maeterlinck).\nNet 1 70\nDuparc (H.). La Fuite (Th.\nGautier), duo pour Soprano\net Ténor. . , Net 2 5o\nKomitas Wardapet La Lyre\narménienne, recueil de chan-\nsons rustiques, . Net 10 »\nLocard (P.)- Juin (Leconte de\nLisle),pour M.-S et chœur\nà 3 voix de femmes et P°.\nNet 3 »\nMel-Bonis. Epithalame\n(chœur pour 2 voix de\nfemme et PO.). Net 2 5o\nNazare Aga (Y.-K.). « Les\nNuits persanes » (poésies\nRavel (M.). D'Anne jouant\nde l'Espinette. Net 1 70\nD'Anne qui me jecta de la\nneige (Epigrammes de Cl.\nMarot). . . . Net \\ 70\nPIANO\nBardac (R.). « H orizons ».\nLes Cloches de Casbeno.\nJeux. Sur la Tresa. Net 4 »\nBrévilte (P. de). Portraits de\nmaîtres : Gabriel Fauré.\nVincent d'indy. Ernest\nChausson. César Franck.\nNet 5 »\nCollin (C.-A.) Ricordando.\nNet I 70\nGroz (,\\.). Epithalame. I. Pay-\nsage. Porti ait. Amour. Rê-\nves; 11. Gens de noces. Dan-\nses bourgeoises et rustiques.\n111. Cloches. Cortège.\nEpousailles. Duo. Avenir.\nNet 8 »\nHennessy (S ). « Au vil-\nlage » : Noce campagnarde.\nFillettes. Basse-Cour. Sur\nl'herbe. Au bord du Ruis-\nseau Net 3 »\nInghelbrecht (D.-E.). Suite\npetite-russienne. J'ai aimé\nYvan. Chant du Vent. Ko-\nzatchka. Mon Cœur. Chant\ndu Soldat. . . Net 7 »\nLabey (M.). Sonate en 4 par-\nties Net 8 »\nSymphonie en mi (à 4\nmains). . . . Net 8 »\nLadmirault (P.). Variations\nsur des airs *de biniou tré-\ncorois (à 4 mains) Net 4 »\nMet Bonis. Variations (pour\n2 pianos» 4 mains). Net 7 »\nPoueigh (J.). « Pointes sè-\nches ». Cerfs-volants. Parc\nd'automne. Combat de coqs.\nNet 4 3)\nRavel (M.). Jeux d'eau .\nNet 3 35\nPavane pour une infante\ndéfunte. . . . Net 2 »\n« Miroirs ». Noctuelles. Oi-\nseaux tristes. Une barque\nsur l'Océan. Alborada del\nGracioso. La Vallée des\nCloches. . . Net 10 1\nThirion (L.) Sonate en 4 par\nties Net. 7\nVIOLON ET PIANO\nAlquier (M.). Sonate en\nparties . . . Net 10\nBertelln (A.). Sonate en\nparties . . . Net 10\nLeclair (J.-M ). ire série d\nler1er livre, op. 3(là 6)\nNet 15\n2e série du ler livre, op.\n(17 à 12) . . Net 10\nMunktell (H.). S onate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nPoueigh (J.). Sonate en 4\nparties. . . . Net 8 »\nFLUTE ET PIANO\nOU HARPE\nInghelbrecht (D.-E.). Deux\nesquisses antiques.\nDryades. . . . Net 1 5o\nScaphé. ...» 170\nMel Bonis.S onate. » 7 »\nALTO ET PIANO\nLabey (M.). Sonate Net 7 »\nVIOLONCELLE ET\nPIANO\nMel Bonis.Sonate. Net 6 »\nTRIOS\nMel Bonis. Suite*pour flûte,\nviolon et piano. Net 5 »\n2 trios pour violon, vio-\nloncelle et piano :\nMatin. . . . Net 4 *\nSoir. . . » 3 »\nQUATUORS\nMel Bonis. Quatuor piano,\nviolon, alto, violoncelle.\nNet 12 »\nSeits (A ). Quatuor pour ins-\ntruments à cordes.Net 12 »\nQUINTETTES\nLacroix (E.). Quintette pour\npiano et cordes. Net l 5 J>\nSachs (Léo).Op.77.Quintette\npour piano et cordes.\nNet 12 »"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.119", "texte": "XII\n\n\"LA BALANCE\" IVIESSYI\nRevue Russe de Litt\n1909 Sixième année\nPOÈMES ~ NOUVELLES -- ROMANS ~ ESSAIS INÉDITS SUR\nLA LITTÉRATURE , LES ARTS ET LES SCIENCES COMPTES\nRENDUS SUR LES LIVRES NOUVEAUX PARAISSANT SOIT EN LANGUE\nRUSSE, SOIT EN TOUTE AUTRE LANGUE \" LA BALANCE \"\nANNOTERA TOUS LES LIVRES NOUVEAUX QUI LUI SERONT TRANS-\nMIS EN QUELQUE LANGUE Qu'lLS SOIENT \" LA BALANCE \"\nPARAIT CHAQUE MOIS EN LIVRAISONS D'UN GRAND FORMAT\nAVEC DESSINS (NOIRS ET EN COULEURS) DES ARTISTES RUS-\nSES ET ÉTRANGERS PRIX D'ABONNEMENT POUR L'UNION\n__ .. .. __ __ POSTALE : 18 FR. PAR AN\nDIRECTEUR : SERGE POLIAKOFF --\nBU REAUX : MOSCOU, Place de Théâtre, Métropole, 23.\n\nRevue de Hongrie\n- paraissant tous les mois\nLa REVUE DE HONGRIE est une revue hongroise rédigée en lan-\ngue française.\nElle publie des articles écrits par des hommes d'Etat, des littéra-\nteurs, des savants hongrois, et ayant trait à la Politique, à la Littéra-\nture, aux Sciences, aux Beaux-Arts, aux Finances, à l'Economie\nSociale, à l'Histoire, etc.\nLa REVUE DE HONGRIE s'occupe de toutes les questions qui, à\nun point de vue général, peuvent, en mettant en relief les choses de\nHongrie, intéresser l'étranger et notamment le lecteur français. Elle\ncompte également des collaborateurs dans tous les pays et publie\ndes articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère inter-\nnational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle\nrestera indépendante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire\nFrançaise de Budapest.\nPrix de v Hongrie et Autriche. Un an, 25 cour. Six mois, 15 cour.\nl'Abonnement ( Etranger (Union postale.) 30 francs. 20 francs.\nPrix de la livraison : 2 cour. 50 c.\nUn numéro spécimen est envoyé franco sur demande."}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh190908-01.1.120", "texte": "Poitiers. Société française d'lmprimerie\n\nFABRICATION EXCLUSIVEMENT ARTISTIQUE\nUniquement à grand cadre en fer et cordes croisées\navec système spécial de tablage qui assure à la\nsonorité le plus large développement et une extra-\nordinaire prolongation.\nUne réelle petite symphonie sous les doigts d9un\nseul. Depuis plus d'un demi-siècle les instruments\nles plus artistiques du monde.\nLa seule nouveauté instrumentale qui ait pris\nOcl©StO-S Mustel une Place définitive dans l'orchestre depuis cin-\nv\nHUIT GRANDS PRIX ET TROIS CROIX DE LA LÉGION D'HONNEUR\nmUSTEU & G\"\nUSIfIE RPJRHIS ! *B, RUE PE^fiETY\n: 46, rue de Douai , 4 6\nli O |SI D ES : 41, Vitigtïiope Street, 41"}]}