{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_sha256": "8a472c5f49274e6980dbb8ec2af9ea23890393c19973b3e19c647659c9bf8125", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/04/15_01/bmtnabh_1910-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/04/15_01/bmtnabh_1910-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.1", "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nLa Salle future des Concerts du Conservatoire. Concert Mahler. de Wagner à Venise.\nE. COLONNE, par Ch. Malherbe. L'ACCOMPAGNEMENT AU THÉORBE, par H. Quittard. S\nMAHLER ET SA DEUXIÈME SYMPHONIE, par A. Casella. L'ORGUE DE ST. PIERRE\nDE ROME, par A, de Vallombrosa. £ LE MOIS A PARIS, par Gaston Carraud. & LETTRE\nD'ANVERS, par Closson. 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Province. Belgique.\nEtranger. JOUR ET NUIT, par PIERRE JOBBÉ-DUVAL. INSTRUMENTS :\nLes Clarinettes, par EMILE STIÉVENARD. INSTRUISONS-NOUS ! par DOUBLE-\nDIÈSE. MUSIQUE MILITAIRE : La Musique de la Garde Républicaine,\npar HENRI DE CURZON. COURS ET CONFERENCES: Cours d'Histoire de la\nMusique, professé à la Faculté des Lettres par M. Romain Rolland. Cours de l'Ecole\ndes Hautes Etudes Sociales. L'EDITION MUSICALE. 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Il n'en était rien, et la sollicitude de notre Société n'a jamais été plu\\\nattentive à Fart moderne qu au moment où elle s'efforçait de sauver un monument\nhistorique de Fart classique.\nNous sommes heureux de publier aujourd\n31 mars, à la Chambre des députés, par lequel M. Wiener, l'un de nos Amis, a demandé\nla concession qui permettra d'édijier la salle\nL'Etat ayant fait appel à l'initiative privée,\nspontanément et les fonds nécessaires a la constitution de la Société ont été réunis en\nquelques jours, par souscriptions de 12.500 fr.\nCHAMBRE DES DÉPUTÉS\nNeuvième\nSESSION 1910\nAnnexe au procès-verbal de la séance du 23 mars 1910.\nPROJET\nrelatif a la concession temporaire d'un terrain domanial en vue de l'édification\nd'une salle de concerts.\n( Renvoyé à la Commis\nPRÉSENTÉ\nAu nom de M. Armand Fallieres, Président de la République française\nPar M. Doumergue, Ministre\net M. Cochery, Ministre des Finances"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.6", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "EXPOSÉ DES MOTIFS\nMessieurs,\nLe projet de loi qui est soumis à vos délibérations est destiné à compléter Vinstallation\ndu nouveau Conservatoire de musique, autorisé par la loi du 19 juillet 1909. Cette loi\nprévoyait la possibilité d'édifier, sur les terrains\nmoins 1.200 places, nécessaire h renseignement\nSociété des concerts.\nPour répondre à ce double but, l'Etat se réservait de faire appel à Vinitiative\nprivée.\nEn vertu de la convention ci-annexée, la salle est entièrement construite par le\nService des bâtiments civils et entretenue, sous son contrôle, au frais de la société conces-\nsionnaire ; elle fait retour h F Etat après une période de quarante ans. Non seulement\ncelui-ci n a a supporter aucune charge, mais\nannuellement jusqu à concurrence de la moitié.\nEn conséquence, nous avons Vhonneur de vous prier de vouloir bien voter le projet de\nloi ci-après :\n<PROJET DE LOI\nLe Président de la République française\nDécrète :\nLe projet de loi dont la teneur suit sera présenté a la Chambre des Députés par le\nMinistre de VInstruction publique et des Beaux-Arts et par le Ministre des Finances qui\nsont chargés d'en exposer les motifs et d'en soutenir la discussion :\nArticle unique.\nEst approuvée la convention passée le 21 mars 1910, entre le Ministre de l'Instruc-\ntion publique et des Beaux-Arts, le Ministre des Finances et M. Wiener, portant conces-\nsion pour quarante ans, aux clauses et c\nd'Edimbourg, N° 23, en vue de l'installation d'une salle de concerts.\nFait à Paris, le 22 mars 1910.\nSigné : A. Fallières.\nPar le Président de la République :\nLe Ministre de ïInstruction publique\net des Beaux-Arts,\nSigné : Gaston Doumergue.\nLe Ministre des Finances,\nSigné : Georges Cochery."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.7", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "CONVENTION\nEntre les soussignés :\nM. le Ministre de VInstruction Publique et des Beaux-Arts,\nM. le Ministre des Finances,\nd'une part ;\net M. Henry Wiener,\nd'autre part.\nIl a été convenu ce qui suit :\nArticle premier.\nM. Wiener s engage a former dans le délai de 15 jours a partir de la promulgation\nde la loi approuvant la présente convention un\n500.000 francs a souscrire entièrement en numéraire. Cette Société, dite Société de la Salle\ndes Concerts du Conservatoire, aura pour objet exclusif Védification, Vinstallation et\nVexploitation d'une salle de concerts, conformément aux clauses et conditions énumérées aux\narticles ci-après. Ses Statuts devront être approuvés par le Ministre des Beaux-Arts.\nArticle2.\nL'Etat concédé temporairement à M. Wiener, qui devra transférer à la Société\nprévue par l'article précédent le bénéfice de la présente concession, la jouissance d'une\nportion de terrain dépendant de l'immeuble situé à Paris et affecté au Conservatoire\nnational de Musique.\nCette portion de terrain faisant partie\n23, rue d'Edimbourg, ayant une superficie d'environ 1.400 mètres carrés et figurée en un\nplan ci-annexé.\nLa concession aura une durée de quarante\napproi vant la présente convention.\nArticle3.\nLa Société devra construire sur le dit terrain une salle de concerts, comprenant toutes\nles dépendances nécessaires et Consacrer a\n500.000 francs.\nLes travaux seront exécutés par le service\naux frais de la Société, d'après les plans e\nbeaux-arts."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.8", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "Article4.\nLes entrées et sorties de la salle des\nd'Edimbourg. Toutefois des postes et dégagemen\npermettre. , en cas d'incendie ou de dangers évide\nV immeuble affecté au Conservatoire et donnant\nLe bâtiment a édifier pourra avoir des\nde l'Etat, mais celui-ci conserve le droit de faire, dans sa propriété, telles modifications et\nconstructions nouvellesqu il jugera a propos sa\nindemnité.\nArticles.\nLa Société sera tenue d'entretenir la salle et ses dépendances en parfait état et d'y\neffectuer les travaux d'entretien et de grosses\nV architecte de la Société sous la surveillance\nauquel ressortissent les bâtiments du Conservatoire.\nAu cas ou la Société se refuserait a\npourrait y être pourvu d'office à ses frais, par\nConseil général des bâtiments civils.\nLa Société devra faire assurer contre l'incendie, les accidents, les explosifs et les\nrisques de voisinage, pendant toute la durée d\nson mobilier et son matériel par une ou plusieurs\nexactement les primes de ces assurances.\nEn cas d'incendie de la salle et de ses dépendances, les indemnités que la Société\nrecevra des Compagnies devront être intégralement\nreconstruction de la salle et de ses dépendances.\nArticle 6.\nLa Société sera tenue de supporter et acqu\ntoute la durée de la concession, les impôts fonciers\net généralement toutes les charges, taxes et contributions présentes et futures dont le terrain\nconcédé et les constructions qui y seront élevées\nArticle 7.\nLa salle a édifier sera exclusivement réservée à des concerts de musique classique ou\nmoderne, instrumentale ou vocale, ainsi qu'à\nscientifiques ou littéraires.\nLa Société devra soumettre à l'agrément"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.9", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "ou de location qu elle croira devoir autoriser.\nobjets spécifiés plus haut, le Ministre pourra s opposer a Vacceptation de ces demandes. Son\nrefus devra être communiqué à la Société dans\noù il aura été consulté.\nArticle 8.\nLa Société devra mettre gratuitement\nnombre de jours par an, conformément au table\nde V occupation seront réglées au début de\nchaque trimestre.\nLes frais d'éclairage et de chauffage occasionnés par Voccupation de VEtat seront a\nla charge de la Société pendant toute la durée de la concession, moyennant une indemnité\nannuelle et forfaitaire de 3.700 francs, dont\nArticle9.\nLa salle sera mise à la disposition de la Société des Concerts du Conservatoire, si\ncelle-ci le demande, pendant un certain nombre de jours, comformément au tableau B\nci-annexé, pour les auditions de cette Société, moyennant, pour cette occupation, une\nindemnité égale à 50 °L des recettes brutes annuelles de la Société des Concerts du Con-\nservatoire au-dessus du chiffre de 170.000 fra\nLes frais de chauffage et d'éclairage occasionnés par cette occupation seront à la\ncharge de la Société concessionnaire de la salle moyennant une indemnité annuelle et\nforfaitaire de 3.500 francs, h payer par la Société des Concerts du Conservatoire, dont le\nchiffre pourra être révisé tous les cinq ans.\nArticle 10.\nCinquante places seront réservées a la Société pour tous les concerts, exercices et\nconcours publics donnés par le Conservatoire ou la Société des Concerts.\nTrente places seront mises à la disposition du Ministre des Beaux-Arts pour toutes les\nauditions ou représentations ayant lieu dans la salle de* concerts.\nArticle 11.\nLa Société, substituée au concessionnaire,\nbénéfices nets annuels d'exploitation restant apr\nde construction et d'installation, calculée de ma\nplètement effectué à Vexpiration de la concession, après prélèvement de la réserve légale et\nd'un dividende annuel, mais non cumulatif, de 5 °/0 sur le capital versé."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.10", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "Les livres et registres de comptabilité de la Société seront soumis au contrôle\ndu Ministre des Beaux-Arts.\nArticle 12.\nA Vexpiration de la présente concession, la salle et ses dépendances et généralement\ntoutes les constructions élevées par la Société\naucune indemnité : il en serat de même de\nd'eau, de gaz, d'électricité avec tous appa\ndécors, etc... et généralement de tout le mobilie\nexploitation.\nArticle 13.\nL'Etat se réserve la faculté de racheter, a partir de la iome année d'exploitation,\nles constructions et installations effectuées sur le terrain concédé moyennant un prix égal h\nla dépense réelle faite par la Société de ce\nprélevés sur les bénéfices jusqu' a la date du ra\na dire d'experts nommés par les parties ou désignés, a défaut d'entente, par le Tribunal\ncivil de la Seine.\nArticle 14.\nA la sûreté des engagements pris sous Varticle 3, M. Wiener fera déposer par la\nSociété dont il doit assurer la constitution d\nlaquelle le présent contrat sera devenu définitif\ndépôts et consignations, soit en espèces, soit en rentes sur l'Etat ou en obligations du Trésor,\nune somme d'au moins500.000 francs quelle\nV avancement des travaux et dans les proportio\nBeaux-Arts, sur le vu, soit des mémoires à acquitter, vérifiés et réglés par V Architecte de\nVAdministration des beaux-arts, soit sur la produ\nindiquant qu'on peut payer tels ou tels acomptes sur les dits mémoires.\nLa société pourra disposer librement des revenus des valeurs déposées pendant toute\nla période des travaux.\nArticle 15.\nLes frais auxquels les présentes donneront lieu seront a la charge du conces-\nsionnaire."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.11", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 945, "texte": "Article 16.\nLa présente convention ne sera définitive été\nParlement.\nFait à Paris, le 21 mars 1910.\nLe Ministre de llnstruction publique\net des Beaux-Arts,\nGaston Doumergue.\nLe Ministre des Finances,\nGeorges Cochery.\nLe concessionnairey\nWiener.\nTableau\nOccupation de la Salle des Concerts pour le service du Conservatoire.\n70 matinées (1 par semaine duIer octobre d\" Orchestre.\n4 après-midi. Exercices publics d'élèv\n12 matinées. Répétition des exercices\n6 matinées. Examens et concours de\n1 journées. Concours d'orgue.\n45 journées. Concours répétitions\n1 après-midi. Auditions des envois de Rome.\n1 matinées. Répétitions des envois de Rome.\n3 journées (tous les trois ans). Prix\nLa salle pourra en outre être mise à la\ngnement du Conservatoire F pendant\n15 matinées ;\n1 o après-midi ;\n5 journées ;\n5 soirées.\nTableau\nOccupation de la Salle des Concerts par\n20 après-midi. . |Cwem.\n2 soirees ...\n50 matinées . . Répétitions."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.12", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "LE CONCERT\nAu moment ou ce numéro paraîtra nos Amis auront été conviés à trois auditions, qui\nleur laisseront sans doute le meilleur souvenir.\nTout d'abord, le 15 avril, séance h la Bibliothèque Nationale pour y entendre au\npiano la 2<le symphonie de Mahler, jouée par M. M. Casella et Salomon. Puis le samedi\nmatin 16 avril, répétition générale de cette\nChâtelet, sous la direction de Vauteur, et sous le patronage de la Société des grandes\nauditions de France. Enfin le même jour a 4 h. réunion générale des Amis. A cette réunion,\nM. H. Marcel, administrateur général de la Bibliothèque Nationale, et l'un de nos\nmembres d'honneur, prendra la parole pour exposer le but et les travaux de notre Société,\net la Chorale Mixte de Paris se fera entendre\nMONUMENT DE WAGNER.\nNous avions annoncé dans notre dernier Bulletin Vintérêt que portait notre Société\nau projet d'érection d'un monument JVagner\nun bas-relief artistique le séjour de l'auteur du Ring au palais Vendramin.\nCette idée a aussitôt réuni les sympathies\nqui ont formé le comité suivant :\nP.-A. Cheramy, F. Custot, Comtesse P. Seilern, R. Winterberg, M. Rikoff,\nL. Guttmann.\nEt déjà plusieurs adhésions nous sont parvenues, encourageant notre initiative.\nCe sont celles de:\nMM. Théodore Dubois. . . 10 fr. 100\nCheramy 50 fr. .. . 50\nCustot 50 fr. 50\nJ. Schumann. 50 fr. .... 20\nL. Guttmann.... 50 fr. . . .\nPleyel, Wolff, Lyon et Cie 50 fr. 20\nComtesse Seilern 100 fr.\nD'autre part M. Gabriel d'Annunzio\nV épigraphe de ce monument. Enfin le président\nSir Alexandre directeur du Royal Collège de Londres, a été saisi d'une\nproposition qui tendrait à associer la Société Internationale et ses différentes Sections h ce\nprojet qui intéresse le monde entier de la musique.\nIl importe en effet que l'effort moral (10.000 fr.),\nl'exécution de cette stèle commémorative, soit entrepris et accompli par tous les pays où\nWagner est en honneur. La France apportera sa part dans cette collaboration, et nous\navons bon espoir que l'Allemagne et l'Italie, lAngleterre et l'Amérique obéiront de leur\ncoté à la même pensée, pieuse et désintéressée.\nToutes les souscriptions sont reçues au sièg 11,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.5", "titre_corps": "EDOUARD COLONNE", "titre_sommaire": "EDOUARD COLONNE", "signature_source": "Ch. Malherbe", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "EDOUARD COLONNE\n\nAllocution prononcée aux funérailles d'Edouard Colonne, le jeudi 31 mars 1910, par M. CH. MALHERBE,\nprésident de la Section de Paris de la Société Internationale de Musique.\nSi je ne consultais que mon cœur, je garderais le silence où s'enferme\nla tristesse ; je resterais obscurément confondu parmi les disciples, les\nadmirateurs, les fidèles auditeurs des concerts, accourus en foule ici pour\nrendre un dernier hommage au maître, au chef, à l'ami qu'ils viennent\nde perdre. Mais la raison doit l'emporter sur le sentiment. Ces disciples,\nces admirateurs, ces fervents m'ont demandé d'adresser pour eux l'adieu\nsuprême au voyageur qui nous quitte pour le pays d'où nul ne revient ;\nje cède à leur désir en faisant violence à mon émotion : j'ose parler, j'ose\névoquer le souvenir de celui que tout Paris connaissait, mais que ceux-là\nseuls ont vraiment connu qui l'ont approché de très près, qui ont vécu\ndans son intimité, qui ont lu dans le livre de sa vie, et, si je puis m'expri-\nmer ainsi, découvert l'homme sous l'artiste.\nAvec Edouard Colonne disparaît pour la musique une des grandes et\npopulaires figures de notre temps. Une lumière s'éteint, dont l'éclat se\nmesure à l'ombre projetée. Il représentait une force, il était quelqu'un.\nSans doute, on enviait sa renommée ; mais se demandait-on au prix de\nquelles luttes il l'avait conquise, quelles résistances il avait rencontrées,\nquelles épines avaient déchiré ses mains, quelles pierres avaient meurtri\nses pieds sur la route du succès ? La fortune est capricieuse ; elle sourit\nparfois à ceux qui ne savent pas la saisir, comme elle se dérobe trop\nsouvent à ceux qui rêvent de l'atteindre. Mais ce que les hommes\nappellent la chance est aussi le résultat de la patience et de la volonté, de\nl'intelligence et du travail ; celui que nous pleurons en a fourni le\nmagnifique exemple."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "Ses origines étaient bien humbles, et ses débuts furent bien modestes :\navec effort il a gravi tous les échelons de sa carrière, faisant de son mieux,\nsans cesse sur la brèche, ignorant du repos. Né à Bordeaux, en 1838,\nd'une famille d'origine italienne, il gagnait sa vie dès l'âge de huit ans.\nSon père, un violoneux de village, allait, le dimanche, dans la campagne,\nfaire danser les paysans au son d'un pauvre crin-crin, et l'enfant accom-\npagnait son père ; il jouait du flageolet dans cet embryon d'orchestre, et\nil rapportait au foyer familial les quelques sous que lui valait son humble\nvirtuosité. A son tour, il mania l'archet, vint à Paris, et entra au Conser-\nvatoire ; il obtint les prix de violon et d'harmonie ; mais, pour gagner le\npain quotidien, il donnait des leçons tandis qu'il en recevait ; il enseignait\nce qu'il savait à peine : il devenait professeur en restant élève. L'Opéra\nlui valut ses premiers appointements fixes en l'admettant parmi ses\nviolonistes ; mais si modeste restait son budget que, pour assurer la\nblancheur de la chemise et de la cravate, lorsque, le soir venu, il fallait\nendosser l'habit, il se privait du strict nécessaire et faisait sur sa nourriture\nles économies obligées ; il logeait à Montmartre, dans une chambre sous\nles toits, et ne mangeait pas tous les jours.\nComme il avait gagné une à une ses récompenses à l'école, un à un\nil conquit tous ses grades dans la vie artistique. Il appartint à l'orchestre\nde Pasdeloup, puis à celui de Danbé aux Concerts du Grand-Hôtel. C'est\nlà qu'un jour vint le chercher cet éditeur, ami des arts et des artistes, qui\ns'appelait Georges Hartmann. Le petit violoniste, ignoré de la foule, se\nrévélait un chef d'orchestre émérite, et, l'année suivante, l'Association\nArtistique était fondée.\nCe fut là l'œuvre de sa vie, l'œuvre glorieuse, l'œuvre aimée. Pendant\ntrente-sept ans, il a combattu pour elle et il a triomphé. Il avait ces\nqualités qui assurent presque toujours la victoire : chef, il aimait ses\nsoldats et savait commander. Il imposait sa volonté, non par la violence,\nmais par la douceur et la persuasion. Esclave du devoir, il ne demandait\njamais aux autres que ce qu'il donnait lui-même ; il était juste et il était\nbon. Le succès ne l'avait rendu ni aveugle, ni ingrat. Il se souvenait des\nmauvais jours où il avait souffert, et il s'efforçait de les épargner à ceux\nqui, plus jeunes, luttaient à ses côtés. Que de courages il a soutenus ! Que\nde misères il a soulagées ! Sans éclat, sans bruit, par l'élan tout naturel\nd'un cœur qui s'émeut et qui bat toujours pour une noble cause.\nNouveau Prométhée, il semblait qu'il eût dérobé une part du feu"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.15", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "sacré ; c'était l'étincelle de vie qu'il faisait jaillir autour de lui. Il animait\nce qu'il touchait, et peu à peu son orchestre avait acquis une valeur à\nlaquelle les étrangers ne craignaient pas de rendre hommage. Certain\njour, Hans Richter, le fameux chef, dirigeait l'ouverture du Carnaval\nRomain à une répétition du Châtelet ; il avait indiqué le mouvement\ninitial ; puis, cessant de battre la mesure, il écoutait avec un étonnement\nmêlé de satisfaction, cette troupe d'instrumentistes que nulle baguette ne\nconduisait plus, et dont la marche en avant se poursuivait néanmoins sans\ndéfaillance, sans à-coup, ni flottements. Lorsqu'eut sonné le dernier accord,\nl'Allemand se tourna vers son confrère français qui était dans sa loge, et,\ns'inclinant, il applaudit. Ce geste avait son éloquence, et peut-être, au\ncours de sa longue carrière, Colonne ne reçut-il jamais un témoignage\nplus flatteur.\nS'il savait diriger un orchestre, il savait aussi composer un pro-\ngramme ; sous ce rapport il fut un véritable initiateur, et, du même coup,\nil s'est montré utile aux artistes comme au public. Il a continué l'œuvre\nde Pasdeloup, mais en lui donnant plus d'importance et d'éclat, plus de\nnoblesse et plus de portée ; il a contribué à l'éducation musicale de la\nfoule, en rappelant à la vie des œuvres qu'on croyait mortes, en faisant\nsurgir des auteurs dont on ignorait le nom. Cette gratitude pour les\nservices rendus aux compositeurs par leur vaillant interprète, on ne\npouvait la traduire en quelques mots, si sincères fussent-ils et si émus.\nIl faudrait dresser une liste, qui formerait comme un livre d'or, comme\nun glorieux palmarès. Combien, en effet, parmi ceux dont s'honore notre\nécole française, combien, guidés par Edouard Colonne, ont fait leurs\npremiers pas devant le public ! Plus d'un, hélas ! a déjà disparu ; mais\ntoute une phalange demeure, qui compte dans ses rangs des anciens\net des nouveaux, ceux qui sont illustres aujourd'hui et ceux qui le seront\ndemain. Que dis-je ? c'est plus qu'une phalange, c'est une armée sous les\nétendards de laquelle, à côté des Saint-Saëns, des Massenet, des Dubois,\ndes Fauré, des Widor, des Henri Maréchal, des Charles Lefebvre et des\nVincent d'lndy, s'avancent résolument un Claude Debussy, un Gustave\nCharpentier, un Gabriel Pierné, un Alfred Bruneau, un Georges Hiïe,\nun Paul Dukas, un Henri Rabaud, un Max d'Ollone, un Arthur\nCoquard, un Maurice Ravel, un Gabriel Dupont, un Roger Ducasse, un\nEnesco, un Périlhou, et tant d'autres que j'oublie, car ils sont trop, mais\nqui représentent à l'heure actuelle l'art musical de notre patrie, un art"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "d'une grande souplesse et d'une infinie variété, un art vivant et fort, qui\npeut soutenir toutes les comparaisons étrangères, autoriser toutes les\nespérances et justifier tous les orgueils. Colonne le savait, et s'il est resté\nfidèle aux maîtres d'autrefois, jamais il n'a redouté ni les jeunes ni leurs\nhardiesses ; à tous il offrait l'hospitalité sans distinction d'école, dès qu'une\nlueur de talent apparaissait à ses yeux. L'âge n'avait point ralenti son\nardeur à poursuivre la réalisation de tout ce qui lui semblait beau. Cette\npensée le hantait jusqu'à la minute suprême, et la dernière parole, que\npurent encore proférer ses lèvres, se rapportait à un souci d'art. \" La\nbella !.... \" murmura-t-il ; comme si devant ses yeux que le voile de la\nmort allait obscurcir, une image passait encore : la Beauté.\nPour atteindre cet idéal, il a travaillé sans relâche, et n'a point voulu\nprendre la retraite à laquelle ses fatigues lui donnaient droit. Il travaillait\npar amour du travail ; il travaillait pour rendre après lui la vie plus douce\net meilleure aux siens, à celle qui fut sa compagne aimée, la collaboratrice\ndont il était justement fier, à ses enfants qu'il adorait et dont il voulait\nassurer l'avenir. L'an dernier, il tomba, brusquement frappé au cours\nd'une répétition : c'était presque pour lui mourir au champ d'honneur,\ncar il est mort du coup qu'il y a reçu.\nMaintenant il a quitté notre monde, et son âme a pris l'essor vers\nles sphères éternelles à la splendeur desquelles il croyait. Humble créature,\nil s'inclinait devant un Créateur, qu'il s'appelât Bouddha, Jéhovah, Jupiter,\nAllah, ou simplement, disait-il, le bon Dieu. Il le devinait juste et secou-\nrable il n'en fallait pas davantage pour qu'il l'aimât et se soumît à sa loi.\nSi la vie future n'est pas un vain rêve, s'il existe une région supérieure\nou se retrouvent ceux qui sur la terre ont noblement accompli leur tâche,\nalors, et dès maintenant, il y a pénétré ; il s'y rencontre avec ceux qu'il\na aimés, admirés et servis. Il me semble voir de loin Bach et Beethoven\nlui sourire ; Wagner le remercie, César Frank lui tend la main et Berlioz\nen pleurant le serre dans ses bras.\nOui, celui qui se repose enfin après un labeur de plus de soixante\nannées, celui-là vraiment a conquis une place dans la mémoire des\nhommes ; il a marqué son passage ici-bas, et, si sa dépouille terrestre\ndisparaît, son nom demeure comme un symbole de force et d'harmonie ;\nil a droit à l'estime et au regret de tous. Il a bien servi la cause de l'Art.\n\nCh. Malherbe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.6", "titre_corps": "LE THÉORBE", "titre_sommaire": "LE THÉORBE", "signature_source": "H. Quittard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "LE THÉORBE\nCOMME INSTRUMENT D'ACCOMPAGNEMENT\n\nAucun instrument d'accompagnement n'a joui dans l'Europe\nmusicale, au XVIIe siècle, d'une vogue aussi universelle que le théorbe.\nOuvrons n'importe laquelle des partitions des premiers drames lyriques\nitaliens : nous y verrons une partie de basse continue que le théorbe,\nseul ou associé au clavecin, est chargé de réaliser. Il n'est point de\nréunion d'instruments en concert où il ne s'insinue pour jouer un rôle\nanalogue. Il vient même apporter à l'orchestre, déjà puissant cependant,\nde Lully et de l'Opéra Français un concours que les contemporains\njugeaient indispensable. Mais surtout, le théorbe sera l'instrument entre\ntous choisi pour accompagner la voix des chanteurs dans la musique\nconcertée. Même à l'église, il supplantera l'orgue sous ce rapport. Et\ndans la musique vocale de chambre, il restera sans rival.\nDepuis les dernières années du siècle précédent, où Giulio Caccini\nsoutenait déjà les accents de sa voix des accords de son Chitarrone\nd'ivoire (et le chitarrone n'est rien de plus qu'une variété romaine de\nthéorbe), les progrès de cet instrument sont allés croissant de jour en\njour. Dans le premier quart du XVIIe siècle, les chanteurs français\ndemeurent encore fidèles au luth pour l'accompagnement de leurs chansons\nou de leurs airs des ballets. Mais bientôt le théorbe s'y substitue, pour\nl'exécution des tablatures ou l'accompagnement impromptu, \" extem-\nporaire \" comme l'on disait, sur la basse. Mersenne, lequel cependant tirait"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "son érudition du témoignage de luthistes professionnels à qui pouvait et\ndevait déplaire la faveur du nouveau-venu, est forcé de le reconnaître.\n\" L'on use maintenant dé grands théorbes qui sont au ton de chapelle\npour accompagner la voix écrit-il dans le chapitre qu'il consacre à l'art\nde marier, suivant son expression, la voix et l'instrument. 1 Et bien des\nannées plus tard, La Fontaine, regrettant le temps des Nyert, des Lambert\net de leurs élèves, célébrera encore, dans son Epitre à M. de Nyert :\nLe Théorbe charmant qu'on ne vouloit entendre\nQue dans une ruelle, avec une voix tendre.\nMultiplier de tels témoignages, ce serait facile, mais assurément\nassez inutile. Ne vaut-il pas mieux, ce qui est moins aisé, tenter de\ns'expliquer les raisons d'une vogue aussi rapide ?\nCertes, les contemporains insistent avec complaisance sur le charme\net la douceur pleine du timbre du théorbe. Ce mérite (et la commodité\nd'un instrument portatif) peut faire concevoir qu'on l'ait préféré, au\nmoins pour la chambre, au clavecin. Mais pourquoi avoir délaissé si\ncomplètement le luth, à qui on ne se fait pas faute de distribuer\nlibéralement les mêmes louanges ? C'est un fait cependant qu'il se confine\nchaque jour de plus en plus dans l'exécution des pièces, sans plus servir à\nl'accompagnement. Le luth, dira-t-on, était un instrument délicat et\ndifficile, requérant de longues études. Le jeu du théorbe ne serait-il\npoint plus aisé ? Nullement. La technique de l'un et de l'autre est\npareille. S'il y avait quelque différence, elle ne serait peut-être pas à\nl'avantage du théorbe, dont les ressources d'exécution, en tout cas,\nparaissent beaucoup plus limitées.\nQuels avantages avait-on cru trouver à l'accompagnement au\nthéorbe des airs et des récits, pour le préférer de la sorte ? Avant de\nchercher à répondre à cette question, pour nous difficile, il convient de\ndonner de l'instrument une exacte description, de marquer les différences\nessentielles qu'il présente avec le luth et le caractère très spécial de\nl'harmonie qui en résulte.\nNous aurons commencé d'éclaircir tant soit peu ces questions quand\nnous saurons comment s'opérèrent les transformations qui firent naître le\nnouvel instrument. Dans le discours qui accompagne son\nLiuto e diChittarone, (Libro primo, Bologne, Moscatelli, 1623) le Bolonais\n\n1 Harmonie Universelle (Des Instruments, f° 92.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.19", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "Alessandro Piccinini nous en a fait le récit, lequel semble, disons-le, tout\na fait vraisemblable.\nCet habile luthiste, qui fut au service du duc de Ferrare, rappelle\nd'abord l'excellence des anciens luths de Bologne, à ce point recherchés, (des\nFrançais surtout, qui les acquerraient à n'importe quel prix), qu'il n'en res-\ntait presque plus de son temps. Il existait deux modèles pour ces in-\nstruments.\nLes uns, au corps allongé, en forme de poire, avaient un son plus\ndoux ; les autres, aux larges flancs arrondis, rendaient une harmonie plus\npleine et plus sonore. \" En outre, poursuit-il, on fabriquait aussi de très\n\" grands luths, qui, à Bologne, étaient fort appréciés pour jouer en concert,\n\" avec les autres luths plus petits, des p des airs et autres choses\n\" semblables. La bonté de ces grands luths apparaissait d'autant mieux\n\" qu'on les tenait accordés très haut [c'est à dire de cordes fort tendues],\n\" si bien que la première corde ne pouvant monter à la hauteur conve-\n\" nable, on la remplaçait par une autre corde plus grosse accordée une\n\" octave plus bas... Quelque temps après, lorsque le beau chant commença\n\" de fleurir, il parut à certains Virtuosique ces grands luths, à l'harmonie\n\" si douce, conviendraient parfaitement bien pour accompagner un chan-\n\" teur. Mais on les trouvait d'un diapason trop grave pour cet usage ; on\n\" se vit donc contraint de les monter de cordes plus fines, accordées à un\n\" ton convenable à la voix. Comme la seconde corde, de même que la\n\" première, ne pouvait plus alors monter assez haut, elle fut pareillement\n\" accordée à son octave grave. De la sorte, ces virtuoses réalisèrent ce\n\" qu'ils avaient souhaité et ce fut là l'origine du théorbe ou plutôt du\n\" Chitarrone.Peu de temps avant que je fisse pratiquer l'extension des\n\" cordes contrebasses du luth,1 était venu à Ferrare le Signor Giulio\n\" Caccini, dit le Romain, homme très excellent dans l'art de bien chanter,\n\" lequel avait été mandé par son Altesse Sérénissime. Cet artiste avait un\n\nI C'était en 1594. Cette année-là, Piccinini raconte, en un autre endroit, qu'étant au service du duc de\nFerrare, il se rendit à Padoue, chez le facteur de luths Christofano Heberle, pour lui faire confectionner un luth\nsur ses indications. Il souhaitait accroître la sonorité des cordes graves en augmentant leurs dimensions (ce qu'il\nappelle \" far la tratta ai Contrabassi. \") Il avait d'abord songé à disposer pour cela sur la caisse de l'instrument\ndeux chevalets distants l'un de l'autre, en augmentant sensiblement la longueur du corps du luth. Cet essai\nréussit mal parce qu'on ne pouvait pincer les cordes graves assez près de leur chevalet, le plus éloigné des deux\nnaturellement. (On sait que le caractère et la force du son se modifient sensiblement suivant l'endroit où l'on\nébranle la corde).\nII eut ensuite l'idée de \"far la tratta al manico\" c'est à dire de superposer un second manche plus long au\npremier. Ce qui réalisa ses intentions.\nPiccinini déclare rappeler ces détails parce qu'il revendique l'honneur d'avoir ainsi inventé l'archiluth ou\n\" Liuto attiorbato \", lequel a précédé le théorbe contrairement à l'opinion courante."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "\" chitarrone d'ivoire accomodé de la façon que je viens de dire, dont il se\n\" servait pour s'accompagner. Et, si ce n'est pour soutenir le chant, per-\n\" sonne alors ne jouait du Chitarrone...\nLe théorbe, si nous en croyons ces explications et pourquoi ne\nles point admettre ? daterait ainsi des dernières années du XVIIe siècle\net l'usage s'en serait répandu, pour l'accompagnement, à l'instigation des\npremiers virtuoses de l'art récitatif.\nCes renseignements ont leur prix. Mais cherchons maintenant\nquelque part une description plus minutieuse et plus précise de l'instru-\nment dont Piccinini nous a appris les origines.\nCe n'est pas Mersenne qui viendra nous la fournir. Il parle bien\ndu théorbe mais sans paraître connaître bien à fond ce qui le distingue\nvraiment du luth. La figure gravée qu'il insère en son livre (figure sou-\nvent reproduite, par Kircher notamment, dans sa ne donne\nmême pas l'image d'un vrai théorbe, mais d'un archiluth, l'instrument\ndont Piccinini revendique l'invention ; instrument de virtuose, unique-\nment destiné à l'exécution de pièces de concert. 1\nPour savoir au juste ce qui nous importe, nous avons la ressource de\nnous adresser à Prastorius, écrivain bien plus amateur de détails techniques\nque ne l'est Mersenne. Empruntons-lui ce qu'il dit du théorbe, de ses\nparticularités et de son usage ordinaire. (Syntagma Musicum... De organo-\ngraphia, Cap. xxv). 2 .\n\n1 ... \"Se servant de la Thuorbe pour chanter et de PArchiluth pour toucher avec l'Orgue avec mille belles\n\" varietez et une vistesse de main incroyable... \" (Maugars, Response d'un curieux sur le sentiment de la musique\nd'ltalie, 1639).\nPiccinini, dans ses recherches, n'avait en vue qu'un instrument de soliste. Il rappelle (que, quand il eut\nréussi à perfectionner le luth comme il l'avait rêvé (c'est à dire en en faisant un archiluth) beaucoup de virtuo-\nses commencèrent à s'y adonner.\nAjoutons toutefois que Mersenne, quelques pages plus loin, donne aussi, sans y insister d'ailleurs, l'accord\ndu \"Tuorbe pratiqué à Rome, \" fort exactement rapporté.\n2 Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt, de noter d'abord, à titre de curiosité, l'étymologie de ce nom de\nThêorbe ou Tuorbey comme disaient les Français, adaptant ainsi à leurs habitudes de langage le nom italien :\n\" Tiorba \".\nSi nous en croyons Kircher en sa Musurgia, l'inventeur aurait appelé ainsi, par plaisanterie, le nouvel\ninstrument du nom que portait une sorte de mortier dont se servaient les apothicaires. \" Tiorba nomen suum\n\" invenit a circumforaneo quodam Neapolitano, qui primus testudinis collum productius duplicavit: chordas\n\" diversas addidit cumprimo non nisi barytono serviret. Atque hoc instrumentum joco quodam vocare solebat\n\" Tiorbam : Vocant autem tiorbam id instrumentum quo chirothecarii odorifera molere soient, estque morta-\n\" rium quoddam prorsus simile molulis illis quibus amygdala, synapi aliaque grana in superaffuso liquore\n\" convenienti in lac dissolvere soient. \"\nKircher attribue l'invention à un musicien napolitain. Rappelons que Piccinini avait été a Naples, offrir\nau Prince de Venouse de la part du duc de Ferrare, deux de ces Arciliuti qu'il venait de faire fabriquer à Padoue."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.22", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "\" Le Théorbe est un grand Luth basse qui n'est pas très différent [du\n\" luth ordinaire que Prastorius vient de décrire], si ce n'est qu'il a plus\n\" de cordes (en fait 14 ou 16 rangs), et qu'en outre du manche ordinaire\n\" sur lequel sont placés les liens (ce qu'on appelle, comme il a été dit, la\n\" Touche),il en possède encore un autre plus long. A cause de la largeur\n\" et de la grandeur des marches [de la Touche], on ne peut y pratiquer\n\" ni coloratures ni diminutions : il se doit toucher droitement et simple-\n\" ment. Il s'ensuit qu'employé seul, il est très convenable pour accom-\n\" pagner le chant d'un Discant ou d'un Ténor, tout comme cela se fait\n\" sur la Viola Bastarda.ll est aussi d'un excellent usage et fort agréable\n\" à entendre, touché avec d'autres instruments en un concert complet, ou\n\" encore avec la Basse ou bien à la place de cette même Basse.\n\"Il y en a de deux sortes.Les uns ont des cordes de boyau: les autres,\n\" de laiton ou d'acier. Avec de semblables cordes de métal, certains d'ail-\n\" leurs montent aussi le Luth ordinaire. En ce cas, la 4™° et la corde [les\n\" deux cordes les plus aiguës] sont accordées une octave plus bas qu'elles\n\" ne le seraient régulièrement, c'est-à-dire, au diapason qu'elles ont sur le\n\" Théorbe. Et cela parce que, aussi bien que sur le Théorbe à cause\n\" de la longueur de l'instrument, les cordes de métal ne peuvent être\n\" traitées différemment et supporter d'être montées à la hauteur qu'il\n\" faudrait.\n\" Les théorbes que l'on fait à Rome (lesquels sont appelés\n\" ont un manche très long, de telle sorte qu'avec le corps, l'instrument\n\" atteint -jusqu'à 6 pieds et demi et 2 pouces. Et le corps n'est pas si\n\" grand, si large et si incommode à tenir et à manier que celui des\n\" théorbes que l'on fabrique à Padoue, qui n'ont cependant que\n\" 5 pieds.\n\" Les théorbes à la Romaine (on peut, à Prague, chez un certain\n\" Martin Schott, en trouver de très proprement et très soigneusement\n\" faits) n'ont sur le manche où sont les touches que six cordes ou chœurs:\n\" ceux de Padoue en ont huit. Les uns et les autres ont, adaptées au\n\" second très long manche, huit autres cordes en dehors de la touche.\n\" Mais, chaque année maintenant, on imagine des dispositions nouvelles.\n\" Aussi n'est-il pas nécessaire de rien ajouter de plus.\"\nAvant ces considérations, qui sont en effet bien suffisantes, Prasto-\nrius avait marqué l'étendue et l'accord de ces deux variétés de théorbe.\nLes voici. La première tablature est celle du théorbe romain, avec six\n\n2"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "cordes seulement sur la touche : la seconde, celle du théorbe padouan qui\nen compte huit. 1\nReprenons maintenant par le détail la description de Praetorius. Nous\nremarquerons tout d'abord ceci i que pour lui, le theorbe se distingue du\nluth par la présence d'un second manche, beaucoup plus long que le\npremier, sur lequel s'attachent un certain nombre de cordes, huit en tout,\naussi beaucoup plus longues, par conséquent, que celles placées sur la\ntouche et que les doigts de la main gauche peuvent atteindre. Les huit\ncordes de ce second manche ne se pincent qu'à vide.\nDe cette disposition, la raison se comprend d'elle-même. Sans avoir\njamais entendu jouer du luth, on soupçonnera, pour peu qu'on y\nréfléchisse, que la sonorité du registre grave de cet instrument dut\ntoujours être assez défectueuse. La longueur de la partie vibrante des\ncordes, en effet, n'excède guère 65 à 70 centimètres et de la plus grave\n(ut àla chanterelle (solzS) il existe un écart de deux octaves et une\nquinte. Ecart considérable, si l'on fait réflexion la ire et\nla 4me corde des instruments du quatuor moderne, il n'y a qu'une octave\net une sixte, entre la 6me d'une guitare et sa chanterelle tout au plus deux\noctaves. Encore les cordes graves, maintenant, sont-elles des cordes filées\nque les facteurs du XVIe et du commencement du XVIIe siècle,\ndu moins en France, ne connaissaient pas encoie.\n\n1 L'accord du Théorbe \" pratiqué à Rome \" que donne Mersenne est identique à celui du Théorbe romain\nou Chitarone de Praetorius, à cela près que Mersenne 1 indique un ton plus haut.\nCette différence, qui tient peut-être simplement à l'usage de deux diapasons inégaux, est de peu dimpor\ntance puisque les intervalles restent les mêmes. A l'exemple des Français qui ont toujours gardé pour le Theorbe\nl'accord de Mersenne, nous nous en servirons toujours ici pour nos transcriptions.\n2 II n'est pas facile de savoir à quelle époque précise remonte l'invention des cordes de boyau filées de métal.\nEn France elles n'ont été connues qu'assez tard. Jean Rousseau dans son (1687) rapporte que\nce fut le violiste Ste-Colombe qui mit chez nous le premier en usage, pour son instrumentales cordes\nfilées d'argent Mais Piccinini parle déjà de pareilles cordes: \"....havendoli nmesso la quinta corda e la sesta e h\ncontrabassi di fila d'argento...\" Il est vrai que, dans sa pensée, ce perfectionnement ne semble s'appliquer qu au\nchitarrone monté de \" corde di cetra \", c'est à dire comme la cithare, de cordes métalliques. Cet instrument\nqu'on appelait \" Pandora \" était en usage particulièrement à Bologne et renommé pour la suavité de\nses sons."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.24", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "On sait que l'expérience démontre que le son d'une corde tendue est\nd'autant plus beau que cette corde approche davantage de son point\nde rupture. Donc pratiquement, pour obtenir un timbre caractérisé, il\nfaut une tension énergique. Rien n'était plus aisé pour les cordes aiguës\ndu luth. Au contraire, pour les basses, cette tension n'eût été possible\nqu'avec des cordes d'un diamètre très fort. Mais on ne peut augmenter\nà volonté le diamètre qui doit toujours demeurer dans un certain rapport\navec la longueur pour que le son produit soit artistiquement utilisable.\nLa longueur des cordes d'un violoncelle excède certainement celle\ndes cordes d'un luth et la corde (non filée) la plus grave de ce violoncelle\nne donne que le ré'tandis qu'il fallait-, au luth, descendre jusqu'à 1 ! Aussi,\nquoique les contemporains n'en aient rien dit, nous pouvons affirmer que\nces basses du luth, forcément très peu tendues, ne pouvaient donner qu'un\nson maigre et sans portée.1 Et c'est évidemment pour dissimuler en partie\nce défaut, qu'on imagina de bonne heure d'employer des cordes doubles,\nl'une à l'octave de l'autre, pour ces basses. Artifice analogue à celui d'un\norganiste qui ajoute le prestant de 4 pieds à un bourdon de 8 un peu\nsourd, pour donner l'illusion d'un timbre plus robuste et plus plein.\nGrâce à son second manche, le théorbe s'enrichissait de basses d'une\nlongueur presque double de celles du luth. Certainement, ces grosses\ncordes devaient avoir, avec une sonorité volumineuse, une durée de\nvibration considérable. A côté de ce registre sonore et vigoureux, il ne\nfallait pas que les cordes du médium, restées fixées au premier manche,\nparussent trop faibles. On augmenta donc sensiblement le volume de\nl'instrument. Les théorbes sont d'un module toujours plus fort de beau-\ncoup que les luths. 2 Cela apparaît clairement dans les figures gravées du\n\n1 II est juste de faire remarquer cependant que les cinq dernières cordes n'étaient guère touchées qu'à vide.\nOn pouvait donc leur attribuer un diamètre sensiblement plus fort que cela ne serait faisable sur un violoncelle,\npar exemple: les cordes trop grosses relativement à leur longueur donnant un son d'autant plus défectueux que\nla main gauche les raccourcit davantage en arrivant aux positions élevées.\n2 \"Le théorbe, écrit l'Anglais Thomas Mace (Musick's Monuments, 1676) sert principalement pour jouer\n\" avec la voix ou en concert. C'est un luth du plus grand module et nous augmentons beaucoup encore\n\" l'ampleur de ses sons en y adaptant un long manche pour accroître la sonorité et la plénitude des Basses ou\n\" Diapasons, ce qui est d'un grand ornement avec la voix ou en concert. \"\nToutefois, Mace n'approuvait pas les dimensions excessives données au second manche de certains\nthéorbes. Outre que l'éloignement des chevilles rendait l'accord incommode, l'instrument y perdait quelque\nchose de son égalité. \" Ces cordes basses démesurément longues, dit-il, sont trop retentissantes et étouffent les\n\" dessus. Ou si, pour bien faire, vous les pincez aussi doucement qu'il se puisse, alors le son ne semble plus de\n\" la même nature que celui des cordes plus courtes et l'on dirait qu'il provient d'un autre instrument. \"\n■ Il va sans dire que tout ceci ne s'applique qu'au véritable théorbe du XVIIe siècle. Au XVIIIe, on se sert,\nun peu comme instrument de fantaisie analogue à la guitare, de petits théorbes dont les dimensions, l'accord,\nla sonorité et l'emploi ne sont plus du tout pareils."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "livre de Praetorius, figures exactement mesurées et dessinées à l'échelle.\nEn s'y rapportant, on trouvera que la longueur de la partie vibrante\ndes cordes, pour le luth ordinaire n'excède pas 2 pieds\n2 pouces, om7o environ), tandis qu'elle atteint 2 pieds 7 pouces (omB5)\npour le luth théorbé (Testudo TheorbaArchiluth), 3 pieds 2 pouces\n(imo 4) pour le Chitarroneou Théorbe à la romaine et enfin, près de\n3 pieds et demi (1m 15) pour le Théorbe padouan. Ceci bien entendu,\npour ces derniers instruments, ne se rapporte qu'aux cordes du premier\nmanche.\nDe ces grandes dimensions de l'instrument, la première conséquence\nétait l'écartement des touches, nécessitant une extension des doigts telle\nque les passages de vitesse devenaient impossibles ou du moins difficiles.\n\" On ne peut y pratiquer ni coloratures ni diminutions, dit Praetorius.\nEt Thomas Mace renchérit encore. \"Le théorbe, écrit-il, est de trop\ngrand module pour l'exécution (des pièces ordinaires du répertoire du\nluth) : car ces sortes de morceaux sont d'ordinaire beaucoup plus rapides\net plus mouvementés que les parties que l'on fait entendre dans les concerts\nou dans l'accompagnement de la voix Comme le théorbe est alors\nordinairement chargé de la basse fondamentale, si l'artiste qui le joue en\npossède bien la pratique ainsi que celle de la théorie de la musique, il en\nsaura assez pour satisfaire les auditeurs. 1\nAu fond, cette incommodité est de peu de conséquence. 2 L'impossi-\nbilité de tendre suffisamment la chanterelle et la seconde corde pour les\namener au diapason véritable, d'où s'ensuivait la nécessité de leur\ntransposition à l'octave grave, avait une importance autrement digne de\nremarque. Même en considérant le théorbe comme un simple instrument\n\n1 Mace relève encore un autre inconvénient du théorbe au point de vue du jeu des pièces de musique.\nLes vibrations des cordes dans la dernière octave (qui ne se joue qu'à vide) se prolongent trop. Il s'en suit de\nla confusion dans les marches de basse, le son d'une corde n'étant pas encore éteint quand on pince la suivante,\nCela cause des discordances désagréables.\nCertains luths français même, de trop grand modèle au gré du musicien anglais, n'étaient pas exempts de\nce défaut.\n2 Un autre changement également négligeable, au point de vue où nous sommes ici placés, c'est l'abandon,\nà peu près général, des cordes doubles. La plupart des théorbes ou chitaroni ne sont montés que de cordes\nsimples, surtout pour ce qui regarde les basses. La sonorité, évidemment, était assez ronde et assez pleine pour\nqu'il n'y eut pas besoin de ce redoublement, dont le moindre inconvénient était de charger outre mesure la\ncaisse de l'instrument et surtout de compliquer étrangement l'accord.\n\" Un luthiste à l'âge de 8o ans, dit plaisamment Matheson, a bien passé 6o ans de sa vie à s'accorder. Et\n\" ce qui est pire c'est que parmi cent joueurs, il est difficile d'en rencontrer deux capables de le faire convena-\n\" blement... Et l'on m'a dit qu'à Paris, il en coûte autant d'entretenir un luth en bon état, que de nourrir un\n\" cheval \". {DÛS neu err'ôj}nete Orchester, 1713).\nCependant, Mace se chargeait de tenir les luths toujours prêts pour l'exécution moyennant 3 shillings\npar trimestre. Pour les monter la première fois de cordes, il prenait xo shillings seulement."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.26", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "d'accompagnement, ce changement dans l'accord allait bouleverser\nentièrement les habitudes anciennes. 1\nIl supprime d'abord tout le registre aigu auquel atteignait facilement\nle luth. Sur le théorbe, la corde la plus élevée n'est plus la première, ni\nla seconde, mais la troisième. Or dans l'accord français cette troisième\ncorde donne le si du médium :\nEn la supposant jouée sur\nsa position la plus haute, que représente la lettre /de la tablature, on\nobtient seulement ce\nla :lequel marque donc la limite extrême\ndu théorbe dans le haut. La chanterelle du luth atteindrait 1 efa, à la\nsixte mineure supérieure.\nPratiquement, la nécessité de se servir aussi des deux premières\ncordes, impose ordinairement à cette troisième une étendue beaucoup plus\nrestreinte. L'harmonie toute entière se trouve donc confinée dans le\ngrave. Comme elle ne saurait étager ses parties diverses à de grands\nintervalles, elle devient forcément très serrée et très compacte. Il n'est\nplus possible de dessiner clairement, comme sur le luth, la marche de\nchaque voix. Toute polyphonie effective, même très simple, disparaît\ndonc. Il ne subsiste plus que des accords isolés, souvent assez mal liés les\nuns avec les autres, si on les examine transcrits dans notre notation.\nAu surplus, un exemple sera ici plus démonstratif que toute explica-\ntion. Que devenait, jouée au théorbe (comme cela dut se faire à chaque\ninstant), une de ces tablatures de luth qui, sous la mélodie d'un air de\ncour, reproduisent si fidèlement les parties vocales qui pourraient, si\nl'on voulait, l'accompagner ? Le début de la chanson connue de\nGuesdron, Aux plaisirs, aux délices, bva le faire comprendre im-\nmédiatement. 2\n\n1 II semble qu'en Angleterre au moins on se soit servi de théorbes où la Chanterelle seule était transposée\nà l'octave. Mace insiste surtout sur cette transposition de la Chanterelle. \" Aucune corde, dit-il, ne serait assez\nforte pour arriver jusqu'au véritable diapason sur un aussi grand instrument. Faute d une petite corde de dessus,\nla grâce et la légèreté des pièces mélodiques s'évanouit toute entière et les airs sont fort altérés.^\nIl ajoute d'ailleurs que, sur certains théorbes, on est également obligé de baisser la deuxième corde aussi\nd'une octave.\n2 Pour cet exemple, comme pour ceux que je donnerai plus loin, je n'ai pas cru devoir, pour le Théorbe,\nréaliser la transcription sur deux lignes. Ce serait d'ailleurs peu commode et le plus souvent inutile. Pour plus\nde clarté, j'écris ce qui revient aux deux premières cordes transposées à l'octave en notes plus petites, la queue\ntoujours dirigée vers le haut."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "De quelle façon, ainsi rendue, se trouve déformée l'élégante et pré-\ncise harmonie de Guesdron, cela apparait du premier coup d œil. Et cette\nversion nous révèle en même temps quels seront les caractères de l'accom-\npagnement réalisé au théorbe : i° la gravité générale de l'ensemble, le dia-\npason ne s'élevant jamais au delà des premières notes de l'octave du médium;\n20 la confusion des parties, à peu près impossibles à discerner désormais\ndans les accords pleins et serrés à quoi s'est réduite la polyphonie primitive.\nQue l'on objecte la difficulté de bien juger des ressources d'un instru-\nment en le contraignant à exécuter une tablature conçue pour un autre,\nrien déplus naturel. Néanmoins les caractères que je viens de déterminer\nsubsistent tout pareils dans la musique écrite proprement pour le théorbe.\nJe ne parle point ici des pièces pour l'instrument seul, dont un certain\nnombre subsistent. Mais en ce qui regarde l'accompagnement, on avait\nsenti si bien l'impossibilité de confier au théorbe autre chose qu'une réali-\nsation harmonique abstraite, exempte de toute figuration définie, qu'on"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.28", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "renonça presqu'immédiatement à l'exacte notation de la tablature. On\ntouche le théorbe \" sur la partie suivant l'expression du temps. C'est\nà dire que sur une basse, chiffrée ou non, l'exécutant fait entendre\nimpromptu les accords que lui suggèrent son sens musical, son expérience\nou les règles empiriques que rédigent les professionels à l'usage des simples\namateurs. Les méthodes de théorbe, comme nous dirions, sont surtout\ndes traités d'accompagnement. Telles apparaissent du moins celles de\nNicolas Fleury (1660) d'Angelo Michèle Bartolomi (1669), de\nD. Delair (1690). 1\nLe chapitre que Thomas Mace, en son livre, consacre au théorbe,\nest au contraire appliqué plutôt à ce qui regarde l'exécution des pièces.\nCe qui, dans les traités français, a rapport à la théorie harmonique ne\nnous intéresse pas pour le moment. Aux considérations générales se\nmêlent toutefois quelques détails techniques, assez propres à nous donner\nune idée de ce que fut la réalisation pratique de ces accompagnements: ne\nserait-ce que les exemples nombreux, notés tout au long en tablature.\nLe livre d'Angelo Michèle Bartolomi nous sera particulièrement\nprofitable, en dépit d'une concision qui ne gênait certes pas les contem-\nporains, lesquels n'y cherchaient point la même chose que nous. \"\nTable, dit un bref avertissement, a été\nThéorbe sur la Partie ; on y a réduit p\ntrouver dans les liasses Continues, en sorte que ceux qui sçavent la Musique et\nceux qui ne la sçavent pas, y trouveront également de la facilité pour toucher\ntoutes sortes d?Airs a Livre ouvert...\" C'est ce mérite théorique et péda-\ngogique qu'appréciait évidemment le maître de musique de la Ste Chapelle,\nRené Ouvrard, quand il communiquait, sur sa demande, le manuscrit de\nl'auteur, encore inédit, à son correspondant Claude Nicaise, chanoine de\nDijon. 2\n\n1 Méthode pour apprendre facilement à toucher le Théorbe sur la Basse continue par NICOLAS FLEURY, ordi-\nnaire de la Musique de son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans... Paris, Robert Ballard, 1660.\nTable pour apprendre facilement à toucher le Théorbe sur la Basse continue, composée par ANGELO MICHÈLE\nBARTOLOMI, Bolognese... Paris, Robert Ballard, 1669.\nTraité dyaccompagnement pour le Théorbe et le Cla<vessin, qui comprend toutes les Règles nécessaires pour accom-\npagner sur ces deux Instruments, avec des observations particulières touchant les différentes manières qui leur con-\nviennent. Il enseigne aussi à accompagner les basses qui ne sont pas chifrée£, composé par D. DÉLAI R.., A Paris chez,\nV Auteur... 1690.\n2 \"... Je suis ravy que vous ayez eu du désir pour ce dernier [le manuscrit] que je vous envoyé, qui est\nl'ouvrage del Sig. Angelo Michel, le plus habile sans doute pour le Tuorbe et principalement pour jouer sur la\npartie, que nous ayons en France et en Italie... Le manuscrit d'Angelo Michel est un thrésor dont il a fait part\nà un amy qui me l'a presté pour vous l'envoyer et que vous pourrez garder tant qu'il vous plaira... Mons.\nMal teste vous dira que le Sr Angelo Ta voulu faire graver chez Ballard et peut estre y mettre quelque discours"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "Fort heureusement pour notre étude, de nombreux tableaux notés\n(le livre ne consiste guère même qu'en cela) nous révéleront les particu-\nlarités d'écriture qu'entraînait la disposition de l'instrument. Progressive-\nment, l'auteur expose de la sorte le doigter des notes simples de la gamme,\ncelui des intervalles et des divers accords. Puis, prenant chaque ton en\nparticulier, il note les harmonies qui conviennent à chacun, les différentes\ncadences avec la façon de les lier et de les résoudre de la meilleure manière\net de la plus commode. De l'examen de ces tablatures, on peut déduire\nd'utiles conséquences.\nEn indiquant l'accord du théorbe, Angelo Michèle ne dit nulle part\nque les deux premières cordes fussent descendues d'une octave. Et en effet,\nc'était une chose que tout le monde savait. Mais quand il rapporte les\nnotes de la gamme à la tablature, la preuve de cette transposition apparaît\navec évidence.\nLes lettres marquées et les cordes choisies font assez voir qu'à partir\ndu sol (de la clef de sol) on reprend la gamme à l'octave inférieure.1 Mais\ncette transposition, théoriquement, est supposée inexistante. On n'en tient\n\nou instruction. Mais ils ne se sont pas accordés. \" (Lettre du i Juillet 1666.) (Bibl. Nat. MS. Franç. 9360, n° 3 )\nL entente avec 1 éditeur, qui n avait pu se faire en 1666, avait fini par avoir lieu trois ans plus tard, comme\non le voit.\nLa Méthode de Fleury, qui d ailleurs est destinée à apprendre l'accompagnement à ceux qui déjà savent\njouer de Pinstrument, ne dit rien non plus du véritable diapason des cordes supérieures.\nLe Traité d'Accompagnement de Delair est plus explicite. \" Sur le Théorbe, écrit-il, il n'y a point de clef\nde Dessus, d autant que cet instrument n a pas assez d etendue dans le haut pour fournir à l'étendue des dites\nclefs. Mais on supplée à ce défaut en prenant les notes du dessus une octave plus bas.\""}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.30", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "pas compte dans la pratique. Les intervalles ou accords réalisés entre le 3me\net 4me cordes et la iere ou la 2me, dans les tableaux de Michèle, gardent le\nnom qu'ils auraient si les deux cordes supérieures étaient à leur vrai\ndiapason. Voici, pour lui, des tierces :\nOu des quintes :\nOu encore des octaves et ce qu'il appelle des \" accords parfaits natu-\nrels par l> quarre \" autrement dit des accords parfaits.\nNous reviendrons sur ces renversements qui, déjà, nous paraissent\nassez étranges et qui le sont en effet. Si grandement même qu'on a peine\nà croire qu'ils n'aient pas été, dans la pratique, exposés moins crûment\ngrâce à quelque artifice. Mais reprenons notre premier tableau, celui où\nles notes de la gamme sont rapportées à la tablature.\nConstatons que Michèle n'a marqué, pour la 6me et 5™ corde, les\nlettres que jusqu'au d, c'est à dire jusqu'à la note immédiatement voisine\nde l'intonation à vide de la corde supérieure. Au contraire il pousse jusqu'à"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.31", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "Vh pour la 4™. De a à h cela fait une quinte : sol-ré, tandis qu'on aurait\npu, après le c (/a), continuer sur la 3™° corde, si.\nOr, si nous examinons tous les exemples de basse continue réalisée\nque donnent Michèle, Fleury et Delair, nous y trouverons que ces basses\nne dépassent pas le ré supérieur de la clef dç, fa (h sur la quatrième corde\ndu théorbe).1\nD'après la tablature, ces basses sont toujours assignées aux cordes 4,\n5, 6, jamais àla 3me. 2\nQue sigifierait ce parti-pris, s'il ne révélait pas une règle pratique\nd'exécution ? Règle qui peut se formuler de la sorte : Sans tenir compte\ndes deux supérieures transposées, on se réservera toujours au moins une\ncorde accordée à son diapason normal pour faire consonance avec la basse.\nA cet usage, il y a sans doute une raison. Très probablement les deux\ncordes transposées devaient avoir une sonorité sensiblement plus faible\nque les autres, étant certainement moins tendues.3 Elles étaient donc sur-\ntout convenables au remplissage. Pour obtenir un effet de plénitude suffisante,\nil fallait qu'au moins l'un des intervalles de l'accord fut donné par une\ncorde montée à sa juste hauteur. Voilà pourquoi on évitera de faire\ndépasser à la basse l'étendue praticable de la quatrième corde.\nCette moindre tension des deux premières cordes déterminant une\nsonorité plus faible et plus sourde contribuait sans doute à rendre plus\nacceptables les singuliers renversements que j'ai déjà signalés, lesquels ont\npour effet de placer la note de basse au-dessous ou au milieu de l'accord\nqu'elle détermine. Angelo Michèle n'hésite pas à donner, à chaque\ninstant, des réalisations telles que celles-ci :\n\" Manière de faire les septièmes par saut. \"\n\n1 Cette particularité est très visible dans certaines œuvres musicales dont les accompagnements sont spéciale-\nment destinés au Théorbe. On ne trouvera que bien rarement des ré au-dessus des portées de la clef de fa dans\nles basses des Nuoue Musiche de G.Caccini. En revanche les notes graves de la première octave y abondent plus\nque partout ailleurs. Ce sont ces pièces, ou d'autres telles, qu'il chantait au son de son chitarone d'ivoire : elles\nsont donc écrites en conséquence, en vue des meilleurs effets de l'instrument.\n2 Delair constate implicitement cet usage constant, quand il recommande au théorbiste débutant\nd'exécuter, pour s'exercer, des dessus seuls ou des basses seules, qu'il jouera, dit-il, sur les 4e, 5e et 6e cordes\nseulement.\n3 Cela paraît certain, encore que l'on ne nous en dise rien. Voici le diapason réel des cordes 1, 2, 3, 4 :\nComme évidemment on ne pouvait pas plus qu'aujourd'hui multiplier à l'infini les\ntypes de cordes, il fallait prendre sans doute le même pour le la (i) et le si (3), pour\nle mi et le sol. La chanterelle et la seconde (celle-ci surtout), demeuraient donc plus"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.32", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "\" Pour lier et résoudre les 7mcs et 6mes par b mol. \"\nEtant donné cette basse :\nil ne sera pas choqué de disposer de cette manière son harmonie :\nRien ne serait plus aisé que de multiplier les passages de cette\nsorte. Au reste, pour qu'on puisse bien se rendre compte avec quelle\nprofusion ces bouleversements harmoniques se trouvent partout prodigués,\nj'emprunterai à Nicolas Fleury un fragment plus étendu. C'est [un\n\" exemple général \" donné pour bien montrer \" de quelle manière il faut\nque les accords soyent couchez...\" Voici la basse (qui n'est pas chiffrée)\navec la transcription de la tablature."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.33", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "Il faut bien l'avouer. Même en admettant que la différence\nde sonorité des deux cordes supérieures rendit ces croisements moins\nchoquants, et qu'on put percevoir, tant bien que mal, au milieu de leurs\nconsonances un peu estompées, la marche de la basse, une harmonie\npareille paraît barbarie véritable. Dans beaucoup de cas tout au moins,\nainsi qu'il ressort de ces exemples, l'effet est non seulement d'une\ngaucherie et d'une lourdeur extrême, mais même tout à fait incorrect.\nQuand le mouvement de la basse détermine une cadence, la transposition\nde la quinte au-dessous de la tonique de l'accord parfait (voyez les deux\nmesures du 3 temps dans \"l'exemple général\" de Fleury) laisse le\nsens tonal en suspens. Et nous avons peine à imaginer qu'on se soit satisfait\nd'une pareille réalisation.\nLes textes sont là cependant et difficiles à récuser tout à fait.\nIl est croyable pourtant, que, dans beaucoup de cas, on doublait la\nbasse à l'octave grave, quand on ne la jouait pas une octave au-dessous\nde la note écrite. La série des cordes diatoniques à vide du second manche\nfacilitait cette façon d'exécuter. Si nos trois manuels français ne\ndisent rien de précis à ce sujet, on trouve ailleurs quelques indications\nassez significatives. Mace, par exemple, commence son chapitre relatif au\nthéorbe en exposant, en tablature, diverses positions de l'accord parfait,\nmajeur ou mineur, sur chacune des notes de la gamme : de jusqu'à\nfa\\ Après quoi il ajoute: \"Enjoignant un diapason (c'est ainsi qu'il\ndésigne les cordes basses du second manche, ce que les Français appellent\nle Grand Jeu) à chacune de ces positions, on embellira grandement la\nsonorité tout en la variant beaucoup. Cela procurera aussi de grands avan-\ntages en rendant la main (gauche) plus libre en une infinité de cas.1\"\nPiccinini s'exprime à peu près de même. Il note, parmi les avantages\n\n1 Mace, qui envisage toujours l'instrument en virtuose, a raison d'insister là-dessus. Déjà, au début de son\nlivre, sous ce titre \" The lute made easy il avait fait ressortir l'utilité et la commodité, pour le doigter,\nqu'avaient apporté au luth moderne l'adjonction des cinq dernières cordes Les anciens, privés de\ncette ressource, devaient toujous occuper un doigt de la main gauche à tenir, sur les touches, la note de basse.\nIls se trouvaient, dit-il, en présence de difficultés d'exécution bien plus grandes, pour les traits et les accords."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.34", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "du chitarone, la commodité de toucher les cordes de basses à vide (gli\nContrabassï), ce qui augmente l'effet et facilite l'exécution. Mais il est\niuste de ne pas oublier que l'un et l'autre sont des instrumentistes et ont\nen vue bien plutôt les pièces que l'accompagnement.\nOn aimerait donc que Michèle, Delair ou Fleury eussent été\nlà-dessus plus explicites. Delair, il est vrai, dit bien quelque part que les\ncordes basses servent \" seulement à remplir \" ce qui, à la rigueur,\nexplique qu'on ne les voit presque jamais figurer dans les tablatures,\nsi n'est dans les cadences finales. Les trois auteurs s'accordent généralement,\nà cette place, pour écrire dans la partie, une ou deux notes de basse\nà l'octave grave. Mais ce n'est point là que leur présence, à notre goût,\nserait le plus nécessaire.\nsuivre.)\n\nH. Quittard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c027", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.7", "titre_corps": "JOUEUR DE THÉORBE par le Caravage(1569-1609) MUSÉE DE TURIN", "titre_sommaire": "JOUEUR DE THÉORBE par le Caravage(1569-1609) MUSÉE DE TURIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 59, "texte": "JOUEUR DE THÉORBE par le Caravage(1569-1609)\nMUSÉE DE TURIN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.8", "titre_corps": "G. MAHLER", "titre_sommaire": "G. MAHLER", "signature_source": "Alfred Casella", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "C'est un homme plutôt petit, d'apparence débile, d'une nervosité\nextrême. 1 Une longue figure rasée, un crâne pointu surmonté par des\ncheveux très noirs, un front extraordinairement élevé. Sous ce front,\nderrière de grandes lunettes, brillent d'un éclat étrange deux yeux de\ncouleur foncée qui confèrent au visage une expression de volonté inflexi-\nble, encore accentuée par un nez fort et par un menton très saillant. Une\nbouche fine, quasi féminine, souvent animée par un sourire un peu enfantin\net d'une grande bonté, forme un profond contraste avec la dure énergie\ndu haut de ce visage perpétuellement agité par des \" \" innombrables.\nGustav Mahler est né le 7 Juillet 1860, à Kalischt, village situé près\n\n1 Je dois plus d'un renseignement contenu dans cet article, au remarquable essai de M. Richard Specht,\nsur Mahler, paru à Berlin dans les \" Moderne Essays\" en 1905, et aux études courageuses publiées dans\nYS. I M. sous la signature de William Ritter."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "G. MAHLER"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.36", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "d'lglau, en Bohême. Ses parents étaient des marchands peu fortunés qui\nl'envoyèrent étudier, d'abord aux gymnases d'lglau et de Prague, puis à\nVienne, où il fut élève de philosophie de Matura et suivit les cours du\nConservatoire en même temps qu'Hugo Wolf.\nParmi les légendes qui circulent sur le compte de Mahler, il en est une\nparticulièrement erronnée, et qu'il importe de détruire : je veux dire celle\nqui voudrait faire croire qu'il a été élève de Bruckner. Rien n'est\nplus grossièrement inexact : s'il est vrai que Mahler a fait parfois partie\ndu groupe de jeunes gens qui approchaient le vieil organiste, il est abso-\nlument faux qu'il ait reçu le moindre enseignement de celui-ci.\nEntre 1882 et 1888, Mahler fut successivement \"\nmeister \" à Hall, Olmûtz, Laibach, Cassel, Prague (où il monta la\nTétralogie) et Leipzig. En 1888 il prit la direction de l'Opéra de\nHambourg. Il conserva cette place jusqu'en 1897, lors de sa nomination\nau poste de directeur de l'Opéra deVienne. Il démissionna en 1908\net fut directeur à New-York pendant l'hiver 1908-09. Il a été encore\nappelé là-bas au mois d'octobre dernier, pour diriger les 46 con-\ncerts de la New Society,fondée expressément pour lui. Paris\nne l'a encore vu diriger qu'une seule fois, en 1900, au Trocadéro, à la\ntête de son orchestre de Vienne.\nTelle est, à l'heure présente, la carrière du chef d'orchestre. Parlons\nmaintenant du compositeur.\nL'œuvre de Mahler se compose : i°. de trois recueils de lieder\navec piano ; 20. de deux séries de lieder avec orchestre ; 30. d'une\nballade : \" Das klagende Lied \" pour solo, chœurs et orchestre (commen-\ncée en 1878 et finie en 1880) ; 40. de huit symphonies, dont la pre-\nmière (qui est en réalité une cinquième,car l'auteur a déchiré les partitions\nde quatre symphonies juvéniles) date de 1888. Une symphonie\nest actuellement en voie d'instrumentation. Il est impossible de songer à\nanalyser ici toutes ces œuvres. Je me contenterai donc d essayer de donner\nune idée de la personnalité du symphoniste qui, seul, depuis la mort de\nBeethoven, a eu l'audace de s'engager dans la route que la Neuvième\nSymphonie avait ouverte, et a su ainsi conquérir définitivement a la sym-\nphonie cette liberté illimitée des formes, cette puissance et cette variété\nd'expression, cette universalité de langage, que Beethoven avait atteint\ndans 1' \" Ode a la Joie\" et les derniers quatuors. Tout cela magnifié encore\npar un luxe de moyens techniques inconnu jusqu'à nos jours."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.37", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "Ensuite, je parlerai de la 2me Symphonie, dont Paris attend en ce moment\nla révélation.\nDe l'aveu de Mahler lui-même, il existe trois \" \" bien caracté-\nrisées dans son œuvre. A la première manière appartiennent les 4 premières\nsymphonies, dont la 2me et la 3™ sont avec chœurs ;à la seconde, les\n6me, 7me, et Bme8me (cette dernière avec double chœur, double quatuor vocal\net chœur d'enfants), tandis qu'avec la çme commence un troisième style.\nNe connaissant pas cette dernière symphonie, j'ignore en quoi consiste cette\nnouvelle manière, et ne puis parler que des deux premières.\nCe qui frappe, a dans toute œuvre de Mahler, en dehors de cette\nliberté absolue de forme dont j'ai parlé plus haut, c'est la richesse et la\nvariété de l'imagination. On ne saurait en effet rien rêver de plus dissem-\nblable que les diverses parties qui composent une quelconque de ses\nsymphonies. Variété incessante, imagination prodigieuse : voilà les\npremières impressions qui se dégagent de cette musique étrange, dans\nlaquelle une main de fer réunit et amalgame en un tout harmonieux les\néléments mélodiques, rythmiques, harmoniques les plus apparemment\ninconciliables. Le \" Prater \" s'y confond avec la Hongrie, et tous deux\ntendent la main à Prague. Même la technique est variable et déconcer-\ntante au plus haut degré : dans la 3™ Symphonie, par exemple, une\npremière partie cyclopéenne, monstrueuse, apocalyptique, paraissant\nédifiée avec des blocs énormes, est suivie d'un \" quasi Minuetto \" d'un\nprécieux raffinement, d'une élégance d'écriture, d'une grâce musicale qui\nne peuvent se dépasser. Il y a quatre autre parties dans cette symphonie,\net chacune est encore un monde nouveau....\nUne caractéristique de l'art de Mahler qui se remarque aussi immé-\ndiatement, et qui n'est certes pas la moins attachante, c'est la grande\nde cette musique. Par là, Mahler peut atteindre les fibres les plus secrètes\nde notre cœur, et se rapproche souvent de Beethoven, qu'il rappelle aussi\npar la chasteté ; car il semble que cet homme puisse exprimer tous les\nsentiments humains, à l'exception de l'amour sexuel, dont on chercherait\nen vain une trace dans toute son œuvre.\nMais il est un autre musicien dont il se rapproche à un égal degré :\nSchubert. Il le rappelle par l'invention mélodique, par la grâce mélanco-\nlique des fréquents \" lândler\" qui traversent ses œuvres, enfin par la\nnaïveté touchante de certaines mélodies. Beethoven et Schubert : voilà les\ndeux vrais maîtres de Mahler."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.38", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "Sans doute, il est facile de trouver dans les œuvres de la première\nmanière des bribes d'influence d'Haydn, Mendelssohn, et même (très\nrarement) Liszt. 1 Mais ces faibles réminiscences ne sauraient en rien\ndiminuer l'étonnante originalité de Mahler.\nLaissons les musicastres qui font profession de rechercher la paternité\ndes petites formules mélodiques ou harmoniques poursuivre leur car-\nrière, et pensons au mot du vieux Brahms sur les \" réminiscences \" beet-\nhoveniennes du finale de sa première symphonie : \" 2\nInutile de dire que la musique de Mahler est extrêmement \"\nponctique : \"un orchestrateur tel que lui ne saurait envisager la polyphonie\nque comme la seule raison d'être de l'orchestre. Mais son écriture contra-\nponctique est, elle aussi, très spéciale et bien à lui : on y rencontre souvent\ndes parallélismes de quartes ou de quintes, qui sont extrêmement sonores.\nL'harmonisation (je prie qu'on m'excuse l'emploi de ce terme ridicule,\nmais je ne lui connais pas d'équivalent en français) est infiniment expres-\nsive ; assez simple dans les œuvres de la première manière, elle devient\nbeaucoup plus complexe dans la seconde série des symphonies. Elle ne\nressemble à aucune autre précédente.\nLes rythmes sont extraordinairement variés : mais il en est deux\nsortes que Mahler affectionne tout particulièrement : les rythmes éner-\ngiques de marches militaires, et ceux si captivants des \" \" autri-\nchiens. Ces deux rythmes se retrouvent dans toutes ses œuvres,\nLe vocabulaire thématique, éminemment personnel dans la seconde\nmanière, l'est peut-être moins dans la première, quoiqu'aucun thème n'y\nressemble à un thème quelconque d'un autre auteur. J'entends dire par là,\nqu'on trouve moins fréquemment, dans les premières symphonies, quel-\nqu'une de ces mélodies \" toutes pleines\nrythmées, articulées comme avec de fortes\nMahler\", comme l'a dit si éloquemment M. William Ritter. Mais si\ncertains des thèmes susdits ont l'apparence extérieure de thèmes beetho-\nveniens ou schubertiens, principalement dans les \" adagi \", la pensée\nintérieure est personnelle au plus haut degré.\nIl est absolument impossible, dans un espace aussi limité, de donner\nune idée de la multiplicité des formes qu'emploie Mahler dans ses sym-\n\n1 II est curieux de ne jamais rencontrer dans cet œuvre colossal, un souvenir, si faible soit-il, de Wagner 5\nil n'y a pas plus de Wagner dans Mahler, que si Wagner n'avait pas existé.\n2 \" Tous les ânes font cette remarque\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.39", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "phonies. Des huit que je connais, une seule affecte la vieille forme\ntraditionnelle (avec peu de liberté) ; c'est la 6me, qui est divisée en quatre\nparties : Allegro, Scherzo, Adagio, Finale. Dans la 4\"IC, les trois premières\nparties pourraient se réclamer de l'ordonnance classique, mais le un\nvéritable lied chanté par une voix de soprano, s'en écarte absolument. Quant\naux autres symphonies, autant de parties, autant de plans différents.\nMahler entend la parole \" Symphonie \" dans son acception la plus\nlarge : pour lui, cette forme de composition doit comprendre tout ce que\nla musique peut exprimer par tous les moyens sonores ; et, en effet, ses\nsymphonies à lui sont des sortes d'immenses fresques dont fait souvent\npartie la parole chantée, sans que pour cela la musique cesse un seul instant\nd'être de la musique pure, car il n'est pas aujourd'hui d'adversaire plus\nirréductible de la musique a programmque Mahler. On connaît le\nprojet de Beethoven pour une '* Dix \", qui fut retrouvé\naprès sa mort : \" Adagio cantique.\ndans les anciens modes {Alleluja), soit\nintroduction a une fugue. Faire entrer les a\nles derniers mouvements. Pour texte d'un\nfête a Bacchus.\" Cet extraordinaire plan montre suffisamment quelles\nétaient les intentions du Maître pour la d'ailleurs il disait qu'il\nvoulait y accomplir \"la réconciliation\nantique.\" Ne croirait-on pas en lisant ce plan, retrouver presque fidèlement\nl'esquisse de la 3me Symphonie de Mahler ? Dans tous les cas on peut\nhardiment affirmer que Mahler, a, de tous les symphonistes post-\nbeethoveniens, osé s'engager dans la voie ouverte par 1' \" \", et\nqu'il a voulu continuer et développer ce que Beethoven avait commencé,\nc'est-à-dire un art symphonique national et universel tout à la fois, libre\nde toutes entraves dogmatiques, ne suffisant à lui-même, sans programme,\nsans scène et sans acteurs.\nA-t-il véritablement réalisé ses intentions ? Il est bien difficile de\njuger des œuvres de cette importance qui n'ont pas encore subi l'épreuve\nredoutable du temps, mais il est permis, dès maintenant, d'admirer la\ngrandeur démesurée d'une pareille conception ; la volonté d'acier dans la\nréalisation, la puissance de fantaisie et l'énorme invention dont fait preuve\nl'auteur : tout cela joint à une force, à un équilibre, à une logique de\npremier ordre, et, de plus, à une science de l'instrumentation qui laisse\nbien loin tout ce qui a été fait jusqu'à présent."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.40", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "Certes, une pareille personnalité ne s'impose pas sans des luttes d'au-\ntant plus âpres que sa valeur est plus grande, et j'avoue volontiers que\nmoi-même, qui puis compter aujourd'hui parmi les admirateurs les plus\nzélés, ai commencé par être fortement choqué par certains passages de la\n3me et de la 6me Symphonies; car Mahler, tout comme Beethoven, n'est\npas homme à reculer devant l'emploi d'une vulgarité, si cela est nécessaire\nà l'expression de son idée. Mais la connaissance approfondie de toutes ses\nœuvres m'a montré peu à peu que je me trouvais véritablement en présence\nd'une grande figure de l'histoire musicale, et ces explosions de violence\neffroyables que je prenais autrefois pour des vulgarités, me paraissent toutes\nnaturelles chez l'homme qui a pu concevoir une œuvre comme la 31110\nSymphonie.\nDe toutes façons, la personnalité de Mahler est par trop considérable\npour être indifférente : ceci explique qu'en face d'amis qui lui doivent les\nplus grandes joies de leur vie musicale se dressent des détracteurs impi-\ntoyables, le traitant de \" dangereux ch\" et de \". Et, la\nplupart du temps, ces détracteurs si féroces seraient bien embarrassés si on\nles obligeait à citer une seule mesure d'une quelconque des huit sym-\nphonies ! Je l'ai constaté par moi-même de trop nombreuses fois, parti-\nculièrement à Paris, où l'ignorance des musiciens et des critiques (je ne\nparle naturellement pas de celle du gros public) à l'égard de Mahler atteint\ndes limites stupéfiantes.\nL'Association des Concerts Colonne a inscrit au programme du 17\nAvril prochain, sous les auspices de la Société des Grandes Auditions\nMusicales de France, et avec l'appui des la ire audi-\ntion à Paris de la 2me Symphonie (avec chœurs), qui sera dirigée par\nl'auteur en personne. Voilà enfin, pour la première fois 1 une œuvre de\nMahler (et non la moindre) exécutée à Paris. J'espère que mon exemple,\ndont j'ai parlé plus haut, incitera les musiciens et les critiques à étudier\nà fond l'œuvre avant de l'entendre, et à ne pas juger une pensée de cette\nimportance sur une impression plus ou moins fugitive. Dans les lignes\nsuivantes, je vais m'efforcer de décrire cette œuvre colossale, qu'on a\nsurnommée en Allemagne \" Titan-Sympho\"\nLa 2me Symphonie, en ut mineur de Gustav Mahler a été achevee en\n\n1 Au printemps dernier, M. José Lassalle nous a fait entendre à la salle Gaveau, par le \" Tonkïïnstlercve-\nreinorchester \" de Munich, la ire Symphonie. Malgré la bonne volonté du chef et la qualité de 1 orchestre, je\nn'ai pas reconnu l'œuvre."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.41", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1203, "texte": "1894. Elle se compose de cinq parties.1 Voici la nomenclature.des\ninstruments de l'orchestre :\n4 Flûtes, 4 Hautbois, 3 Clarinettes, 2 petites Clarinettes en mi b,\n4 Bassons, 10 Cors (6 dans les quatre premières parties), 8 Trompettes\n(4 dans les quatre premières parties), 4 Trombones, Bass-Tuba, 2 Tim-\nbaliers, Cymbales, Grosse caisse, Triangle, 3 Cloches, 2 Tam-tams (petit\net grand), Harpes, Orgue et les cordes, plus, pour la partie vocale, un\nsoprano-solo, un contralto-solo et un chœur mixte.\nPREMIÈRE PARTIE. Sous un des violons, deux formi-\ndables secousses ébranlent la masse des violoncelles et contrebasses, lesquels\nexposent un thème gigantesque de 40 mesures, violent et agité :\nCette première période et s'exaspère, jusqu'à un cri de désespoir :\net module, quelques mesures après, en la tonalité de mi dans\nlaquelle est esquissé le véritable 2me thème :\npuis, courte reprise du début, et ensuite apparition de deux autres motifs\népisodiques :\n\n1 La grande partition, les parties d'orchestre et l'arrangement pour piano à quatre mains, sont publiés chez\nJoseph Weinberger, à Vienne. Une petite partition d'orchestre (format de poche) existe dans 1' \" Edition Univer-\nselle. \""}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.42", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "Nous voici en sol mineur. Peu à peu les fureurs de tout ce début\ns'apaisent, et voici s'élever, aux violons, le deuxième thème (B) en ut\nmajeur. Suit un court épisode de calme, de trêve. Mais de nouveau les\nbasses grondent sourdement, suivant les rythmes du début. La bataille\nrecommence. Une sorte de développement (si l'on peut appeler cela un\ndéveloppement) aboutit à un nouveau cri désespéré en fa dièze mineur ;\nensuite la lutte se calme de nouveau et tout se perd dans le lointain.\nSoudain, le terrible début du premier thème retentit en mi f> mineur,\ncomme une effroyable menace, suivi d'un silence angoissant. Les basses\ncommencent alors P P, toujours dans la tonalité de mi b mineur, un dessin\nd'un rythme grave et lourd, qui peu à peu se propage dans tout l'orche-\nstre, encadrant un thème de choral religieux et solennel :\nqui reparaîtra dans la dernière partie.\nUn immense crescendo et une accélération incessante du mouvement\nmènent à la réexposition du début, presqu'aussitôt suivie du retour du\n2me thème, en mi majeur cette fois. Une nouvelle trêve de quelques lignes,\nqui laisse pressentir, à travers un calme apparent, le prochain recommen-\ncement des \" choses sérieuses\".Et en effet, les basses reprennent pour la\ndernière fois, dans la tonalité initiale d'ut mineur, leur rythmes graves et\npesants. Une coda héroïque et funèbre monte et se développe peu à peu,\njusqu'à un point culminant et décroît ensuite. L'accord d'ut majeur, sem-\nble apporter quelque consolation après les désespérances de cette si sombre\net tragique première partie. Mais l'atroce gémissement des trompettes :\nsuivi d'une chute chromatique de tout l'orchestre détruit encore cette\ndernière illusion et termine tout le morceau dans une complété et doulou-\nreuse incertitude modale.\nDEUXIÈME PARTIE. C'est une sorte de menuet. Dans le rythme\nde l'ancienne danse, le quatuor expose une douce mélodie en la b, pleine"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.43", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "d'une grâce et d'une tendresse éminemment autrichiennes, et d'un contour\nquelque peu schubertien :\nle morceau consiste simplement en trois reprises de cette partie majeure,\nau milieu desquelles est intercalé par deux fois, un épisode agité en sol dièze\nmineur, la première fois mystérieux, et violent la deuxième. A la deuxième\nreprise de la mélodie initiale, les violoncelles dessinent d'elle une\nnouvelle mélodie ou contresujet, et à la troisième reprise, les violons\nreprennent à leur tour cette nouvelle mélodie en la variant, tandis que le\npremier motif se trouve cette fois être au-dessous, confié aux bois.\nTROISIÈME PARTIE. Une partie de ce morceau provient d'un\nlied de Mahler, ayant pour titre \" Padua\nFischpredigt\" (la prédication de Saint Antoine de Padoue aux poissons),\ndont les paroles d'un pessimisme amer et sarcastique expriment la vanité\nde tout sermon. Du dessin initial :\nl'auteur développe un mouvement rythmique uniforme et incessant jusqu'à\nla fin du morceau. Animés de ce mouvement presque \" \" si j'ose\nm'exprimer ainsi, les tableaux le plus divers défilent devant nos yeux.\nC'est le Prater :"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.44", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 939, "texte": "c'est une clarinette slovaque d'humeur désagréable :\nce sont des fanfares bruyantes, la mélodie tendre et sentimentale d'une\ntrompette, un des rares épisodes un peu souriants de ce qui atteint\naux dernières limites de l'ironie la plus douloureuse et du scepticisme le\nplus goguenard. Au milieu du morceau, au point marqué par l'accord :\nun cri tout à la fois d'angoisse, de folie et de dégoût. Reprise du\ndébut et fin du morceau P P dans une incertitude modale analogue à\ncelle de la première partie :\nQUATRIÈME PARTIE. (\" Urlicht \"). Ici apparaît la voix\nhumaine. Un contralto chante, sur les paroles empruntées au \"\nWunderhorn \" *, une mélodie mystique, d'une foi profonde. A remarquer\nle passage suivant :\nqui reparaîtra dans la cinquième partie.\n\n1 Recueil des plus populaires poésies allemandes et autrichiennes, dû aux poètes Ami m Brentano. C'est\ndans ce recueil que Mahler a pris la plupart des poèmes de ses lieder."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.45", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "CINQUIEME PARTIE. Voici venu le monstreux finale, à lui\nseul une symphonie entière : sa durée d'exécution dépasse une demi-heure.\nC'est d'abord l'effroyable cri du scherzo et ce thème aux cors et trompettes :\npuis un diminuendorappelant celui qui dans le suit l'épouvantable\ncri. Encore peu prononcé on perçoit le thème :\ndont le rôle est prépondérant dans toute cette dernière partie. Un silence.\nDes cors, derrière la scène, sonnent un appel. Sonorités étranges, mysté-\nrieuses, caverneuses dans l'orchestre. Réapparition du choral déjà énoncé\nune fois dans la première partie. Nouveaux appels au loin. Puis, exposée\npar les violencelles et le cor anglais, une mélodie d'un caractère extatique :\nmonte et s'exalte. Deuxième apparition du choral à la voix puissante des\ncuivres. Crescendo et de nouveau tonalité d'ut dans un vigoureux\ntutti. Appel F F aux trompettes. Puis un court allegro energico conduit\nrapidement àun tempo di marciad'une violence inouïe. Au plus fort du\ntumulte, les cuivres entonnent pour la troisième et dernière fois le choral,\nde toutes leurs forces, et la marche s'effondre. De nouveau la mélodie\nextatique reparaît, plus agitée cette fois et plus développée. Des sons d'une\nmusique lointaine se mêlent à ses accents douleureux, comme portés par\nle vent. Dans une exaspération terrible, le aboutit au sinistre cri\nde désespoir du scherzo et du début du finale, mais cette fois un demi-ton\nplus haut. A cette suprême angoisse succède un diminuendo aboutissant"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.46", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "à un calme profond. Ici se place un épisode très saisissant. De nouveau\nles appels des cors retentissent derrière la scène. Mais cette fois, des\ntrompettes répondent, de très loin, de droite, de gauche, cependant'qu'à\n1 orchestre une flûte seule évoqué les gazouillements d'une voix d'oiseau.\nLes appels se perdent au loin. Alors, dans l'immense silence, un chœur\nde voix mixtes commence à chanter, a cappella,t dans la tonalité si voilée\nde sol b majeur, les vers de Klopstock à la Vie Éternelle.\nC est d abord une assez longue période, toujours en sol b, d'une\ngrande douceur et d'un profond mysticisme. Puis, la mélodie extatique\nde tout à l'heure revient, mais cette fois confiée à la voix du contralto-\nsolo, alternée avec le soprano-solo. Ensuite une lente et insensible\névolution conduit de sol b , à travers ré b majeur, si b mineur, la b majeur,\nala tonalité finale de mi b majeur,dont la conquête définitive est très\nexpressivement signifiée par l'aboutissement dans cette tonalité du passade\ndéjà signalé dans la quatrième partie, et cette fois, chanté par les deux soH :\nDes lors, un enorme crescendo mene peu à peu à une colossale péroraison,"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "dans laquelle toutes les forces réunies de l'orchestre et des chœurs,\nauxquelles l'orgue et les cloches viennent ajouter leur puissantes voix,\ncélèbrent et glorifient le Triomphe de la Vie Eternelle sur la Mort.\n\nAlfred Casella."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.9", "titre_corps": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME", "titre_sommaire": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME", "signature_source": "Amédée de Vallombrosa", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME\n\nDepuis bientôt deux ans que N.-S.-P. le Pape Pie X a accepté\nl'offre du comité formé à Paris et ramifié dans presque tous les pays\ncatholiques, dans le but de placer un orgue monumental dans la basilique\nde S 4 Pierre à Rome, des articles très éloquents ont paru sur ce sujet,\ndûs à la plume des écrivains les plus compétents et les plus autorisés.\nLe premier de ces articles avait pour auteur M. Ch.-M. Widor 1 pro-\nfesseur de composition au Conservatoire. Le second était signé de\nM. Paul Bourget,2 l'éminent académicien. Le troisième était de\nM. Jules Meunier, le savant et habile maître de chapelle de la basilique\nde S* Clotilde, à Paris.3\nCes travaux de la première heure étaient destinés à présenter au\ngrand public catholique et artiste, une idée nouvelle pour lui, et ils\nrépondaient aussi par avance à un certain nombre d'objections qui\ndevaient être soulevées, ou qui l'avaient déjà été dans une circonstance\nanalogue.\nNotre but est plus modeste et plus simple : nous avons pensé que\nles lecteurs du S. I. M. pourraient prendre quelque intérêt au court\nexposé dans lequel nous serions heureux de donner l'historique et en\nquelque sorte la synthèse du projet poursuivi par le Comité mondial des\norgues deSt Pierre.\nEn i 868, Cavaillé-Coll, le grand facteur français venait de terminer\nl'orgue de S* Sulpice à Paris. Il présenta à S.-S. Pie IX le plan d'un\ninstrument capable, pensait-il, de produire dans l'immense vaisseau de la\nBasilique Vaticane, l'effet de plénitude et de majesté rendu à S* Sulpice\npar les cent jeux de l'orgue magnifique qui répondait d'une manière\nsi absolue aux calculs et aux rêves de son constructeur.\nRien d'étonnant à ce que Cavaillié fût venu s'attaquer à une\nentreprise de cette taille. Sans parler des travaux et des découvertes\n\n1 Le Gaulois, 19 Juillet 1908.\n. r\nVEcho de Paris, 24 Juillet 1908.\n3 La Croix, 14 Juin 1909."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.50", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "accomplis par lui dans l'ordre des sciences physiques et acoustiques,\ncet inventeur de génie doublé d'un grand savant, parvint, au cours de sa\nlongue carrière, à transformer de toutes pièces l'orgue \"1830\" lourd,\nantédiluvien, maussade héritier des instruments du XVIIIe siècle,\nmajestueux mais monotones, et dans lesquels il était rare de trouver dans\nun même jeu, une seule octave qui sonnât d'une manière homogène ;\nil en fit cet admirable ensemble des timbres les plus variés et les plus\ndélicatement traités, prêts à interpréter la claire polyphonie, les éclatants\ngrands-chœurs ou les plus douces mélodies, offrant au musicien les inépui-\nsables combinaisons de leurs trois, quatre ou cinq claviers, dont les\ntouches, d'une méticuleuse précision, répondent au doigt avec la docile\nsouplesse du meilleur Erard.\nL'orgue dont Cavaillé voulait doter S* Pierre aurait compris cent-\nvingt-jeux éclatants, capables de remplir de sonorité l'immense vaisseau\nde près de 300 mètres de long.1 Le buffet eût été d'un aspect imposant.\nMalheureusement on ne trouva pas d'autre emplacement à proposer que\nle fond de l'église, au-dessus du portail. Cette disposition avait l'incon-\nvénient de masquer partiellement les fenêtres du fond, mais surtout elle\nnécessitait d'importants travaux de charpente et de maçonnerie soit que\nl'on voulût établir une tribune et masquer ainsi les murs de Michel-\nAnge. Soit qu'on voulût faire porter à ces mêmes murs tout l'effort d'un\npoids de plus de 200,000 kilogrammes en y \" accrochant \" l'orgue. Cette\ndernière solution eût présenté, sans doute, de graves dangers pour la\nsolidité de l'édifice.\nOn se demandait aussi, comment de cette place lointaine et immu-\nable, le nouvel instrument eût été à même de répondre à toutes les\nexigences du service religieux ; on émettait même des doutes sur la\nportée et sur la netteté des sons émis dans un si grand édifice.\nA ces objections de fait se joignaient des objections de principe :\n\" L'utilité de l'orgue sera-t-elle en rapport, disait-on, avec les sommes\nconsidérables qu'il faudra dépenser ? On n'a jamais fait de musique\ninstrumentale à Sk Pierre ; la tradition la proscrit en la présence du\nPape. Cet orgue répond-il au vœu général, ou seulement à celui d'un\npetit groupe d'artistes. La cause de la musique liturgique gagnera-t-elle\nà l'accomplissement de cette œuvre ? \"\nQuoi qu'il en fût, le projet traîna indéfiniment, et malgré l'accueil\n\n1 Exactement le double de l'Eglise Sfc Sulpice, à Paris."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.51", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "sympathique que lui firent Pie IX et Léon XIII, Cavaillé-Coll mourut\nen 1899 sans avoir rien obtenu.\nA Rome, on ne pensa plus ni à l'orgue, ni à faire aucune modifica-\ntion immédiate à l'état de choses régnant.\nIl y a bien, dans S* Pierre, un instrument d'une quarantaine de jeux,\nde facture allemande. On peut le déplacer, assez difficilement, il est vrai,\nau moyen de lourds leviers de bois. C'est un orgue d'accompagnement\npeu puissant, assez fruste, juché sur une estrade entourée d'une draperie\nen percale rouge du plus vilain effet. On le pousse d'une chapelle à une\nautre suivant les besoins du service. Le rendement sonore de cette\nmachine insuffisante, est, toute proportion gardée, le même que celui que\ndonnerait, dans N. D. de Paris, ou dans la cathédrale de Cologne, un\ngros harmonium de huit ou dix jeux, joué par un musicien vigoureux !\nCe brave serviteur a succédé à de vieux instruments Italiens qui\neux, dépassaient les bornes du mauvais-goût. Il y a encore vingt ans, les\norgues de cette nationalité faisaient peine à voir. En 1898 nous avons eu\npersonnellement l'occasion d'examiner de prés celui qui faisait le service\nde la cathédrale de Milan. Un seul clavier, dix notes de pédale,\naucun appareil expressif, pas de pédales de combinaison, aucun jeu\nd'anche 1 en revanche un jeu complet de grosse-caisse et de tambour,\ntel était l'instrument sur lequel s'escrimait sans beaucoup de goût ni de\nplaisir, l'organiste titulaire du Duomode Milan, un des premiers postes de\nl'ltalie.\nSon orgue datant peut-être de 1840 était fait sur un modèle\nremontant à plus de 200 ans. Imaginez un pianiste de nos jours, n'ayant\npour jouer en public toute sorte de musique, qu'un clavecin du\ntemps de Couperin ! A S' Pierre de Rome, cependant, les vieux instru-\nments Italiens avaient eu leurs jours de gloire, Carissimi et Frescobaldi\ny avaient attiré des foules, qui ne devaient d'ailleurs pas entendre grand\nchose, s'il est vrai que la première fois qu'il joua, Frescobaldi eut, en\n1608 jusqu'à 30000 auditeurs. A cette époque le besoin de sonorités\npuissantes était d'ailleurs extraordinairement peu développé : un contem-\n\nI Rappelons la division des jeux d'orgues en jeux de fonds ou flûtes ; d'anches (trompettes, hautbois) et\nmutations (renforçant les harmoniques).\nII y a au moins deux claviers à main et un clavier de pédale de Q. octaves */2 dans un orgue normalement\nconstitué ; en plus, des pédales d'appel de jeux, ou combinaisons.\nL'orgue de Milan a paraît-il été refait depuis 1900. Il y a maintenant en Italie quelques facteurs (Bossi,\nMola) qui savent construire des instruments modernes et honorables."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.52", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "porain compose ainsi un orchestre idéal jouant devant une salle\nnombreuse : un petit orgue, un clavecin, six violes et trois lyres ! 1\nMais les besoins sonores ayant crû avec les siècles, l'orgue modeste\nde S 4 Pierre fut de plus en plus au dessous de sa tâche, même réduit\nau rôle effacé d'accompagnateur. S'il pouvait, à la rigueur suffire, en\ntemps ordinaire, aux besoins paisibles des offices capitulaires, il y avait\ndes cas où le malheureux instrument disparaissait, impuissant, sous des\nsonorités auprès desquelles ses efforts approchaient du ridicule.\nAux fêtes du Congrès Grégorien, le plein chant parut faible,\n•' n'étant pas soutenu par les basses d'un grand orgue \" 2 Mais, dira-t-\n-on, le chant Grégorien n'a pas besoin d'être accompagné.\nPeut-être en théorie, mais en pratique, nous n'avons plus l'oreille ni\nl'entendement de nos pères du Xe ou du XIIe siècle, pas plus que ceux\ndes anciens Grecs, auteurs des plus belles de ces mélodies ; est\ndans le cerveau de tout musicien de nos jours, et, sauf un petit nombre\nd'érudits et d'amateurs moyenâgeux, ceux même dont l'âme s'émeut\nle plus au contact des chants grégoriens, veulent-ils sentir, au moins de\ntemps en temps, bien à leur place sous la ligne vocale, déterminant sa\nbase et sa proportion, les assises inébranlables des grands accords parfaits.\nIl n'y eut qu'un sentiment, aux fêtes de la béatification de Jeanne\nd'Arc pour déplorer l'absence du grand orgue, tandis que la foule des\npèlerins français chantait le Credo.\nDès son accession au trône de Sfc Pierre, S.-S. Pie X avait montré\npour la musique religieuse la sollicitude la plus éclairée.\n\" L'Eglise, avait-il dit dans son fameux a toujours\nreconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte\ntout ce que le génie a pu trouver de bon et de beau au cours des siècles. \"\nEt tandis que par l'édition Vaticane de dom Pothier, le pape rétablissait\nle chant traditionnel de l'Eglise dans sa pureté primitive, il appelait à la\ndirection de la célèbre Sixtineun jeune et grand artiste, don Lorenzo\nPerosi, harmoniste très moderne, compositeur savant et inspiré de messes\nrigoureusement écrites et d'oratorios de haute et noble pensée.\nAussi fut-ce avec empressement que S.-S. accueillit l'idée à lui\nprésentée par ceux qui avaient voulu reprendre le projet de Cavaillé-Coll,\n\n1 Henri Quittard. L'orchestre des musiques de chambre au XVIIe siècle (Zeitschrift der Internationalen\nMusik-Gesellschaft. Octobre 1909, p. 6.)\n2 Widor, article cité."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "de concert avec son digne élève et successeur Ch. Mutin, que sa science\naccoustique, sa longue et profonde expérience de l'orgue et des moindres\ndétails de la facture, que son esprit audacieux et inventif enfin, mettaient\nabsolument à même de construire pour Sfc Pierre le chef-d'œuvre attendu.\nM. Mutin, après avoir, au nom du comité tout prêt à se former,\ndonné à S.-E. le Cardinal Merry del Val, secrétaire d'Etat, toutes les\nexplications voulues, et répondu victorieusement à toutes les objections\nqui lui furent présentées, recevait la lettre ci-jointe, datée du 25 Juin 1908.\nImmédiatement, un comité mondial se forma, dans lequel entrèrent\nde hautes personnalités religieuses, littéraires et musicales de la France,\nde l'ltalie, de l'Espagne, de la Belgique, etc.1 A Paris, il se forma aussi\nun comité directeur, chargé de l'administration, sous la présidence\nhonoraire de l'Archévêque de Paris, et sous celle effective de M. Widor.\nDes comités nationaux et locaux furent organisés en plusieurs pays.\nS.S. Pie X a bien voulu, tout récemment, répéter de vive voix à MM.\nWidor et Mutin, son désir pressant de voir s'achever l'œuvre grandiose.\nUne commission artistique décidera la définitive des jeux\nde l'orgue, son emplacement, sa décoration, tous les détails de la machi-\nnerie électrique nécessaire à la soufflerie et même au déplacement de\nl'immense instrument ; car la condition essentielle imposée consiste dans\nla mobilité de l'orgue. Il ne doit toucher en aucune façon aux murs, et ne\ncouper en rien les lignes architecturales. Il sera placé probablement dans\nle transept gauche ou sous une travée de la nef. Mais tout cela ne peut\nêtre réglé utilement que lorsque les grosses sommes nécessaires à\nl'achèvement de cet immense travail au moins deux millions de\nfrancs ce qui n'est pas exagéré si l'on songe à l'infinie complication\nd'un tel édifice sonore seront suffisamment assurées pour que l'on puisse\nle commencer.\nOn estime qu'il y aurait assez de cent cinquante jeux, répartis sur\ncinq claviers, pour fournir toute la sonorité qu'il serait possible de désirer.\nL'orgue devra, en même temps, rester souple et pratique, aussi bien pour\nle service courant que pour guider et dominer la voix des plus grandes\nfoules.\nEt alors, à quelle magnifique et presque infinie forme d'art cette\nassociation de l'orgue et du chœur géante ne pourra-t-elle pas donner\n\n1 dont : S. E. le Cardinal Lecot, le Patriarche de Venise, les Archévêques de Paris, de Westminster. MM.\nPaul Bourget, Et. Lamy de l'Académie Française. MM. Widor, Tinel, Perosi, Bœzi, Breton, etc., etc."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.54", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 924, "texte": "naissance ? Quelle voie ouverte au compositeur capable de la comprendre\net de la saisir ? Avez-vous jamais entendu, dans une église d'Allemagne,\nle Choral chanté par la foule, ou bien, àN.D. de Paris, le sorti\nde 4000 poitrines, tandis que l'orgue, frère de celui de S* Sulpice,\n\"donne\" de toute la volée de ses 90 jeux? Un frisson involontaire\nsaisit l'assistant. Dès le premier accord, il éprouve une sensation physique\nd'écrasement, et en même temps, il se sent baigné d'une atmosphère\nextraordinairement légère et vraiment céleste.\nImaginez maintenant la basilique de Rome remplie de 30 à 40,000\npersonnes prêtes à chanter. Ecoutez alors le Lauda Sion que la liturgie\nprit aux Romains du temps d'Auguste, écoutez le Te Deum, et lorsque\nl'orgue monumental viendra presser et élever toutes ces voix, dites si les\ndernières limites du beau ne seront pas atteintes ?\n\nAmédée de Vallombrosa."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.10", "titre_corps": "LETTRE ADRESSÉE AU-NOM DU-PAPE PIE X A. M. MUTIN.", "titre_sommaire": "LETTRE ADRESSÉE AU-NOM DU-PAPE PIE X A. M. 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C'est un deuil qui sera profondément ressenti,\nnon seulement dans le monde des artistes, mais dans la foule même.\nEdouard Colonne était une figure vraiment populaire : et je sais que\ncette popularité, qui se manifestait à chacun des concerts qu'il dirigeait,\nétait pour lui la plus précieuse récompense du labeur énorme de sa vie.\nElle tenait au charme spirituel et à la singulière autorité qui émanaient\nde cet homme à la douceur si volontaire. Elle lui venait aussi de certains"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.56", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "chefs-d œuvre devenus eux-mêmes populaires grâce à lui, comme la\nDamnation de Faust ou X Artésienne^dont il n'est plus possible de détacher\nson nom.\nEdouard Colonne n a pas ete le fondateur de ces concerts sympho-\nniques du dimanche, qui sont aujourd'hui un des organes essentiels de la\nvie aitistique de notre pays, et meme tout simplement de sa vie mon-\ndaine. Trop mondaine, peut-être : car l'exagération progressive du prix\ndes places les a écartés peu a peu du public qui avait fait en réalité leur\nsuccès ; et ce public seul, qui n y trouve plus qu'un accès restreint,\npourra les sauver de la crise où l'on aperçoit aisément, sous leur\napparence de prospérité presque pléthorique, qu'ils sont dès maintenant\nengagés.\nL idee remonte à Seghers, ou plus exactement à Berlioz lui-\nmeme : et c est Pasdeloup qui le premier, animé d'une ferveur de\nprophète, atteignit au succès. Mais la foi de ce digne homme était un\npeu celle du charbonnier. Il était, autant que sincère, ignorant et mal-\nhabile ; et d ailleurs 1 explorateur qui se dévoue à découvrir une terre\nn est pas toujours celui qui établit la colonie durable. Pasdeloup devait\netre supplante par Colonne, puis par Charles Lamoureux. Mais Colonne\neut le premier le mérité de la réussite définitive, qui est bien un mérite,\nfait non pas seulement de chance, mais d'intelligence et d'art, de ténacité,\nde souplesse, d infatigable activité. La chance, ce fut d'avoir mis la main\ntout de suite sur cette superbe salle du Châtelet, qui depuis trente-cinq\nans n a pas cesse d abriter les Concerts Colonne. Et il faut bien recon-\nnaître qu ils doivent quelque chose à l'avantage de ce domicile vaste et\nstable, tandis que les Concerts Lamoureux ont constamment souffert\nd errer a la recherche d un abri de fortune, qui se dérobait à eux dès\nqu'on s'accoutumait à ses incommodités.\nEdouard Colonne, premier prix de violon et d'harmonie au Conser-\nvatoire, menait la modeste existence de musicien d'orchestre aux côtés\nde Lamoureux ces deux futurs rivaux, qui devaient se déchirer,\nfaisaient meme du \" quatuor \" ensemble quand Georges Hartmann\ndevina son esprit souple et fin, si organisateur, sa sensibilité musicale, son\nardente et patiente volonté. Il lui confia la direction du Concert National\nqu il fondait alors a l'Odéon pour faire entendre au public les jeunes\ncompositeurs, auxquels cet éditeur admirable consacra toute sa vie. Ce\nfut le berceau de l'Association Artistique, formée bientôt après au"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.57", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Châtelet. Sur le premier programme du Concert National, le 2 mars 1873,\nfigurait le nom de Bizet ; le second comprenait déjà un fragment de la\nDamnation de Faust ; Fiesquede Lalo venait ensuite ;et cette première\ncampagne se terminait glorieusement par les premières auditions de\nRédemption zt de <£Marie-£Magdeleine. Toute la carrière d'Edouard Colonne\nn'est-elle pas dans ces quelques noms ?\nIl eut un rôle particulier dans cette effervescence de la musique\nsymphonique en France qui commença après la guerre, pour aboutir au\nmagnifique essor de l'école actuelle : ce fut la diffusion de l'œuvre de\nBerlioz. On peut dire qu'aucun chef d'orchestre n'a mieux compris\nBerlioz, et avec moins d'effort apparent. Dans ses exécutions si fougueu-\nsement convaincues, si colorées, d'un effet expressif tantôt si délicat et\ntantôt si violent, on sentait avec Berlioz une intime affinité artistique.\nColonne a joué et rejoué inlassablement son œuvre entier : tout au moins\nce qui pouvait prendre place au concert. Il a été pour lui le premier\nartisan de la justice. Et par un retour légitime, les Concerts Colonne ont\ntenu de Berlioz le meilleur de leur prospérité. Mais ils ont su faire servir\ncette prospérité au bien de la musique, et sur elle étayer d'autres gloires.\nC'est au Châtelet que celle de César Franck a grandi, et c'est par\nEdouard Colonne qu'il nous fut donné d'entendre un peu tard, puisque\nFranck, lui, ne les entendit point ces divines Béatitudes qui étaient\nencore sur la fameuse affiche rose le jour qu'il expira. C'est par lui que\nvécurent les vastes compositions de Gabriel Pierné ; par lui, que Gustave\nCharpentier connut une renommée si rapide : et l'auteur de la V\ncpoete fut sans doute, entre les jeunes générations, le musicien qu'il\ncomprit avec le plus de sympathie et l'enthousiasme le plus spontané.\nPuis ce fut au '\"Prélude a l Apres-midi Faune de Claude Debussy\nencore ignoré du public qu'il fit accueil, et jusqu'à, presque hier, la\nRapsodie Espagnole de M. Ravel. A examiner chaque dimanche le pro-\ngramme de Colonne, on trouvait certes souvent à critiquer : le culte\ndes \" attractions \" y restait si apparent. Mais si l'on parcourt aujourd'hui\nl'ensemble de son œuvre, elle apparaît si considérable qu'on y pourrait\nsuivre presque toute l'histoire de notre musique moderne.\nL'ouverture d'esprit, la facilité d'assimilation, le goût généralement\nsûr dont il a ainsi témoigné ; un sens, en même temps, particulièrement\nsubtil de l'actualité opportune, et un grand tact dans le maniement\ndifficile de ce public qui veut à la fois qu'on le pousse et qu'on le flatte :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "toutes ces qualités devenaient plus remarquables encore chez un homme\nâgé, que son instinct avait porté vers le romantisme un peu théâtral de\nBerlioz, et qu'on eût excusé de s'y tenir. Sans doute ses interprétations\npersonnelles étaient parfois discutables ; dans les œuvres classiques surtout,\net dans celles de Wagner, encore qu'il eût dirigé parfaitement, pendant\nson court passage à l'Opéra, les premières représentations de la\nIl aimait l'effet. Son émotion pouvait rester superficielle et négligente, ou\ns'amollir un peu trop. Il ne soignait pas toujours comme il eût fallu la\nprécision du détail. Il acceptait en réalité trop de besognes à la fois, dans\ncet extraordinaire besoin d'activité que la maladie seule, et non la\nvieillesse, put éteindre. Mais ce n'est l'heure de rappeler ici que les\nqualités si fortement et si finement vivantes qui ont fait d'Edouard\nColonne un véritable artiste, et un artiste utile, dans la plus belle accep-\ntation du mot.\nSouvenons-nous encore que ce fut lui qui le premier et vraiment\ncela n'était pas d'une âme vulgaire appela à diriger ses propres instru-\nmentistes les Mottl, les Levi, les Richter, sans s'inquiéter de ce que la\ncomparaison pouvait offrir de redoutable. Vous savez combien notre\néducation musicale et le progrès de nos exécutions ont profité de ces\néchanges hospitaliers, cependant que Colonne entreprenait à l'étranger\ndes tournées pour produire nos compositeurs français.\nAu cours de ce mois dernier l'Opéra-Comique, fidèle à la mémoire\nd'un musicien estimable et sympathique entre tous, a représenté pour la\npremière fois un ouvrage posthume de Samuel Rousseau ; les Concerts\nColonne et Lamoureux, avec le zèle un peu confus de gens qui se sentent\nen retard, nous ont accablés de \" premières auditions \" : mais aucune de\nces manifestations n'a offert un intérêt très neuf ni très particulier. Nous\nn'avons point coutume de passer ensemble la revue de tous les petits\névénements du mois, mais plutôt d'en détacher ceux qui invitent à\nréfléchir. Nous n'y saurions trouver de sujet plus propre que les quatre\nconcerts donnés, du 16 février au 9 mars, par M. Jacques Durand, qui\naccomplit ainsi le dernier vœu de son père, et lui rendit un hommage\nsuprême.\nIls donnent à penser d'abord par eux-mêmes, par leur organisation\net leur succès. Il est à souhaiter que tous nos directeurs de concerts en"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": "comprennent la leçon. Vous n'ignorez point que de temps immémorial il\nest convenu que le public parisien ne consent à écouter de la musique\nsymphonique que le dimanche à trois heures, et de la musique de chambre\nqu'en semaine à neuf heures. Si vous lui offrez un orchestre à neuf\nheures le Vendredi Saint excepté ou un quatuor à trois heures, il\nboude. Les Concerts Lamoureux, entre autres, en ont fait l'expérience il\ny a deux ans : leurs séances du soir, dirigées par les plus illustres Kape/l-\nmeister, et dévotement consacrées à Beethoven, à Wagner, à Berlioz, furent\nun succès d'abstention tel, qu'ils ne purent même achever la série\nannoncée. Or les Concerts Durand ont eu lieu le soir, et les plus beaux\naprès-midi du dimanche n'ont pas vu plus de monde.\nIl est également convenu, et vous ne l'ignorez pas davantage, qu'il\nsuffit de mettre au programme un quelconque ouvrage de musique\nfrançaise moderne pour faire immanquablement le\nqu'on ne réussit à faire le plein qu'en affichant quelque virtuose phéno-\nmène. Or les affiches\ndes Concerts Durand\nne portaient que des\nnoms d'auteurs français\nvivants ; nulle œuvre de\nvirtuosité n'y figurait,\net nul interprète de\ngrande réputation. Et\njamais concerts n'ont\nété suivis par un public\nplus nombreux, plus fi-\ndèle, et en même temps\nplus vibrant.\nTout ceci tendrait\nà prouver que, contrai-\nrement à ce qu'on vou-\nlait croire, il existe à\nParis bien assez de per-\nsonnes qui connaissent\net qui aiment véritable-\nment la musique pour\nformer un public. Ce"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "public n'attend pour se condenser que de se voir offrir ce qui peut l'intéres-\nser. Il hésite à se mêler au public habituel des concerts, ou bien il y reste\nindifférent et morose, parce qu'il se sent noyé au milieu de gens réunis\nseulement par le snobisme ou le désœuvrement ; parce qu'il ne trouve pas\nau milieu d'eux l'atmosphère de recueillement et de sensibilité dont il a\nbesoin ; parce que, surtout, l'incohérence et le radotage des programmes\nle rebutent. La longueur excessive de ces programmes, leurs contrastes de\nmauvais goût, témoignent assez d'ailleurs qu'ils s'adressent à des gens qui\nn'écoutent point la musique.\nLes programmes des Concerts Durand étaient bien différents. On\ndira sans doute qu'ils n'étaient faits que pour mettre en valeur les diffé-\nrents produits d'une grande maison d'édition. Mais comme cette maison\ns'est toujours fait remarquer entre toutes pour l'intérêt qu'elle portait à la\nmusique symphonique ; comme elle est à peu près lâ seule à qui l'on\npuisse attribuer une action heureuse sur le développement de l'art français,\nil s'est trouvé tout naturellement qu'en exposant les pièces principales de\nson fonds elle formait comme un tableau de l'état actuel de notre musique.\nEt tout naturellement, elle a composé des programmes harmonieux et\nlogiques, des programmes où l'on pouvait suivre une pensée, et goûter le\nplaisir de la diversité dans l'unité. Mon seul reproche sera qu'ils n'aient\npoint fait une place à l'ancêtre Rameau : car l'édition monumentale des\nœuvres complètes du plus grand des musiciens français seule édition\nqui soit en notre pays comparable, et probablement à son avantage, aux\ngrandes éditions allemandes n'est pas le moindre honneur ni le moindre\nservice de la maison Durand.\nOn a vu dans ces concerts se dessiner clairement les différents courants\nentre lesquels se partage la musique de notre temps. Je n'hésite pas à dire\nque toutes mes préférences vont au mouvement que dirige M. Vincent\nd'lndy. Il est possible que ses disciples portent parfois sa doctrine à des\nexcès d'étroite rigueur. C'est pourtant là que je sens la vérité, la chaîne\nininterrompue entre le passé et l'avenir, quelque rares et précieuses\nsensations que puissent nous apporter les impressionnistes de la musique,\nsi renouvelante et si féconde que doive être leur influence sur l'art tout\nentier. C'est aussi à M. d'lndy que m'a paru aller l'enthousiasme le plus\ngénéral, le plus naturel et le plus profond ; à son admirable\nsymphonie ; à cet extraordinaire Jour d'été a la montagne, où la forme est à\nla fois si libre et si forte, si ample et si concise, le sens du pittoresque si"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "aigu, l'émotion intime si noble et si fervente, et que pourtant on a com-\npris moins vite que ses autres ouvrages. Pensez encore que le résumé\nprésenté par la maison Durand, si large qu'il fût, ne pouvait être complet.\nPensez qu'il y faudrait ajouter, entre M. Saint-Saëns et M. d'lndy,\nM. Gabriel Fauré ; entre M. Debussy et M. Dukas, M. Albéric Magnard ;\nentre M. Witkowskiet M. Gabriel Pierné, M. Gustave Charpentier ; et\nM. Albert Roussel, M. Déodat de Séverac auprès de M. Ravel. Pensez\nque chacun de ces musiciens est une personnalité bien distincte, et que si\ncertains d'entre eux se peuvent grouper les uns près des autres, ils n'en\nsuivent pas moins chacun une voie très différente : et vous tiendrez avec\nmoi notre école actuelle pour la plus riche et la plus vivante qui soit dans\ne monde de la musique, une des plus riches et des plus vivantes qui\naient jamais été.\nParmi les ouvrages déjà connus que portaient les programmes des\nConcerts Durand, un seul morceau nouveau figurait. Les\nPrintemps de M. Claude Debussy font partie avec Iberia, récemment\nexécutée aux Concerts Colonne, et une Gigue triste non entendue encore\nd'un recueil d'lmages pour orchestre. Iberia forme elle-même comme un\npetit triptyque, trois pièces brèves contrastant parla couleur et le dessin : les\nRondes au contraire ne forment qu'un morceau développé, où la forme et\nla substance musicales offrent une unité parfaite. Au Châtelet l'accueil\nfait à Iberia fut aussi mélangé que le public lui-même. Salle Gaveau, ou\nl'on était entre musiciens, on put sentir dans le succès des Rondes de\nPrintemps quelque chose de contraint, et les applaudissements s'adressaient\nplus à l'auteur qu'à l'œuvre elle-même. Il faut bien l'avouer, tout ce que\nM. Debussy a écrit après Pelléas et <£Mé/isande déçoit une grande partie\nde ses premiers admirateurs. Une autre partie, à la vérité, lui témoigne\nun enthousiasme croissant, et va jusqu'à soutenir que de ce moment\nseulement a commencé pour lui la période de maturité consciente,\nPelléas devant être considéré comme la dernière de ses œuvres de jeunesse.\nSur ce point, il me paraît un peu tôt de décider : le recul nous manque,\net aussi la prévision de ce que fera un génie aussi original et aussi vivace.\nMais on peut s'expliquer ces opinions divergentes en distinguant parmi\nceux qui aiment M. Debussy, d'un côté les musiciens et les sensibles,\nde l'autre les peintres et les littérateurs (je parle, bien entendu, non des\nprofessionnels seulement, mais des gens qui pensent et qui sentent en\nmusiciens, en peintres, ou en littérateurs). Ce sont les premiers qui se"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "retirent d'un auteur favori, ou plutôt qui 1 attendent, parce que si la\nforme de ses ouvrages reste toujours musicale, l'émotion qu'ils expriment\nne l'est plus let cela doit être bien indiffèrent aux littérateurs et aux\npeintres. A vrai dire, l'émotion a disparu, cette émotion d'une sorte\nunique dans l'art tout entier, qui enveloppait de sa mystérieuse unité\nune multitude de sensations d'une intensité, d une justesse, d une déli-\ncatesse, d'une nouveauté surprenantes : c'était l'âme qui concentre les\ntémoignages des sens. Et voici que les sensations seules subsistent, et il\nsemble qu'elles se soient à la fois rapetissees et alourdies, qu elles aient\nperdu de leur fraîcheur et de leur originalité. Au lieu de se fondre, elles\nse heurtent. C'est le procédé artificiel de la technique musicale et non\nplus le sentiment qui crée l'unité : les édifiées sur un\nseul thème et presque selon les principes horresco !.... des nourris-\nsons de la Schola, ne donnent pas la même impression de cohésion\nqu'avec une quantité de thèmes différents les ouvrages de la \" première\nmanière \" de M. Debussy.\nPar un étrange phénomène la musique de M. Debussy reflète\naujourd'hui celle de ses propres imitateurs. On a reproché à M. Ravel,\net plus qu'il ne convenait, de ressembler à M. Debussy, et c est\nM. Debussy qui en vient à ressembler à M. Ravel. Assurément il reste\nune distance. Que l'on compare la Rapsodie espagnole, qui est 1 ouvrage\ncapital jusqu'ici de M. Ravel, à Ibenaqui n occupe qu un rang secon-\ndaire dans l'œuvre de M. Debussy, et l'on distinguera encore chez celui-\nci une autre force et une autre subtilité de la construction musicale, une\nautre personnalité, une autre poésie surtout. Jamais M. Ravel n a rien\nécrit qui se puisse rapprocher du morceau central d et des idéales\ndégradations de nuances qui le relient au dernier ; rien non plus qu on\npuisse opposer à la conduite ingénieuse des Seule-\nment la construction chez M. Debussy et ce sont encore des choses\nqui n'importent qu'aux seuls musiciens devient plus apparente et\nplus tendue ; son écriture, d'un goût admirable autrefois pour sa trans-\nparente concision, insiste et surcharge ; son coloris devient quelquefois\ncru, sans gagner de franchise. Il employait, à rendre les émotions les\nplus rares, une étonnante sobriété de moyens, et son raffinement infini se\nrésolvait en une impression de naturel et de simplicité. La complication\net l'accumulation des moyens aujourd'hui dissimulent mal ce quelapensee\na de sec et de tatillon, de superficiel et de menu. Cette musique reste"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.65", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "d'un artiste incomparable, mais elle mérite un peu trop son titre\nd'lmages :et l'on y sent la recherche, le système et l'effort.\nLes Concerts Durand ont révélé un jeune chef d'orchestre dont le\nsuccès personnel a été très grand. M. Rhené-Baton est fort décoratif, et\nl'expérience simplifiera certainement son attitude et son geste. Mais sa\ndirection est extrêmement adroite et brillante, et il a montré dans la\néMer et dans la Kapsodie Espagnole cette intelligence qui sait non seule-\nment saisir les qualités particulières d'un ouvrage, mais encore en pallier\nles défauts. Il reste à savoir comment M. Rhené-Baton dirigera la musique\nd'un autre sentiment et d'un autre style.\nNous avons eu dans le même temps une autre \" première audition \"\nqui ne manquait pas d'importance : celle de la symphonie en de\nM. Balakireff. Cette symphonie ne date pas d'hier, cependant, et les\ncompositeurs russes, celui-là particulièrement, ne sont pas précisément\nnégligés chez nous. On recherche leurs œuvres, qui ne sont pas nom-\nbreuses ; on en a même recherché qu'on eût aussi bien fait de laisser\ndans l'oubli. Qui expliquera que nos chefs d'orchestre est-ce ignorance,\nerreur, ou paresse de leur part ? aient abandonné à une société\nnouveau-née l'honneur et le profit de faire connaître à Paris le plus\nconsidérable et probablement le meilleur des trop rares ouvrages de ce\npatriarche de la moderne musique russe ? Il y a là une énigme comme\nseuls les directeurs de concerts ou de théâtres savent nous en proposer, et\nqui confondent la raison. M. Bachelet, qui dirige les concerts de\nPhilarmoniaau Théâtre Réjane, avec un sentiment profond et fin de la\nmusique, une habileté souple et sûre que je vous ai déjà signalées\ncPhilharmonia n'est que Symphonia ressuscitée a fait un coup de\nmaître en apercevant que la symphonie de Balakireff, claire et divertis-\nsante, est d'un bout à l'autre une œuvre remarquable. Ce pur parfum\nnational qui nous ravit chez les meilleurs compositeurs russes la pénètre\ntoute entière, et elle est beaucoup plus fortement construite que la\nplupart de leurs productions. Le développement du premier morceau est\nfort intéressant ; le scherzo^avec sa terminaison poétique si imprévue, est\ndélicieux ; le finale^qui s'enchaîne à un un peu mollement"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.66", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "rêveur, est un éblouissant édifice thème de caractère\n• . • ... 1 •\nasiatique contraste et se combine avec un\nchant populaire russe.\nMais les plus beaux des concerts de\nce mois de mars, et les plus beaux sans\nconteste que nous ayons entendus depuis\nbien longtemps, furent ceux de la Schola\nCantorum, où M. Vincent d'lndy a dirigé\ndeux fois la éMesse en de Beethoven. Ce\nn'est pas que les moyens d'exécution dont\nil disposait fussent bien remarquables :\nmais il faut faire\nce grand éloge au\npeuple des profes-\nseurs et des élèves\nde la Schola ras-\nsemblés sous ses or-\ndres aux chœurs\nsurtout que l'in-\ntention du chef\nnous est restée tou-\njours perceptible :\net c'était l'essentiel.\nDe tous les musiciens et chefs d'or-\nchestre qui existent aujourd'hui, M.\nd'lndy est le plus capable de retrou-\nver dans toute son étendue la pensée\nsublime de Beethoven. On ne peut\nrien imaginer de plus grandiose et\nde plus éloquent, de plus simple en\nmême temps et de plus lumineux,\nrien de plus intimement émouvant,\net rien qui donne mieux l'impression\nde la certitude que son interprétation\nde cette œuvre colossale colossale\npar la réalisation musicale, et plus\nencore par la pensée l'œuvre maî-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "tresse de la musique toute entière, et l'une des plus grandes de l'esprit\nhumain. Œuvre d'une difficulté redoutable, aussi bien au point de\nvue, si l'on peut dire, matériel qu'au spirituel. Difficulté que M. d'lndy\na dominée par la seule puissance, l'élévation et la vérité de l'expression ;\non l'a senti, tout le temps qu'il dirigeait, cœur à cœur avec le génie de\nBeethoven.\nLa façon dont notre goût et notre intelligence des classiques se\ndéveloppent depuis quelques années serait un des symptômes les plus\nintéressants à considérer de notre vie musicale. L'enthousiasme qui se\nmanifeste à des concerts semblables et l'attrait qu'ils exercent en sont le\nmeilleur signe. Il faut comprendre dans le même sens le succès sans cesse\ngrandissant delà Société Bach, que M. Gustave Bret a imposé si prompte-\nment et si sûrement par l'ardeur de sa conviction et la qualité, en progrès\ncontinu, de ses exécutions. Avec X Orator la seconde partie de la\néMesse en si mineur,la selon St Jun charmant concert d'œuvres\nprofanes, la saison qu'il vient de clore n'a pas été des moins fécondes.\nEt n'avez-vous pas apprécié la délicate surprise que nous ont appor-\ntée les concerts du Vendredi-Saint, en mettant à leurs programmes des\nauteurs et des œuvres pour la plupart assortis à la circonstance ? Wagner,\nque l'on nous avait accoutumés à regarder comme le musicien \" spiri-\ntuel \" par excellence, y parut à peine ; et c'est à César Franck, à M. Gabriel\nFauré avec lui, qu'allèrent les honneurs de la semaine. Le premier\ntriomphait à la fois au Châtelet avec les Salle Gaveau avec\nRébecca,au Théâtre Réjane avec sa symphonie et l'interlude de\nLe Conservatoire et le Concert Lamoureux donnaient en même temps\ncette partition d'une si ferme pureté de lignes et d'esprit, où M. Fauré\na chanté avec une tendresse indiciblement consolante le mot unique, le\nplus doux, le plus sûr que puisse entendre l'homme : requiem !\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE D'ANVERS\n\nLA SOCIÉTÉ DE CONCERTS DE MUSIQUE RELIGIEUSE D'ANVERS.\nChaque fois qu'un événement artistique nous appelle à Anvers, nous\nne pouvons nous défendre d'admirer l'ampleur particulière que prennent"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "là les grandes célébrations artistiques, comme d'ailleurs les autres mani-\nfestations de la vie sociale. Sans doute, la masse du public n'y a pas la\nvive sensibilité et le raffinement artistique qui distingue le public bruxel-\nlois ; mais on y respire une vie plus large, d'une pulsation plus énergique.\nLes initiatives individuelles n'y sont peut-être pas plus nombreuses\nqu'ailleurs, mais elles ne tombent pas dans le vide et sont à peu près\nassurées, si elles sont intéressantes, de trouver des concours, un appui\nmatériel, des finances. L'argent n'y est pas plus abondant qu'ailleurs, mais\nil roule... Lorsque se constitua la société des en moins\nd'une semaine, nous dit-on, un capital de 75.000 francs était souscrit.\nCe n'est pas à Anvers que l'on perdrait trente ans en stériles lamentations\nsur l'absence d'une salle de concerts acceptable, sans que l'autorité locale\nni l'initiative privée s'émeuvent, sans qu'aucun de ceux qui se lamentent\nsonge à mettre la main à la poche ! Il y a quelques années, nous eûmes\ncette honte : Enthousiasmés par une magnifique exécution de YOorlog\n{la Guerre), l'oratorio de Peter Benoit, sous les auspices du Peter Benoits-\nFonds., nous nous étions mis en rapport avec les dirigeants de cette\nassociation afin de les amener à venir, solistes, chœurs et orchestre, donner\nla même œuvre à Bruxelles. La chose parut fort réalisable et des pour-\nparlers étaient engagés, quand on s'aperçut qu'il n'y avait pas à Bruxelles\nune salle de concert, ni une scène, capable de recevoir les mille exécu-\ntants qui tenaient à l'aise sur l'estrade de la belle salle de concerts de la\nZoologie d'Anvers ; et notre beau projet s'en alla à vau-l'eau...\nSongez maintenant à ceci : Il y a huit ans, à Anvers, un jeune\nmusicien de nos amis, élève de Peter Benoit, M. Louis Ontrop, conçut\nl'idée de fonder une société de concerts pour l'interprétation des grands\nouvrages de musique sacrée. Moins par le prestige de la renommée et\nl'empire d'une volonté tyrannique que par l'enthousiasme communicatif\nde la foi artistique et par l'attirance propre à une personnalité éminem-\nment sympathique dans sa modestie et son désintéressement ; aidé d'ailleurs\nde deux autres jeunes gens, MM. J.-A. Stellfeld, avocat, et Jules Boelaerts,\npréfet des études au Conservatoire, qui aujourd'hui encore composent avec\nlui tout le comité de l'entreprise, il réussit à faire prospérer celle-ci d'une"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "manière inattendue. Aujourd'hui en effet, la Société de concerts de musique\nreligieuse, favorisée de hautes protections, gratifiée de subsides des trois\npouvoirs officiels,1 compte treize membres fondateurs, cent vingt-cinq\nmembres protecteurs, deux cents choristes amateurs assidus aux répétitions,\net se trouve en situation, matériellement et artistiquement, d'entreprendre\nl'exécution des plus importants ouvrages de la littérature ancienne et\nmoderne, d'organiser en somme de véritables festivals artistiques, visités\npar des milliers d'auditeurs, dont bon nombre d'étrangers.\nUn simple coup d'œil sur les programmes des quinze concerts\norganisés au cours des sept premières années édifie pleinement sur\nl'activité et sur la courbe ascendante de l'institution. La première année,\nce furent des compositions de Henri Schiïtz, Praetorius, Palestrina,\nBeethoven, Benoit, et le Miserered'Allegri ; puis vinrent le de\nPalestrina, les Psaumes de la Pénitence de Lassus, du Vittoria, du Marcello.\nEn 1905, la société, s'écartant momentanément de son programme,\norganise des auditions de musique instrumentale ancienne: Telemann,\nHândel, Marcello, Rameau, ainsi que d'anciens madrigaux français et\nitaliens. Ensuite on tenta un grand effort : l'exécution intégrale de la\nPassion selon Saint Jean,qui n'avait pas encore été exécutée en Belgique.\nLe succès fut considérable ; un fonds de garantie, souscrit pour couvrir\nle déficit éventuel, ne dut pas être entamé. En 1906, on donne la\ndes Damnés de Carissimi, la cantate de Bach pour le second jour de la\nPentecôte, et, à partir 1907, la société n'exécuta plus que des oratorios:\nle Requiem allemand de Brahms, le Purgatoire de Ryelandt. L'année\nsuivante, elle assit définitivement sa réputation par l'exécution du\nde Hândel, rendu avec un grand souci de style avec des solistes de\npremier ordre. L'œuvre dut être reprise l'an dernier, qui vit également\nl'exécution de Judas Macchabée de Hândel. Enfin, il y a quelques\nsemaines, nous étions conviés à l'exécution de la de\nBeethoven.\n\n1 II serait puéril de nier que, sous un gouvernement catholique, le caractère de l'association ne soit pour\nquelque chose dans l'octroi de ces subsides. Exactement pour les mêmes raisons, mais en sens inverse, elle\npourrait, en cas de changement de régime, faire une croix sur les subsides gouvernementaux. Mais tout cela\nn'a rien à voir, supposons-nous, avec le talent du chef et des membres actifs, ni le mérite des exécutions."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "Cette exécution fut des plus remarquables. Il importe peu, en\nsomme, que, pour des raisons locales,1 l'orchestre, tant aux cordes que\ndans certaines parties des bois et des cuivres, montrât quelque faiblesse\nd'accent et de sonorité, dans cette œuvre où la voix humaine remplit un\nrôle de tout premier plan. Or, les parties vocales étaient représentées ici\nde manière à satisfaire les plus exigeants. Le quatuor solo était d'une\nhomogénéité certes rarement réalisée ; le soprano d'une cristalline pureté,\nample et rond cependant, de M\"1 Tilly Cahnbley-Hinken (de Dortmund)\nse mariait particulièrement bien avec le contralto étoffé, aux sombres\nchatoiements, de Mme Flona K. Durigo (de Budapest), les parties de\nténor et de baryton étant respectivement tenues par les solistes bien\nconnus MM. R. Plamondon et Frœlich. Quant aux chœurs, ces\nterribles chœurs beethovéniens, écrits comme pour les plus complaisants\ndes instruments, avec leurs tenues sur des aigus chœurs multipliant\nles difficultés de la Neuvième, ils furent exécutés dans la perfection,\nsans une défaillance, par deux cents voix bien stylées et entraînées, atta-\nquant avec ensemble et sûreté, chantant avec l'ardeur et la conviction\npropres aux chorales d'amateurs. Tels passages de nuancement particuliè-\nrement délicat, le doux balancement des voix au le\nphrasé des ténors dans Fhosannahy donnaient la mesure des résultats\natteints. Le solo de violon du Benedictus était confié à l'archet délicat de\nM. Albert Zimmer, M. Vander Paepen tenant la partie d'orgue.\nL'interprétation elle-même, si controversable dans cette œuvre\nd'une religiosité si subjective et d'une expression si mouvante, si tour-\nmentée, fut, sous la direction énergique et enthousiaste de M. Ontrop,\nchaleureuse, émue, vibrante, d'une belle souplesse de mouvements et de\nnuances, attestant (de même que l'excellente notice analytique du pro-\ngramme, signée du chel lui-même) une connaissance approfondie et une\nétude méditée du monumental ouvrage.\n\nErnest Closson.\n\n1 II n'existe pas à Anvers, en dehors des théâtres, d'orchestre indépendant, mais des groupements occasion-\nnels constitués à l'aide d'éléments empruntés aux théâtres et ailleurs.\n5"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.11.2", "titre_corps": "PARIS.", "titre_sommaire": "PARIS.", "signature_source": "Gaston Carraud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 727, "texte": "PARIS.\nMars.\nUne des-^fpersonnalités qui ont tenu la plus grande place dans\nl'histoire de notre musique et dans l'histoire de notre temps vient de\ndisparaître, après une longue maladie qui depuis plus d'un an la tenait\néloignée de la vie publique. C'est un deuil qui sera profondément ressenti,\nnon seulement dans le monde des artistes, mais dans la foule même.\nEdouard Colonne était une figure vraiment populaire : et je sais que\ncette popularité, qui se manifestait à chacun des concerts qu'il dirigeait,\nétait pour lui la plus précieuse récompense du labeur énorme de sa vie.\nElle tenait au charme spirituel et à la singulière autorité qui émanaient\nde cet homme à la douceur si volontaire. Elle lui venait aussi de certains"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.56", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "chefs-d œuvre devenus eux-mêmes populaires grâce à lui, comme la\nDamnation de Faust ou X Artésienne^dont il n'est plus possible de détacher\nson nom.\nEdouard Colonne n a pas ete le fondateur de ces concerts sympho-\nniques du dimanche, qui sont aujourd'hui un des organes essentiels de la\nvie aitistique de notre pays, et meme tout simplement de sa vie mon-\ndaine. Trop mondaine, peut-être : car l'exagération progressive du prix\ndes places les a écartés peu a peu du public qui avait fait en réalité leur\nsuccès ; et ce public seul, qui n y trouve plus qu'un accès restreint,\npourra les sauver de la crise où l'on aperçoit aisément, sous leur\napparence de prospérité presque pléthorique, qu'ils sont dès maintenant\nengagés.\nL idee remonte à Seghers, ou plus exactement à Berlioz lui-\nmeme : et c est Pasdeloup qui le premier, animé d'une ferveur de\nprophète, atteignit au succès. Mais la foi de ce digne homme était un\npeu celle du charbonnier. Il était, autant que sincère, ignorant et mal-\nhabile ; et d ailleurs 1 explorateur qui se dévoue à découvrir une terre\nn est pas toujours celui qui établit la colonie durable. Pasdeloup devait\netre supplante par Colonne, puis par Charles Lamoureux. Mais Colonne\neut le premier le mérité de la réussite définitive, qui est bien un mérite,\nfait non pas seulement de chance, mais d'intelligence et d'art, de ténacité,\nde souplesse, d infatigable activité. La chance, ce fut d'avoir mis la main\ntout de suite sur cette superbe salle du Châtelet, qui depuis trente-cinq\nans n a pas cesse d abriter les Concerts Colonne. Et il faut bien recon-\nnaître qu ils doivent quelque chose à l'avantage de ce domicile vaste et\nstable, tandis que les Concerts Lamoureux ont constamment souffert\nd errer a la recherche d un abri de fortune, qui se dérobait à eux dès\nqu'on s'accoutumait à ses incommodités.\nEdouard Colonne, premier prix de violon et d'harmonie au Conser-\nvatoire, menait la modeste existence de musicien d'orchestre aux côtés\nde Lamoureux ces deux futurs rivaux, qui devaient se déchirer,\nfaisaient meme du \" quatuor \" ensemble quand Georges Hartmann\ndevina son esprit souple et fin, si organisateur, sa sensibilité musicale, son\nardente et patiente volonté. Il lui confia la direction du Concert National\nqu il fondait alors a l'Odéon pour faire entendre au public les jeunes\ncompositeurs, auxquels cet éditeur admirable consacra toute sa vie. Ce\nfut le berceau de l'Association Artistique, formée bientôt après au"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.57", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Châtelet. Sur le premier programme du Concert National, le 2 mars 1873,\nfigurait le nom de Bizet ; le second comprenait déjà un fragment de la\nDamnation de Faust ; Fiesquede Lalo venait ensuite ;et cette première\ncampagne se terminait glorieusement par les premières auditions de\nRédemption zt de <£Marie-£Magdeleine. Toute la carrière d'Edouard Colonne\nn'est-elle pas dans ces quelques noms ?\nIl eut un rôle particulier dans cette effervescence de la musique\nsymphonique en France qui commença après la guerre, pour aboutir au\nmagnifique essor de l'école actuelle : ce fut la diffusion de l'œuvre de\nBerlioz. On peut dire qu'aucun chef d'orchestre n'a mieux compris\nBerlioz, et avec moins d'effort apparent. Dans ses exécutions si fougueu-\nsement convaincues, si colorées, d'un effet expressif tantôt si délicat et\ntantôt si violent, on sentait avec Berlioz une intime affinité artistique.\nColonne a joué et rejoué inlassablement son œuvre entier : tout au moins\nce qui pouvait prendre place au concert. Il a été pour lui le premier\nartisan de la justice. Et par un retour légitime, les Concerts Colonne ont\ntenu de Berlioz le meilleur de leur prospérité. Mais ils ont su faire servir\ncette prospérité au bien de la musique, et sur elle étayer d'autres gloires.\nC'est au Châtelet que celle de César Franck a grandi, et c'est par\nEdouard Colonne qu'il nous fut donné d'entendre un peu tard, puisque\nFranck, lui, ne les entendit point ces divines Béatitudes qui étaient\nencore sur la fameuse affiche rose le jour qu'il expira. C'est par lui que\nvécurent les vastes compositions de Gabriel Pierné ; par lui, que Gustave\nCharpentier connut une renommée si rapide : et l'auteur de la V\ncpoete fut sans doute, entre les jeunes générations, le musicien qu'il\ncomprit avec le plus de sympathie et l'enthousiasme le plus spontané.\nPuis ce fut au '\"Prélude a l Apres-midi Faune de Claude Debussy\nencore ignoré du public qu'il fit accueil, et jusqu'à, presque hier, la\nRapsodie Espagnole de M. Ravel. A examiner chaque dimanche le pro-\ngramme de Colonne, on trouvait certes souvent à critiquer : le culte\ndes \" attractions \" y restait si apparent. Mais si l'on parcourt aujourd'hui\nl'ensemble de son œuvre, elle apparaît si considérable qu'on y pourrait\nsuivre presque toute l'histoire de notre musique moderne.\nL'ouverture d'esprit, la facilité d'assimilation, le goût généralement\nsûr dont il a ainsi témoigné ; un sens, en même temps, particulièrement\nsubtil de l'actualité opportune, et un grand tact dans le maniement\ndifficile de ce public qui veut à la fois qu'on le pousse et qu'on le flatte :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "toutes ces qualités devenaient plus remarquables encore chez un homme\nâgé, que son instinct avait porté vers le romantisme un peu théâtral de\nBerlioz, et qu'on eût excusé de s'y tenir. Sans doute ses interprétations\npersonnelles étaient parfois discutables ; dans les œuvres classiques surtout,\net dans celles de Wagner, encore qu'il eût dirigé parfaitement, pendant\nson court passage à l'Opéra, les premières représentations de la\nIl aimait l'effet. Son émotion pouvait rester superficielle et négligente, ou\ns'amollir un peu trop. Il ne soignait pas toujours comme il eût fallu la\nprécision du détail. Il acceptait en réalité trop de besognes à la fois, dans\ncet extraordinaire besoin d'activité que la maladie seule, et non la\nvieillesse, put éteindre. Mais ce n'est l'heure de rappeler ici que les\nqualités si fortement et si finement vivantes qui ont fait d'Edouard\nColonne un véritable artiste, et un artiste utile, dans la plus belle accep-\ntation du mot.\nSouvenons-nous encore que ce fut lui qui le premier et vraiment\ncela n'était pas d'une âme vulgaire appela à diriger ses propres instru-\nmentistes les Mottl, les Levi, les Richter, sans s'inquiéter de ce que la\ncomparaison pouvait offrir de redoutable. Vous savez combien notre\néducation musicale et le progrès de nos exécutions ont profité de ces\néchanges hospitaliers, cependant que Colonne entreprenait à l'étranger\ndes tournées pour produire nos compositeurs français.\nAu cours de ce mois dernier l'Opéra-Comique, fidèle à la mémoire\nd'un musicien estimable et sympathique entre tous, a représenté pour la\npremière fois un ouvrage posthume de Samuel Rousseau ; les Concerts\nColonne et Lamoureux, avec le zèle un peu confus de gens qui se sentent\nen retard, nous ont accablés de \" premières auditions \" : mais aucune de\nces manifestations n'a offert un intérêt très neuf ni très particulier. Nous\nn'avons point coutume de passer ensemble la revue de tous les petits\névénements du mois, mais plutôt d'en détacher ceux qui invitent à\nréfléchir. Nous n'y saurions trouver de sujet plus propre que les quatre\nconcerts donnés, du 16 février au 9 mars, par M. Jacques Durand, qui\naccomplit ainsi le dernier vœu de son père, et lui rendit un hommage\nsuprême.\nIls donnent à penser d'abord par eux-mêmes, par leur organisation\net leur succès. Il est à souhaiter que tous nos directeurs de concerts en"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": "comprennent la leçon. Vous n'ignorez point que de temps immémorial il\nest convenu que le public parisien ne consent à écouter de la musique\nsymphonique que le dimanche à trois heures, et de la musique de chambre\nqu'en semaine à neuf heures. Si vous lui offrez un orchestre à neuf\nheures le Vendredi Saint excepté ou un quatuor à trois heures, il\nboude. Les Concerts Lamoureux, entre autres, en ont fait l'expérience il\ny a deux ans : leurs séances du soir, dirigées par les plus illustres Kape/l-\nmeister, et dévotement consacrées à Beethoven, à Wagner, à Berlioz, furent\nun succès d'abstention tel, qu'ils ne purent même achever la série\nannoncée. Or les Concerts Durand ont eu lieu le soir, et les plus beaux\naprès-midi du dimanche n'ont pas vu plus de monde.\nIl est également convenu, et vous ne l'ignorez pas davantage, qu'il\nsuffit de mettre au programme un quelconque ouvrage de musique\nfrançaise moderne pour faire immanquablement le\nqu'on ne réussit à faire le plein qu'en affichant quelque virtuose phéno-\nmène. Or les affiches\ndes Concerts Durand\nne portaient que des\nnoms d'auteurs français\nvivants ; nulle œuvre de\nvirtuosité n'y figurait,\net nul interprète de\ngrande réputation. Et\njamais concerts n'ont\nété suivis par un public\nplus nombreux, plus fi-\ndèle, et en même temps\nplus vibrant.\nTout ceci tendrait\nà prouver que, contrai-\nrement à ce qu'on vou-\nlait croire, il existe à\nParis bien assez de per-\nsonnes qui connaissent\net qui aiment véritable-\nment la musique pour\nformer un public. Ce"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "public n'attend pour se condenser que de se voir offrir ce qui peut l'intéres-\nser. Il hésite à se mêler au public habituel des concerts, ou bien il y reste\nindifférent et morose, parce qu'il se sent noyé au milieu de gens réunis\nseulement par le snobisme ou le désœuvrement ; parce qu'il ne trouve pas\nau milieu d'eux l'atmosphère de recueillement et de sensibilité dont il a\nbesoin ; parce que, surtout, l'incohérence et le radotage des programmes\nle rebutent. La longueur excessive de ces programmes, leurs contrastes de\nmauvais goût, témoignent assez d'ailleurs qu'ils s'adressent à des gens qui\nn'écoutent point la musique.\nLes programmes des Concerts Durand étaient bien différents. On\ndira sans doute qu'ils n'étaient faits que pour mettre en valeur les diffé-\nrents produits d'une grande maison d'édition. Mais comme cette maison\ns'est toujours fait remarquer entre toutes pour l'intérêt qu'elle portait à la\nmusique symphonique ; comme elle est à peu près lâ seule à qui l'on\npuisse attribuer une action heureuse sur le développement de l'art français,\nil s'est trouvé tout naturellement qu'en exposant les pièces principales de\nson fonds elle formait comme un tableau de l'état actuel de notre musique.\nEt tout naturellement, elle a composé des programmes harmonieux et\nlogiques, des programmes où l'on pouvait suivre une pensée, et goûter le\nplaisir de la diversité dans l'unité. Mon seul reproche sera qu'ils n'aient\npoint fait une place à l'ancêtre Rameau : car l'édition monumentale des\nœuvres complètes du plus grand des musiciens français seule édition\nqui soit en notre pays comparable, et probablement à son avantage, aux\ngrandes éditions allemandes n'est pas le moindre honneur ni le moindre\nservice de la maison Durand.\nOn a vu dans ces concerts se dessiner clairement les différents courants\nentre lesquels se partage la musique de notre temps. Je n'hésite pas à dire\nque toutes mes préférences vont au mouvement que dirige M. Vincent\nd'lndy. Il est possible que ses disciples portent parfois sa doctrine à des\nexcès d'étroite rigueur. C'est pourtant là que je sens la vérité, la chaîne\nininterrompue entre le passé et l'avenir, quelque rares et précieuses\nsensations que puissent nous apporter les impressionnistes de la musique,\nsi renouvelante et si féconde que doive être leur influence sur l'art tout\nentier. C'est aussi à M. d'lndy que m'a paru aller l'enthousiasme le plus\ngénéral, le plus naturel et le plus profond ; à son admirable\nsymphonie ; à cet extraordinaire Jour d'été a la montagne, où la forme est à\nla fois si libre et si forte, si ample et si concise, le sens du pittoresque si"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "aigu, l'émotion intime si noble et si fervente, et que pourtant on a com-\npris moins vite que ses autres ouvrages. Pensez encore que le résumé\nprésenté par la maison Durand, si large qu'il fût, ne pouvait être complet.\nPensez qu'il y faudrait ajouter, entre M. Saint-Saëns et M. d'lndy,\nM. Gabriel Fauré ; entre M. Debussy et M. Dukas, M. Albéric Magnard ;\nentre M. Witkowskiet M. Gabriel Pierné, M. Gustave Charpentier ; et\nM. Albert Roussel, M. Déodat de Séverac auprès de M. Ravel. Pensez\nque chacun de ces musiciens est une personnalité bien distincte, et que si\ncertains d'entre eux se peuvent grouper les uns près des autres, ils n'en\nsuivent pas moins chacun une voie très différente : et vous tiendrez avec\nmoi notre école actuelle pour la plus riche et la plus vivante qui soit dans\ne monde de la musique, une des plus riches et des plus vivantes qui\naient jamais été.\nParmi les ouvrages déjà connus que portaient les programmes des\nConcerts Durand, un seul morceau nouveau figurait. Les\nPrintemps de M. Claude Debussy font partie avec Iberia, récemment\nexécutée aux Concerts Colonne, et une Gigue triste non entendue encore\nd'un recueil d'lmages pour orchestre. Iberia forme elle-même comme un\npetit triptyque, trois pièces brèves contrastant parla couleur et le dessin : les\nRondes au contraire ne forment qu'un morceau développé, où la forme et\nla substance musicales offrent une unité parfaite. Au Châtelet l'accueil\nfait à Iberia fut aussi mélangé que le public lui-même. Salle Gaveau, ou\nl'on était entre musiciens, on put sentir dans le succès des Rondes de\nPrintemps quelque chose de contraint, et les applaudissements s'adressaient\nplus à l'auteur qu'à l'œuvre elle-même. Il faut bien l'avouer, tout ce que\nM. Debussy a écrit après Pelléas et <£Mé/isande déçoit une grande partie\nde ses premiers admirateurs. Une autre partie, à la vérité, lui témoigne\nun enthousiasme croissant, et va jusqu'à soutenir que de ce moment\nseulement a commencé pour lui la période de maturité consciente,\nPelléas devant être considéré comme la dernière de ses œuvres de jeunesse.\nSur ce point, il me paraît un peu tôt de décider : le recul nous manque,\net aussi la prévision de ce que fera un génie aussi original et aussi vivace.\nMais on peut s'expliquer ces opinions divergentes en distinguant parmi\nceux qui aiment M. Debussy, d'un côté les musiciens et les sensibles,\nde l'autre les peintres et les littérateurs (je parle, bien entendu, non des\nprofessionnels seulement, mais des gens qui pensent et qui sentent en\nmusiciens, en peintres, ou en littérateurs). Ce sont les premiers qui se"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "retirent d'un auteur favori, ou plutôt qui 1 attendent, parce que si la\nforme de ses ouvrages reste toujours musicale, l'émotion qu'ils expriment\nne l'est plus let cela doit être bien indiffèrent aux littérateurs et aux\npeintres. A vrai dire, l'émotion a disparu, cette émotion d'une sorte\nunique dans l'art tout entier, qui enveloppait de sa mystérieuse unité\nune multitude de sensations d'une intensité, d une justesse, d une déli-\ncatesse, d'une nouveauté surprenantes : c'était l'âme qui concentre les\ntémoignages des sens. Et voici que les sensations seules subsistent, et il\nsemble qu'elles se soient à la fois rapetissees et alourdies, qu elles aient\nperdu de leur fraîcheur et de leur originalité. Au lieu de se fondre, elles\nse heurtent. C'est le procédé artificiel de la technique musicale et non\nplus le sentiment qui crée l'unité : les édifiées sur un\nseul thème et presque selon les principes horresco !.... des nourris-\nsons de la Schola, ne donnent pas la même impression de cohésion\nqu'avec une quantité de thèmes différents les ouvrages de la \" première\nmanière \" de M. Debussy.\nPar un étrange phénomène la musique de M. Debussy reflète\naujourd'hui celle de ses propres imitateurs. On a reproché à M. Ravel,\net plus qu'il ne convenait, de ressembler à M. Debussy, et c est\nM. Debussy qui en vient à ressembler à M. Ravel. Assurément il reste\nune distance. Que l'on compare la Rapsodie espagnole, qui est 1 ouvrage\ncapital jusqu'ici de M. Ravel, à Ibenaqui n occupe qu un rang secon-\ndaire dans l'œuvre de M. Debussy, et l'on distinguera encore chez celui-\nci une autre force et une autre subtilité de la construction musicale, une\nautre personnalité, une autre poésie surtout. Jamais M. Ravel n a rien\nécrit qui se puisse rapprocher du morceau central d et des idéales\ndégradations de nuances qui le relient au dernier ; rien non plus qu on\npuisse opposer à la conduite ingénieuse des Seule-\nment la construction chez M. Debussy et ce sont encore des choses\nqui n'importent qu'aux seuls musiciens devient plus apparente et\nplus tendue ; son écriture, d'un goût admirable autrefois pour sa trans-\nparente concision, insiste et surcharge ; son coloris devient quelquefois\ncru, sans gagner de franchise. Il employait, à rendre les émotions les\nplus rares, une étonnante sobriété de moyens, et son raffinement infini se\nrésolvait en une impression de naturel et de simplicité. La complication\net l'accumulation des moyens aujourd'hui dissimulent mal ce quelapensee\na de sec et de tatillon, de superficiel et de menu. Cette musique reste"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.65", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "d'un artiste incomparable, mais elle mérite un peu trop son titre\nd'lmages :et l'on y sent la recherche, le système et l'effort.\nLes Concerts Durand ont révélé un jeune chef d'orchestre dont le\nsuccès personnel a été très grand. M. Rhené-Baton est fort décoratif, et\nl'expérience simplifiera certainement son attitude et son geste. Mais sa\ndirection est extrêmement adroite et brillante, et il a montré dans la\néMer et dans la Kapsodie Espagnole cette intelligence qui sait non seule-\nment saisir les qualités particulières d'un ouvrage, mais encore en pallier\nles défauts. Il reste à savoir comment M. Rhené-Baton dirigera la musique\nd'un autre sentiment et d'un autre style.\nNous avons eu dans le même temps une autre \" première audition \"\nqui ne manquait pas d'importance : celle de la symphonie en de\nM. Balakireff. Cette symphonie ne date pas d'hier, cependant, et les\ncompositeurs russes, celui-là particulièrement, ne sont pas précisément\nnégligés chez nous. On recherche leurs œuvres, qui ne sont pas nom-\nbreuses ; on en a même recherché qu'on eût aussi bien fait de laisser\ndans l'oubli. Qui expliquera que nos chefs d'orchestre est-ce ignorance,\nerreur, ou paresse de leur part ? aient abandonné à une société\nnouveau-née l'honneur et le profit de faire connaître à Paris le plus\nconsidérable et probablement le meilleur des trop rares ouvrages de ce\npatriarche de la moderne musique russe ? Il y a là une énigme comme\nseuls les directeurs de concerts ou de théâtres savent nous en proposer, et\nqui confondent la raison. M. Bachelet, qui dirige les concerts de\nPhilarmoniaau Théâtre Réjane, avec un sentiment profond et fin de la\nmusique, une habileté souple et sûre que je vous ai déjà signalées\ncPhilharmonia n'est que Symphonia ressuscitée a fait un coup de\nmaître en apercevant que la symphonie de Balakireff, claire et divertis-\nsante, est d'un bout à l'autre une œuvre remarquable. Ce pur parfum\nnational qui nous ravit chez les meilleurs compositeurs russes la pénètre\ntoute entière, et elle est beaucoup plus fortement construite que la\nplupart de leurs productions. Le développement du premier morceau est\nfort intéressant ; le scherzo^avec sa terminaison poétique si imprévue, est\ndélicieux ; le finale^qui s'enchaîne à un un peu mollement"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.66", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "rêveur, est un éblouissant édifice thème de caractère\n• . • ... 1 •\nasiatique contraste et se combine avec un\nchant populaire russe.\nMais les plus beaux des concerts de\nce mois de mars, et les plus beaux sans\nconteste que nous ayons entendus depuis\nbien longtemps, furent ceux de la Schola\nCantorum, où M. Vincent d'lndy a dirigé\ndeux fois la éMesse en de Beethoven. Ce\nn'est pas que les moyens d'exécution dont\nil disposait fussent bien remarquables :\nmais il faut faire\nce grand éloge au\npeuple des profes-\nseurs et des élèves\nde la Schola ras-\nsemblés sous ses or-\ndres aux chœurs\nsurtout que l'in-\ntention du chef\nnous est restée tou-\njours perceptible :\net c'était l'essentiel.\nDe tous les musiciens et chefs d'or-\nchestre qui existent aujourd'hui, M.\nd'lndy est le plus capable de retrou-\nver dans toute son étendue la pensée\nsublime de Beethoven. On ne peut\nrien imaginer de plus grandiose et\nde plus éloquent, de plus simple en\nmême temps et de plus lumineux,\nrien de plus intimement émouvant,\net rien qui donne mieux l'impression\nde la certitude que son interprétation\nde cette œuvre colossale colossale\npar la réalisation musicale, et plus\nencore par la pensée l'œuvre maî-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "tresse de la musique toute entière, et l'une des plus grandes de l'esprit\nhumain. Œuvre d'une difficulté redoutable, aussi bien au point de\nvue, si l'on peut dire, matériel qu'au spirituel. Difficulté que M. d'lndy\na dominée par la seule puissance, l'élévation et la vérité de l'expression ;\non l'a senti, tout le temps qu'il dirigeait, cœur à cœur avec le génie de\nBeethoven.\nLa façon dont notre goût et notre intelligence des classiques se\ndéveloppent depuis quelques années serait un des symptômes les plus\nintéressants à considérer de notre vie musicale. L'enthousiasme qui se\nmanifeste à des concerts semblables et l'attrait qu'ils exercent en sont le\nmeilleur signe. Il faut comprendre dans le même sens le succès sans cesse\ngrandissant delà Société Bach, que M. Gustave Bret a imposé si prompte-\nment et si sûrement par l'ardeur de sa conviction et la qualité, en progrès\ncontinu, de ses exécutions. Avec X Orator la seconde partie de la\néMesse en si mineur,la selon St Jun charmant concert d'œuvres\nprofanes, la saison qu'il vient de clore n'a pas été des moins fécondes.\nEt n'avez-vous pas apprécié la délicate surprise que nous ont appor-\ntée les concerts du Vendredi-Saint, en mettant à leurs programmes des\nauteurs et des œuvres pour la plupart assortis à la circonstance ? Wagner,\nque l'on nous avait accoutumés à regarder comme le musicien \" spiri-\ntuel \" par excellence, y parut à peine ; et c'est à César Franck, à M. Gabriel\nFauré avec lui, qu'allèrent les honneurs de la semaine. Le premier\ntriomphait à la fois au Châtelet avec les Salle Gaveau avec\nRébecca,au Théâtre Réjane avec sa symphonie et l'interlude de\nLe Conservatoire et le Concert Lamoureux donnaient en même temps\ncette partition d'une si ferme pureté de lignes et d'esprit, où M. Fauré\na chanté avec une tendresse indiciblement consolante le mot unique, le\nplus doux, le plus sûr que puisse entendre l'homme : requiem !\n\nGaston Carraud."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.11.2.1", "titre_corps": "M. RHENÉ-BATON", "titre_sommaire": "M. 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Sans doute, la masse du public n'y a pas la\nvive sensibilité et le raffinement artistique qui distingue le public bruxel-\nlois ; mais on y respire une vie plus large, d'une pulsation plus énergique.\nLes initiatives individuelles n'y sont peut-être pas plus nombreuses\nqu'ailleurs, mais elles ne tombent pas dans le vide et sont à peu près\nassurées, si elles sont intéressantes, de trouver des concours, un appui\nmatériel, des finances. L'argent n'y est pas plus abondant qu'ailleurs, mais\nil roule... Lorsque se constitua la société des en moins\nd'une semaine, nous dit-on, un capital de 75.000 francs était souscrit.\nCe n'est pas à Anvers que l'on perdrait trente ans en stériles lamentations\nsur l'absence d'une salle de concerts acceptable, sans que l'autorité locale\nni l'initiative privée s'émeuvent, sans qu'aucun de ceux qui se lamentent\nsonge à mettre la main à la poche ! Il y a quelques années, nous eûmes\ncette honte : Enthousiasmés par une magnifique exécution de YOorlog\n{la Guerre), l'oratorio de Peter Benoit, sous les auspices du Peter Benoits-\nFonds., nous nous étions mis en rapport avec les dirigeants de cette\nassociation afin de les amener à venir, solistes, chœurs et orchestre, donner\nla même œuvre à Bruxelles. La chose parut fort réalisable et des pour-\nparlers étaient engagés, quand on s'aperçut qu'il n'y avait pas à Bruxelles\nune salle de concert, ni une scène, capable de recevoir les mille exécu-\ntants qui tenaient à l'aise sur l'estrade de la belle salle de concerts de la\nZoologie d'Anvers ; et notre beau projet s'en alla à vau-l'eau...\nSongez maintenant à ceci : Il y a huit ans, à Anvers, un jeune\nmusicien de nos amis, élève de Peter Benoit, M. Louis Ontrop, conçut\nl'idée de fonder une société de concerts pour l'interprétation des grands\nouvrages de musique sacrée. Moins par le prestige de la renommée et\nl'empire d'une volonté tyrannique que par l'enthousiasme communicatif\nde la foi artistique et par l'attirance propre à une personnalité éminem-\nment sympathique dans sa modestie et son désintéressement ; aidé d'ailleurs\nde deux autres jeunes gens, MM. J.-A. Stellfeld, avocat, et Jules Boelaerts,\npréfet des études au Conservatoire, qui aujourd'hui encore composent avec\nlui tout le comité de l'entreprise, il réussit à faire prospérer celle-ci d'une"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "manière inattendue. Aujourd'hui en effet, la Société de concerts de musique\nreligieuse, favorisée de hautes protections, gratifiée de subsides des trois\npouvoirs officiels,1 compte treize membres fondateurs, cent vingt-cinq\nmembres protecteurs, deux cents choristes amateurs assidus aux répétitions,\net se trouve en situation, matériellement et artistiquement, d'entreprendre\nl'exécution des plus importants ouvrages de la littérature ancienne et\nmoderne, d'organiser en somme de véritables festivals artistiques, visités\npar des milliers d'auditeurs, dont bon nombre d'étrangers.\nUn simple coup d'œil sur les programmes des quinze concerts\norganisés au cours des sept premières années édifie pleinement sur\nl'activité et sur la courbe ascendante de l'institution. La première année,\nce furent des compositions de Henri Schiïtz, Praetorius, Palestrina,\nBeethoven, Benoit, et le Miserered'Allegri ; puis vinrent le de\nPalestrina, les Psaumes de la Pénitence de Lassus, du Vittoria, du Marcello.\nEn 1905, la société, s'écartant momentanément de son programme,\norganise des auditions de musique instrumentale ancienne: Telemann,\nHândel, Marcello, Rameau, ainsi que d'anciens madrigaux français et\nitaliens. Ensuite on tenta un grand effort : l'exécution intégrale de la\nPassion selon Saint Jean,qui n'avait pas encore été exécutée en Belgique.\nLe succès fut considérable ; un fonds de garantie, souscrit pour couvrir\nle déficit éventuel, ne dut pas être entamé. En 1906, on donne la\ndes Damnés de Carissimi, la cantate de Bach pour le second jour de la\nPentecôte, et, à partir 1907, la société n'exécuta plus que des oratorios:\nle Requiem allemand de Brahms, le Purgatoire de Ryelandt. L'année\nsuivante, elle assit définitivement sa réputation par l'exécution du\nde Hândel, rendu avec un grand souci de style avec des solistes de\npremier ordre. L'œuvre dut être reprise l'an dernier, qui vit également\nl'exécution de Judas Macchabée de Hândel. Enfin, il y a quelques\nsemaines, nous étions conviés à l'exécution de la de\nBeethoven.\n\n1 II serait puéril de nier que, sous un gouvernement catholique, le caractère de l'association ne soit pour\nquelque chose dans l'octroi de ces subsides. Exactement pour les mêmes raisons, mais en sens inverse, elle\npourrait, en cas de changement de régime, faire une croix sur les subsides gouvernementaux. Mais tout cela\nn'a rien à voir, supposons-nous, avec le talent du chef et des membres actifs, ni le mérite des exécutions."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "Cette exécution fut des plus remarquables. Il importe peu, en\nsomme, que, pour des raisons locales,1 l'orchestre, tant aux cordes que\ndans certaines parties des bois et des cuivres, montrât quelque faiblesse\nd'accent et de sonorité, dans cette œuvre où la voix humaine remplit un\nrôle de tout premier plan. Or, les parties vocales étaient représentées ici\nde manière à satisfaire les plus exigeants. Le quatuor solo était d'une\nhomogénéité certes rarement réalisée ; le soprano d'une cristalline pureté,\nample et rond cependant, de M\"1 Tilly Cahnbley-Hinken (de Dortmund)\nse mariait particulièrement bien avec le contralto étoffé, aux sombres\nchatoiements, de Mme Flona K. Durigo (de Budapest), les parties de\nténor et de baryton étant respectivement tenues par les solistes bien\nconnus MM. R. Plamondon et Frœlich. Quant aux chœurs, ces\nterribles chœurs beethovéniens, écrits comme pour les plus complaisants\ndes instruments, avec leurs tenues sur des aigus chœurs multipliant\nles difficultés de la Neuvième, ils furent exécutés dans la perfection,\nsans une défaillance, par deux cents voix bien stylées et entraînées, atta-\nquant avec ensemble et sûreté, chantant avec l'ardeur et la conviction\npropres aux chorales d'amateurs. Tels passages de nuancement particuliè-\nrement délicat, le doux balancement des voix au le\nphrasé des ténors dans Fhosannahy donnaient la mesure des résultats\natteints. Le solo de violon du Benedictus était confié à l'archet délicat de\nM. Albert Zimmer, M. Vander Paepen tenant la partie d'orgue.\nL'interprétation elle-même, si controversable dans cette œuvre\nd'une religiosité si subjective et d'une expression si mouvante, si tour-\nmentée, fut, sous la direction énergique et enthousiaste de M. Ontrop,\nchaleureuse, émue, vibrante, d'une belle souplesse de mouvements et de\nnuances, attestant (de même que l'excellente notice analytique du pro-\ngramme, signée du chel lui-même) une connaissance approfondie et une\nétude méditée du monumental ouvrage.\n\nErnest Closson.\n\n1 II n'existe pas à Anvers, en dehors des théâtres, d'orchestre indépendant, mais des groupements occasion-\nnels constitués à l'aide d'éléments empruntés aux théâtres et ailleurs.\n5"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.12", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "BIBLIOTHÈQUE WECKERLIN. La grande vente\nque tous attendaient, et dont Leipzig a fini par être le témoin,\nvient d'avoir lieu. La bibliothèque réunie au cours de ces quarante\ndernières années par la patiente volonté de Weckerlin est actuel-\nlement dispersée. On a beaucoup vanté cette collection et avec\nraison, mais sans remarquer qu'elle n'était en réalité qu'une\nbibliothèque de doubles. La véritable bibliothèque Weckerlin se\ntrouve au Conservatoire de Musique de Paris : on en saura toute la\nvaleur le jour où un catalogue la rendra facilement accessible. La\ncollection vendue à Leipzig est en quelque sorte le superflu\namassé par un bibliophile acharné, dont toutes les passions, toutes\nles ambitions s'étaient concentrées sur un même objet, le livre de\nmusique.\nNous avons tous connu le \" père Weckerlin hirsute sous\nson pardessus négligent, indifférent aux voitures qui mettaient sans\ncesse sa vie en danger, trainant un peu la jambe pour venir s'asseoir\nà l'hôtel Drouot. Là, d'un air volontrairement dégagé, il laissait\npasser devant lui le flot des épaves que les ventes apportaient, et\nchoisissait le volume rare dont il connaissait bien la valeur.\nWeckerlin n'achetait pas cher; je ne me rappelle guère l'avoir vu\ns'emballer qu'à la vente du baron Pichon. Il eut cependant le\ncourage de donner mille francs de YOdechaton de Petrucci à une époque où c'était une folie,\net Ambroise Thomas fut bien près de ne pas ratifier cette folie d'un bibliothécaire mélomane.\nCes temps sont loin. Aujourd'hui la bibliothèque particulière de Weckerlin produit plus de\ncinquante mille francs. Elle lui avait, m'écrivait-il, coûté trente mille. On raconte qu'il l'a\ncédée au libraire, vendeur actuel, pour dix mille. Le plus haut prix a été atteint par la musique\ndu fermier général Ferrand; le manuscrit de Zèliey orné superbement par Moreau a presque\natteint trois mille francs. Le recueil de Mangeant a fait 1250. La belle série des Chansons a\ndanser, iooo frs ; les poinçons de la maison Ballard que Weckerlin avait trouvés en un sac chez\nleurs successeurs actuels, 200 fcs ; le Mersenne 900 ; VErminia de Michelangelo Rossi (1637)\n1000 fcs, et 1000 aussi le Cerone. Les tablatures se sont bien vendues : Gaultier 650, Gallilèe\n650, Delair 200, Perinne 1000. Ce sont ces livres de luth qui me paraissent avoir réellement\napporté du nouveau aux prix de vente habituels. Tout le reste s'est tenu dans la moyenne à\nlaquelle on pouvait s'attendre. D'ailleurs, en vendant à Leipzig on atteint surtout le libraire de\nprofession, et, si l'on est sûr d'éviter un désastre, on n'a pas, d'autre part, la grande chance de\nLondres ou de Paris, la chance de la vente sensationnelle. Pour la musique, qui est encore en\nsuspicion dans notre librairie, cela vaut peut être mieux. Soyez bien sûr que les 50,000 fcs des"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.72", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "livres Weckerlin vont en produire 80,000 entre les mains des hommes patients et avertis qui\nles ont acquis. La France était naturellement très peu représentée à cette solennité. Ni le Con-\nservatoire, ni la Bibliothèque Nationale n'ont mis une enchère. Est-ce bien habile de leur part ?\nJ. E.\nBOLETTINO DELL'ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI ITALIANI.\n(puntata I & II.)\nVoici l'amorce d'une œuvre gigantesque de bibliographie musicale, et si considérable que je\nme demande comment elle pourra être menée à bien. Il faut toute la courageuse audace de\nde notre éminent collègue M. Gasperini, de Parme, pour s'attaquer ainsi au dépouil-\nlement systématique de tout ce qui existe en fait de musique dans les dépôts et collections\ndu royaume d'ltalie. Tous les musicologues sont de cœur avec une si belle entreprise, qui\nrenouvellerait nos études par les trésors qu'elle mettrait au jour. Les deux premiers fascicules\ncommencent par la Bibliothèque de Parme. Ils contiennent les œuvres théoriques et le début de\nla série des œuvres pratiques. La rédaction de ce catalogue s'inspire un peu de l'exemple donné\npar le catalogue du Liceo de Bologne,mais sans se laisser entraîner par la curiosité archéologique\nde Gaspari. Et je me demande même, si les descriptions n'en sont pas encore un peu étendues.\nCar, remarquez, le bien, il existe bon nombre de livres imprimés que les bibliographes retrouvent\npartout, et dont la physionomie n'a plus besoin d'être retracée. Nous les connaissons. Nous\ndevons seulement être avertis de leur présence. M. Gasperini me sait assez de ses amis pour ne\npas croire que je lui cherche ici une mauvaise querelle. Mais j'estime très sincèrement que le\nmoment est venu pour notre bibliographie de faire œuvre d'information brève et non plus\nde curiosité. Et cela dans l'intérêt de notre temps qui est précieux. Si nous trouvons par\nexemple : Bonanni (F.) Gabinetto armonico, Roma 1722 40, nous sommes renseignés ;et\nce renseignement suffit. Plus tard, lorsque tous ces inventaires seront au complet, alors, nous\npourrons faire un répertoire complet. Et, pour reprendre mon exemple, les différents exem-\nplaires de Bonanni pourront être collationnés et feront l'objet d'un article définitif. Mais actuel-\nlement, nous avons besoin de savoir, et le plus vite possible, ce qu'il y a dans les bibliothèques,\nnon pas ce qu'il y a dans les livres de ces bibliothèques. Enfin, puisque j'en suis à formuler des\nvœux, je trouverais fort bon que le Bollettinofut rédigé sur des fiches imprimées, puisqu'il doit\nformer le dépouillement successif d'une foule de dépôts. Car, au bout de quelques fascicules\nl'ouvrage deviendra très difficilement maniable, et une fois terminé, il nécessitera des tables\nimmenses. Avec la fiche, le souscripteur classe les volumes à mesure qu'il les reçoit et plus l'œuvre\ngrandit, plus elle est utile. Ces remarques n'enlèvent pas le grand mérite du\nBIBLIOTHEQUE D'UPSALA. Nous sommes très heureux d'annoncer que notre\nami M. Rafaël Mitjana vient d'être chargé par les autorités suédoises de dresser et de publier\naux frais du gouvernement suédois, le catalogue des imprimés de musique du XVIe et XVIIe\nsiècle, conservés à la bibliothèque d'Upsala. M. le Dr. Collijn lui est adjoint pour ce travail\ndélicat et considérable. L'ouvrage sera méthodique, c'est à dire divisé en trois grandes parties :\nAnonymes Musique profane Musique instrumentale. Il sera avant tout descriptif et\ncritique, et formera, non seulement un inventaire mais encore un instrument de bibliographie.\nLes feuilles que M. Mitjana a bien voulu nous communiquer montrent avec quel soin des dé-\ntails et de la typographie l'œuvre sera conduite.\nNotre S. I. M. applaudit d'autant plus à cette initiative, qu'elle a contribué à la provoquer.\nNous avions en effet proposé à M. Mitjana d'accueillir cette publication dans notre revue sous"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3479, "texte": "forme d'appendice, comme nous l'avions fait pour le répertoire dramatique de M. de Curzon,\net comme nous allons le faire pour la Bibliographie Exotique de M. G. Knops. Mais la Biblio-\nthèque et l'Université d'Upsala ont revendiqué pour elles même l'honneur de faire connaître\nles trésors de ce fonds, qui est certainement l'un des plus riches du monde entier.\nFARMER (H. G.) Memoirs of the royal artillery Band. (Reeves 1904 in 8° de 189 pp.)\nDéjà ancien, ce volume parait devoir être mentionné ici, et connu du public français. Ne\nserait-ce que pour servir d'exemple à ceux de nos chefs de musique militaires qui voudraient\nentreprendre une étude de ce genre. Il y a beaucoup à écrire sur la musique militaire. Les\ndocuments abondent, et un très gros ouvrage ne serait pas de trop sur cette matière. Les\n\" Memoirs \" de la musique du Royal Artillerie anglais, bien présentés, illustrés et confortables\nforment un livre de très agréable lecture.\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical chart of musical History. (London Reeves\nin fol.)\nIl y avait longtemps que je n'avais vu un nouvel essai de tableau synoptique de la musique.\nCelui de M. Harris est forcément très sommaire puisqu'il a la prétention de faire tenir toute\nl'histoire de la musique, de sa notation, de ses formes, de ses instruments et de sa technique en\nune grande page in folio.\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves, in 120.)\nCe petit volume est le cours d'ouverture professé par M. Buck à la classe d'orgue\nau Collège of Music de l'Université de Boston. Il est orné de très curieuses reproductions\nde vieux spécimens d'orgues ; notamment deux d'entre elles, tirées de mss. du haut moyen-âge\nsont instructives. M. Buck part d'une idée que certains trouveront trop ingénieuse, mais que je\nne lui reprocherais pas, ayant moi même fait à propos du luth, une communication du même\ngenre à notre Section de Paris, il y a deux ans. Il met en parallèle les destinées de la royauté\net celles de l'orgue ; la comparaison est bien menée et judicieuse.\nROUGNON. (Paul) Dictionnaire musical. (Delagrave in B°.)\nToutes les locutions étrangères se trouvent rassemblées dans ce volume, précieux pour tous\nceux qui veulent savoir les termes qu'ils emploient. Historiquement, il y aurait une bien\ncurieuse étude à faire sur ces mots qui furent les agents de l'expression musicale, et les repré-\nsentants du sentiment. M. Rougnon touche ce problème dans une préface rapide qu'il devrait\nun jour développer.\nROBERT (G.) Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in B°.)\nLa petite brochure de M. Robert tend simplement à atténuer ce que les thèses de M.Pirro\net Schweitzer ont de trop catégorique à son avis, et pour ainsi dire de trop abstrait. Il est assez\ndifficile de prendre position dans ce débat. Remarquons d'ailleurs que Pirro est plutôt un\nhistorien chez qui la doctrine est l'accessoire, tandisque M. Robert tient avant tout à la doc-\ntrine et discute pour la préciser. Dans quelle mesure les musiciens allemands de cette grande\nécole du XVIIe et XVIIIe siècle ont-ils tenu compte de ce goût de la description par les sons,\njusqu'à quel point ont ils poussé le déterminisme de ces tendances et la systématisation de ces\nhabitudes, c'est ce que l'histoire ne peut encore nous dire. L'étude que prépare Pirro sur\nBuxtehude jettera de nouveau quelque lumière sur cette obscurité, et nous arriverons peu à peu\nà connaître la vérité. Que l'esthétique fasse encore ici crédit à l'expérimentation."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.74", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "MARECHAL (H.) & PARES (G.). —Monographie universelle de l'Orphéon. (Delagrave\nin 12 de 320 pp.; 3 fr. 50.)\nL'Orphéon ! Le mot fait sourire à Paris, et il n'est peut-être pas vin musicien éminent\nqui consente à tourner ses regards de ce côté. On ne veut pas réfléchir au chiffre énorme\nd'amateurs fervents que cache ce terme démodé. Ils sont cinq cent mille en France,\nles orphéonistes avec leurs manifestations périodiques, leurs répertoires, leurs mœurs et\nleurs revendications. Au XIXe siècle Wilhem et Abel Simon les ont fait sortir du sol, grâce à\nune activité qui mérite de ne pas être oubliée. Laurent de Rillé fut leur père artistique, et\nBourgault-Ducoudray mit à leur service une part de son énergie. Ils donnèrent des preuves de\nleur puissance, la puissance du nombre et de la conviction; ils formèrent des festivals monstres,\nils répandirent des millions à travers le pays. Et malgré tout, leur situation est en quelque sorte\nen marge de la vie musicale proprement dite de la nation. Pourquoi ? Si vous voulez le savoir\nlisez attentivement ce livre, tout d'impartialité documentaire, qui montre simplement ce qui a\nété fait en Irance et à l'étranger.1 Et ajoutez lui le rapport que la Fédération du Rhône vient\nd'adresser au Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux Arts, par les soins de son vaillant président,\nM. Dalin de Lyon. Vous verrez ce qu'il manque au mouvement orphéoniste pour remplir le\nrôle qu'il s'est à lui-même proposé. Il y a là de très graves questions, souvent trop mêlées à des\npersonnalités, et à des nécessités financières ou commerciales. Nous y reviendrons un de\nces prochains jours. Il est temps que les revues de musique mettent loyalement leur influence\nau service d'une si belle cause.\nMARTINEAU (R.) Emmanuel Chabrier (Dorbon aîné, éd. Paris).\nIl me plaît de penser que j'ai un peu contribué à la publication de cet ouvrage\nen y encourageant son auteur, à la fois parce que je savais la minutieuse conscience de\nRené Martineau, et parce qu'on ne rendra jamais assez justice, au plus mal connu, au\nplus méconnu, et cependant peut-être au plus français de nos compositeurs français. Tel qu'il\nest ce petit ouvrage est excellent, non qu'il apporte à l'étude de Chabrier des sentiments ou des\nimpressions d'une nouveauté considérable, mais qu'il réunit une documentation précieuse.\nL'esprit qui en a relié les éléments est conforme à la réalité (qui ne fait guère que se dégager\nmaintenant) du rôle joué par Chabrier non seulement durant sa vie, mais depuis sa mort\npar l'influence ou tout au moins le témoignage qu'il a apporté à la nationalisation de\nnotre musique.\nL'intelligence avisée de Chabrier et son sens du comique musical, sont deux éléments où\nse référeront toujours avec avantage nos musiciens..\nEt j'en voudrais presque à René Martineau de n'avoir pas insisté sur la qualité de\n\" précurseur \" : sur ce titre de patron de la musique française qu'on peut donner à Emmanuel\nChabrier, bien plus équitablement qu'on ne l'a fait au génie Wallon qu'est César Franck.\nMais le petit ouvrage de René Martineau n'est point une œuvre de discussion, ni une thèse,\nc'est un ouvrage documentaire auquel ne pourront manquer de se rapporter tous ceux\nque l'œuvre et la vie de Chabrier peuvent attirer, et je pense que l'attirance de Chabrier se\nfera de jour en jour plus grande : un mouvement semble bien se dessiner actuellement\nen ce sens.\nOutre ses qualités personnelles le livre de René Martineau possède celle de venir à son\nheure.\n\n1 La documentation étrangère a été réunie par voie diplomatique. Elle est fort intéressante. Mais pourquoi\nnotre consul de Bangkok veut-il que le chant national siamois ait été composé par Lully ?"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "Je rectifierai simplement à la page 90 un petit point documentaire. Le duo de F ouvreuse\nde VOpéra-Comique et de remployé de Bon-Marché n'est pas resté inédit. Il a été publié dans le\nFigaro Musical. Avril 1893. no 19, page 79. Ce duo est extrait d'une revue de Paul Fuchset\nHenry Lyon, intitulée Cent moins un. Tous les amis de la cantatrice Henriette Fuchs avaient\ncollaboré à cette revue: c'étaient Pauline Viardot, Delibes, Massenet, Guiraud, Dubois, Joncières,\nChabrier, Lecoq, Wormser, Peiffer, Thomé, Widor, Lenepveu, Messager, Vidal, Pierné,\nd'lndy, Chausson, Tiersot, de Kervegnen, Bemberg et Palicot.\nIl serait assez curieux de pouvoir retrouver aujourd'hui quelques-uns des morceaux de cette\nrevue.\nG. JEAN AUBRY.\nJULIEN TIERSOT. Gluck (collection : les Maîtres de la Musique). Paris, Alcan,\n1910, in-8, 249 p.\nC'est chose assez curieuse, et cependant parfaitement explicable, que l'on ait manqué si\nlongtemps, chez nous, d'une biographie de Gluck, aussi bien que d'une biographie de Rameau\nou de Lully. Beaucoup de volumes et de brochures, souvent médiocres, quelquefois excellents,\nparaissaient sur les classiques allemands, alors que nous ne possédions encore, sur Gluck, que\nla compilation de Desnoiresterres, et sur Rameau et Lully, rien ou à peu près rien : c'est qu'il\nétait fort aisé d'abréger ad usum Delphini des monographies étrangères, et fort long et difficile\nde remonter aux sources et d'apprendre à connaître et juger par soi-même ; c'est aussi qu'il\nétait profitable aux librairies d'exposer en vente des ouvrages relatifs à quelques musiciens\nuniversellement célèbres, et au contraire, aléatoire de proposer au public des études consacrées\nà des maîtres oubliés, dont à peine il avait entendu un air ou un rigaudon. Il nous souvient\nd'avoir, il y a vingt ans, vu confondre, par des \"amateurs\", Orphée tout court avec Orphée\naux enfers. Les temps sont assez changés pour que pareil accident devienne rare, et les \" snobs \"\nqui ont succédé aux u dilettanti \" font au moins quelques efforts pour paraître renseignés.\nGluck, bavarois de naissance, nous appartient, comme le florentin Lully, par le meilleur\nde son génie, par ce que son historien actuel, M. Tiersot, appelle justement son \"œuvre\ndéfinitive \". Voici maintes années que M. Tiersot vit dans son intimité. Appelé à terminer la\ngrande édition en partition d'orchestre, qu'avait commencée Mlle Pelletan, il a mené à bien la\npublication d''Orphée et celle d'Echo et Narcisse. Ses préfaces, ses études de détail sur la vie et\nles ouvrages de Gluck sont fort importantes et présagent la valeur du livre qu'il prépare sur\n\" Chr.-W. Gluck et la philosophie du XVIIIe siècle \". Celui qu'il fait paraître aujourd'hui\nsous la couverture bleue de la collection \" les Maîtres de la Musique \" fera patienter les plus\npressés et contentera les plus difficiles. Au point de vue des progrès que peut et doit faire le\npublic dans la connaissance de Gluck, il y aura tout à gagner à ce que le petit volume de\n\" vulgarisation \", concis, attrayant et sûr, ait précédé, cette fois, le gros livre d'\" érudition\nMICHEL BRENET.\nTAYLOR. LA PSYCHOLOGIE DU CHANT. (The Macmillan Company, New-York, 1908).\nJe voudrais voir ce livre entre les mains de tous ceux qui enseignent, —ou prétendent\nenseigner, le chant. Il leur donnerait à réfléchir sur la valeur de certaines doctrines trop\nuniversellement admises\nDans sa première partie, M. Taylor fait un exposé des diverses méthodes de culture vocale.\nC'est déjà une tâche ardue : elles sont légion : beaucoup de maîtres s'autorisent de la physiologie,\nd'autres ont ressuscité l'ancienne école italienne (où donc l'ont-ils retrouvée ?) d'autres"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.76", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "enseignent le chant naturel et ne sont pas pour cela plus simplistes que leurs confrères ; d'autres,\nenfin, se targuent d'appliquer un système et ne s'aperçoivent pas qu'ils en pratiquent un autre.\nAyant exposé toutes ces méthodes, M. Taylor, s'occupe dans sa seconde partie, défaire leur\nprocès à chacune d'elles. Il s'attaque tout d'abord à ceux qui prétendent baser l'émission vocale\nsur un système respiratoire, quel qu'il soit. \" Il n'a jamais été prouvé nous dit-il que l'usage\ncorrect de la voix soit en relation avec le système respiratoire Les exercices respiratoires,\nimposés aux élèves, simples en apparence, représentent un formidable travail musculaire.\nPourquoi respirer en chantant autrement que dans la vie courante ? Un orphéoniste, un joueur\nde tuba, par exemple, marchera pendant plusieurs heures, portant son pesant instrument et le\njouant la moitié du temps. Considérons-le comme un objet digne d'admiration et de sympathie,\net ne nous embarrassons pas de trop de principes.\nLes principes vocaux varient, d'école à école, et même de maître à maître : vous n'en\ntrouverez pas deux qui soient d'accord pour la position correcte du larynx : les uns vous\nrecommanderont de l'élever autant que possible, les autres de le baisser, d'autres varieront selon\nla hauteur de la note à émettre. La position de la langue et du palais n'est pas mieux établie ;\nla question des registres n'a jamais été vérifiée au laryngoscope ; le coup de glotte, quelquefois\nréputé excellent est, quelquefois totalement proscrit.\nM. Taylor en veut tout particulièrement à la méthode scientifique. Selon cette méthode, la\nproduction tonale devient un problème physiologique. Après une description détaillée des\norganes vocaux, le maître essaye de faire à l'élève l'explication exacte des opérations musculaires\nà effectuer : il n'oublie qu'une chose, c'est que la science n'a jamais jeté aucune lumière sur le\nfait de la production vocale CORRECTE : elle contrôle seulement le son, lorsqu'il a été émis.\nChose plus grave, d'après ce système, l'émission du son devient d'une prodigieuse complexité.\nLes opérations à accomplir dans ce but ne demandent pas moins d'une page entière d'explica-\ntion. Et elles doivent s'effectuer en une seconde! Un élève tant soit peu doué au point de vue\nvocal est généralement tout à fait abasourdi en voyant une chose aussi simple s'entourer de tant\nde mystère.\nLes moyens empiriques empruntés à l'ancienne tradition italienne ne reposent guère sur\nune base stable, si l'on veut les prendre àla lettre. Que signifie, par exemple, les phrases\nconsacrées: Soutenez le son. Chantez dans Le vide Si l'opération se passe dans le\nvide, elle ne sera pas simplifiée pour cela, au contraire. Ce système se complète par l'étude des\nsensations vocales. En décrivant à l'élève ce qu'il doit ressentir lorsque l'action vocale est\ncorrecte, on croit lui enseigner le moyen de l'effectuer. On lui dit, par exemple :\nle son vibrer à la racine des dents supérieures ou encore : Ces\nraisonnements pèchent par la base. Pour que l'élève ressente ces sensations, il faut forcément\nqu'il ait trouvé une première fois, moyen de les produire. Il y a là tout au plus un moyen de\ncontrôle.\nTous ces procédés musculaires ne sont que des à peu près, et il serait aisé de les démolir.\nLeur facile empirisme répond pourtant à quelque chose; et c'est ici que M. Taylor devient\nexcessivement ingénieux, avec sa troisième partie : les bases d'une science vocale. J'aimerais à\nrapprocher ces chapîtres du livre publié il y a deux ans par M. Bonnier sur le même sujet.\nM. Bonnier et M. Taylor semblent souvent s'être donné le mot. Mais M. Bonnier fait\ndu problème vocal un problème d'acoustique et M. Taylor en fait un problème d'audition. Le\nLe premier nous dit : placez la voix au plus loin, au but même où elle doit être entendue ; le\nsecond nous dit : écoutez-vous vous-même ; écoutez le maître qui vous donne l'exemple. Pour\nguider une voix, il ne faut QUE l'écouter. L'IMITATION est la seule base rationnelle de la\nculture vocale. A. M."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.77", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4314, "texte": "MATHIS LUSSY. Ceci n'est qu'une simple note pour apprendre à nos lecteurs que\nMathis Lussy a existé, et que son nom appartient à l'histoire de la psychologie musicale. Il est\nmort en janvier dernier, âgé de quatre-vingt-deux ans. Charles Lévêque l'appréciait et\nattachait à ses travaux une importance capitale. Jules Combarieu paraît bien s'être inspiré de\nlui, sinon de lui seul dans son travail sur le Rythme. Les ouvrages de Lussy sont, outre le\nlivre fait en collaboration sur Y Histoire de la notation musicale, deux autres livres, l'un sur\nY Expression musicale, l'autre sur le Rythme; la dernière brochure dont le titre est Y Anacrouse les\nrésume. Les ouvrages de Mathis Lussy sont édités par la maison Heugel.\nHans de Biïlow considérait Lussy comme l'inventeur de Y Anacrouse. \"Anacrouse \" est le\nnom de ces membres de phrases musicales qui ne font point partie du corps même de la phrase\nqui la préparent, et en la préparant, Y animent. Dans l'ordre des gestes il en est d'avant\ncoureurs qui facilitent le geste essentiel en aidant, à la fois, à son efficacité et à sa grâce. Dans\nle premier nocturne en si bémol mineur de Chopin les six premières notes: si do la rè si Wjouent\nle rôle d'Anacrouse ; l'on peut s'en assurer par la phrase incidente qui lui fait suite.\nLa découverte de l'anacrouse, le jour où les travaux de Lussy seront connus de tous les\nmusiciens, permettra d'analyser intelligemment et intellectuellement la phrase musicale. Je n'oserai\ninsister sur l'importance de Y Anacrouse au point de vue pathétique, cela m'entraînerait à des\ndistinctions dont la subtilité rebuterait le lecteur et dont la brièveté obligée l'irriterait peut-\nêtre davantage. Et si je me permettais une allusion à la portée, psychologique de Y Anacrouse\nj'encourrais le reproche d'exagérer délibérément l'intérêt d'une simple remarque.\nL'anacrouse est en effet un élément accessoire. Il n'influe pas sur la forme d'une phrase.\nLes notes de la suite desquelles cette phrase est faite, restent ce qu'elles sont. On sait la\nremarque du poète : sans le soleil \"chaque chose ne serait que ce qu'elle est\". Il en est un peu\nde l'anacrouse ainsi que du soleil. Son influence s'exerce sur le mouvement de la phrase, car\non sait qu'une phrase musicale se dessine en même temps qu'elle se meut et que les modalités\nde son mouvement contribuent, sinon à sa manière d'être, du moins à sa manière de vivre\npendant l'infiniment courte durée de vie que le destin lui réserve. Et c'est pourquoi l'anacrouse\nest un principe d'animation, de coloration. Nous lui donnions tout à l'heure la portée d'un\ngeste avant-coureur et nous disions fort bien, ce nous semble. Le mot grec anakrousis a en\neffet le sens de prélude. Etymologiquement il signifie une action en arrière, un recul. De ce\ngenre est essentiellement le \" recul pour mieux sauter \"\nOn pourrait soutenir, sans exagération, que la mise en valeur des éléments anacrousiques\nde la phrase musicale est le centre de la psychologie musicale de Mathis Lussy. Il ne s'est\nd'ailleurs jamais donné pour un psychologue. Il n'a pas appris la psychologie. Je ne sais même\ns'il a lu quelques traités élémentaires sur les \" Facultés de l'âme. \" J'irais d'ailleurs jusqu'à\nsoutenir qu'il a bénéficié de son ignorance. C'est par l'inspection directe de .la phrase musicale,\nqu'il s'est révélé psychologue, en faisant des éducations de pianiste, en s'efforcant de remédier à\nl'insuffisance de réflexion ou d'intelligence d'un élève.\nQuel grand psychologue de la musique Lussy n'eût-il pas été, si au lieu d'être l'aîné\nd'un Cari Stumpf, il avait eu l'âge de ses étudiants d'aujourd'hui !\nJe me le suis dit souvent. En me l'entendant dire, Lussy m'aurait souri, de ce bon et\nindulgent sourire que ses amis lui connaissaient. \" Ne croyez pas cela, m'aurait-il murmuré à\n\" l'oreille. Je suis de ces innocents aux mains pleines qui n'ont rien appris parce qu'ils ont su\n\" à l'avance ce qu'il était essentiel de savoir sans avoir besoin d'aller consulter tel maître ou\n\" tel livre. Les intuitifs n'ont d'autre maître qu'eux-mêmes. Ils ouvrent les yeux, et ils voient.\n\" Et quand ils racontent ce qu'ils ont vu, ils s'aperçoivent bien que ceux qui les écoutent ne\n\" les croient pas toujours. Mais ils savent attendre, assurés, qu'un jour ou l'autre, il leur sera\n\" donné raison. \" ,"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.78", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "Et puis Mathis Lussy tenait bien plus au succès de ses découvertes qu'à la durée de son\nnom. Il était d'une sagesse pour le moins égale à sa bonne humeur. Et c'est beaucoup dire.\nLIONEL DAURIAC.\nCHANTS ET CHANSONS \\du Nivernais M ILLIEN,\navec les airs notés par J. G. PÉNAVAIRE. Paris, Leroux, 2 vol. in-8.\nSur trois volumes que cette collection doit comprendre, les deux premiers seulement sont\nparus. Nous n attendrons point le dernier pour saluer cette contribution importante aux études\nde folk-lore musical.\nIVL Achille Millien, qui est un connaisseur averti de la littérature et des traditions\npopulaires, a songe reunir et conserver ce que notre province de Nivernais garde encore de son\npassé qui chante. A cette bonne tache il a consacre un temps précieux et sa peine n'a point\nété perdue. L'œuvre de son collaborateur musicien, M. Pénavaire, aujourd'hui disparu, nous\nconcerne ici plus immédiatement. Elle appelle une critique grave. IVL Pénavaire était violoniste\net compositeur. le sens du folk-lore me semble pas lui être jamais venu. Il a noté, nous\napprend la préface, deux mille six cents mélodies ! En a-t-il pénétré l'âme intime ? Pour notre\npart, nous ne le croyons pas. Que penser en effet de cette déclaration ? \"Il n'est pas toujours\ncommode de noter avec soin ces vieilles et souvent charmantes mélodies populaires et de les\nramener a l exacte mesure, Jai essaye de le faire de la façon la plus simple. Quelques récolteurs,\nvoulant rendre de leur mieux les fautes du chanteur, écrivent avec plusieurs changements\nexagérés de mesure ; des £ et des | succèdent à des f ou à des f ; d'autres n'écrivent que des\nvaleurs de notes non mesurées, tempo rubato, forme plain-chant ; cette recherche d'écriture,\nlorsqu'elle n'est pas obligatoire parait un peu prétentieuse pour une pauvre petite chanson. \"\nEt M. Pénavaire de conformer ses notations à son principe et de faire, bon gré, mal gré,\nrentrer ce qu il entend et ce qu il transcrit dans le moule d'une mesure fixe. Il méconnaît ainsi\nce que des folkloristes très autorisés, qui sont en même temps des maîtres de la composition\nmusicale ou des historiens de la musique, ont reconnu; Vincent d'lndy, Tiersot, Olmeda,\nPedrell, Lissenko, Kuhacs, Rimsky-Korsakov et tant d'autres ont fait accepter le principe de\nla liberté rythmique dans la chanson populaire, comme un dernier vestige en effet de la\ncantilène ecclésiastique du moyen âge en Occident et en Orient.\nSeulement M. Penavaire, compositeur de musique, appartient à une génération où la\ncarrure dans la phrase musicale faisait loi et le folkloriste n'a pas su dépouiller les habitudes\ndu musicien.\nFOLK SONGS frorn Somerset gathered an CECIL\nJ. SHARP and CHARLES L. MARSON. Taunton, 1904-1909. 5 volumes actuellement parus.\nFaut-il rappeler que le Somerset est un des comtés au sud-ouest de l'Angleterre, au sud\ndu canal de Bristol et de l'embouchure de la Severn ? Nous sommes en pays anglo-saxon et\nnous ne touchons pas encore la terre celtique du Cornouailles : remarque qui a son intérêt\ndans une étude de folk-lore.\nCinq volumes de cette très intéressante publication sont aujourd'hui parus. Il entrait dans\nl'esprit des éditeurs de présenter ces folk songsavec une parure harmonique sous la forme d'un\naccompagnement de piano. C'est une conception qui se défend. Nous ne l'aimons guère. Elle\nôte le caractère scientifique d'une publication bien faite, ce qui est le cas ici. La rythmique\nest généralement peu intéressante dans le folk-lore musical des peuples germaniques et anglo-\nsaxons. En revanche, les éditeurs des mélodies populaires du Somerset nous offrent d'admirables\nexemples de la survivance des tonalités ecclésiastiques à l'époque moderne. MM. Sharp et"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.79", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2407, "texte": "Marson les ont senties et respectées. Et c'est une bonne surprise, à la fin d'un recueil, qu'on\npeut croire entièrement consacré à la vulgarisation, de trouver un ensemble de notes et de\ncommentaires bibliographiques et musicaux, très intéressants et très précis, qui constituent\nl'état-civil de chacune des pièces du recueil et nous consolent un peu que ces pièces soient\nprésentées with pianoforte accompaniment. P. AUBRY.\n\nLIVRES REÇUS\nPROD'HOMME (J.-G.). Richard Wagner. (Portraits d'Hier, in 12°.)\nBOLLETTINO del l'Associazione dei Musicologi Italiani. Puntate I & 11. (Parma\n1909 in fol. de 30 pp.)\nEYQUEM (Daniel.) La Musique populaire d'après une nouvelle écriture musicale.\n(Paris 29 rue de l'Echiquier.)\nSolfège d'après la nouvelle écriture musicale et la théorie des douze sons, suivi d'exer-\ncices pratiques par Mme A. Gédalge. (Ibid. in-B°.)\nMETHODE MODALE CHIFFREE. Pour l'enseignement de la musique.\n(Association galliniste, 8 rue Caplat, in-120 de 105 pp. 2 fr.)\nMARTINE AU (René). Emmanuel Chabrier. (Dorbon ainé in-120 de 130 pp.\n3 fr.)\nROBERT (Gustave). Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in-8° de 75 pp.)\nROUGNON (Paul). Dictionnaire musical des locutions étrangères. (Delagrave,\nin-8° de 200 pp. 3 fr. 50.)\nPARES (G.) & MARECHAL (H.). Monographie Universelle de l'Orhpéon.\n(Delagrave, in-120 de 336 pp. 3 fr. 50.)\nFARMER (H. G.). History of military music in England. (London Reeves in-8°\nde 200 pp.)\nWOOLLETT (Henry). Histoire de la musique, vol. I. (Publications du \" Monde\nMusical,\" in-120 de 517 pp. 3 fr. 50.)\nSCHLESINGER (Kathleen). Instruments of the Orchestra, vol. I. (Ancient vol. 11.\n(Modem). (London Reeves, deux vol. in-B°.)\nENGEL (Karl). The Music of the most ancient Nations. (Reeves in-8° de\n380 pp. 8/6.)\nSMITH (Hermann). The Word's earliest Music. (London Reeves, in-20 de\n363 pp. 6/.)\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves in-120 de\n45 PP. i/O\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical Chart of Musical History. (London\nReeves in-fol. 1 /.)\nBARCLAY SQUIRE (W.-M). Catalogue of the printed music in the Library ot\nthe royal collège of music, London. (London Novelle in-40 de 368 pp.)\nKONGRESS der Internationalen Muzik-Gesellschaft. Troisième Congrès de la\nSociété Internationale de musique. (Vienne Artaria et Leipzig Breitkopf, in-8° de 690 pp.)\nMITJANA Rafaël). Para musica vamos !. (Valencia F. Sempere & Ca. In-120\nde 230 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.12.2", "titre_corps": "BIBLIOTHÈQUE WECKERLIN. La grande vente", "titre_sommaire": "BIBLIOTHÈQUE WECKERLIN. La grande vente", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "BIBLIOTHÈQUE WECKERLIN. La grande vente\nque tous attendaient, et dont Leipzig a fini par être le témoin,\nvient d'avoir lieu. La bibliothèque réunie au cours de ces quarante\ndernières années par la patiente volonté de Weckerlin est actuel-\nlement dispersée. On a beaucoup vanté cette collection et avec\nraison, mais sans remarquer qu'elle n'était en réalité qu'une\nbibliothèque de doubles. La véritable bibliothèque Weckerlin se\ntrouve au Conservatoire de Musique de Paris : on en saura toute la\nvaleur le jour où un catalogue la rendra facilement accessible. La\ncollection vendue à Leipzig est en quelque sorte le superflu\namassé par un bibliophile acharné, dont toutes les passions, toutes\nles ambitions s'étaient concentrées sur un même objet, le livre de\nmusique.\nNous avons tous connu le \" père Weckerlin hirsute sous\nson pardessus négligent, indifférent aux voitures qui mettaient sans\ncesse sa vie en danger, trainant un peu la jambe pour venir s'asseoir\nà l'hôtel Drouot. Là, d'un air volontrairement dégagé, il laissait\npasser devant lui le flot des épaves que les ventes apportaient, et\nchoisissait le volume rare dont il connaissait bien la valeur.\nWeckerlin n'achetait pas cher; je ne me rappelle guère l'avoir vu\ns'emballer qu'à la vente du baron Pichon. Il eut cependant le\ncourage de donner mille francs de YOdechaton de Petrucci à une époque où c'était une folie,\net Ambroise Thomas fut bien près de ne pas ratifier cette folie d'un bibliothécaire mélomane.\nCes temps sont loin. Aujourd'hui la bibliothèque particulière de Weckerlin produit plus de\ncinquante mille francs. Elle lui avait, m'écrivait-il, coûté trente mille. On raconte qu'il l'a\ncédée au libraire, vendeur actuel, pour dix mille. Le plus haut prix a été atteint par la musique\ndu fermier général Ferrand; le manuscrit de Zèliey orné superbement par Moreau a presque\natteint trois mille francs. Le recueil de Mangeant a fait 1250. La belle série des Chansons a\ndanser, iooo frs ; les poinçons de la maison Ballard que Weckerlin avait trouvés en un sac chez\nleurs successeurs actuels, 200 fcs ; le Mersenne 900 ; VErminia de Michelangelo Rossi (1637)\n1000 fcs, et 1000 aussi le Cerone. Les tablatures se sont bien vendues : Gaultier 650, Gallilèe\n650, Delair 200, Perinne 1000. Ce sont ces livres de luth qui me paraissent avoir réellement\napporté du nouveau aux prix de vente habituels. Tout le reste s'est tenu dans la moyenne à\nlaquelle on pouvait s'attendre. D'ailleurs, en vendant à Leipzig on atteint surtout le libraire de\nprofession, et, si l'on est sûr d'éviter un désastre, on n'a pas, d'autre part, la grande chance de\nLondres ou de Paris, la chance de la vente sensationnelle. Pour la musique, qui est encore en\nsuspicion dans notre librairie, cela vaut peut être mieux. Soyez bien sûr que les 50,000 fcs des"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.72", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "livres Weckerlin vont en produire 80,000 entre les mains des hommes patients et avertis qui\nles ont acquis. La France était naturellement très peu représentée à cette solennité. Ni le Con-\nservatoire, ni la Bibliothèque Nationale n'ont mis une enchère. Est-ce bien habile de leur part ?\nJ. E.\nBOLETTINO DELL'ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI ITALIANI.\n(puntata I & II.)\nVoici l'amorce d'une œuvre gigantesque de bibliographie musicale, et si considérable que je\nme demande comment elle pourra être menée à bien. Il faut toute la courageuse audace de\nde notre éminent collègue M. Gasperini, de Parme, pour s'attaquer ainsi au dépouil-\nlement systématique de tout ce qui existe en fait de musique dans les dépôts et collections\ndu royaume d'ltalie. Tous les musicologues sont de cœur avec une si belle entreprise, qui\nrenouvellerait nos études par les trésors qu'elle mettrait au jour. Les deux premiers fascicules\ncommencent par la Bibliothèque de Parme. Ils contiennent les œuvres théoriques et le début de\nla série des œuvres pratiques. La rédaction de ce catalogue s'inspire un peu de l'exemple donné\npar le catalogue du Liceo de Bologne,mais sans se laisser entraîner par la curiosité archéologique\nde Gaspari. Et je me demande même, si les descriptions n'en sont pas encore un peu étendues.\nCar, remarquez, le bien, il existe bon nombre de livres imprimés que les bibliographes retrouvent\npartout, et dont la physionomie n'a plus besoin d'être retracée. Nous les connaissons. Nous\ndevons seulement être avertis de leur présence. M. Gasperini me sait assez de ses amis pour ne\npas croire que je lui cherche ici une mauvaise querelle. Mais j'estime très sincèrement que le\nmoment est venu pour notre bibliographie de faire œuvre d'information brève et non plus\nde curiosité. Et cela dans l'intérêt de notre temps qui est précieux. Si nous trouvons par\nexemple : Bonanni (F.) Gabinetto armonico, Roma 1722 40, nous sommes renseignés ;et\nce renseignement suffit. Plus tard, lorsque tous ces inventaires seront au complet, alors, nous\npourrons faire un répertoire complet. Et, pour reprendre mon exemple, les différents exem-\nplaires de Bonanni pourront être collationnés et feront l'objet d'un article définitif. Mais actuel-\nlement, nous avons besoin de savoir, et le plus vite possible, ce qu'il y a dans les bibliothèques,\nnon pas ce qu'il y a dans les livres de ces bibliothèques. Enfin, puisque j'en suis à formuler des\nvœux, je trouverais fort bon que le Bollettinofut rédigé sur des fiches imprimées, puisqu'il doit\nformer le dépouillement successif d'une foule de dépôts. Car, au bout de quelques fascicules\nl'ouvrage deviendra très difficilement maniable, et une fois terminé, il nécessitera des tables\nimmenses. Avec la fiche, le souscripteur classe les volumes à mesure qu'il les reçoit et plus l'œuvre\ngrandit, plus elle est utile. Ces remarques n'enlèvent pas le grand mérite du\nBIBLIOTHEQUE D'UPSALA. Nous sommes très heureux d'annoncer que notre\nami M. Rafaël Mitjana vient d'être chargé par les autorités suédoises de dresser et de publier\naux frais du gouvernement suédois, le catalogue des imprimés de musique du XVIe et XVIIe\nsiècle, conservés à la bibliothèque d'Upsala. M. le Dr. Collijn lui est adjoint pour ce travail\ndélicat et considérable. L'ouvrage sera méthodique, c'est à dire divisé en trois grandes parties :\nAnonymes Musique profane Musique instrumentale. Il sera avant tout descriptif et\ncritique, et formera, non seulement un inventaire mais encore un instrument de bibliographie.\nLes feuilles que M. Mitjana a bien voulu nous communiquer montrent avec quel soin des dé-\ntails et de la typographie l'œuvre sera conduite.\nNotre S. I. M. applaudit d'autant plus à cette initiative, qu'elle a contribué à la provoquer.\nNous avions en effet proposé à M. Mitjana d'accueillir cette publication dans notre revue sous"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3479, "texte": "forme d'appendice, comme nous l'avions fait pour le répertoire dramatique de M. de Curzon,\net comme nous allons le faire pour la Bibliographie Exotique de M. G. Knops. Mais la Biblio-\nthèque et l'Université d'Upsala ont revendiqué pour elles même l'honneur de faire connaître\nles trésors de ce fonds, qui est certainement l'un des plus riches du monde entier.\nFARMER (H. G.) Memoirs of the royal artillery Band. (Reeves 1904 in 8° de 189 pp.)\nDéjà ancien, ce volume parait devoir être mentionné ici, et connu du public français. Ne\nserait-ce que pour servir d'exemple à ceux de nos chefs de musique militaires qui voudraient\nentreprendre une étude de ce genre. Il y a beaucoup à écrire sur la musique militaire. Les\ndocuments abondent, et un très gros ouvrage ne serait pas de trop sur cette matière. Les\n\" Memoirs \" de la musique du Royal Artillerie anglais, bien présentés, illustrés et confortables\nforment un livre de très agréable lecture.\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical chart of musical History. (London Reeves\nin fol.)\nIl y avait longtemps que je n'avais vu un nouvel essai de tableau synoptique de la musique.\nCelui de M. Harris est forcément très sommaire puisqu'il a la prétention de faire tenir toute\nl'histoire de la musique, de sa notation, de ses formes, de ses instruments et de sa technique en\nune grande page in folio.\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves, in 120.)\nCe petit volume est le cours d'ouverture professé par M. Buck à la classe d'orgue\nau Collège of Music de l'Université de Boston. Il est orné de très curieuses reproductions\nde vieux spécimens d'orgues ; notamment deux d'entre elles, tirées de mss. du haut moyen-âge\nsont instructives. M. Buck part d'une idée que certains trouveront trop ingénieuse, mais que je\nne lui reprocherais pas, ayant moi même fait à propos du luth, une communication du même\ngenre à notre Section de Paris, il y a deux ans. Il met en parallèle les destinées de la royauté\net celles de l'orgue ; la comparaison est bien menée et judicieuse.\nROUGNON. (Paul) Dictionnaire musical. (Delagrave in B°.)\nToutes les locutions étrangères se trouvent rassemblées dans ce volume, précieux pour tous\nceux qui veulent savoir les termes qu'ils emploient. Historiquement, il y aurait une bien\ncurieuse étude à faire sur ces mots qui furent les agents de l'expression musicale, et les repré-\nsentants du sentiment. M. Rougnon touche ce problème dans une préface rapide qu'il devrait\nun jour développer.\nROBERT (G.) Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in B°.)\nLa petite brochure de M. Robert tend simplement à atténuer ce que les thèses de M.Pirro\net Schweitzer ont de trop catégorique à son avis, et pour ainsi dire de trop abstrait. Il est assez\ndifficile de prendre position dans ce débat. Remarquons d'ailleurs que Pirro est plutôt un\nhistorien chez qui la doctrine est l'accessoire, tandisque M. Robert tient avant tout à la doc-\ntrine et discute pour la préciser. Dans quelle mesure les musiciens allemands de cette grande\nécole du XVIIe et XVIIIe siècle ont-ils tenu compte de ce goût de la description par les sons,\njusqu'à quel point ont ils poussé le déterminisme de ces tendances et la systématisation de ces\nhabitudes, c'est ce que l'histoire ne peut encore nous dire. L'étude que prépare Pirro sur\nBuxtehude jettera de nouveau quelque lumière sur cette obscurité, et nous arriverons peu à peu\nà connaître la vérité. Que l'esthétique fasse encore ici crédit à l'expérimentation."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.74", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "MARECHAL (H.) & PARES (G.). —Monographie universelle de l'Orphéon. (Delagrave\nin 12 de 320 pp.; 3 fr. 50.)\nL'Orphéon ! Le mot fait sourire à Paris, et il n'est peut-être pas vin musicien éminent\nqui consente à tourner ses regards de ce côté. On ne veut pas réfléchir au chiffre énorme\nd'amateurs fervents que cache ce terme démodé. Ils sont cinq cent mille en France,\nles orphéonistes avec leurs manifestations périodiques, leurs répertoires, leurs mœurs et\nleurs revendications. Au XIXe siècle Wilhem et Abel Simon les ont fait sortir du sol, grâce à\nune activité qui mérite de ne pas être oubliée. Laurent de Rillé fut leur père artistique, et\nBourgault-Ducoudray mit à leur service une part de son énergie. Ils donnèrent des preuves de\nleur puissance, la puissance du nombre et de la conviction; ils formèrent des festivals monstres,\nils répandirent des millions à travers le pays. Et malgré tout, leur situation est en quelque sorte\nen marge de la vie musicale proprement dite de la nation. Pourquoi ? Si vous voulez le savoir\nlisez attentivement ce livre, tout d'impartialité documentaire, qui montre simplement ce qui a\nété fait en Irance et à l'étranger.1 Et ajoutez lui le rapport que la Fédération du Rhône vient\nd'adresser au Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux Arts, par les soins de son vaillant président,\nM. Dalin de Lyon. Vous verrez ce qu'il manque au mouvement orphéoniste pour remplir le\nrôle qu'il s'est à lui-même proposé. Il y a là de très graves questions, souvent trop mêlées à des\npersonnalités, et à des nécessités financières ou commerciales. Nous y reviendrons un de\nces prochains jours. Il est temps que les revues de musique mettent loyalement leur influence\nau service d'une si belle cause.\nMARTINEAU (R.) Emmanuel Chabrier (Dorbon aîné, éd. Paris).\nIl me plaît de penser que j'ai un peu contribué à la publication de cet ouvrage\nen y encourageant son auteur, à la fois parce que je savais la minutieuse conscience de\nRené Martineau, et parce qu'on ne rendra jamais assez justice, au plus mal connu, au\nplus méconnu, et cependant peut-être au plus français de nos compositeurs français. Tel qu'il\nest ce petit ouvrage est excellent, non qu'il apporte à l'étude de Chabrier des sentiments ou des\nimpressions d'une nouveauté considérable, mais qu'il réunit une documentation précieuse.\nL'esprit qui en a relié les éléments est conforme à la réalité (qui ne fait guère que se dégager\nmaintenant) du rôle joué par Chabrier non seulement durant sa vie, mais depuis sa mort\npar l'influence ou tout au moins le témoignage qu'il a apporté à la nationalisation de\nnotre musique.\nL'intelligence avisée de Chabrier et son sens du comique musical, sont deux éléments où\nse référeront toujours avec avantage nos musiciens..\nEt j'en voudrais presque à René Martineau de n'avoir pas insisté sur la qualité de\n\" précurseur \" : sur ce titre de patron de la musique française qu'on peut donner à Emmanuel\nChabrier, bien plus équitablement qu'on ne l'a fait au génie Wallon qu'est César Franck.\nMais le petit ouvrage de René Martineau n'est point une œuvre de discussion, ni une thèse,\nc'est un ouvrage documentaire auquel ne pourront manquer de se rapporter tous ceux\nque l'œuvre et la vie de Chabrier peuvent attirer, et je pense que l'attirance de Chabrier se\nfera de jour en jour plus grande : un mouvement semble bien se dessiner actuellement\nen ce sens.\nOutre ses qualités personnelles le livre de René Martineau possède celle de venir à son\nheure.\n\n1 La documentation étrangère a été réunie par voie diplomatique. Elle est fort intéressante. Mais pourquoi\nnotre consul de Bangkok veut-il que le chant national siamois ait été composé par Lully ?"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.75", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "Je rectifierai simplement à la page 90 un petit point documentaire. Le duo de F ouvreuse\nde VOpéra-Comique et de remployé de Bon-Marché n'est pas resté inédit. Il a été publié dans le\nFigaro Musical. Avril 1893. no 19, page 79. Ce duo est extrait d'une revue de Paul Fuchset\nHenry Lyon, intitulée Cent moins un. Tous les amis de la cantatrice Henriette Fuchs avaient\ncollaboré à cette revue: c'étaient Pauline Viardot, Delibes, Massenet, Guiraud, Dubois, Joncières,\nChabrier, Lecoq, Wormser, Peiffer, Thomé, Widor, Lenepveu, Messager, Vidal, Pierné,\nd'lndy, Chausson, Tiersot, de Kervegnen, Bemberg et Palicot.\nIl serait assez curieux de pouvoir retrouver aujourd'hui quelques-uns des morceaux de cette\nrevue.\nG. JEAN AUBRY.\nJULIEN TIERSOT. Gluck (collection : les Maîtres de la Musique). Paris, Alcan,\n1910, in-8, 249 p.\nC'est chose assez curieuse, et cependant parfaitement explicable, que l'on ait manqué si\nlongtemps, chez nous, d'une biographie de Gluck, aussi bien que d'une biographie de Rameau\nou de Lully. Beaucoup de volumes et de brochures, souvent médiocres, quelquefois excellents,\nparaissaient sur les classiques allemands, alors que nous ne possédions encore, sur Gluck, que\nla compilation de Desnoiresterres, et sur Rameau et Lully, rien ou à peu près rien : c'est qu'il\nétait fort aisé d'abréger ad usum Delphini des monographies étrangères, et fort long et difficile\nde remonter aux sources et d'apprendre à connaître et juger par soi-même ; c'est aussi qu'il\nétait profitable aux librairies d'exposer en vente des ouvrages relatifs à quelques musiciens\nuniversellement célèbres, et au contraire, aléatoire de proposer au public des études consacrées\nà des maîtres oubliés, dont à peine il avait entendu un air ou un rigaudon. Il nous souvient\nd'avoir, il y a vingt ans, vu confondre, par des \"amateurs\", Orphée tout court avec Orphée\naux enfers. Les temps sont assez changés pour que pareil accident devienne rare, et les \" snobs \"\nqui ont succédé aux u dilettanti \" font au moins quelques efforts pour paraître renseignés.\nGluck, bavarois de naissance, nous appartient, comme le florentin Lully, par le meilleur\nde son génie, par ce que son historien actuel, M. Tiersot, appelle justement son \"œuvre\ndéfinitive \". Voici maintes années que M. Tiersot vit dans son intimité. Appelé à terminer la\ngrande édition en partition d'orchestre, qu'avait commencée Mlle Pelletan, il a mené à bien la\npublication d''Orphée et celle d'Echo et Narcisse. Ses préfaces, ses études de détail sur la vie et\nles ouvrages de Gluck sont fort importantes et présagent la valeur du livre qu'il prépare sur\n\" Chr.-W. Gluck et la philosophie du XVIIIe siècle \". Celui qu'il fait paraître aujourd'hui\nsous la couverture bleue de la collection \" les Maîtres de la Musique \" fera patienter les plus\npressés et contentera les plus difficiles. Au point de vue des progrès que peut et doit faire le\npublic dans la connaissance de Gluck, il y aura tout à gagner à ce que le petit volume de\n\" vulgarisation \", concis, attrayant et sûr, ait précédé, cette fois, le gros livre d'\" érudition\nMICHEL BRENET.\nTAYLOR. LA PSYCHOLOGIE DU CHANT. (The Macmillan Company, New-York, 1908).\nJe voudrais voir ce livre entre les mains de tous ceux qui enseignent, —ou prétendent\nenseigner, le chant. Il leur donnerait à réfléchir sur la valeur de certaines doctrines trop\nuniversellement admises\nDans sa première partie, M. Taylor fait un exposé des diverses méthodes de culture vocale.\nC'est déjà une tâche ardue : elles sont légion : beaucoup de maîtres s'autorisent de la physiologie,\nd'autres ont ressuscité l'ancienne école italienne (où donc l'ont-ils retrouvée ?) d'autres"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.76", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "enseignent le chant naturel et ne sont pas pour cela plus simplistes que leurs confrères ; d'autres,\nenfin, se targuent d'appliquer un système et ne s'aperçoivent pas qu'ils en pratiquent un autre.\nAyant exposé toutes ces méthodes, M. Taylor, s'occupe dans sa seconde partie, défaire leur\nprocès à chacune d'elles. Il s'attaque tout d'abord à ceux qui prétendent baser l'émission vocale\nsur un système respiratoire, quel qu'il soit. \" Il n'a jamais été prouvé nous dit-il que l'usage\ncorrect de la voix soit en relation avec le système respiratoire Les exercices respiratoires,\nimposés aux élèves, simples en apparence, représentent un formidable travail musculaire.\nPourquoi respirer en chantant autrement que dans la vie courante ? Un orphéoniste, un joueur\nde tuba, par exemple, marchera pendant plusieurs heures, portant son pesant instrument et le\njouant la moitié du temps. Considérons-le comme un objet digne d'admiration et de sympathie,\net ne nous embarrassons pas de trop de principes.\nLes principes vocaux varient, d'école à école, et même de maître à maître : vous n'en\ntrouverez pas deux qui soient d'accord pour la position correcte du larynx : les uns vous\nrecommanderont de l'élever autant que possible, les autres de le baisser, d'autres varieront selon\nla hauteur de la note à émettre. La position de la langue et du palais n'est pas mieux établie ;\nla question des registres n'a jamais été vérifiée au laryngoscope ; le coup de glotte, quelquefois\nréputé excellent est, quelquefois totalement proscrit.\nM. Taylor en veut tout particulièrement à la méthode scientifique. Selon cette méthode, la\nproduction tonale devient un problème physiologique. Après une description détaillée des\norganes vocaux, le maître essaye de faire à l'élève l'explication exacte des opérations musculaires\nà effectuer : il n'oublie qu'une chose, c'est que la science n'a jamais jeté aucune lumière sur le\nfait de la production vocale CORRECTE : elle contrôle seulement le son, lorsqu'il a été émis.\nChose plus grave, d'après ce système, l'émission du son devient d'une prodigieuse complexité.\nLes opérations à accomplir dans ce but ne demandent pas moins d'une page entière d'explica-\ntion. Et elles doivent s'effectuer en une seconde! Un élève tant soit peu doué au point de vue\nvocal est généralement tout à fait abasourdi en voyant une chose aussi simple s'entourer de tant\nde mystère.\nLes moyens empiriques empruntés à l'ancienne tradition italienne ne reposent guère sur\nune base stable, si l'on veut les prendre àla lettre. Que signifie, par exemple, les phrases\nconsacrées: Soutenez le son. Chantez dans Le vide Si l'opération se passe dans le\nvide, elle ne sera pas simplifiée pour cela, au contraire. Ce système se complète par l'étude des\nsensations vocales. En décrivant à l'élève ce qu'il doit ressentir lorsque l'action vocale est\ncorrecte, on croit lui enseigner le moyen de l'effectuer. On lui dit, par exemple :\nle son vibrer à la racine des dents supérieures ou encore : Ces\nraisonnements pèchent par la base. Pour que l'élève ressente ces sensations, il faut forcément\nqu'il ait trouvé une première fois, moyen de les produire. Il y a là tout au plus un moyen de\ncontrôle.\nTous ces procédés musculaires ne sont que des à peu près, et il serait aisé de les démolir.\nLeur facile empirisme répond pourtant à quelque chose; et c'est ici que M. Taylor devient\nexcessivement ingénieux, avec sa troisième partie : les bases d'une science vocale. J'aimerais à\nrapprocher ces chapîtres du livre publié il y a deux ans par M. Bonnier sur le même sujet.\nM. Bonnier et M. Taylor semblent souvent s'être donné le mot. Mais M. Bonnier fait\ndu problème vocal un problème d'acoustique et M. Taylor en fait un problème d'audition. Le\nLe premier nous dit : placez la voix au plus loin, au but même où elle doit être entendue ; le\nsecond nous dit : écoutez-vous vous-même ; écoutez le maître qui vous donne l'exemple. Pour\nguider une voix, il ne faut QUE l'écouter. L'IMITATION est la seule base rationnelle de la\nculture vocale. A. M."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.77", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4314, "texte": "MATHIS LUSSY. Ceci n'est qu'une simple note pour apprendre à nos lecteurs que\nMathis Lussy a existé, et que son nom appartient à l'histoire de la psychologie musicale. Il est\nmort en janvier dernier, âgé de quatre-vingt-deux ans. Charles Lévêque l'appréciait et\nattachait à ses travaux une importance capitale. Jules Combarieu paraît bien s'être inspiré de\nlui, sinon de lui seul dans son travail sur le Rythme. Les ouvrages de Lussy sont, outre le\nlivre fait en collaboration sur Y Histoire de la notation musicale, deux autres livres, l'un sur\nY Expression musicale, l'autre sur le Rythme; la dernière brochure dont le titre est Y Anacrouse les\nrésume. Les ouvrages de Mathis Lussy sont édités par la maison Heugel.\nHans de Biïlow considérait Lussy comme l'inventeur de Y Anacrouse. \"Anacrouse \" est le\nnom de ces membres de phrases musicales qui ne font point partie du corps même de la phrase\nqui la préparent, et en la préparant, Y animent. Dans l'ordre des gestes il en est d'avant\ncoureurs qui facilitent le geste essentiel en aidant, à la fois, à son efficacité et à sa grâce. Dans\nle premier nocturne en si bémol mineur de Chopin les six premières notes: si do la rè si Wjouent\nle rôle d'Anacrouse ; l'on peut s'en assurer par la phrase incidente qui lui fait suite.\nLa découverte de l'anacrouse, le jour où les travaux de Lussy seront connus de tous les\nmusiciens, permettra d'analyser intelligemment et intellectuellement la phrase musicale. Je n'oserai\ninsister sur l'importance de Y Anacrouse au point de vue pathétique, cela m'entraînerait à des\ndistinctions dont la subtilité rebuterait le lecteur et dont la brièveté obligée l'irriterait peut-\nêtre davantage. Et si je me permettais une allusion à la portée, psychologique de Y Anacrouse\nj'encourrais le reproche d'exagérer délibérément l'intérêt d'une simple remarque.\nL'anacrouse est en effet un élément accessoire. Il n'influe pas sur la forme d'une phrase.\nLes notes de la suite desquelles cette phrase est faite, restent ce qu'elles sont. On sait la\nremarque du poète : sans le soleil \"chaque chose ne serait que ce qu'elle est\". Il en est un peu\nde l'anacrouse ainsi que du soleil. Son influence s'exerce sur le mouvement de la phrase, car\non sait qu'une phrase musicale se dessine en même temps qu'elle se meut et que les modalités\nde son mouvement contribuent, sinon à sa manière d'être, du moins à sa manière de vivre\npendant l'infiniment courte durée de vie que le destin lui réserve. Et c'est pourquoi l'anacrouse\nest un principe d'animation, de coloration. Nous lui donnions tout à l'heure la portée d'un\ngeste avant-coureur et nous disions fort bien, ce nous semble. Le mot grec anakrousis a en\neffet le sens de prélude. Etymologiquement il signifie une action en arrière, un recul. De ce\ngenre est essentiellement le \" recul pour mieux sauter \"\nOn pourrait soutenir, sans exagération, que la mise en valeur des éléments anacrousiques\nde la phrase musicale est le centre de la psychologie musicale de Mathis Lussy. Il ne s'est\nd'ailleurs jamais donné pour un psychologue. Il n'a pas appris la psychologie. Je ne sais même\ns'il a lu quelques traités élémentaires sur les \" Facultés de l'âme. \" J'irais d'ailleurs jusqu'à\nsoutenir qu'il a bénéficié de son ignorance. C'est par l'inspection directe de .la phrase musicale,\nqu'il s'est révélé psychologue, en faisant des éducations de pianiste, en s'efforcant de remédier à\nl'insuffisance de réflexion ou d'intelligence d'un élève.\nQuel grand psychologue de la musique Lussy n'eût-il pas été, si au lieu d'être l'aîné\nd'un Cari Stumpf, il avait eu l'âge de ses étudiants d'aujourd'hui !\nJe me le suis dit souvent. En me l'entendant dire, Lussy m'aurait souri, de ce bon et\nindulgent sourire que ses amis lui connaissaient. \" Ne croyez pas cela, m'aurait-il murmuré à\n\" l'oreille. Je suis de ces innocents aux mains pleines qui n'ont rien appris parce qu'ils ont su\n\" à l'avance ce qu'il était essentiel de savoir sans avoir besoin d'aller consulter tel maître ou\n\" tel livre. Les intuitifs n'ont d'autre maître qu'eux-mêmes. Ils ouvrent les yeux, et ils voient.\n\" Et quand ils racontent ce qu'ils ont vu, ils s'aperçoivent bien que ceux qui les écoutent ne\n\" les croient pas toujours. Mais ils savent attendre, assurés, qu'un jour ou l'autre, il leur sera\n\" donné raison. \" ,"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.78", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "Et puis Mathis Lussy tenait bien plus au succès de ses découvertes qu'à la durée de son\nnom. Il était d'une sagesse pour le moins égale à sa bonne humeur. Et c'est beaucoup dire.\nLIONEL DAURIAC.\nCHANTS ET CHANSONS \\du Nivernais M ILLIEN,\navec les airs notés par J. G. PÉNAVAIRE. Paris, Leroux, 2 vol. in-8.\nSur trois volumes que cette collection doit comprendre, les deux premiers seulement sont\nparus. Nous n attendrons point le dernier pour saluer cette contribution importante aux études\nde folk-lore musical.\nIVL Achille Millien, qui est un connaisseur averti de la littérature et des traditions\npopulaires, a songe reunir et conserver ce que notre province de Nivernais garde encore de son\npassé qui chante. A cette bonne tache il a consacre un temps précieux et sa peine n'a point\nété perdue. L'œuvre de son collaborateur musicien, M. Pénavaire, aujourd'hui disparu, nous\nconcerne ici plus immédiatement. Elle appelle une critique grave. IVL Pénavaire était violoniste\net compositeur. le sens du folk-lore me semble pas lui être jamais venu. Il a noté, nous\napprend la préface, deux mille six cents mélodies ! En a-t-il pénétré l'âme intime ? Pour notre\npart, nous ne le croyons pas. Que penser en effet de cette déclaration ? \"Il n'est pas toujours\ncommode de noter avec soin ces vieilles et souvent charmantes mélodies populaires et de les\nramener a l exacte mesure, Jai essaye de le faire de la façon la plus simple. Quelques récolteurs,\nvoulant rendre de leur mieux les fautes du chanteur, écrivent avec plusieurs changements\nexagérés de mesure ; des £ et des | succèdent à des f ou à des f ; d'autres n'écrivent que des\nvaleurs de notes non mesurées, tempo rubato, forme plain-chant ; cette recherche d'écriture,\nlorsqu'elle n'est pas obligatoire parait un peu prétentieuse pour une pauvre petite chanson. \"\nEt M. Pénavaire de conformer ses notations à son principe et de faire, bon gré, mal gré,\nrentrer ce qu il entend et ce qu il transcrit dans le moule d'une mesure fixe. Il méconnaît ainsi\nce que des folkloristes très autorisés, qui sont en même temps des maîtres de la composition\nmusicale ou des historiens de la musique, ont reconnu; Vincent d'lndy, Tiersot, Olmeda,\nPedrell, Lissenko, Kuhacs, Rimsky-Korsakov et tant d'autres ont fait accepter le principe de\nla liberté rythmique dans la chanson populaire, comme un dernier vestige en effet de la\ncantilène ecclésiastique du moyen âge en Occident et en Orient.\nSeulement M. Penavaire, compositeur de musique, appartient à une génération où la\ncarrure dans la phrase musicale faisait loi et le folkloriste n'a pas su dépouiller les habitudes\ndu musicien.\nFOLK SONGS frorn Somerset gathered an CECIL\nJ. SHARP and CHARLES L. MARSON. Taunton, 1904-1909. 5 volumes actuellement parus.\nFaut-il rappeler que le Somerset est un des comtés au sud-ouest de l'Angleterre, au sud\ndu canal de Bristol et de l'embouchure de la Severn ? Nous sommes en pays anglo-saxon et\nnous ne touchons pas encore la terre celtique du Cornouailles : remarque qui a son intérêt\ndans une étude de folk-lore.\nCinq volumes de cette très intéressante publication sont aujourd'hui parus. Il entrait dans\nl'esprit des éditeurs de présenter ces folk songsavec une parure harmonique sous la forme d'un\naccompagnement de piano. C'est une conception qui se défend. Nous ne l'aimons guère. Elle\nôte le caractère scientifique d'une publication bien faite, ce qui est le cas ici. La rythmique\nest généralement peu intéressante dans le folk-lore musical des peuples germaniques et anglo-\nsaxons. En revanche, les éditeurs des mélodies populaires du Somerset nous offrent d'admirables\nexemples de la survivance des tonalités ecclésiastiques à l'époque moderne. MM. Sharp et"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.79", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 439, "texte": "Marson les ont senties et respectées. Et c'est une bonne surprise, à la fin d'un recueil, qu'on\npeut croire entièrement consacré à la vulgarisation, de trouver un ensemble de notes et de\ncommentaires bibliographiques et musicaux, très intéressants et très précis, qui constituent\nl'état-civil de chacune des pièces du recueil et nous consolent un peu que ces pièces soient\nprésentées with pianoforte accompaniment. P. AUBRY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.12.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.79", "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 2407, "texte": "LIVRES REÇUS\nPROD'HOMME (J.-G.). Richard Wagner. (Portraits d'Hier, in 12°.)\nBOLLETTINO del l'Associazione dei Musicologi Italiani. Puntate I & 11. (Parma\n1909 in fol. de 30 pp.)\nEYQUEM (Daniel.) La Musique populaire d'après une nouvelle écriture musicale.\n(Paris 29 rue de l'Echiquier.)\nSolfège d'après la nouvelle écriture musicale et la théorie des douze sons, suivi d'exer-\ncices pratiques par Mme A. Gédalge. (Ibid. in-B°.)\nMETHODE MODALE CHIFFREE. Pour l'enseignement de la musique.\n(Association galliniste, 8 rue Caplat, in-120 de 105 pp. 2 fr.)\nMARTINE AU (René). Emmanuel Chabrier. (Dorbon ainé in-120 de 130 pp.\n3 fr.)\nROBERT (Gustave). Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in-8° de 75 pp.)\nROUGNON (Paul). Dictionnaire musical des locutions étrangères. (Delagrave,\nin-8° de 200 pp. 3 fr. 50.)\nPARES (G.) & MARECHAL (H.). Monographie Universelle de l'Orhpéon.\n(Delagrave, in-120 de 336 pp. 3 fr. 50.)\nFARMER (H. G.). History of military music in England. (London Reeves in-8°\nde 200 pp.)\nWOOLLETT (Henry). Histoire de la musique, vol. I. (Publications du \" Monde\nMusical,\" in-120 de 517 pp. 3 fr. 50.)\nSCHLESINGER (Kathleen). Instruments of the Orchestra, vol. I. (Ancient vol. 11.\n(Modem). (London Reeves, deux vol. in-B°.)\nENGEL (Karl). The Music of the most ancient Nations. (Reeves in-8° de\n380 pp. 8/6.)\nSMITH (Hermann). The Word's earliest Music. (London Reeves, in-20 de\n363 pp. 6/.)\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves in-120 de\n45 PP. i/O\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical Chart of Musical History. (London\nReeves in-fol. 1 /.)\nBARCLAY SQUIRE (W.-M). Catalogue of the printed music in the Library ot\nthe royal collège of music, London. (London Novelle in-40 de 368 pp.)\nKONGRESS der Internationalen Muzik-Gesellschaft. Troisième Congrès de la\nSociété Internationale de musique. (Vienne Artaria et Leipzig Breitkopf, in-8° de 690 pp.)\nMITJANA Rafaël). Para musica vamos !. (Valencia F. Sempere & Ca. In-120\nde 230 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.13", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nLa Quinzaine de Pâques a quelque peu\nralenti les concerts d'artistes, mais la semaine\nsainte nous a apporté les concerts spirituels de\ntradition. Abstenons-nous de tout préambule\net commençons par Je Conservatoire qui\ndonna deux œuvres importantes, la Faust\nSymphonie, de Liszt, qui fut une nouveauté\nrue Bergère, et le Requiem, de M. Fauré.\nL'œuvre de Liszt est une de celles où il nous\napparaît le plus comme un Précurseur. Le\nRequiem, très caractéristique de son auteur,\nest délicat et reposant. Il n'a pas de \" dies\niras, pas de fracas à la Berlioz. C'est le\nRequiem de Mélisande ou de quelque vague\npetite princesse, l'auteur l'a voulu ainsi, mais\nnotre émotion n'en est pas moindre. Aux\ndeux derniers concerts auxquels nous assis-\ntâmes, M. Messager conduisit trop lentement,\nsurtout les fragments de Maîtres Chanteurs et\nla Symphonie en ré de Brahms.\nVoici les Concerts Colonne atteints\npar la perte trop prévue du chef qui les con-\nduisit pendant trente-six années. Le Maître\neut ses derniers jours éclairés par les succès de\nson orchestre dans plusieurs œuvres nouvelles,\ncomme le Diptyque Breton de M. Pierre\nKunc, l'Hymne à Aphrodite de M. Gabriel\nDupont, les Symphonies de MM. Théodore\nDubois et Gédalge, l'An Mil, toujours amu-\nsant, de M. Pierné. La 3me Symphonie de\nM. Gédalge n'a pas déplu, elle vaut mieux\nque ce demi succès. La Symphonie Française\nde M. Dubois, jouée en novembre dernier à\nBruxelles, vivante et vibrante, honore celui\nqui l'écrivit. Au Concert Spirituel, on donna\nles Béatitudes, dans leur ensemble.\nAux Concerts Lamoureux, deux es-\nsais de chœurs d'enfants, de M. Roger Ducasse,\nont peu réussi, en raison surtout de l'inex-\npérience des exécutants ; une mélodie, de\nM. Coquard, d'orchestration puissante, eut\ndemandé une partie vocale plus importante.\nLa Symphonie nouvelle de M. Lazzari est\nvigoureuse et claire, sans concessions au\nmodernisme ; mais elle a trop d'extériorité,\nelle veut vivre plus encore qu'elle ne vit.\nDeux mélodies si mélodies il y a de\nM. Florent Schmitt sont surtout des pièces\nd'orchestre. Y a-t-il donc quelque infériorité\nà écrire pour la voix ?\nPhilarmonia nous paraît être à peu près\nSymphonia transférée du théâtre insuffisant\ndes Batignolles au coquet théâtre Réjane.\nPuisse cette salle, où s'est faite tant et de si\nbonne musique, porter bonheur à MM. Cathe-\nrine et Bachelet. Le début est excellent."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.81", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "M. Sechiari a tenu à répéter les frag-\nments importants de Solea, la \" tragédie\nlyrique \" de M. Isidore de Lara dont il nous\navait gratifiés l'an dernier. Cette musique\ncomposite, cosmopolite, violente et creuse\nserait tout à fait à sa place sur une scène de\ncasino. Elle procède de Messaline et a produit\nSanga. Le choix de l'ouverture \" solennelle \"\nde Tschaïkowsky, 1812, n'a pas été plus\nheureux. Voilà un bruit bien cher ! Au con-\ncert précédent, on avait eu la chance d'en-\ntendre M. Risler et Mlle Kacerovska, de\njolies pièces de MM. Th. Dubois et Léo\nSachs qui consolaient de la trop pathétique\nSymphonie n° 6 de Tschaïkowsky.\nNous avons quitté avec regret la Salle\nGaveau, le 9 mars, après le dernier Concert\nDurand. Le grand succès de ces séances de\nmusique française nous fait croire à la même\nsérie l'an prochain. On aurait ainsi des im-\npressions annuelles sur notre évolution que\npar les programmes nécessairement éclectiques\ndes autres concerts.\nLa Schola, plus agissante que jamais, a\ndonné à la Salle Gaveau deux bonnes auditions\nde la Messe en ré et une d' \" Orphée et\nEurydice \" de Gluck, tel qu'il fut chanté de\n1774 à 1831. N'est-il pas stupéfiant qu'une\ncoupure, une transposition, un changement\ndans un rôle et ce qui est plus grave ici\nle changement complet d'un rôle, apportés\npar un régisseur quelconque, forment aussitôt\nune tradition immuable. M. Carré aura-t-il\njamais cette audace-là ?\nLa deuxième séance de la Société\nHaendel avait à son programme de grands\net vénérables noms comme ceux de Sweelinck,\nSchùtz, Keiser et Haendel, dans des œuvres\nun peu trop courtes mais d'un intérêt puissant.\nMais à cela il faudrait des moyens d'exécution\nqui manquent encore à une jeune société\nd'amateurs, quelle que soit la foi de son chef\net de ses membres. Il serait préférable de se\nrestreindre et de ne donner que des œuvres\nchorales bien étudiées et jouées dans la sono-\nrité voulue.\nLe 23 avril, nous entendrons cette société\ngroupée au Trocadéro et au nombre de\n400 exécutants ; elle donnera une audition\ndu Messie au profit des Inondés.\nCe n'est pas déchoir que de rappeler main-\ntenant les séances du Cercle Musical\npuisque le quatuor Firmin Touche en est la\nbase. Le 4 mars, il y joua un nouveau\nQuatuor pour Archets de M. Th. Dubois\nqui témoigne de la vigueur et de la souplesse\nd'esprit d'un auteur toujours resté jeune.\nLes Soirées d'Art ont également clôturé\navec des salles combles. Toute la série des\nQuatuors de Beethoven a eu son épanouisse-\nment dans l'exquis Septuor qui, s'il n'a pas la\ngrandeur des immortels derniers Quatuors,\nune œuvre d'éternelle fraîcheur. Comme\nsolistes, MM. Risler, Van Dyck, etc. On ne\npourra demander mieux l'an prochain et la\ncontinuité de cette œuvre d'intelligente vul-\ngarisation est assurée.\nPour son dernier concert d'œuvres fran-\nçaises de violon, M. Debroux donna deux\nconcertos et une sonate de J. M. Leclair, une\nsonate de Bouvard et des œuvres de Jacques\net de Louis Aubert. Il y a dans toute cette\nmusique un air de famille qui prive quelque\npeu d'imprévu, mais une santé et une robus-\ntesse à la Haendel qui plaisent. Exécution\nparfaite par M. Debroux et par M. Eugène\nWagner, qui accompagne ces vieilles choses\navec un style idéal.\nLes trois séances pour harpe chromatique\nde Mlle Cornelis qui est àla fois can-\ntatrice très agréable - nous ont laissé une\nprofonde impression, car la virtuosité n'y avait\nqu'une place accessoire. M. Boissel a chanté,\nà la dernière séance, d'expressives mélodies de\nM. Ch. Koechlin.\nIl faudrait disposer de quelques lignes pour\nrésumer et apprécier la remarquable Confé-\nrence faite en français très pur et avec un\ngrand bonheur d'expressions par M. Edwin\nEvans, de Londres, sur le lied anglais, à la\nSociété du Lied en tous les pays si heureusement\ndirigée par M. LENORMANT. NOUS ignorons\npresque tout de l'étranger, aussi sommes-nous\ncharmés lorsqu'on nous en parle avec compé-\ntence. Ce fut le cas. Cet exposé de l'état\nactuel de la musique dans le Royaume Uni fut"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.82", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 865, "texte": "illustré d'une quinzaine de lieder chantés avec\nbeaucoup d'intelligence et de charme par\nMlle Hélène M. Luquiens.\nMentionnons à la hâte une séance d'œuvres\nde Mme Héritte Viardot, fille de la\ngrande cantatrice, œuvres descriptives et agréa-\nbles (joli trio), le Concert de M. et Mme\nGustav Wagner, avec la belle sonate de\nviolon de Lekeu, une moins bonne de\nTrepart et le Concerto pour quatre violons\nde Vivaldi, le concert de M. Jean Ten Have\navec le concours de sa sœur Mme Salmon, le\nrécital de piano de M. Paul Groldschmidt,\ninterprète délicat et distingué de Chopin,\npuissant de Liszt et de Brahms, très applaudi,\nl'intéressant trio Kellert, le deuxième con-\ncert de Mme Caponsacchi Jeissler,\nvioloncelliste d'un charme et d'une pureté de\nson toute spéciale, (la sonate de M. Chevillard\nfut très bien jouée,) une séance de violoncelle"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.84", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "également par M. Georges Sitsch avec les\ntrois grandes sonates (MME JANE MORTIER au\npiano) de J. S. Bach, où l'exécution eut quel-\nque sécheresse, d'agréables récitals de piano de\nM. Herbert Tryer, de M\"' Guller, etc.\nM. Roger de Francmesnil, pianiste déjà\nglorieux, se fit entendre le 10 mars, Salle\nErard, avec l'orchestre de M. Chevillard, dans\nles Concertos de Schumann et de Rimsky\nKorsakow (qu'il joua mieux que celui de\nSchumann) et de jolies pièces adéquates à son\ntalent très délicat mais sans grande puissance.\nLa Sonate de M. Dukas, ia Sonate en mi\nde M. d'lndy, le Prélude Choral et Fugue de\nFranck, voilà certes un programme qui n'a\nrien d 'enfantin. C'était celui de Mlle Veluard\nà la Schola, le 18 mars, et vous savez que\nMlle Veluard est presque une enfant. Exécu-\ntion souple et facile, pas assez de force dans le\nFranck, mais quel espoir ne pas fonder sur des\ndons comme ceux-là !\nNous aurons encore en avril l'occasion de\nparler du Quatuor Lejeune dont nous ne\ndirons jamais trop de bien. Le 16 mars, il y\neut ce curieux Quatuor sur le nom de Bielaïeff\n(si b, la, fa) écrit par Rimsky, Liadow, Borodine\net Glazounow, et trois délicieuses novelettes\npour quatuor archets de Glazounow, un\nquatuor de Kopylow et enfin, MllK' Miquel\nAlzieu dans Islamey, la fantaisie orientale de\nBalakirew.\nNous sommes aux regrets de n'avoir que\ndeux lignes pour le concert de M. de Vogel,\nprofesseur de piano au Conservatoire de Rot-\nterdam, et de M. Van Isterdael, professeur\nde violoncelle au Conservatoire de la Haye.\nCe dernier est un remarquable artiste, d'une\nqualité de son et d'une sobriété d'effets remar-\nquables. Après une sonate de Brahms, M. Van\nIsterdael a joué avec Fauteur une sonate\nencore inédite de M. Louis Delune qui est\nd'une haute valeur musicale et tranche abso-\nlument avec tant de banalités écrites pour ce\nnoble instrument.\nNous ne pouvons que citer l'audition\nd'œuvres nouvelles donnée par la maison\nd'édition Roudanez et exprimer nos regrets\nde n'avoir pu y assister. Il en fut de même du\nConcert classique et moderne (œuvres de\nM. Tremisot) que donna le Cours Chevillard-\nLamoureux de la Plaine-Monceau.\nLes Vendredis du LYCEUM nous ont valu\nplusieurs agréables heures de musique, comme\nprécédemment. Rappelons le beau talent de\npianiste de Mll' Marthe Grirod dans des\nœuvres de Schumann, celui de MnK .AstrilC\nDoria, cantatrice, dans de jolis lieder de\nM. Georges Hue, de Mlle Elizafoetli Dél-\niiez dans du Gounod, etc.\nUn des principaux événements du mois, et\nde la saison a été le concert de musique hon-\ngroise moderne donné par de jeunes maîtres\nde Budapest. Nous publierons prochainement\nun article important sur cette école des Kodaly\net des Bartok. Aux Auditions Modernes\nde nouvelles œuvres : une Suite en trio de\nHenri Defosse de brillante allure, une Sonate\npiano et violon, d'Albert Laurent (d'Armen-\ntières), claire et généreuse, enfin un quatuor à\ncordes de J. Binebaume, jeune Turc, élevé\nen Bulgarie et transplanté en Allemagne élève\nde Rheinberger, musique touffue, mais très\nsincère. Remercions M. Oberdoerffer de pour-\nsuivre cette œuvre de diffusion. A la\nSorbonne au concert du 2 0 mars nous avons\nr\nsurtout remarqué la voix de Mme Camille\nChadeigne contralto accompli, comme l'air de\nBach qu'elle chanta. Enfin mentionnons\nl'audition d'élèves de Mlle Kohi. Le cours de\nM1I( Kohi est certainement à Paris un de ceux\noù se conservent le plus sûrement les bonnes\nméthodes de chant.\nNous oublions certainement beaucoup d'ar-\ntistes. Qu'ils veuillent bien considérer le peu\nde place dont nous disposons et la place\nénorme qu'ils tiennent dans la vie intelligente\nde Paris l'hiver et ils ne nous en tiendront\npas trop rigueur.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.14", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "J. 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L'Orchestre Pennequin,\ndans la symphonie inachevée de Schubert, et\navec les chœurs dans la Psyché de Franck.\nEntre temps, deux séances intimes données\npar la même société, dans la grande salle de\nson Conservatoire. Dans l'une on entendit le\nquatuor Pennequin, dans le quintette de Mo-\nzart et dans le délicieux quatuor de Debussy.\nDans l'autre séance, se firent applaudir, l'habile\nvioloncelliste Van Istaerdael, le pianiste Vogel\net notre harpiste du Conservatoire R.Jandelly.\nA la salle Bermond \"La Société de Musi-\nque ancienne \", continue la série de ses intéres-\nsantes séances, avec des œuvres de choix, la\nplupart inédites et une très bonne mise au\npoint.\nDeux mots sur le récital vocal que donnait,\nSalle Franklin, Mlle Emilie Grossard, belle\nvoix de contralto, chaude, expressive, excellente\ninterprétation des œuvres du programme.\nLa Chanterelle (Cinq Ecole), vient aussi de\nterminer sa saison musicale avec les œuvres du\nCompositeur de la Tombelle, qui prit part\nà l'exécution de ses compositions, et fit une\ntrès spirituelle conférence. Le cercle orphéo-\nnique qui prêtait son concours à cette séance,\nvenait lui aussi, de donner, avec le concours\nde la Société Musicale \" La Bordelaise \", de\nMme Lacroix Orlof, de l'Opéra Impérial\nde Saint-Pétersbourg, et de divers artistes\nrenommés, un grand concert au profit des\nFamilles inondées de la Seine.\nSignalons, le grand Concert, que vient de\ndonner, le corps médical bordelais au çrand\nThéâtre, au profit de l'œuvre intéressante\n<c La goutte de lait bordelaise \" manifestation\nartistique imposante qui fait honneur aux\norganisateurs, et aux bons artistes qui prêtaient\ngracieusement leur concours.\nEnfin pour terminer, \" Sauer \", le grand\npianiste \" Sauer \" ! est venu dans nos murs,\nla Salle Franklin, était trop petite pour conte-\nnir les admirateurs du maître Allemand. Pro-\ngramme aussi intéressant que varié et accueil\nenthousiaste de la part de nos amateurs.\nQuelques jours avant et dans la même salle,\nnous eûmes le plaisir d'entendre, un grand\npianiste aussi, un Français, celui-là, je veux\nparler d'Ed. Risler, qui nous charma par\nune sélection des œuvres les plus importantes\nde Chopin. M. Risler, donnait ce récital à\nl'occasion, du Centenaire du Maître roman-\ntique. Gros succès.\nV. GENDREU.\nNEVERS. —Le magnifique concert donné\nle 11 Mars par Mlle Cecile Déroché, (icr prix)\npianiste, Mlh' Christiane Roussel, violoniste et\nMlle Vannier, cantatrice, a remporté un légi-\ntime succès.\nMlle Christiane Roussel dont la parfaite\ntechnique lui permet de badiner avec les plus\nhautes difficultés, interpréta avec âme et finesse\nAndante et Rondo de la Symphonie Espagnole,\nBerceuse de Fauré et les airs Russes de Wie-\nnawski.\nMhe Cecile Déroché joint une étonnante\nvirtuosité à des sentiments profonds de musi-\ncienne. Belle sonorité et respect de l'auteur\ndont elle se fait la plus fidèle interprète. Ce\nsont ces qualités personnelles qui lui permirent\nde nous donner une exécution brillante et\nraffinée des Sonates de Franck et Destenay, de\nla fantaisie de Chopin et de Mazeppa de Liszt.\nDe frénétiques applaudissements saluèrent ces\ndeux jeunes artistes auxquel nous prédisons le\nplus bel avenir.\nMlle Vannier sut malgré un enrouement\ntrès gênant faire apprécier la beauté de sa voix\net son impeccable diction.\nG. G.\n«\nST-ETIENNE. Le troisième et dernier\nconcert de la saison, donné à St-Etienne par\nla Société des Grands Concerts de Lyon,\ndirection G. M. Witkowski, a obtenu un\ngrand et mérité succès.\nLe principal attrait de ce concert était la\nI 1 audition dans notre ville, de Shéhérazade,"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.87", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3692, "texte": "de Rimsky-Korsakoff, que l'orchestre dirigé\navec maestria par M. Witkowski a rendu de\nfaçon parfaite.\nMlle Vallin a chanté deux lieder &\nPhidylè de Duparc et la Procession du père\nFranck, avec sa voix prenante de mezzo et\nune sûreté de méthode vraiment remarquable.\nLa Chambre Syndicale des Artistes Musi-\nciens de St-Etienne annonce pour le 7 Avril,\nun Concert classique, sous la direction de\nM. Ph. Flon.\nM. Perrachio, le violoncelliste bien connu\ndonnera le 10 Avril son concert annuel avec\nle concours de Mlle Vallin, cantatrice, Mlle Gi-\nrard, pianiste, professeur au Conservatoire, et\nM. Chanel, le nouveau professeur de violon\nsupérieur au Conservatoire.\nE. MICHEL.\nGUERET. Dimanche 13 Mars, le\nlycée donnait sa fête annuelle dont les béné-\nfices iront aux innondés de la Seine. Pensée\ndélicate qui s'accordait au caractère du spec-\ntacle, car le rire le plus franc n'y glissa jamais\nà la vulgarité.\nO\nDe jeunes élèves, que la direction ingénieuse\nde M. Duval sut improviser acteurs, se risquè-\nrent bravement à jouer, sans l'expérience des\nprofessionnels, mais aussi sans leurs contresens,\nles personnages du Légataire et de l'Avocat\nPathelin.\nMais cette partie littéraire ne constituait à\nvrai dire qu'un hors-d'œuvre. Elle aidait cer-\ntaines complexions réfractaires à la musique,\nà accepter un menu dont l'aspect paraissait\nhostile.\nMais les bravos unanimes qui soulignè-\nrent la fin du trio en mi \\) de Schubert, de la\nsonate en la mineur de Schumann, du trio en\nut de Bach et du chœur l'Hymne à la Nuit\nde Rameau témoignent que ces maîtres n'ont\npas seulement prêché des convertis.\nRemercions Mme Lemoine MM. Boos,\nPierret, Marsal, Refort de nous avoir menés à\nces hauteurs.\nTOURS. Récital d'œuvres de Chopin,\npar Raoul Pugno, à l'occasion du Centenaire\ndu \" Poète du Piano \" ; sme5me et 6me concerts\nde l'U. F. P. C., consacrés l'un à Schumann\n(Mlles Ch. Boichin, Dubray, Noëla Cousin),\nl'autre à César Franck (Mllcs Alice Daumas,\nJeanne Blancard, Mme Rimé-Saintel) ; 3me\nConférence-audition de Mllts L. Perny et\nRuin-Gabriac (l'lnfluence de l'Amour sur la\nMusique ; œuvres de M. René Lenor-\nmand, sous la direction de l'auteur); 3me séance\nde Sonates par Mlle Wyder et M. Liéron,\n(Sonates de Corelli et de Gabriel Pierné) avec\nle concours de M. F. Mockers, comme soliste;\nconcert de M. Lazare Lévy et de Mlle Jeanne\nLeclerc. Et, sans parler de soirées plus 011\nmoins artistiques de Sociétés plus ou moins\néphémères, voilà, n'est-il pas vrai r beaucoup\nde musique, en quinze jours, pour une ville\nde province ! Il y faudrait un compte-rendu\ndétaillé pour qu'il puisse intéresser le lecteur.\nFaute de Place, et, plutôt que de voir celui-ci\nsoumis à quelque amputation qui le dénature,,\nj'y renonce...\nH.\nCARCASSONNE. Tout récemment a\neu lieu le troisième concert de XAssociation des\nConcerts Sy?nphoniques de Carcassonne.\nOn a remarqué M. Michel Sabatier\nneveu dans le 22me concerto pour violon de\nViotti, Mme Jeanne Sabatier, pianiste, dans\nune Etude de Paul Lacombe et la Seguedilla\nd\"Albeniz, Mme Auzony, accompagnée au\npiano par M. Auzony, dans une naïve poésie\ndu trouvère Rutebeuf, mise en musique par\nF. Courtade, dans les Stances de Sapho de\nGuonod et une mélodie, l'Exile de P. Lacoynbe,\n- et MM. Douce, Barrai et Raynaud dans\nle Trio pour Clarinette, cor anglais et basson\nde Beethoven.\nTous les artistes méritent nos chaleureuses\nfélicitations.\nL'orchestre, dirigé par M. Miz a fait en-\ntendre une ouverture symphonique de Nicosias, les\nMasques de Pedrotti, Au bord de la Mer de\nDunkler (soliste : M. Bergasse, violoncelliste)\net le Prélude du * Déluge de St Saëns (soliste :\nM. Mir fils, violoniste).\nL'orchestre et admirablement entraîné et"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.88", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "digne de tout éloge ; il faut le louer surtout,\nd'avoir permis à un auditoire nombreux et\nélégant d'applaudir une Suite pastorale du\nmaître carcassonnais 'Paul Lacombe.\nPOITIERS. Pour la première fois nous\navions le plaisir d'entendre à Poitiers la célèbre\ncantatrice Mme Litvinne ;sa voix merveilleuse,\nson admirable interprétation soulevèrent un\nvéritable enthousiasme dans la Mort d'Yseult\nde Wagner, le grand Air d'Alceste, les Amours\ndu Poète de Schumann dont elle donna l'audi-\ntion intégrale et des œuvres de Paul Vidal,\nDiémer, Moussorgski.\nM. Robert Schmitz, pianiste dont le jeune\ntalent promet beaucoup, interpréta avec une\ncompréhension profonde l'exquise Soirée dans\nGrenade de Debussy, un Scherzo d'Edmond\nMalherbe, mais manqua de puissance dans la\ndifficile Etude Transcendantale de Liszt.\nL'excellent violoncelliste Paul Bazelaire\ndonna avec M. Schmitz la belle et sombre\nSonate de Boëllmann et des pièces de César\nCui, Mozart, Chopin qui lui valurent un réel\nsuccès. M. H.\nANGERS. A signaler la très intéres-\nsante conférence donnée par le comte du Pies-\nsis de Grénédan et nous montrant la vie intime\net la vie musicale de Mozart, avec des exem-\nples nombreux de musique et de chant.\nM. B.\nRETHEL. La Société d 1 Etudes Sympho-\nnique s a donné en mars dernier un très beau\nprogramme, à l'Ecole Primaire Supérieure.\nMozart, Haydn, Haendel et Beethoven y\nfiguraient avec des œuvres de chambre et\nd'orchestre et se trouvaient réunis autour d'une\nconférence du Dr. Gobinet sur : les origines\ndu style instrumental et du style classique.\nVoilà de l'excellente propagande provinciale.\nLa musique moderne a été représentée par\nun grand concert dirigée par Grégoire Vays-\nman, et organisé avec différents concours.\nComme solistes: Mlle Malnory, Mllie Verteuil,\nMM. Paul Dazy et H. Grimaud. Comme\nchœurs un groupe de jeunes filles et l'Orphéon\n\"Alsace-Lorraine\". En tout 90 exécutants.\nAu programme : l'Ouverture de Léonore, les\nVariations symphonique et Rebecca de Franck.\nA. G.\nROUEN. Nous avons eu souvent plaisir\nà signaler ici même l'inlassable activité de\nMme Capoy, qui, au milieu des devoirs de sa\nprofession, trouve le temps et les moyens de\npropager à Rouen (ville jadis musicale) ! le\n2:oût de la beauté sonore.\nO\nCet hiver Mme Capoy abordait trois sujets\ndifférents, et nouveaux pour tout le monde\nici. Elle traita d'abord de la musique allemande\navant Bach, et nous présenta d'admirables\nœuvres de Schutz, de Muffat et de l'art choral\ngermanique. Puis elle transporta sa curiosité\net la notre dans la vieille Normandie, avec une\nsérie de Noëls, très curieux historiquement,\ntrès intéressants musicalement et dont nous\nespérons bien voir un jour la publication dans\nl'S. I. M. Enfin elle aborda la science pure\navec une conférence sur la physiologie du larynx.\nCar Mme Capoy est une élève, et très fervente\ndu Dr. Marage, dont elle suit les cours à la\nSorbonne. Donner à tout ceux qui le désirent\nun moyen pratique et scientifique de soigner\nleur organe et d'obtenir une belle voix, telle est\nl'ambition du Dr. Marage et des méthodes\nque Mme Capoy est venu nous exposer, avec\nla meilleure grâce, et une simplicité dont nous\navons tous tiré le plus grand profit. La dé-\nmonstration était faite par Mme Capoy elle-\nmême, et par une jeune artiste de l'Odéon,\nMlle Himmel, qui en déclamant de jolies\npièces, nous a ravi jusqu'au troisième ciel.\n(Qu'elle me, pardonne ce jeu de mot) !\nM. N.\nLYON. Très beau succès au Grand\nThéâtre de Lyon pour le Cabrettaïre, vieille\nlégende d'Auvergne transformée en ballet, par\nMarius Versepuy, et que nous applaudirons\nsans doute un jour à Paris.\nPRIV AS. L\"Association musicale de Privas,\ncontinue son œuvre d'éducation. Après nous\navoir donnée les trois premières symphonies"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.89", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3021, "texte": "de Beethoven, voici qu'elle organise un con-\ncert avec la cinquième, plus Peer Gynt de\nGrieg, le Prélude Lohengrin, et l'Ouverture\n& Iphi génie en Aulide. Privas s'éveille àla grande\nmusique.\nor f/f A. R.\nLYON. Le concert donné le 9 mars à\nla salle Rameau par Mnu Félia Litvinne,avec le\nconcours du violoncelliste Bazelaire et du\npianiste Robert Schnitz, a été pour la grande\ncantatrice l'occasion d'un véritable triomphe.\nA la huitième séance de la Société des Grands\nConsorts, dont le programme était très réussi,\n011 a applaudi le pianiste Emil Sauër quia fait\napprécier un talent très personnel et un jeu\nd'une incomparable légèreté.\nPour clôturer la série des auditions de cette\nannée, M. Witkowski a fait entendre le mardi\nsaint, dans un concert spirituel, la Passion selon\nSaint Jean. L'œuvre de Bach, qu'on exécutait\npour la première fois, à Lyon, a été donnée\ndans sa presque intégralité. Mlle Eléonore\nBlp,nc, Mme Fouqué, M.M. Plamondon et\nMary en ont chanté les soli, ces deux derniers\nartistes avec beaucoup de succès. L'orchestre\ns'est montré à la hauteur de sa tâche; mais les\nchoeurs de la Schola, stylés avec une patience\ninlassable par M. Witkowski, méritent des\néloges spéciaux pour leur belle tenue et l'as-\nsurance avec laquelle ils ont éxécuté les diffi-\nciles vocalises et les parties figurées qui abondent\ndans la partition du grand Cantor.\nLes éxécutants et leur chef ont été l'objet\nd'une enthousiaste ovation à la suite de cette\nremarquable audition. E. B.\nMOULINS. - La Chorale de Moulins est\nune jeune société qui ne compte guère plus de\ncinq mois d'existence. Elle a été fondée et\nelle est dirigée par M. E. Vincent, professeur\nde violon. Le 19 Mars dernier elle donnait,\nau théâtre municipal, son premier concert.\nLes artistes et amateurs distingués de la ville\nlui avaient prêté leur concours ainsi que la\nsection symphonique de la Lyre Moulinoise.\nCe fut une très belle soirée. La Chorale de\nMoulins a de bons éléments. Avec du tra-\nvail et de la persévérance elle pourra aborder\ntrès rapidement les belles œuvres de la poly-\nphonie vocale. Il serait désolant qu'elle en\nrestât longtemps aux fadeurs rythmées des\ndanses viennoises ou aux pompons démodés\nde Saintis.\nNous souhaitons à la Chorale de Moulins\nde continuer la bonne entente des premiers\njours avec la Lyre Moulinoise. Unissant et\ncombinant leurs efforts, ces deux Sociétés pour-\nront nous faire entendre quelques belles pages\ndes maîtres anciens ou modernes, du Haen del,\npar exemple, ou du Berlioz, ou du Wagner.\nNous croyons savoir qu'à l'occasion d'une\ngrande cérémonie religieuse qui aura lieu à\nNotre-Dame de Moulins le 19 Juin prochain,\nM. l'abbé Magnasse fera exécuter, par l'excel-\nlente Maîtrise de cette église, dont il est le\ndirecteur, une grande cantate de sa composition.\nNANTES. Les concerts, à Nantes, ont\nété particulièrement brillants ce mois-ci.\nCe fut d'abord, le 28 Février, Mme Felia\nLitvinne, qui se faisait entendre pour la pre-\nmière fois dans notre ville. Elle interpréta, de"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.90", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "magnifique façon, l'air d'Alceste, à la suite\nduquel le public enthousiasmé lui fît une\nvéritable ovation, les \" Amours du poète, \" la\nmort d'Ysuelt et différentes mélodies parmi\nlesquelles l'étrange \" Berceuse \" extraite des\n\" Danses de la mort \" de Moussorgski. Au\nmême concert, nous entendîmes M 1 Robert\nSchmitz, pianiste agréable, et Ml' Paul Baze-\nlaire, violoncelliste qui a du charme et une\njolie qualité de son.\nLe 11 Mars, l'orchestre des concerts popu-\nlaire d'Angers donnait, avec Edouard Risler,\nun concert qui fut un des principaux événe-\nments de la saison musicale.\nLe pianiste Nantais G. Arcouet donnait, le\ni 8 Mars, un récital de piano en trois parties :\nla première consacrée à la musique ancienne\n(Bach, Scarlatti, Rameau, Daquin,) la seconde\nà Chopin, la troisième aux compositeurs mo-\ndernes (Sgambatti, Moskowski, Wagner,\nZistz,) M. Arcouet a toutes les qualités qui\nfont les grands virtuoses, technique impeccable,\nlégèreté, souplesse et puissance. Mme Benz-\nPiédeleu, au même concert, donna, avec infi-\nniment de tallent, deux intermèdes de chant.\nNotre savant compatriote Bourgault-Ducou-\ndray fit, le 21 Mars, au Théâtre Graslin, une\nintéressante conférence sur les mélodies popu-\nlaires en Bretagne. Après la conférence, des\nartistes du théâtre interprétèrent des mélodies\nbretonnes recueillies et harmonisées par le\nmaître.\nAu théâtre Graslin, première représentation\nà Nantes de \" Monna Varma \" le drame\nlyrique de Henry Février, sous la direction de\nl'auteur.\n\nJ. B."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.15", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.90", "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 3820, "texte": "Belgique\n\nEROS VAINQUEUR A LA MON-\nNAIE. C'est sur une trame d'irréel, qu'a-\nnime à peine une légende que Pierre de Bréville\na écrit une musique toute en nuances.\nElle fuit, dirait-on, l'étreinte d'un accord.\nAmoureusement ouvragée, la partition révèle\nun goût très affiné, aristocratique, latin. L'or-\nchestre laisse flotter, sur la brume des \"cordes\"\nles sonorités grêles et claires des flûtes,des haut-\nbois, des clarinettes et des cors. Dans le loin-\ntain des chœurs, où dominent les voix fémi-\nnines, plânent comme un murmure de feuillages\noù s'inscrit parfois une adorable mélodie.\nLes rythmes flous achèvent de donner l'impres-\nsion de vague demi-teinte, un peu monotone,\nmalgré quelques accents d'un lyrisme plus\nintense. Cette musique caresse.\nOutre celui de l'immatérialité elle a le\ngrand mérite de la rareté. On sent bien, çà et\nlà, que M. de Bréville écouta la leçon de\nFranck, surtout dans les chœurs religieux. On\noublie presque qu'il est contemporain de Claude\nDebussy. Ses moyens témoignent d'une\nrecherche, précieuse. Par tempérament bien\nFrançais, il possède le sens de la mesure, des\nproportions, de la clarté. Chez lui, point\nd'exagérations, point d'outrances, point de\nlongueur.\nLa réalisation théâtrale fut très soignée.\nLe talent de Madame Croiza a toute une\nadmiration ; Mlles Béai, Dupré, Symiane, sont\nprincesses gracieuses ; les décors de M. Deles-\ncluses étaient féériques ; danseuses et danseurs\nbien stylés. L'orchestre, encore qu'il manquât\nd'\" éther \" et malgré l'acoustique déplorable\nde la salle, fît de son mieux.\n» o\nBRUXELLES. Le dernier concert popu-\nlaire réunissait JVagner et Strauss. L'Elektra\n(fragment) du dernier ne fut pas très goûtée.\nSon orchestration buissonnière, ses brutalités\nsont peu faites, il est vrai, pour les oreilles\nu délicates \". Mme Plaichinger tint vaillam-\nment sa partie. Sa voix est ample et forte.\nOn sait qu'Elektra figure au programme de la\nsaison extraordinaire de la Monnaie à l'occasion\nde l'exposition 1910.\n—Au Conservatoire, magistrale exécution\ndu Messie, de Haendel. L'oratorio majestueux,\nmonument de la musique, fut évoqué dans\ntoute sa puissance, dans toute sa beauté. Les\nensembles surtout furent remarquables d'am-\npleur et de justesse, maniés par ce maître des\nmasses vocales et instrumentales ! Edgard\nTinel."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.92", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4089, "texte": "Le Groupe des Compositeurs a donné sa\ndeuxième séance. Les mélodies de Lucien\nMamot d'une inspiration originale et distinguée.\nLe scherzo-caprice d'Erasme Raway est une\nœuvre très remarquable, surtout par le côté\n\" construction \", technique profonde et inspi-\nration élevée, telles sont les caractéristiques\ndu musicien. Trois pièces symphoniques d'A.\nDupuis furent très applaudies, de même que\nles trois pièces pour violoncelle de Guillaume\nFrèmolle, un modeste et un probe, dont la\npersonnalité mérite tout intérêt. La mélodie\nImmortel Amour de M. Dubois sur le poème de\nLucien Solvay est de belle envolée. Le\nsuccès du concert fut très vif. Nos félicita-\ntions.\nLe cinquième concert Isaye était dirigé\npar Otto Lohse, chef d'orchestre du théâtre de\nCologne. Le jeune cappel-meister se distingue\npar le soin qu'il apporte dans l'interprétation,\nà respecter les intentions des compositeurs.\nIl sacrifie le détail à l'ensemble, s'occupant\nsurtout de donner le caractère que voulut à\nson œuvre le musicien. Lui-même semble\nvouloir s'effacer, sobre de gestes, quoiqu'il\nsoit absolument maître de ses instrumentistes,\net obtienne d'eux une remarquable homogé-\nnéité. Au programme : Beethoven, Berlioz,\nWagner, Liszt. Le pianiste célèbre Cortot\nprêtait son concours à cette belle séance.\nUlnstitut des Hautes Etudes musicales et\ndramatiques d'lxelles nous conviait, le mois\ndernier, à la distribution des prix à ses élèves.\nNous manquons ici de la place nécessaires\npour exposer l'œuvre si digne d'attention de\nM. Henry Thiebaut. Nous y reviendrons dans\nl'avenir. Qu'il nous suffise de dire notre admi-\nration devant une foi ardente, tenace, et désin-\ntéressée.\nAu programme de la fête ; partie musicale :\nfragment du Jure, monodrame lyrique à?Edmond\nPicard, adaptation symphonique de Henry\nThiebaut. Quoique, selon nous, le drame mou-\nvementé, poignant, de M. Picard n'eût aucune-\nment demandé le commentaire musical, et s'y\nprêtât fort peu, nous apprécions l'effort artisti-\nque du compositeur.\nIl témoigne d'une science étendue, et d'une\noriginalité certaine. Il fît valoir l'admirable\ndiction de Mlle Francis.\nL'impression de M. Picard est à noter.\n\"Dans la partition du Jure, non seulement la\nmusique est ininterrompue, mais encore et\nc'est le point principal —elle analyse psycho-\nlogiquement les personnages, s'identifie avec\neux, extériorise leurs impressions intérieures\nsans se priver pour cela, d'être descriptive\nlorsqu'il y a lieu \".\nAu cours de cette même matinée, il\nnous fut donné d'assister pour la première fois\nen Belgique, à une démonstration de Gymna-\nstique rythmique, méthode Jacques Dalcroze.\nNous réservons notre jugement, pour une\nétude plus étendue, mais il nous a paru que\ncette méthode qui prétend a développer\nharmonieusement le physique par l'intellect, \"\net susciter par l'éducation, l'éveil du rythme\nchez les enfants il nous semble que cette\nméthode fait fausse route. Scolastique, sa\ndoctrine ne tend-elle pas plutôt à dessécher\ncette belle harmonie spontanée, cette grâce\ninstinctive et charmante, par là-même, des\nmouvements puérils ? Elle reproche à\nDuncan de n'avoir que l'lnstinct ! Elle eût dû\nlui reprocher seulement d'avoir voulu faire\n\" école \" d'lnspiration.\nJe m'en voudrais de condamner par deux\nlignes tout un enseignement qui vise haut\nmais je me permets de penser qu'il faut\ndonner, à des enfants de l'air, de l'espace, de\nla liberté, du soleil même au point de vue\nde la psychologie, certains jeux de l'enfance\nsont plus profonds, plus intéressants que cette\ndémonstration sur la scène ; laissons donc ces\nfillettes se débaucher, danser, sauter, courir,\nbattre des mains, chanter, se trouver belles, et\nlaissons les respirer à l'aise. Ne vous occupez\npas trop de leurs jeux auxquels hélas\nnous ne comprenons plus rien.\nC'est la meilleure des écoles !\nLe cercle d'amateurs Crescendo, sous la\ndirection de M. L. Polliet a donné Salle Patria\nun très beau concert. Cette société mérite\ntous les encouragements. Nous retrouverons\nprochainement son historique, et ses succès.—\nL'audition dernière fut vraiment remarquable."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.93", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "Nous avons surtout applaudi la Mer, de\nPaul Gilson, que nous ne sommes pas loin de\ntenir pour le chef-d'œuvre du Maître.\nToute la richesse de son tempérament flamand\ns'y déploie. Le son et la couleur régnent\nen maîtres, un souffle puissant les anime, qui\nsoulève et emporte irrésistiblement aux paro-\nxysmes d'une sensation. De telles œuvres véri-\ntablement grandes, sont à la gloire de la race.\nMlles CORYN et LAENEN sont toutes deux\nartistes merveilleusement douées. Autant nous\napprécions la virtuosité, l'expressivité de jeu\nde Melle autant nous sommes conquis\npar la compréhension, la vigueur passionnée de\nMelle Laenen.\nLeur troisième matinée, salle Bonté, con-\nsacré à la musique belge fut un succès qu'il nous\nest agréable de souligner.—Retenons, parmi les\nœuvres de programme : deux romances très\némues de François Rane, avec Toccata brillante\nde De Boek, et Paysage de Paul Gilson. La\nPolka, du même, nous a paru très \" slave. \"\nDe si re Pâque, Peter Benoit et Franck complé-\ntaient le programme.\nL'abondance des matières nous oblige\nà remettre au mois prochain quelques comptes-\nrendus de la dernière heure, et nos bulletins.\nNos lecteurs voudront bien trouver une\ncompensation dans les \" nouvelles de province \"\ndont certaines ont pris cette fois de l'extension.\nRÉCITAL DE SICARD. Programme parti-\nculièrement intéressant pour le récital donné\njeudi i 7 mars, en la salle Patria, par le grand\nvioloniste russe, Michel de Sicard.\nLa première partie, entièrement consacrée\naux maîtres anciens, comprenait indépendam-\nment du concerto en mi majeur de Bach, des\nœuvres de Tenaglia, Couperin, Rameau, Scar-\nlatti, etc., qui n'ont guère été jouées à Bruxelles\net dont l'exécution par l'éminent virtuose fut\nà nos dilettanti un véritable régal d'art.\nAu piano : M. Georges Lauweryns.\nLIEGE. Peu de monde au Concert"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4065, "texte": "Durant mais quelle belle exécution ! L'ou-\nverture de Lohengrin surtout fut d'une envolée\nsuperbe, comparable à l'idéal obtenu par les\nmeilleurs chefs d'orchestre étrangers. Comme\nsoliste, M. Capet donna une vraie leçon de\nstyle de styles plutôt dans les concerts\nen mi de Bach et celui de Brahms, admirable-\nment caractérisés et dans l'interprétation des-\nquels semblait revivre quelque chose du sérieux\nanalytique, de la méticulosité et de la grandeur\nde Hans von Biilow.\nUn jeune organiste chercheur, qui eut le\nbon esprit d'aller prendre conseil auprès du\nmaître Widor lorsqu'il sortit frais émoulu de\nnotre conservatoire et qui, depuis, travaille\navec ferveur en autodidacte, nous a prouvé ses\nnouveaux progrès dans un récital d'orgue en-\ntièrement consacré à Bach. Il nous en joua\nonze pièces par ordre chronologique, nous\nconduisant de la Toccata et fuçue en rè\nmineur au Prélude et fugue en ut majeur\n(celui que rappellent les Maîtres Chanteurs).\npar une gradation insensible, témoin vivant du\nprodigieux développement de ce premier de\ntous les génies musicaux. Un sincère succès\nd'art et de salle chose remarquable vu\nl'austérité du sujet récompensa l'intelligent\ninterprète.\nA l'Œuvre des Artistes, récital de piano\ntrès réussi de Mlle Neutelaers, élève de M.\nJules Ghymers, le doyen de nos pianistes\nenseignants. Après du Bach, du Chopin, du\nMaszkowski, elle a interprété avec une finesse\ncharmante trois des petites pièces que publia\nS.I.M. sur le nom de Haydn : le Menuet de\nd'lndy, celui de Ravel et le thème varié de\nReynaldo Hahn : ils ont tous trois beaucoup\nplu. Ala même séance Mme Eymael avait fait\nentendre d'intéressantes mélodies de M. Marcel\nOrban, notre compatriote, actuellement l'un\ndes disciples préférés de d'lndy : parmi elles,\nCroix de bois est un petit chef-d'œuvre.\nPassons rapidement sur le concert des Ama-\nteurs où l'on apprécia le violoniste Schkolnik\net venons-en au concert Debefve, qui fut un\ntriomphe pour le trio Cortot, Thibaut, Casais.\nOn y réentendit la symphonie en ut mineur\nde Saint Saëns.\nAu dernier Concert Dumont Lamarche,\nle Quatuor Charlier avait excellemment com-\nposé son programme d'œuvre de Mozart,\nSchumann et Richard Strauss.\nDR DWELSHAUWERS.\nOSTENDE. Ostende qui en été s'élève\nau rang d'une capitale, tant par l'éclat de ses\nfêtes que par le luxe de ses réunions mon-\ndaines, reprend, une fois la saison terminée,\nson aspect de petite ville de province. Les\nfêtes, ne parvenant plus à être somptueuses,\ndeviennent toutes bourgeoises, et les événe-\nments artistiques se font plutôt rares.\nC'est ainsi que depuis le commencement de\nl'année nous n'avons à enregistrer que deux\nréunions réellement intéressantes, au point de\nvue musical.\nMentionnons d'abord la représentation de la\nvieille tragédie Adam in Ballingschap (Adam\nen exil) de J. v. d. Vondel (1587-1679) avec\nmusique du compositeur Hollandais Hubert\nCuypers. Le sujet de la tragédie est tiré de la\nBible : le Seigneur, après avoir donné à Adam\nl'Eden merveilleuse qui fleurit aux bords de\nl'Euphrate, lui crée une compagne ; et c'est\naux sons des trompettes, des buccins et des\nharpes célestes que l'hymen bienheureux est\ncélébré. Mais Lucifer et ses compagnons com-\nplotent la perte de l'homme ; malgré la vigi-\nlance des anges gardiens, le Serpent parvient\nà séduire Eve, qui goûte le fruit défendu et\nqui entraîne son époux dans sa chute.\nCette pièce, écrite selon les règles classiques,\ncontient de longs monologues et est entrecoupée\nde chœurs. Le compositeur n'en a pas fait un\nopéra ; il s'est contenté, ou plutôt, il est par-\nvenu à l'illustrer musicalement.\nPartout où il en sentait le besoin, il a sou-\ntenu le vers par une musique douce et très\ncadencée. Dans les passages où l'attention\ndevient trop tendue, une esquisse sonore vient\nrafraîchir l'esprit ; les longs monologues, néces-\nsairement un peu monotones, s'animent sous\nl'action des accords, et les récits se colorent.\nUne des parties les plus intéressantes de ce\nmélodrame est à coup sûr la danse que les\nanees, Adam et Eve exécutent en l'honneur\n\n2"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.96", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "du Créateur, au cours de la fête nuptiale : la\nscène rappelle les tableaux chatoyants des\nprimitifs italiens et les voix très chantantes qui\ndéclament ces vers bien rythmés provoquent\nen nous le charme des belles créations que l'on\nentend pour la première fois.\nM. Cuypers a fait de cette tragédie une\nœuvre délicate et éminemment artistique. Nous\nne savons ce qu'il faut admirer le plus : le\ncaractère naturel qu'il a su donner à sa com-\nposition, et qui fait que l'on ne sait plus lire\ncertaines parties du poème sans que l'on entende\nen sourdine quelque figure de violon, ou l'art\navec lequel il a constamment su rester au\nsecond plan, dans les coulisses. La musique,\nloin de dominer, ne perce jamais, et les acteurs\nsemblent ne pas s'en préoccuper. Elle n'est\nvraiment là que pour faire ressortir le rythme\ndes vers, pour soutenir et guider la déclamation.\nElle se compose exclusivement d'esquisses\nsonores : aucun motif n'est développé ; tout\nen étant très mélodieuse, elle ne contient en\nréalité aucune mélodie suivie. De légères\nmodulations indiquent et amplifient les diver-\nses sensations évoquées par les phases de l'action.\nLa mesure qui nécessairement fait souvent\nviolence à la parole est presque complète-\nment négligée : le rythme seul domine, le\nrythme qui suit pas à pas la cadence des mots.\nIl en est résulté un effet inattendu et merveil-\nleux. Les vers ne sont plus déclamés, ils ne\nsont pas chantés non plus, et l'on assiste en\nquelque sorte à la fusion de la parole et du\nchant.\nEt si nous avons cru voir et entendre en\nscène, non des hommes, mais des êtres supé-\nrieurs, si vraiment nous nous sommes sentis\nenvahis d'une joie céleste devant la félicité du\npremier couple, et si les cris de douleur d'Adam\npuni ont retenti si profondément dans notre\nâme, nous devons sans aucun doute tant à la\nmusique délicate de M. Cuypers qu'à la bril-\nlante interprétation que la troupe Royaards\nd'Amsterdam a donnée de cette tragédie aux\nvers magnifiques.\nD'un autre côté, nous avons assisté le\n16 février à une conférence de M. Emile\nHullebroecksur la chanson populaire flamande.\nLe brillant conférencier nous a entretenu\nde la naissance de cette chanson, qui a trouvé\nson origine dans l'hymne \" Veni Creator \", et\nde son développement à travers les siècles. Il a\ncommenté successivement les chansons d'amour\nde nos trouvères, les chansons de Jean I, duc\nde Brabant, les chansons historiques, humo-\nristiques et satiriques, ainsi que quelques airs\nlocaux.\nParlant d'une façon claire et précise, il s'est\nfacilement fait comprendre par son auditoire\nqui, a côté du public ordinaire des réunions\nde ce genre, comprenait également et il\nfaut en être heureux bien des gens de la\nclasse ouvrière.\nToutefois, malgré le grand intérêt de cette\nconférence, l'audition que M. Hullebroeck\ndonna en suite de quelques-unes de ses œuvres,\nnous séduisit beaucoup plus. C'est qu'en effet\nce jeune compositeur gantois se trouve à la\ntête du mouvement populaire (si l'on peut\ndire !) qui s'est dessiné au sein de la musique\nflamande. Ce que Botrel tente en France,\nHullebroeck l'a réalisé en Flandre.\nOn lui doit la rénovation de la chanson\npopulaire flamande. Après avoir étudié la riche\ncollection de vieilles chansons dont s'enor-\ngueillit la Flandre, il s'est dit que si le peuple\nne les chantait plus, c'était parce que les\nparoles, les poésies étaient d'un autre siècle.\nLe peuple de nos jours ne sent plus, ne jouit\nplus, ne rit plus et ne souffre même plus de\nla même façon que le peuple de jadis. C'est\npour cette raison que l'ouvrier et l'ouvrière ne\nles chantent plus, ces mélopées charmantes de\nnos vieux trouvères. Seules quelques dentel-\nlières les savent encore et les murmurent par-\nfois au cliquetis de leurs fuseaux.\nMais à certain moment, quelques • jeunes\npoètes se sont adonnés à la poésie populaire.\nDans de petites pièces bien rythmées, ils chan-\ntaient l'ouvrier et ses travaux, les joies et les\npeines de son foyer. Ces auteurs n'étaient\nlus que par quelques rares amateurs. Ils ont\npersévéré et ont continué à écrire des berceuses,"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.98", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "des chansons à boire et des chants d'amour,\nmalgré les critiques de lecteurs habitués à une\nlittérature raffinée, tant néerlandaise que\nfrançaise. On ne les lit peut-être pas beaucoup\nplus maintenant, mais on les chante un peu\npartout.\nEmile Hullebroeck a, le premier, songé à\nécrire de la musique sur ces poésies qui étaient\ndéjà presque des chansons. Il a formé jusqu'à\nprésent un recueil d'environ cinquante lieder.\nPresque toutes écrites dans les mesures 2/4\nou 6/8 ces chansons se caractérisent par leur\nsimplicité et par leur caractère vraiment popu-\nlaire. A les écouter 011 entend des échos, des\nritournelles et des ballades des temps passés,\net l'on ne peut manquer de songer que l'on\npossède là une collection de petits chefs-d'œuvre\npleins de bon goût, de poésie et de vie.\nElles sont humoristiques comme celles du\nu Petit Sacristain \" et tantôt joyeux comme\ncette \" Kermesse flamande \". Parfois elles se\ncaractérisent par leur douce mélancolie ou ont\nl'air de vieilles romances. Mais c'est surtout\nlorsque le compositeur aborde les sujets in-\ntimes qu'il trouve des accents qui vont droit\nau cœur. Parmi les plus belles et les plus\ncharmantes, je dois citer \" Mijn kieen, kleen\ndochterken \".\nL'abondance des matières nous oblige à remettre\nau prochain numéro les correspondances de Charleroi,\nWasmes, Quaregnon, Pâturages, Mons et Malines.\n\nM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.16", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "Henry Collet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.98", "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 3823, "texte": "Étranger\n\nMOSCOU. A signaler une belle sym-\nphonie de S. Taneiew, un \" Poè?ne Divin \"\nde Scriabine, qui cherche à ouvrir à l'art de\nnouvelles voies. Les Amis de la musique\nrusse nous ont fait entendre la septième de\nGlazounow, 1' \" lie des Morts \" de Rach-\nmaninow, et le u Lac enchante \" de Liadow.\nJe 11e vous citerai pas toute la liste des vir-\ntuoses, que Moscou fascine cette année comme\nles autres. Mais je voudrais attirer l'attention\ndes musicologues sur une Société de musique\nancienne que vient de créer M. Boulytscheff,\net qui a donné une fort bonne audition de\n\" Samson \" de Haendel.\nE. VON TIDEBOEHL.\nVIENNE. Au début de mars a eu lieu\nl'Assemblée générale de la Section de Vienne\nde la Société Internationale de Musique, et\nl'élection du bureau. Le Dr. Erwin Luntz, qui\nest depuis 6 ans président delà section ne s'étant\npas représenté, le bureau a été constitué de\nla façon suivante : Président, Dr. Hugo Bots-\ntiber, vice-président, Dr. E. Luntz, Secrétaire,\nDr. Egon Wellecz, trésorier, Dr. A. Koscirz;\nmembres, les Professeurs Haboech, Prohaska,\net E. Mandyczewsky ; Contrôleurs, MM.\nThalberg et Gregor.\nLa séance suivante adopta le principe de\ns'intéresser avant tout à des exécutions musi-\ncales, dont le nom sera celui de Kollegium\nMusicum. La Section organisera prochaine-\nment, au profit du Mozarteum de Salzbourg,\nune séance de ce genre réservée aux œuvres\nde Bach, avec le concours de Mme Landows-\nka, et des plus grands artistes de Vienne.\nPuis les communications suivantes ont été\ninscrites : Dr. Richard Batka \" la Technique\ndu chant populaire \" ; Dr. Max Graf, \"le\nVaisseau Fantôme ; \" et enfin une exécution\ndu Stabat de Pergolèse.\nLes sœurs Wiesenthal jouent à l'Apollo une\npantomime de Franz Schreker \" /'Anniver-\nsaire de F Infante \" avec le plus grand succès.\nSchreker est un de nos modernistes les plus\nactifs.\nLe grand événement de Vienne est la\npublication des œuvres d'un jeune prodige,\nW. E. Korngold, le fils du critique musical\nde la Neue Freie Presse. A peine âgé de\n12 ans, ce compositeur vient de mettre au\njour une Sonate, une fantaisie pour piano et un\nballet, qui ont rempli d'étonnement les profes-\nsionnels e't les amateurs. Ceci a l'air d'une\nsimple réclame. Je dois pourtant vous avouer\nque Strauss et Nikisch ont même avoué leur\nsurprise devant tant de maturité et un art\naussi peu conforme à ce que l'enfance pourrait\nnous laisser supposer. Le cas Korngold mérite\nqu'on s'y arrête. E. W."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.99", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4014, "texte": "MUNICH. Voici en gros le programme\nmusical de la saison de Munich cette année.\nDu 20 au 23 mai un cycle Schumann. Puis\nquelques festivals choraux. Du 23 au 28 juin\ngrande semaine Richard Strauss. En août,\ncycle Beethoven, Brahms, Bruckner. Enfin au\n12 septembre la symphonie géante de Gustav\nMalher avec ses mille exécutants.\nHEIDELBERG. Nous organisons de\ngrandes solennités musicales pour la fin d'oc-\ntobre. Ces fêtes seront données par le Bach-\nverein et l'Akademischer Gesaneverein. Elles\nO\nseront consacrées au grand cantor, et auront\nlieu tant à l'église qu'au concert.\nNAPLES. Après avoir été toutà Wagner,\nles Concerts Martucci ouvrent leurs portes à\nla Société des Concerts d'Autrefois. Succès\ncomplèt pour cet art qui n'est pas sans sur-\nprendre les Napolitains. La sonate de Marcel-\nlo, et la musette de 'd'Hervelois ont été\nbissées.\nLe bénédictin Hartmann est arrivé ici pour\ndonner son Oratorio La ?norte del Signore, et\ndiriger le Stabat de Rossini.\nFLORENCE. M. Léo S. Olschki a eu\nl'heureuse idée de faire exécuter quelques unes\ndes œuvres inédites de Paçanini dont il s'est\nrendu acquéreur à la vente du mois de février.\nUne première audition en a été donnée, avec\nun vif succès, chez M. Olschki lui-même,\npuis, sous forme de concert public, dans la salle\nde la société Leonardo. Les pièces exécutées\nsont un quatuor à cordes (Allegro maestoso,\nMinuetto, Adagio, Rondeau)y un Cantabile et\nune Tarantella, pour violon et piano, et enfin\nle Larghetto et la Polacca d'un quatuor avec\nguitare.\nLe Quartetto Fiorentino, qui s'était chargé\nde l'exécution de ces œuvres, donne, dans le\nsalon de la Pergola, une série de six concerts\nde musique de chambre. Nous y avons déjà\nentendu des œuvres de Beethoven, de Cheru-\nbini, de Boccherini, de Tartini et de G. B.\nSammartini, interprétées de façon fort intéres-\nsante par MM. Calamanni, Lenzoni, Frangini\net Coen.\nNous avons eu même une première, le\nCalendimaggio de M. Giuseppe Pietri, donné\nle 14 mars au théâtre de la Pergola. Sur un\nlivret rapide et violent de M. Pietro Gori,\nle jeune musicien a composé une partition\nd'une inspiration généreuse, où les rémi-\nniscences de Mascagni n'empêchent pas de\ndeviner quelque originalité et où les marques\nde talent ne sont pas rares, malgré une cer-\ntaine intempérance dans l'emploi des forces\norchestrales.\nIl s'est conservé à Florence un usage qui\nne subsiste plus que dans quelques rares villes\nd'ltalie ; c'est celui d'exécuter pendant les\ntrois derniers soirs du carnaval, dans une des\néglises de la ville, un opéra dont le sujet ait\nquelque rapport avec la religion. Ces exécu-\ntions, données naturellement sous forme de\nconcert, ou, comme on dit ici, d'oratorio, ont\nlieu d'ordinaire dans l'église San Giovannino\ndegli Scolopi. On y a déjà entendu notamment\nle Poliuto de Donizetti, I Lombardi de Verdi :\ncette année nous avons assisté à un autre\nopéra de Verdi, fort célèbre en son Temps, le\nNabucodonosor. Les Italiens, massés dans la\npetite église ont paru retrouver avec plaisir\nplusieurs morceaux qui sont encore populaires\ndans toute l'ltalie, la marche du premier acte,\nl'air Deh ! perdona du 3e acte et surtout le\nfameux chœur, Vff, pensiero, sulV ail dorate, où\nles Hébreux esclaves célèbrent les douceurs de\nla patrie perdue, et que l'on chantait dans les\nrues, comme un hymne de ralliement, pendant\nles jours héroïques de l'unité italienne.\nC'est un spectacle bien curieux que cette\nexécution d'une œuvre qui reste en grande\npartie profane dans l'atmosphère de l'église,\nentre deux bénédictions. Le concert est inter-\nrompu par un entr'acte d'une demi-heure\nenviron, pendant lequel un prédicateur est\nchargé d'occuper l'attention des assistants. Le\nnôtre s'acquitta de cette tâche délicate avec\nune surprenante dextérité. Puis le concert\nreprit. Les fidèles, les prêtres et les enfants de\nchœur suivaient soigneusement, sur leurs\nlibretti, les terribles aventures de Nabucodo-\nnosor, de sa fille Fenena et de la perfide\nAbigaille. Çà et là certains, pour n'en point"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.100", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4212, "texte": "point perdre un mot, avaient allumé des rats-\nde-cave. Par moments quelque mélodie trop\nsautillante • réveillait le sens du rythme dans\nl'âme des vénérables ecclésiastiques, qui se\nmettaient à marquer crânement la cadence\nd'un petit mouvement de leurs bonnets carrés.\nPourtant, lorsque Fenena ou Abigaille chan-\ntait, les yeux baissés sur les livres se levaient\nun instant vers l'estrade pour tâcher d'aperce-\nvoir leur visage derrière le treillis doré. Mon\nvoisin m'expliqua que cette année, pour la\npremière fois, des femmes ont été admises à\nchanter dans ces veglie sacre. L'année dernière\nencore, on avait fait venir de Rome des chan-\nteurs spéciaux, qui avaient de belles voix de\nsoprano. Maintenant le Saint-Père a permis\nde mettre des femmes véritables à la place des\nautres. Car il paraît que l'espèce se perd....\nPAUL-MARIE MASSON.\nMADRID.— La \" Philharmonique\" nous\ndemeurant fermée, nous n'aurons point le\nplaisir d'informer nos lecteurs des prouesses\nacrobatiques de M. X, violoniste teuton, delà\nvirtuosité capricante de MllK' Y, américaine,\nde la frivolité welche de M. Z. ou de la pro-\nfondeur du Quatuor Chinois... Mais, au fait,\nce que désirent savoir les amateurs fervents de\nla S. I. M., c'est sans doute le mouvement\nindigène, l'orientation actuelle des efforts dés-\nintéressés d'un petit groupe de bons musiciens\nespagnols. L'étranger, en ces conditions, ne\nnous attire guère. Nous ne le connaissons que\ntrop en notre France musicale.\nL'Espagnol qui reste bien soi, enchante par\nson individualisme sans pareil, naïf, ambitieux,\nhautain, mais toujours original, imprévu, sin-\ncère. L'Espagne est le pays du mélos aux\ntonalités antiques, aux rythmes pittoresques,\ndes couleurs tantôt crues et bariolées, tantôt\ndouces et grises comme cette terre lumineuse\nde l'Andalousie ou ces montagnes rêveuses de\nLéon.\nCette atmosphère de contrastes expressifs,\nd'alternances qui surprennent et ravissent, fut\nadmirablement comprise soit par les coloristes:\nAlbeniz, Turina, Falla, Pérez Casas, Arregni,\nsoit par les penseurs et les recueillis : Olmeda,\nde Gibert, Noguera, Villar, Conrado del\nCampo... Pedrell unit les deux tendances en\nsa puissante synthèse dramatique et, par con-\ntre, un Chapi en qui l'Espagne salue son\nBeethoven ou son Mozart quelle tristesse !\nn'a ni le brillant relief des uns, ni la pro-\nfonde sentimentalité des autres : c'est et ce\nsera toujours le type du musicien manqué que\npar une lamentable erreur historique et pour\nsa honte, l'ingrate Espagne protégera aux dé-\npens de ses vrais et grands artistes.\nMais ne nous égarons point: cette asortie\"\ncontre Chapi m'est inspirée par une ridicule\ncampagne de presse espagnole en faveur de\ncelui qui ne fut jamais un musicien, alors\nqu'elle se tut lorsque Malats vint magistrale-\nment interpréter l'lberia d'Albeniz.\nEn revanche, quelques courageux apôtres\nde la musique nationale opposent vaillamment\nà cette néfaste opinion d'une presse peu avertie\ndes choses de musique, de nobles tentatives\nqui méritent d'être encouragées et soutenues.\nJe ne dirai qu'un mot des représentations\ndu Teatro Real. Wagner y occupa la première\nplace avec sa Tétralogie entière sauf Siegfried,\net reçut la plus détestable des interprétations\ngrâce au zèle intempestif d'un chef d'orchestre\nallemand, W. Rabl, noble inconnu outre-\nRhin, et de chanteurs italiens de belle inintel-\nligence. La Salomè de R. Strauss, avec la Bel-\nlincioni eut peu de succès, et ce fut justice...\nL'orchestre du Real ne possède point en effet\nle matériel nécessaire pour la digne mise au\npoint du chef-d'œuvre de l'auteur de la Sym-\nphonie Domestique, et les chanteurs italianisèrent\noutrageusement une musique déjà trop italienne.\nA l'Ateneo de Madrid, un jeune prodige-\npianiste, M. Téran, nous donna un médiocre\néchantillon de son savoir, et le signataire de\nces lignes organisa, avec le concours de grands\nartistes de l'Opéra: Mlles Garcia Conde, Nava,\nPerini, et de professeurs et amateurs de la\ncapitale : MM. Palau, S. Crepo et Elola, une\nconférence-concert sur l'Or du Rhin, favora-\nblement accueillie, ce dont il remercie le\npublic et la presse madrilènes.\nLe merveilleux quatuor Vela, composé de\nTelmo Vela (violon ler), Francisco Cano"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.101", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "(violon 2°), Enrique Alcoba (alto) et Domingo\nI altavull (violoncelle), a déjà donné trois con-\ncerts par lesquels il s'est révélé comme un des\nquatuors les plus homogènes et de la plus fine\nmusicalité. Nous avons rarement vu artistes\nplus anthousiastes, plus souples, plus compré-\nhensifs, et sacrifiant, à l'âge des succès faciles,\nun désir légitime de virtuosité à la discipline\némouvante du quatuor essentiel, avec une joie\nprofonde de musiciens qui vivent leur art.\nNous leur adressons nos plus chaleureux com-\npliments, et nous espérons que bientôt Paris,\nBerlin ou Vienne pourront les entendre et les\napplaudir.\nEn leur premier concert du 5 Mars, nous\nouïmes le délicieux quatuor en mi majeur de\nMozart ; le quatuor incomplet et vraiment\nmalheureux de ce Grieg décidément pauvre\ntechnicien ; l'adorable Sérénade Italienne de\nHugo Wolf cher à notre grand Romain-Rol-\nland; et enfin un quatuor enfantin de l'Espagnol\nSerrano, que je préfère ne point critiquer.\nLe second concert du 10 Mars, nous pro-\ncura la joie d'entendre après le charmant\n.quatuor (n° 6) d'Haydn, une des plus lumi-\nneuses et \"françaises\" exécutions du quatuor\nDebussy, dont on bissa l'exquis second temps.\nMais le \"clou \" de la fête fut la primeur de\nla Suite Léonaise de Rogelio Villar, l'un des\n\"jeunes\" les plus intéressants de l'Espagne\nactuelle, et qui promet d'être un Grieg méri-\ndional, plus fin et plus émouvant. Cette suite\nqui comprend quatre temps est d'un lyrisme\ndoux et triste, d'une fraîcheur rare, d'un sens\nmusical affiné. Les thèmes populaires y reçoi-\nvent un développement parfois brusquement\ninterrompu ce qui est le défaut voulu mais\nréel de l'auteur parfois un peu facile\n(comme en son allegro molto) et embarrassé\nd'éléments \" pianistiques \" qui détonent et\nchoquent, mais toujours captivant et sympa-\nthique, d'une technique discrète et heureuse\nplus que par son contrepoint, élémentaire, par\nune harmonie savoureuse et qui respecte les\nvéritables tonalités des chants recueillis et\ndistribues avec art. Tous nos compliments\nau jeune auteur, l'un des mieux doués, sinon\ndes plus savants, de sa génération.\nLe troisième concert, du 17 Mars, nous\npermit de réentendre le petit quatuor en sol\n(n° 2) de Mozart, le 2me quatuor, inégal, de\nBeethoven, et un détestable quatuor d'un\nEspagnol, M. Manrique de Lara, dépourvu\nd originalité non seulement espagnole, mais\nmusicale ; manquant d'équilibre et mélangeant\ndes progressions d'un chromatisme et d'une\npolyphonie à la \" Tristan\" avec les reprises\ninvariables d'un pauvre thème diatonique ;\nd une harmonie poisseuse, vide et arriérée ;\nenfin qui présente un abus du trémolo et du\npizzicato d'un effet effroyablement théâtral.\nL auteur jouit d'une certaine renommée en\nEspagne, et c'est pourquoi nous devions insister\nsur son œuvre. Mais cette renommée ne s'ex-\nplique point, et nous éprouvâmes une cruelle\ndéception à nous en apercevoir.\nConcurremment avec le quatuor Vela, la\nSociété des Instruments à Vent, fondée par le\ncélèbre maître Pérez Casas, a fait un \" début\"\nsensationnel. L'ensemble de ces huit artistes\nest vraiment satisfaisant, et, sans égaler la\nnôtre, cette Société fait le plus grand honneur\nà ses protecteurs, et à son chef éminent. Au\npremier concert, du 8 mars, nous eûmes du\nmauvais Rubinstein, l'admirable Chanson et\nDanses (bissées) de d'lndy, un gentil sextuor\nde Breton, le directeur du Conservatoire de\nMadrid, et le jeune quintett de Beethoven\n(op. 16). Le second concert du 14 Mars,\nnous donna l'heur d'applaudir du Haydn, de\nbailler pendant du Haëndel, de dormir durant\ndu Klughardt mais d'applaudir vigoureusement\nla claire et charmante musicalité du Sextuor\n(op. 6) du bavarois-tyrolien Thuille, régal de\nsonorités heureuses,et de mélodies naïves et ten-\ndres.Le succès qui acccueillit les deux premiers\nconcerts de la Société constitue un précieux\nencouragement pour l'avenir. Nous souhaitons\nlongue vie à la jeune association et assurons\nson directeur si méritant de notre cordiale\nsympathie.\nAu théâtre de la \"Comedia\" Berthe Marx\nGoldschmidt voulut reconstituer les cinq\nconcerts historiques de Rubinstein. Nous\nn'insisterons pas, par galanterie, sur cette\ncurieuse tentative."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.102", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "Et la Société des Concerts, sous la direction\nde son illustre chef Arbos, va enfin ouvrir ses\nportes à la foule avide de sonorités orchestrales.\nNous suivrons la foule.\nVALENCE. Nous venons d'inaugurer\no\ndes concerts de chambre sous la direction de\nCha varri, avec les Chansons et Danses de\nVincent d'lndy, qui ont cette fois obtenu\nl'exécution et le succès digne de cette belle\nœuvre, jadis exécutée à Valence. Puis le\nDivertissement de si bémol de Mozart et enfin\nune rapsodie de Chavarri, d'écriture très mo-\nderne et qui a parfaitement réussi.\n\nHenry Collet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.17", "titre_corps": "Chand d'Billets.", "titre_sommaire": "Chand d'Billets.", "signature_source": "Pierre Jobbé-Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "Chand d'Billets.\n\nChaque année, avec la ponctualité, la fidélité,\nde vieux serviteurs d'autrefois, il est quelques\nsujets d'Actualité on peut dire chronique et\nmême incurable qui reviennent aux mêmes\népoques pour inspirer les mêmes articles de\njournaux, les mêmes couplets de revues, les\nmêmes propos autour des tables de Café, de\ndîners, ou de bridge... Sujets à propos de quoi\non a vraiment envie de crier ainsi qu'à des\ntapeurs incorrigibles : Encore vous ? ah non !\nJe vous ai déjà donne !\nIl y a ainsi les baraques du jour de l'an, les\nmarchandes de violettes ou de poires cuites au\nfour, le marronnier du 20 mars, le dernier\nchef-d'œuvre toujours le dernier de\nM. Rodin... Il y a aussi la question d'Orient"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.104", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 4100, "texte": "et nous y voilà : celle des marchands de billets !\nCette année elle offre ceci de nouveau qu'elle\nest en train de prendre une importance consi-\ndérable. Avant d'entrer dans ce vif qui est la\nguerre entre certains Directeurs de théâtre et\nmarchands de billets, il faut d'abord s'entendre\nsur ce qu'ils sont : les marchands de billets, et\nrevérence parlée, mettre l'objet en mains. Car,\ns'il y a fagot et fagot il y a aussi marchand de\nbillets et marchand de billets : aristocratie et\npopulace, seigneur et ruffian.\nA tout Seigneur tout honneur. D'abord\nvoyons donc \"le Bourgeois \" TAristo, le mar-\nchand de billets de luxe. Celui-là travaille à\ndécouvert en toute sécurité. Il a façade sur le\nBoulevard. De l'extérieur, par ses affiches\nmulticolores, sa boutique attire le regard à\nbonne distance et le retient de près par sa\nvitrine gentiment ornée de photos d'artistes et\nmême de silhouettes en bois.\nEntrons. Aux murs, d'autres photos bien\nplus séduisantes et grand format ! Une spécialité\nde vedettes en vêtements légers. Une exposition\nde charmes, qui pour être en papier 11e laisse\npas tout le monde de bois... Et puis, toutes\nles salles de spectacles en miniature : dites\nu Guignol \", la caisse, tout le mobilier profes-\nsionnel. Enfin : élégant de mise, d'allures, de\ngestes et de conversation : le marchand de\nbillets qui vend sa marchandise avec amabilité\nmais sans être ni insistant ni obséquieux. Un\nMonsieur sûr de son commerce et qui peut\ns'offrir, le cas échéant, avec le fidèle client, une\npetite conversation sur la pièce, l'auteur et les\ninterprètes d'Actualité qu'il vient de juger à la\ngénérale, le marchand de billets étant de toutes\nles générales.\nIntéressante la pièce ?\nMais oui, très bons décors, de Ventrain, du\ndialogue, de Vesprit, des mots de situation.\nAlors on peut voir ça ?\nJe crois bien ! Une loge de face ?\nN'en déduisez pas que par intérêt profes-\nsionnel, le marchand de billets trouve forcé-\nment tout bon. Que non ! et, certains auteurs,\ncomédiens, chanteurs, ne seraient peut-être\npas toujours satisfaits de ses commentaires ou\nde ses pronostics ! Mais le sait-on ? Aussi bien\nque le plus subtil, le plus remuant, le plus\ninfatigable de nos courriéristes, serait-il le\nCapitaine Fracasse ou Brichanteau, le marchand\nde billets connaît à peu près tout de ce rata\ncompliqué, varié, imprévu qui mijote dans les\ncoulisses... Fort de leurs profondes relations dans\nles théâtres, ces marchands de billets de luxe\nsont à l'occasion de très distingués indicateurs\ngalants... Pendant l'Exposition de 1900, il en\nfut un qui avec beaucoup de tact et d'éloquence\ns'en fut trouver une des plus éminentes per-\nsonnalités administratives de l'Opéra :\n; *\nSi vous vouliez être mon avocat auprès de\nces demoiselles du corps de ballet comme nous pour-\nrions faire de Vor avec les Etrangers ! C est très\nsimple\nSans doute parce que ce fut trop simple le\nhaut fonctionnaire sollicité ne voulut pas\ncomprendre. Le marchand de billets dut cher-\ncher ailleurs.\nBref le marchand de billets de luxe exerce\nune profession des plus agréables, peu fatigante\net qui, bon an mal an, lui rapporte tous frais\npayés un bénéfice net de cinquante mille francs...\nCombien différente est l'existence de l'autre\nmarchand de billets, du \" ruffian \". Par la pluie,\nla neige, la grêle, l'ardent soleil, enfin dehors\npar tous les temps, de dix heures du matin à\ndix heures du soir, le ruffian 11e paraît cepen-\ndant pas contracter une mauvaise santé à ce\ngenre de vie. A de bien rares exceptions près,\nregardez sa belle trogne, on dirait enluminée\nà tous les verres rouges des lampes électriques,\nmais qui l'est en vérité à ceux des mastroquets\nvoisins. Admirez cette carrure, cet embon-\npoint, Ces mains larges comme des épaules de\nmouton, ces doigts boudinés, luisants, roses\ncomme des petits paquets de saucisses, toute\ncette rude allure d'un cultivateur endimanché,\nd'un maquignon, d'un \" book \" et plus souvent\ncelle bien plus pittoresque d'un Monsieur que\nvous ne voudriez pas rencontrer au coin d'un\nPré serait-ce même à celui du Pré-aux- Clercs.\nPst ! Pst !.."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.105", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "Vous les connaissez bien ! Celui-ci vous\nappelle du seuil d'un café modique.\nUne bonne place pour ce soir, de face ?\nCelui-là, pour peu que vous sembliez vous\ndiriger vers le bureau de location ou vous\narrêter devant l'affiche et même tout simple-\nment si vous passez, vous raccroche par votre\nmanche, vous passe même tendrement le bras\nautour de la taille et vous fait ses propositions\navec le bagout, l'insistance des photographes\nforains ou du coiffeur qui veut à toute force\nplacer une friction ou un shampooing. Comme\ntout ce qui est en dehors de l'ordre, du con-\nvenu, comme tout ce qui est si peu sauvage\nque ce soit, ce marchand de billets dit \" ruf-\nfian \", est bien plus amusant que son confrère\nde luxe UUAristo \" qui est au ruffian ce que\nle cabot des rues est à la levrette de grande\nmaison, ce que le chat de gouttière est au chat\nd'appartement.\nPar ci par là, bien forcé de voir la vie\nplus en rosse qu'en rose, le \" ruffian \" n'est\npas exempt d'aléas puisqu'il n'a pas la\ntranquillité d'une clientèle stable mais plutôt\nvariable, aussi volante que volée. Non pas\ncomme l'Aristo, assuré d'amateurs réguliers,\nle ruffian n'a pour établir un équilibre entre\nses dépenses et ses recettes que ses connais-\nsances du répertoire à succès et des nouvelles\nœuvres qui pourront réussir ou non. Mais s'il\npleut ? La pièce a beau être bonne, les chan-\nteurs fameux et les décors charmants, le ruffian\nrisque le mauvais coup de garder ses billets\npour compte. C'est dans ces moments là que\nsemblable à ces Dames de nuit encore\nseules à la dernière heure et qui deviennent de\nplus en plus pressantes parce que plus pres-\nsées, le ruffian se résout à toutes les audaces.\nPoursuivant l'amateur jusque dans le vestibule\ndu théâtre il finit par se faire \" emballer\ntraîner au poste dont il est abonné fidèle et où\nd'ailleurs on le relâche aussitôt, ce qui lui\npermet d'y revenir plusieurs fois durant la\nmême soirée.\nComme l'on pense ces \" emballages \" ne se\nfont pas toujours sans musique : protestations\nou menaces. C'est que le marchand de billets\nen plus d'un indicateur de la police, d'un\n\" book-maker \" et même d'un Poète qu'il est\nparfois peut de plus être un bon agent élec-\ntoral ou tout simplement ce personnage vénéré,\npresque sacré. \" L'électeur \". n HOJSAO\nAinsi pour avoir fait arrêter un marchand\nde billets racolant dans l'entrée même de son\nThéâtre, M. Carré se vit-il montrer le poing\net promettre :\nAttends un peu ! je le dirai à Levreau !\nInutile de dire que Leyreau c'était le\ndéputé\nLe ruffian qui rançonne, d'après la loi de"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.106", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "l'offre et de la demande, et l'Aristo qui trafique\nsur une augmentation à peu près fixe de trois\nfrancs sur le prix de la location officielle, ne\nse font ni tort ni concurrence. Chacun à sa\nspécialité. Celui-ci accapare les grosses places,\ncelui-là les petites. Avec ou sans la complai-\nsance des directeurs de théâtre dont bon\nnombre les considèrent, les traitent en excel-\nlents auxiliaires et même en collaborateurs\nprécieux.\nPour se procurer les places au bureau de\nlocation, Aristo et Ruffian ont un procédé bien\nsimple qui consiste, moyennant une prime de\ncinquante centimes par place, à les envoyer\nprendre par des commissionnaires variés dont\nle fonds ordinaire est surtout constitué par des\ngarçons de café, et l'extra par des passants\ndont la profession est surtout celle de n'en pas\navoir. Faisant la joie des directeurs ennemis,\nces troupes auxiliaires ne reviennent pas tou-\njours d'expédition... Ce sont là des fuites peu\nfréquentes, les marchands de billets étant à la\nfois gens de précaution et d'ingéniosité capa-\nbles de rivaliser avec nos meilleurs policiers, ce\nqui évidemment n'est pas encore le Summum\nde la difficulté Les marchands de billets\nsont encore des veinards.Une très sympathique,\ntrès capable et très artiste personnalité de\nl'Opéra en sait quelque chose. Cette person-\nnalité, appelons là M. Colin et si vous voulez\nmême M. Colin-Maillard à cause de cette\nchasse aux marchands de billets toujours un\npeu faite à l'aveuglette, avait dit à propos\nd'une sensationnelle première :\nJe ne veux pas qu 'il y ait dans la salle une\nseule belle place vendue par un marchand de\nbillets !\nDe permanence au bureau de location,\ndévisageant tous les souscripteurs M. Colin\nMaillard était presque sûr d'avoir évincé les\nmarchands de billets. Douce erreur ! Une\nbaignoire la veille prise par un des principaux\nhabitués de l'Opéra avait été revendue le len-\ndemain par un marchand de billets !\nPendant l'instant durant lequel M. Colin\nMaillard avait interrompu sa garde au bureau\nde location la jeune bonne de M. X... titu-\nlaire de la baignoire s'était présentée au bureau\nde location. En attendant son tour elle avait\navisé un monsieur très élégant, lui avait de-\nmandé à qui fallait-il s'adresser pour se faire\nrembourser des places qu'on ne pouvait utili-\nser. ..\nMais mademoiselle, je vous les prends moi !\net voilà cinq francs pour vous...\nLe monsieur très élégant n'était autre qu'un\ndes plus habiles marchands de billets bien connu\nsous le sobriquet très spécial de \" Beau Bocal.\"\nPourquoi donc ne pas toujours aller au bu-\nreau de location au lieu d'avoir recours aux\nmarchands de billets ?\nDeux raisons font les marchands de billets\npresqu'indispensables parce que répondant à\ndes besoins.\nLe vitalité du marchand de billets de luxe,\nréside en ce que présent dès l'ouverture de la\nlocation, il ramasse les meilleures places que\nl'amateur riche est toujours sûr de trouver\nchez lui, même aux dernières heures de la\njournée.\nExcellentes places que cet amateur riche\npeut en cas d'empêchement ou de caprice,\nrendre ou échanger, celles de ce théâtre-ci\npour celles de ce théâtre-là. Enfin, précieux\narrangement : si cet amateur riche est un\nfidèle, il a droit à un crédit souvent considé-\nrable avec large facilité d'acquit.\nLe marchand de billets populaire et si l'on\npeut dire, ô ironie à prix réduit ! fit à\ntemps lui aussi la razzia des places qui l'inté-\nressent. Donc avantage de l'accapareur ven-\ndant selon la naïveté du client ou la pénurie\ndes places disponibles à la location.\nLes marchands de billets ne faisant en\nsomme que profiter en des proportions diffé-\nrentes d'un agio légal quoique usuraire, quel\nprétexte les pouvoirs publics peuvent ils pren-\ndre pour s'immiscer dans leur commerce ?\nAucun. C'est donc au directeur de théâtre\nhostile au marchand de billets il n'y en a\npas tant qui peuvent s'offrir ce luxe ! à se\ndéfendre par des moyens uniquement person-\nnels.\nAinsi M. Carré que ses merveilleuses re-"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.107", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "cettes dispensent de toute collaboration fran-\nche ou hypocrite avec les marchands de bil-\nlets peut dans une certaine mesure contra-\nrier, gêner le marchand de billets: surtout le\npetit. Manière forte comme l'intervention de\nla police en cas de racolage trop hardi. Eloi-\ngnement indirect qui est le rachat des billets\nd'auteur, autant de moins pour les marchands\nde billets !\nCette demi impuissance contre les mar-\nchands de billets est si bien comprise et si bien\nacceptée que presque tous les directeurs de\nthéâtre ne l'ont jamais élevée à la hauteur d'une\nquestion d'Etat. Or, et la chose est infiniment\ncomique, quels directeurs tentent de changer\nce débat personnel en débat public, législatif,\nvisant la fin des marchands de billets. Qui ?\nLes directeurs de la Gaîté Lyrique. Les frères\nIsola qui n'ont d'ailleurs jamais été frères.\nLes frères Isola qui pour avoir d'abord fait des\ntours de prestidigitation dans les calés de Paris,\nde la Banlieue et de la Province, puis organisé\ndans les bouis-bouis et music-hall, l'exhibition\nd'un nombre incalculable de petites et de grosses\ndames plus ou moins décolletées plutôt plus\nainsi que la présentation de chiens savants,\nde clowns excentriques et d'avaleurs de sabres,\nétaient selon la logique, selon la justice de la\nVie tout désignés pour prendre part à la\ndestinée de la grande Musique Française...\nSans doute reconnaissons-nous aux frères\nIsola leur science des chiffres, leur habileté à\nsavoir s'entourer de généreux commanditaires\ncomme M. Merzbach, de conseilleurs artistes\ncomme MM. Labis et Amalou. Cependant\nnotre admiration ne va pas jusqu'à nous faire\ncroire que si les frères Isola crient \" vingince \"\ncontre les marchands de billets, c'est unique-\nment pour la défense de l'Art pur et du\nPeuple ! Evidemment Y Art pur et le Peuple\nont toujours en bon dos et l'on peut dire bon\ndos d'âne. Mais cette fois le truc est trop\ninélégant.\nNon il n'y a pas que du désintéressement\ndans cette indignation, mais encore une furieuse\ncolère personnelle contre ces marchands de\nbillets qui vivent largement des efforts et des\nexcellents résultats des frères Isola.\nOn sait comment sous l'habile prétexte\nd'offrir au Peuple un spectacle de grand art,\npour un prix démocratique mais où com-\nmence et où finit-il donc ce prix démocrati-\nque ? les frères Isola ont lancé une affaire qui\na réussi grâce à leur intelligence et à l'appui\nformidable de la Ville qui, en plus d'autres\navantages matériels, mit à leur discrétion,\nrépertoire, vedettes, décors, costumes de l'Opéra\net de l'Opéra-Comique. Généreuse, fructueuse\ncombinaison, qui ferait un tort considérable\nà nos deux grands Subventionnés, s'ils n'étaient\npas aussi résistants. Disproportion entre frais"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.108", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "et rapports, qui inspira tout de suite aux\ndeux races de marchands de billets, cette\njudicieuse réflexion :\n\" Les Huguenots pour quinze francs à\nl Opéra et pour cent sous à la Gaieté ? Ça vaut\nau moins dix francs à la Gaieté\nEt voilà comment, de tous les Directeurs\nde Théâtres, les frères Isola font les plus gros-\nses rentes aux marchands de billets.\nAinsi, la vérité \" F humble vérité \" comme a\nécrit Maupassant c'est que maintenant en\nplein succès, forts d'un joli capital d'abonne-\nments, prêts à se débarasser de la protection\nmunicipale afin d'être les Maîtres de leur\nExploitation, les Isola voudraient bien par la\nmême occasion, semer les marchands de billets.\nMais ces marchands de billets aristos et ruffians\nse savent hors d'atteinte. Ils rient dans leur\nbarbe ou dans leur moustache. Ils se frottent\nles mains. Us songent qu'ayant ainsi laissé\ndécouvrir leur secrète pensée par un bluff\nmaladroit et significatif, les Isola font désormais\nfigure de cavaliers seuls dans ce quadrille\nexcentrique des directeurs de théâtre et des\nmarchands de billets. Et ils concluent non\nsans raisons peut-être, qu'après avoir été les\nIsola, ces frères Siamois pourraient bien être à\nprésent les... Isolés.\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.18", "titre_corps": "Les Instruments", "titre_sommaire": "Les Instruments", "signature_source": "Emile Stiévenard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.108", "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": "Les Instruments\n\nLES CLARINETTES.\nLes instrumentistes à vent français ont la\nréputation d'être supérieurs à ceux des autres\npays. Cette suprématie est d'autant plus esti-\nmable que notre lutherie laisse passablement à\ndésirer. Depuis une cinquantaine d'années les\nperfectionnements que l'on a apporté dans\ncertaines catégories d'instruments sont insigni-\nfiants. Cependant les œuvres musicales moder-\nnes demandent tous les jours plus de délica-\ntesse et de virtuosité de la part des instrumen-\ntistes ; sans compter que les harmonies serrées\nde l'école contemporaine exigent une grande\njustesse sans quoi la sauce harmonique tourne\nau vinaigre. D'autre part la facilité avec\nlaquelle on module maintenant oblige les\ninstruments transpositeurs à jouer fréquement\navec beaucoup d'accidents, ce qui complique\nsingulièrement les doigtés.\nPour ces diverses raisons les exécutants\ndevraient avoir des instruments dont le méca-\nnisme et la justesse soient irréprochables.\nMalheureusement cela n'est pas. C'est pourquoi\non ne saurait trop souhaiter dans l'intérêt des\nmusiciens (aussi bien exécutants que composi-"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.110", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4359, "texte": "teurs) que nos luthiers fassent l'effort néces-\nsaire pour se mettre au niveau des exigences\nde l'écriture musicale moderne. Je ne signalerai\nici que quelques cas d'une seule variété d'in-\nstruments : les clarinettes alto, basse et contre-\nbasse. La plupart des compositeurs ne se\ndoutent pas de la valeur de la clarinette alto\ndans la gamme des timbres de l'orchestre. Ils\nne s'en doutent pas n'ayant que bien rarement\nl'occasion d'entendre cet instrument et ils\nn'ont pas cette occasion parce que les luthiers\nn'en fabriquent pas qui encouragent les artistes\nà s'en servir plus souvent. Voici un petit fait\nsignificatif: Un luthier a fourni dernièrement\ndeux clarinettes alto à une administration\nartistique sans avoir songé à fabriquer des becs\nen rapport de la grandeur de l'instrument.\nLes exécutants sont par conséquent dans\nl'obligation de jouer ces clarinettes alto avec\ndes becs de clarinettes soprano, ce qui est\ndéfectueux autant pour la justesse que pour la\nqualité du son ; c'est comme si l'on jouait la\ncontrebasse à cordes avec un archet de violon.\nMozart et Mendelssohn seraient bien sur-\npris, s'ils revenaient au monde, de ne plus\ntrouver dans les orchestres un instrument qu'ils\naimaient bien et pour lequel ils ont écrit de\njolies pages : le cor de basset, dont la déforma-\ntion nous a donné la clarinette alto. J'ai la\nconviction que si les luthiers fabriquaient des\ncors de basset irréprochables certaines sociétés\nartistiques s'empresseraient de les faire entendre\nau public, dans les trios de Mendelssohn, et\nles compositeurs ne tarderaient pas à enrichir\nleur orchestration de ce ressuscité.\nCette intromission se ferait d'ailleurs tout\nnaturellement attendu qu'un des progrès de\nl'art musical contemporain réside dans la com-\nbinaison des timbres lesquels sont pour le\ncompositeur ce que les couleurs sont pour le\npeintre.\nVoyons ce qui se passe pour la clarinette\nbasse. Les clarinettistes évitent, quand ils le\npeuvent, de jouer de cet instrument sachant\nfort bien les difficultés qu'ils auraient à vaincre\npour arriver à un \" à peu près \" tant au point\nde vue de l'accord que de l'homogénité des\nregistres. En effet, le mécanisme des clefs est\nresté rudimentaire, il n'a ni la rigidité ni la\nprécision voulues ; les trous et la perce de\nl'instrument sont faits, je ne dirai pas au hasard,\nmais sans la minutie qu'il faudrait ; il en\nrésulte un certain nombre de notes défec-\ntueuses et un manque d'unité entre les diffé-\nrents registres. Si le grave est excellent, le\nmédium et l'aigu sont sourds et péniblesautant\nà jouer qu'à entendre. Cela rappelle les mal-\nheureux chanteurs qui n'ont que quelques\nbonnes notes pour se faire valoir.\nDans la pratique la conséquence suivante se\nproduit : tandis que les compositeurs emploient\nde plus en plus la clarinette basse dans leurs\npartitions, sans tenir compte toujours des\nlimites des difficultés indiquées dans les traités\nd'instrumentation, l'exécutant, lui, se trouve,\npar la faute de l'imperfection de l'instrument,\ndevant des obstacles matériels qui empêchent\nune exécution impeccable. En un mot il y\na désaccord entre ce qu'on écrit et ce qui\nest exécutable. Pour remédier à cet état de\nchoses, il ne faut pas s'adresser aux composi-\nteurs, ceux-ci continueront à écrire la partie\nde clarinette basse comme si cet instrument\nétait d'une construction parfaite. Si ce qu'ils\nont écrit est mal rendu ils ne penseront pas\nque l'instrument peut y être pour quelque\nchose mais que l'instrumentiste est un inca-\npable. Cependant ce malentendu pourrait être\névité si le luthier perfectionnait sa fabrication;\nle clarinettiste s'en tirerait avec moins de mal\net plus d'honneur.\nEt que faut-il pour cela ? Simplement con-\nsulter les instrumentistes sur les améliorations\npossibles et ensuite faire des essais jusqu'à\ncomplète satisfaction.\nQue dire de la clarinette contrebasse ? Si\nRichard Strauss, Saint-Saëns, d'lndy et d'autres\nmaîtres l'ont employée c'est qu'ils appréciaient\nles services qu'elle pouvait rendre ; il est donc\nprésumable que nous la verrons de plus en plus\nutilisée dans l'orchestre. Et pourtant, disons-\nle franchement, cet instrument reste, plus que\ntout autre, à perfectionner. J'assistais ces jours\nderniers à un concert où se trouvait une clari-\nnette contrebasse. Voulant savoir si quelque\nprogrès avait été fait dans sa fabrication je"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.112", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "demandais au clarinettiste s'il était satisfait de\nson instrument : \"Le mécanisme est impos-\nsible \" telle fut sa réponse.\nOn peut m'objecter que les trois instru-\nments dont je viens de parler ne sont pas d'un\nusage courant et que pour en bien jouer il faut\nles travailler comme on travaille la flûte ou le\nbasson. Cela est fort juste mais n'excuse pas\nune fabrication arriérée. Si les luthiers ne font\nrien pour donner satisfaction aux instrumen-\ntistes, ceux-ci continueront, par force, à se\ncontenter de ce qu'ils ont jusqu'au jour où un\nfabricant étranger forcera, par la concurrence,\nles luthiers français à sortir de leur routine.\n(à suivre).\n\nEmile Stiévenard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.19", "titre_corps": "“IMPROMPTU”", "titre_sommaire": "“IMPROMPTU”", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.112", "debut_caractere": 696, "fin_caractere_exclue": 707, "texte": "“IMPROMPTU”"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.19.1", "titre_corps": "― Et bien que pensez vous de cette affaire, cher maître ? ― Joli sujet pour une fugue en ut Duez.", "titre_sommaire": "― Et bien que pensez vous de cette affaire, cher maître ? ― Joli sujet pour une fugue en ut Duez.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.112", "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "― Et bien que pensez vous de cette affaire, cher maître ?\n― Joli sujet pour une fugue en ut Duez."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.20", "titre_corps": "Instruisons=nous", "titre_sommaire": "Instruisons=nous", "signature_source": "Double-Dièse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.114", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4030, "texte": "Instruisons=nous\n\nNos lecteurs nous ont souvent demandé de les\ninstruire en les amusant c'est à dire de réserver, à coté\nde l'érudition ou de l'information, une place pour\nl'enseignement pratique, accessible à tous. Beaucoup\nd'entre eux, élèves ou professeurs, cherchent les moyens\nde compléter leur propre éducation musicale ou de\nfaciliter celle des autres. C'est à l'intention de ces\nlecteurs studieux que nous ouvrons cette rubrique\nnouvelle : INSTRUISONS-NOUS ! Il y a tant de choses\nd'un intérêt immédiat et général qu'on ne sait pas, et\nqu'il faut d'abord apprendre. Tous les jours quelque\ncorrespondant nous demande une petite consultation\nsur tel ou tel point de science musicale, d'histoire ou\nde pédagogie. Au lieu de lui répondre par lettre, nous\nlui répondrons ici même et nous sommes sûrs de satis-\nfaire ainsi d'autres abonnés qui ne nous écrivaient pas\npour nous poser les mêmes questions,'mais qui avaient\nsongé bien souvent à le faire. Nous causerons à bâtons\nrompus de tout ce qui peut aider les Amis de la\nMusique à mieux savoir cet art, qu'ils aiment trop\nsouvent en l'ignorant, et dont on leur facilite si peu la\nconnaissance. Nous leur expliquerons de petits mys-\ntères dont on ne trouve la clé dans presque aucun\nouvrage d'enseignement, et qui intriguent tout le monde.\nNous leur parlerons des grands musiciens, nous les\nmènerons dans les Ecoles assister à des leçons de\nmusique fort curieuses, et cela leur donnera l'idée, s'ils\nsont professeurs, de renouveler un peu leur enseignement,\nde ne pas tourner toujours dans le même cercle de\nprocédés dont ils se lassent eux-mêmes. Nous leur\ndonnerons de petits problèmes à résoudre, de petits\njeux de patience à combiner, et les plus adroits, les\nplus avisés d'entre eux seront récompensés. Nous insti-\ntuerons de véritables petits concours sur des sujets de\nmusique ou de musicologie. Et nous espérons par ce\nmoyen entrer en relations plus intimes avec nos lecteurs.\nNons faisons appel à leur collaboration : c'est sur eux\nque nous comptons pour rendre vivant ce petit coin\nd'une grande Revue Musicale, qui sera en même\ntemps l'Ecole d'instruction mutuelle.\nANACROUSE ET BARRE DE MESURE.\nOn écrivait ces jours derniers à notre direc-\nteur : \" Vous seriez bien aimable, cher mon-\nsieur de me donner un renseignement que je\nne trouve nulle part. Qu'est-ce qu'une ana-\ncrouse ? Je lis souvent ce mot ; je ne sais ce\nqu'il veut dire. S'agit-il d'une forme de com-\nposition, d'un type de mélodie, d'un procédé\nde notation? Qu'est-ce donc qu'une anacrouse\" ?\nRien de plus simple, que de satisfaire cette\nlégitime curiosité. Derrière ce mot d'allure un\npeu pédante ne se cache pas un bien grand\nmystère. Chantez le début de la Marseillaise :\nVous remarquerez que la mélodie ne com-\nmence pas sur le temps fort de la mesure,\nmais sur un temps faible d'une mesure incom-\nplète ; c'est cette partie de la mélodie qui\nprécède le premier temps fort qu'on appelle\nanacrouse. Toutes les fois qu'un morceau\ncommence en levant,comme disent les musiciens,\nil y a anacrouse. Vous constaterez que la plu-\npart des mélodies sont anacrousiques. Bien des\nthéoriciens pensent même qu'à l'origine il n'y\navait pas d'autre type de mélodie.\nL'emploi de la barre de mesure fausse nos\nidées sur l'anacrouse. Il nous paraît irrégulier\nqu'un morceau débute par une mesure incom-\nplète, et nous pensons qu'il est plus normal\nque la première note d'une mélodie soit\naussi la première note d'une mesure.\nIl faut nous rendre compte du caractère tout\nà fait arbitraire et conventionnel de la barre\nde mesure. Inventée au XVIe siècle, elle n'avait\nd'autre but que de permettre aux exécutants\nd'un ensemble de se retrouver à ces points de\nrepère naturels qui sont les temps forts, et il\nfut convenu que la barre de mesure serait\nplacée avant le temps fort. Il en est resuite\npar la suite cette idée tout à fait inexacte\nqu'une mesure formait par elle-même un tout,\net qu'un morceau de musique se trouvait\ndivisé en autant d'éléments se suffisant a eux-\nmêmes qu'il contenait de mesures : de meme"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.115", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "que dans nos discours chaque mot a un sens\nmême s'il est séparé de la phrase à laquelle il\nappartient. Or il n'en est rien. Découpez un\nmorceau de musique en fragments formés\nchacun d'une mesure : vous verrez qu'aucun\nde ces fragments n'offre un sens complet. Les\nprofesseurs de solfège le savent bien, puisque\nquand ils donnent par fragments le texte\nd'une dictée musicale à leurs élèves, ils ont\ntoujours soin de ne pas s'arrêter sur le\ndernier temps d'une mesure, mais sur le\npremier de la mesure suivante. En réalité pour\nque les barres de mesures marquent les vérita-\nbles divisions de la phrase musicale, il faudrait\nqu'elles soient placées non avant, mais après\nle temps fort. Et cela se comprend : pour que\nje donne un bon coup de poing à un cama-\nrade, il faut que j'aie commencé par prendre\nmon élan, par ramener mon bras et mon poing\nen arrière, en préparant mes muscles à l'effort\n(et cela c'est le temps faible), puis mon poing\ns'abat (et cela c'est le temps fort). Pour jouer\ndu piano je lève les doigts avant de les abaisser.\nPour manger, j'ouvre la bouche avant de la\nfermer. Et ainsi tout mouvement est en 2\ntemps, le temps faible précédant toujours le\ntemps fort, et les deux temps formant par leur\nliaison un mouvement bien défini et complet.\nLe temps faible n'a de sens que parce qu'il\nprépare le temps fort, et le temps fort n'est\npossible que s'il est préparé par le temps faible.\nVoilà ce que n'indique pas du tout notre barre\nde mesure, bien au contraire. Voilà ce qu'il\nimporterait d'enseigner aux élèves qui ne s'en\nrendent pas toujours bien compte.\nAinsi, dans le thème de la Marseillaise,\nvoici les divisions du son musical, correspon-\ndant d'ailleurs à celles du sens grammatical :\ntandis que la disposition des barres de mesure\nnous ferait croire qu'il faut chanter :\nce qui serait évidemment absurde.\nDans des cas aussi simples, personne ne se\ntrompera. Mais il est des circonstances où de\nfins musiciens commettront les plus lourdes\nfautes d'interprétation, emportés malgré eux\npar l'habitude de considérer la barre de\nmesure comme une séparation véritable entre\nles éléments de la phrase musicale, (quand au\ncontraire elle marque une liaison étroite entre\nles termes qu'elle semble désunir). Je veux\ndonner quelques exemples de ces erreurs si\ngraves.\nOn sait que les violonistes ont pris pour\nrègle générale de tirer l'archet sur les temps\nfort et de le pousser sur les temps faibles.\nChaque barre de mesure est pour eux le\nsignal d'un changement de coup d'archet :\nAprès le pousse du dernier temps faible de la\nmesure précédente, le tiré du temps fort de la\nmesure suivante. Voilà qui va fort bien lors-\nqu'il s'agit d'une succession de notes détachées,\nc. à d. accentuées chacune par un coup d'archet\ndifférent. Mais s'il s'agit de notes liées, c. àd.\nexécutées du même coup d'archet, le violoniste\nn'hésitera pas une minute à faire correspondre\nl'étendue de ces liaisons à celle de chacune des\nmesures, très exactement, ce qui dans bien des\ncas produira de véritables contre-sens.\nJe prends la partie de lerIer violon des Quatuors\nde Beethoven, édition Peters. Cette édition a\nété revue soigneusement par un grand violoniste\nFerdinand David : ses doigtés et ses coups\nd'archet sont la plupart des temps excellents.\nMais voici ce que je trouve dans le premier\nmorceau du 3e quatuor :\nPourquoi détacher le la final des trois notes\nen triolet qui le précèdent et avec lesquelles\nil a un lien si étroit ? Pourquoi lui donner une\naccentuation spéciale? Voilà qui n'a aucun\nsens, et qui n'est d'ailleurs pas même justifié\npar la facilité d'exécution, car il serait plus\ncommode ici de n'avoir pas à reprendre l'archet"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.116", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "après la fin du triolet pour articuler la note\nsuivante.\nPlus loin je trouve encore :\nqui ne s'explique pas davantage.\nDe même dans l'Andante, après la lettre T,\n(et ici c'est bien pis encore) :\nau lieu de\ninfiniment plus correct et plus facile.\nMais inutile de multiplier ces exemples,\nd'autant plus nombreux dans notre musique\nmoderne, que bien souvent les compositeurs\neux-mêmes couvrent inconsciemment ces\nerreurs de leur autorité, en se conformant à\ndes usages établis, sans en apercevoir l'incon-\nvénient.\nIl serait infiniment plus important d'ap-\nprendre cela à nos enfants que d'insister au\ntant qu'on le fait sur la théorie des tétracordes,\nqu'on peut ignorer sans être un mauvais musi-\ncien, Il importe avant tout de faire sentir la\nmusique aux enfants, de leur former le goût,\net ils n'ont aucun besoin d'être des savants en\nmusique.\nMais voilà ! Je crois que la plupart des\nouvrages d'enseignement ne soufflent pas mot\nde la question dont je viens d'indiquer ici les\ngrandes lignes. Et tout le monde ne peut se\nprocurer, ni lire le traite de F expression musicale\nde Mathis Lussy.\nSaississons cet occasion de rendre hommage\nà la mémoire d'un grand musicologue qui vient\nde disparaître.\nA PROPOS D'HAYDN.\nVoici une lettre qui vaut un article et que\nnous insérons avec le plus grand plaisir :\nMonsieur le Directeur,\nJ'ai lu avec un vif intérêt le numéro de\nI'S.I. M. que vous avez consacré à Haydn. Mais\nje ne vous cache pas cependant ma déception.\nJe m'attendais à trouver quelque part un juge-\nment d'ensemble sur l'homme et sur l'œuvre,\nqui m'eût aidé à préparer une petite leçon pour\nmes élèves de l'Ecole Normale auxquelles je\nfais chanter un chœur des Saisons. Je vous avoue\ntrès humblement mes préoccupations égoïstes.\nSi vous saviez comme nous autres, professeurs\nde musique de province, nous sommes souvent\nisolés dans nos petites villes, loin des concerts,\noù l'on entend les œuvres de maîtres, loin des\nbibliothèques, où l'on peut au moins les lire,\nloin des amis de la musique que l'on voudrait\navoir autour de soi pour réchauffer de temps\nen temps une passion qui finit quelquefois par\nmourir faute d'aliment. Pas même un conseil !\nNos chefs ne sont pas toujours musiciens : ils\nn'ont rien à nous dire,ils font semblant d'oublier\nque nous existons. Bien heureux encore quand\nils ne nous traîtent pas en ennemis... Je devais\nparler à mes élèves d'Haydn, et j'étais bien\nembarrassée. J'aurais voulu leur expliquer le\ngrand rôle que le vieux maître a joué dans la\nformation du style et de la symphonie classique.\nMais je me sentais pas à la hauteur de mon\nsujet. Alors je me suis contenté de tracer, tant\nbien que mal, d'après des biographies que j'avais\nlues, un portrait du brave homme que fut Haydn\n.et de la vie qu'il a menée. J'ai parlé d'abord\ndu petit paysan de Rohrau lâché dans la cam-\npagne, se prenant de bonne heure à aimer les\nfleurs, les arbres, les bêtes, le chant du ruisseau\net le ramage des oiseaux. Je le montrais aussi,\nrentré le soir chez lui, en admiration devant la\nvoix de ténor de son père et son talent sur la\nharpe, et demandant à sa mère, plus nonchalante,\nde chanter aussi ; se fâchant parce qu'elle ne\nvoulait pas redire avec le père le fameux duo qui"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.117", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "marchait si bien ! Et\npuis c'étaient les le-\nçons de musique de\nl'instituteur Frankh,\nensuite l'arrivée à\nVienne, l'entrée dans\nla maîtrise de St\nEtienne, les pompes\ndu culte, les joyeuses\nfolies des récréations.\nEt voici maintenant\nle pauvre enfant à\ni 7 ans sur le pavé de\nVienne,prenant gaie-\nment son parti de sa\nconditions de musi-\ncien errant. J'ai bien\namusé mon auditoire\navec l'histoire du\nperruquier Keller\ndont notre pauvre\nHaydn aimait la fille\naînée, qu'il n'épousa\npoint parce qu'elle\nétait déjà fiancée à\nun autre,se résignant\nbonnement à un\nmariage avec la ca-\no\ndette, qu'il n'aimait\npoint, pour faire\nplaisir au père Keller.\nEt j'ai suivi ensuite\nnotre musicien chez\nles Esterhazy ; j'ai\ndit tout son rude la-\nbeur, tout son hum-\nble dévouement à ce\ngrand seigneur un\no o\npeu despote, toute\ncette obscure exis-\ntence d'un artiste do-\nmestiqué, sans grande\njoie, sans gloire et\nsans éclat, heureuse\ncependant. Puisenfin\nj'ai raconté les triom-\nphes d'Angleterre et\nla vieillesse paisible\n\nNOS CONCOURS"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.118", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "et souriante. Mais j'ai voulu surtout faire sentir\nà mes jeunes filles la modestie et la bonté de\nce grand artiste qui s'inclinait respectueusement\ndevant la supériorité du jeune Mozart et l'aimait\nd'une affection si profonde, si pure, si exempte\nde jalousie !... Oui, mais tout cela n'est\npas la musique d'Haydn, et je n'ai rien su\nexpliquer à mes élèves de ce qui fait la beauté\nd'une symphonie ou de ce charmant chœur des\nSaisons.Vous auriez bien dû m'y aider un peu! \"\nA Dieu ne plaise ! Et nous trouvons q'ue\nnotre correspondante s'est admirablement ac-\nquittée de sa tâche, si elle a su rendre présente\nà son jeune auditoire l'âme donce et paisible\ndu vieil Haydn ! Que faut-il de plus pour\ncomprendre ensuite sa musique ? Et que vien-\ndraient faire ici les discussions des érudits ?\nFaisons entrer bien vite la musique dans les\nhumanités. Evitons d'en faire une spécialité : ce\nserait tuer l'enseignement musical.\nNos CONCOURS.\nVoici un petit exercice que nous proposons\na nos lecteurs pour leur donner l'occasion\nd'exercer leur sagacité. C'est Vexplication cf un\ntexte musical. Tout le monde sait en quoi\nconsiste l'explication d'un texte littéraire, d'une\npage de Racine, de La Fontaine, ou de Victor\nHugo. Hé bien ! Pourquoi ne pas appliquer à\ndes textes musicaux la même méthode d'ana-\nlyse et de réflexion ? Nous y voyons un excel-\nlent moyen de développer l'esprit d'observation,\nd'affiner le goût, de préparer à l'interprétation\nintelligente des maîtres.\nVoir le texte que nous proposons et qu'il\ns'agit d'expliquer à la page ci-contre :\nNous demandons à nos lecteurs : i° de nous\ndire de quelle œuvre ce texte a été détaché,\n2° d'en indiquer toutes les particularités de\ntonalité, de modalité, de rythme, de nuances,\net d'en analyser la construction mélodique\net harmonique (point de vue techniqueJ, 3° d'en\ndéterminer la valeur expressive ou bien des-\ncriptive (point de vue esthétique), 40 d'y dé-\nmêler, s'il se peut, certaines caractères dont on\npeut dire qu'ils sont la marque du temps\nsur cet ouvrage (point de vue historique). •\nLes réponses devront être adressées aux\nbureaux de l'Actualité musicale avant le lERIER mai\n1910. Elles seront classées par ordre de mérite,\net nous dirons prochainement à quelles récom-\npenses elles donneront droit.\n\nDouble-Dièse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.21", "titre_corps": "La Musique Militaire", "titre_sommaire": "La Musique Militaire", "signature_source": "Henri de Curzon", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.118", "debut_caractere": 2310, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "La Musique Militaire\n\nLA MUSIQUE DE LA GARDE\nRÉPUBLICAINE\nAprès ces quelques considérations sur les\nMusiques Militaires en général, et leur rôle, 1\nvenons à la première d'entre elles, à celle de\nla Garde Républicaine. Quelques détails sur sa\ncomposition, ses origines, son répertoire ne se-\nront peut-être pas sans intérêt pour nos lecteurs.\nCette phalange exceptionnelle a aujourd'hui\n54 ans d'âge. Elle a pu célébrer son jubilé,\nses noces d'or en quelque sorte, le 12 mars\n1906. C'est sous la direction de Paulus qu'elle\nfut organisée, en 1856, avec 55 exécutants.\nSa victoire à l'Exposition Universelle de 1867,\nsur la musique des Guides, particulièrement\nchère à l'Empereur, et qui passait pour la pre-\nmière u harmonie \" de France fut son premier\ntriomphe à la face du monde. Son second fut\nen 187 1, à Londres, dans une autre exposition\ninternationale. Quant à la tournée de 1872,\nen Amérique, elle dépassa toutes les espérances.\nAu retour, un décret fusionna les deux légions\net groupa leurs talents. Peu après, en 1873,\nPaulus prenait sa retraite et cédait le bâton à\nSellénick, dont les succès, à la tête d'une telle\nréunion d'artistes, devinrent légendaires en\nAngleterre et en France... Puis c'est, en 1884,\nG. Wettge, qui lui succède. Enfin, en 1893,\nà la suite d'un concours, M. Gabriel Parés,\ntout jeune encore, voyait sa hardiesse couronnée\net obtenait le poste exceptionnel, où il dé-\nployait, tout de suite, une activité sans égale.\nC'est en effet à partir de sa direction, comme\nil est facile de le constater en examinant la\nsérie des programmes, que le répertoire de la\ngarde se transforma peu à peu et prit ce carac-\ntère hautement artistique sur lequel je voudrais\ninsister aujourd'hui. Aussi bien M. Gabriel\n\n1 Voirie n. de décembre de l'année 1909, page 38."}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.120", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4286, "texte": "Parés était-il un musicien de race et un chef\nd'orchestre de carrière. Son père avait été cla-\nrinette solo de la garde, au temps de Paulus ;\ncomme lui, il passa par le Conservatoire, mais\ndans les classes d'harmonie et de composition,\nen même temps que dans celle de cornet à\npistons. Il en sortit pour conquérir, premier au\nconcours, la place de sous-chef de musique,\nen attendant qu'un nouveau concours, autre-\nment disputé, lui donnât (en 1883) celle de\nchef de la musique des équipages de la flotte,\nà Toulon, qui le mit désormais, et notamment\nà l'Exposition de 1889, tout à fait en vue. Si\nje m'attachais ici spécialement à sa biographie,\nje signalerais ses nombreux .travaux, soit comme\ncompositeur au théâtre, [Le Secret de Maître\nCornille, en collaboration avec son frère) au\nconcert, et surtout pour harmonie, (une foule\nd'œuvres originales ou d'orchestration), soit\ncomme théoricien (un remarquable traité d'ins-\ntrumentation à l'usage des harmonies et des\nfanfares).\nLa musique placée sous ses ordres com-\nprend exactement 80 unités : 1 chef ; 1 sous-\nchef ; 5 musiciens de ire classe, 10 de seconde,\n13 de troisième, 25 de quatrième, tous comp-\ntant à l'état-major, et 24 élèves musiciens.\nL'admission se fait au concours. Tous ces\nartistes sont indépendants et libres, en dehors\nde leur service spécial, mais assimilés, selon\nleur classe, à un grade et à une solde militaires.\nLa dénomination d'élève n'a qu'une significa-\ntion de classe, car cette catégorie renferme\ntoujours plusieurs premiers prix du Conserva-\ntoire au début de leur carrière.\nVoici quelle est la division des instruments :\n1 petite flûte. 4 cors.\n3 grandes flûtes. 1 saxhorn soprano\n3 hautbois. (petit bugle).\n4 clarinettes en mi bém. 4 saxhorns contraltos\n16 clarinettes en si bém. (bugles).\n(2 solo, 10 ireB, 6 2des) 3 saxhorns altos.\n2 clarinettes basses. 2 saxhorns barytons.\n2 saxophones altos. 6 saxhorns basses.\n2 saxophones ténors. 1 saxhorn contre-basse en\n2 saxophones barytons. mi bém.\n2 bassons. 2 saxhorns contre-basses\n1 sarrasophone. en si bém.\n3 trompettes, 5 trombones.\n4 cornets. 2 contre-basses (cordes)\n1 paire de timbales.\n1 caisse claire.\n1 grosse caisse.\nUn répertoire particulièrement vaste et varié\nest exploité par cet orchestre de plein air. On\nen sait l'une des raisons essentielles. La\nmusique de la Garde Républicaine est envoyée\nconstamment devant les publics les plus divers\net les plus disparates, dans les fêtes officielles\net dans les quartiers ouvriers. Aussi la compo-\nsition des programmes est-elle la chose la plus\nvariable du monde. A chaque concert, public\nnouveau et spécial, qu'il convient d'instruire\nen le récréant, sans le dégoûter en dépassant\nsa portée. Si l'attention populaire peut se fixer\nd'abord, s'affiner ensuite, c'est par un rappro-\nchement adroit d'œuvres profondes et originales\net de morceaux plus limpides et plus aisés à\nsuivre. Aux chefs-d'œuvre consacrés, s'il se\nmêle quelque fantaisie des anciens répertoires,\nd'ailleurs jouée en virtuose, telle page succède\naussi, des écoles nouvelles, françaises ou étran-\ngères, qu'on chercherait vainement sur les\nprogrammes de nos concerts et que l'avide\ncuriosité de M. Parés a su découvrir. Ne\nconserver de l'ancien fonds de la musique de\nla Garde que les morceaux de vraie valeur,\nrenouveler les arrangements classiques par une\nétude plus sévère des partitions originales, et\nmarcher résolument de l'avant pour les pro-\nductions nouvelles, tel a été le but constam-\nment suivi. Aussi la collection des programmes\nfait-elle preuve aujourd'hui d'un développe-\nment et d'un rajeunissement incessant de ce\nrépertoire.\nD'une façon générale, il se partage en quatre\nséries : les ouvertures, les suites, les morceaux\ndivers (danses, marches, petites compositions\nd'orchestre) et les fantaisies.\nCe dernier groupe, qui est le plus considé-\nrable dans la plupart des \" harmonies \", parce\nqu'il plaît particulièrement au gros public, ravi\nde retrouver les motifs qui ont le plus aisément\nfrappé son oreille au théâtre, a été l'objet, de\nla part de M. Parés, d'une sollicitude particu-\nlière, justement parce qu'il est ordinairement\nplus u galvaudé \" que les autres par les fabri-\ncants de pots-pourris, et dès lors plus méprisé\ndes musiciens sérieux. Les fantaisies qu'il fait"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.121", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4260, "texte": "exécuter se distinguent en général par un\nrespect très notable du texte original et un\ngoût très sûr et très fidèle au caractère de\nl'œuvre, dans le passage d'un motif à l'autre.\nAussi bien a-t-il fait de beaucoup de ces arran-\ngements de vraies suites, en ce sens qu'il a\ntraité les partitions acte par acte. Le répertoire\ncontient plusieurs fantaisies ainsi comprises, de\nTannhœuser, de Lohengrin, des Maîtres Chan-\nteurs, de la Walkyrie, de la Damnation de\nFaust, de Mefistofeles... Lui-même il en a écrit\nuîPgrand nombre, parfois plusieurs de la même\nœuvre, afin d'en perfectionner encore l'adap-\ntation : deux de Sigurd, notamment, et deux\nde Salammbô. Je trouve encore des fantaisies\ntrèsintéressantes sur Treciosa (de Weber) et,\npour 1 école moderne, sur Y Enfant prodigue ou\nPhrynè, Hœnsel et Gretel, Fervaal ou La vie du\npoète ; et de Seidl, l'élève de Richard Wagner,\ndes arrangements de la Walkyrie, de Siegfried\net du Crépuscule des Dieux. Il va sans dire que\ndans ce fonds considérable, je ne note que les\nmorceaux qu'on ne trouve pas partout, et\nspécialement ceux qui témoignent du travail\nincessant et rien moins qu'endormi du corps\nde musiciens qui nous occupe.\nv Dans la catégorie des ouvertures, je n'ai que\nl'embarras du choix, et c'est presque au hasard\nque je note, parmi les classiques : Iphigènie en\nÀulide et la Lliîte enchantée, Euryanthe et\nFreisjchutz (très difficile), Obèron et Peter Schmoll\n(du même Weber, pas précisément banal),\nFi de Ho ou Lèonore et l'Ouverture de fête (de\nBeethoven ; où l'entend-on, celle-là r) ; puis,\nen avançant vers les écoles modernes : La\nGrotte de Fingal et le Calme de la mer, ou le\nSonge d'une nuit d^ètè, Manfred, Benvenuto\nCellini et le Carnaval romain, Les Joyeuses\nCommères de JP indsor (de Nicolaï), ou Turandot\n(de Lachner) ; le Dernier Jour de la Terreur\nou Les Guelfes (de Litolff) ; la Princesse jaune\n(de Saint-Saëns) ou la Patrie (de Bizet) ;\nSigurd ou le Roi ; le Vaisseau fantôme,\nLohengrin, Tannhœuser, les Maîtres Chanteurs,\nParsijai'et Une ouverture pour Faust... Quelle\ncollection superbe et digne des auditoires les\nplus exigeants !\nLa série des morceaux symphoniques et des\npages d'orchestre nous offrira bien plus de\ncuriosités encore. Sans parler des suites propre-\nment dites de Bizet, Massenet (première suite)\nou Saint-Saëns (Suites Algériennes), voici Roméo\net Juliette de Berlioz, la Rapsodie Norvégienne\nde Lalo, le Carnaval de Guiraud (la plus\nancienne des suites), la Rapsodie cambodgienne\nde Bourgault-Ducoudray, Y Intermède varie de\nBoëllmann ; voici les Rapsodies hongroises (2 et\n14) de Liszt, et ses Préludes (encore un mor-\nceau qu'on n'entend guère, comme aussi\nbien la plupart de ceux que je note ici) ; le\nVoïevode et Casse-Noisette de Tschaïkowsky, et,\nde Grieg, Peer Gynt ou Sigurd Jorsalfar. Puis\nces fragments sublimes, le finale de l'Or du\nRhin, VEnchantement du Vendredi-Saint, la\nmarche funèbre du Crépuscule des Dieux, la\nChevauchée des IValkyries... Comme pages sym-\nphoniques : des parties de symphonies de\nBeethoven, ou la première de Saint-Saëns,\ndont voilà encore Phaéton, la Danse ?nacabre,\nle Rouet d\" Omphale, le prélude du Délugey\nDéj anire. Puis les Impressions cTltalie de Char-\npentier, la Marche funèbre d\" une marionette de\nGounod, la Danse persane de Guiraud, Sylvia\nde Delibes... Encore les deux Danses Hon-\ngroises de Brahms ou les Danses Norvégiennes\nde Grieg, Y Espana de Chabrier ou Ma patrie\nde Smetana, Tarass Boulba d'Alexandre Geor-\nges ou Kermaria d'Erlanger... Voici, comme\ncontraste, des pages exquises de jadis : un\nrigaudon de Rameau, trois menuets de Beet-\nhoven, Haydn et Mozart, le concertiwo pour\ndix clarinettes de Weber, la Chanson du prin-\ntemps, de Mendelsohn etc., etc. Enfin comptons\nquelques marches, depuis la marche religieuse\n&A le este jusqu'à celle des Francs Victorieux de\nCésar Franck ou la Marche du Couronnement,\nde St Saëns, ainsi que son Orient et Occident,\nspécialement écrit pour musique militaire.\nQuand 011 dispose d'éléments et de ressources\ncomme personne n'en a, il faut savoir en\nprofiter. C'est ce que s'est toujours dit.sans\ndoute M. Gabriel Parés, et c'est aussi comme\npersonne que la Garde, sous sa direction, a\ntravaillé et affirmé sa maîtrise.\n\nHenri de Curzon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.22", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "Gabriel Rouchès", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "Cours et Conférences\n\nCOURS D'HISTOIRE DE LA MUSI-\nQUE, professé à la faculté des lettres par\nM. ROMAIN ROLLAND.\ni\nJeudi 13, 20, 27 Janvier 1910.\nJoh. Adolphe Hasse. [suite). De sa con-\nception du drame lyrique. Sa collaboration avec\nMétastase, dont il fut l'interprète préféré. M.\nRomain Rolland combat l'idée courante,\nsuivant laquelle Métastase aurait été indiffèrent\nau drame. Des réformes musicales, accomplies\nou inspirées par lui. Comment il fut le con-\nseiller de Hasse, et comment sa pensée se\nrencontre, sur certains points avec celle de\nGluck dans la préface d' Alceste. Beauté des\nrécitatifs accompagnati et des chœurs de Hasse.\nIl s'y montre un précurseur et un modèle de\nGluck. De l'orchestre de Hasse. Ses ouver-\ntures sont déjà des symphonies en miniature.\nHasse est surtout un mélodiste de l'orchestre,\navec un génie des nuances, de fines modula-\ntions, un accent élégiaque, qui font penser à\nPhil. Em. Bach. Usage savant qu'il fait déjà\ndes nuances dynamiques, des dégradations du\nforte et du piano. Profondeur expressive et\nforce dramatique de certaines ouvertures\nd'oratorios. - - De ses œuvres religieuses.\nO\nQue Hasse est un des plus grands musiciens\ndu XVIIIe siècle, et qu'on ne peut, si on 11e\nle connaît bien, bien connaître Mozart, avec\nqui il a une étroite parenté de style.\n(Analyses au piano, de ses œuvres).\nJeudi 3, 10 et 17 Février.\nCari Heinrich Graun. Du rôle joué par\nFrédéric II de Prusse dans l'histoire de la\nmusique. Frédéric II compositeur. Le petit\ncercle musical de Rheinsberg : Quantz, Graun,\nBenda, et le roi. De leur idéal commun.\nL'Opéra de Berlin. Son théoricien : Algarotti.\nSon musicien : Graun. Examen des opéras de\nGraun, et de Y Essai sur la manière de réformer\nropéra par Algarotti. En quoi Graun et\nAlgarotti devancent Giuck, et comment\nFrédéric II manqua l'occasion d'accomplir à\nBerlin la réforme de l'opéra, que Gluck réalisa.\nDe la collaboration de Frédéric II avejÇ,\nGraun, et de l'influence conservatrice du roi\n. . . .y\nen musique. De l'esprit musical à Berlin :\ncritiques et théoriciens. Comment Berlin fut\nune forteresse de la routine musicale, surtout\ndans l'opéra. r[\nJeudi 23 Février.\nDes cours de l'Allemagne du Sud, foyers de\nl'art nouveau : Stuttgart, Mannheim, et\nVienne. I. Stuttgart. Le duc Karl\nEugen, et son action personnelle sur l'art.\nJommelli. Sa vie et ses œuvres, avant son arrivée\nà Stuttgart. Etude de ses maîtres italiens V\nProvenzale, Leonardo Léo, Vinci.\nSOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES. La confé-\nrence de M. Humphry Ward, retardée pour\nraison de santé, est définitivement fixée, sur\nsa demande, au mercredi 4 mai. A la\nprière d'un grand nombre de personnes, M.\nCamille Bellaigue a consenti à recommencer\nsa conférence sur Ojfenbach (avec exemples au\npiano) ; cette seconde conférence aura lieu le\nmercredi 13 avril, à deux heures et demie.\nHAUTES ÉTUDES SOCIALES, I Mars M. Cal-\nvocoressi passe en revue les trois grands événe-\nments musicaux du mois. D'abord les concerts\nde musique anglaise. Après nous avoir entre-\ntenus de la question des nationalités en musique\net de l'impossibilité d'une musique universelle,\nM. C. nous retraça dans ses grandes lignes\nl'histoire de la musique anglaise qui monta si\nhaut avec Purcell et tomba ensuite si bas\ngrâce à l'influence néfeste d'Haendel et de\nMendelssohn. < '\n''Y"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.123", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "Il est extraordinaire qu'une race aussi bien\ndouée pour la poésie lyrique et d'un tempéra-\nment aussi fort n'ait pas sa musique. De jeunes\ncompositeurs tentent de la lui donner, mais ils\nsont encore à la remorque des écoles étran-\ngères. A propos du centenaire de Chopin,\nM. C. nous entretient des discussions auxquel-\nles il a donné lieu et, partant de là, des deux\nclans musicaux actuels, l'un idéaliste et intel-\nlectuel, l'autre plus sensuel et plus libre. Le\npremier dédaigne Chopin, le second le porte\naux nues.\n4 % 1\nLe troisième événement est la représentation\nde la fête chez Thé rèse,œuvre charmante et de\nla Foret, à propos de quoi M. C. critique juste-\nment;1 le fameux article XI (obligation pour\nl'Opéra de monter une œuvre de Prix de\nRome tous les deux ans) d'intentions excel-\ni \\\\ *■ V '\nlentes, néfaste en réalité. M. C. nous indique\nle sujet et nous lit l'article de notre collègue\nM. Carraud. Il en fut pour M. Savard comme\npour Chopin. Les opinions diffèrent, émanées\nde l'un ou l'autre parti musical. D'ailleurs\npour M. C. la critique impartiale est impossible.\nPossible, elle serait inutile.\n-vy\n8 Mars M. Pierre Aubry traite la musique\ninstrumentale dans l'Europe occidentale aux\nXIVe et XVe siècles. U n'y a aucune indication\napparente dans la musique instrumentale du\nMoyen Age ; en réalité d'après la disposition\ndes notes groupées ou espacées, on peut voir\ns'il s'agit de voix ou d'instruments. M. A.\nétudie les formes connues du 13e siècle, sui-\nvant qu'il s'agit d'instruments seuls ou mélangés\naux voix. Guillaume de Machau est le plus\ngrand musicien du 14e Siècle et la France\noccupe alors le premier rang.\nMais l'ltalie, l'Allemagne, l'Angleterre\nrivalisent bientôt avec elle. On a cru longtemps\nque la musique de chant était uniquement\n\" a cappella \". Après M. Hugo Riemann,\nM. Aubry nous prouve que c'est une erreur.\nIl y avait aussi de la musique accompagnée.\nM. A. donne ensuite des indications sur la\nmusique instrumentale, sur les méthodes sur la\nlittérature d'orgue.\n\nGabriel Rouchès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.23", "titre_corps": "NOUVEAUTÉS MUSICALES", "titre_sommaire": "NOUVEAUTÉS MUSICALES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.123", "debut_caractere": 2052, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "NOUVEAUTÉS MUSICALES\nPour plus de clarté, nous donnons en tête de cette\nrubrique les numéros qui correspondent à chacun des\néditeurs des œuvres citées : i. Rouart Lerolle et Cie.\n2. Bach and C° à Londres. 3. Coopérative des Com-\npositeurs de Musique. 4. Oriana Madrigal Society,\n(Breitkopf et Hârtel). 5. Durand. 6. Hamelle. 7. Edicion\nCersosimo à Buenos-Aires. 8. Leduc. 9. Elkin and\nC° à Londres. 10. Édition de la Schola. 11. Béai frères\nà Lyon. 12. Demets.\nVoici tout d'abord quelques publications\nqui sont pour nous de vieilles connaissances :\nun volume des Chansons de France, Noëls et\nGuillannées (1), puis les Nos X, XI, et XII\nde la collection Alexandre Scar/atti (2) ; nous\nn'y remarquons rien de bien nouveau sur cet\nauteur assez morose. Au répertoire de la\nSociété Haendel, un Air de Poppèe (3), qui est\nun vrai bijou, avec ses rythmes alternés, et\nmalheureusement défiguré par des paroles\nfrançaises assez malhabiles. Le volume 10 de\nla collection Euterpe (4) est consacré à des\nquatuors vocaux, (paroles anglaises). Ceux de\nDowland égaux aux meilleures pièces du Fitz-\nwilliam Virginal Book, viennent nous confirmer\nencore dans la très haute opinion que nous\nnous étions faite de ce compositeur et luthiste\nconsommé ; le volume finit sur trois rondes\nen canon tout à fait amusantes, la seconde,\nsurtout, dominée tout le temps par le cri d'une\nmarchande : u New oysters ! \"\nVieilles connaissances aussi, le TVallenstein"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.124", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4225, "texte": "(5) de M. et sa Sauge fleurie (6), habile-\nment réduits pour piano à deux mains par\nM. Samazeuilh ; la tâche se complique avec\nl'ouverture de Polyeucte (5) de M. Paul Dukas\net, devient d'une difficulté extrême avec l'étude\npour le Palais hantè (5), de M. Florent Schmitt\n(4 mains). Enfin, voici les Rondes de Printemps\nde M. Debussy : que les amateurs fassent preuve\nde bonne volonté ! (Réduction à 4 mains par\nM. Caplet.)\nJe me réserve de revenir sur le Quatuor à\ncordes de M. Hollander (5) lorsque nous aurons\neu le plaisir de l'entendre : ce n'est pas de la\nmusique d'avant garde, évidemment, mais elle\nfait preuve, à tout le moins, d'un grand sérieux\net d'une parfaite probité. Je voudrais pouvoir\nen dire autant de trois auteurs exotiques que\nnous présente la Revista Musical de Buenos-\nAires (7) ; ceux-là ne connaissent que la pire\nmusique italienne et lui ont emprunté ses plus\ngros effets.\nMais, je ne sais pas pourquoi je m'attarde à\nces arriérés qui écrivent encore en Majeur et\nen Mineur : voilà deux modes qui ne sont\nplus de mise, et la petite gamme par tons\nentiers, encore fort bien portée l'an passé, n'est\nmême plus tout à fait dernier cri. Il ne nous\nfaut que des modes grecs, écossais ou chinois !\nM. JVoolett a pris la peine de nous les exposer\ntout au long dans un très bel ouvrage sur les\nMesures et Tonalités d\"* exception (8). Je me\ndemande si l'emploi systématique de ces modes\nétranges part d'un raisonnement bien juste ; le\npropre de ce genre d'innovations est d'être\nimposé par un homme de génie, qui brise, sans\ns'en rendre compte, les moules habituels : ceci,\ndu reste, n'est pour diminuer en rien le mérite\nde M. Woolett, qui a composé, à l'appui de sa\nthéorie, de charmantes petites pièces : voyez\nplutôt sa Chanson Ecossaise.\nM. Cyril Scott (9), défend la même cause.\nLaissons de côté son Intermezzo pour piano et\nsa Berceuse, pour chant, tous deux d'une bana-\nlité désolante, et reconnaissons une très haute\npoésie à ses deux Chansons Chinoises ; \" Waiting \"\net \" A picnic \". L'exotisme réussit moins à\nM. Scott avec le Sphinx et Lotusland, pour\npiano, véritable dévergondage de modalités\nexcentriques. Et la jeune Chinoise de sa 3™\nchanson. \" Dont come in, Sir, please ! \" m'a tout\nl'air d'avoir fait la connaissance de Paul Delemt,\ndans un carrefour de Montmartre. N'est pas\nchinois qui veut !\nPuisque nous voici rentrés en .France, voilà\ncinq duos ou chœurs de M. Arthur Coquard (5),\nqui feront bien plaisir aux professeurs de chant,\ntoujours en quête de morceaux d'ensemble,\nsans voix d'hommes ; il y a là un Nocturne,\nl'inévitable Hirondelle, et le non moins inévita-\nble Rondel de Charles d'Orléans... M. Coquard\nse fait plus d'honneur, à notre avis, avec sa\ntrès belle Messe de Mariage (10) dont l'Alleluia,\nen particulier, est tout à fait de haute envolée.\nNous recevons à peu près tous les moisquel-\nque Chanson d'Automne ; celle-ci, de M. Emile\nBaux, avec une autre Chanson intitulée le Vent\n(11) compte parmi les meilleures, quoique le\ncontour mélodique soit presqu'inexistant, mais\nla couleur est jolie et l'adaptation aux paroles\nparfaite : quelques souvenirs des Chansons de\nMiarka.\nNous terminerons, cette fois encore, à la\ngloire de l'Espagne. Le Recuerdos, de M. Grov-\nlez (5), pour piano, est à la fois un morceau de\nhaute virtuosité et une très intense page des-\ncriptive : écoutez ces jolis lointains ou vibrent\nles guitares et cette Habanera, délicieusement\nfausse. Quant à la Sonate Romantique de\nM. Turina (12), elle devrait être sur le piano\nde tous ceux qui se piquent de suivre le mou-\nvement musical contemporain. Œuvre capitale,\névidemment, et qui a toutes les richesses.\nRichesse mélodique, (longue et sinueuse phrase\ndu thème qui s'étale) richesse rythmique (avec\nces mesures qui alternent de la façon la plus\nimprévue et la plus matérielle). Et partout,\nune belle audace de jeune, qui ne recule devant\nrien et qui sauve les motifs les moins relevés ;\npar la fougue même avec laquelle il les attaque\n(voyez le Scherzo). Ajoutons à cela que la\nSonate de M. Turina n'est malgré toutes ses\nqualités techniques, ni ennuyeuse, ni illisible.\nVoilà un ensemble d'avantages que nous ne\nsommes pas accoutumés à rencontrer tous les\njours.\nV. P."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.125", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4106, "texte": "STATISTIQUE. Notre confrère M.\nMorel de la Bibliothèque Nationale a publié\ndans la Mercure de France une très intéres-\nsante étude de statistique dont nous extrayons\nce passage qui traite de la musique.\nSuivant que l'on consulte les registres du\ndépôt légal ou, comme le fait le Droit d'auteur,\nles fiches du journal de la Librairie, 011 trouve\npour la musique les chiffres suivantes :\nDépôt légal. Journal.\n1880 . . . 5.642 .... 4.696\n1890 <_ . . . 6.143 •••• 5-471\n1900 . . . 6.635 .... 5.910\n1-905 . . . 6.711 . . . . 6.197\n1906 . . . 6.866 .... 5.926\n1907 . . . 10.220 .... 7.648\n1908 . . . 8.439 .... 7.531\n1909 . . . 7.316 .... 7.035\n\"Le dépôt de 1907 est grossi par le dépôt en\nhiasse de publications d'une maison importante\n(Hachette). Les notices du Journal, qui, on le\nvoit, n'insèrent pas tout, groupent parfois, avec\n;)ipison, mais sans régularité, des notices. Elles\n.comprennent un grand nombre de pièces\ndoubles. Il y a loin de ces chiffres à ceux que\nl'on aurait si l'on comptait ce qui s'appelle\n\" musique Le Bulletin de la Bibliothèque\nnationale, qui n'a enregistré que les partitions,\nrecueils, méthodes et morceaux de quelque\nintérêt ou nouveauté, arrive tout juste à 512\npour 190 g, en comptant une quarantaine de\nvolumes sur la musique.\nLe Droit (Tauteur écrit gravement que la\nproduction des œuvres musicales a diminué un\npeu en 1908 : 11 7. Si l'auteur de l'article\navait songé à ce que représentent ces sept\nmille paperasses, à la façon dont les morceaux\nsont comptés, tantôt en bloc, tantôt un à un,\nà l'impossibilité de savoir ce qui n'est pas\ndéposé, enfin au simple fait que la coupure de\nfin d'année, qui tombe tel ou tel jour, peut\nrejeter à l'année d'après ou englober dans celle-\nci plusieurs centaines de nos, il ne risquerait\npas de conclusions si précises, il n'en risquerait\nmême aucune à un millier près.\nAu surplus nous avons cette année tâché de\nnous rendre compte de ce que signifient ces\nchiffres de 7*°35 compositions musicales an-\nnuelles. Nous n'avons pas pu séparer le vieux\ndu neuf. Cela aurait été intéressant, mais les\ncauses d'erreur auraient vraiment dépassé les\nbornes. Tout est plus ou moins arrangement\nen musique ; les partitions d'orchestre, quand\nelles viennent, ce qui est rare, viennent parfois\ndes années après l'arrangement pour piano.\nSont déposées et comptées comme nouvelles\ntoutes les transpositions, adaptations et traduc-\ntions de choses anciennes. Nous comptons\ncomme partition nouvelle la traduction faite\ndu Jongleur de Notre-Dame en anglais et si\n19 morceaux de Alônna-Vanna, faits en\n2 envois, ne comptent que pour 2, c'est assez\nexceptionnel, et nous les avons classés dans la\nsérie Recueils et partitions. Du moins pouvons-\nnous dire que le dépôt musical généralement\nfait par l'éditeur, parfois même fait deux fois,\nn'a pas le caractère mécanique du dépôt des\nlivres, fait par l'imprimeur. On n'y rencontre\npas cette masse de bréviaires, de manuels\nscolaires, de vieux romans, les 400 éditions du\nLivre de la pitié de la jeune fille, etc., etc.,\nconsciencieusement retirés sur les mêmes\nformes et redéposés chaque année comme nou-\nveautés, qui rendent si douteuses les statisti-\nques. A part peut-être un cent de doubles\nemplois, toutes les pièces comptées ici ont\nquelque chose de nouveau, ne fût-ce que les\nannotations que M. Spork croit devoir mettre\naux sonates de Beethoven, ou les doigtés de\nM. Philipp. Mais disons de suite que la plus\ngrande majorité de ce fatras, ce sont les chan-\nsons avec ou sans accompagnement, tirées\nsouvent à une cinquantaine d'exemplaires, pas\ndavantage, et qui relèvent autant de la poésie...\n(d'une certaine poésie) que de la musique. Si\nl'on débitait les poésies à la pièce au lieu d'en\nfaire des recueils, on aurait aussi un chiffre\nfantastique.\nNos chiffres sont comptés par à peu près.\nNotre total s'est trouvé juste à 100 près. Mais\nnous avons tenu en mains ces 7.035 pièces, et\nnous en avons classé les fiches. Il se peut, il est\ncertain, que j'aie souvent confondu les roman-\nces et les chansons, quand celles-ci ont un\naccompagnement de piano. De même, pour les"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.126", "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "morceau!* de piano, les danses qu'on danse et\ncelles qu'on joue en virtuose sont, en ce temps\nde valses lentes, souvent difficiles à distinguer,\net l'on hésite si cela doit faire danser ou faire\ndormir. Le nom de l'éditeur et celui de l'auteur\npeuvent servir d'indication. Mais il ne peut\ns'agir que d'une évaluation. Je la crois utile.\nSur près de 1.800 pièces pour piano seul, un\nartiste ou un critique n'aurait vraiment pas à\nen considérer plus de 400 en faisant la part la\nplus large possible aux doutes et divergences\nd'appréciations. Classiques compris, j'en ai\ncompté 300, dont 50 à quatre mains. Le reste\nest pour danses, valses, quadrilles et galops, ou\npetits morceaux faciles, réductions de chansons\nde café-concert, etc.\nJe n'ai fait d'ailleurs aucune distinction\npour les autres instruments.\nLa musique chorale et religieuse est avant\ntout religieuse. Elle comprend tout ce qui a\nun caractère liturgique, les prières nettement\nreligieuses. U Ave Maria de Schubert serait\nclassé aux romances.\nMusique d\"*ensemble.\nPartitions d'orchestre. 1 Parties, etc. . 40\nMusique de chambre (plus de 2 instru-\nments) ... 60\nPartitions piano et chant. 1 Recueils\nde chant • . go\nOpéras: anciens 25, nouveaux 15\nOpéras-comiques, opérettes : an-\nciens 8, nouveaux 20.\nMusique religieuse 100\nChœurs. Duos, etc 150\nMusique militaire, orphéons, petit or-\nchestre avec piano conducteur* . 950\nInstruments (avec ou sans accompagnements\nde piano).\nInstr. à corde (violon, violoncelle, etc.) 330\nà vent y 5\nbasson 2\ncor, trompettes, etc. 25\n1 Le nombre des partitions d'orchestre déposées est\ninfime. Les éditeurs ne se croient tenus qu'au dépôt\ndes partitions piano et chant, qui suffit à sauvegarder\nleurs droits.\nclarinette V . ., . 18\nflûte 15\nhaut-bois . . . .12\nsaxophone . . . 3\no • » *• r- \"\n75\nt\nPiano 1.400\nMorceaux, originaux, classi-\nques, etc. . '. . . . 250\nDanses, morceaux faciles, etc. i. i oo\nPiano à 4 mains et 2 pianos. 50\n1.400 °(J<:\nOrgue et harmonium 33\nHarpe ..........\nMandoline, guitare, estudiantina . . 80\nMéthodes (piano 30, chant 35, etc.) . 75\nChant. Romances, airs détachés, etc. . 350\nChansons, principalement de café-\nconcert 3.200\nRésidu igr.68\n. rTl\n■ 7.O35\nLa production musicale française sembfe\nstationnaire. Mais aucune conclusion n'eât\npossible tant que le travail de distinction cf-\ndessus n'aura pas été fait pour chaque année.\nLa France pourrait quadrupler le nombre de\nses opéras, quatuors, et symphonies sans que\ncela paraisse si Dranem est atteint de mélan-\ncolie et si Polin passe enfin dans la territoriale.\nE. MOREL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 128, "image_fin": 128, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.24", "titre_corps": "A LOUER DE SUITE", "titre_sommaire": "A LOUER DE SUITE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.128", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 16, "texte": "A LOUER DE SUITE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 128, "image_fin": 128, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.24.1", "titre_corps": "AVENUE DE VILLIERS", "titre_sommaire": "AVENUE DE VILLIERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.128", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 36, "texte": "AVENUE DE VILLIERS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c094", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction\nAI. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAUREy Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\n/' secrétaire\nperpétuel de V Académie\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. D'ARENBERG,</<?/'/W/*7#/.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM, GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ,\nMWE LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN,\nM. ANDRÉ BÉNAC, dir\nraire au ministère\nM, GUSTAVE BERLY,\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE,\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMRAE DANIEL HERMANN,\nMME HENRY HQTTINGUER,\nMME GEORGES KINEN. ,\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÉS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. 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Créer un milieu libre où toutes les tentatives artistiques, sans\ndistinction de genre, de style ni d'école recevront bon accueil, où toutes les forces\nvives de notre jeune génération s'uniront fraternellement pour mettre à la dis-\nposition de tous des moyens d'exécution aussi parfaits que possible qu'il\ns'agisse de musique d'Orchestre ou de musique de chambre, tel est le but que\nse propose d'atteindre la SOCIÉTÉ MUSICALE INDÉPENDANTE.\n€\nTout en s'attachant particulièrement à favoriser les plus jeunes tendances et à\npréparer l'avenir, la SOCIÉTÉ INDÉPENDANTE n'exclura pas cependant de ses\nprogrammes les œuvres du passé dont la révélation pourrait sembler intéressante.\nL'administration artistique de la SOCIÉTÉ INDÉPENDANTE sera assumée\npar le Comité soussigné, sous la présidence effective de M. 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Elle est connue pour ses tendances progressistes.\nLe 44 MUSIKALISCHES WOCHENBLATT \" se recommande aux artistes,\néditeurs, luthiers et établissements de tout genre, qui désirent se faire connaître\npar des insertions.\nEnvoi gratuit d'un numéro spécimen.\nADMINISTRATION : OSWALD MUTZE, LEIPZIG\n4, LINDENSTRASSE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.89", "debut_caractere": 3023, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "Application\nraisonnêe des\nmeilleurs procèdes\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Adieu . . . complet\nScherzo en ut mineur pour\npiano\nDrie Liederen (texte fl.).\nQuatre Mélodies ;\n1. L'Automne. . . .\n2. Charmante Rose. .\n3. Bel Enfant, souris-moi\n4. L'Oracle en défaut,\nidem . . complet net\nDeux Mélodies :\n1. L'Angelus ~^*3s\n2. Pourquoi 1>35\n1. Impromptu-valse, p. piano „ 2.—\n2. Chanson, pour piano . . „ 1•—\nSechs Lieder und Gesànge\n(texte allemand et flamand) „ 3.—\nSonate pour piano- . net „ 5.—\nSchilflieder von picolas\nLenau (texte allem. et fl.) „ 2.\n2.\n2.\n1 ,75\n1\n1 .35\n0.85\n1 .00\n2.50\nOp. H. Funf Gesange aus N. Le-\nnau's \" Lieder der Sehn-\nsucht \" (texte allem. et fl.)\nOp. 12. Een krans van veertien\noud-vlaamsche mi n -\nneliederen (texte flam.)\ncomplet net\nOp. 13. Vier oud - vlaamsche\ndrinkliederen (texte fl.)\ncomplet net\nOp. 14. Au printemps, cinq mor-\nceaux de fantaisie p. piano:\n1. Hymne. 2. Joie. 3. Peti-\ntes fleurs !... 4. Ave Maria.\n5. Danse de paysans\nOp. 17. 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A a M. J> JL et artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18x24:\nPour une commande de cinquante épreuves 0,75 par épreuve.\nPar petite quantité: 1 fr# par épreuve.\nPar ce procédé, la Maison CHATENET a fourni aux Bénédictins\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40.000 photographies.\nPRIX-COURANT :\nCliché 13x18 avec une épreuve, 3 fr.; les suivantes, chaque 0.75\nCliché 18x24 avec une épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque 1.00\nCliché 24 x 30 avec une épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.95", "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 693, "texte": "Extrait du roman de Fauvel (1315) publié en reproduction photographique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "VIENT DE PARAITRE\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\n(GEORGES OERTEL)\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\nC. THOMSEN :\nZIGEUNERMUSIK\nRhapsodie à la Zingaeres pour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nEN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSEN :\nI\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nDRAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. 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Alfred Cortot, Pablo\nCasais, Joseph Salmon, F. Denayer, A. Tourret.\nI. Quintette (2 violons, 2 violoncelles\net alto) SCHUBERT\n11. Sonate à Kreutzer BEETHOVEN\n111. Quintette (2 violons, alto, violon-\ncelle) C. FRANCK\nDEUXIEME CONCERT\nJeudi 5 Mai, (Fête de VAscension)\nà 3 heures\navec le concours de M. F. Denayer\nI. Symphonie Concertante, pour vio-\nlon, alto et orchestre .... MOZART\n11. Concerto et Orchestre .\nMENDELSOHN\n111. Symphonie Espagnole, pour violon\net Orchestre ED. LALO\nOrchestre sous la direction de M. 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MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\n' f\n;> \\ • ' .. .\n* 1F *\nTÉLÉPHONE 108-I4\n*'A ' \"\nC* '• •? > : V'' •• pr; v*<* vr * r -Vf y* . À; • 1 , y- -, i:\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n_ ■ . ' , , \\ ~ ■ , ' '\n-—••••1 -s 1 • • • • ,\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\n•t >:\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\n- ./ v-' •\" • * \"V • '\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nf* •%' • • -/i : 1 -n.\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.119", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\n» EMIL GUTMANN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c113", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Melle G. DEHELLY\n17. M. RIERA.\nM. LORTAT JACOB\nM. EMIL FREY\n20. M. FOERSTER.\nM. BRAUD\nM. GARES.\nMelle MALLEZ.\n25. Melle MORHANGE BERR\n26. Melle CAFFARET\n27. Melle DURANTON\n28. Melle TRELLI .\n29. MM. FERTE & FOURNIER\n30. SOCIÉTÉ NATIONALE .\nSalle des Quatuors SALLES GAVEAU\n«V T »\nUnion des Femmes Professeurs et Compositeurs\nAudition Derene .......\nMademoiselle Charreau ......\nAudition Maire ........\nPiano\nPiano\nOrchestre\nPiano\ndo.\nAudition d'Elèves\nPiano\nMatinée d'Elèves\nViolon\nPiano\nPiano et Violon\nChant\nPiano et Violoncelle\nOrchestre\n19.\n21.\n21.\n3°-\nGrande Salle des Concerts.\n15. M. Jean Canivet\n18.\n19.\n20.\n21.\n22.\n23.\n24.\n26.\n27.\n28.\n29.\nM. Maggil Teyte et Mr. Oscar Seagle\nConcert Kubelik. . . .\nler Concert Société Musicale Indépendante\nMad. Le Goff et S. Garenine .\nM. Edmond Hertz .\nM. Casella (avec orchestre)\nConcert Ysaye ......\nAssociation Musicale de Paris .\nMlle Boucheron. .\nRépétition publique Société Bach\nConcert Société Bach ....\nGrande Salle SALLES PLEYEL\n16. Le quatuor Maugnière\n18. La Société des Instruments Anciens\n19. Mlle C. Boutet de Mouvel\n20. M. Edgard Basset\n21. La Société Mozart (ire séance)\n22. Mme Charlotte Lormont\n23. Mme Bertin Steiger .\n24. Mlle Jeanne Lyon\n26. M. Joseph Salmon\n27. Mlle D'Herbécourt\n28. La Société des Compositeurs de Musique (4111 e séance)\n29. Audition de harpe Chromatique\n29. La Société Mozart (2me séance)\n30. Mlle Nasia Boulanger\nSalle des Quatuors\n16. Melle Jeanne Grémaud\n17. Mme Corret (Elèves) .\n24. Mme C. Laënnec (Elèves)\n27. Le Quatuor Calliat (5111 e séance)\n30. 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Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 400 fr.\nH. QUITTARD. L Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique 5 fr.\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages . . . 15 fr.\nEN PREPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Boni) —Un volume in-40 de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENOIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE OURZON. Correspondance des Directeurs de TOpéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K'în pou. Recueil d'Airs pour le kîn ou luth chinois, transcrits\nde la tablature. '\nLE COMITE DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L.fcDauriac, J. Ecorcheville, H. Expert,! L. delà Laurencie,\nCh. iMalherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. 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(Un an 30 fr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c120", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 131, "image_fin": 131, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.51", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 131, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.131", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 72, "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIETE\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c121", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 131, "image_fin": 131, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.52", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 131, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.131", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "PARUS\nH. 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Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 400 fr.\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnieres d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Ull volume\nin-40 de 100 PaSes de musique ....... 5 fr.\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle —Un volume\nin-4\" de 300 pages 15 fr.\nsEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la corres-\npondance musicale adressée à Mersenne et conservée- à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Doni) Un volume 111-4\" de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O' des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traite de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIII siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. 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Sf :>; 1< US Si •.\n» '\nt\n,v_>\n,<i\nM '' 'l| M? \\ j ■;\n£Ân\ny,.\n•-■>'\n%\nH\n■■ *- t*• ; ,\n:---V ... - -4*^\n«>\n' 38\n■ \" V\",\n••\"••• ...:; *\n>.'\" ' '\n»\nr--.\nwmm\nmm**\n°r -** .îr\n... . ...\n:W r\nS i %\n.'T:.\n. ■*, ...\nS \" Jil§>\n.><;\n>«■ ;\n:?■ ;\n* ' ■\n•:*'\n'À '\nC&.\n:, \\\nfttT'i\n... ?..\n'\n<9*ï ' ;■■\nm&tâtm liZZ^.\n.<r.-\n' J\n■ï\n-■;:<■\n;*5fc\n\\î\nV;;\n->-.\n~...:;-vcm-\nm\n*' V••• / _ *v\nS\nK-« *\n■ m\ni < I\nv.:.<\n■>>: :\n•»\n'i\ns* m\n- '?* V !\n«V;, -\n.■<;.\n* :?-•,\nKBSS*\n■-■ i ■:.\n■\ns. , / - /%»'/, > » '\n« ■\n■ïS,:-\nï \"... ■\nf '■>'\nm s : ■%>\ni' -\n' t ft'Yi\n*'~W\n\\\nK-v\n'W •:\n;>>>•-■>\n.\ni2^\n-~v.—».\nM\n;\n■ *;\n% »\nS\n•v\n, :\n:'::i\n> v:\nm\n• -:v'\n■ \"' :-x-\"\n~j._;.... _ .\n■:• :<•\nV* .\n.s.\n:. : • ...\n112:\n-■■■\n: ~~\n-i- ■ ■\nV';,\n:f\n:::..:. « >•\n'£■ x '\n&•\n' &\n■k.\nFm\n*■ mm •-=\naires\na\nm\n.\nc\ne\n■:?\n. y-\n<.«♦\néîiYrés\n» .«.«»■\n&\nV'\nak\n-\n><\n.s . ,\nne la nornencbture\ngM# \",î-: :#-j -- •-*\n/- ' '>C' 'vA>\ndie\n:My\nces\n- •\n•:. 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Delagrave, 15, rue Soufflot, PARIS.\nl\nŒUVRES EN PROSE\nDE\nRICHARD WAGNER\ntraduction de J.-G. PROD'HOMME (lre traduction française)\nTome !.—\"DES GESAMMEL I E SCHRIFTEN, \" un volume in-18\njesus fr. 3.50\nTome 11. \" DES GESAMMELTE SCHRIFTEN,\" en collaboration\navec F. Holl, un vol. in 18 Jesus, fr. 3.50\nOuvrage deJ.-G. FJrod'homme, déjà\n\\\nLES SYMPHONIES DE BEETHOVEN, (2e édition, 1800-1824)\npréface de M. Edouard Colonne. Un vol. in 8° écu avec de nombreux\nexemples notés et un portrait du Maître par Letronne (1815) broché 5 fr.\nCAMILLE BELLAIGUE\nETUDES MUSICALES, 2\" et 3\" séries. Chaque série, un volume in-18\nJesus, broché fr. 3.50\nUN SIÈCLE DE MUSIQUE FRANÇAISE, un vol. in-18 Jesus broché\nfr. 3.50\nL'ANNÉE MUSICALE, 7 tomes. Chaque tome un vol. in-1 2 broché fr. 3.50\nX)ient de paraître :\nLES ÉPOQUES DE LA MUSIQUE, 2 vol. 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Elle compte également des collaborateurs dans\ntous les pays et publie des articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère\ninternational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle restera indépen-\ndante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire Française de\nBudapest.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nHongrie et Autriche. Un an, 25 cour. 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DEMETS, 2, RUE DE LOUVOIS PARIS (Ile ARR.)\nEXTRAIT DU CATALOGUE GÉNÉRAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c128", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c128", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 135, "image_fin": 135, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.59", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.135", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "CHANT ET PIANO\nBECLARD (M.). L'amour par terre (P. Verlaine) . 2.50\nPéristéris (Leconte de Lisle) ..*.... 2.50\nLe Sentier (M. Bouchor) 1.70\nSilence ! (A. Samain) 1.70\nBERTELIN (A). La Chimère (A. Samain) . . . 2.50\nDans le cristal des eaux (A. Samain) 1.70\nDilection (A. Samain) 1.7°\nUne douceur splendide (A. Samain) 2.00\nCHANSAREL (René). Caresses (Jean de l'Estoille) . 1.50\nDédicace (Tristan Klingsor) 1.00\nL'lnvitation au Voyage (Ch. Baudelaire) . . . 2.50\nPastel (Gustave Soulier) 1.50\nSonnet élégiaque (P. de Ronsard) 2.00\nRequiem d'Amour (L. Taillade) I»s°\nCREVECŒUR (de) Chant de mort (M. Heim) . 1.50\nLa prairie permanente Danguet) 1.50\nDÉODAT DE SEVÉRAC.\nChanson de Blaisine(M. Magré) 1.50\nLe Chevrier (P. Rey) I*7o\nLes Cors (P. Rey) 2.00\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren) 1.70\nL'lnfidèle (Maeterlinck) 1.70\nDUPARC (H.). La Fuite (Th. Gauthier) duo pour\nSoprano et Ténor 2.50\nHERVE (Raymond). Au large (L. Even) . • • i-75\nLes Fontaines (L. Even) 2.00\nLes Jardins (L.Even) 1.75\nMarine (L. Even) 1.00\nKOMITAS WARDAPET. La Lyre arménienne,.\nrecueil de chansons rustiques 10.00\nLABEY (M.). Chanson du rayon de lune (Guv de\nMaupassant) 2«5°\nDe sa grande Amye (C. Marot) 1.50\nRondel (Ch. d'Orléans) 1.50\nLAMOTTE (Daniel). Chansons naïves (Paul Gérardy)\nI. Il neige. 11. Amour mauvais. 111. Croix de bois 4.00\nPOLLET (M.). 3 Chansons de Bilitis (Pierre Louys).\nI. La Pluie. 11. Volupté. 111. Le Souvenir de Mna-\nsidika 4.00\nRAVEL (M.). D'Anne jouant de l'Espinette . . . 1.00\nD'Anne qui me jecta de la neige (Epigrammes de\nCl. Marot) 1.70\nMUSIQUE DE PIANO\nBARDAC (R.) u Horizons \" Les Cloches de Casbeno\nJeux. Sur la Tresa 4.00\nBILLA (R.) En rythme de Valse. ...... 2.00\nBREVILLE (P. de.) Portraits de maîtres : Gabriel\nP'auré. Vincent d'lndy. Ernest Chausson. César\nFranck 5.00\nBRUGNOLI (A.) Mazurka italienne 2.00\nMinuetto 2.00\nValse, en sol mineur 2»5°\nHENNESSY (S.) Op. 21. Au bord de la forêt . . 1.70\n\"Au Village,, (petite suite caractéristique). . . ç.oo\nop. 24 Eaux-fortes 2.00\nop. 25 Etude .... ï-7°\nop. 27 Nouvelles feuilles d'album 2.50\nop. 32 Valses 3«°°\nINGHELBRECHT (D.-E.). \" Suite petite-russien-\nne\" sur des thèmes populaires. 7.00\nLABEY (M.). Sonate en 4 parties ...... 8.00\nLADMIRAULT (P.). 4 Esquisses :\nChemin creux . . , 1.00\nValse mélancolique 2's°\nVers Téglise dans le soir . 2.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c129", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c129", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 135, "image_fin": 135, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.135", "debut_caractere": 2404, "fin_caractere_exclue": 4502, "texte": "Minuit dans les Clairières 3«35\nLUZZATI (A.). Impromptu. Op. 12 2.50\nNocturne. Op. 15 1.70\nScherzando. Op. 16 2*s°\nRomance. Op. 17 . 2.00\nMEL-BONIS. Barcarolle 2.50\nBourrée 1.70\nLe Moustique 2.00\nPavane . . 1.5°\nSarabande 1.50\nPOUEIGH (].). \"Pointes Sèches\". Cerfs-volants.\nParc d'automne. Combat de coqs 4.00\nRAVEL (M.). Jeux d'eau . 3.35\nPavane pour une infante défunte 2.00\n\"Miroirs\" Noctuelles. Oiseaux tristes. Une barque\nsur l'Océan. Alborada de! Gracioso. La Vallée des\nCloches : 10.00\nTHIRION (L.). Rêves, 3 nocturnes $.OO\nSonate en 4 parties 7.00\nTURINA (|oaquin). Sévilla. Suite pittoresque.\nI. Sous les orangers. 11. Le Jeudi Saint à minuit.\n111. La Feria 6.00\nSonate romantique sur un thème espagnol . . . 7.00\nPIANO A 4 MAINS\nHENNESSY (S.). Petite Suite irlandaise .... 4.00\nLABEY (M.). ire Symphonie en mi 8.00\n2e Symphonie en la majeur 8.00\nLADMIRAULT (P.). Musiques rustiques . * . $.OO\nVariations sur des airs de biniou trécorois . . . 4.00\nDEUX PIANOS A 4 MAINS\nDE CRKVECŒUR (L.). Moulins d'Orient . . . 4.00\nDanseurs sartes 2-5°\njardins impériaux 4.00\nMÈL-BONIS. Variations 7.00\nVIOLON ET 1 PIANO\nALQUIER (M.). Sonate en 4 parties 10.00\nBERTELIN (A.). Sonate en 4 parties 10.00\nMEL-BONIS. Largo en mi majeur, attribué à Haëndel 1.70\nMUNKTELL (H.). Sonate en 4 parties .... 8.00\nPOUEIGH (].). Sonate en 4 parties ..... 8.00\nSERIEYX (A.). Sonate en sol en 3 parties .... 8.00\nALTO ET PIANO\nLABEY (M.). Sonate en 3 parties 7.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMEL-BONIS. Sonate en 3 parties 6.p0\nFLUTE ET PIANO\nINGHELBRECHT (D.). Deux esquisses antiques\nDryades 1.50\nScaphé 1.70\nLECLAIR (J.-M.) 2e Sonate (ut majeur) 2»5 5\n6\" Sonate (mi mineur) 2.70\nMEL-BONIS. Sonate 7.00\nRAVEL (M.). Pavane. Arrangement de Fleury . . 2.50\nTRIOS\nMEL-BONIS. Suite pour Flûte, Violon et Piano. . 5.00\n2 Trios pour Violon, Violoncelle et Piano:\nMatin 4.00\nSoir • 3.00\nQUATUORS\nMEL-BONIS. Quatuor pour Piano, Violon, Alto,\nSEITZ (A.). Quatuor pour instruments à cordes . . 12.00\nQUINTETTES\nLACROIX (E.). Quintette pour Piano et cordes . . 15.00\nSACHS (Léo). Op. 77. Quintette pour Piano et cordes 12.00\nQUINTETTES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c130", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c130", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 136, "image_fin": 136, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 136, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.136", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 3104, "texte": "Comptoir National d'Escompte\nDE PARIS\nCAPITAL : 200 Millions de francs entièrement versés.\nSIÈGE SOCIAL: RUE BERGÈRE SUCCURSALE: 2, Place de l'Opéra, PARIS.\nPrésident du Conseil d'Administration: M. ALEXIS ROSTAND,\nVice-Président, Directeur : M. F 2, ULLMANN,\nAdministrateur Directeur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons a échéance fîx«t, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nEnvois de Fonds en Province et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nmaritimes, Garantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons, etc.\nAGENCES\n38 Bureaux de quartiers dans Paris 1 5 Bureaux de Banlieue 150 Agences eh Province\n11 Agences dans les colonies et pays de protectorat 12 AGENCES A L'ETRANGER.\nLOCATION DE COFFRE-FORTS\nLe Comptoir tient un service de coffre-lorts à la disposition\ndu public, 14, rue Bergère; 2, place de Vopéra; 147, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPECIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. Le locataire peut seul ouvrir son coffre.\nBONS A ÉCHÉANCE FIXE. Intérêts payés sur les sommes déposées\nDe 6 à 11 mois. i£ °/0. De 1à 3 ans 3 °/0. Les bons délivrés par le COMPTOIR NATIONAL\naux taux d'intérêts ci-dessus, sont à ordre ou au porteur, au choix du Déposant. Les intérêts sont\nreprésentés par des Bons d'lntérêts également à ordre ou au porteur, payables semestriellement\nou annuellement suivant les convenances du Déposant. Les Bons de capital et d'intérêts peuvent\nêtre endossés et sont par conséquent négociables.\nVILLES D'EAUX. Stations estivales et hivernales.\nLe COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'Eaux : Aix-en-Provence,\nAix-les-Bains, Antibes, Bagnères-de-Luchon, Bayonne, Biarritz, Bourboule (La), Brest, Calais,\nCannes, Châtel-Guyon, Cherbourg, Compiègne, Dax, Dieppe, Dunkerque, Enghien, Fontainebleau,\nHavre (Le), Mont-Dore (Le), Nice, Pau, Rochelle (La), Saint-Germain-en-Laye, Saint Nazaire, Trou-\nville-Deauville, Vichy, Tunis, Saint Sébastien, Monte-Carlo, Le Caire, Alexandrie (Egypte), etc. ;\nces agences traitent toutes les opérations comme le siège social et les autres agences, de sorte\nque les Etrangers, les Touristes, les Baigneurs, peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant\nleur villégiature.\nLETTRES DE CRÉDIT POUR VOYAGES\nLe COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE délivre des Lettres de Crédit circulaires payables\ndans le monde entier auprès de ses agences et correspondants; ces Lettres de Crédit sont accom-\npagnées, d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commo-\ndités, en même temps qu'une sécurité incontestable.\nSalons des Accréditas, Succursale, 2, place de l'Opéra\nInstallation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de lettres de crédit. Bureau de\nchange. Bureau de poste. Réception et réexpéditions des lettres.\no\no\nII!\nCn\nT 3\nP\n-a\nP3\na?\nC/ 3\no\nCu\na>\nCD\nT 3\nlÉIE3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c131", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c131", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 137, "image_fin": 137, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.137", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 58, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTIONS ET GROUPES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c132", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c132", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 137, "image_fin": 137, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.63", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.137", "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "Groupe de Dublin.\nPrésident: S. Myerscough.\nSecrétaire: Révérend H. Bewerunge.\nGroupe d'Edinbourg.\nPrésident: Prof. Frédéric Niecks.\nSecrétaire: Mrs. Kennedy Fraser.\nGroupe de Londres.\nPrésident: Dr. W. H. Cummings.\nSecrétaire: T. Percy Baker.\nAUTRICHE.\nPrésident: Dr. Guido Adler, prof, à l'Université deVienne.\nVice-Président: Dr. Ervvin Luntz à Vienne.\nSecrétaire: Dr. Robert Haas à Vienne.\nTrésorier: Dr. A. Koczirz à Vienne.\nBELGIQUE.\nPrésident : Edgar Tiriel, direct, du conservatoire de Bruxelles.\nVice-Président: A. Béon, Compositeur.\nSecrétaire: Closson, conservateur du Musée du Conservatoire\nde Bruxelles.\nTrésorier: Hans Taubert, éditeur de musique.\nDANEMARK.\nPrésident: Dr. A. Hammerich.\nSecrétaire: Dr. W. Behrend.\nTrésorier: S. Lévysohn.\nESPAGNE.\nDr. Felipe Pedrell, Barcelone.\nFRANCE. Section de Paris.\nPrésident: Ch. Malherbe, Bibliothécaire de l'Opéra.\nVice-Président: ). Ecorcheville, Dr. ès-lettres.\nSecrétaire: |. G. Prod'homme.\nTrésorier: L. Laloy, Dr. ès-lettres.\nBibliothécaire: L. de La Laurencie.\nMembres du comité: Pierre Aubry,\nA. Boschot.\nINDES.\nDr. A. M. Pathan, Musicien de S. A. le Maharajah de Baroda.\nITALIE.\nLa section italienne est formée par: VAssociazione dei Musico-\nlogi Italianï.\nPrésident: Prof. Gasperini à Parme.\nPOLOGNE.\nPrésident: H. Opiensky à Varsovie.\nSecrétaire-Trésorier: A. de Gujewsky à Varsovie.\nArchiviste: M. Sujynsky à Varsovie.\nSUEDE.\nPrésident: C. Claudius à Malmoe.\nSecrétaire: Tobias Norlind à Tomelilla.\nTrésorier: Preben Nodermann à Malmoe.\nSUISSE. Section de Baie.\nPrésident: H. Suter, Baie.\nVice-Président: A. Hamm.\nSecrétaire: Cari Nef.\nTrésorier: Max Boller.\nMembres du Comité: Dr. Bernoulli,\nDr. A. 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Kretzschmar, professeur de l'Université.\nSecrétaire: Dr. M. Friedlander,\nMembres du comité,* Dr. M. Seiffert,\nDr. Cari Stumpf,\nChevalier R. de Liliencron, conseiller d'état.\nGroupe de Berlin.\nPrésident: Dr. ). Wolf, professeur de l'Université.\nVice-Président: Dr. Cari Stumpf.\nSecrétaires: Dr. Hermann Springer, de la Bibl. Royale.\nDr. Frédéric Zelle.\nArchiviste: Max Schneider, de la Bibliothèque Royale.\nSection de l'Allemagne du Sud-Ouest.\nPrésident: Dr. Bauer, à Franckfort.\nPf. Kayser, Conservateur à la Bibl. de la Ville de Cologne.\nDr. Friedrich Ludwig, Privat-docent à l'Uni v. de Strasbourg.\nGroupe de Francfort.\nPrésident: Théodore Gérold.\nSecrétaire: Albert Dessof.\nTrésorier: Maurice Sondheim.\nSection de Bade.\nPrésident: Dr. Ph. Wolfrum, prof. à l'Univ. de Heidelberg.\nSection de Bavière.\nPrésident : Dr. Adolphe Sandberger, pr. à l'Univ. de Munich.\nSecrétaire: Théodore Kroyer, Professeur à Munich.\nSection de Saxe et Thuringe.\nPrésident: Dr. H. Riemann, prof, à l'Université de Leipzig.\nSecrétaire: Dr. Arthur Priifer\nMembres du comité: Dr. A. R. Buchmayer à Dresde.\nDr. Obrist, conservateur du musée Liszt à Weimar.\nDr. H. Abert à Halle.\nGroupe de Dresde.\nPrésident: Le Conseiller Ermisch; direct, delà Bibliothèque\nRoyale de Saxe.\nSecrétaire: Dr. Rudolf Wustmann.\nTrésorier: Richard Bertling, Editeur.\nMembres du comité: Otto Richter, directeur de la musique\nroyale et maître de chapelle de la Kreutzkirche.\nJ. Kotzschke, maître de chapelle.\nGroupe de Leipzig.\nPrésident: Dr. Arthur Priifer, professeur à l'Université.\nVice-Président: Dr. Arnold Schering.\nSecrétaire: Cari Ettler.\nTrésorier: R. Linnemann, éditeur de musique.\nAMERIQUE.\nPrésident: Dr. A. Stanley à Ann Arbor. (Michigan.)\nVice-Président: Dr. Damrosch à New-York.\nTrésorier: Dr. Waldo S. Pratt à Hartford. (Connecticut).\nSecrétaire: Dr. Sonnek à Washington.\nANGLETERRE.\nPrésident : Sir Alexander Mackenzie, directeur de l'Académie\nRoyale de Musique à Londres.\nVice-Président: Dr. W. H. Cummings à Sydcote.\nTrésorier: Breitkopf et Haertel à Londres.\nMembres du comité: Sir Hubert Parry, Sir Fr. Bridge, Si r\nCh. Stanford. MM. Bantock, Dent, Edgar, Hadow,\nMaclean, Maitland, Mrs Naught. MM. Myerscough,\nNiecks, Piout et Barclay Squire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-04-15-01-c134", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-04-15_01#c134", "volume": "bmtnabh_1910-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 138, "image_fin": 138, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.2.65", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 138, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.138", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 32, "texte": "Dépositaires du S. 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L'ACCOMPAGNEMENT AU THÉORBE, par H. Quittard. S\nMAHLER ET SA DEUXIÈME SYMPHONIE, par A. Casella. L'ORGUE DE ST. PIERRE\nDE ROME, par A, de Vallombrosa. £ LE MOIS A PARIS, par Gaston Carraud. & LETTRE\nD'ANVERS, par Closson. LES LIVRES. * L'ACTUALITÉ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction\nAI. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAUREy Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\n/' secrétaire\nperpétuel de V Académie\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. D'ARENBERG,</<?/'/W/*7#/.\nM. Louis BARTHOU,\nla justice.\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM, GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ,\nMWE LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN,\nM. ANDRÉ BÉNAC, dir\nraire au ministère\nM, GUSTAVE BERLY,\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE,\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMRAE DANIEL HERMANN,\nMME HENRY HQTTINGUER,\nMME GEORGES KINEN. ,\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÉS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS,\nM. JEAN WEBER, tigré"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.3", "texte": "L'ACTUALITÉ\nMUSICALE\n•\nANNEXE DE LA REVUE MUSICALE S.I.M.\nPUBLIÉE PAR LA SECTION DE PARIS DE LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n15 AVRIL 1910\nFRANCE ET BELGIQUE\nLe numéro: 0.40 - Un an: 4.00\nUNION POSTALE\nLe numéro: 0.60 - Un an: 6.00"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.4", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\nRÉDACTION :\nPARIS: 22, RUE ST. AUGUSTIN\nBELGIQUE: RENÉ LYR A BOITSFORT, BRUXELLES\nADMINISTRATION :\nLIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflet, PARIS.\nTo us les mandats doivent être adressés so\nsoit a M. REtA\n\nSOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ\nDU 15 AVRIL\nTHEATRES ET CONCERTS, à Paris, par GUÉRILLOT. Province. Belgique.\nEtranger. JOUR ET NUIT, par PIERRE JOBBÉ-DUVAL. INSTRUMENTS :\nLes Clarinettes, par EMILE STIÉVENARD. INSTRUISONS-NOUS ! par DOUBLE-\nDIÈSE. MUSIQUE MILITAIRE : La Musique de la Garde Républicaine,\npar HENRI DE CURZON. COURS ET CONFERENCES: Cours d'Histoire de la\nMusique, professé à la Faculté des Lettres par M. Romain Rolland. Cours de l'Ecole\ndes Hautes Etudes Sociales. L'EDITION MUSICALE. Calandrier des Concerts."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.5", "texte": "LA NOUVELLE SALLE DE CONCERT\nDU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE\nEn s'intéressant activement au sort de V a\nles Amis de la Musique ont paru réserver toutes leurs sympathies pour le passé, et\nnégliger Vavenir. Il n'en était rien, et la sollicitude de notre Société n'a jamais été plu\\\nattentive à Fart moderne qu au moment où elle s'efforçait de sauver un monument\nhistorique de Fart classique.\nNous sommes heureux de publier aujourd\n31 mars, à la Chambre des députés, par lequel M. Wiener, l'un de nos Amis, a demandé\nla concession qui permettra d'édijier la salle\nL'Etat ayant fait appel à l'initiative privée,\nspontanément et les fonds nécessaires a la constitution de la Société ont été réunis en\nquelques jours, par souscriptions de 12.500 fr.\nCHAMBRE DES DÉPUTÉS\nNeuvième\nSESSION 1910\nAnnexe au procès-verbal de la séance du 23 mars 1910.\nPROJET\nrelatif a la concession temporaire d'un terrain domanial en vue de l'édification\nd'une salle de concerts.\n( Renvoyé à la Commis\nPRÉSENTÉ\nAu nom de M. Armand Fallieres, Président de la République française\nPar M. Doumergue, Ministre\net M. Cochery, Ministre des Finances"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.6", "texte": "• •\n11\nLES AMIS DE\n\nEXPOSÉ DES MOTIFS\nMessieurs,\nLe projet de loi qui est soumis à vos délibérations est destiné à compléter Vinstallation\ndu nouveau Conservatoire de musique, autorisé par la loi du 19 juillet 1909. Cette loi\nprévoyait la possibilité d'édifier, sur les terrains\nmoins 1.200 places, nécessaire h renseignement\nSociété des concerts.\nPour répondre à ce double but, l'Etat se réservait de faire appel à Vinitiative\nprivée.\nEn vertu de la convention ci-annexée, la salle est entièrement construite par le\nService des bâtiments civils et entretenue, sous son contrôle, au frais de la société conces-\nsionnaire ; elle fait retour h F Etat après une période de quarante ans. Non seulement\ncelui-ci n a a supporter aucune charge, mais\nannuellement jusqu à concurrence de la moitié.\nEn conséquence, nous avons Vhonneur de vous prier de vouloir bien voter le projet de\nloi ci-après :\n<PROJET DE LOI\nLe Président de la République française\nDécrète :\nLe projet de loi dont la teneur suit sera présenté a la Chambre des Députés par le\nMinistre de VInstruction publique et des Beaux-Arts et par le Ministre des Finances qui\nsont chargés d'en exposer les motifs et d'en soutenir la discussion :\nArticle unique.\nEst approuvée la convention passée le 21 mars 1910, entre le Ministre de l'Instruc-\ntion publique et des Beaux-Arts, le Ministre des Finances et M. Wiener, portant conces-\nsion pour quarante ans, aux clauses et c\nd'Edimbourg, N° 23, en vue de l'installation d'une salle de concerts.\nFait à Paris, le 22 mars 1910.\nSigné : A. Fallières.\nPar le Président de la République :\nLe Ministre de ïInstruction publique\net des Beaux-Arts,\nSigné : Gaston Doumergue.\nLe Ministre des Finances,\nSigné : Georges Cochery."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.7", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n« • •\n111\n\nCONVENTION\nEntre les soussignés :\nM. le Ministre de VInstruction Publique et des Beaux-Arts,\nM. le Ministre des Finances,\nd'une part ;\net M. Henry Wiener,\nd'autre part.\nIl a été convenu ce qui suit :\nArticle premier.\nM. Wiener s engage a former dans le délai de 15 jours a partir de la promulgation\nde la loi approuvant la présente convention un\n500.000 francs a souscrire entièrement en numéraire. Cette Société, dite Société de la Salle\ndes Concerts du Conservatoire, aura pour objet exclusif Védification, Vinstallation et\nVexploitation d'une salle de concerts, conformément aux clauses et conditions énumérées aux\narticles ci-après. Ses Statuts devront être approuvés par le Ministre des Beaux-Arts.\nArticle2.\nL'Etat concédé temporairement à M. Wiener, qui devra transférer à la Société\nprévue par l'article précédent le bénéfice de la présente concession, la jouissance d'une\nportion de terrain dépendant de l'immeuble situé à Paris et affecté au Conservatoire\nnational de Musique.\nCette portion de terrain faisant partie\n23, rue d'Edimbourg, ayant une superficie d'environ 1.400 mètres carrés et figurée en un\nplan ci-annexé.\nLa concession aura une durée de quarante\napproi vant la présente convention.\nArticle3.\nLa Société devra construire sur le dit terrain une salle de concerts, comprenant toutes\nles dépendances nécessaires et Consacrer a\n500.000 francs.\nLes travaux seront exécutés par le service\naux frais de la Société, d'après les plans e\nbeaux-arts."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.8", "texte": "iv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nArticle4.\nLes entrées et sorties de la salle des\nd'Edimbourg. Toutefois des postes et dégagemen\npermettre. , en cas d'incendie ou de dangers évide\nV immeuble affecté au Conservatoire et donnant\nLe bâtiment a édifier pourra avoir des\nde l'Etat, mais celui-ci conserve le droit de faire, dans sa propriété, telles modifications et\nconstructions nouvellesqu il jugera a propos sa\nindemnité.\nArticles.\nLa Société sera tenue d'entretenir la salle et ses dépendances en parfait état et d'y\neffectuer les travaux d'entretien et de grosses\nV architecte de la Société sous la surveillance\nauquel ressortissent les bâtiments du Conservatoire.\nAu cas ou la Société se refuserait a\npourrait y être pourvu d'office à ses frais, par\nConseil général des bâtiments civils.\nLa Société devra faire assurer contre l'incendie, les accidents, les explosifs et les\nrisques de voisinage, pendant toute la durée d\nson mobilier et son matériel par une ou plusieurs\nexactement les primes de ces assurances.\nEn cas d'incendie de la salle et de ses dépendances, les indemnités que la Société\nrecevra des Compagnies devront être intégralement\nreconstruction de la salle et de ses dépendances.\nArticle 6.\nLa Société sera tenue de supporter et acqu\ntoute la durée de la concession, les impôts fonciers\net généralement toutes les charges, taxes et contributions présentes et futures dont le terrain\nconcédé et les constructions qui y seront élevées\nArticle 7.\nLa salle a édifier sera exclusivement réservée à des concerts de musique classique ou\nmoderne, instrumentale ou vocale, ainsi qu'à\nscientifiques ou littéraires.\nLa Société devra soumettre à l'agrément"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.9", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nou de location qu elle croira devoir autoriser.\nobjets spécifiés plus haut, le Ministre pourra s opposer a Vacceptation de ces demandes. Son\nrefus devra être communiqué à la Société dans\noù il aura été consulté.\nArticle 8.\nLa Société devra mettre gratuitement\nnombre de jours par an, conformément au table\nde V occupation seront réglées au début de\nchaque trimestre.\nLes frais d'éclairage et de chauffage occasionnés par Voccupation de VEtat seront a\nla charge de la Société pendant toute la durée de la concession, moyennant une indemnité\nannuelle et forfaitaire de 3.700 francs, dont\nArticle9.\nLa salle sera mise à la disposition de la Société des Concerts du Conservatoire, si\ncelle-ci le demande, pendant un certain nombre de jours, comformément au tableau B\nci-annexé, pour les auditions de cette Société, moyennant, pour cette occupation, une\nindemnité égale à 50 °L des recettes brutes annuelles de la Société des Concerts du Con-\nservatoire au-dessus du chiffre de 170.000 fra\nLes frais de chauffage et d'éclairage occasionnés par cette occupation seront à la\ncharge de la Société concessionnaire de la salle moyennant une indemnité annuelle et\nforfaitaire de 3.500 francs, h payer par la Société des Concerts du Conservatoire, dont le\nchiffre pourra être révisé tous les cinq ans.\nArticle 10.\nCinquante places seront réservées a la Société pour tous les concerts, exercices et\nconcours publics donnés par le Conservatoire ou la Société des Concerts.\nTrente places seront mises à la disposition du Ministre des Beaux-Arts pour toutes les\nauditions ou représentations ayant lieu dans la salle de* concerts.\nArticle 11.\nLa Société, substituée au concessionnaire,\nbénéfices nets annuels d'exploitation restant apr\nde construction et d'installation, calculée de ma\nplètement effectué à Vexpiration de la concession, après prélèvement de la réserve légale et\nd'un dividende annuel, mais non cumulatif, de 5 °/0 sur le capital versé."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.10", "texte": "vi\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nLes livres et registres de comptabilité de la Société seront soumis au contrôle\ndu Ministre des Beaux-Arts.\nArticle 12.\nA Vexpiration de la présente concession, la salle et ses dépendances et généralement\ntoutes les constructions élevées par la Société\naucune indemnité : il en serat de même de\nd'eau, de gaz, d'électricité avec tous appa\ndécors, etc... et généralement de tout le mobilie\nexploitation.\nArticle 13.\nL'Etat se réserve la faculté de racheter, a partir de la iome année d'exploitation,\nles constructions et installations effectuées sur le terrain concédé moyennant un prix égal h\nla dépense réelle faite par la Société de ce\nprélevés sur les bénéfices jusqu' a la date du ra\na dire d'experts nommés par les parties ou désignés, a défaut d'entente, par le Tribunal\ncivil de la Seine.\nArticle 14.\nA la sûreté des engagements pris sous Varticle 3, M. Wiener fera déposer par la\nSociété dont il doit assurer la constitution d\nlaquelle le présent contrat sera devenu définitif\ndépôts et consignations, soit en espèces, soit en rentes sur l'Etat ou en obligations du Trésor,\nune somme d'au moins500.000 francs quelle\nV avancement des travaux et dans les proportio\nBeaux-Arts, sur le vu, soit des mémoires à acquitter, vérifiés et réglés par V Architecte de\nVAdministration des beaux-arts, soit sur la produ\nindiquant qu'on peut payer tels ou tels acomptes sur les dits mémoires.\nLa société pourra disposer librement des revenus des valeurs déposées pendant toute\nla période des travaux.\nArticle 15.\nLes frais auxquels les présentes donneront lieu seront a la charge du conces-\nsionnaire."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.11", "texte": "LES AMIS DE\n• •\nVil\n\nArticle 16.\nLa présente convention ne sera définitive été\nParlement.\nFait à Paris, le 21 mars 1910.\nLe Ministre de llnstruction publique\net des Beaux-Arts,\nGaston Doumergue.\nLe Ministre des Finances,\nGeorges Cochery.\nLe concessionnairey\nWiener.\nTableau\nOccupation de la Salle des Concerts pour le service du Conservatoire.\n70 matinées (1 par semaine duIer octobre d\" Orchestre.\n4 après-midi. Exercices publics d'élèv\n12 matinées. Répétition des exercices\n6 matinées. Examens et concours de\n1 journées. Concours d'orgue.\n45 journées. Concours répétitions\n1 après-midi. Auditions des envois de Rome.\n1 matinées. Répétitions des envois de Rome.\n3 journées (tous les trois ans). Prix\nLa salle pourra en outre être mise à la\ngnement du Conservatoire F pendant\n15 matinées ;\n1 o après-midi ;\n5 journées ;\n5 soirées.\nTableau\nOccupation de la Salle des Concerts par\n20 après-midi. . |Cwem.\n2 soirees ...\n50 matinées . . Répétitions."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.12", "texte": "• • •\nVlll\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nLE CONCERT\nAu moment ou ce numéro paraîtra nos Amis auront été conviés à trois auditions, qui\nleur laisseront sans doute le meilleur souvenir.\nTout d'abord, le 15 avril, séance h la Bibliothèque Nationale pour y entendre au\npiano la 2<le symphonie de Mahler, jouée par M. M. Casella et Salomon. Puis le samedi\nmatin 16 avril, répétition générale de cette\nChâtelet, sous la direction de Vauteur, et sous le patronage de la Société des grandes\nauditions de France. Enfin le même jour a 4 h. réunion générale des Amis. A cette réunion,\nM. H. Marcel, administrateur général de la Bibliothèque Nationale, et l'un de nos\nmembres d'honneur, prendra la parole pour exposer le but et les travaux de notre Société,\net la Chorale Mixte de Paris se fera entendre\nMONUMENT DE WAGNER.\nNous avions annoncé dans notre dernier Bulletin Vintérêt que portait notre Société\nau projet d'érection d'un monument JVagner\nun bas-relief artistique le séjour de l'auteur du Ring au palais Vendramin.\nCette idée a aussitôt réuni les sympathies\nqui ont formé le comité suivant :\nP.-A. Cheramy, F. Custot, Comtesse P. Seilern, R. Winterberg, M. Rikoff,\nL. Guttmann.\nEt déjà plusieurs adhésions nous sont parvenues, encourageant notre initiative.\nCe sont celles de:\nMM. Théodore Dubois. . . 10 fr. 100\nCheramy 50 fr. .. . 50\nCustot 50 fr. 50\nJ. Schumann. 50 fr. .... 20\nL. Guttmann.... 50 fr. . . .\nPleyel, Wolff, Lyon et Cie 50 fr. 20\nComtesse Seilern 100 fr.\nD'autre part M. Gabriel d'Annunzio\nV épigraphe de ce monument. Enfin le président\nSir Alexandre directeur du Royal Collège de Londres, a été saisi d'une\nproposition qui tendrait à associer la Société Internationale et ses différentes Sections h ce\nprojet qui intéresse le monde entier de la musique.\nIl importe en effet que l'effort moral (10.000 fr.),\nl'exécution de cette stèle commémorative, soit entrepris et accompli par tous les pays où\nWagner est en honneur. La France apportera sa part dans cette collaboration, et nous\navons bon espoir que l'Allemagne et l'Italie, lAngleterre et l'Amérique obéiront de leur\ncoté à la même pensée, pieuse et désintéressée.\nToutes les souscriptions sont reçues au sièg 11,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.13", "texte": "EDOUARD COLONNE\n\nAllocution prononcée aux funérailles d'Edouard Colonne, le jeudi 31 mars 1910, par M. CH. MALHERBE,\nprésident de la Section de Paris de la Société Internationale de Musique.\nSi je ne consultais que mon cœur, je garderais le silence où s'enferme\nla tristesse ; je resterais obscurément confondu parmi les disciples, les\nadmirateurs, les fidèles auditeurs des concerts, accourus en foule ici pour\nrendre un dernier hommage au maître, au chef, à l'ami qu'ils viennent\nde perdre. Mais la raison doit l'emporter sur le sentiment. Ces disciples,\nces admirateurs, ces fervents m'ont demandé d'adresser pour eux l'adieu\nsuprême au voyageur qui nous quitte pour le pays d'où nul ne revient ;\nje cède à leur désir en faisant violence à mon émotion : j'ose parler, j'ose\névoquer le souvenir de celui que tout Paris connaissait, mais que ceux-là\nseuls ont vraiment connu qui l'ont approché de très près, qui ont vécu\ndans son intimité, qui ont lu dans le livre de sa vie, et, si je puis m'expri-\nmer ainsi, découvert l'homme sous l'artiste.\nAvec Edouard Colonne disparaît pour la musique une des grandes et\npopulaires figures de notre temps. Une lumière s'éteint, dont l'éclat se\nmesure à l'ombre projetée. Il représentait une force, il était quelqu'un.\nSans doute, on enviait sa renommée ; mais se demandait-on au prix de\nquelles luttes il l'avait conquise, quelles résistances il avait rencontrées,\nquelles épines avaient déchiré ses mains, quelles pierres avaient meurtri\nses pieds sur la route du succès ? La fortune est capricieuse ; elle sourit\nparfois à ceux qui ne savent pas la saisir, comme elle se dérobe trop\nsouvent à ceux qui rêvent de l'atteindre. Mais ce que les hommes\nappellent la chance est aussi le résultat de la patience et de la volonté, de\nl'intelligence et du travail ; celui que nous pleurons en a fourni le\nmagnifique exemple."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.14", "texte": "218\nS. I. M.\n\nSes origines étaient bien humbles, et ses débuts furent bien modestes :\navec effort il a gravi tous les échelons de sa carrière, faisant de son mieux,\nsans cesse sur la brèche, ignorant du repos. Né à Bordeaux, en 1838,\nd'une famille d'origine italienne, il gagnait sa vie dès l'âge de huit ans.\nSon père, un violoneux de village, allait, le dimanche, dans la campagne,\nfaire danser les paysans au son d'un pauvre crin-crin, et l'enfant accom-\npagnait son père ; il jouait du flageolet dans cet embryon d'orchestre, et\nil rapportait au foyer familial les quelques sous que lui valait son humble\nvirtuosité. A son tour, il mania l'archet, vint à Paris, et entra au Conser-\nvatoire ; il obtint les prix de violon et d'harmonie ; mais, pour gagner le\npain quotidien, il donnait des leçons tandis qu'il en recevait ; il enseignait\nce qu'il savait à peine : il devenait professeur en restant élève. L'Opéra\nlui valut ses premiers appointements fixes en l'admettant parmi ses\nviolonistes ; mais si modeste restait son budget que, pour assurer la\nblancheur de la chemise et de la cravate, lorsque, le soir venu, il fallait\nendosser l'habit, il se privait du strict nécessaire et faisait sur sa nourriture\nles économies obligées ; il logeait à Montmartre, dans une chambre sous\nles toits, et ne mangeait pas tous les jours.\nComme il avait gagné une à une ses récompenses à l'école, un à un\nil conquit tous ses grades dans la vie artistique. Il appartint à l'orchestre\nde Pasdeloup, puis à celui de Danbé aux Concerts du Grand-Hôtel. C'est\nlà qu'un jour vint le chercher cet éditeur, ami des arts et des artistes, qui\ns'appelait Georges Hartmann. Le petit violoniste, ignoré de la foule, se\nrévélait un chef d'orchestre émérite, et, l'année suivante, l'Association\nArtistique était fondée.\nCe fut là l'œuvre de sa vie, l'œuvre glorieuse, l'œuvre aimée. Pendant\ntrente-sept ans, il a combattu pour elle et il a triomphé. Il avait ces\nqualités qui assurent presque toujours la victoire : chef, il aimait ses\nsoldats et savait commander. Il imposait sa volonté, non par la violence,\nmais par la douceur et la persuasion. Esclave du devoir, il ne demandait\njamais aux autres que ce qu'il donnait lui-même ; il était juste et il était\nbon. Le succès ne l'avait rendu ni aveugle, ni ingrat. Il se souvenait des\nmauvais jours où il avait souffert, et il s'efforçait de les épargner à ceux\nqui, plus jeunes, luttaient à ses côtés. Que de courages il a soutenus ! Que\nde misères il a soulagées ! Sans éclat, sans bruit, par l'élan tout naturel\nd'un cœur qui s'émeut et qui bat toujours pour une noble cause.\nNouveau Prométhée, il semblait qu'il eût dérobé une part du feu"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.15", "texte": "EDOUARD COLONNE\n2ig\n\nsacré ; c'était l'étincelle de vie qu'il faisait jaillir autour de lui. Il animait\nce qu'il touchait, et peu à peu son orchestre avait acquis une valeur à\nlaquelle les étrangers ne craignaient pas de rendre hommage. Certain\njour, Hans Richter, le fameux chef, dirigeait l'ouverture du Carnaval\nRomain à une répétition du Châtelet ; il avait indiqué le mouvement\ninitial ; puis, cessant de battre la mesure, il écoutait avec un étonnement\nmêlé de satisfaction, cette troupe d'instrumentistes que nulle baguette ne\nconduisait plus, et dont la marche en avant se poursuivait néanmoins sans\ndéfaillance, sans à-coup, ni flottements. Lorsqu'eut sonné le dernier accord,\nl'Allemand se tourna vers son confrère français qui était dans sa loge, et,\ns'inclinant, il applaudit. Ce geste avait son éloquence, et peut-être, au\ncours de sa longue carrière, Colonne ne reçut-il jamais un témoignage\nplus flatteur.\nS'il savait diriger un orchestre, il savait aussi composer un pro-\ngramme ; sous ce rapport il fut un véritable initiateur, et, du même coup,\nil s'est montré utile aux artistes comme au public. Il a continué l'œuvre\nde Pasdeloup, mais en lui donnant plus d'importance et d'éclat, plus de\nnoblesse et plus de portée ; il a contribué à l'éducation musicale de la\nfoule, en rappelant à la vie des œuvres qu'on croyait mortes, en faisant\nsurgir des auteurs dont on ignorait le nom. Cette gratitude pour les\nservices rendus aux compositeurs par leur vaillant interprète, on ne\npouvait la traduire en quelques mots, si sincères fussent-ils et si émus.\nIl faudrait dresser une liste, qui formerait comme un livre d'or, comme\nun glorieux palmarès. Combien, en effet, parmi ceux dont s'honore notre\nécole française, combien, guidés par Edouard Colonne, ont fait leurs\npremiers pas devant le public ! Plus d'un, hélas ! a déjà disparu ; mais\ntoute une phalange demeure, qui compte dans ses rangs des anciens\net des nouveaux, ceux qui sont illustres aujourd'hui et ceux qui le seront\ndemain. Que dis-je ? c'est plus qu'une phalange, c'est une armée sous les\nétendards de laquelle, à côté des Saint-Saëns, des Massenet, des Dubois,\ndes Fauré, des Widor, des Henri Maréchal, des Charles Lefebvre et des\nVincent d'lndy, s'avancent résolument un Claude Debussy, un Gustave\nCharpentier, un Gabriel Pierné, un Alfred Bruneau, un Georges Hiïe,\nun Paul Dukas, un Henri Rabaud, un Max d'Ollone, un Arthur\nCoquard, un Maurice Ravel, un Gabriel Dupont, un Roger Ducasse, un\nEnesco, un Périlhou, et tant d'autres que j'oublie, car ils sont trop, mais\nqui représentent à l'heure actuelle l'art musical de notre patrie, un art"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.16", "texte": "220\nS. I. M.\n\nd'une grande souplesse et d'une infinie variété, un art vivant et fort, qui\npeut soutenir toutes les comparaisons étrangères, autoriser toutes les\nespérances et justifier tous les orgueils. Colonne le savait, et s'il est resté\nfidèle aux maîtres d'autrefois, jamais il n'a redouté ni les jeunes ni leurs\nhardiesses ; à tous il offrait l'hospitalité sans distinction d'école, dès qu'une\nlueur de talent apparaissait à ses yeux. L'âge n'avait point ralenti son\nardeur à poursuivre la réalisation de tout ce qui lui semblait beau. Cette\npensée le hantait jusqu'à la minute suprême, et la dernière parole, que\npurent encore proférer ses lèvres, se rapportait à un souci d'art. \" La\nbella !.... \" murmura-t-il ; comme si devant ses yeux que le voile de la\nmort allait obscurcir, une image passait encore : la Beauté.\nPour atteindre cet idéal, il a travaillé sans relâche, et n'a point voulu\nprendre la retraite à laquelle ses fatigues lui donnaient droit. Il travaillait\npar amour du travail ; il travaillait pour rendre après lui la vie plus douce\net meilleure aux siens, à celle qui fut sa compagne aimée, la collaboratrice\ndont il était justement fier, à ses enfants qu'il adorait et dont il voulait\nassurer l'avenir. L'an dernier, il tomba, brusquement frappé au cours\nd'une répétition : c'était presque pour lui mourir au champ d'honneur,\ncar il est mort du coup qu'il y a reçu.\nMaintenant il a quitté notre monde, et son âme a pris l'essor vers\nles sphères éternelles à la splendeur desquelles il croyait. Humble créature,\nil s'inclinait devant un Créateur, qu'il s'appelât Bouddha, Jéhovah, Jupiter,\nAllah, ou simplement, disait-il, le bon Dieu. Il le devinait juste et secou-\nrable il n'en fallait pas davantage pour qu'il l'aimât et se soumît à sa loi.\nSi la vie future n'est pas un vain rêve, s'il existe une région supérieure\nou se retrouvent ceux qui sur la terre ont noblement accompli leur tâche,\nalors, et dès maintenant, il y a pénétré ; il s'y rencontre avec ceux qu'il\na aimés, admirés et servis. Il me semble voir de loin Bach et Beethoven\nlui sourire ; Wagner le remercie, César Frank lui tend la main et Berlioz\nen pleurant le serre dans ses bras.\nOui, celui qui se repose enfin après un labeur de plus de soixante\nannées, celui-là vraiment a conquis une place dans la mémoire des\nhommes ; il a marqué son passage ici-bas, et, si sa dépouille terrestre\ndisparaît, son nom demeure comme un symbole de force et d'harmonie ;\nil a droit à l'estime et au regret de tous. Il a bien servi la cause de l'Art.\n\nCh. Malherbe."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.17", "texte": "LE THÉORBE\nCOMME INSTRUMENT D'ACCOMPAGNEMENT\n\nAucun instrument d'accompagnement n'a joui dans l'Europe\nmusicale, au XVIIe siècle, d'une vogue aussi universelle que le théorbe.\nOuvrons n'importe laquelle des partitions des premiers drames lyriques\nitaliens : nous y verrons une partie de basse continue que le théorbe,\nseul ou associé au clavecin, est chargé de réaliser. Il n'est point de\nréunion d'instruments en concert où il ne s'insinue pour jouer un rôle\nanalogue. Il vient même apporter à l'orchestre, déjà puissant cependant,\nde Lully et de l'Opéra Français un concours que les contemporains\njugeaient indispensable. Mais surtout, le théorbe sera l'instrument entre\ntous choisi pour accompagner la voix des chanteurs dans la musique\nconcertée. Même à l'église, il supplantera l'orgue sous ce rapport. Et\ndans la musique vocale de chambre, il restera sans rival.\nDepuis les dernières années du siècle précédent, où Giulio Caccini\nsoutenait déjà les accents de sa voix des accords de son Chitarrone\nd'ivoire (et le chitarrone n'est rien de plus qu'une variété romaine de\nthéorbe), les progrès de cet instrument sont allés croissant de jour en\njour. Dans le premier quart du XVIIe siècle, les chanteurs français\ndemeurent encore fidèles au luth pour l'accompagnement de leurs chansons\nou de leurs airs des ballets. Mais bientôt le théorbe s'y substitue, pour\nl'exécution des tablatures ou l'accompagnement impromptu, \" extem-\nporaire \" comme l'on disait, sur la basse. Mersenne, lequel cependant tirait"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.18", "texte": "222\nS. I. M.\n\nson érudition du témoignage de luthistes professionnels à qui pouvait et\ndevait déplaire la faveur du nouveau-venu, est forcé de le reconnaître.\n\" L'on use maintenant dé grands théorbes qui sont au ton de chapelle\npour accompagner la voix écrit-il dans le chapitre qu'il consacre à l'art\nde marier, suivant son expression, la voix et l'instrument. 1 Et bien des\nannées plus tard, La Fontaine, regrettant le temps des Nyert, des Lambert\net de leurs élèves, célébrera encore, dans son Epitre à M. de Nyert :\nLe Théorbe charmant qu'on ne vouloit entendre\nQue dans une ruelle, avec une voix tendre.\nMultiplier de tels témoignages, ce serait facile, mais assurément\nassez inutile. Ne vaut-il pas mieux, ce qui est moins aisé, tenter de\ns'expliquer les raisons d'une vogue aussi rapide ?\nCertes, les contemporains insistent avec complaisance sur le charme\net la douceur pleine du timbre du théorbe. Ce mérite (et la commodité\nd'un instrument portatif) peut faire concevoir qu'on l'ait préféré, au\nmoins pour la chambre, au clavecin. Mais pourquoi avoir délaissé si\ncomplètement le luth, à qui on ne se fait pas faute de distribuer\nlibéralement les mêmes louanges ? C'est un fait cependant qu'il se confine\nchaque jour de plus en plus dans l'exécution des pièces, sans plus servir à\nl'accompagnement. Le luth, dira-t-on, était un instrument délicat et\ndifficile, requérant de longues études. Le jeu du théorbe ne serait-il\npoint plus aisé ? Nullement. La technique de l'un et de l'autre est\npareille. S'il y avait quelque différence, elle ne serait peut-être pas à\nl'avantage du théorbe, dont les ressources d'exécution, en tout cas,\nparaissent beaucoup plus limitées.\nQuels avantages avait-on cru trouver à l'accompagnement au\nthéorbe des airs et des récits, pour le préférer de la sorte ? Avant de\nchercher à répondre à cette question, pour nous difficile, il convient de\ndonner de l'instrument une exacte description, de marquer les différences\nessentielles qu'il présente avec le luth et le caractère très spécial de\nl'harmonie qui en résulte.\nNous aurons commencé d'éclaircir tant soit peu ces questions quand\nnous saurons comment s'opérèrent les transformations qui firent naître le\nnouvel instrument. Dans le discours qui accompagne son\nLiuto e diChittarone, (Libro primo, Bologne, Moscatelli, 1623) le Bolonais\n\n1 Harmonie Universelle (Des Instruments, f° 92.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.19", "texte": "LE THÉORBE\n22 3\n\nAlessandro Piccinini nous en a fait le récit, lequel semble, disons-le, tout\na fait vraisemblable.\nCet habile luthiste, qui fut au service du duc de Ferrare, rappelle\nd'abord l'excellence des anciens luths de Bologne, à ce point recherchés, (des\nFrançais surtout, qui les acquerraient à n'importe quel prix), qu'il n'en res-\ntait presque plus de son temps. Il existait deux modèles pour ces in-\nstruments.\nLes uns, au corps allongé, en forme de poire, avaient un son plus\ndoux ; les autres, aux larges flancs arrondis, rendaient une harmonie plus\npleine et plus sonore. \" En outre, poursuit-il, on fabriquait aussi de très\n\" grands luths, qui, à Bologne, étaient fort appréciés pour jouer en concert,\n\" avec les autres luths plus petits, des p des airs et autres choses\n\" semblables. La bonté de ces grands luths apparaissait d'autant mieux\n\" qu'on les tenait accordés très haut [c'est à dire de cordes fort tendues],\n\" si bien que la première corde ne pouvant monter à la hauteur conve-\n\" nable, on la remplaçait par une autre corde plus grosse accordée une\n\" octave plus bas... Quelque temps après, lorsque le beau chant commença\n\" de fleurir, il parut à certains Virtuosique ces grands luths, à l'harmonie\n\" si douce, conviendraient parfaitement bien pour accompagner un chan-\n\" teur. Mais on les trouvait d'un diapason trop grave pour cet usage ; on\n\" se vit donc contraint de les monter de cordes plus fines, accordées à un\n\" ton convenable à la voix. Comme la seconde corde, de même que la\n\" première, ne pouvait plus alors monter assez haut, elle fut pareillement\n\" accordée à son octave grave. De la sorte, ces virtuoses réalisèrent ce\n\" qu'ils avaient souhaité et ce fut là l'origine du théorbe ou plutôt du\n\" Chitarrone.Peu de temps avant que je fisse pratiquer l'extension des\n\" cordes contrebasses du luth,1 était venu à Ferrare le Signor Giulio\n\" Caccini, dit le Romain, homme très excellent dans l'art de bien chanter,\n\" lequel avait été mandé par son Altesse Sérénissime. Cet artiste avait un\n\nI C'était en 1594. Cette année-là, Piccinini raconte, en un autre endroit, qu'étant au service du duc de\nFerrare, il se rendit à Padoue, chez le facteur de luths Christofano Heberle, pour lui faire confectionner un luth\nsur ses indications. Il souhaitait accroître la sonorité des cordes graves en augmentant leurs dimensions (ce qu'il\nappelle \" far la tratta ai Contrabassi. \") Il avait d'abord songé à disposer pour cela sur la caisse de l'instrument\ndeux chevalets distants l'un de l'autre, en augmentant sensiblement la longueur du corps du luth. Cet essai\nréussit mal parce qu'on ne pouvait pincer les cordes graves assez près de leur chevalet, le plus éloigné des deux\nnaturellement. (On sait que le caractère et la force du son se modifient sensiblement suivant l'endroit où l'on\nébranle la corde).\nII eut ensuite l'idée de \"far la tratta al manico\" c'est à dire de superposer un second manche plus long au\npremier. Ce qui réalisa ses intentions.\nPiccinini déclare rappeler ces détails parce qu'il revendique l'honneur d'avoir ainsi inventé l'archiluth ou\n\" Liuto attiorbato \", lequel a précédé le théorbe contrairement à l'opinion courante."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.20", "texte": "224\nS. 1. M.\n\n\" chitarrone d'ivoire accomodé de la façon que je viens de dire, dont il se\n\" servait pour s'accompagner. Et, si ce n'est pour soutenir le chant, per-\n\" sonne alors ne jouait du Chitarrone...\nLe théorbe, si nous en croyons ces explications et pourquoi ne\nles point admettre ? daterait ainsi des dernières années du XVIIe siècle\net l'usage s'en serait répandu, pour l'accompagnement, à l'instigation des\npremiers virtuoses de l'art récitatif.\nCes renseignements ont leur prix. Mais cherchons maintenant\nquelque part une description plus minutieuse et plus précise de l'instru-\nment dont Piccinini nous a appris les origines.\nCe n'est pas Mersenne qui viendra nous la fournir. Il parle bien\ndu théorbe mais sans paraître connaître bien à fond ce qui le distingue\nvraiment du luth. La figure gravée qu'il insère en son livre (figure sou-\nvent reproduite, par Kircher notamment, dans sa ne donne\nmême pas l'image d'un vrai théorbe, mais d'un archiluth, l'instrument\ndont Piccinini revendique l'invention ; instrument de virtuose, unique-\nment destiné à l'exécution de pièces de concert. 1\nPour savoir au juste ce qui nous importe, nous avons la ressource de\nnous adresser à Prastorius, écrivain bien plus amateur de détails techniques\nque ne l'est Mersenne. Empruntons-lui ce qu'il dit du théorbe, de ses\nparticularités et de son usage ordinaire. (Syntagma Musicum... De organo-\ngraphia, Cap. xxv). 2 .\n\n1 ... \"Se servant de la Thuorbe pour chanter et de PArchiluth pour toucher avec l'Orgue avec mille belles\n\" varietez et une vistesse de main incroyable... \" (Maugars, Response d'un curieux sur le sentiment de la musique\nd'ltalie, 1639).\nPiccinini, dans ses recherches, n'avait en vue qu'un instrument de soliste. Il rappelle (que, quand il eut\nréussi à perfectionner le luth comme il l'avait rêvé (c'est à dire en en faisant un archiluth) beaucoup de virtuo-\nses commencèrent à s'y adonner.\nAjoutons toutefois que Mersenne, quelques pages plus loin, donne aussi, sans y insister d'ailleurs, l'accord\ndu \"Tuorbe pratiqué à Rome, \" fort exactement rapporté.\n2 Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt, de noter d'abord, à titre de curiosité, l'étymologie de ce nom de\nThêorbe ou Tuorbey comme disaient les Français, adaptant ainsi à leurs habitudes de langage le nom italien :\n\" Tiorba \".\nSi nous en croyons Kircher en sa Musurgia, l'inventeur aurait appelé ainsi, par plaisanterie, le nouvel\ninstrument du nom que portait une sorte de mortier dont se servaient les apothicaires. \" Tiorba nomen suum\n\" invenit a circumforaneo quodam Neapolitano, qui primus testudinis collum productius duplicavit: chordas\n\" diversas addidit cumprimo non nisi barytono serviret. Atque hoc instrumentum joco quodam vocare solebat\n\" Tiorbam : Vocant autem tiorbam id instrumentum quo chirothecarii odorifera molere soient, estque morta-\n\" rium quoddam prorsus simile molulis illis quibus amygdala, synapi aliaque grana in superaffuso liquore\n\" convenienti in lac dissolvere soient. \"\nKircher attribue l'invention à un musicien napolitain. Rappelons que Piccinini avait été a Naples, offrir\nau Prince de Venouse de la part du duc de Ferrare, deux de ces Arciliuti qu'il venait de faire fabriquer à Padoue."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.21", "texte": "JOUEUR DE THÉORBE par le Caravage(1569-1609)\nMUSÉE DE TURIN"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.22", "texte": "LE THÉORBE\n225\n\n\" Le Théorbe est un grand Luth basse qui n'est pas très différent [du\n\" luth ordinaire que Prastorius vient de décrire], si ce n'est qu'il a plus\n\" de cordes (en fait 14 ou 16 rangs), et qu'en outre du manche ordinaire\n\" sur lequel sont placés les liens (ce qu'on appelle, comme il a été dit, la\n\" Touche),il en possède encore un autre plus long. A cause de la largeur\n\" et de la grandeur des marches [de la Touche], on ne peut y pratiquer\n\" ni coloratures ni diminutions : il se doit toucher droitement et simple-\n\" ment. Il s'ensuit qu'employé seul, il est très convenable pour accom-\n\" pagner le chant d'un Discant ou d'un Ténor, tout comme cela se fait\n\" sur la Viola Bastarda.ll est aussi d'un excellent usage et fort agréable\n\" à entendre, touché avec d'autres instruments en un concert complet, ou\n\" encore avec la Basse ou bien à la place de cette même Basse.\n\"Il y en a de deux sortes.Les uns ont des cordes de boyau: les autres,\n\" de laiton ou d'acier. Avec de semblables cordes de métal, certains d'ail-\n\" leurs montent aussi le Luth ordinaire. En ce cas, la 4™° et la corde [les\n\" deux cordes les plus aiguës] sont accordées une octave plus bas qu'elles\n\" ne le seraient régulièrement, c'est-à-dire, au diapason qu'elles ont sur le\n\" Théorbe. Et cela parce que, aussi bien que sur le Théorbe à cause\n\" de la longueur de l'instrument, les cordes de métal ne peuvent être\n\" traitées différemment et supporter d'être montées à la hauteur qu'il\n\" faudrait.\n\" Les théorbes que l'on fait à Rome (lesquels sont appelés\n\" ont un manche très long, de telle sorte qu'avec le corps, l'instrument\n\" atteint -jusqu'à 6 pieds et demi et 2 pouces. Et le corps n'est pas si\n\" grand, si large et si incommode à tenir et à manier que celui des\n\" théorbes que l'on fabrique à Padoue, qui n'ont cependant que\n\" 5 pieds.\n\" Les théorbes à la Romaine (on peut, à Prague, chez un certain\n\" Martin Schott, en trouver de très proprement et très soigneusement\n\" faits) n'ont sur le manche où sont les touches que six cordes ou chœurs:\n\" ceux de Padoue en ont huit. Les uns et les autres ont, adaptées au\n\" second très long manche, huit autres cordes en dehors de la touche.\n\" Mais, chaque année maintenant, on imagine des dispositions nouvelles.\n\" Aussi n'est-il pas nécessaire de rien ajouter de plus.\"\nAvant ces considérations, qui sont en effet bien suffisantes, Prasto-\nrius avait marqué l'étendue et l'accord de ces deux variétés de théorbe.\nLes voici. La première tablature est celle du théorbe romain, avec six\n\n2"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.23", "texte": "22Ô\nS. I. M.\n\ncordes seulement sur la touche : la seconde, celle du théorbe padouan qui\nen compte huit. 1\nReprenons maintenant par le détail la description de Praetorius. Nous\nremarquerons tout d'abord ceci i que pour lui, le theorbe se distingue du\nluth par la présence d'un second manche, beaucoup plus long que le\npremier, sur lequel s'attachent un certain nombre de cordes, huit en tout,\naussi beaucoup plus longues, par conséquent, que celles placées sur la\ntouche et que les doigts de la main gauche peuvent atteindre. Les huit\ncordes de ce second manche ne se pincent qu'à vide.\nDe cette disposition, la raison se comprend d'elle-même. Sans avoir\njamais entendu jouer du luth, on soupçonnera, pour peu qu'on y\nréfléchisse, que la sonorité du registre grave de cet instrument dut\ntoujours être assez défectueuse. La longueur de la partie vibrante des\ncordes, en effet, n'excède guère 65 à 70 centimètres et de la plus grave\n(ut àla chanterelle (solzS) il existe un écart de deux octaves et une\nquinte. Ecart considérable, si l'on fait réflexion la ire et\nla 4me corde des instruments du quatuor moderne, il n'y a qu'une octave\net une sixte, entre la 6me d'une guitare et sa chanterelle tout au plus deux\noctaves. Encore les cordes graves, maintenant, sont-elles des cordes filées\nque les facteurs du XVIe et du commencement du XVIIe siècle,\ndu moins en France, ne connaissaient pas encoie.\n\n1 L'accord du Théorbe \" pratiqué à Rome \" que donne Mersenne est identique à celui du Théorbe romain\nou Chitarone de Praetorius, à cela près que Mersenne 1 indique un ton plus haut.\nCette différence, qui tient peut-être simplement à l'usage de deux diapasons inégaux, est de peu dimpor\ntance puisque les intervalles restent les mêmes. A l'exemple des Français qui ont toujours gardé pour le Theorbe\nl'accord de Mersenne, nous nous en servirons toujours ici pour nos transcriptions.\n2 II n'est pas facile de savoir à quelle époque précise remonte l'invention des cordes de boyau filées de métal.\nEn France elles n'ont été connues qu'assez tard. Jean Rousseau dans son (1687) rapporte que\nce fut le violiste Ste-Colombe qui mit chez nous le premier en usage, pour son instrumentales cordes\nfilées d'argent Mais Piccinini parle déjà de pareilles cordes: \"....havendoli nmesso la quinta corda e la sesta e h\ncontrabassi di fila d'argento...\" Il est vrai que, dans sa pensée, ce perfectionnement ne semble s'appliquer qu au\nchitarrone monté de \" corde di cetra \", c'est à dire comme la cithare, de cordes métalliques. Cet instrument\nqu'on appelait \" Pandora \" était en usage particulièrement à Bologne et renommé pour la suavité de\nses sons."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.24", "texte": "LE THÉORBE\n227\n\nOn sait que l'expérience démontre que le son d'une corde tendue est\nd'autant plus beau que cette corde approche davantage de son point\nde rupture. Donc pratiquement, pour obtenir un timbre caractérisé, il\nfaut une tension énergique. Rien n'était plus aisé pour les cordes aiguës\ndu luth. Au contraire, pour les basses, cette tension n'eût été possible\nqu'avec des cordes d'un diamètre très fort. Mais on ne peut augmenter\nà volonté le diamètre qui doit toujours demeurer dans un certain rapport\navec la longueur pour que le son produit soit artistiquement utilisable.\nLa longueur des cordes d'un violoncelle excède certainement celle\ndes cordes d'un luth et la corde (non filée) la plus grave de ce violoncelle\nne donne que le ré'tandis qu'il fallait-, au luth, descendre jusqu'à 1 ! Aussi,\nquoique les contemporains n'en aient rien dit, nous pouvons affirmer que\nces basses du luth, forcément très peu tendues, ne pouvaient donner qu'un\nson maigre et sans portée.1 Et c'est évidemment pour dissimuler en partie\nce défaut, qu'on imagina de bonne heure d'employer des cordes doubles,\nl'une à l'octave de l'autre, pour ces basses. Artifice analogue à celui d'un\norganiste qui ajoute le prestant de 4 pieds à un bourdon de 8 un peu\nsourd, pour donner l'illusion d'un timbre plus robuste et plus plein.\nGrâce à son second manche, le théorbe s'enrichissait de basses d'une\nlongueur presque double de celles du luth. Certainement, ces grosses\ncordes devaient avoir, avec une sonorité volumineuse, une durée de\nvibration considérable. A côté de ce registre sonore et vigoureux, il ne\nfallait pas que les cordes du médium, restées fixées au premier manche,\nparussent trop faibles. On augmenta donc sensiblement le volume de\nl'instrument. Les théorbes sont d'un module toujours plus fort de beau-\ncoup que les luths. 2 Cela apparaît clairement dans les figures gravées du\n\n1 II est juste de faire remarquer cependant que les cinq dernières cordes n'étaient guère touchées qu'à vide.\nOn pouvait donc leur attribuer un diamètre sensiblement plus fort que cela ne serait faisable sur un violoncelle,\npar exemple: les cordes trop grosses relativement à leur longueur donnant un son d'autant plus défectueux que\nla main gauche les raccourcit davantage en arrivant aux positions élevées.\n2 \"Le théorbe, écrit l'Anglais Thomas Mace (Musick's Monuments, 1676) sert principalement pour jouer\n\" avec la voix ou en concert. C'est un luth du plus grand module et nous augmentons beaucoup encore\n\" l'ampleur de ses sons en y adaptant un long manche pour accroître la sonorité et la plénitude des Basses ou\n\" Diapasons, ce qui est d'un grand ornement avec la voix ou en concert. \"\nToutefois, Mace n'approuvait pas les dimensions excessives données au second manche de certains\nthéorbes. Outre que l'éloignement des chevilles rendait l'accord incommode, l'instrument y perdait quelque\nchose de son égalité. \" Ces cordes basses démesurément longues, dit-il, sont trop retentissantes et étouffent les\n\" dessus. Ou si, pour bien faire, vous les pincez aussi doucement qu'il se puisse, alors le son ne semble plus de\n\" la même nature que celui des cordes plus courtes et l'on dirait qu'il provient d'un autre instrument. \"\n■ Il va sans dire que tout ceci ne s'applique qu'au véritable théorbe du XVIIe siècle. Au XVIIIe, on se sert,\nun peu comme instrument de fantaisie analogue à la guitare, de petits théorbes dont les dimensions, l'accord,\nla sonorité et l'emploi ne sont plus du tout pareils."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.25", "texte": "228\nS. I. M.\n\nlivre de Praetorius, figures exactement mesurées et dessinées à l'échelle.\nEn s'y rapportant, on trouvera que la longueur de la partie vibrante\ndes cordes, pour le luth ordinaire n'excède pas 2 pieds\n2 pouces, om7o environ), tandis qu'elle atteint 2 pieds 7 pouces (omB5)\npour le luth théorbé (Testudo TheorbaArchiluth), 3 pieds 2 pouces\n(imo 4) pour le Chitarroneou Théorbe à la romaine et enfin, près de\n3 pieds et demi (1m 15) pour le Théorbe padouan. Ceci bien entendu,\npour ces derniers instruments, ne se rapporte qu'aux cordes du premier\nmanche.\nDe ces grandes dimensions de l'instrument, la première conséquence\nétait l'écartement des touches, nécessitant une extension des doigts telle\nque les passages de vitesse devenaient impossibles ou du moins difficiles.\n\" On ne peut y pratiquer ni coloratures ni diminutions, dit Praetorius.\nEt Thomas Mace renchérit encore. \"Le théorbe, écrit-il, est de trop\ngrand module pour l'exécution (des pièces ordinaires du répertoire du\nluth) : car ces sortes de morceaux sont d'ordinaire beaucoup plus rapides\net plus mouvementés que les parties que l'on fait entendre dans les concerts\nou dans l'accompagnement de la voix Comme le théorbe est alors\nordinairement chargé de la basse fondamentale, si l'artiste qui le joue en\npossède bien la pratique ainsi que celle de la théorie de la musique, il en\nsaura assez pour satisfaire les auditeurs. 1\nAu fond, cette incommodité est de peu de conséquence. 2 L'impossi-\nbilité de tendre suffisamment la chanterelle et la seconde corde pour les\namener au diapason véritable, d'où s'ensuivait la nécessité de leur\ntransposition à l'octave grave, avait une importance autrement digne de\nremarque. Même en considérant le théorbe comme un simple instrument\n\n1 Mace relève encore un autre inconvénient du théorbe au point de vue du jeu des pièces de musique.\nLes vibrations des cordes dans la dernière octave (qui ne se joue qu'à vide) se prolongent trop. Il s'en suit de\nla confusion dans les marches de basse, le son d'une corde n'étant pas encore éteint quand on pince la suivante,\nCela cause des discordances désagréables.\nCertains luths français même, de trop grand modèle au gré du musicien anglais, n'étaient pas exempts de\nce défaut.\n2 Un autre changement également négligeable, au point de vue où nous sommes ici placés, c'est l'abandon,\nà peu près général, des cordes doubles. La plupart des théorbes ou chitaroni ne sont montés que de cordes\nsimples, surtout pour ce qui regarde les basses. La sonorité, évidemment, était assez ronde et assez pleine pour\nqu'il n'y eut pas besoin de ce redoublement, dont le moindre inconvénient était de charger outre mesure la\ncaisse de l'instrument et surtout de compliquer étrangement l'accord.\n\" Un luthiste à l'âge de 8o ans, dit plaisamment Matheson, a bien passé 6o ans de sa vie à s'accorder. Et\n\" ce qui est pire c'est que parmi cent joueurs, il est difficile d'en rencontrer deux capables de le faire convena-\n\" blement... Et l'on m'a dit qu'à Paris, il en coûte autant d'entretenir un luth en bon état, que de nourrir un\n\" cheval \". {DÛS neu err'ôj}nete Orchester, 1713).\nCependant, Mace se chargeait de tenir les luths toujours prêts pour l'exécution moyennant 3 shillings\npar trimestre. Pour les monter la première fois de cordes, il prenait xo shillings seulement."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.26", "texte": "LE THÉORBE\n22 9\n\nd'accompagnement, ce changement dans l'accord allait bouleverser\nentièrement les habitudes anciennes. 1\nIl supprime d'abord tout le registre aigu auquel atteignait facilement\nle luth. Sur le théorbe, la corde la plus élevée n'est plus la première, ni\nla seconde, mais la troisième. Or dans l'accord français cette troisième\ncorde donne le si du médium :\nEn la supposant jouée sur\nsa position la plus haute, que représente la lettre /de la tablature, on\nobtient seulement ce\nla :lequel marque donc la limite extrême\ndu théorbe dans le haut. La chanterelle du luth atteindrait 1 efa, à la\nsixte mineure supérieure.\nPratiquement, la nécessité de se servir aussi des deux premières\ncordes, impose ordinairement à cette troisième une étendue beaucoup plus\nrestreinte. L'harmonie toute entière se trouve donc confinée dans le\ngrave. Comme elle ne saurait étager ses parties diverses à de grands\nintervalles, elle devient forcément très serrée et très compacte. Il n'est\nplus possible de dessiner clairement, comme sur le luth, la marche de\nchaque voix. Toute polyphonie effective, même très simple, disparaît\ndonc. Il ne subsiste plus que des accords isolés, souvent assez mal liés les\nuns avec les autres, si on les examine transcrits dans notre notation.\nAu surplus, un exemple sera ici plus démonstratif que toute explica-\ntion. Que devenait, jouée au théorbe (comme cela dut se faire à chaque\ninstant), une de ces tablatures de luth qui, sous la mélodie d'un air de\ncour, reproduisent si fidèlement les parties vocales qui pourraient, si\nl'on voulait, l'accompagner ? Le début de la chanson connue de\nGuesdron, Aux plaisirs, aux délices, bva le faire comprendre im-\nmédiatement. 2\n\n1 II semble qu'en Angleterre au moins on se soit servi de théorbes où la Chanterelle seule était transposée\nà l'octave. Mace insiste surtout sur cette transposition de la Chanterelle. \" Aucune corde, dit-il, ne serait assez\nforte pour arriver jusqu'au véritable diapason sur un aussi grand instrument. Faute d une petite corde de dessus,\nla grâce et la légèreté des pièces mélodiques s'évanouit toute entière et les airs sont fort altérés.^\nIl ajoute d'ailleurs que, sur certains théorbes, on est également obligé de baisser la deuxième corde aussi\nd'une octave.\n2 Pour cet exemple, comme pour ceux que je donnerai plus loin, je n'ai pas cru devoir, pour le Théorbe,\nréaliser la transcription sur deux lignes. Ce serait d'ailleurs peu commode et le plus souvent inutile. Pour plus\nde clarté, j'écris ce qui revient aux deux premières cordes transposées à l'octave en notes plus petites, la queue\ntoujours dirigée vers le haut."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.27", "texte": "230\nS. I. M.\n\nDe quelle façon, ainsi rendue, se trouve déformée l'élégante et pré-\ncise harmonie de Guesdron, cela apparait du premier coup d œil. Et cette\nversion nous révèle en même temps quels seront les caractères de l'accom-\npagnement réalisé au théorbe : i° la gravité générale de l'ensemble, le dia-\npason ne s'élevant jamais au delà des premières notes de l'octave du médium;\n20 la confusion des parties, à peu près impossibles à discerner désormais\ndans les accords pleins et serrés à quoi s'est réduite la polyphonie primitive.\nQue l'on objecte la difficulté de bien juger des ressources d'un instru-\nment en le contraignant à exécuter une tablature conçue pour un autre,\nrien déplus naturel. Néanmoins les caractères que je viens de déterminer\nsubsistent tout pareils dans la musique écrite proprement pour le théorbe.\nJe ne parle point ici des pièces pour l'instrument seul, dont un certain\nnombre subsistent. Mais en ce qui regarde l'accompagnement, on avait\nsenti si bien l'impossibilité de confier au théorbe autre chose qu'une réali-\nsation harmonique abstraite, exempte de toute figuration définie, qu'on"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.28", "texte": "LE THÉORBE\n231\n\nrenonça presqu'immédiatement à l'exacte notation de la tablature. On\ntouche le théorbe \" sur la partie suivant l'expression du temps. C'est\nà dire que sur une basse, chiffrée ou non, l'exécutant fait entendre\nimpromptu les accords que lui suggèrent son sens musical, son expérience\nou les règles empiriques que rédigent les professionels à l'usage des simples\namateurs. Les méthodes de théorbe, comme nous dirions, sont surtout\ndes traités d'accompagnement. Telles apparaissent du moins celles de\nNicolas Fleury (1660) d'Angelo Michèle Bartolomi (1669), de\nD. Delair (1690). 1\nLe chapitre que Thomas Mace, en son livre, consacre au théorbe,\nest au contraire appliqué plutôt à ce qui regarde l'exécution des pièces.\nCe qui, dans les traités français, a rapport à la théorie harmonique ne\nnous intéresse pas pour le moment. Aux considérations générales se\nmêlent toutefois quelques détails techniques, assez propres à nous donner\nune idée de ce que fut la réalisation pratique de ces accompagnements: ne\nserait-ce que les exemples nombreux, notés tout au long en tablature.\nLe livre d'Angelo Michèle Bartolomi nous sera particulièrement\nprofitable, en dépit d'une concision qui ne gênait certes pas les contem-\nporains, lesquels n'y cherchaient point la même chose que nous. \"\nTable, dit un bref avertissement, a été\nThéorbe sur la Partie ; on y a réduit p\ntrouver dans les liasses Continues, en sorte que ceux qui sçavent la Musique et\nceux qui ne la sçavent pas, y trouveront également de la facilité pour toucher\ntoutes sortes d?Airs a Livre ouvert...\" C'est ce mérite théorique et péda-\ngogique qu'appréciait évidemment le maître de musique de la Ste Chapelle,\nRené Ouvrard, quand il communiquait, sur sa demande, le manuscrit de\nl'auteur, encore inédit, à son correspondant Claude Nicaise, chanoine de\nDijon. 2\n\n1 Méthode pour apprendre facilement à toucher le Théorbe sur la Basse continue par NICOLAS FLEURY, ordi-\nnaire de la Musique de son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans... Paris, Robert Ballard, 1660.\nTable pour apprendre facilement à toucher le Théorbe sur la Basse continue, composée par ANGELO MICHÈLE\nBARTOLOMI, Bolognese... Paris, Robert Ballard, 1669.\nTraité dyaccompagnement pour le Théorbe et le Cla<vessin, qui comprend toutes les Règles nécessaires pour accom-\npagner sur ces deux Instruments, avec des observations particulières touchant les différentes manières qui leur con-\nviennent. Il enseigne aussi à accompagner les basses qui ne sont pas chifrée£, composé par D. DÉLAI R.., A Paris chez,\nV Auteur... 1690.\n2 \"... Je suis ravy que vous ayez eu du désir pour ce dernier [le manuscrit] que je vous envoyé, qui est\nl'ouvrage del Sig. Angelo Michel, le plus habile sans doute pour le Tuorbe et principalement pour jouer sur la\npartie, que nous ayons en France et en Italie... Le manuscrit d'Angelo Michel est un thrésor dont il a fait part\nà un amy qui me l'a presté pour vous l'envoyer et que vous pourrez garder tant qu'il vous plaira... Mons.\nMal teste vous dira que le Sr Angelo Ta voulu faire graver chez Ballard et peut estre y mettre quelque discours"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.29", "texte": "232\nS. I. M.\n\nFort heureusement pour notre étude, de nombreux tableaux notés\n(le livre ne consiste guère même qu'en cela) nous révéleront les particu-\nlarités d'écriture qu'entraînait la disposition de l'instrument. Progressive-\nment, l'auteur expose de la sorte le doigter des notes simples de la gamme,\ncelui des intervalles et des divers accords. Puis, prenant chaque ton en\nparticulier, il note les harmonies qui conviennent à chacun, les différentes\ncadences avec la façon de les lier et de les résoudre de la meilleure manière\net de la plus commode. De l'examen de ces tablatures, on peut déduire\nd'utiles conséquences.\nEn indiquant l'accord du théorbe, Angelo Michèle ne dit nulle part\nque les deux premières cordes fussent descendues d'une octave. Et en effet,\nc'était une chose que tout le monde savait. Mais quand il rapporte les\nnotes de la gamme à la tablature, la preuve de cette transposition apparaît\navec évidence.\nLes lettres marquées et les cordes choisies font assez voir qu'à partir\ndu sol (de la clef de sol) on reprend la gamme à l'octave inférieure.1 Mais\ncette transposition, théoriquement, est supposée inexistante. On n'en tient\n\nou instruction. Mais ils ne se sont pas accordés. \" (Lettre du i Juillet 1666.) (Bibl. Nat. MS. Franç. 9360, n° 3 )\nL entente avec 1 éditeur, qui n avait pu se faire en 1666, avait fini par avoir lieu trois ans plus tard, comme\non le voit.\nLa Méthode de Fleury, qui d ailleurs est destinée à apprendre l'accompagnement à ceux qui déjà savent\njouer de Pinstrument, ne dit rien non plus du véritable diapason des cordes supérieures.\nLe Traité d'Accompagnement de Delair est plus explicite. \" Sur le Théorbe, écrit-il, il n'y a point de clef\nde Dessus, d autant que cet instrument n a pas assez d etendue dans le haut pour fournir à l'étendue des dites\nclefs. Mais on supplée à ce défaut en prenant les notes du dessus une octave plus bas.\""}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.30", "texte": "LE THÉORBE\n233\n\npas compte dans la pratique. Les intervalles ou accords réalisés entre le 3me\net 4me cordes et la iere ou la 2me, dans les tableaux de Michèle, gardent le\nnom qu'ils auraient si les deux cordes supérieures étaient à leur vrai\ndiapason. Voici, pour lui, des tierces :\nOu des quintes :\nOu encore des octaves et ce qu'il appelle des \" accords parfaits natu-\nrels par l> quarre \" autrement dit des accords parfaits.\nNous reviendrons sur ces renversements qui, déjà, nous paraissent\nassez étranges et qui le sont en effet. Si grandement même qu'on a peine\nà croire qu'ils n'aient pas été, dans la pratique, exposés moins crûment\ngrâce à quelque artifice. Mais reprenons notre premier tableau, celui où\nles notes de la gamme sont rapportées à la tablature.\nConstatons que Michèle n'a marqué, pour la 6me et 5™ corde, les\nlettres que jusqu'au d, c'est à dire jusqu'à la note immédiatement voisine\nde l'intonation à vide de la corde supérieure. Au contraire il pousse jusqu'à"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.31", "texte": "23 +\nS. I. M.\n\nVh pour la 4™. De a à h cela fait une quinte : sol-ré, tandis qu'on aurait\npu, après le c (/a), continuer sur la 3™° corde, si.\nOr, si nous examinons tous les exemples de basse continue réalisée\nque donnent Michèle, Fleury et Delair, nous y trouverons que ces basses\nne dépassent pas le ré supérieur de la clef dç, fa (h sur la quatrième corde\ndu théorbe).1\nD'après la tablature, ces basses sont toujours assignées aux cordes 4,\n5, 6, jamais àla 3me. 2\nQue sigifierait ce parti-pris, s'il ne révélait pas une règle pratique\nd'exécution ? Règle qui peut se formuler de la sorte : Sans tenir compte\ndes deux supérieures transposées, on se réservera toujours au moins une\ncorde accordée à son diapason normal pour faire consonance avec la basse.\nA cet usage, il y a sans doute une raison. Très probablement les deux\ncordes transposées devaient avoir une sonorité sensiblement plus faible\nque les autres, étant certainement moins tendues.3 Elles étaient donc sur-\ntout convenables au remplissage. Pour obtenir un effet de plénitude suffisante,\nil fallait qu'au moins l'un des intervalles de l'accord fut donné par une\ncorde montée à sa juste hauteur. Voilà pourquoi on évitera de faire\ndépasser à la basse l'étendue praticable de la quatrième corde.\nCette moindre tension des deux premières cordes déterminant une\nsonorité plus faible et plus sourde contribuait sans doute à rendre plus\nacceptables les singuliers renversements que j'ai déjà signalés, lesquels ont\npour effet de placer la note de basse au-dessous ou au milieu de l'accord\nqu'elle détermine. Angelo Michèle n'hésite pas à donner, à chaque\ninstant, des réalisations telles que celles-ci :\n\" Manière de faire les septièmes par saut. \"\n\n1 Cette particularité est très visible dans certaines œuvres musicales dont les accompagnements sont spéciale-\nment destinés au Théorbe. On ne trouvera que bien rarement des ré au-dessus des portées de la clef de fa dans\nles basses des Nuoue Musiche de G.Caccini. En revanche les notes graves de la première octave y abondent plus\nque partout ailleurs. Ce sont ces pièces, ou d'autres telles, qu'il chantait au son de son chitarone d'ivoire : elles\nsont donc écrites en conséquence, en vue des meilleurs effets de l'instrument.\n2 Delair constate implicitement cet usage constant, quand il recommande au théorbiste débutant\nd'exécuter, pour s'exercer, des dessus seuls ou des basses seules, qu'il jouera, dit-il, sur les 4e, 5e et 6e cordes\nseulement.\n3 Cela paraît certain, encore que l'on ne nous en dise rien. Voici le diapason réel des cordes 1, 2, 3, 4 :\nComme évidemment on ne pouvait pas plus qu'aujourd'hui multiplier à l'infini les\ntypes de cordes, il fallait prendre sans doute le même pour le la (i) et le si (3), pour\nle mi et le sol. La chanterelle et la seconde (celle-ci surtout), demeuraient donc plus"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.32", "texte": "LE THÉORBE\n235\n\n\" Pour lier et résoudre les 7mcs et 6mes par b mol. \"\nEtant donné cette basse :\nil ne sera pas choqué de disposer de cette manière son harmonie :\nRien ne serait plus aisé que de multiplier les passages de cette\nsorte. Au reste, pour qu'on puisse bien se rendre compte avec quelle\nprofusion ces bouleversements harmoniques se trouvent partout prodigués,\nj'emprunterai à Nicolas Fleury un fragment plus étendu. C'est [un\n\" exemple général \" donné pour bien montrer \" de quelle manière il faut\nque les accords soyent couchez...\" Voici la basse (qui n'est pas chiffrée)\navec la transcription de la tablature."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.33", "texte": "236\nS. I. M.\n\nIl faut bien l'avouer. Même en admettant que la différence\nde sonorité des deux cordes supérieures rendit ces croisements moins\nchoquants, et qu'on put percevoir, tant bien que mal, au milieu de leurs\nconsonances un peu estompées, la marche de la basse, une harmonie\npareille paraît barbarie véritable. Dans beaucoup de cas tout au moins,\nainsi qu'il ressort de ces exemples, l'effet est non seulement d'une\ngaucherie et d'une lourdeur extrême, mais même tout à fait incorrect.\nQuand le mouvement de la basse détermine une cadence, la transposition\nde la quinte au-dessous de la tonique de l'accord parfait (voyez les deux\nmesures du 3 temps dans \"l'exemple général\" de Fleury) laisse le\nsens tonal en suspens. Et nous avons peine à imaginer qu'on se soit satisfait\nd'une pareille réalisation.\nLes textes sont là cependant et difficiles à récuser tout à fait.\nIl est croyable pourtant, que, dans beaucoup de cas, on doublait la\nbasse à l'octave grave, quand on ne la jouait pas une octave au-dessous\nde la note écrite. La série des cordes diatoniques à vide du second manche\nfacilitait cette façon d'exécuter. Si nos trois manuels français ne\ndisent rien de précis à ce sujet, on trouve ailleurs quelques indications\nassez significatives. Mace, par exemple, commence son chapitre relatif au\nthéorbe en exposant, en tablature, diverses positions de l'accord parfait,\nmajeur ou mineur, sur chacune des notes de la gamme : de jusqu'à\nfa\\ Après quoi il ajoute: \"Enjoignant un diapason (c'est ainsi qu'il\ndésigne les cordes basses du second manche, ce que les Français appellent\nle Grand Jeu) à chacune de ces positions, on embellira grandement la\nsonorité tout en la variant beaucoup. Cela procurera aussi de grands avan-\ntages en rendant la main (gauche) plus libre en une infinité de cas.1\"\nPiccinini s'exprime à peu près de même. Il note, parmi les avantages\n\n1 Mace, qui envisage toujours l'instrument en virtuose, a raison d'insister là-dessus. Déjà, au début de son\nlivre, sous ce titre \" The lute made easy il avait fait ressortir l'utilité et la commodité, pour le doigter,\nqu'avaient apporté au luth moderne l'adjonction des cinq dernières cordes Les anciens, privés de\ncette ressource, devaient toujous occuper un doigt de la main gauche à tenir, sur les touches, la note de basse.\nIls se trouvaient, dit-il, en présence de difficultés d'exécution bien plus grandes, pour les traits et les accords."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.34", "texte": "LE THÉORBE\n237\n\ndu chitarone, la commodité de toucher les cordes de basses à vide (gli\nContrabassï), ce qui augmente l'effet et facilite l'exécution. Mais il est\niuste de ne pas oublier que l'un et l'autre sont des instrumentistes et ont\nen vue bien plutôt les pièces que l'accompagnement.\nOn aimerait donc que Michèle, Delair ou Fleury eussent été\nlà-dessus plus explicites. Delair, il est vrai, dit bien quelque part que les\ncordes basses servent \" seulement à remplir \" ce qui, à la rigueur,\nexplique qu'on ne les voit presque jamais figurer dans les tablatures,\nsi n'est dans les cadences finales. Les trois auteurs s'accordent généralement,\nà cette place, pour écrire dans la partie, une ou deux notes de basse\nà l'octave grave. Mais ce n'est point là que leur présence, à notre goût,\nserait le plus nécessaire.\nsuivre.)\n\nH. Quittard."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.35", "texte": "C'est un homme plutôt petit, d'apparence débile, d'une nervosité\nextrême. 1 Une longue figure rasée, un crâne pointu surmonté par des\ncheveux très noirs, un front extraordinairement élevé. Sous ce front,\nderrière de grandes lunettes, brillent d'un éclat étrange deux yeux de\ncouleur foncée qui confèrent au visage une expression de volonté inflexi-\nble, encore accentuée par un nez fort et par un menton très saillant. Une\nbouche fine, quasi féminine, souvent animée par un sourire un peu enfantin\net d'une grande bonté, forme un profond contraste avec la dure énergie\ndu haut de ce visage perpétuellement agité par des \" \" innombrables.\nGustav Mahler est né le 7 Juillet 1860, à Kalischt, village situé près\n\n1 Je dois plus d'un renseignement contenu dans cet article, au remarquable essai de M. Richard Specht,\nsur Mahler, paru à Berlin dans les \" Moderne Essays\" en 1905, et aux études courageuses publiées dans\nYS. I M. sous la signature de William Ritter."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.36", "texte": "G. MAHLER\n\n239\n\nd'lglau, en Bohême. Ses parents étaient des marchands peu fortunés qui\nl'envoyèrent étudier, d'abord aux gymnases d'lglau et de Prague, puis à\nVienne, où il fut élève de philosophie de Matura et suivit les cours du\nConservatoire en même temps qu'Hugo Wolf.\nParmi les légendes qui circulent sur le compte de Mahler, il en est une\nparticulièrement erronnée, et qu'il importe de détruire : je veux dire celle\nqui voudrait faire croire qu'il a été élève de Bruckner. Rien n'est\nplus grossièrement inexact : s'il est vrai que Mahler a fait parfois partie\ndu groupe de jeunes gens qui approchaient le vieil organiste, il est abso-\nlument faux qu'il ait reçu le moindre enseignement de celui-ci.\nEntre 1882 et 1888, Mahler fut successivement \"\nmeister \" à Hall, Olmûtz, Laibach, Cassel, Prague (où il monta la\nTétralogie) et Leipzig. En 1888 il prit la direction de l'Opéra de\nHambourg. Il conserva cette place jusqu'en 1897, lors de sa nomination\nau poste de directeur de l'Opéra deVienne. Il démissionna en 1908\net fut directeur à New-York pendant l'hiver 1908-09. Il a été encore\nappelé là-bas au mois d'octobre dernier, pour diriger les 46 con-\ncerts de la New Society,fondée expressément pour lui. Paris\nne l'a encore vu diriger qu'une seule fois, en 1900, au Trocadéro, à la\ntête de son orchestre de Vienne.\nTelle est, à l'heure présente, la carrière du chef d'orchestre. Parlons\nmaintenant du compositeur.\nL'œuvre de Mahler se compose : i°. de trois recueils de lieder\navec piano ; 20. de deux séries de lieder avec orchestre ; 30. d'une\nballade : \" Das klagende Lied \" pour solo, chœurs et orchestre (commen-\ncée en 1878 et finie en 1880) ; 40. de huit symphonies, dont la pre-\nmière (qui est en réalité une cinquième,car l'auteur a déchiré les partitions\nde quatre symphonies juvéniles) date de 1888. Une symphonie\nest actuellement en voie d'instrumentation. Il est impossible de songer à\nanalyser ici toutes ces œuvres. Je me contenterai donc d essayer de donner\nune idée de la personnalité du symphoniste qui, seul, depuis la mort de\nBeethoven, a eu l'audace de s'engager dans la route que la Neuvième\nSymphonie avait ouverte, et a su ainsi conquérir définitivement a la sym-\nphonie cette liberté illimitée des formes, cette puissance et cette variété\nd'expression, cette universalité de langage, que Beethoven avait atteint\ndans 1' \" Ode a la Joie\" et les derniers quatuors. Tout cela magnifié encore\npar un luxe de moyens techniques inconnu jusqu'à nos jours."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.37", "texte": "240\nS. I. M.\n\nEnsuite, je parlerai de la 2me Symphonie, dont Paris attend en ce moment\nla révélation.\nDe l'aveu de Mahler lui-même, il existe trois \" \" bien caracté-\nrisées dans son œuvre. A la première manière appartiennent les 4 premières\nsymphonies, dont la 2me et la 3™ sont avec chœurs ;à la seconde, les\n6me, 7me, et Bme8me (cette dernière avec double chœur, double quatuor vocal\net chœur d'enfants), tandis qu'avec la çme commence un troisième style.\nNe connaissant pas cette dernière symphonie, j'ignore en quoi consiste cette\nnouvelle manière, et ne puis parler que des deux premières.\nCe qui frappe, a dans toute œuvre de Mahler, en dehors de cette\nliberté absolue de forme dont j'ai parlé plus haut, c'est la richesse et la\nvariété de l'imagination. On ne saurait en effet rien rêver de plus dissem-\nblable que les diverses parties qui composent une quelconque de ses\nsymphonies. Variété incessante, imagination prodigieuse : voilà les\npremières impressions qui se dégagent de cette musique étrange, dans\nlaquelle une main de fer réunit et amalgame en un tout harmonieux les\néléments mélodiques, rythmiques, harmoniques les plus apparemment\ninconciliables. Le \" Prater \" s'y confond avec la Hongrie, et tous deux\ntendent la main à Prague. Même la technique est variable et déconcer-\ntante au plus haut degré : dans la 3™ Symphonie, par exemple, une\npremière partie cyclopéenne, monstrueuse, apocalyptique, paraissant\nédifiée avec des blocs énormes, est suivie d'un \" quasi Minuetto \" d'un\nprécieux raffinement, d'une élégance d'écriture, d'une grâce musicale qui\nne peuvent se dépasser. Il y a quatre autre parties dans cette symphonie,\net chacune est encore un monde nouveau....\nUne caractéristique de l'art de Mahler qui se remarque aussi immé-\ndiatement, et qui n'est certes pas la moins attachante, c'est la grande\nde cette musique. Par là, Mahler peut atteindre les fibres les plus secrètes\nde notre cœur, et se rapproche souvent de Beethoven, qu'il rappelle aussi\npar la chasteté ; car il semble que cet homme puisse exprimer tous les\nsentiments humains, à l'exception de l'amour sexuel, dont on chercherait\nen vain une trace dans toute son œuvre.\nMais il est un autre musicien dont il se rapproche à un égal degré :\nSchubert. Il le rappelle par l'invention mélodique, par la grâce mélanco-\nlique des fréquents \" lândler\" qui traversent ses œuvres, enfin par la\nnaïveté touchante de certaines mélodies. Beethoven et Schubert : voilà les\ndeux vrais maîtres de Mahler."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.38", "texte": "G. MAHLER\n241\n\nSans doute, il est facile de trouver dans les œuvres de la première\nmanière des bribes d'influence d'Haydn, Mendelssohn, et même (très\nrarement) Liszt. 1 Mais ces faibles réminiscences ne sauraient en rien\ndiminuer l'étonnante originalité de Mahler.\nLaissons les musicastres qui font profession de rechercher la paternité\ndes petites formules mélodiques ou harmoniques poursuivre leur car-\nrière, et pensons au mot du vieux Brahms sur les \" réminiscences \" beet-\nhoveniennes du finale de sa première symphonie : \" 2\nInutile de dire que la musique de Mahler est extrêmement \"\nponctique : \"un orchestrateur tel que lui ne saurait envisager la polyphonie\nque comme la seule raison d'être de l'orchestre. Mais son écriture contra-\nponctique est, elle aussi, très spéciale et bien à lui : on y rencontre souvent\ndes parallélismes de quartes ou de quintes, qui sont extrêmement sonores.\nL'harmonisation (je prie qu'on m'excuse l'emploi de ce terme ridicule,\nmais je ne lui connais pas d'équivalent en français) est infiniment expres-\nsive ; assez simple dans les œuvres de la première manière, elle devient\nbeaucoup plus complexe dans la seconde série des symphonies. Elle ne\nressemble à aucune autre précédente.\nLes rythmes sont extraordinairement variés : mais il en est deux\nsortes que Mahler affectionne tout particulièrement : les rythmes éner-\ngiques de marches militaires, et ceux si captivants des \" \" autri-\nchiens. Ces deux rythmes se retrouvent dans toutes ses œuvres,\nLe vocabulaire thématique, éminemment personnel dans la seconde\nmanière, l'est peut-être moins dans la première, quoiqu'aucun thème n'y\nressemble à un thème quelconque d'un autre auteur. J'entends dire par là,\nqu'on trouve moins fréquemment, dans les premières symphonies, quel-\nqu'une de ces mélodies \" toutes pleines\nrythmées, articulées comme avec de fortes\nMahler\", comme l'a dit si éloquemment M. William Ritter. Mais si\ncertains des thèmes susdits ont l'apparence extérieure de thèmes beetho-\nveniens ou schubertiens, principalement dans les \" adagi \", la pensée\nintérieure est personnelle au plus haut degré.\nIl est absolument impossible, dans un espace aussi limité, de donner\nune idée de la multiplicité des formes qu'emploie Mahler dans ses sym-\n\n1 II est curieux de ne jamais rencontrer dans cet œuvre colossal, un souvenir, si faible soit-il, de Wagner 5\nil n'y a pas plus de Wagner dans Mahler, que si Wagner n'avait pas existé.\n2 \" Tous les ânes font cette remarque\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.39", "texte": "2\\2\nS. I. M.\n\nphonies. Des huit que je connais, une seule affecte la vieille forme\ntraditionnelle (avec peu de liberté) ; c'est la 6me, qui est divisée en quatre\nparties : Allegro, Scherzo, Adagio, Finale. Dans la 4\"IC, les trois premières\nparties pourraient se réclamer de l'ordonnance classique, mais le un\nvéritable lied chanté par une voix de soprano, s'en écarte absolument. Quant\naux autres symphonies, autant de parties, autant de plans différents.\nMahler entend la parole \" Symphonie \" dans son acception la plus\nlarge : pour lui, cette forme de composition doit comprendre tout ce que\nla musique peut exprimer par tous les moyens sonores ; et, en effet, ses\nsymphonies à lui sont des sortes d'immenses fresques dont fait souvent\npartie la parole chantée, sans que pour cela la musique cesse un seul instant\nd'être de la musique pure, car il n'est pas aujourd'hui d'adversaire plus\nirréductible de la musique a programmque Mahler. On connaît le\nprojet de Beethoven pour une '* Dix \", qui fut retrouvé\naprès sa mort : \" Adagio cantique.\ndans les anciens modes {Alleluja), soit\nintroduction a une fugue. Faire entrer les a\nles derniers mouvements. Pour texte d'un\nfête a Bacchus.\" Cet extraordinaire plan montre suffisamment quelles\nétaient les intentions du Maître pour la d'ailleurs il disait qu'il\nvoulait y accomplir \"la réconciliation\nantique.\" Ne croirait-on pas en lisant ce plan, retrouver presque fidèlement\nl'esquisse de la 3me Symphonie de Mahler ? Dans tous les cas on peut\nhardiment affirmer que Mahler, a, de tous les symphonistes post-\nbeethoveniens, osé s'engager dans la voie ouverte par 1' \" \", et\nqu'il a voulu continuer et développer ce que Beethoven avait commencé,\nc'est-à-dire un art symphonique national et universel tout à la fois, libre\nde toutes entraves dogmatiques, ne suffisant à lui-même, sans programme,\nsans scène et sans acteurs.\nA-t-il véritablement réalisé ses intentions ? Il est bien difficile de\njuger des œuvres de cette importance qui n'ont pas encore subi l'épreuve\nredoutable du temps, mais il est permis, dès maintenant, d'admirer la\ngrandeur démesurée d'une pareille conception ; la volonté d'acier dans la\nréalisation, la puissance de fantaisie et l'énorme invention dont fait preuve\nl'auteur : tout cela joint à une force, à un équilibre, à une logique de\npremier ordre, et, de plus, à une science de l'instrumentation qui laisse\nbien loin tout ce qui a été fait jusqu'à présent."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.40", "texte": "G. MAHLER\n243\n\nCertes, une pareille personnalité ne s'impose pas sans des luttes d'au-\ntant plus âpres que sa valeur est plus grande, et j'avoue volontiers que\nmoi-même, qui puis compter aujourd'hui parmi les admirateurs les plus\nzélés, ai commencé par être fortement choqué par certains passages de la\n3me et de la 6me Symphonies; car Mahler, tout comme Beethoven, n'est\npas homme à reculer devant l'emploi d'une vulgarité, si cela est nécessaire\nà l'expression de son idée. Mais la connaissance approfondie de toutes ses\nœuvres m'a montré peu à peu que je me trouvais véritablement en présence\nd'une grande figure de l'histoire musicale, et ces explosions de violence\neffroyables que je prenais autrefois pour des vulgarités, me paraissent toutes\nnaturelles chez l'homme qui a pu concevoir une œuvre comme la 31110\nSymphonie.\nDe toutes façons, la personnalité de Mahler est par trop considérable\npour être indifférente : ceci explique qu'en face d'amis qui lui doivent les\nplus grandes joies de leur vie musicale se dressent des détracteurs impi-\ntoyables, le traitant de \" dangereux ch\" et de \". Et, la\nplupart du temps, ces détracteurs si féroces seraient bien embarrassés si on\nles obligeait à citer une seule mesure d'une quelconque des huit sym-\nphonies ! Je l'ai constaté par moi-même de trop nombreuses fois, parti-\nculièrement à Paris, où l'ignorance des musiciens et des critiques (je ne\nparle naturellement pas de celle du gros public) à l'égard de Mahler atteint\ndes limites stupéfiantes.\nL'Association des Concerts Colonne a inscrit au programme du 17\nAvril prochain, sous les auspices de la Société des Grandes Auditions\nMusicales de France, et avec l'appui des la ire audi-\ntion à Paris de la 2me Symphonie (avec chœurs), qui sera dirigée par\nl'auteur en personne. Voilà enfin, pour la première fois 1 une œuvre de\nMahler (et non la moindre) exécutée à Paris. J'espère que mon exemple,\ndont j'ai parlé plus haut, incitera les musiciens et les critiques à étudier\nà fond l'œuvre avant de l'entendre, et à ne pas juger une pensée de cette\nimportance sur une impression plus ou moins fugitive. Dans les lignes\nsuivantes, je vais m'efforcer de décrire cette œuvre colossale, qu'on a\nsurnommée en Allemagne \" Titan-Sympho\"\nLa 2me Symphonie, en ut mineur de Gustav Mahler a été achevee en\n\n1 Au printemps dernier, M. José Lassalle nous a fait entendre à la salle Gaveau, par le \" Tonkïïnstlercve-\nreinorchester \" de Munich, la ire Symphonie. Malgré la bonne volonté du chef et la qualité de 1 orchestre, je\nn'ai pas reconnu l'œuvre."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.41", "texte": "244\nS. I. M.\n\n1894. Elle se compose de cinq parties.1 Voici la nomenclature.des\ninstruments de l'orchestre :\n4 Flûtes, 4 Hautbois, 3 Clarinettes, 2 petites Clarinettes en mi b,\n4 Bassons, 10 Cors (6 dans les quatre premières parties), 8 Trompettes\n(4 dans les quatre premières parties), 4 Trombones, Bass-Tuba, 2 Tim-\nbaliers, Cymbales, Grosse caisse, Triangle, 3 Cloches, 2 Tam-tams (petit\net grand), Harpes, Orgue et les cordes, plus, pour la partie vocale, un\nsoprano-solo, un contralto-solo et un chœur mixte.\nPREMIÈRE PARTIE. Sous un des violons, deux formi-\ndables secousses ébranlent la masse des violoncelles et contrebasses, lesquels\nexposent un thème gigantesque de 40 mesures, violent et agité :\nCette première période et s'exaspère, jusqu'à un cri de désespoir :\net module, quelques mesures après, en la tonalité de mi dans\nlaquelle est esquissé le véritable 2me thème :\npuis, courte reprise du début, et ensuite apparition de deux autres motifs\népisodiques :\n\n1 La grande partition, les parties d'orchestre et l'arrangement pour piano à quatre mains, sont publiés chez\nJoseph Weinberger, à Vienne. Une petite partition d'orchestre (format de poche) existe dans 1' \" Edition Univer-\nselle. \""}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.42", "texte": "G. MAHLER\n245\n\nNous voici en sol mineur. Peu à peu les fureurs de tout ce début\ns'apaisent, et voici s'élever, aux violons, le deuxième thème (B) en ut\nmajeur. Suit un court épisode de calme, de trêve. Mais de nouveau les\nbasses grondent sourdement, suivant les rythmes du début. La bataille\nrecommence. Une sorte de développement (si l'on peut appeler cela un\ndéveloppement) aboutit à un nouveau cri désespéré en fa dièze mineur ;\nensuite la lutte se calme de nouveau et tout se perd dans le lointain.\nSoudain, le terrible début du premier thème retentit en mi f> mineur,\ncomme une effroyable menace, suivi d'un silence angoissant. Les basses\ncommencent alors P P, toujours dans la tonalité de mi b mineur, un dessin\nd'un rythme grave et lourd, qui peu à peu se propage dans tout l'orche-\nstre, encadrant un thème de choral religieux et solennel :\nqui reparaîtra dans la dernière partie.\nUn immense crescendo et une accélération incessante du mouvement\nmènent à la réexposition du début, presqu'aussitôt suivie du retour du\n2me thème, en mi majeur cette fois. Une nouvelle trêve de quelques lignes,\nqui laisse pressentir, à travers un calme apparent, le prochain recommen-\ncement des \" choses sérieuses\".Et en effet, les basses reprennent pour la\ndernière fois, dans la tonalité initiale d'ut mineur, leur rythmes graves et\npesants. Une coda héroïque et funèbre monte et se développe peu à peu,\njusqu'à un point culminant et décroît ensuite. L'accord d'ut majeur, sem-\nble apporter quelque consolation après les désespérances de cette si sombre\net tragique première partie. Mais l'atroce gémissement des trompettes :\nsuivi d'une chute chromatique de tout l'orchestre détruit encore cette\ndernière illusion et termine tout le morceau dans une complété et doulou-\nreuse incertitude modale.\nDEUXIÈME PARTIE. C'est une sorte de menuet. Dans le rythme\nde l'ancienne danse, le quatuor expose une douce mélodie en la b, pleine"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.43", "texte": "2 46\nS. I. M.\n\nd'une grâce et d'une tendresse éminemment autrichiennes, et d'un contour\nquelque peu schubertien :\nle morceau consiste simplement en trois reprises de cette partie majeure,\nau milieu desquelles est intercalé par deux fois, un épisode agité en sol dièze\nmineur, la première fois mystérieux, et violent la deuxième. A la deuxième\nreprise de la mélodie initiale, les violoncelles dessinent d'elle une\nnouvelle mélodie ou contresujet, et à la troisième reprise, les violons\nreprennent à leur tour cette nouvelle mélodie en la variant, tandis que le\npremier motif se trouve cette fois être au-dessous, confié aux bois.\nTROISIÈME PARTIE. Une partie de ce morceau provient d'un\nlied de Mahler, ayant pour titre \" Padua\nFischpredigt\" (la prédication de Saint Antoine de Padoue aux poissons),\ndont les paroles d'un pessimisme amer et sarcastique expriment la vanité\nde tout sermon. Du dessin initial :\nl'auteur développe un mouvement rythmique uniforme et incessant jusqu'à\nla fin du morceau. Animés de ce mouvement presque \" \" si j'ose\nm'exprimer ainsi, les tableaux le plus divers défilent devant nos yeux.\nC'est le Prater :"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.44", "texte": "G. MAHLER\n247\n\nc'est une clarinette slovaque d'humeur désagréable :\nce sont des fanfares bruyantes, la mélodie tendre et sentimentale d'une\ntrompette, un des rares épisodes un peu souriants de ce qui atteint\naux dernières limites de l'ironie la plus douloureuse et du scepticisme le\nplus goguenard. Au milieu du morceau, au point marqué par l'accord :\nun cri tout à la fois d'angoisse, de folie et de dégoût. Reprise du\ndébut et fin du morceau P P dans une incertitude modale analogue à\ncelle de la première partie :\nQUATRIÈME PARTIE. (\" Urlicht \"). Ici apparaît la voix\nhumaine. Un contralto chante, sur les paroles empruntées au \"\nWunderhorn \" *, une mélodie mystique, d'une foi profonde. A remarquer\nle passage suivant :\nqui reparaîtra dans la cinquième partie.\n\n1 Recueil des plus populaires poésies allemandes et autrichiennes, dû aux poètes Ami m Brentano. C'est\ndans ce recueil que Mahler a pris la plupart des poèmes de ses lieder."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.45", "texte": "248\nS. I. M.\n\nCINQUIEME PARTIE. Voici venu le monstreux finale, à lui\nseul une symphonie entière : sa durée d'exécution dépasse une demi-heure.\nC'est d'abord l'effroyable cri du scherzo et ce thème aux cors et trompettes :\npuis un diminuendorappelant celui qui dans le suit l'épouvantable\ncri. Encore peu prononcé on perçoit le thème :\ndont le rôle est prépondérant dans toute cette dernière partie. Un silence.\nDes cors, derrière la scène, sonnent un appel. Sonorités étranges, mysté-\nrieuses, caverneuses dans l'orchestre. Réapparition du choral déjà énoncé\nune fois dans la première partie. Nouveaux appels au loin. Puis, exposée\npar les violencelles et le cor anglais, une mélodie d'un caractère extatique :\nmonte et s'exalte. Deuxième apparition du choral à la voix puissante des\ncuivres. Crescendo et de nouveau tonalité d'ut dans un vigoureux\ntutti. Appel F F aux trompettes. Puis un court allegro energico conduit\nrapidement àun tempo di marciad'une violence inouïe. Au plus fort du\ntumulte, les cuivres entonnent pour la troisième et dernière fois le choral,\nde toutes leurs forces, et la marche s'effondre. De nouveau la mélodie\nextatique reparaît, plus agitée cette fois et plus développée. Des sons d'une\nmusique lointaine se mêlent à ses accents douleureux, comme portés par\nle vent. Dans une exaspération terrible, le aboutit au sinistre cri\nde désespoir du scherzo et du début du finale, mais cette fois un demi-ton\nplus haut. A cette suprême angoisse succède un diminuendo aboutissant"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.46", "texte": "G. MAHLER\n2+9\n\nà un calme profond. Ici se place un épisode très saisissant. De nouveau\nles appels des cors retentissent derrière la scène. Mais cette fois, des\ntrompettes répondent, de très loin, de droite, de gauche, cependant'qu'à\n1 orchestre une flûte seule évoqué les gazouillements d'une voix d'oiseau.\nLes appels se perdent au loin. Alors, dans l'immense silence, un chœur\nde voix mixtes commence à chanter, a cappella,t dans la tonalité si voilée\nde sol b majeur, les vers de Klopstock à la Vie Éternelle.\nC est d abord une assez longue période, toujours en sol b, d'une\ngrande douceur et d'un profond mysticisme. Puis, la mélodie extatique\nde tout à l'heure revient, mais cette fois confiée à la voix du contralto-\nsolo, alternée avec le soprano-solo. Ensuite une lente et insensible\névolution conduit de sol b , à travers ré b majeur, si b mineur, la b majeur,\nala tonalité finale de mi b majeur,dont la conquête définitive est très\nexpressivement signifiée par l'aboutissement dans cette tonalité du passade\ndéjà signalé dans la quatrième partie, et cette fois, chanté par les deux soH :\nDes lors, un enorme crescendo mene peu à peu à une colossale péroraison,"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.47", "texte": "250\nS. I. M.\n\ndans laquelle toutes les forces réunies de l'orchestre et des chœurs,\nauxquelles l'orgue et les cloches viennent ajouter leur puissantes voix,\ncélèbrent et glorifient le Triomphe de la Vie Eternelle sur la Mort.\n\nAlfred Casella."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.48", "texte": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME\n\nDepuis bientôt deux ans que N.-S.-P. le Pape Pie X a accepté\nl'offre du comité formé à Paris et ramifié dans presque tous les pays\ncatholiques, dans le but de placer un orgue monumental dans la basilique\nde S 4 Pierre à Rome, des articles très éloquents ont paru sur ce sujet,\ndûs à la plume des écrivains les plus compétents et les plus autorisés.\nLe premier de ces articles avait pour auteur M. Ch.-M. Widor 1 pro-\nfesseur de composition au Conservatoire. Le second était signé de\nM. Paul Bourget,2 l'éminent académicien. Le troisième était de\nM. Jules Meunier, le savant et habile maître de chapelle de la basilique\nde S* Clotilde, à Paris.3\nCes travaux de la première heure étaient destinés à présenter au\ngrand public catholique et artiste, une idée nouvelle pour lui, et ils\nrépondaient aussi par avance à un certain nombre d'objections qui\ndevaient être soulevées, ou qui l'avaient déjà été dans une circonstance\nanalogue.\nNotre but est plus modeste et plus simple : nous avons pensé que\nles lecteurs du S. I. M. pourraient prendre quelque intérêt au court\nexposé dans lequel nous serions heureux de donner l'historique et en\nquelque sorte la synthèse du projet poursuivi par le Comité mondial des\norgues deSt Pierre.\nEn i 868, Cavaillé-Coll, le grand facteur français venait de terminer\nl'orgue de S* Sulpice à Paris. Il présenta à S.-S. Pie IX le plan d'un\ninstrument capable, pensait-il, de produire dans l'immense vaisseau de la\nBasilique Vaticane, l'effet de plénitude et de majesté rendu à S* Sulpice\npar les cent jeux de l'orgue magnifique qui répondait d'une manière\nsi absolue aux calculs et aux rêves de son constructeur.\nRien d'étonnant à ce que Cavaillié fût venu s'attaquer à une\nentreprise de cette taille. Sans parler des travaux et des découvertes\n\n1 Le Gaulois, 19 Juillet 1908.\n. r\nVEcho de Paris, 24 Juillet 1908.\n3 La Croix, 14 Juin 1909."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.49", "texte": "LETTRE ADRESSÉE AU-NOM DU-PAPE PIE X A. M. MUTIN."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.50", "texte": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME\n*53\n\naccomplis par lui dans l'ordre des sciences physiques et acoustiques,\ncet inventeur de génie doublé d'un grand savant, parvint, au cours de sa\nlongue carrière, à transformer de toutes pièces l'orgue \"1830\" lourd,\nantédiluvien, maussade héritier des instruments du XVIIIe siècle,\nmajestueux mais monotones, et dans lesquels il était rare de trouver dans\nun même jeu, une seule octave qui sonnât d'une manière homogène ;\nil en fit cet admirable ensemble des timbres les plus variés et les plus\ndélicatement traités, prêts à interpréter la claire polyphonie, les éclatants\ngrands-chœurs ou les plus douces mélodies, offrant au musicien les inépui-\nsables combinaisons de leurs trois, quatre ou cinq claviers, dont les\ntouches, d'une méticuleuse précision, répondent au doigt avec la docile\nsouplesse du meilleur Erard.\nL'orgue dont Cavaillé voulait doter S* Pierre aurait compris cent-\nvingt-jeux éclatants, capables de remplir de sonorité l'immense vaisseau\nde près de 300 mètres de long.1 Le buffet eût été d'un aspect imposant.\nMalheureusement on ne trouva pas d'autre emplacement à proposer que\nle fond de l'église, au-dessus du portail. Cette disposition avait l'incon-\nvénient de masquer partiellement les fenêtres du fond, mais surtout elle\nnécessitait d'importants travaux de charpente et de maçonnerie soit que\nl'on voulût établir une tribune et masquer ainsi les murs de Michel-\nAnge. Soit qu'on voulût faire porter à ces mêmes murs tout l'effort d'un\npoids de plus de 200,000 kilogrammes en y \" accrochant \" l'orgue. Cette\ndernière solution eût présenté, sans doute, de graves dangers pour la\nsolidité de l'édifice.\nOn se demandait aussi, comment de cette place lointaine et immu-\nable, le nouvel instrument eût été à même de répondre à toutes les\nexigences du service religieux ; on émettait même des doutes sur la\nportée et sur la netteté des sons émis dans un si grand édifice.\nA ces objections de fait se joignaient des objections de principe :\n\" L'utilité de l'orgue sera-t-elle en rapport, disait-on, avec les sommes\nconsidérables qu'il faudra dépenser ? On n'a jamais fait de musique\ninstrumentale à Sk Pierre ; la tradition la proscrit en la présence du\nPape. Cet orgue répond-il au vœu général, ou seulement à celui d'un\npetit groupe d'artistes. La cause de la musique liturgique gagnera-t-elle\nà l'accomplissement de cette œuvre ? \"\nQuoi qu'il en fût, le projet traîna indéfiniment, et malgré l'accueil\n\n1 Exactement le double de l'Eglise Sfc Sulpice, à Paris."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.51", "texte": "254\nS. I. M.\n\nsympathique que lui firent Pie IX et Léon XIII, Cavaillé-Coll mourut\nen 1899 sans avoir rien obtenu.\nA Rome, on ne pensa plus ni à l'orgue, ni à faire aucune modifica-\ntion immédiate à l'état de choses régnant.\nIl y a bien, dans S* Pierre, un instrument d'une quarantaine de jeux,\nde facture allemande. On peut le déplacer, assez difficilement, il est vrai,\nau moyen de lourds leviers de bois. C'est un orgue d'accompagnement\npeu puissant, assez fruste, juché sur une estrade entourée d'une draperie\nen percale rouge du plus vilain effet. On le pousse d'une chapelle à une\nautre suivant les besoins du service. Le rendement sonore de cette\nmachine insuffisante, est, toute proportion gardée, le même que celui que\ndonnerait, dans N. D. de Paris, ou dans la cathédrale de Cologne, un\ngros harmonium de huit ou dix jeux, joué par un musicien vigoureux !\nCe brave serviteur a succédé à de vieux instruments Italiens qui\neux, dépassaient les bornes du mauvais-goût. Il y a encore vingt ans, les\norgues de cette nationalité faisaient peine à voir. En 1898 nous avons eu\npersonnellement l'occasion d'examiner de prés celui qui faisait le service\nde la cathédrale de Milan. Un seul clavier, dix notes de pédale,\naucun appareil expressif, pas de pédales de combinaison, aucun jeu\nd'anche 1 en revanche un jeu complet de grosse-caisse et de tambour,\ntel était l'instrument sur lequel s'escrimait sans beaucoup de goût ni de\nplaisir, l'organiste titulaire du Duomode Milan, un des premiers postes de\nl'ltalie.\nSon orgue datant peut-être de 1840 était fait sur un modèle\nremontant à plus de 200 ans. Imaginez un pianiste de nos jours, n'ayant\npour jouer en public toute sorte de musique, qu'un clavecin du\ntemps de Couperin ! A S' Pierre de Rome, cependant, les vieux instru-\nments Italiens avaient eu leurs jours de gloire, Carissimi et Frescobaldi\ny avaient attiré des foules, qui ne devaient d'ailleurs pas entendre grand\nchose, s'il est vrai que la première fois qu'il joua, Frescobaldi eut, en\n1608 jusqu'à 30000 auditeurs. A cette époque le besoin de sonorités\npuissantes était d'ailleurs extraordinairement peu développé : un contem-\n\nI Rappelons la division des jeux d'orgues en jeux de fonds ou flûtes ; d'anches (trompettes, hautbois) et\nmutations (renforçant les harmoniques).\nII y a au moins deux claviers à main et un clavier de pédale de Q. octaves */2 dans un orgue normalement\nconstitué ; en plus, des pédales d'appel de jeux, ou combinaisons.\nL'orgue de Milan a paraît-il été refait depuis 1900. Il y a maintenant en Italie quelques facteurs (Bossi,\nMola) qui savent construire des instruments modernes et honorables."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.52", "texte": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME\n255\n\nporain compose ainsi un orchestre idéal jouant devant une salle\nnombreuse : un petit orgue, un clavecin, six violes et trois lyres ! 1\nMais les besoins sonores ayant crû avec les siècles, l'orgue modeste\nde S 4 Pierre fut de plus en plus au dessous de sa tâche, même réduit\nau rôle effacé d'accompagnateur. S'il pouvait, à la rigueur suffire, en\ntemps ordinaire, aux besoins paisibles des offices capitulaires, il y avait\ndes cas où le malheureux instrument disparaissait, impuissant, sous des\nsonorités auprès desquelles ses efforts approchaient du ridicule.\nAux fêtes du Congrès Grégorien, le plein chant parut faible,\n•' n'étant pas soutenu par les basses d'un grand orgue \" 2 Mais, dira-t-\n-on, le chant Grégorien n'a pas besoin d'être accompagné.\nPeut-être en théorie, mais en pratique, nous n'avons plus l'oreille ni\nl'entendement de nos pères du Xe ou du XIIe siècle, pas plus que ceux\ndes anciens Grecs, auteurs des plus belles de ces mélodies ; est\ndans le cerveau de tout musicien de nos jours, et, sauf un petit nombre\nd'érudits et d'amateurs moyenâgeux, ceux même dont l'âme s'émeut\nle plus au contact des chants grégoriens, veulent-ils sentir, au moins de\ntemps en temps, bien à leur place sous la ligne vocale, déterminant sa\nbase et sa proportion, les assises inébranlables des grands accords parfaits.\nIl n'y eut qu'un sentiment, aux fêtes de la béatification de Jeanne\nd'Arc pour déplorer l'absence du grand orgue, tandis que la foule des\npèlerins français chantait le Credo.\nDès son accession au trône de Sfc Pierre, S.-S. Pie X avait montré\npour la musique religieuse la sollicitude la plus éclairée.\n\" L'Eglise, avait-il dit dans son fameux a toujours\nreconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte\ntout ce que le génie a pu trouver de bon et de beau au cours des siècles. \"\nEt tandis que par l'édition Vaticane de dom Pothier, le pape rétablissait\nle chant traditionnel de l'Eglise dans sa pureté primitive, il appelait à la\ndirection de la célèbre Sixtineun jeune et grand artiste, don Lorenzo\nPerosi, harmoniste très moderne, compositeur savant et inspiré de messes\nrigoureusement écrites et d'oratorios de haute et noble pensée.\nAussi fut-ce avec empressement que S.-S. accueillit l'idée à lui\nprésentée par ceux qui avaient voulu reprendre le projet de Cavaillé-Coll,\n\n1 Henri Quittard. L'orchestre des musiques de chambre au XVIIe siècle (Zeitschrift der Internationalen\nMusik-Gesellschaft. Octobre 1909, p. 6.)\n2 Widor, article cité."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.53", "texte": "256\nS. I. M.\n\nde concert avec son digne élève et successeur Ch. Mutin, que sa science\naccoustique, sa longue et profonde expérience de l'orgue et des moindres\ndétails de la facture, que son esprit audacieux et inventif enfin, mettaient\nabsolument à même de construire pour Sfc Pierre le chef-d'œuvre attendu.\nM. Mutin, après avoir, au nom du comité tout prêt à se former,\ndonné à S.-E. le Cardinal Merry del Val, secrétaire d'Etat, toutes les\nexplications voulues, et répondu victorieusement à toutes les objections\nqui lui furent présentées, recevait la lettre ci-jointe, datée du 25 Juin 1908.\nImmédiatement, un comité mondial se forma, dans lequel entrèrent\nde hautes personnalités religieuses, littéraires et musicales de la France,\nde l'ltalie, de l'Espagne, de la Belgique, etc.1 A Paris, il se forma aussi\nun comité directeur, chargé de l'administration, sous la présidence\nhonoraire de l'Archévêque de Paris, et sous celle effective de M. Widor.\nDes comités nationaux et locaux furent organisés en plusieurs pays.\nS.S. Pie X a bien voulu, tout récemment, répéter de vive voix à MM.\nWidor et Mutin, son désir pressant de voir s'achever l'œuvre grandiose.\nUne commission artistique décidera la définitive des jeux\nde l'orgue, son emplacement, sa décoration, tous les détails de la machi-\nnerie électrique nécessaire à la soufflerie et même au déplacement de\nl'immense instrument ; car la condition essentielle imposée consiste dans\nla mobilité de l'orgue. Il ne doit toucher en aucune façon aux murs, et ne\ncouper en rien les lignes architecturales. Il sera placé probablement dans\nle transept gauche ou sous une travée de la nef. Mais tout cela ne peut\nêtre réglé utilement que lorsque les grosses sommes nécessaires à\nl'achèvement de cet immense travail au moins deux millions de\nfrancs ce qui n'est pas exagéré si l'on songe à l'infinie complication\nd'un tel édifice sonore seront suffisamment assurées pour que l'on puisse\nle commencer.\nOn estime qu'il y aurait assez de cent cinquante jeux, répartis sur\ncinq claviers, pour fournir toute la sonorité qu'il serait possible de désirer.\nL'orgue devra, en même temps, rester souple et pratique, aussi bien pour\nle service courant que pour guider et dominer la voix des plus grandes\nfoules.\nEt alors, à quelle magnifique et presque infinie forme d'art cette\nassociation de l'orgue et du chœur géante ne pourra-t-elle pas donner\n\n1 dont : S. E. le Cardinal Lecot, le Patriarche de Venise, les Archévêques de Paris, de Westminster. MM.\nPaul Bourget, Et. Lamy de l'Académie Française. MM. Widor, Tinel, Perosi, Bœzi, Breton, etc., etc."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.54", "texte": "L'ORGUE DE ST PIERRE DE ROME\n257\n\nnaissance ? Quelle voie ouverte au compositeur capable de la comprendre\net de la saisir ? Avez-vous jamais entendu, dans une église d'Allemagne,\nle Choral chanté par la foule, ou bien, àN.D. de Paris, le sorti\nde 4000 poitrines, tandis que l'orgue, frère de celui de S* Sulpice,\n\"donne\" de toute la volée de ses 90 jeux? Un frisson involontaire\nsaisit l'assistant. Dès le premier accord, il éprouve une sensation physique\nd'écrasement, et en même temps, il se sent baigné d'une atmosphère\nextraordinairement légère et vraiment céleste.\nImaginez maintenant la basilique de Rome remplie de 30 à 40,000\npersonnes prêtes à chanter. Ecoutez alors le Lauda Sion que la liturgie\nprit aux Romains du temps d'Auguste, écoutez le Te Deum, et lorsque\nl'orgue monumental viendra presser et élever toutes ces voix, dites si les\ndernières limites du beau ne seront pas atteintes ?\n\nAmédée de Vallombrosa."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.55", "texte": "PARIS.\nMars.\nUne des-^fpersonnalités qui ont tenu la plus grande place dans\nl'histoire de notre musique et dans l'histoire de notre temps vient de\ndisparaître, après une longue maladie qui depuis plus d'un an la tenait\néloignée de la vie publique. C'est un deuil qui sera profondément ressenti,\nnon seulement dans le monde des artistes, mais dans la foule même.\nEdouard Colonne était une figure vraiment populaire : et je sais que\ncette popularité, qui se manifestait à chacun des concerts qu'il dirigeait,\nétait pour lui la plus précieuse récompense du labeur énorme de sa vie.\nElle tenait au charme spirituel et à la singulière autorité qui émanaient\nde cet homme à la douceur si volontaire. Elle lui venait aussi de certains"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.56", "texte": "LE MOIS\n\n259\n\nchefs-d œuvre devenus eux-mêmes populaires grâce à lui, comme la\nDamnation de Faust ou X Artésienne^dont il n'est plus possible de détacher\nson nom.\nEdouard Colonne n a pas ete le fondateur de ces concerts sympho-\nniques du dimanche, qui sont aujourd'hui un des organes essentiels de la\nvie aitistique de notre pays, et meme tout simplement de sa vie mon-\ndaine. Trop mondaine, peut-être : car l'exagération progressive du prix\ndes places les a écartés peu a peu du public qui avait fait en réalité leur\nsuccès ; et ce public seul, qui n y trouve plus qu'un accès restreint,\npourra les sauver de la crise où l'on aperçoit aisément, sous leur\napparence de prospérité presque pléthorique, qu'ils sont dès maintenant\nengagés.\nL idee remonte à Seghers, ou plus exactement à Berlioz lui-\nmeme : et c est Pasdeloup qui le premier, animé d'une ferveur de\nprophète, atteignit au succès. Mais la foi de ce digne homme était un\npeu celle du charbonnier. Il était, autant que sincère, ignorant et mal-\nhabile ; et d ailleurs 1 explorateur qui se dévoue à découvrir une terre\nn est pas toujours celui qui établit la colonie durable. Pasdeloup devait\netre supplante par Colonne, puis par Charles Lamoureux. Mais Colonne\neut le premier le mérité de la réussite définitive, qui est bien un mérite,\nfait non pas seulement de chance, mais d'intelligence et d'art, de ténacité,\nde souplesse, d infatigable activité. La chance, ce fut d'avoir mis la main\ntout de suite sur cette superbe salle du Châtelet, qui depuis trente-cinq\nans n a pas cesse d abriter les Concerts Colonne. Et il faut bien recon-\nnaître qu ils doivent quelque chose à l'avantage de ce domicile vaste et\nstable, tandis que les Concerts Lamoureux ont constamment souffert\nd errer a la recherche d un abri de fortune, qui se dérobait à eux dès\nqu'on s'accoutumait à ses incommodités.\nEdouard Colonne, premier prix de violon et d'harmonie au Conser-\nvatoire, menait la modeste existence de musicien d'orchestre aux côtés\nde Lamoureux ces deux futurs rivaux, qui devaient se déchirer,\nfaisaient meme du \" quatuor \" ensemble quand Georges Hartmann\ndevina son esprit souple et fin, si organisateur, sa sensibilité musicale, son\nardente et patiente volonté. Il lui confia la direction du Concert National\nqu il fondait alors a l'Odéon pour faire entendre au public les jeunes\ncompositeurs, auxquels cet éditeur admirable consacra toute sa vie. Ce\nfut le berceau de l'Association Artistique, formée bientôt après au"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.57", "texte": "2 6o\nS. I. M.\n\nChâtelet. Sur le premier programme du Concert National, le 2 mars 1873,\nfigurait le nom de Bizet ; le second comprenait déjà un fragment de la\nDamnation de Faust ; Fiesquede Lalo venait ensuite ;et cette première\ncampagne se terminait glorieusement par les premières auditions de\nRédemption zt de <£Marie-£Magdeleine. Toute la carrière d'Edouard Colonne\nn'est-elle pas dans ces quelques noms ?\nIl eut un rôle particulier dans cette effervescence de la musique\nsymphonique en France qui commença après la guerre, pour aboutir au\nmagnifique essor de l'école actuelle : ce fut la diffusion de l'œuvre de\nBerlioz. On peut dire qu'aucun chef d'orchestre n'a mieux compris\nBerlioz, et avec moins d'effort apparent. Dans ses exécutions si fougueu-\nsement convaincues, si colorées, d'un effet expressif tantôt si délicat et\ntantôt si violent, on sentait avec Berlioz une intime affinité artistique.\nColonne a joué et rejoué inlassablement son œuvre entier : tout au moins\nce qui pouvait prendre place au concert. Il a été pour lui le premier\nartisan de la justice. Et par un retour légitime, les Concerts Colonne ont\ntenu de Berlioz le meilleur de leur prospérité. Mais ils ont su faire servir\ncette prospérité au bien de la musique, et sur elle étayer d'autres gloires.\nC'est au Châtelet que celle de César Franck a grandi, et c'est par\nEdouard Colonne qu'il nous fut donné d'entendre un peu tard, puisque\nFranck, lui, ne les entendit point ces divines Béatitudes qui étaient\nencore sur la fameuse affiche rose le jour qu'il expira. C'est par lui que\nvécurent les vastes compositions de Gabriel Pierné ; par lui, que Gustave\nCharpentier connut une renommée si rapide : et l'auteur de la V\ncpoete fut sans doute, entre les jeunes générations, le musicien qu'il\ncomprit avec le plus de sympathie et l'enthousiasme le plus spontané.\nPuis ce fut au '\"Prélude a l Apres-midi Faune de Claude Debussy\nencore ignoré du public qu'il fit accueil, et jusqu'à, presque hier, la\nRapsodie Espagnole de M. Ravel. A examiner chaque dimanche le pro-\ngramme de Colonne, on trouvait certes souvent à critiquer : le culte\ndes \" attractions \" y restait si apparent. Mais si l'on parcourt aujourd'hui\nl'ensemble de son œuvre, elle apparaît si considérable qu'on y pourrait\nsuivre presque toute l'histoire de notre musique moderne.\nL'ouverture d'esprit, la facilité d'assimilation, le goût généralement\nsûr dont il a ainsi témoigné ; un sens, en même temps, particulièrement\nsubtil de l'actualité opportune, et un grand tact dans le maniement\ndifficile de ce public qui veut à la fois qu'on le pousse et qu'on le flatte :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.58", "texte": "LE MOIS\n261\n\ntoutes ces qualités devenaient plus remarquables encore chez un homme\nâgé, que son instinct avait porté vers le romantisme un peu théâtral de\nBerlioz, et qu'on eût excusé de s'y tenir. Sans doute ses interprétations\npersonnelles étaient parfois discutables ; dans les œuvres classiques surtout,\net dans celles de Wagner, encore qu'il eût dirigé parfaitement, pendant\nson court passage à l'Opéra, les premières représentations de la\nIl aimait l'effet. Son émotion pouvait rester superficielle et négligente, ou\ns'amollir un peu trop. Il ne soignait pas toujours comme il eût fallu la\nprécision du détail. Il acceptait en réalité trop de besognes à la fois, dans\ncet extraordinaire besoin d'activité que la maladie seule, et non la\nvieillesse, put éteindre. Mais ce n'est l'heure de rappeler ici que les\nqualités si fortement et si finement vivantes qui ont fait d'Edouard\nColonne un véritable artiste, et un artiste utile, dans la plus belle accep-\ntation du mot.\nSouvenons-nous encore que ce fut lui qui le premier et vraiment\ncela n'était pas d'une âme vulgaire appela à diriger ses propres instru-\nmentistes les Mottl, les Levi, les Richter, sans s'inquiéter de ce que la\ncomparaison pouvait offrir de redoutable. Vous savez combien notre\néducation musicale et le progrès de nos exécutions ont profité de ces\néchanges hospitaliers, cependant que Colonne entreprenait à l'étranger\ndes tournées pour produire nos compositeurs français.\nAu cours de ce mois dernier l'Opéra-Comique, fidèle à la mémoire\nd'un musicien estimable et sympathique entre tous, a représenté pour la\npremière fois un ouvrage posthume de Samuel Rousseau ; les Concerts\nColonne et Lamoureux, avec le zèle un peu confus de gens qui se sentent\nen retard, nous ont accablés de \" premières auditions \" : mais aucune de\nces manifestations n'a offert un intérêt très neuf ni très particulier. Nous\nn'avons point coutume de passer ensemble la revue de tous les petits\névénements du mois, mais plutôt d'en détacher ceux qui invitent à\nréfléchir. Nous n'y saurions trouver de sujet plus propre que les quatre\nconcerts donnés, du 16 février au 9 mars, par M. Jacques Durand, qui\naccomplit ainsi le dernier vœu de son père, et lui rendit un hommage\nsuprême.\nIls donnent à penser d'abord par eux-mêmes, par leur organisation\net leur succès. Il est à souhaiter que tous nos directeurs de concerts en"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.59", "texte": "2Ô2\nS. I. M.\n\ncomprennent la leçon. Vous n'ignorez point que de temps immémorial il\nest convenu que le public parisien ne consent à écouter de la musique\nsymphonique que le dimanche à trois heures, et de la musique de chambre\nqu'en semaine à neuf heures. Si vous lui offrez un orchestre à neuf\nheures le Vendredi Saint excepté ou un quatuor à trois heures, il\nboude. Les Concerts Lamoureux, entre autres, en ont fait l'expérience il\ny a deux ans : leurs séances du soir, dirigées par les plus illustres Kape/l-\nmeister, et dévotement consacrées à Beethoven, à Wagner, à Berlioz, furent\nun succès d'abstention tel, qu'ils ne purent même achever la série\nannoncée. Or les Concerts Durand ont eu lieu le soir, et les plus beaux\naprès-midi du dimanche n'ont pas vu plus de monde.\nIl est également convenu, et vous ne l'ignorez pas davantage, qu'il\nsuffit de mettre au programme un quelconque ouvrage de musique\nfrançaise moderne pour faire immanquablement le\nqu'on ne réussit à faire le plein qu'en affichant quelque virtuose phéno-\nmène. Or les affiches\ndes Concerts Durand\nne portaient que des\nnoms d'auteurs français\nvivants ; nulle œuvre de\nvirtuosité n'y figurait,\net nul interprète de\ngrande réputation. Et\njamais concerts n'ont\nété suivis par un public\nplus nombreux, plus fi-\ndèle, et en même temps\nplus vibrant.\nTout ceci tendrait\nà prouver que, contrai-\nrement à ce qu'on vou-\nlait croire, il existe à\nParis bien assez de per-\nsonnes qui connaissent\net qui aiment véritable-\nment la musique pour\nformer un public. Ce\n\nM. RHENÉ-BATON"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.60", "texte": "LE MOIS\n263\n\npublic n'attend pour se condenser que de se voir offrir ce qui peut l'intéres-\nser. Il hésite à se mêler au public habituel des concerts, ou bien il y reste\nindifférent et morose, parce qu'il se sent noyé au milieu de gens réunis\nseulement par le snobisme ou le désœuvrement ; parce qu'il ne trouve pas\nau milieu d'eux l'atmosphère de recueillement et de sensibilité dont il a\nbesoin ; parce que, surtout, l'incohérence et le radotage des programmes\nle rebutent. La longueur excessive de ces programmes, leurs contrastes de\nmauvais goût, témoignent assez d'ailleurs qu'ils s'adressent à des gens qui\nn'écoutent point la musique.\nLes programmes des Concerts Durand étaient bien différents. On\ndira sans doute qu'ils n'étaient faits que pour mettre en valeur les diffé-\nrents produits d'une grande maison d'édition. Mais comme cette maison\ns'est toujours fait remarquer entre toutes pour l'intérêt qu'elle portait à la\nmusique symphonique ; comme elle est à peu près lâ seule à qui l'on\npuisse attribuer une action heureuse sur le développement de l'art français,\nil s'est trouvé tout naturellement qu'en exposant les pièces principales de\nson fonds elle formait comme un tableau de l'état actuel de notre musique.\nEt tout naturellement, elle a composé des programmes harmonieux et\nlogiques, des programmes où l'on pouvait suivre une pensée, et goûter le\nplaisir de la diversité dans l'unité. Mon seul reproche sera qu'ils n'aient\npoint fait une place à l'ancêtre Rameau : car l'édition monumentale des\nœuvres complètes du plus grand des musiciens français seule édition\nqui soit en notre pays comparable, et probablement à son avantage, aux\ngrandes éditions allemandes n'est pas le moindre honneur ni le moindre\nservice de la maison Durand.\nOn a vu dans ces concerts se dessiner clairement les différents courants\nentre lesquels se partage la musique de notre temps. Je n'hésite pas à dire\nque toutes mes préférences vont au mouvement que dirige M. Vincent\nd'lndy. Il est possible que ses disciples portent parfois sa doctrine à des\nexcès d'étroite rigueur. C'est pourtant là que je sens la vérité, la chaîne\nininterrompue entre le passé et l'avenir, quelque rares et précieuses\nsensations que puissent nous apporter les impressionnistes de la musique,\nsi renouvelante et si féconde que doive être leur influence sur l'art tout\nentier. C'est aussi à M. d'lndy que m'a paru aller l'enthousiasme le plus\ngénéral, le plus naturel et le plus profond ; à son admirable\nsymphonie ; à cet extraordinaire Jour d'été a la montagne, où la forme est à\nla fois si libre et si forte, si ample et si concise, le sens du pittoresque si"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.61", "texte": "M. C. DEBUSSY.\n\n264\nS. I. M."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.62", "texte": "LE MOIS\n265\n\naigu, l'émotion intime si noble et si fervente, et que pourtant on a com-\npris moins vite que ses autres ouvrages. Pensez encore que le résumé\nprésenté par la maison Durand, si large qu'il fût, ne pouvait être complet.\nPensez qu'il y faudrait ajouter, entre M. Saint-Saëns et M. d'lndy,\nM. Gabriel Fauré ; entre M. Debussy et M. Dukas, M. Albéric Magnard ;\nentre M. Witkowskiet M. Gabriel Pierné, M. Gustave Charpentier ; et\nM. Albert Roussel, M. Déodat de Séverac auprès de M. Ravel. Pensez\nque chacun de ces musiciens est une personnalité bien distincte, et que si\ncertains d'entre eux se peuvent grouper les uns près des autres, ils n'en\nsuivent pas moins chacun une voie très différente : et vous tiendrez avec\nmoi notre école actuelle pour la plus riche et la plus vivante qui soit dans\ne monde de la musique, une des plus riches et des plus vivantes qui\naient jamais été.\nParmi les ouvrages déjà connus que portaient les programmes des\nConcerts Durand, un seul morceau nouveau figurait. Les\nPrintemps de M. Claude Debussy font partie avec Iberia, récemment\nexécutée aux Concerts Colonne, et une Gigue triste non entendue encore\nd'un recueil d'lmages pour orchestre. Iberia forme elle-même comme un\npetit triptyque, trois pièces brèves contrastant parla couleur et le dessin : les\nRondes au contraire ne forment qu'un morceau développé, où la forme et\nla substance musicales offrent une unité parfaite. Au Châtelet l'accueil\nfait à Iberia fut aussi mélangé que le public lui-même. Salle Gaveau, ou\nl'on était entre musiciens, on put sentir dans le succès des Rondes de\nPrintemps quelque chose de contraint, et les applaudissements s'adressaient\nplus à l'auteur qu'à l'œuvre elle-même. Il faut bien l'avouer, tout ce que\nM. Debussy a écrit après Pelléas et <£Mé/isande déçoit une grande partie\nde ses premiers admirateurs. Une autre partie, à la vérité, lui témoigne\nun enthousiasme croissant, et va jusqu'à soutenir que de ce moment\nseulement a commencé pour lui la période de maturité consciente,\nPelléas devant être considéré comme la dernière de ses œuvres de jeunesse.\nSur ce point, il me paraît un peu tôt de décider : le recul nous manque,\net aussi la prévision de ce que fera un génie aussi original et aussi vivace.\nMais on peut s'expliquer ces opinions divergentes en distinguant parmi\nceux qui aiment M. Debussy, d'un côté les musiciens et les sensibles,\nde l'autre les peintres et les littérateurs (je parle, bien entendu, non des\nprofessionnels seulement, mais des gens qui pensent et qui sentent en\nmusiciens, en peintres, ou en littérateurs). Ce sont les premiers qui se"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.63", "texte": "M. PIERNÉ.\n\n266\nS. I. M."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.64", "texte": "LE MOIS\n267\n\nretirent d'un auteur favori, ou plutôt qui 1 attendent, parce que si la\nforme de ses ouvrages reste toujours musicale, l'émotion qu'ils expriment\nne l'est plus let cela doit être bien indiffèrent aux littérateurs et aux\npeintres. A vrai dire, l'émotion a disparu, cette émotion d'une sorte\nunique dans l'art tout entier, qui enveloppait de sa mystérieuse unité\nune multitude de sensations d'une intensité, d une justesse, d une déli-\ncatesse, d'une nouveauté surprenantes : c'était l'âme qui concentre les\ntémoignages des sens. Et voici que les sensations seules subsistent, et il\nsemble qu'elles se soient à la fois rapetissees et alourdies, qu elles aient\nperdu de leur fraîcheur et de leur originalité. Au lieu de se fondre, elles\nse heurtent. C'est le procédé artificiel de la technique musicale et non\nplus le sentiment qui crée l'unité : les édifiées sur un\nseul thème et presque selon les principes horresco !.... des nourris-\nsons de la Schola, ne donnent pas la même impression de cohésion\nqu'avec une quantité de thèmes différents les ouvrages de la \" première\nmanière \" de M. Debussy.\nPar un étrange phénomène la musique de M. Debussy reflète\naujourd'hui celle de ses propres imitateurs. On a reproché à M. Ravel,\net plus qu'il ne convenait, de ressembler à M. Debussy, et c est\nM. Debussy qui en vient à ressembler à M. Ravel. Assurément il reste\nune distance. Que l'on compare la Rapsodie espagnole, qui est 1 ouvrage\ncapital jusqu'ici de M. Ravel, à Ibenaqui n occupe qu un rang secon-\ndaire dans l'œuvre de M. Debussy, et l'on distinguera encore chez celui-\nci une autre force et une autre subtilité de la construction musicale, une\nautre personnalité, une autre poésie surtout. Jamais M. Ravel n a rien\nécrit qui se puisse rapprocher du morceau central d et des idéales\ndégradations de nuances qui le relient au dernier ; rien non plus qu on\npuisse opposer à la conduite ingénieuse des Seule-\nment la construction chez M. Debussy et ce sont encore des choses\nqui n'importent qu'aux seuls musiciens devient plus apparente et\nplus tendue ; son écriture, d'un goût admirable autrefois pour sa trans-\nparente concision, insiste et surcharge ; son coloris devient quelquefois\ncru, sans gagner de franchise. Il employait, à rendre les émotions les\nplus rares, une étonnante sobriété de moyens, et son raffinement infini se\nrésolvait en une impression de naturel et de simplicité. La complication\net l'accumulation des moyens aujourd'hui dissimulent mal ce quelapensee\na de sec et de tatillon, de superficiel et de menu. Cette musique reste"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.65", "texte": "268\nS. I. M.\n\nd'un artiste incomparable, mais elle mérite un peu trop son titre\nd'lmages :et l'on y sent la recherche, le système et l'effort.\nLes Concerts Durand ont révélé un jeune chef d'orchestre dont le\nsuccès personnel a été très grand. M. Rhené-Baton est fort décoratif, et\nl'expérience simplifiera certainement son attitude et son geste. Mais sa\ndirection est extrêmement adroite et brillante, et il a montré dans la\néMer et dans la Kapsodie Espagnole cette intelligence qui sait non seule-\nment saisir les qualités particulières d'un ouvrage, mais encore en pallier\nles défauts. Il reste à savoir comment M. Rhené-Baton dirigera la musique\nd'un autre sentiment et d'un autre style.\nNous avons eu dans le même temps une autre \" première audition \"\nqui ne manquait pas d'importance : celle de la symphonie en de\nM. Balakireff. Cette symphonie ne date pas d'hier, cependant, et les\ncompositeurs russes, celui-là particulièrement, ne sont pas précisément\nnégligés chez nous. On recherche leurs œuvres, qui ne sont pas nom-\nbreuses ; on en a même recherché qu'on eût aussi bien fait de laisser\ndans l'oubli. Qui expliquera que nos chefs d'orchestre est-ce ignorance,\nerreur, ou paresse de leur part ? aient abandonné à une société\nnouveau-née l'honneur et le profit de faire connaître à Paris le plus\nconsidérable et probablement le meilleur des trop rares ouvrages de ce\npatriarche de la moderne musique russe ? Il y a là une énigme comme\nseuls les directeurs de concerts ou de théâtres savent nous en proposer, et\nqui confondent la raison. M. Bachelet, qui dirige les concerts de\nPhilarmoniaau Théâtre Réjane, avec un sentiment profond et fin de la\nmusique, une habileté souple et sûre que je vous ai déjà signalées\ncPhilharmonia n'est que Symphonia ressuscitée a fait un coup de\nmaître en apercevant que la symphonie de Balakireff, claire et divertis-\nsante, est d'un bout à l'autre une œuvre remarquable. Ce pur parfum\nnational qui nous ravit chez les meilleurs compositeurs russes la pénètre\ntoute entière, et elle est beaucoup plus fortement construite que la\nplupart de leurs productions. Le développement du premier morceau est\nfort intéressant ; le scherzo^avec sa terminaison poétique si imprévue, est\ndélicieux ; le finale^qui s'enchaîne à un un peu mollement"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.66", "texte": "M. WITKOWSKI.\n\nLE MOIS\n269\n\nrêveur, est un éblouissant édifice thème de caractère\n• . • ... 1 •\nasiatique contraste et se combine avec un\nchant populaire russe.\nMais les plus beaux des concerts de\nce mois de mars, et les plus beaux sans\nconteste que nous ayons entendus depuis\nbien longtemps, furent ceux de la Schola\nCantorum, où M. Vincent d'lndy a dirigé\ndeux fois la éMesse en de Beethoven. Ce\nn'est pas que les moyens d'exécution dont\nil disposait fussent bien remarquables :\nmais il faut faire\nce grand éloge au\npeuple des profes-\nseurs et des élèves\nde la Schola ras-\nsemblés sous ses or-\ndres aux chœurs\nsurtout que l'in-\ntention du chef\nnous est restée tou-\njours perceptible :\net c'était l'essentiel.\nDe tous les musiciens et chefs d'or-\nchestre qui existent aujourd'hui, M.\nd'lndy est le plus capable de retrou-\nver dans toute son étendue la pensée\nsublime de Beethoven. On ne peut\nrien imaginer de plus grandiose et\nde plus éloquent, de plus simple en\nmême temps et de plus lumineux,\nrien de plus intimement émouvant,\net rien qui donne mieux l'impression\nde la certitude que son interprétation\nde cette œuvre colossale colossale\npar la réalisation musicale, et plus\nencore par la pensée l'œuvre maî-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.67", "texte": "270\nS. I. M.\n\ntresse de la musique toute entière, et l'une des plus grandes de l'esprit\nhumain. Œuvre d'une difficulté redoutable, aussi bien au point de\nvue, si l'on peut dire, matériel qu'au spirituel. Difficulté que M. d'lndy\na dominée par la seule puissance, l'élévation et la vérité de l'expression ;\non l'a senti, tout le temps qu'il dirigeait, cœur à cœur avec le génie de\nBeethoven.\nLa façon dont notre goût et notre intelligence des classiques se\ndéveloppent depuis quelques années serait un des symptômes les plus\nintéressants à considérer de notre vie musicale. L'enthousiasme qui se\nmanifeste à des concerts semblables et l'attrait qu'ils exercent en sont le\nmeilleur signe. Il faut comprendre dans le même sens le succès sans cesse\ngrandissant delà Société Bach, que M. Gustave Bret a imposé si prompte-\nment et si sûrement par l'ardeur de sa conviction et la qualité, en progrès\ncontinu, de ses exécutions. Avec X Orator la seconde partie de la\néMesse en si mineur,la selon St Jun charmant concert d'œuvres\nprofanes, la saison qu'il vient de clore n'a pas été des moins fécondes.\nEt n'avez-vous pas apprécié la délicate surprise que nous ont appor-\ntée les concerts du Vendredi-Saint, en mettant à leurs programmes des\nauteurs et des œuvres pour la plupart assortis à la circonstance ? Wagner,\nque l'on nous avait accoutumés à regarder comme le musicien \" spiri-\ntuel \" par excellence, y parut à peine ; et c'est à César Franck, à M. Gabriel\nFauré avec lui, qu'allèrent les honneurs de la semaine. Le premier\ntriomphait à la fois au Châtelet avec les Salle Gaveau avec\nRébecca,au Théâtre Réjane avec sa symphonie et l'interlude de\nLe Conservatoire et le Concert Lamoureux donnaient en même temps\ncette partition d'une si ferme pureté de lignes et d'esprit, où M. Fauré\na chanté avec une tendresse indiciblement consolante le mot unique, le\nplus doux, le plus sûr que puisse entendre l'homme : requiem !\n\nGaston Carraud.\n\nLETTRE D'ANVERS\n\nLA SOCIÉTÉ DE CONCERTS DE MUSIQUE RELIGIEUSE D'ANVERS.\nChaque fois qu'un événement artistique nous appelle à Anvers, nous\nne pouvons nous défendre d'admirer l'ampleur particulière que prennent"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.68", "texte": "LE MOIS\n271\n\nlà les grandes célébrations artistiques, comme d'ailleurs les autres mani-\nfestations de la vie sociale. Sans doute, la masse du public n'y a pas la\nvive sensibilité et le raffinement artistique qui distingue le public bruxel-\nlois ; mais on y respire une vie plus large, d'une pulsation plus énergique.\nLes initiatives individuelles n'y sont peut-être pas plus nombreuses\nqu'ailleurs, mais elles ne tombent pas dans le vide et sont à peu près\nassurées, si elles sont intéressantes, de trouver des concours, un appui\nmatériel, des finances. L'argent n'y est pas plus abondant qu'ailleurs, mais\nil roule... Lorsque se constitua la société des en moins\nd'une semaine, nous dit-on, un capital de 75.000 francs était souscrit.\nCe n'est pas à Anvers que l'on perdrait trente ans en stériles lamentations\nsur l'absence d'une salle de concerts acceptable, sans que l'autorité locale\nni l'initiative privée s'émeuvent, sans qu'aucun de ceux qui se lamentent\nsonge à mettre la main à la poche ! Il y a quelques années, nous eûmes\ncette honte : Enthousiasmés par une magnifique exécution de YOorlog\n{la Guerre), l'oratorio de Peter Benoit, sous les auspices du Peter Benoits-\nFonds., nous nous étions mis en rapport avec les dirigeants de cette\nassociation afin de les amener à venir, solistes, chœurs et orchestre, donner\nla même œuvre à Bruxelles. La chose parut fort réalisable et des pour-\nparlers étaient engagés, quand on s'aperçut qu'il n'y avait pas à Bruxelles\nune salle de concert, ni une scène, capable de recevoir les mille exécu-\ntants qui tenaient à l'aise sur l'estrade de la belle salle de concerts de la\nZoologie d'Anvers ; et notre beau projet s'en alla à vau-l'eau...\nSongez maintenant à ceci : Il y a huit ans, à Anvers, un jeune\nmusicien de nos amis, élève de Peter Benoit, M. Louis Ontrop, conçut\nl'idée de fonder une société de concerts pour l'interprétation des grands\nouvrages de musique sacrée. Moins par le prestige de la renommée et\nl'empire d'une volonté tyrannique que par l'enthousiasme communicatif\nde la foi artistique et par l'attirance propre à une personnalité éminem-\nment sympathique dans sa modestie et son désintéressement ; aidé d'ailleurs\nde deux autres jeunes gens, MM. J.-A. Stellfeld, avocat, et Jules Boelaerts,\npréfet des études au Conservatoire, qui aujourd'hui encore composent avec\nlui tout le comité de l'entreprise, il réussit à faire prospérer celle-ci d'une"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.69", "texte": "272\nS. I. M.\n\nmanière inattendue. Aujourd'hui en effet, la Société de concerts de musique\nreligieuse, favorisée de hautes protections, gratifiée de subsides des trois\npouvoirs officiels,1 compte treize membres fondateurs, cent vingt-cinq\nmembres protecteurs, deux cents choristes amateurs assidus aux répétitions,\net se trouve en situation, matériellement et artistiquement, d'entreprendre\nl'exécution des plus importants ouvrages de la littérature ancienne et\nmoderne, d'organiser en somme de véritables festivals artistiques, visités\npar des milliers d'auditeurs, dont bon nombre d'étrangers.\nUn simple coup d'œil sur les programmes des quinze concerts\norganisés au cours des sept premières années édifie pleinement sur\nl'activité et sur la courbe ascendante de l'institution. La première année,\nce furent des compositions de Henri Schiïtz, Praetorius, Palestrina,\nBeethoven, Benoit, et le Miserered'Allegri ; puis vinrent le de\nPalestrina, les Psaumes de la Pénitence de Lassus, du Vittoria, du Marcello.\nEn 1905, la société, s'écartant momentanément de son programme,\norganise des auditions de musique instrumentale ancienne: Telemann,\nHândel, Marcello, Rameau, ainsi que d'anciens madrigaux français et\nitaliens. Ensuite on tenta un grand effort : l'exécution intégrale de la\nPassion selon Saint Jean,qui n'avait pas encore été exécutée en Belgique.\nLe succès fut considérable ; un fonds de garantie, souscrit pour couvrir\nle déficit éventuel, ne dut pas être entamé. En 1906, on donne la\ndes Damnés de Carissimi, la cantate de Bach pour le second jour de la\nPentecôte, et, à partir 1907, la société n'exécuta plus que des oratorios:\nle Requiem allemand de Brahms, le Purgatoire de Ryelandt. L'année\nsuivante, elle assit définitivement sa réputation par l'exécution du\nde Hândel, rendu avec un grand souci de style avec des solistes de\npremier ordre. L'œuvre dut être reprise l'an dernier, qui vit également\nl'exécution de Judas Macchabée de Hândel. Enfin, il y a quelques\nsemaines, nous étions conviés à l'exécution de la de\nBeethoven.\n\n1 II serait puéril de nier que, sous un gouvernement catholique, le caractère de l'association ne soit pour\nquelque chose dans l'octroi de ces subsides. Exactement pour les mêmes raisons, mais en sens inverse, elle\npourrait, en cas de changement de régime, faire une croix sur les subsides gouvernementaux. Mais tout cela\nn'a rien à voir, supposons-nous, avec le talent du chef et des membres actifs, ni le mérite des exécutions."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.70", "texte": "LE MOIS\n273\n\nCette exécution fut des plus remarquables. Il importe peu, en\nsomme, que, pour des raisons locales,1 l'orchestre, tant aux cordes que\ndans certaines parties des bois et des cuivres, montrât quelque faiblesse\nd'accent et de sonorité, dans cette œuvre où la voix humaine remplit un\nrôle de tout premier plan. Or, les parties vocales étaient représentées ici\nde manière à satisfaire les plus exigeants. Le quatuor solo était d'une\nhomogénéité certes rarement réalisée ; le soprano d'une cristalline pureté,\nample et rond cependant, de M\"1 Tilly Cahnbley-Hinken (de Dortmund)\nse mariait particulièrement bien avec le contralto étoffé, aux sombres\nchatoiements, de Mme Flona K. Durigo (de Budapest), les parties de\nténor et de baryton étant respectivement tenues par les solistes bien\nconnus MM. R. Plamondon et Frœlich. Quant aux chœurs, ces\nterribles chœurs beethovéniens, écrits comme pour les plus complaisants\ndes instruments, avec leurs tenues sur des aigus chœurs multipliant\nles difficultés de la Neuvième, ils furent exécutés dans la perfection,\nsans une défaillance, par deux cents voix bien stylées et entraînées, atta-\nquant avec ensemble et sûreté, chantant avec l'ardeur et la conviction\npropres aux chorales d'amateurs. Tels passages de nuancement particuliè-\nrement délicat, le doux balancement des voix au le\nphrasé des ténors dans Fhosannahy donnaient la mesure des résultats\natteints. Le solo de violon du Benedictus était confié à l'archet délicat de\nM. Albert Zimmer, M. Vander Paepen tenant la partie d'orgue.\nL'interprétation elle-même, si controversable dans cette œuvre\nd'une religiosité si subjective et d'une expression si mouvante, si tour-\nmentée, fut, sous la direction énergique et enthousiaste de M. Ontrop,\nchaleureuse, émue, vibrante, d'une belle souplesse de mouvements et de\nnuances, attestant (de même que l'excellente notice analytique du pro-\ngramme, signée du chel lui-même) une connaissance approfondie et une\nétude méditée du monumental ouvrage.\n\nErnest Closson.\n\n1 II n'existe pas à Anvers, en dehors des théâtres, d'orchestre indépendant, mais des groupements occasion-\nnels constitués à l'aide d'éléments empruntés aux théâtres et ailleurs.\n5"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.71", "texte": "BIBLIOTHÈQUE WECKERLIN. La grande vente\nque tous attendaient, et dont Leipzig a fini par être le témoin,\nvient d'avoir lieu. La bibliothèque réunie au cours de ces quarante\ndernières années par la patiente volonté de Weckerlin est actuel-\nlement dispersée. On a beaucoup vanté cette collection et avec\nraison, mais sans remarquer qu'elle n'était en réalité qu'une\nbibliothèque de doubles. La véritable bibliothèque Weckerlin se\ntrouve au Conservatoire de Musique de Paris : on en saura toute la\nvaleur le jour où un catalogue la rendra facilement accessible. La\ncollection vendue à Leipzig est en quelque sorte le superflu\namassé par un bibliophile acharné, dont toutes les passions, toutes\nles ambitions s'étaient concentrées sur un même objet, le livre de\nmusique.\nNous avons tous connu le \" père Weckerlin hirsute sous\nson pardessus négligent, indifférent aux voitures qui mettaient sans\ncesse sa vie en danger, trainant un peu la jambe pour venir s'asseoir\nà l'hôtel Drouot. Là, d'un air volontrairement dégagé, il laissait\npasser devant lui le flot des épaves que les ventes apportaient, et\nchoisissait le volume rare dont il connaissait bien la valeur.\nWeckerlin n'achetait pas cher; je ne me rappelle guère l'avoir vu\ns'emballer qu'à la vente du baron Pichon. Il eut cependant le\ncourage de donner mille francs de YOdechaton de Petrucci à une époque où c'était une folie,\net Ambroise Thomas fut bien près de ne pas ratifier cette folie d'un bibliothécaire mélomane.\nCes temps sont loin. Aujourd'hui la bibliothèque particulière de Weckerlin produit plus de\ncinquante mille francs. Elle lui avait, m'écrivait-il, coûté trente mille. On raconte qu'il l'a\ncédée au libraire, vendeur actuel, pour dix mille. Le plus haut prix a été atteint par la musique\ndu fermier général Ferrand; le manuscrit de Zèliey orné superbement par Moreau a presque\natteint trois mille francs. Le recueil de Mangeant a fait 1250. La belle série des Chansons a\ndanser, iooo frs ; les poinçons de la maison Ballard que Weckerlin avait trouvés en un sac chez\nleurs successeurs actuels, 200 fcs ; le Mersenne 900 ; VErminia de Michelangelo Rossi (1637)\n1000 fcs, et 1000 aussi le Cerone. Les tablatures se sont bien vendues : Gaultier 650, Gallilèe\n650, Delair 200, Perinne 1000. Ce sont ces livres de luth qui me paraissent avoir réellement\napporté du nouveau aux prix de vente habituels. Tout le reste s'est tenu dans la moyenne à\nlaquelle on pouvait s'attendre. D'ailleurs, en vendant à Leipzig on atteint surtout le libraire de\nprofession, et, si l'on est sûr d'éviter un désastre, on n'a pas, d'autre part, la grande chance de\nLondres ou de Paris, la chance de la vente sensationnelle. Pour la musique, qui est encore en\nsuspicion dans notre librairie, cela vaut peut être mieux. Soyez bien sûr que les 50,000 fcs des"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.72", "texte": "LES LIVRES\n\n275\n\nlivres Weckerlin vont en produire 80,000 entre les mains des hommes patients et avertis qui\nles ont acquis. La France était naturellement très peu représentée à cette solennité. Ni le Con-\nservatoire, ni la Bibliothèque Nationale n'ont mis une enchère. Est-ce bien habile de leur part ?\nJ. E.\nBOLETTINO DELL'ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI ITALIANI.\n(puntata I & II.)\nVoici l'amorce d'une œuvre gigantesque de bibliographie musicale, et si considérable que je\nme demande comment elle pourra être menée à bien. Il faut toute la courageuse audace de\nde notre éminent collègue M. Gasperini, de Parme, pour s'attaquer ainsi au dépouil-\nlement systématique de tout ce qui existe en fait de musique dans les dépôts et collections\ndu royaume d'ltalie. Tous les musicologues sont de cœur avec une si belle entreprise, qui\nrenouvellerait nos études par les trésors qu'elle mettrait au jour. Les deux premiers fascicules\ncommencent par la Bibliothèque de Parme. Ils contiennent les œuvres théoriques et le début de\nla série des œuvres pratiques. La rédaction de ce catalogue s'inspire un peu de l'exemple donné\npar le catalogue du Liceo de Bologne,mais sans se laisser entraîner par la curiosité archéologique\nde Gaspari. Et je me demande même, si les descriptions n'en sont pas encore un peu étendues.\nCar, remarquez, le bien, il existe bon nombre de livres imprimés que les bibliographes retrouvent\npartout, et dont la physionomie n'a plus besoin d'être retracée. Nous les connaissons. Nous\ndevons seulement être avertis de leur présence. M. Gasperini me sait assez de ses amis pour ne\npas croire que je lui cherche ici une mauvaise querelle. Mais j'estime très sincèrement que le\nmoment est venu pour notre bibliographie de faire œuvre d'information brève et non plus\nde curiosité. Et cela dans l'intérêt de notre temps qui est précieux. Si nous trouvons par\nexemple : Bonanni (F.) Gabinetto armonico, Roma 1722 40, nous sommes renseignés ;et\nce renseignement suffit. Plus tard, lorsque tous ces inventaires seront au complet, alors, nous\npourrons faire un répertoire complet. Et, pour reprendre mon exemple, les différents exem-\nplaires de Bonanni pourront être collationnés et feront l'objet d'un article définitif. Mais actuel-\nlement, nous avons besoin de savoir, et le plus vite possible, ce qu'il y a dans les bibliothèques,\nnon pas ce qu'il y a dans les livres de ces bibliothèques. Enfin, puisque j'en suis à formuler des\nvœux, je trouverais fort bon que le Bollettinofut rédigé sur des fiches imprimées, puisqu'il doit\nformer le dépouillement successif d'une foule de dépôts. Car, au bout de quelques fascicules\nl'ouvrage deviendra très difficilement maniable, et une fois terminé, il nécessitera des tables\nimmenses. Avec la fiche, le souscripteur classe les volumes à mesure qu'il les reçoit et plus l'œuvre\ngrandit, plus elle est utile. Ces remarques n'enlèvent pas le grand mérite du\nBIBLIOTHEQUE D'UPSALA. Nous sommes très heureux d'annoncer que notre\nami M. Rafaël Mitjana vient d'être chargé par les autorités suédoises de dresser et de publier\naux frais du gouvernement suédois, le catalogue des imprimés de musique du XVIe et XVIIe\nsiècle, conservés à la bibliothèque d'Upsala. M. le Dr. Collijn lui est adjoint pour ce travail\ndélicat et considérable. L'ouvrage sera méthodique, c'est à dire divisé en trois grandes parties :\nAnonymes Musique profane Musique instrumentale. Il sera avant tout descriptif et\ncritique, et formera, non seulement un inventaire mais encore un instrument de bibliographie.\nLes feuilles que M. Mitjana a bien voulu nous communiquer montrent avec quel soin des dé-\ntails et de la typographie l'œuvre sera conduite.\nNotre S. I. M. applaudit d'autant plus à cette initiative, qu'elle a contribué à la provoquer.\nNous avions en effet proposé à M. Mitjana d'accueillir cette publication dans notre revue sous"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.73", "texte": "2j6\nS. I. M.\n\nforme d'appendice, comme nous l'avions fait pour le répertoire dramatique de M. de Curzon,\net comme nous allons le faire pour la Bibliographie Exotique de M. G. Knops. Mais la Biblio-\nthèque et l'Université d'Upsala ont revendiqué pour elles même l'honneur de faire connaître\nles trésors de ce fonds, qui est certainement l'un des plus riches du monde entier.\nFARMER (H. G.) Memoirs of the royal artillery Band. (Reeves 1904 in 8° de 189 pp.)\nDéjà ancien, ce volume parait devoir être mentionné ici, et connu du public français. Ne\nserait-ce que pour servir d'exemple à ceux de nos chefs de musique militaires qui voudraient\nentreprendre une étude de ce genre. Il y a beaucoup à écrire sur la musique militaire. Les\ndocuments abondent, et un très gros ouvrage ne serait pas de trop sur cette matière. Les\n\" Memoirs \" de la musique du Royal Artillerie anglais, bien présentés, illustrés et confortables\nforment un livre de très agréable lecture.\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical chart of musical History. (London Reeves\nin fol.)\nIl y avait longtemps que je n'avais vu un nouvel essai de tableau synoptique de la musique.\nCelui de M. Harris est forcément très sommaire puisqu'il a la prétention de faire tenir toute\nl'histoire de la musique, de sa notation, de ses formes, de ses instruments et de sa technique en\nune grande page in folio.\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves, in 120.)\nCe petit volume est le cours d'ouverture professé par M. Buck à la classe d'orgue\nau Collège of Music de l'Université de Boston. Il est orné de très curieuses reproductions\nde vieux spécimens d'orgues ; notamment deux d'entre elles, tirées de mss. du haut moyen-âge\nsont instructives. M. Buck part d'une idée que certains trouveront trop ingénieuse, mais que je\nne lui reprocherais pas, ayant moi même fait à propos du luth, une communication du même\ngenre à notre Section de Paris, il y a deux ans. Il met en parallèle les destinées de la royauté\net celles de l'orgue ; la comparaison est bien menée et judicieuse.\nROUGNON. (Paul) Dictionnaire musical. (Delagrave in B°.)\nToutes les locutions étrangères se trouvent rassemblées dans ce volume, précieux pour tous\nceux qui veulent savoir les termes qu'ils emploient. Historiquement, il y aurait une bien\ncurieuse étude à faire sur ces mots qui furent les agents de l'expression musicale, et les repré-\nsentants du sentiment. M. Rougnon touche ce problème dans une préface rapide qu'il devrait\nun jour développer.\nROBERT (G.) Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in B°.)\nLa petite brochure de M. Robert tend simplement à atténuer ce que les thèses de M.Pirro\net Schweitzer ont de trop catégorique à son avis, et pour ainsi dire de trop abstrait. Il est assez\ndifficile de prendre position dans ce débat. Remarquons d'ailleurs que Pirro est plutôt un\nhistorien chez qui la doctrine est l'accessoire, tandisque M. Robert tient avant tout à la doc-\ntrine et discute pour la préciser. Dans quelle mesure les musiciens allemands de cette grande\nécole du XVIIe et XVIIIe siècle ont-ils tenu compte de ce goût de la description par les sons,\njusqu'à quel point ont ils poussé le déterminisme de ces tendances et la systématisation de ces\nhabitudes, c'est ce que l'histoire ne peut encore nous dire. L'étude que prépare Pirro sur\nBuxtehude jettera de nouveau quelque lumière sur cette obscurité, et nous arriverons peu à peu\nà connaître la vérité. Que l'esthétique fasse encore ici crédit à l'expérimentation."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.74", "texte": "LES LIVRES\n277\n\nMARECHAL (H.) & PARES (G.). —Monographie universelle de l'Orphéon. (Delagrave\nin 12 de 320 pp.; 3 fr. 50.)\nL'Orphéon ! Le mot fait sourire à Paris, et il n'est peut-être pas vin musicien éminent\nqui consente à tourner ses regards de ce côté. On ne veut pas réfléchir au chiffre énorme\nd'amateurs fervents que cache ce terme démodé. Ils sont cinq cent mille en France,\nles orphéonistes avec leurs manifestations périodiques, leurs répertoires, leurs mœurs et\nleurs revendications. Au XIXe siècle Wilhem et Abel Simon les ont fait sortir du sol, grâce à\nune activité qui mérite de ne pas être oubliée. Laurent de Rillé fut leur père artistique, et\nBourgault-Ducoudray mit à leur service une part de son énergie. Ils donnèrent des preuves de\nleur puissance, la puissance du nombre et de la conviction; ils formèrent des festivals monstres,\nils répandirent des millions à travers le pays. Et malgré tout, leur situation est en quelque sorte\nen marge de la vie musicale proprement dite de la nation. Pourquoi ? Si vous voulez le savoir\nlisez attentivement ce livre, tout d'impartialité documentaire, qui montre simplement ce qui a\nété fait en Irance et à l'étranger.1 Et ajoutez lui le rapport que la Fédération du Rhône vient\nd'adresser au Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux Arts, par les soins de son vaillant président,\nM. Dalin de Lyon. Vous verrez ce qu'il manque au mouvement orphéoniste pour remplir le\nrôle qu'il s'est à lui-même proposé. Il y a là de très graves questions, souvent trop mêlées à des\npersonnalités, et à des nécessités financières ou commerciales. Nous y reviendrons un de\nces prochains jours. Il est temps que les revues de musique mettent loyalement leur influence\nau service d'une si belle cause.\nMARTINEAU (R.) Emmanuel Chabrier (Dorbon aîné, éd. Paris).\nIl me plaît de penser que j'ai un peu contribué à la publication de cet ouvrage\nen y encourageant son auteur, à la fois parce que je savais la minutieuse conscience de\nRené Martineau, et parce qu'on ne rendra jamais assez justice, au plus mal connu, au\nplus méconnu, et cependant peut-être au plus français de nos compositeurs français. Tel qu'il\nest ce petit ouvrage est excellent, non qu'il apporte à l'étude de Chabrier des sentiments ou des\nimpressions d'une nouveauté considérable, mais qu'il réunit une documentation précieuse.\nL'esprit qui en a relié les éléments est conforme à la réalité (qui ne fait guère que se dégager\nmaintenant) du rôle joué par Chabrier non seulement durant sa vie, mais depuis sa mort\npar l'influence ou tout au moins le témoignage qu'il a apporté à la nationalisation de\nnotre musique.\nL'intelligence avisée de Chabrier et son sens du comique musical, sont deux éléments où\nse référeront toujours avec avantage nos musiciens..\nEt j'en voudrais presque à René Martineau de n'avoir pas insisté sur la qualité de\n\" précurseur \" : sur ce titre de patron de la musique française qu'on peut donner à Emmanuel\nChabrier, bien plus équitablement qu'on ne l'a fait au génie Wallon qu'est César Franck.\nMais le petit ouvrage de René Martineau n'est point une œuvre de discussion, ni une thèse,\nc'est un ouvrage documentaire auquel ne pourront manquer de se rapporter tous ceux\nque l'œuvre et la vie de Chabrier peuvent attirer, et je pense que l'attirance de Chabrier se\nfera de jour en jour plus grande : un mouvement semble bien se dessiner actuellement\nen ce sens.\nOutre ses qualités personnelles le livre de René Martineau possède celle de venir à son\nheure.\n\n1 La documentation étrangère a été réunie par voie diplomatique. Elle est fort intéressante. Mais pourquoi\nnotre consul de Bangkok veut-il que le chant national siamois ait été composé par Lully ?"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.75", "texte": "278\nS. I. M.\n\nJe rectifierai simplement à la page 90 un petit point documentaire. Le duo de F ouvreuse\nde VOpéra-Comique et de remployé de Bon-Marché n'est pas resté inédit. Il a été publié dans le\nFigaro Musical. Avril 1893. no 19, page 79. Ce duo est extrait d'une revue de Paul Fuchset\nHenry Lyon, intitulée Cent moins un. Tous les amis de la cantatrice Henriette Fuchs avaient\ncollaboré à cette revue: c'étaient Pauline Viardot, Delibes, Massenet, Guiraud, Dubois, Joncières,\nChabrier, Lecoq, Wormser, Peiffer, Thomé, Widor, Lenepveu, Messager, Vidal, Pierné,\nd'lndy, Chausson, Tiersot, de Kervegnen, Bemberg et Palicot.\nIl serait assez curieux de pouvoir retrouver aujourd'hui quelques-uns des morceaux de cette\nrevue.\nG. JEAN AUBRY.\nJULIEN TIERSOT. Gluck (collection : les Maîtres de la Musique). Paris, Alcan,\n1910, in-8, 249 p.\nC'est chose assez curieuse, et cependant parfaitement explicable, que l'on ait manqué si\nlongtemps, chez nous, d'une biographie de Gluck, aussi bien que d'une biographie de Rameau\nou de Lully. Beaucoup de volumes et de brochures, souvent médiocres, quelquefois excellents,\nparaissaient sur les classiques allemands, alors que nous ne possédions encore, sur Gluck, que\nla compilation de Desnoiresterres, et sur Rameau et Lully, rien ou à peu près rien : c'est qu'il\nétait fort aisé d'abréger ad usum Delphini des monographies étrangères, et fort long et difficile\nde remonter aux sources et d'apprendre à connaître et juger par soi-même ; c'est aussi qu'il\nétait profitable aux librairies d'exposer en vente des ouvrages relatifs à quelques musiciens\nuniversellement célèbres, et au contraire, aléatoire de proposer au public des études consacrées\nà des maîtres oubliés, dont à peine il avait entendu un air ou un rigaudon. Il nous souvient\nd'avoir, il y a vingt ans, vu confondre, par des \"amateurs\", Orphée tout court avec Orphée\naux enfers. Les temps sont assez changés pour que pareil accident devienne rare, et les \" snobs \"\nqui ont succédé aux u dilettanti \" font au moins quelques efforts pour paraître renseignés.\nGluck, bavarois de naissance, nous appartient, comme le florentin Lully, par le meilleur\nde son génie, par ce que son historien actuel, M. Tiersot, appelle justement son \"œuvre\ndéfinitive \". Voici maintes années que M. Tiersot vit dans son intimité. Appelé à terminer la\ngrande édition en partition d'orchestre, qu'avait commencée Mlle Pelletan, il a mené à bien la\npublication d''Orphée et celle d'Echo et Narcisse. Ses préfaces, ses études de détail sur la vie et\nles ouvrages de Gluck sont fort importantes et présagent la valeur du livre qu'il prépare sur\n\" Chr.-W. Gluck et la philosophie du XVIIIe siècle \". Celui qu'il fait paraître aujourd'hui\nsous la couverture bleue de la collection \" les Maîtres de la Musique \" fera patienter les plus\npressés et contentera les plus difficiles. Au point de vue des progrès que peut et doit faire le\npublic dans la connaissance de Gluck, il y aura tout à gagner à ce que le petit volume de\n\" vulgarisation \", concis, attrayant et sûr, ait précédé, cette fois, le gros livre d'\" érudition\nMICHEL BRENET.\nTAYLOR. LA PSYCHOLOGIE DU CHANT. (The Macmillan Company, New-York, 1908).\nJe voudrais voir ce livre entre les mains de tous ceux qui enseignent, —ou prétendent\nenseigner, le chant. Il leur donnerait à réfléchir sur la valeur de certaines doctrines trop\nuniversellement admises\nDans sa première partie, M. Taylor fait un exposé des diverses méthodes de culture vocale.\nC'est déjà une tâche ardue : elles sont légion : beaucoup de maîtres s'autorisent de la physiologie,\nd'autres ont ressuscité l'ancienne école italienne (où donc l'ont-ils retrouvée ?) d'autres"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.76", "texte": "LES LIVRES\n279\n\nenseignent le chant naturel et ne sont pas pour cela plus simplistes que leurs confrères ; d'autres,\nenfin, se targuent d'appliquer un système et ne s'aperçoivent pas qu'ils en pratiquent un autre.\nAyant exposé toutes ces méthodes, M. Taylor, s'occupe dans sa seconde partie, défaire leur\nprocès à chacune d'elles. Il s'attaque tout d'abord à ceux qui prétendent baser l'émission vocale\nsur un système respiratoire, quel qu'il soit. \" Il n'a jamais été prouvé nous dit-il que l'usage\ncorrect de la voix soit en relation avec le système respiratoire Les exercices respiratoires,\nimposés aux élèves, simples en apparence, représentent un formidable travail musculaire.\nPourquoi respirer en chantant autrement que dans la vie courante ? Un orphéoniste, un joueur\nde tuba, par exemple, marchera pendant plusieurs heures, portant son pesant instrument et le\njouant la moitié du temps. Considérons-le comme un objet digne d'admiration et de sympathie,\net ne nous embarrassons pas de trop de principes.\nLes principes vocaux varient, d'école à école, et même de maître à maître : vous n'en\ntrouverez pas deux qui soient d'accord pour la position correcte du larynx : les uns vous\nrecommanderont de l'élever autant que possible, les autres de le baisser, d'autres varieront selon\nla hauteur de la note à émettre. La position de la langue et du palais n'est pas mieux établie ;\nla question des registres n'a jamais été vérifiée au laryngoscope ; le coup de glotte, quelquefois\nréputé excellent est, quelquefois totalement proscrit.\nM. Taylor en veut tout particulièrement à la méthode scientifique. Selon cette méthode, la\nproduction tonale devient un problème physiologique. Après une description détaillée des\norganes vocaux, le maître essaye de faire à l'élève l'explication exacte des opérations musculaires\nà effectuer : il n'oublie qu'une chose, c'est que la science n'a jamais jeté aucune lumière sur le\nfait de la production vocale CORRECTE : elle contrôle seulement le son, lorsqu'il a été émis.\nChose plus grave, d'après ce système, l'émission du son devient d'une prodigieuse complexité.\nLes opérations à accomplir dans ce but ne demandent pas moins d'une page entière d'explica-\ntion. Et elles doivent s'effectuer en une seconde! Un élève tant soit peu doué au point de vue\nvocal est généralement tout à fait abasourdi en voyant une chose aussi simple s'entourer de tant\nde mystère.\nLes moyens empiriques empruntés à l'ancienne tradition italienne ne reposent guère sur\nune base stable, si l'on veut les prendre àla lettre. Que signifie, par exemple, les phrases\nconsacrées: Soutenez le son. Chantez dans Le vide Si l'opération se passe dans le\nvide, elle ne sera pas simplifiée pour cela, au contraire. Ce système se complète par l'étude des\nsensations vocales. En décrivant à l'élève ce qu'il doit ressentir lorsque l'action vocale est\ncorrecte, on croit lui enseigner le moyen de l'effectuer. On lui dit, par exemple :\nle son vibrer à la racine des dents supérieures ou encore : Ces\nraisonnements pèchent par la base. Pour que l'élève ressente ces sensations, il faut forcément\nqu'il ait trouvé une première fois, moyen de les produire. Il y a là tout au plus un moyen de\ncontrôle.\nTous ces procédés musculaires ne sont que des à peu près, et il serait aisé de les démolir.\nLeur facile empirisme répond pourtant à quelque chose; et c'est ici que M. Taylor devient\nexcessivement ingénieux, avec sa troisième partie : les bases d'une science vocale. J'aimerais à\nrapprocher ces chapîtres du livre publié il y a deux ans par M. Bonnier sur le même sujet.\nM. Bonnier et M. Taylor semblent souvent s'être donné le mot. Mais M. Bonnier fait\ndu problème vocal un problème d'acoustique et M. Taylor en fait un problème d'audition. Le\nLe premier nous dit : placez la voix au plus loin, au but même où elle doit être entendue ; le\nsecond nous dit : écoutez-vous vous-même ; écoutez le maître qui vous donne l'exemple. Pour\nguider une voix, il ne faut QUE l'écouter. L'IMITATION est la seule base rationnelle de la\nculture vocale. A. M."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.77", "texte": "280\nS. I. M.\n\nMATHIS LUSSY. Ceci n'est qu'une simple note pour apprendre à nos lecteurs que\nMathis Lussy a existé, et que son nom appartient à l'histoire de la psychologie musicale. Il est\nmort en janvier dernier, âgé de quatre-vingt-deux ans. Charles Lévêque l'appréciait et\nattachait à ses travaux une importance capitale. Jules Combarieu paraît bien s'être inspiré de\nlui, sinon de lui seul dans son travail sur le Rythme. Les ouvrages de Lussy sont, outre le\nlivre fait en collaboration sur Y Histoire de la notation musicale, deux autres livres, l'un sur\nY Expression musicale, l'autre sur le Rythme; la dernière brochure dont le titre est Y Anacrouse les\nrésume. Les ouvrages de Mathis Lussy sont édités par la maison Heugel.\nHans de Biïlow considérait Lussy comme l'inventeur de Y Anacrouse. \"Anacrouse \" est le\nnom de ces membres de phrases musicales qui ne font point partie du corps même de la phrase\nqui la préparent, et en la préparant, Y animent. Dans l'ordre des gestes il en est d'avant\ncoureurs qui facilitent le geste essentiel en aidant, à la fois, à son efficacité et à sa grâce. Dans\nle premier nocturne en si bémol mineur de Chopin les six premières notes: si do la rè si Wjouent\nle rôle d'Anacrouse ; l'on peut s'en assurer par la phrase incidente qui lui fait suite.\nLa découverte de l'anacrouse, le jour où les travaux de Lussy seront connus de tous les\nmusiciens, permettra d'analyser intelligemment et intellectuellement la phrase musicale. Je n'oserai\ninsister sur l'importance de Y Anacrouse au point de vue pathétique, cela m'entraînerait à des\ndistinctions dont la subtilité rebuterait le lecteur et dont la brièveté obligée l'irriterait peut-\nêtre davantage. Et si je me permettais une allusion à la portée, psychologique de Y Anacrouse\nj'encourrais le reproche d'exagérer délibérément l'intérêt d'une simple remarque.\nL'anacrouse est en effet un élément accessoire. Il n'influe pas sur la forme d'une phrase.\nLes notes de la suite desquelles cette phrase est faite, restent ce qu'elles sont. On sait la\nremarque du poète : sans le soleil \"chaque chose ne serait que ce qu'elle est\". Il en est un peu\nde l'anacrouse ainsi que du soleil. Son influence s'exerce sur le mouvement de la phrase, car\non sait qu'une phrase musicale se dessine en même temps qu'elle se meut et que les modalités\nde son mouvement contribuent, sinon à sa manière d'être, du moins à sa manière de vivre\npendant l'infiniment courte durée de vie que le destin lui réserve. Et c'est pourquoi l'anacrouse\nest un principe d'animation, de coloration. Nous lui donnions tout à l'heure la portée d'un\ngeste avant-coureur et nous disions fort bien, ce nous semble. Le mot grec anakrousis a en\neffet le sens de prélude. Etymologiquement il signifie une action en arrière, un recul. De ce\ngenre est essentiellement le \" recul pour mieux sauter \"\nOn pourrait soutenir, sans exagération, que la mise en valeur des éléments anacrousiques\nde la phrase musicale est le centre de la psychologie musicale de Mathis Lussy. Il ne s'est\nd'ailleurs jamais donné pour un psychologue. Il n'a pas appris la psychologie. Je ne sais même\ns'il a lu quelques traités élémentaires sur les \" Facultés de l'âme. \" J'irais d'ailleurs jusqu'à\nsoutenir qu'il a bénéficié de son ignorance. C'est par l'inspection directe de .la phrase musicale,\nqu'il s'est révélé psychologue, en faisant des éducations de pianiste, en s'efforcant de remédier à\nl'insuffisance de réflexion ou d'intelligence d'un élève.\nQuel grand psychologue de la musique Lussy n'eût-il pas été, si au lieu d'être l'aîné\nd'un Cari Stumpf, il avait eu l'âge de ses étudiants d'aujourd'hui !\nJe me le suis dit souvent. En me l'entendant dire, Lussy m'aurait souri, de ce bon et\nindulgent sourire que ses amis lui connaissaient. \" Ne croyez pas cela, m'aurait-il murmuré à\n\" l'oreille. Je suis de ces innocents aux mains pleines qui n'ont rien appris parce qu'ils ont su\n\" à l'avance ce qu'il était essentiel de savoir sans avoir besoin d'aller consulter tel maître ou\n\" tel livre. Les intuitifs n'ont d'autre maître qu'eux-mêmes. Ils ouvrent les yeux, et ils voient.\n\" Et quand ils racontent ce qu'ils ont vu, ils s'aperçoivent bien que ceux qui les écoutent ne\n\" les croient pas toujours. Mais ils savent attendre, assurés, qu'un jour ou l'autre, il leur sera\n\" donné raison. \" ,"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.78", "texte": "LES LIVRES\n281\n\nEt puis Mathis Lussy tenait bien plus au succès de ses découvertes qu'à la durée de son\nnom. Il était d'une sagesse pour le moins égale à sa bonne humeur. Et c'est beaucoup dire.\nLIONEL DAURIAC.\nCHANTS ET CHANSONS \\du Nivernais M ILLIEN,\navec les airs notés par J. G. PÉNAVAIRE. Paris, Leroux, 2 vol. in-8.\nSur trois volumes que cette collection doit comprendre, les deux premiers seulement sont\nparus. Nous n attendrons point le dernier pour saluer cette contribution importante aux études\nde folk-lore musical.\nIVL Achille Millien, qui est un connaisseur averti de la littérature et des traditions\npopulaires, a songe reunir et conserver ce que notre province de Nivernais garde encore de son\npassé qui chante. A cette bonne tache il a consacre un temps précieux et sa peine n'a point\nété perdue. L'œuvre de son collaborateur musicien, M. Pénavaire, aujourd'hui disparu, nous\nconcerne ici plus immédiatement. Elle appelle une critique grave. IVL Pénavaire était violoniste\net compositeur. le sens du folk-lore me semble pas lui être jamais venu. Il a noté, nous\napprend la préface, deux mille six cents mélodies ! En a-t-il pénétré l'âme intime ? Pour notre\npart, nous ne le croyons pas. Que penser en effet de cette déclaration ? \"Il n'est pas toujours\ncommode de noter avec soin ces vieilles et souvent charmantes mélodies populaires et de les\nramener a l exacte mesure, Jai essaye de le faire de la façon la plus simple. Quelques récolteurs,\nvoulant rendre de leur mieux les fautes du chanteur, écrivent avec plusieurs changements\nexagérés de mesure ; des £ et des | succèdent à des f ou à des f ; d'autres n'écrivent que des\nvaleurs de notes non mesurées, tempo rubato, forme plain-chant ; cette recherche d'écriture,\nlorsqu'elle n'est pas obligatoire parait un peu prétentieuse pour une pauvre petite chanson. \"\nEt M. Pénavaire de conformer ses notations à son principe et de faire, bon gré, mal gré,\nrentrer ce qu il entend et ce qu il transcrit dans le moule d'une mesure fixe. Il méconnaît ainsi\nce que des folkloristes très autorisés, qui sont en même temps des maîtres de la composition\nmusicale ou des historiens de la musique, ont reconnu; Vincent d'lndy, Tiersot, Olmeda,\nPedrell, Lissenko, Kuhacs, Rimsky-Korsakov et tant d'autres ont fait accepter le principe de\nla liberté rythmique dans la chanson populaire, comme un dernier vestige en effet de la\ncantilène ecclésiastique du moyen âge en Occident et en Orient.\nSeulement M. Penavaire, compositeur de musique, appartient à une génération où la\ncarrure dans la phrase musicale faisait loi et le folkloriste n'a pas su dépouiller les habitudes\ndu musicien.\nFOLK SONGS frorn Somerset gathered an CECIL\nJ. SHARP and CHARLES L. MARSON. Taunton, 1904-1909. 5 volumes actuellement parus.\nFaut-il rappeler que le Somerset est un des comtés au sud-ouest de l'Angleterre, au sud\ndu canal de Bristol et de l'embouchure de la Severn ? Nous sommes en pays anglo-saxon et\nnous ne touchons pas encore la terre celtique du Cornouailles : remarque qui a son intérêt\ndans une étude de folk-lore.\nCinq volumes de cette très intéressante publication sont aujourd'hui parus. Il entrait dans\nl'esprit des éditeurs de présenter ces folk songsavec une parure harmonique sous la forme d'un\naccompagnement de piano. C'est une conception qui se défend. Nous ne l'aimons guère. Elle\nôte le caractère scientifique d'une publication bien faite, ce qui est le cas ici. La rythmique\nest généralement peu intéressante dans le folk-lore musical des peuples germaniques et anglo-\nsaxons. En revanche, les éditeurs des mélodies populaires du Somerset nous offrent d'admirables\nexemples de la survivance des tonalités ecclésiastiques à l'époque moderne. MM. Sharp et"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.79", "texte": "28 2\nS. I. M.\n\nMarson les ont senties et respectées. Et c'est une bonne surprise, à la fin d'un recueil, qu'on\npeut croire entièrement consacré à la vulgarisation, de trouver un ensemble de notes et de\ncommentaires bibliographiques et musicaux, très intéressants et très précis, qui constituent\nl'état-civil de chacune des pièces du recueil et nous consolent un peu que ces pièces soient\nprésentées with pianoforte accompaniment. P. AUBRY.\n\nLIVRES REÇUS\nPROD'HOMME (J.-G.). Richard Wagner. (Portraits d'Hier, in 12°.)\nBOLLETTINO del l'Associazione dei Musicologi Italiani. Puntate I & 11. (Parma\n1909 in fol. de 30 pp.)\nEYQUEM (Daniel.) La Musique populaire d'après une nouvelle écriture musicale.\n(Paris 29 rue de l'Echiquier.)\nSolfège d'après la nouvelle écriture musicale et la théorie des douze sons, suivi d'exer-\ncices pratiques par Mme A. Gédalge. (Ibid. in-B°.)\nMETHODE MODALE CHIFFREE. Pour l'enseignement de la musique.\n(Association galliniste, 8 rue Caplat, in-120 de 105 pp. 2 fr.)\nMARTINE AU (René). Emmanuel Chabrier. (Dorbon ainé in-120 de 130 pp.\n3 fr.)\nROBERT (Gustave). Le descriptif chez Bach. (Fischbacher in-8° de 75 pp.)\nROUGNON (Paul). Dictionnaire musical des locutions étrangères. (Delagrave,\nin-8° de 200 pp. 3 fr. 50.)\nPARES (G.) & MARECHAL (H.). Monographie Universelle de l'Orhpéon.\n(Delagrave, in-120 de 336 pp. 3 fr. 50.)\nFARMER (H. G.). History of military music in England. (London Reeves in-8°\nde 200 pp.)\nWOOLLETT (Henry). Histoire de la musique, vol. I. (Publications du \" Monde\nMusical,\" in-120 de 517 pp. 3 fr. 50.)\nSCHLESINGER (Kathleen). Instruments of the Orchestra, vol. I. (Ancient vol. 11.\n(Modem). (London Reeves, deux vol. in-B°.)\nENGEL (Karl). The Music of the most ancient Nations. (Reeves in-8° de\n380 pp. 8/6.)\nSMITH (Hermann). The Word's earliest Music. (London Reeves, in-20 de\n363 pp. 6/.)\nBUCK (Dudley). The influence of the organ in history. (Reeves in-120 de\n45 PP. i/O\nHARRIS (C. Antrobus). Chronometrical Chart of Musical History. (London\nReeves in-fol. 1 /.)\nBARCLAY SQUIRE (W.-M). Catalogue of the printed music in the Library ot\nthe royal collège of music, London. (London Novelle in-40 de 368 pp.)\nKONGRESS der Internationalen Muzik-Gesellschaft. Troisième Congrès de la\nSociété Internationale de musique. (Vienne Artaria et Leipzig Breitkopf, in-8° de 690 pp.)\nMITJANA Rafaël). Para musica vamos !. (Valencia F. Sempere & Ca. In-120\nde 230 pp.)"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.80", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nLa Quinzaine de Pâques a quelque peu\nralenti les concerts d'artistes, mais la semaine\nsainte nous a apporté les concerts spirituels de\ntradition. Abstenons-nous de tout préambule\net commençons par Je Conservatoire qui\ndonna deux œuvres importantes, la Faust\nSymphonie, de Liszt, qui fut une nouveauté\nrue Bergère, et le Requiem, de M. Fauré.\nL'œuvre de Liszt est une de celles où il nous\napparaît le plus comme un Précurseur. Le\nRequiem, très caractéristique de son auteur,\nest délicat et reposant. Il n'a pas de \" dies\niras, pas de fracas à la Berlioz. C'est le\nRequiem de Mélisande ou de quelque vague\npetite princesse, l'auteur l'a voulu ainsi, mais\nnotre émotion n'en est pas moindre. Aux\ndeux derniers concerts auxquels nous assis-\ntâmes, M. Messager conduisit trop lentement,\nsurtout les fragments de Maîtres Chanteurs et\nla Symphonie en ré de Brahms.\nVoici les Concerts Colonne atteints\npar la perte trop prévue du chef qui les con-\nduisit pendant trente-six années. Le Maître\neut ses derniers jours éclairés par les succès de\nson orchestre dans plusieurs œuvres nouvelles,\ncomme le Diptyque Breton de M. Pierre\nKunc, l'Hymne à Aphrodite de M. Gabriel\nDupont, les Symphonies de MM. Théodore\nDubois et Gédalge, l'An Mil, toujours amu-\nsant, de M. Pierné. La 3me Symphonie de\nM. Gédalge n'a pas déplu, elle vaut mieux\nque ce demi succès. La Symphonie Française\nde M. Dubois, jouée en novembre dernier à\nBruxelles, vivante et vibrante, honore celui\nqui l'écrivit. Au Concert Spirituel, on donna\nles Béatitudes, dans leur ensemble.\nAux Concerts Lamoureux, deux es-\nsais de chœurs d'enfants, de M. Roger Ducasse,\nont peu réussi, en raison surtout de l'inex-\npérience des exécutants ; une mélodie, de\nM. Coquard, d'orchestration puissante, eut\ndemandé une partie vocale plus importante.\nLa Symphonie nouvelle de M. Lazzari est\nvigoureuse et claire, sans concessions au\nmodernisme ; mais elle a trop d'extériorité,\nelle veut vivre plus encore qu'elle ne vit.\nDeux mélodies si mélodies il y a de\nM. Florent Schmitt sont surtout des pièces\nd'orchestre. Y a-t-il donc quelque infériorité\nà écrire pour la voix ?\nPhilarmonia nous paraît être à peu près\nSymphonia transférée du théâtre insuffisant\ndes Batignolles au coquet théâtre Réjane.\nPuisse cette salle, où s'est faite tant et de si\nbonne musique, porter bonheur à MM. Cathe-\nrine et Bachelet. Le début est excellent."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.81", "texte": "l3s\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nM. Sechiari a tenu à répéter les frag-\nments importants de Solea, la \" tragédie\nlyrique \" de M. Isidore de Lara dont il nous\navait gratifiés l'an dernier. Cette musique\ncomposite, cosmopolite, violente et creuse\nserait tout à fait à sa place sur une scène de\ncasino. Elle procède de Messaline et a produit\nSanga. Le choix de l'ouverture \" solennelle \"\nde Tschaïkowsky, 1812, n'a pas été plus\nheureux. Voilà un bruit bien cher ! Au con-\ncert précédent, on avait eu la chance d'en-\ntendre M. Risler et Mlle Kacerovska, de\njolies pièces de MM. Th. Dubois et Léo\nSachs qui consolaient de la trop pathétique\nSymphonie n° 6 de Tschaïkowsky.\nNous avons quitté avec regret la Salle\nGaveau, le 9 mars, après le dernier Concert\nDurand. Le grand succès de ces séances de\nmusique française nous fait croire à la même\nsérie l'an prochain. On aurait ainsi des im-\npressions annuelles sur notre évolution que\npar les programmes nécessairement éclectiques\ndes autres concerts.\nLa Schola, plus agissante que jamais, a\ndonné à la Salle Gaveau deux bonnes auditions\nde la Messe en ré et une d' \" Orphée et\nEurydice \" de Gluck, tel qu'il fut chanté de\n1774 à 1831. N'est-il pas stupéfiant qu'une\ncoupure, une transposition, un changement\ndans un rôle et ce qui est plus grave ici\nle changement complet d'un rôle, apportés\npar un régisseur quelconque, forment aussitôt\nune tradition immuable. M. Carré aura-t-il\njamais cette audace-là ?\nLa deuxième séance de la Société\nHaendel avait à son programme de grands\net vénérables noms comme ceux de Sweelinck,\nSchùtz, Keiser et Haendel, dans des œuvres\nun peu trop courtes mais d'un intérêt puissant.\nMais à cela il faudrait des moyens d'exécution\nqui manquent encore à une jeune société\nd'amateurs, quelle que soit la foi de son chef\net de ses membres. Il serait préférable de se\nrestreindre et de ne donner que des œuvres\nchorales bien étudiées et jouées dans la sono-\nrité voulue.\nLe 23 avril, nous entendrons cette société\ngroupée au Trocadéro et au nombre de\n400 exécutants ; elle donnera une audition\ndu Messie au profit des Inondés.\nCe n'est pas déchoir que de rappeler main-\ntenant les séances du Cercle Musical\npuisque le quatuor Firmin Touche en est la\nbase. Le 4 mars, il y joua un nouveau\nQuatuor pour Archets de M. Th. Dubois\nqui témoigne de la vigueur et de la souplesse\nd'esprit d'un auteur toujours resté jeune.\nLes Soirées d'Art ont également clôturé\navec des salles combles. Toute la série des\nQuatuors de Beethoven a eu son épanouisse-\nment dans l'exquis Septuor qui, s'il n'a pas la\ngrandeur des immortels derniers Quatuors,\nune œuvre d'éternelle fraîcheur. Comme\nsolistes, MM. Risler, Van Dyck, etc. On ne\npourra demander mieux l'an prochain et la\ncontinuité de cette œuvre d'intelligente vul-\ngarisation est assurée.\nPour son dernier concert d'œuvres fran-\nçaises de violon, M. Debroux donna deux\nconcertos et une sonate de J. M. Leclair, une\nsonate de Bouvard et des œuvres de Jacques\net de Louis Aubert. Il y a dans toute cette\nmusique un air de famille qui prive quelque\npeu d'imprévu, mais une santé et une robus-\ntesse à la Haendel qui plaisent. Exécution\nparfaite par M. Debroux et par M. Eugène\nWagner, qui accompagne ces vieilles choses\navec un style idéal.\nLes trois séances pour harpe chromatique\nde Mlle Cornelis qui est àla fois can-\ntatrice très agréable - nous ont laissé une\nprofonde impression, car la virtuosité n'y avait\nqu'une place accessoire. M. Boissel a chanté,\nà la dernière séance, d'expressives mélodies de\nM. Ch. Koechlin.\nIl faudrait disposer de quelques lignes pour\nrésumer et apprécier la remarquable Confé-\nrence faite en français très pur et avec un\ngrand bonheur d'expressions par M. Edwin\nEvans, de Londres, sur le lied anglais, à la\nSociété du Lied en tous les pays si heureusement\ndirigée par M. LENORMANT. NOUS ignorons\npresque tout de l'étranger, aussi sommes-nous\ncharmés lorsqu'on nous en parle avec compé-\ntence. Ce fut le cas. Cet exposé de l'état\nactuel de la musique dans le Royaume Uni fut"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.82", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n139\n\nillustré d'une quinzaine de lieder chantés avec\nbeaucoup d'intelligence et de charme par\nMlle Hélène M. Luquiens.\nMentionnons à la hâte une séance d'œuvres\nde Mme Héritte Viardot, fille de la\ngrande cantatrice, œuvres descriptives et agréa-\nbles (joli trio), le Concert de M. et Mme\nGustav Wagner, avec la belle sonate de\nviolon de Lekeu, une moins bonne de\nTrepart et le Concerto pour quatre violons\nde Vivaldi, le concert de M. Jean Ten Have\navec le concours de sa sœur Mme Salmon, le\nrécital de piano de M. Paul Groldschmidt,\ninterprète délicat et distingué de Chopin,\npuissant de Liszt et de Brahms, très applaudi,\nl'intéressant trio Kellert, le deuxième con-\ncert de Mme Caponsacchi Jeissler,\nvioloncelliste d'un charme et d'une pureté de\nson toute spéciale, (la sonate de M. Chevillard\nfut très bien jouée,) une séance de violoncelle\n\nSOCIÉTÉ MUSICALE INDÉPENDANTE\nMalgré le progrès du goût musical dans notre pays et le nombre relativement\nélevé des sociétés de concert, 1 abondance et la variété de la production musicale\ncontemporaine rendent chaque jour plus nécessaire la création de nouveaux\norganes de diffusion artistique.\nSans méconnaître les précieux services rendus à notre art par tant de sociétés\nmusicales actives et dévouées, il est permis de déplorer que les plus florissantes\nd'entre elles n'aient pu échapper rançon inévitable du succès à une certaine\nspécialisation. Créer un milieu libre où toutes les tentatives artistiques, sans\ndistinction de genre, de style ni d'école recevront bon accueil, où toutes les forces\nvives de notre jeune génération s'uniront fraternellement pour mettre à la dis-\nposition de tous des moyens d'exécution aussi parfaits que possible qu'il\ns'agisse de musique d'Orchestre ou de musique de chambre, tel est le but que\nse propose d'atteindre la SOCIÉTÉ MUSICALE INDÉPENDANTE.\n€\nTout en s'attachant particulièrement à favoriser les plus jeunes tendances et à\npréparer l'avenir, la SOCIÉTÉ INDÉPENDANTE n'exclura pas cependant de ses\nprogrammes les œuvres du passé dont la révélation pourrait sembler intéressante.\nL'administration artistique de la SOCIÉTÉ INDÉPENDANTE sera assumée\npar le Comité soussigné, sous la présidence effective de M. Gabriel FAURÉ\nDirecteur du Conservatoire.\nLE COMITÉ :\nGABRIEL FAURÉ, Loyis AUBERT, ANDRÉ CAPLET, ROGER\nDUCASSE, JEAN HURÉ, CHARLES KOECHLIN, MAURICE RAVEL\nFLORENT SCHMITT, EMILE VUILLERMOZ.\nSecrétaire général : A. Z. MATHOT.\nEnvoyer les adhésions, les souscriptions, les manuscrits et les demandes d'exécution au Secrétariat\nGénéral de la SOCIETE MUSICALE INDÉPENDANTE, 11, rue Bergere. Tél. 23431.\nLa cotisation annuelle des membres de la Société est fixée à 30 fr. donnant droit à 3 places\nréservées pour chaque Concert.\nLes cinq premiers Concerts de cette saison seront donnés alternativement Salle GAVEAU et\nSalle ERARD. Le premier est fixé au Mercredi 20 Avril."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.83", "texte": "Rouart, Lerolle ù Cle\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVE AU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nVIENNENT DE \"PARAITRE :\nj ' v\nDéodat de Séverac : LE, CŒUR DU MOULIN, Drame-Lyrique en\n2 actes, la partition 15 francs.\nPierre de Bréville : EROS VAINQUEUR, Conte Lyrique en 3 actes\nla partition net 20 francs.\nAlbert Roussel : POÈME DE LA FORÊT, Symphonie réduite â\n4 mains, net 10 francs."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.84", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n141\n\négalement par M. Georges Sitsch avec les\ntrois grandes sonates (MME JANE MORTIER au\npiano) de J. S. Bach, où l'exécution eut quel-\nque sécheresse, d'agréables récitals de piano de\nM. Herbert Tryer, de M\"' Guller, etc.\nM. Roger de Francmesnil, pianiste déjà\nglorieux, se fit entendre le 10 mars, Salle\nErard, avec l'orchestre de M. Chevillard, dans\nles Concertos de Schumann et de Rimsky\nKorsakow (qu'il joua mieux que celui de\nSchumann) et de jolies pièces adéquates à son\ntalent très délicat mais sans grande puissance.\nLa Sonate de M. Dukas, ia Sonate en mi\nde M. d'lndy, le Prélude Choral et Fugue de\nFranck, voilà certes un programme qui n'a\nrien d 'enfantin. C'était celui de Mlle Veluard\nà la Schola, le 18 mars, et vous savez que\nMlle Veluard est presque une enfant. Exécu-\ntion souple et facile, pas assez de force dans le\nFranck, mais quel espoir ne pas fonder sur des\ndons comme ceux-là !\nNous aurons encore en avril l'occasion de\nparler du Quatuor Lejeune dont nous ne\ndirons jamais trop de bien. Le 16 mars, il y\neut ce curieux Quatuor sur le nom de Bielaïeff\n(si b, la, fa) écrit par Rimsky, Liadow, Borodine\net Glazounow, et trois délicieuses novelettes\npour quatuor archets de Glazounow, un\nquatuor de Kopylow et enfin, MllK' Miquel\nAlzieu dans Islamey, la fantaisie orientale de\nBalakirew.\nNous sommes aux regrets de n'avoir que\ndeux lignes pour le concert de M. de Vogel,\nprofesseur de piano au Conservatoire de Rot-\nterdam, et de M. Van Isterdael, professeur\nde violoncelle au Conservatoire de la Haye.\nCe dernier est un remarquable artiste, d'une\nqualité de son et d'une sobriété d'effets remar-\nquables. Après une sonate de Brahms, M. Van\nIsterdael a joué avec Fauteur une sonate\nencore inédite de M. Louis Delune qui est\nd'une haute valeur musicale et tranche abso-\nlument avec tant de banalités écrites pour ce\nnoble instrument.\nNous ne pouvons que citer l'audition\nd'œuvres nouvelles donnée par la maison\nd'édition Roudanez et exprimer nos regrets\nde n'avoir pu y assister. Il en fut de même du\nConcert classique et moderne (œuvres de\nM. Tremisot) que donna le Cours Chevillard-\nLamoureux de la Plaine-Monceau.\nLes Vendredis du LYCEUM nous ont valu\nplusieurs agréables heures de musique, comme\nprécédemment. Rappelons le beau talent de\npianiste de Mll' Marthe Grirod dans des\nœuvres de Schumann, celui de MnK .AstrilC\nDoria, cantatrice, dans de jolis lieder de\nM. Georges Hue, de Mlle Elizafoetli Dél-\niiez dans du Gounod, etc.\nUn des principaux événements du mois, et\nde la saison a été le concert de musique hon-\ngroise moderne donné par de jeunes maîtres\nde Budapest. Nous publierons prochainement\nun article important sur cette école des Kodaly\net des Bartok. Aux Auditions Modernes\nde nouvelles œuvres : une Suite en trio de\nHenri Defosse de brillante allure, une Sonate\npiano et violon, d'Albert Laurent (d'Armen-\ntières), claire et généreuse, enfin un quatuor à\ncordes de J. Binebaume, jeune Turc, élevé\nen Bulgarie et transplanté en Allemagne élève\nde Rheinberger, musique touffue, mais très\nsincère. Remercions M. Oberdoerffer de pour-\nsuivre cette œuvre de diffusion. A la\nSorbonne au concert du 2 0 mars nous avons\nr\nsurtout remarqué la voix de Mme Camille\nChadeigne contralto accompli, comme l'air de\nBach qu'elle chanta. Enfin mentionnons\nl'audition d'élèves de Mlle Kohi. Le cours de\nM1I( Kohi est certainement à Paris un de ceux\noù se conservent le plus sûrement les bonnes\nméthodes de chant.\nNous oublions certainement beaucoup d'ar-\ntistes. Qu'ils veuillent bien considérer le peu\nde place dont nous disposons et la place\nénorme qu'ils tiennent dans la vie intelligente\nde Paris l'hiver et ils ne nous en tiendront\npas trop rigueur.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince\n\nBORDEAUX. Troisième et dernier\nConcert au \"Cercle Philharmonique,\" avec le\nconcours de Mme Long, dans la \" Ballade '"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.85", "texte": "COURS oe CHŒUR\n11R UE.QE C H ANALE i LLESjlffc\nOißi&é par t\\ià£GERMAINE\nCHEVAI.E.T AVEC LE C ÔNCOURS\noe M- JE.AN VE.RO ltoe/A^\nMARCELLE CROUt «\nLESAMEOI ot2* a5h»»\nDÉCEMBRE a nAS ts=\n\nMUSIKALISCHES WOCHENBLATT «r\nDirecteur: LUDWIG FRANKENSTEIN\nABONNEMENT 13 FR. PAR AN.\nLe \" MUSIKALISCHES WOCHENBLATT \" publie des articles de fond\ndes nouvelles et des critiques, rédigés par les musiciens et les musicologues les plus\néminents. Cette revue abondante donne un tableau complet de la vie musicale\ndu monde entier. Elle est connue pour ses tendances progressistes.\nLe 44 MUSIKALISCHES WOCHENBLATT \" se recommande aux artistes,\néditeurs, luthiers et établissements de tout genre, qui désirent se faire connaître\npar des insertions.\nEnvoi gratuit d'un numéro spécimen.\nADMINISTRATION : OSWALD MUTZE, LEIPZIG\n4, LINDENSTRASSE."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.86", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n143\n\nde Fauré, avec orchestre, et le violoniste\nBoucherit dans un intéressant concert inédit\nd'Haydn, qu'il joua remarquablement.\nDe même à la Société Sainte Cécile, 8e et\ndernier concert, de la saison, avec le concours\nde Mme Renié, harpiste, et Fh. Gaubert,\ndans l'adagio du délicieux concert pour flûte\net harpe de Mozart. L'Orchestre Pennequin,\ndans la symphonie inachevée de Schubert, et\navec les chœurs dans la Psyché de Franck.\nEntre temps, deux séances intimes données\npar la même société, dans la grande salle de\nson Conservatoire. Dans l'une on entendit le\nquatuor Pennequin, dans le quintette de Mo-\nzart et dans le délicieux quatuor de Debussy.\nDans l'autre séance, se firent applaudir, l'habile\nvioloncelliste Van Istaerdael, le pianiste Vogel\net notre harpiste du Conservatoire R.Jandelly.\nA la salle Bermond \"La Société de Musi-\nque ancienne \", continue la série de ses intéres-\nsantes séances, avec des œuvres de choix, la\nplupart inédites et une très bonne mise au\npoint.\nDeux mots sur le récital vocal que donnait,\nSalle Franklin, Mlle Emilie Grossard, belle\nvoix de contralto, chaude, expressive, excellente\ninterprétation des œuvres du programme.\nLa Chanterelle (Cinq Ecole), vient aussi de\nterminer sa saison musicale avec les œuvres du\nCompositeur de la Tombelle, qui prit part\nà l'exécution de ses compositions, et fit une\ntrès spirituelle conférence. Le cercle orphéo-\nnique qui prêtait son concours à cette séance,\nvenait lui aussi, de donner, avec le concours\nde la Société Musicale \" La Bordelaise \", de\nMme Lacroix Orlof, de l'Opéra Impérial\nde Saint-Pétersbourg, et de divers artistes\nrenommés, un grand concert au profit des\nFamilles inondées de la Seine.\nSignalons, le grand Concert, que vient de\ndonner, le corps médical bordelais au çrand\nThéâtre, au profit de l'œuvre intéressante\n<c La goutte de lait bordelaise \" manifestation\nartistique imposante qui fait honneur aux\norganisateurs, et aux bons artistes qui prêtaient\ngracieusement leur concours.\nEnfin pour terminer, \" Sauer \", le grand\npianiste \" Sauer \" ! est venu dans nos murs,\nla Salle Franklin, était trop petite pour conte-\nnir les admirateurs du maître Allemand. Pro-\ngramme aussi intéressant que varié et accueil\nenthousiaste de la part de nos amateurs.\nQuelques jours avant et dans la même salle,\nnous eûmes le plaisir d'entendre, un grand\npianiste aussi, un Français, celui-là, je veux\nparler d'Ed. Risler, qui nous charma par\nune sélection des œuvres les plus importantes\nde Chopin. M. Risler, donnait ce récital à\nl'occasion, du Centenaire du Maître roman-\ntique. Gros succès.\nV. GENDREU.\nNEVERS. —Le magnifique concert donné\nle 11 Mars par Mlle Cecile Déroché, (icr prix)\npianiste, Mlh' Christiane Roussel, violoniste et\nMlle Vannier, cantatrice, a remporté un légi-\ntime succès.\nMlle Christiane Roussel dont la parfaite\ntechnique lui permet de badiner avec les plus\nhautes difficultés, interpréta avec âme et finesse\nAndante et Rondo de la Symphonie Espagnole,\nBerceuse de Fauré et les airs Russes de Wie-\nnawski.\nMhe Cecile Déroché joint une étonnante\nvirtuosité à des sentiments profonds de musi-\ncienne. Belle sonorité et respect de l'auteur\ndont elle se fait la plus fidèle interprète. Ce\nsont ces qualités personnelles qui lui permirent\nde nous donner une exécution brillante et\nraffinée des Sonates de Franck et Destenay, de\nla fantaisie de Chopin et de Mazeppa de Liszt.\nDe frénétiques applaudissements saluèrent ces\ndeux jeunes artistes auxquel nous prédisons le\nplus bel avenir.\nMlle Vannier sut malgré un enrouement\ntrès gênant faire apprécier la beauté de sa voix\net son impeccable diction.\nG. G.\n«\nST-ETIENNE. Le troisième et dernier\nconcert de la saison, donné à St-Etienne par\nla Société des Grands Concerts de Lyon,\ndirection G. M. Witkowski, a obtenu un\ngrand et mérité succès.\nLe principal attrait de ce concert était la\nI 1 audition dans notre ville, de Shéhérazade,"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.87", "texte": "144\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nde Rimsky-Korsakoff, que l'orchestre dirigé\navec maestria par M. Witkowski a rendu de\nfaçon parfaite.\nMlle Vallin a chanté deux lieder &\nPhidylè de Duparc et la Procession du père\nFranck, avec sa voix prenante de mezzo et\nune sûreté de méthode vraiment remarquable.\nLa Chambre Syndicale des Artistes Musi-\nciens de St-Etienne annonce pour le 7 Avril,\nun Concert classique, sous la direction de\nM. Ph. Flon.\nM. Perrachio, le violoncelliste bien connu\ndonnera le 10 Avril son concert annuel avec\nle concours de Mlle Vallin, cantatrice, Mlle Gi-\nrard, pianiste, professeur au Conservatoire, et\nM. Chanel, le nouveau professeur de violon\nsupérieur au Conservatoire.\nE. MICHEL.\nGUERET. Dimanche 13 Mars, le\nlycée donnait sa fête annuelle dont les béné-\nfices iront aux innondés de la Seine. Pensée\ndélicate qui s'accordait au caractère du spec-\ntacle, car le rire le plus franc n'y glissa jamais\nà la vulgarité.\nO\nDe jeunes élèves, que la direction ingénieuse\nde M. Duval sut improviser acteurs, se risquè-\nrent bravement à jouer, sans l'expérience des\nprofessionnels, mais aussi sans leurs contresens,\nles personnages du Légataire et de l'Avocat\nPathelin.\nMais cette partie littéraire ne constituait à\nvrai dire qu'un hors-d'œuvre. Elle aidait cer-\ntaines complexions réfractaires à la musique,\nà accepter un menu dont l'aspect paraissait\nhostile.\nMais les bravos unanimes qui soulignè-\nrent la fin du trio en mi \\) de Schubert, de la\nsonate en la mineur de Schumann, du trio en\nut de Bach et du chœur l'Hymne à la Nuit\nde Rameau témoignent que ces maîtres n'ont\npas seulement prêché des convertis.\nRemercions Mme Lemoine MM. Boos,\nPierret, Marsal, Refort de nous avoir menés à\nces hauteurs.\nTOURS. Récital d'œuvres de Chopin,\npar Raoul Pugno, à l'occasion du Centenaire\ndu \" Poète du Piano \" ; sme5me et 6me concerts\nde l'U. F. P. C., consacrés l'un à Schumann\n(Mlles Ch. Boichin, Dubray, Noëla Cousin),\nl'autre à César Franck (Mllcs Alice Daumas,\nJeanne Blancard, Mme Rimé-Saintel) ; 3me\nConférence-audition de Mllts L. Perny et\nRuin-Gabriac (l'lnfluence de l'Amour sur la\nMusique ; œuvres de M. René Lenor-\nmand, sous la direction de l'auteur); 3me séance\nde Sonates par Mlle Wyder et M. Liéron,\n(Sonates de Corelli et de Gabriel Pierné) avec\nle concours de M. F. Mockers, comme soliste;\nconcert de M. Lazare Lévy et de Mlle Jeanne\nLeclerc. Et, sans parler de soirées plus 011\nmoins artistiques de Sociétés plus ou moins\néphémères, voilà, n'est-il pas vrai r beaucoup\nde musique, en quinze jours, pour une ville\nde province ! Il y faudrait un compte-rendu\ndétaillé pour qu'il puisse intéresser le lecteur.\nFaute de Place, et, plutôt que de voir celui-ci\nsoumis à quelque amputation qui le dénature,,\nj'y renonce...\nH.\nCARCASSONNE. Tout récemment a\neu lieu le troisième concert de XAssociation des\nConcerts Sy?nphoniques de Carcassonne.\nOn a remarqué M. Michel Sabatier\nneveu dans le 22me concerto pour violon de\nViotti, Mme Jeanne Sabatier, pianiste, dans\nune Etude de Paul Lacombe et la Seguedilla\nd\"Albeniz, Mme Auzony, accompagnée au\npiano par M. Auzony, dans une naïve poésie\ndu trouvère Rutebeuf, mise en musique par\nF. Courtade, dans les Stances de Sapho de\nGuonod et une mélodie, l'Exile de P. Lacoynbe,\n- et MM. Douce, Barrai et Raynaud dans\nle Trio pour Clarinette, cor anglais et basson\nde Beethoven.\nTous les artistes méritent nos chaleureuses\nfélicitations.\nL'orchestre, dirigé par M. Miz a fait en-\ntendre une ouverture symphonique de Nicosias, les\nMasques de Pedrotti, Au bord de la Mer de\nDunkler (soliste : M. Bergasse, violoncelliste)\net le Prélude du * Déluge de St Saëns (soliste :\nM. Mir fils, violoniste).\nL'orchestre et admirablement entraîné et"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.88", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\nH 5\n\ndigne de tout éloge ; il faut le louer surtout,\nd'avoir permis à un auditoire nombreux et\nélégant d'applaudir une Suite pastorale du\nmaître carcassonnais 'Paul Lacombe.\nPOITIERS. Pour la première fois nous\navions le plaisir d'entendre à Poitiers la célèbre\ncantatrice Mme Litvinne ;sa voix merveilleuse,\nson admirable interprétation soulevèrent un\nvéritable enthousiasme dans la Mort d'Yseult\nde Wagner, le grand Air d'Alceste, les Amours\ndu Poète de Schumann dont elle donna l'audi-\ntion intégrale et des œuvres de Paul Vidal,\nDiémer, Moussorgski.\nM. Robert Schmitz, pianiste dont le jeune\ntalent promet beaucoup, interpréta avec une\ncompréhension profonde l'exquise Soirée dans\nGrenade de Debussy, un Scherzo d'Edmond\nMalherbe, mais manqua de puissance dans la\ndifficile Etude Transcendantale de Liszt.\nL'excellent violoncelliste Paul Bazelaire\ndonna avec M. Schmitz la belle et sombre\nSonate de Boëllmann et des pièces de César\nCui, Mozart, Chopin qui lui valurent un réel\nsuccès. M. H.\nANGERS. A signaler la très intéres-\nsante conférence donnée par le comte du Pies-\nsis de Grénédan et nous montrant la vie intime\net la vie musicale de Mozart, avec des exem-\nples nombreux de musique et de chant.\nM. B.\nRETHEL. La Société d 1 Etudes Sympho-\nnique s a donné en mars dernier un très beau\nprogramme, à l'Ecole Primaire Supérieure.\nMozart, Haydn, Haendel et Beethoven y\nfiguraient avec des œuvres de chambre et\nd'orchestre et se trouvaient réunis autour d'une\nconférence du Dr. Gobinet sur : les origines\ndu style instrumental et du style classique.\nVoilà de l'excellente propagande provinciale.\nLa musique moderne a été représentée par\nun grand concert dirigée par Grégoire Vays-\nman, et organisé avec différents concours.\nComme solistes: Mlle Malnory, Mllie Verteuil,\nMM. Paul Dazy et H. Grimaud. Comme\nchœurs un groupe de jeunes filles et l'Orphéon\n\"Alsace-Lorraine\". En tout 90 exécutants.\nAu programme : l'Ouverture de Léonore, les\nVariations symphonique et Rebecca de Franck.\nA. G.\nROUEN. Nous avons eu souvent plaisir\nà signaler ici même l'inlassable activité de\nMme Capoy, qui, au milieu des devoirs de sa\nprofession, trouve le temps et les moyens de\npropager à Rouen (ville jadis musicale) ! le\n2:oût de la beauté sonore.\nO\nCet hiver Mme Capoy abordait trois sujets\ndifférents, et nouveaux pour tout le monde\nici. Elle traita d'abord de la musique allemande\navant Bach, et nous présenta d'admirables\nœuvres de Schutz, de Muffat et de l'art choral\ngermanique. Puis elle transporta sa curiosité\net la notre dans la vieille Normandie, avec une\nsérie de Noëls, très curieux historiquement,\ntrès intéressants musicalement et dont nous\nespérons bien voir un jour la publication dans\nl'S. I. M. Enfin elle aborda la science pure\navec une conférence sur la physiologie du larynx.\nCar Mme Capoy est une élève, et très fervente\ndu Dr. Marage, dont elle suit les cours à la\nSorbonne. Donner à tout ceux qui le désirent\nun moyen pratique et scientifique de soigner\nleur organe et d'obtenir une belle voix, telle est\nl'ambition du Dr. Marage et des méthodes\nque Mme Capoy est venu nous exposer, avec\nla meilleure grâce, et une simplicité dont nous\navons tous tiré le plus grand profit. La dé-\nmonstration était faite par Mme Capoy elle-\nmême, et par une jeune artiste de l'Odéon,\nMlle Himmel, qui en déclamant de jolies\npièces, nous a ravi jusqu'au troisième ciel.\n(Qu'elle me, pardonne ce jeu de mot) !\nM. N.\nLYON. Très beau succès au Grand\nThéâtre de Lyon pour le Cabrettaïre, vieille\nlégende d'Auvergne transformée en ballet, par\nMarius Versepuy, et que nous applaudirons\nsans doute un jour à Paris.\nPRIV AS. L\"Association musicale de Privas,\ncontinue son œuvre d'éducation. Après nous\navoir donnée les trois premières symphonies"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.89", "texte": "146\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nde Beethoven, voici qu'elle organise un con-\ncert avec la cinquième, plus Peer Gynt de\nGrieg, le Prélude Lohengrin, et l'Ouverture\n& Iphi génie en Aulide. Privas s'éveille àla grande\nmusique.\nor f/f A. R.\nLYON. Le concert donné le 9 mars à\nla salle Rameau par Mnu Félia Litvinne,avec le\nconcours du violoncelliste Bazelaire et du\npianiste Robert Schnitz, a été pour la grande\ncantatrice l'occasion d'un véritable triomphe.\nA la huitième séance de la Société des Grands\nConsorts, dont le programme était très réussi,\n011 a applaudi le pianiste Emil Sauër quia fait\napprécier un talent très personnel et un jeu\nd'une incomparable légèreté.\nPour clôturer la série des auditions de cette\nannée, M. Witkowski a fait entendre le mardi\nsaint, dans un concert spirituel, la Passion selon\nSaint Jean. L'œuvre de Bach, qu'on exécutait\npour la première fois, à Lyon, a été donnée\ndans sa presque intégralité. Mlle Eléonore\nBlp,nc, Mme Fouqué, M.M. Plamondon et\nMary en ont chanté les soli, ces deux derniers\nartistes avec beaucoup de succès. L'orchestre\ns'est montré à la hauteur de sa tâche; mais les\nchoeurs de la Schola, stylés avec une patience\ninlassable par M. Witkowski, méritent des\néloges spéciaux pour leur belle tenue et l'as-\nsurance avec laquelle ils ont éxécuté les diffi-\nciles vocalises et les parties figurées qui abondent\ndans la partition du grand Cantor.\nLes éxécutants et leur chef ont été l'objet\nd'une enthousiaste ovation à la suite de cette\nremarquable audition. E. B.\nMOULINS. - La Chorale de Moulins est\nune jeune société qui ne compte guère plus de\ncinq mois d'existence. Elle a été fondée et\nelle est dirigée par M. E. Vincent, professeur\nde violon. Le 19 Mars dernier elle donnait,\nau théâtre municipal, son premier concert.\nLes artistes et amateurs distingués de la ville\nlui avaient prêté leur concours ainsi que la\nsection symphonique de la Lyre Moulinoise.\nCe fut une très belle soirée. La Chorale de\nMoulins a de bons éléments. Avec du tra-\nvail et de la persévérance elle pourra aborder\ntrès rapidement les belles œuvres de la poly-\nphonie vocale. Il serait désolant qu'elle en\nrestât longtemps aux fadeurs rythmées des\ndanses viennoises ou aux pompons démodés\nde Saintis.\nNous souhaitons à la Chorale de Moulins\nde continuer la bonne entente des premiers\njours avec la Lyre Moulinoise. Unissant et\ncombinant leurs efforts, ces deux Sociétés pour-\nront nous faire entendre quelques belles pages\ndes maîtres anciens ou modernes, du Haen del,\npar exemple, ou du Berlioz, ou du Wagner.\nNous croyons savoir qu'à l'occasion d'une\ngrande cérémonie religieuse qui aura lieu à\nNotre-Dame de Moulins le 19 Juin prochain,\nM. l'abbé Magnasse fera exécuter, par l'excel-\nlente Maîtrise de cette église, dont il est le\ndirecteur, une grande cantate de sa composition.\nNANTES. Les concerts, à Nantes, ont\nété particulièrement brillants ce mois-ci.\nCe fut d'abord, le 28 Février, Mme Felia\nLitvinne, qui se faisait entendre pour la pre-\nmière fois dans notre ville. Elle interpréta, de\n\nApplication\nraisonnêe des\nmeilleurs procèdes\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPOND\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, PARIS Trocadéro."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.90", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n147\n\nmagnifique façon, l'air d'Alceste, à la suite\nduquel le public enthousiasmé lui fît une\nvéritable ovation, les \" Amours du poète, \" la\nmort d'Ysuelt et différentes mélodies parmi\nlesquelles l'étrange \" Berceuse \" extraite des\n\" Danses de la mort \" de Moussorgski. Au\nmême concert, nous entendîmes M 1 Robert\nSchmitz, pianiste agréable, et Ml' Paul Baze-\nlaire, violoncelliste qui a du charme et une\njolie qualité de son.\nLe 11 Mars, l'orchestre des concerts popu-\nlaire d'Angers donnait, avec Edouard Risler,\nun concert qui fut un des principaux événe-\nments de la saison musicale.\nLe pianiste Nantais G. Arcouet donnait, le\ni 8 Mars, un récital de piano en trois parties :\nla première consacrée à la musique ancienne\n(Bach, Scarlatti, Rameau, Daquin,) la seconde\nà Chopin, la troisième aux compositeurs mo-\ndernes (Sgambatti, Moskowski, Wagner,\nZistz,) M. Arcouet a toutes les qualités qui\nfont les grands virtuoses, technique impeccable,\nlégèreté, souplesse et puissance. Mme Benz-\nPiédeleu, au même concert, donna, avec infi-\nniment de tallent, deux intermèdes de chant.\nNotre savant compatriote Bourgault-Ducou-\ndray fit, le 21 Mars, au Théâtre Graslin, une\nintéressante conférence sur les mélodies popu-\nlaires en Bretagne. Après la conférence, des\nartistes du théâtre interprétèrent des mélodies\nbretonnes recueillies et harmonisées par le\nmaître.\nAu théâtre Graslin, première représentation\nà Nantes de \" Monna Varma \" le drame\nlyrique de Henry Février, sous la direction de\nl'auteur.\n\nJ. B.\n\nBelgique\n\nEROS VAINQUEUR A LA MON-\nNAIE. C'est sur une trame d'irréel, qu'a-\nnime à peine une légende que Pierre de Bréville\na écrit une musique toute en nuances.\nElle fuit, dirait-on, l'étreinte d'un accord.\nAmoureusement ouvragée, la partition révèle\nun goût très affiné, aristocratique, latin. L'or-\nchestre laisse flotter, sur la brume des \"cordes\"\nles sonorités grêles et claires des flûtes,des haut-\nbois, des clarinettes et des cors. Dans le loin-\ntain des chœurs, où dominent les voix fémi-\nnines, plânent comme un murmure de feuillages\noù s'inscrit parfois une adorable mélodie.\nLes rythmes flous achèvent de donner l'impres-\nsion de vague demi-teinte, un peu monotone,\nmalgré quelques accents d'un lyrisme plus\nintense. Cette musique caresse.\nOutre celui de l'immatérialité elle a le\ngrand mérite de la rareté. On sent bien, çà et\nlà, que M. de Bréville écouta la leçon de\nFranck, surtout dans les chœurs religieux. On\noublie presque qu'il est contemporain de Claude\nDebussy. Ses moyens témoignent d'une\nrecherche, précieuse. Par tempérament bien\nFrançais, il possède le sens de la mesure, des\nproportions, de la clarté. Chez lui, point\nd'exagérations, point d'outrances, point de\nlongueur.\nLa réalisation théâtrale fut très soignée.\nLe talent de Madame Croiza a toute une\nadmiration ; Mlles Béai, Dupré, Symiane, sont\nprincesses gracieuses ; les décors de M. Deles-\ncluses étaient féériques ; danseuses et danseurs\nbien stylés. L'orchestre, encore qu'il manquât\nd'\" éther \" et malgré l'acoustique déplorable\nde la salle, fît de son mieux.\n» o\nBRUXELLES. Le dernier concert popu-\nlaire réunissait JVagner et Strauss. L'Elektra\n(fragment) du dernier ne fut pas très goûtée.\nSon orchestration buissonnière, ses brutalités\nsont peu faites, il est vrai, pour les oreilles\nu délicates \". Mme Plaichinger tint vaillam-\nment sa partie. Sa voix est ample et forte.\nOn sait qu'Elektra figure au programme de la\nsaison extraordinaire de la Monnaie à l'occasion\nde l'exposition 1910.\n—Au Conservatoire, magistrale exécution\ndu Messie, de Haendel. L'oratorio majestueux,\nmonument de la musique, fut évoqué dans\ntoute sa puissance, dans toute sa beauté. Les\nensembles surtout furent remarquables d'am-\npleur et de justesse, maniés par ce maître des\nmasses vocales et instrumentales ! Edgard\nTinel."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.91", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 523=20\nAdresse 1 élégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\n(Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\nm\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS i 885, BRUXELLES 1888.\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1903."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.92", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n149\n\nLe Groupe des Compositeurs a donné sa\ndeuxième séance. Les mélodies de Lucien\nMamot d'une inspiration originale et distinguée.\nLe scherzo-caprice d'Erasme Raway est une\nœuvre très remarquable, surtout par le côté\n\" construction \", technique profonde et inspi-\nration élevée, telles sont les caractéristiques\ndu musicien. Trois pièces symphoniques d'A.\nDupuis furent très applaudies, de même que\nles trois pièces pour violoncelle de Guillaume\nFrèmolle, un modeste et un probe, dont la\npersonnalité mérite tout intérêt. La mélodie\nImmortel Amour de M. Dubois sur le poème de\nLucien Solvay est de belle envolée. Le\nsuccès du concert fut très vif. Nos félicita-\ntions.\nLe cinquième concert Isaye était dirigé\npar Otto Lohse, chef d'orchestre du théâtre de\nCologne. Le jeune cappel-meister se distingue\npar le soin qu'il apporte dans l'interprétation,\nà respecter les intentions des compositeurs.\nIl sacrifie le détail à l'ensemble, s'occupant\nsurtout de donner le caractère que voulut à\nson œuvre le musicien. Lui-même semble\nvouloir s'effacer, sobre de gestes, quoiqu'il\nsoit absolument maître de ses instrumentistes,\net obtienne d'eux une remarquable homogé-\nnéité. Au programme : Beethoven, Berlioz,\nWagner, Liszt. Le pianiste célèbre Cortot\nprêtait son concours à cette belle séance.\nUlnstitut des Hautes Etudes musicales et\ndramatiques d'lxelles nous conviait, le mois\ndernier, à la distribution des prix à ses élèves.\nNous manquons ici de la place nécessaires\npour exposer l'œuvre si digne d'attention de\nM. Henry Thiebaut. Nous y reviendrons dans\nl'avenir. Qu'il nous suffise de dire notre admi-\nration devant une foi ardente, tenace, et désin-\ntéressée.\nAu programme de la fête ; partie musicale :\nfragment du Jure, monodrame lyrique à?Edmond\nPicard, adaptation symphonique de Henry\nThiebaut. Quoique, selon nous, le drame mou-\nvementé, poignant, de M. Picard n'eût aucune-\nment demandé le commentaire musical, et s'y\nprêtât fort peu, nous apprécions l'effort artisti-\nque du compositeur.\nIl témoigne d'une science étendue, et d'une\noriginalité certaine. Il fît valoir l'admirable\ndiction de Mlle Francis.\nL'impression de M. Picard est à noter.\n\"Dans la partition du Jure, non seulement la\nmusique est ininterrompue, mais encore et\nc'est le point principal —elle analyse psycho-\nlogiquement les personnages, s'identifie avec\neux, extériorise leurs impressions intérieures\nsans se priver pour cela, d'être descriptive\nlorsqu'il y a lieu \".\nAu cours de cette même matinée, il\nnous fut donné d'assister pour la première fois\nen Belgique, à une démonstration de Gymna-\nstique rythmique, méthode Jacques Dalcroze.\nNous réservons notre jugement, pour une\nétude plus étendue, mais il nous a paru que\ncette méthode qui prétend a développer\nharmonieusement le physique par l'intellect, \"\net susciter par l'éducation, l'éveil du rythme\nchez les enfants il nous semble que cette\nméthode fait fausse route. Scolastique, sa\ndoctrine ne tend-elle pas plutôt à dessécher\ncette belle harmonie spontanée, cette grâce\ninstinctive et charmante, par là-même, des\nmouvements puérils ? Elle reproche à\nDuncan de n'avoir que l'lnstinct ! Elle eût dû\nlui reprocher seulement d'avoir voulu faire\n\" école \" d'lnspiration.\nJe m'en voudrais de condamner par deux\nlignes tout un enseignement qui vise haut\nmais je me permets de penser qu'il faut\ndonner, à des enfants de l'air, de l'espace, de\nla liberté, du soleil même au point de vue\nde la psychologie, certains jeux de l'enfance\nsont plus profonds, plus intéressants que cette\ndémonstration sur la scène ; laissons donc ces\nfillettes se débaucher, danser, sauter, courir,\nbattre des mains, chanter, se trouver belles, et\nlaissons les respirer à l'aise. Ne vous occupez\npas trop de leurs jeux auxquels hélas\nnous ne comprenons plus rien.\nC'est la meilleure des écoles !\nLe cercle d'amateurs Crescendo, sous la\ndirection de M. L. Polliet a donné Salle Patria\nun très beau concert. Cette société mérite\ntous les encouragements. Nous retrouverons\nprochainement son historique, et ses succès.—\nL'audition dernière fut vraiment remarquable."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.93", "texte": "150\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nNous avons surtout applaudi la Mer, de\nPaul Gilson, que nous ne sommes pas loin de\ntenir pour le chef-d'œuvre du Maître.\nToute la richesse de son tempérament flamand\ns'y déploie. Le son et la couleur régnent\nen maîtres, un souffle puissant les anime, qui\nsoulève et emporte irrésistiblement aux paro-\nxysmes d'une sensation. De telles œuvres véri-\ntablement grandes, sont à la gloire de la race.\nMlles CORYN et LAENEN sont toutes deux\nartistes merveilleusement douées. Autant nous\napprécions la virtuosité, l'expressivité de jeu\nde Melle autant nous sommes conquis\npar la compréhension, la vigueur passionnée de\nMelle Laenen.\nLeur troisième matinée, salle Bonté, con-\nsacré à la musique belge fut un succès qu'il nous\nest agréable de souligner.—Retenons, parmi les\nœuvres de programme : deux romances très\némues de François Rane, avec Toccata brillante\nde De Boek, et Paysage de Paul Gilson. La\nPolka, du même, nous a paru très \" slave. \"\nDe si re Pâque, Peter Benoit et Franck complé-\ntaient le programme.\nL'abondance des matières nous oblige\nà remettre au mois prochain quelques comptes-\nrendus de la dernière heure, et nos bulletins.\nNos lecteurs voudront bien trouver une\ncompensation dans les \" nouvelles de province \"\ndont certaines ont pris cette fois de l'extension.\nRÉCITAL DE SICARD. Programme parti-\nculièrement intéressant pour le récital donné\njeudi i 7 mars, en la salle Patria, par le grand\nvioloniste russe, Michel de Sicard.\nLa première partie, entièrement consacrée\naux maîtres anciens, comprenait indépendam-\nment du concerto en mi majeur de Bach, des\nœuvres de Tenaglia, Couperin, Rameau, Scar-\nlatti, etc., qui n'ont guère été jouées à Bruxelles\net dont l'exécution par l'éminent virtuose fut\nà nos dilettanti un véritable régal d'art.\nAu piano : M. Georges Lauweryns.\nLIEGE. Peu de monde au Concert\n\nÏTIONS DE EDGAR TINEL\nNouvelles éditions revues et corrigées\nOp. 1.\nOp. 2\nOp. 3.\nOp. 4.\nOp. 5.\nOp. 6.\nOp. 7.\nOp. 8.\nOp. 9.\nOp. 10.\nQuatre Nocturnes à une\nvoix Fr. 2.\nTrois Morceaux de Fan-\ntaisie pour Piano : No. 1.\nPapillon. 2 Le soir.\n3. Adieu . . . complet\nScherzo en ut mineur pour\npiano\nDrie Liederen (texte fl.).\nQuatre Mélodies ;\n1. L'Automne. . . .\n2. Charmante Rose. .\n3. Bel Enfant, souris-moi\n4. L'Oracle en défaut,\nidem . . complet net\nDeux Mélodies :\n1. L'Angelus ~^*3s\n2. Pourquoi 1>35\n1. Impromptu-valse, p. piano „ 2.—\n2. Chanson, pour piano . . „ 1•—\nSechs Lieder und Gesànge\n(texte allemand et flamand) „ 3.—\nSonate pour piano- . net „ 5.—\nSchilflieder von picolas\nLenau (texte allem. et fl.) „ 2.\n2.\n2.\n1 ,75\n1\n1 .35\n0.85\n1 .00\n2.50\nOp. H. Funf Gesange aus N. Le-\nnau's \" Lieder der Sehn-\nsucht \" (texte allem. et fl.)\nOp. 12. Een krans van veertien\noud-vlaamsche mi n -\nneliederen (texte flam.)\ncomplet net\nOp. 13. Vier oud - vlaamsche\ndrinkliederen (texte fl.)\ncomplet net\nOp. 14. Au printemps, cinq mor-\nceaux de fantaisie p. piano:\n1. Hymne. 2. Joie. 3. Peti-\ntes fleurs !... 4. Ave Maria.\n5. Danse de paysans\nOp. 17. Marche extraite delà can-\ntate \" Klokke Roeland\npour Piano à 4 mains . .\nMarche p. piano à 2 mains\nWeverslied uit de cantate\n44 Klokke Roeland \" . .\nOp. 30. Marche Nuptiale pour\npiano a 4 mains ....\nLe Mois de Mai (à Ma-\nrie) Mélodie ....\n2.-\n5.—\n2.50\n4.\n2.50\n2.—\n1 .35\n3.—\n1 .35\nSCHOTT FRÈRES, Editeurs de Musique à BRUXELLES"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.94", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n151\n\nDurant mais quelle belle exécution ! L'ou-\nverture de Lohengrin surtout fut d'une envolée\nsuperbe, comparable à l'idéal obtenu par les\nmeilleurs chefs d'orchestre étrangers. Comme\nsoliste, M. Capet donna une vraie leçon de\nstyle de styles plutôt dans les concerts\nen mi de Bach et celui de Brahms, admirable-\nment caractérisés et dans l'interprétation des-\nquels semblait revivre quelque chose du sérieux\nanalytique, de la méticulosité et de la grandeur\nde Hans von Biilow.\nUn jeune organiste chercheur, qui eut le\nbon esprit d'aller prendre conseil auprès du\nmaître Widor lorsqu'il sortit frais émoulu de\nnotre conservatoire et qui, depuis, travaille\navec ferveur en autodidacte, nous a prouvé ses\nnouveaux progrès dans un récital d'orgue en-\ntièrement consacré à Bach. Il nous en joua\nonze pièces par ordre chronologique, nous\nconduisant de la Toccata et fuçue en rè\nmineur au Prélude et fugue en ut majeur\n(celui que rappellent les Maîtres Chanteurs).\npar une gradation insensible, témoin vivant du\nprodigieux développement de ce premier de\ntous les génies musicaux. Un sincère succès\nd'art et de salle chose remarquable vu\nl'austérité du sujet récompensa l'intelligent\ninterprète.\nA l'Œuvre des Artistes, récital de piano\ntrès réussi de Mlle Neutelaers, élève de M.\nJules Ghymers, le doyen de nos pianistes\nenseignants. Après du Bach, du Chopin, du\nMaszkowski, elle a interprété avec une finesse\ncharmante trois des petites pièces que publia\nS.I.M. sur le nom de Haydn : le Menuet de\nd'lndy, celui de Ravel et le thème varié de\nReynaldo Hahn : ils ont tous trois beaucoup\nplu. Ala même séance Mme Eymael avait fait\nentendre d'intéressantes mélodies de M. Marcel\nOrban, notre compatriote, actuellement l'un\ndes disciples préférés de d'lndy : parmi elles,\nCroix de bois est un petit chef-d'œuvre.\nPassons rapidement sur le concert des Ama-\nteurs où l'on apprécia le violoniste Schkolnik\net venons-en au concert Debefve, qui fut un\ntriomphe pour le trio Cortot, Thibaut, Casais.\nOn y réentendit la symphonie en ut mineur\nde Saint Saëns.\nAu dernier Concert Dumont Lamarche,\nle Quatuor Charlier avait excellemment com-\nposé son programme d'œuvre de Mozart,\nSchumann et Richard Strauss.\nDR DWELSHAUWERS.\nOSTENDE. Ostende qui en été s'élève\nau rang d'une capitale, tant par l'éclat de ses\nfêtes que par le luxe de ses réunions mon-\ndaines, reprend, une fois la saison terminée,\nson aspect de petite ville de province. Les\nfêtes, ne parvenant plus à être somptueuses,\ndeviennent toutes bourgeoises, et les événe-\nments artistiques se font plutôt rares.\nC'est ainsi que depuis le commencement de\nl'année nous n'avons à enregistrer que deux\nréunions réellement intéressantes, au point de\nvue musical.\nMentionnons d'abord la représentation de la\nvieille tragédie Adam in Ballingschap (Adam\nen exil) de J. v. d. Vondel (1587-1679) avec\nmusique du compositeur Hollandais Hubert\nCuypers. Le sujet de la tragédie est tiré de la\nBible : le Seigneur, après avoir donné à Adam\nl'Eden merveilleuse qui fleurit aux bords de\nl'Euphrate, lui crée une compagne ; et c'est\naux sons des trompettes, des buccins et des\nharpes célestes que l'hymen bienheureux est\ncélébré. Mais Lucifer et ses compagnons com-\nplotent la perte de l'homme ; malgré la vigi-\nlance des anges gardiens, le Serpent parvient\nà séduire Eve, qui goûte le fruit défendu et\nqui entraîne son époux dans sa chute.\nCette pièce, écrite selon les règles classiques,\ncontient de longs monologues et est entrecoupée\nde chœurs. Le compositeur n'en a pas fait un\nopéra ; il s'est contenté, ou plutôt, il est par-\nvenu à l'illustrer musicalement.\nPartout où il en sentait le besoin, il a sou-\ntenu le vers par une musique douce et très\ncadencée. Dans les passages où l'attention\ndevient trop tendue, une esquisse sonore vient\nrafraîchir l'esprit ; les longs monologues, néces-\nsairement un peu monotones, s'animent sous\nl'action des accords, et les récits se colorent.\nUne des parties les plus intéressantes de ce\nmélodrame est à coup sûr la danse que les\nanees, Adam et Eve exécutent en l'honneur\n\n2"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.95", "texte": "/\"\"* T~T A, HfP \"ffïT I\\J \"fnT Photographie documentaire\nM. A a M. J> JL et artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18x24:\nPour une commande de cinquante épreuves 0,75 par épreuve.\nPar petite quantité: 1 fr# par épreuve.\nPar ce procédé, la Maison CHATENET a fourni aux Bénédictins\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40.000 photographies.\nPRIX-COURANT :\nCliché 13x18 avec une épreuve, 3 fr.; les suivantes, chaque 0.75\nCliché 18x24 avec une épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque 1.00\nCliché 24 x 30 avec une épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50\n\nExtrait du roman de Fauvel (1315) publié en reproduction photographique."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.96", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n153\n\ndu Créateur, au cours de la fête nuptiale : la\nscène rappelle les tableaux chatoyants des\nprimitifs italiens et les voix très chantantes qui\ndéclament ces vers bien rythmés provoquent\nen nous le charme des belles créations que l'on\nentend pour la première fois.\nM. Cuypers a fait de cette tragédie une\nœuvre délicate et éminemment artistique. Nous\nne savons ce qu'il faut admirer le plus : le\ncaractère naturel qu'il a su donner à sa com-\nposition, et qui fait que l'on ne sait plus lire\ncertaines parties du poème sans que l'on entende\nen sourdine quelque figure de violon, ou l'art\navec lequel il a constamment su rester au\nsecond plan, dans les coulisses. La musique,\nloin de dominer, ne perce jamais, et les acteurs\nsemblent ne pas s'en préoccuper. Elle n'est\nvraiment là que pour faire ressortir le rythme\ndes vers, pour soutenir et guider la déclamation.\nElle se compose exclusivement d'esquisses\nsonores : aucun motif n'est développé ; tout\nen étant très mélodieuse, elle ne contient en\nréalité aucune mélodie suivie. De légères\nmodulations indiquent et amplifient les diver-\nses sensations évoquées par les phases de l'action.\nLa mesure qui nécessairement fait souvent\nviolence à la parole est presque complète-\nment négligée : le rythme seul domine, le\nrythme qui suit pas à pas la cadence des mots.\nIl en est résulté un effet inattendu et merveil-\nleux. Les vers ne sont plus déclamés, ils ne\nsont pas chantés non plus, et l'on assiste en\nquelque sorte à la fusion de la parole et du\nchant.\nEt si nous avons cru voir et entendre en\nscène, non des hommes, mais des êtres supé-\nrieurs, si vraiment nous nous sommes sentis\nenvahis d'une joie céleste devant la félicité du\npremier couple, et si les cris de douleur d'Adam\npuni ont retenti si profondément dans notre\nâme, nous devons sans aucun doute tant à la\nmusique délicate de M. Cuypers qu'à la bril-\nlante interprétation que la troupe Royaards\nd'Amsterdam a donnée de cette tragédie aux\nvers magnifiques.\nD'un autre côté, nous avons assisté le\n16 février à une conférence de M. Emile\nHullebroecksur la chanson populaire flamande.\nLe brillant conférencier nous a entretenu\nde la naissance de cette chanson, qui a trouvé\nson origine dans l'hymne \" Veni Creator \", et\nde son développement à travers les siècles. Il a\ncommenté successivement les chansons d'amour\nde nos trouvères, les chansons de Jean I, duc\nde Brabant, les chansons historiques, humo-\nristiques et satiriques, ainsi que quelques airs\nlocaux.\nParlant d'une façon claire et précise, il s'est\nfacilement fait comprendre par son auditoire\nqui, a côté du public ordinaire des réunions\nde ce genre, comprenait également et il\nfaut en être heureux bien des gens de la\nclasse ouvrière.\nToutefois, malgré le grand intérêt de cette\nconférence, l'audition que M. Hullebroeck\ndonna en suite de quelques-unes de ses œuvres,\nnous séduisit beaucoup plus. C'est qu'en effet\nce jeune compositeur gantois se trouve à la\ntête du mouvement populaire (si l'on peut\ndire !) qui s'est dessiné au sein de la musique\nflamande. Ce que Botrel tente en France,\nHullebroeck l'a réalisé en Flandre.\nOn lui doit la rénovation de la chanson\npopulaire flamande. Après avoir étudié la riche\ncollection de vieilles chansons dont s'enor-\ngueillit la Flandre, il s'est dit que si le peuple\nne les chantait plus, c'était parce que les\nparoles, les poésies étaient d'un autre siècle.\nLe peuple de nos jours ne sent plus, ne jouit\nplus, ne rit plus et ne souffre même plus de\nla même façon que le peuple de jadis. C'est\npour cette raison que l'ouvrier et l'ouvrière ne\nles chantent plus, ces mélopées charmantes de\nnos vieux trouvères. Seules quelques dentel-\nlières les savent encore et les murmurent par-\nfois au cliquetis de leurs fuseaux.\nMais à certain moment, quelques • jeunes\npoètes se sont adonnés à la poésie populaire.\nDans de petites pièces bien rythmées, ils chan-\ntaient l'ouvrier et ses travaux, les joies et les\npeines de son foyer. Ces auteurs n'étaient\nlus que par quelques rares amateurs. Ils ont\npersévéré et ont continué à écrire des berceuses,"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.97", "texte": "VIENT DE PARAITRE\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\n(GEORGES OERTEL)\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\nC. THOMSEN :\nZIGEUNERMUSIK\nRhapsodie à la Zingaeres pour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nEN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSEN :\nI\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nDRAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. GILSON\nPARTITION : Piano et Chant."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.98", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n155\n\ndes chansons à boire et des chants d'amour,\nmalgré les critiques de lecteurs habitués à une\nlittérature raffinée, tant néerlandaise que\nfrançaise. On ne les lit peut-être pas beaucoup\nplus maintenant, mais on les chante un peu\npartout.\nEmile Hullebroeck a, le premier, songé à\nécrire de la musique sur ces poésies qui étaient\ndéjà presque des chansons. Il a formé jusqu'à\nprésent un recueil d'environ cinquante lieder.\nPresque toutes écrites dans les mesures 2/4\nou 6/8 ces chansons se caractérisent par leur\nsimplicité et par leur caractère vraiment popu-\nlaire. A les écouter 011 entend des échos, des\nritournelles et des ballades des temps passés,\net l'on ne peut manquer de songer que l'on\npossède là une collection de petits chefs-d'œuvre\npleins de bon goût, de poésie et de vie.\nElles sont humoristiques comme celles du\nu Petit Sacristain \" et tantôt joyeux comme\ncette \" Kermesse flamande \". Parfois elles se\ncaractérisent par leur douce mélancolie ou ont\nl'air de vieilles romances. Mais c'est surtout\nlorsque le compositeur aborde les sujets in-\ntimes qu'il trouve des accents qui vont droit\nau cœur. Parmi les plus belles et les plus\ncharmantes, je dois citer \" Mijn kieen, kleen\ndochterken \".\nL'abondance des matières nous oblige à remettre\nau prochain numéro les correspondances de Charleroi,\nWasmes, Quaregnon, Pâturages, Mons et Malines.\n\nM.\n\nÉtranger\n\nMOSCOU. A signaler une belle sym-\nphonie de S. Taneiew, un \" Poè?ne Divin \"\nde Scriabine, qui cherche à ouvrir à l'art de\nnouvelles voies. Les Amis de la musique\nrusse nous ont fait entendre la septième de\nGlazounow, 1' \" lie des Morts \" de Rach-\nmaninow, et le u Lac enchante \" de Liadow.\nJe 11e vous citerai pas toute la liste des vir-\ntuoses, que Moscou fascine cette année comme\nles autres. Mais je voudrais attirer l'attention\ndes musicologues sur une Société de musique\nancienne que vient de créer M. Boulytscheff,\net qui a donné une fort bonne audition de\n\" Samson \" de Haendel.\nE. VON TIDEBOEHL.\nVIENNE. Au début de mars a eu lieu\nl'Assemblée générale de la Section de Vienne\nde la Société Internationale de Musique, et\nl'élection du bureau. Le Dr. Erwin Luntz, qui\nest depuis 6 ans président delà section ne s'étant\npas représenté, le bureau a été constitué de\nla façon suivante : Président, Dr. Hugo Bots-\ntiber, vice-président, Dr. E. Luntz, Secrétaire,\nDr. Egon Wellecz, trésorier, Dr. A. Koscirz;\nmembres, les Professeurs Haboech, Prohaska,\net E. Mandyczewsky ; Contrôleurs, MM.\nThalberg et Gregor.\nLa séance suivante adopta le principe de\ns'intéresser avant tout à des exécutions musi-\ncales, dont le nom sera celui de Kollegium\nMusicum. La Section organisera prochaine-\nment, au profit du Mozarteum de Salzbourg,\nune séance de ce genre réservée aux œuvres\nde Bach, avec le concours de Mme Landows-\nka, et des plus grands artistes de Vienne.\nPuis les communications suivantes ont été\ninscrites : Dr. Richard Batka \" la Technique\ndu chant populaire \" ; Dr. Max Graf, \"le\nVaisseau Fantôme ; \" et enfin une exécution\ndu Stabat de Pergolèse.\nLes sœurs Wiesenthal jouent à l'Apollo une\npantomime de Franz Schreker \" /'Anniver-\nsaire de F Infante \" avec le plus grand succès.\nSchreker est un de nos modernistes les plus\nactifs.\nLe grand événement de Vienne est la\npublication des œuvres d'un jeune prodige,\nW. E. Korngold, le fils du critique musical\nde la Neue Freie Presse. A peine âgé de\n12 ans, ce compositeur vient de mettre au\njour une Sonate, une fantaisie pour piano et un\nballet, qui ont rempli d'étonnement les profes-\nsionnels e't les amateurs. Ceci a l'air d'une\nsimple réclame. Je dois pourtant vous avouer\nque Strauss et Nikisch ont même avoué leur\nsurprise devant tant de maturité et un art\naussi peu conforme à ce que l'enfance pourrait\nnous laisser supposer. Le cas Korngold mérite\nqu'on s'y arrête. E. W."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.99", "texte": "156\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nMUNICH. Voici en gros le programme\nmusical de la saison de Munich cette année.\nDu 20 au 23 mai un cycle Schumann. Puis\nquelques festivals choraux. Du 23 au 28 juin\ngrande semaine Richard Strauss. En août,\ncycle Beethoven, Brahms, Bruckner. Enfin au\n12 septembre la symphonie géante de Gustav\nMalher avec ses mille exécutants.\nHEIDELBERG. Nous organisons de\ngrandes solennités musicales pour la fin d'oc-\ntobre. Ces fêtes seront données par le Bach-\nverein et l'Akademischer Gesaneverein. Elles\nO\nseront consacrées au grand cantor, et auront\nlieu tant à l'église qu'au concert.\nNAPLES. Après avoir été toutà Wagner,\nles Concerts Martucci ouvrent leurs portes à\nla Société des Concerts d'Autrefois. Succès\ncomplèt pour cet art qui n'est pas sans sur-\nprendre les Napolitains. La sonate de Marcel-\nlo, et la musette de 'd'Hervelois ont été\nbissées.\nLe bénédictin Hartmann est arrivé ici pour\ndonner son Oratorio La ?norte del Signore, et\ndiriger le Stabat de Rossini.\nFLORENCE. M. Léo S. Olschki a eu\nl'heureuse idée de faire exécuter quelques unes\ndes œuvres inédites de Paçanini dont il s'est\nrendu acquéreur à la vente du mois de février.\nUne première audition en a été donnée, avec\nun vif succès, chez M. Olschki lui-même,\npuis, sous forme de concert public, dans la salle\nde la société Leonardo. Les pièces exécutées\nsont un quatuor à cordes (Allegro maestoso,\nMinuetto, Adagio, Rondeau)y un Cantabile et\nune Tarantella, pour violon et piano, et enfin\nle Larghetto et la Polacca d'un quatuor avec\nguitare.\nLe Quartetto Fiorentino, qui s'était chargé\nde l'exécution de ces œuvres, donne, dans le\nsalon de la Pergola, une série de six concerts\nde musique de chambre. Nous y avons déjà\nentendu des œuvres de Beethoven, de Cheru-\nbini, de Boccherini, de Tartini et de G. B.\nSammartini, interprétées de façon fort intéres-\nsante par MM. Calamanni, Lenzoni, Frangini\net Coen.\nNous avons eu même une première, le\nCalendimaggio de M. Giuseppe Pietri, donné\nle 14 mars au théâtre de la Pergola. Sur un\nlivret rapide et violent de M. Pietro Gori,\nle jeune musicien a composé une partition\nd'une inspiration généreuse, où les rémi-\nniscences de Mascagni n'empêchent pas de\ndeviner quelque originalité et où les marques\nde talent ne sont pas rares, malgré une cer-\ntaine intempérance dans l'emploi des forces\norchestrales.\nIl s'est conservé à Florence un usage qui\nne subsiste plus que dans quelques rares villes\nd'ltalie ; c'est celui d'exécuter pendant les\ntrois derniers soirs du carnaval, dans une des\néglises de la ville, un opéra dont le sujet ait\nquelque rapport avec la religion. Ces exécu-\ntions, données naturellement sous forme de\nconcert, ou, comme on dit ici, d'oratorio, ont\nlieu d'ordinaire dans l'église San Giovannino\ndegli Scolopi. On y a déjà entendu notamment\nle Poliuto de Donizetti, I Lombardi de Verdi :\ncette année nous avons assisté à un autre\nopéra de Verdi, fort célèbre en son Temps, le\nNabucodonosor. Les Italiens, massés dans la\npetite église ont paru retrouver avec plaisir\nplusieurs morceaux qui sont encore populaires\ndans toute l'ltalie, la marche du premier acte,\nl'air Deh ! perdona du 3e acte et surtout le\nfameux chœur, Vff, pensiero, sulV ail dorate, où\nles Hébreux esclaves célèbrent les douceurs de\nla patrie perdue, et que l'on chantait dans les\nrues, comme un hymne de ralliement, pendant\nles jours héroïques de l'unité italienne.\nC'est un spectacle bien curieux que cette\nexécution d'une œuvre qui reste en grande\npartie profane dans l'atmosphère de l'église,\nentre deux bénédictions. Le concert est inter-\nrompu par un entr'acte d'une demi-heure\nenviron, pendant lequel un prédicateur est\nchargé d'occuper l'attention des assistants. Le\nnôtre s'acquitta de cette tâche délicate avec\nune surprenante dextérité. Puis le concert\nreprit. Les fidèles, les prêtres et les enfants de\nchœur suivaient soigneusement, sur leurs\nlibretti, les terribles aventures de Nabucodo-\nnosor, de sa fille Fenena et de la perfide\nAbigaille. Çà et là certains, pour n'en point"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.100", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n157\n\npoint perdre un mot, avaient allumé des rats-\nde-cave. Par moments quelque mélodie trop\nsautillante • réveillait le sens du rythme dans\nl'âme des vénérables ecclésiastiques, qui se\nmettaient à marquer crânement la cadence\nd'un petit mouvement de leurs bonnets carrés.\nPourtant, lorsque Fenena ou Abigaille chan-\ntait, les yeux baissés sur les livres se levaient\nun instant vers l'estrade pour tâcher d'aperce-\nvoir leur visage derrière le treillis doré. Mon\nvoisin m'expliqua que cette année, pour la\npremière fois, des femmes ont été admises à\nchanter dans ces veglie sacre. L'année dernière\nencore, on avait fait venir de Rome des chan-\nteurs spéciaux, qui avaient de belles voix de\nsoprano. Maintenant le Saint-Père a permis\nde mettre des femmes véritables à la place des\nautres. Car il paraît que l'espèce se perd....\nPAUL-MARIE MASSON.\nMADRID.— La \" Philharmonique\" nous\ndemeurant fermée, nous n'aurons point le\nplaisir d'informer nos lecteurs des prouesses\nacrobatiques de M. X, violoniste teuton, delà\nvirtuosité capricante de MllK' Y, américaine,\nde la frivolité welche de M. Z. ou de la pro-\nfondeur du Quatuor Chinois... Mais, au fait,\nce que désirent savoir les amateurs fervents de\nla S. I. M., c'est sans doute le mouvement\nindigène, l'orientation actuelle des efforts dés-\nintéressés d'un petit groupe de bons musiciens\nespagnols. L'étranger, en ces conditions, ne\nnous attire guère. Nous ne le connaissons que\ntrop en notre France musicale.\nL'Espagnol qui reste bien soi, enchante par\nson individualisme sans pareil, naïf, ambitieux,\nhautain, mais toujours original, imprévu, sin-\ncère. L'Espagne est le pays du mélos aux\ntonalités antiques, aux rythmes pittoresques,\ndes couleurs tantôt crues et bariolées, tantôt\ndouces et grises comme cette terre lumineuse\nde l'Andalousie ou ces montagnes rêveuses de\nLéon.\nCette atmosphère de contrastes expressifs,\nd'alternances qui surprennent et ravissent, fut\nadmirablement comprise soit par les coloristes:\nAlbeniz, Turina, Falla, Pérez Casas, Arregni,\nsoit par les penseurs et les recueillis : Olmeda,\nde Gibert, Noguera, Villar, Conrado del\nCampo... Pedrell unit les deux tendances en\nsa puissante synthèse dramatique et, par con-\ntre, un Chapi en qui l'Espagne salue son\nBeethoven ou son Mozart quelle tristesse !\nn'a ni le brillant relief des uns, ni la pro-\nfonde sentimentalité des autres : c'est et ce\nsera toujours le type du musicien manqué que\npar une lamentable erreur historique et pour\nsa honte, l'ingrate Espagne protégera aux dé-\npens de ses vrais et grands artistes.\nMais ne nous égarons point: cette asortie\"\ncontre Chapi m'est inspirée par une ridicule\ncampagne de presse espagnole en faveur de\ncelui qui ne fut jamais un musicien, alors\nqu'elle se tut lorsque Malats vint magistrale-\nment interpréter l'lberia d'Albeniz.\nEn revanche, quelques courageux apôtres\nde la musique nationale opposent vaillamment\nà cette néfaste opinion d'une presse peu avertie\ndes choses de musique, de nobles tentatives\nqui méritent d'être encouragées et soutenues.\nJe ne dirai qu'un mot des représentations\ndu Teatro Real. Wagner y occupa la première\nplace avec sa Tétralogie entière sauf Siegfried,\net reçut la plus détestable des interprétations\ngrâce au zèle intempestif d'un chef d'orchestre\nallemand, W. Rabl, noble inconnu outre-\nRhin, et de chanteurs italiens de belle inintel-\nligence. La Salomè de R. Strauss, avec la Bel-\nlincioni eut peu de succès, et ce fut justice...\nL'orchestre du Real ne possède point en effet\nle matériel nécessaire pour la digne mise au\npoint du chef-d'œuvre de l'auteur de la Sym-\nphonie Domestique, et les chanteurs italianisèrent\noutrageusement une musique déjà trop italienne.\nA l'Ateneo de Madrid, un jeune prodige-\npianiste, M. Téran, nous donna un médiocre\néchantillon de son savoir, et le signataire de\nces lignes organisa, avec le concours de grands\nartistes de l'Opéra: Mlles Garcia Conde, Nava,\nPerini, et de professeurs et amateurs de la\ncapitale : MM. Palau, S. Crepo et Elola, une\nconférence-concert sur l'Or du Rhin, favora-\nblement accueillie, ce dont il remercie le\npublic et la presse madrilènes.\nLe merveilleux quatuor Vela, composé de\nTelmo Vela (violon ler), Francisco Cano"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.101", "texte": "158\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\n(violon 2°), Enrique Alcoba (alto) et Domingo\nI altavull (violoncelle), a déjà donné trois con-\ncerts par lesquels il s'est révélé comme un des\nquatuors les plus homogènes et de la plus fine\nmusicalité. Nous avons rarement vu artistes\nplus anthousiastes, plus souples, plus compré-\nhensifs, et sacrifiant, à l'âge des succès faciles,\nun désir légitime de virtuosité à la discipline\némouvante du quatuor essentiel, avec une joie\nprofonde de musiciens qui vivent leur art.\nNous leur adressons nos plus chaleureux com-\npliments, et nous espérons que bientôt Paris,\nBerlin ou Vienne pourront les entendre et les\napplaudir.\nEn leur premier concert du 5 Mars, nous\nouïmes le délicieux quatuor en mi majeur de\nMozart ; le quatuor incomplet et vraiment\nmalheureux de ce Grieg décidément pauvre\ntechnicien ; l'adorable Sérénade Italienne de\nHugo Wolf cher à notre grand Romain-Rol-\nland; et enfin un quatuor enfantin de l'Espagnol\nSerrano, que je préfère ne point critiquer.\nLe second concert du 10 Mars, nous pro-\ncura la joie d'entendre après le charmant\n.quatuor (n° 6) d'Haydn, une des plus lumi-\nneuses et \"françaises\" exécutions du quatuor\nDebussy, dont on bissa l'exquis second temps.\nMais le \"clou \" de la fête fut la primeur de\nla Suite Léonaise de Rogelio Villar, l'un des\n\"jeunes\" les plus intéressants de l'Espagne\nactuelle, et qui promet d'être un Grieg méri-\ndional, plus fin et plus émouvant. Cette suite\nqui comprend quatre temps est d'un lyrisme\ndoux et triste, d'une fraîcheur rare, d'un sens\nmusical affiné. Les thèmes populaires y reçoi-\nvent un développement parfois brusquement\ninterrompu ce qui est le défaut voulu mais\nréel de l'auteur parfois un peu facile\n(comme en son allegro molto) et embarrassé\nd'éléments \" pianistiques \" qui détonent et\nchoquent, mais toujours captivant et sympa-\nthique, d'une technique discrète et heureuse\nplus que par son contrepoint, élémentaire, par\nune harmonie savoureuse et qui respecte les\nvéritables tonalités des chants recueillis et\ndistribues avec art. Tous nos compliments\nau jeune auteur, l'un des mieux doués, sinon\ndes plus savants, de sa génération.\nLe troisième concert, du 17 Mars, nous\npermit de réentendre le petit quatuor en sol\n(n° 2) de Mozart, le 2me quatuor, inégal, de\nBeethoven, et un détestable quatuor d'un\nEspagnol, M. Manrique de Lara, dépourvu\nd originalité non seulement espagnole, mais\nmusicale ; manquant d'équilibre et mélangeant\ndes progressions d'un chromatisme et d'une\npolyphonie à la \" Tristan\" avec les reprises\ninvariables d'un pauvre thème diatonique ;\nd une harmonie poisseuse, vide et arriérée ;\nenfin qui présente un abus du trémolo et du\npizzicato d'un effet effroyablement théâtral.\nL auteur jouit d'une certaine renommée en\nEspagne, et c'est pourquoi nous devions insister\nsur son œuvre. Mais cette renommée ne s'ex-\nplique point, et nous éprouvâmes une cruelle\ndéception à nous en apercevoir.\nConcurremment avec le quatuor Vela, la\nSociété des Instruments à Vent, fondée par le\ncélèbre maître Pérez Casas, a fait un \" début\"\nsensationnel. L'ensemble de ces huit artistes\nest vraiment satisfaisant, et, sans égaler la\nnôtre, cette Société fait le plus grand honneur\nà ses protecteurs, et à son chef éminent. Au\npremier concert, du 8 mars, nous eûmes du\nmauvais Rubinstein, l'admirable Chanson et\nDanses (bissées) de d'lndy, un gentil sextuor\nde Breton, le directeur du Conservatoire de\nMadrid, et le jeune quintett de Beethoven\n(op. 16). Le second concert du 14 Mars,\nnous donna l'heur d'applaudir du Haydn, de\nbailler pendant du Haëndel, de dormir durant\ndu Klughardt mais d'applaudir vigoureusement\nla claire et charmante musicalité du Sextuor\n(op. 6) du bavarois-tyrolien Thuille, régal de\nsonorités heureuses,et de mélodies naïves et ten-\ndres.Le succès qui acccueillit les deux premiers\nconcerts de la Société constitue un précieux\nencouragement pour l'avenir. Nous souhaitons\nlongue vie à la jeune association et assurons\nson directeur si méritant de notre cordiale\nsympathie.\nAu théâtre de la \"Comedia\" Berthe Marx\nGoldschmidt voulut reconstituer les cinq\nconcerts historiques de Rubinstein. Nous\nn'insisterons pas, par galanterie, sur cette\ncurieuse tentative."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.102", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n159\n\nEt la Société des Concerts, sous la direction\nde son illustre chef Arbos, va enfin ouvrir ses\nportes à la foule avide de sonorités orchestrales.\nNous suivrons la foule.\nVALENCE. Nous venons d'inaugurer\no\ndes concerts de chambre sous la direction de\nCha varri, avec les Chansons et Danses de\nVincent d'lndy, qui ont cette fois obtenu\nl'exécution et le succès digne de cette belle\nœuvre, jadis exécutée à Valence. Puis le\nDivertissement de si bémol de Mozart et enfin\nune rapsodie de Chavarri, d'écriture très mo-\nderne et qui a parfaitement réussi.\n\nHenry Collet."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.103", "texte": "Chand d'Billets.\n\nChaque année, avec la ponctualité, la fidélité,\nde vieux serviteurs d'autrefois, il est quelques\nsujets d'Actualité on peut dire chronique et\nmême incurable qui reviennent aux mêmes\népoques pour inspirer les mêmes articles de\njournaux, les mêmes couplets de revues, les\nmêmes propos autour des tables de Café, de\ndîners, ou de bridge... Sujets à propos de quoi\non a vraiment envie de crier ainsi qu'à des\ntapeurs incorrigibles : Encore vous ? ah non !\nJe vous ai déjà donne !\nIl y a ainsi les baraques du jour de l'an, les\nmarchandes de violettes ou de poires cuites au\nfour, le marronnier du 20 mars, le dernier\nchef-d'œuvre toujours le dernier de\nM. Rodin... Il y a aussi la question d'Orient"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.104", "texte": "L'ACTUALIT Ë 1 M U S I C A L E\n161\n\net nous y voilà : celle des marchands de billets !\nCette année elle offre ceci de nouveau qu'elle\nest en train de prendre une importance consi-\ndérable. Avant d'entrer dans ce vif qui est la\nguerre entre certains Directeurs de théâtre et\nmarchands de billets, il faut d'abord s'entendre\nsur ce qu'ils sont : les marchands de billets, et\nrevérence parlée, mettre l'objet en mains. Car,\ns'il y a fagot et fagot il y a aussi marchand de\nbillets et marchand de billets : aristocratie et\npopulace, seigneur et ruffian.\nA tout Seigneur tout honneur. D'abord\nvoyons donc \"le Bourgeois \" TAristo, le mar-\nchand de billets de luxe. Celui-là travaille à\ndécouvert en toute sécurité. Il a façade sur le\nBoulevard. De l'extérieur, par ses affiches\nmulticolores, sa boutique attire le regard à\nbonne distance et le retient de près par sa\nvitrine gentiment ornée de photos d'artistes et\nmême de silhouettes en bois.\nEntrons. Aux murs, d'autres photos bien\nplus séduisantes et grand format ! Une spécialité\nde vedettes en vêtements légers. Une exposition\nde charmes, qui pour être en papier 11e laisse\npas tout le monde de bois... Et puis, toutes\nles salles de spectacles en miniature : dites\nu Guignol \", la caisse, tout le mobilier profes-\nsionnel. Enfin : élégant de mise, d'allures, de\ngestes et de conversation : le marchand de\nbillets qui vend sa marchandise avec amabilité\nmais sans être ni insistant ni obséquieux. Un\nMonsieur sûr de son commerce et qui peut\ns'offrir, le cas échéant, avec le fidèle client, une\npetite conversation sur la pièce, l'auteur et les\ninterprètes d'Actualité qu'il vient de juger à la\ngénérale, le marchand de billets étant de toutes\nles générales.\nIntéressante la pièce ?\nMais oui, très bons décors, de Ventrain, du\ndialogue, de Vesprit, des mots de situation.\nAlors on peut voir ça ?\nJe crois bien ! Une loge de face ?\nN'en déduisez pas que par intérêt profes-\nsionnel, le marchand de billets trouve forcé-\nment tout bon. Que non ! et, certains auteurs,\ncomédiens, chanteurs, ne seraient peut-être\npas toujours satisfaits de ses commentaires ou\nde ses pronostics ! Mais le sait-on ? Aussi bien\nque le plus subtil, le plus remuant, le plus\ninfatigable de nos courriéristes, serait-il le\nCapitaine Fracasse ou Brichanteau, le marchand\nde billets connaît à peu près tout de ce rata\ncompliqué, varié, imprévu qui mijote dans les\ncoulisses... Fort de leurs profondes relations dans\nles théâtres, ces marchands de billets de luxe\nsont à l'occasion de très distingués indicateurs\ngalants... Pendant l'Exposition de 1900, il en\nfut un qui avec beaucoup de tact et d'éloquence\ns'en fut trouver une des plus éminentes per-\nsonnalités administratives de l'Opéra :\n; *\nSi vous vouliez être mon avocat auprès de\nces demoiselles du corps de ballet comme nous pour-\nrions faire de Vor avec les Etrangers ! C est très\nsimple\nSans doute parce que ce fut trop simple le\nhaut fonctionnaire sollicité ne voulut pas\ncomprendre. Le marchand de billets dut cher-\ncher ailleurs.\nBref le marchand de billets de luxe exerce\nune profession des plus agréables, peu fatigante\net qui, bon an mal an, lui rapporte tous frais\npayés un bénéfice net de cinquante mille francs...\nCombien différente est l'existence de l'autre\nmarchand de billets, du \" ruffian \". Par la pluie,\nla neige, la grêle, l'ardent soleil, enfin dehors\npar tous les temps, de dix heures du matin à\ndix heures du soir, le ruffian 11e paraît cepen-\ndant pas contracter une mauvaise santé à ce\ngenre de vie. A de bien rares exceptions près,\nregardez sa belle trogne, on dirait enluminée\nà tous les verres rouges des lampes électriques,\nmais qui l'est en vérité à ceux des mastroquets\nvoisins. Admirez cette carrure, cet embon-\npoint, Ces mains larges comme des épaules de\nmouton, ces doigts boudinés, luisants, roses\ncomme des petits paquets de saucisses, toute\ncette rude allure d'un cultivateur endimanché,\nd'un maquignon, d'un \" book \" et plus souvent\ncelle bien plus pittoresque d'un Monsieur que\nvous ne voudriez pas rencontrer au coin d'un\nPré serait-ce même à celui du Pré-aux- Clercs.\nPst ! Pst !.."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.105", "texte": "162\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nVous les connaissez bien ! Celui-ci vous\nappelle du seuil d'un café modique.\nUne bonne place pour ce soir, de face ?\nCelui-là, pour peu que vous sembliez vous\ndiriger vers le bureau de location ou vous\narrêter devant l'affiche et même tout simple-\nment si vous passez, vous raccroche par votre\nmanche, vous passe même tendrement le bras\nautour de la taille et vous fait ses propositions\navec le bagout, l'insistance des photographes\nforains ou du coiffeur qui veut à toute force\nplacer une friction ou un shampooing. Comme\ntout ce qui est en dehors de l'ordre, du con-\nvenu, comme tout ce qui est si peu sauvage\nque ce soit, ce marchand de billets dit \" ruf-\nfian \", est bien plus amusant que son confrère\nde luxe UUAristo \" qui est au ruffian ce que\nle cabot des rues est à la levrette de grande\nmaison, ce que le chat de gouttière est au chat\nd'appartement.\nPar ci par là, bien forcé de voir la vie\nplus en rosse qu'en rose, le \" ruffian \" n'est\npas exempt d'aléas puisqu'il n'a pas la\ntranquillité d'une clientèle stable mais plutôt\nvariable, aussi volante que volée. Non pas\ncomme l'Aristo, assuré d'amateurs réguliers,\nle ruffian n'a pour établir un équilibre entre\nses dépenses et ses recettes que ses connais-\nsances du répertoire à succès et des nouvelles\nœuvres qui pourront réussir ou non. Mais s'il\npleut ? La pièce a beau être bonne, les chan-\nteurs fameux et les décors charmants, le ruffian\nrisque le mauvais coup de garder ses billets\npour compte. C'est dans ces moments là que\nsemblable à ces Dames de nuit encore\nseules à la dernière heure et qui deviennent de\nplus en plus pressantes parce que plus pres-\nsées, le ruffian se résout à toutes les audaces.\nPoursuivant l'amateur jusque dans le vestibule\ndu théâtre il finit par se faire \" emballer\ntraîner au poste dont il est abonné fidèle et où\nd'ailleurs on le relâche aussitôt, ce qui lui\npermet d'y revenir plusieurs fois durant la\nmême soirée.\nComme l'on pense ces \" emballages \" ne se\nfont pas toujours sans musique : protestations\nou menaces. C'est que le marchand de billets\nen plus d'un indicateur de la police, d'un\n\" book-maker \" et même d'un Poète qu'il est\nparfois peut de plus être un bon agent élec-\ntoral ou tout simplement ce personnage vénéré,\npresque sacré. \" L'électeur \". n HOJSAO\nAinsi pour avoir fait arrêter un marchand\nde billets racolant dans l'entrée même de son\nThéâtre, M. Carré se vit-il montrer le poing\net promettre :\nAttends un peu ! je le dirai à Levreau !\nInutile de dire que Leyreau c'était le\ndéputé\nLe ruffian qui rançonne, d'après la loi de"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.106", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n163\n\nl'offre et de la demande, et l'Aristo qui trafique\nsur une augmentation à peu près fixe de trois\nfrancs sur le prix de la location officielle, ne\nse font ni tort ni concurrence. Chacun à sa\nspécialité. Celui-ci accapare les grosses places,\ncelui-là les petites. Avec ou sans la complai-\nsance des directeurs de théâtre dont bon\nnombre les considèrent, les traitent en excel-\nlents auxiliaires et même en collaborateurs\nprécieux.\nPour se procurer les places au bureau de\nlocation, Aristo et Ruffian ont un procédé bien\nsimple qui consiste, moyennant une prime de\ncinquante centimes par place, à les envoyer\nprendre par des commissionnaires variés dont\nle fonds ordinaire est surtout constitué par des\ngarçons de café, et l'extra par des passants\ndont la profession est surtout celle de n'en pas\navoir. Faisant la joie des directeurs ennemis,\nces troupes auxiliaires ne reviennent pas tou-\njours d'expédition... Ce sont là des fuites peu\nfréquentes, les marchands de billets étant à la\nfois gens de précaution et d'ingéniosité capa-\nbles de rivaliser avec nos meilleurs policiers, ce\nqui évidemment n'est pas encore le Summum\nde la difficulté Les marchands de billets\nsont encore des veinards.Une très sympathique,\ntrès capable et très artiste personnalité de\nl'Opéra en sait quelque chose. Cette person-\nnalité, appelons là M. Colin et si vous voulez\nmême M. Colin-Maillard à cause de cette\nchasse aux marchands de billets toujours un\npeu faite à l'aveuglette, avait dit à propos\nd'une sensationnelle première :\nJe ne veux pas qu 'il y ait dans la salle une\nseule belle place vendue par un marchand de\nbillets !\nDe permanence au bureau de location,\ndévisageant tous les souscripteurs M. Colin\nMaillard était presque sûr d'avoir évincé les\nmarchands de billets. Douce erreur ! Une\nbaignoire la veille prise par un des principaux\nhabitués de l'Opéra avait été revendue le len-\ndemain par un marchand de billets !\nPendant l'instant durant lequel M. Colin\nMaillard avait interrompu sa garde au bureau\nde location la jeune bonne de M. X... titu-\nlaire de la baignoire s'était présentée au bureau\nde location. En attendant son tour elle avait\navisé un monsieur très élégant, lui avait de-\nmandé à qui fallait-il s'adresser pour se faire\nrembourser des places qu'on ne pouvait utili-\nser. ..\nMais mademoiselle, je vous les prends moi !\net voilà cinq francs pour vous...\nLe monsieur très élégant n'était autre qu'un\ndes plus habiles marchands de billets bien connu\nsous le sobriquet très spécial de \" Beau Bocal.\"\nPourquoi donc ne pas toujours aller au bu-\nreau de location au lieu d'avoir recours aux\nmarchands de billets ?\nDeux raisons font les marchands de billets\npresqu'indispensables parce que répondant à\ndes besoins.\nLe vitalité du marchand de billets de luxe,\nréside en ce que présent dès l'ouverture de la\nlocation, il ramasse les meilleures places que\nl'amateur riche est toujours sûr de trouver\nchez lui, même aux dernières heures de la\njournée.\nExcellentes places que cet amateur riche\npeut en cas d'empêchement ou de caprice,\nrendre ou échanger, celles de ce théâtre-ci\npour celles de ce théâtre-là. Enfin, précieux\narrangement : si cet amateur riche est un\nfidèle, il a droit à un crédit souvent considé-\nrable avec large facilité d'acquit.\nLe marchand de billets populaire et si l'on\npeut dire, ô ironie à prix réduit ! fit à\ntemps lui aussi la razzia des places qui l'inté-\nressent. Donc avantage de l'accapareur ven-\ndant selon la naïveté du client ou la pénurie\ndes places disponibles à la location.\nLes marchands de billets ne faisant en\nsomme que profiter en des proportions diffé-\nrentes d'un agio légal quoique usuraire, quel\nprétexte les pouvoirs publics peuvent ils pren-\ndre pour s'immiscer dans leur commerce ?\nAucun. C'est donc au directeur de théâtre\nhostile au marchand de billets il n'y en a\npas tant qui peuvent s'offrir ce luxe ! à se\ndéfendre par des moyens uniquement person-\nnels.\nAinsi M. Carré que ses merveilleuses re-"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.107", "texte": "164\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\ncettes dispensent de toute collaboration fran-\nche ou hypocrite avec les marchands de bil-\nlets peut dans une certaine mesure contra-\nrier, gêner le marchand de billets: surtout le\npetit. Manière forte comme l'intervention de\nla police en cas de racolage trop hardi. Eloi-\ngnement indirect qui est le rachat des billets\nd'auteur, autant de moins pour les marchands\nde billets !\nCette demi impuissance contre les mar-\nchands de billets est si bien comprise et si bien\nacceptée que presque tous les directeurs de\nthéâtre ne l'ont jamais élevée à la hauteur d'une\nquestion d'Etat. Or, et la chose est infiniment\ncomique, quels directeurs tentent de changer\nce débat personnel en débat public, législatif,\nvisant la fin des marchands de billets. Qui ?\nLes directeurs de la Gaîté Lyrique. Les frères\nIsola qui n'ont d'ailleurs jamais été frères.\nLes frères Isola qui pour avoir d'abord fait des\ntours de prestidigitation dans les calés de Paris,\nde la Banlieue et de la Province, puis organisé\ndans les bouis-bouis et music-hall, l'exhibition\nd'un nombre incalculable de petites et de grosses\ndames plus ou moins décolletées plutôt plus\nainsi que la présentation de chiens savants,\nde clowns excentriques et d'avaleurs de sabres,\nétaient selon la logique, selon la justice de la\nVie tout désignés pour prendre part à la\ndestinée de la grande Musique Française...\nSans doute reconnaissons-nous aux frères\nIsola leur science des chiffres, leur habileté à\nsavoir s'entourer de généreux commanditaires\ncomme M. Merzbach, de conseilleurs artistes\ncomme MM. Labis et Amalou. Cependant\nnotre admiration ne va pas jusqu'à nous faire\ncroire que si les frères Isola crient \" vingince \"\ncontre les marchands de billets, c'est unique-\nment pour la défense de l'Art pur et du\nPeuple ! Evidemment Y Art pur et le Peuple\nont toujours en bon dos et l'on peut dire bon\ndos d'âne. Mais cette fois le truc est trop\ninélégant.\nNon il n'y a pas que du désintéressement\ndans cette indignation, mais encore une furieuse\ncolère personnelle contre ces marchands de\nbillets qui vivent largement des efforts et des\nexcellents résultats des frères Isola.\nOn sait comment sous l'habile prétexte\nd'offrir au Peuple un spectacle de grand art,\npour un prix démocratique mais où com-\nmence et où finit-il donc ce prix démocrati-\nque ? les frères Isola ont lancé une affaire qui\na réussi grâce à leur intelligence et à l'appui\nformidable de la Ville qui, en plus d'autres\navantages matériels, mit à leur discrétion,\nrépertoire, vedettes, décors, costumes de l'Opéra\net de l'Opéra-Comique. Généreuse, fructueuse\ncombinaison, qui ferait un tort considérable\nà nos deux grands Subventionnés, s'ils n'étaient\npas aussi résistants. Disproportion entre frais"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.108", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n165\n\net rapports, qui inspira tout de suite aux\ndeux races de marchands de billets, cette\njudicieuse réflexion :\n\" Les Huguenots pour quinze francs à\nl Opéra et pour cent sous à la Gaieté ? Ça vaut\nau moins dix francs à la Gaieté\nEt voilà comment, de tous les Directeurs\nde Théâtres, les frères Isola font les plus gros-\nses rentes aux marchands de billets.\nAinsi, la vérité \" F humble vérité \" comme a\nécrit Maupassant c'est que maintenant en\nplein succès, forts d'un joli capital d'abonne-\nments, prêts à se débarasser de la protection\nmunicipale afin d'être les Maîtres de leur\nExploitation, les Isola voudraient bien par la\nmême occasion, semer les marchands de billets.\nMais ces marchands de billets aristos et ruffians\nse savent hors d'atteinte. Ils rient dans leur\nbarbe ou dans leur moustache. Ils se frottent\nles mains. Us songent qu'ayant ainsi laissé\ndécouvrir leur secrète pensée par un bluff\nmaladroit et significatif, les Isola font désormais\nfigure de cavaliers seuls dans ce quadrille\nexcentrique des directeurs de théâtre et des\nmarchands de billets. Et ils concluent non\nsans raisons peut-être, qu'après avoir été les\nIsola, ces frères Siamois pourraient bien être à\nprésent les... Isolés.\n\nPierre Jobbé-Duval.\n\nLes Instruments\n\nLES CLARINETTES.\nLes instrumentistes à vent français ont la\nréputation d'être supérieurs à ceux des autres\npays. Cette suprématie est d'autant plus esti-\nmable que notre lutherie laisse passablement à\ndésirer. Depuis une cinquantaine d'années les\nperfectionnements que l'on a apporté dans\ncertaines catégories d'instruments sont insigni-\nfiants. Cependant les œuvres musicales moder-\nnes demandent tous les jours plus de délica-\ntesse et de virtuosité de la part des instrumen-\ntistes ; sans compter que les harmonies serrées\nde l'école contemporaine exigent une grande\njustesse sans quoi la sauce harmonique tourne\nau vinaigre. D'autre part la facilité avec\nlaquelle on module maintenant oblige les\ninstruments transpositeurs à jouer fréquement\navec beaucoup d'accidents, ce qui complique\nsingulièrement les doigtés.\nPour ces diverses raisons les exécutants\ndevraient avoir des instruments dont le méca-\nnisme et la justesse soient irréprochables.\nMalheureusement cela n'est pas. C'est pourquoi\non ne saurait trop souhaiter dans l'intérêt des\nmusiciens (aussi bien exécutants que composi-"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.109", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS A. DANDELOT, 83, RUE D'AMSTERDAM.\nSALLE GAVEÂU, 45-47, RUE DE LA BOËTIE\nSamedi 23 Avril 1910, à 9 heures très précises du soir\nAUDITION D'ŒUVRES\nd'ALFRED CASELLA\npar l'Orchestre de l'Association des\nCONCERTS HASSELMANS\nsous la direction\navec le concours de MM. JAN REDER et JOSEPH BONNET\nOrganiste de Saint-Eustache.\n\nPROGRAMME\nSUITE op. 13.\na. Ouverture\nb. Sarabande\nc. Bourrée\n(Ire Audition)\n\" ITALIA \" op. 11\nRapsodie sur des chants populaires\nde l'ltalie Méridionale.\n(Ire Audition)\n3. Trois Poèmes pour une voix et orchestre\na. Nuageries\nb. Soir Païen.\nc. En ramant.\nM. JAN REDER\n4. Deuxième Symphonie op. 12\nen ut mineur (Ire Audition)\na. Lento Allegro\nb. Scherzo\nc. Andante\nd. Tempo di Marcia —Epilogo.\nOrgue : M. JOSEPH BONNET.\n\nPRIX DES PLACES :\n«\nORCHESTRE: Fauteuil: 12 fp. Loges, la place : 15 fp. Pourtour: 5 fp.\nPREMIER BALCON : ler1er rang: 8 fp. autres rangs: 6 fp. Pourtoir : 3 fp.\nDEUXIÈME BALCON; ler1er rang : 5 fp. autres rangs: 3 fp. Pourtoir: 2 fp.\nPROMENOIR : 1 fp.\nBILLETS • chez MM. DURAND et Fils, 4, Place de la Madeleine ; GRUS, 1 16, Boulevard Haussmann, Max ESCHIG,\n13, rue LafHtte et à IADMINISTRATION DE CONCERTS A. DANDELOT, 83, rue dAmsterdam, Tél. 113-25."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.110", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n167\n\nteurs) que nos luthiers fassent l'effort néces-\nsaire pour se mettre au niveau des exigences\nde l'écriture musicale moderne. Je ne signalerai\nici que quelques cas d'une seule variété d'in-\nstruments : les clarinettes alto, basse et contre-\nbasse. La plupart des compositeurs ne se\ndoutent pas de la valeur de la clarinette alto\ndans la gamme des timbres de l'orchestre. Ils\nne s'en doutent pas n'ayant que bien rarement\nl'occasion d'entendre cet instrument et ils\nn'ont pas cette occasion parce que les luthiers\nn'en fabriquent pas qui encouragent les artistes\nà s'en servir plus souvent. Voici un petit fait\nsignificatif: Un luthier a fourni dernièrement\ndeux clarinettes alto à une administration\nartistique sans avoir songé à fabriquer des becs\nen rapport de la grandeur de l'instrument.\nLes exécutants sont par conséquent dans\nl'obligation de jouer ces clarinettes alto avec\ndes becs de clarinettes soprano, ce qui est\ndéfectueux autant pour la justesse que pour la\nqualité du son ; c'est comme si l'on jouait la\ncontrebasse à cordes avec un archet de violon.\nMozart et Mendelssohn seraient bien sur-\npris, s'ils revenaient au monde, de ne plus\ntrouver dans les orchestres un instrument qu'ils\naimaient bien et pour lequel ils ont écrit de\njolies pages : le cor de basset, dont la déforma-\ntion nous a donné la clarinette alto. J'ai la\nconviction que si les luthiers fabriquaient des\ncors de basset irréprochables certaines sociétés\nartistiques s'empresseraient de les faire entendre\nau public, dans les trios de Mendelssohn, et\nles compositeurs ne tarderaient pas à enrichir\nleur orchestration de ce ressuscité.\nCette intromission se ferait d'ailleurs tout\nnaturellement attendu qu'un des progrès de\nl'art musical contemporain réside dans la com-\nbinaison des timbres lesquels sont pour le\ncompositeur ce que les couleurs sont pour le\npeintre.\nVoyons ce qui se passe pour la clarinette\nbasse. Les clarinettistes évitent, quand ils le\npeuvent, de jouer de cet instrument sachant\nfort bien les difficultés qu'ils auraient à vaincre\npour arriver à un \" à peu près \" tant au point\nde vue de l'accord que de l'homogénité des\nregistres. En effet, le mécanisme des clefs est\nresté rudimentaire, il n'a ni la rigidité ni la\nprécision voulues ; les trous et la perce de\nl'instrument sont faits, je ne dirai pas au hasard,\nmais sans la minutie qu'il faudrait ; il en\nrésulte un certain nombre de notes défec-\ntueuses et un manque d'unité entre les diffé-\nrents registres. Si le grave est excellent, le\nmédium et l'aigu sont sourds et péniblesautant\nà jouer qu'à entendre. Cela rappelle les mal-\nheureux chanteurs qui n'ont que quelques\nbonnes notes pour se faire valoir.\nDans la pratique la conséquence suivante se\nproduit : tandis que les compositeurs emploient\nde plus en plus la clarinette basse dans leurs\npartitions, sans tenir compte toujours des\nlimites des difficultés indiquées dans les traités\nd'instrumentation, l'exécutant, lui, se trouve,\npar la faute de l'imperfection de l'instrument,\ndevant des obstacles matériels qui empêchent\nune exécution impeccable. En un mot il y\na désaccord entre ce qu'on écrit et ce qui\nest exécutable. Pour remédier à cet état de\nchoses, il ne faut pas s'adresser aux composi-\nteurs, ceux-ci continueront à écrire la partie\nde clarinette basse comme si cet instrument\nétait d'une construction parfaite. Si ce qu'ils\nont écrit est mal rendu ils ne penseront pas\nque l'instrument peut y être pour quelque\nchose mais que l'instrumentiste est un inca-\npable. Cependant ce malentendu pourrait être\névité si le luthier perfectionnait sa fabrication;\nle clarinettiste s'en tirerait avec moins de mal\net plus d'honneur.\nEt que faut-il pour cela ? Simplement con-\nsulter les instrumentistes sur les améliorations\npossibles et ensuite faire des essais jusqu'à\ncomplète satisfaction.\nQue dire de la clarinette contrebasse ? Si\nRichard Strauss, Saint-Saëns, d'lndy et d'autres\nmaîtres l'ont employée c'est qu'ils appréciaient\nles services qu'elle pouvait rendre ; il est donc\nprésumable que nous la verrons de plus en plus\nutilisée dans l'orchestre. Et pourtant, disons-\nle franchement, cet instrument reste, plus que\ntout autre, à perfectionner. J'assistais ces jours\nderniers à un concert où se trouvait une clari-\nnette contrebasse. Voulant savoir si quelque\nprogrès avait été fait dans sa fabrication je"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.111", "texte": "Administration des Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam.\n-■—■— ■?! ■ ;\nj> .. .$ *.it IÀ L UIT\"> ,\nm :n\n. .. T\n/;\"» i > JJ.fi\nSALLE GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\n- ■\nO■• ■' <VÎ \" FI -\\i> ft : ,\nC<J>JL ..y\" 3 . i . „ J i-i t,*\nJ\".»\n211 i^OUiïlO\nV•• J ! i -> 1 :J . .\ni\n*\"]•} i•• *) ' ïyi :rVf t Yvwf\nconcerts\navec le concours de MM. JOSEPH HOLLMAN\net JOSEPH BONNET, Organiste de St. Eustache.\nFfi 1 :-1\n1\nM IL:\ne\nPREMIER CONCERT\niDIMANCHE\nVIVALDI\nà 3 heures\nI. Concerto en sol mineur ....\npour violon principal, orgue et or-\nchestre à cordes, (en 5 parties)\nremis au jour par E. Ysaye.\n11. Le Poète et la Muse ....\nPremière audition.\nMM. Ysaye et J. Hollman.\n111. Concerto en ré majeur. . . . BRAHMS\nSAINT SAENS\nDEUXIEME CONCERT\nDIMANCHE S MAI\nà 3 heures\nI. Concerto en mi majeur . . . BACH\npour violon, orchestre à cordes\net orgue obligato.\n11. Suite pour violon et Orchestre NOËL DESJOYEUX\nPremière Audition.\na. Prélude.\nb. Andante.\nc. Final.\n%\n111. Concerto en ré majsur . . BEETHOVEN\nOrchestre de l'Association des Concerts Hasselmans, sous la Direction de\nM. Louis Hasselmans.\n\nDEUX CONCERTS JACQUES THIBAUD\nPREMIER CONCERT\nDIMANCHE 1 MAI\nà 3 heures\navec le concours de MM. Alfred Cortot, Pablo\nCasais, Joseph Salmon, F. Denayer, A. Tourret.\nI. Quintette (2 violons, 2 violoncelles\net alto) SCHUBERT\n11. Sonate à Kreutzer BEETHOVEN\n111. Quintette (2 violons, alto, violon-\ncelle) C. FRANCK\nDEUXIEME CONCERT\nJeudi 5 Mai, (Fête de VAscension)\nà 3 heures\navec le concours de M. F. Denayer\nI. Symphonie Concertante, pour vio-\nlon, alto et orchestre .... MOZART\n11. Concerto et Orchestre .\nMENDELSOHN\n111. Symphonie Espagnole, pour violon\net Orchestre ED. LALO\nOrchestre sous la direction de M. Pierre Monteux."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.112", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n169\n\ndemandais au clarinettiste s'il était satisfait de\nson instrument : \"Le mécanisme est impos-\nsible \" telle fut sa réponse.\nOn peut m'objecter que les trois instru-\nments dont je viens de parler ne sont pas d'un\nusage courant et que pour en bien jouer il faut\nles travailler comme on travaille la flûte ou le\nbasson. Cela est fort juste mais n'excuse pas\nune fabrication arriérée. Si les luthiers ne font\nrien pour donner satisfaction aux instrumen-\ntistes, ceux-ci continueront, par force, à se\ncontenter de ce qu'ils ont jusqu'au jour où un\nfabricant étranger forcera, par la concurrence,\nles luthiers français à sortir de leur routine.\n(à suivre).\n\nEmile Stiévenard.\n\n“IMPROMPTU”\n\n― Et bien que pensez vous de cette affaire, cher maître ?\n― Joli sujet pour une fugue en ut Duez."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.113", "texte": "DESIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\n. f\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\n■■ * *f f -V • '' : l\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\n' f\n;> \\ • ' .. .\n* 1F *\nTÉLÉPHONE 108-I4\n*'A ' \"\nC* '• •? > : V'' •• pr; v*<* vr * r -Vf y* . À; • 1 , y- -, i:\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n_ ■ . ' , , \\ ~ ■ , ' '\n-—••••1 -s 1 • • • • ,\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\n•t >:\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\n- ./ v-' •\" • * \"V • '\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nf* •%' • • -/i : 1 -n.\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.114", "texte": "Instruisons=nous\n\nNos lecteurs nous ont souvent demandé de les\ninstruire en les amusant c'est à dire de réserver, à coté\nde l'érudition ou de l'information, une place pour\nl'enseignement pratique, accessible à tous. Beaucoup\nd'entre eux, élèves ou professeurs, cherchent les moyens\nde compléter leur propre éducation musicale ou de\nfaciliter celle des autres. C'est à l'intention de ces\nlecteurs studieux que nous ouvrons cette rubrique\nnouvelle : INSTRUISONS-NOUS ! Il y a tant de choses\nd'un intérêt immédiat et général qu'on ne sait pas, et\nqu'il faut d'abord apprendre. Tous les jours quelque\ncorrespondant nous demande une petite consultation\nsur tel ou tel point de science musicale, d'histoire ou\nde pédagogie. Au lieu de lui répondre par lettre, nous\nlui répondrons ici même et nous sommes sûrs de satis-\nfaire ainsi d'autres abonnés qui ne nous écrivaient pas\npour nous poser les mêmes questions,'mais qui avaient\nsongé bien souvent à le faire. Nous causerons à bâtons\nrompus de tout ce qui peut aider les Amis de la\nMusique à mieux savoir cet art, qu'ils aiment trop\nsouvent en l'ignorant, et dont on leur facilite si peu la\nconnaissance. Nous leur expliquerons de petits mys-\ntères dont on ne trouve la clé dans presque aucun\nouvrage d'enseignement, et qui intriguent tout le monde.\nNous leur parlerons des grands musiciens, nous les\nmènerons dans les Ecoles assister à des leçons de\nmusique fort curieuses, et cela leur donnera l'idée, s'ils\nsont professeurs, de renouveler un peu leur enseignement,\nde ne pas tourner toujours dans le même cercle de\nprocédés dont ils se lassent eux-mêmes. Nous leur\ndonnerons de petits problèmes à résoudre, de petits\njeux de patience à combiner, et les plus adroits, les\nplus avisés d'entre eux seront récompensés. Nous insti-\ntuerons de véritables petits concours sur des sujets de\nmusique ou de musicologie. Et nous espérons par ce\nmoyen entrer en relations plus intimes avec nos lecteurs.\nNons faisons appel à leur collaboration : c'est sur eux\nque nous comptons pour rendre vivant ce petit coin\nd'une grande Revue Musicale, qui sera en même\ntemps l'Ecole d'instruction mutuelle.\nANACROUSE ET BARRE DE MESURE.\nOn écrivait ces jours derniers à notre direc-\nteur : \" Vous seriez bien aimable, cher mon-\nsieur de me donner un renseignement que je\nne trouve nulle part. Qu'est-ce qu'une ana-\ncrouse ? Je lis souvent ce mot ; je ne sais ce\nqu'il veut dire. S'agit-il d'une forme de com-\nposition, d'un type de mélodie, d'un procédé\nde notation? Qu'est-ce donc qu'une anacrouse\" ?\nRien de plus simple, que de satisfaire cette\nlégitime curiosité. Derrière ce mot d'allure un\npeu pédante ne se cache pas un bien grand\nmystère. Chantez le début de la Marseillaise :\nVous remarquerez que la mélodie ne com-\nmence pas sur le temps fort de la mesure,\nmais sur un temps faible d'une mesure incom-\nplète ; c'est cette partie de la mélodie qui\nprécède le premier temps fort qu'on appelle\nanacrouse. Toutes les fois qu'un morceau\ncommence en levant,comme disent les musiciens,\nil y a anacrouse. Vous constaterez que la plu-\npart des mélodies sont anacrousiques. Bien des\nthéoriciens pensent même qu'à l'origine il n'y\navait pas d'autre type de mélodie.\nL'emploi de la barre de mesure fausse nos\nidées sur l'anacrouse. Il nous paraît irrégulier\nqu'un morceau débute par une mesure incom-\nplète, et nous pensons qu'il est plus normal\nque la première note d'une mélodie soit\naussi la première note d'une mesure.\nIl faut nous rendre compte du caractère tout\nà fait arbitraire et conventionnel de la barre\nde mesure. Inventée au XVIe siècle, elle n'avait\nd'autre but que de permettre aux exécutants\nd'un ensemble de se retrouver à ces points de\nrepère naturels qui sont les temps forts, et il\nfut convenu que la barre de mesure serait\nplacée avant le temps fort. Il en est resuite\npar la suite cette idée tout à fait inexacte\nqu'une mesure formait par elle-même un tout,\net qu'un morceau de musique se trouvait\ndivisé en autant d'éléments se suffisant a eux-\nmêmes qu'il contenait de mesures : de meme"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.115", "texte": "172\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nque dans nos discours chaque mot a un sens\nmême s'il est séparé de la phrase à laquelle il\nappartient. Or il n'en est rien. Découpez un\nmorceau de musique en fragments formés\nchacun d'une mesure : vous verrez qu'aucun\nde ces fragments n'offre un sens complet. Les\nprofesseurs de solfège le savent bien, puisque\nquand ils donnent par fragments le texte\nd'une dictée musicale à leurs élèves, ils ont\ntoujours soin de ne pas s'arrêter sur le\ndernier temps d'une mesure, mais sur le\npremier de la mesure suivante. En réalité pour\nque les barres de mesures marquent les vérita-\nbles divisions de la phrase musicale, il faudrait\nqu'elles soient placées non avant, mais après\nle temps fort. Et cela se comprend : pour que\nje donne un bon coup de poing à un cama-\nrade, il faut que j'aie commencé par prendre\nmon élan, par ramener mon bras et mon poing\nen arrière, en préparant mes muscles à l'effort\n(et cela c'est le temps faible), puis mon poing\ns'abat (et cela c'est le temps fort). Pour jouer\ndu piano je lève les doigts avant de les abaisser.\nPour manger, j'ouvre la bouche avant de la\nfermer. Et ainsi tout mouvement est en 2\ntemps, le temps faible précédant toujours le\ntemps fort, et les deux temps formant par leur\nliaison un mouvement bien défini et complet.\nLe temps faible n'a de sens que parce qu'il\nprépare le temps fort, et le temps fort n'est\npossible que s'il est préparé par le temps faible.\nVoilà ce que n'indique pas du tout notre barre\nde mesure, bien au contraire. Voilà ce qu'il\nimporterait d'enseigner aux élèves qui ne s'en\nrendent pas toujours bien compte.\nAinsi, dans le thème de la Marseillaise,\nvoici les divisions du son musical, correspon-\ndant d'ailleurs à celles du sens grammatical :\ntandis que la disposition des barres de mesure\nnous ferait croire qu'il faut chanter :\nce qui serait évidemment absurde.\nDans des cas aussi simples, personne ne se\ntrompera. Mais il est des circonstances où de\nfins musiciens commettront les plus lourdes\nfautes d'interprétation, emportés malgré eux\npar l'habitude de considérer la barre de\nmesure comme une séparation véritable entre\nles éléments de la phrase musicale, (quand au\ncontraire elle marque une liaison étroite entre\nles termes qu'elle semble désunir). Je veux\ndonner quelques exemples de ces erreurs si\ngraves.\nOn sait que les violonistes ont pris pour\nrègle générale de tirer l'archet sur les temps\nfort et de le pousser sur les temps faibles.\nChaque barre de mesure est pour eux le\nsignal d'un changement de coup d'archet :\nAprès le pousse du dernier temps faible de la\nmesure précédente, le tiré du temps fort de la\nmesure suivante. Voilà qui va fort bien lors-\nqu'il s'agit d'une succession de notes détachées,\nc. à d. accentuées chacune par un coup d'archet\ndifférent. Mais s'il s'agit de notes liées, c. àd.\nexécutées du même coup d'archet, le violoniste\nn'hésitera pas une minute à faire correspondre\nl'étendue de ces liaisons à celle de chacune des\nmesures, très exactement, ce qui dans bien des\ncas produira de véritables contre-sens.\nJe prends la partie de lerIer violon des Quatuors\nde Beethoven, édition Peters. Cette édition a\nété revue soigneusement par un grand violoniste\nFerdinand David : ses doigtés et ses coups\nd'archet sont la plupart des temps excellents.\nMais voici ce que je trouve dans le premier\nmorceau du 3e quatuor :\nPourquoi détacher le la final des trois notes\nen triolet qui le précèdent et avec lesquelles\nil a un lien si étroit ? Pourquoi lui donner une\naccentuation spéciale? Voilà qui n'a aucun\nsens, et qui n'est d'ailleurs pas même justifié\npar la facilité d'exécution, car il serait plus\ncommode ici de n'avoir pas à reprendre l'archet"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.116", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n■73\n\naprès la fin du triolet pour articuler la note\nsuivante.\nPlus loin je trouve encore :\nqui ne s'explique pas davantage.\nDe même dans l'Andante, après la lettre T,\n(et ici c'est bien pis encore) :\nau lieu de\ninfiniment plus correct et plus facile.\nMais inutile de multiplier ces exemples,\nd'autant plus nombreux dans notre musique\nmoderne, que bien souvent les compositeurs\neux-mêmes couvrent inconsciemment ces\nerreurs de leur autorité, en se conformant à\ndes usages établis, sans en apercevoir l'incon-\nvénient.\nIl serait infiniment plus important d'ap-\nprendre cela à nos enfants que d'insister au\ntant qu'on le fait sur la théorie des tétracordes,\nqu'on peut ignorer sans être un mauvais musi-\ncien, Il importe avant tout de faire sentir la\nmusique aux enfants, de leur former le goût,\net ils n'ont aucun besoin d'être des savants en\nmusique.\nMais voilà ! Je crois que la plupart des\nouvrages d'enseignement ne soufflent pas mot\nde la question dont je viens d'indiquer ici les\ngrandes lignes. Et tout le monde ne peut se\nprocurer, ni lire le traite de F expression musicale\nde Mathis Lussy.\nSaississons cet occasion de rendre hommage\nà la mémoire d'un grand musicologue qui vient\nde disparaître.\nA PROPOS D'HAYDN.\nVoici une lettre qui vaut un article et que\nnous insérons avec le plus grand plaisir :\nMonsieur le Directeur,\nJ'ai lu avec un vif intérêt le numéro de\nI'S.I. M. que vous avez consacré à Haydn. Mais\nje ne vous cache pas cependant ma déception.\nJe m'attendais à trouver quelque part un juge-\nment d'ensemble sur l'homme et sur l'œuvre,\nqui m'eût aidé à préparer une petite leçon pour\nmes élèves de l'Ecole Normale auxquelles je\nfais chanter un chœur des Saisons. Je vous avoue\ntrès humblement mes préoccupations égoïstes.\nSi vous saviez comme nous autres, professeurs\nde musique de province, nous sommes souvent\nisolés dans nos petites villes, loin des concerts,\noù l'on entend les œuvres de maîtres, loin des\nbibliothèques, où l'on peut au moins les lire,\nloin des amis de la musique que l'on voudrait\navoir autour de soi pour réchauffer de temps\nen temps une passion qui finit quelquefois par\nmourir faute d'aliment. Pas même un conseil !\nNos chefs ne sont pas toujours musiciens : ils\nn'ont rien à nous dire,ils font semblant d'oublier\nque nous existons. Bien heureux encore quand\nils ne nous traîtent pas en ennemis... Je devais\nparler à mes élèves d'Haydn, et j'étais bien\nembarrassée. J'aurais voulu leur expliquer le\ngrand rôle que le vieux maître a joué dans la\nformation du style et de la symphonie classique.\nMais je me sentais pas à la hauteur de mon\nsujet. Alors je me suis contenté de tracer, tant\nbien que mal, d'après des biographies que j'avais\nlues, un portrait du brave homme que fut Haydn\n.et de la vie qu'il a menée. J'ai parlé d'abord\ndu petit paysan de Rohrau lâché dans la cam-\npagne, se prenant de bonne heure à aimer les\nfleurs, les arbres, les bêtes, le chant du ruisseau\net le ramage des oiseaux. Je le montrais aussi,\nrentré le soir chez lui, en admiration devant la\nvoix de ténor de son père et son talent sur la\nharpe, et demandant à sa mère, plus nonchalante,\nde chanter aussi ; se fâchant parce qu'elle ne\nvoulait pas redire avec le père le fameux duo qui"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.117", "texte": "174\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nmarchait si bien ! Et\npuis c'étaient les le-\nçons de musique de\nl'instituteur Frankh,\nensuite l'arrivée à\nVienne, l'entrée dans\nla maîtrise de St\nEtienne, les pompes\ndu culte, les joyeuses\nfolies des récréations.\nEt voici maintenant\nle pauvre enfant à\ni 7 ans sur le pavé de\nVienne,prenant gaie-\nment son parti de sa\nconditions de musi-\ncien errant. J'ai bien\namusé mon auditoire\navec l'histoire du\nperruquier Keller\ndont notre pauvre\nHaydn aimait la fille\naînée, qu'il n'épousa\npoint parce qu'elle\nétait déjà fiancée à\nun autre,se résignant\nbonnement à un\nmariage avec la ca-\no\ndette, qu'il n'aimait\npoint, pour faire\nplaisir au père Keller.\nEt j'ai suivi ensuite\nnotre musicien chez\nles Esterhazy ; j'ai\ndit tout son rude la-\nbeur, tout son hum-\nble dévouement à ce\ngrand seigneur un\no o\npeu despote, toute\ncette obscure exis-\ntence d'un artiste do-\nmestiqué, sans grande\njoie, sans gloire et\nsans éclat, heureuse\ncependant. Puisenfin\nj'ai raconté les triom-\nphes d'Angleterre et\nla vieillesse paisible\n\nNOS CONCOURS"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.118", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n175\n\net souriante. Mais j'ai voulu surtout faire sentir\nà mes jeunes filles la modestie et la bonté de\nce grand artiste qui s'inclinait respectueusement\ndevant la supériorité du jeune Mozart et l'aimait\nd'une affection si profonde, si pure, si exempte\nde jalousie !... Oui, mais tout cela n'est\npas la musique d'Haydn, et je n'ai rien su\nexpliquer à mes élèves de ce qui fait la beauté\nd'une symphonie ou de ce charmant chœur des\nSaisons.Vous auriez bien dû m'y aider un peu! \"\nA Dieu ne plaise ! Et nous trouvons q'ue\nnotre correspondante s'est admirablement ac-\nquittée de sa tâche, si elle a su rendre présente\nà son jeune auditoire l'âme donce et paisible\ndu vieil Haydn ! Que faut-il de plus pour\ncomprendre ensuite sa musique ? Et que vien-\ndraient faire ici les discussions des érudits ?\nFaisons entrer bien vite la musique dans les\nhumanités. Evitons d'en faire une spécialité : ce\nserait tuer l'enseignement musical.\nNos CONCOURS.\nVoici un petit exercice que nous proposons\na nos lecteurs pour leur donner l'occasion\nd'exercer leur sagacité. C'est Vexplication cf un\ntexte musical. Tout le monde sait en quoi\nconsiste l'explication d'un texte littéraire, d'une\npage de Racine, de La Fontaine, ou de Victor\nHugo. Hé bien ! Pourquoi ne pas appliquer à\ndes textes musicaux la même méthode d'ana-\nlyse et de réflexion ? Nous y voyons un excel-\nlent moyen de développer l'esprit d'observation,\nd'affiner le goût, de préparer à l'interprétation\nintelligente des maîtres.\nVoir le texte que nous proposons et qu'il\ns'agit d'expliquer à la page ci-contre :\nNous demandons à nos lecteurs : i° de nous\ndire de quelle œuvre ce texte a été détaché,\n2° d'en indiquer toutes les particularités de\ntonalité, de modalité, de rythme, de nuances,\net d'en analyser la construction mélodique\net harmonique (point de vue techniqueJ, 3° d'en\ndéterminer la valeur expressive ou bien des-\ncriptive (point de vue esthétique), 40 d'y dé-\nmêler, s'il se peut, certaines caractères dont on\npeut dire qu'ils sont la marque du temps\nsur cet ouvrage (point de vue historique). •\nLes réponses devront être adressées aux\nbureaux de l'Actualité musicale avant le lERIER mai\n1910. Elles seront classées par ordre de mérite,\net nous dirons prochainement à quelles récom-\npenses elles donneront droit.\n\nDouble-Dièse.\n\nLa Musique Militaire\n\nLA MUSIQUE DE LA GARDE\nRÉPUBLICAINE\nAprès ces quelques considérations sur les\nMusiques Militaires en général, et leur rôle, 1\nvenons à la première d'entre elles, à celle de\nla Garde Républicaine. Quelques détails sur sa\ncomposition, ses origines, son répertoire ne se-\nront peut-être pas sans intérêt pour nos lecteurs.\nCette phalange exceptionnelle a aujourd'hui\n54 ans d'âge. Elle a pu célébrer son jubilé,\nses noces d'or en quelque sorte, le 12 mars\n1906. C'est sous la direction de Paulus qu'elle\nfut organisée, en 1856, avec 55 exécutants.\nSa victoire à l'Exposition Universelle de 1867,\nsur la musique des Guides, particulièrement\nchère à l'Empereur, et qui passait pour la pre-\nmière u harmonie \" de France fut son premier\ntriomphe à la face du monde. Son second fut\nen 187 1, à Londres, dans une autre exposition\ninternationale. Quant à la tournée de 1872,\nen Amérique, elle dépassa toutes les espérances.\nAu retour, un décret fusionna les deux légions\net groupa leurs talents. Peu après, en 1873,\nPaulus prenait sa retraite et cédait le bâton à\nSellénick, dont les succès, à la tête d'une telle\nréunion d'artistes, devinrent légendaires en\nAngleterre et en France... Puis c'est, en 1884,\nG. Wettge, qui lui succède. Enfin, en 1893,\nà la suite d'un concours, M. Gabriel Parés,\ntout jeune encore, voyait sa hardiesse couronnée\net obtenait le poste exceptionnel, où il dé-\nployait, tout de suite, une activité sans égale.\nC'est en effet à partir de sa direction, comme\nil est facile de le constater en examinant la\nsérie des programmes, que le répertoire de la\ngarde se transforma peu à peu et prit ce carac-\ntère hautement artistique sur lequel je voudrais\ninsister aujourd'hui. Aussi bien M. Gabriel\n\n1 Voirie n. de décembre de l'année 1909, page 38."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.119", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\n» EMIL GUTMANN\n\nREPRÉSENTE LES ARTISTES ET LES\nASSOCIATIONS ARTISTIQUES LES PLUS\nCONSIDÉRABLES, LES MAITRES LES\nPLUS RÉPUTÉS EN ALLEMAGNE.\nENGAGEMENTS PAR TOUTES LES SOCIÉTÉS DE\nCONCERT ALLEMANDES ET ÉTRANGÈRES.\nTOURNÉES D'ORCHESTRE ET DE\nSOLISTES DANS TOUS LES PAYS.\nSOLISTES POUR ORATORIOS.\nORGANISATION DE CONCERTS ET DE CONFÉ-\nRENCES, DE RÉCITALS DANS TOUTES LES\nSALLES DE MUNICH ET DE GRANDS FESTIVALS\nINDICATIONS DE POSTES VACANTS\nDE PROFESSEURS DE CONSERVA-\nTOIRE ET D'ÉCOLE DE MUSIQUE.\nANNONCE, PUBLICITÉ, INFORMATIONS\n£ #\nLA PLUS GRANDE AGENCE DE CON-\nCERTS DE L'ALLEMAGNE DU SUD.\n\nMUNICH - Theatinerstrasse 38 - MUNICH\nAdresse Télégraphique : KONZERTGUTMANN, MUNICH"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.120", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n■77\n\nParés était-il un musicien de race et un chef\nd'orchestre de carrière. Son père avait été cla-\nrinette solo de la garde, au temps de Paulus ;\ncomme lui, il passa par le Conservatoire, mais\ndans les classes d'harmonie et de composition,\nen même temps que dans celle de cornet à\npistons. Il en sortit pour conquérir, premier au\nconcours, la place de sous-chef de musique,\nen attendant qu'un nouveau concours, autre-\nment disputé, lui donnât (en 1883) celle de\nchef de la musique des équipages de la flotte,\nà Toulon, qui le mit désormais, et notamment\nà l'Exposition de 1889, tout à fait en vue. Si\nje m'attachais ici spécialement à sa biographie,\nje signalerais ses nombreux .travaux, soit comme\ncompositeur au théâtre, [Le Secret de Maître\nCornille, en collaboration avec son frère) au\nconcert, et surtout pour harmonie, (une foule\nd'œuvres originales ou d'orchestration), soit\ncomme théoricien (un remarquable traité d'ins-\ntrumentation à l'usage des harmonies et des\nfanfares).\nLa musique placée sous ses ordres com-\nprend exactement 80 unités : 1 chef ; 1 sous-\nchef ; 5 musiciens de ire classe, 10 de seconde,\n13 de troisième, 25 de quatrième, tous comp-\ntant à l'état-major, et 24 élèves musiciens.\nL'admission se fait au concours. Tous ces\nartistes sont indépendants et libres, en dehors\nde leur service spécial, mais assimilés, selon\nleur classe, à un grade et à une solde militaires.\nLa dénomination d'élève n'a qu'une significa-\ntion de classe, car cette catégorie renferme\ntoujours plusieurs premiers prix du Conserva-\ntoire au début de leur carrière.\nVoici quelle est la division des instruments :\n1 petite flûte. 4 cors.\n3 grandes flûtes. 1 saxhorn soprano\n3 hautbois. (petit bugle).\n4 clarinettes en mi bém. 4 saxhorns contraltos\n16 clarinettes en si bém. (bugles).\n(2 solo, 10 ireB, 6 2des) 3 saxhorns altos.\n2 clarinettes basses. 2 saxhorns barytons.\n2 saxophones altos. 6 saxhorns basses.\n2 saxophones ténors. 1 saxhorn contre-basse en\n2 saxophones barytons. mi bém.\n2 bassons. 2 saxhorns contre-basses\n1 sarrasophone. en si bém.\n3 trompettes, 5 trombones.\n4 cornets. 2 contre-basses (cordes)\n1 paire de timbales.\n1 caisse claire.\n1 grosse caisse.\nUn répertoire particulièrement vaste et varié\nest exploité par cet orchestre de plein air. On\nen sait l'une des raisons essentielles. La\nmusique de la Garde Républicaine est envoyée\nconstamment devant les publics les plus divers\net les plus disparates, dans les fêtes officielles\net dans les quartiers ouvriers. Aussi la compo-\nsition des programmes est-elle la chose la plus\nvariable du monde. A chaque concert, public\nnouveau et spécial, qu'il convient d'instruire\nen le récréant, sans le dégoûter en dépassant\nsa portée. Si l'attention populaire peut se fixer\nd'abord, s'affiner ensuite, c'est par un rappro-\nchement adroit d'œuvres profondes et originales\net de morceaux plus limpides et plus aisés à\nsuivre. Aux chefs-d'œuvre consacrés, s'il se\nmêle quelque fantaisie des anciens répertoires,\nd'ailleurs jouée en virtuose, telle page succède\naussi, des écoles nouvelles, françaises ou étran-\ngères, qu'on chercherait vainement sur les\nprogrammes de nos concerts et que l'avide\ncuriosité de M. Parés a su découvrir. Ne\nconserver de l'ancien fonds de la musique de\nla Garde que les morceaux de vraie valeur,\nrenouveler les arrangements classiques par une\nétude plus sévère des partitions originales, et\nmarcher résolument de l'avant pour les pro-\nductions nouvelles, tel a été le but constam-\nment suivi. Aussi la collection des programmes\nfait-elle preuve aujourd'hui d'un développe-\nment et d'un rajeunissement incessant de ce\nrépertoire.\nD'une façon générale, il se partage en quatre\nséries : les ouvertures, les suites, les morceaux\ndivers (danses, marches, petites compositions\nd'orchestre) et les fantaisies.\nCe dernier groupe, qui est le plus considé-\nrable dans la plupart des \" harmonies \", parce\nqu'il plaît particulièrement au gros public, ravi\nde retrouver les motifs qui ont le plus aisément\nfrappé son oreille au théâtre, a été l'objet, de\nla part de M. Parés, d'une sollicitude particu-\nlière, justement parce qu'il est ordinairement\nplus u galvaudé \" que les autres par les fabri-\ncants de pots-pourris, et dès lors plus méprisé\ndes musiciens sérieux. Les fantaisies qu'il fait"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.121", "texte": "178\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nexécuter se distinguent en général par un\nrespect très notable du texte original et un\ngoût très sûr et très fidèle au caractère de\nl'œuvre, dans le passage d'un motif à l'autre.\nAussi bien a-t-il fait de beaucoup de ces arran-\ngements de vraies suites, en ce sens qu'il a\ntraité les partitions acte par acte. Le répertoire\ncontient plusieurs fantaisies ainsi comprises, de\nTannhœuser, de Lohengrin, des Maîtres Chan-\nteurs, de la Walkyrie, de la Damnation de\nFaust, de Mefistofeles... Lui-même il en a écrit\nuîPgrand nombre, parfois plusieurs de la même\nœuvre, afin d'en perfectionner encore l'adap-\ntation : deux de Sigurd, notamment, et deux\nde Salammbô. Je trouve encore des fantaisies\ntrèsintéressantes sur Treciosa (de Weber) et,\npour 1 école moderne, sur Y Enfant prodigue ou\nPhrynè, Hœnsel et Gretel, Fervaal ou La vie du\npoète ; et de Seidl, l'élève de Richard Wagner,\ndes arrangements de la Walkyrie, de Siegfried\net du Crépuscule des Dieux. Il va sans dire que\ndans ce fonds considérable, je ne note que les\nmorceaux qu'on ne trouve pas partout, et\nspécialement ceux qui témoignent du travail\nincessant et rien moins qu'endormi du corps\nde musiciens qui nous occupe.\nv Dans la catégorie des ouvertures, je n'ai que\nl'embarras du choix, et c'est presque au hasard\nque je note, parmi les classiques : Iphigènie en\nÀulide et la Lliîte enchantée, Euryanthe et\nFreisjchutz (très difficile), Obèron et Peter Schmoll\n(du même Weber, pas précisément banal),\nFi de Ho ou Lèonore et l'Ouverture de fête (de\nBeethoven ; où l'entend-on, celle-là r) ; puis,\nen avançant vers les écoles modernes : La\nGrotte de Fingal et le Calme de la mer, ou le\nSonge d'une nuit d^ètè, Manfred, Benvenuto\nCellini et le Carnaval romain, Les Joyeuses\nCommères de JP indsor (de Nicolaï), ou Turandot\n(de Lachner) ; le Dernier Jour de la Terreur\nou Les Guelfes (de Litolff) ; la Princesse jaune\n(de Saint-Saëns) ou la Patrie (de Bizet) ;\nSigurd ou le Roi ; le Vaisseau fantôme,\nLohengrin, Tannhœuser, les Maîtres Chanteurs,\nParsijai'et Une ouverture pour Faust... Quelle\ncollection superbe et digne des auditoires les\nplus exigeants !\nLa série des morceaux symphoniques et des\npages d'orchestre nous offrira bien plus de\ncuriosités encore. Sans parler des suites propre-\nment dites de Bizet, Massenet (première suite)\nou Saint-Saëns (Suites Algériennes), voici Roméo\net Juliette de Berlioz, la Rapsodie Norvégienne\nde Lalo, le Carnaval de Guiraud (la plus\nancienne des suites), la Rapsodie cambodgienne\nde Bourgault-Ducoudray, Y Intermède varie de\nBoëllmann ; voici les Rapsodies hongroises (2 et\n14) de Liszt, et ses Préludes (encore un mor-\nceau qu'on n'entend guère, comme aussi\nbien la plupart de ceux que je note ici) ; le\nVoïevode et Casse-Noisette de Tschaïkowsky, et,\nde Grieg, Peer Gynt ou Sigurd Jorsalfar. Puis\nces fragments sublimes, le finale de l'Or du\nRhin, VEnchantement du Vendredi-Saint, la\nmarche funèbre du Crépuscule des Dieux, la\nChevauchée des IValkyries... Comme pages sym-\nphoniques : des parties de symphonies de\nBeethoven, ou la première de Saint-Saëns,\ndont voilà encore Phaéton, la Danse ?nacabre,\nle Rouet d\" Omphale, le prélude du Délugey\nDéj anire. Puis les Impressions cTltalie de Char-\npentier, la Marche funèbre d\" une marionette de\nGounod, la Danse persane de Guiraud, Sylvia\nde Delibes... Encore les deux Danses Hon-\ngroises de Brahms ou les Danses Norvégiennes\nde Grieg, Y Espana de Chabrier ou Ma patrie\nde Smetana, Tarass Boulba d'Alexandre Geor-\nges ou Kermaria d'Erlanger... Voici, comme\ncontraste, des pages exquises de jadis : un\nrigaudon de Rameau, trois menuets de Beet-\nhoven, Haydn et Mozart, le concertiwo pour\ndix clarinettes de Weber, la Chanson du prin-\ntemps, de Mendelsohn etc., etc. Enfin comptons\nquelques marches, depuis la marche religieuse\n&A le este jusqu'à celle des Francs Victorieux de\nCésar Franck ou la Marche du Couronnement,\nde St Saëns, ainsi que son Orient et Occident,\nspécialement écrit pour musique militaire.\nQuand 011 dispose d'éléments et de ressources\ncomme personne n'en a, il faut savoir en\nprofiter. C'est ce que s'est toujours dit.sans\ndoute M. Gabriel Parés, et c'est aussi comme\npersonne que la Garde, sous sa direction, a\ntravaillé et affirmé sa maîtrise.\n\nHenri de Curzon."}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.122", "texte": "Cours et Conférences\n\nCOURS D'HISTOIRE DE LA MUSI-\nQUE, professé à la faculté des lettres par\nM. ROMAIN ROLLAND.\ni\nJeudi 13, 20, 27 Janvier 1910.\nJoh. Adolphe Hasse. [suite). De sa con-\nception du drame lyrique. Sa collaboration avec\nMétastase, dont il fut l'interprète préféré. M.\nRomain Rolland combat l'idée courante,\nsuivant laquelle Métastase aurait été indiffèrent\nau drame. Des réformes musicales, accomplies\nou inspirées par lui. Comment il fut le con-\nseiller de Hasse, et comment sa pensée se\nrencontre, sur certains points avec celle de\nGluck dans la préface d' Alceste. Beauté des\nrécitatifs accompagnati et des chœurs de Hasse.\nIl s'y montre un précurseur et un modèle de\nGluck. De l'orchestre de Hasse. Ses ouver-\ntures sont déjà des symphonies en miniature.\nHasse est surtout un mélodiste de l'orchestre,\navec un génie des nuances, de fines modula-\ntions, un accent élégiaque, qui font penser à\nPhil. Em. Bach. Usage savant qu'il fait déjà\ndes nuances dynamiques, des dégradations du\nforte et du piano. Profondeur expressive et\nforce dramatique de certaines ouvertures\nd'oratorios. - - De ses œuvres religieuses.\nO\nQue Hasse est un des plus grands musiciens\ndu XVIIIe siècle, et qu'on ne peut, si on 11e\nle connaît bien, bien connaître Mozart, avec\nqui il a une étroite parenté de style.\n(Analyses au piano, de ses œuvres).\nJeudi 3, 10 et 17 Février.\nCari Heinrich Graun. Du rôle joué par\nFrédéric II de Prusse dans l'histoire de la\nmusique. Frédéric II compositeur. Le petit\ncercle musical de Rheinsberg : Quantz, Graun,\nBenda, et le roi. De leur idéal commun.\nL'Opéra de Berlin. Son théoricien : Algarotti.\nSon musicien : Graun. Examen des opéras de\nGraun, et de Y Essai sur la manière de réformer\nropéra par Algarotti. En quoi Graun et\nAlgarotti devancent Giuck, et comment\nFrédéric II manqua l'occasion d'accomplir à\nBerlin la réforme de l'opéra, que Gluck réalisa.\nDe la collaboration de Frédéric II avejÇ,\nGraun, et de l'influence conservatrice du roi\n. . . .y\nen musique. De l'esprit musical à Berlin :\ncritiques et théoriciens. Comment Berlin fut\nune forteresse de la routine musicale, surtout\ndans l'opéra. r[\nJeudi 23 Février.\nDes cours de l'Allemagne du Sud, foyers de\nl'art nouveau : Stuttgart, Mannheim, et\nVienne. I. Stuttgart. Le duc Karl\nEugen, et son action personnelle sur l'art.\nJommelli. Sa vie et ses œuvres, avant son arrivée\nà Stuttgart. Etude de ses maîtres italiens V\nProvenzale, Leonardo Léo, Vinci.\nSOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES. La confé-\nrence de M. Humphry Ward, retardée pour\nraison de santé, est définitivement fixée, sur\nsa demande, au mercredi 4 mai. A la\nprière d'un grand nombre de personnes, M.\nCamille Bellaigue a consenti à recommencer\nsa conférence sur Ojfenbach (avec exemples au\npiano) ; cette seconde conférence aura lieu le\nmercredi 13 avril, à deux heures et demie.\nHAUTES ÉTUDES SOCIALES, I Mars M. Cal-\nvocoressi passe en revue les trois grands événe-\nments musicaux du mois. D'abord les concerts\nde musique anglaise. Après nous avoir entre-\ntenus de la question des nationalités en musique\net de l'impossibilité d'une musique universelle,\nM. C. nous retraça dans ses grandes lignes\nl'histoire de la musique anglaise qui monta si\nhaut avec Purcell et tomba ensuite si bas\ngrâce à l'influence néfeste d'Haendel et de\nMendelssohn. < '\n''Y"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.123", "texte": "180\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nIl est extraordinaire qu'une race aussi bien\ndouée pour la poésie lyrique et d'un tempéra-\nment aussi fort n'ait pas sa musique. De jeunes\ncompositeurs tentent de la lui donner, mais ils\nsont encore à la remorque des écoles étran-\ngères. A propos du centenaire de Chopin,\nM. C. nous entretient des discussions auxquel-\nles il a donné lieu et, partant de là, des deux\nclans musicaux actuels, l'un idéaliste et intel-\nlectuel, l'autre plus sensuel et plus libre. Le\npremier dédaigne Chopin, le second le porte\naux nues.\n4 % 1\nLe troisième événement est la représentation\nde la fête chez Thé rèse,œuvre charmante et de\nla Foret, à propos de quoi M. C. critique juste-\nment;1 le fameux article XI (obligation pour\nl'Opéra de monter une œuvre de Prix de\nRome tous les deux ans) d'intentions excel-\ni \\\\ *■ V '\nlentes, néfaste en réalité. M. C. nous indique\nle sujet et nous lit l'article de notre collègue\nM. Carraud. Il en fut pour M. Savard comme\npour Chopin. Les opinions diffèrent, émanées\nde l'un ou l'autre parti musical. D'ailleurs\npour M. C. la critique impartiale est impossible.\nPossible, elle serait inutile.\n-vy\n8 Mars M. Pierre Aubry traite la musique\ninstrumentale dans l'Europe occidentale aux\nXIVe et XVe siècles. U n'y a aucune indication\napparente dans la musique instrumentale du\nMoyen Age ; en réalité d'après la disposition\ndes notes groupées ou espacées, on peut voir\ns'il s'agit de voix ou d'instruments. M. A.\nétudie les formes connues du 13e siècle, sui-\nvant qu'il s'agit d'instruments seuls ou mélangés\naux voix. Guillaume de Machau est le plus\ngrand musicien du 14e Siècle et la France\noccupe alors le premier rang.\nMais l'ltalie, l'Allemagne, l'Angleterre\nrivalisent bientôt avec elle. On a cru longtemps\nque la musique de chant était uniquement\n\" a cappella \". Après M. Hugo Riemann,\nM. Aubry nous prouve que c'est une erreur.\nIl y avait aussi de la musique accompagnée.\nM. A. donne ensuite des indications sur la\nmusique instrumentale, sur les méthodes sur la\nlittérature d'orgue.\n\nGabriel Rouchès.\n\nNOUVEAUTÉS MUSICALES\nPour plus de clarté, nous donnons en tête de cette\nrubrique les numéros qui correspondent à chacun des\néditeurs des œuvres citées : i. Rouart Lerolle et Cie.\n2. Bach and C° à Londres. 3. Coopérative des Com-\npositeurs de Musique. 4. Oriana Madrigal Society,\n(Breitkopf et Hârtel). 5. Durand. 6. Hamelle. 7. Edicion\nCersosimo à Buenos-Aires. 8. Leduc. 9. Elkin and\nC° à Londres. 10. Édition de la Schola. 11. Béai frères\nà Lyon. 12. Demets.\nVoici tout d'abord quelques publications\nqui sont pour nous de vieilles connaissances :\nun volume des Chansons de France, Noëls et\nGuillannées (1), puis les Nos X, XI, et XII\nde la collection Alexandre Scar/atti (2) ; nous\nn'y remarquons rien de bien nouveau sur cet\nauteur assez morose. Au répertoire de la\nSociété Haendel, un Air de Poppèe (3), qui est\nun vrai bijou, avec ses rythmes alternés, et\nmalheureusement défiguré par des paroles\nfrançaises assez malhabiles. Le volume 10 de\nla collection Euterpe (4) est consacré à des\nquatuors vocaux, (paroles anglaises). Ceux de\nDowland égaux aux meilleures pièces du Fitz-\nwilliam Virginal Book, viennent nous confirmer\nencore dans la très haute opinion que nous\nnous étions faite de ce compositeur et luthiste\nconsommé ; le volume finit sur trois rondes\nen canon tout à fait amusantes, la seconde,\nsurtout, dominée tout le temps par le cri d'une\nmarchande : u New oysters ! \"\nVieilles connaissances aussi, le TVallenstein"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.124", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n181\n\n(5) de M. et sa Sauge fleurie (6), habile-\nment réduits pour piano à deux mains par\nM. Samazeuilh ; la tâche se complique avec\nl'ouverture de Polyeucte (5) de M. Paul Dukas\net, devient d'une difficulté extrême avec l'étude\npour le Palais hantè (5), de M. Florent Schmitt\n(4 mains). Enfin, voici les Rondes de Printemps\nde M. Debussy : que les amateurs fassent preuve\nde bonne volonté ! (Réduction à 4 mains par\nM. Caplet.)\nJe me réserve de revenir sur le Quatuor à\ncordes de M. Hollander (5) lorsque nous aurons\neu le plaisir de l'entendre : ce n'est pas de la\nmusique d'avant garde, évidemment, mais elle\nfait preuve, à tout le moins, d'un grand sérieux\net d'une parfaite probité. Je voudrais pouvoir\nen dire autant de trois auteurs exotiques que\nnous présente la Revista Musical de Buenos-\nAires (7) ; ceux-là ne connaissent que la pire\nmusique italienne et lui ont emprunté ses plus\ngros effets.\nMais, je ne sais pas pourquoi je m'attarde à\nces arriérés qui écrivent encore en Majeur et\nen Mineur : voilà deux modes qui ne sont\nplus de mise, et la petite gamme par tons\nentiers, encore fort bien portée l'an passé, n'est\nmême plus tout à fait dernier cri. Il ne nous\nfaut que des modes grecs, écossais ou chinois !\nM. JVoolett a pris la peine de nous les exposer\ntout au long dans un très bel ouvrage sur les\nMesures et Tonalités d\"* exception (8). Je me\ndemande si l'emploi systématique de ces modes\nétranges part d'un raisonnement bien juste ; le\npropre de ce genre d'innovations est d'être\nimposé par un homme de génie, qui brise, sans\ns'en rendre compte, les moules habituels : ceci,\ndu reste, n'est pour diminuer en rien le mérite\nde M. Woolett, qui a composé, à l'appui de sa\nthéorie, de charmantes petites pièces : voyez\nplutôt sa Chanson Ecossaise.\nM. Cyril Scott (9), défend la même cause.\nLaissons de côté son Intermezzo pour piano et\nsa Berceuse, pour chant, tous deux d'une bana-\nlité désolante, et reconnaissons une très haute\npoésie à ses deux Chansons Chinoises ; \" Waiting \"\net \" A picnic \". L'exotisme réussit moins à\nM. Scott avec le Sphinx et Lotusland, pour\npiano, véritable dévergondage de modalités\nexcentriques. Et la jeune Chinoise de sa 3™\nchanson. \" Dont come in, Sir, please ! \" m'a tout\nl'air d'avoir fait la connaissance de Paul Delemt,\ndans un carrefour de Montmartre. N'est pas\nchinois qui veut !\nPuisque nous voici rentrés en .France, voilà\ncinq duos ou chœurs de M. Arthur Coquard (5),\nqui feront bien plaisir aux professeurs de chant,\ntoujours en quête de morceaux d'ensemble,\nsans voix d'hommes ; il y a là un Nocturne,\nl'inévitable Hirondelle, et le non moins inévita-\nble Rondel de Charles d'Orléans... M. Coquard\nse fait plus d'honneur, à notre avis, avec sa\ntrès belle Messe de Mariage (10) dont l'Alleluia,\nen particulier, est tout à fait de haute envolée.\nNous recevons à peu près tous les moisquel-\nque Chanson d'Automne ; celle-ci, de M. Emile\nBaux, avec une autre Chanson intitulée le Vent\n(11) compte parmi les meilleures, quoique le\ncontour mélodique soit presqu'inexistant, mais\nla couleur est jolie et l'adaptation aux paroles\nparfaite : quelques souvenirs des Chansons de\nMiarka.\nNous terminerons, cette fois encore, à la\ngloire de l'Espagne. Le Recuerdos, de M. Grov-\nlez (5), pour piano, est à la fois un morceau de\nhaute virtuosité et une très intense page des-\ncriptive : écoutez ces jolis lointains ou vibrent\nles guitares et cette Habanera, délicieusement\nfausse. Quant à la Sonate Romantique de\nM. Turina (12), elle devrait être sur le piano\nde tous ceux qui se piquent de suivre le mou-\nvement musical contemporain. Œuvre capitale,\névidemment, et qui a toutes les richesses.\nRichesse mélodique, (longue et sinueuse phrase\ndu thème qui s'étale) richesse rythmique (avec\nces mesures qui alternent de la façon la plus\nimprévue et la plus matérielle). Et partout,\nune belle audace de jeune, qui ne recule devant\nrien et qui sauve les motifs les moins relevés ;\npar la fougue même avec laquelle il les attaque\n(voyez le Scherzo). Ajoutons à cela que la\nSonate de M. Turina n'est malgré toutes ses\nqualités techniques, ni ennuyeuse, ni illisible.\nVoilà un ensemble d'avantages que nous ne\nsommes pas accoutumés à rencontrer tous les\njours.\nV. P."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.125", "texte": "182\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nSTATISTIQUE. Notre confrère M.\nMorel de la Bibliothèque Nationale a publié\ndans la Mercure de France une très intéres-\nsante étude de statistique dont nous extrayons\nce passage qui traite de la musique.\nSuivant que l'on consulte les registres du\ndépôt légal ou, comme le fait le Droit d'auteur,\nles fiches du journal de la Librairie, 011 trouve\npour la musique les chiffres suivantes :\nDépôt légal. Journal.\n1880 . . . 5.642 .... 4.696\n1890 <_ . . . 6.143 •••• 5-471\n1900 . . . 6.635 .... 5.910\n1-905 . . . 6.711 . . . . 6.197\n1906 . . . 6.866 .... 5.926\n1907 . . . 10.220 .... 7.648\n1908 . . . 8.439 .... 7.531\n1909 . . . 7.316 .... 7.035\n\"Le dépôt de 1907 est grossi par le dépôt en\nhiasse de publications d'une maison importante\n(Hachette). Les notices du Journal, qui, on le\nvoit, n'insèrent pas tout, groupent parfois, avec\n;)ipison, mais sans régularité, des notices. Elles\n.comprennent un grand nombre de pièces\ndoubles. Il y a loin de ces chiffres à ceux que\nl'on aurait si l'on comptait ce qui s'appelle\n\" musique Le Bulletin de la Bibliothèque\nnationale, qui n'a enregistré que les partitions,\nrecueils, méthodes et morceaux de quelque\nintérêt ou nouveauté, arrive tout juste à 512\npour 190 g, en comptant une quarantaine de\nvolumes sur la musique.\nLe Droit (Tauteur écrit gravement que la\nproduction des œuvres musicales a diminué un\npeu en 1908 : 11 7. Si l'auteur de l'article\navait songé à ce que représentent ces sept\nmille paperasses, à la façon dont les morceaux\nsont comptés, tantôt en bloc, tantôt un à un,\nà l'impossibilité de savoir ce qui n'est pas\ndéposé, enfin au simple fait que la coupure de\nfin d'année, qui tombe tel ou tel jour, peut\nrejeter à l'année d'après ou englober dans celle-\nci plusieurs centaines de nos, il ne risquerait\npas de conclusions si précises, il n'en risquerait\nmême aucune à un millier près.\nAu surplus nous avons cette année tâché de\nnous rendre compte de ce que signifient ces\nchiffres de 7*°35 compositions musicales an-\nnuelles. Nous n'avons pas pu séparer le vieux\ndu neuf. Cela aurait été intéressant, mais les\ncauses d'erreur auraient vraiment dépassé les\nbornes. Tout est plus ou moins arrangement\nen musique ; les partitions d'orchestre, quand\nelles viennent, ce qui est rare, viennent parfois\ndes années après l'arrangement pour piano.\nSont déposées et comptées comme nouvelles\ntoutes les transpositions, adaptations et traduc-\ntions de choses anciennes. Nous comptons\ncomme partition nouvelle la traduction faite\ndu Jongleur de Notre-Dame en anglais et si\n19 morceaux de Alônna-Vanna, faits en\n2 envois, ne comptent que pour 2, c'est assez\nexceptionnel, et nous les avons classés dans la\nsérie Recueils et partitions. Du moins pouvons-\nnous dire que le dépôt musical généralement\nfait par l'éditeur, parfois même fait deux fois,\nn'a pas le caractère mécanique du dépôt des\nlivres, fait par l'imprimeur. On n'y rencontre\npas cette masse de bréviaires, de manuels\nscolaires, de vieux romans, les 400 éditions du\nLivre de la pitié de la jeune fille, etc., etc.,\nconsciencieusement retirés sur les mêmes\nformes et redéposés chaque année comme nou-\nveautés, qui rendent si douteuses les statisti-\nques. A part peut-être un cent de doubles\nemplois, toutes les pièces comptées ici ont\nquelque chose de nouveau, ne fût-ce que les\nannotations que M. Spork croit devoir mettre\naux sonates de Beethoven, ou les doigtés de\nM. Philipp. Mais disons de suite que la plus\ngrande majorité de ce fatras, ce sont les chan-\nsons avec ou sans accompagnement, tirées\nsouvent à une cinquantaine d'exemplaires, pas\ndavantage, et qui relèvent autant de la poésie...\n(d'une certaine poésie) que de la musique. Si\nl'on débitait les poésies à la pièce au lieu d'en\nfaire des recueils, on aurait aussi un chiffre\nfantastique.\nNos chiffres sont comptés par à peu près.\nNotre total s'est trouvé juste à 100 près. Mais\nnous avons tenu en mains ces 7.035 pièces, et\nnous en avons classé les fiches. Il se peut, il est\ncertain, que j'aie souvent confondu les roman-\nces et les chansons, quand celles-ci ont un\naccompagnement de piano. De même, pour les"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.126", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n183\nLe Gérant-. MARCEL FREDET.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\n\nmorceau!* de piano, les danses qu'on danse et\ncelles qu'on joue en virtuose sont, en ce temps\nde valses lentes, souvent difficiles à distinguer,\net l'on hésite si cela doit faire danser ou faire\ndormir. Le nom de l'éditeur et celui de l'auteur\npeuvent servir d'indication. Mais il ne peut\ns'agir que d'une évaluation. Je la crois utile.\nSur près de 1.800 pièces pour piano seul, un\nartiste ou un critique n'aurait vraiment pas à\nen considérer plus de 400 en faisant la part la\nplus large possible aux doutes et divergences\nd'appréciations. Classiques compris, j'en ai\ncompté 300, dont 50 à quatre mains. Le reste\nest pour danses, valses, quadrilles et galops, ou\npetits morceaux faciles, réductions de chansons\nde café-concert, etc.\nJe n'ai fait d'ailleurs aucune distinction\npour les autres instruments.\nLa musique chorale et religieuse est avant\ntout religieuse. Elle comprend tout ce qui a\nun caractère liturgique, les prières nettement\nreligieuses. U Ave Maria de Schubert serait\nclassé aux romances.\nMusique d\"*ensemble.\nPartitions d'orchestre. 1 Parties, etc. . 40\nMusique de chambre (plus de 2 instru-\nments) ... 60\nPartitions piano et chant. 1 Recueils\nde chant • . go\nOpéras: anciens 25, nouveaux 15\nOpéras-comiques, opérettes : an-\nciens 8, nouveaux 20.\nMusique religieuse 100\nChœurs. Duos, etc 150\nMusique militaire, orphéons, petit or-\nchestre avec piano conducteur* . 950\nInstruments (avec ou sans accompagnements\nde piano).\nInstr. à corde (violon, violoncelle, etc.) 330\nà vent y 5\nbasson 2\ncor, trompettes, etc. 25\n1 Le nombre des partitions d'orchestre déposées est\ninfime. Les éditeurs ne se croient tenus qu'au dépôt\ndes partitions piano et chant, qui suffit à sauvegarder\nleurs droits.\nclarinette V . ., . 18\nflûte 15\nhaut-bois . . . .12\nsaxophone . . . 3\no • » *• r- \"\n75\nt\nPiano 1.400\nMorceaux, originaux, classi-\nques, etc. . '. . . . 250\nDanses, morceaux faciles, etc. i. i oo\nPiano à 4 mains et 2 pianos. 50\n1.400 °(J<:\nOrgue et harmonium 33\nHarpe ..........\nMandoline, guitare, estudiantina . . 80\nMéthodes (piano 30, chant 35, etc.) . 75\nChant. Romances, airs détachés, etc. . 350\nChansons, principalement de café-\nconcert 3.200\nRésidu igr.68\n. rTl\n■ 7.O35\nLa production musicale française sembfe\nstationnaire. Mais aucune conclusion n'eât\npossible tant que le travail de distinction cf-\ndessus n'aura pas été fait pour chaque année.\nLa France pourrait quadrupler le nombre de\nses opéras, quatuors, et symphonies sans que\ncela paraisse si Dranem est atteint de mélan-\ncolie et si Polin passe enfin dans la territoriale.\nE. MOREL.\n\nNous apprenons la mort de notre\ncollaborateur\nCHARLES CLARISSE\nAuteur d'études remarquables à la Revue\ndes Flandres, poète et penseur, Clarisse,\nné à Aumale (Algérie) en 1886 com-\nmençait à se faire un nom dans les lettres.\nSa mort inopinée frappe doulouresement\ntous ses amis. Nous prions Mme Ch.\nClarisse de bien vouloir agréer l'hommage\nde notre respectueuse sympathie."}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.127", "texte": "CONCERTS ANNONCES POUR LA SECONDE\nSALLE KRARD\nQUINZAINE D'AVRIL\n18.\n19.\n21.\n22.\n24\n16. Melle G. DEHELLY\n17. M. RIERA.\nM. LORTAT JACOB\nM. EMIL FREY\n20. M. FOERSTER.\nM. BRAUD\nM. GARES.\nMelle MALLEZ.\n25. Melle MORHANGE BERR\n26. Melle CAFFARET\n27. Melle DURANTON\n28. Melle TRELLI .\n29. MM. FERTE & FOURNIER\n30. SOCIÉTÉ NATIONALE .\nSalle des Quatuors SALLES GAVEAU\n«V T »\nUnion des Femmes Professeurs et Compositeurs\nAudition Derene .......\nMademoiselle Charreau ......\nAudition Maire ........\nPiano\nPiano\nOrchestre\nPiano\ndo.\nAudition d'Elèves\nPiano\nMatinée d'Elèves\nViolon\nPiano\nPiano et Violon\nChant\nPiano et Violoncelle\nOrchestre\n19.\n21.\n21.\n3°-\nGrande Salle des Concerts.\n15. M. Jean Canivet\n18.\n19.\n20.\n21.\n22.\n23.\n24.\n26.\n27.\n28.\n29.\nM. Maggil Teyte et Mr. Oscar Seagle\nConcert Kubelik. . . .\nler Concert Société Musicale Indépendante\nMad. Le Goff et S. Garenine .\nM. Edmond Hertz .\nM. Casella (avec orchestre)\nConcert Ysaye ......\nAssociation Musicale de Paris .\nMlle Boucheron. .\nRépétition publique Société Bach\nConcert Société Bach ....\nGrande Salle SALLES PLEYEL\n16. Le quatuor Maugnière\n18. La Société des Instruments Anciens\n19. Mlle C. Boutet de Mouvel\n20. M. Edgard Basset\n21. La Société Mozart (ire séance)\n22. Mme Charlotte Lormont\n23. Mme Bertin Steiger .\n24. Mlle Jeanne Lyon\n26. M. Joseph Salmon\n27. Mlle D'Herbécourt\n28. La Société des Compositeurs de Musique (4111 e séance)\n29. Audition de harpe Chromatique\n29. La Société Mozart (2me séance)\n30. Mlle Nasia Boulanger\nSalle des Quatuors\n16. Melle Jeanne Grémaud\n17. Mme Corret (Elèves) .\n24. Mme C. Laënnec (Elèves)\n27. Le Quatuor Calliat (5111 e séance)\n30. Mme Monteux-Brissac (Elèves)\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoiree\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoiree\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nmatinée\nsoirée\nsoirée"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.128", "texte": "A LOUER DE SUITE\n\nAVENUE DE VILLIERS"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.129", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nH. QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages . , -. 5 fr.\nJ. BOORCHBVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40 10 fr.\nr\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • . 150 fr.\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de VArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nSOUS PRESSE\nJ. EOOROHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 400 fr.\nH. QUITTARD. L Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique 5 fr.\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages . . . 15 fr.\nEN PREPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Boni) —Un volume in-40 de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENOIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE OURZON. Correspondance des Directeurs de TOpéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K'în pou. Recueil d'Airs pour le kîn ou luth chinois, transcrits\nde la tablature. '\nLE COMITE DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L.fcDauriac, J. Ecorcheville, H. Expert,! L. delà Laurencie,\nCh. iMalherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tiersot."}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.130", "texte": "IX\n\nLEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n■BfIMBS\n*ê\nS 5\n<9>\nO\n>\nA\n$\ns\nA\nVV\ng\n»\no\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFÎLIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.131", "texte": "X\n\nPUBLICATIONS DE LA SOCIETE\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS\n\nPARUS\nH. QUITTARD. Le Ti resor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages ... 5 fr.\nJ. ECORCHEVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650); 1 volume in-40 10 fr.\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conserves dans\nles bibliothèques de France ; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du Xllle siècle, tirés du ms. Ed. YI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg ; 3 volumes in 40 150 fr.\n♦ K\nP. AUBRY. nsonnier français de ïArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des lettres de Toulouse. La livraison : 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nSOUS PRESSE\nJ. ECORCHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 400 fr.\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnieres d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Ull volume\nin-40 de 100 PaSes de musique ....... 5 fr.\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle —Un volume\nin-4\" de 300 pages 15 fr.\nsEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la corres-\npondance musicale adressée à Mersenne et conservée- à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Doni) Un volume 111-4\" de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O' des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traite de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIII siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un vol. in-40 de Ts° Pa§es-\nL. LALOY. K'în pou. Recueil d'Airs pour le k'in ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LÀ PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac. J. Ecorcheville, H. Expert, L. de la Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod homme, R. Rolland, J. Tiersot."}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.132", "texte": "XI\n\n8?f:i ;V1\n>n\nii\n¥Ê? ■■■\n. -A\n«rian\nV .;\n-«'< -, Ai v-\nS\n-M.\" ,«» ;\n•. S\"\"! Sf :>; 1< US Si •.\n» '\nt\n,v_>\n,<i\nM '' 'l| M? \\ j ■;\n£Ân\ny,.\n•-■>'\n%\nH\n■■ *- t*• ; ,\n:---V ... - -4*^\n«>\n' 38\n■ \" V\",\n••\"••• ...:; *\n>.'\" ' '\n»\nr--.\nwmm\nmm**\n°r -** .îr\n... . ...\n:W r\nS i %\n.'T:.\n. ■*, ...\nS \" Jil§>\n.><;\n>«■ ;\n:?■ ;\n* ' ■\n•:*'\n'À '\nC&.\n:, \\\nfttT'i\n... ?..\n'\n<9*ï ' ;■■\nm&tâtm liZZ^.\n.<r.-\n' J\n■ï\n-■;:<■\n;*5fc\n\\î\nV;;\n->-.\n~...:;-vcm-\nm\n*' V••• / _ *v\nS\nK-« *\n■ m\ni < I\nv.:.<\n■>>: :\n•»\n'i\ns* m\n- '?* V !\n«V;, -\n.■<;.\n* :?-•,\nKBSS*\n■-■ i ■:.\n■\ns. , / - /%»'/, > » '\n« ■\n■ïS,:-\nï \"... ■\nf '■>'\nm s : ■%>\ni' -\n' t ft'Yi\n*'~W\n\\\nK-v\n'W •:\n;>>>•-■>\n.\ni2^\n-~v.—».\nM\n;\n■ *;\n% »\nS\n•v\n, :\n:'::i\n> v:\nm\n• -:v'\n■ \"' :-x-\"\n~j._;.... _ .\n■:• :<•\nV* .\n.s.\n:. : • ...\n112:\n-■■■\n: ~~\n-i- ■ ■\nV';,\n:f\n:::..:. « >•\n'£■ x '\n&•\n' &\n■k.\nFm\n*■ mm •-=\naires\na\nm\n.\nc\ne\n■:?\n. y-\n<.«♦\néîiYrés\n» .«.«»■\n&\nV'\nak\n-\n><\n.s . ,\nne la nornencbture\ngM# \",î-: :#-j -- •-*\n/- ' '>C' 'vA>\ndie\n:My\nces\n- •\n•:. V,\nt. ■\n-, v\nsmmmMmà"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.133", "texte": "XII\n\nLibrairie Ch. Delagrave, 15, rue Soufflot, PARIS.\nl\nŒUVRES EN PROSE\nDE\nRICHARD WAGNER\ntraduction de J.-G. PROD'HOMME (lre traduction française)\nTome !.—\"DES GESAMMEL I E SCHRIFTEN, \" un volume in-18\njesus fr. 3.50\nTome 11. \" DES GESAMMELTE SCHRIFTEN,\" en collaboration\navec F. Holl, un vol. in 18 Jesus, fr. 3.50\nOuvrage deJ.-G. FJrod'homme, déjà\n\\\nLES SYMPHONIES DE BEETHOVEN, (2e édition, 1800-1824)\npréface de M. Edouard Colonne. Un vol. in 8° écu avec de nombreux\nexemples notés et un portrait du Maître par Letronne (1815) broché 5 fr.\nCAMILLE BELLAIGUE\nETUDES MUSICALES, 2\" et 3\" séries. Chaque série, un volume in-18\nJesus, broché fr. 3.50\nUN SIÈCLE DE MUSIQUE FRANÇAISE, un vol. in-18 Jesus broché\nfr. 3.50\nL'ANNÉE MUSICALE, 7 tomes. Chaque tome un vol. in-1 2 broché fr. 3.50\nX)ient de paraître :\nLES ÉPOQUES DE LA MUSIQUE, 2 vol. Chaque vol. in-12 broché\nfr. 3.50 2\"\" édition."}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.134", "texte": "XIII\n\n\" LA BALANCE \" (VIESSY)\nReVue Russe de Litt\n1910 Septième\nPOÈMES NOUVELLES ROMANS ESSAIS INEDITS SUR LA LITTÉRATURE,\nLES ARTS ET LES SCIENCES COMPTES RENDUS DES LIVRES NOUVEAUX\n\" LA BALANCE \" RENDRA COMPTE DE TOUS LES LIVRES NOUVEAUX QUI\nLUI SERONT TRANSMIS \"EN QUELQUE LANGUE QU'ILS SOIENT ÉCRITS.\n\" LA BALANCE \" PARAIT CHAQUE MOIS EN LIVRAISONS D'yN GRAND FORMAT\nAVEC DESSINS (noiri KT EN COULEURS) DES ARTISTES RUSSES ET ÉTRANGERS.\nPrix d'abonnement pour l'Union Postale : 18 fr. par an.\nDirecteur : SERGE POLIAKOFF.\nbureaux: £%COSCOU, Place du théâtre, -%Cétropole 23.\n\nRevue de Hongrie \"\"tr'l101\"\n\nLa REVUE DE HONGRIE est une revue hongroise rédigée en langue française.\nElle publie des articles écrits par des hommes d'Etat, des littérateurs, des savants\nhongrois, et ayant trait à la Politique, à la littérature, aux Sciences, aux Beaux-Arts, aux\nFinances, à l'Economie Sociale, à l'Histoire, etc.\nLa REVUE DE HONGRIE s'occupe de toutes les questions qui, d'un point de vue\ngénéral, peuvent, en mettant en relief les choses de la Hongrie, intéresser l'étran-\nger et notamment le lecteur français. Elle compte également des collaborateurs dans\ntous les pays et publie des articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère\ninternational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle restera indépen-\ndante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire Française de\nBudapest.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nHongrie et Autriche. Un an, 25 cour. Six mois, 15 cour.\nEtranger (Union Postale) 30 francs 20 francs.\nPrix de la livraison : 2 cour. 50 c.\nUn numéro spécimen est envoyé franco sur demande."}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.135", "texte": "XIV\n\nAGENCE MUSICALE E. DEMETS, 2, RUE DE LOUVOIS PARIS (Ile ARR.)\nEXTRAIT DU CATALOGUE GÉNÉRAL\n\nCHANT ET PIANO\nBECLARD (M.). L'amour par terre (P. Verlaine) . 2.50\nPéristéris (Leconte de Lisle) ..*.... 2.50\nLe Sentier (M. Bouchor) 1.70\nSilence ! (A. Samain) 1.70\nBERTELIN (A). La Chimère (A. Samain) . . . 2.50\nDans le cristal des eaux (A. Samain) 1.70\nDilection (A. Samain) 1.7°\nUne douceur splendide (A. Samain) 2.00\nCHANSAREL (René). Caresses (Jean de l'Estoille) . 1.50\nDédicace (Tristan Klingsor) 1.00\nL'lnvitation au Voyage (Ch. Baudelaire) . . . 2.50\nPastel (Gustave Soulier) 1.50\nSonnet élégiaque (P. de Ronsard) 2.00\nRequiem d'Amour (L. Taillade) I»s°\nCREVECŒUR (de) Chant de mort (M. Heim) . 1.50\nLa prairie permanente Danguet) 1.50\nDÉODAT DE SEVÉRAC.\nChanson de Blaisine(M. Magré) 1.50\nLe Chevrier (P. Rey) I*7o\nLes Cors (P. Rey) 2.00\nL'Eveil de Pâques (Verhaeren) 1.70\nL'lnfidèle (Maeterlinck) 1.70\nDUPARC (H.). La Fuite (Th. Gauthier) duo pour\nSoprano et Ténor 2.50\nHERVE (Raymond). Au large (L. Even) . • • i-75\nLes Fontaines (L. Even) 2.00\nLes Jardins (L.Even) 1.75\nMarine (L. Even) 1.00\nKOMITAS WARDAPET. La Lyre arménienne,.\nrecueil de chansons rustiques 10.00\nLABEY (M.). Chanson du rayon de lune (Guv de\nMaupassant) 2«5°\nDe sa grande Amye (C. Marot) 1.50\nRondel (Ch. d'Orléans) 1.50\nLAMOTTE (Daniel). Chansons naïves (Paul Gérardy)\nI. Il neige. 11. Amour mauvais. 111. Croix de bois 4.00\nPOLLET (M.). 3 Chansons de Bilitis (Pierre Louys).\nI. La Pluie. 11. Volupté. 111. Le Souvenir de Mna-\nsidika 4.00\nRAVEL (M.). D'Anne jouant de l'Espinette . . . 1.00\nD'Anne qui me jecta de la neige (Epigrammes de\nCl. Marot) 1.70\nMUSIQUE DE PIANO\nBARDAC (R.) u Horizons \" Les Cloches de Casbeno\nJeux. Sur la Tresa 4.00\nBILLA (R.) En rythme de Valse. ...... 2.00\nBREVILLE (P. de.) Portraits de maîtres : Gabriel\nP'auré. Vincent d'lndy. Ernest Chausson. César\nFranck 5.00\nBRUGNOLI (A.) Mazurka italienne 2.00\nMinuetto 2.00\nValse, en sol mineur 2»5°\nHENNESSY (S.) Op. 21. Au bord de la forêt . . 1.70\n\"Au Village,, (petite suite caractéristique). . . ç.oo\nop. 24 Eaux-fortes 2.00\nop. 25 Etude .... ï-7°\nop. 27 Nouvelles feuilles d'album 2.50\nop. 32 Valses 3«°°\nINGHELBRECHT (D.-E.). \" Suite petite-russien-\nne\" sur des thèmes populaires. 7.00\nLABEY (M.). Sonate en 4 parties ...... 8.00\nLADMIRAULT (P.). 4 Esquisses :\nChemin creux . . , 1.00\nValse mélancolique 2's°\nVers Téglise dans le soir . 2.00\n\nMinuit dans les Clairières 3«35\nLUZZATI (A.). Impromptu. Op. 12 2.50\nNocturne. Op. 15 1.70\nScherzando. Op. 16 2*s°\nRomance. Op. 17 . 2.00\nMEL-BONIS. Barcarolle 2.50\nBourrée 1.70\nLe Moustique 2.00\nPavane . . 1.5°\nSarabande 1.50\nPOUEIGH (].). \"Pointes Sèches\". Cerfs-volants.\nParc d'automne. Combat de coqs 4.00\nRAVEL (M.). Jeux d'eau . 3.35\nPavane pour une infante défunte 2.00\n\"Miroirs\" Noctuelles. Oiseaux tristes. Une barque\nsur l'Océan. Alborada de! Gracioso. La Vallée des\nCloches : 10.00\nTHIRION (L.). Rêves, 3 nocturnes $.OO\nSonate en 4 parties 7.00\nTURINA (|oaquin). Sévilla. Suite pittoresque.\nI. Sous les orangers. 11. Le Jeudi Saint à minuit.\n111. La Feria 6.00\nSonate romantique sur un thème espagnol . . . 7.00\nPIANO A 4 MAINS\nHENNESSY (S.). Petite Suite irlandaise .... 4.00\nLABEY (M.). ire Symphonie en mi 8.00\n2e Symphonie en la majeur 8.00\nLADMIRAULT (P.). Musiques rustiques . * . $.OO\nVariations sur des airs de biniou trécorois . . . 4.00\nDEUX PIANOS A 4 MAINS\nDE CRKVECŒUR (L.). Moulins d'Orient . . . 4.00\nDanseurs sartes 2-5°\njardins impériaux 4.00\nMÈL-BONIS. Variations 7.00\nVIOLON ET 1 PIANO\nALQUIER (M.). Sonate en 4 parties 10.00\nBERTELIN (A.). Sonate en 4 parties 10.00\nMEL-BONIS. Largo en mi majeur, attribué à Haëndel 1.70\nMUNKTELL (H.). Sonate en 4 parties .... 8.00\nPOUEIGH (].). Sonate en 4 parties ..... 8.00\nSERIEYX (A.). Sonate en sol en 3 parties .... 8.00\nALTO ET PIANO\nLABEY (M.). Sonate en 3 parties 7.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nMEL-BONIS. Sonate en 3 parties 6.p0\nFLUTE ET PIANO\nINGHELBRECHT (D.). Deux esquisses antiques\nDryades 1.50\nScaphé 1.70\nLECLAIR (J.-M.) 2e Sonate (ut majeur) 2»5 5\n6\" Sonate (mi mineur) 2.70\nMEL-BONIS. Sonate 7.00\nRAVEL (M.). Pavane. Arrangement de Fleury . . 2.50\nTRIOS\nMEL-BONIS. Suite pour Flûte, Violon et Piano. . 5.00\n2 Trios pour Violon, Violoncelle et Piano:\nMatin 4.00\nSoir • 3.00\nQUATUORS\nMEL-BONIS. Quatuor pour Piano, Violon, Alto,\nSEITZ (A.). Quatuor pour instruments à cordes . . 12.00\nQUINTETTES\nLACROIX (E.). Quintette pour Piano et cordes . . 15.00\nSACHS (Léo). Op. 77. Quintette pour Piano et cordes 12.00\nQUINTETTES"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.136", "texte": "XV\n\nComptoir National d'Escompte\nDE PARIS\nCAPITAL : 200 Millions de francs entièrement versés.\nSIÈGE SOCIAL: RUE BERGÈRE SUCCURSALE: 2, Place de l'Opéra, PARIS.\nPrésident du Conseil d'Administration: M. ALEXIS ROSTAND,\nVice-Président, Directeur : M. F 2, ULLMANN,\nAdministrateur Directeur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons a échéance fîx«t, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nEnvois de Fonds en Province et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nmaritimes, Garantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons, etc.\nAGENCES\n38 Bureaux de quartiers dans Paris 1 5 Bureaux de Banlieue 150 Agences eh Province\n11 Agences dans les colonies et pays de protectorat 12 AGENCES A L'ETRANGER.\nLOCATION DE COFFRE-FORTS\nLe Comptoir tient un service de coffre-lorts à la disposition\ndu public, 14, rue Bergère; 2, place de Vopéra; 147, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPECIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. Le locataire peut seul ouvrir son coffre.\nBONS A ÉCHÉANCE FIXE. Intérêts payés sur les sommes déposées\nDe 6 à 11 mois. i£ °/0. De 1à 3 ans 3 °/0. Les bons délivrés par le COMPTOIR NATIONAL\naux taux d'intérêts ci-dessus, sont à ordre ou au porteur, au choix du Déposant. Les intérêts sont\nreprésentés par des Bons d'lntérêts également à ordre ou au porteur, payables semestriellement\nou annuellement suivant les convenances du Déposant. Les Bons de capital et d'intérêts peuvent\nêtre endossés et sont par conséquent négociables.\nVILLES D'EAUX. Stations estivales et hivernales.\nLe COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'Eaux : Aix-en-Provence,\nAix-les-Bains, Antibes, Bagnères-de-Luchon, Bayonne, Biarritz, Bourboule (La), Brest, Calais,\nCannes, Châtel-Guyon, Cherbourg, Compiègne, Dax, Dieppe, Dunkerque, Enghien, Fontainebleau,\nHavre (Le), Mont-Dore (Le), Nice, Pau, Rochelle (La), Saint-Germain-en-Laye, Saint Nazaire, Trou-\nville-Deauville, Vichy, Tunis, Saint Sébastien, Monte-Carlo, Le Caire, Alexandrie (Egypte), etc. ;\nces agences traitent toutes les opérations comme le siège social et les autres agences, de sorte\nque les Etrangers, les Touristes, les Baigneurs, peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant\nleur villégiature.\nLETTRES DE CRÉDIT POUR VOYAGES\nLe COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE délivre des Lettres de Crédit circulaires payables\ndans le monde entier auprès de ses agences et correspondants; ces Lettres de Crédit sont accom-\npagnées, d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commo-\ndités, en même temps qu'une sécurité incontestable.\nSalons des Accréditas, Succursale, 2, place de l'Opéra\nInstallation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de lettres de crédit. Bureau de\nchange. Bureau de poste. Réception et réexpéditions des lettres.\no\no\nII!\nCn\nT 3\nP\n-a\nP3\na?\nC/ 3\no\nCu\na>\nCD\nT 3\nlÉIE3"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.137", "texte": "XVI\n\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTIONS ET GROUPES\n\nGroupe de Dublin.\nPrésident: S. Myerscough.\nSecrétaire: Révérend H. Bewerunge.\nGroupe d'Edinbourg.\nPrésident: Prof. Frédéric Niecks.\nSecrétaire: Mrs. Kennedy Fraser.\nGroupe de Londres.\nPrésident: Dr. W. H. Cummings.\nSecrétaire: T. Percy Baker.\nAUTRICHE.\nPrésident: Dr. Guido Adler, prof, à l'Université deVienne.\nVice-Président: Dr. Ervvin Luntz à Vienne.\nSecrétaire: Dr. Robert Haas à Vienne.\nTrésorier: Dr. A. Koczirz à Vienne.\nBELGIQUE.\nPrésident : Edgar Tiriel, direct, du conservatoire de Bruxelles.\nVice-Président: A. Béon, Compositeur.\nSecrétaire: Closson, conservateur du Musée du Conservatoire\nde Bruxelles.\nTrésorier: Hans Taubert, éditeur de musique.\nDANEMARK.\nPrésident: Dr. A. Hammerich.\nSecrétaire: Dr. W. Behrend.\nTrésorier: S. Lévysohn.\nESPAGNE.\nDr. Felipe Pedrell, Barcelone.\nFRANCE. Section de Paris.\nPrésident: Ch. Malherbe, Bibliothécaire de l'Opéra.\nVice-Président: ). Ecorcheville, Dr. ès-lettres.\nSecrétaire: |. G. Prod'homme.\nTrésorier: L. Laloy, Dr. ès-lettres.\nBibliothécaire: L. de La Laurencie.\nMembres du comité: Pierre Aubry,\nA. Boschot.\nINDES.\nDr. A. M. Pathan, Musicien de S. A. le Maharajah de Baroda.\nITALIE.\nLa section italienne est formée par: VAssociazione dei Musico-\nlogi Italianï.\nPrésident: Prof. Gasperini à Parme.\nPOLOGNE.\nPrésident: H. Opiensky à Varsovie.\nSecrétaire-Trésorier: A. de Gujewsky à Varsovie.\nArchiviste: M. Sujynsky à Varsovie.\nSUEDE.\nPrésident: C. Claudius à Malmoe.\nSecrétaire: Tobias Norlind à Tomelilla.\nTrésorier: Preben Nodermann à Malmoe.\nSUISSE. Section de Baie.\nPrésident: H. Suter, Baie.\nVice-Président: A. Hamm.\nSecrétaire: Cari Nef.\nTrésorier: Max Boller.\nMembres du Comité: Dr. Bernoulli,\nDr. A. Berthollet.\n\nALLES MAGNE.\nSection de l'Allemagne du Nord.\nPrésident: Dr. H. Kretzschmar, professeur de l'Université.\nSecrétaire: Dr. M. Friedlander,\nMembres du comité,* Dr. M. Seiffert,\nDr. Cari Stumpf,\nChevalier R. de Liliencron, conseiller d'état.\nGroupe de Berlin.\nPrésident: Dr. ). Wolf, professeur de l'Université.\nVice-Président: Dr. Cari Stumpf.\nSecrétaires: Dr. Hermann Springer, de la Bibl. Royale.\nDr. Frédéric Zelle.\nArchiviste: Max Schneider, de la Bibliothèque Royale.\nSection de l'Allemagne du Sud-Ouest.\nPrésident: Dr. Bauer, à Franckfort.\nPf. Kayser, Conservateur à la Bibl. de la Ville de Cologne.\nDr. Friedrich Ludwig, Privat-docent à l'Uni v. de Strasbourg.\nGroupe de Francfort.\nPrésident: Théodore Gérold.\nSecrétaire: Albert Dessof.\nTrésorier: Maurice Sondheim.\nSection de Bade.\nPrésident: Dr. Ph. Wolfrum, prof. à l'Univ. de Heidelberg.\nSection de Bavière.\nPrésident : Dr. Adolphe Sandberger, pr. à l'Univ. de Munich.\nSecrétaire: Théodore Kroyer, Professeur à Munich.\nSection de Saxe et Thuringe.\nPrésident: Dr. H. Riemann, prof, à l'Université de Leipzig.\nSecrétaire: Dr. Arthur Priifer\nMembres du comité: Dr. A. R. Buchmayer à Dresde.\nDr. Obrist, conservateur du musée Liszt à Weimar.\nDr. H. Abert à Halle.\nGroupe de Dresde.\nPrésident: Le Conseiller Ermisch; direct, delà Bibliothèque\nRoyale de Saxe.\nSecrétaire: Dr. Rudolf Wustmann.\nTrésorier: Richard Bertling, Editeur.\nMembres du comité: Otto Richter, directeur de la musique\nroyale et maître de chapelle de la Kreutzkirche.\nJ. Kotzschke, maître de chapelle.\nGroupe de Leipzig.\nPrésident: Dr. Arthur Priifer, professeur à l'Université.\nVice-Président: Dr. Arnold Schering.\nSecrétaire: Cari Ettler.\nTrésorier: R. Linnemann, éditeur de musique.\nAMERIQUE.\nPrésident: Dr. A. Stanley à Ann Arbor. (Michigan.)\nVice-Président: Dr. Damrosch à New-York.\nTrésorier: Dr. Waldo S. Pratt à Hartford. (Connecticut).\nSecrétaire: Dr. Sonnek à Washington.\nANGLETERRE.\nPrésident : Sir Alexander Mackenzie, directeur de l'Académie\nRoyale de Musique à Londres.\nVice-Président: Dr. W. H. Cummings à Sydcote.\nTrésorier: Breitkopf et Haertel à Londres.\nMembres du comité: Sir Hubert Parry, Sir Fr. Bridge, Si r\nCh. Stanford. MM. Bantock, Dent, Edgar, Hadow,\nMaclean, Maitland, Mrs Naught. MM. Myerscough,\nNiecks, Piout et Barclay Squire."}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.138", "texte": "Dépositaires du S. I. M. à Paris\n\nAFFOLTER, 50, rue de Laborde.\nARNAUD, 26, Avenue de l'Opéra.\nBADUEL, 52, rue des Ecoles.\nBLANCHARD 4, Boulevard St. André.\nBOULINIER, 19, Boulevard St. Michel.\nBRIQUET, 34, Boulevard Haussmann.\nBRISSET, 15, Boulevard Malesherbes.\nCOMMAILLE, 1, rue Auber.\nCONARD, 17, Boulevard de la Madeleine.\nCOSTALLAT & Cie, 60, chaussée d'Antin.\nDENOIX, 67, rue Caumartin.\nDEMETS, 2, rue de Louvois.\nDURAND & Cie, 4, Place de la Madeleine.\nESCHIG (MAX), 13, rue Laffitte.\nFEUILLATRE, 8, Boulevard Denain.\nFISCHBACHER, 33, rue de Seine.\nFLAMMARION, Odéon\n14, rue Auber.\n3, Boulevard St. Martin.\n10, Boulevard des Italiens.\n36\"\", Avenue de l'Opéra.\nFLOURY, 1, Boulevard des Capucines.\nGAMBER, 7, rue Danton.\nGATEAU, 8, rue de Castiglione.\nGAVEAU, 45, rue La Boëtie.\nGRUS & Cie, 116, Boulevard Haussmann.\n\nHEYMANN, i, rue Laffitte.\nHIBRUIT, 135, Boulevard St. Michel.\nLAROUSSE, 58, rue des Ecoles.\nLEMERCIER, 1, Galerie Vero-Dodat\n5, Place Victor-Hugo.\nLEMERRE, 23, Passage Choiseul,\nLE SOUDIER, 174, Boulevard St. Germain.\nMARTIN, 3, Faubourg St. Honoré.\nMATHOT A.-Z., 11, rue Bergère.\nMÉA, iWs, rue du Havre.\nMELET, 45, Galerie Vivienne.\nORPHÉE A., 114, Boulevard St. Germain.\nPAUL E., 100, Faubourg St. Honoré.\nPERRET, 14, rue Chauveau-Lagarde.\nPICARD, 126, rue du Faubourg St. Honoré.\nREY, 8, Boulevard des Italiens.\nROUDANEZ, 9, rue de Médicis.\nROUART, 18, Boulevard de Strasbourg.\nSAUVAITRE, 72, Boulevard Haussmann.\nSEVIN, 45, rue Boissy d'Anglas.\nSEVIN ET SARRAT, 25, rue La Boëtie,\nSTOCK, 155, rue St. Honoré.\nTARI DE, 18, Boulevard St. Denis.\nTIMOTÉI, 14, rue de Castiglione.\nWEIL, 60, rue Caumartin."}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100415-01.1.139", "texte": "Les Concerts de la \" LIBERA\nESTETICA \" de Florence P. LITTA\nFLORENCE 3, Via Michèle di Lando, 3 FLORENCE\n\nLa \" LIBERA ESTETICA\" de Florence donnera dans le monde entier des\nCONCERTS DE MUSIQUEt DE CHAMBRE divisés en deux séries\":\nSÉRIE A : Musique des vieux Maîtres Italiens (XVI, XVII siècles)\nSERIE B : Musique moderne (de toutes les nations.)\n\nLes Concerts Italiens de Musique ancienne auront lieu\navec le concours de l'éminente Cantatrice Florentine\nIda Isori Pianiste Paolo Lifta\n\nLes grands Concerts Italiens donnés à Paris en la salle des Agriculteurs, eurent\nun succès énorme et FIRENT SALLE COMBLE grâce au prestigieux\ntalent vocal de Mme IDA ISO RI, et l'art souverain de son \" bel canto.\"\nL'éminente cantatrice a remporté dans ces soirées un succès extraordinaire\nratifié du reste par toute la critique et les premiers compositeurs de l'époque.\n\nLes propositions d'engagements, de tournées ou de concerts isolés doivent\nêtre faites à Mr. PAOLO LITTA, 3 via Michèle di Lando à Florence.\nDes conditions spéciales seront faites à MM. les Agents de Concerts.\n\nA VIS IMPORTANT. La \" Libéra Estetica \" fait un chaleu-\nreux appel à tous les com\ntes Virtuoses éminents qui\nauquel tendent ses efforts\ndes chefs=d'œuVre peu ou"}]}