{"numero_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_sha256": "3bc249f18ae5de617cb862e403b666c0c094c47c73685bdbe38d81490105d1fb", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1909/12/15_01/bmtnabh_1909-12-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1909/12/15_01/bmtnabh_1909-12-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.1", "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 770, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nNotre enquête sur l Enseignement musical: Rapport de\n______\nCH. BORDES par G. Servières. J LETTRES DE BOIELDIEU, par P.L. Robert. LES ORIGINES\nL'ORGUE par Ch. Mutin. 4LES MUSIC-HALLS par Ch. Clarisse. L'ÉDITION VATICANE\npar A. Gastoué. 4* LE MOIS à Paris par Gaston Carraud. Lettres d'Amérique et de Munich.\nLES LIVRES et L'ACTUALITÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.3", "titre_corps": "RAPPORT DE M. GUY ROPARTZ, DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE NANCY AU TROISIÈME CONGRÈS DE L'ART A L'ECOLE.", "titre_sommaire": "RAPPORT DE M. GUY ROPARTZ, DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE NANCY AU TROISIÈME CONGRÈS DE L'ART A L'ECOLE.", "signature_source": "GUY ROPARTZ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "RAPPORT DE M. GUY ROPARTZ,\nDIRECTEUR DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE NANCY\nAU\nTROISIÈME CONGRÈS DE L'ART A L'ECOLE.\nLA MUSIQUE A L'ÉCOLE.\n\nVous n êtes pas sans avoir entendu plus d'une fois affirmer en le déplorant peut-\nêtre V infériorité musicale des Français vis-\nBelges. Il ne faudrait pas conclure de là q\nIl me sem effet, impossible de nier V instinct m\nd'un si merveilleux et si riche trésor de chants populaires. Mais il est assez exact de\ndire : il y a moins de Français que d'Allemands, ou que de Belges, h savoir la musique.\nQue faut-il donc faire ? Il faut enseigner la musique aux Français. Il n est pas besoin\nd'insister sur cette nécessité auprès des adhérents /' \" qui\npu lire le beau chapitre que M. Auguste Chapuis a consacré à F Art musical dans la\nbrochure publiée par M. le sénateur Couyba,\nsur ce point : la musique doit être enseignée a l'Ecole où s enseigne toute chose.\nJe sais que la musique fait partie des\naussi que dans la pratique elle occupe une si\nexceptions dues au zèle individuel de tel ou tel maître, son enseignement est h peu près\ninefficace.\nNous verrons tout-a-Vheure, au moment de présenter des vœux, s'il ne serait tas\npossible de remédier à cet état de choses.\nFaut-il enseigner la musique à tous ? Je réponds oui sans hésiter et sans m'arrêter"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.5", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2578, "texte": "à cette objection cent fois formulée : tous n'ont pas cTaptitudes musicales. Il est certain oue\ntous n'y réussiront pas également, il est cert pai\nsur les sols également féconds, il est certain que la moisson sera plus ou moins opulente.\nMais tien va-t-il pas ainsi dans toutes les par\nexemple, est enseigné également a tous, alors que certains n arriveront jamais à résoudre\nle plus simple problème.\nQuelle méthode adopter ? Je ne voudrais pas chagriner les adeptes des méthodes\nchiffrées ou autres ; mais quelles que soient les facilités et les simplifications qu'ils croient\nêtre l'avantage de ces nouvelles méthodes, moi, je pense\nla méthode usuelle est la seule rationnelle parce qu elle est seule représentative du son\nréel. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il soit plus difficile a un enfant d'apprendre a lin\nla musique avec la notation usuelle qu'avec toute autre. Il faut ajouter que la langui\nmusicale ne comportant aucune exception doit être, certainement, la plus simple et k\nplus facile à retenir.\nQui enseignera la musique dans les écoles? Il serait désirable que l'enseignement\nmusical fût confié à des maîtres spéciaux. Niais la réalisation de ce désir est pratiquement\nimpossible, tout au moins dans les écoles rurales. Il faut donc qu'à l'école normale les\ninstituteurs reçoivent une culture musicale absolument sérieuse, qui les mette en mesurt\nd'enseigner a leur tour aux enfants qui leurs\nJe disais à l'instant que l'initiative telles\nécoles réalisé seule, en tout ou en partie, la\ncernant la musique. Il y a lieu de signaler\nmusicale à Paris et les résultats obtenus par son directeur, M. Alfred Boutin, dans l'en-\nseignement collectif du violon. Il faut aussi noter que, dans quelques villes, des confé-\nrences-auditions , de petits concerts ont été organisés pour les enfants des écoles et par eut\nOn ne saurait trop encourager ces tentatives, qu'il serait désirable de voir se généraliser,\nJ'aurais voulu pouvoir vous présenter au\nCongres sur cette attachante question :la Musique à l'Ecole.\nreçues, si peu nombreuses qu elles soient, sont\nM. Tempviré et Mmc Moulinier, de la section d'Angoulême, dans leur communi-\ncation :u De l'Enseignement du chant à l'Ecole primaire\ncommentant parfois de la façon la plus heureuse, le travail de M.. A. Chapuis, auquel\nj'ai déjà fait allusion.\nM. Léon Montfort, inspecteur gouvernemental de la Belgique \"L'Enseigne-\nment de la Musique à l'Ecole \" s'attache particulièrement à la chanson populaire\nqu'il voudrait voir faire le fond du répertoire\nM. D. Régent présente une petite théorie à"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.6", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "Daniel Eyquem. Cette\" nouvelle écriture\" re\nla ronde par une lettre majuscule, supprime la blanche, attribue à la noire lettre\nmajuscule avec queue la moitié de la val\nde troubler les enfants qui ont commencé la musique avec la méthode Eyquem, quand ils\naborderont la notation usuelle), donne hla croche une queue avec un crochet, àla demi-\ncroche (? ) une queue avec deux et\nreprésentant les notes placées sur les touches blanches du clavier, les majuscules italiques\nreprésenteront les notes placées sur les touches \" \", qui\nêtre plus me en plus compl\nM. Munier, directeur d'école primaire, a Saint-Dié, analyse en termes excellents la\neonfèrence de M. Maurice Bouchor :le Chant à l'Ecole, Mmc Vereille,\nsection d'Angoulême, raconte ce qu elle a fait\nélèves le goût de la musique : étude de quelques\nmusicale, soirées de musique, enfin, le samedi, où elle initie son auditoire aux pages les\nplus belles des grands maîtres. Ceci est à retenir et montre ce\"que le zèle individuel peut\nréaliser, même dans un milieu modeste.\nM. Souron, de la section de Nancy, présente un travail fort documentée : l'Ensei-\ngnement des premiers éléments de Solfège à l'Ecole primaire, qui serait à citer en\nentier. M. Souron en effet, une sér\nnotamment Vheureuse application du dessin aux études musicales et formule d'excellents\nconseils que tous les maîtres chargés de renseignement de la musique pourraient suivre\navec fruit.\nM. A. H elle, instituteur a Colombier-les-Vesoul Enseignement pratique du Chant\ndans les Ecoles primaires et formation du g\ncombattant la méthode lui emprunte ce\nposition à V aide des clefs, dans la lecture d\ncomme le précèdent, mériterait mieux\nhonneur à son auteur.\nA ces communications sont joints plusieurs vœux que nous allons résumer ci-après, en\ndemandant au Congrès de s y associer.\nAvec M. Tempviré, Mme Moulinier et M. Montfort nous demandons qu'une\néducation musicale comprenant le solfège\nde la voix, vocalisation, expression\nviolon ) soit donnée aux élèves des Ecoles nor\na l'école; que cette éducation soit sanctionnée\ntroisième année.\nQu'une culture musicale basée"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.7", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "dans toutes les écoles, collèges et lycées, fasse\nsoit sanctionnée aux divers examens, certificats Que,\ndemande de M. Souron, chaque instituteur,\nquant aux détails du programme, en adoptant toutefois la notation usuelle comme étant la\nplus rationnelle. Que Venseignement musical ne prenne pas fin, comme cela est actuel-\nlement, au terme de la classe de septième de\njusqu'à la fin des études et complété par k\nmusique ;\nQue V organisation de conférences, la fon\nde chorales et de symphonies scolaires et post-scolaires soient encouragées de toutes façons, et\npar tous moyens ;\nQue les élèves des écoles prennent part ou comme exécutants, ou comme auditeurs, A\ntoutes les manifestations des Sociétés musicales, Sociétés de concerts, etc. Que les théâtre\nconcerts, expositions, bibliothèques, soient la\nélèves ;\nQue soit adopté, dans chaque province,\nrégion, pour être chantés dans les écoles ;\nQue des inspecteurs spéciaux soient chargés comme cela se fait déjà à Paris\nde surveiller V enseignement musical dans to\nde la valeur artistique des œuvres musicales mises entre les mains des élèves.\nTenter, en résumé, par tous moyens, j\nformeront de bons élèves, et donner a la\nhumaines, la place qu'elle doit occuper, alors que jusqu'ici elle a été seulement considéra\ncomme artd'agrément, tel est le but à poursuivre\n\nGUY ROPARTZ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.4", "titre_corps": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des Amis de la Musique.", "titre_sommaire": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des Amis de la Musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.8", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des\nAmis de la Musique.\nr • MtTPes -permanents que nous avons obtenus présent, et que nous pouvons\n\"porter à la connaissance de tous nos membres,, sont les suivants :\ni0q 1 1VT (Bulletin français\n'' \\lZZTi est envoyée régulièrement à titre gratuit i tous les Auus.\n, Sur la -présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réductions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 3, rue Laffite ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\nChez MM. Rouan, Lerolle et C'% 18, boulevard de Strasbourg;\nCha M. Demets, 2, rue de Louvois ;\nChez MM. Bouvens van der Boyen et C\", 6, Square e p , »\nwp, absolument nets. &\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, /0\ndes Maîtres de la Musique.\n, t Tnurnnn 10 °l sur les volumes de la collection des\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 /0\nCfcz M.SZhbCachebreet C\", .33, rue de Seine, ,o •/, «r les ouvrages de leur librairie.\nleur envoyer dès maintenant le Catalogue d'ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 5 /0\ndroits d'inscription a toutes les sections.\n• j v> rie pt de -province\n;-è,î tzsJxs'-A- - -/«■•\nun plaisir de leur communiquer gratuitement."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.9", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "EXTRAIT DES STATUTS\nJrt. 3. La Société se compose de membres créateurs, de membres fondateurs, de membre\ndonateurs et de membres actifs.\nLes membres créateurs sont les personnes sous\nPour être membre fondateur, il faut avoir versé au moins une fois une cotisation minimum\nde 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser une cotisation annuelle d'au moins 100 francs.\nPour être membre actif il faut verser une cotisation annuelle de 10 francs, rachetable par\nun versement unique desoo francs.\nLa cotisation annuelle de 20 francs est réduite de moitié pour les professionnels.\nLe titre de membre d'honneur pourra être accordé par le Conseil dladministration aux\npersonnes qui rendront ou auront rendu\nau elles soient tenues de payer une cotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de la Société : elles sont éligibles à toutes les fonctions.\nLa liste et les statuts sont envoyés gratuitement a tous ceux qui en font la demande.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à M. 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Le 8 Novembre, à\nToulon, il s'était arrêté chez des amis ; il revenait de Nice et rentrait à\nMontpellier où, depuis 1903, il avait dû se fixer pour soigner sa santé\ngravement compromise. A la réflexion, cependant, cette mort soudaine\nn'était que trop explicable par son état morbide (depuis longtemps il\nsouffrait de troubles de circulation et une attaque de paralysie l'avait privé\nde l'usage d'un bras) et par le surmenage physique et intellectuel auquel\nBordes, par insouciance de son repos, de son bien-être, de sa vie même,\ns'était astreint pendant des années. Toutefois malgré ses quarante-six ans\nrévolus et les transformations physiques dues à l'âge, il était, aux yeux de\ntous ceux qui l'avaient connu, resté si jeune d'aspect, de caractère, de\nparole, qu'ils ne pouvaient admettre l'anéantissement brutal de tant de\nfacultés précieuses et admirées.\nA cet artiste délicat, à cet être d'élite, je ne voudrais pas décerner\nle banal qualificatif sympathique, si mal à propos employé d'habitude\ndans les relations courantes. De certaines natures se dégage une sorte\nd'effluve attirant et captivant auquel on ne résiste pas. Ce don inné,\nBordes le devait à son physique d'abord. Parmi les élèves de César Franck,\nil n'était par seulement l'un des plus jeunes, mais celui dont l'aspect était\nle plus juvénile. Sa figure ronde, ses yeux vifs, sa lèvre presque imberbe,\nl'avaient fait surnommer \" l'enfant de chœur \". Et il avait bien l'air d'un\nadolescent grandi dans les sanctuaires, au regard candide, au doux sourire,\nau ton calme et discret. Il le devait aussi à cette modestie naturelle et\nnullement affectée, qui le faisait s'oublier avec une sereine abnégation, par"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2883, "texte": "amour pour tout ce qui lui paraissait digne d'admiration dans l'art, qu'il\ns'agît du présent ou du passé. Il le devait enfin à sa douceur, à son égalité\nd'âme, à une sorte de pouvoir de persuasion enveloppant d'une grâce\nexterne une ténacité vraiment extraordinaire dans l'accomplissement des\ntâches ardues auxquelles il s'était voué. Sans être doué d'une éloquence\nparticulière, sans recourir à des roueries diplomatiques, Bordes avait la\nfaculté de convaincre et d'entraîner par la seule force de son admiration,\nde sa spontanéité native, de son désintéressement absolu, hommes et fem-\nmes, prêtres et laïcs, savants et ignorants. Il parlait très peu et avec une\nabsolue simplicité, mais sa parole témoignait d'une foi sincère qui préve-\nnait en sa faveur, et le magnétisme de son regard faisait le reste. Il lui\nsuffisait de demander pour obtenir: les professionnels donnaient leur temps,\nleur savoir, leur talent; les gens du monde leur argent; la presse sa publi-\ncité. Personne ne lui marchandait son concours, parce qu'on savait, on\ndevinait qu'il se donnait lui, tout entier. Ceux-mêmes qui discernaient\nl'illusion où s'égarait la candeur de cet enthousiasme aux objets toujours\nrenouvelés, répugnaient à briser son rêve par un avertissement que les\nréalités de la vie ne manqueraient pas de lui donner. Et comme le plus\nsouvent, c'est au rêveur, assumant la partie avec une confiance de joueur\nheureux, que l'expérience avait donné raison, les tempéraments froids, les\nesprits raisonnables, positifs ou sceptiques, n'osaient plus le mettre en\ngarde contre ses témérités. Ils l'avaient vu faire des miracles ; ils en\narrivaient à croire au miracle.\nEt n'est-ce pas un prodige, en effet, que l'aventure de ce petit maître\nde chapelle inconnu de Nogent-sur-Marne, qui, appelé très jeune,1 et en\nremplacement d'un artiste réputé, à la paroisse de Saint-Gervais,\nentreprend, au seul vu des dispositions architecturales de l'église, d'y\nintroduire les chants sacrés les plus dignes du saint-lieu ; qui rompt avec\nle banal répertoire des maîtrises, le remplace par des œuvres de composi-\nteurs illustres : Weber, Schubert, Schumann, César Franck, et lorsqu'il\na éprouvé les qualités d'acoustique du vaisseau, ose s'attaquer aux maîtres\nde la polyphonie vocale : Allegri, Palestrina, puis, encouragé par le succès\nde sa première tentative en 1891, constitue les chanteurs de Saint-Gervais\net révèle coup sur coup, l'espagnol Vittoria, les italiens Anerio, Nanini,\n\n1 Ch. Bordes, qui, à ce moment, était attaché à la Caisse des Dépôts et se morfondait en des travaux de\nchiffres, obtint en 1887, la place de maître de chapelle à Nogent. En 1890, il fut appelé en cette même qualité,\nà St-Gervais. Le curé de Bussy eut confiance en lui et le laissa libre d'organiser les auditions des chanteurs dits\nde St-Gervais. La première semaine sainte en musique fut celle de 1892."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.13", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "Corsi, Lotti, les franco-belges Josquin de Près et Roland de Lassus ?\nBordes prouve ainsi que ces partitions anciennes, connues seulement de\nquelques érudits, mais délaissées par ceux qui auraient le devoir d'en con-\nserver la tradition, sont, même pour nos oreilles blasées par tant de\ncombinaisons harmoniques modernes, des merveilles musicales et que des\nenchevêtrements du contrepoint vocal, il suffit de dégager le melos, 1 ex-\npression, pour ravir les auditeurs. Aucun des habitués de St-Gervais\nn'oubliera jamais l'intensité d'expression des nocturnes pour le Vendredi-\nSaint de Vittoria ni la sérénité des messes de Palestrina.\nMais si cette résurrection du répertoire de la Chapelle Sixtine, attire\ndans la vieille église mélomanes et mondains, au grand avantage de la\nfabrique, qui percevait un tant pour cent sur la recette, si la compagnie\ndes chanteurs acquiert par la pratique des œuvres polyphoniques une telle\nréputation qu'on voulut l'entendre ailleurs qu'à Saint-Gervais (en plusieurs\nannées de pérégrinations en France et à l'étranger, elle porta dans une\ncentaine de villes la révélation des œuvres qu'elle interprétait) 1 le succès\nmême ne manqua pas de soulever contre ce mouvement artistique le\nmécontentement des amateurs de musique profane et la jalousie des com-\npositeurs qui en fournissent les maîtrises.2\nEn effet, Bordes ne se contenta pas de proscrire de Saint-Gervais les\nproductions d'un caractère insuffisamment religieux, il voulut faire pénétrer\nses vues réformatrices dans les autres sanctuaires et c'est dans ce but qu il\nfonda en 1894, avec le concours dévoué de MM. Ad. Guilmant et d'lndy,\nla Scho/a cantorum. Cette institution avait pour objet d'encourager \" l'exe-\ncution du plain-chant selon la tradition grégorienne, ou, pour etre\nplus exact, selon l'interprétation des anciens manuscrits par les bénédictins\nde Solesmes, la remise en honneur de la musique palestrinienne, la\ncréation d'une musique religieuse moderne et l'amélioration du repertoire\ndes organistes \". Je ne rappellerai pas ici toutes les controverses passion-\nnées et les chicanes auxquelles ce vaste programme donna naissance. La\nTribune de Saint-Gervais, journal mensuel de propagande créé en 1896,\nservait en effet de tribune aux défenseurs de ces idées auxquelles plusieurs\n\n1 Sur cet apostolat de Bordes, on peut lire avec intérêt, l'étude si documentée de M. René de Castéra :\nDix ans d'action musicale, extrait de la Tribune de Saint-Gervais, en vente au bureau d édition de la Schola.\n2 Cette opposition fut victorieuse, lorsque, en 1902, par suite de la démission de 1 abbé de Bussy, nommé\nchanoine à Notre-Dame, l'abbé Mailles, fut appelé à la cure de St-Gervais. Son soin fut de réduire le\ntraitement du Maître de Chapelle et de supprimer les Chanteurs. Ceux-ci furent réadmis il y a un an, par le\ncuré actuel, l'abbé Gautier, qui a prononcé l'éloge funèbre de Bordes àla cérémonie du 18 Novembre."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "approbations pontificales et le motu pde Pie X vinrent donner une\nconsécration souveraine.\nL'un des moyens de répandre le goût de la musique palestinienne,\nconsista à faire graver dans les ateliers annexés à la Schola, une Anthologie\ndes maîtres religieux. La maison d'édition fut, en septembre 1900, trans-\nportée, comme l'école de musique elle-même, dans l'ancien couvent des\nBénédictins anglais, 269, rue Saint-Jacques. Bordes travailla aussi à\nsusciter une rénovation du motet, en le soumettant à l'observation de\ncertains principes déduits des récents décrets pontificaux sur la musique à\nl'église, et la composition de cantiques populaires en langue vulgaire. Il\ndonna lui-même l'exemple et ses motets en contrepoint vocal 1 prouvent\nque, sans préoccupation de pastiche, on peut écrire pour l'église des chants\nd'un caractère artistique et respectueux des convenances sacrées.\nLa direction d'une maison d'instruction, de deux publications, les\ntravaux de maître de chapelle, les voyages de propagande avec les chanteurs\nde St-Gervais dont la réputation devint mondiale, par suite de leur\nadmission à l'Exposition universelle de 1900, auraient suffi à l'activité\nd'un autre musicien. Bordes, peu à peu, étendit ses investigations artistiques,\nau bénéfice des dilettantes. En 1894-1895, il avait fait chanter à la salle\nd'Harcourt, des cantates d'église de J.-S. Bach ; il poussa ses recherches\njusqu'à Schiitz, Carissimi, M. A. Charpentier et fit résonner sous les\nvoûtes de la Schola leurs cantiques spirituels. Il ne dédaigna pas non plus\nl'art profane des mêmes époques et révéla les madrigaux, chansons en\nparties, de Goudimel, Jannequin, Costeley, Roland de Lassus, les chœurs\nde Moreau pour Esther et Athalie, les cantates de Lalande, Clérambault,\nRameau, etc. 2\nL'exécution de la Guirlande de ce maître, par des chanteurs en\ncostumes, sur un théâtre de verdure érigé dans le jardin de la Schola\n(22 juin 1903), fraya la voie aux représentations des opéras de Rameau\nsur diverses scènes et à celle que Bordes dirigea lui-même, de Castor et\nPollux, à Montpellier.\nPar cette activité passionnée, et sagace, par ses dons de persuasion,\npar son talent d'intéresser à sa cause écrivains et artistes, ce semeur d'idées\n\nA<ve Maria, Ave Regina, Salve Regina etc., publiés par la Schola cantorum dans son Répertoire moderne\nde musique vocale et d'orgue.\n2 UAnthologie des maîtres religieux, les chœurs cTEsther et dyAthalie, le Chansonnier du XHe siècle, ont été\nédités par la Schola. Chez Rouart-Lerolle, Bordes a publié les Histoires sacrées de Charpentier, 3 volumes de\nMeslanges des maîtres italiens, des extraits des cantates de Bach, des cantates de Clérambault, les Airs de Bousset."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.15", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 4494, "texte": "montra ce que l'on pourrait faire, grâce à l'initiative personnelle et\ncollective, dans ce plaisant pays de France où l'on attend tout de l'Etat.\nObligé depuis quelques années, pour sa santé, de vivre à Mont-\npellier, 1 Bordes y fonde une succursale de la Schola, il y rêve une\ndécentralisation artistique qui ferait pénétrer dans les théâtres de province\ndes œuvres d'une valeur musicale reconnue, classiques, romantiques ou\nmême contemporaines. Quand il est mort, il collationnait les textes d'un\nintermède de Rameau: Acanthe et Céphy; il projetait la fondation d'une\nécole de chant à Cannes, la création d'un Conservatoire de danse au pays\nbasque. Il a raconté dans Musicaune tentative récente, consistant à faire\ndanser les ballets de Gluck par des danseurs basques.\nEDOUARD PERRIN.\n\n1 CHARLES BORDES A MONTPELLIER. C'est dans le but d'améliorer sa santé sous un climat doux qu'en\n1905 Charles Bordes était venu habiter Montpellier. Mais son inlassable activité lui fit aussitôt fonder une\nsection de la Schola, qui devint prospère dès les premiers jours. Sa simplicité, sa bonté autant que sa grande\nautorité musicale groupèrent autour de lui une foule d'excellents musiciens et d'amateurs distingués. Immé-\ndiatement il put compter sur le concours dévoué utile et désintéressé d'amis tels que son secrétaire, P. Coulet,\nartiste enthousiaste, M. Et. Gervais, musicien averti, collaborateur affectueux ; Raoul Davray, critique d'art au\ngoût sûr ; H. Rohart, son disciple ; S. B. Sieffert (Cap. Bost), l'auteur des belles sonates pour piano et flûte et\npour piano seul, éditées par le bureau d'éditions de la Schola, et dont nous souhaitons d'entendre bientôt la\nmagistrale symphonie qu'il vient de terminer ; Louis Combes, professeur au Conservatoire, musicien exquis ;\nMM. Dérard, Borne, Hullot, Mlle J. Nougaret ; le quatuor de Montpellier : MM. Cariés, Bouillon, Ballé et\nFlouch, etc. C'est avec de semblables éléments qu'il avait composé des chœurs d'une justesse, d'une pureté rare,\net d'une instruction achevée.\nNous eûmes ainsi, soit à l'église, soit au concert, des auditions des Maîtres anciens et modernes 5 des\nmotets de Josquin des Près, Vittoria, H. Schutz, Aichinger, Nanini, Palestrina, H. Dumont ; des chansons ou\nmadrigaux de Jannequin, Costeley, etc.\nNon seulement ces œuvres étaient exécutées à Montpellier, mais encore dans les environs, de Nimes à\nToulouse. Entre deux concerts, Bordes se rendait à tous les coins de la France, préparant et dirigeant des\nauditions, s'oubliant trop lui-même, et ménageant trop peu sa santé. C'est ainsi que le 5 novembre il conduisait\nà Montpellier les répétitions de la messe \" Douce Mémoire \" de Rolland de Lassus ; il partait immédiatement\npour Nice préparer un concert. Lundi il revenait à Montpellier pour faire le lendemain une nouvelle répétition.\nIl s'arrêtait à Toulon chez la comtesse de Bagnières. Se sentant fatigué, il déjeuna seulement d'un œuf et\ndemanda à se reposer. Pendant qu'on lui préparait une chambre, une attaque subite l'avait emporté. Le docteur\nque l'on avait appelé en toute hâte ne put que constater le décès. Des obsèques grandioses lui furent faites à\nl'église St-Pierre de Toulon. Le corps fut ensuite transporté à Montpellier où une nouvelle cérémonie eut lieu\nà l'église St-François, le vendredi 12 novembre. Des discours émus furent prononcés sur sa tombe par MM.\nEt. Gervais, Raoul Davray et Guibal devant une assistance des plus considérables et des plus recueillies. Son\ncorps sera de nouveau transporté à Vouvray, son pays natal.\nA Montpellier, Bordes a réussi à modifier complètement les goûts non seulement des citadins mais\naussi des villageois. L'accueil chaleureux fait à la Schola à Pézenas, Mèze et autres gros villages de la région\nest une chose à noter comme un heureux symptôme. On pourrait citer par contraste, telle grande ville\nluxueuse et élégante où l'on s'écrase à rusticana et où une cantate de Bach est chantée devant des\nbanquettes.\nEn poursuivant ainsi un véritable apostolat, Bordes a oublié de se faire valoir lui-même. Il ne dédaignait\ncependant pas ses compositions, je puis l'affirmer. En veut-on une preuve ? Lorsqu'il s'absentait pour un\ntemps assez long, il déposait le manuscrit des Trois Vagues dans le coffre-fort d'une banque, à l'abri d'un\nincendie possible. C'est donc qu'il tenait beaucoup à cet ouvrage ; qu'il était satisfait de sa musique. Cela nous\nfera regretter d'autant plus que le Destin inexorable ne lui ait pas permis de l'achever."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "Dès que Bordes avait une période de liberté, quelques semaines de\nvacances, il se réfugiait dans les environs de Saint-Jean-de-Luz. Il y\nretournait si fréquemment que beaucoup de personnes le croyaient\noriginaire de cette région. En réalité, il était ne a Vouvray, près\nTours.1\nCe qui l'attira vers le pays basque, c'est l'étude qu'il avait faite dans\nsa jeunesse du chant populaire et le caractère si marqué basque,\nPour le mieux approfondir, il se fit donner en 1889, une mission\nmusicale par le Ministère de l'lnstruction publique et, deux années de\nsuite, porta ses investigations dans les villages de cette contrée qu'il\nexplorait à pied. A la parcourir de la sorte, il s'éprit du ciel de la Biscaye,\nde la lumière méridionale, des mœurs et des costumes, des chants et des\ndanses locales. Il consigna dans plusieurs travaux2 les résultats de sa\nmission et par la suite, se plut à reconstituer dans le pays même, avec,\ndes acteurs basques, les pastorales traditionnelles.\nBordes était si épris de la mélodie populaire que, même avant\nd'avoir vu les Pyrénées, il avait composé sur des thèmes trouvés dans\nun recueil, sa Suite basque pour tlûte et instruments à cordes, qui fut\nexécutée à la Société Nationale, le 21 janvier 1888. Il voyait dans letudtj\nles modes d'où ces chants sont issus, de leurs rythmes libres, le salut de li\nmusique, épuisée dans ses sources par les formes savantes et complexes\nde l'art moderne et, toute sa vie, il chercha à entraîner celle-ci vers\nrenouveau de fraîcheur salubre et de spontanéité. Sa campagne en faveur\ndu chant grégorien à l'église et de la méthode des bénédictins de Solesme\nne procède pas d'une autre cause. Il était tellement imprégné de I\nmélodie populaire que presque tous ses essais de musique instrumental\ns'inspirent des modes et des rythmes de ces chants anonymes.3 II e\ngoûtait particulièrement la liberté de la coupe.\nCompositeur, Bordes s'astreint malaisément à une constructioi\n\n1 Le 12 mai 1863, d'un père languedocien et d'une mère ardennaise. Sous le nom de Marie de Vouvn;\ncelle-ci avait publié chez Cortereau et chez Flaxland une douzaine de mélodies et chansonnettes.\n2 II consigna les résultats de sa mission dans plusieurs travaux : article sur la musique basque dans\nTradition au pays basque, 1 vol. in-B°, Paris 1899, puis dans des plaquettes éditées chez Rouart : Dix dansa\nmarches, 12 Noëls populaires, Kantika expiritualak.\n3 3 Danses béarnaises (1888), chez Lissarague ; Rapsodie basque (1890) pour orchestre et piano ; Ed\nHerzia, musique de fête basque pour divers instrument» (1892), à la Schola."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.17", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "rigoureuse ;1 il écrit moins pour réaliser des combinaisons sonores que\npour exprimer un sentiment intime. N'eût-il pas été absorbé par toutes\nles tâches auxquelles il donna sa vie, il ne serait jamais devenu un\n\" fabricant \" de musique et cependant, la fraîcheur et les qualités\nmélodiques de son inspiration auraient pu faire de lui un précieux\nfournisseur pour les éditeurs.\nTout à fait indépendant de caractère, il allait vers la forme d'art\nqui l'intéressait sur le moment ; prêchant la création d'une musique\nreligieuse moderne, il compose des motets à plusieurs voix, empreints\nde suavité ; ressuscitant les polyphonies profanes du XVIe siècle, il se\nplait à agancer un Madrigal à la musique2 sur des vers de Shakespeare,\ntraduits par M. Bouchor, qui n'est d'ailleurs nullement un pastiche, car\nl'harmonie en est essentiellement moderne et pénétrante ; après avoir\nexhumé des bibliothèques et fait exécuter à la les Concerts\nspirituels de Schiitz, les Histoires sacrées de Carissimi et de Charpentier,\nil écrit son Dialogue spirituel à 3, 4, 5, 6 et 7 voix : Domine, puer meus\njacet.\nBordes est tout à ce qui attire présentement sa curiosité ou son\nactivité ; l'œuvre achevée, le résultat artistique obtenu, il se tourne vers\nautre chose. Lorsqu'il prend la plume pour écrire un lied, c'est qu'il\na trouvé un texte correspondant à un état d'âme par lequel il a\npassé. De même que son tempérament était optimiste, sa musique\nexprime une gaieté saine, une tendresse chaste. Dans un temps où la\ncomplexité harmonique et l'indépendance de l'accompagnement furent\npoussées très loin, il donna toujours la prééminence à cantilène vocale.\nSeulement la sienne évite la formule à la mode, ne se pare pas d'une\nélégance affectée ; elle vaut surtout par l'accent et la saveur agreste.\nCette sincérité fait le mérite de ses lieder, dans la sérénité comme dans\nl'expression douloureuse où il a eu peu de rivaux.\nDans cet article d'ensemble je n'examinerai pas en détail ses\nla meilleure part de son œuvre, à mon avis ; je me borne à renvoyer les\nlecteurs à l'étude que j'en ai faite, il y a six ans, dans une autre revue.3\nJe me bornerai à signaler que l'un d'eux, alors inédit :\n\n1 La Rapsodie basque pour piano et orchestre est son œuvre la plus remarquable sous le rapport de la\ndéduction thématique et de la variété des rythmes. Dans ses pièces de piano : Caprice à cinq temps et 4 Fantaisies\nrythmiques, il a eu d'heureuses trouvailles de rythme, qui n'altèrent pas le naturel des idées.\n2 De 1895, publié chez Baudoux 5 actuellement chez Rouart-Leroile.\nLieder français : Charles Bordes ; Guide Musical des 26 avril et 3 mai 1903."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "dorment sur mon front (poésie de C. Mauclair), pièce d'un sentiment popu-\nlaire assez analogue à la Chanson perpétuelle, de Chausson, mais supérieure,\nselon moi, a paru depuis, et à rappeler les titres des plus remarquables de\nces mélodies : la première série sur des poésies de Verlaine :\ntristes (1886) et surtout la pièce :\n(1888); parmi les mélodies sur des vers d'Henri Cazalis (1889), la\ndélicieuse Sérénade mélancolique ; 1 dans le genre contemplatif où Bordes a\nexcellé grâce à son amour de la nature, Paysage vert (1893), Promenait\nmatinale (1897). Je citerai, pour leur originalité rythmique : Petites //a,\nhonnêtes gnomes,sur des vers de Moréas (1901), deux des\nFrancis gammes (1901) : la Poussière des tamis et Oh ! ce parfum d'enfance\ndans la prairie^et, pour leur expression, les deux autres :\nle bois silencieux (pour mezzo soprano), et Du Courage ? Mon âme éclate de\ndouleur (pour basse). Avec l'admirable pièce sur des vers de Verlaine:\n0 mes morts tristement nombreux ! (1903), la Ponde des prisonniers (1900)\net Dansons la Gigue !(1890), ce sont les œuvres où se révèle avec le plus\nd'intensité, les dons de pathétique du compositeur ; elles font regretter\nqu'ils n'aient pas été employés sous la forme dramatique.\nJe ne connais pas son unique ouvrage destiné au théâtre :\nvagues, entrepris en 1891, laissé inachevé et inédit; je sais seulement\nqu'il met en scène des personnages basques et traite une légende basque.\nTous ceux qui l'ont entendu au piano sont d'accord à proclamer qu'il\natteste le tempérament dramatique de son auteur. Il est à souhaiter\nqu'une main pieuse et discrète achève le travail de mise au point et\nd'instrumentation, afin que la partition puisse être enfin exécutée et\npubliée et qu'elle révèle à tous ce que l'art musical français a perdu par\nsuite de la maladie et de la fin prématurée de Bordes.\nOn prête à Berlioz mourant cette parole: \" Enfin on va donc jouer\nma musique ! \" Du vivant de Bordes, si insouciant de sa renommée de\ncompositeur, ses œuvres ne sont jamais sorties d'un cercle restreint:\nSociété Nationale, séances de la Schola. Sa mort, causée par l'excès d'une\nactivité consacrée au service de l'art musical ancien et moderne et\npurement désintéressée, car, né d'une famille riche, Bordes perdit sa\nfortune avant l'âge d'homme, vécut et mourut pauvre ! nous dicte\nnotre devoir de gratitude, celui d'honorer sa mémoire par la diffusion et\n\n1 Cette série a été éditée chez Bruneau père (actuellement Bornemann) ; ainsi que la Suite basque. Toutes\nles autres œuvres vocales de Bordes citées plus haut, sauf Dansons la Gigue ! (Hamelle), sont éditées à la Schola."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.19", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "l'exécution de ses œuvres personnelles, trop négligées par lui. Sociétés\nde concerts, artistes et amateurs, ne manqueront pas espérons-le ! à\ncette obligation de conscience.\nGEORGES SERVIÈRES.\nP. S. J'apprends de bonne source que M. Ed. Colonne se propose de faire exécuter\nprochainement la Rapsodie basque ou Divertissement pour trompette et orchestre ; peut-être même\nl'une et l'autre.\nG. S."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.8", "titre_corps": "LETTRES DE BOIELDIEU 1830-1834", "titre_sommaire": "LETTRES DE BOIELDIEU 1830-1834", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n1830-1834\n( suite)\nA Fournier. 1 \" jarcy, ce 24 juin 1833.\n\" CHER BON AMI,\n\" C'est en route que j'ai appris la maladie de ma pauvre mere, 2 puis,\nquelques jours après, le triste événement auquel je m'attendais vu son âge avancé\n\n1 Cote 286, pièce 66 (11 au crayon).\nAnne Marguerite Dumouchel est décédée à Rouen, rue Grand Pont, 19, le 8 juin 1833. Fournierest\nun des témoins au décès.\nJacques François Adrien Boyeldieu, né à Rouen, paroisse S4 Nicolas, le 18 9bre 1746, fils de Adrien\nBoyeldieu et de Barbe Rose Manoury, l'avait épousée le 10 mars 1772, paroisse Notre-Dame de la Ronde.\nElle était fille de Louis Paul Dumonchel et de Marie Anne Lemétayer (la date et le lieu de sa naissant\nne sont pas indiqués).\nDe ce mariage étaient nés le compositeur : François Adrien Boyeldieu — et un second fils : Louis Arman\nDuplessis en 1777\nEntre Jacques François Adrien Boyeldieu et Anne Marguerite Dumonchel le divorce avait été pronofit\nle 3 geiminai an II (23 mars 1794). (Témoins : deux frères de la divorcée.)\nJaC(lues ranÇ°*s Adrien Boyeldieu épouse en 2es noces à Rouen, le 15 avril 1795 Hortense Chanu\nMollien, née à Rouen, paroisse Sfc Maclou, le 28 août 1768 de Jacques Robert Mollien et de Madeleine Ro«\nCatei. (Témoin ; Charles Boyeldieu.)\nLe 13 pluviôse (2 février 1796) naissait de ce mariage une fille, Hortense."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.21", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2926, "texte": "mais on a beau se raisonner, ce sont de ces événements qui font toujours bien du\nmal... ce qui ajoute a mes regrets c'est de n'avoir pas été là pour fermer les yeux\na cette pauvre femme qui, d'après ce que vous dites dans votre lettre à Bertin, me\ndemandait près d'elle, quelqu'eut été mon empressement je n'aurais pu arriver â\ntemps mais je suis bien étonné, pour ne pas dire plus, que mon frere n'ait pas été\nà Rouen remplir en mon nom et au sien un devoir sacré... c'est un drôle d'être\nque mon frere ! enfin la pauvre femme a été bien soignée, j'en suis bien sur, et\ndès que jai appris sa maladie je m'en suis bien reposé sur vous et sur la bonne\namie, que de remercimens je vous dois ! que de reconnaissance ! soyez sur du\ndésir que jai de vous aller embrasser et remercier de tout ce que vous avez fait et\nfaites encore pour moi, car il paraît que vous avez encore des ennuis à supporter\npour tout terminer votre lettre ne dit pas au juste ce que vous auriez besoin\npour cela, avez vous besoin d'une procuration ? bien certainement il faut tâcher\nd'éviter de recommencer un terme et je vous autorise au nom de mon frere et du\nmien a faire tout ce que vous jugerez à propos de faire, dites moi courrier par\ncourrier si vous avez besoin de quelques papiers, je me suis arrêté à jarcy, étant\nvenu par Brie Comte Robert, pour me reposer un peu d'un voyage fatiguant tout\nbeau et tout intéressant qu'il a été, je vous en parlerai plus tard, mais je vais aller\ndans trois jours à Paris, j'y passerai une quinzaine de jours pour reprendre un\npeu connaissance de mes affaires qui ne sont pas brillantes, il s'en faut, mais ce\nvoyage si coûteux a beaucoup amélioré ma santé et surtout mon estomac dont je\nne souffre plus du tout, mais mon Larynx est toujours muet et jen prends mon\nparti, je ne puis plus travailler, puisque je ne puis composer sans chanter, voilà le\npis de tout, mais je vais faire des démarches pour avoir une place, à mon âge il\nest dur de penser a s'enchaîner, mais il le faut pour Adrien que sans cela je\nlaisserais sans un sou si je venais a mourir, je n'ai plus que la propriété de jarcy\nsur laquelle il est du 15000 fr. Adrien n'aura pas autre chose, tâchons de le lui\nconserver, et pour cela le theatre n'allant plus, les pensions n'étant plus payées, il\nfaut tâcher d'avoir une place, je vais y penser serieusement. \"\nB. parle à F. de leurs santés il réclame les robes de chambre russes... Il\nremercie F. d'avoir acheté un terrain pour sa mère.\nI. a. s. 1 p.in-4 (Charavay). 3 juillet 1833.\nIl demande à être reçu par M. Thiers, alors ministre du commerce.\nAu Ministre. 18 33 •\nMONSIEUR LE MINISTRE, 1\nIl se voit obligé de recourir à la bienveillance du gouvernement... mais il\nrépugnerait à son caractère de recevoir à titre de générosité des bienfaits de l'Etat\n\nPougin (p. 302).\nSur les pensions ou traitements que Boieldieu réussit à obtenir voici les pièces officielles :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "qui ne l'obligeraient qu'à de la reconnaissance... Il veut être utile... il demande à\nêtre attaché en qualité de conservateur au dépôt de musique de la Bibliothèque\ndu Roi.\nL. a. s. Boieldieu toujours muet et jorcé de renoncer pour 14 juillet 1833.\nJamais à la à M. Naudet,\nIî• Kr' in~4* Belle pièce.\nSur l'insuccès de son protégé.\nA Charles Maurice. 1 3 a°ût.\nActuellement il est absorbé par le triste métier de solliciteur... Il ira lui dire\nce qu'il aura obtenu... \"j'ai fait le tour de l'ltalie tout en cherchant ma voix et\nmême en y cherchant celle des chanteurs actuels ; tout cela n'a réussi qu'à\ncompléter ma ruine...\n\" Musique à part, car il n'y a plus rien, qu'elle est belle, cette Italie !..\"\nà Four nier.2 Paris, ce 31 août 1833.\nCHER BON AMI,\nj'esperais toujours pouvoir aller voir ce cher Ernest avec Adrien qui s'en\nserait fait une fête, mais mon metier de solliciteur, mes courses de jarcy a paris et\nde Paris a jarcy, et mon institut où notre section a eu beaucoup de choses a faire,\ntout cela m'en empêche... qu'Ernest vienne passer 15 jours avec eux à Jarcy.\n\"la vie que nous menons a jarcy n'est pas bien bruyante ni bien variée, mais\nnous avons le piano, la peinture, le billard chez notre voisine, un peu de chasse\navec cela Sous le rapport musical Ernest pourrait s'en bien trouver, je verrais\nce qu'il a composé, je le lui corrigerais s'il y a lieu \"\nRien de nouveau à vous dire pour mes affaires, j'ai toujours promesse de\nM. Guizot pour une place de conservateur du dépôt de musique et une des\nbibliothèques Royales; mais je n'entends encore parler de Rien, j'attends. Quanta\nla santé elle est toujours passable, cependant les maux d'estomac dont je n'avais\npas entendu parler depuis 15 mois, veulent me tourmenter un peu. un régime\nsévere les dissipera...\"\nII s'informe de tous demande où en sont les comptes.\n\nCote 203-4, P- 7°- *6 juiHet !8 33- Ministère du commerce. Augmentation d'indemnité annuelle de\n1500 à 2000 fr. à compter du ier juillet.\n\" \" p. 71. 17 mars 1834. Ministère du commerce. —Augmentation d'indemnité annuelle de\n2000 à 3000 fr. à compter du ier février.\nD'autre part le 13 février 1834, Boieldieu fut nommé professeur de composition au Conservatoire (3000 fr.)\nLa nomination fut signée le 27 janvier, à compter du ier janvier.\n1 Pougin (p. 299).\n2 Cote 286, pièce 12."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.23", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "\" Pau, ce 12 juillet 1834.1\n\" CHER BON ADRIEN,\n\" Nous sommes arrivés hier soir à Pau par un temps superbe mais par une\nchaleur horrible. Nous avons été reçues par le bon Manescau comme bien tu\npenses ; mais tout ce monde réveille mon chagrin d'être séparé de toi en me\ntémoignant le regret qu'ils ont de ne te pas voir, je tâche de faire cesser ces regrets\nen leur disant que tu viendras me retrouver, et tout bas je me dis : viendra-t-il ?\nmais parlons de Bordeaux qui est vraiment une très belle ville, et des pierlot qui\nont été bien aimables pour nous. J'étais au moment de louer une chaise de poste,\npour deux mois, afin d'éviter en allant en poste de repasser une nuit sur de\nmauvais chemins quand ce bon Pierlot est arrivé, m'offrant sa caleche de voyage,\ncelle que nous avons eue si souvent devant nous en Italie, nous avons donc été\nbien commodément, et nous avons trouvé les coffres bien garnis de bon vin de\nBordeaux, de plus j'en ai un caisse qui m'attend aux eaux bonnes; si le Docteur\nBuron m'en envoie de son côte comme il me l'a promis, il va falloir que je me\nmette marchand de vin ; d'autant plus que, décidément puisque les maux\nd'estomac sans être très forts continuent à me faire souffrir, j'ai commencé d'au-\njourd'hui à ne prendre rien autre chose que du lait. Si je m'en trouve bien je te\npromets de continuer jusqu'à cessation totale du mal d'estomac, je compte dailleurs\nbeaucoup sur les eaux bonnes où nous serons le 15 au soir, du reste je ne vais\npas mal, et comme mes digestions se font toujours malgré mes souffrances, je\npersiste à penser que mon mal est rhumatismal, ainsi donc ne nous en inquiettons pas\n\" Nous avons logé a Bordeaux chez Mme fourés, et quoique nous n'ayons vu\npersonne on asu mon arrivée. Chollet, Moreau Sainti, Melle Prévost sont accourus\net la veille de notre départ on m'a donné une sérénade soignée. J'ai été très\ncontent : aussi me suis-je levé a minuit, et j'ai été remercier Chollet qui a chanté\nl'air de Beniowsky. Melle Prévost et Moreau qui ont chanté le duo de la\nvillage, on a fini par le chœur de Beniowsky. il y avait plus de 600 personnes sur\nla place Dauphine sous nos fenêtres, tout cela s'est bien passé mais je ne voudrais\npas être souvent à pareille fête.\n\" Nous sommes bien heureux d'avoir un appartement retenu aux eaux-\nbonnes car tout est rempli, et bien des malades sont là a Pau a attendre qu'il y\nait place.\n\"Nous ne savons pas encore si Mme Aigoin viendra j'attends une lettre d'elle,\ndans tous les cas, si tu viens, tu ne coucheras pas dehors. Oh ! comme cela me\nferait plaisir de te voir arriver, mais ne décide rien encore et fais ce qui te con-\nviendra le mieux pour toi sans penser à moi. Si tu viens par la malle-poste tu seras\ncontent de cette manière de voyager, toi qui aimes à aller vite, à Bordeaux tu\niras tout de suite chez Mme foures place dauphine n° 40, tu auras une chambre bien\ncommode c est convenu^cela vaudra mieux que d'être a l'auberge où tu serais\nmangé de punaises et de puces même dans les irs hôtels. De là tu arriverais par la\n\n1 Cote 201, pièce 10."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3002, "texte": "diligence de Pau, ou il faudra encore passer une nuit, mais il faudra prendre le\ncabriolet.\ntu découperas avec des ciseaux le petit mot pour Adele et tu le lui enverras\naccompagne d'un petit mot de toi. (En marge de la 2e page).\nA Adrien. 1 \" des eaux bonnes ce 27 juillet.\nje recois ta lettre à l'instant et j'y réponds courrier par courrier\npour te bien consoler de ce que tu as manqué ta fugue 2 ou du moins ta\nréponse : celà est arrivé aux plus malins, et je ne suis fâché que contre\nCherubini qui se plait à tourmenter les éleves en leur donnant des sujets\ndifficiles. D'après ce que tu me dis, tu n'as donc pas concouru ? tu n'as\ndonc pas achevé ta fugue ? jaime bien mieux celà. dis moi au juste ce qui\nen est, car jai beau relire ta lettre elle me laisse dans l'indécision, dis moi\naussi ce qu'a dit halevy. je voudrais que l'on eut dit au jury que n'étant\npas acoutumé a travailler vite tu avais été forcé de renoncer à finir ta\nfugue ayant été pris par une fatigue réelle qui t'a empêche de finir, celà\nn'a rien qui puisse blesser l'amour propre, et je serai content d'apprendre\nque tu n'as pas donné cette fugue et qu'enfin tu t'es retiré du concours\npour cause de fatigue et de santé ce qui peut arriver a tout le monde,\nil faudra te venger de cela au lerIer examen et après nous enverrons promener\nla fugue et le contrepoint pour nous livrer entièrement à la composition\ndramatique, consoles toi et ne te fais pas une affaire de celà.\nje te dirai que depuis six jours j'étais dans une véritable inquiétude\nen ne recevant aucune lettre, ni de toi ni de personne, chaque fois que le\nfacteur venait sans lettre j'étais bien chagrin, je t'en prie ne sois pas si\nlongtemps sans m'ecrire je ne te demande que cinq a six lignes.\nNous avons depuis notre arrivée, deux jours exceptés, un temps\naffreux, une pluie continuelle et un froid qui paralise l'effet des eaux, aussi\nelles ne me font ni bien ni mal, seulement jai plus de force, plus d'activité\nphysique ; mais jai toujours mes douleurs d'estomac, jai des crises très\nlongues et très douloureuses, elles me réveillent la nuit, mais une fois pas-\nsées je suis bien, et ma santé ni mes digestions n'en sont point troublées,\ncependant comme c'est l'effet de la digestion qui reveille ces douleurs qui\nsont plutôt a l'exterieur qu'a l'intérieur, je commence dès aujourd'hui a\nobserver une diète rigoureuse, et si celà continue, je ne prendrai que du lait\ncar c est ennuyeux de souffrir tous les jours à la même heure, du reste, je\nte le répété, je vais bien, je digere bien, et jai bon sommeil sauf le moment\ndes fortes douleurs, et toi comment vas tu ? as tu continué de nager ?\nt'es tu baigné a Villeneuve ? dis moi celà.\nma femme doit écrire demain [en envoyant (barré)~\\ une lettre pour la\nI Russie elle se porte a merveille.\n\n1 Cote 201, pièce 17.\nSans doute retrouverait-on au Conservatoire des détails intéressants sur ce concours, comme sur les\ndébuts de la carrière musicale d'Adrien. Mais je n'ai pu faire ces recherches."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.25", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "nous voyons souvent Montesquiou. M. le Vicomte de Larochefoucault\nque jai retrouvé avec bien du plaisir, car celui là a toujours été bon pour moi,\nnous voyons aussi Mme de Boisgelin, M6l1® de Mont blanc et quelques autres,\nmais tout cela sans gène et sans fatigue —. japprouve toutes tes raisons pour ne\npas venir quoi que cela me fasse de la peine mais dans le fait nous n'aurions que\n15 jours à passer aux Pyrénées, nous devons être du 25 au 28 à Bordeaux\nnous avons promis a Pierlot d'aller a ses vendanges et nous tiendrons parole a\nmoins de contre temps imprévus peut être aussi dans dix ou douze jours, si mes\nmaux d estomac ne sont pas calmes, irai-je prendre des bains a St Sauveur, ils sont\nefficaces pour ce genre de douleurs, reste donc à Paris mon bon Adrien, mais\ntache de t'amuser, je supporterai mieux ton absence si tu n'es pas dans l'ennui,\nallons il faut encore faire ce sacrifice â la raison, d'un autre côte je n'en serai que\nplus vite près de toi, et je te jure que je 1 ne m'amuserai pas en route quand il\ns'agira de t'aller embrasser, t'embrasser ! oh que cela me paraîtra bon ! prends\nLa fin de cette lettre a été collee sur un tableau sous verre qui se trouve au Miusée de la Prévôtière\nà Boisguiliaume Samson-Boieldieu). Sur ce tableau se trouvent aussi collés : des cheveux, un dessin\net 2 autographes de musique de Boieldieu ; un autographe de musique de son fils avec cette mention de\nBoieldieu : ier air composé et écrit par Adrien. 20 fr. de récompense ce 16 mars. On lit en dessous (de la main\nde Penfant sans doute) : t'ét un farceur.\nier air composé et écrit par\nAdrien.\n20 fr. de recompense ce 16 mars (écriture de Boieldieu)\nt'ét un farceur (de la main d'Adrien sans doute)\nA rapprocher cet intéressant document qui m'a été communiqué par Mr Ecorcheville.\nWashington. D. C. le 29 juillet 1908.\nMON CHER COLLÈGUE,\nUne curiosité musicale. Dans notre exemplaire de la partition d'orchestre des Voitures Versées du Boieldieu\n(cadet) Adrien, que le père de l'auteur avait dédiée à Madame le Mourier (?) je trouve de sa main:\nChant composé par Adrien à V âge de 4 ans et 6 mois\nJe n'ai rien changé à ce chant'et jusqu'à la note d'expression tout est d'Adrien.\nCharmante, n'est-ce pas, cette» affection d'un père illustre? En tout cas, le chant du bébé Adrien 1 est\nmieux que mon français, par exemple.\nCroyez bien je vous prie, à l'assurance~de mes meilleurs sentiments.\nO. G. SONNECK.\n* Evidemment non.\nLa rectification d'ailleurs m'a été transmise par lettre de M. Ecorcheville du 22 octobre 1908."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "prends les 20 fr. qui sont dans mon secrétaire et fais toi donner par ce qui\nte manquerait pour quoique ce fut. enfin si il n'y avait pas d'argent, vas de m\npart chez Mr Michel et prie le de te donner sur ton reçu ce dont tu aurais\nbesoin —tu lui montrerais pour la régularité le passage de cette lettre que tu\ngarderas a cet effet.je veux que tu ne manques de rien, mon bon Adrien, je\nconnais ta sagesse, ta délicatesse, tu auras toujours ce que tu me demanderas\nquandj aurai.\nje regrette que tu ne fasse pas connaissance avec les filles du bon Manescau.\nelles sont vraiment charmantes maintenant ; et la jeune qui a 15 ans pourrait bien\ndans trois ou quatre ans,... mais ne pensons pas au mariage, c est avec le theatre\ncest avec la gloire qu'il faut que tu te maries... aussi je voulais te faire voir la\njeune Manescau pour en reparler plus tard après ton premier opéra.\nje me dépêche car le facteur va venir, et j'aurais encore bien des choses a\nte dire, mais ce sera pour une autre fois, aujourd'hui je me borne a t'embrasser\naussi tendrement qu'on puisse le faire de si loin.\nj'ai pu te quitter, j'ai pu mettre 220 lieues entre nous ! il m'a fallu du\ncourage pour celà, mais une fois de retour nous ne nous quitterons plus\nnest-ce pas !\nadieu, adieu, ma femme et moi nous t'embrassons comme nous t'aimons,\ncest assez dire comme cela\nton tendre pere BOIELDIEU.\nnous embrassons hortense.\nnous embrassons Cacam et Bertin.\nil faut demander a léon si Cacam s'écrit par un C ou par un K.\n\" pour Adrien. 1 suite de ma lettre d'hier ce 28.\nje ne cesse de penser à ce concours et peut être à tort, je suis colere\ncontre cherubini. il devrait penser que, vu le peu de temps qu'ont les\néleves, il ne faut pas que ce temps soit employé à chercher une réponse\ndifficile à trouver, envoie moi ce sujet de fugue et ta réponse, donne moi\nsi tu l'as la réponse qui a été approuvée, je désirerais bien aussi savoir\nqui a eu les prix et de quelle classe ils sont. Ernest a-t-il concouru!\ncomment a-t-il été ? Berton t'aime beaucoup tu devrais l'aller voir et lui\ndire tout franchement ce qui t'est arrivé—J'enrage et je maudits les\ncontrepointistes en pensant qu'une fugue superbe d'effet, de marche des\nparties est un morceau manqué parce que la réponse sera manquée à une\nnote près, car si la réponse par exemple ne se terminait pas dans le ton\nvoulu, il y aurait alors vice pour toute la fugue, mais ne parlons plus de\ncelà. je suis tout consolé si tu l'es reponds moi a tout ce que je te\ndemande en m'envoyant le sujet.\nle mauvais temps continue, le tonnerre, les éclairs, la pluie par\n\n1 Cote 201, pièce 16."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.27", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "torrens, le brouillard, voilà le temps que nous avons jour et nuit, il\ninflue sur la santé cependant je vais assez bien et n'ai presque pas eu mal\na l'estomac hier grâce au régime : je le continue aujourd'hui.\nparle nous donc de notre appartement ? où en sont les ouvriers ?\nConstant a-t-il envoyé des figues ? etaient-elles bonnes ? Sais-tu où en est\nma récolte de blé, d'avoine &....\nCacam doit savoir tout celà. Si elle n'en sait rien, tu m'obligerais en\nécrivant a Constant pour qu'il t'envoie une note détaillée, et dans une\nde tes lettres tu m'écriras ce qui en est, car il ne faut pas m'envoyer la\nlettre de Constant, je veux savoir si j'ai de nouveaux paniers de mouches,\ncomment va mon cheval, enfin tout ce qui naturellement doit m'intéresser.\nOn dit la cascade superbe, tous les gaves, les torrens font un bruit\népouvantable, ce serait beau a voir mais on ne peut sortir, ce ne serait pas\nprudent, nous restons donc chez nous et quand nous n'avons pas des\nvisiteurs je te jure que nous ne nous ennuyons jamais, ma bonne femme\nest toujours gaie, nous jouons a l'lmpériale, nous lisons les journeaux et\ntous deux nous veillons à notre pot au feu la seule chose en cuisine que\nl'on fasse chez nous car Cazéra nous sert très bien pour le reste. Manescau\nnous envoie de bons fruits de bonnes petites volailles, ma femme trouve\ntout celà fort bon, car pour moi je ne prends maintenant que de la soupe\net du laitage.\nenvoie-t-on des prunes de Jarcy ? sont-elles bonnes ? il faut dire\na Constant qu'il s'arrange de manière a ce que nous ne manquions pas de\nlégumes au mois de septembre, ou sans celà je gronderai.\ntache de te rappeler toutes les choses auxquelles tu dois me\nrépondre, pour que cela te soit plus facile je marque d'une étoile * tout\nce qui exige réponse.\nJe te recommande bien de déchiffrer beaucoup au piano, rejoues tes\netudes de Cramer, elles t'exerceront les doigts et te mettront de bonne\nharmonie dans la tête, étudié bien dans les partitions, l'instrumentation,\nles coda des morceaux, dans tout celà il y a du et ce metier ne\ns'apprend qu'en entendant, et surtout en lisant ce qu'on a entendu quand\nl'effet vous est resté dans la tête —j'approuve que tu te mettes à\ninstrumenter ta cantate, fais le nettement pour que je puisse y voir clair,\nne charge pas trop les accompagnemens. ménage les instrumens à vent si\ntu veux qu'ils produisent de l'effet.\nAdieu cher ange je t'embrasse mille et mille fois.\nle plus tendre des papas\nBOIELDIEU.\n1 ce 6 août a midi.\nJ'ai été interrompu hier dans ma lettre qui n'a pu partir ce matin et je\nenvoie tout de suite a Adele son petit\nmot c est pressé.\n\n1 Cote 201, pièce 15."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.28", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "n'en suis pas fâché, car je recois ta lettre du 2 avec ton sujet de fugue ; ma\nfemme reçoit celle de sa mere et dans tout celà il y a a répondre.\ntu ne me satisfais qu'a moitié dans tes réponses aux choses que je te\ndemande, il faut vraiment que tu y fasses attention, par exemple je te demande\nsi le lendemain du concours, comme c'était ton devoir, tu es allé chez halevy...\npas de réponse à celà et je vois par l'incertitude où tu es encore sur la véritable\nréponse du sujet de fugue (ce que tu aurais su par lui) que tu ne l'as pas vu.\ntu devrais sentir que t'être retiré du concours n'est pas seulement une chose\nfâcheuse pour toi, mais elle est desagréable pour ton professeur que tu as privé\nd'un succès pour lui.succès qui importe à son amour propre... et qui est la\nrécompense de ses soins, tu aurais du aussi aller voir Cherubini ; lui expliquer\nton affaire avec franchise, enfin je suis étonné que dès le lendemain tu naise\npas fait quelque démarche pour savoir quelle était cette réponse exacte, quoique\ncependant avec un peu de réflexion tu as du voir que c'est celle que tu\nm'envoies mais non celle que tu as ajoutée au bas par renvoi.\nVoici comment je raisonne\nla fugue est en re mineur, mais dès la 2° mesure il module en la mineur,\ndonc cette partie de la réponse jusqu'à l'avant dernière note doit etre en\nre mineur et\ndoit être repondu par la si ut | re.\nensuite le sujet, dans les deux dernières notes, revient en ré, et a pour\nréponse re ut. il y avait je crois un autre moyen d'etre sur de la réponse,\nc'était de chercher tout de suite la stretta. tu aurais vu qu'en mettant la réponse\nsans y rien changer à la 2e mesure du sujet il faut que cette réponse soit celle\nque les réglés d'ailleurs indiquent.\nexemple de la stretta laquelle à bien été calculée par le malin cherubini.\ntu vois qu'en mettant comme tu semblés le croire possible,\nque cette mesure ne pourrait aller dans la stretta contre\nmaintenant un mot sur ton 2e contre sujet qui me semble positif, je ne te\npermettrais pas dans le genre libre\ncontre"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.29", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "ces deux 2es de suite sont d'un mauvais effet n'importe dans quel genre de\nmusique, j'aurais mis\npour la réponse à ce contre sujet dans la ire partie n'est elle pas conforme au\ncontre sujet, est il permis de ne pas répondre juste aux contre sujets ? je ne le\ncrois pas.\ntu me ferais bien plaisir si tu montrais ce petit article de ma lettre à halevy, ou\nen son absence a quelqu'un de fort pour que je sache si je raisonne juste, car\nj'aime a m'instruire et il ne faut jamais négliger l'occasion d'apprendre n'im-\nporte a quel âge.\navais-je raison quand je te disais de t'exercer à trouver des réponses difficiles,\nje me méfiais de ce diable de cherubini et tu vois que j'avais raison.\nje trouve même qu'halevy ne t'a pas fait assez travailler des\n1 S* Sauveur, le 20 2\nCHER BON ADRIEN enfin je vais quitter ces maudites Pyrénées qui m'ont\nété si nuisibles cette année ! 3 [je croyais que les bains de S4* Sauveur avaient calmé\nmon agitation, mais au 3™® bain je me suis aperçu qu'elle ne faisait qu'augmenter,\net le médecin du lieu m'a conseille lui même de ne pas continuer, et je fais ce que\nje peux pour aller coucher demain à Lourdes avec des chevaux de paysan, car\npour avoir des chevaux de poste il faut prévenir 8 jours (ou 3) d'avance, une fois\nà Lourdes nous tâcherons de nous en tirer et ferons notre possible pour coucher\nle 22 à Pau. vu mon état de faiblesse je serai peut être forcé d'y rester une couple\nde jours, mais nous écrirons de là et nous vous dirons le jour de notre départ\npour Bordeaux.] il me tarde bien d'y arriver, d'abord parce que je serai moins\nloin de toi, et ensuite parce que j'y trouverai de bonnes petites choses à manger\nqui réveilleront, je l'espère, cet appétit qui, pour le moment, est tout à fait éteint.\nH n'y a que le chocolat qui me passe, aussi c'est presque ma nourriture. Le\nbouillon de poulet même me passe mal. Mais ce qui m'affaiblit, ce sont ces\nmaudites transpirations. Je suis juste dans l'état où j'étais après ma sciatique.\nA propos de sciatique, tu sauras qu'un gros monsieur de Bordeaux a eu l'année\ndernière une sciatique bien conditionnée. Il est venu à S 4 Sauveur où les bains\nl'ont guéri, après quarante jours de souffrance. Par reconnaissance, il y est revenu\n\nI Cote 201, pièce 8.\n8 et non le 30,\n3 Pougin (p. 312) ne cite pas ce qui suit jusqu'à : \" il me tarde bien d'y arriver...\nII n'y a d'ailleurs nullement à blâmer M. Pougin d'avoir fait des coupures dans ces lettres. Mais comme\nJe cite intégralement ces dernières lettres à Adrien, il m'a paru préférable de rétablir le texte en entier."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "cette année, ne souffrant plus du tout ; il s'est baigné, et par reconnaissance les\nbains de Saint-Sauveur lui ont rendu sa sciatique.\ntu sens quel bond j'ai fait quand le médecin d'ici m'a raconté cela, et à\nl'instant je lui ai déclaré que je renonçais à ses bains, à ses montagnes, et à tout ce\nqui est Pyrénées. 1\n[donne de mes nouvelles à Adele et donne moi des siennes mais adresse\nmaintenant tes lettres chez Mme fourés, place dauphine n° 40, a Bordeaux.\nje suis bien curieux de voir le tableau de Livie celui de Richard et l'intérieur\nd'une cour de ferme avec de jolis fonds bien vaporeux et un joli ciel nuageux\nles figures ne sont pas fameuses mais cest un tableau agréable.]\nje te quitte, cher bon petit ami, car je suis fatigué, et ma main tremblante\ncomme tu vois, est bien incommode pour écrire. Je t'embrasse de cœur et d'âme,\nje suis bien patraque, mais la tête et le cœur vont toujours.\nMille baisers tendres.\nBOIELDIEU. 2\n3 [mille choses à Kakam et Bertin a hortenses.]\n4 s. d. 20 août.\nCe pauvre Boiel a eû bien de la peine a écrire mais cela lui a fait un peu de\nbien, il est mieux depuis une heure et nous venons d'arrêter nos chevaux pour\npartir demain 21. ainsi donc je reprends courage et j'espere que nous nous\nreverrons bientôt, sitôt arrivés a Pau je vous donnerai des nouvelles de notre cher\nmalade, a revoir mes bons amis je vous embrasse tous trois de cœur et d'âme.\nJ. BOIELDIEU.\nA sa fille. 15 septembre 1834.5\nL'état de santé de Boieldieu, pendant son séjour dans le midi, avait été\nl'objet d'articles à sensation, qui provoquaient l'inquiétude de ses connaissances,l\nL'écho en était venu jusqu'à lui. Le 15 septembre, lors de son passage en chaise,\nde poste à Angoulême, il s'en plaignait amèrement.\n\" Cette envie qu'ont toujours les journalistes de faire de l'effet, par un\névénement heureux ou malheureux, me déplaît souverainement, tant je suis\npersuadé que, de tous ces gens qui font les empressés, je n'en trouverais pas un\npour me rendre le moindre service.\n\" Espérons que je vais me porter assez bien pour qu'on me laisse tranquille!\n\n1 Ce qui suit jusqu'à \" je te quitte... \" manque dans Pougin.\n2 (Note d'Adrien) Cette lettre est la dernière que mon bon et tendre père m'adressait avant de revenici\nJarcy pour y mourir, et la dernière que sa main a tracée.\n3 Supprimé.\n4De Mme Boieldieu. Cote 201, pièce 12."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.31", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "Hélas ! il n'en était pas là !\n\" J'ai toujours, disait-il, une grande faiblesse. Il me faut deux hommes pour\nme monter à un premier étage. Ce n'est point à Paris que je me fais descendre,\nmais à Jarcy, ce qui m'évitera trois postes et l'ennui des visiteurs. Nous comptons\nêtre rendus le 21 ou le 22 septembre.\nDans son humeur morose, triste effet de ses souffrances, il ne se plaignait\npas seulement des visiteurs et des journalistes, mais aussi, de son médecin. 11 s'en\nprenait à lui de l'aggravation de ses maux.\n\" Ce sont cependant ces infernales Eaux-Bonnes qui m'ont rendu si malade !\nJe ne voulais pas y venir. L'état de mes affaires ne me permettait pas ce voyage\nsi coûteux qui complète ma ruine. M. Chomel a été inflexible. Il m'a fait bien du\nmal sans le vouloir !\nAsa fille. 26 septembre 1834. 1\nA peine rentré chez lui, Boieldieu écrivait à sa fille le 26 septembre :\n\" Après neuf jours de voyage qui, bien qu'à petites journées, m'ont horrible-\nment fatigué, je suis arrivé à Jarcy, où j'ai éprouvé le bonheur d'être enfin rendu\nà destination. Chomel est accouru de suite, et malgré ma maigreur et ma grande\nfaiblesse, qui sont la continuation du mauvais effet de ces maudites eaux, il a été\ncontent de mon état, et n'a rien trouvé qui puisse donner la moindre inquiétude.\" 2\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nErratum. Le brouillon de lettre fait à Venise (p. 916) a dû être écrit entre\nentre le 16 mai et le lERIER juin. Boieldieu en quittant Florence s'est arrêté à Venise\navant d'arriver à Milan. A cause de son intérêt particulier je l'avait placé en tête\ndes lettres écrites en Italie sans faire assez d'attention à l'itinéraire indique par\nBoieldieu lui-même.\nP. L. ROBERT.\n\n1 L. Aigoin : Boieldieu à la fin de sa vie, p. 13 et 14.\n2 Cote 153 pièce 11.\nUn correspondant (dont la signature est assez difficile à déchiffrer) réclame de Boieldieu comme pendant\nau manuscrit de la Pucelle d'Orléans de Voltaire une écriture de musique de celui qui occupe dans cette partie\nle premier rang parmi ses collègues afin qu'il puisse montrer deux manuscrits l'un du premier de nos\npoètes et l'autre du premier de nos compositeurs en musique.\nIl lui transmet les prescriptions de M. Chomel :\ni° vous faire porter au soleil, sur un brancard, dans le jardin, pour y rester le plus longtemps possible.\n20 rester à la campagne, autant que la saison le permettra.\n3° pratiquer des frictions sèches, ou à l'aide d'une flanelle imprégnée de vapeur de benjoin.\n4° suivre un régime alimentaire subordonné au gout et à l'appétit.\n5° quoiqu'il y ait peu de sommeil il faut rejeter les opiacés ; ils auraient l'inconvénient de rappeler les trans-\npirations ; mais vous pourriez prendre un peu d'eau de laitue, et quelques émulsions, sucrées.\n\" prendre des lavemens selon le besoin qu vous en éprouverez.\n7 se distraire sans trop parler\n8° continuer l'usage de la bière et des boissons et alimens qui paraissent le mieux réussir.\n9° faire usage de bouillon coupé avec un peu de lait d'anesse, s'il réussit."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 32, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.9", "titre_corps": "LES ORIGINES DE L'ORGUE", "titre_sommaire": "LES ORIGINES DE L'ORGUE", "signature_source": "Charles Mutin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "LES ORIGINES DE\nL'ORGUE\nETUDE HISTORIQUE.\n\ni\nIl y a loin de la Syrinx du\ndieu Pan à l'instrument colossal\nque nous possédons aujourd'hui,\nSi l'orgue moderne n'est pas a\nproprement parler une inven-\ntion, il est cependant le produit'\nde vingt-deux siècles de décou- '\nvertes de haute valeur et de\nperfectionnements sans nombre !\nUne charmante légende\nnous permet de supposer que!\nc'est au fils d'Hermès et de\nla nymphe Dryope que nous sommes redevables de l'idée du premier\norgue conçu par les Grecs.\nLe Musée National de Naples contient des sculptures anciennes\nreprésentant Pan apprenant le jeu de la Syrinx à Appollon. La légende\nexplique le nom donné à cet instrument :\nSyrinx, Nymphe d'Arcadie, fille de Ladon, Dieu des Eaux, était\naimée de Pan, mais ne partageait pas sa passion. Pour se soustraire àse\nimportunités, elle s'échappa et s'en fut implorer la protection de ses sœurs,\nlesquelles la transformèrent subitement en roseau. Pan, tout à son amour,\nse rendit possesseur du roseau et le coupant en sept (d'après d'autres, e"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.32", "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "1 Une étude plus complète demanderait un développement et des détails qui ne peuvent prendre\ndans un bulletin. L'auteur veut simplement fixer les points principaux des origines de l'orgue.\n2 Audsley."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.33", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "neuf) morceaux, il les attacha ensemble en longueurs graduées, pour\nformer l'instrument de musique auquel il donna le nom de celle qu'il\naimait.\nLe premier orgue dont il est fait mention, et qui semble être\nl'ancêtre direct de l'orgue actuel, fut construit par Ctésibios, mécanicien\net barbier grec, qui vivait à Alexandrie du temps de Ptolémée VII\nEvergète (170-118 avant notre ère). Aucun des ouvrages de cet inven-\nteur 1 célébré ne nous est parvenu, mais nous savons exactement, par le\ntraité laissé par Héron d'Alexandrie, son disciple,2 comment fonctionnait\ncet instrument.\nQuoique nous ayons la certitude que la musette et les soufflets étaient\nconnus et en usage constant dans le Ve siècle avant J. C., l'orgue hydrau-\nlique ne fut inventé que trois siècles après.\nC'est à partir de cette époque que l'orgue prend sa forme réelle ;\nc'est à Ctésibios que remonte l'histoire et le développement du plus grand\net du plus compliqué des instruments. L'orgue hydraulique décrit par\nHéron est certainement le premier specimen qui en ait été construit.\nLe nom d'hydraulea souvent égaré les historiens ; les uns en\ndonnaient des explications inimaginables qui ne reposaient sur aucun\nfondement scientifique : l'eau servant, par exemple, étant chauffée jusqu'à\nebullition, de manière à faire, par sa vapeur, résonner les tuyaux ;3 alors\nque l'eau remplissait tout simplement les fonctions de poids posés sur les\nréservoirs d'air de nos orgues modernes et destinés, par leur pression, à\nrefouler cet air dans les tuyaux pour les faire résonner.\nHéron donne une description assez compréhensible pour un méca-\nnicien et le texte grec 4 est accompagné de figures qui ne laissent aucun\ndoute sur le fonctionnement des différents appareils de l'orgue primitif.\nCependant, il ne faut pas aller trop loin dans l'interprétation de ce traité.\n\n1 En outre de l'orgue hydraulique, Ctésibios aurait inventé des quantités de machines avec l'application\nde 1 eau, entre autres la pompe aspirante et refoulante et la clepsydre à rouages.\n2 Peut-être son fils, d'après Bouillet.\n® Malmesbury, en parlant de l'orgue d'une Eglise d'Angleterre, est tellement précis dans ses affirmations\nau sujet de l'eau bouillante employée pour faire parler les tuyaux qu'il est impossible de ne pas s'imaginer\norgue hydraulique de cette époque comme un véritable instrument à vapeur. D'autres pensent qu'au moyen\nla vapeur on pouvait obtenir des sons beaucoup plus beaux que par l'air sec, en se basant sur ce fait qu'on\nn arrivera jamais à faire parler, sur un sommier, avec un soufflet ordinaire, une Clarinette, un Basson ou une\nute comme on les fait parler à la bouche. Cette remarque est judicieuse, sans doute, mais il y a loin, de l'air\nes Pourçions, à l'usage de la vapeur en pression suffisante, pour faire parler des tuyaux. Enfin avec la vapeur,\nque devient l'hypothèse des tuyaux en roseau !\n4 Edition nouvelle, Teubner 1899."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.34", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "Certains voient des touches, alors que celles-ci ne furent guère en usage\navant le IXe siècle de notre ère ; d'autres pensent que Ctésibios est l'inven-\nteur du registre pour diviser les sériés de tuyaux, alois que 1e mécanisme,\ntrès ingénieux du reste, décrit par Héron, ne servait qu'à séparer les huit\nnotes dont l'instrument était composé, en permettant à l'exécutant de les\nfaire entendre l'une après l'autre, ou par accord, avec une force progres-\nsive, suivant qu'on enfonçait plus ou moins ce que 1 auteur appelle le\npoma qui servait de touche. Il est a remarquer que cette unique combi-\nnaison devait compromettre singulièrement l'accord des tuyaux.\nCes tuyaux étaient en bronze ; d'autres disent en roseau, mais ce\ndire ne repose sur aucun fondement sérieux. Au contraire, on a tout lieu\nde croire que le bronze seul fut employé dans la constiuction des tuyaux\ndes premiers instruments. L'orgue trouvé à Pompéi le 2 Décembre 1876,\net qui est conservé au Musée de Naples (Fig. I) a non seulement en\nbronze ses neuf tuyaux, mais encore toutes les parties décoratives qui\nl'entourent. Le plus long de ces tuyaux mesure 0,24 de longueur et cor-\nrespond, comme notation, au F# ou au G (iere Octave) du Piccolo actuel.\nDe l'œuvre de Ctésibios, de l'orgue lui-même, nulle trace, mais il\nest certain que son exemple fut bientôt suivi ou que lui-même en con-\nstruisit de plus perfectionnés, que celui décrit par Héron, puisque Marcus\nVitruvius Pollio x, qui vivait dans le premier siècle avant J. C., donne\nsur l'orgue hydraulique, dans son ouvrage de l'Architecture (Chap. XIII\ndu ioeL.), une description beaucoup plus détaillée que celle du premier\nhistorien.\nIl dit : \" Sur un châssis en bois auquel est appliqué au centre une\nboîte à eau en bois durci, et (hormis un couvercle mobile) ouverte à son\nextrémité, se trouvent de chaque côté des pompes à air en forme de\ntonneaux, munies chacune d'un cylindre plongeur en bois, dans lequel\nest pratiquée une petite soupape de trois pouces de diamètre environ,\npour laisser pénétrer l'air quand le cylindre descend. Ce cylindre est tenu\nen position par un disque de métal en forme de cymbale et rendu sensible\npar un contrepoids attaché par une chaîne figurant très souvent un\ndauphin.\nDans la boîte où se trouve l'eau, il y a une espèce d'entonnoir ren-\nversé, surélevé par deux petits supports, de trois pouces de hauteur à peu\n\n1 Vitruve : né à Formies, vers l'an 88 avant J.-C."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.36", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "près, qui le tiennent à niveau et à distance voulu du fond de la boîte à\neau jusqu'au bord de la chambre à air. Au-dessus se trouvent, en travers,\ndes cannelures au nombre de quatre, si l'instrument est tétrachordal, de\nsix s'il est hexachordal et de huit s'il est octochordal.\nAu-dessus de ces cannelures, ou conduits, sont deux tables super-\nposées, dans lesquelles sont percés des trous verticaux, communiquant avec\nles tuyaux, qui se trouvent au-dessus. Entre ces deux tables sont insérées\nde petites coulisses en fer se terminant par un manche 1 ; les trous de ces\ncoulisses correspondent à ceux des tables et, bien huilées, elles ferment\nles issues. En baissant le manche, la coulisse est poussée dans sa rainure\njusqu'aux trous correspondant exactement avec les ouvertures de la table;\nl'air comprimé de la caisse à air s'échappe à travers les ouvertures et fait\nparler les tuyaux. \"\nQuoique cette description semble claire 2, elle a donné lieu, cependant,\nen l'absence de toute figure propre à faciliter la démonstration, à beau-\ncoup de conjectures, voire même à des critiques sévères par des hommes\ncomme Suétone, Claudien et Tertulien. Il est vrai de dire que ceux-ci,\nplus connus comme orateurs, poètes et grammairiens, et n'entendant rien\naux combinaisons d'un orgue, étaient peu autorisés à malmener l'archi-\ntecte de Jules César.\nSi donc Vitruve était désavoué par ces contemporains, combien, à plus\nforte raison, les organographes modernes devaient-ils craindre que sa des-\ncription fût plus ingénieuse que réelle. Un document de haute impor-\ntance, qui existe au Musée Lavigerie de Carthage, ainsi qu'une étude\ntrès complète publiée par un organiste, écrivain de valeur 3 ont permis\nd'établir d'une manière irréfutable de quelle façon était construit et\nmanœvrait le premier orgue.\n\n1 Ce terme indiquerait un objet qui n'avait rien de commun avec une touche, mais pouvait fort bien\nêtre dans certains instruments tout au moins un manche comme on en voit dans quelques carillons\nanciens. D'autre part, le clavier chromatique, ayant à peu près la disposition actuelle, ne fut en usage qu'à\npartir du XIIIe siècle ; avant cette époque, on jouait du poing.\n2 II s'agit d'une traduction libre, débarrassée de détails d'un intérêt secondaire pour ceux qui ne se livrent\npas spécialement à l'étude de la facture. Pour plus de clarté, on pourrait expliquer que : la boîte à eau était le\nréservoir d'air dans lequel la pression était envoyée par le ou les cylindres placés à côté pression maintenue\npar le poids de l'eau. L'entonnoir renversé servait à recevoir le tuyau venant de la pompe ; l'air chassé par ce\ntuyau pénétrait dans l'entonnoir (surélevé du fond par les trois supports) et refoulait l'eau pour la mettre à\nl'état de pression. Un autre tuyau partant de cet entonnoir allait alimenter la case à air (le sommier d'aujour-\nd'hui) ; les cannelures étaient des gravures, au-dessus desquelles se trouvait : la table, le registre (coulisse) pour\nchaque note et la chape qui supportait le ou les tuyaux.\n3 Clément Loret.\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.37", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "Le modèle que représent les figures 11, 111 et IV et dont les photo,\ngraphies ont été prises à Carthage par le Directeur du musée, le R, p\nDelattre, est un terre cuite et porte sur la face (Fig. II) le nom de\nl'artiste qui l'a exécuté Possessoris.\nCette reproduction montre clairement le tonneau hydraulique, ot\nboîte à eau, flanqué de deux pompes à air, en forme de cylindres, avec\nleurs supports, surmonté de la chambre à air, sur laquelle sont posés, de\nfront, dix-neuf tuyaux. Sur la face postérieure (Fig. III) se voit Forga-\nniste. Malheureusement, il ne reste plus que les jambes et la partie\ninférieure de son vêtement. L'exécutant est représenté debout devantes\nque nous appellerons le clavier manuel de son orgue. Ce Clavier parai;\nêtre posé au-dessus des coulisses dont les bouts sont visibles sous les tuyaux,\nau sommet de la chambre air.\nEn face de ce seul spécimen, très intéressant, de l'orgue primitif, il;\nest permis de se demander si l'artiste n'a pas donné libre cours à si;\nfantaisie en indiquant dans son modèle dix-neuf tuyaux, et même trois\nrangées de dix-neuf, ainsi que certains musicographes veulent expliquer,\npar des tuyaux, quelques coups d'outils ou des épaisseurs plus ou moins!\ngrandes sur la face postérieure (Fig. 111 & IV) ou bien s'il existait, au\nlerIer ou IIe siècle de notre ère—époque assignée par les experts à la terre\ncuite de Carthage—des instruments à plusieurs rangées.\nCe point est très important, car alors le modèle de Possessoris indi-\nquerait que l'orgue hydraulique, décrit par Vitruve, possédait des registres,\nDans ce cas, comment concilier ses dires, et ceux d'autres historiée\nmodernes, avec des documents du Xe siècle, où il est parlé de rangées A\nnullement de coulisses ou registres.\nOn fit usage des orgues hydrauliques jusqu'à une époque relative-\nment avancée ; la chronique de William Malmesbury fait mention d'ut\ninstrument de ce genre construit par Sylvestre 11, 1 placé dans l'Eglise à\nReims et auquel ce Pape avait apporté des améliorations considérables\nL'orgue était en grande faveur dans les festins et les fêtes populaires\nNéron s'intéressait à cet instrument aussi bien au point de vue musica\nque mécanique. Il en jouait au cirque. Le British Muséum possède uot\nmonnaie de cet Empereur, nous montrant l'orgue avec une branche à\nlaurier d'un côté et de l'autre un homme, probablement le héros &\n\n1 Gerbert, Pape, né vers 935 ou 940 en Aquitaine, mort à Mayence en 1003. Passait pour l'homme\nplus savant de son siècle."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.38", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "spectacle. Il est à présumer que ces médailles étaient remises au vainqueur,\net que l'orgue y figurait à cause de son usage dans de telles solennités.\nDeux médailles de Néron, dans le même genre, existent également à la\nBibliothèque Nationale.\nCependant, si l'orgue hydraulique continuait à être fabriqué par les\nGrecs et les Romains et pénétrait en France, en Allemagne et en Angle-\nterre jusqu'au dixième siècle, 1 l'orgue à soufflets avait été inventé depuis\nlongtemps.\nLa première représentation d'un orgue pneumatique est celle trouvée\nsur l'obélisque érigée à Constantinople par Théodore-le-Grand (346-395\nde notre ère). Une autre représentation de l'orgue pneumatique est a\nremarquer dans une très intéressante sculpture, de l'époque Gallo-\nRomaine, conservée au Musée d'Arles. 2\nDes historiens ont marqué le VIIIe siècle comme date d'introduction\nde l'orgue dans les Eglises ; cet instrument semblait, jusqu'à cette\népoque, exclusivement réservé à l'usage des cérémonies profanes. Ce\nn'est d'ailleurs qu'à partir de l'an iooo que les indications sur son\nexistence, son affectation au culte et sa description deviennent plus\nclaires et plus précises. Cependant, d'après l'Evêque Julien, un orgue\nétait employé dans une Eglise d'Espagne au milieu du Ve siècle. Platine\ndit que le premier fut introduit dans l'Eglise par le Pape Vitalien\n(657-672).\nPépin le Bref, roi des Francs, envoyait à l'Empereur Byzantin\nConstantin Copronyme (741-745) une demande pressante de lui fournir\nun orgue pour le service de l'Eglise ; ce qui indique que l'art de la\nfacture d'orgues et l'instrument même étaient inconnus en France à ce\nmoment. L'Empereur Byzantin, en réponse, lui envoya, vers 757, par\nambassade spéciale, à la tête de laquelle se trouvait un Evêque Romain,\n\n1 Hamel dit jusqu'au XIIe siècle.\n2 Elle représente une chambre à air, supportée par un réservoir à vent, surmontée de 11 tuyaux. à moins\nque les deux formes qui se trouvent aux extrémités, et entre lesquelles est placée la raias^G tuyaux, ne\nservent de soutien. Deux figures sont représentées actionnant la soufflerie. A ce proFus> Matthews parle des\nobjets que tiennent entre leurs mains les deux figures comme de tubes dans lesquels on soufflait avec la bouche\npour fournir le vent nécessaire* aii\"x\" tuyaux. TPC proportions condamnent cette idee. Lai Liste auquel on doit\ncette sculpture a très probablement voulu donner de la symétrie en indiquant deux souffleurs alors qu un seul\nsuffisait amplement, dans la réalité, pour un orgue de la grandeur de celui figuré."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.39", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "nommé Stéphanus, un orgue avec des tuyaux en plomb. Cet orgue tut\nplacé en grande cérémonie dans l'Eglise Saint-Corneille à Compiègne,\nOn croit généralement que cet instrument était du genre hydraulique en\nusage à cette époque.\nEn 812, Charlemagne avait fait construire un orgue pour son Eglise\nà Aix-la-Chapelle, d'après le modèle offert à son Père. Cet orgue quj\nétait, parait-il, pneumatique, produisait des sons si doux qu'ils avaient\nprovoqué la mort d'une femme !\nOn cite encore l'orgue construit par un Arabe 1 et qui fut envoyé à\nCharlemagne par le Calife Haroum al Raschid. Enfin, vers 820, un\nprêtre vénitien construisit un orgue pour Louis le Débonnaire et, un peu\nplus tard, Théophile, Empereur (829-842), grand amateur, commandait\nà des artistes byzantins deux orgues dont les tuyaux étaient richement\ndorés et les buffets rehaussés d'or et garnis de pierres précieuses.\nCertains auteurs disent bien que la construction des orgues de\nCompiègne et d'Aix-la-Chapelle donna une impulsion suffisante pour\nfaire école en France. Cependant, il faut aller jusqu'au XIIe siècle pour\ntrouver un instrument construit dans ce pays et dont on ait une connais-\nsance bien assurée. Il s'agit de celui qui se trouvait dans l'Eglise\nabbatiale de Fécamp, et dont Baudri, Archevêque de Dol, témoignait la\nsatisfaction qu'il avait eue de l'entendre. Une courte description qu'il\nen donne fait voir que c'était un orgue à soufflets, comme les nôtres,\nLes tuyaux étaient, du moins en partie, en cuivre. Baudri, dans sa lettre\nadressée aux Religieux de l'Abbaye, prend la défense de l'orgue contre\ncertaines gens qui, n'étant pas en état de s'en procurer de semblables,\ntrouvaient à redire qu'on en eût interdit l'usage dans les Eglises.2\nLe XIIIe siècle a laissé quelques documents assez précis, ayant un\nintérêt pour l'histoire de l'orgue : la construction d'un instrument à la\nCathédrale de Meaux (1221); l'existence à Cologne (1250) d'un\nfacteur, Johann, surnommé \" Factor \" à cause de la réputation\nde ses travaux ; l'établissement, par Albertus Magnus, Elève du\nDominicain Ulrich Engelbrecht, du premier orgue de la Cathédrale de\nStrasbourg.\nTroie. faits importants sont encore à signaler à la même époque :\non commença à faire des tuyaux en étain, plomb ou alliage de ces\n\n1 Giafar.\n2 Dom Bedos."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.40", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2268, "texte": "métaux ; on transforma en gamme chromatique la série de touches\nformant le clavier ; une campagne terrible s'éleva contre l'usage des\norgues dans les cérémonies du culte et fut cause que depuis l'Eglise\ngrecque ne les a plus tolérés.\nA partir de cette époque, et successivement, l'art de l'orgue fut plus\nconnu. Le nombre des facteurs (moines ou artisans) augmenta au fur et à\nmesure que le nombre de leurs protecteurs ou des défenseurs de l'orgue\nse fit plus grand. Tous les pays rivalisèrent pour apporter au roi des\ninstruments soit une amélioration, au point de vue mécanique, soit une\nplus grande puissance et de nouvelles combinaisons au point de vue\nmusical.\nLa partie décorative n'était pas oubliée. Des artistes en renom\ntaillaient en plein bois de fines sculptures ; d'autres décoraient les tuyaux\nde la façade et peignaient des frises. Aux XVe et XVIe siècles, certaines\norgues possédaient des volets représentant des sujets religieux ; ceux qui\nsont parvenus jusqu'à nous sont d'une grande beauté ! C'est également\nau XVIe siècle que nous sommes redevables des buffets magnifiques qu'on\nvoit encore à Saint-Etienne-du-Mont à Paris, à Gonesse, à Saint-Germain\nd'Argentan, à Notre-Dame d'Alençon, aux Andelys, à la Cathédrale du\nMans, à Saint-Bertrand de Comminges, à Hombleux, à la Cathédrale de\nSaint-Brieuc, pour ne citer que les plus connus.\nEn face de tant d'art, il faut excuser les conceptions d'un goût\ndouteux qui, par la suite, deshonorèrent l'orgue et son enveloppe : le\nbraiement de l'âne, le mugissement d'animaux féroces ; l'imitation, plus\nou moins parfaite, de tous les bruits de la terre à commencer par le\ntonnerre ; l'adjonction, au-dessus et sur la face des buffets, d'anges articulés\njouant de la Trompette, de masques grimaçants appelés etc.\nLongue serait la description de toutes les découvertes des organiers,\nde l'orgue de Ctésibios à celui de Winchester, lequel, d'après certains\nchroniqueurs, avait vingt-six soufflets, desservis par soixante-dix hommes,\npour alimenter quatre cents tuyaux ! Plus longue encore serait celle des\nperfectionnements apportés du XIIIe au XVIIIe siècle ; pour le seul\nXIXe siècle, il faudrait plusieurs volumes.\nCertes, les progrès qui marquèrent l'apogée de la facture au"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.41", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "XVIIIe siècle et au commencement du XIXe progrès réalisés par des\nartistes renommés1 furent plus définitifs, parce qu'ils manquèrent une\nrévolution complète par le choix des jeux, la multiplicité des timbres, le\nnombre et l'étendue des claviers, des transmissions plus parfaites et aussi\nune conception plus grande de cet art ; mais c'est à Aristide Cavaillé-Coll\nqui résolut tant de difficiles problèmes, que le Monde est redevable des\nplus utiles découvertes.2\nCavaillé-Coll est aussi incontestablement l'auteur de l'orgue moderne\nque Ctésibios fut le créateur de l'hydraule.\nCette étude, déjà si brève, sur les origines de l'orgue, serait certai-\nnement incomplète s'il n'était fait mention d'un autre ancêtre, le G hem,\nresté à l'état primitif.\nL'histoire du Cheng tient en peu de lignes et nous avons sur cet\ninstrument des notions d'autant plus exactes qu'il n'a pas changé, qu'il\nest encore en usage dans le Céleste Empire et que beaucoup de musées\nen possèdent un ou deux exemplaires.\nLes Chinois prétendent que le Cheng était un instrument employé\ndans les cérémonies en l'honneur de Confucius. Il est donc antérieur à\nl'orgue hydraulique.\nCet instrument (Fig : VI & VII) est composé d'une petite boite à\nvent, ayant communément l'apparence d'un œuf coupé longitudinalement,\nou bien la forme d'une gourde, ordinairement vernissée à l'extérieur en\nlaque blanche ou de couleur foncée et décorée. Sur le côté dépasse un\npetit bout de tuyau en embouchure, contre laquelle les lèvres sont\nappuyées et remplissent l'instrument avec de l'air comprimé. Sur le cou-\nvercle plat de la boîte à air est placé un nombre de tubes en bambou,\nsoit libres, soit à languettes vibrantes en métal. Ces tubes sont de lon-\ngueurs différentes, et leur quantité varie de dix-sept à vingt-quatre. Dans\nle Cheng de dix-sept tubes, il n'y a usuellement que treize tubes qui\nparlent, les quatre autres servent de soutien. Chaque tuyau parlant a un\n\n1 Une autre étude donnera Pétat actuel de l'orgue et expliquera son fonctionnement.\nEN ALLEMAGNE : Silbermann, Gasparini, Schnitzer, Wagner, Herbst, Engler, Gabier, Frederici. —EN\nANGLETERRE: Jordan, Snetzler.— EN FRANCE: Cliquot, Dallery, Callinet, Daublaine, Dom Bedos, Ducro-\nquet, Lefèvre, Somer. EN HOLLANDE : Duyschot, Batz, Moreau, Muller, Hess. EN ITALIE : Serassi. -\nEN SUISSE : Mooser."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.42", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1074, "texte": "petit trou tout-à-fait à la base, et ne produit de son que quand cette\npetite ouverture est fermée par le doigt. L accord du Cheng différé selon\nsa construction. Les trous des tubes sont quelquefois garnis de fines cise-\nlures en argent.\nA part le Cheng, les Chinois n'ont fait aucun progrès dans la con-\nstruction d'instruments se rapprochant de l'orgue. Pourtant, la Cathédrale\nde Pékin et d'autres missions reçurent des orgues françaises il y a plus\nd'un demi-siècle ; mais cet exemple n a pas servi, comme pour nous celui\nde Ctésibios, à donner une impulsion suffisante.\nTandis qu'en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, on\ntransformait la Syrinx et 1 Hydraule au point den faire 1 instrument\ncolossal dont la voix fait trembler les voûtes de nos Basiliques, plaintif et\ndoux, dans la pagode entourée de fleurs, le Cheng continue sa melopee...\nEt l'ancêtre de bambou,, charmant bibelot laqué, si frêle qu'à peine\non peut le toucher, rappelle les siècles passes dune vie que les aits\nmodernes n'ont point entamée.\n\nCharles Mutin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.9.1", "titre_corps": "Fig. I. 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Théâtres,\nMusic-Halls, Cabarets Artistiques, Concerts, ouvrent leurs portes comme\ndes vomitoria où se poussent les houles des foules, tandis qu'aux sillages\nde leurs parfums violents les femmes cherchent à draguer leurs proies\ndans le vivier abondant. De cette vie spéciale et toute extérieure le poète\nqu'il nous plût de citer ici a fixé quelques traits dans une de ces \" Nota-\ntions \" condensées où il excelle. Toutefois la hantise de la Vanité finale\net, surtout, le désir d'une existence plus dégagée de liens ne lui permirent\npas de se fixer au centre de l'agitation perpétuelle de la \" Babylone\nModerne. \" Aussi son \" Soir Parisien \" reste-t-il un tableau isolé, eau-forte\nvigoureuse, dans son œuvre harmonieuse et diverse.\nDes esprits très délicats et d'une culture raffinée ont trouvé des\nelements precieux d'excitation cérébrale dans les distractions nocturnes\nde Paris et singulièrement dansles Music-Halls ou établissements analogues.\n\n1 Ces pages constituant un enquête en même temps qu'une Etude, j'ai rangé mes notes et réflexions person-\nnelles entre les noms de ceux qu il me fut donné d'interviewer ou à qui j'ai recouru de quelque façon — et qui\nse trouvent ainsi mis en \" vedette . Cette étude paraîtra ultérieurement avec des développements importants,\nen un volume dont Mme Colette Willy a bien voulu accepter d'écrire la préface. CH. CL."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.44", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que cet écrivain exquis qui\ns'appelait JEAN DE TINAN rédigea au \" Mercure de France pendant\nl'hiver de 1897, une chronique intitulée \" cirques, cabarets, concerts \" ;\nles \" concerts \" c'était les \" cafés-concerts Cette chronique était parfai-\ntement à sa place entre celle des théâtres et celle de la musique. Tinan,\nespiègle comme un clown, se permettait des \" rosseries \" comme celle\nd'annoncer, sous cette rubrique des \" Cirques \", un cours de M. Sarcey\npour les jeunes filles. Il y donnait des notations très fines, directes ou\ntransformées, et il savait retenir sans pédantisme l'impression d'art qui se\ndégage dans les cirques et les music-halls. Et ce que Tinan faisait en\n1897 année des danses serpentines et de la Loïe Fuller nous pourrions\nencore, en dépit des censeurs, le faire de nos jours.\nJe sais—je dirai presque: je sens que beaucoup m'attendent à ce mot\n\"art \"... comme au coin d'un bois, avec l'intention de m'assommer à coup\nde lourdes considérations, d'\" a-priorismes \" plus ou moins philosophiques\net d'anathèmes qui sentent leur Bérenger d'une lieue. La question de l'art\nau \" caf'-conc' \" est complexe et nous envisagerons en son temps chacun\nde ses aspects ; mais le seul a-priori qu'il me plaise de formuler ici est\ncelui de l'adaptation aux contingences. La Beauté est multiple comme la\nVie et l'on ne va pas voir une revue au music-hall dans le but d'éprouver\nle même genre d'émotion esthétique qu'en allant écouter, sentir et penser\nla IXe symphonie de Beethoven. Et cependant il ne faut pas craindre\nd'affirmer cette chose, d'ailleurs très simple : à savoir que la Beauté est\ntoujours la Beauté, de quelque façon qu'elle se manifeste. Jean de Tinan\navait raison quand il parlait de \" l'erreur commune et grossière d'apporter\noù ils n'ont que faire des procédés de critique littéraire classique.\nC'est qu'en effet, il n'est pas possible de mener une enquête ou\nfaire une étude sur les music-halls sans accorder une grande place à cette\nquestion du \" rôle \" de ces établissements. La réponse est pourtant bien\nsimple : ils ont la tâche de nous donner tous les genres de distractions que\nnous ne pouvons trouver ailleurs. Exhibitions multiples, féeries et chansons,\ndanses et monologues, petits actes de composition spéciale et non classée,\ncomme je vous préfère à la dernière pièce à thèse quoique j'aime la\nphilosophie et comme je donne pour vous les trois quarts de nos\npièces en vers quoique j'aie des raisons de dire que j'aime la poésie.\nOutre son spectacle très divers et bien qui se déroule\ntandis que le promenoir emporte en son cours lent et chatoyant les beautés"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.45", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "professionnelles le music-hall est un musée d'actualités sensationnelles,\nA un moment on pouvait voir se succéder sur une même scène Otéro,\nLiane de Pougy et Emilienne d'Alençon. Cette dernière n'avait pas encore\nperdu son collier : elle n'avait perdu qu'une chose qu'elle ne cherchait\npas à retrouver... Liane était l'amie de son cher Jean Lorrain dont le rôle\ndevait sans doute se borner à un rôle de secrétaire... Quant à Otéro, la\ncroupe haute, le regard incendiaire et langoureux, elle moulait ses formes\nfameuses en des châles, montos^éclatants. La même année nous faillîmes\nvoir sur la scène des Folies-Bergère miss Clara Ward, l'ex-princesse de\nChimay, qui devait y exhiber des lapins après le duel Clémenceau-Chimay;\nmais la police ne toléra pas la chose et fit même craindre des complications\ndiplomatiques ! Et combien d'autres jusqu'à cette \" season \" ! Les\nscandales du jour produisent ainsi au music-hall leurs héros qui deviennent\npendant un temps des \"artistes\" quelquefois douteux mais toujours à\ngros cachet, ce dernier étant calculé d'après \" le degré d'attraction magné-\ntique des dits héros sur le public \" ainsi que s'exprime M. ROUZIER-\nDORCIÈRES, l'actif Secrétaire-Général de l'Olympia, duelliste notoire et\nconférencier-duelliste.\nLa transition nous est aisée pour parler du grand établissement1\ndu Boulevard des Capucines, dirigé magistralement par MM. de Cottens\net Marinelli. Ce dernier est un ancien \" homme-serpent \". Comme tel il\na fait peau neuve ; il avait auparavant fait fortune... Pour être l'un des\nmusic-halls parisiens les plus fameux et les plus fréquentés par les étran-\ngers— avec les Folies-Bergère et le Moulin-Rouge l'Olympia n'est\npeut-être pas l'un des plus anciens. Il y a quelque dix-huit ans l'emplace-\nment actuel fut acheté par M. Oller en vue de l'installation de \" Mon-\ntagnes-russes \" qui avait alors grand succès en Allemagne et qui en eurent\nautant chez nous. Le music-hall édifié ensuite passa par des directions\ndiverses : celle des frères Isola (qui sont bien les directeurs les plus parisiens\nqu'il soit), celle de M. Ruez qui ne fut pas heureuse pour revenir\naux mains des Isola qui ont l'habitude de cumuler jusqu'à l'actuelle\ndirection. Et certes, on peut se rendre compte de ce qu'est l'administration\nd'un music-hall en considérant, même superficiellement, celle d'un établis-\nsement comme celui-là. Un loyer fabuleux, 8000 francs de publicité par\nmois, des attractions qui n'ont qu'à rouler sur des ponts d'or pour venir\n\n1 Chaque établissement dont l'administration nous aura suffisamment renseignés aura sa place dans cette\nEnquête."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.46", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "de l'Amérique ou d'ailleurs jusqu'aux fonds baptismaux de l'Olympia,\nd'où, consacrées parisiennes, elles repartent à travers le monde parées d'un\néclat nouveau, voilà quelques uns des aspects de cette \" affaire \"\nénorme qu'est l'administration d'un grand music-hall.1\nMais j'entends mes moralistes qui reviennent à la charge après\nm'avoir impatiemment écouté. Je leur ai dit, en somme, que le music-hall\nétait le music-hall : cette affirmation dénuée d'artifice ne semble pas\ndangereuse pour les méninges qui en ont accouché, mais l'affirmation\nde la réalité est la base de tout raisonnement. Je leur ai montré ensuite\nqu'il était possible à des êtres très intelligents de s'y plaire. Je leur ai\nindiqué les points où se révélait une esthétique spéciale mais incontestable\n(n'y en a-t-il point dans un cirque ?). Après des détails un peu secs peut-\nêtre, j'ai insisté, pour les besoins de l'anecdote, sur le côté exhibitionniste\nde la question. Je pourrais terminer cette première partie de mon étude\npar cette réflexion de Nietzsche, que \" tout est pur pour les purs et\ncochon pour les cochons \" ; je compléterai cette réflexion par deux\nautres : à savoir que le cochon qui sommeille au cœur de tout homme a\ndroit à ses satisfactions et que, d'ailleurs, tout devient motif d'intellectualité\npour les êtres intelligents. Il ne faut donc pas craindre de parler de ce\nque j'appellerais la \" Bêtise Nécessaire. \"\nOn m'objectera qu'il n'est pas nécessaire que cette bêtise nécessaire\nsoit envahissante. Assurément; mais elle ne l'est pas dans les tout premiers\ndes établissements. J'accorde qu'elle l'est dans les music-halls secondaires\nde la capitale et dans tous ceux de province. C'est beaucoup : je le sais.\nLa première conclusion à tirer de cette constatation est d'ailleurs au\ndésavantage du public. Mais une réforme s'impose sur ce point, car il n'y\na pas à désespérer du dit public. C'est du moins ce que m'affirma\nM. FURSY qui a pris, dès cette saison, la direction de la Scala marchant\njusqu'alors sur une même combinaison avec l'Eldorado. Le fin chansonnier\nqui, pour ouvrir la Scala, n'en a pas pour cela fermé sa BOITE annonça\nvéhémentement son intention de \" rénover \" le café-concert. Il me reçut\ndans son cabinet exigu, le chapeau sur l'oreille, sa fine moustache en\nbataille et lestement troussée comme ses chansons.\n\" Je suis revenu a mes premières\n\n1 Détail piquant : Padministration de ce music-hall se montre sévère pour la toilette des péripatéticiennes\nqui honorent son promenoir ; un véritable contrôle y préside. Et cela vous a un air de réglementation consacrant\nU chose, lequel air ne doit pas déplaire à un Pierre Louys, par exemple."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.47", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "ancien établissement et cest le premier c\nEst-ce à cause de ce rappel a mon innocence première?.... Je ne sais ! Quoiqu'il\nen soit il y aura ici des choses rosses,sentimentales,\nMais se sera toujours spirituel et jamais Polin,\nviendront ici, ils resteront certes dans genres mais\nrépertoires. Et ne croyez pas que le public se rebiffe, au contraire !.... Mes\npremières salles en sont une preuve \" ajouta-t-il avec le sourire du directeur\nheureux.\nOn félicita de ses projets celui le nouveau directeur de la Scaia et\nM. ADOLPHE BRISSON s'écria : \" En s'ca-là, j'marche ! \" 1\nJe fus donc voir le feuilletonniste du TEMPS à l'hôtel cossu des Annales,\nJe m apprêtais un peu à entendre de la morale car j'avais dans la mémoire\ndeux récents feuilletons où l'actif successeur de Sarcey déplorait la sottise\ndes chansons de café-concert. Mais M. Brisson me développa un troisième\nfeuilleton qui, pour être oral et imprévu, n'en fut pas moins charmant:\n\" T aime la licence ! Celle de R\nXVIIIe siècle. Je demande au café-concert\ntout. J'ai d'ailleurs connu des hommes d'esprit \"\net j'ai souvent accompagné Henri Meilhac\nplus, je ne fais pas difficulté de reconnaître\nde jolies filles a demi-nues (quand elles\nBeauté, de l'Art. Ce que je désire c'est que chansons et exhibitions ne soient ni\nidiotes ni obscènes... et que les filles soient toutes jolies. Je ne considère même point\ncomme trop paradoxale votre théorie de la \" Bêtise Nécessaire \" telle que h>ou\\\nl'exposez. \" Quant aux deux feuilletons auxquels vous faites allusion, jt\nvous dirai que j'ai reçu une lettre exq a\nraison... \"\nJe remerciai l'aimable écrivain et me rendis, perplexe, chez WILLY\nqui signe quelquefois du pseudonyme \" Gauthier-Villars \" des articles\n\" sérieux \" (encore que beaucoup ne veuillent le connaître que par ses\ncalembours) et qui a d'ailleurs une foule de pseudonymes qui tous sont\ndevenues des noms. \" Il ne manquerait plus, me disais-je, qu'après un\nAdolphe Brisson folâtre je rencontre un Willy grave. \" Il le fut !\n\" Le music-hall m'embête presque\nl'homme des'' premières J'en ai\nle music-hall doit m'avoir en somme peu de reconnaissance : j'ai plutôt contribé"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.48", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 342, "texte": "I faire descendre Polaire de ses planches, quoiqu elle y remonte par moments avec\ntin vif et légitime succès... Mais parlons\niu dernier volume de \"\nEt ceci me rappela que Willy s'appelle aussi l'ouvreuse et qu'Henry\nGauthier-Villars est un être très intéressant, complexe et mal connu.\n[A SUIVRE]\n\nCharles Clarisse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.11", "titre_corps": "L'ÉDITION VATICANE ET LA REFORME GRÉGORIENNE", "titre_sommaire": "L'ÉDITION VATICANE ET LA REFORME GRÉGORIENNE", "signature_source": "Amédée Gastoué", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "L'ÉDITION VATICANE\nET LA REFORME GRÉGORIENNE\n\nTous les musiciens, quels qu'ils soient, et le grand public, lui-même,\nn'ont pas été sans apprendre, au moins indirectement, la décision prise\npar S. S. Pie X, voici cinq ans déjà, de codifier les livres de chant litur-\ngique, de chant grégorien, de l'Eglise latine. Beaucoup moins de\npersonnes, en dehors de celles que leurs fonctions y obligent, sont au\ncourant de cette publication : l'Edition Vaticane du chant romain, dont\nle premier volume, le Graduale,paru l'an dernier, est déjà en usage dans\nde nombreuses églises.\nOn permettra à l'un de ceux que ses fonctions ont mis à même de\ncollaborer à ce travail de le présenter aux associés de la S. I. M. Et quand\nje dis : présenter, je ne l'entends pas seulement d'un banal compte-rendu\nbibliographique, mais faire connaître l'œuvre avec ses origines, son auto-\nrité, répondre même par avance à quelques questions ou objections qu'un\nesprit curieux serait en droit de poser.\nSes origines, à prendre le mot dans le sens strict, seraient les origines\ndu chant grégorien lui-même, et il nous faudrait pour cela remonter à\nl'antiquité : c'est là un sujet de travail spécial, et vous voudrez bien m'au-\ntoriser à vous renvoyer ici au volume que j'ai fait paraître sous ce titre.1\nLes origines immédiates de l'Edition Vaticane sont celles dont je veux\nparler, et elles forment une partie intégrante de l'histoire de la réforme\ngrégorienne en notre temps.\nLe Pape, organisant la Commission pontificale qui devait être char-\ngée de ce soin, en confiait la présidence et la direction au R Dom Pothier,\n\n1 Les Origines du chant romain, ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres ; Pans,\nA. Picard."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.50", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "Bénédictin de la congrégation de France, et appelait principalement les\nmoines de l'abbaye de Solesmes, de la même congrégation, à en préparer\nles premiers travaux par un sage récolement des manuscrits.\nLes deux noms que je viens de citer résument et rappellent la réforme\ngrégorienne : Solesmes la vit naître, et Dom Pothier* en fut l'artisan,\n\" prélat comme le disait il y a peu d'années l'abbé de Solesmes en faisant\nl'éloge de son ancien confrère devenu abbé de Saint-Wandrille, \" prélat\nqui a, dans l'Eglise de Dieu, conquis des titres de grande naturalisation\npar la restauration du chant grégorien, à qui son nom demeure à jamais\nattaché\nJe ne rappellerai point comment le savant religieux fut amené à s'oc-\ncuper de la question: au milieu des recherches, plus ou moins bien dirigées,\ndes musicologues des environs de 1850, l'illustre Dom Guéranger, abbé\nde Solesmes, voulut que sa congrégation participât scientifiquement aux\nétudes entreprises. Il chargea de ce travail, en 1860, un jeune moine, en\nqui il avait discerné de paticulières aptitudes, Dom Pothier. Représentez-\nvous où l'on en était il y a un demi-siècle : recherches pénibles et conclu-\nsions contradictoires, catalogues incomplets et manuscrits indéchiffrables,\nune nouvelle paléographie à créer de toutes pièces ; voilà où devait se\ndébattre le chantre bénédictin, guidé seulement par le fil ténu de la tradi-\ntion. Avec un autre confrère, décédé au bout de quelques années, Dom\nPothier se met à la tâche ; il transcrit les antiphonaires poudreux, compare\nles textes des théoriciens, et réussit à établir, vers 1868, une première\ncopie, clairement lisible, du graduel grégorien.\nJe puis le dire ici, pour avoir eu en mains ses notes et manuscrits,\nqu'il a eu la bonté de me communiquer Dom Pothier, dès cette époque,\nétait plus près des meilleures versions que d'ultérieures éditions le laissent\nparaître, obligé qu'il fut, pour les publier, de tenir compte des observa-\ntions et des scrupules de ses confrères.\nCependant, il fallait, avec la certitude d'une notation authentique, la\nsûreté de méthode pour l'exécuter. Les points les plus délicats devaient\netre fouillés encore, et douze ans s'écoulèrent en essais, en nouveaux tra-\nvaux, obscurs, mais féconds. Entre temps, Dom Pothier, vers 1875, se\nfaisait connaître au monde savant par des dissertations sur des points de\ndétail. Enfin, en 1880, parut son principal ouvrage,\nriennes, dont l'apparition suscita un émoi considérable parmi les plain-\nchantistes. Après trente ans bientôt écoulés, l'ouvrage est encore aussi neuf"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.51", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "qu'au premier jour ; s'il peut, à certains égards, être complété, il n'offre\nrien à reprendre. La pondération de l'auteur lui a fait, d'instinct, éviter\ndans cette exposition de la réforme grégorienne, les hypothèses dangereu-\nses ou les vaines spéculations, et présenter de la façon la plus intéressante\nle résultat de ses travaux. Dès lors, la restauration du chant grégorien\nétait virtuellement accomplie. A Dom Pothier revient l'honneur d'avoir\ndécouvert et précisé la lecture et l'interprétation des anciens neumes, fixé\nle rôle de l'accent latin et du phrasé dans la mélodie liturgique, les \"tim-\nbres \" et les formules avec leurs diverses règles d'adaptation, constitué une\nscience nouvelle, la paléographie musicale, édité enfin pour la pratique\nles premiers livres choraux du siècle dernier qui fussent conformes aux\nmanuscrits. Comme ils ne sont pas tous entre les mains des musiciens, en\nvoici la liste, dont l'ensemble forma les \" éditions de Solesmes \" :\nLe Liber Gradualis^en 1883, avec une seconde édition en-1895 ; le\nDirectorium chori^en 1884 ; l'Hymnaire, en 1885 ; la même année, l'office\ncomplet de Noël; puis, en 1886, celui des Jeudi, Vendredi et Samedi\nsaints ; l'office des morts, en 1887 ; le Processional monastique, en 1888,\navec les Variae preces dont une seconde édition fut donnée en 1892 et\nune troisième en 1895 ; l'office de la Fête-Dieu et celui des\n(ire édition) parut aussi la même année. En 1891, Dom Pothier publiait\nl'Antiphonaire complet du jour, Libe pour l'ordre béné-\ndictin, et pour le rit romain, et il préparait enfin l'édition des chants de\nl'office nocturne, qui devait former la conclusion de l'œuvre pratique. En\n1895, parut la partie principale de cet office, comprenant, d'une part, les\n\" invitatoires et, d'une autre, l'office de nuit des grandes fêtes et du\nCommun des Saints, pour l'ordre monastique, et selon le bréviaire\nromain.\nA ce bagage déjà considérable ne se borna pas l'activité de Dom\nPothier. En divers articles de revue, il indiquait les principes qui avaient\nguidé ses travaux, donnait des pièces rares ou nouvelles avec des conseils\npratiques, et, collationnant avec soin les manuscrits des diverses écoles,\nmieux connus de jour en jour, il rassemblait les leçons et les variantes qui\npermettraient d'améliorer les éditions suivantes, dans les premières des-\nquelles on avait été obligé, à divers égards, de compter avec les habitudes\net les idées en cours. Depuis 1892, en particulier, il collabore régulière-\nment à la Revue du chant grégorien.En 1889, sur une heureuse idée de\nDom Mocquereau, son principal élève, Dom Pothier commença la publi-"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.52", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "cation de la Paléographie musicale,dont il écrivit le premier tome en\ncollaboration avec Dom Mocquereau, Dom Cabrol, actuellement abbé de\nFai nborough, et le bibliothécaire Dom Cagin. Le dessein des fondateurs\nde ce recueil, qui en est actuellement au tome X, était de reproduire par\nla phototypie les principaux types de manuscrits, avec les explications\nvoulues pour en rendre la lecture accessible. Le premier manuscrit ainsi\nreproduit et étudié fut le 339 de la bibliothèque de Saint-Gall, de la fin\ndu xe siècle environ.\nDom Pothier, cependant, quitta l'abbaye de Solesmes, et devint\nbientôt prieur, puis abbé du monastère de Saint-Wandrille, cet admirable\nsouvenir de 1 histoire religieuse de la Normandie. 11 achevait de corriger\nles rééditions du graduel et du responsorial et laissait à Dom Mocquereau\nle soin de continuer, dans la Paléographie l'exposé des principes\nde là restauration. Dom Mocquereau, second chef de l'école de Solesmes,\nqui avait commence sa carrière bénédictine vers le temps où Dom Pothier\npubliait les Mélodies grégoriennes,parut d'abord suivre la même direction,\nen lui donnant plus de largeur et plus de netteté. Mais bientôt, il s'enga-\ngeait sur une voie divergente.\nOù Dom Pothier était avant tout un savant consciencieux, mais\ntimoré, et ce fut la, oserai-je dire, son tort, hésitant à faire passer\ndans le public les résultats les plus certains de ses travaux, Dom Mocque-\nreau apparaît comme un vulgarisateur de talent, mais porte avec lui les\ndéfauts de ses qualités. Des l'année 1900, et dans les années suivantes,\nDom Mocquereau entreprend, sous sa propre responsabilité la réédition,\nd abord fragmentaire, du paroissien noté ou Liber Usualis de Solesmes,1 à\n1 usage des petites églises ; en introduisant des variantes, dont quelques-\nunes constituent d'excellentes corrections, il surcharge aussi la notation\ngrégorienne de signes nouveaux \\ Les uns sont de son invention, et in-\ndiquent, dans la ligne du chant, une doctrine rythmique qui lui est propre;\ndautres furent empruntés aux manuscrits les plus anciens, mais avec une\nsignification différente et toute nouvelle, certains mêmes sont pris aux\nplus détestables éditions du xviii6 siècle. Ces innovations, et les incertitu-\ndes qu elles produisaient, accentuèrent le caractère transitoire des éditions\nde Solesmes : elles devaient normalement faire place à quelque œuvre plus\ndéfinitive.\n\n1 La il' édition, de 1896, était conforme aux livres de Dom Pothier.\n4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "Devant les variations que je viens de dire, des musicologues publiè-\nrent, eux aussi, des recueils de chants grégoriens d'après les manuscrits\noù la ligne rythmique et la notation étaient inattaquables, mais dont les\nmélodies présentaient parfois des différences assez grandes de celles publiées\nà Solesmes. C'est alors que le cardinal Sarto, bien connu dans le monde\nde la musique d'église, fut élu pape sous le nom de Pie X. Un des premiers\net des plus ardents partisans de la restauration grégorienne, il avait déjà\nfait partie du congrès d'Arezzo en 1884, et appliquait partout où il\npassait, les principes de Dom Pothier. Sans doute avait-il, avant de\nmonter sur le trône pontifical, l'idée que Léon XIII paraît avoir caressée\ndans ses dernières années, d'adopter purement et simplement les éditions\nde Solesmes pour le chant de l'Eglise romaine. Mais, devant des diver-\ngences qui semblaient devoir s'accentuer, Pie X indiqua le parti le plus\nsage : prendre pour bases les dernières éditions complètes de Solesmes,\npubliées par Dom Pothier en 1895, et en faire la revision générale d'après\nles meilleurs des manuscrits anciens, que de nouvelles recherches avaient\nfait définitivement connaître.\nC'était, en somme, préparer la reconnaissance définitive des travaux\ndu savant bénédictin et de ses confrères ; les soumettre à ce critérium\nfinal était comme passer au crible leurs résultats ; les parties moins bonnes\ntomberaient d'elles-mêmes, ne laissant subsister que le meilleur.\nVoilà le point de départ de l'Edition Vaticane. Le point d'arrivée,\nPie X lui-même a pris soin de le faire consigner dans la préface du\nGraduel, en rappelant les lignes directrices qu'il avait tracées : \" Ceux à\nqui fut commis le soin de ce travail.... se mirent à chercher avec ardeur\net à dépouiller les manuscrits anciens.... Cependant, bien que l'origine\nreculée d'une cantilène et son usage actuel la rendent plus digne, quant à\nson ancienneté, pour être reçue dans une édition nouvelle et corrigée, ce\nqui, cependant, est exigé d'elle pour être reçue, c'est la saveur de l'art\nreligieux...\n\" On a donc eu d'abord devant les yeux cette règle en observant les\nmanuscrits : ne pas admettre pour la seule raison d'antiquité ce qu'on\ntrouvait de plus ancien. La restauration du chant ecclésiastique ne doit\npas être uniquement basée sur des raisons paléographiques, mais aussi sur\n\n1 Les autres travaux de Dom Mocquereau sont, avec quelques articles de revue, les tomes 11, 111, IV, et\nVII de la Paléographie musicale, et, tout récemment, un ouvrage très discuté sur la rythmique, qui n'est à beau-\ncoup d'égards, que la mise en œuvre du tome VII cité plus haut."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.54", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "l'histoire, l'esthétique, les règles de la liturgie... \" (Préface du Graduel\nVatican, alinéas Hisce loelutiet In chirogra\nOn me permettra d'affirmer ici le soin avec lequel le travail a été\nfait : la comparaison que chacun de vous peut instituer entre le Graduel\nVatican et celui qui fut édité, il y a vingt-cinq ans, à Solesmes, établit\ndéjà suffisamment, aux yeux des observateurs non prévenus, la précision\ndu travail, et le progrès obtenu dans l'établissement du texte musical. Sur\nles premières copies faites par les soins de Dom Pothier et des moines\nbénédictins I,les membres et consulteurs de la commission étaient\nappelés à donner leur avis et leurs corrections, avis et corrections, bien\nentendu, appuyés chacun de toutes les autorités possibles. Certaines pièces\nfurent ainsi soumises à revisions de plus en plus serrées, chacune\nconsacrée à éclaircir de plus en plus les points douteux, s'il y en avait.\nAu cours des travaux, on eut la possibilité de rééditer des pièces nouvel-\nlement découvertes ou qui se trouvaient, dans les livres jusqu'alors en\nusage, sur des mélodies diverses, de moins d'autorité. Je citerai ici au\nhasard, la moitié environ des chants de fournie par\nles moines de Solesmes, l'introït de la fête des saints souverains pontife,\ncelui du deuxième vendredi de carême (au supplément\nde la messe de mariage, etc.\nDans l'établissement et la publication des mélodies du\nVatican, il est, en dehors des menus et fastidieux détails de critique de\ntexte, dont je vous fais grâce, certains points surtout auxquels nous avons\ndû prêter une attention particulière ; ce sont ces points, me semble-t-il,\nqui intéressent tout spécialement les lecteurs de la S. I. M. D'ailleurs, les\ncritiques, inévitables en toute œuvre, et qui n'ont pas épargne l'Edition\nVaticane, ont précisément.porté sur ces points ; bien qu'elles soient surtout\noriginaires de l'Allemagne ou de l'ltalie, peut-être quelques-unes sont-\nelles parvenues à votre connaissance.\nParmi les chants officiellement admis dans la liturgie, il faut distinguer\nentre ceux qui, déjà au VIIIe siècle, formaient le corps de l'Antiphonaire,\net ceux qui leur furent ajoutés par la suite. Les premiers, unanimement\n\n1 Ce furent d'abord ceux de l'abbaye de Solesmes sous la direction de Dom Mocquereau ; au cours des\nils laissèrent la place à des religieux d'autres monastères de la même congrégation, parmi lesquels je\nciterai spécialement Dom Andoyer, prieur de Ligugé."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.55", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "reconnus, dès cette époque, comme authentiquement grégoriens, sont le\nfonds classique du chant d'église : tels nous les font connaître les livre?\ndu IXe siècle, tels nous les retrouvons au XVe, et dans certains pavS)\npresque tels encore vers la fin du XVIIIe siècle.\nMais les pièces surajoutées, c'est-à-dire environ un quart du graduel\nactuel, et le Kyriale presque entier, se présentent tout différemment.\nAlors, en effet, que la tradition du pur grégorien restait conservée dans\nl'exécution, et consignée dans la notation, avec un soin respectueux, les\nmorceaux nouveaux n'avaient parfois pas de version fixe. Tel\ntel Sanctus,composé ici et là, étaient ailleurs modifiés. C'étaient en effet\ndes chants supplémentaires, même des mélodies populaires, appartenant a\ntous, te que chacun se reconnaissait le droit de toucher, s'il le jugeait\nutile. On peut signaler des cas où, dans une même église, ces mélodies\nvariaient, à côté des premières qui restaient intactes. Les unes, plus goûtées\nque les autres, furent conservées et incorporées aux livres grégoriens;\nd'autres tombèrent dans l'oubli. Quelles règles devait-on suivre pour les\npièces de ce genre, dans une édition pratique ? Car, ne l'oublions pas,\nl'Edition Vaticane, tout en étant le plus qu'il est possible strictement\nscientifique, est celle qui doit suffire à la vie quotidienne du musicien\nd'église : on n'a jamais songé, comme le voulait naïvement un critique\nétranger, à la transformer en un pur répertoire de la musique médiévale,\nOr, en ce qui concerne ces pièces surajoutées, lorsque la tradition\nécrite est unanime, ou à peu près, à en donner le chant, il n'y a point de j\ndifficulté. Lorsque, au contraire, le musicologue se trouve en présence j\nd'une mélodie à versions contradictoires, telles qu'en notre temps les '\nvieilles chansons populaires, sans qu'on en connaisse, ni l'époque, ni le\npays d'origine, un seul procédé est possible pour la pratique : choisir la I\nversion la plus répandue, ou la plus autorisée. Par exemple, un\nest donné par plusieurs manuscrits du XIe siècle ; mais '\nautant de variantes ; au XIIe siècle, les variantes persistent, et s'augmen-\ntent ; au XIIIe siècle, une version définitive et à peu près uniforme s'établit,\net reste en usage jusqu'à nos jours. C'est le sans hésitation\npossible, et on ne saurait trouver mauvais que l'Edition Vaticane l'ait i\npublié, de préférence aux textes plus anciens, divergents et ordinairement,\ndans ce cas, mal venus. Je prends un autre exemple : un verset, nouveau\nalors, est donné par d'excellents manuscrits du Xe et du XIe siècle, mai;\ntoujours avec des versions différentes. Ces versions sont toutes aussi"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.56", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "bonnes : laquelle adopter pour la pratique ? On a souvent utilisé, comme\nil s'agissait d'un recueil du chant romain, la version des manuscrits\nitaliens, et autant que possible, de Rome, alors qu'ils n'avaient pas encore\nété utilisés dans l'édition de Solesmes.\nVoilà pour les règles de critique générale.\nIl en est d'autres cependant, et il n'est pas moins intéressant d'en\nétudier les raisons. Voici d'abord l'emploi des ornements. Tous les musi-\ncologues qui s'occupent des époques artistiques proches de la nôtre,\nconnaissent les difficultés qu'on a agitées sur cette question. Elle nous\nsemble au contraire facile maintenant à résoudre ; en rééditant la musique\nde Bach ou de Rameau, c'est de donner les ornements des éditions ou des\nmanuscrits originaux tels qu'ils sont, quitte à chercher les moyens de les\ninterpréter de la manière la plus parfaite. Il n'y a, dans un pareil cas,\naucun doute sur la meilleure marche à suivre pour l'édition.\nMais, remontons un peu plus haut. Supposons un instant que, sans\nrien savoir de l'oeuvre de Palestrina, et des \" tripatouillages \" que se per-\nmettaient les virtuoses, il ne nous reste de ce maître que quelques éditions,\nles unes, conformes à ce que nous savons actuellement de ses compositions\nauthentiques, les autres, avec les fioritures et ornements tels que nous les\nfont connaître divers auteurs. Quel ne serait pas l'embarras de certains\nmusicologues ?\nSans doute, les uns, considérant que les éditions surchargées d'orne-\nments diffèrent les unes des autres, et sont d'ailleurs rarissimes, jugeraient\nseul bon et authentique le texte commun aux autres éditions. Mais il y\naurait aussi des musiciens pour faire remarquer qu'une des éditions avec\nornements date du vivant même de Palestrina, que nous savons que la\nmusique de ce temps aimait beaucoup de tels ornements, et qu'en consé-\nquence nous devons considérer comme plus authentiques les recueils où\nle chant est ainsi \" fleuri \", les autres les ayant abandonnés par corruption.\nSous sa forme spécieuse, le raisonnement séduirait les uns, tandis qu'il\nparaîtrait à d'autres auditeurs, qu'il vous paraît à vous-même, empreint\nd'un subjectivisme non douteux\nOr, la même querelle, exactement, sépare les grégorianisées.\nLe chant grégorien, nous le savons tous, malgré que l'habitude de\nles pratiquer ne subsiste plus guère, renferme aussi des ornements parfois\nassez nombreux. Ils sont facilement reconnaissables, même avec la notation\ncarrée sur lignes en usage depuis le XIIe siècle, parce qu'ils sont indiqués"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "par le groupement spécial des notes, ou leur place dans la mélodie : ce\nsont les quilisma, salicus, strophicus, pressus, oriscus et trigon. Si nous consul-\ntons les manuscrits plus anciens avec les neumes sans lignes, nous con-\nstatons d'une part qu'il y a, pour certains de ces ornements, des divergences,\net que, par contre, il en est sur lesquels tous les manuscrits s'entendent.\nMais, si nous étudions ces manuscrits par école, nous verrons de plus,\nqu'alors que la grande majorité des manuscrits s'entend sur le nombre et\nla place de ces ornements, ceux qui appartiennent à l'école de Saint-Gall\nen donnent un nombre beaucoup plus considérable. Et, loin d'avoir seule-\nment certains de ces ornements là où l'ensemble de la tradition s'accorde\nà les placer, les manuscrits sangalliens les mettent sur d'autres degrés, les\ninsèrent en d'autres neumes, là même où le reste des manuscrits n'en\ndonne jamais, ou du moins très rarement.\nLe sentiment commun des grégorianistes est qu'il y a ici la mani-\nfestation d'un usage d'école tout à fait spécial, tandis que les autres écoles\nreprésentent l'ensemble de la véritable tradition. C'est le sentiment de\nDom Pothier c'est aussi celui qui l'a emporté dans la Commission Pon-\ntificale, pour l'établissement de la nouvelle édition. Cependant d'autres\ngrégorianistes, voyant cette quantité d'ornements, en ont conclu que les\nmanuscrits de cette école sont plus complets et devaient préférablement\nêtre suivis ; ils ont vivement reproché à la Vaticane de ne pas en tenir\ncompte. Ils ont oublié que les chroniqueurs de Saint-Gall eux-mêmes\nnous ont mis sur la bonne voie, en nous prévenant qu'il y a une grande\ndissemblance entre le chant grégorien, tel qu'il était usité dans leur\nmonastère, et la façon dont on l'interprétait à Rome. 1\nMais, comme toute opinion est soutenable, ceux qui l'embrassent pré-\ntendent que la cantilène liturgique romaine s'est mieux conservée dans son\nétat original au milieu des montagnes des Alpes (!) où elle s'introduisit\nvers le début du IXe siècle, qu'elle ne l'a été dans la capitale des Papes,\noù saint Grégoire l'avait fixée deux cents ans plus tôt, et que la Schola\nCantorum conservait avec un soin jaloux.\nUn troisième point, sur lequel nous fûmes âprement repris dans un\npamphlet d'allure pédante publié par un prêtre allemand fixé en Irlande,\nau moment de l'apparition du premier fascicule de l'Edition, c'est la\nmanière de traiter la note si dans certains cas.\nOn le sait, en effet, suivant les époques, ou les écoles, ce degre\n\n1 Voyez sur l'ensemble des faits ou traditions relatives au chant de Saint-Gall, mes Origines plus haut citées,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.58", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "mobile de l'ancienne musique s'est tantôt transmué en bémol, tantôt en\nut. Et, quoi qu'on ait dit au sujet de la prétendue horreur du triton,\ndiabolus in musica manifestée par les anciens plain-chantistes, cette cause\nsupposée est nulle en l'espèce, comme nous le verrons tout à l'heure. D'autre\npart, si la première édition de Solesmes avait, pour ne pas trop effaroucher\nles susceptibilités, conservé un certain nombre de bémols dans diverses\nformules où l'habitude courante les plaçait, Dom Pothier les a successive-\nment éliminés dans les éditions suivantes, lorsque l'éducation grégorienne\nfut assez répandue dans le public. Mais, ouvrez l'Edition Vaticane, et\nvous recontrerez nombre de cas où le quoique indirectement, est en\nrapport avec 1 ç. fa.ll y a même certain verset alléluiatique où ces deux\nnotes sont les notes d'appui d'un neume.\nLa peur du triton n'est donc pas la raison qui a porté les éditeurs\nde la Vaticane à substituer Y ut, en divers passages, au que donnent\nles manuscrits les plus anciens.\nA l'époque antique, la \" mèse \" ou \" teneur \" de l'échelle dorienne,\nconservée dans le ton \" deuterus authente \" ou 3e ton psalmodique de la\nliturgie, était la note si. Cette échelle, qu'on a aussi nommée \" mineure\ninverse \", est représentée par l'octave de mi sans dièse ni bémol. La teneur\nsur le si fut, jusque vers le XI siècle, la note principale ou dominante\ndes récitatifs du 3e ton : à partir du XIe, Yut lui est progressivement sub-\nstitué dans ces récitatifs et dans les formules analogues. Depuis cette\népoque, il est entré dans l'usage général de la liturgie, et les divers chants\ncomposés dans l'échelle en question ont toujours pris Yut comme teneur\nrécitative. C'est sous cette forme que les mélodies les plus traditionnelles\nsont connues ; c'est avec ce procédé qu'elles ont été traitées ou imitées\npar les maîtres de la polyphonie classique, Palestrina ou Bach, pour ne\nciter que les principaux. Voilà tout simplement les causes pour lesquelles\non a, dans ces passages, suivi la version postérieure à l'an 1000 environ,\net désormais traditionnelle, plutôt que de reprendre la mèse antique.\nD'ailleurs, sur ce point tout particulier, voyez ce que dit Gevaert dans\nsa Mélopée antique,et comment il estime que remettre dans ces formules\nle si primitif serait esthétiquement un recul. Et ce qu'il avait écrit, il l'a\nrépété aux Bénédictins qui ont eu l'occasion de l'entretenir au sujet de la\nnouvelle édition. Plusieurs des points de tonalité sur lesquels a porté la\ncritique ont été solutionnés avec l'aveu de Gevaert, qu'on n'accusera\npas de certes manquer de capacité en ces délicates matières."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.59", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "Mais on pourrait se demander, en dépit de l'avis d'un tel maître\nès sciences musicologiques, si la modification qu'ont fait subir à ce mode\npeut-être inconsciemment, les gens du XIe siècle, n'est pas en réalité une\ndéformation, une corruption ? A quelles raisons, en d'autres termes,\nont-ils obéi ?\nCette cause est infiniment intéressante, et je n'ai d'ailleurs pas la\nprétention d'en épuiser ici les données, mais de les indiquer seulement.\nPour nous, qui avons l'habitude du \" tempérament \" parfaitement\négal des tons et demi-tons de la gamme, elle semblerait devoir nous\néchapper. Mais il fut un temps où cette égalité n'existait point ; où l'on\nintroduisait de plus, dans la ligne mélodique, des broderies en intervalles\nmoindres que le demi-ton. L'une et l'autre chose existent toujours dans\nles pays orientaux, de telle sorte que notre n'y est pas usité, mais s'y\ntrouve seulement représenté par des degrés correspondants, l'un plus bas,\nle si acoustique ou pythagoricien, l'autre plus haut. Or, ce cas était celui\ndes vieilles mélodies grégoriennes. Joignez àce qui n'était pas notre J/,\nle \"dièse enharmonique\" séparant en deux le demi-ton suivant, justement\ndans le même mode, et vous comprendrez parfaitement qu'au moment\noù ces divisions disparurent, le si pût s'échanger avec C'est précisé-\nment au XIe siècle que cela eut lieu : abandon des quarts de ton, premier\npas vers l'égalité des intervalles, et remplacement, dans certaines formules,\ndu si par Y ut, sont des faits concomitants. Il ne paraît donc pas pratique\nde reprendre dans les passages en question le contesté, sous peine de ne\npas lui faire donner l'effet réel qu'il produisait primitivement.\nJ'ajouterai aussi, et je livre ceci aux critiques qui l'ont ignoré, que le\nmême fait s'est produit pour le la vis-à-vis du bémol, et pour le par\nrapport au fa.\nJ'ai résumé succinctement les voies diverses qui ont conduit à la publi-\ncation de l'Edition Vaticane ; j'ai exposé les principes qui ont présidé à\nl'établissement du texte musical ; j'aurais pu également envisager ceux\nqui concernent le texte littéraire, mais ce n'est pas le lieu d'en parler.\nFerai-je maintenant l'éloge typographique du livre ?\nIl fait honneur aux presses de la typographie pontificale.1 Le nou-\nveau Graduel romain, dans son édition originale, se présente sous la forme\nd'un beau et fort volume in-B°, de plus de neuf cents pages. Il est imprimé\nsur papier à la forme, spécialement fabriqué avec le filigrane ED. VAT. LIB.\n\n1 Prix, 6 fr. broché. Chez les principaux éditeurs catholiques."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.60", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "GREG. Les pages sont encadrées d'un filet, et les diverses parties du livre\nornées de gracieuses vignettes dues à un artiste allemand. En tête, une\nchromolithographie représente saint Grégoire le Grand célébrant la\nliturgie.\nLe Saint-Siège, tout en conservant la propriété de l'œuvre, en a\nconcédé la reproduction aux éditeurs qui en ont fait la demande, et, en\nécoulant l'édition type, ceux-ci l'ont réimprimée déjà, en divers formats,\nen tout ou en partie, pour l'usage pratique des chœurs. L'édition de Rome\nest plutôt, en effet, un volume de bibliothèque, et comme elle ne sera\npoint réimprimée, elle se recommande par là à l'attention des collection-\nneurs. Les autres réimpressions seront désormais les seules éditions du\ngraduel grégorien qui paraîtront, de façon à assurer à toutes les églises\nlatines la correction et l'avantage d'un seul texte authentique des mélodies\nsacrées. Un second volume, qui est en préparation, sera l'antiphonaire\npour les heures du jour.1\n\nAmédée Gastoué.\n\n1 Un extrait anticipé de Pantiphonaire et du responsorial vient d'être récemment donné : YOfficium pro\ndefunctis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.12", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "PARIS.\nNovembre.\nIl faut le dire tout d'abord ; ce mois fut un mois de deuil.\nLa mort d'un grand artiste, fût-il jeune, n'est à l'ordinaire qu'une\napothéose. L'œuvre resplendit à ce moment de la vie même qui vient de\nquitter l'homme, et tous deux confondus commencent une nouvelle\nexistence, qui pourra être sans fin. Mais la mort de Charles Bordes est\npour notre musique une défaite irréparable. Les musiciens le plus\npurement dévoués à leur art ne lui avaient sacrifié que leur succès\nimmédiat ou leur bien-être, les bienfaits des honneurs ou de la fortune,\ntout au plus leur vie, pour que leur production demeurât conforme à leur"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.62", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "idéal. Cet homme unique lui sacrifia sa production même. Le peu qu'il\na laissé, mélodies et pièces symphoniques, témoigne de dons admirables ;\nses amis nous font espérer qu'un drame de lui reste en état d'être achevé\npar leurs soins : mais plus que toute la musique qu'il a pu rêver de créer\nlui-même, la musique des vieux maîtres, la musique en soi lui fut chère.\nIl croyait lui faire tort quand il lui dérobait le temps de réaliser à la hâte\nl'une de ses propres pensées. Pénétré de la beauté des chefs-d'œuvre\noubliés que son érudition découvrait patiemment, il n'avait de cesse qu'il\nne leur eût rendu le lustre de la vie, afin que tous pussent les admirer\navec lui. C'est ainsi qu'il fut amené à fonder et la compagnie célèbre des\nChanteurs de St Gervais et la Schola Cantorum. Si ces deux institutions ont\nexercé sur la direction de notre école moderne une influence capitale, ce\nne fut cependant point l'effet d'un propos délibéré. Bordes n'avait rien\nd'un pédant ni d'un réformateur. Il n'était qu'enthousiasme. Il ne pensait\nqu'à répandre sur tous le trésor de joies qu'il recueillait de cet art\nsublime ou charmant du passé, non plus momifié dans les baumes frigides\ndes paléographes, mais réveillé d'entre les morts par une divination\nmerveilleuse de son caractère intime et de sa beauté vivante.\nLa seule force d'une conviction ardemment passionnée a rompu\nl'épaisse croûte d'ignorance sous laquelle notre musique, détachée de ses\norigines, s'étiolait et s'égarait. Qu'était-ce pour elle que Roland de Lassus\nou Vittoria, Monteverde ou Schiitz, Palestrina même ou Rameau ? A\npeine de vagues noms. Ils nous sont aujourd'hui aussi présents que les\nmaîtres du dix-neuvième siècle. Le contact de leur œuvre, comme celui\nde la terre nourricière, offre à notre art des forces indéfinies pour marcher\ndans l'avenir. C'est à Charles Bordes que nous le devons, a son action\nsingulière, qui demeurait si souvent cachée derrière les hommes qu'elle\nanimait, et dont peut-être ils n'avaient pas toujours conscience eux-\nmêmes. C'est de cet instant, où si subitement elle nous manque, qu'on\nmesurera combien elle nous fut, combien elle nous devait etre fécondé et\nbienfaisante encore.\nVous n'attendez pas de moi, je pense, une dissertation sur 1 Or du\nRhin. Le sujet est épuisé depuis longtemps ; et si c'est la première fois\nque nous voyons le prologue de la Tétralogie à Paris, ce n est pas la\npremière fois que nous l'entendons, puisque M. Chevillard en a dirige"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.63", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "aux Concerts Lamoureux des exécutions nombreuses, intégrales et par-\nfaites. La seule chose qu'il soit intéressant de considérer en ce moment\nc'est l'impression produite par l'apparition du dernier drame wagnérien\nqui restât à représenter sur notre scène avant Parsifal.... Mais éloignons\nl'idée que Parsifal puisse jamais tomber dans le cabotinage !\nL'impression, on doit le reconnaître, est restée fort loin de celle\nqu'on avait reçue de tous les autres ouvrages de Wagner, et loin de celle\nque l'Or du Rhin lui-même faisait au concert. Quant à ce dernier point\nil fallait s'y attendre, et d'abord à cause de l'acoustique détestable de\nl'Opéra ; sans parler du spectacle, qui est d'une nature telle, qu'on peut\npréférer se le donner à soi-même dans le secret de l'imagination. Puis un\norchestre de concert, et surtout l'orchestre Lamoureux, plus nombreux,\nmoins fonctionnaire, accoutumé à se faire écouter en virtuose, devait\ndonner des exécutions nécessairement plus brillantes, plus en dehors,\nqu'un orchestre de théâtre, même le meilleur, où le quatuor est restreint,\net qui est façonné à un rôle de second plan.\nEt dans l'Or du Rhin l'orchestre reste quelquefois, en effet, au\nsecond plan. Il est traité avec une discrétion et une fluidité extrêmes ;\nil semble se contenir ; il ne fait qu'annoncer par bouffées prophétiques\nla domination qu'il entend bientôt exercer. Au concert, où tout s'inter-\nvertit, il prend tout de même le pas sur les chanteurs. Au théâtre, il les\nabandonne à leur propre autorité, si même il ne leur demande appui. Or\nun seul des interprètes de l'Or du Rh à l'Opéra, M. Van Dyck, artiste\nsans égal, possédé l'autorité dans la pleine intelligence de l'art wagnérien.\nLui seul concentre la parole, la musique et le geste dans un accent unique,\nqui est souverain. L'orchestre des drames qui ont suivi le est si\npuissant et si complexe qu'il suffit à tout. Il s'empare de l'auditeur tout\nentier, lui suggéré tout ce qu'il doit entendre dans l'interprétation du\nchanteur, et suppléé au besoin à son insuffisance. Nous nous sommes\ntrop accoutumés à la magie de cet orchestre.\nÎSious oublions trop aussi, parce qu'on nous l'offre dans un ordre\ncontraire à tout bon sens, qu'il faudrait écouter l'Or du seulement\ncomme un prologue. Prologue d'action, où une série de préparations pour\nun drame gigantesque sont minutieusement établies, où des symboles et\ndes faits, dénués d émotion humaine, sont exposés avec l'insistance et la\nnettete un peu seche qu'on emploie aux préliminaires d'une démonstration.\nPrologue de musique, ou les thèmes sur lesquels trois partitions énormes"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.64", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "vont s'édifier, se présentent dans leur simplicité première souvent toute\nproche des tournures du lied national et comme s'ils sortaient tous de\nl'accord initial, lentement élaboré d'un élément si primitif, d'une profon-\ndeur si obscure, que son premier son est plus grave qu'aucun de ceux que\nnous avons l'habitude de percevoir à l'orchestre. C'est le coup d'essai,\npresque sexagénaire aujourd'hui, et déjà le modèle accompli, le plus clair,\nle plus souple et le mieux pondéré, de ce système du leitmotiv où Wagner\nn'a point de précédent. Œuvre de l'esprit, plus que du cœur. Mais\nœuvre dont la perfection lumineusement classique, l'harmonieuse propor-\ntion, le trait si sobre et si vif, si caractéristique et si pur devraient parti-\nculièrement séduire notre âme latine. Peut-être l'ivresse des émotions\nviolentes, de ces paradis artificiels que Wagner nous a prodigués, est-elle\ndevenue pour nous un besoin. Peut-être nos sens blasés ne sont-ils plus\ncapables d'enregistrer les beautés sereines. Peut-être existe-t-il une autre\nexplication encore, si non une excuse à l'indifférence relative qu'à ren-\ncontrée l'Or du Rhin.Ce n'est pas une observation neuve, qu'au long de\nla Tétralogie le rapport entre le poème et la musique se renverse au fur et\nà mesure que se développe le contenu émotionnel du drame. Nous\nsommes bien contraints d'être plus sensibles à la musique qu'au poème,\nque nous entrevoyons à peine au travers des traductions. Et c'est pourquoi\nles mêmes auditeurs que le Crépuscule où la musique absorbe\nle poème, avait subjugués, trouvent froid et nu l'Or où le\npoème domine la musique.\nEt puis le wagnérisme ne passionne plus personne, ni pour ni\ncontre lui. C'est un culte établi, incontesté, d'aucuns disent : arriéré.\nPendant de longues années, tous les amis vrais de la musique ont lutté,\npour l'imposer, contre les plus stupides obstacles. Ils croyaient en même\ntemps, par un effet logique, ranimer le goût des classiques. Beethoven\nrégnait au concert : Gluck, un temps, au théâtre. Des desseins plus hardis\nencore les tentaient : ce n'était point assez d'avoir compris et admiré\nWagner, il fallait aussitôt s'en affranchir. Et sous l'invocation d'abord de\nl'adorable Père Franck, ensuite fortes d'elles-mêmes, des générations nou-\nvelles se levaient, dont l'indépendance croissait avec une rapidité\ndévorante. En vérité, de grands espoirs étaient permis.\nEt voici que d'un coup nous apparaît qu'ils ne recouvraient qu'un\nabîme. Nous voici face à face avec notre folie, d'avoir pensé qu'on\npouvait appeler la foule à la musique, et sortir notre art divin du milieu"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.65", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "choisi qu'une sensibilité éminente ou bien la culture, je ne dis pas forcé-\nment technique, mais au moins intellectuelle et morale, fait digne de le\ncomprendre. Nous avons cru à la possibilité d'un progrès dans la foule,\nparce qu'elle se laissait faire, guettant sournoisement sa revanche. Quo\nvadis ? vient la lui apporter, et monstrueuse. Jamais succès plus éclatant\nn'a indiqué chûte plus profonde du goût public. Je m'étais promis de ne\npas vous parler plus que de Chiquito,d'un ouvrage qui en lui-même-est\nrien, et moins que rien. Mais l'accueil qu'il a trouvé est quelque -chose.\nQu'il ait déjà existé, et en tous temps, d'autres partitions aussi triviale-\nment banales, aussi abaissées dans le pour-\nchas de l'effet insipide ou grossier, et qui\nn'atteignaient pas non plus à ce minimum\nd'orthographe qu'on est en droit d'exiger\nde tout homme qui rend publics ses\nécrits, je n'en sais rien, et c'est possible.\nMais on n'avait en-\ncore eu le front ni\nT 1 '\nde les jouer,\nni de les ap-\nplaudir. C'est\nlà notre pro-\ngrès. Il est\ndû, en bonne\npartie au"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.66", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "constant effort de ce Théâtre Lyrique de la Gaîté, subventionné par\nla Ville de Paris, prôné à l'envi par les parlementaires, quelquefois\nlibrettistes, qui rapportent le budget des Beaux-Arts ; de ce théâtre qui\nJevait, et cela était visible dès le début, finir par une mauvaise action.\nA la répétition générale de YOr du Rhin,]ç, me trouvai placé devant\nune jeune femme qui, au moment ou la nuit, selon la tradition wagné-\nrienne, se fit dans la salle, s'écria, fort gentiment d'ailleurs : \" Ah ! bon :\nli barbe ! \" Cette forte parole résume à merveille toutes les nuances de\nootre état mental. La barbe, c'est tout ce qui est beau, tout ce qui est\ngrand, tout ce qui est noble, tout ce qu'on est obligé de subir comme\nune supériorité inaccessible et inattaquable, tout ce qui fait honte aux\nturpitudes de notre temps. Et c'est avant tout la musique, non point\nseulement méconnue, mais exécrée. On n'ose assaillir directement certaines\nchoses si augustes, vénérables, que ce serait avouer trop de bassesse.\nMais on sait des moyens détournés de blasphème et de destruction.\nQuand on acclame furieusement Quo avec le mauvais goût la\nbine est de moitié. On ruine l'art véritable. On se venge de\nTournons-nous, et que ce soit notre réconfort, vers les anciens. Il\n;xiste tout de même encore quelques hommes capables de servir la\nbeauté vénérable, et de lui amener un bon nombre de fidèles. Si un peu\ns'en mêle, gardons cette fois d'en médire. La façon dont\n|M. Gustave Bret a su conduire à une prospérité assurée la Société Bach\nmérité une reconnaissante admiration. C'est dans notre Paris irrespirable\non de ces \" espaces libres \" où l'on vient refaire sa provision d'air pur,\n'Otnme aux jardins trop rares qui élèvent leur fraîcheur au-dessus du\n?ive fangeux. M. Gustave Bret a donné, pour son premier concert de la\n'ison, une exécution très remarquable de qui n'est pas\n|cs œuvres les plus grandioses de Bach, mais la plus simple peut-être et\nune des plus touchantes. Pourra-t-il jamais, après un chœur et un\nrchestre, former des solistes français ? Quelle chose vraiment désolante,\nluil1uil soit a toute occasion obligé de faire appel à des chanteurs allemands,\n•Uisses ou hollandais ! Mais que ces chanteurs sont excellents !\nCe pourrait être aussi une œuvre salutaire qu'accomplit la société de\n1 Libéra Estetica,en essayant de faire revivre le bel art italien du\nau dix-huitième siècle. Elle aurait seulement besoin de moyens"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "d'exécution plus complets. Une cantatrice, un violoniste et un pianiste,\nc'est peu, de si bonne volonté qu ils soient, et si etendu que païaisse leur\nrépertoire. ,\nNos \" grands concerts \" auxquels il nous faut joindre désormais\nune nouvelle société, un peu jeune encore, mais bien digne d'encourage-\nment : Symphoma, dirigée par les chefs d orchestre de 1 Opéra ont\nheureusement mêlé à leurs auditions plus ou moins chronologiques des\nsymphonies de Beethoven, sur des programmes toujours aussi irréfléchis,\nquelques premières auditions. La plus împoi tante fut de la symphonie de\nM. Francis Casadesus, jouée avec succès par M. Chevillard. On ne con-\nnaissait jusqu'ici de ce jeune musicien que des compositions beaucoup\nmoins considérables : poèmes symphoniques ou poèmes chantés. Sa sym-\nphonie représente un effort dont l'ambition et la conscience lui font\ngrand honneur. Il y a assurément encore dans sa musique quelque chose\nd'un peu gros, d'un peu facile, trop de complaisance à l'effusion mélodique\nou à l'emphase sonore. Mais elle a une franchise et une clarté fort sym-\npathiques. Elle a des qualités vivaces de mouvement et de couleur. Ces\nqualités, il est vrai, semblent appartenir plutôt à un musicien de théâtre,\nNi le sentiment, chez M. Casadesus, ni l'idée, ni le style n'ont rien\nde symphonique. Il a beau employer comme il faut les transformations,\nles retours et les combinaisons de thèmes ; il a beau se faire une écriture\ninstrumentale souvent excellente, établir ses trois morceaux sur un plan,\nqu'on peut trouver discutable et assez monotone, mais qui est nettement\nsuivi, quelque chose manque à son ouvrage pour être une véritable sym-\nphonie. Il n'y peut rien, sans doute, car on ne change pas la catégorie de\nsa pensée. Ce qui constitue proprement la symphonie, ce n'est point tant\nla forme on en peut concevoir, on en connaît déjà des formes les plus\ndifférentes ce n'est point tant le style : c'est une vie intérieure d'une\nsorte particulière, qu'il est plus aisé de sentir que de définir. Vie mysté-\nrieuse, qui saurait créer l'unité entre des éléments plus disparates meme\nque ceux dont M. Casadesus a fait usage.\nLa vie intérieure, la cohérence et l'unité manquent bien plus encore\ndans les autres œuvres nouvelles qu'on a entendues au cours de ce mois.\nFaisons exception pour Brocéliande de M. Paul Ladmirauk.\nprélude très musical, où le sentiment de la nature est délicat, et qui tu\njustement applaudi sous la direction de M. Pierné. Mais dans la\nbasque,honnête quoique bien décousue, de M. Achille Philip, et la"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "5\n\nfantaisie pour piano et orchestre, assez agréablement brillante, de\nM. Aymé Kunc, qui furent exécutées aux Concerts Lamoureux ; surtout\ndans une sorte de fabliau fantastique, d'ailleurs plein de talent, de\nM. Pierre Coindreau : le Chevalier Moine et les Diables dans PAbbaye, joué\naux Concerts Colonne, se manifeste la tendance trop fréquente chez les\njeunes musiciens d'aujourd'hui qui se disent \" avancés \", à ne considérer\nleur art que comme une amusette pittoresque, où il n'y a plus ni lignes,\nni construction, ni pensée véritable, mais seulement des impressions\nmobiles, des touches de couleur phonique : \" harmonies \" on sonorités,\nrythmes plus rarement. Ces jeunes musiciens peuvent se montrer parfois\nassez artistes. Mais s'ils ont raillé leurs aînés de confondre la musique avec\nla philosophie ou l'architecture, ils la confondent eux-mêmes avec la\npeinture : que dis-je ? avec le cinématographe. Ils ne composent plus :\nils juxtaposent. Il ne pensent plus : ils constatent.\nCette tendance provient en réalité de Berlioz, de Berlioz très mal\ncompris, et déforme étrangement son idéal. Elle n'est point spéciale à\nnotre pays. Nous la retrouvons, par exemple, dans un poème sympho-\nnique du Finlandais Sibelius : la Fille que M. Hasselmans\nnous a fait connaître récemment, et dont j'ignore la date. Mais deux\nouvrages à peu près contemporains l'un de l'autre, qui viennent d'être\nrepris, par M. Hasselmans encore et par M. Pierné : les\nS Italie de M. Gustave Charpentier et Penthésilêe de M. Bruneau, ont\nassez montré qu'il y a une quinzaine d'années nos jeunes musiciens\n11 avancés \" obéissaient à un autre souci de la substance et de la forme,\net que leur originalité n'en avait point pour cela moins de solidité. Et à\nce propos, quand on fera l'histoire des premiers âges du debussysme, il\nne faudra peut-être pas y oublier tout-à-fait le Bruneau du et de\nP tnthésilée.\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE D'AMÉRIQUE\n\nIl faudrait une lettre beaucoup plus longue que celle-ci pour donner\nJne idée de la vie musicale aux Etats-Unis. Laissez moi m'en tenir\nà quelques échos. Et parlons tout d'abord de Mahler le grand\nlomme d'ici, dont la direction me paraît parfois sujette à critique."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.70", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "J'avais eu l'occacion de jouer moi-même sous sa direction, l'an\ndernier, et sa compréhension de Beethoven spécialement, m avait un\npeu choqué. Cette impression s'était ensuite accentuée lorsque j'avais\nentendu la çe de Beethoven, par un autre orchestre, sous sa direction.\nQue les mouvements soient modifiés, la critique ne peut guère y trouver\nà redire. Mais que F orchestration soit changée, cela dépasse un peu, pour\nun musicien convaincu, les limites des libertés à prendre. Un orchestre à\nla Strauss jouant à pleins bras et à pleins poumons : 8 cors, 4 trompettes,\n4 flûtes, une petite flûte, 4 clarinettes, 4 hautbois, etc....\nNe croyez pas que i'exagère et que j'aie un parti pris : j ai entendu\ndans le finale la partie de hautbois transportée à la flûte, pendant que\nl'heureux hautboïste comptait des pauses que Beethoven ne lui aurait\njamais permises. Vous dirai-je aussi, que dans la 7 du meme Beethoven,\nM. Mahler a cru devoir faire doubler les cellos par les altos a un certain\npassage de l'Allegretto.\nTout ceci peut paraître des vétilles. Mais cette année M. Mahler\nayant son propre orchestre : La Philar réorganisée pour lui,\na débuté, encore avec Beethoven en introduisant une petite clarinette\nMi bémol, (instrument de musique militaire ou de poèmes symphoni-\nques de Strauss,) dans l'Éroïca.\nEnfin, le premier Concert historique comprenait une \" Suite de\nBach \" se composant de trois morceaux de la Suite en Si Mineur, alter-\nnant avec deux morceaux de la Suite en Re avec la basse continue\nimprovisée au clavecin (un piano à pinces, non un clavecin), par\nle kappellmeister, laissant son orchestre s'en aller un peu à la dérive, pour\nse complaire en des glissandos que n'eut pas desavoues Liszt. Dans cette\nSuite en Si de Bach, la flûte excusez moi de parler encore de mon\ninstrument —, a une partie de Solo que Malher n'a pas jugé assez de\nfaire tripler : il l'a fait soutenir par une clarinette : ceci est à mon avis, et\nà celui de bien des musiciens, la limite de la farce en musique.\nPuisque j'en suis aux excentricités, je dois vous parler du premier\nConcert de La Boston Symphony, lors de son passage à New-York, la\nsemaine dernière. Le Concert se composait de trois morceaux sympboni-\nques : Ouverture pour une Tragédie, de Max Reger ; la Seconde de\nBrahms et Till Eulenspiegel ; avec intermèdes vocaux, par M.Charles\nGilibert, délicieux diseur, qui a voulu une fois de plus défendre la cause\nde la musique française et a interprété l'air du Tambour Major du Caid."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "puis a chanté du Massenet. Massenet a quelquefois sa place dans les\nconcerts symphoniques, mais je ne crois pas que l'air de \" Grisélidis \"\nfasse partie de ce répertoire, pas plus d'ailleurs que \" Dansons la Gigue,\"\nle ce pauvre Charles Bordes.\nLa Boston Symphony avait quelques jours auparavant joué à Boston\navec grand succès la Seconde Symphonie de d'lndy.\nDimanche prochain, la New York Symphony joue à New-York et\npour la première fois en Amérique la Rhapsodie Espagnole de Ravel.\nUn des événements de ce commencement de saison, c'est l'ouverture\nJe l'Opéra de Boston, dont le personnel est à peu près exclusivement com-\nposé d'éléments locaux, y compris le corps de ballet, qui d'ailleurs y\ngagne, étant composé de jeunes et fraîches \" American Girls \" au lieu\nles pauvres Italiennes habituelles, pour qui jeunesse et fraîcheur sont\n'presque toujours de bien lointains souvenirs.\nL'ouverture s'est faite avec la Gioconda, avec Mme Nordica et\nMme Louise Homer.\nA New-York les deux Opéras fonctionnent le Metropolitan a\nouvert Lundi avec la Gioconda. L'Opéra italien fait fureur ici :le\nMétropolitan n'annonce que des Tosca Butterfly Bohème ; quel-\nques Aida Rigoletto : le Wagner ne bat pas encore son plein. Lohen-\ngrin fait les frais du moment : prochainement Parsifal. Pour les Français,\nWerther.... et c'est tout.\nD'ailleurs, Massenet est en vogue. Le (direc-\ntion Hammerstein) a ouvert avec Hérodiade et dans la même semaine,\niapho et Thaïs. Là, le répertoire allemand n'a pas cours et lorsque l'on\njoue pas la Tosca ou Cavalleria on joue du Français. Mais hélas, où\n;5t il, le temps où l'on jouait Pelléas, Louise, et où l'on nous promettait\niriane et Barbe Bleue, Aphrodite, etc. ! Non, le répertoire français se\n•ompose en plus d'œuvres de Massenet, de Carmen, des Dragons de\nillars et de la Mascotte.\nParmi les virtuoses innombrables qui se partagent les faveurs du grand\nüblic, les deux les plus applaudis ont été RachmanninofF et Kreisler. Ce\n1 ernier est en ce moment en pleine possession de son talent et ses deux\ndu Concerto de Beethoven, Dimanche et Mardi, ont pris des\n'ores d'hommages respectueux à la mémoire du Maître de Bonn. Il est\nde décrire l'émotion réelle que l'on éprouve à l'audition de\net admirable artiste. Et si quelques musiciens à la larme facile avaient"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.72", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "les yeux un peu rouges après le Concerto, ils sont bien excusables ; les\nimpressions d'art pur sont assez rares pour qu'on les savoure pleinement,\nlorsqu'elles se manifestent de cette façon.\nRachmaninnoff se fait connaître comme pianiste et compositeur, jouant\ndes concertos pour piano et conduisant des œuvres d'orchestre. On en\npromet une à la fin du mois à la New-York Symphony : Le Rocher.\nCette même New-York Symphony a ouvert sa saison avec une nou-\nvelle audition d'Elgar, symphonie déjà jouée plusieurs fois l'an passé.\nLa musique de chambre a été moins favorisée jusqu'à\ncélèbre quatuor Kneisel n'a pas encore recommencé ses séances. A signa-\nler les séances de sonates Piano et Violon par Mme et Mr David Mannes.\nDimanche prochain dernier, première séance, Sonate de Pierné ; le mois\nprochain, Sonate d'Enesco.\n\nG. Barrére.\n\nLETTRE DE MUNICH\n\nUne moyenne de vingt concerts par semaine, depuis deux mois, et\nce n'est que le commencement de la saison ! Le cinquantenaire de la mort\nde Spohr (22 octobre 1859) vaut à ses symphonies un regain de faveur:\nM. Paul Prill donne cet op 68, A la gloire de la Musique, d'après un\npoème de Cari Pfeiffer, dont elle se passe à vrai dire fort bien, et l'ouver-\nture du drame hindou, sans trace de couleur locale du reste,\nM. Mottl enchérit et donne la IIIeme, ut mineur, avec l'ouverture et un\nair de Faust,le VTPme concerto de violon et l'adagio du IXeme. D'où il\nappert que Joachim avait raison de les chérir et que nous avons tort de ne\nplus jouer ces symphonies, de même que celles de Joachim Raff (1822-\n1882), dont celle intitulée Dans la fapparaît seule encore de loin en\nloin sur les programmes. M. Prill, lui, en a ressuscité une, titréé Lenort,\nd'après la Ballade de Burger ; l'orchestration en est parfois encore impré-\nvue aujourd'hui. Je lis à l'instant l'expression du parfait mépris de\nM. Vincent d'lndy pour Raff, dans le second volume de son\ncomposition musicale.Or, la qualité mélodique de la première partie de\nLœnore (VAmour heureux), surtout dans /'Andante larghetto, m'a fait penser\nparfois à celle du père Franck ! Tel qui compose sans soin (et encore est-1\nce bien sûr ?) rachète souvent ce défaut par des qualités de spontanéité,"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.73", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "de verve et d'invention, qu'il aurait bien tort de brider, et rien n'est fait\npour rendre précautieux à l'égard des jugements, tranchants et sans appel,\ncomme d'opposer à la catégorique condamnation de M. d'lndy, l'estime\nen laquelle M. Edgar Tinel tient Raff, puisque, en plein Bruxelles moder-\nniste, l'auteur de Francisais et de a osé inaugurer par une\nsymphonie de ce méconnu, presqu'un oublié, sa direction des concerts du\nConservatoire, je prétends pour ma part que, même au point de vue de la\ncomposition, il y a beacoup à apprendre dans et à tous égards\nbeaucoup à se réjouir à une telle audition. Le retour d'une sorte d'idée fixe,\nsans insistance fatigante du reste, le programme, qu'il n'est pas indispen-\nsable mais seulement agréable de connaître, relient de telles œuvres\nhybrides mais charmantes, à la fois aux symphonies classiques et à celles\nromantiques d'un Berlioz et d'un Liszt.\nM. de Hausegger, avec une reprise énergique de la symphonie\nFaust de ce dernier, a inspiré à tout Munich un vif regret du\ntemps où, chaque semaine, nous pouvions assister à une mise en\nvaleur des grandes œuvres les plus variées, mais en revanche aucun\nregret des jours où, sous sa direction et celle de M. Stavenhagen, les\npoèmes symphoniques de Liszt sévissaient par accablantes sériés. Je sais\nque, à Paris, certains d'entre vous les réclament à cor et à cri. On a vite\ntait d'en être saturé ! Souffle court, rabachage, desseins ambitieux, hachis\nJe petites intentions ridicules, parfois mot à mot musical fastidieux d'un\ntexte littéraire donné, la prétention de traduire tous les grands chefs-\nd'œuvre de la poésie ou de l'art en une musique, sans grandes lignes\ncomme sans composition organique, d'une part ; d'autre part, la seule\n[compensation de quelques effets d'orchestre, qui ont cessé d'être neufs. Je\nne sais rien de tel pour rejeter vers Brahms, qui est plus neuf, plus juste et\nplus profond dans ses Variations sur le choral de Saint Antoine, en effets\nd'orchestre et en peinture instrumentale, que tous ces Faust,\nïïante, Hungaria, Tasso, Orphée ou simplement Kaulbach fta Bataille des\nÏÏunsJ d'un grand brave homme, qui ne doute de rien, mais qui mani-\n'fiste à quel point il est inapte à pénétrer tant de grands sujets par la\nMusique même dont il les paraphrase.\nEt maintenant aux nouveautés. Le Morceau nocturne fNachtstûckJ de\nHerman Zilcher, pour deux pianos et instruments a cordes, est fort\nPressant et qui mieux est, d'une très délicate rêverie. M. Prill nous a\napporté deux œuvres de jeunesse de Richard Strauss, la Sérénade op 7, pour"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.74", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "quelques bois et cuivres, et le concerto de violon op 8, œuvres aimables\net déjà habiles, à la veine mélodique facile, où l'on sent la contradiction\nà la fois d'un esprit éveillé, qui va vite en besogne, et d'un caractère\nsérieux, qui tient à se rendre compte des ressources de chaque instrument.\nSa sonate op 18, pour piano et violon, a eu raison aux soirees modernes\n(de M. A. Schmid-Linder, un grand ami de la musique française) de la\nsonate en ut majeur de M. d'lndy et de celle en mi mineur de feu Ludwig\nThuille, comme il en sera toujours de la jeunesse, de la verve primesau-\ntière et même d'une certaine gaminerie, opposées aux plus nobles labeurs\net aux savants accès d'humour de tous les \"Législateurs du Parnasse\".\nMUe Sophie Blum veut une mention spéciale pour la manière, dont elle a\ntenu sa partie de violon, dans ces trois sonates si différentes où, entre le\nsagace éducateur allemand et l'éducateur français de grand style, Strauss\napparut un peu comme l'enfant terrible a qui tout est bon pour ce qu'il\nen veut faire.Avec lui encore plus qu'avec d'autres la première chose en\neffet est toujours de se demander ce qu'il a voulu et non de le reprendre\nsévèrement à propos de ce qu'il aurait du.\nEt voici les deux pièces de résistance : le quatuor à cordes op. 13, de\nM. H ans Pfitzner et certain Prologue, de M. Max Reger. Comment se\nfait-il que la musique de M. Pfitzner soit si ignorée en France, alors que\ncelle de M. Reger y parait de loin en loin ? C'est le même cas qu'avec\nl'envahissant M. Strauss, alors que M. Mahler peu à peu conquiert ce\npremier rang, auquel seul il a droit parmi les grands musiciens de l'heure\nactuelle en Allemagne ? je ne veux diminuer ni M. Reger, ni M. Strauss,\nmais enfin comment juger sérieusement la musique d'un pays, dont on\nomet les deux plus géniaux représentants. Mahler du moins prend ses\néclatantes revanches ailleurs. Mais M. Pfitzner ! Il est à vos portes,\nà Strasbourg, où il opère des merveilles ; son œuvre est précieuse et rare\nentre toutes, réfléchie, ironiste, fantasque et surprenante, expression d'une\nAllemagne, qui est aussi peu que possible celle dont on trouve journellement\nde sportraits, très chargés et très superficiels, un peu partout dans votre\njournalisme. Ce quatuor op 1 3 est du reste si peu fait pour les habitudes\nde l'oreille allemande que, peut-être, lui donneriez-vous vos suffrages.\nQuant à l'opus 108 de M. Max Reger,\nqui n'existe pas, mais qu'il faut supposer d'une rare brutalité, au nom du\nciel laissez-le dormir, vous contempteurs de la et des\nHiller ! Sifflé l'an passé à Cologne, chuté quelque peu hier à Munich."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "malgré la ferme défense de ceux qui ont pris la peine d'en suivre toutes\nles répétitions, il n'est certes pas fait pour plaire au public, encore moins\naux savants. Rien d'amusant comme de surprendre l'air piteux et décon-\ntenancé des augures : c'est tellement plus fort que ce qu'ils sont capables\nde concevoir ! Dès lors ils prennent le parti de se réfugier derrière\nle sentiment public et de déclarer que la musique est faite après tout pour\nplaire ! Retour aux vieux errements, à tout le moins inattendu, chez de\ntels théoriciens de haut vol. Bref, tout le monde se met d'accord pour\ndéclarer la chose exécrable. La chose est un mastodante, je le veux bien, mais\nelle est viable, croyez m'en, et elle a beauté. Entrecoupée neuf fois par\nune sorte de reproche du lointain, de blâme de l'horizon à l'adresse des\nmétaits et des fracas humains du premier plan, étalés dans les compactes\net puissantes périodes, elle est peut-être l'une des plus hautes conceptions\nsorties de ce cerveau singulier, dont le modernisme s'accommode d'une\nstructure par filaments enchevêtrées, tout comme l'impressionnisme patient\net méticuleusement composé d'un Segantini. Aucune fantaisie dans\nle maniement de l'orchestre, il va sans dire, et cependant des finesses, des\nsubtilités en quelque sorte psychologiques. Tous les musiciens de Munich\nprésents sont, aussi bien que l'alliance de la critique et des profanes,\nunanimes dans un blâme et des réserves, où il entre un indéfinissable\nsentiment d'envieux respect.\nUn jeune chef d'orchestre croate, M. Ivan Froebe s'est distingué\npar de soigneux programmes de soirées classiques, admirablement intelli-\ngentes et préparées con amore.Mais nous préférons le retrouver aux\nnouveautés qu'il annonce, entre autres XApalachia de Frédéric Délius.\n\nWilliam Ritter."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.12.2", "titre_corps": "PARIS.", "titre_sommaire": "PARIS.", "signature_source": "Gaston Carraud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "PARIS.\nNovembre.\nIl faut le dire tout d'abord ; ce mois fut un mois de deuil.\nLa mort d'un grand artiste, fût-il jeune, n'est à l'ordinaire qu'une\napothéose. L'œuvre resplendit à ce moment de la vie même qui vient de\nquitter l'homme, et tous deux confondus commencent une nouvelle\nexistence, qui pourra être sans fin. Mais la mort de Charles Bordes est\npour notre musique une défaite irréparable. Les musiciens le plus\npurement dévoués à leur art ne lui avaient sacrifié que leur succès\nimmédiat ou leur bien-être, les bienfaits des honneurs ou de la fortune,\ntout au plus leur vie, pour que leur production demeurât conforme à leur"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.62", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "idéal. Cet homme unique lui sacrifia sa production même. Le peu qu'il\na laissé, mélodies et pièces symphoniques, témoigne de dons admirables ;\nses amis nous font espérer qu'un drame de lui reste en état d'être achevé\npar leurs soins : mais plus que toute la musique qu'il a pu rêver de créer\nlui-même, la musique des vieux maîtres, la musique en soi lui fut chère.\nIl croyait lui faire tort quand il lui dérobait le temps de réaliser à la hâte\nl'une de ses propres pensées. Pénétré de la beauté des chefs-d'œuvre\noubliés que son érudition découvrait patiemment, il n'avait de cesse qu'il\nne leur eût rendu le lustre de la vie, afin que tous pussent les admirer\navec lui. C'est ainsi qu'il fut amené à fonder et la compagnie célèbre des\nChanteurs de St Gervais et la Schola Cantorum. Si ces deux institutions ont\nexercé sur la direction de notre école moderne une influence capitale, ce\nne fut cependant point l'effet d'un propos délibéré. Bordes n'avait rien\nd'un pédant ni d'un réformateur. Il n'était qu'enthousiasme. Il ne pensait\nqu'à répandre sur tous le trésor de joies qu'il recueillait de cet art\nsublime ou charmant du passé, non plus momifié dans les baumes frigides\ndes paléographes, mais réveillé d'entre les morts par une divination\nmerveilleuse de son caractère intime et de sa beauté vivante.\nLa seule force d'une conviction ardemment passionnée a rompu\nl'épaisse croûte d'ignorance sous laquelle notre musique, détachée de ses\norigines, s'étiolait et s'égarait. Qu'était-ce pour elle que Roland de Lassus\nou Vittoria, Monteverde ou Schiitz, Palestrina même ou Rameau ? A\npeine de vagues noms. Ils nous sont aujourd'hui aussi présents que les\nmaîtres du dix-neuvième siècle. Le contact de leur œuvre, comme celui\nde la terre nourricière, offre à notre art des forces indéfinies pour marcher\ndans l'avenir. C'est à Charles Bordes que nous le devons, a son action\nsingulière, qui demeurait si souvent cachée derrière les hommes qu'elle\nanimait, et dont peut-être ils n'avaient pas toujours conscience eux-\nmêmes. C'est de cet instant, où si subitement elle nous manque, qu'on\nmesurera combien elle nous fut, combien elle nous devait etre fécondé et\nbienfaisante encore.\nVous n'attendez pas de moi, je pense, une dissertation sur 1 Or du\nRhin. Le sujet est épuisé depuis longtemps ; et si c'est la première fois\nque nous voyons le prologue de la Tétralogie à Paris, ce n est pas la\npremière fois que nous l'entendons, puisque M. Chevillard en a dirige"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.63", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "aux Concerts Lamoureux des exécutions nombreuses, intégrales et par-\nfaites. La seule chose qu'il soit intéressant de considérer en ce moment\nc'est l'impression produite par l'apparition du dernier drame wagnérien\nqui restât à représenter sur notre scène avant Parsifal.... Mais éloignons\nl'idée que Parsifal puisse jamais tomber dans le cabotinage !\nL'impression, on doit le reconnaître, est restée fort loin de celle\nqu'on avait reçue de tous les autres ouvrages de Wagner, et loin de celle\nque l'Or du Rhin lui-même faisait au concert. Quant à ce dernier point\nil fallait s'y attendre, et d'abord à cause de l'acoustique détestable de\nl'Opéra ; sans parler du spectacle, qui est d'une nature telle, qu'on peut\npréférer se le donner à soi-même dans le secret de l'imagination. Puis un\norchestre de concert, et surtout l'orchestre Lamoureux, plus nombreux,\nmoins fonctionnaire, accoutumé à se faire écouter en virtuose, devait\ndonner des exécutions nécessairement plus brillantes, plus en dehors,\nqu'un orchestre de théâtre, même le meilleur, où le quatuor est restreint,\net qui est façonné à un rôle de second plan.\nEt dans l'Or du Rhin l'orchestre reste quelquefois, en effet, au\nsecond plan. Il est traité avec une discrétion et une fluidité extrêmes ;\nil semble se contenir ; il ne fait qu'annoncer par bouffées prophétiques\nla domination qu'il entend bientôt exercer. Au concert, où tout s'inter-\nvertit, il prend tout de même le pas sur les chanteurs. Au théâtre, il les\nabandonne à leur propre autorité, si même il ne leur demande appui. Or\nun seul des interprètes de l'Or du Rh à l'Opéra, M. Van Dyck, artiste\nsans égal, possédé l'autorité dans la pleine intelligence de l'art wagnérien.\nLui seul concentre la parole, la musique et le geste dans un accent unique,\nqui est souverain. L'orchestre des drames qui ont suivi le est si\npuissant et si complexe qu'il suffit à tout. Il s'empare de l'auditeur tout\nentier, lui suggéré tout ce qu'il doit entendre dans l'interprétation du\nchanteur, et suppléé au besoin à son insuffisance. Nous nous sommes\ntrop accoutumés à la magie de cet orchestre.\nÎSious oublions trop aussi, parce qu'on nous l'offre dans un ordre\ncontraire à tout bon sens, qu'il faudrait écouter l'Or du seulement\ncomme un prologue. Prologue d'action, où une série de préparations pour\nun drame gigantesque sont minutieusement établies, où des symboles et\ndes faits, dénués d émotion humaine, sont exposés avec l'insistance et la\nnettete un peu seche qu'on emploie aux préliminaires d'une démonstration.\nPrologue de musique, ou les thèmes sur lesquels trois partitions énormes"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.64", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "vont s'édifier, se présentent dans leur simplicité première souvent toute\nproche des tournures du lied national et comme s'ils sortaient tous de\nl'accord initial, lentement élaboré d'un élément si primitif, d'une profon-\ndeur si obscure, que son premier son est plus grave qu'aucun de ceux que\nnous avons l'habitude de percevoir à l'orchestre. C'est le coup d'essai,\npresque sexagénaire aujourd'hui, et déjà le modèle accompli, le plus clair,\nle plus souple et le mieux pondéré, de ce système du leitmotiv où Wagner\nn'a point de précédent. Œuvre de l'esprit, plus que du cœur. Mais\nœuvre dont la perfection lumineusement classique, l'harmonieuse propor-\ntion, le trait si sobre et si vif, si caractéristique et si pur devraient parti-\nculièrement séduire notre âme latine. Peut-être l'ivresse des émotions\nviolentes, de ces paradis artificiels que Wagner nous a prodigués, est-elle\ndevenue pour nous un besoin. Peut-être nos sens blasés ne sont-ils plus\ncapables d'enregistrer les beautés sereines. Peut-être existe-t-il une autre\nexplication encore, si non une excuse à l'indifférence relative qu'à ren-\ncontrée l'Or du Rhin.Ce n'est pas une observation neuve, qu'au long de\nla Tétralogie le rapport entre le poème et la musique se renverse au fur et\nà mesure que se développe le contenu émotionnel du drame. Nous\nsommes bien contraints d'être plus sensibles à la musique qu'au poème,\nque nous entrevoyons à peine au travers des traductions. Et c'est pourquoi\nles mêmes auditeurs que le Crépuscule où la musique absorbe\nle poème, avait subjugués, trouvent froid et nu l'Or où le\npoème domine la musique.\nEt puis le wagnérisme ne passionne plus personne, ni pour ni\ncontre lui. C'est un culte établi, incontesté, d'aucuns disent : arriéré.\nPendant de longues années, tous les amis vrais de la musique ont lutté,\npour l'imposer, contre les plus stupides obstacles. Ils croyaient en même\ntemps, par un effet logique, ranimer le goût des classiques. Beethoven\nrégnait au concert : Gluck, un temps, au théâtre. Des desseins plus hardis\nencore les tentaient : ce n'était point assez d'avoir compris et admiré\nWagner, il fallait aussitôt s'en affranchir. Et sous l'invocation d'abord de\nl'adorable Père Franck, ensuite fortes d'elles-mêmes, des générations nou-\nvelles se levaient, dont l'indépendance croissait avec une rapidité\ndévorante. En vérité, de grands espoirs étaient permis.\nEt voici que d'un coup nous apparaît qu'ils ne recouvraient qu'un\nabîme. Nous voici face à face avec notre folie, d'avoir pensé qu'on\npouvait appeler la foule à la musique, et sortir notre art divin du milieu"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.65", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "choisi qu'une sensibilité éminente ou bien la culture, je ne dis pas forcé-\nment technique, mais au moins intellectuelle et morale, fait digne de le\ncomprendre. Nous avons cru à la possibilité d'un progrès dans la foule,\nparce qu'elle se laissait faire, guettant sournoisement sa revanche. Quo\nvadis ? vient la lui apporter, et monstrueuse. Jamais succès plus éclatant\nn'a indiqué chûte plus profonde du goût public. Je m'étais promis de ne\npas vous parler plus que de Chiquito,d'un ouvrage qui en lui-même-est\nrien, et moins que rien. Mais l'accueil qu'il a trouvé est quelque -chose.\nQu'il ait déjà existé, et en tous temps, d'autres partitions aussi triviale-\nment banales, aussi abaissées dans le pour-\nchas de l'effet insipide ou grossier, et qui\nn'atteignaient pas non plus à ce minimum\nd'orthographe qu'on est en droit d'exiger\nde tout homme qui rend publics ses\nécrits, je n'en sais rien, et c'est possible.\nMais on n'avait en-\ncore eu le front ni\nT 1 '\nde les jouer,\nni de les ap-\nplaudir. C'est\nlà notre pro-\ngrès. Il est\ndû, en bonne\npartie au"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.66", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "constant effort de ce Théâtre Lyrique de la Gaîté, subventionné par\nla Ville de Paris, prôné à l'envi par les parlementaires, quelquefois\nlibrettistes, qui rapportent le budget des Beaux-Arts ; de ce théâtre qui\nJevait, et cela était visible dès le début, finir par une mauvaise action.\nA la répétition générale de YOr du Rhin,]ç, me trouvai placé devant\nune jeune femme qui, au moment ou la nuit, selon la tradition wagné-\nrienne, se fit dans la salle, s'écria, fort gentiment d'ailleurs : \" Ah ! bon :\nli barbe ! \" Cette forte parole résume à merveille toutes les nuances de\nootre état mental. La barbe, c'est tout ce qui est beau, tout ce qui est\ngrand, tout ce qui est noble, tout ce qu'on est obligé de subir comme\nune supériorité inaccessible et inattaquable, tout ce qui fait honte aux\nturpitudes de notre temps. Et c'est avant tout la musique, non point\nseulement méconnue, mais exécrée. On n'ose assaillir directement certaines\nchoses si augustes, vénérables, que ce serait avouer trop de bassesse.\nMais on sait des moyens détournés de blasphème et de destruction.\nQuand on acclame furieusement Quo avec le mauvais goût la\nbine est de moitié. On ruine l'art véritable. On se venge de\nTournons-nous, et que ce soit notre réconfort, vers les anciens. Il\n;xiste tout de même encore quelques hommes capables de servir la\nbeauté vénérable, et de lui amener un bon nombre de fidèles. Si un peu\ns'en mêle, gardons cette fois d'en médire. La façon dont\n|M. Gustave Bret a su conduire à une prospérité assurée la Société Bach\nmérité une reconnaissante admiration. C'est dans notre Paris irrespirable\non de ces \" espaces libres \" où l'on vient refaire sa provision d'air pur,\n'Otnme aux jardins trop rares qui élèvent leur fraîcheur au-dessus du\n?ive fangeux. M. Gustave Bret a donné, pour son premier concert de la\n'ison, une exécution très remarquable de qui n'est pas\n|cs œuvres les plus grandioses de Bach, mais la plus simple peut-être et\nune des plus touchantes. Pourra-t-il jamais, après un chœur et un\nrchestre, former des solistes français ? Quelle chose vraiment désolante,\nluil1uil soit a toute occasion obligé de faire appel à des chanteurs allemands,\n•Uisses ou hollandais ! Mais que ces chanteurs sont excellents !\nCe pourrait être aussi une œuvre salutaire qu'accomplit la société de\n1 Libéra Estetica,en essayant de faire revivre le bel art italien du\nau dix-huitième siècle. Elle aurait seulement besoin de moyens"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "d'exécution plus complets. Une cantatrice, un violoniste et un pianiste,\nc'est peu, de si bonne volonté qu ils soient, et si etendu que païaisse leur\nrépertoire. ,\nNos \" grands concerts \" auxquels il nous faut joindre désormais\nune nouvelle société, un peu jeune encore, mais bien digne d'encourage-\nment : Symphoma, dirigée par les chefs d orchestre de 1 Opéra ont\nheureusement mêlé à leurs auditions plus ou moins chronologiques des\nsymphonies de Beethoven, sur des programmes toujours aussi irréfléchis,\nquelques premières auditions. La plus împoi tante fut de la symphonie de\nM. Francis Casadesus, jouée avec succès par M. Chevillard. On ne con-\nnaissait jusqu'ici de ce jeune musicien que des compositions beaucoup\nmoins considérables : poèmes symphoniques ou poèmes chantés. Sa sym-\nphonie représente un effort dont l'ambition et la conscience lui font\ngrand honneur. Il y a assurément encore dans sa musique quelque chose\nd'un peu gros, d'un peu facile, trop de complaisance à l'effusion mélodique\nou à l'emphase sonore. Mais elle a une franchise et une clarté fort sym-\npathiques. Elle a des qualités vivaces de mouvement et de couleur. Ces\nqualités, il est vrai, semblent appartenir plutôt à un musicien de théâtre,\nNi le sentiment, chez M. Casadesus, ni l'idée, ni le style n'ont rien\nde symphonique. Il a beau employer comme il faut les transformations,\nles retours et les combinaisons de thèmes ; il a beau se faire une écriture\ninstrumentale souvent excellente, établir ses trois morceaux sur un plan,\nqu'on peut trouver discutable et assez monotone, mais qui est nettement\nsuivi, quelque chose manque à son ouvrage pour être une véritable sym-\nphonie. Il n'y peut rien, sans doute, car on ne change pas la catégorie de\nsa pensée. Ce qui constitue proprement la symphonie, ce n'est point tant\nla forme on en peut concevoir, on en connaît déjà des formes les plus\ndifférentes ce n'est point tant le style : c'est une vie intérieure d'une\nsorte particulière, qu'il est plus aisé de sentir que de définir. Vie mysté-\nrieuse, qui saurait créer l'unité entre des éléments plus disparates meme\nque ceux dont M. Casadesus a fait usage.\nLa vie intérieure, la cohérence et l'unité manquent bien plus encore\ndans les autres œuvres nouvelles qu'on a entendues au cours de ce mois.\nFaisons exception pour Brocéliande de M. Paul Ladmirauk.\nprélude très musical, où le sentiment de la nature est délicat, et qui tu\njustement applaudi sous la direction de M. Pierné. Mais dans la\nbasque,honnête quoique bien décousue, de M. Achille Philip, et la"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.69", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "fantaisie pour piano et orchestre, assez agréablement brillante, de\nM. Aymé Kunc, qui furent exécutées aux Concerts Lamoureux ; surtout\ndans une sorte de fabliau fantastique, d'ailleurs plein de talent, de\nM. Pierre Coindreau : le Chevalier Moine et les Diables dans PAbbaye, joué\naux Concerts Colonne, se manifeste la tendance trop fréquente chez les\njeunes musiciens d'aujourd'hui qui se disent \" avancés \", à ne considérer\nleur art que comme une amusette pittoresque, où il n'y a plus ni lignes,\nni construction, ni pensée véritable, mais seulement des impressions\nmobiles, des touches de couleur phonique : \" harmonies \" on sonorités,\nrythmes plus rarement. Ces jeunes musiciens peuvent se montrer parfois\nassez artistes. Mais s'ils ont raillé leurs aînés de confondre la musique avec\nla philosophie ou l'architecture, ils la confondent eux-mêmes avec la\npeinture : que dis-je ? avec le cinématographe. Ils ne composent plus :\nils juxtaposent. Il ne pensent plus : ils constatent.\nCette tendance provient en réalité de Berlioz, de Berlioz très mal\ncompris, et déforme étrangement son idéal. Elle n'est point spéciale à\nnotre pays. Nous la retrouvons, par exemple, dans un poème sympho-\nnique du Finlandais Sibelius : la Fille que M. Hasselmans\nnous a fait connaître récemment, et dont j'ignore la date. Mais deux\nouvrages à peu près contemporains l'un de l'autre, qui viennent d'être\nrepris, par M. Hasselmans encore et par M. Pierné : les\nS Italie de M. Gustave Charpentier et Penthésilêe de M. Bruneau, ont\nassez montré qu'il y a une quinzaine d'années nos jeunes musiciens\n11 avancés \" obéissaient à un autre souci de la substance et de la forme,\net que leur originalité n'en avait point pour cela moins de solidité. Et à\nce propos, quand on fera l'histoire des premiers âges du debussysme, il\nne faudra peut-être pas y oublier tout-à-fait le Bruneau du et de\nP tnthésilée.\n\nGaston Carraud."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.12.2.1", "titre_corps": "Aux répétitions de l'Or du Rhin: M. Messager M. Lagarde M. Hengel", "titre_sommaire": "Aux répétitions de l'Or du Rhin: M. Messager M. Lagarde M. 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Barrére", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 15, "texte": "5"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.69", "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "LETTRE D'AMÉRIQUE\n\nIl faudrait une lettre beaucoup plus longue que celle-ci pour donner\nJne idée de la vie musicale aux Etats-Unis. Laissez moi m'en tenir\nà quelques échos. Et parlons tout d'abord de Mahler le grand\nlomme d'ici, dont la direction me paraît parfois sujette à critique."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.70", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "J'avais eu l'occacion de jouer moi-même sous sa direction, l'an\ndernier, et sa compréhension de Beethoven spécialement, m avait un\npeu choqué. Cette impression s'était ensuite accentuée lorsque j'avais\nentendu la çe de Beethoven, par un autre orchestre, sous sa direction.\nQue les mouvements soient modifiés, la critique ne peut guère y trouver\nà redire. Mais que F orchestration soit changée, cela dépasse un peu, pour\nun musicien convaincu, les limites des libertés à prendre. Un orchestre à\nla Strauss jouant à pleins bras et à pleins poumons : 8 cors, 4 trompettes,\n4 flûtes, une petite flûte, 4 clarinettes, 4 hautbois, etc....\nNe croyez pas que i'exagère et que j'aie un parti pris : j ai entendu\ndans le finale la partie de hautbois transportée à la flûte, pendant que\nl'heureux hautboïste comptait des pauses que Beethoven ne lui aurait\njamais permises. Vous dirai-je aussi, que dans la 7 du meme Beethoven,\nM. Mahler a cru devoir faire doubler les cellos par les altos a un certain\npassage de l'Allegretto.\nTout ceci peut paraître des vétilles. Mais cette année M. Mahler\nayant son propre orchestre : La Philar réorganisée pour lui,\na débuté, encore avec Beethoven en introduisant une petite clarinette\nMi bémol, (instrument de musique militaire ou de poèmes symphoni-\nques de Strauss,) dans l'Éroïca.\nEnfin, le premier Concert historique comprenait une \" Suite de\nBach \" se composant de trois morceaux de la Suite en Si Mineur, alter-\nnant avec deux morceaux de la Suite en Re avec la basse continue\nimprovisée au clavecin (un piano à pinces, non un clavecin), par\nle kappellmeister, laissant son orchestre s'en aller un peu à la dérive, pour\nse complaire en des glissandos que n'eut pas desavoues Liszt. Dans cette\nSuite en Si de Bach, la flûte excusez moi de parler encore de mon\ninstrument —, a une partie de Solo que Malher n'a pas jugé assez de\nfaire tripler : il l'a fait soutenir par une clarinette : ceci est à mon avis, et\nà celui de bien des musiciens, la limite de la farce en musique.\nPuisque j'en suis aux excentricités, je dois vous parler du premier\nConcert de La Boston Symphony, lors de son passage à New-York, la\nsemaine dernière. Le Concert se composait de trois morceaux sympboni-\nques : Ouverture pour une Tragédie, de Max Reger ; la Seconde de\nBrahms et Till Eulenspiegel ; avec intermèdes vocaux, par M.Charles\nGilibert, délicieux diseur, qui a voulu une fois de plus défendre la cause\nde la musique française et a interprété l'air du Tambour Major du Caid."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "puis a chanté du Massenet. Massenet a quelquefois sa place dans les\nconcerts symphoniques, mais je ne crois pas que l'air de \" Grisélidis \"\nfasse partie de ce répertoire, pas plus d'ailleurs que \" Dansons la Gigue,\"\nle ce pauvre Charles Bordes.\nLa Boston Symphony avait quelques jours auparavant joué à Boston\navec grand succès la Seconde Symphonie de d'lndy.\nDimanche prochain, la New York Symphony joue à New-York et\npour la première fois en Amérique la Rhapsodie Espagnole de Ravel.\nUn des événements de ce commencement de saison, c'est l'ouverture\nJe l'Opéra de Boston, dont le personnel est à peu près exclusivement com-\nposé d'éléments locaux, y compris le corps de ballet, qui d'ailleurs y\ngagne, étant composé de jeunes et fraîches \" American Girls \" au lieu\nles pauvres Italiennes habituelles, pour qui jeunesse et fraîcheur sont\n'presque toujours de bien lointains souvenirs.\nL'ouverture s'est faite avec la Gioconda, avec Mme Nordica et\nMme Louise Homer.\nA New-York les deux Opéras fonctionnent le Metropolitan a\nouvert Lundi avec la Gioconda. L'Opéra italien fait fureur ici :le\nMétropolitan n'annonce que des Tosca Butterfly Bohème ; quel-\nques Aida Rigoletto : le Wagner ne bat pas encore son plein. Lohen-\ngrin fait les frais du moment : prochainement Parsifal. Pour les Français,\nWerther.... et c'est tout.\nD'ailleurs, Massenet est en vogue. Le (direc-\ntion Hammerstein) a ouvert avec Hérodiade et dans la même semaine,\niapho et Thaïs. Là, le répertoire allemand n'a pas cours et lorsque l'on\njoue pas la Tosca ou Cavalleria on joue du Français. Mais hélas, où\n;5t il, le temps où l'on jouait Pelléas, Louise, et où l'on nous promettait\niriane et Barbe Bleue, Aphrodite, etc. ! Non, le répertoire français se\n•ompose en plus d'œuvres de Massenet, de Carmen, des Dragons de\nillars et de la Mascotte.\nParmi les virtuoses innombrables qui se partagent les faveurs du grand\nüblic, les deux les plus applaudis ont été RachmanninofF et Kreisler. Ce\n1 ernier est en ce moment en pleine possession de son talent et ses deux\ndu Concerto de Beethoven, Dimanche et Mardi, ont pris des\n'ores d'hommages respectueux à la mémoire du Maître de Bonn. Il est\nde décrire l'émotion réelle que l'on éprouve à l'audition de\net admirable artiste. Et si quelques musiciens à la larme facile avaient"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.72", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "les yeux un peu rouges après le Concerto, ils sont bien excusables ; les\nimpressions d'art pur sont assez rares pour qu'on les savoure pleinement,\nlorsqu'elles se manifestent de cette façon.\nRachmaninnoff se fait connaître comme pianiste et compositeur, jouant\ndes concertos pour piano et conduisant des œuvres d'orchestre. On en\npromet une à la fin du mois à la New-York Symphony : Le Rocher.\nCette même New-York Symphony a ouvert sa saison avec une nou-\nvelle audition d'Elgar, symphonie déjà jouée plusieurs fois l'an passé.\nLa musique de chambre a été moins favorisée jusqu'à\ncélèbre quatuor Kneisel n'a pas encore recommencé ses séances. A signa-\nler les séances de sonates Piano et Violon par Mme et Mr David Mannes.\nDimanche prochain dernier, première séance, Sonate de Pierné ; le mois\nprochain, Sonate d'Enesco.\n\nG. Barrére."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.12.5", "titre_corps": "LETTRE DE MUNICH", "titre_sommaire": "LETTRE DE MUNICH", "signature_source": "William Ritter", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.72", "debut_caractere": 849, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "LETTRE DE MUNICH\n\nUne moyenne de vingt concerts par semaine, depuis deux mois, et\nce n'est que le commencement de la saison ! Le cinquantenaire de la mort\nde Spohr (22 octobre 1859) vaut à ses symphonies un regain de faveur:\nM. Paul Prill donne cet op 68, A la gloire de la Musique, d'après un\npoème de Cari Pfeiffer, dont elle se passe à vrai dire fort bien, et l'ouver-\nture du drame hindou, sans trace de couleur locale du reste,\nM. Mottl enchérit et donne la IIIeme, ut mineur, avec l'ouverture et un\nair de Faust,le VTPme concerto de violon et l'adagio du IXeme. D'où il\nappert que Joachim avait raison de les chérir et que nous avons tort de ne\nplus jouer ces symphonies, de même que celles de Joachim Raff (1822-\n1882), dont celle intitulée Dans la fapparaît seule encore de loin en\nloin sur les programmes. M. Prill, lui, en a ressuscité une, titréé Lenort,\nd'après la Ballade de Burger ; l'orchestration en est parfois encore impré-\nvue aujourd'hui. Je lis à l'instant l'expression du parfait mépris de\nM. Vincent d'lndy pour Raff, dans le second volume de son\ncomposition musicale.Or, la qualité mélodique de la première partie de\nLœnore (VAmour heureux), surtout dans /'Andante larghetto, m'a fait penser\nparfois à celle du père Franck ! Tel qui compose sans soin (et encore est-1\nce bien sûr ?) rachète souvent ce défaut par des qualités de spontanéité,"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.73", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "de verve et d'invention, qu'il aurait bien tort de brider, et rien n'est fait\npour rendre précautieux à l'égard des jugements, tranchants et sans appel,\ncomme d'opposer à la catégorique condamnation de M. d'lndy, l'estime\nen laquelle M. Edgar Tinel tient Raff, puisque, en plein Bruxelles moder-\nniste, l'auteur de Francisais et de a osé inaugurer par une\nsymphonie de ce méconnu, presqu'un oublié, sa direction des concerts du\nConservatoire, je prétends pour ma part que, même au point de vue de la\ncomposition, il y a beacoup à apprendre dans et à tous égards\nbeaucoup à se réjouir à une telle audition. Le retour d'une sorte d'idée fixe,\nsans insistance fatigante du reste, le programme, qu'il n'est pas indispen-\nsable mais seulement agréable de connaître, relient de telles œuvres\nhybrides mais charmantes, à la fois aux symphonies classiques et à celles\nromantiques d'un Berlioz et d'un Liszt.\nM. de Hausegger, avec une reprise énergique de la symphonie\nFaust de ce dernier, a inspiré à tout Munich un vif regret du\ntemps où, chaque semaine, nous pouvions assister à une mise en\nvaleur des grandes œuvres les plus variées, mais en revanche aucun\nregret des jours où, sous sa direction et celle de M. Stavenhagen, les\npoèmes symphoniques de Liszt sévissaient par accablantes sériés. Je sais\nque, à Paris, certains d'entre vous les réclament à cor et à cri. On a vite\ntait d'en être saturé ! Souffle court, rabachage, desseins ambitieux, hachis\nJe petites intentions ridicules, parfois mot à mot musical fastidieux d'un\ntexte littéraire donné, la prétention de traduire tous les grands chefs-\nd'œuvre de la poésie ou de l'art en une musique, sans grandes lignes\ncomme sans composition organique, d'une part ; d'autre part, la seule\n[compensation de quelques effets d'orchestre, qui ont cessé d'être neufs. Je\nne sais rien de tel pour rejeter vers Brahms, qui est plus neuf, plus juste et\nplus profond dans ses Variations sur le choral de Saint Antoine, en effets\nd'orchestre et en peinture instrumentale, que tous ces Faust,\nïïante, Hungaria, Tasso, Orphée ou simplement Kaulbach fta Bataille des\nÏÏunsJ d'un grand brave homme, qui ne doute de rien, mais qui mani-\n'fiste à quel point il est inapte à pénétrer tant de grands sujets par la\nMusique même dont il les paraphrase.\nEt maintenant aux nouveautés. Le Morceau nocturne fNachtstûckJ de\nHerman Zilcher, pour deux pianos et instruments a cordes, est fort\nPressant et qui mieux est, d'une très délicate rêverie. M. Prill nous a\napporté deux œuvres de jeunesse de Richard Strauss, la Sérénade op 7, pour"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.74", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "quelques bois et cuivres, et le concerto de violon op 8, œuvres aimables\net déjà habiles, à la veine mélodique facile, où l'on sent la contradiction\nà la fois d'un esprit éveillé, qui va vite en besogne, et d'un caractère\nsérieux, qui tient à se rendre compte des ressources de chaque instrument.\nSa sonate op 18, pour piano et violon, a eu raison aux soirees modernes\n(de M. A. Schmid-Linder, un grand ami de la musique française) de la\nsonate en ut majeur de M. d'lndy et de celle en mi mineur de feu Ludwig\nThuille, comme il en sera toujours de la jeunesse, de la verve primesau-\ntière et même d'une certaine gaminerie, opposées aux plus nobles labeurs\net aux savants accès d'humour de tous les \"Législateurs du Parnasse\".\nMUe Sophie Blum veut une mention spéciale pour la manière, dont elle a\ntenu sa partie de violon, dans ces trois sonates si différentes où, entre le\nsagace éducateur allemand et l'éducateur français de grand style, Strauss\napparut un peu comme l'enfant terrible a qui tout est bon pour ce qu'il\nen veut faire.Avec lui encore plus qu'avec d'autres la première chose en\neffet est toujours de se demander ce qu'il a voulu et non de le reprendre\nsévèrement à propos de ce qu'il aurait du.\nEt voici les deux pièces de résistance : le quatuor à cordes op. 13, de\nM. H ans Pfitzner et certain Prologue, de M. Max Reger. Comment se\nfait-il que la musique de M. Pfitzner soit si ignorée en France, alors que\ncelle de M. Reger y parait de loin en loin ? C'est le même cas qu'avec\nl'envahissant M. Strauss, alors que M. Mahler peu à peu conquiert ce\npremier rang, auquel seul il a droit parmi les grands musiciens de l'heure\nactuelle en Allemagne ? je ne veux diminuer ni M. Reger, ni M. Strauss,\nmais enfin comment juger sérieusement la musique d'un pays, dont on\nomet les deux plus géniaux représentants. Mahler du moins prend ses\néclatantes revanches ailleurs. Mais M. Pfitzner ! Il est à vos portes,\nà Strasbourg, où il opère des merveilles ; son œuvre est précieuse et rare\nentre toutes, réfléchie, ironiste, fantasque et surprenante, expression d'une\nAllemagne, qui est aussi peu que possible celle dont on trouve journellement\nde sportraits, très chargés et très superficiels, un peu partout dans votre\njournalisme. Ce quatuor op 1 3 est du reste si peu fait pour les habitudes\nde l'oreille allemande que, peut-être, lui donneriez-vous vos suffrages.\nQuant à l'opus 108 de M. Max Reger,\nqui n'existe pas, mais qu'il faut supposer d'une rare brutalité, au nom du\nciel laissez-le dormir, vous contempteurs de la et des\nHiller ! Sifflé l'an passé à Cologne, chuté quelque peu hier à Munich."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "malgré la ferme défense de ceux qui ont pris la peine d'en suivre toutes\nles répétitions, il n'est certes pas fait pour plaire au public, encore moins\naux savants. Rien d'amusant comme de surprendre l'air piteux et décon-\ntenancé des augures : c'est tellement plus fort que ce qu'ils sont capables\nde concevoir ! Dès lors ils prennent le parti de se réfugier derrière\nle sentiment public et de déclarer que la musique est faite après tout pour\nplaire ! Retour aux vieux errements, à tout le moins inattendu, chez de\ntels théoriciens de haut vol. Bref, tout le monde se met d'accord pour\ndéclarer la chose exécrable. La chose est un mastodante, je le veux bien, mais\nelle est viable, croyez m'en, et elle a beauté. Entrecoupée neuf fois par\nune sorte de reproche du lointain, de blâme de l'horizon à l'adresse des\nmétaits et des fracas humains du premier plan, étalés dans les compactes\net puissantes périodes, elle est peut-être l'une des plus hautes conceptions\nsorties de ce cerveau singulier, dont le modernisme s'accommode d'une\nstructure par filaments enchevêtrées, tout comme l'impressionnisme patient\net méticuleusement composé d'un Segantini. Aucune fantaisie dans\nle maniement de l'orchestre, il va sans dire, et cependant des finesses, des\nsubtilités en quelque sorte psychologiques. Tous les musiciens de Munich\nprésents sont, aussi bien que l'alliance de la critique et des profanes,\nunanimes dans un blâme et des réserves, où il entre un indéfinissable\nsentiment d'envieux respect.\nUn jeune chef d'orchestre croate, M. Ivan Froebe s'est distingué\npar de soigneux programmes de soirées classiques, admirablement intelli-\ngentes et préparées con amore.Mais nous préférons le retrouver aux\nnouveautés qu'il annonce, entre autres XApalachia de Frédéric Délius.\n\nWilliam Ritter."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.13", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "CAMILLE MAUCLAIR. —LA RELIGION DE LA MUSIQUE.\n(Fischbacher in-120.)\nIl est des livres dont le compte-rendu est possible, c'est à dire\ndont le lecteur attentif peut résumer la matière et présenter som-\nmairement les résultats. Les ouvrages d'érudition et de science sont\ndans ce cas. La réalité objective dont ils ont découvert une parcelle\nse trouve éparse dans leurs feuillets noircis, et il suffit de la signaler\nau public, qui veut être renseigné en quelques mots.\nTout autre est l'œuvre de Camille Mauclair. Ici, c'est l'auteur\nlui-même qui se présente à nous, avec sa personnalité difficile à\nsaisir, son âme complexe et son esprit sans cesse en mouvement.\nVouloir rendre compte de la Religion de la musique serait chimé-\nrique. On ne commente pas une œuvre d'art, on la sent. Qu'on\nveuille donc me permettre de citer avant tout un passage du livre\nlui-même :\n\"On ne parle plus guère de la musique aujourd'hui, malgré\nYapparence. On discute beaucoup des musiciens et de leurs procèdes ; on\ncommente les desservants du culte, et leurs rites, mais la Déesse, en elle-\nmême , pour elle-même ? On a tant dit que la musique exige la science,\nque ceux qui ne savent que Y adorer ingénument nosent presque plus en\nparler qu a eux-mêmes, comme des croyants dédaignés par des théologiens,\nAtfaisy sans la foi, toute théologie est vaine, et Vacte d'adoration du plus humble des fidèles est le seul\nprétexte légitime a toutes les pompes de F Eglise. La musique ce n est pas l'ensemble des partitions qui\nont été écrites. C'est un élément éternel auquel elles font allusion... La critique en parle trop co?nme\nd'un art que nous avons inventé et dont les réalisations tombent sous sa juridiction... Vous et moi qui\navons la passion de la musique, nous savons bien que ce n est point aussi simple et qu'il y a autre chose.\nC'est uniquement de cette a autre chose \" que s'occupe ce livre. \"\nVoilà le point de vue, et voilà le ton. J'avoue que l'un et l'autre me séduissent infiniment.\nNon point que je me permette de juger ici le très grand écrivain qu'est Mauclair, mais j'estime\nque l'évolution de l'art musical s'accomplit précisément dans le sens indiqué par cet ouvrage,\nc'est à dire au profit d'un mysticisme sentimental de plus en plus caractérisé. Le mot de Reli-\ngion n est pas de trop ici. Car il y a l'abandon de soi, la soumission aux mystères, la magie des rites,\nla communion des fidèles, et même la prière si ce terme désigne bien l'essor d'une âme qui se\ndégagé des liens matériels. Et qui nierait le culte de la musique, célébré par des millions d'êtres\nhumains ?\nEn France une telle doctrine est nouvelle. Elle eut fait scandale il y a cinquante ans. Car\nle français, depuis longtemps, est élevé dans l'irrespect de la musique. Tout l'effort de l'huma-\nnisme, lorsqu'on le considère de haut, semble avoir été dirigé précisément contre les revendi-"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.77", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "cations sentimentales, dont la musique assure aujourd'hui le triomphe. Et. ajoutons le de suite\nc est a Wagn^i, ace Wagner, dont on trouve les mains si lourdes, qu'il est dû, de pouvoir\nparler présentement de Religion de la musique.\nDepuis la révolution wagnérienne, la conception religieuse de l'art immatériel par excellence,\ns'accuse de plus en plus en notre Occident. César Franck, Charles Bordes et la Schola, le\nMotu Propio de Pie X, et Pelléas, qui est bien l'apologie du mystère, sont autant d'étapes dans\ncette voie, où Mauclair nous arrrête pour nous montrer le chemin parcouru. Et qui sait si\nl'Eglise elle-même, lasse du dogmatisme qui irrite les esprits, ne retrouvera pas sa gloire dans\nl'émotion sonore, dans la commune extase mystique, qui guérit les âmes et les corps.\nMauclair insite très justement sur la force collective de la musique \"\nest l'expression diversifiée de la foule\". Oui, et le triomphe de notre art moderne en Occident ne\nvient-il pas de cette action exercée sur la masse humaine, par la masse sonore ? Tant que la\nmusique était un agrément surajouté, elle se voyait livrée aux mains de quelque privilégiés,\ndilettantes et amateurs, qui abusaient d'elle. Le jour où elle est devenue un objet de respect, un\nélément de vie, elle a eu ses fidèles. L'amateur sans pitié est devenu un Ami soumis.\nCe changement d'attitude dans le public est survenu lorsqu'il a été donné à la musique\nd'exercer tout son pouvoir. Il est aisé de rire aujourd'hui de Beethoven de Berlioz ou de Wagner.\nLeurs efforts démesurés nous semblent sans objet ; leur gesticulation ne nous en impose plus.\nMais oublie-t-on les luttes qu'ils avaient à soutenir pour conquérir la liberté du culte de la\nmusique ? Oublie-t-on le revirement complet qu'ils ont eu à opérer dans notre culture\nartistique : obliger le consommateur à subir la loi du producteur, alors que c'était le producteur\nqui jusque là était l'humble esclave du consommateur ! Tous les moyens étaient bons pour\narriver au but. Aujourd'hui ils sont superflus ; et ces grands maîtres nous font l'effet d'enfonceurs\nde portes ouvertes. Oui, mais il fallait enfoncer la porte et permettre à la musique d'avoir les\nmains libres.\nComment cette magicienne s'est emparé du public, M. Mauclair nous le montre subtile-\nment. La musique attire et fascine nos contemporains parcequ'elle leur offre l'occassion de se\n\"i ièsindividualiser\". C'est là une théorie que j'ai souvent soutenue, et je suis fort heureux de\nme rencontrer encore sur ce point avec M. Mauclair. Les moments que nous abandonnons à\nla musique sont autant d'arrêts pour nos soucis personnels. Dans ces instants d'oubli nous nous\ndéchargeons d'un trop plein d'énergies égoïstes, et la tension de nos volontés s'apaise. Aussi le\npouvoir et le prestige de la musique grandissent-ils dans la mesure où l'individualisme se développe\nlui-même. Jadis l'individu, hiérarchisé, protégé par sa classe sociale, sa corporation, sa coterie\nlocale, demandait à la musique un simple délassement. Mais lorsque ce même individu, déraciné,\naffolé par la concurrence inexorable, meurtri par une société qui cherche son équilibre, a été\nobligé de rassembler en lui-même toutes ses énergies, et de faire front devant tous, pour ne pas\nsuccomber, alors, la passion d'un repos, d'une détente, d'un refuge n'importe où, hors du\nmonde, hors des réalités, lui est devenu nécessaire. Et la musique lui a tendu les bras, lui a\nionné moyen de retomber à son tour dans le Grand Tout, dont l'exaspération de sa person-\nnalité le l'arrachait à toute heure. Non pas la musique dont il était le maître et qu'il créait\npour son plaisir, c'est à dire pour satisfaire son propre moi. Mais la musique qui le dominait,\nlui l'annéantissait, qui l'arrachait à tout. Et ainsi est née la Religion d'une musique de\nMagnétisme et d'hypnose.\nCette incroyable puissance d'un art qui est le contrepoids nécessaire d'un civilisation\nïientifique et mécanique comme la nôtre, est à peine entrevu. Et le temps passera avant que\nlC livre de Mauclair ne soit admis par tous. Nous avons encore dans l'enseignement et dans les\n'ouvoirs publics des éléments d'indifférence et de suspicion à l'égard de la musique. Us ne"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.78", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 4197, "texte": "disparaîtront pas tout à fait. (Heureusement d'ailleurs.) Et, si, un jour le culte de la\nétait reconnu par l'Etat, nous verrions sans doute ses fidèles accusés de cléricalisme. Au fond\nl'Université n'a pas désarmé devant la musique. Pour elle nous sommes toujours des importun\nL'Université a tort. Du moins l'Université littéraire. Je crois qu'entre la Science et la Musique\nentre le rêve intérieur, et l'action directe, entre les deux pôles de l'activité humaine, les Lettre'\nauront une situation de moins en moins brillante. Elle ont été un compromis nécessaire, une\nconcession arrachée au sentiment. Elle ne sont plus qu'un intermédiaire utile. Leur rôle et\nleur vrai rôle est de servir comme Kundry, servir de truchement intellectuel. Lorsqu'elle\nremplissent efficacement ce rôle lorsqu'elles gagnent des adeptes au culte de la musique elles\nfont œuvre bienfaisante et logique. Et c'est pourquoi le livre de Mauclair est un des meilleurs\nque la Toute Puissante Musique puisse offrir à l'intellect de ses fidèles dévots. J. E.\nERNEST REYER. Quarante ans de musique, i vol. in-18, Calmann-Lévy, 1909,\nSous ce titre, l'éditeur Calmann-Lévy publie un recueil de feuilletons de Reyer, extraits\ndu Courrier de Paris et du Journal des Débats. Voilà donc exaucé le vœu que je formulais àla\nfin de ma notice sur Reyer, publiée en 1897, 1 au nom de tous ceux qui prisaient la forme de\nces feuilletons, l'esprit et la malice de leur auteur, peut-être plus que ses productions musicales!\nReyer ne s'était décidé, parait-il, que tout à la fin de sa vie à donner au libraire un recueil de\nses articles. Il est bien regrettable qu'il n'ait pu revoir les épreuves lui-même, car le livre est\nsaupoudré de fautes d'impression qui en rendent la lecture pénible et défigurent les noms\npropres avec une persistance qui désolerait les intéressés, s'ils n'étaient morts pour la plupart,\nMais notre collaborateur A. de Bertha, sera peut-être très étonné d'apprendre qu'il a fait jouer\nà l'Opéra-Comique un opéra intitulé : Mathias Cornu, pour ne citer qu'un exemple !\nA mon avis, les artistes, et en particulier les compositeurs, sont peu aptes à faire de la\ncritique, parce que s'ils possèdent les connaissances techniques nécessaires, ils manquent\nd'impartialité, d'objectivité et fort souvent aussi de lecture, d'érudition, de sens historique. De\nplus, trop fréquemment leur chronique sert à des fins intéressées ; ils la manient en guise de\nlevier pour forcer la porte d'un théâtre... Cette réserve de principe exprimée, j'accorde volontiers\nqu'il est beaucoup plus captivant pour le public d'avoir l'opinion, même passionnée, d'un Weber,\nd'un Schumann ou d'un Wagner, d'un Berlioz, d'un Reyer ou d'un Saint-Saëns, sur les\ncompositeurs de leur temps et sur les maîtres, en général, que celle d'un critique professionnel,\nLe livre que nous présente M. Henriot, ami personnel du défunt, est disposé de manière\nà donner un aperçu des jugements portés par Reyer sur Wagner, Berlioz, Weber, Gluck,\nFélicien David, Gounod, Bizet, Lalo, MM. Cam. Saint-Saëns et Massenet. Au moins pour\nquelques-uns de ces noms, il est bon de se reporter à un recueil plus ancien : Notes de musique,\nédité par Charpentier en 1875.\nAvec ces deux volumes, on a à peu près tout le Panthéon musical de Reyer ; il n'est pas\ntrès étendu : Gluck, Spontini, Weber, Berlioz et aussi Wagner, mais avec un culte moins\npieux. On remarquera, et moins dans les articles réimprimés eux-mêmes qu'à la lecture de la\ntable analytique des feuilletons de Reyer, annexée au recueil, qu'il n'a presque jamais entretenu\nses lecteurs de musiciens antérieurs à Gluck et de sujets autres que ceux relatifs au théâtre,\nAinsi, il n'est question de Beethoven que comme auteur de Fidelio. En dehors de Wagner qui\na beaucoup préoccupé le monde musical de son temps, Reyer ne s'est guère intéressé aux\ncompositeurs étrangers. Ce n'était ni un curieux, ni un savant ; il ne hantait pas te\nbibliothèques musicales, pas même celle de l'Opéra dont il était le titulaire rétribué. Aussi s?,\ncritique, volontairement exempte de pédantisme, avait-elle le ton d'une causerie familière,\n\n1 Dans la Musique française moderne, 1 vol. in-18. Paris, 1897, Havard fils."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.79", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "alimentée plus souvent par des potins de coulisse que par l'analyse de symphonies ou de\nquatuors. Cependant, à l'occasion Euryanthe, jouée par Carvalho en 1857 au Théâtre\nLyrique, avec un livret inepte de Saint-Georges, Reyer cherche querelle à Fétis et en termes\ntechniques, pour un article de dictionnaire où celui-ci s'était permis de signaler des imperfec-\ntions dans Weber. Reyer relève le gant comme pour une injure personnelle ; il prend le parti\nde l'imagination contre la science scolastique.\nTrès enthousiaste et prêt à rompre des lances pour ses maîtres préférés, mais sans vues\nesthétiques bien profondes, il témoignait aux jeunes, lorsqu'ils manifestaient un talent précoce,\npar exemple à Bizet, à Saint-Saëns, à Massenet, dans leurs débuts, une bienveillance qui se\ndémentit lorsqu'il reconnut en eux des rivaux redoutables. Reyer savait comme pas un l'art\ndes allusions malignes, des mots à double entente, de la rosserie aimable enveloppée des grâces\ndu style académique. Il fallait parfois lire entre les lignes de ces feuilletons lentement élaborés,\npour découvrir quelque redoutable malice et c'était un régal pour les initiés. Le présent volume\nne donne de ce talent caustique que de rares spécimens, mais il permet de se rendre compte\ndu wagnérisme très anodin et très timoré de Reyer.\nAvant 1870, le compositeur de la Statue passait pour un esprit avancé parce qu'après être\nallé avec Th. Gautier entendre Tannhaiïser en 1857, à Wiesbaden, 1 il parla de Wagner avec\nconvenance et sympathie et qu'il a plusieurs fois engagé le directeur du Théâtre Lyrique à\naccueillir le Vaisseau fantôme et Lohengrin. Ses admirations wagnériennes n'allaient guère\nau-delà. Il se vit forcé cependant d'évoluer avec son temps, de faire amende honorable à\nTristan, de louer la verve musicale et l'habilité contrapontique des Maîtres-Chanteurs, au\nmoins tant que ces œuvres se jouèrent seulement dans les concerts ou en Belgique. Mais le\nsuccès de la Walkyrie à Paris inquiéta fort l'auteur de Sigurd. Même son compte-rendu de\nSiegfried joué à Bruxelles en 1891, se termine par un avis au lecteur empreint de cet esprit\nde suggestion qui lui fît écrire un jour, à propos de la Gœtterdàmmerung : \" L'heure du\nCrépuscule ne paraît pas encore près de sonner ! \" Comprenant le sens de ces adroites insinuations,\nles directeurs de l'Opéra retardèrent autant qu'ils le purent la mise en scène des deux dernières\nparties de la Tétralogie. Grâce à leurs égards pour Sigurd, Siegfried n'entra au répertoire qu'en\n1902 et l'heure du Crépuscule des Dieux ne sonna qu'en octobre 1908... Reyer mourut au début\nde 1909. Je ne prétends pas qu'il en soit mort. Il avait 85 ans !..\nJe n'ai pas très bien discerné quel ordre a présidé au choix des articles concernant\nGounod, Verdi, Lalo, etc.. Pourquoi nous donner seulement le compte-rendu de Faust et point\ncelui de Roméo et Juliette ? Pourquoi Othello et non Falstaff ? Pourquoi avoir laissé de côté le\nfeuilleton sur Namouna, alors que Reyer fut un des rares critiques qui proclamèrent la valeur\nmusicale de ce ballet ? Enfin pourquoi n'avoir point publié les appréciations de Reyer sur\nC. Franck, quand il est des premiers à avoir reconnu le mérite des oratorios Ruth et Rédemp-\ntions ? Si ces lacunes s'expliquent par l'intention de donner un tome II à ce recueil, on peut\nexcuser M. Henriot et il faut surtout lui savoir grè d'avoir dressé une table chronologique et\nanalytique des articles de Reyer, qui servira de guide à la curiosité des musicographes. 2 Mais\npourquoi MM. Calmann-Lévy ont-ils négligé d'en faire faire une pour les feuilletons de\nBerlioz ?\n\nGeorges Servières.\n\n1 J'ai signalé son article au Courrier de Paris dans Richard Wagner jugé en France, 1 vol. in-18, 1887.\n2 Si c'est bien à la fin de 1866 que la chronique musicale des Débats fut confiée à Reyer, ce n'est pas,\ncomme le croit M. Henriot, quelques mois auparavant que d'Ortigue succéda à Berlioz, mais trois ans plus tôt,\nà l'automne 1863."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.80", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3889, "texte": "LE GÉNIE ÉPIQUE DE RICHARD WAGNER.\n\nIl y avait deux thèses sur Richard Wagner. Je me trompe. Il y en avait plus de deux.\nMais on les pouvait réduire à deux : i° Richard Wagner est un musicien ; 2° Richard\nWagner est un poète dramatique. On peut hésiter entre les deux thèses. On peut même les\nréunir. Elles ne sont point contradictoires.\nEn voici une troisième : Richard Wagner est un poète dramatique doué d'un double\ngénie : celui du drame, celui de l'épopée. Dans la première période de sa carrière les deux\ngénies s'opposent. Dans les drames de la grande époque ils se mêlent. Le drame reste sur le\nthéâtre. L'épopée se développe dans l'orchestre.\nEt de ce mélange bénéficie le drame attendu que l'orchestre a une puissance d'objectivation\nqui fait défaut à l'aède dans l'épopée verbale. Dans l'épopée musicale, on ne prend plus garde\nau récitant : il est supplanté, supprimé. A cette illusion d'une épopée se racontant elle-même\ns'en ajoute une autre, que Richard Wagner, dans son Oper und Drama paraît bien avoir\nessayé de décrire. Là il s'exprime sur le sens de l'ouïe comme il parlerait du sens visuel. Il dote\nl'oreille d'une vraie faculté de vision. Pourquoi ? Parce que tandis que nos yeux nous font\npercevoir l'événement présent, celui qui se passe sur la scène ; par l'audition, ou plutôt par\nla réaudition des motifs-conducteurs nous percevons en même temps l'événement passé, cause\nlointaine ou prochaine du fait présent. En même temps encore, et toujours par le moyen de\nl'oreille, nous pressentons le futur: autant dire que nous en percevons les approches. Le thème\nde la malédiction d'Alberich chaque fois qu'il traverse l'orchestre équivaut à un rappel doublé\nd'une attente. Ceci a été dit vingt fois. Mais nul, que je sache, n'a eu l'idée de rapprocher la\nméthode symphonique de Richard Wagner de celle d'un Homère ou d'un Virgile. Et si nous\nsoutenons que le drame y gagne, et que par là, loin de dégénérer il se régénère c'est parce que\nla fonction épique, grâce à la suppression du récitant, s'adapte singulièrement aux conditions\ndu poème dramatique. Richard Wagner peut donc être considéré comme ayant résolu, au moyen\nd'une synthèse originale, une antithèse jusque là insoluble. Les deux membres de l'antithèse\nétaient : a. le drame ; b. l'épopée. La synthèse est : c. le drame wagnérien soit le Ton-Wort-\nDrama.\nTelle est l'opinion que nous avons défendue dans notre : Musicien-poète Richard Wagner.\nLa critique a fait bon accueil au livre et nous l'en remercions. Nous l'en aurions remerciée\ndavantage si elle avait songé à nous discuter.1\nCar notre thèse est discutable. Elle l'est d'autant plus que Richard Wagner ne paraît\npoint s'être attribué les dons épiques. L'absence du récitant l'a empêché d'apercevoir entre\nl'épopée, d'une part, et la partie symphonique de son drame, de l'autre, les analogies par nous\nsignalées. Avons-nous donc eu tort d'être sensible à ces analogies et d'attirer sur elles l'atten-\ntion de la critique ?\nUn livre comme celui que nous venons de faire, s'il y avait été question d'un Schiller ou\nd'un Goethe aurait pu être jugé, médiocre, paradoxal ; on eût même pu en déconseiller la\nlecture. Mais on nous aurait à tout le moins discuter. Quand on écrit par la critique littéraire,\nce que nul autre n'a écrit avant soi, on court de gros risques et l'on s'expose à de dures\nripostes. D'où vient que la critique musicale laisse passer des opinions aussi graves sans y\nprendre garde ? En méconnaîtrait-elle l'importance ? Car il est bien évident que si nous avons\ntort, notre opinion est de celles qui égarent. Et c'est le cas où jamais de nous crier:\n\" casse-cou! \"\n\n1 La négligence de celui de nos collègues qui s'était chargé de rendre compte du livre, Mr L. Dauriac, se\ntrouve aujourd'hui réparée, puisque l'auteur lui-même veut bien poser devant nos lecteurs le problème essentiel\nde son ouvrage. (La rédaction.)"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.81", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "Je n'ignore pas que notre thèse est de celles dont un amateur de musique dirait volontiers\nqu'elles ne lui font \" ni chaud ni froid \". Il est en effet une façon d'écouter la musique assez\nrépandue : elle consiste à ouvrir les oreilles et à fermer l'intelligence, je ne sache pas que ce\nsoit la meilleure façon d'écouter Richard Wagner ni qu'elle soit du goût de MM. Gaston Car-\nraud, Louis Laloy, Camille Bellaigue, Raymond Bouyer... etc. Il est donc surprenant qu'en\nFrance il ne se soit trouvé personne pour juger notre jugement, l'approuver, le combattre ou\nen limiter la portée.\nEt c'est pourquoi nous venons faire appel à la discussion et à la critique. Il est peu de\nsujets plus intéressants et qui aient plus de portée, et qui soient plus actuels, si les doctrines\nde Brunetière sont encore vivantes et si elles donnent encore à penser, ce que, pour notre part\nnous espérons fermement.\n\nLionel Dauriac.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nMEIGNEN (E.) & FOUQUET (E.) Le Théâtre et ses lois (Librairie théâtrale\n30, rue de Grammont, in-120 de 450 pp. 3,50).\nBAGGERS (Joseph). Méthode de timbales et instruments à percussion. (Enoch,\nin-fol. de 140 pp. 12 frs).\nCATALOGUE of the manuscript music in the British Museun. Vol. 11. Secular\nvocal Music. (London 1908 in-40 de 960 pp.).\nPEDRELL (Felip). Catàlech de la Biblioteca musical de la Diputacio de Barce-\nlona. Vol. II (Barcelona 1909 in-40 de 382 pp.)\nMUSICAL ASSOCIATION. Proceedings of the Musical Association. 45 Session\n1908-1909. (London-Novello, in-8° de 206 pp. one guinea.)\nBRUN (Abbé F.) Traité de l'accompagnement du chant grégorien. (Bureau\nd'édition de la \" Schola \" 1909, in-40 de 64 pp.).\nCUMBERLAND (Gerald). —lmaginary Interwiews with great composers. (London\nW. Reeves, in-120 de 232 pp.)\nCURZON (H. de). Contes épiques. (Fischbacher in-120 de 300 pp.).\nRADICIOTTI. M. G. Radiciotti annonce l'apparition d'un ouvrage fort\nimportant sur G. B. PERGOLESI, de 500 pages, qui paraîtra dans le courant de 1910, et\ncoûtera 6 lire. S. I. M. reçoit les souscriptions à ce volume.\nTIERSOT (Julien). Gluck. (Collection de Alean 1909,\nin-120.)\nHARCOURT (Eugène d'). La musique actuelle en Allemagne et Autriche-\nHongrie. (Fischbacher in-120 de 55° P* 7's°-)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.13.1", "titre_corps": "CAMILLE MAUCLAIR. —LA RELIGION DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "CAMILLE MAUCLAIR. —LA RELIGION DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "Georges Servières", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "CAMILLE MAUCLAIR. —LA RELIGION DE LA MUSIQUE.\n(Fischbacher in-120.)\nIl est des livres dont le compte-rendu est possible, c'est à dire\ndont le lecteur attentif peut résumer la matière et présenter som-\nmairement les résultats. Les ouvrages d'érudition et de science sont\ndans ce cas. La réalité objective dont ils ont découvert une parcelle\nse trouve éparse dans leurs feuillets noircis, et il suffit de la signaler\nau public, qui veut être renseigné en quelques mots.\nTout autre est l'œuvre de Camille Mauclair. Ici, c'est l'auteur\nlui-même qui se présente à nous, avec sa personnalité difficile à\nsaisir, son âme complexe et son esprit sans cesse en mouvement.\nVouloir rendre compte de la Religion de la musique serait chimé-\nrique. On ne commente pas une œuvre d'art, on la sent. Qu'on\nveuille donc me permettre de citer avant tout un passage du livre\nlui-même :\n\"On ne parle plus guère de la musique aujourd'hui, malgré\nYapparence. On discute beaucoup des musiciens et de leurs procèdes ; on\ncommente les desservants du culte, et leurs rites, mais la Déesse, en elle-\nmême , pour elle-même ? On a tant dit que la musique exige la science,\nque ceux qui ne savent que Y adorer ingénument nosent presque plus en\nparler qu a eux-mêmes, comme des croyants dédaignés par des théologiens,\nAtfaisy sans la foi, toute théologie est vaine, et Vacte d'adoration du plus humble des fidèles est le seul\nprétexte légitime a toutes les pompes de F Eglise. La musique ce n est pas l'ensemble des partitions qui\nont été écrites. C'est un élément éternel auquel elles font allusion... La critique en parle trop co?nme\nd'un art que nous avons inventé et dont les réalisations tombent sous sa juridiction... Vous et moi qui\navons la passion de la musique, nous savons bien que ce n est point aussi simple et qu'il y a autre chose.\nC'est uniquement de cette a autre chose \" que s'occupe ce livre. \"\nVoilà le point de vue, et voilà le ton. J'avoue que l'un et l'autre me séduissent infiniment.\nNon point que je me permette de juger ici le très grand écrivain qu'est Mauclair, mais j'estime\nque l'évolution de l'art musical s'accomplit précisément dans le sens indiqué par cet ouvrage,\nc'est à dire au profit d'un mysticisme sentimental de plus en plus caractérisé. Le mot de Reli-\ngion n est pas de trop ici. Car il y a l'abandon de soi, la soumission aux mystères, la magie des rites,\nla communion des fidèles, et même la prière si ce terme désigne bien l'essor d'une âme qui se\ndégagé des liens matériels. Et qui nierait le culte de la musique, célébré par des millions d'êtres\nhumains ?\nEn France une telle doctrine est nouvelle. Elle eut fait scandale il y a cinquante ans. Car\nle français, depuis longtemps, est élevé dans l'irrespect de la musique. 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Et qui sait si\nl'Eglise elle-même, lasse du dogmatisme qui irrite les esprits, ne retrouvera pas sa gloire dans\nl'émotion sonore, dans la commune extase mystique, qui guérit les âmes et les corps.\nMauclair insite très justement sur la force collective de la musique \"\nest l'expression diversifiée de la foule\". Oui, et le triomphe de notre art moderne en Occident ne\nvient-il pas de cette action exercée sur la masse humaine, par la masse sonore ? Tant que la\nmusique était un agrément surajouté, elle se voyait livrée aux mains de quelque privilégiés,\ndilettantes et amateurs, qui abusaient d'elle. Le jour où elle est devenue un objet de respect, un\nélément de vie, elle a eu ses fidèles. L'amateur sans pitié est devenu un Ami soumis.\nCe changement d'attitude dans le public est survenu lorsqu'il a été donné à la musique\nd'exercer tout son pouvoir. Il est aisé de rire aujourd'hui de Beethoven de Berlioz ou de Wagner.\nLeurs efforts démesurés nous semblent sans objet ; leur gesticulation ne nous en impose plus.\nMais oublie-t-on les luttes qu'ils avaient à soutenir pour conquérir la liberté du culte de la\nmusique ? Oublie-t-on le revirement complet qu'ils ont eu à opérer dans notre culture\nartistique : obliger le consommateur à subir la loi du producteur, alors que c'était le producteur\nqui jusque là était l'humble esclave du consommateur ! Tous les moyens étaient bons pour\narriver au but. Aujourd'hui ils sont superflus ; et ces grands maîtres nous font l'effet d'enfonceurs\nde portes ouvertes. Oui, mais il fallait enfoncer la porte et permettre à la musique d'avoir les\nmains libres.\nComment cette magicienne s'est emparé du public, M. Mauclair nous le montre subtile-\nment. La musique attire et fascine nos contemporains parcequ'elle leur offre l'occassion de se\n\"i ièsindividualiser\". C'est là une théorie que j'ai souvent soutenue, et je suis fort heureux de\nme rencontrer encore sur ce point avec M. Mauclair. Les moments que nous abandonnons à\nla musique sont autant d'arrêts pour nos soucis personnels. Dans ces instants d'oubli nous nous\ndéchargeons d'un trop plein d'énergies égoïstes, et la tension de nos volontés s'apaise. Aussi le\npouvoir et le prestige de la musique grandissent-ils dans la mesure où l'individualisme se développe\nlui-même. Jadis l'individu, hiérarchisé, protégé par sa classe sociale, sa corporation, sa coterie\nlocale, demandait à la musique un simple délassement. Mais lorsque ce même individu, déraciné,\naffolé par la concurrence inexorable, meurtri par une société qui cherche son équilibre, a été\nobligé de rassembler en lui-même toutes ses énergies, et de faire front devant tous, pour ne pas\nsuccomber, alors, la passion d'un repos, d'une détente, d'un refuge n'importe où, hors du\nmonde, hors des réalités, lui est devenu nécessaire. Et la musique lui a tendu les bras, lui a\nionné moyen de retomber à son tour dans le Grand Tout, dont l'exaspération de sa person-\nnalité le l'arrachait à toute heure. Non pas la musique dont il était le maître et qu'il créait\npour son plaisir, c'est à dire pour satisfaire son propre moi. Mais la musique qui le dominait,\nlui l'annéantissait, qui l'arrachait à tout. Et ainsi est née la Religion d'une musique de\nMagnétisme et d'hypnose.\nCette incroyable puissance d'un art qui est le contrepoids nécessaire d'un civilisation\nïientifique et mécanique comme la nôtre, est à peine entrevu. Et le temps passera avant que\nlC livre de Mauclair ne soit admis par tous. Nous avons encore dans l'enseignement et dans les\n'ouvoirs publics des éléments d'indifférence et de suspicion à l'égard de la musique. Us ne"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.78", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 4197, "texte": "disparaîtront pas tout à fait. (Heureusement d'ailleurs.) Et, si, un jour le culte de la\nétait reconnu par l'Etat, nous verrions sans doute ses fidèles accusés de cléricalisme. Au fond\nl'Université n'a pas désarmé devant la musique. Pour elle nous sommes toujours des importun\nL'Université a tort. Du moins l'Université littéraire. Je crois qu'entre la Science et la Musique\nentre le rêve intérieur, et l'action directe, entre les deux pôles de l'activité humaine, les Lettre'\nauront une situation de moins en moins brillante. Elle ont été un compromis nécessaire, une\nconcession arrachée au sentiment. Elle ne sont plus qu'un intermédiaire utile. Leur rôle et\nleur vrai rôle est de servir comme Kundry, servir de truchement intellectuel. Lorsqu'elle\nremplissent efficacement ce rôle lorsqu'elles gagnent des adeptes au culte de la musique elles\nfont œuvre bienfaisante et logique. Et c'est pourquoi le livre de Mauclair est un des meilleurs\nque la Toute Puissante Musique puisse offrir à l'intellect de ses fidèles dévots. J. E.\nERNEST REYER. Quarante ans de musique, i vol. in-18, Calmann-Lévy, 1909,\nSous ce titre, l'éditeur Calmann-Lévy publie un recueil de feuilletons de Reyer, extraits\ndu Courrier de Paris et du Journal des Débats. Voilà donc exaucé le vœu que je formulais àla\nfin de ma notice sur Reyer, publiée en 1897, 1 au nom de tous ceux qui prisaient la forme de\nces feuilletons, l'esprit et la malice de leur auteur, peut-être plus que ses productions musicales!\nReyer ne s'était décidé, parait-il, que tout à la fin de sa vie à donner au libraire un recueil de\nses articles. Il est bien regrettable qu'il n'ait pu revoir les épreuves lui-même, car le livre est\nsaupoudré de fautes d'impression qui en rendent la lecture pénible et défigurent les noms\npropres avec une persistance qui désolerait les intéressés, s'ils n'étaient morts pour la plupart,\nMais notre collaborateur A. de Bertha, sera peut-être très étonné d'apprendre qu'il a fait jouer\nà l'Opéra-Comique un opéra intitulé : Mathias Cornu, pour ne citer qu'un exemple !\nA mon avis, les artistes, et en particulier les compositeurs, sont peu aptes à faire de la\ncritique, parce que s'ils possèdent les connaissances techniques nécessaires, ils manquent\nd'impartialité, d'objectivité et fort souvent aussi de lecture, d'érudition, de sens historique. De\nplus, trop fréquemment leur chronique sert à des fins intéressées ; ils la manient en guise de\nlevier pour forcer la porte d'un théâtre... Cette réserve de principe exprimée, j'accorde volontiers\nqu'il est beaucoup plus captivant pour le public d'avoir l'opinion, même passionnée, d'un Weber,\nd'un Schumann ou d'un Wagner, d'un Berlioz, d'un Reyer ou d'un Saint-Saëns, sur les\ncompositeurs de leur temps et sur les maîtres, en général, que celle d'un critique professionnel,\nLe livre que nous présente M. Henriot, ami personnel du défunt, est disposé de manière\nà donner un aperçu des jugements portés par Reyer sur Wagner, Berlioz, Weber, Gluck,\nFélicien David, Gounod, Bizet, Lalo, MM. Cam. Saint-Saëns et Massenet. Au moins pour\nquelques-uns de ces noms, il est bon de se reporter à un recueil plus ancien : Notes de musique,\nédité par Charpentier en 1875.\nAvec ces deux volumes, on a à peu près tout le Panthéon musical de Reyer ; il n'est pas\ntrès étendu : Gluck, Spontini, Weber, Berlioz et aussi Wagner, mais avec un culte moins\npieux. On remarquera, et moins dans les articles réimprimés eux-mêmes qu'à la lecture de la\ntable analytique des feuilletons de Reyer, annexée au recueil, qu'il n'a presque jamais entretenu\nses lecteurs de musiciens antérieurs à Gluck et de sujets autres que ceux relatifs au théâtre,\nAinsi, il n'est question de Beethoven que comme auteur de Fidelio. En dehors de Wagner qui\na beaucoup préoccupé le monde musical de son temps, Reyer ne s'est guère intéressé aux\ncompositeurs étrangers. Ce n'était ni un curieux, ni un savant ; il ne hantait pas te\nbibliothèques musicales, pas même celle de l'Opéra dont il était le titulaire rétribué. Aussi s?,\ncritique, volontairement exempte de pédantisme, avait-elle le ton d'une causerie familière,\n\n1 Dans la Musique française moderne, 1 vol. in-18. Paris, 1897, Havard fils."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.79", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "alimentée plus souvent par des potins de coulisse que par l'analyse de symphonies ou de\nquatuors. Cependant, à l'occasion Euryanthe, jouée par Carvalho en 1857 au Théâtre\nLyrique, avec un livret inepte de Saint-Georges, Reyer cherche querelle à Fétis et en termes\ntechniques, pour un article de dictionnaire où celui-ci s'était permis de signaler des imperfec-\ntions dans Weber. Reyer relève le gant comme pour une injure personnelle ; il prend le parti\nde l'imagination contre la science scolastique.\nTrès enthousiaste et prêt à rompre des lances pour ses maîtres préférés, mais sans vues\nesthétiques bien profondes, il témoignait aux jeunes, lorsqu'ils manifestaient un talent précoce,\npar exemple à Bizet, à Saint-Saëns, à Massenet, dans leurs débuts, une bienveillance qui se\ndémentit lorsqu'il reconnut en eux des rivaux redoutables. Reyer savait comme pas un l'art\ndes allusions malignes, des mots à double entente, de la rosserie aimable enveloppée des grâces\ndu style académique. Il fallait parfois lire entre les lignes de ces feuilletons lentement élaborés,\npour découvrir quelque redoutable malice et c'était un régal pour les initiés. Le présent volume\nne donne de ce talent caustique que de rares spécimens, mais il permet de se rendre compte\ndu wagnérisme très anodin et très timoré de Reyer.\nAvant 1870, le compositeur de la Statue passait pour un esprit avancé parce qu'après être\nallé avec Th. Gautier entendre Tannhaiïser en 1857, à Wiesbaden, 1 il parla de Wagner avec\nconvenance et sympathie et qu'il a plusieurs fois engagé le directeur du Théâtre Lyrique à\naccueillir le Vaisseau fantôme et Lohengrin. Ses admirations wagnériennes n'allaient guère\nau-delà. Il se vit forcé cependant d'évoluer avec son temps, de faire amende honorable à\nTristan, de louer la verve musicale et l'habilité contrapontique des Maîtres-Chanteurs, au\nmoins tant que ces œuvres se jouèrent seulement dans les concerts ou en Belgique. Mais le\nsuccès de la Walkyrie à Paris inquiéta fort l'auteur de Sigurd. Même son compte-rendu de\nSiegfried joué à Bruxelles en 1891, se termine par un avis au lecteur empreint de cet esprit\nde suggestion qui lui fît écrire un jour, à propos de la Gœtterdàmmerung : \" L'heure du\nCrépuscule ne paraît pas encore près de sonner ! \" Comprenant le sens de ces adroites insinuations,\nles directeurs de l'Opéra retardèrent autant qu'ils le purent la mise en scène des deux dernières\nparties de la Tétralogie. Grâce à leurs égards pour Sigurd, Siegfried n'entra au répertoire qu'en\n1902 et l'heure du Crépuscule des Dieux ne sonna qu'en octobre 1908... Reyer mourut au début\nde 1909. Je ne prétends pas qu'il en soit mort. Il avait 85 ans !..\nJe n'ai pas très bien discerné quel ordre a présidé au choix des articles concernant\nGounod, Verdi, Lalo, etc.. Pourquoi nous donner seulement le compte-rendu de Faust et point\ncelui de Roméo et Juliette ? Pourquoi Othello et non Falstaff ? Pourquoi avoir laissé de côté le\nfeuilleton sur Namouna, alors que Reyer fut un des rares critiques qui proclamèrent la valeur\nmusicale de ce ballet ? Enfin pourquoi n'avoir point publié les appréciations de Reyer sur\nC. Franck, quand il est des premiers à avoir reconnu le mérite des oratorios Ruth et Rédemp-\ntions ? Si ces lacunes s'expliquent par l'intention de donner un tome II à ce recueil, on peut\nexcuser M. Henriot et il faut surtout lui savoir grè d'avoir dressé une table chronologique et\nanalytique des articles de Reyer, qui servira de guide à la curiosité des musicographes. 2 Mais\npourquoi MM. Calmann-Lévy ont-ils négligé d'en faire faire une pour les feuilletons de\nBerlioz ?\n\nGeorges Servières.\n\n1 J'ai signalé son article au Courrier de Paris dans Richard Wagner jugé en France, 1 vol. in-18, 1887.\n2 Si c'est bien à la fin de 1866 que la chronique musicale des Débats fut confiée à Reyer, ce n'est pas,\ncomme le croit M. Henriot, quelques mois auparavant que d'Ortigue succéda à Berlioz, mais trois ans plus tôt,\nà l'automne 1863."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.13.2", "titre_corps": "LE GÉNIE ÉPIQUE DE RICHARD WAGNER.", "titre_sommaire": "LE GÉNIE ÉPIQUE DE RICHARD WAGNER.", "signature_source": "Lionel Dauriac", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.80", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3889, "texte": "LE GÉNIE ÉPIQUE DE RICHARD WAGNER.\n\nIl y avait deux thèses sur Richard Wagner. 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Et si nous\nsoutenons que le drame y gagne, et que par là, loin de dégénérer il se régénère c'est parce que\nla fonction épique, grâce à la suppression du récitant, s'adapte singulièrement aux conditions\ndu poème dramatique. Richard Wagner peut donc être considéré comme ayant résolu, au moyen\nd'une synthèse originale, une antithèse jusque là insoluble. Les deux membres de l'antithèse\nétaient : a. le drame ; b. l'épopée. La synthèse est : c. le drame wagnérien soit le Ton-Wort-\nDrama.\nTelle est l'opinion que nous avons défendue dans notre : Musicien-poète Richard Wagner.\nLa critique a fait bon accueil au livre et nous l'en remercions. Nous l'en aurions remerciée\ndavantage si elle avait songé à nous discuter.1\nCar notre thèse est discutable. Elle l'est d'autant plus que Richard Wagner ne paraît\npoint s'être attribué les dons épiques. L'absence du récitant l'a empêché d'apercevoir entre\nl'épopée, d'une part, et la partie symphonique de son drame, de l'autre, les analogies par nous\nsignalées. Avons-nous donc eu tort d'être sensible à ces analogies et d'attirer sur elles l'atten-\ntion de la critique ?\nUn livre comme celui que nous venons de faire, s'il y avait été question d'un Schiller ou\nd'un Goethe aurait pu être jugé, médiocre, paradoxal ; on eût même pu en déconseiller la\nlecture. Mais on nous aurait à tout le moins discuter. Quand on écrit par la critique littéraire,\nce que nul autre n'a écrit avant soi, on court de gros risques et l'on s'expose à de dures\nripostes. D'où vient que la critique musicale laisse passer des opinions aussi graves sans y\nprendre garde ? En méconnaîtrait-elle l'importance ? Car il est bien évident que si nous avons\ntort, notre opinion est de celles qui égarent. Et c'est le cas où jamais de nous crier:\n\" casse-cou! \"\n\n1 La négligence de celui de nos collègues qui s'était chargé de rendre compte du livre, Mr L. Dauriac, se\ntrouve aujourd'hui réparée, puisque l'auteur lui-même veut bien poser devant nos lecteurs le problème essentiel\nde son ouvrage. (La rédaction.)"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.81", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 926, "texte": "Je n'ignore pas que notre thèse est de celles dont un amateur de musique dirait volontiers\nqu'elles ne lui font \" ni chaud ni froid \". Il est en effet une façon d'écouter la musique assez\nrépandue : elle consiste à ouvrir les oreilles et à fermer l'intelligence, je ne sache pas que ce\nsoit la meilleure façon d'écouter Richard Wagner ni qu'elle soit du goût de MM. Gaston Car-\nraud, Louis Laloy, Camille Bellaigue, Raymond Bouyer... etc. Il est donc surprenant qu'en\nFrance il ne se soit trouvé personne pour juger notre jugement, l'approuver, le combattre ou\nen limiter la portée.\nEt c'est pourquoi nous venons faire appel à la discussion et à la critique. Il est peu de\nsujets plus intéressants et qui aient plus de portée, et qui soient plus actuels, si les doctrines\nde Brunetière sont encore vivantes et si elles donnent encore à penser, ce que, pour notre part\nnous espérons fermement.\n\nLionel Dauriac."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.13.3", "titre_corps": "OUVRAGES REÇUS.", "titre_sommaire": "OUVRAGES REÇUS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.81", "debut_caractere": 928, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "OUVRAGES REÇUS.\nMEIGNEN (E.) & FOUQUET (E.) Le Théâtre et ses lois (Librairie théâtrale\n30, rue de Grammont, in-120 de 450 pp. 3,50).\nBAGGERS (Joseph). Méthode de timbales et instruments à percussion. (Enoch,\nin-fol. de 140 pp. 12 frs).\nCATALOGUE of the manuscript music in the British Museun. Vol. 11. Secular\nvocal Music. (London 1908 in-40 de 960 pp.).\nPEDRELL (Felip). Catàlech de la Biblioteca musical de la Diputacio de Barce-\nlona. Vol. II (Barcelona 1909 in-40 de 382 pp.)\nMUSICAL ASSOCIATION. Proceedings of the Musical Association. 45 Session\n1908-1909. (London-Novello, in-8° de 206 pp. one guinea.)\nBRUN (Abbé F.) Traité de l'accompagnement du chant grégorien. (Bureau\nd'édition de la \" Schola \" 1909, in-40 de 64 pp.).\nCUMBERLAND (Gerald). —lmaginary Interwiews with great composers. (London\nW. Reeves, in-120 de 232 pp.)\nCURZON (H. de). Contes épiques. (Fischbacher in-120 de 300 pp.).\nRADICIOTTI. M. G. Radiciotti annonce l'apparition d'un ouvrage fort\nimportant sur G. B. PERGOLESI, de 500 pages, qui paraîtra dans le courant de 1910, et\ncoûtera 6 lire. S. I. M. reçoit les souscriptions à ce volume.\nTIERSOT (Julien). Gluck. (Collection de Alean 1909,\nin-120.)\nHARCOURT (Eugène d'). La musique actuelle en Allemagne et Autriche-\nHongrie. (Fischbacher in-120 de 55° P* 7's°-)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.14", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "Le Comité", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.82", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSÉANCE DU 15 NOVEMBRE 1909\nLe Comité.\nLa première séance de la saison a été tenue à la Maison Gaveau le 15 novembre à\n4 heures. Assistaient à cette séance : M.M. Malherbe, Ecorcheville, Prod'homme, Boschot,\nMlles Daubresse, Pereyra et Sauvrezis, M.M. Dauriac, Lyon, Greilsamer Gariel, Ruelle\nBouvet, Rikof.\nM. Ecorcheville donne lecture d'une lettre de la Section belge, l'invitant à assister à la\nséance d'inauguration de cette section à Bruxelles le 20 octobre dernier, sous la présidence de\nM. E. Tinel. M. Ecorcheville fait le récit de cette séance, qui comptera dans les annales de la\nmusicologie belge, il fait part des désirs de nos collègues, et indique leur volonté de s'organiser\nen section tout à fait active. La Section de Paris, sur la proposition de son président, M. Mal-\nherbe, envoie à la Section belge l'assurance de ses vœux les plus sincères.\nSur la proposition de M. L. Dauriac, président honoraire de la Section, des félicitations\nsont adressées à M. Maurice Emmanuel, qui vient d'être désigné au choix du ministre pour\nremplacer M. Bourgault-Ducoudray, à la chaire d'histoire de la musique au Conservatoire.\nM. Dauriac prend occasion de cette nomination pour exprimer le désir de voir l'enseignement\nmusicologique dans un Conservatoire prendre un jour un aspect moins historique et plus\ndirectement adapté aux besoins des élèves musiciens. Il souhaiterait que l'histoire biographique\nfut remplacée par l'histoire morphologique, c'est à dire par celle des formes de la musique, qui\nintéressent surtout les artistes. Une discussion s'engage à ce propos et la section décide de\nréserver ce sujet pour une communication particulière, et pour une séance à laquelle\nM. Emmanuel pourra prendre part.\nLes candidatures suivantes sont présentées et admises à l'unanimité :\nMme Hibert, présentée par Mlle Girod et M. Ecorcheville,\nM. Schneider par Mlle Girod et M. Ecorcheville,\nMlle Neufeld par M. Prod'homme et M. Ecorcheville.\nM. Dauriac fait ensuite une communication sur le sujet suivant : Comment faut-il se\npréparer a lire Opéra & Drame de Wagner ? Cette communication servira de préface à la\ntraduction de l'œuvre littéraire de Wagner par notre collègue J. Prod'homme.\nM. A. Boschot propose un projet de Dictionnaire thématique de la musique, dans lequel\nles exemples de musique, notés sous leur forme la plus brève, seraient groupés, de manière à\npermettre d'étudier la valeur, la fréquence et l'évolution des expressions et des phrases dont se\nsert le musicien.\nLa séance est levée à 6 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.15", "titre_corps": "A NOS LECTEURS", "titre_sommaire": "A NOS LECTEURS", "signature_source": "La Direction", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "A NOS LECTEURS\n\nLa Revue Musicale S. I. M., publiée par la Section\nparisienne de la Société Internationale de musique, atteint la\nsixième année de son existence. D'abord goûtée par un public\nrestreint, elle a peu à peu forcé l'attention générale, et elle se\ntrouve dans l'heureuse nécessité d'augmenter la nature de ses\nmatières. Elle vient d'être choisie par la\nAmis de la musique, pour collaborer à cette grande œuvre\nde philanthropie musicale placée sous le patronage des plus\nhautes personnalités artistiques et mondaines. Enfin un des\nplus puissants éditeurs de Paris, la\na pris en mains ses qui seront désormais celles d'un\ngrand périodique musical, capable d'intéresser à la fois les\nérudits et les gens du monde, les amateurs, les spécialistes et\nles professionnels.\nPour répondre entièrement à ce programme, nous créons\naujourd'hui, avec XActualité Musicale, une nouvelle annexe\ndans laquelle auront leur place toutes les questions d'un\nintérêt pratique, immédiat et direct. Nos lecteurs trouveront\ndonc désormais dans S. I. M., à côté de la musicologie\n\nI"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.84", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1429, "texte": "proprement dite, à côté des articles d'idées générales et de\ndoctrine, l'examen aussi complet que possible de tout ce qui\nconstitue la vie musicale de notre temps.\nCette Actualité Musicale annexée à S. I. M., pourra\ns'en détacher, et sera tirée à part, sous une couverture spéciale,\npour tous ceux qui ne s'intéresseraient qu'à elle, et qui\ndemanderaient simplement à une revue musicale de les\nrenseigner brièvement, à peu de frais, sur ce qui ce passe\ndans le monde entier.\nLes différentes rubriques de seront classées\nde la façon suivante :\nm\nTHÉÂTRES ET CONCERTS. Le tableau des auditions\ndonnées et annoncées partout où il se fait de la musique\ndigne de ce nom, sera condensé en quelques pages de rapides\ninformations. S. I. M. publiera prochainement la liste com-\nplète de ses correspondants, en France et à l'Etranger.\nJOUR ET NUIT. Sous ce titre nous résumerons, sans\njamais sacrifier à l'indiscrétion, les nouvelles et avis divers, les\néchos, et tous les menus faits qui illustrent et qui font com-\nprendre l'histoire quotidienne de la musique. En tenant ainsi\nau courant nos contemporains, nous travaillerons également\npour les musicologues de l'avenir.\nLUTHERIE. La facture instrumentale s'impose à notre\nattention. C'est elle la grande réalisatrice de l'art sonore,\nPermettre aux inventeurs de faire connaître leurs découvertes,\naux constructeurs de signaler leurs travaux récents, c'est rendre"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.85", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "ervice aux amateurs, aux professionnels, aux compositeurs\nussi bien qu'à l'industrie et au commerce. Notre publication\nera donc largement ouverte à chacun, et la lutherie ancienne\ntendra ici la place qu'elle mérite dans l'actualité, et qu'elle\n)ccupe dans l'intérêt du public. Cette rubrique alimentée par\nmites les bonnes volontés, suivra en France le modèle donné\nn Allemagne par la Zeitschrift fur Instrumentbau, si remar-\nquablement dirigée par notre confrère\ni\nINTÉRÊTS PROFESSIONNELS.—Tous ceux qui font de la mu-\nsique leur \"principal, \" attendent d'une revue sérieuse et utile\nautre chose que des compliments et de la littérature. Nous\nnous efforcerons de préciser leurs revendications sans aucun\nesprit de parti, et de les faire aboutir par tous les moyens dont\nnous disposons. Ils comprendront, à leur tour, l'intérêt qu'il\npeut y avoir pour eux à s'appuyer sur des groupements comme\ncelui de la Société Internationale et celui des\nle la musique.\nORPHÉONISME. Les orphéons, fanfares, chorales et mu-\nsiques militaires, n'occupent pas dans nos revues musicales la\niace que réclament leur nombre et leur activité. Nous nous\nierons auprès du public, et auprès des hautes personnalités poli-\ntiques qui nous patronnent, l'interprète de leurs justes doléan-\nces. Nous attirerons par contre leur attention sur l'œuvre de\nPropagande artistique, dont ils ont en quelque sorte la mission,\nsur leur répertoire, dont l'indépendance devrait être absolue,\nenfin sur cet admirable mouvement fédératif qui s'accomplit en\nce moment an sein de leurs groupements régionaux."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.86", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "DANSE. La danse, avec ses maîtres et ses adeptes est\nabsolument bannie des organes ordinaires de la musique. Un\nincompréhensible sentiment de méfiance la fait écarter par ceux\nqui ont le devoir de nous renseigner et de nous instruire. Cette\nsituation humiliante doit changer. Au moment où Jacques\nDalcroze, Isadora Duncan, les danseurs russes et les sœurs\nWiesenthal nous imposent une rénovation orchestique venue\nde l'étranger, il convient de rechercher quelle est, et quelle sera\nl'attitude de la France dans ce problème de la danse moderne,\net des équivalents rythmiques de l'art musical.\nEDITION MUSICALE. Enfin l'édition elle-même, a droit\nà sa part de notre Actualité. Les perfectionnements de l'art\nsont intimement liés à ceux et de la notation, de l'impression\nde la librairie. Il est peu flatteur pour la France, qui tient\naujourd'hui peut-être la première place dans le mouvement\ndes idées musicales, de ne pas posséder un organe semblable\nà la grande Bibliographie de nouveautés publiée à Leipzig\npar Hofmeister.Grâce à l'appui des éditeurs et marchands de\nmusique parisiens, qui sont décidés à nous soutenir dans cette\nvoie, grâce en particulier à l'intervention de la\ndicale des Éditeurs de musique^nous serons à même de publier\nchaque mois la liste complète des nouveautés parues. En outre\nnous viendrons en aide, par des enquêtes, par des question-\nnaires, par des démarches et des articles, à tout ce qui peut\nseconder l'essor de la librairie musicale, du côté des éditeurs\ncomme du côté du public.\nUn QUESTIONNAIRE sera ouvert en permanence, pour"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.87", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "permettre à nos abonnés de se renseigner entre eux, de facili-\nter les recherches, les échanges pour établir en un mot entre\ntous ceux qui se passionnent pour la musique, à quelque titre\nque ce soit, une correspondance profitable aux bonnes rela-\ntions du monde musical.\nAinsi adaptée à tous les besoins, pourvue de. tous les\nmoyens d'information et d'investigation, F ACTUALITÉ MUSICALE\ndevra certainement rendre les services que chacun attend\nd'elle, et nous espérons qu'elle trouvera auprès de nos lecteurs\nl'accueil quelle s'est promis de leur bienveillante sympathie.\n\nLa Direction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.16", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.88", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "Théâtres et\nConcerts\n\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE.\nLa Société des Concerts a commencé sa\n83™ année d'existence par la Symphonie de\nFranck.\nIl faut sans doute voir dans ce choix l'inten-\ntion de M. Messager de rester fidèle aux\ngrandes œuvres classiques, mais aussi d'admettre\nles tendances modernes. De coupe et de forme\nclassique, la symphonie en ré mineur est bien\nmoderne par l'orchestration, et par la cohésion\npuissante des thèmes qui ne sont plus juxta-\nposés, mais se superposent et se pénètrent avec\nun art admirable. N'est-elle pas un peu l'image\nde l'antique société qui, sans cesser son culte\nde la symphonie Beethovénienne, a, depuis\nquelques années surtout, ouvert ses program-\nmes à beaucoup des grandes œuvres modernes ?\nLe choix était excellent, l'exécution fut\nparfaite, surtout de la part des bois et des\ncuivres. M. Messager Ta conduite avec sobriété\net précision.\nLe programme du premier concert s'inspi-\nrait de cet esprit, allant de la Bataille de\nMarignan de Clément Jannequin, à Sadko r\nRinisky Korsakow, par un Concerto pOUr\nhautbois de Haendel.\nLa vieille page de notre Renaissance musj.\nsale, si spontanée, si pittoresque, eut son\nhabituel succès. On fut moins juste pour le\nSanctus de la Messe du Pape Marcel, de\nPalestrina, quijiméritait autant d'applaudisse-\nments. Les chœurs la chantaient pour\npremière fois. Ils en ont, dans cette salle idéale\n(que nous garderons encore bien deux ans,\nespérons-le) mis en valeur tout le travail har-\nmonique, varié malgré la simplicité des moyens\nA S 1 Gervais, où la Messe du Pape Marcel\nfut souvent donnée, l'éloignement nuit à ces\ndétails. On ne s'en tiendra pas là, nous le\ndésirons, on nous donnera cette année d'autres\nœuvres chorales de l'ltalie et de l'Espagne du\nXVIe Siècle.\nDans le Concerto de Haendel, la sonorité\nde M. Bleuzet fut un enchantement. Ce\nfurent de justes applaudissements.\nL'ouverture d'Egmont termina le concert\npar l'apothéose de Beethoven.\nCONCERTS LAMOUREUX. 1\nnous est difficile de donner ici mieux qu'une\nnomenclature.\nEn Novembre, la série des Symphonies de\nBeethoven a continué par l'Héroïque, les\nsymphonies en si b et en ut mineur, puis par\nla Pastorale. Notons encore des œuvres qui\nsont de fondation les dimanches à la Salle\nGaveau : Ouverture du Vaisseau Fantôme,\nouverture de la Flûte enchantée, fragments des\ndrames Wagnériens, Thamar, de Balakirow\netc., pour en venir aux premières auditions\npages modernes.\nOn a fait bon accueil à une suite de M. A,\nPhilip, Rapsodie sur deux airs basques, rythmée\net ingénieuse d'orchestration. M. Périihou qu\nexcelle dans les pastiches de musique ancienne\nce qui n'est pas une critique car pou\nl'imiter ainsi, il faut aimer le XVIIIe siecle\nmusical français et en être pénétré, M. P-\nrilhou a donné une agréable \" Fête patronale\nen Velay \", Bourrée-Musette, Carillon, Pr°\"\ncession, Danses. Il y a une grâce et une"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.89", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3336, "texte": "franchise de touche agréables dans ses esquisses\nreposantes. Il y a de l'archaïsme, mais juste ce\nqu'il en faut.\nLa Symphonie en trois parties de M. F.\nCasadesus a été également applaudie. Chacune\ndes parties est subdivisée en trois mouvements,\nsans interruption, bien entendu. L'œuvre est\nmélodique, mais nullement banale ; l'auteur\nparaît avoir un tempérament de théâtre. Sou-\nhaitons lui de nous en donner bientôt la preuve.\nEnfin la fantaisie pour piano de M. A. Kunck,\nson envoi de Rome il y a deux ans, laisse un\nrôle assez restreint au piano, mais présente un\norchestre vif et chatoyant qui a plu. En résumé,\ndans ces quatre concerts, M. Chevillard a\nprésenté quatre œuvres nouvelles d'un réel\nintérêt.\nComme solistes, citons Mme de Lausnay,\ndans la Fantaisie de M.1 Kunck, M. Maurice\nDumesnil dans le Concerto de Liszt. M. Pol-\nhain, de Nancy, dans le Concerto pour violon-\ncelle, de Lalo, Mme Jeanne Raunay et\nM. Imbart de la Tour, dans la dernière scène\ndu premier acte de la Valkyrie, enfin Mmc Is-\nnardon qui a chanté avec style un air de\nl'Enfant Prodigue de M. Debussy et La\nProcession, de Franck,\nF. GUERILLOT.\nCONCERTS-COLONNE.\nOn a ré-\nentendu avec plaisir, par le puissant organe de\nMme Litvinne, la P.enthètilèe de M. Bruneau,\net par la voix un peu frêle, mais charmante et\nconduite avec beaucoup de goût, de M. Cou-\nlomb, le Shylock de M. Fauré : deux œuvres\nqui apparaissent trop rarement sur les pro-\ngrammes.\n- M. Pugno a tenu avec sa maîtrise habi-\ntuelle la partie concertante dans les Variations\nsymphoniques de Frank, et la Symphonie sur\nun chant montagnard de M. d'lndy.\nA l'autre extrémité de l'échelle des pianistes,\npar la taille sinon par le talent, se place la\ntoute petite et gracieuse personne d'une dou-\nzaine d'années qui, après son brillant premier\nprix, vient de prendre contact avec le grand\npublic dans les Variations de Beethoven pour\npiano seul, op 35, première épreuve (très-\nréduite) du finale de la symphonie héroïque.\nMlle Aline van Bârentzen y a obtenu un vif\nsuccès, bien dû à son jeune âge ; et, ce qui\nest plus rare, elle l'a mérité par l'intelligente\nfinesse de soii jeu.\n> Î Le chapitre des nouveautés se borne à trois\nœuvres, dont une en seconde audition. Les\npetits préludes symphoniques extraits par\nM. Saint-Saëns de la musique écrite par lui\npour le drame religieux (ou plutôt antireli-\ngieux) de M. Brieux, La Foi, perdent beaucoup\nà être séparés des scènes qui les ont inspirés et\nen éclaireraient le sens ; ils attestent du moins\nque la sûreté de main du maître n'est en rien\naltérée par l'âge qu'on ne voudrait jamais lui\ndonner, s'il ne mettait une certaine coquetterie\nà l'avouer.\nLe conte symphoniquement illustré par\nM. Pierre Coindreau, Le Chevalier moine et\nles Diables dans Vabbaye, montre chez cet\nauteur, avec un goût louable pour le savoureux\nlangage de nos pères, un sens très vif du\npittoresque adéquat ; mais son illustration est\nplutôt une enluminure qu'une peinture en\npleine pâte.\nQuant à la Suite française de M. Roger\nDucasse, déjà exécutée le 28 février dernier,\net iqu'on peut bien dire redemandée, une\nœuvrette tout-à-fait charmante. On peut beau-\ncoup attendre |de [ce jeune compositeur, et il\nfaut retenir son nom sans confondre : mainte-\nnant toutes proportions gardées ! il y a\nDukas et Ducasse. Ni l'un ni l'autre, pourtant,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.90", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "n'ont pu décrocher cette étrange timbale qui\ns'appelle le prix de Rome : ô beauté des con-\ncours officiels !\nG. ALLIX.\nSOCIÉTÉ J. S. BACH. Nous re-\ntrouvons M. Gustave Bret et sa petite phalange\naccrue, devenue 'un solide bataillon. Et ce\nn'est pas seulement par le nombre, c'est aussi\npar la sûreté d'attaque et la qualité des voix\nque la troupe a gagné. Il ne lui manque plus\nque quelques voix d'hommes pour être absolu-\nment homogène.\nLa société ne donnera cette année que\nquatre concerts, préférant la qualité à l'abon-\ndance. Pour le premier, c'était l'Oratorio de\nNoël, ou plutôt une sélection des six cantates\nqu'il est impossible de donner en une séance.\nPour les solistes, c'est avec raison que\nM. Bret va les prendre en Allemagne ; ils\nont une tradition qui manque aux nôtres,\npour cette musique vocale d'un genre si spécial.\nMllc Maria Philippi en est l'interprète parfaite;\nelle vient encore de le prouver. Mlle Eisa\nHomburger, qui vient faire consacrer à Paris\nune réputation acquise en Allemagne, en\nSuisse et récemment en Belgique, aun soprano\nd'une justesse absolue et bien égal dans sa\ngrande étendue. Les parties de ténor et de\nbasse étaient tenues par M.M. Georg Baldsum\net M. Fritz Haas, irréprochables. M. Baldsum\ndit le récit du Maître de Leipzig dans un\nstyle parfait, ce qui n'est pas fréquent. Il est\ntoutefois regrettable que les airs n'aient pas\ndavantage trouvé grâce devant M. Bret. Il en\navait trop supprimé, ce qui nous a privé de\nces excellents artistes, et a détruit l'équilibre\nde l'œuvre. On eut pu, sans inconvénient\nprolonger le concert d'une demi heure et\nsauver quelques pages.\nCONCERTS HASSELMANS. —Sa\nnomination au pupitre de chef d'Orchestre\nde l'Opéra-Comique n'a pas empêché M. Has-\nselmans de persévérer dans son entreprise de\nl'an dernier, et nous en sommes heureux. Son\norchestre, moins nombreux que ceux du Cha-\ntelet et de M. Chevillard, a une ardeur et une\nbonne volonté qui nous vaudront bientôt une\nexécution parfaite.\nM. Hasselmans a donné en Novembre deux\nconcerts, sur les six qu'il annonce. Au premier\nla Symphonie en la de Beethoven, au second\nla huitième Symphonie de Bruckner, déjà\njouée l'année dernière. Puis La fille de Pohjola\npoème symphonique de M. Sibelins, des lieder\nde M. Léo Sachs, chantés par Mlm' Grandjean\nle Concerto en ré de Mozart, pour piano, joué\nde façon exquise par M. Casella, etc.\nComme œuvre inédite, le concert du 2\"\nnovembre nous apporta,un poème symphonique\nde M. Torre-Alfina sous le titre un peu ambi-\ntieux de \" Prométhée enchaîné\". Par contre,\nl'orchestre a été bon dans Antar, de Rimsky\nKorsakow, dans quatre pièces brèves pour piano\nde M. Fauré, orchestrées par M. Hasselmans,et\nde justes applaudissements ont remercié MDle\nIsnardon qui avec un chœur composé d'élèves\nde M. Isnardon, a chanté une scène d'lphigé-\nnie en Tauride.\nSCHOLA. Pour leur premier concert\nmensuel les chœurs et l'orchestre, dirigés par\nM. Marcel Labey, ont donné une sélection\nimportante de Dardanus, de Rameau. Cette\naudition nous a fait regretter et nous\ncroyons que ce fut un regret presque unanime\nque cette grande œuvre ne soit pas remise\nà la scène. Il y a des livrets pires, mais, tel\nqu'il est, celui de Dardanus rend la représen-\ntation bien difficile de nos jours. Cependant\nun directeur ne pourrait-il pas s'y risquer avec\nune mise en scène restreinte et quelques\ncoupures dans les chœurs ? Le dialogue est\nd'une justesse si parfaite, il est coupé d'ariosos\nsi expressifs que l'œuvre n'a pas vieilli. M.\nMarcel Labey l'a conduite dans le vrai\nmouvement, sans lenteur, et l'exécution a\nmarqué un nouveau progrès sur celles de l'an\ndernier. Les chœurs sont plus nombreux;\navec l'appoint une douzaine de voix d'hommes\nils seraient presque parfaits. L'orchestre a\nacquis une sûreté qu'il n'a pas toujours eue,\nloin de là.\nQuant aux solistes, tout l'état major brillant\nde la Schola a donné : MHl(' Mary Pironnav,"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.91", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "]/lellç Malnory, M. Bourgeois, M. Tremblay,\n\\l. Plamondon, dans les rôles importants,\nd'agréables artistes dans les rôles accessoires.\nPlusieurs furent excellents, aucun ne fut\nmédiocre. Ce fut un des premiers concerts\nvraiment intéressants de la saison.\nSYMPHONIA.— Ces concerts de musique\nde chambre le Jeudi soir, et de musique sym-\nphonique le Dimanche à trois heures, ont €u\nd'heureux débuts. Ce sera bientôt un excellent\norchestre. Aussi adressons nous à leurs pro-\nmoteurs, les Directeurs des Annales Politiques\net Littéraires, non plus des vœux de succès,\nmais de sincères félicitations. Les \" Amis de\nla Musique\" applaudissent à la réussite de\nM. et Mme Adolphe Brisson qui sont des leurs.\nNous permettront-ils quelques remarques\nsur l'organisation matérielle des concerts du\nDimanche ? La lenteur du bureau oblige le\npublic à une longue attente, dehors, à la pluie\net dans la boue, tandis que le concert est\ncommencé. On doit remédier à cet incon-\nvénient. Enfin la salle et ses dégagements sont\ndune exiguité qui rappelle la salle du Con-\nservatoire, sans en avoir les qualités. Il est vrai\nqu'il est difficile de trouver un théâtre dis-\nponible le dimanche après-midi.\nLe concert des 21 et 28 novembre (car le\nmême programme est donné deux dimanches),\ncomprenait à côté des grandes œuvres comme\nla 2e Symphonie de Beethoven, et le morceau\nJe Rédemption, la musique de scène de Kara-\ndec, de M. d'lndy, la fantaisie de M. Guy\nRopartz, de jolies mélodies de Gretry- et de\nilonsigny reconstituées par M. Vidal et chan-\ntées par Mmc Laute-Brun, enfin deux entr'actes\nécrites pour la Tempête de Shakespeare par\nConstantin Gilles. Cette dernière œuvre est\npresque un début, mais elle est écrite dans\nune note très personnelle et, avec une ex-\npérience incontestable de l'orchestre. Elle n'a\npas trop souffert du voisinage de M.M. d'lndy\net Ropartz. M. Vidal conduisait l'orchestre.\nF. G.\nPHILHARMONIQUE. En trois séan-\nces mémorables, Messieurs Ysaye et Pugno ont\nmagistralement descendu les dix sonates de\nBeethoven pour piano et violon. Isolément les\ndeux grands artistes font salle comble, ensem-\nble, archi-comble. Leur interprétation quoique\nultra-romantique a été fort goûtée du public ;\nj'avoue en avoir aussi savouré le ragoût, et\nBeethoven lui-même, s'il avait pu recouvrer à\nla fois la vie et l'ouïe, y aurait assurément\npris un plaisir extrême. Les grandes salles ne\nsont cependant pas favorables à l'audition de\nla Sonate classique. Perdue dans ces immenses\nvaisseaux, elle perd à son tour de son charme\nintime, et ses interprètes sont obligés pour se\nfaire entendre, de forcer leurs effets. Malgré\ntous leurs efforts, cela demeure quand même\nun peu maigre... Heureusement que lorsqu'il\ns'agit de Messieurs Ysaye et Pugno, ce vocable\nne saurait, en toute justice, être employé.\nL'audition de l'œuvre intégrale des maîtres\nest à la mode en ce moment : Toutes les\nsymphonies ! tous les quatuors ! toutes les\nsonates pour piano !... Cela rappelle l'histoire\ndu monsieur qui après avoir épousé succes-\nsivement les trois sœurs, s'apprêtait à convoler\nen justes noces avec la quatrième et dernière.\nUn de ses amis l'en dissuadait. \" Il faut\nque j'en finisse avec cette famille ! \" lui\nrépondit impitoyablement notre obstiné Barbe-\nbleue.\nLUCIEN GREILSAMER.\nCERCLE MUSICAL. Ces agréables\nmatinées du Jeudi, dirigées par M. Charles\nDomergue, ont leur public dilettante et élé-\ngant. Il entend là de bons artistes qui dans\nl'intimité d'une petite salle jouent finement\ndes œuvres intéressantes.\nLe 19, nous eûmes M. Marneff, dans les\nVariations Symphoniques pour violoncelle, de\nBoëlman, M. Lazare Lévy dans les fragments\nd'lberia, d'Albeniz, M. Plamondon, dans des\nChansons Canadiennes et Françaises recueillies\npar M. Vuillermoz, Melle Micheline iKahn,\ndans l'lmpromptu pour harpe de M. Fauré,\nenfin M. Vieux (alto) et M. Nanny, (contre-\nbasse) dans des pièces de Borghi et de Bois-\nmortier.\nM. Lazare Lévy est toujours le pianiste"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.92", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "délicat sachant à merveille mettre en valeur\nce qu'il joue. M. Plamondan est habitué aux\néloges. Néanmoins, il nous a paru qu'il chan-\ntait trop en artiste les chansons populaires.\nL'excès de finesse et d'intentions y est un\ndéfaut.\nQUATUOR MARSICK-HEKKING.\nAprès une longue absence de Paris, M.Mar-\nsick nous est revenu l'an dernier. Il avuqu on\nne l'avait pas oublié et qu'on le considérait\ntoujours comme un excellent interprète de la\nmusique classique, et comme un des premiers\nchefs de quatuor de notre temps. L'accueil\nqu'on vient de lui faire, à lui et à son quatuor\n(MM. Tourret, Vieux et Hekking) en est une\nnouvelle preuve. Il a su s'entourer de parte-\nnaires de premier ordre, M. Vieux, l'éminent\naltiste du Quatuor Parent et M. Hekking,\nqui est un de nos meilleurs violoncellistes,\nM. Tourret qui a joué dans plusieurs quatuors.\nLe Quatuor op. 127 de Beethoven eut peut-\nêtre demandé un peu plus de vigueur.\nMais le Quatuor en sol mineur op. 161 de\nSchubert (qui n'avait pas encore été joué à\nParis) et surtout le 3™ Quatuor de Schumann,\nont été rendus avec une unité, un fondu par-\nfaits, L'œuvre de Schubert est assez longue,\navec des soli trop tranchés, ayant toutes les\nqualités, mais aussi les défauts, de sa musique\ninstrumentale. On a tout dit du Quatuor\nop. 41 de Schumann.\nCette admirable page a été jouée comme il\nnous a rarement été donné de l'entendre, tout\nparticulièrement l'adagio.\nSOIREES D'ART. Les festivals Fauré\net Schumann ont eu, ce mois-ci, tout le succès,\nqu'ils méritaient.\nAvec le concours au piano de M. Gabriel\nFauré, le quatuor Geloso, nous a donné une\ninterprétation tout à fait heureuse du quatuor\nen ut mineur, et du quintette en ré mineur,\nde notre sympathique directeur du Conserva-\ntoire. Le style si pur de ces artistes et la\ndélicatesse de leurs sonorités, nous ont révélé\ntout ce que ces œuvres renfermaient de sen-\nsibilité exquise et de subtilité raffinée, Cet\nmêmes qualités si personnelles à M. Gabriel\nFauré, nous ont été rendues avec infiniment\nde grâce par Madame Durand-Texte, dans un\ncycle de mélodies, où nous retiendrons volon-\ntiers : Et après un rêve, Clair de lune, Soir et\nMandoline. A cette même soirée, Melle Hen-\nriette Renié, harpiste, s'est réservé un franc\nsuccès, dans l'exécution de deux pièces pour\nharpe : Romance (la bémol) et Impromptu.\nSans rien sacrifier des beautés contenues\ndans la 2me sonate, le 3™® quatuor, le quatuor\nen la mineur, et le quintette de Schumann,\nnous conserverons, cependant toutes nos pré-\nférences, pour ses \" Lieder. \" Par l'extrême\nvariété, et la sincérité des sentiments, qu'ils\nexpriment, ces petits poèmes, s'imposent à\nnotre admiration. Aussi : \" Amour et vie de\nfemme \", \" Amour de poète \", interprétés de\nsi heureuse façon par Madame Félice Litvinne\net Madame Isnardon, furent-ils l'occasion\npour ces deux artistes d'un véritable triomphe,\nPour être plus moderne, le cycle de mélodies\nde M. Léo Sachs, (A genoux, Au bord de l'eau,\nRose d'Automne, Retour près de l'Armée),\nn'en a pas moins retenu l'attention du public,\nF. G.\nRÉCITAL DELLY FRIEDLAND. -\nDu programme copieux, où s'est affirmé la\nsens très artistique de cette cantatrice, dans\nl'interprétation de mélodies allemandes, nous\nciterons volontiers : \" der Tod und das Mâd-\nchen \" de Schubert, \" der Nussbaum \" de\nSchumann, et \" Fruhlingsnacht \" du même\nauteur. La diction un peu difficile de Mn\nDelly Friedland, lui a rendu plus ardue la\npartie du concert réservée à des morceaux de\nchant d'auteurs français. Cette artiste de talent\ns'est cependant réservé un grand succès avec\n\" les Berceaux \" de Fauré, et la Chanson\nperpétuelle de Chausson.\nA. T.\nCONCERTS ISORI. Madame Isori\narrive de Florence avec une excellente métho-\nde, un style pure, et une voix très curieuse-\nment timbrée. Les vieux maîtres italien*\nauxquels elle se voue, ont en elle une interprète"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.93", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "dévouée, habile et avertie. Ce qui m'a le plus\nfrappé, c'est son extrême aisance à transformer\nle timbre de son organe jusqu'à le rendre in-\nstrumental. L'opposition de contrastes est chez\nelle le secret du bel-canto, secret perdu, en\nFrance du moins, depuis longtemps. M. Paolo\nLitta fondateur de cette Libéra Estetica \", qui\na pris l'initiative de ces concerts anciens, a\nacompagné le violoniste E. Wittwer dans trois\nsonates à Violon et B. C. Le tout m'a paru d'une\nexcellente tenue, mais il me semble que Per-\ngolesi, Veracini et Nardini lui-même réclament\npeut-être un peu moins d'abandon, et un style\nqui en impose davantage à l'auditeur. Il est\ntrès possible aussi que cette impression vienne\nde l'habitude où nous sommes d'entendre aux\narchets de très grosses sonorités. En somme le\nmérite de ces auditions a vivement frappé l'as-\nsistance, dans laquelle j'ai remarqué' tous nos\ncollègues de la critique musicale, tous ceux du\nmoins qui se dérangent pour entendre et non\npour être vus. Je ne saurais trop encourager\nla \" Libéra Estetica \" dans cette œuvre de\npropagande en faveur de la musique italienne\nancienne, si oubliée et si digne de vivre éter-\nnellement.\nJ. E.\nSOIRÉES DU \"MONDE MUSICAL.\"\nNotre distingué confrère, M. Mangeot, a\npar une initiative heureuse que nous suivrons\npeut-être un jour, organisé à la Salle de la\nSociété de Photographie, le Jeudi soir, des\n\" séances intimes de lecture de musique étran-\ngere.\nC'est là un titre trop modeste pour le sen-\ntiment artistique qui dirige ces réunions, et\npour les virtuoses qui en font les frais. Ces\nu lectures \" sont presque des exécutions par-\nfaites, et on n'en sera pas surpris si nous disons\nque le 18 Novembre nous eûmes le plaisir\nd'entendre au piano M. Louis Delune,\nM. Casella, le compositeur Suédois Sjôgren,\ndont les lieder sont connus en France,\nM. Manuel de Falla, compositeur andalous,\ndans des œuvres tout au moins intéressantes.\nLe \" Thème et Variations\" de Sinding\navec le sous titre \"Fatum\" est une page aussi\nremarquable par la noblesse des idées musicales\nque par leur beau développement pianistique.\nC'est une grande œuvre et M. Delune l'a\njouée avec un profond sentiment et des doigts\nmerveilleux.\nM. Casella a lu des pièces de Balakirew et\nd'Albeniz ainsi qu'une belle fugue de Sgam-\nbati, presque inconnue en France.\nDans de petites pièces de sa composition,\nM. Sjôgren, et dans des croquis espagnols très\nvibrants, M. de Falla, ont beaucoup plu.\nA la séance suivante, ce furent des trans-\ncriptions d'œuvres symphoniques étrangères\npour piano à quatre mains. Des variations et\nune ouverture \"Vers le Sud\" d'Elgar ont\nparu creuses et sans grand intérêt. Par contre,\nla 4e Symphonie de Dvôrack et une Rapsodie\nOrientale de Glazounow sont des œuvres\noriginales d'idées et variées de rythmes, colo-\nrées et puissantes qui doivent produire un\ngrand effet à l'orchestre. La suite de Glazou-\nnow devrait figurer depuis longtemps sur nos"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2281, "texte": "programmes du dimanche, entre Sheherazade\net Antar. M. Chevillard la connaît-il ?\nF. GUÉRILLOT.\nAU LYCEUM. Le Lyceum vient de\nnous fournir encore une fois la preuve de la\nvitalité de féminisme en musique. Ce Club de\ndames donnait une audition des œuvres de\nCamille St Saëns, où quelques rares privilégiés\ndu sexe fort ont pu se faufiler.\nAu programme Mlle Grandjean, Madame\nA. de Montalant, MlleGignoux, M. de Guébriac\net le Maître. Sonates, airs, duos, transcriptions\nd'orchestre, tout était combiné de façon à nous\ndonner une parfaite idée de la musique de Saint\nSaëns ? Et jamais je n'ai trouvé cette musique\naussi bien à sa place, ni aussi vivement goûtée\nque dans cette réunion tout à fait choisie. Un\nbon point pour le secrétaire organisateur,'notre\ncollègue Mlle Delh ez.\nAux trois vendredis suivants, nous avons\nnoté le violoncelliste Fernand Pollain, qu'on\nvenait d'applaudir au Concert Chevillard, M.\nPaul Viardot, le distingué violoniste, Mellc\nCaffaret aux doigts jeunes et déliés, enfin\nM. Viannene, excellent baryton de concert à\nla voix exquise et notre collègue Melle Delhez\nqui organise ces concerts et leur donne pas\nassez souvent le concours de sa belle voix\net de sa remarquable méthode.\nF. G.\nCONCERT CHEVALET. Melle\nGermaine Chevalet qui donne deux séances\nde chant Salle Berlioz a une qualité à laquelle\nrien ne supplée, la jeunesse et la fraîcheur de\nla voix. Son second concert aura lieu trop\ntard pour que nous puissions en parler, au\nmoins dans le présent numéro. Le premier\navait un programme sérieux, avec des can-\ntiques de J. S. Bach et de Beethoven, des airs\nde Haendel et de Caccini. Melle Chevalet a\nbien chanté ces courtes mais expressives mé-\nlodies religieuses de Beethoven qu'on n'entend\npas assez souvent. M. Gaubert, dans une suite\nde Bach, a été, comme d'ordinaire, un flûtiste\nau son exquis.\nCONCERT BACHMANN. Pro-\ngramme très copieux avec la suite de Schiïtt,\nle Concerto en si mineur de Saint-Saëns,\ntrois œuvres de Bachmann: \" Dialogue\nqui sera joué cet hiver dans tous les salons,\n\" Jota aragonesa \" pièce à la Sarasate, d'une\ndifficulté inouïe, \" marche funèbre \" à la mé-\nmoire de Joachim ; puis un adagio émouvant\net peu connu de Corelli, l'adagio du Concerto\nde Dvorak, un caprice très intéressant (dédié:"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.95", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "de Moszkowski, et enfin les \"Airs russes\" de\nWieniawski.\nLe virtuose a déployé une fois de plus les\nqualités qui le placent incontestablement au\npremier rang, et à côté des plus-grands maîtres\nmodernes du violon.\nLa particularité de ce concert consistait,\nainsi que l'annonçait le programme, en ce que\nM. Bachmann y jouait un violon Greilsamer\nentièrement neuf. Il y a eu unanimité à con-\nstater que le néo-Crémone luttait avantageuse-\nment avec le Montagnana du virtuose, payé,\nainsi que l'indique l'annuaire des artistes,\n20,000 frs. La 41Î1C corde a même semblé\nposséder plus d'ampleur encore. Il est heureux\npour l'art musical, que nous n'ayons désormais\nplus à considérer comme irréparable la dimi-\nnution journalière du nombre des instruments\nanciens, puisque le secret de Crémone est\nretrouvé ; il s'agit donc là d'une reconstitution\ndont l'extrême importance 11e saurait échapper\naux musiciens et pour laquelle il convient de\nféliciter chaudement M. Greilsamer dont les\nsagaces recherches enregistrent un plein succès.\nM. Bachmann vient de fonder un quatuor\nque nous entendrons probablement cet hiver,\navec MM. Chouanet, de Renaucourt et Vol-\npatti. GASTON KNOSP.\nCOURS DE LECTURE MUSICALE.\n—Une heureuse initiative nous est signalée.\nMadame Delage-Prat, a ouvert un cours pour\ndames et jeunes filles, dans lequel les élèves\nlisent à première vue des œuvres de musique\nd'ensemble à deux pianos, pour piano et violon,\npour voix et accompagnement, pour piano et\nvioloncelle. L'un des partenaires est le maître,\nl'autre l'élève. Le cours a lieu une fois par\nsemaine, 78, avenue de Villiers.\nCONSERVATOIRE. Nous sommes\nheureux d'apprendre la nomination de notre\néminent Collègue M. Maurice Emmanuel, à\nla chaire d'histoire de la musique de Conser-\nvatoire. Nous offrons les félicitations les plus\nsincères à M. Maurice Emmanuel, et serons\nheureux de rendre compte ici des leçons qu'il\nprofessera au Conservatoire.\nQUATUOR PARENT. Le quatuor\nParent donnera les quatre mardis de décembre\nl'œuvre intégrale de musique de chambre de\nSchumann, et les mardis de janvier et février\nl'audition des 17 quators de Beethoven. (Ces\nhuit dernières séances ne coûteront en abonne-\nment que 10 frs.)\nERRATUM.— Une erreur typographique\nnous a fait attribuer à M. L. Gandillot dans\nS.I.M. de Novembre l'article de notre collègue\nMaurice Gandillot, dont le signature avait\nd'ailleurs été mise à la fin dudit article. Nous\nnous empressons de réparer ces coquilles.\nALFRED JOSSET. Une curieuse\nfigure de la musique française vient de dis-\nparaître : le compositeur Alfred Josset est\nmort le 12 novembre dernier. Il était né à\nGisors le 8 septembre 1851 ; sorti de l'école\nNiedermeyer, il avait été maître de chapelle à\nSte Marguerite, puis professeur de musique à\nS 1 Nicolas. Depuis 1882 il dirigeait avec un\ninlassable dévouement l'lnstitut musical des\nfrères de St Jean de Dieu. Il était parvenu à\nrecruter parmi les malheureux infirmes élevés\nrue Lecourbe, un orchestre symphonique et\nune Société chorale de plus de 200 exécutants.\nIl était d'une bonté touchante envers tous ces\npauvres déshérités, et avait rédigé pour eux\nune sorte d'encyclopédie musicale, où sont\nprésentées sous une forme rapide et simplifiée\nles notions essentielles de l'harmonie et de\nl'histoire musicale. Ennemi juré de toute\nroutine, il avait imaginé une méthode spéciale,\ndestinée à faciliter les débuts du piano, et des\nprocédés de composition et d'improvisation\naussi ingénieux qu'imprévus. Ses doctrines\nartistiques ont pu prêter parfois à sourire, mais\nelles ont infailliblement séduit tous ceux qui\nont pris la peine de les approfondir. \" Tout le\nmonde compositeur ! \" s'écriait-il avec l'ardeur\nd'un convaincu qui prêche un nouvel Evan-\ngile. Le seul tort de cet homme excellent, qui\navait certainement du génie, était de ne pas\ns'apercevoir que tous n'en avaient pas autant\nque lui."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.96", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3747, "texte": "COURS. M. Charles Silver a repris\nses leçons d'harmonie et de composition.\nMadame Brejean Silver de l'Opéra Comique\nvient également de reprendre ses leçons et\ncours de chants, 21, Boulevard Beauséjour.\nMadame Sivat, 5, rue Franklin, continue\nses leçons de piano suivant la méthode de\nLechetiski, solfège, harmonie, cours d'enfants,\nlecture à vue, violon et harmonie. Cours par\ncorrespondance.\nLA LÉPREUSE. Sylvio Lazzari a\nperdu son procès.\nSon drame lyrique, La Lépreuse, fait en\ncollaboration avec H. Bataille, avait été reçu\nà l'Opéra-Comique, et était devenu, après\nquelques modifications destinées à ménager la\ndélicatesse des habitués de la salle Favart,\nY Ensorcelée. Pour des raisons sans doute graves,\nM. Carré refusa de jouer ce drame et offrit\nle montant du dédit stipulé dans la traité de la\nSociété des Auteurs. Comme, au moment de\nla réception de la pièce, Lazzari ne faisait pas\npartie de la Société, il refusa le dédit, exigeant\nla représentation de son œuvre et des dom-\nmages et intérêts. D'où procès. Lazzari a perdu.\nTant pis pour les musiciens qui continueront\nà entendre des Chiquito...\nQUATUOR MULLER. Dans une\nagréable petite salle de théâtre de l'avenue\nd'Eylau, une société de jeunes lauréats du\nConservatoire, dont les années n'atteignent\npas, ensemble, le total d'un siècle, a entrepris\nde donner des séances de musique de chambre.\nLes débutants: MM. Louis Carenbat, G. Pou-\nlet, Monfeuillard et A. Crucq jouent juste,\nont du feu, de la sonorité et font preuve de\ndiscernement dans le choix de leurs program-\nmes: Beethoven (Ve Quatuor), Mozart (Sonate\npour piano et si b), Schumann et son Quintette,\nfiguraient à leur premier concert. Mme Muller\nleur prêtait son concours pour la partie de\npiano. Ces artistes furent très applaudis. On\npeut souhaiter à la pianiste un peu moins de\ndiscrétion dans la sonorité, car, dans Schu-\nmann surtout, le rôle du piano n'est pas secon-\ndaire, et conseiller au contraire, aux quartet-\ntistes d'obtenir plus de douceur et de légéreté\ndans les morceaux qui comportent du mystère\nou de la vivacité.\nG. S.\nROUEN. Notre collègue Mme M. Capoy\nreprendra ses causeries cet hiver. Elle parlera\ndes Vieux Noëls normands, de la Diction au\npoint de vue physologique de la Musique allemande\nau XVIIe siècle, et enfin du Public et du Théâ-\ntre. Il est à souhaiter que toutes nos grandes\nvilles de France se montrent aussi zélées que\nRouen. Le goût et la compréhension de la\nmusique en province y gagneraient.\nNANCY. Le directeur de notre Con-\nservatoire a célébré à sa façon l'entente franco-\nanglaise en donnant au concert de dimanche,\nune œuvre du compositeur anglais Gianville\nBantock.\nThe Pierrot of the Minute c'est le titre\nde l'ouvrage n'a pas, du moins que je\nsache, encore été joué en France. Son auteur,\nqui fait partie de l'école musicale anglaise\nmoderne, jouit de l'autre côté de la Manche\nd'une renommée assez considérable. Quoiqu'il\nen soit, The Pierrot of the Minute, sur lequel\nil serait prématuré de vouloir porter un juge-\nment définitif, est une œuvre très vivante, très\ncolorée, et qui vaut par le souci du détail.\nElle vaut aussi, en dépit de certaines puérilités,\npar l'adresse avec laquelle elle est bâtie, adresse\nqui n'exclut point chez l'auteur une con-\nnaissance approfondie de la fusion des timbres,\nAu programme étaient inscrites Istar de\nV. d'lndy, la Symphonie en mi b. de Schumann,\nle Concerto en ré mineur de Tartini et une\nChaconne pour violon et orgue de Vitali.\nPour l'exécution de ces deux dernières\nœuvres, M. Ropartz avait engagé M. E. Deru,\nvioloniste, qui interpréta, sans l'exagération\ncommune aux virtuoses, les pages des deux\nvieux maîtres.\nH. P.\nBORDEAUX. Les auditions musicales,\ndu Salon d'Automne furent organisées pour la"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.97", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3948, "texte": "première fois, en 189 g il y a donc par\nconséquent dix ans, par la Société des Artistes\nGirondins, et sur l'initiative de M.M. Forel,\nPrésident et Fiort Secrétaire général de la\nSociété, avec la collaboration artistique, de\nMonsieur V. Gendreu, professeur de violon,\net chef des Chœurs du Conservatoire de\nBordeaux.\nCes séances, eurent toujours beaucoup de\nsuccès, autant par la qualité des Artistes qui\ns'y firent entendre, que par le choix judicieux\ndes morceaux inscrits sur les programmes.\nDepuis quelque temps, une section, \" d'Art\nPhotographique \" et une section \" d'Art à\n'Ecole \" figurent honorablement, à côté de la\npeinture et de la sculpture. Cette année-ci une\nnouvelle section \" l'Art humoristique \" a été\najoutée. Aussi ce salon, véritable manifestation\nd'Art, a-t-il pris dans notre ville, une des pre-\nmières places, parmi les expositions du même\ngenre. C'est ce qui fait la vogue toujours\ngrandissante des auditions musicales que l'on\nj organise.\nTous les ans, pendant la durée du Salon, il\ny a quatre concerts ou récitals.\nCette année, à la première séance, on en-\ntendit, l'altiste Pelégrini, soliste à l'orchestre\nde notre première scène, dans différentes\nœuvres, classiques, anciennes et modernes.\nLe deuxième récital fut des plus intéressant,\nLe violoniste Block, violon solo, au même\norchestre, a interprété avec art et sentiment :\nune sonate de Vivaldi, le Concerto en la\nmajeur de Mozart, la Havanaise de S 1 Saëns,\nune danse espagnole de Sarasate, et enfin une\nanse Hongroise de Brahms, transcrite pour le\nviolon, par Joachim.\nLe Docteur Ernest Montagné lerIer Chef\nl'orchestre du Grand Théâtre et du Cercle\nJhilharmonique, tenait le piano d'accompa-\ngnement.\nLe quatre Novembre dernier, on entendit,\nquatre lauréats de notre conservatoire, Clément,\nvioloniste, Cuville, flûtiste, Chassagne, l'exquis\n:enor bordelais, àla voix franche et sonore, et\nau piano M. Lanne.\nEnfin la quatrième et dernière séance, du\njeudi 11 Novembre, fut consacrée à l'art hu-\nmoristique, aussi n'y entendit-on que peu de\nmusique.\nDans une conférence, dialoguée, d'une aima-\nble et verveuse fantaisie, Messieurs Louis\nValetin et H. Tasta parlèrent de F Humour\nModerne.\nOn a entendu aussi des fragments des\nmeilleures œuvres, d'Alph. Allais, Daudet,\nFerny etc... ces fragments étaient dits par\nM.M. Rousseau et Mr X. ; Mademoiselle\nGarrigue, l'excellent professeur, tenait le piano,\npour les adaptations musicales.\nPour terminer, l'aimable professeur de décla-\nmation, Victor Bachelet, en compagnie d'une\nde ses meilleures élèves, Mlle Jeannau, qui lui\ndonnait la répliqué, déchaînèrent des rires et\ndes applaudissement en interprétant l'hilarante\ncomédie, de Grenet Dancourt, \" le Phoque \".\nIl convient de féliciter, sans réserve, M.M.\nForel, président, et Fouché, vice-président,\nfondateurs et organisateurs du Salon d'Au-\ntomne, sans oublier M. H. Soula, secrétaire\ngénéral de l'Association des Artistes Humoris-\ntes du Sud-Ouest, pour l'organisation de ces\nintéressantes matinées.\nBelle chambrée, dans la coquette salle\nFranklin, le 6 Novembre dernier, pour enten-\ndre Mademoiselle Cécile Chaminade dans ces\nmeilleures œuvres.\nTous les musiciens, connaissent la musique\nde ce compositeur ; à Bordeaux, en particulier\nses compositions, sont très goûtées. Son inspi-\nration s'assimile tous les genres : depuis la\nmélodie pleine d'abandon, jusqu'à la musique\nde forme classique. De plus, son talent de\npianiste, son jeu plein d'éclat et de vituosité,\net le plus grand souci du sentiment de la\nnuance, toutes ces qualités, qu'elle possède\nadmirablement, donnent à son interprétation\nune intense personnalité.\nMadame Capoy des Concerts Colonne, Mon-\nsieur Chanoine Concerts Lamou-\nreux, Monsieur Hennebains, le distingué flûtiste\nsolo, de la Société des Concerts, et professeur\nau Conservatoire, lui prêtaient le concours de\nleur talent.\nMadame Capoy, est une cantatrice, à la\nvoix souple, sympathique, dont le timbre est"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.98", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4067, "texte": "d'une idéale pureté. Aussi sa parfaite diction, et\nson interprétation, vraiment artistique, des\nœuvres vocales de l'auteur, ont-elles transformé\nson succès en véritable triomphe, lorsqu'après\nun troisième rappel, elle eût chanté \" l'Anneau\nd'Argent \", une petite merveille d'inspiration.\nMonsieur Chanoine Davranche, aeu sa\ngrande part des ovations, pour l'autorité et la\nscience, avec lesquelles ! il a dit, plusieurs jolies\nmélodies : Espoir, l'Amour Captif, et la scène\nsi dramatique \" Les deux Ménétriers\".\nMonsieur Hennebains, fit entendre, un con-\ncertino de flûte de composition, hérissé de\ndifficultés ; ce grand artiste, joua ensuite, avec\nun brio incomparable, la valse en ré, de\nChopin. Plus tard, il fut acclamé par la salle\nentière, lorsqu'il eut joué, avec cette pureté\net cette douceur de son, dont il a seul le secret,\nle solo de flûte, de l'adorable scène des Champs\nElisées, d'Orphée de Gluck.\nLe concert débutait par un Trio en la\nmajeur.\nDans ce trio, le violon chantait aux mains,\nde Mademoiselle Gabrielle Mourlane-Bastien,\nnièce et élève, du réputé violoniste bordelais,\nJoseph Bastien.\nMonsieur Pelabon, violoncelliste réputé et\nde talent, a mérité aussi tous les éloges, pour\nson entente parfaite de l'œuvre, et pour les\nbelles sonorités obtenues sur son instrument\ndans ce trio.\nEnfin il convient de féliciter sans réserve,\nMadame Baylin, le distingué professeur de\nchant, qui avait su grouper autour de ses\nnombreuses élèves, un essaim de jeunes et\ngracieuses chanteuses, qui ont interprété, sous\nsa direction, avec des voix fraîches et nourries\net avec infiniment d'art \" Les Filles d'Arles\",\nun délicieux chœur à deux voix. Les Soli, de ce\npetit chef-d'œuvre, ont été chantés, l'un par\nMademoiselle Paule Cabestrémé, àla voix\nchaude et vibrante, et l'autre par une jeune\nchanteuse d'avenir, que je regrette de ne pou-\nvoir nommer, le programme, ne disant pas\nson nom.\nSociété Sainte Cécile. Après nous avoir fait\nentendre, les années précédentes, dans le même\nlieu et dans les mêmes circonstances, les chefs-\n(l'œuvre de l'art religieux moderne, tels que.\nLes Messes en ut et en ré de Beethoven ]a\nMesse du Sacre de Cherubini, la Messe Pontifi-\ncale de Th. Dubois, la Messe en la de César\nFrank, et dans l'ordre des primitifs, deux\nde Palestrina, le Comité de la Société Sainte\nCécile, et l'éminent directeur de son conser-\nvatoire Pennequin, nous ont donné cette\nannée, la Mlssa Quarti-Toni de Tomas Lui\\\nda Vittoria (1540-1608).\nLes chœurs du Conservatoire de la Société\n150 exécutants, aux voix très disciplinées ont\nrendu, grâce à un travail suivi et compris\nl'œuvre de Vittoria d'une façon très remar-\nquable. Les voix sans accompagnement étaient\nparfaitement justes ; cependant l'œuvre pré-\nsentait de sérieuses difficultés, de préparation,\net d'exécution, à cause de la tessiture toujours\ntrès élevée du chant, qui rendait la tâche très\npénible aux choristes.\nProgramme de la saison 1909-1910 : Dans\nles ouvrages des maîtres anciens, le Magnificat\nde Bach ; le Concerto en fa avec trompette\ndu même maître ; une suite, \" Cartor et\nPollux \" de Rameau; une symphonie en u ré\"\nde Haydn ; l'ouverture des \" Noces de Figaro\"\net un Concerto pour harpe et flûte de Mozart,\navec mademoiselle Renié et le flûtiste Gaubert,\nParmi les modernes, Thamar et une Ouver-\nture sur des thèmes russes de Balakiref ; La\nDéfaite de Sennacheril de Moussorgsky ; la\ndeuxième symphonie de Tournemire (un borde-\nlais) ; Les Py renées de Pechel ; Y Ouverture de\nPolyeucte de P. Dukas ; une fantaisie de Guy\nRapartz.\nLe premier concert de l'année, sous la très\nremarquable direction de M. Pennequin\ndébutait par la symphonie en ut de Sr Saëns,\nle \" Beethoven français \" comme le qualifiait\nGounod lors de la première audition de cette\nœuvre en 1887. Puis u Sauge Fleuri\" de V.\nd'lndy, que le public bordelais m'a paru\naccueillir bien fraîchement, et sans se douter\nde la saveur musicale de ce chef-d'œuvre.\nMllc Arnaud, retour d'Allemagne, a joué les\n\" Variations \" de Franck, et M. Rosoor celle\nde Tschaikowski a sur un thème rococo"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.99", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3871, "texte": "2\n\n(C'est le titre même de l'œuvre). Bravo\npour le maître Pennequin, dont la baguette\nmagique anime la vie musicale de Bordeaux.\nLes Cinq Ecoles. Le programme de cette\ncompagnie, pour la saison 1909-1910, s'an-\nnonce très intéressant. Les trois Protagonistes :\nLespine, violoniste, Falcon, pianiste, et l'érudit\nconférencier Paul Berthelot, le sympathique\nSecrétaire Général de la rédaction des journaux\nLa Gironde et la Petite Gironde, nous feront\nentendre les chefs-d'œuvre de l'Ecole Espa-\ngnole ; en plus et en fin de saison, on entendra\nun quatuor de Samazenil, notre compatriote,\net une œuvre chorale importante du Compo-\nsiteur de La Tombelle. La première séance\naura lieu le 5 décembre, et nous en parlerons.\nGrand Théâtre. Les représentations sur\nnotre scène du Grand Opéra suivent normale-\nment leur cours. Depuis l'ouverture de la\nsaison, Monsieur Bory, directeur, et Monsieur\nG. Sarreau, son collaborateur artistique, nous\nont donné quelques Soirées d'un ensemble\nassez satisfaisant au point de vue artistique.\nSalon des Femmes-Artistes. Deux auditions\nmusicales, cette semaine, au Salon de la\nGalerie des Beaux-arts. Madame Chartier,\npianiste, Sallin, violoniste, Chaubet, violoncel-\nliste, ont donné une bonne interprétation du\ntrio en ré mineur, de Mendelsohn.\nA la deuxième séance Madame Lassalle-\nDordins, professeur de chant, s'est fait entendre\ndans un air classique de Haendel et dans \" Au\nClair de Lune \" de Leoncavallo.\nLes Mercredis Classiques. Le Conseil\nd'administration du Grand Café de Bordeaux,\nsous le haut patronage de Saint-Saëns, organise\nsous le nom de u Mercredis Classiques \" une\nfois par semaine, dans la Salle des Fêtes de\nl'établissement, des matinées de musique de\nChambre. Ces séances musicales sont, paraît-il,\nbien suivies et ont quelque succès. N'ayant\nété avisé que par hasard de leur fondation, je\nn'ai pas eu encore l'honneur d'y assister ; je\nne puis donc en parler aujourd'hui.\nV. GENDREU.\nMOSCOU. Maison du Lied, Le\nprix de 500 roubles (1325 francs) a été décer-\nné par le Jury, composé de MM. Hippolyte\nIvanof, directeur de Conservatoire, Golden-\nweiser et Medtner, à dix harmonisations du\ncomte Serge Léon-Tolstoï. Le prix supplé-\nmentaire de 200 roubles (530 francs) à quatre\nharmonisations de M. Paul Antoine Vidal.\nCes compositions seront interprétées par Mme\nMarie Olénine et publiées par les soins de\nla Maison du Lied.\nBRUXELLES. Notre saison musicale\nsera féconde. Des centaines d'auditions s'or-\nganisent, les directeurs de théâtres et concerts\nrivalisent d'éclectisme, de dévouement, et\nd'ardeur à vouloir satisfaire les Bruxellois, que\nla musique de plus en plus, captive et retient.\nNous ne nous plaindrons pas de cette efflores-\ncence prometteuse, peut être, d'un renouveau\nde la grande communion du public belge, avec\nl'œuvre des musiciens belges.\nEvidemment, jusqu'ici, les programmes an-\nnoncés sont consacrés en grande part, aux classi-\nques, quoique la musique moderne française\nsemble bien devoir prendre la première place\ndans nos sympathies. Rien à cela que de naturel\net de légitime ; beaucoup de nos compositeurs\n(les Wallons) se rattachent à sa jeune école.\nMais, encore que ces derniers aient peu sou-\nvent la faveur d'une exécution, il est désirable\net légitime tout autant, que l'on nous donne\ndes œuvres flamandes, dont il est de fort\nremarquables.\nCe désir affirmé, réjouissons-nous d'une\nactivité de bon augure.\nLes exigences de la parution nous obligent\nà ne parler cette fois que de ces principales\nmanifestations.\nA la Monnaie qui nous annonce, comme\nprochaines nouveautés : Eros Vainqueur de P.\nde Bréville, Ondelette de Ch. Radoux, (fils du\ndirecteur du Conservatoire de Liège), La\nDori%ey de Cesare Galeotti, et Iphigènie en\nAulide, non encore représenté à Bruxelles.\nNous avons eu la première de MQ Butterfly de\nPuccini. Du livret (qui n'est qu'un livret) ne"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.100", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3801, "texte": "nous préoccupons pas davantage que paraît\nl'avoir fait l'auteur lui-même, dont les épan-\nchements mélodiques n'ont pas besoin, semble-\nt-il, d'attendre plus ou moins de poétiques\nrêves...\nLa musique est franchement italienne,\nquoique l'on puisse y trouver certaines tonalités\norientales et yankee. Puccini reste Puccini,\nc'est à dire, un compositeur extrêmement\nhabile, correct, élégant, abondant, qui sait\ncharmer, qui \" réussit \". Le public n'a pas\nmanqué de lui réserver le trépignant succès\nqu'il mérite.\nOutre cette première, nous avons ap-\nplaudi le baryton de Bayreuth, M. Van Rooy,\ndans un concert choisi, et dans les Maîtres\nChanteurs de Nuremberg. '\nSignalons aussi la représentation Orphée\nconduite admirablement par la très artiste\nMme Croiza.\nLES CONCERTS.\nA la distribution des prix du Conserva-\ntoire Royal, on a donné, pour finir, une\nRapsodie vibrante, colorée, somptueuse, du\nmaître belge Paul Gilson.\nDes débuts des Concerts Van Dam, le\npublic bruxellois retient surtout le chaleureux\nsuccès dont ils furent une nouvelle occasion\npour le très captivante et délicate artiste :\nMme LANDOWSKA. Dans le concerto en mi\nbémol de Mozart, dans trois petites pièces de\nChopin, elle sut rendre, aux Maîtres, le précieux\nhommage d'une interprétation fidèle, autant\nqu'émue ; au clavecin, elle déchaîna l'enthou-\nsiasme par le concerto italien de Bach et, en\nrappel, une exquise gavotte Certes, la per-\nfection de son jeu, le charme profond dont\ns'enveloppent les œuvres qu'elle choisit ne sont\nplus à redire, et pourtant l'on ne se lasse\nd'admirer telle virtuosité merveilleuse au\nservice d'une \" âme \" aussi délicieusement, et\npassionnément cultivée.\nM. DURANT que les défaites n'ont pu\ndécourager a repris ses concerts, en la salle de\nl'Ecole Française. Du premier, que rehaussait\nle concours du virtuose pianiste belge M. De\nGreef, et où l'on entendit l'ouverture de\nCoriolan, de Beethoven, les Variations sur un\nthème de Haydn, de Brahms, un concerto de\nBach, et un concerto de Lizst, (piano et\norchestre) nous remarquerons spécialement la\nSymphonie Nèo-classique de M. d'Harcourt.\nCette œuvre, qui témoigne d'une science\nparfaite, et d'un labeur probe, fut diversement\naccueillie. D'aucuns lui ont reproché son\nmanque d'originalité, sa pauvreté, son manque\nd'équilibre et d'inspiration.\nLes musiciens lui reconnaissent des qualités\nde métier, la clarté, la sincérité, la simplicité\ndes moyens ; le maître Paul Gilson lui trouve\n\" une solidité toute germanique \". Ce compliment\nfait honneur à M. d'Harcourt dont l'effort\nmérite d'être suivi. Pour n'avoir pas l'allure\nmagistrale, sa Symphonie nèo-classique possède\nd'excellents mouvements, le début est drama-\ntique, le scherzo vif, allègre et joyeux, le finale\npuissant et coloré, de grand effet. En somme,\nl'œuvre réclame l'attention et M. Durant a\nbien fait de nous la présenter.\nA l'occasion de la prochaine représenta-\ntion de la Passion selon St Jean, par la société\nBach, sous la direction de M. Zimmer, nous\ndonnerons, dans le prochain numéro, une brève\nanalyse de l'œuvre, d'après le livret que lui a\nconsacré notre correspondant à Liège M. le\nD 1 Dwelshauwer.\nR. L.\nC'est avec grand plaisir que nous appre-\nnons le succès que viennent de remporter à\nChristiania, à Bergen, à Trondjen et dans\ntoutes les villes des Etats Scandinaves, le\nvioloniste Hongrois Arthur Nortmann et notre\ncompatriote le jeune pianiste André Dorival.\nAu programme : Sonates de Grieg en ut\nmineur pour piano et violon, et de Brahms en\nré mineur.\nCes deux artistes distingués iront bientôt\ndonner quelques concerts dans les principales\nvilles du Dannemark, puis se feront entendre\nà Paris, avant d'entreprendre leur tournée en\nBulgarie et en Turquie.\nLe quator Zimmer, dans sa première\nséance, révèle un trio de M. E. von Dhonanyi>"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.101", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3521, "texte": "juvre intéressante, non dépourvue de charme\n: d'inspiration.\n- Eugène Isaye, affirme une fois de plus\nJès son premier concert, ses dilections. Le\nprogramme est entièrement français. \" Sym-\nèonie française \" (première exécution) de\nTh. Dubois \" Petite Suite 99 de Claude De-\nlassy. qui n'y est pas lui-même, car simple,\nprécis, et direct \" Espana \"de Chabrier.\nRaoul Pugno, technicien impeccable, brillant\nIrtuose, prêtait son \" royal \" concours à cette\nsoirée.\nM. Durant reprend aujourd'hui même,\n\\\\ novembre, la série de ses concerts. Nous\n!e rappelerons dans notre prochaine corres-\njondance.\nLe violoniste russe Aljôscha Schkolnich\nlonnera un récital, le 16 novembre à la salle\nle la Grande Harmonie. Cet artiste a remporté\nle nombreux succès à l'étranger. Au program-\nme : Tschaïkowsky, Grieg, Paganini, Arnold,\nHendelsohn, Sinding et Tartini. —-\nLa famille Zoelnerr se fera entendre, le\n22, salle Erard, sous les auspices du journal\nThéâtra \".\nA ANVERS, Jan Blockx, l'auteur de Pr in-\nitie d\" Auberge, a remporté un nouveau succès\nvec Sinjorenlied, dans un concert au profit du\nmonument Peter Benoit. Cette œuvre sera\néditée à même fin.\nDans le numéro prochain, nous posséderons\nine correspondance très complète émanant des\nilles principales : Anvers, Liège, Verviers,\nMon, Tournai, Mons, etc. Nos lecteurs\nelges pourront donc suivre très attentivement,\nrâce aux articles généraux consacrés dans le\nM. à nos musiciens, grâce au détail des\néditions,1 le développement actuel de notre\njoût, et l'orientation de notre sens musical.\nR. L.\nBIBLIOGRAPHIE\npour Novembre :\nBreitkopf et Hoërtel (Bruxelles).\nKpromptu de A. de Boeck.\net au bulletin bibliographique, de l'A. M,\nMenuet de A. de Boeck.\nArabesque (i et 2) de José Sevenants.\nMaison Beethoven (Oertel. Bruxelles).\nIdylle Pastorale violon et piano de Mathieu\nCrickboom.\nLiedy violon et piano, de Silvio Ramieri.\nBerceuse ~ ~ ~\nElégie (violon, orchestre et piano) I. Guidi.\nRomance, violon solo (et piano) E. N. Guil-\nlaume.\nHymne, violon solo et piano, Ch. Genty.\nSolfèges, Léon Soubre.\nVIENNE. M. Weingartner, directeur\nde 1' Opéra de Vienne, qui s'était fracturé la\njambe, en circulant parmi des décors mal assu-\njettis, se trouve maintenant en convalescence,\net en très bonne voie de guérison. Le fes-\ntival pour le monument de Johann Strauss a eu\nlieu sous la forme d'un Alt Wiener Abe?id. Le\nquatuor Rosé et quelques instrumentistes de\nl'opéra ont exécuté les \" Danses de Moedling \"\nde Beethoven, que le Professeur Riemann a\nretrouvées l'an dernier. Puis des danses de\nSchubert, et enfin, avec le pianiste\nle quintette de \" La Truite \". Le quatuor\nPrill annonce un cycle Beethoven, qui com-\nprendra tous les quatuors et les quintettes. Le\nQuatuor Rosé a donné une bonne exécution\ndu quatuor en la majeur de Gliere. Le Con-\ncertverein, sous la direction de Ferdinand\nLoewe donnera des œuvres modernes : Istar\nde d'lndy, Sérénade Italienne de H. Wolf -y\nVysegrad de Smetana. Le Tonkunstlerorches-\nter, sous la direction de O. Nedbal, donnera la.\nSinfonia concertante de Mozart pour violon et\nalto. Le violon sera Kubelik et l'alto Nedbal\nlui-même. Puis la Procession de Rabaud, \" Bre-\ntagne \" rapsodie de Mandl ; u Chopiniana \" de\nGlazo'unow. E. W.\nUNE SEMAINE RICHARD STRAUSS\naura lieu l'été prochain, avec musique de\nchambre d'orchestre et de théâtre. Dans le\ncomité d'organisation nous relevons les noms\nde la Princesse de Polignac, et de MM. Carré\net Messager. Pour tous renseignements on\npeut s'adresser à M.Emile Gutmann à Munich^"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.102", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1203, "texte": "BERLIN. Mll' Trelli vient de rempor-\nter un tré brillant -uccès dans un concert\nqu'elle a donné le mardi 9 novembre à l'Hôtel\nEsplanade, avec des œuvres de Franck, Debussy,\nFauré, Leroux et Saint Saëns. Mlle Trelli est\nà la fois pianiste exquise et remarquable so-\nprano.\nNEW-YORK. Le protectionnisme\nyankee devient terrible. Ce qui s'est passé\n1 autre semaine a New-York, pour la musique\nde la Savoie,donnera une idée des exagérations\noù il se complaît. ...1 I UÙRON TT\nProfitant de la présence dans le port de plu-\nsieurs autres transatlantiques, les marins, mé-\ncaniciens et employés de la Savoie, membres\nde l'Orphelinat des navigateurs du ler arron-\ndissement maritime français, décidèrent de\ndonner un petit concert de charité sur le sol\naméricain.\nL'hôtel Transatlantic fut choisi.\nQu'on juge de la stupeur de ces braves gens\nlorsque la douane américaine leur défendit de\ndescendre à terre leurs instruments, à vent ou\nà cordes !\nComment donner le concert annoncé \\\nLa propriétaire de l'hôtel, une vraie femme\nde tête et de cœur, dut, pour sauver la situa-\ntion, acheter de ses deniers les instruments,\nnécessaires, dont le coût fut de 250 dollars,\nsoit 1.250 francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.16.5", "titre_corps": "Mme A. 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Ici et là, toujours coiffé d'un\nhaut de forme un rien porté en arrière sur do\ncheveux raides et grisonnants, le binocle\ncordon chevauchant le nez, qui ne connaît!?,\nsilhouette de M. Alfred BRUNEAU, rappelai::\nà s'y méprendre celle d'Emile ZOLA? UN\nEmile ZOLA mince....\nCritique impartial et volontiers indulgent,\nmembr e du Conseil supérieur du Conserva-\ntoire et de bien d'autres congrégations musi-\ncales, célèbre compositeur de \"Messidor\", de|\nu VEnfant Roi \", de « /'Attaque du Moulin '\net d autres chefs-d œuvres, une musique aussi\noriginale, vivante, et moderne que savante, M,\nAlfred BRUNEAU est un des hommes les plus\nîebelles aux questions intéressées des journa-\nlistes, parfois si peu intéressants.\nC est pourquoi son horreur de l'interwiew\nnous a décidé à l'interwiewer....\nNous trouvons le Maître dans son cabinet\nde travail. Sans doute veut-il prendre —ou\nplutôt quitter l'assaillant, par le froid et\n1 ombre ! Pas le moindre feu dans la cheminée,\net un si faible éclairage ! Une petite lampe qui\nfait ce qu elle peut. Mais qui ne peut pas\nbeaucoup.\nNon, non, je vous assure, je ne vous\ndirai rien."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.104", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "Assis et tournant le dos à sa table d'étude,\nM. Alfred BRUNEAU plonge en avant, se\nredresse, ouvre les bras, joint les mains, rat-\ntrappe son lorgnon, qui dégringole de son nez,\nenfin se livre à une extraordinaire gymnastique\nde protestation. Puis, comme sans en avoir\nl'air, nous amenons traîtreusement la conver-\nsation désirée, Mr. BRUNEAU reprend son\nagitation et ses dénégations.\nNon, non. je vous assure.\nLe Maître s'est levé. Il regarde autour de\nlui avec des yeux désespérés. Quelle élégante\nsolution de fuite peut-il bien chercher ?Il ne\nl'a pas trouvée ! Ni du côté du piano, ni vers\nla cheminée, ni vers la bibliothèque. D'autre\npart, comme il a trop bon cœur pour nous\nouvrir la porte, M. Alfred BRUNEAU se rassied.\nIl se gratte la tête et dit :\nVoyons, qui pourriez-vous bien inter-\nwiewer. Tenez, il y a X qui vous dirait\n•certainement des choses très intéressantes. Effet\ninespéré : Le Maître rit, le caricaturiste rit,\nl'interwiewer rit. Tout est sauvé !\nM. Alfred BRUNEAU sonne. Il prie sa jeune\net gentille camériste d'apporter une grande\nlampe. Vive la lumière !..\nLas d'un pareil assaut, le Maître veut bien\nnous confier quelques-uns de ses souvenirs,\nquelques-unes de ses idées sur la Musique, et\nla Vie.\nDes souvenirs. En ai-je de bien particu-\nliers ? Comme elle est aujourd'hui, mais\ncertainement moins occupée, ma vie a été fort\nsimple. Tout ce que je puis vous dire, c'est\nque ce sont les autres Arts, la Littérature, la\nPeinture, qui m'ont décidé au mien. Aussi\ngrâce à eux, ai-je dégagé ma personnalité.\nCela se fit à peu près, quand venant d'obtenir\nmon premier prix de violoncelle au Conserva-\ntoire, j'étais encore le jeune homme très fier\net très ému de jouer du Beethowen, avec le\npeintre Hebert, et deux aimables beautés,\njeunes filles de la maison, qui au piano nous\naccompagnaient à tour de rôle. Comme vous\nle pensez, si la vocation prenait forme, elle\nn'était pas encore orientée vers un genre bien\n•défini. C'était le temps ou je composais ma\npremière musique sur une poésie d'Henri\nLAVEDAN : \" Kèrim \" primitivement bit-\nmême nommée \" Les Larmes\". Avec LAVEDAN\nnous avions aussi formé le projet d'autre\npartitions sur d'autres poésies, dont \"\nCimetières \" Projets restés projets. Projet\nd'aujourd'hui ? Ah si vous saviez comme \\\\\nhorreur de parler sur mon travail en prépara,\ntion. Superstition r Non ! tout simplement\nparce que j'aime travailler sans publicité, et\naussi parce que j'aime prendre mon temps-\nquand j'en ai à mûrir un labeur jamal\nabandonné une fois commencé. Ces travail)\nsont d'ailleurs aujourd'hui bien arrêtés. I\ntiennent à peu près tous dans l'œuvre vaste e:\nforte de mon cher ZOLA, dont chaque romai\noffre aux musiciens l'inspiration la plus belle\net la plus variée....\nNon comme affirmation à ses propos, mai\ncertainement parce qu'il doit la regarder trè\nsouvent, M. Alfred BRUNEAU tourne la tête\nvers une belle photographie représentant l'au-\nteur de \" la Faute de VAbbè Mouret \".\nVous ne sauriez croire à quel point ce:\nhomme me manque. Ce n'est pas trop dire\nqu'il n'est la moindre chose, la moindre pensée\nqui ne me fassent éprouver ce vide immense\nque sa disparition a laissé dans ma vie. Grand\nesprit, large cœur ! Bonté simple et intelli-\ngente qui éclairait tout son visage lorsque,\nentre intimes, à l'abri des importuns, de\nraseurs, il se laissait aller à sa nature généreus\net tendre. Quelles matinées, quels soirs char-\nmants passés ! Tant à Paris qu'à la campagne,\nqu'il adorait comme je l'adore ! Paris\nParbleu, je l'aime auisi, avec la variété de se\nrues, dont quelques-unes aux allures oe\nprovince permettent encore de flâner presque\nà l'abri des autos. L'auto ! tenez, voilà ce qui\nme fait prendre la ville en horreur et qu\nmalgré tout mon amour du progrès, me fai:\nregretter les bonnes diligences et craindr\nla disparition du vénérable omnibus. Oui, l'auto\net puis le bruit, l'énervement, cette fièvre o\nnous jettent nos occupations, nos obligation\ntoujours grandissantes et qui empiètent unpe\nplus chaque jour sur ce temps que l'on vou-\ndrait donner tout entier à son Art Un\npetite maison à la campagne, avec de l'eai"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.105", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 385, "texte": "des bois, du calme. Un coin où il n'y aurait\npas d'autos Ah ! vous m'avez fait causer.\nEn ai-je assez dit r Vous voyez bien, je ne\nsuis pas si ours que j'en ai l'air !\nSur cette fin, très cordiale, nous quittons le\nMaître. Gentillesse ou prudence ? Le voilà\nqui nous conduit jusqu'à sa porte. Ne serait-ce\npas afin d'être sûr que nous sommes bien\npartis ?...."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.18", "titre_corps": "M. A. Bruneau", "titre_sommaire": "M. A. 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Il est bien\ncelui de Brunehilde ! La brave bête ne est\npas trompée de chemin, allez ! Droit et vite\nun Vendredi elle a mené triomphale-\nment sa maîtresse de la maison de M. MES-\nSAGER à celle de M. FAURE'. Ce qui nous\nl'espérons bien, ne lui fera pas négliger le vrai\nthéâtre de ses exploits, qui est, faut-il le\ndire, pour les habitants de Tombouctou, le\nthéâtre de l'Opéra.\nDans le somptueux appartement que Brune-\nhilde occupe rue Alphonse de Neuville, nous\ncomptions bien caresser l'encolure du vaillant\ncoursier, qui porta si rondement sa cavalière à\nla victoire. Il parait que le noble animal dormait\ndéjà.\nLes chevaux de légende ont besoin d'un\ngrand repos. Les réveiller ? Y pensez-vous !\nIls sont très farouches. Terribles même, si on\ndérange leur premier sommeil. Alors n'est-ce\npas, un mouvement nerveux, une ruade\nD'un geste circulaire Brunehilde qui\npour ne pas nous intimider, avait quitté son\ncasque, sa cotte de mailles, son bouclier, tout\nson uniforme pour une sobre et très élégante\nrobe de ville, comme on n'en soupçonne d'aussi\nparisienne aux héroïnes de Wagner - nous"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.106", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "désigna son salon, encombré de tableaux de\nMaîtres et d'œuvres d'Art. D'adorables Fantin\nLatour, de pittoresques Teniers, des marbres,\ndes bronzes, des Sèvres, des Saxes.\nQui l'aurait soupçonné, d'une Déesse !\nDans son enfance Brunehilde ne dérobait-elle\npas les tabliers de sa cuisinière pour s'en faire\ndes robes à queue ? Ainsi parée, ne donnait-elle\npas des représentations gratuites au bénéfice\ndes quelques familiers qui voulaient bien\nl'écouter dans ses créations très personnelles !\nEncore seul désir de théâtre et non pas visee\ndéfinitive sur l'Art Lyrique. En effet, le choix\nne se manifesta qu'un peu plus tard. Ce fut\nau moment où un Vendredi Brunehilde\naffronta ses premiers juges, les examinateurs du\nbrevet simple, qui en plus du morceau de\nchant demandé, sollicitèrent de Brunehilde\nquelque chose de plus, pour voir. Ces Mes-\nsieurs voulurent tellement voir, que tout a\nBrunehilde, ils faillirent oublier les autres con-\ncurrentes. C'étaient donc écrit : Brunehilde\nserait chanteuse. Mais les dieux voulaient\néprouver leur enfant. Avant de la faire péné-\ntrer au Royaume de l'Opéra, ils la firent\ndébuter dans un Etat aussi fameux, mais un\npeu moins vaste : l'Opéra-Comique. Un\nVendredi. Ces débuts ! Quelle appréhension\npour les Dieux ! A sa première soirée leur\nprotégée, qui paraissait dans le u Pré aux\nClercs \" fut prise d'un trac si intense, que, au\nlieu de répliquer avec le sourire sur les lèvres:\nu Oui Madame \" à sa partenaire la Reine qui\nlui demandait : u A la Navarre, vous pensez\ndonc toujours ? \" elle répondit en esquissant un\ngeste de retraite : u Je m en vais, j'ai trop\npeur \" Heureusement la Reine de Navarre,\nMELLE VILLEFROY aujourd'hui professeur de\npiano à Rouen avait encore plus peur. Aussi,\npour ne pas rester seule, elle retint vigoureu-\nsement sa camarade, qui reprit son aplomb et\nsa voix. Les Dieux n'étaient pas au bout de\nleurs inquiétudes. Il était dit qu'à chaque\nsolennité, leur enfant chérie les affolerait. C'est\nainsi que un Vendredi pour son entrée\nà l'Opéra, voulant trop bien se faire le visage\nbronzé d'Aida, Brunehilde se composa un\nteint du plus beau noir indégorgeable, et, eut\nde plus, la légéreté de ne pas retirer son pan-\ntalon avant d'enfiler son maillot.\nQu'y a-t-il donc encore ? (s'écriait der-\nrière la porte de la loge, M. GAILLARD, qui\nun instant auparavant avait si gentiment aidé sa\nnouvelle pensionnaire à s'éclaicir le visage. \")\nAh, Monsieur le Directeur, c'est Mll'\nGrandjean qui a gardé son pantalon, alors elle\nne peut pas mettre son maillot !..\nMille tonnerres, coupez, coupez, et\nvivement. \" Nous avons déjà presque une\ndemie heure de retard. Cinq minutes de plus,\net c'est le chahut \".\nBrunehilde eut donc la douleur de voir\ncouper en quatre, par son habilleuse, son plus\nbeau pantalon, choisi entre tous, pour son\napparition à l'Opéra. Voilà certainement une\npetite histoire que MINE Wagner ignorait\nlorsque, étonnée par la merveilleuse création\nde MLLC GRANDJEAN dans SIEGFRIED, elle la\nfit demander à l'Ambassade d'Autriche, où\nelle put se convaincre, que pour interpréter\nmagistralement la musique de Wagner, MLLE\nGRANDJEAN n'en était pas moins Française.\nLe Pré aux Clercs, Aida, Pedro Gaillard,\nJlAme Wagner, Souvenirs charmants et flatteurs\nauxquels vont s'ajouter ceux que vaudra\nbientôt à Brunehilde le professorat du Conser-\nvatoire, pour lequel elle posa sa candidature\nun Vendredi, fut nommée un Vendredi,\nouvrit sa première classe un Vendredi, avec\ntrois élèves, dont deux enrhumées...\nAu début de cet article, nous regrettions\nde ne pouvoir présenter nos hommages au\nvaillant cheval de Brunehilde ? Nous voila\nconsolés. A défaut de son cheval, Brunehilde\nvoulut bien nous présenter son chien\nplutôt sa chienne un amour de King's-\nCharles, du nom de Cosette, dont la gentillesse\na parait-il toujours réconforté sa maîtresse à la\nveille des grandes épreuves.\nPetites Co sette et grands effets !...\nJEAN NOUGUES.\nA quelques semaines d'intervalle, l'Opéra-\nComique vient de jouer \" Chiquito \" et la"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.107", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "Caîté Lyrique \" Quo J^adis\" de Mr. Jean\n\\OUGUES. Ici louable, et là grand succès. En\nlait-il davantage pour rendre ce jeune com-\npteur très sympathique à plusieurs de ses\nnfrères ? Mais à d'autres, le sceptre de la\njtique, cet instrument à métamorphoses dont\nmaniement est si difficile, et dont on doit\n■e si souvent embarassé, pour en faire soit\nfleur, une plume de paon, un bâton ou\ntrique Allons plutôt demander à ce\nonsieur de brûlante actualité, qu'il veuille\nen nous faire faire le petit tour du proprié-\nté pardon, du locataire, puisque M. Jean\nfugues est en appartement.\nAvenue Henri Martin, dans son rez-de-\nchaussée si bon pour nos jambes et si mauvais\npour ses rhumatismes M. Jean NOUGUES a\nvraiment une façon charmante de faire jouer\nl'éléctricité, qui témoigne son attention évi-\ndente de rien nous cacher.\nD'abord, la galerie, non pas des ancêtres,\nmais des contemporains. Photographies dédi-\ncacées tantôt à gauche du nez, tantôt sur le\nventre...\nCelui-ci, c est\nExprès pour nous, M. Jean Nouguès inter-\nprète la fameuse scène d'Heruani. Précieux\ncicerone. Mais combien va-t-il nous demander?\nGalerie, cabinet de travail, salle à manger,\nsalon, toutes pièces meublées avec un goût très\nsûr. Atmosphère très reposante obtenue par un\nensemble de couleurs presque éteintes et de\nformes un peu surannées.\nUn salon ! Ah, ah, Monsieur Nouguès, on\nnous l'avait bien dit. V ous êtes un milord !\nNierez-vous votre réputation, maintenant que\nvous voilà un milord contrôlé ?.. .. Oui, je\nsais bien, en nous montrant un très pittoresque\nbahut de vieux bois noir sculpté, vous nous\navez négligemment dit :f ai paye cela un louis\nau pays basque \". En nous désignant vos ten-\ntures, et vos cadres ouvragés, vous avez encore\ndit, avec un air badin : \" T)e rimitation .\nHum ! Enfin, après tout, n'y a-t-il de vrai\nchez vous que vous, votre musique, votre piano\net votre chat, cadeau de Madame Isnardon.\nMais pourquoi Monsieur Nouguès avez-vous eu\nla cruauté de mettre ce chat en cercle, nous\nvoulons dire de l'avoir doté d'un collier en\ncuir, vraiment trop rude et qui ne ressemble\nque de trop loin celui de la Reine ? Ah !\nquand Madame Sévérine saura cela !...\nConfortablement assis dans une bergere\nlarge et profonde, \"on n'en fait plus de ces\nbergères là \" tel un simple cartomancien,\nqui opérerait sur lui-même, M. Jean Nougues\nyeut bien nous dire un peu de son passe, de\nson présent et de son avenir, de projets.\nTout comme Jeanne d'Arc, M. Jean Nougues\na entendu les voix étant jeune nous voulons\ndire les voix de la musique. Hélas M. Nou-\nguès avait une sœur plus âgée que lui. Or, les\nparents respectueux du droit d'aînesse, decla-"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.108", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "rèrent que ce serait la sœur qui ne voulait pas\nfaire de musique, qui en ferait, et le fils qui\nvoulait en faire, et qui n'en ferait pas ! Il ar-\nriva ce qui devait arriver. Au grand désespoir\ndes parents, le fils joua tous les morceaux que\nla fille ne parvenait pas à déchiffrer. Ainsi qu'il\nest en la logique des familles, papa et maman\nNouguès s'obstinèrent à vouloir faire jouer\ncelle qui ne pouvait pas, et à vouloir empêcher\ncelui qui pouvait. Cet exercice eut pour résul-\ntat de faire souffrir le pauvre piano qui n'y\nétait pour rien et d'inspirer au joueur son pre-\nmier essai : a Le Roi du Papegay \" représenté\nau théâtre de Bordeaux. Premier succès qui\naccompagné d'un petit héritage, décida le\njeune homme à filer sur Paris. Comme il n'y\na rien qui vous donne des idées de grandeur\ncomme un petit héritage, M. Jean Nouguès\ncommença par louer hôtel Avenue de Wagram\noù il reçut beaucoup et travailla peu... Juste\nde quoi écrire la musique de u Thamyris \" sur\nun livret de M.M. Jean SARDOU et Jean\nGOUNOUILHOU. Conte des trois Jean, sorte de\nPrincesse lointaine qui fut représentée à Bor-\ndeaux, Toulouse et eut pour principale inter-\nprète Lina PACARY. Très modestement, M.\nNouguès nous avoue, u le plus intéressant dans\nThamyris ce fut peut-être la part active que\nVictorien Sardou y prit, conseils de mise en scène\net maquettes dues a son pinceau\nMais l'héritage épuisé M. Jean Nouguès\ndut se résigner à recevoir beaucoup moins, à\ntravailler beaucoup plus, et à quitter l'hôtel de\nl'Avenue de Wagram, Un Wagram qui\ntournait au Waterloo ! Et il alla en Italie\nà Capri. Il ne mena pas la vie du voluptueux\nTibère, mais dans un petit atelier, voisin de\nla villa de Gorki, travailla ferme produisant\nentre autres choses, la musique pour la \" Mort\nde Tintagile \" de Maurice Maeterlinck. Mon-\ntée par Madame Georgette Leblanc, \" la Mort\nde Tintangile \" ne produisit cependant pas\nl'effet attendu. En effet l'exiguité du théâtre\ndes Mathurins fit qu'une orchestration écrite\npour quatre-vingts musiciens, dut être réduite\nà une dizaine, jouant circonstances exté-\nnuantes ! derrière les décors.\nAujourd'hui, bien récompensé d'un succès\ndû à son travail et un peu il faut bien 1\ndire aussi àce bon génie d'Henri Cain\nmais non à une fortune qu'on lui prête er\npropos et qu'il n'a pas du tout en fait... \\\\\nJean NOUGUÈS ne s'endort pas sur ses laurier\nfrais coupés. Le voilà préparant d'autre,\nœuvres où se manifesteront à nouveau s(,\nfortes qualités d'excellent compositeur,\nnous semble appartenir pour notre part\nnous l'en félicitons non pas aux roman!\nciers, mais aux auteurs dramatiques de la\nMusique. Donc, comme suite logique\nChiquito et Quo Vadis essentiellement uti.\nâtre\", M. Jean NOUGUES ne peut mieux\nsuivre sa voie qu'en travaillant avec de pur,\nécrivains de théâtre ; comme MM. Robert\nde FLERS, de CAILLEVET et Serge BASSET\nqui lui ont confié, ceux-ci \"la Vendetta '\net celui-là 66 /'Auberge Rouge \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.20", "titre_corps": "La Boite à Musique", "titre_sommaire": "La Boite à Musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.108", "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "La Boite à Musique\nTHOMÉ A ROBINSON.\nTKomé que la mort stupide vient d'enlever,\nn'était pas qu'un artiste au talent frémissan:\nd'expressions délicates et sensuelles, à qu\nnous devons nombre d'œuvres dont la grâce\nlégère fait songer aux élégances raffinées du\ndix-huitième siècle. Ce. compositeur charmant,\nétait de plus un excellent homme...\nUn après-midi, Thomé tourmenté par\nun motif symphonique laborieux à trouver,\ns'en fut à Robinson. Humant l'air frais et\nparfumé de Mars annonciateur du Printemps,\ndans les bois Thomé chemine à l'aventure. I\nfredonne et de plus en plus allègrement. lia\ntrouvé son motif! Mais, comme descend le cré-\npuscule, il revient sur ses pas. Enfin dans Ro-\nbinson, il ne sait quel bizarre désir le prend d'v\nrester diner. Où ? Avec ses premières lumières,\nun restaurant le décide. Il y monte et tombe\ndans une noce. Petite noce, vingt invités peut-\nêtre prenant l'apéritif dans la grande salle où\nl'on danse le dimanche. Potelée, petite, si\nbrune de cheveux et d'yeux, dans sa robe\nblanche, qu'elle est gentille la mariée ! Le\nmarié aussi, bien qu'un tantinet ridicule avec"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.109", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3627, "texte": "ses cheveux pommadés et sa moustache en\ncrocs. Surpris d'abord et ne sachant que faire :\npartir ou rester, 1 homé s'amuse de l'aventure\n•et demeure. Pourquoi cette noce a-t-elle l'air\nsi morose ? Parbleu, elle voudrait bien danser,\nmais elle n'a personne pour animer le piano.\nDansons tout de même sans musique, on\nchantera, voila tout !\nCristi, quelle petite mariée délurée, qui\nentraîne son mari, et le fait polker sur\nl'air des \" petits pois \". Bien fatigant de\nchanter en dansant !\nQuel malheur tout de même de ri avoir-\npersonne pour taper la-dessus, soupire la mariée en\ndésignant le piano.\nAllons, je vais vous faire danser !\nDéchaînant l'allégresse générale, Thomé va\nau piano fermé. Dans la maison personne n'a\nla clé. Providence, à son trousseau Thomé a\nune petite clé qui ouvre l'instrument. Alors,\nprenant au hasard une des partitions parmi\ncelles empilées sur l'estrade réservée à l'or-\nchestre, Thomé joue, valses, polkas, quadrilles,\nmazurkas Sept heures !Il faut rentrer à\nParis. La noce s'apprête au départ, tandis que\nle marié prenant le pianiste par les revers de\nson veston, un veston d'appartement ou\nThomé n'a jamais sa décoration : lui dit :\nC'est pas tout ça, mais combien qu on vous doit ? '\nEt Thomé de répondre, mi grave, mi\nsouriant : Laissez donc, je suis le musicien de\nFétablissement /...\n\\ >\nLE VOYAGE EN CORSE.\nA la Générale de l'Or du Rhin, dans les\ncouloirs, un Monsieur, qui doit être évidem-\nment marchand de canards, annonçait le\ndépart imminent de M. Saint-Saëns, pour la\nCorse. Démentissons une nouvelle inexacte et\ncontons deux petites anecdotes inédits sur le\nrécent voyage du Maître à l'lle Rousse et à\nBastia.\nA l'lle Rousse, hôtel de l'Europe. Dans un\npetit Salon, en face de son secrétaire, le Maître\nest à table. Grands Dieux, que fait-il ? Le\nvoilà qui déclanche le ressort d'un dessous de\nplat à musique. Il en écoute tous les airs avec\nle plus vif intérêt. Les mêmes airs à déjeûner,\nà diner, pendant tous les repas ! Ainsi, pendant\ntout son séjour à l'hôtel de l'Europe, le célèbre\ncompositeur de Samson et Dalila, s'est offert\ndes concerts de dessous de plats ! Horreur !....\nA Bastia. Dès sa descente du train, le Maître\nest salué par un Général à quelques pas de\nqui, se tiennent discrets et respectueux, plu-\nsieurs officiers d'Etat Major.\nA la sortie de la gare, les curieux augmen-\ntent. Un journaliste local questionne : Saint-\nSaëns r Vite, son adresse ! Personne ne la\nconnaît, mais à force de marches, démarches\net contre marches, le journaliste découvre enfin\nla précieuse retraite.\nVoudriez-vous passer ma carte au Maître ?\nJe désirerais Finterwiewer.\n—Je ne peux me charger de cette tentative\ninutile, répond le Secrétaire, mais je puis vous\ndonner un renseignement. 'Voyez-vous cette petite\ncabane au fond de ce jardin. Je Maître est dedans,\nil ne tardera pas je pense a en sortir.\nLe solliciteur remercie, attend. En effet,\nvoici M. Camille Saint-Saëns, qui fort de son\nincognito et des simples mœurs de la petite\nauberge où il est, rattache ses bretelles avec\nsérénité.\nMaître.... un de vos admirateurs.... Une\npetite interview ?\nEtonné par ce Monsieur qu'il n'avait même\npas vu, le maître roule des yeux furibonds,\nhausse les épaules, et en achevant le ménage\nde son pantalon, s'éloigne en s'écriant :\nMais, on ne peut donc même pas tran-\nquille ici !\nERATO A L'ORCHESTRE.\nRegardez un peu ce valeureux orchestre de\nde l'Opéra ? Peut-être pensez vous que ces\nMessieurs n'ont en tête que la préoccupation\nde leurs partitions ? Ah bien oui ! Tout en\nnous jouant avec maîtrise du Wagner et du\nGounod, cela ne les empêche pas de se laisser"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.110", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "toucher par l'aile des Muses. Témoin ces deux\nquatrains, dont l'impression bouleversera le\nmodestie de notre caricaturiste, mais que la\nsouci d'être bien documentés nous oblige à\nfaire connaître :\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 110, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.21", "titre_corps": "Les Instruments", "titre_sommaire": "Les Instruments", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.110", "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "Les Instruments\n\nNOTICE HISTORIQUE DU HAUT-\nBOIS.\n\nIl n'existe aucun écrit sur l'histoire com-\n.\nplète du hautbois à travers les âges, c'est-à-dire\ndepuis son origine jusqu'à nos jours ; depuis\nquelques années j'ai entrepris de combler cette\nacune, et dans le cadre restreint dont je dis-\npose ici, j'essaierai de donner un résumé de\nmes travaux.\nNombre de musicographes ont relaté diver-\nses parties de son histoire ; quelques-uns\nparmi les principaux en ont parlé sans aucune\nliaison daas divers chapitres,\nentre autres, Fetis dans son\nhistoire générale de la musique,\nAmbros, le R. P. Mersenne etc.\nMmc Dacier, Borjon, Gevaert\nl'ont spécialement étudié en se\nplaçant à l'époque grecque ;\nVilloteau, dans sa description\ndes instruments de musique des\nEgyptiens s'est occupé du\n\" zamr \" hautbois arabe.\nMais, par des interprétations\ncontradictoires, ces divers auteurs n'ont pas\npeu contribué à jeter l'obscurité sur l'histoire\ndes instruments à anche en général, et du\nhautbois en particulier et, par cela même,\nrendre difficile la tâche d'écrire l'histoire de\ncet instrument ; je mettrai cependant à profit\nleur grande érudition, en écartant toutefois\nleurs erreurs, en signalement leurs contradic-\ntions et en complétant leurs récits du fruit\nde mes recherches personnelles.\nLe Hautbois est le plus ancien des in-\nstruments à anche ; il est venu jusqu'à nous\nsans subir de profondes modifications quant à\nsa forme, les exemplaires anciens sont tous\nconiques, variant seulement dans leurs pro-\nportions comme longueur et comme évase-\nment1.\nC'est aux Indiens qu'il faut attribuer l'in-\nvention du hautbois ; le plus ancien est l'\"otou\"\nremontant à l'époque brahmanique (du 12e au\n7e siècle av. J. C.)\nL' \" otou \" est un instrument monophone ;\nil ne possède en eflFet aucun trou ; à défaut\nd'autres documents ceci prouverait déjà que\nl'on se trouve en présence d'un instrument\nprimitif ; d'autre part, (d'après le savant india-\nniste Mr Goldstuker) le traité de musique en\nlangue sanscrite \" Sangita Rathnakara \" le plus\nancien ouvrage connu sur cette matière en\ncontient la description.\n\n1 L. Pillaut. Instruments et Musiciens p. 39 et suiv."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.111", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "L' \" otou \" est encore en usage dans l'lnde;\nil n'a d'emploi que pour la danse des bayadères:\n\" le musicien le tient de la main gauche soutenant\nle son, et bat avec la droite le rhythme de la danse\nsur un petit tambour attaché a sa ceinture 1 \" le\nmusicien jouant de 1' \" otou \" a la singulière\nfaculté de retenir la respiration et de soutenir\nle son presque indéfiniment.\nBerlioz raconte avoir vu le principal des\nmusiciens, qui accompagnaient à Paris les\nbayadères de Calcuta, se servir de ce hautbois\nprimitif et faire bourdonner un\npendant des heures entières !\nLa prolongation du son a un sens religieux\n/^cians la philosophie des Hindous,2 aussi le\njouant 1' \" otou \" respire-t-il par le\nnez et prolonge ainsi le son.\nLa forme de 1' \" otou \" est plus évasée que\nnos hautbois.\nUn hautbois aussi ancien que 1' \" otou \"\nmais d'un aspect moins primitif, est le \" nagas-\nsaran \" ; il est plus petit que I'\".otou \" et\npossède quatre trous produisant cinq sons d'in-\ntonations différentes, répondant à peu près à\nces notes :\nL' \" otou \" et le \" nagassaran \" sont certaine-\nment les instruments à anche les plus anciens.\nDans l'lnde, les origines de la musique et\nde la danse sont religieuses, aussi peut-on con-\nsidérer les 4 trous du \" nagassaran \" donnant\ncinq sons, comme constituant un élément de\npreuve pour justifier l'antiquité de cet instru-\nment ; les doctrines Sankyas3 reconnaissent\ncinq éléments, cinq sons ; le nombre cinq est\nun nombre parfait.\nIl existe dans l'lnde cisgangétique un haut-\nbois appelé \" sunnagie \" ou \" sounnagie \"\npossédant dix trous, dont 8 sur le devant et\ndeux sur le côté opposé ; cet instrument moins\nancien que les précédents mesure 45 centi-\nmètres depuis l'anche jusqu'à l'extrémité du\npavillon ; le \" sounnagie \" est très usité dans\nla Régence de Madras.\nJe n'ai jusqu'à présent aucune indication\nprécise sur un instrument appelé \" bilancojel \",\nSonnerat en parle ainsi : 1 \" un certain nombre\nde joueurs d?instruments accompagnent le chant et\nla danse ; ils seraient tous de Vespèce des instru-\nments a anche, c est a dire : le nagassaran, F otou,\nle bilancojel, le tourti (musette a outre) la Kar-\nna2\nFetis 3 le cite également:... Les Indiens\nparaissent avoir précédé tous les autres peuples dans\nla découverte des divers systèmes de production\ndes sons par des appareils artificiels ils ont les\nhautbois (nagassaran \" bilancojel \" sounnagie otou)\ndont le principe est une anche vibrante à deux\nlanguettes ;\nLe \" bilancojel \" serait donc un hautbois !\nmais par une contradiction inexplicable, quel-\nques pages plus loin Fetis classe le \" bilancojel \"\ndans la catégorie des flûtes à bec ; d'autres\nauteurs classent aussi le \" bilancojel \" parmi\nles flûtes ; ils citent encore, comme faisant\npartie de la classe des hautbois de petits instru-\nments : le \" Matalan \" et le \" Xal \" au son\nperçant et qui sert à marquer la mesure.\nAvant d'aller plus loin, et suivre le hautbois\ndans sa marche occidentale je dois signaler\nencore quelques instruments pouvant être clas-\nsés parmi les hautbois.\nLes Birmans, les Mongols possèdent un\nhautbois auquel on attribue une haute anti-\nquité ; c'est en réalité une trompette droite et\nlongue, avec un pavillon fort évasé et qui se\njoue avec une anche double très forte ; sa\nsonorité est puissante et se propage au loin ;\nun instrument semblable, genre trompette, se\nrencontre au Japon ; ce hautbois possède sept\ntrous4, un autre exemplaire appelé \" Tjô \"se\n\n1 Fétis. Hist. gle de la musique p. 301. Liv. 2.\n2 Colebrooke. Essais sur la philosophie des Hindous.\nSystème Vêdauta.\n3 Colebrooke : Essais sur la philosophie des Hindous,\np. 22 et 203.\n1 Sonnerat. Voyage aux Indes. T. 1. p. 102.\n2 Cet instrument (Karna ou carna) est cité par plu-\nsieurs auteurs qui n'en donnent aucune description.\n3 Fetis. id. 1. p. 330. L. 2.\n4 Paw, parle de hautbois longs de de 8 à 9 pieds\nlarges de 8 à 12 pouces, dont le son imite celui de"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.112", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "rapproche du nagassaran ; le \" Tjô \" a sept\ntrous.\nDans le royaume de Siam, le hautbois est\nappelé \" pi-chanai \" deux hautbois (pi-chanai)\naccompagnent à l'unisson les airs des drames\nmusicaux ; les airs Siamois ont un nom parti-\nculier sous lequel ils sont connus des habitants\ndu pays ; un de ces airs : O ! pi, est une\nmélodie de hautbois.\nChez les Malais le \" Sraoni \" est un grand\nhautbois assez semblable au sounnagie de Ma-\ndras.\nJe signale encore en Chine plusieurs espèces\nde hautbois qui paraissent identiques à ceux qui\nse touvent dans l'lnde ; ces hautbois ont des\npavillons évasés, le plus grand a huit trous,\ndont sept sur le devant et un au pouce de la\nmain droite ; le petit possède 6 trous et un\ntrou pour le pouce droit1\nUn hautbois assez primitif, auquel on ne\npeut cependant assigner une place dans l'his-\ntoire, c'est la \" Chirimia \" du Mexique ; Sar-\ntorius Christian Charles2 la décrit ainsi :a la\n\" Chirimia \" est un hautbois d'un son très per-\nçant, sa longueur est de 8 pouces, il possède cinq\ntrous ; son usage est très répandu sur le plateau de\nTenochtitlan, les indiens y jouent certaines mélodies\navec accompagnement de tambour.\"\nSans entrer ici, dans une analyse historique\ndes causes de dissociation des peuples de l'Arye,\nen Indiens et Persans 3 il faut admettre que\nces derniers emportèrent ou reçurent de l'lnde\nleurs instruments de la musique.\nLes Persans possèdent un hautbois \" Sour-\nnay\" qui ressemble au sounnagie de l'lnde; ce\nhautbois a neuf trous, dont sept sur le devant\net 2 sur le coté opposé. Le Parabi, donne le\nnom de \" sournay \" à une variété aiguë du\nhautbois et relate que cet instrument était\nparticulièrement en usage à Bagdad.\nEn réalité 011 possède peu de renseignements\nsur cet instrument et aucun exemplaire ne se\ntrouve dans les collections d'instruments en\nEurope.\nChez les Persans, la musique est inséparable\nda toute cérémonie. A l'occasion des mariages,\nc'est encore la musique qui remplit une partie\ndu jour des noces ; le matin, lorsque la fiancée\nse rend au bain, accompagnée de plusieurs\nfemmes du voisinage, le cortège est précédé de\n6 à 8 musiciens qui jouent du Sournay (haut-\nbois), du nay (flûte) et du tambour 1.\nLe hautbois de la Perse est appelé \" sour-\nnay \", \" zournâ \" ou \" zournay \" de sou ,\nfestins noces, et de nay flûte ce qui signifie\nflûte des festins ou des noces.\nIci commencent les obscurités que j'ai signa-\nlées au début ; en effet, le mot flûte (dans\nsour-nay) désigne un appareil sonore vibrant\nau moyen d'une anche ; les Grecs reçurent\nvraisemblablement le hautbois, des Lydiens et\nPhrygiens descendants émigrés de la Perse et\nlui donnèrent le nom d'u aulos \" (mot géné-\nrique désignant tout un ensemble d'instruments\nà vent) traduit par flûte chez presque tous les\nmusicologues :\nJ'essaierai dans un prochain article d'appor-\nter un peu de clarté dans cette partie de l'his-\ntoire de la musique concernant les instruments\nà vent et à anche.\n\ntrompettes et qui sont en usage chez les Mongols. On\nvoit souvent io à 12 de ces hautbois accompagnés de\ncimbales en cuivre ou en fer qui ont jusqu'à 6 pieds de\ndiamètre.\n1 II se trouve dans un registre des instruments usités\nen Chine, écrit par l'Empereur Kang-Hi, un hautbois\n\" Koan \" avec une anche simple dont le son imite les\ncris et les pleurs des petits enfants.\n2 Journal Cecilia années 1827-28 lettres du Mexique.\n3 Fabre d'Olivet, Histoire du génie humain, en\nattribue la cause à la musique. M. le Professeur\nAlbert Weber de Berlin a cru apercevoir la cause de\nla séparation des Aryens en Persans et Indiens, dans\nla différence des tendances religieuses des uns et des\nautres.\n\nA. Bridet.\n\nLE MOUVEMENT DE LA LUTHERIE\nANCIENNE.\nVENTE D'UN VIOLON DE STRADIVARIUS\nAYANT APPARTENU A PAGANINI.\nLes \" Munchner Neuester Nachrichten \"\nont annoncé récemment que le Violoniste\nHôls est devenu possesseur d'un Stradivarius\nauthentique ayant appartenu à Paganini.\n\n1 Fetis ibid L. 2. p. 415."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.113", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "Nous pouvons donner des détails complé-\nmentaires sur cet instrument célèbre. C'est\njnAntonio Stradivari de 1727, ayant effecti-\neme{it appartenu à Paganini. Il resta en pos-\nession d'André Paganini son petit-fils, avec\nes compositions et souvenirs dont il ne s'était\njas encore défait, jusqu'en 1896. Le luthier\njiuseppe Fiorini de Munich qui connaissait\ninstrument depuis plus de trente ans, eut\noccasion de l'acquérir en 1907, avec tous les\niocuments attestant son origine. Un riche\nméricain, amateur de lutherie, l'acheta cette\ninnée pour 30.000 mark, et le confia pour\nitrejoué au violoniste Hôls.\nUN VIOLONCELLE DE 81.250 Fcs.\nLe \" Leonards illustr. Musikztg. \" annonce\nivente du Violoncelle Stradivarius de Robert\nieyer, au prix de 65.000 mark (81.250\nlancs).\nCet instrument admirablement bien con-\nervé, appartient à la catégorie des rares exem-\nplaires recouverts du \" vernis rouge. \" Son\nacquéreur est le virtuose Lennart de Zweyg-\nierg.\nDEUX VIOLONS CÉLÉBRÉS SUR LE MARCHÉ :\nLE STRADIVARIUS DE KUBELIK ET\nLE GUARNERIUS DE LIPINSKI.\nDeux violons fort intéressants sont actuel-\n®ent en vente chez le luthier Hamma de\ntuttgart : le Kubelik et le Lipinski.\nLe Kubelik est un remarquable spécimen\nAntoine Stradivarius de 1687. Le modèle\ngrand et plat, les et le vernis\nexcellente qualité, la main d'œuvre délicate.\n•*n Kubelik entra en sa possession en 1895,\njoua, sans interruption dans ses concerts\n%'au commencement de cette année. A ce\njment, il reçut en cadeau un Stradivarius\nttant de l'âge d'or du célèbre luthier, sous\nédition expresse de s'en servir à l'exclusion\ntout autre. Voilà pourquoi Kubelik se\n::ida à vendre son ancien compagnon de\noire.\nLe Guarnerius de Lipinski est l'instrument\nec lequel le grand virtuose fit ses triomphales\ntournées de concerts. Daté de 1737, de grand\npatron, il est le pendant du Paganini, propriété\nde la ville de Gênes. Après la mort de Lipinski\n(Décembre 1861), il resta en possession d'un\namateur qui le vendit en 1875 à Auguste\nWilhelmy. L'éminent violoniste le joua long-\ntemps dans ses concerts, et le céda un jour à\nun amateur en Ecosse. C'est de ce dernier\nque le détient finalement la maison Hamma.\nNOUVEAU PROCÉDÉ POUR CONSERVER LES BOIS.\nNos facteurs d'instruments apprendront avec\nintérêt qu'un inventeur australien nommé\nPowell, a trouvé il y a quelques années un\nprocédé pour sécher le bois, et le rendre suscep-\ntible d'être travaillé dans un délai infiniment\nplus court que par les moyens habituels. En\noutre, cette invention rend le bois inattaquable,\nelle fait complètement disparaître l'humidité\nintérieure, et empêche l'éclatement spontané.\nLe bois perd environ 20 °/0 de son poids, ce\nqui est important pour les essences australiennes\ngénéralement lourdes, et gagne 50 °/0 en\ndurée. Les fibres deviennent plus solides, et\nn'absorbent plus l'humidité. Pour ces raisons\nil n'est pas besoin d'une si grande quantité de\nvernis que pour le bois ordinaire. Ce procédé\nsupprime l'exsudation et rend la matière plus\nélastique. Le plus important, est que les four-\nmis blanches, et le terrible toredo navalis n'at-\ntaquent plus le bois ainsi traité. Le procédé\nconsiste dans l'emploi de la sacharine comme\nbase, mêlée à d'autres produits chimiques. L'air\ndes cellules est remplacé par la dissolution de\nsacharine ; puis le bois est séché artificiellement\ndans des hangars contruits à cet effet.\nLe gouvernement Ouest-Australien a ordon-\nné de faire des expériences de longue durée\navec des bois destinés aux voies ferrées.\nLa société qui détient le monopole du pro-\ncédé Powell a récemment établi des centres\nd'exploitation à Sydney et dans la nouvelle\nZélande.\nElle se dispose à en faire autant dans toutes\nles parties boisées de l'Australie. Le prix de\nrevient serait de cinq francs par cent pieds\ncubes, de sorte qu'à tous les autres avantages"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.114", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3538, "texte": "d'une telle invention viendrait s'ajouter le bon\nmarché.\nUNE TROMPETTE A PISTONS DATANT DE 1806\nLa \" Zeitschrift fur Instrumentenbau\ndonne la description d'une trompette qui vient\nd'être découverte au musée de la \" Société des\nantiquités \" de la petite ville de 1 ôlz dans la\nhaute Bavière, et dont l'existence éclaircit un\npoint resté jusqu'à ce jour obscur dans l'histoire\ndes instruments à vent.\nIl est admis généralement que c'est en 1815\nque les pistons furent adaptés pour la première\nfois à la trompette.\nOn est unanime à attribuer l'invention des\npistons des Ventil Kàstgen à Henri Stôlzel.\nCependant le brevet portant la date de 1818,\na été délivré pour 10 années consécutives\ncollectivement à Stôlzel et à Frédéric Bluhmel\nde Waldenburg (Silésie). Plus tard Stôlzel et\nBluhmel se disputèrent l'honneur de l'inven-\ntion. Un indice en faveur de ce dernier existe\névidemment dans ce fait que le mémoire des-\ncriptif, accompagnant la demande du brevet,\nest signé de lui.\nOr, la trompette qui vient d'être découverte\net munie de deux pistons, et porte l'inscription\nsuivante :\nAnton und Ignaz Kerner, K.K. privil. Hof\nund Kammer Waldhorn und Trompeten-\nMacher Wien 1806.\nUn examen approfondi démontre que ces\npistons n'ont pas été ajoutés après coup.\nIls offrent en outre une particularité de\nconstruction inconnue, dans ce sens que les\nressorts formés de tiges de laiton martelé se\ntrouvent à l'extérieur.\nIl en résulte qu'ils n'ont pas été attaqués\npar l'humidité, et qu'après un siècle de repos,\non a pu jouer l'instrument sans ressentir le\nmoindre à coup dans leur fonctionnement.\nL'instrument possède une sonorité parfaite.\nLa généalogie de la famille Kerner a été\nreconstituée au moyen des archives de la ville\nde Vienne. De père en fils les Kerner furent\nconstructeurs de trompettes, de 1751 1848.\n\nLES PETITES INVENTIONS.\nUN APPAREIL POUR VÉRIFIER L'ÉGALITÉ I;\nTOUCHES DE PIANOS.\nUne maison de Berlin vient d'entreprend\nl'exploitation du brevet 210976, concerna-\nun petit appareil fort ingénieux et appela\nrendre de grands services à la facture de pian-\nOn sait que l'égalité dans le fonctionnent\ndes touches consiste en ce que toutes ces dt\nnières offrent une résistance égale, ou si Fr\nveut s'abaissent sous le même poids, de son\nque les doigts de l'exécutant ne rencontrer\njamais une résistance ou une faiblesse inatter,\ndues. L'appareil en question est une sorte J\npetite balance très-sensible, donnant exact:\nment le poids nécessaire et suffisant pour fat\nabaisser la touche. L'égalité du piano t\nindiscutable lorsque toutes les touches répondes\nau même poids.\n\nA COUP DE CISEAUX\nLa collection royale des vieux instrumer\nde musique, à Berlin, s'est enrichie ces demie\ntemps de dons importants. Les héritiers 1\nJoseph Joachim lui ont offert quelques violo\nde choix que le grand artiste avait eus en\npossession, divers objets se rattachant à l'art\nluthier, et aussi plusieurs bâtons de mesiii\nParmi ces derniers se trouve celui que l'aUi\nversity Musical Society \" de Cambridge oft\nà Joachim en 1877. La collection rop\ncompte encore, parmi ses récentes acquisitior\nle piano de Clara Schumann, une flûte\nivoire ancienne, avec sa boîte de l'époq\nportant la signature de Frédéric le Grau\nune harpe gaélique, une guitare, un viol\nnorvégien enrichi d'incrustations de naci\nune pochette de maître à danser, remontant\nl'année 1670, enfin des flûtes en ivoire, en\net en argent, qui sont de véritables chefs-d'œuv\nde facture instrumentale.\nOn a mis en vente à New-York\nriche collection d'instruments de musi"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.115", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "\"\nappartenant à M. Morris Steinert. Cette\nélection comprend, des clavicordes, épinettes,\njaveçins, violes, violons et violes de gambe.\nOn y remarque particulièrement un clavicorde\nJont la construction remonte à la fin du xvime\nsiècle et qui fut possédé par le pape Grégoire\nXIII, (?) une épinette d'un facteur hollandais,\nArtus Gherdink, qui date de 1603 et une\nlarpsicorde de Jonas Antonius Baffo, fabricant\nle Venise.\nUn nouveau clavier. Un facteur de pianos\naustralien, M. Clutsam, vient d'imaginer un\nnouveau modèle de clavier qui au lieu d'être\nectiligne, suit une courbe modelée sur celle\n:ue développe le mouvement naturel des bras\njui s'étendent. Ce clavier arqué a pour avan-\nce de laisser aux mains de l'exécutant la\nneme position naturelle et normale, dans\n:oute son étendue.\nOn lit dans la Provincia di Montova : 66 Dans\na vitrine d'un collectionneur italien sont ex-\nposés plusieurs échantillons de violons brevetés\njtn aluminium. Ces violons, dit-on, ont un son\nmoelleux et velouté qui ne rappelle en rien le\nmétal, mais qui peut soutenir la comparaison\navec les meilleurs violons d'auteurs. Et cette\nertu est due à la constitution physique de\naluminium, qui joint à sa légèreté une sonorité\nune souplesse presque incroyable. Quel-\nues-uns de ces violons ont été essayés au Lycée\nmusical de Bologne, et aussi par plusieurs\nProfesseurs et virtuoses qui ont donné au luthier\nni les fit des certificats plus que louangeurs.\nMachine a écrire la musique. Des demandes\ne brevets ont été déposées par deux inventeurs.\nIM. S. Bolengo et C. Norther, pour une\néchine à écrire la musique qui pourrait\nentuellement s'adapter sur tous systèmes de\nachines à écrire. Voilà une invention qui, si\nlie s'impose dans la pratique, va singulièrement\naciliter les reproductions illicites.\nLe diapason normal de 870 vibrations simples\nà la seconde pour le la de la troisième octaves,\ntel que l'Académie des sciences de Paris l'établit\nen 1858 déjà, vient enfin d'être adopté par\nl'Amérique qui, jusqu'à présent, avait conservé\nun diapason plus élevé. Tous les membres de\nla \" Fédération des musiciens américains \" sont\ninvités à ne plus utiliser à partir du 9 septembre\nprochain que desintrumentsaccordésau\"diapa-\nson français\nDe plus en plus fort : On annonce que M.\nde Vecsey vient de ddnner à son fils, le jeune\nvirtuose Franz de Vecsey,un violon qu'il a payé\n50.000 fr. Il s'agit du fameux Stradivarius\nappelé \"Le Berthier \", construit en 1716 et\nqui se ' trouve dans un état de conservation\nirréprochable. Son nom lui vient de ce qu'il fut\nlongtemps en la possession du maréchal Berthier,\nprince de Wagram.\nM. Jan Kubelik aurait acheté à Londres,\nau cours de sa dernière tournée de concerts,\nun Stradivarius de 17 13, pour le prix modeste\nde 75 .000 fr !\nLe Violoniste Willy Burmester vient d'ac-\nquérir pour cent mille Mark (125.000 fr), un\nStradivarius daté de 171 7.\nA Bruxelles, est mort dans toute la\nvigueur de l'âge et du talent, le violoncelliste\nJoseph Jacob, professeur au Conservatoire de\nGand et ancien violoncelliste-solo du théâtre\nde la Monnaie et des Concerts populaires de\nBruxelles. Virtuose remarquable, au son d'une\nampleur superbe, il avait aussi fait partie du\nquatuor Ysaye, avec lequel il se fit entendre à\nParis et à Londres. Né en 1865 à Liège, où\nil avait fait sa première éducation musicale,\nJoseph Jacob s'était perfectionné au Conser-\nvatoire de Bruxelles, dans la classe de Joseph\nServais. Il se produisit aussi comme compositeur\nde façon très favorable. On connaît de lui un\nconcerto pour violoncelle et orchestre, qui fut\njoué avec succès aux Concerts-Ysaye, et des\npièces pour hautbois que l'on dit charmantes.\nIl écrivit aussi la musique aimable de deux\npetits ballets représentés à la Monnaie.\n3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 110, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.21.1", "titre_corps": "NOTICE HISTORIQUE DU HAUTBOIS.", "titre_sommaire": "NOTICE HISTORIQUE DU HAUTBOIS.", "signature_source": "A. Bridet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.110", "debut_caractere": 261, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "NOTICE HISTORIQUE DU HAUT-\nBOIS.\n\nIl n'existe aucun écrit sur l'histoire com-\n.\nplète du hautbois à travers les âges, c'est-à-dire\ndepuis son origine jusqu'à nos jours ; depuis\nquelques années j'ai entrepris de combler cette\nacune, et dans le cadre restreint dont je dis-\npose ici, j'essaierai de donner un résumé de\nmes travaux.\nNombre de musicographes ont relaté diver-\nses parties de son histoire ; quelques-uns\nparmi les principaux en ont parlé sans aucune\nliaison daas divers chapitres,\nentre autres, Fetis dans son\nhistoire générale de la musique,\nAmbros, le R. P. Mersenne etc.\nMmc Dacier, Borjon, Gevaert\nl'ont spécialement étudié en se\nplaçant à l'époque grecque ;\nVilloteau, dans sa description\ndes instruments de musique des\nEgyptiens s'est occupé du\n\" zamr \" hautbois arabe.\nMais, par des interprétations\ncontradictoires, ces divers auteurs n'ont pas\npeu contribué à jeter l'obscurité sur l'histoire\ndes instruments à anche en général, et du\nhautbois en particulier et, par cela même,\nrendre difficile la tâche d'écrire l'histoire de\ncet instrument ; je mettrai cependant à profit\nleur grande érudition, en écartant toutefois\nleurs erreurs, en signalement leurs contradic-\ntions et en complétant leurs récits du fruit\nde mes recherches personnelles.\nLe Hautbois est le plus ancien des in-\nstruments à anche ; il est venu jusqu'à nous\nsans subir de profondes modifications quant à\nsa forme, les exemplaires anciens sont tous\nconiques, variant seulement dans leurs pro-\nportions comme longueur et comme évase-\nment1.\nC'est aux Indiens qu'il faut attribuer l'in-\nvention du hautbois ; le plus ancien est l'\"otou\"\nremontant à l'époque brahmanique (du 12e au\n7e siècle av. J. C.)\nL' \" otou \" est un instrument monophone ;\nil ne possède en eflFet aucun trou ; à défaut\nd'autres documents ceci prouverait déjà que\nl'on se trouve en présence d'un instrument\nprimitif ; d'autre part, (d'après le savant india-\nniste Mr Goldstuker) le traité de musique en\nlangue sanscrite \" Sangita Rathnakara \" le plus\nancien ouvrage connu sur cette matière en\ncontient la description.\n\n1 L. Pillaut. Instruments et Musiciens p. 39 et suiv."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.111", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "L' \" otou \" est encore en usage dans l'lnde;\nil n'a d'emploi que pour la danse des bayadères:\n\" le musicien le tient de la main gauche soutenant\nle son, et bat avec la droite le rhythme de la danse\nsur un petit tambour attaché a sa ceinture 1 \" le\nmusicien jouant de 1' \" otou \" a la singulière\nfaculté de retenir la respiration et de soutenir\nle son presque indéfiniment.\nBerlioz raconte avoir vu le principal des\nmusiciens, qui accompagnaient à Paris les\nbayadères de Calcuta, se servir de ce hautbois\nprimitif et faire bourdonner un\npendant des heures entières !\nLa prolongation du son a un sens religieux\n/^cians la philosophie des Hindous,2 aussi le\njouant 1' \" otou \" respire-t-il par le\nnez et prolonge ainsi le son.\nLa forme de 1' \" otou \" est plus évasée que\nnos hautbois.\nUn hautbois aussi ancien que 1' \" otou \"\nmais d'un aspect moins primitif, est le \" nagas-\nsaran \" ; il est plus petit que I'\".otou \" et\npossède quatre trous produisant cinq sons d'in-\ntonations différentes, répondant à peu près à\nces notes :\nL' \" otou \" et le \" nagassaran \" sont certaine-\nment les instruments à anche les plus anciens.\nDans l'lnde, les origines de la musique et\nde la danse sont religieuses, aussi peut-on con-\nsidérer les 4 trous du \" nagassaran \" donnant\ncinq sons, comme constituant un élément de\npreuve pour justifier l'antiquité de cet instru-\nment ; les doctrines Sankyas3 reconnaissent\ncinq éléments, cinq sons ; le nombre cinq est\nun nombre parfait.\nIl existe dans l'lnde cisgangétique un haut-\nbois appelé \" sunnagie \" ou \" sounnagie \"\npossédant dix trous, dont 8 sur le devant et\ndeux sur le côté opposé ; cet instrument moins\nancien que les précédents mesure 45 centi-\nmètres depuis l'anche jusqu'à l'extrémité du\npavillon ; le \" sounnagie \" est très usité dans\nla Régence de Madras.\nJe n'ai jusqu'à présent aucune indication\nprécise sur un instrument appelé \" bilancojel \",\nSonnerat en parle ainsi : 1 \" un certain nombre\nde joueurs d?instruments accompagnent le chant et\nla danse ; ils seraient tous de Vespèce des instru-\nments a anche, c est a dire : le nagassaran, F otou,\nle bilancojel, le tourti (musette a outre) la Kar-\nna2\nFetis 3 le cite également:... Les Indiens\nparaissent avoir précédé tous les autres peuples dans\nla découverte des divers systèmes de production\ndes sons par des appareils artificiels ils ont les\nhautbois (nagassaran \" bilancojel \" sounnagie otou)\ndont le principe est une anche vibrante à deux\nlanguettes ;\nLe \" bilancojel \" serait donc un hautbois !\nmais par une contradiction inexplicable, quel-\nques pages plus loin Fetis classe le \" bilancojel \"\ndans la catégorie des flûtes à bec ; d'autres\nauteurs classent aussi le \" bilancojel \" parmi\nles flûtes ; ils citent encore, comme faisant\npartie de la classe des hautbois de petits instru-\nments : le \" Matalan \" et le \" Xal \" au son\nperçant et qui sert à marquer la mesure.\nAvant d'aller plus loin, et suivre le hautbois\ndans sa marche occidentale je dois signaler\nencore quelques instruments pouvant être clas-\nsés parmi les hautbois.\nLes Birmans, les Mongols possèdent un\nhautbois auquel on attribue une haute anti-\nquité ; c'est en réalité une trompette droite et\nlongue, avec un pavillon fort évasé et qui se\njoue avec une anche double très forte ; sa\nsonorité est puissante et se propage au loin ;\nun instrument semblable, genre trompette, se\nrencontre au Japon ; ce hautbois possède sept\ntrous4, un autre exemplaire appelé \" Tjô \"se\n\n1 Fétis. Hist. gle de la musique p. 301. Liv. 2.\n2 Colebrooke. Essais sur la philosophie des Hindous.\nSystème Vêdauta.\n3 Colebrooke : Essais sur la philosophie des Hindous,\np. 22 et 203.\n1 Sonnerat. Voyage aux Indes. T. 1. p. 102.\n2 Cet instrument (Karna ou carna) est cité par plu-\nsieurs auteurs qui n'en donnent aucune description.\n3 Fetis. id. 1. p. 330. L. 2.\n4 Paw, parle de hautbois longs de de 8 à 9 pieds\nlarges de 8 à 12 pouces, dont le son imite celui de"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.112", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "rapproche du nagassaran ; le \" Tjô \" a sept\ntrous.\nDans le royaume de Siam, le hautbois est\nappelé \" pi-chanai \" deux hautbois (pi-chanai)\naccompagnent à l'unisson les airs des drames\nmusicaux ; les airs Siamois ont un nom parti-\nculier sous lequel ils sont connus des habitants\ndu pays ; un de ces airs : O ! pi, est une\nmélodie de hautbois.\nChez les Malais le \" Sraoni \" est un grand\nhautbois assez semblable au sounnagie de Ma-\ndras.\nJe signale encore en Chine plusieurs espèces\nde hautbois qui paraissent identiques à ceux qui\nse touvent dans l'lnde ; ces hautbois ont des\npavillons évasés, le plus grand a huit trous,\ndont sept sur le devant et un au pouce de la\nmain droite ; le petit possède 6 trous et un\ntrou pour le pouce droit1\nUn hautbois assez primitif, auquel on ne\npeut cependant assigner une place dans l'his-\ntoire, c'est la \" Chirimia \" du Mexique ; Sar-\ntorius Christian Charles2 la décrit ainsi :a la\n\" Chirimia \" est un hautbois d'un son très per-\nçant, sa longueur est de 8 pouces, il possède cinq\ntrous ; son usage est très répandu sur le plateau de\nTenochtitlan, les indiens y jouent certaines mélodies\navec accompagnement de tambour.\"\nSans entrer ici, dans une analyse historique\ndes causes de dissociation des peuples de l'Arye,\nen Indiens et Persans 3 il faut admettre que\nces derniers emportèrent ou reçurent de l'lnde\nleurs instruments de la musique.\nLes Persans possèdent un hautbois \" Sour-\nnay\" qui ressemble au sounnagie de l'lnde; ce\nhautbois a neuf trous, dont sept sur le devant\net 2 sur le coté opposé. Le Parabi, donne le\nnom de \" sournay \" à une variété aiguë du\nhautbois et relate que cet instrument était\nparticulièrement en usage à Bagdad.\nEn réalité 011 possède peu de renseignements\nsur cet instrument et aucun exemplaire ne se\ntrouve dans les collections d'instruments en\nEurope.\nChez les Persans, la musique est inséparable\nda toute cérémonie. A l'occasion des mariages,\nc'est encore la musique qui remplit une partie\ndu jour des noces ; le matin, lorsque la fiancée\nse rend au bain, accompagnée de plusieurs\nfemmes du voisinage, le cortège est précédé de\n6 à 8 musiciens qui jouent du Sournay (haut-\nbois), du nay (flûte) et du tambour 1.\nLe hautbois de la Perse est appelé \" sour-\nnay \", \" zournâ \" ou \" zournay \" de sou ,\nfestins noces, et de nay flûte ce qui signifie\nflûte des festins ou des noces.\nIci commencent les obscurités que j'ai signa-\nlées au début ; en effet, le mot flûte (dans\nsour-nay) désigne un appareil sonore vibrant\nau moyen d'une anche ; les Grecs reçurent\nvraisemblablement le hautbois, des Lydiens et\nPhrygiens descendants émigrés de la Perse et\nlui donnèrent le nom d'u aulos \" (mot géné-\nrique désignant tout un ensemble d'instruments\nà vent) traduit par flûte chez presque tous les\nmusicologues :\nJ'essaierai dans un prochain article d'appor-\nter un peu de clarté dans cette partie de l'his-\ntoire de la musique concernant les instruments\nà vent et à anche.\n\ntrompettes et qui sont en usage chez les Mongols. On\nvoit souvent io à 12 de ces hautbois accompagnés de\ncimbales en cuivre ou en fer qui ont jusqu'à 6 pieds de\ndiamètre.\n1 II se trouve dans un registre des instruments usités\nen Chine, écrit par l'Empereur Kang-Hi, un hautbois\n\" Koan \" avec une anche simple dont le son imite les\ncris et les pleurs des petits enfants.\n2 Journal Cecilia années 1827-28 lettres du Mexique.\n3 Fabre d'Olivet, Histoire du génie humain, en\nattribue la cause à la musique. M. le Professeur\nAlbert Weber de Berlin a cru apercevoir la cause de\nla séparation des Aryens en Persans et Indiens, dans\nla différence des tendances religieuses des uns et des\nautres.\n\nA. Bridet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.21.2", "titre_corps": "LE MOUVEMENT DE LA LUTHERIE ANCIENNE.", "titre_sommaire": "LE MOUVEMENT DE LA LUTHERIE ANCIENNE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.112", "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "LE MOUVEMENT DE LA LUTHERIE\nANCIENNE.\nVENTE D'UN VIOLON DE STRADIVARIUS\nAYANT APPARTENU A PAGANINI.\nLes \" Munchner Neuester Nachrichten \"\nont annoncé récemment que le Violoniste\nHôls est devenu possesseur d'un Stradivarius\nauthentique ayant appartenu à Paganini.\n\n1 Fetis ibid L. 2. p. 415."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.113", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "Nous pouvons donner des détails complé-\nmentaires sur cet instrument célèbre. C'est\njnAntonio Stradivari de 1727, ayant effecti-\neme{it appartenu à Paganini. Il resta en pos-\nession d'André Paganini son petit-fils, avec\nes compositions et souvenirs dont il ne s'était\njas encore défait, jusqu'en 1896. Le luthier\njiuseppe Fiorini de Munich qui connaissait\ninstrument depuis plus de trente ans, eut\noccasion de l'acquérir en 1907, avec tous les\niocuments attestant son origine. Un riche\nméricain, amateur de lutherie, l'acheta cette\ninnée pour 30.000 mark, et le confia pour\nitrejoué au violoniste Hôls.\nUN VIOLONCELLE DE 81.250 Fcs.\nLe \" Leonards illustr. Musikztg. \" annonce\nivente du Violoncelle Stradivarius de Robert\nieyer, au prix de 65.000 mark (81.250\nlancs).\nCet instrument admirablement bien con-\nervé, appartient à la catégorie des rares exem-\nplaires recouverts du \" vernis rouge. \" Son\nacquéreur est le virtuose Lennart de Zweyg-\nierg.\nDEUX VIOLONS CÉLÉBRÉS SUR LE MARCHÉ :\nLE STRADIVARIUS DE KUBELIK ET\nLE GUARNERIUS DE LIPINSKI.\nDeux violons fort intéressants sont actuel-\n®ent en vente chez le luthier Hamma de\ntuttgart : le Kubelik et le Lipinski.\nLe Kubelik est un remarquable spécimen\nAntoine Stradivarius de 1687. Le modèle\ngrand et plat, les et le vernis\nexcellente qualité, la main d'œuvre délicate.\n•*n Kubelik entra en sa possession en 1895,\njoua, sans interruption dans ses concerts\n%'au commencement de cette année. A ce\njment, il reçut en cadeau un Stradivarius\nttant de l'âge d'or du célèbre luthier, sous\nédition expresse de s'en servir à l'exclusion\ntout autre. Voilà pourquoi Kubelik se\n::ida à vendre son ancien compagnon de\noire.\nLe Guarnerius de Lipinski est l'instrument\nec lequel le grand virtuose fit ses triomphales\ntournées de concerts. Daté de 1737, de grand\npatron, il est le pendant du Paganini, propriété\nde la ville de Gênes. Après la mort de Lipinski\n(Décembre 1861), il resta en possession d'un\namateur qui le vendit en 1875 à Auguste\nWilhelmy. L'éminent violoniste le joua long-\ntemps dans ses concerts, et le céda un jour à\nun amateur en Ecosse. C'est de ce dernier\nque le détient finalement la maison Hamma.\nNOUVEAU PROCÉDÉ POUR CONSERVER LES BOIS.\nNos facteurs d'instruments apprendront avec\nintérêt qu'un inventeur australien nommé\nPowell, a trouvé il y a quelques années un\nprocédé pour sécher le bois, et le rendre suscep-\ntible d'être travaillé dans un délai infiniment\nplus court que par les moyens habituels. En\noutre, cette invention rend le bois inattaquable,\nelle fait complètement disparaître l'humidité\nintérieure, et empêche l'éclatement spontané.\nLe bois perd environ 20 °/0 de son poids, ce\nqui est important pour les essences australiennes\ngénéralement lourdes, et gagne 50 °/0 en\ndurée. Les fibres deviennent plus solides, et\nn'absorbent plus l'humidité. Pour ces raisons\nil n'est pas besoin d'une si grande quantité de\nvernis que pour le bois ordinaire. Ce procédé\nsupprime l'exsudation et rend la matière plus\nélastique. Le plus important, est que les four-\nmis blanches, et le terrible toredo navalis n'at-\ntaquent plus le bois ainsi traité. Le procédé\nconsiste dans l'emploi de la sacharine comme\nbase, mêlée à d'autres produits chimiques. L'air\ndes cellules est remplacé par la dissolution de\nsacharine ; puis le bois est séché artificiellement\ndans des hangars contruits à cet effet.\nLe gouvernement Ouest-Australien a ordon-\nné de faire des expériences de longue durée\navec des bois destinés aux voies ferrées.\nLa société qui détient le monopole du pro-\ncédé Powell a récemment établi des centres\nd'exploitation à Sydney et dans la nouvelle\nZélande.\nElle se dispose à en faire autant dans toutes\nles parties boisées de l'Australie. Le prix de\nrevient serait de cinq francs par cent pieds\ncubes, de sorte qu'à tous les autres avantages"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.114", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "d'une telle invention viendrait s'ajouter le bon\nmarché.\nUNE TROMPETTE A PISTONS DATANT DE 1806\nLa \" Zeitschrift fur Instrumentenbau\ndonne la description d'une trompette qui vient\nd'être découverte au musée de la \" Société des\nantiquités \" de la petite ville de 1 ôlz dans la\nhaute Bavière, et dont l'existence éclaircit un\npoint resté jusqu'à ce jour obscur dans l'histoire\ndes instruments à vent.\nIl est admis généralement que c'est en 1815\nque les pistons furent adaptés pour la première\nfois à la trompette.\nOn est unanime à attribuer l'invention des\npistons des Ventil Kàstgen à Henri Stôlzel.\nCependant le brevet portant la date de 1818,\na été délivré pour 10 années consécutives\ncollectivement à Stôlzel et à Frédéric Bluhmel\nde Waldenburg (Silésie). Plus tard Stôlzel et\nBluhmel se disputèrent l'honneur de l'inven-\ntion. Un indice en faveur de ce dernier existe\névidemment dans ce fait que le mémoire des-\ncriptif, accompagnant la demande du brevet,\nest signé de lui.\nOr, la trompette qui vient d'être découverte\net munie de deux pistons, et porte l'inscription\nsuivante :\nAnton und Ignaz Kerner, K.K. privil. Hof\nund Kammer Waldhorn und Trompeten-\nMacher Wien 1806.\nUn examen approfondi démontre que ces\npistons n'ont pas été ajoutés après coup.\nIls offrent en outre une particularité de\nconstruction inconnue, dans ce sens que les\nressorts formés de tiges de laiton martelé se\ntrouvent à l'extérieur.\nIl en résulte qu'ils n'ont pas été attaqués\npar l'humidité, et qu'après un siècle de repos,\non a pu jouer l'instrument sans ressentir le\nmoindre à coup dans leur fonctionnement.\nL'instrument possède une sonorité parfaite.\nLa généalogie de la famille Kerner a été\nreconstituée au moyen des archives de la ville\nde Vienne. De père en fils les Kerner furent\nconstructeurs de trompettes, de 1751 1848."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.21.3", "titre_corps": "LES PETITES INVENTIONS.", "titre_sommaire": "LES PETITES INVENTIONS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.114", "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "LES PETITES INVENTIONS.\nUN APPAREIL POUR VÉRIFIER L'ÉGALITÉ I;\nTOUCHES DE PIANOS.\nUne maison de Berlin vient d'entreprend\nl'exploitation du brevet 210976, concerna-\nun petit appareil fort ingénieux et appela\nrendre de grands services à la facture de pian-\nOn sait que l'égalité dans le fonctionnent\ndes touches consiste en ce que toutes ces dt\nnières offrent une résistance égale, ou si Fr\nveut s'abaissent sous le même poids, de son\nque les doigts de l'exécutant ne rencontrer\njamais une résistance ou une faiblesse inatter,\ndues. L'appareil en question est une sorte J\npetite balance très-sensible, donnant exact:\nment le poids nécessaire et suffisant pour fat\nabaisser la touche. L'égalité du piano t\nindiscutable lorsque toutes les touches répondes\nau même poids."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.21.4", "titre_corps": "A COUP DE CISEAUX", "titre_sommaire": "A COUP DE CISEAUX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.114", "debut_caractere": 2605, "fin_caractere_exclue": 3538, "texte": "A COUP DE CISEAUX\nLa collection royale des vieux instrumer\nde musique, à Berlin, s'est enrichie ces demie\ntemps de dons importants. Les héritiers 1\nJoseph Joachim lui ont offert quelques violo\nde choix que le grand artiste avait eus en\npossession, divers objets se rattachant à l'art\nluthier, et aussi plusieurs bâtons de mesiii\nParmi ces derniers se trouve celui que l'aUi\nversity Musical Society \" de Cambridge oft\nà Joachim en 1877. La collection rop\ncompte encore, parmi ses récentes acquisitior\nle piano de Clara Schumann, une flûte\nivoire ancienne, avec sa boîte de l'époq\nportant la signature de Frédéric le Grau\nune harpe gaélique, une guitare, un viol\nnorvégien enrichi d'incrustations de naci\nune pochette de maître à danser, remontant\nl'année 1670, enfin des flûtes en ivoire, en\net en argent, qui sont de véritables chefs-d'œuv\nde facture instrumentale.\nOn a mis en vente à New-York\nriche collection d'instruments de musi"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.115", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "\"\nappartenant à M. Morris Steinert. Cette\nélection comprend, des clavicordes, épinettes,\njaveçins, violes, violons et violes de gambe.\nOn y remarque particulièrement un clavicorde\nJont la construction remonte à la fin du xvime\nsiècle et qui fut possédé par le pape Grégoire\nXIII, (?) une épinette d'un facteur hollandais,\nArtus Gherdink, qui date de 1603 et une\nlarpsicorde de Jonas Antonius Baffo, fabricant\nle Venise.\nUn nouveau clavier. Un facteur de pianos\naustralien, M. Clutsam, vient d'imaginer un\nnouveau modèle de clavier qui au lieu d'être\nectiligne, suit une courbe modelée sur celle\n:ue développe le mouvement naturel des bras\njui s'étendent. Ce clavier arqué a pour avan-\nce de laisser aux mains de l'exécutant la\nneme position naturelle et normale, dans\n:oute son étendue.\nOn lit dans la Provincia di Montova : 66 Dans\na vitrine d'un collectionneur italien sont ex-\nposés plusieurs échantillons de violons brevetés\njtn aluminium. Ces violons, dit-on, ont un son\nmoelleux et velouté qui ne rappelle en rien le\nmétal, mais qui peut soutenir la comparaison\navec les meilleurs violons d'auteurs. Et cette\nertu est due à la constitution physique de\naluminium, qui joint à sa légèreté une sonorité\nune souplesse presque incroyable. Quel-\nues-uns de ces violons ont été essayés au Lycée\nmusical de Bologne, et aussi par plusieurs\nProfesseurs et virtuoses qui ont donné au luthier\nni les fit des certificats plus que louangeurs.\nMachine a écrire la musique. Des demandes\ne brevets ont été déposées par deux inventeurs.\nIM. S. Bolengo et C. Norther, pour une\néchine à écrire la musique qui pourrait\nentuellement s'adapter sur tous systèmes de\nachines à écrire. Voilà une invention qui, si\nlie s'impose dans la pratique, va singulièrement\naciliter les reproductions illicites.\nLe diapason normal de 870 vibrations simples\nà la seconde pour le la de la troisième octaves,\ntel que l'Académie des sciences de Paris l'établit\nen 1858 déjà, vient enfin d'être adopté par\nl'Amérique qui, jusqu'à présent, avait conservé\nun diapason plus élevé. Tous les membres de\nla \" Fédération des musiciens américains \" sont\ninvités à ne plus utiliser à partir du 9 septembre\nprochain que desintrumentsaccordésau\"diapa-\nson français\nDe plus en plus fort : On annonce que M.\nde Vecsey vient de ddnner à son fils, le jeune\nvirtuose Franz de Vecsey,un violon qu'il a payé\n50.000 fr. Il s'agit du fameux Stradivarius\nappelé \"Le Berthier \", construit en 1716 et\nqui se ' trouve dans un état de conservation\nirréprochable. Son nom lui vient de ce qu'il fut\nlongtemps en la possession du maréchal Berthier,\nprince de Wagram.\nM. Jan Kubelik aurait acheté à Londres,\nau cours de sa dernière tournée de concerts,\nun Stradivarius de 17 13, pour le prix modeste\nde 75 .000 fr !\nLe Violoniste Willy Burmester vient d'ac-\nquérir pour cent mille Mark (125.000 fr), un\nStradivarius daté de 171 7.\nA Bruxelles, est mort dans toute la\nvigueur de l'âge et du talent, le violoncelliste\nJoseph Jacob, professeur au Conservatoire de\nGand et ancien violoncelliste-solo du théâtre\nde la Monnaie et des Concerts populaires de\nBruxelles. Virtuose remarquable, au son d'une\nampleur superbe, il avait aussi fait partie du\nquatuor Ysaye, avec lequel il se fit entendre à\nParis et à Londres. Né en 1865 à Liège, où\nil avait fait sa première éducation musicale,\nJoseph Jacob s'était perfectionné au Conser-\nvatoire de Bruxelles, dans la classe de Joseph\nServais. Il se produisit aussi comme compositeur\nde façon très favorable. On connaît de lui un\nconcerto pour violoncelle et orchestre, qui fut\njoué avec succès aux Concerts-Ysaye, et des\npièces pour hautbois que l'on dit charmantes.\nIl écrivit aussi la musique aimable de deux\npetits ballets représentés à la Monnaie.\n3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 120, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.22", "titre_corps": "Questions Sociales", "titre_sommaire": "Questions Sociales", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.116", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Questions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONELS\n\n- Cette nouvelle rubrique surprendra peut-être\nquelques-uns de nos lecteurs, nous souhaitons\nqu'elle les intéresse tous. Elle marque un des\naspects les plus attachants de la vie de l'artiste,\nun de ceux où la lutte qu'il soutient pour\nsubsister quand même est des plus passion-\nnante.\nDans les conditions actuelles de notre civi-\nlisation, chacun de nous manifeste sa vie sous\ndes formes multiples, à échange rapide, et pour\nainsi dire fusionnées. Nous nous apparaissons\nmutuellement, chaque jour, sous des aspects\nvariés, quelquefois inattendus et plus ou moins\nheureux. Ainsi que ces phares tournants, à\nlentilles versicolores, que fait étinceler un\nmême foyer central de lumière, notre vie se\nprojette, semble-t-il diversement colorée, à\ntravers la série ininterrompue des actions signi-\nficatives de notre personnalité. Vie familiale,\nmondaine, politique, artistique, sociale, nous\nsommes tenus de les remplir toutes, au gré\ndes heures changeantes. Parmi nous, l'artiste\nn'échappe pas à cette contrainte, elle est hu-\nmaine, il lui faut jouer pleinement son person-\nnage, actif ou passif, à chacun des instants de\nson existence.\nIl est père de famille quelquefois —il\nfait figure dans le monde, ou, au moins, dans\nle petit clan qui constitue son monde ;il est\ncitoyen ; il est aussi professionnel. Composi-\nteurs, virtuoses, musiciens d'orchestre, modestes\nchoristes, tous, servants obligés de la Musique\ncomptent parmi les militants, et trop souvent\nles vaincus, de la grande armée du travail.\nEnfin F artiste est ununité asociale p-\nc'est à ce point de vue que nous le con-\n| sidérerons ici. Nous chercherons à découvrir\nses rapports avec les autres groupes sociaux ;\nnous essaierons de déterminer sa place dans\nl'ensemble et aussi sa fonction. Trop longtemps\nsous le prétexte que le culte de l'Art était\nincompatible avec la poursuite de certains\nbénéfices matériels, notamment la recherche\nd'un profit pécuniaire, on a laissé dans l'ombre\nau moins dans les revues musicales cette\nquestion, cependant vitale, des intérêts écono-\nmiques de l'artiste. Si on la traitait, (chose\nrare) c'était comme en dehors, à regret et\npour ainsi dire sous le manteau. Rien n1est\nplus nuisible, à notre avis, que ces ententes à\nmots couverts, ces demi-marchés avec la dévo-\ntion au dieu qu'on révère, et, en un mot, ces\nconventions hypocrites dont nous souffrons\ntous. Il faut s'adapter franchement à une\népoque, et envisager, sans faiblesse, la situation\nqui vous y est faite. Aux prises avec une société\ndans laquelle se développent, de plus en plus,\ndes tendances pratiques, voire mercantiles,\nengagés dans les actions et réactions qu'exer-\ncent l'une sur l'autre les diverses fractions\nsociales, les artistes doivent se plier à des\nconditions nouvelles pour eux ; déterminer\nleur rôle dans une démocratie agitée et avide;\nprendre une vue nette de leurs droits vis-à-vis\ndes autres groupes sociaux, et aussi de ce qu'ils\ndoivent à la collectivité dont ils ont, plus que\ntout autre, peut-être un besoin immédiat. <\nLe XXe siècle pourrait être caractérisé par\ncette formule : \" De la recherche et de la\nproduction intensive des valeurs Qu'ellesoit\nindustrielle, commerciale, ou artistique, toute\nvaleur est aujourd'hui pesée, comptée, mesurée,\nrecherchée, délaissée, haussée, baissée, suivant\nles besoins, les désirs, et aussi les caprices de\ncette foire aux vanités, de ce marché aux spé-\nculations qu'est notre société moderne. Toutes\nces actions ne s'accomplissent pas au hasard,\nelles obéissent à certaines lois réglant la pro-"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.117", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "iuction et l'échange, lois dont il s'agit de\nJécouvrir le mécanisme complexe. Ceci est\nfaire aux économistes. Notre rôle, plus\nnodeste, consistera à aider simplement ceux\nje notre \" corporation \" dans la recherche\nl'une, meilleure organisation des forces dont\ns disposent. D'un ordre plus parfait, qu'on\neut facilement entrevoir, résultera naturel-\nlement plus de justice et l'approche de ce\niésirable équilibre des intérêts opposés et diver-\ngents dont les rapports faussés causent actuelle-\nment tant de regrettables conflits. La Musique\nadoucit les mœurs, dit-on, nous pouvons au\nmoins essayer qu'elle apporte, dans le petit\nmonde des musiciens une harmonie économique\n- si j'ose l'union de ces termes dont\nbeaucoup souhaitent vivement le réconfortant\nspectacle.\nUne des premières questions qui sollicitera\nnotre étude est celle du \" travail \" de l'artiste.\nJe travail, d'une qualité particulière, est sou-\nvent d'une appréciation délicate, difficile. Quelle\nest, au juste, en numéraire, la valeur d'un vir-\ntuose ?... d'un compositeur ?... d'un musicien\nl'orchestre ?... Ainsi posée, sous cette forme,\nm sent l'absurdité de la demande, et cependant\nIfaut qu'elle reçoive une réponse satisfaisante,\nil deviendra nécessaire d'aborder le problème\nautre façon, de biais, pour ainsi dire, et par\nes méthodes permettant de découvrir la solution\na plus satisfaisante. Nous l'essaierons.\nNous croyons pouvoir remplir notre tâche\ni les intéressés eux-mêmes veulent bien nous\naider ; comprendre la pensée qui nous anime;\niormer ici, un groupe vivant, actif, dans lequel\ntoutes les bonnes volontés, tendues vers un\nnême but, détermineront l'effort nécessaire\n)our marquer chaque jour d'un progrès. Nous\noumettrons au jugement de nos lecteurs toutes\nes idées qui nous sembleront justes, nous leur\nlemanderons de les examiner, de les vérifier,\nen découvrir, avec nous, les applications pra-\nde nous indiquer les moyens de faire\npasser ces idées, du domaine spéculatif, dans la\nquotidienne réalité vivante.\nEn accomplissant cette œuvre, en donnant\nU'artiste ,1a notion de sa \" vie sociale \" et de\nla puissance qu'il détient dans les temps\nmodernes, nous ne croyons pas diminuer l'art\nque nous cultivons et réduire la Musique à un\nrôle indigne d'elle. Il ne faut ni se payer de\nmots, ni confondre tous les domaines. Indiquer\naux musiciens les moyens d'élucider des notions\nde \" valeurs \" qui leur sont jusqu'à présent\ndemeurées un peu trop étrangères, stimuler leur\ninitiative et leur découvrir le meilleur emploi\npossible de leurs énergies, c'est contribuer à\naccroître leur indépendance et à fortifier leur\ndignité. Par un détour peut-être, mais d'une\nfaçon certaine, c'est leur permettre de mieux\nservir l'Art que chérissent les u Amis de la\nMusique \" et auquel ils ont voué un inlassable\net fervent amour.\nSans plus attendre, aujourd'hui même, nous\nexaminerons une des questions qui met aux\nprises deux intérêts opposés et tous deux\nrespectables, c'est celle de la pratique et de la\nfréquence croissante du \" gracieux COtl=\ncours\nOn sait que le u gracieux concours \" con-\nsiste à faire jouer, chanter, réciter les artistes\nsans leur remettre aucune rémunération. Quel-\nquefois cependant on leur alloue une modique\nindemnité dite : \" de déplacement \" destinée\nà couvrir leurs menus frais, mais, en aucun cas,\nce dédommagement ne représente à leur valeur\nprofessionnelle.\nL'habitude du gracieux concours est assez\nrécente. Quelqu'un nous affirmait que c'était\nlà un reste des usages aristocratiques, datant\nde la monarchie, lesquels se seraient trouvés\ntransposés dans la société bourgeoise actuelle.\nL'artiste, à la cour, ou chez les grands seigneurs,\nfaisait partie de la \" maison \", et, souvent sans\nappointements fixes, recevait, au gré du maître,\nqu'il n'était point déshonoré de servir, de géné-\nreuses gratifications. On entrevoit, d'ici, le\ngeste noble du seigneur jetant au harpiste qui\nvient de le divertir la bourse remplie de pièces\nd'or au tintement harmonieux. Au vrai dire,\nnous ne croyons guère que se soient ainsi\ntransmises ces traditions de grande élégance."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.118", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "Tout bonnement, le gracieux concours nous\nsemble venir de la facilité offerte par les fêtes\nde bienfaisance, à ceux qui les organisent, de\nne point rémunérer l'artiste.\nIl y a quelques années s'établissait, par force\nd'usage, une sorte de convention par laquelle,\ndans les réunions charitables, l'artiste acceptait\nde ne percevoir aucun droit. Il donnait son\ntalent \" pour les pauvres \". De sa part, c'était\nune manière délicate et vraiment belle, et\ndigne, de faire la charité. Ses mains étaient\nO /\nsans obole, mais il donnait mieux : son intel-\nligence, son cœur, un peu de sa vie aux infor-\ntunés qu'on tentait de secourir. Et nul ne\npeut faire le compte des œuvres auxquelles\nl'artiste a contribué ainsi. Il a été inlassable.\nOn l'a sollicité de toutes parts : pour les\norphelins, les sinistrés, les tuberculeux, les\nenfants pauvres ; pour toutes les sociétés de\nprévoyance, d'assistance, d'enseignement, de\nrelèvement, de mutualité et de charité. L'ar-\ntiste n'a jamais dit : non, il s'est dépensé,\nprodigué, usé sans mesure.\nJ'entends murmurer que son zèle n'était\npas aussi désintéressé que nous paraissons le\ncroire et qu'une arrière-pensée de profit per-\nsonnel, disons le mot : de réclame, n'y était\npas étrangère. Admettons-le, c'est possible,\nmais il a, ce faisant, bien mal compris ses\nintérêts et il en est cruellement puni. Peu à\npeu ceux qui lui demandaient sa présence se\nsont habitués à l'avoir sans le rémunérer, non-\nseulement pour des œuvres charitables, mais\nau profit de leurs divertissements personnels.\nIls ont organisé chez eux, et chez leurs amis,\ndes concerts et autres réjouissances où les\nartistes étaient conviés à titre purement gra-\ncieux. Une tasse de thé, quelques fleurs pour\nles femmes, semblaient reconnaître, bien au-\ndelà, le service qu'on leur demandait.\nLe pli est pris et le dommage est grand,\nsurtout pour les artistes-femmes. Songez en\neffet qu'un homme a, pour tenue de soirée,\nl'habit noir et la cravate blanche ; c'est com-\nmode, si ce n'est pas très joli. La femme doit\navoir plusieurs robes coûteuses et les multiples\naccessoires que comporte sa toilette. Elle a sa\ncoiffure, sa voiture à payer. Si elle ne reçoit\nrien du tout en échange de ces frais divers\nnous laissons de côté le prix de son talent\net qu'elle renouvelle la dépense plusieurs fois\npendant la saison, le total excède de beaucoup\nses ressources. 1\nL'usage du gracieux concours se généralise,\nil devient presque de règle, et, dans le clan\ndes musiciens, le mécontentement grandit.\nD'autre part, ceux qui les accueillent, enten-\ndant ces plaintes, menacent.\nNous n'obligeons personne à venir chez\nnous, disent-ils ; si les artistes se croient lésés,\nqu'ils s'abstiennent. Nous pouvons renoncer à\nles recevoir et organiser d'autres amusements.\nAu surplus, il y a d'excellents amateurs qui\nles remplaceront sans désavantage. Puisqu'ils\nse montrent tout à coup si exigeants, faisons\nla grève des \" donneurs de concerts. \" Si\nquelques-uns d'entre nous, gens opulents, con-\ntinuent d'inscrire à leurs programmes le grand\npremier ténor ou la prima donna en vogue,\nnous, de moindre fortune, nous nous priverons\nde ce coûteux plaisir.\nVoilà qui est grave et cette grève d'un nou-\nveau genre, qui n'est pas hypothétique, est\ninquiétante. Que faire?... La question semble\ninsoluble. Et cependant On voit poindre,\nsous ces résolutions fâcheuses, deux choses\ndistinctes : d'une part, le remplacement du\nprofessionnel par l'amateur2 d'autre part, l'ab-\nstention regrettable pour les artistes des\n\" donneurs de concerts. \"\nPour remédier à cette situation, plusieurs\nmoyens ont été proposés.\nOn a envisagé la formation de syndicats qui\nimposeraient un certain tarif. Le moyen a\nréussi aux ouvriers; il est donc possible, mais il\nse présente ici des difficultés d'un ordre autre-\nment délicat, et nous ne voyons guère le\nsyndicat intervenir, au moins dans cette\nquestion du u gracieux concours\nCertaines fortes têtes lancent l'idée d'une\n\" grève d'artistes \" répondant à la grève des\n\n1 II est évident que nous ne parlons pas des grandes\nvedettes, des arrivées, dont les somptueux cachets ne\nse discutent plus.\n2 Nous traiterons quelque jour de l'amateurisme."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.119", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4297, "texte": "mondains. Je crois qu'ils en seraient les mauvais\nmarchands.\nD'autres insinuent que des intermédiaires\npourraient se charger, en prélevant un modique\ntantième, des intérêts de l'artiste en sorte qu'il\nn'aurait pas à régler, lui-même, le plus petit\ncachet.\nQuelques-uns préconisent une \" campagne\nde presse \", de la Grande Presse, celle qui fait\ntant de mal, quelquefois, et qui, souvent fait\nle bien, avec une si généreuse spontanéité.\nQu'est-ce qu'elle pourrait bien dire ?... la\nGrande Presse.\nElle se ferait sans doute l'avocat des moins\nheureux, découvrirait la bonté de leur cause,\nle tort qui leur est porté, la naïveté avec laquelle\nils ont eux-mêmes, tout serviables et complai-\nsants, créé une situation qui leur est si préju-\ndiciable. Elle irait plus avant peut-être et\nmontrerait qu'il n'est pas juste de les traiter\nainsi.\nCroyez-vous qu'il est bien, dirait-elle aux\n\" donneurs de concerts \" de profiter d'une\npeine pour laquelle vous n'offrez aucun salaire ?...\nPour devenir ce qu'ils sont, acquérir la\ntechnique dont ils font preuve, cet homme,\ncette femme, qui vous charment, se sont\nsoumis à un entraînement pénible, ils ont plié\nleur vie à des conditions fatigantes pour les-\nquelles elle n'est point faite ; ils ont payé des\nmaîtres, aux eçons coûteuses, et se sont souvent\nimposés les plus rudes privations pour acquitter\nle prix des conseils qu'ils reçevaient ainsi. Enfin,\nquand ils viennent dans votre salon, sur votre\ninvite, distraire un moment la lourdeur de vos\nminutes de mondains, c'est un peu de leur vie\nmême qu'ils vous apportent ; ils vous font\nfrémir, rire, pleurer, vous attendrir, vous\nreprendre, pour vibrer encore, en prodiguant,\npour vous, un peu de cette flamme extinguible\net précieuse qui brûle en chacune de leurs\nâmes. Essence de vie qu'on jette, comme un\nparfum, sur les nonchalances des spectateurs.\nEst-ce équitable d'accepter, ne fût-ce que\nquelques instants, le don magnifique d'une vie\nhumaine ?... magnifique puisqu'il est fait du\nplus entier et du seul bien que possède en\npropre chaque créature, si infime soit-elle.\nVoilà, sans doute, ce que dirait la Grande\nPresse si elle voulait prendre en mains la cause\ndes artistes.\nt 1\nA nos lecteurs, mondains et professionnels,\nnous demanderons de nous dire quel serait, à\nleur avis, le moyen de remédier à une situation\nqui s'éternise et s'envenime un peu. En nous\nadressant leurs réponses, qu'ils veuillent tenis\ncompte des deux intérêts en présence. Qu'ilr\nse fassent surtout une idée complète de ceux\nde la partie adverse. Us nous écriront ainsi\nd'une façon très utile et travailleront efficace-\nment, sur cette question précise du : gracieux\nconcours, à amener une entente que tous doivent\nsouhaiter prompte, complète et définitive\n\nM. Daubresse.\n\nFAITS SOCIAUX.\n\nCongrès de la Fédération Nationale des employés.\n600.000 adhérents. Si les musiciens voulaient : eux\naussi.\nCongrès annuel de l'Association de Défense des Clas-\nses moyennes. Organisation économique. Si les musi-\nciens voulaient EUX AUSSI.\nA Vienne (Autriche) ouverture d'un musée Schubert.\nA Triebschen (près Lucerne) ouverture d'un musée\nWagner. Le maître habita cette localité de 1861 à\n1872.\nA Biarritz inauguration d'un musée Sarasate et de\nla salle de concert édifice dans la propriété du grand\nvioloniste.\nAu Canada chaque théâtre a son programme ;\nforme magasine, brochure de 20, 30, 40 pages. Con-\ntient le programme de la soirée, des réclames, des\narticles, des variétés. Paraît chaque soir. Pourrait être\nessayé ici.\nA Londres, au Colyseum, pendant les entr'actes, un\ntableau cinématographique occupe la scène. A l'aide\nde projections on propose aux spectateurs des charades,\ndes énigmes dont ils cherchent les solutions. Ceux qui\ntrouvent les solutions bonnes reçoivent une prime et\ndes places gratuites. Pourrait être essayé ici.\nA Paris Ouverture du cours de gymnastique rythmi-\nque de M. Jean d'Udine. Une date dans l'histoire\nsociale : de l'éducation physique et psychique par le\nrythme. Dépasse même le domaine musical.\nA Beuron en Allemagne sont organisés des cours\nannuels sur diverses branches de la musique sacrée.\nA Prague, l'université vient d'instituer un cours de\nscience musicale comprenant la théorie de la musique\net des instruments.\nA Buenos-Ayres. Une société de Quatuors s'est"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.120", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "fondée et se propose de faire venir, à titre d'exemple,\ndes quatuors étrangers. Avis aux quartettistes.\nA Mexico. Le Ministre de l'lnstruction Publique\nassure une subvention spéciale au Conservatoire de\ncette ville pour que les élèves puissent assister gratui-\ntement aux grands concerts (24 auditions). Le ministre\nfait rédiger, imprimer, distribuer gratuitement aux\nélèves les programmes analytiques des œuvres exécu-\ntées. La collection de ces programmes forme un volume\navec notes, biographies, analyses des œuvres, portraits\netc.\nA Paris. Au Salon d'Automne a été organisée une\nexposition de dessins d'enfants. Ne pourrait-on orga-\nniser une audition d'œuvres musicales enfantines à\nlaquelle assisteraient des pédagogues et des psycho-\nlogues s'intéressant à l'enfant.\nA Bruxelles en 1910. Exposition internationale\ncomprenant une section consacrée au théâtre.\n\nM. 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Ainsi que ces phares tournants, à\nlentilles versicolores, que fait étinceler un\nmême foyer central de lumière, notre vie se\nprojette, semble-t-il diversement colorée, à\ntravers la série ininterrompue des actions signi-\nficatives de notre personnalité. Vie familiale,\nmondaine, politique, artistique, sociale, nous\nsommes tenus de les remplir toutes, au gré\ndes heures changeantes. Parmi nous, l'artiste\nn'échappe pas à cette contrainte, elle est hu-\nmaine, il lui faut jouer pleinement son person-\nnage, actif ou passif, à chacun des instants de\nson existence.\nIl est père de famille quelquefois —il\nfait figure dans le monde, ou, au moins, dans\nle petit clan qui constitue son monde ;il est\ncitoyen ; il est aussi professionnel. Composi-\nteurs, virtuoses, musiciens d'orchestre, modestes\nchoristes, tous, servants obligés de la Musique\ncomptent parmi les militants, et trop souvent\nles vaincus, de la grande armée du travail.\nEnfin F artiste est ununité asociale p-\nc'est à ce point de vue que nous le con-\n| sidérerons ici. Nous chercherons à découvrir\nses rapports avec les autres groupes sociaux ;\nnous essaierons de déterminer sa place dans\nl'ensemble et aussi sa fonction. Trop longtemps\nsous le prétexte que le culte de l'Art était\nincompatible avec la poursuite de certains\nbénéfices matériels, notamment la recherche\nd'un profit pécuniaire, on a laissé dans l'ombre\nau moins dans les revues musicales cette\nquestion, cependant vitale, des intérêts écono-\nmiques de l'artiste. Si on la traitait, (chose\nrare) c'était comme en dehors, à regret et\npour ainsi dire sous le manteau. Rien n1est\nplus nuisible, à notre avis, que ces ententes à\nmots couverts, ces demi-marchés avec la dévo-\ntion au dieu qu'on révère, et, en un mot, ces\nconventions hypocrites dont nous souffrons\ntous. Il faut s'adapter franchement à une\népoque, et envisager, sans faiblesse, la situation\nqui vous y est faite. Aux prises avec une société\ndans laquelle se développent, de plus en plus,\ndes tendances pratiques, voire mercantiles,\nengagés dans les actions et réactions qu'exer-\ncent l'une sur l'autre les diverses fractions\nsociales, les artistes doivent se plier à des\nconditions nouvelles pour eux ; déterminer\nleur rôle dans une démocratie agitée et avide;\nprendre une vue nette de leurs droits vis-à-vis\ndes autres groupes sociaux, et aussi de ce qu'ils\ndoivent à la collectivité dont ils ont, plus que\ntout autre, peut-être un besoin immédiat. <\nLe XXe siècle pourrait être caractérisé par\ncette formule : \" De la recherche et de la\nproduction intensive des valeurs Qu'ellesoit\nindustrielle, commerciale, ou artistique, toute\nvaleur est aujourd'hui pesée, comptée, mesurée,\nrecherchée, délaissée, haussée, baissée, suivant\nles besoins, les désirs, et aussi les caprices de\ncette foire aux vanités, de ce marché aux spé-\nculations qu'est notre société moderne. Toutes\nces actions ne s'accomplissent pas au hasard,\nelles obéissent à certaines lois réglant la pro-"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.117", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "iuction et l'échange, lois dont il s'agit de\nJécouvrir le mécanisme complexe. Ceci est\nfaire aux économistes. Notre rôle, plus\nnodeste, consistera à aider simplement ceux\nje notre \" corporation \" dans la recherche\nl'une, meilleure organisation des forces dont\ns disposent. D'un ordre plus parfait, qu'on\neut facilement entrevoir, résultera naturel-\nlement plus de justice et l'approche de ce\niésirable équilibre des intérêts opposés et diver-\ngents dont les rapports faussés causent actuelle-\nment tant de regrettables conflits. La Musique\nadoucit les mœurs, dit-on, nous pouvons au\nmoins essayer qu'elle apporte, dans le petit\nmonde des musiciens une harmonie économique\n- si j'ose l'union de ces termes dont\nbeaucoup souhaitent vivement le réconfortant\nspectacle.\nUne des premières questions qui sollicitera\nnotre étude est celle du \" travail \" de l'artiste.\nJe travail, d'une qualité particulière, est sou-\nvent d'une appréciation délicate, difficile. Quelle\nest, au juste, en numéraire, la valeur d'un vir-\ntuose ?... d'un compositeur ?... d'un musicien\nl'orchestre ?... Ainsi posée, sous cette forme,\nm sent l'absurdité de la demande, et cependant\nIfaut qu'elle reçoive une réponse satisfaisante,\nil deviendra nécessaire d'aborder le problème\nautre façon, de biais, pour ainsi dire, et par\nes méthodes permettant de découvrir la solution\na plus satisfaisante. Nous l'essaierons.\nNous croyons pouvoir remplir notre tâche\ni les intéressés eux-mêmes veulent bien nous\naider ; comprendre la pensée qui nous anime;\niormer ici, un groupe vivant, actif, dans lequel\ntoutes les bonnes volontés, tendues vers un\nnême but, détermineront l'effort nécessaire\n)our marquer chaque jour d'un progrès. Nous\noumettrons au jugement de nos lecteurs toutes\nes idées qui nous sembleront justes, nous leur\nlemanderons de les examiner, de les vérifier,\nen découvrir, avec nous, les applications pra-\nde nous indiquer les moyens de faire\npasser ces idées, du domaine spéculatif, dans la\nquotidienne réalité vivante.\nEn accomplissant cette œuvre, en donnant\nU'artiste ,1a notion de sa \" vie sociale \" et de\nla puissance qu'il détient dans les temps\nmodernes, nous ne croyons pas diminuer l'art\nque nous cultivons et réduire la Musique à un\nrôle indigne d'elle. Il ne faut ni se payer de\nmots, ni confondre tous les domaines. Indiquer\naux musiciens les moyens d'élucider des notions\nde \" valeurs \" qui leur sont jusqu'à présent\ndemeurées un peu trop étrangères, stimuler leur\ninitiative et leur découvrir le meilleur emploi\npossible de leurs énergies, c'est contribuer à\naccroître leur indépendance et à fortifier leur\ndignité. Par un détour peut-être, mais d'une\nfaçon certaine, c'est leur permettre de mieux\nservir l'Art que chérissent les u Amis de la\nMusique \" et auquel ils ont voué un inlassable\net fervent amour.\nSans plus attendre, aujourd'hui même, nous\nexaminerons une des questions qui met aux\nprises deux intérêts opposés et tous deux\nrespectables, c'est celle de la pratique et de la\nfréquence croissante du \" gracieux COtl=\ncours\nOn sait que le u gracieux concours \" con-\nsiste à faire jouer, chanter, réciter les artistes\nsans leur remettre aucune rémunération. Quel-\nquefois cependant on leur alloue une modique\nindemnité dite : \" de déplacement \" destinée\nà couvrir leurs menus frais, mais, en aucun cas,\nce dédommagement ne représente à leur valeur\nprofessionnelle.\nL'habitude du gracieux concours est assez\nrécente. Quelqu'un nous affirmait que c'était\nlà un reste des usages aristocratiques, datant\nde la monarchie, lesquels se seraient trouvés\ntransposés dans la société bourgeoise actuelle.\nL'artiste, à la cour, ou chez les grands seigneurs,\nfaisait partie de la \" maison \", et, souvent sans\nappointements fixes, recevait, au gré du maître,\nqu'il n'était point déshonoré de servir, de géné-\nreuses gratifications. On entrevoit, d'ici, le\ngeste noble du seigneur jetant au harpiste qui\nvient de le divertir la bourse remplie de pièces\nd'or au tintement harmonieux. Au vrai dire,\nnous ne croyons guère que se soient ainsi\ntransmises ces traditions de grande élégance."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.118", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "Tout bonnement, le gracieux concours nous\nsemble venir de la facilité offerte par les fêtes\nde bienfaisance, à ceux qui les organisent, de\nne point rémunérer l'artiste.\nIl y a quelques années s'établissait, par force\nd'usage, une sorte de convention par laquelle,\ndans les réunions charitables, l'artiste acceptait\nde ne percevoir aucun droit. Il donnait son\ntalent \" pour les pauvres \". De sa part, c'était\nune manière délicate et vraiment belle, et\ndigne, de faire la charité. Ses mains étaient\nO /\nsans obole, mais il donnait mieux : son intel-\nligence, son cœur, un peu de sa vie aux infor-\ntunés qu'on tentait de secourir. Et nul ne\npeut faire le compte des œuvres auxquelles\nl'artiste a contribué ainsi. Il a été inlassable.\nOn l'a sollicité de toutes parts : pour les\norphelins, les sinistrés, les tuberculeux, les\nenfants pauvres ; pour toutes les sociétés de\nprévoyance, d'assistance, d'enseignement, de\nrelèvement, de mutualité et de charité. L'ar-\ntiste n'a jamais dit : non, il s'est dépensé,\nprodigué, usé sans mesure.\nJ'entends murmurer que son zèle n'était\npas aussi désintéressé que nous paraissons le\ncroire et qu'une arrière-pensée de profit per-\nsonnel, disons le mot : de réclame, n'y était\npas étrangère. Admettons-le, c'est possible,\nmais il a, ce faisant, bien mal compris ses\nintérêts et il en est cruellement puni. Peu à\npeu ceux qui lui demandaient sa présence se\nsont habitués à l'avoir sans le rémunérer, non-\nseulement pour des œuvres charitables, mais\nau profit de leurs divertissements personnels.\nIls ont organisé chez eux, et chez leurs amis,\ndes concerts et autres réjouissances où les\nartistes étaient conviés à titre purement gra-\ncieux. Une tasse de thé, quelques fleurs pour\nles femmes, semblaient reconnaître, bien au-\ndelà, le service qu'on leur demandait.\nLe pli est pris et le dommage est grand,\nsurtout pour les artistes-femmes. Songez en\neffet qu'un homme a, pour tenue de soirée,\nl'habit noir et la cravate blanche ; c'est com-\nmode, si ce n'est pas très joli. La femme doit\navoir plusieurs robes coûteuses et les multiples\naccessoires que comporte sa toilette. Elle a sa\ncoiffure, sa voiture à payer. Si elle ne reçoit\nrien du tout en échange de ces frais divers\nnous laissons de côté le prix de son talent\net qu'elle renouvelle la dépense plusieurs fois\npendant la saison, le total excède de beaucoup\nses ressources. 1\nL'usage du gracieux concours se généralise,\nil devient presque de règle, et, dans le clan\ndes musiciens, le mécontentement grandit.\nD'autre part, ceux qui les accueillent, enten-\ndant ces plaintes, menacent.\nNous n'obligeons personne à venir chez\nnous, disent-ils ; si les artistes se croient lésés,\nqu'ils s'abstiennent. Nous pouvons renoncer à\nles recevoir et organiser d'autres amusements.\nAu surplus, il y a d'excellents amateurs qui\nles remplaceront sans désavantage. Puisqu'ils\nse montrent tout à coup si exigeants, faisons\nla grève des \" donneurs de concerts. \" Si\nquelques-uns d'entre nous, gens opulents, con-\ntinuent d'inscrire à leurs programmes le grand\npremier ténor ou la prima donna en vogue,\nnous, de moindre fortune, nous nous priverons\nde ce coûteux plaisir.\nVoilà qui est grave et cette grève d'un nou-\nveau genre, qui n'est pas hypothétique, est\ninquiétante. Que faire?... La question semble\ninsoluble. Et cependant On voit poindre,\nsous ces résolutions fâcheuses, deux choses\ndistinctes : d'une part, le remplacement du\nprofessionnel par l'amateur2 d'autre part, l'ab-\nstention regrettable pour les artistes des\n\" donneurs de concerts. \"\nPour remédier à cette situation, plusieurs\nmoyens ont été proposés.\nOn a envisagé la formation de syndicats qui\nimposeraient un certain tarif. Le moyen a\nréussi aux ouvriers; il est donc possible, mais il\nse présente ici des difficultés d'un ordre autre-\nment délicat, et nous ne voyons guère le\nsyndicat intervenir, au moins dans cette\nquestion du u gracieux concours\nCertaines fortes têtes lancent l'idée d'une\n\" grève d'artistes \" répondant à la grève des\n\n1 II est évident que nous ne parlons pas des grandes\nvedettes, des arrivées, dont les somptueux cachets ne\nse discutent plus.\n2 Nous traiterons quelque jour de l'amateurisme."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.119", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "mondains. Je crois qu'ils en seraient les mauvais\nmarchands.\nD'autres insinuent que des intermédiaires\npourraient se charger, en prélevant un modique\ntantième, des intérêts de l'artiste en sorte qu'il\nn'aurait pas à régler, lui-même, le plus petit\ncachet.\nQuelques-uns préconisent une \" campagne\nde presse \", de la Grande Presse, celle qui fait\ntant de mal, quelquefois, et qui, souvent fait\nle bien, avec une si généreuse spontanéité.\nQu'est-ce qu'elle pourrait bien dire ?... la\nGrande Presse.\nElle se ferait sans doute l'avocat des moins\nheureux, découvrirait la bonté de leur cause,\nle tort qui leur est porté, la naïveté avec laquelle\nils ont eux-mêmes, tout serviables et complai-\nsants, créé une situation qui leur est si préju-\ndiciable. Elle irait plus avant peut-être et\nmontrerait qu'il n'est pas juste de les traiter\nainsi.\nCroyez-vous qu'il est bien, dirait-elle aux\n\" donneurs de concerts \" de profiter d'une\npeine pour laquelle vous n'offrez aucun salaire ?...\nPour devenir ce qu'ils sont, acquérir la\ntechnique dont ils font preuve, cet homme,\ncette femme, qui vous charment, se sont\nsoumis à un entraînement pénible, ils ont plié\nleur vie à des conditions fatigantes pour les-\nquelles elle n'est point faite ; ils ont payé des\nmaîtres, aux eçons coûteuses, et se sont souvent\nimposés les plus rudes privations pour acquitter\nle prix des conseils qu'ils reçevaient ainsi. Enfin,\nquand ils viennent dans votre salon, sur votre\ninvite, distraire un moment la lourdeur de vos\nminutes de mondains, c'est un peu de leur vie\nmême qu'ils vous apportent ; ils vous font\nfrémir, rire, pleurer, vous attendrir, vous\nreprendre, pour vibrer encore, en prodiguant,\npour vous, un peu de cette flamme extinguible\net précieuse qui brûle en chacune de leurs\nâmes. Essence de vie qu'on jette, comme un\nparfum, sur les nonchalances des spectateurs.\nEst-ce équitable d'accepter, ne fût-ce que\nquelques instants, le don magnifique d'une vie\nhumaine ?... magnifique puisqu'il est fait du\nplus entier et du seul bien que possède en\npropre chaque créature, si infime soit-elle.\nVoilà, sans doute, ce que dirait la Grande\nPresse si elle voulait prendre en mains la cause\ndes artistes.\nt 1\nA nos lecteurs, mondains et professionnels,\nnous demanderons de nous dire quel serait, à\nleur avis, le moyen de remédier à une situation\nqui s'éternise et s'envenime un peu. En nous\nadressant leurs réponses, qu'ils veuillent tenis\ncompte des deux intérêts en présence. Qu'ilr\nse fassent surtout une idée complète de ceux\nde la partie adverse. Us nous écriront ainsi\nd'une façon très utile et travailleront efficace-\nment, sur cette question précise du : gracieux\nconcours, à amener une entente que tous doivent\nsouhaiter prompte, complète et définitive\n\nM. 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Ceux qui en pourraient\nparler avec le plus de compétence, les chefs de\nmusique, se récusent comme liés par leur\nsituation ; et les autres tâtonnent et se heurtent\ntout de suite à une organisation, à une routine,\nà une indifférence, contre lesquelles il semble\nqu'il n'y ait pas de recours.\nLes musiques dJ harmonie (laissons de coté\ncelles de fanfare, plus spécialement utilisées),\nque l'armée veut bien laisser encore organisées\ndans ses rangs, et qui, par une éducation déjà\nancienne, une sélection vraiment artistique,\nsont arrivées, dans plus d'un régiment, à at-\nteindre un niveau tout à fait élevé, ne servent,\nen somme, qu'à la récréation des publics popu-\nlaires des villes. Elles pourraient et devraient\nservir d'abord à leur éducation artistique. Il\nest si facile d'impressionner utilement les\nmasses, il est si facile de former le goût du\npeuple qui écoute, qui prend l'habitude d'écou-\nter ! Et quel orchestre peut jamais produire\nune impression comparable à celle d'une\nmusique d'harmonie soigneusement composée\net bien dirigée !\nMais alors, il faudrait entourer les exécu-\ntions de facilités et de garanties en consé-\nquence. Il faudrait ne pas laisser des musiques\naussi artistiques que celles de la Garde, ou de\nquelques autres régiments bien connu?, exé-\ncuter des morceaux d'une haute tenue et d'un\nnuancé délicat, au milieu du bruit des tram-\nways, des autos, des mille véhicules bruyants,\nsifflants, soufflants, qui sillonnent les rues\nsonores des villes. Il faudrait des salles, large-\nment ouvertes, mais calmes ; il faudrait même\ndes concerts supérieurs en quelque sorte,\nannoncés d'avance, dans de vastes enceintes\noù l'entrée coûterait un minimum insignifiant,\nfût-il de 25 centimes, pour le principe simple-\nment et pour donner de l'importance à cette\nfête d'art, aux yeux des auditeurs...\nIl n'est pas juste en effet que telle musique\nexceptionnelle, comme celle de la Garde (la\nsituation est la même pour telle autre, dans\ntelle autre ville) soit réduite à cette alternative,\nou de jouer devant des publics officiels, où\npersonne n'y prête attention, ou devant des\npublics de quartiers ouvriers, excentriques, 011\nne l'écoutent que des oisifs en promenade, ou\ndes travailleurs fatigués et non prévenus.\nD'une façon générale, les musiques d'har-\nmonie, les bonnes, celles qui ont des ressources\net qui font de l'art, sont absolument inconnues\ndes vrais musiciens et des habitués de nos\ngrands concerts d'orchestre, inconnues et\nméprisées.\nCe mépris est abusif. Les musiques mili-\ntaires, en France, sont arrivées à posséder de\ntelles ressources que leurs instruments peuvent\ntrès bien u reproduire en harmonie les mêmes\neffets qu'à l'orchestre, parfois la même sono-\nrité \". Ce sont les expressions de M. Gabriel\nParés, l'éminent chef de la Garde républicaine,\nqui a bien voulu m'éclairer sur le côté musica\nde la question. \" En France, dans certaines\nmusiques militaires et dans plusieurs grando\nmusiques du Nord, tous les timbres de l'orchestre"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.121", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "existent, dans de bonnes proportions, ce qui\npermet de varier l'instrumentation à l'infini \".\nCe qui nuit d'ordinaire au crédit de ces\nmusiques, c'est l'abus de la a fantaisie \", et la\nfaçon dont elle est comprise. Mais, même\npour les \" fantaisies \", et sans parler des\nu transcriptions \", qui sont tout autre chose,\nil faut distinguer. \" En principe, la \" fantaisie \"\nest mauvaise et un peu grotesque, encore\nqu'elle existe également pour orchestre sym-\nphonique ; mais que de services n'a-t-elle pas\nrendus aux compositeurs dont les œuvres\nauraient été oubliées vingt ans plus tôt ! La\nmauvaise \" fantaisie \" est celle, par exemple\n(et c'était l'habitude courante jadis), dont les\nmotifs sont puisés n'importe où dans la parti-\ntion originale et reliés par des enchaînements\ndu cru de l'arrangeur. L'extrême opposé, qui\nconsiste à donner intégralement la \" trans-\ncription \" d'une scène ou d'un acte entier,\nn'est pas non plus à louer sans restriction, car\nles récitatifs les plus admirables y font une\nfigure plutôt ridicule... Il serait du reste très\ncurieux, un peu malicieux aussi, d'interroger\nles compositeurs mêmes ; car, sur cette question,\nils ont deux opinions, l'une théorique, qui leur\nfait rejeter la possibilité de toute transcription,\nl'autre pratique et plus sincère, qui la leur fait\naccepter avec grand plaisir lorsqu'ils entendent\nleurs œuvres, bien transcrites, exécutées sou-\nvent aux concerts publics, et par cela même\nplus connues et mieux appréciées des ama-\nteurs\nD ans la même lettre, M. Gabriel Pares\nrépond d'avance à la restriction habituellement\nfaite par les critiques qui abordent ces ques-\ntions, à savoir : que la musique de la Garde\nrépublicaine est trop spéciale et exceptionnelle,\ntrop \" orchestre \" plus encore qu' \" harmonie \"\npour entrer en ligne de compte. (Je me\npropose en effet d'étudier de plus près sa com-\nposition et son répertoire, l'un et l'autre\npouvant servir de modèle à toutes les autres et\nétant particulièrement intéressants à examiner\ncomme idéal). M. Gabriel Parés proteste\nque cette musique est loin d'être isolée ; que\nbeaucoup d'autres, en France, jouissent des\nmêmes familles d'instruments et exécutent\ndes transcriptions auxquelles on ne peut vrai-\nment rien reprocher. Il n'ajoute pas, mais je\npuis ajouter, pour l'avoir constaté plus d'une\nfois, que ses transcriptions, à lui, sont pour\nune bonne part dans la tenue artistique de ses\nprogrammes.\nDans un prochain article, j'étudierai le\nrépertoire mis à la disposition des artistes que\ndirige M. Parés ; je dirai en même temps\nl'origine de cette phalange et comment elle\nse recrute.\n\nH. de Curzon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.24", "titre_corps": "LA DANSE", "titre_sommaire": "LA DANSE", "signature_source": "M. 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Z7oici donc F aéronette avec ses figures\npar son principe cependant, les vieux branles, et toutes les danses de jadis où les mouvements corporels\nétaient soumis a une intention descriptive.\ni. Les danseurs se tiennent comme pour\ntoutes les danses tournantes et font sur deux\nmesures très accentuées, des temps de galop\nen avant imitant le roulement de l'aéroplane.\n2. Les danseurs, à ce moment ont un\nmouvement des bras de bas en haut imitant\nainsi le vol d'un oiseau ; ils font ensuite\nquelques pas marchés."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.123", "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "M. 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P., M. Senart, B. Roudanez et Cie,\ngr. in-8, 2 p. net, o fr. 35.\nBuyssens (P.). Exercices journaliers pour la\nflûte. P., Rouart, Lerolle et Cie, Genève, Union\nartistique, Bruxelles, J.-B. Katto, in-fol., 12 p. net. 5 fr.\nSamazeuilh (Gustave). Une étude sympho-\nnique d'après La Nef d'Elémir Bourges. Premiers\nviolons. P., Durand et fils, in-fol., 7 fr. -\nLimagne (A.) Duos concertants et progressifs\npour le violon, No 3, en ré mineur. P., E. Leduc,\nP. Bertrand et CM, in-fol., 19 p. net, 2 fr. 50.\nVIOLONCELLE ET PIANO\nPournier (Louis). Sonatine, violon et piano,\ntranscrité pour violoncelle et piano par Gaston Cour-\nras. P., E. Gallet, in-fol., 13 p., net, 3 fr.\n(Partition et partie de violoncelle séparée).\nCLARINETTE ET PIANO\nHandel (G.-P.). Deux sonates de G.-P. Hândel,'\ntranscrites pour clarinette si bémol, avec accompagne-\nment de piano, par Emile Stiévenard. P., Evette et\nSehaeffer, 2 fasc. in-fol., net, chaque 3 fr.\nPIANO ET VIOLON\nCallé (G .). Berceuse, pour piano et violon.\nP., E. Démets, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nPérilhou (A.). Méditation. P., Heugel, in-fol,\nNo I. Edition pour violon, avec accompagnement de\npiano ou o. Gue, net, 1 fr. 50.\nNo 11. Edition pour violoncelle, avec accompagne-\nment de piano ou orgue, net, 1 fr. 50.\nNo 111. Edition pour violon et violoncelle, avec accom-\npagnement de piano ou orgue, net, 1 fr. 75.\nLaloue (Robert). Air de ballet de Phaëton (opéra\ninédit), pour piano et violon. P., Rouart et Lerollc\net l'auteur, in-fol., net, 2 fr.\nFranck (César). Larghetto du Quatuor à cordes\nde César Franck, transcrit pour violon et piano, par\nH. Woollett. P., J. Homélie, in-fol., 8 p., net, 2 fr.\nPIANO ET CHANT\nWenzel (Léopold). Je t'aime, mélodie. Paroles\nde Henry Darsay. P., Monvoisin, in-fol., 4 p.,\nnet, 2 fr.\n(Chant et piano).\nWaldteufel (Emile). A toi, valse. Paroles\nadaptées de Pierre d'Amor transcription par H. Mou-\nton. P., A. Durand et fils, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nTschaikowsky (P.). Romances, mélodies et\nduos. Op. 54. Seize chansons pour la jeunesse. (Paroles\nfrançaises par Paul Collin). P., A. Noël, in-fol.\nNo 1. Grand-Mère et petit-fils, net, 1 fr. 50. No 2. Le\npetit Oiseau, net, 1 fr. 50. No 4. Mon petit Jardin,\nnet, 1 fr. No 6. Près de la Rivière, net, r fr. 50. No 7.\nSoir d'hiver, net, 1 fr. 75. No 9. Printemps, net, 1 fr. 50.\nNo 10. Berceuse : pendant l'orage, net, 1 fr. 50. No 11.\nLa petite Fleur, net, 1 fr. 50. No 12. L'Hiver, net,\n1 fr. 50. No 13. Chanson printanière, net, 1 fr. 50.\nNo 15. L'Hirondelle, net, 1 fr. 50. No 16. Petite chanson\nd'entant, net, 1 fr. 75.\nTenroc (Charles). Mandoline, mélodie. Poésie\nde Paul Verlaine. Musique de Charles Tenroc [Cor-\nnet]. P., M. Senart, B. Roudanez et Cie, in-fol., 4 p.,\nnet, 1 fr. 70.\n(Chant et- piano).\nTenroc (Charles). La Lune blanche (La bonne\nChanson). Poésie de Paul Verlaine. P., M. Senart\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 3 p., net, 1 fr. 35.\n(Chant et piano.)\nSzulc (Joseph). Les trois Rencontres. Parole?\nadoptées par Jean Bénédict. P., 0. Bouwens van\nder Boijen, in-fol., 5 p., net, 2 fr.\nSzulc (Joseph). La jeune Fille. Poésie de Franci>\nJammes. P., 0. Bouwens van der Boijen, in-fol,\n7 p., net, 2 fr.\nSinger (Pierre). Trois mélodies: Chanson d'au-\ntomne (Paul Verlaine). Le Rideau de ma voisine (Alfred\nde Musset). Sérénade italienne (Paul Bourget). Grave\npar C. Douin, gr. in-8, 11 p.\n(Chant et piano).\nSchumann (Robert). Chanson d'automne\nHerbstlied (Mahlmann) paroles françaises et alle-\nmandes. Duo de Robert Schumann, (op. 43). Z3.,\nO. Bouwens van der Boijen, in-fol., 5 P•> net 2 fr-\n(Partition piano et chant.)\nRouger (Gustave). Hiver, mélodie. Paroles e;\nmusique de Gustave Rouger, op. 26. —P.,imprJt\nCrevel frères, in-fol., 2 p., net, 1 fr. s°-\nRosdol (Sandy) Chanson. Poésie de Heine.-\nP., L. G rus, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nRosati (Ed.). Mon répertoire favori, nouvelle\ncollection de romances et chansonnettes sur les poésie;\nde MM. Lucien Boyer, J. Yvel, J. Baldran, pour chan\net piano, par Ed. Rosati. Première série. No 1, le Gai\ndénia, chansonnette. No 2, L'Heure de l'école, sou\nvenir. No 3, La première Quenotte, berceuse. No.\nPrière à Noël, simple histoire. No 5, Ne m'oubliez pas"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.125", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 5487, "texte": "légende. No 6, La Voilette, poésie chantée. Deuxième\nsérie. No 7, Cousine Laure, marche chantée. No 8,\nLettre à Guignol, page héroïque. No 9, Bonne Fée,\nhistoriette. No 10, Polka des abeilles, polka chantée.\nNo 11, L'lnstruction amusante, ou les Homonymes.\nNo 12, Le Bavard, ronde. P., G. Gross, 12 fasc. in-fol.\nChaque, net, 1 fr.; la série de 6 n., 5 fr.\nRichard (Jean). (Décembre 1908). Deux Mélo-\ndies. I, au vol des rêves. 11, L'Espoir n'est plus.\nPoésies de Jean de Limur. P., M. Senart, B. ROll-\n-et Cie, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nRaynal (A.). Marie ! mélodie pour piano et\nchant, par A. Raynal. P., M. Senart, B. Roudanez\net Cie, in-fol., 2 p., net, 1 fr.\nRaynal (A.). Je voudrais bâtir un nid, mélodie\npour piano et chant, par A. Raynal. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 2 p., net, 1 fr.\nPrivas (Xavier). Sur la Route. Poésie et musique\nde Xavier Privas. P., Dorbon aîné, in-fol., 3p.\nPrivas (Xavier). Berceuse des hirondelles. Pa-\nroles et musique de Xavier Privas. P., Dorbon aîné,\nin-fol., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nPetitjean (Maurice). Badinage. Poésie de\nGabriel Montoya P., Société d'éditions, 34, boule-\nvard de Clichy, in-fol., 3 p., 4 fr.\n(Chant et piano. Chansons de Gabriel Montoya.\nSérie B. No 4).\nPaine (Lucy-Hamilton). Six Mélodies pour\nchant et piano. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie,\n6 fasc. in-fol.\nNo 1. Mystère (The Mystery). Paroles de Lilian\nWhiting. (Traduction française de D. de Maratray).\nNo 2. Ariette. Poème de Paul Verlaine. No 3. Expli-\ncation (In explanation). Paroles françaises de D. de\nMaratray. No 4. J'ai vu, d ; La Princesse lointaine d'Ed.\nRostand. No 5- Le Printemps. Poème de la duchesse\nde Rohan. No 6. Soupir (a sigh). Paroles de Harriet\nPrescott Spofford. (Traduction française de Victor\nSchekewitch). Net, chaque 1 fr. 50.\nMozart (W.-A.). Air du Roi pasteur. Paroles\nfrançaises de Sylvain Saint-Etienne, (Mezzo-soprano\nou soprano). P., J. Hamelle, in-foL, 10 p.\n(Chant, violon et piano).\nLe même, arrangement pour violon par F. Lenden.\nIbid, in-fol., 4 p. Le même, arrangement pour\nvioloncelle, par F. Linden. lbid., in-fol., 4p.\nMissa (Edmond). Rêves blancs, rêves bleus,\nmélodie chant et piano. JPoésie de Lionel Nastorg et\nRaymond Ferda. P., L. Grus, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\nMilhaud (Darius). Désespoir, pour piano et\nchant. Paroles de Armand Lunel, (op. 33). Marseille,\nV. Mor lot, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 50.\n; Mendelssohn. No 6. Le Retour. No 7. Chant\nd'avril. No 8. Voici l'automne. Transcriptions exacte-\nment conformes à l'original, avec accompagnement\nde piano, par Paul Saegel, d'après les éd tions scolaires\nde A. Drouin, P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, 3 fasc.\nin-fol., net, chaque 1 fr. 25.\n(Pour la Jeunesse, 2e volume).\nMathé (Edouard). La Légende du baiser. (Poésie\nde F. Sernada). P., G. Ricordi, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\n(Chant et piano;.\nMathé (Ed.) Jalousie (Poésie de H. Allorge).\nP. G. Ricordiin-fol., 3 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nMathé (Edouard). L'Amour de ma jolie (Poésie\nde Dominus). P., G. Ricordi, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nMaringlie (Maurice). - Tes Mains blanches...\nrondel de L. Rouquette. P , Mouvoisin, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nMaringue (Maurice). Tes Livres mélodie.\nPoésie de L. Rouquette. —P., Mouvoisin, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr,\nMaringue (Maurice). L'Espoir, air pour bary-\nton. Paroles de Paul Brévannes. P., Mouvoisin,\nin-fol,, 3 p., net, 1 fr.\n(Piano et chant).\nMaringue (Maurice). Les Elfes, ballade. Poésie\nde Leconte de Lisle. P., Monvoisiny in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nLeoncavallo (R.). Maia, dramma lirico in tre\natti di Paolo de Choudens (Paul Bérel). Versione\nritmica italiana di Angelo Nessi, Canto e piano, trans-\ncritto dall' autore. P., Choudens, gr. in-8, 224 p.,\nportr. net, 20 fr.\nL'Enfant (Ed.). La Princesse voilée, légende.\nParoles de Maurice Couaillier. Adaptation musicale\nde Edouard L'Enfant. P., Office musical, 55, rue de\nChateaudun, in-fol., 10 p. net, 2 fr. 50.\n(Chant et piano).\nLemeunier (Abbé L.). Les Voix de la nature.\nPoème et musique de M. l'abbé L. Lemeunier. No 1,\nLe jour. No 2, La nuit. No 3, Les étoiles. Nô 4, La\nmer. No 5, Le fleuve. No 6, Les champs. No 7, La\nprairie. No 9, La forêt. No 10, La neige. No 11,\nL'orage. No 12, Le volcan. P., H. Gregh, Angers,\nGrolieau, in-fol., 25 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano). •\nLava (A.). Ballata dolorosa (Ballade doulou-\nreuse). Poesia italiana di Giosué Carducci, Version\nfrançaise et musique de A. Lava. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 70.\n(Chant et piano).\nLaparra (Raoul). Matinale, ton-original pour\nMezzo-soprano ou baryton. Paroles et musique Raoul\nLaparra. P., A. Sporck, in-fol., 3 p.\n(Chant et piano).\nLabori (Marguerite). 4 Poèmes, Octobre. Poésie\nde Mme J. Catulle Mendès. P., L. Grus, in-fol., 5 p.,\nnet, 2 fr.\nHesse (Georges). Les Rêves. Poésie de Mme\nMarteau de Milleville. P., E. Demarquet, in-fol.,\n5 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nGrossi (Eugène de). C'est toujours de l'amour,\nsur les motifs de la valse : 'tis ever love, d'Eugène de\nGrossi. Paroles de Alcide de Grossi. P., P. Gay,\nin-fol., 7 p., net, 3 fr.\n(Piano et chant).\nGrodvolle (M.). Deux Mélodies. I, Au jardin\nde mon cœur (Poésie de Jean Richepin). 11, La Vie\n(Poésie de Louis Choilet). P., Rouart, Lerolle et Cie,\n2 fasc., in-fol., net, chaque, 1 fr. 50.\nFonssagrives (Jane). Cinq Mélodies pour\nchant et piano. Paroles de Albert Samain. No 1, Chan-\nson d'été. No 2, Lac immatériel. No 3, Larmes.-No 4,"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.126", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 5143, "texte": "La Maison du matin. No 5, Ton souvenir. P.,\nE. Leduc, P. Bertrand et Cie, 5 fasc. in-fol.\nFiorelli (M.). Quatre Mélodies pour chant et\npiano. No 1, Chanson d'exil (poésie de F. Coppée,\nnet, 1 fr. 50. No 2, Je ne te connais pas (poésie de\nM. Fiorelli), net, 1 fr. 50, No 3, Orientale (poésie de\nM. Fiorelli), net, 1 fr. No 4, Pour elle (poésie de\nM. Fiorelli), net 1 fr. $O. P., E. Leduc, P. Bertrand\net Cie, 4 fasc. in-fol.\nPaye Jozin (Fred. de). Sur un vieux Cadran\nsolaire (To an old sun-dial), adaptation symphonique.\nParoles et musique de Fréd. de Faye-Jozin (Texte fran-\nçais et anglais). P., E. Gallet, in-fol., 6 p., net, 2 fr.\n(Tableaux anciens, No 4).\nFaye-Jozin (Fréd. de). Le Chèvrefeuille, sou-\nvenir de Tréfrest, pour chant avec accompagnement\nde piano et violon ad lib. Poème et musique de Fréd.\nde Faye-Jozin. P., E. Gallet, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\n(Extrait des Parfums).\nFaye-Jozin (Fréd. de). Chanson vraie (sur le\nrythme d'un poème de Malherbe), pour chant, avec\naccompagnement de piano. P., E. Gallet, in-fol.,\n3 p., net, 1 fr. 50.\nDurand (L.). La belle Fille, chanson bretonne.\nParoles et musique de L. Durand. P., M. Labbé,\nin-fol., 3 p.\n(Chant et piano).\nDelmas (Emile). La petite Amie, mélodie valse,\nchant et piano. Paroles de Ch. Phalippou. No 1, en\nla bémol, ténor ou soorano. P., M. Eschig, in-fol.,\n7 p., net, 2 fi.\nCremieux (Octave). La Valse d'amour, valse\nchantée. Paroles de Roland Gaël. P., L. Digbndé-\nDiodet, in-fol., 3 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nCremieux (Octave). Les Serments, mélodie.\nParoles de Roland Gaël. P., L. Digondé-Diodct,\nin-fol., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nClérice (Justin). Le Baiser de Ninon, opérette\nen lacté. Paroles de Paul Moncousin. Partition piano\net chant. P., Rouart, Lerolle et Cie, gr. in-8, 36 p.,\nnet, 1 fr. 50.\nBouwens van der Boijen (O.). Aquarelles,\ntrois duos pour soprano et ténor, (op. 14). P., O.\nBouweus van der Boijen, in-fol., 19 p., net, 3 fr.\nLe Printemps (Georges Gillet). Rondel de l'adieu\n(Edmond Haraucourt). Sérénade italienne (Paul Bour-\nget).\n(Partition piano et chant).\nBerthet (François). Tant que mes yeux, mélodie\npour mezzo-soprano, avec accompagnement de piano.\nPoésie de Louis Labé. P., Rouart, Lerolle et Cie,\nin-fol., 5 p., net, 2 fr.\nBonnal (Ermend). La Sago Kaj la Kanto (La\nFlèche et la chanson), Kanto for una voco Kaj piano-\nforto (mélodie pour une voix et piano). Poème espé-\nranto de A. Grabovvski, (op. 27, n. 2). P., E. Demets,\nin-fol., 3 p., net, 1 fr. 50.\nBinet (Frédéric). A l'Orée du bois, pièce pour\nle piano, par Frédéric Binet. Op. 98. P., A. Durand\net fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nBerniaux (D.). Les petites ouvrières. Paroles de\nF.-L. Benech. P., L. Benech, in-fol., 3 p., net, 1 fr. 7s.\n(Chant et piano).\nBerniaux (D.). Myrella la jolie, chanson.\nParoles de F.-L. Benech. P., L. Benech, in-fol., 3 p\nnet, 1 fr. 75.\n(Chant et piano).\nBéral (Paul). A. Jeanne d'Arc, la bonne Lor-\nraine. Debout! en avant! Paroles et musique de Paul\nBéral. P., E. Ploix, in-fol., 4 p.\nBeau (Robert). Pater noster. Saint-Cloud\n13, avenue du Palais, in-fol., 3 p.\n(Chant et orgue).\nAugé (Claude). Les chants de l'enfance. p\nLarousse, in-8, 112 p., fig., 16e édition.\nMETHODES, MANUELS,\nTRAITES DIVERS\nGentis (E.). Méthode de violon élémentaire et\nprogressive, par E. Gjntis. P., F. Gailhard, in-fol.,\n93 p., net, 5 fr.\nPanseron (A.). A, B, C musical, ou solfège,\nnouvelle édition revue et augmentée de questionnaires,\ndevoirs, dictées musicales et de 15 chants scolaires,\npar J. Bayer. P., E. Leduc, P. Bertrand et O\nin-8, 95 p.\nRojo (Le P. Casiano). Manual de canto grego-\nriano, compuesto por el R.P.D. Casiano R0j0,... Silos\n(Provincia de Burgos), edicion de los RR. PP. Bene-\ndictinos, in-8, 116 p.\nDu Grosriez (Charles). Petit traité usuel d'or-\nchestration, contenant un tableau du diapason et de\nl'étendue des instruments les plus usités à l'orchestre.\nP., E. Gallet, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nCarr (Mme) Siquot (Mme). 36 Danses chantées\net mimées pour les petits. I, Danses faciles. 11, Evolu-\ntions et danses d'ensemble. 111, Danses anciennes,\nIV, Danses de provinces. Par Mmes Carr et Siquot.\nPréface d'Octave Aubert. Nouvelle édition. P.,\nF. Nathan, in-4, 87 p. fig.\nTRIOS ET QUATUORS\nDucasse (Roger). Quatuor en ré mineur pour\n2 violons, alto et violoncelle. P., A. Durand etfik\nin-fol., net, 10 fr.\nLe même, Réduction à 4 mains par l'auteur. (Ibid.\nin-fol., 53 p., net, 7 fr.\nGandolfo (Eug .). Aubade pour violon et violon-\ncelle avec accompagnement de piano (et contrebasse\nad libitum). Nice, P. Decourcelle, in-fol., net, 2 fr.\n(Parties séparées).\n*\nCHŒURS\nStoupanse (Al.). Fraternité, duo pour ténor ou\nsoprano, et basse ou baryton. Paroles de Marc,\nU. Berger. Musique de Al. Stoupanse. Genève, à\nVUnion artistique, Lyon, Orgeret, in-fol., 2 ir. 50.\nSchmitt (Florent). Danse des Devadasis, pour\nsolo, chœur et piano à 4 mains. Poésie de Jean Lahor,\n(op. 47). P., A. Durand et fils, in-fol., 18 p., net,\n3 fr. 50.\n(Partition).\nSaint-Saëns (C.). (Op. 131). La Gloire, cantate\npour voix d'homme (soli et chœur). Poésie de l'Auge\nde Lassus. P., A. Durand et fils, in-fol., 12 p. net, 3 fr\n(Chant et piano)."}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.127", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 5453, "texte": "chantés à la Fête commémorative du\ncentenaire de J. Calvin au Palais du Trocadéro, le\nnovembre 1909]. P., 33, rue des Saints-Pères,\ny. in-8, 12 p.\n(A, chant seul ; B, réduction des 4 parties pour\nIrgiie).\nPesse (Maurice). Neige d'avril, valse lente\nticeur à 2 voix égales et solo avec accompagnement\n:epiano. Paroles de Camille Raynaud. P., A. Jul-\nien, in-fol., 8 p., net, 2 fr.\n(Partition chant et piano).\nLauber (Emile). L'Enfant, douze chansons à\nou 2 voix, ou chœur, Poésie de Charles Fuster.\nM. Senart, B. Roudanez et Cie, in-fol. No 1, Pour\n;re heureux. No 12, Sois bon, net, chaque o fr. 50, le\nrecueil 3 fr.\n(Chant et piano).\nIndy (Vincent d'). Vive Henry quatre, vieil au\nrançais, harmonisé et orchestré par Vincent d'lndy.\nG.C.) 4 fasc. in-fol. Partition d'orchestre et chœur,\nliant seul : pour 3 voix de femmes.\npour 4 voix d'hommes.\npour 4 voix mixtes.\nGTOSS. Recueil de morceaux de chant à une,\nieux et trois voix, à l'usage des écoles normales et des\ncoles primaires. Paroles de M. Delcasso, recteur\nlonoraire. Musique choisie et arrangée par M. Gross,\nnaître adjoint d'Ecole normale. Première partie,\nédition. P., Hachette, in-16, 64 p., o fr. 75.\nGrimoin (Abbé Pierre). Les voix des cloches\nle La Châtre, cantique populaire. Solo de baryton et\nhœur à 4 voix, maître de chapelle à La Châtre.\nhirges, G. Bruandet, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nEymieu (Henry). Papillons blancs, duo à 2 voix\ngales pouvant se chanter en chœur. Poésie d'Henri\n)éfossé. P., E. Weiller, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nCoquart (Arthur). Petit enfant, petit oiseau,\n-uo ou chœur à 2 voix, avec accompagnement de\niano. Paroles de V. de Laprade. P., J. Hamelle,\nn-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nCorot (Fernand). Chanson du fil de la Vierge\nsouvenir de Bretagne), duettino pour voix égales, et\nhœur, ad libitum. Poésie de Jos. Parker. P.,\n- Grus, in-fol., 3 p., net, 2 fr,\n3 (Partition chant et piano).\nBourguignon (Abbé). Petite Messe à la Sainte-\nvierge, à 3 voix, soli et chœurs, avec accompagnement\norgue, partition. P., G. Oudin, gr. in-8, 20 p.,\nlet, 2 fr. 25.\nBurty (Marc). Chant du soir, berceuse pour\n! ténors et 2 basses, avec accompagnement de piano.\nJoésie de Cyrille Fiston. Musique de Marc Burty.\ntyon, Janin frères, in-fol., 10 p., net, 2 fr. 50.\n(Partition chant et piano).\nPIANO\nSteiger (Ch.). Aria. P., A. Durand et fils,\nn-fol., 3 p., net, 1 fr.\nLe même, transcription piano à 4 mains. Ibid.,\nn-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nSteiger (Ch.). Bergerie, pièce facile pour le\niano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nPesse (Maurice). Valsette fleurie, pièce pour le\niano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nReinecke (Ch.). Six Sonatines pour piano,\nop. 98. No 2, en la mineur. P., J. Hamelle, in-fol.,\n11 p., net, 2 fr. 50.\nSteiger (Ch.). Le vagabond, pièce pour le\npiano à 4 mains. P. A. Durand et fils, in-fol., 5 p.,\nnet, 1 fr. 75.\nSteiger (Ch.). Valse naïve, pièce très-facile\npour le piano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nSzulc (Joseph). Une nuit d'lspahan, ballet-pan-\ntomime en 1 tacte, de André Pijan, Valse de Cynthia,\npour piano, par Joseph Szulc. P., O. Bouwens van\nder Boijen, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\nTellam (Heinrich). Rose, ma Mie ! valse-séré-\nnade, pour piano. Nice, P. Decourcelle, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nScassola (A.). Illusion, valse. Poésie de Lucien\nColonge, orchestrée par H. Cas. - Lyon, L. Monier,\nin-fol., 4 p., net, 2 fr.\n(Piano seul).\nSaint-Saens (Camille). Concerto pour violon\navec accompagnement de piano, par Camille Saint-\nSaëns (op. 20). (Réduction pour le piano des instru-\nments de l'harmonie par F. Waël-Munk). P., J.\nHamelle, in-fol., 10 p., net, 5 fr.\nSerosq (D.). Boléro, danse espagnole pour\npiano, (op. 59). P., Estic, in-fol., 2 p , net, 2 fr.\nStaub (Victor). Trois pièces pour piano à\n4 mains. En trottinant, marche (op. 19). En dansant,\nvalse (op. 20). En chantant, sérénade (op. 21). P.,\nA. Durand et fils, 3 fasc. in-fol., net, le 1 fasc., 2 fr.\nles deux autres, 2 fr. 50.\nTh.au (Marcel). Extase, valse lente, pour piano.\nMontpellier, C. Lapeyrie, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nReuchsel (Amédée). Murmures printaniers pour\npiano. P., H. Lcmoine, in-fol., 10 p., net, 2 fr. 50.\nReuchsel (Amédée). Elégie, pour piano.\nP., H. Lemoine, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nReuchsel (Amédée). Mailied (chant de mai),\npour piano. P., H. Lemoine, in-fol., 9 p., net, 2 fr.\nVal ver de (Juan). Colombiana, caprice colom-\nbien. Musique sur les motifs de Lao Silésu. P., Estic,\nin-fol., 3 p., net, 2 fr.\nArnaud (Albert). Gavotte des ballerines, pour\nle piano.—P., A. Durand et fils, in-fol., 5 p., net,\n1 fr\\7s'\nBinet (Frédéric). Premier Prélude pour le piano,\nop. 99. P., E. Durand et fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nBosc (A.). L'Aéronette, boston marché, nouvelle\ndanse d'actualité, pour piano. Théorie de C. Lefort.\nP., A. Bosc, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\nBourdeney (C.). Scherzettino pour piano,\nop. 29. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nBresles (Henri). Idylle pendant la chasse,\ncaprice pour piano. P., E. Coutarel, in-fol., 3 p.,\nnet, 2 fr.\nCaullet-Vignerot. Quatre pièces de piano\npour enfants, études récréatives et progressives dans\nle style classique. I, Câline, valse. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nChollet (Henri). La Poupée parlante, valse pour\npiano, 2 édition. P., Chollet aîné, in-fol., 4 p., 5 fr.\n(Collection des Pezzettines choisies, No 20. [No 6\ndes Pièces enfantines])."}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.128", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3969, "texte": "Chollet (Henri). Souvenirs cl'Es, valse, pour\npiano, 2 édition. P., Cliollet aîné, in-fol., 4 p.,\nnet, 5 fr. /\n(Collection des Pezzettines choisies de Henri Chol-\nlet. No 53).\nCoda (Ch.). Printemps d'amour, valse tendre,\npar Ch. Coda. Nice, P., Decourcelle. in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\n(Piano).\nDelerue (Léon). Royale Retraite, pour piano.\nVitry-le-F rançois, A. Gay, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nFaye-Jozin (Fréd. de). Petit solo de concours,\npour piano. P., E. Gallet, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nFaye-Jozin (Fréd. de). Rigaudon pour piano.\nP., E. Gallet, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nFiorelli (M.). Folle Ivresse valse entr'acte pour\npiano. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, in-fol., 5 p.,\nnet, 1 fr. 75. t\nFiorelli (M.). Trois pièces pour piano, par\nM. Fiorelli. 1, Prélude. 2, Aubade. 3, Divertissement\nexotique. P., E. Leduc, P. Bertrand et Çie, 3 fasc.,\nin-fol., net, 1 fr. 75, 1 fr. 50, 1 fr. 75.\nFranck (César). Morceau symphonique de\nRédemption, poème-symphonie de C. Franck. Réduc-\ntion pour piano 2 mains de J. Jemain. P., Heugel,\nin-fol., 12 p., net, 3 fr.\nGriffie (A.). Vol en monoplan, mazurka pour\npiano. Aux trois Bémols, 13, passage de l'lndustrie,\nin-fol,, 4 p.\nHelbig (G ). Bourrée., (Op. 36), pour piano.\nP., E. Démets, in-fol., 6 p., net, 1 fr. 75.\nHelbig (G.). Gavotte en ré (op. 4), pour piano.\nP., E. Demets, in-fol., 6 p., net, 1 fr. 75.\nHelbig (G ). - Rigaudon dans le style ancien\n(op. 24), pour piano, P., E. Demets, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nLimagne (A.). Petites sonates pour piano,\nNo 3, en ré mineur. P., E. Leduc, P. Bertrand\net Cjc, in-fol., 9 p., net, 2 fr. 50.\nMartin (Robert-Charles). Attrapera, attrapera\npas!... pi ce pour le piano, (op. 10, n. 1). P., A. Du-\nrand et fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nMartin (Robert-Charles). Ecole progressive du\npiano, 2. Berceuse, 7 P., A. Durand et filsr in-fol.,\n3 p., net, 1 fr/35.\nMartin (Robert-Charles). Re gardez-moi danser!\npièce pour le piano, (op. 10, n. 2). P., A. Durand\net fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nMartin (Robert-Charles). Rondo moqueur pour\nle piano, (op. 10, n. 3). P., A. Durand et fils, in-fol.,\n5 p., net, 1 fr. 75.\nMathé (Edouard). 'Les Copains, polka par\nEdouard Mathé. Nice, P. Decourcclley in-fol. No 1,\npour piano, net, 1 fr. 70. No 2, éd. simplifiée, net, 1 fr.\nMaye (Paul). En famille, polka pour piano\nMarseille, F. Aignier, in-fol., 5 p., net, 1.75.\nMaye (Paul). Rêves lointains, valse langoureuse\npour piano. Marseille, F. Aignier, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nMetzrier (A.). Six morceaux sur cinq notes,\npour piano à 4 mains. No 1, Fleurette, gavotte. No 2,\nBonsoir, bébé, berceuse. No 3, Petite Margot, valse.\nNo 4, La belle Fatma, chanson tunisienne. No\nDoux Sourire, menuet. No 6, Songe rose, mazurka.\nNice, P. Decourcelle, 6 fasc. in-fol., net, chaque, 1 fr.\nMoreau (Léon). Invocation à Bouddha) An\nOde), scène de ballet pour piano seul. P., Costallat,\nin-8, 20 p., net, 2 fr. 50.\nMortag'ne (Max de). Volo-valse, en accom-\npagnement du nouveau jeu sportif parisien, le Volo.\nP., impr. de Chaimbaud. in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nMurillo (Emilio). : Aire de pasillo, para piano.\nBogota, A. Nieto, 1910, in-fol, 4p.\nMurillo (Emilio). Madrigal, pasillo, para piano.\nBogota, A. Nieto, 1910, 2p.\nMurillo (Emilio). Paulina, valso lento para\npiano. Bogota, A. Nieto, 1910, in-fol., 7 p.\nPesse (Maurice). Deux petites pièces pour\npiano. No 1, Petite source enchantée, caprice. No 2,\nL'Amusant Départ, bluette. P., E. Gallet, 2 fasc.\nin-fol., de 3 p., net, chaque, 1 fr.\nPesse (Maurice). Petits Pages Louis XIII, pièce\npour le piano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr. 35.\nPesse (Maurice). Rêve d'un soir, mélodie. No i.\npiano seul, net, 1 fr. 75. No 2, Violoncelle et piano,\nnet, 2 fr. No 3, Violon et piano, net, 2 fr. P.,\nE. Gallet, 3 fasc., in-fol.\nDebussy (Claude). Premier quatuor pour .2 vio-\nlons, alto et violoncelle, (op. 10). (Transcription pour\npiano à 2 mains par Harry Loewy). P., A. Durand\net fils, in-fol., 31 p.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 129, "image_fin": 129, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.26", "titre_corps": "Nouveautés Musicales", "titre_sommaire": "Nouveautés Musicales", "signature_source": "V. 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M.\nROGER DUCASSE a tait arranger à quatre mains\nA charmante Suite française et M. DEBUSSY,\npour deux pianos les trois esquisses sympho-\nniques intitulées : La Mer \\ (Se noie-t-on\nmoins quand on est deux à faire naufrage ?).\n•VI. GROVLEZ réjouira les amateurs de musique\na cinq temps, par le second morceau de sa\nlonate 1 piano et violon ; et par son finale, il\nrappellera aux admirateurs de Fauré tels pas-\nsages de la Bonne Chanson.\n-M. JÔNGEN entreprend de nous peindre le\nloleil a Midi et un Clair de Lune x, clair de\nlune, je le veux bien mais reflété sans doute\npar quelque cours d'eau ténébreux,. qui en\néparpille la lueur en mille paillettes indistinctes.\nLe même auteur nous offre un Trio 1 pour\npiano, violon et alto, dont la vue seule est\neffarante.\nAccordons-nous quelques instants de détente\navec le Quatuor de M. TH. DUBOIS 2. Nous\nnous réservons d'y revenir plus longuement ;\net avec les six pièces pour piano, de M.\nRHENE BÂTON : en Bretagne 1 ; musique sa-\nvoureuse aussi éloignée de la complexité inu-\ntile que de l'effet banal. Faisons un saut de\ndeux siècles en arrière avec une Sonate de\nGEMINIANI 3 pour piano et violon, soigneuse-\nment orné et nuancée par M. César Barison.\n(ce dernier morceau, du aux soins de M.\nSchmidl, qui nous promet de sensationnelles\nrééditions, puisées dans les bibliothèques d'lta-\nlie.) M. Schmidl nous envoie encore deux\nvolumes des Solfèges de GARULLI, l'un pour\nTénor, l'autre pour baryton. Il nous reste à\nnous demander à quels besoins répondent ces\ndeux volumes. Il n'y a pas là une véritable\nméthode de chant puisque les difficultés vocales\nn'y sont abordées, ni au complet, ni graduelle-\nment ; et avant de croire, comme le dit\ningénuement l'auteur dans sa préface, que ces\nleçons \" agréablement mélodiques au goût de\nl'élève, soient aptes à le préparer à tous les\ngenres de l'art lyrique ancien et moderne \"\nnous ne pouvons nous empêcher de penser\nqu'il y a dans la musique vocale, pas mal de\nchefs-d'oeuvres qui rempliraient plus avan-\ntageusement le même rôle.\n1 Chez Durand et fils.\n2 Chez Heugel.\n3 Chez Schmidl."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS \"DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nr\nM. Gabriel F AU RE, Dire\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nl'lnstitut, secrétaire\nperpétuel de ! Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRESIDENTS\nM.LE PRINCE A. D'ARENBERG,<3W'/;M/ZY#/.\nM. Louis BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRETAIRE GÉNÉRAL\nM. j. ECORCHEVILLE, docteur és-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. Louis HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL H ERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. 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BRUSSEL,\nG. CARRAUD,\nJ. CHANTAVOINE,\nA. DE CHEVIGNÉ,\nA. CoQUARD,\nH. DE CuRZONj\nM. EMMANUEL,\nB. DE FOURCAUD,\nA. JULLIEN,\nL. LALOY,\nH. LICHTENBERGER,\nP. LOCARD,\nCH. MALHERBE,\nJ. MARNOLD,\nG. DE PAULOWSKI,\nG. PLOCH,\nL. SCHNEIDER,\nP. SOUDAY,\nE. STOULLIG,\nJ. TIERSOT,\nyy\nyy\ny y\nyy\nyy\nyy\ny y\nyy\nCritique Musical du Figaro.\nde La\nde la\ndu New-York Herald.\nde FEcho de Paris.\nRédacteur en Chef du\nProcesseur d'histoire de la musique au Conserva\nde Musique.\nCritique Musical du Gaul\ndes Déb\nde la\nde V Op\ndu Petit Journal.\nBibliothécaire de V Opéra.\nCritique Musical du bVLer\nRédacteur en Chef de Comcedia.\n\" \"de IS/Lusica.\nCritique Musical du Gil\nde r Éclair.\ndu bVLonde artist.\nBibliothécaire du Conservatoire de Musique.\nyy\nyy\ny y\ny y\nyy\nYY\nYY\ny y\nYY\nyy\nYY\nyy"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.9", "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n22, RUE SAINT AUGUSTIN, 22, PARIS\nJ'adhère à la Société Française des Amis de la Musique comme membre (1)\net m engage a verser\ntous les ans la somme de francs\nla somme de francs,\nque je prie M. LÉO SACHS, trésorier, de vouloir bien percevoir a Vadresse suivante :\nou (2)\nA , le ig\nSIGNATURE :\n{Fondateur : Versement unique d'une cotisation minimum de 1.000 francs.\nDonateur : Versement d'une cotisation annuelle de 100 francs.\nActif : Versement d'une cotisation annuelle de 20 francs rachetable par\nun versement unique de 500 Jrancs.\n(2) Effacer Vune ou lyautre formule."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 130, "image_fin": 130, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 130, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.130", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "LES MUSICIENS\nCollection d'Enseignement et de Vulgarisation\nPLACÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DE L'ADMINISTRATION DES BEAUX-ARTS,\nPUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE\nM. ELIE POIREE, Conservateur adjoint à la bibliothèque Sainte^Geneviève\nChaque volume in-8\" (14x20,51 de 128 pages avec 12 gravures\nBroche : 2 i\"r. 50 Relie : 3 fr. 50\nERNEST REYER\nPAR ADOLPHE JULLIEN\nNOUVEAUTES\nLULLY\nPAR HENRY PRUNIERES\n1 VOLUME\n1 VOLUME\nLA MUSIQUE CHINOISE\nPAR LOUIS LALOY\n1 VOLUME\nLA MUSIQUE DES\nTROUBADOURS\n1 VOLUNE\nDéjà parus :\nBerlioz, par ARTHUR COQUARD.\nBoieldieu, par L. AUGE DK LASSUS.\nChopin, par ELIE POIRÉE.\nFélicien David, par RENÉ BRANCOUR.\nGluck, par JEAN D'UDINE.\nGounod, par P.-L. HILLEMACHER.\nGrèty, par HENRI DE CURZON.\nHérold, par ARTHUR POUGIN.\nLiszt, pî»r M.-I). CALVOGORESSI.\nMendelssohn, par P. DE STŒCKLIN.\nMozart, par CAMILLE BELLAIGUE.\nPaganini, par J.-G. PROD'HOMME.\nRameau, par LIONEL DE LA LAURENCIE.\nRossini, par LIONEL D'AURIAC.\nSchubert, par L.-A. 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ALEXIS ROSTAND\nVice-Président, Directeur : M. E, ULLMANN,\nDirecteur Administrateur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons à échéance ftxe, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nEnvois de Fonds en Provinces et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nmaritimes, Garantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons etc.\nAGENCES\n3 7 Bureaux de quartiers dans Paris 14 Bureaux de Banlieue - 150 Agences en Province\n1 1 Agences dans tes colonies et pays de protectorat - 1 t AGENCES A L'ETRANGER.\nLOCATION DE COFFRE-FORTS\nLe comptoir tient un service de coffres-forts à la disposition\ndu public, 74, rue Bergère; 2, place de VOpéra; 14J, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPECIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. Le locataire peut seul ouvrir son coffre.\nBONS A ÉCHÉANCE FIXE. - Intérêts payés sur les sommes déposées\nDe 6à IT mois, ih u/0. De Jà 3 ans 3 °/0. Les bons délivrés par le COMPTOIR NATIONAL\naux taux d'intérêts ci-dessus, sont à ordre ou au porteur, au choix du Déposant. Les intérêts sont\nreprésentés par des Bous d'intérêts également à ordre ou au porteur, payable semestriellement\nou annuellement suivant les convenances du Déposant. Les Bons de capital et d'intérêts peuvent\nêtre endossés et sont par conséquent négociables.\nVILLES D'EAUX, Stations estivales et hivernales.\nLe COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'Eaux : Aix-en-Provence,\nAix-les-Bains, Bagnères-de-Luchon, Bayonne, Biarritz, Bourboule (La), Brest, Calais, Cannes,\nChâtel-Guyon, Cherbourg, Compiègne, Dax, Dieppe, Dunkerque, Enghien, Fontainebleau, Havre\n(Le), Mont-Dore (Le). Nice, Pau, Saint-Germain-en-Laye, Trouville-Deauville, Vichy, Tunis, Saint-\nSébastien, Monte-Carlo, Le Caire, Alexandrie (Egypte), etc. ; ces agences traitent toutes les opé-\nration comme le siège social et les autres agences, de sorte que les Etrangers, les Touristes,\nles Baigneurs, peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant leur villégiature.\nLETTRES DE CRÉDIT POUR VOYAGES\nLe COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE délivre des Lettres de Crédit circulaires payables\ndans le monde entier auprès de ses agences et correspondants; ces Lettres de Crédit sont accom-\npagnées, d un carnet d identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commo-\ndités, en même temps qu'une sécurité incontestable.\nSalons des Accrédités, Succursale, 2, place de l'Opéra\nInstallation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de lettres de crédit. Bureau de\nchange. Bureau de poste. Réception et réexpéditions.\n01-c\n—h, p\no\na> a>\nCO CD\n50 £\na\no\nQJ CO\n-- _Q\n> 0\n5\nQ\nC/ 5\nX\n0 c\nIfo 1"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 132, "image_fin": 132, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 132, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.132", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT\n83, RUE D'AMSTERDAM. (8\"\" Arr.)\nQUATRE CONCERTS\nDONNÉS A LA\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, rue d'Athènes\npar le QUATUOR\nMarsick-Hekking\nPierre MA \"Professeur au Con\nAndré TOURRET,\nMaurice VIEUX, André HEKKING\nles VENDREDIS: 19 Novembre, 17 Décembre 1909, 7 et 2 ! janvier 1910,\nà 9 heures du soir,\n£>-.^\nAu cours de ia Saison 1909-1910, MM. MARSICK, TOURRET, VIEUX et\nHEKKING feront entendre les Quatuors\nMANN, SCHUBERT •\nI\nPRIX DES PLACES:\nPar séance Abonnement aux 4 séances\nFAUTEUIL DE FACE 6 fr. 20 fr.\nCOTE ... 4 fr. 15 fr.\nBALCON 3 fr. 10 fr.\nPARTERRE 2 fr.\nENTRÉE I fr.\nS 'adresser pour les Abonnements chez M. A. 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BACH\nCOLLECTION CHARLES BOUVET\nD\nDepuis quelques années, la musicologie française paraît entrée définitivement dans la voie qui\nla conduit à la science. Artistes et critiques, exécutants, éditeurs et public, chacun reconnaît la\nnécessité d'atteindre le document historique par le chemin le plus court, sans autre préoccupation\nque la recherche de la vérité. A l'interprétation esthétique se substitue la publication des textes,\nà la littérature la bibliographie. Nous sentons tous, plus au moins distinctement, le besoin de l'aire\nun état général de nos connaissances en musique, avant d'évoquer, sous une forme précise, ce\npassé qui nous séduit par son inconnu. Ce n'est pas une simple curiosité d esprit, encore moins\nun goût delittante d'archéologie; l'activité intellectuelle qui anime les recherches méthodiques\nde notre musicologie est bien d'ordre scientifique, c'est-à-dire qu elle se suffit à elle-même, et\nqu'elle prétend se fonder sur les données de l'expérience.\nM. Charles Bouvet, artistes délicat consciencieux, initié à l'art de Bach et de Hsendcl, e'st\nde ceux que ce courant nouveau a entraîné vers la documentation. Sa Fondation J.-S. BACH\nla première de ce genre à Paris, fut une excellente initiative,, et, de ce foyer de la musique\nancienne, sortit logiquement l'idée d'une édition d'œuvres des XYlm\", XYIIm< et XYIII siècles.\nUne Sonate à trois et des Pièces en duo, de [.-M. LECLAIR; un Air pour contralto, de J.-S\nBACH; un Air de danse espagnole, du XVU\" siècle; deux Symphonies et trois Fantaisies, de Louis\nCOUPERIN; une :Sou,ate pour clavecin et violon, de A.-L. COUPERIN; un Air de DEMOFONTE;\nMisero fàrgoletto de L. LEO; un Suite pour deux flûtes, de P. BUCQUET et enfin 'une Sonate\npour deux violons et clavecin de CH.-W. GLUCK; voilà, dès maintenant, les résultats de ces\nefforts courageux et remarquablement intéressants.\nComme violoniste, M. Ch. Bouvet est à même de présenter ces rééditions sous une forme\ndirectement accessible au public moderne. Car notre \" œil musical \" est aujourd'hui plus exigeant\nque ne l'était celui de nos ancêtres. Nous voulons que, la notation dirige et guide notre inter-\nprétation. Nous réclamons des indications pour les coups d'archet, pour les doigtés, les mou-\nvements, la ponctuation, les nuances. Il y a là tout un art d'accomodation, nécessaire chaque\nfois que nous nous adressons- an grand public, et d'autant plus délicat qu'il dépènd de notre\ngoût personnel.\nEn s'engageant dans cette voie, en assumant la tâche de faire connaître.-.les : maîtres anciens\nM. Ch. Bouvet, a bien mérité de la science qu'il soutient, et du public qu'il éclaire. Tous deux\nlui rendront justice.\nJ. ECHORCHEVILLE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 133, "image_fin": 133, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 133, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.133", "debut_caractere": 2705, "fin_caractere_exclue": 4183, "texte": "Œuvres déjà parues :\ni '\nXo. i. SONATE A TROIS, de J.M. LE CLAIR\nrpiné, pour Violon ou Flûte, Viole de (ïambe\nou violoncelle et Clavecin ou Piano.\n: Prix liet : 4 fr. 00\nXo. 2. PIECES EN DUO, de J.M. LE CLAIR\nl'aîné, pour Violon et Violoncelle avec Clavecin\nou Piano.\nRIN, SIEUR DE CROI ILLY, solo pour Soprano,\nMezzo Soprano ou Contralto et Clavecin ou\nPiano. Prix net : 1 fr. 70\nXo. 4. GRATULATIONS CANTATE, de.J.S.\nBACH, Air pour Contralto.\nParoles allemandes et françaises.\nPrix net: 2 fi\\ 50\nNo. 5. DEUX SYMPHONIES de LOUIS\n; COUPE RIN, pour. Dessus de Vie Viole\nd'amour ou Violon ou Flûte et Basse de Viole\nViole de Gambe, ou Violoncelle 'dCCc.Clavecin\nou Piano Prix net: 2 fr. 50\nNo. 6. TROIS FANTAISIES de LOUIS\nCOUPERIN, pour Dessus de Viole, Viole\nd'amour ou Violon ou Flûte avec Clavecin ou\nPiano. Prix net: 2 fr. 50\nXo. 7. AIR DE DANSE. de F. DE LA TORRE\n(ESPAGNE XVN,E SIÈCLE)\npour Dessus de Viole ou Violon, Vrôle ou Alto ;\nBasse de Viole ou Violoncelle. Prix net: 1 fr.7o\nXo. 8.. SONATE, de A.-L. COUPERIN, pour\nClavecin ou Piano avec 1 loi on. Prix net \\4iv.\nXo. 9. DEMOFOONTE, de LEONARDO\nLEO, Air de Timante pour Tenpr et Clavecin\nou Piano. Paroles italiennes et françaises.\nPrix net : 1 ir. 70\nXo. to. SUITE, de PIERRE BÙCQUET, pour\n2 Flûtes ou 2 Violons. Prix net : 2 fr. 50\nXo. n. SONATE, de CHRISTOPHE W.\nGLUCK, pour 2 Violons ou Flûte et Violon et\n< Clavecin. ' Prix net: 4 fr. 00\nEn vente à ( Agence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois, PARIS (2e Arr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c094", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 134, "image_fin": 134, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 134, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.134", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "SALLES GAVEAU\n, ■ . #;■ ... ;;V:\nMOIS DE DÉCEMBRE - CONCERTS DE LA PREMIÈRE QUINZAINE\nSALLE DES QUATUORS\n1. Mademoiselle Ethel LEGINSKA (pianiste) -en matinée,\nj Madame SAILLARP-DIETZ ren matinée,\n4. Monsieur BARDOIT (violoniste) —en soirée.\n7.; Union, des Femmes Professeurs et Compositeurs (Œuvres de Bach) eir matinée\n8. Mademoiselle Ethel LEGINSKA (pianiste) en matinée.\n9. Madame SA IL LA RI )-1) IE TZ (pianiste) ■en matinée.\nGRANDE SALLE\n5\n7\n10\n11\n1 t\n12\n14\n15\n30 Ans de Théâtres (Festival Massenet) -en soirée.\nMonsieur Edouard BERNARD (pianiste) en soirée.\nConcert LAMOUREUX -en matinée. %\nSociété Philharmonique en soirée.\nMademoiselle Minnie TR ACE Y (Cantatrice) en soirée\nConcert HASSELM AN S -en matinée.\nElèves de Monsieur ISNARDON en soirée.\nConcert LAMOUREUX en matinée.\nSociété Philharmonique en soirée.\nMonsieur Mi se h a ELMAN (violoniste) - en soirée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 134, "image_fin": 134, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 134, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.134", "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "FACULTÉ DES SCIENCES DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS\nPHYSIQUE BIOLOGIQUE\nLa Voix parlée et chantée\npar le Docteur\nDocteur en Médecine et Docteur Ès=sciences.\nAmphithéâtre de Physiologie: 1, rue VICTOR-COUSIN (Place de la Sorbonne)\nLes Samedis à sh, è, à partir du 13 Novembre. TRAVAUX PRATIQUES.\nLes Dimanches, à 4 heures, à partir du 28 Novembre :\nSérie de manipulations permettant aux professeurs et aux élèves de chant et dé diction\nde se servir des appareils employés en physiologie; exercices respiratoires, examen du larynx;\nmoulages de la cavité buccale; photographie de la voix; qualités des diverses voix; différents\nregistres; leur détermination.\nLE COURS ET LES TRAVAUX PRATIQUES SONT ENTIEREMENT GRATUITS.\nLe nombre des places aux-travaux pratiques est-limité, on est prié de s'iuscire d'avance, 14. rue\nDuphoij de 2 à 4 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c096", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 135, "image_fin": 135, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.135", "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "F. CHATENET\nPhotographie documentaire\net artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18x24: 0.75 par épreuve,\npour une commande de cinquante epreuves. Par petite quantité: 1 fr. par épreuve.\nPar ce procédé, la ai son CHA I ENEI a fourni aux bénédictins\n*\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40,000 photographies.\nPRIX COURANT :\nCliché 13x18 avec un épreuve, 3 fr. ; les suivantes, chaque 0.75\nCliché 18 x 24 avec un épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque ! .00\nCliché 24x30 avec un épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 135, "image_fin": 135, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.135", "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "i 4 yMPm*ing\n!\ng-^SS^BTSMSSSRWimmwe^»-\njr*\\ !\n*■\n- * ;\nmsm\npâllilli\nt '.S If w*\nm»0 %3?*w\nfcw |l-\nSKJ\n• ' • , *v\nsrm>.\n.\na fflm\nu .*«>\nsmzam ~A<X\" j#»\nv-V\nM\nii. •:/ IUI .J»«ï <*\".\nBP ■\n1 <> 4\n, >- ' ,:J\nH 3 p\ni>;|;-j\n■;■\n:\n- , -. •—i\n&t k. \"\nS>.\no\n•u\ni*\na *\nH..\n'•s£/:\n«**.? <\n■ «\n,\nWMti\n' /\nr>:\\\n:\nX<St\n*>**\n■ •&■\n-\n«\nC*.\n*<*¥- \\\n: rv JÉt. : «*à\n;—-—— •\n•\n_4*_„_i -.^JLZZ+-4 __ JLi\n• ...J.—. f _„, ■ '\" \"'\n%SW-<jr''ï\n:\nWO~>»y . «.■v.jvMK-yy« ~ y\n'• JS .! _\n«m (m won Jaft m wrtnt\nà&zß&t9 * ■ ■ ;Vv • f •\nTI4I «\n■■■<*•■ '. .\nWttttx itmOtir"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 136, "image_fin": 136, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 136, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.136", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "SOCIETE J.-S. BACH\nPROGRAMME DE LA SAISON 1909-1910\n(SIXIÈME ANNÉE)\nVendredi 26\nL'ORATORIO DE NOËL\n(irt audition à la Société J.-S. BACH)\n*\nVendredi îj Décembre\nMUSIQUE PROFANE :\nCantate du Printemps.\nCantate du Café, etc.\n1 ous les Concerts ont lieu à 9 h., SALLE GAVEAU, 45-47, rue La Boëtie.\nLa veille de chaque concert, à 4 h., répétition publique.\nLa Société J.-S, BACH admet aux titres de Membres donateurs (cotisation annuelle :\n300 francs) et de Membres fondateurs (cotisation annuelle : 100 francs) les personnes désireuses\nde l'aider dans l'accomplissement de son œuvre artistique. Les membres de l'une et l'autre de\nces deux catégories jouissent de prérogatives particulières et ont droit à des places à* leur choix\nd'après le tarif d'abonnement ci-contre, au prorata de leur souscription.\nPour tous renseignements, écrire à M\"\" Daniel-Hermann, 9'\"s rue Méchain\nCONDITIONS D'ABONNEMENT\nM POUR LA SAISON 1909-1910 j&f\nLoges et fauteuils de parterre\nFauteuils de ler1er balcon de face 1 1 rang. .\nFauteuils de ler1er balcon de face 2 et 3 rangs.\nFauteuils de ler1er balcon de coté\nFauteuils de pourtour de 1r balcon\nFauteuils de 2 balcon de face\nFauteuils de 2 balcon de coté\n£ £\nAVANTAGES SPÉCIAUX RÉSERVÉS AUX ABONNES\n1. Exception faite des loges et des fauteuils de 2 balcon de coté, les abonnés peuvent avoir à leur\ngré, soit une place fixe numérotée, soit un carnet de 4 coupons utilisables eu une ou plusieurs fois.\n2. La Société J.-S. BACH met à la disposition de tous ses abonnés sans exception, mais d'eux\nseulement,- des carnets de quatre entrées aux répétitions publiques, au prix de 10 francs. Pour\nprofiter de cette faveur, dont ils pourront user durant tout le cours de la saison et autant de fois\nqu'ils le jugeront à propos, il leur suffira d'écrire à l'Administration, <) bis, rue Méchain.\n1 eudredi 11 Février\nDEUXIEME PARTIE\n(CREDO, SANCTUS et AGNUS)\nDE LA\nMesse en s\n(T\" audition à la Société, J.-S. BACH).\nMercredi -?<> avril\n1. CANTATE \" Mâche dich \" (n. ï 15).\n2. CANTATE \"Gott soll allein\" (n. Kx>) pour alto-solo.\n3. CANTATE \" Komm, du siisse Todesstunde ' (n. 161).\n( 1 auditionsj.\nPrix minimum Par abonnement\npar concert pour les 4 concerts\n10 fi\\ 35 fr.\n10 fr. 35 fr.\n8 fr. 25 fr.\n6 fr. 20 fr.\n5 fr. 15 fr.\n5 fr. 15 fr.\n3 fr. 12 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 137, "image_fin": 137, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.137", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "Le Ve\nde Crém\nEtude historique\npar\nLUCIEN GREILSAMER\nUn Volume fr. 7.50\nchez l'auteur 32, rue D"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 137, "image_fin": 137, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.137", "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "i\nCOURS oe CHŒUR\n11RUEÛEC H ANALE\nDirigé PAR f\\H£ GERMAINE\nCHEVALET AVEC LE C ONCOUFTS\nOE JE.AN VE.RD\nMARCELLE CROUE. =«\nLESAMEOI ot 2- aS -=\nOÉCEKBRE A /AAi ====="}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 138, "image_fin": 138, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 138, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.138", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "K\n111\n¥a\nJL\nQ\nmza\nm\n■à» »\nsa\na. •\n«vi?\n-ê\nm\n■ - '\nm\n\"\"'i\n3:\n■r &.:\nI\nP;\n?\nm:\nHi\nM\n-• • *\ns»;\nW?\n'- ,1\n■\nM\ncr\n■ H\nK ,:JV4\no\n11\n*\n:\n- ' '•• •'• --.y:\n»\n;. I\n*# ;\n,-•>\n. V\n•j>.( .;r.\n<ri\nM\nMA\n:f'ë\nm\n■\n' ' v\n- '• ':\n■S >v.\n3»\n».;5\nH\n«Mè\n******\nP%§§3Ê\n\" v*\n!P>:\nÎÏ*\n«g\nm\n<> ■■\n■*/<i\n*\nr-\n«*\n•**<&\n4-\n*h\n■ Ps*' ■\n■M\n&\nm £ des a! làeUartsl\nLe livret Guide Horaire ELU\n«\nde ces v/*tiarf#«\nM\n•** \"W *»► W w y tç*. v w«yF •\n' ' '\ni ' ?V' * v** -• • - • ?: .-♦•\nWi....-» -< • - ■..■*+. ..... ZZi :... . 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Kretzschmar, professeur d'Université.\nSecrétaire: Dr. M. Friedlander,\nMembres du comité: Dr. M. Seiffert,\nPr. Cari Stumpf,\nChevalier R. de Liliencron, conseiller d'état.\nGroupe de Berlin.\nPrésident: Dr. J. Wolf, professeur de l'Université.\n.Vice-Président: Dr. Cari Stumpf. \"\nSecrétaires: Dr. Hermann Springer, de la Bibl. Royale.\nDr. Frédéric Zelle.\nArchiviste: Max Schneider, de la Bibliothèque Royale.\nSection de l'Allemagne du Sud-Ouest.\nPrésident: Dr. Bauer, à Frankfort.\nPf. Kayser, Conservateur à la Bibl. de la Ville de Cologne.\nDr. Friedrich Ludvvig, Privat-docent à PUniv. de Strasbourg.\nGroupe de Francfort.\nPrésident: Théodore Gérold.\nSecrétaire: Albert Dessof.\nTrésorier: Maurice Sondheim.\nSection de Bade.\nPrésident: Dr. Ph. Wolfrum, prof, à l'Univ. de Heidelberg.\nSection de Bavière.\nPrésident : Dr. Adolphe Sandberger, pr. à l'Univ. de Munich.\nSecrétaire: Professeur, Théodore Krover à Munich.\nJ\nSection de Saxe et Thuringe.\nPrésident: Dr. H. Riemann, prof, à l'Université de Leipzig.\nSecrétaire: Pr. Arthur Prufer\nMembres du comité: Pr. A. R. Buchmayer à Dresde.\nDr. Obrist, conservateur du musée Liszt à Weimar.\nPr. H. Abert à Halle.\nGroupe de Dresde.\nPrésident: Le Conseiller Ermisch; direct, delà Bibliothèque\nRoyale de Saxe.\nSecrétaire: Dr. Rudolf Wustmann.\nTrésorier: Richard Bertling, Editeur.\nMembres du comité: Otto Richter, directeur de la musique\nroyale et maître de chapelle de la Kreutzkirche.\nJ. Kotzschke, maître de chapelle.\nGroupe de Leipzig.\nPrésident: Dr. Arthur Prufer, professeur à l'Université.\nVice-Président: Dr. Arnold Schering.\nSecrétaire: Cari Ettler.\nTrésorier: R. Linnemann, éditeur de musique.\nAMERIQUE.\nPrésident: Pr. A. Stanley à Ann Arbor. (Michigan.)\nVice-Président: Dr. Damrosch à New York.\nTrésorier: Pr. Waldo S. Pratt à Hartford. (Connecticut).\nSecrétaire: Dr. Sonriek à Washington.\nANGLETERRE.\nPrésident : Sir Alexander Mackenzie, directeur de l'Académie\nRoyale de Musique à Londres.\nVice-Président: Dr. W. H. Cummings à Sydcote.\nTrésorier: Breitkopf et Haertel à Londres.\nMembres du comité: Sir Hubert Parry, Sir Fr. Bridge, Sir\nCh. Stanford. MM. Bantock, Dent, Edgar, Hadow,\nMaclean, Maitland, Mrs Naught. MM. Myerscough,\nNiecks, Prout et Barclay Squire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 139, "image_fin": 139, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 139, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.139", "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "Groupe de Dublin.\nPrésident: S. Myerscough.\nSecrétaire: Révérend H. Bewerunge.\nGroupe d'Edinbourg.\nPrésident: Prof. Frédéric Niecks.\nSecrétaire: Mrs. Kennedy Fraser.\nGroupe de Londres.\nPrésident: Dr. W. Fi. Cummings.\nSecrétaire: T. Percy Baker.\nAUTRICHE.\nPrésident: Dr. Guido Adler, prof, à l'Université de Vienne.\nVice-Président: Dr. Erwin Luntz à Vienne.\nSecrétaire: Dr. Robert Haas à Vienne.\nTrésorier: Dr. A. Koczirz à Vienne.\nBELGIQUE.\nPrésident : Edgar Tinel, direct, du conservatoire de Bruxelles.\nVice-Président : L. Béon, directeur de la maison Erard à\nBruxelles.\nSecrétaire: Closson conservateur du Musée du Conservatoire\nde Bruxelles.\nTrésorier: Hans Taubert, éditeur de musique.\nDANEMARK.\nPrésident: Pr. A. Hammerich.\nSecrétaire: Dr. W. Behrend.\nTrésorier: S. Lévysohn.\nESPAGNE.\nDr. Felipe Pedrell, Barcelone.\nFRANCE. Section de Paris.\nPrésident: Ch. Malherbe, Bibliothécaire de l'Opéra.\nVice-Président: |. Ecorcheville, Dr. ès-lettres.\nSecrétaire: |. G. Prod'hmme.\nTrésorier: L. Laloy, Dr. ès-lettres.\nBibliothécaire: L. de La Laurencie.\nMembres du comité: Pierre Aubry.\nA. Boschot.\nINDES.\nDr. A. M. Pathan, Musicien de S. A.le Maharajah de Baroda.\nITALIE.\nLa section italienne est formée par: Y Association dei Masico-\nlogi Italiani.\nPrésident: Prof. Gasperini à Parme.\nPOLOGNE.\nPrésident: Fi. von Opiensky à Varsovie.\nSecrétaire-Trésorier: A. de Guzewsky à Varsovie.\nArchiviste: M. Sursynsky à Varsovie.\nSUEDE.\nPi •ésident: C. Claudius à Malmoe.\nSecrétaire: Tobias Norlind à Tomelilla. '\nTrésorier: Preben Nodermann à Malmoe.\nSUISSE. Section de Baie.\nPrésident: H. Suter, Baie.\nVice-Président: A. Hamm.\nSecrétaire: Cari Nef.\nTrésorier: Max Boller.\nMembres du Comité: Dr. Bernoulli.\nPr. A. Berthollet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 140, "image_fin": 140, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 140, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.140", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 487, "texte": "ANNONCES\nDE\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nUne fois\n55\n55\n55\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nhuitième de page\nun\n60 francs\n35 francs\n20 francs\n1 5 francs\nSix\nmois\n55\n5 5\n55\nUn\nan.\n55\n55\n55\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nun huitième de page\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nun huitième de page\n1 50 francs\n100 francs\n75 francs\n40 francs\n300 francs\n150 francs\n90 francs\n50 francs\nPetites annonces :la ligne de 30 lettres 5 francs\nla ligne de 50 lettres 10 francs"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c106", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 141, "image_fin": 141, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 141, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.141", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "Dépositaires du S. I. M. à Paris\nAFFOLTER, 50, rue de Laborclc.\nARNAUD, 26, Avenue de l'Opéra;\nBADUEL, 52, rue des Ecoles.\nBLANCHARD 4, Boulevard St. André.\nBOULIN IER, 19, Boulevard St. Michel.\nBRIQUET, 34, Boulevard Haussmann.\nBRISSET, 15, Boulevard Malesherbes.\nCOMMAILLO, 1, rue Auber.\nCOUARD, 17, Boulevard delà Madeleine.\nDENOIX, 67, rue Caumartin.\nDEMETS, 2, rue de Louvois.\nDURAND, 4, Place de la Madeleine.\nESCHIG MAX, 13, rue Laftîtte.\nFEUILLATRE, 8, Boulevard de Denain.\nFISCHBACHER, 33, rue de Seine.\nFLAMMARION, Odéon\n14, rue Auber.\n3, Boulevard St. Martin.\n- 10, Boulevard des Italiens.\n3Ôbîs, Avenue de l'Opéra.\nFLOURY, 1, Boulevard des Capucines.\nGAMBIER, 7, rue Danton.\nGATEAU, 8, rue de Castiglione.\nGAVE AU, 45, rue de La Boëtie.\nGRUSS & Cie, 116, Boulevard Haussmann.\nHEYMANN, 1, rue Laffitte.\nHIBRUIT, 135, Boulevard St. Michel.\nLAROUSSE, 58, rue des Ecoles.\nLEMERCIER, 1, Galerie Véro-Dodat\n5, Place Victor Hugo.\nLEMERRE, 23, Passage Choiseul.\nLE SOUDIER, 174, Boulevard St. Germain.\nLIBRAIRIE DES ANNALES, 9, rue Bona-\nparte.\nMARTIN, 3, Faubourg St. Honoré.\nMATHOT A.-Z., 11, rue Bergère.\nMÉA, ibis, rue du Havre.\nMELET, 45, Galerie Vivienne.\nORPHEE A., 114, Boulevard St. Germain,\nPAUL E., 100, Faubourg St. Honoré.\nPERRET, 14, rue Chauveau Lagarde.\nPICARD, 126, rue du Faubourg St. Honoré.\nRP\"Y, 8, Boulevard des Italiens.\nROUDANEZ, 9, rue de Médicis.\nROUART, 18, Boulevard de Strasbourg.\nSAUVAITRE, 72, Boulevard Haussmann.\nSEVIN, 45, rue Boissy d'Anglas.\nSEVIN ET SARRAT, 25, rue de La Boëtie,\nSTOCK, 155, rue St. Honoré.\nTARIDE, 18, Boulevard St. Denis.\nTIMOTEI, 14, rue de Castiglione.\nWEIL, 60, rue Caumartin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1909-12-15-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1909-12-15_01#c107", "volume": "bmtnabh_1909-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 142, "image_fin": 142, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.142", "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "Salle des Agriculteurs de\nFrance, 8, rue d'Athènes\nCONCERTS ITALIEN\npar la LIBERA ESTETICA de Florence\n:tion artistique de son fondateur PAOLO LITT^i\navec le concours de Madame\nTROISIÈME CONCERT\nMardi 14 Décembre, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse CORELLI\nAmarilli CASSINI\nNon posso L. DE LUCCA\nPiangete . . CARISSIMI\nSonate pour violon et basse MASCITI\nChe fiero costume .... LEGRENZI\nLungi, lungi . . . . . . FASOLO\nSonate pour violon et basse TARTINI\nï\nISORI\nCantatrice\nFlorentine\nET DE\nE. WITTWER\nVioloniste\nQUATRIÈME CONCERT\nMardi 21 Décembre, â 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse BARBELLA\nCangia ' . . . FASOLO\nUn certo . .. VIVALDI\nVergin, tutta amor.... DURANTE\nSonate pour violon et basse DELL'ABACO\nSento nell'core . . .. . A. SCARLATTI\nUn notte PICCINNI\nSonate pour violon et basse PORPORA\nNous appelons spécialement l'attention sur la personalitê artistique\nitalienne de cette éminente cantatrice lui a Valu les éloges des\nde MADAME ISORI. La belle mêthodi\npremiers compositeurs de l'époque.\nCINQUIÈME CONCERT\nMardi 1 1 Janvier, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse Mossi\nCaro lascio . GASPARINI\nIl mio bel foco ..... MARCELLO\nCassate. A. SCARLATTI\nSonate pour violon et basse TARTINI\nSe tu SCARLATTI\nSe il ciel . PICCINNI\nSonate pour violon et basse NARDINI\nPIANOS STEINWAY\nles meilleurs du monde.\n> ï 1\ny i\nMOULLE, 1, rue Blanche» PARIS."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.1", "texte": "Ve ANNEE\n■■■■■■■■■■■■■■■■■\nN» 1\nDécembre 1909\n■\n■> : • - .'\"■ '■ .■■ y/ r ' \".-. ' • ...\"• ' ■■■■... .-\n-v\"Vv-'V. '\n■e'T'ï publiée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nIl RÉDACTION :\n*2' UE ST. AUGUSTIN\nPARIS.\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15 s rue Soufflot,\nLe numéro :\nFrance et Belgiq. 1fr.50 Union 2fr.\nUn an 15 fr. —2O fr.\nParaissant le 15 de chaque mois*\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nNotre enquête sur l Enseignement musical: Rapport de\n______\nCH. BORDES par G. Servières. J LETTRES DE BOIELDIEU, par P.L. Robert. LES ORIGINES\nL'ORGUE par Ch. Mutin. 4LES MUSIC-HALLS par Ch. Clarisse. L'ÉDITION VATICANE\npar A. Gastoué. 4* LE MOIS à Paris par Gaston Carraud. Lettres d'Amérique et de Munich.\nLES LIVRES et L'ACTUALITÉ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS \"DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nr\nM. Gabriel F AU RE, Dire\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nl'lnstitut, secrétaire\nperpétuel de ! Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRESIDENTS\nM.LE PRINCE A. D'ARENBERG,<3W'/;M/ZY#/.\nM. Louis BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRETAIRE GÉNÉRAL\nM. j. ECORCHEVILLE, docteur és-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. Louis HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL H ERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. JEAN WEBER, agrégé"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.3", "texte": "COMITÉ CONSULTATIF ARTISTIQUE\nDE LA\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\nMM.\nR. BRUSSEL,\nG. CARRAUD,\nJ. CHANTAVOINE,\nA. DE CHEVIGNÉ,\nA. CoQUARD,\nH. DE CuRZONj\nM. EMMANUEL,\nB. DE FOURCAUD,\nA. JULLIEN,\nL. LALOY,\nH. LICHTENBERGER,\nP. LOCARD,\nCH. MALHERBE,\nJ. MARNOLD,\nG. DE PAULOWSKI,\nG. PLOCH,\nL. SCHNEIDER,\nP. SOUDAY,\nE. STOULLIG,\nJ. TIERSOT,\nyy\nyy\ny y\nyy\nyy\nyy\ny y\nyy\nCritique Musical du Figaro.\nde La\nde la\ndu New-York Herald.\nde FEcho de Paris.\nRédacteur en Chef du\nProcesseur d'histoire de la musique au Conserva\nde Musique.\nCritique Musical du Gaul\ndes Déb\nde la\nde V Op\ndu Petit Journal.\nBibliothécaire de V Opéra.\nCritique Musical du bVLer\nRédacteur en Chef de Comcedia.\n\" \"de IS/Lusica.\nCritique Musical du Gil\nde r Éclair.\ndu bVLonde artist.\nBibliothécaire du Conservatoire de Musique.\nyy\nyy\ny y\ny y\nyy\nYY\nYY\ny y\nYY\nyy\nYY\nyy"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.4", "texte": "RAPPORT DE M. GUY ROPARTZ,\nDIRECTEUR DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE NANCY\nAU\nTROISIÈME CONGRÈS DE L'ART A L'ECOLE.\nLA MUSIQUE A L'ÉCOLE.\n\nVous n êtes pas sans avoir entendu plus d'une fois affirmer en le déplorant peut-\nêtre V infériorité musicale des Français vis-\nBelges. Il ne faudrait pas conclure de là q\nIl me sem effet, impossible de nier V instinct m\nd'un si merveilleux et si riche trésor de chants populaires. Mais il est assez exact de\ndire : il y a moins de Français que d'Allemands, ou que de Belges, h savoir la musique.\nQue faut-il donc faire ? Il faut enseigner la musique aux Français. Il n est pas besoin\nd'insister sur cette nécessité auprès des adhérents /' \" qui\npu lire le beau chapitre que M. Auguste Chapuis a consacré à F Art musical dans la\nbrochure publiée par M. le sénateur Couyba,\nsur ce point : la musique doit être enseignée a l'Ecole où s enseigne toute chose.\nJe sais que la musique fait partie des\naussi que dans la pratique elle occupe une si\nexceptions dues au zèle individuel de tel ou tel maître, son enseignement est h peu près\ninefficace.\nNous verrons tout-a-Vheure, au moment de présenter des vœux, s'il ne serait tas\npossible de remédier à cet état de choses.\nFaut-il enseigner la musique à tous ? Je réponds oui sans hésiter et sans m'arrêter"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.5", "texte": "iv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nà cette objection cent fois formulée : tous n'ont pas cTaptitudes musicales. Il est certain oue\ntous n'y réussiront pas également, il est cert pai\nsur les sols également féconds, il est certain que la moisson sera plus ou moins opulente.\nMais tien va-t-il pas ainsi dans toutes les par\nexemple, est enseigné également a tous, alors que certains n arriveront jamais à résoudre\nle plus simple problème.\nQuelle méthode adopter ? Je ne voudrais pas chagriner les adeptes des méthodes\nchiffrées ou autres ; mais quelles que soient les facilités et les simplifications qu'ils croient\nêtre l'avantage de ces nouvelles méthodes, moi, je pense\nla méthode usuelle est la seule rationnelle parce qu elle est seule représentative du son\nréel. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il soit plus difficile a un enfant d'apprendre a lin\nla musique avec la notation usuelle qu'avec toute autre. Il faut ajouter que la langui\nmusicale ne comportant aucune exception doit être, certainement, la plus simple et k\nplus facile à retenir.\nQui enseignera la musique dans les écoles? Il serait désirable que l'enseignement\nmusical fût confié à des maîtres spéciaux. Niais la réalisation de ce désir est pratiquement\nimpossible, tout au moins dans les écoles rurales. Il faut donc qu'à l'école normale les\ninstituteurs reçoivent une culture musicale absolument sérieuse, qui les mette en mesurt\nd'enseigner a leur tour aux enfants qui leurs\nJe disais à l'instant que l'initiative telles\nécoles réalisé seule, en tout ou en partie, la\ncernant la musique. Il y a lieu de signaler\nmusicale à Paris et les résultats obtenus par son directeur, M. Alfred Boutin, dans l'en-\nseignement collectif du violon. Il faut aussi noter que, dans quelques villes, des confé-\nrences-auditions , de petits concerts ont été organisés pour les enfants des écoles et par eut\nOn ne saurait trop encourager ces tentatives, qu'il serait désirable de voir se généraliser,\nJ'aurais voulu pouvoir vous présenter au\nCongres sur cette attachante question :la Musique à l'Ecole.\nreçues, si peu nombreuses qu elles soient, sont\nM. Tempviré et Mmc Moulinier, de la section d'Angoulême, dans leur communi-\ncation :u De l'Enseignement du chant à l'Ecole primaire\ncommentant parfois de la façon la plus heureuse, le travail de M.. A. Chapuis, auquel\nj'ai déjà fait allusion.\nM. Léon Montfort, inspecteur gouvernemental de la Belgique \"L'Enseigne-\nment de la Musique à l'Ecole \" s'attache particulièrement à la chanson populaire\nqu'il voudrait voir faire le fond du répertoire\nM. D. Régent présente une petite théorie à"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.6", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nDaniel Eyquem. Cette\" nouvelle écriture\" re\nla ronde par une lettre majuscule, supprime la blanche, attribue à la noire lettre\nmajuscule avec queue la moitié de la val\nde troubler les enfants qui ont commencé la musique avec la méthode Eyquem, quand ils\naborderont la notation usuelle), donne hla croche une queue avec un crochet, àla demi-\ncroche (? ) une queue avec deux et\nreprésentant les notes placées sur les touches blanches du clavier, les majuscules italiques\nreprésenteront les notes placées sur les touches \" \", qui\nêtre plus me en plus compl\nM. Munier, directeur d'école primaire, a Saint-Dié, analyse en termes excellents la\neonfèrence de M. Maurice Bouchor :le Chant à l'Ecole, Mmc Vereille,\nsection d'Angoulême, raconte ce qu elle a fait\nélèves le goût de la musique : étude de quelques\nmusicale, soirées de musique, enfin, le samedi, où elle initie son auditoire aux pages les\nplus belles des grands maîtres. Ceci est à retenir et montre ce\"que le zèle individuel peut\nréaliser, même dans un milieu modeste.\nM. Souron, de la section de Nancy, présente un travail fort documentée : l'Ensei-\ngnement des premiers éléments de Solfège à l'Ecole primaire, qui serait à citer en\nentier. M. Souron en effet, une sér\nnotamment Vheureuse application du dessin aux études musicales et formule d'excellents\nconseils que tous les maîtres chargés de renseignement de la musique pourraient suivre\navec fruit.\nM. A. H elle, instituteur a Colombier-les-Vesoul Enseignement pratique du Chant\ndans les Ecoles primaires et formation du g\ncombattant la méthode lui emprunte ce\nposition à V aide des clefs, dans la lecture d\ncomme le précèdent, mériterait mieux\nhonneur à son auteur.\nA ces communications sont joints plusieurs vœux que nous allons résumer ci-après, en\ndemandant au Congrès de s y associer.\nAvec M. Tempviré, Mme Moulinier et M. Montfort nous demandons qu'une\néducation musicale comprenant le solfège\nde la voix, vocalisation, expression\nviolon ) soit donnée aux élèves des Ecoles nor\na l'école; que cette éducation soit sanctionnée\ntroisième année.\nQu'une culture musicale basée"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.7", "texte": "vi\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\ndans toutes les écoles, collèges et lycées, fasse\nsoit sanctionnée aux divers examens, certificats Que,\ndemande de M. Souron, chaque instituteur,\nquant aux détails du programme, en adoptant toutefois la notation usuelle comme étant la\nplus rationnelle. Que Venseignement musical ne prenne pas fin, comme cela est actuel-\nlement, au terme de la classe de septième de\njusqu'à la fin des études et complété par k\nmusique ;\nQue V organisation de conférences, la fon\nde chorales et de symphonies scolaires et post-scolaires soient encouragées de toutes façons, et\npar tous moyens ;\nQue les élèves des écoles prennent part ou comme exécutants, ou comme auditeurs, A\ntoutes les manifestations des Sociétés musicales, Sociétés de concerts, etc. Que les théâtre\nconcerts, expositions, bibliothèques, soient la\nélèves ;\nQue soit adopté, dans chaque province,\nrégion, pour être chantés dans les écoles ;\nQue des inspecteurs spéciaux soient chargés comme cela se fait déjà à Paris\nde surveiller V enseignement musical dans to\nde la valeur artistique des œuvres musicales mises entre les mains des élèves.\nTenter, en résumé, par tous moyens, j\nformeront de bons élèves, et donner a la\nhumaines, la place qu'elle doit occuper, alors que jusqu'ici elle a été seulement considéra\ncomme artd'agrément, tel est le but à poursuivre\n\nGUY ROPARTZ."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.8", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n• m\nVil\n\nAvantages réservés aux membres de la Société Française des\nAmis de la Musique.\nr • MtTPes -permanents que nous avons obtenus présent, et que nous pouvons\n\"porter à la connaissance de tous nos membres,, sont les suivants :\ni0q 1 1VT (Bulletin français\n'' \\lZZTi est envoyée régulièrement à titre gratuit i tous les Auus.\n, Sur la -présentation de leur carte, les Amis bénéficieront des réductions suivantes :\nChez M. Max Eschig, 3, rue Laffite ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\nChez MM. Rouan, Lerolle et C'% 18, boulevard de Strasbourg;\nCha M. Demets, 2, rue de Louvois ;\nChez MM. Bouvens van der Boyen et C\", 6, Square e p , »\nwp, absolument nets. &\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, /0\ndes Maîtres de la Musique.\n, t Tnurnnn 10 °l sur les volumes de la collection des\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 /0\nCfcz M.SZhbCachebreet C\", .33, rue de Seine, ,o •/, «r les ouvrages de leur librairie.\nleur envoyer dès maintenant le Catalogue d'ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 5 /0\ndroits d'inscription a toutes les sections.\n• j v> rie pt de -province\n;-è,î tzsJxs'-A- - -/«■•\nun plaisir de leur communiquer gratuitement.\n\nN B - Les adhésions qui nous . Recevront immé=\nsssrzsJZZ u&Esr .SOT——- - -\nles avantages réservés à nos membres."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.9", "texte": "• • #\nvin\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nEXTRAIT DES STATUTS\nJrt. 3. La Société se compose de membres créateurs, de membres fondateurs, de membre\ndonateurs et de membres actifs.\nLes membres créateurs sont les personnes sous\nPour être membre fondateur, il faut avoir versé au moins une fois une cotisation minimum\nde 1.000 francs.\nPour être membre donateur, il faut verser une cotisation annuelle d'au moins 100 francs.\nPour être membre actif il faut verser une cotisation annuelle de 10 francs, rachetable par\nun versement unique desoo francs.\nLa cotisation annuelle de 20 francs est réduite de moitié pour les professionnels.\nLe titre de membre d'honneur pourra être accordé par le Conseil dladministration aux\npersonnes qui rendront ou auront rendu\nau elles soient tenues de payer une cotisation annuelle.\nLes dames peuvent faire partie de la Société : elles sont éligibles à toutes les fonctions.\nLa liste et les statuts sont envoyés gratuitement a tous ceux qui en font la demande.\nLes adhésions et communications doivent être adressées à M. ECORCHEVILLE\nsecrétaire général, 22, rue Saint Augustin, Paris.\n\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n22, RUE SAINT AUGUSTIN, 22, PARIS\nJ'adhère à la Société Française des Amis de la Musique comme membre (1)\net m engage a verser\ntous les ans la somme de francs\nla somme de francs,\nque je prie M. LÉO SACHS, trésorier, de vouloir bien percevoir a Vadresse suivante :\nou (2)\nA , le ig\nSIGNATURE :\n{Fondateur : Versement unique d'une cotisation minimum de 1.000 francs.\nDonateur : Versement d'une cotisation annuelle de 100 francs.\nActif : Versement d'une cotisation annuelle de 20 francs rachetable par\nun versement unique de 500 Jrancs.\n(2) Effacer Vune ou lyautre formule."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.10", "texte": "LES FONDATEURS DE LA SCHOLA\n\nM. Guilmant.\nM. V. d'Indy.\nM. Ch. Bordes."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.11", "texte": "CHARLES BORDES\nC'est avec une sorte de stupeur que, par des télégrammes de journaux,\nnous avons appris la mort subite de Charles Bordes. Le 8 Novembre, à\nToulon, il s'était arrêté chez des amis ; il revenait de Nice et rentrait à\nMontpellier où, depuis 1903, il avait dû se fixer pour soigner sa santé\ngravement compromise. A la réflexion, cependant, cette mort soudaine\nn'était que trop explicable par son état morbide (depuis longtemps il\nsouffrait de troubles de circulation et une attaque de paralysie l'avait privé\nde l'usage d'un bras) et par le surmenage physique et intellectuel auquel\nBordes, par insouciance de son repos, de son bien-être, de sa vie même,\ns'était astreint pendant des années. Toutefois malgré ses quarante-six ans\nrévolus et les transformations physiques dues à l'âge, il était, aux yeux de\ntous ceux qui l'avaient connu, resté si jeune d'aspect, de caractère, de\nparole, qu'ils ne pouvaient admettre l'anéantissement brutal de tant de\nfacultés précieuses et admirées.\nA cet artiste délicat, à cet être d'élite, je ne voudrais pas décerner\nle banal qualificatif sympathique, si mal à propos employé d'habitude\ndans les relations courantes. De certaines natures se dégage une sorte\nd'effluve attirant et captivant auquel on ne résiste pas. Ce don inné,\nBordes le devait à son physique d'abord. Parmi les élèves de César Franck,\nil n'était par seulement l'un des plus jeunes, mais celui dont l'aspect était\nle plus juvénile. Sa figure ronde, ses yeux vifs, sa lèvre presque imberbe,\nl'avaient fait surnommer \" l'enfant de chœur \". Et il avait bien l'air d'un\nadolescent grandi dans les sanctuaires, au regard candide, au doux sourire,\nau ton calme et discret. Il le devait aussi à cette modestie naturelle et\nnullement affectée, qui le faisait s'oublier avec une sereine abnégation, par"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.12", "texte": "988\nS. I. M\n\namour pour tout ce qui lui paraissait digne d'admiration dans l'art, qu'il\ns'agît du présent ou du passé. Il le devait enfin à sa douceur, à son égalité\nd'âme, à une sorte de pouvoir de persuasion enveloppant d'une grâce\nexterne une ténacité vraiment extraordinaire dans l'accomplissement des\ntâches ardues auxquelles il s'était voué. Sans être doué d'une éloquence\nparticulière, sans recourir à des roueries diplomatiques, Bordes avait la\nfaculté de convaincre et d'entraîner par la seule force de son admiration,\nde sa spontanéité native, de son désintéressement absolu, hommes et fem-\nmes, prêtres et laïcs, savants et ignorants. Il parlait très peu et avec une\nabsolue simplicité, mais sa parole témoignait d'une foi sincère qui préve-\nnait en sa faveur, et le magnétisme de son regard faisait le reste. Il lui\nsuffisait de demander pour obtenir: les professionnels donnaient leur temps,\nleur savoir, leur talent; les gens du monde leur argent; la presse sa publi-\ncité. Personne ne lui marchandait son concours, parce qu'on savait, on\ndevinait qu'il se donnait lui, tout entier. Ceux-mêmes qui discernaient\nl'illusion où s'égarait la candeur de cet enthousiasme aux objets toujours\nrenouvelés, répugnaient à briser son rêve par un avertissement que les\nréalités de la vie ne manqueraient pas de lui donner. Et comme le plus\nsouvent, c'est au rêveur, assumant la partie avec une confiance de joueur\nheureux, que l'expérience avait donné raison, les tempéraments froids, les\nesprits raisonnables, positifs ou sceptiques, n'osaient plus le mettre en\ngarde contre ses témérités. Ils l'avaient vu faire des miracles ; ils en\narrivaient à croire au miracle.\nEt n'est-ce pas un prodige, en effet, que l'aventure de ce petit maître\nde chapelle inconnu de Nogent-sur-Marne, qui, appelé très jeune,1 et en\nremplacement d'un artiste réputé, à la paroisse de Saint-Gervais,\nentreprend, au seul vu des dispositions architecturales de l'église, d'y\nintroduire les chants sacrés les plus dignes du saint-lieu ; qui rompt avec\nle banal répertoire des maîtrises, le remplace par des œuvres de composi-\nteurs illustres : Weber, Schubert, Schumann, César Franck, et lorsqu'il\na éprouvé les qualités d'acoustique du vaisseau, ose s'attaquer aux maîtres\nde la polyphonie vocale : Allegri, Palestrina, puis, encouragé par le succès\nde sa première tentative en 1891, constitue les chanteurs de Saint-Gervais\net révèle coup sur coup, l'espagnol Vittoria, les italiens Anerio, Nanini,\n\n1 Ch. Bordes, qui, à ce moment, était attaché à la Caisse des Dépôts et se morfondait en des travaux de\nchiffres, obtint en 1887, la place de maître de chapelle à Nogent. En 1890, il fut appelé en cette même qualité,\nà St-Gervais. Le curé de Bussy eut confiance en lui et le laissa libre d'organiser les auditions des chanteurs dits\nde St-Gervais. La première semaine sainte en musique fut celle de 1892."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.13", "texte": "CHARLES BORDES\n989\n\nCorsi, Lotti, les franco-belges Josquin de Près et Roland de Lassus ?\nBordes prouve ainsi que ces partitions anciennes, connues seulement de\nquelques érudits, mais délaissées par ceux qui auraient le devoir d'en con-\nserver la tradition, sont, même pour nos oreilles blasées par tant de\ncombinaisons harmoniques modernes, des merveilles musicales et que des\nenchevêtrements du contrepoint vocal, il suffit de dégager le melos, 1 ex-\npression, pour ravir les auditeurs. Aucun des habitués de St-Gervais\nn'oubliera jamais l'intensité d'expression des nocturnes pour le Vendredi-\nSaint de Vittoria ni la sérénité des messes de Palestrina.\nMais si cette résurrection du répertoire de la Chapelle Sixtine, attire\ndans la vieille église mélomanes et mondains, au grand avantage de la\nfabrique, qui percevait un tant pour cent sur la recette, si la compagnie\ndes chanteurs acquiert par la pratique des œuvres polyphoniques une telle\nréputation qu'on voulut l'entendre ailleurs qu'à Saint-Gervais (en plusieurs\nannées de pérégrinations en France et à l'étranger, elle porta dans une\ncentaine de villes la révélation des œuvres qu'elle interprétait) 1 le succès\nmême ne manqua pas de soulever contre ce mouvement artistique le\nmécontentement des amateurs de musique profane et la jalousie des com-\npositeurs qui en fournissent les maîtrises.2\nEn effet, Bordes ne se contenta pas de proscrire de Saint-Gervais les\nproductions d'un caractère insuffisamment religieux, il voulut faire pénétrer\nses vues réformatrices dans les autres sanctuaires et c'est dans ce but qu il\nfonda en 1894, avec le concours dévoué de MM. Ad. Guilmant et d'lndy,\nla Scho/a cantorum. Cette institution avait pour objet d'encourager \" l'exe-\ncution du plain-chant selon la tradition grégorienne, ou, pour etre\nplus exact, selon l'interprétation des anciens manuscrits par les bénédictins\nde Solesmes, la remise en honneur de la musique palestrinienne, la\ncréation d'une musique religieuse moderne et l'amélioration du repertoire\ndes organistes \". Je ne rappellerai pas ici toutes les controverses passion-\nnées et les chicanes auxquelles ce vaste programme donna naissance. La\nTribune de Saint-Gervais, journal mensuel de propagande créé en 1896,\nservait en effet de tribune aux défenseurs de ces idées auxquelles plusieurs\n\n1 Sur cet apostolat de Bordes, on peut lire avec intérêt, l'étude si documentée de M. René de Castéra :\nDix ans d'action musicale, extrait de la Tribune de Saint-Gervais, en vente au bureau d édition de la Schola.\n2 Cette opposition fut victorieuse, lorsque, en 1902, par suite de la démission de 1 abbé de Bussy, nommé\nchanoine à Notre-Dame, l'abbé Mailles, fut appelé à la cure de St-Gervais. Son soin fut de réduire le\ntraitement du Maître de Chapelle et de supprimer les Chanteurs. Ceux-ci furent réadmis il y a un an, par le\ncuré actuel, l'abbé Gautier, qui a prononcé l'éloge funèbre de Bordes àla cérémonie du 18 Novembre."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.14", "texte": "99°\nS. I. M\n\napprobations pontificales et le motu pde Pie X vinrent donner une\nconsécration souveraine.\nL'un des moyens de répandre le goût de la musique palestinienne,\nconsista à faire graver dans les ateliers annexés à la Schola, une Anthologie\ndes maîtres religieux. La maison d'édition fut, en septembre 1900, trans-\nportée, comme l'école de musique elle-même, dans l'ancien couvent des\nBénédictins anglais, 269, rue Saint-Jacques. Bordes travailla aussi à\nsusciter une rénovation du motet, en le soumettant à l'observation de\ncertains principes déduits des récents décrets pontificaux sur la musique à\nl'église, et la composition de cantiques populaires en langue vulgaire. Il\ndonna lui-même l'exemple et ses motets en contrepoint vocal 1 prouvent\nque, sans préoccupation de pastiche, on peut écrire pour l'église des chants\nd'un caractère artistique et respectueux des convenances sacrées.\nLa direction d'une maison d'instruction, de deux publications, les\ntravaux de maître de chapelle, les voyages de propagande avec les chanteurs\nde St-Gervais dont la réputation devint mondiale, par suite de leur\nadmission à l'Exposition universelle de 1900, auraient suffi à l'activité\nd'un autre musicien. Bordes, peu à peu, étendit ses investigations artistiques,\nau bénéfice des dilettantes. En 1894-1895, il avait fait chanter à la salle\nd'Harcourt, des cantates d'église de J.-S. Bach ; il poussa ses recherches\njusqu'à Schiitz, Carissimi, M. A. Charpentier et fit résonner sous les\nvoûtes de la Schola leurs cantiques spirituels. Il ne dédaigna pas non plus\nl'art profane des mêmes époques et révéla les madrigaux, chansons en\nparties, de Goudimel, Jannequin, Costeley, Roland de Lassus, les chœurs\nde Moreau pour Esther et Athalie, les cantates de Lalande, Clérambault,\nRameau, etc. 2\nL'exécution de la Guirlande de ce maître, par des chanteurs en\ncostumes, sur un théâtre de verdure érigé dans le jardin de la Schola\n(22 juin 1903), fraya la voie aux représentations des opéras de Rameau\nsur diverses scènes et à celle que Bordes dirigea lui-même, de Castor et\nPollux, à Montpellier.\nPar cette activité passionnée, et sagace, par ses dons de persuasion,\npar son talent d'intéresser à sa cause écrivains et artistes, ce semeur d'idées\n\nA<ve Maria, Ave Regina, Salve Regina etc., publiés par la Schola cantorum dans son Répertoire moderne\nde musique vocale et d'orgue.\n2 UAnthologie des maîtres religieux, les chœurs cTEsther et dyAthalie, le Chansonnier du XHe siècle, ont été\nédités par la Schola. Chez Rouart-Lerolle, Bordes a publié les Histoires sacrées de Charpentier, 3 volumes de\nMeslanges des maîtres italiens, des extraits des cantates de Bach, des cantates de Clérambault, les Airs de Bousset."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.15", "texte": "CHARLES BORDES\n991\n\nmontra ce que l'on pourrait faire, grâce à l'initiative personnelle et\ncollective, dans ce plaisant pays de France où l'on attend tout de l'Etat.\nObligé depuis quelques années, pour sa santé, de vivre à Mont-\npellier, 1 Bordes y fonde une succursale de la Schola, il y rêve une\ndécentralisation artistique qui ferait pénétrer dans les théâtres de province\ndes œuvres d'une valeur musicale reconnue, classiques, romantiques ou\nmême contemporaines. Quand il est mort, il collationnait les textes d'un\nintermède de Rameau: Acanthe et Céphy; il projetait la fondation d'une\nécole de chant à Cannes, la création d'un Conservatoire de danse au pays\nbasque. Il a raconté dans Musicaune tentative récente, consistant à faire\ndanser les ballets de Gluck par des danseurs basques.\nEDOUARD PERRIN.\n\n1 CHARLES BORDES A MONTPELLIER. C'est dans le but d'améliorer sa santé sous un climat doux qu'en\n1905 Charles Bordes était venu habiter Montpellier. Mais son inlassable activité lui fit aussitôt fonder une\nsection de la Schola, qui devint prospère dès les premiers jours. Sa simplicité, sa bonté autant que sa grande\nautorité musicale groupèrent autour de lui une foule d'excellents musiciens et d'amateurs distingués. Immé-\ndiatement il put compter sur le concours dévoué utile et désintéressé d'amis tels que son secrétaire, P. Coulet,\nartiste enthousiaste, M. Et. Gervais, musicien averti, collaborateur affectueux ; Raoul Davray, critique d'art au\ngoût sûr ; H. Rohart, son disciple ; S. B. Sieffert (Cap. Bost), l'auteur des belles sonates pour piano et flûte et\npour piano seul, éditées par le bureau d'éditions de la Schola, et dont nous souhaitons d'entendre bientôt la\nmagistrale symphonie qu'il vient de terminer ; Louis Combes, professeur au Conservatoire, musicien exquis ;\nMM. Dérard, Borne, Hullot, Mlle J. Nougaret ; le quatuor de Montpellier : MM. Cariés, Bouillon, Ballé et\nFlouch, etc. C'est avec de semblables éléments qu'il avait composé des chœurs d'une justesse, d'une pureté rare,\net d'une instruction achevée.\nNous eûmes ainsi, soit à l'église, soit au concert, des auditions des Maîtres anciens et modernes 5 des\nmotets de Josquin des Près, Vittoria, H. Schutz, Aichinger, Nanini, Palestrina, H. Dumont ; des chansons ou\nmadrigaux de Jannequin, Costeley, etc.\nNon seulement ces œuvres étaient exécutées à Montpellier, mais encore dans les environs, de Nimes à\nToulouse. Entre deux concerts, Bordes se rendait à tous les coins de la France, préparant et dirigeant des\nauditions, s'oubliant trop lui-même, et ménageant trop peu sa santé. C'est ainsi que le 5 novembre il conduisait\nà Montpellier les répétitions de la messe \" Douce Mémoire \" de Rolland de Lassus ; il partait immédiatement\npour Nice préparer un concert. Lundi il revenait à Montpellier pour faire le lendemain une nouvelle répétition.\nIl s'arrêtait à Toulon chez la comtesse de Bagnières. Se sentant fatigué, il déjeuna seulement d'un œuf et\ndemanda à se reposer. Pendant qu'on lui préparait une chambre, une attaque subite l'avait emporté. Le docteur\nque l'on avait appelé en toute hâte ne put que constater le décès. Des obsèques grandioses lui furent faites à\nl'église St-Pierre de Toulon. Le corps fut ensuite transporté à Montpellier où une nouvelle cérémonie eut lieu\nà l'église St-François, le vendredi 12 novembre. Des discours émus furent prononcés sur sa tombe par MM.\nEt. Gervais, Raoul Davray et Guibal devant une assistance des plus considérables et des plus recueillies. Son\ncorps sera de nouveau transporté à Vouvray, son pays natal.\nA Montpellier, Bordes a réussi à modifier complètement les goûts non seulement des citadins mais\naussi des villageois. L'accueil chaleureux fait à la Schola à Pézenas, Mèze et autres gros villages de la région\nest une chose à noter comme un heureux symptôme. On pourrait citer par contraste, telle grande ville\nluxueuse et élégante où l'on s'écrase à rusticana et où une cantate de Bach est chantée devant des\nbanquettes.\nEn poursuivant ainsi un véritable apostolat, Bordes a oublié de se faire valoir lui-même. Il ne dédaignait\ncependant pas ses compositions, je puis l'affirmer. En veut-on une preuve ? Lorsqu'il s'absentait pour un\ntemps assez long, il déposait le manuscrit des Trois Vagues dans le coffre-fort d'une banque, à l'abri d'un\nincendie possible. C'est donc qu'il tenait beaucoup à cet ouvrage ; qu'il était satisfait de sa musique. Cela nous\nfera regretter d'autant plus que le Destin inexorable ne lui ait pas permis de l'achever."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.16", "texte": "992\nS. I. M\n\nDès que Bordes avait une période de liberté, quelques semaines de\nvacances, il se réfugiait dans les environs de Saint-Jean-de-Luz. Il y\nretournait si fréquemment que beaucoup de personnes le croyaient\noriginaire de cette région. En réalité, il était ne a Vouvray, près\nTours.1\nCe qui l'attira vers le pays basque, c'est l'étude qu'il avait faite dans\nsa jeunesse du chant populaire et le caractère si marqué basque,\nPour le mieux approfondir, il se fit donner en 1889, une mission\nmusicale par le Ministère de l'lnstruction publique et, deux années de\nsuite, porta ses investigations dans les villages de cette contrée qu'il\nexplorait à pied. A la parcourir de la sorte, il s'éprit du ciel de la Biscaye,\nde la lumière méridionale, des mœurs et des costumes, des chants et des\ndanses locales. Il consigna dans plusieurs travaux2 les résultats de sa\nmission et par la suite, se plut à reconstituer dans le pays même, avec,\ndes acteurs basques, les pastorales traditionnelles.\nBordes était si épris de la mélodie populaire que, même avant\nd'avoir vu les Pyrénées, il avait composé sur des thèmes trouvés dans\nun recueil, sa Suite basque pour tlûte et instruments à cordes, qui fut\nexécutée à la Société Nationale, le 21 janvier 1888. Il voyait dans letudtj\nles modes d'où ces chants sont issus, de leurs rythmes libres, le salut de li\nmusique, épuisée dans ses sources par les formes savantes et complexes\nde l'art moderne et, toute sa vie, il chercha à entraîner celle-ci vers\nrenouveau de fraîcheur salubre et de spontanéité. Sa campagne en faveur\ndu chant grégorien à l'église et de la méthode des bénédictins de Solesme\nne procède pas d'une autre cause. Il était tellement imprégné de I\nmélodie populaire que presque tous ses essais de musique instrumental\ns'inspirent des modes et des rythmes de ces chants anonymes.3 II e\ngoûtait particulièrement la liberté de la coupe.\nCompositeur, Bordes s'astreint malaisément à une constructioi\n\n1 Le 12 mai 1863, d'un père languedocien et d'une mère ardennaise. Sous le nom de Marie de Vouvn;\ncelle-ci avait publié chez Cortereau et chez Flaxland une douzaine de mélodies et chansonnettes.\n2 II consigna les résultats de sa mission dans plusieurs travaux : article sur la musique basque dans\nTradition au pays basque, 1 vol. in-B°, Paris 1899, puis dans des plaquettes éditées chez Rouart : Dix dansa\nmarches, 12 Noëls populaires, Kantika expiritualak.\n3 3 Danses béarnaises (1888), chez Lissarague ; Rapsodie basque (1890) pour orchestre et piano ; Ed\nHerzia, musique de fête basque pour divers instrument» (1892), à la Schola."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.17", "texte": "CHARLES BORDES\n993\n\nrigoureuse ;1 il écrit moins pour réaliser des combinaisons sonores que\npour exprimer un sentiment intime. N'eût-il pas été absorbé par toutes\nles tâches auxquelles il donna sa vie, il ne serait jamais devenu un\n\" fabricant \" de musique et cependant, la fraîcheur et les qualités\nmélodiques de son inspiration auraient pu faire de lui un précieux\nfournisseur pour les éditeurs.\nTout à fait indépendant de caractère, il allait vers la forme d'art\nqui l'intéressait sur le moment ; prêchant la création d'une musique\nreligieuse moderne, il compose des motets à plusieurs voix, empreints\nde suavité ; ressuscitant les polyphonies profanes du XVIe siècle, il se\nplait à agancer un Madrigal à la musique2 sur des vers de Shakespeare,\ntraduits par M. Bouchor, qui n'est d'ailleurs nullement un pastiche, car\nl'harmonie en est essentiellement moderne et pénétrante ; après avoir\nexhumé des bibliothèques et fait exécuter à la les Concerts\nspirituels de Schiitz, les Histoires sacrées de Carissimi et de Charpentier,\nil écrit son Dialogue spirituel à 3, 4, 5, 6 et 7 voix : Domine, puer meus\njacet.\nBordes est tout à ce qui attire présentement sa curiosité ou son\nactivité ; l'œuvre achevée, le résultat artistique obtenu, il se tourne vers\nautre chose. Lorsqu'il prend la plume pour écrire un lied, c'est qu'il\na trouvé un texte correspondant à un état d'âme par lequel il a\npassé. De même que son tempérament était optimiste, sa musique\nexprime une gaieté saine, une tendresse chaste. Dans un temps où la\ncomplexité harmonique et l'indépendance de l'accompagnement furent\npoussées très loin, il donna toujours la prééminence à cantilène vocale.\nSeulement la sienne évite la formule à la mode, ne se pare pas d'une\nélégance affectée ; elle vaut surtout par l'accent et la saveur agreste.\nCette sincérité fait le mérite de ses lieder, dans la sérénité comme dans\nl'expression douloureuse où il a eu peu de rivaux.\nDans cet article d'ensemble je n'examinerai pas en détail ses\nla meilleure part de son œuvre, à mon avis ; je me borne à renvoyer les\nlecteurs à l'étude que j'en ai faite, il y a six ans, dans une autre revue.3\nJe me bornerai à signaler que l'un d'eux, alors inédit :\n\n1 La Rapsodie basque pour piano et orchestre est son œuvre la plus remarquable sous le rapport de la\ndéduction thématique et de la variété des rythmes. Dans ses pièces de piano : Caprice à cinq temps et 4 Fantaisies\nrythmiques, il a eu d'heureuses trouvailles de rythme, qui n'altèrent pas le naturel des idées.\n2 De 1895, publié chez Baudoux 5 actuellement chez Rouart-Leroile.\nLieder français : Charles Bordes ; Guide Musical des 26 avril et 3 mai 1903."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.18", "texte": "994\nS. I. M\n\ndorment sur mon front (poésie de C. Mauclair), pièce d'un sentiment popu-\nlaire assez analogue à la Chanson perpétuelle, de Chausson, mais supérieure,\nselon moi, a paru depuis, et à rappeler les titres des plus remarquables de\nces mélodies : la première série sur des poésies de Verlaine :\ntristes (1886) et surtout la pièce :\n(1888); parmi les mélodies sur des vers d'Henri Cazalis (1889), la\ndélicieuse Sérénade mélancolique ; 1 dans le genre contemplatif où Bordes a\nexcellé grâce à son amour de la nature, Paysage vert (1893), Promenait\nmatinale (1897). Je citerai, pour leur originalité rythmique : Petites //a,\nhonnêtes gnomes,sur des vers de Moréas (1901), deux des\nFrancis gammes (1901) : la Poussière des tamis et Oh ! ce parfum d'enfance\ndans la prairie^et, pour leur expression, les deux autres :\nle bois silencieux (pour mezzo soprano), et Du Courage ? Mon âme éclate de\ndouleur (pour basse). Avec l'admirable pièce sur des vers de Verlaine:\n0 mes morts tristement nombreux ! (1903), la Ponde des prisonniers (1900)\net Dansons la Gigue !(1890), ce sont les œuvres où se révèle avec le plus\nd'intensité, les dons de pathétique du compositeur ; elles font regretter\nqu'ils n'aient pas été employés sous la forme dramatique.\nJe ne connais pas son unique ouvrage destiné au théâtre :\nvagues, entrepris en 1891, laissé inachevé et inédit; je sais seulement\nqu'il met en scène des personnages basques et traite une légende basque.\nTous ceux qui l'ont entendu au piano sont d'accord à proclamer qu'il\natteste le tempérament dramatique de son auteur. Il est à souhaiter\nqu'une main pieuse et discrète achève le travail de mise au point et\nd'instrumentation, afin que la partition puisse être enfin exécutée et\npubliée et qu'elle révèle à tous ce que l'art musical français a perdu par\nsuite de la maladie et de la fin prématurée de Bordes.\nOn prête à Berlioz mourant cette parole: \" Enfin on va donc jouer\nma musique ! \" Du vivant de Bordes, si insouciant de sa renommée de\ncompositeur, ses œuvres ne sont jamais sorties d'un cercle restreint:\nSociété Nationale, séances de la Schola. Sa mort, causée par l'excès d'une\nactivité consacrée au service de l'art musical ancien et moderne et\npurement désintéressée, car, né d'une famille riche, Bordes perdit sa\nfortune avant l'âge d'homme, vécut et mourut pauvre ! nous dicte\nnotre devoir de gratitude, celui d'honorer sa mémoire par la diffusion et\n\n1 Cette série a été éditée chez Bruneau père (actuellement Bornemann) ; ainsi que la Suite basque. Toutes\nles autres œuvres vocales de Bordes citées plus haut, sauf Dansons la Gigue ! (Hamelle), sont éditées à la Schola."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.19", "texte": "CHARLES BORDES\n995\n\nl'exécution de ses œuvres personnelles, trop négligées par lui. Sociétés\nde concerts, artistes et amateurs, ne manqueront pas espérons-le ! à\ncette obligation de conscience.\nGEORGES SERVIÈRES.\nP. S. J'apprends de bonne source que M. Ed. Colonne se propose de faire exécuter\nprochainement la Rapsodie basque ou Divertissement pour trompette et orchestre ; peut-être même\nl'une et l'autre.\nG. S."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.20", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n1830-1834\n( suite)\nA Fournier. 1 \" jarcy, ce 24 juin 1833.\n\" CHER BON AMI,\n\" C'est en route que j'ai appris la maladie de ma pauvre mere, 2 puis,\nquelques jours après, le triste événement auquel je m'attendais vu son âge avancé\n\n1 Cote 286, pièce 66 (11 au crayon).\nAnne Marguerite Dumouchel est décédée à Rouen, rue Grand Pont, 19, le 8 juin 1833. Fournierest\nun des témoins au décès.\nJacques François Adrien Boyeldieu, né à Rouen, paroisse S4 Nicolas, le 18 9bre 1746, fils de Adrien\nBoyeldieu et de Barbe Rose Manoury, l'avait épousée le 10 mars 1772, paroisse Notre-Dame de la Ronde.\nElle était fille de Louis Paul Dumonchel et de Marie Anne Lemétayer (la date et le lieu de sa naissant\nne sont pas indiqués).\nDe ce mariage étaient nés le compositeur : François Adrien Boyeldieu — et un second fils : Louis Arman\nDuplessis en 1777\nEntre Jacques François Adrien Boyeldieu et Anne Marguerite Dumonchel le divorce avait été pronofit\nle 3 geiminai an II (23 mars 1794). (Témoins : deux frères de la divorcée.)\nJaC(lues ranÇ°*s Adrien Boyeldieu épouse en 2es noces à Rouen, le 15 avril 1795 Hortense Chanu\nMollien, née à Rouen, paroisse Sfc Maclou, le 28 août 1768 de Jacques Robert Mollien et de Madeleine Ro«\nCatei. (Témoin ; Charles Boyeldieu.)\nLe 13 pluviôse (2 février 1796) naissait de ce mariage une fille, Hortense."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.21", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n997\n\nmais on a beau se raisonner, ce sont de ces événements qui font toujours bien du\nmal... ce qui ajoute a mes regrets c'est de n'avoir pas été là pour fermer les yeux\na cette pauvre femme qui, d'après ce que vous dites dans votre lettre à Bertin, me\ndemandait près d'elle, quelqu'eut été mon empressement je n'aurais pu arriver â\ntemps mais je suis bien étonné, pour ne pas dire plus, que mon frere n'ait pas été\nà Rouen remplir en mon nom et au sien un devoir sacré... c'est un drôle d'être\nque mon frere ! enfin la pauvre femme a été bien soignée, j'en suis bien sur, et\ndès que jai appris sa maladie je m'en suis bien reposé sur vous et sur la bonne\namie, que de remercimens je vous dois ! que de reconnaissance ! soyez sur du\ndésir que jai de vous aller embrasser et remercier de tout ce que vous avez fait et\nfaites encore pour moi, car il paraît que vous avez encore des ennuis à supporter\npour tout terminer votre lettre ne dit pas au juste ce que vous auriez besoin\npour cela, avez vous besoin d'une procuration ? bien certainement il faut tâcher\nd'éviter de recommencer un terme et je vous autorise au nom de mon frere et du\nmien a faire tout ce que vous jugerez à propos de faire, dites moi courrier par\ncourrier si vous avez besoin de quelques papiers, je me suis arrêté à jarcy, étant\nvenu par Brie Comte Robert, pour me reposer un peu d'un voyage fatiguant tout\nbeau et tout intéressant qu'il a été, je vous en parlerai plus tard, mais je vais aller\ndans trois jours à Paris, j'y passerai une quinzaine de jours pour reprendre un\npeu connaissance de mes affaires qui ne sont pas brillantes, il s'en faut, mais ce\nvoyage si coûteux a beaucoup amélioré ma santé et surtout mon estomac dont je\nne souffre plus du tout, mais mon Larynx est toujours muet et jen prends mon\nparti, je ne puis plus travailler, puisque je ne puis composer sans chanter, voilà le\npis de tout, mais je vais faire des démarches pour avoir une place, à mon âge il\nest dur de penser a s'enchaîner, mais il le faut pour Adrien que sans cela je\nlaisserais sans un sou si je venais a mourir, je n'ai plus que la propriété de jarcy\nsur laquelle il est du 15000 fr. Adrien n'aura pas autre chose, tâchons de le lui\nconserver, et pour cela le theatre n'allant plus, les pensions n'étant plus payées, il\nfaut tâcher d'avoir une place, je vais y penser serieusement. \"\nB. parle à F. de leurs santés il réclame les robes de chambre russes... Il\nremercie F. d'avoir acheté un terrain pour sa mère.\nI. a. s. 1 p.in-4 (Charavay). 3 juillet 1833.\nIl demande à être reçu par M. Thiers, alors ministre du commerce.\nAu Ministre. 18 33 •\nMONSIEUR LE MINISTRE, 1\nIl se voit obligé de recourir à la bienveillance du gouvernement... mais il\nrépugnerait à son caractère de recevoir à titre de générosité des bienfaits de l'Etat\n\nPougin (p. 302).\nSur les pensions ou traitements que Boieldieu réussit à obtenir voici les pièces officielles :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.22", "texte": "998\nS. I. M\n\nqui ne l'obligeraient qu'à de la reconnaissance... Il veut être utile... il demande à\nêtre attaché en qualité de conservateur au dépôt de musique de la Bibliothèque\ndu Roi.\nL. a. s. Boieldieu toujours muet et jorcé de renoncer pour 14 juillet 1833.\nJamais à la à M. Naudet,\nIî• Kr' in~4* Belle pièce.\nSur l'insuccès de son protégé.\nA Charles Maurice. 1 3 a°ût.\nActuellement il est absorbé par le triste métier de solliciteur... Il ira lui dire\nce qu'il aura obtenu... \"j'ai fait le tour de l'ltalie tout en cherchant ma voix et\nmême en y cherchant celle des chanteurs actuels ; tout cela n'a réussi qu'à\ncompléter ma ruine...\n\" Musique à part, car il n'y a plus rien, qu'elle est belle, cette Italie !..\"\nà Four nier.2 Paris, ce 31 août 1833.\nCHER BON AMI,\nj'esperais toujours pouvoir aller voir ce cher Ernest avec Adrien qui s'en\nserait fait une fête, mais mon metier de solliciteur, mes courses de jarcy a paris et\nde Paris a jarcy, et mon institut où notre section a eu beaucoup de choses a faire,\ntout cela m'en empêche... qu'Ernest vienne passer 15 jours avec eux à Jarcy.\n\"la vie que nous menons a jarcy n'est pas bien bruyante ni bien variée, mais\nnous avons le piano, la peinture, le billard chez notre voisine, un peu de chasse\navec cela Sous le rapport musical Ernest pourrait s'en bien trouver, je verrais\nce qu'il a composé, je le lui corrigerais s'il y a lieu \"\nRien de nouveau à vous dire pour mes affaires, j'ai toujours promesse de\nM. Guizot pour une place de conservateur du dépôt de musique et une des\nbibliothèques Royales; mais je n'entends encore parler de Rien, j'attends. Quanta\nla santé elle est toujours passable, cependant les maux d'estomac dont je n'avais\npas entendu parler depuis 15 mois, veulent me tourmenter un peu. un régime\nsévere les dissipera...\"\nII s'informe de tous demande où en sont les comptes.\n\nCote 203-4, P- 7°- *6 juiHet !8 33- Ministère du commerce. Augmentation d'indemnité annuelle de\n1500 à 2000 fr. à compter du ier juillet.\n\" \" p. 71. 17 mars 1834. Ministère du commerce. —Augmentation d'indemnité annuelle de\n2000 à 3000 fr. à compter du ier février.\nD'autre part le 13 février 1834, Boieldieu fut nommé professeur de composition au Conservatoire (3000 fr.)\nLa nomination fut signée le 27 janvier, à compter du ier janvier.\n1 Pougin (p. 299).\n2 Cote 286, pièce 12."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.23", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n999\n\n\" Pau, ce 12 juillet 1834.1\n\" CHER BON ADRIEN,\n\" Nous sommes arrivés hier soir à Pau par un temps superbe mais par une\nchaleur horrible. Nous avons été reçues par le bon Manescau comme bien tu\npenses ; mais tout ce monde réveille mon chagrin d'être séparé de toi en me\ntémoignant le regret qu'ils ont de ne te pas voir, je tâche de faire cesser ces regrets\nen leur disant que tu viendras me retrouver, et tout bas je me dis : viendra-t-il ?\nmais parlons de Bordeaux qui est vraiment une très belle ville, et des pierlot qui\nont été bien aimables pour nous. J'étais au moment de louer une chaise de poste,\npour deux mois, afin d'éviter en allant en poste de repasser une nuit sur de\nmauvais chemins quand ce bon Pierlot est arrivé, m'offrant sa caleche de voyage,\ncelle que nous avons eue si souvent devant nous en Italie, nous avons donc été\nbien commodément, et nous avons trouvé les coffres bien garnis de bon vin de\nBordeaux, de plus j'en ai un caisse qui m'attend aux eaux bonnes; si le Docteur\nBuron m'en envoie de son côte comme il me l'a promis, il va falloir que je me\nmette marchand de vin ; d'autant plus que, décidément puisque les maux\nd'estomac sans être très forts continuent à me faire souffrir, j'ai commencé d'au-\njourd'hui à ne prendre rien autre chose que du lait. Si je m'en trouve bien je te\npromets de continuer jusqu'à cessation totale du mal d'estomac, je compte dailleurs\nbeaucoup sur les eaux bonnes où nous serons le 15 au soir, du reste je ne vais\npas mal, et comme mes digestions se font toujours malgré mes souffrances, je\npersiste à penser que mon mal est rhumatismal, ainsi donc ne nous en inquiettons pas\n\" Nous avons logé a Bordeaux chez Mme fourés, et quoique nous n'ayons vu\npersonne on asu mon arrivée. Chollet, Moreau Sainti, Melle Prévost sont accourus\net la veille de notre départ on m'a donné une sérénade soignée. J'ai été très\ncontent : aussi me suis-je levé a minuit, et j'ai été remercier Chollet qui a chanté\nl'air de Beniowsky. Melle Prévost et Moreau qui ont chanté le duo de la\nvillage, on a fini par le chœur de Beniowsky. il y avait plus de 600 personnes sur\nla place Dauphine sous nos fenêtres, tout cela s'est bien passé mais je ne voudrais\npas être souvent à pareille fête.\n\" Nous sommes bien heureux d'avoir un appartement retenu aux eaux-\nbonnes car tout est rempli, et bien des malades sont là a Pau a attendre qu'il y\nait place.\n\"Nous ne savons pas encore si Mme Aigoin viendra j'attends une lettre d'elle,\ndans tous les cas, si tu viens, tu ne coucheras pas dehors. Oh ! comme cela me\nferait plaisir de te voir arriver, mais ne décide rien encore et fais ce qui te con-\nviendra le mieux pour toi sans penser à moi. Si tu viens par la malle-poste tu seras\ncontent de cette manière de voyager, toi qui aimes à aller vite, à Bordeaux tu\niras tout de suite chez Mme foures place dauphine n° 40, tu auras une chambre bien\ncommode c est convenu^cela vaudra mieux que d'être a l'auberge où tu serais\nmangé de punaises et de puces même dans les irs hôtels. De là tu arriverais par la\n\n1 Cote 201, pièce 10."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.24", "texte": "1000\nS. I. M\n\ndiligence de Pau, ou il faudra encore passer une nuit, mais il faudra prendre le\ncabriolet.\ntu découperas avec des ciseaux le petit mot pour Adele et tu le lui enverras\naccompagne d'un petit mot de toi. (En marge de la 2e page).\nA Adrien. 1 \" des eaux bonnes ce 27 juillet.\nje recois ta lettre à l'instant et j'y réponds courrier par courrier\npour te bien consoler de ce que tu as manqué ta fugue 2 ou du moins ta\nréponse : celà est arrivé aux plus malins, et je ne suis fâché que contre\nCherubini qui se plait à tourmenter les éleves en leur donnant des sujets\ndifficiles. D'après ce que tu me dis, tu n'as donc pas concouru ? tu n'as\ndonc pas achevé ta fugue ? jaime bien mieux celà. dis moi au juste ce qui\nen est, car jai beau relire ta lettre elle me laisse dans l'indécision, dis moi\naussi ce qu'a dit halevy. je voudrais que l'on eut dit au jury que n'étant\npas acoutumé a travailler vite tu avais été forcé de renoncer à finir ta\nfugue ayant été pris par une fatigue réelle qui t'a empêche de finir, celà\nn'a rien qui puisse blesser l'amour propre, et je serai content d'apprendre\nque tu n'as pas donné cette fugue et qu'enfin tu t'es retiré du concours\npour cause de fatigue et de santé ce qui peut arriver a tout le monde,\nil faudra te venger de cela au lerIer examen et après nous enverrons promener\nla fugue et le contrepoint pour nous livrer entièrement à la composition\ndramatique, consoles toi et ne te fais pas une affaire de celà.\nje te dirai que depuis six jours j'étais dans une véritable inquiétude\nen ne recevant aucune lettre, ni de toi ni de personne, chaque fois que le\nfacteur venait sans lettre j'étais bien chagrin, je t'en prie ne sois pas si\nlongtemps sans m'ecrire je ne te demande que cinq a six lignes.\nNous avons depuis notre arrivée, deux jours exceptés, un temps\naffreux, une pluie continuelle et un froid qui paralise l'effet des eaux, aussi\nelles ne me font ni bien ni mal, seulement jai plus de force, plus d'activité\nphysique ; mais jai toujours mes douleurs d'estomac, jai des crises très\nlongues et très douloureuses, elles me réveillent la nuit, mais une fois pas-\nsées je suis bien, et ma santé ni mes digestions n'en sont point troublées,\ncependant comme c'est l'effet de la digestion qui reveille ces douleurs qui\nsont plutôt a l'exterieur qu'a l'intérieur, je commence dès aujourd'hui a\nobserver une diète rigoureuse, et si celà continue, je ne prendrai que du lait\ncar c est ennuyeux de souffrir tous les jours à la même heure, du reste, je\nte le répété, je vais bien, je digere bien, et jai bon sommeil sauf le moment\ndes fortes douleurs, et toi comment vas tu ? as tu continué de nager ?\nt'es tu baigné a Villeneuve ? dis moi celà.\nma femme doit écrire demain [en envoyant (barré)~\\ une lettre pour la\nI Russie elle se porte a merveille.\n\n1 Cote 201, pièce 17.\nSans doute retrouverait-on au Conservatoire des détails intéressants sur ce concours, comme sur les\ndébuts de la carrière musicale d'Adrien. Mais je n'ai pu faire ces recherches."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.25", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n1001\n\nnous voyons souvent Montesquiou. M. le Vicomte de Larochefoucault\nque jai retrouvé avec bien du plaisir, car celui là a toujours été bon pour moi,\nnous voyons aussi Mme de Boisgelin, M6l1® de Mont blanc et quelques autres,\nmais tout cela sans gène et sans fatigue —. japprouve toutes tes raisons pour ne\npas venir quoi que cela me fasse de la peine mais dans le fait nous n'aurions que\n15 jours à passer aux Pyrénées, nous devons être du 25 au 28 à Bordeaux\nnous avons promis a Pierlot d'aller a ses vendanges et nous tiendrons parole a\nmoins de contre temps imprévus peut être aussi dans dix ou douze jours, si mes\nmaux d estomac ne sont pas calmes, irai-je prendre des bains a St Sauveur, ils sont\nefficaces pour ce genre de douleurs, reste donc à Paris mon bon Adrien, mais\ntache de t'amuser, je supporterai mieux ton absence si tu n'es pas dans l'ennui,\nallons il faut encore faire ce sacrifice â la raison, d'un autre côte je n'en serai que\nplus vite près de toi, et je te jure que je 1 ne m'amuserai pas en route quand il\ns'agira de t'aller embrasser, t'embrasser ! oh que cela me paraîtra bon ! prends\nLa fin de cette lettre a été collee sur un tableau sous verre qui se trouve au Miusée de la Prévôtière\nà Boisguiliaume Samson-Boieldieu). Sur ce tableau se trouvent aussi collés : des cheveux, un dessin\net 2 autographes de musique de Boieldieu ; un autographe de musique de son fils avec cette mention de\nBoieldieu : ier air composé et écrit par Adrien. 20 fr. de récompense ce 16 mars. On lit en dessous (de la main\nde Penfant sans doute) : t'ét un farceur.\nier air composé et écrit par\nAdrien.\n20 fr. de recompense ce 16 mars (écriture de Boieldieu)\nt'ét un farceur (de la main d'Adrien sans doute)\nA rapprocher cet intéressant document qui m'a été communiqué par Mr Ecorcheville.\nWashington. D. C. le 29 juillet 1908.\nMON CHER COLLÈGUE,\nUne curiosité musicale. Dans notre exemplaire de la partition d'orchestre des Voitures Versées du Boieldieu\n(cadet) Adrien, que le père de l'auteur avait dédiée à Madame le Mourier (?) je trouve de sa main:\nChant composé par Adrien à V âge de 4 ans et 6 mois\nJe n'ai rien changé à ce chant'et jusqu'à la note d'expression tout est d'Adrien.\nCharmante, n'est-ce pas, cette» affection d'un père illustre? En tout cas, le chant du bébé Adrien 1 est\nmieux que mon français, par exemple.\nCroyez bien je vous prie, à l'assurance~de mes meilleurs sentiments.\nO. G. SONNECK.\n* Evidemment non.\nLa rectification d'ailleurs m'a été transmise par lettre de M. Ecorcheville du 22 octobre 1908."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.26", "texte": "1002\nS. I. M\n\nprends les 20 fr. qui sont dans mon secrétaire et fais toi donner par ce qui\nte manquerait pour quoique ce fut. enfin si il n'y avait pas d'argent, vas de m\npart chez Mr Michel et prie le de te donner sur ton reçu ce dont tu aurais\nbesoin —tu lui montrerais pour la régularité le passage de cette lettre que tu\ngarderas a cet effet.je veux que tu ne manques de rien, mon bon Adrien, je\nconnais ta sagesse, ta délicatesse, tu auras toujours ce que tu me demanderas\nquandj aurai.\nje regrette que tu ne fasse pas connaissance avec les filles du bon Manescau.\nelles sont vraiment charmantes maintenant ; et la jeune qui a 15 ans pourrait bien\ndans trois ou quatre ans,... mais ne pensons pas au mariage, c est avec le theatre\ncest avec la gloire qu'il faut que tu te maries... aussi je voulais te faire voir la\njeune Manescau pour en reparler plus tard après ton premier opéra.\nje me dépêche car le facteur va venir, et j'aurais encore bien des choses a\nte dire, mais ce sera pour une autre fois, aujourd'hui je me borne a t'embrasser\naussi tendrement qu'on puisse le faire de si loin.\nj'ai pu te quitter, j'ai pu mettre 220 lieues entre nous ! il m'a fallu du\ncourage pour celà, mais une fois de retour nous ne nous quitterons plus\nnest-ce pas !\nadieu, adieu, ma femme et moi nous t'embrassons comme nous t'aimons,\ncest assez dire comme cela\nton tendre pere BOIELDIEU.\nnous embrassons hortense.\nnous embrassons Cacam et Bertin.\nil faut demander a léon si Cacam s'écrit par un C ou par un K.\n\" pour Adrien. 1 suite de ma lettre d'hier ce 28.\nje ne cesse de penser à ce concours et peut être à tort, je suis colere\ncontre cherubini. il devrait penser que, vu le peu de temps qu'ont les\néleves, il ne faut pas que ce temps soit employé à chercher une réponse\ndifficile à trouver, envoie moi ce sujet de fugue et ta réponse, donne moi\nsi tu l'as la réponse qui a été approuvée, je désirerais bien aussi savoir\nqui a eu les prix et de quelle classe ils sont. Ernest a-t-il concouru!\ncomment a-t-il été ? Berton t'aime beaucoup tu devrais l'aller voir et lui\ndire tout franchement ce qui t'est arrivé—J'enrage et je maudits les\ncontrepointistes en pensant qu'une fugue superbe d'effet, de marche des\nparties est un morceau manqué parce que la réponse sera manquée à une\nnote près, car si la réponse par exemple ne se terminait pas dans le ton\nvoulu, il y aurait alors vice pour toute la fugue, mais ne parlons plus de\ncelà. je suis tout consolé si tu l'es reponds moi a tout ce que je te\ndemande en m'envoyant le sujet.\nle mauvais temps continue, le tonnerre, les éclairs, la pluie par\n\n1 Cote 201, pièce 16."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.27", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\nlO°3\n\ntorrens, le brouillard, voilà le temps que nous avons jour et nuit, il\ninflue sur la santé cependant je vais assez bien et n'ai presque pas eu mal\na l'estomac hier grâce au régime : je le continue aujourd'hui.\nparle nous donc de notre appartement ? où en sont les ouvriers ?\nConstant a-t-il envoyé des figues ? etaient-elles bonnes ? Sais-tu où en est\nma récolte de blé, d'avoine &....\nCacam doit savoir tout celà. Si elle n'en sait rien, tu m'obligerais en\nécrivant a Constant pour qu'il t'envoie une note détaillée, et dans une\nde tes lettres tu m'écriras ce qui en est, car il ne faut pas m'envoyer la\nlettre de Constant, je veux savoir si j'ai de nouveaux paniers de mouches,\ncomment va mon cheval, enfin tout ce qui naturellement doit m'intéresser.\nOn dit la cascade superbe, tous les gaves, les torrens font un bruit\népouvantable, ce serait beau a voir mais on ne peut sortir, ce ne serait pas\nprudent, nous restons donc chez nous et quand nous n'avons pas des\nvisiteurs je te jure que nous ne nous ennuyons jamais, ma bonne femme\nest toujours gaie, nous jouons a l'lmpériale, nous lisons les journeaux et\ntous deux nous veillons à notre pot au feu la seule chose en cuisine que\nl'on fasse chez nous car Cazéra nous sert très bien pour le reste. Manescau\nnous envoie de bons fruits de bonnes petites volailles, ma femme trouve\ntout celà fort bon, car pour moi je ne prends maintenant que de la soupe\net du laitage.\nenvoie-t-on des prunes de Jarcy ? sont-elles bonnes ? il faut dire\na Constant qu'il s'arrange de manière a ce que nous ne manquions pas de\nlégumes au mois de septembre, ou sans celà je gronderai.\ntache de te rappeler toutes les choses auxquelles tu dois me\nrépondre, pour que cela te soit plus facile je marque d'une étoile * tout\nce qui exige réponse.\nJe te recommande bien de déchiffrer beaucoup au piano, rejoues tes\netudes de Cramer, elles t'exerceront les doigts et te mettront de bonne\nharmonie dans la tête, étudié bien dans les partitions, l'instrumentation,\nles coda des morceaux, dans tout celà il y a du et ce metier ne\ns'apprend qu'en entendant, et surtout en lisant ce qu'on a entendu quand\nl'effet vous est resté dans la tête —j'approuve que tu te mettes à\ninstrumenter ta cantate, fais le nettement pour que je puisse y voir clair,\nne charge pas trop les accompagnemens. ménage les instrumens à vent si\ntu veux qu'ils produisent de l'effet.\nAdieu cher ange je t'embrasse mille et mille fois.\nle plus tendre des papas\nBOIELDIEU.\n1 ce 6 août a midi.\nJ'ai été interrompu hier dans ma lettre qui n'a pu partir ce matin et je\nenvoie tout de suite a Adele son petit\nmot c est pressé.\n\n1 Cote 201, pièce 15."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.28", "texte": "1004\nS. 1. M.\n\nn'en suis pas fâché, car je recois ta lettre du 2 avec ton sujet de fugue ; ma\nfemme reçoit celle de sa mere et dans tout celà il y a a répondre.\ntu ne me satisfais qu'a moitié dans tes réponses aux choses que je te\ndemande, il faut vraiment que tu y fasses attention, par exemple je te demande\nsi le lendemain du concours, comme c'était ton devoir, tu es allé chez halevy...\npas de réponse à celà et je vois par l'incertitude où tu es encore sur la véritable\nréponse du sujet de fugue (ce que tu aurais su par lui) que tu ne l'as pas vu.\ntu devrais sentir que t'être retiré du concours n'est pas seulement une chose\nfâcheuse pour toi, mais elle est desagréable pour ton professeur que tu as privé\nd'un succès pour lui.succès qui importe à son amour propre... et qui est la\nrécompense de ses soins, tu aurais du aussi aller voir Cherubini ; lui expliquer\nton affaire avec franchise, enfin je suis étonné que dès le lendemain tu naise\npas fait quelque démarche pour savoir quelle était cette réponse exacte, quoique\ncependant avec un peu de réflexion tu as du voir que c'est celle que tu\nm'envoies mais non celle que tu as ajoutée au bas par renvoi.\nVoici comment je raisonne\nla fugue est en re mineur, mais dès la 2° mesure il module en la mineur,\ndonc cette partie de la réponse jusqu'à l'avant dernière note doit etre en\nre mineur et\ndoit être repondu par la si ut | re.\nensuite le sujet, dans les deux dernières notes, revient en ré, et a pour\nréponse re ut. il y avait je crois un autre moyen d'etre sur de la réponse,\nc'était de chercher tout de suite la stretta. tu aurais vu qu'en mettant la réponse\nsans y rien changer à la 2e mesure du sujet il faut que cette réponse soit celle\nque les réglés d'ailleurs indiquent.\nexemple de la stretta laquelle à bien été calculée par le malin cherubini.\ntu vois qu'en mettant comme tu semblés le croire possible,\nque cette mesure ne pourrait aller dans la stretta contre\nmaintenant un mot sur ton 2e contre sujet qui me semble positif, je ne te\npermettrais pas dans le genre libre\ncontre"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.29", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n1005\n\nces deux 2es de suite sont d'un mauvais effet n'importe dans quel genre de\nmusique, j'aurais mis\npour la réponse à ce contre sujet dans la ire partie n'est elle pas conforme au\ncontre sujet, est il permis de ne pas répondre juste aux contre sujets ? je ne le\ncrois pas.\ntu me ferais bien plaisir si tu montrais ce petit article de ma lettre à halevy, ou\nen son absence a quelqu'un de fort pour que je sache si je raisonne juste, car\nj'aime a m'instruire et il ne faut jamais négliger l'occasion d'apprendre n'im-\nporte a quel âge.\navais-je raison quand je te disais de t'exercer à trouver des réponses difficiles,\nje me méfiais de ce diable de cherubini et tu vois que j'avais raison.\nje trouve même qu'halevy ne t'a pas fait assez travailler des\n1 S* Sauveur, le 20 2\nCHER BON ADRIEN enfin je vais quitter ces maudites Pyrénées qui m'ont\nété si nuisibles cette année ! 3 [je croyais que les bains de S4* Sauveur avaient calmé\nmon agitation, mais au 3™® bain je me suis aperçu qu'elle ne faisait qu'augmenter,\net le médecin du lieu m'a conseille lui même de ne pas continuer, et je fais ce que\nje peux pour aller coucher demain à Lourdes avec des chevaux de paysan, car\npour avoir des chevaux de poste il faut prévenir 8 jours (ou 3) d'avance, une fois\nà Lourdes nous tâcherons de nous en tirer et ferons notre possible pour coucher\nle 22 à Pau. vu mon état de faiblesse je serai peut être forcé d'y rester une couple\nde jours, mais nous écrirons de là et nous vous dirons le jour de notre départ\npour Bordeaux.] il me tarde bien d'y arriver, d'abord parce que je serai moins\nloin de toi, et ensuite parce que j'y trouverai de bonnes petites choses à manger\nqui réveilleront, je l'espère, cet appétit qui, pour le moment, est tout à fait éteint.\nH n'y a que le chocolat qui me passe, aussi c'est presque ma nourriture. Le\nbouillon de poulet même me passe mal. Mais ce qui m'affaiblit, ce sont ces\nmaudites transpirations. Je suis juste dans l'état où j'étais après ma sciatique.\nA propos de sciatique, tu sauras qu'un gros monsieur de Bordeaux a eu l'année\ndernière une sciatique bien conditionnée. Il est venu à S 4 Sauveur où les bains\nl'ont guéri, après quarante jours de souffrance. Par reconnaissance, il y est revenu\n\nI Cote 201, pièce 8.\n8 et non le 30,\n3 Pougin (p. 312) ne cite pas ce qui suit jusqu'à : \" il me tarde bien d'y arriver...\nII n'y a d'ailleurs nullement à blâmer M. Pougin d'avoir fait des coupures dans ces lettres. Mais comme\nJe cite intégralement ces dernières lettres à Adrien, il m'a paru préférable de rétablir le texte en entier."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.30", "texte": "1006\nS. I. M\n\ncette année, ne souffrant plus du tout ; il s'est baigné, et par reconnaissance les\nbains de Saint-Sauveur lui ont rendu sa sciatique.\ntu sens quel bond j'ai fait quand le médecin d'ici m'a raconté cela, et à\nl'instant je lui ai déclaré que je renonçais à ses bains, à ses montagnes, et à tout ce\nqui est Pyrénées. 1\n[donne de mes nouvelles à Adele et donne moi des siennes mais adresse\nmaintenant tes lettres chez Mme fourés, place dauphine n° 40, a Bordeaux.\nje suis bien curieux de voir le tableau de Livie celui de Richard et l'intérieur\nd'une cour de ferme avec de jolis fonds bien vaporeux et un joli ciel nuageux\nles figures ne sont pas fameuses mais cest un tableau agréable.]\nje te quitte, cher bon petit ami, car je suis fatigué, et ma main tremblante\ncomme tu vois, est bien incommode pour écrire. Je t'embrasse de cœur et d'âme,\nje suis bien patraque, mais la tête et le cœur vont toujours.\nMille baisers tendres.\nBOIELDIEU. 2\n3 [mille choses à Kakam et Bertin a hortenses.]\n4 s. d. 20 août.\nCe pauvre Boiel a eû bien de la peine a écrire mais cela lui a fait un peu de\nbien, il est mieux depuis une heure et nous venons d'arrêter nos chevaux pour\npartir demain 21. ainsi donc je reprends courage et j'espere que nous nous\nreverrons bientôt, sitôt arrivés a Pau je vous donnerai des nouvelles de notre cher\nmalade, a revoir mes bons amis je vous embrasse tous trois de cœur et d'âme.\nJ. BOIELDIEU.\nA sa fille. 15 septembre 1834.5\nL'état de santé de Boieldieu, pendant son séjour dans le midi, avait été\nl'objet d'articles à sensation, qui provoquaient l'inquiétude de ses connaissances,l\nL'écho en était venu jusqu'à lui. Le 15 septembre, lors de son passage en chaise,\nde poste à Angoulême, il s'en plaignait amèrement.\n\" Cette envie qu'ont toujours les journalistes de faire de l'effet, par un\névénement heureux ou malheureux, me déplaît souverainement, tant je suis\npersuadé que, de tous ces gens qui font les empressés, je n'en trouverais pas un\npour me rendre le moindre service.\n\" Espérons que je vais me porter assez bien pour qu'on me laisse tranquille!\n\n1 Ce qui suit jusqu'à \" je te quitte... \" manque dans Pougin.\n2 (Note d'Adrien) Cette lettre est la dernière que mon bon et tendre père m'adressait avant de revenici\nJarcy pour y mourir, et la dernière que sa main a tracée.\n3 Supprimé.\n4De Mme Boieldieu. Cote 201, pièce 12."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.31", "texte": "LETTRES DE BOIELDIEU\n1007\n\nHélas ! il n'en était pas là !\n\" J'ai toujours, disait-il, une grande faiblesse. Il me faut deux hommes pour\nme monter à un premier étage. Ce n'est point à Paris que je me fais descendre,\nmais à Jarcy, ce qui m'évitera trois postes et l'ennui des visiteurs. Nous comptons\nêtre rendus le 21 ou le 22 septembre.\nDans son humeur morose, triste effet de ses souffrances, il ne se plaignait\npas seulement des visiteurs et des journalistes, mais aussi, de son médecin. 11 s'en\nprenait à lui de l'aggravation de ses maux.\n\" Ce sont cependant ces infernales Eaux-Bonnes qui m'ont rendu si malade !\nJe ne voulais pas y venir. L'état de mes affaires ne me permettait pas ce voyage\nsi coûteux qui complète ma ruine. M. Chomel a été inflexible. Il m'a fait bien du\nmal sans le vouloir !\nAsa fille. 26 septembre 1834. 1\nA peine rentré chez lui, Boieldieu écrivait à sa fille le 26 septembre :\n\" Après neuf jours de voyage qui, bien qu'à petites journées, m'ont horrible-\nment fatigué, je suis arrivé à Jarcy, où j'ai éprouvé le bonheur d'être enfin rendu\nà destination. Chomel est accouru de suite, et malgré ma maigreur et ma grande\nfaiblesse, qui sont la continuation du mauvais effet de ces maudites eaux, il a été\ncontent de mon état, et n'a rien trouvé qui puisse donner la moindre inquiétude.\" 2\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nErratum. Le brouillon de lettre fait à Venise (p. 916) a dû être écrit entre\nentre le 16 mai et le lERIER juin. Boieldieu en quittant Florence s'est arrêté à Venise\navant d'arriver à Milan. A cause de son intérêt particulier je l'avait placé en tête\ndes lettres écrites en Italie sans faire assez d'attention à l'itinéraire indique par\nBoieldieu lui-même.\nP. L. ROBERT.\n\n1 L. Aigoin : Boieldieu à la fin de sa vie, p. 13 et 14.\n2 Cote 153 pièce 11.\nUn correspondant (dont la signature est assez difficile à déchiffrer) réclame de Boieldieu comme pendant\nau manuscrit de la Pucelle d'Orléans de Voltaire une écriture de musique de celui qui occupe dans cette partie\nle premier rang parmi ses collègues afin qu'il puisse montrer deux manuscrits l'un du premier de nos\npoètes et l'autre du premier de nos compositeurs en musique.\nIl lui transmet les prescriptions de M. Chomel :\ni° vous faire porter au soleil, sur un brancard, dans le jardin, pour y rester le plus longtemps possible.\n20 rester à la campagne, autant que la saison le permettra.\n3° pratiquer des frictions sèches, ou à l'aide d'une flanelle imprégnée de vapeur de benjoin.\n4° suivre un régime alimentaire subordonné au gout et à l'appétit.\n5° quoiqu'il y ait peu de sommeil il faut rejeter les opiacés ; ils auraient l'inconvénient de rappeler les trans-\npirations ; mais vous pourriez prendre un peu d'eau de laitue, et quelques émulsions, sucrées.\n\" prendre des lavemens selon le besoin qu vous en éprouverez.\n7 se distraire sans trop parler\n8° continuer l'usage de la bière et des boissons et alimens qui paraissent le mieux réussir.\n9° faire usage de bouillon coupé avec un peu de lait d'anesse, s'il réussit."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.32", "texte": "LES ORIGINES DE\nL'ORGUE\nETUDE HISTORIQUE.\n\ni\nIl y a loin de la Syrinx du\ndieu Pan à l'instrument colossal\nque nous possédons aujourd'hui,\nSi l'orgue moderne n'est pas a\nproprement parler une inven-\ntion, il est cependant le produit'\nde vingt-deux siècles de décou- '\nvertes de haute valeur et de\nperfectionnements sans nombre !\nUne charmante légende\nnous permet de supposer que!\nc'est au fils d'Hermès et de\nla nymphe Dryope que nous sommes redevables de l'idée du premier\norgue conçu par les Grecs.\nLe Musée National de Naples contient des sculptures anciennes\nreprésentant Pan apprenant le jeu de la Syrinx à Appollon. La légende\nexplique le nom donné à cet instrument :\nSyrinx, Nymphe d'Arcadie, fille de Ladon, Dieu des Eaux, était\naimée de Pan, mais ne partageait pas sa passion. Pour se soustraire àse\nimportunités, elle s'échappa et s'en fut implorer la protection de ses sœurs,\nlesquelles la transformèrent subitement en roseau. Pan, tout à son amour,\nse rendit possesseur du roseau et le coupant en sept (d'après d'autres, e\n\nFig. I. Orgue du Musée de Naples.\n\n1 Une étude plus complète demanderait un développement et des détails qui ne peuvent prendre\ndans un bulletin. L'auteur veut simplement fixer les points principaux des origines de l'orgue.\n2 Audsley."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.33", "texte": "LES ORIGINES DE L'ORGUE\nlOOÇ\n\nneuf) morceaux, il les attacha ensemble en longueurs graduées, pour\nformer l'instrument de musique auquel il donna le nom de celle qu'il\naimait.\nLe premier orgue dont il est fait mention, et qui semble être\nl'ancêtre direct de l'orgue actuel, fut construit par Ctésibios, mécanicien\net barbier grec, qui vivait à Alexandrie du temps de Ptolémée VII\nEvergète (170-118 avant notre ère). Aucun des ouvrages de cet inven-\nteur 1 célébré ne nous est parvenu, mais nous savons exactement, par le\ntraité laissé par Héron d'Alexandrie, son disciple,2 comment fonctionnait\ncet instrument.\nQuoique nous ayons la certitude que la musette et les soufflets étaient\nconnus et en usage constant dans le Ve siècle avant J. C., l'orgue hydrau-\nlique ne fut inventé que trois siècles après.\nC'est à partir de cette époque que l'orgue prend sa forme réelle ;\nc'est à Ctésibios que remonte l'histoire et le développement du plus grand\net du plus compliqué des instruments. L'orgue hydraulique décrit par\nHéron est certainement le premier specimen qui en ait été construit.\nLe nom d'hydraulea souvent égaré les historiens ; les uns en\ndonnaient des explications inimaginables qui ne reposaient sur aucun\nfondement scientifique : l'eau servant, par exemple, étant chauffée jusqu'à\nebullition, de manière à faire, par sa vapeur, résonner les tuyaux ;3 alors\nque l'eau remplissait tout simplement les fonctions de poids posés sur les\nréservoirs d'air de nos orgues modernes et destinés, par leur pression, à\nrefouler cet air dans les tuyaux pour les faire résonner.\nHéron donne une description assez compréhensible pour un méca-\nnicien et le texte grec 4 est accompagné de figures qui ne laissent aucun\ndoute sur le fonctionnement des différents appareils de l'orgue primitif.\nCependant, il ne faut pas aller trop loin dans l'interprétation de ce traité.\n\n1 En outre de l'orgue hydraulique, Ctésibios aurait inventé des quantités de machines avec l'application\nde 1 eau, entre autres la pompe aspirante et refoulante et la clepsydre à rouages.\n2 Peut-être son fils, d'après Bouillet.\n® Malmesbury, en parlant de l'orgue d'une Eglise d'Angleterre, est tellement précis dans ses affirmations\nau sujet de l'eau bouillante employée pour faire parler les tuyaux qu'il est impossible de ne pas s'imaginer\norgue hydraulique de cette époque comme un véritable instrument à vapeur. D'autres pensent qu'au moyen\nla vapeur on pouvait obtenir des sons beaucoup plus beaux que par l'air sec, en se basant sur ce fait qu'on\nn arrivera jamais à faire parler, sur un sommier, avec un soufflet ordinaire, une Clarinette, un Basson ou une\nute comme on les fait parler à la bouche. Cette remarque est judicieuse, sans doute, mais il y a loin, de l'air\nes Pourçions, à l'usage de la vapeur en pression suffisante, pour faire parler des tuyaux. Enfin avec la vapeur,\nque devient l'hypothèse des tuyaux en roseau !\n4 Edition nouvelle, Teubner 1899."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.34", "texte": "1010\nS. I. M.\n\nCertains voient des touches, alors que celles-ci ne furent guère en usage\navant le IXe siècle de notre ère ; d'autres pensent que Ctésibios est l'inven-\nteur du registre pour diviser les sériés de tuyaux, alois que 1e mécanisme,\ntrès ingénieux du reste, décrit par Héron, ne servait qu'à séparer les huit\nnotes dont l'instrument était composé, en permettant à l'exécutant de les\nfaire entendre l'une après l'autre, ou par accord, avec une force progres-\nsive, suivant qu'on enfonçait plus ou moins ce que 1 auteur appelle le\npoma qui servait de touche. Il est a remarquer que cette unique combi-\nnaison devait compromettre singulièrement l'accord des tuyaux.\nCes tuyaux étaient en bronze ; d'autres disent en roseau, mais ce\ndire ne repose sur aucun fondement sérieux. Au contraire, on a tout lieu\nde croire que le bronze seul fut employé dans la constiuction des tuyaux\ndes premiers instruments. L'orgue trouvé à Pompéi le 2 Décembre 1876,\net qui est conservé au Musée de Naples (Fig. I) a non seulement en\nbronze ses neuf tuyaux, mais encore toutes les parties décoratives qui\nl'entourent. Le plus long de ces tuyaux mesure 0,24 de longueur et cor-\nrespond, comme notation, au F# ou au G (iere Octave) du Piccolo actuel.\nDe l'œuvre de Ctésibios, de l'orgue lui-même, nulle trace, mais il\nest certain que son exemple fut bientôt suivi ou que lui-même en con-\nstruisit de plus perfectionnés, que celui décrit par Héron, puisque Marcus\nVitruvius Pollio x, qui vivait dans le premier siècle avant J. C., donne\nsur l'orgue hydraulique, dans son ouvrage de l'Architecture (Chap. XIII\ndu ioeL.), une description beaucoup plus détaillée que celle du premier\nhistorien.\nIl dit : \" Sur un châssis en bois auquel est appliqué au centre une\nboîte à eau en bois durci, et (hormis un couvercle mobile) ouverte à son\nextrémité, se trouvent de chaque côté des pompes à air en forme de\ntonneaux, munies chacune d'un cylindre plongeur en bois, dans lequel\nest pratiquée une petite soupape de trois pouces de diamètre environ,\npour laisser pénétrer l'air quand le cylindre descend. Ce cylindre est tenu\nen position par un disque de métal en forme de cymbale et rendu sensible\npar un contrepoids attaché par une chaîne figurant très souvent un\ndauphin.\nDans la boîte où se trouve l'eau, il y a une espèce d'entonnoir ren-\nversé, surélevé par deux petits supports, de trois pouces de hauteur à peu\n\n1 Vitruve : né à Formies, vers l'an 88 avant J.-C."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.35", "texte": "Fig. II.\n\nFig. VI.\nFig. VII.\nCheng de la Collection du Musée de\nConservatoire de Paris.\n\nFig. III.\n\nFig. IV."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.36", "texte": "LES ORIGINES DE L'ORGUE\n1011\n\nprès, qui le tiennent à niveau et à distance voulu du fond de la boîte à\neau jusqu'au bord de la chambre à air. Au-dessus se trouvent, en travers,\ndes cannelures au nombre de quatre, si l'instrument est tétrachordal, de\nsix s'il est hexachordal et de huit s'il est octochordal.\nAu-dessus de ces cannelures, ou conduits, sont deux tables super-\nposées, dans lesquelles sont percés des trous verticaux, communiquant avec\nles tuyaux, qui se trouvent au-dessus. Entre ces deux tables sont insérées\nde petites coulisses en fer se terminant par un manche 1 ; les trous de ces\ncoulisses correspondent à ceux des tables et, bien huilées, elles ferment\nles issues. En baissant le manche, la coulisse est poussée dans sa rainure\njusqu'aux trous correspondant exactement avec les ouvertures de la table;\nl'air comprimé de la caisse à air s'échappe à travers les ouvertures et fait\nparler les tuyaux. \"\nQuoique cette description semble claire 2, elle a donné lieu, cependant,\nen l'absence de toute figure propre à faciliter la démonstration, à beau-\ncoup de conjectures, voire même à des critiques sévères par des hommes\ncomme Suétone, Claudien et Tertulien. Il est vrai de dire que ceux-ci,\nplus connus comme orateurs, poètes et grammairiens, et n'entendant rien\naux combinaisons d'un orgue, étaient peu autorisés à malmener l'archi-\ntecte de Jules César.\nSi donc Vitruve était désavoué par ces contemporains, combien, à plus\nforte raison, les organographes modernes devaient-ils craindre que sa des-\ncription fût plus ingénieuse que réelle. Un document de haute impor-\ntance, qui existe au Musée Lavigerie de Carthage, ainsi qu'une étude\ntrès complète publiée par un organiste, écrivain de valeur 3 ont permis\nd'établir d'une manière irréfutable de quelle façon était construit et\nmanœvrait le premier orgue.\n\n1 Ce terme indiquerait un objet qui n'avait rien de commun avec une touche, mais pouvait fort bien\nêtre dans certains instruments tout au moins un manche comme on en voit dans quelques carillons\nanciens. D'autre part, le clavier chromatique, ayant à peu près la disposition actuelle, ne fut en usage qu'à\npartir du XIIIe siècle ; avant cette époque, on jouait du poing.\n2 II s'agit d'une traduction libre, débarrassée de détails d'un intérêt secondaire pour ceux qui ne se livrent\npas spécialement à l'étude de la facture. Pour plus de clarté, on pourrait expliquer que : la boîte à eau était le\nréservoir d'air dans lequel la pression était envoyée par le ou les cylindres placés à côté pression maintenue\npar le poids de l'eau. L'entonnoir renversé servait à recevoir le tuyau venant de la pompe ; l'air chassé par ce\ntuyau pénétrait dans l'entonnoir (surélevé du fond par les trois supports) et refoulait l'eau pour la mettre à\nl'état de pression. Un autre tuyau partant de cet entonnoir allait alimenter la case à air (le sommier d'aujour-\nd'hui) ; les cannelures étaient des gravures, au-dessus desquelles se trouvait : la table, le registre (coulisse) pour\nchaque note et la chape qui supportait le ou les tuyaux.\n3 Clément Loret.\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.37", "texte": "1012\nS. I. M.\n\nLe modèle que représent les figures 11, 111 et IV et dont les photo,\ngraphies ont été prises à Carthage par le Directeur du musée, le R, p\nDelattre, est un terre cuite et porte sur la face (Fig. II) le nom de\nl'artiste qui l'a exécuté Possessoris.\nCette reproduction montre clairement le tonneau hydraulique, ot\nboîte à eau, flanqué de deux pompes à air, en forme de cylindres, avec\nleurs supports, surmonté de la chambre à air, sur laquelle sont posés, de\nfront, dix-neuf tuyaux. Sur la face postérieure (Fig. III) se voit Forga-\nniste. Malheureusement, il ne reste plus que les jambes et la partie\ninférieure de son vêtement. L'exécutant est représenté debout devantes\nque nous appellerons le clavier manuel de son orgue. Ce Clavier parai;\nêtre posé au-dessus des coulisses dont les bouts sont visibles sous les tuyaux,\nau sommet de la chambre air.\nEn face de ce seul spécimen, très intéressant, de l'orgue primitif, il;\nest permis de se demander si l'artiste n'a pas donné libre cours à si;\nfantaisie en indiquant dans son modèle dix-neuf tuyaux, et même trois\nrangées de dix-neuf, ainsi que certains musicographes veulent expliquer,\npar des tuyaux, quelques coups d'outils ou des épaisseurs plus ou moins!\ngrandes sur la face postérieure (Fig. 111 & IV) ou bien s'il existait, au\nlerIer ou IIe siècle de notre ère—époque assignée par les experts à la terre\ncuite de Carthage—des instruments à plusieurs rangées.\nCe point est très important, car alors le modèle de Possessoris indi-\nquerait que l'orgue hydraulique, décrit par Vitruve, possédait des registres,\nDans ce cas, comment concilier ses dires, et ceux d'autres historiée\nmodernes, avec des documents du Xe siècle, où il est parlé de rangées A\nnullement de coulisses ou registres.\nOn fit usage des orgues hydrauliques jusqu'à une époque relative-\nment avancée ; la chronique de William Malmesbury fait mention d'ut\ninstrument de ce genre construit par Sylvestre 11, 1 placé dans l'Eglise à\nReims et auquel ce Pape avait apporté des améliorations considérables\nL'orgue était en grande faveur dans les festins et les fêtes populaires\nNéron s'intéressait à cet instrument aussi bien au point de vue musica\nque mécanique. Il en jouait au cirque. Le British Muséum possède uot\nmonnaie de cet Empereur, nous montrant l'orgue avec une branche à\nlaurier d'un côté et de l'autre un homme, probablement le héros &\n\n1 Gerbert, Pape, né vers 935 ou 940 en Aquitaine, mort à Mayence en 1003. Passait pour l'homme\nplus savant de son siècle."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.38", "texte": "LES ORIGINES DE L'ORGUE\n101 3\n\nspectacle. Il est à présumer que ces médailles étaient remises au vainqueur,\net que l'orgue y figurait à cause de son usage dans de telles solennités.\nDeux médailles de Néron, dans le même genre, existent également à la\nBibliothèque Nationale.\nCependant, si l'orgue hydraulique continuait à être fabriqué par les\nGrecs et les Romains et pénétrait en France, en Allemagne et en Angle-\nterre jusqu'au dixième siècle, 1 l'orgue à soufflets avait été inventé depuis\nlongtemps.\nLa première représentation d'un orgue pneumatique est celle trouvée\nsur l'obélisque érigée à Constantinople par Théodore-le-Grand (346-395\nde notre ère). Une autre représentation de l'orgue pneumatique est a\nremarquer dans une très intéressante sculpture, de l'époque Gallo-\nRomaine, conservée au Musée d'Arles. 2\nDes historiens ont marqué le VIIIe siècle comme date d'introduction\nde l'orgue dans les Eglises ; cet instrument semblait, jusqu'à cette\népoque, exclusivement réservé à l'usage des cérémonies profanes. Ce\nn'est d'ailleurs qu'à partir de l'an iooo que les indications sur son\nexistence, son affectation au culte et sa description deviennent plus\nclaires et plus précises. Cependant, d'après l'Evêque Julien, un orgue\nétait employé dans une Eglise d'Espagne au milieu du Ve siècle. Platine\ndit que le premier fut introduit dans l'Eglise par le Pape Vitalien\n(657-672).\nPépin le Bref, roi des Francs, envoyait à l'Empereur Byzantin\nConstantin Copronyme (741-745) une demande pressante de lui fournir\nun orgue pour le service de l'Eglise ; ce qui indique que l'art de la\nfacture d'orgues et l'instrument même étaient inconnus en France à ce\nmoment. L'Empereur Byzantin, en réponse, lui envoya, vers 757, par\nambassade spéciale, à la tête de laquelle se trouvait un Evêque Romain,\n\n1 Hamel dit jusqu'au XIIe siècle.\n2 Elle représente une chambre à air, supportée par un réservoir à vent, surmontée de 11 tuyaux. à moins\nque les deux formes qui se trouvent aux extrémités, et entre lesquelles est placée la raias^G tuyaux, ne\nservent de soutien. Deux figures sont représentées actionnant la soufflerie. A ce proFus> Matthews parle des\nobjets que tiennent entre leurs mains les deux figures comme de tubes dans lesquels on soufflait avec la bouche\npour fournir le vent nécessaire* aii\"x\" tuyaux. TPC proportions condamnent cette idee. Lai Liste auquel on doit\ncette sculpture a très probablement voulu donner de la symétrie en indiquant deux souffleurs alors qu un seul\nsuffisait amplement, dans la réalité, pour un orgue de la grandeur de celui figuré."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.39", "texte": "1014\nS. L M\n\nnommé Stéphanus, un orgue avec des tuyaux en plomb. Cet orgue tut\nplacé en grande cérémonie dans l'Eglise Saint-Corneille à Compiègne,\nOn croit généralement que cet instrument était du genre hydraulique en\nusage à cette époque.\nEn 812, Charlemagne avait fait construire un orgue pour son Eglise\nà Aix-la-Chapelle, d'après le modèle offert à son Père. Cet orgue quj\nétait, parait-il, pneumatique, produisait des sons si doux qu'ils avaient\nprovoqué la mort d'une femme !\nOn cite encore l'orgue construit par un Arabe 1 et qui fut envoyé à\nCharlemagne par le Calife Haroum al Raschid. Enfin, vers 820, un\nprêtre vénitien construisit un orgue pour Louis le Débonnaire et, un peu\nplus tard, Théophile, Empereur (829-842), grand amateur, commandait\nà des artistes byzantins deux orgues dont les tuyaux étaient richement\ndorés et les buffets rehaussés d'or et garnis de pierres précieuses.\nCertains auteurs disent bien que la construction des orgues de\nCompiègne et d'Aix-la-Chapelle donna une impulsion suffisante pour\nfaire école en France. Cependant, il faut aller jusqu'au XIIe siècle pour\ntrouver un instrument construit dans ce pays et dont on ait une connais-\nsance bien assurée. Il s'agit de celui qui se trouvait dans l'Eglise\nabbatiale de Fécamp, et dont Baudri, Archevêque de Dol, témoignait la\nsatisfaction qu'il avait eue de l'entendre. Une courte description qu'il\nen donne fait voir que c'était un orgue à soufflets, comme les nôtres,\nLes tuyaux étaient, du moins en partie, en cuivre. Baudri, dans sa lettre\nadressée aux Religieux de l'Abbaye, prend la défense de l'orgue contre\ncertaines gens qui, n'étant pas en état de s'en procurer de semblables,\ntrouvaient à redire qu'on en eût interdit l'usage dans les Eglises.2\nLe XIIIe siècle a laissé quelques documents assez précis, ayant un\nintérêt pour l'histoire de l'orgue : la construction d'un instrument à la\nCathédrale de Meaux (1221); l'existence à Cologne (1250) d'un\nfacteur, Johann, surnommé \" Factor \" à cause de la réputation\nde ses travaux ; l'établissement, par Albertus Magnus, Elève du\nDominicain Ulrich Engelbrecht, du premier orgue de la Cathédrale de\nStrasbourg.\nTroie. faits importants sont encore à signaler à la même époque :\non commença à faire des tuyaux en étain, plomb ou alliage de ces\n\n1 Giafar.\n2 Dom Bedos."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.40", "texte": "LES ORIGINES DE L'ORGUE\n101 5\n\nmétaux ; on transforma en gamme chromatique la série de touches\nformant le clavier ; une campagne terrible s'éleva contre l'usage des\norgues dans les cérémonies du culte et fut cause que depuis l'Eglise\ngrecque ne les a plus tolérés.\nA partir de cette époque, et successivement, l'art de l'orgue fut plus\nconnu. Le nombre des facteurs (moines ou artisans) augmenta au fur et à\nmesure que le nombre de leurs protecteurs ou des défenseurs de l'orgue\nse fit plus grand. Tous les pays rivalisèrent pour apporter au roi des\ninstruments soit une amélioration, au point de vue mécanique, soit une\nplus grande puissance et de nouvelles combinaisons au point de vue\nmusical.\nLa partie décorative n'était pas oubliée. Des artistes en renom\ntaillaient en plein bois de fines sculptures ; d'autres décoraient les tuyaux\nde la façade et peignaient des frises. Aux XVe et XVIe siècles, certaines\norgues possédaient des volets représentant des sujets religieux ; ceux qui\nsont parvenus jusqu'à nous sont d'une grande beauté ! C'est également\nau XVIe siècle que nous sommes redevables des buffets magnifiques qu'on\nvoit encore à Saint-Etienne-du-Mont à Paris, à Gonesse, à Saint-Germain\nd'Argentan, à Notre-Dame d'Alençon, aux Andelys, à la Cathédrale du\nMans, à Saint-Bertrand de Comminges, à Hombleux, à la Cathédrale de\nSaint-Brieuc, pour ne citer que les plus connus.\nEn face de tant d'art, il faut excuser les conceptions d'un goût\ndouteux qui, par la suite, deshonorèrent l'orgue et son enveloppe : le\nbraiement de l'âne, le mugissement d'animaux féroces ; l'imitation, plus\nou moins parfaite, de tous les bruits de la terre à commencer par le\ntonnerre ; l'adjonction, au-dessus et sur la face des buffets, d'anges articulés\njouant de la Trompette, de masques grimaçants appelés etc.\nLongue serait la description de toutes les découvertes des organiers,\nde l'orgue de Ctésibios à celui de Winchester, lequel, d'après certains\nchroniqueurs, avait vingt-six soufflets, desservis par soixante-dix hommes,\npour alimenter quatre cents tuyaux ! Plus longue encore serait celle des\nperfectionnements apportés du XIIIe au XVIIIe siècle ; pour le seul\nXIXe siècle, il faudrait plusieurs volumes.\nCertes, les progrès qui marquèrent l'apogée de la facture au"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.41", "texte": "1016\nS. I. M.\n\nXVIIIe siècle et au commencement du XIXe progrès réalisés par des\nartistes renommés1 furent plus définitifs, parce qu'ils manquèrent une\nrévolution complète par le choix des jeux, la multiplicité des timbres, le\nnombre et l'étendue des claviers, des transmissions plus parfaites et aussi\nune conception plus grande de cet art ; mais c'est à Aristide Cavaillé-Coll\nqui résolut tant de difficiles problèmes, que le Monde est redevable des\nplus utiles découvertes.2\nCavaillé-Coll est aussi incontestablement l'auteur de l'orgue moderne\nque Ctésibios fut le créateur de l'hydraule.\nCette étude, déjà si brève, sur les origines de l'orgue, serait certai-\nnement incomplète s'il n'était fait mention d'un autre ancêtre, le G hem,\nresté à l'état primitif.\nL'histoire du Cheng tient en peu de lignes et nous avons sur cet\ninstrument des notions d'autant plus exactes qu'il n'a pas changé, qu'il\nest encore en usage dans le Céleste Empire et que beaucoup de musées\nen possèdent un ou deux exemplaires.\nLes Chinois prétendent que le Cheng était un instrument employé\ndans les cérémonies en l'honneur de Confucius. Il est donc antérieur à\nl'orgue hydraulique.\nCet instrument (Fig : VI & VII) est composé d'une petite boite à\nvent, ayant communément l'apparence d'un œuf coupé longitudinalement,\nou bien la forme d'une gourde, ordinairement vernissée à l'extérieur en\nlaque blanche ou de couleur foncée et décorée. Sur le côté dépasse un\npetit bout de tuyau en embouchure, contre laquelle les lèvres sont\nappuyées et remplissent l'instrument avec de l'air comprimé. Sur le cou-\nvercle plat de la boîte à air est placé un nombre de tubes en bambou,\nsoit libres, soit à languettes vibrantes en métal. Ces tubes sont de lon-\ngueurs différentes, et leur quantité varie de dix-sept à vingt-quatre. Dans\nle Cheng de dix-sept tubes, il n'y a usuellement que treize tubes qui\nparlent, les quatre autres servent de soutien. Chaque tuyau parlant a un\n\n1 Une autre étude donnera Pétat actuel de l'orgue et expliquera son fonctionnement.\nEN ALLEMAGNE : Silbermann, Gasparini, Schnitzer, Wagner, Herbst, Engler, Gabier, Frederici. —EN\nANGLETERRE: Jordan, Snetzler.— EN FRANCE: Cliquot, Dallery, Callinet, Daublaine, Dom Bedos, Ducro-\nquet, Lefèvre, Somer. EN HOLLANDE : Duyschot, Batz, Moreau, Muller, Hess. EN ITALIE : Serassi. -\nEN SUISSE : Mooser."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.42", "texte": "LES ORIGINES DE L'ORGUE\n101 7\n\npetit trou tout-à-fait à la base, et ne produit de son que quand cette\npetite ouverture est fermée par le doigt. L accord du Cheng différé selon\nsa construction. Les trous des tubes sont quelquefois garnis de fines cise-\nlures en argent.\nA part le Cheng, les Chinois n'ont fait aucun progrès dans la con-\nstruction d'instruments se rapprochant de l'orgue. Pourtant, la Cathédrale\nde Pékin et d'autres missions reçurent des orgues françaises il y a plus\nd'un demi-siècle ; mais cet exemple n a pas servi, comme pour nous celui\nde Ctésibios, à donner une impulsion suffisante.\nTandis qu'en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, on\ntransformait la Syrinx et 1 Hydraule au point den faire 1 instrument\ncolossal dont la voix fait trembler les voûtes de nos Basiliques, plaintif et\ndoux, dans la pagode entourée de fleurs, le Cheng continue sa melopee...\nEt l'ancêtre de bambou,, charmant bibelot laqué, si frêle qu'à peine\non peut le toucher, rappelle les siècles passes dune vie que les aits\nmodernes n'ont point entamée.\n\nCharles Mutin.\n\nFig. V. Orgue du Musée d'Arles"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.43", "texte": "LES MUSIC-HALLS\nENQUÊTE-ÉTUDE\n\nLa féerie polychrome du Paris-Nocturne s'allume\nEt, vers l'aphrodisie poudroyante des théâtres,\nLes troupeaux de la foule se hâtent\nSur les trottoirs blafards,\nainsi que s'exprime THÉO VARLET 1 dans sa langue essentielle et imagée.\nA côté des réclames d'aspect commercial, les noms des établissements qui\noffrent des plaisirs divers se pressent \" épelés en lettres de lumière\nDeux rubans multicolores forment alors une ceinture chatoyante àla\ncapitale : les grands Boulevards et les Boulevards de Montmartre. Théâtres,\nMusic-Halls, Cabarets Artistiques, Concerts, ouvrent leurs portes comme\ndes vomitoria où se poussent les houles des foules, tandis qu'aux sillages\nde leurs parfums violents les femmes cherchent à draguer leurs proies\ndans le vivier abondant. De cette vie spéciale et toute extérieure le poète\nqu'il nous plût de citer ici a fixé quelques traits dans une de ces \" Nota-\ntions \" condensées où il excelle. Toutefois la hantise de la Vanité finale\net, surtout, le désir d'une existence plus dégagée de liens ne lui permirent\npas de se fixer au centre de l'agitation perpétuelle de la \" Babylone\nModerne. \" Aussi son \" Soir Parisien \" reste-t-il un tableau isolé, eau-forte\nvigoureuse, dans son œuvre harmonieuse et diverse.\nDes esprits très délicats et d'une culture raffinée ont trouvé des\nelements precieux d'excitation cérébrale dans les distractions nocturnes\nde Paris et singulièrement dansles Music-Halls ou établissements analogues.\n\n1 Ces pages constituant un enquête en même temps qu'une Etude, j'ai rangé mes notes et réflexions person-\nnelles entre les noms de ceux qu il me fut donné d'interviewer ou à qui j'ai recouru de quelque façon — et qui\nse trouvent ainsi mis en \" vedette . Cette étude paraîtra ultérieurement avec des développements importants,\nen un volume dont Mme Colette Willy a bien voulu accepter d'écrire la préface. CH. CL."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.44", "texte": "LES MUSIC-HALLS\nioi9\n\nIl n'est peut-être pas inutile de rappeler que cet écrivain exquis qui\ns'appelait JEAN DE TINAN rédigea au \" Mercure de France pendant\nl'hiver de 1897, une chronique intitulée \" cirques, cabarets, concerts \" ;\nles \" concerts \" c'était les \" cafés-concerts Cette chronique était parfai-\ntement à sa place entre celle des théâtres et celle de la musique. Tinan,\nespiègle comme un clown, se permettait des \" rosseries \" comme celle\nd'annoncer, sous cette rubrique des \" Cirques \", un cours de M. Sarcey\npour les jeunes filles. Il y donnait des notations très fines, directes ou\ntransformées, et il savait retenir sans pédantisme l'impression d'art qui se\ndégage dans les cirques et les music-halls. Et ce que Tinan faisait en\n1897 année des danses serpentines et de la Loïe Fuller nous pourrions\nencore, en dépit des censeurs, le faire de nos jours.\nJe sais—je dirai presque: je sens que beaucoup m'attendent à ce mot\n\"art \"... comme au coin d'un bois, avec l'intention de m'assommer à coup\nde lourdes considérations, d'\" a-priorismes \" plus ou moins philosophiques\net d'anathèmes qui sentent leur Bérenger d'une lieue. La question de l'art\nau \" caf'-conc' \" est complexe et nous envisagerons en son temps chacun\nde ses aspects ; mais le seul a-priori qu'il me plaise de formuler ici est\ncelui de l'adaptation aux contingences. La Beauté est multiple comme la\nVie et l'on ne va pas voir une revue au music-hall dans le but d'éprouver\nle même genre d'émotion esthétique qu'en allant écouter, sentir et penser\nla IXe symphonie de Beethoven. Et cependant il ne faut pas craindre\nd'affirmer cette chose, d'ailleurs très simple : à savoir que la Beauté est\ntoujours la Beauté, de quelque façon qu'elle se manifeste. Jean de Tinan\navait raison quand il parlait de \" l'erreur commune et grossière d'apporter\noù ils n'ont que faire des procédés de critique littéraire classique.\nC'est qu'en effet, il n'est pas possible de mener une enquête ou\nfaire une étude sur les music-halls sans accorder une grande place à cette\nquestion du \" rôle \" de ces établissements. La réponse est pourtant bien\nsimple : ils ont la tâche de nous donner tous les genres de distractions que\nnous ne pouvons trouver ailleurs. Exhibitions multiples, féeries et chansons,\ndanses et monologues, petits actes de composition spéciale et non classée,\ncomme je vous préfère à la dernière pièce à thèse quoique j'aime la\nphilosophie et comme je donne pour vous les trois quarts de nos\npièces en vers quoique j'aie des raisons de dire que j'aime la poésie.\nOutre son spectacle très divers et bien qui se déroule\ntandis que le promenoir emporte en son cours lent et chatoyant les beautés"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.45", "texte": "1020\nS. I. M.\n\nprofessionnelles le music-hall est un musée d'actualités sensationnelles,\nA un moment on pouvait voir se succéder sur une même scène Otéro,\nLiane de Pougy et Emilienne d'Alençon. Cette dernière n'avait pas encore\nperdu son collier : elle n'avait perdu qu'une chose qu'elle ne cherchait\npas à retrouver... Liane était l'amie de son cher Jean Lorrain dont le rôle\ndevait sans doute se borner à un rôle de secrétaire... Quant à Otéro, la\ncroupe haute, le regard incendiaire et langoureux, elle moulait ses formes\nfameuses en des châles, montos^éclatants. La même année nous faillîmes\nvoir sur la scène des Folies-Bergère miss Clara Ward, l'ex-princesse de\nChimay, qui devait y exhiber des lapins après le duel Clémenceau-Chimay;\nmais la police ne toléra pas la chose et fit même craindre des complications\ndiplomatiques ! Et combien d'autres jusqu'à cette \" season \" ! Les\nscandales du jour produisent ainsi au music-hall leurs héros qui deviennent\npendant un temps des \"artistes\" quelquefois douteux mais toujours à\ngros cachet, ce dernier étant calculé d'après \" le degré d'attraction magné-\ntique des dits héros sur le public \" ainsi que s'exprime M. ROUZIER-\nDORCIÈRES, l'actif Secrétaire-Général de l'Olympia, duelliste notoire et\nconférencier-duelliste.\nLa transition nous est aisée pour parler du grand établissement1\ndu Boulevard des Capucines, dirigé magistralement par MM. de Cottens\net Marinelli. Ce dernier est un ancien \" homme-serpent \". Comme tel il\na fait peau neuve ; il avait auparavant fait fortune... Pour être l'un des\nmusic-halls parisiens les plus fameux et les plus fréquentés par les étran-\ngers— avec les Folies-Bergère et le Moulin-Rouge l'Olympia n'est\npeut-être pas l'un des plus anciens. Il y a quelque dix-huit ans l'emplace-\nment actuel fut acheté par M. Oller en vue de l'installation de \" Mon-\ntagnes-russes \" qui avait alors grand succès en Allemagne et qui en eurent\nautant chez nous. Le music-hall édifié ensuite passa par des directions\ndiverses : celle des frères Isola (qui sont bien les directeurs les plus parisiens\nqu'il soit), celle de M. Ruez qui ne fut pas heureuse pour revenir\naux mains des Isola qui ont l'habitude de cumuler jusqu'à l'actuelle\ndirection. Et certes, on peut se rendre compte de ce qu'est l'administration\nd'un music-hall en considérant, même superficiellement, celle d'un établis-\nsement comme celui-là. Un loyer fabuleux, 8000 francs de publicité par\nmois, des attractions qui n'ont qu'à rouler sur des ponts d'or pour venir\n\n1 Chaque établissement dont l'administration nous aura suffisamment renseignés aura sa place dans cette\nEnquête."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.46", "texte": "LES MUSIC-HALLS\n1021\n\nde l'Amérique ou d'ailleurs jusqu'aux fonds baptismaux de l'Olympia,\nd'où, consacrées parisiennes, elles repartent à travers le monde parées d'un\néclat nouveau, voilà quelques uns des aspects de cette \" affaire \"\nénorme qu'est l'administration d'un grand music-hall.1\nMais j'entends mes moralistes qui reviennent à la charge après\nm'avoir impatiemment écouté. Je leur ai dit, en somme, que le music-hall\nétait le music-hall : cette affirmation dénuée d'artifice ne semble pas\ndangereuse pour les méninges qui en ont accouché, mais l'affirmation\nde la réalité est la base de tout raisonnement. Je leur ai montré ensuite\nqu'il était possible à des êtres très intelligents de s'y plaire. Je leur ai\nindiqué les points où se révélait une esthétique spéciale mais incontestable\n(n'y en a-t-il point dans un cirque ?). Après des détails un peu secs peut-\nêtre, j'ai insisté, pour les besoins de l'anecdote, sur le côté exhibitionniste\nde la question. Je pourrais terminer cette première partie de mon étude\npar cette réflexion de Nietzsche, que \" tout est pur pour les purs et\ncochon pour les cochons \" ; je compléterai cette réflexion par deux\nautres : à savoir que le cochon qui sommeille au cœur de tout homme a\ndroit à ses satisfactions et que, d'ailleurs, tout devient motif d'intellectualité\npour les êtres intelligents. Il ne faut donc pas craindre de parler de ce\nque j'appellerais la \" Bêtise Nécessaire. \"\nOn m'objectera qu'il n'est pas nécessaire que cette bêtise nécessaire\nsoit envahissante. Assurément; mais elle ne l'est pas dans les tout premiers\ndes établissements. J'accorde qu'elle l'est dans les music-halls secondaires\nde la capitale et dans tous ceux de province. C'est beaucoup : je le sais.\nLa première conclusion à tirer de cette constatation est d'ailleurs au\ndésavantage du public. Mais une réforme s'impose sur ce point, car il n'y\na pas à désespérer du dit public. C'est du moins ce que m'affirma\nM. FURSY qui a pris, dès cette saison, la direction de la Scala marchant\njusqu'alors sur une même combinaison avec l'Eldorado. Le fin chansonnier\nqui, pour ouvrir la Scala, n'en a pas pour cela fermé sa BOITE annonça\nvéhémentement son intention de \" rénover \" le café-concert. Il me reçut\ndans son cabinet exigu, le chapeau sur l'oreille, sa fine moustache en\nbataille et lestement troussée comme ses chansons.\n\" Je suis revenu a mes premières\n\n1 Détail piquant : Padministration de ce music-hall se montre sévère pour la toilette des péripatéticiennes\nqui honorent son promenoir ; un véritable contrôle y préside. Et cela vous a un air de réglementation consacrant\nU chose, lequel air ne doit pas déplaire à un Pierre Louys, par exemple."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.47", "texte": "IO 2 2\nS. I. M.\n\nancien établissement et cest le premier c\nEst-ce à cause de ce rappel a mon innocence première?.... Je ne sais ! Quoiqu'il\nen soit il y aura ici des choses rosses,sentimentales,\nMais se sera toujours spirituel et jamais Polin,\nviendront ici, ils resteront certes dans genres mais\nrépertoires. Et ne croyez pas que le public se rebiffe, au contraire !.... Mes\npremières salles en sont une preuve \" ajouta-t-il avec le sourire du directeur\nheureux.\nOn félicita de ses projets celui le nouveau directeur de la Scaia et\nM. ADOLPHE BRISSON s'écria : \" En s'ca-là, j'marche ! \" 1\nJe fus donc voir le feuilletonniste du TEMPS à l'hôtel cossu des Annales,\nJe m apprêtais un peu à entendre de la morale car j'avais dans la mémoire\ndeux récents feuilletons où l'actif successeur de Sarcey déplorait la sottise\ndes chansons de café-concert. Mais M. Brisson me développa un troisième\nfeuilleton qui, pour être oral et imprévu, n'en fut pas moins charmant:\n\" T aime la licence ! Celle de R\nXVIIIe siècle. Je demande au café-concert\ntout. J'ai d'ailleurs connu des hommes d'esprit \"\net j'ai souvent accompagné Henri Meilhac\nplus, je ne fais pas difficulté de reconnaître\nde jolies filles a demi-nues (quand elles\nBeauté, de l'Art. Ce que je désire c'est que chansons et exhibitions ne soient ni\nidiotes ni obscènes... et que les filles soient toutes jolies. Je ne considère même point\ncomme trop paradoxale votre théorie de la \" Bêtise Nécessaire \" telle que h>ou\\\nl'exposez. \" Quant aux deux feuilletons auxquels vous faites allusion, jt\nvous dirai que j'ai reçu une lettre exq a\nraison... \"\nJe remerciai l'aimable écrivain et me rendis, perplexe, chez WILLY\nqui signe quelquefois du pseudonyme \" Gauthier-Villars \" des articles\n\" sérieux \" (encore que beaucoup ne veuillent le connaître que par ses\ncalembours) et qui a d'ailleurs une foule de pseudonymes qui tous sont\ndevenues des noms. \" Il ne manquerait plus, me disais-je, qu'après un\nAdolphe Brisson folâtre je rencontre un Willy grave. \" Il le fut !\n\" Le music-hall m'embête presque\nl'homme des'' premières J'en ai\nle music-hall doit m'avoir en somme peu de reconnaissance : j'ai plutôt contribé"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.48", "texte": "LES MUSIC - H A 1 LS\n1023\n\nI faire descendre Polaire de ses planches, quoiqu elle y remonte par moments avec\ntin vif et légitime succès... Mais parlons\niu dernier volume de \"\nEt ceci me rappela que Willy s'appelle aussi l'ouvreuse et qu'Henry\nGauthier-Villars est un être très intéressant, complexe et mal connu.\n[A SUIVRE]\n\nCharles Clarisse."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.49", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\nET LA REFORME GRÉGORIENNE\n\nTous les musiciens, quels qu'ils soient, et le grand public, lui-même,\nn'ont pas été sans apprendre, au moins indirectement, la décision prise\npar S. S. Pie X, voici cinq ans déjà, de codifier les livres de chant litur-\ngique, de chant grégorien, de l'Eglise latine. Beaucoup moins de\npersonnes, en dehors de celles que leurs fonctions y obligent, sont au\ncourant de cette publication : l'Edition Vaticane du chant romain, dont\nle premier volume, le Graduale,paru l'an dernier, est déjà en usage dans\nde nombreuses églises.\nOn permettra à l'un de ceux que ses fonctions ont mis à même de\ncollaborer à ce travail de le présenter aux associés de la S. I. M. Et quand\nje dis : présenter, je ne l'entends pas seulement d'un banal compte-rendu\nbibliographique, mais faire connaître l'œuvre avec ses origines, son auto-\nrité, répondre même par avance à quelques questions ou objections qu'un\nesprit curieux serait en droit de poser.\nSes origines, à prendre le mot dans le sens strict, seraient les origines\ndu chant grégorien lui-même, et il nous faudrait pour cela remonter à\nl'antiquité : c'est là un sujet de travail spécial, et vous voudrez bien m'au-\ntoriser à vous renvoyer ici au volume que j'ai fait paraître sous ce titre.1\nLes origines immédiates de l'Edition Vaticane sont celles dont je veux\nparler, et elles forment une partie intégrante de l'histoire de la réforme\ngrégorienne en notre temps.\nLe Pape, organisant la Commission pontificale qui devait être char-\ngée de ce soin, en confiait la présidence et la direction au R Dom Pothier,\n\n1 Les Origines du chant romain, ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres ; Pans,\nA. Picard."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.50", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\n102 5\n\nBénédictin de la congrégation de France, et appelait principalement les\nmoines de l'abbaye de Solesmes, de la même congrégation, à en préparer\nles premiers travaux par un sage récolement des manuscrits.\nLes deux noms que je viens de citer résument et rappellent la réforme\ngrégorienne : Solesmes la vit naître, et Dom Pothier* en fut l'artisan,\n\" prélat comme le disait il y a peu d'années l'abbé de Solesmes en faisant\nl'éloge de son ancien confrère devenu abbé de Saint-Wandrille, \" prélat\nqui a, dans l'Eglise de Dieu, conquis des titres de grande naturalisation\npar la restauration du chant grégorien, à qui son nom demeure à jamais\nattaché\nJe ne rappellerai point comment le savant religieux fut amené à s'oc-\ncuper de la question: au milieu des recherches, plus ou moins bien dirigées,\ndes musicologues des environs de 1850, l'illustre Dom Guéranger, abbé\nde Solesmes, voulut que sa congrégation participât scientifiquement aux\nétudes entreprises. Il chargea de ce travail, en 1860, un jeune moine, en\nqui il avait discerné de paticulières aptitudes, Dom Pothier. Représentez-\nvous où l'on en était il y a un demi-siècle : recherches pénibles et conclu-\nsions contradictoires, catalogues incomplets et manuscrits indéchiffrables,\nune nouvelle paléographie à créer de toutes pièces ; voilà où devait se\ndébattre le chantre bénédictin, guidé seulement par le fil ténu de la tradi-\ntion. Avec un autre confrère, décédé au bout de quelques années, Dom\nPothier se met à la tâche ; il transcrit les antiphonaires poudreux, compare\nles textes des théoriciens, et réussit à établir, vers 1868, une première\ncopie, clairement lisible, du graduel grégorien.\nJe puis le dire ici, pour avoir eu en mains ses notes et manuscrits,\nqu'il a eu la bonté de me communiquer Dom Pothier, dès cette époque,\nétait plus près des meilleures versions que d'ultérieures éditions le laissent\nparaître, obligé qu'il fut, pour les publier, de tenir compte des observa-\ntions et des scrupules de ses confrères.\nCependant, il fallait, avec la certitude d'une notation authentique, la\nsûreté de méthode pour l'exécuter. Les points les plus délicats devaient\netre fouillés encore, et douze ans s'écoulèrent en essais, en nouveaux tra-\nvaux, obscurs, mais féconds. Entre temps, Dom Pothier, vers 1875, se\nfaisait connaître au monde savant par des dissertations sur des points de\ndétail. Enfin, en 1880, parut son principal ouvrage,\nriennes, dont l'apparition suscita un émoi considérable parmi les plain-\nchantistes. Après trente ans bientôt écoulés, l'ouvrage est encore aussi neuf"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.51", "texte": "102 6\nS. I. M\n\nqu'au premier jour ; s'il peut, à certains égards, être complété, il n'offre\nrien à reprendre. La pondération de l'auteur lui a fait, d'instinct, éviter\ndans cette exposition de la réforme grégorienne, les hypothèses dangereu-\nses ou les vaines spéculations, et présenter de la façon la plus intéressante\nle résultat de ses travaux. Dès lors, la restauration du chant grégorien\nétait virtuellement accomplie. A Dom Pothier revient l'honneur d'avoir\ndécouvert et précisé la lecture et l'interprétation des anciens neumes, fixé\nle rôle de l'accent latin et du phrasé dans la mélodie liturgique, les \"tim-\nbres \" et les formules avec leurs diverses règles d'adaptation, constitué une\nscience nouvelle, la paléographie musicale, édité enfin pour la pratique\nles premiers livres choraux du siècle dernier qui fussent conformes aux\nmanuscrits. Comme ils ne sont pas tous entre les mains des musiciens, en\nvoici la liste, dont l'ensemble forma les \" éditions de Solesmes \" :\nLe Liber Gradualis^en 1883, avec une seconde édition en-1895 ; le\nDirectorium chori^en 1884 ; l'Hymnaire, en 1885 ; la même année, l'office\ncomplet de Noël; puis, en 1886, celui des Jeudi, Vendredi et Samedi\nsaints ; l'office des morts, en 1887 ; le Processional monastique, en 1888,\navec les Variae preces dont une seconde édition fut donnée en 1892 et\nune troisième en 1895 ; l'office de la Fête-Dieu et celui des\n(ire édition) parut aussi la même année. En 1891, Dom Pothier publiait\nl'Antiphonaire complet du jour, Libe pour l'ordre béné-\ndictin, et pour le rit romain, et il préparait enfin l'édition des chants de\nl'office nocturne, qui devait former la conclusion de l'œuvre pratique. En\n1895, parut la partie principale de cet office, comprenant, d'une part, les\n\" invitatoires et, d'une autre, l'office de nuit des grandes fêtes et du\nCommun des Saints, pour l'ordre monastique, et selon le bréviaire\nromain.\nA ce bagage déjà considérable ne se borna pas l'activité de Dom\nPothier. En divers articles de revue, il indiquait les principes qui avaient\nguidé ses travaux, donnait des pièces rares ou nouvelles avec des conseils\npratiques, et, collationnant avec soin les manuscrits des diverses écoles,\nmieux connus de jour en jour, il rassemblait les leçons et les variantes qui\npermettraient d'améliorer les éditions suivantes, dans les premières des-\nquelles on avait été obligé, à divers égards, de compter avec les habitudes\net les idées en cours. Depuis 1892, en particulier, il collabore régulière-\nment à la Revue du chant grégorien.En 1889, sur une heureuse idée de\nDom Mocquereau, son principal élève, Dom Pothier commença la publi-"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.52", "texte": "L EDITION VATICANE\nIO 2 7\n\ncation de la Paléographie musicale,dont il écrivit le premier tome en\ncollaboration avec Dom Mocquereau, Dom Cabrol, actuellement abbé de\nFai nborough, et le bibliothécaire Dom Cagin. Le dessein des fondateurs\nde ce recueil, qui en est actuellement au tome X, était de reproduire par\nla phototypie les principaux types de manuscrits, avec les explications\nvoulues pour en rendre la lecture accessible. Le premier manuscrit ainsi\nreproduit et étudié fut le 339 de la bibliothèque de Saint-Gall, de la fin\ndu xe siècle environ.\nDom Pothier, cependant, quitta l'abbaye de Solesmes, et devint\nbientôt prieur, puis abbé du monastère de Saint-Wandrille, cet admirable\nsouvenir de 1 histoire religieuse de la Normandie. 11 achevait de corriger\nles rééditions du graduel et du responsorial et laissait à Dom Mocquereau\nle soin de continuer, dans la Paléographie l'exposé des principes\nde là restauration. Dom Mocquereau, second chef de l'école de Solesmes,\nqui avait commence sa carrière bénédictine vers le temps où Dom Pothier\npubliait les Mélodies grégoriennes,parut d'abord suivre la même direction,\nen lui donnant plus de largeur et plus de netteté. Mais bientôt, il s'enga-\ngeait sur une voie divergente.\nOù Dom Pothier était avant tout un savant consciencieux, mais\ntimoré, et ce fut la, oserai-je dire, son tort, hésitant à faire passer\ndans le public les résultats les plus certains de ses travaux, Dom Mocque-\nreau apparaît comme un vulgarisateur de talent, mais porte avec lui les\ndéfauts de ses qualités. Des l'année 1900, et dans les années suivantes,\nDom Mocquereau entreprend, sous sa propre responsabilité la réédition,\nd abord fragmentaire, du paroissien noté ou Liber Usualis de Solesmes,1 à\n1 usage des petites églises ; en introduisant des variantes, dont quelques-\nunes constituent d'excellentes corrections, il surcharge aussi la notation\ngrégorienne de signes nouveaux \\ Les uns sont de son invention, et in-\ndiquent, dans la ligne du chant, une doctrine rythmique qui lui est propre;\ndautres furent empruntés aux manuscrits les plus anciens, mais avec une\nsignification différente et toute nouvelle, certains mêmes sont pris aux\nplus détestables éditions du xviii6 siècle. Ces innovations, et les incertitu-\ndes qu elles produisaient, accentuèrent le caractère transitoire des éditions\nde Solesmes : elles devaient normalement faire place à quelque œuvre plus\ndéfinitive.\n\n1 La il' édition, de 1896, était conforme aux livres de Dom Pothier.\n4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.53", "texte": "1028\nS. 1. M\n\nDevant les variations que je viens de dire, des musicologues publiè-\nrent, eux aussi, des recueils de chants grégoriens d'après les manuscrits\noù la ligne rythmique et la notation étaient inattaquables, mais dont les\nmélodies présentaient parfois des différences assez grandes de celles publiées\nà Solesmes. C'est alors que le cardinal Sarto, bien connu dans le monde\nde la musique d'église, fut élu pape sous le nom de Pie X. Un des premiers\net des plus ardents partisans de la restauration grégorienne, il avait déjà\nfait partie du congrès d'Arezzo en 1884, et appliquait partout où il\npassait, les principes de Dom Pothier. Sans doute avait-il, avant de\nmonter sur le trône pontifical, l'idée que Léon XIII paraît avoir caressée\ndans ses dernières années, d'adopter purement et simplement les éditions\nde Solesmes pour le chant de l'Eglise romaine. Mais, devant des diver-\ngences qui semblaient devoir s'accentuer, Pie X indiqua le parti le plus\nsage : prendre pour bases les dernières éditions complètes de Solesmes,\npubliées par Dom Pothier en 1895, et en faire la revision générale d'après\nles meilleurs des manuscrits anciens, que de nouvelles recherches avaient\nfait définitivement connaître.\nC'était, en somme, préparer la reconnaissance définitive des travaux\ndu savant bénédictin et de ses confrères ; les soumettre à ce critérium\nfinal était comme passer au crible leurs résultats ; les parties moins bonnes\ntomberaient d'elles-mêmes, ne laissant subsister que le meilleur.\nVoilà le point de départ de l'Edition Vaticane. Le point d'arrivée,\nPie X lui-même a pris soin de le faire consigner dans la préface du\nGraduel, en rappelant les lignes directrices qu'il avait tracées : \" Ceux à\nqui fut commis le soin de ce travail.... se mirent à chercher avec ardeur\net à dépouiller les manuscrits anciens.... Cependant, bien que l'origine\nreculée d'une cantilène et son usage actuel la rendent plus digne, quant à\nson ancienneté, pour être reçue dans une édition nouvelle et corrigée, ce\nqui, cependant, est exigé d'elle pour être reçue, c'est la saveur de l'art\nreligieux...\n\" On a donc eu d'abord devant les yeux cette règle en observant les\nmanuscrits : ne pas admettre pour la seule raison d'antiquité ce qu'on\ntrouvait de plus ancien. La restauration du chant ecclésiastique ne doit\npas être uniquement basée sur des raisons paléographiques, mais aussi sur\n\n1 Les autres travaux de Dom Mocquereau sont, avec quelques articles de revue, les tomes 11, 111, IV, et\nVII de la Paléographie musicale, et, tout récemment, un ouvrage très discuté sur la rythmique, qui n'est à beau-\ncoup d'égards, que la mise en œuvre du tome VII cité plus haut."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.54", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\n1029\n\nl'histoire, l'esthétique, les règles de la liturgie... \" (Préface du Graduel\nVatican, alinéas Hisce loelutiet In chirogra\nOn me permettra d'affirmer ici le soin avec lequel le travail a été\nfait : la comparaison que chacun de vous peut instituer entre le Graduel\nVatican et celui qui fut édité, il y a vingt-cinq ans, à Solesmes, établit\ndéjà suffisamment, aux yeux des observateurs non prévenus, la précision\ndu travail, et le progrès obtenu dans l'établissement du texte musical. Sur\nles premières copies faites par les soins de Dom Pothier et des moines\nbénédictins I,les membres et consulteurs de la commission étaient\nappelés à donner leur avis et leurs corrections, avis et corrections, bien\nentendu, appuyés chacun de toutes les autorités possibles. Certaines pièces\nfurent ainsi soumises à revisions de plus en plus serrées, chacune\nconsacrée à éclaircir de plus en plus les points douteux, s'il y en avait.\nAu cours des travaux, on eut la possibilité de rééditer des pièces nouvel-\nlement découvertes ou qui se trouvaient, dans les livres jusqu'alors en\nusage, sur des mélodies diverses, de moins d'autorité. Je citerai ici au\nhasard, la moitié environ des chants de fournie par\nles moines de Solesmes, l'introït de la fête des saints souverains pontife,\ncelui du deuxième vendredi de carême (au supplément\nde la messe de mariage, etc.\nDans l'établissement et la publication des mélodies du\nVatican, il est, en dehors des menus et fastidieux détails de critique de\ntexte, dont je vous fais grâce, certains points surtout auxquels nous avons\ndû prêter une attention particulière ; ce sont ces points, me semble-t-il,\nqui intéressent tout spécialement les lecteurs de la S. I. M. D'ailleurs, les\ncritiques, inévitables en toute œuvre, et qui n'ont pas épargne l'Edition\nVaticane, ont précisément.porté sur ces points ; bien qu'elles soient surtout\noriginaires de l'Allemagne ou de l'ltalie, peut-être quelques-unes sont-\nelles parvenues à votre connaissance.\nParmi les chants officiellement admis dans la liturgie, il faut distinguer\nentre ceux qui, déjà au VIIIe siècle, formaient le corps de l'Antiphonaire,\net ceux qui leur furent ajoutés par la suite. Les premiers, unanimement\n\n1 Ce furent d'abord ceux de l'abbaye de Solesmes sous la direction de Dom Mocquereau ; au cours des\nils laissèrent la place à des religieux d'autres monastères de la même congrégation, parmi lesquels je\nciterai spécialement Dom Andoyer, prieur de Ligugé."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.55", "texte": "io3°\nS. I. M\n\nreconnus, dès cette époque, comme authentiquement grégoriens, sont le\nfonds classique du chant d'église : tels nous les font connaître les livre?\ndu IXe siècle, tels nous les retrouvons au XVe, et dans certains pavS)\npresque tels encore vers la fin du XVIIIe siècle.\nMais les pièces surajoutées, c'est-à-dire environ un quart du graduel\nactuel, et le Kyriale presque entier, se présentent tout différemment.\nAlors, en effet, que la tradition du pur grégorien restait conservée dans\nl'exécution, et consignée dans la notation, avec un soin respectueux, les\nmorceaux nouveaux n'avaient parfois pas de version fixe. Tel\ntel Sanctus,composé ici et là, étaient ailleurs modifiés. C'étaient en effet\ndes chants supplémentaires, même des mélodies populaires, appartenant a\ntous, te que chacun se reconnaissait le droit de toucher, s'il le jugeait\nutile. On peut signaler des cas où, dans une même église, ces mélodies\nvariaient, à côté des premières qui restaient intactes. Les unes, plus goûtées\nque les autres, furent conservées et incorporées aux livres grégoriens;\nd'autres tombèrent dans l'oubli. Quelles règles devait-on suivre pour les\npièces de ce genre, dans une édition pratique ? Car, ne l'oublions pas,\nl'Edition Vaticane, tout en étant le plus qu'il est possible strictement\nscientifique, est celle qui doit suffire à la vie quotidienne du musicien\nd'église : on n'a jamais songé, comme le voulait naïvement un critique\nétranger, à la transformer en un pur répertoire de la musique médiévale,\nOr, en ce qui concerne ces pièces surajoutées, lorsque la tradition\nécrite est unanime, ou à peu près, à en donner le chant, il n'y a point de j\ndifficulté. Lorsque, au contraire, le musicologue se trouve en présence j\nd'une mélodie à versions contradictoires, telles qu'en notre temps les '\nvieilles chansons populaires, sans qu'on en connaisse, ni l'époque, ni le\npays d'origine, un seul procédé est possible pour la pratique : choisir la I\nversion la plus répandue, ou la plus autorisée. Par exemple, un\nest donné par plusieurs manuscrits du XIe siècle ; mais '\nautant de variantes ; au XIIe siècle, les variantes persistent, et s'augmen-\ntent ; au XIIIe siècle, une version définitive et à peu près uniforme s'établit,\net reste en usage jusqu'à nos jours. C'est le sans hésitation\npossible, et on ne saurait trouver mauvais que l'Edition Vaticane l'ait i\npublié, de préférence aux textes plus anciens, divergents et ordinairement,\ndans ce cas, mal venus. Je prends un autre exemple : un verset, nouveau\nalors, est donné par d'excellents manuscrits du Xe et du XIe siècle, mai;\ntoujours avec des versions différentes. Ces versions sont toutes aussi"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.56", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\nio3 1\n\nbonnes : laquelle adopter pour la pratique ? On a souvent utilisé, comme\nil s'agissait d'un recueil du chant romain, la version des manuscrits\nitaliens, et autant que possible, de Rome, alors qu'ils n'avaient pas encore\nété utilisés dans l'édition de Solesmes.\nVoilà pour les règles de critique générale.\nIl en est d'autres cependant, et il n'est pas moins intéressant d'en\nétudier les raisons. Voici d'abord l'emploi des ornements. Tous les musi-\ncologues qui s'occupent des époques artistiques proches de la nôtre,\nconnaissent les difficultés qu'on a agitées sur cette question. Elle nous\nsemble au contraire facile maintenant à résoudre ; en rééditant la musique\nde Bach ou de Rameau, c'est de donner les ornements des éditions ou des\nmanuscrits originaux tels qu'ils sont, quitte à chercher les moyens de les\ninterpréter de la manière la plus parfaite. Il n'y a, dans un pareil cas,\naucun doute sur la meilleure marche à suivre pour l'édition.\nMais, remontons un peu plus haut. Supposons un instant que, sans\nrien savoir de l'oeuvre de Palestrina, et des \" tripatouillages \" que se per-\nmettaient les virtuoses, il ne nous reste de ce maître que quelques éditions,\nles unes, conformes à ce que nous savons actuellement de ses compositions\nauthentiques, les autres, avec les fioritures et ornements tels que nous les\nfont connaître divers auteurs. Quel ne serait pas l'embarras de certains\nmusicologues ?\nSans doute, les uns, considérant que les éditions surchargées d'orne-\nments diffèrent les unes des autres, et sont d'ailleurs rarissimes, jugeraient\nseul bon et authentique le texte commun aux autres éditions. Mais il y\naurait aussi des musiciens pour faire remarquer qu'une des éditions avec\nornements date du vivant même de Palestrina, que nous savons que la\nmusique de ce temps aimait beaucoup de tels ornements, et qu'en consé-\nquence nous devons considérer comme plus authentiques les recueils où\nle chant est ainsi \" fleuri \", les autres les ayant abandonnés par corruption.\nSous sa forme spécieuse, le raisonnement séduirait les uns, tandis qu'il\nparaîtrait à d'autres auditeurs, qu'il vous paraît à vous-même, empreint\nd'un subjectivisme non douteux\nOr, la même querelle, exactement, sépare les grégorianisées.\nLe chant grégorien, nous le savons tous, malgré que l'habitude de\nles pratiquer ne subsiste plus guère, renferme aussi des ornements parfois\nassez nombreux. Ils sont facilement reconnaissables, même avec la notation\ncarrée sur lignes en usage depuis le XIIe siècle, parce qu'ils sont indiqués"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.57", "texte": "io32\nS. I. M\n\npar le groupement spécial des notes, ou leur place dans la mélodie : ce\nsont les quilisma, salicus, strophicus, pressus, oriscus et trigon. Si nous consul-\ntons les manuscrits plus anciens avec les neumes sans lignes, nous con-\nstatons d'une part qu'il y a, pour certains de ces ornements, des divergences,\net que, par contre, il en est sur lesquels tous les manuscrits s'entendent.\nMais, si nous étudions ces manuscrits par école, nous verrons de plus,\nqu'alors que la grande majorité des manuscrits s'entend sur le nombre et\nla place de ces ornements, ceux qui appartiennent à l'école de Saint-Gall\nen donnent un nombre beaucoup plus considérable. Et, loin d'avoir seule-\nment certains de ces ornements là où l'ensemble de la tradition s'accorde\nà les placer, les manuscrits sangalliens les mettent sur d'autres degrés, les\ninsèrent en d'autres neumes, là même où le reste des manuscrits n'en\ndonne jamais, ou du moins très rarement.\nLe sentiment commun des grégorianistes est qu'il y a ici la mani-\nfestation d'un usage d'école tout à fait spécial, tandis que les autres écoles\nreprésentent l'ensemble de la véritable tradition. C'est le sentiment de\nDom Pothier c'est aussi celui qui l'a emporté dans la Commission Pon-\ntificale, pour l'établissement de la nouvelle édition. Cependant d'autres\ngrégorianistes, voyant cette quantité d'ornements, en ont conclu que les\nmanuscrits de cette école sont plus complets et devaient préférablement\nêtre suivis ; ils ont vivement reproché à la Vaticane de ne pas en tenir\ncompte. Ils ont oublié que les chroniqueurs de Saint-Gall eux-mêmes\nnous ont mis sur la bonne voie, en nous prévenant qu'il y a une grande\ndissemblance entre le chant grégorien, tel qu'il était usité dans leur\nmonastère, et la façon dont on l'interprétait à Rome. 1\nMais, comme toute opinion est soutenable, ceux qui l'embrassent pré-\ntendent que la cantilène liturgique romaine s'est mieux conservée dans son\nétat original au milieu des montagnes des Alpes (!) où elle s'introduisit\nvers le début du IXe siècle, qu'elle ne l'a été dans la capitale des Papes,\noù saint Grégoire l'avait fixée deux cents ans plus tôt, et que la Schola\nCantorum conservait avec un soin jaloux.\nUn troisième point, sur lequel nous fûmes âprement repris dans un\npamphlet d'allure pédante publié par un prêtre allemand fixé en Irlande,\nau moment de l'apparition du premier fascicule de l'Edition, c'est la\nmanière de traiter la note si dans certains cas.\nOn le sait, en effet, suivant les époques, ou les écoles, ce degre\n\n1 Voyez sur l'ensemble des faits ou traditions relatives au chant de Saint-Gall, mes Origines plus haut citées,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.58", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\ni°33\n\nmobile de l'ancienne musique s'est tantôt transmué en bémol, tantôt en\nut. Et, quoi qu'on ait dit au sujet de la prétendue horreur du triton,\ndiabolus in musica manifestée par les anciens plain-chantistes, cette cause\nsupposée est nulle en l'espèce, comme nous le verrons tout à l'heure. D'autre\npart, si la première édition de Solesmes avait, pour ne pas trop effaroucher\nles susceptibilités, conservé un certain nombre de bémols dans diverses\nformules où l'habitude courante les plaçait, Dom Pothier les a successive-\nment éliminés dans les éditions suivantes, lorsque l'éducation grégorienne\nfut assez répandue dans le public. Mais, ouvrez l'Edition Vaticane, et\nvous recontrerez nombre de cas où le quoique indirectement, est en\nrapport avec 1 ç. fa.ll y a même certain verset alléluiatique où ces deux\nnotes sont les notes d'appui d'un neume.\nLa peur du triton n'est donc pas la raison qui a porté les éditeurs\nde la Vaticane à substituer Y ut, en divers passages, au que donnent\nles manuscrits les plus anciens.\nA l'époque antique, la \" mèse \" ou \" teneur \" de l'échelle dorienne,\nconservée dans le ton \" deuterus authente \" ou 3e ton psalmodique de la\nliturgie, était la note si. Cette échelle, qu'on a aussi nommée \" mineure\ninverse \", est représentée par l'octave de mi sans dièse ni bémol. La teneur\nsur le si fut, jusque vers le XI siècle, la note principale ou dominante\ndes récitatifs du 3e ton : à partir du XIe, Yut lui est progressivement sub-\nstitué dans ces récitatifs et dans les formules analogues. Depuis cette\népoque, il est entré dans l'usage général de la liturgie, et les divers chants\ncomposés dans l'échelle en question ont toujours pris Yut comme teneur\nrécitative. C'est sous cette forme que les mélodies les plus traditionnelles\nsont connues ; c'est avec ce procédé qu'elles ont été traitées ou imitées\npar les maîtres de la polyphonie classique, Palestrina ou Bach, pour ne\nciter que les principaux. Voilà tout simplement les causes pour lesquelles\non a, dans ces passages, suivi la version postérieure à l'an 1000 environ,\net désormais traditionnelle, plutôt que de reprendre la mèse antique.\nD'ailleurs, sur ce point tout particulier, voyez ce que dit Gevaert dans\nsa Mélopée antique,et comment il estime que remettre dans ces formules\nle si primitif serait esthétiquement un recul. Et ce qu'il avait écrit, il l'a\nrépété aux Bénédictins qui ont eu l'occasion de l'entretenir au sujet de la\nnouvelle édition. Plusieurs des points de tonalité sur lesquels a porté la\ncritique ont été solutionnés avec l'aveu de Gevaert, qu'on n'accusera\npas de certes manquer de capacité en ces délicates matières."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.59", "texte": "1034\nS. I. M.\n\nMais on pourrait se demander, en dépit de l'avis d'un tel maître\nès sciences musicologiques, si la modification qu'ont fait subir à ce mode\npeut-être inconsciemment, les gens du XIe siècle, n'est pas en réalité une\ndéformation, une corruption ? A quelles raisons, en d'autres termes,\nont-ils obéi ?\nCette cause est infiniment intéressante, et je n'ai d'ailleurs pas la\nprétention d'en épuiser ici les données, mais de les indiquer seulement.\nPour nous, qui avons l'habitude du \" tempérament \" parfaitement\négal des tons et demi-tons de la gamme, elle semblerait devoir nous\néchapper. Mais il fut un temps où cette égalité n'existait point ; où l'on\nintroduisait de plus, dans la ligne mélodique, des broderies en intervalles\nmoindres que le demi-ton. L'une et l'autre chose existent toujours dans\nles pays orientaux, de telle sorte que notre n'y est pas usité, mais s'y\ntrouve seulement représenté par des degrés correspondants, l'un plus bas,\nle si acoustique ou pythagoricien, l'autre plus haut. Or, ce cas était celui\ndes vieilles mélodies grégoriennes. Joignez àce qui n'était pas notre J/,\nle \"dièse enharmonique\" séparant en deux le demi-ton suivant, justement\ndans le même mode, et vous comprendrez parfaitement qu'au moment\noù ces divisions disparurent, le si pût s'échanger avec C'est précisé-\nment au XIe siècle que cela eut lieu : abandon des quarts de ton, premier\npas vers l'égalité des intervalles, et remplacement, dans certaines formules,\ndu si par Y ut, sont des faits concomitants. Il ne paraît donc pas pratique\nde reprendre dans les passages en question le contesté, sous peine de ne\npas lui faire donner l'effet réel qu'il produisait primitivement.\nJ'ajouterai aussi, et je livre ceci aux critiques qui l'ont ignoré, que le\nmême fait s'est produit pour le la vis-à-vis du bémol, et pour le par\nrapport au fa.\nJ'ai résumé succinctement les voies diverses qui ont conduit à la publi-\ncation de l'Edition Vaticane ; j'ai exposé les principes qui ont présidé à\nl'établissement du texte musical ; j'aurais pu également envisager ceux\nqui concernent le texte littéraire, mais ce n'est pas le lieu d'en parler.\nFerai-je maintenant l'éloge typographique du livre ?\nIl fait honneur aux presses de la typographie pontificale.1 Le nou-\nveau Graduel romain, dans son édition originale, se présente sous la forme\nd'un beau et fort volume in-B°, de plus de neuf cents pages. Il est imprimé\nsur papier à la forme, spécialement fabriqué avec le filigrane ED. VAT. LIB.\n\n1 Prix, 6 fr. broché. Chez les principaux éditeurs catholiques."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.60", "texte": "L'ÉDITION VATICANE\ni 035\n\nGREG. Les pages sont encadrées d'un filet, et les diverses parties du livre\nornées de gracieuses vignettes dues à un artiste allemand. En tête, une\nchromolithographie représente saint Grégoire le Grand célébrant la\nliturgie.\nLe Saint-Siège, tout en conservant la propriété de l'œuvre, en a\nconcédé la reproduction aux éditeurs qui en ont fait la demande, et, en\nécoulant l'édition type, ceux-ci l'ont réimprimée déjà, en divers formats,\nen tout ou en partie, pour l'usage pratique des chœurs. L'édition de Rome\nest plutôt, en effet, un volume de bibliothèque, et comme elle ne sera\npoint réimprimée, elle se recommande par là à l'attention des collection-\nneurs. Les autres réimpressions seront désormais les seules éditions du\ngraduel grégorien qui paraîtront, de façon à assurer à toutes les églises\nlatines la correction et l'avantage d'un seul texte authentique des mélodies\nsacrées. Un second volume, qui est en préparation, sera l'antiphonaire\npour les heures du jour.1\n\nAmédée Gastoué.\n\n1 Un extrait anticipé de Pantiphonaire et du responsorial vient d'être récemment donné : YOfficium pro\ndefunctis."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.61", "texte": "PARIS.\nNovembre.\nIl faut le dire tout d'abord ; ce mois fut un mois de deuil.\nLa mort d'un grand artiste, fût-il jeune, n'est à l'ordinaire qu'une\napothéose. L'œuvre resplendit à ce moment de la vie même qui vient de\nquitter l'homme, et tous deux confondus commencent une nouvelle\nexistence, qui pourra être sans fin. Mais la mort de Charles Bordes est\npour notre musique une défaite irréparable. Les musiciens le plus\npurement dévoués à leur art ne lui avaient sacrifié que leur succès\nimmédiat ou leur bien-être, les bienfaits des honneurs ou de la fortune,\ntout au plus leur vie, pour que leur production demeurât conforme à leur"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.62", "texte": "LE MOIS\n\n1037\n\nidéal. Cet homme unique lui sacrifia sa production même. Le peu qu'il\na laissé, mélodies et pièces symphoniques, témoigne de dons admirables ;\nses amis nous font espérer qu'un drame de lui reste en état d'être achevé\npar leurs soins : mais plus que toute la musique qu'il a pu rêver de créer\nlui-même, la musique des vieux maîtres, la musique en soi lui fut chère.\nIl croyait lui faire tort quand il lui dérobait le temps de réaliser à la hâte\nl'une de ses propres pensées. Pénétré de la beauté des chefs-d'œuvre\noubliés que son érudition découvrait patiemment, il n'avait de cesse qu'il\nne leur eût rendu le lustre de la vie, afin que tous pussent les admirer\navec lui. C'est ainsi qu'il fut amené à fonder et la compagnie célèbre des\nChanteurs de St Gervais et la Schola Cantorum. Si ces deux institutions ont\nexercé sur la direction de notre école moderne une influence capitale, ce\nne fut cependant point l'effet d'un propos délibéré. Bordes n'avait rien\nd'un pédant ni d'un réformateur. Il n'était qu'enthousiasme. Il ne pensait\nqu'à répandre sur tous le trésor de joies qu'il recueillait de cet art\nsublime ou charmant du passé, non plus momifié dans les baumes frigides\ndes paléographes, mais réveillé d'entre les morts par une divination\nmerveilleuse de son caractère intime et de sa beauté vivante.\nLa seule force d'une conviction ardemment passionnée a rompu\nl'épaisse croûte d'ignorance sous laquelle notre musique, détachée de ses\norigines, s'étiolait et s'égarait. Qu'était-ce pour elle que Roland de Lassus\nou Vittoria, Monteverde ou Schiitz, Palestrina même ou Rameau ? A\npeine de vagues noms. Ils nous sont aujourd'hui aussi présents que les\nmaîtres du dix-neuvième siècle. Le contact de leur œuvre, comme celui\nde la terre nourricière, offre à notre art des forces indéfinies pour marcher\ndans l'avenir. C'est à Charles Bordes que nous le devons, a son action\nsingulière, qui demeurait si souvent cachée derrière les hommes qu'elle\nanimait, et dont peut-être ils n'avaient pas toujours conscience eux-\nmêmes. C'est de cet instant, où si subitement elle nous manque, qu'on\nmesurera combien elle nous fut, combien elle nous devait etre fécondé et\nbienfaisante encore.\nVous n'attendez pas de moi, je pense, une dissertation sur 1 Or du\nRhin. Le sujet est épuisé depuis longtemps ; et si c'est la première fois\nque nous voyons le prologue de la Tétralogie à Paris, ce n est pas la\npremière fois que nous l'entendons, puisque M. Chevillard en a dirige"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.63", "texte": "1038\nS. I. M\n\naux Concerts Lamoureux des exécutions nombreuses, intégrales et par-\nfaites. La seule chose qu'il soit intéressant de considérer en ce moment\nc'est l'impression produite par l'apparition du dernier drame wagnérien\nqui restât à représenter sur notre scène avant Parsifal.... Mais éloignons\nl'idée que Parsifal puisse jamais tomber dans le cabotinage !\nL'impression, on doit le reconnaître, est restée fort loin de celle\nqu'on avait reçue de tous les autres ouvrages de Wagner, et loin de celle\nque l'Or du Rhin lui-même faisait au concert. Quant à ce dernier point\nil fallait s'y attendre, et d'abord à cause de l'acoustique détestable de\nl'Opéra ; sans parler du spectacle, qui est d'une nature telle, qu'on peut\npréférer se le donner à soi-même dans le secret de l'imagination. Puis un\norchestre de concert, et surtout l'orchestre Lamoureux, plus nombreux,\nmoins fonctionnaire, accoutumé à se faire écouter en virtuose, devait\ndonner des exécutions nécessairement plus brillantes, plus en dehors,\nqu'un orchestre de théâtre, même le meilleur, où le quatuor est restreint,\net qui est façonné à un rôle de second plan.\nEt dans l'Or du Rhin l'orchestre reste quelquefois, en effet, au\nsecond plan. Il est traité avec une discrétion et une fluidité extrêmes ;\nil semble se contenir ; il ne fait qu'annoncer par bouffées prophétiques\nla domination qu'il entend bientôt exercer. Au concert, où tout s'inter-\nvertit, il prend tout de même le pas sur les chanteurs. Au théâtre, il les\nabandonne à leur propre autorité, si même il ne leur demande appui. Or\nun seul des interprètes de l'Or du Rh à l'Opéra, M. Van Dyck, artiste\nsans égal, possédé l'autorité dans la pleine intelligence de l'art wagnérien.\nLui seul concentre la parole, la musique et le geste dans un accent unique,\nqui est souverain. L'orchestre des drames qui ont suivi le est si\npuissant et si complexe qu'il suffit à tout. Il s'empare de l'auditeur tout\nentier, lui suggéré tout ce qu'il doit entendre dans l'interprétation du\nchanteur, et suppléé au besoin à son insuffisance. Nous nous sommes\ntrop accoutumés à la magie de cet orchestre.\nÎSious oublions trop aussi, parce qu'on nous l'offre dans un ordre\ncontraire à tout bon sens, qu'il faudrait écouter l'Or du seulement\ncomme un prologue. Prologue d'action, où une série de préparations pour\nun drame gigantesque sont minutieusement établies, où des symboles et\ndes faits, dénués d émotion humaine, sont exposés avec l'insistance et la\nnettete un peu seche qu'on emploie aux préliminaires d'une démonstration.\nPrologue de musique, ou les thèmes sur lesquels trois partitions énormes"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.64", "texte": "LE MOIS\ni 039\n\nvont s'édifier, se présentent dans leur simplicité première souvent toute\nproche des tournures du lied national et comme s'ils sortaient tous de\nl'accord initial, lentement élaboré d'un élément si primitif, d'une profon-\ndeur si obscure, que son premier son est plus grave qu'aucun de ceux que\nnous avons l'habitude de percevoir à l'orchestre. C'est le coup d'essai,\npresque sexagénaire aujourd'hui, et déjà le modèle accompli, le plus clair,\nle plus souple et le mieux pondéré, de ce système du leitmotiv où Wagner\nn'a point de précédent. Œuvre de l'esprit, plus que du cœur. Mais\nœuvre dont la perfection lumineusement classique, l'harmonieuse propor-\ntion, le trait si sobre et si vif, si caractéristique et si pur devraient parti-\nculièrement séduire notre âme latine. Peut-être l'ivresse des émotions\nviolentes, de ces paradis artificiels que Wagner nous a prodigués, est-elle\ndevenue pour nous un besoin. Peut-être nos sens blasés ne sont-ils plus\ncapables d'enregistrer les beautés sereines. Peut-être existe-t-il une autre\nexplication encore, si non une excuse à l'indifférence relative qu'à ren-\ncontrée l'Or du Rhin.Ce n'est pas une observation neuve, qu'au long de\nla Tétralogie le rapport entre le poème et la musique se renverse au fur et\nà mesure que se développe le contenu émotionnel du drame. Nous\nsommes bien contraints d'être plus sensibles à la musique qu'au poème,\nque nous entrevoyons à peine au travers des traductions. Et c'est pourquoi\nles mêmes auditeurs que le Crépuscule où la musique absorbe\nle poème, avait subjugués, trouvent froid et nu l'Or où le\npoème domine la musique.\nEt puis le wagnérisme ne passionne plus personne, ni pour ni\ncontre lui. C'est un culte établi, incontesté, d'aucuns disent : arriéré.\nPendant de longues années, tous les amis vrais de la musique ont lutté,\npour l'imposer, contre les plus stupides obstacles. Ils croyaient en même\ntemps, par un effet logique, ranimer le goût des classiques. Beethoven\nrégnait au concert : Gluck, un temps, au théâtre. Des desseins plus hardis\nencore les tentaient : ce n'était point assez d'avoir compris et admiré\nWagner, il fallait aussitôt s'en affranchir. Et sous l'invocation d'abord de\nl'adorable Père Franck, ensuite fortes d'elles-mêmes, des générations nou-\nvelles se levaient, dont l'indépendance croissait avec une rapidité\ndévorante. En vérité, de grands espoirs étaient permis.\nEt voici que d'un coup nous apparaît qu'ils ne recouvraient qu'un\nabîme. Nous voici face à face avec notre folie, d'avoir pensé qu'on\npouvait appeler la foule à la musique, et sortir notre art divin du milieu"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.65", "texte": "1040\nS. I. M.\n\nchoisi qu'une sensibilité éminente ou bien la culture, je ne dis pas forcé-\nment technique, mais au moins intellectuelle et morale, fait digne de le\ncomprendre. Nous avons cru à la possibilité d'un progrès dans la foule,\nparce qu'elle se laissait faire, guettant sournoisement sa revanche. Quo\nvadis ? vient la lui apporter, et monstrueuse. Jamais succès plus éclatant\nn'a indiqué chûte plus profonde du goût public. Je m'étais promis de ne\npas vous parler plus que de Chiquito,d'un ouvrage qui en lui-même-est\nrien, et moins que rien. Mais l'accueil qu'il a trouvé est quelque -chose.\nQu'il ait déjà existé, et en tous temps, d'autres partitions aussi triviale-\nment banales, aussi abaissées dans le pour-\nchas de l'effet insipide ou grossier, et qui\nn'atteignaient pas non plus à ce minimum\nd'orthographe qu'on est en droit d'exiger\nde tout homme qui rend publics ses\nécrits, je n'en sais rien, et c'est possible.\nMais on n'avait en-\ncore eu le front ni\nT 1 '\nde les jouer,\nni de les ap-\nplaudir. C'est\nlà notre pro-\ngrès. Il est\ndû, en bonne\npartie au\n\nAux répétitions de l'Or du Rhin:\nM. Messager M. Lagarde\nM. Hengel"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.66", "texte": "LE MOIS\n1041\n\nconstant effort de ce Théâtre Lyrique de la Gaîté, subventionné par\nla Ville de Paris, prôné à l'envi par les parlementaires, quelquefois\nlibrettistes, qui rapportent le budget des Beaux-Arts ; de ce théâtre qui\nJevait, et cela était visible dès le début, finir par une mauvaise action.\nA la répétition générale de YOr du Rhin,]ç, me trouvai placé devant\nune jeune femme qui, au moment ou la nuit, selon la tradition wagné-\nrienne, se fit dans la salle, s'écria, fort gentiment d'ailleurs : \" Ah ! bon :\nli barbe ! \" Cette forte parole résume à merveille toutes les nuances de\nootre état mental. La barbe, c'est tout ce qui est beau, tout ce qui est\ngrand, tout ce qui est noble, tout ce qu'on est obligé de subir comme\nune supériorité inaccessible et inattaquable, tout ce qui fait honte aux\nturpitudes de notre temps. Et c'est avant tout la musique, non point\nseulement méconnue, mais exécrée. On n'ose assaillir directement certaines\nchoses si augustes, vénérables, que ce serait avouer trop de bassesse.\nMais on sait des moyens détournés de blasphème et de destruction.\nQuand on acclame furieusement Quo avec le mauvais goût la\nbine est de moitié. On ruine l'art véritable. On se venge de\nTournons-nous, et que ce soit notre réconfort, vers les anciens. Il\n;xiste tout de même encore quelques hommes capables de servir la\nbeauté vénérable, et de lui amener un bon nombre de fidèles. Si un peu\ns'en mêle, gardons cette fois d'en médire. La façon dont\n|M. Gustave Bret a su conduire à une prospérité assurée la Société Bach\nmérité une reconnaissante admiration. C'est dans notre Paris irrespirable\non de ces \" espaces libres \" où l'on vient refaire sa provision d'air pur,\n'Otnme aux jardins trop rares qui élèvent leur fraîcheur au-dessus du\n?ive fangeux. M. Gustave Bret a donné, pour son premier concert de la\n'ison, une exécution très remarquable de qui n'est pas\n|cs œuvres les plus grandioses de Bach, mais la plus simple peut-être et\nune des plus touchantes. Pourra-t-il jamais, après un chœur et un\nrchestre, former des solistes français ? Quelle chose vraiment désolante,\nluil1uil soit a toute occasion obligé de faire appel à des chanteurs allemands,\n•Uisses ou hollandais ! Mais que ces chanteurs sont excellents !\nCe pourrait être aussi une œuvre salutaire qu'accomplit la société de\n1 Libéra Estetica,en essayant de faire revivre le bel art italien du\nau dix-huitième siècle. Elle aurait seulement besoin de moyens"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.67", "texte": "1042\nS. I. M\n\nd'exécution plus complets. Une cantatrice, un violoniste et un pianiste,\nc'est peu, de si bonne volonté qu ils soient, et si etendu que païaisse leur\nrépertoire. ,\nNos \" grands concerts \" auxquels il nous faut joindre désormais\nune nouvelle société, un peu jeune encore, mais bien digne d'encourage-\nment : Symphoma, dirigée par les chefs d orchestre de 1 Opéra ont\nheureusement mêlé à leurs auditions plus ou moins chronologiques des\nsymphonies de Beethoven, sur des programmes toujours aussi irréfléchis,\nquelques premières auditions. La plus împoi tante fut de la symphonie de\nM. Francis Casadesus, jouée avec succès par M. Chevillard. On ne con-\nnaissait jusqu'ici de ce jeune musicien que des compositions beaucoup\nmoins considérables : poèmes symphoniques ou poèmes chantés. Sa sym-\nphonie représente un effort dont l'ambition et la conscience lui font\ngrand honneur. Il y a assurément encore dans sa musique quelque chose\nd'un peu gros, d'un peu facile, trop de complaisance à l'effusion mélodique\nou à l'emphase sonore. Mais elle a une franchise et une clarté fort sym-\npathiques. Elle a des qualités vivaces de mouvement et de couleur. Ces\nqualités, il est vrai, semblent appartenir plutôt à un musicien de théâtre,\nNi le sentiment, chez M. Casadesus, ni l'idée, ni le style n'ont rien\nde symphonique. Il a beau employer comme il faut les transformations,\nles retours et les combinaisons de thèmes ; il a beau se faire une écriture\ninstrumentale souvent excellente, établir ses trois morceaux sur un plan,\nqu'on peut trouver discutable et assez monotone, mais qui est nettement\nsuivi, quelque chose manque à son ouvrage pour être une véritable sym-\nphonie. Il n'y peut rien, sans doute, car on ne change pas la catégorie de\nsa pensée. Ce qui constitue proprement la symphonie, ce n'est point tant\nla forme on en peut concevoir, on en connaît déjà des formes les plus\ndifférentes ce n'est point tant le style : c'est une vie intérieure d'une\nsorte particulière, qu'il est plus aisé de sentir que de définir. Vie mysté-\nrieuse, qui saurait créer l'unité entre des éléments plus disparates meme\nque ceux dont M. Casadesus a fait usage.\nLa vie intérieure, la cohérence et l'unité manquent bien plus encore\ndans les autres œuvres nouvelles qu'on a entendues au cours de ce mois.\nFaisons exception pour Brocéliande de M. Paul Ladmirauk.\nprélude très musical, où le sentiment de la nature est délicat, et qui tu\njustement applaudi sous la direction de M. Pierné. Mais dans la\nbasque,honnête quoique bien décousue, de M. Achille Philip, et la"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.68", "texte": "MAURICE RAVEL PAR OUVRÉ."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.69", "texte": "LE MOIS\nio43\n\n5\n\nfantaisie pour piano et orchestre, assez agréablement brillante, de\nM. Aymé Kunc, qui furent exécutées aux Concerts Lamoureux ; surtout\ndans une sorte de fabliau fantastique, d'ailleurs plein de talent, de\nM. Pierre Coindreau : le Chevalier Moine et les Diables dans PAbbaye, joué\naux Concerts Colonne, se manifeste la tendance trop fréquente chez les\njeunes musiciens d'aujourd'hui qui se disent \" avancés \", à ne considérer\nleur art que comme une amusette pittoresque, où il n'y a plus ni lignes,\nni construction, ni pensée véritable, mais seulement des impressions\nmobiles, des touches de couleur phonique : \" harmonies \" on sonorités,\nrythmes plus rarement. Ces jeunes musiciens peuvent se montrer parfois\nassez artistes. Mais s'ils ont raillé leurs aînés de confondre la musique avec\nla philosophie ou l'architecture, ils la confondent eux-mêmes avec la\npeinture : que dis-je ? avec le cinématographe. Ils ne composent plus :\nils juxtaposent. Il ne pensent plus : ils constatent.\nCette tendance provient en réalité de Berlioz, de Berlioz très mal\ncompris, et déforme étrangement son idéal. Elle n'est point spéciale à\nnotre pays. Nous la retrouvons, par exemple, dans un poème sympho-\nnique du Finlandais Sibelius : la Fille que M. Hasselmans\nnous a fait connaître récemment, et dont j'ignore la date. Mais deux\nouvrages à peu près contemporains l'un de l'autre, qui viennent d'être\nrepris, par M. Hasselmans encore et par M. Pierné : les\nS Italie de M. Gustave Charpentier et Penthésilêe de M. Bruneau, ont\nassez montré qu'il y a une quinzaine d'années nos jeunes musiciens\n11 avancés \" obéissaient à un autre souci de la substance et de la forme,\net que leur originalité n'en avait point pour cela moins de solidité. Et à\nce propos, quand on fera l'histoire des premiers âges du debussysme, il\nne faudra peut-être pas y oublier tout-à-fait le Bruneau du et de\nP tnthésilée.\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE D'AMÉRIQUE\n\nIl faudrait une lettre beaucoup plus longue que celle-ci pour donner\nJne idée de la vie musicale aux Etats-Unis. Laissez moi m'en tenir\nà quelques échos. Et parlons tout d'abord de Mahler le grand\nlomme d'ici, dont la direction me paraît parfois sujette à critique."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.70", "texte": "1044\nS. I. M\n\nJ'avais eu l'occacion de jouer moi-même sous sa direction, l'an\ndernier, et sa compréhension de Beethoven spécialement, m avait un\npeu choqué. Cette impression s'était ensuite accentuée lorsque j'avais\nentendu la çe de Beethoven, par un autre orchestre, sous sa direction.\nQue les mouvements soient modifiés, la critique ne peut guère y trouver\nà redire. Mais que F orchestration soit changée, cela dépasse un peu, pour\nun musicien convaincu, les limites des libertés à prendre. Un orchestre à\nla Strauss jouant à pleins bras et à pleins poumons : 8 cors, 4 trompettes,\n4 flûtes, une petite flûte, 4 clarinettes, 4 hautbois, etc....\nNe croyez pas que i'exagère et que j'aie un parti pris : j ai entendu\ndans le finale la partie de hautbois transportée à la flûte, pendant que\nl'heureux hautboïste comptait des pauses que Beethoven ne lui aurait\njamais permises. Vous dirai-je aussi, que dans la 7 du meme Beethoven,\nM. Mahler a cru devoir faire doubler les cellos par les altos a un certain\npassage de l'Allegretto.\nTout ceci peut paraître des vétilles. Mais cette année M. Mahler\nayant son propre orchestre : La Philar réorganisée pour lui,\na débuté, encore avec Beethoven en introduisant une petite clarinette\nMi bémol, (instrument de musique militaire ou de poèmes symphoni-\nques de Strauss,) dans l'Éroïca.\nEnfin, le premier Concert historique comprenait une \" Suite de\nBach \" se composant de trois morceaux de la Suite en Si Mineur, alter-\nnant avec deux morceaux de la Suite en Re avec la basse continue\nimprovisée au clavecin (un piano à pinces, non un clavecin), par\nle kappellmeister, laissant son orchestre s'en aller un peu à la dérive, pour\nse complaire en des glissandos que n'eut pas desavoues Liszt. Dans cette\nSuite en Si de Bach, la flûte excusez moi de parler encore de mon\ninstrument —, a une partie de Solo que Malher n'a pas jugé assez de\nfaire tripler : il l'a fait soutenir par une clarinette : ceci est à mon avis, et\nà celui de bien des musiciens, la limite de la farce en musique.\nPuisque j'en suis aux excentricités, je dois vous parler du premier\nConcert de La Boston Symphony, lors de son passage à New-York, la\nsemaine dernière. Le Concert se composait de trois morceaux sympboni-\nques : Ouverture pour une Tragédie, de Max Reger ; la Seconde de\nBrahms et Till Eulenspiegel ; avec intermèdes vocaux, par M.Charles\nGilibert, délicieux diseur, qui a voulu une fois de plus défendre la cause\nde la musique française et a interprété l'air du Tambour Major du Caid."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.71", "texte": "LE MOIS\nÏ045\n\npuis a chanté du Massenet. Massenet a quelquefois sa place dans les\nconcerts symphoniques, mais je ne crois pas que l'air de \" Grisélidis \"\nfasse partie de ce répertoire, pas plus d'ailleurs que \" Dansons la Gigue,\"\nle ce pauvre Charles Bordes.\nLa Boston Symphony avait quelques jours auparavant joué à Boston\navec grand succès la Seconde Symphonie de d'lndy.\nDimanche prochain, la New York Symphony joue à New-York et\npour la première fois en Amérique la Rhapsodie Espagnole de Ravel.\nUn des événements de ce commencement de saison, c'est l'ouverture\nJe l'Opéra de Boston, dont le personnel est à peu près exclusivement com-\nposé d'éléments locaux, y compris le corps de ballet, qui d'ailleurs y\ngagne, étant composé de jeunes et fraîches \" American Girls \" au lieu\nles pauvres Italiennes habituelles, pour qui jeunesse et fraîcheur sont\n'presque toujours de bien lointains souvenirs.\nL'ouverture s'est faite avec la Gioconda, avec Mme Nordica et\nMme Louise Homer.\nA New-York les deux Opéras fonctionnent le Metropolitan a\nouvert Lundi avec la Gioconda. L'Opéra italien fait fureur ici :le\nMétropolitan n'annonce que des Tosca Butterfly Bohème ; quel-\nques Aida Rigoletto : le Wagner ne bat pas encore son plein. Lohen-\ngrin fait les frais du moment : prochainement Parsifal. Pour les Français,\nWerther.... et c'est tout.\nD'ailleurs, Massenet est en vogue. Le (direc-\ntion Hammerstein) a ouvert avec Hérodiade et dans la même semaine,\niapho et Thaïs. Là, le répertoire allemand n'a pas cours et lorsque l'on\njoue pas la Tosca ou Cavalleria on joue du Français. Mais hélas, où\n;5t il, le temps où l'on jouait Pelléas, Louise, et où l'on nous promettait\niriane et Barbe Bleue, Aphrodite, etc. ! Non, le répertoire français se\n•ompose en plus d'œuvres de Massenet, de Carmen, des Dragons de\nillars et de la Mascotte.\nParmi les virtuoses innombrables qui se partagent les faveurs du grand\nüblic, les deux les plus applaudis ont été RachmanninofF et Kreisler. Ce\n1 ernier est en ce moment en pleine possession de son talent et ses deux\ndu Concerto de Beethoven, Dimanche et Mardi, ont pris des\n'ores d'hommages respectueux à la mémoire du Maître de Bonn. Il est\nde décrire l'émotion réelle que l'on éprouve à l'audition de\net admirable artiste. Et si quelques musiciens à la larme facile avaient"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.72", "texte": "1046\nS. I. M\n\nles yeux un peu rouges après le Concerto, ils sont bien excusables ; les\nimpressions d'art pur sont assez rares pour qu'on les savoure pleinement,\nlorsqu'elles se manifestent de cette façon.\nRachmaninnoff se fait connaître comme pianiste et compositeur, jouant\ndes concertos pour piano et conduisant des œuvres d'orchestre. On en\npromet une à la fin du mois à la New-York Symphony : Le Rocher.\nCette même New-York Symphony a ouvert sa saison avec une nou-\nvelle audition d'Elgar, symphonie déjà jouée plusieurs fois l'an passé.\nLa musique de chambre a été moins favorisée jusqu'à\ncélèbre quatuor Kneisel n'a pas encore recommencé ses séances. A signa-\nler les séances de sonates Piano et Violon par Mme et Mr David Mannes.\nDimanche prochain dernier, première séance, Sonate de Pierné ; le mois\nprochain, Sonate d'Enesco.\n\nG. Barrére.\n\nLETTRE DE MUNICH\n\nUne moyenne de vingt concerts par semaine, depuis deux mois, et\nce n'est que le commencement de la saison ! Le cinquantenaire de la mort\nde Spohr (22 octobre 1859) vaut à ses symphonies un regain de faveur:\nM. Paul Prill donne cet op 68, A la gloire de la Musique, d'après un\npoème de Cari Pfeiffer, dont elle se passe à vrai dire fort bien, et l'ouver-\nture du drame hindou, sans trace de couleur locale du reste,\nM. Mottl enchérit et donne la IIIeme, ut mineur, avec l'ouverture et un\nair de Faust,le VTPme concerto de violon et l'adagio du IXeme. D'où il\nappert que Joachim avait raison de les chérir et que nous avons tort de ne\nplus jouer ces symphonies, de même que celles de Joachim Raff (1822-\n1882), dont celle intitulée Dans la fapparaît seule encore de loin en\nloin sur les programmes. M. Prill, lui, en a ressuscité une, titréé Lenort,\nd'après la Ballade de Burger ; l'orchestration en est parfois encore impré-\nvue aujourd'hui. Je lis à l'instant l'expression du parfait mépris de\nM. Vincent d'lndy pour Raff, dans le second volume de son\ncomposition musicale.Or, la qualité mélodique de la première partie de\nLœnore (VAmour heureux), surtout dans /'Andante larghetto, m'a fait penser\nparfois à celle du père Franck ! Tel qui compose sans soin (et encore est-1\nce bien sûr ?) rachète souvent ce défaut par des qualités de spontanéité,"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.73", "texte": "LE MOIS\ni 047\n\nde verve et d'invention, qu'il aurait bien tort de brider, et rien n'est fait\npour rendre précautieux à l'égard des jugements, tranchants et sans appel,\ncomme d'opposer à la catégorique condamnation de M. d'lndy, l'estime\nen laquelle M. Edgar Tinel tient Raff, puisque, en plein Bruxelles moder-\nniste, l'auteur de Francisais et de a osé inaugurer par une\nsymphonie de ce méconnu, presqu'un oublié, sa direction des concerts du\nConservatoire, je prétends pour ma part que, même au point de vue de la\ncomposition, il y a beacoup à apprendre dans et à tous égards\nbeaucoup à se réjouir à une telle audition. Le retour d'une sorte d'idée fixe,\nsans insistance fatigante du reste, le programme, qu'il n'est pas indispen-\nsable mais seulement agréable de connaître, relient de telles œuvres\nhybrides mais charmantes, à la fois aux symphonies classiques et à celles\nromantiques d'un Berlioz et d'un Liszt.\nM. de Hausegger, avec une reprise énergique de la symphonie\nFaust de ce dernier, a inspiré à tout Munich un vif regret du\ntemps où, chaque semaine, nous pouvions assister à une mise en\nvaleur des grandes œuvres les plus variées, mais en revanche aucun\nregret des jours où, sous sa direction et celle de M. Stavenhagen, les\npoèmes symphoniques de Liszt sévissaient par accablantes sériés. Je sais\nque, à Paris, certains d'entre vous les réclament à cor et à cri. On a vite\ntait d'en être saturé ! Souffle court, rabachage, desseins ambitieux, hachis\nJe petites intentions ridicules, parfois mot à mot musical fastidieux d'un\ntexte littéraire donné, la prétention de traduire tous les grands chefs-\nd'œuvre de la poésie ou de l'art en une musique, sans grandes lignes\ncomme sans composition organique, d'une part ; d'autre part, la seule\n[compensation de quelques effets d'orchestre, qui ont cessé d'être neufs. Je\nne sais rien de tel pour rejeter vers Brahms, qui est plus neuf, plus juste et\nplus profond dans ses Variations sur le choral de Saint Antoine, en effets\nd'orchestre et en peinture instrumentale, que tous ces Faust,\nïïante, Hungaria, Tasso, Orphée ou simplement Kaulbach fta Bataille des\nÏÏunsJ d'un grand brave homme, qui ne doute de rien, mais qui mani-\n'fiste à quel point il est inapte à pénétrer tant de grands sujets par la\nMusique même dont il les paraphrase.\nEt maintenant aux nouveautés. Le Morceau nocturne fNachtstûckJ de\nHerman Zilcher, pour deux pianos et instruments a cordes, est fort\nPressant et qui mieux est, d'une très délicate rêverie. M. Prill nous a\napporté deux œuvres de jeunesse de Richard Strauss, la Sérénade op 7, pour"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.74", "texte": "1048\nS. I. M\n\nquelques bois et cuivres, et le concerto de violon op 8, œuvres aimables\net déjà habiles, à la veine mélodique facile, où l'on sent la contradiction\nà la fois d'un esprit éveillé, qui va vite en besogne, et d'un caractère\nsérieux, qui tient à se rendre compte des ressources de chaque instrument.\nSa sonate op 18, pour piano et violon, a eu raison aux soirees modernes\n(de M. A. Schmid-Linder, un grand ami de la musique française) de la\nsonate en ut majeur de M. d'lndy et de celle en mi mineur de feu Ludwig\nThuille, comme il en sera toujours de la jeunesse, de la verve primesau-\ntière et même d'une certaine gaminerie, opposées aux plus nobles labeurs\net aux savants accès d'humour de tous les \"Législateurs du Parnasse\".\nMUe Sophie Blum veut une mention spéciale pour la manière, dont elle a\ntenu sa partie de violon, dans ces trois sonates si différentes où, entre le\nsagace éducateur allemand et l'éducateur français de grand style, Strauss\napparut un peu comme l'enfant terrible a qui tout est bon pour ce qu'il\nen veut faire.Avec lui encore plus qu'avec d'autres la première chose en\neffet est toujours de se demander ce qu'il a voulu et non de le reprendre\nsévèrement à propos de ce qu'il aurait du.\nEt voici les deux pièces de résistance : le quatuor à cordes op. 13, de\nM. H ans Pfitzner et certain Prologue, de M. Max Reger. Comment se\nfait-il que la musique de M. Pfitzner soit si ignorée en France, alors que\ncelle de M. Reger y parait de loin en loin ? C'est le même cas qu'avec\nl'envahissant M. Strauss, alors que M. Mahler peu à peu conquiert ce\npremier rang, auquel seul il a droit parmi les grands musiciens de l'heure\nactuelle en Allemagne ? je ne veux diminuer ni M. Reger, ni M. Strauss,\nmais enfin comment juger sérieusement la musique d'un pays, dont on\nomet les deux plus géniaux représentants. Mahler du moins prend ses\néclatantes revanches ailleurs. Mais M. Pfitzner ! Il est à vos portes,\nà Strasbourg, où il opère des merveilles ; son œuvre est précieuse et rare\nentre toutes, réfléchie, ironiste, fantasque et surprenante, expression d'une\nAllemagne, qui est aussi peu que possible celle dont on trouve journellement\nde sportraits, très chargés et très superficiels, un peu partout dans votre\njournalisme. Ce quatuor op 1 3 est du reste si peu fait pour les habitudes\nde l'oreille allemande que, peut-être, lui donneriez-vous vos suffrages.\nQuant à l'opus 108 de M. Max Reger,\nqui n'existe pas, mais qu'il faut supposer d'une rare brutalité, au nom du\nciel laissez-le dormir, vous contempteurs de la et des\nHiller ! Sifflé l'an passé à Cologne, chuté quelque peu hier à Munich."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.75", "texte": "LE MOIS\nio49\n\nmalgré la ferme défense de ceux qui ont pris la peine d'en suivre toutes\nles répétitions, il n'est certes pas fait pour plaire au public, encore moins\naux savants. Rien d'amusant comme de surprendre l'air piteux et décon-\ntenancé des augures : c'est tellement plus fort que ce qu'ils sont capables\nde concevoir ! Dès lors ils prennent le parti de se réfugier derrière\nle sentiment public et de déclarer que la musique est faite après tout pour\nplaire ! Retour aux vieux errements, à tout le moins inattendu, chez de\ntels théoriciens de haut vol. Bref, tout le monde se met d'accord pour\ndéclarer la chose exécrable. La chose est un mastodante, je le veux bien, mais\nelle est viable, croyez m'en, et elle a beauté. Entrecoupée neuf fois par\nune sorte de reproche du lointain, de blâme de l'horizon à l'adresse des\nmétaits et des fracas humains du premier plan, étalés dans les compactes\net puissantes périodes, elle est peut-être l'une des plus hautes conceptions\nsorties de ce cerveau singulier, dont le modernisme s'accommode d'une\nstructure par filaments enchevêtrées, tout comme l'impressionnisme patient\net méticuleusement composé d'un Segantini. Aucune fantaisie dans\nle maniement de l'orchestre, il va sans dire, et cependant des finesses, des\nsubtilités en quelque sorte psychologiques. Tous les musiciens de Munich\nprésents sont, aussi bien que l'alliance de la critique et des profanes,\nunanimes dans un blâme et des réserves, où il entre un indéfinissable\nsentiment d'envieux respect.\nUn jeune chef d'orchestre croate, M. Ivan Froebe s'est distingué\npar de soigneux programmes de soirées classiques, admirablement intelli-\ngentes et préparées con amore.Mais nous préférons le retrouver aux\nnouveautés qu'il annonce, entre autres XApalachia de Frédéric Délius.\n\nWilliam Ritter."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.76", "texte": "CAMILLE MAUCLAIR. —LA RELIGION DE LA MUSIQUE.\n(Fischbacher in-120.)\nIl est des livres dont le compte-rendu est possible, c'est à dire\ndont le lecteur attentif peut résumer la matière et présenter som-\nmairement les résultats. Les ouvrages d'érudition et de science sont\ndans ce cas. La réalité objective dont ils ont découvert une parcelle\nse trouve éparse dans leurs feuillets noircis, et il suffit de la signaler\nau public, qui veut être renseigné en quelques mots.\nTout autre est l'œuvre de Camille Mauclair. Ici, c'est l'auteur\nlui-même qui se présente à nous, avec sa personnalité difficile à\nsaisir, son âme complexe et son esprit sans cesse en mouvement.\nVouloir rendre compte de la Religion de la musique serait chimé-\nrique. On ne commente pas une œuvre d'art, on la sent. Qu'on\nveuille donc me permettre de citer avant tout un passage du livre\nlui-même :\n\"On ne parle plus guère de la musique aujourd'hui, malgré\nYapparence. On discute beaucoup des musiciens et de leurs procèdes ; on\ncommente les desservants du culte, et leurs rites, mais la Déesse, en elle-\nmême , pour elle-même ? On a tant dit que la musique exige la science,\nque ceux qui ne savent que Y adorer ingénument nosent presque plus en\nparler qu a eux-mêmes, comme des croyants dédaignés par des théologiens,\nAtfaisy sans la foi, toute théologie est vaine, et Vacte d'adoration du plus humble des fidèles est le seul\nprétexte légitime a toutes les pompes de F Eglise. La musique ce n est pas l'ensemble des partitions qui\nont été écrites. C'est un élément éternel auquel elles font allusion... La critique en parle trop co?nme\nd'un art que nous avons inventé et dont les réalisations tombent sous sa juridiction... Vous et moi qui\navons la passion de la musique, nous savons bien que ce n est point aussi simple et qu'il y a autre chose.\nC'est uniquement de cette a autre chose \" que s'occupe ce livre. \"\nVoilà le point de vue, et voilà le ton. J'avoue que l'un et l'autre me séduissent infiniment.\nNon point que je me permette de juger ici le très grand écrivain qu'est Mauclair, mais j'estime\nque l'évolution de l'art musical s'accomplit précisément dans le sens indiqué par cet ouvrage,\nc'est à dire au profit d'un mysticisme sentimental de plus en plus caractérisé. Le mot de Reli-\ngion n est pas de trop ici. Car il y a l'abandon de soi, la soumission aux mystères, la magie des rites,\nla communion des fidèles, et même la prière si ce terme désigne bien l'essor d'une âme qui se\ndégagé des liens matériels. Et qui nierait le culte de la musique, célébré par des millions d'êtres\nhumains ?\nEn France une telle doctrine est nouvelle. Elle eut fait scandale il y a cinquante ans. Car\nle français, depuis longtemps, est élevé dans l'irrespect de la musique. Tout l'effort de l'huma-\nnisme, lorsqu'on le considère de haut, semble avoir été dirigé précisément contre les revendi-"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.77", "texte": "LES LIVRES\n\n1051\n\ncations sentimentales, dont la musique assure aujourd'hui le triomphe. Et. ajoutons le de suite\nc est a Wagn^i, ace Wagner, dont on trouve les mains si lourdes, qu'il est dû, de pouvoir\nparler présentement de Religion de la musique.\nDepuis la révolution wagnérienne, la conception religieuse de l'art immatériel par excellence,\ns'accuse de plus en plus en notre Occident. César Franck, Charles Bordes et la Schola, le\nMotu Propio de Pie X, et Pelléas, qui est bien l'apologie du mystère, sont autant d'étapes dans\ncette voie, où Mauclair nous arrrête pour nous montrer le chemin parcouru. Et qui sait si\nl'Eglise elle-même, lasse du dogmatisme qui irrite les esprits, ne retrouvera pas sa gloire dans\nl'émotion sonore, dans la commune extase mystique, qui guérit les âmes et les corps.\nMauclair insite très justement sur la force collective de la musique \"\nest l'expression diversifiée de la foule\". Oui, et le triomphe de notre art moderne en Occident ne\nvient-il pas de cette action exercée sur la masse humaine, par la masse sonore ? Tant que la\nmusique était un agrément surajouté, elle se voyait livrée aux mains de quelque privilégiés,\ndilettantes et amateurs, qui abusaient d'elle. Le jour où elle est devenue un objet de respect, un\nélément de vie, elle a eu ses fidèles. L'amateur sans pitié est devenu un Ami soumis.\nCe changement d'attitude dans le public est survenu lorsqu'il a été donné à la musique\nd'exercer tout son pouvoir. Il est aisé de rire aujourd'hui de Beethoven de Berlioz ou de Wagner.\nLeurs efforts démesurés nous semblent sans objet ; leur gesticulation ne nous en impose plus.\nMais oublie-t-on les luttes qu'ils avaient à soutenir pour conquérir la liberté du culte de la\nmusique ? Oublie-t-on le revirement complet qu'ils ont eu à opérer dans notre culture\nartistique : obliger le consommateur à subir la loi du producteur, alors que c'était le producteur\nqui jusque là était l'humble esclave du consommateur ! Tous les moyens étaient bons pour\narriver au but. Aujourd'hui ils sont superflus ; et ces grands maîtres nous font l'effet d'enfonceurs\nde portes ouvertes. Oui, mais il fallait enfoncer la porte et permettre à la musique d'avoir les\nmains libres.\nComment cette magicienne s'est emparé du public, M. Mauclair nous le montre subtile-\nment. La musique attire et fascine nos contemporains parcequ'elle leur offre l'occassion de se\n\"i ièsindividualiser\". C'est là une théorie que j'ai souvent soutenue, et je suis fort heureux de\nme rencontrer encore sur ce point avec M. Mauclair. Les moments que nous abandonnons à\nla musique sont autant d'arrêts pour nos soucis personnels. Dans ces instants d'oubli nous nous\ndéchargeons d'un trop plein d'énergies égoïstes, et la tension de nos volontés s'apaise. Aussi le\npouvoir et le prestige de la musique grandissent-ils dans la mesure où l'individualisme se développe\nlui-même. Jadis l'individu, hiérarchisé, protégé par sa classe sociale, sa corporation, sa coterie\nlocale, demandait à la musique un simple délassement. Mais lorsque ce même individu, déraciné,\naffolé par la concurrence inexorable, meurtri par une société qui cherche son équilibre, a été\nobligé de rassembler en lui-même toutes ses énergies, et de faire front devant tous, pour ne pas\nsuccomber, alors, la passion d'un repos, d'une détente, d'un refuge n'importe où, hors du\nmonde, hors des réalités, lui est devenu nécessaire. Et la musique lui a tendu les bras, lui a\nionné moyen de retomber à son tour dans le Grand Tout, dont l'exaspération de sa person-\nnalité le l'arrachait à toute heure. Non pas la musique dont il était le maître et qu'il créait\npour son plaisir, c'est à dire pour satisfaire son propre moi. Mais la musique qui le dominait,\nlui l'annéantissait, qui l'arrachait à tout. Et ainsi est née la Religion d'une musique de\nMagnétisme et d'hypnose.\nCette incroyable puissance d'un art qui est le contrepoids nécessaire d'un civilisation\nïientifique et mécanique comme la nôtre, est à peine entrevu. Et le temps passera avant que\nlC livre de Mauclair ne soit admis par tous. Nous avons encore dans l'enseignement et dans les\n'ouvoirs publics des éléments d'indifférence et de suspicion à l'égard de la musique. Us ne"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.78", "texte": "1052\nS. I. M.\n\ndisparaîtront pas tout à fait. (Heureusement d'ailleurs.) Et, si, un jour le culte de la\nétait reconnu par l'Etat, nous verrions sans doute ses fidèles accusés de cléricalisme. Au fond\nl'Université n'a pas désarmé devant la musique. Pour elle nous sommes toujours des importun\nL'Université a tort. Du moins l'Université littéraire. Je crois qu'entre la Science et la Musique\nentre le rêve intérieur, et l'action directe, entre les deux pôles de l'activité humaine, les Lettre'\nauront une situation de moins en moins brillante. Elle ont été un compromis nécessaire, une\nconcession arrachée au sentiment. Elle ne sont plus qu'un intermédiaire utile. Leur rôle et\nleur vrai rôle est de servir comme Kundry, servir de truchement intellectuel. Lorsqu'elle\nremplissent efficacement ce rôle lorsqu'elles gagnent des adeptes au culte de la musique elles\nfont œuvre bienfaisante et logique. Et c'est pourquoi le livre de Mauclair est un des meilleurs\nque la Toute Puissante Musique puisse offrir à l'intellect de ses fidèles dévots. J. E.\nERNEST REYER. Quarante ans de musique, i vol. in-18, Calmann-Lévy, 1909,\nSous ce titre, l'éditeur Calmann-Lévy publie un recueil de feuilletons de Reyer, extraits\ndu Courrier de Paris et du Journal des Débats. Voilà donc exaucé le vœu que je formulais àla\nfin de ma notice sur Reyer, publiée en 1897, 1 au nom de tous ceux qui prisaient la forme de\nces feuilletons, l'esprit et la malice de leur auteur, peut-être plus que ses productions musicales!\nReyer ne s'était décidé, parait-il, que tout à la fin de sa vie à donner au libraire un recueil de\nses articles. Il est bien regrettable qu'il n'ait pu revoir les épreuves lui-même, car le livre est\nsaupoudré de fautes d'impression qui en rendent la lecture pénible et défigurent les noms\npropres avec une persistance qui désolerait les intéressés, s'ils n'étaient morts pour la plupart,\nMais notre collaborateur A. de Bertha, sera peut-être très étonné d'apprendre qu'il a fait jouer\nà l'Opéra-Comique un opéra intitulé : Mathias Cornu, pour ne citer qu'un exemple !\nA mon avis, les artistes, et en particulier les compositeurs, sont peu aptes à faire de la\ncritique, parce que s'ils possèdent les connaissances techniques nécessaires, ils manquent\nd'impartialité, d'objectivité et fort souvent aussi de lecture, d'érudition, de sens historique. De\nplus, trop fréquemment leur chronique sert à des fins intéressées ; ils la manient en guise de\nlevier pour forcer la porte d'un théâtre... Cette réserve de principe exprimée, j'accorde volontiers\nqu'il est beaucoup plus captivant pour le public d'avoir l'opinion, même passionnée, d'un Weber,\nd'un Schumann ou d'un Wagner, d'un Berlioz, d'un Reyer ou d'un Saint-Saëns, sur les\ncompositeurs de leur temps et sur les maîtres, en général, que celle d'un critique professionnel,\nLe livre que nous présente M. Henriot, ami personnel du défunt, est disposé de manière\nà donner un aperçu des jugements portés par Reyer sur Wagner, Berlioz, Weber, Gluck,\nFélicien David, Gounod, Bizet, Lalo, MM. Cam. Saint-Saëns et Massenet. Au moins pour\nquelques-uns de ces noms, il est bon de se reporter à un recueil plus ancien : Notes de musique,\nédité par Charpentier en 1875.\nAvec ces deux volumes, on a à peu près tout le Panthéon musical de Reyer ; il n'est pas\ntrès étendu : Gluck, Spontini, Weber, Berlioz et aussi Wagner, mais avec un culte moins\npieux. On remarquera, et moins dans les articles réimprimés eux-mêmes qu'à la lecture de la\ntable analytique des feuilletons de Reyer, annexée au recueil, qu'il n'a presque jamais entretenu\nses lecteurs de musiciens antérieurs à Gluck et de sujets autres que ceux relatifs au théâtre,\nAinsi, il n'est question de Beethoven que comme auteur de Fidelio. En dehors de Wagner qui\na beaucoup préoccupé le monde musical de son temps, Reyer ne s'est guère intéressé aux\ncompositeurs étrangers. Ce n'était ni un curieux, ni un savant ; il ne hantait pas te\nbibliothèques musicales, pas même celle de l'Opéra dont il était le titulaire rétribué. Aussi s?,\ncritique, volontairement exempte de pédantisme, avait-elle le ton d'une causerie familière,\n\n1 Dans la Musique française moderne, 1 vol. in-18. Paris, 1897, Havard fils."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.79", "texte": "LES LIVRES\ni°s3\n\nalimentée plus souvent par des potins de coulisse que par l'analyse de symphonies ou de\nquatuors. Cependant, à l'occasion Euryanthe, jouée par Carvalho en 1857 au Théâtre\nLyrique, avec un livret inepte de Saint-Georges, Reyer cherche querelle à Fétis et en termes\ntechniques, pour un article de dictionnaire où celui-ci s'était permis de signaler des imperfec-\ntions dans Weber. Reyer relève le gant comme pour une injure personnelle ; il prend le parti\nde l'imagination contre la science scolastique.\nTrès enthousiaste et prêt à rompre des lances pour ses maîtres préférés, mais sans vues\nesthétiques bien profondes, il témoignait aux jeunes, lorsqu'ils manifestaient un talent précoce,\npar exemple à Bizet, à Saint-Saëns, à Massenet, dans leurs débuts, une bienveillance qui se\ndémentit lorsqu'il reconnut en eux des rivaux redoutables. Reyer savait comme pas un l'art\ndes allusions malignes, des mots à double entente, de la rosserie aimable enveloppée des grâces\ndu style académique. Il fallait parfois lire entre les lignes de ces feuilletons lentement élaborés,\npour découvrir quelque redoutable malice et c'était un régal pour les initiés. Le présent volume\nne donne de ce talent caustique que de rares spécimens, mais il permet de se rendre compte\ndu wagnérisme très anodin et très timoré de Reyer.\nAvant 1870, le compositeur de la Statue passait pour un esprit avancé parce qu'après être\nallé avec Th. Gautier entendre Tannhaiïser en 1857, à Wiesbaden, 1 il parla de Wagner avec\nconvenance et sympathie et qu'il a plusieurs fois engagé le directeur du Théâtre Lyrique à\naccueillir le Vaisseau fantôme et Lohengrin. Ses admirations wagnériennes n'allaient guère\nau-delà. Il se vit forcé cependant d'évoluer avec son temps, de faire amende honorable à\nTristan, de louer la verve musicale et l'habilité contrapontique des Maîtres-Chanteurs, au\nmoins tant que ces œuvres se jouèrent seulement dans les concerts ou en Belgique. Mais le\nsuccès de la Walkyrie à Paris inquiéta fort l'auteur de Sigurd. Même son compte-rendu de\nSiegfried joué à Bruxelles en 1891, se termine par un avis au lecteur empreint de cet esprit\nde suggestion qui lui fît écrire un jour, à propos de la Gœtterdàmmerung : \" L'heure du\nCrépuscule ne paraît pas encore près de sonner ! \" Comprenant le sens de ces adroites insinuations,\nles directeurs de l'Opéra retardèrent autant qu'ils le purent la mise en scène des deux dernières\nparties de la Tétralogie. Grâce à leurs égards pour Sigurd, Siegfried n'entra au répertoire qu'en\n1902 et l'heure du Crépuscule des Dieux ne sonna qu'en octobre 1908... Reyer mourut au début\nde 1909. Je ne prétends pas qu'il en soit mort. Il avait 85 ans !..\nJe n'ai pas très bien discerné quel ordre a présidé au choix des articles concernant\nGounod, Verdi, Lalo, etc.. Pourquoi nous donner seulement le compte-rendu de Faust et point\ncelui de Roméo et Juliette ? Pourquoi Othello et non Falstaff ? Pourquoi avoir laissé de côté le\nfeuilleton sur Namouna, alors que Reyer fut un des rares critiques qui proclamèrent la valeur\nmusicale de ce ballet ? Enfin pourquoi n'avoir point publié les appréciations de Reyer sur\nC. Franck, quand il est des premiers à avoir reconnu le mérite des oratorios Ruth et Rédemp-\ntions ? Si ces lacunes s'expliquent par l'intention de donner un tome II à ce recueil, on peut\nexcuser M. Henriot et il faut surtout lui savoir grè d'avoir dressé une table chronologique et\nanalytique des articles de Reyer, qui servira de guide à la curiosité des musicographes. 2 Mais\npourquoi MM. Calmann-Lévy ont-ils négligé d'en faire faire une pour les feuilletons de\nBerlioz ?\n\nGeorges Servières.\n\n1 J'ai signalé son article au Courrier de Paris dans Richard Wagner jugé en France, 1 vol. in-18, 1887.\n2 Si c'est bien à la fin de 1866 que la chronique musicale des Débats fut confiée à Reyer, ce n'est pas,\ncomme le croit M. Henriot, quelques mois auparavant que d'Ortigue succéda à Berlioz, mais trois ans plus tôt,\nà l'automne 1863."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.80", "texte": "105 +\nS. I. M.\n\nLE GÉNIE ÉPIQUE DE RICHARD WAGNER.\n\nIl y avait deux thèses sur Richard Wagner. Je me trompe. Il y en avait plus de deux.\nMais on les pouvait réduire à deux : i° Richard Wagner est un musicien ; 2° Richard\nWagner est un poète dramatique. On peut hésiter entre les deux thèses. On peut même les\nréunir. Elles ne sont point contradictoires.\nEn voici une troisième : Richard Wagner est un poète dramatique doué d'un double\ngénie : celui du drame, celui de l'épopée. Dans la première période de sa carrière les deux\ngénies s'opposent. Dans les drames de la grande époque ils se mêlent. Le drame reste sur le\nthéâtre. L'épopée se développe dans l'orchestre.\nEt de ce mélange bénéficie le drame attendu que l'orchestre a une puissance d'objectivation\nqui fait défaut à l'aède dans l'épopée verbale. Dans l'épopée musicale, on ne prend plus garde\nau récitant : il est supplanté, supprimé. A cette illusion d'une épopée se racontant elle-même\ns'en ajoute une autre, que Richard Wagner, dans son Oper und Drama paraît bien avoir\nessayé de décrire. Là il s'exprime sur le sens de l'ouïe comme il parlerait du sens visuel. Il dote\nl'oreille d'une vraie faculté de vision. Pourquoi ? Parce que tandis que nos yeux nous font\npercevoir l'événement présent, celui qui se passe sur la scène ; par l'audition, ou plutôt par\nla réaudition des motifs-conducteurs nous percevons en même temps l'événement passé, cause\nlointaine ou prochaine du fait présent. En même temps encore, et toujours par le moyen de\nl'oreille, nous pressentons le futur: autant dire que nous en percevons les approches. Le thème\nde la malédiction d'Alberich chaque fois qu'il traverse l'orchestre équivaut à un rappel doublé\nd'une attente. Ceci a été dit vingt fois. Mais nul, que je sache, n'a eu l'idée de rapprocher la\nméthode symphonique de Richard Wagner de celle d'un Homère ou d'un Virgile. Et si nous\nsoutenons que le drame y gagne, et que par là, loin de dégénérer il se régénère c'est parce que\nla fonction épique, grâce à la suppression du récitant, s'adapte singulièrement aux conditions\ndu poème dramatique. Richard Wagner peut donc être considéré comme ayant résolu, au moyen\nd'une synthèse originale, une antithèse jusque là insoluble. Les deux membres de l'antithèse\nétaient : a. le drame ; b. l'épopée. La synthèse est : c. le drame wagnérien soit le Ton-Wort-\nDrama.\nTelle est l'opinion que nous avons défendue dans notre : Musicien-poète Richard Wagner.\nLa critique a fait bon accueil au livre et nous l'en remercions. Nous l'en aurions remerciée\ndavantage si elle avait songé à nous discuter.1\nCar notre thèse est discutable. Elle l'est d'autant plus que Richard Wagner ne paraît\npoint s'être attribué les dons épiques. L'absence du récitant l'a empêché d'apercevoir entre\nl'épopée, d'une part, et la partie symphonique de son drame, de l'autre, les analogies par nous\nsignalées. Avons-nous donc eu tort d'être sensible à ces analogies et d'attirer sur elles l'atten-\ntion de la critique ?\nUn livre comme celui que nous venons de faire, s'il y avait été question d'un Schiller ou\nd'un Goethe aurait pu être jugé, médiocre, paradoxal ; on eût même pu en déconseiller la\nlecture. Mais on nous aurait à tout le moins discuter. Quand on écrit par la critique littéraire,\nce que nul autre n'a écrit avant soi, on court de gros risques et l'on s'expose à de dures\nripostes. D'où vient que la critique musicale laisse passer des opinions aussi graves sans y\nprendre garde ? En méconnaîtrait-elle l'importance ? Car il est bien évident que si nous avons\ntort, notre opinion est de celles qui égarent. Et c'est le cas où jamais de nous crier:\n\" casse-cou! \"\n\n1 La négligence de celui de nos collègues qui s'était chargé de rendre compte du livre, Mr L. Dauriac, se\ntrouve aujourd'hui réparée, puisque l'auteur lui-même veut bien poser devant nos lecteurs le problème essentiel\nde son ouvrage. (La rédaction.)"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.81", "texte": "LE LIVRES\ni 055\n\nJe n'ignore pas que notre thèse est de celles dont un amateur de musique dirait volontiers\nqu'elles ne lui font \" ni chaud ni froid \". Il est en effet une façon d'écouter la musique assez\nrépandue : elle consiste à ouvrir les oreilles et à fermer l'intelligence, je ne sache pas que ce\nsoit la meilleure façon d'écouter Richard Wagner ni qu'elle soit du goût de MM. Gaston Car-\nraud, Louis Laloy, Camille Bellaigue, Raymond Bouyer... etc. Il est donc surprenant qu'en\nFrance il ne se soit trouvé personne pour juger notre jugement, l'approuver, le combattre ou\nen limiter la portée.\nEt c'est pourquoi nous venons faire appel à la discussion et à la critique. Il est peu de\nsujets plus intéressants et qui aient plus de portée, et qui soient plus actuels, si les doctrines\nde Brunetière sont encore vivantes et si elles donnent encore à penser, ce que, pour notre part\nnous espérons fermement.\n\nLionel Dauriac.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nMEIGNEN (E.) & FOUQUET (E.) Le Théâtre et ses lois (Librairie théâtrale\n30, rue de Grammont, in-120 de 450 pp. 3,50).\nBAGGERS (Joseph). Méthode de timbales et instruments à percussion. (Enoch,\nin-fol. de 140 pp. 12 frs).\nCATALOGUE of the manuscript music in the British Museun. Vol. 11. Secular\nvocal Music. (London 1908 in-40 de 960 pp.).\nPEDRELL (Felip). Catàlech de la Biblioteca musical de la Diputacio de Barce-\nlona. Vol. II (Barcelona 1909 in-40 de 382 pp.)\nMUSICAL ASSOCIATION. Proceedings of the Musical Association. 45 Session\n1908-1909. (London-Novello, in-8° de 206 pp. one guinea.)\nBRUN (Abbé F.) Traité de l'accompagnement du chant grégorien. (Bureau\nd'édition de la \" Schola \" 1909, in-40 de 64 pp.).\nCUMBERLAND (Gerald). —lmaginary Interwiews with great composers. (London\nW. Reeves, in-120 de 232 pp.)\nCURZON (H. de). Contes épiques. (Fischbacher in-120 de 300 pp.).\nRADICIOTTI. M. G. Radiciotti annonce l'apparition d'un ouvrage fort\nimportant sur G. B. PERGOLESI, de 500 pages, qui paraîtra dans le courant de 1910, et\ncoûtera 6 lire. S. I. M. reçoit les souscriptions à ce volume.\nTIERSOT (Julien). Gluck. (Collection de Alean 1909,\nin-120.)\nHARCOURT (Eugène d'). La musique actuelle en Allemagne et Autriche-\nHongrie. (Fischbacher in-120 de 55° P* 7's°-)"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.82", "texte": "1056\nS. I. M.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\n\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSÉANCE DU 15 NOVEMBRE 1909\nLe Comité.\nLa première séance de la saison a été tenue à la Maison Gaveau le 15 novembre à\n4 heures. Assistaient à cette séance : M.M. Malherbe, Ecorcheville, Prod'homme, Boschot,\nMlles Daubresse, Pereyra et Sauvrezis, M.M. Dauriac, Lyon, Greilsamer Gariel, Ruelle\nBouvet, Rikof.\nM. Ecorcheville donne lecture d'une lettre de la Section belge, l'invitant à assister à la\nséance d'inauguration de cette section à Bruxelles le 20 octobre dernier, sous la présidence de\nM. E. Tinel. M. Ecorcheville fait le récit de cette séance, qui comptera dans les annales de la\nmusicologie belge, il fait part des désirs de nos collègues, et indique leur volonté de s'organiser\nen section tout à fait active. La Section de Paris, sur la proposition de son président, M. Mal-\nherbe, envoie à la Section belge l'assurance de ses vœux les plus sincères.\nSur la proposition de M. L. Dauriac, président honoraire de la Section, des félicitations\nsont adressées à M. Maurice Emmanuel, qui vient d'être désigné au choix du ministre pour\nremplacer M. Bourgault-Ducoudray, à la chaire d'histoire de la musique au Conservatoire.\nM. Dauriac prend occasion de cette nomination pour exprimer le désir de voir l'enseignement\nmusicologique dans un Conservatoire prendre un jour un aspect moins historique et plus\ndirectement adapté aux besoins des élèves musiciens. Il souhaiterait que l'histoire biographique\nfut remplacée par l'histoire morphologique, c'est à dire par celle des formes de la musique, qui\nintéressent surtout les artistes. Une discussion s'engage à ce propos et la section décide de\nréserver ce sujet pour une communication particulière, et pour une séance à laquelle\nM. Emmanuel pourra prendre part.\nLes candidatures suivantes sont présentées et admises à l'unanimité :\nMme Hibert, présentée par Mlle Girod et M. Ecorcheville,\nM. Schneider par Mlle Girod et M. Ecorcheville,\nMlle Neufeld par M. Prod'homme et M. Ecorcheville.\nM. Dauriac fait ensuite une communication sur le sujet suivant : Comment faut-il se\npréparer a lire Opéra & Drame de Wagner ? Cette communication servira de préface à la\ntraduction de l'œuvre littéraire de Wagner par notre collègue J. Prod'homme.\nM. A. Boschot propose un projet de Dictionnaire thématique de la musique, dans lequel\nles exemples de musique, notés sous leur forme la plus brève, seraient groupés, de manière à\npermettre d'étudier la valeur, la fréquence et l'évolution des expressions et des phrases dont se\nsert le musicien.\nLa séance est levée à 6 heures."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.83", "texte": "A NOS LECTEURS\n\nLa Revue Musicale S. I. M., publiée par la Section\nparisienne de la Société Internationale de musique, atteint la\nsixième année de son existence. D'abord goûtée par un public\nrestreint, elle a peu à peu forcé l'attention générale, et elle se\ntrouve dans l'heureuse nécessité d'augmenter la nature de ses\nmatières. Elle vient d'être choisie par la\nAmis de la musique, pour collaborer à cette grande œuvre\nde philanthropie musicale placée sous le patronage des plus\nhautes personnalités artistiques et mondaines. Enfin un des\nplus puissants éditeurs de Paris, la\na pris en mains ses qui seront désormais celles d'un\ngrand périodique musical, capable d'intéresser à la fois les\nérudits et les gens du monde, les amateurs, les spécialistes et\nles professionnels.\nPour répondre entièrement à ce programme, nous créons\naujourd'hui, avec XActualité Musicale, une nouvelle annexe\ndans laquelle auront leur place toutes les questions d'un\nintérêt pratique, immédiat et direct. Nos lecteurs trouveront\ndonc désormais dans S. I. M., à côté de la musicologie\n\nI"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.84", "texte": "2\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nproprement dite, à côté des articles d'idées générales et de\ndoctrine, l'examen aussi complet que possible de tout ce qui\nconstitue la vie musicale de notre temps.\nCette Actualité Musicale annexée à S. I. M., pourra\ns'en détacher, et sera tirée à part, sous une couverture spéciale,\npour tous ceux qui ne s'intéresseraient qu'à elle, et qui\ndemanderaient simplement à une revue musicale de les\nrenseigner brièvement, à peu de frais, sur ce qui ce passe\ndans le monde entier.\nLes différentes rubriques de seront classées\nde la façon suivante :\nm\nTHÉÂTRES ET CONCERTS. Le tableau des auditions\ndonnées et annoncées partout où il se fait de la musique\ndigne de ce nom, sera condensé en quelques pages de rapides\ninformations. S. I. M. publiera prochainement la liste com-\nplète de ses correspondants, en France et à l'Etranger.\nJOUR ET NUIT. Sous ce titre nous résumerons, sans\njamais sacrifier à l'indiscrétion, les nouvelles et avis divers, les\néchos, et tous les menus faits qui illustrent et qui font com-\nprendre l'histoire quotidienne de la musique. En tenant ainsi\nau courant nos contemporains, nous travaillerons également\npour les musicologues de l'avenir.\nLUTHERIE. La facture instrumentale s'impose à notre\nattention. C'est elle la grande réalisatrice de l'art sonore,\nPermettre aux inventeurs de faire connaître leurs découvertes,\naux constructeurs de signaler leurs travaux récents, c'est rendre"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.85", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n3\n\nervice aux amateurs, aux professionnels, aux compositeurs\nussi bien qu'à l'industrie et au commerce. Notre publication\nera donc largement ouverte à chacun, et la lutherie ancienne\ntendra ici la place qu'elle mérite dans l'actualité, et qu'elle\n)ccupe dans l'intérêt du public. Cette rubrique alimentée par\nmites les bonnes volontés, suivra en France le modèle donné\nn Allemagne par la Zeitschrift fur Instrumentbau, si remar-\nquablement dirigée par notre confrère\ni\nINTÉRÊTS PROFESSIONNELS.—Tous ceux qui font de la mu-\nsique leur \"principal, \" attendent d'une revue sérieuse et utile\nautre chose que des compliments et de la littérature. Nous\nnous efforcerons de préciser leurs revendications sans aucun\nesprit de parti, et de les faire aboutir par tous les moyens dont\nnous disposons. Ils comprendront, à leur tour, l'intérêt qu'il\npeut y avoir pour eux à s'appuyer sur des groupements comme\ncelui de la Société Internationale et celui des\nle la musique.\nORPHÉONISME. Les orphéons, fanfares, chorales et mu-\nsiques militaires, n'occupent pas dans nos revues musicales la\niace que réclament leur nombre et leur activité. Nous nous\nierons auprès du public, et auprès des hautes personnalités poli-\ntiques qui nous patronnent, l'interprète de leurs justes doléan-\nces. Nous attirerons par contre leur attention sur l'œuvre de\nPropagande artistique, dont ils ont en quelque sorte la mission,\nsur leur répertoire, dont l'indépendance devrait être absolue,\nenfin sur cet admirable mouvement fédératif qui s'accomplit en\nce moment an sein de leurs groupements régionaux."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.86", "texte": "4\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nDANSE. La danse, avec ses maîtres et ses adeptes est\nabsolument bannie des organes ordinaires de la musique. Un\nincompréhensible sentiment de méfiance la fait écarter par ceux\nqui ont le devoir de nous renseigner et de nous instruire. Cette\nsituation humiliante doit changer. Au moment où Jacques\nDalcroze, Isadora Duncan, les danseurs russes et les sœurs\nWiesenthal nous imposent une rénovation orchestique venue\nde l'étranger, il convient de rechercher quelle est, et quelle sera\nl'attitude de la France dans ce problème de la danse moderne,\net des équivalents rythmiques de l'art musical.\nEDITION MUSICALE. Enfin l'édition elle-même, a droit\nà sa part de notre Actualité. Les perfectionnements de l'art\nsont intimement liés à ceux et de la notation, de l'impression\nde la librairie. Il est peu flatteur pour la France, qui tient\naujourd'hui peut-être la première place dans le mouvement\ndes idées musicales, de ne pas posséder un organe semblable\nà la grande Bibliographie de nouveautés publiée à Leipzig\npar Hofmeister.Grâce à l'appui des éditeurs et marchands de\nmusique parisiens, qui sont décidés à nous soutenir dans cette\nvoie, grâce en particulier à l'intervention de la\ndicale des Éditeurs de musique^nous serons à même de publier\nchaque mois la liste complète des nouveautés parues. En outre\nnous viendrons en aide, par des enquêtes, par des question-\nnaires, par des démarches et des articles, à tout ce qui peut\nseconder l'essor de la librairie musicale, du côté des éditeurs\ncomme du côté du public.\nUn QUESTIONNAIRE sera ouvert en permanence, pour"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.87", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n5\n\npermettre à nos abonnés de se renseigner entre eux, de facili-\nter les recherches, les échanges pour établir en un mot entre\ntous ceux qui se passionnent pour la musique, à quelque titre\nque ce soit, une correspondance profitable aux bonnes rela-\ntions du monde musical.\nAinsi adaptée à tous les besoins, pourvue de. tous les\nmoyens d'information et d'investigation, F ACTUALITÉ MUSICALE\ndevra certainement rendre les services que chacun attend\nd'elle, et nous espérons qu'elle trouvera auprès de nos lecteurs\nl'accueil quelle s'est promis de leur bienveillante sympathie.\n\nLa Direction."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.88", "texte": "6\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nThéâtres et\nConcerts\n\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE.\nLa Société des Concerts a commencé sa\n83™ année d'existence par la Symphonie de\nFranck.\nIl faut sans doute voir dans ce choix l'inten-\ntion de M. Messager de rester fidèle aux\ngrandes œuvres classiques, mais aussi d'admettre\nles tendances modernes. De coupe et de forme\nclassique, la symphonie en ré mineur est bien\nmoderne par l'orchestration, et par la cohésion\npuissante des thèmes qui ne sont plus juxta-\nposés, mais se superposent et se pénètrent avec\nun art admirable. N'est-elle pas un peu l'image\nde l'antique société qui, sans cesser son culte\nde la symphonie Beethovénienne, a, depuis\nquelques années surtout, ouvert ses program-\nmes à beaucoup des grandes œuvres modernes ?\nLe choix était excellent, l'exécution fut\nparfaite, surtout de la part des bois et des\ncuivres. M. Messager Ta conduite avec sobriété\net précision.\nLe programme du premier concert s'inspi-\nrait de cet esprit, allant de la Bataille de\nMarignan de Clément Jannequin, à Sadko r\nRinisky Korsakow, par un Concerto pOUr\nhautbois de Haendel.\nLa vieille page de notre Renaissance musj.\nsale, si spontanée, si pittoresque, eut son\nhabituel succès. On fut moins juste pour le\nSanctus de la Messe du Pape Marcel, de\nPalestrina, quijiméritait autant d'applaudisse-\nments. Les chœurs la chantaient pour\npremière fois. Ils en ont, dans cette salle idéale\n(que nous garderons encore bien deux ans,\nespérons-le) mis en valeur tout le travail har-\nmonique, varié malgré la simplicité des moyens\nA S 1 Gervais, où la Messe du Pape Marcel\nfut souvent donnée, l'éloignement nuit à ces\ndétails. On ne s'en tiendra pas là, nous le\ndésirons, on nous donnera cette année d'autres\nœuvres chorales de l'ltalie et de l'Espagne du\nXVIe Siècle.\nDans le Concerto de Haendel, la sonorité\nde M. Bleuzet fut un enchantement. Ce\nfurent de justes applaudissements.\nL'ouverture d'Egmont termina le concert\npar l'apothéose de Beethoven.\nCONCERTS LAMOUREUX. 1\nnous est difficile de donner ici mieux qu'une\nnomenclature.\nEn Novembre, la série des Symphonies de\nBeethoven a continué par l'Héroïque, les\nsymphonies en si b et en ut mineur, puis par\nla Pastorale. Notons encore des œuvres qui\nsont de fondation les dimanches à la Salle\nGaveau : Ouverture du Vaisseau Fantôme,\nouverture de la Flûte enchantée, fragments des\ndrames Wagnériens, Thamar, de Balakirow\netc., pour en venir aux premières auditions\npages modernes.\nOn a fait bon accueil à une suite de M. A,\nPhilip, Rapsodie sur deux airs basques, rythmée\net ingénieuse d'orchestration. M. Périihou qu\nexcelle dans les pastiches de musique ancienne\nce qui n'est pas une critique car pou\nl'imiter ainsi, il faut aimer le XVIIIe siecle\nmusical français et en être pénétré, M. P-\nrilhou a donné une agréable \" Fête patronale\nen Velay \", Bourrée-Musette, Carillon, Pr°\"\ncession, Danses. Il y a une grâce et une"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.89", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n7\n\nfranchise de touche agréables dans ses esquisses\nreposantes. Il y a de l'archaïsme, mais juste ce\nqu'il en faut.\nLa Symphonie en trois parties de M. F.\nCasadesus a été également applaudie. Chacune\ndes parties est subdivisée en trois mouvements,\nsans interruption, bien entendu. L'œuvre est\nmélodique, mais nullement banale ; l'auteur\nparaît avoir un tempérament de théâtre. Sou-\nhaitons lui de nous en donner bientôt la preuve.\nEnfin la fantaisie pour piano de M. A. Kunck,\nson envoi de Rome il y a deux ans, laisse un\nrôle assez restreint au piano, mais présente un\norchestre vif et chatoyant qui a plu. En résumé,\ndans ces quatre concerts, M. Chevillard a\nprésenté quatre œuvres nouvelles d'un réel\nintérêt.\nComme solistes, citons Mme de Lausnay,\ndans la Fantaisie de M.1 Kunck, M. Maurice\nDumesnil dans le Concerto de Liszt. M. Pol-\nhain, de Nancy, dans le Concerto pour violon-\ncelle, de Lalo, Mme Jeanne Raunay et\nM. Imbart de la Tour, dans la dernière scène\ndu premier acte de la Valkyrie, enfin Mmc Is-\nnardon qui a chanté avec style un air de\nl'Enfant Prodigue de M. Debussy et La\nProcession, de Franck,\nF. GUERILLOT.\nCONCERTS-COLONNE.\nOn a ré-\nentendu avec plaisir, par le puissant organe de\nMme Litvinne, la P.enthètilèe de M. Bruneau,\net par la voix un peu frêle, mais charmante et\nconduite avec beaucoup de goût, de M. Cou-\nlomb, le Shylock de M. Fauré : deux œuvres\nqui apparaissent trop rarement sur les pro-\ngrammes.\n- M. Pugno a tenu avec sa maîtrise habi-\ntuelle la partie concertante dans les Variations\nsymphoniques de Frank, et la Symphonie sur\nun chant montagnard de M. d'lndy.\nA l'autre extrémité de l'échelle des pianistes,\npar la taille sinon par le talent, se place la\ntoute petite et gracieuse personne d'une dou-\nzaine d'années qui, après son brillant premier\nprix, vient de prendre contact avec le grand\npublic dans les Variations de Beethoven pour\npiano seul, op 35, première épreuve (très-\nréduite) du finale de la symphonie héroïque.\nMlle Aline van Bârentzen y a obtenu un vif\nsuccès, bien dû à son jeune âge ; et, ce qui\nest plus rare, elle l'a mérité par l'intelligente\nfinesse de soii jeu.\n> Î Le chapitre des nouveautés se borne à trois\nœuvres, dont une en seconde audition. Les\npetits préludes symphoniques extraits par\nM. Saint-Saëns de la musique écrite par lui\npour le drame religieux (ou plutôt antireli-\ngieux) de M. Brieux, La Foi, perdent beaucoup\nà être séparés des scènes qui les ont inspirés et\nen éclaireraient le sens ; ils attestent du moins\nque la sûreté de main du maître n'est en rien\naltérée par l'âge qu'on ne voudrait jamais lui\ndonner, s'il ne mettait une certaine coquetterie\nà l'avouer.\nLe conte symphoniquement illustré par\nM. Pierre Coindreau, Le Chevalier moine et\nles Diables dans Vabbaye, montre chez cet\nauteur, avec un goût louable pour le savoureux\nlangage de nos pères, un sens très vif du\npittoresque adéquat ; mais son illustration est\nplutôt une enluminure qu'une peinture en\npleine pâte.\nQuant à la Suite française de M. Roger\nDucasse, déjà exécutée le 28 février dernier,\net iqu'on peut bien dire redemandée, une\nœuvrette tout-à-fait charmante. On peut beau-\ncoup attendre |de [ce jeune compositeur, et il\nfaut retenir son nom sans confondre : mainte-\nnant toutes proportions gardées ! il y a\nDukas et Ducasse. Ni l'un ni l'autre, pourtant,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.90", "texte": "8\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nn'ont pu décrocher cette étrange timbale qui\ns'appelle le prix de Rome : ô beauté des con-\ncours officiels !\nG. ALLIX.\nSOCIÉTÉ J. S. BACH. Nous re-\ntrouvons M. Gustave Bret et sa petite phalange\naccrue, devenue 'un solide bataillon. Et ce\nn'est pas seulement par le nombre, c'est aussi\npar la sûreté d'attaque et la qualité des voix\nque la troupe a gagné. Il ne lui manque plus\nque quelques voix d'hommes pour être absolu-\nment homogène.\nLa société ne donnera cette année que\nquatre concerts, préférant la qualité à l'abon-\ndance. Pour le premier, c'était l'Oratorio de\nNoël, ou plutôt une sélection des six cantates\nqu'il est impossible de donner en une séance.\nPour les solistes, c'est avec raison que\nM. Bret va les prendre en Allemagne ; ils\nont une tradition qui manque aux nôtres,\npour cette musique vocale d'un genre si spécial.\nMllc Maria Philippi en est l'interprète parfaite;\nelle vient encore de le prouver. Mlle Eisa\nHomburger, qui vient faire consacrer à Paris\nune réputation acquise en Allemagne, en\nSuisse et récemment en Belgique, aun soprano\nd'une justesse absolue et bien égal dans sa\ngrande étendue. Les parties de ténor et de\nbasse étaient tenues par M.M. Georg Baldsum\net M. Fritz Haas, irréprochables. M. Baldsum\ndit le récit du Maître de Leipzig dans un\nstyle parfait, ce qui n'est pas fréquent. Il est\ntoutefois regrettable que les airs n'aient pas\ndavantage trouvé grâce devant M. Bret. Il en\navait trop supprimé, ce qui nous a privé de\nces excellents artistes, et a détruit l'équilibre\nde l'œuvre. On eut pu, sans inconvénient\nprolonger le concert d'une demi heure et\nsauver quelques pages.\nCONCERTS HASSELMANS. —Sa\nnomination au pupitre de chef d'Orchestre\nde l'Opéra-Comique n'a pas empêché M. Has-\nselmans de persévérer dans son entreprise de\nl'an dernier, et nous en sommes heureux. Son\norchestre, moins nombreux que ceux du Cha-\ntelet et de M. Chevillard, a une ardeur et une\nbonne volonté qui nous vaudront bientôt une\nexécution parfaite.\nM. Hasselmans a donné en Novembre deux\nconcerts, sur les six qu'il annonce. Au premier\nla Symphonie en la de Beethoven, au second\nla huitième Symphonie de Bruckner, déjà\njouée l'année dernière. Puis La fille de Pohjola\npoème symphonique de M. Sibelins, des lieder\nde M. Léo Sachs, chantés par Mlm' Grandjean\nle Concerto en ré de Mozart, pour piano, joué\nde façon exquise par M. Casella, etc.\nComme œuvre inédite, le concert du 2\"\nnovembre nous apporta,un poème symphonique\nde M. Torre-Alfina sous le titre un peu ambi-\ntieux de \" Prométhée enchaîné\". Par contre,\nl'orchestre a été bon dans Antar, de Rimsky\nKorsakow, dans quatre pièces brèves pour piano\nde M. Fauré, orchestrées par M. Hasselmans,et\nde justes applaudissements ont remercié MDle\nIsnardon qui avec un chœur composé d'élèves\nde M. Isnardon, a chanté une scène d'lphigé-\nnie en Tauride.\nSCHOLA. Pour leur premier concert\nmensuel les chœurs et l'orchestre, dirigés par\nM. Marcel Labey, ont donné une sélection\nimportante de Dardanus, de Rameau. Cette\naudition nous a fait regretter et nous\ncroyons que ce fut un regret presque unanime\nque cette grande œuvre ne soit pas remise\nà la scène. Il y a des livrets pires, mais, tel\nqu'il est, celui de Dardanus rend la représen-\ntation bien difficile de nos jours. Cependant\nun directeur ne pourrait-il pas s'y risquer avec\nune mise en scène restreinte et quelques\ncoupures dans les chœurs ? Le dialogue est\nd'une justesse si parfaite, il est coupé d'ariosos\nsi expressifs que l'œuvre n'a pas vieilli. M.\nMarcel Labey l'a conduite dans le vrai\nmouvement, sans lenteur, et l'exécution a\nmarqué un nouveau progrès sur celles de l'an\ndernier. Les chœurs sont plus nombreux;\navec l'appoint une douzaine de voix d'hommes\nils seraient presque parfaits. L'orchestre a\nacquis une sûreté qu'il n'a pas toujours eue,\nloin de là.\nQuant aux solistes, tout l'état major brillant\nde la Schola a donné : MHl(' Mary Pironnav,"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.91", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n9\n\n]/lellç Malnory, M. Bourgeois, M. Tremblay,\n\\l. Plamondon, dans les rôles importants,\nd'agréables artistes dans les rôles accessoires.\nPlusieurs furent excellents, aucun ne fut\nmédiocre. Ce fut un des premiers concerts\nvraiment intéressants de la saison.\nSYMPHONIA.— Ces concerts de musique\nde chambre le Jeudi soir, et de musique sym-\nphonique le Dimanche à trois heures, ont €u\nd'heureux débuts. Ce sera bientôt un excellent\norchestre. Aussi adressons nous à leurs pro-\nmoteurs, les Directeurs des Annales Politiques\net Littéraires, non plus des vœux de succès,\nmais de sincères félicitations. Les \" Amis de\nla Musique\" applaudissent à la réussite de\nM. et Mme Adolphe Brisson qui sont des leurs.\nNous permettront-ils quelques remarques\nsur l'organisation matérielle des concerts du\nDimanche ? La lenteur du bureau oblige le\npublic à une longue attente, dehors, à la pluie\net dans la boue, tandis que le concert est\ncommencé. On doit remédier à cet incon-\nvénient. Enfin la salle et ses dégagements sont\ndune exiguité qui rappelle la salle du Con-\nservatoire, sans en avoir les qualités. Il est vrai\nqu'il est difficile de trouver un théâtre dis-\nponible le dimanche après-midi.\nLe concert des 21 et 28 novembre (car le\nmême programme est donné deux dimanches),\ncomprenait à côté des grandes œuvres comme\nla 2e Symphonie de Beethoven, et le morceau\nJe Rédemption, la musique de scène de Kara-\ndec, de M. d'lndy, la fantaisie de M. Guy\nRopartz, de jolies mélodies de Gretry- et de\nilonsigny reconstituées par M. Vidal et chan-\ntées par Mmc Laute-Brun, enfin deux entr'actes\nécrites pour la Tempête de Shakespeare par\nConstantin Gilles. Cette dernière œuvre est\npresque un début, mais elle est écrite dans\nune note très personnelle et, avec une ex-\npérience incontestable de l'orchestre. Elle n'a\npas trop souffert du voisinage de M.M. d'lndy\net Ropartz. M. Vidal conduisait l'orchestre.\nF. G.\nPHILHARMONIQUE. En trois séan-\nces mémorables, Messieurs Ysaye et Pugno ont\nmagistralement descendu les dix sonates de\nBeethoven pour piano et violon. Isolément les\ndeux grands artistes font salle comble, ensem-\nble, archi-comble. Leur interprétation quoique\nultra-romantique a été fort goûtée du public ;\nj'avoue en avoir aussi savouré le ragoût, et\nBeethoven lui-même, s'il avait pu recouvrer à\nla fois la vie et l'ouïe, y aurait assurément\npris un plaisir extrême. Les grandes salles ne\nsont cependant pas favorables à l'audition de\nla Sonate classique. Perdue dans ces immenses\nvaisseaux, elle perd à son tour de son charme\nintime, et ses interprètes sont obligés pour se\nfaire entendre, de forcer leurs effets. Malgré\ntous leurs efforts, cela demeure quand même\nun peu maigre... Heureusement que lorsqu'il\ns'agit de Messieurs Ysaye et Pugno, ce vocable\nne saurait, en toute justice, être employé.\nL'audition de l'œuvre intégrale des maîtres\nest à la mode en ce moment : Toutes les\nsymphonies ! tous les quatuors ! toutes les\nsonates pour piano !... Cela rappelle l'histoire\ndu monsieur qui après avoir épousé succes-\nsivement les trois sœurs, s'apprêtait à convoler\nen justes noces avec la quatrième et dernière.\nUn de ses amis l'en dissuadait. \" Il faut\nque j'en finisse avec cette famille ! \" lui\nrépondit impitoyablement notre obstiné Barbe-\nbleue.\nLUCIEN GREILSAMER.\nCERCLE MUSICAL. Ces agréables\nmatinées du Jeudi, dirigées par M. Charles\nDomergue, ont leur public dilettante et élé-\ngant. Il entend là de bons artistes qui dans\nl'intimité d'une petite salle jouent finement\ndes œuvres intéressantes.\nLe 19, nous eûmes M. Marneff, dans les\nVariations Symphoniques pour violoncelle, de\nBoëlman, M. Lazare Lévy dans les fragments\nd'lberia, d'Albeniz, M. Plamondon, dans des\nChansons Canadiennes et Françaises recueillies\npar M. Vuillermoz, Melle Micheline iKahn,\ndans l'lmpromptu pour harpe de M. Fauré,\nenfin M. Vieux (alto) et M. Nanny, (contre-\nbasse) dans des pièces de Borghi et de Bois-\nmortier.\nM. Lazare Lévy est toujours le pianiste"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.92", "texte": "IO\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\ndélicat sachant à merveille mettre en valeur\nce qu'il joue. M. Plamondan est habitué aux\néloges. Néanmoins, il nous a paru qu'il chan-\ntait trop en artiste les chansons populaires.\nL'excès de finesse et d'intentions y est un\ndéfaut.\nQUATUOR MARSICK-HEKKING.\nAprès une longue absence de Paris, M.Mar-\nsick nous est revenu l'an dernier. Il avuqu on\nne l'avait pas oublié et qu'on le considérait\ntoujours comme un excellent interprète de la\nmusique classique, et comme un des premiers\nchefs de quatuor de notre temps. L'accueil\nqu'on vient de lui faire, à lui et à son quatuor\n(MM. Tourret, Vieux et Hekking) en est une\nnouvelle preuve. Il a su s'entourer de parte-\nnaires de premier ordre, M. Vieux, l'éminent\naltiste du Quatuor Parent et M. Hekking,\nqui est un de nos meilleurs violoncellistes,\nM. Tourret qui a joué dans plusieurs quatuors.\nLe Quatuor op. 127 de Beethoven eut peut-\nêtre demandé un peu plus de vigueur.\nMais le Quatuor en sol mineur op. 161 de\nSchubert (qui n'avait pas encore été joué à\nParis) et surtout le 3™ Quatuor de Schumann,\nont été rendus avec une unité, un fondu par-\nfaits, L'œuvre de Schubert est assez longue,\navec des soli trop tranchés, ayant toutes les\nqualités, mais aussi les défauts, de sa musique\ninstrumentale. On a tout dit du Quatuor\nop. 41 de Schumann.\nCette admirable page a été jouée comme il\nnous a rarement été donné de l'entendre, tout\nparticulièrement l'adagio.\nSOIREES D'ART. Les festivals Fauré\net Schumann ont eu, ce mois-ci, tout le succès,\nqu'ils méritaient.\nAvec le concours au piano de M. Gabriel\nFauré, le quatuor Geloso, nous a donné une\ninterprétation tout à fait heureuse du quatuor\nen ut mineur, et du quintette en ré mineur,\nde notre sympathique directeur du Conserva-\ntoire. Le style si pur de ces artistes et la\ndélicatesse de leurs sonorités, nous ont révélé\ntout ce que ces œuvres renfermaient de sen-\nsibilité exquise et de subtilité raffinée, Cet\nmêmes qualités si personnelles à M. Gabriel\nFauré, nous ont été rendues avec infiniment\nde grâce par Madame Durand-Texte, dans un\ncycle de mélodies, où nous retiendrons volon-\ntiers : Et après un rêve, Clair de lune, Soir et\nMandoline. A cette même soirée, Melle Hen-\nriette Renié, harpiste, s'est réservé un franc\nsuccès, dans l'exécution de deux pièces pour\nharpe : Romance (la bémol) et Impromptu.\nSans rien sacrifier des beautés contenues\ndans la 2me sonate, le 3™® quatuor, le quatuor\nen la mineur, et le quintette de Schumann,\nnous conserverons, cependant toutes nos pré-\nférences, pour ses \" Lieder. \" Par l'extrême\nvariété, et la sincérité des sentiments, qu'ils\nexpriment, ces petits poèmes, s'imposent à\nnotre admiration. Aussi : \" Amour et vie de\nfemme \", \" Amour de poète \", interprétés de\nsi heureuse façon par Madame Félice Litvinne\net Madame Isnardon, furent-ils l'occasion\npour ces deux artistes d'un véritable triomphe,\nPour être plus moderne, le cycle de mélodies\nde M. Léo Sachs, (A genoux, Au bord de l'eau,\nRose d'Automne, Retour près de l'Armée),\nn'en a pas moins retenu l'attention du public,\nF. G.\nRÉCITAL DELLY FRIEDLAND. -\nDu programme copieux, où s'est affirmé la\nsens très artistique de cette cantatrice, dans\nl'interprétation de mélodies allemandes, nous\nciterons volontiers : \" der Tod und das Mâd-\nchen \" de Schubert, \" der Nussbaum \" de\nSchumann, et \" Fruhlingsnacht \" du même\nauteur. La diction un peu difficile de Mn\nDelly Friedland, lui a rendu plus ardue la\npartie du concert réservée à des morceaux de\nchant d'auteurs français. Cette artiste de talent\ns'est cependant réservé un grand succès avec\n\" les Berceaux \" de Fauré, et la Chanson\nperpétuelle de Chausson.\nA. T.\nCONCERTS ISORI. Madame Isori\narrive de Florence avec une excellente métho-\nde, un style pure, et une voix très curieuse-\nment timbrée. Les vieux maîtres italien*\nauxquels elle se voue, ont en elle une interprète"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.93", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n11\n\ndévouée, habile et avertie. Ce qui m'a le plus\nfrappé, c'est son extrême aisance à transformer\nle timbre de son organe jusqu'à le rendre in-\nstrumental. L'opposition de contrastes est chez\nelle le secret du bel-canto, secret perdu, en\nFrance du moins, depuis longtemps. M. Paolo\nLitta fondateur de cette Libéra Estetica \", qui\na pris l'initiative de ces concerts anciens, a\nacompagné le violoniste E. Wittwer dans trois\nsonates à Violon et B. C. Le tout m'a paru d'une\nexcellente tenue, mais il me semble que Per-\ngolesi, Veracini et Nardini lui-même réclament\npeut-être un peu moins d'abandon, et un style\nqui en impose davantage à l'auditeur. Il est\ntrès possible aussi que cette impression vienne\nde l'habitude où nous sommes d'entendre aux\narchets de très grosses sonorités. En somme le\nmérite de ces auditions a vivement frappé l'as-\nsistance, dans laquelle j'ai remarqué' tous nos\ncollègues de la critique musicale, tous ceux du\nmoins qui se dérangent pour entendre et non\npour être vus. Je ne saurais trop encourager\nla \" Libéra Estetica \" dans cette œuvre de\npropagande en faveur de la musique italienne\nancienne, si oubliée et si digne de vivre éter-\nnellement.\nJ. E.\nSOIRÉES DU \"MONDE MUSICAL.\"\nNotre distingué confrère, M. Mangeot, a\npar une initiative heureuse que nous suivrons\npeut-être un jour, organisé à la Salle de la\nSociété de Photographie, le Jeudi soir, des\n\" séances intimes de lecture de musique étran-\ngere.\nC'est là un titre trop modeste pour le sen-\ntiment artistique qui dirige ces réunions, et\npour les virtuoses qui en font les frais. Ces\nu lectures \" sont presque des exécutions par-\nfaites, et on n'en sera pas surpris si nous disons\nque le 18 Novembre nous eûmes le plaisir\nd'entendre au piano M. Louis Delune,\nM. Casella, le compositeur Suédois Sjôgren,\ndont les lieder sont connus en France,\nM. Manuel de Falla, compositeur andalous,\ndans des œuvres tout au moins intéressantes.\nLe \" Thème et Variations\" de Sinding\navec le sous titre \"Fatum\" est une page aussi\nremarquable par la noblesse des idées musicales\nque par leur beau développement pianistique.\nC'est une grande œuvre et M. Delune l'a\njouée avec un profond sentiment et des doigts\nmerveilleux.\nM. Casella a lu des pièces de Balakirew et\nd'Albeniz ainsi qu'une belle fugue de Sgam-\nbati, presque inconnue en France.\nDans de petites pièces de sa composition,\nM. Sjôgren, et dans des croquis espagnols très\nvibrants, M. de Falla, ont beaucoup plu.\nA la séance suivante, ce furent des trans-\ncriptions d'œuvres symphoniques étrangères\npour piano à quatre mains. Des variations et\nune ouverture \"Vers le Sud\" d'Elgar ont\nparu creuses et sans grand intérêt. Par contre,\nla 4e Symphonie de Dvôrack et une Rapsodie\nOrientale de Glazounow sont des œuvres\noriginales d'idées et variées de rythmes, colo-\nrées et puissantes qui doivent produire un\ngrand effet à l'orchestre. La suite de Glazou-\nnow devrait figurer depuis longtemps sur nos"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.94", "texte": "I 2\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nprogrammes du dimanche, entre Sheherazade\net Antar. M. Chevillard la connaît-il ?\nF. GUÉRILLOT.\nAU LYCEUM. Le Lyceum vient de\nnous fournir encore une fois la preuve de la\nvitalité de féminisme en musique. Ce Club de\ndames donnait une audition des œuvres de\nCamille St Saëns, où quelques rares privilégiés\ndu sexe fort ont pu se faufiler.\nAu programme Mlle Grandjean, Madame\nA. de Montalant, MlleGignoux, M. de Guébriac\net le Maître. Sonates, airs, duos, transcriptions\nd'orchestre, tout était combiné de façon à nous\ndonner une parfaite idée de la musique de Saint\nSaëns ? Et jamais je n'ai trouvé cette musique\naussi bien à sa place, ni aussi vivement goûtée\nque dans cette réunion tout à fait choisie. Un\nbon point pour le secrétaire organisateur,'notre\ncollègue Mlle Delh ez.\nAux trois vendredis suivants, nous avons\nnoté le violoncelliste Fernand Pollain, qu'on\nvenait d'applaudir au Concert Chevillard, M.\nPaul Viardot, le distingué violoniste, Mellc\nCaffaret aux doigts jeunes et déliés, enfin\nM. Viannene, excellent baryton de concert à\nla voix exquise et notre collègue Melle Delhez\nqui organise ces concerts et leur donne pas\nassez souvent le concours de sa belle voix\net de sa remarquable méthode.\nF. G.\nCONCERT CHEVALET. Melle\nGermaine Chevalet qui donne deux séances\nde chant Salle Berlioz a une qualité à laquelle\nrien ne supplée, la jeunesse et la fraîcheur de\nla voix. Son second concert aura lieu trop\ntard pour que nous puissions en parler, au\nmoins dans le présent numéro. Le premier\navait un programme sérieux, avec des can-\ntiques de J. S. Bach et de Beethoven, des airs\nde Haendel et de Caccini. Melle Chevalet a\nbien chanté ces courtes mais expressives mé-\nlodies religieuses de Beethoven qu'on n'entend\npas assez souvent. M. Gaubert, dans une suite\nde Bach, a été, comme d'ordinaire, un flûtiste\nau son exquis.\nCONCERT BACHMANN. Pro-\ngramme très copieux avec la suite de Schiïtt,\nle Concerto en si mineur de Saint-Saëns,\ntrois œuvres de Bachmann: \" Dialogue\nqui sera joué cet hiver dans tous les salons,\n\" Jota aragonesa \" pièce à la Sarasate, d'une\ndifficulté inouïe, \" marche funèbre \" à la mé-\nmoire de Joachim ; puis un adagio émouvant\net peu connu de Corelli, l'adagio du Concerto\nde Dvorak, un caprice très intéressant (dédié:\n\nMme A. T.....s"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.95", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n!3\n\nde Moszkowski, et enfin les \"Airs russes\" de\nWieniawski.\nLe virtuose a déployé une fois de plus les\nqualités qui le placent incontestablement au\npremier rang, et à côté des plus-grands maîtres\nmodernes du violon.\nLa particularité de ce concert consistait,\nainsi que l'annonçait le programme, en ce que\nM. Bachmann y jouait un violon Greilsamer\nentièrement neuf. Il y a eu unanimité à con-\nstater que le néo-Crémone luttait avantageuse-\nment avec le Montagnana du virtuose, payé,\nainsi que l'indique l'annuaire des artistes,\n20,000 frs. La 41Î1C corde a même semblé\nposséder plus d'ampleur encore. Il est heureux\npour l'art musical, que nous n'ayons désormais\nplus à considérer comme irréparable la dimi-\nnution journalière du nombre des instruments\nanciens, puisque le secret de Crémone est\nretrouvé ; il s'agit donc là d'une reconstitution\ndont l'extrême importance 11e saurait échapper\naux musiciens et pour laquelle il convient de\nféliciter chaudement M. Greilsamer dont les\nsagaces recherches enregistrent un plein succès.\nM. Bachmann vient de fonder un quatuor\nque nous entendrons probablement cet hiver,\navec MM. Chouanet, de Renaucourt et Vol-\npatti. GASTON KNOSP.\nCOURS DE LECTURE MUSICALE.\n—Une heureuse initiative nous est signalée.\nMadame Delage-Prat, a ouvert un cours pour\ndames et jeunes filles, dans lequel les élèves\nlisent à première vue des œuvres de musique\nd'ensemble à deux pianos, pour piano et violon,\npour voix et accompagnement, pour piano et\nvioloncelle. L'un des partenaires est le maître,\nl'autre l'élève. Le cours a lieu une fois par\nsemaine, 78, avenue de Villiers.\nCONSERVATOIRE. Nous sommes\nheureux d'apprendre la nomination de notre\néminent Collègue M. Maurice Emmanuel, à\nla chaire d'histoire de la musique de Conser-\nvatoire. Nous offrons les félicitations les plus\nsincères à M. Maurice Emmanuel, et serons\nheureux de rendre compte ici des leçons qu'il\nprofessera au Conservatoire.\nQUATUOR PARENT. Le quatuor\nParent donnera les quatre mardis de décembre\nl'œuvre intégrale de musique de chambre de\nSchumann, et les mardis de janvier et février\nl'audition des 17 quators de Beethoven. (Ces\nhuit dernières séances ne coûteront en abonne-\nment que 10 frs.)\nERRATUM.— Une erreur typographique\nnous a fait attribuer à M. L. Gandillot dans\nS.I.M. de Novembre l'article de notre collègue\nMaurice Gandillot, dont le signature avait\nd'ailleurs été mise à la fin dudit article. Nous\nnous empressons de réparer ces coquilles.\nALFRED JOSSET. Une curieuse\nfigure de la musique française vient de dis-\nparaître : le compositeur Alfred Josset est\nmort le 12 novembre dernier. Il était né à\nGisors le 8 septembre 1851 ; sorti de l'école\nNiedermeyer, il avait été maître de chapelle à\nSte Marguerite, puis professeur de musique à\nS 1 Nicolas. Depuis 1882 il dirigeait avec un\ninlassable dévouement l'lnstitut musical des\nfrères de St Jean de Dieu. Il était parvenu à\nrecruter parmi les malheureux infirmes élevés\nrue Lecourbe, un orchestre symphonique et\nune Société chorale de plus de 200 exécutants.\nIl était d'une bonté touchante envers tous ces\npauvres déshérités, et avait rédigé pour eux\nune sorte d'encyclopédie musicale, où sont\nprésentées sous une forme rapide et simplifiée\nles notions essentielles de l'harmonie et de\nl'histoire musicale. Ennemi juré de toute\nroutine, il avait imaginé une méthode spéciale,\ndestinée à faciliter les débuts du piano, et des\nprocédés de composition et d'improvisation\naussi ingénieux qu'imprévus. Ses doctrines\nartistiques ont pu prêter parfois à sourire, mais\nelles ont infailliblement séduit tous ceux qui\nont pris la peine de les approfondir. \" Tout le\nmonde compositeur ! \" s'écriait-il avec l'ardeur\nd'un convaincu qui prêche un nouvel Evan-\ngile. Le seul tort de cet homme excellent, qui\navait certainement du génie, était de ne pas\ns'apercevoir que tous n'en avaient pas autant\nque lui."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.96", "texte": "H\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nCOURS. M. Charles Silver a repris\nses leçons d'harmonie et de composition.\nMadame Brejean Silver de l'Opéra Comique\nvient également de reprendre ses leçons et\ncours de chants, 21, Boulevard Beauséjour.\nMadame Sivat, 5, rue Franklin, continue\nses leçons de piano suivant la méthode de\nLechetiski, solfège, harmonie, cours d'enfants,\nlecture à vue, violon et harmonie. Cours par\ncorrespondance.\nLA LÉPREUSE. Sylvio Lazzari a\nperdu son procès.\nSon drame lyrique, La Lépreuse, fait en\ncollaboration avec H. Bataille, avait été reçu\nà l'Opéra-Comique, et était devenu, après\nquelques modifications destinées à ménager la\ndélicatesse des habitués de la salle Favart,\nY Ensorcelée. Pour des raisons sans doute graves,\nM. Carré refusa de jouer ce drame et offrit\nle montant du dédit stipulé dans la traité de la\nSociété des Auteurs. Comme, au moment de\nla réception de la pièce, Lazzari ne faisait pas\npartie de la Société, il refusa le dédit, exigeant\nla représentation de son œuvre et des dom-\nmages et intérêts. D'où procès. Lazzari a perdu.\nTant pis pour les musiciens qui continueront\nà entendre des Chiquito...\nQUATUOR MULLER. Dans une\nagréable petite salle de théâtre de l'avenue\nd'Eylau, une société de jeunes lauréats du\nConservatoire, dont les années n'atteignent\npas, ensemble, le total d'un siècle, a entrepris\nde donner des séances de musique de chambre.\nLes débutants: MM. Louis Carenbat, G. Pou-\nlet, Monfeuillard et A. Crucq jouent juste,\nont du feu, de la sonorité et font preuve de\ndiscernement dans le choix de leurs program-\nmes: Beethoven (Ve Quatuor), Mozart (Sonate\npour piano et si b), Schumann et son Quintette,\nfiguraient à leur premier concert. Mme Muller\nleur prêtait son concours pour la partie de\npiano. Ces artistes furent très applaudis. On\npeut souhaiter à la pianiste un peu moins de\ndiscrétion dans la sonorité, car, dans Schu-\nmann surtout, le rôle du piano n'est pas secon-\ndaire, et conseiller au contraire, aux quartet-\ntistes d'obtenir plus de douceur et de légéreté\ndans les morceaux qui comportent du mystère\nou de la vivacité.\nG. S.\nROUEN. Notre collègue Mme M. Capoy\nreprendra ses causeries cet hiver. Elle parlera\ndes Vieux Noëls normands, de la Diction au\npoint de vue physologique de la Musique allemande\nau XVIIe siècle, et enfin du Public et du Théâ-\ntre. Il est à souhaiter que toutes nos grandes\nvilles de France se montrent aussi zélées que\nRouen. Le goût et la compréhension de la\nmusique en province y gagneraient.\nNANCY. Le directeur de notre Con-\nservatoire a célébré à sa façon l'entente franco-\nanglaise en donnant au concert de dimanche,\nune œuvre du compositeur anglais Gianville\nBantock.\nThe Pierrot of the Minute c'est le titre\nde l'ouvrage n'a pas, du moins que je\nsache, encore été joué en France. Son auteur,\nqui fait partie de l'école musicale anglaise\nmoderne, jouit de l'autre côté de la Manche\nd'une renommée assez considérable. Quoiqu'il\nen soit, The Pierrot of the Minute, sur lequel\nil serait prématuré de vouloir porter un juge-\nment définitif, est une œuvre très vivante, très\ncolorée, et qui vaut par le souci du détail.\nElle vaut aussi, en dépit de certaines puérilités,\npar l'adresse avec laquelle elle est bâtie, adresse\nqui n'exclut point chez l'auteur une con-\nnaissance approfondie de la fusion des timbres,\nAu programme étaient inscrites Istar de\nV. d'lndy, la Symphonie en mi b. de Schumann,\nle Concerto en ré mineur de Tartini et une\nChaconne pour violon et orgue de Vitali.\nPour l'exécution de ces deux dernières\nœuvres, M. Ropartz avait engagé M. E. Deru,\nvioloniste, qui interpréta, sans l'exagération\ncommune aux virtuoses, les pages des deux\nvieux maîtres.\nH. P.\nBORDEAUX. Les auditions musicales,\ndu Salon d'Automne furent organisées pour la"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.97", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\nï5\n\npremière fois, en 189 g il y a donc par\nconséquent dix ans, par la Société des Artistes\nGirondins, et sur l'initiative de M.M. Forel,\nPrésident et Fiort Secrétaire général de la\nSociété, avec la collaboration artistique, de\nMonsieur V. Gendreu, professeur de violon,\net chef des Chœurs du Conservatoire de\nBordeaux.\nCes séances, eurent toujours beaucoup de\nsuccès, autant par la qualité des Artistes qui\ns'y firent entendre, que par le choix judicieux\ndes morceaux inscrits sur les programmes.\nDepuis quelque temps, une section, \" d'Art\nPhotographique \" et une section \" d'Art à\n'Ecole \" figurent honorablement, à côté de la\npeinture et de la sculpture. Cette année-ci une\nnouvelle section \" l'Art humoristique \" a été\najoutée. Aussi ce salon, véritable manifestation\nd'Art, a-t-il pris dans notre ville, une des pre-\nmières places, parmi les expositions du même\ngenre. C'est ce qui fait la vogue toujours\ngrandissante des auditions musicales que l'on\nj organise.\nTous les ans, pendant la durée du Salon, il\ny a quatre concerts ou récitals.\nCette année, à la première séance, on en-\ntendit, l'altiste Pelégrini, soliste à l'orchestre\nde notre première scène, dans différentes\nœuvres, classiques, anciennes et modernes.\nLe deuxième récital fut des plus intéressant,\nLe violoniste Block, violon solo, au même\norchestre, a interprété avec art et sentiment :\nune sonate de Vivaldi, le Concerto en la\nmajeur de Mozart, la Havanaise de S 1 Saëns,\nune danse espagnole de Sarasate, et enfin une\nanse Hongroise de Brahms, transcrite pour le\nviolon, par Joachim.\nLe Docteur Ernest Montagné lerIer Chef\nl'orchestre du Grand Théâtre et du Cercle\nJhilharmonique, tenait le piano d'accompa-\ngnement.\nLe quatre Novembre dernier, on entendit,\nquatre lauréats de notre conservatoire, Clément,\nvioloniste, Cuville, flûtiste, Chassagne, l'exquis\n:enor bordelais, àla voix franche et sonore, et\nau piano M. Lanne.\nEnfin la quatrième et dernière séance, du\njeudi 11 Novembre, fut consacrée à l'art hu-\nmoristique, aussi n'y entendit-on que peu de\nmusique.\nDans une conférence, dialoguée, d'une aima-\nble et verveuse fantaisie, Messieurs Louis\nValetin et H. Tasta parlèrent de F Humour\nModerne.\nOn a entendu aussi des fragments des\nmeilleures œuvres, d'Alph. Allais, Daudet,\nFerny etc... ces fragments étaient dits par\nM.M. Rousseau et Mr X. ; Mademoiselle\nGarrigue, l'excellent professeur, tenait le piano,\npour les adaptations musicales.\nPour terminer, l'aimable professeur de décla-\nmation, Victor Bachelet, en compagnie d'une\nde ses meilleures élèves, Mlle Jeannau, qui lui\ndonnait la répliqué, déchaînèrent des rires et\ndes applaudissement en interprétant l'hilarante\ncomédie, de Grenet Dancourt, \" le Phoque \".\nIl convient de féliciter, sans réserve, M.M.\nForel, président, et Fouché, vice-président,\nfondateurs et organisateurs du Salon d'Au-\ntomne, sans oublier M. H. Soula, secrétaire\ngénéral de l'Association des Artistes Humoris-\ntes du Sud-Ouest, pour l'organisation de ces\nintéressantes matinées.\nBelle chambrée, dans la coquette salle\nFranklin, le 6 Novembre dernier, pour enten-\ndre Mademoiselle Cécile Chaminade dans ces\nmeilleures œuvres.\nTous les musiciens, connaissent la musique\nde ce compositeur ; à Bordeaux, en particulier\nses compositions, sont très goûtées. Son inspi-\nration s'assimile tous les genres : depuis la\nmélodie pleine d'abandon, jusqu'à la musique\nde forme classique. De plus, son talent de\npianiste, son jeu plein d'éclat et de vituosité,\net le plus grand souci du sentiment de la\nnuance, toutes ces qualités, qu'elle possède\nadmirablement, donnent à son interprétation\nune intense personnalité.\nMadame Capoy des Concerts Colonne, Mon-\nsieur Chanoine Concerts Lamou-\nreux, Monsieur Hennebains, le distingué flûtiste\nsolo, de la Société des Concerts, et professeur\nau Conservatoire, lui prêtaient le concours de\nleur talent.\nMadame Capoy, est une cantatrice, à la\nvoix souple, sympathique, dont le timbre est"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.98", "texte": "16\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nd'une idéale pureté. Aussi sa parfaite diction, et\nson interprétation, vraiment artistique, des\nœuvres vocales de l'auteur, ont-elles transformé\nson succès en véritable triomphe, lorsqu'après\nun troisième rappel, elle eût chanté \" l'Anneau\nd'Argent \", une petite merveille d'inspiration.\nMonsieur Chanoine Davranche, aeu sa\ngrande part des ovations, pour l'autorité et la\nscience, avec lesquelles ! il a dit, plusieurs jolies\nmélodies : Espoir, l'Amour Captif, et la scène\nsi dramatique \" Les deux Ménétriers\".\nMonsieur Hennebains, fit entendre, un con-\ncertino de flûte de composition, hérissé de\ndifficultés ; ce grand artiste, joua ensuite, avec\nun brio incomparable, la valse en ré, de\nChopin. Plus tard, il fut acclamé par la salle\nentière, lorsqu'il eut joué, avec cette pureté\net cette douceur de son, dont il a seul le secret,\nle solo de flûte, de l'adorable scène des Champs\nElisées, d'Orphée de Gluck.\nLe concert débutait par un Trio en la\nmajeur.\nDans ce trio, le violon chantait aux mains,\nde Mademoiselle Gabrielle Mourlane-Bastien,\nnièce et élève, du réputé violoniste bordelais,\nJoseph Bastien.\nMonsieur Pelabon, violoncelliste réputé et\nde talent, a mérité aussi tous les éloges, pour\nson entente parfaite de l'œuvre, et pour les\nbelles sonorités obtenues sur son instrument\ndans ce trio.\nEnfin il convient de féliciter sans réserve,\nMadame Baylin, le distingué professeur de\nchant, qui avait su grouper autour de ses\nnombreuses élèves, un essaim de jeunes et\ngracieuses chanteuses, qui ont interprété, sous\nsa direction, avec des voix fraîches et nourries\net avec infiniment d'art \" Les Filles d'Arles\",\nun délicieux chœur à deux voix. Les Soli, de ce\npetit chef-d'œuvre, ont été chantés, l'un par\nMademoiselle Paule Cabestrémé, àla voix\nchaude et vibrante, et l'autre par une jeune\nchanteuse d'avenir, que je regrette de ne pou-\nvoir nommer, le programme, ne disant pas\nson nom.\nSociété Sainte Cécile. Après nous avoir fait\nentendre, les années précédentes, dans le même\nlieu et dans les mêmes circonstances, les chefs-\n(l'œuvre de l'art religieux moderne, tels que.\nLes Messes en ut et en ré de Beethoven ]a\nMesse du Sacre de Cherubini, la Messe Pontifi-\ncale de Th. Dubois, la Messe en la de César\nFrank, et dans l'ordre des primitifs, deux\nde Palestrina, le Comité de la Société Sainte\nCécile, et l'éminent directeur de son conser-\nvatoire Pennequin, nous ont donné cette\nannée, la Mlssa Quarti-Toni de Tomas Lui\\\nda Vittoria (1540-1608).\nLes chœurs du Conservatoire de la Société\n150 exécutants, aux voix très disciplinées ont\nrendu, grâce à un travail suivi et compris\nl'œuvre de Vittoria d'une façon très remar-\nquable. Les voix sans accompagnement étaient\nparfaitement justes ; cependant l'œuvre pré-\nsentait de sérieuses difficultés, de préparation,\net d'exécution, à cause de la tessiture toujours\ntrès élevée du chant, qui rendait la tâche très\npénible aux choristes.\nProgramme de la saison 1909-1910 : Dans\nles ouvrages des maîtres anciens, le Magnificat\nde Bach ; le Concerto en fa avec trompette\ndu même maître ; une suite, \" Cartor et\nPollux \" de Rameau; une symphonie en u ré\"\nde Haydn ; l'ouverture des \" Noces de Figaro\"\net un Concerto pour harpe et flûte de Mozart,\navec mademoiselle Renié et le flûtiste Gaubert,\nParmi les modernes, Thamar et une Ouver-\nture sur des thèmes russes de Balakiref ; La\nDéfaite de Sennacheril de Moussorgsky ; la\ndeuxième symphonie de Tournemire (un borde-\nlais) ; Les Py renées de Pechel ; Y Ouverture de\nPolyeucte de P. Dukas ; une fantaisie de Guy\nRapartz.\nLe premier concert de l'année, sous la très\nremarquable direction de M. Pennequin\ndébutait par la symphonie en ut de Sr Saëns,\nle \" Beethoven français \" comme le qualifiait\nGounod lors de la première audition de cette\nœuvre en 1887. Puis u Sauge Fleuri\" de V.\nd'lndy, que le public bordelais m'a paru\naccueillir bien fraîchement, et sans se douter\nde la saveur musicale de ce chef-d'œuvre.\nMllc Arnaud, retour d'Allemagne, a joué les\n\" Variations \" de Franck, et M. Rosoor celle\nde Tschaikowski a sur un thème rococo"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.99", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\nl 7\n\n2\n\n(C'est le titre même de l'œuvre). Bravo\npour le maître Pennequin, dont la baguette\nmagique anime la vie musicale de Bordeaux.\nLes Cinq Ecoles. Le programme de cette\ncompagnie, pour la saison 1909-1910, s'an-\nnonce très intéressant. Les trois Protagonistes :\nLespine, violoniste, Falcon, pianiste, et l'érudit\nconférencier Paul Berthelot, le sympathique\nSecrétaire Général de la rédaction des journaux\nLa Gironde et la Petite Gironde, nous feront\nentendre les chefs-d'œuvre de l'Ecole Espa-\ngnole ; en plus et en fin de saison, on entendra\nun quatuor de Samazenil, notre compatriote,\net une œuvre chorale importante du Compo-\nsiteur de La Tombelle. La première séance\naura lieu le 5 décembre, et nous en parlerons.\nGrand Théâtre. Les représentations sur\nnotre scène du Grand Opéra suivent normale-\nment leur cours. Depuis l'ouverture de la\nsaison, Monsieur Bory, directeur, et Monsieur\nG. Sarreau, son collaborateur artistique, nous\nont donné quelques Soirées d'un ensemble\nassez satisfaisant au point de vue artistique.\nSalon des Femmes-Artistes. Deux auditions\nmusicales, cette semaine, au Salon de la\nGalerie des Beaux-arts. Madame Chartier,\npianiste, Sallin, violoniste, Chaubet, violoncel-\nliste, ont donné une bonne interprétation du\ntrio en ré mineur, de Mendelsohn.\nA la deuxième séance Madame Lassalle-\nDordins, professeur de chant, s'est fait entendre\ndans un air classique de Haendel et dans \" Au\nClair de Lune \" de Leoncavallo.\nLes Mercredis Classiques. Le Conseil\nd'administration du Grand Café de Bordeaux,\nsous le haut patronage de Saint-Saëns, organise\nsous le nom de u Mercredis Classiques \" une\nfois par semaine, dans la Salle des Fêtes de\nl'établissement, des matinées de musique de\nChambre. Ces séances musicales sont, paraît-il,\nbien suivies et ont quelque succès. N'ayant\nété avisé que par hasard de leur fondation, je\nn'ai pas eu encore l'honneur d'y assister ; je\nne puis donc en parler aujourd'hui.\nV. GENDREU.\nMOSCOU. Maison du Lied, Le\nprix de 500 roubles (1325 francs) a été décer-\nné par le Jury, composé de MM. Hippolyte\nIvanof, directeur de Conservatoire, Golden-\nweiser et Medtner, à dix harmonisations du\ncomte Serge Léon-Tolstoï. Le prix supplé-\nmentaire de 200 roubles (530 francs) à quatre\nharmonisations de M. Paul Antoine Vidal.\nCes compositions seront interprétées par Mme\nMarie Olénine et publiées par les soins de\nla Maison du Lied.\nBRUXELLES. Notre saison musicale\nsera féconde. Des centaines d'auditions s'or-\nganisent, les directeurs de théâtres et concerts\nrivalisent d'éclectisme, de dévouement, et\nd'ardeur à vouloir satisfaire les Bruxellois, que\nla musique de plus en plus, captive et retient.\nNous ne nous plaindrons pas de cette efflores-\ncence prometteuse, peut être, d'un renouveau\nde la grande communion du public belge, avec\nl'œuvre des musiciens belges.\nEvidemment, jusqu'ici, les programmes an-\nnoncés sont consacrés en grande part, aux classi-\nques, quoique la musique moderne française\nsemble bien devoir prendre la première place\ndans nos sympathies. Rien à cela que de naturel\net de légitime ; beaucoup de nos compositeurs\n(les Wallons) se rattachent à sa jeune école.\nMais, encore que ces derniers aient peu sou-\nvent la faveur d'une exécution, il est désirable\net légitime tout autant, que l'on nous donne\ndes œuvres flamandes, dont il est de fort\nremarquables.\nCe désir affirmé, réjouissons-nous d'une\nactivité de bon augure.\nLes exigences de la parution nous obligent\nà ne parler cette fois que de ces principales\nmanifestations.\nA la Monnaie qui nous annonce, comme\nprochaines nouveautés : Eros Vainqueur de P.\nde Bréville, Ondelette de Ch. Radoux, (fils du\ndirecteur du Conservatoire de Liège), La\nDori%ey de Cesare Galeotti, et Iphigènie en\nAulide, non encore représenté à Bruxelles.\nNous avons eu la première de MQ Butterfly de\nPuccini. Du livret (qui n'est qu'un livret) ne"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.100", "texte": "18\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nnous préoccupons pas davantage que paraît\nl'avoir fait l'auteur lui-même, dont les épan-\nchements mélodiques n'ont pas besoin, semble-\nt-il, d'attendre plus ou moins de poétiques\nrêves...\nLa musique est franchement italienne,\nquoique l'on puisse y trouver certaines tonalités\norientales et yankee. Puccini reste Puccini,\nc'est à dire, un compositeur extrêmement\nhabile, correct, élégant, abondant, qui sait\ncharmer, qui \" réussit \". Le public n'a pas\nmanqué de lui réserver le trépignant succès\nqu'il mérite.\nOutre cette première, nous avons ap-\nplaudi le baryton de Bayreuth, M. Van Rooy,\ndans un concert choisi, et dans les Maîtres\nChanteurs de Nuremberg. '\nSignalons aussi la représentation Orphée\nconduite admirablement par la très artiste\nMme Croiza.\nLES CONCERTS.\nA la distribution des prix du Conserva-\ntoire Royal, on a donné, pour finir, une\nRapsodie vibrante, colorée, somptueuse, du\nmaître belge Paul Gilson.\nDes débuts des Concerts Van Dam, le\npublic bruxellois retient surtout le chaleureux\nsuccès dont ils furent une nouvelle occasion\npour le très captivante et délicate artiste :\nMme LANDOWSKA. Dans le concerto en mi\nbémol de Mozart, dans trois petites pièces de\nChopin, elle sut rendre, aux Maîtres, le précieux\nhommage d'une interprétation fidèle, autant\nqu'émue ; au clavecin, elle déchaîna l'enthou-\nsiasme par le concerto italien de Bach et, en\nrappel, une exquise gavotte Certes, la per-\nfection de son jeu, le charme profond dont\ns'enveloppent les œuvres qu'elle choisit ne sont\nplus à redire, et pourtant l'on ne se lasse\nd'admirer telle virtuosité merveilleuse au\nservice d'une \" âme \" aussi délicieusement, et\npassionnément cultivée.\nM. DURANT que les défaites n'ont pu\ndécourager a repris ses concerts, en la salle de\nl'Ecole Française. Du premier, que rehaussait\nle concours du virtuose pianiste belge M. De\nGreef, et où l'on entendit l'ouverture de\nCoriolan, de Beethoven, les Variations sur un\nthème de Haydn, de Brahms, un concerto de\nBach, et un concerto de Lizst, (piano et\norchestre) nous remarquerons spécialement la\nSymphonie Nèo-classique de M. d'Harcourt.\nCette œuvre, qui témoigne d'une science\nparfaite, et d'un labeur probe, fut diversement\naccueillie. D'aucuns lui ont reproché son\nmanque d'originalité, sa pauvreté, son manque\nd'équilibre et d'inspiration.\nLes musiciens lui reconnaissent des qualités\nde métier, la clarté, la sincérité, la simplicité\ndes moyens ; le maître Paul Gilson lui trouve\n\" une solidité toute germanique \". Ce compliment\nfait honneur à M. d'Harcourt dont l'effort\nmérite d'être suivi. Pour n'avoir pas l'allure\nmagistrale, sa Symphonie nèo-classique possède\nd'excellents mouvements, le début est drama-\ntique, le scherzo vif, allègre et joyeux, le finale\npuissant et coloré, de grand effet. En somme,\nl'œuvre réclame l'attention et M. Durant a\nbien fait de nous la présenter.\nA l'occasion de la prochaine représenta-\ntion de la Passion selon St Jean, par la société\nBach, sous la direction de M. Zimmer, nous\ndonnerons, dans le prochain numéro, une brève\nanalyse de l'œuvre, d'après le livret que lui a\nconsacré notre correspondant à Liège M. le\nD 1 Dwelshauwer.\nR. L.\nC'est avec grand plaisir que nous appre-\nnons le succès que viennent de remporter à\nChristiania, à Bergen, à Trondjen et dans\ntoutes les villes des Etats Scandinaves, le\nvioloniste Hongrois Arthur Nortmann et notre\ncompatriote le jeune pianiste André Dorival.\nAu programme : Sonates de Grieg en ut\nmineur pour piano et violon, et de Brahms en\nré mineur.\nCes deux artistes distingués iront bientôt\ndonner quelques concerts dans les principales\nvilles du Dannemark, puis se feront entendre\nà Paris, avant d'entreprendre leur tournée en\nBulgarie et en Turquie.\nLe quator Zimmer, dans sa première\nséance, révèle un trio de M. E. von Dhonanyi>"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.101", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\nl 9\n\njuvre intéressante, non dépourvue de charme\n: d'inspiration.\n- Eugène Isaye, affirme une fois de plus\nJès son premier concert, ses dilections. Le\nprogramme est entièrement français. \" Sym-\nèonie française \" (première exécution) de\nTh. Dubois \" Petite Suite 99 de Claude De-\nlassy. qui n'y est pas lui-même, car simple,\nprécis, et direct \" Espana \"de Chabrier.\nRaoul Pugno, technicien impeccable, brillant\nIrtuose, prêtait son \" royal \" concours à cette\nsoirée.\nM. Durant reprend aujourd'hui même,\n\\\\ novembre, la série de ses concerts. Nous\n!e rappelerons dans notre prochaine corres-\njondance.\nLe violoniste russe Aljôscha Schkolnich\nlonnera un récital, le 16 novembre à la salle\nle la Grande Harmonie. Cet artiste a remporté\nle nombreux succès à l'étranger. Au program-\nme : Tschaïkowsky, Grieg, Paganini, Arnold,\nHendelsohn, Sinding et Tartini. —-\nLa famille Zoelnerr se fera entendre, le\n22, salle Erard, sous les auspices du journal\nThéâtra \".\nA ANVERS, Jan Blockx, l'auteur de Pr in-\nitie d\" Auberge, a remporté un nouveau succès\nvec Sinjorenlied, dans un concert au profit du\nmonument Peter Benoit. Cette œuvre sera\néditée à même fin.\nDans le numéro prochain, nous posséderons\nine correspondance très complète émanant des\nilles principales : Anvers, Liège, Verviers,\nMon, Tournai, Mons, etc. Nos lecteurs\nelges pourront donc suivre très attentivement,\nrâce aux articles généraux consacrés dans le\nM. à nos musiciens, grâce au détail des\néditions,1 le développement actuel de notre\njoût, et l'orientation de notre sens musical.\nR. L.\nBIBLIOGRAPHIE\npour Novembre :\nBreitkopf et Hoërtel (Bruxelles).\nKpromptu de A. de Boeck.\net au bulletin bibliographique, de l'A. M,\nMenuet de A. de Boeck.\nArabesque (i et 2) de José Sevenants.\nMaison Beethoven (Oertel. Bruxelles).\nIdylle Pastorale violon et piano de Mathieu\nCrickboom.\nLiedy violon et piano, de Silvio Ramieri.\nBerceuse ~ ~ ~\nElégie (violon, orchestre et piano) I. Guidi.\nRomance, violon solo (et piano) E. N. Guil-\nlaume.\nHymne, violon solo et piano, Ch. Genty.\nSolfèges, Léon Soubre.\nVIENNE. M. Weingartner, directeur\nde 1' Opéra de Vienne, qui s'était fracturé la\njambe, en circulant parmi des décors mal assu-\njettis, se trouve maintenant en convalescence,\net en très bonne voie de guérison. Le fes-\ntival pour le monument de Johann Strauss a eu\nlieu sous la forme d'un Alt Wiener Abe?id. Le\nquatuor Rosé et quelques instrumentistes de\nl'opéra ont exécuté les \" Danses de Moedling \"\nde Beethoven, que le Professeur Riemann a\nretrouvées l'an dernier. Puis des danses de\nSchubert, et enfin, avec le pianiste\nle quintette de \" La Truite \". Le quatuor\nPrill annonce un cycle Beethoven, qui com-\nprendra tous les quatuors et les quintettes. Le\nQuatuor Rosé a donné une bonne exécution\ndu quatuor en la majeur de Gliere. Le Con-\ncertverein, sous la direction de Ferdinand\nLoewe donnera des œuvres modernes : Istar\nde d'lndy, Sérénade Italienne de H. Wolf -y\nVysegrad de Smetana. Le Tonkunstlerorches-\nter, sous la direction de O. Nedbal, donnera la.\nSinfonia concertante de Mozart pour violon et\nalto. Le violon sera Kubelik et l'alto Nedbal\nlui-même. Puis la Procession de Rabaud, \" Bre-\ntagne \" rapsodie de Mandl ; u Chopiniana \" de\nGlazo'unow. E. W.\nUNE SEMAINE RICHARD STRAUSS\naura lieu l'été prochain, avec musique de\nchambre d'orchestre et de théâtre. Dans le\ncomité d'organisation nous relevons les noms\nde la Princesse de Polignac, et de MM. Carré\net Messager. Pour tous renseignements on\npeut s'adresser à M.Emile Gutmann à Munich^"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.102", "texte": "2 0\nLi'ACTU ALIITÉ MUSICALE\n\nBERLIN. Mll' Trelli vient de rempor-\nter un tré brillant -uccès dans un concert\nqu'elle a donné le mardi 9 novembre à l'Hôtel\nEsplanade, avec des œuvres de Franck, Debussy,\nFauré, Leroux et Saint Saëns. Mlle Trelli est\nà la fois pianiste exquise et remarquable so-\nprano.\nNEW-YORK. Le protectionnisme\nyankee devient terrible. Ce qui s'est passé\n1 autre semaine a New-York, pour la musique\nde la Savoie,donnera une idée des exagérations\noù il se complaît. ...1 I UÙRON TT\nProfitant de la présence dans le port de plu-\nsieurs autres transatlantiques, les marins, mé-\ncaniciens et employés de la Savoie, membres\nde l'Orphelinat des navigateurs du ler arron-\ndissement maritime français, décidèrent de\ndonner un petit concert de charité sur le sol\naméricain.\nL'hôtel Transatlantic fut choisi.\nQu'on juge de la stupeur de ces braves gens\nlorsque la douane américaine leur défendit de\ndescendre à terre leurs instruments, à vent ou\nà cordes !\nComment donner le concert annoncé \\\nLa propriétaire de l'hôtel, une vraie femme\nde tête et de cœur, dut, pour sauver la situa-\ntion, acheter de ses deniers les instruments,\nnécessaires, dont le coût fut de 250 dollars,\nsoit 1.250 francs.\n\nMaîtres et Amateurs\nUn Maître: ALFRED BRUNEAU.\nEn habit noir à col de velours, pour 1K\ngénérales de l'Opéra, ou de l'Opéra-Comique.\nEn complet veston \" moutarde \" pour k\ngrands Concerts. Ici et là, toujours coiffé d'un\nhaut de forme un rien porté en arrière sur do\ncheveux raides et grisonnants, le binocle\ncordon chevauchant le nez, qui ne connaît!?,\nsilhouette de M. Alfred BRUNEAU, rappelai::\nà s'y méprendre celle d'Emile ZOLA? UN\nEmile ZOLA mince....\nCritique impartial et volontiers indulgent,\nmembr e du Conseil supérieur du Conserva-\ntoire et de bien d'autres congrégations musi-\ncales, célèbre compositeur de \"Messidor\", de|\nu VEnfant Roi \", de « /'Attaque du Moulin '\net d autres chefs-d œuvres, une musique aussi\noriginale, vivante, et moderne que savante, M,\nAlfred BRUNEAU est un des hommes les plus\nîebelles aux questions intéressées des journa-\nlistes, parfois si peu intéressants.\nC est pourquoi son horreur de l'interwiew\nnous a décidé à l'interwiewer....\nNous trouvons le Maître dans son cabinet\nde travail. Sans doute veut-il prendre —ou\nplutôt quitter l'assaillant, par le froid et\n1 ombre ! Pas le moindre feu dans la cheminée,\net un si faible éclairage ! Une petite lampe qui\nfait ce qu elle peut. Mais qui ne peut pas\nbeaucoup.\nNon, non, je vous assure, je ne vous\ndirai rien."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.103", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n21\n\nM. A. Bruneau"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.104", "texte": "22\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nAssis et tournant le dos à sa table d'étude,\nM. Alfred BRUNEAU plonge en avant, se\nredresse, ouvre les bras, joint les mains, rat-\ntrappe son lorgnon, qui dégringole de son nez,\nenfin se livre à une extraordinaire gymnastique\nde protestation. Puis, comme sans en avoir\nl'air, nous amenons traîtreusement la conver-\nsation désirée, Mr. BRUNEAU reprend son\nagitation et ses dénégations.\nNon, non. je vous assure.\nLe Maître s'est levé. Il regarde autour de\nlui avec des yeux désespérés. Quelle élégante\nsolution de fuite peut-il bien chercher ?Il ne\nl'a pas trouvée ! Ni du côté du piano, ni vers\nla cheminée, ni vers la bibliothèque. D'autre\npart, comme il a trop bon cœur pour nous\nouvrir la porte, M. Alfred BRUNEAU se rassied.\nIl se gratte la tête et dit :\nVoyons, qui pourriez-vous bien inter-\nwiewer. Tenez, il y a X qui vous dirait\n•certainement des choses très intéressantes. Effet\ninespéré : Le Maître rit, le caricaturiste rit,\nl'interwiewer rit. Tout est sauvé !\nM. Alfred BRUNEAU sonne. Il prie sa jeune\net gentille camériste d'apporter une grande\nlampe. Vive la lumière !..\nLas d'un pareil assaut, le Maître veut bien\nnous confier quelques-uns de ses souvenirs,\nquelques-unes de ses idées sur la Musique, et\nla Vie.\nDes souvenirs. En ai-je de bien particu-\nliers ? Comme elle est aujourd'hui, mais\ncertainement moins occupée, ma vie a été fort\nsimple. Tout ce que je puis vous dire, c'est\nque ce sont les autres Arts, la Littérature, la\nPeinture, qui m'ont décidé au mien. Aussi\ngrâce à eux, ai-je dégagé ma personnalité.\nCela se fit à peu près, quand venant d'obtenir\nmon premier prix de violoncelle au Conserva-\ntoire, j'étais encore le jeune homme très fier\net très ému de jouer du Beethowen, avec le\npeintre Hebert, et deux aimables beautés,\njeunes filles de la maison, qui au piano nous\naccompagnaient à tour de rôle. Comme vous\nle pensez, si la vocation prenait forme, elle\nn'était pas encore orientée vers un genre bien\n•défini. C'était le temps ou je composais ma\npremière musique sur une poésie d'Henri\nLAVEDAN : \" Kèrim \" primitivement bit-\nmême nommée \" Les Larmes\". Avec LAVEDAN\nnous avions aussi formé le projet d'autre\npartitions sur d'autres poésies, dont \"\nCimetières \" Projets restés projets. Projet\nd'aujourd'hui ? Ah si vous saviez comme \\\\\nhorreur de parler sur mon travail en prépara,\ntion. Superstition r Non ! tout simplement\nparce que j'aime travailler sans publicité, et\naussi parce que j'aime prendre mon temps-\nquand j'en ai à mûrir un labeur jamal\nabandonné une fois commencé. Ces travail)\nsont d'ailleurs aujourd'hui bien arrêtés. I\ntiennent à peu près tous dans l'œuvre vaste e:\nforte de mon cher ZOLA, dont chaque romai\noffre aux musiciens l'inspiration la plus belle\net la plus variée....\nNon comme affirmation à ses propos, mai\ncertainement parce qu'il doit la regarder trè\nsouvent, M. Alfred BRUNEAU tourne la tête\nvers une belle photographie représentant l'au-\nteur de \" la Faute de VAbbè Mouret \".\nVous ne sauriez croire à quel point ce:\nhomme me manque. Ce n'est pas trop dire\nqu'il n'est la moindre chose, la moindre pensée\nqui ne me fassent éprouver ce vide immense\nque sa disparition a laissé dans ma vie. Grand\nesprit, large cœur ! Bonté simple et intelli-\ngente qui éclairait tout son visage lorsque,\nentre intimes, à l'abri des importuns, de\nraseurs, il se laissait aller à sa nature généreus\net tendre. Quelles matinées, quels soirs char-\nmants passés ! Tant à Paris qu'à la campagne,\nqu'il adorait comme je l'adore ! Paris\nParbleu, je l'aime auisi, avec la variété de se\nrues, dont quelques-unes aux allures oe\nprovince permettent encore de flâner presque\nà l'abri des autos. L'auto ! tenez, voilà ce qui\nme fait prendre la ville en horreur et qu\nmalgré tout mon amour du progrès, me fai:\nregretter les bonnes diligences et craindr\nla disparition du vénérable omnibus. Oui, l'auto\net puis le bruit, l'énervement, cette fièvre o\nnous jettent nos occupations, nos obligation\ntoujours grandissantes et qui empiètent unpe\nplus chaque jour sur ce temps que l'on vou-\ndrait donner tout entier à son Art Un\npetite maison à la campagne, avec de l'eai"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.105", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n2 3\n\ndes bois, du calme. Un coin où il n'y aurait\npas d'autos Ah ! vous m'avez fait causer.\nEn ai-je assez dit r Vous voyez bien, je ne\nsuis pas si ours que j'en ai l'air !\nSur cette fin, très cordiale, nous quittons le\nMaître. Gentillesse ou prudence ? Le voilà\nqui nous conduit jusqu'à sa porte. Ne serait-ce\npas afin d'être sûr que nous sommes bien\npartis ?....\n\nSilhouettes d'Actualités.\nLOUISE GRANDJEAN.\nMalgré sa noirceur, ce brave cheval n'a pas\nappartenu au Général BOULANGER. Il est bien\ncelui de Brunehilde ! La brave bête ne est\npas trompée de chemin, allez ! Droit et vite\nun Vendredi elle a mené triomphale-\nment sa maîtresse de la maison de M. MES-\nSAGER à celle de M. FAURE'. Ce qui nous\nl'espérons bien, ne lui fera pas négliger le vrai\nthéâtre de ses exploits, qui est, faut-il le\ndire, pour les habitants de Tombouctou, le\nthéâtre de l'Opéra.\nDans le somptueux appartement que Brune-\nhilde occupe rue Alphonse de Neuville, nous\ncomptions bien caresser l'encolure du vaillant\ncoursier, qui porta si rondement sa cavalière à\nla victoire. Il parait que le noble animal dormait\ndéjà.\nLes chevaux de légende ont besoin d'un\ngrand repos. Les réveiller ? Y pensez-vous !\nIls sont très farouches. Terribles même, si on\ndérange leur premier sommeil. Alors n'est-ce\npas, un mouvement nerveux, une ruade\nD'un geste circulaire Brunehilde qui\npour ne pas nous intimider, avait quitté son\ncasque, sa cotte de mailles, son bouclier, tout\nson uniforme pour une sobre et très élégante\nrobe de ville, comme on n'en soupçonne d'aussi\nparisienne aux héroïnes de Wagner - nous"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.106", "texte": "24\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\ndésigna son salon, encombré de tableaux de\nMaîtres et d'œuvres d'Art. D'adorables Fantin\nLatour, de pittoresques Teniers, des marbres,\ndes bronzes, des Sèvres, des Saxes.\nQui l'aurait soupçonné, d'une Déesse !\nDans son enfance Brunehilde ne dérobait-elle\npas les tabliers de sa cuisinière pour s'en faire\ndes robes à queue ? Ainsi parée, ne donnait-elle\npas des représentations gratuites au bénéfice\ndes quelques familiers qui voulaient bien\nl'écouter dans ses créations très personnelles !\nEncore seul désir de théâtre et non pas visee\ndéfinitive sur l'Art Lyrique. En effet, le choix\nne se manifesta qu'un peu plus tard. Ce fut\nau moment où un Vendredi Brunehilde\naffronta ses premiers juges, les examinateurs du\nbrevet simple, qui en plus du morceau de\nchant demandé, sollicitèrent de Brunehilde\nquelque chose de plus, pour voir. Ces Mes-\nsieurs voulurent tellement voir, que tout a\nBrunehilde, ils faillirent oublier les autres con-\ncurrentes. C'étaient donc écrit : Brunehilde\nserait chanteuse. Mais les dieux voulaient\néprouver leur enfant. Avant de la faire péné-\ntrer au Royaume de l'Opéra, ils la firent\ndébuter dans un Etat aussi fameux, mais un\npeu moins vaste : l'Opéra-Comique. Un\nVendredi. Ces débuts ! Quelle appréhension\npour les Dieux ! A sa première soirée leur\nprotégée, qui paraissait dans le u Pré aux\nClercs \" fut prise d'un trac si intense, que, au\nlieu de répliquer avec le sourire sur les lèvres:\nu Oui Madame \" à sa partenaire la Reine qui\nlui demandait : u A la Navarre, vous pensez\ndonc toujours ? \" elle répondit en esquissant un\ngeste de retraite : u Je m en vais, j'ai trop\npeur \" Heureusement la Reine de Navarre,\nMELLE VILLEFROY aujourd'hui professeur de\npiano à Rouen avait encore plus peur. Aussi,\npour ne pas rester seule, elle retint vigoureu-\nsement sa camarade, qui reprit son aplomb et\nsa voix. Les Dieux n'étaient pas au bout de\nleurs inquiétudes. Il était dit qu'à chaque\nsolennité, leur enfant chérie les affolerait. C'est\nainsi que un Vendredi pour son entrée\nà l'Opéra, voulant trop bien se faire le visage\nbronzé d'Aida, Brunehilde se composa un\nteint du plus beau noir indégorgeable, et, eut\nde plus, la légéreté de ne pas retirer son pan-\ntalon avant d'enfiler son maillot.\nQu'y a-t-il donc encore ? (s'écriait der-\nrière la porte de la loge, M. GAILLARD, qui\nun instant auparavant avait si gentiment aidé sa\nnouvelle pensionnaire à s'éclaicir le visage. \")\nAh, Monsieur le Directeur, c'est Mll'\nGrandjean qui a gardé son pantalon, alors elle\nne peut pas mettre son maillot !..\nMille tonnerres, coupez, coupez, et\nvivement. \" Nous avons déjà presque une\ndemie heure de retard. Cinq minutes de plus,\net c'est le chahut \".\nBrunehilde eut donc la douleur de voir\ncouper en quatre, par son habilleuse, son plus\nbeau pantalon, choisi entre tous, pour son\napparition à l'Opéra. Voilà certainement une\npetite histoire que MINE Wagner ignorait\nlorsque, étonnée par la merveilleuse création\nde MLLC GRANDJEAN dans SIEGFRIED, elle la\nfit demander à l'Ambassade d'Autriche, où\nelle put se convaincre, que pour interpréter\nmagistralement la musique de Wagner, MLLE\nGRANDJEAN n'en était pas moins Française.\nLe Pré aux Clercs, Aida, Pedro Gaillard,\nJlAme Wagner, Souvenirs charmants et flatteurs\nauxquels vont s'ajouter ceux que vaudra\nbientôt à Brunehilde le professorat du Conser-\nvatoire, pour lequel elle posa sa candidature\nun Vendredi, fut nommée un Vendredi,\nouvrit sa première classe un Vendredi, avec\ntrois élèves, dont deux enrhumées...\nAu début de cet article, nous regrettions\nde ne pouvoir présenter nos hommages au\nvaillant cheval de Brunehilde ? Nous voila\nconsolés. A défaut de son cheval, Brunehilde\nvoulut bien nous présenter son chien\nplutôt sa chienne un amour de King's-\nCharles, du nom de Cosette, dont la gentillesse\na parait-il toujours réconforté sa maîtresse à la\nveille des grandes épreuves.\nPetites Co sette et grands effets !...\nJEAN NOUGUES.\nA quelques semaines d'intervalle, l'Opéra-\nComique vient de jouer \" Chiquito \" et la"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.107", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n2 5\n\nCaîté Lyrique \" Quo J^adis\" de Mr. Jean\n\\OUGUES. Ici louable, et là grand succès. En\nlait-il davantage pour rendre ce jeune com-\npteur très sympathique à plusieurs de ses\nnfrères ? Mais à d'autres, le sceptre de la\njtique, cet instrument à métamorphoses dont\nmaniement est si difficile, et dont on doit\n■e si souvent embarassé, pour en faire soit\nfleur, une plume de paon, un bâton ou\ntrique Allons plutôt demander à ce\nonsieur de brûlante actualité, qu'il veuille\nen nous faire faire le petit tour du proprié-\nté pardon, du locataire, puisque M. Jean\nfugues est en appartement.\nAvenue Henri Martin, dans son rez-de-\nchaussée si bon pour nos jambes et si mauvais\npour ses rhumatismes M. Jean NOUGUES a\nvraiment une façon charmante de faire jouer\nl'éléctricité, qui témoigne son attention évi-\ndente de rien nous cacher.\nD'abord, la galerie, non pas des ancêtres,\nmais des contemporains. Photographies dédi-\ncacées tantôt à gauche du nez, tantôt sur le\nventre...\nCelui-ci, c est\nExprès pour nous, M. Jean Nouguès inter-\nprète la fameuse scène d'Heruani. Précieux\ncicerone. Mais combien va-t-il nous demander?\nGalerie, cabinet de travail, salle à manger,\nsalon, toutes pièces meublées avec un goût très\nsûr. Atmosphère très reposante obtenue par un\nensemble de couleurs presque éteintes et de\nformes un peu surannées.\nUn salon ! Ah, ah, Monsieur Nouguès, on\nnous l'avait bien dit. V ous êtes un milord !\nNierez-vous votre réputation, maintenant que\nvous voilà un milord contrôlé ?.. .. Oui, je\nsais bien, en nous montrant un très pittoresque\nbahut de vieux bois noir sculpté, vous nous\navez négligemment dit :f ai paye cela un louis\nau pays basque \". En nous désignant vos ten-\ntures, et vos cadres ouvragés, vous avez encore\ndit, avec un air badin : \" T)e rimitation .\nHum ! Enfin, après tout, n'y a-t-il de vrai\nchez vous que vous, votre musique, votre piano\net votre chat, cadeau de Madame Isnardon.\nMais pourquoi Monsieur Nouguès avez-vous eu\nla cruauté de mettre ce chat en cercle, nous\nvoulons dire de l'avoir doté d'un collier en\ncuir, vraiment trop rude et qui ne ressemble\nque de trop loin celui de la Reine ? Ah !\nquand Madame Sévérine saura cela !...\nConfortablement assis dans une bergere\nlarge et profonde, \"on n'en fait plus de ces\nbergères là \" tel un simple cartomancien,\nqui opérerait sur lui-même, M. Jean Nougues\nyeut bien nous dire un peu de son passe, de\nson présent et de son avenir, de projets.\nTout comme Jeanne d'Arc, M. Jean Nougues\na entendu les voix étant jeune nous voulons\ndire les voix de la musique. Hélas M. Nou-\nguès avait une sœur plus âgée que lui. Or, les\nparents respectueux du droit d'aînesse, decla-"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.108", "texte": "2 6\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nrèrent que ce serait la sœur qui ne voulait pas\nfaire de musique, qui en ferait, et le fils qui\nvoulait en faire, et qui n'en ferait pas ! Il ar-\nriva ce qui devait arriver. Au grand désespoir\ndes parents, le fils joua tous les morceaux que\nla fille ne parvenait pas à déchiffrer. Ainsi qu'il\nest en la logique des familles, papa et maman\nNouguès s'obstinèrent à vouloir faire jouer\ncelle qui ne pouvait pas, et à vouloir empêcher\ncelui qui pouvait. Cet exercice eut pour résul-\ntat de faire souffrir le pauvre piano qui n'y\nétait pour rien et d'inspirer au joueur son pre-\nmier essai : a Le Roi du Papegay \" représenté\nau théâtre de Bordeaux. Premier succès qui\naccompagné d'un petit héritage, décida le\njeune homme à filer sur Paris. Comme il n'y\na rien qui vous donne des idées de grandeur\ncomme un petit héritage, M. Jean Nouguès\ncommença par louer hôtel Avenue de Wagram\noù il reçut beaucoup et travailla peu... Juste\nde quoi écrire la musique de u Thamyris \" sur\nun livret de M.M. Jean SARDOU et Jean\nGOUNOUILHOU. Conte des trois Jean, sorte de\nPrincesse lointaine qui fut représentée à Bor-\ndeaux, Toulouse et eut pour principale inter-\nprète Lina PACARY. Très modestement, M.\nNouguès nous avoue, u le plus intéressant dans\nThamyris ce fut peut-être la part active que\nVictorien Sardou y prit, conseils de mise en scène\net maquettes dues a son pinceau\nMais l'héritage épuisé M. Jean Nouguès\ndut se résigner à recevoir beaucoup moins, à\ntravailler beaucoup plus, et à quitter l'hôtel de\nl'Avenue de Wagram, Un Wagram qui\ntournait au Waterloo ! Et il alla en Italie\nà Capri. Il ne mena pas la vie du voluptueux\nTibère, mais dans un petit atelier, voisin de\nla villa de Gorki, travailla ferme produisant\nentre autres choses, la musique pour la \" Mort\nde Tintagile \" de Maurice Maeterlinck. Mon-\ntée par Madame Georgette Leblanc, \" la Mort\nde Tintangile \" ne produisit cependant pas\nl'effet attendu. En effet l'exiguité du théâtre\ndes Mathurins fit qu'une orchestration écrite\npour quatre-vingts musiciens, dut être réduite\nà une dizaine, jouant circonstances exté-\nnuantes ! derrière les décors.\nAujourd'hui, bien récompensé d'un succès\ndû à son travail et un peu il faut bien 1\ndire aussi àce bon génie d'Henri Cain\nmais non à une fortune qu'on lui prête er\npropos et qu'il n'a pas du tout en fait... \\\\\nJean NOUGUÈS ne s'endort pas sur ses laurier\nfrais coupés. Le voilà préparant d'autre,\nœuvres où se manifesteront à nouveau s(,\nfortes qualités d'excellent compositeur,\nnous semble appartenir pour notre part\nnous l'en félicitons non pas aux roman!\nciers, mais aux auteurs dramatiques de la\nMusique. Donc, comme suite logique\nChiquito et Quo Vadis essentiellement uti.\nâtre\", M. Jean NOUGUES ne peut mieux\nsuivre sa voie qu'en travaillant avec de pur,\nécrivains de théâtre ; comme MM. Robert\nde FLERS, de CAILLEVET et Serge BASSET\nqui lui ont confié, ceux-ci \"la Vendetta '\net celui-là 66 /'Auberge Rouge \"\n\nLa Boite à Musique\nTHOMÉ A ROBINSON.\nTKomé que la mort stupide vient d'enlever,\nn'était pas qu'un artiste au talent frémissan:\nd'expressions délicates et sensuelles, à qu\nnous devons nombre d'œuvres dont la grâce\nlégère fait songer aux élégances raffinées du\ndix-huitième siècle. Ce. compositeur charmant,\nétait de plus un excellent homme...\nUn après-midi, Thomé tourmenté par\nun motif symphonique laborieux à trouver,\ns'en fut à Robinson. Humant l'air frais et\nparfumé de Mars annonciateur du Printemps,\ndans les bois Thomé chemine à l'aventure. I\nfredonne et de plus en plus allègrement. lia\ntrouvé son motif! Mais, comme descend le cré-\npuscule, il revient sur ses pas. Enfin dans Ro-\nbinson, il ne sait quel bizarre désir le prend d'v\nrester diner. Où ? Avec ses premières lumières,\nun restaurant le décide. Il y monte et tombe\ndans une noce. Petite noce, vingt invités peut-\nêtre prenant l'apéritif dans la grande salle où\nl'on danse le dimanche. Potelée, petite, si\nbrune de cheveux et d'yeux, dans sa robe\nblanche, qu'elle est gentille la mariée ! Le\nmarié aussi, bien qu'un tantinet ridicule avec"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.109", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n27\n\nses cheveux pommadés et sa moustache en\ncrocs. Surpris d'abord et ne sachant que faire :\npartir ou rester, 1 homé s'amuse de l'aventure\n•et demeure. Pourquoi cette noce a-t-elle l'air\nsi morose ? Parbleu, elle voudrait bien danser,\nmais elle n'a personne pour animer le piano.\nDansons tout de même sans musique, on\nchantera, voila tout !\nCristi, quelle petite mariée délurée, qui\nentraîne son mari, et le fait polker sur\nl'air des \" petits pois \". Bien fatigant de\nchanter en dansant !\nQuel malheur tout de même de ri avoir-\npersonne pour taper la-dessus, soupire la mariée en\ndésignant le piano.\nAllons, je vais vous faire danser !\nDéchaînant l'allégresse générale, Thomé va\nau piano fermé. Dans la maison personne n'a\nla clé. Providence, à son trousseau Thomé a\nune petite clé qui ouvre l'instrument. Alors,\nprenant au hasard une des partitions parmi\ncelles empilées sur l'estrade réservée à l'or-\nchestre, Thomé joue, valses, polkas, quadrilles,\nmazurkas Sept heures !Il faut rentrer à\nParis. La noce s'apprête au départ, tandis que\nle marié prenant le pianiste par les revers de\nson veston, un veston d'appartement ou\nThomé n'a jamais sa décoration : lui dit :\nC'est pas tout ça, mais combien qu on vous doit ? '\nEt Thomé de répondre, mi grave, mi\nsouriant : Laissez donc, je suis le musicien de\nFétablissement /...\n\\ >\nLE VOYAGE EN CORSE.\nA la Générale de l'Or du Rhin, dans les\ncouloirs, un Monsieur, qui doit être évidem-\nment marchand de canards, annonçait le\ndépart imminent de M. Saint-Saëns, pour la\nCorse. Démentissons une nouvelle inexacte et\ncontons deux petites anecdotes inédits sur le\nrécent voyage du Maître à l'lle Rousse et à\nBastia.\nA l'lle Rousse, hôtel de l'Europe. Dans un\npetit Salon, en face de son secrétaire, le Maître\nest à table. Grands Dieux, que fait-il ? Le\nvoilà qui déclanche le ressort d'un dessous de\nplat à musique. Il en écoute tous les airs avec\nle plus vif intérêt. Les mêmes airs à déjeûner,\nà diner, pendant tous les repas ! Ainsi, pendant\ntout son séjour à l'hôtel de l'Europe, le célèbre\ncompositeur de Samson et Dalila, s'est offert\ndes concerts de dessous de plats ! Horreur !....\nA Bastia. Dès sa descente du train, le Maître\nest salué par un Général à quelques pas de\nqui, se tiennent discrets et respectueux, plu-\nsieurs officiers d'Etat Major.\nA la sortie de la gare, les curieux augmen-\ntent. Un journaliste local questionne : Saint-\nSaëns r Vite, son adresse ! Personne ne la\nconnaît, mais à force de marches, démarches\net contre marches, le journaliste découvre enfin\nla précieuse retraite.\nVoudriez-vous passer ma carte au Maître ?\nJe désirerais Finterwiewer.\n—Je ne peux me charger de cette tentative\ninutile, répond le Secrétaire, mais je puis vous\ndonner un renseignement. 'Voyez-vous cette petite\ncabane au fond de ce jardin. Je Maître est dedans,\nil ne tardera pas je pense a en sortir.\nLe solliciteur remercie, attend. En effet,\nvoici M. Camille Saint-Saëns, qui fort de son\nincognito et des simples mœurs de la petite\nauberge où il est, rattache ses bretelles avec\nsérénité.\nMaître.... un de vos admirateurs.... Une\npetite interview ?\nEtonné par ce Monsieur qu'il n'avait même\npas vu, le maître roule des yeux furibonds,\nhausse les épaules, et en achevant le ménage\nde son pantalon, s'éloigne en s'écriant :\nMais, on ne peut donc même pas tran-\nquille ici !\nERATO A L'ORCHESTRE.\nRegardez un peu ce valeureux orchestre de\nde l'Opéra ? Peut-être pensez vous que ces\nMessieurs n'ont en tête que la préoccupation\nde leurs partitions ? Ah bien oui ! Tout en\nnous jouant avec maîtrise du Wagner et du\nGounod, cela ne les empêche pas de se laisser"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.110", "texte": "28\nL'ACT UALITE MUSICALE\n\ntoucher par l'aile des Muses. Témoin ces deux\nquatrains, dont l'impression bouleversera le\nmodestie de notre caricaturiste, mais que la\nsouci d'être bien documentés nous oblige à\nfaire connaître :\nPierre Jobbé-Duval.\n\nLes Instruments\n\nNOTICE HISTORIQUE DU HAUT-\nBOIS.\n\nIl n'existe aucun écrit sur l'histoire com-\n.\nplète du hautbois à travers les âges, c'est-à-dire\ndepuis son origine jusqu'à nos jours ; depuis\nquelques années j'ai entrepris de combler cette\nacune, et dans le cadre restreint dont je dis-\npose ici, j'essaierai de donner un résumé de\nmes travaux.\nNombre de musicographes ont relaté diver-\nses parties de son histoire ; quelques-uns\nparmi les principaux en ont parlé sans aucune\nliaison daas divers chapitres,\nentre autres, Fetis dans son\nhistoire générale de la musique,\nAmbros, le R. P. Mersenne etc.\nMmc Dacier, Borjon, Gevaert\nl'ont spécialement étudié en se\nplaçant à l'époque grecque ;\nVilloteau, dans sa description\ndes instruments de musique des\nEgyptiens s'est occupé du\n\" zamr \" hautbois arabe.\nMais, par des interprétations\ncontradictoires, ces divers auteurs n'ont pas\npeu contribué à jeter l'obscurité sur l'histoire\ndes instruments à anche en général, et du\nhautbois en particulier et, par cela même,\nrendre difficile la tâche d'écrire l'histoire de\ncet instrument ; je mettrai cependant à profit\nleur grande érudition, en écartant toutefois\nleurs erreurs, en signalement leurs contradic-\ntions et en complétant leurs récits du fruit\nde mes recherches personnelles.\nLe Hautbois est le plus ancien des in-\nstruments à anche ; il est venu jusqu'à nous\nsans subir de profondes modifications quant à\nsa forme, les exemplaires anciens sont tous\nconiques, variant seulement dans leurs pro-\nportions comme longueur et comme évase-\nment1.\nC'est aux Indiens qu'il faut attribuer l'in-\nvention du hautbois ; le plus ancien est l'\"otou\"\nremontant à l'époque brahmanique (du 12e au\n7e siècle av. J. C.)\nL' \" otou \" est un instrument monophone ;\nil ne possède en eflFet aucun trou ; à défaut\nd'autres documents ceci prouverait déjà que\nl'on se trouve en présence d'un instrument\nprimitif ; d'autre part, (d'après le savant india-\nniste Mr Goldstuker) le traité de musique en\nlangue sanscrite \" Sangita Rathnakara \" le plus\nancien ouvrage connu sur cette matière en\ncontient la description.\n\n1 L. Pillaut. Instruments et Musiciens p. 39 et suiv."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.111", "texte": "29\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nL' \" otou \" est encore en usage dans l'lnde;\nil n'a d'emploi que pour la danse des bayadères:\n\" le musicien le tient de la main gauche soutenant\nle son, et bat avec la droite le rhythme de la danse\nsur un petit tambour attaché a sa ceinture 1 \" le\nmusicien jouant de 1' \" otou \" a la singulière\nfaculté de retenir la respiration et de soutenir\nle son presque indéfiniment.\nBerlioz raconte avoir vu le principal des\nmusiciens, qui accompagnaient à Paris les\nbayadères de Calcuta, se servir de ce hautbois\nprimitif et faire bourdonner un\npendant des heures entières !\nLa prolongation du son a un sens religieux\n/^cians la philosophie des Hindous,2 aussi le\njouant 1' \" otou \" respire-t-il par le\nnez et prolonge ainsi le son.\nLa forme de 1' \" otou \" est plus évasée que\nnos hautbois.\nUn hautbois aussi ancien que 1' \" otou \"\nmais d'un aspect moins primitif, est le \" nagas-\nsaran \" ; il est plus petit que I'\".otou \" et\npossède quatre trous produisant cinq sons d'in-\ntonations différentes, répondant à peu près à\nces notes :\nL' \" otou \" et le \" nagassaran \" sont certaine-\nment les instruments à anche les plus anciens.\nDans l'lnde, les origines de la musique et\nde la danse sont religieuses, aussi peut-on con-\nsidérer les 4 trous du \" nagassaran \" donnant\ncinq sons, comme constituant un élément de\npreuve pour justifier l'antiquité de cet instru-\nment ; les doctrines Sankyas3 reconnaissent\ncinq éléments, cinq sons ; le nombre cinq est\nun nombre parfait.\nIl existe dans l'lnde cisgangétique un haut-\nbois appelé \" sunnagie \" ou \" sounnagie \"\npossédant dix trous, dont 8 sur le devant et\ndeux sur le côté opposé ; cet instrument moins\nancien que les précédents mesure 45 centi-\nmètres depuis l'anche jusqu'à l'extrémité du\npavillon ; le \" sounnagie \" est très usité dans\nla Régence de Madras.\nJe n'ai jusqu'à présent aucune indication\nprécise sur un instrument appelé \" bilancojel \",\nSonnerat en parle ainsi : 1 \" un certain nombre\nde joueurs d?instruments accompagnent le chant et\nla danse ; ils seraient tous de Vespèce des instru-\nments a anche, c est a dire : le nagassaran, F otou,\nle bilancojel, le tourti (musette a outre) la Kar-\nna2\nFetis 3 le cite également:... Les Indiens\nparaissent avoir précédé tous les autres peuples dans\nla découverte des divers systèmes de production\ndes sons par des appareils artificiels ils ont les\nhautbois (nagassaran \" bilancojel \" sounnagie otou)\ndont le principe est une anche vibrante à deux\nlanguettes ;\nLe \" bilancojel \" serait donc un hautbois !\nmais par une contradiction inexplicable, quel-\nques pages plus loin Fetis classe le \" bilancojel \"\ndans la catégorie des flûtes à bec ; d'autres\nauteurs classent aussi le \" bilancojel \" parmi\nles flûtes ; ils citent encore, comme faisant\npartie de la classe des hautbois de petits instru-\nments : le \" Matalan \" et le \" Xal \" au son\nperçant et qui sert à marquer la mesure.\nAvant d'aller plus loin, et suivre le hautbois\ndans sa marche occidentale je dois signaler\nencore quelques instruments pouvant être clas-\nsés parmi les hautbois.\nLes Birmans, les Mongols possèdent un\nhautbois auquel on attribue une haute anti-\nquité ; c'est en réalité une trompette droite et\nlongue, avec un pavillon fort évasé et qui se\njoue avec une anche double très forte ; sa\nsonorité est puissante et se propage au loin ;\nun instrument semblable, genre trompette, se\nrencontre au Japon ; ce hautbois possède sept\ntrous4, un autre exemplaire appelé \" Tjô \"se\n\n1 Fétis. Hist. gle de la musique p. 301. Liv. 2.\n2 Colebrooke. Essais sur la philosophie des Hindous.\nSystème Vêdauta.\n3 Colebrooke : Essais sur la philosophie des Hindous,\np. 22 et 203.\n1 Sonnerat. Voyage aux Indes. T. 1. p. 102.\n2 Cet instrument (Karna ou carna) est cité par plu-\nsieurs auteurs qui n'en donnent aucune description.\n3 Fetis. id. 1. p. 330. L. 2.\n4 Paw, parle de hautbois longs de de 8 à 9 pieds\nlarges de 8 à 12 pouces, dont le son imite celui de"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.112", "texte": "3°\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nrapproche du nagassaran ; le \" Tjô \" a sept\ntrous.\nDans le royaume de Siam, le hautbois est\nappelé \" pi-chanai \" deux hautbois (pi-chanai)\naccompagnent à l'unisson les airs des drames\nmusicaux ; les airs Siamois ont un nom parti-\nculier sous lequel ils sont connus des habitants\ndu pays ; un de ces airs : O ! pi, est une\nmélodie de hautbois.\nChez les Malais le \" Sraoni \" est un grand\nhautbois assez semblable au sounnagie de Ma-\ndras.\nJe signale encore en Chine plusieurs espèces\nde hautbois qui paraissent identiques à ceux qui\nse touvent dans l'lnde ; ces hautbois ont des\npavillons évasés, le plus grand a huit trous,\ndont sept sur le devant et un au pouce de la\nmain droite ; le petit possède 6 trous et un\ntrou pour le pouce droit1\nUn hautbois assez primitif, auquel on ne\npeut cependant assigner une place dans l'his-\ntoire, c'est la \" Chirimia \" du Mexique ; Sar-\ntorius Christian Charles2 la décrit ainsi :a la\n\" Chirimia \" est un hautbois d'un son très per-\nçant, sa longueur est de 8 pouces, il possède cinq\ntrous ; son usage est très répandu sur le plateau de\nTenochtitlan, les indiens y jouent certaines mélodies\navec accompagnement de tambour.\"\nSans entrer ici, dans une analyse historique\ndes causes de dissociation des peuples de l'Arye,\nen Indiens et Persans 3 il faut admettre que\nces derniers emportèrent ou reçurent de l'lnde\nleurs instruments de la musique.\nLes Persans possèdent un hautbois \" Sour-\nnay\" qui ressemble au sounnagie de l'lnde; ce\nhautbois a neuf trous, dont sept sur le devant\net 2 sur le coté opposé. Le Parabi, donne le\nnom de \" sournay \" à une variété aiguë du\nhautbois et relate que cet instrument était\nparticulièrement en usage à Bagdad.\nEn réalité 011 possède peu de renseignements\nsur cet instrument et aucun exemplaire ne se\ntrouve dans les collections d'instruments en\nEurope.\nChez les Persans, la musique est inséparable\nda toute cérémonie. A l'occasion des mariages,\nc'est encore la musique qui remplit une partie\ndu jour des noces ; le matin, lorsque la fiancée\nse rend au bain, accompagnée de plusieurs\nfemmes du voisinage, le cortège est précédé de\n6 à 8 musiciens qui jouent du Sournay (haut-\nbois), du nay (flûte) et du tambour 1.\nLe hautbois de la Perse est appelé \" sour-\nnay \", \" zournâ \" ou \" zournay \" de sou ,\nfestins noces, et de nay flûte ce qui signifie\nflûte des festins ou des noces.\nIci commencent les obscurités que j'ai signa-\nlées au début ; en effet, le mot flûte (dans\nsour-nay) désigne un appareil sonore vibrant\nau moyen d'une anche ; les Grecs reçurent\nvraisemblablement le hautbois, des Lydiens et\nPhrygiens descendants émigrés de la Perse et\nlui donnèrent le nom d'u aulos \" (mot géné-\nrique désignant tout un ensemble d'instruments\nà vent) traduit par flûte chez presque tous les\nmusicologues :\nJ'essaierai dans un prochain article d'appor-\nter un peu de clarté dans cette partie de l'his-\ntoire de la musique concernant les instruments\nà vent et à anche.\n\ntrompettes et qui sont en usage chez les Mongols. On\nvoit souvent io à 12 de ces hautbois accompagnés de\ncimbales en cuivre ou en fer qui ont jusqu'à 6 pieds de\ndiamètre.\n1 II se trouve dans un registre des instruments usités\nen Chine, écrit par l'Empereur Kang-Hi, un hautbois\n\" Koan \" avec une anche simple dont le son imite les\ncris et les pleurs des petits enfants.\n2 Journal Cecilia années 1827-28 lettres du Mexique.\n3 Fabre d'Olivet, Histoire du génie humain, en\nattribue la cause à la musique. M. le Professeur\nAlbert Weber de Berlin a cru apercevoir la cause de\nla séparation des Aryens en Persans et Indiens, dans\nla différence des tendances religieuses des uns et des\nautres.\n\nA. Bridet.\n\nLE MOUVEMENT DE LA LUTHERIE\nANCIENNE.\nVENTE D'UN VIOLON DE STRADIVARIUS\nAYANT APPARTENU A PAGANINI.\nLes \" Munchner Neuester Nachrichten \"\nont annoncé récemment que le Violoniste\nHôls est devenu possesseur d'un Stradivarius\nauthentique ayant appartenu à Paganini.\n\n1 Fetis ibid L. 2. p. 415."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.113", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n31\n\nNous pouvons donner des détails complé-\nmentaires sur cet instrument célèbre. C'est\njnAntonio Stradivari de 1727, ayant effecti-\neme{it appartenu à Paganini. Il resta en pos-\nession d'André Paganini son petit-fils, avec\nes compositions et souvenirs dont il ne s'était\njas encore défait, jusqu'en 1896. Le luthier\njiuseppe Fiorini de Munich qui connaissait\ninstrument depuis plus de trente ans, eut\noccasion de l'acquérir en 1907, avec tous les\niocuments attestant son origine. Un riche\nméricain, amateur de lutherie, l'acheta cette\ninnée pour 30.000 mark, et le confia pour\nitrejoué au violoniste Hôls.\nUN VIOLONCELLE DE 81.250 Fcs.\nLe \" Leonards illustr. Musikztg. \" annonce\nivente du Violoncelle Stradivarius de Robert\nieyer, au prix de 65.000 mark (81.250\nlancs).\nCet instrument admirablement bien con-\nervé, appartient à la catégorie des rares exem-\nplaires recouverts du \" vernis rouge. \" Son\nacquéreur est le virtuose Lennart de Zweyg-\nierg.\nDEUX VIOLONS CÉLÉBRÉS SUR LE MARCHÉ :\nLE STRADIVARIUS DE KUBELIK ET\nLE GUARNERIUS DE LIPINSKI.\nDeux violons fort intéressants sont actuel-\n®ent en vente chez le luthier Hamma de\ntuttgart : le Kubelik et le Lipinski.\nLe Kubelik est un remarquable spécimen\nAntoine Stradivarius de 1687. Le modèle\ngrand et plat, les et le vernis\nexcellente qualité, la main d'œuvre délicate.\n•*n Kubelik entra en sa possession en 1895,\njoua, sans interruption dans ses concerts\n%'au commencement de cette année. A ce\njment, il reçut en cadeau un Stradivarius\nttant de l'âge d'or du célèbre luthier, sous\nédition expresse de s'en servir à l'exclusion\ntout autre. Voilà pourquoi Kubelik se\n::ida à vendre son ancien compagnon de\noire.\nLe Guarnerius de Lipinski est l'instrument\nec lequel le grand virtuose fit ses triomphales\ntournées de concerts. Daté de 1737, de grand\npatron, il est le pendant du Paganini, propriété\nde la ville de Gênes. Après la mort de Lipinski\n(Décembre 1861), il resta en possession d'un\namateur qui le vendit en 1875 à Auguste\nWilhelmy. L'éminent violoniste le joua long-\ntemps dans ses concerts, et le céda un jour à\nun amateur en Ecosse. C'est de ce dernier\nque le détient finalement la maison Hamma.\nNOUVEAU PROCÉDÉ POUR CONSERVER LES BOIS.\nNos facteurs d'instruments apprendront avec\nintérêt qu'un inventeur australien nommé\nPowell, a trouvé il y a quelques années un\nprocédé pour sécher le bois, et le rendre suscep-\ntible d'être travaillé dans un délai infiniment\nplus court que par les moyens habituels. En\noutre, cette invention rend le bois inattaquable,\nelle fait complètement disparaître l'humidité\nintérieure, et empêche l'éclatement spontané.\nLe bois perd environ 20 °/0 de son poids, ce\nqui est important pour les essences australiennes\ngénéralement lourdes, et gagne 50 °/0 en\ndurée. Les fibres deviennent plus solides, et\nn'absorbent plus l'humidité. Pour ces raisons\nil n'est pas besoin d'une si grande quantité de\nvernis que pour le bois ordinaire. Ce procédé\nsupprime l'exsudation et rend la matière plus\nélastique. Le plus important, est que les four-\nmis blanches, et le terrible toredo navalis n'at-\ntaquent plus le bois ainsi traité. Le procédé\nconsiste dans l'emploi de la sacharine comme\nbase, mêlée à d'autres produits chimiques. L'air\ndes cellules est remplacé par la dissolution de\nsacharine ; puis le bois est séché artificiellement\ndans des hangars contruits à cet effet.\nLe gouvernement Ouest-Australien a ordon-\nné de faire des expériences de longue durée\navec des bois destinés aux voies ferrées.\nLa société qui détient le monopole du pro-\ncédé Powell a récemment établi des centres\nd'exploitation à Sydney et dans la nouvelle\nZélande.\nElle se dispose à en faire autant dans toutes\nles parties boisées de l'Australie. Le prix de\nrevient serait de cinq francs par cent pieds\ncubes, de sorte qu'à tous les autres avantages"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.114", "texte": "52\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nd'une telle invention viendrait s'ajouter le bon\nmarché.\nUNE TROMPETTE A PISTONS DATANT DE 1806\nLa \" Zeitschrift fur Instrumentenbau\ndonne la description d'une trompette qui vient\nd'être découverte au musée de la \" Société des\nantiquités \" de la petite ville de 1 ôlz dans la\nhaute Bavière, et dont l'existence éclaircit un\npoint resté jusqu'à ce jour obscur dans l'histoire\ndes instruments à vent.\nIl est admis généralement que c'est en 1815\nque les pistons furent adaptés pour la première\nfois à la trompette.\nOn est unanime à attribuer l'invention des\npistons des Ventil Kàstgen à Henri Stôlzel.\nCependant le brevet portant la date de 1818,\na été délivré pour 10 années consécutives\ncollectivement à Stôlzel et à Frédéric Bluhmel\nde Waldenburg (Silésie). Plus tard Stôlzel et\nBluhmel se disputèrent l'honneur de l'inven-\ntion. Un indice en faveur de ce dernier existe\névidemment dans ce fait que le mémoire des-\ncriptif, accompagnant la demande du brevet,\nest signé de lui.\nOr, la trompette qui vient d'être découverte\net munie de deux pistons, et porte l'inscription\nsuivante :\nAnton und Ignaz Kerner, K.K. privil. Hof\nund Kammer Waldhorn und Trompeten-\nMacher Wien 1806.\nUn examen approfondi démontre que ces\npistons n'ont pas été ajoutés après coup.\nIls offrent en outre une particularité de\nconstruction inconnue, dans ce sens que les\nressorts formés de tiges de laiton martelé se\ntrouvent à l'extérieur.\nIl en résulte qu'ils n'ont pas été attaqués\npar l'humidité, et qu'après un siècle de repos,\non a pu jouer l'instrument sans ressentir le\nmoindre à coup dans leur fonctionnement.\nL'instrument possède une sonorité parfaite.\nLa généalogie de la famille Kerner a été\nreconstituée au moyen des archives de la ville\nde Vienne. De père en fils les Kerner furent\nconstructeurs de trompettes, de 1751 1848.\n\nLES PETITES INVENTIONS.\nUN APPAREIL POUR VÉRIFIER L'ÉGALITÉ I;\nTOUCHES DE PIANOS.\nUne maison de Berlin vient d'entreprend\nl'exploitation du brevet 210976, concerna-\nun petit appareil fort ingénieux et appela\nrendre de grands services à la facture de pian-\nOn sait que l'égalité dans le fonctionnent\ndes touches consiste en ce que toutes ces dt\nnières offrent une résistance égale, ou si Fr\nveut s'abaissent sous le même poids, de son\nque les doigts de l'exécutant ne rencontrer\njamais une résistance ou une faiblesse inatter,\ndues. L'appareil en question est une sorte J\npetite balance très-sensible, donnant exact:\nment le poids nécessaire et suffisant pour fat\nabaisser la touche. L'égalité du piano t\nindiscutable lorsque toutes les touches répondes\nau même poids.\n\nA COUP DE CISEAUX\nLa collection royale des vieux instrumer\nde musique, à Berlin, s'est enrichie ces demie\ntemps de dons importants. Les héritiers 1\nJoseph Joachim lui ont offert quelques violo\nde choix que le grand artiste avait eus en\npossession, divers objets se rattachant à l'art\nluthier, et aussi plusieurs bâtons de mesiii\nParmi ces derniers se trouve celui que l'aUi\nversity Musical Society \" de Cambridge oft\nà Joachim en 1877. La collection rop\ncompte encore, parmi ses récentes acquisitior\nle piano de Clara Schumann, une flûte\nivoire ancienne, avec sa boîte de l'époq\nportant la signature de Frédéric le Grau\nune harpe gaélique, une guitare, un viol\nnorvégien enrichi d'incrustations de naci\nune pochette de maître à danser, remontant\nl'année 1670, enfin des flûtes en ivoire, en\net en argent, qui sont de véritables chefs-d'œuv\nde facture instrumentale.\nOn a mis en vente à New-York\nriche collection d'instruments de musi"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.115", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n33\n\n\"\nappartenant à M. Morris Steinert. Cette\nélection comprend, des clavicordes, épinettes,\njaveçins, violes, violons et violes de gambe.\nOn y remarque particulièrement un clavicorde\nJont la construction remonte à la fin du xvime\nsiècle et qui fut possédé par le pape Grégoire\nXIII, (?) une épinette d'un facteur hollandais,\nArtus Gherdink, qui date de 1603 et une\nlarpsicorde de Jonas Antonius Baffo, fabricant\nle Venise.\nUn nouveau clavier. Un facteur de pianos\naustralien, M. Clutsam, vient d'imaginer un\nnouveau modèle de clavier qui au lieu d'être\nectiligne, suit une courbe modelée sur celle\n:ue développe le mouvement naturel des bras\njui s'étendent. Ce clavier arqué a pour avan-\nce de laisser aux mains de l'exécutant la\nneme position naturelle et normale, dans\n:oute son étendue.\nOn lit dans la Provincia di Montova : 66 Dans\na vitrine d'un collectionneur italien sont ex-\nposés plusieurs échantillons de violons brevetés\njtn aluminium. Ces violons, dit-on, ont un son\nmoelleux et velouté qui ne rappelle en rien le\nmétal, mais qui peut soutenir la comparaison\navec les meilleurs violons d'auteurs. Et cette\nertu est due à la constitution physique de\naluminium, qui joint à sa légèreté une sonorité\nune souplesse presque incroyable. Quel-\nues-uns de ces violons ont été essayés au Lycée\nmusical de Bologne, et aussi par plusieurs\nProfesseurs et virtuoses qui ont donné au luthier\nni les fit des certificats plus que louangeurs.\nMachine a écrire la musique. Des demandes\ne brevets ont été déposées par deux inventeurs.\nIM. S. Bolengo et C. Norther, pour une\néchine à écrire la musique qui pourrait\nentuellement s'adapter sur tous systèmes de\nachines à écrire. Voilà une invention qui, si\nlie s'impose dans la pratique, va singulièrement\naciliter les reproductions illicites.\nLe diapason normal de 870 vibrations simples\nà la seconde pour le la de la troisième octaves,\ntel que l'Académie des sciences de Paris l'établit\nen 1858 déjà, vient enfin d'être adopté par\nl'Amérique qui, jusqu'à présent, avait conservé\nun diapason plus élevé. Tous les membres de\nla \" Fédération des musiciens américains \" sont\ninvités à ne plus utiliser à partir du 9 septembre\nprochain que desintrumentsaccordésau\"diapa-\nson français\nDe plus en plus fort : On annonce que M.\nde Vecsey vient de ddnner à son fils, le jeune\nvirtuose Franz de Vecsey,un violon qu'il a payé\n50.000 fr. Il s'agit du fameux Stradivarius\nappelé \"Le Berthier \", construit en 1716 et\nqui se ' trouve dans un état de conservation\nirréprochable. Son nom lui vient de ce qu'il fut\nlongtemps en la possession du maréchal Berthier,\nprince de Wagram.\nM. Jan Kubelik aurait acheté à Londres,\nau cours de sa dernière tournée de concerts,\nun Stradivarius de 17 13, pour le prix modeste\nde 75 .000 fr !\nLe Violoniste Willy Burmester vient d'ac-\nquérir pour cent mille Mark (125.000 fr), un\nStradivarius daté de 171 7.\nA Bruxelles, est mort dans toute la\nvigueur de l'âge et du talent, le violoncelliste\nJoseph Jacob, professeur au Conservatoire de\nGand et ancien violoncelliste-solo du théâtre\nde la Monnaie et des Concerts populaires de\nBruxelles. Virtuose remarquable, au son d'une\nampleur superbe, il avait aussi fait partie du\nquatuor Ysaye, avec lequel il se fit entendre à\nParis et à Londres. Né en 1865 à Liège, où\nil avait fait sa première éducation musicale,\nJoseph Jacob s'était perfectionné au Conser-\nvatoire de Bruxelles, dans la classe de Joseph\nServais. Il se produisit aussi comme compositeur\nde façon très favorable. On connaît de lui un\nconcerto pour violoncelle et orchestre, qui fut\njoué avec succès aux Concerts-Ysaye, et des\npièces pour hautbois que l'on dit charmantes.\nIl écrivit aussi la musique aimable de deux\npetits ballets représentés à la Monnaie.\n3"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.116", "texte": "34\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nQuestions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONELS\n\n- Cette nouvelle rubrique surprendra peut-être\nquelques-uns de nos lecteurs, nous souhaitons\nqu'elle les intéresse tous. Elle marque un des\naspects les plus attachants de la vie de l'artiste,\nun de ceux où la lutte qu'il soutient pour\nsubsister quand même est des plus passion-\nnante.\nDans les conditions actuelles de notre civi-\nlisation, chacun de nous manifeste sa vie sous\ndes formes multiples, à échange rapide, et pour\nainsi dire fusionnées. Nous nous apparaissons\nmutuellement, chaque jour, sous des aspects\nvariés, quelquefois inattendus et plus ou moins\nheureux. Ainsi que ces phares tournants, à\nlentilles versicolores, que fait étinceler un\nmême foyer central de lumière, notre vie se\nprojette, semble-t-il diversement colorée, à\ntravers la série ininterrompue des actions signi-\nficatives de notre personnalité. Vie familiale,\nmondaine, politique, artistique, sociale, nous\nsommes tenus de les remplir toutes, au gré\ndes heures changeantes. Parmi nous, l'artiste\nn'échappe pas à cette contrainte, elle est hu-\nmaine, il lui faut jouer pleinement son person-\nnage, actif ou passif, à chacun des instants de\nson existence.\nIl est père de famille quelquefois —il\nfait figure dans le monde, ou, au moins, dans\nle petit clan qui constitue son monde ;il est\ncitoyen ; il est aussi professionnel. Composi-\nteurs, virtuoses, musiciens d'orchestre, modestes\nchoristes, tous, servants obligés de la Musique\ncomptent parmi les militants, et trop souvent\nles vaincus, de la grande armée du travail.\nEnfin F artiste est ununité asociale p-\nc'est à ce point de vue que nous le con-\n| sidérerons ici. Nous chercherons à découvrir\nses rapports avec les autres groupes sociaux ;\nnous essaierons de déterminer sa place dans\nl'ensemble et aussi sa fonction. Trop longtemps\nsous le prétexte que le culte de l'Art était\nincompatible avec la poursuite de certains\nbénéfices matériels, notamment la recherche\nd'un profit pécuniaire, on a laissé dans l'ombre\nau moins dans les revues musicales cette\nquestion, cependant vitale, des intérêts écono-\nmiques de l'artiste. Si on la traitait, (chose\nrare) c'était comme en dehors, à regret et\npour ainsi dire sous le manteau. Rien n1est\nplus nuisible, à notre avis, que ces ententes à\nmots couverts, ces demi-marchés avec la dévo-\ntion au dieu qu'on révère, et, en un mot, ces\nconventions hypocrites dont nous souffrons\ntous. Il faut s'adapter franchement à une\népoque, et envisager, sans faiblesse, la situation\nqui vous y est faite. Aux prises avec une société\ndans laquelle se développent, de plus en plus,\ndes tendances pratiques, voire mercantiles,\nengagés dans les actions et réactions qu'exer-\ncent l'une sur l'autre les diverses fractions\nsociales, les artistes doivent se plier à des\nconditions nouvelles pour eux ; déterminer\nleur rôle dans une démocratie agitée et avide;\nprendre une vue nette de leurs droits vis-à-vis\ndes autres groupes sociaux, et aussi de ce qu'ils\ndoivent à la collectivité dont ils ont, plus que\ntout autre, peut-être un besoin immédiat. <\nLe XXe siècle pourrait être caractérisé par\ncette formule : \" De la recherche et de la\nproduction intensive des valeurs Qu'ellesoit\nindustrielle, commerciale, ou artistique, toute\nvaleur est aujourd'hui pesée, comptée, mesurée,\nrecherchée, délaissée, haussée, baissée, suivant\nles besoins, les désirs, et aussi les caprices de\ncette foire aux vanités, de ce marché aux spé-\nculations qu'est notre société moderne. Toutes\nces actions ne s'accomplissent pas au hasard,\nelles obéissent à certaines lois réglant la pro-"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.117", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n35\n\niuction et l'échange, lois dont il s'agit de\nJécouvrir le mécanisme complexe. Ceci est\nfaire aux économistes. Notre rôle, plus\nnodeste, consistera à aider simplement ceux\nje notre \" corporation \" dans la recherche\nl'une, meilleure organisation des forces dont\ns disposent. D'un ordre plus parfait, qu'on\neut facilement entrevoir, résultera naturel-\nlement plus de justice et l'approche de ce\niésirable équilibre des intérêts opposés et diver-\ngents dont les rapports faussés causent actuelle-\nment tant de regrettables conflits. La Musique\nadoucit les mœurs, dit-on, nous pouvons au\nmoins essayer qu'elle apporte, dans le petit\nmonde des musiciens une harmonie économique\n- si j'ose l'union de ces termes dont\nbeaucoup souhaitent vivement le réconfortant\nspectacle.\nUne des premières questions qui sollicitera\nnotre étude est celle du \" travail \" de l'artiste.\nJe travail, d'une qualité particulière, est sou-\nvent d'une appréciation délicate, difficile. Quelle\nest, au juste, en numéraire, la valeur d'un vir-\ntuose ?... d'un compositeur ?... d'un musicien\nl'orchestre ?... Ainsi posée, sous cette forme,\nm sent l'absurdité de la demande, et cependant\nIfaut qu'elle reçoive une réponse satisfaisante,\nil deviendra nécessaire d'aborder le problème\nautre façon, de biais, pour ainsi dire, et par\nes méthodes permettant de découvrir la solution\na plus satisfaisante. Nous l'essaierons.\nNous croyons pouvoir remplir notre tâche\ni les intéressés eux-mêmes veulent bien nous\naider ; comprendre la pensée qui nous anime;\niormer ici, un groupe vivant, actif, dans lequel\ntoutes les bonnes volontés, tendues vers un\nnême but, détermineront l'effort nécessaire\n)our marquer chaque jour d'un progrès. Nous\noumettrons au jugement de nos lecteurs toutes\nes idées qui nous sembleront justes, nous leur\nlemanderons de les examiner, de les vérifier,\nen découvrir, avec nous, les applications pra-\nde nous indiquer les moyens de faire\npasser ces idées, du domaine spéculatif, dans la\nquotidienne réalité vivante.\nEn accomplissant cette œuvre, en donnant\nU'artiste ,1a notion de sa \" vie sociale \" et de\nla puissance qu'il détient dans les temps\nmodernes, nous ne croyons pas diminuer l'art\nque nous cultivons et réduire la Musique à un\nrôle indigne d'elle. Il ne faut ni se payer de\nmots, ni confondre tous les domaines. Indiquer\naux musiciens les moyens d'élucider des notions\nde \" valeurs \" qui leur sont jusqu'à présent\ndemeurées un peu trop étrangères, stimuler leur\ninitiative et leur découvrir le meilleur emploi\npossible de leurs énergies, c'est contribuer à\naccroître leur indépendance et à fortifier leur\ndignité. Par un détour peut-être, mais d'une\nfaçon certaine, c'est leur permettre de mieux\nservir l'Art que chérissent les u Amis de la\nMusique \" et auquel ils ont voué un inlassable\net fervent amour.\nSans plus attendre, aujourd'hui même, nous\nexaminerons une des questions qui met aux\nprises deux intérêts opposés et tous deux\nrespectables, c'est celle de la pratique et de la\nfréquence croissante du \" gracieux COtl=\ncours\nOn sait que le u gracieux concours \" con-\nsiste à faire jouer, chanter, réciter les artistes\nsans leur remettre aucune rémunération. Quel-\nquefois cependant on leur alloue une modique\nindemnité dite : \" de déplacement \" destinée\nà couvrir leurs menus frais, mais, en aucun cas,\nce dédommagement ne représente à leur valeur\nprofessionnelle.\nL'habitude du gracieux concours est assez\nrécente. Quelqu'un nous affirmait que c'était\nlà un reste des usages aristocratiques, datant\nde la monarchie, lesquels se seraient trouvés\ntransposés dans la société bourgeoise actuelle.\nL'artiste, à la cour, ou chez les grands seigneurs,\nfaisait partie de la \" maison \", et, souvent sans\nappointements fixes, recevait, au gré du maître,\nqu'il n'était point déshonoré de servir, de géné-\nreuses gratifications. On entrevoit, d'ici, le\ngeste noble du seigneur jetant au harpiste qui\nvient de le divertir la bourse remplie de pièces\nd'or au tintement harmonieux. Au vrai dire,\nnous ne croyons guère que se soient ainsi\ntransmises ces traditions de grande élégance."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.118", "texte": "36\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nTout bonnement, le gracieux concours nous\nsemble venir de la facilité offerte par les fêtes\nde bienfaisance, à ceux qui les organisent, de\nne point rémunérer l'artiste.\nIl y a quelques années s'établissait, par force\nd'usage, une sorte de convention par laquelle,\ndans les réunions charitables, l'artiste acceptait\nde ne percevoir aucun droit. Il donnait son\ntalent \" pour les pauvres \". De sa part, c'était\nune manière délicate et vraiment belle, et\ndigne, de faire la charité. Ses mains étaient\nO /\nsans obole, mais il donnait mieux : son intel-\nligence, son cœur, un peu de sa vie aux infor-\ntunés qu'on tentait de secourir. Et nul ne\npeut faire le compte des œuvres auxquelles\nl'artiste a contribué ainsi. Il a été inlassable.\nOn l'a sollicité de toutes parts : pour les\norphelins, les sinistrés, les tuberculeux, les\nenfants pauvres ; pour toutes les sociétés de\nprévoyance, d'assistance, d'enseignement, de\nrelèvement, de mutualité et de charité. L'ar-\ntiste n'a jamais dit : non, il s'est dépensé,\nprodigué, usé sans mesure.\nJ'entends murmurer que son zèle n'était\npas aussi désintéressé que nous paraissons le\ncroire et qu'une arrière-pensée de profit per-\nsonnel, disons le mot : de réclame, n'y était\npas étrangère. Admettons-le, c'est possible,\nmais il a, ce faisant, bien mal compris ses\nintérêts et il en est cruellement puni. Peu à\npeu ceux qui lui demandaient sa présence se\nsont habitués à l'avoir sans le rémunérer, non-\nseulement pour des œuvres charitables, mais\nau profit de leurs divertissements personnels.\nIls ont organisé chez eux, et chez leurs amis,\ndes concerts et autres réjouissances où les\nartistes étaient conviés à titre purement gra-\ncieux. Une tasse de thé, quelques fleurs pour\nles femmes, semblaient reconnaître, bien au-\ndelà, le service qu'on leur demandait.\nLe pli est pris et le dommage est grand,\nsurtout pour les artistes-femmes. Songez en\neffet qu'un homme a, pour tenue de soirée,\nl'habit noir et la cravate blanche ; c'est com-\nmode, si ce n'est pas très joli. La femme doit\navoir plusieurs robes coûteuses et les multiples\naccessoires que comporte sa toilette. Elle a sa\ncoiffure, sa voiture à payer. Si elle ne reçoit\nrien du tout en échange de ces frais divers\nnous laissons de côté le prix de son talent\net qu'elle renouvelle la dépense plusieurs fois\npendant la saison, le total excède de beaucoup\nses ressources. 1\nL'usage du gracieux concours se généralise,\nil devient presque de règle, et, dans le clan\ndes musiciens, le mécontentement grandit.\nD'autre part, ceux qui les accueillent, enten-\ndant ces plaintes, menacent.\nNous n'obligeons personne à venir chez\nnous, disent-ils ; si les artistes se croient lésés,\nqu'ils s'abstiennent. Nous pouvons renoncer à\nles recevoir et organiser d'autres amusements.\nAu surplus, il y a d'excellents amateurs qui\nles remplaceront sans désavantage. Puisqu'ils\nse montrent tout à coup si exigeants, faisons\nla grève des \" donneurs de concerts. \" Si\nquelques-uns d'entre nous, gens opulents, con-\ntinuent d'inscrire à leurs programmes le grand\npremier ténor ou la prima donna en vogue,\nnous, de moindre fortune, nous nous priverons\nde ce coûteux plaisir.\nVoilà qui est grave et cette grève d'un nou-\nveau genre, qui n'est pas hypothétique, est\ninquiétante. Que faire?... La question semble\ninsoluble. Et cependant On voit poindre,\nsous ces résolutions fâcheuses, deux choses\ndistinctes : d'une part, le remplacement du\nprofessionnel par l'amateur2 d'autre part, l'ab-\nstention regrettable pour les artistes des\n\" donneurs de concerts. \"\nPour remédier à cette situation, plusieurs\nmoyens ont été proposés.\nOn a envisagé la formation de syndicats qui\nimposeraient un certain tarif. Le moyen a\nréussi aux ouvriers; il est donc possible, mais il\nse présente ici des difficultés d'un ordre autre-\nment délicat, et nous ne voyons guère le\nsyndicat intervenir, au moins dans cette\nquestion du u gracieux concours\nCertaines fortes têtes lancent l'idée d'une\n\" grève d'artistes \" répondant à la grève des\n\n1 II est évident que nous ne parlons pas des grandes\nvedettes, des arrivées, dont les somptueux cachets ne\nse discutent plus.\n2 Nous traiterons quelque jour de l'amateurisme."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.119", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n37\n\nmondains. Je crois qu'ils en seraient les mauvais\nmarchands.\nD'autres insinuent que des intermédiaires\npourraient se charger, en prélevant un modique\ntantième, des intérêts de l'artiste en sorte qu'il\nn'aurait pas à régler, lui-même, le plus petit\ncachet.\nQuelques-uns préconisent une \" campagne\nde presse \", de la Grande Presse, celle qui fait\ntant de mal, quelquefois, et qui, souvent fait\nle bien, avec une si généreuse spontanéité.\nQu'est-ce qu'elle pourrait bien dire ?... la\nGrande Presse.\nElle se ferait sans doute l'avocat des moins\nheureux, découvrirait la bonté de leur cause,\nle tort qui leur est porté, la naïveté avec laquelle\nils ont eux-mêmes, tout serviables et complai-\nsants, créé une situation qui leur est si préju-\ndiciable. Elle irait plus avant peut-être et\nmontrerait qu'il n'est pas juste de les traiter\nainsi.\nCroyez-vous qu'il est bien, dirait-elle aux\n\" donneurs de concerts \" de profiter d'une\npeine pour laquelle vous n'offrez aucun salaire ?...\nPour devenir ce qu'ils sont, acquérir la\ntechnique dont ils font preuve, cet homme,\ncette femme, qui vous charment, se sont\nsoumis à un entraînement pénible, ils ont plié\nleur vie à des conditions fatigantes pour les-\nquelles elle n'est point faite ; ils ont payé des\nmaîtres, aux eçons coûteuses, et se sont souvent\nimposés les plus rudes privations pour acquitter\nle prix des conseils qu'ils reçevaient ainsi. Enfin,\nquand ils viennent dans votre salon, sur votre\ninvite, distraire un moment la lourdeur de vos\nminutes de mondains, c'est un peu de leur vie\nmême qu'ils vous apportent ; ils vous font\nfrémir, rire, pleurer, vous attendrir, vous\nreprendre, pour vibrer encore, en prodiguant,\npour vous, un peu de cette flamme extinguible\net précieuse qui brûle en chacune de leurs\nâmes. Essence de vie qu'on jette, comme un\nparfum, sur les nonchalances des spectateurs.\nEst-ce équitable d'accepter, ne fût-ce que\nquelques instants, le don magnifique d'une vie\nhumaine ?... magnifique puisqu'il est fait du\nplus entier et du seul bien que possède en\npropre chaque créature, si infime soit-elle.\nVoilà, sans doute, ce que dirait la Grande\nPresse si elle voulait prendre en mains la cause\ndes artistes.\nt 1\nA nos lecteurs, mondains et professionnels,\nnous demanderons de nous dire quel serait, à\nleur avis, le moyen de remédier à une situation\nqui s'éternise et s'envenime un peu. En nous\nadressant leurs réponses, qu'ils veuillent tenis\ncompte des deux intérêts en présence. Qu'ilr\nse fassent surtout une idée complète de ceux\nde la partie adverse. Us nous écriront ainsi\nd'une façon très utile et travailleront efficace-\nment, sur cette question précise du : gracieux\nconcours, à amener une entente que tous doivent\nsouhaiter prompte, complète et définitive\n\nM. Daubresse.\n\nFAITS SOCIAUX.\n\nCongrès de la Fédération Nationale des employés.\n600.000 adhérents. Si les musiciens voulaient : eux\naussi.\nCongrès annuel de l'Association de Défense des Clas-\nses moyennes. Organisation économique. Si les musi-\nciens voulaient EUX AUSSI.\nA Vienne (Autriche) ouverture d'un musée Schubert.\nA Triebschen (près Lucerne) ouverture d'un musée\nWagner. Le maître habita cette localité de 1861 à\n1872.\nA Biarritz inauguration d'un musée Sarasate et de\nla salle de concert édifice dans la propriété du grand\nvioloniste.\nAu Canada chaque théâtre a son programme ;\nforme magasine, brochure de 20, 30, 40 pages. Con-\ntient le programme de la soirée, des réclames, des\narticles, des variétés. Paraît chaque soir. Pourrait être\nessayé ici.\nA Londres, au Colyseum, pendant les entr'actes, un\ntableau cinématographique occupe la scène. A l'aide\nde projections on propose aux spectateurs des charades,\ndes énigmes dont ils cherchent les solutions. Ceux qui\ntrouvent les solutions bonnes reçoivent une prime et\ndes places gratuites. Pourrait être essayé ici.\nA Paris Ouverture du cours de gymnastique rythmi-\nque de M. Jean d'Udine. Une date dans l'histoire\nsociale : de l'éducation physique et psychique par le\nrythme. Dépasse même le domaine musical.\nA Beuron en Allemagne sont organisés des cours\nannuels sur diverses branches de la musique sacrée.\nA Prague, l'université vient d'instituer un cours de\nscience musicale comprenant la théorie de la musique\net des instruments.\nA Buenos-Ayres. Une société de Quatuors s'est"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.120", "texte": "3»\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nfondée et se propose de faire venir, à titre d'exemple,\ndes quatuors étrangers. Avis aux quartettistes.\nA Mexico. Le Ministre de l'lnstruction Publique\nassure une subvention spéciale au Conservatoire de\ncette ville pour que les élèves puissent assister gratui-\ntement aux grands concerts (24 auditions). Le ministre\nfait rédiger, imprimer, distribuer gratuitement aux\nélèves les programmes analytiques des œuvres exécu-\ntées. La collection de ces programmes forme un volume\navec notes, biographies, analyses des œuvres, portraits\netc.\nA Paris. Au Salon d'Automne a été organisée une\nexposition de dessins d'enfants. Ne pourrait-on orga-\nniser une audition d'œuvres musicales enfantines à\nlaquelle assisteraient des pédagogues et des psycho-\nlogues s'intéressant à l'enfant.\nA Bruxelles en 1910. Exposition internationale\ncomprenant une section consacrée au théâtre.\n\nM. D.\n\nLes Musiques\nMilitaires\nMUSIQUE DE LA GARDE\nRÉPUBLICAINE\n\nIl est assez difficile de parler, comme il\nserait intéressant et utile de le faire, du rôle\nque jouent les Musiques Militaires et de\nl'action qu'elles devraient avoir, par exemple\nau point de vue social. Ceux qui en pourraient\nparler avec le plus de compétence, les chefs de\nmusique, se récusent comme liés par leur\nsituation ; et les autres tâtonnent et se heurtent\ntout de suite à une organisation, à une routine,\nà une indifférence, contre lesquelles il semble\nqu'il n'y ait pas de recours.\nLes musiques dJ harmonie (laissons de coté\ncelles de fanfare, plus spécialement utilisées),\nque l'armée veut bien laisser encore organisées\ndans ses rangs, et qui, par une éducation déjà\nancienne, une sélection vraiment artistique,\nsont arrivées, dans plus d'un régiment, à at-\nteindre un niveau tout à fait élevé, ne servent,\nen somme, qu'à la récréation des publics popu-\nlaires des villes. Elles pourraient et devraient\nservir d'abord à leur éducation artistique. Il\nest si facile d'impressionner utilement les\nmasses, il est si facile de former le goût du\npeuple qui écoute, qui prend l'habitude d'écou-\nter ! Et quel orchestre peut jamais produire\nune impression comparable à celle d'une\nmusique d'harmonie soigneusement composée\net bien dirigée !\nMais alors, il faudrait entourer les exécu-\ntions de facilités et de garanties en consé-\nquence. Il faudrait ne pas laisser des musiques\naussi artistiques que celles de la Garde, ou de\nquelques autres régiments bien connu?, exé-\ncuter des morceaux d'une haute tenue et d'un\nnuancé délicat, au milieu du bruit des tram-\nways, des autos, des mille véhicules bruyants,\nsifflants, soufflants, qui sillonnent les rues\nsonores des villes. Il faudrait des salles, large-\nment ouvertes, mais calmes ; il faudrait même\ndes concerts supérieurs en quelque sorte,\nannoncés d'avance, dans de vastes enceintes\noù l'entrée coûterait un minimum insignifiant,\nfût-il de 25 centimes, pour le principe simple-\nment et pour donner de l'importance à cette\nfête d'art, aux yeux des auditeurs...\nIl n'est pas juste en effet que telle musique\nexceptionnelle, comme celle de la Garde (la\nsituation est la même pour telle autre, dans\ntelle autre ville) soit réduite à cette alternative,\nou de jouer devant des publics officiels, où\npersonne n'y prête attention, ou devant des\npublics de quartiers ouvriers, excentriques, 011\nne l'écoutent que des oisifs en promenade, ou\ndes travailleurs fatigués et non prévenus.\nD'une façon générale, les musiques d'har-\nmonie, les bonnes, celles qui ont des ressources\net qui font de l'art, sont absolument inconnues\ndes vrais musiciens et des habitués de nos\ngrands concerts d'orchestre, inconnues et\nméprisées.\nCe mépris est abusif. Les musiques mili-\ntaires, en France, sont arrivées à posséder de\ntelles ressources que leurs instruments peuvent\ntrès bien u reproduire en harmonie les mêmes\neffets qu'à l'orchestre, parfois la même sono-\nrité \". Ce sont les expressions de M. Gabriel\nParés, l'éminent chef de la Garde républicaine,\nqui a bien voulu m'éclairer sur le côté musica\nde la question. \" En France, dans certaines\nmusiques militaires et dans plusieurs grando\nmusiques du Nord, tous les timbres de l'orchestre"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.121", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n39\n\nexistent, dans de bonnes proportions, ce qui\npermet de varier l'instrumentation à l'infini \".\nCe qui nuit d'ordinaire au crédit de ces\nmusiques, c'est l'abus de la a fantaisie \", et la\nfaçon dont elle est comprise. Mais, même\npour les \" fantaisies \", et sans parler des\nu transcriptions \", qui sont tout autre chose,\nil faut distinguer. \" En principe, la \" fantaisie \"\nest mauvaise et un peu grotesque, encore\nqu'elle existe également pour orchestre sym-\nphonique ; mais que de services n'a-t-elle pas\nrendus aux compositeurs dont les œuvres\nauraient été oubliées vingt ans plus tôt ! La\nmauvaise \" fantaisie \" est celle, par exemple\n(et c'était l'habitude courante jadis), dont les\nmotifs sont puisés n'importe où dans la parti-\ntion originale et reliés par des enchaînements\ndu cru de l'arrangeur. L'extrême opposé, qui\nconsiste à donner intégralement la \" trans-\ncription \" d'une scène ou d'un acte entier,\nn'est pas non plus à louer sans restriction, car\nles récitatifs les plus admirables y font une\nfigure plutôt ridicule... Il serait du reste très\ncurieux, un peu malicieux aussi, d'interroger\nles compositeurs mêmes ; car, sur cette question,\nils ont deux opinions, l'une théorique, qui leur\nfait rejeter la possibilité de toute transcription,\nl'autre pratique et plus sincère, qui la leur fait\naccepter avec grand plaisir lorsqu'ils entendent\nleurs œuvres, bien transcrites, exécutées sou-\nvent aux concerts publics, et par cela même\nplus connues et mieux appréciées des ama-\nteurs\nD ans la même lettre, M. Gabriel Pares\nrépond d'avance à la restriction habituellement\nfaite par les critiques qui abordent ces ques-\ntions, à savoir : que la musique de la Garde\nrépublicaine est trop spéciale et exceptionnelle,\ntrop \" orchestre \" plus encore qu' \" harmonie \"\npour entrer en ligne de compte. (Je me\npropose en effet d'étudier de plus près sa com-\nposition et son répertoire, l'un et l'autre\npouvant servir de modèle à toutes les autres et\nétant particulièrement intéressants à examiner\ncomme idéal). M. Gabriel Parés proteste\nque cette musique est loin d'être isolée ; que\nbeaucoup d'autres, en France, jouissent des\nmêmes familles d'instruments et exécutent\ndes transcriptions auxquelles on ne peut vrai-\nment rien reprocher. Il n'ajoute pas, mais je\npuis ajouter, pour l'avoir constaté plus d'une\nfois, que ses transcriptions, à lui, sont pour\nune bonne part dans la tenue artistique de ses\nprogrammes.\nDans un prochain article, j'étudierai le\nrépertoire mis à la disposition des artistes que\ndirige M. Parés ; je dirai en même temps\nl'origine de cette phalange et comment elle\nse recrute.\n\nH. de Curzon."}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.122", "texte": "LA DANSE\n\nII est avère que notre danse moderne perd de plus en plus de son prestige. Nos évolutions\nmécaniques donnent plutôt F impression d'un sport chorèographie\ndont le cours de danse est bien connu de tous les Parisiens, est un de ceux qui a le mieux • compris\nles dangers de cette évolution. Erudit connaisseur des danses anciennes, partisan convaincu de la\ngymnastique rythmique et salutaire, M. Lefort s'est préoccupé de rendre à ses élèves le goût de lu\nfiguration dans la danse et, pour stimuler leur inté\nl'aviation. Z7oici donc F aéronette avec ses figures\npar son principe cependant, les vieux branles, et toutes les danses de jadis où les mouvements corporels\nétaient soumis a une intention descriptive.\ni. Les danseurs se tiennent comme pour\ntoutes les danses tournantes et font sur deux\nmesures très accentuées, des temps de galop\nen avant imitant le roulement de l'aéroplane.\n2. Les danseurs, à ce moment ont un\nmouvement des bras de bas en haut imitant\nainsi le vol d'un oiseau ; ils font ensuite\nquelques pas marchés.\n\nPublié avec l'autorisation de M. A.\nBosc auteur éditeur, 8, rue Rochechouart,\nParis. ― Copyright 1909, by A. Bosc."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.123", "texte": "3 et 4. Pas très glissé, en balançant légère-\nent les bras, imitant ainsi l'aéroplane cher-\nant à trouver son aplomb. Ce mouvement\ne répète plusieurs fois.\n\n5. Descente de l'aéroplane, imitée par les\ndanseurs se jetant vivement d'un pied sur\nl'autre en inclinant la tête légèrement en\navant.\n\nM. L."}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.124", "texte": "42\nBIBLIOGRAPHIE\n\nBibliographie\ndes nouveautés\n\nBASSON ET VIOLONCELLE\nBusser (Henri). Concours du conservatoire\nnational de Musique de Pa:is, année 1909. Récit et\nthème varié pour basson et violoncelle avec accom-\npagnement de piano, (op. 37). P., Evette et Sehaeffer,\nin-fol., 12 p., net, 4 fr.\nORGUE\n■ ' \" J .\nArpad (Kun). Andante pour harmonium ou\norgue. P., Pfister frères, in-fol., 1 p., net, 1 fr.\nDucasse (Roger). Pastorale, pour orgue. P.,\nA. Durand et fils, in-fol., 15 p. net 3 fr. 50\nLe même. Réduction pour piano à 4 mains par\nl'auteur. <— Ibid,, in-fol., 19 p. net, 3 fr. 50.\nINSTRUMENTS SEULS\nGaillard (Marie). Méditation pour violon seul\nou mandoline. P., M. Senart, B. Roudanez et Cie,\ngr. in-8, 2 p. net, o fr. 35.\nBuyssens (P.). Exercices journaliers pour la\nflûte. P., Rouart, Lerolle et Cie, Genève, Union\nartistique, Bruxelles, J.-B. Katto, in-fol., 12 p. net. 5 fr.\nSamazeuilh (Gustave). Une étude sympho-\nnique d'après La Nef d'Elémir Bourges. Premiers\nviolons. P., Durand et fils, in-fol., 7 fr. -\nLimagne (A.) Duos concertants et progressifs\npour le violon, No 3, en ré mineur. P., E. Leduc,\nP. Bertrand et CM, in-fol., 19 p. net, 2 fr. 50.\nVIOLONCELLE ET PIANO\nPournier (Louis). Sonatine, violon et piano,\ntranscrité pour violoncelle et piano par Gaston Cour-\nras. P., E. Gallet, in-fol., 13 p., net, 3 fr.\n(Partition et partie de violoncelle séparée).\nCLARINETTE ET PIANO\nHandel (G.-P.). Deux sonates de G.-P. Hândel,'\ntranscrites pour clarinette si bémol, avec accompagne-\nment de piano, par Emile Stiévenard. P., Evette et\nSehaeffer, 2 fasc. in-fol., net, chaque 3 fr.\nPIANO ET VIOLON\nCallé (G .). Berceuse, pour piano et violon.\nP., E. Démets, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nPérilhou (A.). Méditation. P., Heugel, in-fol,\nNo I. Edition pour violon, avec accompagnement de\npiano ou o. Gue, net, 1 fr. 50.\nNo 11. Edition pour violoncelle, avec accompagne-\nment de piano ou orgue, net, 1 fr. 50.\nNo 111. Edition pour violon et violoncelle, avec accom-\npagnement de piano ou orgue, net, 1 fr. 75.\nLaloue (Robert). Air de ballet de Phaëton (opéra\ninédit), pour piano et violon. P., Rouart et Lerollc\net l'auteur, in-fol., net, 2 fr.\nFranck (César). Larghetto du Quatuor à cordes\nde César Franck, transcrit pour violon et piano, par\nH. Woollett. P., J. Homélie, in-fol., 8 p., net, 2 fr.\nPIANO ET CHANT\nWenzel (Léopold). Je t'aime, mélodie. Paroles\nde Henry Darsay. P., Monvoisin, in-fol., 4 p.,\nnet, 2 fr.\n(Chant et piano).\nWaldteufel (Emile). A toi, valse. Paroles\nadaptées de Pierre d'Amor transcription par H. Mou-\nton. P., A. Durand et fils, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nTschaikowsky (P.). Romances, mélodies et\nduos. Op. 54. Seize chansons pour la jeunesse. (Paroles\nfrançaises par Paul Collin). P., A. Noël, in-fol.\nNo 1. Grand-Mère et petit-fils, net, 1 fr. 50. No 2. Le\npetit Oiseau, net, 1 fr. 50. No 4. Mon petit Jardin,\nnet, 1 fr. No 6. Près de la Rivière, net, r fr. 50. No 7.\nSoir d'hiver, net, 1 fr. 75. No 9. Printemps, net, 1 fr. 50.\nNo 10. Berceuse : pendant l'orage, net, 1 fr. 50. No 11.\nLa petite Fleur, net, 1 fr. 50. No 12. L'Hiver, net,\n1 fr. 50. No 13. Chanson printanière, net, 1 fr. 50.\nNo 15. L'Hirondelle, net, 1 fr. 50. No 16. Petite chanson\nd'entant, net, 1 fr. 75.\nTenroc (Charles). Mandoline, mélodie. Poésie\nde Paul Verlaine. Musique de Charles Tenroc [Cor-\nnet]. P., M. Senart, B. Roudanez et Cie, in-fol., 4 p.,\nnet, 1 fr. 70.\n(Chant et- piano).\nTenroc (Charles). La Lune blanche (La bonne\nChanson). Poésie de Paul Verlaine. P., M. Senart\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 3 p., net, 1 fr. 35.\n(Chant et piano.)\nSzulc (Joseph). Les trois Rencontres. Parole?\nadoptées par Jean Bénédict. P., 0. Bouwens van\nder Boijen, in-fol., 5 p., net, 2 fr.\nSzulc (Joseph). La jeune Fille. Poésie de Franci>\nJammes. P., 0. Bouwens van der Boijen, in-fol,\n7 p., net, 2 fr.\nSinger (Pierre). Trois mélodies: Chanson d'au-\ntomne (Paul Verlaine). Le Rideau de ma voisine (Alfred\nde Musset). Sérénade italienne (Paul Bourget). Grave\npar C. Douin, gr. in-8, 11 p.\n(Chant et piano).\nSchumann (Robert). Chanson d'automne\nHerbstlied (Mahlmann) paroles françaises et alle-\nmandes. Duo de Robert Schumann, (op. 43). Z3.,\nO. Bouwens van der Boijen, in-fol., 5 P•> net 2 fr-\n(Partition piano et chant.)\nRouger (Gustave). Hiver, mélodie. Paroles e;\nmusique de Gustave Rouger, op. 26. —P.,imprJt\nCrevel frères, in-fol., 2 p., net, 1 fr. s°-\nRosdol (Sandy) Chanson. Poésie de Heine.-\nP., L. G rus, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nRosati (Ed.). Mon répertoire favori, nouvelle\ncollection de romances et chansonnettes sur les poésie;\nde MM. Lucien Boyer, J. Yvel, J. Baldran, pour chan\net piano, par Ed. Rosati. Première série. No 1, le Gai\ndénia, chansonnette. No 2, L'Heure de l'école, sou\nvenir. No 3, La première Quenotte, berceuse. No.\nPrière à Noël, simple histoire. No 5, Ne m'oubliez pas"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.125", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n43\n\nlégende. No 6, La Voilette, poésie chantée. Deuxième\nsérie. No 7, Cousine Laure, marche chantée. No 8,\nLettre à Guignol, page héroïque. No 9, Bonne Fée,\nhistoriette. No 10, Polka des abeilles, polka chantée.\nNo 11, L'lnstruction amusante, ou les Homonymes.\nNo 12, Le Bavard, ronde. P., G. Gross, 12 fasc. in-fol.\nChaque, net, 1 fr.; la série de 6 n., 5 fr.\nRichard (Jean). (Décembre 1908). Deux Mélo-\ndies. I, au vol des rêves. 11, L'Espoir n'est plus.\nPoésies de Jean de Limur. P., M. Senart, B. ROll-\n-et Cie, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nRaynal (A.). Marie ! mélodie pour piano et\nchant, par A. Raynal. P., M. Senart, B. Roudanez\net Cie, in-fol., 2 p., net, 1 fr.\nRaynal (A.). Je voudrais bâtir un nid, mélodie\npour piano et chant, par A. Raynal. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 2 p., net, 1 fr.\nPrivas (Xavier). Sur la Route. Poésie et musique\nde Xavier Privas. P., Dorbon aîné, in-fol., 3p.\nPrivas (Xavier). Berceuse des hirondelles. Pa-\nroles et musique de Xavier Privas. P., Dorbon aîné,\nin-fol., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nPetitjean (Maurice). Badinage. Poésie de\nGabriel Montoya P., Société d'éditions, 34, boule-\nvard de Clichy, in-fol., 3 p., 4 fr.\n(Chant et piano. Chansons de Gabriel Montoya.\nSérie B. No 4).\nPaine (Lucy-Hamilton). Six Mélodies pour\nchant et piano. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie,\n6 fasc. in-fol.\nNo 1. Mystère (The Mystery). Paroles de Lilian\nWhiting. (Traduction française de D. de Maratray).\nNo 2. Ariette. Poème de Paul Verlaine. No 3. Expli-\ncation (In explanation). Paroles françaises de D. de\nMaratray. No 4. J'ai vu, d ; La Princesse lointaine d'Ed.\nRostand. No 5- Le Printemps. Poème de la duchesse\nde Rohan. No 6. Soupir (a sigh). Paroles de Harriet\nPrescott Spofford. (Traduction française de Victor\nSchekewitch). Net, chaque 1 fr. 50.\nMozart (W.-A.). Air du Roi pasteur. Paroles\nfrançaises de Sylvain Saint-Etienne, (Mezzo-soprano\nou soprano). P., J. Hamelle, in-foL, 10 p.\n(Chant, violon et piano).\nLe même, arrangement pour violon par F. Lenden.\nIbid, in-fol., 4 p. Le même, arrangement pour\nvioloncelle, par F. Linden. lbid., in-fol., 4p.\nMissa (Edmond). Rêves blancs, rêves bleus,\nmélodie chant et piano. JPoésie de Lionel Nastorg et\nRaymond Ferda. P., L. Grus, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\nMilhaud (Darius). Désespoir, pour piano et\nchant. Paroles de Armand Lunel, (op. 33). Marseille,\nV. Mor lot, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 50.\n; Mendelssohn. No 6. Le Retour. No 7. Chant\nd'avril. No 8. Voici l'automne. Transcriptions exacte-\nment conformes à l'original, avec accompagnement\nde piano, par Paul Saegel, d'après les éd tions scolaires\nde A. Drouin, P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, 3 fasc.\nin-fol., net, chaque 1 fr. 25.\n(Pour la Jeunesse, 2e volume).\nMathé (Edouard). La Légende du baiser. (Poésie\nde F. Sernada). P., G. Ricordi, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\n(Chant et piano;.\nMathé (Ed.) Jalousie (Poésie de H. Allorge).\nP. G. Ricordiin-fol., 3 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nMathé (Edouard). L'Amour de ma jolie (Poésie\nde Dominus). P., G. Ricordi, in-fol., 3 p., net,\n1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nMaringlie (Maurice). - Tes Mains blanches...\nrondel de L. Rouquette. P , Mouvoisin, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nMaringue (Maurice). Tes Livres mélodie.\nPoésie de L. Rouquette. —P., Mouvoisin, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr,\nMaringue (Maurice). L'Espoir, air pour bary-\nton. Paroles de Paul Brévannes. P., Mouvoisin,\nin-fol,, 3 p., net, 1 fr.\n(Piano et chant).\nMaringue (Maurice). Les Elfes, ballade. Poésie\nde Leconte de Lisle. P., Monvoisiny in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nLeoncavallo (R.). Maia, dramma lirico in tre\natti di Paolo de Choudens (Paul Bérel). Versione\nritmica italiana di Angelo Nessi, Canto e piano, trans-\ncritto dall' autore. P., Choudens, gr. in-8, 224 p.,\nportr. net, 20 fr.\nL'Enfant (Ed.). La Princesse voilée, légende.\nParoles de Maurice Couaillier. Adaptation musicale\nde Edouard L'Enfant. P., Office musical, 55, rue de\nChateaudun, in-fol., 10 p. net, 2 fr. 50.\n(Chant et piano).\nLemeunier (Abbé L.). Les Voix de la nature.\nPoème et musique de M. l'abbé L. Lemeunier. No 1,\nLe jour. No 2, La nuit. No 3, Les étoiles. Nô 4, La\nmer. No 5, Le fleuve. No 6, Les champs. No 7, La\nprairie. No 9, La forêt. No 10, La neige. No 11,\nL'orage. No 12, Le volcan. P., H. Gregh, Angers,\nGrolieau, in-fol., 25 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano). •\nLava (A.). Ballata dolorosa (Ballade doulou-\nreuse). Poesia italiana di Giosué Carducci, Version\nfrançaise et musique de A. Lava. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 70.\n(Chant et piano).\nLaparra (Raoul). Matinale, ton-original pour\nMezzo-soprano ou baryton. Paroles et musique Raoul\nLaparra. P., A. Sporck, in-fol., 3 p.\n(Chant et piano).\nLabori (Marguerite). 4 Poèmes, Octobre. Poésie\nde Mme J. Catulle Mendès. P., L. Grus, in-fol., 5 p.,\nnet, 2 fr.\nHesse (Georges). Les Rêves. Poésie de Mme\nMarteau de Milleville. P., E. Demarquet, in-fol.,\n5 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nGrossi (Eugène de). C'est toujours de l'amour,\nsur les motifs de la valse : 'tis ever love, d'Eugène de\nGrossi. Paroles de Alcide de Grossi. P., P. Gay,\nin-fol., 7 p., net, 3 fr.\n(Piano et chant).\nGrodvolle (M.). Deux Mélodies. I, Au jardin\nde mon cœur (Poésie de Jean Richepin). 11, La Vie\n(Poésie de Louis Choilet). P., Rouart, Lerolle et Cie,\n2 fasc., in-fol., net, chaque, 1 fr. 50.\nFonssagrives (Jane). Cinq Mélodies pour\nchant et piano. Paroles de Albert Samain. No 1, Chan-\nson d'été. No 2, Lac immatériel. No 3, Larmes.-No 4,"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.126", "texte": "44\nBIBLIOGRAPHIE\n\nLa Maison du matin. No 5, Ton souvenir. P.,\nE. Leduc, P. Bertrand et Cie, 5 fasc. in-fol.\nFiorelli (M.). Quatre Mélodies pour chant et\npiano. No 1, Chanson d'exil (poésie de F. Coppée,\nnet, 1 fr. 50. No 2, Je ne te connais pas (poésie de\nM. Fiorelli), net, 1 fr. 50, No 3, Orientale (poésie de\nM. Fiorelli), net, 1 fr. No 4, Pour elle (poésie de\nM. Fiorelli), net 1 fr. $O. P., E. Leduc, P. Bertrand\net Cie, 4 fasc. in-fol.\nPaye Jozin (Fred. de). Sur un vieux Cadran\nsolaire (To an old sun-dial), adaptation symphonique.\nParoles et musique de Fréd. de Faye-Jozin (Texte fran-\nçais et anglais). P., E. Gallet, in-fol., 6 p., net, 2 fr.\n(Tableaux anciens, No 4).\nFaye-Jozin (Fréd. de). Le Chèvrefeuille, sou-\nvenir de Tréfrest, pour chant avec accompagnement\nde piano et violon ad lib. Poème et musique de Fréd.\nde Faye-Jozin. P., E. Gallet, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\n(Extrait des Parfums).\nFaye-Jozin (Fréd. de). Chanson vraie (sur le\nrythme d'un poème de Malherbe), pour chant, avec\naccompagnement de piano. P., E. Gallet, in-fol.,\n3 p., net, 1 fr. 50.\nDurand (L.). La belle Fille, chanson bretonne.\nParoles et musique de L. Durand. P., M. Labbé,\nin-fol., 3 p.\n(Chant et piano).\nDelmas (Emile). La petite Amie, mélodie valse,\nchant et piano. Paroles de Ch. Phalippou. No 1, en\nla bémol, ténor ou soorano. P., M. Eschig, in-fol.,\n7 p., net, 2 fi.\nCremieux (Octave). La Valse d'amour, valse\nchantée. Paroles de Roland Gaël. P., L. Digbndé-\nDiodet, in-fol., 3 p., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nCremieux (Octave). Les Serments, mélodie.\nParoles de Roland Gaël. P., L. Digondé-Diodct,\nin-fol., net, 2 fr.\n(Chant et piano).\nClérice (Justin). Le Baiser de Ninon, opérette\nen lacté. Paroles de Paul Moncousin. Partition piano\net chant. P., Rouart, Lerolle et Cie, gr. in-8, 36 p.,\nnet, 1 fr. 50.\nBouwens van der Boijen (O.). Aquarelles,\ntrois duos pour soprano et ténor, (op. 14). P., O.\nBouweus van der Boijen, in-fol., 19 p., net, 3 fr.\nLe Printemps (Georges Gillet). Rondel de l'adieu\n(Edmond Haraucourt). Sérénade italienne (Paul Bour-\nget).\n(Partition piano et chant).\nBerthet (François). Tant que mes yeux, mélodie\npour mezzo-soprano, avec accompagnement de piano.\nPoésie de Louis Labé. P., Rouart, Lerolle et Cie,\nin-fol., 5 p., net, 2 fr.\nBonnal (Ermend). La Sago Kaj la Kanto (La\nFlèche et la chanson), Kanto for una voco Kaj piano-\nforto (mélodie pour une voix et piano). Poème espé-\nranto de A. Grabovvski, (op. 27, n. 2). P., E. Demets,\nin-fol., 3 p., net, 1 fr. 50.\nBinet (Frédéric). A l'Orée du bois, pièce pour\nle piano, par Frédéric Binet. Op. 98. P., A. Durand\net fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nBerniaux (D.). Les petites ouvrières. Paroles de\nF.-L. Benech. P., L. Benech, in-fol., 3 p., net, 1 fr. 7s.\n(Chant et piano).\nBerniaux (D.). Myrella la jolie, chanson.\nParoles de F.-L. Benech. P., L. Benech, in-fol., 3 p\nnet, 1 fr. 75.\n(Chant et piano).\nBéral (Paul). A. Jeanne d'Arc, la bonne Lor-\nraine. Debout! en avant! Paroles et musique de Paul\nBéral. P., E. Ploix, in-fol., 4 p.\nBeau (Robert). Pater noster. Saint-Cloud\n13, avenue du Palais, in-fol., 3 p.\n(Chant et orgue).\nAugé (Claude). Les chants de l'enfance. p\nLarousse, in-8, 112 p., fig., 16e édition.\nMETHODES, MANUELS,\nTRAITES DIVERS\nGentis (E.). Méthode de violon élémentaire et\nprogressive, par E. Gjntis. P., F. Gailhard, in-fol.,\n93 p., net, 5 fr.\nPanseron (A.). A, B, C musical, ou solfège,\nnouvelle édition revue et augmentée de questionnaires,\ndevoirs, dictées musicales et de 15 chants scolaires,\npar J. Bayer. P., E. Leduc, P. Bertrand et O\nin-8, 95 p.\nRojo (Le P. Casiano). Manual de canto grego-\nriano, compuesto por el R.P.D. Casiano R0j0,... Silos\n(Provincia de Burgos), edicion de los RR. PP. Bene-\ndictinos, in-8, 116 p.\nDu Grosriez (Charles). Petit traité usuel d'or-\nchestration, contenant un tableau du diapason et de\nl'étendue des instruments les plus usités à l'orchestre.\nP., E. Gallet, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nCarr (Mme) Siquot (Mme). 36 Danses chantées\net mimées pour les petits. I, Danses faciles. 11, Evolu-\ntions et danses d'ensemble. 111, Danses anciennes,\nIV, Danses de provinces. Par Mmes Carr et Siquot.\nPréface d'Octave Aubert. Nouvelle édition. P.,\nF. Nathan, in-4, 87 p. fig.\nTRIOS ET QUATUORS\nDucasse (Roger). Quatuor en ré mineur pour\n2 violons, alto et violoncelle. P., A. Durand etfik\nin-fol., net, 10 fr.\nLe même, Réduction à 4 mains par l'auteur. (Ibid.\nin-fol., 53 p., net, 7 fr.\nGandolfo (Eug .). Aubade pour violon et violon-\ncelle avec accompagnement de piano (et contrebasse\nad libitum). Nice, P. Decourcelle, in-fol., net, 2 fr.\n(Parties séparées).\n*\nCHŒURS\nStoupanse (Al.). Fraternité, duo pour ténor ou\nsoprano, et basse ou baryton. Paroles de Marc,\nU. Berger. Musique de Al. Stoupanse. Genève, à\nVUnion artistique, Lyon, Orgeret, in-fol., 2 ir. 50.\nSchmitt (Florent). Danse des Devadasis, pour\nsolo, chœur et piano à 4 mains. Poésie de Jean Lahor,\n(op. 47). P., A. Durand et fils, in-fol., 18 p., net,\n3 fr. 50.\n(Partition).\nSaint-Saëns (C.). (Op. 131). La Gloire, cantate\npour voix d'homme (soli et chœur). Poésie de l'Auge\nde Lassus. P., A. Durand et fils, in-fol., 12 p. net, 3 fr\n(Chant et piano)."}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.127", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n45\n\nchantés à la Fête commémorative du\ncentenaire de J. Calvin au Palais du Trocadéro, le\nnovembre 1909]. P., 33, rue des Saints-Pères,\ny. in-8, 12 p.\n(A, chant seul ; B, réduction des 4 parties pour\nIrgiie).\nPesse (Maurice). Neige d'avril, valse lente\nticeur à 2 voix égales et solo avec accompagnement\n:epiano. Paroles de Camille Raynaud. P., A. Jul-\nien, in-fol., 8 p., net, 2 fr.\n(Partition chant et piano).\nLauber (Emile). L'Enfant, douze chansons à\nou 2 voix, ou chœur, Poésie de Charles Fuster.\nM. Senart, B. Roudanez et Cie, in-fol. No 1, Pour\n;re heureux. No 12, Sois bon, net, chaque o fr. 50, le\nrecueil 3 fr.\n(Chant et piano).\nIndy (Vincent d'). Vive Henry quatre, vieil au\nrançais, harmonisé et orchestré par Vincent d'lndy.\nG.C.) 4 fasc. in-fol. Partition d'orchestre et chœur,\nliant seul : pour 3 voix de femmes.\npour 4 voix d'hommes.\npour 4 voix mixtes.\nGTOSS. Recueil de morceaux de chant à une,\nieux et trois voix, à l'usage des écoles normales et des\ncoles primaires. Paroles de M. Delcasso, recteur\nlonoraire. Musique choisie et arrangée par M. Gross,\nnaître adjoint d'Ecole normale. Première partie,\nédition. P., Hachette, in-16, 64 p., o fr. 75.\nGrimoin (Abbé Pierre). Les voix des cloches\nle La Châtre, cantique populaire. Solo de baryton et\nhœur à 4 voix, maître de chapelle à La Châtre.\nhirges, G. Bruandet, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 50.\n(Chant et piano).\nEymieu (Henry). Papillons blancs, duo à 2 voix\ngales pouvant se chanter en chœur. Poésie d'Henri\n)éfossé. P., E. Weiller, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nCoquart (Arthur). Petit enfant, petit oiseau,\n-uo ou chœur à 2 voix, avec accompagnement de\niano. Paroles de V. de Laprade. P., J. Hamelle,\nn-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nCorot (Fernand). Chanson du fil de la Vierge\nsouvenir de Bretagne), duettino pour voix égales, et\nhœur, ad libitum. Poésie de Jos. Parker. P.,\n- Grus, in-fol., 3 p., net, 2 fr,\n3 (Partition chant et piano).\nBourguignon (Abbé). Petite Messe à la Sainte-\nvierge, à 3 voix, soli et chœurs, avec accompagnement\norgue, partition. P., G. Oudin, gr. in-8, 20 p.,\nlet, 2 fr. 25.\nBurty (Marc). Chant du soir, berceuse pour\n! ténors et 2 basses, avec accompagnement de piano.\nJoésie de Cyrille Fiston. Musique de Marc Burty.\ntyon, Janin frères, in-fol., 10 p., net, 2 fr. 50.\n(Partition chant et piano).\nPIANO\nSteiger (Ch.). Aria. P., A. Durand et fils,\nn-fol., 3 p., net, 1 fr.\nLe même, transcription piano à 4 mains. Ibid.,\nn-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nSteiger (Ch.). Bergerie, pièce facile pour le\niano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nPesse (Maurice). Valsette fleurie, pièce pour le\niano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nReinecke (Ch.). Six Sonatines pour piano,\nop. 98. No 2, en la mineur. P., J. Hamelle, in-fol.,\n11 p., net, 2 fr. 50.\nSteiger (Ch.). Le vagabond, pièce pour le\npiano à 4 mains. P. A. Durand et fils, in-fol., 5 p.,\nnet, 1 fr. 75.\nSteiger (Ch.). Valse naïve, pièce très-facile\npour le piano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nSzulc (Joseph). Une nuit d'lspahan, ballet-pan-\ntomime en 1 tacte, de André Pijan, Valse de Cynthia,\npour piano, par Joseph Szulc. P., O. Bouwens van\nder Boijen, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\nTellam (Heinrich). Rose, ma Mie ! valse-séré-\nnade, pour piano. Nice, P. Decourcelle, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nScassola (A.). Illusion, valse. Poésie de Lucien\nColonge, orchestrée par H. Cas. - Lyon, L. Monier,\nin-fol., 4 p., net, 2 fr.\n(Piano seul).\nSaint-Saens (Camille). Concerto pour violon\navec accompagnement de piano, par Camille Saint-\nSaëns (op. 20). (Réduction pour le piano des instru-\nments de l'harmonie par F. Waël-Munk). P., J.\nHamelle, in-fol., 10 p., net, 5 fr.\nSerosq (D.). Boléro, danse espagnole pour\npiano, (op. 59). P., Estic, in-fol., 2 p , net, 2 fr.\nStaub (Victor). Trois pièces pour piano à\n4 mains. En trottinant, marche (op. 19). En dansant,\nvalse (op. 20). En chantant, sérénade (op. 21). P.,\nA. Durand et fils, 3 fasc. in-fol., net, le 1 fasc., 2 fr.\nles deux autres, 2 fr. 50.\nTh.au (Marcel). Extase, valse lente, pour piano.\nMontpellier, C. Lapeyrie, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nReuchsel (Amédée). Murmures printaniers pour\npiano. P., H. Lcmoine, in-fol., 10 p., net, 2 fr. 50.\nReuchsel (Amédée). Elégie, pour piano.\nP., H. Lemoine, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nReuchsel (Amédée). Mailied (chant de mai),\npour piano. P., H. Lemoine, in-fol., 9 p., net, 2 fr.\nVal ver de (Juan). Colombiana, caprice colom-\nbien. Musique sur les motifs de Lao Silésu. P., Estic,\nin-fol., 3 p., net, 2 fr.\nArnaud (Albert). Gavotte des ballerines, pour\nle piano.—P., A. Durand et fils, in-fol., 5 p., net,\n1 fr\\7s'\nBinet (Frédéric). Premier Prélude pour le piano,\nop. 99. P., E. Durand et fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nBosc (A.). L'Aéronette, boston marché, nouvelle\ndanse d'actualité, pour piano. Théorie de C. Lefort.\nP., A. Bosc, in-fol., 4 p., net, 2 fr.\nBourdeney (C.). Scherzettino pour piano,\nop. 29. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr.\nBresles (Henri). Idylle pendant la chasse,\ncaprice pour piano. P., E. Coutarel, in-fol., 3 p.,\nnet, 2 fr.\nCaullet-Vignerot. Quatre pièces de piano\npour enfants, études récréatives et progressives dans\nle style classique. I, Câline, valse. P., M. Senart,\nB. Roudanez et Cie, in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nChollet (Henri). La Poupée parlante, valse pour\npiano, 2 édition. P., Chollet aîné, in-fol., 4 p., 5 fr.\n(Collection des Pezzettines choisies, No 20. [No 6\ndes Pièces enfantines])."}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.128", "texte": "46-\nBIBLIOGRAPHIE\n\nChollet (Henri). Souvenirs cl'Es, valse, pour\npiano, 2 édition. P., Cliollet aîné, in-fol., 4 p.,\nnet, 5 fr. /\n(Collection des Pezzettines choisies de Henri Chol-\nlet. No 53).\nCoda (Ch.). Printemps d'amour, valse tendre,\npar Ch. Coda. Nice, P., Decourcelle. in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\n(Piano).\nDelerue (Léon). Royale Retraite, pour piano.\nVitry-le-F rançois, A. Gay, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nFaye-Jozin (Fréd. de). Petit solo de concours,\npour piano. P., E. Gallet, in-fol., 7 p., net, 2 fr.\nFaye-Jozin (Fréd. de). Rigaudon pour piano.\nP., E. Gallet, in-fol., 5 p., net, 1 fr. 75.\nFiorelli (M.). Folle Ivresse valse entr'acte pour\npiano. P., E. Leduc, P. Bertrand et Cie, in-fol., 5 p.,\nnet, 1 fr. 75. t\nFiorelli (M.). Trois pièces pour piano, par\nM. Fiorelli. 1, Prélude. 2, Aubade. 3, Divertissement\nexotique. P., E. Leduc, P. Bertrand et Çie, 3 fasc.,\nin-fol., net, 1 fr. 75, 1 fr. 50, 1 fr. 75.\nFranck (César). Morceau symphonique de\nRédemption, poème-symphonie de C. Franck. Réduc-\ntion pour piano 2 mains de J. Jemain. P., Heugel,\nin-fol., 12 p., net, 3 fr.\nGriffie (A.). Vol en monoplan, mazurka pour\npiano. Aux trois Bémols, 13, passage de l'lndustrie,\nin-fol,, 4 p.\nHelbig (G ). Bourrée., (Op. 36), pour piano.\nP., E. Démets, in-fol., 6 p., net, 1 fr. 75.\nHelbig (G.). Gavotte en ré (op. 4), pour piano.\nP., E. Demets, in-fol., 6 p., net, 1 fr. 75.\nHelbig (G ). - Rigaudon dans le style ancien\n(op. 24), pour piano, P., E. Demets, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nLimagne (A.). Petites sonates pour piano,\nNo 3, en ré mineur. P., E. Leduc, P. Bertrand\net Cjc, in-fol., 9 p., net, 2 fr. 50.\nMartin (Robert-Charles). Attrapera, attrapera\npas!... pi ce pour le piano, (op. 10, n. 1). P., A. Du-\nrand et fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nMartin (Robert-Charles). Ecole progressive du\npiano, 2. Berceuse, 7 P., A. Durand et filsr in-fol.,\n3 p., net, 1 fr/35.\nMartin (Robert-Charles). Re gardez-moi danser!\npièce pour le piano, (op. 10, n. 2). P., A. Durand\net fils, in-fol., 4 p., net, 1 fr. 75.\nMartin (Robert-Charles). Rondo moqueur pour\nle piano, (op. 10, n. 3). P., A. Durand et fils, in-fol.,\n5 p., net, 1 fr. 75.\nMathé (Edouard). 'Les Copains, polka par\nEdouard Mathé. Nice, P. Decourcclley in-fol. No 1,\npour piano, net, 1 fr. 70. No 2, éd. simplifiée, net, 1 fr.\nMaye (Paul). En famille, polka pour piano\nMarseille, F. Aignier, in-fol., 5 p., net, 1.75.\nMaye (Paul). Rêves lointains, valse langoureuse\npour piano. Marseille, F. Aignier, in-fol., 7 p.,\nnet, 2 fr.\nMetzrier (A.). Six morceaux sur cinq notes,\npour piano à 4 mains. No 1, Fleurette, gavotte. No 2,\nBonsoir, bébé, berceuse. No 3, Petite Margot, valse.\nNo 4, La belle Fatma, chanson tunisienne. No\nDoux Sourire, menuet. No 6, Songe rose, mazurka.\nNice, P. Decourcelle, 6 fasc. in-fol., net, chaque, 1 fr.\nMoreau (Léon). Invocation à Bouddha) An\nOde), scène de ballet pour piano seul. P., Costallat,\nin-8, 20 p., net, 2 fr. 50.\nMortag'ne (Max de). Volo-valse, en accom-\npagnement du nouveau jeu sportif parisien, le Volo.\nP., impr. de Chaimbaud. in-fol., 3 p., net, 1 fr.\nMurillo (Emilio). : Aire de pasillo, para piano.\nBogota, A. Nieto, 1910, in-fol, 4p.\nMurillo (Emilio). Madrigal, pasillo, para piano.\nBogota, A. Nieto, 1910, 2p.\nMurillo (Emilio). Paulina, valso lento para\npiano. Bogota, A. Nieto, 1910, in-fol., 7 p.\nPesse (Maurice). Deux petites pièces pour\npiano. No 1, Petite source enchantée, caprice. No 2,\nL'Amusant Départ, bluette. P., E. Gallet, 2 fasc.\nin-fol., de 3 p., net, chaque, 1 fr.\nPesse (Maurice). Petits Pages Louis XIII, pièce\npour le piano. P., A. Durand et fils, in-fol., 3 p.,\nnet, 1 fr. 35.\nPesse (Maurice). Rêve d'un soir, mélodie. No i.\npiano seul, net, 1 fr. 75. No 2, Violoncelle et piano,\nnet, 2 fr. No 3, Violon et piano, net, 2 fr. P.,\nE. Gallet, 3 fasc., in-fol.\nDebussy (Claude). Premier quatuor pour .2 vio-\nlons, alto et violoncelle, (op. 10). (Transcription pour\npiano à 2 mains par Harry Loewy). P., A. Durand\net fils, in-fol., 31 p.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.129", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\n47\n\nNouveautés\nMusicales\nV. P.\nDe tous temps, on a cru la musique arrivée\nau summum de la difficulté technique. L'ave-\nnir nous démentira peut-être encore, mais\npour l'instant, il est impossible d'imaginer que\nnous puissons jamais nous dépasser nous-mêmes\nen complication et en ambiguité.\nLe I 1 Quatuor de DEBUSSY 1 vient d'être\nréduit fort à propos pour piano seul, par M.\nHARRY LOEWY : les non initiés pourront donc\nse donner la joie de l'étudier avant d'aller l'en-\ntendre ; ceux qui l'ont admiré déjà ne se\nplaindront pas de pouvoir le savourer tout à\nleur aise.\nMais en général la musique instrumentale\nse refuse à la réduction pour piano seul. M.\nROGER DUCASSE a tait arranger à quatre mains\nA charmante Suite française et M. DEBUSSY,\npour deux pianos les trois esquisses sympho-\nniques intitulées : La Mer \\ (Se noie-t-on\nmoins quand on est deux à faire naufrage ?).\n•VI. GROVLEZ réjouira les amateurs de musique\na cinq temps, par le second morceau de sa\nlonate 1 piano et violon ; et par son finale, il\nrappellera aux admirateurs de Fauré tels pas-\nsages de la Bonne Chanson.\n-M. JÔNGEN entreprend de nous peindre le\nloleil a Midi et un Clair de Lune x, clair de\nlune, je le veux bien mais reflété sans doute\npar quelque cours d'eau ténébreux,. qui en\néparpille la lueur en mille paillettes indistinctes.\nLe même auteur nous offre un Trio 1 pour\npiano, violon et alto, dont la vue seule est\neffarante.\nAccordons-nous quelques instants de détente\navec le Quatuor de M. TH. DUBOIS 2. Nous\nnous réservons d'y revenir plus longuement ;\net avec les six pièces pour piano, de M.\nRHENE BÂTON : en Bretagne 1 ; musique sa-\nvoureuse aussi éloignée de la complexité inu-\ntile que de l'effet banal. Faisons un saut de\ndeux siècles en arrière avec une Sonate de\nGEMINIANI 3 pour piano et violon, soigneuse-\nment orné et nuancée par M. César Barison.\n(ce dernier morceau, du aux soins de M.\nSchmidl, qui nous promet de sensationnelles\nrééditions, puisées dans les bibliothèques d'lta-\nlie.) M. Schmidl nous envoie encore deux\nvolumes des Solfèges de GARULLI, l'un pour\nTénor, l'autre pour baryton. Il nous reste à\nnous demander à quels besoins répondent ces\ndeux volumes. Il n'y a pas là une véritable\nméthode de chant puisque les difficultés vocales\nn'y sont abordées, ni au complet, ni graduelle-\nment ; et avant de croire, comme le dit\ningénuement l'auteur dans sa préface, que ces\nleçons \" agréablement mélodiques au goût de\nl'élève, soient aptes à le préparer à tous les\ngenres de l'art lyrique ancien et moderne \"\nnous ne pouvons nous empêcher de penser\nqu'il y a dans la musique vocale, pas mal de\nchefs-d'oeuvres qui rempliraient plus avan-\ntageusement le même rôle.\n1 Chez Durand et fils.\n2 Chez Heugel.\n3 Chez Schmidl."}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.130", "texte": "LIBRAIRIE RENOUARD\nRue de Tournon,\nXII!\n\nLES MUSICIENS\nCollection d'Enseignement et de Vulgarisation\nPLACÉE SOUS LE HAUT PATRONAGE DE L'ADMINISTRATION DES BEAUX-ARTS,\nPUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE\nM. ELIE POIREE, Conservateur adjoint à la bibliothèque Sainte^Geneviève\nChaque volume in-8\" (14x20,51 de 128 pages avec 12 gravures\nBroche : 2 i\"r. 50 Relie : 3 fr. 50\nERNEST REYER\nPAR ADOLPHE JULLIEN\nNOUVEAUTES\nLULLY\nPAR HENRY PRUNIERES\n1 VOLUME\n1 VOLUME\nLA MUSIQUE CHINOISE\nPAR LOUIS LALOY\n1 VOLUME\nLA MUSIQUE DES\nTROUBADOURS\n1 VOLUNE\nDéjà parus :\nBerlioz, par ARTHUR COQUARD.\nBoieldieu, par L. AUGE DK LASSUS.\nChopin, par ELIE POIRÉE.\nFélicien David, par RENÉ BRANCOUR.\nGluck, par JEAN D'UDINE.\nGounod, par P.-L. HILLEMACHER.\nGrèty, par HENRI DE CURZON.\nHérold, par ARTHUR POUGIN.\nLiszt, pî»r M.-I). CALVOGORESSI.\nMendelssohn, par P. DE STŒCKLIN.\nMozart, par CAMILLE BELLAIGUE.\nPaganini, par J.-G. PROD'HOMME.\nRameau, par LIONEL DE LA LAURENCIE.\nRossini, par LIONEL D'AURIAC.\nSchubert, par L.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY.\nSchumann, par CAMILLE MAUCLAIR.\nWeber, par GEORGES SERVI ÈRES."}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.131", "texte": "XIV\n\nComptoir National d'Escompte\nDE PARIS\nCAPITAL: 200 Millions de francs\nSIÈGE SOCIAL: RUE BERGÈRE SUCCURSALE : 2, Place de l'Opéra, PARIS/\nPrésident du Conseil d'Administration: M. ALEXIS ROSTAND\nVice-Président, Directeur : M. E, ULLMANN,\nDirecteur Administrateur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons à échéance ftxe, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nEnvois de Fonds en Provinces et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nmaritimes, Garantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons etc.\nAGENCES\n3 7 Bureaux de quartiers dans Paris 14 Bureaux de Banlieue - 150 Agences en Province\n1 1 Agences dans tes colonies et pays de protectorat - 1 t AGENCES A L'ETRANGER.\nLOCATION DE COFFRE-FORTS\nLe comptoir tient un service de coffres-forts à la disposition\ndu public, 74, rue Bergère; 2, place de VOpéra; 14J, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPECIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. Le locataire peut seul ouvrir son coffre.\nBONS A ÉCHÉANCE FIXE. - Intérêts payés sur les sommes déposées\nDe 6à IT mois, ih u/0. De Jà 3 ans 3 °/0. Les bons délivrés par le COMPTOIR NATIONAL\naux taux d'intérêts ci-dessus, sont à ordre ou au porteur, au choix du Déposant. Les intérêts sont\nreprésentés par des Bous d'intérêts également à ordre ou au porteur, payable semestriellement\nou annuellement suivant les convenances du Déposant. Les Bons de capital et d'intérêts peuvent\nêtre endossés et sont par conséquent négociables.\nVILLES D'EAUX, Stations estivales et hivernales.\nLe COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'Eaux : Aix-en-Provence,\nAix-les-Bains, Bagnères-de-Luchon, Bayonne, Biarritz, Bourboule (La), Brest, Calais, Cannes,\nChâtel-Guyon, Cherbourg, Compiègne, Dax, Dieppe, Dunkerque, Enghien, Fontainebleau, Havre\n(Le), Mont-Dore (Le). Nice, Pau, Saint-Germain-en-Laye, Trouville-Deauville, Vichy, Tunis, Saint-\nSébastien, Monte-Carlo, Le Caire, Alexandrie (Egypte), etc. ; ces agences traitent toutes les opé-\nration comme le siège social et les autres agences, de sorte que les Etrangers, les Touristes,\nles Baigneurs, peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant leur villégiature.\nLETTRES DE CRÉDIT POUR VOYAGES\nLe COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE délivre des Lettres de Crédit circulaires payables\ndans le monde entier auprès de ses agences et correspondants; ces Lettres de Crédit sont accom-\npagnées, d un carnet d identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commo-\ndités, en même temps qu'une sécurité incontestable.\nSalons des Accrédités, Succursale, 2, place de l'Opéra\nInstallation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de lettres de crédit. Bureau de\nchange. Bureau de poste. Réception et réexpéditions.\n01-c\n—h, p\no\na> a>\nCO CD\n50 £\na\no\nQJ CO\n-- _Q\n> 0\n5\nQ\nC/ 5\nX\n0 c\nIfo 1"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.132", "texte": "XV\n\nAdministration de Concerts A. DANDELOT\n83, RUE D'AMSTERDAM. (8\"\" Arr.)\nQUATRE CONCERTS\nDONNÉS A LA\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, rue d'Athènes\npar le QUATUOR\nMarsick-Hekking\nPierre MA \"Professeur au Con\nAndré TOURRET,\nMaurice VIEUX, André HEKKING\nles VENDREDIS: 19 Novembre, 17 Décembre 1909, 7 et 2 ! janvier 1910,\nà 9 heures du soir,\n£>-.^\nAu cours de ia Saison 1909-1910, MM. MARSICK, TOURRET, VIEUX et\nHEKKING feront entendre les Quatuors\nMANN, SCHUBERT •\nI\nPRIX DES PLACES:\nPar séance Abonnement aux 4 séances\nFAUTEUIL DE FACE 6 fr. 20 fr.\nCOTE ... 4 fr. 15 fr.\nBALCON 3 fr. 10 fr.\nPARTERRE 2 fr.\nENTRÉE I fr.\nS 'adresser pour les Abonnements chez M. A. DANDELO T, 83, rue d'Amsterdam\nTél. 113-25."}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.133", "texte": "XVI\n\nRépertoire de la Fondation J.-S. BACH\nCOLLECTION CHARLES BOUVET\nD\nDepuis quelques années, la musicologie française paraît entrée définitivement dans la voie qui\nla conduit à la science. Artistes et critiques, exécutants, éditeurs et public, chacun reconnaît la\nnécessité d'atteindre le document historique par le chemin le plus court, sans autre préoccupation\nque la recherche de la vérité. A l'interprétation esthétique se substitue la publication des textes,\nà la littérature la bibliographie. Nous sentons tous, plus au moins distinctement, le besoin de l'aire\nun état général de nos connaissances en musique, avant d'évoquer, sous une forme précise, ce\npassé qui nous séduit par son inconnu. Ce n'est pas une simple curiosité d esprit, encore moins\nun goût delittante d'archéologie; l'activité intellectuelle qui anime les recherches méthodiques\nde notre musicologie est bien d'ordre scientifique, c'est-à-dire qu elle se suffit à elle-même, et\nqu'elle prétend se fonder sur les données de l'expérience.\nM. Charles Bouvet, artistes délicat consciencieux, initié à l'art de Bach et de Hsendcl, e'st\nde ceux que ce courant nouveau a entraîné vers la documentation. Sa Fondation J.-S. BACH\nla première de ce genre à Paris, fut une excellente initiative,, et, de ce foyer de la musique\nancienne, sortit logiquement l'idée d'une édition d'œuvres des XYlm\", XYIIm< et XYIII siècles.\nUne Sonate à trois et des Pièces en duo, de [.-M. LECLAIR; un Air pour contralto, de J.-S\nBACH; un Air de danse espagnole, du XVU\" siècle; deux Symphonies et trois Fantaisies, de Louis\nCOUPERIN; une :Sou,ate pour clavecin et violon, de A.-L. COUPERIN; un Air de DEMOFONTE;\nMisero fàrgoletto de L. LEO; un Suite pour deux flûtes, de P. BUCQUET et enfin 'une Sonate\npour deux violons et clavecin de CH.-W. GLUCK; voilà, dès maintenant, les résultats de ces\nefforts courageux et remarquablement intéressants.\nComme violoniste, M. Ch. Bouvet est à même de présenter ces rééditions sous une forme\ndirectement accessible au public moderne. Car notre \" œil musical \" est aujourd'hui plus exigeant\nque ne l'était celui de nos ancêtres. Nous voulons que, la notation dirige et guide notre inter-\nprétation. Nous réclamons des indications pour les coups d'archet, pour les doigtés, les mou-\nvements, la ponctuation, les nuances. Il y a là tout un art d'accomodation, nécessaire chaque\nfois que nous nous adressons- an grand public, et d'autant plus délicat qu'il dépènd de notre\ngoût personnel.\nEn s'engageant dans cette voie, en assumant la tâche de faire connaître.-.les : maîtres anciens\nM. Ch. Bouvet, a bien mérité de la science qu'il soutient, et du public qu'il éclaire. Tous deux\nlui rendront justice.\nJ. ECHORCHEVILLE.\n\nŒuvres déjà parues :\ni '\nXo. i. SONATE A TROIS, de J.M. LE CLAIR\nrpiné, pour Violon ou Flûte, Viole de (ïambe\nou violoncelle et Clavecin ou Piano.\n: Prix liet : 4 fr. 00\nXo. 2. PIECES EN DUO, de J.M. LE CLAIR\nl'aîné, pour Violon et Violoncelle avec Clavecin\nou Piano.\nRIN, SIEUR DE CROI ILLY, solo pour Soprano,\nMezzo Soprano ou Contralto et Clavecin ou\nPiano. Prix net : 1 fr. 70\nXo. 4. GRATULATIONS CANTATE, de.J.S.\nBACH, Air pour Contralto.\nParoles allemandes et françaises.\nPrix net: 2 fi\\ 50\nNo. 5. DEUX SYMPHONIES de LOUIS\n; COUPE RIN, pour. Dessus de Vie Viole\nd'amour ou Violon ou Flûte et Basse de Viole\nViole de Gambe, ou Violoncelle 'dCCc.Clavecin\nou Piano Prix net: 2 fr. 50\nNo. 6. TROIS FANTAISIES de LOUIS\nCOUPERIN, pour Dessus de Viole, Viole\nd'amour ou Violon ou Flûte avec Clavecin ou\nPiano. Prix net: 2 fr. 50\nXo. 7. AIR DE DANSE. de F. DE LA TORRE\n(ESPAGNE XVN,E SIÈCLE)\npour Dessus de Viole ou Violon, Vrôle ou Alto ;\nBasse de Viole ou Violoncelle. Prix net: 1 fr.7o\nXo. 8.. SONATE, de A.-L. COUPERIN, pour\nClavecin ou Piano avec 1 loi on. Prix net \\4iv.\nXo. 9. DEMOFOONTE, de LEONARDO\nLEO, Air de Timante pour Tenpr et Clavecin\nou Piano. Paroles italiennes et françaises.\nPrix net : 1 ir. 70\nXo. to. SUITE, de PIERRE BÙCQUET, pour\n2 Flûtes ou 2 Violons. Prix net : 2 fr. 50\nXo. n. SONATE, de CHRISTOPHE W.\nGLUCK, pour 2 Violons ou Flûte et Violon et\n< Clavecin. ' Prix net: 4 fr. 00\nEn vente à ( Agence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois, PARIS (2e Arr.)"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.134", "texte": "XVII\n\nSALLES GAVEAU\n, ■ . #;■ ... ;;V:\nMOIS DE DÉCEMBRE - CONCERTS DE LA PREMIÈRE QUINZAINE\nSALLE DES QUATUORS\n1. Mademoiselle Ethel LEGINSKA (pianiste) -en matinée,\nj Madame SAILLARP-DIETZ ren matinée,\n4. Monsieur BARDOIT (violoniste) —en soirée.\n7.; Union, des Femmes Professeurs et Compositeurs (Œuvres de Bach) eir matinée\n8. Mademoiselle Ethel LEGINSKA (pianiste) en matinée.\n9. Madame SA IL LA RI )-1) IE TZ (pianiste) ■en matinée.\nGRANDE SALLE\n5\n7\n10\n11\n1 t\n12\n14\n15\n30 Ans de Théâtres (Festival Massenet) -en soirée.\nMonsieur Edouard BERNARD (pianiste) en soirée.\nConcert LAMOUREUX -en matinée. %\nSociété Philharmonique en soirée.\nMademoiselle Minnie TR ACE Y (Cantatrice) en soirée\nConcert HASSELM AN S -en matinée.\nElèves de Monsieur ISNARDON en soirée.\nConcert LAMOUREUX en matinée.\nSociété Philharmonique en soirée.\nMonsieur Mi se h a ELMAN (violoniste) - en soirée.\n\nFACULTÉ DES SCIENCES DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS\nPHYSIQUE BIOLOGIQUE\nLa Voix parlée et chantée\npar le Docteur\nDocteur en Médecine et Docteur Ès=sciences.\nAmphithéâtre de Physiologie: 1, rue VICTOR-COUSIN (Place de la Sorbonne)\nLes Samedis à sh, è, à partir du 13 Novembre. TRAVAUX PRATIQUES.\nLes Dimanches, à 4 heures, à partir du 28 Novembre :\nSérie de manipulations permettant aux professeurs et aux élèves de chant et dé diction\nde se servir des appareils employés en physiologie; exercices respiratoires, examen du larynx;\nmoulages de la cavité buccale; photographie de la voix; qualités des diverses voix; différents\nregistres; leur détermination.\nLE COURS ET LES TRAVAUX PRATIQUES SONT ENTIEREMENT GRATUITS.\nLe nombre des places aux-travaux pratiques est-limité, on est prié de s'iuscire d'avance, 14. rue\nDuphoij de 2 à 4 heures."}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.135", "texte": "XVIII\nExtrait du roman de Fauvel (1315) publie en reproduction photographique.\n\nF. CHATENET\nPhotographie documentaire\net artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18x24: 0.75 par épreuve,\npour une commande de cinquante epreuves. Par petite quantité: 1 fr. par épreuve.\nPar ce procédé, la ai son CHA I ENEI a fourni aux bénédictins\n*\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40,000 photographies.\nPRIX COURANT :\nCliché 13x18 avec un épreuve, 3 fr. ; les suivantes, chaque 0.75\nCliché 18 x 24 avec un épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque ! .00\nCliché 24x30 avec un épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50\n\ni 4 yMPm*ing\n!\ng-^SS^BTSMSSSRWimmwe^»-\njr*\\ !\n*■\n- * ;\nmsm\npâllilli\nt '.S If w*\nm»0 %3?*w\nfcw |l-\nSKJ\n• ' • , *v\nsrm>.\n.\na fflm\nu .*«>\nsmzam ~A<X\" j#»\nv-V\nM\nii. •:/ IUI .J»«ï <*\".\nBP ■\n1 <> 4\n, >- ' ,:J\nH 3 p\ni>;|;-j\n■;■\n:\n- , -. •—i\n&t k. \"\nS>.\no\n•u\ni*\na *\nH..\n'•s£/:\n«**.? <\n■ «\n,\nWMti\n' /\nr>:\\\n:\nX<St\n*>**\n■ •&■\n-\n«\nC*.\n*<*¥- \\\n: rv JÉt. : «*à\n;—-—— •\n•\n_4*_„_i -.^JLZZ+-4 __ JLi\n• ...J.—. f _„, ■ '\" \"'\n%SW-<jr''ï\n:\nWO~>»y . «.■v.jvMK-yy« ~ y\n'• JS .! _\n«m (m won Jaft m wrtnt\nà&zß&t9 * ■ ■ ;Vv • f •\nTI4I «\n■■■<*•■ '. .\nWttttx itmOtir"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.136", "texte": "XIX\n\nSOCIETE J.-S. BACH\nPROGRAMME DE LA SAISON 1909-1910\n(SIXIÈME ANNÉE)\nVendredi 26\nL'ORATORIO DE NOËL\n(irt audition à la Société J.-S. BACH)\n*\nVendredi îj Décembre\nMUSIQUE PROFANE :\nCantate du Printemps.\nCantate du Café, etc.\n1 ous les Concerts ont lieu à 9 h., SALLE GAVEAU, 45-47, rue La Boëtie.\nLa veille de chaque concert, à 4 h., répétition publique.\nLa Société J.-S, BACH admet aux titres de Membres donateurs (cotisation annuelle :\n300 francs) et de Membres fondateurs (cotisation annuelle : 100 francs) les personnes désireuses\nde l'aider dans l'accomplissement de son œuvre artistique. Les membres de l'une et l'autre de\nces deux catégories jouissent de prérogatives particulières et ont droit à des places à* leur choix\nd'après le tarif d'abonnement ci-contre, au prorata de leur souscription.\nPour tous renseignements, écrire à M\"\" Daniel-Hermann, 9'\"s rue Méchain\nCONDITIONS D'ABONNEMENT\nM POUR LA SAISON 1909-1910 j&f\nLoges et fauteuils de parterre\nFauteuils de ler1er balcon de face 1 1 rang. .\nFauteuils de ler1er balcon de face 2 et 3 rangs.\nFauteuils de ler1er balcon de coté\nFauteuils de pourtour de 1r balcon\nFauteuils de 2 balcon de face\nFauteuils de 2 balcon de coté\n£ £\nAVANTAGES SPÉCIAUX RÉSERVÉS AUX ABONNES\n1. Exception faite des loges et des fauteuils de 2 balcon de coté, les abonnés peuvent avoir à leur\ngré, soit une place fixe numérotée, soit un carnet de 4 coupons utilisables eu une ou plusieurs fois.\n2. La Société J.-S. BACH met à la disposition de tous ses abonnés sans exception, mais d'eux\nseulement,- des carnets de quatre entrées aux répétitions publiques, au prix de 10 francs. Pour\nprofiter de cette faveur, dont ils pourront user durant tout le cours de la saison et autant de fois\nqu'ils le jugeront à propos, il leur suffira d'écrire à l'Administration, <) bis, rue Méchain.\n1 eudredi 11 Février\nDEUXIEME PARTIE\n(CREDO, SANCTUS et AGNUS)\nDE LA\nMesse en s\n(T\" audition à la Société, J.-S. BACH).\nMercredi -?<> avril\n1. CANTATE \" Mâche dich \" (n. ï 15).\n2. CANTATE \"Gott soll allein\" (n. Kx>) pour alto-solo.\n3. CANTATE \" Komm, du siisse Todesstunde ' (n. 161).\n( 1 auditionsj.\nPrix minimum Par abonnement\npar concert pour les 4 concerts\n10 fi\\ 35 fr.\n10 fr. 35 fr.\n8 fr. 25 fr.\n6 fr. 20 fr.\n5 fr. 15 fr.\n5 fr. 15 fr.\n3 fr. 12 fr."}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.137", "texte": "XX\n\nLe Ve\nde Crém\nEtude historique\npar\nLUCIEN GREILSAMER\nUn Volume fr. 7.50\nchez l'auteur 32, rue D\n\ni\nCOURS oe CHŒUR\n11RUEÛEC H ANALE\nDirigé PAR f\\H£ GERMAINE\nCHEVALET AVEC LE C ONCOUFTS\nOE JE.AN VE.RD\nMARCELLE CROUE. =«\nLESAMEOI ot 2- aS -=\nOÉCEKBRE A /AAi ====="}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.138", "texte": "XXI\n\nK\n111\n¥a\nJL\nQ\nmza\nm\n■à» »\nsa\na. •\n«vi?\n-ê\nm\n■ - '\nm\n\"\"'i\n3:\n■r &.:\nI\nP;\n?\nm:\nHi\nM\n-• • *\ns»;\nW?\n'- ,1\n■\nM\ncr\n■ H\nK ,:JV4\no\n11\n*\n:\n- ' '•• •'• --.y:\n»\n;. I\n*# ;\n,-•>\n. V\n•j>.( .;r.\n<ri\nM\nMA\n:f'ë\nm\n■\n' ' v\n- '• ':\n■S >v.\n3»\n».;5\nH\n«Mè\n******\nP%§§3Ê\n\" v*\n!P>:\nÎÏ*\n«g\nm\n<> ■■\n■*/<i\n*\nr-\n«*\n•**<&\n4-\n*h\n■ Ps*' ■\n■M\n&\nm £ des a! làeUartsl\nLe livret Guide Horaire ELU\n«\nde ces v/*tiarf#«\nM\n•** \"W *»► W w y tç*. v w«yF •\n' ' '\ni ' ?V' * v** -• • - • ?: .-♦•\nWi....-» -< • - ■..■*+. ..... ZZi :... . Lu-w.».. & .;; ...\n..r=*\n:-ëf"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.139", "texte": "XXII\n\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTIONS ET GROUPES\n\nALLEMAGNE.\nSection de l'Allemagne du Nord.\nPrésident: Dr. H. Kretzschmar, professeur d'Université.\nSecrétaire: Dr. M. Friedlander,\nMembres du comité: Dr. M. Seiffert,\nPr. Cari Stumpf,\nChevalier R. de Liliencron, conseiller d'état.\nGroupe de Berlin.\nPrésident: Dr. J. Wolf, professeur de l'Université.\n.Vice-Président: Dr. Cari Stumpf. \"\nSecrétaires: Dr. Hermann Springer, de la Bibl. Royale.\nDr. Frédéric Zelle.\nArchiviste: Max Schneider, de la Bibliothèque Royale.\nSection de l'Allemagne du Sud-Ouest.\nPrésident: Dr. Bauer, à Frankfort.\nPf. Kayser, Conservateur à la Bibl. de la Ville de Cologne.\nDr. Friedrich Ludvvig, Privat-docent à PUniv. de Strasbourg.\nGroupe de Francfort.\nPrésident: Théodore Gérold.\nSecrétaire: Albert Dessof.\nTrésorier: Maurice Sondheim.\nSection de Bade.\nPrésident: Dr. Ph. Wolfrum, prof, à l'Univ. de Heidelberg.\nSection de Bavière.\nPrésident : Dr. Adolphe Sandberger, pr. à l'Univ. de Munich.\nSecrétaire: Professeur, Théodore Krover à Munich.\nJ\nSection de Saxe et Thuringe.\nPrésident: Dr. H. Riemann, prof, à l'Université de Leipzig.\nSecrétaire: Pr. Arthur Prufer\nMembres du comité: Pr. A. R. Buchmayer à Dresde.\nDr. Obrist, conservateur du musée Liszt à Weimar.\nPr. H. Abert à Halle.\nGroupe de Dresde.\nPrésident: Le Conseiller Ermisch; direct, delà Bibliothèque\nRoyale de Saxe.\nSecrétaire: Dr. Rudolf Wustmann.\nTrésorier: Richard Bertling, Editeur.\nMembres du comité: Otto Richter, directeur de la musique\nroyale et maître de chapelle de la Kreutzkirche.\nJ. Kotzschke, maître de chapelle.\nGroupe de Leipzig.\nPrésident: Dr. Arthur Prufer, professeur à l'Université.\nVice-Président: Dr. Arnold Schering.\nSecrétaire: Cari Ettler.\nTrésorier: R. Linnemann, éditeur de musique.\nAMERIQUE.\nPrésident: Pr. A. Stanley à Ann Arbor. (Michigan.)\nVice-Président: Dr. Damrosch à New York.\nTrésorier: Pr. Waldo S. Pratt à Hartford. (Connecticut).\nSecrétaire: Dr. Sonriek à Washington.\nANGLETERRE.\nPrésident : Sir Alexander Mackenzie, directeur de l'Académie\nRoyale de Musique à Londres.\nVice-Président: Dr. W. H. Cummings à Sydcote.\nTrésorier: Breitkopf et Haertel à Londres.\nMembres du comité: Sir Hubert Parry, Sir Fr. Bridge, Sir\nCh. Stanford. MM. Bantock, Dent, Edgar, Hadow,\nMaclean, Maitland, Mrs Naught. MM. Myerscough,\nNiecks, Prout et Barclay Squire.\n\nGroupe de Dublin.\nPrésident: S. Myerscough.\nSecrétaire: Révérend H. Bewerunge.\nGroupe d'Edinbourg.\nPrésident: Prof. Frédéric Niecks.\nSecrétaire: Mrs. Kennedy Fraser.\nGroupe de Londres.\nPrésident: Dr. W. Fi. Cummings.\nSecrétaire: T. Percy Baker.\nAUTRICHE.\nPrésident: Dr. Guido Adler, prof, à l'Université de Vienne.\nVice-Président: Dr. Erwin Luntz à Vienne.\nSecrétaire: Dr. Robert Haas à Vienne.\nTrésorier: Dr. A. Koczirz à Vienne.\nBELGIQUE.\nPrésident : Edgar Tinel, direct, du conservatoire de Bruxelles.\nVice-Président : L. Béon, directeur de la maison Erard à\nBruxelles.\nSecrétaire: Closson conservateur du Musée du Conservatoire\nde Bruxelles.\nTrésorier: Hans Taubert, éditeur de musique.\nDANEMARK.\nPrésident: Pr. A. Hammerich.\nSecrétaire: Dr. W. Behrend.\nTrésorier: S. Lévysohn.\nESPAGNE.\nDr. Felipe Pedrell, Barcelone.\nFRANCE. Section de Paris.\nPrésident: Ch. Malherbe, Bibliothécaire de l'Opéra.\nVice-Président: |. Ecorcheville, Dr. ès-lettres.\nSecrétaire: |. G. Prod'hmme.\nTrésorier: L. Laloy, Dr. ès-lettres.\nBibliothécaire: L. de La Laurencie.\nMembres du comité: Pierre Aubry.\nA. Boschot.\nINDES.\nDr. A. M. Pathan, Musicien de S. A.le Maharajah de Baroda.\nITALIE.\nLa section italienne est formée par: Y Association dei Masico-\nlogi Italiani.\nPrésident: Prof. Gasperini à Parme.\nPOLOGNE.\nPrésident: Fi. von Opiensky à Varsovie.\nSecrétaire-Trésorier: A. de Guzewsky à Varsovie.\nArchiviste: M. Sursynsky à Varsovie.\nSUEDE.\nPi •ésident: C. Claudius à Malmoe.\nSecrétaire: Tobias Norlind à Tomelilla. '\nTrésorier: Preben Nodermann à Malmoe.\nSUISSE. Section de Baie.\nPrésident: H. Suter, Baie.\nVice-Président: A. Hamm.\nSecrétaire: Cari Nef.\nTrésorier: Max Boller.\nMembres du Comité: Dr. Bernoulli.\nPr. A. Berthollet."}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.140", "texte": "XXIII\n\nANNONCES\nDE\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nUne fois\n55\n55\n55\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nhuitième de page\nun\n60 francs\n35 francs\n20 francs\n1 5 francs\nSix\nmois\n55\n5 5\n55\nUn\nan.\n55\n55\n55\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nun huitième de page\nUne page\nune demi page\nun quart de page .\nun huitième de page\n1 50 francs\n100 francs\n75 francs\n40 francs\n300 francs\n150 francs\n90 francs\n50 francs\nPetites annonces :la ligne de 30 lettres 5 francs\nla ligne de 50 lettres 10 francs"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.141", "texte": "XXIV\n\nDépositaires du S. I. M. à Paris\nAFFOLTER, 50, rue de Laborclc.\nARNAUD, 26, Avenue de l'Opéra;\nBADUEL, 52, rue des Ecoles.\nBLANCHARD 4, Boulevard St. André.\nBOULIN IER, 19, Boulevard St. Michel.\nBRIQUET, 34, Boulevard Haussmann.\nBRISSET, 15, Boulevard Malesherbes.\nCOMMAILLO, 1, rue Auber.\nCOUARD, 17, Boulevard delà Madeleine.\nDENOIX, 67, rue Caumartin.\nDEMETS, 2, rue de Louvois.\nDURAND, 4, Place de la Madeleine.\nESCHIG MAX, 13, rue Laftîtte.\nFEUILLATRE, 8, Boulevard de Denain.\nFISCHBACHER, 33, rue de Seine.\nFLAMMARION, Odéon\n14, rue Auber.\n3, Boulevard St. Martin.\n- 10, Boulevard des Italiens.\n3Ôbîs, Avenue de l'Opéra.\nFLOURY, 1, Boulevard des Capucines.\nGAMBIER, 7, rue Danton.\nGATEAU, 8, rue de Castiglione.\nGAVE AU, 45, rue de La Boëtie.\nGRUSS & Cie, 116, Boulevard Haussmann.\nHEYMANN, 1, rue Laffitte.\nHIBRUIT, 135, Boulevard St. Michel.\nLAROUSSE, 58, rue des Ecoles.\nLEMERCIER, 1, Galerie Véro-Dodat\n5, Place Victor Hugo.\nLEMERRE, 23, Passage Choiseul.\nLE SOUDIER, 174, Boulevard St. Germain.\nLIBRAIRIE DES ANNALES, 9, rue Bona-\nparte.\nMARTIN, 3, Faubourg St. Honoré.\nMATHOT A.-Z., 11, rue Bergère.\nMÉA, ibis, rue du Havre.\nMELET, 45, Galerie Vivienne.\nORPHEE A., 114, Boulevard St. Germain,\nPAUL E., 100, Faubourg St. Honoré.\nPERRET, 14, rue Chauveau Lagarde.\nPICARD, 126, rue du Faubourg St. Honoré.\nRP\"Y, 8, Boulevard des Italiens.\nROUDANEZ, 9, rue de Médicis.\nROUART, 18, Boulevard de Strasbourg.\nSAUVAITRE, 72, Boulevard Haussmann.\nSEVIN, 45, rue Boissy d'Anglas.\nSEVIN ET SARRAT, 25, rue de La Boëtie,\nSTOCK, 155, rue St. Honoré.\nTARIDE, 18, Boulevard St. Denis.\nTIMOTEI, 14, rue de Castiglione.\nWEIL, 60, rue Caumartin."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19091215-01.1.142", "texte": "Administration de Concert A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam.\n\nSalle des Agriculteurs de\nFrance, 8, rue d'Athènes\nCONCERTS ITALIEN\npar la LIBERA ESTETICA de Florence\n:tion artistique de son fondateur PAOLO LITT^i\navec le concours de Madame\nTROISIÈME CONCERT\nMardi 14 Décembre, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse CORELLI\nAmarilli CASSINI\nNon posso L. DE LUCCA\nPiangete . . CARISSIMI\nSonate pour violon et basse MASCITI\nChe fiero costume .... LEGRENZI\nLungi, lungi . . . . . . FASOLO\nSonate pour violon et basse TARTINI\nï\nISORI\nCantatrice\nFlorentine\nET DE\nE. WITTWER\nVioloniste\nQUATRIÈME CONCERT\nMardi 21 Décembre, â 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse BARBELLA\nCangia ' . . . FASOLO\nUn certo . .. VIVALDI\nVergin, tutta amor.... DURANTE\nSonate pour violon et basse DELL'ABACO\nSento nell'core . . .. . A. SCARLATTI\nUn notte PICCINNI\nSonate pour violon et basse PORPORA\nNous appelons spécialement l'attention sur la personalitê artistique\nitalienne de cette éminente cantatrice lui a Valu les éloges des\nde MADAME ISORI. La belle mêthodi\npremiers compositeurs de l'époque.\nCINQUIÈME CONCERT\nMardi 1 1 Janvier, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse Mossi\nCaro lascio . GASPARINI\nIl mio bel foco ..... MARCELLO\nCassate. A. SCARLATTI\nSonate pour violon et basse TARTINI\nSe tu SCARLATTI\nSe il ciel . PICCINNI\nSonate pour violon et basse NARDINI\nPIANOS STEINWAY\nles meilleurs du monde.\n> ï 1\ny i\nMOULLE, 1, rue Blanche» PARIS."}]}