{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_sha256": "3216e0c997d5afb9385e5d2e22ae87c4c70c814930316f2e751d57a01cfcfbb1", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/02/15_01/bmtnabh_1910-02-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/02/15_01/bmtnabh_1910-02-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.1", "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nPour sauoer la Salle de Concert du Conservatoire. Lettres de Bourgault- Hahn,\nPhilipp, T)uk.as, Paladilhe, Hue,popartz, Guilmant 'JfCarcel, d'indy,\nLES ORIGINES DU STYLE CLASSIQUE, par Romain Rolland. # SOUVENIRS INÉDITS DE\nFERDINAND HÉROLD, par F.H. # LES MUSIC-HALL, par Clarisse. LE MOIS A PARIS par\nGaston Carraud. * UN INTERVIEW DE LORENZO PEROSI. LETTRES D'ORIENT. * LES\nLIVRES. £ ILLUSTRATIONS: Deux Silhouettes de Briickner. Don Perosi, croquis de Bella. MUSIQUE -\nChanson de MAETERLINCK, musique de GABRIEL FABRE. # LACTUALITÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.3", "titre_corps": "LA SALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "LA SALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "LA SALLE DES CONCERTS\nDU CONSERVATOIRE\nDepuis que le transfert du Conservatoire est chose décidée, depuis que les\ntravaux d \"aménagement, rue de Madrid,\nle vieil Hôtel des Menus Plaisirs, les\nquel sera le sort de l'excellente salle,\nhommage a la musique. Allait-elle disparaîtr\nque personne protestât ? L'Etat 1\" abandonn\nconcéderait-il P. T. T., en quête d'un Hôtel des Téléphones ?\nCes inquiétudes ont pris corps, et ont été très heureusement formulées par\nnotre confrère Raymond Bouyer dans u\nle monde a remarqué la précision et le bon sens. \" Pour une fois que nous pos-\nsédons une vraie salle de concert, écrit Raymond Bouyer, on nous promet de la\ndétruire a brève échéance... Une République\naurait tout fait, même l'impossible, afin\nraisons :\" raison sentimentale et raison tecLa\nle seul monument profane dont puisse\nParis. La salle du Conservatoire possède\nMais, nous ne sommes pas en répub\nmusique trouvent dans notre ministère des Finances certaines oppositions dont rien\nne peut éluder la logique budgétaire. Paris\nville au monde a ne pas posséder un Conse\nce but, Paris et la France, n'ont guère\nune salle de concert, lorsque celle-ci représe\nTout est la.\nA moins que l'opinion publique ne s'émeuve et ne fasse connaître sa\nvolonté. Le respect des souvenirs artistiques et des intérêts historiques, le sens de"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.4", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "la préservation des belles choses, sont encore assez puissants chez, nous pour\ndétourner l audace des combinaisons purement administratives. ITincident de\nV Hôtel Biron en est une preuve récente.\nLe sanctuaire menacé peut être sauvé par Peffort commun de tous ; si cet\neffort est bien dirigé.\nOr voici que la Société Internationale de musique vient de déléguer son\nprésident Charles Malherbe et un membre de son bureau, Adolphe Boschot, auprès\nde M. le Sous-Secretaire d Etat aux Beaux-Arts pour demander le classement\nde la salle du Conservatoire au nombre des monuments historiques. D'autre part,\nplusieurs de nos amis, et notamment\nnovembre attiré /'attention de notre comité sur ce délicat problème, et demandé\na notre président de s'en occuper.\nLe moment semble donc venu d'agir résolûment, et nous ccnsidérons comme\nnotre devoir d'en appeler a tout ce que Paris et la France compte de véritables\namis de l'art musical, afin de créer ce mouvement d'opinion irrésistible devant\nlequel les bureaux s'inclineront.\nDes maures eminents nous ont envoyé le précieux témoignage de leur\nopinion, et des maintenant voici des lettres qui nous permettent de prendre\nposition dans ce débat.\nLe Cairey 28 janvier 1910.\nCher Monsieur,\nIl va sans dire que je suis de tout cœur avec vous dans cette question de la salle du\nConservatoire dans laquelle on a entendu à ire fois,\nBeethoven. De plus, son ornementation en f\npour lui-même. Je ne parle pas de la sonorité\nexigences de V orchestre moderne ; mais elle\nmusique de chambre ou de petit orchestre.\nTout à vous. C. SAINT-SAËNS.\nMonsieur,\nIl ya à féliciter grandement tous ceux qui\nConserver INTACTE la salle des Concerts\net le salon qui précédé la loge des jurys.\nTout appartient à l'histoire, dans ce souven\nTrès à vous.\nJ. MASSENET."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.5", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "Cher Monsieur,\nJe suis entièrement de votre avis ; il\ntruction de la Salle de Concert du Conservatoire.\nCette Salle a servi de berceau a la musique symphonique en France.\nPuis elle possédé des qualités acoustiques\ncontre dans une nouvelle salle.\nJe suis donc de tout cœur avec les Amis de la Musique ; c est a dire avec vous...\nBOURGAULT DUCOUDRAY.\nCher Monsieur,\nJe souscris sans réserve au projet qui a\nvatoire, et je suis disposé h m employer dans la mesure de mes moyens pour le faire\ntriompher... . REYNALDO HAHN.\nMonsieur,\nJe suis de tout cœur avec vous, Monsieur.\ncette admirable salle... I. PHILIPP.\nCher Monsieur,\nCroyez, que je m'associe moralement, très volontiers, à vos efforts pour obtenir que la\nsalle des Concerts au Conservatoire soit classée\nsoit, de ce fait, conservée... PAUL DUKAS.\nMonsieur,\nSauver de la destruction la salle des Concerts du Conservatoire est œuvre pie. Je\nsouhaite bien ardemment que votre généreuse initiative puisse la mener à bonne fin...\nPALADILHE.\nMonsieur,\nIl faut absolument conserver la Salle du\nce sujet accord complet entre tous les musiciens.\nje m'associe de tout cœur à la campagne Société Internationale et\nAmis de la Musique... GEORGES HÎIE,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.6", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1733, "texte": "Monsieur,\nIl serait certainement très regrettable que la Salle du Conservatoire disparut : tant de\nsouvenirs glorieux pour la musique française y\nconservé et je ne saurais trop approuver la Société Internationale de Musique et la\nSociété des Amis de la Musique de leur heureuse initiative.\nGUY ROPARTZ.\nCher Monsieur,\nJe suis heureux de m associer a la demande\nde classer la salle des Concerts du Conservatoire\ntout a fait malheureux de voir disparaître cette Salle merveilleuse, comme acoustique, et\nqu on ne pourra pas remplacer.\nD'illustres souvenirs s'v rattachent et sont précieux pour Fart musical en France. Par\nson emplacement, il me semble aisé de la sép\ntemple de la musique et de Vart pur. Jamais\nPour ma part, f approuve ae toutes mes\ndes vœux sincères pour sa réussite auprès du Ministère des Beaux-Arts, si dévoué aux\nidées vraiment artistiques...\nA.. GUILMANT.\nCher Monsieur,\nCertes, la Salle du Conservatoire doit être conservée et classée parmi les monuments\nhistoriques. On peut dire d'' elle qu'elle est\nsymphonique en France. Là, en effet, se sont produits pour la première fois les plus grands\net immortels chefs-d' œuvre de notre art. Là s\nqui nous ont précédé, lequel a si puissamment\nréconfortant auquel nous assistons aujourd'hui.\nCes motifs ne suffiraient-ils pas pour\nmonuments historiques ? Mais elle a un autre\ncontesté par personne : c est sa merveilleuse aco\nne réunit au même degré les qualités nécessaires\nOn a dit quelquefois de la célèbre Société\net devait être le \" Louvre de la Musique Nos chefs-d' œuvres doivent rester dans ce\ncadre unique, si bien fait pour eux. Là\nacquièrent toute leur valeur. Les en arracher\nfatal a l'art musical. Le Ministère ne le voudra pas !"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "Ce berceau de la musique, ce modèle cT aco\nprécieux, autant par un sentiment de reconnaissance que par intérêt bien entendu de\nPart, .. TH. DUBOIS.\nM. Henry Marcel, Administrateur générai, de la Bibliothèque Nationale avoue\nquelques craintes, bien légitimes chez qui connaît\nQuant h la manifestation que vous désirez, faire en vue de la conservation par\nclassement de la salle du Conservatoire, j'y ad\nles doutes du monde sur son efficacité Par quels moyens, dans de telles conditions, con-\nserver la petite salle de Concerts, partie intégrant\ntout le gros œuvre qui s appuie a ces bâtiments\net des issues C est évidemment à des\ndémarche que vous voulez, effectuer\nH. MARCEL.\n/ ✓\nC'est là envisager le coté financier de ce\nque F Etat, dans le besoin actuel de nos finances\ndésintéressement. Ajoutons toutefois qu avant\nprononcé, nous avons reçu de plusieurs abonnés des Concerts, des offres, qui se montent à\nplusieurs milliers de francs déjà.\nM. Debussy est assez pessimiste :\nCher Monsieur,\nIl me parait difficile de garder, toute\nsans retenir aussi le Musée et la Bibliothèque, ces trois monuments formant un tout,\nd\"ailleurs sans harmonie, mais tout de même inséparable sans gâchis.\nAu surplus, la salle en question a été très bonne : elle ne Vest plus. Les richesses de\nVorchestration moderne y prennent un aspect \"bal public\" bien désastreux. Je ne\nprendrai pas parti dans la question de juger qui a raison dans ce débat l Elle est incom-\nmode à plaisir ; et le souvenir des vieux maîtres\nagrément.\nOn peut la garder comme curiosité, je vous le concède. Toutefois, sil y a un effort à\nfaire, je le verrais plus volontiers dirigé ver\nbesoins de la musique moderne.\nVoilà mon opinion, dont la sincérité pourra peut-être excuser F irrespect...\nCLAUDE DEBUSSY."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.8", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "En effet, et T auteur de Pelléas a raison,\nexécution moderne et celle de la salle du Conservatoire. Ce qui importe c'est de préserver\nun monument appartenant a l'histoire, et de\nmerveilleusement approprié, c est a dire aux\nque cet effort de préservation ne fera aucun tort h tous les projets d'avenir qui permet-\ntraient de doter Paris d'une grande salle de concert, salle capable de donner le recul\nnécessaire aux quelques centaines d'exécutants\ndemain.\nM. D 'Indy précise très heureusement le caractère et la destination de la salle du\nConservatoire :\nCher Monsieur,\nIl serait évidemment très intéressant, archéologiquement, de conserver la Salle du\nConservatoire.\nElle pourrait être consacrée a la présentation\ncar, si sa sonorité est excellente pour Bach, Hay 182\nelle est absolument insuffisante pour toute la m 9e\nRé comprises ; pour Berlioz,W agner, les Fr\ncomme Strauss et Mahler. Quand on y exécut\nmodifier et d'en dénaturer la sonorité.\nJe crois donc que cette Salle pourrait être \"\nservatoire \" qui n'aurait plus de raison d'être \" Salle de\nMusique ancienne \" ou quelque chose d'approcha\nVINCENT D'INDY.\nChez M. Messager, que nous sommes voir,\ncomme artiste et comme chef d'orchestre de\nmêmes opinions \"La salle ne convient plus h\nlouer. Sans parler de V avenir et des symphonies\nprépare, qui réclameront mille exécutants, on peut dire que toute la musique à partir de la\nNeuvième de Beethoven est a Vétroit dans la\nune société de musique rétrospective ; tous les\nla musique la plus nouvelle. Nous n' avons\nclassiques et d'étouffer dans une salle\nparfaite pour une musique d'un certain ge\nmusiciens, ainsi que la dirigea Beethoven en 1808\nPalais Lobkowitz il y a deux ans... Mais aujourd'hui on veut de grandes masses, de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.9", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "grandes sonorités, de grand s p.lans et de grandes lignes\net du public qui rend la Salle du Conservatoire insuffisante... \"\nLa thèse de M. Messager vient tout à fait à l'appui de la nôtre. Elle prouve qu'il\nexiste à Paris, pour la symphonie classique un\ndu même coup la tradition d'un art, que nos grandes salles et nos grands orchestres ont si\nsensiblement modifiée quil ne nen restera bien\nde Fart, la foi dans le modernisme peuvent fo\nlaissons pas disparaître un chaînon de cette histoire de la musique et surtout songons quil\ns agit ici de la symphonie classique, de Vâge héroïque de notre musique Européenne. Paris\na la gloire de posséder un temple, ouGossec,\nvénérés comme ils doivent et comme ils ont vou\nvieux Maîtres s y trouvent h Vaise. N'est pas assez ?Et ne devons-nous pas a ces créateurs\nde la musique quelques métrés de terrain guettés par la spéculation.\nQue tous nos amis, tous nos lecteurs, tous\nles abonnés du Conservatoire nous fassent parvenir\nà la nôtre. Parmi tous les sauvetages, dont Paris\ncelui-ci serait peut-être le plus efficace, et le p\nrent, les inondations s oublient. Les catastrop\nV humanité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.4", "titre_corps": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des Amis de la Musique.", "titre_sommaire": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des Amis de la Musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.10", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "Avantages réservés aux membres de la Société Française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages permanents que nous avons obt\nporter a la connaissance de tous nos membre\ni° La revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de Paris de la Société\ninternationale de Musique) est envoyée régulièrement a titre gratuit a tous les Amis.\n2° Sur la présentation de leur carte y les Amis bénéficieront d'une réduction de 10 °/0 sui\nles ouvrages absolument nets.\nChez MM. Bouwens van der Boijen et Cie, 6, Square de l'Opéra.\nChez M. Demets, i, rue de Louvois ;\nChez M. Max Eschig, 3, rue Laffitte ;\nChez M. Marcel Jumade, 69, rue Condorcet ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\nChez MM. Rouart, Lerolle et 0* , boulevard de Strasbourg,\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, 10 °/n sur les volumes de la collection\ndes Maîtres de la Musique.\nChez M. Delaplane, 48, rue Monsieur le Prince, 10 °/0\nde M. Landormy.\nChez M. Fischbacher et Cie, 33, rue de Seine, 10 °/0 sur les ouvrages de leur librairie.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 °/0 sur les volumes de la collection des\nMusiciens célèbres.\nLa liste de tous les Amis de la Musique\nprovince n auront au à adresser directement leurs commandes à ces Maisons, qui se feront un plaisir de\nleur envoyer dès maintenant le Catalogue d'ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 50 °/0 sur les\ndroits d'inscription à toutes les sections.\n30 Nos amisy de Paris et de province, peuvent s'adresser à la Société four tous\nrenseignements y avis et indications dont ils auraient besoin, et que nous nous ferons toujours\nun plaisir de leur communiquer gratuitement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.5", "titre_corps": "LES ORIGINES DU “STYLE CLASSIQUE”", "titre_sommaire": "LES ORIGINES DU “STYLE CLASSIQUE”", "signature_source": "Romain Rolland", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "LES ORIGINES DU “STYLE CLASSIQUE”\nDANS LA MUSIQUE ALLEMANDE DU XVIIIe SIÈCLE\n\n1\nQuiconque aime la musique et la connaît un peu, sent nettement\nles différences qui séparent le grand style préclassique de J.S. Bach et de\nHaendel, du style dit \" classique\" de la fin du XVIII8 siècle, l'un, avec\nson ample rhétorique, rigoureusement déduite, sa savante écriture\npolyphonique, son esprit objectif et général, l'autre, clair, spontané,\nmélodique, reflétant les nuances changeantes d'aines individuelles qui se\nmettent tout entières dans leurs œuvres, et qui bientôt en arriveront aux\nConfessions à la Rousseau, de Beethoven et des romantiques. Il semble\nqu'entre ces deux styles il se soit écoulé plus d'un âge d'homme.\nOr, qu'on remarque les dates : J. S. Bach meurt en 175°' Haendel\nen 1759. En 1759, meurt C. H. Graun. En 1759* Haydn donne sa\npremière symphonie. UOrfeo de Gluck est de 1762 ; les premières\nsonates de Phil. Em. Bach, de 1742. Le génial protagoniste de la\nSymphonie nouvelle, Johann Stamitz, est même mort avant Haendel,\nen 1757. Ainsi, les chefs des deux grands courants artistiques vivaient\nensemble, côte à côte. Le style de Keiser, de Telemann, de Hasse, des\nsymphonistes de Mannheim, qui est la source du style des classiques\nViennois, est contemporain des œuvres de J. S. Bach et de Haendel.\nBien plus, il avait, de leur vivant, la primauté sur eux. Dès 1737 (l'année\nqui suit La Fête d\" Alexandre de Haendel, et qui précède Saiil et toute la\n4\n\n1 Leçon d'ouverture du cours d'histoire de la musique, professé à la Faculté des Lettres de Paris,\nen 1909-191o.\n2"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "suite des magnifiques oratorios), Frédéric II de Prusse, alors Kronprinz,\nécrivait au prince d'Orange :\n\" Les beaux jours de Hàndel sont\nhors de mode.\"\nEt Frédéric II opposait à cet art \" \" celui de \"\npositeur \", comme il nomme C. H. Graun.\nEn 1722-3, quand J. S. Bach se présentait pour la succession de\nKuhnau au Kantorat de St Thomas à Leipzig, on lui préférait de beau-\ncoup Telemann ; et ce ne fut que parce que Telemann, après coup, ne\nvoulut pas de la place, qu'elle tut donnée à J. S. Bach. Le même Tele-\nmann, dès le début de sa carrière, en 1704, encore à peine connu, tenait\nen échec le glorieux Kuhnau : tant était déjà fort le courant de la mode\nnouvelle. Ce courant ne fit que s'affirmer avec les années. Un poème de\nZacharià, qui reflète assez exactement l'opinion des cercles les plus culti-\nvés de l'Allemagne de son temps, Le Temple de l'Eternité, écrit en 1754,\nmet sur la même ligne Haendel, Hasse et Graun, célèbre Telemann dans\ndes termes où l'on parlerait aujourd'hui de j. S. Bach, ! et, quand il arrive\nà J. S. Bach et à \" ses Jils mélodieux\", il ne trouve plus à glorifier en eux\nque les virtuoses, rois de l'orgue et du clavier. Ce jugement est encore\ncelui de l'historien Burney, en 1772. Et certes, il est bien fait pour\nnous surprendre aujourd'hui. Mais nous devons nous garder des indigna-\ntions faciles. Il n'y a pas grand mérite, du haut des deux siècles qui nous\nséparent, à laisser tomber un mépris écrasant sur les contemporains de\nJ. S. Bach et de Haendel, qui les ont mal jugés. Il est plus instructif de\ntâcher de les comprendre.\nEt d'abord observons l'attitude de J. S. Bach et de Haendel eux-\nmêmes vis-à-vis de leur temps. Ni l'un ni l'autre n'affecte de ces poses\nfatales de génie incompris, où se complaisent nos grands ou nos petits\ngrands hommes d'aujourd'hui. Ils ne s'indignent point. Et même, ils sont\nen fort bons termes avec leurs rivaux plus heureux. J. S. Bach et Hasse\nétaient excellents amis, pleins d'estime l'un pour l'autre. Telemann avait\nnoué, dès l'enfance, une amitié cordiale avec Haendel ; et il était en si\nbons termes avec J.S. Bach, qu'il fut parrain de son fils Philippe Emanuel.\nJ.S. Bach confia l'éducation musicale de son fils préféré, Wilhelm Frie-\n\n1 \"... Mais qui est ce vieillard, qui de sa plume légère, plein d'une ardeur sacrée, enchante le Temple\nEternel ? Ecouter ! Comme bruissent les vagues de la mer ! Comme les montagnes poussent des cris dyallégresse\net des hymnes au Seigneur ! Comme un harmonieux Amen remplit d'un saint effroi Vâme pieuse ! Comme tremblent\nles temples du fracas religieux de VAlleluya ! Telemann, c est toi, toi, le pire de la sainte musique... \""}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.13", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "demann, à J. Gottlieb Graun. Donc, rien d'un esprit de parti. Des\ndeux côtés, des hommes supérieurs qui s'estiment et qui s'aiment.\nEssayons d'apporter à leur étude le même généreux esprit d'équité,\nde compréhension et de sympathie. J. S. Bach et Haendel n'y perdront\nrien de leur grandeur colossale. Mais nous aurons la surprise de trouver\nautour d'eux une quantité de belles œuvres, de beaux artistes pleins d'in-\ntelligence et de génie ; et il ne nous sera pas impossible de comprendre les\nraisons des préférences des contemporains. En dehors de la valeur indivi-\nduelle de ces artistes qui est souvent très grande, c'est leur esprit qui a\nmené aux chefs-d'œuvre classiques de la fin du XVIIF siècle. J. S. Bach\net Haendel sont comme deux montagnes qui ferment une époque ; mais\nTelemann, Hasse, Jommelli, et les gens de Mannheim sont les rivières\nqui se sont frayé un chemin vers l'avenir. Comme ces rivières se sont\njetées ensuite dans de plus grands fleuves, Mozart, Beethoven, qui\nles ont absorbées, nous les avons oubliées, tandis que nous voyons toujours\nau loin les grandes montagnes. Mais il faut être reconnaissants envers ces\nnovateurs. La vie était avec eux ; et ils nous l'ont transmise.\nOn connaît la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes, lancée\nen France, vers la fin du XVIIe siècle, par Charles Perrault et Fontenelle,\nqui opposaient à l'imitation de l'antiquité l'idée cartésienne du progrès,\net reprise, une vingtaine d'années plus tard, par Houdar de la Motte,\nau nom de la raison et du goût modernes.\nCette querelle dépassait la personnalité de ceux qui la lancèrent. Elle\nrépondait à un mouvement universel dans la pensée européenne ; et l'on\ntrouve dans tous les grands pays de l'Occident et dans tous les arts des\nsymptômes analogues. Ils sont frappants dans la musique allemande. La\ngénération des Keiser, des Telemann, des Mattheson, dès l'enfance,\néprouve une aversion instinctive pour ceux qui représentent l'antiquité\nen musique, pour les contrapontistes, les canonistes. A l'origine de tout\nle mouvement, est Keiser, dont l'influence artistique fut protonde et\ns'exerça d'une façon décisive sur Hasse, Graun, Mattheson,1 (aussi bien\n\n1 Graun se nourrit à Dresde, des partitions de Keiser. Hasse professait encore, en 1772, son admiration\nsans bornes pour ce musicien, \"un des plus grands, disait-il, que le monde ait jamais possédés, \" quant à\nMattheson, il fut, en beaucoup de choses, le porte-paroles et le champion de Keiser."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2282, "texte": "que, d'ailleurs, sur Hasndel lui-même). Mais le premier qui manifesta\nces sentiments d'une façon nette, insistante et répétée, fut Telemann.\nDès 1704, il se représente, en face du vieux musicologue Printz,\ncomme Démocrite en face d'Héraclite.\n\" Il pleurait amèrement sur les extravagances des mélodistes d'aujourd hui.\nEt moi, je riais des ouvrages non mélodiques des vieux. \"\nEn 1718, il cite pour son compte ces vers français : 1\n\" Ne lesélève pas (les anciens)\nAu rang ou dans ce temps les\nC'est une déclaration bien franche, pour les modernes, contre les\nanciens. Qu'est-ce donc que les modernes, pour lui ? Les modernes, ce\nsont les mélodistes.\n\" Singen is das Fundament zur Music in allen Dingen.\nWer die Composition ergreifft, mus s in seinen Sâtzen singen.\n(\" Le chant est le fondement de la musique tout entière. Qui compose doit\nchanter dans tout ce qu'il écrit.\" J\nEt Telemann ajoute qu'un jeune artiste doit se mettre à l'école des\nmélodistes italiens et jeunes-allemands, et non à celle \"\ntrepointent a tire larigo, mais qui sont\nvingt voix obligées, ou Diogene lui-même\ngoutte de mélodie.\"\nLe plus grand théoricien musical de l'époque, Mattheson, ne parlait\npas autrement. Dans sa Critica Musicade 1722, il se vantait\nsans vanité 1 le premier a insister énergiquement et expressément sur l 'importance\nde la mélodie \"... Avant lui, dit-il, il n'y avait pas un auteur musical,\n\" qui ne sautât par-dessus cette première, plus excellente, et plus belle partie de\nla musique, comme un coq par-dessus des charbons chauds. \"\nS'il ne fut pas le premier, comme il le prétendait, il fit du moins le\nplus de bruit. En 1723, il engagea une lutte violente en l'honneur de la\nmélodie contre les Kontrapunktisten,que représentait un organiste de\nWolfenbûttel, Bokemeyer, savant et combatif comme lui. Mattheson ne\nvoyait dans le canon et le contrepoint qu'un exercice intellectuel, sans\nprise sur le cœur. Pour amener son adversaire à résipiscence, il prit pour\narbitres Keiser, Heinichen, et Telemann, qui se prononcèrent pour lui.\nBokemeyer se déclara vaincu, et remercia Mattheson de l'avoir converti\n\n1 II en avait beaucoup, au contraire, suivant son habitude : car on a vu, par les citations même\nde Telemann et par l'exemple de Keiser, qu'il avait des devanciers."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.15", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2938, "texte": "àla mélodie, \" comme a Punique et vraie source de la musique pure, \" als\nder einzigen und wahren Quelle echt mus \"J 1\nTelemann disait :\n\" Wer auf Instrumenten spielt mus \"\njoue des instruments, doit être instruit du chant. \")\nEt Mattheson dit :\n\" Quelque morceau qu on écrive,\ncantabile.\nCette importance prédominante donnée à la mélodie au\nchant, faisait tomber les barrières entre les divers genres de musique, en\nleur donnant à tous pour modèle le genre où s'épanouissait dans toute sa\nperfection la mélodie vocale et l'art du chant : l'opéra italien. Les orato-\nrios de Telemann, de Hasse et de Graun, les messes de l'époque, sont en\nstyle d'opéra. 2 Dans son Mus ikalische de 1728, Mattheson rompt\ndes lances contre le style cotrapontique à l'église ; là comme ailleurs,\nil veut établir \" le style théâtral\", parce que ce style permet, selon lui,\nd'atteindre mieux que tout autre le but de la musique religieuse, qui est\nd'exciter les passions vertueuses. Tout est, ou doit être, pour lui,\nau sens le plus vaste du mot \" theat\", qui veut dire : imitation\nartistique de la nature. \" Tout ce qui\nmusique est théâtrale.. Le monde entier \" Ce style\nthéâtral pénétrera la musique entière, même dans ces provinces qui sem-\nblent le plus à l'abri, le lied, la musique instrumentale.\nMais ce changement de style ne marquerait pas un progrès vivant,\n\n1 Bokemeyer fut même si soumis qu'il écrivit un petit traité de la mélodie, et l'adressa à Mattheson,\nafin que celui-ci le corrigeât.\n2 Haendel et J. S. Bach eux-mêmes ne sont pas restés indemnes de la contagion de l'opéra. Sans\nparler des 40 opéras de Haendel, j'aurai occasion de montrer dans un prochain ouvrage, combien ses\noratarios, ses Psaumes, ses Te Deum ont d'éléments dramatiques. Quant à J. S. Bach, il est bien caractéristique\nqu'il ait pris pour librettiste de ses premières cantates Erdmann Neumeister, qui écrivait dans une\npréface qu'une cantate \"nest autre chose qu un morceau d*opéra\", et qui en fait introduisit en Allemagne\nla cantate religieuse en style d'opéra. En prenant parti pour ce genre de cantates dramatiques, avec récitatif\net airs, Bach choquait bien des gens. On sait que les piétistes de Mûhlhausen, où il était maître de chapelle en\n1708, le forcèrent à démissionner, parce qu'ils étaient indignés par ses cantates trop frivoles, par son style de\nconcert ou d'opéra à l'église. On a noté des souvenirs des opéras de Keiser dans ses plus célèbres cantates.\nEst-il besoin de rappeler aussi ses cantates profanes, les unes mythologiques, les autres réalistes et bouffes,\net le réemploi qu'il fit de fragments considérables de ces compositions dans ses œuvres religieuses ? Il\nne voyait donc pas toujours de limite bien tranchée entre le style profane et le style religieux. Mais\nJ. S. Bach et Haendel étaient protégés contre l'excès du style d'opéra pour leur génie choral et contrapontique,\nqui s'accordaient mal avec l'opéra d'alors."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "si l'opéra lui-même, qui était le modèle commun, n'avait été transformé,\nà la même époque, par l'introduction d'un élément nouveau qui allait se\ndévelopper avec une rapidité stupéfiante : l'élément symphonique. Ce qui\nest perdu, du côté de la polyphonie vocale, se retrouve du côté de la\nsymphonie instrumentale. La grande conquête de Telemann, de Hasse,\nde Graun, de Jommelli, à l'opéra c'est le les gran-\ndes scènes récitatives avec orchestre dramatique.1 C'est par là qu'ils seront\ndes révolutionnaires au théâtre de musique. Une fois l'orchestre introduit\ndans le drame, il sera maître de la place. En vain criera-t-on autour d'eux\nqu'ils ruinent le beau chant. Eux, qui le soutenaient contre l'ancien art\ncontrapontique, ne craignent pas de le sacrifier, au besoin, à l'orchestre,\njommelli, si respectueux de Métastase pour tout le reste, lui tiendra tête\nsur ce seul point, avec une obstination inébranlable.2 Il faut lire les\ndoléances des vieux musiciens :\n\" On n'entend plus la voix, l'orchestre est assourdissant. \"\nDès 1740, aux représentations d'opéras, on ne pouvait plus com-\nprendre les paroles des chanteurs, si l'on ne suivait sur le :\nl'accompagnement étouffait les voix. 3 Et l'orchestre dramatique continua\nde se développer, au cours du siècle. \"\ninstrumental, dira Gerber, est devenue \"\nL'orchestre déborde si bien le théâtre que, de très bonne heure, il\ns'affranchit et prétend être lui-même théâtre et drame. Dès 1738,\nScheibe, le plus intelligent des musicologues allemands avec Mattheson,\nécrivait des symphonies-ouvertures, qui exprimaient \" le\nà la façon des ouvertures de Beethoven pour ou pour 4\n\n1 Je ne veux point dire qu'ils en furent les inventeurs. L'Accompagnâto remonte aux premiers temps de\nl'opéra vénitien. Mais, à partir de Leonardo Vinci et de Hasse, (aux environs de 1725-30), ces grands\nmonologues dramatiques, récités avec orchestre, se développèrent d'une façon inattendue et magnifique.\n2 Non pas que Métastase fût ennemi du récitatinjo stromentale. Il était un trop parfait poète-musicien\npour ne pas en sentir l'effet dramatique. Dans une lettre à Hasse, du 20 octobre 1749, à propos de l'opéra\nAttilio Regolo, il note avec précision les endroits où les instruments doivent peindre l'état d'esprit du héros,\naccompagner ses réflexions, traduire ses hésitations intérieures, exprimer non seulement les paroles, mais\nl'âme qui, sous les paroles, sent parfois tout autrement qu'elle ne parle. En un mot, il reconnaît clairement\nle pouvoir qu'a l'orchestre de traduire la tragédie intérieure. Mais ce pouvoir même lui semblait inquiétant.\nLa tragédie intérieure menaçait de déborder sur l'action ; la poésie était en danger d'être noyée par la\nmusique ; et Métastase, qui avait au sens si fin de l'équilibre de tous les éléments théâtraux, \" la esatta\nproporxione dello stile drammatico proprio delVOpera \", comme dit Arteaga, devait tenir la main à ce que fût\nstrictement limitée dans chaque acte la part de recitatwo con stromenti%\n3 Voir Lorenz Mizler : Musical. Bibl. 1740, Leipzig, t. 11. p. 13, cité par W. Kleefeld : Das Orchester\nder deutschen Opéra, 1898. Voir aussi Mattheson : Die neueste Untersuchung der Singspiele, 1744, Hambourg\n4 Les ouvertures de Scheibe pour Polyeuctes ein Màrtyrer et pour Mithridates. Christ. Heinr. Schmid,\ndans sa Chronologie des deutschen Theaters, 1755, Leipzig, nomme cet essai, \" une grande chose mémorable\nde Vannée. \" Voir Cari Mennicke : Hasse und die Briider Graun als Symphoniker, 1906, Leipzig."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "Et je ne parle pas des descriptions en musique, qui foisonnaient dans\nl'art allemand vers 1720, comme on le voit par les railleries de Mattheson\ndans sa Critica Musica.Le mouvement venait de l'ltalie, où Vivaldi et\nLocatelli, sous l'influence de l'opéra, écrivaient des concertos à programme,\nqui se répandirent dans l'Europe entière. 1 Puis, ce fut la musique\nfrançaise, '•'■ subtile imitatrice de la nature\", 3 dont l'influence fut prépon-\ndérante sur le développement de la T(peinture en musique) dans\nl'art allemand.3 Mais ce que je tiens à noter, c'est que même les\nadversaires de la musique a programme, ceux qui comme Mattheson\nraillaient l'extravagance des descriptions de batailles, de tempêtes, des\ncalendriers musicaux, 4 des symbolismes puérils qui représentaient en\ncontrepoint le premier chapitre de St. Mathieu, l'arbre généalogique du\nSauveur, ou qui, pour exprimer les douze apôtres du Christ, écrivaient\ndouze parties, ceux-là même étaient des partisans les plus résolus du\ndroit de la musique instrumentale à pénétrer et à traduire la vie de l'âme.\n\" On peut très bien représenter alpec dit Mattheson,\nla grandeur d'âme, F amour, la jalousie\ninclinations du cœur par de simples accords et leur enchaînement sans paroles,\nen sorte que F auditeur saisisse et comprenne la marche, le sens, la pensée du\ndiscours musical, comme si cétait un vérita ''s\nUn peu plus tard, vers 1767, dans une lettre à Philipp Emmanuel\nBach, le poète Gerstenberg de Copenhague exprimait, avec une netteté\nparfaite, l'idée que la vraie musique instrumentale, et en particulier la\nmusique pour clavier, devait exprimer des sentiments et des sujets précis;\n\n1 Tels les quatre concertos de Vivaldi, consacrés aux quatre Saisons, ou les concertos la Tempesta, la\nNotte, etc. Chacun des concertos des Saisons illustre un programme que lui trace un sonnet. Je renvoie à\nl'analyse du charmant concerto d'Automne, par M. Arnold Schering. (Geschichte des Instrumentalkon%erts,\n1905, Breitkopf). M. Schering a montré l'influence de ces oeuvres sur Graupner à Darmstadt, et sur\nJos. Gregorius Werner, prédécesseur de Haydn à la direction de la chapelle du prince Esterhazy.\n- Le mot est de Telemann, en 1742.\nSur les théoriciens français de \"limitation \" en musique, voir la thèse de M. J. Ecorcheville : De Lulli\nà Rameau, VEsthétique musicale de 1690 à 1730.\n3 Aucun des critiques allemands, qui relèvent, soit pour la louer, soit pour la blâmer, la passion de\nTelemann pour les peintures musicales, ne manque d'en attribuer la cause à l'influence française. Et Telemann,\ntout le premier, revendiquait l'honneur de s'être fait en ceci le disciple de la France.\n1 Tel, cet Instrumental-Kalender en douze mois, par Jos. Gregorius Werner. Tout est traduit en musique,\njusqu'à la longueur des jours et des nuits, qui, étant en février de 10 et de 14 heures, s'exprime par des\nreprises de Menuets en 10 et 14 mesures. M. A. Schering se demande si Haydn ne s'est pas souvenu de\nson prédécesseur dans ses symphonies de jeunesse : Le soir, Le matin, etc.\n0 Die Neueste Untersuchung der Singspiele, 1744. Mattheson suit ici les traditions de Keiser."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "et il espérait que Phil. Emmanuel, qu'il nommait\n(\" ein Raffael durch Tffne\"), réaliserait cet art.1\nOn était donc arrivé à une conscience très claire du pouvoir expressif\net descriptif de la musique pure ; et Ton peut dire que certains des prin-\ncipaux compositeurs allemands de cette époque en furent enivrés, comme\nTelemann, chez qui la Tonmalerei, la peinture en musique, prend la\npremière place.\nMais ce qu'il faut bien voir, c'est qu'il ne s'agissait pas seulement\nd'un mouvement littéraire, qui voulait introduire dans la musique des\néléments extramusicaux, en faire une peinture ou une poésie. C'était une\nrévolution profonde qui s'accomplissait au cœur de la musique. L'âme\nindividuelle s'émancipe de l'impersonnalité de la forme. L'élément subjec-\ntif, la personnalité de l'artiste, y fait irruption avec une audace toute\nnouvelle. Certes, nous reconnaissons bien la personnalité de J. S. Bach\net de Haendel dans leurs puissantes œuvres. Mais nous savons aussi avec\nquelle rigueur ces œuvres se développent, suivant des lois très strictes,\nqui non seulement ne sont pas celles de l'émotion, mais qui, manifestement,\nl'évitent ou la contredisent de parti-pris, que ce soit une fugue, ou une\nAria da capo; qui font inévitablement revenir les motifs à des moments et\nà des places prévues d'avance, alors que l'émotion commanderait de\npoursuivre, et non de revenir sur ses pas ; qui, d'autre part, ont peur\ndes fluctuations de sentiments, et n'y consentent qu'à condition qu'elles\nse présentent sous des aspects symétriques, des oppositions un peu raides\net mécaniques entre 1 tfet le p.entre le le des\ncomme on disait alors. Il semblait qu'il ne fût pas artistique de livrer\nd'une façon immédiate son sentiment individuel, et qu'il fallût interposer\nentre lui et le public le voile de belles formes impersonnelles. Sans doute,\nles œuvres de cette époque y gagnaient cette apparence de sérénité hau-\ntaine, qui recouvre toutes les petites joies et les petites douleurs, et que\nnous admirons aujourd'hui. Mais combien elles y perdent d'humanité !\nC'est cette humanité qui fait entendre son cri d'émancipation en\nmusique, avec les artistes de la nouvelle époque. Evidemment, nous ne\npouvons nous attendre à ce que, du premier coup, elle arrive à la liberté\nfrémissante d'un Beethoven. Et pourtant, les racines de l'art d'un Beetho-\n\n10. Fischer: Zum munkaliscken Standpunkte des Nordist hert Dichterkreises, (Samimclbândc «ler I. M. G.\nanvicr-mars 1904)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "vcn sont déjà là, comme on l'a montré, 1 dans ces symphonistes de Mann-\nheim, dans cet étonnant Johann Stamitz, dont les trios d'orchestre, écrits\naux environs de iyS°-> marquent un âge nouveau dans la musique instru-\nmentale, qui se fait le souple vêtement d'une âme vivante, toujours en\nmouvement, perpétuellement changeante, avec ses fluctuations et ses\ncontrastes inattendus.\nJe ne voudrais rien exagérer. Ce n'est jamais l'émotion toute pure\nqu on peut exprimer en art, ce n'en est qu'une image plus ou moins\napprochante ; et le progrès d'une langue, comme la musique, est seule-\nment d'en approcher de plus en plus, sans pouvoir y atteindre jamais. Je\nne prétends donc point (ce qui serait absurde) que les nouveaux\nsymphonistes aient brisé les cadres et délivré la pensée de l'esclavage des\nformes ; ils ont au contraire établi des formes nouvelles ; et c'est à cette\népoque que se sont décidément imposés les types classiques de la Sonate\net de la Symphonie, tels qu'on les explique aujourd'hui dans les écoles de\nmusique. Mais si ces types ont pu devenir pour nous un peu vieux et\nsurannés, si le sentiment d'aujourd'hui peut s'y trouver à la gêne et passa-\nblement étriqué, s'ils ont pris à la longue un air de convention scolastique,\nil faut penser combien ils apparaissaient alors libres et vivants, par\ncomparaison avec les formes et le style usités jusque là. Et d'ailleurs, on\npeut dire que pour les inventeurs de ces formes nouvelles, ou pour ceux\nqui en firent les premiers emploi, elles semblaient beaucoup plus libres\nque pour ceux qui suivirent. Elles n'étaient pas encore devenues des\nformes générales, elles étaient leur forme à eux, modelées suivant les lois\nde leur propre pensée, sur le rythme de leur respiration. Je ne crains pas\nde dire que la Symphonie d'un J. Stamitz, moins belle, moins riche,\nmoins abondante, est beaucoup plus spontanée que celle d'un Haydn, ou\nmême d'un Mozart. Elle est faite sur sa mesure. Il crée ses formes, il ne\nles subit pas.\nEt quels êtres primesautiers, que ces premiers symphonistes de\nMannheim ! Ils ne craignent pas, à l'indignation des vieux musiciens, et\nsurtout des pontifes du Nord de l'Allemagne, de briser l'unité esthétique,\nde mélanger les styles, de faire entrer dans leur œuvre, comme dit un\ncritique, \" le boiteux, le non-mélodique,\n\n1 Voir surtout les travaux du grand musicologue, à qui revient l'honneur d'avoir remis en lumière\nStamitz et son école, à Hugo Riemann dans ses éditions des Sinfonien der Pfal'&bayerischen Sckule, et «lans ses\narticles : Beethoven und die Mannheimer (Die Musik, 1907-8)."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "les accès fiévreux de Valternative continuelle Ils pro-\nfitent de toutes les conquêtes récentes, des progrès de l'orchestre, des\nrecherches harmoniques audacieuses d'un Telemann répondant aux vieux\nmaîtres effarouchés qui lui disent: \"Z—\n\" Jusqu'au fin fond (den untersten Grund\nmaître ! \" 2 Ils profitent aussi des genres nouveaux, du Singspiel qui vient\nde naître. Ils font entrer hardiment le style comique dans la symphonie,\ncôte à côte avec le style sérieux, au risque de scandaliser Philipp Emanuel\nBach, qui voit dans l'irruption du style comique (Styl so beliebte komische)\nun principe de décadence de la musique,3 cette décadence qui devait\nconduire immédiatement à Mozart ! Bref, leur loi, c'est le naturel et\nla vie, cette même loi qui va pénétrer la musique tout entière, qui\nrenouvelle le lied, qui fait naître le Singspiel, qui même, à un moment,\nconduira à ces essais de liberté extrême au théâtre musical, qui se nom-\nment le Mélodrame,la musique libre côte à côte avec la parole libre.\nCe grand souffle de libération de l'âme individuelle, nous le recon-\nnaissons : il a remué la pensée de toute l'Europe du second tiers du\nXVIIIe siècle, avant de s'exprimer, en fait par la Révolution française, en\nart par le Romantisme. Si pourtant la musique allemande d'alors reste\nfort loin encore de l'esprit romantique, (bien qu'on en trouve déjà des\nsignes avant-coureurs), c'est qu'elle fut garantie des excès de l'indivi-\ndualisme artistique par deux sentiments profonds : la conscience du devoir\nsocial de l'art, est un patriotisme passionné.\nOn sait combien le sentiment germanique était déchu dans la musi-\nque allemande, à la fin du XVIIe siècle. On avait d'elle, à l'étranger, l'idée\nla plus dédaigneusement blessante. Qui ne connaît le mot de Lecerf de la\nVié ville, en 1705, mentionnant les Allemands, \"\ngrande en musique\", —ou celui de l'abbé de Châteauneuf, admirant d'au-\ntant plus un virtuose allemand qu'il venait, disait-il, \"\na produire des hommes de feu et de génie\" ? Les Allemands eux-mêmes\nsouscrivaient à cet arrêt ; et tandis que leurs princes et leurs riches bour-\n\n1 Allg deutsche Bibliothek, 1791, (cité par M. Mennicke, Hasse und die Bruder Grauri).\n2 Lettre de Telemann, à C. H. Graun, 15 déc. 1751.\n3 Autobiographie, citée par Nohl : Musikerbriefe, 1867, et par C. Mennicke."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "geois passaient le temps à voyager en Italie ou en France, à singer les\nmanières de Paris ou de Venise, l'Allemagne était pleine de musiciens\nfrançais ou italiens qui y faisaient la loi, y imposaient leur style, et avaient\ntoutes les faveurs. J'ai raconté ailleurs1 un roman de J. Kuhnau : Le\nCharlatan musical, paru en I7o°s0°5 dont le héros comique est un de ces\naventuriers, Allemand celui-là, qui se fait passer pour Italien, afin d'ex-\nploiter le snobisme de ses compatriotes. C'est le type de ces Allemands\nd'alors, qui reniaient leur nationalité, pour participer à la gloire d'être\nVelches.\nDans les vingt premières années du XVIIP siècle, on commence à\nsentir un changement dans les esprits. La génération musicale qui entoure\nHaendel, à Hambourg, Keiser, Telemann, Mattheson, —ne va pas en\nItalie ; elle y met son orgueil, elle commence à se rendre compte de sa\nforce. Haendel lui-même se refusait d'abord à faire le pèlerinage italien ;\nau temps où il écrivait son Almira, à Hambourg, il affectait un grand\ndédain pour la musique d'ltalie. La ruine de l'opéra de Hambourg\nl'obligea cependant à faire le voyage classique ; et une fois qu'il fut là-bas,\nil subit le charme de la Circé latine, comme tous ceux qui l'ont une fois\nconnue. Toutefois, il lui prit le meilleur de son génie, sans altérer son\ngénie propre ; et sa victoire en Italie, le triomphe de son Agrippina à\nVenise, en 17°8> eut un effet considérable pour le relèvement de l'orgueil\nnational ; l'écho en fut immédiat dans toute l'Allemagne. Encore plus\npeut-être, le succès de son Rinaldoà Londres, en 1711. Qu'on y songe :\nvoilà un Allemand du Nord, qui, de l'aveu de toute l'Europe, avait vaincu\nles Italiens sur leur propre terrain ! Les Italiens eux-mêmes l'avouaient.\nSes partitions italiennes de Londres, on les jouait aussitôt en Italie. Le\npoète Barthold Feind, en 171 5, ne manque pas d'apprendre à ses compa-\ntriotes de Hambourg que Haendel était appelé par les Italiens \"\ndel nostro secolo\"... \" Rare honneur,ajoute-t-il,\nainsi traité par un Italien ou un Français, ces messieurs ayant Phabitude de se\nmoquer de nous.\"\nAussi, avec quelle rapidité et avec quelle violence le sentiment\nnational va-t-il se réveiller en musique, dans les années suivantes ! En\n1728, c'est le Musikahsche de Mattheson, qui crie :\nBarbari !\"\n\" Qu'on interdise le métier aux Velches qui nous enveloppent, de l'Est a\n\nLe Roman comique d'un musicien allemand, (Revue de Paris, i juillet 1900)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "r Ouest, etquon les renvoie, par-dessus\nle fourneau de l'Etna !\"\nEn 1729, Martin Heinrich Fuhrmann lance de fameux pamphlets\ncontre l'Opera-Quarkitalien.\nSurtout, Joh. Adolf Scheibe relève inlassablement la fierté nationale.\nEn 1737-40, dans son Critischer Musicus. En 1745, il dit que Bach,\nHasndel, Telemann, Hasse et Graun, \" pour la gloire ne notre patrie font\nhonte (BESCHAMEN) a tous les autres compositeurs étrangers, quels quils soient...\nNous ne sommes plus des imitateurs des Italiens, ajoute-t-il ; bien plutôt\npouvons-nous nous vanter que les Italiens\nAllemands... Oui, nous avons enfin trouvé\nne nous avait jamais encore offert le mod\n{d'un Hasse, à un Graun) est une œuvr (DEUTSCHEN\nWITZES) ; aucune autre nation ne pour\nD'ailleurs, les Allemands sont depuis\nmusique instrumentale ; et ils ont conservé cette maîtrise. \"\nDe même parlent Mizler et Marpurg. Et les Italiens eux-mêmes\ns'inclinent devant ces arrêts. Antonio Lotti écrit à Mizler, en 1738 :\n\" Miei compatrioti sono genii e non\nsi trova in Germania.\" 1\nOn voit le changement de front qui s'est produit dans la musique.\nIl y avait eu d'abord la période des grands Italiens triomphants en\nAllemagne ; puis celle des grands Allemands italianisés : Haendel,\nH asse. Et maintenant, voici le temps des Italiens germanisés : Jommelli.\nMême en France, où l'on restait beaucoup plus cantonné dans son\nart, sans trop suivre ce qui se passait en Allemagne, on se rend compte\nde la révolution qui s'opère. Dès 1734, Séré de Rieux a enregistré la\nvictoire de Hasndel sur l'ltalie :\nFlavius, Tamerlan, Oth\nAdmet e, Siroé, Rodelinde, et Richard,\nEternels monumens dressés a sa mémoire,\nDes Opéra Romains sur\nVenise lui peut-elle opposer un rival ? 2\nGrimm, qui était un snob et se fût bien gardé d'afficher une parenté\n\n1 Voir Cari Mennicke, qui inscrit cette phrase de Lotti en tête de son ouvrage, déjà cité : Hasse und die\nBrftder Grann.\n3 Epître sur la Musique, troisième chant."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "qui aurait pu lui nuire dans l'opinion, ne manque pas, dans une lettre\nde 1752 à l'abbé Raynal, de se dire glorieux d'être le compatriote de\nHasse et de Haendel. Telemann est fêté à Paris, quand il y vient en\n1737. Hasse n'est pas moins bien reçu, en 1750, et le Dauphin le charge\nd'écrire le Te Deampour l'accouchement de la Dauphine. J. Stamitz fait\ntriompher à Paris ses premières symphonies, vers 1754-5. Et bientôt,\nles journaux français écraseront Rameau sous la comparaison des sym-\nphonistes allemands. Ou plutôt, comme ils disent : \" Nous ri aurons pas\nl'injustice de comparer les ouvertures\nF Allemagne nous a données depuis douze \"1\nLa musique allemande a donc reconquis sa place, à la tête de l'art\neuropéen ; et les Allemands le savent. Dans ce sentiment national, tous\nles autres différends s'effacent, tous les artistes allemands, à quelque\ngroupe qu'ils appartiennent, se donnent la main ; l'Allemagne les unit,\nsans distinction d'écoles, dans une même reconnaissance patriotique. La\npoésie de Zachariâ, que je citais tout à l'heure, nous montre, vers le\nmilieu du siècle, les chefs de la nouvelle école et les chefs de l'ancienne\ngroupés, pour la gloire de l'Allemagne, dans ce qu'il appelle le Temple de\nF Eternité.\n\"... Avec un joyeux ravissement, la\ntes d'artistes, et elle bénit leurs noms,\ndans les bornes de cet étroit poeme, ma\nimmortelles sur les piliers du Teînple de /'Eternité... O Muse de /'Allemagne,\nrevendique V honneur d'avoir ceint tes te\nune multitude de maîtres, plus nombreux\nWelschland... \"\nLe classement de ces maîtres par Zachariâ est bien différent de celui\nque nous avons l'habitude de faire, aujourd'hui. Mais ils sont presque\ntous là ; et il se dégage de l'ensemble de leurs gloires une fierté enivrée\nde la puissance musicale de l'Allemagne.\nCe n'est pas seulement l'orgueil des artistes qui est exalté, c'est leur\npatriotisme. On écrit des opéras patriotiques. 2 Même dans des cours où\nrègne l'italianisme musical, comme celle de Frédéric II à Berlin, on voit\n\n1 Mercure de France, avril 1772.\n2 Le plus célèbre est le Gûnther de Schivar'zburg de Ignaz Holzbauer, joué en 1770 à Mannheim. Mais\ndéjà Steffani ayant écrit en 1689 un Henrico Leone, qui fut joué pour l'inauguration de l'Opéra de Hanovre,\net pour le cinquième centenaire du siège de Bardewick par Henri le Lion. Dans le même genre, il faudrait\nciter nombre d'œuvres de Schurmann, de Scheibe, etc."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "un C. H. Graun chanter les batailles de Frédéric : Hochkirchen, Ross-\nbach, Zorndorf, soit en sonates, soit en scènes dramatiques. 1 Gluck écrit\nson Vaterlandslied(l766) et son FLsur des paroles de\nKlopstock. Bientôt le jeune Mozart, dans ses lettres frémissantes, inju-\nrieuses, écrites de Paris (1778), où il traite les Italiens de \" canailles,...\nd'infâmes gnedins\", et les Français d' et de \" j\nécrira :\n\" Mes mains et mes pieds tremblent de F ardent désir d 1 apprendre aux\nFrançais a connaître, a estimer et a craindre 2\nCe patriotisme surexcité, qui, à certains points de vue, est fâcheux\net un peu attristant chez de grands artistes comme Mozart, en les rendant\ngrossièrement injustes pour le génie d'autres races, a du moins ce bienfait\nde les faire sortir de leur individualisme orgueilleux ou du dilettantisme\nénervé qui se satisfait de soi et de quelques cénacles. Dans l'art allemand,\ndont l'atmosphère était raréfiée, et qui eût péri d'asphyxie, s'il n'avait eu\ndepuis deux siècles, pour respirer, la foi, il fait rentrer le grand air. Ces\nmusiciens nouveaux n'écrivent pas pour eux seuls, ils écrivent pour leur\npatrie, ils écrivent pour tous les hommes.\nEt ici, le patriotisme allemand se rencontre d'accord avec les théories\ndes \" philosophes \" du temps : L'art ne doit plus être l'apanage d'une\nélite, il est le bien de tous. Tel est le de la nouvelle époque ; et on\nl'entend répéter sur tous les tons :\n\" Qui peut être utile a beaucoup^dit Telemann\nseulement pour un petit nombre.\"\n\"....Wervielen ntitzen kan,\nThut besser als wer nur furwenige was schreibet...\"\nOr, pour être utile, poursuit Telemann, il faut être aisément com-\npris de tous. Par suite, la première loi est d'être simple, facile, clair.\n\"Je me suis toujours attaché a la facilité, dit il. La musique ne doit pas\nêtre une peine et une science occulte, une espece de magie noire...\nMattheson, écrivant son Voll\\ommene Kapellmeister, (1739), qui est\ncomme le code du style nouveau, l'Art Musical de la nouvelle école,\ndemande qu'on mette le grand art de côté, ou du moins qu'on le cache :\nil s'agit d'écrire difficilement de la musique facile. Il dit même que le\nmusicien doit chercher, s'il veut faire une bonne mélodie, à ce que le\n\n1 On prétend que Graun mourut de chagrin, en apprenant la défaite de Frédéric II à Zùllichau (1759).\n2 A son père, 31 juillet 1778."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "thème \" ait un je ne sais quoi que tout le (Naturelle-\nment, il ne s'agit pas de formes déjà employées, mais qui semblent si\nnaturelles qu'on croie les connaître). Et, comme modèles de cette\nLeichtigkeitmélodique, il recommande l'étude des Français.\nLes mêmes idées sont exprimées par les hommes qui sont à la tête\nde l'école berlinoise du lied,dont le Boileau fut le poète Ramier. Dans sa\npréface à ses Oden mit Melodiende 1753-5, Ramier qui, lui aussi, donne\nà ses compatriotes l'exemple de la France, où tout le monde chantait\nalors, dit-il, dans toutes les classes de la société, écrit :\n\" Nous autres Allemands, nous étud ;\nairs ne sont pas de ces chants qui passent\nfaut écrire pour tous. Nous vivons en so LIEDER,\nsoient ni si poétiques que les belles chanteuses\nvides et si plats que les gensd^esprit ne p\nLes principes qu'il expose ensuite sont excessifs, et poussent la théorie\njusqu'à l'extrême. 1 Ils n'en amenèrent pas moins une floraison du style\npopulaire, im Volkston ; et le maître le plus parfait du genre, le Mozart\ndu lied populaire, Joh. Abr. Peter Schulz dira, dans la préface d'un de ses\ncharmants recueils im Volkston (Ï784) :\n\" Je me suis appliqué a la plus g\nmême j'ai cherché a donner a toutes mes\ndéjà, a condition, bien entendu, que cette apparence ne soit pas une réalité. \"\nCe sont exactement les idées de Mattheson. A côté de ces mélodies\nen style populaire, surgit une floraison incroyable de musique de société,\nLieder geselliger Freude, DeutscheGesange, pour tout âge, pour tout sexe,\npour les Hommes allemands (fur Deutsche Manner), pour les Enfants (fur\nKinder), pour le beau Sexe (fur s Schone 2 etc. La musique est\ndevenue éminemment sociable.\nAussi bien, les chefs de la nouvelle école ont-ils admirablement tra-\nvaillé pour en répandre partout la connaissance et l'amour. Voici les\ngrands concerts qui se fondent. Dès 1715 environ, Telemann commençait\nà donner des auditions ouvertes, au Collegium Musicum qu'il avait fondé à\nFrancfort. Mais ce fut surtout à partir de 1722, à Hambourg, qu'il\n\n1 Que les mélodies soient accessibles à tous, et n'offrent pas de difficultés à apprendre ; qu'on en élague\ntous les ornements vocaux, fioritures, et autres colifichets encombrants, qui viennent du style de l'Opéra ;\nque les mélodies aient tout leur sens et tout leur charme, même sans accompagnement, même sans\naucune basse... etc.\n- Voir les lieder de Reichardt."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "organisa des concerts réguliers, publics et payants. ïls avaient lieu, deux\nfois par semaine, le Lundi et le Jeudi, à 4 heures. On payait 1 fl. 8 gr.\nd'entrée. Telemann y donnait des œuvres de toute sorte, morceaux instru-\nmentaux, cantates, oratorios. Ces concerts, fréquentés par les gens les plus\ndistingués de la ville, suivis de près par la critique, dirigés avec soin et\navec ponctualité, devinrent si florissants qu'en 1761 on inaugura une belle\nsalle confortable et chauffée, où la musique était chez elle. C'est plus que\nParis n'a eu, jusqu'à ces derniers temps, la générosité d'offrir à ses musi-\nciens. Johann Adam Hiller, maître de Neefe qui fut maître de\nBeethoven, Hiller qui fut un des champions du style populaire dans le\nlied et au théâtre, où il fonda l'opéra-comique allemand, contribua puis-\nsamment, comme Telemann, à propager la musique dans toute la nation,\nen dirigeant depuis 1763 les Liebhaberkonz de\nLeipzig, d'où devaient sortir plus tard les fameux Gewandhauskonzerte.\nNous sommes donc en présence d'un grand mouvement musical,\nqui est à la fois national et démocratique.\nMais il a un autre caractère, qui est très inattendu : ce courant\nnational charrie une multitude d'éléments étrangers. Ce nouveau style,\nqui se forme au cours du XVIIIe siècle en Allemagne et qui va s'épanouir\nà la fin dans les classiques Viennois, est en réalité beaucoup moins pur\nallemand que le style de J. S. Bach, qui l'était lui-même beaucoup\nmoins qu'on ne le dit généralement : car J. S. Bach s'était assimilé une\nDartie de l'art de France et d'ltalie ; mais chez lui, le fond restait\ni 7 7\ndeuisch. Il n'en est pas de même avec les musiciens nouveaux. La\nrévolution musicale, qui s'est réalisée dans toute sa plénitude, à partir de\n1750 environ, et qui a abouti à la suprématie de la musique allemande\nsur le reste de l'Europe, était (si étrange qu'il semble, au premier\nabord) le produit de courants étrangers. Les historiens de la musique\nles plus clairvoyants, en Allemagne, comme M. Hugo Riemann, l'ont\nbien aperçu, mais sans trop s'y arrêter. Il faut y insister. Ce n'est pas un\nfait insignifiant ou accessoire que les chefs de la nouvelle musique\ninstrumentale allemande, les premiers symphonistes de Mannheim,\nJohann Stamitz, Filtz, Zarth, soient originaires de Bohême, comme le\nréformateur de l'opéra allemand, Gluck, comme le créateur du mélodrame"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "et du Singspiel tragique allemand, Georg Benda. Cette fougue, cet élan\nspontané, ce naturel de la nouvelle symphonie est un apport des Tchèques\net des Italiens dans la musique allemande. Et ce n'est pas non plus un\nfait indifférent que cette nouvelle musique ait trouvé aussitôt son point\nd'appui et son centre de rayonnement à Paris, où parurent les premières\néditions des symphonies de Mannheim, où J. Stamitz vint diriger ses\nœuvres, et eut en Gossec un disciple immédiat, en France, où d'autres\nmaîtres de Mannheim vinrent se fixer, Richter à Strasbourg, Beck à\nBordeaux. Ils l'avaient bien senti, ces critiques du Nord de l'Allemagne,\nhostiles au mouvement, qui qualifiaient ces symphonies de \" symphonies\na la récente modeWelsche \"1 et leurs auteurs de\nmode, a Paris.\"2\nCes affinités avec les peuples de l'Ouest et du Sud ne se font pas\nremarquer dans la seule symphonie. L'opéra de Jommelli à Stuttgart,\ncomme le sera plus tard celui de Gluck, est transformé, revivifié par\nl'influence de l'opéra français, dont son maître le duc Karl Eugen lui\nimpose le modèle. Le Singspiel, l'opéra-comique allemand, a son berceau\nà Paris, où Weisse avait vu les œuvrettes de Favart, qu'il transplanta\nchez lui. Le nouveau lied allemand s'est inspiré des exemples de la\nFrance, comme le disent expressément Ramier et Schulz, lequel écrit\nencore des liedersur paroles françaises. Telemann avait reçu une éducation\nplus française qu'allemande. Il avait appris à connaître la musique\nfrançaise, une première fois à Hanovre, lorsqu'il était au gymnase de\nHildesheim, vers 1698 ou 9, une seconde fois en 1705, à Sorau, où\nil se nourrit, dit-il, \"des œuvres de L\net \" s'applique presque entièrement a leur style, si bien qu'en deux ans il Jit\njusquà 200 ouvertures françaises\", une troisième fois, à Eisenach, patrie\nde J. S. Bach, qui (retenons ce fait) était vers 1708-9 un foyer de\nmusique française, grâce à Pantaleon Hebenstreit qui avait \"\nchapelle du duc a la maniéré française\",et y avait si bien réussi qu'à en\ncroire Telemann, \" elle surpassait l'orchestre célébré de l'Opéra parisien \"\nSon voyage de 1737 à Paris acheva de faire de Telemann un Français\nen Allemagne ; et tandis que ses œuvres restaient au répertoire du Concert\nSpirituel de Paris, lui, à Hambourg, faisait une propagande passionnée\npour la musique française. Et n'est-ce pas un trait caractéristique de\n\n1 Allgemeine deutsche Bibliothek, cité par C. Mennicke.\n2 Hiller, 1766.\n3"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.28", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "toute une époque que la tranquillité avec laquelle ce pionnier du style\nnouveau écrit de lui-même, dans son Autobiographie de I729 :\n'* Quant a mes styles en musique, (il ne dit pas \"\nles connaît. JDlabord ce fut le style polonais, puis le style français, et surtout le\nstyle italien ou fai écrit le plus de choses\nJe ne puis, dans ces notes rapides, qui ne sont que l'annonce et\nl'esquisse d'un cours où chacune d'entre elles sera reprise à loisir, insister\ncomme je le voudrais sur certaines influences, en particulier sur l'influence\npolonaise, dont on tient si peu de compte, et dont le style a cependant\nfourni nombre d'inspirations aux maîtres allemands d'alors.1 Mais ce que\nje veux dès à présent mettre en lumière, c'est que les chefs de la nouvelle\nmusique allemande, bien que pénétres d'un sentiment national très\nprofond, étaient imprégnés des souffles étrangers, qu'ils avaient recueillis\ntout le long des frontières de l'Allemagne, Tchèques, Polonais, Italiens,\nFrançais. Ce ne fut pas un hasard, croyons-le bien : ce fut un besoin. La\npuissante musique allemande avait a toujours eu le sang un peu\nlourd. D'autres pays, d'autres arts (le nôtre par exemple), ont besoin\nsurtout d'aliments, de charbon dans la machine. Ce n'est pas le charbon\nqui manque dans la machine allemande, c'est l'air. La musique allemande,\ndu XVIIIe siècle n'était certes point pauvre, elle était plutôt trop riche,\nencombrée de sa richesse ; la cheminée était bourree ; le feu risquait de\ns'éteindre, sans les grands courants d'air que les Telemann, les Hasse, les\nStamitz, ont fait entrer par la porte, par toutes les portes ouvertes de\nFrance, de Pologne, d'ltalie et de Bohême. Ce fut surtout l'Allemagne\ndu Sud, (le S. O. rhénan, Mannheim, Stuttgart ; et Vienne), qui\nfut le foyer d'élaboration de l'art nouveau, comme on s'en aperçoit à la\njalousie de l'Allemagne du Nord, qui en fut longtemps l'ennemie.2\n\n1 Telemann, qui connut surtout à Sorau et à Pleise la musique polonaise, \" dans toute la vraie barbare\nbeauté\", ne manque pas, avec sa franchise ordinaire, qui le rend si sympathique, de proclamer tout ce qu il\nlui doit : uOn ne saurait croire quelle fantaisie extraordinaire.., quelqu un qui ptendrait des notes, pourrait, en\nhuit jours, faire provision d'idées pour sa vie entière. Bref il y a beaucoup de bon dans cette musique, si on sait\ns'en servir... Elle ma rendu des services plus tard, même en maintes œuvres sérieuses... J'ai plus tard écrit dans\nce style de grands Concerts et des Trios, que j'ai habillés ensuite d un habit italien...\nM. Max Schneider a relevé des traces de cette musique polonaise dans les Sonates méthodiques zt. la\nKleine Kammermusic de Telemann. Ce fut surtout par 1 intermédiaire de la Saxe, dont 1 électeur était roi\nde Pologne, que cette musique se répandit en Allemagne. Même un italianisant comme Hasse en fut touché ;\nil parle, dans une conversation avec Burney, de u cette musique polonaise, vraiment naturelle, et souvent\ntrès tendre et délicate. **\n2 C'est même à cette inimitié et au silence obstiné que les critiques du Nord de l'Allemagne faisaient sur\nles productions de Mannheim, que nous avons dû d'ignorer totalement celles-ci, jusqu'à ces temps derniers,\nbien qu'en fait, Haydn et Mozart et probablement Beethoven en soient sortis."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "Ai-je besoin d'ajouter que ce n'est pas dans la mesquine pensée de\ndiminuer la grandeur ou l'originalité de l'art classique allemand de la fin\ndu XVIIIe siècle, que je veux montrer qu'il doit, pour une bonne part,\nson renouvellement à des influences ou à des éléments étrangers ? Il\nfallait qu'il en fût ainsi, pour que cet art devînt rapidement universel,\ncomme il advint. Ce n'est pas avec un esprit de nationalisme étroit et\nreplié sur soi-même qu'un art s'élève à la suprématie. Cet esprit le con-\nduirait, à bref délai, à périr de consomption, après s'être rongé soi-même.\nPour qu'un art soit fort et vivant, il ne faut pas qu'il s'encapuchonne\nfrileusement, peureusement, dans une secte ; il ne faut pas qu'il s'abrite\ndans une serre, comme ces malheureux arbres qu'on fait pousser dans un\npot ; il faut qu'il pousse en terre librement, et qu'il étende librement ses\nracines, de toutes parts, partout où il y a à boire de la vie. 11 faut que\nl'esprit absorbe tout ce qu'il peut trouver de substantiel dans l'univers. Il\nn'en gardera pas moins les caractères de sa race ; mais au lieu que cette\nrace s'étiole et s'épuise, comme elle le ferait en ne se nourrissant que de\nsoi, il y transfuse une vie nouvelle, et, par l'apport des éléments étrangers,\nqu'elle a assimilés, il lui donne un rayonnement d'universalité. Urbis.\nOrbis. Les autres races se reconnaissent en elle ; et non seulement elles\ns'inclinent devant sa victoire, mais elles l'aiment, et elles s'y associent.\nC'est devenu la plus grande des victoires auxquelles puisse prétendre un\nart ou une nation : une victoire humaine.\nDe ces victoires, si rares, un des plus beaux exemples est, en musi-\nque, l'art classique allemand de la fin du XVIIIe siècle. Cet art est devenu\nle bien, le pain de tous, de tous les hommes d'Europe, parce qu'au fond\ntous y ont collaboré, tous y ont mis du leur. Si un Gluck, si un Mozart,\nnous sont si chers, c'est qu'ils sont à nous tous. Tous : Allemagne, France,\nItalie, ont contribué à les fabriquer de leur esprit et de leur sang.\n\nRomain Rolland."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.6", "titre_corps": "SOUVENIRS INÉDITS DE FERDINAND HÉROLD", "titre_sommaire": "SOUVENIRS INÉDITS DE FERDINAND HÉROLD", "signature_source": "F. 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Dans ces journées nous traversons avec quelque danger le\nfleuve Tagliamento qui était considérablement gonflé par les pluies,\nmais pour moi, cela ne m'effrayait guère : j'avais une bien autre\npeur en tête. Plus loin, à Vissone, je trouve un aubergiste français\nd'Avignon : aux confins du Tyrol et de l'ltalie ! où diable va-t-il se\nnicher. Enfin nous voilà à la Ponteba (21 mai), et je tremble comme\nvous pouvez croire. Le tems qui était assez beau depuis quelques jours\ns'est couvert ce matin et il pleut depuis 2 heures. Je descends de voiture\n2 milles avant Ponteba, et je dois attendre jusqu'à 9 heures du soir\nqu'on vienne me dire si je puis entrer dans la Ponteba Italiana, sans\ndanger. Il est 1 h. 1/2 ; voyez si j'ai le temps de m'amuser. Il pleut\ntoujours et j'attends en me promenant. Je crois que c'est ici la situation\nla plus pénible de ma vie. Si je devais m'y retrouver, je crois que je\nferais tout pour m'en débarrasser.\nQue je suis imprudent ! et combien je suis bête !\nPour suivre un vain projet dont j'ai meublé ma tête,\nAujourd'hui je me vois presque désespéré,\nEt peut-être demain je suis assassiné !\nO ma mère, pardon ! je fais couler tes larmes !\nSans doute, en ce moment, tu trembles pour ton fils,\nTu voudrais me revoir, tu ne sais où je suis,\nEt c'est moi, c'est moi seul qui cause tes allarmes !\n\n1 Le morceau qu'on va lire est extrait d'un journal que tint Louis-Joseph-Ferdinand Hérold, pendant une\ngrande partie de sa vie. Ce journal semble avoir été commencé au moment où Hérold, prix de Rome, partit pour\nl'ltalie : il est écrit dans des cahiers reliés ; la pagination en est continue. Plusieurs cahiers, dont le premier, ont\nété perdus ; quelques pages ont été arrachées dans les cahiers qui nous restent. Les fragments sauvés du journal,\nainsi que des lettres et quelques autres écrits d'Hérold, seront publiés prochainement en un volume, par les\nsoins de son petit-fils, dans les éditions de notre Société.\nF. H."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "Heureuse d'ignorer dans ce critique instant\nL'état où me réduit mon fol entêtement ! ! !\nJe parcours en tremblant des montagnes horribles ;\nJe crains du paysan les regards étonnés ;\nLes hommes aujourd'hui me semblent plus terribles ;\nJ'erre seul au milieu d'un désert de rochers ;\nLe temps devient affreux ; mon sang bout ; le ciel gronde ;\nL'horizon s'est couvert d'obscurité profonde :\nLa nuit vient ; de ces lieux elle augmente l'horreur :\nL'orage à chaque instant redouble de fureur :\nL'eau tombe par torrents au fond des précipices :\nPour le jour de demain, ô grand Dieu ! quels auspices !\nJe fis ces vers dans un cruel moment, et plus ils sont mauvais, mieux\nils peignent ma situation. Seul, dans un pays sauvage, abîmé par la pluie,\nun orage épouvantable : tous les paysans qui s'enfuient dans leurs cabanes\nsont étonnés de voir là un individu habillé en muscadin, ne se pressant\npas, ayant même l'air content: jugez de la figure que je faisais : je craignais\ncomme le feu quelques questions de leur part : plusieurs me proposèrent\nde me conduire à Ponteba, croyant que je m'étais égaré au physique,\ntandis que ce n'était qu'au moral. C'est ainsi que je demeurai 7 heures\nde suite. Je me rappelle qu'il y avait au milieu du chemin, une petite\néglise fermée de toute part où j'aurais bien voulu entrer : je me mettais à\ncouvert sous le bord du toit ; c'était le seul abri : je n'ai jamais tant\nsouffert, surtout quand je pensais au lendemain où il fallait passer une\nfrontière impassable, ou bien... j'étais au désespoir. Enfin arrive celui qui\ndevait m'aider à tromper les gardiens, et avec lui je marche vers Ponteba.\nLe plan est qu'au milieu de la nuit, je dois avec le chef des contre-\nbandiers traverser un fleuve et faire un grand détour dans les montagnes,\npour éviter de passer sur le pont où sont les sentinelles. Jugez si je peux\nmanger ou dormir. Minuit sonne : je me lève et j'attends une heure. Je\ndescends; mon homme est prêt: il est effrayé parce qu'il a tant plu, qu'il\ncraint qu'on ne puisse traverser le torrent ; je l'enhardis, nous partons.\nArrivés au bord du fleuve, nous voyons qu'il est impossible de le traver-\nser : il était crû du double : je m'offre de nager et d'arriver à l'autre bord\nà quelque prix que ce soit : impossible, parce que ce ne sont que des\nrochers et que la nuit est très obscure. Que faire : je frémissais. Mon\nhomme me dit : il faut passer le pont. Nous partons : regardez-moi : un\ngrand manteau de paysan sur les épaules : sur la tête, un gros chapeau à\nleur façon : la mort dans l'âme. Voilà la douane italienne, personne; voici"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.32", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "les guérites pour les soldats italiens. Je ne sais s'ils sont dedans ou non ;\nmais nous passons. Voici le pont : personne ; guérites allemandes, la pluie\na chassé tout le monde ; douane allemande : o Dieu, voici un homme,\nil dort sous un banc ; je ne m'amuse pas à voir qui c'est, me voilà passé.\nMon Dieu, je vous remercie. Nous marchons silencieusement, car\nmon homme m'avertit que de distance en distance, il y a des gardes pour\nles contrebandiers. Quel rôle fais-je en ce moment ?... La pointe du jour\ncommence à paraître et je commence à respirer (22 mai). Que je suis\nimprudent : me mettre en voyage au milieu de la nuit, par un temps hor-\nrible (il pleuvait toujours) avec un homme que je ne connais pas, qui\npeut m'assassiner sans danger, dans des gorges de montagnes : ce qu'il y a\nde mieux, c'est que ces réflexions, je les ai faites vingt fois depuis que\nj'étais résolu de partir. J'arrive dans le premier village allemand à 4 h.\ndu matin ; tout dort : nous réveillons. Nous entrons dans une cabane\noù il n'y a qu'un vieux père qui dort et une jeune fille qui nous ouvre\nla porte ; nous demandons à nous mettre à couvert de la pluie et à boire\net manger, en attendant le beau tems. Au bout d'une heure, je paie mon\nconducteur, il me quitte et je reste seul avec la jeune fille. Je me garde\nbien de lui dire des galanteries ; car le diable m'emporte si je sais un mot\nd'allemand et puis les bonnes fortunes Après avoir\nattendu longtemps, j'apperçois la voiture; j'y grimpe et me voilà presque\ntranquille pour une journée. Mais ce voyage devait être complet: à midi\nune soupente de la voiture casse et nous voilà bloqués sur la grande route\navec une pluie épouvantable. Mes compagnons se désolent : nous allons\nà pied 2 milles et nous trouvons une espèce d'hôtellerie : nous envoyons\nle padron et 2 garçons au secours de notre voiturin : ils raccomodent\nla voiture avec des chaînes et nous sommes encore une fois en route. Un\nmot sur le caractère allemand. Tout ce que j'ai vu jusqu'ici me confirme\ndans l'idée que j'en ai conçue depuis longtemps. Quand j'attendais ce\nmatin dans la cabane, le père sans méfiance dormait ; la fille, sans malice,\nraccommodait les chemises de son père. Voit-on cela en Italie? Quand\nnotre voiture cassa, nous envoyons 3 hommes pour la relever : ils font au\nmoins une lieue de chemin, ils travaillent 2 heures, ils ne demandent\npresque rien pour leur travail, et quand nous voulons leur payer le bois\nque nous venons de brûler (car il faisait un froid du diable), ils se mettent\nà rire et croient que nous voulons les insulter. Voit-on cela en Italie?\nDepuis quelques jours que je suis en Allemagne, je ne trouve que"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "franchise, honnêteté, confiance, bonhomie, et j'ai bien eu occasion de\nl'éprouver! Trouve-t-on cela en Italie ? J'ai dit un jour à la princesse\nLetizia, qui voulait me persuader de rester toute ma vie à Naples :\nMadame, si vous étiez princesse d'un village d'Allemagne, je resterais\ntoujours à votre service, mais vous seriez reine de toute l'ltalie, que je\nvous prierais de me donner mon congé. Nous verrons si je change de\nsentiments. Cependant notre voyage continue : j'arrive à je ne sais quel\nvillage vers midi : impossible d'aller en avant, tant la pluie est forte :\nnous perdons une demi-journée pendant laquelle j'eus une dispute très\nforte avec un de nos voyageurs, et c'est peut-être un bonheur pour moi\nde n'avoir pas eu mon passe port en règle, car sans cela, je me portais\nsûrement à quelque violence. N'importe, nous verrons. Le lendemain\nnous remontons en voiture, malgré le mauvais tems, et le soir, nous voilà\nà Villach. Ici recommencent mes allarmes. Comme je savais que dans\ncette ville on demandait les passe-ports, je descends de voiture, et me voilà\nentré et sorti de la ville : nous allons loger dans une auberge hors de la\nporte. A peine étions-nous montés dans une chambre, que voilà un soldat\nqui rapporte à mes compagnons leurs passe-ports et il demande\nrautre \\ je deviens pâle, ne comprenant pas ce discours. Un de ces\nmessieurs lui dit : Quel autre ? Le soldat : Oui, l'autre, qui était\ndevant. Ah ! dit alors le voiturin, c'est le mien, et il cherche son\npasse-port. Il aurait eu peine à le trouver, car c'est moi qui l'avais\nje ne sais par quel hazard dans ma poche : je l'escamotai et le lui donnai\nsans que le soldat le vit et je fus tranquille un moment. Le soldat part et\nrevient aussitôt après; ma foi, je crus que j'étais découvert et je m'enfuis\ndans les cours ; je me cache de remise en remise sans oser respirer : je\nreste sans mouvement pendant un quart d'heure : au bout de ce tems\nj'entends rire aux éclats l'aimable Mme Sessi, l'une de nos voyageuses;\nje me dis, le danger est cessé : je remonte et j'apprends que le soldat n'a\nmis tant d'empressement que pour avoir un meilleur pour-boire. Je me\nrecalme ; pourtant vous pouvez croire que je ne soupe ni ne dors tran-\nquillement. Mais tout ceci n'est rien, voici le plus beau : le lendemain\naprès avoir échappé à tous les dangers vrais ou imaginaires, nous voilà\nle soir à Clagenfiirt que je n'oublierai de ma vie. Ecoutez : il pleut à\nverse, nous sommes à un mille de la ville, je descends à pied afin de traver-\nser sans qu'on m'interroge. La ville est très grande, me voilà au milieu ;\nle chemin se détourne, je ne sais plus où aller ; il n'y a personne dans les"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.34", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "rues à cause du tems : la voiture est très loin derrière moi et je l'ai per-\ndue de vue ; je l'attends, elle n'arrive pas ; la nuit vient, je n'ose pas\nentrer dans les maisons demander mon chemin, parce que ne sachant pas\nla langue, on peut concevoir des soupçons et adieu le voyage. Que faire ?\nJe marche et m'égare davantage : enfin je trouve une porte de la ville :\nje ne vois que des barraques ; je cherche partout la voiture, rien : il était\ndéjà 9 h. 1/2, je frappe à une porte de paysan pour demander à manger\net à dormir : je les effraie ; ils me prennent pour un déserteur, et un gros\nnichts est leur réponse. Je frappe à une autre porte : un bien plus gros\nnichts, à une troisième et je dis que j'ai de l'argent, que je suis hon-\nnête et que j'ai perdu la voiture ; je ne sais s'ils comprennent ou non,\nmais ils me ferment la porte au nez et me voilà de plus belle à la pluie.\nComme cette pluie dure depuis 5 jours sans discontinuer, les routes\nsont affreuses et je ne puis faire un pas sans entrer dans l'eau jusqu'à\nmi-jambe. Il me fallait du courage: je prends mon parti, j'avance dans\nla campagne, je cherche un abri ; je suis plus d'une heure sans en trou-\nver : enfin j'aperçois quelques planches; je me traîne jusque-là. Ce sont\n3 ou 4 vieilles planches percées, soutenues en l'air par des bâtons ;\ndessous il y a un peu de foin : me voilà enchanté, voilà ma maison, voici\nmon lit : je regarde à ma montre, il est dix heures : il faut que je reste là\njusqu'à demain 4 h. du matin : il le faut. Je me souviendrai de la nuit\ndu 24 mai 1815.\nSi Dieu favorisait nos folles entreprises,\nL'univers n'entendrait parler que de sottises.\nJe voulais pour passer le temps faire des vers ou composer une sim-\nphonie, mais je n'étais pas en train. Figurez-vous mon état. J'étais tout\ntrempé. J'ôtai mon habit pour tâcher de me sécher ; j'ôtai mes bottes : il\nfaisait très froid, je maudissais mon existence et ma folie. Ce n'était pas\nassez d'avoir joué à la Ponteba le rôle du comte d'Albert ou d'Armand\ndes Deux Journées, il fallait par mon imprudence risquer d'attraper une\nforte maladie... et quelles idées me passaient par la tête ! Demain trouve-\nrai-je la voiture ? ne serai-je point arrêté ? pour qui me prendra-t-on ?\nO mon Dieu, quelle situation ! Enfin le jour paraît ; il pleut encore :\nje quitte mes planches ; je cherche la voiture, rien : je demande le chemin\nde Friesach et je me mets en route, en marchant le plus lentement\npossible: je ne vois rien venir. Je roule déjà dans ma tête le dessein d'aller\nà pied jusqu'à Vienne. Je fais à peu près 6 lieues. La pluie avait cessé au"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.35", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "lever du soleil. Il est à remarquer que depuis 5 jours il pleuvait sans dis-\ncontinuer, ce qui étonnait nous et tous les habitants. J'arrive bien las à\nun village dont je ne sais pas le nom, la situation était superbe. Je me\nrepose et je réfléchis. Il était midi. Le voiturin doit arriver bientôt ; je\nvais attendre 2 heures ; j'attends, rien ; passent encore 2 heures, rien. Que\nfaire ? Dois-je continuer ma route à pied ? Pour aujourd'hui je me sens\ntrop fatigué : j'ai passé la nuit debout, je n'ai vécu que de pain et de biere.\nJe me décide à attendre encore jusqu'au soir, et le lendemain de continuer\nen avant. La nuit vient ; point de voiture. Je traverse le village, en deman-\ndant à loger dans les auberges que je rencontre ; partout on me refuse et\nce n'est pas étonnant : un individu seul, sans effets, ne sachant pas la langue,\nn'ayant pas du tout bonne mine. Je supporte mon sort avec patience.\nJ'arrive à une cabane où enfin l'on veut bien me faire cuire un peu\nde viande : ce souper me paraît divin quoique ce fut détestable. Je paie\nbien, après quoi je demande si l'on n'aurait pas un lit : mon argent avait\nfait effet. Il n'y avait vraiment pas de lit, mais on m'offre la moitié de\ncelui d'un des paysans de la maison ; j'accepte et je monte me coucher.\nPendant que j'ôtais mes bottes, voilà le padron qui vient me demander\nmon passe-port. Quoique je ne comprenne pas l'allemand, j'entends par-\nfaitement ce qu'il veut, je feins de ne savoir ce qu'il dit et le bonheur\nveut qu'il se contente de savoir que je vais à Vienne. O mes chers\nAllemands, je me reproche bien de vous avoir trompes ; vous etes si bons\nque vous ne pouvez même pas soupçonner le mal. Mon homme descend,\nje me couche dans un lit bien sale, dans un grenier ou les fenêtres ne\nferment pas ; c'est égal, me voilà endormi. Au milieu de la nuit je me\nréveille ; il me semble que je viens d'entendre du bruit. Ah, ah, mon\ncamarade de lit se remue, il cause avec une jeune fille dont la voix est\nfort douce : je ne sais ce qu'ils disent, mais cela mal air bien tendre.\nMon drôle se lève et va à l'autre coin du grenier ; je n'entends plus\ncauser, pas même soupirer : ma foi, mes bons amis, bien du plaisir : je\nme rendors. Le lendemain à la pointe du jour, je me leve sans reveiller\nmon voisin, j'ai la curiosité d'aller regarder celle dont j'ai entendu la\nvoix : elle n'est pas trop mal. Je descends du grenier, je paie et je pars.\nJe retourne dans le village pour voir si le voiturin n'est pas venu, rien :\nje me remets en route, décidé à marcher jusqu'à Vienne. Je passe à\nFriesach, ville fortifiée, sans aucun inconvénient ; à une lieue de la, j apper-\nçois une barrière comme il y en a à tous les villages d'Allemagne et ou"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.36", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "les voitures payent. Jamais on ne m'avait rien dit à ces barrières : je\npasse fièrement. Au bout de quatre pas on m'appelle, je frissonne. Où\nallez-vous ? A Neumark. Votre passe-port ? Le voici. Je me dis en moi-\nmême : la comédie est finie, me voilà pris. \" Pourquoi n'est-il pas\nsigné à Villach ? à Klagenfûhrt ? J'étais à pied, personne ne m'a rien\ndemandé. Avez-vous quelques papiers qui prouvent votre état ?\nVoici des lettres. \" J'avais justement une excellente lettre de recomman-\ndation écrite en allemand. Après un quart d'heure de difficultés, après\navoir examiné tous mes papiers, ils me signent mon passe-port et me\nsouhaitent bon voyage. J'appelle cela une échappée miraculeuse.\nQuand je fus sorti de là, je réfléchis que j'étais un fou de vouloir aller à\npied, qu'il pouvait m'arriver quelqu'accident, etc., etc., qu'au moins\nétant avec la voiture, on prendrait toujours attention à moi: il fallait donc\nattendre ;il était 11 h. 1/2 ;la voiture ou devait être arrivée de la veille\nau soir, ou dans le cas d'accidents, ne devait arriver que ce soir : j'attends\nen me damnant jusqu'à 6 heures du soir ; alors, impatienté, je vais jusqu'à\nNeumark, puis je reviens, puis je jure, et jamais de voiturin ; il est inu-\ntile de vous dire que j'étais désespéré. A toutes les voitures qui passent,\nje demande comme je peux s'ils n'ont pas vu en route une voiture à 3\nchevaux : toujours non. Enfin à 8 h. 1/2 arrive une poste qui allait très\nvite ; je la fais arrêter et fais ma question accoutumée. Oui, dit le postil-\nlon, il y en a une qui est arrêtée à 2 h. d'ici. En Allemagne on compte\nle chemin par heure. Les renseignements qu'il me donne sur la voiture,\nme confirment dans l'idée que c'est la nôtre : ce fut un des plus heureux\nmoment de ma vie. Je cours à la voiture et, en effet, à une lieue 1/2\nje la trouve arrêtée à une mauvaise auberge où elle devait passer la nuit.\nQuand mes compagnons me revirent, ils furent épouvantés. Mme\nSessi, dont je parlerai plus tard, me dit qu'elle craignait que de désespoir\nje ne me fusse jetté à l'eau. Je n'ai pas été jusque là, mais... j'étais bien\nagité. Voyez mon bonheur : cette énorme pluie qui nous avait tant épou-\nvantés par sa durée de 5 jours, avait cessé la veille au matin, que j'étais\nà pied, et elle recommença quand j'eus retrouvé la voiture. Le lendemain\nje n'ai que de légères craintes. Le soir nous rencontrons dans un village\nune troupe de paysans qui étaient tous à genoux en plein air autour d'un\npetit autel. Ceci nous rappela la simplicité des anciens. Après Limme,\nnotre essieu se rompit. Après Judenburg, une roue cassa.— Mais j'ai oublié\nde vous dire ce qui avait retardé la voiture d'une journée. Le voici : en"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.37", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "sortant de Klagenfiihrt, une roue s'était rompue, et nos messieurs avaient\npassé toute la journée dans l'auberge, tandis que moi je me désolais sur la\ngrande route. Enfin, sans aucun accident j'arrivai à Neustadt, où j'en fus\nquitte pour la peur, et de là à Vienne. En entrant dans cette ville, je me\ncrus soulagé d'un grand poids. C'était le 31 mai 1815. Enfin m'y voilà\navec tous mes effets, mais où loger?... Mes embarras ne sont pas prêts\nd'être finis. Je suis dans un mauvais hôtel dans le fauxbourg, je ne sais\nce qu'on voudra faire de moi. Je travaille depuis 2 jours pour mon\naffaire et je n'ai encore rien : comme j'ai fait une chose contre les\nlois, chacun craint de me protéger. Mes recommandations me sont\npresque inutiles. Enfin, le dernier moyen qui me restait, je l'ai employé\nhier; j'ai été chez M. Salieri. Je l'ai supplié de s'interresser pour moi. Je\nlui ai conté mon voyage. Au premier moment, il a été dur, il ne voulait\nse mêler de rien : enfin il s'est laissé toucher et m'a mené le soir chez\nle prince Tailleyrand, auquel j'ai fait mon récit. Celui-ci me dit : Voila\nun voyage tout à fait français. Nous arrangerons votre affaire. Ce matin\nje vais voir ce qui arrivera. Il faut implorer les secrétaires !...\nDepuis 9 heures je suis en course ; M. le secrétaire m'a fait revenir\n4 fois et la quatrième m'a dit qu'il n'avait rien à faire. Alors j'ai\ndemandé à reparler au Prince. De suite M. le secrétaire m'a fait une\nlettre pour la police où je vais aller quand j'aurai dîné, ce qui ne sera pas\nbien long ; en attendant, au diable M. le secrétaire ! ! !...\nO mon Dieu ! que je suis heureux ! après bien des craintes, des\npeines et des fatigues, je viens d'obtenir une carte de surete pour 15\njours. M. le secrétaire en a eu l'air fâché et m'a bien assuré que des que\nle prince Talleyrand serait parti, on me prierait de déloger au plus\nvite. Le prince part demain; nous verrons si je le suivrai, comme dit\nM. le secrétaire. Je m'en vais me dépêcher de voir la ville, en cas qu on\nme refuse une prolongation ; mais j'espère bien qu'on me l'accordera : le\nplus difficile est fait, et puis, en tout cas...\nJe viens du théâtre Karthnerthor : c'est l'Opéra-Comique de chez\nnous. Je suis extrêmement satisfait. J'ai entendu Agnès Sorel, musique de\nGirowetz ; musique charmante, pleine de goût, de délicatesse et de science.\nL'orchestre est excellent, peu nombreux, peu bruyant. Les chanteurs\nchantent juste, un ensemble parfait. Les morceaux sont un peu à la fran-\nçaise, c'est-à-dire courts, coupés... cela m'a fait un drôle d'effet, car voila\n2 ans 1/2 que j'entends des morceaux qui n'en finissent pas. Allons, je"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.38", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "suis bien content de ma journée. C'est agréable pour moi de penser que\nc'est au premier des musiciens vivants, à M. Salieri, que je dois la\ntranquillité dont je vais sans doute jouir longtems. Mes chers amis, je\nvais me coucher, je me souhaite une bonne nuit et à vous aussi.\nMes commencements à Vienne ont été durs : voilà 6 jours que\nj'y suis et je n'y ai certes pas eu beaucoup d'agréments. La manière dont\nj'y suis venu n'est pas propre à m'y faire bien voir : mais c'est égal, mes\nchers Allemands, je ne vous en veux point du tout : plus je vous parais\nsuspect, plus vous prouvez votre probité. Quand je m'examine, moi et\nmes actions, je vois que je méritais le jour de mon arrivée d'être chassé\nsans pitié : c'était aussi sans doute l'avis de M. le secrétaire ; mais Dieu\nmerci, à présent, je commence à respirer. Les personnes auxquelles je\nsuis recommandé commencent à me croire honnête homme et à me trai-\nter avec amitié. Si la Police me permet de faire mieux connaître mon\ncaractère, j'espère que je serai tout à fait bien dans quelque tems.\nJe viens de louer une jolie chambre dans le Graben, le plus beau\nquartier de Vienne. Elle me coûte trop cher, mais si je reste ici, je\nmettrai ordre à mes affaires. Actuellement je voudrais savoir des nouvelles\nde mes amis, de ma mère. C'est terrible d'être ainsi isolé ; espérons que\ncela ne durera pas bien longtems.\nJe sors du théâtre et il ne fait pas encore bien nuit. Au moins c'est\nun plaisir dans ce pays. On ne se couche pas trop tard. Ce n'est pas\ncomme à Venise que le théâtre ouvre à dix heures. J'en tire un apperçu\ntrès avantageux pour la société ; c'est qu'un oiseau qui serait très amateur\npourrait entendre le spectacle d'abord à Vienne, et de suite à Venise.\nC'est très agréable. A propos, hier j'ai entendu Palmira, bel ouvrage du\ngrand Salieri. On y retrouve sa manière : tout pour la scène. Des\nmorceaux courts, bien coupés, bien vigoureux et souvent des phrases\ndélicieuses. Il y a au commencement du deuxième acte un air de femme\nsublime qui m'a fait la plus grande impression. Ce soir j'ai entendu le\nBergsturtz, musique délicieuse de Weigl. Si cela continue, ça va bien,\ntout me paraît charmant.\nIl faut que je dise un mot de nos voyageurs. L'honnêteté française\nexige que je commence par le beau sexe, quoique la personne de ce sexe\nqui était avec nous ne prouve pas que ce soit le beau. Une tournure"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "effroyable ; une figure on ne peut plus désagréable ; un énorme nez ; une\nbouche immensurable, des yeux bien creux, des dents jaunes, et avec\ncela un peu de barbe, voilà le potrait de notre aimable voyageuse. Pour\nson caractère, c'est autre chose. C'est une chanteuse de 6e classe. Elle a\nau double tous les défauts qui sont ordinairement l'apanage des utilités.\nJe l'ai défiée de dire un phrase sans jurer : elle n'a pas osé accepter le\ndéfi. N'ayant pas même l'idée d'une espèce d'éducation ; ne sachant pas\nécrire son nom, ne pouvant pas dire quatre paroles de suite qui eussent\nle sens commun. Mais elle a un talent qui rachète tous ses défauts ; un\ntalent qu'elle possède au plus haut degré ! un talent qui la console de\ntoutes les petites mortifications qu'elle éprouve, qui pour elle est plus\nprécieux que vingt mille livres de rente, qui lui donne la force de\nsupporter les malheurs ! un talent enfin qui renferme en lui toutes les\nautres sciences! Quel est donc ce talent ? Vous ne le devinez pas ? Elle\nsait parfaitement tirer les cartes. Cette aimable dame est sœur de la\nfameuse Sessi ; j'en fais compliment à madame leur mère. J'espère que\nje ferai plus ample connaissance et amitié avec l'un des deux voyageurs.\nJe ne parle pas du troisième parce que j'écrirais des choses qui ne\nsont même pas bonnes à dire de bouche.\nMais dans quelle diable de maison suis-je donc tombé ? Chaque fois\nque j'entre ou que je sors je rencontre une quantité de femmes, et puis\ndes femmes et toujours des femmes, et point d'hommes ! Hier en sortant,\nje vis toute la société à table : deux hommes et une quantité de femmes.\nQui diable est-ce donc ? Est-ce que ma vertu serait en danger ? Serais-je\ndans une maison ?.. Pourtant la padronne m'a dit qu'elle a logé longtemps\nla gouvernante de je ne sais quelle princesse ; qu'elle loge en ce moment\nun gros négociant de Francfort. Mais pourquoi tant de temmes matin et\nsoir ? Demain matin je veux éclaircir cette affaire.\nJe suis trop heureux ! ma soirée d'aujourd'hui compense les peines\nque j'ai eues depuis un mois. Comme un bonheur ne vient jamais sans\nl'autre, il était naturel que j'en eusse beaucoup à la fois et je serais un\ningrat si après avoir écrit mes chagrins, je n'écrivais pas mes plaisirs.\ni° J'ai rencontré un monsieur de la police qui se trouve justement le frere\nd'un de mes amis de Naples, et qui m'a assuré que mon affaire n'allait\npas mal. 2° J'ai appris que toutes les dames que je voyais dans cette"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.40", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "maison et qui m'effrayaient presque sont les filles de la vieille propriétaire ;\nque ces filles sont mariées et ont déjà d'autres filles, etc. : voilà l'énigme.\n30 J'ai reçu deux lettres de ma mère que j'attendais avec tant d'impatience\net où j'apprends quels encouragements les journaux me donnent pour\nl'avenir. 40 Une lettre m'apprend une chose qui intéresse mon côté\ngauche, et une autre qui m'annonce de l'argent. 50 On m'assure ce soir\nque demain on donne la Flûte enchantée. Je demande qui dans une soirée\na eu plus d'agréments que moi ? Ajoutez que j'ai passé trois heures au\npiano avec l'étonnant M. Salieri ; qu'il m'a fait lire plusieurs de ses\nouvrages et entr'autres des canons pleins de gaîté et d'esprit, dont pour la\nplupart il a fait lui-même les paroles et la musique. C'est un homme\nqu'on ne peut se lasser d'admirer. Je ne sais si c'est parce qu'en particulier\nje lui ai de grandes obligations, mais j'ai une sorte de vénération pour\nlui; ce qu'il dit est si vrai, si spirituel; à son âge il chante et accompagne\nfort bien. Il vient de faire une grande maladie où l'on craignait de le\nperdre. Heureusement qu'il se porte bien, et que nous espérons qu'il vivra\nencore longtems pour le bien de tous ceux qui l'approchent.\nje me promenais cette après-dîner au Prater avec M. Haensel, com-\npositeur. Il salue un monsieur qui passait. Je lui demande : Ce monsieur\nque vous venez de saluer est-il musicien ? Il me répond : C'est le frère\nde l'empereur ! ! !\nOn donne ici trop d'opéras français et sans la langue avec laquelle\nje suis en dispute, je me croirais en France. J'ai entendu déjà la Vestale,\nJean de Paris, Joconde, Cendrillon. La Vestale n'est pas bien rendue : ce\nbel ouvrage est fait pour une grande salle et perd beaucoup dans une\npetite. On prend aussi la plupart des mouvements trop vite. Jean de\nParis est supérieurement exécuté par l'orchestre, mais voilà tout. Joconde\nque je n'ai pas entendu à Paris, et dont les journaux et tout le monde ont\ndit tant de bien, ne m'a pas fait plaisir : peut-être ne prend-on pas\nbien les mouvements ; car des connaisseurs m'ont beaucoup parlé du\n4to du 2d acte et ce 4to m'a paru languissant ; il est vrai que je\nn'entendais pas les paroles, et cela fait beaucoup. Plus j'entends d'ou-\nvrages de M. l'abbé Girowetz, plus je suis admirateur de son talent :\ntoujours doux, gracieux, d'une harmonie parfaite ; employant les instru-\nments à vent avec un art infini : des idées fraîches. Son Agnès Sorel et\nson Augenartz m'ont enchanté. Dans ce dernier, il y a un petit air de"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "ténor plein de feu de 30 mesures qui m'a fait le plus grand effet.\nQuoique je ne connaisse pas assez l'allemand pour pouvoir juger d'une\nexpression, pourtant l'autre jour je me suis mis à rire comme un fou\ndans l'endroit le plus pathétique de la Vestale ; dans le petit duo de la\nfin entre Julie et la Grande Vestale, vous savez que les deux dames finis-\nsent par ce mot : adieu, adieu. Le traducteur allemand a mis en consé-\nquence : lebewohl, lebewohl. Il m'a paru fort singulier que la Grande\nPrêtresse recommande à Julie de bien vivre, au moment où elle entre au\ntombeau.\nDans ce pays on aime et on admire mon cher et bon maître,\nM. Méhul, plus que partout ailleurs. J'ai déjà vu beaucoup de jeunes\ngens qui ont le projet de faire un voyage en France pour le voir et le\nconsulter ; et ce matin, dans la maison d'un conseiller où tout le monde\nest musicien et où Haydn et Mozart étaient presque toujours, j'ai été\nenchanté de la manière dont un très fort amateur de 50 ans m'en a\nparlé. Il le met sans exception au-dessus de tous nos compositeurs pour\nla hardiesse de son génie, son amabilité, sa science, etc., etc., etc. Aussi\nil me disait que pour à présent il croit que la France est au-dessus de\nl'Allemagne pour la musique. C'est un Viennois de 50 ans qui m'a dit\ncela ce matin ! ! !\nQue je serais heureux si je pouvais un jour aider ma patrie à soute-\nnir la bonne réputation qu'elle commence à se faire en ce genre !\nJe sors de Kârthnerthor, où j'ai été avec M. Salieri. On donnait\nJoseph de M. Méhul, remis au théâtre pour la. 3e fois ici. Ce que\nje disais il y a quelques jours de l'estime que l'on fait ici de ce grand\ncompositeur m'a été bien prouvé ce soir. Voilà 4 ans qu'on donne ici\nJoseph. La salle était pleine à 6 heures et comble à 7, ce qui n'arrive pas\nsouvent ici. Presque tous les morceaux ont été applaudis avec entou-\nsiasme, et le duo de Jacob et Benjamin qui fait peu d'effet à Paris, a été\nchanté 2 fois ce soir. Il est vrai que l'orchestre et les acteurs y mettent\ntout leur soin : on voit qu'ils ont un vrai plaisir à exécuter ce bel ouvrage.\nM. Salieri qui ne l'avait vu qu'une fois il y a 4 ans en a été bien content\net m'a bien félicité d'être élève de l'auteur. Ah ! serai-je jamais digne de\nmon maître ?\n(A suiv\n\nF. Hérold."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.7", "titre_corps": "LES MUSIC-HALL", "titre_sommaire": "LES MUSIC-HALL", "signature_source": "Charles Clarisse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "LES MUSIC-HALL\nÉTUDE-ENQUÊTE\n\nVoir le numéro de S. I. M. de décembre 1909 qui contenait citations ou interviews de Théo Varlet,\nJean de Tinan, Rouzier-Dorcières, A. Brisson, Fursy, Willy.\nOPINIONS DE G. DE PAWLOWSKI, CURNONSKY, PRUDHON,\nCOLETTE WILLY\nToutes ces questions [le rôle joué ou à jouer par le café-concert\net le music-hall ; leur valeur artistique etc...] furent résolues d'une façon\ntoute positive par M. G. DE PAWLOWSKI. Le jeune, actif et brillant\nRédacteur en Chef de Comœdia se basa sur deux faits : le succès et l'exi-\nstence du fécond Inconscient :\n\" Le café-concert et le music-hall ont évidemment un rôle à jouer puisque leur\nsuccès est énorme ; quant à leur valeur artistique, elle existe ou n'existe pas,\nselon les cas : sur ce second point il serait vain de vouloir des réformes. L'atmos-\nphère de ces endroits est spéciale : il faut s'en nourrir l'esprit, se mettre tout\nentier en harmonie avec le cadre, bannir toute théorie et selon le mot de\nJean de Tinan que vous avez rappelé ne pas tomber dans \" l'erreur commune\net grossière d'apporter où ils n'ont que faire des procédés de critique littéraire\nclassique \". Il faut que tel tableau de revue présente un cachet artistique et il\nne faut pas qu'une chanson de Dranem ait une signification trop précise ou\ntrop élevée : ce serait un contre-sens. Des établissements se sont perdus pour\navoir voulu renouveler l'atmosphère qui leur était propre et à laquelle nous\navaient accoutumé la tradition et le succès\nCes considérations sont familières à M. de Pawlowski. Elles sont\npleines d'un bon-sens perspicace et ont pour base une juste connaissance\nde ce qu'il faut bien appeler un peu pompeusement \" l'âme des foules\nElles lui ont servi à solutionner en son temps, d'une façon très exacte, la\nquestion du \"nu au music-hall 1\". \" Y a-t-il scandale ? \" demandait-il.\n\n1 II faut lire sur cette question Fouvrage documenté de M. Normandy, Le Nu à l'Eglise, au Théâtre et\ndans la Rue Le biographe de Jean Lorrain y montre une sûreté et une vaillance remarquables de pensée\net de style."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.43", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "C était la, en effet, le seul point litigieux. Comme il se résolvait par la\nnégative, les polémiques sombraient dans le ridicule.\nMais nous restons sur le domaine des considérations générales.\nMonsieur CURNONSKY saura les adapter aux multiples contingences dont\ndépend la vie d un music-hall. Esprit charmant et divers, souple écrivain,\nM. Curnonsky donna, sur ce sujet à la Vie Parisienne, des pages qui sont\na la fois dun lettre, dun psychologue et d'un metteur en scène. Pour\nlui, le choix de la couleur d une chaussette sur un maillot devient un pro-\nblème ; quant au maillot, toute la question se résume dans la suppression.\nEt il a bien raison. Quelques music-hall [entre autres la Cigale et la\nGaieté-Rochechouart] nous ont donné cette année en ce genre des résul-\ntats merveilleux. Myope, Curnonsky s'attache aux détails et sa vue d'ar-\ntiste voit immédiatement que tel geste manque de justesse, tel maillot\nd esthetique, telle couleur de goût. Il a des indignations véhémentes et de\nviolentes admirations. Il a horreur des chansons patriotiques et humani-\ntaires mais il se délecte aux fantaisies de Boucot et aux \" déshabillés d'art \"\nde Spinelli. Et, là encore, il a bien raison...\nJe voulais, avant de commencer mes interviews d'artistes, interroger\nun homme qui, par la situation qu'il occupe, ne semble pas devoir s'in-\ntéresser spécialement à notre sujet et dont l'opinion n'en aurait été que\nplus curieuse. Je veux parler de M. JULES CLARETIE, Administrateur de\nla Comédie-Française. Et ce fut là toute une histoire. C'était le soir\nde la première de Sire ; je surpris M. Claretie en train de contempler\nd'un œil atone les photographies qui se veulent suggestives et qui s'étalent\nà telles devantures du Palais-Royal... Comme il était sur le point d'entrer\nà son théâtre, M. Claretie m'accorda, pour quelques jours plus tard,\nl'entrevue que je sollicitais de lui et cela après m'avoir demandé le sujet\nsur quoi je desirais 1 interroger. Or, deux jours après, je reçus un mot,\nportant l'en-tête de la Comédie-Française et signé illisible, qui m'avertis-\nsait que je ne pourrais par voir M. Claretie mais que je serais reçu par\nM. PRUDHON. Cette façon de se dérober m'amusa. Livré à lui-même,\nM. Claretie avait ete trop loin et M. Prudhon devait mettre les choses\nau point. Il fut d'ailleurs d'une courtoisie absolue.\n\n\" Jeune présomptueux,s'écria-t-il, vous vouliez voir M. Claretie ! Vous pensiez\nque M. Claretie allait vous donner une opinion ! Mais [ajouta-t-il avec l'accent\nde la pitié] vous ne savez donc pas que M. Claretie n'a pas le droit d'avoir\nune opinion ? \"\n4"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.44", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "f * '\nIci, un temps, pour permettre à cette déclaration de m anéantir ; puis :\n\" M. Claretie n a pas le droit d'avoir une opinion parce qu'il est Administrateur\nde la Comédie, qui est subventionnée par l'Etat ; s'il vous disait quelque chose,\nc'est comme si c'était le Ministre qui parlât ? \"\nIci, un sourire destiné à me faire comprendre tout le ridicule de cette\nsupposition.\n\" D'ailleurs, que voulez-vous que vous dise M. Claretie ? Qu'il aime\nbeaucoup le grand talent de Polin à qui il a fait jouer une pièce de lui ? Que\njadis on allait entendre Thérésa parce qu'elle savait dire et chanter, ce que nous\nn'avons plus maintenant... \"\nIci je me levai :\n\" Monsieur, je vous remercie. En dépit de ce que vous m'avez dit, j'ai mon\ninterview...\" \" Comment ! s'écria M. Prudhon, je ne vous ai rien dit !\nIl ne faut pas me nommer !\" \" N'en croyez rien, répliquai-je ; le plaisir que\nj'eus à écouter vos déclarations ne sera égalé que par celui que j'éprouverai à\nles transcrire. \" 1\nEt puis voici Colette Willy, à coup sûr, la figure la plus complexe\net la plus remarquable qu'il soit donné d'étudier au music-hall.\n« Oui, j 'aime le music-hall, déclare Colette Willy en secouant les boucles\nde sa tête fine à la bouche spirituelle et voluptueuse. Je l'aime presque contre\nle théâtre et cela pour des raisons multiples. Entre autres, le milieu théâtral me\ndéplaît souverainement : promiscuités continuelles, haines et mesquineries, brr !...\nLe music-hall expose à plus de changements et de vagabondage ! Je suis de\ncelles qui lui resteront fidèles ! \"\nEnfin, puisque j'ai commencé cette première partie de mes\ninterviews en citant de vers du Soir Parisien du grand poète THÉO VARLET,\non me permettra de la terminer en signalant une belle notation de bar\ndue à ROGER ALLARD qui est un de nos plus remarquables \"jeunes \" avec\nLouis Mandin, Charles Vildrac et Joël Dumas. Tous ceux-là m'ont\ndéclaré préférer le spectacle du music-hall à celui de la dernière pièce à\nthèse ou de la banalité sentimentale. Et donc, puisque les soirs parisiens\n\n1 Je dois ajouter que M. Prudhon m'autorisa à démentir le bruit qu'ont fait courir deux de nos excellents\nconfrères et qui rapportait que M. Claretie succéderait à Catulle Mendès comme critique dramatique du\nJournal dès la prochaine saison d'hiver : \" Ce sont là, me dit M. Prudhon, des propos de mauvaises langues\nque lancent ceux qui en veulent à M. Claretie ou qui briguent sa succession"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.45", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 429, "texte": "commencés au music-hall se terminent logiquement au bar annexé à ces\nétablissements, écoutez ce passage d'un long poème :\n... Et le whisky concentre en lui toutes les lampes\nDu comptoir luisant. Deux pailles, rayons d'or, trempent\nDans chaque verre. Une aile tiède qui vient battre\nNos tempes, tourne au plafond sans fin, sans fin... aile\nD'on ne sait quel oiseau buté contre un ciel bas...\n\nCharles Clarisse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "PARIS.\nJanvier.\nLe moment où nous changeons de millésime n'est point favorable à\nl'activité musicale. Au théâtre nous n'aurions à noter en ce premier\nmois si tragique de l'année, que la représentation de à\nl'Opéra-Comique. Il vaudrait mieux ne pas la noter. Ce mélo informe\net injurieux, que nulle personne ouverte à la musique ne saurait entendre\nsans se sentir tout l'être soulevé de mépris, avait déjà montré sa pauvre\ngrimace à l'Opéra, avec un effet médiocre. Infiniment mieux présenté,\ncomme vous le pouvez penser, par M. Albert Carré, il a été accueilli,\nà la répétition générale, avec indifférence ; à la \" première \", avec\nscandale ; aux représentations suivantes, paraît-il, avec chaleur."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "Cinq ouvrages de l'école italienne moderne encombrant à la fois le\nrépertoire du Théâtre National de l'Opéra-Comique, vous estimerez\npeut-être que c'est beaucoup, et même un peu trop ? Mais l'Opéra-\nComique est encouragé en cela par les parlementaires qui rapportent le\nbudget des Beaux-Arts et, dit-on, par le gouvernement lui-même. L'ltalie\ncependant défend énergiquement son territoire contre la musique\nfrançaise. Et ces choses sont beaucoup plus naturelles qu'elles n'en ont\nl'air. Pour les Italiens d'aujourd'hui, la musique n'est qu'une denrée\ncommerciale : ils appliquent en conséquence tous leurs efforts à écouler\nà l'étranger leur malsaine camelote, et à écarter de leur propre marché\nles importations de qualité meilleure. Pour les Français au contraire, la\nmusique est un art : une chose donc à laquelle vous ne voudriez pas que\nni le pays ni surtout l'Etat prissent le moindre intérêt. Et pendant ce\ntemps, un musicien admirable, un homme dont tout autre peuple se\nferait grande gloire, M. Albéric Magnard, retiré dans le fond d'une\nprovince, produit œuvres sur œuvres, qu'il publie avec sérénité, sans que\npersonne consente à les entendre. Bér se range à côté de\nsur un rayon de bibliothèque : mais s'ébaudit au soleil de la\nrampe.\nDans les concerts nous ne trouverons rien à retenir, si ce n'est\ncette exécution de la Neuvième Symphonie de Beethoven au Concert Colonne,\noù pour la première fois nous avons réalisé à Paris, par nos propres\nmoyens, quelque chose de comparable aux exécutions de ces grandes\nsociétés chorales étrangères, qui sont venues à diverses reprises nous\némerveiller. Certes il nous reste encore à faire pour les égaler. Mais le\nsuccès obtenu, après cinq années seulement, par l'Ecole de Chant\nChoral dont M. Jean d'Estournelles de Constant est le fondateur, M.\nGedalge, l'inspecteur, et M. Henri Radiguer, le directeur intelligent,\nardent, et parfaitement dévoué, suffit à prouver que nous pouvons y\nparvenir. Continuons seulement à le vouloir bien, et à savoir y travailler.\nLe peuple de chanteurs qui couvrait la scène du Châtelet est déjà très\nmusicalement discipliné. Sans doute la qualité des voix progressera, par\nétude et par sélection : mais dès maintenant l'essentiel est acquis. L'exé-\ncution dirigée par M. Gabriel Pierné a été toute entière très remarquable;\nmais il semble que ce soit le chœur qui ait le mieux suivi son impulsion,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "et senti l'œuvre sans pareille avec le plus d'enthousiasme et de foi.\nCombien il s'est montré supérieur, tout au moins, aux professionnels du\nquatuor solo !\nPuisque le mois dernier nous avons été obligés de négliger les\nconcerts, revenons un peu en arrière. Ce n'est plus trois séances qui nous\nappellent chaque dimanche à la même heure, mais cinq. Les Concerts\nSechiari viennent de s'établir au Théâtre Marigny, et prospère\nau Théâtre des Arts : son jeune orchestre s'assure, et si certains Festivals\nBeethoven et Schumann nous ont paru un peu trop à la manière de nos\n\" grands concerts \", d'autres programmes nous en ont très heureusement\nécartés. Celui de M. Catherine, par exemple, avec la symphonie de\nChausson ; et surtout celui de M. Bachelet, qui a dirigé la symphonie\nde Lalo, l'ouverture de Polyeuctede M. Dukas, la suite de de\nM. Pierné avec un sentiment de la forme et de l'âme de la musique,\nune sûreté et une habileté techniques, qui le placent désormais au rang\nde nos premiers chefs d'orchestre.\nQuant aux Concerts Colonne et Lamoureux, les voici déjà dans la\nseconde moitié de leur saison ; et rarement leurs programmes se sont\nsoutenus avec autant d'obstination dans le vieux, le banal, ou le médiocre.\nCe qu'ils nous ont donné de considérable jusqu'ici, ce qui a pu leur\ncoûter un peu de peine, exciter un peu d'intérêt véritable, se résume dans\nla symphonie de M. Casadesus dont je vous ai parlé en son temps, et une\nsymphonie de Briickner, jouées toutes deux par M. Camille Chevillard.\nPour un total de vingt huit concerts, au Châtelet et Salle Gaveau, avouez\nque cela est misérable.\nLe cas de Brûckner vaut bien quelque réflexion. Deux ans de suite\nM. Hasselmans s'est vainement efforcé d'imposer à son public la huitième\nsymphonie ; M. Chevillard vient de donner la septième, avec moins de\nsuccès encore. Cependant, après avoir été dans son pays même la victime\nde dédains odieux, brebis expiatoire du wagnérisme, sur qui les généreux\nbrahmines passèrent des colères qui n'osaient s'attaquer à Wagner lui-\nmême, Anton Briickner, depuis sa mort, est mis par l'Allemagne au\nnombre de ses plus grands musiciens : c'est tout juste si certains admet-\ntent une distance de Bach et de Beethoven à lui. Il nous est impossible\nd'apprécier de loin ce qu'il peut y avoir de sincère ou de factice dans cette\nfaveur posthume. Brûckner a des thuriféraires dont le zèle ne connaît pas de\nlimites, et risque de passer le but : car le sentiment de la réalité disparaît"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "dans le rayonnement de leur ivresse. Une chose est certaine : c'est que\nl'influence de Briickner, dont l'œuvre commence à peine à atteindre le\npublic, avait déjà fortement agi sur les symphonistes à la mode, qui\nsurent faire leur profit de ses vastes ouvrages, avant de songer à en\nrépandre la connaissance. En vérité, cette musique répond assez bien à\nl'idéal et au gros goût de l'Allemagne mégalomane d'aujourd'hui. Nous\nignorons trop M. Mahler pour savoir si vraiment Briickner peut être\nconsidéré comme son prédécesseur direct. Mais M. Richard Strauss lui-\nmême doit bien quelque chose à l'enflure fastueuse des symphonies du\nvieil organiste autrichien, à leur grandiloquence effrénée, à leur tapage\nhéroïque, à leur pesant badinage, à certains détails même de leur écriture,\nà leurs moyens accumulés, et surtout à cette sentimentalité déséquilibrée,\nqui paraît voulue chez l'auteur de Saloou qu'il sait tout au moins si\nintelligemment tourner à avantage pratique, tandis que l'ingénu Briickner\nla poussa bonnement jusqu'à mourir vierge, à soixante douze ans avec\nl'aide, il est vrai, d'une mysticité sincère.\nNé a Ansfelden en 1824, fils d'un très simple maître d'école de la\nHaute Autriche, usant toute sa vie aux fonctions | d'organiste, Brùckner\na composé et c'est, avec quelques partitions religieuses, à peu près"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.50", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "tout son œuvre neuf symphonies : il a désiré que la dernière, qu'il\ndédia au Bon Dieu, et laissa d'ailleurs inachevée, portât le chiffre dix au\nlieu du chiffre neuf, par respect pour la de Beethoven. N'est ce\npas à la fois nigaud, vaniteux et touchant ? Assurément il écrivit de la\nmusique pure, et il la conçut bien sous la forme monumentale. On hésite\ncependant à le classer parmi les purs symphonistes et les grands architectes\nde la musique : et quand on l'entend comparer, sous le prétexte de sa\ncandeur et de sa piété, à notre César Franck son contemporain on ne\npeut que hausser les épaules. Entraîné par la réelle puissance de son\ntempérament particulier, et très évidemment anormal ; dominé par une\nimagination, une sensibilité, surtout une naïveté colossales ; fasciné\nd'ailleurs par Richard Wagner, il a introduit dans la musique pure\nl'élément dramatique : et tout dans ses symphonies, la pensée et la forme,\net l'étalage même, aride et vide, d'une scolastique impitoyable, se résout\nen effets de théâtre, et se gouverne par le sentiment. Un sentiment\ndébordant, qui ne se gouverne pas lui-même. A peine se sont elles\npesamment et comme confusément ébranlées ces départs ne sont pas\nsans grandeur ses idées s'échappent soudain en fanfares, en tumultes\nd'enthousiasme, en exclamations d'extase. On arrive bien à démêler par\nl'analyse les lignes élémentaires de la composition et du développement\nclassiques, mais boursouflées dans une telle méconnaissance des propor-\ntions, déformées par une modulation incessante et l'énormité de l'instru-\nmentation, surchargées par la longueur et la profusion des thèmes, au\npoint qu'on ne les saisit pas à l'audition. Il est bien possible que la pensée\ndu musicien se soit tracé un plan, mais si étendu et si lâche qu'on ne\npeut l'embrasser d'un regard. Et cette pensée n'est point capable de se\ncontenir dans ce plan, ou bien elle y entasse tout ce qu'elle rencontre en\nchemin, et en donnant à tout la même valeur. On reconnaît un de ces\nesprits ou de ces cœurs généreux, mais inquiets et déréglés, qui sont\ntoujours en marche vers Tailleurs d'un idéal confusément rêvé, passionné-\nment appelé, qu'ils touchent un moment avec des cris de délire, et qui\nleur échappe aussitôt pour les entraîner plus loin.\nDevant ces symphonies turgescentes, où tout, jusqu'au vise\nau grandiose et qui en possèdent en effet le sentiment, l'impression\ndominante reste d'impuissance et de maladresse. Elles sont solides peut-\nêtre, mais rien que par entassement de masses. Le plus bouillant de leurs\nadmirateurs, M. William Ritter, ne les qualifie-t-i 1 pas de mastodontes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "musicaux ? La pauvreté des conclusions, quand elles prétendent à la force,\nest frappante. On ne comprend pas que Brùckner ait pu être traité de\ngrand contrapontiste. Son écriture polyphonique est embarrassée et con-\nfuse ; son développement, non pas seulement scolastique, mais scolaire ;\nil abuse prodigieusement du trémolo ; il emploie constamment, et avec\nquelle raideur et quelle gaucherie, ce procédé du qui\ndevient si puéril, quand il n'est pas commandé par l'idée même. C'est\nla musique d'un homme dont toutes les aspirations sont sublimes, mais\nqui est sans culture ; d'un homme profondément pieux, mais qu'éblouis-\nsent, comme les humbles, la pompe du culte, les tonnerres ou la voix céleste\ndes grandes orgues, le magnifique et surabondant mauvais goût de certaines\néglises, et non la grandeur propre de l'idée religieuse. Et la musique de\nBrùckner cependant, si mêlée et si mal ordonnée qu'elle soit, contient,\ndans les adagio particulièrement, des beautés émouvantes et majestueuses.\nEt sa sincérité reste admirable, jusque dans l'incontinence de son\nrhétorique.\nBeautés néanmoins qui pourraient bien nous rester impénétrables, à\nnous autres Français, tout autant que, à l'opposé, les mornes perfections\nde Brahms. Brahms et Brùckner représentent les deux extrêmes manières\nd'être du sens artistique et du sentiment intime le plus spécifiquement\nallemands. Nous ne distinguons pas en eux ce qui chez un Beethoven,\nun Schumann, un Wagner, non moins allemands, appartient cependant à\nl'humanité tout entière. Notre jugement, en somme, après une connaissance\nsi bornée de Briickner, doit rester provisoire. Ce qu'il nous faudrait,\nc'est qu'un des chefs d'orchestre qui lui ont dévoué une étude spéciale, et\nse sont fait en Allemagne même la réputation de le comprendre et de\nl'interpréter avec une exactitude magistrale, vînt à Paris le faire vraiment\nconnaître. Mais le chef d'orchestre en tournée ne pense qu'à soi, et son\nimprésario qu'à Beethoven ou à Berlioz, dont l'action sur la recette est\nplus certaine.\nDepuis deux siècles environ, ils reste entendu que l'Angleterre n'a\npoint de musique : et on ne peut malheureusement nier le fait. Mais les\nAnglais estiment, avec quelque apparence de raison, qu'on exagérerait en\nconcluant de là qu'ils sont incapables d'en avoir. Pourquoi, en effet, le\nseraient-ils devenus, alors qu'ils possédèrent, au XVIe et au XVIIe siècles,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.52", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "une école admirable ; alors que la richesse de leur mélodie populaire et\nle goût du chant choral, goût naturel à la race entière, persistant, déve-\nloppé, si heureux en résultats, témoignent que cette race n'est point du\ntout inapte à la musique ? Le très long espace de temps pendant lequel\nelle a cessé d'en composer peut sembler inquiétant, il est vrai. Et je ne\npartage point l'opinion que le caractère particulièrement musical de la\npoésie lyrique anglaise doive inspirer plus de confiance en l'avenir de la\nmusique anglaise. Au contraire, j'ai toujours pensé que la poésie n'était\nqu'une forme rudimentaire de musique, et l'importance qu'elle a prise en\nAngleterre pourrait bien prouver que cette forme rudimentaire convient\nexactement et suffit à l'instinct musical des Anglais.\nLes Anglais cependant ont fini par éprouver un désir efficace\nde produire aussi une musique qui leur appartînt. Le mouvement, com-\nmencé dans la seconde moitié du siècle dernier, s'est développé peu à peu,\net la volonté impérieuse et tenace de ce peuple lui donne aujourd'hui une\nactivité extraordinaire. C'est à Leipzig, naturellement, que les Anglais\nont commencé par aller prendre des leçons, et l'originalité de leurs\npremières tentatives s'en est ressentie. Ils n'avaient d'ailleurs, par tempé-\nrament et par goût, que trop d'inclination à accepter la discipline men-\ndelssohnienne. Mais ils semblent en ce moment assez disposes a s'en\ndégager, et à se porter, non sans zèle, vers nous. Il existe à Londres, depuis\nplusieurs années, une Société des Concerts par qui tous les musi-\nciens de notre jeune école, et jusqu'aux plus jeunes, sont aussi connus et\nappréciés en Angleterre qu'à Paris. Et voici qu'une société sœur, la\nBritish Concerts Society, se fonde à Paris pour y faire connaître toute la\nieune école anglaise.\nLe premier concert qu'elle a donné Salle Erard a été très sympathi-\nquement accueilli. On ne saurait dire cependant qu'il nous ait apporte des\nassurances bien précises sur l'état et la direction de cette école. Sans doute\nconvient-il, pour se former une opinion, d'attendre les concerts suivants,\net de connaître un plus grand nombre de compositeurs et de compositions.\nC'est par un hommage à l'ancêtre Purcell que fut inaugurée la séance ;\net son Evening Hymn est resté, il faut bien l'avouer, d'un voisinage\nécrasant pour sa descendance. Des lieder de MM. Elgar, Quilter, Somer-\nwell, Landon Ronald, Hubert Bath, remarquablement chantés par Mrs.\nSwinton et remarquablement accompagnés par M. Yves Nat, on aurait\npu mieux iuger, si les organisateurs du concert avaient pris le soin d'en"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "faire distribuer aux auditeurs une traduction française. Dans l'ignorance\ncomplète de leur signification, la musique m'en a paru claire, assez large-\nment mélodique en général, assez noblement expressive, toujours un peu\ndans la même couleur, l'agréable Lullaby de M. Cyril Scott excepté, qui\nmalheureusement souffre, surtout vers la fin, d'une fâcheuse banalité. Des\nV ariations^d'une variété et d'une abondance excessives, extraites d'une\nsonate pour piano de M. Benjamin Dale, et deux pièces importantes pour\nalto et piano; une Romance de M. Dale, et une Sonate de M. York Bowen,\nformaient la partie instrumentale du programme. Je comprends que la\nprésence d'un altiste aussi accompli que M. Lionel Tertis ait fait surgir\nen Angleterre toute une littérature pour un bel instrument, d'habitude\nplus dédaigné ; mais quel que soit le talent de l'interprète, l'alto reste de\nressources bien monotones pour soutenir une composition développée.\nDe Mendelssohn, ces divers ouvrages, où l'on sent toujours le\nmusicien qui n'a pas trouvé sa forme et son expression personnelles et\nles cherche en tous sens, gardent la carcasse classique et la complaisance\nde certaines mélodies un peu creuses, un peu filandreuses. Ils ont leurs\ndéfauts, qui sont par exemple une grande difficulté à se décider à finir,\net une incohérence spéciale, qui les porte instantanément de la mélancolie\npuritaine aux pires clowneries de virtuoses. Mais ils ont aussi leurs\nqualités, qui méritent bien notre attention. Ils sont vivants. Ils sont\nconsciencieux. S'ils nous paraissent en trop d'endroits inégaux à l'inten-\ntion qui les inspira, du moins cette intention reste-t-elle fort estimable.\nDans une intéressante causerie préliminaire, M. Calvocoressi nous\na expliqué que cette musique reflétait déjà complètement les caractéris-\ntiques de l'âme anglaise. Ce sont là de ces choses que nous ne pouvons,\nà moins d'une étude très approfondie, que difficilement distinguer, tant\nque l'artiste n'a pas trouvé une caractéristique musicale en correspon-\ndance avec sa caractéristique morale. Car c'est ce qui frappe dès l'abord\nl'étranger. Voyez nos comportements envers les Russes. Nous ne considé-\nrons comme vraiment russe que la musique si particulière des Mous-\nsorgsky, des Balakirew, ou des Rimsky-Korsakov. Mais en Russie ceux-là\nsont assez peu prisés ; et le véritable musicien russe, pour les Russes,\ncelui qui exprime totalement l'âme russe, c'est Tschaïkowsky, en qui\nnous ne discernons qu'un méchant métis allemand. Il semble que les\nAnglais, d'après ce que nous en voyons et toutes proportions gardées, n'en\nsoient encore qu'à leurs Tschaïkowsky. Peut-être se reconnaissent-ils"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.54", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "tout entiers, et un peu enfantins comme ils sont souvent, en cet art qui\nne nous paraît point du tout particulier, parce qu'il n'est pas musicale-\nment particulier. Et peut-être possèdent ils quelque Moussorgsky, quelque\nBalakirew ignorés, qu'ils dédaignent de nous montrer, et en qui nous\nverrons un jour l'âme anglaise, parce qu'ils auront trouvé une musique\nsingulière, qui nous paraîtra bien anglaise.\nM. Calvocoressi a encore comparé la longue éclipse de la musique\nanglaise à celle que subit la musique française depuis Rameau jusqu'à\nl'époque moderne. Mais d'abord notre éclipse se serait infiniment moins\nprolongée ; ensuite il n'y a pas eu éclipse, à proprement parler. Si pendant\ncertaines périodes la musique française a suivi des voies qui nous paraissent\naujourd'hui déplorables et dont nous aimons à détourner nos yeux, elle\nn'en a pas moins constamment subsisté, et subsisté en tant que musique\nfrançaise. Et il faut distinguer entre les influences étrangères qui ont pu\nl'asservir durant ces intervalles. Assurément Gluck, Spontini, Meyer-\nbeer lui ajoutaient bien des éléments exotiques : mais ils subissaient en\nmême temps une profonde influence française. Ils avaient eux mêmes\nchoisi la France comme le pays où ils reconnaissaient le plus d'affinité\navec leur idéal, le terrain le plus favorable au développement complet\nde leur personnalité. Ils s'y métamorphosaient. Ils étaient des naturalisés,\nesthétiquement et spirituellement. L'influence de Rossini au contraire\nqui d'ailleurs s'exerça sur le monde musical tout entier serait plutôt\ncomparable à celle, plus tard, de Wagner. Elle resta purement italienne,\ncomme celle du maître de Bayreuth reste allemande. Encore y a-t-il bien\nquelque chose de français, et non le pire, dans\nL'Angleterre n'a jamais subi que ce dernier ordre d'influences. Seul\nHaendel s'y est sans doute un peu transformé : les autres, Haydn, Weber,\nMendelssohn, Gounod, n'y sont venus qu'en étrangers, en invités, qui\ndonnent le ton aux dilettantes, et passent, sans entrer en échange intime\navec la race. C'est là ce qui reste menaçant pour l'avenir musical de\nl'Angleterre. Et si nous distinguons enfin chez elle une volonté très forte,\nnombreuse, sincère, agissante, de créer une école nationale, nous ne dis-\ntinguons que la volonté et pas encore le génie. Le génie cependant ne\nsuit pas l'école, dans l'histoire de l'art : il la précède. Nous voyons même\nque la condition première du génie est la spontanéité, et qu'il est génie\nprécisément parce qu'il se jette hors de l'école. Une autre école naît sur\nses pas et bourdonne sur place vainement, jusqu'à ce qu'un génie nouveau"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "survienne. Et à côté du génie, tout ce qui est école est comme rien.\nL'école, stérile vestale, est utile pour veiller la flamme sur l'autel. Mais\nce n'est point elle qui l'allume, et elle ne la veille pas toujours très bien.\nEt l'autel étoufferait sous la cendre, si le feu du ciel, dans un grand souffle\nde l'esprit, n'v descendait parfois.\nr 5 J I (Y A QTHNJ (.APPATTn\n\nGaston Carraud.\n\nUN INTERVIEW DE DON LORENZO PEROSI\n\nDon Perosi vient d'obtenir à Naples un succès qui\ncomptera parmi les plus beaux de sa vie. Il a dirigé\nsa cantate \" Dies Iste \", son \" Salve Regine \" et ses\nsymphonies Rome et Florence. Notre correspondant\nparticulier a été assez heureux pour joindre le Maître\net celui-ci, avec la meilleure grâce du monde, a bien\nvoulu lui confier ses impressions et ses projets.\nL'église de Santa Chiara,une des plus belles et des plus vastes de\nNaples, est déserte. Au fond de la grande nef, devant le maître-autel, on\nvient d'achever l'estrade sur laquelle doit se placer le nouvel orchestre\nsymphonique que M. Carlo Clausetti, le représentant de la maison\nRicordi à Naples, et directeur de la \"\nMartucci\" a organisé pour cet hiver. Les ouvriers sont partis et fra Paolo,\nle moine sacristain, les clefs dans la main, se dirige vers la porte, lorsque je\nme présente.\nL'église va fermer, dit-il, que voulez-vous ?\nJ'attends le MaestroPerosi, qui m'a donné rendez-vous ici.\nEntrez, alors répond le moine —. Il va venir dans un moment\npour la répétition générale. Je vais ouvrir la grille du couvent d'où\npasseront les choristes et l'orchestre...\nIl me quitte et s'en va, clopin clopant, vers le couloir sombre qui\nlonge, au dehors l'église.\nJe n'ai aucun rendez-vous avec le Perosi ; je commence à\ncroire que ma présence dans l'église, sera remarquée par quelqu'un et\nqu'on me mettra gentiment à la porte. Je prends mon courage à deux\nmains et je passe derrière le maître-autel avec l'intention de me cacher\njusqu'au moment propice, pour tenter une conversation avec le célèbre\nabbé, que M. Clausetti a convié pour l'inauguration de sa Société de\nconcerts en lui confiant la direction de la \" Dies Iste"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "Tandis que je m'approche du tombeau de Marie de Valois, première\nfemme de Robert d'Anjou, morte en 1331, une main se pose sur mon\népaule et une voix amicale :\nComment, toi ici ? C'est le maestro Galassi, le directeur du\nCircolo Musicale Napolitano, qui a fourni ses élèves (plus de cent jeunes\nfilles et jeunes gens, dilettanti) pour les chœurs de la Cantata.\n—Je dois parler a don Lorenzo Perosi, et tu voudras bien me\nprésenter à lui.\nMais, c'est impossible, mon cher ; Don Lorenzo Perosi n'est pas\nbien disposé à l'égard des journalistes, et, puis, ici, à ce moment, quand\nil va diriger la répétition ! Ni avant, ni après la séance tu ne pourras lui\nparler.\nJ'insiste. J'ai une lettre de Paris à lui montrer et je me contenterai\nde quinze minutes, seulement !\nBien, attends, il arrive et j'essayerai ; mais, je te prie, cache-toi.\nLa répétition se fait à huis clos, et personne doit y assister. C'est l'ordre.\nL'orchestre se place ; les choristes aussi. Don Perosi, gai, souriant,\nson petit bâton à la main, se dirige vers l'estrade. Deux coups secs sur le\npupitre ; la répétition commence.\nSous la voûte sacrée de l'église les sons bruissent doucement dans un\nensemble d'harmonies simples, majestueuses. La mélodie s'élève noble,\nsévère, éclatante, délicate, ou dramatique, soutenue par l'orchestre le\nplus moderne.\nDon Lorenzo Perosi dirige, debout, les yeux dans les yeux des\nexécutants, qu'il anime par les expressions variées de son visage. Il se\npenche à droite, à gauche ; il chante, tout bas, avec l'orchestre, portant\nla main gauche sur sa bouche dans les pianissimo, ou brandissant le petit\nbâton avec force, pour obtenir tous les effets qu'il désire. On le comprend\nparfaitement ; il est satisfait.\nLa répétition est achevée ; don Lorenzo Perosi quitte sa place et\ngagne la sacristie. Il est fatigué, mais toujours souriant et enjoué.\nM. Clausetti et le maestro Galassi lui font compagnie lorsque je m'ap-\nproche pour lui présenter mes compliments et pour lui demander ses\nimpressions.\nJe suis très content me répond-il —. L'orchestre m'a compris\nimmédiatement et il joue très, très bien. Je ne puis prétendre à mieux.\nRemarquez qu'il vient à peine de se constituer. M. Clausetti a résolu le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.58", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "problème de réunir en organisation tout à fait indépendante les instru-\nmentistes de vos théâtres.\nEtes-vous aussi satisfait de la masse chorale ?\nOui, oui. Il est bien difficile d'obtenir dans le Salve Regma\nl'ensemble que vous venez d'entendre. Cette composition à\nprésente maintes difficultés. Je dois même convenir que les élèves de\nMaestro Galassi se portent à merveille. Vous verrez demain. Je crois que\nle public en sera content.\nOn apporte les partitions et le Maestro Perosi sort de l'église. Je\nl'accompagne et je monte en voiture avec lui, pour lui faire part de mes\nintentions de journaliste.\nAh ! merci, merci. Certainement, je me souviens des amis de\nParis et je vous charge de les saluer de ma part. Mais, un article ! Par\nmoi ? Je n'ai pas le temps. Et mon école de Rome et la direction des\nservices à la Chapelle Sixtine ! Comptez tous les jours que je disperse en\nconcerts, en voyages et vous verrez que je puis à peine me livrer à mes\ntravaux de composition.\nEst-ce que vous préparez d'autres Oratorios ?\n—Je viens d'achever la symphonie intitulée A Messina et je\ntravaille, maintenant, à mon nouvel Oratorio \" \",\ndont j'ai pris l'inspiration dans la livre de Job. Comme les précédents,\ncet oratorio a été écrit pour soprano, chœur et orchestre.\nQuelle partie du livre avez-vous choisi ?\nLe soliste commencera aux paroles :\nmeae et le chœur continuera : Qui pour laisser au soprano :\nNonne sicut lac mulcisti me.Puis, encore le chœur : vocem\ndicentem mihi et la voix du soprano sur le Credo quod redemptor précédera\nle Deus qui nos patrern et finira avec le Requiem aeternam.\nCet oratorio ressemble-t-il aux précédents ?\nNon, au dernier seulement, comme durée: pas plus de trente-cinq\nminutes de musique.\nEt le genre, lyrique ou dramatique ?\nQue voulez-vous que je vous dise. C'est mon genre habituel\navec un peu plus de douleur. Vous savez que Job a beaucoup souffert !...\nJ'ai tâché, comme d'habitude, du reste, de donner libre chemin à la\nmélodie, la seule que le public de tous les pays aime entendre toujours\net que je sente sortir de mon âme."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "Pardonnez-moi, Maestro, si je vous demande votre opinion sur\nla musique moderne.\nCe serait trop long à dire cela ! La musique que j'ai cultivée,\ncher Monsieur, a bien ses grands modèles : dans l'église Palestrina, dans\nl'Oratorio Bach et dans le théâtre Wagner. Généralement on fait une\ngrande confusion entre la musique sacrée et la musique religieuse. La\npremière est réservée aux fonctions rituelles de l'Eglise ; la seconde,\nau contraire, quoique inspirée par les livres saints, s'adapte aux exécu-\ntions symphoniques et chorales, soit dans les églises, soit dans les grandes\nsalles de concerts.\nEt dites-moi, Maestro, vous ne pensez pas au théâtre ?\nNon, je n'y pense pas. Ce sont les journaux qui, de temps en\ntemps, mettent en circulation ces bruits inconsistants.\nOn a cru parce que vous aviez intitulé vos symphanies A\nFlorence, A Messina, et A Rome...\nJe vous comprends, n'insistez pas ; mais voilà justement ce qu'il\nfaut bien expliquer. Mes symphonies n'ont aucun caractère religieux ni\npolitique. Elles sont de la musique pure et simple. Je me suis inspiré de\nla poésie de la belle ville de Dante et des fleurs, de la grandeur de la\nville éternelle, où je passe ma vie et qui est ma seconde patrie, et, enfin,\nde la pitié du désastre de Messine.\nEt, ensuite, que comptez-vous faire, Maestro ?\nPour le moment je ne saurais vous le dire. J'ai des engagements\net des offres auquels je n'ai pas encore répondu. J'ai accepté seulement\ndeux concerts à Paris. A Paris je retourne avec plaisir. J'y compte\nbeaucoup d'amis parmi les élèves du grand César Franck, auteur\nmalheureusement peu connu en Italie. C'est pour le 10 avril, je crois.\nJe vais diriger le Dies Iste et la symphonie Florence et Naples, puis, je\ndonnerai mon nouvel oratorio : In Pa\nEt en Amérique ?\nOui, on me demande aussi là-bas, mais, pour le moment, je n'ai\nencore rien décidé. J'ai refusé, ces jours-ci, un engagement de cent mille\nfrancs. Ce n'est pas l'argent qui me tente, et, puis, c'est si loin !...\nLa voiture s'arrête devant l'hôtel ; notre conversation est finie.\n5\n\nGen. de Leva."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.60", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "LETTRE D'ORIENT\nM. Allix nous ayant adressé quelques réserves au sujet d'un article du R. P. T hibaut,\nparu dans 1' S.I.M. d'avril, nous avons cru bon de transmettre à l'auteur, à Odessa, la lettre de\nnotre collègue parisien. Le R. P. Thibaut répondit à son tour à ces objections et nous sommes\nheureux de pouvoir aujourd'hui soumettre à nos lecteurs les pièces de cette savante polémiqué.\nVoici tout d'abord la lettre de M. Allix :\nCher Monsieur,\nJ'ai lu avec un extrême intérêt l'article du P. Thibaut sur le neï et\nla musique orientale. Mais il me met dans une singulière perplexité. Je\nsavais depuis longtemps que sur ce sujet si embrouillé des gammes\norientales, les auteurs se contredisent entre eux ; si maintenant ils se\nmettent à se contredire eux-mêmes que deviendrons-nous ? c est a en\nperdre la tête. D'après le P. Thibaut d'avril 1909 (5.1.M.) \"la gamme\nnaturelle turque ou orientale est la suivante : \"\nMais d'après le P. Thibaut de 1906 (Revue Musicale, lerIer février 1906)\nla même gamme était :\n(Elle provient d'une division de l'octave en 17 parties où ne figurent que\nle limma et le comma pythagoriciens) ; ici le ton mineur est remplacé\npar le double limma, qui est plus petit d'un chisma ; et le demi-ton\ndiatonique ff est remplacé par l'apotome qui est plus grand du même\nchisma. (Le chisma est le très petit intervalle fffgf, qui est le rapport\ndu comma de Pythagore au comma syntonique).\nA qui devons-nous entendre? Pratiquement,la différence est insensible\nvu la petitesse du chisma (moins de ëèoe d'octave ou de 5V de demi-\nton tempéré mais elle a une importance théorique très considérable.\nUn peu de lumière serait à souhaiter. La confusion devient inextri-\ncable si l'on fait intervenir les diverses élucubrations de Raouf Yekta dans\nla Revue Musicale (printemps de 1907, et plus récemment encore). Cet\nauteur déclare être parfaitement d'accord avec son \" ami \" le P. Thibaut"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "(celui de 1906 !!), qui seul, à son dire, aurait correctement exprimé les\nintervalles de la gamme orientale. Oh ! parfaitement d'accord ! Seulement\ntandis que le P. Thibaut divise l'octave en 17 parties, lui, R. Yekta, la\ndivise en 24 ; à cela près ! Et l'on serait d'abord tenté de croire que cette\ndivision en 24 est le tempérament égal préconisé vers 1830 par Michel\nMeshaka de Damas et adopté, par ex., par Hornbostel lequel admet pour\nla gamme diatonique les intervalles que donne conventionnellement ce\ntempérament savoir (en 24\" d'octave): 4+3 + 3+4+3 + 3 + 4. Mais\npas du tout, car le dit Yekta déclare (Revue Musicale du ir avril 1907):\n\" Les oreilles de nos musiciens sont habituées à saisir 24 intervalles dans\nune octave, et chaque musicien ou chanteur de l'Orient est bien capable\nd'exécuter ces intervalles, soit sur son instrumento soit avec sa voix. \"\n[Consécutivement ? chaque musicien? ? hum... qu'elle est la différence de\nlatitude entre Constantinople et Tarascon ?] Cependant il ne faut pas\ncroire que ces intervalles sont tous égau ...\"\nAlors quoi ? Est-ce qu'un personnage idoine ayant quelque esprit\ncritique et quelque habitude de la précision scientifique, ne pourrait pas\ntirer tout cela au clair ? .\nBien à vous\nG. ALLIX.\nVoici la réponse du R. P. Thibaut:\nCe m'est un plaisir, Monsieur le Directeur, de répondre à votre\naimable invitation et de donner à votre docte collaborateur ces quelques\nmots d'éclaircissement qu'à bon droit il réclame, pour être tiré du\nsingulier état de perplexité dans lequel l'ont bien malencontreusement\njeté certaines affirmations, en apparence contradictoires, relevées au cours\nde deux articles que j'ai publiés à des époques différentes sur la musique\nOrientale.\nLes questions multiples et complexes qui ont trait à l'étude de la\ntonalité orientale ne sont point à la vérité, de celles que l'on peut résoudre\nau pied levé au cours d'un ou deux articles de revues, aussi bien appelé-je\négalement de tous mes vœux avec M. G. Allix, le personnage idoine qui\npourra enfin nous donner quelque jour un bel et solide ouvrage sur la matière.\nVoici pour ce qui me concerne la justification, ou plutôt, les éclaircissements\ndemandés au sujet du peu que j'ai écrit sur la tonalité orientale."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.62", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "Dans un premier article paru dans la Revue Musicale (ier février\n1906), article qui était la reproduction partielle d'une modeste con-\nférence donnée à la Schola cantorum de S' Chamond (Loire), j'ai cité le\ndiagramme fondamental des Orientaux dit de Pythagore, accepté par\nFarrabbi, Abdel Kader et tous les anciens théoriciens arabes et persans\nlesquels divisent l'octave en 17 intervalles ou 18 sons qu'ils représentent\nmathématiquement, dans un but purement didactique, par les chiffres\nordinaux de 1 à 18, intervalles qui concourent à la formation de deux\ntétracordes réguliers comprenant trois espèces de tons : le ton majeur, le\nton mineur et le ton minime. Le ton majeur composé du double limma\nplus la neuvième partie d'un ton ou comtna de Pythagore ce qui nous\ndonne l'intervalle de 9/8, le ton mineur composé uniquement du\nlimma formant un intervalle caractérisé par la fraction If&ff, le ton\nminime ou demi ton majeur appelé apar les pythagoriciens, inter-\nvalle formé par la réunion du comma de Pythagore et d'un limma dont\nle rapport harmonique est représenté par la fraction fèff.\nDans un second article paru dans le Bulletin de la Société\nnationale de Musique (Avril 1909), j'ai reproduit en cours de démons-\ntration, le diagramme fondamental non plus théorique mais pratique de\nla musique turque avec indication des rapports mathématiques qu'il\ncomporte sur le néï Mansour qui est un des principaux instruments\naccompagnateurs des voix dans les concerts, soit :\nCette gamme que l'on peut théoriquement diviser en 18 parties à\nl'instar des anciens théoriciens arabes et persans, les turcs la divisent\npratiquement en 23 degrés ayant chacun sa dénomination propre, en vue\nde caractériser les 22 intervalles inégaux qu'ils renferment, ou, en suivant\nle système syrien de Meshaqa, basé non plus sur la tonique ré mais sur\ncelle de sol,en 25 degrés comprenant 24 intervalles inégaux comme en\nfait foi le schéma comparé de ces deux gammes, composé sur les données\nde M. Raouf Yekta."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "•g ÉCHELLE TURQUE » ÉCHELLE SYRIENNE DE MESHAQA\n| p— g,\nW Noms Longueur de corde Q Noms Longeur de corde\n1 Teka. 768 1 768\n2 Pest buyati. 729 2 Nim hsar. 746\n3 Pest hisar. 719 Ui3 hsar. 734\n4 Pest hisarek. 691 iU4 tik hsar. 705\n5 <Ashiran. 682 f 5 'Oshiran. 685\n6 'Adjam'ashiran. 648 6 Nim'adjam. 663\n7 Suzidil. 639 Ifff 7 «Adjam. 645\n8 'Araq. 615 8 Iraq. 6i^j\n9 Gewasht. 606 ff 9 Kawasht. 608\n10 576 10 Tik hawasht. 611\n11 Nehani. 546 f 11 ifoj/. 575\n12 Zengulch. 539 12 Nim zergelah. 558\n13 Buzruk. 518 13 Zergelah. 542\nr4 Duga. 512 14 Tik zergelah. 526\n15 Kurdi. 486 15 512\n16 Uzal. 479 US! 16 Nim kurdi. 497\n17 Segia. 461 ïVar 17 Kurdi. 483\n18 Puzelik. 455 J 18 469\n19 Tsharga. 432 19 Buzalik. 457\n20 Hedjaz. 410 tV 20 Tik buzalik. 443\n21 Saba. 404 îi 21 430\n22 Nerimeh. 389 ï%8A 2 Arbà. 417\n23 Newa. 384 23 Hedjaz. 406\n24 Tik hedjaz. 394\n25 384\nDe ces deux systèmes le plus parfait est sans contredit le système\nturc, attendu qu'il nous présente des données harmoniques identiques\npour le fond à celles qui nous ont été fournies par les anciens théoriciens\narabes et persans. En effet, ce diagramme fondamental dont les savantes\ncombinaisons donnent naissance à l'extraordinaire variété des modes et\ndes gammes orientales, concoure au même titre que les 17 intervalles\nde l'échelle arabe dite pythagoricienne, à la formation de deux tétracordes\nréguliers, comprenant trois espèces de tons : le majeur, le mineur et le\nminime."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.64", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "Premier t\n( ton mineur f limma i Teka.\nton majeur J -j fff 2 pest beyati.\n§ ( limma 3 pest hisar.\nv comma pyth. 4 Pest hisarek.\n!limma 5\napotome J [6 'adjam 'ashiran.\n1 iimma ] • i • i\n( 7 suzidil.\napotome j 8 '^aq\nr ( limma 9 gewasht.\n10 Ras t.\nSecond tètracorde.\n10 Rast.\n11 nehawi.\n12 zenguleh.\n13 buzruk.\nTJJ 14\nIdem. < r, 6 ..\n15 Kurdi.\n16 uzal.\n17 Segia.\n18 puzelik.\n19\n' (ton mineur limma 20 hedjaz.\nDegré J ton I J .. J 21 saba.\nsupplémentaire. majeur j ( imma | 22 lier;me}1_\nv comma pyth. 23 Nawa.\nPour ce qui est de la délicatesse d'oreille des Orientaux et de leur\nsûreté d'interprétation musicale, l'une et l'autre sont absolument remar-\nquables, mais on aurait tort de croire comme l'a très judicieusement fait\nobserver Helmholtz que les diverses particularités harmoniques des\ngammes orientales soient si faible qu'il faille une éducation incroyable-\nment raffinée de l'oreille pour en apprécier l'effet esthétique, je prétends\nen effet, avec l'illustre physicien \"que cette opinion des modernes\nthéoriciens ne peut avoir pris naissance que parce qu'aucun d'entre eux\nn'a cherché à réaliser dans la pratique ces différents modes, et à les com-\nparer au moyen de l'oreille. \"J\nP. J. THIBAUT,\nDES AUG. DE L'ASSOMPTION.\n1 Théorie physiologique de la musique, p. 370."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8.2", "titre_corps": "PARIS.", "titre_sommaire": "PARIS.", "signature_source": "Gaston Carraud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "PARIS.\nJanvier.\nLe moment où nous changeons de millésime n'est point favorable à\nl'activité musicale. Au théâtre nous n'aurions à noter en ce premier\nmois si tragique de l'année, que la représentation de à\nl'Opéra-Comique. Il vaudrait mieux ne pas la noter. Ce mélo informe\net injurieux, que nulle personne ouverte à la musique ne saurait entendre\nsans se sentir tout l'être soulevé de mépris, avait déjà montré sa pauvre\ngrimace à l'Opéra, avec un effet médiocre. Infiniment mieux présenté,\ncomme vous le pouvez penser, par M. Albert Carré, il a été accueilli,\nà la répétition générale, avec indifférence ; à la \" première \", avec\nscandale ; aux représentations suivantes, paraît-il, avec chaleur."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "Cinq ouvrages de l'école italienne moderne encombrant à la fois le\nrépertoire du Théâtre National de l'Opéra-Comique, vous estimerez\npeut-être que c'est beaucoup, et même un peu trop ? Mais l'Opéra-\nComique est encouragé en cela par les parlementaires qui rapportent le\nbudget des Beaux-Arts et, dit-on, par le gouvernement lui-même. L'ltalie\ncependant défend énergiquement son territoire contre la musique\nfrançaise. Et ces choses sont beaucoup plus naturelles qu'elles n'en ont\nl'air. Pour les Italiens d'aujourd'hui, la musique n'est qu'une denrée\ncommerciale : ils appliquent en conséquence tous leurs efforts à écouler\nà l'étranger leur malsaine camelote, et à écarter de leur propre marché\nles importations de qualité meilleure. Pour les Français au contraire, la\nmusique est un art : une chose donc à laquelle vous ne voudriez pas que\nni le pays ni surtout l'Etat prissent le moindre intérêt. Et pendant ce\ntemps, un musicien admirable, un homme dont tout autre peuple se\nferait grande gloire, M. Albéric Magnard, retiré dans le fond d'une\nprovince, produit œuvres sur œuvres, qu'il publie avec sérénité, sans que\npersonne consente à les entendre. Bér se range à côté de\nsur un rayon de bibliothèque : mais s'ébaudit au soleil de la\nrampe.\nDans les concerts nous ne trouverons rien à retenir, si ce n'est\ncette exécution de la Neuvième Symphonie de Beethoven au Concert Colonne,\noù pour la première fois nous avons réalisé à Paris, par nos propres\nmoyens, quelque chose de comparable aux exécutions de ces grandes\nsociétés chorales étrangères, qui sont venues à diverses reprises nous\némerveiller. Certes il nous reste encore à faire pour les égaler. Mais le\nsuccès obtenu, après cinq années seulement, par l'Ecole de Chant\nChoral dont M. Jean d'Estournelles de Constant est le fondateur, M.\nGedalge, l'inspecteur, et M. Henri Radiguer, le directeur intelligent,\nardent, et parfaitement dévoué, suffit à prouver que nous pouvons y\nparvenir. Continuons seulement à le vouloir bien, et à savoir y travailler.\nLe peuple de chanteurs qui couvrait la scène du Châtelet est déjà très\nmusicalement discipliné. Sans doute la qualité des voix progressera, par\nétude et par sélection : mais dès maintenant l'essentiel est acquis. L'exé-\ncution dirigée par M. Gabriel Pierné a été toute entière très remarquable;\nmais il semble que ce soit le chœur qui ait le mieux suivi son impulsion,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "et senti l'œuvre sans pareille avec le plus d'enthousiasme et de foi.\nCombien il s'est montré supérieur, tout au moins, aux professionnels du\nquatuor solo !\nPuisque le mois dernier nous avons été obligés de négliger les\nconcerts, revenons un peu en arrière. Ce n'est plus trois séances qui nous\nappellent chaque dimanche à la même heure, mais cinq. Les Concerts\nSechiari viennent de s'établir au Théâtre Marigny, et prospère\nau Théâtre des Arts : son jeune orchestre s'assure, et si certains Festivals\nBeethoven et Schumann nous ont paru un peu trop à la manière de nos\n\" grands concerts \", d'autres programmes nous en ont très heureusement\nécartés. Celui de M. Catherine, par exemple, avec la symphonie de\nChausson ; et surtout celui de M. Bachelet, qui a dirigé la symphonie\nde Lalo, l'ouverture de Polyeuctede M. Dukas, la suite de de\nM. Pierné avec un sentiment de la forme et de l'âme de la musique,\nune sûreté et une habileté techniques, qui le placent désormais au rang\nde nos premiers chefs d'orchestre.\nQuant aux Concerts Colonne et Lamoureux, les voici déjà dans la\nseconde moitié de leur saison ; et rarement leurs programmes se sont\nsoutenus avec autant d'obstination dans le vieux, le banal, ou le médiocre.\nCe qu'ils nous ont donné de considérable jusqu'ici, ce qui a pu leur\ncoûter un peu de peine, exciter un peu d'intérêt véritable, se résume dans\nla symphonie de M. Casadesus dont je vous ai parlé en son temps, et une\nsymphonie de Briickner, jouées toutes deux par M. Camille Chevillard.\nPour un total de vingt huit concerts, au Châtelet et Salle Gaveau, avouez\nque cela est misérable.\nLe cas de Brûckner vaut bien quelque réflexion. Deux ans de suite\nM. Hasselmans s'est vainement efforcé d'imposer à son public la huitième\nsymphonie ; M. Chevillard vient de donner la septième, avec moins de\nsuccès encore. Cependant, après avoir été dans son pays même la victime\nde dédains odieux, brebis expiatoire du wagnérisme, sur qui les généreux\nbrahmines passèrent des colères qui n'osaient s'attaquer à Wagner lui-\nmême, Anton Briickner, depuis sa mort, est mis par l'Allemagne au\nnombre de ses plus grands musiciens : c'est tout juste si certains admet-\ntent une distance de Bach et de Beethoven à lui. Il nous est impossible\nd'apprécier de loin ce qu'il peut y avoir de sincère ou de factice dans cette\nfaveur posthume. Brûckner a des thuriféraires dont le zèle ne connaît pas de\nlimites, et risque de passer le but : car le sentiment de la réalité disparaît"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "dans le rayonnement de leur ivresse. Une chose est certaine : c'est que\nl'influence de Briickner, dont l'œuvre commence à peine à atteindre le\npublic, avait déjà fortement agi sur les symphonistes à la mode, qui\nsurent faire leur profit de ses vastes ouvrages, avant de songer à en\nrépandre la connaissance. En vérité, cette musique répond assez bien à\nl'idéal et au gros goût de l'Allemagne mégalomane d'aujourd'hui. Nous\nignorons trop M. Mahler pour savoir si vraiment Briickner peut être\nconsidéré comme son prédécesseur direct. Mais M. Richard Strauss lui-\nmême doit bien quelque chose à l'enflure fastueuse des symphonies du\nvieil organiste autrichien, à leur grandiloquence effrénée, à leur tapage\nhéroïque, à leur pesant badinage, à certains détails même de leur écriture,\nà leurs moyens accumulés, et surtout à cette sentimentalité déséquilibrée,\nqui paraît voulue chez l'auteur de Saloou qu'il sait tout au moins si\nintelligemment tourner à avantage pratique, tandis que l'ingénu Briickner\nla poussa bonnement jusqu'à mourir vierge, à soixante douze ans avec\nl'aide, il est vrai, d'une mysticité sincère.\nNé a Ansfelden en 1824, fils d'un très simple maître d'école de la\nHaute Autriche, usant toute sa vie aux fonctions | d'organiste, Brùckner\na composé et c'est, avec quelques partitions religieuses, à peu près"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.50", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "tout son œuvre neuf symphonies : il a désiré que la dernière, qu'il\ndédia au Bon Dieu, et laissa d'ailleurs inachevée, portât le chiffre dix au\nlieu du chiffre neuf, par respect pour la de Beethoven. N'est ce\npas à la fois nigaud, vaniteux et touchant ? Assurément il écrivit de la\nmusique pure, et il la conçut bien sous la forme monumentale. On hésite\ncependant à le classer parmi les purs symphonistes et les grands architectes\nde la musique : et quand on l'entend comparer, sous le prétexte de sa\ncandeur et de sa piété, à notre César Franck son contemporain on ne\npeut que hausser les épaules. Entraîné par la réelle puissance de son\ntempérament particulier, et très évidemment anormal ; dominé par une\nimagination, une sensibilité, surtout une naïveté colossales ; fasciné\nd'ailleurs par Richard Wagner, il a introduit dans la musique pure\nl'élément dramatique : et tout dans ses symphonies, la pensée et la forme,\net l'étalage même, aride et vide, d'une scolastique impitoyable, se résout\nen effets de théâtre, et se gouverne par le sentiment. Un sentiment\ndébordant, qui ne se gouverne pas lui-même. A peine se sont elles\npesamment et comme confusément ébranlées ces départs ne sont pas\nsans grandeur ses idées s'échappent soudain en fanfares, en tumultes\nd'enthousiasme, en exclamations d'extase. On arrive bien à démêler par\nl'analyse les lignes élémentaires de la composition et du développement\nclassiques, mais boursouflées dans une telle méconnaissance des propor-\ntions, déformées par une modulation incessante et l'énormité de l'instru-\nmentation, surchargées par la longueur et la profusion des thèmes, au\npoint qu'on ne les saisit pas à l'audition. Il est bien possible que la pensée\ndu musicien se soit tracé un plan, mais si étendu et si lâche qu'on ne\npeut l'embrasser d'un regard. Et cette pensée n'est point capable de se\ncontenir dans ce plan, ou bien elle y entasse tout ce qu'elle rencontre en\nchemin, et en donnant à tout la même valeur. On reconnaît un de ces\nesprits ou de ces cœurs généreux, mais inquiets et déréglés, qui sont\ntoujours en marche vers Tailleurs d'un idéal confusément rêvé, passionné-\nment appelé, qu'ils touchent un moment avec des cris de délire, et qui\nleur échappe aussitôt pour les entraîner plus loin.\nDevant ces symphonies turgescentes, où tout, jusqu'au vise\nau grandiose et qui en possèdent en effet le sentiment, l'impression\ndominante reste d'impuissance et de maladresse. Elles sont solides peut-\nêtre, mais rien que par entassement de masses. Le plus bouillant de leurs\nadmirateurs, M. William Ritter, ne les qualifie-t-i 1 pas de mastodontes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "musicaux ? La pauvreté des conclusions, quand elles prétendent à la force,\nest frappante. On ne comprend pas que Brùckner ait pu être traité de\ngrand contrapontiste. Son écriture polyphonique est embarrassée et con-\nfuse ; son développement, non pas seulement scolastique, mais scolaire ;\nil abuse prodigieusement du trémolo ; il emploie constamment, et avec\nquelle raideur et quelle gaucherie, ce procédé du qui\ndevient si puéril, quand il n'est pas commandé par l'idée même. C'est\nla musique d'un homme dont toutes les aspirations sont sublimes, mais\nqui est sans culture ; d'un homme profondément pieux, mais qu'éblouis-\nsent, comme les humbles, la pompe du culte, les tonnerres ou la voix céleste\ndes grandes orgues, le magnifique et surabondant mauvais goût de certaines\néglises, et non la grandeur propre de l'idée religieuse. Et la musique de\nBrùckner cependant, si mêlée et si mal ordonnée qu'elle soit, contient,\ndans les adagio particulièrement, des beautés émouvantes et majestueuses.\nEt sa sincérité reste admirable, jusque dans l'incontinence de son\nrhétorique.\nBeautés néanmoins qui pourraient bien nous rester impénétrables, à\nnous autres Français, tout autant que, à l'opposé, les mornes perfections\nde Brahms. Brahms et Brùckner représentent les deux extrêmes manières\nd'être du sens artistique et du sentiment intime le plus spécifiquement\nallemands. Nous ne distinguons pas en eux ce qui chez un Beethoven,\nun Schumann, un Wagner, non moins allemands, appartient cependant à\nl'humanité tout entière. Notre jugement, en somme, après une connaissance\nsi bornée de Briickner, doit rester provisoire. Ce qu'il nous faudrait,\nc'est qu'un des chefs d'orchestre qui lui ont dévoué une étude spéciale, et\nse sont fait en Allemagne même la réputation de le comprendre et de\nl'interpréter avec une exactitude magistrale, vînt à Paris le faire vraiment\nconnaître. Mais le chef d'orchestre en tournée ne pense qu'à soi, et son\nimprésario qu'à Beethoven ou à Berlioz, dont l'action sur la recette est\nplus certaine.\nDepuis deux siècles environ, ils reste entendu que l'Angleterre n'a\npoint de musique : et on ne peut malheureusement nier le fait. Mais les\nAnglais estiment, avec quelque apparence de raison, qu'on exagérerait en\nconcluant de là qu'ils sont incapables d'en avoir. Pourquoi, en effet, le\nseraient-ils devenus, alors qu'ils possédèrent, au XVIe et au XVIIe siècles,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.52", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "une école admirable ; alors que la richesse de leur mélodie populaire et\nle goût du chant choral, goût naturel à la race entière, persistant, déve-\nloppé, si heureux en résultats, témoignent que cette race n'est point du\ntout inapte à la musique ? Le très long espace de temps pendant lequel\nelle a cessé d'en composer peut sembler inquiétant, il est vrai. Et je ne\npartage point l'opinion que le caractère particulièrement musical de la\npoésie lyrique anglaise doive inspirer plus de confiance en l'avenir de la\nmusique anglaise. Au contraire, j'ai toujours pensé que la poésie n'était\nqu'une forme rudimentaire de musique, et l'importance qu'elle a prise en\nAngleterre pourrait bien prouver que cette forme rudimentaire convient\nexactement et suffit à l'instinct musical des Anglais.\nLes Anglais cependant ont fini par éprouver un désir efficace\nde produire aussi une musique qui leur appartînt. Le mouvement, com-\nmencé dans la seconde moitié du siècle dernier, s'est développé peu à peu,\net la volonté impérieuse et tenace de ce peuple lui donne aujourd'hui une\nactivité extraordinaire. C'est à Leipzig, naturellement, que les Anglais\nont commencé par aller prendre des leçons, et l'originalité de leurs\npremières tentatives s'en est ressentie. Ils n'avaient d'ailleurs, par tempé-\nrament et par goût, que trop d'inclination à accepter la discipline men-\ndelssohnienne. Mais ils semblent en ce moment assez disposes a s'en\ndégager, et à se porter, non sans zèle, vers nous. Il existe à Londres, depuis\nplusieurs années, une Société des Concerts par qui tous les musi-\nciens de notre jeune école, et jusqu'aux plus jeunes, sont aussi connus et\nappréciés en Angleterre qu'à Paris. Et voici qu'une société sœur, la\nBritish Concerts Society, se fonde à Paris pour y faire connaître toute la\nieune école anglaise.\nLe premier concert qu'elle a donné Salle Erard a été très sympathi-\nquement accueilli. On ne saurait dire cependant qu'il nous ait apporte des\nassurances bien précises sur l'état et la direction de cette école. Sans doute\nconvient-il, pour se former une opinion, d'attendre les concerts suivants,\net de connaître un plus grand nombre de compositeurs et de compositions.\nC'est par un hommage à l'ancêtre Purcell que fut inaugurée la séance ;\net son Evening Hymn est resté, il faut bien l'avouer, d'un voisinage\nécrasant pour sa descendance. Des lieder de MM. Elgar, Quilter, Somer-\nwell, Landon Ronald, Hubert Bath, remarquablement chantés par Mrs.\nSwinton et remarquablement accompagnés par M. Yves Nat, on aurait\npu mieux iuger, si les organisateurs du concert avaient pris le soin d'en"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "faire distribuer aux auditeurs une traduction française. Dans l'ignorance\ncomplète de leur signification, la musique m'en a paru claire, assez large-\nment mélodique en général, assez noblement expressive, toujours un peu\ndans la même couleur, l'agréable Lullaby de M. Cyril Scott excepté, qui\nmalheureusement souffre, surtout vers la fin, d'une fâcheuse banalité. Des\nV ariations^d'une variété et d'une abondance excessives, extraites d'une\nsonate pour piano de M. Benjamin Dale, et deux pièces importantes pour\nalto et piano; une Romance de M. Dale, et une Sonate de M. York Bowen,\nformaient la partie instrumentale du programme. Je comprends que la\nprésence d'un altiste aussi accompli que M. Lionel Tertis ait fait surgir\nen Angleterre toute une littérature pour un bel instrument, d'habitude\nplus dédaigné ; mais quel que soit le talent de l'interprète, l'alto reste de\nressources bien monotones pour soutenir une composition développée.\nDe Mendelssohn, ces divers ouvrages, où l'on sent toujours le\nmusicien qui n'a pas trouvé sa forme et son expression personnelles et\nles cherche en tous sens, gardent la carcasse classique et la complaisance\nde certaines mélodies un peu creuses, un peu filandreuses. Ils ont leurs\ndéfauts, qui sont par exemple une grande difficulté à se décider à finir,\net une incohérence spéciale, qui les porte instantanément de la mélancolie\npuritaine aux pires clowneries de virtuoses. Mais ils ont aussi leurs\nqualités, qui méritent bien notre attention. Ils sont vivants. Ils sont\nconsciencieux. S'ils nous paraissent en trop d'endroits inégaux à l'inten-\ntion qui les inspira, du moins cette intention reste-t-elle fort estimable.\nDans une intéressante causerie préliminaire, M. Calvocoressi nous\na expliqué que cette musique reflétait déjà complètement les caractéris-\ntiques de l'âme anglaise. Ce sont là de ces choses que nous ne pouvons,\nà moins d'une étude très approfondie, que difficilement distinguer, tant\nque l'artiste n'a pas trouvé une caractéristique musicale en correspon-\ndance avec sa caractéristique morale. Car c'est ce qui frappe dès l'abord\nl'étranger. Voyez nos comportements envers les Russes. Nous ne considé-\nrons comme vraiment russe que la musique si particulière des Mous-\nsorgsky, des Balakirew, ou des Rimsky-Korsakov. Mais en Russie ceux-là\nsont assez peu prisés ; et le véritable musicien russe, pour les Russes,\ncelui qui exprime totalement l'âme russe, c'est Tschaïkowsky, en qui\nnous ne discernons qu'un méchant métis allemand. Il semble que les\nAnglais, d'après ce que nous en voyons et toutes proportions gardées, n'en\nsoient encore qu'à leurs Tschaïkowsky. Peut-être se reconnaissent-ils"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.54", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "tout entiers, et un peu enfantins comme ils sont souvent, en cet art qui\nne nous paraît point du tout particulier, parce qu'il n'est pas musicale-\nment particulier. Et peut-être possèdent ils quelque Moussorgsky, quelque\nBalakirew ignorés, qu'ils dédaignent de nous montrer, et en qui nous\nverrons un jour l'âme anglaise, parce qu'ils auront trouvé une musique\nsingulière, qui nous paraîtra bien anglaise.\nM. Calvocoressi a encore comparé la longue éclipse de la musique\nanglaise à celle que subit la musique française depuis Rameau jusqu'à\nl'époque moderne. Mais d'abord notre éclipse se serait infiniment moins\nprolongée ; ensuite il n'y a pas eu éclipse, à proprement parler. Si pendant\ncertaines périodes la musique française a suivi des voies qui nous paraissent\naujourd'hui déplorables et dont nous aimons à détourner nos yeux, elle\nn'en a pas moins constamment subsisté, et subsisté en tant que musique\nfrançaise. Et il faut distinguer entre les influences étrangères qui ont pu\nl'asservir durant ces intervalles. Assurément Gluck, Spontini, Meyer-\nbeer lui ajoutaient bien des éléments exotiques : mais ils subissaient en\nmême temps une profonde influence française. Ils avaient eux mêmes\nchoisi la France comme le pays où ils reconnaissaient le plus d'affinité\navec leur idéal, le terrain le plus favorable au développement complet\nde leur personnalité. Ils s'y métamorphosaient. Ils étaient des naturalisés,\nesthétiquement et spirituellement. L'influence de Rossini au contraire\nqui d'ailleurs s'exerça sur le monde musical tout entier serait plutôt\ncomparable à celle, plus tard, de Wagner. Elle resta purement italienne,\ncomme celle du maître de Bayreuth reste allemande. Encore y a-t-il bien\nquelque chose de français, et non le pire, dans\nL'Angleterre n'a jamais subi que ce dernier ordre d'influences. Seul\nHaendel s'y est sans doute un peu transformé : les autres, Haydn, Weber,\nMendelssohn, Gounod, n'y sont venus qu'en étrangers, en invités, qui\ndonnent le ton aux dilettantes, et passent, sans entrer en échange intime\navec la race. C'est là ce qui reste menaçant pour l'avenir musical de\nl'Angleterre. Et si nous distinguons enfin chez elle une volonté très forte,\nnombreuse, sincère, agissante, de créer une école nationale, nous ne dis-\ntinguons que la volonté et pas encore le génie. Le génie cependant ne\nsuit pas l'école, dans l'histoire de l'art : il la précède. Nous voyons même\nque la condition première du génie est la spontanéité, et qu'il est génie\nprécisément parce qu'il se jette hors de l'école. Une autre école naît sur\nses pas et bourdonne sur place vainement, jusqu'à ce qu'un génie nouveau"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "survienne. Et à côté du génie, tout ce qui est école est comme rien.\nL'école, stérile vestale, est utile pour veiller la flamme sur l'autel. Mais\nce n'est point elle qui l'allume, et elle ne la veille pas toujours très bien.\nEt l'autel étoufferait sous la cendre, si le feu du ciel, dans un grand souffle\nde l'esprit, n'v descendait parfois.\nr 5 J I (Y A QTHNJ (.APPATTn\n\nGaston Carraud."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8.2.1", "titre_corps": "Hanslick et Bruckner.", "titre_sommaire": "Hanslick et Bruckner.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.49", "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "Hanslick et Bruckner.\nSilhouettes de Otto Boehler."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8.2.2", "titre_corps": "Wagner offrant une prise a Bruckner.", "titre_sommaire": "Wagner offrant une prise a Bruckner.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.49", "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "Wagner offrant une prise\na Bruckner."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8.3", "titre_corps": "UN INTERVIEW DE DON LORENZO PEROSI", "titre_sommaire": "UN INTERVIEW DE DON LORENZO PEROSI", "signature_source": "Gen. de Leva", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.55", "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "UN INTERVIEW DE DON LORENZO PEROSI\n\nDon Perosi vient d'obtenir à Naples un succès qui\ncomptera parmi les plus beaux de sa vie. Il a dirigé\nsa cantate \" Dies Iste \", son \" Salve Regine \" et ses\nsymphonies Rome et Florence. Notre correspondant\nparticulier a été assez heureux pour joindre le Maître\net celui-ci, avec la meilleure grâce du monde, a bien\nvoulu lui confier ses impressions et ses projets.\nL'église de Santa Chiara,une des plus belles et des plus vastes de\nNaples, est déserte. Au fond de la grande nef, devant le maître-autel, on\nvient d'achever l'estrade sur laquelle doit se placer le nouvel orchestre\nsymphonique que M. Carlo Clausetti, le représentant de la maison\nRicordi à Naples, et directeur de la \"\nMartucci\" a organisé pour cet hiver. Les ouvriers sont partis et fra Paolo,\nle moine sacristain, les clefs dans la main, se dirige vers la porte, lorsque je\nme présente.\nL'église va fermer, dit-il, que voulez-vous ?\nJ'attends le MaestroPerosi, qui m'a donné rendez-vous ici.\nEntrez, alors répond le moine —. Il va venir dans un moment\npour la répétition générale. Je vais ouvrir la grille du couvent d'où\npasseront les choristes et l'orchestre...\nIl me quitte et s'en va, clopin clopant, vers le couloir sombre qui\nlonge, au dehors l'église.\nJe n'ai aucun rendez-vous avec le Perosi ; je commence à\ncroire que ma présence dans l'église, sera remarquée par quelqu'un et\nqu'on me mettra gentiment à la porte. Je prends mon courage à deux\nmains et je passe derrière le maître-autel avec l'intention de me cacher\njusqu'au moment propice, pour tenter une conversation avec le célèbre\nabbé, que M. Clausetti a convié pour l'inauguration de sa Société de\nconcerts en lui confiant la direction de la \" Dies Iste"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "Tandis que je m'approche du tombeau de Marie de Valois, première\nfemme de Robert d'Anjou, morte en 1331, une main se pose sur mon\népaule et une voix amicale :\nComment, toi ici ? C'est le maestro Galassi, le directeur du\nCircolo Musicale Napolitano, qui a fourni ses élèves (plus de cent jeunes\nfilles et jeunes gens, dilettanti) pour les chœurs de la Cantata.\n—Je dois parler a don Lorenzo Perosi, et tu voudras bien me\nprésenter à lui.\nMais, c'est impossible, mon cher ; Don Lorenzo Perosi n'est pas\nbien disposé à l'égard des journalistes, et, puis, ici, à ce moment, quand\nil va diriger la répétition ! Ni avant, ni après la séance tu ne pourras lui\nparler.\nJ'insiste. J'ai une lettre de Paris à lui montrer et je me contenterai\nde quinze minutes, seulement !\nBien, attends, il arrive et j'essayerai ; mais, je te prie, cache-toi.\nLa répétition se fait à huis clos, et personne doit y assister. C'est l'ordre.\nL'orchestre se place ; les choristes aussi. Don Perosi, gai, souriant,\nson petit bâton à la main, se dirige vers l'estrade. Deux coups secs sur le\npupitre ; la répétition commence.\nSous la voûte sacrée de l'église les sons bruissent doucement dans un\nensemble d'harmonies simples, majestueuses. La mélodie s'élève noble,\nsévère, éclatante, délicate, ou dramatique, soutenue par l'orchestre le\nplus moderne.\nDon Lorenzo Perosi dirige, debout, les yeux dans les yeux des\nexécutants, qu'il anime par les expressions variées de son visage. Il se\npenche à droite, à gauche ; il chante, tout bas, avec l'orchestre, portant\nla main gauche sur sa bouche dans les pianissimo, ou brandissant le petit\nbâton avec force, pour obtenir tous les effets qu'il désire. On le comprend\nparfaitement ; il est satisfait.\nLa répétition est achevée ; don Lorenzo Perosi quitte sa place et\ngagne la sacristie. Il est fatigué, mais toujours souriant et enjoué.\nM. Clausetti et le maestro Galassi lui font compagnie lorsque je m'ap-\nproche pour lui présenter mes compliments et pour lui demander ses\nimpressions.\nJe suis très content me répond-il —. L'orchestre m'a compris\nimmédiatement et il joue très, très bien. Je ne puis prétendre à mieux.\nRemarquez qu'il vient à peine de se constituer. M. Clausetti a résolu le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.58", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "problème de réunir en organisation tout à fait indépendante les instru-\nmentistes de vos théâtres.\nEtes-vous aussi satisfait de la masse chorale ?\nOui, oui. Il est bien difficile d'obtenir dans le Salve Regma\nl'ensemble que vous venez d'entendre. Cette composition à\nprésente maintes difficultés. Je dois même convenir que les élèves de\nMaestro Galassi se portent à merveille. Vous verrez demain. Je crois que\nle public en sera content.\nOn apporte les partitions et le Maestro Perosi sort de l'église. Je\nl'accompagne et je monte en voiture avec lui, pour lui faire part de mes\nintentions de journaliste.\nAh ! merci, merci. Certainement, je me souviens des amis de\nParis et je vous charge de les saluer de ma part. Mais, un article ! Par\nmoi ? Je n'ai pas le temps. Et mon école de Rome et la direction des\nservices à la Chapelle Sixtine ! Comptez tous les jours que je disperse en\nconcerts, en voyages et vous verrez que je puis à peine me livrer à mes\ntravaux de composition.\nEst-ce que vous préparez d'autres Oratorios ?\n—Je viens d'achever la symphonie intitulée A Messina et je\ntravaille, maintenant, à mon nouvel Oratorio \" \",\ndont j'ai pris l'inspiration dans la livre de Job. Comme les précédents,\ncet oratorio a été écrit pour soprano, chœur et orchestre.\nQuelle partie du livre avez-vous choisi ?\nLe soliste commencera aux paroles :\nmeae et le chœur continuera : Qui pour laisser au soprano :\nNonne sicut lac mulcisti me.Puis, encore le chœur : vocem\ndicentem mihi et la voix du soprano sur le Credo quod redemptor précédera\nle Deus qui nos patrern et finira avec le Requiem aeternam.\nCet oratorio ressemble-t-il aux précédents ?\nNon, au dernier seulement, comme durée: pas plus de trente-cinq\nminutes de musique.\nEt le genre, lyrique ou dramatique ?\nQue voulez-vous que je vous dise. C'est mon genre habituel\navec un peu plus de douleur. Vous savez que Job a beaucoup souffert !...\nJ'ai tâché, comme d'habitude, du reste, de donner libre chemin à la\nmélodie, la seule que le public de tous les pays aime entendre toujours\net que je sente sortir de mon âme."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "Pardonnez-moi, Maestro, si je vous demande votre opinion sur\nla musique moderne.\nCe serait trop long à dire cela ! La musique que j'ai cultivée,\ncher Monsieur, a bien ses grands modèles : dans l'église Palestrina, dans\nl'Oratorio Bach et dans le théâtre Wagner. Généralement on fait une\ngrande confusion entre la musique sacrée et la musique religieuse. La\npremière est réservée aux fonctions rituelles de l'Eglise ; la seconde,\nau contraire, quoique inspirée par les livres saints, s'adapte aux exécu-\ntions symphoniques et chorales, soit dans les églises, soit dans les grandes\nsalles de concerts.\nEt dites-moi, Maestro, vous ne pensez pas au théâtre ?\nNon, je n'y pense pas. Ce sont les journaux qui, de temps en\ntemps, mettent en circulation ces bruits inconsistants.\nOn a cru parce que vous aviez intitulé vos symphanies A\nFlorence, A Messina, et A Rome...\nJe vous comprends, n'insistez pas ; mais voilà justement ce qu'il\nfaut bien expliquer. Mes symphonies n'ont aucun caractère religieux ni\npolitique. Elles sont de la musique pure et simple. Je me suis inspiré de\nla poésie de la belle ville de Dante et des fleurs, de la grandeur de la\nville éternelle, où je passe ma vie et qui est ma seconde patrie, et, enfin,\nde la pitié du désastre de Messine.\nEt, ensuite, que comptez-vous faire, Maestro ?\nPour le moment je ne saurais vous le dire. J'ai des engagements\net des offres auquels je n'ai pas encore répondu. J'ai accepté seulement\ndeux concerts à Paris. A Paris je retourne avec plaisir. J'y compte\nbeaucoup d'amis parmi les élèves du grand César Franck, auteur\nmalheureusement peu connu en Italie. C'est pour le 10 avril, je crois.\nJe vais diriger le Dies Iste et la symphonie Florence et Naples, puis, je\ndonnerai mon nouvel oratorio : In Pa\nEt en Amérique ?\nOui, on me demande aussi là-bas, mais, pour le moment, je n'ai\nencore rien décidé. J'ai refusé, ces jours-ci, un engagement de cent mille\nfrancs. Ce n'est pas l'argent qui me tente, et, puis, c'est si loin !...\nLa voiture s'arrête devant l'hôtel ; notre conversation est finie.\n5\n\nGen. de Leva."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c017", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.8.4", "titre_corps": "Don Lorenzo Perosi. Croquis de La Bella.", "titre_sommaire": "Don Lorenzo Perosi. 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Allix nous ayant adressé quelques réserves au sujet d'un article du R. P. T hibaut,\nparu dans 1' S.I.M. d'avril, nous avons cru bon de transmettre à l'auteur, à Odessa, la lettre de\nnotre collègue parisien. Le R. P. Thibaut répondit à son tour à ces objections et nous sommes\nheureux de pouvoir aujourd'hui soumettre à nos lecteurs les pièces de cette savante polémiqué.\nVoici tout d'abord la lettre de M. Allix :\nCher Monsieur,\nJ'ai lu avec un extrême intérêt l'article du P. Thibaut sur le neï et\nla musique orientale. Mais il me met dans une singulière perplexité. Je\nsavais depuis longtemps que sur ce sujet si embrouillé des gammes\norientales, les auteurs se contredisent entre eux ; si maintenant ils se\nmettent à se contredire eux-mêmes que deviendrons-nous ? c est a en\nperdre la tête. D'après le P. Thibaut d'avril 1909 (5.1.M.) \"la gamme\nnaturelle turque ou orientale est la suivante : \"\nMais d'après le P. Thibaut de 1906 (Revue Musicale, lerIer février 1906)\nla même gamme était :\n(Elle provient d'une division de l'octave en 17 parties où ne figurent que\nle limma et le comma pythagoriciens) ; ici le ton mineur est remplacé\npar le double limma, qui est plus petit d'un chisma ; et le demi-ton\ndiatonique ff est remplacé par l'apotome qui est plus grand du même\nchisma. (Le chisma est le très petit intervalle fffgf, qui est le rapport\ndu comma de Pythagore au comma syntonique).\nA qui devons-nous entendre? Pratiquement,la différence est insensible\nvu la petitesse du chisma (moins de ëèoe d'octave ou de 5V de demi-\nton tempéré mais elle a une importance théorique très considérable.\nUn peu de lumière serait à souhaiter. La confusion devient inextri-\ncable si l'on fait intervenir les diverses élucubrations de Raouf Yekta dans\nla Revue Musicale (printemps de 1907, et plus récemment encore). Cet\nauteur déclare être parfaitement d'accord avec son \" ami \" le P. Thibaut"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "(celui de 1906 !!), qui seul, à son dire, aurait correctement exprimé les\nintervalles de la gamme orientale. Oh ! parfaitement d'accord ! Seulement\ntandis que le P. Thibaut divise l'octave en 17 parties, lui, R. Yekta, la\ndivise en 24 ; à cela près ! Et l'on serait d'abord tenté de croire que cette\ndivision en 24 est le tempérament égal préconisé vers 1830 par Michel\nMeshaka de Damas et adopté, par ex., par Hornbostel lequel admet pour\nla gamme diatonique les intervalles que donne conventionnellement ce\ntempérament savoir (en 24\" d'octave): 4+3 + 3+4+3 + 3 + 4. Mais\npas du tout, car le dit Yekta déclare (Revue Musicale du ir avril 1907):\n\" Les oreilles de nos musiciens sont habituées à saisir 24 intervalles dans\nune octave, et chaque musicien ou chanteur de l'Orient est bien capable\nd'exécuter ces intervalles, soit sur son instrumento soit avec sa voix. \"\n[Consécutivement ? chaque musicien? ? hum... qu'elle est la différence de\nlatitude entre Constantinople et Tarascon ?] Cependant il ne faut pas\ncroire que ces intervalles sont tous égau ...\"\nAlors quoi ? Est-ce qu'un personnage idoine ayant quelque esprit\ncritique et quelque habitude de la précision scientifique, ne pourrait pas\ntirer tout cela au clair ? .\nBien à vous\nG. ALLIX.\nVoici la réponse du R. P. Thibaut:\nCe m'est un plaisir, Monsieur le Directeur, de répondre à votre\naimable invitation et de donner à votre docte collaborateur ces quelques\nmots d'éclaircissement qu'à bon droit il réclame, pour être tiré du\nsingulier état de perplexité dans lequel l'ont bien malencontreusement\njeté certaines affirmations, en apparence contradictoires, relevées au cours\nde deux articles que j'ai publiés à des époques différentes sur la musique\nOrientale.\nLes questions multiples et complexes qui ont trait à l'étude de la\ntonalité orientale ne sont point à la vérité, de celles que l'on peut résoudre\nau pied levé au cours d'un ou deux articles de revues, aussi bien appelé-je\négalement de tous mes vœux avec M. G. Allix, le personnage idoine qui\npourra enfin nous donner quelque jour un bel et solide ouvrage sur la matière.\nVoici pour ce qui me concerne la justification, ou plutôt, les éclaircissements\ndemandés au sujet du peu que j'ai écrit sur la tonalité orientale."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.62", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "Dans un premier article paru dans la Revue Musicale (ier février\n1906), article qui était la reproduction partielle d'une modeste con-\nférence donnée à la Schola cantorum de S' Chamond (Loire), j'ai cité le\ndiagramme fondamental des Orientaux dit de Pythagore, accepté par\nFarrabbi, Abdel Kader et tous les anciens théoriciens arabes et persans\nlesquels divisent l'octave en 17 intervalles ou 18 sons qu'ils représentent\nmathématiquement, dans un but purement didactique, par les chiffres\nordinaux de 1 à 18, intervalles qui concourent à la formation de deux\ntétracordes réguliers comprenant trois espèces de tons : le ton majeur, le\nton mineur et le ton minime. Le ton majeur composé du double limma\nplus la neuvième partie d'un ton ou comtna de Pythagore ce qui nous\ndonne l'intervalle de 9/8, le ton mineur composé uniquement du\nlimma formant un intervalle caractérisé par la fraction If&ff, le ton\nminime ou demi ton majeur appelé apar les pythagoriciens, inter-\nvalle formé par la réunion du comma de Pythagore et d'un limma dont\nle rapport harmonique est représenté par la fraction fèff.\nDans un second article paru dans le Bulletin de la Société\nnationale de Musique (Avril 1909), j'ai reproduit en cours de démons-\ntration, le diagramme fondamental non plus théorique mais pratique de\nla musique turque avec indication des rapports mathématiques qu'il\ncomporte sur le néï Mansour qui est un des principaux instruments\naccompagnateurs des voix dans les concerts, soit :\nCette gamme que l'on peut théoriquement diviser en 18 parties à\nl'instar des anciens théoriciens arabes et persans, les turcs la divisent\npratiquement en 23 degrés ayant chacun sa dénomination propre, en vue\nde caractériser les 22 intervalles inégaux qu'ils renferment, ou, en suivant\nle système syrien de Meshaqa, basé non plus sur la tonique ré mais sur\ncelle de sol,en 25 degrés comprenant 24 intervalles inégaux comme en\nfait foi le schéma comparé de ces deux gammes, composé sur les données\nde M. Raouf Yekta."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "•g ÉCHELLE TURQUE » ÉCHELLE SYRIENNE DE MESHAQA\n| p— g,\nW Noms Longueur de corde Q Noms Longeur de corde\n1 Teka. 768 1 768\n2 Pest buyati. 729 2 Nim hsar. 746\n3 Pest hisar. 719 Ui3 hsar. 734\n4 Pest hisarek. 691 iU4 tik hsar. 705\n5 <Ashiran. 682 f 5 'Oshiran. 685\n6 'Adjam'ashiran. 648 6 Nim'adjam. 663\n7 Suzidil. 639 Ifff 7 «Adjam. 645\n8 'Araq. 615 8 Iraq. 6i^j\n9 Gewasht. 606 ff 9 Kawasht. 608\n10 576 10 Tik hawasht. 611\n11 Nehani. 546 f 11 ifoj/. 575\n12 Zengulch. 539 12 Nim zergelah. 558\n13 Buzruk. 518 13 Zergelah. 542\nr4 Duga. 512 14 Tik zergelah. 526\n15 Kurdi. 486 15 512\n16 Uzal. 479 US! 16 Nim kurdi. 497\n17 Segia. 461 ïVar 17 Kurdi. 483\n18 Puzelik. 455 J 18 469\n19 Tsharga. 432 19 Buzalik. 457\n20 Hedjaz. 410 tV 20 Tik buzalik. 443\n21 Saba. 404 îi 21 430\n22 Nerimeh. 389 ï%8A 2 Arbà. 417\n23 Newa. 384 23 Hedjaz. 406\n24 Tik hedjaz. 394\n25 384\nDe ces deux systèmes le plus parfait est sans contredit le système\nturc, attendu qu'il nous présente des données harmoniques identiques\npour le fond à celles qui nous ont été fournies par les anciens théoriciens\narabes et persans. En effet, ce diagramme fondamental dont les savantes\ncombinaisons donnent naissance à l'extraordinaire variété des modes et\ndes gammes orientales, concoure au même titre que les 17 intervalles\nde l'échelle arabe dite pythagoricienne, à la formation de deux tétracordes\nréguliers, comprenant trois espèces de tons : le majeur, le mineur et le\nminime."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.64", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "Premier t\n( ton mineur f limma i Teka.\nton majeur J -j fff 2 pest beyati.\n§ ( limma 3 pest hisar.\nv comma pyth. 4 Pest hisarek.\n!limma 5\napotome J [6 'adjam 'ashiran.\n1 iimma ] • i • i\n( 7 suzidil.\napotome j 8 '^aq\nr ( limma 9 gewasht.\n10 Ras t.\nSecond tètracorde.\n10 Rast.\n11 nehawi.\n12 zenguleh.\n13 buzruk.\nTJJ 14\nIdem. < r, 6 ..\n15 Kurdi.\n16 uzal.\n17 Segia.\n18 puzelik.\n19\n' (ton mineur limma 20 hedjaz.\nDegré J ton I J .. J 21 saba.\nsupplémentaire. majeur j ( imma | 22 lier;me}1_\nv comma pyth. 23 Nawa.\nPour ce qui est de la délicatesse d'oreille des Orientaux et de leur\nsûreté d'interprétation musicale, l'une et l'autre sont absolument remar-\nquables, mais on aurait tort de croire comme l'a très judicieusement fait\nobserver Helmholtz que les diverses particularités harmoniques des\ngammes orientales soient si faible qu'il faille une éducation incroyable-\nment raffinée de l'oreille pour en apprécier l'effet esthétique, je prétends\nen effet, avec l'illustre physicien \"que cette opinion des modernes\nthéoriciens ne peut avoir pris naissance que parce qu'aucun d'entre eux\nn'a cherché à réaliser dans la pratique ces différents modes, et à les com-\nparer au moyen de l'oreille. \"J\nP. J. THIBAUT,\nDES AUG. DE L'ASSOMPTION.\n1 Théorie physiologique de la musique, p. 370."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.9", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "MUSICIENS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI, par\nADOLPHE JULLIEN. (Fischbacher, in-12.)\nCe titre réunit quelques feuilletons de critique courante,\nécrits pour le Moniteur Universel ou pour le Journal des Débats,\nde 1890 à 1909. Très pénétré de son rôle d'éducateur, M. Jullien\nn'hésite pas à faire entendre de dures paroles à ses contemporains\net à fustiger d'importance les enthousiasmes irréfléchis de certains\nsnobs. Sa plume, souvent pessimiste, parfois même morose, est\ntoujours guidée par la plus entière bonne foi ; elle dédaigne aussi\nbien l'ironie superficielle que le mot à succès facile.\nSi beaucoup des prévisions de M. Jullien se sont trouvées\nréalisées, il en est quelques-unes que le temps a formellement\ndémenties ; tels jugements portés sur César Franck, par\nexemple. En 1896, après une audition de Rédemption,\nM. Jullien concluait : \" L'inspiration fait défaut, et aussi, le\ngrandiose et le sublime L'œuvre entière est froide.\" En\n93, il s'indignait contre certaines gens qui osaient prétendre que\nl'auteur des Béatitudes avait du génie et qui voulaient voir là\nl'œuvre la plus puissante éclose depuis 30 ans. De telles appré-\nciations lui faisaient l'effet d'énormes pavés de l'ours \" et il se\ndemandait : \" de qui donc est-ce qu'on se moque ici ? \"\nT 5 * 1 * ... .\nJ ai bien peur que, pour une fois, M. Jullien ait voulu voir de l'ironie là où elle\nn avait que faire. Somme toute, ce recueil est singulièrement instructif pour l'histoire du\ngoût musical en France.\nV. P.\nF. BRUN (L'abbé). TRAITE DE L'ACCOMPAGNEMENT DU CHANT GRÉGORIEN.\n(Paris, au bureau de la Schola, 1909, in-8, 65 p.)\nLa reforme du chant liturgique et la publication de l'édition Vaticane rendaient\nnécessaire un enseignement nouveau de la théorie et de la pratique de l'accompagnement.\nM. 1 abbe Brun est assurément l'un des guides les plus sûrs et les plus discrets que puissent\nchoisir sur ce terrain les apprentis grégorianistes et même les grégorianistes exercés. Nous ne\nsavons sil s est souvenu de l'adage que les pédagogues de la Renaissance inscrivaient\nvolontiers en tete de leurs livres scolaires : \"la brièveté plaît aux modernes \". Il s'y est, en\ntous cas, conforme. Son Traite n'a que 37 pages de texte, que suivent des exemples notés.\nDire en peu de mots tout ce qui est essentiel, et le dire clairement, n'est pas chose commune.\nCe qui 1 est encore moins, c'est de se montrer à la fois observateur scrupuleux de toutes les"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.66", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "exigences de la tonalité et de l'accentuation grégoriennes, et musicien délicat, ennemi des\nformules usées et des cadences banales. Les 22 pages de musique qui suivent le traité con-\ntiennent des exemples d'accompagnement de mélodies grégoriennes pour chacun des huit\ntons, signés de MM. Bordes, Brun, Gastoué, Guilmant, d'lndy, de La Tombelle, Orban,\nPerruchot, de Ranse et de Séverac, un interlude de Titelouze et trois interludes, très beaux,\nde M. René Vierne, pour l'hymne Urbs Jérusalem.Comme le dit fort bien M. l'abbé Brun,\nces pièces \" prouvent éloquemment qu'on peut faire des choses très musicales et même très\nmodernes avec la tonalité et les thèmes grégoriens, et que les improvisiateurs de cavatines et\nde pastorales (en guise d'interludes) n'ont aucune excuse \".\nM. BRENET.\nE. MEIGNEN ET E. FOUQUET. LE THÉÂTRE ET SES LOIS, (I vol. in-8,\nLibrairie Théâtrale.)\n\"Il nous a semblé, disent MM. Meignen & Fouquet dans leur introduction, qu'il\n\" manquait un recueil pratique réunissant, sous la forme simple du dictionnaire, tous les\n\" renseignements que les auteurs, les écrivains, les directeurs de théâtre, les artistes, les\n\" spectateurs, et ceux qui s'intéressent à l'art dramatique ne peuvent se procurer qu'au prix\n\"de longues et difficiles recherches \". Les auteurs ont parfaitement atteint le but qu'ils\ns'étaient proposé : leur ouvrage, dans lequel la disposition alphabétique des matières rend les\nrecherches faciles et rapides, contient un très grand nombre de renseignements qui intéresse-\nront tous les amateurs de théâtre et de musique. Je ferai cependant une remarque : les\nauteurs, lorsqu'ils citent une décision de jurisprudence, n'indiquent aucune référence ; c'est, à\nmon avis, une lacune, même dans un recueil de vulgarisation. Enfin, une omission plus grave\nest celle de la loi du 12 avril 1906 sur les accidents de travail : cette omission rend inexact le\nparagraphe consacré à ce sujet.\nQuoi qu'il en soit, il faut savoir gré à MM. Meignen et Fouquet d'avoir mis à la portée\nde tous, les notions qu'il est indispensable d'avoir et les renseignements qu'il est souvent\nutile de connaître, sur les conditions, les usages et la réglementation de notre vie théâtrale et\nmusicale moderne.\nGEORGES BAUDIN.\nNORLIND (TOBIAS). CHANSONS SCOLAIRES LATINES EN SUÈDE ET EN FINLANDE.\n(XVI 187 pp.) 2 illustrations, 1 appendice musical. Lund, 1909. Imprimerie de\nHakan Ohlsson).\nDans cette publication extraite de l'annuaire de l'Université de Lund. M. Norlind,\nmusicographe suédois connu par ses nombreux travaux sur l'histoire musicale de la Suède\ns'est attaché à faire ressortir l'importance du chant dans l'éducation des enfants de son pays,\nau moyen âge, sous la Réformation et jusqu'au début du 19e siècle, période pendant laquelle\nla Finlande était encore sous la domination suédoise.\nIl nous apprend que les collégiens allaient de paroisse en paroisse mendier et quêter en\nchantant des cantiques latins, usage dégénéré en abus contre lequel les municipalités\ns'efforcent de réagir, mais en vain, puisque ces sortes de quêtes persistent, malgré leur\ninterdiction, jusqu'au commencement du 19e siècle. Cependant on était arrivé graduellement\nà supprimer l'emploi de ce choeur scolaire à l'église où il fut remplacé par l'organiste\naccompagnant le chant des fidèles, et dans les fêtes et cérémonies religieuses ou autres dont la\npartie musicale était de plus en plus confiée à des instrumentistes attachés aux diverses\nmunicipalités."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.67", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "Le Cantor, grand-maître du Collège au moyen âge réglait l'enseignement vocal des\nélèves qui chantèrent d'abord à l'unisson récitatifs, hymnes, psaumes puis plus tard des\ncantiques ou Pics Cantiones à plusieurs parties. Ces oeuvres chorales de composition plus\ncompliquée et dont l'auteur a dressé la nomenclature n'étaient pas toutes d'origine Scandinave,\nainsi qu'en témoignent certains cantiones du 16e et du 17e siècles qui se ressentent des\ninfluences littéraires et musicales venues à ces époques d'Allemagne principalement avec\nHeinrich Albert et Georg Weber de Koenigsberg ainsi qu'avec Johan Rist et Heinrich Pape\nde Hambourg. Ce dernier fut même nommé en 1662 organiste de l'église Jacob de Stockholm.\nOn retrouve l'influence française dans certaines chansons scolaires du moyen âge qui\nfont allusion aux mœurs dissolues des couvents et sont imitées des cantiones de l'école de Paris\nfréquentée souvent au 13e siècle par les étudiants suédois après un séjour d'études à Cologne.\nMais à partir du 14e siècle Paris est délaissé pour Cologne, Prague, Erfurt et Leipzig.\nAinsi se conçoit que les chansons scolaires, suédoises de cette époque n'offrent rien de\nspécialement Scandinave, leur structure est exactement la même que celle des chansons des\nautres pays, sauf parfois en ce qui concerne leur refrain. Elles se rapprochent au point de vue\nmélodique de la chanson populaire allemande du 14e et du 15e siècle : presque toujours de\nmesure binaire, rarement à trois temps, elles comportent une note pour chaque syllabe.\nAu cours de leurs promenades de paroisse en paroisse à l'occasion des grandes fêtes, les\ncollégiens accompagnaient parfois leurs chants latins, de danses, usage que M. Norlind explique\npar l'origine païenne de ces fêtes transformées par l'Eglise en cérémonies religieuses, et il est\namené ainsi à signaler la danse des épées et celle des arceaux de caractère comique, réservée\nla première à la corporation des forgerons et la seconde à celle des tonneliers. Le sens\nmythique de ces deux danses qui se complètent et dont il donne deux gravures, l'une de 1555\net l'autre de 1776, est la lutte entre l'hiver et l'été ou celle du Comte de Mai et du\nComte d'Hiver.\nL'auteur termine son étude si documentée en déplorant la décadence des piœ cantiones\nhâtée par la victoire des danses de salon et ajoute que lorsque vers 1740-50 la chanson\nscolaire chercha à se relever, c'était trop tard, de nouveaux styles étaient nés, l'ère des\ncantates d'église et des oratorios avait commencé.\nEt ce n'est plus qu'en Finlande, pays éloigné des grands courants de civilisation, que\nl'antique chanson scolaire latine s'est conservée et c'est de là qu'au seuil du 20® siècle nous\nviennent les dernières bribes d'une floraison autrefois si riche et si imposante.\nWILLIAM MOLARD.\nO. G. TH. SONNECK. REPORT ON \"THE STAR-SPANGLED BANNER \", \" HAIL\nCOLUMBIA \"AMERICA\", \" YANKEE-DOODLE \". (Washington, pet. in-40 v. 255 p. avec\n23 planches).\nLe distingué bibliothécaire de la section musicale de la grande Library of Congress, ou\nBibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington, avait reçu mission de rechercher les\norigines et les diverses versions des quatre chants nationaux ou populaires dont les titres sont\nénumérés ici. Il l'a fait avec une telle diligence, que son rapport forme tout un volume, d'une\nabondance d'informations extraordinaires, des plus curieux comme rapprochements, orné\nd'ailleurs de nombreux fac-similé des vieilles éditions, de citations musicales, et complété par\nune table copieuse des noms et des choses. Il fait le plus grand honneur à M. Sonneck.\nH. DE CURZON."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.68", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "HENDRICH (Hermann). — Der Ring des Niebelungen, in Bildern. (Lpz. J. J. Weber.\nin fol. 50 frs.)\nJe ne sais pas si Wagner, comme l'écrivait dernièrement un de nos collègues \" na rien\ninvente \". Mais ce qui est évident, c'est qu'il a provoqué un courant d'idées et d'effervescence\nartistique, comme peu d'humains ont été capables de le faire. Aussi, ceux que Wagner ennuie,\nont-ils soin de s'attaquer de préférence au \" Wagnèrisme \", plutôt qu'au Maître et à sa musique.\nSur Wagner tout le monde feint de s'accorder, mais on se rattrappe sur les Wagnériens. Ceux-\nlà n'ont pas cessé d'avoir une mauvaise presse d'un certain côté de la barricade musicale;\nparce qu'on sent évidemment que ces propagateurs de la foi nouvelle, constituent le vrai\ndanger. Sans eux, Wagner serait un homme comme tout le monde, un grand musicien, voilà\ntout. Avec eux il devient un chef d'école, dont la doctrine dépasse de beaucoup la rampe de\nl'opéra. Son rôle n'est plus celui d'un sympathique amuseur, mais celui d'un homme d'action,\ndont les prosélytes envahissants se retrouvent partout. Inde irae !\nLes arts plastiques, comme la littérature, ont subi l'influx wagnérien. Certains inconsciem-\nment, d'autres avec la ferme volonté oe paraphraser par le dessin et la couleur, les rêves\ndramatiques du maître de Bayreuth. M. Hendrich vient, à son tour, nous présenter ses visions\ninspirées par la Tétralogie. L'ouvrage est somptueux et les planches en couleurs y sont rendues\navec ces perfectionnements modernes qui rendront bientôt l'achat des originaux tout à fait\ninutile. Il y a 14 grandes compositions dans ce livre, toutes conçues avec un sens ingénieux de\nla couleur décorative. M. Hendrich est peintre beaucoup plutôt que dessinateur. C'est l'en-\nsemble des teintes qui règle l'ordonnance de ses toiles, et décide de l'impression qu'elles doivent\nfaire. Il y a là de très curieuse fulgurations, des obscurités rehaussées d'or tout à fait fantastiques.\nL'ensemble est assez la signification de l'art allemand moderne. La tendance décorative l'emporte.\nUn Français eut fait de l'illustration. M. Hendrich est hanté par la simplification du décor.\nEt n'oublions pas qu'il s'agit ici d'un art musicalisé. Qui dira tout ce que la plastique\nmoderne doit à l'explosion musicale du XIXe siècle ? La vieille imitation de la nature, avec\nses règles de composition logique, a fait place à une fantaisie sensuelle, où la volupté des yeux\ncherche avant tout à se satisfaire. La musique, qui est l'art du perpétuel devenir a engendré\nce que nous appelons aujourd'hui 66 la maladie de Vesquisse \", la passion de l'imprécis. L'œil ne\nveut plus qu'on le fixe en un moment de sa vision, mais au contraire qu'on l'associe à ce\nsentiment de relativité, d'éternelle ambiance, qui nous donne la notion de la vie. Un tableau\nn'est plus une reproduction mais une allusion à un élément mystérieux.\nCes tendances apparaissent, comme il convient, dans une transposition visuelle de\nl'Anneau du Niebelungen. Elles ne paraissent excellemment réalisées, et surtout dans le tableau\ndes Nomes, dans la Grotte de Fafner, enfin dans cette mort de Siegfried, dont la réduction ci-\ncontre peut donner une idée. C'est là un très bel ouvrage. J. E.\nRECTIFICATION. — A propos de l'article publié dans notre numéro de décembre\npar M. A. Gastoué, sous le titre de \" L'édition Vaticane, \" nous avons reçu une lettre d'un\nM. Dupont, que nous avons communiqué à notre collègue Gastoué, et à laquelle ce dernier a\nfait réponse. Nous croyons servir la cause de nos deux correspondants en résumant simplement\nici les éléments de leur polémique.\nM. Dupont écrit :\nuDom Pothier ni ne commença la publication de la Paléographie Musicale, ni n'écrivit le\npremier tome, ni même n'y collabora avec qui que ce soit, ni, à aucun moment, n'eut à laisser\nà Dom Mocquereau le soin d'y continuer la restauration grégorienne. Le seul inspirateur, le"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.69", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "Spécimen réduit d'une des 14 gravures à quatre couleurs contenues dans l'ouvrage \"L'Anneau du Nibelungen\" d'après des tableaux de\nH. Hendrich, avec texte français, allemand et ang-lais. Editeurs: Leipzig-, J. J. Weber; Paris, Librairie Fischbacher. 20 Francs."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.70", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "seul fondateur et le seul directeur de cette publication, c'est Dom Mocquereau. A lui et à\npersonne d'autre qu'en revient tout le mérite. Sans doute il y intéressa des ouvriers\nprécieux : Dom Cabrol et Dom Caqin, dès la première heure, et, ces dernières années, Dom\nPierre de Puniet et Dom Beyssac. Mais Dom Pothier, en dépit d'instances nombreuses, s'en\ndésintéressa dès le principe. La seule collaboration qu'il fut possible d'obtenir de lui, et non sans\npeine, fut une Etude sur les Neûmes Accents, soit dix pages du tome II qui en comprend 88 ;\nencore l'a-t-il pas achevée lui-même, et les tableaux qui suivent (p. 37-88), sont de Dom\nMocquereau et de Dom Delpech.\"\nM. Gastoué répond :\n\"M. Dupont veut bien me corriger et me faire remarquer que Dom Pothier n'écrivit que\ndans le Tome II de la Paléographie et non dans le Tome I, comme je l'avais écrit par\nmégarde. L'erreur est explicable, la correction aisée à faire et je considère l'incident comme\nclos. \"\n\nLIVRES REÇUS\nTAYLOR (David C.). The Psychology of Singing. (New York, Macmillan\nin-120 de 370 pp.).\nKRAUS (A. fïglio). Appunti sulla Musica dei popoli nordici. (Firenze in-8° de\n43 PP-> 12 PP- de musique et 3 planches).\nLEE (E. Markham). The Story of Opéra. (London Walter Scott Pub. C° 1909\nin-120 de 270 pp.).\nLANDORMY (Paul). Histoire de la musique. (Paul Delaplane 1910 in-120 de\n260 pp. 4 frs.).\nEBEL (Otto). Les femmes compositeurs de musique. Trad. française de Louis\nPennequin. (Paul Rosier, 191 o in-120 de 192 pp. 4 frs.).\nFINDEISEN (Nicola). Mélanges de musicologie (en russe) Pétersbourg 1903-1907,\n3 vol. in-B°.\nHistoire de la Société impériale de musique (1859-1909) Pétersbourg 1909 in-8° de\n240 pp.\nCOERNE (Louis-Adolphe). The Evolution of Modem orchestration. (New\nYork, Macmillan. 1908 in-8° carré de 280 pp.).\nLA M ARA. Musikalische Studienkoepfe. Band 111. (Breitkopf 1910 in-120\nde 320 pp. M. 4.).\nPUGNO (Raoul). Les leçons écrites. Chopin. (Librairie des Annales, 1909 in-40\nde 71 pp. 6 frs.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c024", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.9.2", "titre_corps": "MUSICIENS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI, par", "titre_sommaire": "MUSICIENS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI, par", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "MUSICIENS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI, par\nADOLPHE JULLIEN. (Fischbacher, in-12.)\nCe titre réunit quelques feuilletons de critique courante,\nécrits pour le Moniteur Universel ou pour le Journal des Débats,\nde 1890 à 1909. Très pénétré de son rôle d'éducateur, M. Jullien\nn'hésite pas à faire entendre de dures paroles à ses contemporains\net à fustiger d'importance les enthousiasmes irréfléchis de certains\nsnobs. Sa plume, souvent pessimiste, parfois même morose, est\ntoujours guidée par la plus entière bonne foi ; elle dédaigne aussi\nbien l'ironie superficielle que le mot à succès facile.\nSi beaucoup des prévisions de M. Jullien se sont trouvées\nréalisées, il en est quelques-unes que le temps a formellement\ndémenties ; tels jugements portés sur César Franck, par\nexemple. En 1896, après une audition de Rédemption,\nM. Jullien concluait : \" L'inspiration fait défaut, et aussi, le\ngrandiose et le sublime L'œuvre entière est froide.\" En\n93, il s'indignait contre certaines gens qui osaient prétendre que\nl'auteur des Béatitudes avait du génie et qui voulaient voir là\nl'œuvre la plus puissante éclose depuis 30 ans. De telles appré-\nciations lui faisaient l'effet d'énormes pavés de l'ours \" et il se\ndemandait : \" de qui donc est-ce qu'on se moque ici ? \"\nT 5 * 1 * ... .\nJ ai bien peur que, pour une fois, M. Jullien ait voulu voir de l'ironie là où elle\nn avait que faire. Somme toute, ce recueil est singulièrement instructif pour l'histoire du\ngoût musical en France.\nV. P.\nF. BRUN (L'abbé). TRAITE DE L'ACCOMPAGNEMENT DU CHANT GRÉGORIEN.\n(Paris, au bureau de la Schola, 1909, in-8, 65 p.)\nLa reforme du chant liturgique et la publication de l'édition Vaticane rendaient\nnécessaire un enseignement nouveau de la théorie et de la pratique de l'accompagnement.\nM. 1 abbe Brun est assurément l'un des guides les plus sûrs et les plus discrets que puissent\nchoisir sur ce terrain les apprentis grégorianistes et même les grégorianistes exercés. Nous ne\nsavons sil s est souvenu de l'adage que les pédagogues de la Renaissance inscrivaient\nvolontiers en tete de leurs livres scolaires : \"la brièveté plaît aux modernes \". Il s'y est, en\ntous cas, conforme. Son Traite n'a que 37 pages de texte, que suivent des exemples notés.\nDire en peu de mots tout ce qui est essentiel, et le dire clairement, n'est pas chose commune.\nCe qui 1 est encore moins, c'est de se montrer à la fois observateur scrupuleux de toutes les"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.66", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "exigences de la tonalité et de l'accentuation grégoriennes, et musicien délicat, ennemi des\nformules usées et des cadences banales. Les 22 pages de musique qui suivent le traité con-\ntiennent des exemples d'accompagnement de mélodies grégoriennes pour chacun des huit\ntons, signés de MM. Bordes, Brun, Gastoué, Guilmant, d'lndy, de La Tombelle, Orban,\nPerruchot, de Ranse et de Séverac, un interlude de Titelouze et trois interludes, très beaux,\nde M. René Vierne, pour l'hymne Urbs Jérusalem.Comme le dit fort bien M. l'abbé Brun,\nces pièces \" prouvent éloquemment qu'on peut faire des choses très musicales et même très\nmodernes avec la tonalité et les thèmes grégoriens, et que les improvisiateurs de cavatines et\nde pastorales (en guise d'interludes) n'ont aucune excuse \".\nM. BRENET.\nE. MEIGNEN ET E. FOUQUET. LE THÉÂTRE ET SES LOIS, (I vol. in-8,\nLibrairie Théâtrale.)\n\"Il nous a semblé, disent MM. Meignen & Fouquet dans leur introduction, qu'il\n\" manquait un recueil pratique réunissant, sous la forme simple du dictionnaire, tous les\n\" renseignements que les auteurs, les écrivains, les directeurs de théâtre, les artistes, les\n\" spectateurs, et ceux qui s'intéressent à l'art dramatique ne peuvent se procurer qu'au prix\n\"de longues et difficiles recherches \". Les auteurs ont parfaitement atteint le but qu'ils\ns'étaient proposé : leur ouvrage, dans lequel la disposition alphabétique des matières rend les\nrecherches faciles et rapides, contient un très grand nombre de renseignements qui intéresse-\nront tous les amateurs de théâtre et de musique. Je ferai cependant une remarque : les\nauteurs, lorsqu'ils citent une décision de jurisprudence, n'indiquent aucune référence ; c'est, à\nmon avis, une lacune, même dans un recueil de vulgarisation. Enfin, une omission plus grave\nest celle de la loi du 12 avril 1906 sur les accidents de travail : cette omission rend inexact le\nparagraphe consacré à ce sujet.\nQuoi qu'il en soit, il faut savoir gré à MM. Meignen et Fouquet d'avoir mis à la portée\nde tous, les notions qu'il est indispensable d'avoir et les renseignements qu'il est souvent\nutile de connaître, sur les conditions, les usages et la réglementation de notre vie théâtrale et\nmusicale moderne.\nGEORGES BAUDIN.\nNORLIND (TOBIAS). CHANSONS SCOLAIRES LATINES EN SUÈDE ET EN FINLANDE.\n(XVI 187 pp.) 2 illustrations, 1 appendice musical. Lund, 1909. Imprimerie de\nHakan Ohlsson).\nDans cette publication extraite de l'annuaire de l'Université de Lund. M. Norlind,\nmusicographe suédois connu par ses nombreux travaux sur l'histoire musicale de la Suède\ns'est attaché à faire ressortir l'importance du chant dans l'éducation des enfants de son pays,\nau moyen âge, sous la Réformation et jusqu'au début du 19e siècle, période pendant laquelle\nla Finlande était encore sous la domination suédoise.\nIl nous apprend que les collégiens allaient de paroisse en paroisse mendier et quêter en\nchantant des cantiques latins, usage dégénéré en abus contre lequel les municipalités\ns'efforcent de réagir, mais en vain, puisque ces sortes de quêtes persistent, malgré leur\ninterdiction, jusqu'au commencement du 19e siècle. Cependant on était arrivé graduellement\nà supprimer l'emploi de ce choeur scolaire à l'église où il fut remplacé par l'organiste\naccompagnant le chant des fidèles, et dans les fêtes et cérémonies religieuses ou autres dont la\npartie musicale était de plus en plus confiée à des instrumentistes attachés aux diverses\nmunicipalités."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.67", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "Le Cantor, grand-maître du Collège au moyen âge réglait l'enseignement vocal des\nélèves qui chantèrent d'abord à l'unisson récitatifs, hymnes, psaumes puis plus tard des\ncantiques ou Pics Cantiones à plusieurs parties. Ces oeuvres chorales de composition plus\ncompliquée et dont l'auteur a dressé la nomenclature n'étaient pas toutes d'origine Scandinave,\nainsi qu'en témoignent certains cantiones du 16e et du 17e siècles qui se ressentent des\ninfluences littéraires et musicales venues à ces époques d'Allemagne principalement avec\nHeinrich Albert et Georg Weber de Koenigsberg ainsi qu'avec Johan Rist et Heinrich Pape\nde Hambourg. Ce dernier fut même nommé en 1662 organiste de l'église Jacob de Stockholm.\nOn retrouve l'influence française dans certaines chansons scolaires du moyen âge qui\nfont allusion aux mœurs dissolues des couvents et sont imitées des cantiones de l'école de Paris\nfréquentée souvent au 13e siècle par les étudiants suédois après un séjour d'études à Cologne.\nMais à partir du 14e siècle Paris est délaissé pour Cologne, Prague, Erfurt et Leipzig.\nAinsi se conçoit que les chansons scolaires, suédoises de cette époque n'offrent rien de\nspécialement Scandinave, leur structure est exactement la même que celle des chansons des\nautres pays, sauf parfois en ce qui concerne leur refrain. Elles se rapprochent au point de vue\nmélodique de la chanson populaire allemande du 14e et du 15e siècle : presque toujours de\nmesure binaire, rarement à trois temps, elles comportent une note pour chaque syllabe.\nAu cours de leurs promenades de paroisse en paroisse à l'occasion des grandes fêtes, les\ncollégiens accompagnaient parfois leurs chants latins, de danses, usage que M. Norlind explique\npar l'origine païenne de ces fêtes transformées par l'Eglise en cérémonies religieuses, et il est\namené ainsi à signaler la danse des épées et celle des arceaux de caractère comique, réservée\nla première à la corporation des forgerons et la seconde à celle des tonneliers. Le sens\nmythique de ces deux danses qui se complètent et dont il donne deux gravures, l'une de 1555\net l'autre de 1776, est la lutte entre l'hiver et l'été ou celle du Comte de Mai et du\nComte d'Hiver.\nL'auteur termine son étude si documentée en déplorant la décadence des piœ cantiones\nhâtée par la victoire des danses de salon et ajoute que lorsque vers 1740-50 la chanson\nscolaire chercha à se relever, c'était trop tard, de nouveaux styles étaient nés, l'ère des\ncantates d'église et des oratorios avait commencé.\nEt ce n'est plus qu'en Finlande, pays éloigné des grands courants de civilisation, que\nl'antique chanson scolaire latine s'est conservée et c'est de là qu'au seuil du 20® siècle nous\nviennent les dernières bribes d'une floraison autrefois si riche et si imposante.\nWILLIAM MOLARD.\nO. G. TH. SONNECK. REPORT ON \"THE STAR-SPANGLED BANNER \", \" HAIL\nCOLUMBIA \"AMERICA\", \" YANKEE-DOODLE \". (Washington, pet. in-40 v. 255 p. avec\n23 planches).\nLe distingué bibliothécaire de la section musicale de la grande Library of Congress, ou\nBibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington, avait reçu mission de rechercher les\norigines et les diverses versions des quatre chants nationaux ou populaires dont les titres sont\nénumérés ici. Il l'a fait avec une telle diligence, que son rapport forme tout un volume, d'une\nabondance d'informations extraordinaires, des plus curieux comme rapprochements, orné\nd'ailleurs de nombreux fac-similé des vieilles éditions, de citations musicales, et complété par\nune table copieuse des noms et des choses. Il fait le plus grand honneur à M. Sonneck.\nH. DE CURZON."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.68", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "HENDRICH (Hermann). — Der Ring des Niebelungen, in Bildern. (Lpz. J. J. Weber.\nin fol. 50 frs.)\nJe ne sais pas si Wagner, comme l'écrivait dernièrement un de nos collègues \" na rien\ninvente \". Mais ce qui est évident, c'est qu'il a provoqué un courant d'idées et d'effervescence\nartistique, comme peu d'humains ont été capables de le faire. Aussi, ceux que Wagner ennuie,\nont-ils soin de s'attaquer de préférence au \" Wagnèrisme \", plutôt qu'au Maître et à sa musique.\nSur Wagner tout le monde feint de s'accorder, mais on se rattrappe sur les Wagnériens. Ceux-\nlà n'ont pas cessé d'avoir une mauvaise presse d'un certain côté de la barricade musicale;\nparce qu'on sent évidemment que ces propagateurs de la foi nouvelle, constituent le vrai\ndanger. Sans eux, Wagner serait un homme comme tout le monde, un grand musicien, voilà\ntout. Avec eux il devient un chef d'école, dont la doctrine dépasse de beaucoup la rampe de\nl'opéra. Son rôle n'est plus celui d'un sympathique amuseur, mais celui d'un homme d'action,\ndont les prosélytes envahissants se retrouvent partout. Inde irae !\nLes arts plastiques, comme la littérature, ont subi l'influx wagnérien. Certains inconsciem-\nment, d'autres avec la ferme volonté oe paraphraser par le dessin et la couleur, les rêves\ndramatiques du maître de Bayreuth. M. Hendrich vient, à son tour, nous présenter ses visions\ninspirées par la Tétralogie. L'ouvrage est somptueux et les planches en couleurs y sont rendues\navec ces perfectionnements modernes qui rendront bientôt l'achat des originaux tout à fait\ninutile. Il y a 14 grandes compositions dans ce livre, toutes conçues avec un sens ingénieux de\nla couleur décorative. M. Hendrich est peintre beaucoup plutôt que dessinateur. C'est l'en-\nsemble des teintes qui règle l'ordonnance de ses toiles, et décide de l'impression qu'elles doivent\nfaire. Il y a là de très curieuse fulgurations, des obscurités rehaussées d'or tout à fait fantastiques.\nL'ensemble est assez la signification de l'art allemand moderne. La tendance décorative l'emporte.\nUn Français eut fait de l'illustration. M. Hendrich est hanté par la simplification du décor.\nEt n'oublions pas qu'il s'agit ici d'un art musicalisé. Qui dira tout ce que la plastique\nmoderne doit à l'explosion musicale du XIXe siècle ? La vieille imitation de la nature, avec\nses règles de composition logique, a fait place à une fantaisie sensuelle, où la volupté des yeux\ncherche avant tout à se satisfaire. La musique, qui est l'art du perpétuel devenir a engendré\nce que nous appelons aujourd'hui 66 la maladie de Vesquisse \", la passion de l'imprécis. L'œil ne\nveut plus qu'on le fixe en un moment de sa vision, mais au contraire qu'on l'associe à ce\nsentiment de relativité, d'éternelle ambiance, qui nous donne la notion de la vie. Un tableau\nn'est plus une reproduction mais une allusion à un élément mystérieux.\nCes tendances apparaissent, comme il convient, dans une transposition visuelle de\nl'Anneau du Niebelungen. Elles ne paraissent excellemment réalisées, et surtout dans le tableau\ndes Nomes, dans la Grotte de Fafner, enfin dans cette mort de Siegfried, dont la réduction ci-\ncontre peut donner une idée. C'est là un très bel ouvrage. J. E.\nRECTIFICATION. — A propos de l'article publié dans notre numéro de décembre\npar M. A. Gastoué, sous le titre de \" L'édition Vaticane, \" nous avons reçu une lettre d'un\nM. Dupont, que nous avons communiqué à notre collègue Gastoué, et à laquelle ce dernier a\nfait réponse. Nous croyons servir la cause de nos deux correspondants en résumant simplement\nici les éléments de leur polémique.\nM. Dupont écrit :\nuDom Pothier ni ne commença la publication de la Paléographie Musicale, ni n'écrivit le\npremier tome, ni même n'y collabora avec qui que ce soit, ni, à aucun moment, n'eut à laisser\nà Dom Mocquereau le soin d'y continuer la restauration grégorienne. Le seul inspirateur, le"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.70", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "seul fondateur et le seul directeur de cette publication, c'est Dom Mocquereau. A lui et à\npersonne d'autre qu'en revient tout le mérite. Sans doute il y intéressa des ouvriers\nprécieux : Dom Cabrol et Dom Caqin, dès la première heure, et, ces dernières années, Dom\nPierre de Puniet et Dom Beyssac. Mais Dom Pothier, en dépit d'instances nombreuses, s'en\ndésintéressa dès le principe. La seule collaboration qu'il fut possible d'obtenir de lui, et non sans\npeine, fut une Etude sur les Neûmes Accents, soit dix pages du tome II qui en comprend 88 ;\nencore l'a-t-il pas achevée lui-même, et les tableaux qui suivent (p. 37-88), sont de Dom\nMocquereau et de Dom Delpech.\"\nM. Gastoué répond :\n\"M. Dupont veut bien me corriger et me faire remarquer que Dom Pothier n'écrivit que\ndans le Tome II de la Paléographie et non dans le Tome I, comme je l'avais écrit par\nmégarde. L'erreur est explicable, la correction aisée à faire et je considère l'incident comme\nclos. \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c025", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.9.3", "titre_corps": "Spécimen réduit d'une des 14 gravures à quatre couleurs contenues dans l'ouvrage \"L'Anneau du Nibelungen\" d'après des tableaux de", "titre_sommaire": "Spécimen réduit d'une des 14 gravures à quatre couleurs contenues dans l'ouvrage \"L'Anneau du Nibelungen\" d'après des tableaux de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.69", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "Spécimen réduit d'une des 14 gravures à quatre couleurs contenues dans l'ouvrage \"L'Anneau du Nibelungen\" d'après des tableaux de\nH. Hendrich, avec texte français, allemand et ang-lais. Editeurs: Leipzig-, J. J. Weber; Paris, Librairie Fischbacher. 20 Francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c026", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.9.3.1", "titre_corps": "La mort de Siegfried.", "titre_sommaire": "La mort de Siegfried.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 21, "texte": "La mort de Siegfried."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c027", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.9.4", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.70", "debut_caractere": 980, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "LIVRES REÇUS\nTAYLOR (David C.). The Psychology of Singing. (New York, Macmillan\nin-120 de 370 pp.).\nKRAUS (A. fïglio). Appunti sulla Musica dei popoli nordici. (Firenze in-8° de\n43 PP-> 12 PP- de musique et 3 planches).\nLEE (E. Markham). The Story of Opéra. (London Walter Scott Pub. C° 1909\nin-120 de 270 pp.).\nLANDORMY (Paul). Histoire de la musique. (Paul Delaplane 1910 in-120 de\n260 pp. 4 frs.).\nEBEL (Otto). Les femmes compositeurs de musique. Trad. française de Louis\nPennequin. (Paul Rosier, 191 o in-120 de 192 pp. 4 frs.).\nFINDEISEN (Nicola). Mélanges de musicologie (en russe) Pétersbourg 1903-1907,\n3 vol. in-B°.\nHistoire de la Société impériale de musique (1859-1909) Pétersbourg 1909 in-8° de\n240 pp.\nCOERNE (Louis-Adolphe). The Evolution of Modem orchestration. (New\nYork, Macmillan. 1908 in-8° carré de 280 pp.).\nLA M ARA. Musikalische Studienkoepfe. Band 111. (Breitkopf 1910 in-120\nde 320 pp. M. 4.).\nPUGNO (Raoul). Les leçons écrites. Chopin. 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Lionel Dauriac, président\nd'honneur.\nPrésents : MM. Dauriac, Poirée, Prod'homme, de la Laurencie, Ad. Boschot, E. Wagner,\nLaugier, d'Ortigue, G. Lefeuve, H. de Curzon, Or. IVlarage, Jean d Udine, de I>ertlia,\nGuérillot, Gastoué, Mmes Daubresse, Pereyra, Capoy, Delhez, Hibert.\nExcusés, MM. Malherbe, Ecorcheville, Vines, Mme Gallet.\nCandidatures :\nMM. le Cte Amédée de Vallombrosa, présenté par MM. Guérillot et Ecorcheville.\nLouis Delune, compositeur, présenté par id. id.\nMlle Jules Roche, présenté par Mme Gallet et M. Poirée.\nM. Raymond-Duval, présenté par id. id.\nCes candidatures sont admises à l'unimanité.\nLa parole est ensuite donnée à MME CAPOY pour une communication sur les Noëls\nnormands du XVP siècle.Cette communication est illustrée par l'audition de dix Noëls chantes\npar Mime Capoy ; Chantons Noël par mélodie ; l berger es ,• Ou\nA V ombre d'un buissonnet ; Chantons tous joyeusement\nnom ; Bergers, j'ai ouï la nouvelle ; Chantons Au piano\nM. E. Wagner.\nM. Gastoué fait quelques observations relatives à la tonalité de certaines de ces pièces,\nqui empruntent les tons ecclésiastiques, mais avec des altérations, provenant de ce fait que la\nplupart de ces cantiques populaires ne nous sont parvenus que dans des versions datant du\nXVIIIe siècles.\nPuis Mlle KARITÉ mime et danse des pièces de M. Déodat de Severac.\nSur la proposition de M. Ad. Boschot, on adopte à l'unanimité le vœu que la salle des\nconcerts du Conservatoire soit conservée lors de la démolition des constructions de 1 ancien\nhôtel des Menus-Plaisirs et du transfert du Conservatoire rue de Madrid. Ce vœu sera présenté\nau sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts par une délégation de la Section.\nLa séance est levée à 11 h."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.11", "titre_corps": "CHANSON INÉDITE", "titre_sommaire": "CHANSON INÉDITE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 68, "texte": "CHANSON INÉDITE\nParoles de M. 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Belgique.\nÉtranger. —JOUR ET NUIT, par PIERRE JOBBÉ-DUVAL. LES INSTRUMENTS; les\nnouveautés de partout par L. GREILSAMER. Notice historique sur le hautbois par BRIDET.\nQUESTIONS SOCIALES; le Gracieux Concours par M. DAUBRESSE. COURS\nET CONFERENCES à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales par G. ROUCHES.\nL'EDITION MUSICALE. Bérénice de Magnard, par Samazeuilh : Le quatuor à cordes\nde Th. Dubois, par J. 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Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nCe modeste compte rendu des Concerts de\nJanvier à Paris débutera par une \" annonce\net réclamera \" toute l'indulgence du public\ncar il sera insuffisant et incomplet. Le cente-\nnaire de Haydn qui a valu à l'S. un\nnuméro documentaire et à Y Actualité Musicale\nle \"Mois\" de M. Gaston Carraud nous a\nempêchés de faire même une simple mention\ndes concerts de décembre. Et voici que pour\nceux de janvier, nombreux et souvent impor-\ntants, les inondations, qui ont coupé Paris en\ndeux, ont singulièrement compliqué la tâche\nde nos collaborateurs. Malgré leur courage, ils\nont plus d'une fois reculé devant les dangers\nd'une navigation jusqu'aux salles Gaveau,\nErard et Pleyel. Eux aussi ont été débordés.\nNe voulant, contrairement à l'usage, parler\nque de ce qu'ils avaient entendu, ils ne nous\nont rien envoyé sur bien des séances certai-\nnement intéressantes. Que le lecteur nous\npardonne ! Février sera sans doute plus clé-\nment : de tant de flots envahissants il 11e sub-\nsistera plus que celui des concerts; nous ferons\nde notre mieux pour le canaliser.\nA l'Opéra Comique on reprend Phryné\net Paillasse, deux pièces qui se font mutuel-\nlement repoussoir.\nBelle est la voix de Mme Nicot-Vauchelet,\net plus distinguée encore sa personne. Pour\nune courtisane l'allure est un peu select. Peut-\nêtre l'art classique de M. St. Saëns convient\nil à la délicatesse de ce flirt.\nD c même M. Salignac a donné à Leonca-\nvallo une dignité que je ne lui connaissais\npas. Et ici, est-ce un mérite ? Il est vrai que la\nvoix, toujours un peu contenue de M. Salignac\nl'engageait à ménager ses effets. MIU' Lamare\ns'agite fort à propos ; le rôle est un peu haut\nperché pour elle. Mais bravo pour sa \" furia \"\nque je voudrais retrouver dans l'orchestre.\nN'atténuons pas ce qu'il y a de choquant\npour nous dans cette musique. Que resterait-il\nen effet ?\nEn Décembre, le Conservatoire avait\ninscrit à ses programmes la Symphonie avec\nchœurs, l'Enfance du Christ et un concert\ninédit de Haydn remarquablement joué\npar M. Boucherit. En janvier, M. Messager\na donné deux belles séances. A la première,\nMme Marguerite Long fut l'interprète élégante\ndu troisième Concerto de M. Saint Saëns,\nqu'accompagnaient la symphonie pastorale, le\nprélude à l'après-midi d'un Faune, de M.\nDebussy et une des cinq cantates que Bach\nécrivit pour la fête de Pâques. Programme\nsagement équilibré, comme on voit. La can-\ntate, donnée pour la première fois à Paris,\nest très stricte de forme, étant toute entière\nbasée sur l'hymne \" Victimœ Paschalis laudes\",\net sa beauté est austère.\nLes Concerts Lamoureux ont souffert\ndu désarroi général de la seconde quin-\nzaine car, faute d'éclairage, ils ont dû re-\nnoncer à leur séance du 30. Dans les trois"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.78", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "autres programmes il faut citer l'œuvre com-\nplexe, touffue, énorme de M. Richard Strauss\n\" Ainsi parla Zoroastre \", triomphe de cet\nadmirable orchestre et de son chef. Les applau-\ndissements du public ont prouvé, croyons-\nnous, une satisfaction d'ordre purement musical.\nIl a renoncé à scruter l'abstraite quintessence\nde la donnée littéraire. Puis ce furent la sym-\nphonie de Franck, la symphonie en ut mineur\nde M. Saint-Saëns (dont c'était exactement\nde la symphonie, bien entendu le 23™\nanniversaire au Concert Lamoureux), la sym-\nphonie en si b de Schumann, la Forêt enchantée\nde M. d'lndy, œuvre toujours jeune elle aussi,\nla Fantaisie sur des Airs Angevins, de G.\nLekeu, vigoureuse et franche, la Bataille des\nH uns, de Liszt, pompeuse et bruyante. Nous\nallions oublier l'agréable mais peu debussyste\npetite suite de M. Debussy, orchestrée par M.\nBusser. Chaque concert eut son soliste.\nLe mois de décembre s'est terminé aux\nConcerts Colonne par le grand succès de\nM. d'lndy conduisant des fragments impor-\ntants de l'Etranger, trop tôt exilé de l'Opéra.\nLa réouverture de janvier s'est faite par un\nFestival Franck, dirigé par son successeur à\nSte Clotilde, M. Pierné. Ce furent deux belles\nséances pour notre école française. Mais elles\nn'eurent pas de lendemain car on revint aux\nfragments de drames wagnériens inexplica-\nbles depuis qu'on les donne à l'Opéra et à\nla terrible Sinfonia domestica de M. Strauss,\nœuvre deux fois allemande. La Symphonie\navec Chœurs de Beethoven fut toutefois donnée\nle 23 et le 31 avec le concours de l'Ecole de\nChant Choral. Comme nouveautés une fan-\ntaisie pour piano et orchestre de Mme Mel-\nBonis et les Lieder de la Forêt, de M. J. G.\nGanaye, la première bruyante, les autres peu\nintéressants. Et c'est tout.\nDisons au revoir, avec quelques regrets, à\nM. Hasselmans dont l'orchestre joua pour\nla dernière fois le 15, avec deux œuvres nou-\nvelles ici, mais d'assez mince intérêt, une\nouverture pour Polyeucte, de M. Tinel et un\nscherzo de M. Simia. Par contre, Mlle Lucile\nPanis qui chante un air d'lphigénie en\nTauride a fait entendre une belle voix de\ncontralto dramatique. Après l'avoir applaudie\nau Conservatoire, nous espérons l'entendre\nbientôt au théâtre.\nLes Concerts Symphonia poursuivent\nleur carrière. En décembre, Mlles Rose Féart\net Lapeyrette, de l'Opéra, y chantèrent un duo\nnouveau de M. Léo Sachs, \"Jour et Nuit\"\nœuvre bien écrite pour les voix, sobre et distin-\nguée de forme, discrète d'orchestration. Les\ndeux séances de janvier (dont celle du 16 con-\nsacrée à Schumann) furent dirigées par M.\n.Catherine et M. Busser. La symphonie de\nE. Chausson fut applaudie comme elle eût dû\nl'être du vivant de son auteur.\nM. Sechiari, excellent violoniste, cappel-\nmeister un peu sec, reprend son bâton de\nchef d'orchestre et annonce six séances au\nThéâtre Marigny. Sa rentrée fut très applau-\ndie, mais le concert faillit être compromis\npar la grippe des deux solistes, M111(' Isnardon\net M11(' Leginska, que remplacèrent aimable-\nment MllU> Gaétane Vicq, dans les lieder de\nSchubert et M. Maurice Dumesnil dans le\nConcerto de Grieg. Comme nouveauté nous\neûmes un poème symphonique de Smetana,\nécrit en 1858, inédit à Paris, \" Richard 111 \"\nœuvre intéressante, dans la manière de Liszt.\nLe dilettantisme mondain est toujours\nfidèle à la Société Philharmonique, dont\nles programmes méritent cette faveur. Nous\nallons entendre le quatuor Rosé, deVienne, et\nd'autres artistes notoires. En attendant, la\nsociété fêta Schumann avec le quatuor Hayot\ntoujours élégant et précis, M. Artur de Greef,\nle délicat pianiste et surtout Mmc Bréma plus\nintelligente, plus expressive, plus communica-\ntive que jamais. Le 25, on applaudit le trio\nRusse (Mme Vera Press, MM. Joseph et\nMichael Press) qui joua un trio agréable de\nSchubert, un trio long et prétentieux de\nTschaïkowsky et une belle Passacaille de\nHaendel, enfin le baryton Oscar Seagle, à la\nvoix ample mais un peu dure et métallique.\nHuit matinées et soirées musique de\nchambre, soli et danses ont commencé à la\nSalle Fémina, sous le titre de Festivals\nMusica. Comme c'est M. Astruc qui les\norganise on n'a pas de déceptions à redouter."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.81", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3980, "texte": "Aux deux premières séances, les Quatuors\nParent et Geloso, le Quatuor vocal Expert\nM. Fauré, M. Diémer, Miss Maggie Teyte,\nMelle Henriquez, M. Cortot, M. Muratore et\npour la danse, Melles Chasles, Barbier, Kubler,\net Meunier, de l'Opéra, nous valurent une\nartistique satisfaction. Les programmes a venir\nne le cèdent en rien à ceux-ci.\nIl faudrait parler avec quelque détail de la\nséance supplémentaire donnée au theatre de\nl'Athénée par le Cercle Musical. Elle\nméritait certes plus nombreuse assistance.\nM. Debussy lui-même y conduisit ses jolies\nchansons de Charles d'Orléans, ou Miss\nTeyte chanta délicieusement le solo. Le\nQuatuor Firmin Touche joua le quatuor du\nMaître.\nNous ne pouvons que mentionner la \" ren-\ntrée \" de l'excellente Société Moderne\nd'lnstruments à vent. Ce groupe célébrait\nsa centième audition d'œuvres nouvelles, ce qui\nn'est pas un mince mérite. Nous avons goûté\nune fantasia con fuga de M. Flament, pour\nseptuor, le joli divertissement d'E. Bernard,\nauteur regretté, et un sextuor de M. Reuchsel,\ninférieur toutefois à ses œuvres pour cordes.\nLa Société Nationale elle aussi, n'en\nest plus à compter ses œuvres nouvelles. Dans\nsa séance du 22, après le quatuor d'E. Chausson,\nnous notâmes une suite agréable et bien écrite\npour piano à quatre mains (Rhapsodie Gaéli-\nque) de M. Paul Ladmirault. Le reste du\nconcert fut moins intéressant, même une autre\nrhapsodie pour deux pianos de M. Florent\nSchmitt, dont nous attendions mieux.\nRappelons les Soirées d'Art où tous les\nSamedis, rue d'Athènes, M. Barrau a son\npublic nombreux et fidèle pour célébrer Franck,\nSchubert et récemment M. Georges Enesco.\nNous allons enfin faire connaissance avec la\nmusique anglaise contemporaine, si, comme\nnous l'espérons d'après la première séance, la\nBritish Concerts Society tient ses pro-\nmesses et comme M. Calvocoressi l'a annoncé\ndans un speech inaugural. Le programme\ncomprenait des mélodies de MM. Elgar,\nCyrill Scott, Quitter, Ronald, etc. de ten-\ndances diverses mais prouvant un réveil\nmusical de l'autre côté du détroit. Miss\nSwinson a une belle voix de contralto et\nM. Lionel Tertis a joué en grand artiste de\nl'alto dans une sonate de M. Bowen et dans\nune romance intéressante de M. Dale.\nIl nous faut mentionner en hâte le Decem\nqui fit entendre un dixtuor de M. Th. Dubois,\nd'une belle sonorité, la sonate de violoncelle\nde M. Chevillard (l'auteur et M. Dressen),\nun Octuor de Mozart et une jolie mélodie de\nM. Léo Sachs, ule retour près de l'aimée \".\nM. Van Dyck y fut comme toujours un grand\nartiste. Un mot enfin : le Quatuor Mar-\nsick-Hekking qui a donné trois très bonnes\nséances, le Quatuor Parent qui, donnant à\nla Schola les i 7 quatuors à cordes et y sonates\nde piano de Beethoven, fait œuvre de vulga-\nrisation désintéressée (ce qui ne surprendra\npas de la part de M. Parent) ; le Quatuor\nPax j eune et ardent ; le Quatuor Lej eune,\nintelligemment dirigé et poursuivant son his-\ntoire du quatuor à cordes par deux fort inté-\nressantes séances de musique russe (la\npremière ouverte par une Conférence de\nM. Calvocoressi) : le Quatuor Rimé Sain-\ntel, le Quatuor Berthe Wagner, deux\ngroupes féminins d'une exécution souple et\ngracieuse.\nL'Union des femmes professeurs\net Compositeurs de Musique, présidée par\nMme Maurice Gallet, donne les ler et 3e Mardis\nune matinée salle Gaveau. Celle du 1 8 fut\nconsacrée à Mendelssohn avec le trio en ut\nmineur (Mlles Hélène Colin, Fernande Reboul\net Mme Ancel Guyonnet) des pièces de Piano\net de Violon (M,nes Reboul et Guyonnet) et\nde chant (Mme Jacquemin, soprano, MclJ(> Blot-\nkine, contralto).\nLe Lyceum Club reste le foyer musical\nintéressant que nous avons déjà mentionné, sous\nl'impulsion artistique de Mll<s Gignoux et\nDelhez. On y entend d'excellente musique le\nVendredi.\nTous les quinze jours, à la Salle de la\nSociété d'horticulture, M. Paul Landormy\ncontinue ses conférences musicales avec audi-\ntions sur les Grandes époques de la\nmusique. Il ne peut y avoir de meilleur"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.83", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4161, "texte": "complément d'une éducation musicale que ces\ntrès substantielles conférences qu'illustrent des\nartistes de premier mérite.\nNous arrivons aux Concerts d'Artistes, et\nc'est ici surtout que nous avons des oublis à\nnous faire pardonner. Mme Ida Isori vient de\nterminer ses six belles séances de musique\nitalienne ancienne, qu'elle a données avec\nM. Wittwer (violon) et M. Litta (piano). Ce\nfut une histoire complète de cette époque trop\ndécriée du bel canto, faite par une grande\nartiste. MHie Isori qui a obtenu tout le succès\nqui lui était dû nous reviendra sans doute.\nM. Mark Hambourg ne doit pas être jugé\nsur son exécution du Concerto en ut mineur\nde Beethoven au Concert Chevillard. Ses\ndeux concerts des 6et 11 janvier donnent une\nidée plus exacte de sa nature d'artiste. Sa\ntechnique est remarquable, il est d'une origi-\nnalité tout à fait intéressante dans les œuvres\nromantiques, mais il manque de style dans le\nclassique, il faut bien le dire. Son interpréta-\ntion de la sonate en si b mineur de Chopin\nsurpasse presque toutes celles que nous en\navons entendues. Mais il fut, dans la sonate\noP. 3de Beethoven, d'une fantaisie de rythme\net de nuances plutôt déconcertante. M. LAM-\nBERG, également pianiste, a bien joué les\nEtudes Symphoniques de Schumann, la mé-\ndiocre sonate de violoncelle de Chopin et une\nsonate de Locatelli avec Mnie Casais.\nM. Lortat Jacob (prix Diémer) a été\nforcé par les circonstances d'ajourner son con-\ncert annoncé pour le 30. Au premier, avec\nl'orchestre du Conservatoire que dirigeait\nM. Gaubert, il a joué avec style les Variations\nSymphoniques de Franck, le Concerto en sol,\nde Beethoven, celui en mi b de Liszt et un\npoème symphonique de M. Pierné que nous\nregrettons vivement d'avoir manqué.\nLa salle Erard a donné ce mois-ci. sa gra-\ncieuse hospitalité à quelque trente artistes.\nNous ne pouvons que mentionner le talent\ntrès délicat, très féminin de Mme Norman\nO'Neill, plus adéquat aux mignardises char-\nmantes de Scarlatti qu'aux œuvres de Brahms\net de Schumann ; et surtout le remarquable\ntempérament artistique de Mlk' Clara San-\nSOni qui a eu la bonne pensée de donner un\nConcert d'œuvres d'Albeniz, ce véritable créa-\nteur de l'école espagnole moderne. M]l<> Selva\net M. Ricardo Vînes jouent assez souvent de\nses œuvres, notamment de cette exquise Iberia,\nmais ils ne les jouent pas mieux que Mlle\nSansoni. Nous osons à peine consacrer deux\nlignes à M. Risler qui vient de jouer les\nsonates de MM. D'lndy et Dukas à la salle\nPleyel et qui y donnera encore un Concert\nmoderne, alors qu'il faudrait parler en détail\ndes œuvres et de l'artiste. Qu'il veuille bien\nnous en excuser.\nUne toute jeune violoniste, élève de M.\nParent, Mlle Crespi? débuta il y a quelques\njours à la salle Fémina. Nous croyons qu'elle\nprendra place parmi nos meilleurs violonistes\ncar elle a une remarquable qualité de son,\n(Concerto pour deux violons, de Bach, avec\nM. Parent) une technique complète (Concerto\nde Tschaïkowsky) et un beau style (sonate\npour violon seul De Bach). L'érudit et le\nvirtuose qu'est M. Debroux continue à la\nsalle Pleyel les intéressantes séances de musique\nancienne de violon dont il a on peut le dire,\nla spécialité. Personne ne connaît et ne fait\nconnaître comme lui ces œuvres trop oubliées.\n\" Aucassin et Nicolette, chante-fable\nen un prologue et trois parties, musique de\nPaul Le Flem, ombres de MM. Dorival et\nBordry \" fut un enchantement pour nos yeux\net un agrément pour nos oreilles, car les om-\nbres sont d'un goût parfait et la musique,\nplutôt Debussyste, a une réelle valeur. Avec\nune exécution plus soignée, ce sera un joli\npetit spectacle. Bravo pour la harpe chroma-\ntique modifiée, dont les dessus sonnent ad-\nmirablement.\nM. Bonjean, dont l'inépuisable bonté s'est\nvouée au sauvetage de l'enfance malheureuse\nou coupable, a entrepris aussi le sauvetage des\nlittérateurs et des musiciens incompris ou\ninfortunés. (Il en existe). Son œuvre est \" la\nJeune France.\" Il réunit chez lui ces jeunes\ntalents et rêve de leur donner une u Villa\nMédicis \" libre. M. Victor Charpentier le\nseconde. Nous avons eu le plaisir d'assister\nl'autre soir à une de ces réunions et, si nous"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.84", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "n'en avons pas rapporté d'émotion artistique\nprofonde, plusieurs des artistes étant quelque\npeu \" chatnoiresques \" elle nous a laissé le\nsouvenir d'une œuvre charitable et généreuse.\nPlus modeste est la société d'éduca-\ntion musicale qui nous avait conviés le 22\nune à soirée musicale à Auteuil. Elle a obtenu\ndes résultats encourageants que nous avons été\nheureux de constater.\nDeux mots, pour terminer, d'auditions d'élè-\nves spécialement intéressantes. M. Philipp\na fait entendre salle Gaveau ses élèves du Con-\nservatoire, avec le concours de plusieurs pre-\nmiers prix sortant de sa classe. Cet enseigne-\nment est hors de pair. M. Charles Bouvet,\nnotre distingué collègue a également présenté\nquelques-uns de ses élèves à la salle Pleyel\ndont plusieurs ont une virtuosité et un sens\nartistique intéressants. Mentionnons enfin une\nexcellente audition du Cours Sauvrezis,\nà Passy, dans les œuvres de Franck, et la très\nintéressante matinée de Mme Maurat-Sain-\nselve, avec concours de Mlle Lénars et de\nM. Lebebez, d'une charmante intimité.\nNous allons enfin avoir un Théâtre Mo-\nderne, et adapté aux besoins de l'art drama-\ntique et lyrique tel qu'il s'est établi en Europe\ndepuis les grandes réformes de Wagner. M.\nGabriel Astruc qui a assumé la lourde tâche de\ncréer cet organisme nécessaire, vient d'acheter\ncomme on le sait, avenue Montaigne, les\nterrains destinés à la construction de ce Palais.\nToute la presse a dit ce qu'il fallait sur cet\névénement. Nos lecteurs trouveront dans un\nde nos prochains numéros, tous les détails de\ncette Salle, qui sera un modèle, et qui profite-\nra de l'expérience de tous ceux qui ont élevé\ndes théâtres depuis trente ans dans le monde\nentier.\nLa manécanterie des petits\nchanteurs à la croix de bois\ndont nous avons à plusieurs reprises signalé\nl'intérêt, vient de recevoir de Sa Sainteté\nl'encouragement suivant :\n\" A nos chers fils, Charles Simon et Pierre\nMartin.\nCher fils, Salut et Bénédiction Apostolique :\nCe que l'on Nous a dernièrement appris de la\nSociété que vous avez fondée sous le nom de Mané-\ncanterie des petits chanteurs à la croix de bois. Nous\na été fort agréable. Nous nous réjouissons doublement\ndes soins pleins de zèle que vous prenez d'enseigner\naux enfants le chant de l'Eglise pour favoriser la\nrestauration de la musique sacrée, et de ce que vous-\nmêmes vous rendez plus fructueuse encore l'étude de\ncet art par l'instruction chrétienne qu'avec toute votre\nbonne volonté vous donnez aux petits chanteurs. Et\nc'est bien là le meilleur moyen de procurer la beauté\nde la Maison de Dieu, qui de la bouche des enfants\nreçoit la louange la plus parfaite ! Que votre entreprise,\ndigne d'être comblée de tous les éloges, soit couronnée\nd'un heureux succès par Dieu, dont elle sert à aug-\nmenter la gloire. Et nous, comme gage des célestes\nrécompenses, comme preuve de notre bienveillance,\ncomme encouragement à vos travaux, accordons avec\ntoute Notre affection, la Bénédiction Apostolique à\nvous, chers fils, à tous ceux qui avec vous dirigent et\naident votre Société, ainsi qu'aux enfants admis dans\nvotre Chœur.\nDonné à Rome, auprès de St. Pierre, etc.\nPlus PP. X.\nNÉCROLOGIE. Notre eminent collègue\nM. Matliis Lussy, de Lausanne est mort à\nMontreux le 20 Janvier dernier. Il a été\nenterré à Stans, au milieu d'une affluence\ngénérale de parents, d'amis et d'élèves. Notre\nsection de Paris était représenté à ses funérail-\nles par M. Marcel Herwegh, qui a tenu à\nrendre hommage à léminent musicologue en\ndes termes émus que la presse a reproduits.\nM. Dauriac, notre président honoraire, rap-\npellera dans notre prochain numéro, la vie et\nles mérites du défunt. .\nA l'Ut Mineur toujours attentif à séduire\nses invités M. Custot nous avait réservé le\nio janvier un amusant programme composé\nd'instruments à vent de harpe, de piano et de\nchant. Hennebains, Paradis, Bas, Lamouret,\nVizentini, G. de Lausnay, Mlle Micheline\nKahn ont fait merveille, et la princesse Elisa-\nbeth Baratov est venue ajouter un peu d'exo-\ntisme à cette soirée bien parisienne.\nN.otre collaborateur Bils auquel rien n'é-\nchappe a pris sur le vif le violoncelliste Hek-\nking-Denailcy alors que, sans se douter de"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.85", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "rien il exécutait une sonate de .Haendel, dans\nun salon où l'on fait d'excellente musique.\nNous sommes heureux de citer ici cette pièce\nà conviction.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.14", "titre_corps": "Le 19 Janvier au DECEM", "titre_sommaire": "Le 19 Janvier au DECEM", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.79", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "Le 19 Janvier au DECEM"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.15", "titre_corps": "En Province", "titre_sommaire": "En Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.85", "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "En Province\n\nBORDEAUX. UNION FÉMININE AR-\nTISTIQUE. Gros succès d'ouverture du\nSalon, organisé par cette importante société\nféminine, avec le concours de l'excellente\nmusique du 144e de ligne (chef M. Sarraut).\nPlusieurs séances musicales intéressantes\nsuivirent, organisées, successivement, par des\npianistes, professeurs réputés, de Bordeaux :\nMme L. Barbarin, Lepine, Raphel de Laleu,\nE. Ducros, et la dernière par Mme J. C.,\nprésidente de la société.\nDe nombreuses artistes prêtèrent le con-\ncours de leur talent à ces diverses auditions,\nqui furent toujours très suivies. La déclamation\ny fut représentée par le professeur Bachelet et\nses élèves, et l'art si intéressant de la danse,\nauquel 1' \" Actualité \" ne peut rester étrangère,\npar l'excellent professeur Mlle J. Babillot,\navec un essaim de petites danseuses, dans un\ndélicieux menuet du XVIIe siècle.\n4E ET S(L5(L CONCERT DE LA SOCIÉTÉ\nStc CÉCILE. Les nombreux dilettanti, venus\npour assister à ce 41' Concert, étaient certaine-\nment attirés par l'audition de deux nouveautés\ndu programme : \" Rebecca \", du «Père\nFranck, et \" Sadko \", si vivant et si pitto-\nresque.\nLe premier concert de musique de\nque donne la société, et qui a eu lieu dans la\ngrande Salle du Conservatoire, a été des plus\nintéressant.\nNotre compatriote, Renée Billard, violo-\nniste, icl prix du Conservatoire de Paris, et\nAndré T urcat, pianiste, interprétèrent très\nbrillamment diverses œuvres de Bach, Schu-\nmann, Chopin, Liszt, Franck et Brahms.\nLucien Capet triompha, et Pennequin de\nmême.\n2E CONCERT DU CERCLE PHILHARMO-\nNIQUE. Très brillant ce deuxième Concert."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.87", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "Au programme Mlle L. Dupré, de la Monnaie,\nnotre compatriote le violoncelliste Hekking et\nArthur de Greef, du conservatoire de Bruxelles.\nBelle et magistrale exécution du long con-\ncerto de Dvorak, d'une sonate ancienne de\nBréval, et d'un l'Andante de Corelli.\nLA CHANTERELLE. CINQ ECOLES.\nTroisième séance consacrée à la musique\nEspagnole. Le conférencier Berthelot y fut\ntrès applaudi ainsi que Madame Lauga-Linder\net la basse profonde du chanteur Despujols.\nCONCERT DE MUSIQUE DE CHAMBRE\nTHIBAUD. Le peu de place dont nous\ndisposons ce mois-ci nous oblige à renvoyer\naprès leur dernier concert, le compte-rendu\ndes intéressantes séances musicales que donne\nà Salle Bermond, le pianiste J. Thibaud, en\ncompagnie du violoniste Ch. Arthur, et du\nvioloncelliste Rosoon.\nCERCLE ORPHEONIQUE. Messe An-\nnuelle. Cette importante société chorale\ndonnait dans la basilique S 1 Michel, sous la\ndirection de son chef Francis Bettés, sa messe\nannuelle en l'honneur de la Ste Cécile.\nL'Orphéon, et les jeunes filles de la section\nde \" Mimi Pinson \" chantèrent le Kyrie et\nle Gloria de Th. Dubois, le Sanctus de\nLuigini.\nJ. GENDREU.\nMONTPELLIER. OPÉRA. Notre\nthéâtre municipal a pris le nom d'Opéra !\nDirection Godefroy ; chef d'orchestre M. Ba-\nzigade.\nTroupe plutôt bonne : M. Rocca, jeune\nténor, très jolie voix, peu de métier ; de l'ave-\nnir s'il travaille ; M,m> Lavarenne, soprano,\nartiste accomplie ; M. Bedué, très bon bary-\nton ; orchestre suffisant, un peu rétif à la\nmesure, avec de bons solistes. Au répertoire\ntout Puccini : Manon Lescaut, la Bohême, la\nTosca, Mme Butterfly, et pour varier Mascagni\net Léoncavallo. On vient cependant de re-\nprendre Louise... il était temps !\nCONCERTS. En décembre concert\nSpalding. Un peu méfiant au début, le public\n.\nn'a pas tardé à applaudir le jeune et brillant\nvioloniste. A citer l'exécution excellente de la\nsonate en mi mineur et la fameuse chacone de\nBach ; à?Am Springbrunnen de Schumann. A\nce même concert la ballade et la sarabande de\nCl. Debussy, très bien jouées par Mme Moreau-\nLeroy, et des fragments de Lulli, Schumann\n(en allemand), Schubert, R. Wagner, St. Saëns,\nTschaikowski (en russe) chantés avec émotion\npar Melle Maritza Rozann, de la Monnaie.\nUn cours de gymnastique rythmique, selon\nla méthode Jacques Dalcroze, a été créé de-\npuis peu à Montpellier par M. Paul André.\nLe succès a couronné les efforts du jeune\nprofesseur qui a déjà réuni plus de soixante\nélèves. Nous avons pu apprécier la valeur de\nla méthode et le mérite du professeur, le\n2 2 décembre, à la salle des concerts où, après\nune très intéressante conférence de M. Jean\nd'Udine, les élèves de M. André ont exécuté\nquelques mouvements qui ont enthousiasmé\nles spectateurs. Je crois que Montpellier est k\npremière ville de Province, en France, où a été\ncréé un cours de gymnastique rythmique. Il\nfaut donc l'enregistrer, ainsi que son grand\nsuccès.\nDésabusé, paraît-il, M. Castelbon de\nBeauxhostes abandonne les arènes de Bèziers.\nMais les bitterois ne veulent pas renoncer à\nleurs fêtes artistiques et nous aurons cette\nannée comme précédemment, la représentation\nd'une pièce inédite d'un jeune auteur méri-\ndional avec, ce qui ne peut que nous réjouir,\nmusique de Déodat de Sévérac.\nE. P.\nPOITIERS. Très intéressante soirée\navec le concours du réputé pianiste Alejandro\nRibôy qui fit valoir son impeccable mécanisme\net sa délicate entente des nuances dans une\nétude symphonique de Schumann, le Scherzo\nromantique de Chopin, une délicieuse suite\nd'Albeniz \" Chants d'Espagne \", le Scherzo-\nvalse de Chabrier, et enleva pour finir avec\nun brio remarquable la 2me Rhapsodie Hon-\ngroise de Liszt.\nMelle Madeleine Boulze, cantatrice du Kur-\nsaal d'Ostende interpréta avec art le grand"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.88", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "Air d'Iphigénie de Gluck, des œuvres de\nFranck, Fauré, Puccini et une charmante\nSérénade de Richard Strauss qui lui fût bissée.\nMAURICE HACHETTE.\nRETHEL. — La Société d'Etudes Sym-\nphoniques, organisée par le Dr. Gobinet, a\ndonné le 18 décembre dernier, une très in-\ntéressante audition, précédée d'une causerie\nsur l'histoire de la musique. Au programme :\nRobin m'aime, d'Adam de la Halle ; une\nSonate de Corelli ; une Sonate de Leclair ;\nun air de Télaire de Rameau et le Ballet de\nParis et Hélène de Gluck. Qui aurait cru que\nla bonne et la meilleure des musiques pénétre-\nrait ainsi jusqu'au fond des Ardennes.\n>i! • ■ ;\nNICE. — Mentionnons le succès obtenu\npar Mme Jenny Piré, la délicate cantatrice\ndans les Adieux d'un page, de la Baronne de\nKabath,au concert de bienfaisance de l'Œuvre\nde la Fleur. Voici d'excellent féminisme\nmusical.\nLILLE. — Le prochain festival lillois\naura lieu le 26 février à 8 1/2 h. Au pro-\ngramme une Symphonie de Chausson, un\nConcerto pour flûte et Orchestre de Mozart,\ndeux poëmes de Smetana et la Marseillaise\norchestrée par Berlioz.\nA. M.\nROUEN. — Bon concert de Lelièvre-\nZaremba où nous avons entendu successive-\nment la voix et le violon de M. Lelièvre. La\nsociété de peinture moderne mérite la recon-\nnaissance du \" jeunes \" qu'elle aide à se pro-\nduire, et du public qu'elle entraine vers l'art.\nM. G.\nREIMS. — La \" Jeanne d'Arc \" de notre\ncollègue A. Gastoué vient d'être donnée ici à\nla Maison des Œuvres, avec un très grand\nsuccès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.15.1", "titre_corps": "M. Sarraut.", "titre_sommaire": "M. 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Nous ne saurions mieux\ncommencer cet article sur la musique en\nBelgique pendant le dernier mois, qu'en\nrendant compte de la séance d'inauguration\nde la Section Belge de notre Société Inter-\nnationale de musique, dans laquelle notre\ncollègue M. van den Borren prit la parole\npour faire une très intéressante communication\nsur les Origines du drame musical et VOrfeo de\nMonteverde. Montrant d'abord comment la\npolyphonie arriva à la monodie accompagnée\net à l'âge de la basse continue, M. van den\nO s\nBorren situe Monteverde dans l'histoire, et\nexpose ce que l'on sait de la vie de cet artiste.\nIl caractérise le génie de l'auteur du Couron-\nnement de Poppée et ce romantisme qui le\npousse vers les conquêtes de l'orchestre, vers\nles audaces de l'harmonie. Monteverde, âme\ndramatique, inaugure le style comitato, c'est à\ndire passionné. Son Orfeo, analysé par le\nconférencier, nous montre déjà le leitmotif,\net l'opposition d'un véritable drame avec un\nlyrisme tout élégiaque.\nCette communication, parfaite en tous\npoints, fut suivie d'une audition de fragments\nd'Orfeo à laquelle prirent part M. et Mme\nDemest, M.M. Houy, Vanderschrik et Minet."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.89", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "M. van den Borren annonça, que la pro-\nchaine séance de la section serait réservée à\nJ. B. Lœillet, compositeur de Gand, à la fin\ndu XVIIe siècle. On exécutera trois sonates\nde ce maître, réalisées par M. Alexandre Béon.\nLa jeune Section Belge manifeste, comme\non le voit, une réelle activité ; elle prendra\nrapidement dans la musicologie un des\npremiers rangs.\nQuoiqueralentie, par suite du deuilnational\net par suite de l'avènement du Roi Albert,\nla vie musicale compte, en janvier, plusieurs\nmanifestations remarquables.\nLe concert Isaye, dont le principal attrait\nconsiste, annuellement, dans la participation\nen soliste du grand virtuose belge, lui fut\nl'occasion d'un nouveau triomphe Eugène\nIsaye est l'une de ces artistes qu'il plaît de\nvoir nimbés d'une auréole glorieuse.\nDimanche, il s'était adjoint M. François\nRasse, compositeur, dont nous aurons le\nplaisir de parler, dans l'avenir, et chef d'or-\nchestre à l'Opéra d'Amsterdam. Sa direction\nconsciencieuse et sobre a contribué pour une\nbonne part au succès de la séance.\nL'élément particulièrement remarquable du\nconcert, au point de vue composition et à\nnotre point de vue belge fut le Poème\nsymphonique \" Les Abeilles \" de M. Théo\nIsaye. M. T. Isaye se place à côté des\nJ. Jongen, Vreuls, Mawet, Dupuis, Delcroix,\nau premier rang de nos compositeurs wallons\n(je suis tenté de dire : liégeois), qui continuent\nla tradition de Franck, et dont les plus jeunes\nsubissent ou comprennent l'influence\ncroissante du Debussysme. L'œuvre entendue\nhier n'est pas parmi les meilleures compo-\nsitions de M. Isaye, précisément par suite de\ncette influence dont je parle. Néanmoins, elle\névoque d'exquises sensations poétiques.\n—M. Durant, de son côté, poursuit le\nvaillant combat. Son troisième grand concert,\nen la salle Patria, nous permet de lui présenter\nde nouveaux éloges. Il en donna la reproduc-\ntion à Mons. Nos lecteurs trouveront plus"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.91", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3596, "texte": "loin l'appréciation de notre correspondant.\nLe quaruor Piano et Archet a donné le\n12 janvier sa 3e séance. Trio (op 87) de\nBrahms, quatuor (op 47) de Schumann, et\npremière exécution de la 2e sonate de Jos.\nJongen. Cette œuvre solidement bâtie, d'une\nbelle inspiration, affirme la maîtrise du com-\npositeur une fois de plus. Les mouvements ont\nde l'ampleur, et Y Andante produit une intense\némotion.\nCOMMUNIQUE. Le merveilleux man-\ndoliniste italien M. Silvio Ranieri a donné un\nrécital à la Salle Allemande le jeudi 27 jan-\nvier à 81/2 heures. Le jeune artiste nous\noffrit un régal artistique des plus rares.\nAu programme : Vieux temps, Corelli,\nHaendel, Tartini, Bach, Milandre, Gossec,\nde Bériot, de Sara ate.\nL'accompagnateur M. Marcel Raymond\njouait un piano à cinq pédales avec jeu de\nharpe et de clavecin.\nBIBLIOGRAPHIE. Trois Poèmes, mu-\nsique de hiarold Bridgman.\nChez Schott : A une femme, mélodie de\nAlberto Jonas.\nRévélation : valse Czigane de André le Pas.\nChez Fernand Laweryns : Chanson d\\iutre-\nfois, par Henry Delisle.\nDans un élégant volume publié par le\nThy rsey M. VICTOR HALLUT étudie l'œuvre des\ngrands maîtres classiques du X V IIIe siècle (Bach,\nHaydn, Mozart, Beethoven). C'est en quelque\nsorte un expo»é de l'évolution de la musique\nmoderne, où \" l'inspiration directe et libre,\nu l'instinct naturel et sp >ntané de la mélodie\n\" remplace la rigidité des canons, le> formules\n\" savantes et ardues. \"\nQuatre po? traits hors texte illustrent l'ou-\nvrage qui se vend deux francs.\nLOUVAIN. Le premier concert de\nl'Ecole de Musique de Louvain a eu lieu au\nthéâtre de la ville sous la di ection de M. Léon\nDubois, le talentueux auteur du Mest.\nAu programme, la Marche au Temple de la\ncantate Andromède du. compositeur gantois\nOscar Roels, et la Chasse de Minuit de Léon\nDubois. Ces œuvres personnelles furent lon-\nguement applaudies.\nANVERS. Nous apprenons que la\nSociété des Concerts de Musique Sacrée,\nplacée sous le haut patronage de S. A. R. la\nComtesse de Flandre, donnera le 13 Mars\nprochain une exécution intégrale de la célèbre\nMissa Solemnis de Beethoven. Comme solistes\nsont engagés : Mmes. Cahnbley-Hinken, de\nDortmund et Durigo, de Buda Pesth ;\nMrs. Plamandon et De la Cruz-Frolich de\nParis. Les chœurs et l'orchestre formeront un\nensemble de près de quatre cents exécutants.\nCette œuvre géniale ne fut jamais exécutée\ndans la métropole belge.\nQuo VADIS première en Belgique !\nGrand succès ; interprétation, et mise en scène\nremarquablement soignées. Directeur et acteurs\nont fait de leur mieux.\nARLON, ce 7-1-10. CONCERT DE LA\nROYALE PHILHARMONIE. Cette société, diri-\ngée par M. J. Ysaye, directeur de l'Ecole de\nmusique et frère de notre grand violoniste,\ndonna son concert annuel le 31 décembre. On\na l'occasion d'entendre, à ces soirées de gala,\nde véritables artistes. Cette année, on ne sait\ntrop pourquoi, le programme n'offrait pas\nl'attrait de vedettes illustres. Trois artistes\nvei viétois, Mme Nihoul, Mme Fils, et M. De-\nprez, baryton, ainsi que M. Reuland, violon-\ncelliste de la Monnaie, s'y sont fait applaudir.\nLe concert se terminait par Les Noces de\nJeannette.\nLA MUSIQUE A LA \" SOCIÉTÉ GÉOLO-\nGIQUE \" DU LUXEMBOURG. Dimanche\nprochain, 20 janvier, M. Dordu, lieutenant\nau 10e régiment de ligne, à Arlon, a fait une\nconférence, avec auditions musicales, sur\nSchubert.\nGASTON DUMESTRE A ARLON. Gaston\nDumestre, ex-chansonnier du Chat Noir,\npoète et romancier, (il vient de publier son\nsecond roman : Monsieur Van Grippenbergh)\na fait, le 6 février, une causerie, \" illustrée ''\nd'auditions musicales. Il a parlé des Chanson5"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.92", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3968, "texte": "d'amour et de bataille à l'Université libre\nd'Arlon.\nCHARLEROI. M. Paulin Marchand,\ndirecteur de l'Ecole de musique de Mar-\nchienne-au-Pont, professeur au Conservatoire\nRoyal de Bruxelles, a obtenu le prix de sym-\nphonie de l'Académie Royale de Belgique.\nNos vives félicitations.\nL'Académie de musique de Charleroi a\ndonné le 2 janvier un concert avec le concours\nd'Eugène Isaye. Succès enthousiàste du célèbre\nvioloniste. L'orchestre, très complet et très\nsûr, interpréta avec art des pages de Schumann,\nGrieg et Weber, et de pittoresques et colorés\nContes d'Orient du compositeur wallon Adolphe\nBiarent qui s'acquitta, en outre, de ses fonc-\ntions de capellemeister avec beaucoup de talent.\nLe 12 janvier, à l'occasion de la distri-\nbution des prix, il y eut un charmant concert\nà l'Ecole de musique de Marchienne-au-Pont.\nUn très bon orchestre joua excellemment du\nMozart et du Haydn. Avec les chœurs bien\nstylés il exécuta un Noël simple, court et\némouvant de Paulin Marchand. Le public fit\nfetes aux collaborateurs de cette intéressante\nséance d'art, notamment à Mademoiselle La-\nfontaine, une pianiste d'une sensibilité très\ndélicate.\nA Marcinelle, l'U. P., que dirige\nM. Jules Destrée, député et esthète de mérite,\ninitie la foule aux beautés de la musique russe.\nCelle-ci n'a malheureusement pas le don\nd'enthousiasmer le peuple et la bonne bour-\ngeoisie au même titre que la musique fran-\nçaise... Et cette vérité se traduit par des salles\nà demi-pleines.\nLe théâtre de Tournay vient de repré-\nsenter avec le plus vif succès Myrtis, Opéra\nde M. Nicolas Daneau.\nLIEGE. En ce mois peu chargé à cause\ndu deuil national, nous n'avons guère à signa-\nler que le très grand succès remporté, au\nCercle royal des Amateurs, par M11(> Maud\nDelstanche, une remarquable élève d'Ysaye ;\nle concert de la distribution des prix au Con-\nservatoire royal, où l'on a applaudi deux mé-\ndaillés de cette année, le violoniste Keyseler,\ndernier élève de M. Rodolphe Massart (qui fut\nle maître d'Ysaye) et le pianiste Henrion, élève\nde M. Jean Lebert qui a joué en vrai virtuose\nle concerto en mi bémol de Liszt. Puis vient à\nnoter la bonne réussite d'une Audition de\nmusique Scandinave, dirigée par M. Léopold\nCharlier, professeur au Conservatoire, et la\nparticipation du Decem, société de musique\nde chambre mixte de Paris, à un Concert\nDumont-Lamarche. Ce groupe de tout pre-\nmier choix a remporté un succès dont on\nparlera longtemps ; il y avait près de deux\nmille deux cent personnes pour l'entendre.\nAu Théâtre Royal, les Maîtres Chan-\nteurs ont paru à l'affiche et remportent, chaque\nfois qu'on les joue, un éclatant succès de salle\net d'applaudissements. L'exécution en est fort\nbonne et en tout cas infiniment supérieure à\nce que l'on pouvait attendre en province. Le\nchef d'orchestre Kochs, le régisseur Strélisky,\nMM. Arrial (Hans Sachs), Raynal (Beck-\nmesser) se sont surpassés et le reste, acteurs,\nchœurs, figuration, décors, est< digne d'éloges.\n—Le mois de décembre a vu se fonder une\nSociété de Musicologie qui prend pour tâche\nprincipale d'élucider les questions relatives à\nl'histoire de la musique à Liège. La première\nséance effective a eu lieu le 5 janvier ; on y a\ndécidé l'affiliation de ce groupe à la Société\nInternationale de Musique et les travaux ont\ncommencé. Les premières démarches tendront\nà obtenir l'accès du fonds Terry, riche collec-\ntion (7800 livres, 2000 partitions et un\nmanuscrit de Léonard Terry retraçant l'his-\ntoire de la musique à Liège) déposé au Con-\nservatoire et actuellement fermée, vu le\nmanque d'un local approprié. Mais d'autres\nétudes sont en voie d'exécution : le groupe se\npropose d'examiner systématiquement les do-\ncuments musicaux des bibliothèques privées\nou publiques du pays. Les travaux du groupe\nassez nombreux déjà seront d'ordinaire\npubliés par la revue IVallonia.\nMONS, io janvier 1910. 2e CONCERT\nD URANT. M. F. Durant continue son\nœuvre de décentralisation artistique.\n\nDr. Dwelshausers."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.93", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "Et d'abord, la décentralisation artistique,\nmusicale surtout, est-elle plus désirable que la\ndécentralisation politique ?\nQuestion.\nNous l'approuverions quant à nous si elle\npouvait nous épargner la manifestation locale\nd'interprétation de chefs-d'œuvre qui sévissent\ndans les théâtres des chefs-lieux et bourgades\nvéritables blasphèmes lancés à la face de l'art.\nMais ceci admis il faudrait au moins que\nles pouvoirs publics encouragent des tentatives\nqui? comme celle de M. Durant ne peuvent\nmanifestement se suffire à elles-mêmes. Pas-\nsons. Le programme du 2me concert de la\nsérie était séduisant et copieux du reste et\ns'ouvrait par la 7me symphonie en ut majeur\nde Schumann.\nLe ballet de Rameau (Hippolyte et Aricie)\nle vieux maître vers lequel retourne avec tant\nde piété la jeune école française fut enlevé\navec justesse.\nUn baryton qui fut à Bayreuth M. Louis\nFrolich, fît les délices du public par l'ampleur\nde sa voix et la clarté de sa diction. L'ovation\nqui se déchaîna après l'air des Saisons d'Haydn,\nd'une-simplicité presque banale, se mua en un\nfroid hyperboréal lors de la poignante et ad-\nmirable plainte d'Amfortas que M. Durant\navait cependant fait précéder intelligemment\ndu prélude ineffable et sacré de Lohengrin.\nC'est que la nullité intellectuelle de l'audi-\ntoire snobs y compris confine à l'in-\ndigence, et que la culture générale est nécessaire\npour comprendre de telles œuvres.\nOn annonce à Mons un concert con-\nsacré à M. V. Vreuls, directeur du Conserva-\ntoire de Luxembourg, élève de Vincent d'lndy.\nM. Vreuls fut lauréat du prix annuel\ndécerné par l'Académie Libre de Belgique,\nfondée par M. Edmond Picard. J. N.\nTOURNA Y. Myrtis, poème de Ch.\nHenri, musique de Nicolas Daneau, vient\nd'être représenté à Tournay avec un reten-\ntissant succès. Ce triomphe est légitime, et\nnous en sommes particulièrement heureux.\nM. Nicolas Daneau est un musicien du plus\ngrand talent, qui honore la Wallonie et la\nmusique belge."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.16.1", "titre_corps": "M. E. Tinel Croquis par Van Offel", "titre_sommaire": "M. E. 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Mr. Thomas Beecham\nannonce une saison d'opéra à Covent Garden\nqui durera du 19 février au 15 mars. Les\nœuvres représentées au cours de cette brève\nsaison sont : Elektra de Richard Strauss,\nTristan und Isolde, Hansel und Gretel, UEnfant\nprodigue de Debussy, The Wreckers de Miss\nEthel Smyth, The Village Romeo and Juliet\nde Delius.\nElektra sera dirigé par Strauss lui-même.\nLe Censeur a refusé l'autorisation de monter\nSalomè pour quelque raison mystérieuse connue\nde lui seul et du Dieu de la Bible, nombre de\n\" Salomés \" ayant déjà cabotiné sur les planches\ndes théâtres de Londres et même des music-\nhall, par les soins de Miss Maud Allen,\nM'11(' Odette Valéry et autres. X. M. B.\nUN INTERVIEW DE M. KENNEDY SCOTT.\nL' \" Oriana Madrigal Society \".\nMr. Kennedy Scott habite dans une petite\nrue bien calme de Londres une gentille maison\ntapissée de lierre, une maisonnette modeste et\naccueillante avec, devant la porte, une mi-\ngnonne pelouse de ce vert somptueux qu'on\nne rencontre qu'en Angleterre. Dès le seuil,\nj'entends des notes s'égrener, lentes, dans le\ncalme. M. Scott est au piano d'où, souriant,\nil se lève pour me recevoir. Nous n'en sommes\npas d'ailleurs à notre première rencontre. Je\nl'ai déjà vu plusieurs fois diriger le chœur de\nT \" Oriana Society \" et plusieurs fois aussi\nj'ai eu le plaisir en soirée de goûter l'agilité et\nla sincérité profonde de son esprit.\nSanglé dans l'habit ou dans la redingote,\nl'artiste, dans le monde, paraît toujours un\npeu endimanché ; il donne toujours un peu\nl'impression d'un exilé en terre étrangère.\nC'est le véritable Scott que j'ai maintenant\ndevant moi, grand, souple, bien découplé,\nlibre dans son complet gris de cycliste : et il\nme semble que sa conversation aussi est plus\nvive. C'est peut-être parce qu'il me parle de\nl'œuvre de Sa vie, de la Société à laquelle il\nconsacre tout le temps que lui laisse son\nmétier d'organiste et de professeur."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.94", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4149, "texte": "\"L'Oriana Madrigal Society\" prit naissance,\ndurant l'automne de I9°4> me dit-il, grâce\nsurtout je puis bien vous le déclarer à\nmon initiative. Depuis déjà longtemps, j'avais\nsenti vivement toute la beauté de la musique\npolyphonique ; je me rendais compte qu'elle\nnous révélait des choses que nous ne trouvons\npas dans la musique d'aujourd'hui et que nous\navons besoin d'entendre. J'estimais que l'étude\nde cette musique ne devrait pas demeurer\nseulement une \" chasse gardée \" des anti-\nquaires, mais entrer dans le domaine des\nréalisations pratiques ; bref, qu'il fallait chanter\nles Madrigaux au lieu d'écrire à leur sujet.\nL' \" Oriana Society \" est donc une société\nfaction pratique qui sert avec une sorte de\nzèle apostolique la cause de la musique poly-\nphonique en général, et du Madrigal anglais\nen particulier. Nous nous sommes confinés\nentièrement dans les Madrigaux anglais, non pas\nque nous considérions les autres madrigaux\ncomme inférieurs, mais parce que nous regar-\ndons les nôtres comme fort beaux et pensons\nqu'ils devraient attirer tout d'abord l'attention\ndes Anglais. Nous croyons aussi qu'en con-\ncentrant nos efforts sur un point spécial nous\naccomplissons une œuvre plus utile que si\nnous attaquions à l'ensemble de la question.\nNous donnons tous les ans deux concerts\nconsacrés entièrement à la musique chorale\nanglaise du seizième et du dix-septième siècle.\nLes répétitions ont lieu, une fois par semaine,\nd'octobre à juin. Nous comptons environ\n70 membres actifs et 80 membres honoraires;\nnous ne désirons pas accroître le nombre de\nnos choristes ; mais nous serions fort heureux\nde voir s'allonger la liste de nos membres\nhonoraires !\nPour parfaire notre œuvre, nous publions\ndans notre u Euterbe \" des morceaux de\nmusique ancienne. -Cette publication paraît\ndeux fois par an ; et nous chantons à nos\nconcerts les pièces qui y figurent. Jusqu'à\nprésent chaque volume a contenu en général\ndeux madrigaux et trois \" rounds \" et quelque-\nfois une préface traitant du madrigal à un\npoint de vue spécial. Je ne vous ferai pas\nrénumération détaillée de notre répertoire et\ndes œuvres de Bateson, Wilbye, Vantor,\nLichfield, Weelkes, Dowland, Byrd et Mor-\nley, publiées par nous. M. Fuller Maitland,\nle critique musical du Times, président de\nnotre comité, a écrit la préface de notre pre-\nmier volume, \" Les Madrigaux M. Ark-\nwright, celle du deuxième volume, \" Les Modes\net les Clefs \", et Miss Dodge, celle du troi-\nsième, \" Les joueurs de Luth et la Musique de\nLuth en Angleterre CH. CHASSE.\nPAYS DE GALLES. La célèbre can-\ntatrice galloise, Mrs Mary Davies qui a depuis\nquelques années abandonné sa carrière, con-\nsacre maintenant son activité à réveiller\nl'enthousiasme de ses compatriotes pour leurs\nvieilles chansons populaires. Elle donna Mer-\ncredi dernier à l'Université une fort intéres-\nsante conférence.\nLa \"Cymdeithas Alawon Gwerin Cymru\" '\n(en anglais Welsh Folk-Songs Society, société\nde chants populaires gallois) dont elle est\nsecrétaire honoraire, a été fondée en 1906 et\ncompte actuellement 168 membres, sous la\nprésidence de Sir William Preece. Mr. Lloyd\nGeorge, ministre des finances est un des vice-\nprésidents. La société a été organisée dans le\nbut de recueillir, de collectionner et de con-\nserver les chants populaires gallois et de publier\nceux qui en valent la peine. Les airs doivent\nêtre recherchés parmi les paysans, dans les\nvillages éloignés ou parmi les pêcheurs. Le\ncollectionneur doit se faire chanter l'air une\nou deux fois d'abord pour en saisir la forme\npuis le faire chanter de nouveau pour en\nécrire chaque note sans souci de la mesure et\nenfin une dernière fois pour enregistrer le\nrythme. Les paroles doivent être aussi\nsoigneusement notées. La correction d'er-\nreurs supposées conduit fréquemment à la\nsuppression de caractéristiques d'une valeur\nspéciale, comme par exemple lorsque les airs\nmodulés sont transcrits par le collectionneur\ndans le mode mineur. S'il y a des variantes\ndans les différents couplets, elles doivent être\nfidèlement conservées. Dans les vieux airs,\nil y a souvent de la difficulté à écrire la\nmusique en mesures de longueur égale ; le"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.95", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "chant sera donc écrit comme il est chanté,\nmême si le résultat donne des mesures inégales.\nMrs Davies a chanté \" a capella \" et dans\nun style impeccable, de sobriété et de senti-\nment vrai, un air \" Dacw'nghariodi \" (Voici\nmon amour) qu'elle a elle-même découvert et\nnoté il y a un an. Des exemples d'autres\nvieux airs aussi récemment découverts et tous\npleins d'un charme mélancolique ont été\nchantés par un chœur composé d'étudiants et\nétudiantes de l'université: La parfaite justesse,\nla qualité des timbres, l'ensemble de l'exécu-\ntion et la naïve émotion des interprètes nous\nont prouvé que la réputation mondiale dont\njouissent les chanteurs gallois n'est point\nusurpée.\nMrs Davies a terminé en demandant aux\nétudiants qui formaient une importante partie\nde son auditoire, de se passionner pour leurs\nvieux airs nationaux et de les substituer aux\nchansonnettes de \" music-hall \" et de u mu-\nsical-comédies LUCIE A. BARBIER.\nEBENEZER PROUT. Notre collègue\nEbenezer Prout, professeur de musique à\nl'Université de Dublin, membre de la \" Royal\nAcademy of Music \", est mort à Londres le\nmois dernier. Fils d'un pasteur congrégationnel\ndu Northamptonshire, il obtint en 1862 le\nprix offert par la \" Society of British Musi-\ncians \", pour le meilleur quatuor à cordes, ce\nqui l'engagea définitivement dans la carrière\nmusicale. Ses articles de critique, ses quatre\nsymphonies, et surtout ses ouvrages théo-\nriques : Harmony, Counterpoint, Musical Form,\netc., restent autant de garants de sa haute\nvaleur.\nBILBAO.— Notre Société Philharmonique\nvient d'entrer dans sa quatorzième saison. Elle\na été la première de ces associations, si répan-\ndues maintenant en Espagne, où les amateurs\npeuvent, pendant l'hiver, entendre deux con-\ncerts par mois, souvent avec les meilleurs\nartistes d'Europe, moyennant une cotisation\nmensuelle de cinq francs, et qui rappellent\nles Académies de Musique en France au\nXVIIIe siècle.\nLa Philharmonique de Bilbao a ouvert le\nfeu en Octobre avec la Nouvelle Société des\nInstruments a vent, de Paris, dont je n'ai à\nvous vanter le mérite. Le succès personnel des\nartistes a été très grand. Toute leur maitrise\nétait nécessaire, pour nous faire goûter cette\ncombinaison instrumentale, qui semble porter\nmalheur à ceux qui la cultivent, puisqu'elle a\ninspire à Beethoven son Octette, peut-être la\nseule œuvre absolument ennuyeuse qui soit\nsortie de sa plume.\nEn Novembre, un nouveau quatuor espagnol,\nnous a été présenté, le Quatuor Vela, qui bat le\nrecord de la jeunesse parmi les sociétés de ce\ngenre, le plus âgé de ses membres ayant à peine\ndépassé vingt ans. L'homogénéité n'est pas\nencore parfaite, et il est à craindre qu'elle ne\nle soit jamais, car il manque à cet organisme\nl'homogénéité des tempéraments, la plus diffi-\ncile à obtenir et qui fit la force du Quatuor\ntchèque par exemple. En compensation le Qua-\ntuor Veia fait preuve d'une musicalité rare et ses\ninterprétations sont d'une technique presque\nparfaite. Les quatuors de Grieg et Tschai-\nkowski (en ré) ont été et c'est naturel\nles mieux interprétés dans les deux séances,,\net parmi les classiques, celui de Mozart (en\nmi bémol).\nEnfin nous avons connu, le mois dernier,\nun tout jeune pianiste, espagnol aussi, qui\nsemble appelé à une notoriété prochaine. C'est\nun nom à retenir celui de Thomas Teran qui\nmalgré ses treize ans ne donne nullement\nl'impression de l'enfant-prodige. Le jeune\nTeran est étonnant de force rythmique, d'en-\ntrain, de vigueur. Il a donné une interpréta-\ntion stupéfiante de la Fantaisie Chromatique\nde Bach, et a été très remarquable dans la sonate\nop 111 de Beethoven.\nIl faut féliciter M. Guervasy professeur au\nConservatoire de Madrid, d'avoir su guider\nsi adroitement ce jeune homme.\nJ. C. DE GORTAZAR.\nMADRID. Le correspondant de la\nS. I. M. à Madrid se heurte comme ses con-\nfrères espagnols en critique contre le snobisme\nfermé de la Philharmonique... Nous avons pu"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "cependant savoir que MIIK Wanda Landowska\nremporta le plus légitime des triomphes en son\nrépertoire bien connu... Mais la Philarmonique\nétant exclusivement vouée au culte de l'art\nétranger ne saurait retenir notre attention.\nMieux vaut regarder du coté de l'Opéra et\nsurtout des concerts indigènes publics ou privés.\nL'Opéra continue à interpréter du Wagner\nà sa /manière, qui n'est pas la bonne. Des\nItaliens sans voix et sans intelligence musicale\nabîment la plus haute des musiques avec une\ninconscience superbe. Puis, pour varier les\nspectacles les divos régalent de notes aiguës et\ndiscordantes, de vocalises de basse- cour, les\nfervents admirateurs des \" sublimes\" créations\nd'un Ambroise Thomas ou d'un Puccini...\nLa magnifique inspiration de ces deux mes-\nsieurs jointe à l'interprétation des dits chan-\nteurs nous donne de petites séances fort diver-\ntissantes. Mais par bonheur, en cette nuit\ntrouble brillent quelques étincelles... C'est\nMaria Gay et sa création captivante de Car-\nmen que les Espagnols trouvèrent indécente...\nCe sont les reprises de Samson et Dalila et\nsurtout l'annonce d'une œuvre nouvelle du\ngénial Amadeo Vives, intitulée Colomba, drame\nlyrique réaliste dont nous rendrons compte le\nmois prochain. La misérable œuvre de Chapi,\nMargarita la Torner a, nous fait regretter que\nnul vrai musicien n'ait songé à commenter\nd'une palette fine et délicate les merveilleuses\nlégendes de Zorrilla.\nLe grand événement musical de ces quelques\nmois écoulés fut l'interprétation de Vlberia\nd'Albeniz par le prix-Diémer, Joaquim Malats.\nLes privilégiés, qu'attira l'affiche de théâtre de\nla Comédie, se souviendront longtemps de cette\nbelle soirée d'Art 011 la musique du grand\nEspagnol ce poète unique du piano\nrevécut, palpitante, sous des doigts d'Espagnol.\nCar cette œuvre si nationale en sa conception\npour ainsi dire universelle, requiert une mise\nen œuvre adéquate. Nous le disons avec foi :\nIberia est le plus magnifique effort tenté par\nun musicien, du piano, depuis Robert Schu-\nmann. Inspiration d'origine populaire ; classi-\ncisme de la Forme, de l'Architecture ; nou-\nveauté sans précédent de la technique ;\nmodulations inentendues, agrégations harmo-\nniques inexplicables mais du plus heureux\neffet, pirouettes contrapontiques d'une aisance\nqui ravit, et par-dessus tout, un impressionisme\noù Moussorgsky, Debussy et Fauré sont vrai-\nment assimilés.\nGrâce à Malats nous avons pu entendre un\npeu de musique à Madrid... HENRI COLLET.\nBARCELONE. Gros succès pour\nMadame Landowska et son clavecin. Il peut\ny avoir des virtuoses plus tapageurs, il n'y en\na pas de plus délicieusement sincères.\nF. LLIURAT.\nSARAGOSSE. Ici le public accueille\nd'enthousiasme les artistes de plus en plus\nnombreux qui viennent lui faire entendre de\nla vraie musique. La u Sociedad filarmonica \"\nqui en est à la cinquième année de son exi-\nstence nous a permis d'applaudir La Société\nModerne d? instruments a vent, A/1116 Landowska,\nle quatuor Vela, Louise Debogis, H. Bauer et le\nquatuor Rose. M. DE LA FIGUERA.\nMUNICH. On sait que le Konzertverein\nde Munich a repris la tâche de l'ancien insti-\ntut Kaim et qu'il s'est mis en moins de deux\nans à la hauteur des meilleures associations de\nmême genre fonctionnant dans les principales\nvilles d'Autriche et d'Allemagne. On sait\nmoins que son effort n'eut pas été possible\nsans l'appui incessant que lui a prêté Mme Marie\nBarlow. Aussi le 2 janvier dernier, qui ame-\nnait la 70me année de ce généreux Mécènes\ndont le mérite n'a d'égal que la modestie, la\nfête de Mnie Barlow a pris l'importance d'un\névénement public, auquel tout Munich s'est\nassocié, depuis le Prince Regent, lequel a\nenvoyé une médaille d'or qu'aucune femme\nencore ne possédait ; ni personne du reste\nen or, jusqu'au plus humble des musiciens\nou des amateurs.\nExcellente musicienne elle-même, Mme Bar-\nlow a la joie de voir les bonnes traditions de\nsa maison persister en ses petits enfants. L'une\nd'entre eux, Mn< Emmy Braun éxécutait le\n19 janvier, aux concerts symphoniques popu-"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.98", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3985, "texte": "laires ce brillant, difficile et avant tout fort\nbeau concerto en si bémol mineur, op 6 que\nle musicien prématurément enlevé Félix von\nRath (1866-1905) écrivit pour Mme Langen-\nhan Hirzel, qui a toujours excellé à le faire\nvaloir.\nLes répétitions du Konzertverein ménagent\naux favorisés qui y sont admis des incidents\nqui ne surprennent plus personne tant ils sont\nbien selon les traditions artistiques de la Cour\nde Bavière. Le prince Louis-Ferdinand aime\nà venir s'asseoir au milieu de l'orchestre de\nM. Ferdinand Lœwe et y tenir sa partie de\npremier violon. D'autres part l'angle de la\ngalerie est ordinairement occupé par deux\ncharmants enfants avec leur précepteur. L'un\na huit ans, l'autre quatre et demi. L'un est\nle futur roi, l'autre son frère le prince Albert,\nque leur père S. A. R. le prince Rupprecht\net leur mère, sœur de la reine des Belges,\ntiennent à voir initiés dès leur plus bas âge à\nBeethoven, Schubert et Bruckner. Parfois\nmême, si l'on s'est trompé d'heure ou que\nM. Lœwe intervertisse son programme, c'est\nl'op. 108 de Max Reger qui tombe sur les\npetites têtes charmantes ! Chez eux, il arrive\nque les petits princes fredonnent des motifs de\nBeethoven dans leurs ébats. Et voici pour\nfaire plaisir à M. Louis Dimier, qui préconise\nl'abandon des musiques et livres enfantins,\nlesquels, on le sait, n'amusent jamais que les\ngrandes personnes, tandis que les enfants sont\nsi heureux d'être traités eux en grandes per-\nsonnes ! W. R.\nSTRASSBOURG. Un cercle d'ama-\nteurs se propose, sous le nom de Société\ndramatique de Strassbourg d'organiser des\nreprésentations qui sauvegardent la culture\nfrançaise en Alsace.\nLEIPZIG. Le sympathique pianiste et\ncompositeur Ernest de Dohnanyi, professeur\nà l'Ecole des Hautes Etudes musicales de\nBerlin, a remporté un brillant succès au der-\nnier concert du quatuor tchèque qui exécutait,\ncomme nouveauté, son opus 1, Quintette à\ncordes avec piano en ut mineur. CEuvre encore\nschumanienne, juvénile, mais d'une sincérité et\nd'un naturel réconfortants, d'une belle venue»\nLe chœur d'hommes de Leipzig a\ncélébré ce 30 janvier, le 25canniversaire d'entrée\nen charge de son directeur, M. Gustave\nWohlgemuth. Il a organisé à cette occasion\nun concert monstre, auxquels prirent part\ndifférentes sociétés chorales, de sorte que l'on\nput exécuter avec environ 480 chanteurs le\nRetour du Croise de Wilhelm Kienzl ; le\nLiebesmabl der Apostei de Wagner et le Chant\ndes Bardes de Richard Strauss, dédié précisé-\nment à M. Wolhgemuth.\nPRAGUE. Hélas ! Le Narodni Divadlo\n(Théâtre National tchèque) entend demeurer\nfidèle aux vieux errements. Son Directeur,,\nM. Gustave Smoranz, en une lettre qui\ntémoigne la plus complète ignorance des mœurs\nartistiques russes, de la vie de Moussorgski et\nmême de la partition de Boris Godounow,\nannonce que l'œuvre sera représentée avec des\ncoupures, dont il entend demeurer seul juge ; il\ndonne pour prétexte de cette décision arbitraire\nque Rimsky Korsakof et les Directions de\nThéâtres Russes sont meilleurs juges de ce\nqui convient à Moussorgski, que les fidèles de\nla version originale. De ce train-là, nous ne\ndésespérons pas de voir, dès 191 1, le Théâtre\nAllemand donner au Narodni Divadlo une\nleçon de slavisme intégral et de conscience\nartistique, en montant, lui, le Boris authentique.\nEn attendant le Narodni Divadlo se résigne\ntrès facilement à l'humiliation d'aborder Elektra\nde Richard Strauss avec orchestration réduite\nà soixante-quinze instruments. Et nous qui\navions toujours tenu le Narodni Divadlo pour\nune des premières scènes du monde !\nLe cinquantenaire du compositeur Joseph\nBohouslaw Fœrster y a été fêté par une\nreprise, dans des décors nouveaux, de l'opéra\nqui avait fondé sa renommée, Eva.\nLa Umêlecka Beseda (Société artistique)\nde Prague vient de publier le second opéra de\nM. Karel Kovarovic, en réduction pour piano\navec texte. Na starem bélidlé (A Fancienne\nblanchisserie), tiré du fameux roman tchèque\nla Grand\" M ère (Babicka), de Bozena Nêmcova>"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.99", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4216, "texte": "a consolidé la célébrité nationale acquise par\nM, Kovarovic avec ses Psohlavci (les Tête-de\nchien, surnom donné aux montagnards chodes,\nà cause de l'emblème de leurs drapeaux). Ce\npremier opéra était un noir tableau de la lutte\nd'une population libre à qui l'on retire ses\nprivilèges, contre la tyrannie du mauvais\nseigneur ; le second chante au contraire la paix\ndes campagnes à l'ombre d'une demeure\nseigneuriale où règne une châtelaine exquise.\nLes deux œuvres sont d'un particularisme\ntchèque si délicat que leur transplantation\nhors de Bohême nous paraît à tout jamais im-\npossible. C'est dommage, car il est difficile de\nrêver partitions plus délicates dans le tragique,\nl'une et l'autre, dans un demi-caractère sou-\nriant et attendri.\nLa même Umêlecka Beseda a encore édité\ntout récemment les quatre beaux Chants mé-\nlancoliques sur VAmour opus 38, datant de\n1906 de Vitezlav Novak, sur des textes des\npoètes Saroslav Vichlicky, Jaromir Barecky et\nJan Neruda. Inutile de dire que l'honneur de\nces sortes d'éditions nationales n'est réservé\nqu'aux œuvres les plus marquantes de la\nproduction tchèque contemporaine.\nL'éditeur Topic de son coté a fait une\ntentative originale. Voici une dizaine d'années,\nil avait donné une édition de Démon-Amour,\npoème célèbre de Saroslav Vichlicky, curieuse-\nment illustré par le peintre idéologue Max\nPinner. Il y revient et en offre cette saison\nune édition musicale, où les treize romances\ndu recueil ont été partagées entre MM. Joseph\nBohouslaw Fœrster, Karel Pospisil, et Karel\nMoor (qu'il ne faut pas confondre avec le\nmusicien Emmanuel Moor, établi à Lausanne\net dont la fécondité est déjà assez extraordinaire\nsans cela.)\nPrague n'avait pas encore de monument\nSmetana. La Umêlecka Beseda (toujours elle !)\nen a pris l'initiative, Une société s'est fondée\ndont la première réunion a eu lieu le 5\nDécembre. On a élu un comité présidé\npar l'historien J. Croll, et où figurent M.\nKovarovic et Max Svabinsky, l'artiste auquel\nl'on doit le plus beau portrait de Smetana,\ncomme de juste, presque tous les musiciens et\nécrivains de Prague. A la date de cette réunion\nils avaient déjà rassemblé 7569 couronnes.\nLa musique et la littérature tchèques\nsont en deuil d'un homme qu'il faut citer\ncomme l'un des plus consciencieux, et des\nplus sérieux critiques et écrivains musicaux de\nnotre temps. Le Dr Otokar HOSTINSKY est\nmort le 19 Janvier dernier. Il était né le\n2 Janvier 1847, Martinoves, près Budine.\nDocteur en philosophie dès 1869 et professeur\nen 1877, aP de sérieuses études à Munich\net à Prague, il était à l'université de cette\ndernière ville, privat-docent depuis 1883,\net, depuis 1892, professeur d'esthétique. Dès\nle principe, il soutint à Prague le bon combat\npour Wagner, en même temps que pour\nSmetana et la musique nationale. Longue est\nla liste de ses écrits: Christophe IVilibald Gluck\n(1884), Sur les origines de la Musique, Les\nReprésentations théâtrales à Athènes, La vieille\nmusique grecque {1885) Hector Berlioz, La Dé-\nclamation musicale tchèque (1886). En 1892\nil édite 36 chants populaires tchèques profanes du\nXVIme siècle. En 1896 son importante Con-\ntribution à rétude de la Musique et de la théorie\nmusicales tchèques au XVIme siècle, est basée sur\nl'étude spéciale de Jan Blahoslar et de Jan\nJosquin, et illustrée d'exemples de 1569 pour\nle premier, et de 1561 pour le second. En\n1900 Hostinsky, dont l'autorité augmente de\njour en jour, publie La Musique en Bohême, et,\nl'année suivante paraît son ouvrage capital et\nabsolument définitif : Bedrich Smetana, et sa\nlutte pour la musique tchèque moderne. En 1906\nc'est la Chanson populaire profane tchèque. En\n1908, Antonin Dvorak dans révolution de notre\nmusique dramatique. En 1905 La musique\ntchèque de 1864 a 1904. Enfin tout récem-\nment, à Noël 1909, ses Souvenirs sur Fibich, à\nqui il avait fourni le poème d'opéra La Fiancée\nde Messine; moins excellent encore que celui\nqui fit la force de la Cendrillon de Roskosny.\nIl était le président du comité tchèque, qui\nrecueille pour les grandes publications du\nMinistère des cultes et de l'instruction publique\nd'Autriche les chants populaires de Bohême.\nLa perte d'un tel Maître ne sera pas facile-\nment réparable. W. R."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.100", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "MILAN. La Mèdèe de Cherubini n'a\npas été un succès. La pièce assez froide et\nantique n'a causé qu'une grande déception.\nUOrfeo de Monteverde a par contre soulevé\nl'enthousiasme. La reconstitution en a été faite\npar Giacomo Orefice d'une façon intuitive\nplutôt qu'historique, et avec l'intention de\nfaire œuvre d'artiste plutôt que d'archéologue.\nL'orchestre notamment était réalisé assez libre-\nment. Beaucoup d'entre nous en Italie pensent\nen effet que les préoccupations musicologiques\nne vont pas sans une certaine pédanterie, qui\ncristallise le sens artistique. Certains effets de\nsonorité étaient donc tout modernes.\nLa mélodie de Monteverde a extrêmement\nporté sur le public milanais ; l'exécution par\nKaschmann, Lavin et Fino, sous la direction\nd'Amilcare Zabella (du Liceo Rossini de\nPesaro) fut excellente. Un bon point pour\n66 l'Associatione degli Amici délia Musica \"de\nMilan, qui avait pris l'initiative de cette\nreprise tardive !\nSuccès considérable pour u Samson et\nDalila \" de St Saëns à la Scala, avec excellent\nensemble.\nJ'aurais beaucoup à dire du mouvement\ngénéral de la musique ici. Nous sommes dans\nune période d'expectation ; nous attendons le\nMessie de la musique pure. Disons cependant\nque notre Conservatoire espère arriver cette\nannée à l'établissement d'un orchestre stable,\nqui lui permettrait d'organiser d'une façon\npermanente des Concerts Symphoniques.\nG. ZAMPIERI.\nVIENNE. A PROPOS DE MAHLER.\nLors de sa dernière lettre d'Amérique M. G.\nBarrère a, dans 1' S. I. M. ue décembre, pris\nposition contre les arrangements que Gustave\nMahler ne craint pas de faire subir aux parti-\ntions de Beethoven. Comme cette lettre a fait\nle tour de la presse musicale française, je me\ncrois en droit d'ajouter ici quelques explica-\ntions, en faveur de Mahler, notre grand chef\nd'orchestre.\nToucher aux partitions de Beethoven, n'est-\nce pas un sacrilège ! Et comment Mahler, un\nde ceux qui connaissent le mieux l'orchestre,\nun chef réputé pour son fanatisme lorsqu'il\ns'agit de sonorité, s'est-il résolu à de pareilles\nmodifications, sans s'en cacher le moins du\nmonde ? Mais précisément au nom de la plas-\ntique de l'œuvre et l'orchestre moderne.\nMahler retouche lui-même sans cesse ses\npropres partitions, et je me souviens lui\navoir vu supprimer les trombones dans sa\nseconde symphonie à un endroit où ils cou-\nvraient le chant, la dernière fois qu'il dirigea\nà Vienne. Je l'entends encore s'écrier : \" A\nbas Fautorité ! Vive le chef cVorchestre qui fera\ndes changements dans mes propres œuvres la ou il\nlui sembleront utiles pour mettre en valeur l in-\ntention et l'effet voulus ! \"\nOr, chez Beethoven, par exemple dans la\nNeuvième, chacun sait que la technique instru-\nmentale du XIX( siècle n'était pas à la hauteur\ndu génie du Maître. Cela est particulièrement\nvrai pour les cors, les trompettes et les sons\naigus des bois.\nWagner avait déjà proposé ici toute une\nsérie de modifications qui ont été admises par\npresque tous les orchestres de l'Allemagne.\nEt, depuis Wagner, nous avons fait des progrès\nen orchestration ! L'arrangement de Mahler,\nécrit pour la Philharmonique a fait si bon\neffet que bien des gens ont déclaré qu'ils ne\nse doutaient pas de ce qu'était la Neuvième\navant de l'avoir ainsi entendue. Or Mahler\nn'a fait ici que continuer l'œuvre de Wagner ;\nainsi, par exemple, en développant la sonorité\ndes vents. Wagner avait déjà remarqué que le\nsecond thème du scherzo ne sort absolument\npas en présence du premier, exposé par le\nquatuor. Mahler ajoute ici aux bois de la\npartition, 6 cors et deux trompettes ! Le tout\nen clarté et en intensité. Ailleurs Mahler\nunit les hautbois aux flûtes et remplace les\nhautbois de la partition par des clarinettes,\ntandis qu'enfin il donne aux cors en fa les\nparties de clarinette écrites par Beethoven.\nPourquoi ? Parce que dans le fort de l'orchestre\nle registre bas de clarinette tel qu'il est écrit\nici ne s'entend pas, tandisque leur registre\nmoyen a une très belle sonorité. Dans la\n\" Alla Marcia \", dont parle M. Barrère,\nMahler a aussi ses bonnes raisons. Le hautbois"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.101", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "qui expose cette marche lointaine ne peut\njouer pp dans son registre aigu, et d'ailleurs sa\nsonorité naturelle a quelque chose qui le met\nen saillie, empêchant ainsi l'idée d'éloignement.\nMailler remplace le hautbois par des flûtes, et\nmet des sourdines aux cors. Le problème est\nrésolu.\nOn pourrait presque, en suivant pas à pas\nles innovations de Mahler dans la Neuvième,\nécrire un nouveau Traité d'instrumentation.\nCar toutes ces modifications ont leur cause\ndans l'expérience journalière de l'orchestre\nmoderne.\nCertes le musicologue protestera, et il aurait\nraison s'il s'agissait d'œuvres appartenant à la\nmusicologie, c'est à dire à une manière de\nO /\nsentir qui n'est plus la nôtre. Mais des\nœuvres qui vivent encore de notre vie mo-\nderne, qui sont notre pain quotidien, nous\navons le droit et le devoir de les rendre con-\nformes aux exigences de nos orchestres et de\nnos oreilles, en réalisant les intentions de\nl'auteur par les perfectionnements de notre\ntechnique actuelle. Et cela de la manière qu'il\naurait employée s'il vivait en ce moment.\nDr EGON WELLECZ.\nOn organise pour mars des fêtes en\nl'honneur de la Philharmonique de Vienne,\nqui célèbre son cinquantenaire. L'orchestre\nrecevra solennellement la grande médaille d'or\nde St-Salvador.\nGR AZ.— Menus passe-temps de la censure.\nLe drame lyrique Àdise Brun du compositeur\nSuisse-romand, Pierre Maurice, vient d'être joué\nau théâtre municipal avec un joli succès. L'ac-\ntion se passe à Aix en Provence et la musique\nemploie divers chants populaires du midi.\nMais il y a aussi une procession et une exécu-\ntion capitale, où les moines récitent des textes\nlatins. La censure les a impitoyablement biffés ;\nde la sorte l'orchestre arrive à jouer, dans\ncertains passages, sans les chœurs ; mais comme\nles bons religieux ne peuvent pas assister\nmuets à l'exécution finale, la censure a toléré\nqu'on leur fit murmurer indistinctement des\nparoles latines quelconques. Le régisseur, en\ndésespoir de cause, fit marmotter sourdement\nle ... Gaudeamur igitur, à la place du Kyrie\neleison ! La censure fut en paix et l'on assure\nque l'émotion du public ne s'en trouva pas\ntroublée.\nv\nA un récent concert de le société acadé-\nmique Richard Wagner (on voit aujourd'hui\nde ces accouplements de mots !) s'est révélé un\ntalent musical remarquable : le jeune compo-\nsiteur styrien, D 1 Geppo Marx. Une centaine\nde lieder le font déjà désigner comme le digne\ncontinuateur de son compatriote Hugo Wolf.\nL'originalité de sa facture, la richesse de son\ninvention, l'expressivité de ses motifs mélo-\ndiques ont produit une véritable sensation.\nMM.\nSALZBOURG. De grandes fêtes en\nl'honneur de Mozart auront lieu ici du 29\njuillet \"au 6 août, à l'occasion de la fondation\nde la Mozarthaus. On entendra la Flûte, Don\nJuan et six Grands Festivals, comprenant :\nLaudate pueri, Ave Verum, Requiem. Qua-\ntuor (K. V. 465), Lieds, Quatuor avec piano\n(K. V. 478.). Symphonie en ré majeur,\nConcerto de violon. Concerto pour flûte et\nharpe, Symphonie en sol mineur. Aria pour\nsoprano et chœurs, Sonate pour violon et piano,\nsolos de piano, Aria du Roi pasteur. Quintette\navec cor. Quintette à vent. Symphonie\nen mi bémol majeur, Concerto de piano, Aria\nde Cosi fan tutte, Symphonie en mi bémol\nmajeur; enfin, au dôme, la messe en ut majeur.\nPour tous renseignements s'adresser aux\nbureaux du S. I. M.\nBUCAREST. Le public roumain est\ncommunicatif et enthousiaste ; il n'y a pas de\nsoliste ou d'orchestre venu d \"Europe qui ne\nremporte ici, qui plus, qui moins, mais encore\nsans distinction très marquée, des succès pro-\ndigieux. On y applaudit d'aussi grand cœur\nMassenet et Wagner, Puccini et Debussy ;\net Dvorak y passe pour classique aux côtés de\nBach. Cet éclectisme, du moins, contribue à\nl'éducation générale, et il faut concéder que\nles progrès du goût musical ont été sensibles\net rapides déjà."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.103", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4121, "texte": "Mais jamais la foule ne délire, comme\nlorsque un exécutant ou un compositeur rou-\nmain vient montrer que la musique nationale\nexiste, que l'art national soutient la compa-\nraison avec l'art d'occident. Et parfois il se\ntrouve que cela est vrai.\nLes deux derniers concerts de caractère bien\nroumain, furent et non moins artistique ceux\nde Mme Triteanu et de M. G. Enesco.\nL'éloge de ce dernier n'est plus à faire à\nParis, A Bucarest non plus. Il vient de se pro-\nduire trois fois de suite, avec un égal succès,\ndevant ses compatriotes, dans ses trois qualités\nde violoniste, de pianiste et de compositeur.\nComme pianiste, il a eu le rare mérite, la belle\nconfraternité, de se faire l'interprète de la\nSymphonie roumaine pour piano et orchestre de\nM. Stan Golestan. Dame, M. Golestan ne\nsemble pas encore prophète en son pays. Les\nlaoutars barbus mettent le directeur de l'or-\nchestre officiel du Ministère de l'lnstruction\npublique, M. D. Dinicu, en garde contre les\n\" intrus en musique \" ; et voici comment ils\nanalysent la \" prétendue \" symphonie rou-\nmaine : \" autour d'un motif populaire suffisam-\nment trivial, qui passe par tous les instruments,\ns'enlacent un ou deux motifs de Grieg, repris\net attaqués sans aucun lien sensible, et sans\nque l'auteur arrive un être maître des\nmasses instrumentales\"... ; cela ne veut pas\ndire grand'chose, et la présence de M. Enesco\nau piano parle mieux en faveur de l'œuvre.\nVioloniste, M. Enesco prêta son concours au\npremier concert de Mme Triteanu, avec un Air\nde Bach et les Humoresques de Dvorak. Com-\npositeur, il bénéficia de tout un festival où l'on\nn'entendit un choix de ses œuvres, sous sa\ndirection personnelle, verveuse et ferme. Le\nprogramme comprenait le Poème roumain, du-\nquel date la consécration du musicien : le\ncharme des airs nationaux opère toujours, ainsi\nque la relative simplicité d'écriture, et impres-\nsionne intensément l'auditoire.\nLa suivante symphonie en mi bémol apparaît\nplus ardue, trop développée, dit-on dans cer-\ntaines de ses parties ; si elle n'était pas\nd'Enesco..., mais il la dirige admirablement,\navec un soin des détails autant que de la ligne\narchitecturale qui atteint à un grand effet. Et\nl'on respire de nouveau à l'aise dans les\nsodies roumaines,celle en surtout, où\nvibre l'âme môme du pays.\nMme Veturia Triteanu est une autre char-\nmeuse. Elle arrive de Transylvanie, de chez\n\" les frères de Hongrie \" avec une réputation\nde rossignol. D'une voix vibrante et chaude de\nmezzo-soprano, au timbre bien roumain, elle\nchante également Schumann et Schubert,\nDvorak et Brahms, Wagner ou Strauss. Mais\nelle a un art particulier de dire les chants\npopulaires de son pays, les complaintes jaillies\ndu tréfond de misères d'un peuple oppressé.\nM. M.\nVARSOVIE. Dans la série de grands\nconcerts symphoniques à la Philharmonie, sous\nla direction de M. Z. Fitelberg, à noter (au\nmois de décembre) le très grand succès de\nJacques Thibaud qui a enlevé l'enthousiasme\nd'une salle comble. Un des concerts de musique\nde chambre (arrangé par M. H. Melcer) a été\nconsacré entièrement à la musique française.\nQuatuor de César Franck, concerto pour piano\net violon avec acc. de quatuor à cordes de\nChausson, mélodies de Berlioz, Franck, Chaus-\nson, Chabrier, Ravel, Debussy, Dukas et\nd'lndy. N'ayons garde d'oublier le brillant\nsuccès d'lsaye. Comme nouveauté sympho-\nnique, il faut mentionner \" La mer \" de\nDebussy, exécutée avec grand soin par l'or-\nchestre symphonique du Prince L. Lubomirski.\nL'Opéra de Varsovie passe une époque\nde crise assez pénible. Après une saison de\ntrois mois dirigée par un groupe d'artistes\npolonais (non subventionné) la salle du Grand\nThéâtre est louée pour quatre mois à un\nentrepreneur italien Castellano. D'après les re-\nprésentations que nous avons eues les résul-\ntats artistiques de l'entreprise sont à peine\nsatisfaisants. A l'exception de quelques artistes\n(Mmes Bianchini-Cappelif, Mrs Maggini-\nColetti) elle ne possède que des voix médiocres\net nous attendons avec impatience et inquié-\ntude des changements décisifs qui nous redon-\nneraient l'opéra subventionné par le gouver-\nnement."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.104", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4126, "texte": "— A partir de mars notre Section polonaise\nde la S. I. M. aura son Bulletin trimestriel.\nH. O.\nS1 PETERSBOURG. — Les deux grands\névénements de notre vie musicale en cette\nsaison sont : le 50me anniversaire de la Société\nImpériale Musicale Russe (fondée au prin-\ntemps de 1859), et le 5<3me jubilé de M. César\nCuiy dont cette même société exécutait un\nscherzo le 14 décembre 1859.\nLe noyau de la Société Imper. Al us. Russe\nfut la Société Musicale Russe à S1 Pétersbourg,\nformée aussi en 1859, qui succédait elle-même\nà une \" Société Symphonique \", composée à\nmoitié de dilettanti et qui, dix ans auparavant,\navait cessé d'exister. Les fondateurs de la\njeune Société étaient A. G. Rubinstein, le\ncomte Mathieu J. Wielhorsky, le mécène\nbien connu, D. W. Kapchine, W. A. Kolo-\ngriwow et D. W. Stassow, grands amateurs\nde musique. Ce dernier est le frère du critique\nd'art bien connu M. Wladimir Stassow et le\nseul parmi les fondateurs qui aura assisté au\n5 ome anniversaire de la Société. Les jeunes fon-\ndateurs, à la tête desquels il convient de placer\nRubinstein, eurent recours au patronage de la\nGrande Duchesse Hélène Pawlowna, tante de\nl'Empereur Alexandre II et femme de haute\nculture, qui, ne se bornant pas à protéger la\njeune institution, lui prodiguait personnelle-\nment des secours matériels. De suite, la\nSociété déploya son activité musicale avec\nvigueur. — Ses concerts symphoniques et de\nchambre n'eurent qu'une interruption mo-\nmentanée, lors des événements de 1905-1906,\nalors que le mouvement révolutionnaire se fit\nsentir jusque dans le Conservatoire même.\nDès 1859, Société organisa un chœur, une\nbibliothèque, des concours entre compositeurs\net fonda un u Cours de musique populaire \",\ndans le Palais Michel, mis gracieusement à la\ndisposition de la Société par la Grande\nDuchesse Hélène. Ces cours devinrent, en\n1862, le Conservatoire de St Pétersbourg, dont\nle premier lauréat fut Tchaïkowsky, en 1865.\nIl ne faut pas oublier qu'avant la formation\ndu Conservatoire de Sfc Pétersbourg les musi-\nciens russes ne jouissaient pas de droits civi-\nques, qu'ils ne pouvaient être ni fonctionnaires\ndes Théâtres Impériaux ni professeurs de\nmusique dans les instituts de jeunes filles.\nRubinstein, qui, malgré sa renommée uni-\nverselle, avait lui-même éprouvé les fâcheuses\nconséquences de l'inique situation dans la-\nquelle se trouvaient tous les musiciens russes,\nobtint qu'il fut accordé, de par la loi, le titre\n& artiste libre, pour les anciens élèves du Con-\nservatoire titre qui n'avait été décerné\njusqu'alors que par l'Académie Impériale\ndes Arts.\nL'activité de la Société devint de plus en\nplus étendue. Un an après sa fondation, Rubin-\nstein créa une section indépendante à Moscou.\nEnsuite, peu à peu, se formèrent des sections\nà Charkow, Kiew, Saratow, etc. etc. A cette\népoque (en 1865), pour mieux surveiller\nl'activité toujours croissante de la Société, il\nfut instituée une Direction principale, à la\ntête de laquelle, avec le titre de président, ont\ntoujours été placés des membres de la famille\nimpériale. Ainsi, après la mort de la Grande\nDuchesse Hélène (t 1873), ce fut le Grand\nDuc Konstantin Nicolaévitch, ensuite (1899)\nson épouse Alexandra Josefowna, laquelle\nchoisit, comme aide, son fils le Grand Duc\nKonstantin Konstantinowitch ; celui-ci n'a\nrenoncé à ses fonctions qu'au commencement\nde 1909, lorsque la princesse Hélène de Saxe-\nAltenbourg (petite-fille de la Grande Duchesse\nHélène Pawlowna) a été élue présidente de la\nSociété.\nEn 1873, la Société a reçu le titre d'\" Im-\npériale \". Je passe tous les détails du déve-\nloppement de la Société, les modifications de\nses statuts ainsi que de ceux du Conservatoire\net d'autres institutions musicales affiliées à elle.\nActuellement la Société Musicale compte plus\nde 35 sections dans tous les centres im-\nportants de Russie du Caucase à la Sibérie,\net 2 conservatoires (S1 Pétersbourg et Moscou),\n16 écoles musicales et 16 cours musicaux\n(pour la plupart du type d'écoles musicales\nde 4 classes), où plus de 18000 élèves étudient\ntoutes les branches de la musique.\nLa section de St Petersburg aura été le tronc"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.105", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "de cette énorme ramification à travers toute\nla Russie.\nSon Conservatoire a eu à sa tête : Rubin-\nstein (à deux reprises, en 1862-1867 et 1887-\n1891), N. J. Zaremba (1867-1871), M. P.\nAsantchewsky (187 1-1876), le célèbre violon-\ncelliste K. j. Dawydow (1876-1887), les\nprofesseurs J. J. Johansen (1891-1897),\nA. R. Bernhardt (1897-1905) et finalement,\nA. K. Glazounow (depuis 1905) que l'on peut\nà juste titre, considérer comme la plus grande\nautorité musicale russe de l'heure actuelle.\nEn 1896, il alla s'installer dans un énorme\npalais, construit sur l'emplacement de l'ancien\nGrand Théâtre et dû à la libéralité de l'empe-\nreur Alexandre 111. En 50 ans, la section de\nSt Pétersbourg, à elle seule, a donné plus de\n500 concerts symphoniques et plus de 400\nsoirées de musique de chambre, sans compter\nles exercices d'élèves. Les concerts sympho-\nniques ont été dirigés par des célébrités russes\net étrangères, telles que Rubinstein, Balakirew,\nBerlioz, Bulow, Auer, Safonov et grand nom-\nbre de jeunes musiciens auxquels la Société\ndonnait la possibilité de se produire. Enumérer\nles noms des compositeurs et exécutants ayant\nfiguré dans les programmes des concerts de la\nSociété équivaudrait à copier le dictionnaire\ndes musiciens du 19e et du commencement\ndu 20e siècle.\nLes fêtes du 50e anniversaire dureront\nplusieurs jours en dehors d'une séance solen-\nnelle, il y aura deux concerts de gala, (l'un deux\nrépétera le programme du premier Concert de\nla Société, du 23 Novembre 1859) et une\nreprésentation d'opéra. 1\nL'importance du le 50e jubilé de M. C. A.\nCui est certes moindre, cependant il a aussi\nvivement intéressé notre public musical. Auteur\nde \" William Ratcliff\" \" Angelo \" \"Le prison-\nnier de Caucase \" uFlibustiero\" \" Sarazin\", sans\ncompter plusieurs petits opéras, un très grand\nnombre de romances (dont quelques-unes fort\npopulaires), et de morceaux pour piano etc. ;\ncritique, très écouté à un certain moment et\npropagateur des tendances russes modernes\nM. Cui fut, en même temps que Balakirew,\nun des premiers fondateurs de l'école des 5\navec Moussorgski, Rimsky-Korsakow et Bo-\nrodine. Le réalisme, le langage imagé et\ndescriptif, le respect du coloris national, l'af-\nfranchissement complet de la routine, telles\nétaient les tendances de ce groupe qui sym-\npathisait avec Liszt, Berlioz et Schumann,\ntout en luttant contre les idées réformatrices\nde Wagner et contre le Conservatoire de\nRubinstein. Cette lutte, assez âpre à certains\nmoments, s'est apaisée avec le temps.\nL'œuvre musicale et littéraire de M. Cui\nest assez connue en France ; ses 2 opéras\nfurent représentés à Paris et en Belgique,\nd'autres de ses œuvres ont souvent été exé-\ncutées surtout grâce à la propagande de la Com-\ntesse de Mercy-Argenteau, admiratrice et\namie de M. Cui à qui elle a consacré tout un\nlivre. Enfin, c'est à Paris que fut publié le\nlivre de M. Cui \" La Musique en Russie \"\nouvrage, qui, malgré un certain exclusivisme,\nbien compréhensible d'ailleurs, a pendant fort\nlongtemps, servi de source principale pour tous\nceux qui, en Europe occidentale, se sont inté-\nressé à l'actualité musicale russe. Pour le jour\nde son jubilé M. Cui a achevé un nouvel\nopéra 66 La fille du Capitaine \" (sujet pris dans\nun roman de Pouchkine). Cet anniversaire est\nfêté aussi bien à St. Pétersbourg, qu'à Moscou\net en province ; les Théâtres Impériaux re-\nprennent à cette occasion à Pétersbourg :\n\" Angelo \" le plus important des opéras du\nmaître, à Moscou le \" Prisonnier de\nCaucase N. FINDEISEN.\nMOSCOU. La distribution des prix à\nla mémoire de Glinka a eu lieu le 27 no-\nvembre (10 décembre), anniversaire des pre-\nmières représentations de La vie pour le Tsar,\net Russlan. Cette institution a été fondée par\nMétrophan Bélaiew, éditeur de musique et\n\n-1 II a été publié, à Poccasion de l'anniversaire, par\nles soins de la Direction de la Section de Pétersbourg-,\nun aperçu historique du cinquantenaire de la Société ;\nce travail a été confié à l'auteur de ces lignes."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.106", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "en même temps grand amateur et patriote\nardent.\nLe grand prix de 1.000 roubles a été donné\nà Thèod. Blumenfeldt pour une symphonie à\ngrand orchestre (Op. 39). Les quatre prix à\n500 roubles: 1.) à N. Tsherepnin, pour un\nconcerto de piano ; 2.) à M. Steinberg, pour\nun Quatuor ; 3.) à Al. pour sa S™\nSonate de piano ; 4.) Ig pour un\nScherzo fantastique pour orchestre.\nCitons de grands noms : Mengelberg à\nla Philharmonique ; Safonov qui revient cou-\nvert de lauriers, et auquel on fait ovation ;\nOskar Fried au concert Kussewitzki ; Nedbal\nqui nous offre à la Société Impériale deux\nnouveautés, un Poème d'après\nLenau par Henri Rabaud, et le de\nNoren ! Parmi les pianistes Slivinski, Hofman,\nLeonide Kreutzer (un joli nom pour les\nsonates !) enfin, à une place à part M\"lu Lan-\ndowska, la triomphatrice en ce moment ici.\nAux concerts historiques de Serge Wassilenko,\nelle nous a ravi avec un concerto pour piano\nd'Haydn dont elle a composé elle-même la\ncadence, et du Mozart, du Rameau, du Bach\nsoit au piano, soit au clavecin ! J'ajoute que\nla sonorité du clavecin Pleyel, que Mme Lan-\ndowska avait amené m'a semblé parfaite.\nELLEN DE TIDEBOEHL.\nUN TOURNOI MUSICAL. Tous\nles deux ou trois ans, l'Allemagne musicale\norganise des grandes fêtes en l'honneur de\nJ. S. Bach. Elles auront lieu cette année à\nDuisburg, sous la direction de Walther Joseph-\nson et dureront du 4 au 7 juin- Une commis-\nsion spéciale, composée des plus grandes no-\ntoriétés doit résoudre le problème de savoir si,\npour l'interprétation des œuvres de Bach, les\ninstruments anciens à clavier peuvent être\nremplacés par notre piano moderne. Devant\nce jury, Mme Wanda Landowska aura à dé-\nfendre la cause du clavecin, en exécutant sur\ncet instrument plusieurs œuvres de Jean-\nSébastien, qui seront ensuite jouées par des\nartistes notoires au piano.\nUNE LETTRE DE MAX REGER.\nLe Musical Courrier de New-York publie\nune lettre qui a été adressée par son corres-\npondant de Leipzig, et dans laquelle M. Max\nReger apprécie de la façon suivante le rôle de\nla critique musicale.\n\" Est il rien de plus humoristique, que la\nlecture des critiques ? Un vieux proverbe a\nbeau dire : Le musicien n'est pas un critique\net le critique ne sera jamais un musicien \"\nmalgré tout, et quoiqu'on fasse pour se péné-\ntrer de cette vérité, on demeure stupéfait\ndevant les bourdes, les contradictions et l'éter-\nnel discrédit qui se renouvellent ici journelle-\nment. On dira, pour se défendre : Qu'est-ce\nqui n'est pas critique aujourd'hui ? Des gens\nqui n'ont rien à faire avec la musique, des\nmédecins, des professeurs, des fonctionnaires\napportent le concours de leur compétence\ncritique et musicale, avec toute la modestie\ndes oracles. Autrement dit, la critique n'a\nqu'à s'en prendre à elle, si elle ne peut pas se\nfaire prendre au sérieux. Et puis les coteries\ndécident si souvent de la bienveillance ou de\nl'animosité ! Est-ce que les sympathies ou les\nhaines personnelles ne parviennent jamais à\ntroubler le regard des juges ? Certes je connais\net j'estime quelques vrais critiques, qui pren-\nnent la musique au sérieux, mais ils sont aussi\nclairsemés que ces compositeurs, auxquels la\ncritique en question accorde l'originalité, la\nbeauté, l'expression etc., etc...\nDr Max Reger.\nGENEVE. A Genève et Lausanne,\nRicardo Vinès fait merveille, au Conservatoire\net en deux récitals de musique moderne, de\nChopin à Ravel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.18", "titre_corps": "3", "titre_sommaire": "3", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.107", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 42, "texte": "3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.18.1", "titre_corps": "M. 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Ecrivons donc Harpignies tout court\nmontrant par là combien nous tenons cet\nhomme pour déjà et définitivement passé dans\nla Postérité.\nHarpignies !\nRegardez comment se présente l'assemblage\nde ces lettres. Ecoutez-en la sonorité r Harpi-\ngnies, ne voyez-vous pas, n'entendez-vous pas\ndans ce nom là, tout ce qu'il y a dans l'œuvre\nde cet artiste : souplesse, fermeté, grande\nallure, et grande honnêteté. Oui, vraiment, il\ny a des noms qui, dirait-on sont faits sut-\nmesure. Harpignies grand talent et grand\ncœur, voilà l'homme.\nCet homme là r Je l'embrasserais !...\nCette exclamation d'une belle jeune femme\ndevant une photographie d'Harpignies, traduit\nà merveille la sensation que l'on éprouve en\neffet, devant ce visage tout intelligence et bonté.\nMais pourquoi, belle jeune femme,\nn'étiez-vous pas avec nous, lorsque nous\nsommes allés chez le Maître, lui demander\nses impressions sur la musique et les musiciens?\nAinsi auriez-vous pu l'embrasser. Et il ne s'en\nserait pas plaint, allez, le solide et charmant\nvieillard !\nVous l'auriez trouvé, Madame, dans une\nsimple maison de rapport, située dans une\npetite rue tranquille et presque provinciale de\nla rive gauche. Au devant de vous, serait\nvenue, aimable, vive et légère, une dame aux\ncheveux couleur de cendre et qui a dû être\nbien jolie. Cette dame vous aurait menée dans\nun vaste atelier meublé très sobrement. Piano,\nlarge table, fauteuils, bibliothèque. Un atelier\noù il faisait très chaud, et où il n'y avait de\nprécieux que, aux murs, des paysages autant\nde petites fenêtres ouvertes sur la Nature.\nCalotté de velours noir, le regard pétillant,\nle teint frais tranchant bien rose sur le blanc\nneigeux de la moustache et de la barbe, dans un\nfauteuil Voltaire, tenant l'attitude d'un bon\npère-grand sur le point de conter une mer-\nveilleuse histoire à ses petits enfants, tel vous\nauriez, Madame, trouvé Harpignies. Et voila,\nrappelé dans ses souvenirs par la vieille amie\naux cheveux couleur de cendre qui l'appelle\nu Patron \", ce qu'il vous aurait dit :\nMais j'ai été élevé dans la Musique !\nMa mère et ma sœur étaient excellentes musi-\nciennes. Aussi vite qu'un pinceau j'ai touché\nun instrument. Puis dès que j'ai pu, tout de\nsuite, mon choix a été fait : Beethoven et\nBach.... Beethoven.... voyez-vous, celui-là\nc'est le Père ! un père qui ne m'empêche pas\nd'aimer ses enfants et d'avoir longtemps joué\ndes trios de Mozart, de Haydn, avec le peintre\nHébert et le musicien Del Sarte. Dans ce\ntemps là je ne ratais pas un concert. J'étais un"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.109", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "des fidèles de Pasdeloup, où l'on jouait la\nSymphonie en ut. On ne nous rasait pas\nencore avec votre sacrée musique moderne....\nLe Maître coupe l'air avec sa main comme\ns'il voulait chasser une mouche.\nOh non, je n'y comprends rien à votre\nsacrée-musique moderne. Chopin ? Ah, celui-là\nc'est une autre histoire, je l'adore parce que\nlui a vraiment trouvé quelque chose et voyez\nvous, en art, trouver quelque chose tout est\nlà ! Wagner ? si vous voulez, mettons que\nje l'admire tout en me dispensant d'entendre\nses opéras qui durent trois jours Les grands\nconcerts ? maintenant je n'y vais plus beaucoup\nbien que j'y sois abonné depuis quarante ans.\nC'est que voyez-vous j'ai toujours peur d'y\nentendre votre sacrée-musique moderne et\nqu'alors je ne peux pas m'empêcher* de faire\nmes réflexions ou de foutre le camp !.... La\nmusique ! en ai-je entendu et en ai-je fait\nchez moi, avec des musiciens comme Taffanel!.\nPatron, racontez-leur donc l'histoire des\ndames qui causaient, vous savez bien....\nAh oui !.... C'était un samedi où Taffa-\nnel et d'autres amis venaient à la maison.\nCroyez-vous que pendant l'exécution d'un\nquatuor d'Haydn, des dames causaient Moi\nvous savez.... quand on joue de la musique\nc'est sacré ! Alors qu'est-ce que je fais ? Je\npose mon archet. Je me croise les bras et je\ndis : \" Quand ces dames auront fini leur musique\nnous reprendrons la notre. \" C'est qu'elles\nn'étaient pas contentes ! mais elles se sont\ntues. Nous avons pu jouer tranquillement et\nc'était le principal. Ah les dames qui causent\npendant les auditions ! tenez, voilà une des\nraisons qui m'auraient éloigné de l'Opéra si\nj'avais commencé à le fréquenter Mais je\nne l'aime pas l'Opéra, rapport aux chanteurs et\naux chanteuses Vous allez voir quelle fut\nma chance la seule fois où j'ai voulu y aller de\nmoi-même pour entendre l'ouverture de Guil-\nlaume Tell. Ce bon Gaillard m'avait donné\nune loge de Scène. Mais comme l'ouverture\nse joue rideau baissé, et que dans une loge de\nscène j'étais naturellement derrière le rideau,\nje n'ai rien entendu !....\nLa musique, ah oui je l'aime! Quel est le\npeintre qui peut y rester indifférent ? Le Nature\nn'est-elle pas une universelle et continuelle\nmélodie ?\nLe Maître pousse un gros soupir, nous\nmontre sa main engourdie par les rhumatismes\net nous dit :\nMais cette mauvaise bougresse là ne\nme permet plus maintenant de toucher à ma\n\" basse \" !\nAvec des mots, des intonations qui perdraient\ntoute leur saveur à être écrits, avec des gestes\nqui ne se décrivent pas, ceux d'un homme qui\na toujours vécu dehors et respiré l'air pur, loin\nde l'existence malsaine des Villes, enfin avec\ntoute sa manière d'être et de s'exprimer qui\nnous donne comme l'impression de humer à\npleine bouche une vivifiante brise champêtre,\nune bonne odeur de feu de bois et de soupe aux\nchoux, le Maître nous parle de ses hivernages\ndans le Midi, de cette côte d'azur d'où il\nrapporta tant de toiles inoubliables. De Beau-\nlieu, où durant ses études du matin du soir,\nla Princesse d'Arenberg venait le voir et faire\navec lui un grand doigt de causerie. De Ville-\nfranche dont la u bouillabaisse \" le console du\nsurgissement formidable des hôtels qui chaque\nannée abîment un peu plus le paysage aujour-\nd'hui livré à eux, aux fumées de pétrole des\nautomobiles, aux rastaquouères, aux anglo-\nsaxons dont les hommes promènent leur tête\nde boxeurs, les femmes leur taille de poutre\net leur profil chevalin.\n\nSilhouettes d'Actualité.\nReynaldo Hahn.\nOn n'a pas idée comme l'attente prolongée\nfinit par éveiller des idées bizarres, une menta-\nlité singulière. Oui ! à quoi ne peut-on penser\npour tuer le temps qui ne s'en porte pas plus\nmal pour celà, lui. Ainsi, récemment, dans\nune de ces longues solitudes inoccupées que\nsont pour les chroniqueurs l'attente de leurs\nsujets vivants, combien ai-je regretté d'être\npresque un honnête homme, ou si l'on préfère\nde ne pas avoir le courage et le métier suffi-\nsants pour être le contraire Horizon\npuissamment entrevu dans le petit cabinet de"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.110", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4220, "texte": "travail où j'attendais que paraisse Mr. Heynaldo\nHahn, l'auteur de u la Fête chez Thérèse, \" le\nnouveau ballet que vient de représenter l'Opéra.\nDurant cette bonne (était-elle si bonne que\ncela?) demi-heure pendant laquelle le composi-\nteur s'est fait désirer, j'ai songé : \" Quel temps\nprécieux perdu ! Avec quel profit Vemploierait un\ncambrioleur très ordinairement doue. \" C'est que,\nen effet, il \"y a des souvenirs très artistiques et\nde valeur à emporter chez M. Reynaldo Hahn!\nNe parlons pas de cet autographe d'Alphonse\nDaudet ou même de cet autre dû à l'auteur de\nChatterton.\nu A voir ce que Von fût sur terre et ce qu on laisse\nSeul le silence est gra?id tout le reste est faiblesse\nAlfred de Vigny. 18 Novembre 1856.\nOui, laissons cela. On sait le prix que l'on\npeut tirer de ces choses, fussent-elles d'un\ngrand poète et même d'un grand poète mort.\nCôté cheminée il y avait plus u à faire. \" Cette\nmerveilleuse collection de papillons, cette reli-\nque certainement de provenance espagnole :\nune grande boîte carrée verticalement close\nd'une vitre derrière laquelle apparaît dans sa\ncellule, priant agenouillée devant son petit lit\nde sangle une religieuse tout de noir vêtue\nAux murs? quelques bonnes captures possibles.\nDes panneaux d'ébène dont un curieux et pa-\ntient plaquage d'argent ou d'étain encore\nfaudrait-il savoir ! représente des poissons\net des oiseaux Par terre? un riche tapis\nancien qui même pour un collectionneur ne\nserait pas à dédaigner, avec son primitif steeple-\nchase de petits lapins brodés naturellement...\nEnfin, un piano, ça se devine. Mais quoi sur\nce piano? Un phonographe! Oui, avec un\npavillon ! Et quel pavillon ! Jfe ne sais pas\ns'il est a vendre, mais comme il mérite d'être\nloué ! Et vous savez, si ce pavillon là ne marche\npas ne soyez pas en peine, il y en a un autre\nd'égale dimension, et qui attend son tour.\nDésole de vous faire attendre\nTrès brun, fine moustache roulée au petit\nfer, ombre de barbe au menton, les joues\nveloutées d'un récent frimas de poudre, le torse\nà l'aise dans un coin de feu kaki, ayant dans la\nphysionomie et dans l'allure un je ne sais quoi\nd'abbé barbu sorti d'une toile de Watteau\nou de personnage échappé d'un conte de Jean\nLorrain, Reynaldo Hahn communique vrai-\nment une impression étrange et qu'on n'oublie\npas Presque espagnol, puisque natif du\nVénézuela, encore jeune à vingt-deux\nmois Reynaldo Hahn avait déjà une oreille\net même deux oreilles énormes Nous\nvoulons dire qu'il avait à cet âge tendre une\ndéconcertante délicatesse musicale\nCe fut-elle qui l'entraînait à ces petits scan-\ndales toutes les fois qu'un vieil ami de la famille\ncommençait à fredonner le même air d'opéra\nitalien invariablement chanté faux. Justement\nsurpris et flatté d'une telle disposition M.\nHah 11 père qui pourtant n'était pas un artiste\nmais un homme de finance jura qu'aussitôt\ncapable de marcher seul, l'enfant apprendrait\nla musique et entrerait au Conservatoire.\nÀinsi fut fait. Le jeune R.eynaldo suivit\nen effet les classes préparatoires du piano.\nC'est d'ailleurs là que pour un oui, pour un\nnon, et pour d'autres motifs aussi mal définis,,\n011 venait le demander pour servir d'accom-\npagnateur dans les autres classes et surtout\ndans celles de clarinette et de maintien. Ces\nclasses de maintien ! O irrévérence et ironie\ndes exemples ! A ce moment là qui enseignait\nles grâces ? Un pauvre vieux bonhomme décré-\npit, qui tour à tour présentait l'aspect grotesque\nd'un crabe en marche ou celui plus pénible\nencore d'un fantoche monté comme la\nvieille viçne sur des échaias !\nEmpressons-nous d'écrire que M. Reynaldo\nHahn n'a pas emporté du Conservatoire que\nce souvenir lamentable ! Il en a d'autres flat-\nteurs, pour l'enseignement de cette école et\npour ses maîtres. Ainsi, avec une belle cha-\nleur, M. Reynaldo Hahn nous assure qu'il n'y\na pas de meilleur endroit pour apprendre la\ntechnique musicale et rencontrer des profes-\nseurs comme Massenet Massenet : le\nroi des professeurs, qui n'a pas selon\nReynaldo Hahn son pareil pour faire com-\nprendre et adorer les musiciens du Passé...\nAyant fait de Schumann et de Mozart ses\namis de clavier, Reynaldo Hahn retira de ces\nexcellentes fréquentations une science et une"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.111", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "grâce qui jointes à ses qualités personnelles\ndevaient tout naturellement le conduire à bien\ncomposer cette partition faite d'imprévus char-\nmants et de savantes harmonies qui est \" La\nFête chez Thérèse \".\n\nAÏDA BONI.\nNi grande, ni petite, menue plutôt, gra-\ncieuse, vive et légère, M]le Aïda Boni est\navec Mlle Zambelli, la plus adorable et la\nplus vivante expression de la Danse, cet Art\naimable, joyeux et reposant, qui est comme\nla brise, la caresse, le parfum de notre Epoque\nlaborieuse, violente et tourmentée.\nDans n'importe quel ballet d'Opéra, regar-\ndez bien Melle Aïda Boni. Détaillez là depuis\nle moment où elle prend son vol, jusqu'à\ncelui où elle s'immobilise, tel un bel oiseau\nqui se reposerait après s'être longtemps joué\nde l'air. Et dites-moi si toute cette mélodie de\nmouvements n'est que le résultat d'une méca-\nnique plus ou moins vite et plus ou moins\nintelligemment apprise ? Non ! Comme\nMlle Zambelli, Mlle Aïda Boni est possédée\npar l'âme de la Danse. Chose extraordinaire,\ncomme Mlh' Zambelli, Mlle Aïda Boni pré-\nsente des jambes tout à fait quelconques. Rien\nde sensationnel, ni même de discrètement\nannonciateur. Combien d'autres jambes, pro-\nfanes, si l'on peut dire \" des jambes courantes \",\nont au contraire une physionomie bien per-\nsonnelle, une sorte d'éloquence de formes, qui\nmême vues du côté pile, font penser de celles-\nci, aux mollets débonnaires: \" jambes de petite\nfemme tranquille \" ou de celles-là nerveuse-\nment tournées, dont les jarrets se cambrent\navec des airs de défi : u 0/?, oh : u jambes de\npetite femme qui ne doit pas se laisser embeter \"...\nMais revenons donc aux jambes de Mlle Aïda\nBoni qui pendant l'immobilité ne vous ont\npas le moindre air de promettre : Vous allex\nvoir tout a F heure cette conversation ! \" Oui,\nmais attendez que ces jambes s'animent !\nAlors ce ne sont plus des jambes, ce sont des\npetites personnes, des fées, collaborant avec le\ntorse, le visage, les bras et faisant leur œuvre\nd'enchantement.\n... Melle Aïda Boni a toujours dansé, dès\nen naissant ! De joie sans doute à la pensée de\ntoutes les excellentes choses qui l'attendaient.\nLa première fois où Mll'' Aïda Boni se révéla,\nce fut à Milan, sa ville natale. L'arrivée du\nfameux cirque Buffklo Bill l'anima d'un tel\nplaisir qu'elle exécuta en pleine place publique\nune folle tarentella. Hélas, vous allez voir à\nquelles terribles conséquences peut conduire\nla manifestation de précoces dispositions choré-\ngraphiques. Au moment où devant le défilé\nBuffalo Bill, la jeune Aïda Boni tournoyait\ncomme une petite feuille dans la brise, des\nbohémiens la voient, l'évaluent, profitent du\nbruit, de la foule, et l'enlèvent. Heureusement\nqu'un peu plus loin, grand'maman, qui pas-\nsait, vit le désastre et put reprendre possession\nde la bambina, cependant que les ravisseurs dis-\nparaissaient en toute hâte. Sans elle, Belle\nEtoile, où seriez-vous ? Qui seriez-vous ?\nFemme serpent peut-être ? Femme a barbe cer-\ntainement non!... Enfin, cette première\ngrande émotion eut cela de profitable qu'elle\nmit en garde M 11'\" Aïda Boni contre le\npéril de certaines représentations gratuites\net lui donna un peu plus tard Faplomh néces-\nsaire pour subir victorieusement l'examen\nd'admission à la Scala de Milan. Etrange\nAcadémie où l'on est reçue première danseuse\nou mise à la porte !...\nAprès la Scala de Milan, a la Monnaie \"\nun bien joli nom pour un théâtre, n'est-ce\npas —, où elle dansa pendant sept ans, après\navoir été à Marigny le bouton de rose dans\n\" Le chevalier aux fleurs \" d'Armand Sylvestre\net Messager, ce fut en 1908, au Cercle de\n/'Epatant que MlJe Aïda Boni devait, àla\npointe de ses escarpins, décrocher au ciel de la\ngloire, cette étoile qui, depuis, nimbe ses\nbeaux cheveux blonds. En effet, qui ne se\nsouvient des u Deux Pigeons \", où, à côté de\nMUe Zambelli, Mlle Aïda Boni mit sur pieds,\nou plutôt sur pointes, un personnage pitto-\nresque de sémillante et coquette bohémienne ?\nRôle pour lequel elle était d'ailleurs docu-\nmentée, depuis belle lurette ! Sans doute\ninfluencée par La Fontaine, après la fête de\nl'Epatant, tout comme le Pigeon de la Fable,\nMlle Aïda Boni résolut d'entreprendre un"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.112", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "voyage en lointain pays. C'est ainsi qu'elle\npartit pour le théâtre de Covent Garden :\nautant dire une Garden-Party.\nFort heureusement, la perfide Albion\nnous a rendu Mlle Aïda Boni, non sans lui\navoir appris sa langue et lui avoir donné un\ngoût très prononcé pour le gui, ainsi que poul-\nies meubles et les estampes anglaises.\nTôt levée, et chaque fois qu'il est possible\nplus tôt couchée encore, Mlle Aïda Boni a\nl'Amour de son Art : qui le lui rend bien.\nLivrée à ce travail extrême, la charmante\nartiste est presque un phénomène : la femme\nqui n'a pas le temps de respirer Mais\ncomptant bien moins sur ses efforts que sur\nle bon plaisir de la Destinée, Melle Aïda Boni\nest naturellement superstitieuse, comme l'est\nune Parisienne de naissance italienne.\nAussi ne doit-on pas être étonné qu'avant\nd'entrer en scène, cette charmante artiste se\ndéfende contre le mauvais sort avec un signe\nde croix ou tout autre geste destiné à la pro-\ntéger de la guigne : cette cerise amère dont\nMelle Aïda Boni a toujours ignoré le goût, le\nmauvais goût ! Il y a cependant un mal contre\nlequel Mellc Aida Boni ne peut rien et qui fait\nsa désolation. Ce sont les donneurs de souhaits.\nAh si elle pouvait les donner en pâture au\ncrododile de l'Or du Rhin. Nous qui sommes\nrenseignés ; nous ne souhaiterons rien à Mll(*\nAïda Boni, mais nous souhaiterons à nous, de\nvoir briller longtemps cette belle étoile à\ncet Opéra où fut une si adorable Thérèse.\nQu'après chaque représentation, quand la salle\nest vide le veilleur de nuit nous l'assure\non peut entendre du haut des toits et en\nl'honneur de la belle danseuse :\n... Le rossignol cache dans son nid ténébreux\nChanter comme un poète et comme un amoureux..\n\nLa boite à Musique\n\nOù EST LA PRINCESSE JAUNE ?\nCe n'est pas celle du Maître Saint-Saëns,\nni celle du peintre Rochegrosse... Non, c'est\nune Princesse toute vivante, une de nos plus\nséduisantes mondaines, si nous sommes bien\nrenseignés, la femme d'un magistrat, ami per-\nsonnel de M. Dujardin-Beaumetz... A toutes\nles générales, à toutes les premières, princi-\npalement à celles de l'Opéra et de l'Opéra\nComique, elle apparaît presque toujours vêtue\nd'étoffes légères, soyeuses d'un vieux jaune\nchinois qui pare merveilleusement son charme\nétrange et très Beaudelairien. Voici pourquoi\non l'a surnomme la cPrincesse Jaune. Jusqu'alors\nfidèle à toutes ces générales, à toutes ces pre-\nmières, pourquoi donc ne l'a-ton pas vue à la\nsensationnelle reprise de Phrynè, la Princesse\nJaune ? Ce fut vraiment une déception grande,\nlorsque dans sa loge, on vit à sa place une grosse\ndame et quelques messieurs sans importance...\nLa Princesse Jaune aurait-elle renoncé aux\nplaisirs des réunions bien parisiennes ? A\nl'abri du Déluge, reste-elle au coin de son feu,\ndevant son piano, à jouer du Chopin, son\nmusicien favori ? Est-elle partie respirer l'air\nchargé de miel de la Riviera ?\nOù est la Princesse Jaune ? Qui nous rendra\nla Princesse Jaune r\nLES MAQUILLES.\nUn roman dans lequel M. Auguste Germain\nnous présente nombre de personnalités théâtra-\nles où le monde musical est particulièrement\nreprésenté. Riches compositeurs, amateurs,\ncantatrices, ténors célèbres, librettistes, cri-\ntiques, courriéristes, ménages, mariages et\ndivorces sensationnels! Tout un défilé où\nderrière les masques, il est facile de recon-\nnaitre des visages bien familiers... Dans un\ncadre pittoresque et vrai, une agitation d'ef-\nforts, de talents, de jalousies, de bassesses de\nridicules, tout le commerce, le bluff et aussi le\ntravail du Tout Paris artiste.\nAvec impartialité, esprit et une belle tenue\nlittéraire, M. Auguste Germain sert à chacun\n/ o\nsa part. Une part qui est pour quelques uns\nla part du Lion !\nr\nL'HOMME ECLAIR.\nC'est en province, à Reims. Une jeune et\nbelle chanteuse va entrer en scène, émotionnée\ncortime il sied à une personne qui va inter-\nprêter les œuvres d'un compositeur de grande\nactualité, MLLE X. reprend courage grâce aux"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.113", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2993, "texte": "bonnes paroles que l'auteur lui indique dans\nla coulisse.\nAllons du nerf voyons, cà ira très bien.\nEn la poussant l'auteur glisse dans la main\nde la cantatrice une chose qu'elle prend de\nconfiance, sans bien savoir ce qu'elle fait.\nHorreur ! quelle est cette chose molle, gluante\net qui s'écrase dans sa main qu'elle n'ose\nouvrir. Pendant tout le temps qu'elle est en\npublic, la chanteuse garde en ses doigts stricte-\nment fermés, la chose inconnue. Enfin, déli-\nvrance, c'est fini. Voici le moment si attendu\noù elle se retire. Elle ouvre la main, que\ntrouve-t-elle ? un éclair au chocolat!...\nLE GEAI PARÉ DES PLUMES DU PAON.\nC'est un impressario amateur et très riche.\nSa musique ne fait peut être pas la joie des purs\nmusiciens, mais elle contente les Directeurs,\nqui avec lui n'ont pas besoin de faire recette...\nOr, cet amateur a fait reçevoir dans notre\nbonne ville de Paris un de ses plus récents\nopéras, déjà représenté dans une grande Salle\nde la Côte d'Azur. Cet opéra a tout une his-\ntoire certains disent même une histoire de\nbrigands.\n7'ai un livret cVOpéra tiré du russe, dit\nun jour une belle jeune fille à l'un de nos\navoués les plus favorisés. Pourriez-vous me\nprésenter a un musicien ? Comme ça se trouve,\nmais certainement mon ami x. est à Paris.\nBref, on se donne rendez-vous dans- un\nrestaurant de la rue Royale, où au dessert, le\nscénario s'étale. Enthousiasme. Projets. Sortie.\nEffusion. Au revoir et merci....\nAprès. Des semaines. Des semaines ! Tout\nà coup, la lumière, et comment! Le monsieur\navait trouvé le livret si bien fait qu'il l'a signé\ntout seul paroles et musique.\nOn nous assure que pour la reprise à Paris\nde cet Opéra créé à la Côte d'Azur, le véri-\ntable auteur prépare une bonne petite ven-\ngeance. A la prochaine fois le plaisir de faire\nconnaître les personnages de cette cause essen-\ntiellement parisienne.\nLE THÉÂTRE \" SERAPHITA\nIl ouvrira au printemps.... Si cela continue\navec ce théâtre Séraphita et les autres qui sont\nannoncés, nous en aurons bientôt plus que de\nfeuilles sur les marronniers! Comme son nom\nl'indique, le Théâtre lyrique Seraphita, ne\nreprésentera que des Opéras exclusivement\ncélestes, où apparaîtront tous les anges, archan-\nges, et autres personnages, rigoureusement\nséraphiques. On nous annonce des décors\nmerveilleux, et c'était fatal de la musique de\nM. MASSENET. Enfin, ce théâtre lyrique Sera-\nphita, dont le capital serait constitué par des\nactions cotées à la Bourse, sera élevé dit-on\nsur l'emplacement actuel de l'Hippodrome\nNe nous frappons pas ! Le théâtre Seraphita\nn'est qu'une nouvelle invention de la Société\ndes \" Pince sans rire \" qui récemment lancè-\nrent un ballon de même couleur : Le théâtre\nau service de Dieu, qui devait être gratuit, avec\nune petite indemnité de 2, 3 et 5 francs selon\nles places.\nMessieurs les Pinces sans rire, un peu d'ima-\ngination s. v. p. A propos de Chantecler vous\nferiez mieux de nous annoncer les Animaux\nMalades de la peste !\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 109, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.19.2", "titre_corps": "Maîtres et Amateurs.", "titre_sommaire": "Maîtres et Amateurs.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.108", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "Maîtres et Amateurs.\nUn Amateur : HARPIGNIES.\nPour ce maître paysagiste se servir du mot :\n\" amateur \" même pour désigner le musicien,\nle joueur de violoncelle, n'est-ce pas aussi\ngênant que de l'appeler \" Monsieur \" ?\nDe ce u Monsieur \" gonflé de vent et d'im-\nportance bourgeoise qu'une politesse toute con-\nventionnelle voudrait nous faire placer avant\nles noms des artistes vivants !\nEh bien ! non ! plutôt être impoli que ridi-\ncule. Ecrivons donc Harpignies tout court\nmontrant par là combien nous tenons cet\nhomme pour déjà et définitivement passé dans\nla Postérité.\nHarpignies !\nRegardez comment se présente l'assemblage\nde ces lettres. Ecoutez-en la sonorité r Harpi-\ngnies, ne voyez-vous pas, n'entendez-vous pas\ndans ce nom là, tout ce qu'il y a dans l'œuvre\nde cet artiste : souplesse, fermeté, grande\nallure, et grande honnêteté. Oui, vraiment, il\ny a des noms qui, dirait-on sont faits sut-\nmesure. Harpignies grand talent et grand\ncœur, voilà l'homme.\nCet homme là r Je l'embrasserais !...\nCette exclamation d'une belle jeune femme\ndevant une photographie d'Harpignies, traduit\nà merveille la sensation que l'on éprouve en\neffet, devant ce visage tout intelligence et bonté.\nMais pourquoi, belle jeune femme,\nn'étiez-vous pas avec nous, lorsque nous\nsommes allés chez le Maître, lui demander\nses impressions sur la musique et les musiciens?\nAinsi auriez-vous pu l'embrasser. Et il ne s'en\nserait pas plaint, allez, le solide et charmant\nvieillard !\nVous l'auriez trouvé, Madame, dans une\nsimple maison de rapport, située dans une\npetite rue tranquille et presque provinciale de\nla rive gauche. Au devant de vous, serait\nvenue, aimable, vive et légère, une dame aux\ncheveux couleur de cendre et qui a dû être\nbien jolie. Cette dame vous aurait menée dans\nun vaste atelier meublé très sobrement. Piano,\nlarge table, fauteuils, bibliothèque. Un atelier\noù il faisait très chaud, et où il n'y avait de\nprécieux que, aux murs, des paysages autant\nde petites fenêtres ouvertes sur la Nature.\nCalotté de velours noir, le regard pétillant,\nle teint frais tranchant bien rose sur le blanc\nneigeux de la moustache et de la barbe, dans un\nfauteuil Voltaire, tenant l'attitude d'un bon\npère-grand sur le point de conter une mer-\nveilleuse histoire à ses petits enfants, tel vous\nauriez, Madame, trouvé Harpignies. Et voila,\nrappelé dans ses souvenirs par la vieille amie\naux cheveux couleur de cendre qui l'appelle\nu Patron \", ce qu'il vous aurait dit :\nMais j'ai été élevé dans la Musique !\nMa mère et ma sœur étaient excellentes musi-\nciennes. Aussi vite qu'un pinceau j'ai touché\nun instrument. Puis dès que j'ai pu, tout de\nsuite, mon choix a été fait : Beethoven et\nBach.... Beethoven.... voyez-vous, celui-là\nc'est le Père ! un père qui ne m'empêche pas\nd'aimer ses enfants et d'avoir longtemps joué\ndes trios de Mozart, de Haydn, avec le peintre\nHébert et le musicien Del Sarte. Dans ce\ntemps là je ne ratais pas un concert. J'étais un"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.109", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "des fidèles de Pasdeloup, où l'on jouait la\nSymphonie en ut. On ne nous rasait pas\nencore avec votre sacrée musique moderne....\nLe Maître coupe l'air avec sa main comme\ns'il voulait chasser une mouche.\nOh non, je n'y comprends rien à votre\nsacrée-musique moderne. Chopin ? Ah, celui-là\nc'est une autre histoire, je l'adore parce que\nlui a vraiment trouvé quelque chose et voyez\nvous, en art, trouver quelque chose tout est\nlà ! Wagner ? si vous voulez, mettons que\nje l'admire tout en me dispensant d'entendre\nses opéras qui durent trois jours Les grands\nconcerts ? maintenant je n'y vais plus beaucoup\nbien que j'y sois abonné depuis quarante ans.\nC'est que voyez-vous j'ai toujours peur d'y\nentendre votre sacrée-musique moderne et\nqu'alors je ne peux pas m'empêcher* de faire\nmes réflexions ou de foutre le camp !.... La\nmusique ! en ai-je entendu et en ai-je fait\nchez moi, avec des musiciens comme Taffanel!.\nPatron, racontez-leur donc l'histoire des\ndames qui causaient, vous savez bien....\nAh oui !.... C'était un samedi où Taffa-\nnel et d'autres amis venaient à la maison.\nCroyez-vous que pendant l'exécution d'un\nquatuor d'Haydn, des dames causaient Moi\nvous savez.... quand on joue de la musique\nc'est sacré ! Alors qu'est-ce que je fais ? Je\npose mon archet. Je me croise les bras et je\ndis : \" Quand ces dames auront fini leur musique\nnous reprendrons la notre. \" C'est qu'elles\nn'étaient pas contentes ! mais elles se sont\ntues. Nous avons pu jouer tranquillement et\nc'était le principal. Ah les dames qui causent\npendant les auditions ! tenez, voilà une des\nraisons qui m'auraient éloigné de l'Opéra si\nj'avais commencé à le fréquenter Mais je\nne l'aime pas l'Opéra, rapport aux chanteurs et\naux chanteuses Vous allez voir quelle fut\nma chance la seule fois où j'ai voulu y aller de\nmoi-même pour entendre l'ouverture de Guil-\nlaume Tell. Ce bon Gaillard m'avait donné\nune loge de Scène. Mais comme l'ouverture\nse joue rideau baissé, et que dans une loge de\nscène j'étais naturellement derrière le rideau,\nje n'ai rien entendu !....\nLa musique, ah oui je l'aime! Quel est le\npeintre qui peut y rester indifférent ? Le Nature\nn'est-elle pas une universelle et continuelle\nmélodie ?\nLe Maître pousse un gros soupir, nous\nmontre sa main engourdie par les rhumatismes\net nous dit :\nMais cette mauvaise bougresse là ne\nme permet plus maintenant de toucher à ma\n\" basse \" !\nAvec des mots, des intonations qui perdraient\ntoute leur saveur à être écrits, avec des gestes\nqui ne se décrivent pas, ceux d'un homme qui\na toujours vécu dehors et respiré l'air pur, loin\nde l'existence malsaine des Villes, enfin avec\ntoute sa manière d'être et de s'exprimer qui\nnous donne comme l'impression de humer à\npleine bouche une vivifiante brise champêtre,\nune bonne odeur de feu de bois et de soupe aux\nchoux, le Maître nous parle de ses hivernages\ndans le Midi, de cette côte d'azur d'où il\nrapporta tant de toiles inoubliables. De Beau-\nlieu, où durant ses études du matin du soir,\nla Princesse d'Arenberg venait le voir et faire\navec lui un grand doigt de causerie. De Ville-\nfranche dont la u bouillabaisse \" le console du\nsurgissement formidable des hôtels qui chaque\nannée abîment un peu plus le paysage aujour-\nd'hui livré à eux, aux fumées de pétrole des\nautomobiles, aux rastaquouères, aux anglo-\nsaxons dont les hommes promènent leur tête\nde boxeurs, les femmes leur taille de poutre\net leur profil chevalin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 109, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.19.3", "titre_corps": "Silhouettes d'Actualité.", "titre_sommaire": "Silhouettes d'Actualité.", "signature_source": "Reynaldo Hahn", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.109", "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "Silhouettes d'Actualité.\nReynaldo Hahn.\nOn n'a pas idée comme l'attente prolongée\nfinit par éveiller des idées bizarres, une menta-\nlité singulière. Oui ! à quoi ne peut-on penser\npour tuer le temps qui ne s'en porte pas plus\nmal pour celà, lui. Ainsi, récemment, dans\nune de ces longues solitudes inoccupées que\nsont pour les chroniqueurs l'attente de leurs\nsujets vivants, combien ai-je regretté d'être\npresque un honnête homme, ou si l'on préfère\nde ne pas avoir le courage et le métier suffi-\nsants pour être le contraire Horizon\npuissamment entrevu dans le petit cabinet de"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.110", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4220, "texte": "travail où j'attendais que paraisse Mr. Heynaldo\nHahn, l'auteur de u la Fête chez Thérèse, \" le\nnouveau ballet que vient de représenter l'Opéra.\nDurant cette bonne (était-elle si bonne que\ncela?) demi-heure pendant laquelle le composi-\nteur s'est fait désirer, j'ai songé : \" Quel temps\nprécieux perdu ! Avec quel profit Vemploierait un\ncambrioleur très ordinairement doue. \" C'est que,\nen effet, il \"y a des souvenirs très artistiques et\nde valeur à emporter chez M. Reynaldo Hahn!\nNe parlons pas de cet autographe d'Alphonse\nDaudet ou même de cet autre dû à l'auteur de\nChatterton.\nu A voir ce que Von fût sur terre et ce qu on laisse\nSeul le silence est gra?id tout le reste est faiblesse\nAlfred de Vigny. 18 Novembre 1856.\nOui, laissons cela. On sait le prix que l'on\npeut tirer de ces choses, fussent-elles d'un\ngrand poète et même d'un grand poète mort.\nCôté cheminée il y avait plus u à faire. \" Cette\nmerveilleuse collection de papillons, cette reli-\nque certainement de provenance espagnole :\nune grande boîte carrée verticalement close\nd'une vitre derrière laquelle apparaît dans sa\ncellule, priant agenouillée devant son petit lit\nde sangle une religieuse tout de noir vêtue\nAux murs? quelques bonnes captures possibles.\nDes panneaux d'ébène dont un curieux et pa-\ntient plaquage d'argent ou d'étain encore\nfaudrait-il savoir ! représente des poissons\net des oiseaux Par terre? un riche tapis\nancien qui même pour un collectionneur ne\nserait pas à dédaigner, avec son primitif steeple-\nchase de petits lapins brodés naturellement...\nEnfin, un piano, ça se devine. Mais quoi sur\nce piano? Un phonographe! Oui, avec un\npavillon ! Et quel pavillon ! Jfe ne sais pas\ns'il est a vendre, mais comme il mérite d'être\nloué ! Et vous savez, si ce pavillon là ne marche\npas ne soyez pas en peine, il y en a un autre\nd'égale dimension, et qui attend son tour.\nDésole de vous faire attendre\nTrès brun, fine moustache roulée au petit\nfer, ombre de barbe au menton, les joues\nveloutées d'un récent frimas de poudre, le torse\nà l'aise dans un coin de feu kaki, ayant dans la\nphysionomie et dans l'allure un je ne sais quoi\nd'abbé barbu sorti d'une toile de Watteau\nou de personnage échappé d'un conte de Jean\nLorrain, Reynaldo Hahn communique vrai-\nment une impression étrange et qu'on n'oublie\npas Presque espagnol, puisque natif du\nVénézuela, encore jeune à vingt-deux\nmois Reynaldo Hahn avait déjà une oreille\net même deux oreilles énormes Nous\nvoulons dire qu'il avait à cet âge tendre une\ndéconcertante délicatesse musicale\nCe fut-elle qui l'entraînait à ces petits scan-\ndales toutes les fois qu'un vieil ami de la famille\ncommençait à fredonner le même air d'opéra\nitalien invariablement chanté faux. Justement\nsurpris et flatté d'une telle disposition M.\nHah 11 père qui pourtant n'était pas un artiste\nmais un homme de finance jura qu'aussitôt\ncapable de marcher seul, l'enfant apprendrait\nla musique et entrerait au Conservatoire.\nÀinsi fut fait. Le jeune R.eynaldo suivit\nen effet les classes préparatoires du piano.\nC'est d'ailleurs là que pour un oui, pour un\nnon, et pour d'autres motifs aussi mal définis,,\n011 venait le demander pour servir d'accom-\npagnateur dans les autres classes et surtout\ndans celles de clarinette et de maintien. Ces\nclasses de maintien ! O irrévérence et ironie\ndes exemples ! A ce moment là qui enseignait\nles grâces ? Un pauvre vieux bonhomme décré-\npit, qui tour à tour présentait l'aspect grotesque\nd'un crabe en marche ou celui plus pénible\nencore d'un fantoche monté comme la\nvieille viçne sur des échaias !\nEmpressons-nous d'écrire que M. Reynaldo\nHahn n'a pas emporté du Conservatoire que\nce souvenir lamentable ! Il en a d'autres flat-\nteurs, pour l'enseignement de cette école et\npour ses maîtres. Ainsi, avec une belle cha-\nleur, M. Reynaldo Hahn nous assure qu'il n'y\na pas de meilleur endroit pour apprendre la\ntechnique musicale et rencontrer des profes-\nseurs comme Massenet Massenet : le\nroi des professeurs, qui n'a pas selon\nReynaldo Hahn son pareil pour faire com-\nprendre et adorer les musiciens du Passé...\nAyant fait de Schumann et de Mozart ses\namis de clavier, Reynaldo Hahn retira de ces\nexcellentes fréquentations une science et une"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.111", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 230, "texte": "grâce qui jointes à ses qualités personnelles\ndevaient tout naturellement le conduire à bien\ncomposer cette partition faite d'imprévus char-\nmants et de savantes harmonies qui est \" La\nFête chez Thérèse \"."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.19.4", "titre_corps": "AÏDA BONI.", "titre_sommaire": "AÏDA BONI.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.111", "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "AÏDA BONI.\nNi grande, ni petite, menue plutôt, gra-\ncieuse, vive et légère, M]le Aïda Boni est\navec Mlle Zambelli, la plus adorable et la\nplus vivante expression de la Danse, cet Art\naimable, joyeux et reposant, qui est comme\nla brise, la caresse, le parfum de notre Epoque\nlaborieuse, violente et tourmentée.\nDans n'importe quel ballet d'Opéra, regar-\ndez bien Melle Aïda Boni. Détaillez là depuis\nle moment où elle prend son vol, jusqu'à\ncelui où elle s'immobilise, tel un bel oiseau\nqui se reposerait après s'être longtemps joué\nde l'air. Et dites-moi si toute cette mélodie de\nmouvements n'est que le résultat d'une méca-\nnique plus ou moins vite et plus ou moins\nintelligemment apprise ? Non ! Comme\nMlle Zambelli, Mlle Aïda Boni est possédée\npar l'âme de la Danse. Chose extraordinaire,\ncomme Mlh' Zambelli, Mlle Aïda Boni pré-\nsente des jambes tout à fait quelconques. Rien\nde sensationnel, ni même de discrètement\nannonciateur. Combien d'autres jambes, pro-\nfanes, si l'on peut dire \" des jambes courantes \",\nont au contraire une physionomie bien per-\nsonnelle, une sorte d'éloquence de formes, qui\nmême vues du côté pile, font penser de celles-\nci, aux mollets débonnaires: \" jambes de petite\nfemme tranquille \" ou de celles-là nerveuse-\nment tournées, dont les jarrets se cambrent\navec des airs de défi : u 0/?, oh : u jambes de\npetite femme qui ne doit pas se laisser embeter \"...\nMais revenons donc aux jambes de Mlle Aïda\nBoni qui pendant l'immobilité ne vous ont\npas le moindre air de promettre : Vous allex\nvoir tout a F heure cette conversation ! \" Oui,\nmais attendez que ces jambes s'animent !\nAlors ce ne sont plus des jambes, ce sont des\npetites personnes, des fées, collaborant avec le\ntorse, le visage, les bras et faisant leur œuvre\nd'enchantement.\n... Melle Aïda Boni a toujours dansé, dès\nen naissant ! De joie sans doute à la pensée de\ntoutes les excellentes choses qui l'attendaient.\nLa première fois où Mll'' Aïda Boni se révéla,\nce fut à Milan, sa ville natale. L'arrivée du\nfameux cirque Buffklo Bill l'anima d'un tel\nplaisir qu'elle exécuta en pleine place publique\nune folle tarentella. Hélas, vous allez voir à\nquelles terribles conséquences peut conduire\nla manifestation de précoces dispositions choré-\ngraphiques. Au moment où devant le défilé\nBuffalo Bill, la jeune Aïda Boni tournoyait\ncomme une petite feuille dans la brise, des\nbohémiens la voient, l'évaluent, profitent du\nbruit, de la foule, et l'enlèvent. Heureusement\nqu'un peu plus loin, grand'maman, qui pas-\nsait, vit le désastre et put reprendre possession\nde la bambina, cependant que les ravisseurs dis-\nparaissaient en toute hâte. Sans elle, Belle\nEtoile, où seriez-vous ? Qui seriez-vous ?\nFemme serpent peut-être ? Femme a barbe cer-\ntainement non!... Enfin, cette première\ngrande émotion eut cela de profitable qu'elle\nmit en garde M 11'\" Aïda Boni contre le\npéril de certaines représentations gratuites\net lui donna un peu plus tard Faplomh néces-\nsaire pour subir victorieusement l'examen\nd'admission à la Scala de Milan. Etrange\nAcadémie où l'on est reçue première danseuse\nou mise à la porte !...\nAprès la Scala de Milan, a la Monnaie \"\nun bien joli nom pour un théâtre, n'est-ce\npas —, où elle dansa pendant sept ans, après\navoir été à Marigny le bouton de rose dans\n\" Le chevalier aux fleurs \" d'Armand Sylvestre\net Messager, ce fut en 1908, au Cercle de\n/'Epatant que MlJe Aïda Boni devait, àla\npointe de ses escarpins, décrocher au ciel de la\ngloire, cette étoile qui, depuis, nimbe ses\nbeaux cheveux blonds. En effet, qui ne se\nsouvient des u Deux Pigeons \", où, à côté de\nMUe Zambelli, Mlle Aïda Boni mit sur pieds,\nou plutôt sur pointes, un personnage pitto-\nresque de sémillante et coquette bohémienne ?\nRôle pour lequel elle était d'ailleurs docu-\nmentée, depuis belle lurette ! Sans doute\ninfluencée par La Fontaine, après la fête de\nl'Epatant, tout comme le Pigeon de la Fable,\nMlle Aïda Boni résolut d'entreprendre un"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.112", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "voyage en lointain pays. C'est ainsi qu'elle\npartit pour le théâtre de Covent Garden :\nautant dire une Garden-Party.\nFort heureusement, la perfide Albion\nnous a rendu Mlle Aïda Boni, non sans lui\navoir appris sa langue et lui avoir donné un\ngoût très prononcé pour le gui, ainsi que poul-\nies meubles et les estampes anglaises.\nTôt levée, et chaque fois qu'il est possible\nplus tôt couchée encore, Mlle Aïda Boni a\nl'Amour de son Art : qui le lui rend bien.\nLivrée à ce travail extrême, la charmante\nartiste est presque un phénomène : la femme\nqui n'a pas le temps de respirer Mais\ncomptant bien moins sur ses efforts que sur\nle bon plaisir de la Destinée, Melle Aïda Boni\nest naturellement superstitieuse, comme l'est\nune Parisienne de naissance italienne.\nAussi ne doit-on pas être étonné qu'avant\nd'entrer en scène, cette charmante artiste se\ndéfende contre le mauvais sort avec un signe\nde croix ou tout autre geste destiné à la pro-\ntéger de la guigne : cette cerise amère dont\nMelle Aïda Boni a toujours ignoré le goût, le\nmauvais goût ! Il y a cependant un mal contre\nlequel Mellc Aida Boni ne peut rien et qui fait\nsa désolation. Ce sont les donneurs de souhaits.\nAh si elle pouvait les donner en pâture au\ncrododile de l'Or du Rhin. Nous qui sommes\nrenseignés ; nous ne souhaiterons rien à Mll(*\nAïda Boni, mais nous souhaiterons à nous, de\nvoir briller longtemps cette belle étoile à\ncet Opéra où fut une si adorable Thérèse.\nQu'après chaque représentation, quand la salle\nest vide le veilleur de nuit nous l'assure\non peut entendre du haut des toits et en\nl'honneur de la belle danseuse :\n... Le rossignol cache dans son nid ténébreux\nChanter comme un poète et comme un amoureux.."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.19.5", "titre_corps": "La boite à Musique", "titre_sommaire": "La boite à Musique", "signature_source": "Pierre Jobbé-Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.112", "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "La boite à Musique\n\nOù EST LA PRINCESSE JAUNE ?\nCe n'est pas celle du Maître Saint-Saëns,\nni celle du peintre Rochegrosse... Non, c'est\nune Princesse toute vivante, une de nos plus\nséduisantes mondaines, si nous sommes bien\nrenseignés, la femme d'un magistrat, ami per-\nsonnel de M. Dujardin-Beaumetz... A toutes\nles générales, à toutes les premières, princi-\npalement à celles de l'Opéra et de l'Opéra\nComique, elle apparaît presque toujours vêtue\nd'étoffes légères, soyeuses d'un vieux jaune\nchinois qui pare merveilleusement son charme\nétrange et très Beaudelairien. Voici pourquoi\non l'a surnomme la cPrincesse Jaune. Jusqu'alors\nfidèle à toutes ces générales, à toutes ces pre-\nmières, pourquoi donc ne l'a-ton pas vue à la\nsensationnelle reprise de Phrynè, la Princesse\nJaune ? Ce fut vraiment une déception grande,\nlorsque dans sa loge, on vit à sa place une grosse\ndame et quelques messieurs sans importance...\nLa Princesse Jaune aurait-elle renoncé aux\nplaisirs des réunions bien parisiennes ? A\nl'abri du Déluge, reste-elle au coin de son feu,\ndevant son piano, à jouer du Chopin, son\nmusicien favori ? Est-elle partie respirer l'air\nchargé de miel de la Riviera ?\nOù est la Princesse Jaune ? Qui nous rendra\nla Princesse Jaune r\nLES MAQUILLES.\nUn roman dans lequel M. Auguste Germain\nnous présente nombre de personnalités théâtra-\nles où le monde musical est particulièrement\nreprésenté. Riches compositeurs, amateurs,\ncantatrices, ténors célèbres, librettistes, cri-\ntiques, courriéristes, ménages, mariages et\ndivorces sensationnels! Tout un défilé où\nderrière les masques, il est facile de recon-\nnaitre des visages bien familiers... Dans un\ncadre pittoresque et vrai, une agitation d'ef-\nforts, de talents, de jalousies, de bassesses de\nridicules, tout le commerce, le bluff et aussi le\ntravail du Tout Paris artiste.\nAvec impartialité, esprit et une belle tenue\nlittéraire, M. Auguste Germain sert à chacun\n/ o\nsa part. Une part qui est pour quelques uns\nla part du Lion !\nr\nL'HOMME ECLAIR.\nC'est en province, à Reims. Une jeune et\nbelle chanteuse va entrer en scène, émotionnée\ncortime il sied à une personne qui va inter-\nprêter les œuvres d'un compositeur de grande\nactualité, MLLE X. reprend courage grâce aux"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.113", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2993, "texte": "bonnes paroles que l'auteur lui indique dans\nla coulisse.\nAllons du nerf voyons, cà ira très bien.\nEn la poussant l'auteur glisse dans la main\nde la cantatrice une chose qu'elle prend de\nconfiance, sans bien savoir ce qu'elle fait.\nHorreur ! quelle est cette chose molle, gluante\net qui s'écrase dans sa main qu'elle n'ose\nouvrir. Pendant tout le temps qu'elle est en\npublic, la chanteuse garde en ses doigts stricte-\nment fermés, la chose inconnue. Enfin, déli-\nvrance, c'est fini. Voici le moment si attendu\noù elle se retire. Elle ouvre la main, que\ntrouve-t-elle ? un éclair au chocolat!...\nLE GEAI PARÉ DES PLUMES DU PAON.\nC'est un impressario amateur et très riche.\nSa musique ne fait peut être pas la joie des purs\nmusiciens, mais elle contente les Directeurs,\nqui avec lui n'ont pas besoin de faire recette...\nOr, cet amateur a fait reçevoir dans notre\nbonne ville de Paris un de ses plus récents\nopéras, déjà représenté dans une grande Salle\nde la Côte d'Azur. Cet opéra a tout une his-\ntoire certains disent même une histoire de\nbrigands.\n7'ai un livret cVOpéra tiré du russe, dit\nun jour une belle jeune fille à l'un de nos\navoués les plus favorisés. Pourriez-vous me\nprésenter a un musicien ? Comme ça se trouve,\nmais certainement mon ami x. est à Paris.\nBref, on se donne rendez-vous dans- un\nrestaurant de la rue Royale, où au dessert, le\nscénario s'étale. Enthousiasme. Projets. Sortie.\nEffusion. Au revoir et merci....\nAprès. Des semaines. Des semaines ! Tout\nà coup, la lumière, et comment! Le monsieur\navait trouvé le livret si bien fait qu'il l'a signé\ntout seul paroles et musique.\nOn nous assure que pour la reprise à Paris\nde cet Opéra créé à la Côte d'Azur, le véri-\ntable auteur prépare une bonne petite ven-\ngeance. A la prochaine fois le plaisir de faire\nconnaître les personnages de cette cause essen-\ntiellement parisienne.\nLE THÉÂTRE \" SERAPHITA\nIl ouvrira au printemps.... Si cela continue\navec ce théâtre Séraphita et les autres qui sont\nannoncés, nous en aurons bientôt plus que de\nfeuilles sur les marronniers! Comme son nom\nl'indique, le Théâtre lyrique Seraphita, ne\nreprésentera que des Opéras exclusivement\ncélestes, où apparaîtront tous les anges, archan-\nges, et autres personnages, rigoureusement\nséraphiques. On nous annonce des décors\nmerveilleux, et c'était fatal de la musique de\nM. MASSENET. Enfin, ce théâtre lyrique Sera-\nphita, dont le capital serait constitué par des\nactions cotées à la Bourse, sera élevé dit-on\nsur l'emplacement actuel de l'Hippodrome\nNe nous frappons pas ! Le théâtre Seraphita\nn'est qu'une nouvelle invention de la Société\ndes \" Pince sans rire \" qui récemment lancè-\nrent un ballon de même couleur : Le théâtre\nau service de Dieu, qui devait être gratuit, avec\nune petite indemnité de 2, 3 et 5 francs selon\nles places.\nMessieurs les Pinces sans rire, un peu d'ima-\ngination s. v. p. A propos de Chantecler vous\nferiez mieux de nous annoncer les Animaux\nMalades de la peste !\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.20", "titre_corps": "Les Instruments", "titre_sommaire": "Les Instruments", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.114", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "Les Instruments\n\nLES NOUVEAUTÉS DE PARTOUT.\n\nContraste : à l'heure où j'écris ces lignes,\nles représentants de la Société'internationale\nde Musique, section française, font une dé-\nmarche auprès de notre Sous-secrétaire d'Etat\naux Beaux-Arts, pour sauver la salle du Con-\nservatoire de musique, qui par son acoustique,\npasse pour la huitième merveille du monde, et\nl'autorité compétente (hélas ! que ne le fut-elle\nplus tôt !), ferme la salle du Trocadéro, dans le\nbut d'essayer d'en corriger les échos. Il est\ntriste de penser que la construction d'une\nsalle dans laquelle 011 a installé un orgue de\n350 .000 francs ait été confiée à des architectes\nsi peu entendus. Je sais bien que la question\nd'acoustique des salles est une des plus difL-\nciles, et que l'on ne peut avoir la prétention\nde voir un Vitruve sortir tous les ans de l'Ecole\ndes beaux-arts, ni même entrer à l'lnstitut à\nchaque... vacance, mais il est certain qu'ici,\nles règles précises et primordiales ont été, je\nn'ose pas dire ignorées, mais tout au moins\nnégligées. L'architecture nourrit paraît-il co-\npieusement son homme et il y a lieu de s'éton-\nner de voir tant d'erreurs accumulées comme\nà plaisir parmi nos monuments modernes.\nSeul, l'Opéra, œuvre d'un inconnu jeune et\nsans gros titres, sauve la mise à l'architecture\nfrançaise moderne.\nPuisque nous sommes sur le chapitre de\nl'acoustique, saluons la maison Hill de Lon-\ndres, laquelle a pris l'initiative de recueillir des\nfonds, en vue d'élever à Crémone un monu-\nment à la gloire d'Antonio Stradivari. Tous\nles marchands de lutherie devront souscrire à\nla glorification de celui dont les œuvres sont\ndepuis près de trois siècles, leur pain quotidien.\nEn effet, de l'atelier de cet artiste laborieux\njusqu'à la plus extrême vieillesse, sortirent un\nnombre considérable d'instruments, dont les\nsurvivants prennent, à chaque transaction, une\nvaleur nouvelle.\nEn attendant le monument de l'ancêtre,\nsignalons à l'attention des délicats, un émule\nmoderne et américain de l'illustre Antonio :\nUn Yankee, M. Atkinson, vient de terminer,\naprès 1111 an de labeur (le temps ne fait rien\nà l'affaire, dirait Molière) un chef-d'œuvre\nétrange. C'est un violon composé de 3.374\ncure-dents ! Pas un de plus, pas un de moins.\nInutile d'ajouter que les journaux d'outre-mer\ns'émerveillent de la sonorité de l'instrument.\nFaire avec de bons et honnêtes cure-dents, un\nmauvais violon, me paraît une idée bien co-\ncasse. J'aurais attendu d'un américain pratique\nautre chose, par exemple de faire de bons\ncure-dents avec tous les mauvais violons.\nQuelle hécatombe !\nPuisque nous sommes en Amérique, arrê-\ntons-nous un instant pour admirer l'initiative\nd'une dame Anna Schaw Faulkner. Dans une\nsérie de conférences où elle traite la question\nde l'orchestre et ses ressources, Madame\nSchaw Faulkner a pour faire la démonstration\nun orchestre complet sous la main. Voilà\nœuvre vraiment utile, quand on songe que\nbeaucoup de compositeurs, théoriciens ac-\ncomplis, composent pour le piano et trans-\ncrivent pour l'orchestre, au petit bonheur. Us\ndoivent être bien étonnés souvent de ce qu'ils\nentendent, peut-être autant que le public.\nJe n'ai pas l'intention de médire du piano.\nBien au contraire. S'il 11e remplace pas un"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.115", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "orchestre, il a son utilité et son rôle. Aussi\nai-je lu avec intérêt que la fabrique de pianos\ndes frères Perzina à Schwerin, vient de con-\nstruire un instrument appelé à rendre de\nnombreux services, s'il est pratiquement aussi\nutilisable que le disent les inventeurs. Il s'agit\nd'un piano qui par un jeu de pédales se trans-\nforme à volonté en harpe ou en cemhalo\n(clavecin d'orchestre). Il pourra servir non\nseulement à accompagner la musique ancienne,\nmais surtout à remplacer la harpe dans les\norchestres qui ne possèdent pas cet instru-\nment. On affirme que le timbre \" harpe \"\nest absolument identique à celui de la harpe\nauthentique.\nVoilà qui trancherait d'une façon césarienne\nla question des harpes, si c'était vrai. Mais\nrien de plus incertain. Aussi, je répéterais\nvolontiers aux intéressés le mot du petit père\nThiers : \" Il ne faut rire de rien, ni s'alarmer\nde rien \".\nEn Angleterre, pays de toutes les libertés,\non semble ne vouloir rire de rien et s'alarmer\nde tout : il paraît que les représentations de\nu Salomé \" de Richard Strauss au théâtre de\nCovent-Garden de Londres, viennent d'être\ninterdites par la censure.\nJe l'ai lu, de mes yeux lu, dans plusieurs\nfeuilles anglaises sérieuses, et malgré cela j'ai\nde la peine à le croire, tant cela me paraît\nfabuleux.\nConsolons-nous, les anglais viendront voir\n\" Salomé \" à Paris. Ils en profiteront pour\nfaire de longues stations dans tous nos moulins\nrouges, et, en rentrant chez eux, ils parleront\navec mépris des français, mangeurs de gre-\nnouilles.\n\nLucien Greilsamer.\n\nNOTICE HISTORIQUE\nSUR LE HAUTBOIS (Suite).\n\n1\nSi j'ai pu rapidement énumérer les instru-\nments de la famille des hautbois qui ont\nprécédé l'époque grecque, je le dois à ce que\nces instruments existent encore de nos jours ;\nil 11 en est pas de même des instruments qui\nfurent en usage chez les Grecs et les Romains\net dont tous les exemplaires ont disparu.\nPour reconstituer leur histoire, trois sources\ns'offrent aux chercheurs : les découvertes\narchéologiques, les monuments et les écrits ;\nles deux premières sont incomplètes ou insuf-\nfisantes: les découvertes archéologiques ne sont\npas nombreuses et les monuments nous ensei-\ngnent seulement que les instruments de cette\népoque étaient pour la plupart de médiocre\nlongueur ; j'ai remarqué cependant que leur\nforme était généralement conique.\nIl ne reste donc que les écrits mais, comme\nle dit Fétis : 1 \" Les auteurs grecs, Aristoxène,\n\" Plutarque, Athénée, Pausanias, Pollux, etc.\n\"ne fournissent que des noms de \" flûtes \"\n\" avec quelques indications sommaires de\n66 1 usage qu'on en faisait dans certaines cir-\n\" constances de la vie publique et privée\nuOn ne peut tirer de leurs récits aucune\n\" lumière concernant la construction de ces\n\" instruments.\nJe cite aussi Gevaert : \" Jusqu'à ce jour\n\" l'incertitude la plus complète a plané sur la\n\" construction, le timbre et l'étendue des\nu auloi \".\nJe ne dissimulerai pas la difficulté de la\ntâche que j'entreprends en me proposant d'ap-\nporter un peu de clarté dans cette partie de\nl'histoire des instruments.\nComme je l'ai fait observer à la fin de mon\npremier article, les instruments à vent de\nl'époque grecque étaient désignés sous le nom\ngénérique d' \" auloi\" (plur. d'\" aulos \" mot\ngénéralement traduit par \" flûte \";3 malgré le\nnombre considérable d'écrits d'auteurs anciens\net modernes, sur cette question, je n'ai encore\nrencontré aucune solution satisfaisante, certains\n\n1 Voir le n° du mois de décembre.\n1 Fétis, p. 278, liv. 3.\n2 Gevaert. La Musique de l'antiquité. Liv. IV,\ntome 2, p.- 271.\n3 Gevaert, ibid p. 273. Ordinairement les écrivains\noccidentaux traduisent \" aulos \" et son équivalent en\nlatin, \" tibia \", par le mot \" flûte \" en entendant par\nlà notre flûte à bec. Mais c'est là une désignation\nvicieuse, à la faveur de laquelle se sont perpétuées les\nidées les plus erronées sur le caractère et le timbre des\ninstruments à vent employés dans l'antiquité."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.116", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "ne voulant voir dans les \" auloi \" que des\nhautbois, d'autres que des chalumeaux.\nJe ne ferai pas comme M. Le Fèvre qui\ndésespérant d'y rien débrouiller, couronna ses\nveilles pénibles sur cette matière, en faisant des\nvers latins pour louer Minerve de ce qu'elle\navait jeté la \" flûte \" dans l'eau et pour maudire\nceux qui l'en avaient retirée !\nJ'essaierai d'être simple autant qu'il est pos-\nsible de l'être pour un sujet aussi compliqué\net je mettrai tout le monde d'accord en disant\nque les Grecs et les Romains ont connu : la\nflûte de Pan (flûte à plusieurs tuyaux), la flûte\noblique (nay des Egyptiens), la flûte douce\n(flûte à bec) le hautbois, le chalumeau (clari-\nnette), la musette et le chalumeau à outre. 1\nIl me reste à prouver que l'instrument le\nplus en faveur fut surtout le hautbois.\nDe tout temps2 \" les Grecs, dans leurs\n\" \" auloi les Romains dans leurs \" tibiae \"\n\" ont su discerner deux familles d'instruments:\n\" des \" auloi \" u tibiae \" selon l'acception\n\" étroite du mot et des \" syringes \" fistulae \".\n\" Déjà 1' \"Iliade \" connaît cette distinction:\nu Lorsqu'il (Agamemnon) portait son regard\n\" sur la plaine de Troie, il était étonné de\n\" voir tous ces feux qui brillaient sur les murs\n\" d'llion, et d'entendre le son des \" auloi \" et\n\" des \" syringes \" se mêlant au bruit de la\na foule \".\n\" Quand les écrivains grèco-romains sont\nu amenés à marquer nettement la différence\n\" entre les deux types sonores, le mot \" auloi \"\n\" en latin u tibiae \" désigne des instruments à\nu anche, tandis que les \" svringes \", \" fistulae \"\n\" sont des flûtes \".\nLes \"auloi \" sont donc des instruments à\nanche : Quelle était cette anche, sa forme ;\nétait-ce une anche simple comme dans la\nclarinette, ou une anche double comme dans\nle hautbois ?\nAvant de résoudre cette question, il me faut\nfaire remarquer tout d'abord que les écrivains\nde la période alexandrine prétendent que\nP \" auloi \" fut importé en Grèce par les\nPhrygiens. 1\nLes Lydiens, le pays d'Argos, la Boétie\ns'approprièrent V \" auloi \" et Thèbes fut le\nsiège principal de l'art \" aulétique\nEn général, les écrivains qui ont traité\ncette partie de l'histoire de la musique, n'ont\nvoulu voir dans les \" auloi \" que des chalu-\nmeaux : pourquoi ? c'est ce qu'ils n'expli-\nquent pas clairement.\nEn comparant divers auteurs, je me suis\nrendu compte que bien des détails qui n'auraient\npas échappé à un instrumentiste, ont été chez\nles écrivains la cause d'erreurs ; en ce qui con-\ncerne les anches particulièrement, les textes\ngrecs sont assez explicites pour en déduire\nl'affirmation que les Grecs n'ignorèrent ni\nl'anche simple, ni l'anche double mais, qu'il est\nplus souvent fait allusion à l'anche double ; ils\neurent tout comme nous, des facteurs d'anches\net des facteurs d'instruments.2\nTous les écrivains sans exception font re-\nmarquer que les \" aulètes \" (joueurs de flûte)\ns'appliquaient une sorte de muselière en cuir,\nappelée en grec \" phorbeia \", en latin \" capis-\ntrum \", laquelle serrant les joues, passait devant\nla bouche, de manière à ne laisser qu'un orifice\nassez grand pour permettre l'introduction de\nl'embouchure; tout en citant cette particularité,\nles auteurs ne s'y arrêtent pas davantage.\nC'est à mon avis une précieuse indication. En\neffet : Pour que l'instrumentiste soit obligé de\nmettre un bandage il faut : 1° que l'instru-\nment soit pénible à jouer ; 2° que le système\nde mise en vibration soit libre, c'est à dire\nqu'aucune pression des lèvres ne soit néces-\nsaire ; en réalité on ne peut et serrer les lèvres\net gonfler les joues en même temps.3\n(La phrase de Pollux semble pourtant s'ap-\npliquer dans certaines de ses expressions à un\ninstrumentiste ne portant pas ce bandage\n\n1 Seule notre flûte traversière actuelle ne fut pas\nconnue des Grecs, le mot \" flûte \" est donc fort mal\nemployé pour qualifier toute une catégorie d'instru-\nments qui à notre époque portent des noms différents.\nL> Gevaert, ibidjp. 274.\n1 Voir le n° du mois de décembre.\n2 Pollux, t. IV, sect. 73.\n3 Pollux-Onomasticon. On peut dire en parlant d'un\njoueur de \"flûte\" qu'il a les joues pleines, gonflées,\nbouffies, élevées, étendues, adhérentes, pleines de vent,\nles yeux irrités sanguinolents."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.117", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "\" phorbeia \" mais elle ne détruit pas ce que\nj'avance sur la mise en vibration de l'air ; 011\nverra plus tard lorsque je parlerai de l'anche\nque certains instrumentistes la serraient avec\nles lèvres).\nCes \" flûtes \", si elles étaient pénibles à\njouer ne pouvaient être des flûtes douces (flûtes\nà bec).\nDans la seconde hypothèse, il faut admettre\nque la mise en vibration de la colonne d'air ne\npouvait être obtenue que par une anche, et\naussi, que cette anche devait être bien petite\npour ne pas gêner l'instrumentiste, ce qui peut\ntrès bien se faire avec une anche double ; s'il\nfallait admettre que l'anche était simple il\nfaudrait aussi penser que l'anche devait être\nplus longue qu'une anche double et aussi que\nle bec qui est indispensable pour l'anche\nsimple, aurait singulièrement indisposé l'exé-\ncutant.\nL'anche double est plus admissible, et si le\n\" phorbeia \" a disparu il a été remplacé par\nun autre dispositif dont je parlerai plus tard\nlorsque je traiterai de l'ancêtre immédiat du\nhautbois moderne ; jusqu'à une époque assez\nrapprochée de la nôtre, le hautbois (Schalmey)\ns'est joué à anche libre introduite dans la\nbouche ; il y avait alors à la base de l'anche\nqui était très petite, comme une seconde em-\nbouchure où les lèvres venaient prendre â!ppui\nen même temps qu'empêcher une introduction\ntrop profonde de l'anche dans la bouche.\nPour que le \" phorbeia \" ou u capistrum \"\nsoit cité par tous les auteurs, il faut croire que\nson usage était courant et qu'il ne servait pas\nqu'à un instrument isolé.\nD'autre part, Fétis 1 citant Pollux dit ceci :\n« D\" ailleurs, parmi la variété de caractère que\n\" distingue Pollux dans le son des u flûtes\n\" grecques, il l'indique comme solide, plein,\na agréable, délicat, flexible, touchant ou lugubre\n\" aigu, aigre, puissant, etc. Des sonorités si\n\" différentes ne peuvent être produites par un\nu mode unique d'ébranlement de l'air et cette\n\" diversité de timbres ne peut se trouver dans un\na seul instrument...... il n'est pas douteux que\n\" les caractères sonores des \" flûtes \" ènumèrèes\n\" par Tollux, n ont pu être réalisées par le même\nu procède (Tinsufflation dans les tubes, et qu 'il y a\nu eu chez les Grecs des flûtes à anche et d'autres\nu à sifflet ou embouchure.— On trouve d'ailleurs\nu dans un passage du traite de musique de Plu-\n\" t arque la preuve que toutes les flûtes de la\n\" Grèce n étaient pas a anche ; le voici\n\" Tèlèphane de M égare avait tant d'aversion\n\" pour Vusage des ANCHES, qu 'il ne permit\n\" jamais aux facteurs de flûtes d'en appliquer sur\n\" ces instruments, et ce fut la principale raison\n\" qui Vempêcha de disputer le prix aux jeux\n\" Pythiques.\"\nJe dois opposer ici, la traduction du même\npassage de Plutarque cité par Gevaert 1 :\n\" Dans la syringe monoclame, la partie supé-\n\" rieure du tuyau, renfermant le canal\n\" d'insufflation et la bouche biseautée, était\n\" appelée comme l'instrument \" sifflet \" ; elle\n\" se séparait à volonté du reste de l'appareil.\n\" Cela ressort à l'évidence du passage suivant\n\" de Plutarque : u Téléphane de Mégare\n\" (célèbre aulète du temps d'Alexandre) avait\nu une telle aversion pour l'usage des SIRIN-\n-66 GES, qu'il ne permit jamais, aux facteurs\n\" d'en appliquer sur ses \" auloi \" Ce fut la\n\" principale raison qui l'empêcha de disputer\nu le prix au concours Pythique. \"\nC'est certainement Fétis qui a raison dans\nsa traduction, les aauloi\" à anche étant les seuls\nadmis aux concours Pythiques. Gevaert lui-\nmême se contredit lorsqu'il raconte 2 : \" Une\na curieuse anecdote relative à l'aulète Midas\n\" d'Agrigente, célébré dans la I2me Pythique\n\" de Pindare, le démontre clairement. Voici\nu ce que raconte un ancien scholiaste : Pen-\n\" dant qu'il était occupé à exécuter le morceau\n\" de concours, son anche vint à se cacher\n\" dans la bouche et alla s'attacher au palais ;\n\" la virtuose se mit alors en devoir d'emboucher\n\" l'instrument au moyen des seuls tuyaux,\n\" comme une syringe. Les auditeurs étonnés\n\" prirent plaisir à ce genre de sonorité, et\n\" Midas obtint le prix. \"\nTous les auteurs citent cette ancedote mais\naucun ne sert de la même expression : \" Son\n\n1 Fetis liv. 3 p. 281.\n1 Gevaert idib. Liv. IV. Ch. i p. 276-277.\nici. Liv. IV. Ch. 1 p. 274-275."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 662, "texte": "anche vint... à se cacher... à se casser... à\ntomber... à se recourber, ce qui fait dire à\nFétis que les anches étaient en airain. Dégager\nla vérité de ces différents modes d'expression\nest chose difficile, il est plus logique de penser\nqu'un accident étant survenu à l'anche, celle-ci\nrendit un son moins criard, plus voilé ou\nmoins fort, ce qui plût sans doute beaucoup\naux auditeurs.\nJe crois en avoir assez dit sur les flûtes\ngrecques pour prouver que celles-ci étaient\nsurtout des flûtes à anche ; il me faut encore\ndémontrer que les anches étaient en général\ndes anches doubles. Ce sera l'objet d'un pro-\nchain article.\n\nA. Bridet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.20.2", "titre_corps": "LES NOUVEAUTÉS DE PARTOUT.", "titre_sommaire": "LES NOUVEAUTÉS DE PARTOUT.", "signature_source": "Lucien Greilsamer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.114", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "LES NOUVEAUTÉS DE PARTOUT.\n\nContraste : à l'heure où j'écris ces lignes,\nles représentants de la Société'internationale\nde Musique, section française, font une dé-\nmarche auprès de notre Sous-secrétaire d'Etat\naux Beaux-Arts, pour sauver la salle du Con-\nservatoire de musique, qui par son acoustique,\npasse pour la huitième merveille du monde, et\nl'autorité compétente (hélas ! que ne le fut-elle\nplus tôt !), ferme la salle du Trocadéro, dans le\nbut d'essayer d'en corriger les échos. Il est\ntriste de penser que la construction d'une\nsalle dans laquelle 011 a installé un orgue de\n350 .000 francs ait été confiée à des architectes\nsi peu entendus. Je sais bien que la question\nd'acoustique des salles est une des plus difL-\nciles, et que l'on ne peut avoir la prétention\nde voir un Vitruve sortir tous les ans de l'Ecole\ndes beaux-arts, ni même entrer à l'lnstitut à\nchaque... vacance, mais il est certain qu'ici,\nles règles précises et primordiales ont été, je\nn'ose pas dire ignorées, mais tout au moins\nnégligées. L'architecture nourrit paraît-il co-\npieusement son homme et il y a lieu de s'éton-\nner de voir tant d'erreurs accumulées comme\nà plaisir parmi nos monuments modernes.\nSeul, l'Opéra, œuvre d'un inconnu jeune et\nsans gros titres, sauve la mise à l'architecture\nfrançaise moderne.\nPuisque nous sommes sur le chapitre de\nl'acoustique, saluons la maison Hill de Lon-\ndres, laquelle a pris l'initiative de recueillir des\nfonds, en vue d'élever à Crémone un monu-\nment à la gloire d'Antonio Stradivari. Tous\nles marchands de lutherie devront souscrire à\nla glorification de celui dont les œuvres sont\ndepuis près de trois siècles, leur pain quotidien.\nEn effet, de l'atelier de cet artiste laborieux\njusqu'à la plus extrême vieillesse, sortirent un\nnombre considérable d'instruments, dont les\nsurvivants prennent, à chaque transaction, une\nvaleur nouvelle.\nEn attendant le monument de l'ancêtre,\nsignalons à l'attention des délicats, un émule\nmoderne et américain de l'illustre Antonio :\nUn Yankee, M. Atkinson, vient de terminer,\naprès 1111 an de labeur (le temps ne fait rien\nà l'affaire, dirait Molière) un chef-d'œuvre\nétrange. C'est un violon composé de 3.374\ncure-dents ! Pas un de plus, pas un de moins.\nInutile d'ajouter que les journaux d'outre-mer\ns'émerveillent de la sonorité de l'instrument.\nFaire avec de bons et honnêtes cure-dents, un\nmauvais violon, me paraît une idée bien co-\ncasse. J'aurais attendu d'un américain pratique\nautre chose, par exemple de faire de bons\ncure-dents avec tous les mauvais violons.\nQuelle hécatombe !\nPuisque nous sommes en Amérique, arrê-\ntons-nous un instant pour admirer l'initiative\nd'une dame Anna Schaw Faulkner. Dans une\nsérie de conférences où elle traite la question\nde l'orchestre et ses ressources, Madame\nSchaw Faulkner a pour faire la démonstration\nun orchestre complet sous la main. Voilà\nœuvre vraiment utile, quand on songe que\nbeaucoup de compositeurs, théoriciens ac-\ncomplis, composent pour le piano et trans-\ncrivent pour l'orchestre, au petit bonheur. Us\ndoivent être bien étonnés souvent de ce qu'ils\nentendent, peut-être autant que le public.\nJe n'ai pas l'intention de médire du piano.\nBien au contraire. S'il 11e remplace pas un"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.115", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "orchestre, il a son utilité et son rôle. Aussi\nai-je lu avec intérêt que la fabrique de pianos\ndes frères Perzina à Schwerin, vient de con-\nstruire un instrument appelé à rendre de\nnombreux services, s'il est pratiquement aussi\nutilisable que le disent les inventeurs. Il s'agit\nd'un piano qui par un jeu de pédales se trans-\nforme à volonté en harpe ou en cemhalo\n(clavecin d'orchestre). Il pourra servir non\nseulement à accompagner la musique ancienne,\nmais surtout à remplacer la harpe dans les\norchestres qui ne possèdent pas cet instru-\nment. On affirme que le timbre \" harpe \"\nest absolument identique à celui de la harpe\nauthentique.\nVoilà qui trancherait d'une façon césarienne\nla question des harpes, si c'était vrai. Mais\nrien de plus incertain. Aussi, je répéterais\nvolontiers aux intéressés le mot du petit père\nThiers : \" Il ne faut rire de rien, ni s'alarmer\nde rien \".\nEn Angleterre, pays de toutes les libertés,\non semble ne vouloir rire de rien et s'alarmer\nde tout : il paraît que les représentations de\nu Salomé \" de Richard Strauss au théâtre de\nCovent-Garden de Londres, viennent d'être\ninterdites par la censure.\nJe l'ai lu, de mes yeux lu, dans plusieurs\nfeuilles anglaises sérieuses, et malgré cela j'ai\nde la peine à le croire, tant cela me paraît\nfabuleux.\nConsolons-nous, les anglais viendront voir\n\" Salomé \" à Paris. Ils en profiteront pour\nfaire de longues stations dans tous nos moulins\nrouges, et, en rentrant chez eux, ils parleront\navec mépris des français, mangeurs de gre-\nnouilles.\n\nLucien Greilsamer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.20.3", "titre_corps": "NOTICE HISTORIQUE SUR LE HAUTBOIS (Suite).", "titre_sommaire": "NOTICE HISTORIQUE SUR LE HAUTBOIS (Suite).", "signature_source": "A. 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La Musique de l'antiquité. Liv. IV,\ntome 2, p.- 271.\n3 Gevaert, ibid p. 273. Ordinairement les écrivains\noccidentaux traduisent \" aulos \" et son équivalent en\nlatin, \" tibia \", par le mot \" flûte \" en entendant par\nlà notre flûte à bec. Mais c'est là une désignation\nvicieuse, à la faveur de laquelle se sont perpétuées les\nidées les plus erronées sur le caractère et le timbre des\ninstruments à vent employés dans l'antiquité."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.116", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "ne voulant voir dans les \" auloi \" que des\nhautbois, d'autres que des chalumeaux.\nJe ne ferai pas comme M. 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En\neffet : Pour que l'instrumentiste soit obligé de\nmettre un bandage il faut : 1° que l'instru-\nment soit pénible à jouer ; 2° que le système\nde mise en vibration soit libre, c'est à dire\nqu'aucune pression des lèvres ne soit néces-\nsaire ; en réalité on ne peut et serrer les lèvres\net gonfler les joues en même temps.3\n(La phrase de Pollux semble pourtant s'ap-\npliquer dans certaines de ses expressions à un\ninstrumentiste ne portant pas ce bandage\n\n1 Seule notre flûte traversière actuelle ne fut pas\nconnue des Grecs, le mot \" flûte \" est donc fort mal\nemployé pour qualifier toute une catégorie d'instru-\nments qui à notre époque portent des noms différents.\nL> Gevaert, ibidjp. 274.\n1 Voir le n° du mois de décembre.\n2 Pollux, t. IV, sect. 73.\n3 Pollux-Onomasticon. On peut dire en parlant d'un\njoueur de \"flûte\" qu'il a les joues pleines, gonflées,\nbouffies, élevées, étendues, adhérentes, pleines de vent,\nles yeux irrités sanguinolents."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.117", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "\" phorbeia \" mais elle ne détruit pas ce que\nj'avance sur la mise en vibration de l'air ; 011\nverra plus tard lorsque je parlerai de l'anche\nque certains instrumentistes la serraient avec\nles lèvres).\nCes \" flûtes \", si elles étaient pénibles à\njouer ne pouvaient être des flûtes douces (flûtes\nà bec).\nDans la seconde hypothèse, il faut admettre\nque la mise en vibration de la colonne d'air ne\npouvait être obtenue que par une anche, et\naussi, que cette anche devait être bien petite\npour ne pas gêner l'instrumentiste, ce qui peut\ntrès bien se faire avec une anche double ; s'il\nfallait admettre que l'anche était simple il\nfaudrait aussi penser que l'anche devait être\nplus longue qu'une anche double et aussi que\nle bec qui est indispensable pour l'anche\nsimple, aurait singulièrement indisposé l'exé-\ncutant.\nL'anche double est plus admissible, et si le\n\" phorbeia \" a disparu il a été remplacé par\nun autre dispositif dont je parlerai plus tard\nlorsque je traiterai de l'ancêtre immédiat du\nhautbois moderne ; jusqu'à une époque assez\nrapprochée de la nôtre, le hautbois (Schalmey)\ns'est joué à anche libre introduite dans la\nbouche ; il y avait alors à la base de l'anche\nqui était très petite, comme une seconde em-\nbouchure où les lèvres venaient prendre â!ppui\nen même temps qu'empêcher une introduction\ntrop profonde de l'anche dans la bouche.\nPour que le \" phorbeia \" ou u capistrum \"\nsoit cité par tous les auteurs, il faut croire que\nson usage était courant et qu'il ne servait pas\nqu'à un instrument isolé.\nD'autre part, Fétis 1 citant Pollux dit ceci :\n« D\" ailleurs, parmi la variété de caractère que\n\" distingue Pollux dans le son des u flûtes\n\" grecques, il l'indique comme solide, plein,\na agréable, délicat, flexible, touchant ou lugubre\n\" aigu, aigre, puissant, etc. Des sonorités si\n\" différentes ne peuvent être produites par un\nu mode unique d'ébranlement de l'air et cette\n\" diversité de timbres ne peut se trouver dans un\na seul instrument...... il n'est pas douteux que\n\" les caractères sonores des \" flûtes \" ènumèrèes\n\" par Tollux, n ont pu être réalisées par le même\nu procède (Tinsufflation dans les tubes, et qu 'il y a\nu eu chez les Grecs des flûtes à anche et d'autres\nu à sifflet ou embouchure.— On trouve d'ailleurs\nu dans un passage du traite de musique de Plu-\n\" t arque la preuve que toutes les flûtes de la\n\" Grèce n étaient pas a anche ; le voici\n\" Tèlèphane de M égare avait tant d'aversion\n\" pour Vusage des ANCHES, qu 'il ne permit\n\" jamais aux facteurs de flûtes d'en appliquer sur\n\" ces instruments, et ce fut la principale raison\n\" qui Vempêcha de disputer le prix aux jeux\n\" Pythiques.\"\nJe dois opposer ici, la traduction du même\npassage de Plutarque cité par Gevaert 1 :\n\" Dans la syringe monoclame, la partie supé-\n\" rieure du tuyau, renfermant le canal\n\" d'insufflation et la bouche biseautée, était\n\" appelée comme l'instrument \" sifflet \" ; elle\n\" se séparait à volonté du reste de l'appareil.\n\" Cela ressort à l'évidence du passage suivant\n\" de Plutarque : u Téléphane de Mégare\n\" (célèbre aulète du temps d'Alexandre) avait\nu une telle aversion pour l'usage des SIRIN-\n-66 GES, qu'il ne permit jamais, aux facteurs\n\" d'en appliquer sur ses \" auloi \" Ce fut la\n\" principale raison qui l'empêcha de disputer\nu le prix au concours Pythique. \"\nC'est certainement Fétis qui a raison dans\nsa traduction, les aauloi\" à anche étant les seuls\nadmis aux concours Pythiques. Gevaert lui-\nmême se contredit lorsqu'il raconte 2 : \" Une\na curieuse anecdote relative à l'aulète Midas\n\" d'Agrigente, célébré dans la I2me Pythique\n\" de Pindare, le démontre clairement. Voici\nu ce que raconte un ancien scholiaste : Pen-\n\" dant qu'il était occupé à exécuter le morceau\n\" de concours, son anche vint à se cacher\n\" dans la bouche et alla s'attacher au palais ;\n\" la virtuose se mit alors en devoir d'emboucher\n\" l'instrument au moyen des seuls tuyaux,\n\" comme une syringe. Les auditeurs étonnés\n\" prirent plaisir à ce genre de sonorité, et\n\" Midas obtint le prix. \"\nTous les auteurs citent cette ancedote mais\naucun ne sert de la même expression : \" Son\n\n1 Fetis liv. 3 p. 281.\n1 Gevaert idib. Liv. IV. Ch. i p. 276-277.\nici. Liv. IV. Ch. 1 p. 274-275."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 662, "texte": "anche vint... à se cacher... à se casser... à\ntomber... à se recourber, ce qui fait dire à\nFétis que les anches étaient en airain. Dégager\nla vérité de ces différents modes d'expression\nest chose difficile, il est plus logique de penser\nqu'un accident étant survenu à l'anche, celle-ci\nrendit un son moins criard, plus voilé ou\nmoins fort, ce qui plût sans doute beaucoup\naux auditeurs.\nJe crois en avoir assez dit sur les flûtes\ngrecques pour prouver que celles-ci étaient\nsurtout des flûtes à anche ; il me faut encore\ndémontrer que les anches étaient en général\ndes anches doubles. Ce sera l'objet d'un pro-\nchain article.\n\nA. Bridet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.21", "titre_corps": "Questions Sociales", "titre_sommaire": "Questions Sociales", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "Questions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS\n\nLE GRACIEUX CONCOURS\nL'article que nous avons publié sur le\ngracieux concours nous a valu un grand nombre\nde lettres et des avis assez différents. Nous ne\npouvons tout publier, mais nous résumerons,\navec impartialité, l'opinion des lecteurs qui ont"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.119", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4701, "texte": "bien voulu répondre à notre demande d'en-\nquête.\nM. Saint-Aubin nous écrit, de Bordeaux,\nune lettre assez humoristique, trop longue\npour être reproduite, nous en détachons le\npassage suivant :\n\"Si vous vous mettez à recueillir les plaintes des\nartistes, votre revue n'y suffira pas. Ils sont, par essence,\nnerveux, irritables, mécontents et \"geignards\". Se\nplaindre est, pour eux, un besoin et un plaisir dou-\nloureux, mais certain. Comme les enfants, dont ils\ntiennent, c'est une manière qu'ils ont de se rendre inté-\nressants. Et ils geindraient, de se voir ôter les motifs\nde geindre ; aussi n'espérez pas qu'ils vous aideront\ndans votre utile campagne, il y faudrait une énergie et\nun sens pratique qui leur font absolument défaut \".\nPas aimable, M. de Saint-Aubin ; malheu-\nreusement, sa lettre n'aboutit pas à des con-\nclusions pratiques dont nous puissions tirer\nprofit.\nUn u abonné de la première heure \" se\nsusceptibilise gare au désabonnement de la\ndeuxième heure.\nMonsieur,\nLe moment est peut-être mal choisi pour les artistes,\net pour vous, qui, de bonne foi sans doute, vous faites\nleur interprète, de se plaindre aussi amèrement des\n\"donneurs de concerts\". Croyez que ce sont eux qui,\nle plus souvent, recherchent la faveur de se faire\nentendre dans nos salons. Comme vous l'avez fait pres-\nsentir, il sera très facile aux gens du monde de\ns'abstenir de céder aux sollicitations, quelquefois per-\nsistantes, dont ils sont trop souvent l'objet et de rem-\nplacer les auditions musicales par d'autres divertisse-\nments.\nAgréez etc.\nVoyons, voyons, il faudrait s'entendre.\nD'abord nous n'avons pas fait de personnalités\net notre grincheux correspondant devrait com-\nprendre que nous protestons, au nom des\nartistes, qui sen plaignent, contre I'ABUS du\ngracieux concours ; contre la facilité avec la-\nquelle on accepte la contribution du talent sans\nle rénumérer. Au lieu de s'abstenir, de céder\naux a sollicitations dont il est l'objet \" l'auteur\nde cette lettre, devrait plutôt plaindre les in-\nfortunés musiciens que la concurrence et la\nnécessité contraignent d' \" offrir \" le savoir\nqu'ils ont acquis avec tant de peine et dont il\nest légitime, pour eux, de tirer profit.\nUne femme du monde, qui ne veut pas\nqu'on donne son nom, nous envoie une lettre\nbeaucoup plus précise que nous publions pres-\nqu'entièrement, malgré des passages un peu\ndurs.\nUne remarque, en passant. Quelle idée\nsingulière de ne jamais vouloir signer publi-\nquement ses lettres. Les unes se retranchent\nderrière la discrétion féminine, qu'exige le\nbon ton ; les autres protestent qu'ils ne veu-\nlent point avoir l'air de rechercher une\nréclame intempestive en livrant leur nom à la\npublicité. Il nous semble que ces raisons sont\npetites; la franchise d'attitude, et la netteté\ndu geste ne les admettent point. Ayons donc\nle courage d'être ce que nous sommes jus-\nqu'au bout, cela vaudra mieux pour tous.\nRemercions, malgré cela, nos aimables corres-\npondants et correspondantes et relisons la\nsusdite lettre.\nMonsieur,\nDans votre article sur le gracieux concours, vous\npriez vos lecteurs de vous donner leur avis sur cette\nquestion et vous vous adressez également aux artistes\net aux gens du monde. J'ignore l'avis des premiers,\nmais, faisant partie de la \" gent mondaine\", laissez-\nmoi vous dire que j'ai été fort surprise de ma lecture.\nA vous entendre, il semble que nous soyons de bien\nméchantes personnes : Nous \" exploitons \" les artistes,\nprofitant de leur talent sans le payer ; nous leur im-\nposons des frais dont nous ne demandons pas la note.\nEh ! là, que de méfaits et combien j'ai de remords de\nm'être, si souvent, rendue coupable, car, laissez-moi\nvous le dire, chaque fois qu'il m'a semblé bon d'ajouter\nla musique comme attrait de quelques réunions mon-\ndaines, j'ai toujours trouvé plus d'artistes à inscrire au\nprogramme que je ne l'aurais désiré et mon embarras\na plutôt été de faire entendre un refus j oli à ceux que\nje ne pouvais accepter que de solliciter les autres.\nComment pouvais-je me douter, devant tant d'insis-\ntance, des intentions vilaines que l'on peut prêter aux\n\" donneurs de concerts \".\nCependant, et quoique je blâme un exclusivisme et\nune ardeur de combattre qui vous entraînent un peu\nloin, vos arguments me touchent et je veux essayer, non\nseulement d'y répondre, mais encore de réparer ma\nfaute puisque je suis fautive et engager mes amies\nà semblable réparation. Des femmes, et, croyez-le,\nMonsieur, surtout des \"femmes du monde\", ne\npeuvent rester insensibles à une souffrance si, même\ninjustement, elles sont accusées de l'avoir causée.\nJe crois qu'il ne faudrait pas prendre la question en\nbloc, comme vous l'avez fait, mais rechercher les cas"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.120", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 5021, "texte": "dans lesquels le gracieux concours peut être utile aux\nartistes et ceux dans lesquels il leur est nuisible. Il est\névident qu'à un début de carrière il est urgent, pour\nl'artiste, de se faire connaître. Au sortir de l'école, cette\nprésentation au public est comme un complément\nd'instruction ; c'est une nouvelle et nécessaire expé-\nrience à acquérir (quelquefois aux dépens des auditeurs) ;\nc'est, pour le débutant, un supplément des charges à\ncompter dans les frais d'éducation. On ne peut vraiment\nexiger, si bénévoles que nous soyons, que nous\noffrions des cachets d'importance à de jeunes élèves qui\nfont, sur une véritable scène, leurs premiers pas, quel-\nquefois mal assurés. La seule chose dont on pourrait\nconvenir, en ce cas, c'est de donner une modique\nrénumération à ceux qui tentent ces premiers essais.1 C'est\nce qui se fait déjà, dites-vous, sous le nom d'indemnité\nde déplacement, /'usage pourrait se généraliser. 1 Quant\naux autres, aux \" arrivés \", ce sont eux qui posent leurs\nconditions. Restent ceux qu'une persistante malechance\na poursuivis. Croyez-vous, Monsieur, qu'il y ait, parmi\neux, tant de méconnus et que le vrai talent reste si\nignoré ?\nMais je m'aperçois que je m'éloigne de la question\net, qu'au lieu de réparer ma faute, comme je m'y suis\nengagée, je l'aggrave encore. Venons donc à l'idée que\nje veux vous soumettre et qui pourrait être facilement\nmise en pratique. Fonder U7ie ligue contre F abus du\ngracieux concours. Par ce temps de ligues, cela n'aura\nrien de surprenant. Les \" donneurs de concerts \" qui\ns'y inscriraient, prendraient l'engagement de ne JAMAIS\naccepter le concours d'artistes à titre absolument gra-\ncieux. (Quant à fixer un minimum, ou un maximum,\nil ne saurait en être question). Je vous envoie mon\nadhésion le jour où vous commencerez la liste et vous en\npromets plusieurs autres. S'il devenait à la mode de\nfaire partie de cette ligue, le sort des artistes auxquels\nvous vous intéressez, avec un si généreux emportement,\nserait quelque peu amélioré. Veuillez croire que je le\nsouhaite de grand cœur...\nNous avons donné cette lettre presqu'en-\ntièrement, les considérations finales, sur le\nfonctionnement de la ligue importent peu,\nbien que le projet mérite d'être pris en con-\nsidération à la Société française des Amis de la\nmusique. Elle nous intéresse en ce qu'elle\nconfirme l'avis de notre \" abonné de la pre-\nmière heure Les artistes se sont offerts trop\nfacilement et ont travaillé à leur propre mal.\nDes conversations récentes, que nous avons\neues sur ce sujet, concluaient dans le même\nsens. Un jeune chef d'orchestre nous disait :\n\" Ils me supplient de les faire entendre, je ne\npeux pourtant pas leur offrir de l'argent.\"\nC'est très juste.\nArrêtons-nous ici pour aujourd'hui. De\nnouvelles missives m'arrivent en si grand\nnombre que j'ai besoin d'en faire le classe-\nment. (Il y en a exactement 95!) Nous résu-\nmerons tout ce débat dans le numéro du\n15 mars et essaierons d'en dégager un en-\nseignement utile.\n1 C'est nous qui soulignons ce passage intéressant.\n\nM. Daubresse.\n\nFAITS SOCIAUX\nTHÉÂTRES. Dans un des théâtres de New-York\nle directeur se propose d'occuper les entractes par des\nauditions musicales dans le caractère de la piece. Pour-\nrait être essayé ici. La compagnie des xar&uélistes\nespagnols de Madrid va donner des représentations en\nItalie. Pourrait être invitée en France. A Saint-\nMoritz (Engadine) on va installer un théâtre en plein\nair. A Paris i 3 et 15, Avenue Montaigne, on va\nconstruire un théâtre vraiment moderne.\nCONCERTS. A Londres, au Coliseum, audition de\nl'orchestre des balalaikistes. Serait intéressant à Paris.\nA Lyon on fonde une société de concerts, anonyme,\nau capital de un million. A Parme l'église del Car-\nmino va être transformée en salle de concerts. Désaffectée\ndepuis 1810. Steltenbosch distante de quelques\nmilles du Cap (Afrique du Sud) a un Conservatoire 5\nun chœur mixte de 100 exécutants et un orchestre de\n50 musiciens. Les programmes comprennent des\nœuvres de Haydn, de Mendelsshon, etc.\nMOUVEMENT SOCIAL. L'entente est parfaite\nentre les huit syndicats suivants, qui imposeront, à\ntour de rôle, leurs revendications : Union syndicale des\nArtistes Lyriques. Union syndicale des choristes. Fédération\ndes Artistes Musiciens de France. Syndicat des machinistes-\naccessoiristes. Union syndicale des Artistes Chorégraphes.\nUnion syndicale des Artistes Dramatiques. Union syndicale\ndu petit personnel des théâtres et concerts. Section des\nélectriciens des théâtres. Le Syndicat des Artistes\nLyriques, adhérent à la C.G.T. vient d'absorber la\nFédération indépendante des artistes lyriques qui se\nsyndique pour obtenir la fin de la pornographie au\nconcert, un minimum de salaire, le paiement des\nmatinées et la suppression des agences. Un généreux\nanonyme donne cent à cinq cent mille frs à des artistes\nqui s'engageront à construire un music-hall où la\nmorale sera respectée.\nENSEIGNEMENT. A Munich, on vient de fonder\nune Société Pergolèse qui se propose, la publication, en"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.121", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "éditions nouvelles, des principales œuvres du maître et\nla mise à la scène de ses opéras les plus renommés.\nDans une des villes de l'Amérique du Nord les enfants\noffrent, chaque mois, à la musique, un acte d'amour.\nIls inscrivent sur une feuille blanche attachée à la\nchaire du maître, ce qu'ils se proposent de faire en\nl'honneur de la Musique et lignent de leur nom.\nL'idée est jolie, à mettre en pratique. Les conser-\nvatoires de Cologne, de Heidelberg et l'Académie\nimpériale et royale de Vienne ont adopté la gymnastique\nrythmique de Jaques Dalcroze. A Munich, il y a\nquatre ans, on a fondé une bibliothèque musicale\npopulaire qui est florissante. Son catalogue comprend\n7.600 numéros, elle compte 778 abonnés. Les femmes\nreprésentent 1/6 du total. Wagner a été demandé\n689 fois. Stuttgart, Vienne, Cassel, Salzbourg, Ham-\nbourg vont créer des bibliothèques analogues. On\nsonge déjà à une fédération de ces institutions. Le\nMusée Instrumental du Conservatoire de Bruxelles\nvient d'acquérir le piano appartenant à François-Joseph\nFétis le célèbre musicographe, piano carré qui mesure\n2 mètres de long et construit de manière à servir de\nbureau ministre. Le dessus est garni de cuir gaufré or\net le clavier peut se repousser à l'intérieure. Avis à\nGustave Lyon ! Le concours d'essai pour le grand\nprix de Rome aura lieu désormais, chaque année, le\npremier mardi de Mai. A Genève, organisation\nd'un concours de quatuors vocaux ; à essayer ici.\nPrague vient d'établir, à l'université une chaire de\nmusique à l'exemple le Berlin, Vienne, Leipzig.\nRelevé dans le programme d'une de nos Facultés de\nprovince : le cours d'histoire de la musique portera sur\nFervaal de M. V. d'lndy. Prière de se munir de la\npartition ; pourrait être généralisé.\nINVENTIONS.— La musique contribuant àla beauté\nde l'appartement. Nouveau style : les lampes en forme\nde lyre ; les paravents ornés de portraits de musiciens ;\nle piano servant de motif de tentures ; et les ustensiles\ndes services à thé ou à café affectant la forme des\nnotes. Dans le même ordre d'idées : à noter les\nadmirables panneaux pour la décoration d'une salle de\nmusique, école italienne, salon de 1909.\nBIBLIOGRAPHIE. A Londres publication d'un\nnouveau journal Le Chœur consacré à la musique\nd'église et à l'hymnologie. A Sainte-Pazanne\n(Loire Inférieure), publication d'une nouvelle revue\nmusicale Le Barde.\nDIVERS. L'associations des musiciens italiens qui\nse réunira à Ferrare en 1910 inaugurera le monument\nélevé à Guy d'Arezzo à Pomposa. On nous annonce\nla formation d'un orchestre de femmes. La direction\nen serait confiée à MUe Nadia Boulanger ou à Mme\nToutain Griin. Les promoteurs: Mrs Coquard, Mmes\nChausson, Gallet, etc., demanderaient la Salle du\nConservatoire pour y donner des auditions. Bon succès\nà cette intéressante tentative.\nNous sommes heureux d'annoncer que notre colla-\nborateur P. Jobbé-Duval de la Petite Gironde, vient\nd'être nommé correspondant à Paris pour tout ce qui\ntouche à l'Actualité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 120, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.21.2", "titre_corps": "ET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS", "titre_sommaire": "ET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "ET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS\n\nLE GRACIEUX CONCOURS\nL'article que nous avons publié sur le\ngracieux concours nous a valu un grand nombre\nde lettres et des avis assez différents. Nous ne\npouvons tout publier, mais nous résumerons,\navec impartialité, l'opinion des lecteurs qui ont"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.119", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4701, "texte": "bien voulu répondre à notre demande d'en-\nquête.\nM. Saint-Aubin nous écrit, de Bordeaux,\nune lettre assez humoristique, trop longue\npour être reproduite, nous en détachons le\npassage suivant :\n\"Si vous vous mettez à recueillir les plaintes des\nartistes, votre revue n'y suffira pas. Ils sont, par essence,\nnerveux, irritables, mécontents et \"geignards\". Se\nplaindre est, pour eux, un besoin et un plaisir dou-\nloureux, mais certain. Comme les enfants, dont ils\ntiennent, c'est une manière qu'ils ont de se rendre inté-\nressants. Et ils geindraient, de se voir ôter les motifs\nde geindre ; aussi n'espérez pas qu'ils vous aideront\ndans votre utile campagne, il y faudrait une énergie et\nun sens pratique qui leur font absolument défaut \".\nPas aimable, M. de Saint-Aubin ; malheu-\nreusement, sa lettre n'aboutit pas à des con-\nclusions pratiques dont nous puissions tirer\nprofit.\nUn u abonné de la première heure \" se\nsusceptibilise gare au désabonnement de la\ndeuxième heure.\nMonsieur,\nLe moment est peut-être mal choisi pour les artistes,\net pour vous, qui, de bonne foi sans doute, vous faites\nleur interprète, de se plaindre aussi amèrement des\n\"donneurs de concerts\". Croyez que ce sont eux qui,\nle plus souvent, recherchent la faveur de se faire\nentendre dans nos salons. Comme vous l'avez fait pres-\nsentir, il sera très facile aux gens du monde de\ns'abstenir de céder aux sollicitations, quelquefois per-\nsistantes, dont ils sont trop souvent l'objet et de rem-\nplacer les auditions musicales par d'autres divertisse-\nments.\nAgréez etc.\nVoyons, voyons, il faudrait s'entendre.\nD'abord nous n'avons pas fait de personnalités\net notre grincheux correspondant devrait com-\nprendre que nous protestons, au nom des\nartistes, qui sen plaignent, contre I'ABUS du\ngracieux concours ; contre la facilité avec la-\nquelle on accepte la contribution du talent sans\nle rénumérer. Au lieu de s'abstenir, de céder\naux a sollicitations dont il est l'objet \" l'auteur\nde cette lettre, devrait plutôt plaindre les in-\nfortunés musiciens que la concurrence et la\nnécessité contraignent d' \" offrir \" le savoir\nqu'ils ont acquis avec tant de peine et dont il\nest légitime, pour eux, de tirer profit.\nUne femme du monde, qui ne veut pas\nqu'on donne son nom, nous envoie une lettre\nbeaucoup plus précise que nous publions pres-\nqu'entièrement, malgré des passages un peu\ndurs.\nUne remarque, en passant. Quelle idée\nsingulière de ne jamais vouloir signer publi-\nquement ses lettres. Les unes se retranchent\nderrière la discrétion féminine, qu'exige le\nbon ton ; les autres protestent qu'ils ne veu-\nlent point avoir l'air de rechercher une\nréclame intempestive en livrant leur nom à la\npublicité. Il nous semble que ces raisons sont\npetites; la franchise d'attitude, et la netteté\ndu geste ne les admettent point. Ayons donc\nle courage d'être ce que nous sommes jus-\nqu'au bout, cela vaudra mieux pour tous.\nRemercions, malgré cela, nos aimables corres-\npondants et correspondantes et relisons la\nsusdite lettre.\nMonsieur,\nDans votre article sur le gracieux concours, vous\npriez vos lecteurs de vous donner leur avis sur cette\nquestion et vous vous adressez également aux artistes\net aux gens du monde. J'ignore l'avis des premiers,\nmais, faisant partie de la \" gent mondaine\", laissez-\nmoi vous dire que j'ai été fort surprise de ma lecture.\nA vous entendre, il semble que nous soyons de bien\nméchantes personnes : Nous \" exploitons \" les artistes,\nprofitant de leur talent sans le payer ; nous leur im-\nposons des frais dont nous ne demandons pas la note.\nEh ! là, que de méfaits et combien j'ai de remords de\nm'être, si souvent, rendue coupable, car, laissez-moi\nvous le dire, chaque fois qu'il m'a semblé bon d'ajouter\nla musique comme attrait de quelques réunions mon-\ndaines, j'ai toujours trouvé plus d'artistes à inscrire au\nprogramme que je ne l'aurais désiré et mon embarras\na plutôt été de faire entendre un refus j oli à ceux que\nje ne pouvais accepter que de solliciter les autres.\nComment pouvais-je me douter, devant tant d'insis-\ntance, des intentions vilaines que l'on peut prêter aux\n\" donneurs de concerts \".\nCependant, et quoique je blâme un exclusivisme et\nune ardeur de combattre qui vous entraînent un peu\nloin, vos arguments me touchent et je veux essayer, non\nseulement d'y répondre, mais encore de réparer ma\nfaute puisque je suis fautive et engager mes amies\nà semblable réparation. Des femmes, et, croyez-le,\nMonsieur, surtout des \"femmes du monde\", ne\npeuvent rester insensibles à une souffrance si, même\ninjustement, elles sont accusées de l'avoir causée.\nJe crois qu'il ne faudrait pas prendre la question en\nbloc, comme vous l'avez fait, mais rechercher les cas"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.120", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "dans lesquels le gracieux concours peut être utile aux\nartistes et ceux dans lesquels il leur est nuisible. Il est\névident qu'à un début de carrière il est urgent, pour\nl'artiste, de se faire connaître. Au sortir de l'école, cette\nprésentation au public est comme un complément\nd'instruction ; c'est une nouvelle et nécessaire expé-\nrience à acquérir (quelquefois aux dépens des auditeurs) ;\nc'est, pour le débutant, un supplément des charges à\ncompter dans les frais d'éducation. On ne peut vraiment\nexiger, si bénévoles que nous soyons, que nous\noffrions des cachets d'importance à de jeunes élèves qui\nfont, sur une véritable scène, leurs premiers pas, quel-\nquefois mal assurés. La seule chose dont on pourrait\nconvenir, en ce cas, c'est de donner une modique\nrénumération à ceux qui tentent ces premiers essais.1 C'est\nce qui se fait déjà, dites-vous, sous le nom d'indemnité\nde déplacement, /'usage pourrait se généraliser. 1 Quant\naux autres, aux \" arrivés \", ce sont eux qui posent leurs\nconditions. Restent ceux qu'une persistante malechance\na poursuivis. Croyez-vous, Monsieur, qu'il y ait, parmi\neux, tant de méconnus et que le vrai talent reste si\nignoré ?\nMais je m'aperçois que je m'éloigne de la question\net, qu'au lieu de réparer ma faute, comme je m'y suis\nengagée, je l'aggrave encore. Venons donc à l'idée que\nje veux vous soumettre et qui pourrait être facilement\nmise en pratique. Fonder U7ie ligue contre F abus du\ngracieux concours. Par ce temps de ligues, cela n'aura\nrien de surprenant. Les \" donneurs de concerts \" qui\ns'y inscriraient, prendraient l'engagement de ne JAMAIS\naccepter le concours d'artistes à titre absolument gra-\ncieux. (Quant à fixer un minimum, ou un maximum,\nil ne saurait en être question). Je vous envoie mon\nadhésion le jour où vous commencerez la liste et vous en\npromets plusieurs autres. S'il devenait à la mode de\nfaire partie de cette ligue, le sort des artistes auxquels\nvous vous intéressez, avec un si généreux emportement,\nserait quelque peu amélioré. Veuillez croire que je le\nsouhaite de grand cœur...\nNous avons donné cette lettre presqu'en-\ntièrement, les considérations finales, sur le\nfonctionnement de la ligue importent peu,\nbien que le projet mérite d'être pris en con-\nsidération à la Société française des Amis de la\nmusique. Elle nous intéresse en ce qu'elle\nconfirme l'avis de notre \" abonné de la pre-\nmière heure Les artistes se sont offerts trop\nfacilement et ont travaillé à leur propre mal.\nDes conversations récentes, que nous avons\neues sur ce sujet, concluaient dans le même\nsens. Un jeune chef d'orchestre nous disait :\n\" Ils me supplient de les faire entendre, je ne\npeux pourtant pas leur offrir de l'argent.\"\nC'est très juste.\nArrêtons-nous ici pour aujourd'hui. De\nnouvelles missives m'arrivent en si grand\nnombre que j'ai besoin d'en faire le classe-\nment. (Il y en a exactement 95!) Nous résu-\nmerons tout ce débat dans le numéro du\n15 mars et essaierons d'en dégager un en-\nseignement utile.\n1 C'est nous qui soulignons ce passage intéressant.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 120, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.21.3", "titre_corps": "FAITS SOCIAUX", "titre_sommaire": "FAITS SOCIAUX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.120", "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 5021, "texte": "FAITS SOCIAUX\nTHÉÂTRES. Dans un des théâtres de New-York\nle directeur se propose d'occuper les entractes par des\nauditions musicales dans le caractère de la piece. Pour-\nrait être essayé ici. La compagnie des xar&uélistes\nespagnols de Madrid va donner des représentations en\nItalie. Pourrait être invitée en France. A Saint-\nMoritz (Engadine) on va installer un théâtre en plein\nair. A Paris i 3 et 15, Avenue Montaigne, on va\nconstruire un théâtre vraiment moderne.\nCONCERTS. A Londres, au Coliseum, audition de\nl'orchestre des balalaikistes. Serait intéressant à Paris.\nA Lyon on fonde une société de concerts, anonyme,\nau capital de un million. A Parme l'église del Car-\nmino va être transformée en salle de concerts. Désaffectée\ndepuis 1810. Steltenbosch distante de quelques\nmilles du Cap (Afrique du Sud) a un Conservatoire 5\nun chœur mixte de 100 exécutants et un orchestre de\n50 musiciens. Les programmes comprennent des\nœuvres de Haydn, de Mendelsshon, etc.\nMOUVEMENT SOCIAL. L'entente est parfaite\nentre les huit syndicats suivants, qui imposeront, à\ntour de rôle, leurs revendications : Union syndicale des\nArtistes Lyriques. Union syndicale des choristes. Fédération\ndes Artistes Musiciens de France. Syndicat des machinistes-\naccessoiristes. Union syndicale des Artistes Chorégraphes.\nUnion syndicale des Artistes Dramatiques. Union syndicale\ndu petit personnel des théâtres et concerts. Section des\nélectriciens des théâtres. Le Syndicat des Artistes\nLyriques, adhérent à la C.G.T. vient d'absorber la\nFédération indépendante des artistes lyriques qui se\nsyndique pour obtenir la fin de la pornographie au\nconcert, un minimum de salaire, le paiement des\nmatinées et la suppression des agences. Un généreux\nanonyme donne cent à cinq cent mille frs à des artistes\nqui s'engageront à construire un music-hall où la\nmorale sera respectée.\nENSEIGNEMENT. A Munich, on vient de fonder\nune Société Pergolèse qui se propose, la publication, en"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.121", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "éditions nouvelles, des principales œuvres du maître et\nla mise à la scène de ses opéras les plus renommés.\nDans une des villes de l'Amérique du Nord les enfants\noffrent, chaque mois, à la musique, un acte d'amour.\nIls inscrivent sur une feuille blanche attachée à la\nchaire du maître, ce qu'ils se proposent de faire en\nl'honneur de la Musique et lignent de leur nom.\nL'idée est jolie, à mettre en pratique. Les conser-\nvatoires de Cologne, de Heidelberg et l'Académie\nimpériale et royale de Vienne ont adopté la gymnastique\nrythmique de Jaques Dalcroze. A Munich, il y a\nquatre ans, on a fondé une bibliothèque musicale\npopulaire qui est florissante. Son catalogue comprend\n7.600 numéros, elle compte 778 abonnés. Les femmes\nreprésentent 1/6 du total. Wagner a été demandé\n689 fois. Stuttgart, Vienne, Cassel, Salzbourg, Ham-\nbourg vont créer des bibliothèques analogues. On\nsonge déjà à une fédération de ces institutions. Le\nMusée Instrumental du Conservatoire de Bruxelles\nvient d'acquérir le piano appartenant à François-Joseph\nFétis le célèbre musicographe, piano carré qui mesure\n2 mètres de long et construit de manière à servir de\nbureau ministre. Le dessus est garni de cuir gaufré or\net le clavier peut se repousser à l'intérieure. Avis à\nGustave Lyon ! Le concours d'essai pour le grand\nprix de Rome aura lieu désormais, chaque année, le\npremier mardi de Mai. A Genève, organisation\nd'un concours de quatuors vocaux ; à essayer ici.\nPrague vient d'établir, à l'université une chaire de\nmusique à l'exemple le Berlin, Vienne, Leipzig.\nRelevé dans le programme d'une de nos Facultés de\nprovince : le cours d'histoire de la musique portera sur\nFervaal de M. V. d'lndy. Prière de se munir de la\npartition ; pourrait être généralisé.\nINVENTIONS.— La musique contribuant àla beauté\nde l'appartement. Nouveau style : les lampes en forme\nde lyre ; les paravents ornés de portraits de musiciens ;\nle piano servant de motif de tentures ; et les ustensiles\ndes services à thé ou à café affectant la forme des\nnotes. Dans le même ordre d'idées : à noter les\nadmirables panneaux pour la décoration d'une salle de\nmusique, école italienne, salon de 1909.\nBIBLIOGRAPHIE. A Londres publication d'un\nnouveau journal Le Chœur consacré à la musique\nd'église et à l'hymnologie. A Sainte-Pazanne\n(Loire Inférieure), publication d'une nouvelle revue\nmusicale Le Barde.\nDIVERS. L'associations des musiciens italiens qui\nse réunira à Ferrare en 1910 inaugurera le monument\nélevé à Guy d'Arezzo à Pomposa. On nous annonce\nla formation d'un orchestre de femmes. La direction\nen serait confiée à MUe Nadia Boulanger ou à Mme\nToutain Griin. Les promoteurs: Mrs Coquard, Mmes\nChausson, Gallet, etc., demanderaient la Salle du\nConservatoire pour y donner des auditions. Bon succès\nà cette intéressante tentative.\nNous sommes heureux d'annoncer que notre colla-\nborateur P. Jobbé-Duval de la Petite Gironde, vient\nd'être nommé correspondant à Paris pour tout ce qui\ntouche à l'Actualité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.22", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "Gabriel Rouchès", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "Cours et Conférences\n\nAUX HAUTES ÉTUDES SOCIALES\n16 et 23 Novembre : M. Prunières,\nparlant de l'œuvre de jeunesse de Lully, montra\ncomment le Florentin devint peu à peu un\nmusicien exclusivement français. Par les ballets\net les comédies-ballets, il arriva aux opéras.\nMlu Bertaux et M. Sautelet, avec une vive\nin tell igence, interprétèrent divers airs majes-\ntueux ou bouffons.\n30 Novembre : M. Paul Marie Masson\nqui devait donner trois conférences sur Rameau\nest parti en mission pour Florence où il\norganisera la section musicale de l'lnstitut\nfrançais. IVIM. P runières et Romain Rolland\nle remplaceront. M. Prunières indique la place\nque la musique occupait dans la musique du\nXVIIe siècle. Elle est plus en faveur qu'on ne\nse l'imagine sur la foi de gens de lettres jaloux.\nIl faut lire les gazettes. La musique intervient\ndans toutes les manifestations de la vie, chez\nles nobles ou les bourgeois. écor nécessaire,\nil n'y a pas de féte sans elle. Les bousculades\nà la porte de l'Opéra sont significatives.\n7 et 14 Décembre : M. Romain Rolland\ns'occupe de Héendel. D'abord la description\nau physique de ce véritable géant, puis un\nportrait psychologique. H. est loyal, indépen-\ndant autant que Beethoven et il montre une\nénergie héroïque durant vingt ans de lutte en\nAngleterre. Sa musique paraît insensible, parce\nqu'elle était pour lui une région sereine où la\npassion ne devait pas pénétrer. Au demeurant,\nil était très bon et la charité fut sa seule\nreligion.\nIl est purement objectif et il a le sens peu\ngermanique de la forme. On l'a accusé de\nplagiat, sans raisons. Il a emprunté des\nthèmes, mais il faut voir ce qu'ils étaient et ce\nqu'il en a tait. D'une façon générale, nous\nconnaissons mal H. faussé par Mendelssohn et\nles Anglais. Ils en ont fait une manière de\ncompositeur dévot et aristocratique. Comme\nl'orateur antique, il s'adressait au peuple.\n2 1 Décembre: M. Calvocoressi, sous la\nrubrique le Mois musical, traita des récentes\nproductions musicales.\nil, 18 et 25 Janvier : M. Pirro parle\nde Buxtehude, en s'appuyant principalement,\ndans l'œuvre du vieux maître, sur les cantates\nque possède l'Université d'Upsal et que M.\nPirro doit publier. Après quelques explications\nsur la tablature et sur la disposition manuscrite\nd'une page de 8., M. Pirro indique le carac-\ntère général de cette musique. Populaire et\nvulgarisateur, B. simplifiait ; des fragments de\nde gammes ou d'arpèges formaient ses mélo-\ndies traitées selon les exigences de l'antique\ncontrepoint ; un thème fréquent est sa berga-\nmasque très répandue à cette époque.\nLes harmonies sont limpides, tonales et\nfranches. B. oppose à ses mélodies des accords\nconsonnants. Il emploie fréquemment les ac-\ncords de sixte, au besoin la tierce. Il adopte\nl'accord de quarte et sixte dont on commence\nseulement à se servir ouvertement. Il aime les\naccords de septième pour leur clarté. Il ne\ns'en sert pas, comme moyens expressifs, mais\npour éveiller l'attention.\nComment l'orchestre de B. est-il composé ?\nLe violon y tient le premier rang. B. n'exige\npas une très grande virtuosité. Comme ses\ncontemporains, il n'écrit pas au-delà de Yut\ndièze et du rè au-dessus de la portée. Très rare\nest le mi qui, au début du XVIIIe siècle, sera\nencore la note extrême. Les exemples de\ndoubles cordes sont rares. Assez fréquemment,\non trouve des traits en arpège et des passages\nrapides, et aussi le trémolo qui constitue une\nnouveauté. Il y avait, à Liibeck, une école de\nviolonistes florissante. La viole de gambe a aussi\nune place importante dans l'orchestre de B.\nLes instruments à vent ne jouent pas un rôle\naussi grand. Peu de flûtes. Le basson intervient"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.123", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1508, "texte": "souvent et aussi les trompettes, pour donner\nde l'éclat dans les compositions solennelles. B.\nuse surtout du clarino petite trompette plus\ncourte et plus étroite dont on obtient certaines\nnotes au moyen des sons bouchés. Le cornet,\nen faveur durant le siècle, est plus souple pour\nles transitions. Quant aux trombones, ils\ntiennent la place des cors modernes.\nPour les voix, B. franchit les limites de\nl'étendue moyenne surtout pour les soprani et\nles basses. Il avait d'ailleurs à sa disposition\ndes chanteurs émérites.\nUne question essentielle est celle de la\nréalisation de la basse continue. Dans certaines\npièces, B. a omis les chiffres de la basse.\nSeraient-ce des passages ad libitum avec des\nfioritures ? M. Pirro ne le croit pas, B. étant\nassez rigoureux sur ce point. D'une façon\ngénérale, les indications orchestrales manquent,\nce qui permet les plus grandes erreurs.\nCONCERTS\n13 et 20 Janvier : Une audition de la\nServa padrona offerte aux invités de l'Ecole,\nouvrit la série des concerts que M. Expert\norganise. Ils sont consacrés à la musique de\nchambre en France et en Italie aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. A la première de ces séances,\nnous avons fait une incursion dans le XVIe\nsiècle. Il est impossible de rendre compte en\ndétail des deux beaux programmes abondants\nsans longueur qu'exécutèrent avec soin les\nartistes du quatuor vocal Expert et du quatuor\ninstrumental Luquin, Mesdames d'Almeïda,\npianiste, Jane Argez et Claire Hugon, canta-\ntrices.\n\nGabriel Rouchès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.23", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.123", "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "LA “BÉRÉNICE” DE M. ALBÉRIC\nMAGNARD\n\nJ'ai tenté naguère 1 de définir la puis-\nsante individualité de M. Albéric Magnard\net la valeur singulière d'œuvres qui, même\nprivées du bénéfice de l'exécution instrumen-\ntale ou de l'animation scénique, honorent\nnotre pays et classent parmi les meilleurs com-\npositeurs de ce temps un musicien volon-\ntairement confiné dans la retraite, loin des\ninstrigues et de l'agitation stérile où se com-\nplaît l'arrivisme de tant de ses congénères,\ntravaillant sans relâche et ayant, à l'aurore de\nsa maturité, donné sa mesure dans tous les\ngenres. J'avais alors déploré le peu de zèle de\nnos sociétés à inscrire sur leurs programmes sa\nTroisième Symphonie ou ses ouvrages de musique\nde chambre, et l'inexplicable obstination de\nnos théâtres à ignorer une tragédie musicale\naussi noble, aussi généreuse, aussi pleine de\nsubstance que Guercœur, qui depuis dix ans\ndéjà, attend sa réalisation scénique.\nRien de tout cela hélas ! n'a changé. La\nmâle simplicité de la musique de M. Magnard,\nson accent incisif, ses brisures souvent agres-\nsives, son parfait dédain pour les \" curiosités \"\nharmoniques si fort en vogue par le temps qui\ncourt, sa généralité classique, son originalité\nmorale surtout, tellement éloignée d'une facile\nrecherche d'excentriques singularités, n'ont rien\n\n1 Courrier Musical du 15 juillet 1907.\n\nL'Édition\nMusicale"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.124", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4289, "texte": "de ce qu'il faut pour lui concilier la faveur de\nnos esthètes avancés ou de l'écœurant snobisme\nde nos salons. Loin d'en prendre souci M.\nMagnard, fidèle à ses principes d'indépendance\nlaborieuse, a poursuivi sa besogne et nous donne\naujourd'hui dans une seconde tragédie lyrique\nl'expression, plus définitive encore, de son art.\nJe ne prétends pas, cette fois-ci, considérer\nen détail la partition nouvelle. D'ailleurs avant\nsa représentation, quelle minutieuse analyse,\nquels industrieux commentaires lui gagneraient\nplus de partisans qu'une lecture approfondie,\ntant il est vrai que ce n'est pas la théorie dont\non les croit issues, mais bien uniquement\nl'éloquence communicative du génie créateur\nqui prête aux productions artistiques toute leur\nforce persuasive?... Au cours d'une fière et\nspirituelle préface, qui déjà le dépeint tout\nentier. M. Magnard explique comment il\nconçut l'idée d'interpréter musicalement le\nsujet de Bérénice, et pourquoi, sans toucher au\ndélicieux chef-d'œuvre de Racine, il fut amené,\nécartant toute inutile complication, à réduire\nl'intrigue de sompoème au débat de conscience\nsi fortement résumé dans Ylnvitus invltam de\nSuétone. Par la simplicité de l'action, l'inten-\nsité héroïque des sentiments l'atmosphère ten-\ndre et douloureuse du cadre, la sobriété\npoétique du langage, le poème de la Bérénice\nnouvelle convient en effet particulièrement à\nsa destination lyrique, et à la nature artistique\nde M. Magnard.\nComme dans Guercœur en effet, et même\ndavantage ici la musique est la conscience vi-\nvante, la raison d'être de l'œuvre ; la source\nmagique où le drame puise sa vie. Il faut louer\nM. Magnard d'avoir ainsi appliqué le prin-\ncipe essentiel et vivifiant de la théorie wagné-\nrienne. Je n'en veux pour preuve que le\nzèle expressif, la logique tonale avec quoi\nle discours musical s'empare du drame, le\npénètre et le transporte en lui. Je me bor-\nnerai à vous en rappeler les qualités intrin-\nsèques, aussi frappantes que par le passé : cette\nvie tumultueuse, cette véhémence rythmique,\ncette précieuse faculté d'invention thématique,\ncette solidité de structure, cette curieuse utili-\nsation des formes, symphoniques, cette conci-\nsion presque linéaire d'écriture, cet éloignement\ninstinctif de toute fadeur conventionnelle, cette\nsubtile psychologie des caractères, cette décla-\nmation continuellement mélodique, ordonnée\net nuancée suivant une discipline toute indivi-\nduelle. Vous les trouverez tour à tour dans la\nbelle préface symphonique, qui contient en\npuissance toute la signification émotionnelle de\nl'œuvre, puis, au premier acte, dans l'attente\nangoissée de Bérénice, l'arrivée de itus,\nl'ardente scène d'amour avec les délicieux\nchœurs dans les jardins, au second acte,\ndans la poignante méditation de Titus, la scène\ndu sacrifice, entrecoupée par les féroces cla-\nmeurs du peuple, au troisième acte enfin,\ndans l'ultime entrevue des deux amants sur la\ntrirème de Bérénice, dans le rythme puissant\ndu chœur des rameurs, et surtout dans la\nsublime déploration de la reine abandonnée,\nsacrifiant à Vénus la parure de ses admirables\ncheveux.\nEn vérité, cette scène finale de l'œuvre, où\nle sentiment pathétique concentré atteint à\nune profondeur extraordinaire, où l'émotion\nsouveraine crée avec elle la clarté, où le style\nle plus ferme et le plus éloquent sait toujours\nrester pur et noble, où l'harmonie générale\nn'est jamais troublée, réalise cet équilibre\nsupérieur des facultés du cœur et de l'esprit\nqui permet seul à l'art d'atteindre son but\nsuprême d'expression humaine... Et vous\nreconnaîtrez dès lors avec moi dans cette\nBérénice à la fois si classique et si française,\nrenouvelées par l'originalité vivace d'un tem-\npérament moderne, les vertus essentielles\nd'unité, de tenue et de sobriété, qui distinguent\nun opéra de Rameau ou une tragédie de\nRacine.\nA une époque qui connaît la disgrâce de\nvoir la marée montante des produits les plus\ngrossiers du vérisme italien et d'une esthétique\nde music-hall envahir le répertoire des théâtres\ny triompher avec impudence et en chasser\npeu à peu tout art élevé, grâce à la bas-\nsesse des instincts, à l'incurable hostilité du\ngros public, grâce aussi à notre coupable\nindifférence ou à nos mesquines disputes de\nchapelles, l'œuvre de M. 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Le seul but de\nces brèves lignes aura été de tâcher de lui en\ninspirer dès à présent le désir.\n\nGustave Samazeuilh.\n\nLE QUATUOR A CORDES DE\nTHÉODORE DUBOIS.\nJ. E.\nDepuis le mois de Mai dernier, je m'étais\npromis de signaler tout spécialement aux\namateurs de musique de chambre le Quatuor\nà Cordes de TH. DUBOIS, que nous avaient\nfait entendre d'après le manuscrit MM. Parent,\nLoiseau, Brun et Fournier, et qui parait enfin.\nUn Allegro avec introduction lente, un\nVivace en scherzo, un Larghetto et un Allegro\nvivo forment les divisions classiques de cet\nouvrage. Le thème, qui s'annonce d'abord\n1 La partition de Bérénice, tragédie en musique, de\nM. Albéric Magnard est en vente à Y Edition Mutuelle\n269, rue St-Jacques, à Paris et chez l'auteur à Baron\n(Oise).\nchromatique et timide, s'essore dans le premier\nmorceau, se renverse et se morcelle dans le jeu\ndu scherzo, s'étire dans le largo, et, tout\nsimplet enfin dans la finale, se prête à un\namusant canon. L'ensemble, très pondéré, très\nmaitre de soi, tranche cependant sur beaucoup\nd'autres compositions de M. Dubois, j'oserais\ndire qu'une œuvré de ce genre est plus voisine\nde la rue St. Jacques, où nous l'avons enten-\ndue, que de l'lnstitut. Il y a des gens de parti\npris qui n'admettront jamais l'esthétique de\nM. Dubois, mais les autres trouveront dans ce\nquatuor un intérêt constant, une force sou-\ntenue, qui ne laisse place à aucun développe-\nment inutile. C'est l'œuvre d'un maitre délivré\nde toute contrainte pédagogique, de tout souci\nadministratif, et que l'inspiration jalouse\nentraine vers cette musique pure dont le\nquatuor à cordes est l'interprète le plus auto-\nrisé. Notre art français s'honorera d'un effort\naussi noble.\n\nTE DEUM DE BERLIOZ\nJ. E.\nNotre collègue, M. Adolphe Boschot, dont\nla grande bibliographie de Berlioz est devenue\nclassique, vient de publier un intéressant arti-\ncle dans le Correspondant du 25 Décembre\nsur la musique religieuse de Berlioz, dans\nlequel il donne de très curieux détails sur le\nTe Deum écrit en 1848, et analyse un prélude\nd'orchestre de Berlioz, que le compositeur\nBalakirev a retrouvé sur le manuscrit gardé à\nSaint-Pétersbourg."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.23.2", "titre_corps": "LA “BÉRÉNICE” DE M. 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Gabriel F AU RE Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. HENRY Rou JON , de VInstitut, secrétaire\nperpétuel de V Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. D A RE N B ERG, /' Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nM™ ALEXANDRE ANDRÉ.\nM™ LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\n*\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. Louis HAVET, de F professeur\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HoTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à la\nFaculté des Lettres\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. 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PAR AN.\n\\ • , •' . . « 1 ' * ; ' ' .\nLe \" MUSIKALISCHES WOCHENBLATT \" publie des articles de fond\ndes nouvelles et des critiques, rédigés par les musiciens et les musicologues les plus\néminents. Cette revue abondante donne un tableau complet de la vie musicale\ndu monde entier. Elle est connue pour ses tendances progressistes.\nLe \"MUSIKALISCHES WOCHENBLATT\" se recommande aux artistes,\néditeurs, luthiers et établissements de tout genre, qui désirent se faire connaître\npar des insertions.\nEnvoi gratuit d'un numéro spécimen.\nADMINISTRATION: OSWALD MUTZE, LEIPZIG\n4, LINDENSTRASSE.\ni.v ' ; • * I- i 'V,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\n)ôl I vV\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française (\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\n. r\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR .LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 580, "texte": "rw a nriTKTirnr Photographie documentaire\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; 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(Lin an 30 fr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.113", "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "Application\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.113", "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPOND\nCOURS\nRue Franklin, 5, VARIS Trocadéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "Agence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois\nSALLE DE LA SCHOLA CANTORUM.\nVENDREDI 18 MARS 1910, à 9 heures du soir\nlle Antoinette VELUARD\n3me RECITAL DE MUSIQUE MODERNE\n1. SONATE . . . . , PAUL DUKAS\nI. Modérément vite\n11, Calme un peu lent très soutenu\nni. Vivement avec légèreté\n, IV, Très-lent, animé, vif\n2. PRELUDE, CHORAL et FUGUE .... CÉSAR FRANCK\n3. SONATE EN Ml VINCENT D'INDY\nI, Modéré\nil. Très animé\n111. Modéré\nPiano ÉRARD\nPRIX DES PLACES: Parterre 4fr.— Amphithéâtre 3 fr, Galerie 2 fr.\nSALLE DE LA SCHOLA CANTORUM\nVENDREDI 25 FÉVRIER 1910, à 9 heures du soir\nMlle Antoinette VELUARD\n2me RÉCITAL SCHTJMANN\n1. CARNAVAL DE VIENNE (op. 26)\n1. Allegro 4. Intermezzo\n2. Romanza 5. Finale\n3. Scherzino\n2. SONATE en fa dièze mineur (op. 11)\n1. Introduzione Allegro vivace\n1\" 1 cl\n3. SCENES DE LA FORET (op. 82)\n1. Entrée\n2. Les Chasseurs aux aguets\n3. Fleurs solitaires\n4. Position décriée\n5. Joyeux paysage\n4. ETUDES SYMPHONIQUES (op, 13.J\nPiano ÊR.ARD\nPRIX DES PLACES: Parterre 4 fr. —Amphithéâtre 3fr, Galerie 2 fr.\n3, Scherzo\n4. Finale\n6. A l'Auberge\n7. L'Oiseau prophète\n8. Chant de chasse\n9. Le Départ"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "debut_caractere": 2078, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "Agence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois^\nSALLE DE GEOGRAPHIE, 184, Boulevard St,-Germain\nMARDI 22 FÉVRIER 1910, à 9 heures du soir\nM. SANDÔRT KÔVACS\nSEANCE DE MUSIQUE ANCIENNE\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlle Magdeleine TRELLI\nPROGRAMME\ni- A) Barafostus Dreame . , . . Auteur inconnu ]6me siècle\nB) Quodlings Delight .... Giles Farnabi 1560-1592\nc) Fugha per il cembalo • . • Gir. Frescobaldo 1583-1644\nM. KOVACS\n2. A) Non posso disperar . Seb, de Luca 15.-..-16,...\nB) Cessate di piagarmi.... Alessandro Scarlatti 1649-1723\nc) I In un fiorito prato (Orfeo) , Monteverde 1568-1645\nII Lasciatemi morire (Canto\ndArianna ~ „\nMlle M. TRELLI\n3- A) Presto Domenico Scarlatti 1685-1757\nB) Gavotte\nC) Menuet\nD) Allegro\nE) Toccata\nM. KOVACS\n4. A) Dormi bella Gio-Bassami 1657-1716\nB) Piepilieta , . Andréa Falconieri\nC) Chi vuol comprar Niccola Jommelli 1714-1774\nMlle M, TRELLI.\nPiano STEINWAY\nPRIX DES PLACES : Parquet, ire série, la place ; 5 francs\n2me série, 3 francs\nEntrée 2 francs"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "Concerts annoncés pour la seconde quizaine\nde Février et la première quinzaine de Mars"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "SALLE GrAVEAU\nGrande Salle\nFEVRIER\n15. 2mc soirée du Cercle Militaire soirée\n16. Premier concert donné par la\nMaison DURAND .... soirée\n18. Concert au bénéfice du Sana-\ntorium Maritime .... soirée\n20. Concert Lamoureux . . . matinée\nLa Solidarité Commerciale . soirée\nSociété Philharmonique . , soirée\nDeuxième concert donné par\nla Maison DURAND . . . soirée\nSociété J.S. Bach (répétition\npublique matinée\nSociété J.S. Bach: La Passion\nselon St. Jean soirée\nConcert Lamoureux . . . matinée"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "28. Deuxième concert des Frères\nKellert soirée\nMARS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 632, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "SALLE PLBYEL\nGrande Salle\nFEVRIER\n15. Madame Mitault Steiger . . soirée\n16. Mr. Joseph Debroux (2e sé-\nance) soirée\n17. Mlle Marguerite Masson . . soirée\n18. Mlle Clémence de Cock . . soirée\n19. La Société Nationale de Mu-\nsique (3e séance) .... soirée\n21. Mme Roger Miclos Battaille. matinée\n21. Mme Jeanne Carcassanne. . soirée\n22. Mme Legrix (Elèves) . . . soirée\n23. LequatuorLejeune(3eséance) soirée"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "24. La Société des Compositeurs\nde Musique (2e séance). . soirée\n25. Mme Roger Miclos Battaille soirée\n26. Mr. Georges Binon .... soirée\n27. Mme Bernard (institut Sé-\nvigné) Elèves matinée\n28. Madame L. Wurmser . , . soirée\n20.\n23-\n24>\n27.\nSalle des Quatuors\nMadame Asselin (Elèves). . matinée\nLe quatuor Calliat (3e séance) soirée\nMme Buisson Chanlier (Elèves) matinée\nMme Breton Halmagrand\n(Elèves) matinée"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 1722, "texte": "SALLE ERARD\nFEVRIER\nAud. de ses Elèves\nPiano\nM. ISNARDON , .\nM. GALSTON . .\nM. DE RADWAN .\nM. LOYONNET. .\nMme CHAUMONT. Matinée d'Elèves\nM. RICARDO VINES Piano\nM. DE RADWAN\nMme BALTUS\nJACQUARD. ,\nM. GALSTON . ,\nMlle LAEUFFER\nM. DIMITRI. .\nM. SALOMON .\nMatinée d'Elèves\nPiano"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-02-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-02-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1910-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "debut_caractere": 1724, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "MARS.\n1. M. GALSTON . .\n2. Mme CAPONSACCHI-\nJEISSLER . . .\nMI CAREME . .\nM. DE RADWAN .\nM. STAUB . . .\nM.WINTZWEILLER\nM. LOYONNET. .\nMlle LEWINSOHN\nMlle LAPIE. . .\nM. DE FRANCMESNIL\nMlle BARRY.\nM. GOLDSCHMIDT\nMlle THUILLIER\nM. EMIL SAUER\nM. GRANDJANY\nPiano\nYiolonc, et Piano\nPiano\nMatinée d'Elèves\nPiano\nViolon\nPiano avec le concours de\nl'Orchestre Lamoureux.\nPiano\nMatinée d'Elèves\nPiano\nHarpiste, avec le\nquatuor Touche."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.1", "texte": "ri® Année.\nN° 2.\n15 Février 1910.\n__p\n' 1B ft ÈÈ H\nW 11 I fln i\nSssk tßt M -, 8 • •■«B Hk |SÏ wlfj\nrS : 9\n■ A H\n■ |p\nMM j|| I^^HhEÏ\nH H V V H\n* I I I I I |H ir;\nH ■ j§2\nW V ■ V ■ ■\nI REVUE MUSICALE MENSUELLE\npubliée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nRÉDACTSON :\n22, RUE ST. AUGUSTIN\nPARIS.\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufflot,\nLe numéro :\nFrance et Belgiq.lfr.so Union 2 fr.\nUn an 15 fr. —2O fr.\n—3-s—é** rKamiiP mm'fi.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nPour sauoer la Salle de Concert du Conservatoire. Lettres de Bourgault- Hahn,\nPhilipp, T)uk.as, Paladilhe, Hue,popartz, Guilmant 'JfCarcel, d'indy,\nLES ORIGINES DU STYLE CLASSIQUE, par Romain Rolland. # SOUVENIRS INÉDITS DE\nFERDINAND HÉROLD, par F.H. # LES MUSIC-HALL, par Clarisse. LE MOIS A PARIS par\nGaston Carraud. * UN INTERVIEW DE LORENZO PEROSI. LETTRES D'ORIENT. * LES\nLIVRES. £ ILLUSTRATIONS: Deux Silhouettes de Briickner. Don Perosi, croquis de Bella. MUSIQUE -\nChanson de MAETERLINCK, musique de GABRIEL FABRE. # LACTUALITÉ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.2", "texte": "SUC 1 E l h 1-KsUXÇAISE \"DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Seerètaire d'État aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel F AU RE Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. HENRY Rou JON , de VInstitut, secrétaire\nperpétuel de V Académie des Beaux-Arts.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. D A RE N B ERG, /' Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nM™ ALEXANDRE ANDRÉ.\nM™ LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\n*\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. Louis HAVET, de F professeur\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HoTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à la\nFaculté des Lettres\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nM. JEAN WEBER, agré"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.3", "texte": "LA SALLE DES CONCERTS\nDU CONSERVATOIRE\nDepuis que le transfert du Conservatoire est chose décidée, depuis que les\ntravaux d \"aménagement, rue de Madrid,\nle vieil Hôtel des Menus Plaisirs, les\nquel sera le sort de l'excellente salle,\nhommage a la musique. Allait-elle disparaîtr\nque personne protestât ? L'Etat 1\" abandonn\nconcéderait-il P. T. T., en quête d'un Hôtel des Téléphones ?\nCes inquiétudes ont pris corps, et ont été très heureusement formulées par\nnotre confrère Raymond Bouyer dans u\nle monde a remarqué la précision et le bon sens. \" Pour une fois que nous pos-\nsédons une vraie salle de concert, écrit Raymond Bouyer, on nous promet de la\ndétruire a brève échéance... Une République\naurait tout fait, même l'impossible, afin\nraisons :\" raison sentimentale et raison tecLa\nle seul monument profane dont puisse\nParis. La salle du Conservatoire possède\nMais, nous ne sommes pas en répub\nmusique trouvent dans notre ministère des Finances certaines oppositions dont rien\nne peut éluder la logique budgétaire. Paris\nville au monde a ne pas posséder un Conse\nce but, Paris et la France, n'ont guère\nune salle de concert, lorsque celle-ci représe\nTout est la.\nA moins que l'opinion publique ne s'émeuve et ne fasse connaître sa\nvolonté. Le respect des souvenirs artistiques et des intérêts historiques, le sens de\n\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.4", "texte": "* 4\n11\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nla préservation des belles choses, sont encore assez puissants chez, nous pour\ndétourner l audace des combinaisons purement administratives. ITincident de\nV Hôtel Biron en est une preuve récente.\nLe sanctuaire menacé peut être sauvé par Peffort commun de tous ; si cet\neffort est bien dirigé.\nOr voici que la Société Internationale de musique vient de déléguer son\nprésident Charles Malherbe et un membre de son bureau, Adolphe Boschot, auprès\nde M. le Sous-Secretaire d Etat aux Beaux-Arts pour demander le classement\nde la salle du Conservatoire au nombre des monuments historiques. D'autre part,\nplusieurs de nos amis, et notamment\nnovembre attiré /'attention de notre comité sur ce délicat problème, et demandé\na notre président de s'en occuper.\nLe moment semble donc venu d'agir résolûment, et nous ccnsidérons comme\nnotre devoir d'en appeler a tout ce que Paris et la France compte de véritables\namis de l'art musical, afin de créer ce mouvement d'opinion irrésistible devant\nlequel les bureaux s'inclineront.\nDes maures eminents nous ont envoyé le précieux témoignage de leur\nopinion, et des maintenant voici des lettres qui nous permettent de prendre\nposition dans ce débat.\nLe Cairey 28 janvier 1910.\nCher Monsieur,\nIl va sans dire que je suis de tout cœur avec vous dans cette question de la salle du\nConservatoire dans laquelle on a entendu à ire fois,\nBeethoven. De plus, son ornementation en f\npour lui-même. Je ne parle pas de la sonorité\nexigences de V orchestre moderne ; mais elle\nmusique de chambre ou de petit orchestre.\nTout à vous. C. SAINT-SAËNS.\nMonsieur,\nIl ya à féliciter grandement tous ceux qui\nConserver INTACTE la salle des Concerts\net le salon qui précédé la loge des jurys.\nTout appartient à l'histoire, dans ce souven\nTrès à vous.\nJ. MASSENET."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.5", "texte": "LES AMIS DE\n« • «\n111\n\nCher Monsieur,\nJe suis entièrement de votre avis ; il\ntruction de la Salle de Concert du Conservatoire.\nCette Salle a servi de berceau a la musique symphonique en France.\nPuis elle possédé des qualités acoustiques\ncontre dans une nouvelle salle.\nJe suis donc de tout cœur avec les Amis de la Musique ; c est a dire avec vous...\nBOURGAULT DUCOUDRAY.\nCher Monsieur,\nJe souscris sans réserve au projet qui a\nvatoire, et je suis disposé h m employer dans la mesure de mes moyens pour le faire\ntriompher... . REYNALDO HAHN.\nMonsieur,\nJe suis de tout cœur avec vous, Monsieur.\ncette admirable salle... I. PHILIPP.\nCher Monsieur,\nCroyez, que je m'associe moralement, très volontiers, à vos efforts pour obtenir que la\nsalle des Concerts au Conservatoire soit classée\nsoit, de ce fait, conservée... PAUL DUKAS.\nMonsieur,\nSauver de la destruction la salle des Concerts du Conservatoire est œuvre pie. Je\nsouhaite bien ardemment que votre généreuse initiative puisse la mener à bonne fin...\nPALADILHE.\nMonsieur,\nIl faut absolument conserver la Salle du\nce sujet accord complet entre tous les musiciens.\nje m'associe de tout cœur à la campagne Société Internationale et\nAmis de la Musique... GEORGES HÎIE,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.6", "texte": "iv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nMonsieur,\nIl serait certainement très regrettable que la Salle du Conservatoire disparut : tant de\nsouvenirs glorieux pour la musique française y\nconservé et je ne saurais trop approuver la Société Internationale de Musique et la\nSociété des Amis de la Musique de leur heureuse initiative.\nGUY ROPARTZ.\nCher Monsieur,\nJe suis heureux de m associer a la demande\nde classer la salle des Concerts du Conservatoire\ntout a fait malheureux de voir disparaître cette Salle merveilleuse, comme acoustique, et\nqu on ne pourra pas remplacer.\nD'illustres souvenirs s'v rattachent et sont précieux pour Fart musical en France. Par\nson emplacement, il me semble aisé de la sép\ntemple de la musique et de Vart pur. Jamais\nPour ma part, f approuve ae toutes mes\ndes vœux sincères pour sa réussite auprès du Ministère des Beaux-Arts, si dévoué aux\nidées vraiment artistiques...\nA.. GUILMANT.\nCher Monsieur,\nCertes, la Salle du Conservatoire doit être conservée et classée parmi les monuments\nhistoriques. On peut dire d'' elle qu'elle est\nsymphonique en France. Là, en effet, se sont produits pour la première fois les plus grands\net immortels chefs-d' œuvre de notre art. Là s\nqui nous ont précédé, lequel a si puissamment\nréconfortant auquel nous assistons aujourd'hui.\nCes motifs ne suffiraient-ils pas pour\nmonuments historiques ? Mais elle a un autre\ncontesté par personne : c est sa merveilleuse aco\nne réunit au même degré les qualités nécessaires\nOn a dit quelquefois de la célèbre Société\net devait être le \" Louvre de la Musique Nos chefs-d' œuvres doivent rester dans ce\ncadre unique, si bien fait pour eux. Là\nacquièrent toute leur valeur. Les en arracher\nfatal a l'art musical. Le Ministère ne le voudra pas !"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.7", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nCe berceau de la musique, ce modèle cT aco\nprécieux, autant par un sentiment de reconnaissance que par intérêt bien entendu de\nPart, .. TH. DUBOIS.\nM. Henry Marcel, Administrateur générai, de la Bibliothèque Nationale avoue\nquelques craintes, bien légitimes chez qui connaît\nQuant h la manifestation que vous désirez, faire en vue de la conservation par\nclassement de la salle du Conservatoire, j'y ad\nles doutes du monde sur son efficacité Par quels moyens, dans de telles conditions, con-\nserver la petite salle de Concerts, partie intégrant\ntout le gros œuvre qui s appuie a ces bâtiments\net des issues C est évidemment à des\ndémarche que vous voulez, effectuer\nH. MARCEL.\n/ ✓\nC'est là envisager le coté financier de ce\nque F Etat, dans le besoin actuel de nos finances\ndésintéressement. Ajoutons toutefois qu avant\nprononcé, nous avons reçu de plusieurs abonnés des Concerts, des offres, qui se montent à\nplusieurs milliers de francs déjà.\nM. Debussy est assez pessimiste :\nCher Monsieur,\nIl me parait difficile de garder, toute\nsans retenir aussi le Musée et la Bibliothèque, ces trois monuments formant un tout,\nd\"ailleurs sans harmonie, mais tout de même inséparable sans gâchis.\nAu surplus, la salle en question a été très bonne : elle ne Vest plus. Les richesses de\nVorchestration moderne y prennent un aspect \"bal public\" bien désastreux. Je ne\nprendrai pas parti dans la question de juger qui a raison dans ce débat l Elle est incom-\nmode à plaisir ; et le souvenir des vieux maîtres\nagrément.\nOn peut la garder comme curiosité, je vous le concède. Toutefois, sil y a un effort à\nfaire, je le verrais plus volontiers dirigé ver\nbesoins de la musique moderne.\nVoilà mon opinion, dont la sincérité pourra peut-être excuser F irrespect...\nCLAUDE DEBUSSY."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.8", "texte": "vi\nLES AMIS DE\n\nEn effet, et T auteur de Pelléas a raison,\nexécution moderne et celle de la salle du Conservatoire. Ce qui importe c'est de préserver\nun monument appartenant a l'histoire, et de\nmerveilleusement approprié, c est a dire aux\nque cet effort de préservation ne fera aucun tort h tous les projets d'avenir qui permet-\ntraient de doter Paris d'une grande salle de concert, salle capable de donner le recul\nnécessaire aux quelques centaines d'exécutants\ndemain.\nM. D 'Indy précise très heureusement le caractère et la destination de la salle du\nConservatoire :\nCher Monsieur,\nIl serait évidemment très intéressant, archéologiquement, de conserver la Salle du\nConservatoire.\nElle pourrait être consacrée a la présentation\ncar, si sa sonorité est excellente pour Bach, Hay 182\nelle est absolument insuffisante pour toute la m 9e\nRé comprises ; pour Berlioz,W agner, les Fr\ncomme Strauss et Mahler. Quand on y exécut\nmodifier et d'en dénaturer la sonorité.\nJe crois donc que cette Salle pourrait être \"\nservatoire \" qui n'aurait plus de raison d'être \" Salle de\nMusique ancienne \" ou quelque chose d'approcha\nVINCENT D'INDY.\nChez M. Messager, que nous sommes voir,\ncomme artiste et comme chef d'orchestre de\nmêmes opinions \"La salle ne convient plus h\nlouer. Sans parler de V avenir et des symphonies\nprépare, qui réclameront mille exécutants, on peut dire que toute la musique à partir de la\nNeuvième de Beethoven est a Vétroit dans la\nune société de musique rétrospective ; tous les\nla musique la plus nouvelle. Nous n' avons\nclassiques et d'étouffer dans une salle\nparfaite pour une musique d'un certain ge\nmusiciens, ainsi que la dirigea Beethoven en 1808\nPalais Lobkowitz il y a deux ans... Mais aujourd'hui on veut de grandes masses, de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.9", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n• »\nVil\n\ngrandes sonorités, de grand s p.lans et de grandes lignes\net du public qui rend la Salle du Conservatoire insuffisante... \"\nLa thèse de M. Messager vient tout à fait à l'appui de la nôtre. Elle prouve qu'il\nexiste à Paris, pour la symphonie classique un\ndu même coup la tradition d'un art, que nos grandes salles et nos grands orchestres ont si\nsensiblement modifiée quil ne nen restera bien\nde Fart, la foi dans le modernisme peuvent fo\nlaissons pas disparaître un chaînon de cette histoire de la musique et surtout songons quil\ns agit ici de la symphonie classique, de Vâge héroïque de notre musique Européenne. Paris\na la gloire de posséder un temple, ouGossec,\nvénérés comme ils doivent et comme ils ont vou\nvieux Maîtres s y trouvent h Vaise. N'est pas assez ?Et ne devons-nous pas a ces créateurs\nde la musique quelques métrés de terrain guettés par la spéculation.\nQue tous nos amis, tous nos lecteurs, tous\nles abonnés du Conservatoire nous fassent parvenir\nà la nôtre. Parmi tous les sauvetages, dont Paris\ncelui-ci serait peut-être le plus efficace, et le p\nrent, les inondations s oublient. Les catastrop\nV humanité."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.10", "texte": "# • #\nVlll\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nAvantages réservés aux membres de la Société Française des\nAmis de la Musique.\nLes avantages permanents que nous avons obt\nporter a la connaissance de tous nos membre\ni° La revue musicale S. I. M. (Bulletin français de la Section de Paris de la Société\ninternationale de Musique) est envoyée régulièrement a titre gratuit a tous les Amis.\n2° Sur la présentation de leur carte y les Amis bénéficieront d'une réduction de 10 °/0 sui\nles ouvrages absolument nets.\nChez MM. Bouwens van der Boijen et Cie, 6, Square de l'Opéra.\nChez M. Demets, i, rue de Louvois ;\nChez M. Max Eschig, 3, rue Laffitte ;\nChez M. Marcel Jumade, 69, rue Condorcet ;\nChez M. Z. Mathot, 11, rue Bergère ;\nChez MM. Rouart, Lerolle et 0* , boulevard de Strasbourg,\nChez M. Alcan, 103, boulevard Saint Germain, 10 °/n sur les volumes de la collection\ndes Maîtres de la Musique.\nChez M. Delaplane, 48, rue Monsieur le Prince, 10 °/0\nde M. Landormy.\nChez M. Fischbacher et Cie, 33, rue de Seine, 10 °/0 sur les ouvrages de leur librairie.\nChez M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, 10 °/0 sur les volumes de la collection des\nMusiciens célèbres.\nLa liste de tous les Amis de la Musique\nprovince n auront au à adresser directement leurs commandes à ces Maisons, qui se feront un plaisir de\nleur envoyer dès maintenant le Catalogue d'ouvrages\nA /'Ecole des Hautes Etudes sociales, 3, rue de la Sorbonne, 50 °/0 sur les\ndroits d'inscription à toutes les sections.\n30 Nos amisy de Paris et de province, peuvent s'adresser à la Société four tous\nrenseignements y avis et indications dont ils auraient besoin, et que nous nous ferons toujours\nun plaisir de leur communiquer gratuitement."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.11", "texte": "LES ORIGINES DU “STYLE CLASSIQUE”\nDANS LA MUSIQUE ALLEMANDE DU XVIIIe SIÈCLE\n\n1\nQuiconque aime la musique et la connaît un peu, sent nettement\nles différences qui séparent le grand style préclassique de J.S. Bach et de\nHaendel, du style dit \" classique\" de la fin du XVIII8 siècle, l'un, avec\nson ample rhétorique, rigoureusement déduite, sa savante écriture\npolyphonique, son esprit objectif et général, l'autre, clair, spontané,\nmélodique, reflétant les nuances changeantes d'aines individuelles qui se\nmettent tout entières dans leurs œuvres, et qui bientôt en arriveront aux\nConfessions à la Rousseau, de Beethoven et des romantiques. Il semble\nqu'entre ces deux styles il se soit écoulé plus d'un âge d'homme.\nOr, qu'on remarque les dates : J. S. Bach meurt en 175°' Haendel\nen 1759. En 1759, meurt C. H. Graun. En 1759* Haydn donne sa\npremière symphonie. UOrfeo de Gluck est de 1762 ; les premières\nsonates de Phil. Em. Bach, de 1742. Le génial protagoniste de la\nSymphonie nouvelle, Johann Stamitz, est même mort avant Haendel,\nen 1757. Ainsi, les chefs des deux grands courants artistiques vivaient\nensemble, côte à côte. Le style de Keiser, de Telemann, de Hasse, des\nsymphonistes de Mannheim, qui est la source du style des classiques\nViennois, est contemporain des œuvres de J. S. Bach et de Haendel.\nBien plus, il avait, de leur vivant, la primauté sur eux. Dès 1737 (l'année\nqui suit La Fête d\" Alexandre de Haendel, et qui précède Saiil et toute la\n4\n\n1 Leçon d'ouverture du cours d'histoire de la musique, professé à la Faculté des Lettres de Paris,\nen 1909-191o.\n2"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.12", "texte": "82\nS. I. M.\n\nsuite des magnifiques oratorios), Frédéric II de Prusse, alors Kronprinz,\nécrivait au prince d'Orange :\n\" Les beaux jours de Hàndel sont\nhors de mode.\"\nEt Frédéric II opposait à cet art \" \" celui de \"\npositeur \", comme il nomme C. H. Graun.\nEn 1722-3, quand J. S. Bach se présentait pour la succession de\nKuhnau au Kantorat de St Thomas à Leipzig, on lui préférait de beau-\ncoup Telemann ; et ce ne fut que parce que Telemann, après coup, ne\nvoulut pas de la place, qu'elle tut donnée à J. S. Bach. Le même Tele-\nmann, dès le début de sa carrière, en 1704, encore à peine connu, tenait\nen échec le glorieux Kuhnau : tant était déjà fort le courant de la mode\nnouvelle. Ce courant ne fit que s'affirmer avec les années. Un poème de\nZacharià, qui reflète assez exactement l'opinion des cercles les plus culti-\nvés de l'Allemagne de son temps, Le Temple de l'Eternité, écrit en 1754,\nmet sur la même ligne Haendel, Hasse et Graun, célèbre Telemann dans\ndes termes où l'on parlerait aujourd'hui de j. S. Bach, ! et, quand il arrive\nà J. S. Bach et à \" ses Jils mélodieux\", il ne trouve plus à glorifier en eux\nque les virtuoses, rois de l'orgue et du clavier. Ce jugement est encore\ncelui de l'historien Burney, en 1772. Et certes, il est bien fait pour\nnous surprendre aujourd'hui. Mais nous devons nous garder des indigna-\ntions faciles. Il n'y a pas grand mérite, du haut des deux siècles qui nous\nséparent, à laisser tomber un mépris écrasant sur les contemporains de\nJ. S. Bach et de Haendel, qui les ont mal jugés. Il est plus instructif de\ntâcher de les comprendre.\nEt d'abord observons l'attitude de J. S. Bach et de Haendel eux-\nmêmes vis-à-vis de leur temps. Ni l'un ni l'autre n'affecte de ces poses\nfatales de génie incompris, où se complaisent nos grands ou nos petits\ngrands hommes d'aujourd'hui. Ils ne s'indignent point. Et même, ils sont\nen fort bons termes avec leurs rivaux plus heureux. J. S. Bach et Hasse\nétaient excellents amis, pleins d'estime l'un pour l'autre. Telemann avait\nnoué, dès l'enfance, une amitié cordiale avec Haendel ; et il était en si\nbons termes avec J.S. Bach, qu'il fut parrain de son fils Philippe Emanuel.\nJ.S. Bach confia l'éducation musicale de son fils préféré, Wilhelm Frie-\n\n1 \"... Mais qui est ce vieillard, qui de sa plume légère, plein d'une ardeur sacrée, enchante le Temple\nEternel ? Ecouter ! Comme bruissent les vagues de la mer ! Comme les montagnes poussent des cris dyallégresse\net des hymnes au Seigneur ! Comme un harmonieux Amen remplit d'un saint effroi Vâme pieuse ! Comme tremblent\nles temples du fracas religieux de VAlleluya ! Telemann, c est toi, toi, le pire de la sainte musique... \""}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.13", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n83\n\ndemann, à J. Gottlieb Graun. Donc, rien d'un esprit de parti. Des\ndeux côtés, des hommes supérieurs qui s'estiment et qui s'aiment.\nEssayons d'apporter à leur étude le même généreux esprit d'équité,\nde compréhension et de sympathie. J. S. Bach et Haendel n'y perdront\nrien de leur grandeur colossale. Mais nous aurons la surprise de trouver\nautour d'eux une quantité de belles œuvres, de beaux artistes pleins d'in-\ntelligence et de génie ; et il ne nous sera pas impossible de comprendre les\nraisons des préférences des contemporains. En dehors de la valeur indivi-\nduelle de ces artistes qui est souvent très grande, c'est leur esprit qui a\nmené aux chefs-d'œuvre classiques de la fin du XVIIF siècle. J. S. Bach\net Haendel sont comme deux montagnes qui ferment une époque ; mais\nTelemann, Hasse, Jommelli, et les gens de Mannheim sont les rivières\nqui se sont frayé un chemin vers l'avenir. Comme ces rivières se sont\njetées ensuite dans de plus grands fleuves, Mozart, Beethoven, qui\nles ont absorbées, nous les avons oubliées, tandis que nous voyons toujours\nau loin les grandes montagnes. Mais il faut être reconnaissants envers ces\nnovateurs. La vie était avec eux ; et ils nous l'ont transmise.\nOn connaît la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes, lancée\nen France, vers la fin du XVIIe siècle, par Charles Perrault et Fontenelle,\nqui opposaient à l'imitation de l'antiquité l'idée cartésienne du progrès,\net reprise, une vingtaine d'années plus tard, par Houdar de la Motte,\nau nom de la raison et du goût modernes.\nCette querelle dépassait la personnalité de ceux qui la lancèrent. Elle\nrépondait à un mouvement universel dans la pensée européenne ; et l'on\ntrouve dans tous les grands pays de l'Occident et dans tous les arts des\nsymptômes analogues. Ils sont frappants dans la musique allemande. La\ngénération des Keiser, des Telemann, des Mattheson, dès l'enfance,\néprouve une aversion instinctive pour ceux qui représentent l'antiquité\nen musique, pour les contrapontistes, les canonistes. A l'origine de tout\nle mouvement, est Keiser, dont l'influence artistique fut protonde et\ns'exerça d'une façon décisive sur Hasse, Graun, Mattheson,1 (aussi bien\n\n1 Graun se nourrit à Dresde, des partitions de Keiser. Hasse professait encore, en 1772, son admiration\nsans bornes pour ce musicien, \"un des plus grands, disait-il, que le monde ait jamais possédés, \" quant à\nMattheson, il fut, en beaucoup de choses, le porte-paroles et le champion de Keiser."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.14", "texte": "84\nS. I. M.\n\nque, d'ailleurs, sur Hasndel lui-même). Mais le premier qui manifesta\nces sentiments d'une façon nette, insistante et répétée, fut Telemann.\nDès 1704, il se représente, en face du vieux musicologue Printz,\ncomme Démocrite en face d'Héraclite.\n\" Il pleurait amèrement sur les extravagances des mélodistes d'aujourd hui.\nEt moi, je riais des ouvrages non mélodiques des vieux. \"\nEn 1718, il cite pour son compte ces vers français : 1\n\" Ne lesélève pas (les anciens)\nAu rang ou dans ce temps les\nC'est une déclaration bien franche, pour les modernes, contre les\nanciens. Qu'est-ce donc que les modernes, pour lui ? Les modernes, ce\nsont les mélodistes.\n\" Singen is das Fundament zur Music in allen Dingen.\nWer die Composition ergreifft, mus s in seinen Sâtzen singen.\n(\" Le chant est le fondement de la musique tout entière. Qui compose doit\nchanter dans tout ce qu'il écrit.\" J\nEt Telemann ajoute qu'un jeune artiste doit se mettre à l'école des\nmélodistes italiens et jeunes-allemands, et non à celle \"\ntrepointent a tire larigo, mais qui sont\nvingt voix obligées, ou Diogene lui-même\ngoutte de mélodie.\"\nLe plus grand théoricien musical de l'époque, Mattheson, ne parlait\npas autrement. Dans sa Critica Musicade 1722, il se vantait\nsans vanité 1 le premier a insister énergiquement et expressément sur l 'importance\nde la mélodie \"... Avant lui, dit-il, il n'y avait pas un auteur musical,\n\" qui ne sautât par-dessus cette première, plus excellente, et plus belle partie de\nla musique, comme un coq par-dessus des charbons chauds. \"\nS'il ne fut pas le premier, comme il le prétendait, il fit du moins le\nplus de bruit. En 1723, il engagea une lutte violente en l'honneur de la\nmélodie contre les Kontrapunktisten,que représentait un organiste de\nWolfenbûttel, Bokemeyer, savant et combatif comme lui. Mattheson ne\nvoyait dans le canon et le contrepoint qu'un exercice intellectuel, sans\nprise sur le cœur. Pour amener son adversaire à résipiscence, il prit pour\narbitres Keiser, Heinichen, et Telemann, qui se prononcèrent pour lui.\nBokemeyer se déclara vaincu, et remercia Mattheson de l'avoir converti\n\n1 II en avait beaucoup, au contraire, suivant son habitude : car on a vu, par les citations même\nde Telemann et par l'exemple de Keiser, qu'il avait des devanciers."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.15", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n«5\n\nàla mélodie, \" comme a Punique et vraie source de la musique pure, \" als\nder einzigen und wahren Quelle echt mus \"J 1\nTelemann disait :\n\" Wer auf Instrumenten spielt mus \"\njoue des instruments, doit être instruit du chant. \")\nEt Mattheson dit :\n\" Quelque morceau qu on écrive,\ncantabile.\nCette importance prédominante donnée à la mélodie au\nchant, faisait tomber les barrières entre les divers genres de musique, en\nleur donnant à tous pour modèle le genre où s'épanouissait dans toute sa\nperfection la mélodie vocale et l'art du chant : l'opéra italien. Les orato-\nrios de Telemann, de Hasse et de Graun, les messes de l'époque, sont en\nstyle d'opéra. 2 Dans son Mus ikalische de 1728, Mattheson rompt\ndes lances contre le style cotrapontique à l'église ; là comme ailleurs,\nil veut établir \" le style théâtral\", parce que ce style permet, selon lui,\nd'atteindre mieux que tout autre le but de la musique religieuse, qui est\nd'exciter les passions vertueuses. Tout est, ou doit être, pour lui,\nau sens le plus vaste du mot \" theat\", qui veut dire : imitation\nartistique de la nature. \" Tout ce qui\nmusique est théâtrale.. Le monde entier \" Ce style\nthéâtral pénétrera la musique entière, même dans ces provinces qui sem-\nblent le plus à l'abri, le lied, la musique instrumentale.\nMais ce changement de style ne marquerait pas un progrès vivant,\n\n1 Bokemeyer fut même si soumis qu'il écrivit un petit traité de la mélodie, et l'adressa à Mattheson,\nafin que celui-ci le corrigeât.\n2 Haendel et J. S. Bach eux-mêmes ne sont pas restés indemnes de la contagion de l'opéra. Sans\nparler des 40 opéras de Haendel, j'aurai occasion de montrer dans un prochain ouvrage, combien ses\noratarios, ses Psaumes, ses Te Deum ont d'éléments dramatiques. Quant à J. S. Bach, il est bien caractéristique\nqu'il ait pris pour librettiste de ses premières cantates Erdmann Neumeister, qui écrivait dans une\npréface qu'une cantate \"nest autre chose qu un morceau d*opéra\", et qui en fait introduisit en Allemagne\nla cantate religieuse en style d'opéra. En prenant parti pour ce genre de cantates dramatiques, avec récitatif\net airs, Bach choquait bien des gens. On sait que les piétistes de Mûhlhausen, où il était maître de chapelle en\n1708, le forcèrent à démissionner, parce qu'ils étaient indignés par ses cantates trop frivoles, par son style de\nconcert ou d'opéra à l'église. On a noté des souvenirs des opéras de Keiser dans ses plus célèbres cantates.\nEst-il besoin de rappeler aussi ses cantates profanes, les unes mythologiques, les autres réalistes et bouffes,\net le réemploi qu'il fit de fragments considérables de ces compositions dans ses œuvres religieuses ? Il\nne voyait donc pas toujours de limite bien tranchée entre le style profane et le style religieux. Mais\nJ. S. Bach et Haendel étaient protégés contre l'excès du style d'opéra pour leur génie choral et contrapontique,\nqui s'accordaient mal avec l'opéra d'alors."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.16", "texte": "86\nS. I. M.\n\nsi l'opéra lui-même, qui était le modèle commun, n'avait été transformé,\nà la même époque, par l'introduction d'un élément nouveau qui allait se\ndévelopper avec une rapidité stupéfiante : l'élément symphonique. Ce qui\nest perdu, du côté de la polyphonie vocale, se retrouve du côté de la\nsymphonie instrumentale. La grande conquête de Telemann, de Hasse,\nde Graun, de Jommelli, à l'opéra c'est le les gran-\ndes scènes récitatives avec orchestre dramatique.1 C'est par là qu'ils seront\ndes révolutionnaires au théâtre de musique. Une fois l'orchestre introduit\ndans le drame, il sera maître de la place. En vain criera-t-on autour d'eux\nqu'ils ruinent le beau chant. Eux, qui le soutenaient contre l'ancien art\ncontrapontique, ne craignent pas de le sacrifier, au besoin, à l'orchestre,\njommelli, si respectueux de Métastase pour tout le reste, lui tiendra tête\nsur ce seul point, avec une obstination inébranlable.2 Il faut lire les\ndoléances des vieux musiciens :\n\" On n'entend plus la voix, l'orchestre est assourdissant. \"\nDès 1740, aux représentations d'opéras, on ne pouvait plus com-\nprendre les paroles des chanteurs, si l'on ne suivait sur le :\nl'accompagnement étouffait les voix. 3 Et l'orchestre dramatique continua\nde se développer, au cours du siècle. \"\ninstrumental, dira Gerber, est devenue \"\nL'orchestre déborde si bien le théâtre que, de très bonne heure, il\ns'affranchit et prétend être lui-même théâtre et drame. Dès 1738,\nScheibe, le plus intelligent des musicologues allemands avec Mattheson,\nécrivait des symphonies-ouvertures, qui exprimaient \" le\nà la façon des ouvertures de Beethoven pour ou pour 4\n\n1 Je ne veux point dire qu'ils en furent les inventeurs. L'Accompagnâto remonte aux premiers temps de\nl'opéra vénitien. Mais, à partir de Leonardo Vinci et de Hasse, (aux environs de 1725-30), ces grands\nmonologues dramatiques, récités avec orchestre, se développèrent d'une façon inattendue et magnifique.\n2 Non pas que Métastase fût ennemi du récitatinjo stromentale. Il était un trop parfait poète-musicien\npour ne pas en sentir l'effet dramatique. Dans une lettre à Hasse, du 20 octobre 1749, à propos de l'opéra\nAttilio Regolo, il note avec précision les endroits où les instruments doivent peindre l'état d'esprit du héros,\naccompagner ses réflexions, traduire ses hésitations intérieures, exprimer non seulement les paroles, mais\nl'âme qui, sous les paroles, sent parfois tout autrement qu'elle ne parle. En un mot, il reconnaît clairement\nle pouvoir qu'a l'orchestre de traduire la tragédie intérieure. Mais ce pouvoir même lui semblait inquiétant.\nLa tragédie intérieure menaçait de déborder sur l'action ; la poésie était en danger d'être noyée par la\nmusique ; et Métastase, qui avait au sens si fin de l'équilibre de tous les éléments théâtraux, \" la esatta\nproporxione dello stile drammatico proprio delVOpera \", comme dit Arteaga, devait tenir la main à ce que fût\nstrictement limitée dans chaque acte la part de recitatwo con stromenti%\n3 Voir Lorenz Mizler : Musical. Bibl. 1740, Leipzig, t. 11. p. 13, cité par W. Kleefeld : Das Orchester\nder deutschen Opéra, 1898. Voir aussi Mattheson : Die neueste Untersuchung der Singspiele, 1744, Hambourg\n4 Les ouvertures de Scheibe pour Polyeuctes ein Màrtyrer et pour Mithridates. Christ. Heinr. Schmid,\ndans sa Chronologie des deutschen Theaters, 1755, Leipzig, nomme cet essai, \" une grande chose mémorable\nde Vannée. \" Voir Cari Mennicke : Hasse und die Briider Graun als Symphoniker, 1906, Leipzig."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.17", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n87\n\nEt je ne parle pas des descriptions en musique, qui foisonnaient dans\nl'art allemand vers 1720, comme on le voit par les railleries de Mattheson\ndans sa Critica Musica.Le mouvement venait de l'ltalie, où Vivaldi et\nLocatelli, sous l'influence de l'opéra, écrivaient des concertos à programme,\nqui se répandirent dans l'Europe entière. 1 Puis, ce fut la musique\nfrançaise, '•'■ subtile imitatrice de la nature\", 3 dont l'influence fut prépon-\ndérante sur le développement de la T(peinture en musique) dans\nl'art allemand.3 Mais ce que je tiens à noter, c'est que même les\nadversaires de la musique a programme, ceux qui comme Mattheson\nraillaient l'extravagance des descriptions de batailles, de tempêtes, des\ncalendriers musicaux, 4 des symbolismes puérils qui représentaient en\ncontrepoint le premier chapitre de St. Mathieu, l'arbre généalogique du\nSauveur, ou qui, pour exprimer les douze apôtres du Christ, écrivaient\ndouze parties, ceux-là même étaient des partisans les plus résolus du\ndroit de la musique instrumentale à pénétrer et à traduire la vie de l'âme.\n\" On peut très bien représenter alpec dit Mattheson,\nla grandeur d'âme, F amour, la jalousie\ninclinations du cœur par de simples accords et leur enchaînement sans paroles,\nen sorte que F auditeur saisisse et comprenne la marche, le sens, la pensée du\ndiscours musical, comme si cétait un vérita ''s\nUn peu plus tard, vers 1767, dans une lettre à Philipp Emmanuel\nBach, le poète Gerstenberg de Copenhague exprimait, avec une netteté\nparfaite, l'idée que la vraie musique instrumentale, et en particulier la\nmusique pour clavier, devait exprimer des sentiments et des sujets précis;\n\n1 Tels les quatre concertos de Vivaldi, consacrés aux quatre Saisons, ou les concertos la Tempesta, la\nNotte, etc. Chacun des concertos des Saisons illustre un programme que lui trace un sonnet. Je renvoie à\nl'analyse du charmant concerto d'Automne, par M. Arnold Schering. (Geschichte des Instrumentalkon%erts,\n1905, Breitkopf). M. Schering a montré l'influence de ces oeuvres sur Graupner à Darmstadt, et sur\nJos. Gregorius Werner, prédécesseur de Haydn à la direction de la chapelle du prince Esterhazy.\n- Le mot est de Telemann, en 1742.\nSur les théoriciens français de \"limitation \" en musique, voir la thèse de M. J. Ecorcheville : De Lulli\nà Rameau, VEsthétique musicale de 1690 à 1730.\n3 Aucun des critiques allemands, qui relèvent, soit pour la louer, soit pour la blâmer, la passion de\nTelemann pour les peintures musicales, ne manque d'en attribuer la cause à l'influence française. Et Telemann,\ntout le premier, revendiquait l'honneur de s'être fait en ceci le disciple de la France.\n1 Tel, cet Instrumental-Kalender en douze mois, par Jos. Gregorius Werner. Tout est traduit en musique,\njusqu'à la longueur des jours et des nuits, qui, étant en février de 10 et de 14 heures, s'exprime par des\nreprises de Menuets en 10 et 14 mesures. M. A. Schering se demande si Haydn ne s'est pas souvenu de\nson prédécesseur dans ses symphonies de jeunesse : Le soir, Le matin, etc.\n0 Die Neueste Untersuchung der Singspiele, 1744. Mattheson suit ici les traditions de Keiser."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.18", "texte": "88\nS. I. M.\n\net il espérait que Phil. Emmanuel, qu'il nommait\n(\" ein Raffael durch Tffne\"), réaliserait cet art.1\nOn était donc arrivé à une conscience très claire du pouvoir expressif\net descriptif de la musique pure ; et Ton peut dire que certains des prin-\ncipaux compositeurs allemands de cette époque en furent enivrés, comme\nTelemann, chez qui la Tonmalerei, la peinture en musique, prend la\npremière place.\nMais ce qu'il faut bien voir, c'est qu'il ne s'agissait pas seulement\nd'un mouvement littéraire, qui voulait introduire dans la musique des\néléments extramusicaux, en faire une peinture ou une poésie. C'était une\nrévolution profonde qui s'accomplissait au cœur de la musique. L'âme\nindividuelle s'émancipe de l'impersonnalité de la forme. L'élément subjec-\ntif, la personnalité de l'artiste, y fait irruption avec une audace toute\nnouvelle. Certes, nous reconnaissons bien la personnalité de J. S. Bach\net de Haendel dans leurs puissantes œuvres. Mais nous savons aussi avec\nquelle rigueur ces œuvres se développent, suivant des lois très strictes,\nqui non seulement ne sont pas celles de l'émotion, mais qui, manifestement,\nl'évitent ou la contredisent de parti-pris, que ce soit une fugue, ou une\nAria da capo; qui font inévitablement revenir les motifs à des moments et\nà des places prévues d'avance, alors que l'émotion commanderait de\npoursuivre, et non de revenir sur ses pas ; qui, d'autre part, ont peur\ndes fluctuations de sentiments, et n'y consentent qu'à condition qu'elles\nse présentent sous des aspects symétriques, des oppositions un peu raides\net mécaniques entre 1 tfet le p.entre le le des\ncomme on disait alors. Il semblait qu'il ne fût pas artistique de livrer\nd'une façon immédiate son sentiment individuel, et qu'il fallût interposer\nentre lui et le public le voile de belles formes impersonnelles. Sans doute,\nles œuvres de cette époque y gagnaient cette apparence de sérénité hau-\ntaine, qui recouvre toutes les petites joies et les petites douleurs, et que\nnous admirons aujourd'hui. Mais combien elles y perdent d'humanité !\nC'est cette humanité qui fait entendre son cri d'émancipation en\nmusique, avec les artistes de la nouvelle époque. Evidemment, nous ne\npouvons nous attendre à ce que, du premier coup, elle arrive à la liberté\nfrémissante d'un Beethoven. Et pourtant, les racines de l'art d'un Beetho-\n\n10. Fischer: Zum munkaliscken Standpunkte des Nordist hert Dichterkreises, (Samimclbândc «ler I. M. G.\nanvicr-mars 1904)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.19", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n89\n\nvcn sont déjà là, comme on l'a montré, 1 dans ces symphonistes de Mann-\nheim, dans cet étonnant Johann Stamitz, dont les trios d'orchestre, écrits\naux environs de iyS°-> marquent un âge nouveau dans la musique instru-\nmentale, qui se fait le souple vêtement d'une âme vivante, toujours en\nmouvement, perpétuellement changeante, avec ses fluctuations et ses\ncontrastes inattendus.\nJe ne voudrais rien exagérer. Ce n'est jamais l'émotion toute pure\nqu on peut exprimer en art, ce n'en est qu'une image plus ou moins\napprochante ; et le progrès d'une langue, comme la musique, est seule-\nment d'en approcher de plus en plus, sans pouvoir y atteindre jamais. Je\nne prétends donc point (ce qui serait absurde) que les nouveaux\nsymphonistes aient brisé les cadres et délivré la pensée de l'esclavage des\nformes ; ils ont au contraire établi des formes nouvelles ; et c'est à cette\népoque que se sont décidément imposés les types classiques de la Sonate\net de la Symphonie, tels qu'on les explique aujourd'hui dans les écoles de\nmusique. Mais si ces types ont pu devenir pour nous un peu vieux et\nsurannés, si le sentiment d'aujourd'hui peut s'y trouver à la gêne et passa-\nblement étriqué, s'ils ont pris à la longue un air de convention scolastique,\nil faut penser combien ils apparaissaient alors libres et vivants, par\ncomparaison avec les formes et le style usités jusque là. Et d'ailleurs, on\npeut dire que pour les inventeurs de ces formes nouvelles, ou pour ceux\nqui en firent les premiers emploi, elles semblaient beaucoup plus libres\nque pour ceux qui suivirent. Elles n'étaient pas encore devenues des\nformes générales, elles étaient leur forme à eux, modelées suivant les lois\nde leur propre pensée, sur le rythme de leur respiration. Je ne crains pas\nde dire que la Symphonie d'un J. Stamitz, moins belle, moins riche,\nmoins abondante, est beaucoup plus spontanée que celle d'un Haydn, ou\nmême d'un Mozart. Elle est faite sur sa mesure. Il crée ses formes, il ne\nles subit pas.\nEt quels êtres primesautiers, que ces premiers symphonistes de\nMannheim ! Ils ne craignent pas, à l'indignation des vieux musiciens, et\nsurtout des pontifes du Nord de l'Allemagne, de briser l'unité esthétique,\nde mélanger les styles, de faire entrer dans leur œuvre, comme dit un\ncritique, \" le boiteux, le non-mélodique,\n\n1 Voir surtout les travaux du grand musicologue, à qui revient l'honneur d'avoir remis en lumière\nStamitz et son école, à Hugo Riemann dans ses éditions des Sinfonien der Pfal'&bayerischen Sckule, et «lans ses\narticles : Beethoven und die Mannheimer (Die Musik, 1907-8)."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.20", "texte": "9°\nS. I. M.\n\nles accès fiévreux de Valternative continuelle Ils pro-\nfitent de toutes les conquêtes récentes, des progrès de l'orchestre, des\nrecherches harmoniques audacieuses d'un Telemann répondant aux vieux\nmaîtres effarouchés qui lui disent: \"Z—\n\" Jusqu'au fin fond (den untersten Grund\nmaître ! \" 2 Ils profitent aussi des genres nouveaux, du Singspiel qui vient\nde naître. Ils font entrer hardiment le style comique dans la symphonie,\ncôte à côte avec le style sérieux, au risque de scandaliser Philipp Emanuel\nBach, qui voit dans l'irruption du style comique (Styl so beliebte komische)\nun principe de décadence de la musique,3 cette décadence qui devait\nconduire immédiatement à Mozart ! Bref, leur loi, c'est le naturel et\nla vie, cette même loi qui va pénétrer la musique tout entière, qui\nrenouvelle le lied, qui fait naître le Singspiel, qui même, à un moment,\nconduira à ces essais de liberté extrême au théâtre musical, qui se nom-\nment le Mélodrame,la musique libre côte à côte avec la parole libre.\nCe grand souffle de libération de l'âme individuelle, nous le recon-\nnaissons : il a remué la pensée de toute l'Europe du second tiers du\nXVIIIe siècle, avant de s'exprimer, en fait par la Révolution française, en\nart par le Romantisme. Si pourtant la musique allemande d'alors reste\nfort loin encore de l'esprit romantique, (bien qu'on en trouve déjà des\nsignes avant-coureurs), c'est qu'elle fut garantie des excès de l'indivi-\ndualisme artistique par deux sentiments profonds : la conscience du devoir\nsocial de l'art, est un patriotisme passionné.\nOn sait combien le sentiment germanique était déchu dans la musi-\nque allemande, à la fin du XVIIe siècle. On avait d'elle, à l'étranger, l'idée\nla plus dédaigneusement blessante. Qui ne connaît le mot de Lecerf de la\nVié ville, en 1705, mentionnant les Allemands, \"\ngrande en musique\", —ou celui de l'abbé de Châteauneuf, admirant d'au-\ntant plus un virtuose allemand qu'il venait, disait-il, \"\na produire des hommes de feu et de génie\" ? Les Allemands eux-mêmes\nsouscrivaient à cet arrêt ; et tandis que leurs princes et leurs riches bour-\n\n1 Allg deutsche Bibliothek, 1791, (cité par M. Mennicke, Hasse und die Bruder Grauri).\n2 Lettre de Telemann, à C. H. Graun, 15 déc. 1751.\n3 Autobiographie, citée par Nohl : Musikerbriefe, 1867, et par C. Mennicke."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.21", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n91\n\ngeois passaient le temps à voyager en Italie ou en France, à singer les\nmanières de Paris ou de Venise, l'Allemagne était pleine de musiciens\nfrançais ou italiens qui y faisaient la loi, y imposaient leur style, et avaient\ntoutes les faveurs. J'ai raconté ailleurs1 un roman de J. Kuhnau : Le\nCharlatan musical, paru en I7o°s0°5 dont le héros comique est un de ces\naventuriers, Allemand celui-là, qui se fait passer pour Italien, afin d'ex-\nploiter le snobisme de ses compatriotes. C'est le type de ces Allemands\nd'alors, qui reniaient leur nationalité, pour participer à la gloire d'être\nVelches.\nDans les vingt premières années du XVIIP siècle, on commence à\nsentir un changement dans les esprits. La génération musicale qui entoure\nHaendel, à Hambourg, Keiser, Telemann, Mattheson, —ne va pas en\nItalie ; elle y met son orgueil, elle commence à se rendre compte de sa\nforce. Haendel lui-même se refusait d'abord à faire le pèlerinage italien ;\nau temps où il écrivait son Almira, à Hambourg, il affectait un grand\ndédain pour la musique d'ltalie. La ruine de l'opéra de Hambourg\nl'obligea cependant à faire le voyage classique ; et une fois qu'il fut là-bas,\nil subit le charme de la Circé latine, comme tous ceux qui l'ont une fois\nconnue. Toutefois, il lui prit le meilleur de son génie, sans altérer son\ngénie propre ; et sa victoire en Italie, le triomphe de son Agrippina à\nVenise, en 17°8> eut un effet considérable pour le relèvement de l'orgueil\nnational ; l'écho en fut immédiat dans toute l'Allemagne. Encore plus\npeut-être, le succès de son Rinaldoà Londres, en 1711. Qu'on y songe :\nvoilà un Allemand du Nord, qui, de l'aveu de toute l'Europe, avait vaincu\nles Italiens sur leur propre terrain ! Les Italiens eux-mêmes l'avouaient.\nSes partitions italiennes de Londres, on les jouait aussitôt en Italie. Le\npoète Barthold Feind, en 171 5, ne manque pas d'apprendre à ses compa-\ntriotes de Hambourg que Haendel était appelé par les Italiens \"\ndel nostro secolo\"... \" Rare honneur,ajoute-t-il,\nainsi traité par un Italien ou un Français, ces messieurs ayant Phabitude de se\nmoquer de nous.\"\nAussi, avec quelle rapidité et avec quelle violence le sentiment\nnational va-t-il se réveiller en musique, dans les années suivantes ! En\n1728, c'est le Musikahsche de Mattheson, qui crie :\nBarbari !\"\n\" Qu'on interdise le métier aux Velches qui nous enveloppent, de l'Est a\n\nLe Roman comique d'un musicien allemand, (Revue de Paris, i juillet 1900)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.22", "texte": "92\nS. I. M.\n\nr Ouest, etquon les renvoie, par-dessus\nle fourneau de l'Etna !\"\nEn 1729, Martin Heinrich Fuhrmann lance de fameux pamphlets\ncontre l'Opera-Quarkitalien.\nSurtout, Joh. Adolf Scheibe relève inlassablement la fierté nationale.\nEn 1737-40, dans son Critischer Musicus. En 1745, il dit que Bach,\nHasndel, Telemann, Hasse et Graun, \" pour la gloire ne notre patrie font\nhonte (BESCHAMEN) a tous les autres compositeurs étrangers, quels quils soient...\nNous ne sommes plus des imitateurs des Italiens, ajoute-t-il ; bien plutôt\npouvons-nous nous vanter que les Italiens\nAllemands... Oui, nous avons enfin trouvé\nne nous avait jamais encore offert le mod\n{d'un Hasse, à un Graun) est une œuvr (DEUTSCHEN\nWITZES) ; aucune autre nation ne pour\nD'ailleurs, les Allemands sont depuis\nmusique instrumentale ; et ils ont conservé cette maîtrise. \"\nDe même parlent Mizler et Marpurg. Et les Italiens eux-mêmes\ns'inclinent devant ces arrêts. Antonio Lotti écrit à Mizler, en 1738 :\n\" Miei compatrioti sono genii e non\nsi trova in Germania.\" 1\nOn voit le changement de front qui s'est produit dans la musique.\nIl y avait eu d'abord la période des grands Italiens triomphants en\nAllemagne ; puis celle des grands Allemands italianisés : Haendel,\nH asse. Et maintenant, voici le temps des Italiens germanisés : Jommelli.\nMême en France, où l'on restait beaucoup plus cantonné dans son\nart, sans trop suivre ce qui se passait en Allemagne, on se rend compte\nde la révolution qui s'opère. Dès 1734, Séré de Rieux a enregistré la\nvictoire de Hasndel sur l'ltalie :\nFlavius, Tamerlan, Oth\nAdmet e, Siroé, Rodelinde, et Richard,\nEternels monumens dressés a sa mémoire,\nDes Opéra Romains sur\nVenise lui peut-elle opposer un rival ? 2\nGrimm, qui était un snob et se fût bien gardé d'afficher une parenté\n\n1 Voir Cari Mennicke, qui inscrit cette phrase de Lotti en tête de son ouvrage, déjà cité : Hasse und die\nBrftder Grann.\n3 Epître sur la Musique, troisième chant."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.23", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n93\n\nqui aurait pu lui nuire dans l'opinion, ne manque pas, dans une lettre\nde 1752 à l'abbé Raynal, de se dire glorieux d'être le compatriote de\nHasse et de Haendel. Telemann est fêté à Paris, quand il y vient en\n1737. Hasse n'est pas moins bien reçu, en 1750, et le Dauphin le charge\nd'écrire le Te Deampour l'accouchement de la Dauphine. J. Stamitz fait\ntriompher à Paris ses premières symphonies, vers 1754-5. Et bientôt,\nles journaux français écraseront Rameau sous la comparaison des sym-\nphonistes allemands. Ou plutôt, comme ils disent : \" Nous ri aurons pas\nl'injustice de comparer les ouvertures\nF Allemagne nous a données depuis douze \"1\nLa musique allemande a donc reconquis sa place, à la tête de l'art\neuropéen ; et les Allemands le savent. Dans ce sentiment national, tous\nles autres différends s'effacent, tous les artistes allemands, à quelque\ngroupe qu'ils appartiennent, se donnent la main ; l'Allemagne les unit,\nsans distinction d'écoles, dans une même reconnaissance patriotique. La\npoésie de Zachariâ, que je citais tout à l'heure, nous montre, vers le\nmilieu du siècle, les chefs de la nouvelle école et les chefs de l'ancienne\ngroupés, pour la gloire de l'Allemagne, dans ce qu'il appelle le Temple de\nF Eternité.\n\"... Avec un joyeux ravissement, la\ntes d'artistes, et elle bénit leurs noms,\ndans les bornes de cet étroit poeme, ma\nimmortelles sur les piliers du Teînple de /'Eternité... O Muse de /'Allemagne,\nrevendique V honneur d'avoir ceint tes te\nune multitude de maîtres, plus nombreux\nWelschland... \"\nLe classement de ces maîtres par Zachariâ est bien différent de celui\nque nous avons l'habitude de faire, aujourd'hui. Mais ils sont presque\ntous là ; et il se dégage de l'ensemble de leurs gloires une fierté enivrée\nde la puissance musicale de l'Allemagne.\nCe n'est pas seulement l'orgueil des artistes qui est exalté, c'est leur\npatriotisme. On écrit des opéras patriotiques. 2 Même dans des cours où\nrègne l'italianisme musical, comme celle de Frédéric II à Berlin, on voit\n\n1 Mercure de France, avril 1772.\n2 Le plus célèbre est le Gûnther de Schivar'zburg de Ignaz Holzbauer, joué en 1770 à Mannheim. Mais\ndéjà Steffani ayant écrit en 1689 un Henrico Leone, qui fut joué pour l'inauguration de l'Opéra de Hanovre,\net pour le cinquième centenaire du siège de Bardewick par Henri le Lion. Dans le même genre, il faudrait\nciter nombre d'œuvres de Schurmann, de Scheibe, etc."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.24", "texte": "94\nS. I. M.\n\nun C. H. Graun chanter les batailles de Frédéric : Hochkirchen, Ross-\nbach, Zorndorf, soit en sonates, soit en scènes dramatiques. 1 Gluck écrit\nson Vaterlandslied(l766) et son FLsur des paroles de\nKlopstock. Bientôt le jeune Mozart, dans ses lettres frémissantes, inju-\nrieuses, écrites de Paris (1778), où il traite les Italiens de \" canailles,...\nd'infâmes gnedins\", et les Français d' et de \" j\nécrira :\n\" Mes mains et mes pieds tremblent de F ardent désir d 1 apprendre aux\nFrançais a connaître, a estimer et a craindre 2\nCe patriotisme surexcité, qui, à certains points de vue, est fâcheux\net un peu attristant chez de grands artistes comme Mozart, en les rendant\ngrossièrement injustes pour le génie d'autres races, a du moins ce bienfait\nde les faire sortir de leur individualisme orgueilleux ou du dilettantisme\nénervé qui se satisfait de soi et de quelques cénacles. Dans l'art allemand,\ndont l'atmosphère était raréfiée, et qui eût péri d'asphyxie, s'il n'avait eu\ndepuis deux siècles, pour respirer, la foi, il fait rentrer le grand air. Ces\nmusiciens nouveaux n'écrivent pas pour eux seuls, ils écrivent pour leur\npatrie, ils écrivent pour tous les hommes.\nEt ici, le patriotisme allemand se rencontre d'accord avec les théories\ndes \" philosophes \" du temps : L'art ne doit plus être l'apanage d'une\nélite, il est le bien de tous. Tel est le de la nouvelle époque ; et on\nl'entend répéter sur tous les tons :\n\" Qui peut être utile a beaucoup^dit Telemann\nseulement pour un petit nombre.\"\n\"....Wervielen ntitzen kan,\nThut besser als wer nur furwenige was schreibet...\"\nOr, pour être utile, poursuit Telemann, il faut être aisément com-\npris de tous. Par suite, la première loi est d'être simple, facile, clair.\n\"Je me suis toujours attaché a la facilité, dit il. La musique ne doit pas\nêtre une peine et une science occulte, une espece de magie noire...\nMattheson, écrivant son Voll\\ommene Kapellmeister, (1739), qui est\ncomme le code du style nouveau, l'Art Musical de la nouvelle école,\ndemande qu'on mette le grand art de côté, ou du moins qu'on le cache :\nil s'agit d'écrire difficilement de la musique facile. Il dit même que le\nmusicien doit chercher, s'il veut faire une bonne mélodie, à ce que le\n\n1 On prétend que Graun mourut de chagrin, en apprenant la défaite de Frédéric II à Zùllichau (1759).\n2 A son père, 31 juillet 1778."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.25", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n95\n\nthème \" ait un je ne sais quoi que tout le (Naturelle-\nment, il ne s'agit pas de formes déjà employées, mais qui semblent si\nnaturelles qu'on croie les connaître). Et, comme modèles de cette\nLeichtigkeitmélodique, il recommande l'étude des Français.\nLes mêmes idées sont exprimées par les hommes qui sont à la tête\nde l'école berlinoise du lied,dont le Boileau fut le poète Ramier. Dans sa\npréface à ses Oden mit Melodiende 1753-5, Ramier qui, lui aussi, donne\nà ses compatriotes l'exemple de la France, où tout le monde chantait\nalors, dit-il, dans toutes les classes de la société, écrit :\n\" Nous autres Allemands, nous étud ;\nairs ne sont pas de ces chants qui passent\nfaut écrire pour tous. Nous vivons en so LIEDER,\nsoient ni si poétiques que les belles chanteuses\nvides et si plats que les gensd^esprit ne p\nLes principes qu'il expose ensuite sont excessifs, et poussent la théorie\njusqu'à l'extrême. 1 Ils n'en amenèrent pas moins une floraison du style\npopulaire, im Volkston ; et le maître le plus parfait du genre, le Mozart\ndu lied populaire, Joh. Abr. Peter Schulz dira, dans la préface d'un de ses\ncharmants recueils im Volkston (Ï784) :\n\" Je me suis appliqué a la plus g\nmême j'ai cherché a donner a toutes mes\ndéjà, a condition, bien entendu, que cette apparence ne soit pas une réalité. \"\nCe sont exactement les idées de Mattheson. A côté de ces mélodies\nen style populaire, surgit une floraison incroyable de musique de société,\nLieder geselliger Freude, DeutscheGesange, pour tout âge, pour tout sexe,\npour les Hommes allemands (fur Deutsche Manner), pour les Enfants (fur\nKinder), pour le beau Sexe (fur s Schone 2 etc. La musique est\ndevenue éminemment sociable.\nAussi bien, les chefs de la nouvelle école ont-ils admirablement tra-\nvaillé pour en répandre partout la connaissance et l'amour. Voici les\ngrands concerts qui se fondent. Dès 1715 environ, Telemann commençait\nà donner des auditions ouvertes, au Collegium Musicum qu'il avait fondé à\nFrancfort. Mais ce fut surtout à partir de 1722, à Hambourg, qu'il\n\n1 Que les mélodies soient accessibles à tous, et n'offrent pas de difficultés à apprendre ; qu'on en élague\ntous les ornements vocaux, fioritures, et autres colifichets encombrants, qui viennent du style de l'Opéra ;\nque les mélodies aient tout leur sens et tout leur charme, même sans accompagnement, même sans\naucune basse... etc.\n- Voir les lieder de Reichardt."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.26", "texte": "96\nS. I. M.\n\norganisa des concerts réguliers, publics et payants. ïls avaient lieu, deux\nfois par semaine, le Lundi et le Jeudi, à 4 heures. On payait 1 fl. 8 gr.\nd'entrée. Telemann y donnait des œuvres de toute sorte, morceaux instru-\nmentaux, cantates, oratorios. Ces concerts, fréquentés par les gens les plus\ndistingués de la ville, suivis de près par la critique, dirigés avec soin et\navec ponctualité, devinrent si florissants qu'en 1761 on inaugura une belle\nsalle confortable et chauffée, où la musique était chez elle. C'est plus que\nParis n'a eu, jusqu'à ces derniers temps, la générosité d'offrir à ses musi-\nciens. Johann Adam Hiller, maître de Neefe qui fut maître de\nBeethoven, Hiller qui fut un des champions du style populaire dans le\nlied et au théâtre, où il fonda l'opéra-comique allemand, contribua puis-\nsamment, comme Telemann, à propager la musique dans toute la nation,\nen dirigeant depuis 1763 les Liebhaberkonz de\nLeipzig, d'où devaient sortir plus tard les fameux Gewandhauskonzerte.\nNous sommes donc en présence d'un grand mouvement musical,\nqui est à la fois national et démocratique.\nMais il a un autre caractère, qui est très inattendu : ce courant\nnational charrie une multitude d'éléments étrangers. Ce nouveau style,\nqui se forme au cours du XVIIIe siècle en Allemagne et qui va s'épanouir\nà la fin dans les classiques Viennois, est en réalité beaucoup moins pur\nallemand que le style de J. S. Bach, qui l'était lui-même beaucoup\nmoins qu'on ne le dit généralement : car J. S. Bach s'était assimilé une\nDartie de l'art de France et d'ltalie ; mais chez lui, le fond restait\ni 7 7\ndeuisch. Il n'en est pas de même avec les musiciens nouveaux. La\nrévolution musicale, qui s'est réalisée dans toute sa plénitude, à partir de\n1750 environ, et qui a abouti à la suprématie de la musique allemande\nsur le reste de l'Europe, était (si étrange qu'il semble, au premier\nabord) le produit de courants étrangers. Les historiens de la musique\nles plus clairvoyants, en Allemagne, comme M. Hugo Riemann, l'ont\nbien aperçu, mais sans trop s'y arrêter. Il faut y insister. Ce n'est pas un\nfait insignifiant ou accessoire que les chefs de la nouvelle musique\ninstrumentale allemande, les premiers symphonistes de Mannheim,\nJohann Stamitz, Filtz, Zarth, soient originaires de Bohême, comme le\nréformateur de l'opéra allemand, Gluck, comme le créateur du mélodrame"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.27", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n97\n\net du Singspiel tragique allemand, Georg Benda. Cette fougue, cet élan\nspontané, ce naturel de la nouvelle symphonie est un apport des Tchèques\net des Italiens dans la musique allemande. Et ce n'est pas non plus un\nfait indifférent que cette nouvelle musique ait trouvé aussitôt son point\nd'appui et son centre de rayonnement à Paris, où parurent les premières\néditions des symphonies de Mannheim, où J. Stamitz vint diriger ses\nœuvres, et eut en Gossec un disciple immédiat, en France, où d'autres\nmaîtres de Mannheim vinrent se fixer, Richter à Strasbourg, Beck à\nBordeaux. Ils l'avaient bien senti, ces critiques du Nord de l'Allemagne,\nhostiles au mouvement, qui qualifiaient ces symphonies de \" symphonies\na la récente modeWelsche \"1 et leurs auteurs de\nmode, a Paris.\"2\nCes affinités avec les peuples de l'Ouest et du Sud ne se font pas\nremarquer dans la seule symphonie. L'opéra de Jommelli à Stuttgart,\ncomme le sera plus tard celui de Gluck, est transformé, revivifié par\nl'influence de l'opéra français, dont son maître le duc Karl Eugen lui\nimpose le modèle. Le Singspiel, l'opéra-comique allemand, a son berceau\nà Paris, où Weisse avait vu les œuvrettes de Favart, qu'il transplanta\nchez lui. Le nouveau lied allemand s'est inspiré des exemples de la\nFrance, comme le disent expressément Ramier et Schulz, lequel écrit\nencore des liedersur paroles françaises. Telemann avait reçu une éducation\nplus française qu'allemande. Il avait appris à connaître la musique\nfrançaise, une première fois à Hanovre, lorsqu'il était au gymnase de\nHildesheim, vers 1698 ou 9, une seconde fois en 1705, à Sorau, où\nil se nourrit, dit-il, \"des œuvres de L\net \" s'applique presque entièrement a leur style, si bien qu'en deux ans il Jit\njusquà 200 ouvertures françaises\", une troisième fois, à Eisenach, patrie\nde J. S. Bach, qui (retenons ce fait) était vers 1708-9 un foyer de\nmusique française, grâce à Pantaleon Hebenstreit qui avait \"\nchapelle du duc a la maniéré française\",et y avait si bien réussi qu'à en\ncroire Telemann, \" elle surpassait l'orchestre célébré de l'Opéra parisien \"\nSon voyage de 1737 à Paris acheva de faire de Telemann un Français\nen Allemagne ; et tandis que ses œuvres restaient au répertoire du Concert\nSpirituel de Paris, lui, à Hambourg, faisait une propagande passionnée\npour la musique française. Et n'est-ce pas un trait caractéristique de\n\n1 Allgemeine deutsche Bibliothek, cité par C. Mennicke.\n2 Hiller, 1766.\n3"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.28", "texte": "98\nS. I. M.\n\ntoute une époque que la tranquillité avec laquelle ce pionnier du style\nnouveau écrit de lui-même, dans son Autobiographie de I729 :\n'* Quant a mes styles en musique, (il ne dit pas \"\nles connaît. JDlabord ce fut le style polonais, puis le style français, et surtout le\nstyle italien ou fai écrit le plus de choses\nJe ne puis, dans ces notes rapides, qui ne sont que l'annonce et\nl'esquisse d'un cours où chacune d'entre elles sera reprise à loisir, insister\ncomme je le voudrais sur certaines influences, en particulier sur l'influence\npolonaise, dont on tient si peu de compte, et dont le style a cependant\nfourni nombre d'inspirations aux maîtres allemands d'alors.1 Mais ce que\nje veux dès à présent mettre en lumière, c'est que les chefs de la nouvelle\nmusique allemande, bien que pénétres d'un sentiment national très\nprofond, étaient imprégnés des souffles étrangers, qu'ils avaient recueillis\ntout le long des frontières de l'Allemagne, Tchèques, Polonais, Italiens,\nFrançais. Ce ne fut pas un hasard, croyons-le bien : ce fut un besoin. La\npuissante musique allemande avait a toujours eu le sang un peu\nlourd. D'autres pays, d'autres arts (le nôtre par exemple), ont besoin\nsurtout d'aliments, de charbon dans la machine. Ce n'est pas le charbon\nqui manque dans la machine allemande, c'est l'air. La musique allemande,\ndu XVIIIe siècle n'était certes point pauvre, elle était plutôt trop riche,\nencombrée de sa richesse ; la cheminée était bourree ; le feu risquait de\ns'éteindre, sans les grands courants d'air que les Telemann, les Hasse, les\nStamitz, ont fait entrer par la porte, par toutes les portes ouvertes de\nFrance, de Pologne, d'ltalie et de Bohême. Ce fut surtout l'Allemagne\ndu Sud, (le S. O. rhénan, Mannheim, Stuttgart ; et Vienne), qui\nfut le foyer d'élaboration de l'art nouveau, comme on s'en aperçoit à la\njalousie de l'Allemagne du Nord, qui en fut longtemps l'ennemie.2\n\n1 Telemann, qui connut surtout à Sorau et à Pleise la musique polonaise, \" dans toute la vraie barbare\nbeauté\", ne manque pas, avec sa franchise ordinaire, qui le rend si sympathique, de proclamer tout ce qu il\nlui doit : uOn ne saurait croire quelle fantaisie extraordinaire.., quelqu un qui ptendrait des notes, pourrait, en\nhuit jours, faire provision d'idées pour sa vie entière. Bref il y a beaucoup de bon dans cette musique, si on sait\ns'en servir... Elle ma rendu des services plus tard, même en maintes œuvres sérieuses... J'ai plus tard écrit dans\nce style de grands Concerts et des Trios, que j'ai habillés ensuite d un habit italien...\nM. Max Schneider a relevé des traces de cette musique polonaise dans les Sonates méthodiques zt. la\nKleine Kammermusic de Telemann. Ce fut surtout par 1 intermédiaire de la Saxe, dont 1 électeur était roi\nde Pologne, que cette musique se répandit en Allemagne. Même un italianisant comme Hasse en fut touché ;\nil parle, dans une conversation avec Burney, de u cette musique polonaise, vraiment naturelle, et souvent\ntrès tendre et délicate. **\n2 C'est même à cette inimitié et au silence obstiné que les critiques du Nord de l'Allemagne faisaient sur\nles productions de Mannheim, que nous avons dû d'ignorer totalement celles-ci, jusqu'à ces temps derniers,\nbien qu'en fait, Haydn et Mozart et probablement Beethoven en soient sortis."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.29", "texte": "LE STYLE CLASSIQUE\n99\n\nAi-je besoin d'ajouter que ce n'est pas dans la mesquine pensée de\ndiminuer la grandeur ou l'originalité de l'art classique allemand de la fin\ndu XVIIIe siècle, que je veux montrer qu'il doit, pour une bonne part,\nson renouvellement à des influences ou à des éléments étrangers ? Il\nfallait qu'il en fût ainsi, pour que cet art devînt rapidement universel,\ncomme il advint. Ce n'est pas avec un esprit de nationalisme étroit et\nreplié sur soi-même qu'un art s'élève à la suprématie. Cet esprit le con-\nduirait, à bref délai, à périr de consomption, après s'être rongé soi-même.\nPour qu'un art soit fort et vivant, il ne faut pas qu'il s'encapuchonne\nfrileusement, peureusement, dans une secte ; il ne faut pas qu'il s'abrite\ndans une serre, comme ces malheureux arbres qu'on fait pousser dans un\npot ; il faut qu'il pousse en terre librement, et qu'il étende librement ses\nracines, de toutes parts, partout où il y a à boire de la vie. 11 faut que\nl'esprit absorbe tout ce qu'il peut trouver de substantiel dans l'univers. Il\nn'en gardera pas moins les caractères de sa race ; mais au lieu que cette\nrace s'étiole et s'épuise, comme elle le ferait en ne se nourrissant que de\nsoi, il y transfuse une vie nouvelle, et, par l'apport des éléments étrangers,\nqu'elle a assimilés, il lui donne un rayonnement d'universalité. Urbis.\nOrbis. Les autres races se reconnaissent en elle ; et non seulement elles\ns'inclinent devant sa victoire, mais elles l'aiment, et elles s'y associent.\nC'est devenu la plus grande des victoires auxquelles puisse prétendre un\nart ou une nation : une victoire humaine.\nDe ces victoires, si rares, un des plus beaux exemples est, en musi-\nque, l'art classique allemand de la fin du XVIIIe siècle. Cet art est devenu\nle bien, le pain de tous, de tous les hommes d'Europe, parce qu'au fond\ntous y ont collaboré, tous y ont mis du leur. Si un Gluck, si un Mozart,\nnous sont si chers, c'est qu'ils sont à nous tous. Tous : Allemagne, France,\nItalie, ont contribué à les fabriquer de leur esprit et de leur sang.\n\nRomain Rolland."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.30", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE FERDINAND HÉROLD\nUN MUSICIEN FRANÇAIS A VIENNE, EN 1815\n\n1\nJe pars de Venise le 17 mai 1815 à 5 h. du soir avec mon fatal\npasse-port dirigé vers le Tyrol et la France. J'arrive à Mestre en bateau\net le lendemain me voilà à 4 h. du matin emballé dans une mauvaise\nbarraque de voiturin. Nous passons à Trévise, à Valvassone, à San\nDaniello, où j'ai une longue conversation avec un prêtre sur les affaires\ndu tems. (Je fais cette remarque parce qu'il ne haïssait pas trop les\nFrançais.) Dans ces journées nous traversons avec quelque danger le\nfleuve Tagliamento qui était considérablement gonflé par les pluies,\nmais pour moi, cela ne m'effrayait guère : j'avais une bien autre\npeur en tête. Plus loin, à Vissone, je trouve un aubergiste français\nd'Avignon : aux confins du Tyrol et de l'ltalie ! où diable va-t-il se\nnicher. Enfin nous voilà à la Ponteba (21 mai), et je tremble comme\nvous pouvez croire. Le tems qui était assez beau depuis quelques jours\ns'est couvert ce matin et il pleut depuis 2 heures. Je descends de voiture\n2 milles avant Ponteba, et je dois attendre jusqu'à 9 heures du soir\nqu'on vienne me dire si je puis entrer dans la Ponteba Italiana, sans\ndanger. Il est 1 h. 1/2 ; voyez si j'ai le temps de m'amuser. Il pleut\ntoujours et j'attends en me promenant. Je crois que c'est ici la situation\nla plus pénible de ma vie. Si je devais m'y retrouver, je crois que je\nferais tout pour m'en débarrasser.\nQue je suis imprudent ! et combien je suis bête !\nPour suivre un vain projet dont j'ai meublé ma tête,\nAujourd'hui je me vois presque désespéré,\nEt peut-être demain je suis assassiné !\nO ma mère, pardon ! je fais couler tes larmes !\nSans doute, en ce moment, tu trembles pour ton fils,\nTu voudrais me revoir, tu ne sais où je suis,\nEt c'est moi, c'est moi seul qui cause tes allarmes !\n\n1 Le morceau qu'on va lire est extrait d'un journal que tint Louis-Joseph-Ferdinand Hérold, pendant une\ngrande partie de sa vie. Ce journal semble avoir été commencé au moment où Hérold, prix de Rome, partit pour\nl'ltalie : il est écrit dans des cahiers reliés ; la pagination en est continue. Plusieurs cahiers, dont le premier, ont\nété perdus ; quelques pages ont été arrachées dans les cahiers qui nous restent. Les fragments sauvés du journal,\nainsi que des lettres et quelques autres écrits d'Hérold, seront publiés prochainement en un volume, par les\nsoins de son petit-fils, dans les éditions de notre Société.\nF. H."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.31", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\n101\n\nHeureuse d'ignorer dans ce critique instant\nL'état où me réduit mon fol entêtement ! ! !\nJe parcours en tremblant des montagnes horribles ;\nJe crains du paysan les regards étonnés ;\nLes hommes aujourd'hui me semblent plus terribles ;\nJ'erre seul au milieu d'un désert de rochers ;\nLe temps devient affreux ; mon sang bout ; le ciel gronde ;\nL'horizon s'est couvert d'obscurité profonde :\nLa nuit vient ; de ces lieux elle augmente l'horreur :\nL'orage à chaque instant redouble de fureur :\nL'eau tombe par torrents au fond des précipices :\nPour le jour de demain, ô grand Dieu ! quels auspices !\nJe fis ces vers dans un cruel moment, et plus ils sont mauvais, mieux\nils peignent ma situation. Seul, dans un pays sauvage, abîmé par la pluie,\nun orage épouvantable : tous les paysans qui s'enfuient dans leurs cabanes\nsont étonnés de voir là un individu habillé en muscadin, ne se pressant\npas, ayant même l'air content: jugez de la figure que je faisais : je craignais\ncomme le feu quelques questions de leur part : plusieurs me proposèrent\nde me conduire à Ponteba, croyant que je m'étais égaré au physique,\ntandis que ce n'était qu'au moral. C'est ainsi que je demeurai 7 heures\nde suite. Je me rappelle qu'il y avait au milieu du chemin, une petite\néglise fermée de toute part où j'aurais bien voulu entrer : je me mettais à\ncouvert sous le bord du toit ; c'était le seul abri : je n'ai jamais tant\nsouffert, surtout quand je pensais au lendemain où il fallait passer une\nfrontière impassable, ou bien... j'étais au désespoir. Enfin arrive celui qui\ndevait m'aider à tromper les gardiens, et avec lui je marche vers Ponteba.\nLe plan est qu'au milieu de la nuit, je dois avec le chef des contre-\nbandiers traverser un fleuve et faire un grand détour dans les montagnes,\npour éviter de passer sur le pont où sont les sentinelles. Jugez si je peux\nmanger ou dormir. Minuit sonne : je me lève et j'attends une heure. Je\ndescends; mon homme est prêt: il est effrayé parce qu'il a tant plu, qu'il\ncraint qu'on ne puisse traverser le torrent ; je l'enhardis, nous partons.\nArrivés au bord du fleuve, nous voyons qu'il est impossible de le traver-\nser : il était crû du double : je m'offre de nager et d'arriver à l'autre bord\nà quelque prix que ce soit : impossible, parce que ce ne sont que des\nrochers et que la nuit est très obscure. Que faire : je frémissais. Mon\nhomme me dit : il faut passer le pont. Nous partons : regardez-moi : un\ngrand manteau de paysan sur les épaules : sur la tête, un gros chapeau à\nleur façon : la mort dans l'âme. Voilà la douane italienne, personne; voici"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.32", "texte": "102\nS. 1. M.\n\nles guérites pour les soldats italiens. Je ne sais s'ils sont dedans ou non ;\nmais nous passons. Voici le pont : personne ; guérites allemandes, la pluie\na chassé tout le monde ; douane allemande : o Dieu, voici un homme,\nil dort sous un banc ; je ne m'amuse pas à voir qui c'est, me voilà passé.\nMon Dieu, je vous remercie. Nous marchons silencieusement, car\nmon homme m'avertit que de distance en distance, il y a des gardes pour\nles contrebandiers. Quel rôle fais-je en ce moment ?... La pointe du jour\ncommence à paraître et je commence à respirer (22 mai). Que je suis\nimprudent : me mettre en voyage au milieu de la nuit, par un temps hor-\nrible (il pleuvait toujours) avec un homme que je ne connais pas, qui\npeut m'assassiner sans danger, dans des gorges de montagnes : ce qu'il y a\nde mieux, c'est que ces réflexions, je les ai faites vingt fois depuis que\nj'étais résolu de partir. J'arrive dans le premier village allemand à 4 h.\ndu matin ; tout dort : nous réveillons. Nous entrons dans une cabane\noù il n'y a qu'un vieux père qui dort et une jeune fille qui nous ouvre\nla porte ; nous demandons à nous mettre à couvert de la pluie et à boire\net manger, en attendant le beau tems. Au bout d'une heure, je paie mon\nconducteur, il me quitte et je reste seul avec la jeune fille. Je me garde\nbien de lui dire des galanteries ; car le diable m'emporte si je sais un mot\nd'allemand et puis les bonnes fortunes Après avoir\nattendu longtemps, j'apperçois la voiture; j'y grimpe et me voilà presque\ntranquille pour une journée. Mais ce voyage devait être complet: à midi\nune soupente de la voiture casse et nous voilà bloqués sur la grande route\navec une pluie épouvantable. Mes compagnons se désolent : nous allons\nà pied 2 milles et nous trouvons une espèce d'hôtellerie : nous envoyons\nle padron et 2 garçons au secours de notre voiturin : ils raccomodent\nla voiture avec des chaînes et nous sommes encore une fois en route. Un\nmot sur le caractère allemand. Tout ce que j'ai vu jusqu'ici me confirme\ndans l'idée que j'en ai conçue depuis longtemps. Quand j'attendais ce\nmatin dans la cabane, le père sans méfiance dormait ; la fille, sans malice,\nraccommodait les chemises de son père. Voit-on cela en Italie? Quand\nnotre voiture cassa, nous envoyons 3 hommes pour la relever : ils font au\nmoins une lieue de chemin, ils travaillent 2 heures, ils ne demandent\npresque rien pour leur travail, et quand nous voulons leur payer le bois\nque nous venons de brûler (car il faisait un froid du diable), ils se mettent\nà rire et croient que nous voulons les insulter. Voit-on cela en Italie?\nDepuis quelques jours que je suis en Allemagne, je ne trouve que"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.33", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\nio3\n\nfranchise, honnêteté, confiance, bonhomie, et j'ai bien eu occasion de\nl'éprouver! Trouve-t-on cela en Italie ? J'ai dit un jour à la princesse\nLetizia, qui voulait me persuader de rester toute ma vie à Naples :\nMadame, si vous étiez princesse d'un village d'Allemagne, je resterais\ntoujours à votre service, mais vous seriez reine de toute l'ltalie, que je\nvous prierais de me donner mon congé. Nous verrons si je change de\nsentiments. Cependant notre voyage continue : j'arrive à je ne sais quel\nvillage vers midi : impossible d'aller en avant, tant la pluie est forte :\nnous perdons une demi-journée pendant laquelle j'eus une dispute très\nforte avec un de nos voyageurs, et c'est peut-être un bonheur pour moi\nde n'avoir pas eu mon passe port en règle, car sans cela, je me portais\nsûrement à quelque violence. N'importe, nous verrons. Le lendemain\nnous remontons en voiture, malgré le mauvais tems, et le soir, nous voilà\nà Villach. Ici recommencent mes allarmes. Comme je savais que dans\ncette ville on demandait les passe-ports, je descends de voiture, et me voilà\nentré et sorti de la ville : nous allons loger dans une auberge hors de la\nporte. A peine étions-nous montés dans une chambre, que voilà un soldat\nqui rapporte à mes compagnons leurs passe-ports et il demande\nrautre \\ je deviens pâle, ne comprenant pas ce discours. Un de ces\nmessieurs lui dit : Quel autre ? Le soldat : Oui, l'autre, qui était\ndevant. Ah ! dit alors le voiturin, c'est le mien, et il cherche son\npasse-port. Il aurait eu peine à le trouver, car c'est moi qui l'avais\nje ne sais par quel hazard dans ma poche : je l'escamotai et le lui donnai\nsans que le soldat le vit et je fus tranquille un moment. Le soldat part et\nrevient aussitôt après; ma foi, je crus que j'étais découvert et je m'enfuis\ndans les cours ; je me cache de remise en remise sans oser respirer : je\nreste sans mouvement pendant un quart d'heure : au bout de ce tems\nj'entends rire aux éclats l'aimable Mme Sessi, l'une de nos voyageuses;\nje me dis, le danger est cessé : je remonte et j'apprends que le soldat n'a\nmis tant d'empressement que pour avoir un meilleur pour-boire. Je me\nrecalme ; pourtant vous pouvez croire que je ne soupe ni ne dors tran-\nquillement. Mais tout ceci n'est rien, voici le plus beau : le lendemain\naprès avoir échappé à tous les dangers vrais ou imaginaires, nous voilà\nle soir à Clagenfiirt que je n'oublierai de ma vie. Ecoutez : il pleut à\nverse, nous sommes à un mille de la ville, je descends à pied afin de traver-\nser sans qu'on m'interroge. La ville est très grande, me voilà au milieu ;\nle chemin se détourne, je ne sais plus où aller ; il n'y a personne dans les"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.34", "texte": "104\nS. I. M.\n\nrues à cause du tems : la voiture est très loin derrière moi et je l'ai per-\ndue de vue ; je l'attends, elle n'arrive pas ; la nuit vient, je n'ose pas\nentrer dans les maisons demander mon chemin, parce que ne sachant pas\nla langue, on peut concevoir des soupçons et adieu le voyage. Que faire ?\nJe marche et m'égare davantage : enfin je trouve une porte de la ville :\nje ne vois que des barraques ; je cherche partout la voiture, rien : il était\ndéjà 9 h. 1/2, je frappe à une porte de paysan pour demander à manger\net à dormir : je les effraie ; ils me prennent pour un déserteur, et un gros\nnichts est leur réponse. Je frappe à une autre porte : un bien plus gros\nnichts, à une troisième et je dis que j'ai de l'argent, que je suis hon-\nnête et que j'ai perdu la voiture ; je ne sais s'ils comprennent ou non,\nmais ils me ferment la porte au nez et me voilà de plus belle à la pluie.\nComme cette pluie dure depuis 5 jours sans discontinuer, les routes\nsont affreuses et je ne puis faire un pas sans entrer dans l'eau jusqu'à\nmi-jambe. Il me fallait du courage: je prends mon parti, j'avance dans\nla campagne, je cherche un abri ; je suis plus d'une heure sans en trou-\nver : enfin j'aperçois quelques planches; je me traîne jusque-là. Ce sont\n3 ou 4 vieilles planches percées, soutenues en l'air par des bâtons ;\ndessous il y a un peu de foin : me voilà enchanté, voilà ma maison, voici\nmon lit : je regarde à ma montre, il est dix heures : il faut que je reste là\njusqu'à demain 4 h. du matin : il le faut. Je me souviendrai de la nuit\ndu 24 mai 1815.\nSi Dieu favorisait nos folles entreprises,\nL'univers n'entendrait parler que de sottises.\nJe voulais pour passer le temps faire des vers ou composer une sim-\nphonie, mais je n'étais pas en train. Figurez-vous mon état. J'étais tout\ntrempé. J'ôtai mon habit pour tâcher de me sécher ; j'ôtai mes bottes : il\nfaisait très froid, je maudissais mon existence et ma folie. Ce n'était pas\nassez d'avoir joué à la Ponteba le rôle du comte d'Albert ou d'Armand\ndes Deux Journées, il fallait par mon imprudence risquer d'attraper une\nforte maladie... et quelles idées me passaient par la tête ! Demain trouve-\nrai-je la voiture ? ne serai-je point arrêté ? pour qui me prendra-t-on ?\nO mon Dieu, quelle situation ! Enfin le jour paraît ; il pleut encore :\nje quitte mes planches ; je cherche la voiture, rien : je demande le chemin\nde Friesach et je me mets en route, en marchant le plus lentement\npossible: je ne vois rien venir. Je roule déjà dans ma tête le dessein d'aller\nà pied jusqu'à Vienne. Je fais à peu près 6 lieues. La pluie avait cessé au"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.35", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\nLOS\n\nlever du soleil. Il est à remarquer que depuis 5 jours il pleuvait sans dis-\ncontinuer, ce qui étonnait nous et tous les habitants. J'arrive bien las à\nun village dont je ne sais pas le nom, la situation était superbe. Je me\nrepose et je réfléchis. Il était midi. Le voiturin doit arriver bientôt ; je\nvais attendre 2 heures ; j'attends, rien ; passent encore 2 heures, rien. Que\nfaire ? Dois-je continuer ma route à pied ? Pour aujourd'hui je me sens\ntrop fatigué : j'ai passé la nuit debout, je n'ai vécu que de pain et de biere.\nJe me décide à attendre encore jusqu'au soir, et le lendemain de continuer\nen avant. La nuit vient ; point de voiture. Je traverse le village, en deman-\ndant à loger dans les auberges que je rencontre ; partout on me refuse et\nce n'est pas étonnant : un individu seul, sans effets, ne sachant pas la langue,\nn'ayant pas du tout bonne mine. Je supporte mon sort avec patience.\nJ'arrive à une cabane où enfin l'on veut bien me faire cuire un peu\nde viande : ce souper me paraît divin quoique ce fut détestable. Je paie\nbien, après quoi je demande si l'on n'aurait pas un lit : mon argent avait\nfait effet. Il n'y avait vraiment pas de lit, mais on m'offre la moitié de\ncelui d'un des paysans de la maison ; j'accepte et je monte me coucher.\nPendant que j'ôtais mes bottes, voilà le padron qui vient me demander\nmon passe-port. Quoique je ne comprenne pas l'allemand, j'entends par-\nfaitement ce qu'il veut, je feins de ne savoir ce qu'il dit et le bonheur\nveut qu'il se contente de savoir que je vais à Vienne. O mes chers\nAllemands, je me reproche bien de vous avoir trompes ; vous etes si bons\nque vous ne pouvez même pas soupçonner le mal. Mon homme descend,\nje me couche dans un lit bien sale, dans un grenier ou les fenêtres ne\nferment pas ; c'est égal, me voilà endormi. Au milieu de la nuit je me\nréveille ; il me semble que je viens d'entendre du bruit. Ah, ah, mon\ncamarade de lit se remue, il cause avec une jeune fille dont la voix est\nfort douce : je ne sais ce qu'ils disent, mais cela mal air bien tendre.\nMon drôle se lève et va à l'autre coin du grenier ; je n'entends plus\ncauser, pas même soupirer : ma foi, mes bons amis, bien du plaisir : je\nme rendors. Le lendemain à la pointe du jour, je me leve sans reveiller\nmon voisin, j'ai la curiosité d'aller regarder celle dont j'ai entendu la\nvoix : elle n'est pas trop mal. Je descends du grenier, je paie et je pars.\nJe retourne dans le village pour voir si le voiturin n'est pas venu, rien :\nje me remets en route, décidé à marcher jusqu'à Vienne. Je passe à\nFriesach, ville fortifiée, sans aucun inconvénient ; à une lieue de la, j apper-\nçois une barrière comme il y en a à tous les villages d'Allemagne et ou"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.36", "texte": "106\nS. I. M.\n\nles voitures payent. Jamais on ne m'avait rien dit à ces barrières : je\npasse fièrement. Au bout de quatre pas on m'appelle, je frissonne. Où\nallez-vous ? A Neumark. Votre passe-port ? Le voici. Je me dis en moi-\nmême : la comédie est finie, me voilà pris. \" Pourquoi n'est-il pas\nsigné à Villach ? à Klagenfûhrt ? J'étais à pied, personne ne m'a rien\ndemandé. Avez-vous quelques papiers qui prouvent votre état ?\nVoici des lettres. \" J'avais justement une excellente lettre de recomman-\ndation écrite en allemand. Après un quart d'heure de difficultés, après\navoir examiné tous mes papiers, ils me signent mon passe-port et me\nsouhaitent bon voyage. J'appelle cela une échappée miraculeuse.\nQuand je fus sorti de là, je réfléchis que j'étais un fou de vouloir aller à\npied, qu'il pouvait m'arriver quelqu'accident, etc., etc., qu'au moins\nétant avec la voiture, on prendrait toujours attention à moi: il fallait donc\nattendre ;il était 11 h. 1/2 ;la voiture ou devait être arrivée de la veille\nau soir, ou dans le cas d'accidents, ne devait arriver que ce soir : j'attends\nen me damnant jusqu'à 6 heures du soir ; alors, impatienté, je vais jusqu'à\nNeumark, puis je reviens, puis je jure, et jamais de voiturin ; il est inu-\ntile de vous dire que j'étais désespéré. A toutes les voitures qui passent,\nje demande comme je peux s'ils n'ont pas vu en route une voiture à 3\nchevaux : toujours non. Enfin à 8 h. 1/2 arrive une poste qui allait très\nvite ; je la fais arrêter et fais ma question accoutumée. Oui, dit le postil-\nlon, il y en a une qui est arrêtée à 2 h. d'ici. En Allemagne on compte\nle chemin par heure. Les renseignements qu'il me donne sur la voiture,\nme confirment dans l'idée que c'est la nôtre : ce fut un des plus heureux\nmoment de ma vie. Je cours à la voiture et, en effet, à une lieue 1/2\nje la trouve arrêtée à une mauvaise auberge où elle devait passer la nuit.\nQuand mes compagnons me revirent, ils furent épouvantés. Mme\nSessi, dont je parlerai plus tard, me dit qu'elle craignait que de désespoir\nje ne me fusse jetté à l'eau. Je n'ai pas été jusque là, mais... j'étais bien\nagité. Voyez mon bonheur : cette énorme pluie qui nous avait tant épou-\nvantés par sa durée de 5 jours, avait cessé la veille au matin, que j'étais\nà pied, et elle recommença quand j'eus retrouvé la voiture. Le lendemain\nje n'ai que de légères craintes. Le soir nous rencontrons dans un village\nune troupe de paysans qui étaient tous à genoux en plein air autour d'un\npetit autel. Ceci nous rappela la simplicité des anciens. Après Limme,\nnotre essieu se rompit. Après Judenburg, une roue cassa.— Mais j'ai oublié\nde vous dire ce qui avait retardé la voiture d'une journée. Le voici : en"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.37", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\n107\n\nsortant de Klagenfiihrt, une roue s'était rompue, et nos messieurs avaient\npassé toute la journée dans l'auberge, tandis que moi je me désolais sur la\ngrande route. Enfin, sans aucun accident j'arrivai à Neustadt, où j'en fus\nquitte pour la peur, et de là à Vienne. En entrant dans cette ville, je me\ncrus soulagé d'un grand poids. C'était le 31 mai 1815. Enfin m'y voilà\navec tous mes effets, mais où loger?... Mes embarras ne sont pas prêts\nd'être finis. Je suis dans un mauvais hôtel dans le fauxbourg, je ne sais\nce qu'on voudra faire de moi. Je travaille depuis 2 jours pour mon\naffaire et je n'ai encore rien : comme j'ai fait une chose contre les\nlois, chacun craint de me protéger. Mes recommandations me sont\npresque inutiles. Enfin, le dernier moyen qui me restait, je l'ai employé\nhier; j'ai été chez M. Salieri. Je l'ai supplié de s'interresser pour moi. Je\nlui ai conté mon voyage. Au premier moment, il a été dur, il ne voulait\nse mêler de rien : enfin il s'est laissé toucher et m'a mené le soir chez\nle prince Tailleyrand, auquel j'ai fait mon récit. Celui-ci me dit : Voila\nun voyage tout à fait français. Nous arrangerons votre affaire. Ce matin\nje vais voir ce qui arrivera. Il faut implorer les secrétaires !...\nDepuis 9 heures je suis en course ; M. le secrétaire m'a fait revenir\n4 fois et la quatrième m'a dit qu'il n'avait rien à faire. Alors j'ai\ndemandé à reparler au Prince. De suite M. le secrétaire m'a fait une\nlettre pour la police où je vais aller quand j'aurai dîné, ce qui ne sera pas\nbien long ; en attendant, au diable M. le secrétaire ! ! !...\nO mon Dieu ! que je suis heureux ! après bien des craintes, des\npeines et des fatigues, je viens d'obtenir une carte de surete pour 15\njours. M. le secrétaire en a eu l'air fâché et m'a bien assuré que des que\nle prince Talleyrand serait parti, on me prierait de déloger au plus\nvite. Le prince part demain; nous verrons si je le suivrai, comme dit\nM. le secrétaire. Je m'en vais me dépêcher de voir la ville, en cas qu on\nme refuse une prolongation ; mais j'espère bien qu'on me l'accordera : le\nplus difficile est fait, et puis, en tout cas...\nJe viens du théâtre Karthnerthor : c'est l'Opéra-Comique de chez\nnous. Je suis extrêmement satisfait. J'ai entendu Agnès Sorel, musique de\nGirowetz ; musique charmante, pleine de goût, de délicatesse et de science.\nL'orchestre est excellent, peu nombreux, peu bruyant. Les chanteurs\nchantent juste, un ensemble parfait. Les morceaux sont un peu à la fran-\nçaise, c'est-à-dire courts, coupés... cela m'a fait un drôle d'effet, car voila\n2 ans 1/2 que j'entends des morceaux qui n'en finissent pas. Allons, je"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.38", "texte": "108\nS. I. M.\n\nsuis bien content de ma journée. C'est agréable pour moi de penser que\nc'est au premier des musiciens vivants, à M. Salieri, que je dois la\ntranquillité dont je vais sans doute jouir longtems. Mes chers amis, je\nvais me coucher, je me souhaite une bonne nuit et à vous aussi.\nMes commencements à Vienne ont été durs : voilà 6 jours que\nj'y suis et je n'y ai certes pas eu beaucoup d'agréments. La manière dont\nj'y suis venu n'est pas propre à m'y faire bien voir : mais c'est égal, mes\nchers Allemands, je ne vous en veux point du tout : plus je vous parais\nsuspect, plus vous prouvez votre probité. Quand je m'examine, moi et\nmes actions, je vois que je méritais le jour de mon arrivée d'être chassé\nsans pitié : c'était aussi sans doute l'avis de M. le secrétaire ; mais Dieu\nmerci, à présent, je commence à respirer. Les personnes auxquelles je\nsuis recommandé commencent à me croire honnête homme et à me trai-\nter avec amitié. Si la Police me permet de faire mieux connaître mon\ncaractère, j'espère que je serai tout à fait bien dans quelque tems.\nJe viens de louer une jolie chambre dans le Graben, le plus beau\nquartier de Vienne. Elle me coûte trop cher, mais si je reste ici, je\nmettrai ordre à mes affaires. Actuellement je voudrais savoir des nouvelles\nde mes amis, de ma mère. C'est terrible d'être ainsi isolé ; espérons que\ncela ne durera pas bien longtems.\nJe sors du théâtre et il ne fait pas encore bien nuit. Au moins c'est\nun plaisir dans ce pays. On ne se couche pas trop tard. Ce n'est pas\ncomme à Venise que le théâtre ouvre à dix heures. J'en tire un apperçu\ntrès avantageux pour la société ; c'est qu'un oiseau qui serait très amateur\npourrait entendre le spectacle d'abord à Vienne, et de suite à Venise.\nC'est très agréable. A propos, hier j'ai entendu Palmira, bel ouvrage du\ngrand Salieri. On y retrouve sa manière : tout pour la scène. Des\nmorceaux courts, bien coupés, bien vigoureux et souvent des phrases\ndélicieuses. Il y a au commencement du deuxième acte un air de femme\nsublime qui m'a fait la plus grande impression. Ce soir j'ai entendu le\nBergsturtz, musique délicieuse de Weigl. Si cela continue, ça va bien,\ntout me paraît charmant.\nIl faut que je dise un mot de nos voyageurs. L'honnêteté française\nexige que je commence par le beau sexe, quoique la personne de ce sexe\nqui était avec nous ne prouve pas que ce soit le beau. Une tournure"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.39", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\nlOÇ\n\neffroyable ; une figure on ne peut plus désagréable ; un énorme nez ; une\nbouche immensurable, des yeux bien creux, des dents jaunes, et avec\ncela un peu de barbe, voilà le potrait de notre aimable voyageuse. Pour\nson caractère, c'est autre chose. C'est une chanteuse de 6e classe. Elle a\nau double tous les défauts qui sont ordinairement l'apanage des utilités.\nJe l'ai défiée de dire un phrase sans jurer : elle n'a pas osé accepter le\ndéfi. N'ayant pas même l'idée d'une espèce d'éducation ; ne sachant pas\nécrire son nom, ne pouvant pas dire quatre paroles de suite qui eussent\nle sens commun. Mais elle a un talent qui rachète tous ses défauts ; un\ntalent qu'elle possède au plus haut degré ! un talent qui la console de\ntoutes les petites mortifications qu'elle éprouve, qui pour elle est plus\nprécieux que vingt mille livres de rente, qui lui donne la force de\nsupporter les malheurs ! un talent enfin qui renferme en lui toutes les\nautres sciences! Quel est donc ce talent ? Vous ne le devinez pas ? Elle\nsait parfaitement tirer les cartes. Cette aimable dame est sœur de la\nfameuse Sessi ; j'en fais compliment à madame leur mère. J'espère que\nje ferai plus ample connaissance et amitié avec l'un des deux voyageurs.\nJe ne parle pas du troisième parce que j'écrirais des choses qui ne\nsont même pas bonnes à dire de bouche.\nMais dans quelle diable de maison suis-je donc tombé ? Chaque fois\nque j'entre ou que je sors je rencontre une quantité de femmes, et puis\ndes femmes et toujours des femmes, et point d'hommes ! Hier en sortant,\nje vis toute la société à table : deux hommes et une quantité de femmes.\nQui diable est-ce donc ? Est-ce que ma vertu serait en danger ? Serais-je\ndans une maison ?.. Pourtant la padronne m'a dit qu'elle a logé longtemps\nla gouvernante de je ne sais quelle princesse ; qu'elle loge en ce moment\nun gros négociant de Francfort. Mais pourquoi tant de temmes matin et\nsoir ? Demain matin je veux éclaircir cette affaire.\nJe suis trop heureux ! ma soirée d'aujourd'hui compense les peines\nque j'ai eues depuis un mois. Comme un bonheur ne vient jamais sans\nl'autre, il était naturel que j'en eusse beaucoup à la fois et je serais un\ningrat si après avoir écrit mes chagrins, je n'écrivais pas mes plaisirs.\ni° J'ai rencontré un monsieur de la police qui se trouve justement le frere\nd'un de mes amis de Naples, et qui m'a assuré que mon affaire n'allait\npas mal. 2° J'ai appris que toutes les dames que je voyais dans cette"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.40", "texte": "I IO\nS. I. M.\n\nmaison et qui m'effrayaient presque sont les filles de la vieille propriétaire ;\nque ces filles sont mariées et ont déjà d'autres filles, etc. : voilà l'énigme.\n30 J'ai reçu deux lettres de ma mère que j'attendais avec tant d'impatience\net où j'apprends quels encouragements les journaux me donnent pour\nl'avenir. 40 Une lettre m'apprend une chose qui intéresse mon côté\ngauche, et une autre qui m'annonce de l'argent. 50 On m'assure ce soir\nque demain on donne la Flûte enchantée. Je demande qui dans une soirée\na eu plus d'agréments que moi ? Ajoutez que j'ai passé trois heures au\npiano avec l'étonnant M. Salieri ; qu'il m'a fait lire plusieurs de ses\nouvrages et entr'autres des canons pleins de gaîté et d'esprit, dont pour la\nplupart il a fait lui-même les paroles et la musique. C'est un homme\nqu'on ne peut se lasser d'admirer. Je ne sais si c'est parce qu'en particulier\nje lui ai de grandes obligations, mais j'ai une sorte de vénération pour\nlui; ce qu'il dit est si vrai, si spirituel; à son âge il chante et accompagne\nfort bien. Il vient de faire une grande maladie où l'on craignait de le\nperdre. Heureusement qu'il se porte bien, et que nous espérons qu'il vivra\nencore longtems pour le bien de tous ceux qui l'approchent.\nje me promenais cette après-dîner au Prater avec M. Haensel, com-\npositeur. Il salue un monsieur qui passait. Je lui demande : Ce monsieur\nque vous venez de saluer est-il musicien ? Il me répond : C'est le frère\nde l'empereur ! ! !\nOn donne ici trop d'opéras français et sans la langue avec laquelle\nje suis en dispute, je me croirais en France. J'ai entendu déjà la Vestale,\nJean de Paris, Joconde, Cendrillon. La Vestale n'est pas bien rendue : ce\nbel ouvrage est fait pour une grande salle et perd beaucoup dans une\npetite. On prend aussi la plupart des mouvements trop vite. Jean de\nParis est supérieurement exécuté par l'orchestre, mais voilà tout. Joconde\nque je n'ai pas entendu à Paris, et dont les journaux et tout le monde ont\ndit tant de bien, ne m'a pas fait plaisir : peut-être ne prend-on pas\nbien les mouvements ; car des connaisseurs m'ont beaucoup parlé du\n4to du 2d acte et ce 4to m'a paru languissant ; il est vrai que je\nn'entendais pas les paroles, et cela fait beaucoup. Plus j'entends d'ou-\nvrages de M. l'abbé Girowetz, plus je suis admirateur de son talent :\ntoujours doux, gracieux, d'une harmonie parfaite ; employant les instru-\nments à vent avec un art infini : des idées fraîches. Son Agnès Sorel et\nson Augenartz m'ont enchanté. Dans ce dernier, il y a un petit air de"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.41", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS\n111\n\nténor plein de feu de 30 mesures qui m'a fait le plus grand effet.\nQuoique je ne connaisse pas assez l'allemand pour pouvoir juger d'une\nexpression, pourtant l'autre jour je me suis mis à rire comme un fou\ndans l'endroit le plus pathétique de la Vestale ; dans le petit duo de la\nfin entre Julie et la Grande Vestale, vous savez que les deux dames finis-\nsent par ce mot : adieu, adieu. Le traducteur allemand a mis en consé-\nquence : lebewohl, lebewohl. Il m'a paru fort singulier que la Grande\nPrêtresse recommande à Julie de bien vivre, au moment où elle entre au\ntombeau.\nDans ce pays on aime et on admire mon cher et bon maître,\nM. Méhul, plus que partout ailleurs. J'ai déjà vu beaucoup de jeunes\ngens qui ont le projet de faire un voyage en France pour le voir et le\nconsulter ; et ce matin, dans la maison d'un conseiller où tout le monde\nest musicien et où Haydn et Mozart étaient presque toujours, j'ai été\nenchanté de la manière dont un très fort amateur de 50 ans m'en a\nparlé. Il le met sans exception au-dessus de tous nos compositeurs pour\nla hardiesse de son génie, son amabilité, sa science, etc., etc., etc. Aussi\nil me disait que pour à présent il croit que la France est au-dessus de\nl'Allemagne pour la musique. C'est un Viennois de 50 ans qui m'a dit\ncela ce matin ! ! !\nQue je serais heureux si je pouvais un jour aider ma patrie à soute-\nnir la bonne réputation qu'elle commence à se faire en ce genre !\nJe sors de Kârthnerthor, où j'ai été avec M. Salieri. On donnait\nJoseph de M. Méhul, remis au théâtre pour la. 3e fois ici. Ce que\nje disais il y a quelques jours de l'estime que l'on fait ici de ce grand\ncompositeur m'a été bien prouvé ce soir. Voilà 4 ans qu'on donne ici\nJoseph. La salle était pleine à 6 heures et comble à 7, ce qui n'arrive pas\nsouvent ici. Presque tous les morceaux ont été applaudis avec entou-\nsiasme, et le duo de Jacob et Benjamin qui fait peu d'effet à Paris, a été\nchanté 2 fois ce soir. Il est vrai que l'orchestre et les acteurs y mettent\ntout leur soin : on voit qu'ils ont un vrai plaisir à exécuter ce bel ouvrage.\nM. Salieri qui ne l'avait vu qu'une fois il y a 4 ans en a été bien content\net m'a bien félicité d'être élève de l'auteur. Ah ! serai-je jamais digne de\nmon maître ?\n(A suiv\n\nF. Hérold."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.42", "texte": "LES MUSIC-HALL\nÉTUDE-ENQUÊTE\n\nVoir le numéro de S. I. M. de décembre 1909 qui contenait citations ou interviews de Théo Varlet,\nJean de Tinan, Rouzier-Dorcières, A. Brisson, Fursy, Willy.\nOPINIONS DE G. DE PAWLOWSKI, CURNONSKY, PRUDHON,\nCOLETTE WILLY\nToutes ces questions [le rôle joué ou à jouer par le café-concert\net le music-hall ; leur valeur artistique etc...] furent résolues d'une façon\ntoute positive par M. G. DE PAWLOWSKI. Le jeune, actif et brillant\nRédacteur en Chef de Comœdia se basa sur deux faits : le succès et l'exi-\nstence du fécond Inconscient :\n\" Le café-concert et le music-hall ont évidemment un rôle à jouer puisque leur\nsuccès est énorme ; quant à leur valeur artistique, elle existe ou n'existe pas,\nselon les cas : sur ce second point il serait vain de vouloir des réformes. L'atmos-\nphère de ces endroits est spéciale : il faut s'en nourrir l'esprit, se mettre tout\nentier en harmonie avec le cadre, bannir toute théorie et selon le mot de\nJean de Tinan que vous avez rappelé ne pas tomber dans \" l'erreur commune\net grossière d'apporter où ils n'ont que faire des procédés de critique littéraire\nclassique \". Il faut que tel tableau de revue présente un cachet artistique et il\nne faut pas qu'une chanson de Dranem ait une signification trop précise ou\ntrop élevée : ce serait un contre-sens. Des établissements se sont perdus pour\navoir voulu renouveler l'atmosphère qui leur était propre et à laquelle nous\navaient accoutumé la tradition et le succès\nCes considérations sont familières à M. de Pawlowski. Elles sont\npleines d'un bon-sens perspicace et ont pour base une juste connaissance\nde ce qu'il faut bien appeler un peu pompeusement \" l'âme des foules\nElles lui ont servi à solutionner en son temps, d'une façon très exacte, la\nquestion du \"nu au music-hall 1\". \" Y a-t-il scandale ? \" demandait-il.\n\n1 II faut lire sur cette question Fouvrage documenté de M. Normandy, Le Nu à l'Eglise, au Théâtre et\ndans la Rue Le biographe de Jean Lorrain y montre une sûreté et une vaillance remarquables de pensée\net de style."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.43", "texte": "LES MUSIC-HALL\n113\n\nC était la, en effet, le seul point litigieux. Comme il se résolvait par la\nnégative, les polémiques sombraient dans le ridicule.\nMais nous restons sur le domaine des considérations générales.\nMonsieur CURNONSKY saura les adapter aux multiples contingences dont\ndépend la vie d un music-hall. Esprit charmant et divers, souple écrivain,\nM. Curnonsky donna, sur ce sujet à la Vie Parisienne, des pages qui sont\na la fois dun lettre, dun psychologue et d'un metteur en scène. Pour\nlui, le choix de la couleur d une chaussette sur un maillot devient un pro-\nblème ; quant au maillot, toute la question se résume dans la suppression.\nEt il a bien raison. Quelques music-hall [entre autres la Cigale et la\nGaieté-Rochechouart] nous ont donné cette année en ce genre des résul-\ntats merveilleux. Myope, Curnonsky s'attache aux détails et sa vue d'ar-\ntiste voit immédiatement que tel geste manque de justesse, tel maillot\nd esthetique, telle couleur de goût. Il a des indignations véhémentes et de\nviolentes admirations. Il a horreur des chansons patriotiques et humani-\ntaires mais il se délecte aux fantaisies de Boucot et aux \" déshabillés d'art \"\nde Spinelli. Et, là encore, il a bien raison...\nJe voulais, avant de commencer mes interviews d'artistes, interroger\nun homme qui, par la situation qu'il occupe, ne semble pas devoir s'in-\ntéresser spécialement à notre sujet et dont l'opinion n'en aurait été que\nplus curieuse. Je veux parler de M. JULES CLARETIE, Administrateur de\nla Comédie-Française. Et ce fut là toute une histoire. C'était le soir\nde la première de Sire ; je surpris M. Claretie en train de contempler\nd'un œil atone les photographies qui se veulent suggestives et qui s'étalent\nà telles devantures du Palais-Royal... Comme il était sur le point d'entrer\nà son théâtre, M. Claretie m'accorda, pour quelques jours plus tard,\nl'entrevue que je sollicitais de lui et cela après m'avoir demandé le sujet\nsur quoi je desirais 1 interroger. Or, deux jours après, je reçus un mot,\nportant l'en-tête de la Comédie-Française et signé illisible, qui m'avertis-\nsait que je ne pourrais par voir M. Claretie mais que je serais reçu par\nM. PRUDHON. Cette façon de se dérober m'amusa. Livré à lui-même,\nM. Claretie avait ete trop loin et M. Prudhon devait mettre les choses\nau point. Il fut d'ailleurs d'une courtoisie absolue.\n\n\" Jeune présomptueux,s'écria-t-il, vous vouliez voir M. Claretie ! Vous pensiez\nque M. Claretie allait vous donner une opinion ! Mais [ajouta-t-il avec l'accent\nde la pitié] vous ne savez donc pas que M. Claretie n'a pas le droit d'avoir\nune opinion ? \"\n4"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.44", "texte": "114\nS. I. M.\n\nf * '\nIci, un temps, pour permettre à cette déclaration de m anéantir ; puis :\n\" M. Claretie n a pas le droit d'avoir une opinion parce qu'il est Administrateur\nde la Comédie, qui est subventionnée par l'Etat ; s'il vous disait quelque chose,\nc'est comme si c'était le Ministre qui parlât ? \"\nIci, un sourire destiné à me faire comprendre tout le ridicule de cette\nsupposition.\n\" D'ailleurs, que voulez-vous que vous dise M. Claretie ? Qu'il aime\nbeaucoup le grand talent de Polin à qui il a fait jouer une pièce de lui ? Que\njadis on allait entendre Thérésa parce qu'elle savait dire et chanter, ce que nous\nn'avons plus maintenant... \"\nIci je me levai :\n\" Monsieur, je vous remercie. En dépit de ce que vous m'avez dit, j'ai mon\ninterview...\" \" Comment ! s'écria M. Prudhon, je ne vous ai rien dit !\nIl ne faut pas me nommer !\" \" N'en croyez rien, répliquai-je ; le plaisir que\nj'eus à écouter vos déclarations ne sera égalé que par celui que j'éprouverai à\nles transcrire. \" 1\nEt puis voici Colette Willy, à coup sûr, la figure la plus complexe\net la plus remarquable qu'il soit donné d'étudier au music-hall.\n« Oui, j 'aime le music-hall, déclare Colette Willy en secouant les boucles\nde sa tête fine à la bouche spirituelle et voluptueuse. Je l'aime presque contre\nle théâtre et cela pour des raisons multiples. Entre autres, le milieu théâtral me\ndéplaît souverainement : promiscuités continuelles, haines et mesquineries, brr !...\nLe music-hall expose à plus de changements et de vagabondage ! Je suis de\ncelles qui lui resteront fidèles ! \"\nEnfin, puisque j'ai commencé cette première partie de mes\ninterviews en citant de vers du Soir Parisien du grand poète THÉO VARLET,\non me permettra de la terminer en signalant une belle notation de bar\ndue à ROGER ALLARD qui est un de nos plus remarquables \"jeunes \" avec\nLouis Mandin, Charles Vildrac et Joël Dumas. Tous ceux-là m'ont\ndéclaré préférer le spectacle du music-hall à celui de la dernière pièce à\nthèse ou de la banalité sentimentale. Et donc, puisque les soirs parisiens\n\n1 Je dois ajouter que M. Prudhon m'autorisa à démentir le bruit qu'ont fait courir deux de nos excellents\nconfrères et qui rapportait que M. Claretie succéderait à Catulle Mendès comme critique dramatique du\nJournal dès la prochaine saison d'hiver : \" Ce sont là, me dit M. Prudhon, des propos de mauvaises langues\nque lancent ceux qui en veulent à M. Claretie ou qui briguent sa succession"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.45", "texte": "LES MUSIC-HALL\n115\n\ncommencés au music-hall se terminent logiquement au bar annexé à ces\nétablissements, écoutez ce passage d'un long poème :\n... Et le whisky concentre en lui toutes les lampes\nDu comptoir luisant. Deux pailles, rayons d'or, trempent\nDans chaque verre. Une aile tiède qui vient battre\nNos tempes, tourne au plafond sans fin, sans fin... aile\nD'on ne sait quel oiseau buté contre un ciel bas...\n\nCharles Clarisse."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.46", "texte": "PARIS.\nJanvier.\nLe moment où nous changeons de millésime n'est point favorable à\nl'activité musicale. Au théâtre nous n'aurions à noter en ce premier\nmois si tragique de l'année, que la représentation de à\nl'Opéra-Comique. Il vaudrait mieux ne pas la noter. Ce mélo informe\net injurieux, que nulle personne ouverte à la musique ne saurait entendre\nsans se sentir tout l'être soulevé de mépris, avait déjà montré sa pauvre\ngrimace à l'Opéra, avec un effet médiocre. Infiniment mieux présenté,\ncomme vous le pouvez penser, par M. Albert Carré, il a été accueilli,\nà la répétition générale, avec indifférence ; à la \" première \", avec\nscandale ; aux représentations suivantes, paraît-il, avec chaleur."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.47", "texte": "LE MOIS\n\n117\n\nCinq ouvrages de l'école italienne moderne encombrant à la fois le\nrépertoire du Théâtre National de l'Opéra-Comique, vous estimerez\npeut-être que c'est beaucoup, et même un peu trop ? Mais l'Opéra-\nComique est encouragé en cela par les parlementaires qui rapportent le\nbudget des Beaux-Arts et, dit-on, par le gouvernement lui-même. L'ltalie\ncependant défend énergiquement son territoire contre la musique\nfrançaise. Et ces choses sont beaucoup plus naturelles qu'elles n'en ont\nl'air. Pour les Italiens d'aujourd'hui, la musique n'est qu'une denrée\ncommerciale : ils appliquent en conséquence tous leurs efforts à écouler\nà l'étranger leur malsaine camelote, et à écarter de leur propre marché\nles importations de qualité meilleure. Pour les Français au contraire, la\nmusique est un art : une chose donc à laquelle vous ne voudriez pas que\nni le pays ni surtout l'Etat prissent le moindre intérêt. Et pendant ce\ntemps, un musicien admirable, un homme dont tout autre peuple se\nferait grande gloire, M. Albéric Magnard, retiré dans le fond d'une\nprovince, produit œuvres sur œuvres, qu'il publie avec sérénité, sans que\npersonne consente à les entendre. Bér se range à côté de\nsur un rayon de bibliothèque : mais s'ébaudit au soleil de la\nrampe.\nDans les concerts nous ne trouverons rien à retenir, si ce n'est\ncette exécution de la Neuvième Symphonie de Beethoven au Concert Colonne,\noù pour la première fois nous avons réalisé à Paris, par nos propres\nmoyens, quelque chose de comparable aux exécutions de ces grandes\nsociétés chorales étrangères, qui sont venues à diverses reprises nous\némerveiller. Certes il nous reste encore à faire pour les égaler. Mais le\nsuccès obtenu, après cinq années seulement, par l'Ecole de Chant\nChoral dont M. Jean d'Estournelles de Constant est le fondateur, M.\nGedalge, l'inspecteur, et M. Henri Radiguer, le directeur intelligent,\nardent, et parfaitement dévoué, suffit à prouver que nous pouvons y\nparvenir. Continuons seulement à le vouloir bien, et à savoir y travailler.\nLe peuple de chanteurs qui couvrait la scène du Châtelet est déjà très\nmusicalement discipliné. Sans doute la qualité des voix progressera, par\nétude et par sélection : mais dès maintenant l'essentiel est acquis. L'exé-\ncution dirigée par M. Gabriel Pierné a été toute entière très remarquable;\nmais il semble que ce soit le chœur qui ait le mieux suivi son impulsion,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.48", "texte": "118\nS. I. M.\n\net senti l'œuvre sans pareille avec le plus d'enthousiasme et de foi.\nCombien il s'est montré supérieur, tout au moins, aux professionnels du\nquatuor solo !\nPuisque le mois dernier nous avons été obligés de négliger les\nconcerts, revenons un peu en arrière. Ce n'est plus trois séances qui nous\nappellent chaque dimanche à la même heure, mais cinq. Les Concerts\nSechiari viennent de s'établir au Théâtre Marigny, et prospère\nau Théâtre des Arts : son jeune orchestre s'assure, et si certains Festivals\nBeethoven et Schumann nous ont paru un peu trop à la manière de nos\n\" grands concerts \", d'autres programmes nous en ont très heureusement\nécartés. Celui de M. Catherine, par exemple, avec la symphonie de\nChausson ; et surtout celui de M. Bachelet, qui a dirigé la symphonie\nde Lalo, l'ouverture de Polyeuctede M. Dukas, la suite de de\nM. Pierné avec un sentiment de la forme et de l'âme de la musique,\nune sûreté et une habileté techniques, qui le placent désormais au rang\nde nos premiers chefs d'orchestre.\nQuant aux Concerts Colonne et Lamoureux, les voici déjà dans la\nseconde moitié de leur saison ; et rarement leurs programmes se sont\nsoutenus avec autant d'obstination dans le vieux, le banal, ou le médiocre.\nCe qu'ils nous ont donné de considérable jusqu'ici, ce qui a pu leur\ncoûter un peu de peine, exciter un peu d'intérêt véritable, se résume dans\nla symphonie de M. Casadesus dont je vous ai parlé en son temps, et une\nsymphonie de Briickner, jouées toutes deux par M. Camille Chevillard.\nPour un total de vingt huit concerts, au Châtelet et Salle Gaveau, avouez\nque cela est misérable.\nLe cas de Brûckner vaut bien quelque réflexion. Deux ans de suite\nM. Hasselmans s'est vainement efforcé d'imposer à son public la huitième\nsymphonie ; M. Chevillard vient de donner la septième, avec moins de\nsuccès encore. Cependant, après avoir été dans son pays même la victime\nde dédains odieux, brebis expiatoire du wagnérisme, sur qui les généreux\nbrahmines passèrent des colères qui n'osaient s'attaquer à Wagner lui-\nmême, Anton Briickner, depuis sa mort, est mis par l'Allemagne au\nnombre de ses plus grands musiciens : c'est tout juste si certains admet-\ntent une distance de Bach et de Beethoven à lui. Il nous est impossible\nd'apprécier de loin ce qu'il peut y avoir de sincère ou de factice dans cette\nfaveur posthume. Brûckner a des thuriféraires dont le zèle ne connaît pas de\nlimites, et risque de passer le but : car le sentiment de la réalité disparaît"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.49", "texte": "LE MOIS\n119\n\ndans le rayonnement de leur ivresse. Une chose est certaine : c'est que\nl'influence de Briickner, dont l'œuvre commence à peine à atteindre le\npublic, avait déjà fortement agi sur les symphonistes à la mode, qui\nsurent faire leur profit de ses vastes ouvrages, avant de songer à en\nrépandre la connaissance. En vérité, cette musique répond assez bien à\nl'idéal et au gros goût de l'Allemagne mégalomane d'aujourd'hui. Nous\nignorons trop M. Mahler pour savoir si vraiment Briickner peut être\nconsidéré comme son prédécesseur direct. Mais M. Richard Strauss lui-\nmême doit bien quelque chose à l'enflure fastueuse des symphonies du\nvieil organiste autrichien, à leur grandiloquence effrénée, à leur tapage\nhéroïque, à leur pesant badinage, à certains détails même de leur écriture,\nà leurs moyens accumulés, et surtout à cette sentimentalité déséquilibrée,\nqui paraît voulue chez l'auteur de Saloou qu'il sait tout au moins si\nintelligemment tourner à avantage pratique, tandis que l'ingénu Briickner\nla poussa bonnement jusqu'à mourir vierge, à soixante douze ans avec\nl'aide, il est vrai, d'une mysticité sincère.\nNé a Ansfelden en 1824, fils d'un très simple maître d'école de la\nHaute Autriche, usant toute sa vie aux fonctions | d'organiste, Brùckner\na composé et c'est, avec quelques partitions religieuses, à peu près\n\nWagner offrant une prise\na Bruckner.\n\nHanslick et Bruckner.\nSilhouettes de Otto Boehler."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.50", "texte": "120\nS. I. M.\n\ntout son œuvre neuf symphonies : il a désiré que la dernière, qu'il\ndédia au Bon Dieu, et laissa d'ailleurs inachevée, portât le chiffre dix au\nlieu du chiffre neuf, par respect pour la de Beethoven. N'est ce\npas à la fois nigaud, vaniteux et touchant ? Assurément il écrivit de la\nmusique pure, et il la conçut bien sous la forme monumentale. On hésite\ncependant à le classer parmi les purs symphonistes et les grands architectes\nde la musique : et quand on l'entend comparer, sous le prétexte de sa\ncandeur et de sa piété, à notre César Franck son contemporain on ne\npeut que hausser les épaules. Entraîné par la réelle puissance de son\ntempérament particulier, et très évidemment anormal ; dominé par une\nimagination, une sensibilité, surtout une naïveté colossales ; fasciné\nd'ailleurs par Richard Wagner, il a introduit dans la musique pure\nl'élément dramatique : et tout dans ses symphonies, la pensée et la forme,\net l'étalage même, aride et vide, d'une scolastique impitoyable, se résout\nen effets de théâtre, et se gouverne par le sentiment. Un sentiment\ndébordant, qui ne se gouverne pas lui-même. A peine se sont elles\npesamment et comme confusément ébranlées ces départs ne sont pas\nsans grandeur ses idées s'échappent soudain en fanfares, en tumultes\nd'enthousiasme, en exclamations d'extase. On arrive bien à démêler par\nl'analyse les lignes élémentaires de la composition et du développement\nclassiques, mais boursouflées dans une telle méconnaissance des propor-\ntions, déformées par une modulation incessante et l'énormité de l'instru-\nmentation, surchargées par la longueur et la profusion des thèmes, au\npoint qu'on ne les saisit pas à l'audition. Il est bien possible que la pensée\ndu musicien se soit tracé un plan, mais si étendu et si lâche qu'on ne\npeut l'embrasser d'un regard. Et cette pensée n'est point capable de se\ncontenir dans ce plan, ou bien elle y entasse tout ce qu'elle rencontre en\nchemin, et en donnant à tout la même valeur. On reconnaît un de ces\nesprits ou de ces cœurs généreux, mais inquiets et déréglés, qui sont\ntoujours en marche vers Tailleurs d'un idéal confusément rêvé, passionné-\nment appelé, qu'ils touchent un moment avec des cris de délire, et qui\nleur échappe aussitôt pour les entraîner plus loin.\nDevant ces symphonies turgescentes, où tout, jusqu'au vise\nau grandiose et qui en possèdent en effet le sentiment, l'impression\ndominante reste d'impuissance et de maladresse. Elles sont solides peut-\nêtre, mais rien que par entassement de masses. Le plus bouillant de leurs\nadmirateurs, M. William Ritter, ne les qualifie-t-i 1 pas de mastodontes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.51", "texte": "LE MOIS\n121\n\nmusicaux ? La pauvreté des conclusions, quand elles prétendent à la force,\nest frappante. On ne comprend pas que Brùckner ait pu être traité de\ngrand contrapontiste. Son écriture polyphonique est embarrassée et con-\nfuse ; son développement, non pas seulement scolastique, mais scolaire ;\nil abuse prodigieusement du trémolo ; il emploie constamment, et avec\nquelle raideur et quelle gaucherie, ce procédé du qui\ndevient si puéril, quand il n'est pas commandé par l'idée même. C'est\nla musique d'un homme dont toutes les aspirations sont sublimes, mais\nqui est sans culture ; d'un homme profondément pieux, mais qu'éblouis-\nsent, comme les humbles, la pompe du culte, les tonnerres ou la voix céleste\ndes grandes orgues, le magnifique et surabondant mauvais goût de certaines\néglises, et non la grandeur propre de l'idée religieuse. Et la musique de\nBrùckner cependant, si mêlée et si mal ordonnée qu'elle soit, contient,\ndans les adagio particulièrement, des beautés émouvantes et majestueuses.\nEt sa sincérité reste admirable, jusque dans l'incontinence de son\nrhétorique.\nBeautés néanmoins qui pourraient bien nous rester impénétrables, à\nnous autres Français, tout autant que, à l'opposé, les mornes perfections\nde Brahms. Brahms et Brùckner représentent les deux extrêmes manières\nd'être du sens artistique et du sentiment intime le plus spécifiquement\nallemands. Nous ne distinguons pas en eux ce qui chez un Beethoven,\nun Schumann, un Wagner, non moins allemands, appartient cependant à\nl'humanité tout entière. Notre jugement, en somme, après une connaissance\nsi bornée de Briickner, doit rester provisoire. Ce qu'il nous faudrait,\nc'est qu'un des chefs d'orchestre qui lui ont dévoué une étude spéciale, et\nse sont fait en Allemagne même la réputation de le comprendre et de\nl'interpréter avec une exactitude magistrale, vînt à Paris le faire vraiment\nconnaître. Mais le chef d'orchestre en tournée ne pense qu'à soi, et son\nimprésario qu'à Beethoven ou à Berlioz, dont l'action sur la recette est\nplus certaine.\nDepuis deux siècles environ, ils reste entendu que l'Angleterre n'a\npoint de musique : et on ne peut malheureusement nier le fait. Mais les\nAnglais estiment, avec quelque apparence de raison, qu'on exagérerait en\nconcluant de là qu'ils sont incapables d'en avoir. Pourquoi, en effet, le\nseraient-ils devenus, alors qu'ils possédèrent, au XVIe et au XVIIe siècles,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.52", "texte": "122\nS. I. M.\n\nune école admirable ; alors que la richesse de leur mélodie populaire et\nle goût du chant choral, goût naturel à la race entière, persistant, déve-\nloppé, si heureux en résultats, témoignent que cette race n'est point du\ntout inapte à la musique ? Le très long espace de temps pendant lequel\nelle a cessé d'en composer peut sembler inquiétant, il est vrai. Et je ne\npartage point l'opinion que le caractère particulièrement musical de la\npoésie lyrique anglaise doive inspirer plus de confiance en l'avenir de la\nmusique anglaise. Au contraire, j'ai toujours pensé que la poésie n'était\nqu'une forme rudimentaire de musique, et l'importance qu'elle a prise en\nAngleterre pourrait bien prouver que cette forme rudimentaire convient\nexactement et suffit à l'instinct musical des Anglais.\nLes Anglais cependant ont fini par éprouver un désir efficace\nde produire aussi une musique qui leur appartînt. Le mouvement, com-\nmencé dans la seconde moitié du siècle dernier, s'est développé peu à peu,\net la volonté impérieuse et tenace de ce peuple lui donne aujourd'hui une\nactivité extraordinaire. C'est à Leipzig, naturellement, que les Anglais\nont commencé par aller prendre des leçons, et l'originalité de leurs\npremières tentatives s'en est ressentie. Ils n'avaient d'ailleurs, par tempé-\nrament et par goût, que trop d'inclination à accepter la discipline men-\ndelssohnienne. Mais ils semblent en ce moment assez disposes a s'en\ndégager, et à se porter, non sans zèle, vers nous. Il existe à Londres, depuis\nplusieurs années, une Société des Concerts par qui tous les musi-\nciens de notre jeune école, et jusqu'aux plus jeunes, sont aussi connus et\nappréciés en Angleterre qu'à Paris. Et voici qu'une société sœur, la\nBritish Concerts Society, se fonde à Paris pour y faire connaître toute la\nieune école anglaise.\nLe premier concert qu'elle a donné Salle Erard a été très sympathi-\nquement accueilli. On ne saurait dire cependant qu'il nous ait apporte des\nassurances bien précises sur l'état et la direction de cette école. Sans doute\nconvient-il, pour se former une opinion, d'attendre les concerts suivants,\net de connaître un plus grand nombre de compositeurs et de compositions.\nC'est par un hommage à l'ancêtre Purcell que fut inaugurée la séance ;\net son Evening Hymn est resté, il faut bien l'avouer, d'un voisinage\nécrasant pour sa descendance. Des lieder de MM. Elgar, Quilter, Somer-\nwell, Landon Ronald, Hubert Bath, remarquablement chantés par Mrs.\nSwinton et remarquablement accompagnés par M. Yves Nat, on aurait\npu mieux iuger, si les organisateurs du concert avaient pris le soin d'en"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.53", "texte": "LE MOIS\n123\n\nfaire distribuer aux auditeurs une traduction française. Dans l'ignorance\ncomplète de leur signification, la musique m'en a paru claire, assez large-\nment mélodique en général, assez noblement expressive, toujours un peu\ndans la même couleur, l'agréable Lullaby de M. Cyril Scott excepté, qui\nmalheureusement souffre, surtout vers la fin, d'une fâcheuse banalité. Des\nV ariations^d'une variété et d'une abondance excessives, extraites d'une\nsonate pour piano de M. Benjamin Dale, et deux pièces importantes pour\nalto et piano; une Romance de M. Dale, et une Sonate de M. York Bowen,\nformaient la partie instrumentale du programme. Je comprends que la\nprésence d'un altiste aussi accompli que M. Lionel Tertis ait fait surgir\nen Angleterre toute une littérature pour un bel instrument, d'habitude\nplus dédaigné ; mais quel que soit le talent de l'interprète, l'alto reste de\nressources bien monotones pour soutenir une composition développée.\nDe Mendelssohn, ces divers ouvrages, où l'on sent toujours le\nmusicien qui n'a pas trouvé sa forme et son expression personnelles et\nles cherche en tous sens, gardent la carcasse classique et la complaisance\nde certaines mélodies un peu creuses, un peu filandreuses. Ils ont leurs\ndéfauts, qui sont par exemple une grande difficulté à se décider à finir,\net une incohérence spéciale, qui les porte instantanément de la mélancolie\npuritaine aux pires clowneries de virtuoses. Mais ils ont aussi leurs\nqualités, qui méritent bien notre attention. Ils sont vivants. Ils sont\nconsciencieux. S'ils nous paraissent en trop d'endroits inégaux à l'inten-\ntion qui les inspira, du moins cette intention reste-t-elle fort estimable.\nDans une intéressante causerie préliminaire, M. Calvocoressi nous\na expliqué que cette musique reflétait déjà complètement les caractéris-\ntiques de l'âme anglaise. Ce sont là de ces choses que nous ne pouvons,\nà moins d'une étude très approfondie, que difficilement distinguer, tant\nque l'artiste n'a pas trouvé une caractéristique musicale en correspon-\ndance avec sa caractéristique morale. Car c'est ce qui frappe dès l'abord\nl'étranger. Voyez nos comportements envers les Russes. Nous ne considé-\nrons comme vraiment russe que la musique si particulière des Mous-\nsorgsky, des Balakirew, ou des Rimsky-Korsakov. Mais en Russie ceux-là\nsont assez peu prisés ; et le véritable musicien russe, pour les Russes,\ncelui qui exprime totalement l'âme russe, c'est Tschaïkowsky, en qui\nnous ne discernons qu'un méchant métis allemand. Il semble que les\nAnglais, d'après ce que nous en voyons et toutes proportions gardées, n'en\nsoient encore qu'à leurs Tschaïkowsky. Peut-être se reconnaissent-ils"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.54", "texte": "124\nS. I. M.\n\ntout entiers, et un peu enfantins comme ils sont souvent, en cet art qui\nne nous paraît point du tout particulier, parce qu'il n'est pas musicale-\nment particulier. Et peut-être possèdent ils quelque Moussorgsky, quelque\nBalakirew ignorés, qu'ils dédaignent de nous montrer, et en qui nous\nverrons un jour l'âme anglaise, parce qu'ils auront trouvé une musique\nsingulière, qui nous paraîtra bien anglaise.\nM. Calvocoressi a encore comparé la longue éclipse de la musique\nanglaise à celle que subit la musique française depuis Rameau jusqu'à\nl'époque moderne. Mais d'abord notre éclipse se serait infiniment moins\nprolongée ; ensuite il n'y a pas eu éclipse, à proprement parler. Si pendant\ncertaines périodes la musique française a suivi des voies qui nous paraissent\naujourd'hui déplorables et dont nous aimons à détourner nos yeux, elle\nn'en a pas moins constamment subsisté, et subsisté en tant que musique\nfrançaise. Et il faut distinguer entre les influences étrangères qui ont pu\nl'asservir durant ces intervalles. Assurément Gluck, Spontini, Meyer-\nbeer lui ajoutaient bien des éléments exotiques : mais ils subissaient en\nmême temps une profonde influence française. Ils avaient eux mêmes\nchoisi la France comme le pays où ils reconnaissaient le plus d'affinité\navec leur idéal, le terrain le plus favorable au développement complet\nde leur personnalité. Ils s'y métamorphosaient. Ils étaient des naturalisés,\nesthétiquement et spirituellement. L'influence de Rossini au contraire\nqui d'ailleurs s'exerça sur le monde musical tout entier serait plutôt\ncomparable à celle, plus tard, de Wagner. Elle resta purement italienne,\ncomme celle du maître de Bayreuth reste allemande. Encore y a-t-il bien\nquelque chose de français, et non le pire, dans\nL'Angleterre n'a jamais subi que ce dernier ordre d'influences. Seul\nHaendel s'y est sans doute un peu transformé : les autres, Haydn, Weber,\nMendelssohn, Gounod, n'y sont venus qu'en étrangers, en invités, qui\ndonnent le ton aux dilettantes, et passent, sans entrer en échange intime\navec la race. C'est là ce qui reste menaçant pour l'avenir musical de\nl'Angleterre. Et si nous distinguons enfin chez elle une volonté très forte,\nnombreuse, sincère, agissante, de créer une école nationale, nous ne dis-\ntinguons que la volonté et pas encore le génie. Le génie cependant ne\nsuit pas l'école, dans l'histoire de l'art : il la précède. Nous voyons même\nque la condition première du génie est la spontanéité, et qu'il est génie\nprécisément parce qu'il se jette hors de l'école. Une autre école naît sur\nses pas et bourdonne sur place vainement, jusqu'à ce qu'un génie nouveau"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.55", "texte": "LE MOIS\n125\n\nsurvienne. Et à côté du génie, tout ce qui est école est comme rien.\nL'école, stérile vestale, est utile pour veiller la flamme sur l'autel. Mais\nce n'est point elle qui l'allume, et elle ne la veille pas toujours très bien.\nEt l'autel étoufferait sous la cendre, si le feu du ciel, dans un grand souffle\nde l'esprit, n'v descendait parfois.\nr 5 J I (Y A QTHNJ (.APPATTn\n\nGaston Carraud.\n\nUN INTERVIEW DE DON LORENZO PEROSI\n\nDon Perosi vient d'obtenir à Naples un succès qui\ncomptera parmi les plus beaux de sa vie. Il a dirigé\nsa cantate \" Dies Iste \", son \" Salve Regine \" et ses\nsymphonies Rome et Florence. Notre correspondant\nparticulier a été assez heureux pour joindre le Maître\net celui-ci, avec la meilleure grâce du monde, a bien\nvoulu lui confier ses impressions et ses projets.\nL'église de Santa Chiara,une des plus belles et des plus vastes de\nNaples, est déserte. Au fond de la grande nef, devant le maître-autel, on\nvient d'achever l'estrade sur laquelle doit se placer le nouvel orchestre\nsymphonique que M. Carlo Clausetti, le représentant de la maison\nRicordi à Naples, et directeur de la \"\nMartucci\" a organisé pour cet hiver. Les ouvriers sont partis et fra Paolo,\nle moine sacristain, les clefs dans la main, se dirige vers la porte, lorsque je\nme présente.\nL'église va fermer, dit-il, que voulez-vous ?\nJ'attends le MaestroPerosi, qui m'a donné rendez-vous ici.\nEntrez, alors répond le moine —. Il va venir dans un moment\npour la répétition générale. Je vais ouvrir la grille du couvent d'où\npasseront les choristes et l'orchestre...\nIl me quitte et s'en va, clopin clopant, vers le couloir sombre qui\nlonge, au dehors l'église.\nJe n'ai aucun rendez-vous avec le Perosi ; je commence à\ncroire que ma présence dans l'église, sera remarquée par quelqu'un et\nqu'on me mettra gentiment à la porte. Je prends mon courage à deux\nmains et je passe derrière le maître-autel avec l'intention de me cacher\njusqu'au moment propice, pour tenter une conversation avec le célèbre\nabbé, que M. Clausetti a convié pour l'inauguration de sa Société de\nconcerts en lui confiant la direction de la \" Dies Iste"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.56", "texte": "Don Lorenzo Perosi.\nCroquis de La Bella.\n\n126\nS. I. M."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.57", "texte": "LE MOIS\n127\n\nTandis que je m'approche du tombeau de Marie de Valois, première\nfemme de Robert d'Anjou, morte en 1331, une main se pose sur mon\népaule et une voix amicale :\nComment, toi ici ? C'est le maestro Galassi, le directeur du\nCircolo Musicale Napolitano, qui a fourni ses élèves (plus de cent jeunes\nfilles et jeunes gens, dilettanti) pour les chœurs de la Cantata.\n—Je dois parler a don Lorenzo Perosi, et tu voudras bien me\nprésenter à lui.\nMais, c'est impossible, mon cher ; Don Lorenzo Perosi n'est pas\nbien disposé à l'égard des journalistes, et, puis, ici, à ce moment, quand\nil va diriger la répétition ! Ni avant, ni après la séance tu ne pourras lui\nparler.\nJ'insiste. J'ai une lettre de Paris à lui montrer et je me contenterai\nde quinze minutes, seulement !\nBien, attends, il arrive et j'essayerai ; mais, je te prie, cache-toi.\nLa répétition se fait à huis clos, et personne doit y assister. C'est l'ordre.\nL'orchestre se place ; les choristes aussi. Don Perosi, gai, souriant,\nson petit bâton à la main, se dirige vers l'estrade. Deux coups secs sur le\npupitre ; la répétition commence.\nSous la voûte sacrée de l'église les sons bruissent doucement dans un\nensemble d'harmonies simples, majestueuses. La mélodie s'élève noble,\nsévère, éclatante, délicate, ou dramatique, soutenue par l'orchestre le\nplus moderne.\nDon Lorenzo Perosi dirige, debout, les yeux dans les yeux des\nexécutants, qu'il anime par les expressions variées de son visage. Il se\npenche à droite, à gauche ; il chante, tout bas, avec l'orchestre, portant\nla main gauche sur sa bouche dans les pianissimo, ou brandissant le petit\nbâton avec force, pour obtenir tous les effets qu'il désire. On le comprend\nparfaitement ; il est satisfait.\nLa répétition est achevée ; don Lorenzo Perosi quitte sa place et\ngagne la sacristie. Il est fatigué, mais toujours souriant et enjoué.\nM. Clausetti et le maestro Galassi lui font compagnie lorsque je m'ap-\nproche pour lui présenter mes compliments et pour lui demander ses\nimpressions.\nJe suis très content me répond-il —. L'orchestre m'a compris\nimmédiatement et il joue très, très bien. Je ne puis prétendre à mieux.\nRemarquez qu'il vient à peine de se constituer. M. Clausetti a résolu le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.58", "texte": "128\nS. I. M.\n\nproblème de réunir en organisation tout à fait indépendante les instru-\nmentistes de vos théâtres.\nEtes-vous aussi satisfait de la masse chorale ?\nOui, oui. Il est bien difficile d'obtenir dans le Salve Regma\nl'ensemble que vous venez d'entendre. Cette composition à\nprésente maintes difficultés. Je dois même convenir que les élèves de\nMaestro Galassi se portent à merveille. Vous verrez demain. Je crois que\nle public en sera content.\nOn apporte les partitions et le Maestro Perosi sort de l'église. Je\nl'accompagne et je monte en voiture avec lui, pour lui faire part de mes\nintentions de journaliste.\nAh ! merci, merci. Certainement, je me souviens des amis de\nParis et je vous charge de les saluer de ma part. Mais, un article ! Par\nmoi ? Je n'ai pas le temps. Et mon école de Rome et la direction des\nservices à la Chapelle Sixtine ! Comptez tous les jours que je disperse en\nconcerts, en voyages et vous verrez que je puis à peine me livrer à mes\ntravaux de composition.\nEst-ce que vous préparez d'autres Oratorios ?\n—Je viens d'achever la symphonie intitulée A Messina et je\ntravaille, maintenant, à mon nouvel Oratorio \" \",\ndont j'ai pris l'inspiration dans la livre de Job. Comme les précédents,\ncet oratorio a été écrit pour soprano, chœur et orchestre.\nQuelle partie du livre avez-vous choisi ?\nLe soliste commencera aux paroles :\nmeae et le chœur continuera : Qui pour laisser au soprano :\nNonne sicut lac mulcisti me.Puis, encore le chœur : vocem\ndicentem mihi et la voix du soprano sur le Credo quod redemptor précédera\nle Deus qui nos patrern et finira avec le Requiem aeternam.\nCet oratorio ressemble-t-il aux précédents ?\nNon, au dernier seulement, comme durée: pas plus de trente-cinq\nminutes de musique.\nEt le genre, lyrique ou dramatique ?\nQue voulez-vous que je vous dise. C'est mon genre habituel\navec un peu plus de douleur. Vous savez que Job a beaucoup souffert !...\nJ'ai tâché, comme d'habitude, du reste, de donner libre chemin à la\nmélodie, la seule que le public de tous les pays aime entendre toujours\net que je sente sortir de mon âme."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.59", "texte": "LE MOIS\n129\n\nPardonnez-moi, Maestro, si je vous demande votre opinion sur\nla musique moderne.\nCe serait trop long à dire cela ! La musique que j'ai cultivée,\ncher Monsieur, a bien ses grands modèles : dans l'église Palestrina, dans\nl'Oratorio Bach et dans le théâtre Wagner. Généralement on fait une\ngrande confusion entre la musique sacrée et la musique religieuse. La\npremière est réservée aux fonctions rituelles de l'Eglise ; la seconde,\nau contraire, quoique inspirée par les livres saints, s'adapte aux exécu-\ntions symphoniques et chorales, soit dans les églises, soit dans les grandes\nsalles de concerts.\nEt dites-moi, Maestro, vous ne pensez pas au théâtre ?\nNon, je n'y pense pas. Ce sont les journaux qui, de temps en\ntemps, mettent en circulation ces bruits inconsistants.\nOn a cru parce que vous aviez intitulé vos symphanies A\nFlorence, A Messina, et A Rome...\nJe vous comprends, n'insistez pas ; mais voilà justement ce qu'il\nfaut bien expliquer. Mes symphonies n'ont aucun caractère religieux ni\npolitique. Elles sont de la musique pure et simple. Je me suis inspiré de\nla poésie de la belle ville de Dante et des fleurs, de la grandeur de la\nville éternelle, où je passe ma vie et qui est ma seconde patrie, et, enfin,\nde la pitié du désastre de Messine.\nEt, ensuite, que comptez-vous faire, Maestro ?\nPour le moment je ne saurais vous le dire. J'ai des engagements\net des offres auquels je n'ai pas encore répondu. J'ai accepté seulement\ndeux concerts à Paris. A Paris je retourne avec plaisir. J'y compte\nbeaucoup d'amis parmi les élèves du grand César Franck, auteur\nmalheureusement peu connu en Italie. C'est pour le 10 avril, je crois.\nJe vais diriger le Dies Iste et la symphonie Florence et Naples, puis, je\ndonnerai mon nouvel oratorio : In Pa\nEt en Amérique ?\nOui, on me demande aussi là-bas, mais, pour le moment, je n'ai\nencore rien décidé. J'ai refusé, ces jours-ci, un engagement de cent mille\nfrancs. Ce n'est pas l'argent qui me tente, et, puis, c'est si loin !...\nLa voiture s'arrête devant l'hôtel ; notre conversation est finie.\n5\n\nGen. de Leva."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.60", "texte": "130\nS. I. M.\n\nLETTRE D'ORIENT\nM. Allix nous ayant adressé quelques réserves au sujet d'un article du R. P. T hibaut,\nparu dans 1' S.I.M. d'avril, nous avons cru bon de transmettre à l'auteur, à Odessa, la lettre de\nnotre collègue parisien. Le R. P. Thibaut répondit à son tour à ces objections et nous sommes\nheureux de pouvoir aujourd'hui soumettre à nos lecteurs les pièces de cette savante polémiqué.\nVoici tout d'abord la lettre de M. Allix :\nCher Monsieur,\nJ'ai lu avec un extrême intérêt l'article du P. Thibaut sur le neï et\nla musique orientale. Mais il me met dans une singulière perplexité. Je\nsavais depuis longtemps que sur ce sujet si embrouillé des gammes\norientales, les auteurs se contredisent entre eux ; si maintenant ils se\nmettent à se contredire eux-mêmes que deviendrons-nous ? c est a en\nperdre la tête. D'après le P. Thibaut d'avril 1909 (5.1.M.) \"la gamme\nnaturelle turque ou orientale est la suivante : \"\nMais d'après le P. Thibaut de 1906 (Revue Musicale, lerIer février 1906)\nla même gamme était :\n(Elle provient d'une division de l'octave en 17 parties où ne figurent que\nle limma et le comma pythagoriciens) ; ici le ton mineur est remplacé\npar le double limma, qui est plus petit d'un chisma ; et le demi-ton\ndiatonique ff est remplacé par l'apotome qui est plus grand du même\nchisma. (Le chisma est le très petit intervalle fffgf, qui est le rapport\ndu comma de Pythagore au comma syntonique).\nA qui devons-nous entendre? Pratiquement,la différence est insensible\nvu la petitesse du chisma (moins de ëèoe d'octave ou de 5V de demi-\nton tempéré mais elle a une importance théorique très considérable.\nUn peu de lumière serait à souhaiter. La confusion devient inextri-\ncable si l'on fait intervenir les diverses élucubrations de Raouf Yekta dans\nla Revue Musicale (printemps de 1907, et plus récemment encore). Cet\nauteur déclare être parfaitement d'accord avec son \" ami \" le P. Thibaut"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.61", "texte": "LE MOIS\n131\n\n(celui de 1906 !!), qui seul, à son dire, aurait correctement exprimé les\nintervalles de la gamme orientale. Oh ! parfaitement d'accord ! Seulement\ntandis que le P. Thibaut divise l'octave en 17 parties, lui, R. Yekta, la\ndivise en 24 ; à cela près ! Et l'on serait d'abord tenté de croire que cette\ndivision en 24 est le tempérament égal préconisé vers 1830 par Michel\nMeshaka de Damas et adopté, par ex., par Hornbostel lequel admet pour\nla gamme diatonique les intervalles que donne conventionnellement ce\ntempérament savoir (en 24\" d'octave): 4+3 + 3+4+3 + 3 + 4. Mais\npas du tout, car le dit Yekta déclare (Revue Musicale du ir avril 1907):\n\" Les oreilles de nos musiciens sont habituées à saisir 24 intervalles dans\nune octave, et chaque musicien ou chanteur de l'Orient est bien capable\nd'exécuter ces intervalles, soit sur son instrumento soit avec sa voix. \"\n[Consécutivement ? chaque musicien? ? hum... qu'elle est la différence de\nlatitude entre Constantinople et Tarascon ?] Cependant il ne faut pas\ncroire que ces intervalles sont tous égau ...\"\nAlors quoi ? Est-ce qu'un personnage idoine ayant quelque esprit\ncritique et quelque habitude de la précision scientifique, ne pourrait pas\ntirer tout cela au clair ? .\nBien à vous\nG. ALLIX.\nVoici la réponse du R. P. Thibaut:\nCe m'est un plaisir, Monsieur le Directeur, de répondre à votre\naimable invitation et de donner à votre docte collaborateur ces quelques\nmots d'éclaircissement qu'à bon droit il réclame, pour être tiré du\nsingulier état de perplexité dans lequel l'ont bien malencontreusement\njeté certaines affirmations, en apparence contradictoires, relevées au cours\nde deux articles que j'ai publiés à des époques différentes sur la musique\nOrientale.\nLes questions multiples et complexes qui ont trait à l'étude de la\ntonalité orientale ne sont point à la vérité, de celles que l'on peut résoudre\nau pied levé au cours d'un ou deux articles de revues, aussi bien appelé-je\négalement de tous mes vœux avec M. G. Allix, le personnage idoine qui\npourra enfin nous donner quelque jour un bel et solide ouvrage sur la matière.\nVoici pour ce qui me concerne la justification, ou plutôt, les éclaircissements\ndemandés au sujet du peu que j'ai écrit sur la tonalité orientale."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.62", "texte": "132\nS. I. M.\n\nDans un premier article paru dans la Revue Musicale (ier février\n1906), article qui était la reproduction partielle d'une modeste con-\nférence donnée à la Schola cantorum de S' Chamond (Loire), j'ai cité le\ndiagramme fondamental des Orientaux dit de Pythagore, accepté par\nFarrabbi, Abdel Kader et tous les anciens théoriciens arabes et persans\nlesquels divisent l'octave en 17 intervalles ou 18 sons qu'ils représentent\nmathématiquement, dans un but purement didactique, par les chiffres\nordinaux de 1 à 18, intervalles qui concourent à la formation de deux\ntétracordes réguliers comprenant trois espèces de tons : le ton majeur, le\nton mineur et le ton minime. Le ton majeur composé du double limma\nplus la neuvième partie d'un ton ou comtna de Pythagore ce qui nous\ndonne l'intervalle de 9/8, le ton mineur composé uniquement du\nlimma formant un intervalle caractérisé par la fraction If&ff, le ton\nminime ou demi ton majeur appelé apar les pythagoriciens, inter-\nvalle formé par la réunion du comma de Pythagore et d'un limma dont\nle rapport harmonique est représenté par la fraction fèff.\nDans un second article paru dans le Bulletin de la Société\nnationale de Musique (Avril 1909), j'ai reproduit en cours de démons-\ntration, le diagramme fondamental non plus théorique mais pratique de\nla musique turque avec indication des rapports mathématiques qu'il\ncomporte sur le néï Mansour qui est un des principaux instruments\naccompagnateurs des voix dans les concerts, soit :\nCette gamme que l'on peut théoriquement diviser en 18 parties à\nl'instar des anciens théoriciens arabes et persans, les turcs la divisent\npratiquement en 23 degrés ayant chacun sa dénomination propre, en vue\nde caractériser les 22 intervalles inégaux qu'ils renferment, ou, en suivant\nle système syrien de Meshaqa, basé non plus sur la tonique ré mais sur\ncelle de sol,en 25 degrés comprenant 24 intervalles inégaux comme en\nfait foi le schéma comparé de ces deux gammes, composé sur les données\nde M. Raouf Yekta."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.63", "texte": "LE MOIS\n133\n\n•g ÉCHELLE TURQUE » ÉCHELLE SYRIENNE DE MESHAQA\n| p— g,\nW Noms Longueur de corde Q Noms Longeur de corde\n1 Teka. 768 1 768\n2 Pest buyati. 729 2 Nim hsar. 746\n3 Pest hisar. 719 Ui3 hsar. 734\n4 Pest hisarek. 691 iU4 tik hsar. 705\n5 <Ashiran. 682 f 5 'Oshiran. 685\n6 'Adjam'ashiran. 648 6 Nim'adjam. 663\n7 Suzidil. 639 Ifff 7 «Adjam. 645\n8 'Araq. 615 8 Iraq. 6i^j\n9 Gewasht. 606 ff 9 Kawasht. 608\n10 576 10 Tik hawasht. 611\n11 Nehani. 546 f 11 ifoj/. 575\n12 Zengulch. 539 12 Nim zergelah. 558\n13 Buzruk. 518 13 Zergelah. 542\nr4 Duga. 512 14 Tik zergelah. 526\n15 Kurdi. 486 15 512\n16 Uzal. 479 US! 16 Nim kurdi. 497\n17 Segia. 461 ïVar 17 Kurdi. 483\n18 Puzelik. 455 J 18 469\n19 Tsharga. 432 19 Buzalik. 457\n20 Hedjaz. 410 tV 20 Tik buzalik. 443\n21 Saba. 404 îi 21 430\n22 Nerimeh. 389 ï%8A 2 Arbà. 417\n23 Newa. 384 23 Hedjaz. 406\n24 Tik hedjaz. 394\n25 384\nDe ces deux systèmes le plus parfait est sans contredit le système\nturc, attendu qu'il nous présente des données harmoniques identiques\npour le fond à celles qui nous ont été fournies par les anciens théoriciens\narabes et persans. En effet, ce diagramme fondamental dont les savantes\ncombinaisons donnent naissance à l'extraordinaire variété des modes et\ndes gammes orientales, concoure au même titre que les 17 intervalles\nde l'échelle arabe dite pythagoricienne, à la formation de deux tétracordes\nréguliers, comprenant trois espèces de tons : le majeur, le mineur et le\nminime."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.64", "texte": "134\nS. I. M.\n\nPremier t\n( ton mineur f limma i Teka.\nton majeur J -j fff 2 pest beyati.\n§ ( limma 3 pest hisar.\nv comma pyth. 4 Pest hisarek.\n!limma 5\napotome J [6 'adjam 'ashiran.\n1 iimma ] • i • i\n( 7 suzidil.\napotome j 8 '^aq\nr ( limma 9 gewasht.\n10 Ras t.\nSecond tètracorde.\n10 Rast.\n11 nehawi.\n12 zenguleh.\n13 buzruk.\nTJJ 14\nIdem. < r, 6 ..\n15 Kurdi.\n16 uzal.\n17 Segia.\n18 puzelik.\n19\n' (ton mineur limma 20 hedjaz.\nDegré J ton I J .. J 21 saba.\nsupplémentaire. majeur j ( imma | 22 lier;me}1_\nv comma pyth. 23 Nawa.\nPour ce qui est de la délicatesse d'oreille des Orientaux et de leur\nsûreté d'interprétation musicale, l'une et l'autre sont absolument remar-\nquables, mais on aurait tort de croire comme l'a très judicieusement fait\nobserver Helmholtz que les diverses particularités harmoniques des\ngammes orientales soient si faible qu'il faille une éducation incroyable-\nment raffinée de l'oreille pour en apprécier l'effet esthétique, je prétends\nen effet, avec l'illustre physicien \"que cette opinion des modernes\nthéoriciens ne peut avoir pris naissance que parce qu'aucun d'entre eux\nn'a cherché à réaliser dans la pratique ces différents modes, et à les com-\nparer au moyen de l'oreille. \"J\nP. J. THIBAUT,\nDES AUG. DE L'ASSOMPTION.\n1 Théorie physiologique de la musique, p. 370."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.65", "texte": "MUSICIENS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI, par\nADOLPHE JULLIEN. (Fischbacher, in-12.)\nCe titre réunit quelques feuilletons de critique courante,\nécrits pour le Moniteur Universel ou pour le Journal des Débats,\nde 1890 à 1909. Très pénétré de son rôle d'éducateur, M. Jullien\nn'hésite pas à faire entendre de dures paroles à ses contemporains\net à fustiger d'importance les enthousiasmes irréfléchis de certains\nsnobs. Sa plume, souvent pessimiste, parfois même morose, est\ntoujours guidée par la plus entière bonne foi ; elle dédaigne aussi\nbien l'ironie superficielle que le mot à succès facile.\nSi beaucoup des prévisions de M. Jullien se sont trouvées\nréalisées, il en est quelques-unes que le temps a formellement\ndémenties ; tels jugements portés sur César Franck, par\nexemple. En 1896, après une audition de Rédemption,\nM. Jullien concluait : \" L'inspiration fait défaut, et aussi, le\ngrandiose et le sublime L'œuvre entière est froide.\" En\n93, il s'indignait contre certaines gens qui osaient prétendre que\nl'auteur des Béatitudes avait du génie et qui voulaient voir là\nl'œuvre la plus puissante éclose depuis 30 ans. De telles appré-\nciations lui faisaient l'effet d'énormes pavés de l'ours \" et il se\ndemandait : \" de qui donc est-ce qu'on se moque ici ? \"\nT 5 * 1 * ... .\nJ ai bien peur que, pour une fois, M. Jullien ait voulu voir de l'ironie là où elle\nn avait que faire. Somme toute, ce recueil est singulièrement instructif pour l'histoire du\ngoût musical en France.\nV. P.\nF. BRUN (L'abbé). TRAITE DE L'ACCOMPAGNEMENT DU CHANT GRÉGORIEN.\n(Paris, au bureau de la Schola, 1909, in-8, 65 p.)\nLa reforme du chant liturgique et la publication de l'édition Vaticane rendaient\nnécessaire un enseignement nouveau de la théorie et de la pratique de l'accompagnement.\nM. 1 abbe Brun est assurément l'un des guides les plus sûrs et les plus discrets que puissent\nchoisir sur ce terrain les apprentis grégorianistes et même les grégorianistes exercés. Nous ne\nsavons sil s est souvenu de l'adage que les pédagogues de la Renaissance inscrivaient\nvolontiers en tete de leurs livres scolaires : \"la brièveté plaît aux modernes \". Il s'y est, en\ntous cas, conforme. Son Traite n'a que 37 pages de texte, que suivent des exemples notés.\nDire en peu de mots tout ce qui est essentiel, et le dire clairement, n'est pas chose commune.\nCe qui 1 est encore moins, c'est de se montrer à la fois observateur scrupuleux de toutes les"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.66", "texte": "136\nS. I. M.\n\nexigences de la tonalité et de l'accentuation grégoriennes, et musicien délicat, ennemi des\nformules usées et des cadences banales. Les 22 pages de musique qui suivent le traité con-\ntiennent des exemples d'accompagnement de mélodies grégoriennes pour chacun des huit\ntons, signés de MM. Bordes, Brun, Gastoué, Guilmant, d'lndy, de La Tombelle, Orban,\nPerruchot, de Ranse et de Séverac, un interlude de Titelouze et trois interludes, très beaux,\nde M. René Vierne, pour l'hymne Urbs Jérusalem.Comme le dit fort bien M. l'abbé Brun,\nces pièces \" prouvent éloquemment qu'on peut faire des choses très musicales et même très\nmodernes avec la tonalité et les thèmes grégoriens, et que les improvisiateurs de cavatines et\nde pastorales (en guise d'interludes) n'ont aucune excuse \".\nM. BRENET.\nE. MEIGNEN ET E. FOUQUET. LE THÉÂTRE ET SES LOIS, (I vol. in-8,\nLibrairie Théâtrale.)\n\"Il nous a semblé, disent MM. Meignen & Fouquet dans leur introduction, qu'il\n\" manquait un recueil pratique réunissant, sous la forme simple du dictionnaire, tous les\n\" renseignements que les auteurs, les écrivains, les directeurs de théâtre, les artistes, les\n\" spectateurs, et ceux qui s'intéressent à l'art dramatique ne peuvent se procurer qu'au prix\n\"de longues et difficiles recherches \". Les auteurs ont parfaitement atteint le but qu'ils\ns'étaient proposé : leur ouvrage, dans lequel la disposition alphabétique des matières rend les\nrecherches faciles et rapides, contient un très grand nombre de renseignements qui intéresse-\nront tous les amateurs de théâtre et de musique. Je ferai cependant une remarque : les\nauteurs, lorsqu'ils citent une décision de jurisprudence, n'indiquent aucune référence ; c'est, à\nmon avis, une lacune, même dans un recueil de vulgarisation. Enfin, une omission plus grave\nest celle de la loi du 12 avril 1906 sur les accidents de travail : cette omission rend inexact le\nparagraphe consacré à ce sujet.\nQuoi qu'il en soit, il faut savoir gré à MM. Meignen et Fouquet d'avoir mis à la portée\nde tous, les notions qu'il est indispensable d'avoir et les renseignements qu'il est souvent\nutile de connaître, sur les conditions, les usages et la réglementation de notre vie théâtrale et\nmusicale moderne.\nGEORGES BAUDIN.\nNORLIND (TOBIAS). CHANSONS SCOLAIRES LATINES EN SUÈDE ET EN FINLANDE.\n(XVI 187 pp.) 2 illustrations, 1 appendice musical. Lund, 1909. Imprimerie de\nHakan Ohlsson).\nDans cette publication extraite de l'annuaire de l'Université de Lund. M. Norlind,\nmusicographe suédois connu par ses nombreux travaux sur l'histoire musicale de la Suède\ns'est attaché à faire ressortir l'importance du chant dans l'éducation des enfants de son pays,\nau moyen âge, sous la Réformation et jusqu'au début du 19e siècle, période pendant laquelle\nla Finlande était encore sous la domination suédoise.\nIl nous apprend que les collégiens allaient de paroisse en paroisse mendier et quêter en\nchantant des cantiques latins, usage dégénéré en abus contre lequel les municipalités\ns'efforcent de réagir, mais en vain, puisque ces sortes de quêtes persistent, malgré leur\ninterdiction, jusqu'au commencement du 19e siècle. Cependant on était arrivé graduellement\nà supprimer l'emploi de ce choeur scolaire à l'église où il fut remplacé par l'organiste\naccompagnant le chant des fidèles, et dans les fêtes et cérémonies religieuses ou autres dont la\npartie musicale était de plus en plus confiée à des instrumentistes attachés aux diverses\nmunicipalités."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.67", "texte": "LES LIVRES\n\n137\n\nLe Cantor, grand-maître du Collège au moyen âge réglait l'enseignement vocal des\nélèves qui chantèrent d'abord à l'unisson récitatifs, hymnes, psaumes puis plus tard des\ncantiques ou Pics Cantiones à plusieurs parties. Ces oeuvres chorales de composition plus\ncompliquée et dont l'auteur a dressé la nomenclature n'étaient pas toutes d'origine Scandinave,\nainsi qu'en témoignent certains cantiones du 16e et du 17e siècles qui se ressentent des\ninfluences littéraires et musicales venues à ces époques d'Allemagne principalement avec\nHeinrich Albert et Georg Weber de Koenigsberg ainsi qu'avec Johan Rist et Heinrich Pape\nde Hambourg. Ce dernier fut même nommé en 1662 organiste de l'église Jacob de Stockholm.\nOn retrouve l'influence française dans certaines chansons scolaires du moyen âge qui\nfont allusion aux mœurs dissolues des couvents et sont imitées des cantiones de l'école de Paris\nfréquentée souvent au 13e siècle par les étudiants suédois après un séjour d'études à Cologne.\nMais à partir du 14e siècle Paris est délaissé pour Cologne, Prague, Erfurt et Leipzig.\nAinsi se conçoit que les chansons scolaires, suédoises de cette époque n'offrent rien de\nspécialement Scandinave, leur structure est exactement la même que celle des chansons des\nautres pays, sauf parfois en ce qui concerne leur refrain. Elles se rapprochent au point de vue\nmélodique de la chanson populaire allemande du 14e et du 15e siècle : presque toujours de\nmesure binaire, rarement à trois temps, elles comportent une note pour chaque syllabe.\nAu cours de leurs promenades de paroisse en paroisse à l'occasion des grandes fêtes, les\ncollégiens accompagnaient parfois leurs chants latins, de danses, usage que M. Norlind explique\npar l'origine païenne de ces fêtes transformées par l'Eglise en cérémonies religieuses, et il est\namené ainsi à signaler la danse des épées et celle des arceaux de caractère comique, réservée\nla première à la corporation des forgerons et la seconde à celle des tonneliers. Le sens\nmythique de ces deux danses qui se complètent et dont il donne deux gravures, l'une de 1555\net l'autre de 1776, est la lutte entre l'hiver et l'été ou celle du Comte de Mai et du\nComte d'Hiver.\nL'auteur termine son étude si documentée en déplorant la décadence des piœ cantiones\nhâtée par la victoire des danses de salon et ajoute que lorsque vers 1740-50 la chanson\nscolaire chercha à se relever, c'était trop tard, de nouveaux styles étaient nés, l'ère des\ncantates d'église et des oratorios avait commencé.\nEt ce n'est plus qu'en Finlande, pays éloigné des grands courants de civilisation, que\nl'antique chanson scolaire latine s'est conservée et c'est de là qu'au seuil du 20® siècle nous\nviennent les dernières bribes d'une floraison autrefois si riche et si imposante.\nWILLIAM MOLARD.\nO. G. TH. SONNECK. REPORT ON \"THE STAR-SPANGLED BANNER \", \" HAIL\nCOLUMBIA \"AMERICA\", \" YANKEE-DOODLE \". (Washington, pet. in-40 v. 255 p. avec\n23 planches).\nLe distingué bibliothécaire de la section musicale de la grande Library of Congress, ou\nBibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington, avait reçu mission de rechercher les\norigines et les diverses versions des quatre chants nationaux ou populaires dont les titres sont\nénumérés ici. Il l'a fait avec une telle diligence, que son rapport forme tout un volume, d'une\nabondance d'informations extraordinaires, des plus curieux comme rapprochements, orné\nd'ailleurs de nombreux fac-similé des vieilles éditions, de citations musicales, et complété par\nune table copieuse des noms et des choses. Il fait le plus grand honneur à M. Sonneck.\nH. DE CURZON."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.68", "texte": "138\nS. I. M.\n\nHENDRICH (Hermann). — Der Ring des Niebelungen, in Bildern. (Lpz. J. J. Weber.\nin fol. 50 frs.)\nJe ne sais pas si Wagner, comme l'écrivait dernièrement un de nos collègues \" na rien\ninvente \". Mais ce qui est évident, c'est qu'il a provoqué un courant d'idées et d'effervescence\nartistique, comme peu d'humains ont été capables de le faire. Aussi, ceux que Wagner ennuie,\nont-ils soin de s'attaquer de préférence au \" Wagnèrisme \", plutôt qu'au Maître et à sa musique.\nSur Wagner tout le monde feint de s'accorder, mais on se rattrappe sur les Wagnériens. Ceux-\nlà n'ont pas cessé d'avoir une mauvaise presse d'un certain côté de la barricade musicale;\nparce qu'on sent évidemment que ces propagateurs de la foi nouvelle, constituent le vrai\ndanger. Sans eux, Wagner serait un homme comme tout le monde, un grand musicien, voilà\ntout. Avec eux il devient un chef d'école, dont la doctrine dépasse de beaucoup la rampe de\nl'opéra. Son rôle n'est plus celui d'un sympathique amuseur, mais celui d'un homme d'action,\ndont les prosélytes envahissants se retrouvent partout. Inde irae !\nLes arts plastiques, comme la littérature, ont subi l'influx wagnérien. Certains inconsciem-\nment, d'autres avec la ferme volonté oe paraphraser par le dessin et la couleur, les rêves\ndramatiques du maître de Bayreuth. M. Hendrich vient, à son tour, nous présenter ses visions\ninspirées par la Tétralogie. L'ouvrage est somptueux et les planches en couleurs y sont rendues\navec ces perfectionnements modernes qui rendront bientôt l'achat des originaux tout à fait\ninutile. Il y a 14 grandes compositions dans ce livre, toutes conçues avec un sens ingénieux de\nla couleur décorative. M. Hendrich est peintre beaucoup plutôt que dessinateur. C'est l'en-\nsemble des teintes qui règle l'ordonnance de ses toiles, et décide de l'impression qu'elles doivent\nfaire. Il y a là de très curieuse fulgurations, des obscurités rehaussées d'or tout à fait fantastiques.\nL'ensemble est assez la signification de l'art allemand moderne. La tendance décorative l'emporte.\nUn Français eut fait de l'illustration. M. Hendrich est hanté par la simplification du décor.\nEt n'oublions pas qu'il s'agit ici d'un art musicalisé. Qui dira tout ce que la plastique\nmoderne doit à l'explosion musicale du XIXe siècle ? La vieille imitation de la nature, avec\nses règles de composition logique, a fait place à une fantaisie sensuelle, où la volupté des yeux\ncherche avant tout à se satisfaire. La musique, qui est l'art du perpétuel devenir a engendré\nce que nous appelons aujourd'hui 66 la maladie de Vesquisse \", la passion de l'imprécis. L'œil ne\nveut plus qu'on le fixe en un moment de sa vision, mais au contraire qu'on l'associe à ce\nsentiment de relativité, d'éternelle ambiance, qui nous donne la notion de la vie. Un tableau\nn'est plus une reproduction mais une allusion à un élément mystérieux.\nCes tendances apparaissent, comme il convient, dans une transposition visuelle de\nl'Anneau du Niebelungen. Elles ne paraissent excellemment réalisées, et surtout dans le tableau\ndes Nomes, dans la Grotte de Fafner, enfin dans cette mort de Siegfried, dont la réduction ci-\ncontre peut donner une idée. C'est là un très bel ouvrage. J. E.\nRECTIFICATION. — A propos de l'article publié dans notre numéro de décembre\npar M. A. Gastoué, sous le titre de \" L'édition Vaticane, \" nous avons reçu une lettre d'un\nM. Dupont, que nous avons communiqué à notre collègue Gastoué, et à laquelle ce dernier a\nfait réponse. Nous croyons servir la cause de nos deux correspondants en résumant simplement\nici les éléments de leur polémique.\nM. Dupont écrit :\nuDom Pothier ni ne commença la publication de la Paléographie Musicale, ni n'écrivit le\npremier tome, ni même n'y collabora avec qui que ce soit, ni, à aucun moment, n'eut à laisser\nà Dom Mocquereau le soin d'y continuer la restauration grégorienne. Le seul inspirateur, le"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.69", "texte": "La mort de Siegfried.\n\nSpécimen réduit d'une des 14 gravures à quatre couleurs contenues dans l'ouvrage \"L'Anneau du Nibelungen\" d'après des tableaux de\nH. Hendrich, avec texte français, allemand et ang-lais. Editeurs: Leipzig-, J. J. Weber; Paris, Librairie Fischbacher. 20 Francs."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.70", "texte": "LES LIVRES\n139\n\nseul fondateur et le seul directeur de cette publication, c'est Dom Mocquereau. A lui et à\npersonne d'autre qu'en revient tout le mérite. Sans doute il y intéressa des ouvriers\nprécieux : Dom Cabrol et Dom Caqin, dès la première heure, et, ces dernières années, Dom\nPierre de Puniet et Dom Beyssac. Mais Dom Pothier, en dépit d'instances nombreuses, s'en\ndésintéressa dès le principe. La seule collaboration qu'il fut possible d'obtenir de lui, et non sans\npeine, fut une Etude sur les Neûmes Accents, soit dix pages du tome II qui en comprend 88 ;\nencore l'a-t-il pas achevée lui-même, et les tableaux qui suivent (p. 37-88), sont de Dom\nMocquereau et de Dom Delpech.\"\nM. Gastoué répond :\n\"M. Dupont veut bien me corriger et me faire remarquer que Dom Pothier n'écrivit que\ndans le Tome II de la Paléographie et non dans le Tome I, comme je l'avais écrit par\nmégarde. L'erreur est explicable, la correction aisée à faire et je considère l'incident comme\nclos. \"\n\nLIVRES REÇUS\nTAYLOR (David C.). The Psychology of Singing. (New York, Macmillan\nin-120 de 370 pp.).\nKRAUS (A. fïglio). Appunti sulla Musica dei popoli nordici. (Firenze in-8° de\n43 PP-> 12 PP- de musique et 3 planches).\nLEE (E. Markham). The Story of Opéra. (London Walter Scott Pub. C° 1909\nin-120 de 270 pp.).\nLANDORMY (Paul). Histoire de la musique. (Paul Delaplane 1910 in-120 de\n260 pp. 4 frs.).\nEBEL (Otto). Les femmes compositeurs de musique. Trad. française de Louis\nPennequin. (Paul Rosier, 191 o in-120 de 192 pp. 4 frs.).\nFINDEISEN (Nicola). Mélanges de musicologie (en russe) Pétersbourg 1903-1907,\n3 vol. in-B°.\nHistoire de la Société impériale de musique (1859-1909) Pétersbourg 1909 in-8° de\n240 pp.\nCOERNE (Louis-Adolphe). The Evolution of Modem orchestration. (New\nYork, Macmillan. 1908 in-8° carré de 280 pp.).\nLA M ARA. Musikalische Studienkoepfe. Band 111. (Breitkopf 1910 in-120\nde 320 pp. M. 4.).\nPUGNO (Raoul). Les leçons écrites. Chopin. (Librairie des Annales, 1909 in-40\nde 71 pp. 6 frs.)."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.71", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS. - SÉANCE DU 15 JANVIER 1910\nLa séance est ouverte à 9 heures, sous la présidence de M. Lionel Dauriac, président\nd'honneur.\nPrésents : MM. Dauriac, Poirée, Prod'homme, de la Laurencie, Ad. Boschot, E. Wagner,\nLaugier, d'Ortigue, G. Lefeuve, H. de Curzon, Or. IVlarage, Jean d Udine, de I>ertlia,\nGuérillot, Gastoué, Mmes Daubresse, Pereyra, Capoy, Delhez, Hibert.\nExcusés, MM. Malherbe, Ecorcheville, Vines, Mme Gallet.\nCandidatures :\nMM. le Cte Amédée de Vallombrosa, présenté par MM. Guérillot et Ecorcheville.\nLouis Delune, compositeur, présenté par id. id.\nMlle Jules Roche, présenté par Mme Gallet et M. Poirée.\nM. Raymond-Duval, présenté par id. id.\nCes candidatures sont admises à l'unimanité.\nLa parole est ensuite donnée à MME CAPOY pour une communication sur les Noëls\nnormands du XVP siècle.Cette communication est illustrée par l'audition de dix Noëls chantes\npar Mime Capoy ; Chantons Noël par mélodie ; l berger es ,• Ou\nA V ombre d'un buissonnet ; Chantons tous joyeusement\nnom ; Bergers, j'ai ouï la nouvelle ; Chantons Au piano\nM. E. Wagner.\nM. Gastoué fait quelques observations relatives à la tonalité de certaines de ces pièces,\nqui empruntent les tons ecclésiastiques, mais avec des altérations, provenant de ce fait que la\nplupart de ces cantiques populaires ne nous sont parvenus que dans des versions datant du\nXVIIIe siècles.\nPuis Mlle KARITÉ mime et danse des pièces de M. Déodat de Severac.\nSur la proposition de M. Ad. Boschot, on adopte à l'unanimité le vœu que la salle des\nconcerts du Conservatoire soit conservée lors de la démolition des constructions de 1 ancien\nhôtel des Menus-Plaisirs et du transfert du Conservatoire rue de Madrid. Ce vœu sera présenté\nau sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts par une délégation de la Section.\nLa séance est levée à 11 h."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.72", "texte": "CHANSON INÉDITE\nParoles de M. MAETERLINCK.\nMusique de GABRIEL FABRE."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.73", "texte": "142\nS. I. M."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.74", "texte": "CHANSON INÉDITE\n*43"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.75", "texte": "L'ACTUALITÉ\ni\nMUSICALE\nANNEXE DE LA REVUE MUSICALE S.I.M.\nPUBLIÉE PAR LA SECTION DE PARIS DE LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n«\n15 FEVRIER 1910\nFRANCE ET BELGIQUE\nLe numéro: 0.40 - Un an: 4.00\nUNION POSTALE\nLe numéro: 0.60 - Un an: 6.00"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.76", "texte": "L'JC TU ALITÉ MUSICALE\nRÉDACTION :\nPARIS: 22, RUE ST. AUGUSTIN\nBELGIQUE: RENE LYR A BOITSFORT, BRUXELLES\nADMINISTRATION :\nLIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, PARIS.\nTous les mandats doivent être adressés soit à la librairie DELAGRyIVE,\nsoit à M. REiï\n'• ■ ! 1 ''• ■' . il\n\nSOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ\nDU 15 FÉVRIER\nTHEATRES ET CONCERTS, à Paris par GUÉRILLOT Province. Belgique.\nÉtranger. —JOUR ET NUIT, par PIERRE JOBBÉ-DUVAL. LES INSTRUMENTS; les\nnouveautés de partout par L. GREILSAMER. Notice historique sur le hautbois par BRIDET.\nQUESTIONS SOCIALES; le Gracieux Concours par M. DAUBRESSE. COURS\nET CONFERENCES à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales par G. ROUCHES.\nL'EDITION MUSICALE. Bérénice de Magnard, par Samazeuilh : Le quatuor à cordes\nde Th. Dubois, par J. E."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.77", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nCe modeste compte rendu des Concerts de\nJanvier à Paris débutera par une \" annonce\net réclamera \" toute l'indulgence du public\ncar il sera insuffisant et incomplet. Le cente-\nnaire de Haydn qui a valu à l'S. un\nnuméro documentaire et à Y Actualité Musicale\nle \"Mois\" de M. Gaston Carraud nous a\nempêchés de faire même une simple mention\ndes concerts de décembre. Et voici que pour\nceux de janvier, nombreux et souvent impor-\ntants, les inondations, qui ont coupé Paris en\ndeux, ont singulièrement compliqué la tâche\nde nos collaborateurs. Malgré leur courage, ils\nont plus d'une fois reculé devant les dangers\nd'une navigation jusqu'aux salles Gaveau,\nErard et Pleyel. Eux aussi ont été débordés.\nNe voulant, contrairement à l'usage, parler\nque de ce qu'ils avaient entendu, ils ne nous\nont rien envoyé sur bien des séances certai-\nnement intéressantes. Que le lecteur nous\npardonne ! Février sera sans doute plus clé-\nment : de tant de flots envahissants il 11e sub-\nsistera plus que celui des concerts; nous ferons\nde notre mieux pour le canaliser.\nA l'Opéra Comique on reprend Phryné\net Paillasse, deux pièces qui se font mutuel-\nlement repoussoir.\nBelle est la voix de Mme Nicot-Vauchelet,\net plus distinguée encore sa personne. Pour\nune courtisane l'allure est un peu select. Peut-\nêtre l'art classique de M. St. Saëns convient\nil à la délicatesse de ce flirt.\nD c même M. Salignac a donné à Leonca-\nvallo une dignité que je ne lui connaissais\npas. Et ici, est-ce un mérite ? Il est vrai que la\nvoix, toujours un peu contenue de M. Salignac\nl'engageait à ménager ses effets. MIU' Lamare\ns'agite fort à propos ; le rôle est un peu haut\nperché pour elle. Mais bravo pour sa \" furia \"\nque je voudrais retrouver dans l'orchestre.\nN'atténuons pas ce qu'il y a de choquant\npour nous dans cette musique. Que resterait-il\nen effet ?\nEn Décembre, le Conservatoire avait\ninscrit à ses programmes la Symphonie avec\nchœurs, l'Enfance du Christ et un concert\ninédit de Haydn remarquablement joué\npar M. Boucherit. En janvier, M. Messager\na donné deux belles séances. A la première,\nMme Marguerite Long fut l'interprète élégante\ndu troisième Concerto de M. Saint Saëns,\nqu'accompagnaient la symphonie pastorale, le\nprélude à l'après-midi d'un Faune, de M.\nDebussy et une des cinq cantates que Bach\nécrivit pour la fête de Pâques. Programme\nsagement équilibré, comme on voit. La can-\ntate, donnée pour la première fois à Paris,\nest très stricte de forme, étant toute entière\nbasée sur l'hymne \" Victimœ Paschalis laudes\",\net sa beauté est austère.\nLes Concerts Lamoureux ont souffert\ndu désarroi général de la seconde quin-\nzaine car, faute d'éclairage, ils ont dû re-\nnoncer à leur séance du 30. Dans les trois"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.78", "texte": "44\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nautres programmes il faut citer l'œuvre com-\nplexe, touffue, énorme de M. Richard Strauss\n\" Ainsi parla Zoroastre \", triomphe de cet\nadmirable orchestre et de son chef. Les applau-\ndissements du public ont prouvé, croyons-\nnous, une satisfaction d'ordre purement musical.\nIl a renoncé à scruter l'abstraite quintessence\nde la donnée littéraire. Puis ce furent la sym-\nphonie de Franck, la symphonie en ut mineur\nde M. Saint-Saëns (dont c'était exactement\nde la symphonie, bien entendu le 23™\nanniversaire au Concert Lamoureux), la sym-\nphonie en si b de Schumann, la Forêt enchantée\nde M. d'lndy, œuvre toujours jeune elle aussi,\nla Fantaisie sur des Airs Angevins, de G.\nLekeu, vigoureuse et franche, la Bataille des\nH uns, de Liszt, pompeuse et bruyante. Nous\nallions oublier l'agréable mais peu debussyste\npetite suite de M. Debussy, orchestrée par M.\nBusser. Chaque concert eut son soliste.\nLe mois de décembre s'est terminé aux\nConcerts Colonne par le grand succès de\nM. d'lndy conduisant des fragments impor-\ntants de l'Etranger, trop tôt exilé de l'Opéra.\nLa réouverture de janvier s'est faite par un\nFestival Franck, dirigé par son successeur à\nSte Clotilde, M. Pierné. Ce furent deux belles\nséances pour notre école française. Mais elles\nn'eurent pas de lendemain car on revint aux\nfragments de drames wagnériens inexplica-\nbles depuis qu'on les donne à l'Opéra et à\nla terrible Sinfonia domestica de M. Strauss,\nœuvre deux fois allemande. La Symphonie\navec Chœurs de Beethoven fut toutefois donnée\nle 23 et le 31 avec le concours de l'Ecole de\nChant Choral. Comme nouveautés une fan-\ntaisie pour piano et orchestre de Mme Mel-\nBonis et les Lieder de la Forêt, de M. J. G.\nGanaye, la première bruyante, les autres peu\nintéressants. Et c'est tout.\nDisons au revoir, avec quelques regrets, à\nM. Hasselmans dont l'orchestre joua pour\nla dernière fois le 15, avec deux œuvres nou-\nvelles ici, mais d'assez mince intérêt, une\nouverture pour Polyeucte, de M. Tinel et un\nscherzo de M. Simia. Par contre, Mlle Lucile\nPanis qui chante un air d'lphigénie en\nTauride a fait entendre une belle voix de\ncontralto dramatique. Après l'avoir applaudie\nau Conservatoire, nous espérons l'entendre\nbientôt au théâtre.\nLes Concerts Symphonia poursuivent\nleur carrière. En décembre, Mlles Rose Féart\net Lapeyrette, de l'Opéra, y chantèrent un duo\nnouveau de M. Léo Sachs, \"Jour et Nuit\"\nœuvre bien écrite pour les voix, sobre et distin-\nguée de forme, discrète d'orchestration. Les\ndeux séances de janvier (dont celle du 16 con-\nsacrée à Schumann) furent dirigées par M.\n.Catherine et M. Busser. La symphonie de\nE. Chausson fut applaudie comme elle eût dû\nl'être du vivant de son auteur.\nM. Sechiari, excellent violoniste, cappel-\nmeister un peu sec, reprend son bâton de\nchef d'orchestre et annonce six séances au\nThéâtre Marigny. Sa rentrée fut très applau-\ndie, mais le concert faillit être compromis\npar la grippe des deux solistes, M111(' Isnardon\net M11(' Leginska, que remplacèrent aimable-\nment MllU> Gaétane Vicq, dans les lieder de\nSchubert et M. Maurice Dumesnil dans le\nConcerto de Grieg. Comme nouveauté nous\neûmes un poème symphonique de Smetana,\nécrit en 1858, inédit à Paris, \" Richard 111 \"\nœuvre intéressante, dans la manière de Liszt.\nLe dilettantisme mondain est toujours\nfidèle à la Société Philharmonique, dont\nles programmes méritent cette faveur. Nous\nallons entendre le quatuor Rosé, deVienne, et\nd'autres artistes notoires. En attendant, la\nsociété fêta Schumann avec le quatuor Hayot\ntoujours élégant et précis, M. Artur de Greef,\nle délicat pianiste et surtout Mmc Bréma plus\nintelligente, plus expressive, plus communica-\ntive que jamais. Le 25, on applaudit le trio\nRusse (Mme Vera Press, MM. Joseph et\nMichael Press) qui joua un trio agréable de\nSchubert, un trio long et prétentieux de\nTschaïkowsky et une belle Passacaille de\nHaendel, enfin le baryton Oscar Seagle, à la\nvoix ample mais un peu dure et métallique.\nHuit matinées et soirées musique de\nchambre, soli et danses ont commencé à la\nSalle Fémina, sous le titre de Festivals\nMusica. Comme c'est M. Astruc qui les\norganise on n'a pas de déceptions à redouter."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.79", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n45\n\nLe 19 Janvier au DECEM"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.80", "texte": "Rouart, Lerolle Cle\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nVIENNENT DE \"PARAITRE :\nDéodat de Séverac : LE CŒUR DU MOULIN, Drame-Lyrique en\n2 actes, la partition 15 francs.\nPierre de Bréville : EROS VAINQUEUR, Conte Lyrique en 3 actes\nla partition net 20 francs.\nAlbert Roussel : POÈME DE LA FORÊT, Symphonie réduite â\n4 mains, net 10 francs."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.81", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n47\n\nAux deux premières séances, les Quatuors\nParent et Geloso, le Quatuor vocal Expert\nM. Fauré, M. Diémer, Miss Maggie Teyte,\nMelle Henriquez, M. Cortot, M. Muratore et\npour la danse, Melles Chasles, Barbier, Kubler,\net Meunier, de l'Opéra, nous valurent une\nartistique satisfaction. Les programmes a venir\nne le cèdent en rien à ceux-ci.\nIl faudrait parler avec quelque détail de la\nséance supplémentaire donnée au theatre de\nl'Athénée par le Cercle Musical. Elle\nméritait certes plus nombreuse assistance.\nM. Debussy lui-même y conduisit ses jolies\nchansons de Charles d'Orléans, ou Miss\nTeyte chanta délicieusement le solo. Le\nQuatuor Firmin Touche joua le quatuor du\nMaître.\nNous ne pouvons que mentionner la \" ren-\ntrée \" de l'excellente Société Moderne\nd'lnstruments à vent. Ce groupe célébrait\nsa centième audition d'œuvres nouvelles, ce qui\nn'est pas un mince mérite. Nous avons goûté\nune fantasia con fuga de M. Flament, pour\nseptuor, le joli divertissement d'E. Bernard,\nauteur regretté, et un sextuor de M. Reuchsel,\ninférieur toutefois à ses œuvres pour cordes.\nLa Société Nationale elle aussi, n'en\nest plus à compter ses œuvres nouvelles. Dans\nsa séance du 22, après le quatuor d'E. Chausson,\nnous notâmes une suite agréable et bien écrite\npour piano à quatre mains (Rhapsodie Gaéli-\nque) de M. Paul Ladmirault. Le reste du\nconcert fut moins intéressant, même une autre\nrhapsodie pour deux pianos de M. Florent\nSchmitt, dont nous attendions mieux.\nRappelons les Soirées d'Art où tous les\nSamedis, rue d'Athènes, M. Barrau a son\npublic nombreux et fidèle pour célébrer Franck,\nSchubert et récemment M. Georges Enesco.\nNous allons enfin faire connaissance avec la\nmusique anglaise contemporaine, si, comme\nnous l'espérons d'après la première séance, la\nBritish Concerts Society tient ses pro-\nmesses et comme M. Calvocoressi l'a annoncé\ndans un speech inaugural. Le programme\ncomprenait des mélodies de MM. Elgar,\nCyrill Scott, Quitter, Ronald, etc. de ten-\ndances diverses mais prouvant un réveil\nmusical de l'autre côté du détroit. Miss\nSwinson a une belle voix de contralto et\nM. Lionel Tertis a joué en grand artiste de\nl'alto dans une sonate de M. Bowen et dans\nune romance intéressante de M. Dale.\nIl nous faut mentionner en hâte le Decem\nqui fit entendre un dixtuor de M. Th. Dubois,\nd'une belle sonorité, la sonate de violoncelle\nde M. Chevillard (l'auteur et M. Dressen),\nun Octuor de Mozart et une jolie mélodie de\nM. Léo Sachs, ule retour près de l'aimée \".\nM. Van Dyck y fut comme toujours un grand\nartiste. Un mot enfin : le Quatuor Mar-\nsick-Hekking qui a donné trois très bonnes\nséances, le Quatuor Parent qui, donnant à\nla Schola les i 7 quatuors à cordes et y sonates\nde piano de Beethoven, fait œuvre de vulga-\nrisation désintéressée (ce qui ne surprendra\npas de la part de M. Parent) ; le Quatuor\nPax j eune et ardent ; le Quatuor Lej eune,\nintelligemment dirigé et poursuivant son his-\ntoire du quatuor à cordes par deux fort inté-\nressantes séances de musique russe (la\npremière ouverte par une Conférence de\nM. Calvocoressi) : le Quatuor Rimé Sain-\ntel, le Quatuor Berthe Wagner, deux\ngroupes féminins d'une exécution souple et\ngracieuse.\nL'Union des femmes professeurs\net Compositeurs de Musique, présidée par\nMme Maurice Gallet, donne les ler et 3e Mardis\nune matinée salle Gaveau. Celle du 1 8 fut\nconsacrée à Mendelssohn avec le trio en ut\nmineur (Mlles Hélène Colin, Fernande Reboul\net Mme Ancel Guyonnet) des pièces de Piano\net de Violon (M,nes Reboul et Guyonnet) et\nde chant (Mme Jacquemin, soprano, MclJ(> Blot-\nkine, contralto).\nLe Lyceum Club reste le foyer musical\nintéressant que nous avons déjà mentionné, sous\nl'impulsion artistique de Mll<s Gignoux et\nDelhez. On y entend d'excellente musique le\nVendredi.\nTous les quinze jours, à la Salle de la\nSociété d'horticulture, M. Paul Landormy\ncontinue ses conférences musicales avec audi-\ntions sur les Grandes époques de la\nmusique. Il ne peut y avoir de meilleur"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.82", "texte": "COURS oe CHŒUR\n11 rue oeçhanaleîll es 2£\nDIRIGÉ PAR t\\mGERMAINE\nCHEVALET AVEC LE C ONCOURS\nOE n* JE.AN VE.RO E-Toe\nMARCELLE CROué. as\nLE.SAMED! oc 2- aS-«\nDÉCEMBRE A /AAi\n\nMUSIKÀLISCHES WOCHENBLATT 3SE\nDirecteur: LUDWIG FRANKENSTEIN\nABONNEMENT 13 FR. PAR AN.\n\\ • , •' . . « 1 ' * ; ' ' .\nLe \" MUSIKALISCHES WOCHENBLATT \" publie des articles de fond\ndes nouvelles et des critiques, rédigés par les musiciens et les musicologues les plus\néminents. Cette revue abondante donne un tableau complet de la vie musicale\ndu monde entier. Elle est connue pour ses tendances progressistes.\nLe \"MUSIKALISCHES WOCHENBLATT\" se recommande aux artistes,\néditeurs, luthiers et établissements de tout genre, qui désirent se faire connaître\npar des insertions.\nEnvoi gratuit d'un numéro spécimen.\nADMINISTRATION: OSWALD MUTZE, LEIPZIG\n4, LINDENSTRASSE.\ni.v ' ; • * I- i 'V,"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.83", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n49\n\ncomplément d'une éducation musicale que ces\ntrès substantielles conférences qu'illustrent des\nartistes de premier mérite.\nNous arrivons aux Concerts d'Artistes, et\nc'est ici surtout que nous avons des oublis à\nnous faire pardonner. Mme Ida Isori vient de\nterminer ses six belles séances de musique\nitalienne ancienne, qu'elle a données avec\nM. Wittwer (violon) et M. Litta (piano). Ce\nfut une histoire complète de cette époque trop\ndécriée du bel canto, faite par une grande\nartiste. MHie Isori qui a obtenu tout le succès\nqui lui était dû nous reviendra sans doute.\nM. Mark Hambourg ne doit pas être jugé\nsur son exécution du Concerto en ut mineur\nde Beethoven au Concert Chevillard. Ses\ndeux concerts des 6et 11 janvier donnent une\nidée plus exacte de sa nature d'artiste. Sa\ntechnique est remarquable, il est d'une origi-\nnalité tout à fait intéressante dans les œuvres\nromantiques, mais il manque de style dans le\nclassique, il faut bien le dire. Son interpréta-\ntion de la sonate en si b mineur de Chopin\nsurpasse presque toutes celles que nous en\navons entendues. Mais il fut, dans la sonate\noP. 3de Beethoven, d'une fantaisie de rythme\net de nuances plutôt déconcertante. M. LAM-\nBERG, également pianiste, a bien joué les\nEtudes Symphoniques de Schumann, la mé-\ndiocre sonate de violoncelle de Chopin et une\nsonate de Locatelli avec Mnie Casais.\nM. Lortat Jacob (prix Diémer) a été\nforcé par les circonstances d'ajourner son con-\ncert annoncé pour le 30. Au premier, avec\nl'orchestre du Conservatoire que dirigeait\nM. Gaubert, il a joué avec style les Variations\nSymphoniques de Franck, le Concerto en sol,\nde Beethoven, celui en mi b de Liszt et un\npoème symphonique de M. Pierné que nous\nregrettons vivement d'avoir manqué.\nLa salle Erard a donné ce mois-ci. sa gra-\ncieuse hospitalité à quelque trente artistes.\nNous ne pouvons que mentionner le talent\ntrès délicat, très féminin de Mme Norman\nO'Neill, plus adéquat aux mignardises char-\nmantes de Scarlatti qu'aux œuvres de Brahms\net de Schumann ; et surtout le remarquable\ntempérament artistique de Mlk' Clara San-\nSOni qui a eu la bonne pensée de donner un\nConcert d'œuvres d'Albeniz, ce véritable créa-\nteur de l'école espagnole moderne. M]l<> Selva\net M. Ricardo Vînes jouent assez souvent de\nses œuvres, notamment de cette exquise Iberia,\nmais ils ne les jouent pas mieux que Mlle\nSansoni. Nous osons à peine consacrer deux\nlignes à M. Risler qui vient de jouer les\nsonates de MM. D'lndy et Dukas à la salle\nPleyel et qui y donnera encore un Concert\nmoderne, alors qu'il faudrait parler en détail\ndes œuvres et de l'artiste. Qu'il veuille bien\nnous en excuser.\nUne toute jeune violoniste, élève de M.\nParent, Mlle Crespi? débuta il y a quelques\njours à la salle Fémina. Nous croyons qu'elle\nprendra place parmi nos meilleurs violonistes\ncar elle a une remarquable qualité de son,\n(Concerto pour deux violons, de Bach, avec\nM. Parent) une technique complète (Concerto\nde Tschaïkowsky) et un beau style (sonate\npour violon seul De Bach). L'érudit et le\nvirtuose qu'est M. Debroux continue à la\nsalle Pleyel les intéressantes séances de musique\nancienne de violon dont il a on peut le dire,\nla spécialité. Personne ne connaît et ne fait\nconnaître comme lui ces œuvres trop oubliées.\n\" Aucassin et Nicolette, chante-fable\nen un prologue et trois parties, musique de\nPaul Le Flem, ombres de MM. Dorival et\nBordry \" fut un enchantement pour nos yeux\net un agrément pour nos oreilles, car les om-\nbres sont d'un goût parfait et la musique,\nplutôt Debussyste, a une réelle valeur. Avec\nune exécution plus soignée, ce sera un joli\npetit spectacle. Bravo pour la harpe chroma-\ntique modifiée, dont les dessus sonnent ad-\nmirablement.\nM. Bonjean, dont l'inépuisable bonté s'est\nvouée au sauvetage de l'enfance malheureuse\nou coupable, a entrepris aussi le sauvetage des\nlittérateurs et des musiciens incompris ou\ninfortunés. (Il en existe). Son œuvre est \" la\nJeune France.\" Il réunit chez lui ces jeunes\ntalents et rêve de leur donner une u Villa\nMédicis \" libre. M. Victor Charpentier le\nseconde. Nous avons eu le plaisir d'assister\nl'autre soir à une de ces réunions et, si nous"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.84", "texte": "5°\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nn'en avons pas rapporté d'émotion artistique\nprofonde, plusieurs des artistes étant quelque\npeu \" chatnoiresques \" elle nous a laissé le\nsouvenir d'une œuvre charitable et généreuse.\nPlus modeste est la société d'éduca-\ntion musicale qui nous avait conviés le 22\nune à soirée musicale à Auteuil. Elle a obtenu\ndes résultats encourageants que nous avons été\nheureux de constater.\nDeux mots, pour terminer, d'auditions d'élè-\nves spécialement intéressantes. M. Philipp\na fait entendre salle Gaveau ses élèves du Con-\nservatoire, avec le concours de plusieurs pre-\nmiers prix sortant de sa classe. Cet enseigne-\nment est hors de pair. M. Charles Bouvet,\nnotre distingué collègue a également présenté\nquelques-uns de ses élèves à la salle Pleyel\ndont plusieurs ont une virtuosité et un sens\nartistique intéressants. Mentionnons enfin une\nexcellente audition du Cours Sauvrezis,\nà Passy, dans les œuvres de Franck, et la très\nintéressante matinée de Mme Maurat-Sain-\nselve, avec concours de Mlle Lénars et de\nM. Lebebez, d'une charmante intimité.\nNous allons enfin avoir un Théâtre Mo-\nderne, et adapté aux besoins de l'art drama-\ntique et lyrique tel qu'il s'est établi en Europe\ndepuis les grandes réformes de Wagner. M.\nGabriel Astruc qui a assumé la lourde tâche de\ncréer cet organisme nécessaire, vient d'acheter\ncomme on le sait, avenue Montaigne, les\nterrains destinés à la construction de ce Palais.\nToute la presse a dit ce qu'il fallait sur cet\névénement. Nos lecteurs trouveront dans un\nde nos prochains numéros, tous les détails de\ncette Salle, qui sera un modèle, et qui profite-\nra de l'expérience de tous ceux qui ont élevé\ndes théâtres depuis trente ans dans le monde\nentier.\nLa manécanterie des petits\nchanteurs à la croix de bois\ndont nous avons à plusieurs reprises signalé\nl'intérêt, vient de recevoir de Sa Sainteté\nl'encouragement suivant :\n\" A nos chers fils, Charles Simon et Pierre\nMartin.\nCher fils, Salut et Bénédiction Apostolique :\nCe que l'on Nous a dernièrement appris de la\nSociété que vous avez fondée sous le nom de Mané-\ncanterie des petits chanteurs à la croix de bois. Nous\na été fort agréable. Nous nous réjouissons doublement\ndes soins pleins de zèle que vous prenez d'enseigner\naux enfants le chant de l'Eglise pour favoriser la\nrestauration de la musique sacrée, et de ce que vous-\nmêmes vous rendez plus fructueuse encore l'étude de\ncet art par l'instruction chrétienne qu'avec toute votre\nbonne volonté vous donnez aux petits chanteurs. Et\nc'est bien là le meilleur moyen de procurer la beauté\nde la Maison de Dieu, qui de la bouche des enfants\nreçoit la louange la plus parfaite ! Que votre entreprise,\ndigne d'être comblée de tous les éloges, soit couronnée\nd'un heureux succès par Dieu, dont elle sert à aug-\nmenter la gloire. Et nous, comme gage des célestes\nrécompenses, comme preuve de notre bienveillance,\ncomme encouragement à vos travaux, accordons avec\ntoute Notre affection, la Bénédiction Apostolique à\nvous, chers fils, à tous ceux qui avec vous dirigent et\naident votre Société, ainsi qu'aux enfants admis dans\nvotre Chœur.\nDonné à Rome, auprès de St. Pierre, etc.\nPlus PP. X.\nNÉCROLOGIE. Notre eminent collègue\nM. Matliis Lussy, de Lausanne est mort à\nMontreux le 20 Janvier dernier. Il a été\nenterré à Stans, au milieu d'une affluence\ngénérale de parents, d'amis et d'élèves. Notre\nsection de Paris était représenté à ses funérail-\nles par M. Marcel Herwegh, qui a tenu à\nrendre hommage à léminent musicologue en\ndes termes émus que la presse a reproduits.\nM. Dauriac, notre président honoraire, rap-\npellera dans notre prochain numéro, la vie et\nles mérites du défunt. .\nA l'Ut Mineur toujours attentif à séduire\nses invités M. Custot nous avait réservé le\nio janvier un amusant programme composé\nd'instruments à vent de harpe, de piano et de\nchant. Hennebains, Paradis, Bas, Lamouret,\nVizentini, G. de Lausnay, Mlle Micheline\nKahn ont fait merveille, et la princesse Elisa-\nbeth Baratov est venue ajouter un peu d'exo-\ntisme à cette soirée bien parisienne.\nN.otre collaborateur Bils auquel rien n'é-\nchappe a pris sur le vif le violoncelliste Hek-\nking-Denailcy alors que, sans se douter de"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.85", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n51\n\nrien il exécutait une sonate de .Haendel, dans\nun salon où l'on fait d'excellente musique.\nNous sommes heureux de citer ici cette pièce\nà conviction.\n\nF. Guérillot.\n\nEn Province\n\nBORDEAUX. UNION FÉMININE AR-\nTISTIQUE. Gros succès d'ouverture du\nSalon, organisé par cette importante société\nféminine, avec le concours de l'excellente\nmusique du 144e de ligne (chef M. Sarraut).\nPlusieurs séances musicales intéressantes\nsuivirent, organisées, successivement, par des\npianistes, professeurs réputés, de Bordeaux :\nMme L. Barbarin, Lepine, Raphel de Laleu,\nE. Ducros, et la dernière par Mme J. C.,\nprésidente de la société.\nDe nombreuses artistes prêtèrent le con-\ncours de leur talent à ces diverses auditions,\nqui furent toujours très suivies. La déclamation\ny fut représentée par le professeur Bachelet et\nses élèves, et l'art si intéressant de la danse,\nauquel 1' \" Actualité \" ne peut rester étrangère,\npar l'excellent professeur Mlle J. Babillot,\navec un essaim de petites danseuses, dans un\ndélicieux menuet du XVIIe siècle.\n4E ET S(L5(L CONCERT DE LA SOCIÉTÉ\nStc CÉCILE. Les nombreux dilettanti, venus\npour assister à ce 41' Concert, étaient certaine-\nment attirés par l'audition de deux nouveautés\ndu programme : \" Rebecca \", du «Père\nFranck, et \" Sadko \", si vivant et si pitto-\nresque.\nLe premier concert de musique de\nque donne la société, et qui a eu lieu dans la\ngrande Salle du Conservatoire, a été des plus\nintéressant.\nNotre compatriote, Renée Billard, violo-\nniste, icl prix du Conservatoire de Paris, et\nAndré T urcat, pianiste, interprétèrent très\nbrillamment diverses œuvres de Bach, Schu-\nmann, Chopin, Liszt, Franck et Brahms.\nLucien Capet triompha, et Pennequin de\nmême.\n2E CONCERT DU CERCLE PHILHARMO-\nNIQUE. Très brillant ce deuxième Concert.\n\nM. Sarraut.\n\nM. Pennequin."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.86", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\n)ôl I vV\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française (\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\n. r\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR .LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.87", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n53\n\nAu programme Mlle L. Dupré, de la Monnaie,\nnotre compatriote le violoncelliste Hekking et\nArthur de Greef, du conservatoire de Bruxelles.\nBelle et magistrale exécution du long con-\ncerto de Dvorak, d'une sonate ancienne de\nBréval, et d'un l'Andante de Corelli.\nLA CHANTERELLE. CINQ ECOLES.\nTroisième séance consacrée à la musique\nEspagnole. Le conférencier Berthelot y fut\ntrès applaudi ainsi que Madame Lauga-Linder\net la basse profonde du chanteur Despujols.\nCONCERT DE MUSIQUE DE CHAMBRE\nTHIBAUD. Le peu de place dont nous\ndisposons ce mois-ci nous oblige à renvoyer\naprès leur dernier concert, le compte-rendu\ndes intéressantes séances musicales que donne\nà Salle Bermond, le pianiste J. Thibaud, en\ncompagnie du violoniste Ch. Arthur, et du\nvioloncelliste Rosoon.\nCERCLE ORPHEONIQUE. Messe An-\nnuelle. Cette importante société chorale\ndonnait dans la basilique S 1 Michel, sous la\ndirection de son chef Francis Bettés, sa messe\nannuelle en l'honneur de la Ste Cécile.\nL'Orphéon, et les jeunes filles de la section\nde \" Mimi Pinson \" chantèrent le Kyrie et\nle Gloria de Th. Dubois, le Sanctus de\nLuigini.\nJ. GENDREU.\nMONTPELLIER. OPÉRA. Notre\nthéâtre municipal a pris le nom d'Opéra !\nDirection Godefroy ; chef d'orchestre M. Ba-\nzigade.\nTroupe plutôt bonne : M. Rocca, jeune\nténor, très jolie voix, peu de métier ; de l'ave-\nnir s'il travaille ; M,m> Lavarenne, soprano,\nartiste accomplie ; M. Bedué, très bon bary-\nton ; orchestre suffisant, un peu rétif à la\nmesure, avec de bons solistes. Au répertoire\ntout Puccini : Manon Lescaut, la Bohême, la\nTosca, Mme Butterfly, et pour varier Mascagni\net Léoncavallo. On vient cependant de re-\nprendre Louise... il était temps !\nCONCERTS. En décembre concert\nSpalding. Un peu méfiant au début, le public\n.\nn'a pas tardé à applaudir le jeune et brillant\nvioloniste. A citer l'exécution excellente de la\nsonate en mi mineur et la fameuse chacone de\nBach ; à?Am Springbrunnen de Schumann. A\nce même concert la ballade et la sarabande de\nCl. Debussy, très bien jouées par Mme Moreau-\nLeroy, et des fragments de Lulli, Schumann\n(en allemand), Schubert, R. Wagner, St. Saëns,\nTschaikowski (en russe) chantés avec émotion\npar Melle Maritza Rozann, de la Monnaie.\nUn cours de gymnastique rythmique, selon\nla méthode Jacques Dalcroze, a été créé de-\npuis peu à Montpellier par M. Paul André.\nLe succès a couronné les efforts du jeune\nprofesseur qui a déjà réuni plus de soixante\nélèves. Nous avons pu apprécier la valeur de\nla méthode et le mérite du professeur, le\n2 2 décembre, à la salle des concerts où, après\nune très intéressante conférence de M. Jean\nd'Udine, les élèves de M. André ont exécuté\nquelques mouvements qui ont enthousiasmé\nles spectateurs. Je crois que Montpellier est k\npremière ville de Province, en France, où a été\ncréé un cours de gymnastique rythmique. Il\nfaut donc l'enregistrer, ainsi que son grand\nsuccès.\nDésabusé, paraît-il, M. Castelbon de\nBeauxhostes abandonne les arènes de Bèziers.\nMais les bitterois ne veulent pas renoncer à\nleurs fêtes artistiques et nous aurons cette\nannée comme précédemment, la représentation\nd'une pièce inédite d'un jeune auteur méri-\ndional avec, ce qui ne peut que nous réjouir,\nmusique de Déodat de Sévérac.\nE. P.\nPOITIERS. Très intéressante soirée\navec le concours du réputé pianiste Alejandro\nRibôy qui fit valoir son impeccable mécanisme\net sa délicate entente des nuances dans une\nétude symphonique de Schumann, le Scherzo\nromantique de Chopin, une délicieuse suite\nd'Albeniz \" Chants d'Espagne \", le Scherzo-\nvalse de Chabrier, et enleva pour finir avec\nun brio remarquable la 2me Rhapsodie Hon-\ngroise de Liszt.\nMelle Madeleine Boulze, cantatrice du Kur-\nsaal d'Ostende interpréta avec art le grand"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.88", "texte": "54\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nAir d'Iphigénie de Gluck, des œuvres de\nFranck, Fauré, Puccini et une charmante\nSérénade de Richard Strauss qui lui fût bissée.\nMAURICE HACHETTE.\nRETHEL. — La Société d'Etudes Sym-\nphoniques, organisée par le Dr. Gobinet, a\ndonné le 18 décembre dernier, une très in-\ntéressante audition, précédée d'une causerie\nsur l'histoire de la musique. Au programme :\nRobin m'aime, d'Adam de la Halle ; une\nSonate de Corelli ; une Sonate de Leclair ;\nun air de Télaire de Rameau et le Ballet de\nParis et Hélène de Gluck. Qui aurait cru que\nla bonne et la meilleure des musiques pénétre-\nrait ainsi jusqu'au fond des Ardennes.\n>i! • ■ ;\nNICE. — Mentionnons le succès obtenu\npar Mme Jenny Piré, la délicate cantatrice\ndans les Adieux d'un page, de la Baronne de\nKabath,au concert de bienfaisance de l'Œuvre\nde la Fleur. Voici d'excellent féminisme\nmusical.\nLILLE. — Le prochain festival lillois\naura lieu le 26 février à 8 1/2 h. Au pro-\ngramme une Symphonie de Chausson, un\nConcerto pour flûte et Orchestre de Mozart,\ndeux poëmes de Smetana et la Marseillaise\norchestrée par Berlioz.\nA. M.\nROUEN. — Bon concert de Lelièvre-\nZaremba où nous avons entendu successive-\nment la voix et le violon de M. Lelièvre. La\nsociété de peinture moderne mérite la recon-\nnaissance du \" jeunes \" qu'elle aide à se pro-\nduire, et du public qu'elle entraine vers l'art.\nM. G.\nREIMS. — La \" Jeanne d'Arc \" de notre\ncollègue A. Gastoué vient d'être donnée ici à\nla Maison des Œuvres, avec un très grand\nsuccès.\n\nBelgique\n\nM. E. Tinel\nCroquis par Van Offel\n\nBRUXELLES. Nous ne saurions mieux\ncommencer cet article sur la musique en\nBelgique pendant le dernier mois, qu'en\nrendant compte de la séance d'inauguration\nde la Section Belge de notre Société Inter-\nnationale de musique, dans laquelle notre\ncollègue M. van den Borren prit la parole\npour faire une très intéressante communication\nsur les Origines du drame musical et VOrfeo de\nMonteverde. Montrant d'abord comment la\npolyphonie arriva à la monodie accompagnée\net à l'âge de la basse continue, M. van den\nO s\nBorren situe Monteverde dans l'histoire, et\nexpose ce que l'on sait de la vie de cet artiste.\nIl caractérise le génie de l'auteur du Couron-\nnement de Poppée et ce romantisme qui le\npousse vers les conquêtes de l'orchestre, vers\nles audaces de l'harmonie. Monteverde, âme\ndramatique, inaugure le style comitato, c'est à\ndire passionné. Son Orfeo, analysé par le\nconférencier, nous montre déjà le leitmotif,\net l'opposition d'un véritable drame avec un\nlyrisme tout élégiaque.\nCette communication, parfaite en tous\npoints, fut suivie d'une audition de fragments\nd'Orfeo à laquelle prirent part M. et Mme\nDemest, M.M. Houy, Vanderschrik et Minet."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.89", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n55\n\nM. van den Borren annonça, que la pro-\nchaine séance de la section serait réservée à\nJ. B. Lœillet, compositeur de Gand, à la fin\ndu XVIIe siècle. On exécutera trois sonates\nde ce maître, réalisées par M. Alexandre Béon.\nLa jeune Section Belge manifeste, comme\non le voit, une réelle activité ; elle prendra\nrapidement dans la musicologie un des\npremiers rangs.\nQuoiqueralentie, par suite du deuilnational\net par suite de l'avènement du Roi Albert,\nla vie musicale compte, en janvier, plusieurs\nmanifestations remarquables.\nLe concert Isaye, dont le principal attrait\nconsiste, annuellement, dans la participation\nen soliste du grand virtuose belge, lui fut\nl'occasion d'un nouveau triomphe Eugène\nIsaye est l'une de ces artistes qu'il plaît de\nvoir nimbés d'une auréole glorieuse.\nDimanche, il s'était adjoint M. François\nRasse, compositeur, dont nous aurons le\nplaisir de parler, dans l'avenir, et chef d'or-\nchestre à l'Opéra d'Amsterdam. Sa direction\nconsciencieuse et sobre a contribué pour une\nbonne part au succès de la séance.\nL'élément particulièrement remarquable du\nconcert, au point de vue composition et à\nnotre point de vue belge fut le Poème\nsymphonique \" Les Abeilles \" de M. Théo\nIsaye. M. T. Isaye se place à côté des\nJ. Jongen, Vreuls, Mawet, Dupuis, Delcroix,\nau premier rang de nos compositeurs wallons\n(je suis tenté de dire : liégeois), qui continuent\nla tradition de Franck, et dont les plus jeunes\nsubissent ou comprennent l'influence\ncroissante du Debussysme. L'œuvre entendue\nhier n'est pas parmi les meilleures compo-\nsitions de M. Isaye, précisément par suite de\ncette influence dont je parle. Néanmoins, elle\névoque d'exquises sensations poétiques.\n—M. Durant, de son côté, poursuit le\nvaillant combat. Son troisième grand concert,\nen la salle Patria, nous permet de lui présenter\nde nouveaux éloges. Il en donna la reproduc-\ntion à Mons. Nos lecteurs trouveront plus\n\nM. Van den Borren.\n\nM. Bèon."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.90", "texte": "rw a nriTKTirnr Photographie documentaire\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18x24:\nPour une commande de cinquante épreuves 0.75 par épreuve.\nPar petite quantité: 1 fr. par épreuve.\nPar ce procédé, la Maison CHATENET a fourni aux Bénédictins\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40.000 photographies.\nPRIX-COURANT :\nCliché 1 3 x 18 avec une épreuve, 3 fr. ; les suivantes, chaque 0.75\nCliché 18 x 24 avec une épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque 1.00\nCliché 24 x 30 avec une épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50\n\nExtrait du roman de Fauvel (1315) publié en reproduction photographique."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.91", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n57\n\nloin l'appréciation de notre correspondant.\nLe quaruor Piano et Archet a donné le\n12 janvier sa 3e séance. Trio (op 87) de\nBrahms, quatuor (op 47) de Schumann, et\npremière exécution de la 2e sonate de Jos.\nJongen. Cette œuvre solidement bâtie, d'une\nbelle inspiration, affirme la maîtrise du com-\npositeur une fois de plus. Les mouvements ont\nde l'ampleur, et Y Andante produit une intense\némotion.\nCOMMUNIQUE. Le merveilleux man-\ndoliniste italien M. Silvio Ranieri a donné un\nrécital à la Salle Allemande le jeudi 27 jan-\nvier à 81/2 heures. Le jeune artiste nous\noffrit un régal artistique des plus rares.\nAu programme : Vieux temps, Corelli,\nHaendel, Tartini, Bach, Milandre, Gossec,\nde Bériot, de Sara ate.\nL'accompagnateur M. Marcel Raymond\njouait un piano à cinq pédales avec jeu de\nharpe et de clavecin.\nBIBLIOGRAPHIE. Trois Poèmes, mu-\nsique de hiarold Bridgman.\nChez Schott : A une femme, mélodie de\nAlberto Jonas.\nRévélation : valse Czigane de André le Pas.\nChez Fernand Laweryns : Chanson d\\iutre-\nfois, par Henry Delisle.\nDans un élégant volume publié par le\nThy rsey M. VICTOR HALLUT étudie l'œuvre des\ngrands maîtres classiques du X V IIIe siècle (Bach,\nHaydn, Mozart, Beethoven). C'est en quelque\nsorte un expo»é de l'évolution de la musique\nmoderne, où \" l'inspiration directe et libre,\nu l'instinct naturel et sp >ntané de la mélodie\n\" remplace la rigidité des canons, le> formules\n\" savantes et ardues. \"\nQuatre po? traits hors texte illustrent l'ou-\nvrage qui se vend deux francs.\nLOUVAIN. Le premier concert de\nl'Ecole de Musique de Louvain a eu lieu au\nthéâtre de la ville sous la di ection de M. Léon\nDubois, le talentueux auteur du Mest.\nAu programme, la Marche au Temple de la\ncantate Andromède du. compositeur gantois\nOscar Roels, et la Chasse de Minuit de Léon\nDubois. Ces œuvres personnelles furent lon-\nguement applaudies.\nANVERS. Nous apprenons que la\nSociété des Concerts de Musique Sacrée,\nplacée sous le haut patronage de S. A. R. la\nComtesse de Flandre, donnera le 13 Mars\nprochain une exécution intégrale de la célèbre\nMissa Solemnis de Beethoven. Comme solistes\nsont engagés : Mmes. Cahnbley-Hinken, de\nDortmund et Durigo, de Buda Pesth ;\nMrs. Plamandon et De la Cruz-Frolich de\nParis. Les chœurs et l'orchestre formeront un\nensemble de près de quatre cents exécutants.\nCette œuvre géniale ne fut jamais exécutée\ndans la métropole belge.\nQuo VADIS première en Belgique !\nGrand succès ; interprétation, et mise en scène\nremarquablement soignées. Directeur et acteurs\nont fait de leur mieux.\nARLON, ce 7-1-10. CONCERT DE LA\nROYALE PHILHARMONIE. Cette société, diri-\ngée par M. J. Ysaye, directeur de l'Ecole de\nmusique et frère de notre grand violoniste,\ndonna son concert annuel le 31 décembre. On\na l'occasion d'entendre, à ces soirées de gala,\nde véritables artistes. Cette année, on ne sait\ntrop pourquoi, le programme n'offrait pas\nl'attrait de vedettes illustres. Trois artistes\nvei viétois, Mme Nihoul, Mme Fils, et M. De-\nprez, baryton, ainsi que M. Reuland, violon-\ncelliste de la Monnaie, s'y sont fait applaudir.\nLe concert se terminait par Les Noces de\nJeannette.\nLA MUSIQUE A LA \" SOCIÉTÉ GÉOLO-\nGIQUE \" DU LUXEMBOURG. Dimanche\nprochain, 20 janvier, M. Dordu, lieutenant\nau 10e régiment de ligne, à Arlon, a fait une\nconférence, avec auditions musicales, sur\nSchubert.\nGASTON DUMESTRE A ARLON. Gaston\nDumestre, ex-chansonnier du Chat Noir,\npoète et romancier, (il vient de publier son\nsecond roman : Monsieur Van Grippenbergh)\na fait, le 6 février, une causerie, \" illustrée ''\nd'auditions musicales. Il a parlé des Chanson5"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.92", "texte": "58\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nd'amour et de bataille à l'Université libre\nd'Arlon.\nCHARLEROI. M. Paulin Marchand,\ndirecteur de l'Ecole de musique de Mar-\nchienne-au-Pont, professeur au Conservatoire\nRoyal de Bruxelles, a obtenu le prix de sym-\nphonie de l'Académie Royale de Belgique.\nNos vives félicitations.\nL'Académie de musique de Charleroi a\ndonné le 2 janvier un concert avec le concours\nd'Eugène Isaye. Succès enthousiàste du célèbre\nvioloniste. L'orchestre, très complet et très\nsûr, interpréta avec art des pages de Schumann,\nGrieg et Weber, et de pittoresques et colorés\nContes d'Orient du compositeur wallon Adolphe\nBiarent qui s'acquitta, en outre, de ses fonc-\ntions de capellemeister avec beaucoup de talent.\nLe 12 janvier, à l'occasion de la distri-\nbution des prix, il y eut un charmant concert\nà l'Ecole de musique de Marchienne-au-Pont.\nUn très bon orchestre joua excellemment du\nMozart et du Haydn. Avec les chœurs bien\nstylés il exécuta un Noël simple, court et\némouvant de Paulin Marchand. Le public fit\nfetes aux collaborateurs de cette intéressante\nséance d'art, notamment à Mademoiselle La-\nfontaine, une pianiste d'une sensibilité très\ndélicate.\nA Marcinelle, l'U. P., que dirige\nM. Jules Destrée, député et esthète de mérite,\ninitie la foule aux beautés de la musique russe.\nCelle-ci n'a malheureusement pas le don\nd'enthousiasmer le peuple et la bonne bour-\ngeoisie au même titre que la musique fran-\nçaise... Et cette vérité se traduit par des salles\nà demi-pleines.\nLe théâtre de Tournay vient de repré-\nsenter avec le plus vif succès Myrtis, Opéra\nde M. Nicolas Daneau.\nLIEGE. En ce mois peu chargé à cause\ndu deuil national, nous n'avons guère à signa-\nler que le très grand succès remporté, au\nCercle royal des Amateurs, par M11(> Maud\nDelstanche, une remarquable élève d'Ysaye ;\nle concert de la distribution des prix au Con-\nservatoire royal, où l'on a applaudi deux mé-\ndaillés de cette année, le violoniste Keyseler,\ndernier élève de M. Rodolphe Massart (qui fut\nle maître d'Ysaye) et le pianiste Henrion, élève\nde M. Jean Lebert qui a joué en vrai virtuose\nle concerto en mi bémol de Liszt. Puis vient à\nnoter la bonne réussite d'une Audition de\nmusique Scandinave, dirigée par M. Léopold\nCharlier, professeur au Conservatoire, et la\nparticipation du Decem, société de musique\nde chambre mixte de Paris, à un Concert\nDumont-Lamarche. Ce groupe de tout pre-\nmier choix a remporté un succès dont on\nparlera longtemps ; il y avait près de deux\nmille deux cent personnes pour l'entendre.\nAu Théâtre Royal, les Maîtres Chan-\nteurs ont paru à l'affiche et remportent, chaque\nfois qu'on les joue, un éclatant succès de salle\net d'applaudissements. L'exécution en est fort\nbonne et en tout cas infiniment supérieure à\nce que l'on pouvait attendre en province. Le\nchef d'orchestre Kochs, le régisseur Strélisky,\nMM. Arrial (Hans Sachs), Raynal (Beck-\nmesser) se sont surpassés et le reste, acteurs,\nchœurs, figuration, décors, est< digne d'éloges.\n—Le mois de décembre a vu se fonder une\nSociété de Musicologie qui prend pour tâche\nprincipale d'élucider les questions relatives à\nl'histoire de la musique à Liège. La première\nséance effective a eu lieu le 5 janvier ; on y a\ndécidé l'affiliation de ce groupe à la Société\nInternationale de Musique et les travaux ont\ncommencé. Les premières démarches tendront\nà obtenir l'accès du fonds Terry, riche collec-\ntion (7800 livres, 2000 partitions et un\nmanuscrit de Léonard Terry retraçant l'his-\ntoire de la musique à Liège) déposé au Con-\nservatoire et actuellement fermée, vu le\nmanque d'un local approprié. Mais d'autres\nétudes sont en voie d'exécution : le groupe se\npropose d'examiner systématiquement les do-\ncuments musicaux des bibliothèques privées\nou publiques du pays. Les travaux du groupe\nassez nombreux déjà seront d'ordinaire\npubliés par la revue IVallonia.\nMONS, io janvier 1910. 2e CONCERT\nD URANT. M. F. Durant continue son\nœuvre de décentralisation artistique.\n\nDr. Dwelshausers."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.93", "texte": "L'ACTU ALITE M U SICALE\n59\n\nEt d'abord, la décentralisation artistique,\nmusicale surtout, est-elle plus désirable que la\ndécentralisation politique ?\nQuestion.\nNous l'approuverions quant à nous si elle\npouvait nous épargner la manifestation locale\nd'interprétation de chefs-d'œuvre qui sévissent\ndans les théâtres des chefs-lieux et bourgades\nvéritables blasphèmes lancés à la face de l'art.\nMais ceci admis il faudrait au moins que\nles pouvoirs publics encouragent des tentatives\nqui? comme celle de M. Durant ne peuvent\nmanifestement se suffire à elles-mêmes. Pas-\nsons. Le programme du 2me concert de la\nsérie était séduisant et copieux du reste et\ns'ouvrait par la 7me symphonie en ut majeur\nde Schumann.\nLe ballet de Rameau (Hippolyte et Aricie)\nle vieux maître vers lequel retourne avec tant\nde piété la jeune école française fut enlevé\navec justesse.\nUn baryton qui fut à Bayreuth M. Louis\nFrolich, fît les délices du public par l'ampleur\nde sa voix et la clarté de sa diction. L'ovation\nqui se déchaîna après l'air des Saisons d'Haydn,\nd'une-simplicité presque banale, se mua en un\nfroid hyperboréal lors de la poignante et ad-\nmirable plainte d'Amfortas que M. Durant\navait cependant fait précéder intelligemment\ndu prélude ineffable et sacré de Lohengrin.\nC'est que la nullité intellectuelle de l'audi-\ntoire snobs y compris confine à l'in-\ndigence, et que la culture générale est nécessaire\npour comprendre de telles œuvres.\nOn annonce à Mons un concert con-\nsacré à M. V. Vreuls, directeur du Conserva-\ntoire de Luxembourg, élève de Vincent d'lndy.\nM. Vreuls fut lauréat du prix annuel\ndécerné par l'Académie Libre de Belgique,\nfondée par M. Edmond Picard. J. N.\nTOURNA Y. Myrtis, poème de Ch.\nHenri, musique de Nicolas Daneau, vient\nd'être représenté à Tournay avec un reten-\ntissant succès. Ce triomphe est légitime, et\nnous en sommes particulièrement heureux.\nM. Nicolas Daneau est un musicien du plus\ngrand talent, qui honore la Wallonie et la\nmusique belge.\n\nÉtranger\nLONDRES. Mr. Thomas Beecham\nannonce une saison d'opéra à Covent Garden\nqui durera du 19 février au 15 mars. Les\nœuvres représentées au cours de cette brève\nsaison sont : Elektra de Richard Strauss,\nTristan und Isolde, Hansel und Gretel, UEnfant\nprodigue de Debussy, The Wreckers de Miss\nEthel Smyth, The Village Romeo and Juliet\nde Delius.\nElektra sera dirigé par Strauss lui-même.\nLe Censeur a refusé l'autorisation de monter\nSalomè pour quelque raison mystérieuse connue\nde lui seul et du Dieu de la Bible, nombre de\n\" Salomés \" ayant déjà cabotiné sur les planches\ndes théâtres de Londres et même des music-\nhall, par les soins de Miss Maud Allen,\nM'11(' Odette Valéry et autres. X. M. B.\nUN INTERVIEW DE M. KENNEDY SCOTT.\nL' \" Oriana Madrigal Society \".\nMr. Kennedy Scott habite dans une petite\nrue bien calme de Londres une gentille maison\ntapissée de lierre, une maisonnette modeste et\naccueillante avec, devant la porte, une mi-\ngnonne pelouse de ce vert somptueux qu'on\nne rencontre qu'en Angleterre. Dès le seuil,\nj'entends des notes s'égrener, lentes, dans le\ncalme. M. Scott est au piano d'où, souriant,\nil se lève pour me recevoir. Nous n'en sommes\npas d'ailleurs à notre première rencontre. Je\nl'ai déjà vu plusieurs fois diriger le chœur de\nT \" Oriana Society \" et plusieurs fois aussi\nj'ai eu le plaisir en soirée de goûter l'agilité et\nla sincérité profonde de son esprit.\nSanglé dans l'habit ou dans la redingote,\nl'artiste, dans le monde, paraît toujours un\npeu endimanché ; il donne toujours un peu\nl'impression d'un exilé en terre étrangère.\nC'est le véritable Scott que j'ai maintenant\ndevant moi, grand, souple, bien découplé,\nlibre dans son complet gris de cycliste : et il\nme semble que sa conversation aussi est plus\nvive. C'est peut-être parce qu'il me parle de\nl'œuvre de Sa vie, de la Société à laquelle il\nconsacre tout le temps que lui laisse son\nmétier d'organiste et de professeur."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.94", "texte": "6o\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\n\"L'Oriana Madrigal Society\" prit naissance,\ndurant l'automne de I9°4> me dit-il, grâce\nsurtout je puis bien vous le déclarer à\nmon initiative. Depuis déjà longtemps, j'avais\nsenti vivement toute la beauté de la musique\npolyphonique ; je me rendais compte qu'elle\nnous révélait des choses que nous ne trouvons\npas dans la musique d'aujourd'hui et que nous\navons besoin d'entendre. J'estimais que l'étude\nde cette musique ne devrait pas demeurer\nseulement une \" chasse gardée \" des anti-\nquaires, mais entrer dans le domaine des\nréalisations pratiques ; bref, qu'il fallait chanter\nles Madrigaux au lieu d'écrire à leur sujet.\nL' \" Oriana Society \" est donc une société\nfaction pratique qui sert avec une sorte de\nzèle apostolique la cause de la musique poly-\nphonique en général, et du Madrigal anglais\nen particulier. Nous nous sommes confinés\nentièrement dans les Madrigaux anglais, non pas\nque nous considérions les autres madrigaux\ncomme inférieurs, mais parce que nous regar-\ndons les nôtres comme fort beaux et pensons\nqu'ils devraient attirer tout d'abord l'attention\ndes Anglais. Nous croyons aussi qu'en con-\ncentrant nos efforts sur un point spécial nous\naccomplissons une œuvre plus utile que si\nnous attaquions à l'ensemble de la question.\nNous donnons tous les ans deux concerts\nconsacrés entièrement à la musique chorale\nanglaise du seizième et du dix-septième siècle.\nLes répétitions ont lieu, une fois par semaine,\nd'octobre à juin. Nous comptons environ\n70 membres actifs et 80 membres honoraires;\nnous ne désirons pas accroître le nombre de\nnos choristes ; mais nous serions fort heureux\nde voir s'allonger la liste de nos membres\nhonoraires !\nPour parfaire notre œuvre, nous publions\ndans notre u Euterbe \" des morceaux de\nmusique ancienne. -Cette publication paraît\ndeux fois par an ; et nous chantons à nos\nconcerts les pièces qui y figurent. Jusqu'à\nprésent chaque volume a contenu en général\ndeux madrigaux et trois \" rounds \" et quelque-\nfois une préface traitant du madrigal à un\npoint de vue spécial. Je ne vous ferai pas\nrénumération détaillée de notre répertoire et\ndes œuvres de Bateson, Wilbye, Vantor,\nLichfield, Weelkes, Dowland, Byrd et Mor-\nley, publiées par nous. M. Fuller Maitland,\nle critique musical du Times, président de\nnotre comité, a écrit la préface de notre pre-\nmier volume, \" Les Madrigaux M. Ark-\nwright, celle du deuxième volume, \" Les Modes\net les Clefs \", et Miss Dodge, celle du troi-\nsième, \" Les joueurs de Luth et la Musique de\nLuth en Angleterre CH. CHASSE.\nPAYS DE GALLES. La célèbre can-\ntatrice galloise, Mrs Mary Davies qui a depuis\nquelques années abandonné sa carrière, con-\nsacre maintenant son activité à réveiller\nl'enthousiasme de ses compatriotes pour leurs\nvieilles chansons populaires. Elle donna Mer-\ncredi dernier à l'Université une fort intéres-\nsante conférence.\nLa \"Cymdeithas Alawon Gwerin Cymru\" '\n(en anglais Welsh Folk-Songs Society, société\nde chants populaires gallois) dont elle est\nsecrétaire honoraire, a été fondée en 1906 et\ncompte actuellement 168 membres, sous la\nprésidence de Sir William Preece. Mr. Lloyd\nGeorge, ministre des finances est un des vice-\nprésidents. La société a été organisée dans le\nbut de recueillir, de collectionner et de con-\nserver les chants populaires gallois et de publier\nceux qui en valent la peine. Les airs doivent\nêtre recherchés parmi les paysans, dans les\nvillages éloignés ou parmi les pêcheurs. Le\ncollectionneur doit se faire chanter l'air une\nou deux fois d'abord pour en saisir la forme\npuis le faire chanter de nouveau pour en\nécrire chaque note sans souci de la mesure et\nenfin une dernière fois pour enregistrer le\nrythme. Les paroles doivent être aussi\nsoigneusement notées. La correction d'er-\nreurs supposées conduit fréquemment à la\nsuppression de caractéristiques d'une valeur\nspéciale, comme par exemple lorsque les airs\nmodulés sont transcrits par le collectionneur\ndans le mode mineur. S'il y a des variantes\ndans les différents couplets, elles doivent être\nfidèlement conservées. Dans les vieux airs,\nil y a souvent de la difficulté à écrire la\nmusique en mesures de longueur égale ; le"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.95", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n6i\n\nchant sera donc écrit comme il est chanté,\nmême si le résultat donne des mesures inégales.\nMrs Davies a chanté \" a capella \" et dans\nun style impeccable, de sobriété et de senti-\nment vrai, un air \" Dacw'nghariodi \" (Voici\nmon amour) qu'elle a elle-même découvert et\nnoté il y a un an. Des exemples d'autres\nvieux airs aussi récemment découverts et tous\npleins d'un charme mélancolique ont été\nchantés par un chœur composé d'étudiants et\nétudiantes de l'université: La parfaite justesse,\nla qualité des timbres, l'ensemble de l'exécu-\ntion et la naïve émotion des interprètes nous\nont prouvé que la réputation mondiale dont\njouissent les chanteurs gallois n'est point\nusurpée.\nMrs Davies a terminé en demandant aux\nétudiants qui formaient une importante partie\nde son auditoire, de se passionner pour leurs\nvieux airs nationaux et de les substituer aux\nchansonnettes de \" music-hall \" et de u mu-\nsical-comédies LUCIE A. BARBIER.\nEBENEZER PROUT. Notre collègue\nEbenezer Prout, professeur de musique à\nl'Université de Dublin, membre de la \" Royal\nAcademy of Music \", est mort à Londres le\nmois dernier. Fils d'un pasteur congrégationnel\ndu Northamptonshire, il obtint en 1862 le\nprix offert par la \" Society of British Musi-\ncians \", pour le meilleur quatuor à cordes, ce\nqui l'engagea définitivement dans la carrière\nmusicale. Ses articles de critique, ses quatre\nsymphonies, et surtout ses ouvrages théo-\nriques : Harmony, Counterpoint, Musical Form,\netc., restent autant de garants de sa haute\nvaleur.\nBILBAO.— Notre Société Philharmonique\nvient d'entrer dans sa quatorzième saison. Elle\na été la première de ces associations, si répan-\ndues maintenant en Espagne, où les amateurs\npeuvent, pendant l'hiver, entendre deux con-\ncerts par mois, souvent avec les meilleurs\nartistes d'Europe, moyennant une cotisation\nmensuelle de cinq francs, et qui rappellent\nles Académies de Musique en France au\nXVIIIe siècle.\nLa Philharmonique de Bilbao a ouvert le\nfeu en Octobre avec la Nouvelle Société des\nInstruments a vent, de Paris, dont je n'ai à\nvous vanter le mérite. Le succès personnel des\nartistes a été très grand. Toute leur maitrise\nétait nécessaire, pour nous faire goûter cette\ncombinaison instrumentale, qui semble porter\nmalheur à ceux qui la cultivent, puisqu'elle a\ninspire à Beethoven son Octette, peut-être la\nseule œuvre absolument ennuyeuse qui soit\nsortie de sa plume.\nEn Novembre, un nouveau quatuor espagnol,\nnous a été présenté, le Quatuor Vela, qui bat le\nrecord de la jeunesse parmi les sociétés de ce\ngenre, le plus âgé de ses membres ayant à peine\ndépassé vingt ans. L'homogénéité n'est pas\nencore parfaite, et il est à craindre qu'elle ne\nle soit jamais, car il manque à cet organisme\nl'homogénéité des tempéraments, la plus diffi-\ncile à obtenir et qui fit la force du Quatuor\ntchèque par exemple. En compensation le Qua-\ntuor Veia fait preuve d'une musicalité rare et ses\ninterprétations sont d'une technique presque\nparfaite. Les quatuors de Grieg et Tschai-\nkowski (en ré) ont été et c'est naturel\nles mieux interprétés dans les deux séances,,\net parmi les classiques, celui de Mozart (en\nmi bémol).\nEnfin nous avons connu, le mois dernier,\nun tout jeune pianiste, espagnol aussi, qui\nsemble appelé à une notoriété prochaine. C'est\nun nom à retenir celui de Thomas Teran qui\nmalgré ses treize ans ne donne nullement\nl'impression de l'enfant-prodige. Le jeune\nTeran est étonnant de force rythmique, d'en-\ntrain, de vigueur. Il a donné une interpréta-\ntion stupéfiante de la Fantaisie Chromatique\nde Bach, et a été très remarquable dans la sonate\nop 111 de Beethoven.\nIl faut féliciter M. Guervasy professeur au\nConservatoire de Madrid, d'avoir su guider\nsi adroitement ce jeune homme.\nJ. C. DE GORTAZAR.\nMADRID. Le correspondant de la\nS. I. M. à Madrid se heurte comme ses con-\nfrères espagnols en critique contre le snobisme\nfermé de la Philharmonique... Nous avons pu"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.96", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\nv<S&v'.\n• W». : . • .'V .. - V\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888.\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.97", "texte": "cependant savoir que MIIK Wanda Landowska\nremporta le plus légitime des triomphes en son\nrépertoire bien connu... Mais la Philarmonique\nétant exclusivement vouée au culte de l'art\nétranger ne saurait retenir notre attention.\nMieux vaut regarder du coté de l'Opéra et\nsurtout des concerts indigènes publics ou privés.\nL'Opéra continue à interpréter du Wagner\nà sa /manière, qui n'est pas la bonne. Des\nItaliens sans voix et sans intelligence musicale\nabîment la plus haute des musiques avec une\ninconscience superbe. Puis, pour varier les\nspectacles les divos régalent de notes aiguës et\ndiscordantes, de vocalises de basse- cour, les\nfervents admirateurs des \" sublimes\" créations\nd'un Ambroise Thomas ou d'un Puccini...\nLa magnifique inspiration de ces deux mes-\nsieurs jointe à l'interprétation des dits chan-\nteurs nous donne de petites séances fort diver-\ntissantes. Mais par bonheur, en cette nuit\ntrouble brillent quelques étincelles... C'est\nMaria Gay et sa création captivante de Car-\nmen que les Espagnols trouvèrent indécente...\nCe sont les reprises de Samson et Dalila et\nsurtout l'annonce d'une œuvre nouvelle du\ngénial Amadeo Vives, intitulée Colomba, drame\nlyrique réaliste dont nous rendrons compte le\nmois prochain. La misérable œuvre de Chapi,\nMargarita la Torner a, nous fait regretter que\nnul vrai musicien n'ait songé à commenter\nd'une palette fine et délicate les merveilleuses\nlégendes de Zorrilla.\nLe grand événement musical de ces quelques\nmois écoulés fut l'interprétation de Vlberia\nd'Albeniz par le prix-Diémer, Joaquim Malats.\nLes privilégiés, qu'attira l'affiche de théâtre de\nla Comédie, se souviendront longtemps de cette\nbelle soirée d'Art 011 la musique du grand\nEspagnol ce poète unique du piano\nrevécut, palpitante, sous des doigts d'Espagnol.\nCar cette œuvre si nationale en sa conception\npour ainsi dire universelle, requiert une mise\nen œuvre adéquate. Nous le disons avec foi :\nIberia est le plus magnifique effort tenté par\nun musicien, du piano, depuis Robert Schu-\nmann. Inspiration d'origine populaire ; classi-\ncisme de la Forme, de l'Architecture ; nou-\nveauté sans précédent de la technique ;\nmodulations inentendues, agrégations harmo-\nniques inexplicables mais du plus heureux\neffet, pirouettes contrapontiques d'une aisance\nqui ravit, et par-dessus tout, un impressionisme\noù Moussorgsky, Debussy et Fauré sont vrai-\nment assimilés.\nGrâce à Malats nous avons pu entendre un\npeu de musique à Madrid... HENRI COLLET.\nBARCELONE. Gros succès pour\nMadame Landowska et son clavecin. Il peut\ny avoir des virtuoses plus tapageurs, il n'y en\na pas de plus délicieusement sincères.\nF. LLIURAT.\nSARAGOSSE. Ici le public accueille\nd'enthousiasme les artistes de plus en plus\nnombreux qui viennent lui faire entendre de\nla vraie musique. La u Sociedad filarmonica \"\nqui en est à la cinquième année de son exi-\nstence nous a permis d'applaudir La Société\nModerne d? instruments a vent, A/1116 Landowska,\nle quatuor Vela, Louise Debogis, H. Bauer et le\nquatuor Rose. M. DE LA FIGUERA.\nMUNICH. On sait que le Konzertverein\nde Munich a repris la tâche de l'ancien insti-\ntut Kaim et qu'il s'est mis en moins de deux\nans à la hauteur des meilleures associations de\nmême genre fonctionnant dans les principales\nvilles d'Autriche et d'Allemagne. On sait\nmoins que son effort n'eut pas été possible\nsans l'appui incessant que lui a prêté Mme Marie\nBarlow. Aussi le 2 janvier dernier, qui ame-\nnait la 70me année de ce généreux Mécènes\ndont le mérite n'a d'égal que la modestie, la\nfête de Mnie Barlow a pris l'importance d'un\névénement public, auquel tout Munich s'est\nassocié, depuis le Prince Regent, lequel a\nenvoyé une médaille d'or qu'aucune femme\nencore ne possédait ; ni personne du reste\nen or, jusqu'au plus humble des musiciens\nou des amateurs.\nExcellente musicienne elle-même, Mme Bar-\nlow a la joie de voir les bonnes traditions de\nsa maison persister en ses petits enfants. L'une\nd'entre eux, Mn< Emmy Braun éxécutait le\n19 janvier, aux concerts symphoniques popu-\n\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n63"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.98", "texte": "64\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nlaires ce brillant, difficile et avant tout fort\nbeau concerto en si bémol mineur, op 6 que\nle musicien prématurément enlevé Félix von\nRath (1866-1905) écrivit pour Mme Langen-\nhan Hirzel, qui a toujours excellé à le faire\nvaloir.\nLes répétitions du Konzertverein ménagent\naux favorisés qui y sont admis des incidents\nqui ne surprennent plus personne tant ils sont\nbien selon les traditions artistiques de la Cour\nde Bavière. Le prince Louis-Ferdinand aime\nà venir s'asseoir au milieu de l'orchestre de\nM. Ferdinand Lœwe et y tenir sa partie de\npremier violon. D'autres part l'angle de la\ngalerie est ordinairement occupé par deux\ncharmants enfants avec leur précepteur. L'un\na huit ans, l'autre quatre et demi. L'un est\nle futur roi, l'autre son frère le prince Albert,\nque leur père S. A. R. le prince Rupprecht\net leur mère, sœur de la reine des Belges,\ntiennent à voir initiés dès leur plus bas âge à\nBeethoven, Schubert et Bruckner. Parfois\nmême, si l'on s'est trompé d'heure ou que\nM. Lœwe intervertisse son programme, c'est\nl'op. 108 de Max Reger qui tombe sur les\npetites têtes charmantes ! Chez eux, il arrive\nque les petits princes fredonnent des motifs de\nBeethoven dans leurs ébats. Et voici pour\nfaire plaisir à M. Louis Dimier, qui préconise\nl'abandon des musiques et livres enfantins,\nlesquels, on le sait, n'amusent jamais que les\ngrandes personnes, tandis que les enfants sont\nsi heureux d'être traités eux en grandes per-\nsonnes ! W. R.\nSTRASSBOURG. Un cercle d'ama-\nteurs se propose, sous le nom de Société\ndramatique de Strassbourg d'organiser des\nreprésentations qui sauvegardent la culture\nfrançaise en Alsace.\nLEIPZIG. Le sympathique pianiste et\ncompositeur Ernest de Dohnanyi, professeur\nà l'Ecole des Hautes Etudes musicales de\nBerlin, a remporté un brillant succès au der-\nnier concert du quatuor tchèque qui exécutait,\ncomme nouveauté, son opus 1, Quintette à\ncordes avec piano en ut mineur. CEuvre encore\nschumanienne, juvénile, mais d'une sincérité et\nd'un naturel réconfortants, d'une belle venue»\nLe chœur d'hommes de Leipzig a\ncélébré ce 30 janvier, le 25canniversaire d'entrée\nen charge de son directeur, M. Gustave\nWohlgemuth. Il a organisé à cette occasion\nun concert monstre, auxquels prirent part\ndifférentes sociétés chorales, de sorte que l'on\nput exécuter avec environ 480 chanteurs le\nRetour du Croise de Wilhelm Kienzl ; le\nLiebesmabl der Apostei de Wagner et le Chant\ndes Bardes de Richard Strauss, dédié précisé-\nment à M. Wolhgemuth.\nPRAGUE. Hélas ! Le Narodni Divadlo\n(Théâtre National tchèque) entend demeurer\nfidèle aux vieux errements. Son Directeur,,\nM. Gustave Smoranz, en une lettre qui\ntémoigne la plus complète ignorance des mœurs\nartistiques russes, de la vie de Moussorgski et\nmême de la partition de Boris Godounow,\nannonce que l'œuvre sera représentée avec des\ncoupures, dont il entend demeurer seul juge ; il\ndonne pour prétexte de cette décision arbitraire\nque Rimsky Korsakof et les Directions de\nThéâtres Russes sont meilleurs juges de ce\nqui convient à Moussorgski, que les fidèles de\nla version originale. De ce train-là, nous ne\ndésespérons pas de voir, dès 191 1, le Théâtre\nAllemand donner au Narodni Divadlo une\nleçon de slavisme intégral et de conscience\nartistique, en montant, lui, le Boris authentique.\nEn attendant le Narodni Divadlo se résigne\ntrès facilement à l'humiliation d'aborder Elektra\nde Richard Strauss avec orchestration réduite\nà soixante-quinze instruments. Et nous qui\navions toujours tenu le Narodni Divadlo pour\nune des premières scènes du monde !\nLe cinquantenaire du compositeur Joseph\nBohouslaw Fœrster y a été fêté par une\nreprise, dans des décors nouveaux, de l'opéra\nqui avait fondé sa renommée, Eva.\nLa Umêlecka Beseda (Société artistique)\nde Prague vient de publier le second opéra de\nM. Karel Kovarovic, en réduction pour piano\navec texte. Na starem bélidlé (A Fancienne\nblanchisserie), tiré du fameux roman tchèque\nla Grand\" M ère (Babicka), de Bozena Nêmcova>"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.99", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n65\n\na consolidé la célébrité nationale acquise par\nM, Kovarovic avec ses Psohlavci (les Tête-de\nchien, surnom donné aux montagnards chodes,\nà cause de l'emblème de leurs drapeaux). Ce\npremier opéra était un noir tableau de la lutte\nd'une population libre à qui l'on retire ses\nprivilèges, contre la tyrannie du mauvais\nseigneur ; le second chante au contraire la paix\ndes campagnes à l'ombre d'une demeure\nseigneuriale où règne une châtelaine exquise.\nLes deux œuvres sont d'un particularisme\ntchèque si délicat que leur transplantation\nhors de Bohême nous paraît à tout jamais im-\npossible. C'est dommage, car il est difficile de\nrêver partitions plus délicates dans le tragique,\nl'une et l'autre, dans un demi-caractère sou-\nriant et attendri.\nLa même Umêlecka Beseda a encore édité\ntout récemment les quatre beaux Chants mé-\nlancoliques sur VAmour opus 38, datant de\n1906 de Vitezlav Novak, sur des textes des\npoètes Saroslav Vichlicky, Jaromir Barecky et\nJan Neruda. Inutile de dire que l'honneur de\nces sortes d'éditions nationales n'est réservé\nqu'aux œuvres les plus marquantes de la\nproduction tchèque contemporaine.\nL'éditeur Topic de son coté a fait une\ntentative originale. Voici une dizaine d'années,\nil avait donné une édition de Démon-Amour,\npoème célèbre de Saroslav Vichlicky, curieuse-\nment illustré par le peintre idéologue Max\nPinner. Il y revient et en offre cette saison\nune édition musicale, où les treize romances\ndu recueil ont été partagées entre MM. Joseph\nBohouslaw Fœrster, Karel Pospisil, et Karel\nMoor (qu'il ne faut pas confondre avec le\nmusicien Emmanuel Moor, établi à Lausanne\net dont la fécondité est déjà assez extraordinaire\nsans cela.)\nPrague n'avait pas encore de monument\nSmetana. La Umêlecka Beseda (toujours elle !)\nen a pris l'initiative, Une société s'est fondée\ndont la première réunion a eu lieu le 5\nDécembre. On a élu un comité présidé\npar l'historien J. Croll, et où figurent M.\nKovarovic et Max Svabinsky, l'artiste auquel\nl'on doit le plus beau portrait de Smetana,\ncomme de juste, presque tous les musiciens et\nécrivains de Prague. A la date de cette réunion\nils avaient déjà rassemblé 7569 couronnes.\nLa musique et la littérature tchèques\nsont en deuil d'un homme qu'il faut citer\ncomme l'un des plus consciencieux, et des\nplus sérieux critiques et écrivains musicaux de\nnotre temps. Le Dr Otokar HOSTINSKY est\nmort le 19 Janvier dernier. Il était né le\n2 Janvier 1847, Martinoves, près Budine.\nDocteur en philosophie dès 1869 et professeur\nen 1877, aP de sérieuses études à Munich\net à Prague, il était à l'université de cette\ndernière ville, privat-docent depuis 1883,\net, depuis 1892, professeur d'esthétique. Dès\nle principe, il soutint à Prague le bon combat\npour Wagner, en même temps que pour\nSmetana et la musique nationale. Longue est\nla liste de ses écrits: Christophe IVilibald Gluck\n(1884), Sur les origines de la Musique, Les\nReprésentations théâtrales à Athènes, La vieille\nmusique grecque {1885) Hector Berlioz, La Dé-\nclamation musicale tchèque (1886). En 1892\nil édite 36 chants populaires tchèques profanes du\nXVIme siècle. En 1896 son importante Con-\ntribution à rétude de la Musique et de la théorie\nmusicales tchèques au XVIme siècle, est basée sur\nl'étude spéciale de Jan Blahoslar et de Jan\nJosquin, et illustrée d'exemples de 1569 pour\nle premier, et de 1561 pour le second. En\n1900 Hostinsky, dont l'autorité augmente de\njour en jour, publie La Musique en Bohême, et,\nl'année suivante paraît son ouvrage capital et\nabsolument définitif : Bedrich Smetana, et sa\nlutte pour la musique tchèque moderne. En 1906\nc'est la Chanson populaire profane tchèque. En\n1908, Antonin Dvorak dans révolution de notre\nmusique dramatique. En 1905 La musique\ntchèque de 1864 a 1904. Enfin tout récem-\nment, à Noël 1909, ses Souvenirs sur Fibich, à\nqui il avait fourni le poème d'opéra La Fiancée\nde Messine; moins excellent encore que celui\nqui fit la force de la Cendrillon de Roskosny.\nIl était le président du comité tchèque, qui\nrecueille pour les grandes publications du\nMinistère des cultes et de l'instruction publique\nd'Autriche les chants populaires de Bohême.\nLa perte d'un tel Maître ne sera pas facile-\nment réparable. W. R."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.100", "texte": "66\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nMILAN. La Mèdèe de Cherubini n'a\npas été un succès. La pièce assez froide et\nantique n'a causé qu'une grande déception.\nUOrfeo de Monteverde a par contre soulevé\nl'enthousiasme. La reconstitution en a été faite\npar Giacomo Orefice d'une façon intuitive\nplutôt qu'historique, et avec l'intention de\nfaire œuvre d'artiste plutôt que d'archéologue.\nL'orchestre notamment était réalisé assez libre-\nment. Beaucoup d'entre nous en Italie pensent\nen effet que les préoccupations musicologiques\nne vont pas sans une certaine pédanterie, qui\ncristallise le sens artistique. Certains effets de\nsonorité étaient donc tout modernes.\nLa mélodie de Monteverde a extrêmement\nporté sur le public milanais ; l'exécution par\nKaschmann, Lavin et Fino, sous la direction\nd'Amilcare Zabella (du Liceo Rossini de\nPesaro) fut excellente. Un bon point pour\n66 l'Associatione degli Amici délia Musica \"de\nMilan, qui avait pris l'initiative de cette\nreprise tardive !\nSuccès considérable pour u Samson et\nDalila \" de St Saëns à la Scala, avec excellent\nensemble.\nJ'aurais beaucoup à dire du mouvement\ngénéral de la musique ici. Nous sommes dans\nune période d'expectation ; nous attendons le\nMessie de la musique pure. Disons cependant\nque notre Conservatoire espère arriver cette\nannée à l'établissement d'un orchestre stable,\nqui lui permettrait d'organiser d'une façon\npermanente des Concerts Symphoniques.\nG. ZAMPIERI.\nVIENNE. A PROPOS DE MAHLER.\nLors de sa dernière lettre d'Amérique M. G.\nBarrère a, dans 1' S. I. M. ue décembre, pris\nposition contre les arrangements que Gustave\nMahler ne craint pas de faire subir aux parti-\ntions de Beethoven. Comme cette lettre a fait\nle tour de la presse musicale française, je me\ncrois en droit d'ajouter ici quelques explica-\ntions, en faveur de Mahler, notre grand chef\nd'orchestre.\nToucher aux partitions de Beethoven, n'est-\nce pas un sacrilège ! Et comment Mahler, un\nde ceux qui connaissent le mieux l'orchestre,\nun chef réputé pour son fanatisme lorsqu'il\ns'agit de sonorité, s'est-il résolu à de pareilles\nmodifications, sans s'en cacher le moins du\nmonde ? Mais précisément au nom de la plas-\ntique de l'œuvre et l'orchestre moderne.\nMahler retouche lui-même sans cesse ses\npropres partitions, et je me souviens lui\navoir vu supprimer les trombones dans sa\nseconde symphonie à un endroit où ils cou-\nvraient le chant, la dernière fois qu'il dirigea\nà Vienne. Je l'entends encore s'écrier : \" A\nbas Fautorité ! Vive le chef cVorchestre qui fera\ndes changements dans mes propres œuvres la ou il\nlui sembleront utiles pour mettre en valeur l in-\ntention et l'effet voulus ! \"\nOr, chez Beethoven, par exemple dans la\nNeuvième, chacun sait que la technique instru-\nmentale du XIX( siècle n'était pas à la hauteur\ndu génie du Maître. Cela est particulièrement\nvrai pour les cors, les trompettes et les sons\naigus des bois.\nWagner avait déjà proposé ici toute une\nsérie de modifications qui ont été admises par\npresque tous les orchestres de l'Allemagne.\nEt, depuis Wagner, nous avons fait des progrès\nen orchestration ! L'arrangement de Mahler,\nécrit pour la Philharmonique a fait si bon\neffet que bien des gens ont déclaré qu'ils ne\nse doutaient pas de ce qu'était la Neuvième\navant de l'avoir ainsi entendue. Or Mahler\nn'a fait ici que continuer l'œuvre de Wagner ;\nainsi, par exemple, en développant la sonorité\ndes vents. Wagner avait déjà remarqué que le\nsecond thème du scherzo ne sort absolument\npas en présence du premier, exposé par le\nquatuor. Mahler ajoute ici aux bois de la\npartition, 6 cors et deux trompettes ! Le tout\nen clarté et en intensité. Ailleurs Mahler\nunit les hautbois aux flûtes et remplace les\nhautbois de la partition par des clarinettes,\ntandis qu'enfin il donne aux cors en fa les\nparties de clarinette écrites par Beethoven.\nPourquoi ? Parce que dans le fort de l'orchestre\nle registre bas de clarinette tel qu'il est écrit\nici ne s'entend pas, tandisque leur registre\nmoyen a une très belle sonorité. Dans la\n\" Alla Marcia \", dont parle M. Barrère,\nMahler a aussi ses bonnes raisons. Le hautbois"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.101", "texte": "qui expose cette marche lointaine ne peut\njouer pp dans son registre aigu, et d'ailleurs sa\nsonorité naturelle a quelque chose qui le met\nen saillie, empêchant ainsi l'idée d'éloignement.\nMailler remplace le hautbois par des flûtes, et\nmet des sourdines aux cors. Le problème est\nrésolu.\nOn pourrait presque, en suivant pas à pas\nles innovations de Mahler dans la Neuvième,\nécrire un nouveau Traité d'instrumentation.\nCar toutes ces modifications ont leur cause\ndans l'expérience journalière de l'orchestre\nmoderne.\nCertes le musicologue protestera, et il aurait\nraison s'il s'agissait d'œuvres appartenant à la\nmusicologie, c'est à dire à une manière de\nO /\nsentir qui n'est plus la nôtre. Mais des\nœuvres qui vivent encore de notre vie mo-\nderne, qui sont notre pain quotidien, nous\navons le droit et le devoir de les rendre con-\nformes aux exigences de nos orchestres et de\nnos oreilles, en réalisant les intentions de\nl'auteur par les perfectionnements de notre\ntechnique actuelle. Et cela de la manière qu'il\naurait employée s'il vivait en ce moment.\nDr EGON WELLECZ.\nOn organise pour mars des fêtes en\nl'honneur de la Philharmonique de Vienne,\nqui célèbre son cinquantenaire. L'orchestre\nrecevra solennellement la grande médaille d'or\nde St-Salvador.\nGR AZ.— Menus passe-temps de la censure.\nLe drame lyrique Àdise Brun du compositeur\nSuisse-romand, Pierre Maurice, vient d'être joué\nau théâtre municipal avec un joli succès. L'ac-\ntion se passe à Aix en Provence et la musique\nemploie divers chants populaires du midi.\nMais il y a aussi une procession et une exécu-\ntion capitale, où les moines récitent des textes\nlatins. La censure les a impitoyablement biffés ;\nde la sorte l'orchestre arrive à jouer, dans\ncertains passages, sans les chœurs ; mais comme\nles bons religieux ne peuvent pas assister\nmuets à l'exécution finale, la censure a toléré\nqu'on leur fit murmurer indistinctement des\nparoles latines quelconques. Le régisseur, en\ndésespoir de cause, fit marmotter sourdement\nle ... Gaudeamur igitur, à la place du Kyrie\neleison ! La censure fut en paix et l'on assure\nque l'émotion du public ne s'en trouva pas\ntroublée.\nv\nA un récent concert de le société acadé-\nmique Richard Wagner (on voit aujourd'hui\nde ces accouplements de mots !) s'est révélé un\ntalent musical remarquable : le jeune compo-\nsiteur styrien, D 1 Geppo Marx. Une centaine\nde lieder le font déjà désigner comme le digne\ncontinuateur de son compatriote Hugo Wolf.\nL'originalité de sa facture, la richesse de son\ninvention, l'expressivité de ses motifs mélo-\ndiques ont produit une véritable sensation.\nMM.\nSALZBOURG. De grandes fêtes en\nl'honneur de Mozart auront lieu ici du 29\njuillet \"au 6 août, à l'occasion de la fondation\nde la Mozarthaus. On entendra la Flûte, Don\nJuan et six Grands Festivals, comprenant :\nLaudate pueri, Ave Verum, Requiem. Qua-\ntuor (K. V. 465), Lieds, Quatuor avec piano\n(K. V. 478.). Symphonie en ré majeur,\nConcerto de violon. Concerto pour flûte et\nharpe, Symphonie en sol mineur. Aria pour\nsoprano et chœurs, Sonate pour violon et piano,\nsolos de piano, Aria du Roi pasteur. Quintette\navec cor. Quintette à vent. Symphonie\nen mi bémol majeur, Concerto de piano, Aria\nde Cosi fan tutte, Symphonie en mi bémol\nmajeur; enfin, au dôme, la messe en ut majeur.\nPour tous renseignements s'adresser aux\nbureaux du S. I. M.\nBUCAREST. Le public roumain est\ncommunicatif et enthousiaste ; il n'y a pas de\nsoliste ou d'orchestre venu d \"Europe qui ne\nremporte ici, qui plus, qui moins, mais encore\nsans distinction très marquée, des succès pro-\ndigieux. On y applaudit d'aussi grand cœur\nMassenet et Wagner, Puccini et Debussy ;\net Dvorak y passe pour classique aux côtés de\nBach. Cet éclectisme, du moins, contribue à\nl'éducation générale, et il faut concéder que\nles progrès du goût musical ont été sensibles\net rapides déjà.\n\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n6 7"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.102", "texte": "LEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioh 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n9i\no\nfs\ns\no\nA,\ns\n?\nYs\ng\n>\n3fe\n!\n□\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFILIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Lin an 30 fr.)"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.103", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n69\n\nMais jamais la foule ne délire, comme\nlorsque un exécutant ou un compositeur rou-\nmain vient montrer que la musique nationale\nexiste, que l'art national soutient la compa-\nraison avec l'art d'occident. Et parfois il se\ntrouve que cela est vrai.\nLes deux derniers concerts de caractère bien\nroumain, furent et non moins artistique ceux\nde Mme Triteanu et de M. G. Enesco.\nL'éloge de ce dernier n'est plus à faire à\nParis, A Bucarest non plus. Il vient de se pro-\nduire trois fois de suite, avec un égal succès,\ndevant ses compatriotes, dans ses trois qualités\nde violoniste, de pianiste et de compositeur.\nComme pianiste, il a eu le rare mérite, la belle\nconfraternité, de se faire l'interprète de la\nSymphonie roumaine pour piano et orchestre de\nM. Stan Golestan. Dame, M. Golestan ne\nsemble pas encore prophète en son pays. Les\nlaoutars barbus mettent le directeur de l'or-\nchestre officiel du Ministère de l'lnstruction\npublique, M. D. Dinicu, en garde contre les\n\" intrus en musique \" ; et voici comment ils\nanalysent la \" prétendue \" symphonie rou-\nmaine : \" autour d'un motif populaire suffisam-\nment trivial, qui passe par tous les instruments,\ns'enlacent un ou deux motifs de Grieg, repris\net attaqués sans aucun lien sensible, et sans\nque l'auteur arrive un être maître des\nmasses instrumentales\"... ; cela ne veut pas\ndire grand'chose, et la présence de M. Enesco\nau piano parle mieux en faveur de l'œuvre.\nVioloniste, M. Enesco prêta son concours au\npremier concert de Mme Triteanu, avec un Air\nde Bach et les Humoresques de Dvorak. Com-\npositeur, il bénéficia de tout un festival où l'on\nn'entendit un choix de ses œuvres, sous sa\ndirection personnelle, verveuse et ferme. Le\nprogramme comprenait le Poème roumain, du-\nquel date la consécration du musicien : le\ncharme des airs nationaux opère toujours, ainsi\nque la relative simplicité d'écriture, et impres-\nsionne intensément l'auditoire.\nLa suivante symphonie en mi bémol apparaît\nplus ardue, trop développée, dit-on dans cer-\ntaines de ses parties ; si elle n'était pas\nd'Enesco..., mais il la dirige admirablement,\navec un soin des détails autant que de la ligne\narchitecturale qui atteint à un grand effet. Et\nl'on respire de nouveau à l'aise dans les\nsodies roumaines,celle en surtout, où\nvibre l'âme môme du pays.\nMme Veturia Triteanu est une autre char-\nmeuse. Elle arrive de Transylvanie, de chez\n\" les frères de Hongrie \" avec une réputation\nde rossignol. D'une voix vibrante et chaude de\nmezzo-soprano, au timbre bien roumain, elle\nchante également Schumann et Schubert,\nDvorak et Brahms, Wagner ou Strauss. Mais\nelle a un art particulier de dire les chants\npopulaires de son pays, les complaintes jaillies\ndu tréfond de misères d'un peuple oppressé.\nM. M.\nVARSOVIE. Dans la série de grands\nconcerts symphoniques à la Philharmonie, sous\nla direction de M. Z. Fitelberg, à noter (au\nmois de décembre) le très grand succès de\nJacques Thibaud qui a enlevé l'enthousiasme\nd'une salle comble. Un des concerts de musique\nde chambre (arrangé par M. H. Melcer) a été\nconsacré entièrement à la musique française.\nQuatuor de César Franck, concerto pour piano\net violon avec acc. de quatuor à cordes de\nChausson, mélodies de Berlioz, Franck, Chaus-\nson, Chabrier, Ravel, Debussy, Dukas et\nd'lndy. N'ayons garde d'oublier le brillant\nsuccès d'lsaye. Comme nouveauté sympho-\nnique, il faut mentionner \" La mer \" de\nDebussy, exécutée avec grand soin par l'or-\nchestre symphonique du Prince L. Lubomirski.\nL'Opéra de Varsovie passe une époque\nde crise assez pénible. Après une saison de\ntrois mois dirigée par un groupe d'artistes\npolonais (non subventionné) la salle du Grand\nThéâtre est louée pour quatre mois à un\nentrepreneur italien Castellano. D'après les re-\nprésentations que nous avons eues les résul-\ntats artistiques de l'entreprise sont à peine\nsatisfaisants. A l'exception de quelques artistes\n(Mmes Bianchini-Cappelif, Mrs Maggini-\nColetti) elle ne possède que des voix médiocres\net nous attendons avec impatience et inquié-\ntude des changements décisifs qui nous redon-\nneraient l'opéra subventionné par le gouver-\nnement."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.104", "texte": "7°\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\n— A partir de mars notre Section polonaise\nde la S. I. M. aura son Bulletin trimestriel.\nH. O.\nS1 PETERSBOURG. — Les deux grands\névénements de notre vie musicale en cette\nsaison sont : le 50me anniversaire de la Société\nImpériale Musicale Russe (fondée au prin-\ntemps de 1859), et le 5<3me jubilé de M. César\nCuiy dont cette même société exécutait un\nscherzo le 14 décembre 1859.\nLe noyau de la Société Imper. Al us. Russe\nfut la Société Musicale Russe à S1 Pétersbourg,\nformée aussi en 1859, qui succédait elle-même\nà une \" Société Symphonique \", composée à\nmoitié de dilettanti et qui, dix ans auparavant,\navait cessé d'exister. Les fondateurs de la\njeune Société étaient A. G. Rubinstein, le\ncomte Mathieu J. Wielhorsky, le mécène\nbien connu, D. W. Kapchine, W. A. Kolo-\ngriwow et D. W. Stassow, grands amateurs\nde musique. Ce dernier est le frère du critique\nd'art bien connu M. Wladimir Stassow et le\nseul parmi les fondateurs qui aura assisté au\n5 ome anniversaire de la Société. Les jeunes fon-\ndateurs, à la tête desquels il convient de placer\nRubinstein, eurent recours au patronage de la\nGrande Duchesse Hélène Pawlowna, tante de\nl'Empereur Alexandre II et femme de haute\nculture, qui, ne se bornant pas à protéger la\njeune institution, lui prodiguait personnelle-\nment des secours matériels. De suite, la\nSociété déploya son activité musicale avec\nvigueur. — Ses concerts symphoniques et de\nchambre n'eurent qu'une interruption mo-\nmentanée, lors des événements de 1905-1906,\nalors que le mouvement révolutionnaire se fit\nsentir jusque dans le Conservatoire même.\nDès 1859, Société organisa un chœur, une\nbibliothèque, des concours entre compositeurs\net fonda un u Cours de musique populaire \",\ndans le Palais Michel, mis gracieusement à la\ndisposition de la Société par la Grande\nDuchesse Hélène. Ces cours devinrent, en\n1862, le Conservatoire de St Pétersbourg, dont\nle premier lauréat fut Tchaïkowsky, en 1865.\nIl ne faut pas oublier qu'avant la formation\ndu Conservatoire de Sfc Pétersbourg les musi-\nciens russes ne jouissaient pas de droits civi-\nques, qu'ils ne pouvaient être ni fonctionnaires\ndes Théâtres Impériaux ni professeurs de\nmusique dans les instituts de jeunes filles.\nRubinstein, qui, malgré sa renommée uni-\nverselle, avait lui-même éprouvé les fâcheuses\nconséquences de l'inique situation dans la-\nquelle se trouvaient tous les musiciens russes,\nobtint qu'il fut accordé, de par la loi, le titre\n& artiste libre, pour les anciens élèves du Con-\nservatoire titre qui n'avait été décerné\njusqu'alors que par l'Académie Impériale\ndes Arts.\nL'activité de la Société devint de plus en\nplus étendue. Un an après sa fondation, Rubin-\nstein créa une section indépendante à Moscou.\nEnsuite, peu à peu, se formèrent des sections\nà Charkow, Kiew, Saratow, etc. etc. A cette\népoque (en 1865), pour mieux surveiller\nl'activité toujours croissante de la Société, il\nfut instituée une Direction principale, à la\ntête de laquelle, avec le titre de président, ont\ntoujours été placés des membres de la famille\nimpériale. Ainsi, après la mort de la Grande\nDuchesse Hélène (t 1873), ce fut le Grand\nDuc Konstantin Nicolaévitch, ensuite (1899)\nson épouse Alexandra Josefowna, laquelle\nchoisit, comme aide, son fils le Grand Duc\nKonstantin Konstantinowitch ; celui-ci n'a\nrenoncé à ses fonctions qu'au commencement\nde 1909, lorsque la princesse Hélène de Saxe-\nAltenbourg (petite-fille de la Grande Duchesse\nHélène Pawlowna) a été élue présidente de la\nSociété.\nEn 1873, la Société a reçu le titre d'\" Im-\npériale \". Je passe tous les détails du déve-\nloppement de la Société, les modifications de\nses statuts ainsi que de ceux du Conservatoire\net d'autres institutions musicales affiliées à elle.\nActuellement la Société Musicale compte plus\nde 35 sections dans tous les centres im-\nportants de Russie du Caucase à la Sibérie,\net 2 conservatoires (S1 Pétersbourg et Moscou),\n16 écoles musicales et 16 cours musicaux\n(pour la plupart du type d'écoles musicales\nde 4 classes), où plus de 18000 élèves étudient\ntoutes les branches de la musique.\nLa section de St Petersburg aura été le tronc"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.105", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n71\n\nde cette énorme ramification à travers toute\nla Russie.\nSon Conservatoire a eu à sa tête : Rubin-\nstein (à deux reprises, en 1862-1867 et 1887-\n1891), N. J. Zaremba (1867-1871), M. P.\nAsantchewsky (187 1-1876), le célèbre violon-\ncelliste K. j. Dawydow (1876-1887), les\nprofesseurs J. J. Johansen (1891-1897),\nA. R. Bernhardt (1897-1905) et finalement,\nA. K. Glazounow (depuis 1905) que l'on peut\nà juste titre, considérer comme la plus grande\nautorité musicale russe de l'heure actuelle.\nEn 1896, il alla s'installer dans un énorme\npalais, construit sur l'emplacement de l'ancien\nGrand Théâtre et dû à la libéralité de l'empe-\nreur Alexandre 111. En 50 ans, la section de\nSt Pétersbourg, à elle seule, a donné plus de\n500 concerts symphoniques et plus de 400\nsoirées de musique de chambre, sans compter\nles exercices d'élèves. Les concerts sympho-\nniques ont été dirigés par des célébrités russes\net étrangères, telles que Rubinstein, Balakirew,\nBerlioz, Bulow, Auer, Safonov et grand nom-\nbre de jeunes musiciens auxquels la Société\ndonnait la possibilité de se produire. Enumérer\nles noms des compositeurs et exécutants ayant\nfiguré dans les programmes des concerts de la\nSociété équivaudrait à copier le dictionnaire\ndes musiciens du 19e et du commencement\ndu 20e siècle.\nLes fêtes du 50e anniversaire dureront\nplusieurs jours en dehors d'une séance solen-\nnelle, il y aura deux concerts de gala, (l'un deux\nrépétera le programme du premier Concert de\nla Société, du 23 Novembre 1859) et une\nreprésentation d'opéra. 1\nL'importance du le 50e jubilé de M. C. A.\nCui est certes moindre, cependant il a aussi\nvivement intéressé notre public musical. Auteur\nde \" William Ratcliff\" \" Angelo \" \"Le prison-\nnier de Caucase \" uFlibustiero\" \" Sarazin\", sans\ncompter plusieurs petits opéras, un très grand\nnombre de romances (dont quelques-unes fort\npopulaires), et de morceaux pour piano etc. ;\ncritique, très écouté à un certain moment et\npropagateur des tendances russes modernes\nM. Cui fut, en même temps que Balakirew,\nun des premiers fondateurs de l'école des 5\navec Moussorgski, Rimsky-Korsakow et Bo-\nrodine. Le réalisme, le langage imagé et\ndescriptif, le respect du coloris national, l'af-\nfranchissement complet de la routine, telles\nétaient les tendances de ce groupe qui sym-\npathisait avec Liszt, Berlioz et Schumann,\ntout en luttant contre les idées réformatrices\nde Wagner et contre le Conservatoire de\nRubinstein. Cette lutte, assez âpre à certains\nmoments, s'est apaisée avec le temps.\nL'œuvre musicale et littéraire de M. Cui\nest assez connue en France ; ses 2 opéras\nfurent représentés à Paris et en Belgique,\nd'autres de ses œuvres ont souvent été exé-\ncutées surtout grâce à la propagande de la Com-\ntesse de Mercy-Argenteau, admiratrice et\namie de M. Cui à qui elle a consacré tout un\nlivre. Enfin, c'est à Paris que fut publié le\nlivre de M. Cui \" La Musique en Russie \"\nouvrage, qui, malgré un certain exclusivisme,\nbien compréhensible d'ailleurs, a pendant fort\nlongtemps, servi de source principale pour tous\nceux qui, en Europe occidentale, se sont inté-\nressé à l'actualité musicale russe. Pour le jour\nde son jubilé M. Cui a achevé un nouvel\nopéra 66 La fille du Capitaine \" (sujet pris dans\nun roman de Pouchkine). Cet anniversaire est\nfêté aussi bien à St. Pétersbourg, qu'à Moscou\net en province ; les Théâtres Impériaux re-\nprennent à cette occasion à Pétersbourg :\n\" Angelo \" le plus important des opéras du\nmaître, à Moscou le \" Prisonnier de\nCaucase N. FINDEISEN.\nMOSCOU. La distribution des prix à\nla mémoire de Glinka a eu lieu le 27 no-\nvembre (10 décembre), anniversaire des pre-\nmières représentations de La vie pour le Tsar,\net Russlan. Cette institution a été fondée par\nMétrophan Bélaiew, éditeur de musique et\n\n-1 II a été publié, à Poccasion de l'anniversaire, par\nles soins de la Direction de la Section de Pétersbourg-,\nun aperçu historique du cinquantenaire de la Société ;\nce travail a été confié à l'auteur de ces lignes."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.106", "texte": "72\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nen même temps grand amateur et patriote\nardent.\nLe grand prix de 1.000 roubles a été donné\nà Thèod. Blumenfeldt pour une symphonie à\ngrand orchestre (Op. 39). Les quatre prix à\n500 roubles: 1.) à N. Tsherepnin, pour un\nconcerto de piano ; 2.) à M. Steinberg, pour\nun Quatuor ; 3.) à Al. pour sa S™\nSonate de piano ; 4.) Ig pour un\nScherzo fantastique pour orchestre.\nCitons de grands noms : Mengelberg à\nla Philharmonique ; Safonov qui revient cou-\nvert de lauriers, et auquel on fait ovation ;\nOskar Fried au concert Kussewitzki ; Nedbal\nqui nous offre à la Société Impériale deux\nnouveautés, un Poème d'après\nLenau par Henri Rabaud, et le de\nNoren ! Parmi les pianistes Slivinski, Hofman,\nLeonide Kreutzer (un joli nom pour les\nsonates !) enfin, à une place à part M\"lu Lan-\ndowska, la triomphatrice en ce moment ici.\nAux concerts historiques de Serge Wassilenko,\nelle nous a ravi avec un concerto pour piano\nd'Haydn dont elle a composé elle-même la\ncadence, et du Mozart, du Rameau, du Bach\nsoit au piano, soit au clavecin ! J'ajoute que\nla sonorité du clavecin Pleyel, que Mme Lan-\ndowska avait amené m'a semblé parfaite.\nELLEN DE TIDEBOEHL.\nUN TOURNOI MUSICAL. Tous\nles deux ou trois ans, l'Allemagne musicale\norganise des grandes fêtes en l'honneur de\nJ. S. Bach. Elles auront lieu cette année à\nDuisburg, sous la direction de Walther Joseph-\nson et dureront du 4 au 7 juin- Une commis-\nsion spéciale, composée des plus grandes no-\ntoriétés doit résoudre le problème de savoir si,\npour l'interprétation des œuvres de Bach, les\ninstruments anciens à clavier peuvent être\nremplacés par notre piano moderne. Devant\nce jury, Mme Wanda Landowska aura à dé-\nfendre la cause du clavecin, en exécutant sur\ncet instrument plusieurs œuvres de Jean-\nSébastien, qui seront ensuite jouées par des\nartistes notoires au piano.\nUNE LETTRE DE MAX REGER.\nLe Musical Courrier de New-York publie\nune lettre qui a été adressée par son corres-\npondant de Leipzig, et dans laquelle M. Max\nReger apprécie de la façon suivante le rôle de\nla critique musicale.\n\" Est il rien de plus humoristique, que la\nlecture des critiques ? Un vieux proverbe a\nbeau dire : Le musicien n'est pas un critique\net le critique ne sera jamais un musicien \"\nmalgré tout, et quoiqu'on fasse pour se péné-\ntrer de cette vérité, on demeure stupéfait\ndevant les bourdes, les contradictions et l'éter-\nnel discrédit qui se renouvellent ici journelle-\nment. On dira, pour se défendre : Qu'est-ce\nqui n'est pas critique aujourd'hui ? Des gens\nqui n'ont rien à faire avec la musique, des\nmédecins, des professeurs, des fonctionnaires\napportent le concours de leur compétence\ncritique et musicale, avec toute la modestie\ndes oracles. Autrement dit, la critique n'a\nqu'à s'en prendre à elle, si elle ne peut pas se\nfaire prendre au sérieux. Et puis les coteries\ndécident si souvent de la bienveillance ou de\nl'animosité ! Est-ce que les sympathies ou les\nhaines personnelles ne parviennent jamais à\ntroubler le regard des juges ? Certes je connais\net j'estime quelques vrais critiques, qui pren-\nnent la musique au sérieux, mais ils sont aussi\nclairsemés que ces compositeurs, auxquels la\ncritique en question accorde l'originalité, la\nbeauté, l'expression etc., etc...\nDr Max Reger.\nGENEVE. A Genève et Lausanne,\nRicardo Vinès fait merveille, au Conservatoire\net en deux récitals de musique moderne, de\nChopin à Ravel."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.107", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n73\n\nM. Harpignies.\n\n3"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.108", "texte": "Maîtres et Amateurs.\nUn Amateur : HARPIGNIES.\nPour ce maître paysagiste se servir du mot :\n\" amateur \" même pour désigner le musicien,\nle joueur de violoncelle, n'est-ce pas aussi\ngênant que de l'appeler \" Monsieur \" ?\nDe ce u Monsieur \" gonflé de vent et d'im-\nportance bourgeoise qu'une politesse toute con-\nventionnelle voudrait nous faire placer avant\nles noms des artistes vivants !\nEh bien ! non ! plutôt être impoli que ridi-\ncule. Ecrivons donc Harpignies tout court\nmontrant par là combien nous tenons cet\nhomme pour déjà et définitivement passé dans\nla Postérité.\nHarpignies !\nRegardez comment se présente l'assemblage\nde ces lettres. Ecoutez-en la sonorité r Harpi-\ngnies, ne voyez-vous pas, n'entendez-vous pas\ndans ce nom là, tout ce qu'il y a dans l'œuvre\nde cet artiste : souplesse, fermeté, grande\nallure, et grande honnêteté. Oui, vraiment, il\ny a des noms qui, dirait-on sont faits sut-\nmesure. Harpignies grand talent et grand\ncœur, voilà l'homme.\nCet homme là r Je l'embrasserais !...\nCette exclamation d'une belle jeune femme\ndevant une photographie d'Harpignies, traduit\nà merveille la sensation que l'on éprouve en\neffet, devant ce visage tout intelligence et bonté.\nMais pourquoi, belle jeune femme,\nn'étiez-vous pas avec nous, lorsque nous\nsommes allés chez le Maître, lui demander\nses impressions sur la musique et les musiciens?\nAinsi auriez-vous pu l'embrasser. Et il ne s'en\nserait pas plaint, allez, le solide et charmant\nvieillard !\nVous l'auriez trouvé, Madame, dans une\nsimple maison de rapport, située dans une\npetite rue tranquille et presque provinciale de\nla rive gauche. Au devant de vous, serait\nvenue, aimable, vive et légère, une dame aux\ncheveux couleur de cendre et qui a dû être\nbien jolie. Cette dame vous aurait menée dans\nun vaste atelier meublé très sobrement. Piano,\nlarge table, fauteuils, bibliothèque. Un atelier\noù il faisait très chaud, et où il n'y avait de\nprécieux que, aux murs, des paysages autant\nde petites fenêtres ouvertes sur la Nature.\nCalotté de velours noir, le regard pétillant,\nle teint frais tranchant bien rose sur le blanc\nneigeux de la moustache et de la barbe, dans un\nfauteuil Voltaire, tenant l'attitude d'un bon\npère-grand sur le point de conter une mer-\nveilleuse histoire à ses petits enfants, tel vous\nauriez, Madame, trouvé Harpignies. Et voila,\nrappelé dans ses souvenirs par la vieille amie\naux cheveux couleur de cendre qui l'appelle\nu Patron \", ce qu'il vous aurait dit :\nMais j'ai été élevé dans la Musique !\nMa mère et ma sœur étaient excellentes musi-\nciennes. Aussi vite qu'un pinceau j'ai touché\nun instrument. Puis dès que j'ai pu, tout de\nsuite, mon choix a été fait : Beethoven et\nBach.... Beethoven.... voyez-vous, celui-là\nc'est le Père ! un père qui ne m'empêche pas\nd'aimer ses enfants et d'avoir longtemps joué\ndes trios de Mozart, de Haydn, avec le peintre\nHébert et le musicien Del Sarte. Dans ce\ntemps là je ne ratais pas un concert. J'étais un"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.109", "texte": "L'ACTUALITÉ M U, S I C A L E\n75\n\ndes fidèles de Pasdeloup, où l'on jouait la\nSymphonie en ut. On ne nous rasait pas\nencore avec votre sacrée musique moderne....\nLe Maître coupe l'air avec sa main comme\ns'il voulait chasser une mouche.\nOh non, je n'y comprends rien à votre\nsacrée-musique moderne. Chopin ? Ah, celui-là\nc'est une autre histoire, je l'adore parce que\nlui a vraiment trouvé quelque chose et voyez\nvous, en art, trouver quelque chose tout est\nlà ! Wagner ? si vous voulez, mettons que\nje l'admire tout en me dispensant d'entendre\nses opéras qui durent trois jours Les grands\nconcerts ? maintenant je n'y vais plus beaucoup\nbien que j'y sois abonné depuis quarante ans.\nC'est que voyez-vous j'ai toujours peur d'y\nentendre votre sacrée-musique moderne et\nqu'alors je ne peux pas m'empêcher* de faire\nmes réflexions ou de foutre le camp !.... La\nmusique ! en ai-je entendu et en ai-je fait\nchez moi, avec des musiciens comme Taffanel!.\nPatron, racontez-leur donc l'histoire des\ndames qui causaient, vous savez bien....\nAh oui !.... C'était un samedi où Taffa-\nnel et d'autres amis venaient à la maison.\nCroyez-vous que pendant l'exécution d'un\nquatuor d'Haydn, des dames causaient Moi\nvous savez.... quand on joue de la musique\nc'est sacré ! Alors qu'est-ce que je fais ? Je\npose mon archet. Je me croise les bras et je\ndis : \" Quand ces dames auront fini leur musique\nnous reprendrons la notre. \" C'est qu'elles\nn'étaient pas contentes ! mais elles se sont\ntues. Nous avons pu jouer tranquillement et\nc'était le principal. Ah les dames qui causent\npendant les auditions ! tenez, voilà une des\nraisons qui m'auraient éloigné de l'Opéra si\nj'avais commencé à le fréquenter Mais je\nne l'aime pas l'Opéra, rapport aux chanteurs et\naux chanteuses Vous allez voir quelle fut\nma chance la seule fois où j'ai voulu y aller de\nmoi-même pour entendre l'ouverture de Guil-\nlaume Tell. Ce bon Gaillard m'avait donné\nune loge de Scène. Mais comme l'ouverture\nse joue rideau baissé, et que dans une loge de\nscène j'étais naturellement derrière le rideau,\nje n'ai rien entendu !....\nLa musique, ah oui je l'aime! Quel est le\npeintre qui peut y rester indifférent ? Le Nature\nn'est-elle pas une universelle et continuelle\nmélodie ?\nLe Maître pousse un gros soupir, nous\nmontre sa main engourdie par les rhumatismes\net nous dit :\nMais cette mauvaise bougresse là ne\nme permet plus maintenant de toucher à ma\n\" basse \" !\nAvec des mots, des intonations qui perdraient\ntoute leur saveur à être écrits, avec des gestes\nqui ne se décrivent pas, ceux d'un homme qui\na toujours vécu dehors et respiré l'air pur, loin\nde l'existence malsaine des Villes, enfin avec\ntoute sa manière d'être et de s'exprimer qui\nnous donne comme l'impression de humer à\npleine bouche une vivifiante brise champêtre,\nune bonne odeur de feu de bois et de soupe aux\nchoux, le Maître nous parle de ses hivernages\ndans le Midi, de cette côte d'azur d'où il\nrapporta tant de toiles inoubliables. De Beau-\nlieu, où durant ses études du matin du soir,\nla Princesse d'Arenberg venait le voir et faire\navec lui un grand doigt de causerie. De Ville-\nfranche dont la u bouillabaisse \" le console du\nsurgissement formidable des hôtels qui chaque\nannée abîment un peu plus le paysage aujour-\nd'hui livré à eux, aux fumées de pétrole des\nautomobiles, aux rastaquouères, aux anglo-\nsaxons dont les hommes promènent leur tête\nde boxeurs, les femmes leur taille de poutre\net leur profil chevalin.\n\nSilhouettes d'Actualité.\nReynaldo Hahn.\nOn n'a pas idée comme l'attente prolongée\nfinit par éveiller des idées bizarres, une menta-\nlité singulière. Oui ! à quoi ne peut-on penser\npour tuer le temps qui ne s'en porte pas plus\nmal pour celà, lui. Ainsi, récemment, dans\nune de ces longues solitudes inoccupées que\nsont pour les chroniqueurs l'attente de leurs\nsujets vivants, combien ai-je regretté d'être\npresque un honnête homme, ou si l'on préfère\nde ne pas avoir le courage et le métier suffi-\nsants pour être le contraire Horizon\npuissamment entrevu dans le petit cabinet de"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.110", "texte": "76\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\ntravail où j'attendais que paraisse Mr. Heynaldo\nHahn, l'auteur de u la Fête chez Thérèse, \" le\nnouveau ballet que vient de représenter l'Opéra.\nDurant cette bonne (était-elle si bonne que\ncela?) demi-heure pendant laquelle le composi-\nteur s'est fait désirer, j'ai songé : \" Quel temps\nprécieux perdu ! Avec quel profit Vemploierait un\ncambrioleur très ordinairement doue. \" C'est que,\nen effet, il \"y a des souvenirs très artistiques et\nde valeur à emporter chez M. Reynaldo Hahn!\nNe parlons pas de cet autographe d'Alphonse\nDaudet ou même de cet autre dû à l'auteur de\nChatterton.\nu A voir ce que Von fût sur terre et ce qu on laisse\nSeul le silence est gra?id tout le reste est faiblesse\nAlfred de Vigny. 18 Novembre 1856.\nOui, laissons cela. On sait le prix que l'on\npeut tirer de ces choses, fussent-elles d'un\ngrand poète et même d'un grand poète mort.\nCôté cheminée il y avait plus u à faire. \" Cette\nmerveilleuse collection de papillons, cette reli-\nque certainement de provenance espagnole :\nune grande boîte carrée verticalement close\nd'une vitre derrière laquelle apparaît dans sa\ncellule, priant agenouillée devant son petit lit\nde sangle une religieuse tout de noir vêtue\nAux murs? quelques bonnes captures possibles.\nDes panneaux d'ébène dont un curieux et pa-\ntient plaquage d'argent ou d'étain encore\nfaudrait-il savoir ! représente des poissons\net des oiseaux Par terre? un riche tapis\nancien qui même pour un collectionneur ne\nserait pas à dédaigner, avec son primitif steeple-\nchase de petits lapins brodés naturellement...\nEnfin, un piano, ça se devine. Mais quoi sur\nce piano? Un phonographe! Oui, avec un\npavillon ! Et quel pavillon ! Jfe ne sais pas\ns'il est a vendre, mais comme il mérite d'être\nloué ! Et vous savez, si ce pavillon là ne marche\npas ne soyez pas en peine, il y en a un autre\nd'égale dimension, et qui attend son tour.\nDésole de vous faire attendre\nTrès brun, fine moustache roulée au petit\nfer, ombre de barbe au menton, les joues\nveloutées d'un récent frimas de poudre, le torse\nà l'aise dans un coin de feu kaki, ayant dans la\nphysionomie et dans l'allure un je ne sais quoi\nd'abbé barbu sorti d'une toile de Watteau\nou de personnage échappé d'un conte de Jean\nLorrain, Reynaldo Hahn communique vrai-\nment une impression étrange et qu'on n'oublie\npas Presque espagnol, puisque natif du\nVénézuela, encore jeune à vingt-deux\nmois Reynaldo Hahn avait déjà une oreille\net même deux oreilles énormes Nous\nvoulons dire qu'il avait à cet âge tendre une\ndéconcertante délicatesse musicale\nCe fut-elle qui l'entraînait à ces petits scan-\ndales toutes les fois qu'un vieil ami de la famille\ncommençait à fredonner le même air d'opéra\nitalien invariablement chanté faux. Justement\nsurpris et flatté d'une telle disposition M.\nHah 11 père qui pourtant n'était pas un artiste\nmais un homme de finance jura qu'aussitôt\ncapable de marcher seul, l'enfant apprendrait\nla musique et entrerait au Conservatoire.\nÀinsi fut fait. Le jeune R.eynaldo suivit\nen effet les classes préparatoires du piano.\nC'est d'ailleurs là que pour un oui, pour un\nnon, et pour d'autres motifs aussi mal définis,,\n011 venait le demander pour servir d'accom-\npagnateur dans les autres classes et surtout\ndans celles de clarinette et de maintien. Ces\nclasses de maintien ! O irrévérence et ironie\ndes exemples ! A ce moment là qui enseignait\nles grâces ? Un pauvre vieux bonhomme décré-\npit, qui tour à tour présentait l'aspect grotesque\nd'un crabe en marche ou celui plus pénible\nencore d'un fantoche monté comme la\nvieille viçne sur des échaias !\nEmpressons-nous d'écrire que M. Reynaldo\nHahn n'a pas emporté du Conservatoire que\nce souvenir lamentable ! Il en a d'autres flat-\nteurs, pour l'enseignement de cette école et\npour ses maîtres. Ainsi, avec une belle cha-\nleur, M. Reynaldo Hahn nous assure qu'il n'y\na pas de meilleur endroit pour apprendre la\ntechnique musicale et rencontrer des profes-\nseurs comme Massenet Massenet : le\nroi des professeurs, qui n'a pas selon\nReynaldo Hahn son pareil pour faire com-\nprendre et adorer les musiciens du Passé...\nAyant fait de Schumann et de Mozart ses\namis de clavier, Reynaldo Hahn retira de ces\nexcellentes fréquentations une science et une"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.111", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n77\n\ngrâce qui jointes à ses qualités personnelles\ndevaient tout naturellement le conduire à bien\ncomposer cette partition faite d'imprévus char-\nmants et de savantes harmonies qui est \" La\nFête chez Thérèse \".\n\nAÏDA BONI.\nNi grande, ni petite, menue plutôt, gra-\ncieuse, vive et légère, M]le Aïda Boni est\navec Mlle Zambelli, la plus adorable et la\nplus vivante expression de la Danse, cet Art\naimable, joyeux et reposant, qui est comme\nla brise, la caresse, le parfum de notre Epoque\nlaborieuse, violente et tourmentée.\nDans n'importe quel ballet d'Opéra, regar-\ndez bien Melle Aïda Boni. Détaillez là depuis\nle moment où elle prend son vol, jusqu'à\ncelui où elle s'immobilise, tel un bel oiseau\nqui se reposerait après s'être longtemps joué\nde l'air. Et dites-moi si toute cette mélodie de\nmouvements n'est que le résultat d'une méca-\nnique plus ou moins vite et plus ou moins\nintelligemment apprise ? Non ! Comme\nMlle Zambelli, Mlle Aïda Boni est possédée\npar l'âme de la Danse. Chose extraordinaire,\ncomme Mlh' Zambelli, Mlle Aïda Boni pré-\nsente des jambes tout à fait quelconques. Rien\nde sensationnel, ni même de discrètement\nannonciateur. Combien d'autres jambes, pro-\nfanes, si l'on peut dire \" des jambes courantes \",\nont au contraire une physionomie bien per-\nsonnelle, une sorte d'éloquence de formes, qui\nmême vues du côté pile, font penser de celles-\nci, aux mollets débonnaires: \" jambes de petite\nfemme tranquille \" ou de celles-là nerveuse-\nment tournées, dont les jarrets se cambrent\navec des airs de défi : u 0/?, oh : u jambes de\npetite femme qui ne doit pas se laisser embeter \"...\nMais revenons donc aux jambes de Mlle Aïda\nBoni qui pendant l'immobilité ne vous ont\npas le moindre air de promettre : Vous allex\nvoir tout a F heure cette conversation ! \" Oui,\nmais attendez que ces jambes s'animent !\nAlors ce ne sont plus des jambes, ce sont des\npetites personnes, des fées, collaborant avec le\ntorse, le visage, les bras et faisant leur œuvre\nd'enchantement.\n... Melle Aïda Boni a toujours dansé, dès\nen naissant ! De joie sans doute à la pensée de\ntoutes les excellentes choses qui l'attendaient.\nLa première fois où Mll'' Aïda Boni se révéla,\nce fut à Milan, sa ville natale. L'arrivée du\nfameux cirque Buffklo Bill l'anima d'un tel\nplaisir qu'elle exécuta en pleine place publique\nune folle tarentella. Hélas, vous allez voir à\nquelles terribles conséquences peut conduire\nla manifestation de précoces dispositions choré-\ngraphiques. Au moment où devant le défilé\nBuffalo Bill, la jeune Aïda Boni tournoyait\ncomme une petite feuille dans la brise, des\nbohémiens la voient, l'évaluent, profitent du\nbruit, de la foule, et l'enlèvent. Heureusement\nqu'un peu plus loin, grand'maman, qui pas-\nsait, vit le désastre et put reprendre possession\nde la bambina, cependant que les ravisseurs dis-\nparaissaient en toute hâte. Sans elle, Belle\nEtoile, où seriez-vous ? Qui seriez-vous ?\nFemme serpent peut-être ? Femme a barbe cer-\ntainement non!... Enfin, cette première\ngrande émotion eut cela de profitable qu'elle\nmit en garde M 11'\" Aïda Boni contre le\npéril de certaines représentations gratuites\net lui donna un peu plus tard Faplomh néces-\nsaire pour subir victorieusement l'examen\nd'admission à la Scala de Milan. Etrange\nAcadémie où l'on est reçue première danseuse\nou mise à la porte !...\nAprès la Scala de Milan, a la Monnaie \"\nun bien joli nom pour un théâtre, n'est-ce\npas —, où elle dansa pendant sept ans, après\navoir été à Marigny le bouton de rose dans\n\" Le chevalier aux fleurs \" d'Armand Sylvestre\net Messager, ce fut en 1908, au Cercle de\n/'Epatant que MlJe Aïda Boni devait, àla\npointe de ses escarpins, décrocher au ciel de la\ngloire, cette étoile qui, depuis, nimbe ses\nbeaux cheveux blonds. En effet, qui ne se\nsouvient des u Deux Pigeons \", où, à côté de\nMUe Zambelli, Mlle Aïda Boni mit sur pieds,\nou plutôt sur pointes, un personnage pitto-\nresque de sémillante et coquette bohémienne ?\nRôle pour lequel elle était d'ailleurs docu-\nmentée, depuis belle lurette ! Sans doute\ninfluencée par La Fontaine, après la fête de\nl'Epatant, tout comme le Pigeon de la Fable,\nMlle Aïda Boni résolut d'entreprendre un"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.112", "texte": "78\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nvoyage en lointain pays. C'est ainsi qu'elle\npartit pour le théâtre de Covent Garden :\nautant dire une Garden-Party.\nFort heureusement, la perfide Albion\nnous a rendu Mlle Aïda Boni, non sans lui\navoir appris sa langue et lui avoir donné un\ngoût très prononcé pour le gui, ainsi que poul-\nies meubles et les estampes anglaises.\nTôt levée, et chaque fois qu'il est possible\nplus tôt couchée encore, Mlle Aïda Boni a\nl'Amour de son Art : qui le lui rend bien.\nLivrée à ce travail extrême, la charmante\nartiste est presque un phénomène : la femme\nqui n'a pas le temps de respirer Mais\ncomptant bien moins sur ses efforts que sur\nle bon plaisir de la Destinée, Melle Aïda Boni\nest naturellement superstitieuse, comme l'est\nune Parisienne de naissance italienne.\nAussi ne doit-on pas être étonné qu'avant\nd'entrer en scène, cette charmante artiste se\ndéfende contre le mauvais sort avec un signe\nde croix ou tout autre geste destiné à la pro-\ntéger de la guigne : cette cerise amère dont\nMelle Aïda Boni a toujours ignoré le goût, le\nmauvais goût ! Il y a cependant un mal contre\nlequel Mellc Aida Boni ne peut rien et qui fait\nsa désolation. Ce sont les donneurs de souhaits.\nAh si elle pouvait les donner en pâture au\ncrododile de l'Or du Rhin. Nous qui sommes\nrenseignés ; nous ne souhaiterons rien à Mll(*\nAïda Boni, mais nous souhaiterons à nous, de\nvoir briller longtemps cette belle étoile à\ncet Opéra où fut une si adorable Thérèse.\nQu'après chaque représentation, quand la salle\nest vide le veilleur de nuit nous l'assure\non peut entendre du haut des toits et en\nl'honneur de la belle danseuse :\n... Le rossignol cache dans son nid ténébreux\nChanter comme un poète et comme un amoureux..\n\nLa boite à Musique\n\nOù EST LA PRINCESSE JAUNE ?\nCe n'est pas celle du Maître Saint-Saëns,\nni celle du peintre Rochegrosse... Non, c'est\nune Princesse toute vivante, une de nos plus\nséduisantes mondaines, si nous sommes bien\nrenseignés, la femme d'un magistrat, ami per-\nsonnel de M. Dujardin-Beaumetz... A toutes\nles générales, à toutes les premières, princi-\npalement à celles de l'Opéra et de l'Opéra\nComique, elle apparaît presque toujours vêtue\nd'étoffes légères, soyeuses d'un vieux jaune\nchinois qui pare merveilleusement son charme\nétrange et très Beaudelairien. Voici pourquoi\non l'a surnomme la cPrincesse Jaune. Jusqu'alors\nfidèle à toutes ces générales, à toutes ces pre-\nmières, pourquoi donc ne l'a-ton pas vue à la\nsensationnelle reprise de Phrynè, la Princesse\nJaune ? Ce fut vraiment une déception grande,\nlorsque dans sa loge, on vit à sa place une grosse\ndame et quelques messieurs sans importance...\nLa Princesse Jaune aurait-elle renoncé aux\nplaisirs des réunions bien parisiennes ? A\nl'abri du Déluge, reste-elle au coin de son feu,\ndevant son piano, à jouer du Chopin, son\nmusicien favori ? Est-elle partie respirer l'air\nchargé de miel de la Riviera ?\nOù est la Princesse Jaune ? Qui nous rendra\nla Princesse Jaune r\nLES MAQUILLES.\nUn roman dans lequel M. Auguste Germain\nnous présente nombre de personnalités théâtra-\nles où le monde musical est particulièrement\nreprésenté. Riches compositeurs, amateurs,\ncantatrices, ténors célèbres, librettistes, cri-\ntiques, courriéristes, ménages, mariages et\ndivorces sensationnels! Tout un défilé où\nderrière les masques, il est facile de recon-\nnaitre des visages bien familiers... Dans un\ncadre pittoresque et vrai, une agitation d'ef-\nforts, de talents, de jalousies, de bassesses de\nridicules, tout le commerce, le bluff et aussi le\ntravail du Tout Paris artiste.\nAvec impartialité, esprit et une belle tenue\nlittéraire, M. Auguste Germain sert à chacun\n/ o\nsa part. Une part qui est pour quelques uns\nla part du Lion !\nr\nL'HOMME ECLAIR.\nC'est en province, à Reims. Une jeune et\nbelle chanteuse va entrer en scène, émotionnée\ncortime il sied à une personne qui va inter-\nprêter les œuvres d'un compositeur de grande\nactualité, MLLE X. reprend courage grâce aux"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.113", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n79\n\nbonnes paroles que l'auteur lui indique dans\nla coulisse.\nAllons du nerf voyons, cà ira très bien.\nEn la poussant l'auteur glisse dans la main\nde la cantatrice une chose qu'elle prend de\nconfiance, sans bien savoir ce qu'elle fait.\nHorreur ! quelle est cette chose molle, gluante\net qui s'écrase dans sa main qu'elle n'ose\nouvrir. Pendant tout le temps qu'elle est en\npublic, la chanteuse garde en ses doigts stricte-\nment fermés, la chose inconnue. Enfin, déli-\nvrance, c'est fini. Voici le moment si attendu\noù elle se retire. Elle ouvre la main, que\ntrouve-t-elle ? un éclair au chocolat!...\nLE GEAI PARÉ DES PLUMES DU PAON.\nC'est un impressario amateur et très riche.\nSa musique ne fait peut être pas la joie des purs\nmusiciens, mais elle contente les Directeurs,\nqui avec lui n'ont pas besoin de faire recette...\nOr, cet amateur a fait reçevoir dans notre\nbonne ville de Paris un de ses plus récents\nopéras, déjà représenté dans une grande Salle\nde la Côte d'Azur. Cet opéra a tout une his-\ntoire certains disent même une histoire de\nbrigands.\n7'ai un livret cVOpéra tiré du russe, dit\nun jour une belle jeune fille à l'un de nos\navoués les plus favorisés. Pourriez-vous me\nprésenter a un musicien ? Comme ça se trouve,\nmais certainement mon ami x. est à Paris.\nBref, on se donne rendez-vous dans- un\nrestaurant de la rue Royale, où au dessert, le\nscénario s'étale. Enthousiasme. Projets. Sortie.\nEffusion. Au revoir et merci....\nAprès. Des semaines. Des semaines ! Tout\nà coup, la lumière, et comment! Le monsieur\navait trouvé le livret si bien fait qu'il l'a signé\ntout seul paroles et musique.\nOn nous assure que pour la reprise à Paris\nde cet Opéra créé à la Côte d'Azur, le véri-\ntable auteur prépare une bonne petite ven-\ngeance. A la prochaine fois le plaisir de faire\nconnaître les personnages de cette cause essen-\ntiellement parisienne.\nLE THÉÂTRE \" SERAPHITA\nIl ouvrira au printemps.... Si cela continue\navec ce théâtre Séraphita et les autres qui sont\nannoncés, nous en aurons bientôt plus que de\nfeuilles sur les marronniers! Comme son nom\nl'indique, le Théâtre lyrique Seraphita, ne\nreprésentera que des Opéras exclusivement\ncélestes, où apparaîtront tous les anges, archan-\nges, et autres personnages, rigoureusement\nséraphiques. On nous annonce des décors\nmerveilleux, et c'était fatal de la musique de\nM. MASSENET. Enfin, ce théâtre lyrique Sera-\nphita, dont le capital serait constitué par des\nactions cotées à la Bourse, sera élevé dit-on\nsur l'emplacement actuel de l'Hippodrome\nNe nous frappons pas ! Le théâtre Seraphita\nn'est qu'une nouvelle invention de la Société\ndes \" Pince sans rire \" qui récemment lancè-\nrent un ballon de même couleur : Le théâtre\nau service de Dieu, qui devait être gratuit, avec\nune petite indemnité de 2, 3 et 5 francs selon\nles places.\nMessieurs les Pinces sans rire, un peu d'ima-\ngination s. v. p. A propos de Chantecler vous\nferiez mieux de nous annoncer les Animaux\nMalades de la peste !\n\nPierre Jobbé-Duval.\n\nApplication\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPOND\nCOURS\nRue Franklin, 5, VARIS Trocadéro."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.114", "texte": "8o\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nLes Instruments\n\nLES NOUVEAUTÉS DE PARTOUT.\n\nContraste : à l'heure où j'écris ces lignes,\nles représentants de la Société'internationale\nde Musique, section française, font une dé-\nmarche auprès de notre Sous-secrétaire d'Etat\naux Beaux-Arts, pour sauver la salle du Con-\nservatoire de musique, qui par son acoustique,\npasse pour la huitième merveille du monde, et\nl'autorité compétente (hélas ! que ne le fut-elle\nplus tôt !), ferme la salle du Trocadéro, dans le\nbut d'essayer d'en corriger les échos. Il est\ntriste de penser que la construction d'une\nsalle dans laquelle 011 a installé un orgue de\n350 .000 francs ait été confiée à des architectes\nsi peu entendus. Je sais bien que la question\nd'acoustique des salles est une des plus difL-\nciles, et que l'on ne peut avoir la prétention\nde voir un Vitruve sortir tous les ans de l'Ecole\ndes beaux-arts, ni même entrer à l'lnstitut à\nchaque... vacance, mais il est certain qu'ici,\nles règles précises et primordiales ont été, je\nn'ose pas dire ignorées, mais tout au moins\nnégligées. L'architecture nourrit paraît-il co-\npieusement son homme et il y a lieu de s'éton-\nner de voir tant d'erreurs accumulées comme\nà plaisir parmi nos monuments modernes.\nSeul, l'Opéra, œuvre d'un inconnu jeune et\nsans gros titres, sauve la mise à l'architecture\nfrançaise moderne.\nPuisque nous sommes sur le chapitre de\nl'acoustique, saluons la maison Hill de Lon-\ndres, laquelle a pris l'initiative de recueillir des\nfonds, en vue d'élever à Crémone un monu-\nment à la gloire d'Antonio Stradivari. Tous\nles marchands de lutherie devront souscrire à\nla glorification de celui dont les œuvres sont\ndepuis près de trois siècles, leur pain quotidien.\nEn effet, de l'atelier de cet artiste laborieux\njusqu'à la plus extrême vieillesse, sortirent un\nnombre considérable d'instruments, dont les\nsurvivants prennent, à chaque transaction, une\nvaleur nouvelle.\nEn attendant le monument de l'ancêtre,\nsignalons à l'attention des délicats, un émule\nmoderne et américain de l'illustre Antonio :\nUn Yankee, M. Atkinson, vient de terminer,\naprès 1111 an de labeur (le temps ne fait rien\nà l'affaire, dirait Molière) un chef-d'œuvre\nétrange. C'est un violon composé de 3.374\ncure-dents ! Pas un de plus, pas un de moins.\nInutile d'ajouter que les journaux d'outre-mer\ns'émerveillent de la sonorité de l'instrument.\nFaire avec de bons et honnêtes cure-dents, un\nmauvais violon, me paraît une idée bien co-\ncasse. J'aurais attendu d'un américain pratique\nautre chose, par exemple de faire de bons\ncure-dents avec tous les mauvais violons.\nQuelle hécatombe !\nPuisque nous sommes en Amérique, arrê-\ntons-nous un instant pour admirer l'initiative\nd'une dame Anna Schaw Faulkner. Dans une\nsérie de conférences où elle traite la question\nde l'orchestre et ses ressources, Madame\nSchaw Faulkner a pour faire la démonstration\nun orchestre complet sous la main. Voilà\nœuvre vraiment utile, quand on songe que\nbeaucoup de compositeurs, théoriciens ac-\ncomplis, composent pour le piano et trans-\ncrivent pour l'orchestre, au petit bonheur. Us\ndoivent être bien étonnés souvent de ce qu'ils\nentendent, peut-être autant que le public.\nJe n'ai pas l'intention de médire du piano.\nBien au contraire. S'il 11e remplace pas un"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.115", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n81\n\norchestre, il a son utilité et son rôle. Aussi\nai-je lu avec intérêt que la fabrique de pianos\ndes frères Perzina à Schwerin, vient de con-\nstruire un instrument appelé à rendre de\nnombreux services, s'il est pratiquement aussi\nutilisable que le disent les inventeurs. Il s'agit\nd'un piano qui par un jeu de pédales se trans-\nforme à volonté en harpe ou en cemhalo\n(clavecin d'orchestre). Il pourra servir non\nseulement à accompagner la musique ancienne,\nmais surtout à remplacer la harpe dans les\norchestres qui ne possèdent pas cet instru-\nment. On affirme que le timbre \" harpe \"\nest absolument identique à celui de la harpe\nauthentique.\nVoilà qui trancherait d'une façon césarienne\nla question des harpes, si c'était vrai. Mais\nrien de plus incertain. Aussi, je répéterais\nvolontiers aux intéressés le mot du petit père\nThiers : \" Il ne faut rire de rien, ni s'alarmer\nde rien \".\nEn Angleterre, pays de toutes les libertés,\non semble ne vouloir rire de rien et s'alarmer\nde tout : il paraît que les représentations de\nu Salomé \" de Richard Strauss au théâtre de\nCovent-Garden de Londres, viennent d'être\ninterdites par la censure.\nJe l'ai lu, de mes yeux lu, dans plusieurs\nfeuilles anglaises sérieuses, et malgré cela j'ai\nde la peine à le croire, tant cela me paraît\nfabuleux.\nConsolons-nous, les anglais viendront voir\n\" Salomé \" à Paris. Ils en profiteront pour\nfaire de longues stations dans tous nos moulins\nrouges, et, en rentrant chez eux, ils parleront\navec mépris des français, mangeurs de gre-\nnouilles.\n\nLucien Greilsamer.\n\nNOTICE HISTORIQUE\nSUR LE HAUTBOIS (Suite).\n\n1\nSi j'ai pu rapidement énumérer les instru-\nments de la famille des hautbois qui ont\nprécédé l'époque grecque, je le dois à ce que\nces instruments existent encore de nos jours ;\nil 11 en est pas de même des instruments qui\nfurent en usage chez les Grecs et les Romains\net dont tous les exemplaires ont disparu.\nPour reconstituer leur histoire, trois sources\ns'offrent aux chercheurs : les découvertes\narchéologiques, les monuments et les écrits ;\nles deux premières sont incomplètes ou insuf-\nfisantes: les découvertes archéologiques ne sont\npas nombreuses et les monuments nous ensei-\ngnent seulement que les instruments de cette\népoque étaient pour la plupart de médiocre\nlongueur ; j'ai remarqué cependant que leur\nforme était généralement conique.\nIl ne reste donc que les écrits mais, comme\nle dit Fétis : 1 \" Les auteurs grecs, Aristoxène,\n\" Plutarque, Athénée, Pausanias, Pollux, etc.\n\"ne fournissent que des noms de \" flûtes \"\n\" avec quelques indications sommaires de\n66 1 usage qu'on en faisait dans certaines cir-\n\" constances de la vie publique et privée\nuOn ne peut tirer de leurs récits aucune\n\" lumière concernant la construction de ces\n\" instruments.\nJe cite aussi Gevaert : \" Jusqu'à ce jour\n\" l'incertitude la plus complète a plané sur la\n\" construction, le timbre et l'étendue des\nu auloi \".\nJe ne dissimulerai pas la difficulté de la\ntâche que j'entreprends en me proposant d'ap-\nporter un peu de clarté dans cette partie de\nl'histoire des instruments.\nComme je l'ai fait observer à la fin de mon\npremier article, les instruments à vent de\nl'époque grecque étaient désignés sous le nom\ngénérique d' \" auloi\" (plur. d'\" aulos \" mot\ngénéralement traduit par \" flûte \";3 malgré le\nnombre considérable d'écrits d'auteurs anciens\net modernes, sur cette question, je n'ai encore\nrencontré aucune solution satisfaisante, certains\n\n1 Voir le n° du mois de décembre.\n1 Fétis, p. 278, liv. 3.\n2 Gevaert. La Musique de l'antiquité. Liv. IV,\ntome 2, p.- 271.\n3 Gevaert, ibid p. 273. Ordinairement les écrivains\noccidentaux traduisent \" aulos \" et son équivalent en\nlatin, \" tibia \", par le mot \" flûte \" en entendant par\nlà notre flûte à bec. Mais c'est là une désignation\nvicieuse, à la faveur de laquelle se sont perpétuées les\nidées les plus erronées sur le caractère et le timbre des\ninstruments à vent employés dans l'antiquité."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.116", "texte": "82\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nne voulant voir dans les \" auloi \" que des\nhautbois, d'autres que des chalumeaux.\nJe ne ferai pas comme M. Le Fèvre qui\ndésespérant d'y rien débrouiller, couronna ses\nveilles pénibles sur cette matière, en faisant des\nvers latins pour louer Minerve de ce qu'elle\navait jeté la \" flûte \" dans l'eau et pour maudire\nceux qui l'en avaient retirée !\nJ'essaierai d'être simple autant qu'il est pos-\nsible de l'être pour un sujet aussi compliqué\net je mettrai tout le monde d'accord en disant\nque les Grecs et les Romains ont connu : la\nflûte de Pan (flûte à plusieurs tuyaux), la flûte\noblique (nay des Egyptiens), la flûte douce\n(flûte à bec) le hautbois, le chalumeau (clari-\nnette), la musette et le chalumeau à outre. 1\nIl me reste à prouver que l'instrument le\nplus en faveur fut surtout le hautbois.\nDe tout temps2 \" les Grecs, dans leurs\n\" \" auloi les Romains dans leurs \" tibiae \"\n\" ont su discerner deux familles d'instruments:\n\" des \" auloi \" u tibiae \" selon l'acception\n\" étroite du mot et des \" syringes \" fistulae \".\n\" Déjà 1' \"Iliade \" connaît cette distinction:\nu Lorsqu'il (Agamemnon) portait son regard\n\" sur la plaine de Troie, il était étonné de\n\" voir tous ces feux qui brillaient sur les murs\n\" d'llion, et d'entendre le son des \" auloi \" et\n\" des \" syringes \" se mêlant au bruit de la\na foule \".\n\" Quand les écrivains grèco-romains sont\nu amenés à marquer nettement la différence\n\" entre les deux types sonores, le mot \" auloi \"\n\" en latin u tibiae \" désigne des instruments à\nu anche, tandis que les \" svringes \", \" fistulae \"\n\" sont des flûtes \".\nLes \"auloi \" sont donc des instruments à\nanche : Quelle était cette anche, sa forme ;\nétait-ce une anche simple comme dans la\nclarinette, ou une anche double comme dans\nle hautbois ?\nAvant de résoudre cette question, il me faut\nfaire remarquer tout d'abord que les écrivains\nde la période alexandrine prétendent que\nP \" auloi \" fut importé en Grèce par les\nPhrygiens. 1\nLes Lydiens, le pays d'Argos, la Boétie\ns'approprièrent V \" auloi \" et Thèbes fut le\nsiège principal de l'art \" aulétique\nEn général, les écrivains qui ont traité\ncette partie de l'histoire de la musique, n'ont\nvoulu voir dans les \" auloi \" que des chalu-\nmeaux : pourquoi ? c'est ce qu'ils n'expli-\nquent pas clairement.\nEn comparant divers auteurs, je me suis\nrendu compte que bien des détails qui n'auraient\npas échappé à un instrumentiste, ont été chez\nles écrivains la cause d'erreurs ; en ce qui con-\ncerne les anches particulièrement, les textes\ngrecs sont assez explicites pour en déduire\nl'affirmation que les Grecs n'ignorèrent ni\nl'anche simple, ni l'anche double mais, qu'il est\nplus souvent fait allusion à l'anche double ; ils\neurent tout comme nous, des facteurs d'anches\net des facteurs d'instruments.2\nTous les écrivains sans exception font re-\nmarquer que les \" aulètes \" (joueurs de flûte)\ns'appliquaient une sorte de muselière en cuir,\nappelée en grec \" phorbeia \", en latin \" capis-\ntrum \", laquelle serrant les joues, passait devant\nla bouche, de manière à ne laisser qu'un orifice\nassez grand pour permettre l'introduction de\nl'embouchure; tout en citant cette particularité,\nles auteurs ne s'y arrêtent pas davantage.\nC'est à mon avis une précieuse indication. En\neffet : Pour que l'instrumentiste soit obligé de\nmettre un bandage il faut : 1° que l'instru-\nment soit pénible à jouer ; 2° que le système\nde mise en vibration soit libre, c'est à dire\nqu'aucune pression des lèvres ne soit néces-\nsaire ; en réalité on ne peut et serrer les lèvres\net gonfler les joues en même temps.3\n(La phrase de Pollux semble pourtant s'ap-\npliquer dans certaines de ses expressions à un\ninstrumentiste ne portant pas ce bandage\n\n1 Seule notre flûte traversière actuelle ne fut pas\nconnue des Grecs, le mot \" flûte \" est donc fort mal\nemployé pour qualifier toute une catégorie d'instru-\nments qui à notre époque portent des noms différents.\nL> Gevaert, ibidjp. 274.\n1 Voir le n° du mois de décembre.\n2 Pollux, t. IV, sect. 73.\n3 Pollux-Onomasticon. On peut dire en parlant d'un\njoueur de \"flûte\" qu'il a les joues pleines, gonflées,\nbouffies, élevées, étendues, adhérentes, pleines de vent,\nles yeux irrités sanguinolents."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.117", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n83\n\n\" phorbeia \" mais elle ne détruit pas ce que\nj'avance sur la mise en vibration de l'air ; 011\nverra plus tard lorsque je parlerai de l'anche\nque certains instrumentistes la serraient avec\nles lèvres).\nCes \" flûtes \", si elles étaient pénibles à\njouer ne pouvaient être des flûtes douces (flûtes\nà bec).\nDans la seconde hypothèse, il faut admettre\nque la mise en vibration de la colonne d'air ne\npouvait être obtenue que par une anche, et\naussi, que cette anche devait être bien petite\npour ne pas gêner l'instrumentiste, ce qui peut\ntrès bien se faire avec une anche double ; s'il\nfallait admettre que l'anche était simple il\nfaudrait aussi penser que l'anche devait être\nplus longue qu'une anche double et aussi que\nle bec qui est indispensable pour l'anche\nsimple, aurait singulièrement indisposé l'exé-\ncutant.\nL'anche double est plus admissible, et si le\n\" phorbeia \" a disparu il a été remplacé par\nun autre dispositif dont je parlerai plus tard\nlorsque je traiterai de l'ancêtre immédiat du\nhautbois moderne ; jusqu'à une époque assez\nrapprochée de la nôtre, le hautbois (Schalmey)\ns'est joué à anche libre introduite dans la\nbouche ; il y avait alors à la base de l'anche\nqui était très petite, comme une seconde em-\nbouchure où les lèvres venaient prendre â!ppui\nen même temps qu'empêcher une introduction\ntrop profonde de l'anche dans la bouche.\nPour que le \" phorbeia \" ou u capistrum \"\nsoit cité par tous les auteurs, il faut croire que\nson usage était courant et qu'il ne servait pas\nqu'à un instrument isolé.\nD'autre part, Fétis 1 citant Pollux dit ceci :\n« D\" ailleurs, parmi la variété de caractère que\n\" distingue Pollux dans le son des u flûtes\n\" grecques, il l'indique comme solide, plein,\na agréable, délicat, flexible, touchant ou lugubre\n\" aigu, aigre, puissant, etc. Des sonorités si\n\" différentes ne peuvent être produites par un\nu mode unique d'ébranlement de l'air et cette\n\" diversité de timbres ne peut se trouver dans un\na seul instrument...... il n'est pas douteux que\n\" les caractères sonores des \" flûtes \" ènumèrèes\n\" par Tollux, n ont pu être réalisées par le même\nu procède (Tinsufflation dans les tubes, et qu 'il y a\nu eu chez les Grecs des flûtes à anche et d'autres\nu à sifflet ou embouchure.— On trouve d'ailleurs\nu dans un passage du traite de musique de Plu-\n\" t arque la preuve que toutes les flûtes de la\n\" Grèce n étaient pas a anche ; le voici\n\" Tèlèphane de M égare avait tant d'aversion\n\" pour Vusage des ANCHES, qu 'il ne permit\n\" jamais aux facteurs de flûtes d'en appliquer sur\n\" ces instruments, et ce fut la principale raison\n\" qui Vempêcha de disputer le prix aux jeux\n\" Pythiques.\"\nJe dois opposer ici, la traduction du même\npassage de Plutarque cité par Gevaert 1 :\n\" Dans la syringe monoclame, la partie supé-\n\" rieure du tuyau, renfermant le canal\n\" d'insufflation et la bouche biseautée, était\n\" appelée comme l'instrument \" sifflet \" ; elle\n\" se séparait à volonté du reste de l'appareil.\n\" Cela ressort à l'évidence du passage suivant\n\" de Plutarque : u Téléphane de Mégare\n\" (célèbre aulète du temps d'Alexandre) avait\nu une telle aversion pour l'usage des SIRIN-\n-66 GES, qu'il ne permit jamais, aux facteurs\n\" d'en appliquer sur ses \" auloi \" Ce fut la\n\" principale raison qui l'empêcha de disputer\nu le prix au concours Pythique. \"\nC'est certainement Fétis qui a raison dans\nsa traduction, les aauloi\" à anche étant les seuls\nadmis aux concours Pythiques. Gevaert lui-\nmême se contredit lorsqu'il raconte 2 : \" Une\na curieuse anecdote relative à l'aulète Midas\n\" d'Agrigente, célébré dans la I2me Pythique\n\" de Pindare, le démontre clairement. Voici\nu ce que raconte un ancien scholiaste : Pen-\n\" dant qu'il était occupé à exécuter le morceau\n\" de concours, son anche vint à se cacher\n\" dans la bouche et alla s'attacher au palais ;\n\" la virtuose se mit alors en devoir d'emboucher\n\" l'instrument au moyen des seuls tuyaux,\n\" comme une syringe. Les auditeurs étonnés\n\" prirent plaisir à ce genre de sonorité, et\n\" Midas obtint le prix. \"\nTous les auteurs citent cette ancedote mais\naucun ne sert de la même expression : \" Son\n\n1 Fetis liv. 3 p. 281.\n1 Gevaert idib. Liv. IV. Ch. i p. 276-277.\nici. Liv. IV. Ch. 1 p. 274-275."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.118", "texte": "84\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nanche vint... à se cacher... à se casser... à\ntomber... à se recourber, ce qui fait dire à\nFétis que les anches étaient en airain. Dégager\nla vérité de ces différents modes d'expression\nest chose difficile, il est plus logique de penser\nqu'un accident étant survenu à l'anche, celle-ci\nrendit un son moins criard, plus voilé ou\nmoins fort, ce qui plût sans doute beaucoup\naux auditeurs.\nJe crois en avoir assez dit sur les flûtes\ngrecques pour prouver que celles-ci étaient\nsurtout des flûtes à anche ; il me faut encore\ndémontrer que les anches étaient en général\ndes anches doubles. Ce sera l'objet d'un pro-\nchain article.\n\nA. Bridet.\n\nQuestions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS\n\nLE GRACIEUX CONCOURS\nL'article que nous avons publié sur le\ngracieux concours nous a valu un grand nombre\nde lettres et des avis assez différents. Nous ne\npouvons tout publier, mais nous résumerons,\navec impartialité, l'opinion des lecteurs qui ont\n\nAgence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois\nSALLE DE LA SCHOLA CANTORUM.\nVENDREDI 18 MARS 1910, à 9 heures du soir\nlle Antoinette VELUARD\n3me RECITAL DE MUSIQUE MODERNE\n1. SONATE . . . . , PAUL DUKAS\nI. Modérément vite\n11, Calme un peu lent très soutenu\nni. Vivement avec légèreté\n, IV, Très-lent, animé, vif\n2. PRELUDE, CHORAL et FUGUE .... CÉSAR FRANCK\n3. SONATE EN Ml VINCENT D'INDY\nI, Modéré\nil. Très animé\n111. Modéré\nPiano ÉRARD\nPRIX DES PLACES: Parterre 4fr.— Amphithéâtre 3 fr, Galerie 2 fr.\nSALLE DE LA SCHOLA CANTORUM\nVENDREDI 25 FÉVRIER 1910, à 9 heures du soir\nMlle Antoinette VELUARD\n2me RÉCITAL SCHTJMANN\n1. CARNAVAL DE VIENNE (op. 26)\n1. Allegro 4. Intermezzo\n2. Romanza 5. Finale\n3. Scherzino\n2. SONATE en fa dièze mineur (op. 11)\n1. Introduzione Allegro vivace\n1\" 1 cl\n3. SCENES DE LA FORET (op. 82)\n1. Entrée\n2. Les Chasseurs aux aguets\n3. Fleurs solitaires\n4. Position décriée\n5. Joyeux paysage\n4. ETUDES SYMPHONIQUES (op, 13.J\nPiano ÊR.ARD\nPRIX DES PLACES: Parterre 4 fr. —Amphithéâtre 3fr, Galerie 2 fr.\n3, Scherzo\n4. Finale\n6. A l'Auberge\n7. L'Oiseau prophète\n8. Chant de chasse\n9. Le Départ\n\nAgence Musicale E. DEMETS, 2, rue de Louvois^\nSALLE DE GEOGRAPHIE, 184, Boulevard St,-Germain\nMARDI 22 FÉVRIER 1910, à 9 heures du soir\nM. SANDÔRT KÔVACS\nSEANCE DE MUSIQUE ANCIENNE\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlle Magdeleine TRELLI\nPROGRAMME\ni- A) Barafostus Dreame . , . . Auteur inconnu ]6me siècle\nB) Quodlings Delight .... Giles Farnabi 1560-1592\nc) Fugha per il cembalo • . • Gir. Frescobaldo 1583-1644\nM. KOVACS\n2. A) Non posso disperar . Seb, de Luca 15.-..-16,...\nB) Cessate di piagarmi.... Alessandro Scarlatti 1649-1723\nc) I In un fiorito prato (Orfeo) , Monteverde 1568-1645\nII Lasciatemi morire (Canto\ndArianna ~ „\nMlle M. TRELLI\n3- A) Presto Domenico Scarlatti 1685-1757\nB) Gavotte\nC) Menuet\nD) Allegro\nE) Toccata\nM. KOVACS\n4. A) Dormi bella Gio-Bassami 1657-1716\nB) Piepilieta , . Andréa Falconieri\nC) Chi vuol comprar Niccola Jommelli 1714-1774\nMlle M, TRELLI.\nPiano STEINWAY\nPRIX DES PLACES : Parquet, ire série, la place ; 5 francs\n2me série, 3 francs\nEntrée 2 francs"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.119", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n85\n\nbien voulu répondre à notre demande d'en-\nquête.\nM. Saint-Aubin nous écrit, de Bordeaux,\nune lettre assez humoristique, trop longue\npour être reproduite, nous en détachons le\npassage suivant :\n\"Si vous vous mettez à recueillir les plaintes des\nartistes, votre revue n'y suffira pas. Ils sont, par essence,\nnerveux, irritables, mécontents et \"geignards\". Se\nplaindre est, pour eux, un besoin et un plaisir dou-\nloureux, mais certain. Comme les enfants, dont ils\ntiennent, c'est une manière qu'ils ont de se rendre inté-\nressants. Et ils geindraient, de se voir ôter les motifs\nde geindre ; aussi n'espérez pas qu'ils vous aideront\ndans votre utile campagne, il y faudrait une énergie et\nun sens pratique qui leur font absolument défaut \".\nPas aimable, M. de Saint-Aubin ; malheu-\nreusement, sa lettre n'aboutit pas à des con-\nclusions pratiques dont nous puissions tirer\nprofit.\nUn u abonné de la première heure \" se\nsusceptibilise gare au désabonnement de la\ndeuxième heure.\nMonsieur,\nLe moment est peut-être mal choisi pour les artistes,\net pour vous, qui, de bonne foi sans doute, vous faites\nleur interprète, de se plaindre aussi amèrement des\n\"donneurs de concerts\". Croyez que ce sont eux qui,\nle plus souvent, recherchent la faveur de se faire\nentendre dans nos salons. Comme vous l'avez fait pres-\nsentir, il sera très facile aux gens du monde de\ns'abstenir de céder aux sollicitations, quelquefois per-\nsistantes, dont ils sont trop souvent l'objet et de rem-\nplacer les auditions musicales par d'autres divertisse-\nments.\nAgréez etc.\nVoyons, voyons, il faudrait s'entendre.\nD'abord nous n'avons pas fait de personnalités\net notre grincheux correspondant devrait com-\nprendre que nous protestons, au nom des\nartistes, qui sen plaignent, contre I'ABUS du\ngracieux concours ; contre la facilité avec la-\nquelle on accepte la contribution du talent sans\nle rénumérer. Au lieu de s'abstenir, de céder\naux a sollicitations dont il est l'objet \" l'auteur\nde cette lettre, devrait plutôt plaindre les in-\nfortunés musiciens que la concurrence et la\nnécessité contraignent d' \" offrir \" le savoir\nqu'ils ont acquis avec tant de peine et dont il\nest légitime, pour eux, de tirer profit.\nUne femme du monde, qui ne veut pas\nqu'on donne son nom, nous envoie une lettre\nbeaucoup plus précise que nous publions pres-\nqu'entièrement, malgré des passages un peu\ndurs.\nUne remarque, en passant. Quelle idée\nsingulière de ne jamais vouloir signer publi-\nquement ses lettres. Les unes se retranchent\nderrière la discrétion féminine, qu'exige le\nbon ton ; les autres protestent qu'ils ne veu-\nlent point avoir l'air de rechercher une\nréclame intempestive en livrant leur nom à la\npublicité. Il nous semble que ces raisons sont\npetites; la franchise d'attitude, et la netteté\ndu geste ne les admettent point. Ayons donc\nle courage d'être ce que nous sommes jus-\nqu'au bout, cela vaudra mieux pour tous.\nRemercions, malgré cela, nos aimables corres-\npondants et correspondantes et relisons la\nsusdite lettre.\nMonsieur,\nDans votre article sur le gracieux concours, vous\npriez vos lecteurs de vous donner leur avis sur cette\nquestion et vous vous adressez également aux artistes\net aux gens du monde. J'ignore l'avis des premiers,\nmais, faisant partie de la \" gent mondaine\", laissez-\nmoi vous dire que j'ai été fort surprise de ma lecture.\nA vous entendre, il semble que nous soyons de bien\nméchantes personnes : Nous \" exploitons \" les artistes,\nprofitant de leur talent sans le payer ; nous leur im-\nposons des frais dont nous ne demandons pas la note.\nEh ! là, que de méfaits et combien j'ai de remords de\nm'être, si souvent, rendue coupable, car, laissez-moi\nvous le dire, chaque fois qu'il m'a semblé bon d'ajouter\nla musique comme attrait de quelques réunions mon-\ndaines, j'ai toujours trouvé plus d'artistes à inscrire au\nprogramme que je ne l'aurais désiré et mon embarras\na plutôt été de faire entendre un refus j oli à ceux que\nje ne pouvais accepter que de solliciter les autres.\nComment pouvais-je me douter, devant tant d'insis-\ntance, des intentions vilaines que l'on peut prêter aux\n\" donneurs de concerts \".\nCependant, et quoique je blâme un exclusivisme et\nune ardeur de combattre qui vous entraînent un peu\nloin, vos arguments me touchent et je veux essayer, non\nseulement d'y répondre, mais encore de réparer ma\nfaute puisque je suis fautive et engager mes amies\nà semblable réparation. Des femmes, et, croyez-le,\nMonsieur, surtout des \"femmes du monde\", ne\npeuvent rester insensibles à une souffrance si, même\ninjustement, elles sont accusées de l'avoir causée.\nJe crois qu'il ne faudrait pas prendre la question en\nbloc, comme vous l'avez fait, mais rechercher les cas"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.120", "texte": "86\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\ndans lesquels le gracieux concours peut être utile aux\nartistes et ceux dans lesquels il leur est nuisible. Il est\névident qu'à un début de carrière il est urgent, pour\nl'artiste, de se faire connaître. Au sortir de l'école, cette\nprésentation au public est comme un complément\nd'instruction ; c'est une nouvelle et nécessaire expé-\nrience à acquérir (quelquefois aux dépens des auditeurs) ;\nc'est, pour le débutant, un supplément des charges à\ncompter dans les frais d'éducation. On ne peut vraiment\nexiger, si bénévoles que nous soyons, que nous\noffrions des cachets d'importance à de jeunes élèves qui\nfont, sur une véritable scène, leurs premiers pas, quel-\nquefois mal assurés. La seule chose dont on pourrait\nconvenir, en ce cas, c'est de donner une modique\nrénumération à ceux qui tentent ces premiers essais.1 C'est\nce qui se fait déjà, dites-vous, sous le nom d'indemnité\nde déplacement, /'usage pourrait se généraliser. 1 Quant\naux autres, aux \" arrivés \", ce sont eux qui posent leurs\nconditions. Restent ceux qu'une persistante malechance\na poursuivis. Croyez-vous, Monsieur, qu'il y ait, parmi\neux, tant de méconnus et que le vrai talent reste si\nignoré ?\nMais je m'aperçois que je m'éloigne de la question\net, qu'au lieu de réparer ma faute, comme je m'y suis\nengagée, je l'aggrave encore. Venons donc à l'idée que\nje veux vous soumettre et qui pourrait être facilement\nmise en pratique. Fonder U7ie ligue contre F abus du\ngracieux concours. Par ce temps de ligues, cela n'aura\nrien de surprenant. Les \" donneurs de concerts \" qui\ns'y inscriraient, prendraient l'engagement de ne JAMAIS\naccepter le concours d'artistes à titre absolument gra-\ncieux. (Quant à fixer un minimum, ou un maximum,\nil ne saurait en être question). Je vous envoie mon\nadhésion le jour où vous commencerez la liste et vous en\npromets plusieurs autres. S'il devenait à la mode de\nfaire partie de cette ligue, le sort des artistes auxquels\nvous vous intéressez, avec un si généreux emportement,\nserait quelque peu amélioré. Veuillez croire que je le\nsouhaite de grand cœur...\nNous avons donné cette lettre presqu'en-\ntièrement, les considérations finales, sur le\nfonctionnement de la ligue importent peu,\nbien que le projet mérite d'être pris en con-\nsidération à la Société française des Amis de la\nmusique. Elle nous intéresse en ce qu'elle\nconfirme l'avis de notre \" abonné de la pre-\nmière heure Les artistes se sont offerts trop\nfacilement et ont travaillé à leur propre mal.\nDes conversations récentes, que nous avons\neues sur ce sujet, concluaient dans le même\nsens. Un jeune chef d'orchestre nous disait :\n\" Ils me supplient de les faire entendre, je ne\npeux pourtant pas leur offrir de l'argent.\"\nC'est très juste.\nArrêtons-nous ici pour aujourd'hui. De\nnouvelles missives m'arrivent en si grand\nnombre que j'ai besoin d'en faire le classe-\nment. (Il y en a exactement 95!) Nous résu-\nmerons tout ce débat dans le numéro du\n15 mars et essaierons d'en dégager un en-\nseignement utile.\n1 C'est nous qui soulignons ce passage intéressant.\n\nM. Daubresse.\n\nFAITS SOCIAUX\nTHÉÂTRES. Dans un des théâtres de New-York\nle directeur se propose d'occuper les entractes par des\nauditions musicales dans le caractère de la piece. Pour-\nrait être essayé ici. La compagnie des xar&uélistes\nespagnols de Madrid va donner des représentations en\nItalie. Pourrait être invitée en France. A Saint-\nMoritz (Engadine) on va installer un théâtre en plein\nair. A Paris i 3 et 15, Avenue Montaigne, on va\nconstruire un théâtre vraiment moderne.\nCONCERTS. A Londres, au Coliseum, audition de\nl'orchestre des balalaikistes. Serait intéressant à Paris.\nA Lyon on fonde une société de concerts, anonyme,\nau capital de un million. A Parme l'église del Car-\nmino va être transformée en salle de concerts. Désaffectée\ndepuis 1810. Steltenbosch distante de quelques\nmilles du Cap (Afrique du Sud) a un Conservatoire 5\nun chœur mixte de 100 exécutants et un orchestre de\n50 musiciens. Les programmes comprennent des\nœuvres de Haydn, de Mendelsshon, etc.\nMOUVEMENT SOCIAL. L'entente est parfaite\nentre les huit syndicats suivants, qui imposeront, à\ntour de rôle, leurs revendications : Union syndicale des\nArtistes Lyriques. Union syndicale des choristes. Fédération\ndes Artistes Musiciens de France. Syndicat des machinistes-\naccessoiristes. Union syndicale des Artistes Chorégraphes.\nUnion syndicale des Artistes Dramatiques. Union syndicale\ndu petit personnel des théâtres et concerts. Section des\nélectriciens des théâtres. Le Syndicat des Artistes\nLyriques, adhérent à la C.G.T. vient d'absorber la\nFédération indépendante des artistes lyriques qui se\nsyndique pour obtenir la fin de la pornographie au\nconcert, un minimum de salaire, le paiement des\nmatinées et la suppression des agences. Un généreux\nanonyme donne cent à cinq cent mille frs à des artistes\nqui s'engageront à construire un music-hall où la\nmorale sera respectée.\nENSEIGNEMENT. A Munich, on vient de fonder\nune Société Pergolèse qui se propose, la publication, en"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.121", "texte": "éditions nouvelles, des principales œuvres du maître et\nla mise à la scène de ses opéras les plus renommés.\nDans une des villes de l'Amérique du Nord les enfants\noffrent, chaque mois, à la musique, un acte d'amour.\nIls inscrivent sur une feuille blanche attachée à la\nchaire du maître, ce qu'ils se proposent de faire en\nl'honneur de la Musique et lignent de leur nom.\nL'idée est jolie, à mettre en pratique. Les conser-\nvatoires de Cologne, de Heidelberg et l'Académie\nimpériale et royale de Vienne ont adopté la gymnastique\nrythmique de Jaques Dalcroze. A Munich, il y a\nquatre ans, on a fondé une bibliothèque musicale\npopulaire qui est florissante. Son catalogue comprend\n7.600 numéros, elle compte 778 abonnés. Les femmes\nreprésentent 1/6 du total. Wagner a été demandé\n689 fois. Stuttgart, Vienne, Cassel, Salzbourg, Ham-\nbourg vont créer des bibliothèques analogues. On\nsonge déjà à une fédération de ces institutions. Le\nMusée Instrumental du Conservatoire de Bruxelles\nvient d'acquérir le piano appartenant à François-Joseph\nFétis le célèbre musicographe, piano carré qui mesure\n2 mètres de long et construit de manière à servir de\nbureau ministre. Le dessus est garni de cuir gaufré or\net le clavier peut se repousser à l'intérieure. Avis à\nGustave Lyon ! Le concours d'essai pour le grand\nprix de Rome aura lieu désormais, chaque année, le\npremier mardi de Mai. A Genève, organisation\nd'un concours de quatuors vocaux ; à essayer ici.\nPrague vient d'établir, à l'université une chaire de\nmusique à l'exemple le Berlin, Vienne, Leipzig.\nRelevé dans le programme d'une de nos Facultés de\nprovince : le cours d'histoire de la musique portera sur\nFervaal de M. V. d'lndy. Prière de se munir de la\npartition ; pourrait être généralisé.\nINVENTIONS.— La musique contribuant àla beauté\nde l'appartement. Nouveau style : les lampes en forme\nde lyre ; les paravents ornés de portraits de musiciens ;\nle piano servant de motif de tentures ; et les ustensiles\ndes services à thé ou à café affectant la forme des\nnotes. Dans le même ordre d'idées : à noter les\nadmirables panneaux pour la décoration d'une salle de\nmusique, école italienne, salon de 1909.\nBIBLIOGRAPHIE. A Londres publication d'un\nnouveau journal Le Chœur consacré à la musique\nd'église et à l'hymnologie. A Sainte-Pazanne\n(Loire Inférieure), publication d'une nouvelle revue\nmusicale Le Barde.\nDIVERS. L'associations des musiciens italiens qui\nse réunira à Ferrare en 1910 inaugurera le monument\nélevé à Guy d'Arezzo à Pomposa. On nous annonce\nla formation d'un orchestre de femmes. La direction\nen serait confiée à MUe Nadia Boulanger ou à Mme\nToutain Griin. Les promoteurs: Mrs Coquard, Mmes\nChausson, Gallet, etc., demanderaient la Salle du\nConservatoire pour y donner des auditions. Bon succès\nà cette intéressante tentative.\nNous sommes heureux d'annoncer que notre colla-\nborateur P. Jobbé-Duval de la Petite Gironde, vient\nd'être nommé correspondant à Paris pour tout ce qui\ntouche à l'Actualité.\n\nL'ACTUALITE MUSICALE\n»7"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.122", "texte": "Cours et Conférences\n\nAUX HAUTES ÉTUDES SOCIALES\n16 et 23 Novembre : M. Prunières,\nparlant de l'œuvre de jeunesse de Lully, montra\ncomment le Florentin devint peu à peu un\nmusicien exclusivement français. Par les ballets\net les comédies-ballets, il arriva aux opéras.\nMlu Bertaux et M. Sautelet, avec une vive\nin tell igence, interprétèrent divers airs majes-\ntueux ou bouffons.\n30 Novembre : M. Paul Marie Masson\nqui devait donner trois conférences sur Rameau\nest parti en mission pour Florence où il\norganisera la section musicale de l'lnstitut\nfrançais. IVIM. P runières et Romain Rolland\nle remplaceront. M. Prunières indique la place\nque la musique occupait dans la musique du\nXVIIe siècle. Elle est plus en faveur qu'on ne\nse l'imagine sur la foi de gens de lettres jaloux.\nIl faut lire les gazettes. La musique intervient\ndans toutes les manifestations de la vie, chez\nles nobles ou les bourgeois. écor nécessaire,\nil n'y a pas de féte sans elle. Les bousculades\nà la porte de l'Opéra sont significatives.\n7 et 14 Décembre : M. Romain Rolland\ns'occupe de Héendel. D'abord la description\nau physique de ce véritable géant, puis un\nportrait psychologique. H. est loyal, indépen-\ndant autant que Beethoven et il montre une\nénergie héroïque durant vingt ans de lutte en\nAngleterre. Sa musique paraît insensible, parce\nqu'elle était pour lui une région sereine où la\npassion ne devait pas pénétrer. Au demeurant,\nil était très bon et la charité fut sa seule\nreligion.\nIl est purement objectif et il a le sens peu\ngermanique de la forme. On l'a accusé de\nplagiat, sans raisons. Il a emprunté des\nthèmes, mais il faut voir ce qu'ils étaient et ce\nqu'il en a tait. D'une façon générale, nous\nconnaissons mal H. faussé par Mendelssohn et\nles Anglais. Ils en ont fait une manière de\ncompositeur dévot et aristocratique. Comme\nl'orateur antique, il s'adressait au peuple.\n2 1 Décembre: M. Calvocoressi, sous la\nrubrique le Mois musical, traita des récentes\nproductions musicales.\nil, 18 et 25 Janvier : M. Pirro parle\nde Buxtehude, en s'appuyant principalement,\ndans l'œuvre du vieux maître, sur les cantates\nque possède l'Université d'Upsal et que M.\nPirro doit publier. Après quelques explications\nsur la tablature et sur la disposition manuscrite\nd'une page de 8., M. Pirro indique le carac-\ntère général de cette musique. Populaire et\nvulgarisateur, B. simplifiait ; des fragments de\nde gammes ou d'arpèges formaient ses mélo-\ndies traitées selon les exigences de l'antique\ncontrepoint ; un thème fréquent est sa berga-\nmasque très répandue à cette époque.\nLes harmonies sont limpides, tonales et\nfranches. B. oppose à ses mélodies des accords\nconsonnants. Il emploie fréquemment les ac-\ncords de sixte, au besoin la tierce. Il adopte\nl'accord de quarte et sixte dont on commence\nseulement à se servir ouvertement. Il aime les\naccords de septième pour leur clarté. Il ne\ns'en sert pas, comme moyens expressifs, mais\npour éveiller l'attention.\nComment l'orchestre de B. est-il composé ?\nLe violon y tient le premier rang. B. n'exige\npas une très grande virtuosité. Comme ses\ncontemporains, il n'écrit pas au-delà de Yut\ndièze et du rè au-dessus de la portée. Très rare\nest le mi qui, au début du XVIIIe siècle, sera\nencore la note extrême. Les exemples de\ndoubles cordes sont rares. Assez fréquemment,\non trouve des traits en arpège et des passages\nrapides, et aussi le trémolo qui constitue une\nnouveauté. Il y avait, à Liibeck, une école de\nviolonistes florissante. La viole de gambe a aussi\nune place importante dans l'orchestre de B.\nLes instruments à vent ne jouent pas un rôle\naussi grand. Peu de flûtes. Le basson intervient"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.123", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n89\n\nsouvent et aussi les trompettes, pour donner\nde l'éclat dans les compositions solennelles. B.\nuse surtout du clarino petite trompette plus\ncourte et plus étroite dont on obtient certaines\nnotes au moyen des sons bouchés. Le cornet,\nen faveur durant le siècle, est plus souple pour\nles transitions. Quant aux trombones, ils\ntiennent la place des cors modernes.\nPour les voix, B. franchit les limites de\nl'étendue moyenne surtout pour les soprani et\nles basses. Il avait d'ailleurs à sa disposition\ndes chanteurs émérites.\nUne question essentielle est celle de la\nréalisation de la basse continue. Dans certaines\npièces, B. a omis les chiffres de la basse.\nSeraient-ce des passages ad libitum avec des\nfioritures ? M. Pirro ne le croit pas, B. étant\nassez rigoureux sur ce point. D'une façon\ngénérale, les indications orchestrales manquent,\nce qui permet les plus grandes erreurs.\nCONCERTS\n13 et 20 Janvier : Une audition de la\nServa padrona offerte aux invités de l'Ecole,\nouvrit la série des concerts que M. Expert\norganise. Ils sont consacrés à la musique de\nchambre en France et en Italie aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. A la première de ces séances,\nnous avons fait une incursion dans le XVIe\nsiècle. Il est impossible de rendre compte en\ndétail des deux beaux programmes abondants\nsans longueur qu'exécutèrent avec soin les\nartistes du quatuor vocal Expert et du quatuor\ninstrumental Luquin, Mesdames d'Almeïda,\npianiste, Jane Argez et Claire Hugon, canta-\ntrices.\n\nGabriel Rouchès.\n\nLA “BÉRÉNICE” DE M. ALBÉRIC\nMAGNARD\n\nJ'ai tenté naguère 1 de définir la puis-\nsante individualité de M. Albéric Magnard\net la valeur singulière d'œuvres qui, même\nprivées du bénéfice de l'exécution instrumen-\ntale ou de l'animation scénique, honorent\nnotre pays et classent parmi les meilleurs com-\npositeurs de ce temps un musicien volon-\ntairement confiné dans la retraite, loin des\ninstrigues et de l'agitation stérile où se com-\nplaît l'arrivisme de tant de ses congénères,\ntravaillant sans relâche et ayant, à l'aurore de\nsa maturité, donné sa mesure dans tous les\ngenres. J'avais alors déploré le peu de zèle de\nnos sociétés à inscrire sur leurs programmes sa\nTroisième Symphonie ou ses ouvrages de musique\nde chambre, et l'inexplicable obstination de\nnos théâtres à ignorer une tragédie musicale\naussi noble, aussi généreuse, aussi pleine de\nsubstance que Guercœur, qui depuis dix ans\ndéjà, attend sa réalisation scénique.\nRien de tout cela hélas ! n'a changé. La\nmâle simplicité de la musique de M. Magnard,\nson accent incisif, ses brisures souvent agres-\nsives, son parfait dédain pour les \" curiosités \"\nharmoniques si fort en vogue par le temps qui\ncourt, sa généralité classique, son originalité\nmorale surtout, tellement éloignée d'une facile\nrecherche d'excentriques singularités, n'ont rien\n\n1 Courrier Musical du 15 juillet 1907.\n\nL'Édition\nMusicale"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.124", "texte": "9°\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nde ce qu'il faut pour lui concilier la faveur de\nnos esthètes avancés ou de l'écœurant snobisme\nde nos salons. Loin d'en prendre souci M.\nMagnard, fidèle à ses principes d'indépendance\nlaborieuse, a poursuivi sa besogne et nous donne\naujourd'hui dans une seconde tragédie lyrique\nl'expression, plus définitive encore, de son art.\nJe ne prétends pas, cette fois-ci, considérer\nen détail la partition nouvelle. D'ailleurs avant\nsa représentation, quelle minutieuse analyse,\nquels industrieux commentaires lui gagneraient\nplus de partisans qu'une lecture approfondie,\ntant il est vrai que ce n'est pas la théorie dont\non les croit issues, mais bien uniquement\nl'éloquence communicative du génie créateur\nqui prête aux productions artistiques toute leur\nforce persuasive?... Au cours d'une fière et\nspirituelle préface, qui déjà le dépeint tout\nentier. M. Magnard explique comment il\nconçut l'idée d'interpréter musicalement le\nsujet de Bérénice, et pourquoi, sans toucher au\ndélicieux chef-d'œuvre de Racine, il fut amené,\nécartant toute inutile complication, à réduire\nl'intrigue de sompoème au débat de conscience\nsi fortement résumé dans Ylnvitus invltam de\nSuétone. Par la simplicité de l'action, l'inten-\nsité héroïque des sentiments l'atmosphère ten-\ndre et douloureuse du cadre, la sobriété\npoétique du langage, le poème de la Bérénice\nnouvelle convient en effet particulièrement à\nsa destination lyrique, et à la nature artistique\nde M. Magnard.\nComme dans Guercœur en effet, et même\ndavantage ici la musique est la conscience vi-\nvante, la raison d'être de l'œuvre ; la source\nmagique où le drame puise sa vie. Il faut louer\nM. Magnard d'avoir ainsi appliqué le prin-\ncipe essentiel et vivifiant de la théorie wagné-\nrienne. Je n'en veux pour preuve que le\nzèle expressif, la logique tonale avec quoi\nle discours musical s'empare du drame, le\npénètre et le transporte en lui. Je me bor-\nnerai à vous en rappeler les qualités intrin-\nsèques, aussi frappantes que par le passé : cette\nvie tumultueuse, cette véhémence rythmique,\ncette précieuse faculté d'invention thématique,\ncette solidité de structure, cette curieuse utili-\nsation des formes, symphoniques, cette conci-\nsion presque linéaire d'écriture, cet éloignement\ninstinctif de toute fadeur conventionnelle, cette\nsubtile psychologie des caractères, cette décla-\nmation continuellement mélodique, ordonnée\net nuancée suivant une discipline toute indivi-\nduelle. Vous les trouverez tour à tour dans la\nbelle préface symphonique, qui contient en\npuissance toute la signification émotionnelle de\nl'œuvre, puis, au premier acte, dans l'attente\nangoissée de Bérénice, l'arrivée de itus,\nl'ardente scène d'amour avec les délicieux\nchœurs dans les jardins, au second acte,\ndans la poignante méditation de Titus, la scène\ndu sacrifice, entrecoupée par les féroces cla-\nmeurs du peuple, au troisième acte enfin,\ndans l'ultime entrevue des deux amants sur la\ntrirème de Bérénice, dans le rythme puissant\ndu chœur des rameurs, et surtout dans la\nsublime déploration de la reine abandonnée,\nsacrifiant à Vénus la parure de ses admirables\ncheveux.\nEn vérité, cette scène finale de l'œuvre, où\nle sentiment pathétique concentré atteint à\nune profondeur extraordinaire, où l'émotion\nsouveraine crée avec elle la clarté, où le style\nle plus ferme et le plus éloquent sait toujours\nrester pur et noble, où l'harmonie générale\nn'est jamais troublée, réalise cet équilibre\nsupérieur des facultés du cœur et de l'esprit\nqui permet seul à l'art d'atteindre son but\nsuprême d'expression humaine... Et vous\nreconnaîtrez dès lors avec moi dans cette\nBérénice à la fois si classique et si française,\nrenouvelées par l'originalité vivace d'un tem-\npérament moderne, les vertus essentielles\nd'unité, de tenue et de sobriété, qui distinguent\nun opéra de Rameau ou une tragédie de\nRacine.\nA une époque qui connaît la disgrâce de\nvoir la marée montante des produits les plus\ngrossiers du vérisme italien et d'une esthétique\nde music-hall envahir le répertoire des théâtres\ny triompher avec impudence et en chasser\npeu à peu tout art élevé, grâce à la bas-\nsesse des instincts, à l'incurable hostilité du\ngros public, grâce aussi à notre coupable\nindifférence ou à nos mesquines disputes de\nchapelles, l'œuvre de M. Magnard apporte"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.125", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\n91\n\nun réconfort et une compensation trop rares\naux gens pour qui le goût n'est pas une chose\nvaine, je souhaite qu'en lui offrant une hospi-\ntalité, d'ailleurs peu onéreuse, le directeur\nd'une de nos scènes lyriques subventionnées\nhonore bientôt sa gestion et fasse de nouveau\nà une musique vraiment de notre race la place\nqu'occupèrent naguère avec éclat Fervaal,\nLouise, l'Etranger, Pelléas et Aîélisande, Ariane\net Barbe-bleue. Puisqu'il s'est trouvé un public\ncultivé et averti, capable d'apprécier la pureté\nraffinée de la poésie d'un Jean Moréas, il serait\nhumiliant de songer qu'il n'existe pas aujour-\nd'hui une élite du même ordre pour aimer la\nBérénice latine de M. Magnard 1 et comprendre\nle sens profond de sa beauté. Le seul but de\nces brèves lignes aura été de tâcher de lui en\ninspirer dès à présent le désir.\n\nGustave Samazeuilh.\n\nLE QUATUOR A CORDES DE\nTHÉODORE DUBOIS.\nJ. E.\nDepuis le mois de Mai dernier, je m'étais\npromis de signaler tout spécialement aux\namateurs de musique de chambre le Quatuor\nà Cordes de TH. DUBOIS, que nous avaient\nfait entendre d'après le manuscrit MM. Parent,\nLoiseau, Brun et Fournier, et qui parait enfin.\nUn Allegro avec introduction lente, un\nVivace en scherzo, un Larghetto et un Allegro\nvivo forment les divisions classiques de cet\nouvrage. Le thème, qui s'annonce d'abord\n1 La partition de Bérénice, tragédie en musique, de\nM. Albéric Magnard est en vente à Y Edition Mutuelle\n269, rue St-Jacques, à Paris et chez l'auteur à Baron\n(Oise).\nchromatique et timide, s'essore dans le premier\nmorceau, se renverse et se morcelle dans le jeu\ndu scherzo, s'étire dans le largo, et, tout\nsimplet enfin dans la finale, se prête à un\namusant canon. L'ensemble, très pondéré, très\nmaitre de soi, tranche cependant sur beaucoup\nd'autres compositions de M. Dubois, j'oserais\ndire qu'une œuvré de ce genre est plus voisine\nde la rue St. Jacques, où nous l'avons enten-\ndue, que de l'lnstitut. Il y a des gens de parti\npris qui n'admettront jamais l'esthétique de\nM. Dubois, mais les autres trouveront dans ce\nquatuor un intérêt constant, une force sou-\ntenue, qui ne laisse place à aucun développe-\nment inutile. C'est l'œuvre d'un maitre délivré\nde toute contrainte pédagogique, de tout souci\nadministratif, et que l'inspiration jalouse\nentraine vers cette musique pure dont le\nquatuor à cordes est l'interprète le plus auto-\nrisé. Notre art français s'honorera d'un effort\naussi noble.\n\nTE DEUM DE BERLIOZ\nJ. E.\nNotre collègue, M. Adolphe Boschot, dont\nla grande bibliographie de Berlioz est devenue\nclassique, vient de publier un intéressant arti-\ncle dans le Correspondant du 25 Décembre\nsur la musique religieuse de Berlioz, dans\nlequel il donne de très curieux détails sur le\nTe Deum écrit en 1848, et analyse un prélude\nd'orchestre de Berlioz, que le compositeur\nBalakirev a retrouvé sur le manuscrit gardé à\nSaint-Pétersbourg."}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100215-01.1.126", "texte": "Concerts annoncés pour la seconde quizaine\nde Février et la première quinzaine de Mars\n\nSALLE GrAVEAU\nGrande Salle\nFEVRIER\n15. 2mc soirée du Cercle Militaire soirée\n16. Premier concert donné par la\nMaison DURAND .... soirée\n18. Concert au bénéfice du Sana-\ntorium Maritime .... soirée\n20. Concert Lamoureux . . . matinée\nLa Solidarité Commerciale . soirée\nSociété Philharmonique . , soirée\nDeuxième concert donné par\nla Maison DURAND . . . soirée\nSociété J.S. Bach (répétition\npublique matinée\nSociété J.S. Bach: La Passion\nselon St. Jean soirée\nConcert Lamoureux . . . matinée\n\n28. Deuxième concert des Frères\nKellert soirée\nMARS\n\nSALLE PLBYEL\nGrande Salle\nFEVRIER\n15. Madame Mitault Steiger . . soirée\n16. Mr. Joseph Debroux (2e sé-\nance) soirée\n17. Mlle Marguerite Masson . . soirée\n18. Mlle Clémence de Cock . . soirée\n19. La Société Nationale de Mu-\nsique (3e séance) .... soirée\n21. Mme Roger Miclos Battaille. matinée\n21. Mme Jeanne Carcassanne. . soirée\n22. Mme Legrix (Elèves) . . . soirée\n23. LequatuorLejeune(3eséance) soirée\n\n24. La Société des Compositeurs\nde Musique (2e séance). . soirée\n25. Mme Roger Miclos Battaille soirée\n26. Mr. Georges Binon .... soirée\n27. Mme Bernard (institut Sé-\nvigné) Elèves matinée\n28. Madame L. Wurmser . , . soirée\n20.\n23-\n24>\n27.\nSalle des Quatuors\nMadame Asselin (Elèves). . matinée\nLe quatuor Calliat (3e séance) soirée\nMme Buisson Chanlier (Elèves) matinée\nMme Breton Halmagrand\n(Elèves) matinée\n\nSALLE ERARD\nFEVRIER\nAud. de ses Elèves\nPiano\nM. ISNARDON , .\nM. GALSTON . .\nM. DE RADWAN .\nM. LOYONNET. .\nMme CHAUMONT. Matinée d'Elèves\nM. RICARDO VINES Piano\nM. DE RADWAN\nMme BALTUS\nJACQUARD. ,\nM. GALSTON . ,\nMlle LAEUFFER\nM. DIMITRI. .\nM. SALOMON .\nMatinée d'Elèves\nPiano\n\nMARS.\n1. M. GALSTON . .\n2. Mme CAPONSACCHI-\nJEISSLER . . .\nMI CAREME . .\nM. DE RADWAN .\nM. STAUB . . .\nM.WINTZWEILLER\nM. LOYONNET. .\nMlle LEWINSOHN\nMlle LAPIE. . .\nM. DE FRANCMESNIL\nMlle BARRY.\nM. GOLDSCHMIDT\nMlle THUILLIER\nM. EMIL SAUER\nM. GRANDJANY\nPiano\nYiolonc, et Piano\nPiano\nMatinée d'Elèves\nPiano\nViolon\nPiano avec le concours de\nl'Orchestre Lamoureux.\nPiano\nMatinée d'Elèves\nPiano\nHarpiste, avec le\nquatuor Touche."}]}