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Nous\nlui en exprimons toute notre respectueuse gratitude.\nAinsi que nos Amis le savent, notr\nd'être l'interprète de leurs vœux, a décidé\ndes Amis de la Musique se préciserait, pe\npoints suivants :\nI°). Vétude et la mise en pratique des moyens propres a assurer ala\nmusique la place et le rôlequ elle doit avo\nment primaire et secondaire. _ j l f\nNous avons déjà fait part ici même des premiers résultats obtenus. A bref\ndélai, vraisemblablement, nous aurons à enregistrer de nouveaux effets de notre\naction dans cet ordre d\"1 idée.\n2°). L'aide à apporter a la consti\nexclusivement de chanteurs professionnels"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.7", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "de tout premier ordre. Notre Directeur pns\nmain ce projet et en a réuni tous les éléments. 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I. M. (Bulletin français de la Section de Paris de la Société\ninternationale de Musique) est envoyée régulièrement à titre gratuit a tous les Amis.\n2° Sur la présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réductions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 13, rue Laffite ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\n25 °/o sur la musique ordinaire, 10 °/0 sur les ouvrages absolument nets.\nChez MM. Rouart, Lerolle et Cie, 18, boulevard de Strasbourg\nChez MM. Bouvens van der Boyen et Cie, 6, Square de l'Opéra, 10 °/0\nouvrages absolument nets.\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, 10 °/0 sur\ndes Maîtres de la Musique.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 °/0 tur les volumes de la collection des\nMusiciens célèbres.\nChez M. Fischbacher et Cie, 33, rue de Seine, 10 °/0 sur ?es ouvrages de leur librairie.\nLa liste de tous les Amis de la Musique é\nprovince n'auront qu'à adresser directement leurs comma\nleur envoyer des maintenant le Catalogue d, ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 50 °/0 sur es\ndroits d\\ inscription à toutes les sections.\n30 Nos amis, de Paris et de province,\navis et indications dont ils auraien\nun plaisir de leur communiquer gratuitement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.3.5", "titre_corps": "N. B. Les adhésions qui nous parviendront pendant ces deux derniers mois", "titre_sommaire": "N. B. Les adhésions qui nous parviendront pendant ces deux derniers mois", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.8", "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "N. B. Les adhésions qui nous parviendront pendant ces deux derniers mois\ns'appliqueront à l'année 1910. 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La Société se compose de membres\ndonateurs et de membres actifs.\nLes membres créateurs sont les personnes sous\nPour être membre fondateur, il faut avoir versé au moins une fois une cotisation minimum\nde 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser u 100 franc\nPour être membre actif il faut verser une cot 20\nun versement unique de 500 francs.\nLa cotisation annuelle de2o francs est réduite\nLe titte de membre d'honneur pourra être\npersonnes qui rendront ou auront rendu des services signalés à VAssociation sans\nqu elles soient tenues de payer une cotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de la Société\nL.a liste et les statuts sont envoyés gratuitement a tous ceux qui en font la demande.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à M. ECORCHEVILIE\nsecrétaire général, 22, rue Saint Augustin, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.4", "titre_corps": "LETTRES DE BOIELDIEU", "titre_sommaire": "LETTRES DE BOIELDIEU", "signature_source": "P. L. Robert", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "Cette publication est uniquement docum 1\nLa plupart de ces documents inédits ont été légués à la ville de Rouen\npar Mme Samson-Boieldieu et sont a la B a\ntiere (maison de retraite fondée a Boisguillaum\ncompositeur rouennaisj.\nM. Charavay ma très aimablement autorisé a utiliser ses catalogues\nd'autographes. \"J'ai cité tous ces fragments\nprivées et dont les originaux malheureusement\nEnfnfai cru devoir résumer ou men\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nA Fournier.\nDans une lettre du 7 août 18302 Boieldieu raconte la Révolution de Juillet.\nC'était cependant une jolie place que celle de roi de France ! La perdre volontaire-\nment par un trait de plume. Faire verser le sang par un ridicule et barbare entete-\nment, on ne peut concevoir tant de démence. C'en est fini pour eux, maintenant\npensons à nous. Les gens raisonnables désirent que le plus promptement possible\nle duc d'Orléans soit proclamé roi des Français, et je suis de ce nombre.\n\n1 La Rivista Musicale Italiana publiera prochainement d'autres lettres de Boieldieu : de 1800 environ à\n1827. Celles de 1827 à 1830 paraîtront sans doute dans un journal de Rouen.\nL'orthographe de Boieldieu laisse beaucoup à désirer, comme on pourra le constater bien qu a\nl'impression beaucoup de fautes aient été corrigées, que ma copie avait scrupuleusement respectées. Boieldieu\nsupprime très souvent les accents, les virgules, les apostrophes, les cedilles, les majuscules au commencement e\nlî phrase. Il ajoute ou plus souvent supprime des lettres dans l'orthographe des mots.\nCharavay."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.11", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "L.a.s. àM. Philidor, 3p. pl. in-8. Quelques Taches.1 Paris, 28 Oct. 1830.\nCharmante et spirituelle épître toute relative à la propriété de Jarcy.\nA Fourttier. 2 Paris, dimanche 7 Novembre 1830.\n\" CH ER BON AMI,\n... \" Ne laissez pas grossir de somme car je serais gêné au étant\nrogné comme je le suis par le théâtre, par la liste civile et par Janet qui paye bie'r\ndifficilement par 400 fr. par mois (mais jusqu'à présent il paye)...\n\" Le pauvre Andrieu a une inflammation de poitrine et d'intestins que rien\nn'a pu dompter... il semble tomber en consomption... Voici encore un coup fatal\nqui les menace...\n\" Quant à mes affaires3 elles restent in statu quo. On dit cependant que cela va\nse décider. On a débattu hier àla chambre des pairs l'article des pensions sur\n1 Charavay.\n* Cote 286, pièce 25 (49 au crayon). Les coupures sont indiquées par des points.\n• Sur les affaires de Boieldieu à cette époque voici les pièces officielles.\nCote 203, 5* (9 pièces). Titres et brevets de pension et traitements alloués à M. B. Supprimés à la révolu\ntion de 1830.\nP. 74. Avis de suppression. 9 sept. 1830. A partir du ier oct. (Commission de la liste civile —àM. B\ncompositeur-accompagnateur de la musique particulière du service de la chambre.)\nP. 75- 16 <*éc. 1815. (A dater du ier janvier 1816). Argenterie, menus plaisirs et affaires de la chambrt\ndu Roi. N# 174 C. B. Compositeur-accompagnateur. 2000 fr.\nP. 76. 14 févr. 1828. Pension de retraite comme professeur au conservatoire. 2000 fr. à dater du 1\" janv.\nP. 77. 10 Déc. 1825. Lettre de Pixérécourt annonçant la pension de 1200 fr. (iw janv. 1826).\nP. 78. 14 avril 1825. Lettre de La Rochefoucauld.\nP. 73. Livret de pension de 1200 fr. inscrite au registre AN* 49 sur la caisse des fonds particuliers du\nRoi. 1200 fr., arrêtée fin 1830.\n,P- 79- sept. 1825. Titre de pension (parchemin. Reg. A, N° 49). à dater du ier avril. Fonds de secoun\net d'encouragement aux lettres et aux arts, caisse des fonds particuliers du Roi.\nP. 80. 6 mai 1825. Envoi du règlement. Demande d'extrait de naissance.\nP. 81. Règlement concernant les pensions.\nSur le nombre ciereprésentations des ouvrages de Boieldieu et sur ses droits d'auteur voici les renseignements,\nmalheureusement incomplets, que contiennent les diverses cotes de la succession Samson.\nReprésentations depuis la réunion des théâtres Favart et Feydeau en l'an IX (1801) jusques et compris 1812:\nAn 10 40\nAn 11 76 Se décomposant ainsi :\nAn 12 54\nAn 13 46 Zoraïme et Zulnar 75\nAn 14 —l7 Le Calife de Bagdad 175\n1806 31 Beniouoski 4\n1807 —22 « Ma Tante Aurore 132\n1808 —23 * Rien de trop 16\n1809 18 Jean de Paris 36\n1810 —lB La Jeune femme colère 20\n1811 51\n1812 62\n458 >"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.12", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "l'Etat et elles restent conservées, espérons qu'il en sera de même pour celle de la\nliste civile mais on n'en est pas encore là..\nLe théâtre va toujours mal, et si je n'ai pas une place qui compense la perte\nque je fais de celle de la musique de la chambre de l'ex-Roi je serai très embarassé,\nenfin attendons et espérons tout du Roi Philippe qui a de très bonnes intentions,\ndit-on, pour les arts. \"\nFormules de souvenir.\n\" Adrien est aussi grand que moi et fort en proportion. Il est toujours bon\nNombre des représentations Droits d'auteur (Feydeau) Départements\nà Feydeau\niSII (mars à nov.) 2.435,98\n1812 (mars à déc.) 4-607,37\n(Jean de Paris le 4 avril. Il ya en avril 1691,47 de droits, mais avec une retenue de 914,20 pour les billets)\n1813 95 (janv. à déc.) 6.358,39\n(Le Nouveau Seigneur du village le 29 juin)\n1814 104 (janv. à déc.) 9.076,95\n1814 droits d'auteur pour la province de\ndéc. 1813 à déc. 1814 3.058,99\n(12 février : Bayard à Mé&ières; 21 mai.* Henri IV en voyage ; 13 juin : Angela)\n1815 133 (janv. à déc.) 7.344,78\n1816 118 (janv. à déc.) 7.745,10\n('5 mars: la Fête du village voisin; 18 juin: Charles de France)\n1817 113 4.845,90\n1818 139 11.394,90\n(Dont 48 du Petit Chaperon rouge : 30 juin)\nI 2* 8.919,26 (plus 3 mois de droits pour les - s/c\n1 20 -5 39» 2 départements ans doute) 1 *043,86\n(29 avril : Les Voitures versées) joué en 1808 à St. Pétersbourg.\n1821 123 7-553>72\n(3 mai : Blanche de Provence.)\n1822 60 (manque août) 3.807,21\n1823 8 7 4.806,18 (plus sans doute un mois de départements,) 229,29\n1824 3.295,12 (4 mois) 2.860,57\n(zj Avril: les Trois genres.)\n1825 10 juin : Pharamond 8.610,71 (les 12 mois) 3-397>3*\n10 déc. : La Dame Blanche\n1826 (4 mois) 9.439,17 (5 mois) 1.980,56\n1827 (3 mois) 2.603,85 (4 mois) 1,632,70\n1828 (9 mois) 7.150,25 (8 mois) 3.996,21\n1829 20 mai : Deux Nuits (11 mois) 13.407,34 (les 12 mois) 5.688,85\n1830 aucun renseignement\n1831 (4 mois) 2.169,17\n1832 (7 mois) 2.380,11 (les 12 mois) 4.362,28\n1833 ill mois) 1.677,48 (les 12 mois) 4.080,85\n1834 (11 mois) 2.700,18 (les 12 mois) 3.947,49\nEn 1834 Boieldieu touchait comme pensions (d'après les comptes de M. Michel).\nInstitut : 99 fr. par mois (plus les jetons) ; caisse de vétérance : 123 fr. par trimestre ; Min. de l'lntérieur:\n500 fr. par trimestre j Supplément : 166.66 par trimestre ; Conservatoire : 318.65 par trimestre."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.13", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "garçon, il va bien à l'harmonie. Le piano lui donne plus de mal il a de la roideur\ndans les doigts mais si il doit être compositeur je m'en console. \"\nIl donne des nouvelles de sa santé et s'informe de celle de tous...\n\" Il y a un mois j'ai eu une forte fièvre et il m'est resté une petite irritation\nde poitrine... \"\nA Fournier. 1 \" Ce jeudi 1 (s. d. 1830) ?\n(sans nul doute 2 décembre 1830.'\n\" CHER BON AMI,\n...\" Les journeaux vous auront sans doute appris la nouvelle perte que nous\nvenons de faire dans notre ami Catel 2, mort après deux mois de la même maladie\nque celle du pauvre Andrieu. C'est aussi après une partie de chasse où il a ét\nmouillé jusqu'aux os qu'il est tombé malade : ces deux pertes consécutives ont\nbien changé pour moi l'aspect de ma campagne. Andrieu et Catel donnaient du\nmouvement à ce Jarcy, c'était pour moi un besoin de les y voir et, je vous l'avoue,\nje suis tout dégoûté de jarcy, je veux le mettre en vente au mois de mars. C'est\ntout-à-fait décidé. Mais trouverai-je à vendre ? voilà la grande question. Si j'y\nréussis, il n'est pas impossible que j'achette un près de Rouen,\nQuand nous en serons là, nous en causerons, nous ferons des projets, c'est toujours\namusant. Notre théâtre va bien mal, il ne reste plus que 3°--* ° francs des 300 mille\nque les actionnaires avaient en caisse pour faire marcher la machine. Vous voyez\nque cela ne peut aller bien loin. Ajoutez à ce malheur qui nous menace que rien\nne se décide pour les pensions de l'ancienne liste civile. Janet paye difficilement...\nqu'allons-nous devenir ? La guerre, si nous l'avons, va nous achever...\n\" Il ne renouvellera pas le bail de son appartement à Paris... peut-être iront-\nils dans une chaumière aux environs de Rouen.\n\" Voilà la seule compensation des existences bousculées. Cela permet de\nfaire des projets.\nA Fournier.4 \" Paris, ce 31 xbre (1830).\nB. s'excuse de lui avoir envoyé un jeune peintre qu'il n'a pu retenir...\n\" La voilà donc finie, cette vilaine année 1830 qui nous a été si fatale en tout\ngenre ; puisse la suivante être plus heureuse ! je vous la souhaite ainsi pour vous\ntous, mes bons amis, et je suis bien sûr que vous faites les mêmes vœux pour\nmoi, car sans cela, il me faudra quitter ce gouffre de Paris. Enfin croiriez-vous\nque, en économisant le plus possible, en me privant de mille choses, j'ai encore\n\n1 Cote 286, pièce 27 (47 au crayon).\nBoieldieu semble avoir daté : novembre. Mais la lettre est certainement du 2 déc. (qui est bien un jeudi),\nCatel étant mort le 29 nov.\n* Catel (1773 —29 nov- 1830).\n3 Déchirure (sans doute 30.000).\nCote 286, pièce 28 (48 au crayon)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.14", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "dépensé cette année pour Adrien et moi 19.000 fr.; sans compter les gros travaux\nde campagne, et quelques objets mobiliers qui ne font point partie de la dépense\nannuelle ! Il faudra bien cependant trouver un moyen de moins dépenser puisque\ncette année je ne toucherai pas plus de 12 à 15 mille francs, et encore en supposant\nque le théâtre se soutienne, car sans cela il faut s'en aller et mettre la clef sous a\nLté. Enfin espérons, et surtout soignons nos santés, c'est le principal. _ J ai\ntoujours mon enrouement, et cela depuis deux mois. Vesicatoire, fumigations,\nJien n'y a fait, et si l'organe ne me revient pas comment ferai-je pour composer,\nmoi qui ne puis composer qu'en chantant. Du reste je ne souffre pas, 1 nya\npoint d'inflammation à la gorge, cest seulement un voile qui m ote 1 organe.\nParlez-en donc au bon Docteur...\niFmrnier.' \" Ce 15 avril (1831).\n\" CHER BON AMI,\n\" T'avais le besoin de causer avec vous... Mes affaires vont de mal en pis, et\nce maudit enrouement m'empêchant de travailler je n'ai plus les moyens de\nréparer le mal que me font les événements, j'ai perdu places, pensions, et la, seu e\nchose que i'espérais conserver, la pension du conservatoire de 1400 tr., va, dit-on,\nêtre réduite à moitié. Ainsi donc de 6.000 fr. que j'avais il me restera 700 fr. De\nplus, ie perds 10.000 fr. avec Janet. Ajoutez à cela la situation du theatre, et vous\nverrez quelle est ma position. J'en suis à être forcé de vendre quelques bijoux,\nquelques pièces d'argenterie pour payer les billets de Janet que j avais passes a\ndes ouvriers de campagne. Enfin ne pouvant vendre Jarcy bien que je 1 aie mis\nsur les petites affiches je ne sais vraiment où donner de la tete Tachez donc de\nme débarrasser de X... et que je n'aie plus que ma mère a ma charge...\ncc Comment va-t-elle ? lui a-t-on acheté un fauteuil •\nIl voudrait aller le voir, « mais il y a impossibilité, il faut que je suive un\npeu la marche que l'on va prendre pour réclamer auprès du gouvernement II va\nbien falloir réclamer et dans ce cas les absents auraient tort. D ailleurs pour\nenrouement qui commence à m'inquiéter on me conseille un voyage dans le midi,\non voudrait même que je fusse en Italie passer l'hiver prochain. Vous sentez que\npour Adrien il faut jusqu'à ce moment, il ne faut pas que j interrompe ses etudes\ndans cette intention de voyager, je ne vais même pas^m installer a et c e\nà mon grand regret, car de ce beau temps Paris m est insupportable , mai\nn'est pas la seule privation qu'il faut que je m impose...\n\" Comment le bon Laroche 2 supporte-t-il son veuvage .\nIl demande des nouvelles de tous, de l'Adrien 3 ou 4, car il se perd dans les\nAdri«nân espère que les affaires vont reprendre. Les marchands sont plus con-\n\ni Cote 286, pièce 2 (46 all crayon). . , r .1Y morte le c février\n* Marie-Anne D'huicque, qui avait épousé Laroche le 15 Juin 1784 a Evreux,\n1831 à Rouen, âgée de 68 ans."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "tents. Pourvu que les brouillons ne viennent pas nous troubler, mais les pauv\nartistes sont bien malheureux ! re\n\" Adrien dit mille et mille choses à ses petits amis, il est bien content de\nque vous lui dites de sa romance. Cela l'encourage, il va bien à l'harmonie mC\nil ne sera jamais grand pianiste. J'en prends mon parti si il est bon compositeu\n\" Dites mille et mille choses à Ponchard et à sa femme.\" Son frère se remarie\nL. a. s. au Ministre des Travaux publics et des Beaux-arts, 2 mai 1871.\nI p. in-folio. 1\nII expose qu on lui a supprimé une pension de retraite de 2.000 fr et un\nautre pension de 1.200 fr. sur les fonds du roi. Il demande le rétablissement d\nces pensions ou sa réintégration dans la place de professeur au Conservatoire\nfaute de quoi il se verra forcé de quitter Paris. '\nAvant de quitter Paris, Boieldieu remit à M. Jules Michel, agent dramatique\ntous ses papiers et titres. C est celui-ci qui touchera désormais pensions et droits\nd auteur et souvent fera des avances de fonds au compositeur. '\nA Fournier. « Des Eaux Bonnes, le 24 juillet 1831.\nJe voulais attendre quelque résultat des eaux, cher bon ami, pour vous\ndonner de mes nouvelles, mais comme il paraît que ce n'est pas tout de suite\nqu on ressent 1 effet de ces eaux, je ne veux pas différer de vous donner au moins\nquelques détails sur notre voyage, et même sur ma santé.\n1 Charavay.\n2 Cote 203, Cote 3, 66 pièces.\nPièces établissant la recette effectuée pour son compte de ses droits d'auteur par M. Michel et pouvant\nservir de renseignement sur le compte à rendre par ce dernier. P\nPapiers ou titres remis a M. Jules Michel le 24 juin 1831 :\n1. La procuration donnée à M. Michel ;\n2. L autorisation de vendre 1 entrée du Th. de l'Opéra comique ;\nch.mLLdußr-p°yeep°nU-ti«f U d',é,è\"\"C' P0\" \"'ïiCe fa\" 4 h\n4. Pension de 1.274 fr. 38 sur l'Opéra payable par trimestre ;\n5. Titre pour le supplément de la pension ci-dessus de 725 fr. 42 •\nde 1 'Opéra-c o m iqae) f r°Péra-comi<iue (1200 fr. payable 'sur le fonds subventionnel du Théâtre\n7. Lettre de M. Royer-Collard servant de titre à une pension annuelle de 1.200 fr., payable mensuellement.\nPapiers remis pour renseignements et servir au besoin :\n8. Livret de la Pension de 1.200 fr. sur les fonds particuliers du Roi (année 1810 pavée) •\n(i6déc. iSS n°mmatlon de M\" Boleldleu àla place de compositeur de la musique de la chambre du Roi\n(26 déc.\" I^2 DUC D'Aumont annonÇant la pension accordée àM. Boieldieu sur le Théâtre Feydeau\n11. Lettre annonçant la suppression de la place de compositeur de la chambre du Roi (9 sept. 1830)\nkn tout 11 pièces ou titres.\n(Signé : JULES MICHEL.)\n\n5 Cote 286, pièce 17."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.16", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "\" Tout en allant en poste nous avons mis dix jours pour nous rendre de\nParis a Bonnes, et pendant tout ce trajet je n'ai que très peu eu à me plaindre de\nma poitrine et de ma gorge, sauf l'enrouement qui même dans ce moment est\ntoujours le même, mais j'ai horriblement souffert de mon estomac. A peine arrivé\nle repos a fait cesser ces affreuses douleurs, ce qui me prouve bien qu'elles sont\npurement nerveuses. Du reste, pendant mon voyage, je me suis trouvé plus de\nforce que je n'en avais à Paris lors de mon départ, l'appétit est tout à fait revenu\net à Bonnes les eaux l'ont augmenté ; mais en revanche, ces eaux me fatiguent\nsans m iriiter cependant, car alors ma poitrine en saurait quelque chose, au total je\nne puis encore prononcer sur leur efficacité, et tout le monde me dit' ici que ce\nnest qu au bout d un mois que je pourrai apprécier les effets.\nCe qui me tourmente c est de voir ce maudit enrouement toujours tenace •\nmais comme n est pas douloureux, j attends avec patience. J'espère aussi que le\nbeau temps qu on nous promet aura de 1 influence sur cet enrouement, et il serait\ntemps que nous vissions un peu le soleil.\n\" Le croirez-vous : aux portes de l'Espagne hier encore j'étais en bas de\n! aine, j avais mon manteau, et je me suis chauffé toute la journée, voilà le climat\ndes montagnes, ajoutez a cela des brouillards continuels et vous serez convaincu\nque ce n'est pas en allant toujours devant soi au Midi qu'on trouve la chaleur\nquand il y a des montagnes. Aujourd hui le vent d'Espagne a cessé, c'est lui qui\namene les brouillards, aussi voyons-nous le soleil et commençons-nous à sentir un\npeu de chaleur. Du reste, ce pays est très pittoresque mais ce sont toujours des\nmontagnes. Ma femme et Adrien qui ne sont là que comme amateurs voudraient\nbien être sur la route de Toulouse Marseille Nice et enfin sur celle de Rome et\noeNaples, moi j ai dans l'idée que nous allons nous installer pendant trois mois à\nNice, on dit que c'est un si beau climat que ma foi ce serait folie d'aller s'ennuyer\nâ x ise.\nSi Nice nous convient, c est de là que nous partirons pour faire notre tour\ni Italie, si toutefois je suis en état de voyager, et si les événements politiques le\npermettent, c est a Nice (ou nous serons ala mi Bbre)8bre) que nous réglerons notre\nmarche, il est probable que nous séjournerons un peu à Toulouse, à Marseille,\ni. . -J^nîln nous nous arretterons partout où nous nous trouverons bien, je vous\nécrirai d'une de ces villes et j'espère que dans ma première jaurai a vous annoncer\nu mieux dans ma santé. Ce qu'il y a de positif c'est que les eaux bonnes ont\nguen des maux de poitrine et des enrouements bien autrement inquiétants que celui\nfe J îll y aurait donc mauvaise volonté a ces eaux, qu'il faudrait alors débap-\nser, si elles ne faisaient rien en ma faveur. J'attends donc et j'espère. \"\n[Suivent des formules affectueuses et de souvenir pour tous.]\n\" N'oubliez pas le pauvre voyageur car il pense bien à vous tous. \"..."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.17", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "L. a. s. àM. Pierlot, à Nice ;3 p. pl. in-8. 1 Hyères, 30 nov. 1831.\n[Spirituelle lettre intime au sujet de son séjour dans le Midi, où il a.\nobligé de se rendre pour raison de santé.]\nL. a. s. à Cherubini, directeur du Conservatoire de Hyères, 10 déc. 1831.\nmusique ;3 p.in-\\, adresse.2\n[Nouvelles de sa santé, fort altérée ; description charmante de son nouvt.\nséjour ; détails sur ses relations, ses habitudes nouvelles, son genre de vie et ce'\nde sa famille. Passant à la question musicale, il demande à Cherubini son opin\nsur Robert le Diable de Meyerbeer 3 qui vient d'être joué et qu'il ne connaît j\nFétis en dit du bien ; d'autres, du mal. Lequel croire ?\nReproduit :\" Ma femme et Adrien disent mille choses à Mme Cherubini e\ntoute la famille. Moi, j'en embrasse le célèbre chef comme je l'aime.\n\" Votre bien attaché : BOIELDIEU. \"\nL. a. s. à Gustave Bénédit, à Marseille ; \\\\p. in-\\. Hyères, 17 déc. 1831.\nTrès légère déchirure.4\n[Très belle lettre où il le remercie de l'article bienveillant qu'il a consacra\nson opéra Les Deux Nuits.Boieldieu rappelle que cette pièce eut un très heure\nsuccès, mais que M. de Saint-Georges la fit disparaître du répertoire pour fc\nreprésenter un opéra-comique dont il avait écrit le livret.]\nL. a. s. à Choron ;\\i p. in-8. 5 (1831.)\n[Il remercie Choron de son invitation aux Concerts du Conservatoire.]\nA Fournier.6 \" Hyères, ce 17 déc. 1831.\n\" CHER BON AMI,\n\" Je suis vraiment tout inquiet de n'avoir reçu aucune réponse de vous a\nlettre que je vous ai écrite des eaux bonnes et dans laquelle je vous priais, je cr:\nbien me le rappeler, de me répondre à ces mêmes eaux bonnes ou je devais encc\nrester alors quinze à vingt jours, enfin javais espéré que par M.Mme Mollienvc.\nauriez su la marche que nous avons suivie, ce qu'elles mêmes auraient pu sav:\npar Mme phillis, et que jaurais trouvé un mot de vous à Montpellier 011\n\n1 Charavay. M. Pierlot, propriétaire dont il est souvent parlé dans la correspondance, voyagea tut:\navec Boieldieu et se montrait plein d'attentions pour le compositeur malade.\n2 Chavaray. Cherubini (1760-1842).\n3 Robert le Diable, 21 nov. 1831.\n4 Charavay.\n6 Charavay. Choron (1772-1534).\n6 Cote 286, pièce 16."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.18", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "Marseille, mais nous avons été trompés dans notre esperance et maintenant nous\nsommes véritablement inquiets de votre silence, rassurez nous donc, nous vous\nserons d'autant plus reconnaissants que si loin de tout ce qui nous est cher, si\nloin de nos habitudes nous avons vraiment besoin de dédomagement et il n'en est\npas qui soient plus précieux que les lettres de ceux que nous aimons, je desire\naussi avoir des nouvelles de ma mère, de nos amis Caumont, je compte sur vous\npour tout cela... quand serai-je débarassé de X... ? quand pourra-t-il n'etre plus a\nma charge, moi qui suis ruiné complettement, tant par les pertes que jai faites et\nle mauvais état du theatre qui me nourissait, que par les dépenses que je suis\nobligé de faire en parcourant ainsi en poste avec quatre personnes quatre (a cinq)1\ncents lieues de pays car je n'ai fait guere moins, et il faudra y ajouter deux cents\net quelques lieues pour le retour, a 7 fr. 50 2 par poste sans compter les auberges,\nles médecins que je consulte sur mon chemin, les racommodages de voiture et\nbien d'autres frais, vous devez voir ce que j'ai du dépenser, pendant ce temps le\nloyer de paris, le jardinier et les autres frais de jarcy que je ne trouve pas a vendre,\nn'en vont pas moins leur train, vous voyez que je ne fais pas de bonnes affaires,\nsi au moins tant de sacrifices me rendaient la santé ! mais hélas je ne vois pas\nencore arriver ce résultat tant désiré, les eaux bonnes cependant si elles n'ont rien\nfait a mon extinction de voix qui est toujours la même m'ont cependant redonné\ndu ton et fait cesser les douleurs d'estomac dont j'ai tant souffert pendant mon\nvoyage de Paris aux eaux bonnes, depuis lors j'ai conservé l'appétit, le sommeil et\nla force vitale que les eaux bonnes m'ont rendus, mais jai toujours de l'irritation\nde poitrine, je tousse assez fréquemment, l'extinction de voix est presque totale,\nmais cependant sans souffrance aucune, a Montpellier j'ai consulté le fameux\nM. Chrétien, il m'a fait prendre force limaçons et force bouillon du même légume,\ntout cela ne m'a rien fait, depuis mon arrivée a hyeres je prends du lait d'anesse\nmatin et soir, jen espere du bien, mais sur quoi je compte c'est sur le climat vrai-\nment admirable de ce pays. Il y a bien par ci par là des vents du nord qui sont\nassez aigres mais généralement le froid n'est point connu dans ce pays, les\norangers sont en pleine terre et nous les voyons de nos fenêtres couverts\nd oranges, malgré qu'il en parte tous les jours des centaines de caisses pour paris,\nnous avons constamment 12 a 15 degrés de chaleur dans la journée, le pays est\ncharmant, la vue de nos fenestres est enchanteresse, des jardins d'orangers, de\nbelles prairies et enfin la mer qui est a une demi lieue de nous, voila ce que je\nvois tous les jours en sortant de mon lit. ma femme et Adrien partagent mon\nravissement, et quand le soleil vient animer tout cela nous sommes là les fenestres\nouvertes nous délectant et aspirant ce bon air doux qui nous fait croire être a paris\nau mois de mai ou de juin, jespere donc que ma santé se trouvera bien de tout\n°ela et que je retrouverai a hyeres cette belle voix que je donnais au lutrin, quant\nà la ville d'hyeres elle est petite mais très animée, quant a la société nous en avons\n\n1 Barré.\n' I ou 7, tache d'encre, peu lisible.\n2"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "déjà plus qu'il ne m'en faudrait moi a qui l'on defend de parler, nous avons\nbon médecin nommé allegre ce dont j'ai toujours envie de faire allegro. v<v\nvoyez que nous pouvons fort bien rester ici quatre mois, après ce temps je com>\nretourner à paris, mais on ne me l'a pas caché, je serai peut être forcé de retourr\naux eaux bonnes ou l'on est forcé de recourir plusieurs années de suite p0\nguérir les affections du larynx, il sera bien fâcheux pour mes intérêts d'en i\nréduit là. il faudra se résigner s'il le faut absolument. M. Chornel 1 cependa\nespere que le séjour des pays chauds m'evitera un nouveau voyage aux ea\nbonnes, esperons qu'il en sera ainsi, mais ce que jespere plus prochainement q\ntout cela c'est une lettre de vous qui me dira que vous vous portez tous bien\n[Formules affectueuses.]\nA Fournier.2 \" hyeres, ce 31 déc. 1831.\n[Il s'excuse d'être en retard... Adrien vient d'être bien malade : il a\nune fièvre de cheval qui lui a duré neuf jours et neuf nuits... il est mieux...]\n\" vous jugez bien que ma femme et moi avons été sur pied pendant tout\ntemps, et chose étrange cette fatigue loin d'ajouter à mon mal m'a fait croire a.\njetais beaucoup mieux tant l'inquietude a stimulé toute ma machine, ce mieux\nsoutient et sauf mon extinction de voix qui est toujours la même et qui d'après '\ndire de notre Docteur ne cedera qu'au retour de la chaleur, je me sens véritab ■\nment mieux partant, ma poitrine va bien, je n'ai aucune douleur au larynx, il tr\nfaut de la transpiration et si ce qu'on nous promet du climat est vrai elle nés\nfera pas longtemps attendre car le printemps commence ici vers le milieu G\njanvier ; mais jusqu'à présent sauf quelques beaux jours qui étaient des joursc\nprintemps, nous avons eu un temps froid et humide, aujourd'hui nous avons trt\nfroid, il a gelé a 1 degrés cette nuit, mais malgré cela les orangers sont toujour\nlà, sous nos fenêtres, la tête haute couverts de fleurs et de fruits, c'est vraimer\nun pays charmant et cette belle mer qui termine le tableau rend tout cela ravissaiï\nOn nous avait effrayés sur l'ennui que l'on éprouvait à hyeres, mais les gens ai\nnous en avaient dit du mal, sont de ces gens du monde qui ne conçoivent pa\nqu'on puisse être heureux sans grand monde, nous nous trouvons qu'il y a encor:\ntrop de monde et nous avons déjà plus de visites à recevoir et a rendre que non\nn'en voudrions, la seule maison Talleyrand (l'ancien ambassadeur en Suisse) not\nsuffirait bien, nous avons de plus un Prince autrichien fort aimable qui ne noi\nquitte presque pas. ajoutez a cela deux paires de comtes et de comtesses, et ce qu\nj'aime mieux que les comtes, quelques habitants du pays fort bonnes gens, vot\nverrez que nous n'avons pas trop le temps de nous ennuyer, aussi dans ce bea.\npays nous trouverions nous très heureux si ma femme et moi n'étions pas éloigne\nde plusieurs habitudes cheres auxquelles chers bons amis vous n'etes pas étranger:\n\" Mais que signifie leur silence ? \"\n\n1 Son docteur.\n2 Cote 286, pièce 15."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.20", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": "[Il envoie une lettre de bonne année à sa pauvre mère, et 50 fr. d'étrennes\npour quelqu'emplette utile... il renouvelle ses souhaits en terminant.]\nA Mme Lemonnier. 1 Hyères, 31 déc.\n[Il lui annonce le rétablissement d'Adrien. Mais il ne faut point le faire rester\nappliqué pendant tout le temps que son physique croîtra en longueur... \" Cela est\nfâcheux pour son talent, car aujourd'hui surtout ce n'est que par beaucoup de\ntravail que l'on peut parvenir à avoir un grand talent et sans cette supériorité on\nreste dans les amateurs... \" Il mange ses économies à parcourir la France... Que va\nfaire son mari si le théâtre ne rouvre plus ? qu'il vienne dans le Midi... que\ndeviendra l'opéra-comique ? : \" je doute qu'on obtienne un grand succès dans cette\nsalle antimusicale pour les voix et pour l'orchestre... \" Il va se faire marchand\nd'oranges ou de citrons puisque leur commerce ne va pas du tout....]\nA M. Lambert. * [Eloge de Thalberg.] Même jour.\nLa.s. à Mme Cherubini ;3 p. pl. in-%. 3 Hyères, 7 fév. 1832.\nTrès intéressante lettre où il raconte l'existence qu'il menait à Hyères, où\nsa laryngite le forçait d'habiter. Le jeune Thalberg, un habile pianiste, a donné\nune représentation. \" Adrien et moi l'avons secondé, moi en tenant le piano pour\nla musique vocale et Adrien en accompagnant une romance de sa composition qui\na eu beaucoup de succès. \"\nL. a. s. à M. Pierlot ; 2 p. pl. et quart in-8. Hyères, 20 fév. 1832.\nportr. in-S et in-\\. 4\nIl l'entretient de sa mauvaise santé. \" ... On nous a trompé sur le climat\nd'Hyères et de Nice ; le vent d'est nous est très incommode, il m'irrite la poitrine\net me donne quelquefois l'envie de retourner à Paris... ce serait un grand plaisir\npour moi d'aller faire quelques bonnes causoteries avec vous... \"\nLa copie d'une lettre de Boieldieu à Meyerbeer ; i 3 p. in-S. Hyères, 1832.\nToute relative à Robert le Diable.\n\n1 Pougin, p. 289-91.\n2 Pougin, p. 292.\n3 Charavay. Sigismond Thalberg (1812-71), fils naturel du prince Maurice Dietrichstein et de la\nbaronne de Wetzlar, commençait alors ses brillantes tournées de virtuose.\n4 Charavay."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "A Fournier 1\n\" hyeres, ce mai 1832.\n\" CHER BON AMI,\n\" je glisse ce petit mot pour vous dans une lettre que ma femme adresse\nson fils, et je voudrais bien que par le même moyen (c est a dire en envoya;\nvotre petit mot a Bertin) vous me fissiez savoir comment voi.\nvous portez tous ainsi que ma mère dont je ne peux avoir de nouvelles que p-.\nvous, vous devez comprendre l'inquiétude que l'on a dans un tel moment poi\nles parents et les amis quand ils sont environnés de cette affreuse épidémie. Jet\ndoute pas de toutes les précautions que vous prenez pour n'être point attein\nmais ma pauvre mere qui a si peu de propreté intérieure n'a-t-elle pas besoin ;\nsurveillance ? de grâce cher ami veillez y, et puisqu'elle a une nouvelle boni\nrecommandez lui d'être propre, de tout laver, de faire changer de linge ma pauv\nvieille mère vous devez penser que nous lisons avec anxiété les articles sat\ntaires qui touchent nos amis et parents, nous ne voyons pas que l'epidémie fas\nde grands progrès à Rouen, nous avons vu le 112. b. S 1 Sever est le lieu où\nchoiera s'est le plus fixé., ce nest pas le cas d'y aller faire promenade et noi\nesperons que vous restez sur la rive droite de la Seine, combien vous serez tx\ncher ami de m'ecrire tout de suite un mot, un seul mot. les nouvelles qi\nnous recevons de Bertin sont rassurantes, lui et Mme phillis sont plus tourment\nde notre inquiétude que du choiera dont ils n'ont aucune peur dans (nos)3 «/M\nnous n'avons aucune perte à déplorer, puisse-t-il en être ainsi jusqu'à la cessati;\nde la maladie que l'on nous annonce devoir être prochaine, mais il faudra co\ntinuer le régime et les soins de crainte de reprise comme en prusse où le choie\na reparu quant à nous nous n'avons rien d'inquiettant dans nos environs,\nmaladie ne gagne pas le midi, on avait parlé d'un cas de choiera a Draguign:\ntout près d'ici, mais c'est faux, il n'y a rien a Lyon a Marseille a Toulon, et l'r\nespere que dans tous les cas hyeres serait épargné par la salubrité de l'air\nl'odeur qui s'exale des orangers, mais cependant nous voudrions pouvoir bient\nnous mettre en route soit pour paris, si il n'y a rien a craindre à paris et sur\nroute à parcourir, ou pour les eaux bonnes où dans tous les cas il faudra que\nretourne pour essayer encore de mettre fin a cette maudite extinction de voixij\nest toujours la même si elle n'est pas plus forte, du reste la santé n'est f\nmauvaise, j'ai un peu d'irritation dans les bronches, je tousse un peu et voilât®\nvous voyez que nos projets sont en l'air et en vérité on ne peut en faire dansL\npareil moment, vous sentez que nous renoncerions a aller aux pyrenées si\nchoiera se montrait a Toulouse a Pau ou a Bayonne. s'il en était ainsi et que\nmaladie gagnat de nos côtes, nous irions peut etre a Nice, de là a Milan, on\nTurin pour revenir par la Suisse... Tout cela dépend de la [marche] 2 du mons'\n\n1 Cote 28 6, pièce 14.\nJ Déchirure."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.22", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "que nous tacherons de fuir, si il est possible, mais quelle ruine cher ami de courir\nainsi a quatre personnes en poste ? enfin il s'agit de la vie, tout le reste n'est rien.\n\" Voila encore notre théâtre fermé, je gagne quatre a cinq cents francs par\nmois tout au plus, j'en dépense 1000 fr. cela ne pourra pas durer longtemps,\nque faire ? \"\n[... B. s'informe de leurs comptes,... du bon Docteur...\nLa lettre se termine par quelques lignes de Mme Boieldieu.]\nL. a. s. à M. Denis, maire d'Hyères ; Eaux Bonnes, par Pau, 24 juillet 1832.\n3 très grandes p. pl. in-\\. Ecriture fine et serrée}\n[Belle et charmante lettre, toute affectueuse. Souvenirs agréables de son\nséjour à Hyères auprès de lui. Sa situation aux Eaux Bonnes est un peu meilleure,\nquoique cependant son larynx soit toujours dans la même situation. Description\ndes sites des Pyrénées et de la société qui se trouve aux eaux, Rossini, le baron\ndeTremont, M. Aguado, qui va faire l'acquisition d'une grande propriété dans\nles environs. Il retournerait volontiers à Paris, mais le choléra y est de nouveau...\n\" Si le choléra se calme, nous suivrons nos anciens projets, et très probablement\nils nous conduiront près de vous, ne fût-ce qu'en passant. Mais si l'ltalie se\nrévolutionne, s'il y avait à craindre quelques vêpres siliciennes, nous pourrions\nbien rester près de vous au moins les trois mois d'hiver...\nA Berton.2 De Cauterets, ce 12 septembre.\nIl s'excuse d'avoir tant tardé à lui écrire surtout après avoir appris la mort\nde son fils... Sa santé générale s'est sensiblement améliorée, si le larynx est\ntoujours malade... On lui dit qu'il faudra peut-être cinq ans de soins et de voyages,\nmais il est bien près de son rouleau...\nLe gouvernement ne paraît pas disposé à taire quelque chose pour les\nartistes... \" les vieux artistes devraient être aussi des propriétés nationales que le\ngouvernement ne devrait pas plus laisser tomber de misère qu'il ne laisse tomber\nde vétusté les vieux monuments qui n'ont pas été plus que nous l'ornement de la\nFrance \"... il faudrait fonder une colonie d'artistes ruinés dans une de ces belles\ncontrées... on achèterait un vieux château bien situé... \" La vue de cette belle\nnature réchaufferait les imaginations engourdies, et, que sait-on ? il sortirait peut-\nêtre de ces vieux cerveaux des inspirations franches qui vaudraient bien celles\ntoutes spéculatives de certains élèves de la nouvelle école \"... Combien de jeunes\ngens qu'on envoie à Rome perdre les plus belles années de leur vie, qui préfére-\nraient, j'en suis sûr, venir pendant quelques mois faire avec nous leur philosophie\nmusicale ! Le ciel des Pyrénées vaudrait autant pour eux que le ciel d'ltalie...\n(développement de cette idée)... mais pour cela il faudrait vaincre cette prévention\n\n' Charavay.\n7 Pougin, p. 293-8."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "qu'un artiste ne peut vivre qu'à Paris, ne peut produire qu'à Paris... exemples\ncontraires de Voltaire et d'Horace... Il lui parle avec enthousiasme des Pyrénées,\net le prie d'obtenir l'indulgence de l'Académie pour un pauvre muet que les\nmédecins font voyager malgré lui...\n\" Adrien a fait à Hyères une romance qui est vraiment une chose marquante\npour la sensibilité, le bon goût et l'expression dramatique qui y régnent : car cette\nromance est une scène, et une scène des plus touchantes. Mais comme je ne veux\npas qu'il s'en tienne à des compositions éphémères, il travaille dans ce moment le\ncontre-point de l'ouvrage de M. Fétis. Cette étude m'amuse beaucoup moi-même,\net j'espère qu'elle ne sera pas infructueuse pour Adrien \"... Boieldieu parle de\nTarbes où il est et de Rossini que la famille Aguado promène partout sans\nqu'il lui en coûte rien. Il est bien heureux !...\nHenry de Thannberg1 cite un fragment de lettre à Berton (hiver de 1832,\nsans autre indication de date) : Le rêve de B. est de devenir possesseur d'une île.\nOn y vivrait en sauvages et l'on appellerait cette île, l'île des Arts ! à la condition\nexpresse de n'y faire ni musique, ni peinture... Il y a entre la lettre citée par\nPougin et ce fragment une contradiction singulière.\nA Fournier.2 \" Paris, ce 8 oct. 1832.\n\" CHERS BONS AMIS,\n\" Nous sommes enfin arrives, et il y a plusieurs jours que je veux vous\nécrire, mais vous savez ce que c'est que les premiers momens d'une arrivée après\nsi longue absence excusez moi donc si je ne vous ai pas écrit plutôt nous avons\nfait un assez bon voyage, nous avons vu des pays charmans, nous avons été pour\nla 2e fois aux eaux des pyrenées, j'y ai pris bains douches... tout cela ne m'a pas\nrendu la voix, elle est entièrement eteinte et jai peu d'espoir de la recouvrer,\ncependant jessaie depuis mon arrivée des fumigations avec l'appareil de Richard,\net je crois qu'elles me débarassent le larynx des matières muqueuses qui l'ob-\nstruent, mais ce a quoi tient beaucoup M. Chomel c'est que jaille passer l'hiver â\nPise, et je souscris d'autant plus a cet ordonnance qu'Adrien a bien envie de voir\nl'ltalie, et que moi même j'en ai un grand désir ; mais quels voyages ! que d'argent\ndépensé sans ce qu'il reste a dépenser pour retourner presque du point d'où nous\nsommes partis, mais ma femme voulait voir sa mere, son fils, Adrien n'était pas\nfâché non plus de revoir Paris, il a fallu céder, car pour moi mon désir eut été\nplus raisonnable, et de toulouse nous nous fussions acheminés, si jeusse été maître,\nvers Nice Gênes et Pise ! enfin c'est dans une quinzaine de jours que nous nous\nremettons en route, et il faut que nous nous pressions, afin de ne pas être pris\npar le froid en passant le Montcenis...\n\n1 H. de Thannberg : Le\n2 Cote 286, pièce 13."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.24", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "[lls voudraient bien aller les voir, mais c'est impossible d'ici au 20 ou 25...\nils réclament des nouvelles de tous...]\n\" Ma femme est toujours grosse et grasse, Adien est bien grandi, il devient\ntrès bel homme, il est toujours bon comme le bon pain, il a composé des choses\ncharmantes... jen suis très content, il travaille le contrepoint à travers tout cela.\n\" Je vous quitte cher bon ami, car depuis ces maudites eaux dont j ai trop\npris il m'est resté une agitation nerveuse qui s'augmente quand j écris, on dit\nque c'est l'effet du voyage et des eaux et que cela va passer, sil en est de cela\ncomme de mon Larynx jai de l'agitation nerveuse pour longtemps, du reste je ne\nsouffre point du Larynx, jai bon sommeil et bon appétit, malgré cela, depuis un\nmois surtout jai beaucoup maigri... on dit encore que c'est l'effet des eaux dont\njai trop pris, dites bien au bon Docteur, si il a a envoyer de ses malades aux eaux\ndes Pyrénées qu'il leur recommande bien de n'en prendre que 3 semaines en\ncommençant par un demi verre, puis de reposer au moins 15 jours pour en\nreprendre ensuite pendant 15 jours, mais les médecins des eaux vous disent de\nboire jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'elles vous font mal, alors il est trop tard,\nle mal est fait, dites lui que les eaux bonnes sont les plus douces et les meilleures\npour le Larynx et la poitrine, jai voulu essayer celles de Cauteret en boisson, jai\neu tort : il ne me les fallait qu'en bains et en aspirations, de là est venue cette\nagitation que j'ai de la peine a calmer...\n\" jai bien pensé au bon Laroche en passant a Avignon son pays... c'est un\nséjour charmant surtout du côté de Vaucluse. quelles belles campagnes, quelle\nfertilité ! quel climat ! \"...\nMme Boieldieu prie ses bons amis de faire retrouver deux robes de chambre...\n\"je ne quitte pas Boiel étant obligée de parler pour lui \"... Cette si longue absence\nn'a produit malheureusement aucun bon résultat... Son fils a été très malade... Elle\ncraint bien que ce voyage ne soit pas plus heureux que l'autre.\nL. a. s. au chanteur Martin ; 1 2 p. in-%. Rare. 2 12 oct. 1832.\nTrès belle lettre de félicitations où il le remercie d'être venu chanter chez lui.\n\" On ne m'avait pas trompé, ton talent s'est rajeuni et jamais tu n'as eu une voix\nplus fraîche, plus facile, plus suave et plus expressive, jamais tu n'as eu dans ton\njeu autant d'esprit, de bon goût et de verve. \"\nL. a. s. ; 1 p. in-\\.2 17 octobre 1832.\nPension réclamée.\nL. a. s. à Paul, directeur de /'opéra-comique ; 1 p. pl. in-8. 2 21 oct. 1832.\nTrès jolie lettre.\n\n1 Jean-Biaise Martin (1769-1837).\n2 Charavay."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3155, "texte": "L. a. s. à M. Jolivet 1; 1 2\nA Adrien.3\ncommencée jeudi à 2 heures et finie ce vendredi matin.\n23 oc. 1832.\nSans doute octobre 1832.\n\" CHER ADRIEN ! je recois ta lettre, et quoi que le cœur nous ait un peu\nbattu, à ma femme et a moi, en ne voyant pas ton écriture sur l'adresse, ce qui\nnous a fait penser que tu étais malade, nous avons été vite rassurés, et bien\ncontents d'apprendre la bonne réception que tu as reçue, non seulement de ta\nmaman 4ce dont je ne doutais pas, mais de cette bonne et si aimable Mme Gavau-\ndan 5 qui a si bon gout en tout et le tact si fin. ton succès auprès d'elle me fait\ndonc un grandissime plaisir ; il est vrai que je devais aussi m'y attendre car c'est\nhabitude chez elle de protéger mes ouvrages et celui que je lui offre dans mon\nAdrien tant chéri sera de plus en plus apprécié par elle j'en suis sur. rappelle moi\nbien a son souvenir à celui de son mari qui a aussi sa petite infirmité à laquelle\njai pris beaucoup de part, mais du reste je sais qu'il se porte bien ; il n'a point\nmal au Larynx, il a un bon estomac, une bonne poitrine : fais lui en compliment\nde ma part en lui disant que la bonne santé est toujours la récompense de la vie\nsage, et que sûrement il ne devait pas être oublié par dame justice. Elle s'est\nmontrée un peu sevère pour moi mais jespere toujours que nous finirons par nous\nracommoder : en attendant cher Adrien je suis toujours agité, et oppressé, malgré\nles sangsues, qui décidément n'ont d'agréable que la petite société que cela fait\npendant une heure et comme je ne manque pas de visites, tu le sais, je renonce\naux sangsues. Je vais faire usage de nouvelles fumigations conseillées par\nM. Chomel. j'en espere beaucoup.\n\" Que tu me fais plaisir en me disant que ta romance a eu grand succès chez\nta maman ! je m'y attendais, et je te répété que je voudrais l'avoir faite as tu\nchanté ton petit air fait a hyeres ? dans un autre genre il doit faire plaisir.\n\" Nous sommes bien tristes sans toi cher Adrien ! Quant à moi on ne peut\nm'arracher un sourire quand tu n'es pas là, et si ton absence devait être longue, je\ncrois que j'en tomberais malade.\n\" Jespere donc que tu vas venir passer deux jours avec nous ne fut-ce que\npour essayer ce que t'a fait le tailleur, pour aller entendre Rubini Robert le Diable,\net enfin raviver ton bon pere qui ne peut être longtemps sans te voir.\n\"je voudrais bien accepter l'aimable invitation de ta maman, mais je ne peux\n\n1 II s'agit sans doute du peintre Pierre-Jules Jollivet (1794-1S71).\n3 Charavay.\n3 Cote 201, pièce 18.\n4Quelle était la maman d'Adrien ?Il était né à Paris le 3 novembre 1815. Dans une autre lettre\nBoieldieu écrivait \" Adrien est à Clichy chez sa mère \"... Etait-ce une actrice de l'opéra-comique ?\nD ailleurs quelle était la mere d'Adèle ? (née à St. Pétersbourg le 10 avril 1805.) Boieldieu semble avoir\neu plusieurs liaisons, sans doute dans le monde du théâtre. On en connaissait une avant ses deux mariages,\nmais on constate l'existence d'autres liaisons sur lesquelles je n'ai pu rien découvrir de précis.\n' Jean-Baptiste-Sauveur Gavaudan (1772-1840), Alexandre-Marie-Agathe Ducamel, sa femme (1781-1850)."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.26", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "Meme pas aller a Jarcy ou ma presence serait si nécessaire ayant à Paris beaucoup\nde choses importantes a faire, entre autres ces nouvelles fumigations que te ne\npuis faire qu a pans, excuse moi donc auprès de ta maman, et remercie la pour\nma femme et pour moi qu elle m'excuse aussi si je ne réponds pas aujourd'hui\na la lettre qu elle a eu la conte de m ecnre, mais l'heure me presse pour la poste\nvaque lon me dit qu il faut pour la banlieue que les lettres soient mises à la\nboite avant dix heures, je vais donc t'attendre au premier jour, il est vraiment\nutile que tu viennes, tu repartiras deux jours après, je le promets à ta maman, tu\nsais qu il faut que tu ailles voir dourlen, il faut que tu voies hortense, enfin il faut\nque tu essayes toutes tes affaires.\n\"Notre départ pour Pise ou pour hyeres (selon les circonstances politiques)\nest fixe au 25 de ce mois, nous ne serons que quatre mois absents, dis-le bien à ta\nmaman, encore ce petit sacrifice et après nous ne bougerons plus, mais quel\navan âge ce sera pour toi si tu peux voir l'ltalie avec moi et tout cela en peu de\ntemps Sans ce.a il faudra donc que tu nous quittes pour y aller plus tard en sup-\nposant que tu eusses un prix, mais tu sais ce que je pense à cet égard, les jeunes\nartistes vont perdre sans fruit les 5 plus belles années de leur vie et reviennent\npour vegeter. ,e voyage que je vais te faire faire sera donc une véritable bonne\nortune pour toi. ta maman doit le concevoir, je lui écrirai à ce sujet et elle\napprouvera mes raisons, dun autre côte il y va du rétablissement de ma santé que\nje ne passe pas cet hiver à Pans, et sans toi, point de voyage, j aimerais mieux\nrenoncer a me guérir que de te quitter : d'un autre côte il faut que tout en\nvoyageant nous fassions notre cours de contrepoint, et que tu reviennes à Paris\nen état de faire un opéra, je te quitte cher bon Adrien en t'embrassant mille fois\ne tu sais si c est tendrement, ma femme, Bertin, Maminka t'embrassent aussi\net désirent bien vivement que tu viennes passer deux jours avec nous, écris moi\nun mot seulement pour me dire quel jour et a quelle heure je dois t'attendre.\nreçois les oénedictions et les baisers tendres de ton bon père\n\" Boieldieu.\n\" rappelle moi bien aussi au souvenir de Mme Riviere qui a toujours été bien\nDonne pour moi.\n\" Les complimens de ma femme a toute la Société. \"\nL. a. s. à un confrère^3 p. 3/4 in-8.1\nbeile.lettre où il parle de son fils, de son désir d'aller en Italie, de sa\n>ante et de sa situation de fortune etc.\nL. a. s. à M. Lea,2 p. 1/4 in-4.1\ny ®eHe lettre ou il donne des renseignements sur le voyage qu'il effectuait en\ntaiie en compagnie de sa femme.\n\n1 Chavaray."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "\" Venise 1\n« M.,\n\" Ce n'est qu'à Venise que (je) trouve la lettre qui m'apprend que vous avez\nbien voulu être l'organe de S. G. M. le Ministre du Commerce pour m'annoncer*\nqu'il m'était accordé une gratification de 500 frs sur les fonds réservés pour\nl'encouragement des beaux arts. M. le Cte d'Argout, j'en suis très persuadé, aura\nprévu ma reconnaissance ne fut-ce que pour la bonne intention qu'il a eue de me\nprouver que dans la fâcheuse position où je me trouve j'avais été un instant\nà sa pensée mais, j'en suis sûr aussi, il aura prévu le refus que je fais d'une faveur\nqui ressemble trop a une aumône pour (que) je puisse l'accepter c'est tout bas,\nje le sais, que M. le ministre vient au secours des artistes que les evenements ou\nles infirmités ont accablés mais c'est tout haut (...illisible) je l'ai fait pour ses\nprécédentes bontés que ces derniers doivent proclamer des preuves de protection\nhonorables pour celui qui les accorde et pour celui qui les reçoit je vous le demande\nà vous Monsieur qui etes trop aimé des artistes pour que vous ne vous soyez\npas montré leur ami puis-je n'ayant aucune place qui la motive recevoir une\ngratification mais j'entends votre réponse et vous remercie de me conseiller de\nfaire ce que vous feriez à ma place.\n[je compte donc sur votre extrême bonté pour être, p vouloir bien d ([barrej]\nj'ai cessé d'être heureux Monsieur depuis la perte de mes places de mes pensions,\ndepuis surtout qu'une cruelle infirmité m'a forcé de renoncer à la composition et\na un ouvrage commencé qui je l'avais espéré eut obtenu quelque succès, mais je\nn'ai pas pour cela cessé,d'être artiste, je n'ai pas cessé d'être membre de l'institut,\net si M. le Ministre du Commerce veut me donner preuve de la protection\n\\{barre) que les arts ont le droit] qu'il se plait à accorder aux beaux-arts il lui\nest facile de me mettre (illisible) dans la position honorable [(barré) que j'espère\navoir] à laquelle peut-etre j'ai quelque droit [('barré) j'ai refusé je puis le prouver,\npour consacrer mon talent à la france à mon pays, des avantages un sort assuré\nqui m'a été offert par la russie... ayant refusé] j'ai refusé en pays étrangers comme\nje puis le prouver, des avantages réels qui assuraient mon avenir pour consacrer a\nmon pays, mes veilles et mon talent, j'ai eu le bonheur de relever trois ou quatre\nfois le theatre de l'opéra comique prest à tomber, [enfin (barré)] j'ai produit des\neleves [dont deux (barré)] qui ont obtenu lerIer et 2e prix a l'institut, enfin jai fait\nchanter la france [ce quil (barré)~\\ pendant quelques trente ans, la france ne peut\nelle faire quelque chose pour moi. [(barré) ne peut on me rendre des pensions et\ndes places qui m'avaient été données comme recompense de 40 ans de travaux\nM. le Cte d'Argout n'a qu'un mot à dire pour cela]\net un mot de M. le Cte d'Argout dit au Roi en ma faveur en lui exposant ma\nfâcheuse situation me fera obtenir, j'en suis sur, ce que de tout temps les artistes\nont obtenu des Rois de france. Je puis avec la protection de S. Ex. \\_(barré) obtenir]\n\n* Cote 201, pièce 27. Brouillon de lettre sur deux petites feuilles séparées, avec force ratures.\n2 Me faire promettre : barré."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.28", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "être réintégré dans la place que j'avais a la musique de la chambre du Roi Charles X\nje puis recouvi er mes pensions \\[barre) enfin je puis réclamer d'être reintégré dans\nma place de piotesseur au conservatoire] enfin je puis occuper une place, et quand\nil y a en france un conservatoire de musique, des théâtres lyriques, des bibliothèques,\n[1 auteur un compositeur français (barréy\\ l'auteur de maint ouvrages qui ont fait\nvivie les auties ne peut pas etre condamné a la triste position dans laquelle je me\ntrouve mais cest avec vous Monsieur que je veux aller causer de tout cela a\nmon retour a Pans qui sera vers la fin de juin, je compte sur [vos bons conseils,\nje compte la protec la bienveillance de M. le Cte d'Argout, je compte sur\nvos bons conseils, et en attendant [le plai (barrè^] le moment d'aller les réclamer\nje vous prie de croire a 1 assurance des sentimens de la considération très distinguée\navec lesquels j'ai L'honneur d'etre\nMonsieur.\nP.S.\nL. a. s. a Horace Vernet, a Rome ;l 3 gr. pages pl. in-\\. Pise, 28 janvier 1833.\nPort. gravé in-8.\nCharmante lettre sur ses projets de voyage malgré la maudite maladie de\nLarynx qui le rend muet depuis près de 2 ans, et l'a conduit d'abord 2 étés de\nsuite dans les Pyrenees, et finalement dans cette belle Italie qu'il parcourt avec\ntant d intérêt avec sa femme et son jeune fils. cc ... Mais pour le moment je ne\nsuis occupe que de Rome, et je crois démêler que vous êtes pour beaucoup vous\net chat mante famille dans cet attrait puissant qui me pousse à Rome, comme\nsi, derrière le dos, j avais une machine à vapeur. C'est en effet une bien bonne\nchose, si loin de la terre natale, d aller trouver un confrère tel que vous. N'y\ntrouverai-je pas aussi votre excellent père, le confrère Carie ? Alors la ioie sera\ncomplète, etc., etc. \"\nL. a. s. a Al. d Hautmesnil ; 2 p. pl. in-8. Florence, 17 mai 1833.\nTrès curieuse lettre. Il va rentrer en France par Bologne, Milan et Genève ;\ne soleil de 1 Italie ne lui a pas rendu la voix, il parle de sa femme 2 et de son fils.\nAM. François Duval.\" Milan, ierjuin 1833.\nBoieldieu annonce a son \" cher et ancien ami \"3 son arrivée à Genève, le Bou\nle 9. Il lui donne quelques renseignements sur ses voyages, sur son état de santé...\n\nEmile Jean Horace Vernet (1789-1863) Directeur de PAcadémie de France à Rome de 1827 â 1833.\n2 Charavay.\nBoieldieu 1 avait connu en Russie. Les lettres à F. Duval ont été publiées par M. Emile Duval dans\nne é égante plaquette (Boieldieu : Notes et fragments inédits Genève, 1883) contient d'intéressants\ntails sur Boieldieu peintre et amateur de peinture.\niu •^ef et*res on* reproduites par M. Kling dans son article : Boieldieu à Genève en 1833 (Rivista\nMusicale Italiana, tome VII, fasc. 2)."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "\" Préparez-vous à voir un muet, mais son cœur parle tout haut lorsqu'il s'agit\nde vous...\nLe passage suivant est particulièrement intéressant par ce qu'il apporte de\nprécis sur la sensibilité artistique de Boieldieu.\n\" Qu'elle est belle cette Italie que nous venons de parcourir et dont nous\navons la tête toute pleine ! Que de belles choses nous avons vues à Rome, à\nNaples, à Florence, à Bologne, à Venise, à Milan ! Quels chefs-d'œuvre en\npeinture, en sculpture, en architecture ! Mais, vous le dirais-je ? je suis fatigué\nd'admiration en peinture dans un genre qui, malgré son élévation, n'eût pas été le\nmien si j'eusse été peintre, et j'éprouve en peinture ce que j'éprouverais en\nlittérature si, pendant six mois de suite, j'eusse entendu parler en vers ronflants\net pompeux. J'ai besoin de prose spirituelle et naïve, et plus d'une fois, en voyant\nRaphaël, le Dominiquin, etc., etc., j'ai pensé à vos délicieux Karel Dujardin,\nWouwerman, àce charmant (?) ,au petit âne et à tant d'autres que vous avez.\nJ'ai vu de beaux Claude Lorrain, mais ils ne me font pas oublier Ruisdaël, pas\nplus que le Tasse et l'Arioste ne me font oublier Lafontaine.\n\" Il en est de même pour les différents sites que j'ai vus. Ceux des environs\nde Rome sont toujours en vers alexandrins, et près de Florence, près de Milan\nsurtout, j'ai retrouvé la prose avec un grand plaisir ;je vais éprouver des sensa-\ntions toutes nouvelles en visitant vos belles contrées ; j'ai vu les Pyrénées, qui ont\naussi un bel effet, mais d'après ce que j'en ai vu en peinture, les Alpes ont un\naspect plus gigantesque et plus varié. Je vais en juger, puisque demain je me mets\nen route. Nous partons avec notre voiture, mais avec des chevaux de voiturier,\nvoulant voir le Lac Majeur et passer quelques heures à Lausanne chez\nM. Perdonnet... \"\n(a\n\nP. L. Robert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.5", "titre_corps": "EUTERPĒ AMBIGUA", "titre_sommaire": "EUTERPĒ AMBIGUA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "EUTERPĒ AMBIGUA\n1. Euterpe ambigua ! Pourquoi appliquer à Euterpe cette épithète\ndont Ovide se plaît à qualifier Protée ? Entre le Dieu aux formes chan-\ngeantes et la Muse chère entre toutes aux membres de la y aurait-il\neu quelque secrète parenté ? On serait tenté de le croire quand on songe\nau très grand nombre de questions musicales qui, comme Protée, changent\nd'aspect dans l'instant même où on les examine, et peuvent suggérer au\nchercheur des réponses successives diamétralement opposées.\nDans un livre paru récemment *, j'ai signalé un assez grand nombre\nde ces délicates questions. M. Hugo Riemann, lui aussi, en avait rencontré\nplusieurs2. Parmi celles-ci, il en est une, d'importance absolument primor-\ndiale, sur laquelle je désirerais retenir un instant l'attention du lecteur ;\nc'est la suivante :\nLes sons dont le compositeur fait intuitivement usage se succèdent-ils\nen série discontinue ou continue ? Autrement dit : les sons de la gamme\nFig. 1.\nGamme discontinue réalisable sur un instrument à clavier\nl•• • 1\ndo ri mi fa (octave)\nque nous concevons sont-ils relativement peu nombreux et peu rapprochés\n(ainsi que l'indique la figure I, formée de quelques points séparés par des\n\n1 Essai sur la Gamme, Paris 1906.\n1 Eléments de l'Esthétique Musicale, traduction par M. Georges Humbert, Paris 1906 ; c'est à cette\ntraduction que sont empruntées les citations et que se rapportent les indications de pages données ci-après :"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "lacunes), ou bien au contraire sont-ils infiniment nombreux et infiniment\nrapprochés (ainsi que l'indique la figure 2 formée d'une infinité de points\nse touchant, c'est-à-dire d'une ligne continue) ?\nFIG. 2.\nGamme continue réalisable sur un instrument à cordes x.\n\\ I -,1 *•;.\ndo do (octave)\n2. La meilleure manière de montrer les différents aspects de cette\nquestion consiste à citer M. Riemann qui les a si bien vus et décrits :\n\"Je crois, dit-il (p. 48), qu'en réalité le changement continu de\n\" hauteur des sons joue un rôle très important dans la conception qui\n\" résulte des sensations sonores, un rôle qu'aucun des auteurs cités n'a\n\" suffisamment considéré et que plusieurs d'entre eux n'ont pas même\n\" remarqué. J'irai jusqu'à prétendre que\n\" le changement non pas gradué mais \"A la\nvérité, les sons réellement notés, peu nombreux, forment échelle discon-\ntinue et non ligne continue ; mais \" l'échelle, simple graduation des\nchangements de hauteur, ne sert qu'à préciser le degré de la modification\n\" survenue \" (p. 48). Ainsi le passage d'une note à une note\n\" est, pour le compositeur comme pour l'auditeur, réel d'une\n\" augmentation ou d'une diminution de tension, non pas l'échange brusque\nde deux degrés différents de tension\" (p. 49).\nUn peu plus loin (p. 50), pour le cas du entre deux notes\nappartenant à un même motif mélodique, M. Riemann dit encore : \"Le\n\" naturel de cette conception d'une échelle graduelle, dans le sens d'une\n\" ligne continue du moins dans le et à l'intérieur du motif\n\" est sans doute la raison pour laquelle la sensibilité esthétique affinée\n\" s'insurge contre l'introduction de la continuité réelle de la progression\n\" sonore, ou que, du moins, elle l'admet seulement dans des cas spéciaux\n\" et très rares \" (port de voix du chanteur, glissando du violoniste).\nM. Riemann, dans ce qui suit, n'aperçoit plus la gamme que sous\n\n1 En pratiquant le glissando, c'est-à-dire en glissant le doigt sur la corde, d'un mouvement continu,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.32", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "son aspect discontinu. Le cri de joie ou de douleur, dit-il (p. 93), n'est\nque \" l'expression pure et simple simple d'une sensation Pour qu'il\npasse à l'état de chant proprement dit, pour qu'il y ait \" formation arti-\nstique \" il faut opposer les uns aux autres \" des sons d'intonation différente\net nettement appréciable \", conformément à \" certaines de\nla nature humaine\nLa même opinion reparaît lorsque M. Riemann justifie l'instantanéité\navec laquelle le musicien \" comprend réellement les successions sonores\n\" les plus rapides, et peut même en corriger les inexactitudes d'intonation \"\n(p. 103). Quand la tonalité a été établie par le début du morceau, l'organe\nauditif s'accorde pour ainsi dire sur la gamme employée, en sorte que\nnous avons d'avance le sentiment des sons qui peuvent se présenter ; nous\nn'avons donc plus besoin d'écouter avec attention chacun d'eux pour en\napprécier minutieusement la hauteur ; \" chaque son semble bien plutôt\n\" tomber dans une sorte de casier déjà préparé à le recevoir \" ; chaque\ndegré de la gamme a \" une intonation attendue\" (p. 105). Ici la concep-\ntion de la ligne continue (fig. 2) est manifestement remplacée par celle\nde l'échelle discontinue, ligne n'admettant que quelques points (fig. I)\nou encore \" casier \" ne comportant que quelques cases.\nLa même opinion reparaît une fois de plus dans le passage suivant\n(p. 107) : \" La gamme que tous les peuples, en tous temps, ont également\n\" trouvée, ou, mieux encore, que la nature a donnée directement à\n\" l'homme, cette gamme composée de tons et de demi-tons se\n\" succédant dans un ordre déterminé est toute autre chose qu'une\n\" sorte de mètre à l'usage des intervalles sonores. Elle est la révélation\n\" d'une loi immanente de l'activité de l'esprit et, en particulier, de l'imagi-\nnation artistique, loi qui est actuellement et restera peut-être toujours\nun mystère \". 1 .\n3. Ces citations suffisent amplement à montrer les deux façons si\ndifférentes dont on peut être tenté de répondre à la question posée :\ntantôt le principe même de la mélodie comporte une variation continue\nde l'intonation (fig. 2), tantôt la gamme est une échelle discontinue\n(%• que l'homme a reçue toute faite de la nature.\n\n1 Cette loi immanente est celle dont parlait déjà M. Riemann dans Tune des citations précédentes ; quant\nau mystère qui l'enveloppe, il est facilement ëclairci par la théorie rationiste dont le principe va être sommaire-\nment rappelé ci-après."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.33", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "Ce double aspect du phénonème musical s'explique en remarquant\nque notre propre nature est double également, étant formée de deux\nparties, l'une physique, l'autre psychique.\n4. Point de vue physique.Considérons deux notes consécutives,\net ré par exemple, supposées prises dans le même registre de notre voix ;\nl'émission de chacune d'elles se réalise en faisant remplir à notre organe\nde phonation certaines conditions, variables avec la note à produire. En\ngénéral, quand nous chantons consécutivement et r/, les conditions\nremplies par notre organe varient si brusquement que les deux notes\nsemblent se succéder instantanément, et, même si nous n'avons pas\nsuspendu le souffle au moment de la transition, on n'entend pratiquement\naucun des sons de hauteurs intermédiaires par lesquels on pourrait passer\ncontinuement de do à ré. Mais, que notre goût musical nous dissuade\nou non d'employer ces sons intermédiaires, la possibilité de les émettre,\ncomme aussi de les entendre, ne saurait être mise en doute, et, quand il\nen est fait usage, nous avons le sentiment très net (à la phonation comme\nà l'audition) que l'organe intéressé passe par une série d'états successifs, se\nmodifiant de l'un à l'autre par degrés insensibles : ce témoignage de nos\nsens nous permet donc de dire qu'à cet égard il existe une sorte de\ngamme organale continue.\n5. Point de vue psychique.Mais si un chanteur ou un violoniste\nimprovise librement au gré de sa fantaisie, il n'emploie que des sons\nrelativement très peu nombreux, et séparés les uns des autres par des\nintervalles \" aphones Pour le chanteur, la démonstration expérimentale\nde ce fait exigerait des appareils spéciaux ; mais pour le violoniste, elle\npeut se faire très aisément ; il suffit de déposer au préalable un peu de\npoudre claire sur la touche de l'instrument, et de constater après emploi\nque les doigts de l'artiste ont enlevé la poudre, non partout, mais\nseulement suivant certaines lignes régulières1 disposées transversalement\ncomme celles que les luthiers construisent en relief sur la touche des\nguitares ou des mandolines : ainsi, la gamme continue permise par la\nconformation de nos organes n'est pas celle qu'utilise la libre activité de\nnotre esprit et, outre la gamme organale continue, il existe une gammt\nmentale discontinue.\nC est cette gamme qui, d'après M. Riemann, nous a été révélée par la\n\n1 Ces lignes seront incomplètes (ne traverseront pas toute la largeur de la touche) si l'artiste n'a pas employé\ntous les sons de la gamme chromatique."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.34", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "nature même, et dénote l'existence d'une loi dont l'origine\nserait voilée par un profond mystère. Cette origine, cependant, n'est pas\nbien difficile à apercevoir lorsqu'on tient compte du mode de fonctionne-\nment de notre sens auditif ; pour la découvrir, il suffit de savoir résoudre\nla question suivante :\n6. Caractère de l'intervalle musical. Etant donnée une tonique A,\nchoisie arbitrairement, quelle condition doit remplir un autre son\nquelconque B pour pouvoir appartenir à une gamme de A, c'est-à-dire\npour former avec A un intervalle musicalement utilisable ? Pour que\nla sensation causée par l'intervalle B/A puisse présenter quelque intérêt\nartistique, il faut avant tout qu'elle soit nettement et facilement connais-\nsable. Or chacun des deux sons A et B nous manifeste sa hauteur\nuniquement par la périodicité avec laquelle il apporte à notre oreille\ncertaines excitations élémentaires. Dès lors, que faut-il pour que la\ncomparaison des hauteurs A et B puisse donner lieu à quelque particula-\nrité perceptible, à quelque circonstance spéciale susceptible de provoquer\nune sensation connaissable ? On ne voit guere quelle autre particularité\npourrait tomber sous nos sens, si ce n'est certaines coïncidences partielles,\nse produisant de façon régulière plus ou moins fréquente entre les\npériodicités en présence, lorsqu'un petit nombre de périodes A dure le\nmême temps qu'un autre petit nombre de périodes B, c est-a-dire lorsque\nles suites illimitées de périodes A et B se succèdent, chacune de son côté,\nen formant des surpériodes A et des surperiodes B coïncidant entre elles.\nEt plus ces coïncidences entre surpériodes seront nombreuses, plus il\nsemble que l'intervalle musical B/A devra produire une sensation simple\net facile à retrouver de mémoire. L'expérience, comme on le sait,\nconfirme absolument cette présomption et montre que quand les coïnci-\ndences entre périodes A et B sont plus ou moins fréquentes, la consonance\nde l'intervalle B/A est plus ou moins grande et peut meme aller jusqu a\nla fusion complète : c'est ainsi que la coïncidence de i période B contre\ni période A engendre V unisson ; celle de 2 périodes B contre 1 période A\nproduit /'octave ; et semblablement la coïncidence 3 contre 2 correspond\nàla quinte, 4 contre 3 à la quarte, etc., suivant une loi depuis longtemps\nconnue. '\n\n1 par exemple, dans le cas de la quinte, lorsque les surpériodes A, formées de 2 périodes A, coïncident\navec les surpériodes B, formées de 3 périodes B. _ ... ,\n• A ces considérations (principe rationiste), déjà exposées moins sommairement dans ce Bulletin (Août\n190 S : Origine de la Gamme), on oppose souvent l'objection dite, assez improprement, \" de la différence de phase.\n3"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.35", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3644, "texte": "Ainsi, par rapport à une tonique donnée A, une autre note B ne peut\njouer le rôle de degré que si les périodicités A et B admettent une surpé.\nriode commune suffisamment fréquente : tel est le motif pour lequel\ntandis que la gamme matériellement réalisable (gamme organale) com-\nprend tous les sons, la collection des intervalles conçus par notre esprit\n(gamme mentale) admet seulement un petit nombre de termes, (moins\npetit toutefois qu'on ne pourrait le croire d'après la gamme chromatique\nde 12 demi-tons employée par tant de peuples).\ntique s'insurge, comme dit M. Riemann, contre la continuité effectivement\nréalisable, c'est parce que, pour presque tous les points de la ligne continue\n(fig. 2), notre sensation est trouble, confuse, difficilement perceptible ; elle\nne devient nette et claire que pour un petit nombre de points isolés dont\nles plus importants, au point de vue de l'harmonie, sont précisément ceuj\nqui composent notre gamme chromatique (fig. I) \\\n7. Cas du port de voix.Cette distinction étant faite entre la gamme\norganale (continue) et la gamme mentale (discontinue), il y a lieu de se\ndemander si certaines variations continues du chanteur, g/j.\nsando du violoniste) ne peuvent pas néanmoins être pratiqués sans choque:\nla sensibilité esthétique la plus affinée.\nLa réponse à faire varie avec la nature même des sentiments quel,\nmusique est destinée à exprimer ; or, ces sentiments peuvent être les plu\ndivers. Une inspiration enthousiaste, ou la colère provoquée par une\noffense, ont sur nous une action brusque et soudaine, nous font, comme\non dit, \" bondir le cœur \" : le port de voix ne paraît guère propre à\n\nOr, cette différence est de nul effet au point de vue qui nous occupe ici ; j'ai montré récemment qu'on peut s'en\nassurer, soit par des expériences n'exigeant aucun dispositif spécial, soit par un raisonnement fondé sur la façon\ndont se composent entre eux les mouvements périodiques (Essai sur la Gamme, influence du décalage, p. 13 et 16\nOn nie aussi que la sensation causée par l'intervalle B/A puisse résulter des coïncidences se produisant\nrégulièrement entre certaines périodes A et certaines périodes B, puisque, ne percevant isolément aucune de ce:\npériodes, nous ne pouvons pas constater leurs coïncidences. Cette objection revient à admettre que pour éprouve:\nune sensation résultante, il faut avoir su discerner isolément les sensations élémentaires dont elle se compose;\nor, ceci est manifestement faux ; ainsi, quand un observateur spécialement exercé entend un diapason de\nvibrations par seconde, il reconnait la sensation \" la normal\", et cependant il n'aperçu individuellement aucuns\ndes excitations élémentaires dont ce la est la résultante : de même, la réunion des deux la 435 et 870 lui causera\nla sensation octave, bien qu'il ne puisse jamais percevoir la concordance de 2 périodes du la aigu pour I période\ndu la grave.\n1 Ceci résulte de ce que la grandeur d'un intervalle musical ne s'apprécie pas du tout par le même pro-\ncessus que la longueur d'une ligne (question traitée dans l'article précité, \" Origine de la Gamme \", p. 8602\n863). D'ailleurs, tout le monde connait la difficulté qu'éprouve un musicien, même exercé, lorsqu'il veut appré-\ncier la grandeur d'un intervalle non musical. Un ton déterminé étant établi, si on entend un son nettement\nétranger à la gamme chromatique, on peut être fort embarrassé pour le classer à son rang de hauteur par rapport\naux autres. Le plus simple, pour y parvenir, c'est d'utiliser la continuité de la gamme organale, et, grâce à celle-\nci, d'observer entre quels termes de la série mentale se présente le son à classer."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.36", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "exprimer ces mouvements instantanés de l'âme. Mais d'autres sentiments,\nau contraire, nous envahissent plus progressivement, et l'être humain les\nsent pour ainsi dire \" se glisser dans ses veines \" ; tel est le cas, par exem-\nple, pour l'héroïne de roman, lorsque, lasse de combattre en son cœur\n1 amour qui 1 emplit, elle renonce a la lutte et, vaincue, s'abandonne à ce\nsentiment plus fort que sa volonté ; tel est encore le cas, par un exemple\nanalogue quoique inverse, lorsque le naufragé, brisé de fatigue, désespéré,\nsur le point de lâcher l'épave à laquelle il se cramponnait depuis de longues\nheures, croit saisir certains indices prouvant peut-être qu'on est à sa\nrecherche, et sent alors 1 espoir renaissant lui rendre la force de lutter\nencore contre les flots qui le roulent. Quand il s'agit de cas de cet ordre,\nle port de voix, obtenu par une modification progressive et continue de\nnotre appareil vocal, peut avoir un véritable mérite réaliste, une grande\nforce descriptive pour évoquer en nous le souvenir de cette sorte de\ndetente progressive se produisant dans les ressorts physiques et moraux de\nl'être qui s'abandonne par exemple à un sentiment de lassitude ou de\ndesespoir, comme aussi pour nous rappeler la progression de sens\ninverse pouvant résulter de situations morales diamétralement opposées.\nMais pour que cette variation progressive, pour que ce fragment de gamme\norganale (continue) possède une valeur esthétique, il faut qu'il s'enchâsse\npour ainsi dire entre deux des notes de la gamme mentale (discontinue),\nc est-a-dire que son point de départ et son point d'arrivée ne soient pas\ndes sons étrangers à notre gamme ; faute de remplir cette condition\nessentielle, le port de voix perdrait tout caractère proprement\net ne serait plus qu'une sorte de manifestation purement analogue\naux cris que les circonstances arrachent parfois à l'homme comme aux\nanimaux.\nIl n'en est pas moins vrai que, même quand il est conforme à cette\ncondition, le port de voix ne saurait être d'un usage bien fréquent, du\nnioins chez l'homme 1, à cause de cette sorte d'antagonisme existant entre\n'e point de vue psychique et le point de vue physique.3\nMais parfois le compositeur, surtout lorsqu'il vit pour ainsi dire les\nles de ses personnages, assiste à la tension ou à la détente progressive de\n\nCar chez certains animaux, chez le chat par exemple, il est au contraire d'un usage continuel.\nantagonisme, et la condition précédente qui en modère les effets, se retrouvent quand on étudie les\nperses espèces de modulations (d ordre psychogénique ou physiogénique) pouvant être suggérées par une\ndramatique, (Essai sur la Gamme, p. 400)."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.37", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "ses ressorts intimes, et sent passer en soi, éprouve dans sa sensibilité\nquelque chose de continu que le port de voix traduit de façon réaliste :\nil indique alors ce procédé d'expression dont l'usage, en un tel cas,\ndevient absolument légitime.\n\"5^\n& *\n8. Il est facile maintenant de conclure, et de s'expliquer pourquoi\nla question de la gamme continue ou discontinue peut se présenter au\nchercheur sous des aspects très différents : physiquement, musculairement,\nnous pouvons réaliser la variation de hauteur continue ; mais psychiquement,\nmusicalement, nous ne concevons que des sons formant une série\ndiscontinue-,nous devons donc conclure que la véritable gamme de l'homme\nest discontinue \\ L'emploi exceptionnel du port de voix, à titre de moyen\nd'expression, n'en reste pas moins légitime, et le musicien qui proscrirait\ncet effet réaliste parce qu'il n'a pas par lui-même de sens proprement\nmusical, ferait preuve d'autant d'intransigeance idéaliste que l'écrivain\ns'interdisant l'usage de l'interjection sous prétexte qu'elle aussi, seule entre\nles autres parties du discours, est dépourvue de tout sens propre.2\n\n1 C'est l'antique distinction de Gaudence entre la voix parlée ou continue et la voix discontinue ou chantét\n(collection des auteurs grecs relatifs à la musique, par Ch.-E. Ruelle, V, p. 55) ; c est aussi celle de Bacchius\nl'Ancien entre les sons prosaïques ou parlés et mélodiques ou chantés (Ibid. p. 126) : notre faculté de réaliser le\ncontinu est largement mise à profit dans le langage parlé ; mais, dans le langage musical, nous n'utilisons guère\ncette faculté que pour exécuter le port de voix, ou pour régler notre intonation (soit au début du chant, soit\naprès certaines modulations enharmoniques) sur le diapason des instruments par lesquels nous sommes\naccompagnés.\n2 Lorsque les circonstances ne suffisent pas à justifier l'emploi du port de voix, nous pouvons concilier\nautrement notre instinct de la continuité et notre sentiment de la tonalité : entre les notes principales de la\nphrase mélodique, nous insérons des notes secondaires qu'on appelle précisément notes de liaison c'est-à-dire\nnotes établissant la continuité. Ces notes secondaires seront par exemple les degrés conjoints de l'une des gammes\nmentales ; ainsi, étant donné les notes principales do et son octave, si on trouve cette succession trop disjointe,\non lui substituera, soit do mi sol do (gamme rudimentaire ou échelle), soit do ré mi fa ... etc., (gamin:\ndiatonique), soit do ré b ré mi b mi fa ... etc., (gamme chromatique). De ces trois solutions, la seconde est la\nplus usitée, sans doute parce qu'elle concilie le mieux possible la continuité et la simplicité des intervalles\nemployés.\nChez certaines personnes, notamment chez celles qui, par profession ou pour toute autre cause, font ou\nentendent faire un fréquent usage de la gamme, cette tendance à exprimer diatoniquement la continuité para;\nsi naturelle et se manifeste si fortement qu'elle constitue à leurs yeux une sorte de révélation intérieure, une\nsorte de preuve de la préexistence d'une certaine série incréée, formée de tons et de demi-tons alternant seiO.\nune loi mystérieuse édictée par quelque Puissance inconnue. Pour les théoriciens imbus de ce préjugé, la garnit\nn'est pas une collection de sons utilisables, trouvés peu à peu et rangés aujourd'hui par ordre de hauteur ; non,"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.38", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "9. REMARQUE. Nous venons de voir d'où provient la \" lot\nImmanente\" présidant àla formation de la gamme. Dans son esthétique,\n]VI. Riemann n'étudie pas l'origine de cette loi et se borne à la déclarer\nprofondément mystérieuse ; il fait observer toutefois qu'elle doit être\nd'ordre psychologique (p. 109) plutôt que mathématique, car la justifi-\ncation par les rapports simples entre longueurs de cordes ne saurait nous\nsatisfaire (p. 107) puisque rien, dans la sensation auditive, ne réflète ce\nfait arithmétique que deux cordes (semblables et de même tension) don-\nnant par exemple l'octave, ont des longueurs formant le rapport simple\n2/1 (p. 110).\nNon, la sensation simple d'octave ne reflète pas le rapport simple 2/1 ;\nla première n'est pas la conséquence immédiate du second, mais elle en\nest la conséquence médiate, grâce à l'enchaînement suivant : pour les\nmotifs exposés plus haut (n° 6), la consonance de deux notes exige que\nleurs périodicités individuelles admettent une certaine surpériode commune;\nl'existence de cette surpériode suppose qu'il y ait rapport simple entre les\nfréquences des excitations cérébrales élémentaires, et par conséquent entre\nles fréquences des pulsations apportées par l'air à l'oreille et transmises\npar celle-ci au cerveau; d'où il suit qu'il y a encore rapport simple entre\nles fréquences vibratoires des deux cordes sonores, comme aussi entre\nleurs inverses, les longueurs vibrantes1 : tels sont les motifs pour les-\nquels 2, quand nous reconnaissons un intervalle musical entre deux sons\n\nc'est la mélodie-type révélée par la Nature ; et, pour ces théoriciens, la confusion entre la gamme et la mélodie\ns'établit dans leur esprit de façon parfois si complète qu'ils confondent continuellement le point de vue mélodique\navec ce que Ton pourrait appeler le point de vue gammique, si cet adjectif existait.\n1 On fait parfois à la théorie rationiste cette objection purement spécieuse: Une théorie fondée sur les\nrapports simples, dit-on, ne saurait être la véritable, car la musique évolue sans cesse, non pas dans le sens de la\nsimplicité, mais au contraire dans celui d'une complexité toujours croissante, Il y a là un malentendu curieux,\niondé sur cette opposition de termes \" simplicité \", \" complexité Pour ne pas se laisser abuser par les mots,\npour éviter d'être trompé par cette apparence verbale, il suffit de considérer ceci : la chimie, elle aussi, évolue,\npourrait-on dire, dans le sens d'une complexité toujours croissante ; les corps qu'on produit facilement aujourd'hui\nont si peu simples que leurs noms, malgré l'emploi systématique d'abréviations ingénieusement choisies,\narrivent à tenir parfois plus d'une ligne d'impression ; ces corps, pour complexes qu'ils soient, n'en sont pas\nmoins formés exclusivement de quelques éléments premiers ou corps simples, associés en édifices moléculaires\n■ ariés. De même en musique : tous les accords, non seulement ceux des Maîtres classiques, mais aussi, les édifices\nï'armoniques les plus nouveaux, imaginés par des compositeurs en quête de dissonances inédites, sont exclusive-\nment formés en associant entre eux un petit nombre de rapports simples (degrés composant les gammes diverses).\n!''t la théorie rationiste, qui indique la genèse de ces éléments fondamentaux(degrés), montre aussi d'après quelles\naffinités l'homme a été conduit instinctivement à les grouper, en créant ainsi des styles musicaux de plus en\nptas complexes (Essai sur la Gamme, p. 468 à 485) ; elle est donc loin d'ignorer que les degrés (rapports simples)\npeuvent être associés en combinaisons compliquées, et l'objection précédente s'évanouit d'elle-même dès qu on se\ndécide à prendre connaissance de la théorie critiquée.\n2 Sans expliquer l'enchaînement de ces motifs, M. Riemann a manifestement l'intuition de leur connexion,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.39", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3229, "texte": "entendus, l'acousticien modernetrouveun rapport simple entre les longueurs\nde cordes correspondantes \\\n10. Ceci rappelé, doit-on affirmer\nrégissent les phénomènes musicaux ? Voici encore une de ces questions sur\nlesquelles deux penseurs d'égales culture et bonne foi peuvent disputer\nindéfiniment, si aucun des deux n'a la prudence de chercher à comprendre\nla pensée de son adversaire, avant de le contredire.\nA certains égards, on pourrait soutenir qu'en dehors de la mathé-\nmatique pure, il n'existe pas de sciences mathématiques. Ainsi les astro-\nnomes connaissent l'ordre qui préside aux mouvements de 1 univers et,\nse fondant sur le seul principe de l'attraction newtonnienne, calculent le\ncours des astres avec une précision qui confond l'imagination. Mais les\ncoefficients et constantes de leurs équations ont été demandés à l'observation,\naucune formule mathématique, si bien conçue qu'elle soit, ne pouvant\nobliger les molécules matérielles à réagir entre elles de telle façon plutôt\nque de telle autre, et le principe même de l'attraction, malgré la forme\nque lui a donné Newton, étant d'ordre essentiellement physique. On\npourrait donc, à cet égard, dire que l'Astronomie n est pas une science\nmathématique. Cependant nul n'hésite a la qualifier ainsi parce que toutes\nses lois se déduisent mathématiquement du seul postulat newtonnien.\nEn musique, il en est de même, à cela près que le principe \" ratio-\nniste \" d'où tout découle est d'ordre psychique et non physique : une fois\nce postulat compris et accepté, on en peut déduire rationellement toutes\nles lois musicales connues \\ et même parfois en rectifier l'énoncé,\nlequel se trouve ainsi mis d'accord avec les pratiques intuitives des com-\npositeurs. Les raisonnements sur lesquels ces déductions se fondent sont\nsi naturels qu'ils ont déjà dû se présenter souvent à l'esprit des musiciens,\n\ncar il fait observer des causes psychiques,**physiologiques et mathématiques concourent à produire le\nphénomène, qu' \"on ne saurait nier l'état de dépendance\" des unes par rapport aux autres, et qu' \" aucune\nd'elles n'a pris, à proprement parler, la place de l'autre \" (p. 110).\n1 Réciproquement, tels sont aussi les motifs pour lesquels le théoricien antique, combinant entre clic»\ncertaines proportions simples de cordes vibrantes, constata que les tonalités ainsi engendrées plaisaient a son sens\nartistique, et crut alors qu'il avait pénétré les secrets du Démiurge et découvert la loi du Nombre présidant aux\nphénomènes de l'univers : il avait bien découvert en effet une partie de cette loi, mais pas tout à fait pour le\nmotif qu'il supposait sans doute.\n1 Telle est l'explication du débat sans issue auquel la question proposée peut donner lieu comme on vient\nde le dire entre adversaires dont chacun discute sans avoir bien compris la pensée de l'autre : la théorie musicale,\nen effet, est d'ordre à la fois psychique (par la nature même de son phénomène initial) et mathématique (par la\nfaçon dont elle peut se déduire toute entière d'un postulat unique). Entre deux interlocuteurs discutant ainsi,\nle fruit de l'oranger pourrait donner lieu à un malentendu tout semblable : Il est orange, dirait l'un. Non\ncertes, il est rond, répondrait l'autre."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.40", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "et il ne serait pas impossible que la théorie \" rationiste \" fût assez géné-\nralement comprise et adoptée dans un petit nombre de générations.\nToutefois, il serait peu prudent de risquer un pronostic sur ce point,\ncar la Vérité en théorie musicale, tout au moins chemine avec une\nextrême lenteur. Ainsi Gevaert (Problèmes musicaux d'Aristote, p. 143)\nfait observer que la tierce naturelle 5/4, bien que révélée aux musiciens\npar Archytas, n'a été admise définitivement (??) par eux qu'à partir de\nZarlin, c'est-à-dire après un stage de 20 siècles ; encore Gevaert en ceci\nflatte-t-il l'histoire : les choses ont été beaucoup moins vite ; de nos jours,\nen effet, bien des théoriciens continuent de nier l'emploi de la tierce\nnaturelle, et admettent à sa place la tierce pythagoricienne ou même la\ntierce tempérée.\n11. Quoiqu'il en doive être, que ce soit dans un siècle ou dans\nplusieurs, les musiciens ne peuvent manquer de comprendre un jour que\nleur art n'est pas purement empirique, que sa théorie peut s'élever au\nrang de science rationelle \\ et que la liberté de l'artiste n'en reste pas\nmoins parfaitement entière, de même que la liberté du peintre et celle\ndu danseur n'ont nullement été altérées le jour où l'on a découvert la\nthéorie de la perspective et celle de l'équilibre des corps en mouvement.\nCe progrès accompli, on pourra, sans rencontrer les mêmes oppositions\nqu'aujourd'hui, dire que la mathématique préside aux faits musicaux, car\ncela revient à énoncer cette proposition évidente, que les effets ont des\ncauses et que, de celles-ci, on peut déduire ceux-là, du moins lorsque\nla raison des choses a enfin été aperçue.\n\n1 La musique accomplirait ainsi la même évolution que l'astronomie et bien d'autres branches de la\nScience physique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.6", "titre_corps": "D'ANGLETERRE", "titre_sommaire": "D'ANGLETERRE", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "D'ANGLETERRE\n\nDE 1500 A 1700.\nJ'avoue mon faible pour les dépouillements d'archives. Rien ne\nsatisfait mieux la curiosité historique, la mienne du moins, que la chro-\nnologie des vieux documents, présentés tout uniment, sans omission,\nsans choix, tels que la bonne volonté du hasard nous les a conservés.\nQuelle joie de trouver un livre où l'auteur ne paraisse pas, où le commen-\ntateur et l'interprète des faits se retranche modestement dans les appendices.\nOn rira peut-être de ce goût bizarre pour le Et\ncependant, à tout prendre, cette avidité ne diffère pas sensiblement des\nmanies les plus littéraires ! L'œuvre la plus idéalisée ne nous séduit-elle\npas par la découverte d'idées nouvelles, de formes imprévues ? Un beau\nvers et un acte notarié sont, chacun à leur manière, des témoins de l'ac-\ntivité humaine. Et c'est précisément ce témoignage de vie, cette révélation\nsoudaine de la réalité qui nous captive parce qu'elle alimente notre\ninsatiable curiosité. Connaître des faits nouveaux dans le temps et dans"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.42", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "l'espace—, rechercher des états inconnus dans les sphères de l'imagination,\nn'est-ce pas en somme suivre les mêmes tendances, je dirai presque,\ns'adonner au même sport.\nIl est des maladroits qui voudraient opposer l'art à l'érudition. Qu'ils\npréfèrent Pégase à la SérieJT, c'est leur droit. Mais, qu'ils reconnaissent\naussi à deux modes d'une même activité physiologique, des titres égaux\nà notre estime. Il en est d'autres, au contraire, qui s'efforcent de voiler\nhabilement l'érudition sous les dehors de la littérature. Ceux-là sont les\ncritiques. Leur sort n'est guère enviable.\nQuelques uns, enfin, profitent à la fois des documents et de la rhéto-\nrique pour tromper tout le monde : ce sont les musicologues de l'école de\nFétis, espèce dangereuse entre toutes et dont il est toujours glorieux de\ncombattre le venin. Ici l'écrivain, médiocre d'ailleurs, s'exerce aux dépens\nde l'histoire. Il se hâte d'interpréter les faits qui viennent à sa connais-\nsance, puis il présente hardiment ces interprétation comme une vérité\nobjective. Tout lui est bon, pour faire triompher cette confusion, dont\nil tire profit. Il dissimule ses sources, remplit de vraisemblable les lacunes\ndu vrai, ignore de parti pris certaines documentations etc...\nBien qu'aujourd'hui cette dernière espèce soit à peu près disparue,\nnous subissons, hélas, dans la musicologie française les effets de sa déplora-\nble méthode, appliqués durant tout le XIXme siècle.\nSi nous avons tant de peine à réhabiliter l'histoire de la musique, à\nlui faire une place à côté des autres représentants du savoir humain, si\nnous nous heurtons si souvent à une sorte d'indifférence instinctive, à un\nsentiment de surprise, inexpliqué même chez ceux qui l'éprouvent, si l'art\nle plus capable d'inspirer l'enthousiasme rencontre parmi les érudits, les\nintellectuels, une froideur parfois désobligeante, c'est que nous avons\nderrière nous un siècle malfaisant où le document a été mis au pillage\npar la vanité. On a cru faire un beau calcul en plaçant l'histoire musicale\nà la portée de tous. On l'a simplement discréditée aux yeux de ceux qui\nlisent et jugent. On s'est adressé au grand public et on lui a dit : \" Voilà\nce que vous devez savoir, voilà ce que vous devez penser. Il est inutile\nque vous cherchiez davantage. Nous, qui sommes allés aux sources, nous\navons fixé notre opinion \".\nHélas, le calcul c'est trouvé faux. Le public est un enfant : plus on\nle ménage, plus il devient exigeant. Fétis n'en impose plus, ses successeurs\nont perdu leur crédit. Mais par contre, la véritable érudition, celle que le"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.43", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "public révère parce qu'elle ne lui fait aucune concession, la science histo-\nrique hautaine et spécialisée s'est tenue à distance de ces vulgarisations\nhâtives. Et les gens de lettres eux-mêmes, pour lesquels la critique musi-\ncale est un métier bien défini, ont souri de ces Protées de la musicologie.\nLe résultat du F étisismefut d'inspirer une défiance générale. Tous\nceux qui ont connu l'état de nos études, il y a vingt ans se rappellent la\nréponse simple, unique, et aisée qui accueillait tous nos efforts : \"\nbien spécial\".Qu'il s'agit d'un gros livre, ou d'une conférence, d'une revue\nmusicale ou d'une publication de texte, le refrain ne changeait pas.\n\" C'est bien spécial,\" disait l'amateur, et il entendait par là que son intérêt\nprésent allait ailleurs. \" C'est bien spécajoutait le littérateur, habitué\nà suivre le public dans ses goûts et dans ses caprices. \"\nrépondait enfin le savant. Et cela voulait dire : \"Je n'ai jamais vu la\nmusicologie parmi nos programmes. Que veut-elle? Quels sont ses garants\nscientifiques ? Je ne la connais pas. \"\nAujourd'hui, il n'en est plus ainsi : la confusion des pouvoirs, des\nattributions et des intérêts a disparu de notre domaine ; on peut le croire,\ndu moins. L'érudition s'est constituée solidement. La critique a son\nsyndicat professionnel. Il n'est pas jusqu'à l'amateur qui n'ait voulu pré-\nciser son zèle et son rôle ci Ami de en formant une société\nvigoureuse. L'écrivain, le metteur en scène et en livre des idées et des\nfaits, collabore de son côté à cette division du travail ; il interprète à sa\nfaçon, il paraphrase en artiste les données de l'histoire ; et c'est on droit.\nDans cette belle ordonnance où chacun reconnaît son bien, le brouillon\nincompétent, le serin qui abat des noix, ne sera plus, espérons-le, qu'une\nfigure de dernier plan. Parfois un ministre à la main malheureuse, un\ncours de jeunes filles attardé, révélera la survivance d'un de ces fossiles,\norganes, témoins d'une fonction abolie.\nTous ceux qui suivent de près le triomphe des méthodes rationnelles\ndans le clan de la musique, verront dans un ouvrage qui vient de paraître\nsous la signature de M. C. de Lafontaine1 un symptôme heureux. Le\ndépouillement systématique d'un fonds d'archives constitue un excellent\nagent de prophyllaxie musicologique. Il arrête l'élan des généralisateurs à\ntout faire, c'est un plomb dans l'aile de ces canards toujours prêts à s'en-\n\n1 The King's Musik, a transcript of records relating to music and musicians (1460-1700). edited by\nHenry Cart de Lafontaine, M. A. (London Novello et C*. 1909, in 4* de 500 pages). Je me fais un plaisir\nd'ajouter que le nom de notre collègue Miss Cécie Stainer doit être, de la volonté même de l'auteur, associé à\ncette remarquable publication de textes."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.44", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2644, "texte": "voler. Réjouissons-nous donc de faire connaissance avec les cartons verts\ndes Tudor et des Stuart. De 1460 à 1700, deux grandes siècles de l'histoire\nmusicale se sont écoulés. Il est du plus haut intérêt de savoir comment\nla cour d'Angleterre s'est trouvé mélée, au jour le jour, à cette activité\nartistique, qui s'étend presque de Dunstaple jusqu'à Haendel.\nA White Hall, comme au Louvre, quoique avec moins de précision,\nil semble que l'organisation de la musique royale puisse se diviser en trois\ndépartements : musique religieuse, musique guerrière, musique de cham-\nbre. L'Eglise, l'armée, l'intérieur, ou, pour prendre les termes de la cour\nfrançaise : Chapelle, Ecurie, Chambre. M. de Lafontaine ne nous donne\naucun indice sur cette organisation ; il ne nous dit pas de qui ressortait la\ndirection, le payement, le contrôle de ces artistes fonctionnaires. Les\ndocuments qu'il nous présente gagneraient, je crois à être replacés par\nl'imagination, dans le cadre dont il sont extraits.\nEn suivant ce dépouillement, tel qu'il est, et en le complétant par\nune monographie l, qui vient à point, on apprend que la Chapelle des Rois\nanglais fut fondée en 1349 par Edouard 111. Au XVme Siècle, en 1443\nelle comprenait 24 chapelains et 8 enfants, tous exercés au chant et à\nl'orgue. C'est à peu près l'équilibre qui subsistera jusqu'au XVIIIme siècle,\navec les 20 Gentlemen,les 12 Boys,qui apparaissent, dès Henry VIII, et\nles choristes du dehors.\nLa musique de guerre est représentée par une quinzaine de trompet-\ntes, très souvent en argent, des tambours et des fifres.\nEntre ces deux groupes, se place l'intermédiaire d'un organisme\nflottant et suffisamment incertain pour se prêter aux fluctuations de la\nmode, aux exigences de l'art. C'est donc ici que nous découvrons l'intérêt\nvéritablement musical de ces archives.\nEn 1460, nous trouvons 22 minstrelet bientôt une trentaine d'in-\nstruments de toute nature. En 1547, 7 minstrells, 8 violes, 4 saqueboutes,\n5 flûtes, une harpe, une cornemuse et 5 En 1603, 7 violons,\n7 flûtes 6 luths et 7 \" recorders\" En 1641, 18 vents, 14 archets et quel-\nques divers. Puis une lacune entre 1643 et 1660, exactement comme\ndans les comptes de Louis XIV. Enfin, le règne de Charles II nous entraîne\n\n1 fV. H. Grattan Flood. The cnglish chapell royal under Henry V and Henry VI. (Recueil trimestriel de la\nsociété internationale de musique. Juillet 1909. p. 563). Au moment on Récrivais cet article je ne connaissais\npas la thèse remarquable de M. Reyer sur les Ballets de cour anglais. Elle vient compléter utilement en\nindication.\n* Le recorder était notre ûute à bec."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.45", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2567, "texte": "bientôt jusqu'à 16 vents, 24 violons et 22 divers, (luths, virginals, thé-\norbes, etc...) Après quoi les états sont incertains comme le régime lui-\nmême et la musique parait fléchir sous la direction de William et de\nMary.\nJe ne sais si M. de Lafontaine a transcrit en entier tous ces docu-\nments ou les a résumés pour la commodité du lecteur. En tous cas, les\nétats ne permettent guère de préciser en détail et avec ordre les dispositifs\nmusicaux qui se sont succédé dans 1 orchestre des rois d'Angleterre. Il faut\nbien croire, d'ailleurs que les scribes de Londres, comme les plumitifs de\nParis leurs confrères, n'attachaient qu'une importance médiocre à l'exac-\ntitudes minutieuse que nous serions heureux de trouver aujourd hui dans\nleurs comptes. Peu leur importait qu'une flûte prit la place d'un cornet, un\nvioloncelle d'un luth! D'ailleurs, un mêrneartisteetaitsouventofficiellement\naffecté à des charges musicales différentes. Le terme\nrevient plusieurs fois ici et nous rappelle les ''''grands violons et hautbois\"\nde la Cour de France. C était le système des musiciens complémentaires,\ndont le trésor du roi se trouvait bien. Parfois le cumul était un résultat\nde la faveur. Le grand Alphonse Ferabosco tenait entre ses mains, vers\n1625, les quatre offices suivants : celui de \" musician de com-\npositeur, de violiste, et de maître de musique du prince ! Enfin, il ne\nfaudrait pas croire que les états officiels nous donnent une idée complète de\nla vie musicale de la cour. Ils relèvent seulement les éléments nécessaires\nà l'ordonnancement des caisses de l'état \\ Ils ne tiennent pas compte des\nextraordinaires. Ils sont même là, pour éviter toute confusion entre les\nappointements réguliers et les gratifications passagères prelevees sur les\nfonds secrets du monarque. Du moins en est-il ainsi en France. Et je\nsuppose que les rois anglais suivaient la même pratique. Ainsi s'explique\nl'apparition soudaine de certains artistes, qui disparaissent aussitôt. Leur\némargement était provisoire, leur concours a pu fort bien être durable.\nDans ces conditions d'incertitude, les comptes d'un monarque doivent\ntoujours être considérés comme des documents à compléter, comme un\naspect fragmentaire de la réalité. Aspect véridique, cependant, et précieux\nà considérer attentivement.\nLe King's musick de M. de Lafontaine a, par dessus tout, le mérite\nd'offrir au lecteur une infinité de menus faits, de ces indications insigni-\n\n1 Les ordonnancements paraissent ici ressortir de l'échiquier, de la trésorerie de la chambre et de\nla grande garde-robe."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.46", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "fiantes en apparence, mais que l'historien n'oublie plus. Tout d'abord, les\ninstruments divers, dont les mœurs nous sont encore si peu connues,\ntrouvent ici à chaque instant l'occasion de faire parler d'eux. Le le\nle cornet,la saqueboutte,le cor,le bagp la la le\nsichord., le virginal, et un certain Agréât instrument\", qui pourrait bien\nêtre un clavecin, (1595)■» l'orgue et le violon, se disputent entre eux\nl'attention du budget royal. Ici, c'est un achat, là, une réparation, ou\nbien une innovation. Et l'administration vigilante, qui sait ce que lui\ncoûte ce petit monde bruyant, finit par décréter que les instruments ne\nsortiront plus du palais, où ils se trouvent réunis pour le service du roi.\nA côté des anonymes de la sonorité, il y a les agents responsables,\nles musiciens eux-mêmes. De ceux-ci les états nous apprennent les noms,\nles honoraires, parfois la nationalité, toujours les dates. C'est beaucoup,\nsi l'on songe qu'il s'agit de 1 500 personnages, qui apportent ici à l'histoire\nleur contingent documentaire. Ils sont anglais en majeure partie ; Italiens\nsurtout au XVIe et vers la fin du XVII ; français en grand nombre. Cer-\ntains apparaissent avec toute leur amille simultanément ou successivement.\nLa dynastie des Lamer a fait une grande figure auprès des rois d'Angle-\nterre : elle a régné pendant plus de 100 ans.\nL'élément français apparait à la fin XVIe siècle et domine jusqu'au\nrègne de Charles II (1660). Autour de la Reine Henriette, fille de Henri\nIV, se groupent en 1625, vêtus de drap noir, François Richard l'aîné,\nFrançois Richard le jeune, Louis Richard, Provoit,\nRobert Roanne, Simon de la Garde,\nAndré Maugard, Jean G armer. Plus tard, nous trouvons\nBallard, Jacques Gautier,avec leurs luths, et les qui sont représentés\ndans le manuscrit de Cassel, bien connu. Et d'autres moins illustres,\nFerdinand de Florence, Claude de Grange \\ Eléonore Guingaut, Nicolas\nh leur y, Guillaume Santré, Jean de la V0(1663). Puis, clave-\nciniste, Paisible, de Bresme, Giton, Boutet, violons, Delaunay,\nguitariste, Bury,Lettelier, Robert(l67s). On voit encore en 1699,\nEtienne Lefélpre, Thomas Chevalier, Jean Paulain, Jean Aubert, Pierre de la\nTour, attachés à la princesse Anne de Danemarck.\nL'orthographie anglaise rend souvent ces noms indéchiffrables ;\nheureusement, elle varie, et ces variantes nous sauvent. Qui dirait que\n\n1 Détail curieux, ce Claude Degrange est : appointed one of his Majestys French musician in ordinary,\nbeing established among the violins, for singing the bass"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "M. Shaperoonsest Gaperon, que Bopiusest\nLagrig Lagrille ? Certains de ces noms ont causé de véritables tourments\naux scribes des états : par exemple, celui de Jean Loeillet qui est écrit\nL///z, Lylly, Lylie etc..., et qui s'applique peut-être à l'un de ces personnages\nqui fait paraître à Londres des œuvres de clavecin sous le nom avantageux\nde Lully.D'autres sont tout a fait méconnaissables et demandent à être\ndémasqués : je suis heureux de signaler dès maintenant celui de\nsans être sûr toutefois de pouvoir l'identifier. J'avais acquis, voilà 10 ans\ndéjà les manuscrits d'un Michel Farinel,musicien de Grenoble qui avait\ncouru l'Europe de 1650 à 1700, et que l'on dit l'auteur des fameuses\n\" Folies d'Espagne\". Je l'avais moi-même suivi par mes recherches dans ses\npérégrinations, je savais par sa propre autobiographie qu'il était entré\nparmi les violons de Charles II et qu'il avait épousé à Londres la fille de\nCambert. Malheureusement, la meilleure volonté de mes collègues anglais\net en particulier de M. Barclay-Squire, n'avait pu vérifier cette assertion.\nOr, le livre de M. de Lafontaine présente bien un Thomas Farinel au\nservice de Charles II du 20 Mai 1665 au 21 août 1676, mais les scribes\nanglais le nomment, d'accord avec leur prononciation, Fyne/l ! Est-ce le\nmême personnage ?\nM. Lafontaine a respecté ces lectures ; il écrit : et\nqui pourraient être Philibert et Marchant. Je l'en loue. Mais, je comprends\nmoins qu'il ait classé Cambert à Combert, tout en sachant très bien de qui\nil s'agissait. Le rival malheureux de Lully est en effet le premier nom\nqu'un Français cherchera dans ce recueil. Il le trouvera au 4 Juillet 1674,\noù le Roi \" enjoint aux douze violons\nWhite-Hall demain Vendredi à 7 heures\nque M. Cambert leur indiquera, des pièces qui seront présentées a Sa Majesté\nà Windsor samedi prochain C'est tout. L'auteur malchanceux de Pomone\nn apparaîtra plus dans les feuillets des inventaires. On s'en étonnerait si\nlon ignorait 1 opposition confessionnelle qui obligea les catholiques\nromains, entre autres Farinel,1 a se démettre à ce moment de leur charge\nauprès du Roi. Et peut etre faut-il attribuer à cette persécution les\ninfortunes dun autre Français, Louis personnage mystérieux sur\nlequel nous sommes bien heureux d'avoir quelque lumière.\nC est en 1660 que Grabu s'introduit dans les états comme maître\ndes instruments a vent en remplacement de Nicolas Lanier avec 200 livres\n\n1 Voir aussi Schmidt, page 384 du même ouvrage."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.48", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "sterling de traitement mais il semble que ce soit là une confusion\nde dates et que son brevet de nomination remonte réellement qu'au 24\nNovembre 1666. Quelques mois plus tard (17 Décembre 1666) Grabu\nreçoit une distinction flatteuse. Nous lisons en effet :\n\" Ordre a M.Banister, aux 24 a\nChambre de suivre de temps en temps les alvis de Louis Grabu, maître de la\nmusique privée, et aussi de se réunir pour \" (24\n1666).\nPuis, Grabu évince Banister lui-même :\n\" Jusquà ce jour, John Banister était 12 24\net de former une bande d'élite aux ordres de Sa Majesté. Il touchait de ce\nkit 600 Ihres sterling pour lui et les 12 violons en augmentation de leurs\ngages. S. M. autorise le transport de cette charge et de ses appointements\n1 Louis Grabu maître de la musique \"\nEnfin en 1668, 1671, 1672, il obtient pour frais de copie, mise\nen parties séparées, etc des sommes assez rondes de 100 à 150 livres\nsterling.\nVoici donc Grabu, maître de la musique du Roi, compositeur,\ndirecteur et à la tête d'un budget annuel de 900 livres sterling soit\n22500 fr., (à peu près 75000 fr. de notre monnaie). Or tout à coup,\nle 29 Septembre 1674, Grabu est remplacé sur l'état par un certain\nVacatur de mauvaise mine. Et à partir de là, M. Staggins lui est substitué\ndans ses places. Tout au plus lui accorde-t-on en 1675 un rappel\nd'indemnité de livrée de 1672. Que s'était-il donc passé? Ni les états,\nni M. de Lafontaine ne nous l'apprennent. En 1677 une pétition du\npauvre Grabu nous dit : \" has lateky fallen under very grievous\nmisfortune, the greatest of which hat been His Majesty's willingness\nto recieve another person into his place during pleasure Elle ajoute\nqu'il est \" a poor servant, guilty of no crime that misfortune \" et qu'il\nreclame humblement ses gages. Ils lui furent payés sa vie durant, suivant\nune note de 1687, qui déclare Grabu décédé.\nL'histoire de Grabu, considérée à travers les papiers d'états rappelle\nassez bien celle de Dumanoir, Roi des violons, maître de la grande bande\nsous Louis XIV, et brusquement supplanté par Lully. Il est probable\nlue les compositions de Grabu avaient contribué à la faveur soudaine de\nl£ur auteur. Car après la disgrâce, le 17 Janvier 1677, le Roi prescrit\nencore à ses violonistes de s'exercer à l'exécution de la musique \""}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.49", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 739, "texte": "Mons. Grabu \" (p. 315). Et cette indication nous renseigne sur le goût\n▼ Y J\nmusical de Charles 11.\nOn le voit, le Kings Musik est un livre nourri de faits importants. On\nne saurait trop multiplier les ouvrages de ce genre, et en recommander\nle diffusion. Encore quelques années d'efforts méthodiques, et notre\nmusicologie aura traversé l'âge ingrat. Les documents rassembles, nous\npermettront de juger les œuvres.\n\nJ. Ecorcheville.\n\n«A\ni G rite à l'obligeance du Trinity Collège de Dublin, j'ai eu connaissance et pris copie jadis de\nrecueil ms. de symphonies de Grabu. Elles sont d'un style assez sec, celui des 24. violons français de cette ép\nMoins de fantaisie que che* Maïuel, mais une pondération qui annonce La Lande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": "PARIS.\nOctobre.\nLe premier mois de la saison parisienne est communément prépara-\ntoire. On se fait la main, ou la voix et l'oreille avec quelques\n\"reprises\" et l'on apprête ces \"premières\" fameuses, semblables aux\nfruits inconnus qui nous viennent de loin, si attrayants tant que nous n'y\navons pas goûté. Les fruits mûrissent assez tôt cette année, mais non\nsans laisser place aux habituelles cogitations d'octobre, qui ne sont pas\ntant du présent que du passé et de l'avenir. Que pouvons-nous nous\npromettre de l'hiver qui commence ? Nous ramènera-t-il aux chemins où\nson prédécesseur, sans s'y être donné grand peine, a disparu ? Nous\n\n4"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.51", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "ménage-t-il une promenade plus intéressante ? Ou devons-nous en attendre\ndes horizons encore plus plats ?\nQu'il serait mélancolique que nous eussions à regretter la saison\npassée ! Elle fut à peu près nulle. Si nous voulons en retenir les faits\nmarquants, nous ne trouverons, au théâtre, que les représentations du\nCrépuscule des Dieux,de la Flûte en et : deux\nœuvres plutôt connues, même à Paris, et qu'on peut estimer classiques;\nla troisième, apportée par une troupe étrangère. Au concert, la production\nfrançaise brilla assurément davantage avec le de M.\nAlbert Roussel ; mais cette symphonie d'une poésie et d'un style si\npersonnels devait nous être offerte un an plus tôt, et la façon dont les\nConcerts-Lamoureux n'en voulurent d'abord aventurer qu'un petit\nmorceau, pour se trouver contraints ensuite par le succès de donner le\ntout, caractérise au mieux la paresse et la pusillanimité de nos sociétés de\nconcerts, et leur inintelligence de leur propre intérêt. Moins originale, la\nDeuxième Symphonie de M. Marcel Labey ne mérite pas moins qu'on la\nrappelle, pour sa construction et son esprit excellents. Les Concerts-\nColonne ont eu leur part avec la Sde M. Roger Ducasse,\nœuvre petite, mais charmante.\nSi concerts et théâtres nous offriront mieux cette année, rien ne\npermet encore de le préjuger. Les directeurs de ces entreprises n'ont\npoint coutume, quand ils entrent en campagne, d'exposer rien qui res-\nsemble à un plan d'action. A la vérité, je crois qu'ils n'en ont point,\nLeurs projets sont vagues, journaliers, incertains. La seule pensée les\nconduit de \" nouer les deux bouts \" sans porter leurs efforts ni leurs\nrisques au delà du minimum indispensable pour n'avoir point d'affaire\navec l'administration—beaucoup trop accommodante au demeurant—qui\ndirige la manne des subventions. Ils jouent ce qui leur tombe sous la\nmain, et ne rejouent que ce qui fait sûrement et facilement recette.\nIl faut reconnaître cependant que depuis l'année dernière un change-\nment sensible apparaît à l'Opéra. Sans avoir rien fait encore de capital,\nce théâtre est simplement rentré dans la vie artistique de notre pays:\ntrente-cinq ans durant, il était resté trop vaniteux des splendeurs incon-\ngrues où Charles Garnier l'avait engoncé, pour daigner prendre à cette\nvie la moindre part. 11 devient monotone de constater qu'aucun des\nouvrages qui ont marqué dans le mouvement musical moderne n'a été\ncréé à l'Opéra; qu'aucun des ouvrages qui ont été créés à l'Opéra ne fut"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.52", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "capable seulement de se maintenir à son répertoire; et que ce répertoire\nn'a pu se former qu'avec ceux d'autres théâtres, dont le goût plus hardi\net plus avisé sauvegarda quelques chefs-d'œuvre, après que l'Opéra les\neut longuement refusés.\nIl existe, hélas ! encore une œuvre admirable, que tous les directeurs\nrefusent à l'envi, et depuis des années, et qu'ils s'arracheront probable-\nment lorsque quelque scène de la province ou de l'étranger se sera fait\ngloire de la produire au jour. C'est Guercœur, de M. Albéric Magnard.\nMais le cas de ce musicien est tout à fait particulier. Les théâtres ne\nsont pas seuls à repousser M. Magnard: les concerts sauf, un moment,\nles Concerts-Lamoureux ne se montrèrent guère moins hostiles. Il\nsemble que le destin ait voulu jusqu'en notre siècle, qui tout de même a\nl'esprit plus ouvert, qu'un exemple se perpétuât de l'antique obscuran-\ntisme, de la haine originelle pour toute beauté élevée, pure et loyale. Et\nil était juste que le destin, pour cet exemple, élût qui produit la beauté\nla plus fièrement loyale et la plus simplement pure.\nMais retournons à l'Opéra. Une revue comme celle-ci ne s'inquiète\npoint des difficultés intestines dont trop de gens ont eu intérêt à mener\ngrand bruit, si même ils ne les ont attisées. Il nous suffit que la direction\nde M. Messager ait ramené la musique en honneur dans notre premier\nthéâtre de musique. Il n'a pu nous offrir jusqu'ici une partition inédite\nqui parût assurée de rompre avec la triste tradition que je rappelais tout\nà l'heure : la faute en est beaucoup aux directeurs qui l'ont précédé, leurs\nagissements ayant éloigné peu à peu tous les compositeurs français de\nl'idée d'écrire pour l'Opéra. Mais les exécutions quelques inégalités\nmises à part qu'il serait facile d'effacer, une fois hors des tâtonnements\ndu début tout au moins un grand nombre d'exécutions ont atteint\nune qualité musicale qu'on n'avait jamais connue à l'Opéra que par\nexception. Et l'activité est rentrée dans la maison morte; et il nous est\nprouvé par le fait qu'on y peut monter en douze mois trois ou quatre\ngrands spectacles, et les monter fort bien, alors qu'autrefois on en montait\ndans le même temps à peine un, et quelquefois fort mal. Vous avez gardé\nle beau souvenir des représentations du Crépuscule des Dieux : à une\nannée d'intervalle, celles de l'Or du viennent clore, dans un ordre\nparadoxal, le cycle sublime du Nibelung, par-dessus Monna Vanna et\nBacchus. Quant aux classiques et c'est bien chose inimaginable ! il\nn'en faut point parler en cette Académie Nationale, où le public leur"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "témoigne, à l'occasion, peu d'amitié : pensez à à\nRameau, le plus grand de nos musiciens. Ne serait-ce point le rôle\nnaturel de l'Opéra, que d'entretenir nos plus hautes traditions ? Et le\npublic de l'Opéra-Comique, où se rencontrent sans doute les mêmes\npersonnes, qui sont les personnes qui aiment véritablement la musique,\nn'a-t-il pas su venir à Beethoven, à Gluck, à Mozart ? Pourquoi ce qui\nest possible d'un côté du boulevard ne le serait-il point de l'autre ?\nIl semble cependant qu'à l'Opéra-Comique les symptômes se\nfassent moins favorables. Ce n'est pas que M. Albert Carré ait à\ncraindre qu'on se lasse jamais de l'appeler le Juste ; ce n'est pas du tout\nqu'on se désaffectionne de son théâtre, de ses artistes, d'une mise-en-\nscène dont le luxe et la recherche sont illustres. Les opéras nouveaux\nqu'il nous a révélés l'hiver dernier ont recueilli peu d'approbation : mais\non ne saurait exiger d'un directeur qu'il découvre tous les ans une Louise\nou un Pelléas-, et la découverte & Ariane n'est pas si lointaine.\nIl me paraît pourtant impossible de ne pas remarquer comme de plus en\nplus le répertoire se laisse envahir par les déplorables compositeurs de\nl'ltalie moderne, par l'un d'eux surtout ; impossible de ne pas s'étonner\nen même temps de la place que les travaux d'amateurs usurpent entre les\n\" nouveautés \" représentées ou annoncées, tandis qu'il existe probable-\nment encore en France quelques musiciens qui savent la musique. Trois\nouvrages de M. Puccini, presque également détestables, occupent l'affiche\nà la fois chaque semaine : il n'est pas un compositeur français à peine\nM. Massenet qui ait joui jamais, et quel que fût son mérite, d'une\npareille faveur. M. Mascagni néanmoins défend brutalement sa portion.\nOn nous promet pour cet hiver M. Leoncavallo, et puis M. Alfano.\nVraiment c'est trop. Je n'y mets, croyez-le bien, pas le moindre chauvi-\nnisme. Je ne m'indigne point, par exemple, de l'accaparement de l'Opéra\npar un autre étranger : je le trouve pesant, mais justifié tout ensemble\npar la grandeur de Wagner et par l'obstruction insensée dont il fut si\nlongtemps victime. C'est moins le wagnérien d'aujourd'hui qu'il faut\naccuser des excès actuels, que l'anti-wagnérien d'autrefois.\nNous faire connaître ce qui peut se produire d'intéressant ou de\nbeau à l'étranger, et soutenir l'effort artistique de notre propre pays, c'est\npour nos théâtres un seul et même devoir. Devoir d'émulation fraternelle:\nmais devoir d'éducation aussi, qui implique le devoir d'un bon choix.\nQuand une œuvre étrangère est bassement destituée de toute valeur"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "musicale, laissons la donc où elle est : nous trouverons toujours aussi\nmauvais chez nous. Nous n'avons même pas une obligation de réciprocité\nenvers l'ltalie, qui se garde bien de faire aucun accueil à notre musique.\nElle siffle Pelléas: et nous applaudissons Quelle duperie, que\nd'aller gâcher au bénéfice de ces polichinelles la moitié du temps et des\npeines d'un théâtre subventionné, et du meilleur de sa troupe . et qu elle\nest périlleuse pour le goût du public, des interprètes, et de nos composi-\nteurs même, dont le caractère n'est pas toujours de taille a combattre un\nsi mauvais exemple ! Cette école a, nous dit-on, le \" sens du theatre ;\nelle sait qu'il ne faut retarder l'action ni en distraire le spectateur. Cela\nest fort aisé, dès là que le musicien renonce à la musique. Et n est-ce pas,\npour bien des gens, dans cette renonciation même que consiste essen-\ntiellement le \" sens du théâtre ? .\nAcceptons comme un meilleur augure la remarquable reprise du\nRoi d'Ts, qui a inauguré la saison de l'Opéra-Comique. Le chef-d œuvre\nd'Edouard Lalo serait peut-être mieux en sa place a 1 Opéra. Mais 1 Opéra\na manqué assez sottement, il y a quelques années, l'occasion de donner a\nSamson et Dalila, encore plus longtemps dédaigne par lui, un digne\npendant : modèle également salubre de pensée claire et de forme accom-\nplie, d'une moins large envergure, sans doute, que 1 opéra de M. Sain -\nSaëns, mais supérieur à mon gré par 1 unité du sty^e ans> ® c arme f\ndans la force, la personnalité de l'invention, et le dessin, si simple, si su\net si frappant, des caractères. Ce sont les qualités mêmes des classiques.\n*\nLes grands concerts du dimanche nous ont offert déjà plusieurs\nséances. Je ne vous parlerai pas encore des Concerts-Colonne quin ont\nrien donné, que la Damnation de Faust.La terre cesserait probablement de\ntourner si les Concerts-Colonne ne donnaient plus la Damnat.on de Faust\nM. Gabriel Pierné, qui paraît devoir prendre de plus en plus souven a\nplace de M. Colonne au pupitre, dirige la a merveille ; mais\nceci même n'est pas nouveau à dire. Hp\nC'est toujours d'un cœur chagrin que j assiste a la reouverture de\nces infortunés Concerts-Lamoureux, à qui un quart de siecle, et plus\nperfection et de succès n'a pu assurer, tant la capitale ici est. au, dessous\nd'une simple préfecture, un domicile convenable. Ils semblent du.™°>\"s\navoir trouvé un durable dans la Salle Gaveau. Ma.s ce domicile est de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.55", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "mine morose, et sil présente 1111 peu moins d'inconvénients acoustiques\nqu on ne le pouvait craindre de son exiguité, cette exiguité reste par elle-\nmême un inconvénient dirimant. En est-ce une conséquence ? Il semble\nque la perfection des Concerts-Lamoureux néglige un peu trop de se\nrenouveler. Elle se complaît à se retrouver toujours semblable à soi-même\ndans l'exécution des mêmes morceaux, où elle est incomparable. Elle ne\nsaurait à cela gagner rien.\nCette société a son public, qui 1 encourage, il est vrai, à l'immobilité\nC est en coi e un méfait d une trop petite salle, que le public s'y fasse\nforcement restieint et ferme. Nous n'aurions pas besoin d'une seconde\nSociété des Concerts du Conservatoire, même avec un répertoire un\npeu différent. Et ce public le public de tous nos concerts en général\ntend à se gâter lui-même par cette routine où il s'acagnarde. Vivre\nsans efforts est funeste à tous ceux qui y consentent. Et le réel effort et le\nplus sain, pour l'auditeur comme pour l'interprète, est de s'assimiler des\nœuvres nouvelles ; et j entends par la beaucoup d'oeuvres anciennes aussi,\nqu on ne connaît point, ou qu'on oublie. Or c'est au moment même où\nla musique tient dans nos mœurs une place extraordinaire, au moment où\nchacun, dans toutes les classes, ne parle et ne paraît se préoccuper que de\nmusique, c est a ce moment que 1 effort s'anéantit. N'êtes-vous pas con-\nfondus de la coïncidence ? Comment supportez-vous, si vraiment la\nmusique vous est chere, que Paris ne possède ni une salle de concerts\ndecente, ni un chœur passable ? Comment tolérez-vous ces programmes,\nauxquels les jeunes compagnies même comme celle, valeureuse\npourtant, des Concerts-f lasselmans n osent déroger ; ces programmes\noù une série de morceaux, toujours les mêmes, vous sont indéfiniment\nproposes, sans ordre, sans suite, sans logique d'aucune sorte, chaque fois\nun peu plus ébréchés, comme au hasard du déballage d'une voiture de\ndéménagement ? Comment permettez-vous que les chefs d'orchestre\npuissent objecter que c'est précisément là ce qui vous attire et vous plaît;\nque vous ne voulez avoir d opinion que sur des ouvrages consacrés, et ne\nvous échauffez qu en présence d'un acte de virtuosité ; que vous accueillez\navec une indifférence dédaigneuse toute musique qui ne vous est point\ncoutumière ? Qui vous inspirera, ô public, l'énergie de vous fâcher une\nonne fois ? Il n y faudrait que l'énergie ; car vous voyez aussi bien que\nmoi, trop patient et un peu indolent public, que ces gens empressés à\nvous plaire, au fond, se moquent de vous."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "On jugerait naturel qu'au sortir du bienfaisant silence de 1 ete toute\nmusique parût délectable et trouvât l'auditeur indulgent. Mais quand on\nn'a un long temps écouté que ses musiques intérieures, on se découvre\nau contraire une susceptibilité ravivée devant les mille petites imperfections\ninévitables de la musique telle que la réalisent les hommes Jai du moins\ntoujours éprouvé qu'il me faut un peu de réhabitude —il en faut peut\nêtre un peu aux orchestres aussi— pour les voir disparaître. On les voit\ndisparaître vite chez M. Chevillard. Il commence par une \"audition\nchronologique \" des symphonies de Beethoven. Certes on ne les jouera\njamais trop. La musique de Beethoven trouve en notre temps, et je crois\nen notre temps seulement, son véritable et parfait épanouissement ; nous\nla comprenons pleinement, et il n'en est pas qui corresponde mieux a\nnotre façon de sentir. Il est possible que cela change bientôt. C est une\nconception de l'art et de la vie dont s'écartent en grande Part'e les jeunes\ngénérations. Mais cette conception, qui s'est prolongée de Beethoven a\nWagner, et qui revit entre nos contemporains chez M. d Indy et chez\nM. Dukas, nous tient encore à l'âme par des racines plus profondes que\nle debussysme même, notre vainqueur exquis.\nEt ce fut une idée miraculeuse que de présenter une fois les neuf\nsymphonies de Beethoven dans l'ordre où elles sont nees. Mais c est\ndevenu une idée un peu facile. Et l'idée d'exécuter au concert en plein\nvingtième siècle, des scènes entières des drames de Wagner, et de ceux,\ntels que Tannhâuseret la Valkyrie, que l'Opéra représente le plus souvent\nest une idée que le bon sens ne suffit pas à expliquer. On ne devrait\njamais, en principe, transporter au concert une partition destinee a a\nscène. Mais on serait fort excusable de composer avec le principe, sil\ns'agissait d'une partition à qui la scène se refuse. Ce fut le cas, 1 y a\nvingt-cinq ans, pour Wagner. Ce pourrait l'être aujourd hui pour Rameau\nou Weber, ou Berlioz ; pour Hulda, pour le pour\npour Guercœur.J'indique au hasard. Le choix ne manque pas ;il est\ndivers ; si bien que nos directeurs de concerts en restent tout embarrasses.\nAvec Beethoven et Wagner, l'école russe a comme d habitude fourni\nl'essentiel des premiers programmes de M. Chevillard. La suite tiree du\nTsar Sa/tan de Rimsky-Korsakov, qui n'avait encore ete entendue qu aux\nConcerts Russes de l'Opéra, est agréable, sans plus ; mais Thamar e\nBalakirev est un des chefs-d'œuvre de cette école ; ces deux ouvrages,\nmalgré l'exécution la plus brillante, ont rencontré une certaine froideur."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "Le prestige des \"Cinq\" touche-t-il donc au déclin? Ce que leur art a d'ex-\nteneur, de limité, de tatillon, pourrait bien malgré les délices qu'il\ndispense, nous lasser assez vite. Il nous faut, quoi qu'on die, plus dr\nprofondeur et de substance.\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE DU JAPON\n\nDu point de vue occidental, le Japon n'a guère été considéré comme\nun pays de musiciens. En effet, au regard de notre technique moderne\nla musique japonaise ne s'est jamais élevée bien haut. Mais si, par contre'\nfaisant abstraction de nos idées, nous ne cherchons dans la musique que la\nlibre interprétation des émotions, au moyen des sonorités et des harmonies\nla nation japonaise doit être comptée parmi les plus musicales qui soient\nau monde.\nLes Japonais, comme beaucoup d'autres peuples, tiennent la musique\npour un don du ciel, une bénédiction d'en haut. Aucune période de leur\nhistoire n est sans traces de cet art divin: la musique semble être née avec\nla race.\nEn des temps qui se perdent dans la nuit de la légende, les ancêtres\nsacres du Nippon auraient établi un concours entre les plus habiles des\noiseaux chanteurs ; et, si nous en croyons les antiques traditions japonaises,\nles Kojiki, le résultat de cette compétition aurait été le début de l'art\nmusical dans le pays de Yamato. Les concurrents ailés auxquels le lapon\na ait etre redevable de son art céleste auraient été deux humbles volailles\nde basse-cour, deux coqs. On peut établir quelque liaison entre cette\nlegende et les harmonies claironnantes de certaines chansons populaires.\nEn tout cas, et quelle que soit l'aversion fréquente des Occidentaux envers\nce que les Japonais considèrent comme musique, il est évident que le\nJapon possédé un art musical dont le peuple est universellement épris et\ndans lequel il trouve l'expression de ses émotions les plus profondes.\nMalgré l'antiquité de ces légendes il est très probable que la musique\nne ut pas cultivée comme un art distinct de la poésie avant l'introduc-\ntion u Bouddhisme en Chine. Ainsi, au Japon comme en Occident, la\nmusique denve de la religion.\nComme la philosophie chinoise avait tenté d'exprimer la poésie"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "universelle du Cosmos par le nombre 5, la gamme Japonaise fut limitée à\nf notes : elle l'est encore aujourd'hui. Ainsi, la musique orientale se dif-\nférencie de la nôtre par l'absence du 4e et du 7e degré. Sa technique géné-\nrale est un trop vaste sujet pour que je me permette de l'effleurer ici en\namateur. Il est intéressant de noter néanmoins que le progrès esthétique\nde la musique japonaise a toujours porté sur le développement des qualités\nrythmiques. L'harmonie et la mélodie, au contraire, ont souvent été\nnégligées, et quoique l'instrumentation ait parfois témoigné d'une certaine\ningéniosité dans l'art de produire les sons, le nombre et la qualité des\ninstruments sont toujours demeurés insuffisants et primitifs.\nMais, les Japonais sont trop foncièrement artistes pour que leur\nmusique dépende étroitement des moyens matériels qui l'expriment. La\nmusique japonaise comme celle de Wagner, est moins intellectuelle que\nsenseuelle ou émotive. La \"geisha\"la danseuse de l'ancienne civilisation\niaponaise, est toujours regardée comme le prototype de la musique nationale,\noù le geste est un élément aussi important que le son.\nL'esthétique du Japonais est plus visuelle qu'auditive ; depuis des\nsiècles, la nation s'est attachée à refréner l'explosion de ses émotions et\ns'est fait un point d'honneur de cette indifférence. Un véritable Nippon\nne comprendra pas une page de littérature sans la voir, sans jeter un\nregard sur les caractères hiéroglyphiques qui en expriment le sens. De\nmême, il ne goûtera pas la musique à laquelle le geste plastique ne prêtera\npas son concours. La place prépondérante de la danse dans les drames et\nles romans nationaux en fait foi.\nDans quelques représentations théâtrales ou religieuses, la musique\nmuette, n'est plus figurée que par des poses ou des attitudes. La merveilleuse\ncapacité d'un auditoire japonais à apprécier cette indique\nun développement esthétique dont les secrets ressorts nous échappent\ntotalement.\nLa musique japonaise se rattache à la nature beaucoup plus étroite-\nment que la nôtre. L'Occidental, bien souvent sera lassé par la monotonie\nfastidieuse des bruits quotidiens, irrité par des rumeurs criardes ou super-\nflues : une oreille japonaise, au contraire, découvrira là des harmonies cap-\ntivantes et de poétiques suggestions.\nLes Japonais font leurs délices de la musique au crépuscule ; souvent,\nquand leur labeur est achevé et que la lune brille ils désertent les rues de\nla ville pour aller écouter le cri des grenouilles dans la solitude des marais"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "voisins, le solo aigu des cigales et des innombrables voix qui se font entendre\nà la tombée de la nuit.\nIl ne faut pas s'étonner que leur musique, à la fois vocale et instru-\nmentale ait une remarquable aptitude à imiter les bruits du dehors; quelques\ninstruments de la lutherie japonaise bourdonnent comme un essaim d'abeil-\nles, d'autres ont la voix flutée de la fauvette ou du rossignol. La musique\nvocale, elle-même, évoque plutôt à l'oreille de l'étranger le chant des oiseaux\nou le bruissement des insectes que l'expression de la passion humaine.\nAinsi, à travers les siècles, le peuple a emprunté aux mille voix de\nla nature un répertoire immense d'harmonies et de sonorités. Un jour\nsans doute, un génie national, armé des moyens expressifs de l'art occiden-\ntal, mettra à profit les matériaux entassés dans ce trésor. Il en résultera\npeut-être un chef d'oeuvre.\nLa musique japonaise est l'expression la plus fidèle de l'âme natio-\nnale : par son usage et par sa nature, elle est essentiellement démocratique,\nDes chansons accompagnent toutes les étapes de l'existence, toutes les\nconditions sociales : le laboureur à sa charrue, les jeunes filles récoltant le\nthe, les pecheurs dansant au clair de lune sur la grève... Il y a des chan-\nsons pour planter le riz et pour moudre la farine, des chansons pour le\nmarin et pour 1 artisan, pour le colporteur et pour le crieur de ville. Au\nJapon, la vie elle-meme est une chanson : cela peut être un lamento de\nmélancolie ou de deuil, ou un hymne de satisfaction et de joie, mais rien\nne s'effectuera sans un refrain et sans un sourire.\nAu dessus de la porte de sa petite boutique, le Japonais suspend une\nclochette de verre que le vent fera vibrer et dont le tintement égayera la\nmonotonie de l'existence.\nLes temps modernes commencent pour la musique japonaise avec\ni introduction du christianisme. La musique occidentale importée par les\nmissionnaires a naturellement laisse sa marque sur la musique indigène :\non entend cependant parfois des airs occidentaux dans régions qui ont dû\néchapper a 1 influence des missions. Une partie de cette musique est\nrepresentee par des hymnes chrétiens, sur des airs anglais et américains.\nParfois aussi ce sont simplement des chansons japonaises adaptées àla\nmusique religieuse européenne.\nLa musique est maintenant enseignée dans toutes les écoles japonaises.\nLa voix y est accompagnée à l'orgue ou au piano."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "Les Japonais fabriquent aujourd'hui des orgues et des pianos dont la\nquantité et la qualité suffisent à la consommation locale et même, en\ngrande part, à la consommation chinoise.\nLes musiques militaires et navales ont fait beaucoup pour populariser\nla musique d'orchestre. Les cuivres, plus appréciés que les cordes, ont\nréussi à accoutumer les oreilles japonaises aux airs occidentaux plutôt\nqu'à inspirer aux troupes une bien martiale ardeur. L'orchestre militaire\nde Hibya Park(Tokio) a environ le même répertoire que celui de\nPark, de Londres. Mais les musiciens populaires, joueurs ambulants de\nsamisenet de biwa soulèvent de plus profondes émotions qu'aucun virtuose\nétranger. J'ai vu des auditoires intelligents écouter patiemment pendant\ndes heures le récit de quelque ancienne épopée, accompagnée sur le biwa,\nle plus primitif des instruments de musique. De tels récits transportent\nl'auditeur aux temps les plus reculés de l'histoire nationale et font vibrer\nau plus haut point la corde patriotique.\nLa musique exécutée aujourd'hui aux enterrements japonais est restée\nce qu'elle était il y a dix siècles : les esprits des ancêtres ne pouvant\ncondescendre à écouter le charivari barbare des instruments modernes\naccouplés aux voix.\nL'institution qui a fait le plus pour l'avancement de l'art musical\nest Y Académie de musique de Tokio. Quoique fondée depuis quelques années\nseulement, elle a merveilleusement contribué à développer chez les\nJaponais la faculté de comprendre la bonne musique étrangère. Là, sous\nl'autorité de professeurs éminents, les œuvres des grands maîtres sont\nétudiées et exécutées avec un intérêt, quelquefois même avec une perfection\nqui font songer aux institutions similaires d'Europe ou d'Amérique. La\nplupart des maîtres de l'établissement sont allemands. Leurs noms\nmériteraient de n'être point négligés dans l'histoire musicale du Japon\nmoderne ; leur influence a rayonné jusqu'en province, bien au delà de\nleur sphère d'action directe. Il n'y a peut-être plus une ville au\nJapon où ne soient donnés des concerts où la musique étrangère tient la\nmeilleure place.\nLes Japonaises ont pris goût à la musique occidentale plus vite que\nles hommes ; quelques unes d'entre elles font preuve de qualités vocales\nqui les mettraient au rang de nos meilleures chanteuses.\nA l'Académie de musique de Tokio, l'ensemble des études se divise\nen trois sections : préparatoire, principale, et hors-concours, avec des"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.61", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "classes spéciales pour les élèves auditeurs et pour ceux des écoles normale\nLe cours principal a pour objet la pratique vocale et instrumentale et la\ncomposition : il dure deux ans. Tous les instruments modernes y sont\nenseignés en même temps que les plus pratiques des instruments indigènes'\nquelques uns de ces derniers, spécialement le ont trouvé une\nremarquable puissance expressive, sous l'inspiration moderne. L'Académie\ncomprend environ 40 professeurs et 500 élèves ; faute de place, elle et;\nrefuse à peu près autant. En dehors de cette institution un bon nombre\nd étrangers établis a Tokio enseignent la musique à titre privé et rencon-\ntrent un vif intérêt parmi la population de la capitale.\n\nDr F. Ingram-Bryan.\n\nBRAHMS ET LES FÊTES DE MUNICH\n\nLa révélation de certains maîtres a quelque chose de foudroyant. On\nest subjugue des 1 abord. Parfois le coup de foudre se fait attendre. On ne\nvoit rien, on n entend rien. Tout à coup la nue se déchire et l'éclair n'est\nque plus redoutable : on est Saul sur le chemin de Damas. C'est ce que\nj ai éprouve avec Mahler. Mais il est un autre mode plus fatigant, moins\ndécoratif, plus poignant peut-être, d'être forcé à la soumission, après une\nlongue, très longue bataille. C est alors la lutte de Jacob avec l'ange ! Voici\nvingt-cinq ans que Brahms me rebutait et me fascinait, que je m'en\ndétournais, découragé, et que je sentais bien pourtant que le devoir était\nd y revenir, que je m efforçais d arriver sur cette musique à des idées claires,\nà un état qui permit aux impressions d'acquérir cette lucidité, sans laquelle\nil n'est pour un esprit de culture latine aucune complète jouissance. Mais\ncomme c était décevant avec cet art divers et fuyant, si contradictoire et\ndenue de séduction autre que son propre mystère. Toujours ce grand nuage\ngns au-dessus de nos tetes. Mon cœur n'était pas à l'aise avec cet homme\nlude et fermé, qui ne donne jamais le sien d'emblée. Et toujours je l'étu-\ndiais. Maintes fois jai passe dans son sillage, je l'ai approché. J'étais à\nVienne dans toute la ferveur Wagnérienne, et puis ce que les partisans de\n\n' Nous voyons une fois de plus combien la France est mal représentée à l'étranger. Nos artistes, dont la\nconcurrence rend chez nous la profession si pénible, devraient certainement diriger leurs regards vers l'extrême-\nOrient qui cherche a s instruire et à se pénétrer de notre culture."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "Brahms faisaient souffrir à Bruckner, mon vieux maître, était par trop\nndigne. Je le voyais laid. Puis Brahms après Bruckner mourut, et Hanslick,\nan âme damnée, d'odieuse mémoire à tous les élèves, disciples ou amis de\nBruckner, de Smetana, de Wagner, de tout ce qu'il y eut de plus grand\njla fin du dernier siècle. Et sur ces tombes l'oubli et la paix se firent.\nBrahms avait Schumann à venger de Wagner. Les Wagnériens rendaient\n4Brahms ce que les \"Brahmines\", (on disait ainsi), renvoyaient à Bruckner,\n'rai lui, ne repondait rien, mais priait, œuvrait et pleurait. Aujourd'hui les\nœuvres seules restent et, à la lumière de ces œuvres et de publications\nposthumes, les physionomies se dégagent mieux des contingences. Bruck-\nner grandit, Brahms grandit. Us apparaissent comme les deux pôles du\nmême monde et Mahler vient, avec sa chaleur équatoriale et ses Florides\nqui englobe tout, qui concilie tout et, armé de tout le passe, marche vers\nl'avenir. Et c'est Brahms, pour nous désormais, comme ces journées d'au-\ntomne, qui ont eu un matin de brouillard, qui vers Midi se sont eclaircies\npeu à peu et qui brillent de tout leur éclat, doré et tiède, furtivement\n! vers quatre heures de relevée. Oh ! ce n est pas de tout le printemps de\ncandeur et l'été mugissant de Bruckner, ni ses paysages alpesties et\ndanubiens; c'est au contraire la vie qui n'a pas atteint a la plénitude, c est\nl'or des parcs mélancoliques et c'est la grisaille morose des promenades\nd'hiver ; mais c'est tellement à l'image de tous ceux a qui le destin n a\npas fait la part à laquelle ils avaient droit ! Et n'est-ce pas très moderne\net très proche de nous, ce besoin de chanter ce desenchantement, cet\nhéroïsme intérieur. Et je comprends si bien qu il ait persuade d emblee\nj tout ce monde d'employés, de bureaucrates, de professeurs, de fonction-\nnaires, qui ont aussi un cœur humain ; tous ceux, qui se sentaient de\ncommun avec lui des analogies de souffrance intime, des besoins de\ntendresse rentrés, la mauvaise humeur de la résignation a une vie senti-\nmentale incomplète, et cette timidité jalouse, qui veut donner le change\npar un abord escarpé et des maniérés bourrues, et cette passion qui doit\nse contenter d'aventures vulgaires, et ce rêve d'un foyer exquis et de toute\nles délicatesses qu'on sait bien un peu ridicules, lorsqu on a gros ventre et\nqu'on est un goinfre, destiné à mourir d avoir trop bu et trop mange...\nAlors que pourtant l'on mourait tous les jours un peu de n etre pas aime !\nPuis quand nous eûmes assez étudié et fûmes mûrs à point, il fallut\nquelque chose comme une sanction aux résultats de cette lente et laborieuse\ninitiation de tous les jours, qui a ressemblé vraiment a un travail de la"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.63", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "nature. Les fêtes Brahms ont jeté sur l'œuvre une lumière nouvelle. Ur\nhomme s'est trouvé, élu par Brahms depuis longtemps, qui devait dispen-\nser à son œuvre ce flot de lumière, la mettre dans son vrai jour non\nseulemen t, mais nous imposer le point de vue le plus favorable. Cet homm;\nest M. Fritz Steinbach. Qui n'a pas reçu de lui en pleine poitrine le bloc\nde la lerIer et le IVe symphonie ne les connait pas. Nous avons entendue\nles symphonies de Brahms à satiété, à Vienne, à Paris, à Prague, à Munich\nde Richter, de Weingartner, de Lœwe, de Lamoureux ou de Chevillard\nde Hausegger et de Schnéevoigt, de Nedbal et de Zemanek, jamais nouç\nn'aurions pu croire à une transfiguration comparable à celle des I et IV\nsous la direction Steinbach. Cela devient un hymne à l'énergie, d'une telle\npuissance maîtresse d'elle-même, qu'il faut bien comprendre dès lors que\nl'Allemagne puisse mettre en parallèle de telles œuvres avec la V et la VII\ndu Grand-Sourd.\nCe fut à tel point que, dès le première répétition, le soir du 9 Sep-\ntembre, la question Brahms s'était immédiatement compliquée d'une\nquestion Steinbach, soulevée surtout par les auditeurs berlinois, formant à\npeu près la moitié de l'assistance. Ces écarts dynamiques ont du reste\nencouru le réprobation, avec celles des gens de bon ton et de belle;\nmanières, justement de tous ces timides et ces tendres qui, en Brahms, aiment\nsurtout l'expression de leur timidité, de leur tendresse et de leur intime\npersuasion que tout de même ils auraient pu et du bouleverser le monde,\nMais nous qui, si longtemps, avons cotoyé l'existence du maître peu!\nsociable, que la caricature d'un spirituel Viennois, qui a sa monde musical\nau bout des doigts, représente épanoui en grossièreté, entre son cigare qui\nle précède et un petit hérisson qui le suit, savons assez combien M. Stein-\nbach est dans le vrai ! \" Point de pose, point de manières à effets, le tout\nun peu grossier, bourgeois, mais toujours dit M. W. Junker.\nEh ! oui ! C'est bien cela, et c'est cela qu'il faut au premier mouvement de\nla Ie symphonie, comme à la passacaille de la IV. Et voici M. Marcel\nMontandon qui en convient : \" C'est à la fois tout Brahms et Steinbach,\ntel qu'il est, comme interprète du musicien, dont il s'est fait le spécialiste.\"\nOui, tout à fait le Brahms de ces moments d'humeur où, de rage de cet\nhéroïsme intérieur, auquel il était condamné et dont lui seul savait le;\ngrosses défaillances matérielles, il se ruait dans la musique, comme ur\ntaureau qui voit rouge et se donnait des illusions d'épopée. Mais ce n'est\npas tout Brahms vraiment ! Pas plus que n'est tout Brahms, l'homme"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "ijjîéfîctir et sentimental, qui se dérobe avec pudeur comme l'éléphant\nauquel semble revenir avec une préférence respectueuse M.Georges\nHumbert. Oui, un tendre incompris ! Mais qui, oui aussi, s'en venge\ncomme une brute, mais une brute sachant apprécier un beau coup. Dès\nlors cette \" gesticulation outrancière du ce poing brandi,\nqui retombe avec des zig-zags foudroyante \", notés par M. Montandon,\nsont éminemment la vérité ! M. Steinbach s'y livre pour Brahms ! Pour\nBrahms que son embonpoint aurait gêné, et ses bras trop courts ! Et\nj'ajouterai même, en quelque sorte, cha Car il me semble\nque ceci doit trancher la question que,\nM. Steinbach ait été son interprète attitré ; qu'il ait dirigé ainsi ces mêmes\n; symphonies, en présence de Brahms, approuvé par lui.\nIl iaut noter encore qu'une interprétation de fête, avec orchestre\ndouble (celui de Munich, qui a le plus fait parler de lui depuis deux ans,\nadditionné de celui de Meiningen) peut différer d'une interprétation\nd'ordre plus intime, comme un dîner de gala du pain quotidien. M. Lucas,\nprésident de l'Association Brahms, dans la réponse qu'il fit, le jeudi\n9 septembre, à M. le bourgmestre Guillaume von Borscht, dans la salle\nde vieil Hôtel de ville, avait annoncé un Brahms tout renouvelé. En\neffet, on a tiré des grandes œuvres leur maximum d'effet, et je voudrais\nque l'on se rendit compte, une fois pour toutes, que de telles œuvres sont\nfaites par celà, une symphonie dont la gestation a duré vingt ans, ou ce\nChant de triomphe,qui devait célébrer les victoires allemandes de 1870-71.\nCe Brahms \" honnête et ennuyeux \", dont on parle souvent en France,\npourrait bien n'être ennuyeux et paterne que lorsqu'on croit le devoir\ninterpréter ainsi et que d'avance on est décidé à y chercher cet ennui.\nD'autre part un Lœwe excelle à nous y faire découvrir des finesses exqui-\nses. Et M. Steinbach du reste aussi, là où il le faut, dans les\nles morceaux moyens de chaque symphonie.\nEn somme ces fêtes auront définitivement fait justice de certains\npréjugés ; du moins au sentiment de l'Allemagne la cause est jugée et\nsans appel. Tout d'abord du Brahms, exclusivement bourru, dont ce fut\n'e version ordinaire jadis et du Brahms, exclusivement tendre, auquel,\ndepuis la mort de Clara Schumann et le livre de M. Litzmann, on avait\nUn peu trop la tendance de se rendre. Mais M. Georges Humbert va\nconstater, avec nous, que s'en est fait encore du Brahms, qui ne saurait\nPas orchestrer, ou le ferait d'une façon pâteuse et molle, de la \" musique"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.65", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "farcie \" de Brahms, comme nous l'avons écrit nous-mêmes, il y a un\nquinzaine d'années, au début, de notre tâtonnante enquête! Et l'unanimit\ndes auditeurs du festival fera table rase encore de l'allégation de pédantismr\nCelle de lourdeur ira la rejoindre. Quant à celle du manque de coeur t\nde chaleur, de \" l'animal à sang-froid \" comme je l'ai entendu dire na-\nM. Félix Mottl, elle nous semble désormais la plus absurde de toute\nLa revue du programme de ces fêtes merveilleuses va nous permettre de'\nnous édifier et d'amener une découverte après l'autre.\n* *\nPour commencer ceci: Nous avons été stupéfaits de pouvoir passer si-\njours, dont quatre à deux concerts par jour, et de trois heures de dure:\nplus souvent que de deux, à n'entendre que de la musique de Brahm;\nsans la moindre fatigue de la part d'une majeure partie des auditeur;\nPremière constation. Il y a un an, nous n'aurions pas cru la chose pos-\nsible. Evidemment les exécutants et M. Steinbach lui-même, dont lezel;\na été jusqu'à diriger des quatuors, n'en diront autant. Mais il faut admire:\nd'autant plus un amour de la musique assez grand pour, en honneur d'un\nseul maître, déplacer au gros de l'été et entasser dans une salle suffocante,\nau milieu d'une considérable affluence d'étrangers et d'un public muml\nchois, le tout Berlin des premières, quarante musiciens, de la cour è\nMeiningen, le chœur Gurzenich entier, de Cologne, et des solistes è\ntoutes les parties de l'Allemagne et même de la Suisse. !\nUn public munichois, ai-je dit. Et il convient déjà de s'arrêter ici.\nsi l'on veut avoir le physionomie exacte de ces fêtes. Le Tout-Municl\nest absent, aux eaux, à la montagne, tandis que, pour le Berlinois, Municr.\nest sur le chemin de la montagne. Personne de la Cour, presque personne\nde la ville. Les fêtes ont lieu à Munich, sous le patronage du Duc Georges\nde Saxe Meiningen. On se montre des musiciens berlinois. Oscar Frec\net le compositeur italien Sinigaglias ont là, depuis huit jours, à suivre\nles moindres répétitions de M. Steinbach. Pas un des grands che;\nd'orchestre d'ici ne montre le bout de son nez. Aucun des compositeur\nnotoires. Seuls MM. Beer Waldbrunn et Pottgiesser se dissimulent ma\ndebout derrière les colonnes. Qu'est-ce à dire ?\nEh ! les journaux l'on déjà dit, la veille, et l'on va nous le faire\nsentir, avec plus de dextérité que de tact, à la cérémonie d'ouverture"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "l'Hôtel de Ville. Nous avons à faire amende honorable. Munich, place\nforte du Wagnerisme est désormais forcée et il s'agit un peu d'une volonté\ndu Nord imposée à notre Sud. Une autre découverte, qui nous attend tout\nà l'heure, est celle d'un Brahms, musicien d'Empire, d'un Brahms impé-\nrialiste, fervent admirateur de Bismarck et de Guillaume I, à qui il dédie\nson Tri'umphlied.A l'Hôtel de Ville, il y avait moyen de dire les choses,\navec la bonne grâce de certains journaux de la première heure : tout et\ntous se reconciliant dans la mort. Aimer Wagner n'empêche plus d'aimer\nBrahms et aimer Brahms d'aimer Bruckner. Non : en ce qui concerne le\ndieu de jadis, un dur silence de capitulation d'une part dans le discours\ndu bourgmestre ; d'autre part, une feinte de l'ignorer, dans le discours de\nM. Lukas, et ce mutuel accord tacite pour passer condamnation sur\nWagner et sur Bruckner, nous, étrangers, nous a choqués. Nous atten-\ndions, il fallait le baiser de paix de la réconciliation, ou du moins la main\nloyalement tendue. Qu'ont dit les Munichois ? Il y en avait si peu dans la\nvieille salle gothique ! De Vienne et de son hospitalité envers un homme\nqui, après tout, aima mieux y vivre que dans ce Nord, qui a toutes les\nsympathies de sa tête, une pauvre allusion à la Il est vrai\nque Brahms en appréciait surtout des avantages ou commodités de vie\nmatérielle. Alors va pour la Gemtithlichkeit\nEt pourtant à Vienne cet homme exerçait un empire qui, nulle part\nailleurs ne lui eut été possible et que ni Beethoven, ni Schubert, ni Mahler\nni personne n'y ont connu. Et Vienne a un peu déteint sur cette musique,\nparfois même quand des mélodies, nées de ses trottoirs, ne l'inspirent pas.\nTout ce qui est un peu riant ou coloré dans cette œuvre, si souvent de\ndemi teinte et de maussaderie endolorie, vient de la rose atmosphère\nd'Autriche ou des coteaux dorés du Rhin. Dans certains thèmes, même\ndes plus nobles, je sens une pointe de généreux vin, Grinzinger où Rudes-\nheimer. (Voir notamment le beau grand thème final du dernier mouve-\nment de la iCTe symphonie.) Vienne du reste prendra sa revanche dans\nquatre ans puisque, désormais, les festivals Brahms vont marcher selon la\nmesure à quatre ans à travers le monde allemand.\nDonc à l'Hôtel de Ville deux secs discours. Ils s'encadrent sobrement\ndes Sentences de Fête commémorative (Fest und GedenksprucheJ op. 109,\nchœurs a capellaà huit voix, dédiés par Brahms au Bourgmestre de Ham-\nbourg, Dr Cari Petersen, en remerciement de la bourgeoisie d'honneur, que\nsa ville natale vient de lui conférer. Chœur sans grande amabilité non\n\n5"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "plus, mais avec de beaux amen,hérissé de difficultés, sur des parole\nlibrement transcrites des Saintes Ecritures, et qui \" doit être une exor-\ntation au peuple allemand d'accepter et de conserver l'unité conquise e:\n1870-71 \". La première audition en eut lieu à Hambourg, sous Biilow,\nune fête de musique l'été 1889. Ainsi, dès la première heure, s'affirmt\ncette physionomie, allemande du Nord et protestante, qui ira chaqu;\nheure s'accentuant. Et celà explique bien des choses. A commencer pa-\ncet immense concours financier, qui assure la bonne organisation de telle;\nsolennités.\nPremier concert d'orchestre. La symphonie I, qui le termine, renou-\nvellera, à peine avec un peu moins d'éclat, le miracle de la répétition d'hier,\ndont M. Marcel Montandon a si raison d'écrire que l'impression en fut\n\"écrasante pour tout le reste des concerts \" et que \"si une fois on;\napproché du sublime, ce fut là. \" 1\nLe Requiem allemand renferme les beautés de premier ordre que l'or\nsait. Son élaboration en fut aussi entrecoupée que sa composition en est\narbitraire. Encore des textes de la Sainte Ecriture sans lien organique.\nDes fragments d'oeuvre détruites sont utilisés. C'est fait de pièces et de\nmorceaux, comme c'est écrit tantôt ici, tantôt là. Et le maître cherches\ndonner une unité factice à l'œuvre lorsque, à la fin du septième et dernier\nchœur, il revient à son point de départ. L'Unité de sentiment en revanche!\ncompense le manque d'unité d'inspiration. Le tout pourrait être plus!\ncourt ou plus long, le Requiem alle n'en demeurerait pas moin; »,\nl'expression, très sincère et très permanente, d'un sentiment religieux\ndont il ne faut plus faire abstraction, lorsqu'il s'agit de Brahms. Et\nd'autant moins qu'il aura ses révoltes. Conforme à l'esprit protestant de\nlibre examen, et faite pour un culte où ne se célèbre aucun sacrifice\neucharistique, cette œuvre, laborieuse et parachevée, comme tout ce que\nlaisse Brahms, connaîtra également avec M. Steinbach d'inattendus con-\ntrastes de clair obscur et le relief s'en accusera singulièrement, surtout\n\n1 Je demande une fois pour toutes pardon d'avoir à citer si souvent les noms de ces Messieurs. George\nHumbert, W. Junker, Marcel Montandon et moi étions à ces fêtes les seuls représentants des revues musicale\nfrançaises et nos nombreuses divergences d'appréciations donnent, je crois, une sorte d'autorité à nos quelqu:\npoints de vue communs. Ma tâche est du reste rendue fort malaisée par la façon, consciencieuse et charman\ndont ils m'ont précédé : c'est donc justice qu'il m'aident un peu à m'en acquitter. Et j'engage vivement\nles curieux à contrôler le récit, que j'essaie ici de ces fêtes, par celui qu'ils en ont donné au Courrier Musical-\nà la Vie Musicale. De même, puisque j'en suis aux expressions de gratitude, je dois rendre attentif à ce magnifie-\nprogramme, un vrai volume, dont l'organisateur de ces fêtes M. Emile Gutmann a confié la rédaction a-\nDr. Edgar Istel, lequel y a accumulé le maximum de renseignements en le moins de place possible. Je n'au*\nqu'à y puiser et jaurais pu y puiser encore, au delà de l'espace dont je dispose ici. Avis aux collectionneurs."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "celui du N° 11, lequel provient du scherzo d'une première symphonie,\nencore sensible dans le concerto pour piano op. 15, où le reste a passé. Et\npuisque d'un sorte de Danse macabre il est désormais question, M. Stein-\nbach a bien fait encore d'y introduire l'énergie de désolation de son terrible\ncoup de timbales, en tel contraste avec la douceur consolante et suppliante\nde l'antistrophe. Solistes : Mme Tilly Cahnbley-Hinken, M.M. Johannes\nMesschaert et F. W. Franke.\nLe Samedi 11, à trois heures et demie de l'après-midi, le Dr. Ludwig\nWullner nous égrène, nous mime serait plus exact, vingt et un lieder sans\ncompter les bis,plus les Quatre chants op. 121 que Brahms compo-\nsait en redoutant d'apprendre la mort de Clara Schumann et en pensant\ndu même coup à la sienne. C'est comme une suite au Chose\nétrange ! Dans le dernier, tiré de St. Paul aux Corinthiens I, il passe un\nfurtif ressouvenir des Maîtres Chanteurs...Et Clara Schumann, qui avait\nune telle horreur de Wagner ! C'est un rien ce rappel du Treislied, mais\nen telles circonstances que d'amères réflexions il provoque ! Les appro-\nches de la fin devraient toujours tout reconcilier ! Contraste : pratiquez\nun peu les rédactions Brahms des Chants populaires allemands. Ils livrent\nencore une clef de ce caractère, qui connut l'humour et, en somme, ne\nnous fut si énigmatique que parce qu'il était bien\nSoir : répétition du deuxième concert d'orchestre. On s'y étouffe.\nLa ventilation de l'Odéon serait à mieux établir dans une prochaine\ncirconstance pareille.\nDimanche 12 Septembre, à onze heures du matin, le premier quatuor\nsol mineur, op. 25 (Première audition manuscrite: Vienne 16 Novembre\n1862, les Hellmesberger avec Brahms au piano) ; trois quatuors pour\nquatre voix solo des 0p.64, 92 et 31 (les trois solistes du plus\nl'admirable Maria Philippi) ; six morceaux de piano (M. Cari Friedberg)\ndes op. 10, 76, 116, 118 et 119 ; cinq lieder (M. Johannes Messchaert)\ndes op. 32, 43, 85 et 95, et de nouveau les dont\nl'austérité trouve mieux le chemin de nos âmes qu'à l'Hôtel de Ville.\nL idéal décidément d'une musique élevée, destinée à décorer une céré-\nmonie officielle. Ma pensée a un subit retour en arrière vers le\nde la République de Mme Augusta Holmès, décoration laïque et toute en\nfaçade, décoration de Mairie d'arrondissement parisien. Ici nous sommes\na 1 eglise ; pardon, nous sommes au Temple, nous sommes au Prêche.\nDes lors prêtons-nous y. Faisons-nous une âme protestante avec Brahms,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "comme nous demandons aux protestants de s'en faire une catholique avec\nBruckner et Franck ! Le Dieu reste le même si la musique change !\nLe soir deuxième concert d'orchestre. Que dites-vous de ce\nprogramme ? Variations sur un thème 56 le\ndu une cantate pour chœurs mixte et orchestre op. 54 ;\nsymphonie ;la Rhapsodie,tirée du Voyage Harz, de Goethe,\npour voix d'alto, chœur d'hommes et Orchestre op. 53, qui nous tient\nsous le charme douloureux de la voix grave et poignante de Melle Philippe\nenfin la Deuxième symphonie.(N Jtez qu'en Allemagne les programmes de\nconcert excèdent rarement la durée d'une symphonie, d'un concerto et\nd'une ouverture). La fatigue des exécutants commence du reste à se faire\ndéjà un peu sentir et M. Steinbach supprime la reprise des expositions\nde symphonies. Connaissez-vous en France les\nHaydn ? Pour qui a vécu de la bonne vieille vie de province autrichienne,\nou a fait un pélérinage à Maria Zell, l'évocation est délicieuse. Ce concert-\nci est du reste tout entier la démonstration du coloris de Brahms, ou plutôt\nil nous donne l'autorisation, que trop de monde se refuse, d'en parler,\nChaque variation de Haydn est un tableau et décidément les symphonies\nne me permettent plus l'affirmation téméraire de jadis que Brahms manque\nde paysages.\nJamais content de lui-même et, dans son horreur de toute effet\nvulgaire, il arrondit les contours, lime et polit jusqu'à ce que le tout soit\ncomme fondu dans la grisaille. Mais une grisaille de quelle distinction et\nde quelle saveur ! Et puis tout est en profondeur la dedans; je crois qu'on\nne s'en lassera jamais et qu'il y aura toujours quelque chose de nouveau à\ny étudier. Et à la longue comme on s'y complait à cette musique, et\ncomme l'isolement lui est favorable ! Toute en dedans, même lorsqu'elle\nest violente; toute en dedans, même lorsqu'elle connaît un accès de bon-\nheur et d'épanouissement (symph. II), elle apparaît comme un gymnas-\ntique morale, à la façon de certains exercices spirituels. Qu'on adjoigne\ncet homme à Beethoven, qu'il continue, tant qu'on veut ; mais il n'en\nprocède pas. Si de quelqu'un, c'est de Bach.Qu'on lui refuse le génie créateur,\nparce qu'il n'attacha pas grande importance à l'invention de ses thèmes\net que, cas échéant, souvent même, il les prend où bon lui semble, c'est un\nenfantillage ! Et d'abord Wagner n'a pas agi avec moins de désinvolture!\nBrahms a des thèmes à lui, tout aussi beaux que ceux qu'il prend, et ces\nderniers, il les fait siens par un travail, qut équivaut à /' et qui a"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "plus de mérite que le hasard de la trouvaille. Son imagination dans le\ndétail, et son art de tirer le plus possible de très peu resteront toujours un\nobjet d'émerveillement. Je recommande à cet égard une étude un peu\napprofondie des symphonies I et IV. Evidemment il ne s'agit plus de\ngénie primesautier, mais d'un art de penseur et d'esthéticien, d'un art\nconscient, savant et autocritique. Qu'on n'en jouisse pas de prime abord\nc'est entendu ; qu'on n'en jouisse même qu'au prix de grands efforts, le\nbeau malheur ! Nous lisons bien des ouvrages de philosophie, ou des\nsermons ! Et appelons-nous pédants Joseph de Maistre ou Massillon ?\nJe vais dire tout de suite ici, à propos du ce qui\ns'appliquera encore au Chant des Parques demain. La foi chrétienne de\nBrahms est absolue. Mais elle connaît des heures de doute et la méditation\ndes inexplicables misères de la vie le trouve murmurant. Aussitôt que la\ntentation de blasphemer l'approche, qu'il éprouve le besoin de clamer sa\ndétresse, qu'il la trouve imméritée ou disproportionnée, il recourt aux dieux\npaïens, à la fatalité antique. C'est aux de son ami Klinger qu'il\ns'en prendra, et dont il dira la haine des mortels ou la dure indifférence.\nPense-t-il peut-être tout simplement aux grands de la terre, à tous ces\nprinces de partout dont il avait pu découvrir la sécheresse d'âme ! Quoi-\nqu'il en soit, c'est par ces grandes cantates mythologiques philosophiques,\nque se fait la soudure entre l'Université, la Science allemande et son art.\nArt d'intellectuel, presque toujours, en dehors de la majeure partie de ses\nlieder ; mais pas du tout art pédant de ce fait. Pas une minute Brahms ne\nveut nous montrer sa science, ne pense à nous en éblouir : n'est-elle pas\nsi profonde que ses pairs sont les seuls à la pouvoir sainement apprécier ?\nEt il se fâche si on veut la démontrer au commun. Il est savant, c'est vrai,\nmais la point de départ de l'œuvre est toujours une émotion intime ou\nune impression de nature. Là-dessus, il l'exprime à sa façon, qui est celle\nd'un sage, vieilli dans les paperasses et qui connaît de vieux secrets.\nL'erreur des uns, c'est de ne voir que le savant, l'erreur des autres de ne\nvoir que le sentimental. Est-il donc défendu de se représenter un poète\nqui soit un chartiste ? On en voit bien qui sont ministres.\nL'histoire de Schicksalliedet du la voir dans\nle programme Gutmann-Istel montre bien cet acheminemant de l'émo-\ntion à travers les voies de la science et du symbolisme, par un chemin tout\na fait aisé et naturel, quand on est Brahms. Cet Allemand vise à l'antique\navec la candeur d'un artiste de le Renaissance. Son cas et celui de Klinger"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "ne font qu'un. Même modernisme du détail dans une conception, qui va\nnaturellement au classicisme (au classicisme tel qu'eux l'entendent.) Et chez\nBrahms, cela se complique de l'humilité de ses origines, de son ardeur à\nsuppléer aux lacunes de son éducation première. Pédant, il est tout ce qu'il\nfaut pour le devenir. C'est à force d'art, grâce à un très vif sentiment de\nridicule, et à cette pudeur d'éléphant dont j'ai déjà parlé, qu'il a échappé\naux allures doctorales, que son entourage lui prête gratuitement et essaie du\nnous imposer, chaque pédant se croyant grandi à compter un tel homme\npour l'un d'entre eux. La passacaille de le IVme symphonie est un\nnaturel dans la difficulté Vaincue. A ce degré d'aplomb, de dextérité, disons\nle mot de sorcellerie, il n'y a plus pédantisme à se servir d'un forme\nsurannée. C'est Dampt exécutant son groupe de Melusine et Lusignanen\nacier et ivoire. Ce sont là jeux de prince et non de pion.\nLundi 13 Septembre. Onze heures. Second concert de musique de\nchambre et chants : la sonate 111 pour violon et piano, ré mineur, op 108\n(M.M. Bram-Eldering et Friedberg) trois quatuors vocaux avec piano\n(les solistes déjà cités), le trio piano, clarinette et violoncelle, mineur,\nop 114 (M.M. Friedberg, Cari Pienig, et H. Wiebel) enfin l'op. 52 en\nentier, les dix-huit Valses d'amour,dans leur forme originale, pour quatre\nvoix solo et piano à quatre mains. Là encore se justifie notre assertion de\ntout à l'heure : la résolution en œuvre d'art impeccable du conflit entre\nune émotion naturelle et la volonté de ne se contenter de rien, qui n'ait\natteint, non à son maximum d'intensité, au contraire, mais d\nJamais conquête du naturel artistique ne s'est réalisée avec cette netteté. Ilest\névident qu'à côté de ce Benvenuto de la mélodie, notre grand Bruckner\nest un michelangesque balourd. Et il est absolument sûr que ceux, pour\nqui rien ne vaut que le fleur d'émotion spontanée, ne trouveront pas leur\ncompte ici. Que viennent-ils l'y chercher ! On ne reproche pas à Gustave\nMoreau ou à Burne Jones de n'être pas Claude Monet. Y seulement songer,\nc'est ne les comprendre ni l'un ni les autres.\nSoir du même jour, répétition du troisième grand concert d'orchestre\nqui, le lendemain, 14 Septembre achevait ces radieuses fêtes :\npour chœur à six voix et orchestre, op 89 ; concerto de violon op\n77 (M. Bram-Eldering) ; IVme symphonie, et le Chant triomphal. (Première\naudition du premier morceau, le 7 Avril 1871 à Brème \" en souvenir des\nvictimes de la guerre. Dirigé par Brahms après le Pre-\nmière audition complète, 5 juin 1872, à Karlsruhe, sous Hermann Levi)."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Chanteurs, solistes, orchestre sont exténués. N'importe. Ils donnent leur\nJernier effort avec une vaillance désespérée dans la victoire. Et vraiment\nc'est triomphal. Contrairement au programme et à la logique, on finit par\nla Symphonie. Steinbach est superbe. C'est donc par la fameuse passacaille\nque se clôt l'inoubliable série. Un dernière fois l'électricité d'enthousiasme\ndu festival opère. On a l'impression que chaque pointe d'archet a son feu\nSaint Elme. Telle variation tonne comme une expérience de laboratoire\noù un héros calme et résolu manierait des panclastites. Toujours l'énergie\nen chambre ! Toujours la résorption de l'émotion première, et le contraire\nde l'extériorisation de sa pensée et de son sentiment. Je laisse à choisir :\nqu'est-ce qui nous commotionne le plus, du coup de mine entendu du dehors\net dont on voit s'ébranler la montagne, ou du coup de mine à l'intérieur\nde la mine... Sans doute le dernier entendu toujours !\nOui Brahms hier, Bruckner aujourd'hui, car c'est avec lui que notre\nsaison de concert vient de reprendre, Mahler demain, car le première au-\ndition de sa VIIFe symphonie dont le premier mouvement est un Veni\nSancte spiritus et dont le dernier contient toute la scène finale de Faust est\nenfin annoncée ici pour le mois de Septembre ! Et ne nous accusez par d ex-\nclusivisme. Berlioz et Saint Saëns hier, Dukas et Debussy aujourd hui con-\nnaissent un accueil plein de bonne volonté. Veuillez donc songer qu a\nl'heure qu'il est vous achevez seulement de monter Wagner a votre opéra.\nEt c'est la même chose en art. Tous les quatre ans Munich voit officielle-\nment le meilleur de votre production et de celle du monde entier. Croyez\ndonc que si l'Allemagne honore comme nul pays au monde ses propres\nmaîtres, comme nul pays au monde aussi elle accueille et fete les vôtres.\nAvant hier le trio tu fa dièze mineur de Frank produisait dans une salle de\nconcert un vrai délire. Evidemment de loin en loin, dans certaines villes,\ncertaines gens sont cause de certains raccrocs. Mais regardez 1 ensemble\ndes faits d'un peu haut. Et surtout, vous aussi, organisez de tels festivals en\nhonneur de vos propres Maîtres et invitez-nous. Nous serons trop heureux\nd'accourir à votre première fête César Prank.\nMais revenons à Brahms et finissons-en par lui. Je n ai que mentionne\nla Rhapsodie. Ce voyageur courageux, triste et solitaire, dans le Harz hivernal,\nce fut lui. C'est l'état de son âme, confessé à Clara Schumann. Et c'est\nl'œuvre sur laquelle l'accord de tous pourrait se faire. Tout etre de cœur\ny trouvera le conviction que cherche son cœur. Cette longue plainte\nd'alto, d'une telle noblesse, à la fois souffrante et resignee, que vient enve-"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "lopper, embrumer, emporter et lénifier ce chœur d'homme pianissimo, quj\npropose, introduit la prière comme seul refuge et seule consolation, j'ai la\nferme conviction que cela aurait pu être le trait d'union entre le Père\nFranck et cet orguilleux solitaire ulcéré de Vienne, qui se servit des plus\nraffinées formes de son art comme de tessons pour nettoyer ses plaies, mais\n«qui se tut sur son secret. \" Son âme vierge \" a pu écrire M. Junker.\nComme M. Léo Schmidt, cité par M. Montandon, a pu parler d'une\nnature puissante, point ascétique, rien moins que dédaigneuse des jouis-\nsances les plus crues. \" Ce dilemme me paraît la clef du caractère et en-\ngendrer l'autre dilemme, l'artistique. C'est la grande force de Brahms pour\nles uns, comme c'est forcément sa faiblesse aux yeux des autres de n'être\npas une individualité toute d'une pièce. D'autres optent entre l'arbre de vie\net l'arbre de science ; lui se tient au point où ils entrecroisent leurs rameaux,\nau confluent de deux pénombres. De n'être ni en pleine ombre, ni en plein\nsoleil, ni tout noir, ni tout blanc, il enquiète les esprits simplistes, il irrite\nles esprits simplificateurs. Mais en cela, n'est-il point par excellence l'homme\nmoderne ? Sa musique est bien plus souvent à l'immage de son humeur qu'à\ncelle de ses rêves et celà nous déconcerte encore qu'il ne soit ne pas plus\nsouvent vengé par elle du destin. Du moins est-il le maître, qui a donné\nau désespoir de vivre une vie médiocre, sa parfaite, son impérissable forme\nartistique : rageuse énergie ici, là somnolence attristée ; contemplation\nmorne et ensemble fureur à vaincre le néant.\n\nWilliam Riller.\n\nLA MUSIQUE A LONDRES\n\nCOUP D'ŒIL EN ARRIÈRE.\nLes derniers accords des innombrables concerts et Récitals que\ncomporte une saison de Londres ont enfin cessé de retentir dans nos\noreilles et, après quelque repos rustique, nous revenons apaisés et purifiés\nvers des séances nouvelles. Avec l'ouverture de la chasse au faisan com-\nmencent les premières. Peut-être, avant de reprendre ces comptes-rendu,\nquelques renseignements généraux sur les grands concerts ne seraient-ils\npas inutiles. Il y a à Londres quatre sociétés principales de Concerts,\ncorrespondant en importance aux Concerts Chevillard et Colonne : le\n\" London Symphony orchestra \" qui ne possède pas de chef d'orchestre"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "attitré et engage pour diriger ses concerts des célébrités telles que\nRichter, Nikisch, Colonne et Sir Charles Stanford ; le \" New Symphony\nOrchestra \" qui opère sous la direction de Mr. Landon Ronald ; le\n\" Queen's hall Orchestra \" dirigé par Mr. Henry Wood ; et le\n\"Beecham's Orchestra \" sous la direction de son fondateur, Mr. Thomas\nBeecham. Il y a aussi une \" Philarmonic Society \" qui donne d'intéres-\nsants concerts et plusieurs \" Choral Societies \" qui se joignent aux\norchestres habituels pour l'exécution de Cantates et d'Oratorios.\nLes tendances du \" London Symphony Orchestra \" et du \" Queen's\nhall Orchestra \" s'affirment ou classiques ou résolûment conservatives et\ndans leurs concerts ne retentissent presque jamais les accords plus subtils\net complexes de musiques modernes. Seuls Mr. Ronald et Mr. Beecham\nse montrent assez audacieux pour inscrire à leurs programmes les œuvres\ndes compositeurs d'aujourd'hui, français, russes, allemands ou anglais. Ils\nn'en sont pas toujours récompensés car le public de Londres préfère les\nœuvres connues aux œuvres nouvelles (et, en général le chef d'orchestre\nou le soliste à la musique). Qu'il soit dit une fois pour toutes que, en\ndehors des classiques, Tchaikowsky et Brahms sont les compositeurs\nfavoris. Parmi les contemporains, Richard Strauss et Claude Debussy\nsont les seuls à qui l'on permet d'être \" modernes \" et un seul musicien\nanglais trouve faveur (pour des raisons diverses) près de ses compatriotes,\nSir Edward Elgar. Telle est l'exacte situation.\nIl me faut aussi, pour liquider, dire quelques mots de Y Ode\nDiscord de Sir Charles Stanford, qui fit pas mal de bruit à tous points de\nvue. Mr. Filson Young donna de cette œuvre un ingénieux aperçu dans\nla Saturday Review: \" L'idée générale de l'œuvre est indiquée dans le\npremier vers du poème : Loin de moi, mélodie détestée !.. Je m'étonne\nde voir que certains ont décrit cette ode comme une attaque directe\ncontre l'école de musique moderne. C'est simplement une exposition des\nfaiblesses et des exagérations de quelques compositeurs modernes.... Ce\nqui amusa surtout le public fut l'énorme grosse caisse et autres instru-\nments bizarres spécialement construits pour la circonstance. Ces détails\net les plaisanteries un peu faciles du poème n'auraient pas fait grande\nimpression si l'œuvre n'avait pas eu une signification plus profonde et\nune plus grande portée... En somme une plaisanterie charmante faite avec\nbonne humeur et inspirée à Sir Charles par les œuvres de certains de ses\ncontemporains."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "Certes, l'opinion du compétent musicien qu'est Mr. Filson Younga\nsa valeur, mais faut-il avouer que Y Ode parut à beaucoup très\ndésappointante. Une plaisanterie musicale est une dangereuse tentative\nsurtout perpétrée par un homme aussi sérieux que Sir Charles Stanford\n(si sérieux qu'il ne put, m'affirma-t-on, supporter plus de deux actes\nde Pelléas).Aussi bien sa musique, quelque peu lourde, ressemble, plus\nqu'à des imitations de Debussy et de Strauss, à une parodie de la propre\nmusique de Sir Charles.\nTHE MUSICAL LEAGUE.\nLe but de cette nouvelle société qui vient de se former et de donner\nun premier festival à Liverpool est de fonder une école de musique\nanglaise, d'encourager les compositeurs à écrire, de faire jouer leurs\nœuvres et ainsi de détruire le préjugé bien anglais que toute musique\nécrite par un musicien anglais est inintéressante et sans valeur. Il serait à\nsouhaiter que cette nouvelle tentative abolit peu à peu le système des\nétoiles tant chefs d'orchestre que solistes prépondérant en Angle-\nterre et qui n'a servi jusqu'ici qu'à gâter le goût du public. Il devrait,\nce bon public consciencieux, faire passer l'intérêt de l'œuvre avant la\ntechnique du soliste et s'intéresser plus à la musique qu'à l'interprète,\ntout au moins autant. Il est absurde que M. X... violoniste sans génie\nrecueille plus d'applaudissements dans un Concerto archi-usé qu'un\npoème symphonique de Moussorgsky, absurde que des spectateurs se\ndérangent pour regarder conduire ou regarder chanter.\nIl fallait qu'une voix vraiment autorisée vint affirmer publiquement\ntout ceci et c'est ce que vient de faire Sir Edward Elgar, dans un discours\nprononcé à l'occasion du premier festival de ladite \" Musical League \" à\nLiverpool. Il y eut en outre trois concerts dont un de musique de\nchambre, en lequel furent applaudis des œuvres de M.M. Percy Grainger,\nCyril Scott, J. Holbrooke et Bell, et deux avec orchestre et chœurs.\nLes masses chorales se distinguèrent tout particulièrement dans les\nSirènes de Debussy et l'orchestre interpréta brillamment quoique avec un\npeu de lourdeur les Nuages, Cortège et Parmi les nouveautés\nanglaises les plus intéressantes : La Rhapsodie de Mr. Frank Bridge, bien\nconstruite, parfois charmante et parfois bruyante ; un poème symphonique\nde Mr. Frédéric Austin, Isabella, qui commence admirablement et con-"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "tient une scène d'amour joliment extatique ; une Cantate de Mr. Vaughan\nWilliams d'après le Willow Wood de Rossetti d'une inspiration poétique\net d'une orchestration moderne ; Fatherland, une robuste ballade de\nMr. Arnold Bax qui est sans doute le mieux doué des jeunes composi-\nteurs britanniques. La plupart de ces œuvres furent dirigées par les\nauteurs eux-mêmes et accueillies par de chaleureux applaudissements. Le\n\" Musical League \" aurait-elle déjà produit quelque effet ? 1\nCONCERTS.\nLes \" Promenade Concerts \" sous l'habile direction de Mr. Henry\nWood continuent chaque soir d'attirer au Queen's hall de nombreux\nauditeurs. Les prix, on le sait, sont à la portée de toutes les bourses et\npour un shilling par exemple, on a droit à un admirable promenoir ou\nmême à une place ; et pour ce prix l'on peut entendre un concert qui\ndure environ deux heures et demie, de musique classique et moderne. Le\npublic qui se presse au Queen's hall ne manque ni de conscience ni\nd'enthousiasme et, durant ces dernières semaines, applaudit, en plus des\nhabituelles ouvertures et symphonies,\nFaune., Danse sacrée et danse profane,le et une scene de\nKing Saulde Moussorgsky, la Fantaisie pour orgue et orchestre\nde Boellmann, le Rouet Omphale,et la la\nespagnole de Ravel, Sarka, poème symphonique de Smetana, le Don Juan\nde Strauss, des symphonies de Franck, Guilmant, Dvorak et Sir Edward\nElgar même une composition américaine d'un Mr. Chadwick, direc-\nteur du Conservatoire de Boston (le centre du monde !) qui consiste en\nquatre aimables esquisses arbitrairement reliées qu'animent parfois d un\nrythme amusant des réminiscences de danse negre et de \" coon songs\net dont la dernière partie, composée en I9°4> ne différé pas sensiblement\ndes trois autres écrites vers 1895.\nLe premier récital de la Saison d'Automne a ete donne par\nM. Vladimir de Pachman. Ce virtuose nous est revenu avec toutes ses\npetites manies et tout son talent romantique. Comme jadis il parsema\nson exécution de remarques imprévues, de précautions oratoires, informant\npar exemple les spectateurs que ce serait la faute seulement de son jeu si\nson interprétation de certain Prélude de Chopin ne leur donnait pas\nl'illusion du violoncelle. Naturellement, c'est dans les Etudes, mazurkas"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.77", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "et valses que M. de Pachman obtint le plus grand succès, l'étude en\ntierces (en sol dièze mineur) tout à fait admirable de délicatesse et de\nprécision. Délicatesse et précision telles furent aussi les qualités de\nM. Kreisler dans la Suite de Mr. York Bowen, aimable, sans plus. Et sa\nvirtuosité se donna libre carrière dans le de Pugnani\nQuant aux séances données par M. Ysaye, elles semblent tellement\nsuivies que l'on se voit refuser les places habituellement accordées\nJ'imagine qu'il obtient son succès habituel.\nLe premier concert du New Symphony Orchestra a eu lieu au\nQueen's hall sous la direction de Mr. Landon Ronald. Le programme\ncomprenait : une Ouverture to a dramde Georg Schumann, qui est le\ndirecteur de la \" Berlin Singakademie \" et un des représentants de l'école\nallemande a tendances conservatives ; (en effet, l'on retrouve en cette\nouverture la façon wagnérienne, même des souvenirs fort reconnaissables\nde la Tétralogie) ; la belle élégie dramatique de Mr. Landon Ronald,\nAdonaïs, admirablement chantée par Mme Ella Russell, et la seconde\nsymphonie de Brahms, dirigée et interprétée avec clarté et vitalité.\nTHÉÂTRES.\nAu Haymarket Theatre, le poète Herbert Trench pour inaugurer\nsa direction nous donne l'admirable King Lear dans d'admirables décors\ndessines par le peintre Ricketts et avec une musique de scène de Mr. Nor-\nman O'Neill suffisamment barbare et suffisamment moderne. Certes le\nlyrisme de la tragédie Shakspérienne suffit à créer une atmosphère et\nnulle musique ne saurait ajouter à l'intensité par exemple des scènes où\nLear marche éperdûment dans la nuit orageuse. Tout au moins la\npartition de Mr. Norman O'Neill est-elle, plus que le tonnerre du Hay-\nmarket Theatre, discrète. Un entr'acte consacré à Cordelia a beaucoup\nde charme et de pitié.\nQuant à la musique de scène composée par M. Saint-Saëns pour\nFalse gods (La Foi) de M. Brieux, elle n'ajoute rien à une pièce qui\nmanque déjà de beaucoup de choses. Elle plaît au public par son agréable\ncaiactèie oriental et aux musiciens par ses bonnes façons, mais on la\npourrait souhaiter autre. Il y a des danses qui rappellent le ballet de\net Danla, des marches de prêtres et de danseuses, des entractes pas très\négyptiens. Les cérémonies dans le temple d'lsis telles que nous les montrent"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.78", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "MM. Brieux et Saint-Saëns sont d'une correction et d'une froideur\ndéconcertantes avec une exaltation uniquement religieuse. On se croirait\nà Lourdes plutôt que dans le temple consacré à une déesse qui avait des\ngoûts et des habitudes autrement... intéressants, si nous en croyons les\nécrits des historiens et les peintures retrouvées dans des fouilles. La prose\nde l'auteur et la musique du compositeur jettent sur ces cérémonies un\nvoile plus épais encore que les cendres des volcans et la poussière\ndes siècles.\nL'OPÉRA ANGLAIS.\nLa question de l'opéra anglais a fait et fera encore couler des flots\nd'encre. La dernière saison de Covent Garden a cependant prouvé qu'il y\neut assez de spectateurs pour garnir la salle toutes les fois que l'on donna\n? elle as et Mélisande, Louise et même le Tess de M. d'Erlanger, mais il\nnous faut reconnaître qu'à ces œuvres modernes les abonnés des fauteuils\net des loges préfèrent les vocalises de l'école italienne vieux-jeu ou les\nsensiblarderies faciles de l'école italienne modern-style. Dans un pays aussi\nconservatif que l'Angleterre, l'on ne parvient pas à changer du jour au\nlendemain les goûts et les habitudes d'un public. Un opéra permanent\naurait à lutter et à patienter longtemps avant qu'un succès complet1 vint\ncouronner ses efforts artistiques. La tentative d'opéras wagnériens en\nanglais n'a certes pas donné les résultats que l'on espérait ; et les repré-\nsentations des Wreckersde Miss Ethel Smyth au His Majesty's Theatre\nont tout juste, me dit-on, payé les frais.\nIl semble donc que l'on parlera pendant longtemps encore de la\nquestion de l'opéra anglais de même que l'on s'est occupé pendant des\nannées de la suppression du Censeur sans être arrivé encore aujourd'hui,\nmalgré une Commission d'Enquête, à un résultat appréciable.\nCependant la Cari Rosa Company commence à Covent Garden une\nbrève saison de quelques semaines et à prix réduits. Le programme\ncomprend des œuvres plutôt populaires : Faust, Carmen, Rigoletto, Cavalle-\nna Rusticana, Pagliaci, Tannhaiiser,et deux moins connues du public\nlondonien, Tristan et Fideho; la plupart des chanteurs engagés sont de\nnationalité anglaise.\nMr. Thomas Beecham lui, se lance dans une entreprise plus auda-\n\n1 Lire : financier."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.79", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "cieuse : une saison d'opéra en Janvier au His Majesty's Theatre, avec un\nprogramme plus moderne : Le jon L\nChemine au, Muguette,la Dame de Piq et même L'art\nclassique sera représenté par La Flûte enchantée et l'art britannique par ]e\nVillage Romeo anduliet de Mr. Delius, le de Mr. Forsyth et le\nDylan de Mr. Holbrooke. Il sera intéressant de voir si le public se'\nprécipitera en foule pour applaudir les œuvres anglaises. Jusqu'à présent\nelles n'ont rencontré qu'un accueil dédaigneux ; l'Angleterre n'a guère\nencouragé ses compositeurs à écrire et ne leur a offert que peu de débou-\nchés. Une réaction se produit en ce moment et la fondation de la\n\" Musical League \" en apparaît un indice certain. En tous cas, le;\nmusiciens anglais devraient être reconnaissants à Mr. Beecham puisque\ndepuis deux saisons il joue leurs œuvres symphoniques et que cette année\nil monte leurs opéras. Sans doute pourraient-ils rêver des exécutions plus\nparfaites, mais enfin c'est un commencement. Aussi bien, leurs œuvres '\nmêmes pourraient s'approcher un peu plus près de la perfection, main-'\ntenant qu'ils ont appris à dégager leur personnalité.\n\nX.-Marcel Boulestin.\n\nLE HAVRE\n\nCeux qui, comptant sur la musique des oiseaux, furent déçus pas\nl'été pluvieux n'auront pas pu se consoler abondamment : les concerts esti-\nvaux des villes d'eaux ne régnent pas ici : mais on entend si souvent, bien\nmaigre soi de mauvaise musique que l'on éprouve parfois quelque plaisir\nà n'en plus entendre du tout. Cependant je ne saurais passer sous silence\nune audition excellente où fut honoré par un public recueilli et compré-\nhensif l'un des plus nobles esprits de la musique française actuelle :\nDukas.\nLe Cercle de P Art Moderne ne pouvait tarder davantage à rendre hom-\nmage a 1 auteur & Ariane et Barbe Ble ; malheureusement les œuvres de\nmusique de chambre sont rares parmi les peu nombreuses compositions\nde Paul Dukas : un contretemps obligea même à ne pas inscrire au pro-\ngramme la \" Villanelle pour Cor. \" Et l'audition comprit en conséquence\nla Sonate et les \" Variations sur un theme de Rameau \" auxquelles on\navait joint trois extraits & Ariane et Barbe Bleue."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.80", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "Présenter ainsi avec le seul secours de la voix et du piano des\nfragments d'une œuvre très une, très solidement progressive et ordonnée\ndoit être strictement repréhensible mais l'absence totale de mélodies (*)\ndans l'œuvre de Paul Dukas autorisait cette présentation fragmentaire :\nc'était le passage des Diamants (acte I) et deux passages de l'acte 11, aux-\nquelles pour la commodité des auditeurs j'avais cru pouvoir donner ces\ntitres le Printemps,et la Lumière.\nL'excellente et intelligente cantatrice qu'est Mme Lacoste, de la\nSchola interpréta avec un très juste sentiment et une voix pure ces pas-\nsages extrêmement tendus. Elle est assurément l'une des artistes les plus\naptes à cette heure à exprimer le lyrisme concentré qui caractérise plu-\nsieurs œuvres dramatiques modernes, celles de Vincent d'lndy entre\nautres : son interprétation du rôle d'Ariane affirma pour nous une fois de\nplus la qualité de son tempérament.\nIl n'y a pas beaucoup de musiciens, même parmi de plus jeunes que\nnous nous flattons d'aimer, qui puissent offrir deux œuvres aussi atta-\nchantes, aussi bellement construites, sans lourdeur, aussi pleines à la fois\net agréables que la Sonate en mi bémol mineur et les \" Variations interlude\net final.\"\nOn ne saurait mieux parler de cette sonate, et de M. Paul Dukas\nlui-même, que ne le faisait le 15 avril 1901, M. Claude Debussy dans un\narticle de la Revue Blanche que le programme de notre audition repro-\nduisait : \" cette sorte d'émotion hermétique \" \"ce lien rigoureux dans l'enchaî-\nnement des idées\" ce \" côté impérieux„ \" sous\nune force qui en commande la fantaisie rythmique avec la sûreté dun mécanisme\nd'acier \" : telle est bien l'impression qui se fait plus nette à mesure que\nl'on pénètre mieux l'esprit qui gouverne et lie les compositions diverses\nde Paul Dukas.\nMademoiselle Veluard dont j'ai dit ici précédemment à propos de\nla Sonate de Roussel, l'étonnante maturité compréhensive et la rare sûreté\npour une aussi jeune artiste, donna de ces deux œuvres une traduction\nqui contribua justement au souhait émis par nombre d'auditeurs de les\nréentendre.\nJe tiens à signaler aussi un concert champêtre donné aux environs\ndu Havre, en plein air, devant une centaine de personnes, par Mlle\n\n1 II faut dire pour l'exactitude documentaire que M. Paul Dukas a écrit autrefois des mélodies restées in-\nédites et qu'il se refuse aujourd'hui à publier, les trouvant juvéniles."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.81", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "Madeleine Aubry, avec le concours de voix de quatre jeunes filles et d'un\nexcellent flûtiste havrais M. Gaston Dufy : Ja composition du programme\nmérite en effet d'être signalée : Outre des mélodies populaires harmonisée?\npar Tiersot, et par ILmile Vuillermoz,et les de\nle programme comportait ; de Couper in les\nMusettes de Choisyet de Taverny ;de\nRondeau, Tambourin et la Villageoise;la (deuxième sonate en ré mineur\npour flûte et piano) de Michel Blavet,et dans seconde partie:\ngeoise de Chabrier, Fête de village de d'l de\nla Moisson et le Jour des Noces de Séverac. Le titre d'lmages Rustiquej,\nréunissait ces diverses pièces.\n\nG. Jean-Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7.2", "titre_corps": "PARIS.", "titre_sommaire": "PARIS.", "signature_source": "Gaston Carraud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": "PARIS.\nOctobre.\nLe premier mois de la saison parisienne est communément prépara-\ntoire. On se fait la main, ou la voix et l'oreille avec quelques\n\"reprises\" et l'on apprête ces \"premières\" fameuses, semblables aux\nfruits inconnus qui nous viennent de loin, si attrayants tant que nous n'y\navons pas goûté. Les fruits mûrissent assez tôt cette année, mais non\nsans laisser place aux habituelles cogitations d'octobre, qui ne sont pas\ntant du présent que du passé et de l'avenir. Que pouvons-nous nous\npromettre de l'hiver qui commence ? Nous ramènera-t-il aux chemins où\nson prédécesseur, sans s'y être donné grand peine, a disparu ? Nous\n\n4"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.51", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "ménage-t-il une promenade plus intéressante ? Ou devons-nous en attendre\ndes horizons encore plus plats ?\nQu'il serait mélancolique que nous eussions à regretter la saison\npassée ! Elle fut à peu près nulle. Si nous voulons en retenir les faits\nmarquants, nous ne trouverons, au théâtre, que les représentations du\nCrépuscule des Dieux,de la Flûte en et : deux\nœuvres plutôt connues, même à Paris, et qu'on peut estimer classiques;\nla troisième, apportée par une troupe étrangère. Au concert, la production\nfrançaise brilla assurément davantage avec le de M.\nAlbert Roussel ; mais cette symphonie d'une poésie et d'un style si\npersonnels devait nous être offerte un an plus tôt, et la façon dont les\nConcerts-Lamoureux n'en voulurent d'abord aventurer qu'un petit\nmorceau, pour se trouver contraints ensuite par le succès de donner le\ntout, caractérise au mieux la paresse et la pusillanimité de nos sociétés de\nconcerts, et leur inintelligence de leur propre intérêt. Moins originale, la\nDeuxième Symphonie de M. Marcel Labey ne mérite pas moins qu'on la\nrappelle, pour sa construction et son esprit excellents. Les Concerts-\nColonne ont eu leur part avec la Sde M. Roger Ducasse,\nœuvre petite, mais charmante.\nSi concerts et théâtres nous offriront mieux cette année, rien ne\npermet encore de le préjuger. Les directeurs de ces entreprises n'ont\npoint coutume, quand ils entrent en campagne, d'exposer rien qui res-\nsemble à un plan d'action. A la vérité, je crois qu'ils n'en ont point,\nLeurs projets sont vagues, journaliers, incertains. La seule pensée les\nconduit de \" nouer les deux bouts \" sans porter leurs efforts ni leurs\nrisques au delà du minimum indispensable pour n'avoir point d'affaire\navec l'administration—beaucoup trop accommodante au demeurant—qui\ndirige la manne des subventions. Ils jouent ce qui leur tombe sous la\nmain, et ne rejouent que ce qui fait sûrement et facilement recette.\nIl faut reconnaître cependant que depuis l'année dernière un change-\nment sensible apparaît à l'Opéra. Sans avoir rien fait encore de capital,\nce théâtre est simplement rentré dans la vie artistique de notre pays:\ntrente-cinq ans durant, il était resté trop vaniteux des splendeurs incon-\ngrues où Charles Garnier l'avait engoncé, pour daigner prendre à cette\nvie la moindre part. 11 devient monotone de constater qu'aucun des\nouvrages qui ont marqué dans le mouvement musical moderne n'a été\ncréé à l'Opéra; qu'aucun des ouvrages qui ont été créés à l'Opéra ne fut"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.52", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "capable seulement de se maintenir à son répertoire; et que ce répertoire\nn'a pu se former qu'avec ceux d'autres théâtres, dont le goût plus hardi\net plus avisé sauvegarda quelques chefs-d'œuvre, après que l'Opéra les\neut longuement refusés.\nIl existe, hélas ! encore une œuvre admirable, que tous les directeurs\nrefusent à l'envi, et depuis des années, et qu'ils s'arracheront probable-\nment lorsque quelque scène de la province ou de l'étranger se sera fait\ngloire de la produire au jour. C'est Guercœur, de M. Albéric Magnard.\nMais le cas de ce musicien est tout à fait particulier. Les théâtres ne\nsont pas seuls à repousser M. Magnard: les concerts sauf, un moment,\nles Concerts-Lamoureux ne se montrèrent guère moins hostiles. Il\nsemble que le destin ait voulu jusqu'en notre siècle, qui tout de même a\nl'esprit plus ouvert, qu'un exemple se perpétuât de l'antique obscuran-\ntisme, de la haine originelle pour toute beauté élevée, pure et loyale. Et\nil était juste que le destin, pour cet exemple, élût qui produit la beauté\nla plus fièrement loyale et la plus simplement pure.\nMais retournons à l'Opéra. Une revue comme celle-ci ne s'inquiète\npoint des difficultés intestines dont trop de gens ont eu intérêt à mener\ngrand bruit, si même ils ne les ont attisées. Il nous suffit que la direction\nde M. Messager ait ramené la musique en honneur dans notre premier\nthéâtre de musique. Il n'a pu nous offrir jusqu'ici une partition inédite\nqui parût assurée de rompre avec la triste tradition que je rappelais tout\nà l'heure : la faute en est beaucoup aux directeurs qui l'ont précédé, leurs\nagissements ayant éloigné peu à peu tous les compositeurs français de\nl'idée d'écrire pour l'Opéra. Mais les exécutions quelques inégalités\nmises à part qu'il serait facile d'effacer, une fois hors des tâtonnements\ndu début tout au moins un grand nombre d'exécutions ont atteint\nune qualité musicale qu'on n'avait jamais connue à l'Opéra que par\nexception. Et l'activité est rentrée dans la maison morte; et il nous est\nprouvé par le fait qu'on y peut monter en douze mois trois ou quatre\ngrands spectacles, et les monter fort bien, alors qu'autrefois on en montait\ndans le même temps à peine un, et quelquefois fort mal. Vous avez gardé\nle beau souvenir des représentations du Crépuscule des Dieux : à une\nannée d'intervalle, celles de l'Or du viennent clore, dans un ordre\nparadoxal, le cycle sublime du Nibelung, par-dessus Monna Vanna et\nBacchus. Quant aux classiques et c'est bien chose inimaginable ! il\nn'en faut point parler en cette Académie Nationale, où le public leur"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "témoigne, à l'occasion, peu d'amitié : pensez à à\nRameau, le plus grand de nos musiciens. Ne serait-ce point le rôle\nnaturel de l'Opéra, que d'entretenir nos plus hautes traditions ? Et le\npublic de l'Opéra-Comique, où se rencontrent sans doute les mêmes\npersonnes, qui sont les personnes qui aiment véritablement la musique,\nn'a-t-il pas su venir à Beethoven, à Gluck, à Mozart ? Pourquoi ce qui\nest possible d'un côté du boulevard ne le serait-il point de l'autre ?\nIl semble cependant qu'à l'Opéra-Comique les symptômes se\nfassent moins favorables. Ce n'est pas que M. Albert Carré ait à\ncraindre qu'on se lasse jamais de l'appeler le Juste ; ce n'est pas du tout\nqu'on se désaffectionne de son théâtre, de ses artistes, d'une mise-en-\nscène dont le luxe et la recherche sont illustres. Les opéras nouveaux\nqu'il nous a révélés l'hiver dernier ont recueilli peu d'approbation : mais\non ne saurait exiger d'un directeur qu'il découvre tous les ans une Louise\nou un Pelléas-, et la découverte & Ariane n'est pas si lointaine.\nIl me paraît pourtant impossible de ne pas remarquer comme de plus en\nplus le répertoire se laisse envahir par les déplorables compositeurs de\nl'ltalie moderne, par l'un d'eux surtout ; impossible de ne pas s'étonner\nen même temps de la place que les travaux d'amateurs usurpent entre les\n\" nouveautés \" représentées ou annoncées, tandis qu'il existe probable-\nment encore en France quelques musiciens qui savent la musique. Trois\nouvrages de M. Puccini, presque également détestables, occupent l'affiche\nà la fois chaque semaine : il n'est pas un compositeur français à peine\nM. Massenet qui ait joui jamais, et quel que fût son mérite, d'une\npareille faveur. M. Mascagni néanmoins défend brutalement sa portion.\nOn nous promet pour cet hiver M. Leoncavallo, et puis M. Alfano.\nVraiment c'est trop. Je n'y mets, croyez-le bien, pas le moindre chauvi-\nnisme. Je ne m'indigne point, par exemple, de l'accaparement de l'Opéra\npar un autre étranger : je le trouve pesant, mais justifié tout ensemble\npar la grandeur de Wagner et par l'obstruction insensée dont il fut si\nlongtemps victime. C'est moins le wagnérien d'aujourd'hui qu'il faut\naccuser des excès actuels, que l'anti-wagnérien d'autrefois.\nNous faire connaître ce qui peut se produire d'intéressant ou de\nbeau à l'étranger, et soutenir l'effort artistique de notre propre pays, c'est\npour nos théâtres un seul et même devoir. Devoir d'émulation fraternelle:\nmais devoir d'éducation aussi, qui implique le devoir d'un bon choix.\nQuand une œuvre étrangère est bassement destituée de toute valeur"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "musicale, laissons la donc où elle est : nous trouverons toujours aussi\nmauvais chez nous. Nous n'avons même pas une obligation de réciprocité\nenvers l'ltalie, qui se garde bien de faire aucun accueil à notre musique.\nElle siffle Pelléas: et nous applaudissons Quelle duperie, que\nd'aller gâcher au bénéfice de ces polichinelles la moitié du temps et des\npeines d'un théâtre subventionné, et du meilleur de sa troupe . et qu elle\nest périlleuse pour le goût du public, des interprètes, et de nos composi-\nteurs même, dont le caractère n'est pas toujours de taille a combattre un\nsi mauvais exemple ! Cette école a, nous dit-on, le \" sens du theatre ;\nelle sait qu'il ne faut retarder l'action ni en distraire le spectateur. Cela\nest fort aisé, dès là que le musicien renonce à la musique. Et n est-ce pas,\npour bien des gens, dans cette renonciation même que consiste essen-\ntiellement le \" sens du théâtre ? .\nAcceptons comme un meilleur augure la remarquable reprise du\nRoi d'Ts, qui a inauguré la saison de l'Opéra-Comique. Le chef-d œuvre\nd'Edouard Lalo serait peut-être mieux en sa place a 1 Opéra. Mais 1 Opéra\na manqué assez sottement, il y a quelques années, l'occasion de donner a\nSamson et Dalila, encore plus longtemps dédaigne par lui, un digne\npendant : modèle également salubre de pensée claire et de forme accom-\nplie, d'une moins large envergure, sans doute, que 1 opéra de M. Sain -\nSaëns, mais supérieur à mon gré par 1 unité du sty^e ans> ® c arme f\ndans la force, la personnalité de l'invention, et le dessin, si simple, si su\net si frappant, des caractères. Ce sont les qualités mêmes des classiques.\n*\nLes grands concerts du dimanche nous ont offert déjà plusieurs\nséances. Je ne vous parlerai pas encore des Concerts-Colonne quin ont\nrien donné, que la Damnation de Faust.La terre cesserait probablement de\ntourner si les Concerts-Colonne ne donnaient plus la Damnat.on de Faust\nM. Gabriel Pierné, qui paraît devoir prendre de plus en plus souven a\nplace de M. Colonne au pupitre, dirige la a merveille ; mais\nceci même n'est pas nouveau à dire. Hp\nC'est toujours d'un cœur chagrin que j assiste a la reouverture de\nces infortunés Concerts-Lamoureux, à qui un quart de siecle, et plus\nperfection et de succès n'a pu assurer, tant la capitale ici est. au, dessous\nd'une simple préfecture, un domicile convenable. Ils semblent du.™°>\"s\navoir trouvé un durable dans la Salle Gaveau. Ma.s ce domicile est de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.55", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "mine morose, et sil présente 1111 peu moins d'inconvénients acoustiques\nqu on ne le pouvait craindre de son exiguité, cette exiguité reste par elle-\nmême un inconvénient dirimant. En est-ce une conséquence ? Il semble\nque la perfection des Concerts-Lamoureux néglige un peu trop de se\nrenouveler. Elle se complaît à se retrouver toujours semblable à soi-même\ndans l'exécution des mêmes morceaux, où elle est incomparable. Elle ne\nsaurait à cela gagner rien.\nCette société a son public, qui 1 encourage, il est vrai, à l'immobilité\nC est en coi e un méfait d une trop petite salle, que le public s'y fasse\nforcement restieint et ferme. Nous n'aurions pas besoin d'une seconde\nSociété des Concerts du Conservatoire, même avec un répertoire un\npeu différent. Et ce public le public de tous nos concerts en général\ntend à se gâter lui-même par cette routine où il s'acagnarde. Vivre\nsans efforts est funeste à tous ceux qui y consentent. Et le réel effort et le\nplus sain, pour l'auditeur comme pour l'interprète, est de s'assimiler des\nœuvres nouvelles ; et j entends par la beaucoup d'oeuvres anciennes aussi,\nqu on ne connaît point, ou qu'on oublie. Or c'est au moment même où\nla musique tient dans nos mœurs une place extraordinaire, au moment où\nchacun, dans toutes les classes, ne parle et ne paraît se préoccuper que de\nmusique, c est a ce moment que 1 effort s'anéantit. N'êtes-vous pas con-\nfondus de la coïncidence ? Comment supportez-vous, si vraiment la\nmusique vous est chere, que Paris ne possède ni une salle de concerts\ndecente, ni un chœur passable ? Comment tolérez-vous ces programmes,\nauxquels les jeunes compagnies même comme celle, valeureuse\npourtant, des Concerts-f lasselmans n osent déroger ; ces programmes\noù une série de morceaux, toujours les mêmes, vous sont indéfiniment\nproposes, sans ordre, sans suite, sans logique d'aucune sorte, chaque fois\nun peu plus ébréchés, comme au hasard du déballage d'une voiture de\ndéménagement ? Comment permettez-vous que les chefs d'orchestre\npuissent objecter que c'est précisément là ce qui vous attire et vous plaît;\nque vous ne voulez avoir d opinion que sur des ouvrages consacrés, et ne\nvous échauffez qu en présence d'un acte de virtuosité ; que vous accueillez\navec une indifférence dédaigneuse toute musique qui ne vous est point\ncoutumière ? Qui vous inspirera, ô public, l'énergie de vous fâcher une\nonne fois ? Il n y faudrait que l'énergie ; car vous voyez aussi bien que\nmoi, trop patient et un peu indolent public, que ces gens empressés à\nvous plaire, au fond, se moquent de vous."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "On jugerait naturel qu'au sortir du bienfaisant silence de 1 ete toute\nmusique parût délectable et trouvât l'auditeur indulgent. Mais quand on\nn'a un long temps écouté que ses musiques intérieures, on se découvre\nau contraire une susceptibilité ravivée devant les mille petites imperfections\ninévitables de la musique telle que la réalisent les hommes Jai du moins\ntoujours éprouvé qu'il me faut un peu de réhabitude —il en faut peut\nêtre un peu aux orchestres aussi— pour les voir disparaître. On les voit\ndisparaître vite chez M. Chevillard. Il commence par une \"audition\nchronologique \" des symphonies de Beethoven. Certes on ne les jouera\njamais trop. La musique de Beethoven trouve en notre temps, et je crois\nen notre temps seulement, son véritable et parfait épanouissement ; nous\nla comprenons pleinement, et il n'en est pas qui corresponde mieux a\nnotre façon de sentir. Il est possible que cela change bientôt. C est une\nconception de l'art et de la vie dont s'écartent en grande Part'e les jeunes\ngénérations. Mais cette conception, qui s'est prolongée de Beethoven a\nWagner, et qui revit entre nos contemporains chez M. d Indy et chez\nM. Dukas, nous tient encore à l'âme par des racines plus profondes que\nle debussysme même, notre vainqueur exquis.\nEt ce fut une idée miraculeuse que de présenter une fois les neuf\nsymphonies de Beethoven dans l'ordre où elles sont nees. Mais c est\ndevenu une idée un peu facile. Et l'idée d'exécuter au concert en plein\nvingtième siècle, des scènes entières des drames de Wagner, et de ceux,\ntels que Tannhâuseret la Valkyrie, que l'Opéra représente le plus souvent\nest une idée que le bon sens ne suffit pas à expliquer. On ne devrait\njamais, en principe, transporter au concert une partition destinee a a\nscène. Mais on serait fort excusable de composer avec le principe, sil\ns'agissait d'une partition à qui la scène se refuse. Ce fut le cas, 1 y a\nvingt-cinq ans, pour Wagner. Ce pourrait l'être aujourd hui pour Rameau\nou Weber, ou Berlioz ; pour Hulda, pour le pour\npour Guercœur.J'indique au hasard. Le choix ne manque pas ;il est\ndivers ; si bien que nos directeurs de concerts en restent tout embarrasses.\nAvec Beethoven et Wagner, l'école russe a comme d habitude fourni\nl'essentiel des premiers programmes de M. Chevillard. La suite tiree du\nTsar Sa/tan de Rimsky-Korsakov, qui n'avait encore ete entendue qu aux\nConcerts Russes de l'Opéra, est agréable, sans plus ; mais Thamar e\nBalakirev est un des chefs-d'œuvre de cette école ; ces deux ouvrages,\nmalgré l'exécution la plus brillante, ont rencontré une certaine froideur."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "Le prestige des \"Cinq\" touche-t-il donc au déclin? Ce que leur art a d'ex-\nteneur, de limité, de tatillon, pourrait bien malgré les délices qu'il\ndispense, nous lasser assez vite. Il nous faut, quoi qu'on die, plus dr\nprofondeur et de substance.\n\nGaston Carraud."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7.3", "titre_corps": "LETTRE DU JAPON", "titre_sommaire": "LETTRE DU JAPON", "signature_source": "Dr F. Ingram-Bryan", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.57", "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "LETTRE DU JAPON\n\nDu point de vue occidental, le Japon n'a guère été considéré comme\nun pays de musiciens. En effet, au regard de notre technique moderne\nla musique japonaise ne s'est jamais élevée bien haut. Mais si, par contre'\nfaisant abstraction de nos idées, nous ne cherchons dans la musique que la\nlibre interprétation des émotions, au moyen des sonorités et des harmonies\nla nation japonaise doit être comptée parmi les plus musicales qui soient\nau monde.\nLes Japonais, comme beaucoup d'autres peuples, tiennent la musique\npour un don du ciel, une bénédiction d'en haut. Aucune période de leur\nhistoire n est sans traces de cet art divin: la musique semble être née avec\nla race.\nEn des temps qui se perdent dans la nuit de la légende, les ancêtres\nsacres du Nippon auraient établi un concours entre les plus habiles des\noiseaux chanteurs ; et, si nous en croyons les antiques traditions japonaises,\nles Kojiki, le résultat de cette compétition aurait été le début de l'art\nmusical dans le pays de Yamato. Les concurrents ailés auxquels le lapon\na ait etre redevable de son art céleste auraient été deux humbles volailles\nde basse-cour, deux coqs. On peut établir quelque liaison entre cette\nlegende et les harmonies claironnantes de certaines chansons populaires.\nEn tout cas, et quelle que soit l'aversion fréquente des Occidentaux envers\nce que les Japonais considèrent comme musique, il est évident que le\nJapon possédé un art musical dont le peuple est universellement épris et\ndans lequel il trouve l'expression de ses émotions les plus profondes.\nMalgré l'antiquité de ces légendes il est très probable que la musique\nne ut pas cultivée comme un art distinct de la poésie avant l'introduc-\ntion u Bouddhisme en Chine. Ainsi, au Japon comme en Occident, la\nmusique denve de la religion.\nComme la philosophie chinoise avait tenté d'exprimer la poésie"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "universelle du Cosmos par le nombre 5, la gamme Japonaise fut limitée à\nf notes : elle l'est encore aujourd'hui. Ainsi, la musique orientale se dif-\nférencie de la nôtre par l'absence du 4e et du 7e degré. Sa technique géné-\nrale est un trop vaste sujet pour que je me permette de l'effleurer ici en\namateur. Il est intéressant de noter néanmoins que le progrès esthétique\nde la musique japonaise a toujours porté sur le développement des qualités\nrythmiques. L'harmonie et la mélodie, au contraire, ont souvent été\nnégligées, et quoique l'instrumentation ait parfois témoigné d'une certaine\ningéniosité dans l'art de produire les sons, le nombre et la qualité des\ninstruments sont toujours demeurés insuffisants et primitifs.\nMais, les Japonais sont trop foncièrement artistes pour que leur\nmusique dépende étroitement des moyens matériels qui l'expriment. La\nmusique japonaise comme celle de Wagner, est moins intellectuelle que\nsenseuelle ou émotive. La \"geisha\"la danseuse de l'ancienne civilisation\niaponaise, est toujours regardée comme le prototype de la musique nationale,\noù le geste est un élément aussi important que le son.\nL'esthétique du Japonais est plus visuelle qu'auditive ; depuis des\nsiècles, la nation s'est attachée à refréner l'explosion de ses émotions et\ns'est fait un point d'honneur de cette indifférence. Un véritable Nippon\nne comprendra pas une page de littérature sans la voir, sans jeter un\nregard sur les caractères hiéroglyphiques qui en expriment le sens. De\nmême, il ne goûtera pas la musique à laquelle le geste plastique ne prêtera\npas son concours. La place prépondérante de la danse dans les drames et\nles romans nationaux en fait foi.\nDans quelques représentations théâtrales ou religieuses, la musique\nmuette, n'est plus figurée que par des poses ou des attitudes. La merveilleuse\ncapacité d'un auditoire japonais à apprécier cette indique\nun développement esthétique dont les secrets ressorts nous échappent\ntotalement.\nLa musique japonaise se rattache à la nature beaucoup plus étroite-\nment que la nôtre. L'Occidental, bien souvent sera lassé par la monotonie\nfastidieuse des bruits quotidiens, irrité par des rumeurs criardes ou super-\nflues : une oreille japonaise, au contraire, découvrira là des harmonies cap-\ntivantes et de poétiques suggestions.\nLes Japonais font leurs délices de la musique au crépuscule ; souvent,\nquand leur labeur est achevé et que la lune brille ils désertent les rues de\nla ville pour aller écouter le cri des grenouilles dans la solitude des marais"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "voisins, le solo aigu des cigales et des innombrables voix qui se font entendre\nà la tombée de la nuit.\nIl ne faut pas s'étonner que leur musique, à la fois vocale et instru-\nmentale ait une remarquable aptitude à imiter les bruits du dehors; quelques\ninstruments de la lutherie japonaise bourdonnent comme un essaim d'abeil-\nles, d'autres ont la voix flutée de la fauvette ou du rossignol. La musique\nvocale, elle-même, évoque plutôt à l'oreille de l'étranger le chant des oiseaux\nou le bruissement des insectes que l'expression de la passion humaine.\nAinsi, à travers les siècles, le peuple a emprunté aux mille voix de\nla nature un répertoire immense d'harmonies et de sonorités. Un jour\nsans doute, un génie national, armé des moyens expressifs de l'art occiden-\ntal, mettra à profit les matériaux entassés dans ce trésor. Il en résultera\npeut-être un chef d'oeuvre.\nLa musique japonaise est l'expression la plus fidèle de l'âme natio-\nnale : par son usage et par sa nature, elle est essentiellement démocratique,\nDes chansons accompagnent toutes les étapes de l'existence, toutes les\nconditions sociales : le laboureur à sa charrue, les jeunes filles récoltant le\nthe, les pecheurs dansant au clair de lune sur la grève... Il y a des chan-\nsons pour planter le riz et pour moudre la farine, des chansons pour le\nmarin et pour 1 artisan, pour le colporteur et pour le crieur de ville. Au\nJapon, la vie elle-meme est une chanson : cela peut être un lamento de\nmélancolie ou de deuil, ou un hymne de satisfaction et de joie, mais rien\nne s'effectuera sans un refrain et sans un sourire.\nAu dessus de la porte de sa petite boutique, le Japonais suspend une\nclochette de verre que le vent fera vibrer et dont le tintement égayera la\nmonotonie de l'existence.\nLes temps modernes commencent pour la musique japonaise avec\ni introduction du christianisme. La musique occidentale importée par les\nmissionnaires a naturellement laisse sa marque sur la musique indigène :\non entend cependant parfois des airs occidentaux dans régions qui ont dû\néchapper a 1 influence des missions. Une partie de cette musique est\nrepresentee par des hymnes chrétiens, sur des airs anglais et américains.\nParfois aussi ce sont simplement des chansons japonaises adaptées àla\nmusique religieuse européenne.\nLa musique est maintenant enseignée dans toutes les écoles japonaises.\nLa voix y est accompagnée à l'orgue ou au piano."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "Les Japonais fabriquent aujourd'hui des orgues et des pianos dont la\nquantité et la qualité suffisent à la consommation locale et même, en\ngrande part, à la consommation chinoise.\nLes musiques militaires et navales ont fait beaucoup pour populariser\nla musique d'orchestre. Les cuivres, plus appréciés que les cordes, ont\nréussi à accoutumer les oreilles japonaises aux airs occidentaux plutôt\nqu'à inspirer aux troupes une bien martiale ardeur. L'orchestre militaire\nde Hibya Park(Tokio) a environ le même répertoire que celui de\nPark, de Londres. Mais les musiciens populaires, joueurs ambulants de\nsamisenet de biwa soulèvent de plus profondes émotions qu'aucun virtuose\nétranger. J'ai vu des auditoires intelligents écouter patiemment pendant\ndes heures le récit de quelque ancienne épopée, accompagnée sur le biwa,\nle plus primitif des instruments de musique. De tels récits transportent\nl'auditeur aux temps les plus reculés de l'histoire nationale et font vibrer\nau plus haut point la corde patriotique.\nLa musique exécutée aujourd'hui aux enterrements japonais est restée\nce qu'elle était il y a dix siècles : les esprits des ancêtres ne pouvant\ncondescendre à écouter le charivari barbare des instruments modernes\naccouplés aux voix.\nL'institution qui a fait le plus pour l'avancement de l'art musical\nest Y Académie de musique de Tokio. Quoique fondée depuis quelques années\nseulement, elle a merveilleusement contribué à développer chez les\nJaponais la faculté de comprendre la bonne musique étrangère. Là, sous\nl'autorité de professeurs éminents, les œuvres des grands maîtres sont\nétudiées et exécutées avec un intérêt, quelquefois même avec une perfection\nqui font songer aux institutions similaires d'Europe ou d'Amérique. La\nplupart des maîtres de l'établissement sont allemands. Leurs noms\nmériteraient de n'être point négligés dans l'histoire musicale du Japon\nmoderne ; leur influence a rayonné jusqu'en province, bien au delà de\nleur sphère d'action directe. Il n'y a peut-être plus une ville au\nJapon où ne soient donnés des concerts où la musique étrangère tient la\nmeilleure place.\nLes Japonaises ont pris goût à la musique occidentale plus vite que\nles hommes ; quelques unes d'entre elles font preuve de qualités vocales\nqui les mettraient au rang de nos meilleures chanteuses.\nA l'Académie de musique de Tokio, l'ensemble des études se divise\nen trois sections : préparatoire, principale, et hors-concours, avec des"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.61", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 737, "texte": "classes spéciales pour les élèves auditeurs et pour ceux des écoles normale\nLe cours principal a pour objet la pratique vocale et instrumentale et la\ncomposition : il dure deux ans. Tous les instruments modernes y sont\nenseignés en même temps que les plus pratiques des instruments indigènes'\nquelques uns de ces derniers, spécialement le ont trouvé une\nremarquable puissance expressive, sous l'inspiration moderne. L'Académie\ncomprend environ 40 professeurs et 500 élèves ; faute de place, elle et;\nrefuse à peu près autant. En dehors de cette institution un bon nombre\nd étrangers établis a Tokio enseignent la musique à titre privé et rencon-\ntrent un vif intérêt parmi la population de la capitale.\n\nDr F. Ingram-Bryan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7.4", "titre_corps": "BRAHMS ET LES FÊTES DE MUNICH", "titre_sommaire": "BRAHMS ET LES FÊTES DE MUNICH", "signature_source": "William Riller", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.61", "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "BRAHMS ET LES FÊTES DE MUNICH\n\nLa révélation de certains maîtres a quelque chose de foudroyant. On\nest subjugue des 1 abord. Parfois le coup de foudre se fait attendre. On ne\nvoit rien, on n entend rien. Tout à coup la nue se déchire et l'éclair n'est\nque plus redoutable : on est Saul sur le chemin de Damas. C'est ce que\nj ai éprouve avec Mahler. Mais il est un autre mode plus fatigant, moins\ndécoratif, plus poignant peut-être, d'être forcé à la soumission, après une\nlongue, très longue bataille. C est alors la lutte de Jacob avec l'ange ! Voici\nvingt-cinq ans que Brahms me rebutait et me fascinait, que je m'en\ndétournais, découragé, et que je sentais bien pourtant que le devoir était\nd y revenir, que je m efforçais d arriver sur cette musique à des idées claires,\nà un état qui permit aux impressions d'acquérir cette lucidité, sans laquelle\nil n'est pour un esprit de culture latine aucune complète jouissance. Mais\ncomme c était décevant avec cet art divers et fuyant, si contradictoire et\ndenue de séduction autre que son propre mystère. Toujours ce grand nuage\ngns au-dessus de nos tetes. Mon cœur n'était pas à l'aise avec cet homme\nlude et fermé, qui ne donne jamais le sien d'emblée. Et toujours je l'étu-\ndiais. Maintes fois jai passe dans son sillage, je l'ai approché. J'étais à\nVienne dans toute la ferveur Wagnérienne, et puis ce que les partisans de\n\n' Nous voyons une fois de plus combien la France est mal représentée à l'étranger. Nos artistes, dont la\nconcurrence rend chez nous la profession si pénible, devraient certainement diriger leurs regards vers l'extrême-\nOrient qui cherche a s instruire et à se pénétrer de notre culture."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "Brahms faisaient souffrir à Bruckner, mon vieux maître, était par trop\nndigne. Je le voyais laid. Puis Brahms après Bruckner mourut, et Hanslick,\nan âme damnée, d'odieuse mémoire à tous les élèves, disciples ou amis de\nBruckner, de Smetana, de Wagner, de tout ce qu'il y eut de plus grand\njla fin du dernier siècle. Et sur ces tombes l'oubli et la paix se firent.\nBrahms avait Schumann à venger de Wagner. Les Wagnériens rendaient\n4Brahms ce que les \"Brahmines\", (on disait ainsi), renvoyaient à Bruckner,\n'rai lui, ne repondait rien, mais priait, œuvrait et pleurait. Aujourd'hui les\nœuvres seules restent et, à la lumière de ces œuvres et de publications\nposthumes, les physionomies se dégagent mieux des contingences. Bruck-\nner grandit, Brahms grandit. Us apparaissent comme les deux pôles du\nmême monde et Mahler vient, avec sa chaleur équatoriale et ses Florides\nqui englobe tout, qui concilie tout et, armé de tout le passe, marche vers\nl'avenir. Et c'est Brahms, pour nous désormais, comme ces journées d'au-\ntomne, qui ont eu un matin de brouillard, qui vers Midi se sont eclaircies\npeu à peu et qui brillent de tout leur éclat, doré et tiède, furtivement\n! vers quatre heures de relevée. Oh ! ce n est pas de tout le printemps de\ncandeur et l'été mugissant de Bruckner, ni ses paysages alpesties et\ndanubiens; c'est au contraire la vie qui n'a pas atteint a la plénitude, c est\nl'or des parcs mélancoliques et c'est la grisaille morose des promenades\nd'hiver ; mais c'est tellement à l'image de tous ceux a qui le destin n a\npas fait la part à laquelle ils avaient droit ! Et n'est-ce pas très moderne\net très proche de nous, ce besoin de chanter ce desenchantement, cet\nhéroïsme intérieur. Et je comprends si bien qu il ait persuade d emblee\nj tout ce monde d'employés, de bureaucrates, de professeurs, de fonction-\nnaires, qui ont aussi un cœur humain ; tous ceux, qui se sentaient de\ncommun avec lui des analogies de souffrance intime, des besoins de\ntendresse rentrés, la mauvaise humeur de la résignation a une vie senti-\nmentale incomplète, et cette timidité jalouse, qui veut donner le change\npar un abord escarpé et des maniérés bourrues, et cette passion qui doit\nse contenter d'aventures vulgaires, et ce rêve d'un foyer exquis et de toute\nles délicatesses qu'on sait bien un peu ridicules, lorsqu on a gros ventre et\nqu'on est un goinfre, destiné à mourir d avoir trop bu et trop mange...\nAlors que pourtant l'on mourait tous les jours un peu de n etre pas aime !\nPuis quand nous eûmes assez étudié et fûmes mûrs à point, il fallut\nquelque chose comme une sanction aux résultats de cette lente et laborieuse\ninitiation de tous les jours, qui a ressemblé vraiment a un travail de la"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.63", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "nature. Les fêtes Brahms ont jeté sur l'œuvre une lumière nouvelle. Ur\nhomme s'est trouvé, élu par Brahms depuis longtemps, qui devait dispen-\nser à son œuvre ce flot de lumière, la mettre dans son vrai jour non\nseulemen t, mais nous imposer le point de vue le plus favorable. Cet homm;\nest M. Fritz Steinbach. Qui n'a pas reçu de lui en pleine poitrine le bloc\nde la lerIer et le IVe symphonie ne les connait pas. Nous avons entendue\nles symphonies de Brahms à satiété, à Vienne, à Paris, à Prague, à Munich\nde Richter, de Weingartner, de Lœwe, de Lamoureux ou de Chevillard\nde Hausegger et de Schnéevoigt, de Nedbal et de Zemanek, jamais nouç\nn'aurions pu croire à une transfiguration comparable à celle des I et IV\nsous la direction Steinbach. Cela devient un hymne à l'énergie, d'une telle\npuissance maîtresse d'elle-même, qu'il faut bien comprendre dès lors que\nl'Allemagne puisse mettre en parallèle de telles œuvres avec la V et la VII\ndu Grand-Sourd.\nCe fut à tel point que, dès le première répétition, le soir du 9 Sep-\ntembre, la question Brahms s'était immédiatement compliquée d'une\nquestion Steinbach, soulevée surtout par les auditeurs berlinois, formant à\npeu près la moitié de l'assistance. Ces écarts dynamiques ont du reste\nencouru le réprobation, avec celles des gens de bon ton et de belle;\nmanières, justement de tous ces timides et ces tendres qui, en Brahms, aiment\nsurtout l'expression de leur timidité, de leur tendresse et de leur intime\npersuasion que tout de même ils auraient pu et du bouleverser le monde,\nMais nous qui, si longtemps, avons cotoyé l'existence du maître peu!\nsociable, que la caricature d'un spirituel Viennois, qui a sa monde musical\nau bout des doigts, représente épanoui en grossièreté, entre son cigare qui\nle précède et un petit hérisson qui le suit, savons assez combien M. Stein-\nbach est dans le vrai ! \" Point de pose, point de manières à effets, le tout\nun peu grossier, bourgeois, mais toujours dit M. W. Junker.\nEh ! oui ! C'est bien cela, et c'est cela qu'il faut au premier mouvement de\nla Ie symphonie, comme à la passacaille de la IV. Et voici M. Marcel\nMontandon qui en convient : \" C'est à la fois tout Brahms et Steinbach,\ntel qu'il est, comme interprète du musicien, dont il s'est fait le spécialiste.\"\nOui, tout à fait le Brahms de ces moments d'humeur où, de rage de cet\nhéroïsme intérieur, auquel il était condamné et dont lui seul savait le;\ngrosses défaillances matérielles, il se ruait dans la musique, comme ur\ntaureau qui voit rouge et se donnait des illusions d'épopée. Mais ce n'est\npas tout Brahms vraiment ! Pas plus que n'est tout Brahms, l'homme"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "ijjîéfîctir et sentimental, qui se dérobe avec pudeur comme l'éléphant\nauquel semble revenir avec une préférence respectueuse M.Georges\nHumbert. Oui, un tendre incompris ! Mais qui, oui aussi, s'en venge\ncomme une brute, mais une brute sachant apprécier un beau coup. Dès\nlors cette \" gesticulation outrancière du ce poing brandi,\nqui retombe avec des zig-zags foudroyante \", notés par M. Montandon,\nsont éminemment la vérité ! M. Steinbach s'y livre pour Brahms ! Pour\nBrahms que son embonpoint aurait gêné, et ses bras trop courts ! Et\nj'ajouterai même, en quelque sorte, cha Car il me semble\nque ceci doit trancher la question que,\nM. Steinbach ait été son interprète attitré ; qu'il ait dirigé ainsi ces mêmes\n; symphonies, en présence de Brahms, approuvé par lui.\nIl iaut noter encore qu'une interprétation de fête, avec orchestre\ndouble (celui de Munich, qui a le plus fait parler de lui depuis deux ans,\nadditionné de celui de Meiningen) peut différer d'une interprétation\nd'ordre plus intime, comme un dîner de gala du pain quotidien. M. Lucas,\nprésident de l'Association Brahms, dans la réponse qu'il fit, le jeudi\n9 septembre, à M. le bourgmestre Guillaume von Borscht, dans la salle\nde vieil Hôtel de ville, avait annoncé un Brahms tout renouvelé. En\neffet, on a tiré des grandes œuvres leur maximum d'effet, et je voudrais\nque l'on se rendit compte, une fois pour toutes, que de telles œuvres sont\nfaites par celà, une symphonie dont la gestation a duré vingt ans, ou ce\nChant de triomphe,qui devait célébrer les victoires allemandes de 1870-71.\nCe Brahms \" honnête et ennuyeux \", dont on parle souvent en France,\npourrait bien n'être ennuyeux et paterne que lorsqu'on croit le devoir\ninterpréter ainsi et que d'avance on est décidé à y chercher cet ennui.\nD'autre part un Lœwe excelle à nous y faire découvrir des finesses exqui-\nses. Et M. Steinbach du reste aussi, là où il le faut, dans les\nles morceaux moyens de chaque symphonie.\nEn somme ces fêtes auront définitivement fait justice de certains\npréjugés ; du moins au sentiment de l'Allemagne la cause est jugée et\nsans appel. Tout d'abord du Brahms, exclusivement bourru, dont ce fut\n'e version ordinaire jadis et du Brahms, exclusivement tendre, auquel,\ndepuis la mort de Clara Schumann et le livre de M. Litzmann, on avait\nUn peu trop la tendance de se rendre. Mais M. Georges Humbert va\nconstater, avec nous, que s'en est fait encore du Brahms, qui ne saurait\nPas orchestrer, ou le ferait d'une façon pâteuse et molle, de la \" musique"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.65", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "farcie \" de Brahms, comme nous l'avons écrit nous-mêmes, il y a un\nquinzaine d'années, au début, de notre tâtonnante enquête! Et l'unanimit\ndes auditeurs du festival fera table rase encore de l'allégation de pédantismr\nCelle de lourdeur ira la rejoindre. Quant à celle du manque de coeur t\nde chaleur, de \" l'animal à sang-froid \" comme je l'ai entendu dire na-\nM. Félix Mottl, elle nous semble désormais la plus absurde de toute\nLa revue du programme de ces fêtes merveilleuses va nous permettre de'\nnous édifier et d'amener une découverte après l'autre.\n* *\nPour commencer ceci: Nous avons été stupéfaits de pouvoir passer si-\njours, dont quatre à deux concerts par jour, et de trois heures de dure:\nplus souvent que de deux, à n'entendre que de la musique de Brahm;\nsans la moindre fatigue de la part d'une majeure partie des auditeur;\nPremière constation. Il y a un an, nous n'aurions pas cru la chose pos-\nsible. Evidemment les exécutants et M. Steinbach lui-même, dont lezel;\na été jusqu'à diriger des quatuors, n'en diront autant. Mais il faut admire:\nd'autant plus un amour de la musique assez grand pour, en honneur d'un\nseul maître, déplacer au gros de l'été et entasser dans une salle suffocante,\nau milieu d'une considérable affluence d'étrangers et d'un public muml\nchois, le tout Berlin des premières, quarante musiciens, de la cour è\nMeiningen, le chœur Gurzenich entier, de Cologne, et des solistes è\ntoutes les parties de l'Allemagne et même de la Suisse. !\nUn public munichois, ai-je dit. Et il convient déjà de s'arrêter ici.\nsi l'on veut avoir le physionomie exacte de ces fêtes. Le Tout-Municl\nest absent, aux eaux, à la montagne, tandis que, pour le Berlinois, Municr.\nest sur le chemin de la montagne. Personne de la Cour, presque personne\nde la ville. Les fêtes ont lieu à Munich, sous le patronage du Duc Georges\nde Saxe Meiningen. On se montre des musiciens berlinois. Oscar Frec\net le compositeur italien Sinigaglias ont là, depuis huit jours, à suivre\nles moindres répétitions de M. Steinbach. Pas un des grands che;\nd'orchestre d'ici ne montre le bout de son nez. Aucun des compositeur\nnotoires. Seuls MM. Beer Waldbrunn et Pottgiesser se dissimulent ma\ndebout derrière les colonnes. Qu'est-ce à dire ?\nEh ! les journaux l'on déjà dit, la veille, et l'on va nous le faire\nsentir, avec plus de dextérité que de tact, à la cérémonie d'ouverture"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "l'Hôtel de Ville. Nous avons à faire amende honorable. Munich, place\nforte du Wagnerisme est désormais forcée et il s'agit un peu d'une volonté\ndu Nord imposée à notre Sud. Une autre découverte, qui nous attend tout\nà l'heure, est celle d'un Brahms, musicien d'Empire, d'un Brahms impé-\nrialiste, fervent admirateur de Bismarck et de Guillaume I, à qui il dédie\nson Tri'umphlied.A l'Hôtel de Ville, il y avait moyen de dire les choses,\navec la bonne grâce de certains journaux de la première heure : tout et\ntous se reconciliant dans la mort. Aimer Wagner n'empêche plus d'aimer\nBrahms et aimer Brahms d'aimer Bruckner. Non : en ce qui concerne le\ndieu de jadis, un dur silence de capitulation d'une part dans le discours\ndu bourgmestre ; d'autre part, une feinte de l'ignorer, dans le discours de\nM. Lukas, et ce mutuel accord tacite pour passer condamnation sur\nWagner et sur Bruckner, nous, étrangers, nous a choqués. Nous atten-\ndions, il fallait le baiser de paix de la réconciliation, ou du moins la main\nloyalement tendue. Qu'ont dit les Munichois ? Il y en avait si peu dans la\nvieille salle gothique ! De Vienne et de son hospitalité envers un homme\nqui, après tout, aima mieux y vivre que dans ce Nord, qui a toutes les\nsympathies de sa tête, une pauvre allusion à la Il est vrai\nque Brahms en appréciait surtout des avantages ou commodités de vie\nmatérielle. Alors va pour la Gemtithlichkeit\nEt pourtant à Vienne cet homme exerçait un empire qui, nulle part\nailleurs ne lui eut été possible et que ni Beethoven, ni Schubert, ni Mahler\nni personne n'y ont connu. Et Vienne a un peu déteint sur cette musique,\nparfois même quand des mélodies, nées de ses trottoirs, ne l'inspirent pas.\nTout ce qui est un peu riant ou coloré dans cette œuvre, si souvent de\ndemi teinte et de maussaderie endolorie, vient de la rose atmosphère\nd'Autriche ou des coteaux dorés du Rhin. Dans certains thèmes, même\ndes plus nobles, je sens une pointe de généreux vin, Grinzinger où Rudes-\nheimer. (Voir notamment le beau grand thème final du dernier mouve-\nment de la iCTe symphonie.) Vienne du reste prendra sa revanche dans\nquatre ans puisque, désormais, les festivals Brahms vont marcher selon la\nmesure à quatre ans à travers le monde allemand.\nDonc à l'Hôtel de Ville deux secs discours. Ils s'encadrent sobrement\ndes Sentences de Fête commémorative (Fest und GedenksprucheJ op. 109,\nchœurs a capellaà huit voix, dédiés par Brahms au Bourgmestre de Ham-\nbourg, Dr Cari Petersen, en remerciement de la bourgeoisie d'honneur, que\nsa ville natale vient de lui conférer. Chœur sans grande amabilité non\n\n5"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "plus, mais avec de beaux amen,hérissé de difficultés, sur des parole\nlibrement transcrites des Saintes Ecritures, et qui \" doit être une exor-\ntation au peuple allemand d'accepter et de conserver l'unité conquise e:\n1870-71 \". La première audition en eut lieu à Hambourg, sous Biilow,\nune fête de musique l'été 1889. Ainsi, dès la première heure, s'affirmt\ncette physionomie, allemande du Nord et protestante, qui ira chaqu;\nheure s'accentuant. Et celà explique bien des choses. A commencer pa-\ncet immense concours financier, qui assure la bonne organisation de telle;\nsolennités.\nPremier concert d'orchestre. La symphonie I, qui le termine, renou-\nvellera, à peine avec un peu moins d'éclat, le miracle de la répétition d'hier,\ndont M. Marcel Montandon a si raison d'écrire que l'impression en fut\n\"écrasante pour tout le reste des concerts \" et que \"si une fois on;\napproché du sublime, ce fut là. \" 1\nLe Requiem allemand renferme les beautés de premier ordre que l'or\nsait. Son élaboration en fut aussi entrecoupée que sa composition en est\narbitraire. Encore des textes de la Sainte Ecriture sans lien organique.\nDes fragments d'oeuvre détruites sont utilisés. C'est fait de pièces et de\nmorceaux, comme c'est écrit tantôt ici, tantôt là. Et le maître cherches\ndonner une unité factice à l'œuvre lorsque, à la fin du septième et dernier\nchœur, il revient à son point de départ. L'Unité de sentiment en revanche!\ncompense le manque d'unité d'inspiration. Le tout pourrait être plus!\ncourt ou plus long, le Requiem alle n'en demeurerait pas moin; »,\nl'expression, très sincère et très permanente, d'un sentiment religieux\ndont il ne faut plus faire abstraction, lorsqu'il s'agit de Brahms. Et\nd'autant moins qu'il aura ses révoltes. Conforme à l'esprit protestant de\nlibre examen, et faite pour un culte où ne se célèbre aucun sacrifice\neucharistique, cette œuvre, laborieuse et parachevée, comme tout ce que\nlaisse Brahms, connaîtra également avec M. Steinbach d'inattendus con-\ntrastes de clair obscur et le relief s'en accusera singulièrement, surtout\n\n1 Je demande une fois pour toutes pardon d'avoir à citer si souvent les noms de ces Messieurs. George\nHumbert, W. Junker, Marcel Montandon et moi étions à ces fêtes les seuls représentants des revues musicale\nfrançaises et nos nombreuses divergences d'appréciations donnent, je crois, une sorte d'autorité à nos quelqu:\npoints de vue communs. Ma tâche est du reste rendue fort malaisée par la façon, consciencieuse et charman\ndont ils m'ont précédé : c'est donc justice qu'il m'aident un peu à m'en acquitter. Et j'engage vivement\nles curieux à contrôler le récit, que j'essaie ici de ces fêtes, par celui qu'ils en ont donné au Courrier Musical-\nà la Vie Musicale. De même, puisque j'en suis aux expressions de gratitude, je dois rendre attentif à ce magnifie-\nprogramme, un vrai volume, dont l'organisateur de ces fêtes M. Emile Gutmann a confié la rédaction a-\nDr. Edgar Istel, lequel y a accumulé le maximum de renseignements en le moins de place possible. Je n'au*\nqu'à y puiser et jaurais pu y puiser encore, au delà de l'espace dont je dispose ici. Avis aux collectionneurs."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "celui du N° 11, lequel provient du scherzo d'une première symphonie,\nencore sensible dans le concerto pour piano op. 15, où le reste a passé. Et\npuisque d'un sorte de Danse macabre il est désormais question, M. Stein-\nbach a bien fait encore d'y introduire l'énergie de désolation de son terrible\ncoup de timbales, en tel contraste avec la douceur consolante et suppliante\nde l'antistrophe. Solistes : Mme Tilly Cahnbley-Hinken, M.M. Johannes\nMesschaert et F. W. Franke.\nLe Samedi 11, à trois heures et demie de l'après-midi, le Dr. Ludwig\nWullner nous égrène, nous mime serait plus exact, vingt et un lieder sans\ncompter les bis,plus les Quatre chants op. 121 que Brahms compo-\nsait en redoutant d'apprendre la mort de Clara Schumann et en pensant\ndu même coup à la sienne. C'est comme une suite au Chose\nétrange ! Dans le dernier, tiré de St. Paul aux Corinthiens I, il passe un\nfurtif ressouvenir des Maîtres Chanteurs...Et Clara Schumann, qui avait\nune telle horreur de Wagner ! C'est un rien ce rappel du Treislied, mais\nen telles circonstances que d'amères réflexions il provoque ! Les appro-\nches de la fin devraient toujours tout reconcilier ! Contraste : pratiquez\nun peu les rédactions Brahms des Chants populaires allemands. Ils livrent\nencore une clef de ce caractère, qui connut l'humour et, en somme, ne\nnous fut si énigmatique que parce qu'il était bien\nSoir : répétition du deuxième concert d'orchestre. On s'y étouffe.\nLa ventilation de l'Odéon serait à mieux établir dans une prochaine\ncirconstance pareille.\nDimanche 12 Septembre, à onze heures du matin, le premier quatuor\nsol mineur, op. 25 (Première audition manuscrite: Vienne 16 Novembre\n1862, les Hellmesberger avec Brahms au piano) ; trois quatuors pour\nquatre voix solo des 0p.64, 92 et 31 (les trois solistes du plus\nl'admirable Maria Philippi) ; six morceaux de piano (M. Cari Friedberg)\ndes op. 10, 76, 116, 118 et 119 ; cinq lieder (M. Johannes Messchaert)\ndes op. 32, 43, 85 et 95, et de nouveau les dont\nl'austérité trouve mieux le chemin de nos âmes qu'à l'Hôtel de Ville.\nL idéal décidément d'une musique élevée, destinée à décorer une céré-\nmonie officielle. Ma pensée a un subit retour en arrière vers le\nde la République de Mme Augusta Holmès, décoration laïque et toute en\nfaçade, décoration de Mairie d'arrondissement parisien. Ici nous sommes\na 1 eglise ; pardon, nous sommes au Temple, nous sommes au Prêche.\nDes lors prêtons-nous y. Faisons-nous une âme protestante avec Brahms,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "comme nous demandons aux protestants de s'en faire une catholique avec\nBruckner et Franck ! Le Dieu reste le même si la musique change !\nLe soir deuxième concert d'orchestre. Que dites-vous de ce\nprogramme ? Variations sur un thème 56 le\ndu une cantate pour chœurs mixte et orchestre op. 54 ;\nsymphonie ;la Rhapsodie,tirée du Voyage Harz, de Goethe,\npour voix d'alto, chœur d'hommes et Orchestre op. 53, qui nous tient\nsous le charme douloureux de la voix grave et poignante de Melle Philippe\nenfin la Deuxième symphonie.(N Jtez qu'en Allemagne les programmes de\nconcert excèdent rarement la durée d'une symphonie, d'un concerto et\nd'une ouverture). La fatigue des exécutants commence du reste à se faire\ndéjà un peu sentir et M. Steinbach supprime la reprise des expositions\nde symphonies. Connaissez-vous en France les\nHaydn ? Pour qui a vécu de la bonne vieille vie de province autrichienne,\nou a fait un pélérinage à Maria Zell, l'évocation est délicieuse. Ce concert-\nci est du reste tout entier la démonstration du coloris de Brahms, ou plutôt\nil nous donne l'autorisation, que trop de monde se refuse, d'en parler,\nChaque variation de Haydn est un tableau et décidément les symphonies\nne me permettent plus l'affirmation téméraire de jadis que Brahms manque\nde paysages.\nJamais content de lui-même et, dans son horreur de toute effet\nvulgaire, il arrondit les contours, lime et polit jusqu'à ce que le tout soit\ncomme fondu dans la grisaille. Mais une grisaille de quelle distinction et\nde quelle saveur ! Et puis tout est en profondeur la dedans; je crois qu'on\nne s'en lassera jamais et qu'il y aura toujours quelque chose de nouveau à\ny étudier. Et à la longue comme on s'y complait à cette musique, et\ncomme l'isolement lui est favorable ! Toute en dedans, même lorsqu'elle\nest violente; toute en dedans, même lorsqu'elle connaît un accès de bon-\nheur et d'épanouissement (symph. II), elle apparaît comme un gymnas-\ntique morale, à la façon de certains exercices spirituels. Qu'on adjoigne\ncet homme à Beethoven, qu'il continue, tant qu'on veut ; mais il n'en\nprocède pas. Si de quelqu'un, c'est de Bach.Qu'on lui refuse le génie créateur,\nparce qu'il n'attacha pas grande importance à l'invention de ses thèmes\net que, cas échéant, souvent même, il les prend où bon lui semble, c'est un\nenfantillage ! Et d'abord Wagner n'a pas agi avec moins de désinvolture!\nBrahms a des thèmes à lui, tout aussi beaux que ceux qu'il prend, et ces\nderniers, il les fait siens par un travail, qut équivaut à /' et qui a"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "plus de mérite que le hasard de la trouvaille. Son imagination dans le\ndétail, et son art de tirer le plus possible de très peu resteront toujours un\nobjet d'émerveillement. Je recommande à cet égard une étude un peu\napprofondie des symphonies I et IV. Evidemment il ne s'agit plus de\ngénie primesautier, mais d'un art de penseur et d'esthéticien, d'un art\nconscient, savant et autocritique. Qu'on n'en jouisse pas de prime abord\nc'est entendu ; qu'on n'en jouisse même qu'au prix de grands efforts, le\nbeau malheur ! Nous lisons bien des ouvrages de philosophie, ou des\nsermons ! Et appelons-nous pédants Joseph de Maistre ou Massillon ?\nJe vais dire tout de suite ici, à propos du ce qui\ns'appliquera encore au Chant des Parques demain. La foi chrétienne de\nBrahms est absolue. Mais elle connaît des heures de doute et la méditation\ndes inexplicables misères de la vie le trouve murmurant. Aussitôt que la\ntentation de blasphemer l'approche, qu'il éprouve le besoin de clamer sa\ndétresse, qu'il la trouve imméritée ou disproportionnée, il recourt aux dieux\npaïens, à la fatalité antique. C'est aux de son ami Klinger qu'il\ns'en prendra, et dont il dira la haine des mortels ou la dure indifférence.\nPense-t-il peut-être tout simplement aux grands de la terre, à tous ces\nprinces de partout dont il avait pu découvrir la sécheresse d'âme ! Quoi-\nqu'il en soit, c'est par ces grandes cantates mythologiques philosophiques,\nque se fait la soudure entre l'Université, la Science allemande et son art.\nArt d'intellectuel, presque toujours, en dehors de la majeure partie de ses\nlieder ; mais pas du tout art pédant de ce fait. Pas une minute Brahms ne\nveut nous montrer sa science, ne pense à nous en éblouir : n'est-elle pas\nsi profonde que ses pairs sont les seuls à la pouvoir sainement apprécier ?\nEt il se fâche si on veut la démontrer au commun. Il est savant, c'est vrai,\nmais la point de départ de l'œuvre est toujours une émotion intime ou\nune impression de nature. Là-dessus, il l'exprime à sa façon, qui est celle\nd'un sage, vieilli dans les paperasses et qui connaît de vieux secrets.\nL'erreur des uns, c'est de ne voir que le savant, l'erreur des autres de ne\nvoir que le sentimental. Est-il donc défendu de se représenter un poète\nqui soit un chartiste ? On en voit bien qui sont ministres.\nL'histoire de Schicksalliedet du la voir dans\nle programme Gutmann-Istel montre bien cet acheminemant de l'émo-\ntion à travers les voies de la science et du symbolisme, par un chemin tout\na fait aisé et naturel, quand on est Brahms. Cet Allemand vise à l'antique\navec la candeur d'un artiste de le Renaissance. Son cas et celui de Klinger"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "ne font qu'un. Même modernisme du détail dans une conception, qui va\nnaturellement au classicisme (au classicisme tel qu'eux l'entendent.) Et chez\nBrahms, cela se complique de l'humilité de ses origines, de son ardeur à\nsuppléer aux lacunes de son éducation première. Pédant, il est tout ce qu'il\nfaut pour le devenir. C'est à force d'art, grâce à un très vif sentiment de\nridicule, et à cette pudeur d'éléphant dont j'ai déjà parlé, qu'il a échappé\naux allures doctorales, que son entourage lui prête gratuitement et essaie du\nnous imposer, chaque pédant se croyant grandi à compter un tel homme\npour l'un d'entre eux. La passacaille de le IVme symphonie est un\nnaturel dans la difficulté Vaincue. A ce degré d'aplomb, de dextérité, disons\nle mot de sorcellerie, il n'y a plus pédantisme à se servir d'un forme\nsurannée. C'est Dampt exécutant son groupe de Melusine et Lusignanen\nacier et ivoire. Ce sont là jeux de prince et non de pion.\nLundi 13 Septembre. Onze heures. Second concert de musique de\nchambre et chants : la sonate 111 pour violon et piano, ré mineur, op 108\n(M.M. Bram-Eldering et Friedberg) trois quatuors vocaux avec piano\n(les solistes déjà cités), le trio piano, clarinette et violoncelle, mineur,\nop 114 (M.M. Friedberg, Cari Pienig, et H. Wiebel) enfin l'op. 52 en\nentier, les dix-huit Valses d'amour,dans leur forme originale, pour quatre\nvoix solo et piano à quatre mains. Là encore se justifie notre assertion de\ntout à l'heure : la résolution en œuvre d'art impeccable du conflit entre\nune émotion naturelle et la volonté de ne se contenter de rien, qui n'ait\natteint, non à son maximum d'intensité, au contraire, mais d\nJamais conquête du naturel artistique ne s'est réalisée avec cette netteté. Ilest\névident qu'à côté de ce Benvenuto de la mélodie, notre grand Bruckner\nest un michelangesque balourd. Et il est absolument sûr que ceux, pour\nqui rien ne vaut que le fleur d'émotion spontanée, ne trouveront pas leur\ncompte ici. Que viennent-ils l'y chercher ! On ne reproche pas à Gustave\nMoreau ou à Burne Jones de n'être pas Claude Monet. Y seulement songer,\nc'est ne les comprendre ni l'un ni les autres.\nSoir du même jour, répétition du troisième grand concert d'orchestre\nqui, le lendemain, 14 Septembre achevait ces radieuses fêtes :\npour chœur à six voix et orchestre, op 89 ; concerto de violon op\n77 (M. Bram-Eldering) ; IVme symphonie, et le Chant triomphal. (Première\naudition du premier morceau, le 7 Avril 1871 à Brème \" en souvenir des\nvictimes de la guerre. Dirigé par Brahms après le Pre-\nmière audition complète, 5 juin 1872, à Karlsruhe, sous Hermann Levi)."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Chanteurs, solistes, orchestre sont exténués. N'importe. Ils donnent leur\nJernier effort avec une vaillance désespérée dans la victoire. Et vraiment\nc'est triomphal. Contrairement au programme et à la logique, on finit par\nla Symphonie. Steinbach est superbe. C'est donc par la fameuse passacaille\nque se clôt l'inoubliable série. Un dernière fois l'électricité d'enthousiasme\ndu festival opère. On a l'impression que chaque pointe d'archet a son feu\nSaint Elme. Telle variation tonne comme une expérience de laboratoire\noù un héros calme et résolu manierait des panclastites. Toujours l'énergie\nen chambre ! Toujours la résorption de l'émotion première, et le contraire\nde l'extériorisation de sa pensée et de son sentiment. Je laisse à choisir :\nqu'est-ce qui nous commotionne le plus, du coup de mine entendu du dehors\net dont on voit s'ébranler la montagne, ou du coup de mine à l'intérieur\nde la mine... Sans doute le dernier entendu toujours !\nOui Brahms hier, Bruckner aujourd'hui, car c'est avec lui que notre\nsaison de concert vient de reprendre, Mahler demain, car le première au-\ndition de sa VIIFe symphonie dont le premier mouvement est un Veni\nSancte spiritus et dont le dernier contient toute la scène finale de Faust est\nenfin annoncée ici pour le mois de Septembre ! Et ne nous accusez par d ex-\nclusivisme. Berlioz et Saint Saëns hier, Dukas et Debussy aujourd hui con-\nnaissent un accueil plein de bonne volonté. Veuillez donc songer qu a\nl'heure qu'il est vous achevez seulement de monter Wagner a votre opéra.\nEt c'est la même chose en art. Tous les quatre ans Munich voit officielle-\nment le meilleur de votre production et de celle du monde entier. Croyez\ndonc que si l'Allemagne honore comme nul pays au monde ses propres\nmaîtres, comme nul pays au monde aussi elle accueille et fete les vôtres.\nAvant hier le trio tu fa dièze mineur de Frank produisait dans une salle de\nconcert un vrai délire. Evidemment de loin en loin, dans certaines villes,\ncertaines gens sont cause de certains raccrocs. Mais regardez 1 ensemble\ndes faits d'un peu haut. Et surtout, vous aussi, organisez de tels festivals en\nhonneur de vos propres Maîtres et invitez-nous. Nous serons trop heureux\nd'accourir à votre première fête César Prank.\nMais revenons à Brahms et finissons-en par lui. Je n ai que mentionne\nla Rhapsodie. Ce voyageur courageux, triste et solitaire, dans le Harz hivernal,\nce fut lui. C'est l'état de son âme, confessé à Clara Schumann. Et c'est\nl'œuvre sur laquelle l'accord de tous pourrait se faire. Tout etre de cœur\ny trouvera le conviction que cherche son cœur. Cette longue plainte\nd'alto, d'une telle noblesse, à la fois souffrante et resignee, que vient enve-"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1648, "texte": "lopper, embrumer, emporter et lénifier ce chœur d'homme pianissimo, quj\npropose, introduit la prière comme seul refuge et seule consolation, j'ai la\nferme conviction que cela aurait pu être le trait d'union entre le Père\nFranck et cet orguilleux solitaire ulcéré de Vienne, qui se servit des plus\nraffinées formes de son art comme de tessons pour nettoyer ses plaies, mais\n«qui se tut sur son secret. \" Son âme vierge \" a pu écrire M. Junker.\nComme M. Léo Schmidt, cité par M. Montandon, a pu parler d'une\nnature puissante, point ascétique, rien moins que dédaigneuse des jouis-\nsances les plus crues. \" Ce dilemme me paraît la clef du caractère et en-\ngendrer l'autre dilemme, l'artistique. C'est la grande force de Brahms pour\nles uns, comme c'est forcément sa faiblesse aux yeux des autres de n'être\npas une individualité toute d'une pièce. D'autres optent entre l'arbre de vie\net l'arbre de science ; lui se tient au point où ils entrecroisent leurs rameaux,\nau confluent de deux pénombres. De n'être ni en pleine ombre, ni en plein\nsoleil, ni tout noir, ni tout blanc, il enquiète les esprits simplistes, il irrite\nles esprits simplificateurs. Mais en cela, n'est-il point par excellence l'homme\nmoderne ? Sa musique est bien plus souvent à l'immage de son humeur qu'à\ncelle de ses rêves et celà nous déconcerte encore qu'il ne soit ne pas plus\nsouvent vengé par elle du destin. Du moins est-il le maître, qui a donné\nau désespoir de vivre une vie médiocre, sa parfaite, son impérissable forme\nartistique : rageuse énergie ici, là somnolence attristée ; contemplation\nmorne et ensemble fureur à vaincre le néant.\n\nWilliam Riller."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7.5", "titre_corps": "LA MUSIQUE A LONDRES", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE A LONDRES", "signature_source": "X.-Marcel Boulestin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.73", "debut_caractere": 1650, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "LA MUSIQUE A LONDRES\n\nCOUP D'ŒIL EN ARRIÈRE.\nLes derniers accords des innombrables concerts et Récitals que\ncomporte une saison de Londres ont enfin cessé de retentir dans nos\noreilles et, après quelque repos rustique, nous revenons apaisés et purifiés\nvers des séances nouvelles. Avec l'ouverture de la chasse au faisan com-\nmencent les premières. Peut-être, avant de reprendre ces comptes-rendu,\nquelques renseignements généraux sur les grands concerts ne seraient-ils\npas inutiles. Il y a à Londres quatre sociétés principales de Concerts,\ncorrespondant en importance aux Concerts Chevillard et Colonne : le\n\" London Symphony orchestra \" qui ne possède pas de chef d'orchestre"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "attitré et engage pour diriger ses concerts des célébrités telles que\nRichter, Nikisch, Colonne et Sir Charles Stanford ; le \" New Symphony\nOrchestra \" qui opère sous la direction de Mr. Landon Ronald ; le\n\" Queen's hall Orchestra \" dirigé par Mr. Henry Wood ; et le\n\"Beecham's Orchestra \" sous la direction de son fondateur, Mr. Thomas\nBeecham. Il y a aussi une \" Philarmonic Society \" qui donne d'intéres-\nsants concerts et plusieurs \" Choral Societies \" qui se joignent aux\norchestres habituels pour l'exécution de Cantates et d'Oratorios.\nLes tendances du \" London Symphony Orchestra \" et du \" Queen's\nhall Orchestra \" s'affirment ou classiques ou résolûment conservatives et\ndans leurs concerts ne retentissent presque jamais les accords plus subtils\net complexes de musiques modernes. Seuls Mr. Ronald et Mr. Beecham\nse montrent assez audacieux pour inscrire à leurs programmes les œuvres\ndes compositeurs d'aujourd'hui, français, russes, allemands ou anglais. Ils\nn'en sont pas toujours récompensés car le public de Londres préfère les\nœuvres connues aux œuvres nouvelles (et, en général le chef d'orchestre\nou le soliste à la musique). Qu'il soit dit une fois pour toutes que, en\ndehors des classiques, Tchaikowsky et Brahms sont les compositeurs\nfavoris. Parmi les contemporains, Richard Strauss et Claude Debussy\nsont les seuls à qui l'on permet d'être \" modernes \" et un seul musicien\nanglais trouve faveur (pour des raisons diverses) près de ses compatriotes,\nSir Edward Elgar. Telle est l'exacte situation.\nIl me faut aussi, pour liquider, dire quelques mots de Y Ode\nDiscord de Sir Charles Stanford, qui fit pas mal de bruit à tous points de\nvue. Mr. Filson Young donna de cette œuvre un ingénieux aperçu dans\nla Saturday Review: \" L'idée générale de l'œuvre est indiquée dans le\npremier vers du poème : Loin de moi, mélodie détestée !.. Je m'étonne\nde voir que certains ont décrit cette ode comme une attaque directe\ncontre l'école de musique moderne. C'est simplement une exposition des\nfaiblesses et des exagérations de quelques compositeurs modernes.... Ce\nqui amusa surtout le public fut l'énorme grosse caisse et autres instru-\nments bizarres spécialement construits pour la circonstance. Ces détails\net les plaisanteries un peu faciles du poème n'auraient pas fait grande\nimpression si l'œuvre n'avait pas eu une signification plus profonde et\nune plus grande portée... En somme une plaisanterie charmante faite avec\nbonne humeur et inspirée à Sir Charles par les œuvres de certains de ses\ncontemporains."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "Certes, l'opinion du compétent musicien qu'est Mr. Filson Younga\nsa valeur, mais faut-il avouer que Y Ode parut à beaucoup très\ndésappointante. Une plaisanterie musicale est une dangereuse tentative\nsurtout perpétrée par un homme aussi sérieux que Sir Charles Stanford\n(si sérieux qu'il ne put, m'affirma-t-on, supporter plus de deux actes\nde Pelléas).Aussi bien sa musique, quelque peu lourde, ressemble, plus\nqu'à des imitations de Debussy et de Strauss, à une parodie de la propre\nmusique de Sir Charles.\nTHE MUSICAL LEAGUE.\nLe but de cette nouvelle société qui vient de se former et de donner\nun premier festival à Liverpool est de fonder une école de musique\nanglaise, d'encourager les compositeurs à écrire, de faire jouer leurs\nœuvres et ainsi de détruire le préjugé bien anglais que toute musique\nécrite par un musicien anglais est inintéressante et sans valeur. Il serait à\nsouhaiter que cette nouvelle tentative abolit peu à peu le système des\nétoiles tant chefs d'orchestre que solistes prépondérant en Angle-\nterre et qui n'a servi jusqu'ici qu'à gâter le goût du public. Il devrait,\nce bon public consciencieux, faire passer l'intérêt de l'œuvre avant la\ntechnique du soliste et s'intéresser plus à la musique qu'à l'interprète,\ntout au moins autant. Il est absurde que M. X... violoniste sans génie\nrecueille plus d'applaudissements dans un Concerto archi-usé qu'un\npoème symphonique de Moussorgsky, absurde que des spectateurs se\ndérangent pour regarder conduire ou regarder chanter.\nIl fallait qu'une voix vraiment autorisée vint affirmer publiquement\ntout ceci et c'est ce que vient de faire Sir Edward Elgar, dans un discours\nprononcé à l'occasion du premier festival de ladite \" Musical League \" à\nLiverpool. Il y eut en outre trois concerts dont un de musique de\nchambre, en lequel furent applaudis des œuvres de M.M. Percy Grainger,\nCyril Scott, J. Holbrooke et Bell, et deux avec orchestre et chœurs.\nLes masses chorales se distinguèrent tout particulièrement dans les\nSirènes de Debussy et l'orchestre interpréta brillamment quoique avec un\npeu de lourdeur les Nuages, Cortège et Parmi les nouveautés\nanglaises les plus intéressantes : La Rhapsodie de Mr. Frank Bridge, bien\nconstruite, parfois charmante et parfois bruyante ; un poème symphonique\nde Mr. Frédéric Austin, Isabella, qui commence admirablement et con-"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "tient une scène d'amour joliment extatique ; une Cantate de Mr. Vaughan\nWilliams d'après le Willow Wood de Rossetti d'une inspiration poétique\net d'une orchestration moderne ; Fatherland, une robuste ballade de\nMr. Arnold Bax qui est sans doute le mieux doué des jeunes composi-\nteurs britanniques. La plupart de ces œuvres furent dirigées par les\nauteurs eux-mêmes et accueillies par de chaleureux applaudissements. Le\n\" Musical League \" aurait-elle déjà produit quelque effet ? 1\nCONCERTS.\nLes \" Promenade Concerts \" sous l'habile direction de Mr. Henry\nWood continuent chaque soir d'attirer au Queen's hall de nombreux\nauditeurs. Les prix, on le sait, sont à la portée de toutes les bourses et\npour un shilling par exemple, on a droit à un admirable promenoir ou\nmême à une place ; et pour ce prix l'on peut entendre un concert qui\ndure environ deux heures et demie, de musique classique et moderne. Le\npublic qui se presse au Queen's hall ne manque ni de conscience ni\nd'enthousiasme et, durant ces dernières semaines, applaudit, en plus des\nhabituelles ouvertures et symphonies,\nFaune., Danse sacrée et danse profane,le et une scene de\nKing Saulde Moussorgsky, la Fantaisie pour orgue et orchestre\nde Boellmann, le Rouet Omphale,et la la\nespagnole de Ravel, Sarka, poème symphonique de Smetana, le Don Juan\nde Strauss, des symphonies de Franck, Guilmant, Dvorak et Sir Edward\nElgar même une composition américaine d'un Mr. Chadwick, direc-\nteur du Conservatoire de Boston (le centre du monde !) qui consiste en\nquatre aimables esquisses arbitrairement reliées qu'animent parfois d un\nrythme amusant des réminiscences de danse negre et de \" coon songs\net dont la dernière partie, composée en I9°4> ne différé pas sensiblement\ndes trois autres écrites vers 1895.\nLe premier récital de la Saison d'Automne a ete donne par\nM. Vladimir de Pachman. Ce virtuose nous est revenu avec toutes ses\npetites manies et tout son talent romantique. Comme jadis il parsema\nson exécution de remarques imprévues, de précautions oratoires, informant\npar exemple les spectateurs que ce serait la faute seulement de son jeu si\nson interprétation de certain Prélude de Chopin ne leur donnait pas\nl'illusion du violoncelle. Naturellement, c'est dans les Etudes, mazurkas"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.77", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "et valses que M. de Pachman obtint le plus grand succès, l'étude en\ntierces (en sol dièze mineur) tout à fait admirable de délicatesse et de\nprécision. Délicatesse et précision telles furent aussi les qualités de\nM. Kreisler dans la Suite de Mr. York Bowen, aimable, sans plus. Et sa\nvirtuosité se donna libre carrière dans le de Pugnani\nQuant aux séances données par M. Ysaye, elles semblent tellement\nsuivies que l'on se voit refuser les places habituellement accordées\nJ'imagine qu'il obtient son succès habituel.\nLe premier concert du New Symphony Orchestra a eu lieu au\nQueen's hall sous la direction de Mr. Landon Ronald. Le programme\ncomprenait : une Ouverture to a dramde Georg Schumann, qui est le\ndirecteur de la \" Berlin Singakademie \" et un des représentants de l'école\nallemande a tendances conservatives ; (en effet, l'on retrouve en cette\nouverture la façon wagnérienne, même des souvenirs fort reconnaissables\nde la Tétralogie) ; la belle élégie dramatique de Mr. Landon Ronald,\nAdonaïs, admirablement chantée par Mme Ella Russell, et la seconde\nsymphonie de Brahms, dirigée et interprétée avec clarté et vitalité.\nTHÉÂTRES.\nAu Haymarket Theatre, le poète Herbert Trench pour inaugurer\nsa direction nous donne l'admirable King Lear dans d'admirables décors\ndessines par le peintre Ricketts et avec une musique de scène de Mr. Nor-\nman O'Neill suffisamment barbare et suffisamment moderne. Certes le\nlyrisme de la tragédie Shakspérienne suffit à créer une atmosphère et\nnulle musique ne saurait ajouter à l'intensité par exemple des scènes où\nLear marche éperdûment dans la nuit orageuse. Tout au moins la\npartition de Mr. Norman O'Neill est-elle, plus que le tonnerre du Hay-\nmarket Theatre, discrète. Un entr'acte consacré à Cordelia a beaucoup\nde charme et de pitié.\nQuant à la musique de scène composée par M. Saint-Saëns pour\nFalse gods (La Foi) de M. Brieux, elle n'ajoute rien à une pièce qui\nmanque déjà de beaucoup de choses. Elle plaît au public par son agréable\ncaiactèie oriental et aux musiciens par ses bonnes façons, mais on la\npourrait souhaiter autre. Il y a des danses qui rappellent le ballet de\net Danla, des marches de prêtres et de danseuses, des entractes pas très\négyptiens. Les cérémonies dans le temple d'lsis telles que nous les montrent"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.78", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "MM. Brieux et Saint-Saëns sont d'une correction et d'une froideur\ndéconcertantes avec une exaltation uniquement religieuse. On se croirait\nà Lourdes plutôt que dans le temple consacré à une déesse qui avait des\ngoûts et des habitudes autrement... intéressants, si nous en croyons les\nécrits des historiens et les peintures retrouvées dans des fouilles. La prose\nde l'auteur et la musique du compositeur jettent sur ces cérémonies un\nvoile plus épais encore que les cendres des volcans et la poussière\ndes siècles.\nL'OPÉRA ANGLAIS.\nLa question de l'opéra anglais a fait et fera encore couler des flots\nd'encre. La dernière saison de Covent Garden a cependant prouvé qu'il y\neut assez de spectateurs pour garnir la salle toutes les fois que l'on donna\n? elle as et Mélisande, Louise et même le Tess de M. d'Erlanger, mais il\nnous faut reconnaître qu'à ces œuvres modernes les abonnés des fauteuils\net des loges préfèrent les vocalises de l'école italienne vieux-jeu ou les\nsensiblarderies faciles de l'école italienne modern-style. Dans un pays aussi\nconservatif que l'Angleterre, l'on ne parvient pas à changer du jour au\nlendemain les goûts et les habitudes d'un public. Un opéra permanent\naurait à lutter et à patienter longtemps avant qu'un succès complet1 vint\ncouronner ses efforts artistiques. La tentative d'opéras wagnériens en\nanglais n'a certes pas donné les résultats que l'on espérait ; et les repré-\nsentations des Wreckersde Miss Ethel Smyth au His Majesty's Theatre\nont tout juste, me dit-on, payé les frais.\nIl semble donc que l'on parlera pendant longtemps encore de la\nquestion de l'opéra anglais de même que l'on s'est occupé pendant des\nannées de la suppression du Censeur sans être arrivé encore aujourd'hui,\nmalgré une Commission d'Enquête, à un résultat appréciable.\nCependant la Cari Rosa Company commence à Covent Garden une\nbrève saison de quelques semaines et à prix réduits. Le programme\ncomprend des œuvres plutôt populaires : Faust, Carmen, Rigoletto, Cavalle-\nna Rusticana, Pagliaci, Tannhaiiser,et deux moins connues du public\nlondonien, Tristan et Fideho; la plupart des chanteurs engagés sont de\nnationalité anglaise.\nMr. Thomas Beecham lui, se lance dans une entreprise plus auda-\n\n1 Lire : financier."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.79", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "cieuse : une saison d'opéra en Janvier au His Majesty's Theatre, avec un\nprogramme plus moderne : Le jon L\nChemine au, Muguette,la Dame de Piq et même L'art\nclassique sera représenté par La Flûte enchantée et l'art britannique par ]e\nVillage Romeo anduliet de Mr. Delius, le de Mr. Forsyth et le\nDylan de Mr. Holbrooke. Il sera intéressant de voir si le public se'\nprécipitera en foule pour applaudir les œuvres anglaises. Jusqu'à présent\nelles n'ont rencontré qu'un accueil dédaigneux ; l'Angleterre n'a guère\nencouragé ses compositeurs à écrire et ne leur a offert que peu de débou-\nchés. Une réaction se produit en ce moment et la fondation de la\n\" Musical League \" en apparaît un indice certain. En tous cas, le;\nmusiciens anglais devraient être reconnaissants à Mr. Beecham puisque\ndepuis deux saisons il joue leurs œuvres symphoniques et que cette année\nil monte leurs opéras. Sans doute pourraient-ils rêver des exécutions plus\nparfaites, mais enfin c'est un commencement. Aussi bien, leurs œuvres '\nmêmes pourraient s'approcher un peu plus près de la perfection, main-'\ntenant qu'ils ont appris à dégager leur personnalité.\n\nX.-Marcel Boulestin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c024", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.7.6", "titre_corps": "LE HAVRE", "titre_sommaire": "LE HAVRE", "signature_source": "G. Jean-Aubry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.79", "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "LE HAVRE\n\nCeux qui, comptant sur la musique des oiseaux, furent déçus pas\nl'été pluvieux n'auront pas pu se consoler abondamment : les concerts esti-\nvaux des villes d'eaux ne régnent pas ici : mais on entend si souvent, bien\nmaigre soi de mauvaise musique que l'on éprouve parfois quelque plaisir\nà n'en plus entendre du tout. Cependant je ne saurais passer sous silence\nune audition excellente où fut honoré par un public recueilli et compré-\nhensif l'un des plus nobles esprits de la musique française actuelle :\nDukas.\nLe Cercle de P Art Moderne ne pouvait tarder davantage à rendre hom-\nmage a 1 auteur & Ariane et Barbe Ble ; malheureusement les œuvres de\nmusique de chambre sont rares parmi les peu nombreuses compositions\nde Paul Dukas : un contretemps obligea même à ne pas inscrire au pro-\ngramme la \" Villanelle pour Cor. \" Et l'audition comprit en conséquence\nla Sonate et les \" Variations sur un theme de Rameau \" auxquelles on\navait joint trois extraits & Ariane et Barbe Bleue."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.80", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "Présenter ainsi avec le seul secours de la voix et du piano des\nfragments d'une œuvre très une, très solidement progressive et ordonnée\ndoit être strictement repréhensible mais l'absence totale de mélodies (*)\ndans l'œuvre de Paul Dukas autorisait cette présentation fragmentaire :\nc'était le passage des Diamants (acte I) et deux passages de l'acte 11, aux-\nquelles pour la commodité des auditeurs j'avais cru pouvoir donner ces\ntitres le Printemps,et la Lumière.\nL'excellente et intelligente cantatrice qu'est Mme Lacoste, de la\nSchola interpréta avec un très juste sentiment et une voix pure ces pas-\nsages extrêmement tendus. Elle est assurément l'une des artistes les plus\naptes à cette heure à exprimer le lyrisme concentré qui caractérise plu-\nsieurs œuvres dramatiques modernes, celles de Vincent d'lndy entre\nautres : son interprétation du rôle d'Ariane affirma pour nous une fois de\nplus la qualité de son tempérament.\nIl n'y a pas beaucoup de musiciens, même parmi de plus jeunes que\nnous nous flattons d'aimer, qui puissent offrir deux œuvres aussi atta-\nchantes, aussi bellement construites, sans lourdeur, aussi pleines à la fois\net agréables que la Sonate en mi bémol mineur et les \" Variations interlude\net final.\"\nOn ne saurait mieux parler de cette sonate, et de M. Paul Dukas\nlui-même, que ne le faisait le 15 avril 1901, M. Claude Debussy dans un\narticle de la Revue Blanche que le programme de notre audition repro-\nduisait : \" cette sorte d'émotion hermétique \" \"ce lien rigoureux dans l'enchaî-\nnement des idées\" ce \" côté impérieux„ \" sous\nune force qui en commande la fantaisie rythmique avec la sûreté dun mécanisme\nd'acier \" : telle est bien l'impression qui se fait plus nette à mesure que\nl'on pénètre mieux l'esprit qui gouverne et lie les compositions diverses\nde Paul Dukas.\nMademoiselle Veluard dont j'ai dit ici précédemment à propos de\nla Sonate de Roussel, l'étonnante maturité compréhensive et la rare sûreté\npour une aussi jeune artiste, donna de ces deux œuvres une traduction\nqui contribua justement au souhait émis par nombre d'auditeurs de les\nréentendre.\nJe tiens à signaler aussi un concert champêtre donné aux environs\ndu Havre, en plein air, devant une centaine de personnes, par Mlle\n\n1 II faut dire pour l'exactitude documentaire que M. Paul Dukas a écrit autrefois des mélodies restées in-\nédites et qu'il se refuse aujourd'hui à publier, les trouvant juvéniles."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.81", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "Madeleine Aubry, avec le concours de voix de quatre jeunes filles et d'un\nexcellent flûtiste havrais M. Gaston Dufy : Ja composition du programme\nmérite en effet d'être signalée : Outre des mélodies populaires harmonisée?\npar Tiersot, et par ILmile Vuillermoz,et les de\nle programme comportait ; de Couper in les\nMusettes de Choisyet de Taverny ;de\nRondeau, Tambourin et la Villageoise;la (deuxième sonate en ré mineur\npour flûte et piano) de Michel Blavet,et dans seconde partie:\ngeoise de Chabrier, Fête de village de d'l de\nla Moisson et le Jour des Noces de Séverac. Le titre d'lmages Rustiquej,\nréunissait ces diverses pièces.\n\nG. Jean-Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c026", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.8", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "PAUL REYHER: I -ES MASQUES ANGLAIS : ETUDE SUR\nLES BALLETS ET LA VIE DE COUR EN ANGLETERRE (1512-1640).\n52 in-8. 563 p. Paris, Hachette et Cie.\nBien que l'auteur de ce livre n'ait nullement eu le dessein\nde \" musicaliser si l'on peut dire, le sujet qu'il avait choisi, son\nouvrage n'en apporte pas moins une contribution intéressante et\nprécieuse à l'histoire musicale. M. Reyher s'est proposé d'étudier\ndans le plus grand détail, à l'aide des documents originaux dont\nil a réuni une ample collection, l'évolution du ballet de cour en\nAngleterre. Après avoir sommairement relaté ce que l'on peut\nconnaître des divertissements antérieurs au \" Maske \" proprement\ndit, tel qu'il apparaît àla cour de Henry VIII en 1512, (et les\n\" Disguisings \" Mummings ou \"Mommeryes\" n'apparais-\nsent pas en somme très différents des premiers Maskes \"), il suit\navec méthode le développement progressif du genre.\nVraisemblablement importé d'ltalie, (où le port du masque\nétait fort en honneur), le \" Maske \" primitif semble consister\nessentiellement en une entrée, au cours d'une fête, d'un groupe\nde personnages déguisés, vêtus de costumes d'une fantaisie somp-\ntueuse, lesquels viennent convier à la danse et aux galants\nentretiens qu'elle autorise quelques spectatrices de leur choix. Ces\ndanseurs mystérieux sont de grands personnages, des princes, le roi lui-même. Et l'incertitude\ndans laquelle leurs u partners \" demeurent au sujet de leur exacte personnalité ajoute à Y attrait\npiquant du jeu. C'est là un divertissement aristocratique qui invite à des libertés assez vives\ndont se scandalisent un peu les esprits timorés. Ce n'est pas encore un spectacle, soigneusement\nconcerté, préparé de longue main pour le plaisir d'un auditoire qui n'y participe que par sa\nprésence.\nPeu à peu cependant le \" Maske \" devient plus complexe. Il s'enrichit de mise en\nscène ; les costumes en sont plus variés et plus significatifs ; la musique y gagne en importance.\nLe poète qui en invente désormais l'ordonnance y traite un sujet défini. Et sous le règne de\nJacques I, il nous apparaît déjà complètement transformé. C'est un somptueux ballet de cour,\névoluant sur la scène, en de riches et compliqués décors ; des airs, des choeurs, des dialogues en\nfont presque une manière d'opéra allégorique. Les grands ballets où se plaisait la\njeunesse de Louis XIV en donneraient au reste une idée assez exacte, si le maske anglais\nn avait pas eu la fortune d'être maintes fois l'œuvre de poètes du premier ordre. Ben Johnson\nct Milton en écrivirent. L'histoire de la littérature, en Angleterre, est donc tenue de lui faire\nune place. En France, elle peut ignorer le ballet sans dommage. I\n\n6"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.83", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4024, "texte": "Aussi l'étude des livrets et c'est bien naturel puisque l'auteur, modestement, entend*\nrefuser toute compétence musicale occupe-t-elle dans le livre de M. Reyher une place to\nà fait prépondérante. Quelqu'intérêt que présentent ces chapitres, il ne saurait être question\nici, de les analyser : Il suffit d'y renvoyer le lecteur. Mais quiconque voudra s'occuper du balle-\nde cour français lira, j'imagine, avec fruit tout ce que l'auteur dit ailleurs des décors et de :\nmise en scène au temps des Stuarts. Des plans fort curieux, tirés des desseins d'lnigo Jones, ;,\ngrand décorateur des ballets de ce temps, nous fourniront sur nos fêtes de cours des documen:\nqui assurément se pourront employer sans scrupules.\nLes pages consacrées à la musique sont beaucoup plus succintes. Pour les raisons déjà dite\net aussi parce que cette musique a généralement disparu et que les auteurs des livrets $<\nmontrent là-dessus très sobres de détails. Un livret de Campion, musicien celui-là - et no;\ndes moindres autant que poète, abonde pourtant en indications curieuses sur la disposition -\nla composition des groupes musicaux mis en œuvre.\nIl s'agit d'un masque composé en 1607, à l'occasion des noces de lord Hay. Quai;\norchestres (si ce mot n'est pas trop ambitieux) accompagnaient l'action. Sur l'estrade i\ndanses, à droite, dix musiciens : 3 luths ordinaires (Mean Lute), deux grands luths (Bass Lutt\nune grande Pandore (a deep Bandora)y un trombone, un clavecin et deux dessus de violo:\n(treble violins). A gauche, neuf violons (haut et bas sans doute) et trois luths. En face d:\nl'estrade, sur un endroit élevé, pour répondre à ces deux petits groupes, six cornets et six ck\nristes de la chapelle royale. Enfin au fond de la scène, juchés sur une montagne, un chœur c\nhautbois qui sonnèrent à l'entrée du roi. Ces groupes d'instruments accompagnent danses\npantomimes; ils se mêlent aux chœurs, se répondent en manière d'écho, se combinent,\nréunissent.\nLes personnages chantants, qui paraissent sur la scène soutiennent leur voix sur d'autre\ninstruments. Ainsi, à un endroit, Zéphyr parait avec six Sylvains. Zéphyr et deux Sylva:\nchantent: quatre Sylvains les accompagnent (Two Meane Lûtes, a base Lute, a deep Bandon\nQuarante-deux musiciens prirent part à l'exécution de ce ballet.\nCe chiffre fut souvent dépassé et de beaucoup. 71 musiciens étaient nécessaires au ba!\n\" Uamour délivré de Vignorance (1610) : Quinze non spécifiés tout d'abord, douze autres faisa\n\" les prêtres des muses \" qui chantaient et jouaient, cinq enfants chantant les rôles des trc\nGrâces, du Sphynx et de Cupidon, douze luths ou flûtes, quatorze violons, treize hautbois\ntrombones. Dans le ballet iïOberon en 1611, on trouve 19 violons, 10 chanteurs, 26 lutt\n2 cornets, 13 hautbois (et trombones) et 16 autres instruments non désignés. Malheureusemei:\nces indications résultent de comptes officiels qui ne nous disent rien du rôle de ces imposar\neffectifs.\nOn pourra comparer utilement de tels renseignements avec ceux, à peu près analogue\nqui nous sont restés au sujet de quelques ballets de cour français. Par exemple, le Ballet\nMadame de 1615 [Le Triomphe de Minerve), où figurent 4 chanteurs solistes, les musiciens de\nchambre et 30 de la chapelle avec une musique de musettes, une autre des 12 grands hautb\n(hautbois, cornets et trombones), une troisième de luths, avec les 24 violons. Ou encore celui\nTancrède dans la Forest enchantée de 1619 qui emploie 21 chanteurs dont la plupart s'accomf\ngnent du luth et de la viole, 4 cornets, 4 hautbois, 6 flûtes, les 24 violons et des musettes\nchalumeaux de bergers. Mais il est bien fâcheux qu'il ne subsiste aussi de tout cela qued\nmentions assez vagues, avec quelques fragments épars dans un volume de la collection Philidc\nQuoi qu'il en soit je pense en avoir assez dit pour faire comprendre que les curieux\nla musique ne perdront point leur temps à la lecture du livre de M. Reyher. J'ajouterai que\ndocumentation précise de l'ouvrage ne lui ôte rien de son agrément. Il est tel chapitre"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.84", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "chapitre 11, par exemple \"Un ballet àla cour d'Angleterre \") qui, sans rien concéder àla\nfantaisie, présente de la cour de Jacques I, le tableau le plus amusant et le plus pittoresque.\nUn détail pour finir. M, Reyher, qui cite beaucoup de noms de musiciens ou de danseurs\n(dont certains sont d'origine française), nous fournit, sans s'en être douté, d'utiles renseigne-\nments sur la carrière de Bocan, ce fantastique violon et danseur dont Mersenne a loué la\nvirtuosité et Sauvai dévoilé tant soit peu la vie accidentée et les extravagances. Bocan,\n\"Mr Bochan\", figure sur deux comptes, l'un de 1610, l'autre de 1613. Il touche d'assez fortes\nsommes :40 livres, puis 40 livres '■'■ for teaching the Ladies the footing of two danses Il se\ntrouvait donc en Angleterre avant la venue de la reine Henriette-Marie qui avait été son élève et\nqui passe pour l'avoir fait venir. Toutefois comme Bocan est de nouveau cité dans un document\nde 1634, il est peut-être permis de supposer qu'il aura fait deux séjours à Londres. Ceci pourra\nintéresser ses futures biographes, si ce bizarre personnage est jamais jugé digne d'en avoir.\nHENRI QUITTARD.\nSCHJELDERUP ET NIEMANN. Edward Grieg. (Peters in 8° carré de 200 pages.)\nGrieg est un des très rares musiciens qui représentent dans l'histoire de l'art le régiona-\nlisme. Dans la musique ce n est pas le caractère national qui nous frappe ordinairement, du\nmoins dans la musique savante. Le langage sonore, tel qu'il est enseigné à Paris ou à Leipzig,\nà Boston ou à Moscou, ressemble fort à un volapuk, dont les conventions restent les mêmes\npartout. L'harmonie, le contrepoint, la morphologie, tout se ressemble, du moins théorique-\nment, dans le métier d'un compositeur. Il est vrai que l'idée, le thème, peut être populaire.\nMais son goût de terroir disparaît dans la sauce des Conservatoires et dans la personnalité des\nmusiciens. Les russes eux-mêmes si savoureux par certains côtés, ne représentent-ils pas un\neffort pour se libérer du particularisme en musique ? Leur style est loin d'être aussi neuf\nque les idées dont ils se servent. Et en réalité leur instinct de musiciens savants les a rapide-\nment conduit loin des steppes, tout près de l'lnstitut. Leur musique est une exploitation\nbeaucoup plutôt qu une résultante. Chez Grieg au contraire la pédagogie internationale a\nglissé. Les braves gens de Leipzig, Hauptmann, Reinecke, Moscheles se sont heurtés à une\nnature indolente, profondément rêveuse, très peu capable d'assimilation, et conservant au fond\nd'elle l'entêtement farouche de son propre idéal. Alors que tant d'autres s'imbibaient comme\ndes épongés, de Mendelssohn, de Clementi, de Wagner, Grieg restait Grieg ; il avouait\nlui-même que l'atmosphère du Conservatoire l'avait toujours enveloppé comme d'un voile\ndont i! ne parvenait pas à se délivrer. Une fois retourné vers le Nord, en Danemark, il se\nretrouva tout entier, conscient et soudain libéré.\nC est ce musicien personnel que MM. Schjelderup et Niemann expliquent et commentent\ndans un livre admirablement bien présenté. L'homme et l'artiste, la biographie et l'œuvre\nsont successivement étudiés, suivant l'habitude de ces sortes d'ouvrages. Mais, ce qui donne un\nintérêt tout particulier à ce volume c'est qu'il contient un très grand nombre de documents\npersonnels, des lettres, des souvenirs, des anecdotes, et par dessus tout un fort important\nfragment autobiographique écrit jadis par Grieg lui-même et rempli de savoureuses descriptions.\ne système, qui consiste à laisser parler le maître dont on présente la vie, me semble tout à\nfait excellent.\nLe livre de MM. Schjelderup et Niemann devrait bien être traduit en français. 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A retenir aussi les documents apportés à l'histoire de Giovanelli (1560-162;\npar M. H. W. Frey de Berlin.\nLes comptes rendus des livres sont extrêmement développés dans cet annuaire. Je\nm'en plains pas. J'ai appris beaucoup en lisant cette revue des principaux ouvrages parus cette\nannée. Dans ce domaine si spécial de l'histoire de la musique religieuse, le Jahrbuch est m\ndes périodiques les plus accessibles. Pourquoi n'aurions-nous pas son pareil en France ?\nTribune de St. Gervais me semblerait tout à fait désignée pour remplir ce rôle.\n\nJ. E.\n\nNOUVEAUTÉS MUSICALES.\n\nLa musique française actuelle tend de plus en plus à se faire descriptive et non senti-\nmentale ; elle est par elle-même un paysage, de tonsassez discrets, de valeurs assez uniforme\nd'une émotion plus concentrée que violente. En feuilletant les titres des oeuvres récemmeï\nparues, ne croirait-on pas lire le catalogue d'une exposition de peinture ?\nM. RAYMOND HERVÉ1 expose des u Jar une \" a\n\" Au Large\",pour piano et chant, ce dernier morceau tout à fait Ravélien de contoure!\nd'allure : musique subtile, qui plaira aux jeunes.\nM. CHANSAREL, 1 plus discret encore, moins épris de la difficulté technique, expose t\n\"Pastel\",qu'accompagnent une \" Dédicace\",tout à fait charmante de simplicité archaïque,)\nune \" Caresse \", tous trois pour piano et chant.\nLa musique pour piano de M. LADMIRAULT 1 est austère comme les sites dont elle s'inspirt\n\" Minuit dans les Clairières\", le \" Chemin creuxEn puisant aux sources vives de la mélodii\npopulaire, M. Ladmirault s'affermit dans sa rusticité un peu âpre, mais il trouve verdti\nnouvelle. Voyez : \" Vers l'Eglise dans le Soird'après un thème campagnard, celui là mêis\nd'une des plus belles chansons bretonnes transcrites jadis par M. Bourgault Ducoudray.\nM. STAN GOLESTAN 2 emprunte aussi au folklore de son cycle de Dix\nqu'il développe avec un pittoresque amusant. Enfin, avec JOAQUIN TURINA, 1 l'art toute\nrestant descriptif : \" Sous les Orangers \", le \" Jeudi-Saint à Minuit \", la \" Feria \", s'évade k\ndes limites de son cadre. Une si robuste nature ne connaît pas de lois et incarne toute 1%\nespagnole dans la gaieté héroique.\nM. LUZZATI 1 se contente de redire ce que d'autres, Schumann et Chopin en particulic\nont déjà dit avant lui. Mais il s'exprime fort heureusement. Ses \"\ndénotent une parfaite connaissance des ressources de l'instrument et n'exigent pourtant pas,'\nla part de l'éxécutant, une virtuosité, ni même une musicalité bien transcendcntales. 0\npourraient bien faire fortune cet hiver dans les salons.\n\n1 Chez Dcmcts, a, rue de Louroi».\n3 Chez Gallet, rue Virienne."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.86", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "Signalons encore : un \" L 'ted pour violoncelle et piano \" de M. EUGENE COOLS 1 ; la Chanson de\nla Rost, avec accompagnement de viole d'amour, par A. HARMEL 9 et un fascicule des chansons\nde France publiées chez Rouart, suite de la série ayant trait aux enlèvements.\nEnfin l'ltalie nous donne l'exemple d'une initiative heureuse. MM. Ricordi de Milan ont\nchargé M. UMBERTO GIORDANO de récrire en notation moderne, (emploi exclusif des clefs\nde fa et de sol), les partitions d'orchestre des symphonies de Beethoven ; ils se promettent à\nprésent de mettre à la portée de tous, par le même procédé, le répertoire classique du\nXVIIE Siècle.\n\nM. O.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nHOEPLI (Ulrico). Gli strumenti musicali nel museo del Conservatorio di\nMilano. (Milano in 8° de no pp. prix: 6 lire).\nZAMPA (Giovanni). Violini antichi. (Sassuolo 1909, in 8° de 246 pp. prix: 5 lire).\nFROMAGEOT (P.) Un disciple de Bach, Pierre-François Boely, (1785-1858).\n(Versailles 1909, in 8° de 15 pp.)\nMAUCLAIR (Camille). La religion de la Musique. (Fischbacher 1909, in\n12* 3,50).\nWOTQUENNE (A.) Etude Bibliographique sur Luigi Rossi. (Bruxelles 1909»\nin 8° de 54 pp.)\nGUIDE de l'amateur d'ouvrages sur la musique, les musiciens et le théâtre, préface\nde M. Brenet. (Fischbacher 1909, 2° fascicule), (Fischbacher 1909, in 8° de 68 pp. 1 fc.)\nREYHER (Paul). Les Masques anglais, étude sur les ballets, (1512-1640).\n(Hachette 1909, in 8° de 560 pp.)\nSCOTTI (Dr. Cristoforo). Il pio Instituto musicale Donizetti in Bergamo.\n(Bergamo 1901, in fol de 200 pp.)\nCHABRIER (Emmanuel). Lettres à Nanine, publiées par Legrand-Chabrier.\n(Collection de la Grande Revue, in 8° de 66 p. 1 fr.)\nREYER (Ernest). Quarante ans de musique, publiés par Emile Henriot. (Calmann\nLévjr, in 12° de 430 p., 350.)\n1 Chez Max Esching, rue Laffitte.\n2 Chez Demets, 2, rue de LOUYOÎS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.8.2", "titre_corps": "PAUL REYHER: I -ES MASQUES ANGLAIS : ETUDE SUR", "titre_sommaire": "PAUL REYHER: I -ES MASQUES ANGLAIS : ETUDE SUR", "signature_source": "J. 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Après avoir sommairement relaté ce que l'on peut\nconnaître des divertissements antérieurs au \" Maske \" proprement\ndit, tel qu'il apparaît àla cour de Henry VIII en 1512, (et les\n\" Disguisings \" Mummings ou \"Mommeryes\" n'apparais-\nsent pas en somme très différents des premiers Maskes \"), il suit\navec méthode le développement progressif du genre.\nVraisemblablement importé d'ltalie, (où le port du masque\nétait fort en honneur), le \" Maske \" primitif semble consister\nessentiellement en une entrée, au cours d'une fête, d'un groupe\nde personnages déguisés, vêtus de costumes d'une fantaisie somp-\ntueuse, lesquels viennent convier à la danse et aux galants\nentretiens qu'elle autorise quelques spectatrices de leur choix. Ces\ndanseurs mystérieux sont de grands personnages, des princes, le roi lui-même. Et l'incertitude\ndans laquelle leurs u partners \" demeurent au sujet de leur exacte personnalité ajoute à Y attrait\npiquant du jeu. C'est là un divertissement aristocratique qui invite à des libertés assez vives\ndont se scandalisent un peu les esprits timorés. Ce n'est pas encore un spectacle, soigneusement\nconcerté, préparé de longue main pour le plaisir d'un auditoire qui n'y participe que par sa\nprésence.\nPeu à peu cependant le \" Maske \" devient plus complexe. Il s'enrichit de mise en\nscène ; les costumes en sont plus variés et plus significatifs ; la musique y gagne en importance.\nLe poète qui en invente désormais l'ordonnance y traite un sujet défini. Et sous le règne de\nJacques I, il nous apparaît déjà complètement transformé. C'est un somptueux ballet de cour,\névoluant sur la scène, en de riches et compliqués décors ; des airs, des choeurs, des dialogues en\nfont presque une manière d'opéra allégorique. Les grands ballets où se plaisait la\njeunesse de Louis XIV en donneraient au reste une idée assez exacte, si le maske anglais\nn avait pas eu la fortune d'être maintes fois l'œuvre de poètes du premier ordre. Ben Johnson\nct Milton en écrivirent. L'histoire de la littérature, en Angleterre, est donc tenue de lui faire\nune place. En France, elle peut ignorer le ballet sans dommage. I\n\n6"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.83", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4024, "texte": "Aussi l'étude des livrets et c'est bien naturel puisque l'auteur, modestement, entend*\nrefuser toute compétence musicale occupe-t-elle dans le livre de M. Reyher une place to\nà fait prépondérante. Quelqu'intérêt que présentent ces chapitres, il ne saurait être question\nici, de les analyser : Il suffit d'y renvoyer le lecteur. Mais quiconque voudra s'occuper du balle-\nde cour français lira, j'imagine, avec fruit tout ce que l'auteur dit ailleurs des décors et de :\nmise en scène au temps des Stuarts. Des plans fort curieux, tirés des desseins d'lnigo Jones, ;,\ngrand décorateur des ballets de ce temps, nous fourniront sur nos fêtes de cours des documen:\nqui assurément se pourront employer sans scrupules.\nLes pages consacrées à la musique sont beaucoup plus succintes. Pour les raisons déjà dite\net aussi parce que cette musique a généralement disparu et que les auteurs des livrets $<\nmontrent là-dessus très sobres de détails. Un livret de Campion, musicien celui-là - et no;\ndes moindres autant que poète, abonde pourtant en indications curieuses sur la disposition -\nla composition des groupes musicaux mis en œuvre.\nIl s'agit d'un masque composé en 1607, à l'occasion des noces de lord Hay. Quai;\norchestres (si ce mot n'est pas trop ambitieux) accompagnaient l'action. Sur l'estrade i\ndanses, à droite, dix musiciens : 3 luths ordinaires (Mean Lute), deux grands luths (Bass Lutt\nune grande Pandore (a deep Bandora)y un trombone, un clavecin et deux dessus de violo:\n(treble violins). A gauche, neuf violons (haut et bas sans doute) et trois luths. En face d:\nl'estrade, sur un endroit élevé, pour répondre à ces deux petits groupes, six cornets et six ck\nristes de la chapelle royale. Enfin au fond de la scène, juchés sur une montagne, un chœur c\nhautbois qui sonnèrent à l'entrée du roi. Ces groupes d'instruments accompagnent danses\npantomimes; ils se mêlent aux chœurs, se répondent en manière d'écho, se combinent,\nréunissent.\nLes personnages chantants, qui paraissent sur la scène soutiennent leur voix sur d'autre\ninstruments. Ainsi, à un endroit, Zéphyr parait avec six Sylvains. Zéphyr et deux Sylva:\nchantent: quatre Sylvains les accompagnent (Two Meane Lûtes, a base Lute, a deep Bandon\nQuarante-deux musiciens prirent part à l'exécution de ce ballet.\nCe chiffre fut souvent dépassé et de beaucoup. 71 musiciens étaient nécessaires au ba!\n\" Uamour délivré de Vignorance (1610) : Quinze non spécifiés tout d'abord, douze autres faisa\n\" les prêtres des muses \" qui chantaient et jouaient, cinq enfants chantant les rôles des trc\nGrâces, du Sphynx et de Cupidon, douze luths ou flûtes, quatorze violons, treize hautbois\ntrombones. Dans le ballet iïOberon en 1611, on trouve 19 violons, 10 chanteurs, 26 lutt\n2 cornets, 13 hautbois (et trombones) et 16 autres instruments non désignés. Malheureusemei:\nces indications résultent de comptes officiels qui ne nous disent rien du rôle de ces imposar\neffectifs.\nOn pourra comparer utilement de tels renseignements avec ceux, à peu près analogue\nqui nous sont restés au sujet de quelques ballets de cour français. Par exemple, le Ballet\nMadame de 1615 [Le Triomphe de Minerve), où figurent 4 chanteurs solistes, les musiciens de\nchambre et 30 de la chapelle avec une musique de musettes, une autre des 12 grands hautb\n(hautbois, cornets et trombones), une troisième de luths, avec les 24 violons. Ou encore celui\nTancrède dans la Forest enchantée de 1619 qui emploie 21 chanteurs dont la plupart s'accomf\ngnent du luth et de la viole, 4 cornets, 4 hautbois, 6 flûtes, les 24 violons et des musettes\nchalumeaux de bergers. Mais il est bien fâcheux qu'il ne subsiste aussi de tout cela qued\nmentions assez vagues, avec quelques fragments épars dans un volume de la collection Philidc\nQuoi qu'il en soit je pense en avoir assez dit pour faire comprendre que les curieux\nla musique ne perdront point leur temps à la lecture du livre de M. Reyher. J'ajouterai que\ndocumentation précise de l'ouvrage ne lui ôte rien de son agrément. Il est tel chapitre"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.84", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "chapitre 11, par exemple \"Un ballet àla cour d'Angleterre \") qui, sans rien concéder àla\nfantaisie, présente de la cour de Jacques I, le tableau le plus amusant et le plus pittoresque.\nUn détail pour finir. M, Reyher, qui cite beaucoup de noms de musiciens ou de danseurs\n(dont certains sont d'origine française), nous fournit, sans s'en être douté, d'utiles renseigne-\nments sur la carrière de Bocan, ce fantastique violon et danseur dont Mersenne a loué la\nvirtuosité et Sauvai dévoilé tant soit peu la vie accidentée et les extravagances. Bocan,\n\"Mr Bochan\", figure sur deux comptes, l'un de 1610, l'autre de 1613. Il touche d'assez fortes\nsommes :40 livres, puis 40 livres '■'■ for teaching the Ladies the footing of two danses Il se\ntrouvait donc en Angleterre avant la venue de la reine Henriette-Marie qui avait été son élève et\nqui passe pour l'avoir fait venir. Toutefois comme Bocan est de nouveau cité dans un document\nde 1634, il est peut-être permis de supposer qu'il aura fait deux séjours à Londres. Ceci pourra\nintéresser ses futures biographes, si ce bizarre personnage est jamais jugé digne d'en avoir.\nHENRI QUITTARD.\nSCHJELDERUP ET NIEMANN. Edward Grieg. (Peters in 8° carré de 200 pages.)\nGrieg est un des très rares musiciens qui représentent dans l'histoire de l'art le régiona-\nlisme. Dans la musique ce n est pas le caractère national qui nous frappe ordinairement, du\nmoins dans la musique savante. Le langage sonore, tel qu'il est enseigné à Paris ou à Leipzig,\nà Boston ou à Moscou, ressemble fort à un volapuk, dont les conventions restent les mêmes\npartout. L'harmonie, le contrepoint, la morphologie, tout se ressemble, du moins théorique-\nment, dans le métier d'un compositeur. Il est vrai que l'idée, le thème, peut être populaire.\nMais son goût de terroir disparaît dans la sauce des Conservatoires et dans la personnalité des\nmusiciens. Les russes eux-mêmes si savoureux par certains côtés, ne représentent-ils pas un\neffort pour se libérer du particularisme en musique ? Leur style est loin d'être aussi neuf\nque les idées dont ils se servent. Et en réalité leur instinct de musiciens savants les a rapide-\nment conduit loin des steppes, tout près de l'lnstitut. Leur musique est une exploitation\nbeaucoup plutôt qu une résultante. Chez Grieg au contraire la pédagogie internationale a\nglissé. Les braves gens de Leipzig, Hauptmann, Reinecke, Moscheles se sont heurtés à une\nnature indolente, profondément rêveuse, très peu capable d'assimilation, et conservant au fond\nd'elle l'entêtement farouche de son propre idéal. Alors que tant d'autres s'imbibaient comme\ndes épongés, de Mendelssohn, de Clementi, de Wagner, Grieg restait Grieg ; il avouait\nlui-même que l'atmosphère du Conservatoire l'avait toujours enveloppé comme d'un voile\ndont i! ne parvenait pas à se délivrer. Une fois retourné vers le Nord, en Danemark, il se\nretrouva tout entier, conscient et soudain libéré.\nC est ce musicien personnel que MM. Schjelderup et Niemann expliquent et commentent\ndans un livre admirablement bien présenté. L'homme et l'artiste, la biographie et l'œuvre\nsont successivement étudiés, suivant l'habitude de ces sortes d'ouvrages. Mais, ce qui donne un\nintérêt tout particulier à ce volume c'est qu'il contient un très grand nombre de documents\npersonnels, des lettres, des souvenirs, des anecdotes, et par dessus tout un fort important\nfragment autobiographique écrit jadis par Grieg lui-même et rempli de savoureuses descriptions.\ne système, qui consiste à laisser parler le maître dont on présente la vie, me semble tout à\nfait excellent.\nLe livre de MM. Schjelderup et Niemann devrait bien être traduit en français. Je lui\nprédis un gros succès.\nKIRCHENMUSIKALISCHES JAHRBUCH, 22e année (Regensburg,, Pustet 1909 in\n° de 175 pages)"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.85", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "Depuis l'année dernière notre confrère le Dr. Karl Weinmann a modernisé et pris çr\nmain le Jahrbuch de Ratisbonne, sorte d'annuaire de la musicologie sacrée en Allemagne\ndont le fondateur fut jadis le Dr. Haberl. Ce présent numéro de l'année 1909 contient de\narticles de fond, des communications documentaires et des critiques bibliographiques. |t\nsignale tout particulièrement l'étude de notre collègue de Fribourg le Professeur Peter Wagnei\nsur une mélodie du Xe siècle : \" 0 Roma n\". C'est là un modèle de solide et\nérudition, où tout est utile et logique. M. Wagner joint à la science réelle, l'aisance dt\nstyle et des idées. A retenir aussi les documents apportés à l'histoire de Giovanelli (1560-162;\npar M. H. W. Frey de Berlin.\nLes comptes rendus des livres sont extrêmement développés dans cet annuaire. Je\nm'en plains pas. J'ai appris beaucoup en lisant cette revue des principaux ouvrages parus cette\nannée. Dans ce domaine si spécial de l'histoire de la musique religieuse, le Jahrbuch est m\ndes périodiques les plus accessibles. Pourquoi n'aurions-nous pas son pareil en France ?\nTribune de St. Gervais me semblerait tout à fait désignée pour remplir ce rôle.\n\nJ. 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HARMEL 9 et un fascicule des chansons\nde France publiées chez Rouart, suite de la série ayant trait aux enlèvements.\nEnfin l'ltalie nous donne l'exemple d'une initiative heureuse. MM. Ricordi de Milan ont\nchargé M. UMBERTO GIORDANO de récrire en notation moderne, (emploi exclusif des clefs\nde fa et de sol), les partitions d'orchestre des symphonies de Beethoven ; ils se promettent à\nprésent de mettre à la portée de tous, par le même procédé, le répertoire classique du\nXVIIE Siècle.\n\nM. 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Gli strumenti musicali nel museo del Conservatorio di\nMilano. (Milano in 8° de no pp. prix: 6 lire).\nZAMPA (Giovanni). Violini antichi. (Sassuolo 1909, in 8° de 246 pp. prix: 5 lire).\nFROMAGEOT (P.) Un disciple de Bach, Pierre-François Boely, (1785-1858).\n(Versailles 1909, in 8° de 15 pp.)\nMAUCLAIR (Camille). La religion de la Musique. (Fischbacher 1909, in\n12* 3,50).\nWOTQUENNE (A.) Etude Bibliographique sur Luigi Rossi. (Bruxelles 1909»\nin 8° de 54 pp.)\nGUIDE de l'amateur d'ouvrages sur la musique, les musiciens et le théâtre, préface\nde M. Brenet. (Fischbacher 1909, 2° fascicule), (Fischbacher 1909, in 8° de 68 pp. 1 fc.)\nREYHER (Paul). Les Masques anglais, étude sur les ballets, (1512-1640).\n(Hachette 1909, in 8° de 560 pp.)\nSCOTTI (Dr. Cristoforo). Il pio Instituto musicale Donizetti in Bergamo.\n(Bergamo 1901, in fol de 200 pp.)\nCHABRIER (Emmanuel). Lettres à Nanine, publiées par Legrand-Chabrier.\n(Collection de la Grande Revue, in 8° de 66 p. 1 fr.)\nREYER (Ernest). Quarante ans de musique, publiés par Emile Henriot. (Calmann\nLévjr, in 12° de 430 p., 350.)\n1 Chez Max Esching, rue Laffitte.\n2 Chez Demets, 2, rue de LOUYOÎS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.9", "titre_corps": "NOS ÉCHOS", "titre_sommaire": "NOS ÉCHOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "NOS ÉCHOS\nLE CONCOURS CRESSENT. Par modification au règlement du deuxième\nconcours symphonique de la fondation Cressent, inséré au Journal officiel du 7 mars 1909,1 a\ndate de dépôt des partitions au sous-secrétariat d'Etat des Beaux-Arts, bureau des théâtres,\n3, rue de Valois, est reculée de six mois. Primitivement fixée du lerIer au 30 juin 1910, elle se\ntrouve ainsi reportée du ler au 30 décembre 1910.\nLes compositeurs qui désirent y prendre part ont le choix entre les trois formes suivantes:\nsymphonie proprement dite ; suite d'orchestre ; poème symphonique avec soli et chœur.\nSont exclues tes œuvres présentant un caractère liturgique et celles qui ne sont pas\ninédites.\nSont seuls admis à concourir les compositeurs français ou naturalisés tels, qui ne sont pas\nencore lauréats de la fondation Cressent. Ceux qui ont une œuvre de trois actes au moins\nreprésentée à l'Opéra ou à l'Opéra-Comique ne pourront prendre part au concours.\nUn jury de sept compositeurs de musique nommés par le Ministre des Beaux-Arts\ndécernera soit un prix pour l'ensemble des œuvres déposées, soit deux prix : l'un attribué à\nune symphonie proprement dite ou à une suite d'orchestre, l'autre à un poème symphonique\navec soli et chœurs. Dans le cas d'un seul prix, l'auteur recevra une prime de 20.000 francs\net 1.500 francs pour frais de copie; s'il y a deux prix, chaque auteur recevra 10.000 francs,\nplus 1.500 francs pour frais de copie. Le chef d'orchestre qui jouera la partition couronnée\nrecevra 4.000 francs pour une symphonie ou une suite d'orchestre et 10.000 francs s'il s'agit\nd'un poème symphonique avec soli et chœurs. Si le jury n'accorde pas de prix, il pourra\ndécerner une mention avec prime de 5»ooo francs ou deux mentions avec primes de 2.500 francs;\nl'indemnité de 1.500 francs pour frais de copie et les allocations respectives de 4.000 et de\n10.000 francs seront attribuées aux auteurs et aux chefs d'orchestre dans les mêmes conditions\nque pour les œuvres couronnées.\nOPÉRA-COMIQUE. Voici, résumé, le programme de la saison 1909-1910, J\nl'Opéra-Comique. Première nouveauté : Chiquito, scènes de la vie basque, 4 actes, de M. Henri\nCain, musique de M. Jean Nouguès. Distribution : Mmes M. Carré Pantchika ; Brohly, la\nsupérieure ; Duvernay (début), Cattalisi ; Tissier, Pachucha; de Poumayrac. Maddi : MM. Fran-\ncell, Chiquito; Vieuille, Etchemendy ; Jennotte, Eshkerra; Vigneau, Tipia; de Poumayrac,\nHandia ; Payan, le grand-père ; Vaurs, Patyn ; Donval, un crieur ; Eloi, Pethiry. Le\nsecond spectacle inédit, déjà répété et prêt à être représenté, se compose de\n2 actes, de MM. A. V illeroy et A. Garnier, musique de M. A. Garnier, et du Cœur à\nMoulin, 2 actes, de M. Maurice Magre, musique de M. Déodat de Séverac. Selon toute\nprobabilité le spectacle qui suivra sera Leone, 4 actes, de M. G. Montorgueil, d'après E. Arène,"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.88", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3880, "texte": "musique de feu Samuel Rousseau, ainsi distribué : MM. Léon Reyie, Leone ; Henri Albens,\nMegroni ; Vigneau, Pieri ; Delvoye, Massimo ; Payan, le moine ; MmeB Alice Raveau, Diana;\nNicot-Bilbaud-Vauchelet, Milla ; J. Lassalle, Cattarina. Sont inscrits à la suite et dans un\nordre encore à fixer : On ne badine pas avec Vamour, 3 actes, de MM. Leloir et Gabriel Nigond,\nd'après Musset, musique de M. Gabriel Pierné ; 5 actes et 6 tableaux,\nde MM. Jules Lemaître et Maurice Donnay, musique de M. Claude Terrasse.\nOuvrages en I ou 2 actes: l'Heure espagnole,de M. Franc-Nohain, musique de M. Maurice\nRavel ; Ping-Sin, de Louis Gallet, musique de M. Henri Maréchal ; Denisette, de M. Fernand\nBissier, musique de M. André Fijan ; le Puits, de M. A. Dorchain, musique de M. Marsick.\nL'Opéra-Comique tient encore en réserve /'Ancêtre, de MM. A. de Lassus et Camille Saint-\nSaëns ; Macbeth, de MM. Fleg et Ernest Bloch ; Thérèse, de MM. Claretie et Massenet ;\nhdronning, de M. et Mme Coquard ;la Sonate au clair de lune (Benedictus) ;Un matin de floréal\n(M. Rousseau) ; Messaouda (Ratez) ; Benedict Clanzor (MM. Henry Céard et F. de Mesnil).\nM. Claude Debussy, dont on reprendra Pellèas et Mèlisande, termine pour la salle Favart\ndeux ouvrages qui formeront spectacles et seront représentés dans le courant de la saison 1909-\n1910 : la Chute de la maison Usheret le Diable d'après Edgar Poe. Œuvres\nétrangères : Paillasse(Leoncavallo) avec Mlle Lamare et M. Salignac comme interprètes ;\nRésurrection, (Frank Alfano) avec Mme Marguerite Carré ; Feuersnoth (R. Strauss); la Dorise\n(Galeotti).\nReprises :le Roi d'Ts, avec Mlles Chenal et Nicot-Bilbaud-Vauchelet; le ChemineaUy avec\nMlle Mérentié et M. Albers ; Phrynêy et la Princesse jaune (C. Saint-Saëns) ; Ariane et Barbe-\nBleue (P. Dukas) ; le Vaisseau fantôme : Fortunio (A. Messager) ; la reine Fiamette (X. Leroux), etc.\nPour la saison 1909-1910 troupe se compose de : Mmes Marguerite Carré, Merentié,\nChenal, Raveau, Lamare, Vallandri, Vix, Mathieu-Lutz, Vauthrin, Bilbaut-Vauchelet, Brohly,\nZeppilli, Nelly Martyl, T. eyte, Tiphaine, Korsoff, Lassalle, Mastio, Bériza, de Poumay-\nrac, Heilbronner, Cebron-Norbens, Garchery, Robur, Jurand, Ganteri, Berg, Herleroy, Tissier,\nLise d'Ajac, Fayolle, Faye, Darbell, Ménard, Perny, Villette, Marietti et de Mlle Duvernay,\npremier prix du Conservatoire des derniers concours ; MM. Léon Beyle, Salignac, Francell,\nSens, Cazeneuve, de Poumayrac, Coulomb et Donval, ténors ; Fugère, Albers, Delvoye,\nAllard, Ghasne, Vigneau, Jennotte, Vaurs et Dupouy, barytons ; Vieuille, Azéma, Guillamat,\nBelhomme et Payan, basses; Gourdon et Mesmaecker (emplois comiques) et de M. Dupré,\npremier prix des derniers concours du Conservatoire.\nM. Albert Carré est en pourparlers avec d'autres artistes pour l'interprétation, aux\nsoirees d'abonnement, de divers rôles d'œuvres célèbres, ainsi Mlle Lucienne Breval se ferait\nentendre entre le 15 novembre et le 15 décembre dans le rôle de Carmen, dont elle a fait une\npersonnelle et curieuse interprétation ; nous aurions Mlle Géraldine Farrar dans les meilleurs\nrôles de son répertoire ; Mme Koustnietzoff et le ténor Sobinoff, dans Manon, de Massenet.\nLes représentations d'abonnement commenceront le 2 novembre 1909 et se diviseront\nen six séries :\nSérie A du mardi ; série A du jeudi ; série A du samedi ; série B du mardi ; série B du\njeudi ; série B du samedi ; chaque série donnant droit à quinze spectacles différents.\nC'est la série A du mardi, le 2 novembre, comme nous venons de le dire, qui inaugurera\n1 abonnement. Les abonnés du jeudi A viendront le 4 novembre ; ceux du samedi A, le 6\nnovembre ; ceux du mardi B, le 9 novembre ; ceux du jeudi B, le 11 novembre, et enfin\nceux du samedi B, le 13 novembre.\nVoici d'ailleurs, en un tableau précis, les dates des représentations réservées à chaque\nserie du mardi, du jeudi et du samedi :"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.89", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "Mardi A. 2, 16, 30 novembre ; 14, 28 décembre ; n, 25 janvier ; 8, 22 février ; fj\nimars ; 5, 19 avril ; 3, 17, 31 mai.\nJeudi A. 4, 18 novembre ; 2, 16, 30 décembre ; 13, 27 janvier ; 10, 24 février ; i 0\nmars ; 7, 21 avril ; 5, 19 mai ; 2 juin.\nSamedi A. —6, 20 novembre ;4, 18 décembre ; ler, 15, 29 janvier ; 12, 26 février-\n-12 mars ; 9, 23 avril ; 7, 21 mai ; 4 juin.\nMardi B. —9, 23 novembre ;7, 21 décembre ;4, 18 janvier ; ler,Ier, 15 février ;\nmars ; 12, 26 avril ; 10, 24 mai ; 7 juin.\nJeudi B. - il, 25 novembre ;9, 23 décembre ;6, 20 janvier ;3, 17 février ; jy\nmars ; 14, 28 avril ; 12, 26 mai ; 9 juin.\nSamedi B. 13, 27 novembre ; 11, 25 décembre ;8, 22 janvier ;5, 19 février ;5,\nmars ; 16, 30 avril ; 14, 28 mai ; 11 juin.\nTARIF DE L'ABONNEMENT. Le tarif de l'abonnement est le suivant pour chaque serie\nde quinze représentations.\nLoges de balcon, fauteuils de balcon ler rang, la place, 180 francs ; baignoires, fauteuils\nde balcon (2e et 3e rangs), fauteuils d'orchestre, la place, 150 francs ; fauteuils et loges du 2e\nétage, de face, la place, 120 francs ; avant-scènes et loges du 2e étage, de côté, la place, 90\nfrancs ; fauteuils du 3e étage, lerIer rang, la place, 75 francs ; avant-scènes et loges du 3e étage,\nfauteuils du 3e étage (2e et 3e rangs), la place, 60 francs ; stalles du 3e étage (les quatre\nderniers rangs), la place, 50 francs.\nSignalons, à propos des prix ci-dessus, un avantage pour les abonnés. A la fin de mai,\nquand furent fixées les conditions de l'abonnement, l'Association des directeurs de théâtre\nn'avait pas encore pris la décision de faire payer le droit des pauvres par les spectateurs, à j\nraison de un décime par franc. Quand cette décision fut prise, la majeure partie des |\nabonnements étaient souscrits. Cette année encore, la direction prendra a sa charge le droit dtj\npauvres.\nLe bureau des abonnements, rue Marivaux, est ouvert de onze à six heures.\nINSTRUCTION PUBLIQUE. 21 octobre. Décret aux termes duquel le nombre j\ndes membres du conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national de musique et de\ndéclamation (section des études musicales) nommés par le ministre et choisis en dehors du\nConservatoire est porté de 12 à 15.\nArrêté aux termes duquel Mme Rose Caron, MM. pianiste compositeur, et\nDelmas, artiste de l'Opéra, sont nommés membres du conseil supérieur d'enseignement du\nConservatoire national de musique et de déclamation (section des études musicales).\nDécret aux termes duquel le nombre des professeurs supplémentaires de chant sans\ntraitement (6e catégorie) du Conservatoire national de musique et de déclamation est réduit de\ndeux à un.\nArrêté aux termes duquel le nombre des classes de vocalisation et de chant du\nConservatoire national de musique et de déclamation est ramené de dix à neuf.\nDécret aux termes duquel M. Staub est nommé professeur titulaire de piano (élèves\nhommes) au Conservatoire national de musique et de déclamation.\nA la date du 23 octobre a paru dans /'officiel l'arrêté suivant concernant le Conservatoire.\n\" L article 80 de l'arrêté en date du 8 octobre 1905 est remplacé par le suivant :\n~ Cessent de faire partie de leur classe, les élèves qui ont concouru deux fois sans obtenir\nde recompense et ceux qui, après avoir obtenu une nomination, ont concouru deux fois sans\nsuccès. Exception est faite pour les élèves d'harmonie, de contre-point, d'orgue et de fugue"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.94", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "pour lesquels le nombre de concours sans nomination est porté à trois. Dans aucun cas, le\nmaximum d'années d'études fixé par le présent arrêté ne pourra être dépassé. \"\nBRUXELLES. Le Theatre de la Monnaie vient d'inaugurer sa saison par la\npremière dun ballet . Une Nuit d Ispahany de MM. Fijan et Ambrosiny pour l'action, et de\nM. Szulc pour la musique. Les journaux belges ont loué les qualités de fraîcheur et\nd élégance qui caiactensent la musique de I\\/I. Szulc, le jeune et distingué compositeur\npolonais, devenu parisien depuis quelques années. Ils font remarquer que le modernisme\ndiscret de la partition, 1 emploi des gammes orientales et de certaines dissonnances, le tout au\nservice d une genereuse invention mélodique, tait le meilleur effet, et assurent un succès\nprolongé à cet œuvre nouvelle.\nBOFFRES-EN-VIVARAIS. A une extrémité de la France, une modeste église de\nvillage, a réuni dernièrement un chef de chœurs scholiste, des interprètes scholistes, des\nauditeurs scholistes, et un programme scholiste. On chantait la cantate à Jeanne d'Arc de\nM. de la Tombelle, la Missa brevis de Palestrina (avec neuf exécutants ! !). Le Propre de\ni Office Gregoi ien avait ete confie a Mlle Blanche Selva, et le bâton de chef de chœurs à\nM. V. d'lndy.\nL AVIATION APPLIQUEE. Mlle Blanche Selva ayant accepté cette année un\ncertain nombie de tournées a 1 étranger, la maison Lyon Pieyel vient de faire construire à\nson intention un \" biplan chromatique à queue \" très facilement démontable et d'une si\ngrande legerete, qu un enfant suffirait a le transporter. De la sorte, la célèbre artiste pourra\nfendie les airs, sans perdre une minute, et donner à ses lointains admirateurs le plaisir de\nl'entendre plus fréquemment. Allez voir au Salon de PAréoplane le stand Lyon Pieyel & Cie.\nCONCERT DE LA LIBRE ESTHÉTIQUE DE FLORENCE. Sous ce\ntitre une société italienne a donné le io octobre une fort intéressante audition. Monteverde\nPegolese et Gluck figuraient au programme à côté d'œuvres modernes, entre autres un curieux\npotme lyrique pour violon et piano de M. Paolo Litta : Le lac d'amour. Le bel canto italien,\ncelui qui a presque disparu du monde musical, était représenté par Mme Ida Isori, àla voix\npuissante, émouvante et chaude. Nous avons l'espoir d'entendre souvent à Paris Mme Isori\ndans des œuvres de l'ancienne école italienne.\nLA SAISON EN SUISSE. GENEVE. Les Concerts d^abonnement auront lieu les\n20 novembre, 4 et 18 décembre, 8 et 22 janvier, 19 et 22 février, 5 et 19 mars, sous la\ndirection de M. Bernhard Stavenhagen. Parmi les œuvres nouvelles ou modernes figurant aux\nprogrammes : Symphonie (ire audition) d'Ernest Bloch ; Concerto pour piano de Rimsky-\norsakow (M. Ricardo Vines) ; IIIe Symphonie de G. Mahler ; Poème pour violon et orchestre,\neJacques-Dalcroze (M. R. Pollak) ; Adagio de G. Lekeu ; Concerto pour violon d'E. Lalo\n( Jeanne Diot) ; / Amour et la Mer d'Ernest Chausson ; the Pierrot of the minute, poème\nde Granville-Bantock ; Symphonie n° 1 de Kallinikoff ; 3e acte de Parsifaly etc.\nLAUSANNE. Sept Concerts d'abonnement, dirigés par Ernest Bloch. Au programme : des\nclassiques de Bach, Rameau, Gluck, Beéthoven, Schubert. Parmi les œuvres modernes:\nymphonie n 3 d Alberic Magnard ; Symphonie de Hans Huber ; Janie de Jaques-Dalcroze ;\nwti pastorale de Chabrier ; Symphonie en si mineur de Borodine ; Faust de Liszt ; Khovant-"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.95", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "schina de Moussorgski ; Prélude à F après-midi d'un faune de Debussy ; Recueillement de Doret;\nHerr Olaf àe Pfitzner ; Thamarde Balakirew, etc.\nSolistes : MM. Jacques Thibaud, Serge Barjansky, R. Ganz, G. Enesco, R. Vinès,\nJean Reader, etc. #\nNEUCHATEL. Six Concerts d'abonnement de la Société de musique dont cinq par\nl'orchestre de Lausanne sous la direction d'E. Bloch. Le sixième aura lieu sous forme de\nséance de musique de chambre (Trio Cortot-Thibaud-Casals}.\nZURICH. Dix Concerts d'abonnement ; cinq concerts populaires ; six séances de\nmusique de chambre.\nAux programmes intéressants et chargés des Concerts d'abonnement figurent entie autres\nœuvres : la Symphonie sur un thème montagnard de d'lndy et les P aviations symphoniques de\nFranck (M. E. Risler) ; la suite de Pellèas et Mèlisande de Fauré ; Phaèton de Saint-Saëns ;\nVltava, poème symphonique de Smetana ; Concerto de violon de Reger (H. Marteau) ; Œdipe\nde Schillings ; Fantaisie symphonique de W. Andreae, etc.\nROME. L'association des musicologues italiens, qui forme une section de la Société\nInternationale de musique, a tenu son Assemblée generale a Rome les 9 et 10 octobre. Le\nprésident M. Guido Gasperini après avoir exposé l'état présent de l'Association, a vivement\nengagé les différents groupes italiens à poursuivre leurs travaux d inventaire de lichesses\nmusicales de la péninsule. Au nom du Professeur Guido Adler de Vienne, un ordre de jour a été\nprésenté demandant à l'Association de prendre part aux travaux du Corpus scnptoium de\nmusica maedii aevi \", entrepris par la Société Internationale de musique depuis un an et déjà\nen fort bonne voie d'exécution. En 1911 l'Association tiendra un congrès officiel à Rome.\nOn sait que notre collègue M. J.J. Nin vient d'être appelé a la Havane pour\ndiriger le Conservatoire et la vie musicale de Cuba. Le départ de Joachim Nin pour la\nHavane va priver l'Europe musicale d'un des esprits qui l'honoraient le plus et la servaient le\nmieux, et qui donnaient à la fois aux musicographes et aux virtuoses un exemple vivifiant et\nencourageant de dignité, de sincérité et d'enthousiasme.\nNulle part des esprits tels que le sien ne peuvent être inutiles ou oisifs et puisque Joachim\nNin retourne à Cuba à la fois comme directeur d'une Ecole de Musique et d'une société de\nconcerts, nous sommes assurés que son activité et sa conscience trouveront un large aliment,\net que son œuvre sera là-bas, comme elle le fut ici, fructueuse pour tous ceux qui aiment\nprofondément la musique\nCette pensée n'atténue que peu néanmoins notre regret de voir s'éloigner un des\nétrangers qui, dans le milieu musical, ont le plus justement prouvé leur affection pour notre\nsensibilité et les ressources de notre génie. Tous ceux qui le connaissent savent à quel degre\nil est français de culture et d'esprit : et l'influence musicale française pourra s'exercer\néquitablement, conduite par un interprète qui ne s'est pas seulement soucié d'étudier nos\nœuvres, mais qui a su pénétrer l'esprit des époques successives qui les virent naître.\nPendant les six années qu'il a passées en France il n'a cessé par tous les moyens en son\npouvoir de rendre hommage à la véritable tradition française: et tandis qu'il enseignait a\nbeaucoup de nos compatriotes les vertus de notre passé, il répandait dans les pays espagnols, et\nplus récemment en Allemagne la curiosité et l'attachement pour la musique française moderne.\nMais au delà du point de vue français il y a la Musique elle-même. Nul ne la sert\navec plus d'amour et de noblesse: et les pages de la petite brochure u Pour VArt\" aujourd hui\ncélèbre, en sont un durable témoignage."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.96", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3434, "texte": "Nous souhaitons ardemment que l'éloignement où Nin va vivre de la France ne\nl'empêche point d'y revenir à la fois pour terminer sa belle série de concerts consacrée à\nl'histoire des formes de la Musique de clavier et pour qu'il puisse éprouver combien les regrets\nque son départ fait naître, conserveront leur force et leur durée.\ny\nUne très touchante et très belle cérémonie a réuni le 14 octobre à l'église Notre-Dame\nde Passy tous les maîtres et les amis de la musique, présents à Paris, autour de notre collègue\nM. Gustave Lyon, dont le fils, M. Robert Lyon, ancien élève de l'école Polytechnique\népousait Mlle d'Enfert. Nous sommes heureux de pouvoir adresser ici nos vœux les plus\nsincères aux nouveaux époux et notre excellent collègue Gustave Lyon.\nOn nous annonce de Munich l'audition d'une symphonie monstre de Gustave\nMahler, qui nécessitera la présence de mille musiciens ! Certains prétendent que la trompe\nd'auto aura son rôle dans cette gigantesque hétérophonie. Le malher (pardon !) veut que cette\npremière ait loin lieu loin de Paris, à Munich même, à l'automne prochain.\nNous nous consolerons en apprenant que M. Chevillard s'est résolu à donner cette\nannée une œuvre de Mahler et une de Bruckner. Nous ne saurions trop féliciter l'éminent\nchef d'orchestre d'avoir enfin triomphé des objections et des oppositions que rencontrent\ndepuis quelques années, chez nous, les noms de ces deux maîtres d'outre Rhin.\nLa question du cor de basset a été dernièrement remise à la mode, par une polémique,\nde facteurs italiens et allemands. Il s'agissait de décider si Yhèckelphone, récemment inventé en\nAllemagne, empêchait un facteur d'instrument de fabriquer à nouveau des cors de basset. A ce\npropos notre éminent confrère M. Eugène d'Harcourt nous envoie la communication suivante:\n\" Le cor de basset moderne est simplement une clarinette alto en fa qui descend jusqu'à\nl'ut grave. Le registre de cet instrument correspond justement au registre sympathique\n(si je puis dire !) de l'échelle musicale, registre qui peut être limité du fa2 au fa4. Le cor de\nbasset est le seul instrument dans ce cas. D'autre part son étendue est énorme, et il se marie\naux clarinettes bien mieux que la clarinette basse. Il peut donc rendre de grands services\nen solo et dans l'ensemble. ... L'opéra-comique donnait hier la Flûte Enchantée. J'ai été\npendant la représentation demander à l'éminent chef d'orchestre Ruhlmann, d'avoir l'amabilité\nde me montrer les cors de basset qu'il employait dans cet opéra. J'ai vu des clarinettes-altos\nordinaires descendant au mi (la pour l'oreille), ce qui n'a pas grand inconvénient pour la Flûte\nEnchantée car la partie ne descend pas au dessous du sol (do pour l'oreille).\nNéanmoins, le grand pavillon recourbé que nécessitent les notes graves mi b, ré, ré b et\nut donnent à toute la sonorité de l'instrument plus de moelleux que n'en a la clarinette-alto.\nCes notes sont d'ailleurs de toute beauté, mais demandent quelques précautions d'écriture.\nDans les anciens instruments le ré b grave manquait souvent.\nMozart a écrit l'ut grave du cor de basset dans la Clémence de Titus, et Beethoven dans\nProméthée. Personnellement j'ai employé cet instrument dans ma symphonie Néo-Classiquey\njouée aux Concerts Lamoureux, et dans mon opéra Le Tasse \"\nEUGÈNE D'HARCOURT.\nDans la bibliothèque du Monastère de Mûri (diocèse de Constance) se trouvent au\nXIIIe siècle quatre traités sur la musique :"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.97", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3155, "texte": "Musica Hugbaldi et geometria.\nMusica Wilhelmu\nMusica Bern.\nMusica Ottonis.\nLa note finale du bibliothécaire est bonne à retenir :\nLibros autem oportet semper describere et augere et mehorare et ornare et annotare, quia vita\nomnium spiritualium hominum sine libris nichil est.\n(Acta fundationis Murensiay edit. KIEM, Quellen zur Schwerzer Geschichte, p. 54.)\nNous avons reçu la lettre suivante que nous nous impressons d'accueillir. La brûlante\nquestion du dualisme riemannien nous vaut l'avantage de voir la signature de notre excellent\ncollègue et ami Jean Marnold parmi celles de nos collaborateurs. Nous en sommes tout a fait\nheureux. Quant à nous aventurer dans le maquis des sons inférieurs....! Cela ne servirait qu'à\nfaire éclater notre propre infériorité.\nParis, le 26 octobre, 1909.\nMon cher Ecorcheville,\nJe lis dans le dernier S. I. M. la phrase suivante :\na Comme théoricien, M. Riemann aura la très grande gloire d'avoir mis en valeur l'idée\ndu Dualisme harmonique et d'en avoir tiré le chiffrage ingénieux que tout le monde connaît.\nCette opposition des séries supérieures et inférieures, qui repose sur une symétrie tout idéale et\nnon pas une réalité physique (ainsi que le crut jadis le bouillant Marnold)... \"\nEh bien ! mon cher ami, si peu a bouillant \" que vous puissiez être, je regrette de vous\ndire que c'est vous qui vous trompez. Je suis même surpris d'une allégation qui laisserait\nsoupçonner que vous connaissez mal les écrits de celui dont vous entreprenez l'apologie, ou\nque vous n'avez pas lu les articles auxquels nous faites allusion en me nommant. Dans ces\narticles, je n'ai pas avancé un mot qui fût du domaine de l'hypothèse ; j'ai suivi pas à pas le\ntexte de M. Riemann, en le citant traduit littéralement, (cruauté suprême, à coup sûr),\net en me contentant de discuter ses assertions formelles. Si, au cours de sa longue existence, les\nidées de M. Riemann furent toujours plus ou moins incertaines, ondoyantes et diverses, je ne\nsache pas qu'il ait imprimé une répudiation officielle de \" Ueber die objective Existenz der\nUntertœne in der Schallwelle \" de son Katechismus der Akustik. Je suis enchanté que M. Riemann\nait atteint la soixantaine et ne vois nul inconvénient à ce que vous l'en congratuliez, mais je\nne saurais admettre que vous lui fassiez des amabilités sur le dos d'une étude sérieuse, qui se\ntient sur le terrain des faits irréfutables et qui resta d'ailleurs irréfutée jusqu'ici. Si vous avez\nl'intention de vous y essayer, j'en serai ravi et cela m'intéressera beaucoup. Ce n'est pas la\nplace qui vous manque, ni, j'espère, d'autres arguments qu'une boutade et une inexactitude.\nCordialement.\nJEAN MARNOLD.\nNous sommes heureux d'annoncer que notre éminent Collègue M. Nestor Lejeune,\ncontinuera cette année ses séances historiques du Quatuor à Cordes. Ces cinq séances\nseront consacrées à l'école Russe, et la première sera précédée d'une conférence de notre ami\nCalvocoressi. Elles auront lieu salle Pleyeh\nAvec la Symphonie en sol mineury de E. Lalo, s'est ouverte, à Nancy dimanche, la série\ndes concerts du Conservatoire. Rien de bien saillant à ce premier concert auquel un certain"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.98", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "nombre d'habitués attirés par la Fête des Vendanges donnée au même moment à l'Exposition,\navaient cru devoir se soustraire. Les fidèles qui, cependant, vinrent renouer avec l'orchestre,\noccuper pour une nouvelle saison des places détenues depuis de longues années, n'eurent, j'aime\nà le croire, pas lieu de s'en repentir. D'ailleurs M. Ropartz n'avait-il pas fait appel au talent\nde Mme Roger-Miclos-Battaille, virtuose du piano que nous n'avons entendue depuis tantôt\ncinq ans ?\nCinq ans ! Voilà certes qui ne nous rajeunit guère ! Dans l'espace d'un lustre en avons-\nnous applaudis des virtuoses ! D'autre part, quand, par la pensée, on récapitule les efforts\naccomplis par le directeur du conservatoire de Nancy pour faire pénétrer dans le grand public\nle goût des belles œuvres anciennes et modernes, on reste ébahi devant les résultats acquis,\nrésultats dus à la persévérance, à la conscience artistique de M. Ropartz.\nJ'ai été enchanté de l'excellente interprétation que, des Etudes symphoniques, de Schumann,\nMme Roger-Miclos nous donna d'entendre. Jeu perlé, demi-teintes délicieusement fondues,\ntout y était.\nEn outre étaient inscrits au programme le Prélude de la Légende de Sainte-Elisabeth, de\nLiszt et l'Ouverture du Vaisseau-Fantôme, de Wagner. L'orchestre nous donna de ces pages\nune audition aussi satisfaisante que possible.\nConcours pour la nomination d'un Professeur de Harpe. Le Maire de la ville de\nNancy a l'honneur d'informer les candidats à l'emploi de professeur de harpe vacant au Con-\nservatoire de musique de Nancy, que le délai imparti par l'arrêté municipal du 18 août\n1909, pour l'envoi des pièces au secrétariat de la mairie de Nancy, est prorogé jusqu'au\n28 octobre courant, inclus.\nPour tous renseignements, s'adresser à M. le Directeur du Conservatoire de musique\nde Nancy.\nNotre confrère M. H. Woolett du Havre nous prie de faire savoir que son adresse\nsera désormais : 93, rue G. Flaubert ; Enclave des Ormeaux, Avenue Alphonse XIII.\nUne nouvelle revue musicale vient de naître à Venise, sous le titre de : Bel Canto,\nbollettino mensile polemico didattico di critica e cultura musical lirica, organo dell'Unione\nLirica Internazionale (U. L. I.) fra artisti ed amatori di canto. Direzione prof. Umberto ïava.\nNous souhaitons bonne chance et longue prospérité à notre nouveau confrère.\n—M. Alfred Cottin a repris ses cours le samedi de 5à 7, I 24bis, Avenue de Villiers.\nLe premier concert de la Société J.-S. Bach aura lieu le vendredi 20 novembre ; et\nprésentera l'Oratorio de Noël avec le concours de Mlle Eisa Homburger (de Saint-Gall),\nMlle Maria Philippi (de Baie), M. Georg Baldszum (de Cassel), M. Fritz Haas (de Carlsruhe).\nMelle Germaine Chevallet donnera deux séances de chant àla salle Berlioz, de\n5 à 6 heures, les samedi 27 novembre et Dimanche 5 décembre 1909.\nSéance classique : Bach, Beethoven, Caccini, Hândel, Schubert.\nSéance moderne : Bellenot, Chabrier, Coquard, Debussy, Duparc, Kœchlin, Lazzari,\nMorct, Vrépard.\nCette année, Mclle Germaine Chevalet s'est assuré le concours de l'excellent flûtiste"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.99", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3728, "texte": "Gaubert qui fera entendre une sonate de Bach ; en outre des pièces pour deux pianos des\nChabrier et de Debussy seront exécutées par Melle Marcelle Croué et M. Jean Verd.\nLES SŒURS WIESENTHAL. Les trois sœurs Wiesenthal, danseuses modern.\nstyle et viennoises, ont fait au Vaudeville une courte et sensationnelle apparition. Imaginez\ntrois jeunes corps de femme, souples, élancés, évoluant sur un tapis vert, entourées d'un décor\nbleu foncé, au son d'une musique lointaine, courant, folâtrant, tourbillonnant, se repliant, se\ndéveloppant ! Encore n'aurez-vous là qu'une vague idée des Wiesenthal, si vous ne les\navez pas vues.\nC'est naturellement à Miss Duncan, qu'il faut songer et non à nos ballerines de\nl'Opéra —si l'on veut expliquer les Wiesenthal. Celles-ci sont cependant fort différentes delà\ncélèbre Isadora. Mais le principe de leur art est le même. Il consiste à remplacer par une sorte\nd'intuition très libre la convention obstinée de la chorégraphie. C'est comme un langage du\ncorps, naturel, spontané, imprévu. L'impressionnisme s'introduit ainsi dans la danse pour en\nrenouveler la fantaisie.\nVoici par exemple le Beau Danube Bleu. La danseuse est accroupie dans un coin. Peu à\npeu, elle s'essore. Le rythme la force à tendre tout son être vers un désir de mouvement\nJusqu'ici c'est une pantomime que nous avons devant nous. Mais la vibration sonore continue\nson action. Elle précipite le corps bondissant et juvénile qu'elle vient d'éveiller à l'ivresse\nmusicale. Les jambes s'agitent, les cheveux déployés volent et ondoient, la petite tunique de\nsoie verte ne se contient plus. Les vagues du Danube, qui ont soulevé l'imagination du\ncompositeur, roulent de nouveau la fragilité chaste de cette jeune personne. Et cela est très\nbeau.\nEn voyant les trois sœurs couronnées de grosses fleurs et vêtues de larges robes de gaze\nblanche transparente et rayée, je songeais aux théories antiques, dont les temples grecs ont\ncontemplé le spectacle. Et, je l'avoue, je maudissais aussi certain pantalon, dont le modernisme\nme semble plutôt indécent. Que vient faire ici ce profane ?\nLes Wiesenthal n'ont d'ailleurs aucune prétention à cet antique, dont Isadora Duncan a\ntiré son succès. L'eurythmie de leur art est avant tout viennoise. Elle évoque cette mentalité\naimable, nonchalante, espiègle, dont Schubert et J. Strauss ont donné la formule musicale. Il\ny a de l'Allemand, du Slave et de l'ltalien dans cette sentimentalité indéfinissable, tantôt\nexubérante et franche, tantôt voisine du maniérisme de 1830.\nLe public parisien n'a pas eu le temps d'accueillir les sœurs Wiesenthal. Un jour, elles\nreviendront, instruites par l'expérience ; elles auront préparé leur entrée ; la presse et la\npublicité seront de connivence ; et le succès les attendra à bras ouverts. Je suis heureux d'avoir\nété des tout premiers à manifester en leur honneur. J. E.\nEROS VAINQUEUR A LA MONNAIE. Encore une fois, il nous faudra prendre\nle train pour aller applaudir à Bruxelles une pièce éminemment française. Cette constatation\nest d'autant plus humiliante aujourd'hui, où Chiquito s'étale sur notre Opéra Comique. Tous\nles goûts sont dans la nature et toutes les œuvres ont droit de voir le jour ; mais le libéralisme\nqui nous prive d'une partition comme celle de Pierre de Brèville est tout à fait dans son tort,\nquoiqu'on puisse dire pour le défendre.\nEros Vainqueur c'est la glorification de la passion sous une forme juvénile et fleurie,\nparmi les vergers et les bois. La mythologie et le romantisme s'unissent ici avec la musique la\nplus subtile, pour tromper un vieux roi jaloux et nous montrer l'éveil amoureux de trois\nprincesses éthérées. M. Pierre de Bréville appartient à la famille artistique de Franck et de"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.100", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "d'lndy. L'émoi de sa musique convenait parfaitement à conte de raffinement et de rêve\nimaginé par Jean Lorrain, à cette sensualité dont l'ardeur se voile d'asphodèles et de lys.\nEros sera vainqueur du public belge, mais quand rentrera-t-il dans son pays natal, qui est\nl'lle de France ? J. E.\nAU TROCADERO. La fête commémorative du quatrième centenaire de Jean\nCalvin avait rempli le Trocadéro, le lerIer novembre, d'une assistance recueillie.\nNos vieux maîtres protestants, Goudimel, Claudin Lejeune, Ph. Jambe de Fer, Loys\nBourgeois avaient prêté leur concours à cette solennité. Les psaumes de circonstances furent\ninterprétés par 500 exécutants, sous la direction de M. Ch. Huguenin, et plusieurs fois\nl'assistance entière, debout, a mêlé sa voix à celle du chœur. Voilà d'excellent chant choral,\nvibrant et convaincu, comme il sera toujours bien difficile d'en obtenir de nos groupements\nlaïques, qui n'ont d'autre idéal que l'art pour l'art.\nr r\nSOCIETE HAENDEL. La société Haendel qui a fait entendre l'année dernière un\nsi grand nombre d'œuvres anciennes de maîtres du XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, prépare\npour cette saison une série d'auditions fort intéressantes. Elle nous donnera des psaumes de\nSweelinck, des Concerts spirituels de Schiïtz, une Cantate d, A. Steffani, des concerto à quatre\nviolons de Vivaldi et de LeonardoLéo, enfin des fragments importants d'opéras de de\nCavalli, de Hasseet de Scarlatti.\nEn même temps MM. Borel et Raugel commencent la publication du répertoire\ndes concerts de leur société. La Maison Durand et fils vient d'éditer l'air de basse de la\nCantate \" Gott hilf mir \" de Buxtehude. M. Demets met sous presse les Sept Paroles du Christ\nde H. Schiïtz,traduites par G. Loth.\nCOURS MARCEL HERWEGH. Notre éminent collègue M. Marcel Herwegh\nreprend ses cours d'enseignement du violon, musique d'ensemble et accompagnement, les\nmardi et vendredi, 105 quai d'Orsay. S. I. M. est très heureux d'annoncer cette bonne\nnouvelle, et il ajoute qu'il souhaiterait vivement de voir Marcel Herwegh reprendre dans la\nvie musicale la place à laquelle il a droit, et dont un deuil cruel le tient éloigné depuis\nquelques années.\nL'ART ET L'ECOLE. La Société nationale de l'Art à l'école nous conviait le\ndimanche 31 octobre à entendre, au Salon d'Automne quelques enfants du plus jeune âge,\nchantant à l'unisson, et à plusieurs voix. L'école communale de la rue Blomet, l'école\ncommunale de Fontenay aux Roses, et l'école Alsacienne, se trouvaient représentées par des\ngroupes scolaires de la meilleure volonté, mais ne réalisant pas encore toute la perfection que\nde tels efforts devraient atteindre. Sans se décourager, on peut dire qu'il y a infiniment à faire\ndans ce domaine du chant scolaire.\nCATALOGUES DE LIBRAIRIE. Nous avons reçu deux fort beaux Catalogues\nd ouvrages anciens sur la musique.\nL'un de Léo Olschkià Florence, qui contient une foule d'exemplaires rares sur la\nmusique : Graduels, Heures, Offices, Ordo, Psalteria, etc... et dont l'iconographie, toujours\nabondante, offre pour le chercheur de précieux matériaux.\nL'autre vient également de Florence, de et doit aussi être signalé à\n'attention des érudits et des amateurs. Il contient entre autres raretés un exemplaire des\n'Tenori e contrabassi intabulati \" de Franciscus Bononensis publié par Petrucci en 1509. Ce"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.101", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "volume de tablature de luth a été aussitôt acquis par notre collègue M. Tiersot, poUr\nConservatoire.\nA PROPOS DE LA SYMPHONIE-MONSTRE de GUSTAVE MAHLER dont noi(\navons annoncé plus haut l'apparition, on nous écrit: \" Cette VIIIe symphonie comprend\ndeux Parties. La première contient un Vent Creator qui est une invocation à Eros) £r.\ncosmogonique et sacré, ce qui est conforme à la notion ésotérique de l'esprit créateur. Dans\nseconde partie : la série finale du second Faust, au grand complet. Il y aura deux orchestre\nsuperposés, et trois chœurs, dont un de garçons. L'un s'exerce à Munich, l'autre à Vienne, !.\ntroisième à Graz. Ils seront réunis à Munich trois semaines avant l'exécution pour trente-4\nrépétitions générales. L'auteur en avait demandé 50, après longues disputes, ce chiffre aét\nréduit à 32. En tout, le nombre des exécutants dépassera mille, dont huit solistes di pm\ncartello. La partition s'édite et paraîtra à Noël,1 Mahler appelle cette VIIIe, l'œuvre de sa vit\nNous apprenons la mort de notre excellent ami et Confrère Charles Bordes, fondâtes\nde la SCHOLA CANTORUM, décédé subitement le 8 de ce mois près de Toulon, où il se trouva\nen villégiature.\n1 Dans PÉdition Universelle, à Vienne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.10", "titre_corps": "L'OPERA", "titre_sommaire": "L'OPERA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "L'OPERA\n\nLA SCÈNE. - IX."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.91", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "LA SCÈNE. - X."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.92", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "L'ORCHESTRE. - I."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "LES HABITUES. - I."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-11-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-11-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1909-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.2.10.2", "titre_corps": "M. 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G.FAURÊ, Directe\nM. H. MA ancien Directeur des Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nperpétuel de F Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCEA. D'ARENBERG Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de kttrti\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSÉCRETAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es lettrt;\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTAU\nMME THÉODORE REINACH.\nM. 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LÉO SACHS, trésoriery de vouloir bien percevoir a Vadresse suivante :\nA - , le 19\nSIGNATURE\n{Fondateur : Versement unique d'une cotisation minimum de 1.000 francs.\nDonateur : Versement d'une cotisation annuelle de 100 francs.\nActif : Versement d'une cotisation annuelle de 20 francs rachetable par\nun unique de 500 francs.\n(2) Effacer l'une ou l'autre formule."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.1", "texte": "v. ANNÉE\nN 0 II\nNovembre 1909\nREVUE MUSICALE\npubliée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris;\nFaction :\nST. AUGUSTIN\nLe numéro : France et Belgique fr. 1.50 Union : 2 fr.\nUn an: fr. 15.00 20 fr.\nADMINISTRATION :\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n!5, rue d« Soufflot, Paris.\nParaissant le 15 mois.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nNotre enquête sur l'Enseignement music\nurTRES DE BOIELDIEU, par P.L. ROBERT. 4 EUTERPE AMBIGU A, par L. GANDILLOT.\nLA MUSIQUE DES ROIS DANGLETERRE (de 1500 à 1700) par J. ECORCHEVILLE.\nMOIS : La Musique à Paris, par GASTON CARRAUD. Lettre» du Japon, dAllemagne et dAngleterre.\nLES LIVRES. * NOS ÉCHOS."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.2", "texte": "'BULLETIN\ny _ r\nDE LA SOCIETE FRANÇAISE\nT>ES\n.AMIS T>E LA"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.3", "texte": "COMITÉ DE PATRONAGE\nM. le Président d\nM. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. G.FAURÊ, Directe\nM. H. MA ancien Directeur des Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nperpétuel de F Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCEA. D'ARENBERG Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de kttrti\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSÉCRETAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es lettrt;\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTAU\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. JEAN WEBER, VUnivers"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.4", "texte": "NOTRE ENQUÊTE\nSUR L'ENSEIGNEMENT MUSICAL\n\nQuelques documents nouveaux\nL'article de notre éminent collaborateur, M. Bourgault-Ducoudray, nous\na valu un grand nombre de lettres, particulièrement de province. Nous ne\npouvons malheureusement en citer que qu\npédagogue, qui s'est spécialement consacré\na l'école. La seconde est d'un élève qui r\nmontrent que c'est par l'émotion et non par l'enseignement théorique que s'intro-\nduira dans nos établissements secondaires et primaires l'esprit et le goût de la\nmusique. La musique doit être une passion avant de devenir une discipline.\nMonsieur,\nTV'est-ce point votre avis, que lorsqu'il s'agit d'art, avant de demander un effort au\ncerveau, il faudrait émouvoir Fâme ?\nS'il ne suffit pas, pour avoir des connaissances musicales d'être abonné à l'Opéra,\n]e crains que la connaissance des réglés de Solfège\nrésultat.\nIci même,f ai eu la joie de constater les\nmusique, qui applique cette méthode \" sentimentale \".\nElle procédé très simplement : avant de parler de la musique, elle fait connaître le\nmusicien, explique ses enthousiasmes, note ses passions, s'attriste a ses douleurs ; entre temps,\nffaû entendre les pages inspirées aux heures\nientot le cote humain, expressif, celte flamme qui doit briller dans toute œuvre d'art\nvraiment digne de ce titre ; sans laquelle il ny"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.5", "texte": "iv\nBULLETIN DES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nIl ne m appartient pas de rechercher comment on pourrait donner pratiquement\nenseignement qui me paraît nécessaire. Je crois seulement que la France n'est pas détour-\nd'artistes, et que si la partie administrative\ntout dévoués à cette cause \" '\n\" Voici quelques souvenirs dé enfance, d'écolier de V école villageoise, souvenirs tout),\nfait ruraux.\nL'ensemble des élèves, une vingtaine envi\ndont beaucoup étaient tirées du recueil de M. Bouchor. Ces chants, appris depuis longtenit-\npassaient chaque année, des lèvres des anciens sur les lèvres des nouveaux, qui les appo-\nrtaient à leur tour. Je ne puis mieux comparer cette manière, qu'à celle des druides ?auk-\nenseignant à leurs élèves les légendes sacrées.\nA quoi servaient ces chants ? A chaque entrée ou sortie de classe, ne fut-ce que g -,\nune récréation de dix minutes, nous entonnions en chœur Y un d'entre eux, dont les prémuni\nnotes avaient été données par le maître. Jama a\nQuand les plus jeunes savaient écrire,\nd après le cahier d un autre, soit d'après le\nOh ! ce livre de M. Bouchor, avec quel res etn\nen admirait la couverture ornée ! Je possède\nDe temps a autre, nous apprenions un\nDimanches, surtout l'hiver, nous nous réunissions dans la salle d'école, et, aidés par k\npiston, dont jouait un complaisant voisin, nou\nse renouvelait notre fonds, a mesure que nous laissions de côté les chansons surannées n\ntrop anciennes...\nJe puis dire que nous n'avons jamais\nque ce soit de la musique ; nous ne faisions qu\ncommencement et à la fin de tout mouvement\nCette maniéré de comprendre la musique et de l'enseigner servait, surtout par In\nparoles des chants, de moyen mnémotechnique\ndes leçons de choses, dont on se souvenait plus facilement que de celles faites par le maître.\nEn outre, j ai remarque que l habitude\nmusical. Devenus hommes, quelques-uns se\ngoût. De la proviennent souvent les fanfares ..\nVous demandez si la musique aurait un\ncote de l éducation au lycee, ce serait un mo\nqu on en a banni, et d empecher que nous de\nqui est vrai pour la plupart d entre nous.\nfavoriserait la victoire des bons sentiments dans le cceur, et l'on ne tient l'homme que pat\nses sentiments...\nNous publierons en décembre le rapport soumis par M. Guy Ropartz au dernier\nCongres des Instituteurs a Nancy, et que le très distingué Directeur du Conservatoire\nNancèien a bien voulu nous confier.\n\nG. élève de Rhètorique."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.6", "texte": "BULLETIN DES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nNOS INFORMATIONS\nSous cette rubrique, nos amis trouveront désormais les nouvelles qui intéressent particulièrement\nl'organisation et F activité de la Société. Nous les\nJ communiquer les idées, les projets et les réflexions\nirions d accuciLllÎ «\nNous sommes heureux de porter\nM. le Ministre de V Instruction Publique\nhonorer de son haut patronage, par une lettre infiniment obligeante que nous\ntenons à publier ici\nMonsieur le Secrétaire Généra\nVous avez bien voulu me demander de\nSociété Française des Amis de la Musique. . . , ~,\nJe vous remerde vivement de votre attention à laquelle je suis très sensible, et suis\nheureux de pouvoir, en acceptant l'offre aimable qui m'est faite, donner à cette Société une\nmarque d'intérêt. 7 ;\nAgréez, Monsieur le Secrétaire Général, Tassurance de ma considération la plus\ndistinguée. éLe Ministre de F Instruction Publique\net de Beaux-Arts.\nC'est à la haute intervention de notre éminent Vice-Président M. Louis\nBarthou, Ministre de la lustice, que nous devons ce précieux patronage. Nous\nlui en exprimons toute notre respectueuse gratitude.\nAinsi que nos Amis le savent, notr\nd'être l'interprète de leurs vœux, a décidé\ndes Amis de la Musique se préciserait, pe\npoints suivants :\nI°). Vétude et la mise en pratique des moyens propres a assurer ala\nmusique la place et le rôlequ elle doit avo\nment primaire et secondaire. _ j l f\nNous avons déjà fait part ici même des premiers résultats obtenus. A bref\ndélai, vraisemblablement, nous aurons à enregistrer de nouveaux effets de notre\naction dans cet ordre d\"1 idée.\n2°). L'aide à apporter a la consti\nexclusivement de chanteurs professionnels"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.7", "texte": "vi\nBULLETIN DES AMIS\n\nde tout premier ordre. Notre Directeur pns\nmain ce projet et en a réuni tous les éléments. Ce nouveau groupe prend le\n\" Chorale Mixte de Paris.\" Il comprendra environ 80 artistes répétant\nrégulièrement, ayant par conséquent un\naux grandes manifestations musicales jusmi\nce jour. ' 1\nG est la un rouage qui manquait jusqu notn\nvie musicale. A cote des groupes chorals d'amateurs qui existent dans toutes le-\nclasses de la société parisienne, a cote d hasarc\npour prendre fart a nos grands concerts, la nécéssité était reconnue par toi\nd une institution stable et exclusivement professionnelle, toujours prête a apports\nson concours a l exécution des œuvres des maîtres anciens et modernes.\nLa réalisation dun vczu cher a tous ceux qui s'intéressent a f^rt\nmusical est, en quelque sorte, le don de joyeux avenement de la Société Fran-\nçaise des Amis de la Musique.\n%\n* *\nAjoutons, que Mme la Comtesse René de Béarn, a spontanément mis k\nmerveilleuse salle de spectacle de son hôtel particulier a la disposition de k\nChorale Mixte de Paris, pour ses répétitions. Tous les Amis sauront gré l\nMme de Béarn de cette délicate générosité.\n%\n*\nGrâce à l'amabilité de M.Hasselmans, a\npu bénéficier au Concert Hasselmans du 30 Octobre chez M. M. Garnit\nd une réduction de 50 oj°. Cette bienveillante intervention laisse bien augura\ndu succès de notre société dans le monde\n%\n*\nNous rappelons, a ce propos que tous les membres inscrits pendant ces\ndeux derniers mois, bénéficieront de ces faveurs, bien que leur adhésion ni\nparte que duier Janvier 1910.\n*\nIl est très important, que nous soyons\nnombre autour de notre programme. N\nnos membres, défaire connaître la Société\net de lui rendre le service d'une utile et effective propagande."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.8", "texte": "BULLETIN DES AMIS DE LA MUSIQUE\n• •\nVil\n\nAvantagea réservés aux membres de la Société Française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages permanents que nous avons obtenus jusquà présent, et que nous pouvons\nporter h la connaissance de tous nos membres, sont les suivants :\ni° La Revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de Paris de la Société\ninternationale de Musique) est envoyée régulièrement à titre gratuit a tous les Amis.\n2° Sur la présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réductions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 13, rue Laffite ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\n25 °/o sur la musique ordinaire, 10 °/0 sur les ouvrages absolument nets.\nChez MM. Rouart, Lerolle et Cie, 18, boulevard de Strasbourg\nChez MM. Bouvens van der Boyen et Cie, 6, Square de l'Opéra, 10 °/0\nouvrages absolument nets.\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, 10 °/0 sur\ndes Maîtres de la Musique.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 °/0 tur les volumes de la collection des\nMusiciens célèbres.\nChez M. Fischbacher et Cie, 33, rue de Seine, 10 °/0 sur ?es ouvrages de leur librairie.\nLa liste de tous les Amis de la Musique é\nprovince n'auront qu'à adresser directement leurs comma\nleur envoyer des maintenant le Catalogue d, ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 50 °/0 sur es\ndroits d\\ inscription à toutes les sections.\n30 Nos amis, de Paris et de province,\navis et indications dont ils auraien\nun plaisir de leur communiquer gratuitement.\n\nN. B. Les adhésions qui nous parviendront pendant ces deux derniers mois\ns'appliqueront à l'année 1910. Néanmoins ces nouveaux Amis recevront immé*\ndiatement leur carte, ils bénéficieront du service du Bulletin mensuel et de tous\nles avantages réservés à nos membres."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.9", "texte": "• • •\nVlll\nBULLETIN DES AMIS\n\nEXTRAIT DES STATUTS\n3. La Société se compose de membres\ndonateurs et de membres actifs.\nLes membres créateurs sont les personnes sous\nPour être membre fondateur, il faut avoir versé au moins une fois une cotisation minimum\nde 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser u 100 franc\nPour être membre actif il faut verser une cot 20\nun versement unique de 500 francs.\nLa cotisation annuelle de2o francs est réduite\nLe titte de membre d'honneur pourra être\npersonnes qui rendront ou auront rendu des services signalés à VAssociation sans\nqu elles soient tenues de payer une cotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de la Société\nL.a liste et les statuts sont envoyés gratuitement a tous ceux qui en font la demande.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à M. ECORCHEVILIE\nsecrétaire général, 22, rue Saint Augustin, Paris.\n\nF r\nSOCIETE FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n22, RUE SAINT AUGUSTIN, 22, PARIS\nJ'adhère à la Société Française des Amis de la Musique\net m engage à verser\nou (2)\ntous les ans la somme de francs,\nla somme de francs,\nque je prie M. LÉO SACHS, trésoriery de vouloir bien percevoir a Vadresse suivante :\nA - , le 19\nSIGNATURE\n{Fondateur : Versement unique d'une cotisation minimum de 1.000 francs.\nDonateur : Versement d'une cotisation annuelle de 100 francs.\nActif : Versement d'une cotisation annuelle de 20 francs rachetable par\nun unique de 500 francs.\n(2) Effacer l'une ou l'autre formule."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.10", "texte": "Cette publication est uniquement docum 1\nLa plupart de ces documents inédits ont été légués à la ville de Rouen\npar Mme Samson-Boieldieu et sont a la B a\ntiere (maison de retraite fondée a Boisguillaum\ncompositeur rouennaisj.\nM. Charavay ma très aimablement autorisé a utiliser ses catalogues\nd'autographes. \"J'ai cité tous ces fragments\nprivées et dont les originaux malheureusement\nEnfnfai cru devoir résumer ou men\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nA Fournier.\nDans une lettre du 7 août 18302 Boieldieu raconte la Révolution de Juillet.\nC'était cependant une jolie place que celle de roi de France ! La perdre volontaire-\nment par un trait de plume. Faire verser le sang par un ridicule et barbare entete-\nment, on ne peut concevoir tant de démence. C'en est fini pour eux, maintenant\npensons à nous. Les gens raisonnables désirent que le plus promptement possible\nle duc d'Orléans soit proclamé roi des Français, et je suis de ce nombre.\n\n1 La Rivista Musicale Italiana publiera prochainement d'autres lettres de Boieldieu : de 1800 environ à\n1827. Celles de 1827 à 1830 paraîtront sans doute dans un journal de Rouen.\nL'orthographe de Boieldieu laisse beaucoup à désirer, comme on pourra le constater bien qu a\nl'impression beaucoup de fautes aient été corrigées, que ma copie avait scrupuleusement respectées. Boieldieu\nsupprime très souvent les accents, les virgules, les apostrophes, les cedilles, les majuscules au commencement e\nlî phrase. Il ajoute ou plus souvent supprime des lettres dans l'orthographe des mots.\nCharavay."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.11", "texte": "ÇOO\nS. I. M.\n\nL.a.s. àM. Philidor, 3p. pl. in-8. Quelques Taches.1 Paris, 28 Oct. 1830.\nCharmante et spirituelle épître toute relative à la propriété de Jarcy.\nA Fourttier. 2 Paris, dimanche 7 Novembre 1830.\n\" CH ER BON AMI,\n... \" Ne laissez pas grossir de somme car je serais gêné au étant\nrogné comme je le suis par le théâtre, par la liste civile et par Janet qui paye bie'r\ndifficilement par 400 fr. par mois (mais jusqu'à présent il paye)...\n\" Le pauvre Andrieu a une inflammation de poitrine et d'intestins que rien\nn'a pu dompter... il semble tomber en consomption... Voici encore un coup fatal\nqui les menace...\n\" Quant à mes affaires3 elles restent in statu quo. On dit cependant que cela va\nse décider. On a débattu hier àla chambre des pairs l'article des pensions sur\n1 Charavay.\n* Cote 286, pièce 25 (49 au crayon). Les coupures sont indiquées par des points.\n• Sur les affaires de Boieldieu à cette époque voici les pièces officielles.\nCote 203, 5* (9 pièces). Titres et brevets de pension et traitements alloués à M. B. Supprimés à la révolu\ntion de 1830.\nP. 74. Avis de suppression. 9 sept. 1830. A partir du ier oct. (Commission de la liste civile —àM. B\ncompositeur-accompagnateur de la musique particulière du service de la chambre.)\nP. 75- 16 <*éc. 1815. (A dater du ier janvier 1816). Argenterie, menus plaisirs et affaires de la chambrt\ndu Roi. N# 174 C. B. Compositeur-accompagnateur. 2000 fr.\nP. 76. 14 févr. 1828. Pension de retraite comme professeur au conservatoire. 2000 fr. à dater du 1\" janv.\nP. 77. 10 Déc. 1825. Lettre de Pixérécourt annonçant la pension de 1200 fr. (iw janv. 1826).\nP. 78. 14 avril 1825. Lettre de La Rochefoucauld.\nP. 73. Livret de pension de 1200 fr. inscrite au registre AN* 49 sur la caisse des fonds particuliers du\nRoi. 1200 fr., arrêtée fin 1830.\n,P- 79- sept. 1825. Titre de pension (parchemin. Reg. A, N° 49). à dater du ier avril. Fonds de secoun\net d'encouragement aux lettres et aux arts, caisse des fonds particuliers du Roi.\nP. 80. 6 mai 1825. Envoi du règlement. Demande d'extrait de naissance.\nP. 81. Règlement concernant les pensions.\nSur le nombre ciereprésentations des ouvrages de Boieldieu et sur ses droits d'auteur voici les renseignements,\nmalheureusement incomplets, que contiennent les diverses cotes de la succession Samson.\nReprésentations depuis la réunion des théâtres Favart et Feydeau en l'an IX (1801) jusques et compris 1812:\nAn 10 40\nAn 11 76 Se décomposant ainsi :\nAn 12 54\nAn 13 46 Zoraïme et Zulnar 75\nAn 14 —l7 Le Calife de Bagdad 175\n1806 31 Beniouoski 4\n1807 —22 « Ma Tante Aurore 132\n1808 —23 * Rien de trop 16\n1809 18 Jean de Paris 36\n1810 —lB La Jeune femme colère 20\n1811 51\n1812 62\n458 >"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.12", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n\n9°i\n\nl'Etat et elles restent conservées, espérons qu'il en sera de même pour celle de la\nliste civile mais on n'en est pas encore là..\nLe théâtre va toujours mal, et si je n'ai pas une place qui compense la perte\nque je fais de celle de la musique de la chambre de l'ex-Roi je serai très embarassé,\nenfin attendons et espérons tout du Roi Philippe qui a de très bonnes intentions,\ndit-on, pour les arts. \"\nFormules de souvenir.\n\" Adrien est aussi grand que moi et fort en proportion. Il est toujours bon\nNombre des représentations Droits d'auteur (Feydeau) Départements\nà Feydeau\niSII (mars à nov.) 2.435,98\n1812 (mars à déc.) 4-607,37\n(Jean de Paris le 4 avril. Il ya en avril 1691,47 de droits, mais avec une retenue de 914,20 pour les billets)\n1813 95 (janv. à déc.) 6.358,39\n(Le Nouveau Seigneur du village le 29 juin)\n1814 104 (janv. à déc.) 9.076,95\n1814 droits d'auteur pour la province de\ndéc. 1813 à déc. 1814 3.058,99\n(12 février : Bayard à Mé&ières; 21 mai.* Henri IV en voyage ; 13 juin : Angela)\n1815 133 (janv. à déc.) 7.344,78\n1816 118 (janv. à déc.) 7.745,10\n('5 mars: la Fête du village voisin; 18 juin: Charles de France)\n1817 113 4.845,90\n1818 139 11.394,90\n(Dont 48 du Petit Chaperon rouge : 30 juin)\nI 2* 8.919,26 (plus 3 mois de droits pour les - s/c\n1 20 -5 39» 2 départements ans doute) 1 *043,86\n(29 avril : Les Voitures versées) joué en 1808 à St. Pétersbourg.\n1821 123 7-553>72\n(3 mai : Blanche de Provence.)\n1822 60 (manque août) 3.807,21\n1823 8 7 4.806,18 (plus sans doute un mois de départements,) 229,29\n1824 3.295,12 (4 mois) 2.860,57\n(zj Avril: les Trois genres.)\n1825 10 juin : Pharamond 8.610,71 (les 12 mois) 3-397>3*\n10 déc. : La Dame Blanche\n1826 (4 mois) 9.439,17 (5 mois) 1.980,56\n1827 (3 mois) 2.603,85 (4 mois) 1,632,70\n1828 (9 mois) 7.150,25 (8 mois) 3.996,21\n1829 20 mai : Deux Nuits (11 mois) 13.407,34 (les 12 mois) 5.688,85\n1830 aucun renseignement\n1831 (4 mois) 2.169,17\n1832 (7 mois) 2.380,11 (les 12 mois) 4.362,28\n1833 ill mois) 1.677,48 (les 12 mois) 4.080,85\n1834 (11 mois) 2.700,18 (les 12 mois) 3.947,49\nEn 1834 Boieldieu touchait comme pensions (d'après les comptes de M. Michel).\nInstitut : 99 fr. par mois (plus les jetons) ; caisse de vétérance : 123 fr. par trimestre ; Min. de l'lntérieur:\n500 fr. par trimestre j Supplément : 166.66 par trimestre ; Conservatoire : 318.65 par trimestre."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.13", "texte": "go 2\nS. I. M.\n\ngarçon, il va bien à l'harmonie. Le piano lui donne plus de mal il a de la roideur\ndans les doigts mais si il doit être compositeur je m'en console. \"\nIl donne des nouvelles de sa santé et s'informe de celle de tous...\n\" Il y a un mois j'ai eu une forte fièvre et il m'est resté une petite irritation\nde poitrine... \"\nA Fournier. 1 \" Ce jeudi 1 (s. d. 1830) ?\n(sans nul doute 2 décembre 1830.'\n\" CHER BON AMI,\n...\" Les journeaux vous auront sans doute appris la nouvelle perte que nous\nvenons de faire dans notre ami Catel 2, mort après deux mois de la même maladie\nque celle du pauvre Andrieu. C'est aussi après une partie de chasse où il a ét\nmouillé jusqu'aux os qu'il est tombé malade : ces deux pertes consécutives ont\nbien changé pour moi l'aspect de ma campagne. Andrieu et Catel donnaient du\nmouvement à ce Jarcy, c'était pour moi un besoin de les y voir et, je vous l'avoue,\nje suis tout dégoûté de jarcy, je veux le mettre en vente au mois de mars. C'est\ntout-à-fait décidé. Mais trouverai-je à vendre ? voilà la grande question. Si j'y\nréussis, il n'est pas impossible que j'achette un près de Rouen,\nQuand nous en serons là, nous en causerons, nous ferons des projets, c'est toujours\namusant. Notre théâtre va bien mal, il ne reste plus que 3°--* ° francs des 300 mille\nque les actionnaires avaient en caisse pour faire marcher la machine. Vous voyez\nque cela ne peut aller bien loin. Ajoutez à ce malheur qui nous menace que rien\nne se décide pour les pensions de l'ancienne liste civile. Janet paye difficilement...\nqu'allons-nous devenir ? La guerre, si nous l'avons, va nous achever...\n\" Il ne renouvellera pas le bail de son appartement à Paris... peut-être iront-\nils dans une chaumière aux environs de Rouen.\n\" Voilà la seule compensation des existences bousculées. Cela permet de\nfaire des projets.\nA Fournier.4 \" Paris, ce 31 xbre (1830).\nB. s'excuse de lui avoir envoyé un jeune peintre qu'il n'a pu retenir...\n\" La voilà donc finie, cette vilaine année 1830 qui nous a été si fatale en tout\ngenre ; puisse la suivante être plus heureuse ! je vous la souhaite ainsi pour vous\ntous, mes bons amis, et je suis bien sûr que vous faites les mêmes vœux pour\nmoi, car sans cela, il me faudra quitter ce gouffre de Paris. Enfin croiriez-vous\nque, en économisant le plus possible, en me privant de mille choses, j'ai encore\n\n1 Cote 286, pièce 27 (47 au crayon).\nBoieldieu semble avoir daté : novembre. Mais la lettre est certainement du 2 déc. (qui est bien un jeudi),\nCatel étant mort le 29 nov.\n* Catel (1773 —29 nov- 1830).\n3 Déchirure (sans doute 30.000).\nCote 286, pièce 28 (48 au crayon)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.14", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9°3\n\ndépensé cette année pour Adrien et moi 19.000 fr.; sans compter les gros travaux\nde campagne, et quelques objets mobiliers qui ne font point partie de la dépense\nannuelle ! Il faudra bien cependant trouver un moyen de moins dépenser puisque\ncette année je ne toucherai pas plus de 12 à 15 mille francs, et encore en supposant\nque le théâtre se soutienne, car sans cela il faut s'en aller et mettre la clef sous a\nLté. Enfin espérons, et surtout soignons nos santés, c'est le principal. _ J ai\ntoujours mon enrouement, et cela depuis deux mois. Vesicatoire, fumigations,\nJien n'y a fait, et si l'organe ne me revient pas comment ferai-je pour composer,\nmoi qui ne puis composer qu'en chantant. Du reste je ne souffre pas, 1 nya\npoint d'inflammation à la gorge, cest seulement un voile qui m ote 1 organe.\nParlez-en donc au bon Docteur...\niFmrnier.' \" Ce 15 avril (1831).\n\" CHER BON AMI,\n\" T'avais le besoin de causer avec vous... Mes affaires vont de mal en pis, et\nce maudit enrouement m'empêchant de travailler je n'ai plus les moyens de\nréparer le mal que me font les événements, j'ai perdu places, pensions, et la, seu e\nchose que i'espérais conserver, la pension du conservatoire de 1400 tr., va, dit-on,\nêtre réduite à moitié. Ainsi donc de 6.000 fr. que j'avais il me restera 700 fr. De\nplus, ie perds 10.000 fr. avec Janet. Ajoutez à cela la situation du theatre, et vous\nverrez quelle est ma position. J'en suis à être forcé de vendre quelques bijoux,\nquelques pièces d'argenterie pour payer les billets de Janet que j avais passes a\ndes ouvriers de campagne. Enfin ne pouvant vendre Jarcy bien que je 1 aie mis\nsur les petites affiches je ne sais vraiment où donner de la tete Tachez donc de\nme débarrasser de X... et que je n'aie plus que ma mère a ma charge...\ncc Comment va-t-elle ? lui a-t-on acheté un fauteuil •\nIl voudrait aller le voir, « mais il y a impossibilité, il faut que je suive un\npeu la marche que l'on va prendre pour réclamer auprès du gouvernement II va\nbien falloir réclamer et dans ce cas les absents auraient tort. D ailleurs pour\nenrouement qui commence à m'inquiéter on me conseille un voyage dans le midi,\non voudrait même que je fusse en Italie passer l'hiver prochain. Vous sentez que\npour Adrien il faut jusqu'à ce moment, il ne faut pas que j interrompe ses etudes\ndans cette intention de voyager, je ne vais même pas^m installer a et c e\nà mon grand regret, car de ce beau temps Paris m est insupportable , mai\nn'est pas la seule privation qu'il faut que je m impose...\n\" Comment le bon Laroche 2 supporte-t-il son veuvage .\nIl demande des nouvelles de tous, de l'Adrien 3 ou 4, car il se perd dans les\nAdri«nân espère que les affaires vont reprendre. Les marchands sont plus con-\n\ni Cote 286, pièce 2 (46 all crayon). . , r .1Y morte le c février\n* Marie-Anne D'huicque, qui avait épousé Laroche le 15 Juin 1784 a Evreux,\n1831 à Rouen, âgée de 68 ans."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.15", "texte": "904\nS. I. M.\n\ntents. Pourvu que les brouillons ne viennent pas nous troubler, mais les pauv\nartistes sont bien malheureux ! re\n\" Adrien dit mille et mille choses à ses petits amis, il est bien content de\nque vous lui dites de sa romance. Cela l'encourage, il va bien à l'harmonie mC\nil ne sera jamais grand pianiste. J'en prends mon parti si il est bon compositeu\n\" Dites mille et mille choses à Ponchard et à sa femme.\" Son frère se remarie\nL. a. s. au Ministre des Travaux publics et des Beaux-arts, 2 mai 1871.\nI p. in-folio. 1\nII expose qu on lui a supprimé une pension de retraite de 2.000 fr et un\nautre pension de 1.200 fr. sur les fonds du roi. Il demande le rétablissement d\nces pensions ou sa réintégration dans la place de professeur au Conservatoire\nfaute de quoi il se verra forcé de quitter Paris. '\nAvant de quitter Paris, Boieldieu remit à M. Jules Michel, agent dramatique\ntous ses papiers et titres. C est celui-ci qui touchera désormais pensions et droits\nd auteur et souvent fera des avances de fonds au compositeur. '\nA Fournier. « Des Eaux Bonnes, le 24 juillet 1831.\nJe voulais attendre quelque résultat des eaux, cher bon ami, pour vous\ndonner de mes nouvelles, mais comme il paraît que ce n'est pas tout de suite\nqu on ressent 1 effet de ces eaux, je ne veux pas différer de vous donner au moins\nquelques détails sur notre voyage, et même sur ma santé.\n1 Charavay.\n2 Cote 203, Cote 3, 66 pièces.\nPièces établissant la recette effectuée pour son compte de ses droits d'auteur par M. Michel et pouvant\nservir de renseignement sur le compte à rendre par ce dernier. P\nPapiers ou titres remis a M. Jules Michel le 24 juin 1831 :\n1. La procuration donnée à M. Michel ;\n2. L autorisation de vendre 1 entrée du Th. de l'Opéra comique ;\nch.mLLdußr-p°yeep°nU-ti«f U d',é,è\"\"C' P0\" \"'ïiCe fa\" 4 h\n4. Pension de 1.274 fr. 38 sur l'Opéra payable par trimestre ;\n5. Titre pour le supplément de la pension ci-dessus de 725 fr. 42 •\nde 1 'Opéra-c o m iqae) f r°Péra-comi<iue (1200 fr. payable 'sur le fonds subventionnel du Théâtre\n7. Lettre de M. Royer-Collard servant de titre à une pension annuelle de 1.200 fr., payable mensuellement.\nPapiers remis pour renseignements et servir au besoin :\n8. Livret de la Pension de 1.200 fr. sur les fonds particuliers du Roi (année 1810 pavée) •\n(i6déc. iSS n°mmatlon de M\" Boleldleu àla place de compositeur de la musique de la chambre du Roi\n(26 déc.\" I^2 DUC D'Aumont annonÇant la pension accordée àM. Boieldieu sur le Théâtre Feydeau\n11. Lettre annonçant la suppression de la place de compositeur de la chambre du Roi (9 sept. 1830)\nkn tout 11 pièces ou titres.\n(Signé : JULES MICHEL.)\n\n5 Cote 286, pièce 17."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.16", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n905\n\n\" Tout en allant en poste nous avons mis dix jours pour nous rendre de\nParis a Bonnes, et pendant tout ce trajet je n'ai que très peu eu à me plaindre de\nma poitrine et de ma gorge, sauf l'enrouement qui même dans ce moment est\ntoujours le même, mais j'ai horriblement souffert de mon estomac. A peine arrivé\nle repos a fait cesser ces affreuses douleurs, ce qui me prouve bien qu'elles sont\npurement nerveuses. Du reste, pendant mon voyage, je me suis trouvé plus de\nforce que je n'en avais à Paris lors de mon départ, l'appétit est tout à fait revenu\net à Bonnes les eaux l'ont augmenté ; mais en revanche, ces eaux me fatiguent\nsans m iriiter cependant, car alors ma poitrine en saurait quelque chose, au total je\nne puis encore prononcer sur leur efficacité, et tout le monde me dit' ici que ce\nnest qu au bout d un mois que je pourrai apprécier les effets.\nCe qui me tourmente c est de voir ce maudit enrouement toujours tenace •\nmais comme n est pas douloureux, j attends avec patience. J'espère aussi que le\nbeau temps qu on nous promet aura de 1 influence sur cet enrouement, et il serait\ntemps que nous vissions un peu le soleil.\n\" Le croirez-vous : aux portes de l'Espagne hier encore j'étais en bas de\n! aine, j avais mon manteau, et je me suis chauffé toute la journée, voilà le climat\ndes montagnes, ajoutez a cela des brouillards continuels et vous serez convaincu\nque ce n'est pas en allant toujours devant soi au Midi qu'on trouve la chaleur\nquand il y a des montagnes. Aujourd hui le vent d'Espagne a cessé, c'est lui qui\namene les brouillards, aussi voyons-nous le soleil et commençons-nous à sentir un\npeu de chaleur. Du reste, ce pays est très pittoresque mais ce sont toujours des\nmontagnes. Ma femme et Adrien qui ne sont là que comme amateurs voudraient\nbien être sur la route de Toulouse Marseille Nice et enfin sur celle de Rome et\noeNaples, moi j ai dans l'idée que nous allons nous installer pendant trois mois à\nNice, on dit que c'est un si beau climat que ma foi ce serait folie d'aller s'ennuyer\nâ x ise.\nSi Nice nous convient, c est de là que nous partirons pour faire notre tour\ni Italie, si toutefois je suis en état de voyager, et si les événements politiques le\npermettent, c est a Nice (ou nous serons ala mi Bbre)8bre) que nous réglerons notre\nmarche, il est probable que nous séjournerons un peu à Toulouse, à Marseille,\ni. . -J^nîln nous nous arretterons partout où nous nous trouverons bien, je vous\nécrirai d'une de ces villes et j'espère que dans ma première jaurai a vous annoncer\nu mieux dans ma santé. Ce qu'il y a de positif c'est que les eaux bonnes ont\nguen des maux de poitrine et des enrouements bien autrement inquiétants que celui\nfe J îll y aurait donc mauvaise volonté a ces eaux, qu'il faudrait alors débap-\nser, si elles ne faisaient rien en ma faveur. J'attends donc et j'espère. \"\n[Suivent des formules affectueuses et de souvenir pour tous.]\n\" N'oubliez pas le pauvre voyageur car il pense bien à vous tous. \"..."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.17", "texte": "goô\nS. 1. M.\n\nL. a. s. àM. Pierlot, à Nice ;3 p. pl. in-8. 1 Hyères, 30 nov. 1831.\n[Spirituelle lettre intime au sujet de son séjour dans le Midi, où il a.\nobligé de se rendre pour raison de santé.]\nL. a. s. à Cherubini, directeur du Conservatoire de Hyères, 10 déc. 1831.\nmusique ;3 p.in-\\, adresse.2\n[Nouvelles de sa santé, fort altérée ; description charmante de son nouvt.\nséjour ; détails sur ses relations, ses habitudes nouvelles, son genre de vie et ce'\nde sa famille. Passant à la question musicale, il demande à Cherubini son opin\nsur Robert le Diable de Meyerbeer 3 qui vient d'être joué et qu'il ne connaît j\nFétis en dit du bien ; d'autres, du mal. Lequel croire ?\nReproduit :\" Ma femme et Adrien disent mille choses à Mme Cherubini e\ntoute la famille. Moi, j'en embrasse le célèbre chef comme je l'aime.\n\" Votre bien attaché : BOIELDIEU. \"\nL. a. s. à Gustave Bénédit, à Marseille ; \\\\p. in-\\. Hyères, 17 déc. 1831.\nTrès légère déchirure.4\n[Très belle lettre où il le remercie de l'article bienveillant qu'il a consacra\nson opéra Les Deux Nuits.Boieldieu rappelle que cette pièce eut un très heure\nsuccès, mais que M. de Saint-Georges la fit disparaître du répertoire pour fc\nreprésenter un opéra-comique dont il avait écrit le livret.]\nL. a. s. à Choron ;\\i p. in-8. 5 (1831.)\n[Il remercie Choron de son invitation aux Concerts du Conservatoire.]\nA Fournier.6 \" Hyères, ce 17 déc. 1831.\n\" CHER BON AMI,\n\" Je suis vraiment tout inquiet de n'avoir reçu aucune réponse de vous a\nlettre que je vous ai écrite des eaux bonnes et dans laquelle je vous priais, je cr:\nbien me le rappeler, de me répondre à ces mêmes eaux bonnes ou je devais encc\nrester alors quinze à vingt jours, enfin javais espéré que par M.Mme Mollienvc.\nauriez su la marche que nous avons suivie, ce qu'elles mêmes auraient pu sav:\npar Mme phillis, et que jaurais trouvé un mot de vous à Montpellier 011\n\n1 Charavay. M. Pierlot, propriétaire dont il est souvent parlé dans la correspondance, voyagea tut:\navec Boieldieu et se montrait plein d'attentions pour le compositeur malade.\n2 Chavaray. Cherubini (1760-1842).\n3 Robert le Diable, 21 nov. 1831.\n4 Charavay.\n6 Charavay. Choron (1772-1534).\n6 Cote 286, pièce 16."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.18", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9°7\n\nMarseille, mais nous avons été trompés dans notre esperance et maintenant nous\nsommes véritablement inquiets de votre silence, rassurez nous donc, nous vous\nserons d'autant plus reconnaissants que si loin de tout ce qui nous est cher, si\nloin de nos habitudes nous avons vraiment besoin de dédomagement et il n'en est\npas qui soient plus précieux que les lettres de ceux que nous aimons, je desire\naussi avoir des nouvelles de ma mère, de nos amis Caumont, je compte sur vous\npour tout cela... quand serai-je débarassé de X... ? quand pourra-t-il n'etre plus a\nma charge, moi qui suis ruiné complettement, tant par les pertes que jai faites et\nle mauvais état du theatre qui me nourissait, que par les dépenses que je suis\nobligé de faire en parcourant ainsi en poste avec quatre personnes quatre (a cinq)1\ncents lieues de pays car je n'ai fait guere moins, et il faudra y ajouter deux cents\net quelques lieues pour le retour, a 7 fr. 50 2 par poste sans compter les auberges,\nles médecins que je consulte sur mon chemin, les racommodages de voiture et\nbien d'autres frais, vous devez voir ce que j'ai du dépenser, pendant ce temps le\nloyer de paris, le jardinier et les autres frais de jarcy que je ne trouve pas a vendre,\nn'en vont pas moins leur train, vous voyez que je ne fais pas de bonnes affaires,\nsi au moins tant de sacrifices me rendaient la santé ! mais hélas je ne vois pas\nencore arriver ce résultat tant désiré, les eaux bonnes cependant si elles n'ont rien\nfait a mon extinction de voix qui est toujours la même m'ont cependant redonné\ndu ton et fait cesser les douleurs d'estomac dont j'ai tant souffert pendant mon\nvoyage de Paris aux eaux bonnes, depuis lors j'ai conservé l'appétit, le sommeil et\nla force vitale que les eaux bonnes m'ont rendus, mais jai toujours de l'irritation\nde poitrine, je tousse assez fréquemment, l'extinction de voix est presque totale,\nmais cependant sans souffrance aucune, a Montpellier j'ai consulté le fameux\nM. Chrétien, il m'a fait prendre force limaçons et force bouillon du même légume,\ntout cela ne m'a rien fait, depuis mon arrivée a hyeres je prends du lait d'anesse\nmatin et soir, jen espere du bien, mais sur quoi je compte c'est sur le climat vrai-\nment admirable de ce pays. Il y a bien par ci par là des vents du nord qui sont\nassez aigres mais généralement le froid n'est point connu dans ce pays, les\norangers sont en pleine terre et nous les voyons de nos fenêtres couverts\nd oranges, malgré qu'il en parte tous les jours des centaines de caisses pour paris,\nnous avons constamment 12 a 15 degrés de chaleur dans la journée, le pays est\ncharmant, la vue de nos fenestres est enchanteresse, des jardins d'orangers, de\nbelles prairies et enfin la mer qui est a une demi lieue de nous, voila ce que je\nvois tous les jours en sortant de mon lit. ma femme et Adrien partagent mon\nravissement, et quand le soleil vient animer tout cela nous sommes là les fenestres\nouvertes nous délectant et aspirant ce bon air doux qui nous fait croire être a paris\nau mois de mai ou de juin, jespere donc que ma santé se trouvera bien de tout\n°ela et que je retrouverai a hyeres cette belle voix que je donnais au lutrin, quant\nà la ville d'hyeres elle est petite mais très animée, quant a la société nous en avons\n\n1 Barré.\n' I ou 7, tache d'encre, peu lisible.\n2"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.19", "texte": "008\nS. I. M.\n\ndéjà plus qu'il ne m'en faudrait moi a qui l'on defend de parler, nous avons\nbon médecin nommé allegre ce dont j'ai toujours envie de faire allegro. v<v\nvoyez que nous pouvons fort bien rester ici quatre mois, après ce temps je com>\nretourner à paris, mais on ne me l'a pas caché, je serai peut être forcé de retourr\naux eaux bonnes ou l'on est forcé de recourir plusieurs années de suite p0\nguérir les affections du larynx, il sera bien fâcheux pour mes intérêts d'en i\nréduit là. il faudra se résigner s'il le faut absolument. M. Chornel 1 cependa\nespere que le séjour des pays chauds m'evitera un nouveau voyage aux ea\nbonnes, esperons qu'il en sera ainsi, mais ce que jespere plus prochainement q\ntout cela c'est une lettre de vous qui me dira que vous vous portez tous bien\n[Formules affectueuses.]\nA Fournier.2 \" hyeres, ce 31 déc. 1831.\n[Il s'excuse d'être en retard... Adrien vient d'être bien malade : il a\nune fièvre de cheval qui lui a duré neuf jours et neuf nuits... il est mieux...]\n\" vous jugez bien que ma femme et moi avons été sur pied pendant tout\ntemps, et chose étrange cette fatigue loin d'ajouter à mon mal m'a fait croire a.\njetais beaucoup mieux tant l'inquietude a stimulé toute ma machine, ce mieux\nsoutient et sauf mon extinction de voix qui est toujours la même et qui d'après '\ndire de notre Docteur ne cedera qu'au retour de la chaleur, je me sens véritab ■\nment mieux partant, ma poitrine va bien, je n'ai aucune douleur au larynx, il tr\nfaut de la transpiration et si ce qu'on nous promet du climat est vrai elle nés\nfera pas longtemps attendre car le printemps commence ici vers le milieu G\njanvier ; mais jusqu'à présent sauf quelques beaux jours qui étaient des joursc\nprintemps, nous avons eu un temps froid et humide, aujourd'hui nous avons trt\nfroid, il a gelé a 1 degrés cette nuit, mais malgré cela les orangers sont toujour\nlà, sous nos fenêtres, la tête haute couverts de fleurs et de fruits, c'est vraimer\nun pays charmant et cette belle mer qui termine le tableau rend tout cela ravissaiï\nOn nous avait effrayés sur l'ennui que l'on éprouvait à hyeres, mais les gens ai\nnous en avaient dit du mal, sont de ces gens du monde qui ne conçoivent pa\nqu'on puisse être heureux sans grand monde, nous nous trouvons qu'il y a encor:\ntrop de monde et nous avons déjà plus de visites à recevoir et a rendre que non\nn'en voudrions, la seule maison Talleyrand (l'ancien ambassadeur en Suisse) not\nsuffirait bien, nous avons de plus un Prince autrichien fort aimable qui ne noi\nquitte presque pas. ajoutez a cela deux paires de comtes et de comtesses, et ce qu\nj'aime mieux que les comtes, quelques habitants du pays fort bonnes gens, vot\nverrez que nous n'avons pas trop le temps de nous ennuyer, aussi dans ce bea.\npays nous trouverions nous très heureux si ma femme et moi n'étions pas éloigne\nde plusieurs habitudes cheres auxquelles chers bons amis vous n'etes pas étranger:\n\" Mais que signifie leur silence ? \"\n\n1 Son docteur.\n2 Cote 286, pièce 15."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.20", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9°9\n\n[Il envoie une lettre de bonne année à sa pauvre mère, et 50 fr. d'étrennes\npour quelqu'emplette utile... il renouvelle ses souhaits en terminant.]\nA Mme Lemonnier. 1 Hyères, 31 déc.\n[Il lui annonce le rétablissement d'Adrien. Mais il ne faut point le faire rester\nappliqué pendant tout le temps que son physique croîtra en longueur... \" Cela est\nfâcheux pour son talent, car aujourd'hui surtout ce n'est que par beaucoup de\ntravail que l'on peut parvenir à avoir un grand talent et sans cette supériorité on\nreste dans les amateurs... \" Il mange ses économies à parcourir la France... Que va\nfaire son mari si le théâtre ne rouvre plus ? qu'il vienne dans le Midi... que\ndeviendra l'opéra-comique ? : \" je doute qu'on obtienne un grand succès dans cette\nsalle antimusicale pour les voix et pour l'orchestre... \" Il va se faire marchand\nd'oranges ou de citrons puisque leur commerce ne va pas du tout....]\nA M. Lambert. * [Eloge de Thalberg.] Même jour.\nLa.s. à Mme Cherubini ;3 p. pl. in-%. 3 Hyères, 7 fév. 1832.\nTrès intéressante lettre où il raconte l'existence qu'il menait à Hyères, où\nsa laryngite le forçait d'habiter. Le jeune Thalberg, un habile pianiste, a donné\nune représentation. \" Adrien et moi l'avons secondé, moi en tenant le piano pour\nla musique vocale et Adrien en accompagnant une romance de sa composition qui\na eu beaucoup de succès. \"\nL. a. s. à M. Pierlot ; 2 p. pl. et quart in-8. Hyères, 20 fév. 1832.\nportr. in-S et in-\\. 4\nIl l'entretient de sa mauvaise santé. \" ... On nous a trompé sur le climat\nd'Hyères et de Nice ; le vent d'est nous est très incommode, il m'irrite la poitrine\net me donne quelquefois l'envie de retourner à Paris... ce serait un grand plaisir\npour moi d'aller faire quelques bonnes causoteries avec vous... \"\nLa copie d'une lettre de Boieldieu à Meyerbeer ; i 3 p. in-S. Hyères, 1832.\nToute relative à Robert le Diable.\n\n1 Pougin, p. 289-91.\n2 Pougin, p. 292.\n3 Charavay. Sigismond Thalberg (1812-71), fils naturel du prince Maurice Dietrichstein et de la\nbaronne de Wetzlar, commençait alors ses brillantes tournées de virtuose.\n4 Charavay."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.21", "texte": "910\nS. I. M.\n\nA Fournier 1\n\" hyeres, ce mai 1832.\n\" CHER BON AMI,\n\" je glisse ce petit mot pour vous dans une lettre que ma femme adresse\nson fils, et je voudrais bien que par le même moyen (c est a dire en envoya;\nvotre petit mot a Bertin) vous me fissiez savoir comment voi.\nvous portez tous ainsi que ma mère dont je ne peux avoir de nouvelles que p-.\nvous, vous devez comprendre l'inquiétude que l'on a dans un tel moment poi\nles parents et les amis quand ils sont environnés de cette affreuse épidémie. Jet\ndoute pas de toutes les précautions que vous prenez pour n'être point attein\nmais ma pauvre mere qui a si peu de propreté intérieure n'a-t-elle pas besoin ;\nsurveillance ? de grâce cher ami veillez y, et puisqu'elle a une nouvelle boni\nrecommandez lui d'être propre, de tout laver, de faire changer de linge ma pauv\nvieille mère vous devez penser que nous lisons avec anxiété les articles sat\ntaires qui touchent nos amis et parents, nous ne voyons pas que l'epidémie fas\nde grands progrès à Rouen, nous avons vu le 112. b. S 1 Sever est le lieu où\nchoiera s'est le plus fixé., ce nest pas le cas d'y aller faire promenade et noi\nesperons que vous restez sur la rive droite de la Seine, combien vous serez tx\ncher ami de m'ecrire tout de suite un mot, un seul mot. les nouvelles qi\nnous recevons de Bertin sont rassurantes, lui et Mme phillis sont plus tourment\nde notre inquiétude que du choiera dont ils n'ont aucune peur dans (nos)3 «/M\nnous n'avons aucune perte à déplorer, puisse-t-il en être ainsi jusqu'à la cessati;\nde la maladie que l'on nous annonce devoir être prochaine, mais il faudra co\ntinuer le régime et les soins de crainte de reprise comme en prusse où le choie\na reparu quant à nous nous n'avons rien d'inquiettant dans nos environs,\nmaladie ne gagne pas le midi, on avait parlé d'un cas de choiera a Draguign:\ntout près d'ici, mais c'est faux, il n'y a rien a Lyon a Marseille a Toulon, et l'r\nespere que dans tous les cas hyeres serait épargné par la salubrité de l'air\nl'odeur qui s'exale des orangers, mais cependant nous voudrions pouvoir bient\nnous mettre en route soit pour paris, si il n'y a rien a craindre à paris et sur\nroute à parcourir, ou pour les eaux bonnes où dans tous les cas il faudra que\nretourne pour essayer encore de mettre fin a cette maudite extinction de voixij\nest toujours la même si elle n'est pas plus forte, du reste la santé n'est f\nmauvaise, j'ai un peu d'irritation dans les bronches, je tousse un peu et voilât®\nvous voyez que nos projets sont en l'air et en vérité on ne peut en faire dansL\npareil moment, vous sentez que nous renoncerions a aller aux pyrenées si\nchoiera se montrait a Toulouse a Pau ou a Bayonne. s'il en était ainsi et que\nmaladie gagnat de nos côtes, nous irions peut etre a Nice, de là a Milan, on\nTurin pour revenir par la Suisse... Tout cela dépend de la [marche] 2 du mons'\n\n1 Cote 28 6, pièce 14.\nJ Déchirure."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.22", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n911\n\nque nous tacherons de fuir, si il est possible, mais quelle ruine cher ami de courir\nainsi a quatre personnes en poste ? enfin il s'agit de la vie, tout le reste n'est rien.\n\" Voila encore notre théâtre fermé, je gagne quatre a cinq cents francs par\nmois tout au plus, j'en dépense 1000 fr. cela ne pourra pas durer longtemps,\nque faire ? \"\n[... B. s'informe de leurs comptes,... du bon Docteur...\nLa lettre se termine par quelques lignes de Mme Boieldieu.]\nL. a. s. à M. Denis, maire d'Hyères ; Eaux Bonnes, par Pau, 24 juillet 1832.\n3 très grandes p. pl. in-\\. Ecriture fine et serrée}\n[Belle et charmante lettre, toute affectueuse. Souvenirs agréables de son\nséjour à Hyères auprès de lui. Sa situation aux Eaux Bonnes est un peu meilleure,\nquoique cependant son larynx soit toujours dans la même situation. Description\ndes sites des Pyrénées et de la société qui se trouve aux eaux, Rossini, le baron\ndeTremont, M. Aguado, qui va faire l'acquisition d'une grande propriété dans\nles environs. Il retournerait volontiers à Paris, mais le choléra y est de nouveau...\n\" Si le choléra se calme, nous suivrons nos anciens projets, et très probablement\nils nous conduiront près de vous, ne fût-ce qu'en passant. Mais si l'ltalie se\nrévolutionne, s'il y avait à craindre quelques vêpres siliciennes, nous pourrions\nbien rester près de vous au moins les trois mois d'hiver...\nA Berton.2 De Cauterets, ce 12 septembre.\nIl s'excuse d'avoir tant tardé à lui écrire surtout après avoir appris la mort\nde son fils... Sa santé générale s'est sensiblement améliorée, si le larynx est\ntoujours malade... On lui dit qu'il faudra peut-être cinq ans de soins et de voyages,\nmais il est bien près de son rouleau...\nLe gouvernement ne paraît pas disposé à taire quelque chose pour les\nartistes... \" les vieux artistes devraient être aussi des propriétés nationales que le\ngouvernement ne devrait pas plus laisser tomber de misère qu'il ne laisse tomber\nde vétusté les vieux monuments qui n'ont pas été plus que nous l'ornement de la\nFrance \"... il faudrait fonder une colonie d'artistes ruinés dans une de ces belles\ncontrées... on achèterait un vieux château bien situé... \" La vue de cette belle\nnature réchaufferait les imaginations engourdies, et, que sait-on ? il sortirait peut-\nêtre de ces vieux cerveaux des inspirations franches qui vaudraient bien celles\ntoutes spéculatives de certains élèves de la nouvelle école \"... Combien de jeunes\ngens qu'on envoie à Rome perdre les plus belles années de leur vie, qui préfére-\nraient, j'en suis sûr, venir pendant quelques mois faire avec nous leur philosophie\nmusicale ! Le ciel des Pyrénées vaudrait autant pour eux que le ciel d'ltalie...\n(développement de cette idée)... mais pour cela il faudrait vaincre cette prévention\n\n' Charavay.\n7 Pougin, p. 293-8."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.23", "texte": "912\nS. I. M.\n\nqu'un artiste ne peut vivre qu'à Paris, ne peut produire qu'à Paris... exemples\ncontraires de Voltaire et d'Horace... Il lui parle avec enthousiasme des Pyrénées,\net le prie d'obtenir l'indulgence de l'Académie pour un pauvre muet que les\nmédecins font voyager malgré lui...\n\" Adrien a fait à Hyères une romance qui est vraiment une chose marquante\npour la sensibilité, le bon goût et l'expression dramatique qui y régnent : car cette\nromance est une scène, et une scène des plus touchantes. Mais comme je ne veux\npas qu'il s'en tienne à des compositions éphémères, il travaille dans ce moment le\ncontre-point de l'ouvrage de M. Fétis. Cette étude m'amuse beaucoup moi-même,\net j'espère qu'elle ne sera pas infructueuse pour Adrien \"... Boieldieu parle de\nTarbes où il est et de Rossini que la famille Aguado promène partout sans\nqu'il lui en coûte rien. Il est bien heureux !...\nHenry de Thannberg1 cite un fragment de lettre à Berton (hiver de 1832,\nsans autre indication de date) : Le rêve de B. est de devenir possesseur d'une île.\nOn y vivrait en sauvages et l'on appellerait cette île, l'île des Arts ! à la condition\nexpresse de n'y faire ni musique, ni peinture... Il y a entre la lettre citée par\nPougin et ce fragment une contradiction singulière.\nA Fournier.2 \" Paris, ce 8 oct. 1832.\n\" CHERS BONS AMIS,\n\" Nous sommes enfin arrives, et il y a plusieurs jours que je veux vous\nécrire, mais vous savez ce que c'est que les premiers momens d'une arrivée après\nsi longue absence excusez moi donc si je ne vous ai pas écrit plutôt nous avons\nfait un assez bon voyage, nous avons vu des pays charmans, nous avons été pour\nla 2e fois aux eaux des pyrenées, j'y ai pris bains douches... tout cela ne m'a pas\nrendu la voix, elle est entièrement eteinte et jai peu d'espoir de la recouvrer,\ncependant jessaie depuis mon arrivée des fumigations avec l'appareil de Richard,\net je crois qu'elles me débarassent le larynx des matières muqueuses qui l'ob-\nstruent, mais ce a quoi tient beaucoup M. Chomel c'est que jaille passer l'hiver â\nPise, et je souscris d'autant plus a cet ordonnance qu'Adrien a bien envie de voir\nl'ltalie, et que moi même j'en ai un grand désir ; mais quels voyages ! que d'argent\ndépensé sans ce qu'il reste a dépenser pour retourner presque du point d'où nous\nsommes partis, mais ma femme voulait voir sa mere, son fils, Adrien n'était pas\nfâché non plus de revoir Paris, il a fallu céder, car pour moi mon désir eut été\nplus raisonnable, et de toulouse nous nous fussions acheminés, si jeusse été maître,\nvers Nice Gênes et Pise ! enfin c'est dans une quinzaine de jours que nous nous\nremettons en route, et il faut que nous nous pressions, afin de ne pas être pris\npar le froid en passant le Montcenis...\n\n1 H. de Thannberg : Le\n2 Cote 286, pièce 13."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.24", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9\"3\n\n[lls voudraient bien aller les voir, mais c'est impossible d'ici au 20 ou 25...\nils réclament des nouvelles de tous...]\n\" Ma femme est toujours grosse et grasse, Adien est bien grandi, il devient\ntrès bel homme, il est toujours bon comme le bon pain, il a composé des choses\ncharmantes... jen suis très content, il travaille le contrepoint à travers tout cela.\n\" Je vous quitte cher bon ami, car depuis ces maudites eaux dont j ai trop\npris il m'est resté une agitation nerveuse qui s'augmente quand j écris, on dit\nque c'est l'effet du voyage et des eaux et que cela va passer, sil en est de cela\ncomme de mon Larynx jai de l'agitation nerveuse pour longtemps, du reste je ne\nsouffre point du Larynx, jai bon sommeil et bon appétit, malgré cela, depuis un\nmois surtout jai beaucoup maigri... on dit encore que c'est l'effet des eaux dont\njai trop pris, dites bien au bon Docteur, si il a a envoyer de ses malades aux eaux\ndes Pyrénées qu'il leur recommande bien de n'en prendre que 3 semaines en\ncommençant par un demi verre, puis de reposer au moins 15 jours pour en\nreprendre ensuite pendant 15 jours, mais les médecins des eaux vous disent de\nboire jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'elles vous font mal, alors il est trop tard,\nle mal est fait, dites lui que les eaux bonnes sont les plus douces et les meilleures\npour le Larynx et la poitrine, jai voulu essayer celles de Cauteret en boisson, jai\neu tort : il ne me les fallait qu'en bains et en aspirations, de là est venue cette\nagitation que j'ai de la peine a calmer...\n\" jai bien pensé au bon Laroche en passant a Avignon son pays... c'est un\nséjour charmant surtout du côté de Vaucluse. quelles belles campagnes, quelle\nfertilité ! quel climat ! \"...\nMme Boieldieu prie ses bons amis de faire retrouver deux robes de chambre...\n\"je ne quitte pas Boiel étant obligée de parler pour lui \"... Cette si longue absence\nn'a produit malheureusement aucun bon résultat... Son fils a été très malade... Elle\ncraint bien que ce voyage ne soit pas plus heureux que l'autre.\nL. a. s. au chanteur Martin ; 1 2 p. in-%. Rare. 2 12 oct. 1832.\nTrès belle lettre de félicitations où il le remercie d'être venu chanter chez lui.\n\" On ne m'avait pas trompé, ton talent s'est rajeuni et jamais tu n'as eu une voix\nplus fraîche, plus facile, plus suave et plus expressive, jamais tu n'as eu dans ton\njeu autant d'esprit, de bon goût et de verve. \"\nL. a. s. ; 1 p. in-\\.2 17 octobre 1832.\nPension réclamée.\nL. a. s. à Paul, directeur de /'opéra-comique ; 1 p. pl. in-8. 2 21 oct. 1832.\nTrès jolie lettre.\n\n1 Jean-Biaise Martin (1769-1837).\n2 Charavay."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.25", "texte": "914\nS. I. M.\n\nL. a. s. à M. Jolivet 1; 1 2\nA Adrien.3\ncommencée jeudi à 2 heures et finie ce vendredi matin.\n23 oc. 1832.\nSans doute octobre 1832.\n\" CHER ADRIEN ! je recois ta lettre, et quoi que le cœur nous ait un peu\nbattu, à ma femme et a moi, en ne voyant pas ton écriture sur l'adresse, ce qui\nnous a fait penser que tu étais malade, nous avons été vite rassurés, et bien\ncontents d'apprendre la bonne réception que tu as reçue, non seulement de ta\nmaman 4ce dont je ne doutais pas, mais de cette bonne et si aimable Mme Gavau-\ndan 5 qui a si bon gout en tout et le tact si fin. ton succès auprès d'elle me fait\ndonc un grandissime plaisir ; il est vrai que je devais aussi m'y attendre car c'est\nhabitude chez elle de protéger mes ouvrages et celui que je lui offre dans mon\nAdrien tant chéri sera de plus en plus apprécié par elle j'en suis sur. rappelle moi\nbien a son souvenir à celui de son mari qui a aussi sa petite infirmité à laquelle\njai pris beaucoup de part, mais du reste je sais qu'il se porte bien ; il n'a point\nmal au Larynx, il a un bon estomac, une bonne poitrine : fais lui en compliment\nde ma part en lui disant que la bonne santé est toujours la récompense de la vie\nsage, et que sûrement il ne devait pas être oublié par dame justice. Elle s'est\nmontrée un peu sevère pour moi mais jespere toujours que nous finirons par nous\nracommoder : en attendant cher Adrien je suis toujours agité, et oppressé, malgré\nles sangsues, qui décidément n'ont d'agréable que la petite société que cela fait\npendant une heure et comme je ne manque pas de visites, tu le sais, je renonce\naux sangsues. Je vais faire usage de nouvelles fumigations conseillées par\nM. Chomel. j'en espere beaucoup.\n\" Que tu me fais plaisir en me disant que ta romance a eu grand succès chez\nta maman ! je m'y attendais, et je te répété que je voudrais l'avoir faite as tu\nchanté ton petit air fait a hyeres ? dans un autre genre il doit faire plaisir.\n\" Nous sommes bien tristes sans toi cher Adrien ! Quant à moi on ne peut\nm'arracher un sourire quand tu n'es pas là, et si ton absence devait être longue, je\ncrois que j'en tomberais malade.\n\" Jespere donc que tu vas venir passer deux jours avec nous ne fut-ce que\npour essayer ce que t'a fait le tailleur, pour aller entendre Rubini Robert le Diable,\net enfin raviver ton bon pere qui ne peut être longtemps sans te voir.\n\"je voudrais bien accepter l'aimable invitation de ta maman, mais je ne peux\n\n1 II s'agit sans doute du peintre Pierre-Jules Jollivet (1794-1S71).\n3 Charavay.\n3 Cote 201, pièce 18.\n4Quelle était la maman d'Adrien ?Il était né à Paris le 3 novembre 1815. Dans une autre lettre\nBoieldieu écrivait \" Adrien est à Clichy chez sa mère \"... Etait-ce une actrice de l'opéra-comique ?\nD ailleurs quelle était la mere d'Adèle ? (née à St. Pétersbourg le 10 avril 1805.) Boieldieu semble avoir\neu plusieurs liaisons, sans doute dans le monde du théâtre. On en connaissait une avant ses deux mariages,\nmais on constate l'existence d'autres liaisons sur lesquelles je n'ai pu rien découvrir de précis.\n' Jean-Baptiste-Sauveur Gavaudan (1772-1840), Alexandre-Marie-Agathe Ducamel, sa femme (1781-1850)."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.26", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9IS\n\nMeme pas aller a Jarcy ou ma presence serait si nécessaire ayant à Paris beaucoup\nde choses importantes a faire, entre autres ces nouvelles fumigations que te ne\npuis faire qu a pans, excuse moi donc auprès de ta maman, et remercie la pour\nma femme et pour moi qu elle m'excuse aussi si je ne réponds pas aujourd'hui\na la lettre qu elle a eu la conte de m ecnre, mais l'heure me presse pour la poste\nvaque lon me dit qu il faut pour la banlieue que les lettres soient mises à la\nboite avant dix heures, je vais donc t'attendre au premier jour, il est vraiment\nutile que tu viennes, tu repartiras deux jours après, je le promets à ta maman, tu\nsais qu il faut que tu ailles voir dourlen, il faut que tu voies hortense, enfin il faut\nque tu essayes toutes tes affaires.\n\"Notre départ pour Pise ou pour hyeres (selon les circonstances politiques)\nest fixe au 25 de ce mois, nous ne serons que quatre mois absents, dis-le bien à ta\nmaman, encore ce petit sacrifice et après nous ne bougerons plus, mais quel\navan âge ce sera pour toi si tu peux voir l'ltalie avec moi et tout cela en peu de\ntemps Sans ce.a il faudra donc que tu nous quittes pour y aller plus tard en sup-\nposant que tu eusses un prix, mais tu sais ce que je pense à cet égard, les jeunes\nartistes vont perdre sans fruit les 5 plus belles années de leur vie et reviennent\npour vegeter. ,e voyage que je vais te faire faire sera donc une véritable bonne\nortune pour toi. ta maman doit le concevoir, je lui écrirai à ce sujet et elle\napprouvera mes raisons, dun autre côte il y va du rétablissement de ma santé que\nje ne passe pas cet hiver à Pans, et sans toi, point de voyage, j aimerais mieux\nrenoncer a me guérir que de te quitter : d'un autre côte il faut que tout en\nvoyageant nous fassions notre cours de contrepoint, et que tu reviennes à Paris\nen état de faire un opéra, je te quitte cher bon Adrien en t'embrassant mille fois\ne tu sais si c est tendrement, ma femme, Bertin, Maminka t'embrassent aussi\net désirent bien vivement que tu viennes passer deux jours avec nous, écris moi\nun mot seulement pour me dire quel jour et a quelle heure je dois t'attendre.\nreçois les oénedictions et les baisers tendres de ton bon père\n\" Boieldieu.\n\" rappelle moi bien aussi au souvenir de Mme Riviere qui a toujours été bien\nDonne pour moi.\n\" Les complimens de ma femme a toute la Société. \"\nL. a. s. à un confrère^3 p. 3/4 in-8.1\nbeile.lettre où il parle de son fils, de son désir d'aller en Italie, de sa\n>ante et de sa situation de fortune etc.\nL. a. s. à M. Lea,2 p. 1/4 in-4.1\ny ®eHe lettre ou il donne des renseignements sur le voyage qu'il effectuait en\ntaiie en compagnie de sa femme.\n\n1 Chavaray."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.27", "texte": "916\nS. I. M.\n\n\" Venise 1\n« M.,\n\" Ce n'est qu'à Venise que (je) trouve la lettre qui m'apprend que vous avez\nbien voulu être l'organe de S. G. M. le Ministre du Commerce pour m'annoncer*\nqu'il m'était accordé une gratification de 500 frs sur les fonds réservés pour\nl'encouragement des beaux arts. M. le Cte d'Argout, j'en suis très persuadé, aura\nprévu ma reconnaissance ne fut-ce que pour la bonne intention qu'il a eue de me\nprouver que dans la fâcheuse position où je me trouve j'avais été un instant\nà sa pensée mais, j'en suis sûr aussi, il aura prévu le refus que je fais d'une faveur\nqui ressemble trop a une aumône pour (que) je puisse l'accepter c'est tout bas,\nje le sais, que M. le ministre vient au secours des artistes que les evenements ou\nles infirmités ont accablés mais c'est tout haut (...illisible) je l'ai fait pour ses\nprécédentes bontés que ces derniers doivent proclamer des preuves de protection\nhonorables pour celui qui les accorde et pour celui qui les reçoit je vous le demande\nà vous Monsieur qui etes trop aimé des artistes pour que vous ne vous soyez\npas montré leur ami puis-je n'ayant aucune place qui la motive recevoir une\ngratification mais j'entends votre réponse et vous remercie de me conseiller de\nfaire ce que vous feriez à ma place.\n[je compte donc sur votre extrême bonté pour être, p vouloir bien d ([barrej]\nj'ai cessé d'être heureux Monsieur depuis la perte de mes places de mes pensions,\ndepuis surtout qu'une cruelle infirmité m'a forcé de renoncer à la composition et\na un ouvrage commencé qui je l'avais espéré eut obtenu quelque succès, mais je\nn'ai pas pour cela cessé,d'être artiste, je n'ai pas cessé d'être membre de l'institut,\net si M. le Ministre du Commerce veut me donner preuve de la protection\n\\{barre) que les arts ont le droit] qu'il se plait à accorder aux beaux-arts il lui\nest facile de me mettre (illisible) dans la position honorable [(barré) que j'espère\navoir] à laquelle peut-etre j'ai quelque droit [('barré) j'ai refusé je puis le prouver,\npour consacrer mon talent à la france à mon pays, des avantages un sort assuré\nqui m'a été offert par la russie... ayant refusé] j'ai refusé en pays étrangers comme\nje puis le prouver, des avantages réels qui assuraient mon avenir pour consacrer a\nmon pays, mes veilles et mon talent, j'ai eu le bonheur de relever trois ou quatre\nfois le theatre de l'opéra comique prest à tomber, [enfin (barré)] j'ai produit des\neleves [dont deux (barré)] qui ont obtenu lerIer et 2e prix a l'institut, enfin jai fait\nchanter la france [ce quil (barré)~\\ pendant quelques trente ans, la france ne peut\nelle faire quelque chose pour moi. [(barré) ne peut on me rendre des pensions et\ndes places qui m'avaient été données comme recompense de 40 ans de travaux\nM. le Cte d'Argout n'a qu'un mot à dire pour cela]\net un mot de M. le Cte d'Argout dit au Roi en ma faveur en lui exposant ma\nfâcheuse situation me fera obtenir, j'en suis sur, ce que de tout temps les artistes\nont obtenu des Rois de france. Je puis avec la protection de S. Ex. \\_(barré) obtenir]\n\n* Cote 201, pièce 27. Brouillon de lettre sur deux petites feuilles séparées, avec force ratures.\n2 Me faire promettre : barré."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.28", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n9i7\n\nêtre réintégré dans la place que j'avais a la musique de la chambre du Roi Charles X\nje puis recouvi er mes pensions \\[barre) enfin je puis réclamer d'être reintégré dans\nma place de piotesseur au conservatoire] enfin je puis occuper une place, et quand\nil y a en france un conservatoire de musique, des théâtres lyriques, des bibliothèques,\n[1 auteur un compositeur français (barréy\\ l'auteur de maint ouvrages qui ont fait\nvivie les auties ne peut pas etre condamné a la triste position dans laquelle je me\ntrouve mais cest avec vous Monsieur que je veux aller causer de tout cela a\nmon retour a Pans qui sera vers la fin de juin, je compte sur [vos bons conseils,\nje compte la protec la bienveillance de M. le Cte d'Argout, je compte sur\nvos bons conseils, et en attendant [le plai (barrè^] le moment d'aller les réclamer\nje vous prie de croire a 1 assurance des sentimens de la considération très distinguée\navec lesquels j'ai L'honneur d'etre\nMonsieur.\nP.S.\nL. a. s. a Horace Vernet, a Rome ;l 3 gr. pages pl. in-\\. Pise, 28 janvier 1833.\nPort. gravé in-8.\nCharmante lettre sur ses projets de voyage malgré la maudite maladie de\nLarynx qui le rend muet depuis près de 2 ans, et l'a conduit d'abord 2 étés de\nsuite dans les Pyrenees, et finalement dans cette belle Italie qu'il parcourt avec\ntant d intérêt avec sa femme et son jeune fils. cc ... Mais pour le moment je ne\nsuis occupe que de Rome, et je crois démêler que vous êtes pour beaucoup vous\net chat mante famille dans cet attrait puissant qui me pousse à Rome, comme\nsi, derrière le dos, j avais une machine à vapeur. C'est en effet une bien bonne\nchose, si loin de la terre natale, d aller trouver un confrère tel que vous. N'y\ntrouverai-je pas aussi votre excellent père, le confrère Carie ? Alors la ioie sera\ncomplète, etc., etc. \"\nL. a. s. a Al. d Hautmesnil ; 2 p. pl. in-8. Florence, 17 mai 1833.\nTrès curieuse lettre. Il va rentrer en France par Bologne, Milan et Genève ;\ne soleil de 1 Italie ne lui a pas rendu la voix, il parle de sa femme 2 et de son fils.\nAM. François Duval.\" Milan, ierjuin 1833.\nBoieldieu annonce a son \" cher et ancien ami \"3 son arrivée à Genève, le Bou\nle 9. Il lui donne quelques renseignements sur ses voyages, sur son état de santé...\n\nEmile Jean Horace Vernet (1789-1863) Directeur de PAcadémie de France à Rome de 1827 â 1833.\n2 Charavay.\nBoieldieu 1 avait connu en Russie. Les lettres à F. Duval ont été publiées par M. Emile Duval dans\nne é égante plaquette (Boieldieu : Notes et fragments inédits Genève, 1883) contient d'intéressants\ntails sur Boieldieu peintre et amateur de peinture.\niu •^ef et*res on* reproduites par M. Kling dans son article : Boieldieu à Genève en 1833 (Rivista\nMusicale Italiana, tome VII, fasc. 2)."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.29", "texte": "918\nS. I. M.\n\n\" Préparez-vous à voir un muet, mais son cœur parle tout haut lorsqu'il s'agit\nde vous...\nLe passage suivant est particulièrement intéressant par ce qu'il apporte de\nprécis sur la sensibilité artistique de Boieldieu.\n\" Qu'elle est belle cette Italie que nous venons de parcourir et dont nous\navons la tête toute pleine ! Que de belles choses nous avons vues à Rome, à\nNaples, à Florence, à Bologne, à Venise, à Milan ! Quels chefs-d'œuvre en\npeinture, en sculpture, en architecture ! Mais, vous le dirais-je ? je suis fatigué\nd'admiration en peinture dans un genre qui, malgré son élévation, n'eût pas été le\nmien si j'eusse été peintre, et j'éprouve en peinture ce que j'éprouverais en\nlittérature si, pendant six mois de suite, j'eusse entendu parler en vers ronflants\net pompeux. J'ai besoin de prose spirituelle et naïve, et plus d'une fois, en voyant\nRaphaël, le Dominiquin, etc., etc., j'ai pensé à vos délicieux Karel Dujardin,\nWouwerman, àce charmant (?) ,au petit âne et à tant d'autres que vous avez.\nJ'ai vu de beaux Claude Lorrain, mais ils ne me font pas oublier Ruisdaël, pas\nplus que le Tasse et l'Arioste ne me font oublier Lafontaine.\n\" Il en est de même pour les différents sites que j'ai vus. Ceux des environs\nde Rome sont toujours en vers alexandrins, et près de Florence, près de Milan\nsurtout, j'ai retrouvé la prose avec un grand plaisir ;je vais éprouver des sensa-\ntions toutes nouvelles en visitant vos belles contrées ; j'ai vu les Pyrénées, qui ont\naussi un bel effet, mais d'après ce que j'en ai vu en peinture, les Alpes ont un\naspect plus gigantesque et plus varié. Je vais en juger, puisque demain je me mets\nen route. Nous partons avec notre voiture, mais avec des chevaux de voiturier,\nvoulant voir le Lac Majeur et passer quelques heures à Lausanne chez\nM. Perdonnet... \"\n(a\n\nP. L. Robert."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.30", "texte": "EUTERPĒ AMBIGUA\n1. Euterpe ambigua ! Pourquoi appliquer à Euterpe cette épithète\ndont Ovide se plaît à qualifier Protée ? Entre le Dieu aux formes chan-\ngeantes et la Muse chère entre toutes aux membres de la y aurait-il\neu quelque secrète parenté ? On serait tenté de le croire quand on songe\nau très grand nombre de questions musicales qui, comme Protée, changent\nd'aspect dans l'instant même où on les examine, et peuvent suggérer au\nchercheur des réponses successives diamétralement opposées.\nDans un livre paru récemment *, j'ai signalé un assez grand nombre\nde ces délicates questions. M. Hugo Riemann, lui aussi, en avait rencontré\nplusieurs2. Parmi celles-ci, il en est une, d'importance absolument primor-\ndiale, sur laquelle je désirerais retenir un instant l'attention du lecteur ;\nc'est la suivante :\nLes sons dont le compositeur fait intuitivement usage se succèdent-ils\nen série discontinue ou continue ? Autrement dit : les sons de la gamme\nFig. 1.\nGamme discontinue réalisable sur un instrument à clavier\nl•• • 1\ndo ri mi fa (octave)\nque nous concevons sont-ils relativement peu nombreux et peu rapprochés\n(ainsi que l'indique la figure I, formée de quelques points séparés par des\n\n1 Essai sur la Gamme, Paris 1906.\n1 Eléments de l'Esthétique Musicale, traduction par M. Georges Humbert, Paris 1906 ; c'est à cette\ntraduction que sont empruntées les citations et que se rapportent les indications de pages données ci-après :"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.31", "texte": "920\nS. I. M.\n\nlacunes), ou bien au contraire sont-ils infiniment nombreux et infiniment\nrapprochés (ainsi que l'indique la figure 2 formée d'une infinité de points\nse touchant, c'est-à-dire d'une ligne continue) ?\nFIG. 2.\nGamme continue réalisable sur un instrument à cordes x.\n\\ I -,1 *•;.\ndo do (octave)\n2. La meilleure manière de montrer les différents aspects de cette\nquestion consiste à citer M. Riemann qui les a si bien vus et décrits :\n\"Je crois, dit-il (p. 48), qu'en réalité le changement continu de\n\" hauteur des sons joue un rôle très important dans la conception qui\n\" résulte des sensations sonores, un rôle qu'aucun des auteurs cités n'a\n\" suffisamment considéré et que plusieurs d'entre eux n'ont pas même\n\" remarqué. J'irai jusqu'à prétendre que\n\" le changement non pas gradué mais \"A la\nvérité, les sons réellement notés, peu nombreux, forment échelle discon-\ntinue et non ligne continue ; mais \" l'échelle, simple graduation des\nchangements de hauteur, ne sert qu'à préciser le degré de la modification\n\" survenue \" (p. 48). Ainsi le passage d'une note à une note\n\" est, pour le compositeur comme pour l'auditeur, réel d'une\n\" augmentation ou d'une diminution de tension, non pas l'échange brusque\nde deux degrés différents de tension\" (p. 49).\nUn peu plus loin (p. 50), pour le cas du entre deux notes\nappartenant à un même motif mélodique, M. Riemann dit encore : \"Le\n\" naturel de cette conception d'une échelle graduelle, dans le sens d'une\n\" ligne continue du moins dans le et à l'intérieur du motif\n\" est sans doute la raison pour laquelle la sensibilité esthétique affinée\n\" s'insurge contre l'introduction de la continuité réelle de la progression\n\" sonore, ou que, du moins, elle l'admet seulement dans des cas spéciaux\n\" et très rares \" (port de voix du chanteur, glissando du violoniste).\nM. Riemann, dans ce qui suit, n'aperçoit plus la gamme que sous\n\n1 En pratiquant le glissando, c'est-à-dire en glissant le doigt sur la corde, d'un mouvement continu,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.32", "texte": "EUTERPE AMBIGUA\n921\n\nson aspect discontinu. Le cri de joie ou de douleur, dit-il (p. 93), n'est\nque \" l'expression pure et simple simple d'une sensation Pour qu'il\npasse à l'état de chant proprement dit, pour qu'il y ait \" formation arti-\nstique \" il faut opposer les uns aux autres \" des sons d'intonation différente\net nettement appréciable \", conformément à \" certaines de\nla nature humaine\nLa même opinion reparaît lorsque M. Riemann justifie l'instantanéité\navec laquelle le musicien \" comprend réellement les successions sonores\n\" les plus rapides, et peut même en corriger les inexactitudes d'intonation \"\n(p. 103). Quand la tonalité a été établie par le début du morceau, l'organe\nauditif s'accorde pour ainsi dire sur la gamme employée, en sorte que\nnous avons d'avance le sentiment des sons qui peuvent se présenter ; nous\nn'avons donc plus besoin d'écouter avec attention chacun d'eux pour en\napprécier minutieusement la hauteur ; \" chaque son semble bien plutôt\n\" tomber dans une sorte de casier déjà préparé à le recevoir \" ; chaque\ndegré de la gamme a \" une intonation attendue\" (p. 105). Ici la concep-\ntion de la ligne continue (fig. 2) est manifestement remplacée par celle\nde l'échelle discontinue, ligne n'admettant que quelques points (fig. I)\nou encore \" casier \" ne comportant que quelques cases.\nLa même opinion reparaît une fois de plus dans le passage suivant\n(p. 107) : \" La gamme que tous les peuples, en tous temps, ont également\n\" trouvée, ou, mieux encore, que la nature a donnée directement à\n\" l'homme, cette gamme composée de tons et de demi-tons se\n\" succédant dans un ordre déterminé est toute autre chose qu'une\n\" sorte de mètre à l'usage des intervalles sonores. Elle est la révélation\n\" d'une loi immanente de l'activité de l'esprit et, en particulier, de l'imagi-\nnation artistique, loi qui est actuellement et restera peut-être toujours\nun mystère \". 1 .\n3. Ces citations suffisent amplement à montrer les deux façons si\ndifférentes dont on peut être tenté de répondre à la question posée :\ntantôt le principe même de la mélodie comporte une variation continue\nde l'intonation (fig. 2), tantôt la gamme est une échelle discontinue\n(%• que l'homme a reçue toute faite de la nature.\n\n1 Cette loi immanente est celle dont parlait déjà M. Riemann dans Tune des citations précédentes ; quant\nau mystère qui l'enveloppe, il est facilement ëclairci par la théorie rationiste dont le principe va être sommaire-\nment rappelé ci-après."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.33", "texte": "922\nS. 1. M.\n\nCe double aspect du phénonème musical s'explique en remarquant\nque notre propre nature est double également, étant formée de deux\nparties, l'une physique, l'autre psychique.\n4. Point de vue physique.Considérons deux notes consécutives,\net ré par exemple, supposées prises dans le même registre de notre voix ;\nl'émission de chacune d'elles se réalise en faisant remplir à notre organe\nde phonation certaines conditions, variables avec la note à produire. En\ngénéral, quand nous chantons consécutivement et r/, les conditions\nremplies par notre organe varient si brusquement que les deux notes\nsemblent se succéder instantanément, et, même si nous n'avons pas\nsuspendu le souffle au moment de la transition, on n'entend pratiquement\naucun des sons de hauteurs intermédiaires par lesquels on pourrait passer\ncontinuement de do à ré. Mais, que notre goût musical nous dissuade\nou non d'employer ces sons intermédiaires, la possibilité de les émettre,\ncomme aussi de les entendre, ne saurait être mise en doute, et, quand il\nen est fait usage, nous avons le sentiment très net (à la phonation comme\nà l'audition) que l'organe intéressé passe par une série d'états successifs, se\nmodifiant de l'un à l'autre par degrés insensibles : ce témoignage de nos\nsens nous permet donc de dire qu'à cet égard il existe une sorte de\ngamme organale continue.\n5. Point de vue psychique.Mais si un chanteur ou un violoniste\nimprovise librement au gré de sa fantaisie, il n'emploie que des sons\nrelativement très peu nombreux, et séparés les uns des autres par des\nintervalles \" aphones Pour le chanteur, la démonstration expérimentale\nde ce fait exigerait des appareils spéciaux ; mais pour le violoniste, elle\npeut se faire très aisément ; il suffit de déposer au préalable un peu de\npoudre claire sur la touche de l'instrument, et de constater après emploi\nque les doigts de l'artiste ont enlevé la poudre, non partout, mais\nseulement suivant certaines lignes régulières1 disposées transversalement\ncomme celles que les luthiers construisent en relief sur la touche des\nguitares ou des mandolines : ainsi, la gamme continue permise par la\nconformation de nos organes n'est pas celle qu'utilise la libre activité de\nnotre esprit et, outre la gamme organale continue, il existe une gammt\nmentale discontinue.\nC est cette gamme qui, d'après M. Riemann, nous a été révélée par la\n\n1 Ces lignes seront incomplètes (ne traverseront pas toute la largeur de la touche) si l'artiste n'a pas employé\ntous les sons de la gamme chromatique."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.34", "texte": "EUTERPE AMBIGUA\n923\n\nnature même, et dénote l'existence d'une loi dont l'origine\nserait voilée par un profond mystère. Cette origine, cependant, n'est pas\nbien difficile à apercevoir lorsqu'on tient compte du mode de fonctionne-\nment de notre sens auditif ; pour la découvrir, il suffit de savoir résoudre\nla question suivante :\n6. Caractère de l'intervalle musical. Etant donnée une tonique A,\nchoisie arbitrairement, quelle condition doit remplir un autre son\nquelconque B pour pouvoir appartenir à une gamme de A, c'est-à-dire\npour former avec A un intervalle musicalement utilisable ? Pour que\nla sensation causée par l'intervalle B/A puisse présenter quelque intérêt\nartistique, il faut avant tout qu'elle soit nettement et facilement connais-\nsable. Or chacun des deux sons A et B nous manifeste sa hauteur\nuniquement par la périodicité avec laquelle il apporte à notre oreille\ncertaines excitations élémentaires. Dès lors, que faut-il pour que la\ncomparaison des hauteurs A et B puisse donner lieu à quelque particula-\nrité perceptible, à quelque circonstance spéciale susceptible de provoquer\nune sensation connaissable ? On ne voit guere quelle autre particularité\npourrait tomber sous nos sens, si ce n'est certaines coïncidences partielles,\nse produisant de façon régulière plus ou moins fréquente entre les\npériodicités en présence, lorsqu'un petit nombre de périodes A dure le\nmême temps qu'un autre petit nombre de périodes B, c est-a-dire lorsque\nles suites illimitées de périodes A et B se succèdent, chacune de son côté,\nen formant des surpériodes A et des surperiodes B coïncidant entre elles.\nEt plus ces coïncidences entre surpériodes seront nombreuses, plus il\nsemble que l'intervalle musical B/A devra produire une sensation simple\net facile à retrouver de mémoire. L'expérience, comme on le sait,\nconfirme absolument cette présomption et montre que quand les coïnci-\ndences entre périodes A et B sont plus ou moins fréquentes, la consonance\nde l'intervalle B/A est plus ou moins grande et peut meme aller jusqu a\nla fusion complète : c'est ainsi que la coïncidence de i période B contre\ni période A engendre V unisson ; celle de 2 périodes B contre 1 période A\nproduit /'octave ; et semblablement la coïncidence 3 contre 2 correspond\nàla quinte, 4 contre 3 à la quarte, etc., suivant une loi depuis longtemps\nconnue. '\n\n1 par exemple, dans le cas de la quinte, lorsque les surpériodes A, formées de 2 périodes A, coïncident\navec les surpériodes B, formées de 3 périodes B. _ ... ,\n• A ces considérations (principe rationiste), déjà exposées moins sommairement dans ce Bulletin (Août\n190 S : Origine de la Gamme), on oppose souvent l'objection dite, assez improprement, \" de la différence de phase.\n3"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.35", "texte": "92 +\nS. I. M.\n\nAinsi, par rapport à une tonique donnée A, une autre note B ne peut\njouer le rôle de degré que si les périodicités A et B admettent une surpé.\nriode commune suffisamment fréquente : tel est le motif pour lequel\ntandis que la gamme matériellement réalisable (gamme organale) com-\nprend tous les sons, la collection des intervalles conçus par notre esprit\n(gamme mentale) admet seulement un petit nombre de termes, (moins\npetit toutefois qu'on ne pourrait le croire d'après la gamme chromatique\nde 12 demi-tons employée par tant de peuples).\ntique s'insurge, comme dit M. Riemann, contre la continuité effectivement\nréalisable, c'est parce que, pour presque tous les points de la ligne continue\n(fig. 2), notre sensation est trouble, confuse, difficilement perceptible ; elle\nne devient nette et claire que pour un petit nombre de points isolés dont\nles plus importants, au point de vue de l'harmonie, sont précisément ceuj\nqui composent notre gamme chromatique (fig. I) \\\n7. Cas du port de voix.Cette distinction étant faite entre la gamme\norganale (continue) et la gamme mentale (discontinue), il y a lieu de se\ndemander si certaines variations continues du chanteur, g/j.\nsando du violoniste) ne peuvent pas néanmoins être pratiqués sans choque:\nla sensibilité esthétique la plus affinée.\nLa réponse à faire varie avec la nature même des sentiments quel,\nmusique est destinée à exprimer ; or, ces sentiments peuvent être les plu\ndivers. Une inspiration enthousiaste, ou la colère provoquée par une\noffense, ont sur nous une action brusque et soudaine, nous font, comme\non dit, \" bondir le cœur \" : le port de voix ne paraît guère propre à\n\nOr, cette différence est de nul effet au point de vue qui nous occupe ici ; j'ai montré récemment qu'on peut s'en\nassurer, soit par des expériences n'exigeant aucun dispositif spécial, soit par un raisonnement fondé sur la façon\ndont se composent entre eux les mouvements périodiques (Essai sur la Gamme, influence du décalage, p. 13 et 16\nOn nie aussi que la sensation causée par l'intervalle B/A puisse résulter des coïncidences se produisant\nrégulièrement entre certaines périodes A et certaines périodes B, puisque, ne percevant isolément aucune de ce:\npériodes, nous ne pouvons pas constater leurs coïncidences. Cette objection revient à admettre que pour éprouve:\nune sensation résultante, il faut avoir su discerner isolément les sensations élémentaires dont elle se compose;\nor, ceci est manifestement faux ; ainsi, quand un observateur spécialement exercé entend un diapason de\nvibrations par seconde, il reconnait la sensation \" la normal\", et cependant il n'aperçu individuellement aucuns\ndes excitations élémentaires dont ce la est la résultante : de même, la réunion des deux la 435 et 870 lui causera\nla sensation octave, bien qu'il ne puisse jamais percevoir la concordance de 2 périodes du la aigu pour I période\ndu la grave.\n1 Ceci résulte de ce que la grandeur d'un intervalle musical ne s'apprécie pas du tout par le même pro-\ncessus que la longueur d'une ligne (question traitée dans l'article précité, \" Origine de la Gamme \", p. 8602\n863). D'ailleurs, tout le monde connait la difficulté qu'éprouve un musicien, même exercé, lorsqu'il veut appré-\ncier la grandeur d'un intervalle non musical. Un ton déterminé étant établi, si on entend un son nettement\nétranger à la gamme chromatique, on peut être fort embarrassé pour le classer à son rang de hauteur par rapport\naux autres. Le plus simple, pour y parvenir, c'est d'utiliser la continuité de la gamme organale, et, grâce à celle-\nci, d'observer entre quels termes de la série mentale se présente le son à classer."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.36", "texte": "EUTERPE AMBIGUA\nQ2?\n\nexprimer ces mouvements instantanés de l'âme. Mais d'autres sentiments,\nau contraire, nous envahissent plus progressivement, et l'être humain les\nsent pour ainsi dire \" se glisser dans ses veines \" ; tel est le cas, par exem-\nple, pour l'héroïne de roman, lorsque, lasse de combattre en son cœur\n1 amour qui 1 emplit, elle renonce a la lutte et, vaincue, s'abandonne à ce\nsentiment plus fort que sa volonté ; tel est encore le cas, par un exemple\nanalogue quoique inverse, lorsque le naufragé, brisé de fatigue, désespéré,\nsur le point de lâcher l'épave à laquelle il se cramponnait depuis de longues\nheures, croit saisir certains indices prouvant peut-être qu'on est à sa\nrecherche, et sent alors 1 espoir renaissant lui rendre la force de lutter\nencore contre les flots qui le roulent. Quand il s'agit de cas de cet ordre,\nle port de voix, obtenu par une modification progressive et continue de\nnotre appareil vocal, peut avoir un véritable mérite réaliste, une grande\nforce descriptive pour évoquer en nous le souvenir de cette sorte de\ndetente progressive se produisant dans les ressorts physiques et moraux de\nl'être qui s'abandonne par exemple à un sentiment de lassitude ou de\ndesespoir, comme aussi pour nous rappeler la progression de sens\ninverse pouvant résulter de situations morales diamétralement opposées.\nMais pour que cette variation progressive, pour que ce fragment de gamme\norganale (continue) possède une valeur esthétique, il faut qu'il s'enchâsse\npour ainsi dire entre deux des notes de la gamme mentale (discontinue),\nc est-a-dire que son point de départ et son point d'arrivée ne soient pas\ndes sons étrangers à notre gamme ; faute de remplir cette condition\nessentielle, le port de voix perdrait tout caractère proprement\net ne serait plus qu'une sorte de manifestation purement analogue\naux cris que les circonstances arrachent parfois à l'homme comme aux\nanimaux.\nIl n'en est pas moins vrai que, même quand il est conforme à cette\ncondition, le port de voix ne saurait être d'un usage bien fréquent, du\nnioins chez l'homme 1, à cause de cette sorte d'antagonisme existant entre\n'e point de vue psychique et le point de vue physique.3\nMais parfois le compositeur, surtout lorsqu'il vit pour ainsi dire les\nles de ses personnages, assiste à la tension ou à la détente progressive de\n\nCar chez certains animaux, chez le chat par exemple, il est au contraire d'un usage continuel.\nantagonisme, et la condition précédente qui en modère les effets, se retrouvent quand on étudie les\nperses espèces de modulations (d ordre psychogénique ou physiogénique) pouvant être suggérées par une\ndramatique, (Essai sur la Gamme, p. 400)."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.37", "texte": "926\nS. I. M.\n\nses ressorts intimes, et sent passer en soi, éprouve dans sa sensibilité\nquelque chose de continu que le port de voix traduit de façon réaliste :\nil indique alors ce procédé d'expression dont l'usage, en un tel cas,\ndevient absolument légitime.\n\"5^\n& *\n8. Il est facile maintenant de conclure, et de s'expliquer pourquoi\nla question de la gamme continue ou discontinue peut se présenter au\nchercheur sous des aspects très différents : physiquement, musculairement,\nnous pouvons réaliser la variation de hauteur continue ; mais psychiquement,\nmusicalement, nous ne concevons que des sons formant une série\ndiscontinue-,nous devons donc conclure que la véritable gamme de l'homme\nest discontinue \\ L'emploi exceptionnel du port de voix, à titre de moyen\nd'expression, n'en reste pas moins légitime, et le musicien qui proscrirait\ncet effet réaliste parce qu'il n'a pas par lui-même de sens proprement\nmusical, ferait preuve d'autant d'intransigeance idéaliste que l'écrivain\ns'interdisant l'usage de l'interjection sous prétexte qu'elle aussi, seule entre\nles autres parties du discours, est dépourvue de tout sens propre.2\n\n1 C'est l'antique distinction de Gaudence entre la voix parlée ou continue et la voix discontinue ou chantét\n(collection des auteurs grecs relatifs à la musique, par Ch.-E. Ruelle, V, p. 55) ; c est aussi celle de Bacchius\nl'Ancien entre les sons prosaïques ou parlés et mélodiques ou chantés (Ibid. p. 126) : notre faculté de réaliser le\ncontinu est largement mise à profit dans le langage parlé ; mais, dans le langage musical, nous n'utilisons guère\ncette faculté que pour exécuter le port de voix, ou pour régler notre intonation (soit au début du chant, soit\naprès certaines modulations enharmoniques) sur le diapason des instruments par lesquels nous sommes\naccompagnés.\n2 Lorsque les circonstances ne suffisent pas à justifier l'emploi du port de voix, nous pouvons concilier\nautrement notre instinct de la continuité et notre sentiment de la tonalité : entre les notes principales de la\nphrase mélodique, nous insérons des notes secondaires qu'on appelle précisément notes de liaison c'est-à-dire\nnotes établissant la continuité. Ces notes secondaires seront par exemple les degrés conjoints de l'une des gammes\nmentales ; ainsi, étant donné les notes principales do et son octave, si on trouve cette succession trop disjointe,\non lui substituera, soit do mi sol do (gamme rudimentaire ou échelle), soit do ré mi fa ... etc., (gamin:\ndiatonique), soit do ré b ré mi b mi fa ... etc., (gamme chromatique). De ces trois solutions, la seconde est la\nplus usitée, sans doute parce qu'elle concilie le mieux possible la continuité et la simplicité des intervalles\nemployés.\nChez certaines personnes, notamment chez celles qui, par profession ou pour toute autre cause, font ou\nentendent faire un fréquent usage de la gamme, cette tendance à exprimer diatoniquement la continuité para;\nsi naturelle et se manifeste si fortement qu'elle constitue à leurs yeux une sorte de révélation intérieure, une\nsorte de preuve de la préexistence d'une certaine série incréée, formée de tons et de demi-tons alternant seiO.\nune loi mystérieuse édictée par quelque Puissance inconnue. Pour les théoriciens imbus de ce préjugé, la garnit\nn'est pas une collection de sons utilisables, trouvés peu à peu et rangés aujourd'hui par ordre de hauteur ; non,"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.38", "texte": "EUTERPE AMBIGUA\nQ27\n\n9. REMARQUE. Nous venons de voir d'où provient la \" lot\nImmanente\" présidant àla formation de la gamme. Dans son esthétique,\n]VI. Riemann n'étudie pas l'origine de cette loi et se borne à la déclarer\nprofondément mystérieuse ; il fait observer toutefois qu'elle doit être\nd'ordre psychologique (p. 109) plutôt que mathématique, car la justifi-\ncation par les rapports simples entre longueurs de cordes ne saurait nous\nsatisfaire (p. 107) puisque rien, dans la sensation auditive, ne réflète ce\nfait arithmétique que deux cordes (semblables et de même tension) don-\nnant par exemple l'octave, ont des longueurs formant le rapport simple\n2/1 (p. 110).\nNon, la sensation simple d'octave ne reflète pas le rapport simple 2/1 ;\nla première n'est pas la conséquence immédiate du second, mais elle en\nest la conséquence médiate, grâce à l'enchaînement suivant : pour les\nmotifs exposés plus haut (n° 6), la consonance de deux notes exige que\nleurs périodicités individuelles admettent une certaine surpériode commune;\nl'existence de cette surpériode suppose qu'il y ait rapport simple entre les\nfréquences des excitations cérébrales élémentaires, et par conséquent entre\nles fréquences des pulsations apportées par l'air à l'oreille et transmises\npar celle-ci au cerveau; d'où il suit qu'il y a encore rapport simple entre\nles fréquences vibratoires des deux cordes sonores, comme aussi entre\nleurs inverses, les longueurs vibrantes1 : tels sont les motifs pour les-\nquels 2, quand nous reconnaissons un intervalle musical entre deux sons\n\nc'est la mélodie-type révélée par la Nature ; et, pour ces théoriciens, la confusion entre la gamme et la mélodie\ns'établit dans leur esprit de façon parfois si complète qu'ils confondent continuellement le point de vue mélodique\navec ce que Ton pourrait appeler le point de vue gammique, si cet adjectif existait.\n1 On fait parfois à la théorie rationiste cette objection purement spécieuse: Une théorie fondée sur les\nrapports simples, dit-on, ne saurait être la véritable, car la musique évolue sans cesse, non pas dans le sens de la\nsimplicité, mais au contraire dans celui d'une complexité toujours croissante, Il y a là un malentendu curieux,\niondé sur cette opposition de termes \" simplicité \", \" complexité Pour ne pas se laisser abuser par les mots,\npour éviter d'être trompé par cette apparence verbale, il suffit de considérer ceci : la chimie, elle aussi, évolue,\npourrait-on dire, dans le sens d'une complexité toujours croissante ; les corps qu'on produit facilement aujourd'hui\nont si peu simples que leurs noms, malgré l'emploi systématique d'abréviations ingénieusement choisies,\narrivent à tenir parfois plus d'une ligne d'impression ; ces corps, pour complexes qu'ils soient, n'en sont pas\nmoins formés exclusivement de quelques éléments premiers ou corps simples, associés en édifices moléculaires\n■ ariés. De même en musique : tous les accords, non seulement ceux des Maîtres classiques, mais aussi, les édifices\nï'armoniques les plus nouveaux, imaginés par des compositeurs en quête de dissonances inédites, sont exclusive-\nment formés en associant entre eux un petit nombre de rapports simples (degrés composant les gammes diverses).\n!''t la théorie rationiste, qui indique la genèse de ces éléments fondamentaux(degrés), montre aussi d'après quelles\naffinités l'homme a été conduit instinctivement à les grouper, en créant ainsi des styles musicaux de plus en\nptas complexes (Essai sur la Gamme, p. 468 à 485) ; elle est donc loin d'ignorer que les degrés (rapports simples)\npeuvent être associés en combinaisons compliquées, et l'objection précédente s'évanouit d'elle-même dès qu on se\ndécide à prendre connaissance de la théorie critiquée.\n2 Sans expliquer l'enchaînement de ces motifs, M. Riemann a manifestement l'intuition de leur connexion,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.39", "texte": "Q2B\nS. I. M.\n\nentendus, l'acousticien modernetrouveun rapport simple entre les longueurs\nde cordes correspondantes \\\n10. Ceci rappelé, doit-on affirmer\nrégissent les phénomènes musicaux ? Voici encore une de ces questions sur\nlesquelles deux penseurs d'égales culture et bonne foi peuvent disputer\nindéfiniment, si aucun des deux n'a la prudence de chercher à comprendre\nla pensée de son adversaire, avant de le contredire.\nA certains égards, on pourrait soutenir qu'en dehors de la mathé-\nmatique pure, il n'existe pas de sciences mathématiques. Ainsi les astro-\nnomes connaissent l'ordre qui préside aux mouvements de 1 univers et,\nse fondant sur le seul principe de l'attraction newtonnienne, calculent le\ncours des astres avec une précision qui confond l'imagination. Mais les\ncoefficients et constantes de leurs équations ont été demandés à l'observation,\naucune formule mathématique, si bien conçue qu'elle soit, ne pouvant\nobliger les molécules matérielles à réagir entre elles de telle façon plutôt\nque de telle autre, et le principe même de l'attraction, malgré la forme\nque lui a donné Newton, étant d'ordre essentiellement physique. On\npourrait donc, à cet égard, dire que l'Astronomie n est pas une science\nmathématique. Cependant nul n'hésite a la qualifier ainsi parce que toutes\nses lois se déduisent mathématiquement du seul postulat newtonnien.\nEn musique, il en est de même, à cela près que le principe \" ratio-\nniste \" d'où tout découle est d'ordre psychique et non physique : une fois\nce postulat compris et accepté, on en peut déduire rationellement toutes\nles lois musicales connues \\ et même parfois en rectifier l'énoncé,\nlequel se trouve ainsi mis d'accord avec les pratiques intuitives des com-\npositeurs. Les raisonnements sur lesquels ces déductions se fondent sont\nsi naturels qu'ils ont déjà dû se présenter souvent à l'esprit des musiciens,\n\ncar il fait observer des causes psychiques,**physiologiques et mathématiques concourent à produire le\nphénomène, qu' \"on ne saurait nier l'état de dépendance\" des unes par rapport aux autres, et qu' \" aucune\nd'elles n'a pris, à proprement parler, la place de l'autre \" (p. 110).\n1 Réciproquement, tels sont aussi les motifs pour lesquels le théoricien antique, combinant entre clic»\ncertaines proportions simples de cordes vibrantes, constata que les tonalités ainsi engendrées plaisaient a son sens\nartistique, et crut alors qu'il avait pénétré les secrets du Démiurge et découvert la loi du Nombre présidant aux\nphénomènes de l'univers : il avait bien découvert en effet une partie de cette loi, mais pas tout à fait pour le\nmotif qu'il supposait sans doute.\n1 Telle est l'explication du débat sans issue auquel la question proposée peut donner lieu comme on vient\nde le dire entre adversaires dont chacun discute sans avoir bien compris la pensée de l'autre : la théorie musicale,\nen effet, est d'ordre à la fois psychique (par la nature même de son phénomène initial) et mathématique (par la\nfaçon dont elle peut se déduire toute entière d'un postulat unique). Entre deux interlocuteurs discutant ainsi,\nle fruit de l'oranger pourrait donner lieu à un malentendu tout semblable : Il est orange, dirait l'un. Non\ncertes, il est rond, répondrait l'autre."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.40", "texte": "EUTERPE AMBIGUA\n929\n\net il ne serait pas impossible que la théorie \" rationiste \" fût assez géné-\nralement comprise et adoptée dans un petit nombre de générations.\nToutefois, il serait peu prudent de risquer un pronostic sur ce point,\ncar la Vérité en théorie musicale, tout au moins chemine avec une\nextrême lenteur. Ainsi Gevaert (Problèmes musicaux d'Aristote, p. 143)\nfait observer que la tierce naturelle 5/4, bien que révélée aux musiciens\npar Archytas, n'a été admise définitivement (??) par eux qu'à partir de\nZarlin, c'est-à-dire après un stage de 20 siècles ; encore Gevaert en ceci\nflatte-t-il l'histoire : les choses ont été beaucoup moins vite ; de nos jours,\nen effet, bien des théoriciens continuent de nier l'emploi de la tierce\nnaturelle, et admettent à sa place la tierce pythagoricienne ou même la\ntierce tempérée.\n11. Quoiqu'il en doive être, que ce soit dans un siècle ou dans\nplusieurs, les musiciens ne peuvent manquer de comprendre un jour que\nleur art n'est pas purement empirique, que sa théorie peut s'élever au\nrang de science rationelle \\ et que la liberté de l'artiste n'en reste pas\nmoins parfaitement entière, de même que la liberté du peintre et celle\ndu danseur n'ont nullement été altérées le jour où l'on a découvert la\nthéorie de la perspective et celle de l'équilibre des corps en mouvement.\nCe progrès accompli, on pourra, sans rencontrer les mêmes oppositions\nqu'aujourd'hui, dire que la mathématique préside aux faits musicaux, car\ncela revient à énoncer cette proposition évidente, que les effets ont des\ncauses et que, de celles-ci, on peut déduire ceux-là, du moins lorsque\nla raison des choses a enfin été aperçue.\n\n1 La musique accomplirait ainsi la même évolution que l'astronomie et bien d'autres branches de la\nScience physique."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.41", "texte": "D'ANGLETERRE\n\nDE 1500 A 1700.\nJ'avoue mon faible pour les dépouillements d'archives. Rien ne\nsatisfait mieux la curiosité historique, la mienne du moins, que la chro-\nnologie des vieux documents, présentés tout uniment, sans omission,\nsans choix, tels que la bonne volonté du hasard nous les a conservés.\nQuelle joie de trouver un livre où l'auteur ne paraisse pas, où le commen-\ntateur et l'interprète des faits se retranche modestement dans les appendices.\nOn rira peut-être de ce goût bizarre pour le Et\ncependant, à tout prendre, cette avidité ne diffère pas sensiblement des\nmanies les plus littéraires ! L'œuvre la plus idéalisée ne nous séduit-elle\npas par la découverte d'idées nouvelles, de formes imprévues ? Un beau\nvers et un acte notarié sont, chacun à leur manière, des témoins de l'ac-\ntivité humaine. Et c'est précisément ce témoignage de vie, cette révélation\nsoudaine de la réalité qui nous captive parce qu'elle alimente notre\ninsatiable curiosité. Connaître des faits nouveaux dans le temps et dans"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.42", "texte": "LA MUSIQUE DES ROIS D'ANGLETERRE\n931\n\nl'espace—, rechercher des états inconnus dans les sphères de l'imagination,\nn'est-ce pas en somme suivre les mêmes tendances, je dirai presque,\ns'adonner au même sport.\nIl est des maladroits qui voudraient opposer l'art à l'érudition. Qu'ils\npréfèrent Pégase à la SérieJT, c'est leur droit. Mais, qu'ils reconnaissent\naussi à deux modes d'une même activité physiologique, des titres égaux\nà notre estime. Il en est d'autres, au contraire, qui s'efforcent de voiler\nhabilement l'érudition sous les dehors de la littérature. Ceux-là sont les\ncritiques. Leur sort n'est guère enviable.\nQuelques uns, enfin, profitent à la fois des documents et de la rhéto-\nrique pour tromper tout le monde : ce sont les musicologues de l'école de\nFétis, espèce dangereuse entre toutes et dont il est toujours glorieux de\ncombattre le venin. Ici l'écrivain, médiocre d'ailleurs, s'exerce aux dépens\nde l'histoire. Il se hâte d'interpréter les faits qui viennent à sa connais-\nsance, puis il présente hardiment ces interprétation comme une vérité\nobjective. Tout lui est bon, pour faire triompher cette confusion, dont\nil tire profit. Il dissimule ses sources, remplit de vraisemblable les lacunes\ndu vrai, ignore de parti pris certaines documentations etc...\nBien qu'aujourd'hui cette dernière espèce soit à peu près disparue,\nnous subissons, hélas, dans la musicologie française les effets de sa déplora-\nble méthode, appliqués durant tout le XIXme siècle.\nSi nous avons tant de peine à réhabiliter l'histoire de la musique, à\nlui faire une place à côté des autres représentants du savoir humain, si\nnous nous heurtons si souvent à une sorte d'indifférence instinctive, à un\nsentiment de surprise, inexpliqué même chez ceux qui l'éprouvent, si l'art\nle plus capable d'inspirer l'enthousiasme rencontre parmi les érudits, les\nintellectuels, une froideur parfois désobligeante, c'est que nous avons\nderrière nous un siècle malfaisant où le document a été mis au pillage\npar la vanité. On a cru faire un beau calcul en plaçant l'histoire musicale\nà la portée de tous. On l'a simplement discréditée aux yeux de ceux qui\nlisent et jugent. On s'est adressé au grand public et on lui a dit : \" Voilà\nce que vous devez savoir, voilà ce que vous devez penser. Il est inutile\nque vous cherchiez davantage. Nous, qui sommes allés aux sources, nous\navons fixé notre opinion \".\nHélas, le calcul c'est trouvé faux. Le public est un enfant : plus on\nle ménage, plus il devient exigeant. Fétis n'en impose plus, ses successeurs\nont perdu leur crédit. Mais par contre, la véritable érudition, celle que le"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.43", "texte": "932\nS. I. M.\n\npublic révère parce qu'elle ne lui fait aucune concession, la science histo-\nrique hautaine et spécialisée s'est tenue à distance de ces vulgarisations\nhâtives. Et les gens de lettres eux-mêmes, pour lesquels la critique musi-\ncale est un métier bien défini, ont souri de ces Protées de la musicologie.\nLe résultat du F étisismefut d'inspirer une défiance générale. Tous\nceux qui ont connu l'état de nos études, il y a vingt ans se rappellent la\nréponse simple, unique, et aisée qui accueillait tous nos efforts : \"\nbien spécial\".Qu'il s'agit d'un gros livre, ou d'une conférence, d'une revue\nmusicale ou d'une publication de texte, le refrain ne changeait pas.\n\" C'est bien spécial,\" disait l'amateur, et il entendait par là que son intérêt\nprésent allait ailleurs. \" C'est bien spécajoutait le littérateur, habitué\nà suivre le public dans ses goûts et dans ses caprices. \"\nrépondait enfin le savant. Et cela voulait dire : \"Je n'ai jamais vu la\nmusicologie parmi nos programmes. Que veut-elle? Quels sont ses garants\nscientifiques ? Je ne la connais pas. \"\nAujourd'hui, il n'en est plus ainsi : la confusion des pouvoirs, des\nattributions et des intérêts a disparu de notre domaine ; on peut le croire,\ndu moins. L'érudition s'est constituée solidement. La critique a son\nsyndicat professionnel. Il n'est pas jusqu'à l'amateur qui n'ait voulu pré-\nciser son zèle et son rôle ci Ami de en formant une société\nvigoureuse. L'écrivain, le metteur en scène et en livre des idées et des\nfaits, collabore de son côté à cette division du travail ; il interprète à sa\nfaçon, il paraphrase en artiste les données de l'histoire ; et c'est on droit.\nDans cette belle ordonnance où chacun reconnaît son bien, le brouillon\nincompétent, le serin qui abat des noix, ne sera plus, espérons-le, qu'une\nfigure de dernier plan. Parfois un ministre à la main malheureuse, un\ncours de jeunes filles attardé, révélera la survivance d'un de ces fossiles,\norganes, témoins d'une fonction abolie.\nTous ceux qui suivent de près le triomphe des méthodes rationnelles\ndans le clan de la musique, verront dans un ouvrage qui vient de paraître\nsous la signature de M. C. de Lafontaine1 un symptôme heureux. Le\ndépouillement systématique d'un fonds d'archives constitue un excellent\nagent de prophyllaxie musicologique. Il arrête l'élan des généralisateurs à\ntout faire, c'est un plomb dans l'aile de ces canards toujours prêts à s'en-\n\n1 The King's Musik, a transcript of records relating to music and musicians (1460-1700). edited by\nHenry Cart de Lafontaine, M. A. (London Novello et C*. 1909, in 4* de 500 pages). Je me fais un plaisir\nd'ajouter que le nom de notre collègue Miss Cécie Stainer doit être, de la volonté même de l'auteur, associé à\ncette remarquable publication de textes."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.44", "texte": "LA MUSIQUE DES ROIS D'ANGLETERRE\n933\n\nvoler. Réjouissons-nous donc de faire connaissance avec les cartons verts\ndes Tudor et des Stuart. De 1460 à 1700, deux grandes siècles de l'histoire\nmusicale se sont écoulés. Il est du plus haut intérêt de savoir comment\nla cour d'Angleterre s'est trouvé mélée, au jour le jour, à cette activité\nartistique, qui s'étend presque de Dunstaple jusqu'à Haendel.\nA White Hall, comme au Louvre, quoique avec moins de précision,\nil semble que l'organisation de la musique royale puisse se diviser en trois\ndépartements : musique religieuse, musique guerrière, musique de cham-\nbre. L'Eglise, l'armée, l'intérieur, ou, pour prendre les termes de la cour\nfrançaise : Chapelle, Ecurie, Chambre. M. de Lafontaine ne nous donne\naucun indice sur cette organisation ; il ne nous dit pas de qui ressortait la\ndirection, le payement, le contrôle de ces artistes fonctionnaires. Les\ndocuments qu'il nous présente gagneraient, je crois à être replacés par\nl'imagination, dans le cadre dont il sont extraits.\nEn suivant ce dépouillement, tel qu'il est, et en le complétant par\nune monographie l, qui vient à point, on apprend que la Chapelle des Rois\nanglais fut fondée en 1349 par Edouard 111. Au XVme Siècle, en 1443\nelle comprenait 24 chapelains et 8 enfants, tous exercés au chant et à\nl'orgue. C'est à peu près l'équilibre qui subsistera jusqu'au XVIIIme siècle,\navec les 20 Gentlemen,les 12 Boys,qui apparaissent, dès Henry VIII, et\nles choristes du dehors.\nLa musique de guerre est représentée par une quinzaine de trompet-\ntes, très souvent en argent, des tambours et des fifres.\nEntre ces deux groupes, se place l'intermédiaire d'un organisme\nflottant et suffisamment incertain pour se prêter aux fluctuations de la\nmode, aux exigences de l'art. C'est donc ici que nous découvrons l'intérêt\nvéritablement musical de ces archives.\nEn 1460, nous trouvons 22 minstrelet bientôt une trentaine d'in-\nstruments de toute nature. En 1547, 7 minstrells, 8 violes, 4 saqueboutes,\n5 flûtes, une harpe, une cornemuse et 5 En 1603, 7 violons,\n7 flûtes 6 luths et 7 \" recorders\" En 1641, 18 vents, 14 archets et quel-\nques divers. Puis une lacune entre 1643 et 1660, exactement comme\ndans les comptes de Louis XIV. Enfin, le règne de Charles II nous entraîne\n\n1 fV. H. Grattan Flood. The cnglish chapell royal under Henry V and Henry VI. (Recueil trimestriel de la\nsociété internationale de musique. Juillet 1909. p. 563). Au moment on Récrivais cet article je ne connaissais\npas la thèse remarquable de M. Reyer sur les Ballets de cour anglais. Elle vient compléter utilement en\nindication.\n* Le recorder était notre ûute à bec."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.45", "texte": "934\nS. I. M.\n\nbientôt jusqu'à 16 vents, 24 violons et 22 divers, (luths, virginals, thé-\norbes, etc...) Après quoi les états sont incertains comme le régime lui-\nmême et la musique parait fléchir sous la direction de William et de\nMary.\nJe ne sais si M. de Lafontaine a transcrit en entier tous ces docu-\nments ou les a résumés pour la commodité du lecteur. En tous cas, les\nétats ne permettent guère de préciser en détail et avec ordre les dispositifs\nmusicaux qui se sont succédé dans 1 orchestre des rois d'Angleterre. Il faut\nbien croire, d'ailleurs que les scribes de Londres, comme les plumitifs de\nParis leurs confrères, n'attachaient qu'une importance médiocre à l'exac-\ntitudes minutieuse que nous serions heureux de trouver aujourd hui dans\nleurs comptes. Peu leur importait qu'une flûte prit la place d'un cornet, un\nvioloncelle d'un luth! D'ailleurs, un mêrneartisteetaitsouventofficiellement\naffecté à des charges musicales différentes. Le terme\nrevient plusieurs fois ici et nous rappelle les ''''grands violons et hautbois\"\nde la Cour de France. C était le système des musiciens complémentaires,\ndont le trésor du roi se trouvait bien. Parfois le cumul était un résultat\nde la faveur. Le grand Alphonse Ferabosco tenait entre ses mains, vers\n1625, les quatre offices suivants : celui de \" musician de com-\npositeur, de violiste, et de maître de musique du prince ! Enfin, il ne\nfaudrait pas croire que les états officiels nous donnent une idée complète de\nla vie musicale de la cour. Ils relèvent seulement les éléments nécessaires\nà l'ordonnancement des caisses de l'état \\ Ils ne tiennent pas compte des\nextraordinaires. Ils sont même là, pour éviter toute confusion entre les\nappointements réguliers et les gratifications passagères prelevees sur les\nfonds secrets du monarque. Du moins en est-il ainsi en France. Et je\nsuppose que les rois anglais suivaient la même pratique. Ainsi s'explique\nl'apparition soudaine de certains artistes, qui disparaissent aussitôt. Leur\némargement était provisoire, leur concours a pu fort bien être durable.\nDans ces conditions d'incertitude, les comptes d'un monarque doivent\ntoujours être considérés comme des documents à compléter, comme un\naspect fragmentaire de la réalité. Aspect véridique, cependant, et précieux\nà considérer attentivement.\nLe King's musick de M. de Lafontaine a, par dessus tout, le mérite\nd'offrir au lecteur une infinité de menus faits, de ces indications insigni-\n\n1 Les ordonnancements paraissent ici ressortir de l'échiquier, de la trésorerie de la chambre et de\nla grande garde-robe."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.46", "texte": "LA MUSIQUE DES ROIS D'ANGLETERRE\n93 5\n\nfiantes en apparence, mais que l'historien n'oublie plus. Tout d'abord, les\ninstruments divers, dont les mœurs nous sont encore si peu connues,\ntrouvent ici à chaque instant l'occasion de faire parler d'eux. Le le\nle cornet,la saqueboutte,le cor,le bagp la la le\nsichord., le virginal, et un certain Agréât instrument\", qui pourrait bien\nêtre un clavecin, (1595)■» l'orgue et le violon, se disputent entre eux\nl'attention du budget royal. Ici, c'est un achat, là, une réparation, ou\nbien une innovation. Et l'administration vigilante, qui sait ce que lui\ncoûte ce petit monde bruyant, finit par décréter que les instruments ne\nsortiront plus du palais, où ils se trouvent réunis pour le service du roi.\nA côté des anonymes de la sonorité, il y a les agents responsables,\nles musiciens eux-mêmes. De ceux-ci les états nous apprennent les noms,\nles honoraires, parfois la nationalité, toujours les dates. C'est beaucoup,\nsi l'on songe qu'il s'agit de 1 500 personnages, qui apportent ici à l'histoire\nleur contingent documentaire. Ils sont anglais en majeure partie ; Italiens\nsurtout au XVIe et vers la fin du XVII ; français en grand nombre. Cer-\ntains apparaissent avec toute leur amille simultanément ou successivement.\nLa dynastie des Lamer a fait une grande figure auprès des rois d'Angle-\nterre : elle a régné pendant plus de 100 ans.\nL'élément français apparait à la fin XVIe siècle et domine jusqu'au\nrègne de Charles II (1660). Autour de la Reine Henriette, fille de Henri\nIV, se groupent en 1625, vêtus de drap noir, François Richard l'aîné,\nFrançois Richard le jeune, Louis Richard, Provoit,\nRobert Roanne, Simon de la Garde,\nAndré Maugard, Jean G armer. Plus tard, nous trouvons\nBallard, Jacques Gautier,avec leurs luths, et les qui sont représentés\ndans le manuscrit de Cassel, bien connu. Et d'autres moins illustres,\nFerdinand de Florence, Claude de Grange \\ Eléonore Guingaut, Nicolas\nh leur y, Guillaume Santré, Jean de la V0(1663). Puis, clave-\nciniste, Paisible, de Bresme, Giton, Boutet, violons, Delaunay,\nguitariste, Bury,Lettelier, Robert(l67s). On voit encore en 1699,\nEtienne Lefélpre, Thomas Chevalier, Jean Paulain, Jean Aubert, Pierre de la\nTour, attachés à la princesse Anne de Danemarck.\nL'orthographie anglaise rend souvent ces noms indéchiffrables ;\nheureusement, elle varie, et ces variantes nous sauvent. Qui dirait que\n\n1 Détail curieux, ce Claude Degrange est : appointed one of his Majestys French musician in ordinary,\nbeing established among the violins, for singing the bass"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.47", "texte": "936\nS. I. M.\n\nM. Shaperoonsest Gaperon, que Bopiusest\nLagrig Lagrille ? Certains de ces noms ont causé de véritables tourments\naux scribes des états : par exemple, celui de Jean Loeillet qui est écrit\nL///z, Lylly, Lylie etc..., et qui s'applique peut-être à l'un de ces personnages\nqui fait paraître à Londres des œuvres de clavecin sous le nom avantageux\nde Lully.D'autres sont tout a fait méconnaissables et demandent à être\ndémasqués : je suis heureux de signaler dès maintenant celui de\nsans être sûr toutefois de pouvoir l'identifier. J'avais acquis, voilà 10 ans\ndéjà les manuscrits d'un Michel Farinel,musicien de Grenoble qui avait\ncouru l'Europe de 1650 à 1700, et que l'on dit l'auteur des fameuses\n\" Folies d'Espagne\". Je l'avais moi-même suivi par mes recherches dans ses\npérégrinations, je savais par sa propre autobiographie qu'il était entré\nparmi les violons de Charles II et qu'il avait épousé à Londres la fille de\nCambert. Malheureusement, la meilleure volonté de mes collègues anglais\net en particulier de M. Barclay-Squire, n'avait pu vérifier cette assertion.\nOr, le livre de M. de Lafontaine présente bien un Thomas Farinel au\nservice de Charles II du 20 Mai 1665 au 21 août 1676, mais les scribes\nanglais le nomment, d'accord avec leur prononciation, Fyne/l ! Est-ce le\nmême personnage ?\nM. Lafontaine a respecté ces lectures ; il écrit : et\nqui pourraient être Philibert et Marchant. Je l'en loue. Mais, je comprends\nmoins qu'il ait classé Cambert à Combert, tout en sachant très bien de qui\nil s'agissait. Le rival malheureux de Lully est en effet le premier nom\nqu'un Français cherchera dans ce recueil. Il le trouvera au 4 Juillet 1674,\noù le Roi \" enjoint aux douze violons\nWhite-Hall demain Vendredi à 7 heures\nque M. Cambert leur indiquera, des pièces qui seront présentées a Sa Majesté\nà Windsor samedi prochain C'est tout. L'auteur malchanceux de Pomone\nn apparaîtra plus dans les feuillets des inventaires. On s'en étonnerait si\nlon ignorait 1 opposition confessionnelle qui obligea les catholiques\nromains, entre autres Farinel,1 a se démettre à ce moment de leur charge\nauprès du Roi. Et peut etre faut-il attribuer à cette persécution les\ninfortunes dun autre Français, Louis personnage mystérieux sur\nlequel nous sommes bien heureux d'avoir quelque lumière.\nC est en 1660 que Grabu s'introduit dans les états comme maître\ndes instruments a vent en remplacement de Nicolas Lanier avec 200 livres\n\n1 Voir aussi Schmidt, page 384 du même ouvrage."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.48", "texte": "LA MUSIQUE DES ROIS D'ANGLETERRE\n937\n\nsterling de traitement mais il semble que ce soit là une confusion\nde dates et que son brevet de nomination remonte réellement qu'au 24\nNovembre 1666. Quelques mois plus tard (17 Décembre 1666) Grabu\nreçoit une distinction flatteuse. Nous lisons en effet :\n\" Ordre a M.Banister, aux 24 a\nChambre de suivre de temps en temps les alvis de Louis Grabu, maître de la\nmusique privée, et aussi de se réunir pour \" (24\n1666).\nPuis, Grabu évince Banister lui-même :\n\" Jusquà ce jour, John Banister était 12 24\net de former une bande d'élite aux ordres de Sa Majesté. Il touchait de ce\nkit 600 Ihres sterling pour lui et les 12 violons en augmentation de leurs\ngages. S. M. autorise le transport de cette charge et de ses appointements\n1 Louis Grabu maître de la musique \"\nEnfin en 1668, 1671, 1672, il obtient pour frais de copie, mise\nen parties séparées, etc des sommes assez rondes de 100 à 150 livres\nsterling.\nVoici donc Grabu, maître de la musique du Roi, compositeur,\ndirecteur et à la tête d'un budget annuel de 900 livres sterling soit\n22500 fr., (à peu près 75000 fr. de notre monnaie). Or tout à coup,\nle 29 Septembre 1674, Grabu est remplacé sur l'état par un certain\nVacatur de mauvaise mine. Et à partir de là, M. Staggins lui est substitué\ndans ses places. Tout au plus lui accorde-t-on en 1675 un rappel\nd'indemnité de livrée de 1672. Que s'était-il donc passé? Ni les états,\nni M. de Lafontaine ne nous l'apprennent. En 1677 une pétition du\npauvre Grabu nous dit : \" has lateky fallen under very grievous\nmisfortune, the greatest of which hat been His Majesty's willingness\nto recieve another person into his place during pleasure Elle ajoute\nqu'il est \" a poor servant, guilty of no crime that misfortune \" et qu'il\nreclame humblement ses gages. Ils lui furent payés sa vie durant, suivant\nune note de 1687, qui déclare Grabu décédé.\nL'histoire de Grabu, considérée à travers les papiers d'états rappelle\nassez bien celle de Dumanoir, Roi des violons, maître de la grande bande\nsous Louis XIV, et brusquement supplanté par Lully. Il est probable\nlue les compositions de Grabu avaient contribué à la faveur soudaine de\nl£ur auteur. Car après la disgrâce, le 17 Janvier 1677, le Roi prescrit\nencore à ses violonistes de s'exercer à l'exécution de la musique \""}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.49", "texte": "938\nS. I. M.\n\nMons. Grabu \" (p. 315). Et cette indication nous renseigne sur le goût\n▼ Y J\nmusical de Charles 11.\nOn le voit, le Kings Musik est un livre nourri de faits importants. On\nne saurait trop multiplier les ouvrages de ce genre, et en recommander\nle diffusion. Encore quelques années d'efforts méthodiques, et notre\nmusicologie aura traversé l'âge ingrat. Les documents rassembles, nous\npermettront de juger les œuvres.\n\nJ. Ecorcheville.\n\n«A\ni G rite à l'obligeance du Trinity Collège de Dublin, j'ai eu connaissance et pris copie jadis de\nrecueil ms. de symphonies de Grabu. Elles sont d'un style assez sec, celui des 24. violons français de cette ép\nMoins de fantaisie que che* Maïuel, mais une pondération qui annonce La Lande."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.50", "texte": "PARIS.\nOctobre.\nLe premier mois de la saison parisienne est communément prépara-\ntoire. On se fait la main, ou la voix et l'oreille avec quelques\n\"reprises\" et l'on apprête ces \"premières\" fameuses, semblables aux\nfruits inconnus qui nous viennent de loin, si attrayants tant que nous n'y\navons pas goûté. Les fruits mûrissent assez tôt cette année, mais non\nsans laisser place aux habituelles cogitations d'octobre, qui ne sont pas\ntant du présent que du passé et de l'avenir. Que pouvons-nous nous\npromettre de l'hiver qui commence ? Nous ramènera-t-il aux chemins où\nson prédécesseur, sans s'y être donné grand peine, a disparu ? Nous\n\n4"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.51", "texte": "94°\nS. I. M.\n\nménage-t-il une promenade plus intéressante ? Ou devons-nous en attendre\ndes horizons encore plus plats ?\nQu'il serait mélancolique que nous eussions à regretter la saison\npassée ! Elle fut à peu près nulle. Si nous voulons en retenir les faits\nmarquants, nous ne trouverons, au théâtre, que les représentations du\nCrépuscule des Dieux,de la Flûte en et : deux\nœuvres plutôt connues, même à Paris, et qu'on peut estimer classiques;\nla troisième, apportée par une troupe étrangère. Au concert, la production\nfrançaise brilla assurément davantage avec le de M.\nAlbert Roussel ; mais cette symphonie d'une poésie et d'un style si\npersonnels devait nous être offerte un an plus tôt, et la façon dont les\nConcerts-Lamoureux n'en voulurent d'abord aventurer qu'un petit\nmorceau, pour se trouver contraints ensuite par le succès de donner le\ntout, caractérise au mieux la paresse et la pusillanimité de nos sociétés de\nconcerts, et leur inintelligence de leur propre intérêt. Moins originale, la\nDeuxième Symphonie de M. Marcel Labey ne mérite pas moins qu'on la\nrappelle, pour sa construction et son esprit excellents. Les Concerts-\nColonne ont eu leur part avec la Sde M. Roger Ducasse,\nœuvre petite, mais charmante.\nSi concerts et théâtres nous offriront mieux cette année, rien ne\npermet encore de le préjuger. Les directeurs de ces entreprises n'ont\npoint coutume, quand ils entrent en campagne, d'exposer rien qui res-\nsemble à un plan d'action. A la vérité, je crois qu'ils n'en ont point,\nLeurs projets sont vagues, journaliers, incertains. La seule pensée les\nconduit de \" nouer les deux bouts \" sans porter leurs efforts ni leurs\nrisques au delà du minimum indispensable pour n'avoir point d'affaire\navec l'administration—beaucoup trop accommodante au demeurant—qui\ndirige la manne des subventions. Ils jouent ce qui leur tombe sous la\nmain, et ne rejouent que ce qui fait sûrement et facilement recette.\nIl faut reconnaître cependant que depuis l'année dernière un change-\nment sensible apparaît à l'Opéra. Sans avoir rien fait encore de capital,\nce théâtre est simplement rentré dans la vie artistique de notre pays:\ntrente-cinq ans durant, il était resté trop vaniteux des splendeurs incon-\ngrues où Charles Garnier l'avait engoncé, pour daigner prendre à cette\nvie la moindre part. 11 devient monotone de constater qu'aucun des\nouvrages qui ont marqué dans le mouvement musical moderne n'a été\ncréé à l'Opéra; qu'aucun des ouvrages qui ont été créés à l'Opéra ne fut"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.52", "texte": "LE MOIS\n\n94i\n\ncapable seulement de se maintenir à son répertoire; et que ce répertoire\nn'a pu se former qu'avec ceux d'autres théâtres, dont le goût plus hardi\net plus avisé sauvegarda quelques chefs-d'œuvre, après que l'Opéra les\neut longuement refusés.\nIl existe, hélas ! encore une œuvre admirable, que tous les directeurs\nrefusent à l'envi, et depuis des années, et qu'ils s'arracheront probable-\nment lorsque quelque scène de la province ou de l'étranger se sera fait\ngloire de la produire au jour. C'est Guercœur, de M. Albéric Magnard.\nMais le cas de ce musicien est tout à fait particulier. Les théâtres ne\nsont pas seuls à repousser M. Magnard: les concerts sauf, un moment,\nles Concerts-Lamoureux ne se montrèrent guère moins hostiles. Il\nsemble que le destin ait voulu jusqu'en notre siècle, qui tout de même a\nl'esprit plus ouvert, qu'un exemple se perpétuât de l'antique obscuran-\ntisme, de la haine originelle pour toute beauté élevée, pure et loyale. Et\nil était juste que le destin, pour cet exemple, élût qui produit la beauté\nla plus fièrement loyale et la plus simplement pure.\nMais retournons à l'Opéra. Une revue comme celle-ci ne s'inquiète\npoint des difficultés intestines dont trop de gens ont eu intérêt à mener\ngrand bruit, si même ils ne les ont attisées. Il nous suffit que la direction\nde M. Messager ait ramené la musique en honneur dans notre premier\nthéâtre de musique. Il n'a pu nous offrir jusqu'ici une partition inédite\nqui parût assurée de rompre avec la triste tradition que je rappelais tout\nà l'heure : la faute en est beaucoup aux directeurs qui l'ont précédé, leurs\nagissements ayant éloigné peu à peu tous les compositeurs français de\nl'idée d'écrire pour l'Opéra. Mais les exécutions quelques inégalités\nmises à part qu'il serait facile d'effacer, une fois hors des tâtonnements\ndu début tout au moins un grand nombre d'exécutions ont atteint\nune qualité musicale qu'on n'avait jamais connue à l'Opéra que par\nexception. Et l'activité est rentrée dans la maison morte; et il nous est\nprouvé par le fait qu'on y peut monter en douze mois trois ou quatre\ngrands spectacles, et les monter fort bien, alors qu'autrefois on en montait\ndans le même temps à peine un, et quelquefois fort mal. Vous avez gardé\nle beau souvenir des représentations du Crépuscule des Dieux : à une\nannée d'intervalle, celles de l'Or du viennent clore, dans un ordre\nparadoxal, le cycle sublime du Nibelung, par-dessus Monna Vanna et\nBacchus. Quant aux classiques et c'est bien chose inimaginable ! il\nn'en faut point parler en cette Académie Nationale, où le public leur"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.53", "texte": "942\nS. I. M.\n\ntémoigne, à l'occasion, peu d'amitié : pensez à à\nRameau, le plus grand de nos musiciens. Ne serait-ce point le rôle\nnaturel de l'Opéra, que d'entretenir nos plus hautes traditions ? Et le\npublic de l'Opéra-Comique, où se rencontrent sans doute les mêmes\npersonnes, qui sont les personnes qui aiment véritablement la musique,\nn'a-t-il pas su venir à Beethoven, à Gluck, à Mozart ? Pourquoi ce qui\nest possible d'un côté du boulevard ne le serait-il point de l'autre ?\nIl semble cependant qu'à l'Opéra-Comique les symptômes se\nfassent moins favorables. Ce n'est pas que M. Albert Carré ait à\ncraindre qu'on se lasse jamais de l'appeler le Juste ; ce n'est pas du tout\nqu'on se désaffectionne de son théâtre, de ses artistes, d'une mise-en-\nscène dont le luxe et la recherche sont illustres. Les opéras nouveaux\nqu'il nous a révélés l'hiver dernier ont recueilli peu d'approbation : mais\non ne saurait exiger d'un directeur qu'il découvre tous les ans une Louise\nou un Pelléas-, et la découverte & Ariane n'est pas si lointaine.\nIl me paraît pourtant impossible de ne pas remarquer comme de plus en\nplus le répertoire se laisse envahir par les déplorables compositeurs de\nl'ltalie moderne, par l'un d'eux surtout ; impossible de ne pas s'étonner\nen même temps de la place que les travaux d'amateurs usurpent entre les\n\" nouveautés \" représentées ou annoncées, tandis qu'il existe probable-\nment encore en France quelques musiciens qui savent la musique. Trois\nouvrages de M. Puccini, presque également détestables, occupent l'affiche\nà la fois chaque semaine : il n'est pas un compositeur français à peine\nM. Massenet qui ait joui jamais, et quel que fût son mérite, d'une\npareille faveur. M. Mascagni néanmoins défend brutalement sa portion.\nOn nous promet pour cet hiver M. Leoncavallo, et puis M. Alfano.\nVraiment c'est trop. Je n'y mets, croyez-le bien, pas le moindre chauvi-\nnisme. Je ne m'indigne point, par exemple, de l'accaparement de l'Opéra\npar un autre étranger : je le trouve pesant, mais justifié tout ensemble\npar la grandeur de Wagner et par l'obstruction insensée dont il fut si\nlongtemps victime. C'est moins le wagnérien d'aujourd'hui qu'il faut\naccuser des excès actuels, que l'anti-wagnérien d'autrefois.\nNous faire connaître ce qui peut se produire d'intéressant ou de\nbeau à l'étranger, et soutenir l'effort artistique de notre propre pays, c'est\npour nos théâtres un seul et même devoir. Devoir d'émulation fraternelle:\nmais devoir d'éducation aussi, qui implique le devoir d'un bon choix.\nQuand une œuvre étrangère est bassement destituée de toute valeur"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.54", "texte": "LE MOIS\n943\n\nmusicale, laissons la donc où elle est : nous trouverons toujours aussi\nmauvais chez nous. Nous n'avons même pas une obligation de réciprocité\nenvers l'ltalie, qui se garde bien de faire aucun accueil à notre musique.\nElle siffle Pelléas: et nous applaudissons Quelle duperie, que\nd'aller gâcher au bénéfice de ces polichinelles la moitié du temps et des\npeines d'un théâtre subventionné, et du meilleur de sa troupe . et qu elle\nest périlleuse pour le goût du public, des interprètes, et de nos composi-\nteurs même, dont le caractère n'est pas toujours de taille a combattre un\nsi mauvais exemple ! Cette école a, nous dit-on, le \" sens du theatre ;\nelle sait qu'il ne faut retarder l'action ni en distraire le spectateur. Cela\nest fort aisé, dès là que le musicien renonce à la musique. Et n est-ce pas,\npour bien des gens, dans cette renonciation même que consiste essen-\ntiellement le \" sens du théâtre ? .\nAcceptons comme un meilleur augure la remarquable reprise du\nRoi d'Ts, qui a inauguré la saison de l'Opéra-Comique. Le chef-d œuvre\nd'Edouard Lalo serait peut-être mieux en sa place a 1 Opéra. Mais 1 Opéra\na manqué assez sottement, il y a quelques années, l'occasion de donner a\nSamson et Dalila, encore plus longtemps dédaigne par lui, un digne\npendant : modèle également salubre de pensée claire et de forme accom-\nplie, d'une moins large envergure, sans doute, que 1 opéra de M. Sain -\nSaëns, mais supérieur à mon gré par 1 unité du sty^e ans> ® c arme f\ndans la force, la personnalité de l'invention, et le dessin, si simple, si su\net si frappant, des caractères. Ce sont les qualités mêmes des classiques.\n*\nLes grands concerts du dimanche nous ont offert déjà plusieurs\nséances. Je ne vous parlerai pas encore des Concerts-Colonne quin ont\nrien donné, que la Damnation de Faust.La terre cesserait probablement de\ntourner si les Concerts-Colonne ne donnaient plus la Damnat.on de Faust\nM. Gabriel Pierné, qui paraît devoir prendre de plus en plus souven a\nplace de M. Colonne au pupitre, dirige la a merveille ; mais\nceci même n'est pas nouveau à dire. Hp\nC'est toujours d'un cœur chagrin que j assiste a la reouverture de\nces infortunés Concerts-Lamoureux, à qui un quart de siecle, et plus\nperfection et de succès n'a pu assurer, tant la capitale ici est. au, dessous\nd'une simple préfecture, un domicile convenable. Ils semblent du.™°>\"s\navoir trouvé un durable dans la Salle Gaveau. Ma.s ce domicile est de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.55", "texte": "944\nS. I. M.\n\nmine morose, et sil présente 1111 peu moins d'inconvénients acoustiques\nqu on ne le pouvait craindre de son exiguité, cette exiguité reste par elle-\nmême un inconvénient dirimant. En est-ce une conséquence ? Il semble\nque la perfection des Concerts-Lamoureux néglige un peu trop de se\nrenouveler. Elle se complaît à se retrouver toujours semblable à soi-même\ndans l'exécution des mêmes morceaux, où elle est incomparable. Elle ne\nsaurait à cela gagner rien.\nCette société a son public, qui 1 encourage, il est vrai, à l'immobilité\nC est en coi e un méfait d une trop petite salle, que le public s'y fasse\nforcement restieint et ferme. Nous n'aurions pas besoin d'une seconde\nSociété des Concerts du Conservatoire, même avec un répertoire un\npeu différent. Et ce public le public de tous nos concerts en général\ntend à se gâter lui-même par cette routine où il s'acagnarde. Vivre\nsans efforts est funeste à tous ceux qui y consentent. Et le réel effort et le\nplus sain, pour l'auditeur comme pour l'interprète, est de s'assimiler des\nœuvres nouvelles ; et j entends par la beaucoup d'oeuvres anciennes aussi,\nqu on ne connaît point, ou qu'on oublie. Or c'est au moment même où\nla musique tient dans nos mœurs une place extraordinaire, au moment où\nchacun, dans toutes les classes, ne parle et ne paraît se préoccuper que de\nmusique, c est a ce moment que 1 effort s'anéantit. N'êtes-vous pas con-\nfondus de la coïncidence ? Comment supportez-vous, si vraiment la\nmusique vous est chere, que Paris ne possède ni une salle de concerts\ndecente, ni un chœur passable ? Comment tolérez-vous ces programmes,\nauxquels les jeunes compagnies même comme celle, valeureuse\npourtant, des Concerts-f lasselmans n osent déroger ; ces programmes\noù une série de morceaux, toujours les mêmes, vous sont indéfiniment\nproposes, sans ordre, sans suite, sans logique d'aucune sorte, chaque fois\nun peu plus ébréchés, comme au hasard du déballage d'une voiture de\ndéménagement ? Comment permettez-vous que les chefs d'orchestre\npuissent objecter que c'est précisément là ce qui vous attire et vous plaît;\nque vous ne voulez avoir d opinion que sur des ouvrages consacrés, et ne\nvous échauffez qu en présence d'un acte de virtuosité ; que vous accueillez\navec une indifférence dédaigneuse toute musique qui ne vous est point\ncoutumière ? Qui vous inspirera, ô public, l'énergie de vous fâcher une\nonne fois ? Il n y faudrait que l'énergie ; car vous voyez aussi bien que\nmoi, trop patient et un peu indolent public, que ces gens empressés à\nvous plaire, au fond, se moquent de vous."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.56", "texte": "LE MOIS\n945\n\nOn jugerait naturel qu'au sortir du bienfaisant silence de 1 ete toute\nmusique parût délectable et trouvât l'auditeur indulgent. Mais quand on\nn'a un long temps écouté que ses musiques intérieures, on se découvre\nau contraire une susceptibilité ravivée devant les mille petites imperfections\ninévitables de la musique telle que la réalisent les hommes Jai du moins\ntoujours éprouvé qu'il me faut un peu de réhabitude —il en faut peut\nêtre un peu aux orchestres aussi— pour les voir disparaître. On les voit\ndisparaître vite chez M. Chevillard. Il commence par une \"audition\nchronologique \" des symphonies de Beethoven. Certes on ne les jouera\njamais trop. La musique de Beethoven trouve en notre temps, et je crois\nen notre temps seulement, son véritable et parfait épanouissement ; nous\nla comprenons pleinement, et il n'en est pas qui corresponde mieux a\nnotre façon de sentir. Il est possible que cela change bientôt. C est une\nconception de l'art et de la vie dont s'écartent en grande Part'e les jeunes\ngénérations. Mais cette conception, qui s'est prolongée de Beethoven a\nWagner, et qui revit entre nos contemporains chez M. d Indy et chez\nM. Dukas, nous tient encore à l'âme par des racines plus profondes que\nle debussysme même, notre vainqueur exquis.\nEt ce fut une idée miraculeuse que de présenter une fois les neuf\nsymphonies de Beethoven dans l'ordre où elles sont nees. Mais c est\ndevenu une idée un peu facile. Et l'idée d'exécuter au concert en plein\nvingtième siècle, des scènes entières des drames de Wagner, et de ceux,\ntels que Tannhâuseret la Valkyrie, que l'Opéra représente le plus souvent\nest une idée que le bon sens ne suffit pas à expliquer. On ne devrait\njamais, en principe, transporter au concert une partition destinee a a\nscène. Mais on serait fort excusable de composer avec le principe, sil\ns'agissait d'une partition à qui la scène se refuse. Ce fut le cas, 1 y a\nvingt-cinq ans, pour Wagner. Ce pourrait l'être aujourd hui pour Rameau\nou Weber, ou Berlioz ; pour Hulda, pour le pour\npour Guercœur.J'indique au hasard. Le choix ne manque pas ;il est\ndivers ; si bien que nos directeurs de concerts en restent tout embarrasses.\nAvec Beethoven et Wagner, l'école russe a comme d habitude fourni\nl'essentiel des premiers programmes de M. Chevillard. La suite tiree du\nTsar Sa/tan de Rimsky-Korsakov, qui n'avait encore ete entendue qu aux\nConcerts Russes de l'Opéra, est agréable, sans plus ; mais Thamar e\nBalakirev est un des chefs-d'œuvre de cette école ; ces deux ouvrages,\nmalgré l'exécution la plus brillante, ont rencontré une certaine froideur."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.57", "texte": "946\nS. I. M.\n\nLe prestige des \"Cinq\" touche-t-il donc au déclin? Ce que leur art a d'ex-\nteneur, de limité, de tatillon, pourrait bien malgré les délices qu'il\ndispense, nous lasser assez vite. Il nous faut, quoi qu'on die, plus dr\nprofondeur et de substance.\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE DU JAPON\n\nDu point de vue occidental, le Japon n'a guère été considéré comme\nun pays de musiciens. En effet, au regard de notre technique moderne\nla musique japonaise ne s'est jamais élevée bien haut. Mais si, par contre'\nfaisant abstraction de nos idées, nous ne cherchons dans la musique que la\nlibre interprétation des émotions, au moyen des sonorités et des harmonies\nla nation japonaise doit être comptée parmi les plus musicales qui soient\nau monde.\nLes Japonais, comme beaucoup d'autres peuples, tiennent la musique\npour un don du ciel, une bénédiction d'en haut. Aucune période de leur\nhistoire n est sans traces de cet art divin: la musique semble être née avec\nla race.\nEn des temps qui se perdent dans la nuit de la légende, les ancêtres\nsacres du Nippon auraient établi un concours entre les plus habiles des\noiseaux chanteurs ; et, si nous en croyons les antiques traditions japonaises,\nles Kojiki, le résultat de cette compétition aurait été le début de l'art\nmusical dans le pays de Yamato. Les concurrents ailés auxquels le lapon\na ait etre redevable de son art céleste auraient été deux humbles volailles\nde basse-cour, deux coqs. On peut établir quelque liaison entre cette\nlegende et les harmonies claironnantes de certaines chansons populaires.\nEn tout cas, et quelle que soit l'aversion fréquente des Occidentaux envers\nce que les Japonais considèrent comme musique, il est évident que le\nJapon possédé un art musical dont le peuple est universellement épris et\ndans lequel il trouve l'expression de ses émotions les plus profondes.\nMalgré l'antiquité de ces légendes il est très probable que la musique\nne ut pas cultivée comme un art distinct de la poésie avant l'introduc-\ntion u Bouddhisme en Chine. Ainsi, au Japon comme en Occident, la\nmusique denve de la religion.\nComme la philosophie chinoise avait tenté d'exprimer la poésie"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.58", "texte": "LE MOIS\n947\n\nuniverselle du Cosmos par le nombre 5, la gamme Japonaise fut limitée à\nf notes : elle l'est encore aujourd'hui. Ainsi, la musique orientale se dif-\nférencie de la nôtre par l'absence du 4e et du 7e degré. Sa technique géné-\nrale est un trop vaste sujet pour que je me permette de l'effleurer ici en\namateur. Il est intéressant de noter néanmoins que le progrès esthétique\nde la musique japonaise a toujours porté sur le développement des qualités\nrythmiques. L'harmonie et la mélodie, au contraire, ont souvent été\nnégligées, et quoique l'instrumentation ait parfois témoigné d'une certaine\ningéniosité dans l'art de produire les sons, le nombre et la qualité des\ninstruments sont toujours demeurés insuffisants et primitifs.\nMais, les Japonais sont trop foncièrement artistes pour que leur\nmusique dépende étroitement des moyens matériels qui l'expriment. La\nmusique japonaise comme celle de Wagner, est moins intellectuelle que\nsenseuelle ou émotive. La \"geisha\"la danseuse de l'ancienne civilisation\niaponaise, est toujours regardée comme le prototype de la musique nationale,\noù le geste est un élément aussi important que le son.\nL'esthétique du Japonais est plus visuelle qu'auditive ; depuis des\nsiècles, la nation s'est attachée à refréner l'explosion de ses émotions et\ns'est fait un point d'honneur de cette indifférence. Un véritable Nippon\nne comprendra pas une page de littérature sans la voir, sans jeter un\nregard sur les caractères hiéroglyphiques qui en expriment le sens. De\nmême, il ne goûtera pas la musique à laquelle le geste plastique ne prêtera\npas son concours. La place prépondérante de la danse dans les drames et\nles romans nationaux en fait foi.\nDans quelques représentations théâtrales ou religieuses, la musique\nmuette, n'est plus figurée que par des poses ou des attitudes. La merveilleuse\ncapacité d'un auditoire japonais à apprécier cette indique\nun développement esthétique dont les secrets ressorts nous échappent\ntotalement.\nLa musique japonaise se rattache à la nature beaucoup plus étroite-\nment que la nôtre. L'Occidental, bien souvent sera lassé par la monotonie\nfastidieuse des bruits quotidiens, irrité par des rumeurs criardes ou super-\nflues : une oreille japonaise, au contraire, découvrira là des harmonies cap-\ntivantes et de poétiques suggestions.\nLes Japonais font leurs délices de la musique au crépuscule ; souvent,\nquand leur labeur est achevé et que la lune brille ils désertent les rues de\nla ville pour aller écouter le cri des grenouilles dans la solitude des marais"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.59", "texte": "9+B\nS. I. M.\n\nvoisins, le solo aigu des cigales et des innombrables voix qui se font entendre\nà la tombée de la nuit.\nIl ne faut pas s'étonner que leur musique, à la fois vocale et instru-\nmentale ait une remarquable aptitude à imiter les bruits du dehors; quelques\ninstruments de la lutherie japonaise bourdonnent comme un essaim d'abeil-\nles, d'autres ont la voix flutée de la fauvette ou du rossignol. La musique\nvocale, elle-même, évoque plutôt à l'oreille de l'étranger le chant des oiseaux\nou le bruissement des insectes que l'expression de la passion humaine.\nAinsi, à travers les siècles, le peuple a emprunté aux mille voix de\nla nature un répertoire immense d'harmonies et de sonorités. Un jour\nsans doute, un génie national, armé des moyens expressifs de l'art occiden-\ntal, mettra à profit les matériaux entassés dans ce trésor. Il en résultera\npeut-être un chef d'oeuvre.\nLa musique japonaise est l'expression la plus fidèle de l'âme natio-\nnale : par son usage et par sa nature, elle est essentiellement démocratique,\nDes chansons accompagnent toutes les étapes de l'existence, toutes les\nconditions sociales : le laboureur à sa charrue, les jeunes filles récoltant le\nthe, les pecheurs dansant au clair de lune sur la grève... Il y a des chan-\nsons pour planter le riz et pour moudre la farine, des chansons pour le\nmarin et pour 1 artisan, pour le colporteur et pour le crieur de ville. Au\nJapon, la vie elle-meme est une chanson : cela peut être un lamento de\nmélancolie ou de deuil, ou un hymne de satisfaction et de joie, mais rien\nne s'effectuera sans un refrain et sans un sourire.\nAu dessus de la porte de sa petite boutique, le Japonais suspend une\nclochette de verre que le vent fera vibrer et dont le tintement égayera la\nmonotonie de l'existence.\nLes temps modernes commencent pour la musique japonaise avec\ni introduction du christianisme. La musique occidentale importée par les\nmissionnaires a naturellement laisse sa marque sur la musique indigène :\non entend cependant parfois des airs occidentaux dans régions qui ont dû\néchapper a 1 influence des missions. Une partie de cette musique est\nrepresentee par des hymnes chrétiens, sur des airs anglais et américains.\nParfois aussi ce sont simplement des chansons japonaises adaptées àla\nmusique religieuse européenne.\nLa musique est maintenant enseignée dans toutes les écoles japonaises.\nLa voix y est accompagnée à l'orgue ou au piano."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.60", "texte": "LE MOIS\n949\n\nLes Japonais fabriquent aujourd'hui des orgues et des pianos dont la\nquantité et la qualité suffisent à la consommation locale et même, en\ngrande part, à la consommation chinoise.\nLes musiques militaires et navales ont fait beaucoup pour populariser\nla musique d'orchestre. Les cuivres, plus appréciés que les cordes, ont\nréussi à accoutumer les oreilles japonaises aux airs occidentaux plutôt\nqu'à inspirer aux troupes une bien martiale ardeur. L'orchestre militaire\nde Hibya Park(Tokio) a environ le même répertoire que celui de\nPark, de Londres. Mais les musiciens populaires, joueurs ambulants de\nsamisenet de biwa soulèvent de plus profondes émotions qu'aucun virtuose\nétranger. J'ai vu des auditoires intelligents écouter patiemment pendant\ndes heures le récit de quelque ancienne épopée, accompagnée sur le biwa,\nle plus primitif des instruments de musique. De tels récits transportent\nl'auditeur aux temps les plus reculés de l'histoire nationale et font vibrer\nau plus haut point la corde patriotique.\nLa musique exécutée aujourd'hui aux enterrements japonais est restée\nce qu'elle était il y a dix siècles : les esprits des ancêtres ne pouvant\ncondescendre à écouter le charivari barbare des instruments modernes\naccouplés aux voix.\nL'institution qui a fait le plus pour l'avancement de l'art musical\nest Y Académie de musique de Tokio. Quoique fondée depuis quelques années\nseulement, elle a merveilleusement contribué à développer chez les\nJaponais la faculté de comprendre la bonne musique étrangère. Là, sous\nl'autorité de professeurs éminents, les œuvres des grands maîtres sont\nétudiées et exécutées avec un intérêt, quelquefois même avec une perfection\nqui font songer aux institutions similaires d'Europe ou d'Amérique. La\nplupart des maîtres de l'établissement sont allemands. Leurs noms\nmériteraient de n'être point négligés dans l'histoire musicale du Japon\nmoderne ; leur influence a rayonné jusqu'en province, bien au delà de\nleur sphère d'action directe. Il n'y a peut-être plus une ville au\nJapon où ne soient donnés des concerts où la musique étrangère tient la\nmeilleure place.\nLes Japonaises ont pris goût à la musique occidentale plus vite que\nles hommes ; quelques unes d'entre elles font preuve de qualités vocales\nqui les mettraient au rang de nos meilleures chanteuses.\nA l'Académie de musique de Tokio, l'ensemble des études se divise\nen trois sections : préparatoire, principale, et hors-concours, avec des"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.61", "texte": "950\nS. I. M.\n\nclasses spéciales pour les élèves auditeurs et pour ceux des écoles normale\nLe cours principal a pour objet la pratique vocale et instrumentale et la\ncomposition : il dure deux ans. Tous les instruments modernes y sont\nenseignés en même temps que les plus pratiques des instruments indigènes'\nquelques uns de ces derniers, spécialement le ont trouvé une\nremarquable puissance expressive, sous l'inspiration moderne. L'Académie\ncomprend environ 40 professeurs et 500 élèves ; faute de place, elle et;\nrefuse à peu près autant. En dehors de cette institution un bon nombre\nd étrangers établis a Tokio enseignent la musique à titre privé et rencon-\ntrent un vif intérêt parmi la population de la capitale.\n\nDr F. Ingram-Bryan.\n\nBRAHMS ET LES FÊTES DE MUNICH\n\nLa révélation de certains maîtres a quelque chose de foudroyant. On\nest subjugue des 1 abord. Parfois le coup de foudre se fait attendre. On ne\nvoit rien, on n entend rien. Tout à coup la nue se déchire et l'éclair n'est\nque plus redoutable : on est Saul sur le chemin de Damas. C'est ce que\nj ai éprouve avec Mahler. Mais il est un autre mode plus fatigant, moins\ndécoratif, plus poignant peut-être, d'être forcé à la soumission, après une\nlongue, très longue bataille. C est alors la lutte de Jacob avec l'ange ! Voici\nvingt-cinq ans que Brahms me rebutait et me fascinait, que je m'en\ndétournais, découragé, et que je sentais bien pourtant que le devoir était\nd y revenir, que je m efforçais d arriver sur cette musique à des idées claires,\nà un état qui permit aux impressions d'acquérir cette lucidité, sans laquelle\nil n'est pour un esprit de culture latine aucune complète jouissance. Mais\ncomme c était décevant avec cet art divers et fuyant, si contradictoire et\ndenue de séduction autre que son propre mystère. Toujours ce grand nuage\ngns au-dessus de nos tetes. Mon cœur n'était pas à l'aise avec cet homme\nlude et fermé, qui ne donne jamais le sien d'emblée. Et toujours je l'étu-\ndiais. Maintes fois jai passe dans son sillage, je l'ai approché. J'étais à\nVienne dans toute la ferveur Wagnérienne, et puis ce que les partisans de\n\n' Nous voyons une fois de plus combien la France est mal représentée à l'étranger. Nos artistes, dont la\nconcurrence rend chez nous la profession si pénible, devraient certainement diriger leurs regards vers l'extrême-\nOrient qui cherche a s instruire et à se pénétrer de notre culture."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.62", "texte": "LE MOIS\n951\n\nBrahms faisaient souffrir à Bruckner, mon vieux maître, était par trop\nndigne. Je le voyais laid. Puis Brahms après Bruckner mourut, et Hanslick,\nan âme damnée, d'odieuse mémoire à tous les élèves, disciples ou amis de\nBruckner, de Smetana, de Wagner, de tout ce qu'il y eut de plus grand\njla fin du dernier siècle. Et sur ces tombes l'oubli et la paix se firent.\nBrahms avait Schumann à venger de Wagner. Les Wagnériens rendaient\n4Brahms ce que les \"Brahmines\", (on disait ainsi), renvoyaient à Bruckner,\n'rai lui, ne repondait rien, mais priait, œuvrait et pleurait. Aujourd'hui les\nœuvres seules restent et, à la lumière de ces œuvres et de publications\nposthumes, les physionomies se dégagent mieux des contingences. Bruck-\nner grandit, Brahms grandit. Us apparaissent comme les deux pôles du\nmême monde et Mahler vient, avec sa chaleur équatoriale et ses Florides\nqui englobe tout, qui concilie tout et, armé de tout le passe, marche vers\nl'avenir. Et c'est Brahms, pour nous désormais, comme ces journées d'au-\ntomne, qui ont eu un matin de brouillard, qui vers Midi se sont eclaircies\npeu à peu et qui brillent de tout leur éclat, doré et tiède, furtivement\n! vers quatre heures de relevée. Oh ! ce n est pas de tout le printemps de\ncandeur et l'été mugissant de Bruckner, ni ses paysages alpesties et\ndanubiens; c'est au contraire la vie qui n'a pas atteint a la plénitude, c est\nl'or des parcs mélancoliques et c'est la grisaille morose des promenades\nd'hiver ; mais c'est tellement à l'image de tous ceux a qui le destin n a\npas fait la part à laquelle ils avaient droit ! Et n'est-ce pas très moderne\net très proche de nous, ce besoin de chanter ce desenchantement, cet\nhéroïsme intérieur. Et je comprends si bien qu il ait persuade d emblee\nj tout ce monde d'employés, de bureaucrates, de professeurs, de fonction-\nnaires, qui ont aussi un cœur humain ; tous ceux, qui se sentaient de\ncommun avec lui des analogies de souffrance intime, des besoins de\ntendresse rentrés, la mauvaise humeur de la résignation a une vie senti-\nmentale incomplète, et cette timidité jalouse, qui veut donner le change\npar un abord escarpé et des maniérés bourrues, et cette passion qui doit\nse contenter d'aventures vulgaires, et ce rêve d'un foyer exquis et de toute\nles délicatesses qu'on sait bien un peu ridicules, lorsqu on a gros ventre et\nqu'on est un goinfre, destiné à mourir d avoir trop bu et trop mange...\nAlors que pourtant l'on mourait tous les jours un peu de n etre pas aime !\nPuis quand nous eûmes assez étudié et fûmes mûrs à point, il fallut\nquelque chose comme une sanction aux résultats de cette lente et laborieuse\ninitiation de tous les jours, qui a ressemblé vraiment a un travail de la"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.63", "texte": "952\nS. I. M.\n\nnature. Les fêtes Brahms ont jeté sur l'œuvre une lumière nouvelle. Ur\nhomme s'est trouvé, élu par Brahms depuis longtemps, qui devait dispen-\nser à son œuvre ce flot de lumière, la mettre dans son vrai jour non\nseulemen t, mais nous imposer le point de vue le plus favorable. Cet homm;\nest M. Fritz Steinbach. Qui n'a pas reçu de lui en pleine poitrine le bloc\nde la lerIer et le IVe symphonie ne les connait pas. Nous avons entendue\nles symphonies de Brahms à satiété, à Vienne, à Paris, à Prague, à Munich\nde Richter, de Weingartner, de Lœwe, de Lamoureux ou de Chevillard\nde Hausegger et de Schnéevoigt, de Nedbal et de Zemanek, jamais nouç\nn'aurions pu croire à une transfiguration comparable à celle des I et IV\nsous la direction Steinbach. Cela devient un hymne à l'énergie, d'une telle\npuissance maîtresse d'elle-même, qu'il faut bien comprendre dès lors que\nl'Allemagne puisse mettre en parallèle de telles œuvres avec la V et la VII\ndu Grand-Sourd.\nCe fut à tel point que, dès le première répétition, le soir du 9 Sep-\ntembre, la question Brahms s'était immédiatement compliquée d'une\nquestion Steinbach, soulevée surtout par les auditeurs berlinois, formant à\npeu près la moitié de l'assistance. Ces écarts dynamiques ont du reste\nencouru le réprobation, avec celles des gens de bon ton et de belle;\nmanières, justement de tous ces timides et ces tendres qui, en Brahms, aiment\nsurtout l'expression de leur timidité, de leur tendresse et de leur intime\npersuasion que tout de même ils auraient pu et du bouleverser le monde,\nMais nous qui, si longtemps, avons cotoyé l'existence du maître peu!\nsociable, que la caricature d'un spirituel Viennois, qui a sa monde musical\nau bout des doigts, représente épanoui en grossièreté, entre son cigare qui\nle précède et un petit hérisson qui le suit, savons assez combien M. Stein-\nbach est dans le vrai ! \" Point de pose, point de manières à effets, le tout\nun peu grossier, bourgeois, mais toujours dit M. W. Junker.\nEh ! oui ! C'est bien cela, et c'est cela qu'il faut au premier mouvement de\nla Ie symphonie, comme à la passacaille de la IV. Et voici M. Marcel\nMontandon qui en convient : \" C'est à la fois tout Brahms et Steinbach,\ntel qu'il est, comme interprète du musicien, dont il s'est fait le spécialiste.\"\nOui, tout à fait le Brahms de ces moments d'humeur où, de rage de cet\nhéroïsme intérieur, auquel il était condamné et dont lui seul savait le;\ngrosses défaillances matérielles, il se ruait dans la musique, comme ur\ntaureau qui voit rouge et se donnait des illusions d'épopée. Mais ce n'est\npas tout Brahms vraiment ! Pas plus que n'est tout Brahms, l'homme"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.64", "texte": "LE MOIS\n953\n\nijjîéfîctir et sentimental, qui se dérobe avec pudeur comme l'éléphant\nauquel semble revenir avec une préférence respectueuse M.Georges\nHumbert. Oui, un tendre incompris ! Mais qui, oui aussi, s'en venge\ncomme une brute, mais une brute sachant apprécier un beau coup. Dès\nlors cette \" gesticulation outrancière du ce poing brandi,\nqui retombe avec des zig-zags foudroyante \", notés par M. Montandon,\nsont éminemment la vérité ! M. Steinbach s'y livre pour Brahms ! Pour\nBrahms que son embonpoint aurait gêné, et ses bras trop courts ! Et\nj'ajouterai même, en quelque sorte, cha Car il me semble\nque ceci doit trancher la question que,\nM. Steinbach ait été son interprète attitré ; qu'il ait dirigé ainsi ces mêmes\n; symphonies, en présence de Brahms, approuvé par lui.\nIl iaut noter encore qu'une interprétation de fête, avec orchestre\ndouble (celui de Munich, qui a le plus fait parler de lui depuis deux ans,\nadditionné de celui de Meiningen) peut différer d'une interprétation\nd'ordre plus intime, comme un dîner de gala du pain quotidien. M. Lucas,\nprésident de l'Association Brahms, dans la réponse qu'il fit, le jeudi\n9 septembre, à M. le bourgmestre Guillaume von Borscht, dans la salle\nde vieil Hôtel de ville, avait annoncé un Brahms tout renouvelé. En\neffet, on a tiré des grandes œuvres leur maximum d'effet, et je voudrais\nque l'on se rendit compte, une fois pour toutes, que de telles œuvres sont\nfaites par celà, une symphonie dont la gestation a duré vingt ans, ou ce\nChant de triomphe,qui devait célébrer les victoires allemandes de 1870-71.\nCe Brahms \" honnête et ennuyeux \", dont on parle souvent en France,\npourrait bien n'être ennuyeux et paterne que lorsqu'on croit le devoir\ninterpréter ainsi et que d'avance on est décidé à y chercher cet ennui.\nD'autre part un Lœwe excelle à nous y faire découvrir des finesses exqui-\nses. Et M. Steinbach du reste aussi, là où il le faut, dans les\nles morceaux moyens de chaque symphonie.\nEn somme ces fêtes auront définitivement fait justice de certains\npréjugés ; du moins au sentiment de l'Allemagne la cause est jugée et\nsans appel. Tout d'abord du Brahms, exclusivement bourru, dont ce fut\n'e version ordinaire jadis et du Brahms, exclusivement tendre, auquel,\ndepuis la mort de Clara Schumann et le livre de M. Litzmann, on avait\nUn peu trop la tendance de se rendre. Mais M. Georges Humbert va\nconstater, avec nous, que s'en est fait encore du Brahms, qui ne saurait\nPas orchestrer, ou le ferait d'une façon pâteuse et molle, de la \" musique"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.65", "texte": "954\nS. I. M.\n\nfarcie \" de Brahms, comme nous l'avons écrit nous-mêmes, il y a un\nquinzaine d'années, au début, de notre tâtonnante enquête! Et l'unanimit\ndes auditeurs du festival fera table rase encore de l'allégation de pédantismr\nCelle de lourdeur ira la rejoindre. Quant à celle du manque de coeur t\nde chaleur, de \" l'animal à sang-froid \" comme je l'ai entendu dire na-\nM. Félix Mottl, elle nous semble désormais la plus absurde de toute\nLa revue du programme de ces fêtes merveilleuses va nous permettre de'\nnous édifier et d'amener une découverte après l'autre.\n* *\nPour commencer ceci: Nous avons été stupéfaits de pouvoir passer si-\njours, dont quatre à deux concerts par jour, et de trois heures de dure:\nplus souvent que de deux, à n'entendre que de la musique de Brahm;\nsans la moindre fatigue de la part d'une majeure partie des auditeur;\nPremière constation. Il y a un an, nous n'aurions pas cru la chose pos-\nsible. Evidemment les exécutants et M. Steinbach lui-même, dont lezel;\na été jusqu'à diriger des quatuors, n'en diront autant. Mais il faut admire:\nd'autant plus un amour de la musique assez grand pour, en honneur d'un\nseul maître, déplacer au gros de l'été et entasser dans une salle suffocante,\nau milieu d'une considérable affluence d'étrangers et d'un public muml\nchois, le tout Berlin des premières, quarante musiciens, de la cour è\nMeiningen, le chœur Gurzenich entier, de Cologne, et des solistes è\ntoutes les parties de l'Allemagne et même de la Suisse. !\nUn public munichois, ai-je dit. Et il convient déjà de s'arrêter ici.\nsi l'on veut avoir le physionomie exacte de ces fêtes. Le Tout-Municl\nest absent, aux eaux, à la montagne, tandis que, pour le Berlinois, Municr.\nest sur le chemin de la montagne. Personne de la Cour, presque personne\nde la ville. Les fêtes ont lieu à Munich, sous le patronage du Duc Georges\nde Saxe Meiningen. On se montre des musiciens berlinois. Oscar Frec\net le compositeur italien Sinigaglias ont là, depuis huit jours, à suivre\nles moindres répétitions de M. Steinbach. Pas un des grands che;\nd'orchestre d'ici ne montre le bout de son nez. Aucun des compositeur\nnotoires. Seuls MM. Beer Waldbrunn et Pottgiesser se dissimulent ma\ndebout derrière les colonnes. Qu'est-ce à dire ?\nEh ! les journaux l'on déjà dit, la veille, et l'on va nous le faire\nsentir, avec plus de dextérité que de tact, à la cérémonie d'ouverture"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.66", "texte": "LE MOIS\n955\n\nl'Hôtel de Ville. Nous avons à faire amende honorable. Munich, place\nforte du Wagnerisme est désormais forcée et il s'agit un peu d'une volonté\ndu Nord imposée à notre Sud. Une autre découverte, qui nous attend tout\nà l'heure, est celle d'un Brahms, musicien d'Empire, d'un Brahms impé-\nrialiste, fervent admirateur de Bismarck et de Guillaume I, à qui il dédie\nson Tri'umphlied.A l'Hôtel de Ville, il y avait moyen de dire les choses,\navec la bonne grâce de certains journaux de la première heure : tout et\ntous se reconciliant dans la mort. Aimer Wagner n'empêche plus d'aimer\nBrahms et aimer Brahms d'aimer Bruckner. Non : en ce qui concerne le\ndieu de jadis, un dur silence de capitulation d'une part dans le discours\ndu bourgmestre ; d'autre part, une feinte de l'ignorer, dans le discours de\nM. Lukas, et ce mutuel accord tacite pour passer condamnation sur\nWagner et sur Bruckner, nous, étrangers, nous a choqués. Nous atten-\ndions, il fallait le baiser de paix de la réconciliation, ou du moins la main\nloyalement tendue. Qu'ont dit les Munichois ? Il y en avait si peu dans la\nvieille salle gothique ! De Vienne et de son hospitalité envers un homme\nqui, après tout, aima mieux y vivre que dans ce Nord, qui a toutes les\nsympathies de sa tête, une pauvre allusion à la Il est vrai\nque Brahms en appréciait surtout des avantages ou commodités de vie\nmatérielle. Alors va pour la Gemtithlichkeit\nEt pourtant à Vienne cet homme exerçait un empire qui, nulle part\nailleurs ne lui eut été possible et que ni Beethoven, ni Schubert, ni Mahler\nni personne n'y ont connu. Et Vienne a un peu déteint sur cette musique,\nparfois même quand des mélodies, nées de ses trottoirs, ne l'inspirent pas.\nTout ce qui est un peu riant ou coloré dans cette œuvre, si souvent de\ndemi teinte et de maussaderie endolorie, vient de la rose atmosphère\nd'Autriche ou des coteaux dorés du Rhin. Dans certains thèmes, même\ndes plus nobles, je sens une pointe de généreux vin, Grinzinger où Rudes-\nheimer. (Voir notamment le beau grand thème final du dernier mouve-\nment de la iCTe symphonie.) Vienne du reste prendra sa revanche dans\nquatre ans puisque, désormais, les festivals Brahms vont marcher selon la\nmesure à quatre ans à travers le monde allemand.\nDonc à l'Hôtel de Ville deux secs discours. Ils s'encadrent sobrement\ndes Sentences de Fête commémorative (Fest und GedenksprucheJ op. 109,\nchœurs a capellaà huit voix, dédiés par Brahms au Bourgmestre de Ham-\nbourg, Dr Cari Petersen, en remerciement de la bourgeoisie d'honneur, que\nsa ville natale vient de lui conférer. Chœur sans grande amabilité non\n\n5"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.67", "texte": "956\nS. I. M.\n\nplus, mais avec de beaux amen,hérissé de difficultés, sur des parole\nlibrement transcrites des Saintes Ecritures, et qui \" doit être une exor-\ntation au peuple allemand d'accepter et de conserver l'unité conquise e:\n1870-71 \". La première audition en eut lieu à Hambourg, sous Biilow,\nune fête de musique l'été 1889. Ainsi, dès la première heure, s'affirmt\ncette physionomie, allemande du Nord et protestante, qui ira chaqu;\nheure s'accentuant. Et celà explique bien des choses. A commencer pa-\ncet immense concours financier, qui assure la bonne organisation de telle;\nsolennités.\nPremier concert d'orchestre. La symphonie I, qui le termine, renou-\nvellera, à peine avec un peu moins d'éclat, le miracle de la répétition d'hier,\ndont M. Marcel Montandon a si raison d'écrire que l'impression en fut\n\"écrasante pour tout le reste des concerts \" et que \"si une fois on;\napproché du sublime, ce fut là. \" 1\nLe Requiem allemand renferme les beautés de premier ordre que l'or\nsait. Son élaboration en fut aussi entrecoupée que sa composition en est\narbitraire. Encore des textes de la Sainte Ecriture sans lien organique.\nDes fragments d'oeuvre détruites sont utilisés. C'est fait de pièces et de\nmorceaux, comme c'est écrit tantôt ici, tantôt là. Et le maître cherches\ndonner une unité factice à l'œuvre lorsque, à la fin du septième et dernier\nchœur, il revient à son point de départ. L'Unité de sentiment en revanche!\ncompense le manque d'unité d'inspiration. Le tout pourrait être plus!\ncourt ou plus long, le Requiem alle n'en demeurerait pas moin; »,\nl'expression, très sincère et très permanente, d'un sentiment religieux\ndont il ne faut plus faire abstraction, lorsqu'il s'agit de Brahms. Et\nd'autant moins qu'il aura ses révoltes. Conforme à l'esprit protestant de\nlibre examen, et faite pour un culte où ne se célèbre aucun sacrifice\neucharistique, cette œuvre, laborieuse et parachevée, comme tout ce que\nlaisse Brahms, connaîtra également avec M. Steinbach d'inattendus con-\ntrastes de clair obscur et le relief s'en accusera singulièrement, surtout\n\n1 Je demande une fois pour toutes pardon d'avoir à citer si souvent les noms de ces Messieurs. George\nHumbert, W. Junker, Marcel Montandon et moi étions à ces fêtes les seuls représentants des revues musicale\nfrançaises et nos nombreuses divergences d'appréciations donnent, je crois, une sorte d'autorité à nos quelqu:\npoints de vue communs. Ma tâche est du reste rendue fort malaisée par la façon, consciencieuse et charman\ndont ils m'ont précédé : c'est donc justice qu'il m'aident un peu à m'en acquitter. Et j'engage vivement\nles curieux à contrôler le récit, que j'essaie ici de ces fêtes, par celui qu'ils en ont donné au Courrier Musical-\nà la Vie Musicale. De même, puisque j'en suis aux expressions de gratitude, je dois rendre attentif à ce magnifie-\nprogramme, un vrai volume, dont l'organisateur de ces fêtes M. Emile Gutmann a confié la rédaction a-\nDr. Edgar Istel, lequel y a accumulé le maximum de renseignements en le moins de place possible. Je n'au*\nqu'à y puiser et jaurais pu y puiser encore, au delà de l'espace dont je dispose ici. Avis aux collectionneurs."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.68", "texte": "LE MOIS\n957\n\ncelui du N° 11, lequel provient du scherzo d'une première symphonie,\nencore sensible dans le concerto pour piano op. 15, où le reste a passé. Et\npuisque d'un sorte de Danse macabre il est désormais question, M. Stein-\nbach a bien fait encore d'y introduire l'énergie de désolation de son terrible\ncoup de timbales, en tel contraste avec la douceur consolante et suppliante\nde l'antistrophe. Solistes : Mme Tilly Cahnbley-Hinken, M.M. Johannes\nMesschaert et F. W. Franke.\nLe Samedi 11, à trois heures et demie de l'après-midi, le Dr. Ludwig\nWullner nous égrène, nous mime serait plus exact, vingt et un lieder sans\ncompter les bis,plus les Quatre chants op. 121 que Brahms compo-\nsait en redoutant d'apprendre la mort de Clara Schumann et en pensant\ndu même coup à la sienne. C'est comme une suite au Chose\nétrange ! Dans le dernier, tiré de St. Paul aux Corinthiens I, il passe un\nfurtif ressouvenir des Maîtres Chanteurs...Et Clara Schumann, qui avait\nune telle horreur de Wagner ! C'est un rien ce rappel du Treislied, mais\nen telles circonstances que d'amères réflexions il provoque ! Les appro-\nches de la fin devraient toujours tout reconcilier ! Contraste : pratiquez\nun peu les rédactions Brahms des Chants populaires allemands. Ils livrent\nencore une clef de ce caractère, qui connut l'humour et, en somme, ne\nnous fut si énigmatique que parce qu'il était bien\nSoir : répétition du deuxième concert d'orchestre. On s'y étouffe.\nLa ventilation de l'Odéon serait à mieux établir dans une prochaine\ncirconstance pareille.\nDimanche 12 Septembre, à onze heures du matin, le premier quatuor\nsol mineur, op. 25 (Première audition manuscrite: Vienne 16 Novembre\n1862, les Hellmesberger avec Brahms au piano) ; trois quatuors pour\nquatre voix solo des 0p.64, 92 et 31 (les trois solistes du plus\nl'admirable Maria Philippi) ; six morceaux de piano (M. Cari Friedberg)\ndes op. 10, 76, 116, 118 et 119 ; cinq lieder (M. Johannes Messchaert)\ndes op. 32, 43, 85 et 95, et de nouveau les dont\nl'austérité trouve mieux le chemin de nos âmes qu'à l'Hôtel de Ville.\nL idéal décidément d'une musique élevée, destinée à décorer une céré-\nmonie officielle. Ma pensée a un subit retour en arrière vers le\nde la République de Mme Augusta Holmès, décoration laïque et toute en\nfaçade, décoration de Mairie d'arrondissement parisien. Ici nous sommes\na 1 eglise ; pardon, nous sommes au Temple, nous sommes au Prêche.\nDes lors prêtons-nous y. Faisons-nous une âme protestante avec Brahms,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.69", "texte": "958\nS. I. M.\n\ncomme nous demandons aux protestants de s'en faire une catholique avec\nBruckner et Franck ! Le Dieu reste le même si la musique change !\nLe soir deuxième concert d'orchestre. Que dites-vous de ce\nprogramme ? Variations sur un thème 56 le\ndu une cantate pour chœurs mixte et orchestre op. 54 ;\nsymphonie ;la Rhapsodie,tirée du Voyage Harz, de Goethe,\npour voix d'alto, chœur d'hommes et Orchestre op. 53, qui nous tient\nsous le charme douloureux de la voix grave et poignante de Melle Philippe\nenfin la Deuxième symphonie.(N Jtez qu'en Allemagne les programmes de\nconcert excèdent rarement la durée d'une symphonie, d'un concerto et\nd'une ouverture). La fatigue des exécutants commence du reste à se faire\ndéjà un peu sentir et M. Steinbach supprime la reprise des expositions\nde symphonies. Connaissez-vous en France les\nHaydn ? Pour qui a vécu de la bonne vieille vie de province autrichienne,\nou a fait un pélérinage à Maria Zell, l'évocation est délicieuse. Ce concert-\nci est du reste tout entier la démonstration du coloris de Brahms, ou plutôt\nil nous donne l'autorisation, que trop de monde se refuse, d'en parler,\nChaque variation de Haydn est un tableau et décidément les symphonies\nne me permettent plus l'affirmation téméraire de jadis que Brahms manque\nde paysages.\nJamais content de lui-même et, dans son horreur de toute effet\nvulgaire, il arrondit les contours, lime et polit jusqu'à ce que le tout soit\ncomme fondu dans la grisaille. Mais une grisaille de quelle distinction et\nde quelle saveur ! Et puis tout est en profondeur la dedans; je crois qu'on\nne s'en lassera jamais et qu'il y aura toujours quelque chose de nouveau à\ny étudier. Et à la longue comme on s'y complait à cette musique, et\ncomme l'isolement lui est favorable ! Toute en dedans, même lorsqu'elle\nest violente; toute en dedans, même lorsqu'elle connaît un accès de bon-\nheur et d'épanouissement (symph. II), elle apparaît comme un gymnas-\ntique morale, à la façon de certains exercices spirituels. Qu'on adjoigne\ncet homme à Beethoven, qu'il continue, tant qu'on veut ; mais il n'en\nprocède pas. Si de quelqu'un, c'est de Bach.Qu'on lui refuse le génie créateur,\nparce qu'il n'attacha pas grande importance à l'invention de ses thèmes\net que, cas échéant, souvent même, il les prend où bon lui semble, c'est un\nenfantillage ! Et d'abord Wagner n'a pas agi avec moins de désinvolture!\nBrahms a des thèmes à lui, tout aussi beaux que ceux qu'il prend, et ces\nderniers, il les fait siens par un travail, qut équivaut à /' et qui a"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.70", "texte": "LE MOIS\n959\n\nplus de mérite que le hasard de la trouvaille. Son imagination dans le\ndétail, et son art de tirer le plus possible de très peu resteront toujours un\nobjet d'émerveillement. Je recommande à cet égard une étude un peu\napprofondie des symphonies I et IV. Evidemment il ne s'agit plus de\ngénie primesautier, mais d'un art de penseur et d'esthéticien, d'un art\nconscient, savant et autocritique. Qu'on n'en jouisse pas de prime abord\nc'est entendu ; qu'on n'en jouisse même qu'au prix de grands efforts, le\nbeau malheur ! Nous lisons bien des ouvrages de philosophie, ou des\nsermons ! Et appelons-nous pédants Joseph de Maistre ou Massillon ?\nJe vais dire tout de suite ici, à propos du ce qui\ns'appliquera encore au Chant des Parques demain. La foi chrétienne de\nBrahms est absolue. Mais elle connaît des heures de doute et la méditation\ndes inexplicables misères de la vie le trouve murmurant. Aussitôt que la\ntentation de blasphemer l'approche, qu'il éprouve le besoin de clamer sa\ndétresse, qu'il la trouve imméritée ou disproportionnée, il recourt aux dieux\npaïens, à la fatalité antique. C'est aux de son ami Klinger qu'il\ns'en prendra, et dont il dira la haine des mortels ou la dure indifférence.\nPense-t-il peut-être tout simplement aux grands de la terre, à tous ces\nprinces de partout dont il avait pu découvrir la sécheresse d'âme ! Quoi-\nqu'il en soit, c'est par ces grandes cantates mythologiques philosophiques,\nque se fait la soudure entre l'Université, la Science allemande et son art.\nArt d'intellectuel, presque toujours, en dehors de la majeure partie de ses\nlieder ; mais pas du tout art pédant de ce fait. Pas une minute Brahms ne\nveut nous montrer sa science, ne pense à nous en éblouir : n'est-elle pas\nsi profonde que ses pairs sont les seuls à la pouvoir sainement apprécier ?\nEt il se fâche si on veut la démontrer au commun. Il est savant, c'est vrai,\nmais la point de départ de l'œuvre est toujours une émotion intime ou\nune impression de nature. Là-dessus, il l'exprime à sa façon, qui est celle\nd'un sage, vieilli dans les paperasses et qui connaît de vieux secrets.\nL'erreur des uns, c'est de ne voir que le savant, l'erreur des autres de ne\nvoir que le sentimental. Est-il donc défendu de se représenter un poète\nqui soit un chartiste ? On en voit bien qui sont ministres.\nL'histoire de Schicksalliedet du la voir dans\nle programme Gutmann-Istel montre bien cet acheminemant de l'émo-\ntion à travers les voies de la science et du symbolisme, par un chemin tout\na fait aisé et naturel, quand on est Brahms. Cet Allemand vise à l'antique\navec la candeur d'un artiste de le Renaissance. Son cas et celui de Klinger"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.71", "texte": "960\nS. I. M.\n\nne font qu'un. Même modernisme du détail dans une conception, qui va\nnaturellement au classicisme (au classicisme tel qu'eux l'entendent.) Et chez\nBrahms, cela se complique de l'humilité de ses origines, de son ardeur à\nsuppléer aux lacunes de son éducation première. Pédant, il est tout ce qu'il\nfaut pour le devenir. C'est à force d'art, grâce à un très vif sentiment de\nridicule, et à cette pudeur d'éléphant dont j'ai déjà parlé, qu'il a échappé\naux allures doctorales, que son entourage lui prête gratuitement et essaie du\nnous imposer, chaque pédant se croyant grandi à compter un tel homme\npour l'un d'entre eux. La passacaille de le IVme symphonie est un\nnaturel dans la difficulté Vaincue. A ce degré d'aplomb, de dextérité, disons\nle mot de sorcellerie, il n'y a plus pédantisme à se servir d'un forme\nsurannée. C'est Dampt exécutant son groupe de Melusine et Lusignanen\nacier et ivoire. Ce sont là jeux de prince et non de pion.\nLundi 13 Septembre. Onze heures. Second concert de musique de\nchambre et chants : la sonate 111 pour violon et piano, ré mineur, op 108\n(M.M. Bram-Eldering et Friedberg) trois quatuors vocaux avec piano\n(les solistes déjà cités), le trio piano, clarinette et violoncelle, mineur,\nop 114 (M.M. Friedberg, Cari Pienig, et H. Wiebel) enfin l'op. 52 en\nentier, les dix-huit Valses d'amour,dans leur forme originale, pour quatre\nvoix solo et piano à quatre mains. Là encore se justifie notre assertion de\ntout à l'heure : la résolution en œuvre d'art impeccable du conflit entre\nune émotion naturelle et la volonté de ne se contenter de rien, qui n'ait\natteint, non à son maximum d'intensité, au contraire, mais d\nJamais conquête du naturel artistique ne s'est réalisée avec cette netteté. Ilest\névident qu'à côté de ce Benvenuto de la mélodie, notre grand Bruckner\nest un michelangesque balourd. Et il est absolument sûr que ceux, pour\nqui rien ne vaut que le fleur d'émotion spontanée, ne trouveront pas leur\ncompte ici. Que viennent-ils l'y chercher ! On ne reproche pas à Gustave\nMoreau ou à Burne Jones de n'être pas Claude Monet. Y seulement songer,\nc'est ne les comprendre ni l'un ni les autres.\nSoir du même jour, répétition du troisième grand concert d'orchestre\nqui, le lendemain, 14 Septembre achevait ces radieuses fêtes :\npour chœur à six voix et orchestre, op 89 ; concerto de violon op\n77 (M. Bram-Eldering) ; IVme symphonie, et le Chant triomphal. (Première\naudition du premier morceau, le 7 Avril 1871 à Brème \" en souvenir des\nvictimes de la guerre. Dirigé par Brahms après le Pre-\nmière audition complète, 5 juin 1872, à Karlsruhe, sous Hermann Levi)."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.72", "texte": "LE MOIS\n961\n\nChanteurs, solistes, orchestre sont exténués. N'importe. Ils donnent leur\nJernier effort avec une vaillance désespérée dans la victoire. Et vraiment\nc'est triomphal. Contrairement au programme et à la logique, on finit par\nla Symphonie. Steinbach est superbe. C'est donc par la fameuse passacaille\nque se clôt l'inoubliable série. Un dernière fois l'électricité d'enthousiasme\ndu festival opère. On a l'impression que chaque pointe d'archet a son feu\nSaint Elme. Telle variation tonne comme une expérience de laboratoire\noù un héros calme et résolu manierait des panclastites. Toujours l'énergie\nen chambre ! Toujours la résorption de l'émotion première, et le contraire\nde l'extériorisation de sa pensée et de son sentiment. Je laisse à choisir :\nqu'est-ce qui nous commotionne le plus, du coup de mine entendu du dehors\net dont on voit s'ébranler la montagne, ou du coup de mine à l'intérieur\nde la mine... Sans doute le dernier entendu toujours !\nOui Brahms hier, Bruckner aujourd'hui, car c'est avec lui que notre\nsaison de concert vient de reprendre, Mahler demain, car le première au-\ndition de sa VIIFe symphonie dont le premier mouvement est un Veni\nSancte spiritus et dont le dernier contient toute la scène finale de Faust est\nenfin annoncée ici pour le mois de Septembre ! Et ne nous accusez par d ex-\nclusivisme. Berlioz et Saint Saëns hier, Dukas et Debussy aujourd hui con-\nnaissent un accueil plein de bonne volonté. Veuillez donc songer qu a\nl'heure qu'il est vous achevez seulement de monter Wagner a votre opéra.\nEt c'est la même chose en art. Tous les quatre ans Munich voit officielle-\nment le meilleur de votre production et de celle du monde entier. Croyez\ndonc que si l'Allemagne honore comme nul pays au monde ses propres\nmaîtres, comme nul pays au monde aussi elle accueille et fete les vôtres.\nAvant hier le trio tu fa dièze mineur de Frank produisait dans une salle de\nconcert un vrai délire. Evidemment de loin en loin, dans certaines villes,\ncertaines gens sont cause de certains raccrocs. Mais regardez 1 ensemble\ndes faits d'un peu haut. Et surtout, vous aussi, organisez de tels festivals en\nhonneur de vos propres Maîtres et invitez-nous. Nous serons trop heureux\nd'accourir à votre première fête César Prank.\nMais revenons à Brahms et finissons-en par lui. Je n ai que mentionne\nla Rhapsodie. Ce voyageur courageux, triste et solitaire, dans le Harz hivernal,\nce fut lui. C'est l'état de son âme, confessé à Clara Schumann. Et c'est\nl'œuvre sur laquelle l'accord de tous pourrait se faire. Tout etre de cœur\ny trouvera le conviction que cherche son cœur. Cette longue plainte\nd'alto, d'une telle noblesse, à la fois souffrante et resignee, que vient enve-"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.73", "texte": "gô2\nS. I. M.\n\nlopper, embrumer, emporter et lénifier ce chœur d'homme pianissimo, quj\npropose, introduit la prière comme seul refuge et seule consolation, j'ai la\nferme conviction que cela aurait pu être le trait d'union entre le Père\nFranck et cet orguilleux solitaire ulcéré de Vienne, qui se servit des plus\nraffinées formes de son art comme de tessons pour nettoyer ses plaies, mais\n«qui se tut sur son secret. \" Son âme vierge \" a pu écrire M. Junker.\nComme M. Léo Schmidt, cité par M. Montandon, a pu parler d'une\nnature puissante, point ascétique, rien moins que dédaigneuse des jouis-\nsances les plus crues. \" Ce dilemme me paraît la clef du caractère et en-\ngendrer l'autre dilemme, l'artistique. C'est la grande force de Brahms pour\nles uns, comme c'est forcément sa faiblesse aux yeux des autres de n'être\npas une individualité toute d'une pièce. D'autres optent entre l'arbre de vie\net l'arbre de science ; lui se tient au point où ils entrecroisent leurs rameaux,\nau confluent de deux pénombres. De n'être ni en pleine ombre, ni en plein\nsoleil, ni tout noir, ni tout blanc, il enquiète les esprits simplistes, il irrite\nles esprits simplificateurs. Mais en cela, n'est-il point par excellence l'homme\nmoderne ? Sa musique est bien plus souvent à l'immage de son humeur qu'à\ncelle de ses rêves et celà nous déconcerte encore qu'il ne soit ne pas plus\nsouvent vengé par elle du destin. Du moins est-il le maître, qui a donné\nau désespoir de vivre une vie médiocre, sa parfaite, son impérissable forme\nartistique : rageuse énergie ici, là somnolence attristée ; contemplation\nmorne et ensemble fureur à vaincre le néant.\n\nWilliam Riller.\n\nLA MUSIQUE A LONDRES\n\nCOUP D'ŒIL EN ARRIÈRE.\nLes derniers accords des innombrables concerts et Récitals que\ncomporte une saison de Londres ont enfin cessé de retentir dans nos\noreilles et, après quelque repos rustique, nous revenons apaisés et purifiés\nvers des séances nouvelles. Avec l'ouverture de la chasse au faisan com-\nmencent les premières. Peut-être, avant de reprendre ces comptes-rendu,\nquelques renseignements généraux sur les grands concerts ne seraient-ils\npas inutiles. Il y a à Londres quatre sociétés principales de Concerts,\ncorrespondant en importance aux Concerts Chevillard et Colonne : le\n\" London Symphony orchestra \" qui ne possède pas de chef d'orchestre"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.74", "texte": "LE MOIS\n963\n\nattitré et engage pour diriger ses concerts des célébrités telles que\nRichter, Nikisch, Colonne et Sir Charles Stanford ; le \" New Symphony\nOrchestra \" qui opère sous la direction de Mr. Landon Ronald ; le\n\" Queen's hall Orchestra \" dirigé par Mr. Henry Wood ; et le\n\"Beecham's Orchestra \" sous la direction de son fondateur, Mr. Thomas\nBeecham. Il y a aussi une \" Philarmonic Society \" qui donne d'intéres-\nsants concerts et plusieurs \" Choral Societies \" qui se joignent aux\norchestres habituels pour l'exécution de Cantates et d'Oratorios.\nLes tendances du \" London Symphony Orchestra \" et du \" Queen's\nhall Orchestra \" s'affirment ou classiques ou résolûment conservatives et\ndans leurs concerts ne retentissent presque jamais les accords plus subtils\net complexes de musiques modernes. Seuls Mr. Ronald et Mr. Beecham\nse montrent assez audacieux pour inscrire à leurs programmes les œuvres\ndes compositeurs d'aujourd'hui, français, russes, allemands ou anglais. Ils\nn'en sont pas toujours récompensés car le public de Londres préfère les\nœuvres connues aux œuvres nouvelles (et, en général le chef d'orchestre\nou le soliste à la musique). Qu'il soit dit une fois pour toutes que, en\ndehors des classiques, Tchaikowsky et Brahms sont les compositeurs\nfavoris. Parmi les contemporains, Richard Strauss et Claude Debussy\nsont les seuls à qui l'on permet d'être \" modernes \" et un seul musicien\nanglais trouve faveur (pour des raisons diverses) près de ses compatriotes,\nSir Edward Elgar. Telle est l'exacte situation.\nIl me faut aussi, pour liquider, dire quelques mots de Y Ode\nDiscord de Sir Charles Stanford, qui fit pas mal de bruit à tous points de\nvue. Mr. Filson Young donna de cette œuvre un ingénieux aperçu dans\nla Saturday Review: \" L'idée générale de l'œuvre est indiquée dans le\npremier vers du poème : Loin de moi, mélodie détestée !.. Je m'étonne\nde voir que certains ont décrit cette ode comme une attaque directe\ncontre l'école de musique moderne. C'est simplement une exposition des\nfaiblesses et des exagérations de quelques compositeurs modernes.... Ce\nqui amusa surtout le public fut l'énorme grosse caisse et autres instru-\nments bizarres spécialement construits pour la circonstance. Ces détails\net les plaisanteries un peu faciles du poème n'auraient pas fait grande\nimpression si l'œuvre n'avait pas eu une signification plus profonde et\nune plus grande portée... En somme une plaisanterie charmante faite avec\nbonne humeur et inspirée à Sir Charles par les œuvres de certains de ses\ncontemporains."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.75", "texte": "964\nS. I. M.\n\nCertes, l'opinion du compétent musicien qu'est Mr. Filson Younga\nsa valeur, mais faut-il avouer que Y Ode parut à beaucoup très\ndésappointante. Une plaisanterie musicale est une dangereuse tentative\nsurtout perpétrée par un homme aussi sérieux que Sir Charles Stanford\n(si sérieux qu'il ne put, m'affirma-t-on, supporter plus de deux actes\nde Pelléas).Aussi bien sa musique, quelque peu lourde, ressemble, plus\nqu'à des imitations de Debussy et de Strauss, à une parodie de la propre\nmusique de Sir Charles.\nTHE MUSICAL LEAGUE.\nLe but de cette nouvelle société qui vient de se former et de donner\nun premier festival à Liverpool est de fonder une école de musique\nanglaise, d'encourager les compositeurs à écrire, de faire jouer leurs\nœuvres et ainsi de détruire le préjugé bien anglais que toute musique\nécrite par un musicien anglais est inintéressante et sans valeur. Il serait à\nsouhaiter que cette nouvelle tentative abolit peu à peu le système des\nétoiles tant chefs d'orchestre que solistes prépondérant en Angle-\nterre et qui n'a servi jusqu'ici qu'à gâter le goût du public. Il devrait,\nce bon public consciencieux, faire passer l'intérêt de l'œuvre avant la\ntechnique du soliste et s'intéresser plus à la musique qu'à l'interprète,\ntout au moins autant. Il est absurde que M. X... violoniste sans génie\nrecueille plus d'applaudissements dans un Concerto archi-usé qu'un\npoème symphonique de Moussorgsky, absurde que des spectateurs se\ndérangent pour regarder conduire ou regarder chanter.\nIl fallait qu'une voix vraiment autorisée vint affirmer publiquement\ntout ceci et c'est ce que vient de faire Sir Edward Elgar, dans un discours\nprononcé à l'occasion du premier festival de ladite \" Musical League \" à\nLiverpool. Il y eut en outre trois concerts dont un de musique de\nchambre, en lequel furent applaudis des œuvres de M.M. Percy Grainger,\nCyril Scott, J. Holbrooke et Bell, et deux avec orchestre et chœurs.\nLes masses chorales se distinguèrent tout particulièrement dans les\nSirènes de Debussy et l'orchestre interpréta brillamment quoique avec un\npeu de lourdeur les Nuages, Cortège et Parmi les nouveautés\nanglaises les plus intéressantes : La Rhapsodie de Mr. Frank Bridge, bien\nconstruite, parfois charmante et parfois bruyante ; un poème symphonique\nde Mr. Frédéric Austin, Isabella, qui commence admirablement et con-"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.76", "texte": "LE MOIS\n965\n\ntient une scène d'amour joliment extatique ; une Cantate de Mr. Vaughan\nWilliams d'après le Willow Wood de Rossetti d'une inspiration poétique\net d'une orchestration moderne ; Fatherland, une robuste ballade de\nMr. Arnold Bax qui est sans doute le mieux doué des jeunes composi-\nteurs britanniques. La plupart de ces œuvres furent dirigées par les\nauteurs eux-mêmes et accueillies par de chaleureux applaudissements. Le\n\" Musical League \" aurait-elle déjà produit quelque effet ? 1\nCONCERTS.\nLes \" Promenade Concerts \" sous l'habile direction de Mr. Henry\nWood continuent chaque soir d'attirer au Queen's hall de nombreux\nauditeurs. Les prix, on le sait, sont à la portée de toutes les bourses et\npour un shilling par exemple, on a droit à un admirable promenoir ou\nmême à une place ; et pour ce prix l'on peut entendre un concert qui\ndure environ deux heures et demie, de musique classique et moderne. Le\npublic qui se presse au Queen's hall ne manque ni de conscience ni\nd'enthousiasme et, durant ces dernières semaines, applaudit, en plus des\nhabituelles ouvertures et symphonies,\nFaune., Danse sacrée et danse profane,le et une scene de\nKing Saulde Moussorgsky, la Fantaisie pour orgue et orchestre\nde Boellmann, le Rouet Omphale,et la la\nespagnole de Ravel, Sarka, poème symphonique de Smetana, le Don Juan\nde Strauss, des symphonies de Franck, Guilmant, Dvorak et Sir Edward\nElgar même une composition américaine d'un Mr. Chadwick, direc-\nteur du Conservatoire de Boston (le centre du monde !) qui consiste en\nquatre aimables esquisses arbitrairement reliées qu'animent parfois d un\nrythme amusant des réminiscences de danse negre et de \" coon songs\net dont la dernière partie, composée en I9°4> ne différé pas sensiblement\ndes trois autres écrites vers 1895.\nLe premier récital de la Saison d'Automne a ete donne par\nM. Vladimir de Pachman. Ce virtuose nous est revenu avec toutes ses\npetites manies et tout son talent romantique. Comme jadis il parsema\nson exécution de remarques imprévues, de précautions oratoires, informant\npar exemple les spectateurs que ce serait la faute seulement de son jeu si\nson interprétation de certain Prélude de Chopin ne leur donnait pas\nl'illusion du violoncelle. Naturellement, c'est dans les Etudes, mazurkas"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.77", "texte": "966\nS. I. M.\n\net valses que M. de Pachman obtint le plus grand succès, l'étude en\ntierces (en sol dièze mineur) tout à fait admirable de délicatesse et de\nprécision. Délicatesse et précision telles furent aussi les qualités de\nM. Kreisler dans la Suite de Mr. York Bowen, aimable, sans plus. Et sa\nvirtuosité se donna libre carrière dans le de Pugnani\nQuant aux séances données par M. Ysaye, elles semblent tellement\nsuivies que l'on se voit refuser les places habituellement accordées\nJ'imagine qu'il obtient son succès habituel.\nLe premier concert du New Symphony Orchestra a eu lieu au\nQueen's hall sous la direction de Mr. Landon Ronald. Le programme\ncomprenait : une Ouverture to a dramde Georg Schumann, qui est le\ndirecteur de la \" Berlin Singakademie \" et un des représentants de l'école\nallemande a tendances conservatives ; (en effet, l'on retrouve en cette\nouverture la façon wagnérienne, même des souvenirs fort reconnaissables\nde la Tétralogie) ; la belle élégie dramatique de Mr. Landon Ronald,\nAdonaïs, admirablement chantée par Mme Ella Russell, et la seconde\nsymphonie de Brahms, dirigée et interprétée avec clarté et vitalité.\nTHÉÂTRES.\nAu Haymarket Theatre, le poète Herbert Trench pour inaugurer\nsa direction nous donne l'admirable King Lear dans d'admirables décors\ndessines par le peintre Ricketts et avec une musique de scène de Mr. Nor-\nman O'Neill suffisamment barbare et suffisamment moderne. Certes le\nlyrisme de la tragédie Shakspérienne suffit à créer une atmosphère et\nnulle musique ne saurait ajouter à l'intensité par exemple des scènes où\nLear marche éperdûment dans la nuit orageuse. Tout au moins la\npartition de Mr. Norman O'Neill est-elle, plus que le tonnerre du Hay-\nmarket Theatre, discrète. Un entr'acte consacré à Cordelia a beaucoup\nde charme et de pitié.\nQuant à la musique de scène composée par M. Saint-Saëns pour\nFalse gods (La Foi) de M. Brieux, elle n'ajoute rien à une pièce qui\nmanque déjà de beaucoup de choses. Elle plaît au public par son agréable\ncaiactèie oriental et aux musiciens par ses bonnes façons, mais on la\npourrait souhaiter autre. Il y a des danses qui rappellent le ballet de\net Danla, des marches de prêtres et de danseuses, des entractes pas très\négyptiens. Les cérémonies dans le temple d'lsis telles que nous les montrent"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.78", "texte": "LE MOIS\n967\n\nMM. Brieux et Saint-Saëns sont d'une correction et d'une froideur\ndéconcertantes avec une exaltation uniquement religieuse. On se croirait\nà Lourdes plutôt que dans le temple consacré à une déesse qui avait des\ngoûts et des habitudes autrement... intéressants, si nous en croyons les\nécrits des historiens et les peintures retrouvées dans des fouilles. La prose\nde l'auteur et la musique du compositeur jettent sur ces cérémonies un\nvoile plus épais encore que les cendres des volcans et la poussière\ndes siècles.\nL'OPÉRA ANGLAIS.\nLa question de l'opéra anglais a fait et fera encore couler des flots\nd'encre. La dernière saison de Covent Garden a cependant prouvé qu'il y\neut assez de spectateurs pour garnir la salle toutes les fois que l'on donna\n? elle as et Mélisande, Louise et même le Tess de M. d'Erlanger, mais il\nnous faut reconnaître qu'à ces œuvres modernes les abonnés des fauteuils\net des loges préfèrent les vocalises de l'école italienne vieux-jeu ou les\nsensiblarderies faciles de l'école italienne modern-style. Dans un pays aussi\nconservatif que l'Angleterre, l'on ne parvient pas à changer du jour au\nlendemain les goûts et les habitudes d'un public. Un opéra permanent\naurait à lutter et à patienter longtemps avant qu'un succès complet1 vint\ncouronner ses efforts artistiques. La tentative d'opéras wagnériens en\nanglais n'a certes pas donné les résultats que l'on espérait ; et les repré-\nsentations des Wreckersde Miss Ethel Smyth au His Majesty's Theatre\nont tout juste, me dit-on, payé les frais.\nIl semble donc que l'on parlera pendant longtemps encore de la\nquestion de l'opéra anglais de même que l'on s'est occupé pendant des\nannées de la suppression du Censeur sans être arrivé encore aujourd'hui,\nmalgré une Commission d'Enquête, à un résultat appréciable.\nCependant la Cari Rosa Company commence à Covent Garden une\nbrève saison de quelques semaines et à prix réduits. Le programme\ncomprend des œuvres plutôt populaires : Faust, Carmen, Rigoletto, Cavalle-\nna Rusticana, Pagliaci, Tannhaiiser,et deux moins connues du public\nlondonien, Tristan et Fideho; la plupart des chanteurs engagés sont de\nnationalité anglaise.\nMr. Thomas Beecham lui, se lance dans une entreprise plus auda-\n\n1 Lire : financier."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.79", "texte": "968\nS. I. M.\n\ncieuse : une saison d'opéra en Janvier au His Majesty's Theatre, avec un\nprogramme plus moderne : Le jon L\nChemine au, Muguette,la Dame de Piq et même L'art\nclassique sera représenté par La Flûte enchantée et l'art britannique par ]e\nVillage Romeo anduliet de Mr. Delius, le de Mr. Forsyth et le\nDylan de Mr. Holbrooke. Il sera intéressant de voir si le public se'\nprécipitera en foule pour applaudir les œuvres anglaises. Jusqu'à présent\nelles n'ont rencontré qu'un accueil dédaigneux ; l'Angleterre n'a guère\nencouragé ses compositeurs à écrire et ne leur a offert que peu de débou-\nchés. Une réaction se produit en ce moment et la fondation de la\n\" Musical League \" en apparaît un indice certain. En tous cas, le;\nmusiciens anglais devraient être reconnaissants à Mr. Beecham puisque\ndepuis deux saisons il joue leurs œuvres symphoniques et que cette année\nil monte leurs opéras. Sans doute pourraient-ils rêver des exécutions plus\nparfaites, mais enfin c'est un commencement. Aussi bien, leurs œuvres '\nmêmes pourraient s'approcher un peu plus près de la perfection, main-'\ntenant qu'ils ont appris à dégager leur personnalité.\n\nX.-Marcel Boulestin.\n\nLE HAVRE\n\nCeux qui, comptant sur la musique des oiseaux, furent déçus pas\nl'été pluvieux n'auront pas pu se consoler abondamment : les concerts esti-\nvaux des villes d'eaux ne régnent pas ici : mais on entend si souvent, bien\nmaigre soi de mauvaise musique que l'on éprouve parfois quelque plaisir\nà n'en plus entendre du tout. Cependant je ne saurais passer sous silence\nune audition excellente où fut honoré par un public recueilli et compré-\nhensif l'un des plus nobles esprits de la musique française actuelle :\nDukas.\nLe Cercle de P Art Moderne ne pouvait tarder davantage à rendre hom-\nmage a 1 auteur & Ariane et Barbe Ble ; malheureusement les œuvres de\nmusique de chambre sont rares parmi les peu nombreuses compositions\nde Paul Dukas : un contretemps obligea même à ne pas inscrire au pro-\ngramme la \" Villanelle pour Cor. \" Et l'audition comprit en conséquence\nla Sonate et les \" Variations sur un theme de Rameau \" auxquelles on\navait joint trois extraits & Ariane et Barbe Bleue."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n969\n\nPrésenter ainsi avec le seul secours de la voix et du piano des\nfragments d'une œuvre très une, très solidement progressive et ordonnée\ndoit être strictement repréhensible mais l'absence totale de mélodies (*)\ndans l'œuvre de Paul Dukas autorisait cette présentation fragmentaire :\nc'était le passage des Diamants (acte I) et deux passages de l'acte 11, aux-\nquelles pour la commodité des auditeurs j'avais cru pouvoir donner ces\ntitres le Printemps,et la Lumière.\nL'excellente et intelligente cantatrice qu'est Mme Lacoste, de la\nSchola interpréta avec un très juste sentiment et une voix pure ces pas-\nsages extrêmement tendus. Elle est assurément l'une des artistes les plus\naptes à cette heure à exprimer le lyrisme concentré qui caractérise plu-\nsieurs œuvres dramatiques modernes, celles de Vincent d'lndy entre\nautres : son interprétation du rôle d'Ariane affirma pour nous une fois de\nplus la qualité de son tempérament.\nIl n'y a pas beaucoup de musiciens, même parmi de plus jeunes que\nnous nous flattons d'aimer, qui puissent offrir deux œuvres aussi atta-\nchantes, aussi bellement construites, sans lourdeur, aussi pleines à la fois\net agréables que la Sonate en mi bémol mineur et les \" Variations interlude\net final.\"\nOn ne saurait mieux parler de cette sonate, et de M. Paul Dukas\nlui-même, que ne le faisait le 15 avril 1901, M. Claude Debussy dans un\narticle de la Revue Blanche que le programme de notre audition repro-\nduisait : \" cette sorte d'émotion hermétique \" \"ce lien rigoureux dans l'enchaî-\nnement des idées\" ce \" côté impérieux„ \" sous\nune force qui en commande la fantaisie rythmique avec la sûreté dun mécanisme\nd'acier \" : telle est bien l'impression qui se fait plus nette à mesure que\nl'on pénètre mieux l'esprit qui gouverne et lie les compositions diverses\nde Paul Dukas.\nMademoiselle Veluard dont j'ai dit ici précédemment à propos de\nla Sonate de Roussel, l'étonnante maturité compréhensive et la rare sûreté\npour une aussi jeune artiste, donna de ces deux œuvres une traduction\nqui contribua justement au souhait émis par nombre d'auditeurs de les\nréentendre.\nJe tiens à signaler aussi un concert champêtre donné aux environs\ndu Havre, en plein air, devant une centaine de personnes, par Mlle\n\n1 II faut dire pour l'exactitude documentaire que M. Paul Dukas a écrit autrefois des mélodies restées in-\nédites et qu'il se refuse aujourd'hui à publier, les trouvant juvéniles."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.81", "texte": "97°\nS. I. M.\n\nMadeleine Aubry, avec le concours de voix de quatre jeunes filles et d'un\nexcellent flûtiste havrais M. Gaston Dufy : Ja composition du programme\nmérite en effet d'être signalée : Outre des mélodies populaires harmonisée?\npar Tiersot, et par ILmile Vuillermoz,et les de\nle programme comportait ; de Couper in les\nMusettes de Choisyet de Taverny ;de\nRondeau, Tambourin et la Villageoise;la (deuxième sonate en ré mineur\npour flûte et piano) de Michel Blavet,et dans seconde partie:\ngeoise de Chabrier, Fête de village de d'l de\nla Moisson et le Jour des Noces de Séverac. Le titre d'lmages Rustiquej,\nréunissait ces diverses pièces.\n\nG. Jean-Aubry."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.82", "texte": "PAUL REYHER: I -ES MASQUES ANGLAIS : ETUDE SUR\nLES BALLETS ET LA VIE DE COUR EN ANGLETERRE (1512-1640).\n52 in-8. 563 p. Paris, Hachette et Cie.\nBien que l'auteur de ce livre n'ait nullement eu le dessein\nde \" musicaliser si l'on peut dire, le sujet qu'il avait choisi, son\nouvrage n'en apporte pas moins une contribution intéressante et\nprécieuse à l'histoire musicale. M. Reyher s'est proposé d'étudier\ndans le plus grand détail, à l'aide des documents originaux dont\nil a réuni une ample collection, l'évolution du ballet de cour en\nAngleterre. Après avoir sommairement relaté ce que l'on peut\nconnaître des divertissements antérieurs au \" Maske \" proprement\ndit, tel qu'il apparaît àla cour de Henry VIII en 1512, (et les\n\" Disguisings \" Mummings ou \"Mommeryes\" n'apparais-\nsent pas en somme très différents des premiers Maskes \"), il suit\navec méthode le développement progressif du genre.\nVraisemblablement importé d'ltalie, (où le port du masque\nétait fort en honneur), le \" Maske \" primitif semble consister\nessentiellement en une entrée, au cours d'une fête, d'un groupe\nde personnages déguisés, vêtus de costumes d'une fantaisie somp-\ntueuse, lesquels viennent convier à la danse et aux galants\nentretiens qu'elle autorise quelques spectatrices de leur choix. Ces\ndanseurs mystérieux sont de grands personnages, des princes, le roi lui-même. Et l'incertitude\ndans laquelle leurs u partners \" demeurent au sujet de leur exacte personnalité ajoute à Y attrait\npiquant du jeu. C'est là un divertissement aristocratique qui invite à des libertés assez vives\ndont se scandalisent un peu les esprits timorés. Ce n'est pas encore un spectacle, soigneusement\nconcerté, préparé de longue main pour le plaisir d'un auditoire qui n'y participe que par sa\nprésence.\nPeu à peu cependant le \" Maske \" devient plus complexe. Il s'enrichit de mise en\nscène ; les costumes en sont plus variés et plus significatifs ; la musique y gagne en importance.\nLe poète qui en invente désormais l'ordonnance y traite un sujet défini. Et sous le règne de\nJacques I, il nous apparaît déjà complètement transformé. C'est un somptueux ballet de cour,\névoluant sur la scène, en de riches et compliqués décors ; des airs, des choeurs, des dialogues en\nfont presque une manière d'opéra allégorique. Les grands ballets où se plaisait la\njeunesse de Louis XIV en donneraient au reste une idée assez exacte, si le maske anglais\nn avait pas eu la fortune d'être maintes fois l'œuvre de poètes du premier ordre. Ben Johnson\nct Milton en écrivirent. L'histoire de la littérature, en Angleterre, est donc tenue de lui faire\nune place. En France, elle peut ignorer le ballet sans dommage. I\n\n6"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.83", "texte": "972\nS. I. M.\n\nAussi l'étude des livrets et c'est bien naturel puisque l'auteur, modestement, entend*\nrefuser toute compétence musicale occupe-t-elle dans le livre de M. Reyher une place to\nà fait prépondérante. Quelqu'intérêt que présentent ces chapitres, il ne saurait être question\nici, de les analyser : Il suffit d'y renvoyer le lecteur. Mais quiconque voudra s'occuper du balle-\nde cour français lira, j'imagine, avec fruit tout ce que l'auteur dit ailleurs des décors et de :\nmise en scène au temps des Stuarts. Des plans fort curieux, tirés des desseins d'lnigo Jones, ;,\ngrand décorateur des ballets de ce temps, nous fourniront sur nos fêtes de cours des documen:\nqui assurément se pourront employer sans scrupules.\nLes pages consacrées à la musique sont beaucoup plus succintes. Pour les raisons déjà dite\net aussi parce que cette musique a généralement disparu et que les auteurs des livrets $<\nmontrent là-dessus très sobres de détails. Un livret de Campion, musicien celui-là - et no;\ndes moindres autant que poète, abonde pourtant en indications curieuses sur la disposition -\nla composition des groupes musicaux mis en œuvre.\nIl s'agit d'un masque composé en 1607, à l'occasion des noces de lord Hay. Quai;\norchestres (si ce mot n'est pas trop ambitieux) accompagnaient l'action. Sur l'estrade i\ndanses, à droite, dix musiciens : 3 luths ordinaires (Mean Lute), deux grands luths (Bass Lutt\nune grande Pandore (a deep Bandora)y un trombone, un clavecin et deux dessus de violo:\n(treble violins). A gauche, neuf violons (haut et bas sans doute) et trois luths. En face d:\nl'estrade, sur un endroit élevé, pour répondre à ces deux petits groupes, six cornets et six ck\nristes de la chapelle royale. Enfin au fond de la scène, juchés sur une montagne, un chœur c\nhautbois qui sonnèrent à l'entrée du roi. Ces groupes d'instruments accompagnent danses\npantomimes; ils se mêlent aux chœurs, se répondent en manière d'écho, se combinent,\nréunissent.\nLes personnages chantants, qui paraissent sur la scène soutiennent leur voix sur d'autre\ninstruments. Ainsi, à un endroit, Zéphyr parait avec six Sylvains. Zéphyr et deux Sylva:\nchantent: quatre Sylvains les accompagnent (Two Meane Lûtes, a base Lute, a deep Bandon\nQuarante-deux musiciens prirent part à l'exécution de ce ballet.\nCe chiffre fut souvent dépassé et de beaucoup. 71 musiciens étaient nécessaires au ba!\n\" Uamour délivré de Vignorance (1610) : Quinze non spécifiés tout d'abord, douze autres faisa\n\" les prêtres des muses \" qui chantaient et jouaient, cinq enfants chantant les rôles des trc\nGrâces, du Sphynx et de Cupidon, douze luths ou flûtes, quatorze violons, treize hautbois\ntrombones. Dans le ballet iïOberon en 1611, on trouve 19 violons, 10 chanteurs, 26 lutt\n2 cornets, 13 hautbois (et trombones) et 16 autres instruments non désignés. Malheureusemei:\nces indications résultent de comptes officiels qui ne nous disent rien du rôle de ces imposar\neffectifs.\nOn pourra comparer utilement de tels renseignements avec ceux, à peu près analogue\nqui nous sont restés au sujet de quelques ballets de cour français. Par exemple, le Ballet\nMadame de 1615 [Le Triomphe de Minerve), où figurent 4 chanteurs solistes, les musiciens de\nchambre et 30 de la chapelle avec une musique de musettes, une autre des 12 grands hautb\n(hautbois, cornets et trombones), une troisième de luths, avec les 24 violons. Ou encore celui\nTancrède dans la Forest enchantée de 1619 qui emploie 21 chanteurs dont la plupart s'accomf\ngnent du luth et de la viole, 4 cornets, 4 hautbois, 6 flûtes, les 24 violons et des musettes\nchalumeaux de bergers. Mais il est bien fâcheux qu'il ne subsiste aussi de tout cela qued\nmentions assez vagues, avec quelques fragments épars dans un volume de la collection Philidc\nQuoi qu'il en soit je pense en avoir assez dit pour faire comprendre que les curieux\nla musique ne perdront point leur temps à la lecture du livre de M. Reyher. J'ajouterai que\ndocumentation précise de l'ouvrage ne lui ôte rien de son agrément. Il est tel chapitre"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.84", "texte": "LES LIVRES\n\n973\n\nchapitre 11, par exemple \"Un ballet àla cour d'Angleterre \") qui, sans rien concéder àla\nfantaisie, présente de la cour de Jacques I, le tableau le plus amusant et le plus pittoresque.\nUn détail pour finir. M, Reyher, qui cite beaucoup de noms de musiciens ou de danseurs\n(dont certains sont d'origine française), nous fournit, sans s'en être douté, d'utiles renseigne-\nments sur la carrière de Bocan, ce fantastique violon et danseur dont Mersenne a loué la\nvirtuosité et Sauvai dévoilé tant soit peu la vie accidentée et les extravagances. Bocan,\n\"Mr Bochan\", figure sur deux comptes, l'un de 1610, l'autre de 1613. Il touche d'assez fortes\nsommes :40 livres, puis 40 livres '■'■ for teaching the Ladies the footing of two danses Il se\ntrouvait donc en Angleterre avant la venue de la reine Henriette-Marie qui avait été son élève et\nqui passe pour l'avoir fait venir. Toutefois comme Bocan est de nouveau cité dans un document\nde 1634, il est peut-être permis de supposer qu'il aura fait deux séjours à Londres. Ceci pourra\nintéresser ses futures biographes, si ce bizarre personnage est jamais jugé digne d'en avoir.\nHENRI QUITTARD.\nSCHJELDERUP ET NIEMANN. Edward Grieg. (Peters in 8° carré de 200 pages.)\nGrieg est un des très rares musiciens qui représentent dans l'histoire de l'art le régiona-\nlisme. Dans la musique ce n est pas le caractère national qui nous frappe ordinairement, du\nmoins dans la musique savante. Le langage sonore, tel qu'il est enseigné à Paris ou à Leipzig,\nà Boston ou à Moscou, ressemble fort à un volapuk, dont les conventions restent les mêmes\npartout. L'harmonie, le contrepoint, la morphologie, tout se ressemble, du moins théorique-\nment, dans le métier d'un compositeur. Il est vrai que l'idée, le thème, peut être populaire.\nMais son goût de terroir disparaît dans la sauce des Conservatoires et dans la personnalité des\nmusiciens. Les russes eux-mêmes si savoureux par certains côtés, ne représentent-ils pas un\neffort pour se libérer du particularisme en musique ? Leur style est loin d'être aussi neuf\nque les idées dont ils se servent. Et en réalité leur instinct de musiciens savants les a rapide-\nment conduit loin des steppes, tout près de l'lnstitut. Leur musique est une exploitation\nbeaucoup plutôt qu une résultante. Chez Grieg au contraire la pédagogie internationale a\nglissé. Les braves gens de Leipzig, Hauptmann, Reinecke, Moscheles se sont heurtés à une\nnature indolente, profondément rêveuse, très peu capable d'assimilation, et conservant au fond\nd'elle l'entêtement farouche de son propre idéal. Alors que tant d'autres s'imbibaient comme\ndes épongés, de Mendelssohn, de Clementi, de Wagner, Grieg restait Grieg ; il avouait\nlui-même que l'atmosphère du Conservatoire l'avait toujours enveloppé comme d'un voile\ndont i! ne parvenait pas à se délivrer. Une fois retourné vers le Nord, en Danemark, il se\nretrouva tout entier, conscient et soudain libéré.\nC est ce musicien personnel que MM. Schjelderup et Niemann expliquent et commentent\ndans un livre admirablement bien présenté. L'homme et l'artiste, la biographie et l'œuvre\nsont successivement étudiés, suivant l'habitude de ces sortes d'ouvrages. Mais, ce qui donne un\nintérêt tout particulier à ce volume c'est qu'il contient un très grand nombre de documents\npersonnels, des lettres, des souvenirs, des anecdotes, et par dessus tout un fort important\nfragment autobiographique écrit jadis par Grieg lui-même et rempli de savoureuses descriptions.\ne système, qui consiste à laisser parler le maître dont on présente la vie, me semble tout à\nfait excellent.\nLe livre de MM. Schjelderup et Niemann devrait bien être traduit en français. Je lui\nprédis un gros succès.\nKIRCHENMUSIKALISCHES JAHRBUCH, 22e année (Regensburg,, Pustet 1909 in\n° de 175 pages)"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.85", "texte": "974\nS. I. M.\n\nDepuis l'année dernière notre confrère le Dr. Karl Weinmann a modernisé et pris çr\nmain le Jahrbuch de Ratisbonne, sorte d'annuaire de la musicologie sacrée en Allemagne\ndont le fondateur fut jadis le Dr. Haberl. Ce présent numéro de l'année 1909 contient de\narticles de fond, des communications documentaires et des critiques bibliographiques. |t\nsignale tout particulièrement l'étude de notre collègue de Fribourg le Professeur Peter Wagnei\nsur une mélodie du Xe siècle : \" 0 Roma n\". C'est là un modèle de solide et\nérudition, où tout est utile et logique. M. Wagner joint à la science réelle, l'aisance dt\nstyle et des idées. A retenir aussi les documents apportés à l'histoire de Giovanelli (1560-162;\npar M. H. W. Frey de Berlin.\nLes comptes rendus des livres sont extrêmement développés dans cet annuaire. Je\nm'en plains pas. J'ai appris beaucoup en lisant cette revue des principaux ouvrages parus cette\nannée. Dans ce domaine si spécial de l'histoire de la musique religieuse, le Jahrbuch est m\ndes périodiques les plus accessibles. Pourquoi n'aurions-nous pas son pareil en France ?\nTribune de St. Gervais me semblerait tout à fait désignée pour remplir ce rôle.\n\nJ. E.\n\nNOUVEAUTÉS MUSICALES.\n\nLa musique française actuelle tend de plus en plus à se faire descriptive et non senti-\nmentale ; elle est par elle-même un paysage, de tonsassez discrets, de valeurs assez uniforme\nd'une émotion plus concentrée que violente. En feuilletant les titres des oeuvres récemmeï\nparues, ne croirait-on pas lire le catalogue d'une exposition de peinture ?\nM. RAYMOND HERVÉ1 expose des u Jar une \" a\n\" Au Large\",pour piano et chant, ce dernier morceau tout à fait Ravélien de contoure!\nd'allure : musique subtile, qui plaira aux jeunes.\nM. CHANSAREL, 1 plus discret encore, moins épris de la difficulté technique, expose t\n\"Pastel\",qu'accompagnent une \" Dédicace\",tout à fait charmante de simplicité archaïque,)\nune \" Caresse \", tous trois pour piano et chant.\nLa musique pour piano de M. LADMIRAULT 1 est austère comme les sites dont elle s'inspirt\n\" Minuit dans les Clairières\", le \" Chemin creuxEn puisant aux sources vives de la mélodii\npopulaire, M. Ladmirault s'affermit dans sa rusticité un peu âpre, mais il trouve verdti\nnouvelle. Voyez : \" Vers l'Eglise dans le Soird'après un thème campagnard, celui là mêis\nd'une des plus belles chansons bretonnes transcrites jadis par M. Bourgault Ducoudray.\nM. STAN GOLESTAN 2 emprunte aussi au folklore de son cycle de Dix\nqu'il développe avec un pittoresque amusant. Enfin, avec JOAQUIN TURINA, 1 l'art toute\nrestant descriptif : \" Sous les Orangers \", le \" Jeudi-Saint à Minuit \", la \" Feria \", s'évade k\ndes limites de son cadre. Une si robuste nature ne connaît pas de lois et incarne toute 1%\nespagnole dans la gaieté héroique.\nM. LUZZATI 1 se contente de redire ce que d'autres, Schumann et Chopin en particulic\nont déjà dit avant lui. Mais il s'exprime fort heureusement. Ses \"\ndénotent une parfaite connaissance des ressources de l'instrument et n'exigent pourtant pas,'\nla part de l'éxécutant, une virtuosité, ni même une musicalité bien transcendcntales. 0\npourraient bien faire fortune cet hiver dans les salons.\n\n1 Chez Dcmcts, a, rue de Louroi».\n3 Chez Gallet, rue Virienne."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.86", "texte": "LES LIVRES\n975\n\nSignalons encore : un \" L 'ted pour violoncelle et piano \" de M. EUGENE COOLS 1 ; la Chanson de\nla Rost, avec accompagnement de viole d'amour, par A. HARMEL 9 et un fascicule des chansons\nde France publiées chez Rouart, suite de la série ayant trait aux enlèvements.\nEnfin l'ltalie nous donne l'exemple d'une initiative heureuse. MM. Ricordi de Milan ont\nchargé M. UMBERTO GIORDANO de récrire en notation moderne, (emploi exclusif des clefs\nde fa et de sol), les partitions d'orchestre des symphonies de Beethoven ; ils se promettent à\nprésent de mettre à la portée de tous, par le même procédé, le répertoire classique du\nXVIIE Siècle.\n\nM. O.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nHOEPLI (Ulrico). Gli strumenti musicali nel museo del Conservatorio di\nMilano. (Milano in 8° de no pp. prix: 6 lire).\nZAMPA (Giovanni). Violini antichi. (Sassuolo 1909, in 8° de 246 pp. prix: 5 lire).\nFROMAGEOT (P.) Un disciple de Bach, Pierre-François Boely, (1785-1858).\n(Versailles 1909, in 8° de 15 pp.)\nMAUCLAIR (Camille). La religion de la Musique. (Fischbacher 1909, in\n12* 3,50).\nWOTQUENNE (A.) Etude Bibliographique sur Luigi Rossi. (Bruxelles 1909»\nin 8° de 54 pp.)\nGUIDE de l'amateur d'ouvrages sur la musique, les musiciens et le théâtre, préface\nde M. Brenet. (Fischbacher 1909, 2° fascicule), (Fischbacher 1909, in 8° de 68 pp. 1 fc.)\nREYHER (Paul). Les Masques anglais, étude sur les ballets, (1512-1640).\n(Hachette 1909, in 8° de 560 pp.)\nSCOTTI (Dr. Cristoforo). Il pio Instituto musicale Donizetti in Bergamo.\n(Bergamo 1901, in fol de 200 pp.)\nCHABRIER (Emmanuel). Lettres à Nanine, publiées par Legrand-Chabrier.\n(Collection de la Grande Revue, in 8° de 66 p. 1 fr.)\nREYER (Ernest). Quarante ans de musique, publiés par Emile Henriot. (Calmann\nLévjr, in 12° de 430 p., 350.)\n1 Chez Max Esching, rue Laffitte.\n2 Chez Demets, 2, rue de LOUYOÎS."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.87", "texte": "NOS ÉCHOS\nLE CONCOURS CRESSENT. Par modification au règlement du deuxième\nconcours symphonique de la fondation Cressent, inséré au Journal officiel du 7 mars 1909,1 a\ndate de dépôt des partitions au sous-secrétariat d'Etat des Beaux-Arts, bureau des théâtres,\n3, rue de Valois, est reculée de six mois. Primitivement fixée du lerIer au 30 juin 1910, elle se\ntrouve ainsi reportée du ler au 30 décembre 1910.\nLes compositeurs qui désirent y prendre part ont le choix entre les trois formes suivantes:\nsymphonie proprement dite ; suite d'orchestre ; poème symphonique avec soli et chœur.\nSont exclues tes œuvres présentant un caractère liturgique et celles qui ne sont pas\ninédites.\nSont seuls admis à concourir les compositeurs français ou naturalisés tels, qui ne sont pas\nencore lauréats de la fondation Cressent. Ceux qui ont une œuvre de trois actes au moins\nreprésentée à l'Opéra ou à l'Opéra-Comique ne pourront prendre part au concours.\nUn jury de sept compositeurs de musique nommés par le Ministre des Beaux-Arts\ndécernera soit un prix pour l'ensemble des œuvres déposées, soit deux prix : l'un attribué à\nune symphonie proprement dite ou à une suite d'orchestre, l'autre à un poème symphonique\navec soli et chœurs. Dans le cas d'un seul prix, l'auteur recevra une prime de 20.000 francs\net 1.500 francs pour frais de copie; s'il y a deux prix, chaque auteur recevra 10.000 francs,\nplus 1.500 francs pour frais de copie. Le chef d'orchestre qui jouera la partition couronnée\nrecevra 4.000 francs pour une symphonie ou une suite d'orchestre et 10.000 francs s'il s'agit\nd'un poème symphonique avec soli et chœurs. Si le jury n'accorde pas de prix, il pourra\ndécerner une mention avec prime de 5»ooo francs ou deux mentions avec primes de 2.500 francs;\nl'indemnité de 1.500 francs pour frais de copie et les allocations respectives de 4.000 et de\n10.000 francs seront attribuées aux auteurs et aux chefs d'orchestre dans les mêmes conditions\nque pour les œuvres couronnées.\nOPÉRA-COMIQUE. Voici, résumé, le programme de la saison 1909-1910, J\nl'Opéra-Comique. Première nouveauté : Chiquito, scènes de la vie basque, 4 actes, de M. Henri\nCain, musique de M. Jean Nouguès. Distribution : Mmes M. Carré Pantchika ; Brohly, la\nsupérieure ; Duvernay (début), Cattalisi ; Tissier, Pachucha; de Poumayrac. Maddi : MM. Fran-\ncell, Chiquito; Vieuille, Etchemendy ; Jennotte, Eshkerra; Vigneau, Tipia; de Poumayrac,\nHandia ; Payan, le grand-père ; Vaurs, Patyn ; Donval, un crieur ; Eloi, Pethiry. Le\nsecond spectacle inédit, déjà répété et prêt à être représenté, se compose de\n2 actes, de MM. A. V illeroy et A. Garnier, musique de M. A. Garnier, et du Cœur à\nMoulin, 2 actes, de M. Maurice Magre, musique de M. Déodat de Séverac. Selon toute\nprobabilité le spectacle qui suivra sera Leone, 4 actes, de M. G. Montorgueil, d'après E. Arène,"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.88", "texte": "NOS ÉCHOS\n977\n\nmusique de feu Samuel Rousseau, ainsi distribué : MM. Léon Reyie, Leone ; Henri Albens,\nMegroni ; Vigneau, Pieri ; Delvoye, Massimo ; Payan, le moine ; MmeB Alice Raveau, Diana;\nNicot-Bilbaud-Vauchelet, Milla ; J. Lassalle, Cattarina. Sont inscrits à la suite et dans un\nordre encore à fixer : On ne badine pas avec Vamour, 3 actes, de MM. Leloir et Gabriel Nigond,\nd'après Musset, musique de M. Gabriel Pierné ; 5 actes et 6 tableaux,\nde MM. Jules Lemaître et Maurice Donnay, musique de M. Claude Terrasse.\nOuvrages en I ou 2 actes: l'Heure espagnole,de M. Franc-Nohain, musique de M. Maurice\nRavel ; Ping-Sin, de Louis Gallet, musique de M. Henri Maréchal ; Denisette, de M. Fernand\nBissier, musique de M. André Fijan ; le Puits, de M. A. Dorchain, musique de M. Marsick.\nL'Opéra-Comique tient encore en réserve /'Ancêtre, de MM. A. de Lassus et Camille Saint-\nSaëns ; Macbeth, de MM. Fleg et Ernest Bloch ; Thérèse, de MM. Claretie et Massenet ;\nhdronning, de M. et Mme Coquard ;la Sonate au clair de lune (Benedictus) ;Un matin de floréal\n(M. Rousseau) ; Messaouda (Ratez) ; Benedict Clanzor (MM. Henry Céard et F. de Mesnil).\nM. Claude Debussy, dont on reprendra Pellèas et Mèlisande, termine pour la salle Favart\ndeux ouvrages qui formeront spectacles et seront représentés dans le courant de la saison 1909-\n1910 : la Chute de la maison Usheret le Diable d'après Edgar Poe. Œuvres\nétrangères : Paillasse(Leoncavallo) avec Mlle Lamare et M. Salignac comme interprètes ;\nRésurrection, (Frank Alfano) avec Mme Marguerite Carré ; Feuersnoth (R. Strauss); la Dorise\n(Galeotti).\nReprises :le Roi d'Ts, avec Mlles Chenal et Nicot-Bilbaud-Vauchelet; le ChemineaUy avec\nMlle Mérentié et M. Albers ; Phrynêy et la Princesse jaune (C. Saint-Saëns) ; Ariane et Barbe-\nBleue (P. Dukas) ; le Vaisseau fantôme : Fortunio (A. Messager) ; la reine Fiamette (X. Leroux), etc.\nPour la saison 1909-1910 troupe se compose de : Mmes Marguerite Carré, Merentié,\nChenal, Raveau, Lamare, Vallandri, Vix, Mathieu-Lutz, Vauthrin, Bilbaut-Vauchelet, Brohly,\nZeppilli, Nelly Martyl, T. eyte, Tiphaine, Korsoff, Lassalle, Mastio, Bériza, de Poumay-\nrac, Heilbronner, Cebron-Norbens, Garchery, Robur, Jurand, Ganteri, Berg, Herleroy, Tissier,\nLise d'Ajac, Fayolle, Faye, Darbell, Ménard, Perny, Villette, Marietti et de Mlle Duvernay,\npremier prix du Conservatoire des derniers concours ; MM. Léon Beyle, Salignac, Francell,\nSens, Cazeneuve, de Poumayrac, Coulomb et Donval, ténors ; Fugère, Albers, Delvoye,\nAllard, Ghasne, Vigneau, Jennotte, Vaurs et Dupouy, barytons ; Vieuille, Azéma, Guillamat,\nBelhomme et Payan, basses; Gourdon et Mesmaecker (emplois comiques) et de M. Dupré,\npremier prix des derniers concours du Conservatoire.\nM. Albert Carré est en pourparlers avec d'autres artistes pour l'interprétation, aux\nsoirees d'abonnement, de divers rôles d'œuvres célèbres, ainsi Mlle Lucienne Breval se ferait\nentendre entre le 15 novembre et le 15 décembre dans le rôle de Carmen, dont elle a fait une\npersonnelle et curieuse interprétation ; nous aurions Mlle Géraldine Farrar dans les meilleurs\nrôles de son répertoire ; Mme Koustnietzoff et le ténor Sobinoff, dans Manon, de Massenet.\nLes représentations d'abonnement commenceront le 2 novembre 1909 et se diviseront\nen six séries :\nSérie A du mardi ; série A du jeudi ; série A du samedi ; série B du mardi ; série B du\njeudi ; série B du samedi ; chaque série donnant droit à quinze spectacles différents.\nC'est la série A du mardi, le 2 novembre, comme nous venons de le dire, qui inaugurera\n1 abonnement. Les abonnés du jeudi A viendront le 4 novembre ; ceux du samedi A, le 6\nnovembre ; ceux du mardi B, le 9 novembre ; ceux du jeudi B, le 11 novembre, et enfin\nceux du samedi B, le 13 novembre.\nVoici d'ailleurs, en un tableau précis, les dates des représentations réservées à chaque\nserie du mardi, du jeudi et du samedi :"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.89", "texte": "978\nS. I. M.\n\nMardi A. 2, 16, 30 novembre ; 14, 28 décembre ; n, 25 janvier ; 8, 22 février ; fj\nimars ; 5, 19 avril ; 3, 17, 31 mai.\nJeudi A. 4, 18 novembre ; 2, 16, 30 décembre ; 13, 27 janvier ; 10, 24 février ; i 0\nmars ; 7, 21 avril ; 5, 19 mai ; 2 juin.\nSamedi A. —6, 20 novembre ;4, 18 décembre ; ler, 15, 29 janvier ; 12, 26 février-\n-12 mars ; 9, 23 avril ; 7, 21 mai ; 4 juin.\nMardi B. —9, 23 novembre ;7, 21 décembre ;4, 18 janvier ; ler,Ier, 15 février ;\nmars ; 12, 26 avril ; 10, 24 mai ; 7 juin.\nJeudi B. - il, 25 novembre ;9, 23 décembre ;6, 20 janvier ;3, 17 février ; jy\nmars ; 14, 28 avril ; 12, 26 mai ; 9 juin.\nSamedi B. 13, 27 novembre ; 11, 25 décembre ;8, 22 janvier ;5, 19 février ;5,\nmars ; 16, 30 avril ; 14, 28 mai ; 11 juin.\nTARIF DE L'ABONNEMENT. Le tarif de l'abonnement est le suivant pour chaque serie\nde quinze représentations.\nLoges de balcon, fauteuils de balcon ler rang, la place, 180 francs ; baignoires, fauteuils\nde balcon (2e et 3e rangs), fauteuils d'orchestre, la place, 150 francs ; fauteuils et loges du 2e\nétage, de face, la place, 120 francs ; avant-scènes et loges du 2e étage, de côté, la place, 90\nfrancs ; fauteuils du 3e étage, lerIer rang, la place, 75 francs ; avant-scènes et loges du 3e étage,\nfauteuils du 3e étage (2e et 3e rangs), la place, 60 francs ; stalles du 3e étage (les quatre\nderniers rangs), la place, 50 francs.\nSignalons, à propos des prix ci-dessus, un avantage pour les abonnés. A la fin de mai,\nquand furent fixées les conditions de l'abonnement, l'Association des directeurs de théâtre\nn'avait pas encore pris la décision de faire payer le droit des pauvres par les spectateurs, à j\nraison de un décime par franc. Quand cette décision fut prise, la majeure partie des |\nabonnements étaient souscrits. Cette année encore, la direction prendra a sa charge le droit dtj\npauvres.\nLe bureau des abonnements, rue Marivaux, est ouvert de onze à six heures.\nINSTRUCTION PUBLIQUE. 21 octobre. Décret aux termes duquel le nombre j\ndes membres du conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national de musique et de\ndéclamation (section des études musicales) nommés par le ministre et choisis en dehors du\nConservatoire est porté de 12 à 15.\nArrêté aux termes duquel Mme Rose Caron, MM. pianiste compositeur, et\nDelmas, artiste de l'Opéra, sont nommés membres du conseil supérieur d'enseignement du\nConservatoire national de musique et de déclamation (section des études musicales).\nDécret aux termes duquel le nombre des professeurs supplémentaires de chant sans\ntraitement (6e catégorie) du Conservatoire national de musique et de déclamation est réduit de\ndeux à un.\nArrêté aux termes duquel le nombre des classes de vocalisation et de chant du\nConservatoire national de musique et de déclamation est ramené de dix à neuf.\nDécret aux termes duquel M. Staub est nommé professeur titulaire de piano (élèves\nhommes) au Conservatoire national de musique et de déclamation.\nA la date du 23 octobre a paru dans /'officiel l'arrêté suivant concernant le Conservatoire.\n\" L article 80 de l'arrêté en date du 8 octobre 1905 est remplacé par le suivant :\n~ Cessent de faire partie de leur classe, les élèves qui ont concouru deux fois sans obtenir\nde recompense et ceux qui, après avoir obtenu une nomination, ont concouru deux fois sans\nsuccès. Exception est faite pour les élèves d'harmonie, de contre-point, d'orgue et de fugue"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.90", "texte": "L'OPERA\n\nLA SCÈNE. - IX.\n\nM. MEUNIER."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.91", "texte": "LA SCÈNE. - X.\n\nGRESSE (ANDRÉ)."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.92", "texte": "L'ORCHESTRE. - I.\n\nM. GIBIER.\n\nM. DELGRANGE.\n\nM. BLEUZET.\n\nM. MAIGNIEN."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.93", "texte": "LES HABITUES. - I."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.94", "texte": "NOS ÉCHOS\n979\n\npour lesquels le nombre de concours sans nomination est porté à trois. Dans aucun cas, le\nmaximum d'années d'études fixé par le présent arrêté ne pourra être dépassé. \"\nBRUXELLES. Le Theatre de la Monnaie vient d'inaugurer sa saison par la\npremière dun ballet . Une Nuit d Ispahany de MM. Fijan et Ambrosiny pour l'action, et de\nM. Szulc pour la musique. Les journaux belges ont loué les qualités de fraîcheur et\nd élégance qui caiactensent la musique de I\\/I. Szulc, le jeune et distingué compositeur\npolonais, devenu parisien depuis quelques années. Ils font remarquer que le modernisme\ndiscret de la partition, 1 emploi des gammes orientales et de certaines dissonnances, le tout au\nservice d une genereuse invention mélodique, tait le meilleur effet, et assurent un succès\nprolongé à cet œuvre nouvelle.\nBOFFRES-EN-VIVARAIS. A une extrémité de la France, une modeste église de\nvillage, a réuni dernièrement un chef de chœurs scholiste, des interprètes scholistes, des\nauditeurs scholistes, et un programme scholiste. On chantait la cantate à Jeanne d'Arc de\nM. de la Tombelle, la Missa brevis de Palestrina (avec neuf exécutants ! !). Le Propre de\ni Office Gregoi ien avait ete confie a Mlle Blanche Selva, et le bâton de chef de chœurs à\nM. V. d'lndy.\nL AVIATION APPLIQUEE. Mlle Blanche Selva ayant accepté cette année un\ncertain nombie de tournées a 1 étranger, la maison Lyon Pieyel vient de faire construire à\nson intention un \" biplan chromatique à queue \" très facilement démontable et d'une si\ngrande legerete, qu un enfant suffirait a le transporter. De la sorte, la célèbre artiste pourra\nfendie les airs, sans perdre une minute, et donner à ses lointains admirateurs le plaisir de\nl'entendre plus fréquemment. Allez voir au Salon de PAréoplane le stand Lyon Pieyel & Cie.\nCONCERT DE LA LIBRE ESTHÉTIQUE DE FLORENCE. Sous ce\ntitre une société italienne a donné le io octobre une fort intéressante audition. Monteverde\nPegolese et Gluck figuraient au programme à côté d'œuvres modernes, entre autres un curieux\npotme lyrique pour violon et piano de M. Paolo Litta : Le lac d'amour. Le bel canto italien,\ncelui qui a presque disparu du monde musical, était représenté par Mme Ida Isori, àla voix\npuissante, émouvante et chaude. Nous avons l'espoir d'entendre souvent à Paris Mme Isori\ndans des œuvres de l'ancienne école italienne.\nLA SAISON EN SUISSE. GENEVE. Les Concerts d^abonnement auront lieu les\n20 novembre, 4 et 18 décembre, 8 et 22 janvier, 19 et 22 février, 5 et 19 mars, sous la\ndirection de M. Bernhard Stavenhagen. Parmi les œuvres nouvelles ou modernes figurant aux\nprogrammes : Symphonie (ire audition) d'Ernest Bloch ; Concerto pour piano de Rimsky-\norsakow (M. Ricardo Vines) ; IIIe Symphonie de G. Mahler ; Poème pour violon et orchestre,\neJacques-Dalcroze (M. R. Pollak) ; Adagio de G. Lekeu ; Concerto pour violon d'E. Lalo\n( Jeanne Diot) ; / Amour et la Mer d'Ernest Chausson ; the Pierrot of the minute, poème\nde Granville-Bantock ; Symphonie n° 1 de Kallinikoff ; 3e acte de Parsifaly etc.\nLAUSANNE. Sept Concerts d'abonnement, dirigés par Ernest Bloch. Au programme : des\nclassiques de Bach, Rameau, Gluck, Beéthoven, Schubert. Parmi les œuvres modernes:\nymphonie n 3 d Alberic Magnard ; Symphonie de Hans Huber ; Janie de Jaques-Dalcroze ;\nwti pastorale de Chabrier ; Symphonie en si mineur de Borodine ; Faust de Liszt ; Khovant-"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.95", "texte": "980\ns. I. M.\n\nschina de Moussorgski ; Prélude à F après-midi d'un faune de Debussy ; Recueillement de Doret;\nHerr Olaf àe Pfitzner ; Thamarde Balakirew, etc.\nSolistes : MM. Jacques Thibaud, Serge Barjansky, R. Ganz, G. Enesco, R. Vinès,\nJean Reader, etc. #\nNEUCHATEL. Six Concerts d'abonnement de la Société de musique dont cinq par\nl'orchestre de Lausanne sous la direction d'E. Bloch. Le sixième aura lieu sous forme de\nséance de musique de chambre (Trio Cortot-Thibaud-Casals}.\nZURICH. Dix Concerts d'abonnement ; cinq concerts populaires ; six séances de\nmusique de chambre.\nAux programmes intéressants et chargés des Concerts d'abonnement figurent entie autres\nœuvres : la Symphonie sur un thème montagnard de d'lndy et les P aviations symphoniques de\nFranck (M. E. Risler) ; la suite de Pellèas et Mèlisande de Fauré ; Phaèton de Saint-Saëns ;\nVltava, poème symphonique de Smetana ; Concerto de violon de Reger (H. Marteau) ; Œdipe\nde Schillings ; Fantaisie symphonique de W. Andreae, etc.\nROME. L'association des musicologues italiens, qui forme une section de la Société\nInternationale de musique, a tenu son Assemblée generale a Rome les 9 et 10 octobre. Le\nprésident M. Guido Gasperini après avoir exposé l'état présent de l'Association, a vivement\nengagé les différents groupes italiens à poursuivre leurs travaux d inventaire de lichesses\nmusicales de la péninsule. Au nom du Professeur Guido Adler de Vienne, un ordre de jour a été\nprésenté demandant à l'Association de prendre part aux travaux du Corpus scnptoium de\nmusica maedii aevi \", entrepris par la Société Internationale de musique depuis un an et déjà\nen fort bonne voie d'exécution. En 1911 l'Association tiendra un congrès officiel à Rome.\nOn sait que notre collègue M. J.J. Nin vient d'être appelé a la Havane pour\ndiriger le Conservatoire et la vie musicale de Cuba. Le départ de Joachim Nin pour la\nHavane va priver l'Europe musicale d'un des esprits qui l'honoraient le plus et la servaient le\nmieux, et qui donnaient à la fois aux musicographes et aux virtuoses un exemple vivifiant et\nencourageant de dignité, de sincérité et d'enthousiasme.\nNulle part des esprits tels que le sien ne peuvent être inutiles ou oisifs et puisque Joachim\nNin retourne à Cuba à la fois comme directeur d'une Ecole de Musique et d'une société de\nconcerts, nous sommes assurés que son activité et sa conscience trouveront un large aliment,\net que son œuvre sera là-bas, comme elle le fut ici, fructueuse pour tous ceux qui aiment\nprofondément la musique\nCette pensée n'atténue que peu néanmoins notre regret de voir s'éloigner un des\nétrangers qui, dans le milieu musical, ont le plus justement prouvé leur affection pour notre\nsensibilité et les ressources de notre génie. Tous ceux qui le connaissent savent à quel degre\nil est français de culture et d'esprit : et l'influence musicale française pourra s'exercer\néquitablement, conduite par un interprète qui ne s'est pas seulement soucié d'étudier nos\nœuvres, mais qui a su pénétrer l'esprit des époques successives qui les virent naître.\nPendant les six années qu'il a passées en France il n'a cessé par tous les moyens en son\npouvoir de rendre hommage à la véritable tradition française: et tandis qu'il enseignait a\nbeaucoup de nos compatriotes les vertus de notre passé, il répandait dans les pays espagnols, et\nplus récemment en Allemagne la curiosité et l'attachement pour la musique française moderne.\nMais au delà du point de vue français il y a la Musique elle-même. Nul ne la sert\navec plus d'amour et de noblesse: et les pages de la petite brochure u Pour VArt\" aujourd hui\ncélèbre, en sont un durable témoignage."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.96", "texte": "NOS ÉCHOS\n981\n\nNous souhaitons ardemment que l'éloignement où Nin va vivre de la France ne\nl'empêche point d'y revenir à la fois pour terminer sa belle série de concerts consacrée à\nl'histoire des formes de la Musique de clavier et pour qu'il puisse éprouver combien les regrets\nque son départ fait naître, conserveront leur force et leur durée.\ny\nUne très touchante et très belle cérémonie a réuni le 14 octobre à l'église Notre-Dame\nde Passy tous les maîtres et les amis de la musique, présents à Paris, autour de notre collègue\nM. Gustave Lyon, dont le fils, M. Robert Lyon, ancien élève de l'école Polytechnique\népousait Mlle d'Enfert. Nous sommes heureux de pouvoir adresser ici nos vœux les plus\nsincères aux nouveaux époux et notre excellent collègue Gustave Lyon.\nOn nous annonce de Munich l'audition d'une symphonie monstre de Gustave\nMahler, qui nécessitera la présence de mille musiciens ! Certains prétendent que la trompe\nd'auto aura son rôle dans cette gigantesque hétérophonie. Le malher (pardon !) veut que cette\npremière ait loin lieu loin de Paris, à Munich même, à l'automne prochain.\nNous nous consolerons en apprenant que M. Chevillard s'est résolu à donner cette\nannée une œuvre de Mahler et une de Bruckner. Nous ne saurions trop féliciter l'éminent\nchef d'orchestre d'avoir enfin triomphé des objections et des oppositions que rencontrent\ndepuis quelques années, chez nous, les noms de ces deux maîtres d'outre Rhin.\nLa question du cor de basset a été dernièrement remise à la mode, par une polémique,\nde facteurs italiens et allemands. Il s'agissait de décider si Yhèckelphone, récemment inventé en\nAllemagne, empêchait un facteur d'instrument de fabriquer à nouveau des cors de basset. A ce\npropos notre éminent confrère M. Eugène d'Harcourt nous envoie la communication suivante:\n\" Le cor de basset moderne est simplement une clarinette alto en fa qui descend jusqu'à\nl'ut grave. Le registre de cet instrument correspond justement au registre sympathique\n(si je puis dire !) de l'échelle musicale, registre qui peut être limité du fa2 au fa4. Le cor de\nbasset est le seul instrument dans ce cas. D'autre part son étendue est énorme, et il se marie\naux clarinettes bien mieux que la clarinette basse. Il peut donc rendre de grands services\nen solo et dans l'ensemble. ... L'opéra-comique donnait hier la Flûte Enchantée. J'ai été\npendant la représentation demander à l'éminent chef d'orchestre Ruhlmann, d'avoir l'amabilité\nde me montrer les cors de basset qu'il employait dans cet opéra. J'ai vu des clarinettes-altos\nordinaires descendant au mi (la pour l'oreille), ce qui n'a pas grand inconvénient pour la Flûte\nEnchantée car la partie ne descend pas au dessous du sol (do pour l'oreille).\nNéanmoins, le grand pavillon recourbé que nécessitent les notes graves mi b, ré, ré b et\nut donnent à toute la sonorité de l'instrument plus de moelleux que n'en a la clarinette-alto.\nCes notes sont d'ailleurs de toute beauté, mais demandent quelques précautions d'écriture.\nDans les anciens instruments le ré b grave manquait souvent.\nMozart a écrit l'ut grave du cor de basset dans la Clémence de Titus, et Beethoven dans\nProméthée. Personnellement j'ai employé cet instrument dans ma symphonie Néo-Classiquey\njouée aux Concerts Lamoureux, et dans mon opéra Le Tasse \"\nEUGÈNE D'HARCOURT.\nDans la bibliothèque du Monastère de Mûri (diocèse de Constance) se trouvent au\nXIIIe siècle quatre traités sur la musique :"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.97", "texte": "982\nS. I. M.\n\nMusica Hugbaldi et geometria.\nMusica Wilhelmu\nMusica Bern.\nMusica Ottonis.\nLa note finale du bibliothécaire est bonne à retenir :\nLibros autem oportet semper describere et augere et mehorare et ornare et annotare, quia vita\nomnium spiritualium hominum sine libris nichil est.\n(Acta fundationis Murensiay edit. KIEM, Quellen zur Schwerzer Geschichte, p. 54.)\nNous avons reçu la lettre suivante que nous nous impressons d'accueillir. La brûlante\nquestion du dualisme riemannien nous vaut l'avantage de voir la signature de notre excellent\ncollègue et ami Jean Marnold parmi celles de nos collaborateurs. Nous en sommes tout a fait\nheureux. Quant à nous aventurer dans le maquis des sons inférieurs....! Cela ne servirait qu'à\nfaire éclater notre propre infériorité.\nParis, le 26 octobre, 1909.\nMon cher Ecorcheville,\nJe lis dans le dernier S. I. M. la phrase suivante :\na Comme théoricien, M. Riemann aura la très grande gloire d'avoir mis en valeur l'idée\ndu Dualisme harmonique et d'en avoir tiré le chiffrage ingénieux que tout le monde connaît.\nCette opposition des séries supérieures et inférieures, qui repose sur une symétrie tout idéale et\nnon pas une réalité physique (ainsi que le crut jadis le bouillant Marnold)... \"\nEh bien ! mon cher ami, si peu a bouillant \" que vous puissiez être, je regrette de vous\ndire que c'est vous qui vous trompez. Je suis même surpris d'une allégation qui laisserait\nsoupçonner que vous connaissez mal les écrits de celui dont vous entreprenez l'apologie, ou\nque vous n'avez pas lu les articles auxquels nous faites allusion en me nommant. Dans ces\narticles, je n'ai pas avancé un mot qui fût du domaine de l'hypothèse ; j'ai suivi pas à pas le\ntexte de M. Riemann, en le citant traduit littéralement, (cruauté suprême, à coup sûr),\net en me contentant de discuter ses assertions formelles. Si, au cours de sa longue existence, les\nidées de M. Riemann furent toujours plus ou moins incertaines, ondoyantes et diverses, je ne\nsache pas qu'il ait imprimé une répudiation officielle de \" Ueber die objective Existenz der\nUntertœne in der Schallwelle \" de son Katechismus der Akustik. Je suis enchanté que M. Riemann\nait atteint la soixantaine et ne vois nul inconvénient à ce que vous l'en congratuliez, mais je\nne saurais admettre que vous lui fassiez des amabilités sur le dos d'une étude sérieuse, qui se\ntient sur le terrain des faits irréfutables et qui resta d'ailleurs irréfutée jusqu'ici. Si vous avez\nl'intention de vous y essayer, j'en serai ravi et cela m'intéressera beaucoup. Ce n'est pas la\nplace qui vous manque, ni, j'espère, d'autres arguments qu'une boutade et une inexactitude.\nCordialement.\nJEAN MARNOLD.\nNous sommes heureux d'annoncer que notre éminent Collègue M. Nestor Lejeune,\ncontinuera cette année ses séances historiques du Quatuor à Cordes. Ces cinq séances\nseront consacrées à l'école Russe, et la première sera précédée d'une conférence de notre ami\nCalvocoressi. Elles auront lieu salle Pleyeh\nAvec la Symphonie en sol mineury de E. Lalo, s'est ouverte, à Nancy dimanche, la série\ndes concerts du Conservatoire. Rien de bien saillant à ce premier concert auquel un certain"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.98", "texte": "NOS ÉCHOS\n983\n\nnombre d'habitués attirés par la Fête des Vendanges donnée au même moment à l'Exposition,\navaient cru devoir se soustraire. Les fidèles qui, cependant, vinrent renouer avec l'orchestre,\noccuper pour une nouvelle saison des places détenues depuis de longues années, n'eurent, j'aime\nà le croire, pas lieu de s'en repentir. D'ailleurs M. Ropartz n'avait-il pas fait appel au talent\nde Mme Roger-Miclos-Battaille, virtuose du piano que nous n'avons entendue depuis tantôt\ncinq ans ?\nCinq ans ! Voilà certes qui ne nous rajeunit guère ! Dans l'espace d'un lustre en avons-\nnous applaudis des virtuoses ! D'autre part, quand, par la pensée, on récapitule les efforts\naccomplis par le directeur du conservatoire de Nancy pour faire pénétrer dans le grand public\nle goût des belles œuvres anciennes et modernes, on reste ébahi devant les résultats acquis,\nrésultats dus à la persévérance, à la conscience artistique de M. Ropartz.\nJ'ai été enchanté de l'excellente interprétation que, des Etudes symphoniques, de Schumann,\nMme Roger-Miclos nous donna d'entendre. Jeu perlé, demi-teintes délicieusement fondues,\ntout y était.\nEn outre étaient inscrits au programme le Prélude de la Légende de Sainte-Elisabeth, de\nLiszt et l'Ouverture du Vaisseau-Fantôme, de Wagner. L'orchestre nous donna de ces pages\nune audition aussi satisfaisante que possible.\nConcours pour la nomination d'un Professeur de Harpe. Le Maire de la ville de\nNancy a l'honneur d'informer les candidats à l'emploi de professeur de harpe vacant au Con-\nservatoire de musique de Nancy, que le délai imparti par l'arrêté municipal du 18 août\n1909, pour l'envoi des pièces au secrétariat de la mairie de Nancy, est prorogé jusqu'au\n28 octobre courant, inclus.\nPour tous renseignements, s'adresser à M. le Directeur du Conservatoire de musique\nde Nancy.\nNotre confrère M. H. Woolett du Havre nous prie de faire savoir que son adresse\nsera désormais : 93, rue G. Flaubert ; Enclave des Ormeaux, Avenue Alphonse XIII.\nUne nouvelle revue musicale vient de naître à Venise, sous le titre de : Bel Canto,\nbollettino mensile polemico didattico di critica e cultura musical lirica, organo dell'Unione\nLirica Internazionale (U. L. I.) fra artisti ed amatori di canto. Direzione prof. Umberto ïava.\nNous souhaitons bonne chance et longue prospérité à notre nouveau confrère.\n—M. Alfred Cottin a repris ses cours le samedi de 5à 7, I 24bis, Avenue de Villiers.\nLe premier concert de la Société J.-S. Bach aura lieu le vendredi 20 novembre ; et\nprésentera l'Oratorio de Noël avec le concours de Mlle Eisa Homburger (de Saint-Gall),\nMlle Maria Philippi (de Baie), M. Georg Baldszum (de Cassel), M. Fritz Haas (de Carlsruhe).\nMelle Germaine Chevallet donnera deux séances de chant àla salle Berlioz, de\n5 à 6 heures, les samedi 27 novembre et Dimanche 5 décembre 1909.\nSéance classique : Bach, Beethoven, Caccini, Hândel, Schubert.\nSéance moderne : Bellenot, Chabrier, Coquard, Debussy, Duparc, Kœchlin, Lazzari,\nMorct, Vrépard.\nCette année, Mclle Germaine Chevalet s'est assuré le concours de l'excellent flûtiste"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.99", "texte": "984\nS. I. M.\n\nGaubert qui fera entendre une sonate de Bach ; en outre des pièces pour deux pianos des\nChabrier et de Debussy seront exécutées par Melle Marcelle Croué et M. Jean Verd.\nLES SŒURS WIESENTHAL. Les trois sœurs Wiesenthal, danseuses modern.\nstyle et viennoises, ont fait au Vaudeville une courte et sensationnelle apparition. Imaginez\ntrois jeunes corps de femme, souples, élancés, évoluant sur un tapis vert, entourées d'un décor\nbleu foncé, au son d'une musique lointaine, courant, folâtrant, tourbillonnant, se repliant, se\ndéveloppant ! Encore n'aurez-vous là qu'une vague idée des Wiesenthal, si vous ne les\navez pas vues.\nC'est naturellement à Miss Duncan, qu'il faut songer et non à nos ballerines de\nl'Opéra —si l'on veut expliquer les Wiesenthal. Celles-ci sont cependant fort différentes delà\ncélèbre Isadora. Mais le principe de leur art est le même. Il consiste à remplacer par une sorte\nd'intuition très libre la convention obstinée de la chorégraphie. C'est comme un langage du\ncorps, naturel, spontané, imprévu. L'impressionnisme s'introduit ainsi dans la danse pour en\nrenouveler la fantaisie.\nVoici par exemple le Beau Danube Bleu. La danseuse est accroupie dans un coin. Peu à\npeu, elle s'essore. Le rythme la force à tendre tout son être vers un désir de mouvement\nJusqu'ici c'est une pantomime que nous avons devant nous. Mais la vibration sonore continue\nson action. Elle précipite le corps bondissant et juvénile qu'elle vient d'éveiller à l'ivresse\nmusicale. Les jambes s'agitent, les cheveux déployés volent et ondoient, la petite tunique de\nsoie verte ne se contient plus. Les vagues du Danube, qui ont soulevé l'imagination du\ncompositeur, roulent de nouveau la fragilité chaste de cette jeune personne. Et cela est très\nbeau.\nEn voyant les trois sœurs couronnées de grosses fleurs et vêtues de larges robes de gaze\nblanche transparente et rayée, je songeais aux théories antiques, dont les temples grecs ont\ncontemplé le spectacle. Et, je l'avoue, je maudissais aussi certain pantalon, dont le modernisme\nme semble plutôt indécent. Que vient faire ici ce profane ?\nLes Wiesenthal n'ont d'ailleurs aucune prétention à cet antique, dont Isadora Duncan a\ntiré son succès. L'eurythmie de leur art est avant tout viennoise. Elle évoque cette mentalité\naimable, nonchalante, espiègle, dont Schubert et J. Strauss ont donné la formule musicale. Il\ny a de l'Allemand, du Slave et de l'ltalien dans cette sentimentalité indéfinissable, tantôt\nexubérante et franche, tantôt voisine du maniérisme de 1830.\nLe public parisien n'a pas eu le temps d'accueillir les sœurs Wiesenthal. Un jour, elles\nreviendront, instruites par l'expérience ; elles auront préparé leur entrée ; la presse et la\npublicité seront de connivence ; et le succès les attendra à bras ouverts. Je suis heureux d'avoir\nété des tout premiers à manifester en leur honneur. J. E.\nEROS VAINQUEUR A LA MONNAIE. Encore une fois, il nous faudra prendre\nle train pour aller applaudir à Bruxelles une pièce éminemment française. Cette constatation\nest d'autant plus humiliante aujourd'hui, où Chiquito s'étale sur notre Opéra Comique. Tous\nles goûts sont dans la nature et toutes les œuvres ont droit de voir le jour ; mais le libéralisme\nqui nous prive d'une partition comme celle de Pierre de Brèville est tout à fait dans son tort,\nquoiqu'on puisse dire pour le défendre.\nEros Vainqueur c'est la glorification de la passion sous une forme juvénile et fleurie,\nparmi les vergers et les bois. La mythologie et le romantisme s'unissent ici avec la musique la\nplus subtile, pour tromper un vieux roi jaloux et nous montrer l'éveil amoureux de trois\nprincesses éthérées. M. Pierre de Bréville appartient à la famille artistique de Franck et de"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.100", "texte": "NOS ÉCHOS\n985\n\nd'lndy. L'émoi de sa musique convenait parfaitement à conte de raffinement et de rêve\nimaginé par Jean Lorrain, à cette sensualité dont l'ardeur se voile d'asphodèles et de lys.\nEros sera vainqueur du public belge, mais quand rentrera-t-il dans son pays natal, qui est\nl'lle de France ? J. E.\nAU TROCADERO. La fête commémorative du quatrième centenaire de Jean\nCalvin avait rempli le Trocadéro, le lerIer novembre, d'une assistance recueillie.\nNos vieux maîtres protestants, Goudimel, Claudin Lejeune, Ph. Jambe de Fer, Loys\nBourgeois avaient prêté leur concours à cette solennité. Les psaumes de circonstances furent\ninterprétés par 500 exécutants, sous la direction de M. Ch. Huguenin, et plusieurs fois\nl'assistance entière, debout, a mêlé sa voix à celle du chœur. Voilà d'excellent chant choral,\nvibrant et convaincu, comme il sera toujours bien difficile d'en obtenir de nos groupements\nlaïques, qui n'ont d'autre idéal que l'art pour l'art.\nr r\nSOCIETE HAENDEL. La société Haendel qui a fait entendre l'année dernière un\nsi grand nombre d'œuvres anciennes de maîtres du XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, prépare\npour cette saison une série d'auditions fort intéressantes. Elle nous donnera des psaumes de\nSweelinck, des Concerts spirituels de Schiïtz, une Cantate d, A. Steffani, des concerto à quatre\nviolons de Vivaldi et de LeonardoLéo, enfin des fragments importants d'opéras de de\nCavalli, de Hasseet de Scarlatti.\nEn même temps MM. Borel et Raugel commencent la publication du répertoire\ndes concerts de leur société. La Maison Durand et fils vient d'éditer l'air de basse de la\nCantate \" Gott hilf mir \" de Buxtehude. M. Demets met sous presse les Sept Paroles du Christ\nde H. Schiïtz,traduites par G. Loth.\nCOURS MARCEL HERWEGH. Notre éminent collègue M. Marcel Herwegh\nreprend ses cours d'enseignement du violon, musique d'ensemble et accompagnement, les\nmardi et vendredi, 105 quai d'Orsay. S. I. M. est très heureux d'annoncer cette bonne\nnouvelle, et il ajoute qu'il souhaiterait vivement de voir Marcel Herwegh reprendre dans la\nvie musicale la place à laquelle il a droit, et dont un deuil cruel le tient éloigné depuis\nquelques années.\nL'ART ET L'ECOLE. La Société nationale de l'Art à l'école nous conviait le\ndimanche 31 octobre à entendre, au Salon d'Automne quelques enfants du plus jeune âge,\nchantant à l'unisson, et à plusieurs voix. L'école communale de la rue Blomet, l'école\ncommunale de Fontenay aux Roses, et l'école Alsacienne, se trouvaient représentées par des\ngroupes scolaires de la meilleure volonté, mais ne réalisant pas encore toute la perfection que\nde tels efforts devraient atteindre. Sans se décourager, on peut dire qu'il y a infiniment à faire\ndans ce domaine du chant scolaire.\nCATALOGUES DE LIBRAIRIE. Nous avons reçu deux fort beaux Catalogues\nd ouvrages anciens sur la musique.\nL'un de Léo Olschkià Florence, qui contient une foule d'exemplaires rares sur la\nmusique : Graduels, Heures, Offices, Ordo, Psalteria, etc... et dont l'iconographie, toujours\nabondante, offre pour le chercheur de précieux matériaux.\nL'autre vient également de Florence, de et doit aussi être signalé à\n'attention des érudits et des amateurs. Il contient entre autres raretés un exemplaire des\n'Tenori e contrabassi intabulati \" de Franciscus Bononensis publié par Petrucci en 1509. Ce"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091115-01.1.101", "texte": "986\nS. 1. M.\nLe Gérant: MARCEL FREDET.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\n\nvolume de tablature de luth a été aussitôt acquis par notre collègue M. Tiersot, poUr\nConservatoire.\nA PROPOS DE LA SYMPHONIE-MONSTRE de GUSTAVE MAHLER dont noi(\navons annoncé plus haut l'apparition, on nous écrit: \" Cette VIIIe symphonie comprend\ndeux Parties. La première contient un Vent Creator qui est une invocation à Eros) £r.\ncosmogonique et sacré, ce qui est conforme à la notion ésotérique de l'esprit créateur. Dans\nseconde partie : la série finale du second Faust, au grand complet. Il y aura deux orchestre\nsuperposés, et trois chœurs, dont un de garçons. L'un s'exerce à Munich, l'autre à Vienne, !.\ntroisième à Graz. Ils seront réunis à Munich trois semaines avant l'exécution pour trente-4\nrépétitions générales. L'auteur en avait demandé 50, après longues disputes, ce chiffre aét\nréduit à 32. En tout, le nombre des exécutants dépassera mille, dont huit solistes di pm\ncartello. La partition s'édite et paraîtra à Noël,1 Mahler appelle cette VIIIe, l'œuvre de sa vit\nNous apprenons la mort de notre excellent ami et Confrère Charles Bordes, fondâtes\nde la SCHOLA CANTORUM, décédé subitement le 8 de ce mois près de Toulon, où il se trouva\nen villégiature.\n1 Dans PÉdition Universelle, à Vienne."}]}