{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_sha256": "ba7a3056f06eab8514a275f01bd1c04b2d3f61461b24ebe95ff61cbfd26a48fa", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/07/15_01/bmtnabh_1910-07-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/07/15_01/bmtnabh_1910-07-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.1", "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\ncACotre Festival de 3XCusique Française à t%Zunich» Souscription au Monument Wagner*\nLES DEBUTS DE BALAKIREV, par N. Findeisen. # LES PLAGIATS DE HAENDEL, par Romain Rolland.\n# LES RICHESSES MODALES DE LA MUSIQUE BRETONNE, par Maurice Duhamel # LA\nDAMNATION DE FAUST ET LA PRESSE EN 1846, par Adolphe Boschot. * Lettre de Naples.\nCRITIQUE MUSICALE AU TEMPS PRÉSENT, par L. 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M. LÉOPOLD\nWIDHÀLM, luthier allemand, par CH. BOULÉE. — LES INSTRUMENTS : Vente d'anciens\ninstruments, Concours de Violoncelles. — QUESTIONS SOCIALES : Les préjugés de\nl'éducation musicale, par M. DAUBRESSE. — L'EDITION MUSICALE, par V. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.4", "titre_corps": "LES CONCERTS", "titre_sommaire": "LES CONCERTS", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "LES\nCONCERTS\n\nM. Arthur Nikisch a mis quelque\ncoquetterie à ne nous revenir que plusieurs\nannées après ses derniers triomphes. Les deux\nconcerts qu'il vient de donner avec l'Orchestre\nColonne ont terminé la saison symphonique.\nIl est inutile de rappeler avec quel comman-\ndement M. Nikisch conduit un orchestre, à\nquel point il lui impose sa griffe. C'est un chef.\nMais il déconcerte souvent par son interpré-\ntation des classiques, par l'importance qu'il\ndonne à des détails justement négligés jusqu'à\nlui, par un excès tout à fait allemand dans les\nintentions. Nous sommes faits à plus de cor-\nrection, à trop de correction peut-être. Par\ncontre, dans les œuvres romantiques, à ne\nnommer que certaines de ses deux program-\nmes, Tod und Verklaerunge, de Strauss, la\n7e Rhapsodie de Liszt, orchestrée par H. de\nBulow, les œuvres de Berlioz, il est un maître\nincontestable. Son succès fut grand et il faut\nespérer qu'il nous reviendra l'an prochain.\nAu concert supplémentaire de la Société\nNationale de Musique, deux premières\nauditions : Deux poèmes pour chant et deux\npianos de Samazeuilh et la Sonate en ré mineur\npour piano et violon d'Albert Roussel. Ces\nœuvres nouvelles étaient encadrées par la Sonate\nde Witkowski et le Concert de Chausson.\nLa Société musicale indépendante\na clôturé sa première saison par une séance\navec Orchestre. Si les œuvres assez ternes du\nprogramme pouvaient perdre de leur mince\nintérêt c'était bien du voisinage d'un Vœ\nVictis, de M. De Morawski, impitoyable pour\nnos oreilles, cuivré à l'excès, non sans valeur\ndu reste, et d'un Psaume 47 d'une joie peut-\nêtre biblique, mais pas idyllique du tout,\nMme Litvinne fut la dramatique interprète de\ndeux émouvantes pages de Moussorgski.\nM. Capet nous est heureusement revenu\navec un quatuor reconstitué, très homogène.\nEn deux séances il donna six quatuors de\nBeethoven dont les 12e, 13e et 15e.\nMme Toutaln Grrun, artiste croyante et\nagissante, a organisé un quintette dont les\ndébuts ont été mieux qu'encourageants, sur-\ntout dans le quatuor piano de M. Fauré et le\nquintette op. 34 de Brahms.\nM. Bnesco est une des personnalités mu-\nsicales les plus intéressantes de l'heure présente,\nvioliniste puissant et précis, compositeur aux\nidées jeunes et abondantes. Voilà un excès de\nqualités que bien d'autres pourraient lui en-\nvier. Il joua, avec M. Risler, son exubérante\nsonate de violon, presque classique de forme\net la sonate à Kreutzer, idéalement exécutée,\nindéfiniment applaudie.\nLes séances bi-hebdomadaires de musique du\nSalon des Artistes Français sont,\ncomme on sait, d'un louable éclectisme. La"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "liste des œuvres nouvelles y fut copieuse cette\nannée, l'exécution un peu inégale et dans des\nconditions matérielles assez médiocres.\nToujours bien vivante, la vénérable Société\nGuillot de Sainbris s' est fait entendre\ndans de jolis chœurs de Schumann, dans un\nmotet de Franck et dans une cantate injuste-\nment oubliée de M. Pierné. Exécution très\nsoignée comme toujours.\nNos nomenclatures mensuelles ne nous ont\npermis que de citer les séances du Quatuor\nParent à la Schola, alors qu'il faudrait\nétudier dans tous ses détails cette œuvre\npoursuivie avec une foi persévérante et intel-\nligente. Après des soirées classiques la saison\ns'est terminée par quatre séances d'œuvres\ncontemporaines allant de Franck à M. Ravel.\nLe vrai public dilettante n'est pas effrayé par\nle voyage de la rue St-Jacques car il sait que\ncertaines œuvres modernes ne sont jouées que\nlà comme elles doivent l'être et qu'on veut y\nfaire connaître de la musique plutôt que s'y\npréparer des succès d'exécution. Un program-\nme entier fut consacré à M. Paul Dupin, le\ncroyant, le persévérant que connaissent les\nlecteurs du S. I. M.; on entendit le Quatuor\nde M. Ravel, une suite romantique pour\npiano de M. Turina, des Quintettes de MM.\nLe Flem et Florent Schmitt. M. Parent\npoursuit une belle et bonne œuvre et le succès\nl'en récompense.\nLes ballets russes de l'opéra nous ont valu\nun regain de musique moscovite. La colonie\nrusse de Paris donna au profit de la Croix\nRouge française un beau concert dont Mme\nLitvinne, que nous pouvons bien, ce nous\nsemble, prétendre parisienne d'adoption\nMme Lydia Lipkowska et M. Alt-\nchewski furent les protagonistes. Mme Lip-\nkowska est d'une virtuosité merveilleuse. De\nMme Litvinne que dire, sinon vanter son\ninfatigable générosité pour les concerts de\ncharité ou de bienfaisance ? Nous l'avons\nretrouvée le 26 Juin à la Salle Gaveau, avec\nMM. Diémer et Maurice Dumesnil dans un\nConcert Schumann-Wagner qui termine à\npeu près la saison musicale.\nLes pianistes ont remporté encore çe mois-\nci quelques victoires. M. E. Schelling joua\ndans les deux concerts Nikisch, notamment\nsa fantaisie pour piano et orchestre, intéressante\nmalgré la réclame excessive qu'en faisait le\nle programme. L'artiste a une superbe techni-\nque. Mme Roger Miclos nous plaît davan-\ntage à chaque audition et qu'elle veuille\nbien nous en excuser il y a quelque temps\nque nous l'entendîmes pour la première fois.\nSes deux concerts salle Pleyel le second\navec le Quatuor Vocal Bataille compor-\ntaient plusieurs nouveautés, d'abord pour le\npiano. Une petite suite de M. Paul Lacombe,\nune joli scherzo de M. Staub, une légende de\nM. Herard et surtout des \" Poèmes Alpestres \"\nde M. Théodore Dubois ; puis de pièces\nvocales de M. Vidal et de M. Herard. C'est\nla suite, assez importante, de M. Th. Dubois\nqui nous attirait et elle ne nous a pas déçu.\nMusique claire, bien écrite et vraiment per-\nsonnelle. M. Th. Dubois est plus actif et plus\nfécond que bien des jeunesses.\nMelle Tagliaferro, dont nous avons pré-\ncédemment parlé, Mme Fleury Moncha-\nblon qui donna Salle Erard une charmante\nséance, avec M. Fleury l'idéal flûtiste, M.\nGeloso et M. Sautelet, merveilleux inter-\nprète de chansons anciennes, M. André\nDorival qui se fît entendre salle Erard avec\nle violoniste Hartmann M. André Tourcat.\nVoilà quelques-uns des pianistes entendus\nen juin.\nAjoutons à cette liste très importante le\nnom du jeune virtuose James Wittaker\ndont le raient mérite qu'on s'y attarde quelque\npeu : M. J, Wittaker a donné à la Salle Erard\nun concert qui lui a valu une chaleureuse\novation. Il se recommande par des qualités de\nforce et de netteté qui le classeraient parmi\nles a dessinateurs \" du piano. Il excelle à dé-\ntacher les motifs et à faire comprendre l'archi-\ntecture d'une œuvre. Dans les Scènes d'enfants\nde Schumann, la manière \" de l'exécutant\net, par suite, sa façon d'interpréter pourraient\nsurprendre. Schumann en écrivant ces \" pièces \"\ndont chacune est un presque chef-d'œuvre, se\nfigurait assurément des enfants moins robustes\net moins sains. Et pourtant l'interprétation"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.8", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3840, "texte": "u réaliste \" de M. Wittaker ne manque ni de\ncharme, ni surtout d'intérêt. Et c'est pourquoi\nnous souhaitons au jeune et très intelligent\npianiste d'y rester fidèle.\nM. Frédéric Gérard donna avec l'or-\nchestre Hasselmans dirigé par M. Jacques\nThibaud, des Concertos de violon de J. S.\nBach et de Max Bruch, où il fit apprécier un\njeu classique et une belle sonorité. Nous\nciterons encore une fois M. Georges Pitsch\ndont le deuxième concert avait un beau et\ncopieux programme. M. Pitsch tient déjà une\nbonne place parmi nos violoncellistes. Notons\nenfin la huitième et dernière séance de musique\npour harpe chromatique où se distingua\nMlle Jane Montmartin, et arrivons aux\nartistes du chant, par lesquels il eût été logique\nde commencer.\nNous avons dit le mois dernier le beau\ntalent de Mme Misz Gmeiner comme can-\ntatrice de lieder. Mlle Julia Hostater,\nartiste et intelligente, est moins bien douée\nvocalement. Mme Gerhardt avait la bonne\nfortune d'être patronnée par M. Nikisch. Il\nl'a accompagnée au piano dans ses deux con-\ncerts, et nous avons entendu des voisins pré-\nférer de beaucoup le Capellmeister au pianiste.\nMme Gerhardt a une belle voix très variée\nd'effets. Mme Ida Reman a une agréable\nvoix de mezzo, étoffée et conduite avec goût,\nsans affectations dans les nuances. On lui a\nredemandé avec raison plusieurs morceaux. Il\nest juste de dire qu'elle avait un accompagna-\nteur hors de pair, M. Lucien Wurmser.\nNous n'avons pu que mentionner le mois\ndernier le Concert de Mlie Suzanne De»\nCOUrt. On nous permettra de revenir sur le\nplaisir que nous a donné sa voix dramatique\net bien travaillée. Mlle Decourt est certai-\nnement une de nos bonnes cantatrices de\nconcert.\nL'excellent trio féminin Laval Ballet\nClément a donné une agréable séance Salle\nPleyeî.\nLa Société littéraire et artisti-\nque de l'Ouest donne, tous les mois une\nséance à Passy. Le 11 Juin, il y avait au\nprogramme le charmant opéra-comique de\nDalcroze, le Bonhomme Jadis, une sonate\npour Violoncelle et piano de Delune, sa suite\npour piano et son poème pour violoncelle, un\nDuo pour harpes de A. Sauvrezis. Mme Delune\nremporta un grand succès comme violon-\ncelliste.\nMentionnons, parmi, les œuvres inscrites\nau programme du concert donné par \" la\nSourdine \" trois délicates mélodies de Léo\nSachs: les Trois Sorcières, Solitude, Retour\nprès de l'Aimée, très bien interprétées par\nMUe Panis.\nMme Capoy a donné une très intéressante\naudition consacrée aux œuvres de Madame\nChaminade, avec le concours de Mlle Him-\nmel, MM. Ch a n oine-D avr anches, Gustave\nBorde, Kochinski, M. Hennebains et de la\nmaîtresse de la maison.\nMadame Paul Poirson a fait entendre\nchez elle des œuvres de Henri Lutz, le délicat\ncompositeur qui a mis en musique les beaux\npoèmes de Mme Léopold Lacour.\nNous avons le plaisir d'apprendre que\nnotre collaborateur, M. Jobbé Duval, vient\nde recevoir les palmes académiques.\nLe 22 Avril, les Concerts-Rouge con-\n' o\nsacraient un partie de leur soirée à l'Audition\nde plusieurs mélodies publiées autrefois SOÏIS le\nnom de Jean Hubert et dont l'auteur veut\nbien aujourd'hui se faire connaître : c'est\nM. Alexis Rostand, président et Direc-\nteur général du Comptoir d'escompte. Ces\nmélodies, pleines de grâce et d'esprit, étaient\ninterprétées par Mlle Marie de l'ïsle, dont on\nsait le talent.\nAu Lyceum, brillante soirée donnée par\nMme Macréjamska en l'honneur de M. Klobu-\nkowsky, gouverneur général de l'lndochine.\nAu programme, œuvres de Mmc J. Toutain-\nGrûn interprétées par l'auteur et Mme Pauline\nSmith et de M. Trémisat.\nSous la direction de Victor Charpentier,\n\" l'orchestre \" a donné au Trocadéro, le\n28 mai un très intéressant concert. Au pro-\ngramme. des œuvres de Handel, Mozart,\nGuilmant, Chaminade, Selz, César Franck,\nainsi que l'audition intégrale du Désert de\nFélicien David, interprété par Mlle Paule"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.11", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "Marsa, M. Plamondon, l'ensemble vocal de\n\" l'Orchestre \" et le chorale \" Les Enfants de\nParis.\"\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.4.2", "titre_corps": "LE MAESTRO TOSCANINI", "titre_sommaire": "LE MAESTRO TOSCANINI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "LE MAESTRO TOSCANINI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.5", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.11", "debut_caractere": 154, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "Province\nBOURGES. A l'occasion des Fêtes de\nu l'Argentier Jacques Cœur\" (12 et 13 Juin)\nla Ville de Bourges a été le théâtre de mani-\nfestations artistiques qui resteront longtemps\ndans la mémoire des nombreux étrangers\naccourus dans ses murs.\nC'est devant une salle littéralement comble\nqu'eurent lieu les deux soirées des 12 et 13\nJuin, la première presqu'exclusivement musi-\ncale et chorégraphique, la seconde consacrée\nà une représentation de l'Arlésienne.\nNous voudrions pouvoir nous étendre sur\nla première qui réunit les musiques de la\ngarnison, la musique municipale et un orchestre\nsymphonique de 60 musiciens dont nous nous\nréservons de parler plus loin, vanter ainsi\nqu'elles le méritent les qualités des chanteurs\nqui ont nom Juliette Dorys, Mario Varelly,\nexprimer le suprême plaisir de l'ouïe et de la\nvue à la fois que nous a procuré l'exécution\nimpeccable du ballet de Faust, dansé par\nMlle Sandrini et huit danseuses du corps de\nballet de l'Opéra.\nCependant, à raison de l'attention particulière\nqu'attira dans le monde des amateurs de\nmusique la représentation de l'Arlésienne, c'est\nà elle que nous nous consacrerons plus spécia-\nlement.\nL'interprétation du chef-d'œuvre de Daudet\nfut de tous points parfaite.\nL'orchestre symphonique, n'a pas peu con-\ntribué à la pleine réussite de l'œuvre.\nSous la baguette experte de M. Courrouy,\nchef de la musique de la 8e brigade d'artillerie,\nqui avait bien voulu en accepter la direction\npour cette fête de bienfaisance, l'orchestre,\ncomposé des meilleurs éléments de la Société\nPhilharmonique, auxquels on avait adjoint\nplusieurs solistes, tous lauréats du Conservatoire\nde Paris, avait acquis un degré de perfection\nvraiment extraordinaire.\nCe fut une révélation ! Les frénétiques ap-\nplaudissements d'une foule enthousiaste qui\naccueillirent la délicieuse partition de Bizet et\nnotamment l'ouverture, le Menuet et l'lnter-\nmezzo, sont le plus sûr garant du plaisir\nextrême que nous a procuré cette phalange\nd'artistes.\nNous ne saurions mieux faire que d'opposer\nà ceux qui nous taxeraient d'un chauvinisme\nexcessif, les allégations mêmes de Tessandier,\nqui au lendemain de la représentation, écrivait\nau sympathique chef :\nu ...Il y a fort longtemps, depuis Colonne\n- que je n'ai entendu pareille sûreté d'exé-\ncution.\"\nCe témoignage nous dispense de plus longs\ncommentaires.\nSouhaitons que cette \" révélation \" consti-\ntue un utile enseignement pour la Municipalité\net pour la Société des Fêtes et qu'un régal\nsemblable ne reste pas sans lendemain.\nO. M.\nBELLEY. Importante manifestation\nmusicale à la Cathédrale à l'occasion de l'ln-\ntronisation du nouvel évêque MgT Magnier :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.13", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "œuvres de Bach, Beethoven, Gounod, Franck,\nSaint-Saëns, Baetz, quelques unes exécutées\npar une Chorale d'enfants et d'hommes de\nbonne volonté plus habitués aux travaux de la\ncampagne qu'à la musique. E. B.\nCAMBRAI. AT occasion du mariage\nde Mlle Morand, fille du sympathique Président\nde l'Union orphéonique, une manifestation\nartistique d'une grande ampleur a été faite à\nla Cathédrale. Au programme :\nChœur des Pèlerins, de Wagner;\nPater Noster, de Niedermeyer ; Soliste :\nM. Dumont ;\nMarche nuptiale, de Wagner ; (Trompettes);\nRomance pour Violon, de Svendsen 5 M.\nPaul Cormont ;\nAve Maria de Gounod ; Solistes : M. Mar-\ntin, ténor ; Mlle Inghebrelt, Harpiste ; M.\nMarcel Richard, Orgue ;\nAdagio du Septuor de Beethoven, par les\nprofesseurs de l'Ecole Nationale de Musique ;\nSancta Maria, de Faure; M. Dartus.\nAu deuxième Concert des Elèves de\nl'Ecole Nationale de Musique, citons tout\nparticulièrement le jeune violoncelliste M. De-\nbergue qui exécuta le Concerto de Golter-\nmann d'une façon parfaite ; cet excellent\nmusicien possède un jeu très sur et une belle\nsonorité... P. CORMONT.\nLILLE. Mme Maquet a dignement\nclôturé la série des Concerts Symphoniques en\ndonnant le 29 Mai la première audition en\nFrance de la Délivrance de Prométhée, poème\nsymphonique pour orchestre, chœurs et réci-\ntant. Le Final de l'Or du Rhin, le prélude du\ntroisième acte et la dernière scène des Maîtres\nChanteurs complétaient le programme de ce\nmagnifique Concert. Mme Maquet a-été applau-\ndie comme elle le méritait. La saison musicale\nest à peine finie que l'active musicienne\nannonce pour l'an prochain la neuvième\nsymphonie et d'importants fragments Wagné-\nriens.\nTROU VILLE. La saison promet d'être\nbrillante au Casino ; il suffit de lire les noms\ndes artistes : Litvinne, de l'Opéra, Thévenet,\nde 1' Opéra Comique, Toutain-Griin et Barthé,\ndes Concerts de Monte-Carlo, Sandrini, de\nl'Opéra... Et les œuvres qu'on représentera\nsont nombreuses et variées.\nDUNKERQUE. Au point de vue\nartistique, notre Ville ne reste pas en arrière.\nSous la direction de son excellent chef M.\nEug. Théry, l'Association des artistes musiciens\ndonne chaque année deux concerts de musique\nqui obtiennent toujours un vif succès.\nLe premier, cette année, eut lieu le 15\navril, avec le concours du pianiste A. Lermyt.\n\" Rédemption \" de Franck fut représentée\ndans toute son intégralité, fait assez rare\nen province.\nLes Chœurs d'hommes et de femmes furent\nbons. La seule chose à souhaiter pour une\nprochaine fois, c'est un renforcement des\nchœurs, cela est nécessaire, sinon indispensable,\npour exécuter de pareils monuments d'art\nmusical.\nL'orchestre, au grand complet, n'eut aucu-\nne faiblesse."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.14", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "Madame Auguez de Montalant avait pour\nla circonstance prêté son concours. Le poème\nfut récité par M. Granlieu, ancien pension-\nnaire du Théâtre de notre ville.\nLa soirée avait commencé par la \" Procession \"\nde C. Franck et la \" Chanson de Barbaine\nde V. Jallois, chantées par Mme de Montalant.\nE. S.\nLORIENT. Nous possédons ici une\njeune société chorale, qui vient, dans un\nrécent concours à Laval, de se couvrir de\ngloire.\nFondé en 1907 par M. Mars Refray et\nprésidé aujourd'hui par M. Brard, conseiller\nmunicipal, le \" Choral Lorentais \" a, depuis le\nmois de novembre dernier, pour Directeur\nM. Maublanc. Au concours de Laval elle\navait comme concurrents le Choral laïque de\nFougères et le Choral de Villers-Boccage; or,\nelle a obtenu le ler prix de lecture à vue\nà l'unanimité, un ler prix d'exécution avec le\nchoeur choisi u La Légende de la Glèbe \"\n(La Charrue) de La To m belle et un 2me prix\nd'honneur avec le morceau imposé: u Voici\nJuillet \" de Cools. Résultat superbe!\nA leur retour à Lorient les vainqueurs ont\nété reçus comme ils le méritaient. Nous adres-\nsons au choral Lorientais nos plus sincères fé-\nlicitations, et nous lui souhaitons surtout une\nlongue carrière, car hélas, combien chez nous,\nde sociétés qui se fondent et ont juste assez de\nforce pour vivre, comme les roses du poète,\nl'espace d'un matin!\nC. s.\nGUERET. Le concert E. Bernard fut\nun succès pour cet artiste, et, si son interpré-\ntation de la Sonate Appassionata put soulever\nquelques critiques, il fut vraiment remarqua-\nble dans les autres œuvres qui composaient\nson programme.\nConférence très intéressante de M. Lan-\ndormy sur la musique moderne, avec exécu-\ntion d'œuvres de Debussy, Chausson, d'lndy,\nLekeu, certainement mieux applaudies que\ncomprises.\nLa sonate à Kreutzer et la Ronde des\nLutins de Bazzini furent fort bien exécutées\npar Mr Cazaneuve dans un concert où se fît\napplaudir Mr Tuburlut.\n- Audition très intéressante des élèves de\nM 1 Pierret. Bach, Beethoven, Mozart, Schu-\nmann, Rode, Fauré et Paganini même, dans\nson difficile Mouvement Perpétuel, eurent des\ninterprètes qui firent vraiment honneur à leur\nsympathique professeur.\nMOULINS. Nous avons déjà annoncé\nqu'à l'occasion d'une grande cérémonie qui\ndoit être célébrée, dans notre ville, le 19\ncourant, un grand oratorio-cantate allait être\nexécuté. Voici quelques brefs renseignements\nsur cette œuvre inédite. Les paroles sont de\nM. l'Abbé Parsy, aumônier du lycée de\nValenciennes et la musique de M. l'abbé\nF. Magnasse, directeur de la psallette de la\nCathédrale de Moulins. Cet oratorio-cantate\nest divisé en cinq parties. Après un solennel\nprélude d'orgue, une phrase large et soutenue,\nconfiée au baryton, annonce le Couronnement\nde la Vierge. Puis survient un colloque entre\nle ciel et la terre. Les soprani, remplaçant les\nanges, font entendre des Alléluia dont le thème\nest emprunté aux différents modes en plain-\nchant. Des voix de basse, assez contenues,\nrépondent par une mélodie simple et suppliante\naux voix du ciel. Enfin, le ciel et la terre\ns'unissent en un grand chœur final qui ter-\nmine la première partie. Il serait intéressant\nd'analyser jusqu'au bout l'œuvre fort intéres-\nsante de M. l'Abbé Mao-nasse. Mais nous en\no\nreparlerons après son exécution qui promet,\navec les éléments dont dispose la Maîtrise de\nMoulins auxquels viendront, pour la circon-\nstance, s'ajouter de solides renforts, d'être\nfort belle.\nA l'occasion du Concours National Agri-\ncole qui vient de se tenir à Moulins, toutes nos\nSociétés Musicales se sont prodiguées et distin-\nguées, mais tout particulièrement la Lyre\nMoulinoise et la Chorale de Moulins, ainsi\nqu'une société de trompettes, l'Etendard\nMoulinois, qui se sont faits applaudir à plusieurs\nreprises, pendant toute une semaine, sur nos\nplaces et cours."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "ROY AT. Le goût éclairé et la sincérité\nartistique de M. Maurice de Villers donnent,\ncette année, à la saison de Royat, un intérêt\nexceptionnel ; on nous promet, en musique :\nl'Enfance du Christ, la Damnation de Faust,\nles Béatitudes, Antar, les Symphonies de\nBeethoven, de Schumann, etc., des œuvres\nimportantes de Lalo, Saint-Saëns, Fauré, etc.\nPour commencer, il nous fut donné d'entendre,\nvendredi 24 juin, un excellent \"concert clas-\nsique \" (classique, au sens précis du mot)\ndont le programme réunissait les noms de\nGluck, Mehul, Haendel, Haydn, Mozart, etc.\nLe gros succès de la soirée a été pour\nMlle Streletski dans la scène et l'Air de Beet-\nhoven \"Ah ! perfide \" Ce morceau, si\npuissamment dramatique, s'exécute rarement,\nparce qu'il exige un registre vocal d'une rare\nétendue. Ce fut une bonne fortune, pour les\nauditeurs de Royat, de l'entendre interprété\navec une justesse de sentiment et une musicalité\nparfaites. On a beaucoup applaudi, également,\nla belle voix de basse chantante de M. Bastide,\ndans l'Air de la Flûte enchantée, et le violoncelle\nde M. Merck, .dans la Romance en rè, de\nSaint-Saëns. J. D.\nBORDEAUX. Plus de musique, plus\nde virtuose ! l'activité musicale est complète-\nment calmée à Bordeaux. Signalons cependant\nune intéressante audition d'artistes et d'ama-\nteurs de notre ville, élèves de G. Sarreau, à\nl'lnstitution nationale des Sourdes et Muettes,\nau profit de la caisse de secours des anciennes\nélèves de la maison. Puis encore, le concert\ndonné à la Salle Bermond, par l'orchestre de\nla société 1' \" Accord Parfait \", direction du\nsympathique professeur u Chaubet\nD'autre part, la belle Revue de L. Le mar-\nchand, \"Tout pour la bordelaise\", triomphe"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.16", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3800, "texte": "au Théâtre de l'Alhambra pendant qu'au\nThéâtre de la Nature de l'Américan Park, le\nbaryton de Souza obtient un très grand succès,\nen même temps que l'excellent orchestre\nRenaud intéresse les nombreux promeneurs\ndu parc.\nRien de plus à dire d'intéressant ; cependant\nil est bon de faire connaître à nos lecteurs\nfrançais et étrangers, que notre Théâtre\nMunicipal n'a pas changé de direction. \" Fer-\nnand Bory \" préside encore pour trois années\naux destinées musicales et chorégraphiques de\nnotre première scène, avec, comme Conseiller\nMusical, le chef d'orchestre \" E. Montagni\nD'une telle collaboration, il ne peut résulter\nque de bonnes et belles choses.\nV. GENDREU.\nTOULOUSE. Au théâtre Lafayette,\nles deux chanteuses d'opérette, Mme Gabrielle\nFrédax et Mme Lucy Raymond, reçoivent, les\nenthousiastes acclamations du public.\nAux Nouveautés, la féerie \"Tout en Rose\"\nattire tous les soirs un nombre considérable de\nspectateurs. Malgré ce succès, directeurs et\nartistes vont prendre deux mois de repos légi-\ntimement conquis.\nLe 27 Juin, au théâtre de la nation, exquise\nreprésentation de Lakmé avec Mme Victoria\nFer, du grand théâtre de Genève.\nAu Conservatoire, concours publics de fin\nd'année. Nous avons remarqué la belle tenue\ndes classes d'instruments à archet, et de celles\nde basson, haut bois, trompette et clarinette.\nJ. H.\nNIMES. La saison dernière a été extrê-\nmement riche au point de vue musical à Nîmes.\nAux Concerts du Conservatoire on a entendu\nRicardo Vines et Firmin Touche. v\nA la Chambre Musicale, qui reste comme\npar le passé le sanctuaire du grand art, on a eu\nen dehors des séances ordinaires, treize concerts\nde tout premier ordre, avec le concours de\nMlle 81. Selva, du quatuor Zimmer et de\nM. Plamondon. Il serait trop long d'énumérer\ntoutes les œuvres qui ont été exécutées et il\nsuffit presque de dire que les programmes ont\nété irréprochablement beaux. Beethoven a été\nreprésenté à lui tout seul par 12 des sonates\npour piano, 4 quatuors dont le XIVe et le\nXVe, et les variations sur une valse de Dia-\nbelli. On a en outre commencé à faire une\nplace importante à la musique ancienne, avec\ndes exécutions d'œuvres de Kuhnau, de Scar-\nlatti, de Lulli, de Couperin et de Rameau.\nQuant aux artistes ils peuvent se considérer\ncomme étant désormais tout-à-fait chez eux à\nla \" Chambre, \" où l'on a la plus grande\nadmiration, non seulement pour leur talent,\nmais surtout pour leur sincérité et leur con-\nscience artistique.\nLa saison a été couronnée, fait sans précé-\ndent, par un merveilleux concert, organisé\nuniquement avec les ressources dont dispose la\nville. Le programme était consacré à Rameau\net à J. S. Bach. D e ce dernier maître on a\nexécuté, et ce pour la première fois à Nîmes,\nla \" cantate du café. \" Admirable exécution,\nexcellemment dirigée par un jeune chef d'or-\nchestre de grand talent, professeur au Conser-\nvatoire, M. Delaunay.\nUn de nos collègues de la Société interna-\ntionale de musique, M. L'Hôpital, a profité\nde T occasion pour faire un plaidoyer en faveur\nde la musique ancienne. U a prêché l'union\nde toutes les bonnes volontés pour qu'on en\narrive à restaurer cette musique dans sa dignité\net son éclat par des exécutions qui sont loin\nd'être irréalisables dans une ville comme\nNîmes. Espérons que son appel sera entendu\net que la saison prochaine nous réservera de\nbonnes surprises.\nSALON. A la suite du Concours de\nMusique de l'lsle-sur-Sorgues, les sociétés de\nSalon, qui y ont remporté de nombreux\nlauriers, ont donné, avec le Concours de la\nmusique municipale, une très brillante audition.\nNous sommes heureux d'apprendre que\nMlle Simone Girard vient de remporter un\nlégitime succès au cours de l'audition que\nMile Rose Demay, professeur de diction et de\ndéclamation organisa à Marseille, dans les\nSalons Massilia."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.17", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "La saison théâtrale (Direction Depère)\ns'est terminée par la Tosca de Puccini.\nLes examens de fin d'année sont com-\nmencés au Conservatoire Municipal de Lyon.\nLa distribution des récompenses donnera lieu,\ncomme les années précédentes, à une audition\npublique des lauréats de l'année.\nL.\nVALENCE. La Société des Concerts-\nConférences de notre ville a clôturé on ne peut\nplus dignement sa saison par l'audition intégrale\net inédite en France du Miracle de Saint-Nico-\nlas, légende lorraine en deux parties pour\nsolis-chœurs, projections et grand orchestre,\nde Guy Ropartz, directeur du Conservatoire\nde Nancy. Nos sincères compliments aux\ninterprètes et aux dévoués administrateurs.\n* *\nNous apprenons que notre grande et sym-\npathique fanfare de Valence vient d'être invitée\nà Lausanne (Suisse) sur l'instigation de la\ndélégation des ingénieurs.\nDe grandes fêtes sont préparées les 9, 10\net 11 juillet en l'honneur de notre vaillante\nSociété, par un comité spécial à l'organisation\nde cette réception."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.6", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.17", "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 3460, "texte": "Belgique\nCOMMUNIQUES. CHOSES THÉÂ-\nTRALES. Le jeune compositeur, Léon\nDelcroix, vient de terminer une œuvre nou-\nvelle intitulée : La Bacchante, conte mimo-\nsymphonique, dont le scénario est du à la\ncollaboration de deux hommes de théâtre bien\nconnus, MM. F. Ambrosiny et Armand Du\nPlessy. L'action se passe au temps des Grecs\nd'Alexandrie, sous le règne de Bérénice, et\nsert notamment de prétexte à des reconstitu-\ntions de la danse antique dans ses diverses\nmanifestations.\nL'œuvre sera représentée dans le courant\nde la saison d'hiver prochaine.\n- A LA MEMOIRE DE MAX WALLER.\nLe projet d'ériger un monument à Max\nWaller, le fondateur de la \" Jeune Belgique \",\nsemble devoir se réaliser bientôt grâce aux efforts\nincessants du Comité constitué dans ce but.\nEt voici que dans une pensée de glorifica-\ntion immédiate Messieurs Fonson viennent de\nfrapper une médaille à l'effigie du poète.\nLe bijou grand modulé en bronze sera mis\nen vente au profit de la souscription.\nGrâce à l'initiative de Messieurs Fonson, le\nComité Waller tient dès aujourd'hui à la\ndisposition des souscripteurs, pour la somme\nde 10 francs, cette très jolie médaille due au\ntalent de Godefroid Devreese, qui est passé\nmaître en cet art.\nL'artiste y a fait revivre la physionomie si\nsympathique du jeune écrivain. L'œuvre con-\nstitue un précieux souvenir que voudront pos-\nséder tous ceux qui vouent à Waller le culte\nque l'on doit à cet éveilleur d'enthousiasme\nlittéraire.\nLes adhésions peuvent être adressées à\nM. Léopold Rosy, Directeur du Thyrse,\nSecrétaire du Comité Waller, 130 rue de\nBruxelles à Uccle.\nA L'EXPOSITION, brillante exécution\nde S 1 Franciscus d'Edgar Tinel, avec tout le\nsuccès que mérite l'œuvre magistrale, noble\net belle.\nLe 9 juillet, on entendra l'orchestre du\nConservatoire de Paris ; les 16 et 17 juillet,\nfestival allemand sous la direction de M.\nSteinbach.\nA propos des manifestations musicales de\nla saison \" extraordinaire \" on se demande\nen quoi, nous découpons, dans les bonnes\nfeuilles du Diapason, organe indépendant des\ncombien justes doléances de nos musiciens, ces\nlignes dûes à la plume alerte de l'excellent\ncompositeur et écrivain M. Cari Smulders :\n\" L'Exposition de Bruxelles nous vaudra\nla visite de millions d'étrangers. Pour inter-\nnationale que soit cette exposition, il est hors\nde doute que nos hôtes ont avant tout le\ndésir de contempler nos villes, au cachet si\nparticulier, d'admirer nos monuments, d'étu-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.19", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2758, "texte": "dier notre formidable outillage industriel, de\nprendre connaissance des produits de notre\nsol, de notre science et de notre art. Ce n'est\npas pour applaudir VAnneau du Niebelung ou\nSalornè qu'ils entreprennent leur pèlerinage.\nTout cela, ils peuvent l'entendre chez eux. Il\nsemble bien qu'on eût dû mettre l'occasion à\nprofit pour représenter sur notre première\nscène lyrique les productions de nos musiciens\nnationaux, les œuvres de Jan Blockx, de Léon\nDu Bois, de Paul Gil son, d'Albert Dupuis.\nC'eût été d'un patriotisme éclairé et bien\nentendu.\nM. Smulders aurait-il encore des illusions ?\nNous trouvons, dans l'Artiste Musicien,\norgane des Chambres Syndicales fédérées de\nBelgique, au cours d'une réponse à un article\nparu dans le XXe siècle, qui reprochait au\nSyndicat des Artistes, sous une forme inter-\nrogative, il est vrai, de causer, par ses exigen-\nces, la mauvaise préparation, l'à-peu-près de\nnos auditions au théâtre et aux concerts, ce\nrenseignement bon à noter.\ncc MM. Sylvain Dupuis et Isaye payent les\nmêmes salaires que feu Joseph Dupont\". \" Ce\nn'est donc pas là qu'il faut chercher la mau-\nvaise préparation des concerts. Seulement,\nlorsque Joseph Dupont dirigeait, on faisait 7,\n8, et même plus de répétitions pour mettre\nune œuvre au point et les artistes recevaient\nune somme variant entre 38 et 45 fr. pour\nchaque concert. AujourcVhui oyi se contente de 2\nou 3, exceptionnellement de 4 répétitions, et un\nconcert rapporte lorsqu'il est bien payé 25 fr.\"\nEt plus loin :\nu Les musiciens syndiqués, à Bruxelles,\nil n'y en a presque plus d'autres font un\nsacrifice très grand en jouant pour 3,50 fr. une\nrépétition de 2 heures, et pour 5 et 8 fr. un\nconcert, qui sont payés à Paris 8 et 10 fr.\nles répétitions, et 1 8 et 20 fr. le concert. \"\nCeci est édifiant et nous ne pouvons qu'ap-\nplaudir -à la conclusion de l'article : u Le\nSyndicat, qui poursuit le noble but de mettre\nles artistes à même de gagner honorablement\nleur existence, mériterait plutôt l'aide de ceux\nqui s'intéressent à la musique que leur mé-\nprisable critique.\nLA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\nAU POINT DE VUE HYGIÉNIQUE\nET MEDICAL. Dans son numéro du\n15 avril dernier, le S. I. M. (page 149), par-\nlant de l'lnstitut des Hautes études musicales\net dramatiques d'lxelles, juge une démonstra-\ntion de Gymnastique rythmique, méthode\nJacques Dalcroze et semble vouloir lui refuser\nsa valeur réelle.\nPermettez nous d'ajouter à l'appréciation\nde votre correspondant quelques considérations\nhygiéniques et médicales au sujet de la gym-\nnastique rythmique qui monteront que son\nimportance ne se borne pas au rythme et à la\ngrâce mais qu'elle constitue tout un pro-\ngramme d'éducation où s'associent également\nla volonté centrale, la transmission nerveuse"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.21", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "et l'exécution par des muscles exercés et\nrégénérés.\nSans entrer dans les détails d'exécution,\nconnus déjà, on peut considérer l'élève comme\nun réceptable d'où partiront des manifestations\nvariées, dont l'excitation initiale sera le rythme\ndonné par le piano.\nSuivons schématiquement les diverses opé-\nrations qui amèneront l'exécution d'un mou-\nvement rythmé :\ni° L'oreille reçoit la sensation de l'air\nmélodique qui lui indique le mouvement à\nexécuter.\n2° Cette sensation est transmise au cerveau\net devient, grâce à la conscience, une percep-\ntion.\n30 Cette perception, toujours dans les cen-\ntres cérébraux, devient une solution, l'indica-\ntion d'un mouvement à accoupler, mettant\nen jeu un groupe de muscles.\n40 Transmission aux muscles mêmes du mot\net de l'ensemble de l'exercice.\nOn voit par ce tableau succinct combien\nest varié et multiple l'activité déployée au\ncours d'un exercice rythmique et combien le\ndéveloppement psychique et harmonique de\ntout notre organisme peut bénificier de l'exé-\ncution d'une gymnastique aussi rationnelle.\nA côté de la physiologie même, nous trou-\nvons chez les jeunes gens bien des cas patho-\nlogiques qui bénéficieront d'exercices appro-\npriés et bien compris qui tous font partie de\nla gymnastique rythmique :\ni° Enfants dont la poitrine est trop étroite.\nLeur respiration se fait mal, leurs poumons\nne peuvent prendre un développement suffisant,\nd'où résulte un état d'anémie générale, de\ndéperdition de force, avec manque de croissance\net prédisposition à la phtysie.\nDe grandes inspirations, des mouvements\nde dégagement du torse aideront à rétablir la\nfonction respiratoire dans sa normale.\n2° En classe, les enfants, prennent souvent\ndes attitudes vicieuses d'où résultent des défor-\nmations de la colonne vertébrale, soit à cause de\nla faiblesse des muscles du dos, soit à cause de\nla trop grande force des muscles de l'abdomen\nqui ramène le buste en avant. C'est alors que\nles mouvements rythmés interviendront pour\nrendre aux muscles leur équilibre et permettre\nla rectitude du tronc.\nA une époque plus avancée, les os se sont\ndéformés et le mal est devenu difficile à\nréparer. Il convient donc de commencer la\ngymnastique rythmique dès le jeune âge si on\nveut prévenir les déformations vertébrales et\ncorriger les mauvaises attitudes.\nSans entrer plus avant dans le détail même\nde l'exécution, on peut conclure qu'une har-\nmonie parfaite entre les centres psychiques et\nles muscles s'obtient grâce à la gymnastique\nrythmique et que son emploi régulier contribue\nà l'esthétique de la forme et à l'harmonie de\nl'individu.\nDR GASTON DANIEL.\nr\nLIEGE, 15 juin 1910. A noter, en ce\ndernier mois, une avalanche de petits concerts:\nc'est sans doute un dédommagement pour la\nvacuité marquée de certaines périodes de\nl'hiver, en cette année peu musicale.\nA l'Œuvre des Artistes, on a beaucoup\napplaudi Mme Durand-Texte qui, accompa-\ngnée par l'auteur, fit entendre nombre de\nmélodies de M. Reynaldo Hahn. Les meilleures\nd'entre elles étaient déjà connues du public.\nLa séance consacrée à M. Guy Ropartz a\nfait plus d'impression : l'art sérieux de ce\ncompositeur, basé sur des chants populaires\nbretons qui évoquent les mélodies grégoriennes,\nnous porte dans un monde harmonique tout\nspécial, parent de celui qui baigne la musique\nd'orgue allemande du XVIIe siècle. Les\nœuvres exécutées (sonate et andante pour violon,\nchoral varie pour piano) sont sévères, mais\nbelles, grandioses, et leur interprétation, con-\nfiée à M. Louis Claesen, violoniste, et à\nM. Louis Lavoye, pianiste-organiste, fut\nparfaite. En des mélodies pleines de mélancolie\net marquées au coin d'un sentiment profond,\nMlle Davanzi nous a prouvé que M. Ropartz\nsait à merveille écrire pour la voix. La\ndernière Heure de musique était consacrée à\nl'art ancien. Le choral mixte a capella\ndirigé par M, Lucien Mawet a fait entendre\nune sélection de pièces de la grande période"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.23", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "de polyphonie vocale : le canon anglais de\nFornsete (1226), de l'Arcadelt, du Waelrant,\ndu Lasso, du Palestrina, du Bach, donnant un\naperçu rapide de l'art profane et religieux de\nces cinq siècles. M. Léopold Charlier, accom-\npagné par M. Fernand Mawet, agrémentait\nl'audition par l'impeccable interprétation d'une\nsonate de Tartini et de la Ciacona de Vitali.\nAu Palais des Beaux-Arts, on a applaudi\nune séance de sonate donnée par M. Chau-\nmont et Mlle Stévart, un récital de piano de\nM. Demblon qui se montra bon interprète de\nla musique française moderne mais non de\nBeethoven et de Chopin, puis les cercles de\nmusique de chambre : Piano et archets, surtout\ndans le quintette de Franck, et le Quatuor\nCharlier surtout dans le Quatuor de Debussy.\nNous ne signalerons pas d'autres séances\nmoins intéressantes, n'ayant pas la prétention\nde publier un résumé fidèle des programmes\nliégeois, mais bien de relever les faits les plus\ncaractéristiques de notre vie d'art.\nParmi ceux-ci rentre un concert Chopin\norganisé par les étudiants polonais avec le\nconcours du très intéressant et personnel con-\nférencier M. Arthur Hubens, de Mme Abla-\nmovvicz, cantatrice habile, et de M. Lidney\nVantyn, qui se montra interprète pénétrant,\npoétique et extériorisateur magistral de l'œuvre\nde Chopin. DR DWELSHAUWERS.\nMALINES. Les concerts de carillon\nont repris depuis le lERIER juin. Le temps était\nbon, et de nombreux auditeurs étaient ac-\ncourus. Nous y avons remarqué pas mal\nd'étrangers. C'est sans doute l'Exposition qui\nnous les amène. P. C.\nREVUES A LIRE. La Société Nouvelle,\nsociologie, science et art. Directeur M. Jules\nNoël, il, rue Ghisaire, Mons.\nLa Belgique artistique et littéraire, revue du\nmouvement artistique belge, sous la direction\nde M. Paul André. Bureaux : 26-28, rue des\nMinimes, Bruxelles.\nUv Le Thyrse, revue d'art et de littérature.\nDirecteur M. Léopold Rosy. 16, rue du Fort,\nBruxelles.\nWallonia, revue mensuelle du mouvement\nartistique et littéraire de Wallonie. Directeur\nM. Oscar Colson. Rue Léon Mignon, Liège.\nLe Diapason, journal hebdomadaire de\nsociétés de musique belges et étrangères. Di-\nrecteur M. Garras. 22, rue de la Bourse,\nBruxelles.\nUArtiste \\ Musicien, tribune libre, organe\nmensuel des Chambres Syndicales fédérées de\nBelgique. Rédaction : 26, Place Ste Gudule,\nBruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.7", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.23", "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "Étranger\nLONDRES. On a pris grand intérêt\naux deux concerts alternés que donnaient, le\n2 juin, M. Franz Liebich, avec le concours\nde Mlle Marguerite Babaïan, et, le 7, Mlle Mar-\nguerite Babaïan, avec le concours de M. Franz\nLiebich. Le premier conduisait du romantisme\nà l'impressionisme, en passant par la musique\nexotique, et M. Louis Laloy s'était chargé de\ndémontrer (en français) la légitimité de cet\napparent\" détour ; le second comprenait des\nmélodies françaises du XVIIe et du XVIIIe\nsiècle, des œuvres de Moussorgski, et de De-\nbussy ; et M. Laloy y reprenait la parole pour\nexpliquer, cette fois en anglais, comment il\navait eu la bonne fortune de découvrir douze\nmélodies inédites de Moussorgski, dans un\nmanuscrit appartenant à la collection de M.\nCharles Malherbe. M. Liebich joint à une\ntrès sûre technique le don précieux de l'émo-\ntion musicale, et l'on peut apprendre de lui à\njouer Debussy en toute simplicité de cœur.\nHuit des douze Préludes qui viennent de\nparaître lui avaient été confiés, et il a su en\nfaire sentir le charme. Mlle Babaïan est une\nmusicienne exquise, et sa voix délicate, pré-\ncieuse, que nous connaissions pareille à un filet\nd'or liquide, a pris aujourd'hui la seule qualité\nqui lui manquait encore : l'assurance. Le\nsuccès des deux artistes a été très grand, et le\ncritique d'un journal quotidien s'est chargé de\nla bévue obligée : il a attribué à une erreur\nd'exécution l'intervalle de quarte augmentée"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.25", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3852, "texte": "qui heurtait son oreille incrédule, dans une des\nmélodies populaires grecques harmonisées par\nMaurice Ravel.\nLe 9 juin, Pelléas et Mélisande reparaissait\nà Covent Garden, devant une salle fervente,\net M. Campanini conduisait l'orchestre avec\nle soin le plus ému : c'est ici qu'on peut\nretrouver bien des détails, et surtout des accents\nqui s'étaient perdus aux dernières exécutions\nparisiennes, Mme Edwina est une jolie Méli-\nsande ; M. Devries, dans le rôle de Pelléas,\nsemble forcer sa voix pour se faire entendre,\nen quoi il a bien tort ; M. Bourbon donne à\nGoland un caractère saisissant et tragique ;\nMlle Bourgeois est la meilleure Geneviève que\nnous ayons jamais entendue, tout comme.M.\nMarcoux le plus emprunté des Arkhel.\nVIENNE. De plusieurs côtés, on an-\nnonce la démission de Weingartner comme\ndirecteur de l'Opéra, démission qui est aussitôt\ndémentie.\nOn parle cependant du successeur de rémi-\nnent Cappelmeister qui serait M. Souche\na moins qu'un protégé de la Cour n'intervienne\nin dernier moment.\nSTRASSBOURG. Le chef d'orchestre\nAlbert Gorber cède sa place, à la tête de\n'opéra, au compositeur Hans Phitzner qui\n>rend le titre de directeur de l'Opéra. Comme\nA. Phitzner est, en même temps directeur du\nConservatoire de la Ville et directeur des\nConcerts d'abonnement, sa tâche est extrê-\nlement lourde.\nLes 12 et 13 juin ont eu lieu la troisième\nîssion des fêtes musicales d'Alsace Lorraine\n:>nsacrées au Centenaire de Schuman n.\nS. S.\nMILAN. Si nous faisons le bilan de\nutes les fêtes musicales de ces 8 derniers\nois nous avons le droit d'être assez satisfaits.\nla Societa del Quartetto nous avons eu\necsey. La Société des Concerti Sinfonici\nété confiée cette année à Mengelberg qui\nintroduit dans ses programmes quelques\n)dernes italiens : Fromo, de Venise, Enrico\n»ssi, le Comte Guerchi. Bientôt vont com-\nmencer les examens au Conservatoire de\nMilan. G. E.\nFLORENCE. Les amateurs de musique\nn'auront pas à se plaindre de cette fin de\nsaison. Nous avons eu coup sur coup quatre\ngrands concerts d'orchestre extrêmement in-\ntéressants. L'orchestre de Munich, sous la\ndirection magistrale de M. Ferdinand Lôwe,\nnous a donné en deux séances la symphonie\nhéroïque et la pastorale de Beethoven, la séré-\nnade en ré majeur de Mozart, l'ouverture de\nBenvenuto Celiini de Berlioz, le Tasso de\nLiszt, divers fragments de Wagner et le Tyll\nEulenspiegel de Richard Strauss. A son tour,,\nla vaillante société orchestrale florentine, dirigée\npar le jeune Kapellmeister finlandais Georg\nSchnéevoigt, a fait merveille et n'a nullement\nsouffert de la comparaison.L'ouverture de Lènore.\nde Beethoven, la 138 symphonie\nle prélude du premier acte des Maîtres Chan-\nteurs, un poème symphonique de Liszt (les\nPréludes), l'Apprenti sorcier de Dukas et\nmême une symphonie de Techaikowsky (la 4e)\nont donné matière à deux concerts remarqua-\nbles ou l'orchestre florentin a montré mieux\nque jamais ses qualités d'homogénéité et de.\nsouplesse. P. M. M,\nTURIN. Grâce à la munificence de\nMme la princesse Laetitia et de quelques dilet-\ntantes de l'aristocratie piémontaise, Turin vient\nd'être témoin d'une très curieuse et très simi-\nO\nficative manifestation d'archéologie musicale.\nLa \" Nina pazza per cimore \" de Paisiello a été\nremis au théâtre par les soins de la section de\nTurin de l'Associazione di Musicologi, qui est\nla forme italienne de notre Société Interna-\ntionale de Musique. Il y avait 120 ans que\ncette partition n'avait plus vu la rampe, si l'on\npeut s'exprimer ainsi, et le public dont la\ncuriosité est toujours un peu mêlée d'ironie ne\nregardait pas sans quelques appréhensions cette\nreconstitution. Le succès fut complet et NINA\nva rester au répertoire non seulement de Turin\nmais de l'ltalie toute entière. Ce qui a plu\nsurtout ici c'est que l'œuvre est extrêmement\nfraîche. L'instrumentation élégante, mais sobre"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.26", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4100, "texte": "laisse dominer une mélodie expressive et vive,\ndont les modernes véristes ont déshabitué nos\nauditeurs et que les Italiens ont acclamé avec\njoie. C'est un petit drame, mais charmant et\nque la Section de Paris de la S. I. M., ou les\nAmis de la musique devraient bien faire revivre\nen France. Le public turinois qui s'est rué à\nces quatre représentations de Nina est le\nmeilleur garant du succès de cette œuvre. Es-\npérons d'ailleurs que ce n'est là que le com-\nmencement d'une remise au théâtre du fonds\nmusical ancien, qui fît jadis la gloire de l'ltalie,\net que tous les Paillasses actuels n'ont pu faire\noublier totalement. M. L.\nBARCELONE. Un mot sur les der-\nniers concerts donnés tout dernièrement au\nPalace de la Musica (Orfeo' Català) par\nY Orquesta Sinfonica, de Madrid, avec le con-\ncours de Y Orfeo' Català. On a donné 5\nconcerts d'abonnement et un extraordinaire.\nLes programmes ont été superbes: du Bach, du\nGréty, du Haendel, Beethoven, Liszt, Wag-\nner, Brahms, Strauss, Albeniz, Dvorak,\nLiadow, rien ne manquait à ces programmes,\nvraiment.... pantagruéliques. Le succès de\ntoutes ces séances a été extraordinaire. On a\napplaudi, surtout la belle Symphonie, de Franck,\nla troisième de Brahms, le Choral varie, les\ndeux Suites (en rè et en si mineur), de J. S.\nBach, la Pastorale, de Beethoven, le Concerto\nGrosso, de Haendel, Y ouverture du Taunhàuser\n(qui a dû être rejouée), El Puerto et Y Evoca-\ncion, d'Albeniz (d 'lberia)y que le maître\nArbos a mis en partition, et, enfin, la Suite\nEspagnole, de Pérez Casas, qu'on nous don-\nnait pour la première fois, et qui n'a pas eu\nle même succès qu'à Madrid. Par contre, à\nMadrid on n'a pas beaucoup applaudi, paraît-\nil, la Troisième Symphonie de Brahms !... Mais\nc'est évidemment la Neuvième, de Beethoven,\nqui constituait le clou de ces concerts. Il est\nvrai qu'elle a été exécutée par la Sinfonica, de\nMadrid, et par notre Orfeo Català. On l'at-\ntendait donc avec délices. Nos gourmets d'art\nn'ont pas été déçus car l'exécution le ce chef-\nd'œuvre a été en tous points parfaite.\nYHy mne à la Joiey de Schiller, a été lancé,\npar 1 \"Orfeo, avec tout l'enthousiasme désiré et\nle tout, d'un bout à l'autre, a été absolument\nvivant.\nUn mot, avant de finir sur Y orquesta Sinfo-\nyucay de Madrid. C'est, incontestablement un\ndes meilleurs orchestres qui existent. Le qua-\ntuor de cordes est, surtout d'une perfection\nvraiment rare. Et le tout a un fondu, une\nsonorité, une précision et un sérieux qu'on ne\ntrouve pas souvent, il faut en convenir, aussi\nbien réuni. En outre le maître Arbos (dont\non connaît le beau talent de violoniste) est un\nchef d'orchestre remarquable.\nNous avons actuellement au Palais des\nBeaux-Arts une Exposition de portraits et de\ndessins anciens et modernes. On expose là\nde bien belles choses. A cette occasion on a\ndonné et on donnera encore, dans la grande\nsalle (trop grande, hélas!) de ce Palais quel-\nques séances musicales. On en a donné trois,\nsous la direction du maître Beidler avec la\n\" Domestica \" de Richard Strauss—et on en\ndonnera encore quelques-uns, sous la direction\ndu maître Nicolau, Directeur de l'Ecole mu-\nnicipale de Musique et avec le concours de\nl'Orfeo Català. F. ILIURAT.\nMADRID. L'orchestre d'Arbos a\nterminé sa tâche par une apothéose Franko-\nWagnérienne. Décidément les Espagnols ont\npour le maître de Bayreuth une admiration\npassionnée. Seulement ne leur jouez point les\nMaîtres-chanteurs ou Tristan : il n'y sauraient\nprendre plaisir. Mais que la romantique\nChevauchée les secoue de son rythme bien\nassuré, que le sommeil de Briïnnhild les berce,\ninvariable, que le Prélude de Parsifal leur\nrappelle l'harmonie dont s'émeuvent les ca-\nthédrales d'lbérie, et vous les voyez heureux,\nLe répertoire de leurs goûts musicaux est fort\nlimité, et se réduit, suivant leur chef Arbos, l\nl'audition d'environ huit pièces de Bach\nBeethoven et Wagner.\no\nC'est devant une partie de ce public d<\nMadrid que u notre \" pianiste Ricardo Virïe\na \" gracieusement \" interprété les plus signi\nficatives parmi les œuvres des écoles moderne\nfrançaise et espagnole. Le concert donné"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.27", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3939, "texte": "l'Athénée et précédé d'une conférence de\nM. Henri Collet comprenait des pièces de\nFauré, Schmitt, Ravel, Debussy, Séverac,\nGranados, Turina, Falla, Albéniz.\nLa farouche gallophobie des Espagnols, qui\nva chaque jour s'accroissant, vous expliquera\npourquoi la partie espagnole plut infiniment\nmieux que la partie française du programme.\nEt je vous dirai : Mes Frères, réjouissons-nous.\nLes Allemands, les Italiens et les Espagnols\npeuvent, comme cela est, ne rien comprendre\nà Pelléas et Mélisande, et mépriser Racine...\nc'est notre meilleure gloire.\nDonc, on ne comprit guère à Madrid, la\nsubtilité pointilliste de Ravel, la profondeur\nrêveuse de Schmitt, le caprice de Fauré ; la\nfougue de Déodat de Séverac ou la magie\nsonore de Debussy. En revanche, le roman-\ntique Chopin et les jeunes Espagnols électri-\nsèrent une salle par ailleurs fort agréable et\nbrillante.\nCélébrons cependant le fait unique dans\nl'histoire musicale espagnole de ces cinquante\ndernières années, qu'un public perverti par la\nzarzuela corrompue (car nous ne nous lasse-\nrons point de répéter que la zarzuela d'au-\njourd'hui, dérivation de l'opéra bouffe italien,\nne ressemble en rien à la zarzuela du XVIIme\nsiècle) ait applaudi avec enthousiasme un peu\nde musique, puis qu'enfin musique il y a dans\nces compositions si colorées d'un Turina ou\nd'un Granados, d'un Albéniz ou d'un de Falla,\nSouhaitons que ce semblant de réaction\ncontre le réalisme grossier du charivari à la\nArrieta ou à la Chapi, ne s'évtmouisse pas\nencore dans la retombée d'indifférence dont\nsont coutumiers les Espagnols épris de domi-\nnation \" mondiale. \"\nDans son répertoire espagnol, Vinès sut\nconquérir tous les cœurs. Albéniz et Granados\nétaient déjà connus: par Vinès, Turina et de\nFalla furent sacrés en Madrid grands compo-\nsiteurs.\nSouhaitons à Vinès un prompt et triom-\nphant retour à Madrid. La presse qui l'accla-\nma, le public qui le choya, les amis qui l'en-\ntourèrent, tous l'attendent avec impatience en\nun théâtre plus digne de ses exploits, sur une\nscène plus vaste et où nul ne le pourra le criti-\nquer \" qui n'en ait acheté le droit en entrant. \"\nVirïès a prêté son gracieux concours a\nl'Athénée. C'est grande bonté de sa part.\nQu'il en soit loué, mais ne recommence plus !\nHF.NRI COLLET.\nCADIX. Un annonce la construction\nd'un grand Casino dans lequel la musique\naura sa place ; d'importants concerts sont\nprojetés pour l'hiver prochain.\nSEVILLE. On se soucie peu du progrès\nde la musique moderne ; par bonheur quelques\namateurs éclairés font tout ce qu'ils peuvent\npour l'encourager. La Société musicale artisti-\nque, la Société des Quatuors, i'Orféon de\nSeville sont des institutions trop récentes pour\nqu'on puisse leur prédire un brillant avenir.\nA la Salle des Concerts Piazza nous avons eu\ndes concerts classiques. G. LATORRE.\nSTOCKHOLM. La nouvelle Société\nPhilharmonique a donné la passion selon\nS 1 Jean de Bach, le Requiem de Sgambati ;\nla Société de Musique, le Messie de Haendel,\ndes œuvres de Franck, Bach, Schubert, Liszt,\nNormann et Olsonn. L'Union des Concerts a\nconsacré quatre concerts d'orchestre à Beetho-\nven, Brahms et à deux compositeurs romanti-\nques Berwald et Norman. Parmi les artistes,\ncitons le pianiste compositeur Stenhammar,\net la cantatrice Mme Sigfrid Arnoldson-\nFischof. Julia Culp, Hallé, J oan Manen, Franz\nvon Vecsey, Ed. Risler, Ignaz Friedmann,\nHarold Bauer, Ludwig Wullner et Marcel\nf ' O\nLegay sont venus donner des concerts. L'opéra\na représenté la \" Dame de Pique \" de\nTchaikowsky et \" Versiegelt \" de Léo Blech.\nLes compositeurs d'opéras les plus connus\nsont Berwald, Hallstrôm, Hallen, Stenhammar\net Peterson-Berger. Ce dernier est le compo-\nsiteur de l'opéra \" Arnljot Il en a écrit le\npoème et la musique. Le drame vit par\nlui-même. Ce qui le différencie des drames\nmusicaux des compositeurs allemands moder-\nnes où l'action n'est qu'une illustration de ce\nqui se passe dans l'orchestre.\nO. MORALES."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.8", "titre_corps": "LA CLASSE D'ORGUE AU CONSERVATOIRE NATIONAL.", "titre_sommaire": "LA CLASSE D'ORGUE AU CONSERVATOIRE NATIONAL.", "signature_source": "C. 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Depuis la fondation de la classe,\nsemble-t-il, cette épreuve avait lieu à huis-clos ;\nil n'a rien moins fallu que le manque d'un\ninstrument convenable au Faubourg Poisson-\nnière, la construction d'une belle salle et d'un\norgue moderne rue de la Boëtie pour décider\nle Jury à transporter ses pénates à la Salle\nGaveau et à permettre à un public, plus\nnombreux que les rares initiés des concours\nprécédents, d'assister à un tournoi vraiment\ndigne de retenir l'attention des professionnels\net des amateurs sérieux.\nOn peut dire qu'il n'y a pas d'épreuve aussi\nintéressante et où l'élève puisse autant, de\nmanières différentes, donner la mesure de ses\nconnaissances et de son talent que le concours\nd'orgue.\nO\nOn demande :\ni° L'accompagnement du chant grégorien\ndans la tonalité des modes.\n2° Improvisation sur un thème grégorien\ndans la tonalité du plain-chant.\n30 Improvisation d'une fugue à quatre\nparties sur un sujet donné. Les élèves n'ont\nque deux ou trois minutes pour trouver la\nréponse, les strettes, etc.\n40 Improvisation libre sur un sujet donné\nau moment de jouer.\n5° Exécution d'une pièce difficile (par chœur)\nchoisie dans les œuvres de Bach, Mendels-\nsohn, Schumann, Buxtehude, Thicle, Liszt,\nou d'auteurs modernes.\nDans la plupart des Conservatoires d'Europe,\non se contente d'une lecture à vue ou d'un\naccompagnement et du morceau d'exécution ;\ndans certains, le morceau d'exécution tient\nlieu de tout.\nFaut-il voir dans l'énorme travail que l'élève\ndu Conservatoire de Paris est obligé de fournir,\npour se présenter au Concours, la supériorité\nde l'Ecole Française d'orgue sur toutes les\nautres ; évidemment cette préparation est bien\npour quelque chose dans le succès de nos\norganistes, mais il convient de rappeler aussi\nque la classe d'orgue a toujours été confiée à\ndes maîtres du plus grand savoir et que c'est à\neux surtout qu'on est redevable de traditions\nqui font école dans le monde entier. Il suffira\nde nommer les trois derniers titulaires :\nCésar Franck.\nCh. M. Widor.\nAlex. Guilmant.\nL'œuvre de César Franck est trop connue\npour que j'insiste sur l'influence qu'eut ce\nMaître sur ses élèves ; il fut professeur de\n1872 à 1890.\nCh. M. Widor succéda à César Franck et\ndirigea la classe d'orgue jusqu'à la fin de 1896,\népoque à laquelle il fut nommé à une classe\nde composition. Ch. M. Widor est un des\nmusiciens les plus éminents de notre époque :\nauteur de dix symphonies pour orgue, de sym-\nphonies pour orgue et orchestre, il a créé une\nécole brillante dont les élèves les plus remar-\nquables sont : Louis Vierne, Charles Tourne-\nmire, Henri Libert.\nAlex. Guilmant, le titulaire actuel, a formé\nà son tour une véritable phalange d'artistes\nrenommés ; nous donnons plus loin la liste de\ntous les premiers prix obtenus dans sa classe\ndepuis l'année 1898. Par ses concerts au Tro-\ncadéro depuis 1878 et les cours pratiques, qu'il\nfit dans la même salle, comme complément à\ncelui du Conservatoire, par les auditions si\nintéressantes qu'il donna à Bellevue, M. Guil-\nmant s'est conquis une place tout-à-fait à part\ndans la vulgarisation de toute la musique\nd'orgue, aussi bien celle de l'Ecole française\nque de toutes les Ecoles étrangères.\nLes différentes classes du Conservatoire\nNational ont toujours été sympathiques à des\namateurs qui ont fondé des prix pour récom-\npenser les meilleurs élèves ; la classe d'orgue\nseule était oublié. Ce n'est qu'à partir de 1901"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.29", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "qu'un anonyme remit à chacun des premiers\nprix une somme de cinq cents francs en sou-\nvenir de Cavailié-Coll. En 1905, Alex. Guil-\nmant fondait le prix qui porte son nom, prix\nde cinq cents francs attribué au premier prix\npremier nommé. Cet encouragement donné\ndirectement par le Maître à ses élèves mérite\nd'être signalé ; et il est à souhaiter que cet\nexemple soit suivi et que la publicité donnée\nmaintenant au Concours inspire quelques\nMécènes. Un premier prix nommé second ou\nun second prix valent mieux que la simple\nmention qui leur est remise.\nAu Conservatoire, il y a trois classes d'orgue\npar semaine : deux sont consacrées à l'impro-\nvisation et une à la technique.\nOn a pu se rendre compte, par le dernier\nconcours, de la supériorité de cet enseignement.\nSi nous consultons la liste des grands compo-\nsiteurs, on peut dire que l'influence de l'orgue\nfut pour une large part dans la beauté de leurs\nconceptions : Ch. Gounod fut organiste aux\nM issions Etrangères ; C, Saint-Saëns tint pen-\ndant vingt-deux ans le grand orgue de la\nMadeleine ; César Franck était organiste à\nSainte-Clotilde ; Théodore Dubois remplaça\nSaint-Saëns à la Madeleine et il fut remplacé\nlui-même au clavier de cet instrument par\nGabriel Fauré, le très distingué Directeur de\nnotre Conservatoire ; Ch. M. Widor, auteur\nde Maître Ambrose, les Pêcheurs et la Korri-\ngane, est organiste de Saint-Sulpice depuis\n1870 ; Samuel-Rousseau fut organiste et maître\nde Chapelle de Sainte-Clotilde pendant de\nlongues années ; Gabriel Pierné succéda à\nCésar Franck à la même église ; Alexandre\nGeorges est organiste à Saint-Vincent de\nPaul ; Périlhou est à Saint-Séverin ; Césare\nGaleotti et Georges Hue eurent un premier\nprix d'orgue ; Chapuis, Trépard, de la T om-\nbelle, Charles Bordes;1 et j'en oublie certai-\nnement.\nVoici maintenant la liste des premiers prix\ndepuis que M. Guilmant est titulaire de la\nclasse :\n1898 : Alphonse Schmitt.\nCharles Ouef.\n1900 : Georges Jacob.\n1901 : Louis Andlauer.\nJuliette Toutain.\n1902 : Félix Fourdrain.\n1903 : Emile Aviné.\n1904: Nadia Boulanger.\nJoseph Bonnal.\n1905 : Joseph Boulnois.\n1906 : Joseph Bonnet.\nAugustin Barié.\nRené Vierne.\n1907 : Marcel Dupré.\nPaul Fauchet.\n1908: Alexandre Cellier.\n1909 : Georges Krieger.\n1910: Roger Boucher.\n(Il n'y eut aucun premier prix en 1899).\nIl ne reste qu'à souhaiter à tous ces artistes\nde marcher sur les traces de leur Maître et de\nleurs devanciers. Il reste à souhaiter aussi que,\nlors du transfert de notreConservatoireNational\nà la Rue de Madrid, l'Etat puisse mettre à la\ndisposition de la classe d'orgue un instrument\ndigne d'elle.\nL Furent organistes avant d'être compositeurs.\n\nC. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.9", "titre_corps": "LÉOPOLD WIDHALM", "titre_sommaire": "LÉOPOLD WIDHALM", "signature_source": "Ch. Boulée", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "LÉOPOLD WIDHALM\nLUTHIER ALLEMAND\nNUREMBERG, XVIII SIÈCLE\n\nLéopold Widhalm est un des luthiers les\nplus réputés de l'école allemande ; mais, en\nFrance, il est fort peu connu. Dans l'espoir\nque ma modeste contribution pourra offrir\nquelque intérêt aux amateurs de lutherie, je\nprésente aux lecteurs de cette Revue le résultat\nde mes recherches sur sa vie et ses œuvres.\nUNE FAMILLE DE LUTHIERS.\nPlusieurs membres de la famille Widhalm\nse sont distingués dans la fabrication des instru-\nments à archet ; mais, éclipsés par la brillante\nrenommée de Léopold, ils sont à peu près\ninconnus et les auteurs, à l'exception de\nM. von Lùtgendorff, dans son ouvrage sur\nles luthiers du moyen âge à nos jours \" sem-\nblent avoir ignoré leur existence.\nQuand on étudie la carrière de Léopold\nWidhalm, on est surpris par la durée vraiment\ninadmissible (1720 à 1807) de la période pen-\ndant laquelle il aurait exercé son art ; le maître\naurait atteint un âge en comparaison duquel\nles Mathusalems de la lutherie n'auraient été\nque des enfants. M. von Lùtgendorff signale,\nil est vrai, que plusieurs étiquettes authentiques\nportent des dates fausses ; j'ai constaté moi\naussi le fait dans un exemplaire, mais, à elle\nseule, cette explication n'est pas de nature à\nsatisfaire les moins exigeants. Peut-être aurais-je\nfait comme ceux qui, plus qualifiés que moi,\nont étudié cet artiste sans chercher à découvrir\nle mystère, si M. von Bezold, Directeur du\nMusée Germanique de Nuremberg, ne m'avait\nmis sur la voie en m'écrivant qu'à son avis, il\na dû exister deux luthiers du nom de Léopold\nWidhalm. J'ai alors demandé à diverses pa-\nroisses de Nuremberg d'effectuer des recher-\nches, afin d'essayer de reconstituer l'arbre\ngénéalogique de la famille. Le succès a dépassé\ntoutes mes espérances, et l'ample moisson de\ndocuments que j'ai pu réunir éclaire la question\nd'un jour tout nouveau. 1\nBien que Léopold Widhalm fasse seul l'ob-\njet de cette étude, parce que le seul dont les\nouvrages me soient connus, quelques indica-\ntions sur les autres artistes de la famille 11e\nseront pas superflues.\nLe plus ancien luthier du nom de Widhalm\ns'appelait Léopold ; son acte de naissance et\nson acte de mariage n'ont pas été retrouvés,\nmais les renseignements contenus dans l'acte\nde décès sont assez précis pour y suppléer. Il\na dû naître le 2 octobre 1722, et en 1746, il\nétait établi luthier à Gostenhof2 et épousait\nBarbara Sybilla Schellin, âgée alors de 27 ans.\nIl mourut le 11 Juin 1776 et fut inhumé le\n14 Juin dans le cimetière St Rochus. Sa veuve\nlui survécut quelques années et mourut le 26\nMars 1781. Léopold Widhalm eut six enfants;\ntrois sont morts dans la plus tendre enfance ;\nles autres furent :\nI° Martin LÉOPOLD, né le 3 Juin 1747,\ndécédé le 16 Mars 1806.\n1 Je suis heureux d'exprimer ici ma profonde recon-\nnaissance à tous les amis de l'art qui m'ont aidé dans\nma tâche : M. le docteur Mummenhof, archiviste de\nla ville de Nuremberg : M. von Bezold, Directeur du\nMusée Germanique ; MM. les Pasteurs des Eglises\nSt Leonhardt, St Lorenz et Wôhrd qui ont bien voulu\nentreprendre en ma faveur de longues et délicates\nrecherches dans les archives de leurs paroisses.\n2 Gostenhof, Wôhrd et Glockenhof sont des quar-\ntiers de Nuremberg. Widhalm joignait à sa profession\nde luthier celle de militaire. Les actes de naissance de\nses enfants portent qu'il était caporal de la garde\nmunicipale, garde civique qui existait dans la Ville\nlibre à côté de l'armée du cercle franconien de\nl'Empire."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.32", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4304, "texte": "2° Gai lus Ignatius, né le 19 Mars 1752, et\nqui vivait encore le 18 Mai 1804.\n30 Veit Anton, né le 16 Janvier 1756.\nLes deux premiers ont été luthiers à Gosten-\nhof ; quant au troisième, on n'en retrouve\naucune trace à Nuremberg et peut-être est-ce\nlui qui, établi à Regensburg vers 1780, a fait\ndes copies très remarquées de Stainer et de\nStradivarius.\nEn 1779, un luthier du nom de Johann\nVeit WITHALM, établi précédemment à\nVienne, habitait Glockenhof ; l'orthographe\ndiffère ; mais, au XVIIIe siècle, on attachait\npeu d'importance à l'orthographe des noms de\nfamille.\nEnfin, d'après M. von Lutgendorff, un\nluthier du nom de Joseph Widhalm aurait\ntravaillé à Nuremberg en 1737, mais on ne\npossède sur lui aucun renseignement précis et\nson existence semble très douteuse. Comme\non ne me le signale même pas, il n'a pas dû\ntravailler à Gostenhof, s'il a réellement vécu.\nLes instruments portant son étiquette ne sor-\ntent pas de la médiocreté.\nIl est donc établi que deux luthiers, le père\net l'un de ses fils, ont porté le nom de Leopold\nWidhalm et se sont succédé à Nuremberg.\nBien qu'aucune différence de style ne distin-\ngue leurs ouvrages, on peut cependant les\nclasser en cinq catégories. La première, de\n1746, à 1770 environ, comprend les instru-\nments faits par le père seul ; la deuxième, de\n1770 à 1776 ceux faits en collaboration par\nles deux artistes, sans doute sous le contrôle\ndu père ; la troisième, 1776 à 1806, ceux qui\nsont l'œuvre du fils; la quatrième, fin 1806 et\n1807, ceux qui étaient terminés ou sur le\npoint de l'être à la mort de Martin Léopold.\nRemarquons ici que Gai lus Ignatius, bien que\nluthier à Gostenhof, parait n'avoir jamais signé\nd'instruments ; il est donc fort probable qu'il a\ntravaillé à l'atelier de son frère et a participé\naux instruments des deuxième et troisième\npériodes ; peut-être même, s'il vivait encore en\n1807, a-t-il terminé et étiqueté les instruments\nlaissés inachevés par son frère. L'atelier des\nWidhalm fut ensuite fermé. A cette époque,\nla guerre ravageait l'Europe ; on avait plus\nbesoin de canons que de violons, et nombre\nde luthiers durent chercher dans d'autres tra-\nvaux leurs moyens d'existence : le métier ne\nfaisait plus vivre l'artiste. C'est là la cause prin-\ncipale de la décadence de la lutherie, aussi\nbien en Italie qu'en Allemagne et en France.\nReste la dernière période (1720 a 1746), la\npremière dans l'ordre chronologique. A qui\nattribuer les instruments de cette époque ? Il\nn'est pas possible de répondre d'une manière\ncatégorique. La seule hypothèse plausible, à\nmoins de considérer, contre toute évidence, ces\ninstruments comme faux, serait que le père de\nLéopold aîné ait, lui aussi, porté le prénom de\nLéopold et ait ouvert l'atelier de Gostenhof.\nL'acte de naissance de 1722 aurait sans doute\nfourni des indications précieuses et permis de\nfaire la lumière sur ce point, malheureusement\ntoutes les recherches, même celles effectuées à\nNuremberg par M. von Bezold, sont restées\ninfructueuses. Le fait que deux Widhalm ont\nporté le prénom de Léopold, 1 comme aussi la\ncertitude que Gostenhof fut le berceau de la\nfamille, donnent à cette opinion une grande\nprobabilité ; mais, enfin, ce n'est qu'une hypo-\nthèse, alors qu'il eût été si intéressant d'arriver\nà une certitude.\nAucune différence, nous l'avons déjà vu, ne\npermet de distinguer les instruments des deux\n(ou même des trois) artistes ; aussi, dans l'étu-\nde de leur modèle et de leurs ouvrages, je\ngrouperai sous le nom de Léopold Widhalm,\ncomme si un seul luthier les avait construits,\nles instruments sortis de l'atelier de Gostenhof.\nJ'ai, d'ailleurs, l'intime conviction que l'inten-\ntion du fils, en conservant les étiquettes de son\npère, était de retenir la clientèle attirée par les\nremarquables travaux sortis de la maison et\ndéjà hautement appréciés.\nLa carrière des Widhalm a été très longue,\nils ont beaucoup travaillé pour les couvents, et\n\n1 Martin Léopold eut pour parrain Martin Tyroff,\nmarchand d'objets d'art à Nuremberg. Son acte de\nnaissance porte en note : \"Le père est catholique,\nc'est pourquoi on a pu donner à l'enfant le nom de\nLéopold. \" Pourquoi a-t-on voulu ajouter ce prénom\nau premier enfant mâle, alors que les autres enfants\nont reçu exactement ceux de leurs parrains ou marrai\nnés, suivant le sexe ?"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.33", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "leurs instruments sont très répandus en Alle-\nmagne. Outre les violons, il ont construit des\nharpes excellentes, paraît-il, autrefois très\nrecherchées, aujourd'hui réduites au silence.\nEn France leurs spécimens sont plutôt rares,\net je n'en ai rencontré que trois.\nLE MODÈLE.\nOn ne connaît pas le maître qui a initié\nWidhalm aîné à son art ; ses étiquettes sont\nmuettes à ce sujet, M. von Bezold pense que\nce fut Leonhardt Maussiel, qui a travaillé à\nNuremberg de 1708 à 1757 et qui, lui aussi,\nétait un artiste de talent. Heureusement pour\nles amateurs de belle lutherie, l'élève n'a pas\ndonné dans le travers de son maître, et n'a\njamais substitué à la volute, qui est le couron-\nnement de l'œuvre, des têtes de femmes ou\nd'animaux. Son fils, nous l'avons vu, fut son\nélève et son successeur.\nD'après les auteurs, Widhalm aurait travaillé\nexclusivement sur les modèles de Stainer et\naurait copié le fameux luthier allemand avec\nune telle exactitude et un tel bonheur \" qu'un\nconnaisseur très habile peut seul distinguer ses\ninstruments de ceux du maître, \" écrit M.\nVidal. Il n'est pas contestable qu'il fut, en\neffet, un disciple de Stainer dont il fît des\ncopies parfaites, mais nombre de ses instruments\non le verra plus loin, dénotent une tendance\nmarquée à suivre sa propre inspiration. En tous\ncas, si l'on était tenté de critiquer le choix de\nson modèle, il serait bon de se rappeler qu'à\nl'époque où vivait Widhalm, la gloire du plus\ncélèbre luthier qu'ait produit l'Allemagne\nbrillait d'un éclat incomparable et surpassait\ncelle de Stradivarius lui-même. En le copiant,\nle luthier de Nuremberg ne faisait que suivre\nla voie tracée par son illustre devancier, et dans\nlaquelle s'étaient engagés avant lui nombre\nd'artistes de haute envergure et de toutes\nnationalités.\nLe modèle de Widhalm est grand, les voûtes\nélégantes, bombées sans excès, le patron varie.\nTantôt ses instruments présentent des formes\nlarges et massives, tantôt ils affectent l'appa-\nrence plus grêle du violon longuet, notamment\ndans la largeur de la partie inférieure où l'on\ntrouve des écarts atteignants 12 millimètres;\nen revanche les patrons étroits sont un peu\nplus longs que les autres et leurs voûtes sont\nun peu plus élevées, de manière à conserver le\nmême volume à la caisse sonore. Pour la\nmajeure partie de ses altos, il a adopté l'ancien\nmodèle à dos plat. Il existe également des\nvariations très curieuses dans le traitement des\nouïes ; tantôt elles presque droites, tantôt plus\ninclinées que de coutume ; quelquefois elles\nsont très arrondies, ailleurs elles marquent une\ntendance vers la forme pointue ; leur longueur\net leur largeur varient ; elles sont plus ou\nmoins rapprochées des bords de l'instrument ;\nenfin, dans quelques spécimens, elles sont pla-\ncées beaucoup plus bas que dans la plupart de\nses instruments. Ces quelques détails montrent\nla fertilité de l'imagination de l'artiste, et les\nrecherches qu'il a faites pour obtenir une\nqualité de son excellente. Si Widhalm n'a pas\nouvert à la lutherie des horizons nouveaux, il a\nfait preuve néanmoins, dans une certaine\nmesure, d'une originalité incontestable et ce\nserait une erreur de ne voir en lui qu'un servile\ncopiste de Stainer.\nLE TRAVAIL.\nTous les auteurs déclarent que la main\nd'œuvre de Widhalm est parfaite et que la\nqualité de ses instruments en est la conséquence\nnaturelle. Je tiens cependant de connaisseurs\néclairés, très familiarisés avec ses ouvrages, que\nson travail n'a pas toujours été égal ; s'il est\nvrai que la plupart de ses instruments témoi-\ngnent du plus précieux fini, quelques-uns sont\ntrès négligés. D'ailleurs, au risque de passer\npour un révolutionnaire, j'avouerai que la main\nd'œuvre n'a, au point de vue de la qualité du\nson, qu'une importance très secondaire, témoins\nGuarnerius del Gesu et Storioni, dont les\ninstruments, souvent fort peu soignés, ont\ncependant des qualités acoustiques de premier\nordre. Que d'exemples du contraire on pour-\nrait citer ! Toutefois, si la beauté du travail\nn'est pas indispensable, elle ne nuit pas, est\nagréable à l'œil et, de ce chef, mérite d'être\nprise en considération quand la sonorité est\nbonne. Pour en revenir à notre luthier, j'ajou-"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.35", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "terai que le bois qu'il a employé est générale-\nment très beau ; le sapin est à veines plutôt un\npeu serrées ; l'érable dont il s'est servi pour\nses fonds (ceux que j'ai vus sont d'une seule\npièce) présente tantôt de larges ondes, tantôt\nde petites veines courtes et chatoyantes rappe-\nlant le bois à œil de perdrix dont on fait les\nbeaux chevalets ; les ouïes sont d'un dessin\nvigoureux et finement découpées. La volute,\ngénéralement en poirier, est très bien sculptée,\net comme la spirale s'élargit rapidement et que\nla séparation du milieu est très accusée, elle\npossède une grande vigueur ; le chevillier, aux\nparois très épaisses, présente une largeur suffi-\nsante pour que les cordes y tiennent facilement\nà l'aise, et les chevilles sont bien placées. Je\nsignale en passant que les contours de la volute\nne portent pas de filets noirs, et sont vernis\ncomme le reste de l'instrument.\nLE VERNIS.\nCertains luthiers contemporains intitulent\nWidhalm luthier tyrolien italien et j'ai sous les\nyeux, en écrivant ces lignes, une lettre où il est\nainsi désigné. Cet assemblage de mots, bizarre\nau premier abord, doit être justifié dans la pensée\nde celui qui l'a employé. Comme le modèle\nde Widhalm est tout allemand, l'épithète\nd'italien ne peut donc s'appliquer qu'à son\nvernis, et l'examen attentif de ses ouvrages\nsemble montrer que, comme Stainer, il con-\nnaissait les procédés des maîtres italiens ; il\nhabitait, en effet, près de l'ltalie et, d'ailleurs,\nces procédés n'avaient rien de mystérieux à\nson époque. Son maître, Maussiel, semble\navoir eu, lui aussi, et à un degré égal, les\nmêmes connaissances.\nLes auteurs sont unanimes à reconnaître\nque Widhalm s'est servi d'un vernis d'une\nqualité supérieure ; sur ce point seulement ils\nsont d'accord ; sur les autres caractéristiques\ndu vernis, on trouve les divergences les plus\nétranges. Passons en revue les diverses opinions.\nu Son vernis n'a pas la délicatesse de celui\nde Stainer, mais il est excellent ; la couleur en\nest généralement rouge pâle. \" Hart, Le Violon,\npage 244.\n\"Le vernis est mince, de couleur rouge\nbrun foncé et très brillant. \" M. von Liitgen-\ndorff. Les luthiers, page 707.\n\" Vernis gras épais, dont la couleur varie du\nrouge clair au rouge brun. \" M. Fuchs.\nAinsi le vernis de Widhalm aurait été,\nsuivant les différents ouvrages cités, ou clair\nou foncé, ou mince ou au contraire épais.\nChaque auteur a évidemment basé son opi-\nnion sur les spécimens qu'il a eus entre les\nmains. La vérité me semble toute différente;\nj'ai examiné attentivement trois instruments\nauthentiques, et chacun d'eux pouvait corres-\npondre à l'une de ces descriptions, à l'exclusion\ndes autres.\nLe plus ancien est un alto de 17 31 (chiffres\nsurchargés, sans doute 17 5 1), grand patron,\naux formes élégantes, revêtu d'un splendide\nvernis rose pâle d'une minceur extrême. Il\nsemblait une peinture, et son parfait état de\nconservation en faisait une pièce remarquable.\nL'autre est un violon de 1752; le vernis rouga\nclair, légèrement nuancé de brun, était peu\népais et laissait voir les ondes de l'érable, très\ncourtes et très rapprochées, ce qui donnait à\nce violon un aspect tigré des plus séduisants ;\nl'instrument était assez bien conservé et cepen-\ndant le vernis était presque complètement usé\nsur les joues et sur la. volute. Le troisième,\ndont je donne ici la photographie et la mensu-\nration est mon violon, daté de 1769. 1 Le bois\nest superbe, le vernis, rouge foncé très pur,\ntirant même sur le violet lie de vin aux endroits\nintacts, est à dessous doré. Le dos, à larges\nveines, semble recouvert d'un verre épais mer-\nveilleusement coloré, au fond duquel on aper-\nçoit le ondes du bois. Le vernis forme de\ngrandes épaisseurs, particulièrement visibles\naux endroits où il est dégradé, et il a été\nemployé avec une prodigalité telle qu'il s'est\nmis en grumeaux sur les bords des tables et sur\nles éclisses. Malgré sa grande épaisseur, qui\n1 Longueur totale. . . . . . „ 0m595om595\nLongueur de la caiss'e 0m356\n( Haut omi 66\nLargeur < Milieu omioB\nl Bas 0m206om2o6\nLongueur des ff ...... omo6B\nHauteur des Eclisses f Haut. . . o 029 fort\n( Bas . . . omo3i fort\n\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.37", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "fait paraître la table plus foncée que le reste de\nl'instrument, il n'empêche pas de distinguer\nles fibres du sapin, et cependant il perd un peu\nde la transparence des tons plus clairs.\nLa qualité de ce vernis devait être parfaite,\ncar l'instrument a beaucoup servi, comme en\ntémoignent ses glorieuses blessures, l'usure des\ntables et des éclisses près du manche, et les\ntraces laissées par un menton qui n'avait que de\nlointaines relations avec le rasoir ; et pourtant,\nà part un endroit où devait être un cachet de\ncire qui a emporté le vernis, il ne présente que\npeu de traces d'usure et subsiste encore presque\nintact sur les bords et sur les coins. Cepen-\ndant, en cette même année 1769, le maître fit\ndes instruments revêtus d'un vernis brun et\nmince, et on en connaît aussi d'une teinte plus\nclaire. J'aurai l'occasion d'en parler plus loin.\nLa pâte du vernis de Widhalm est toujours\nsouple, très transparente et excellente ; la cou-\nleur a varié, mais la nuance prédominante est\nle rouge brun. En ce qui concerne les diffé-\nrences d'épaisseur, il est difficile de se pronon-\ncer. On ne peut nier que Widhalm ait fait\npreuve d'une habileté consommée comme ver-\nnisseur ; mais peut-être les instruments au\nvernis épais ont-ils été faits plus hâtivement et\navec moins de soin, ou le mélange des couleurs\nà la pâte aura-t-il été moins complet. Au sur-\nplus, les craquelures et les grumeaux ne sont\npas spéciaux au vernis de Widhalm, et nombre\nd'instruments italiens présentent ce trait com-\nmun avec les siens. Peut-être est-il une expli-\ncation plus simple. Widhalm ayant vécu long-\ntemps, 011 peut penser que, vers la fin de sa\ncarrière, ses premiers instruments étaient déjà\nassez anciens pour qu'il pût remarquer qu'une\nusure précoce menaçait le vernis. Afin d'assu-\nrer une durée indéfinie à des œuvres dont il\nn'ignorait pas les qualités, le maître aurait\naugmenté l'épaisseur de son vernis pour lui\ndonner plus de résistance à l'action dissolvante\ndu temps ; d'où les instruments aux tons\nchauds et au vernis épais et craquelé. Cette\nexplication aurait l'avantage de rendre compte\ndes variations d'intensité qui se rencontrent\ndans une même couleur ; cependant leur rareté\nsemble plutôt trahir une origine accidentelle.\nLES ETIQUETTES.\nQuelques instruments de Widhalm portent\nses initiales L. W. marquées au fer chaud à\nl'intérieur. Aucun de ceux que j'ai vus ne\nportait cette marque ni dans les descriptions\nque j'ai reçues.\nSes étiquettes sont nombreuses.\n1. L. WIDHALM\nLauten und Geigenmacher\nNûrnberg fecit A I 731\n2. LEOPOLD WIDHALM\nLauten und Geigenmacher\nin Nûrnberg fecit A 1752\n3. LEOPOLD WIDHALM, Lauten und\nGeigenmacher in Nïirnberg fecit A 1769\n4. LEOPOLDUS WIDHALM\nNorimbergce 1774\n5. LEOPO WIDHALM, Lauten und Geigenmacher\nin Niirnberg fecit A 1807\n6. LEOPOLD WIDHALM, Lauten-Geigenmacher\nin Nurnberg A 1769\nLes trois premières sont celles des instru-\nments que j'ai eus entre les mains ; les modè-\nles 1 et 2 en caractères allemands, l'autre en\ncaractères romains.\nLe Musée Germanique de Nuremberg\npossède trois instruments de Léopold Widhalm,\ndont la rareté mérite une description spéciale. 1\ni° M. J. 301. Violon de 1807 (étiquette\nn° 5), assez beau ; vernis brun clair très\nmince ; le son est faible.\n2° M. J. 26. Violon de 1769 (étiquette\nn° 6), très beau et d'un travail soigné ; vernis\nbrun, mince. La longueur de la caisse n'est\nque de om2 84. a Petit instrument dont le son\nà l'accord normal est faible. Il s'améliore si\nl'on accorde l'instrument sur un ton plus élevé.\nC'est peut-être un violino piccolo, dont l'ac-\ncord était : ut, sol, ré, la.\n30 M. J. 313. Alto de 1757 (étiquette\nn° 3), de grandissime patron. \"\n\n1 J'emprunte les descriptions qui vont suivre à\nM. von Bezold qui a eu l'obligeance de m'envoyer de\nsplendides photographies des instruments de Musée et\nde son propre violon. Il est très regrettable que le\ndéfaut de place ne permette pas de les reproduire."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.39", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4268, "texte": "Longueur totale omyo\nLongueur de la caisse om44\nLargeur 0m22om22 omi 44 om2/\nHauteur des éclisses, omo6\nLe travail est excellent ; le vernis, d'une\nteinte plus claire que d'ordinaire chez Wid-\nhalm, est brun jaunâtre, de moyenne épais-\nseur et très transparent. Cet alto, presque\nintact, et dont l'état primitif a été scrupuleu-\nsement respecté, montre ce qu'était un instru-\nment neuf au sortir des mains de l'artiste. Il\nporte encore le cordier original ; la touche,\nplus courte qu'on ne les fait aujourd'hui, est\nfinement découpée en accolade à sa base ; le\nsillet est en ivoire et les chevilles, ouvragées,\nsont en buis. La qualité du son est bonne,\nbien qu'un peu sombre. Que l'on ne vienne\npas nous dire, après cela, qu'un instrument\ndoit être gratté pendant des siècles avant d'être\nbon. Comment, alors, justifier la réputation\ndont a joui Widhalm, de son vivant même ?\nCette légende, née de l'impuissance où les\nluthiers modernes se sont trouvés d'égaler la\nbelle lutherie ancienne, a heureusement vécu.\nM. von Bezold possède un violon au vernis\nbrun et mince, au son puissant, et M. von\nBezold fils un excellent violoncelle très sonore.\nJe citerai encore l'alto que M. Snœck a\nlégué au Musée du Conservatoire de Berlin,\noù il est inscrit sous le n° 575 du catalogue\n(collection Snœck). 1 Cet instrument, daté de\n1777 (étiquette n° 3 en caractères romains),\nne mesure que 39°m 5 de corps. Il porte, gravé\nsur le dos, le nom de son précédent proprié-\ntaire, Louis Grégoir. Les voûtes sont d'une\nmoyenne élévation ; les ouïes un peu plus\nlarges que le modèle adopté d'ordinaire par\nWidhalm. Le vernis, brun sombre avec reflets\nviolets, est assez épais ; à certains endroits, la\nteinte est devenue plus claire, par suite de l'u-\nsure. La qualité de son est bonne et ne laisse\nrien à désirer. Malgré tout, l'instrument du\nMusée de Nuremberg, de proportions plus lar-\nges, me semble supérieur.\nQUALITÉS ACOUSTIQUES.\nLes instruments de Widhalm ne sont pas\ntous d'un égal mérite et, indépendamment de\nla beauté de leur facture, il s'en trouve de très\nmédiocres et d'excellents. Les premiers sont\ntoutefois l'exception et, dans le nombre,\nquelques-uns peuvent être l'œuvre de copistes\nplus ou moins habiles, car Widhalm, comme\ntous les artistes réputés, a eu des contrefacteurs.\nLes bons instruments ont une grande richesse\nde timbre, un son puissant très en dehors, dont\nune émission facile et une articulation rapide\naccroissent encore la pureté. Dans ses violons,\nla chanterelle est onctueuse et sonore comme\nune cloche, la quatrième est mâle et vibrante,\net l'égalité de cordes est parfaite. Ce sont des\nouvrages d'une haute valeur artistique, dignes\nd'être pris en considération, et qui peuvent\naisément rivaliser avec bien des instruments\nportant une étiquette italienne ; on leur accor-\ndera toute l'attention qu'ils méritent quand les\nluthiers allemands seront mieux connus en\nFrance. Car, il faut loyalement le reconnaître,\nil y a eu, au-delà du Rhin, des artistes pénétrés\nde leur art, indifférents au bénéfice qu'ils pour-\nraient retirer de leurs travaux, tandisque l'école\nfrançaise, à part de trop rares exceptions, n'a\nguère produit que des commerçants fabriquant\ndes violons à la douzaine, sans se préoccuper\nde leur valeur artistique. Aussi la vogue qui a\nfavorisé quelques-uns de nos luthiers diminue-\nt-elle considérablement depuis que l'on juge\nleurs ouvrages avec plus d'impartialité, et les\nétrangers, qui les ont achetés autrefois, ont\nprofité de notre engouement pour nous les\nrendre, et n'en veulent plus aujourd'hui à\naucun prix. Au contraire, nous nous trouvons,\npour acquérir les instruments de Léopold\nWidhalm, en concurrence avec ses compatrio-\ntes qui leur donnent une place d'honneur dans\nleurs Musées, et sont tout disposés à offrir des\nprix plus élevés que nous, pour rentrer en\npossession des instruments de cet artiste qu'ils\nconsidèrent comme une gloire nationale.\nrisle-sur-Serein (TonneJ.\n\n1 La collection Snœck a été divisée en deux parties:\nl'une, comprenant les instruments néerlandais, à été\nléguée au Conservatoire de Bruxelles ; l'autre, la plus\nimportante, au Conservatoire de Berlin. M. Fleischer,\nConservateur du Musée de Berlin, a bien voulu me\ncommuniquer la description qui suit.\n\nCh. Boulée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.10", "titre_corps": "VIOLON DE LEOPOLD WIDHALM 1769.", "titre_sommaire": "VIOLON DE LEOPOLD WIDHALM 1769.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "VIOLON DE LEOPOLD WIDHALM 1769."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 40, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.11", "titre_corps": "Les Instruments", "titre_sommaire": "Les Instruments", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.40", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "Les Instruments\nVENTE DE LA COLLECTION D'ANCIENS\nINSTRUMENTS DE MUSIQUE AYANT APPARTENU\nA M. LE BARON DE LERY.\nLes 14, 15 et 16 Juin dernier ont vu se\ndisperser sous le feu des enchères, à l'hôtel\nDrouot, l'ancienne collection d'instruments de\nM. le Baron de Lery.\nQuoique ce genre de bibelots jouisse de peu\nde faveur dans le monde des collectionneurs,\nquelques objets ont atteint des prix relativement\nélevés, peut-être plus pour certains, par le\nsouvenir historique qui s'y rattache, que par\nleur mérite artistique.\nVoici la nomenclature des principales en-\nchères :\nTrompette en argent par Ad. Sax n° 13663\nune des six faites pour l'escadron des cent\ngardes de Napoléon 111, avec la flamme en\nsoie brodée sur les deux faces frs 4000.\nUn lot de Tambours historiques, de 100 à\n300 frs pièce, sauf un Tambour Louis XIV,\nsur le fût duquel un épisode de la guerre des\nFlandres est assez bien peint, qui a atteint,\nfrs 1850.\nUn Tablier de Timbales de Cavalerie, du\npremier Empire en drap vert avec aigle en\nrelief frs 1460.\nDeux belles guitares italiennes du 1 Jme siècle\nincrustées d'ivoire et d'ébène, l'une frs s°s>\nl'autre, frs 330.\nUn Archiluth du XVIe siècle à côtes creu-\nses, en cèdre, triple rosace ajourée, sculptée\ndans la table, frs 880.\nUn Archiluth du XVIe siècle à côtes unies,\ndoubles filets ivoire, très-belle rosace sculptée\net ciselée à jour, frs 910.\n1,1 Un beau luth à manche renversé de Sé-\nbastian Schelle à Nuremberg 1726, érable et\npalissandre, frs 755.\nGuitare-luth Louis XVI de Caron, luthier\nde la Reine à Versailles 1784. Pièce rare et\ntrès pure, frs 900.\nDeux belles violes d'amour, l'une de Tomasso\nEberle à Naples 1774, frs 800, l'autre de\nSocque t à Paris, frs 670.\nUne Basse de viole de Pieter Rombouts a\nAmsterdam 1723, pièce superbe n'a fait que\n420 frs, tandis qu'une basse de Claude Boivin\nà Paris 1754 a monté jusqu'à frs 1920.\nUn Clavecin Louis XV, à double clavier,\ndécoré de paysages et amours en vernis Mar-\ntin, table d'harmonie décorée de bouquets de\nfleurs, larges bandes rouges et dorées, le tout\nretouché et restauré n'a pas dépassé frs 4.100.\nDEUXIÈME CONCOURS INTERNA-\nTIONAL DE LUTHERIE ANCIENNE\nET MODERNE : VIOLONCELLES.\nL'an dernier nous avons eu, à propos du\npremier Concours, l'occasion d'examiner la\nvaleur de ce genre d'épreuves. Nous n'y\nreviendrons pas, et renvoyons nos lecteurs à\nl'article si documenté de notre collaborateur\nL. Greilsamer, auquel nous ne saurions rien\najouter. Le résultat du Concours de Violon-\ncelles, qui vient d'avoir lieu, salle des agricul-\nteurs, a donné le résultat le plus cocasse du\nmonde.\nSix instruments anciens : Stradivarius,\nGagliano, Techler, Cappa, Pressenda et Guar-"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.41", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 483, "texte": "nerius (Lequel r) devaient lutter contre six\ninstruments modernes.\nVoici dans quel ordre les douze champions\nfurent classés : i Moderne 465 points 2 Stra-\ndivarius 288 points, 3 moderne, 270 points,\n4 moderne 231 points, 5 moderne 227 points\n6 Cappa 191 points. 7 moderne, 119 points,\nPressenda 103 points, Techler 93 points,\nGuarnerius 50 points.\nLe total des points en faveur des modernes\nserait donc de 1484 contre 883 pour les\nanciens. Pauvres anciens !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.12", "titre_corps": "Questions Sociales", "titre_sommaire": "Questions Sociales", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.41", "debut_caractere": 485, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "Questions\nSociales\n\nLES PRÉJUGÉS DE L'ÉDUCATION\nMUSICALE\nNous avons longtemps hésité à écrire cet\narticle. Beaucoup de professeurs, à qui nous\navions communiqué quelques-unes de nos\nidées, nous en détournaient énergiquement.\n\" Comment, nous disaient-ils, conciliez-\nvous le souci de nos intérêts, que vous préten-\ndez défendre, avec l'entreprise d'une campagne\nqui réduira certainement le nombre de nos\nélèves. De ceux-ci, il y en a beaucoup de\nmédiocres, c'est indéniable, mais est-ce utile\nd'ouvrir les yeux des familles ?... Si insuffisante\nque soient ces élèves, ils comptent dans notre\nclientèle ; ne les découragez pas ; laissez donc\naller les choses \".\nInfortunés petits professeurs à la poursuite\nd'élèves qui, tel l'insaisissable Dewet, se\ndérobent à toutes recherches ; leurs raisons\nme touchaient. Sans m'illusionner sur la\nportée de ces modestes articles, je songeais que\ncependant ils pouvaient influer sur certains\nesprits, ébranler les solides préjugés de l'édu-\ncation musicale, détourner quelques familles de\nl'appel aux professeurs. Singulière idée pour\nun écrivain qui essaie de soutenir leur cause.\nEh ! bien, j'avais tort ; il ne faut jamais\n\" laisser aller les choses \" ; laisser croire qu'une\nerreur, fût-elle profitable à quelques-uns\npeut être inoffensive. L'erreur est toujours\nfuneste, nuisible, affaiblissante, destructive ;\nil la faut dénoncer sans lassitude et combattre\npar tous moyens. Allons plus haut, dépassons\nle point de vue des matériels intérêts et des\nexigences respectables, mais limitées, du corps\nmusical enseignant, nous verrons clairement\nnotre meilleur devoir. Avec les véritables\nartistes, et nous unissant à eux? en pensée,\nnous méditerons l'admirable et profonde parole\nde Camille Mauclair : \" La musique n'est pas\nla propriété des compositeurs\", et, l'appliquant\nà un cas déterminé, nous dirons : uLa musi-\nque n'est pas la propriété des professeurs \",\nen ajoutant : l'âme de nos enfants n'est pas\nnon plus leur propriété ; ils n'ont pas le droit\nde desservir l'art en abîmant les âmes. Sus\ndonc à tous les préjugés et, nous musiciens,\nluttons contre les préjugés de l'éducation\nmusicale.\nL'un d'eux, le plus néfaste, consiste à im-\nposer à des enfants, même mal doues, l'étude\nlongue, pénible et inutile de la musique, ou,\npour parler exactement, d'un instrument de\nmusique, ce qui n'est pas la même chose.\nPendant des années, certaines familles, de\nplus en plus nombreuses, à Paris, et en\nprovince, perdent ainsi leur peine, leur argent,\net, chose plus grave, font perdre à leur enfant\nun temps qui serait beaucoup plus utilement\nemployé au développement de ses véritables\naptitudes. 1 On suscite ainsi, chez certains\n1 Eclaircissons tout de suite une apparente contra-\ndiction entre le nombre croissant des élèves et les\ndoléances des professeurs dépourvus d'élèves. Il faut\nentendre que les dits professeurs se sont multipliés\ndans les proportions qui dépassent de beaucoup les\nbesoins de la clientèle, bien que celle-ci s'accroisse\nchaque jour."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.42", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4282, "texte": "sujets, de fausses vocations ; on détermine chez\nd'autres le dégoût de l'art véritable ; on exalte\nchez presque tous un amour-propre exagéré ;\nl'habitude de l'exhibition et l'amour du solo.\nOn obtient, grâce à ce système, des virtuoses,\nsous-virtuoses, et pseudo-virtuoses de I5me\ncatégorie qui, sans dispositions musicales avé-\nrées, s'acharnent pendant des semaines, voire\ndes mois, à l'infructueuse étude de quelques\nmorceaux de bravoure. Leurs familles les\nentendent inlassablement avec un ennui ré-\nsigné, leurs voisins avec un ennui exaspéré, et\nleurs auditeurs, les jours d'exécution (!!) avec\nun ennui sombre, aggravé par la recherche\ndes formules de politesse qu'ils sont obligés de\ndécouvrir pour louer d'aussi médiocres exécu-\ntants.\nLes causes d'une telle aberration ?... Elles\nsont multiples. Certaines gens agissent par\nintérêt. Grisés par les succès et les gains de\ngrands et incontestables virtuoses, dont la\npresse musicale célèbre les exploits... et les\nprofits, ils engagent leurs enfants dans \" la\ncarrière d'artiste \" pensant que le \" métier \"\nen vaut la peine. DECOURAGEONS-LES.\nQue la presse musicale et la presse quotidienne\nnous y aide ; c'est un devoir social. LE MÉTIER\nEST PERDU. Avis aux gens pratiqués et aux\narrivistes pressés. Les musiciens sont trop ; on\nn'en veut plus, et il sera désormais inutile,\npendant de longues années, de condamner au\npiano forcé d'infortunés petits êtres qui auront\nplus tard tout le loisir d'en mourir de faim.\nD'autres familles agissent par vanité, avec,\nen-dessous, le désir de satisfaire à cette égalité\ninscrite sur nos monuments. Pourquoi les\n\" gens du fond de la cour \", comme dit drôle-\nment Sudermann, ne feraient-ils pas comme\nceux de la façade ? et la petite demoiselle du\nquatrième, comme celle du premier ? et la\nfille du pâtissier comme celle du notaire r\n\" Et moi aussi, j'apprends le piano ! \" On\npeut encore découvrir là une part de ce\nmimétisme social analogue à celui qui fait que\nnous voulons tous porter l'habit de la même\ncouleur que le voisin, et que des femmes,\ndont beaucoup ne sont pas absolument stupides,\nadoptent les modes les plus laides et les plus\nextravagantes» Ah ! si nous apportions un peu\nde sincérité dans notre vie, notre manière\nd'être, notre pensée surtout... Mais ces con-\nsidérations sociales nous entraîneraient trop\nloin. Arrivons au moyens d'améliorer une\nsituation musicale regrettable pour les élèves\net pour la musique.\nQuelle est la condition première pour entre-\nprendre l'éducation musicale d'un enfant?\nN'hésitons pas à répondre : des dispositions\nnaturelles, CRÉATRICES, manifestées des /'enfance.\nL'histoire musicale nous apprend que les\nHaydn, les Beethoven, les Mozart, les Gounod\ndécouvrent, dès leur jeune âge, leurs mer-\nveilleuses aptitudes. Sans prétendre égaler de\nsi illustres modèles, on peut dire que l'enfant\nqui ne cherche pas, à créer, en musique, ne\nsera jamais un véritable artiste ; il peut devenir\nun bon amateur, et même, en travaillant la\ntechnique avec ardeur, un premier prix de\nConservatoire, en réalité, la Musique ne lui\ndevra rien. Il est bon pour la garde du temple,\nle service de l'autel lui demeure interdit.\nNous n'avons pas ici à nous occuper de ces\nquelques élus, créateurs de génie, mis si dominici,\ntrop rares, dont les œuvres immortelles\néclairent notre vie de joies consolatrices.\nLaissons-les à leurs brillantes destinées.\nAux antipodes de ceux-ci, les non-doués,\nles parias de l'art, les incompréhensifs, irré-\nmédiablement. En musique (le croirait-on) ils\nsont relativement en petit nombre et sont\ncaractérisés par une oreille radicalement fausse.\nAbandonnons-les à leur infortune et occupons-\nnous de la grande masse des autres, c'est-à-dire\nde la moyenne.\nRestent donc devant nous les enfants qui,\nsans dispositions naturelles (créatrices) bien\nconstatées sont cependant susceptibles d'une\ncertaine éducation musicale. Nous distingue-\nrons ceux auxquels une certaine aisance per-\nmet, sans dommage, l'étude coûteuse d'un\ninstrument de musique et ceux \"du fond de\nla cour \" qui feront raisonnablement mieux de\ns'abstenir. Les premiers doivent se dire que\npour devenir bon musicien (flûtiste, violoniste,\norganiste, pianiste) il faut consacrer à l'instru-\nment choisi, au moins dix ans d'études suivies"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.43", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4237, "texte": "et persévérantes. C'est l'avis d'un éminent-\npédagogue M. Lavignac. Pendant ce temps il\nfaut, au minimum, 2 heures d'études par jour,\nce qui représente un total de 7.300 heures\nqu'on peut augmenter, au moins, d'une heure\nde leçon par semaine, ce qui donne 7.820\nheures. Voilà pour le temps. Quant à l'ar-\ngent !... C'est encore un préjugé de l'éduca-\ntion musicale de croire qu'on peut donner au\ndébutant des instruments détestables et des\nprofesseurs médiocres, arguant que : u c'est\nassez bon pour lui \". Voyez-vous une mère\nnourrissant son petit enfant de pain gâté,\nsous prétexte qu'on lui donnera plus tard,\nquand il sera grand, du petit pain de gruau !\nDrôle d'idée d'empoisonner l'oreille avec les\naffreuses sonorités d'un piano ou d'un violon\nau rabais, ou encore de laisser abîmer la main\nd'un jeune élève par un maître ignare et\nmaladroit. Préjugés ! préjugés ! ! Calculez donc\nici la dépense avant de vous engager dans les\nfrais d'une bonne éducation musicale. Enfin,\navant de l'entreprendre, faites examiner le\n\" sujet \" par un maître consciencieux, et s'il\nne découvre à votre fils, ou votre fille, aucune\naptitude sérieuse, pas même de quoi faire un\nbon amateur, n'hésitez pas à abandonner\nl'étude d'un instrument ; il restera encore à\nvotre enfant quelque chose à faire, nous le\nverrons tout à l'heure. Si l'élève est bien doué,\nl'avis du maître favorable, vos ressources\nsuffisantes et votre instrument choisi, nous\ndirons encore : qu'aucune idée de lucre vous\nguide ; faire de la musique n'est pas un métier.\nEtre boulanger, menuisier, laboureur, employé\nd'administration, c'est fort honorable quand\non est un honnête homme, et c'est un \" métier \"\nou, si l'on veut, une profession. Etre musicien,\nc'est, par définition, être artiste c'est-à-dire\nvouer toute son âme à un art choisi, l'aimer,\nle servir inlassablement et de toutes ses forces.\nOn ne fait pas cela pour de l'argent, c'est\ninévaluable.\nMais, dira-t-on, les enfants auxquels leur\nfamille ne peut, par manque de fortune, faire\ndonner l'éducation musicale, et qui cependant\naiment la musique, que leur reste-t-il ? Nous\navons promis de nous en occuper. Il leur reste\nun admirable, un splendide, un superbe in-\nstrument, qui vaut tous les pianos et les violons\ndu monde ; qu'ils portent avec eux ; qui ne\nleur coûte rien et ne demande qu'à être\nexercé. Ils ont tous une voix. Pour l'amour de\nla Musique, qu'ils s'en souviennent donc. La\nvoix, c'est le charme, le délice, la pure joie\nmusicale, utilisez-la. Sauf la très petite mi-\nnorité de ceux qui ont l'oreille fausse, les\nautres, ayant une voix parlée, ont une voix\nchantée, et la voix chantée c'est de la musique.\nJe ne dis pas : faites tous du chant, au sens\noù l'entendent les professeurs de vocalises,\nmais : faites tous du solfège, excellente prépara-\ntion à la musique chorale. Et ne me faites\npas dire non plus que je conseille les solfèges\nhorriformes préconisés par les Conservatoires ;\nlecture en 7 clefs, traquenards et pièges à\nvoix ; non, il faut adopter le bon, le mélodique\nsolfège. Les professeurs de musique ont là un\nbeau rôle à jouer, qu'ils le prennent ; qu'ils\nrépandent partout, dans les grandes villes et\nles tout petits villages, le goût du solfège,\nqu'ils en multiplient les leçons ; elles abouti-\nront forcément, et par un naturel enchaîne-\nment de cause à effet, à l'admirable musique\nchorale, dont nous nous réservons d'indiquer\nle rôle social, indépendant de la beauté essen-\ntielle. Le solfège n'est pas ennuyeux encore\nun préjugé il a le tort de ne pas fournir\naux familles, dans la personne de l'enfant, une\ndistraction suffisante, mais l'égoïsme des\nfamilles et leur désir de s'amuser avec et par\nl'enfant n'a rien à voir ici. Le solfège n'est\ndétestable que lorsqu'un professeur ignare le\nrend tel. Qu'on pique, stimule l'esprit des\nélèves ; qu'on essaie promptement du solfège\nà deux et même trois voix. Les résultats seront\nsurprenants. La voix charme, enchante, sen-\nsibilise l'âme de l'enfant. Où le son sec et\nfroid du piano, criard du violon, n'aura rien\nsuscité, la voix touchera et éveillera douce-\nment, dans son âme puérile, les premières,\nprofondes, pures joies musicales, promesses,\npour notre art, d'un meilleur avenir.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 44, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.13", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. P", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.44", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n!) Durand. —2) Hamelle. 3) Edition mutuelle.\n—4) Bouwens van der Boijen. °) Liepmannsohn, à\nBerlin.\nN'allez pas conclure, devant la longueur\ninusitée de ce compte-rendu à une vive recru-\ndescence de l'inspiration musicale. Quantité et\nqualité sont deux choses différentes; et avouons-\nle, il faut feuilleter bien des pages insignifiantes,\navant d'en trouver une qui vaille la peine\nd'être approfondie.\nPIANO SEUL. La musique de piano,\nen particulier, ne nous offre, ce mois-ci, rien\nque de très ordinaire : des ARABESQUES 1 de\nM. Delafosse, cinq petites pièces où l'idée mu-\nsicale est courte ; puis, du même auteur, un\nPRÉLUDE 1 et une ETUDE DE CONCERT ], deux\navalanches ininterrompues de doubles notes ;\nvoilà bien des notes doublement inutiles.\nM. Maurice Pesse, avec la SOURCE QUI CHANTE 2\ns'adresse évidemment aux pianistes qui désirent\nbriller à peu de frais. La CHANSON DU RUIS-\nSEAU 2, de M. Widor, est au contraire d'une\nexécution vétilleuse ; de même sa KERMESSE\nCARILLONNANTE 2. Dans un genre plus quin-\ntessencié, voilà une BERCEUSE 3 de M. de\nC aster a et deux morceaux de Paul Le Flem :\nPAR LANDES et CLAIR DE LUNE sous BOIS 3,\ncelui-ci pour harpe chromatique ; sonorités très\nenveloppées, grands effets de pédale, enchaîne-\nments bien modernes, un peu décousus parfois.\nL'interminable SONATE de M. J. Szu/c n'est\npas absolument distinguée ; on me pardonnera\ne ne pas énumérer le reste des qualités qui lui\nont défaut : i est temps de retrouver un peu\nde grande et saine musique, avec la JEUNESSE\nD'HERCULE3, de St. Saëns, réduite par M. Staub.\nClaire, aisee et très pianistique, la réduction\ndonne cependant parfaitement l'impression de\nl'orchestre.\nCHANT . Les voix caverneuses pour-\nront chanter le CHASSEUR NOIR, de M. La-\nparra, ballade d'un effet un peu gros et d'un\nromantisme halluciné. Les voix moyennes\ndiront la PRIÈRE A MADAME LA VIERGE 2, de\nPaul Lacombe, œuvre d'une déclamation juste;\net LE GRAND SOMMEIL NOIR, de M. Laparra 2,\nqui décidément se voue au genre ténébreux.\nPour les voix étendues, GREEN 2, de Lydie\nMichaïloff,\\ morceau qui tout en étant d'un\ntrès joli sentiment, ne nous fera pas oublier\ncelui de Fauré sur les mêmes paroles. Puis, le\nDoux D'APPEL -, de M. Widor, dont le lyrisme\nexalté évoquera le souvenir de Gounod. (Ac-\ncompagnement de violon ou violoncelle obligé).\nLes voix angéliques auront deux œuvres de\nNadia Boulanger: une PRIÈRE2 dont les paroles,\nmalheureusement sont peu intelligibles ; et un\nCANTIQUE 2, charmant de simplicité et de\ncandeur. La ligne mélodique y est ample,\naisée et d'un contour parfait ; les accompagne-\nments, dans leur simplicité presque rudimen-\ntaire, ne manquent ni de richesse, ni de\ncoloris : constatons-le une fois de plus : il ne\nfaut pas beaucoup de notes pour exprimer\nbeaucoup de choses en musique.\nPIANO 4 MAINS. Nous redirons cela\nà propos de la petite suite de M. Ravel MA\nMERE L'OYE \\ cinq pièces qui pourront être\njouées par toutes les petites mains. Rien n'est\nplus amusant que de voir réaliser, dans une\nécriture claire, et avec des moyens aussi res-\ntreints, des effets aussi intensément modernes.\nM. Florent Schmitt, qui ne dédaigne pas\nnon plus d'amuser la jeunesse fera rire tout le\nmonde avec ses MUSIQUES FORAINES 2. Sa valse\nfinale, où des chevaux de bois planent éper-\nduement, parmi un bruit de poulies grinçantes\net au son d'un orgue qui déchiquète inlassable-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.45", "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 3557, "texte": "ment la même petite phrase, est pleine d'hu-\nmour.\nRemarquons, en passant, que l'Orgue de\nBarbarie se porte beaucoup cette année dans la\nmusique. Pour la jeunesse, aussi, le PRÉLUDE\nde M. de Larmanjat et sa ROMANCE SURAN-\nNÉE4. Les morceaux de ce genre me font in-\nvinciblement penser aux boîtes de couleur sans\ndanger que l'on donne aux enfants, pour leur\nenlever avec toute possibilité d'empoisonne-\nment, toute chance de peindre.\n2 PIANOS. IBERIA1, de Debussy, pu-\nbliée pour deux pianos, ne devient pas beau-\ncoup plus facile qu'à quatre mains. L'introduc-\ntion du 3E Acte d'ARIANE ET BARBE BLEUE 1\nparaît après cela d'une lecture facile ; c'est tout\ndire. Citons encore une assez amusante TOC-\nCATA de M. Paul Fournier.\nMUSIQUE INSTRUMENTALE. —La\nmusique instrumentale est mieux représentée,\nce mois-ci que la musique de piano : le ir\nvolume de I'ANTHOLOGIE ZUR ILLUSTRATION\nDER MUSIKGESCHICHTE 5, de Hugo Riemann,\nrenferme trois délicieux trios de Pergolèse :\ncertain Andante, de toute beauté, méritait bien\nd'être remis au rang des chefs-d'œuvres clas-\nsiques ; d'autres pages toutes d'enjouement et\nde gaieté, font penser aux meilleures de Mo-\nzart.\nM. Marcel Samuel Rousseau extrait de son\nNOËL BERRICHON 2, un adagietto pour violon\nou violoncelle, les PROMIS. M. Florent Schrnitt\nnous donne deux petites pièces tout en demi\nteintes, très simples, très chantantes. GUITARE\net CHANSON A BERCER 2 serait-il las des effets\ntonitruanes où il s'est complu si longtemps ?\nM. Destenay publie un fort beau TRIO2, qui\ngagnerait peut-être à être élagué de quelques\nlongueurs, dans la finale surtout. La IRE RHAP-\nSODIE pour clarinette en si bémol, de DEBUSSY 1\nest un régal,de sonorités exquises : quand l'en-\ntendrons-nous ? Et le Duo pour violon et\nvioloncelle, LA MUSE ET LE POÈTE \\ d'inspi-\nration toute classique, de forme aisée, porte\nbien la griffe du maître St. Saëns.\nPARTITIONS. Beaucoup d'éditeurs,\njusqu'ici conservaient jalousement leurs parti-\ntions d'orchestre, comme autant de trésors à\npréserver du public et des copistes. M. Dûrand,\nau contraire, vient de publier l'ouverture de\nPOLYEUCTE, de Dukas, IBÉRIA et les RONDES\nDE PRINTEMPS, de Debussy, en petites volumes\nin-12°, commodes et légers, qui pourront se\nglisser dans toutes les poches. Félicitons-le de\nrompre avec une tradition qui ne fait pas\ntoujours grand honneur à l'édition française.\nAUCASSIN ET NICOLETTE3 connus jusqu'ici\nde quelques initiés, ont fait leur entrée dans le\nmonde sous la couverture verte de l'Edition\nmutuelle. Nous eussions souhaité les y retrou-\nver en compagnie des silhouettes de M. Dori-\nval. La musique de M. Le Flem y eut gagné\nencore. Rappelons-nous certains albums de\nFragerolle, le créateur du théâtre d'ombres en\nmusique. A la lecture comme à l'audition, nous\navons goûté surtout le prologue, aves ses grands\naccords âpres et frustes, balayés par un souffle\nde mistral, la complainte d'Aucassin, l'Ouver-\nture de l'épisode des bergers, et l'exquise\nphrase du récitant à la fin du 2e Acte. La\ndéclamation, très juste, sans mots ni notes\nsuperflues, rappelle certaines œuvres de De-\nbussy, la Damoiselle Elue en particulier. Mais,\nici, le mysticisme n'est plus de mise, les per-\nsonnages, très humains, parlent encore notre\nlangue ; ils la parlent même avec entrain et\nverdeur. Je suis heureux de conclure sur cette\nœuvre originale et savoureuse, qui marque\névidemment une étape intéressante dans l'his-\ntoire de la musique française.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.14", "titre_corps": "LES “PLAGIATS” DE HAENDEL", "titre_sommaire": "LES “PLAGIATS” DE HAENDEL", "signature_source": "Romain Polland", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "LES “PLAGIATS” DE HAENDEL\n\nLa question des prétendus plagiats de Haendel n'intéresse pas\nseulement l'histoire de ce maître ; elle touche à un des plus graves\nproblèmes de l'esthétique : celui de l'originalité en art ; et son étude\npermet de pénétrer dans le mystère de la création musicale.\nElle a fait couler des flots d'encre, en Allemagne et en Angleterre.\nChez nous, on la connaît mal, (on connaît mal Haendel lui-même).\nJe voudrais résumer l'état actuel de la question, et je me permettrai\nensuite de l'examiner, à ma façon.\nC'est, je crois, en 1808 que l'accusation de plagiat a été lancée\npour la première fois contre Haendel par l'organiste Samuel Wesley.\nIl ne faisait que citer le propos d'un violoniste allemand, Salomon,\nqui disait :\n\" Haendel vint, quand il y avait\nse fit une réputation grâce aux dépouilles quil\na pillé tous les auteurs possibles, a qui\nvalût la peine. \"\nEn 1831, William Crotch s'acharna à démontrer les plagiats de\nHaendel, en publiant des œuvres de 29 compositeurs, pillés par lui.\nLes éditeurs allemands de la grande collection des œuvres de Haendel,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "Chrysander, et après lui M. Seiffert, ont publié en suppléments à l'édi-\ntion un certain nombre d'oeuvres de Keiser, Muffat, Clari, Stradella, etc.\nimitées par Haendel.\nDans ces dernières années, des polémiques très vives se sont\nrallumées à ce sujet ; et les Anglais y ont pris une part active. Deux\ngros volumes ont été publiés, l'un par M. Sedley Taylor, de Cambridge:\nThe indebtednessof Handel to other comp 1906 ; l'autre par M. Percy\nRobinson, d'Oxford : Handel and his orbit, 1908. Ces deux représentants\ndes deux vieilles Universités rivales se gourment volontiers l'un l'autre ; 1\net tous deux sont assez mal traités par les critiques allemands.\nEn général, les Anglais, avec des scrupules qui les honorent, mais\ndont les critiques allemands n'ont peut-être pas tort de railler\nl'exagération, se placent à un point de vue surtout moral. Les Alle-\nmands au contraire font assez bon marché de cette considération, au\nnom des droits du génie, (ce qui est un peu sommaire), et ils\nn'examinent la question que du point de vue esthétique. Selon moi, les\ndeux questions se tiennent. Nous devons nous placer sur le terrain\nstrictement artistique pour juger les faits ; mais notre conclusion aura\nfatalement un sens moral. Nous ne nous demanderons pas, pour com-\nmencer : \" Haendel avait-il ou non le droit de prendre des inventions\nétrangères ?\" Mais : \" Les a-t-il prises ? Comment ? Et pourquoi ?\nAfin de nous appuyer sur des exemples précis, choisissons l'œuvre-\ntype, où la question des emprunts de Haendel se pose avec toute son\nampleur : Israël en ILgypte.Sur trente numéros environ, que compte la\npartition, il y en a, pour le moins, dix-sept, que nous savons empruntés.2\n\n1 La thèse de M. Sedley Taylor est celle-ci : Haendel a pillé les musiciens vivants et morts, connus et\ninconnus. Sans doute, il a enrichi la musique de ses larcins ; mais il aurait dû au moins nommer ses créanciers.\nOr, il s'est toujours attribué la propriété de ses emprunts. A moins qu'on ne juge de la moralité avec des mesures\ndifférentes, selon qu'on se trouve ou non en face d'un génie, Haendel est coupable.\nLa thèse de M. Percy Robinson, exprimée par lui, non seulement dans son livre, mais dans des articles\nde VI. M. G. (juillet-septembre 1907), est que les emprunts de Haendel ont été francs et loyaux. D'ailleurs,\nla plupart des œuvres soi-disant volées sont de Haendel lui-même, et datent de sa jeunesse.\nM. Max Seiifert a répondu dans le Jakrbuch Peter s de 1907 (Haendels Verhâltnis %u àlterer\ndeutscher Meister). Sa thèse est que la morale n'a rien à voir ici. Haendel n'a pas volé ; il a, par volonté\nartistique, mûrement délibérée, travaillé sur des matériaux étrangers, pour bâtir sa propre pensée.\n2 M. Sedley Taylor a dressé, dans son livre, la liste de ces emprunts, et publié, en regard les uns des autres,\nles principaux exemples des passages imités et des copies de Haendel."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "11 y en a sûrement d'autres, que nous ne connaissons pas encore, et que\nnous découvrirons, un jour ou l'autre. Les maîtres mis à contribution\nsont Joh. Caspar Kerl, Alessandro Stradella, et surtout Erba, et Urio.\nCes deux derniers seraient inconnus, si Haendel n'avait fait tomber\nsur eux un reflet de sa gloire. Les œuvres d'eux qu'il a mis à\ncontribution (un Magnificat et un n'ont été conservées\nqu'à très peu d'exemplaires manuscrits, la plupart d'une écriture\npostérieure à la date présumée de leur composition ; 1 et sur les auteurs\nmêmes toutes les conjectures se donnent carrière.\nUrio (Francesco Antonio) serait, dit-on, un prêtre italien, né pro-\nbablement à Milan en 1660, moine franciscain à Rome, et maître de\nchapelle de l'église des SS. Apostoli, qui écrivit des motets de concert,\ndes Psaumes concertés avec violons, et un 2 Erba (Dionigi)\naurait été un religieux libre, d'une maison princière de Milan, probable-\nment le frère cadet du cardinal Benedetto Erba, qui fut membre de\nl'Arcadie. Il devint, vers 1692, maître de chapelle à S. Francesco de\nMilan, et composa quelques actes d'opéras, sans grande notoriété.\nChrysander dit que son Magnificat^écrit à deux chœurs, était sans doute\ndestiné au dôme de Milan, où on faisait usage de deux grandes orgues et\nde musique à plusieurs chœurs. 3\nCes explications n'ont pas satisfait beaucoup de gens. L'absence\nd'autres compositions conservées de- ce Urio et de ce Erba, le parfait\noubli où ils seraient tombés sans les emprunts de Haendel, et la beauté\nde style de ce Magnificat et de ce Te ont inspiré des doutes sur leur\nattribution. Dès 1857, G. A. Macfarren avançait l'hypothèse que Erba\nétait non pas le compositeur, mais le propriétaire du manuscrit du\nMagnificat. En 1883, W. S. Rockstro reprenait cette assertion, en l'ap-\n\n1 Le Magnificat de Erba, pour double chœur, orchestre et orgue, n'est connu que par deux manuscrits,\nl'un de Técriture de Haendel, sans nom d'auteur, qui date d'environ 1737-9, et qui se trouve à la Royal Library\ndu Buckingham Palace; l'autre, d'une écriture plus récente, qui porte le titre de : \"Magnificat del R(l Sigr Erba\",\net qui est conservé à la Library of the Royal Collège of Music.\nDu Te Deum de Urio7 on ne connaît que trois manuscrits : l'un qui est à la Bibliothèque du Conservatoire\nde Paris, avec cette mention : Te Deum, Urio, 1660 j un second manuscrit, qui est au Royal Collège of\nMusic de Londres, qui semble écrit en 1780, et qui porte la date: 1682 ; un troisième enfin, de 1781, qui\nest au British Muséum, avec le titre : Te Deum del p. Francesco Uria bolognese.\n2 Remarquer que cette date et ce lieu de naissance sont en contradiction avec les notes inscrites sur les\nmanuscrits d'Urio.\n3 II est assez curieux que l'historien le plus décidé à repousser l'attribution à Haendel des œuvres de Erba\net de Urio soit justement Chrysander, parce qu'il les trouve trop inférieures à Haendel. Mais ce jugement laisse\ncroire qu'il les connaissait mal."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.50", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "puyant sur le titre du manuscrit: \"MagnificatDEL rd sigv Erba. \" 1 M. Percy\nRobinson, tout dernièrement, est revenu à la charge : et, dans ses articles\nde l'J. M. G.en 1907, il a émis l'hypothèse ingénieuse, amusante, que\nErba et Urio n'étaient pas des noms d'hommes, mais des noms de pays.\nIl est positif qu'il existe, sur la route de Côme à Lecco, une petite ville :\nErba, où sont de belles villas, et qu'à peu de distance, dix milles environ,\nsur la rive occidentale du lac de Côme, est un petit village : Urio, en face\nde la fameuse villa de Pline, à cinq milles de Côme. Le voisinage de ces\ndeux noms sur la carte est en effet une coïncidence assez curieuse ; et elle\npermet à M. Robinson de supposer que Haendel a pu être invité dans\nunes de ces villas princières, lors de son séjour en Italie, en 1709, et qu'il y\na composé ces deux œuvres, en marquant sur les manuscrits, suivant son\nhabitude, l'endroit où il les avait écrites.2 Plus tard, les copistes n'auraient\npas compris l'indication, et ils auraient pris le Pirée pour un homme.3\nM. Robinson s'efforce de montrer, d'autre part, la similitude de style du\nTe Deum dit de Urio et du Magnificat, dit de Erba avec des œuvres\nauthentiques de Haendel, non seulement postérieures à son voyage en\nItalie, comme Aci s et Galatéeet le Te 4 mais antérieures\nà ce voyage, comme la Passion de 1704 à Hambourg. Il en dit autant de\n\n1 En italien, on doit dire : dal, pour exprimer : -par, Del voudrait dire : appartenant à. A cela, M.\nSedley Taylor a répondu par d'assez nombreux exemples de manuscrits italiens, où del désigne pourtant l'auteur.\n2 Ainsi, Haendel a marqué sur le manuscrit de la Resurre%ione ; \" Roma la festa di Pasque dal Marche\nRuspoli 11 d*Aprile 1708 (c'est-à-dire : \" chez le marquis Ruspoli.\" )\nM. Robinson a admis aussi que Haendel ait pu écrire : \" chez le R. Erba Mais en ce cas, il croit qu'il\ns'agit, non de Dionigi Erba qui était peu connu, mais de Mgr. Benedetto Erba, qui fut vice-légat à Ferrare et\nà Bologne en 1708-9, plus tard archevêque de Thessalonique, nonce en Pologne, archevêque de Milan, cardinal,\ndonc, un très grand personnage, que Haendel connut certainement à Rome, dans l'Arcadie, dont Mgr. Erba\nfaisait partie. Il y aurait eu d'autant plus de raisons pour que Haendel écrivît un Magnificat destiné à Erba,\nqu' en janvier 1709 venait de se terminer la guerre entre l'Empereur et le Pape, guerre où Ferrare et Bologne,\ndont Erba était vice-légat, avaient beaucoup souffert.\nCette nouvelle hypothèse, exposée par M. Robinson dans son volume : Handel and his orhit, me semble\nplus ingénieuse encore et plus plausible que celle de ses articles de I'/. M. G., où il faisait de Erba un nom\nde pays.\n3 M. Robinson cite un certain nombre d'erreurs analogues, qui ont été récemment reconnues. R. Eitner,\ndans son Quellen Lexikon, attribue les sonates de Haendel pour viola da gamba à un certain Leffioth de\nNuremberg. M. A. Einstein a prouvé, (dans I'/. M. G. IV, 170) que ce sont des compositions de jeunesse de\nHaendel. On avait cherché un autre compositeur, parceque le style jusque-là connu de Haendel en différait un\npeu. Ni le manuscrit d'Almira, ni celui de la Passion, ne portent le nom de Haendel. Le manuscrit de Silla, qui\nest au Britsh Muséum, porte le nom de Bononinic. Le Magnificat a toujours paru d'un style purement\nhaendelien, jusqu'au jour où l'on a découvert le manuscrit du prétendu Erba. Et M. Robinson poussant à\nl'absurde la thèse de ses adversaires, dit : Il existait, au temps de Haendel, un compositeur, nommé Utrecht, qui\nétait en relations avec le Hanovre, (voir Norlind dans VI. M. G. IX, 230). Ira-t-on lui attribuer le Te\nDeum d* Utrecht P\n4 J'ajouterai: comme Saul: car ce n'est pas le fait le moins curieux que le fameux carillon flamand de Saul\n(pour le triomphe de David) se trouve être la basse d'une ritournelle, au début du Te Deum dit d'Urio."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "la Serenatade Stradella, mise à profit par Haendel dans son\nEgypte : cette Serenata n'est connue que par un manuscrit unique,1 sans\ndate, dont l'inscription est conjecturale ; or M. Robinson en retrouve des\ntraits caractéristiques dans la Passion de Haendel, écrite à Hambourg en\n1704, alors que Haendel ne connaissait encore ni Stradella, ni aucun\nItalien. Par conséquent, la Serenata de Stradella, le Te Deum de Urio, et\nle Magnificat de Erba, seraient des œuvres de Haendel.\nJe dois dire que l'argumentation de M. Robinson me semble in-\nsuffisamment fondée sur des exemples, qui ne me convainquent pas. Ses\nanalyses musicales sont fines et minutieuses, mais un peu myopes ; et l'au-\nteur ne semble connaître que d'une façon superficielle la musique italienne\ndu même temps : car les ressemblances sur lesquelles il insiste, portent\nsur des formules musicales qui n'étaient point la propriété d'un auteur,\nmais le bien commun de toute une époque.\nBeaucoup plus frappant me semble le fait que Haendel a puisé dans\nce Magnificat et dans ce Te Deum, d'une façon si peu voilée, si abondante,\nsi littérale, dans ses œuvres les plus largement exposées au public 2 et\nque non seulement il n'a rien fait pour le cacher, mais que des deux\ncopies de Erba, qui nous sont conservées, l'une, qui est de sa main, a été\nléguée par lui à son secrétaire, Smith, afin qu'il la transmît à l'Université\nd'Oxford, avec le reste de ses papiers, pour perpétuer sa gloire. Il est\névident qu'un plagiaire ordinaire se fût empressé d'anéantir la trace de\nl'œuvre copiée.\nMais, d'une façon générale, jamais Haendel n'a eu le moindre souci\nde cacher ses agissements ; et ce ne sont pas seulement des morts oublies\nou inconnus qu'il a imités, mais des contemporains célèbres, comme\nKeiser, Graun, Muffat, dont plusieurs étaient en relations avec lui. 3\n\n1 Ce manuscrit de Stradella est à la Bibliothèque du Conservatoire de Paris ; il fait partie du fonds\nSchœlcher, 16717, oblong, 174 p, relié avec le S. Battista. Il porte, comme titre: Serenata a. 3. cou\nstromenti del Sig1' Alessandro Stradella, et est d'une très belle écriture italienne, très nette, un peu lourde, appuyée,\nqui semble bien de la fin du XVIIe Siècle.\n2 Ainsi, dans son T<? Deum de Dettingen, qui fut exécuté solennellement dans les églises, pendant une longue\nsuite d'années.\n3 A l'époque où Haendel commença ses emprunts de Graun, en 1736, Graun était capellmeister de\nBrunswick. Brunswick était voisine de Hanovre, ou la cour d'Angleterre séjournait fréquemment 5 et les opéras\nde Haendel étaient joués à Brunswick sous la direction de Graun. Quant à Théophile Muffat, il était\norganiste de cour de Vienne, maître de chapelle des archiduchesses ; il connaissait Haendel, dont il avait ai rangé\nle premier livre de Suites pour une nouvelle méthode de doigté, en 1736 \\ ses Componimenti musicali fier cembalo\n(1739)? °ù puisa Haendel, étaient dans toutes les mains ; et Haendel, de son côté, ne songeait pas, un seul\ninstant, au secret: car ses grands Concertos, ou il fit usage d'inventions de Muftat, furent annoncés, d une façon\nretentissante, en Europe."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.52", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "J'ajouterai que, (comme le fait remarquer M. Robinson), quand il imite,\nc'est avec une tranquillité stupéfiante, prenant par exemple, pour une\nmême œuvre, toutes ses imitations non pas dans des œuvres diverses,\nmais dans une même œuvre, à la file, 1 ou bien, ne prenant aucune\nprécaution pour démarquer la musique qu'il imite, en la noyant dans des\narrangements personnels. 2\nOn a cherché des raisons de cette insouciance dans la moralité\ndifférente de l'époque, ou dans l'ignorance où était l'Angleterre de la\nmusique du continent. Mais ce sont de mauvaises raisons. On avait déjà\nen Angleterre le sentiment bien net de la propriété artistique. Le premier\nacte de Copyright, pour garantir la propriété musicale, est du temps de la\nreine Anne en ijog. 3 Un plagiat de Bononcini, qui avait fait passer sous\nson nom un madrigal de Lotti, fit un scandale énorme dans la société de\nLondres, vers 173 1. Après avoir procédé à une enquête longue et minu-\ntieuse, en Italie et en Autriche, XAcadémie d? ancienne musique de\nLondres rendit une sentence écrasante, qui fut traduite et publiée en\nplusieurs langues, contre Bononcini; et celui-ci, célèbre et adulé la veille,\nse vit, du jour au lendemain, abandonné par ses partisans, contraint\nde quitter l'Angleterre, \" brûlé \" dans toute l'Europe. D'autre part,\nil est absurde de dire que l'Angleterre était en dehors du courant musical.\nM. Robinson montre très bien qu'elle était, avec Vienne, un des centres\nles plus brillants de la musique européenne ; les compositeurs et les\nvirtuoses de marque, italiens, allemands, hollandais, y venaient, et souvent\ns'y établissaient ; il y avait à Londres, dans le West End, une colonie\nmusicale extrêmement nombreuse de tous les pays d'Europe. Ajoutez\nqu'il n'y avait pas de pays, où l'on s'occupât autant de l'ancienne musique:\nune Académie avait même été fondée, au début du siècle, pour son étude\nexclusive et pour son entretien. Or Haendel avait des ennemis acharnés ;\net certains de ses rivaux, comme le Dr Pepusch, étaient des gens les\nplus instruits, musicalement, du siècle : impossible d'arguer de leur\nignorance. 4\nAinsi, nous arrivons à ce premier résultat :\n\n1 Voir la seconde partie d'lsraël, bâtie presque tout entière sur Erba.\n2 Telle la can%ona de Kerl, reprise pour le chœur d'lsraël : \"Le peuple d'Egypte, heureux de les voir partir \"\n3 Voir S. Taylor, op. cit. p. 186.\n4 Les ennemis de Haendel suivaient de très près sa production. Pepusch, la duchesse de Marlborough, qui\nfaisait une campagne haineuse contre lui, souscrivaient cependant à ses œuvres. (Voir Robinson)."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "ib Haendel ne se cache jamais de ses imitations.\n2° Personne autour de lui ne les ignorait, ni ne les lui reprochait.1\nIl faut donc chercher d'autres raisons. Si Haendel a procédé à ses\nemprunts, avec cette assurance, sans qu'aucun de ses ennemis, à aucun\nmoment, n'élevât de plainte, il fallait que cela parût légitime, aux autres\net à Haendel, de la façon dont il en usait.\nExaminons cette façon.\nTout d'abord, je ferai remarquer ceci : Qu'est-ce qui a déterminé\nHaendel à écrire Israël en Egypte ? Avait-il une commande ? Etait-il\npressé de finir son travail ?\nEn aucune façon. Il venait de terminer le 27 septembre\n1738 ; il y avait travaillé à loisir; il avait maintenant une grande œuvre\nnouvelle à faire jouer, pour la saison musicale ; rien ne le forçait à com-\nmencer un second oratorio ; il n'avait même pas de pour\ncomme il en eut pour tous ses autres oratorios : ce fut lui-même qui\nécrivit ou transcrivit son poème, d'après la Bible. Et il composa\nl'œuvre, avec une rapidité vertigineuse. Dix jours pour la seconde partie.\nCinq jours pour la première.2 Quand on lit, quand on entend l'œuvre, on\na l'impression d'une poussée artistique irrésistible.\nD'autre part, Haendel a-t-il publié Israël? Non. La partition n'a pas\nété publiée, de son vivant. 3 Serait-ce donc, par hasard, que Haendel,\n\n1 Mattheson, peu bienveillant, et qui savait que Haendel l'avait imité lui-même, ne fait aucune réserve sur\nl'originalité de Haendel. Hawkins fait allusion â certains emprunts de Haendel, et n'en écrit pas moins que\n\"le style de H. était original et formé par lui-même. \" Burney fait aussi allusion à des emprunts de H. à Keiser,\nClari, etc. sans que son jugement admiratif en soit modifié. Scheibe dit avoir causé souvent avec Mattheson\net Telemann des emprunts faits à Keiser par Haendel et par Hasse 5 et il ajoute : \" Mais ils les oni transformés\nen inventions originales. \" Tous savaient donc à quoi s'en tenir.\nRemarquez d'ailleurs la popularité en Angleterre de la plupart des auteurs anciens, mis à contribution par\nHaendel : de Carissimi, de Steffani, de Kuhnau, dont cinq éditions des œuvres de clavier avaient été publiées\navant 1740. Même la canzona de Kerl, que M. Sedley Taylor prétendait inédite et inconnue des Anglais, était\nrépandue, comme l'a montré M. SeifFert, à trois éditions, dont une de Walsh, à Londres. Tous les amateurs de\nLondres étaient à même de connaître ces œuvre».\n2 II commença par la fin. Il avait fait choix d'un des passages de la Bible qui lui étaient le plus chers : le\nchant de grâces de Moïse pour la délivrance du peuple d'lsraël. Ce chant, qui forme la seconde partie de la\npartition actuelle d'lsraël, fut commencé le 1 octobre 1738, (trois jours après l'achèvement de Saul), et fini\nle 11 octobre. Puis, Haendel trouva sans doute que la statue manquait de base, et il entreprit d'écrire le récit\ndes événements qui avaient amené et légitimé ce chant de Moïse, c'est-à-dire la captivité d'lsraël, les plaies\nd'Egypte, et le passage de la mer Rouge, qui forment la première partie. Il la commença, le 15 octobre, et\nl'avait terminée le 20 octobre.\n3 Ce fut Y Académie d'ancienne musique de Londres qui publia la partition, en 1768."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.54", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "si soucieux à l'ordinaire de l'opinion de l'avenir, n'avait pas écrit Israël en\nEgypte pour elle, mais pour lui, comme une épreuve artistique, l'essai\nd'un genre nouveau, un problème de construction musicale, voulu et\nexécuté en pleine conscience des moyens employés ? Bref, ne faut-il pas\nchercher la cause de ces emprunts extraordinaires dans un dessein artistique\nde Haendel, et non pas, comme on le fait d'habitude, dans des raisons\nbasses de plagiarisme, ou d'épuisement intellectuel ? Je le répète : rien ne\nforçait Haendel à écrire Israël ; et l'on n'a pas le droit d'accuser de\npauvreté d'invention le génie du XVIIIe siècle le plus abondant en musi-\nque, avec J. S. Bach et Mozart, ni même d'alléguer l'état de fatigue qui\navait dû suivre sa grave maladie de 173 7, quand on voit précédé\net suivi d'oeuvres aussi originales et aussi saines que et que\ne Pensieroso.J'estime, pour ma part, que Haendel, en écrivant\ncomme il l'a fait, n'était guidé que par des raisons d'art, et des plus\nhautes. Il suffit d'ailleurs de parcourir la partition, pour s'apercevoir que\njamais Haendel n'a moins songé au succès. Et, de fait, n'en a\njamais eu, de son vivant, ne pouvait pas en avoir : 1 c'était une œuvre trop\ndédaigneuse du vulgaire.\nObservons cette étrange contradiction apparente : l'œuvre la plus\ndédaigneuse du vulgaire, et en même temps la plus faite d'emprunts !\nQu'est-ce à dire, sinon que ces emprunts n'avaient point pour but l'effet\nsur le public, mais la réalisation d'une idée artistique ? L'œuvre est, à\nmon sens, un problème de construction musicale, magnifiquement résolu,\npour la joie de l'artiste. Supposez un de ces architectes de basiliques\nchrétiennes, qui arrachait aux temples païens leurs plus belles colonnes,\npour les faire servir à la gloire de son Dieu, un de ces barbares de\ngénie, qui avait en tête un monument colossal, comme on n'en avait\njamais vu de tel, et qui décidait d'y employer, comme matériaux, les\ndépouilles enlevées aux monuments anciens. Nous ne lui demanderons\npas compte des fragments qu'il a pris, mais de l'œuvre qu'il a faite, avec.\nCelle qu'a bâtie Haendel est quelque chose d'absolument nouveau\npar les proportions et le style colossal. Dès le premier coup d'œil\ndans la partition, l'esprit est saisi. Dix-neuf à vingt chœurs, contre quatre\n\n1 La première audition (le 4 Avril 1739) ut un échec complet. \"Afin de répondre aux désirs des amis,\"\ncomme le firent savoir des annonces de journaux, Haendel abrégea l'œuvre, pour la seconde audition, qui ne\nréussit pas mieux. On ne put aller au-delà de la troisième. Pendant les vingt ans qui suivirent, jusqu'à la mort\nde Haendel, l'œuvre ne fut donnée, en tout, que huit fois, (y compris les auditions de 1739). Et jamais elle ne\nfit recette. \"Israël n'attire pas, écrit Mary Granville, en 1756 5 il est trop solennel pour des oreilles ordinaires.\""}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "airs soliet trois duos. Dans la première partie, un seul air, noyé au milieu\ndes chœurs. On peut presque dire que l'oratorio entier est un chœur.\nLe héros est un peuple, le Peuple de Dieu. Toutes les figures indi-\nviduelles sont fondues dans l'immense épopée, qui se déroule sous forme\nde récit Biblique, ou de cris d'enthousiasme et d'extase. C'est là une\nœuvre unique.\nPour étudier comment Haendel l'a réalisée, au moyen de matériaux\nétrangers, il faudrait pouvoir examiner cette formidable architecture, de\nla base à la cime. L'espace nous étant mesuré, nous nous contenterons de\ndeux ou trois morceaux, choisis parmi les plus caractéristiques : ils nous\npermettront de pénétrer l'esprit de l'architecte et ses procédés de\nconstruction.\nLe double chœur (n° 6) : Er sp rassemble en un seul\ntableau la peinture de la troisième, de la quatrième, et de la huitième\nplaies d'Egypte, très intelligemment groupées: les tourbillons de mouches,\nla vermine, les sauterelles \"Et Dieu dit : \" Et aussitôt les nuées grouil-\nlantes s'élèvent.\nLe motif musical est emprunté à la de Stradella. Cette\nSerenata, écrite pour trois voix (2 soprani et basse) et pour deux groupes\nd'instruments (concertinoet concerto qui sont désignés sur le\nmanuscrit comme primo et secondo (premier et second chars),\nsemble avoir été réellement jouée en sérénade, dans les rues de Rome,\nsur deux chars de musiciens. 1 Le sujet en est très simple : sous la fenêtre\nd'une belle, un amoureux (soprano) vient chanter ses louanges. Un second\namoureux, mais amoureux misogyne (basse) survient et chante des im-\npertinences à la belle ; il se moque de l'imprudent, qui va réveiller par\nses cris le serpent endormi. Sur ce, la fenêtre s'ouvre, et la dame paraît.\nElle demande qui vient l'importuner ainsi.\n\" Un qui t'implore \", dit l'un.\n\"Un qui te méprise dit l'autre.\nLa dame conclut impartialement :\n\" Tous les deux, donnez-moi la paix.\"\n\n1 On a prétendu qu'il fallait lire crocchio (groupe, ou société). Mais le manuscrit donne bien nettement\ncocchio : il n'y a aucun doute. D'ailleurs, on donnait encore des cocchiate (sérénades en chars), au XVIIIe siècle,\nà Florence. Mann, ami de Walpole, en rend compte dans des lettres de 1741.\n2"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.56", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "Elle chante son indifférence railleuse. L'amoureux fidèle déclare\nqu'il la suivra quand même. L'amoureux misogyne déclare qu'il ne la\nsuivra pas ; et la sérénade finit par ce petit dialogue entre les deux\nhommes :\n—\" Il est mal de mépriser les femmes dit l'un.\n—\" Il est pire de les aimer conclut l'autre.\nOn avouera qu'il est assez étrange que Haendel ait eu la pensée\nd'aller chercher cette œuvre légère, comme source d'inspiration, quand il\ntravaillait à l'épopée d'lsraël. Or, sur les quinze petits morceaux de cette\nSérénade, Haendel en a utilisé six pour les chœurs les plus puissants\nÔL Israël. Cette simple constatation donne à penser déjà que, dans de tels\nemprunts, l'emprunteur a été le plus grand créateur.\nPour le chœur en question, Haendel se sert d'un interlude instru-\nmental de la Serenata {Sinfonia concertata et\nil en fait le chant, le récit des deux chœurs, avec quelques changements\nd'écriture, insignifiants en apparence.\nAlessandro Stradella: SERENATA"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "Hsendeh ISRAËL EN EGYPTE\nJHŒUR N«6"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.60", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "Mais d'abord, la caractéristique de la page de Haendel est dans l'ac-\ncompagnement instrumental, qui représente les nuées de moustiques qui\ns'élèvent, grossissent, tourbillonnent, de plus en plus denses et acharnées, et\nfinissent par devenir les monstrueuses sauterelles, bruissantes et dévorantes."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "Et de plus, quelle physionomie nouvelle prend la phrase indécise de\nStradella, par le resserrement des lignes, la progression des voix, l'effet\nimposant de la masse sonore, les timbres instrumentaux! Haendel a, pour\nainsi dire, extrait de cette symphonie inconsciente de ce qu'elle exprime,\nsa signification, sa puissance latente. Stradella se fût-il jamais douté que,\ndans ce badinage, il y avait : \"Et Dieu dit : Que cela soit ! Et\ncela fut \" ?\nCeci pourrait nous entraîner à des considérations assez singulières\nsur la musique : à savoir que l'on n'a pas encore créé une page de\nmusique, quand on en a créé la mélodie, les harmonies, voire même le\nrythme, si l'on n'en a créé aussi l'accent, la diction de la phrase, c'est-à-\n-dire au bout du compte, l'âme. Le plus grand des musiciens dramatiques\ndu XVIIIe Siècle, celui qui avait le plus réfléchi sur les rapports de la\nmusique avec l'expression de l'âme, Gluck, disait à Corancez :\n\" On chercherait en vain dans la combinaison des notes qui com-\nposent le chant un caractère propre à certaines passions ; il n'en existe\npoint. Le compositeur a la ressource de l'harmonie ; mais souvent elle-\nmême est insuffisante. \" Ce qui importe surtout, continuait-il, c'est la\nplace du morceau dans l'œuvre, c'est son contraste ou sa liaison avec les\nchants qui précèdent et qui suivent, c'est le choix des instruments qui\nl'accompagnent. Et c'est l'accent. Il suffit d'un déplacement d'accent\npour que le sens expressif de toute une scène soit changé.\nCette théorie de Gluck trouve son illustration dans de\nHaendel, où une pensée nouvelle arrache leur sens ancien à des éléments\nempruntés, pour leur communiquer une valeur entièrement nouvelle, et\nincomparablement supérieure à l'ancienne.\n(A suivre.)\n\nRomain Polland."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.15", "titre_corps": "RAMEAU", "titre_sommaire": "RAMEAU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "On trouve dans le Recueil d'airs publié par l'éditeur\nChristophe Ballard de 1695 à 1724 1 deux petites œuvres de Rameau\ndont aucun historien, à ma connaissance, n'a encore mentionné la\npublication. A coup sûr, elles sont bien peu de chose auprès des chefs-\nd'œuvre de notre grand musicien. Mais il suffit, pour mériter notre\nattention, qu'elles soient sorties de sa plume, et ce qui ajoute peut-être à\nleur intérêt, c'est qu'elles ont été publiées pendant la période de sa vie\nqui nous est le plus mal connue.\nLa première a paru dans la livraison de février 1707, pages 23 et\nsuivantes. Elle est intitulée AIR A BOIRE, DE MONSIEUR RAMEAU, et porte\nen sous-titre Duo PAYSAN. A la table de la livraison, elle est simplement\ndésignée par la mention Air paysant(sic). C'était pour les contemporains\nune indication suffisante sur la nature du morceau, car était\nune sorte de petit genre bien défini et assez cultivé par les compositeurs\nde chansons. Le Recueil d'atrs serieux en contient plusieurs : dès\nla première année, en 1695, on trouve un \" air paysan \" de la Barre\n(p. 180). En 1707, dans le volume qui renferme celui de Rameau, il y a\n\n1 Recueil d'airs serieux et à boire, de différents autheurs, Paris, Christophe Ballard, 1695-1724, trente\nvolumes in-40 oblong. Le recueil paraissait en livraisons mensuelles, réunies en volume à la fin de chaque\nannée. Je publierai très prochainement une étude d'ensemble sur cette curieuse collection."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6, "texte": "RAMEAU"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "un Air Paysan de Messieurs Bouvard et Cochereau. L'année 1713 en\nfournit quatre, l'année 1715, sept. On en trouve jusqu'à la disparition du\nRecueil1 et la collection qui y fait suite, les Meslanges de Musique Latine,\nFrançoise et Italienne, en contient encore des spécimens.2\nL'air paysan^généralement en duo,3 est ainsi nommé parce qu'il\nmet en scène des paysans parlant le jargon du village. On y voit\n\" Chariot \", \" Piarot \", \" Lucas \" et \" Cathereine \", plaisanter gaillarde-\nment à grand renfort de \" morgué \" et de \" palsangué \". Les paroles sont\nnaturellement comiques et le plus souvent bachiques : presque tous les\nairs paysans sont, comme celui de Rameau, des airs à boire. Voici\nd'ailleurs les paroles du morceau qui nous occupe ; elles peuvent être\nprises comme type du genre.\nLucas, pour se gausser de nous,\nFait frême4 d'agasser nôtre jeune Voiseine,\nEt palsangué je voyons bien tretoush\nQu'il nen veut qu'à nôtre chopeine.\nQu'il se tremouse avec Catin,\nMorgué, je ri en ferons 6\nMais, s'il viant goûter notre vin\nPour nous gausser de ly, tapons sur sa bedeine,\nmorguèy tapons\nTels sont les vers qui ont inspiré Rameau. Ils sont anonymes et\nrien ne nous porte à croire qu'il en soit l'auteur. Sa musique nous\nintéresse davantage. C'est un duo pour dessus et basse, avec accompagne-\nment de basse-continue. Le style ne diffère pas de celui de tous les duos\nde cette époque. La coupe présente la disposition si souvent employée\nde l'air à deux parties, dont chacune est répétée (AA BB), avec une\ncourte répétition conclusive qui vient s'ajouter à la seconde reprise de B.\nLes modulations sont extrêmement simples et suivent une marche qui est\nd'usage courant, dans les airs de ce genre. A se termine à la dominante,\net B, avant de revenir au ton, passe par le relatif mineur. Chaque phrase\ndébute par une esquisse d'imitation qui se résout généralement dans une\n\n1 Années 1697, 1705, 1711* *7î6, 1717, 1718, 1719* 1 17^4-\n2 Années 1727, 172 g, 1730, 1731.\n3On trouve dans le volume de 1713 (p. 36) un Trio paysan de Lemaire.\n4 Pour fait frime, c'est-à-dire fait semblant.\n6 Forme renforcée de tous, encore assez fréquente dans les auteurs du XVIe siècle.\n6 Nous nen ferons pas mine, c'est-à-dire nous ne nous en fâcherons pas."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.64", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2770, "texte": "écriture plus harmonique. Çà et là, sur des mots caractéristiques (chopine,\ntrémousse), une vocalise rapide qui anime l'ensemble et favorise l'indé-\npendance des deux voix. L'inspiration est franchement populaire, comme\nil convenait. Mais il semble que l'on puisse reconnaître dans ce petit\nmorceau quelques-unes des meilleures qualités de Rameau, la franchise\ndu geste, la verve vigoureuse, la plénitude dans la sobriété. L'intérêt\nmusical ne faiblit pas un seul instant et l'entrain ne fait que croître. La\nbasse-continue, qui, pendant la première moitié du morceau, se confondait\navec la seconde voix, s'en distingue vers le milieu et prend jusqu'à la\nfin de plus en plus d'importance. Elle paraît être destinée à dépeindre\nles coups de gourdin qui vont pleuvoir sur la \" bedaine\" de Lucas : cette\nmontée diatonique de notes répétées, c'est la correction qui commence,\nle bâton qui menace, se lève et se met en train ; ces batteries de tierces\nponctuées par des octaves significatives, cette grimpade endiablée des\narpèges qui commentent \" morgué tapons \", nous montrent le pauvre\nLucas rossé de main de maître ; à la fin, pour corser la deuxième reprise\net terminer en pleine animation, les croches se mettent de la partie et se\nprécipitent par grandes gammes descendantes qui dégringolent toujours\nde plus haut : c'est une véritable grêle de coups qui s'abat sur la panse\ndu mal-appris.\nVoici la reproduction intégrale du texte donné par le Recueil de\nBallard.\nCe morceau paraît avoir eu un certain succès, car on le retrouve au\ntome vii (p. 68 et suiv.) du Nouveau publié à\nLa Haye chez Jean Neaulme en 1736.1 II porte comme titre: Duo\npaïsan. De Mr. Rameau.ll est donné sans basse-continue, comme les\nautres pièces du recueil, et présente avec le texte ci-dessus de très légères\nvariantes relatives aux agréments du chant et à l'orthographe des paroles.\nNous en avons encore une autre reproduction, assez semblable à celle de\nNeaulme, dans un Recueil de Duo Serieux et a Boire... tirés des meilleurs\nauteurs anciens et Par M. X.(Amsterdam, s. d., livre premier,\np. 21-24).8\n\n1 II faut dire que ce Nouveau recueil fait de larges emprunts aux recueils de Ballard.\n2 Un exemplaire de ce recueil se trouve dans la bibliothèque de M. Henry Prunières. Enfin, il existe une\ncopie manuscrite du duo de Rameau, sans la basse-continue, dans les Fragmens provenant du don de la famille\nDecroix et conservés à la Bibliothèque Nationale sous la cote Vm7 3620. Cette copie, dont le titre (Duo paysan\npar M. Rameau) ne suffisait peut-être pas à prouver l'authenticité, était déjà connue de M. Ecorcheville et son\nexistence avait été signalée, avec celle d'autres fragments u non encore identifiés par M. Lionel de La\nLaurencie (S. I. M., juin 1907, p. 591}.\nA A. A"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.16", "titre_corps": "RECUEIL D'AIRS SERIEUX ET A BOIRE, DE DIFFERENTS AUTEURS, IMPRIME AU MOIS DE FEVRIER 1707.", "titre_sommaire": "RECUEIL D'AIRS SERIEUX ET A BOIRE, DE DIFFERENTS AUTEURS, IMPRIME AU MOIS DE FEVRIER 1707.", "signature_source": "Paul-Marie Masson", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "RECUEIL D'AIRS\nSERIEUX ET A BOIRE,\nDE DIFFERENTS AUTEURS,\nIMPRIME AU MOIS DE FEVRIER 1707.\n\nAIR A BO 1 Kl, DE MONSIEUR RAMEAU.\nb'E V X ? 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En septembre 1706, Rameau, organiste des\nJésuites de la rue Saint-Jacques et des Pères de la Merci, avait concouru\npour l'orgue de Sainte-Madeleine de la Cité. Ayant mérité le poste, il\ndut le refuser, car la fabrique s'opposait à tout cumul et exigeait qu'il\nabandonnât les deux orgues qu'il possédait déjà. A partir de ce moment,\ntous ses biographes perdent sa trace jusqu'au 27 mars 1709, date à\nlaquelle nous le retrouvons à Dijon, prenant la succession de son père\ncomme organiste de Notre-Dame.1 Qu'est devenu Rameau de septembre\n1706 à mars 1709? Quand a-t-il quitté Paris? Deux petits faits fournis\npar le Recueil de Ballard nous permettent d'avancer un hypothèse assez\nprobable. L'air publié en février 1707 fait déjà supposer qu'à cette date\nRameau est encore à Paris. Et une annonce insérée dans le de\nl'année suivante donne à croire qvi'en juillet 1708 il tenait encore les\ndeux orgues qu'il avait en 1706. On lit en effet, au bas de la Table de\nla livraison de juillet 1708: \"Les Pièces de Clavecin2 par Monsieur\nRameau, Organiste des RR. PP. Jésuites et de la Mercy; se vendent\ngravées, 1 livre 15 sols. \" Sans doute, on pourrait supposer que l'air\npublié en février 1707 a paru après le départ de Rameau, soit qu'il ait\nété déposé chez Ballard quelques mois auparavant, soit qu'il été envoyé\nde province. On pourrait dire aussi que l'annonce de juillet 1708 ne fait\nque reproduire une indication fournie par le titre de 1706.3 Mais, en\nl'absence de toute autre donnée, il est plus vraisemblable d'admettre,\njusqu'à plus ample information, que Rameau n'a quitté Paris qu'à la fin\nde 1708 ou au début de 1709.\nJ'ai été tout naturellement amené à dépouiller le reste du\nsérieux et a boire^et les volumes de qui le continuent, pour\nvoir s'il ne s'y trouverait pas d'autres œuvres de Rameau. Il y en a\neffectivement une seconde qui porte son nom; mais nous la connaissions\n\n1 Michel Brenet, La Jeunesse de Rameau, Rivista musicale italiana, 1902, p. 862.\n2 II s'agit du Premier lï<vre de pièces de clavecin, paru en 1706.\n3 Toutefois, je crois que dans ce cas on aurait mis devant le mot organiste, selon l'usage du temps, la\nlocution cy-devant.\n4 Sauf les années 1722 et 1723 qui manquent à la Bibliothèque Nationale (à parties livraisons de\njanvier et de juin 1722) ainsi que l'année 1726 des Meslanges."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.69", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "déjà par une autre source. Elle se trouve dans l'année 1719 du Recueil\n(livraison de novembre, p. 222). Elle est intitulée CANON\nDE M. RAMEAU, et porte en sous-titre TRIO. Les canons, assez fréquents\ndans le Recueil,y apparaissent dès la 5e année (en 1699), où l'on trouve\ntrois \" canons à Trois,\" un \" canon à quatre \" et un \" canon à cinq.\" A la\nsuite de ce dernier (p. 84), on peut lire la note suivante. \" Le lecteur est\nprié de faire attention que ces Airs en Canons sont excellents, et qu'il ne\nsont imprimez dans aucuns Livres ; c'est pour cette raison qu'on rapporte\nquelquefois d'anciens Airs pour satisfaire plusieurs personnes qui les\nrecherchent tous les jours.\" Ces canons sont extrêmement courts. Les\nquelques paroles qui servent de prétexte au chant les rangent dans la\ncatégorie des airs à boire.\" Buvons, Buvons, Buvons, Amis, Buvons, \"\nTel est tout le poème du canon de l'année 171 5 (p. 222) et en 1710 un\n\" canon à quatre\" (p. 182), particulièrement développé, se déroulait sur\nces trois vers :\nVersez tout plein\nDe ce bon vin,\nPour boire à la santé de ma Catin.\nCe sont des canons à l'unisson ou à l'octave, imprimés en notation\nabrégée.1 Celui de Rameau est aussi un air à boire, mais sa construction\nmusicale est beaucoup plus compliquée : c'est un canon \" à la quarte,\"\nc'est-à-dire où les répétitions successives du chant se font à une quarte\nau-dessus les unes des autres, chacune se trouvant ainsi dans un ton\nnouveau, jusqu'au moment où, après avoir parcouru le cercle des tonalités,\non revient dans le ton primitif. Ce n'est plus simplement un canon\n\" perpétuel,\" c'est un canon \" circulaire,\" comme on\ndisait dans les anciens traités.2 Voici d'ailleurs le texte donné par le\nRecueil de Ballard :\n\n1 C'est-à-dire en écrivant une seule partie vocale et en y marquant par des signes les points où les autres\nparties doivent entrer. C'est ce qu'on appelait dans le langage de l'école canon clausus ou canone in corpo, par\nopposition au canon apertus ou canone in partito.\n2 On trouve un \"Canon a 2. Per tonos\" dans VOffrande musicale de Jean-Sébastien Bach, n° 3,\ncanon viii."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.70", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "CANON A LA QUARTE DE M. RAMEAU\nCeux qui ont lu le Fraité de /'harmonie réduite à ses Principes naturels\nconnaissent deja ce morceau. Il y est donné en effet comme exemple de\ncanon à la quarte. 1 Auparavant, Rameau explique en ces termes la nature\net les difficultés de ce genre de composition : \" L'on peut encore prendre\ncette Fugue perpétuelle 2 à la Quinte ou à la Quarte, en observant que\nchaque Partie fasse entendre le même Chant ; mais il faut ici que l'Air\nsoit entièrement imaginé et que l'on ajoute des Diezes ou des Bémols selon\nle cas, aux Nottes dont les degrés naturels empêcheraient aux Parties, qui\nrépètent cet Air, de se conformer en tout au premier Chant composé,\nsans avoir égard à aucune Modulation, mais seulement au chant, ce qui\nen augmente beaucoup la difficulté ; car à chaque fois qu'une Partie\nreprend la Fugue,elle entre dans un nouveau ton, qui est à la Quinte, si\nla Fugue se prend à la Quinte ; et à la Quarte, si elle se prend à la Quarte.\nAu reste, si le nombre des Parties n'est pas limité dans le Canon précé-\n\n1 Livre 111, p. 362.\n2 Synonyme de canon, comme on voit p. 35 9 : \" Il y a une autre espèce de Fugue qu'on nomme perpétuelle,\nou Canon, lesquelles consistent en un Air entier, dont le Chant doit être répété très régulièrement par toutes les\nparties"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.71", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2250, "texte": "dent, 1 nous ne croyons pas que l'on puisse en employer ici plus de quatre,\npuisque même il n'en a point encore paru de la sorte à quatre Parties 2\nCe passage prouve qu'en publiant pour la première fois ce canon à la\nquarte en trio dans le Recueil de Ballard, Rameau avait conscience d'affir-\nmer son habileté de contrapontiste.\nQuelles conséquences peut-on tirer de cette publication pour la\nbiographie de Rameau ? Sur les pages blanches qui attendent encore\nl'histoire des années 1715 k 1722, nous devons nous contenter d'écrire cet\nunique petit fait :En novembre 1719 Rameau publie dans le Recueil\nd'airs sérieux et a boire,imprimé à Paris, un canon qu'il citera comme\nexemple, en 1722, dans son Traité de Où était-il à cette date ?\nOn ne peut le dire avec certitude. Il n'est pas impossible qu'il fût alors\nen province, à Clermont par exemple, comme le voudrait M. Henri\nQuittard, 3 et qu'il ait envoyé son œuvre à Ballard. Il se peut aussi qu'après\nle mariage de son frère (janvier 1715) il ait quitté Dijon pour Paris et\nqu'il soit resté dans la capitale de 171 5 à 1720. Il venait de Lyon, où il\navait passé toute l'année 1714, 4et Dijon était sur sa route. Déplus, dans\nles vers souvent cités de la Raméide, son neveu semble bien faire allusion\nà un retour à Paris :\nMon père eut pour son lot la province en partage,\nEt mon oncle à Paris fixa son héritage.\nIl se peut enfin qu'il fût simplement de passage à Paris en novembre\n1719.\nQuoi qu'il en soit, les deux petites œuvres qu'il a publiées, àl2 ans\nde distance, dans le Recueil d'airs sérieu semblent résumer les\npréoccupations de Rameau pendant cette obscure période qui précède son\nétablissement définitif à Paris en 1722. Il sait qu'il sera créateur : dans\nson Air paysan^comme dans ses premières pièces de clavecin, comme\ndans ses cantates, qui restent manuscrites, nous le voyons disposé à faire\nœuvre d'artiste, à cultiver les genres à la mode. Mais le meilleur de son\nactivité n'est pas là : le subtil exercice d'école publié dès 1719 et qui aura\n\n1 Le canon à l'octave, dont il vient de parler.\n2 Livre 111, p. 360.\n8 Les années de jeunesse de J. Ph. Rameau,, Revue musicale, 1902, p. 166.\n4 Léon Vallas, La musique à Lyon au dix-huitième siècle, t. I, p. 35 et suiv.\n3"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.72", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "sa place dans le Traité de Vharmonie nous rappelle qu'à cette époque Rameau\nest avant tout préoccupé d'approfondir les règles de son art et d'en\ndécouvrir les principes. 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C'est de la folie ! En vrai précurseur,\nBach pressentait le piano moderne et c'est en vue de celui-ci qu'il a écrit\nses œuvres magnifiques d'ailleurs inexécutables sur les vieilles boîtes de\njadis\nIl faut croire que les temps ont changé. A l'heure actuelle ce pro-\nblème est traité par les musiciens et les musicographes des plus sérieux\navec gravité et passion. MM. Albert Schweizer, Richard Buchmeyer,\nKarl Nef, Seiffert, Lucien Greilsamer ont consacré à ce sujet des études\napprofondies, sans parler des innombrables articles dans les journaux\nquotidiens, où cependant nous voyons traîner encore les vieux lieux\ncommuns, dont nous ont nourris les virtuoses, les fabricants et les profes-\nseurs de piano tout le long du XIXe siècle. Seul Rubinstein semblait ne\npoint partager cet engouement général pour notre instrument moderne.\n\" Non, dit-il, le piano perfectionné n'est pas un progrès pour exécuter\nles œuvres anciennes... Puisque les œuvres de telle ou telle époque ont"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.74", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "été conçues pour les instruments qui existaient alors et qu'elles devaient\nen recevoir leur expression complète, je pense que ces œuvres perdent\nplutôt à être jouées sur les instruments d'à présent\".\n\"Je ne peux m'empêcher de croire, continue-t-il, que le piano de\nBach avait des dispositions spéciales qui lui donnaient\nsonorité. Je me sens toujours tenté de registrer ces œuvres au moyen\ndes différents touchés et de différentes pédales... Seulement nous ne\npouvons pas nous rendre un compte exact de ces clavecins, clavicordes,\nclavicembalos et épinettes. Nous ne connaissons pas non plus la chose la\nplus importante pour en bien juger, c'est-à-dire la manière de s'en servir\"...1\nNous commençons heureusement à nous rendre un compte plus\nou moins exact de tous ces instruments de jadis et même à connaître la\nmanière de s'en servir. Et s'il m'arrive de rencontrer encore des accusa-\ntions dans le genre de celle-ci :\" le cla de Mme Landowska n'est pas,\ncomme elle l'annonce, un cembalo, c'est tout simplement une spinett \"\n(authentique), les musiciens cultivés cessent de jeter dans la même\nboîte à vieille ferraille, les luths, les clavecins, les épinettes et tous les\nautres confidents de nos plus grands maîtres du passé.2\n\nQUEL ÉTAIT L'INSTRUMENT DE PRÉDILECTION DE\nJEAN SEBASTIEN BACH?\nAu dernier Tiach-Festde 1908 le prof. Richard Buchmayer a lu une\ncommunication 3 à ce sujet qui a provoqué une polémique assurément trop\nviolente dans les pages du Bulletin Mensuel International de notre\nSociété. Cette polémique est loin d'être terminée. M. Buchmayer a\nvoulu prouver que c'est le clavicorde qui fut le favori de Jean Seb. Bach\net il appuie cette affirmation sur la sympathie qu'auraient manifesté à\n\n1 Antoine Rubinstein. La musique et ses représentants. 1892.\n2 Les fêtes qui vont être données à Duisburg, sous le patronage de la Neue Bachgeselhchaft, ramèneront\nl'intérêt des musiciens sur ces vieux instruments, le clavecin et le clavicorde, dont il convient de prendre la\ndéfense contre certaines attaques injustifiées. On sait que le propre du clavecin est de pincer les cordes sous la\npression d'une plume, ou d'une languette de cuir, ce qui donne une sonorité brillante. Le clavicorde, au\ncontraire, frappe la corde par une tige de métal, ancêtre du marteau de notre piano 5 le son en est voilé, doux et\nsentimental. Les historiens n'ont pas encore décrit comme il conviendrait les diverses espèces de ces instruments\ndisparus : le manicordion, le harpsichord, le virginal, Pépinette, le clavicythérium...\n3 Cette conférence a paru dans le Bach-Jahrbuch 1908 : Rie h. Buchmayer. Cembalo oder Pianoforte."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 21, "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.75", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "l'égard de cet instrument, Kuhnau, Fischer et Mattheson et sur le peu\nd'intérêt que le clavecin leur aurait inspiré.\nJ'ai une admiration très sincère pour la science et le grand talent de\nM. Buchmayer dont l'exécution de musique ancienne m'a ravie, je suis\neil outre très sensible à l'amitié dont il m'honore et au bien qu'il a dit de\nmoi dans cette même conférence. Je suis donc d'autant plus navrée de ne\npouvoir partager ses avis et de trouver son argumentation bien insuffi-\nsante.\nEn admettant même que quelques-uns de ses prédécesseurs aient\npréféré le clavicorde à tout autre instrument, d'où la preuve que Bach\ndevait nécessairement avoir le même goût ? D'ailleurs Mattheson n'est\npoint un ennemi du clavecin, comme on voudrait nous le faire croire.\n\" Les Vollsthmmigen Claviere,dit-il, en italien Cembali,\nen français Clavessins, Clavecins restent cependant les maîtres de tous les\ninstruments et il faut y comprendre les ou les épinettes de\ntoutes les façons, de toutes les grandeurs, les régales, les positifs et enfin\nles clavicordes tant aimés par certains, petits et grands ; et parmi tout cela\nles clavecins et les clavicordes retiennent le record... Le clavecin, con-\ntinue-t-il, nous offre un instrument indispensable d'accompagnement\npour la musique d'église, de théâtre et de chambre et on a le droit de\ns'étonner qu'on conserve encore ici dans les églises les insupportables\nrégales, tandis que Pharmonie bourdonnante\nun effet infiniment plus beau sur le chœur \".\nQuant à Joh. Gaspar Ferdinand Fischer, il écrit dans sa dédicace,\nque ses pièces sont composées pour le \" clavicordium oder Instrument \",\net M. Buchmayer veut en conclure qu'il avait une hostilité contre\nle clavecin. Or le mot Instrument signifiait précisément le clavecin. Je prie\nmon antagoniste et ami, (pardon, mon ami et antagoniste,) de n'avoir aucun\ndoute là-dessus, il n'aura d'ailleurs qu'à consulter le titre original du\nvolume, où il trouvera en grandes lettres : \" Les Pièces de com-\nposées par Jean Gaspard Fischer \".\nIl est vrai que Mattheson recommande le clavicorde pour les pièces\ngalantes, mais le caractère de ses Suites est bien différent de celles de Bach.\nEt en général il n'est pas dit que l'instrument de prédilection d'un\ncompositeur doit être nécessairement celui de tous ses contemporains.\nPhilippe Emmanuel, par exemple, recommande le clavicorde comme\nl'instrument idéal d'étude et Marpurg trouve le clavecin préférable."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.76", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "Au moment où le clavicorde est très en vogue en Allemagne, les\nitaliens et les français ne veulent point l'admettre et le\nSciences du XVIIIe siècle écrit :\nles tons graves du clavicorde ont un son de\nchaudron et les aigus n'en ont point du tout ; cet instrument ne peut\nguère avoir plus de trois octaves dont le son soit agréable. Il sert\nà accompagner les petites voix, mais ne doit pas être réuni avec d'autres\ninstruments dans un concert, il n'a pas assez de force pour se faire\nentendre ! \"\nM. Buchmayer cite cependant un extrait de de\nJacob Adlung, d'après lequel un clavicorde pouvait se faire entendre\nparmi plusieurs violons.\nIl n'y a rien d'aussi flexible et d'accommodant que citations ;\nc'est cependant la base de toute recherche, dont le résultat peut nous être\nlivré par les citations. Quand nous aurons rassemblé toutes les données\net tous les détails, nous pourrons alors juger à l'aise. Et voici pourquoi\nM. Buchmayer et le docteur Nef, qui tous deux, se basant sur des\ndocuments différents arrivent à des conclusions opposées, ne font point\nde l'érudition puérile ; chacun d'eux apporte des pierres pour bâtir le\nphare qui nous éclairera sur certains problèmes, encore un peu obscurs.\n\nL'EXPRESSIVITÉ DU CLAVECIN\nLe prof. Buchmayer attache une grande importance à l'indication\nque nous trouvons dans le titre des In \" et principale-\nment pour arriver àun jeu chantant et expressif\".1 II y voit une preuve\nindiscutable que ces pièces étaient composées en vue du clavicorde, cet\ninstrument étant plus chantant que le clavecin, ce qui ne doit pas\nnous empêcher d'y voir une preuve contraire.\nOn n'écrit pas des volumes d'études spéciales dans le seul but de\nfaire tirer des sons flûtés de la flûte. Le clavicorde étant de sa nature un\ninstrument chantant, il ne fallait point de grandes études préparatoires\npour arriver à en tirer des sonorités expressives. Tandis que le seul défaut\ndu clavecin consistait précisément dans ce que les exécutants peu habiles\n\n' Eine Çantable Art im Sfielen zu erlangen"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.77", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "tombaient facilement dans la sécheresse, et à l'exemple de son père,\nPhilippe Emmanuel, ainsi que Quantz et Marpurg, ne cesse de recom-\nmander en premier lieu à tout claveciniste le jeu chantant et expressif.\n\" Le clavecin est parfait quant à son étendue et brillant par luy-\nmême, écrit Couperin, mais comme on ne peut enfler ny diminuer ses\nsons, je sçauray toujours gré à ceux qui, par un art infini soutenu par le\ngoût., pourront arriver a rendre cet instrum c'est à\nquoy mes ancêtres se sont appliqués\nComme vous voyez, l'indication de Couperin est identique à celle\nde J. S. Bach et comme elle se rapporte au clavecin, celle des Inventions\nne vise certainement pas le clavicorde.\nOn a voulu souvent nous faire croire que le clavecin était totalement\ndénué d'expression et pour le prouver on se contentait de quelque citation\ndécoupée et arrangée pour la circonstance. Le plus souvent Couperin en\nfaisait les frais. Les Marmontel, les Méréaux, les Le Couppey, et après eux\nles fabricants de notices à encyclopédies n'avaient qu'à citer le passage :\n\" comme on ne peut enfler ni diminuer ses sons \", en enlevant tout ce\nqui précédait et tout ce qui suivait, pour y voir une plainte inconsolable\nde ces pauvres musiciens de jadis se lamentant sur l'impuissance de leurs\nclavecins. Mais Couperin adorait son instrument et ne se lassait point\nde le répéter dans chacune de ses préfaces. \"Le clavecin, dit-il, a, dans\nson espèce, un brillant et une netteté qu'on ne trouve guère dans les\nautres instruments \". 1 Et le roi des instruments à touches est considéré\nnon seulement comme excellent, mais comme parfait. Déjà au dix-\nseptième siècle Jean Denis l'appelle \" le plus bel instrument du monde et\nle plus parfait\".2 Le Père Mersenne dans son\nraconte : \" après avoir oui le clavecin touché par le sieur de Chambonnières,\nj'en peux exprimer mon sentiment qu'en disant qu'il ne fault plus rien\nentendre après, soit qu on désire les et les belles parties de\nl'harmonie meslées ensemble, ou la beauté des mouvements... \"\nLes poètes comme Shakespeare et La Fontaine chantent les beautés du\nclavecin. Et même quand, vers la fin du XVIIIe siècle, le clavicorde devient\nà la mode en Allemagne comme se prêtant bien au genre de musique\ngalante de caractère doux et sentimental qu'on écrivait alors, les musiciens\nne cessent point d'avoir le clavecin en très haute estime. Il suffit pour\n\n1 François Couperin. Pièces de clavecin. 1713.\n2 Jean Denis. Sur l'accord de Tespinette. 1650."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.78", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "cela de consulter les écrits de Philippe Emmanuel, Quantz et Marpurg.\nMais au lieu de cela, on préfère souvent avoir recours à quelque citation\nafin de soutenir ce lieu commun que les anciens étaient mécontents de\nleurs instruments inexpressifs et rêvaient un Pleyel ou un Steinway. Et\ncette rengaine me poursuit de ville en ville et je suis toujours sûre, après\nchacun de mes concerts, de la trouver sous la plume de quelque grave\ncritique musical.\nLa sécheresse et le manque d'expression du clavecin ne peut être que\nla conséquence d'une exécution imparfaite. Il est vrai, que faire chanter\nle clavecin et en tirer des sonorités moelleuses n'est pas chose bien facile\net les anciens considéraient cela comme le plus grand art.\n\" Non, Mattheson, écrit un de ses admirateurs, c'est trop ! Tu n'est\ndonc plus content\n\" De charmer les esprits, d'enchanter nos oreilles,\n\" De rendre sous tes mains un clavecin parlant... \" 1\nRendre un clavecin parlant ou chantant voici le grand art, voici le\ngrand mérite d'un musicien de l'époque et c'est à celui-ci que fait allusion\nJean Sébastien Bach dans son indication aux\nDe ce qu'il fallait du goût et de l'art pour obtenir le beau chant\nau clavecin, M. Buchmayer tire aussi la conclusion que cet instrument\nétait absolument inexpressif. Une fois ce principe posé il s'étonne qu'on\npuisse admettre que la musique de Bach, toute faite de sentiment, s'accom-\nmode du clavecin. Mais le cantor d'Eisenach n'a pas été le seul de son\népoque à faire de la musique expressive. Puisque toute l'œuvre des\nclavecinistes français, italiens et anglais se trouvait bien à l'aise sur cet\ninstrument il ne devait pas en être autrement pour celle de Bach. Nous\nn'avons pas de peine à croire qu'il possédait \" assez d'art et assez de\ngoût \" pour rendre son Cembalochantant et expressif à l'égal d'un\nCouperin ou d'un Frescobaldi.\nJ'ai remarqué au cours de mes voyages que le clavecin rencontrait\ndes antagonistes principalement parmi les pianistes.\nL'embarras de se procurer un instrument difficile à manier, et d'ac-\nquérir une technique spéciale, en chassant la force accumulée dans les bras\njusque dans les bouts des doigts pour en faire de petits marteaux, ne sont\n\n1 Mattheson. Das beschûtzte Orchestre. Hamburg, 1717."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.79", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "pas les seuls mobiles de cette méfiance manifestée par les pianistes à\nl'égard de la renaissance des instruments anciens. Il y a des raisons plus\ngraves, plus profondes. Quand on s'est habitué dès l'enfance à entendre\ncertaines œuvres au piano, quand les oreilles se sont faites durant toute\nune vie aux sons de cet instrument, il est assez naturel qu'on éprouve au\npremier abord un certain choc, quand les mêmes pièces sont exécutées\navec des sonorités absolument différentes. Nos oreilles sont au premier\nabord trop surprises par ces timbres argentins, par ces accords métalliques,\ntrop éblouies par cet éclat lumineux et par ce bourdonnement mystérieux\npour pouvoir suivre l'idée mélodique et en ressentir l'expression. Notre\ngoût, régi en premier lieu par l'habitude, se révolte parfois; mais je pourrais\nciter parmi les plus fervents actuels du clavecin, des gens qui lui étaient\nau commencement rebelles. Et voici pourquoi je suis assez sceptique\nquand quelqu'un me dit avec gravité préférer la sonorité du piano à\ncelle du clavecin ; peut il être sûr que son goût ne changera pas et que\ndemain ses préférences n'iront pas ailleurs ? Dois-je être à la merci de la\nbonne ou mauvaise disposition et du caprice de quelque musicien ou de\nquelque critique ? Car vouloir prouver que la sonorité du piano est en\nelle-même plus belle que celle du clavicorde ou du clavecin serait une\ntâche aussi oiseuse que de se battre pour la supériorité de la flûte sur le\nviolon.\nLe clavicorde, le clavecin, le vieux piano-forte et notre piano moderne\nsont tous des instruments admirables. Il s'agit seulement de jouer sur\nchacun d'eux des œuvres qui lui sont appropriées, et, en les maniant avec\nscience, on tirera de chacun d'eux sa beauté et son expressivité par-\nticulières.\n\nLE CLAVECIN ET LE CLAVICORDE\nNon seulement Rubinstein, mais tous les grands pianistes ont\ntoujours été tentés de registrer les œuvres de Bach et, chose bizarre, tout\nen affirmant que le grand Cantor avait écrit ses Clavierstticke en vue de\nnotre piano moderne, ils les trouvent conçus dans le style de l'orgue.\nJ'ai déjà démontré par ailleurs l'inanité de cette accusation. 1 \"Unter\n\n1 Wanda Lando<ws%a. Musique ancienne, Paris Mercure de France 1909. p. 113-117."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.80", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "Orgel und Clavicimbal keinen Unterschied zu machen \" était le plus\ngrand outrage pour un compositeur ou pour un exécutant.\nCependant ces grands pianistes avaient complètement raison les\nœuvres de Bach exigent des registres, seulement, pas ceux de l'orgue.\nEst-ce ceux du clavicorde ? Cet instrument n'en possédait point ; c'est\ndonc ceux du cembalo.Le clavicorde n'était pas un instrument de grande\nparade, on ne confiait à sa sonorité douce que des sentiments intimes.\n\" Celui qui n'éclate pas et ne s'emporte jamais avec force et avec fureur,\ndit Schubart, 2 celui dont le cœur ne s'adonne pas aux douces rêveries\npassera à côté du clavecin et du piano-forte et prendra un clavicorde de\nFrik, Spath ou Stein. \"\nComme le cœur de Bach ne s'adonnait pas exclusivement aux douces\nrêveries, comme il savait s'emporter souvent avec force et fureur\npourquoi admettre que cet instrument \" timide, mélancolique et infini-\nment doux \" fut son seul favori, son seul confident ?\nOn trouverait certes dans l'œuvre de Bach quelques pièces s'adaptant\nau clavicorde, comme par exemple le prélude en mi bémol min. ou celui\nen dodieze-min. du Clavecin bien tempéré ; mais les préludes en en\ndo dieze maj.,en ré maj.,en ré min.,(du premier volume) et tant d'autres,\nmorceaux de grande virtuosité, exigeant du brillant et de l'éclat quelle\ntriste figure feraient-ils sur l'instrument \" timide et mélancolique ! \"\nL'expérience n'est pas difficile à faire et plus d'une fois j'ai eu l'accasion\nde le constater.\nEt quel effet produira par exemple la fugue pompeuse en ré\nqui ressemble tant à une ouverture française ; et le prélude en do maj.\nd nt les harpègements appellent le clavecin ; et le prélude en ré (du\nII vol.) fougueux, tumultueux et rempli d'effets des claviers croisés ; et\nla fugue en mi min. énergiquement rythmée et la fugue étincelante en\nsol maj. (du II vol.) ; et le Concerto italien et la Fantaisie chromatique et\ntoutes les Fantaisies et toutes les Toccates !\nMais ces œuvres et, à peu d'exceptions près toute l'œuvre de Bach\nexigent les nombreux registres du clavecin avec ses sons flûtés, ses\nincisions fines, son ferraillement superbe et ses bruissements mystérieux\net toute la richesse dans l'opposition des sonorités qui lui ont valu le\nnom d' \" orchestre d'instruments à cordes\n\n1 Quantz. Versuch, XVIII.\n2 Ch. F. D. Schubart. Ideen zu einer Aesthetik der Tonkunst. Wien 1806."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.81", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "Et mon ami M. Buchmayer voudrait faire supporter au doux et\ntimide clavicorde le poids d'idées aussi larges, aussi puissantes et aussi\nemportées que celles du grand Cantor !\n\nLA “BEBUNG”\nQuand on est assez familiarisé avec le clavicorde et le clavecin on\nfinit par distinguer facilement quelle œuvre se prête mieux à l'un ou\nà l'autre. Mais il y a encore une indication qui ne trompe jamais.\nEn pressant la touche du clavicorde on peut obtenir l'effet le plus\ncaractéristique pour cet instrument, d'ailleurs exquis, une sorte de\nvibrato, de battement redoublé sur une même note que nous pouvons\nobtenir aussi sur notre piano en répétant les coups de pédale et\nen pressant la touche sans la quitter, mais qui était inexécutable sur le\nclavecin. Les clavicordistes employaient fréquemment cet ornement\nappelé Bebung et les clavecinistes, bien entendu, jamais.\nComment expliquer que dans les œuvres à claviers de Bach la\nJBebung, l'effet principal du clavicorde, ne se rencontre point ? N'est-ce\npas une preuve suffisante du peu d'intérêt qu'il pouvait porter à cet\ninstrument ?\n\nLES INSTRUMENTS AYANT APPARTENU A\nJEAN SEBASTIEN BACH\nDans l'extrait de l'inventaire fait après la mort du Cantor nous\ntrouvons des clavecins, des épinettes et point de clavicorde.\ni fournirt Clavecin, welches bei der Familie so viel\nmôglich bleiben soll 80\n1 Clavecin 50\n1 ditto 50\n1 ditto 50\n1 ditto kleiner 20\n1 Lauten Werck 30\n1 ditto 30\n1 Steinerische Violine 8"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.82", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "i Violoncello 6\ni ditto 16\ni Viola da Gamba 3\n1 Laute 21\n1 Spinettgen 3\nDonc, cinq clavecins et une épinette sans compter les trois clavecins\nà pédales dont il fit cadeau de son vivant à Jean Chrétien.\nM. Buchmayer devant des témoignages aussi frappants se demande\ns'il n'y a pas erreur commise par le notaire. Nous tombons alors avec\nlui dans le domaine trop vaste de la supposition. Or, n'oublions pas que\nla famille assistait à l'inventaire et que la différence entre un clavecin et\nun clavicorde est trop flagrante, le premier étant un grand instrument à\nqueue et le second une petite caisse carrée. D'ailleurs puisque l'épinette\navait été taxée à 3 d., un clavicorde n'aurait jamais atteint le prix de\n80, 50 et même de 20 d.\nC'est cependant surprenant, on veut nous convaincre que\nl'instrument favori de Bach fut le clavicorde et nous n'en trouvons point\nde trace. Par contre nous pouvons constater que la valeur de ses clavecins\nreprésentait au moins le quart de sa fortune. Nous savons en outre qu'il\nse servait d'un clavecin dans la Thomas-Kirche pour accompagner les\nrécitatifs dans les Cantates, et que l'accord de cet instrument était confié\nà Philippe Emmanuel.\nA l'heure actuelle nous pouvons admirer encore deux clavecins qui\nlui ont appartenu : l'un au Musée des instruments anciens à Berlin\net l'autre au Musée d'Eisenach.\nOù sont les clavicordes ?\n\nUN AIR DE CORNEMUSE\nIl y a une vieille anecdote très populaire au dix-huitième siècle, celle\nd'un soldat qui passant par une forêt s'assit sous un arbre pour prendre quel-\nque nourriture. Il tira de sa besace du pain et du fromage, mais à peine eut-\nil commencé d'en goûter qu'il aperçut deux loups dont la mine affamée\nl'avertissait qu'ils voulaient prendre part au régal. Pour les empêcher de\nl'approcher de trop près il leur jeta plusieurs morceaux jusqu'à ce que\ntout fût mangé. Ne sachant plus quoi faire pour leur échapper il s'avisa"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.83", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "de jouer de sa cornemuse et à peine eut-il commencé que les loups épou-\nvantés prirent la fuite. Le soldat dit alors : \"Oh ! si j'avais su que la\nmusique vous faisait tant de plaisir, vous l'auriez eu avant le repas\nSi les petits loups qui veulent déchirer mon clavecin ne se contentent\npas des miettes que je viens de leur jeter, je connais des airs de cornemuse\nqui les feront fuire à tout jamais... Ce sont les titres authentiques de\nBach.\nDe son vivant il n'a publié que quelques volumes dont les exem-\nplaires revus et corrigés se trouvent au British Muséum à Londres.\nLe Deuxième volume de cette publication porte une indication bien\nprécise : \" ein Concerto nach Italienischen Gusto und eine Ouverture\nnach franzôsischer Art vor ein G/avicymbel \".\nPlus de doute que le Concerto italien et X Ouverture française sont\nécrits pour le clavecin.\nDans le quatrième volume nous trouvons une recommandation qui\nn'est pas moins nette : \" Arie mit verschiedenen Veraenderungen vors\nClavicymbel mit 2 éManualen\".\nLes Suites Anglaises^d'après le prof. Buchmayer, ne peuvent d'aucune\nfaçon s'adapter au clavecin.\nIl suffit de consulter l'autographe pour que toute hésitation soit dis-\nsipée, car il porte le titre suivant, écrit de la main du Cantor : \" Six\nSuittes avec leurs Préludés pour le claves par Jean Sebast... \"1\nLes Suites françaises portent dans l'autographe le titre suivant : \" Sex\nSuiten pour le Clavecin composée par Mon. J. S. Bach 3\nNous trouvons encore une nouvelle confirmation dans le Clavier-\nBûchlein de Anna Magdalene de 1722 où Bach a de sa propre main\ninscrit au-dessus de la suite 111 :\n\"pour le clavessin par J. S. Bach \" ;\nau-dessus de la suite IV :\n\" Suite ex Dis pour le Clavessin\"\net au-dessus de la cinquième :\n\" Suite pour le Clavessin ex G#\n\n1 L'autogr. se trouve en possession de Jos: Hauser à Carlsruhe (v, B. G.).\n3 Le Rust-Hagener'sche Autograph contient la première, deuxième, troisième et quatrième suites françaises\ncomplètes et en plus 2 suites en la min. et en mi bem. maj. {B. G.)."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.84", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "Dans le Notenbuch de Anna Magdalene de 1725 nous lisons encore:\n\" XXX. Suite I pour le clavessin par J. S. Bach\n\" XXXI. Suite II pour le clavessin par J. S. Bach \".\n\" XXYII. Solo per il cembalo\nLe Clavierbuchlein et le Notenbuch n'étaient pas prédestinés à l'édition,\nmais à l'exécution dans l'intimité. Devant un témoignage aussi flagrant,\ndevant une recommandation aussi nette et précise de Bach lui-même\nexigeant qu'on joue ses suites au clavecin, il me semble que toute discus-\nsion devient puérile.\nNous manquons d'indications pour les Partitas. Elles ont parues du\nvivant de Bach dans le premier volume de Le mot\nchez Bach n'est qu'un terme général, qui se rapporte à tout instrument à\nclavier aussi bien au clavecin qu'à l'orgue. Ainsi le deuxième volume des\nClavierùbungen contient des pièces pour Claloicymbel\net le troisième des pièces pour l'orgue. Cependant, puisque Bach exige\nle clavecin pour ses suites il n'y a pas de raison pour que les Partitas,\ndont le caractère est intermédiaire entre celui des suites françaises et\nanglaises nécessitât un instrument différent. Certains morceaux, comme par\nexemple la Gigue de la Partita en si s'imposent particulièrement\nau clavecin ; c'est là une typique pièce croisée dans le genre de celles de\nScarlatti ou de Couperin, qui doit être jouée sur deux claviers. 1\nL'autographe de la Chr manque, et nous ne devons\npoint nous étonner de trouver dans la plus ancienne copie du 1730 le\ntitre suivant : Fantasia chromatica pro\nL'autographe de la Fantaisie en manque de première page,\nnous trouvons l'indication per il cembalo sur une vieille copie.\nLa Toccata en ré maj.porte dans la copie de Sara Levy le titre :\n\" Toccata-Cembalo.\nLa Toccata en sol maj.dans la copie de Gerber : \" Concerto sur\nToccata pour le clavecin \".\nOuverture en fa maj.dans la copie de l'organiste hambourgeois\nWestphal : \" Ouverture per il clavicembalo \".\nDans la sonate len sol maj.et dans la 111 en pour clavier\net viola da Gamba nous trouvons le titre écrit de la main propre de\nBach : Sonata a cembalo et viola \" da Gamba \".\n\n1 Voir la préface au 3e livre des pièces de Couperin."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.85", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "Dans d'autres autographes nous lisons :\n\" Sonata a cembalo obligatoe Traverso Solo \".\n\" Sei Sonate a cembaloconcertato e violino solo \".\n\" Sonata a I Traverso e cembalo obligato\n\" Concerto a cembalo concertato\" etc.\nEn général tous les concertos et toutes les pièces de musique de\nchambre portent soit dans les autographes, soit dans les premières copies\nl'indication du cembalo, qui entre aussi dans les cantates pour accom-\npagner les récitatifs. Dans la Passio l'air de la basse\n\" Betrachte meine Seele \" peut être accompagné soit par l'orgue, soit par\nle clavecin, (organo o cembalo obligato). Dans le Trio de\nle continuo a été réalisé par Kirnberger en vue du cembalo.\nQue nous reste donc de l'œuvre de Bach, où le clavecin ne soit pas\nnettement indiqué ? Le Wolhtemperiertes et les et ;\nmais le clavicorde n'y est pas désigné non plus, car le mot \" Clavier \" chez\nBach est un terme général, se rapportant à tous les instruments\nà clavier, même à l'orgue. Puisque nous ne trouvons dans ces\npièces la moindre trace de la \" Bebung \" puisque plusieurs entre elles,\ncomme je l'ai déjà indiqué plus haut, inexécutables sur le petit instrument\ndoux et mélancolique, ayant un caractère large, puissant et décoratif,\nie ne vois vraiment pas, à quel titre nous allons les attribuer au clavicorde\nQuant aux fugues du Wolhtemperiertes il est de toute évidence\nqu'elles étaient destinées au clavecin, celui-ci étant avec l'orgue le seul\ninstrument se prêtant le mieux au style polyphonique, grâce à ses registres\net à son double clavier. Je me rappelle une lettre de Mozart que je regrette\nde ne pas avoir sous la main et où le jeune Wolfgang raconte à son père\navoir joué sur un clavecin à double clavier, sur un de ces instruments,\ndit-il, sur lesquels on joue si bien les \" fugues 1\nMais ne soyons pas trop durs dans la discussion surtout quand nos\nadversaires sont nos amis, que nous estimons et admirons ; faisons donc\n\n1 Au temps de Haydn et de Mozart, à mesure que la musique se simplifiait et perdait son caractère polypho-\nnique, le double clavier et les registres commençaient à devenir superflus et Ton se servait des clavecins à un\nclavier et, en Allemagne, du clavicorde qui revint à la mode avec Philippe Emmanuel, ainsi que du piano-forte\nqui menaçait déjà de détrôner ses prédécesseurs."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.86", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "les concessions les plus larges et admettons pour l'instant que certains\npréludes et certaines inventions aient été écrites pour le clavicorde. Il\nn'en reste pas moins certain que l'instrument favori de Bach, et en vue\ndu quel il composa l'immense partie de son œuvre, a été le clavecin.\n\nCONCLUSION\nWanda Landowska.\nJe vois le sourire de certains professionnels : \" Que nous importe,\nsi Bach a écrit pour le clavecin, ou pour le clavicorde. C'est de la pédan-\nterie !\" Pour une personne sale, celui qui se lave les mains, est un pédant.\nEt puis, que nous importe, disent-ils, si les pièces de Bach sont pour le\nclavecin ou pour le clavicorde, du moment que, de toute façon, nous les\njouons, nous, sur le piano ?\nMême pour une interprétation sur notre piano moderne, il est\nde toute importance de savoir en vue de quel instrument l'œuvre a été\nconçue, afin d'obtenir, dans la mesure du possible, les sonorités et les\neffets qui étaient dans l'intention de l'auteur. Et, à la question que se\nposaient les grands pianistes, comme par exemple Rubinstein : com-\nment registrer les œuvres Bach ? nous pouvons répondre maintenant.\n\" Il faut tâcher d'obtenir sur le piano, autant que possible, tous les\neffets du clavecin.\" Car on peut, à la rigueur, jouer Bach au piano, mais\non doit le jouer au clavecin. Certains interprètes soignent la virtuosité ;\nd'autres le sentiment ; mais on fait peu de cas encore du caractère, de\nl'ambiance, des sonorités particulières et du style de l'époque. La spéciali-\nsation n'existe presque pas dans le monde des interprètes et nous sommes\nréduits aux médecins de village qui soignent toutes les maladies : Scarlatti,\nBrahms, Cabzon, Bach, Beethoven, Schumann, Liszt, Chopin, jusqu'aux\nauteurs les plus modernes. Mais les temps changeront, ils changent déjà.\nTout en reconnaissant la richesse d'un cadre Louis XV, nous nous gardons\nbien d'en orner un tableau primitif, comme nous ne mettrions pas une\ngravure du 18e siècle dans un cadre style sécession, fût-il même plus beau\nque les anciens. Tôt ou tard nous sentirons qu'une œuvre musicale ne\npeut retrouver son véritable caractère et sa véritable beauté que sur\nl'instrument qui l'a inspirée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.2", "titre_corps": "CLAVECIN OU PIANO DANS L'EXÉCUTION DES ŒUVRES DE BACH?", "titre_sommaire": "CLAVECIN OU PIANO DANS L'EXÉCUTION DES ŒUVRES DE BACH?", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "CLAVECIN OU PIANO DANS L'EXÉCUTION DES ŒUVRES\nDE BACH?\nA mon ami Georges Pioch.\nSi quelqu'un, il y a dix ans seulement, avait osé poser une question\nsemblable on lui aurait ri au nez : \" Comment ! préférer un clavecin à\nnotre instrument perfectionné ! C'est de la folie ! En vrai précurseur,\nBach pressentait le piano moderne et c'est en vue de celui-ci qu'il a écrit\nses œuvres magnifiques d'ailleurs inexécutables sur les vieilles boîtes de\njadis\nIl faut croire que les temps ont changé. A l'heure actuelle ce pro-\nblème est traité par les musiciens et les musicographes des plus sérieux\navec gravité et passion. MM. Albert Schweizer, Richard Buchmeyer,\nKarl Nef, Seiffert, Lucien Greilsamer ont consacré à ce sujet des études\napprofondies, sans parler des innombrables articles dans les journaux\nquotidiens, où cependant nous voyons traîner encore les vieux lieux\ncommuns, dont nous ont nourris les virtuoses, les fabricants et les profes-\nseurs de piano tout le long du XIXe siècle. Seul Rubinstein semblait ne\npoint partager cet engouement général pour notre instrument moderne.\n\" Non, dit-il, le piano perfectionné n'est pas un progrès pour exécuter\nles œuvres anciennes... Puisque les œuvres de telle ou telle époque ont"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.74", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "été conçues pour les instruments qui existaient alors et qu'elles devaient\nen recevoir leur expression complète, je pense que ces œuvres perdent\nplutôt à être jouées sur les instruments d'à présent\".\n\"Je ne peux m'empêcher de croire, continue-t-il, que le piano de\nBach avait des dispositions spéciales qui lui donnaient\nsonorité. Je me sens toujours tenté de registrer ces œuvres au moyen\ndes différents touchés et de différentes pédales... Seulement nous ne\npouvons pas nous rendre un compte exact de ces clavecins, clavicordes,\nclavicembalos et épinettes. Nous ne connaissons pas non plus la chose la\nplus importante pour en bien juger, c'est-à-dire la manière de s'en servir\"...1\nNous commençons heureusement à nous rendre un compte plus\nou moins exact de tous ces instruments de jadis et même à connaître la\nmanière de s'en servir. Et s'il m'arrive de rencontrer encore des accusa-\ntions dans le genre de celle-ci :\" le cla de Mme Landowska n'est pas,\ncomme elle l'annonce, un cembalo, c'est tout simplement une spinett \"\n(authentique), les musiciens cultivés cessent de jeter dans la même\nboîte à vieille ferraille, les luths, les clavecins, les épinettes et tous les\nautres confidents de nos plus grands maîtres du passé.2"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.3", "titre_corps": "QUEL ÉTAIT L'INSTRUMENT DE PRÉDILECTION DE JEAN SEBASTIEN BACH?", "titre_sommaire": "QUEL ÉTAIT L'INSTRUMENT DE PRÉDILECTION DE JEAN SEBASTIEN BACH?", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.74", "debut_caractere": 1245, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "QUEL ÉTAIT L'INSTRUMENT DE PRÉDILECTION DE\nJEAN SEBASTIEN BACH?\nAu dernier Tiach-Festde 1908 le prof. Richard Buchmayer a lu une\ncommunication 3 à ce sujet qui a provoqué une polémique assurément trop\nviolente dans les pages du Bulletin Mensuel International de notre\nSociété. Cette polémique est loin d'être terminée. M. Buchmayer a\nvoulu prouver que c'est le clavicorde qui fut le favori de Jean Seb. Bach\net il appuie cette affirmation sur la sympathie qu'auraient manifesté à\n\n1 Antoine Rubinstein. La musique et ses représentants. 1892.\n2 Les fêtes qui vont être données à Duisburg, sous le patronage de la Neue Bachgeselhchaft, ramèneront\nl'intérêt des musiciens sur ces vieux instruments, le clavecin et le clavicorde, dont il convient de prendre la\ndéfense contre certaines attaques injustifiées. On sait que le propre du clavecin est de pincer les cordes sous la\npression d'une plume, ou d'une languette de cuir, ce qui donne une sonorité brillante. Le clavicorde, au\ncontraire, frappe la corde par une tige de métal, ancêtre du marteau de notre piano 5 le son en est voilé, doux et\nsentimental. Les historiens n'ont pas encore décrit comme il conviendrait les diverses espèces de ces instruments\ndisparus : le manicordion, le harpsichord, le virginal, Pépinette, le clavicythérium...\n3 Cette conférence a paru dans le Bach-Jahrbuch 1908 : Rie h. Buchmayer. Cembalo oder Pianoforte."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.75", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "l'égard de cet instrument, Kuhnau, Fischer et Mattheson et sur le peu\nd'intérêt que le clavecin leur aurait inspiré.\nJ'ai une admiration très sincère pour la science et le grand talent de\nM. Buchmayer dont l'exécution de musique ancienne m'a ravie, je suis\neil outre très sensible à l'amitié dont il m'honore et au bien qu'il a dit de\nmoi dans cette même conférence. Je suis donc d'autant plus navrée de ne\npouvoir partager ses avis et de trouver son argumentation bien insuffi-\nsante.\nEn admettant même que quelques-uns de ses prédécesseurs aient\npréféré le clavicorde à tout autre instrument, d'où la preuve que Bach\ndevait nécessairement avoir le même goût ? D'ailleurs Mattheson n'est\npoint un ennemi du clavecin, comme on voudrait nous le faire croire.\n\" Les Vollsthmmigen Claviere,dit-il, en italien Cembali,\nen français Clavessins, Clavecins restent cependant les maîtres de tous les\ninstruments et il faut y comprendre les ou les épinettes de\ntoutes les façons, de toutes les grandeurs, les régales, les positifs et enfin\nles clavicordes tant aimés par certains, petits et grands ; et parmi tout cela\nles clavecins et les clavicordes retiennent le record... Le clavecin, con-\ntinue-t-il, nous offre un instrument indispensable d'accompagnement\npour la musique d'église, de théâtre et de chambre et on a le droit de\ns'étonner qu'on conserve encore ici dans les églises les insupportables\nrégales, tandis que Pharmonie bourdonnante\nun effet infiniment plus beau sur le chœur \".\nQuant à Joh. Gaspar Ferdinand Fischer, il écrit dans sa dédicace,\nque ses pièces sont composées pour le \" clavicordium oder Instrument \",\net M. Buchmayer veut en conclure qu'il avait une hostilité contre\nle clavecin. Or le mot Instrument signifiait précisément le clavecin. Je prie\nmon antagoniste et ami, (pardon, mon ami et antagoniste,) de n'avoir aucun\ndoute là-dessus, il n'aura d'ailleurs qu'à consulter le titre original du\nvolume, où il trouvera en grandes lettres : \" Les Pièces de com-\nposées par Jean Gaspard Fischer \".\nIl est vrai que Mattheson recommande le clavicorde pour les pièces\ngalantes, mais le caractère de ses Suites est bien différent de celles de Bach.\nEt en général il n'est pas dit que l'instrument de prédilection d'un\ncompositeur doit être nécessairement celui de tous ses contemporains.\nPhilippe Emmanuel, par exemple, recommande le clavicorde comme\nl'instrument idéal d'étude et Marpurg trouve le clavecin préférable."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.76", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "Au moment où le clavicorde est très en vogue en Allemagne, les\nitaliens et les français ne veulent point l'admettre et le\nSciences du XVIIIe siècle écrit :\nles tons graves du clavicorde ont un son de\nchaudron et les aigus n'en ont point du tout ; cet instrument ne peut\nguère avoir plus de trois octaves dont le son soit agréable. Il sert\nà accompagner les petites voix, mais ne doit pas être réuni avec d'autres\ninstruments dans un concert, il n'a pas assez de force pour se faire\nentendre ! \"\nM. Buchmayer cite cependant un extrait de de\nJacob Adlung, d'après lequel un clavicorde pouvait se faire entendre\nparmi plusieurs violons.\nIl n'y a rien d'aussi flexible et d'accommodant que citations ;\nc'est cependant la base de toute recherche, dont le résultat peut nous être\nlivré par les citations. Quand nous aurons rassemblé toutes les données\net tous les détails, nous pourrons alors juger à l'aise. Et voici pourquoi\nM. Buchmayer et le docteur Nef, qui tous deux, se basant sur des\ndocuments différents arrivent à des conclusions opposées, ne font point\nde l'érudition puérile ; chacun d'eux apporte des pierres pour bâtir le\nphare qui nous éclairera sur certains problèmes, encore un peu obscurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.4", "titre_corps": "L'EXPRESSIVITÉ DU CLAVECIN", "titre_sommaire": "L'EXPRESSIVITÉ DU CLAVECIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.76", "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "L'EXPRESSIVITÉ DU CLAVECIN\nLe prof. Buchmayer attache une grande importance à l'indication\nque nous trouvons dans le titre des In \" et principale-\nment pour arriver àun jeu chantant et expressif\".1 II y voit une preuve\nindiscutable que ces pièces étaient composées en vue du clavicorde, cet\ninstrument étant plus chantant que le clavecin, ce qui ne doit pas\nnous empêcher d'y voir une preuve contraire.\nOn n'écrit pas des volumes d'études spéciales dans le seul but de\nfaire tirer des sons flûtés de la flûte. Le clavicorde étant de sa nature un\ninstrument chantant, il ne fallait point de grandes études préparatoires\npour arriver à en tirer des sonorités expressives. Tandis que le seul défaut\ndu clavecin consistait précisément dans ce que les exécutants peu habiles\n\n' Eine Çantable Art im Sfielen zu erlangen"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.77", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "tombaient facilement dans la sécheresse, et à l'exemple de son père,\nPhilippe Emmanuel, ainsi que Quantz et Marpurg, ne cesse de recom-\nmander en premier lieu à tout claveciniste le jeu chantant et expressif.\n\" Le clavecin est parfait quant à son étendue et brillant par luy-\nmême, écrit Couperin, mais comme on ne peut enfler ny diminuer ses\nsons, je sçauray toujours gré à ceux qui, par un art infini soutenu par le\ngoût., pourront arriver a rendre cet instrum c'est à\nquoy mes ancêtres se sont appliqués\nComme vous voyez, l'indication de Couperin est identique à celle\nde J. S. Bach et comme elle se rapporte au clavecin, celle des Inventions\nne vise certainement pas le clavicorde.\nOn a voulu souvent nous faire croire que le clavecin était totalement\ndénué d'expression et pour le prouver on se contentait de quelque citation\ndécoupée et arrangée pour la circonstance. Le plus souvent Couperin en\nfaisait les frais. Les Marmontel, les Méréaux, les Le Couppey, et après eux\nles fabricants de notices à encyclopédies n'avaient qu'à citer le passage :\n\" comme on ne peut enfler ni diminuer ses sons \", en enlevant tout ce\nqui précédait et tout ce qui suivait, pour y voir une plainte inconsolable\nde ces pauvres musiciens de jadis se lamentant sur l'impuissance de leurs\nclavecins. Mais Couperin adorait son instrument et ne se lassait point\nde le répéter dans chacune de ses préfaces. \"Le clavecin, dit-il, a, dans\nson espèce, un brillant et une netteté qu'on ne trouve guère dans les\nautres instruments \". 1 Et le roi des instruments à touches est considéré\nnon seulement comme excellent, mais comme parfait. Déjà au dix-\nseptième siècle Jean Denis l'appelle \" le plus bel instrument du monde et\nle plus parfait\".2 Le Père Mersenne dans son\nraconte : \" après avoir oui le clavecin touché par le sieur de Chambonnières,\nj'en peux exprimer mon sentiment qu'en disant qu'il ne fault plus rien\nentendre après, soit qu on désire les et les belles parties de\nl'harmonie meslées ensemble, ou la beauté des mouvements... \"\nLes poètes comme Shakespeare et La Fontaine chantent les beautés du\nclavecin. Et même quand, vers la fin du XVIIIe siècle, le clavicorde devient\nà la mode en Allemagne comme se prêtant bien au genre de musique\ngalante de caractère doux et sentimental qu'on écrivait alors, les musiciens\nne cessent point d'avoir le clavecin en très haute estime. Il suffit pour\n\n1 François Couperin. Pièces de clavecin. 1713.\n2 Jean Denis. Sur l'accord de Tespinette. 1650."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.78", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "cela de consulter les écrits de Philippe Emmanuel, Quantz et Marpurg.\nMais au lieu de cela, on préfère souvent avoir recours à quelque citation\nafin de soutenir ce lieu commun que les anciens étaient mécontents de\nleurs instruments inexpressifs et rêvaient un Pleyel ou un Steinway. Et\ncette rengaine me poursuit de ville en ville et je suis toujours sûre, après\nchacun de mes concerts, de la trouver sous la plume de quelque grave\ncritique musical.\nLa sécheresse et le manque d'expression du clavecin ne peut être que\nla conséquence d'une exécution imparfaite. Il est vrai, que faire chanter\nle clavecin et en tirer des sonorités moelleuses n'est pas chose bien facile\net les anciens considéraient cela comme le plus grand art.\n\" Non, Mattheson, écrit un de ses admirateurs, c'est trop ! Tu n'est\ndonc plus content\n\" De charmer les esprits, d'enchanter nos oreilles,\n\" De rendre sous tes mains un clavecin parlant... \" 1\nRendre un clavecin parlant ou chantant voici le grand art, voici le\ngrand mérite d'un musicien de l'époque et c'est à celui-ci que fait allusion\nJean Sébastien Bach dans son indication aux\nDe ce qu'il fallait du goût et de l'art pour obtenir le beau chant\nau clavecin, M. Buchmayer tire aussi la conclusion que cet instrument\nétait absolument inexpressif. Une fois ce principe posé il s'étonne qu'on\npuisse admettre que la musique de Bach, toute faite de sentiment, s'accom-\nmode du clavecin. Mais le cantor d'Eisenach n'a pas été le seul de son\népoque à faire de la musique expressive. Puisque toute l'œuvre des\nclavecinistes français, italiens et anglais se trouvait bien à l'aise sur cet\ninstrument il ne devait pas en être autrement pour celle de Bach. Nous\nn'avons pas de peine à croire qu'il possédait \" assez d'art et assez de\ngoût \" pour rendre son Cembalochantant et expressif à l'égal d'un\nCouperin ou d'un Frescobaldi.\nJ'ai remarqué au cours de mes voyages que le clavecin rencontrait\ndes antagonistes principalement parmi les pianistes.\nL'embarras de se procurer un instrument difficile à manier, et d'ac-\nquérir une technique spéciale, en chassant la force accumulée dans les bras\njusque dans les bouts des doigts pour en faire de petits marteaux, ne sont\n\n1 Mattheson. Das beschûtzte Orchestre. Hamburg, 1717."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.79", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "pas les seuls mobiles de cette méfiance manifestée par les pianistes à\nl'égard de la renaissance des instruments anciens. Il y a des raisons plus\ngraves, plus profondes. Quand on s'est habitué dès l'enfance à entendre\ncertaines œuvres au piano, quand les oreilles se sont faites durant toute\nune vie aux sons de cet instrument, il est assez naturel qu'on éprouve au\npremier abord un certain choc, quand les mêmes pièces sont exécutées\navec des sonorités absolument différentes. Nos oreilles sont au premier\nabord trop surprises par ces timbres argentins, par ces accords métalliques,\ntrop éblouies par cet éclat lumineux et par ce bourdonnement mystérieux\npour pouvoir suivre l'idée mélodique et en ressentir l'expression. Notre\ngoût, régi en premier lieu par l'habitude, se révolte parfois; mais je pourrais\nciter parmi les plus fervents actuels du clavecin, des gens qui lui étaient\nau commencement rebelles. Et voici pourquoi je suis assez sceptique\nquand quelqu'un me dit avec gravité préférer la sonorité du piano à\ncelle du clavecin ; peut il être sûr que son goût ne changera pas et que\ndemain ses préférences n'iront pas ailleurs ? Dois-je être à la merci de la\nbonne ou mauvaise disposition et du caprice de quelque musicien ou de\nquelque critique ? Car vouloir prouver que la sonorité du piano est en\nelle-même plus belle que celle du clavicorde ou du clavecin serait une\ntâche aussi oiseuse que de se battre pour la supériorité de la flûte sur le\nviolon.\nLe clavicorde, le clavecin, le vieux piano-forte et notre piano moderne\nsont tous des instruments admirables. Il s'agit seulement de jouer sur\nchacun d'eux des œuvres qui lui sont appropriées, et, en les maniant avec\nscience, on tirera de chacun d'eux sa beauté et son expressivité par-\nticulières."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.5", "titre_corps": "LE CLAVECIN ET LE CLAVICORDE", "titre_sommaire": "LE CLAVECIN ET LE CLAVICORDE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.79", "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "LE CLAVECIN ET LE CLAVICORDE\nNon seulement Rubinstein, mais tous les grands pianistes ont\ntoujours été tentés de registrer les œuvres de Bach et, chose bizarre, tout\nen affirmant que le grand Cantor avait écrit ses Clavierstticke en vue de\nnotre piano moderne, ils les trouvent conçus dans le style de l'orgue.\nJ'ai déjà démontré par ailleurs l'inanité de cette accusation. 1 \"Unter\n\n1 Wanda Lando<ws%a. Musique ancienne, Paris Mercure de France 1909. p. 113-117."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.80", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "Orgel und Clavicimbal keinen Unterschied zu machen \" était le plus\ngrand outrage pour un compositeur ou pour un exécutant.\nCependant ces grands pianistes avaient complètement raison les\nœuvres de Bach exigent des registres, seulement, pas ceux de l'orgue.\nEst-ce ceux du clavicorde ? Cet instrument n'en possédait point ; c'est\ndonc ceux du cembalo.Le clavicorde n'était pas un instrument de grande\nparade, on ne confiait à sa sonorité douce que des sentiments intimes.\n\" Celui qui n'éclate pas et ne s'emporte jamais avec force et avec fureur,\ndit Schubart, 2 celui dont le cœur ne s'adonne pas aux douces rêveries\npassera à côté du clavecin et du piano-forte et prendra un clavicorde de\nFrik, Spath ou Stein. \"\nComme le cœur de Bach ne s'adonnait pas exclusivement aux douces\nrêveries, comme il savait s'emporter souvent avec force et fureur\npourquoi admettre que cet instrument \" timide, mélancolique et infini-\nment doux \" fut son seul favori, son seul confident ?\nOn trouverait certes dans l'œuvre de Bach quelques pièces s'adaptant\nau clavicorde, comme par exemple le prélude en mi bémol min. ou celui\nen dodieze-min. du Clavecin bien tempéré ; mais les préludes en en\ndo dieze maj.,en ré maj.,en ré min.,(du premier volume) et tant d'autres,\nmorceaux de grande virtuosité, exigeant du brillant et de l'éclat quelle\ntriste figure feraient-ils sur l'instrument \" timide et mélancolique ! \"\nL'expérience n'est pas difficile à faire et plus d'une fois j'ai eu l'accasion\nde le constater.\nEt quel effet produira par exemple la fugue pompeuse en ré\nqui ressemble tant à une ouverture française ; et le prélude en do maj.\nd nt les harpègements appellent le clavecin ; et le prélude en ré (du\nII vol.) fougueux, tumultueux et rempli d'effets des claviers croisés ; et\nla fugue en mi min. énergiquement rythmée et la fugue étincelante en\nsol maj. (du II vol.) ; et le Concerto italien et la Fantaisie chromatique et\ntoutes les Fantaisies et toutes les Toccates !\nMais ces œuvres et, à peu d'exceptions près toute l'œuvre de Bach\nexigent les nombreux registres du clavecin avec ses sons flûtés, ses\nincisions fines, son ferraillement superbe et ses bruissements mystérieux\net toute la richesse dans l'opposition des sonorités qui lui ont valu le\nnom d' \" orchestre d'instruments à cordes\n\n1 Quantz. Versuch, XVIII.\n2 Ch. F. D. Schubart. Ideen zu einer Aesthetik der Tonkunst. Wien 1806."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.81", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 200, "texte": "Et mon ami M. Buchmayer voudrait faire supporter au doux et\ntimide clavicorde le poids d'idées aussi larges, aussi puissantes et aussi\nemportées que celles du grand Cantor !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.6", "titre_corps": "LA “BEBUNG”", "titre_sommaire": "LA “BEBUNG”", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.81", "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "LA “BEBUNG”\nQuand on est assez familiarisé avec le clavicorde et le clavecin on\nfinit par distinguer facilement quelle œuvre se prête mieux à l'un ou\nà l'autre. Mais il y a encore une indication qui ne trompe jamais.\nEn pressant la touche du clavicorde on peut obtenir l'effet le plus\ncaractéristique pour cet instrument, d'ailleurs exquis, une sorte de\nvibrato, de battement redoublé sur une même note que nous pouvons\nobtenir aussi sur notre piano en répétant les coups de pédale et\nen pressant la touche sans la quitter, mais qui était inexécutable sur le\nclavecin. Les clavicordistes employaient fréquemment cet ornement\nappelé Bebung et les clavecinistes, bien entendu, jamais.\nComment expliquer que dans les œuvres à claviers de Bach la\nJBebung, l'effet principal du clavicorde, ne se rencontre point ? N'est-ce\npas une preuve suffisante du peu d'intérêt qu'il pouvait porter à cet\ninstrument ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.7", "titre_corps": "LES INSTRUMENTS AYANT APPARTENU A JEAN SEBASTIEN BACH", "titre_sommaire": "LES INSTRUMENTS AYANT APPARTENU A JEAN SEBASTIEN BACH", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.81", "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "LES INSTRUMENTS AYANT APPARTENU A\nJEAN SEBASTIEN BACH\nDans l'extrait de l'inventaire fait après la mort du Cantor nous\ntrouvons des clavecins, des épinettes et point de clavicorde.\ni fournirt Clavecin, welches bei der Familie so viel\nmôglich bleiben soll 80\n1 Clavecin 50\n1 ditto 50\n1 ditto 50\n1 ditto kleiner 20\n1 Lauten Werck 30\n1 ditto 30\n1 Steinerische Violine 8"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.82", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "i Violoncello 6\ni ditto 16\ni Viola da Gamba 3\n1 Laute 21\n1 Spinettgen 3\nDonc, cinq clavecins et une épinette sans compter les trois clavecins\nà pédales dont il fit cadeau de son vivant à Jean Chrétien.\nM. Buchmayer devant des témoignages aussi frappants se demande\ns'il n'y a pas erreur commise par le notaire. Nous tombons alors avec\nlui dans le domaine trop vaste de la supposition. Or, n'oublions pas que\nla famille assistait à l'inventaire et que la différence entre un clavecin et\nun clavicorde est trop flagrante, le premier étant un grand instrument à\nqueue et le second une petite caisse carrée. D'ailleurs puisque l'épinette\navait été taxée à 3 d., un clavicorde n'aurait jamais atteint le prix de\n80, 50 et même de 20 d.\nC'est cependant surprenant, on veut nous convaincre que\nl'instrument favori de Bach fut le clavicorde et nous n'en trouvons point\nde trace. Par contre nous pouvons constater que la valeur de ses clavecins\nreprésentait au moins le quart de sa fortune. Nous savons en outre qu'il\nse servait d'un clavecin dans la Thomas-Kirche pour accompagner les\nrécitatifs dans les Cantates, et que l'accord de cet instrument était confié\nà Philippe Emmanuel.\nA l'heure actuelle nous pouvons admirer encore deux clavecins qui\nlui ont appartenu : l'un au Musée des instruments anciens à Berlin\net l'autre au Musée d'Eisenach.\nOù sont les clavicordes ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.8", "titre_corps": "UN AIR DE CORNEMUSE", "titre_sommaire": "UN AIR DE CORNEMUSE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.82", "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "UN AIR DE CORNEMUSE\nIl y a une vieille anecdote très populaire au dix-huitième siècle, celle\nd'un soldat qui passant par une forêt s'assit sous un arbre pour prendre quel-\nque nourriture. Il tira de sa besace du pain et du fromage, mais à peine eut-\nil commencé d'en goûter qu'il aperçut deux loups dont la mine affamée\nl'avertissait qu'ils voulaient prendre part au régal. Pour les empêcher de\nl'approcher de trop près il leur jeta plusieurs morceaux jusqu'à ce que\ntout fût mangé. Ne sachant plus quoi faire pour leur échapper il s'avisa"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.83", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "de jouer de sa cornemuse et à peine eut-il commencé que les loups épou-\nvantés prirent la fuite. Le soldat dit alors : \"Oh ! si j'avais su que la\nmusique vous faisait tant de plaisir, vous l'auriez eu avant le repas\nSi les petits loups qui veulent déchirer mon clavecin ne se contentent\npas des miettes que je viens de leur jeter, je connais des airs de cornemuse\nqui les feront fuire à tout jamais... Ce sont les titres authentiques de\nBach.\nDe son vivant il n'a publié que quelques volumes dont les exem-\nplaires revus et corrigés se trouvent au British Muséum à Londres.\nLe Deuxième volume de cette publication porte une indication bien\nprécise : \" ein Concerto nach Italienischen Gusto und eine Ouverture\nnach franzôsischer Art vor ein G/avicymbel \".\nPlus de doute que le Concerto italien et X Ouverture française sont\nécrits pour le clavecin.\nDans le quatrième volume nous trouvons une recommandation qui\nn'est pas moins nette : \" Arie mit verschiedenen Veraenderungen vors\nClavicymbel mit 2 éManualen\".\nLes Suites Anglaises^d'après le prof. Buchmayer, ne peuvent d'aucune\nfaçon s'adapter au clavecin.\nIl suffit de consulter l'autographe pour que toute hésitation soit dis-\nsipée, car il porte le titre suivant, écrit de la main du Cantor : \" Six\nSuittes avec leurs Préludés pour le claves par Jean Sebast... \"1\nLes Suites françaises portent dans l'autographe le titre suivant : \" Sex\nSuiten pour le Clavecin composée par Mon. J. S. Bach 3\nNous trouvons encore une nouvelle confirmation dans le Clavier-\nBûchlein de Anna Magdalene de 1722 où Bach a de sa propre main\ninscrit au-dessus de la suite 111 :\n\"pour le clavessin par J. S. Bach \" ;\nau-dessus de la suite IV :\n\" Suite ex Dis pour le Clavessin\"\net au-dessus de la cinquième :\n\" Suite pour le Clavessin ex G#\n\n1 L'autogr. se trouve en possession de Jos: Hauser à Carlsruhe (v, B. G.).\n3 Le Rust-Hagener'sche Autograph contient la première, deuxième, troisième et quatrième suites françaises\ncomplètes et en plus 2 suites en la min. et en mi bem. maj. {B. G.)."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.84", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "Dans le Notenbuch de Anna Magdalene de 1725 nous lisons encore:\n\" XXX. Suite I pour le clavessin par J. S. Bach\n\" XXXI. Suite II pour le clavessin par J. S. Bach \".\n\" XXYII. Solo per il cembalo\nLe Clavierbuchlein et le Notenbuch n'étaient pas prédestinés à l'édition,\nmais à l'exécution dans l'intimité. Devant un témoignage aussi flagrant,\ndevant une recommandation aussi nette et précise de Bach lui-même\nexigeant qu'on joue ses suites au clavecin, il me semble que toute discus-\nsion devient puérile.\nNous manquons d'indications pour les Partitas. Elles ont parues du\nvivant de Bach dans le premier volume de Le mot\nchez Bach n'est qu'un terme général, qui se rapporte à tout instrument à\nclavier aussi bien au clavecin qu'à l'orgue. Ainsi le deuxième volume des\nClavierùbungen contient des pièces pour Claloicymbel\net le troisième des pièces pour l'orgue. Cependant, puisque Bach exige\nle clavecin pour ses suites il n'y a pas de raison pour que les Partitas,\ndont le caractère est intermédiaire entre celui des suites françaises et\nanglaises nécessitât un instrument différent. Certains morceaux, comme par\nexemple la Gigue de la Partita en si s'imposent particulièrement\nau clavecin ; c'est là une typique pièce croisée dans le genre de celles de\nScarlatti ou de Couperin, qui doit être jouée sur deux claviers. 1\nL'autographe de la Chr manque, et nous ne devons\npoint nous étonner de trouver dans la plus ancienne copie du 1730 le\ntitre suivant : Fantasia chromatica pro\nL'autographe de la Fantaisie en manque de première page,\nnous trouvons l'indication per il cembalo sur une vieille copie.\nLa Toccata en ré maj.porte dans la copie de Sara Levy le titre :\n\" Toccata-Cembalo.\nLa Toccata en sol maj.dans la copie de Gerber : \" Concerto sur\nToccata pour le clavecin \".\nOuverture en fa maj.dans la copie de l'organiste hambourgeois\nWestphal : \" Ouverture per il clavicembalo \".\nDans la sonate len sol maj.et dans la 111 en pour clavier\net viola da Gamba nous trouvons le titre écrit de la main propre de\nBach : Sonata a cembalo et viola \" da Gamba \".\n\n1 Voir la préface au 3e livre des pièces de Couperin."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.85", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "Dans d'autres autographes nous lisons :\n\" Sonata a cembalo obligatoe Traverso Solo \".\n\" Sei Sonate a cembaloconcertato e violino solo \".\n\" Sonata a I Traverso e cembalo obligato\n\" Concerto a cembalo concertato\" etc.\nEn général tous les concertos et toutes les pièces de musique de\nchambre portent soit dans les autographes, soit dans les premières copies\nl'indication du cembalo, qui entre aussi dans les cantates pour accom-\npagner les récitatifs. Dans la Passio l'air de la basse\n\" Betrachte meine Seele \" peut être accompagné soit par l'orgue, soit par\nle clavecin, (organo o cembalo obligato). Dans le Trio de\nle continuo a été réalisé par Kirnberger en vue du cembalo.\nQue nous reste donc de l'œuvre de Bach, où le clavecin ne soit pas\nnettement indiqué ? Le Wolhtemperiertes et les et ;\nmais le clavicorde n'y est pas désigné non plus, car le mot \" Clavier \" chez\nBach est un terme général, se rapportant à tous les instruments\nà clavier, même à l'orgue. Puisque nous ne trouvons dans ces\npièces la moindre trace de la \" Bebung \" puisque plusieurs entre elles,\ncomme je l'ai déjà indiqué plus haut, inexécutables sur le petit instrument\ndoux et mélancolique, ayant un caractère large, puissant et décoratif,\nie ne vois vraiment pas, à quel titre nous allons les attribuer au clavicorde\nQuant aux fugues du Wolhtemperiertes il est de toute évidence\nqu'elles étaient destinées au clavecin, celui-ci étant avec l'orgue le seul\ninstrument se prêtant le mieux au style polyphonique, grâce à ses registres\net à son double clavier. Je me rappelle une lettre de Mozart que je regrette\nde ne pas avoir sous la main et où le jeune Wolfgang raconte à son père\navoir joué sur un clavecin à double clavier, sur un de ces instruments,\ndit-il, sur lesquels on joue si bien les \" fugues 1\nMais ne soyons pas trop durs dans la discussion surtout quand nos\nadversaires sont nos amis, que nous estimons et admirons ; faisons donc\n\n1 Au temps de Haydn et de Mozart, à mesure que la musique se simplifiait et perdait son caractère polypho-\nnique, le double clavier et les registres commençaient à devenir superflus et Ton se servait des clavecins à un\nclavier et, en Allemagne, du clavicorde qui revint à la mode avec Philippe Emmanuel, ainsi que du piano-forte\nqui menaçait déjà de détrôner ses prédécesseurs."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.86", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 301, "texte": "les concessions les plus larges et admettons pour l'instant que certains\npréludes et certaines inventions aient été écrites pour le clavicorde. Il\nn'en reste pas moins certain que l'instrument favori de Bach, et en vue\ndu quel il composa l'immense partie de son œuvre, a été le clavecin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.17.9", "titre_corps": "CONCLUSION", "titre_sommaire": "CONCLUSION", "signature_source": "Wanda Landowska", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.86", "debut_caractere": 303, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "CONCLUSION\nWanda Landowska.\nJe vois le sourire de certains professionnels : \" Que nous importe,\nsi Bach a écrit pour le clavecin, ou pour le clavicorde. C'est de la pédan-\nterie !\" Pour une personne sale, celui qui se lave les mains, est un pédant.\nEt puis, que nous importe, disent-ils, si les pièces de Bach sont pour le\nclavecin ou pour le clavicorde, du moment que, de toute façon, nous les\njouons, nous, sur le piano ?\nMême pour une interprétation sur notre piano moderne, il est\nde toute importance de savoir en vue de quel instrument l'œuvre a été\nconçue, afin d'obtenir, dans la mesure du possible, les sonorités et les\neffets qui étaient dans l'intention de l'auteur. Et, à la question que se\nposaient les grands pianistes, comme par exemple Rubinstein : com-\nment registrer les œuvres Bach ? nous pouvons répondre maintenant.\n\" Il faut tâcher d'obtenir sur le piano, autant que possible, tous les\neffets du clavecin.\" Car on peut, à la rigueur, jouer Bach au piano, mais\non doit le jouer au clavecin. Certains interprètes soignent la virtuosité ;\nd'autres le sentiment ; mais on fait peu de cas encore du caractère, de\nl'ambiance, des sonorités particulières et du style de l'époque. La spéciali-\nsation n'existe presque pas dans le monde des interprètes et nous sommes\nréduits aux médecins de village qui soignent toutes les maladies : Scarlatti,\nBrahms, Cabzon, Bach, Beethoven, Schumann, Liszt, Chopin, jusqu'aux\nauteurs les plus modernes. Mais les temps changeront, ils changent déjà.\nTout en reconnaissant la richesse d'un cadre Louis XV, nous nous gardons\nbien d'en orner un tableau primitif, comme nous ne mettrions pas une\ngravure du 18e siècle dans un cadre style sécession, fût-il même plus beau\nque les anciens. Tôt ou tard nous sentirons qu'une œuvre musicale ne\npeut retrouver son véritable caractère et sa véritable beauté que sur\nl'instrument qui l'a inspirée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.18", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "Gaston Carraud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 759, "texte": "PARIS.\nAvril.\nTrois ouvrages considérables que Paris n'avait pas encore entendus,\nnous ont été offerts presque en même temps, de façon à appeler d'inté-\nressantes comparaisons entre les écoles contemporaines d'ltalie, d'Allemagne\net de France. Une fois encore il est apparu que l'art lui-même admet des\nfrontières, et que si le génie, comme il sied, les passe aisément, il n'en est\npoint de même du simple talent. Je ne vois d'ailleurs aucun inconvénient\nà ce qu'il en soit ainsi. Ne me faites pas dire pour cela que nous ne devons\naucun accueil aux compositeurs étrangers ; j'estime au contraire qu'il est\nfort utile que nous les connaissions le mieux possible, et que nous offrions\nun tour d'hospitalité à chacun de ceux qui se sont fait un nom dans leur\n\n4"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.88", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "pays. Mais il ne faut nous deman-\nder de les comprendre et de les\naimer tout à fait, que s'ils possè-\ndent la puissance de nous imposer\nleur mentalité et leur sensibilité\ntoutes différentes des nôtres, ou\nplutôt s'ils nous laissent sentir, au\ntravers de leur humanité particu-\nlière, ce qu'ils enferment d'huma-\nnité générale. Ils appartiennent\nalors à la famille universelle, et\nnous pouvons les adopter. Autre-\nment, efforçons-nous de les appré-\ncier avec justice, accueillons les\nquand ils le méritent avec\ncourtoisie, et ramenons les chez\neux, sans leur abandonner chez\nnous une place dont les nôtres ont\nbesoin, et qu'ils peuvent remplir\ntout aussi bien, sinon mieux.\nDom Lorenzo Perosi, maître\nde chapelle du Vatican, est sans\ndoute le plus illustre et le plus\nautorisé des compositeurs de musi-\nque religieuse d'aujourd'hui. Si\nnous le comparons à certains de\nses compatriotes, il nous paraîtra\nun sérieux et probe musicien ; il\nnous forcera à reconnaître que\nl'immonde vérisme n'est pas toute\nla musique de l'ltalie, et que ce\npays, qui semble avoir épuisé sa\npart de beauté et n'être plus, dans\nune nature inépuisablement belle,\nque le musée de son miraculeux\npassé, possède encore des hommes\nqui ont le respect de leur art et"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.89", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "même le connaissent un peu. Mais par quel ironie du sort les musiciens\nitaliens qui écrivent de la musique propre, n'écrivent-ils plus que de la\nmusique morte ?\nM. Perosi écrit fort proprement : mais il bâtit mal, et n'orchestre, a\nvrai dire, pas du tout. Ce qui ne serait rien, si du moins on sentait chez\nlui une pensée forte. Ne parlons point de \" suite symphonique \"\npas symphonique le moins du monde : cela n'est assurément pas son\naffaire. Mais l'oratorio ou la cantate : Dies Iste, œuvre estimable et\nd'amples proportions, ne montre que la piété superficielle et familière,\noptimiste et un peu molle, à laquelle s'accoutument les personnes qui\nvivent à l'abri de la vie dans l'intimité du saint lieu. Je ne discute pas la\ntrès sûre sincérité de la foi qui l'inspire : mais c est de la musique de\nreligieux, plutôt que de la musique vraiment religieuse. Quelques pages\nsublimes de Palestrina, que M. Vincent d'lndy est venu faire chanter\nensuite par les élèves de la Scho/a,ont immédiatement fait sentir la diffé-\nrence. Hélas ! non, M. Perosi n'est pas comme on l'avait annoncé le\nsuccesseur des Palestrina et des Carissimi. Il semble aussi éloigné du mys-\nticisme ingénuement passionné d'un César Franck pour ne point parler\nde la profondeur enthousiaste ou douloureuse du protestant Bach. Il est\nle premier des maîtres de chapelle de son temps : mais après avoir anime\nses œuvres de début d'un sentiment vivace, presque dramatique, il n'écrit\nplus que cette musique facile et béate qui est spécialement la musique\ndes maîtres de chapelle. Il a du reste sur la plupart d entre eux 1 avantage\nd'une fraîcheur mélodique parfois plus qu'agréable.\nM. Gustav Mahler est une individualité d'une autre trempe. Il y a\nlongtemps que nous devrions le connaître, et peut-etre est-il de ceux qui\nmériteraient que nous les connussions bien. C'est encore un exemple de\nla bizarrerie de nos chefs d'orchestre. Tandis que depuis des années tous\nles ouvrages de M. Richard Strauss prennent place au répertoire de nos\nconcerts, M. Mahler, qui occupe en Allemagne le théâtre mis à part,\npour lequel il n'écrit point une situation presque égale à celle de\nM. Strauss, ne peut se révéler à nous que dans des conditions anormales,\net ne se révèle qu'avec un ouvrage ancien déjà. Sa deuxième sympho-\nnie, en ut mineur, appartient àsa \" première manière \" —un peu moins"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.90", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "révolutionnaire, au fond, qu'elle n'en a l'air et l'on nous dit qu'il en\nest à la troisième ! C'est donc de cet ouvrage seulement qu'il convient\nque nous parlions, en nous gardant de trop généraliser sur la personnalité\nde l'auteur.\nCe que nous savons, c'est qu'en Autriche et en Allemagne cette\npersonnalité excite des délires d'admiration dont il nous arrive même\ndes échos un peu effarants qu'elle rencontre aussi une de ces opposi-\ntions méprisantes, haineuses, qui nient plutôt encore qu'elles ne discutent.\nA Paris, la deuxième symphonie z. été en somme bien accueillie par le public;\nparmi les musiciens et les critiques je n'ai pas vu que se soient manifestés\nde très grands enthousiasmes, mais les témoignages de répulsion n'ont pas\nmanqué. Evidemment M. Mahler n'a pas le savoir faire de M. Strauss.\nIl me paraît néanmoins plus sympathique. S'il n'a pas le brillant, ni la\nséduction, ni l'esprit, ni l'incomparable couleur orchestrale de son rival,\nil n'a pas non plus ce quelque chose d'équivoque, qui frappe et qui inquiète\ndans presque toutes les compositions de M. Strauss. Il ne flatte aucun de\nnos bas instincts. Il est nerveux, il n'est pas neurasthénique. Il n'a pas de\ngoût, plutôt qu'il n'a mauvais goût.\nM. Casella vous a donné ici même le mois dernier une analyse assez\ncomplète de la deuxième symphonie.J'avoue qu'il ne m'a point fait com-\nprendre quel lien pouvait s'établir entre les différentes parties. Cet amon-\ncellement de choses prodigieusement disparates, pourtant, l'énormité de\nl'œuvre et du matériel sonore qu'elle emploie, n'amènent pas autant de\ntrouble ni d'accablement qu'on le pourrait croire. Tout cela s'ordonne\navec une clarté aveuglante. La construction est assez rude, comme de\nblocs juxtaposés, avec des transitions élémentaires, des contrastes gros et\nfaciles ; mais elle est, quoique peu régulière, largement et solidement\néquilibrée. L'étendue extraordinaire des thèmes, la façon dont M. Mahler,\nà leurs présentations successives, les varie et les enrichit de figures super-\nposées, empêchent quelquefois qu'on ne discerne du premier coup les\nlignes de cette construction. Malheureusement l'invention de ces thèmes\nest en soi d'une extrême insignifiance, volontiers et fâcheusement empha-\ntique. Seul le premier thème du premier morceau sort de la banalité, est\nvraiment une idée : et ce morceau aussi est, à mon sens, le meilleur de la\nsymphonie, avec une partie du lied qui précède le finale. Quant à l'écri-\nture, elle ne dépasse guère les moyens classiques ; et nous serions presque\ntentés, avec nos habitudes d'oreille, de la trouver trop peu garnie. Toute"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.91", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "cette énorme orchestration n'opère que par grossissement du trait, qui\nreste simple, souvent sec et dur. Ce grossissement est dosé avec une\nremarquable sûreté. C'est une orchestration démonstrative, ce n'est pas\nune orchestration \" amusante, \" sauf en quelques passages, cependant, du\nsecond et du troisième morceau. Le goût des instruments à son indéter-\nminé y est caractéristique. Elle n'a pas la vivacité fluide et frémissante\nde celle de M. Strauss, mais elle \" sort \" avec une netteté lumineuse, et\nles oppositions, gradations, préparations des effets de sonorité sont parfai-\ntement ménagées. Ce qui manque partout en cet ouvrage, c'est la beauté.\nIl est franc et sain ; il a de la force ; il a par moments de la grâce ; la\npensée peut en être vaste et pure, probablement sincère : tout cela pour-\ntant, avec un idéal apocalyptique, reste en quelque sorte terre à terre, sent\nl'huile, intéresse, mais ne touche pas. L'énergie se soutient mal, s'échappe\nen cris forcenés, ou retombe à l'apathie d'extases que nous ne nous sentons\npas assez convaincus de partager. Le rythme est actif et vigoureux : mais\non voit toujours à l'horizon un régiment qui passe, ou la brasserie où\nl'on danse.\nM. Mahler ne prit jamais de leçons de Bruckner, c'est entendu : il\nserait déshonoré, paraît-il, si on le pouvait croire l'élève de ce pauvre\nvieux. Il n'en est pas moins, avec des goûts et un tempérament en bien\ndes choses opposés, le véritable continuateur de cet autre symphoniste\nsans mesure. Beaucoup moins wagnérien que lui, beaucoup moins mystique,\net plus lucide, je concède qu'il n'ennuie pas comme lui, parce que son\nécriture est moins touffue, son développement moins scolastique, sa com-\nposition mieux pondérée. Mais il lui reste inférieur par l'émotion, par la\nqualité du sentiment et par l'idée. Peut-être n'obéit-il pas plus que\nBruckner à un désir intéressé d'étonner. Cet appétit du colossal et du\nmêlé semble lui être naturel. Et ce n'est en réalité que l'hypertrophie\nmaladive d'un certain sentiment beethovénien, déjà dévié par Berlioz :\nvéritable mégalomanie, qui fait de tous les compositeurs allemands de ce\nsiècle autant de Bismarck, violents, gonflés d'eux-mêmes et sans scrupules.\nQuant à Schubert, comment a-t-on pu prononcer le nom du plus cordial\net du plus spontané des musiciens à propos de cet art brutal et cérébral,\noù se sent une volonté sans cesse et laborieusement tendue ? Ils se ren-\ncontrent dans l'exploitation du lœndler viennois : voilà tout. Et quelle\naffectueuse poésie Schubert savait y mettre !\nC'est grâce au patronage de la Société des Grandes Auditions que la"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.92", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "symphonie de M. Mabler a pu être jouée aux Concerts Colonne : grâce\naux Amis de la Musique aussi. Les Amis en ont partagé les charges, sans\nque les Grandes Auditions partageassent leur discrétion. Les Amis se sont\nfacilité l'abord de cette œuvre formidable en certaines réunions prélimi-\nnaires, dont l'organisation était fort intelligente. Ils ont en même temps\nentendu pour la première fois la Chorale qu'ils ont fondée,\net qui, sous la direction de M. Gustave Bret, donne déjà les résultats les\nplus remarquables, promettant de rendre à la musique des services pro-\nchains, et les plus efficaces.\nA deux compositeurs qui occupent chacun dans sa patrie une situa-\ntion depuis longtemps prépondérante, les circonstances ont opposé un\njeune Français, qui ne fait que débuter. Sur M. Mariotte et sur les diffi-\ncultés qui s'élevèrent à popos des deux je n'ai rien à vous apprendre :\nles lecteurs de cette revue ont connu l'affaire mieux que personne,\npuisque c'est grâce à l'heureuse intervention de M. Romain Rolland dans\nnotre S. I. éM. qu'elle a enfin reçu une solution pacifique. Rien qu'à la\ndéfense de son ami, M. Richard Strauss a pu comprendre qu'il se couvrait\nnon seulement d'odieux, mais encore de ridicule, ce qui devait lui être\nplus sensible. Il a compris aussi qu'au moment de faire représenter sa\npropre Saloméà l'Opéra, un geste sympathique serait particulièrement\nopportun. Je ne sais pas s'il touche des droits d'auteur à la Gaîté comme\nil fit à Lyon : mais que nous ayons pu entendre la Salomé de M. Mariotte,\nvoilà l'essentiel ; ne parlons plus du reste, qui n'est pas joli.\nPour être tout à fait juste envers la française, il faudrait sans\ndoute oublier la Salomé allemande, œuvre éblouissante d'une personnalité\nla plus audacieuse et la plus dominatrice qui existe dans l'art aujourd'hui.\nAvouons cependant qu'en face de celle de M. Strauss l'œuvre de\nM. Mariotte se tient fort bien. D'abord parce que M. Mariotte est un\nmusicien excellent, solide, élevé et délicat, et pas du tout, M. Rolland\na été le premier à le reconnaître \" l'amateur \" qu'on pouvait craindre.\nEnsuite, le sentiment dans lequel les deux partitions ont été conçues\nest si différent qu'il écarte les comparaisons. M. Strauss, avec une\npuissance, un éclat, une originalité, avec surtout une intensité de vie\nextraordinaires mais d'une vie tout extérieure a encore exaspéré le"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.93", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2733, "texte": "goût exécrable du texte d'Oscar Wilde, ce qu'il présente d'artificiel,\nd'excentrique et de malsain : et par là, il faut le dire, c'est sa musique qui\nse maintient dans l'esprit du poème et lui convient évidemment le mieux.\nAvec tous ses excès de développement et de sonorité, de couleur et d'ex-\npression, avec son extrême complication, sa difficulté et sa cruauté, elle\nest, comme on dit, très représentative des tendances actuelles de l'art\nallemand : tandis que M. Mariotte offre un bon exemple des qualités de\nconscience, de mesure et de dignité, dans la forme comme dans la pensée,\nqui caractérisent la vie profonde de notre école française. Il s'est efforcé de\ndégager tout ce que le sujet pouvait contenir d'intérieurement humain, et\nde l'idéaliser. Il y a réussi avec déjà une grande assurance : et un tel début\nnous apporte plus que des promesses. La partition de date en effet\nde quelques années ; elle est réellement la première œuvre de M. Mariotte,\nse rattachant, au travers de l'enseignement de M. d'lndy, aux principes\nwagnériens. On y a voulu relever aussi l'influence de M. Debussy : elle\nresterait bien superficielle, et visiblement M. Mariotte écrit avec une\nsincérité parfaite, sans s'occuper d'imiter personne. Après un beau prélude,\ndramatique et sombre, les premières scènes se déroulent dans une atmos-\nphère délicieuse. M. Mariotte a donné plus d'importance que M. Strauss\nau personnage sympathique du jeune Syrien ; il a, en revanche, atténué\nl'acre humour des caractères d'Hérode et d'Hérodias, supprimé même\ntoute la dispute avec les Juifs. Il s'est ainsi privé de contrastes nécessaires.\nDans la suite de son œuvre, à la monotonie du sentiment s'ajoute celle de\nl'écriture, uniformément complexe et chargée, d'une instrumentation\nsouvent épaisse et lourde dans le grave; la monotonie encore des tonalités,\ndont l'ordonnance semble peu raisonnée. En bien des endroits l'idée ne\nse dégage pas nettement, bien qu'elle ait de l'abondance et du souffle.\nConstituée généralement par des mélodies assez étendues, dont les fragments\nles plus significatifs se développent, à l'orchestre ou dans le chant, comme\ndes thèmes individuels, cette idée, si elle n'est pas d'une originalité frap-\npante, est d'une noble et généreuse qualité, dans son dessin et dans son\nexpression. Expression juste et sans mauvaise complaisance à l'effet, comme\nle mouvement scénique, comme la déclamation, qui s'accorde et s'équili-\nbre à merveille avec la symphonie toujours importante. Et quand arrive\nla dernière scène; quand avec un cri déchirant et triomphant, Salomé reçoit\nen ses mains la tête et ploie sous le faix, et qu'on n'entend plus rien\nqu'un chœur invisible, priant et gémissant à la fois et murmurant toute"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.94", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "l'horreur du monde ; quand elle commence sa lamentation suprême,\nil n'est plus besoin, en vérité, d'oublier la de M. Strauss. D'une\nespèce toute différente, et beaucoup plus haute, l'émotion ici n'est pas\nmoins saisissante. Tout n'en appartient qu'à M. Mariotte. Par lui, le\nspectacle de macabre luxure se purifie en un terrible symbole d'amour et\nde mort. M. Strauss nous tord le cerveau et les sens, nous pénètre d'on\nne sait quel mélange d'horreur délectable et de révoltante volupté :\nM. Mariotte nous incite aux pensers les plus graves. Il a trouvé en\nMelle Bréval l'interprète admirable qui de la pensée même sait faire une\nforme et un chant. C'est un de ces moments où la musique, aux mains\nd'une grande artiste, ouvre en nous-mêmes d'indéfinissables profondeurs.\nLe mois dernier a été particulièrement favorable à M. Paul Dukas.\nUne reprise à? Ariane et Barbe-Bleue à l'Opéra Comique a produit sur le\npublic plus d'impression qu'aucune des représentations précédentes.\nCeci, non pas seulement parce que le public avait besoin de s'accoutumer\naux beautés de cette admirable partition, dont le poème seul a quelque\nobscurité ; mais surtout parce qu'on a enfin donné au rôle principal\nune interprète qui a une voix, et qui chante. Le public s'est ainsi aperçu\ndu caractère si généreusement vocal, si simplement émouvant, d'un\nouvrage qu'il avait été trop porté jusqu'ici à considérer comme une sym-\nphonie accompagnant de précieuses pantomimes. Que n'avons-nous entendu\nplus tôt Melle Mérentié dans Ariane !\nPeu après, M. Paul Dukas a dirigé pour la première fois l'Exercice\nannuel des élèves du Conservatoire, en qualité de professeur de la classe\nd'ensemble instrumental, où il a interrompu une trop longue tradition\nd'indifférents batteurs de mesure. Les applaudissements les plus chaleu-\nreux ne se sont pas adressés seulement à sa personne, ni aux exécutions\nd'un style si original en même temps que si classique qu'il obtenait, mais\na une modification essentielle dans l'esprit de l'école. On avait admiré\njusqu'ici les qualités de jeunesse, de fraîcheur, d'ardeur de l'orchestre et\ndu chœur composés d'élèves tous bien doués et déjà très exercés. Pour la\npremière fois voici ces qualités au service d'une compréhension profonde\nde la musique. Et pour la première fois, ces exercices d'ensemble prennent\nune valeur d'enseignement, et la plus haute ; car c'est, à la place de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "l'enseignement du virtuose, celui du musicien, et de son véritable rôle\nvis à vis de la musique.\nC'est une chose bien mince, n'est-ce pas, qu'un cahier de mélodies?\nC'est une chose qui peut avoir un prix inestimable. La Chanson d'Eve\nde M. Gabriel Fauré, qui vient d'être chantée intégralement pour la pre-\nmière fois par Mme Jeanne Raunay, aura sa place dans notre admiration à\ncôté de la célèbre Bonne Chanson.Vous savez avec quel goût intelligent\net quelle fine sensibilité M. Fauré sait, tout en restant si bien lui-même,\nrenouveler son inspiration et son style selon les différents poètes qu'il\ninterprète. Ses nouvelles mélodies ne ressemblent à aucune de celles qu'il\nécrivit auparavant. Elles ont une simplicité surprenante, et n'en sont\npoint pour cela moins subtilement belles, et riches de nuances et de sens.\nL'émerveillement candide d'une âme neuve, infiniment délicate, devant\nla révélation du monde, s'y épanche avec une sérénité tendre, une pureté,\nune pudeur intimement émouvantes.\nEt les grandes sociétés de concerts ont l'une après l'autre terminé\nleur campagne. Au Châtelet, une magnifique exécution des Béatitudes a\nété l'occasion de témoigner à M. Gabriel Pierné la joie et la confiance\nunanimes avec lesquelles on le voit définitivement désigné à la lourde\nsuccession d'Edouard Colonne. Nul autre ne pouvait ni ne devait la\nrecueillir aujourd'hui. Dans un tel poste un musicien de ce caractère, de\ncette culture et de ce goût peut faire, outre de si belles choses, tant de\nbien.\nLa féconde saison de la Société Bach, dont je vous avais annoncé la\nclôture, le mois dernier, avec un peu trop de hâte, a pris fin par la pre-\nmière audition de trois cantates d'un même sentiment mystique : des\ncantates d'une beauté parfaite, où le temps n'a pas fait ressortir une tache,\noù l'idée de la mort se pare d'une douceur indicible. Mme Philippi leur\na prêté l'idéale pureté de son style et de sa voix ; et M. Gustave Bret a\nsu donner à l'exécution des chœurs et de l'orchestre l'émotion confiante,\nla sonorité pieusement contenue qu'il fallait. N'oublions pas quel colla-\nborateur est pour lui M. Albert Schweitzer dans cette partie capitale de\nl'orgue, qui paraît effacée à l'auditeur, mais qui soutient, équilibre,\nnuance, relie tout l'ensemble ; qui est comme l'âme même du Maître\nrevenant au milieu de ses créatures pour les guider discrètement et les\naffermir.\n\nGaston Carraud."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.18.2", "titre_corps": "M. Casella.", "titre_sommaire": "M. 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Ansermet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.96", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "LETTRE DE SUISSE\n\nPâques est déjà passé. Les concerts, l'un après l'autre, ferment leurs\nportes. Les orchestres quittent leurs estrades pour se répandre dans les\njardins, où ils rejoindront le beau temps mais n'emmèneront guère la\nMusique. Pour elle, la saison est finie. Une saison abondante et qui\nmontre la place toujours plus essentielle que chez nous comme ailleurs,\nla vie musicale prend dans la vie, tout court. Un nom en ressort, souvent\net partout répété cet hiver, celui du compositeur et chef d'orchestre\nErnest Bloch, lancé dans l'action après quelques années de recueillement\nfécond. Un théâtre de musique semble s'être ajouté aux éléments dont\non pouvait jusqu'ici signaler l'activité : l'Opéra de Genève, laissé\nlongtemps en des mains malhabiles, accuse de grands progrès, grâce\naux efforts d'un directeur -et d'un chef d'orchestre aussi consciencieux\nqu'intelligents. Le cortège habituel des artistes itinérants a passé ; mais\nil y faut signaler une physionomie nouvelle, accueillie de façon vraiment\ntriomphale et placée tout de suite au premier rang : Ricardo Vinès.\nEnfin, dans chacune de nos petites villes, les éléments essentiels de notre\nvie musicale se sont appliqués à leur tâche.\nA cet égard, il faut mentionner, à Genève, les auditions du\nSacré, sous la direction de M. Otto Barblan, du quatuor Berber, et surtout\nles Concerts d'abonnement. Ces deux dernières associations avaient inscrit\nà leur programme, la première : la série intégrale des quatuors de\nBeethoven ; la seconde : celle des symphonies. En même temps, le théâtre\njouait le Beethoven de René Fauchois. Vous voyez que la fièvre beetho-\nvenienne règne là comme un peu partout. Et sans doute il y a des\nenthousiasmes moins justifiés. Mais dans cette admiration un peu exclu-\nsive d'un maître, fût-il le plus grand, n'y a-t-il pas une grande injustice\npour les autres ?\nLes Concerts d'Abonnement, dirigés par M. Stavenhagen, sont à\nGenève, une des plus importantes manifestations musicales, en raison de\nleur valeur propre d'abord mais plus encore, parce qu'à leurs dix seules\nauditions se réduit la part de la musique symphonique dans la saison\ngenèvoise. C'est un fait singulier que cette ville, si développée à d'autres\négards, n'ait pas éprouvé le besoin de concerts symphoniques plus"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "fréquents. C'est un fait regrettable, aussi, au point de vue de l'éducation\ndu public, qui manque d'accoutumance, d'éléments de comparaison, et\npour qui chaque morceau des concerts d'abonnement prend une impor-\ntance démesurée.\nUn caractère non moins curieux de la vie musicale genèvoise est le\ngermanisme, qui non-seulement s'y maintient mais s'y accuse. Plus\nencore que l'activité de M. Stavenhagen, la nomination comme profes-\nseur supérieur de violon au Conservatoire, de M. Berber en remplace-\nment de M. Marteau en a été un indice. Quant à M. Stavenhagen, il\nest un représentant typique de ces musiciens modernes que l'on rencontre\ndans les grands centres allemands, et qui ne semblent sentir que le côté\nextérieur de la musique : sonorité, valeur dramatique ou pittoresque. Ils\nont le sens du mouvement ou de la dynamique, nullement celui du\nrythme. Et s'ils comprennent médiocrement la musique contemporaine"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.98", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "qui n'est pas allemande, ils me paraissent méconnaître plus encore leur\nart classique, celui de Mozart ou de Beethoven : Wagner lui-même, s'il\nrevenait, aurait sans doute souvent à répéter la leçon qu'il infligeait à ce\nchef de musique militaire qui avait dirigé devant lui, sans souci de sa\npensée, la marche de Tannhaûser.\nJe m'empresse, d'ailleurs, de répéter ce que j'ai déjà écrit ici-même,\nque si le sentiment musical de M. Stavenhagen me semble fort médiocre,\nses qualités techniques, par contre, sont absolument remarquables. Ses\nconcerts sont toujours préparés avec un soin, un souci des moindres\ndétails, une sûreté étonnante. Ses programmes mêmes sont aussi copieux,\naussi intéressants qu'on peut le désirer. Ils ont fait connaître entr' autres\ntrois œuvres suisses nouvelles : la Symphonie en ut dieze mineur d'Ernest\nBloch, le Toeme pour violon et orchestre de Jacques Dalcroze, et la\nTrompette de Zirka^pour baryton et orchestre de J. Lauber. Je n'ai\nentendu que la première de ces œuvres, qui date je crois d'une huitaine\nd'années et que son auteur écrivit, tout jeune, en sortant de ses études. Il\nn'y faut donc chercher ni grande condensation de la pensée, ni technique\ndéfinitive. Mais toutes les qualités de la jeunesse, fraîcheur, abondance,\nfougue, cette Symphonie les a, et avec elles une profondeur de sentiments\net une maîtrise des éléments expressifs surprenantes. Une personnalité\ntrès forte y perce déjà, notamment dans un Scherzo d'un fantastique\ngénial. Il y a bien peu de symphonies modernes qui aient, avec la même\nspontanéité, la richesse de celle-là.\nTandis que M. Stavenhagen exécutait, avec une conscience digne\nde tous éloges la Symphonie en ut dieze d'Ernest Bloch, celui-ci dirigeait\nà Lausanne ses deux poèmes pour orchestre : Hiver-Printemps, qui sont à\nleur manière, laquelle est bien différente de celle de la Symphonie,\ndeux petites merveilles de poésie et de couleur. L'orchestre sympho-\nnique de Lausanne était en effet, dirigé cet hiver, pour les concerts\nd'abonnement par M. Ernest Bloch, et pour les autres grands concerts,\npar M. Cari Ehrenberg. Cette organisation était nécessitée par les besoins\nd'un nouveau, inutile et malencontreux Casino, qui a déjà eu sur l'or-\nchestre et les musiciens les contre-coups les plus fâcheux, et qui en aura\nencore, s'il n'anéantit pas complètement une vie musicale jusqu'ici\nflorissante. Le récit de ses méfaits, comme de l'impéritie de ses administra-\nteurs m'entraînerait d'ailleurs trop loin. M. Ehrenberg, qui a plus d'un\ntrait commun avec M. Stavenhagen, et qui est un bon technicien de"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.99", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2250, "texte": "l'orchestre, a fait ce qu'il a pu bien qu'avec quelque maladresse\npour accomplir une tâche difficile. Quant à M. Ernest Bloch, il a fait\nproduire, à ses concerts, et avec de faibles moyens, un petit orchestre\net peu de temps un rendement artistique considérable et d'autant plus\nétonnant qu'il débutait dans la carrière.\nSes programmes abondaient en premières auditions ; ils étaient\nd'une variété s'exerçant autant dans l'espace, si je puis dire, que dans le\ntemps. Et pour les réaliser, pour rendre justice à chacune de ces œuvres\nsi différentes, il a fallu une volonté opiniâtre jointe à cette intelligence\nmusicale si rapide et si perspicace, qui caractérise le jeune musicien\nsuisse.\nA Montreux, M. de Lacerda continue sa belle tâche, dont je vous\nai entretenu l'an dernier. Il compose toujours ces programmes, dont\nM. G. Humbert dit qu'ils sont \" d'un équilibre parfait, d'un éclectisme\nde bon aloi qui a sa source certaine, non seulement dans le goût affiné,\nmais aussi dans l'érudition de leur auteur. \" Mais je crois plus admirable\nencore que la composition des programmes, leur interprétation. Une\ninterprétation dictée par l'instinct rythmique le plus profond que je\nconnaisse. Et la rythmique n'est-elle pas la clef même de l'interprétation,\nla vertu qui comporte toutes les autres, qui permet de dégager les\ngrandes lignes de la musique tout en insufflant la vie aux moindres\ndétails, qui aère les polyphonies et donne à l'auditeur cette impression si\nsaine de la liberté de toutes les parties d'une œuvre et en même temps\nde leur dépendance, de leur équilibre nécessaire.\nSi j'ajoute qu'à ses qualités d'interprète, M. de Lacerda joint celles\nd'un chef d'autorité et d'un technicien consommé, on comprendra que je le\nplace à côté des chefs d'orchestre les plus éminents que compte le monde\nmusical d'aujourd'hui. Je n'ai pas la joie de voir cette opinion partagée\npar ce grand artiste dont la musique française déplore la retraite forcée :\nM. Henri Duparc. L'auteur de l'immortelle est un assidu des\nconcerts de Lacerda et a trouvé, dans la joie qu'ils lui communiquent, la\nforce de reprendre la plume. Reprenant une vieille esquisse oubliée, il en\ntira une élégie pour orchestre, charmante de poésie et de couleur, et d'un"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.100", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 195, "texte": "sentiment, intense, intitulée Aux Etoiles. Sa première audition, qui vient\nd'avoir lieu, a été une fête pour l'auteur, le chef à qui elle est dédiée, et\nles musiciens.\n\nE. Ansermet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.19.1", "titre_corps": "M. ERNEST BLOCH", "titre_sommaire": "M. ERNEST BLOCH", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.97", "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 945, "texte": "M. 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F. SCHEURLEER, deux vol. in 40,\nillustrés de 200 gravures. La Haye, librairie Martin Nijhoff 1909.\nLe plus savant des musicographes hollandais, M. Scheurleer,\navait publié autrefois un petit livre, tout bourré de documents\ncurieux, sur le séjour de la famille Mozart aux Pays-Bas en 1765:\noffrant là à ses confrères des autres pays un précieux exemple que\npersonne d'entre eux, jusqu'ici, ne s'est malheureusement avisé de\nsuivre. Car l'entreprise serait à la fois infiniment intéressante et\nsinon facile, du moins tout à fait possible, de reconstituer exacte-\nment les faits musicaux les plus intéressants qui se sont produits,\npar exemple à Paris et à Londres, pendant que le petit Mozart\ndemeurait dans ces deux villes avec ses parents. Pour ce qui est de\nParis, en particulier, toutes les œuvres composées par l'enfant aussi\nbien pendant son séjour chez nous que les années suivantes\nprouvent, de la façon la plus certaine, que la musique française,\nqu'il a entendue ou jouée, a exercé sur lui une influence très\nprofonde et durable. Non seulement ses deux dernières sonates\nparisiennes dérivent tout droit des sonates de Schobert : plus tard\nencore, après son retour en Allemagne, nous retrouvons la trace\névidentes de l'art de Rameau, et surtout de nos rondes et ariettes\nfrançaises, dans un grand nombre de ses compositions. Et c'est assez dire combien il serait\ndésirable que quelqu'un prît la peine de rechercher ce qu'ont pu être au juste les œuvres\nfrançaises qui, en 1763 et 1764 comme en 1766, ont ainsi contribué à la formation musicale\ndu petit garçon. Sans compter que les lettres de Léopold Mozart à ses amis salzburgeois les\nHagenauer, au lieu d'être invariablement traduites et retraduites comme elles l'ont été, mérite-\nraient d'être interprétées à l'aide des journaux et d'autres documents contemporains, ce qui leur\npermettrait de nous renseigner beaucoup plus complètement sur le détail de l'existence menée\npar la famille Mozart à Paris et'à Versailles, ces deux villes où l'enfant a éprouvé ses premières\nimpressions personnelles un peu vives, en même temps qu'il s'initiait, pour la première fois, à\nun mouvement musical bien défini. Voilà un sujet que je ne saurais trop recommander\nà l'attention de nos jeunes musicographes, faute d'oser espérer que le plus parfait de leurs\nmaîtres et modèles, Mlle M. Brenet, veuille enfin se décider, quelque jour, à aborder elle-même\nce sujet, dont personne au monde ne pourrait mieux qu'elle recueillir et animer tous les\néléments.\nCe que nul n'a tenté jusqu'à présent pour les séjours de Mozart à Paris et à Londres, en\ntout cas, M. Scheurleer l'a fait jadis pour le séjour en Hollande ; et je ne puis assez dire quelle"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.102", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "source précieuse d'instruction et de divertissement tous les admirateurs de Mozart ont trouvée\ndans l'admirable petit volume où ce savant homme s'est plu à commenter les lettres hollandaises\nde Léopold Mozart, de manière à nous révéler, tout ensemble, ce qu'a été la vie privée\nde l'enfant pendant ces quelques mois et tout ce que l'atmosphère musicale de la Hollande a eu à\nlui enseigner d'un peu mémorable. Grâce à lui cette étape, relativement l'une des moins\nimportantes, du grand voyage des musiciens salzbourgeois, est pour nous la mieux connue et,\njusqu'ici, la plus intéressante. Nous savons de quels spectacles se sont nourris les yeux et\nle cœur de Mozart, quel aspect lui ont présenté les rues et les places où il s'est promené avec\nses parents; nous assistons avec lui à ces fêtes de La Haye dont les moindres détails ont\ndû l'amuser merveilleusement, depuis les somptueux cortèges défilant à travers la ville jusqu'aux\nilluminations et feux d'artifice de la soirée. Et puis nous prenons part, aussi, à ses émotions de\nmusicien, soit que nous l'écoutions exécuter ses sonates à la cour de La Haye ou que\nnous déchiffrions, par dessus son épaule, le nouveau recueil gravé des sonates de Graf, après\nquoi nous le suivons dans un des théâtres où sa petite âme ingénue se régale des ariettes,\nlangoureuses ou badines, de nos compositeurs d'opéras-comiques français. Et il n'y a pas\njusqu'à l'iconographie de Mozart que M. Scheurleer n'ait heureusement enrichie, dès ce\npetit livre de naguère, en nous y offrant une reproduction du portrait de l'enfant-prodige\nqu'a peint à La Haye, en 1766, le maître hollandais Van der Smissen.\nAussi un ouvrage tel que celui-là ne pouvait-il manquer d'être réimprimé, avec les corrections\nou additions que l'auteur, depuis vingt ans, devait certainement avoir trouvé à y faire. Mais\nj'avoue que, tout en désirant cette réimpression, je ne m'attendais pas à la forme, vraiment mer-\nveilleuse, que vient de lui donner M. Scheurleer. Non content de remettre au point, presque\nde page en page, son texte original, avec une foule de documents nouveaux des plus instructifs,\nil a encore transformé le modeste petit volume ancien en deux grands in-quarto de l'apparence\nla plus somptueuse, et littéralement remplis d'images admirables ou charmantes images qui, à\nelles seules, suffiraient pour nous faire connaître et aimer la vie musicale hollandaise des environs\nde 1765. Impossible de rêver un enchantement comparable à la lecture de ce pittoresque récit\nde quelques mois de l'enfance de Mozart parmi cette floraison ininterrompue de paysages ou\nde vues de maisons anciennes, de portraits de Mozart lui-même et de tous les musiciens qu'il a\npu rencontrer dans les Pays-Bas, et puis d'exquises gravures représentant des décors d'opéras\nou encore de ces scènes musicales tout intimes où se reconnaît l'aimable inspiration familière de\nla race des Terbourg et des Gérard Dou. Et nous lisons et nous admirons, avec un profond\nsentiment de reconnaissance pour l'auteur à qui nous devons, nous aussi, une délicieuse fête\ndes yeux et de l'esprit. Mais, pourquoi faut-il que, malgré nous, une ombre de mélancolie\nvienne se mêler en nous au plaisir délicat que nous ressentons ? Car nous ne pouvons nous\ndéfendre de songer que nous aurions beaucoup plus de droit que les Hollandais à posséder un\nadmirable ouvrage tel que celui-là, je veux dire un ouvrage qui nous entretînt du séjour de\nMozart dans notre pays, de la même façon que celui-là nous raconte un autre séjour dont\nl'intérêt pour nous est beaucoup moins proche. Qui donc voudra enfin nous offrir cet ouvrage\nnécessaire, et quand donc pourrons-nous, parmi une floraison d'images tirées du répertoire\nincomparable de notre gravure française du XVIIIe siècle, revivre les mémorables semaines\npassées jadis par le petit Mozart à l'Hôtel de Beauvais et chez l'odieux Grimm ?\n\nT. W."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.104", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "F. PEDRELL, CATALFCH DE LA DIPUTACIO DE BARCELONA\nFacsimilè d'un manuscrit. Vol. 11. p. 160."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.105", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.105", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3818, "texte": "PEDRELL (Felip.) Catalech de la Bibîioteca musical de la Diputacio de Barcelona.\n(Barcelona 1908-1909, iDeuxlvol. in fol.»de 33Ô + 382 pp.)\nDécidément, la bibliographie est en veine de somptuosité. Les deux volumes de catalogue\nque le maître Pedrell vient de terminer, resteront comme des monuments de bibliophilie, dans\nce genre un peu austère qui s'adresse à un public choisi. Jamais, je crois, la description des\nœuvres n'a été poussée plus loin. Telle ananlyse (voir par ex. I N° 45) comprend douze pages\nde texte minuscules et plusieurs morceaux de musique. En outre de très beaux facsimilés,\ndes reproductions en tous genres, des textes musicaux, des gravures documentaires etc...\ndonnent à cet ouvrage l'aspect le plus luxueux.\nAinsi présentée la bibliothèque du \" Palau de la Diputacio \" a quelque chose de très\nimposant. Elle avait été formée par un érudit Don Juan Carreras (1828-1900) qui collec-\ntionnait au bon moment, et dont la Ville de Barcelone ne voulut pas laisser disperser le trésor\nmusical. L'intérêt de ce fonds est naturellement la foule d'ouvrage espagnols imprimés ou\nmanuscrits qui s'y rencontrent.\nPourtant une remarque. L'inventaire dressé par M. Pedrell est méthodique. Je ne cesserai\nde préférer l'ordre alphabétique à tout autre. Et ces deux volumes, malgré tous leurs mérites,\nne font que confirmer ma conviction. Tous les classements méthodiques portent en eux-\nmêmes des germes de confusion. Qu'on les relègue dans des tables aussi complètes que\npossibles, mais qu'on laisse les noms d'auteurs dans le corps même de l'inventaire. Ici surtout\noù la bibliophilie et la curiosité historique entendent se réserver un rôle important, la tâche du\nbibliographe et celle du chercheur se trouvent singulièrement compliquées par ces préoccupations\nde méthodes. N'importe l'ouvrage rendra de grands services et toute ville d'Espagne devrait\nposséder son Pedrell attentif et documenté. J. E.\nDEUX CATALOGUES. Je voudrais faire ici une remarque qui relève de la\nbibliomanie. J'ai reçu en même temps deux catalogues, l'un allemand de M. C. Boerner à\nLeipzig, l'autre de M. N. à Paris, tous deux consacrés à l'annonce de choses précieuses,\net la comparaison de ces deux brochures a couvert de confusion mon amour propre de\nFrançais. L'ouvrage allemand d'une présentation sobre, décorative, d'une mise au point\ntypographique achevée, d'une perfection absolue dans son iconographie, dans le choix de son\npapier, surprend et ravit tout amateur de livre. Le petit volume français, recouvert d'un\npapier criard, orné de vignettes surannées, parsemé d'une typographie incertaine et hybride\nmontre bien à quel point patrons et ouvriers ont perdu chez nous le sens du bel ouvrage. Et\nje saisis cette occasion de protester, parce que c'est ici, dans une production commerciale, dans\nune œuvre de publicité, que se révèlent les mentalités de nos imprimeurs. Certes, si vous\nallez chez X. ou Z. (qui sont Italiens d'ailleurs) pour y faire éditer un volume à deux cents\nfrancs l'exemplaire, vous obtiendrez quelque chose présentable, mais ce sera par exception, et\nparcèque vous aurez à faire à un artiste. Mais dès que vous tombez dans le courant, dès\nque vous vous en rapportez au Français, le mauvais goût est là. Alors que les moindres\nréclames de Munich ou de Berlin donnent l'impression d'une culture vigoureuse, prospère,\nqui marche vers un style et qui est heureuse, joyeuse de poursuivre cet idéal de plus en plus\nprécis, les productions françaises, celles qui demandent de l'initiative et de la créations\napparaissent de plus en plus pauvres et indifférentes. On sent très bien que ceux qui le,\nconçoivent n'ont aucun intérêt à ce qu'ils font, et que le travail est pour eux une gêne dont\nils cherchent à se libérer au plus vite. Le catalogue de musique est peu de chose, personne\n\n5"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.106", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3838, "texte": "n'y fait attention, mais dans son petit coin il signifie quelque chose. 11-indique à queljpoint la\nmasse populaire chez nous est préoccupée d'autre chose que du souci !de la Beauté.\nJ. E.\nNICOLAS FINDEISEN, Histoire de la Section Pètersbourgeoise de la Société Impériale\nMusicale Russe, (Pètersbourg 1909-8°). Dans sa dernière correspondance de St. Pètersbourg,\nM. Findeisen nous a, en quelques mots, retracé l'histoire de cette Société Musicale Impériale\nRusse, qui a été, pour ainsi dire, le berceau de toute la vie musicale du pays. Le livre que le\ndistingué musicographe Russe vient de consacrer à ce sujet, à l'occasion du 50e anniversaire\nde la Société, fêté avec éclat au mois de Janvier dernier, est des plus instructifs. C'est l'histoire\nmême de la musique Russe moderne, et, en plus des silhouettes brièvement esquissées des\nprincipaux compositeurs, virtuoses et professeurs, dont l'existence fut intimement liée à celle\nde la Société.\nC'est à Antoine Rubinstein que la Russie doit entre autres la fondation d'abord et,\nensuite, l'heureux développement de la Société Musicale Russe. Car Rubinstein n'était pas un\nseulement grand Musicien ; ce fut aussi un homme d'action, doué d'une volonté de fer et d'une\npersévérance remarquable, qualités, qui lui permirent de triompher des préjugés des uns, du\nmauvais vouloir des autres. A cette époque vers 1850 la situation sociale des musiciens\nprofessionels n'était guère enviable en Russie et ceux-ci était presque hors la loi, puisque seuls\nles artistes des théâtres impériaux et quelques rares professeurs jouissaient de droits civiques.\nCet état de choses cessa presque en même temps que fut fondée la Société, grâce aux démarches\nlaborieuses de Rubinstein, secondé fort utilement par la Grande Duchesse Hélène véritable\nange-gardien de la Société Musicale. Ce puissant patronage valut à la Société, l'attention de\nla Cour ; désormais ses jours furent assurés et, rapidement, elle s'épanouit. Dès 1862 fut fondé,\npar les soins de la Société, le Conservatoire de St. Pètersbourg et, bientôt après, celui de\nMoscou ; ces deux Etablissements jouissaient des larges subsides de la cassette impériale,\ntoujours grâce à l'entremise puissante et éclairée de la Grande Duchesse Hélène. Antoine\nRubinstein fut le premier directeur du Conservatoire de St. Pètersbourg et s'adonna à cette\nlourde tâche avec un admirable dévouement et une énergie vraiment étonnante. Cependant de\ngraves désaccords ne tardèrent pas à surgir entre le maître et certains professeurs, et, en 1867,\nRubinstein abandonna la direction du Conservatoire qui passa entre les mains de M. N. Za-\nremba. En même temps A. S. Dargomijsky fut nommé président de la Société Musicale\nRusse et Balakirew directeur des Concerts Syrnphoniques. Depuis ces hautes fonctions chan-\ngèrent souvent de mains et furent, entre autres, occupées par G. Nepravnik, César Cui,\nK. Davydov, A. Glazounov (actuellement encore directeur du Conservatoire de St. Péters-*\nbourg), L. Aucr, W. Safonov, I. Johansen, etc. En dépit de quelques querelles intestines,\nl'existence de la Société Musicale Russe et du Conservatoire, s'écoula ininterrompue et\nheureuse jusqu'en 1905, où elle fut sérieusement troublée par l'agitation révolutionnaire et\nl'état de malaise général qui régnait à cette époque dans le pays entier. Ce n'est qu'en 1908\nque la vie normale reprit et le 500e concert eut lieu sous la direction de M. Glazounov.\nCette même année fut assombrie par la mort de Rimsky Korsakov, vénérable doyen des\nprofesseurs du Conservatoire et compositeur illustre.\nL'ouvrage M. Findeisen abonde en détails qu'il serait impossible de reproduire ici, en\nentier, et qui sont des plus instructifs ; nous ne pouvons qu'engager vivement tous ceux qui\ns'intéressent tant soit peu à la musique Russe de lire l'histoire de la Sté Musicale Russe."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.107", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "Vieux papiers et souvenirs musicaux {lbid. 3 \"vol. in-S°) du même auteur ne sont pas\nqu'intéressants ; c'est un ouvrage charmant, conçu dans une forme, à la fois instructive et\nlégère et où l'on trouve, également une foule de détails aussi curieux qu inédits. C est 1 histoire\nde la musique Russe depuis ses origines (commencement du 18e siècle) ; nous y trouvons la\nbiographie de tous ceux qui directement ou indirectement, ont contribué a 1 implantation et au\ndéveloppement de cette nouvelle forme d'art en Russie. C'étaient, pour le plupart, des\nétrangers : des Italiens, comme Giuseppe Sarti, Vincent Martin, Juan Paesiello, des\nAllemands, comme Johann Marech (inventeur du fameux orchestre de cors), Jacob von\nStellin, etc. Très intéressantes égalements certaines silhouettes russes, notamment celle du\nprince Odoïewsky, mécène généreux et musicien consommé; correspondance de celui-ci avec\nA. Lwon et A. Siérow. De plus, grand nombre de dessins très amusants et même des\ncaricatures de l'époque ou plutôt de plusieurs époques ne font que rehausser 1 intérêt, très\nvif, que procure la lecture de ces Vieux souvenirs musicaux.\n, J. P. L.\nUNE DECOUVERTE. Notre collègue M. H. Prunières vient de retrouver à l'église\nS. Maria in Via Lata, à Roma, le tombeau de Luigi Rossi. Cette découverte permet de fixer\ndéfinitivement la date de la mort de Rossi au 19 février 1653*\n\nMISE AU POINT.\nComme suite et complément à sa communication sur la restauration grégorienne, notre collègue A. Oastoue\nnous envoie les notes suivantes, puisées à source authentique, touchant les premières années de xa Paléographie\nmusicale des bénédictins de Solesmes :\n\"C'est en 1888 que l'idée de Dom Mocquereau, de fonder une publication régulière repro-\nduisant par la phototypie quelques-uns des principaux manuscrits anciens, fut lancée. Le but,\nalors, était simplement de mieux faire connaître les bases de la restauration grégorienne. Le\nLiber Gradualis, qui avait déjà donné les premiers résultats, allait ainsi être muni de ses pièces\njustificatives. Dom Pothier rédigea le plan de l'œuvre ; ce plan de publication fut inséré par\ndivers journaux et revues catholiques. (Cf. la Bi par Dom\nCabrol, dont la ire édition est de 1889). Dom Mocquereau devait être le principal rédacteur,\nsous la haute direction de Dom Pothier. (Voir l'étude de D.Choisnard, Revue du chant grégorien,\nXV, 140). Le premier tome comprend, dans la partie rédaction : i° une introduction\ngénérale et une explication des planches, écrites par Dom Mocquereau, avec, tout naturelle-\nment la collaboration de Dom Pothier qui revit le tout, en y apportant les modifications\nnécessaires ; 2°l'histoire de la bibliothèque de St. Gall, par Dom Cabrol ;3° description\ndu MS. 339, par Dom Cagin. La partie phototypique comprend la reproduction de ce même\nMS., choisi à Saint Gall même, par Dom Pothier, de concert avec Dom Mocquereau. Les\nautres planches de ce tome, celles des tomes II et 111 furent principalement choisies par Dom\nPothier. Le second tome fut surtout rédigé par Dom Pothier, (entre autres la remarquable\nnotice du Gregorius Praesul)^avec la collaboration de Dom IVlocquereau, il confia à celui-ci\net à Dom Delpech le soin d'en dresser les tableaux annexes, dont lui-même avait, près de vingt\nans auparavant, établi les originaux. Dom Pothier quitta 1 abbaye de Solesmes pour devenir"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.108", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "prieur de Ligugé, monastère de la même congrégation, au moment de la rédaction du tome\ntroisième qu'il avait commencé ; plusieurs remaniements furent alors faits, et certaines feuilles\ntirées à nouveau, avec une rédaction différente. Dom Mocquereau assuma seul, dès lors, la\ndirection complète de la publication. \""}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.109", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "PAROLES DE L. MÉTIVET Drame musical en un acte #\n™ r- »r ***• Louis Laloy\nMUSIQUE DE G. KNOSP cTlzanamt) J\nNotre collègue G. Knosp vient d'écrire avec! la collaboration ide M. L. Métivet, un acte japonais\n\"Le Yakounine\" dont nous sommes heureux de détacher le morceau suivant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.20.2", "titre_corps": "HET MUSIEKLEVEN IN NEDERLAND IN DE", "titre_sommaire": "HET MUSIEKLEVEN IN NEDERLAND IN DE", "signature_source": "T. 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Car l'entreprise serait à la fois infiniment intéressante et\nsinon facile, du moins tout à fait possible, de reconstituer exacte-\nment les faits musicaux les plus intéressants qui se sont produits,\npar exemple à Paris et à Londres, pendant que le petit Mozart\ndemeurait dans ces deux villes avec ses parents. Pour ce qui est de\nParis, en particulier, toutes les œuvres composées par l'enfant aussi\nbien pendant son séjour chez nous que les années suivantes\nprouvent, de la façon la plus certaine, que la musique française,\nqu'il a entendue ou jouée, a exercé sur lui une influence très\nprofonde et durable. Non seulement ses deux dernières sonates\nparisiennes dérivent tout droit des sonates de Schobert : plus tard\nencore, après son retour en Allemagne, nous retrouvons la trace\névidentes de l'art de Rameau, et surtout de nos rondes et ariettes\nfrançaises, dans un grand nombre de ses compositions. Et c'est assez dire combien il serait\ndésirable que quelqu'un prît la peine de rechercher ce qu'ont pu être au juste les œuvres\nfrançaises qui, en 1763 et 1764 comme en 1766, ont ainsi contribué à la formation musicale\ndu petit garçon. Sans compter que les lettres de Léopold Mozart à ses amis salzburgeois les\nHagenauer, au lieu d'être invariablement traduites et retraduites comme elles l'ont été, mérite-\nraient d'être interprétées à l'aide des journaux et d'autres documents contemporains, ce qui leur\npermettrait de nous renseigner beaucoup plus complètement sur le détail de l'existence menée\npar la famille Mozart à Paris et'à Versailles, ces deux villes où l'enfant a éprouvé ses premières\nimpressions personnelles un peu vives, en même temps qu'il s'initiait, pour la première fois, à\nun mouvement musical bien défini. Voilà un sujet que je ne saurais trop recommander\nà l'attention de nos jeunes musicographes, faute d'oser espérer que le plus parfait de leurs\nmaîtres et modèles, Mlle M. Brenet, veuille enfin se décider, quelque jour, à aborder elle-même\nce sujet, dont personne au monde ne pourrait mieux qu'elle recueillir et animer tous les\néléments.\nCe que nul n'a tenté jusqu'à présent pour les séjours de Mozart à Paris et à Londres, en\ntout cas, M. 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Nous savons de quels spectacles se sont nourris les yeux et\nle cœur de Mozart, quel aspect lui ont présenté les rues et les places où il s'est promené avec\nses parents; nous assistons avec lui à ces fêtes de La Haye dont les moindres détails ont\ndû l'amuser merveilleusement, depuis les somptueux cortèges défilant à travers la ville jusqu'aux\nilluminations et feux d'artifice de la soirée. Et puis nous prenons part, aussi, à ses émotions de\nmusicien, soit que nous l'écoutions exécuter ses sonates à la cour de La Haye ou que\nnous déchiffrions, par dessus son épaule, le nouveau recueil gravé des sonates de Graf, après\nquoi nous le suivons dans un des théâtres où sa petite âme ingénue se régale des ariettes,\nlangoureuses ou badines, de nos compositeurs d'opéras-comiques français. Et il n'y a pas\njusqu'à l'iconographie de Mozart que M. Scheurleer n'ait heureusement enrichie, dès ce\npetit livre de naguère, en nous y offrant une reproduction du portrait de l'enfant-prodige\nqu'a peint à La Haye, en 1766, le maître hollandais Van der Smissen.\nAussi un ouvrage tel que celui-là ne pouvait-il manquer d'être réimprimé, avec les corrections\nou additions que l'auteur, depuis vingt ans, devait certainement avoir trouvé à y faire. Mais\nj'avoue que, tout en désirant cette réimpression, je ne m'attendais pas à la forme, vraiment mer-\nveilleuse, que vient de lui donner M. Scheurleer. Non content de remettre au point, presque\nde page en page, son texte original, avec une foule de documents nouveaux des plus instructifs,\nil a encore transformé le modeste petit volume ancien en deux grands in-quarto de l'apparence\nla plus somptueuse, et littéralement remplis d'images admirables ou charmantes images qui, à\nelles seules, suffiraient pour nous faire connaître et aimer la vie musicale hollandaise des environs\nde 1765. 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Les deux volumes de catalogue\nque le maître Pedrell vient de terminer, resteront comme des monuments de bibliophilie, dans\nce genre un peu austère qui s'adresse à un public choisi. Jamais, je crois, la description des\nœuvres n'a été poussée plus loin. Telle ananlyse (voir par ex. I N° 45) comprend douze pages\nde texte minuscules et plusieurs morceaux de musique. En outre de très beaux facsimilés,\ndes reproductions en tous genres, des textes musicaux, des gravures documentaires etc...\ndonnent à cet ouvrage l'aspect le plus luxueux.\nAinsi présentée la bibliothèque du \" Palau de la Diputacio \" a quelque chose de très\nimposant. Elle avait été formée par un érudit Don Juan Carreras (1828-1900) qui collec-\ntionnait au bon moment, et dont la Ville de Barcelone ne voulut pas laisser disperser le trésor\nmusical. L'intérêt de ce fonds est naturellement la foule d'ouvrage espagnols imprimés ou\nmanuscrits qui s'y rencontrent.\nPourtant une remarque. L'inventaire dressé par M. Pedrell est méthodique. Je ne cesserai\nde préférer l'ordre alphabétique à tout autre. Et ces deux volumes, malgré tous leurs mérites,\nne font que confirmer ma conviction. Tous les classements méthodiques portent en eux-\nmêmes des germes de confusion. Qu'on les relègue dans des tables aussi complètes que\npossibles, mais qu'on laisse les noms d'auteurs dans le corps même de l'inventaire. Ici surtout\noù la bibliophilie et la curiosité historique entendent se réserver un rôle important, la tâche du\nbibliographe et celle du chercheur se trouvent singulièrement compliquées par ces préoccupations\nde méthodes. N'importe l'ouvrage rendra de grands services et toute ville d'Espagne devrait\nposséder son Pedrell attentif et documenté. J. E.\nDEUX CATALOGUES. Je voudrais faire ici une remarque qui relève de la\nbibliomanie. J'ai reçu en même temps deux catalogues, l'un allemand de M. C. Boerner à\nLeipzig, l'autre de M. N. à Paris, tous deux consacrés à l'annonce de choses précieuses,\net la comparaison de ces deux brochures a couvert de confusion mon amour propre de\nFrançais. L'ouvrage allemand d'une présentation sobre, décorative, d'une mise au point\ntypographique achevée, d'une perfection absolue dans son iconographie, dans le choix de son\npapier, surprend et ravit tout amateur de livre. Le petit volume français, recouvert d'un\npapier criard, orné de vignettes surannées, parsemé d'une typographie incertaine et hybride\nmontre bien à quel point patrons et ouvriers ont perdu chez nous le sens du bel ouvrage. Et\nje saisis cette occasion de protester, parce que c'est ici, dans une production commerciale, dans\nune œuvre de publicité, que se révèlent les mentalités de nos imprimeurs. Certes, si vous\nallez chez X. ou Z. (qui sont Italiens d'ailleurs) pour y faire éditer un volume à deux cents\nfrancs l'exemplaire, vous obtiendrez quelque chose présentable, mais ce sera par exception, et\nparcèque vous aurez à faire à un artiste. Mais dès que vous tombez dans le courant, dès\nque vous vous en rapportez au Français, le mauvais goût est là. Alors que les moindres\nréclames de Munich ou de Berlin donnent l'impression d'une culture vigoureuse, prospère,\nqui marche vers un style et qui est heureuse, joyeuse de poursuivre cet idéal de plus en plus\nprécis, les productions françaises, celles qui demandent de l'initiative et de la créations\napparaissent de plus en plus pauvres et indifférentes. On sent très bien que ceux qui le,\nconçoivent n'ont aucun intérêt à ce qu'ils font, et que le travail est pour eux une gêne dont\nils cherchent à se libérer au plus vite. Le catalogue de musique est peu de chose, personne\n\n5"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.106", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3838, "texte": "n'y fait attention, mais dans son petit coin il signifie quelque chose. 11-indique à queljpoint la\nmasse populaire chez nous est préoccupée d'autre chose que du souci !de la Beauté.\nJ. E.\nNICOLAS FINDEISEN, Histoire de la Section Pètersbourgeoise de la Société Impériale\nMusicale Russe, (Pètersbourg 1909-8°). Dans sa dernière correspondance de St. Pètersbourg,\nM. Findeisen nous a, en quelques mots, retracé l'histoire de cette Société Musicale Impériale\nRusse, qui a été, pour ainsi dire, le berceau de toute la vie musicale du pays. Le livre que le\ndistingué musicographe Russe vient de consacrer à ce sujet, à l'occasion du 50e anniversaire\nde la Société, fêté avec éclat au mois de Janvier dernier, est des plus instructifs. C'est l'histoire\nmême de la musique Russe moderne, et, en plus des silhouettes brièvement esquissées des\nprincipaux compositeurs, virtuoses et professeurs, dont l'existence fut intimement liée à celle\nde la Société.\nC'est à Antoine Rubinstein que la Russie doit entre autres la fondation d'abord et,\nensuite, l'heureux développement de la Société Musicale Russe. Car Rubinstein n'était pas un\nseulement grand Musicien ; ce fut aussi un homme d'action, doué d'une volonté de fer et d'une\npersévérance remarquable, qualités, qui lui permirent de triompher des préjugés des uns, du\nmauvais vouloir des autres. A cette époque vers 1850 la situation sociale des musiciens\nprofessionels n'était guère enviable en Russie et ceux-ci était presque hors la loi, puisque seuls\nles artistes des théâtres impériaux et quelques rares professeurs jouissaient de droits civiques.\nCet état de choses cessa presque en même temps que fut fondée la Société, grâce aux démarches\nlaborieuses de Rubinstein, secondé fort utilement par la Grande Duchesse Hélène véritable\nange-gardien de la Société Musicale. Ce puissant patronage valut à la Société, l'attention de\nla Cour ; désormais ses jours furent assurés et, rapidement, elle s'épanouit. Dès 1862 fut fondé,\npar les soins de la Société, le Conservatoire de St. Pètersbourg et, bientôt après, celui de\nMoscou ; ces deux Etablissements jouissaient des larges subsides de la cassette impériale,\ntoujours grâce à l'entremise puissante et éclairée de la Grande Duchesse Hélène. Antoine\nRubinstein fut le premier directeur du Conservatoire de St. Pètersbourg et s'adonna à cette\nlourde tâche avec un admirable dévouement et une énergie vraiment étonnante. Cependant de\ngraves désaccords ne tardèrent pas à surgir entre le maître et certains professeurs, et, en 1867,\nRubinstein abandonna la direction du Conservatoire qui passa entre les mains de M. N. Za-\nremba. En même temps A. S. Dargomijsky fut nommé président de la Société Musicale\nRusse et Balakirew directeur des Concerts Syrnphoniques. Depuis ces hautes fonctions chan-\ngèrent souvent de mains et furent, entre autres, occupées par G. Nepravnik, César Cui,\nK. Davydov, A. Glazounov (actuellement encore directeur du Conservatoire de St. Péters-*\nbourg), L. Aucr, W. Safonov, I. Johansen, etc. En dépit de quelques querelles intestines,\nl'existence de la Société Musicale Russe et du Conservatoire, s'écoula ininterrompue et\nheureuse jusqu'en 1905, où elle fut sérieusement troublée par l'agitation révolutionnaire et\nl'état de malaise général qui régnait à cette époque dans le pays entier. Ce n'est qu'en 1908\nque la vie normale reprit et le 500e concert eut lieu sous la direction de M. Glazounov.\nCette même année fut assombrie par la mort de Rimsky Korsakov, vénérable doyen des\nprofesseurs du Conservatoire et compositeur illustre.\nL'ouvrage M. Findeisen abonde en détails qu'il serait impossible de reproduire ici, en\nentier, et qui sont des plus instructifs ; nous ne pouvons qu'engager vivement tous ceux qui\ns'intéressent tant soit peu à la musique Russe de lire l'histoire de la Sté Musicale Russe."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.107", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "Vieux papiers et souvenirs musicaux {lbid. 3 \"vol. in-S°) du même auteur ne sont pas\nqu'intéressants ; c'est un ouvrage charmant, conçu dans une forme, à la fois instructive et\nlégère et où l'on trouve, également une foule de détails aussi curieux qu inédits. C est 1 histoire\nde la musique Russe depuis ses origines (commencement du 18e siècle) ; nous y trouvons la\nbiographie de tous ceux qui directement ou indirectement, ont contribué a 1 implantation et au\ndéveloppement de cette nouvelle forme d'art en Russie. C'étaient, pour le plupart, des\nétrangers : des Italiens, comme Giuseppe Sarti, Vincent Martin, Juan Paesiello, des\nAllemands, comme Johann Marech (inventeur du fameux orchestre de cors), Jacob von\nStellin, etc. Très intéressantes égalements certaines silhouettes russes, notamment celle du\nprince Odoïewsky, mécène généreux et musicien consommé; correspondance de celui-ci avec\nA. Lwon et A. Siérow. De plus, grand nombre de dessins très amusants et même des\ncaricatures de l'époque ou plutôt de plusieurs époques ne font que rehausser 1 intérêt, très\nvif, que procure la lecture de ces Vieux souvenirs musicaux.\n, J. P. L.\nUNE DECOUVERTE. Notre collègue M. H. Prunières vient de retrouver à l'église\nS. Maria in Via Lata, à Roma, le tombeau de Luigi Rossi. Cette découverte permet de fixer\ndéfinitivement la date de la mort de Rossi au 19 février 1653*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.20.6", "titre_corps": "MISE AU POINT.", "titre_sommaire": "MISE AU POINT.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.107", "debut_caractere": 1389, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "MISE AU POINT.\nComme suite et complément à sa communication sur la restauration grégorienne, notre collègue A. Oastoue\nnous envoie les notes suivantes, puisées à source authentique, touchant les premières années de xa Paléographie\nmusicale des bénédictins de Solesmes :\n\"C'est en 1888 que l'idée de Dom Mocquereau, de fonder une publication régulière repro-\nduisant par la phototypie quelques-uns des principaux manuscrits anciens, fut lancée. Le but,\nalors, était simplement de mieux faire connaître les bases de la restauration grégorienne. Le\nLiber Gradualis, qui avait déjà donné les premiers résultats, allait ainsi être muni de ses pièces\njustificatives. Dom Pothier rédigea le plan de l'œuvre ; ce plan de publication fut inséré par\ndivers journaux et revues catholiques. (Cf. la Bi par Dom\nCabrol, dont la ire édition est de 1889). Dom Mocquereau devait être le principal rédacteur,\nsous la haute direction de Dom Pothier. (Voir l'étude de D.Choisnard, Revue du chant grégorien,\nXV, 140). Le premier tome comprend, dans la partie rédaction : i° une introduction\ngénérale et une explication des planches, écrites par Dom Mocquereau, avec, tout naturelle-\nment la collaboration de Dom Pothier qui revit le tout, en y apportant les modifications\nnécessaires ; 2°l'histoire de la bibliothèque de St. Gall, par Dom Cabrol ;3° description\ndu MS. 339, par Dom Cagin. La partie phototypique comprend la reproduction de ce même\nMS., choisi à Saint Gall même, par Dom Pothier, de concert avec Dom Mocquereau. Les\nautres planches de ce tome, celles des tomes II et 111 furent principalement choisies par Dom\nPothier. Le second tome fut surtout rédigé par Dom Pothier, (entre autres la remarquable\nnotice du Gregorius Praesul)^avec la collaboration de Dom IVlocquereau, il confia à celui-ci\net à Dom Delpech le soin d'en dresser les tableaux annexes, dont lui-même avait, près de vingt\nans auparavant, établi les originaux. Dom Pothier quitta 1 abbaye de Solesmes pour devenir"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.108", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "prieur de Ligugé, monastère de la même congrégation, au moment de la rédaction du tome\ntroisième qu'il avait commencé ; plusieurs remaniements furent alors faits, et certaines feuilles\ntirées à nouveau, avec une rédaction différente. Dom Mocquereau assuma seul, dès lors, la\ndirection complète de la publication. \""}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.109", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "PAROLES DE L. MÉTIVET Drame musical en un acte #\n™ r- »r ***• Louis Laloy\nMUSIQUE DE G. KNOSP cTlzanamt) J\nNotre collègue G. Knosp vient d'écrire avec! la collaboration ide M. L. Métivet, un acte japonais\n\"Le Yakounine\" dont nous sommes heureux de détacher le morceau suivant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "■ m .\n' - ML\nFRANÇAISE 'DES\n<DE LA MU SI OU\nCOMITE D'HONNEUR\nJVI. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAURÈy Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCELy ancien Directeur des Beaux-Artsy Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBkIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. TI K&S.ÎÏIM\nM. LOUIS BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LEQ SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM# GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET,\nau Collège de Fran\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme\nLA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COM PANS.\nagrégé de V Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "Rouart, Lerolle ô Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de I France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Editions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains , net fr. 12\n~ petite partition d'orchestre net fr. 8"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "VIENT DE PARAITRE\n■„ -r •\"V ï- '«XI ' ' )\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\nGEORGES OERTEL\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\nC. THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nEN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PREPARATION :\n. \\f . î :\nROOVERSLIEFDE\nDRAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. GILSON\n. 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CHATENET\nPhotographie documentaire\net artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18 x 24:\nPour une commande de cinquante épreuves 0.75 par épreuve.\nPar petite quantité : 1 fr. par épreuve.\nPar ce procédé, la Maison CHATENET a fourni aux Bénédictins\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40.000 photographies.\nPRIX-COURANT :\nCliché î 3 x 18 avec une épreuve, 3 fr. ; les suivantes, chaque 0.75\nCliché i 8 x 24 avec une épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque 1.00\nC liché 24 x 30 avec une épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c073", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.12", "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "Extrait du roman de Fauve! 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Adieu . . . complet\nScherzo en ut mineur poui\npiano\nDrie Liederen (texte fl.).\nQuatre Mélodies ;\n1. L'Automne. . . .\n2. Charmante Rose.\n3. Bel Enfant, souris-moi\n4. L'Oracle en défaut,\nidem . . complet net\nDeux Mélodies :\n1. L'Angelus\n2. Pourquoi •\n1. Impromptu-valse, p. piano\n2. Chanson, pour piano . .\nSechs Lieder und Gesange\n(texte allemand et flamand) „ 3.\nSonate pour piano- . net 5.\nSchilflieder von picolas\nLenau (text allem. et fl.) „ 2.\n2.\n2.\n\\ ,75\n1\n1 .35\n0,85\n1 .00\n2.50\n1 .35\n1 .35\n2.\n1\nOP. 11. Funf Gesange aus N. Le-\nnau's \" Lieder der Sehn-\nsucht \" \\texte allem. et fl.)\nOp. 12. Een krans van veertien\noud-vlaamsche min-\nneliederen (texte flam.)\ncomplet net\nOp. 13. Vier oud - vlaamsche\ndrinkliederen (texte fl.)\ncomplet net\nOp. 14. Au printemps, cinq mor-\nceaux de fantaisie p. piano:\n1. Hymne. 2. Joie. 3. Peti-\ntes fleurs !... 4. Ave Maria.\n5. Danse de paysans . .\nOp. 17. Marche extraite de la can-\ntate \" Klokke Roeland\npour Piano à 4 mains . .\nMarche p. piano à 2 mains\nWeverslied uit de cantate\n\" Klokke Roeland \" . .\nOp. 30. Marche N uptiale pour\npiano à 4 mains ....\nLe Mois de Mai (à Ma-\nrie) Mélodie ....\n2.\n5.\n2.50\n4.\n2.50\n2.\n1 .35\n3.\n1 .35\nSCHOTT FRÈRES, Éditeurs de Musique à BRUXELLES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "EO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n?â\no\n->\nA\nS\n$\nfi\nH\n■HHMBBHBOM\n8û\n□\nu\nmtmt\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFILIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.19", "debut_caractere": 2760, "fin_caractere_exclue": 4231, "texte": "CHEMINS DE FER DE L'ETAT.\nBILLETS DE BAINS DE MER (jusqu'au 31 Octobre 1910)\nL'administration de Chemins des Fer de l'Etat, dans le but de faciliter au Public la visite ou le séjour aux PLAGES\nDE LA MANCHE et de l'Océan, fait délivrer, au départ de Paris, les billets d'aller et retour, ci-après, qui comportent\njusqu'à 40 o/o de réduction sur les prix du tarif ordinaire.\n1. Bains de Mer de la Manche. Billets individuels valables, suivant la distance, 3, 4 et 10 jouis (le et\n2e Cl.) et 33 jours (le, 2e et 3e Cl.)\nLes billets de 33 jours peuvent être prolongés d'une ou deux périodes de 30 jours moyennant supplément de 10 °lo par périodeç\n2. Bains de Mer de l'Océan. (A) Billets individuels de le. 2e, et 3e cl. valables 33 jours avec faculté de\nprolongation d'une ou deux périodes ds 30 jours moyennant supplément de 10 o/o par période.\n(B) Billets individuels de le, 2e, et 3e Cl. valables 5 jours (sans faculté de prolongation) du Vendredi de chaque\nsemaine au Mardi suivant ou de l'avant-veille au surlendemain d'un jour férié.\nBILLETS de VACANCES (jusqu'au ler Octobre 1910). Billets de famille valables 33 jours (le, 2e et 3e cl.)\navec faculté de prolongation d'une ou deux périodes de 30 jours moyennant supplément de 10 o/o par période.\nCes billets sont délivrés aux familles composées d'au moins trois personnes voyagant ensemble, pour toutes les gares du réseau\nde l'Etat (Lignes du Sud-Ouest) situées a 125 kilomètres au moins de 'Paris, ou réciproquement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—... %K - y 1•• • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\n1\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 301, "texte": "VIENT DE PARAITRE\nPUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE (SECTION DE PARIS)\nLES MUSICIENS\nDE LA\nSAINTE CHAPELLE DU PALAIS\nDocuments inédits, recueillis et annotés par\nMICHEL BRENET\nIn 8° carré de 370 pages. Prix fr. 15.00\nPARIS\nLIBRAIRIE ALPHONSE PICARD ET FILS\n82, RUE BONAPARTE\nI 9 I O"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE &. ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNE, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Coupe\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.29", "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "CONCOURS PUBLICS\nNous ne donnons pas les résultats des concours publics ; ils auront,\nen effet ; été publiés par tous les grands quotidiens avant l'apparition du\nprésent numéro et le palmarès que nous pourrions transcrire occuperait\ndans notre Actualité une place bien inutile. Mieux vaut, avons-nous pensé,\ndemander à un de nos collaborateurs de dégager ultérieurement la morale\nde ces tournois musicaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\nM EMIL GUTMANN M\nREPRÉSENTE LES ARTISTES ET LES\nASSOCIATIONS ARTISTIQUES LES PLUS\nCONSIDÉRABLES, LES MAITRES LES\nPLUS RÉPUTÉS EN ALLEMAGNE.\nENGAGEMENTS PAR TOUTES LES SOCIÉTÉS DE\nCONCERT ALLEMANDES ET ÉTRANGÈRES. #\nTOURNÉES D'ORCHESTRE ET DE\nSOLISTES DANS TOUS LES PAYS.\nSOLISTES POUR ORATORIOS.\nORGANISATION DE CONCERTS ET DE CONFÉ-\nRENCES, DE RECITALS DANS TOUTES LES\nSALLES DE MUNICH ET DE GRANDS FESTIVALS\nINDICATIONS DE POSTES VACANTS\nDE PROFESSEURS DE CONSERVA-\nTOIRE ET D'ÉCOLE DE MUSIQUE. 4\nANNONCE, PUBLICITÉ, INFORMATIONS\nLA PLUS GRANDE AGENCE DE CON-\nCERTS DE L'ALLEMAGNE DU SUD.\nMUNICH = Theatinerstrasse 38 - MUNICH\nAdresse Télégraphique x KONZERTGUTMANN, MUNICH"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARÏS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\nam\n20\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 956, "texte": "CE QUE CA\n'PENSE DU PIAN OLA\nI\nê,;\n%\nm\nCaruso jouant du Pianoia caricaturé par lui-même.\nEN RICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme tovites les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANOLÂ. \"Je viens cVentendre le Pianoia\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie TEolian,—\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianoia, muni du Métro style, permet àun novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianoia cesse vraiment\nd'être un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez\nLe Catalogue illustré UC\" sera envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianoia peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE JEOLIAN COMPANY Ltd.\nPU NO LAS PIANOL A-PIANOS\nJEOLIAN-ORCH EST RELIES\nPIANOS STECK\nGRANDES ORGUES\nSALLE /EOLIAN,32, AVENUE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-07-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-07-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1910-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 395, "texte": "BERL I O Z\nPAR\nADOLPHE BOSCHOT\nla plus vaste biographie qui ait\nparu en France.\nCouronnée par l'lnstitut\nNombreux documents inédits,\ntable chronologique et analytique.\nVie de l'artiste ; son œuvre ; son\népoque. Portraits.\nI. La Jeunesse d'un Romantique\n4® édition 540 pages 4 fr.\n11. Un Romantique sous Louis-Philippe\n3e édition 670 pages 5 fr.\nParis LIBRAIRIE PLON, 8, rue Garancière Paris.\n■\n1"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.1", "texte": "Vl® Année.\n' i\nN*7.\nIS Juillet 1910.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\ni. ■-; \"7\"1 ; , V ■;.;>-\"\"h' ■-iV?•:•■.»->' i:-r, . -'■ .• '\": ' v?.-;: V 1 -, ■': ■ , ' ~ ~ .' ■' ■ . \" . .'.\nJ ' \\ | .'. . X ■*-.■\" ,'., V •/ •'■ ■.\npubliée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nRÉDACTION i\n£2, RUE ST. AUGUSTIN\nPARIS.\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro :\nFrance et Belgiq. 1fr.50 Union 2 fr.\nUn an 15 fr. ~2ofr.\nParaissant le 1S de chaque mois.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\ncACotre Festival de 3XCusique Française à t%Zunich» Souscription au Monument Wagner*\nLES DEBUTS DE BALAKIREV, par N. Findeisen. # LES PLAGIATS DE HAENDEL, par Romain Rolland.\n# LES RICHESSES MODALES DE LA MUSIQUE BRETONNE, par Maurice Duhamel # LA\nDAMNATION DE FAUST ET LA PRESSE EN 1846, par Adolphe Boschot. * Lettre de Naples.\nCRITIQUE MUSICALE AU TEMPS PRÉSENT, par L. Dauriac. # LES LIVRES. * L'ACTUALITÉ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.2", "texte": "■ m .\n' - ML\nFRANÇAISE 'DES\n<DE LA MU SI OU\nCOMITE D'HONNEUR\nJVI. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAURÈy Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCELy ancien Directeur des Beaux-Artsy Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBkIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM.LE PRINCE A. TI K&S.ÎÏIM\nM. LOUIS BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRÉSORIER\nM. LEQ SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM# GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET,\nau Collège de Fran\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme\nLA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COM PANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.3", "texte": "L'ACTUALITÉ\nMUSICALE\nANNEXE DE LA REVUE MUSICALE S.I.M.\nPUBLIÉE PAR LA SECTION DE PARIS DE LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n15 JUILLET 1910\nFRANCE ET BELGIQUE\nLe numéro: 0.40 - Un an: 4.00\nUNION POSTALE\nLe numéro: 0.60 - Un an: 6.00"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.4", "texte": "L'JCTUALITÉ\nRÉDACTION :\nPARIS: 22, RUE ST. AUGUSTIN\nBELGIQUE: RENÉ LYR A BOITSFORT, BRUXELLES\nADMINISTRATION :\nLIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, PARIS.\nTo us les mandats doivent être adressés soit à la librairie DELAGRyIVE,\nsoit à M. RE^\n\nSOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ\nDU 15 JUILLET\nr\nLES CONCERTS, à Paris par GUERILLOT. — Province. — Belgique. — Etranger. — LA\nCLASSE D'ORGUE AU CONSERVATOIRE NATIONAL par C. M. LÉOPOLD\nWIDHÀLM, luthier allemand, par CH. BOULÉE. — LES INSTRUMENTS : Vente d'anciens\ninstruments, Concours de Violoncelles. — QUESTIONS SOCIALES : Les préjugés de\nl'éducation musicale, par M. DAUBRESSE. — L'EDITION MUSICALE, par V. P."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.5", "texte": "LES\nCONCERTS\n\nM. Arthur Nikisch a mis quelque\ncoquetterie à ne nous revenir que plusieurs\nannées après ses derniers triomphes. Les deux\nconcerts qu'il vient de donner avec l'Orchestre\nColonne ont terminé la saison symphonique.\nIl est inutile de rappeler avec quel comman-\ndement M. Nikisch conduit un orchestre, à\nquel point il lui impose sa griffe. C'est un chef.\nMais il déconcerte souvent par son interpré-\ntation des classiques, par l'importance qu'il\ndonne à des détails justement négligés jusqu'à\nlui, par un excès tout à fait allemand dans les\nintentions. Nous sommes faits à plus de cor-\nrection, à trop de correction peut-être. Par\ncontre, dans les œuvres romantiques, à ne\nnommer que certaines de ses deux program-\nmes, Tod und Verklaerunge, de Strauss, la\n7e Rhapsodie de Liszt, orchestrée par H. de\nBulow, les œuvres de Berlioz, il est un maître\nincontestable. Son succès fut grand et il faut\nespérer qu'il nous reviendra l'an prochain.\nAu concert supplémentaire de la Société\nNationale de Musique, deux premières\nauditions : Deux poèmes pour chant et deux\npianos de Samazeuilh et la Sonate en ré mineur\npour piano et violon d'Albert Roussel. Ces\nœuvres nouvelles étaient encadrées par la Sonate\nde Witkowski et le Concert de Chausson.\nLa Société musicale indépendante\na clôturé sa première saison par une séance\navec Orchestre. Si les œuvres assez ternes du\nprogramme pouvaient perdre de leur mince\nintérêt c'était bien du voisinage d'un Vœ\nVictis, de M. De Morawski, impitoyable pour\nnos oreilles, cuivré à l'excès, non sans valeur\ndu reste, et d'un Psaume 47 d'une joie peut-\nêtre biblique, mais pas idyllique du tout,\nMme Litvinne fut la dramatique interprète de\ndeux émouvantes pages de Moussorgski.\nM. Capet nous est heureusement revenu\navec un quatuor reconstitué, très homogène.\nEn deux séances il donna six quatuors de\nBeethoven dont les 12e, 13e et 15e.\nMme Toutaln Grrun, artiste croyante et\nagissante, a organisé un quintette dont les\ndébuts ont été mieux qu'encourageants, sur-\ntout dans le quatuor piano de M. Fauré et le\nquintette op. 34 de Brahms.\nM. Bnesco est une des personnalités mu-\nsicales les plus intéressantes de l'heure présente,\nvioliniste puissant et précis, compositeur aux\nidées jeunes et abondantes. Voilà un excès de\nqualités que bien d'autres pourraient lui en-\nvier. Il joua, avec M. Risler, son exubérante\nsonate de violon, presque classique de forme\net la sonate à Kreutzer, idéalement exécutée,\nindéfiniment applaudie.\nLes séances bi-hebdomadaires de musique du\nSalon des Artistes Français sont,\ncomme on sait, d'un louable éclectisme. La"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.6", "texte": "Rouart, Lerolle ô Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de I France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Editions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains , net fr. 12\n~ petite partition d'orchestre net fr. 8"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.7", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n285\n\nliste des œuvres nouvelles y fut copieuse cette\nannée, l'exécution un peu inégale et dans des\nconditions matérielles assez médiocres.\nToujours bien vivante, la vénérable Société\nGuillot de Sainbris s' est fait entendre\ndans de jolis chœurs de Schumann, dans un\nmotet de Franck et dans une cantate injuste-\nment oubliée de M. Pierné. Exécution très\nsoignée comme toujours.\nNos nomenclatures mensuelles ne nous ont\npermis que de citer les séances du Quatuor\nParent à la Schola, alors qu'il faudrait\nétudier dans tous ses détails cette œuvre\npoursuivie avec une foi persévérante et intel-\nligente. Après des soirées classiques la saison\ns'est terminée par quatre séances d'œuvres\ncontemporaines allant de Franck à M. Ravel.\nLe vrai public dilettante n'est pas effrayé par\nle voyage de la rue St-Jacques car il sait que\ncertaines œuvres modernes ne sont jouées que\nlà comme elles doivent l'être et qu'on veut y\nfaire connaître de la musique plutôt que s'y\npréparer des succès d'exécution. Un program-\nme entier fut consacré à M. Paul Dupin, le\ncroyant, le persévérant que connaissent les\nlecteurs du S. I. M.; on entendit le Quatuor\nde M. Ravel, une suite romantique pour\npiano de M. Turina, des Quintettes de MM.\nLe Flem et Florent Schmitt. M. Parent\npoursuit une belle et bonne œuvre et le succès\nl'en récompense.\nLes ballets russes de l'opéra nous ont valu\nun regain de musique moscovite. La colonie\nrusse de Paris donna au profit de la Croix\nRouge française un beau concert dont Mme\nLitvinne, que nous pouvons bien, ce nous\nsemble, prétendre parisienne d'adoption\nMme Lydia Lipkowska et M. Alt-\nchewski furent les protagonistes. Mme Lip-\nkowska est d'une virtuosité merveilleuse. De\nMme Litvinne que dire, sinon vanter son\ninfatigable générosité pour les concerts de\ncharité ou de bienfaisance ? Nous l'avons\nretrouvée le 26 Juin à la Salle Gaveau, avec\nMM. Diémer et Maurice Dumesnil dans un\nConcert Schumann-Wagner qui termine à\npeu près la saison musicale.\nLes pianistes ont remporté encore çe mois-\nci quelques victoires. M. E. Schelling joua\ndans les deux concerts Nikisch, notamment\nsa fantaisie pour piano et orchestre, intéressante\nmalgré la réclame excessive qu'en faisait le\nle programme. L'artiste a une superbe techni-\nque. Mme Roger Miclos nous plaît davan-\ntage à chaque audition et qu'elle veuille\nbien nous en excuser il y a quelque temps\nque nous l'entendîmes pour la première fois.\nSes deux concerts salle Pleyel le second\navec le Quatuor Vocal Bataille compor-\ntaient plusieurs nouveautés, d'abord pour le\npiano. Une petite suite de M. Paul Lacombe,\nune joli scherzo de M. Staub, une légende de\nM. Herard et surtout des \" Poèmes Alpestres \"\nde M. Théodore Dubois ; puis de pièces\nvocales de M. Vidal et de M. Herard. C'est\nla suite, assez importante, de M. Th. Dubois\nqui nous attirait et elle ne nous a pas déçu.\nMusique claire, bien écrite et vraiment per-\nsonnelle. M. Th. Dubois est plus actif et plus\nfécond que bien des jeunesses.\nMelle Tagliaferro, dont nous avons pré-\ncédemment parlé, Mme Fleury Moncha-\nblon qui donna Salle Erard une charmante\nséance, avec M. Fleury l'idéal flûtiste, M.\nGeloso et M. Sautelet, merveilleux inter-\nprète de chansons anciennes, M. André\nDorival qui se fît entendre salle Erard avec\nle violoniste Hartmann M. André Tourcat.\nVoilà quelques-uns des pianistes entendus\nen juin.\nAjoutons à cette liste très importante le\nnom du jeune virtuose James Wittaker\ndont le raient mérite qu'on s'y attarde quelque\npeu : M. J, Wittaker a donné à la Salle Erard\nun concert qui lui a valu une chaleureuse\novation. Il se recommande par des qualités de\nforce et de netteté qui le classeraient parmi\nles a dessinateurs \" du piano. Il excelle à dé-\ntacher les motifs et à faire comprendre l'archi-\ntecture d'une œuvre. Dans les Scènes d'enfants\nde Schumann, la manière \" de l'exécutant\net, par suite, sa façon d'interpréter pourraient\nsurprendre. Schumann en écrivant ces \" pièces \"\ndont chacune est un presque chef-d'œuvre, se\nfigurait assurément des enfants moins robustes\net moins sains. Et pourtant l'interprétation"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.8", "texte": "286\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nu réaliste \" de M. Wittaker ne manque ni de\ncharme, ni surtout d'intérêt. Et c'est pourquoi\nnous souhaitons au jeune et très intelligent\npianiste d'y rester fidèle.\nM. Frédéric Gérard donna avec l'or-\nchestre Hasselmans dirigé par M. Jacques\nThibaud, des Concertos de violon de J. S.\nBach et de Max Bruch, où il fit apprécier un\njeu classique et une belle sonorité. Nous\nciterons encore une fois M. Georges Pitsch\ndont le deuxième concert avait un beau et\ncopieux programme. M. Pitsch tient déjà une\nbonne place parmi nos violoncellistes. Notons\nenfin la huitième et dernière séance de musique\npour harpe chromatique où se distingua\nMlle Jane Montmartin, et arrivons aux\nartistes du chant, par lesquels il eût été logique\nde commencer.\nNous avons dit le mois dernier le beau\ntalent de Mme Misz Gmeiner comme can-\ntatrice de lieder. Mlle Julia Hostater,\nartiste et intelligente, est moins bien douée\nvocalement. Mme Gerhardt avait la bonne\nfortune d'être patronnée par M. Nikisch. Il\nl'a accompagnée au piano dans ses deux con-\ncerts, et nous avons entendu des voisins pré-\nférer de beaucoup le Capellmeister au pianiste.\nMme Gerhardt a une belle voix très variée\nd'effets. Mme Ida Reman a une agréable\nvoix de mezzo, étoffée et conduite avec goût,\nsans affectations dans les nuances. On lui a\nredemandé avec raison plusieurs morceaux. Il\nest juste de dire qu'elle avait un accompagna-\nteur hors de pair, M. Lucien Wurmser.\nNous n'avons pu que mentionner le mois\ndernier le Concert de Mlie Suzanne De»\nCOUrt. On nous permettra de revenir sur le\nplaisir que nous a donné sa voix dramatique\net bien travaillée. Mlle Decourt est certai-\nnement une de nos bonnes cantatrices de\nconcert.\nL'excellent trio féminin Laval Ballet\nClément a donné une agréable séance Salle\nPleyeî.\nLa Société littéraire et artisti-\nque de l'Ouest donne, tous les mois une\nséance à Passy. Le 11 Juin, il y avait au\nprogramme le charmant opéra-comique de\nDalcroze, le Bonhomme Jadis, une sonate\npour Violoncelle et piano de Delune, sa suite\npour piano et son poème pour violoncelle, un\nDuo pour harpes de A. Sauvrezis. Mme Delune\nremporta un grand succès comme violon-\ncelliste.\nMentionnons, parmi, les œuvres inscrites\nau programme du concert donné par \" la\nSourdine \" trois délicates mélodies de Léo\nSachs: les Trois Sorcières, Solitude, Retour\nprès de l'Aimée, très bien interprétées par\nMUe Panis.\nMme Capoy a donné une très intéressante\naudition consacrée aux œuvres de Madame\nChaminade, avec le concours de Mlle Him-\nmel, MM. Ch a n oine-D avr anches, Gustave\nBorde, Kochinski, M. Hennebains et de la\nmaîtresse de la maison.\nMadame Paul Poirson a fait entendre\nchez elle des œuvres de Henri Lutz, le délicat\ncompositeur qui a mis en musique les beaux\npoèmes de Mme Léopold Lacour.\nNous avons le plaisir d'apprendre que\nnotre collaborateur, M. Jobbé Duval, vient\nde recevoir les palmes académiques.\nLe 22 Avril, les Concerts-Rouge con-\n' o\nsacraient un partie de leur soirée à l'Audition\nde plusieurs mélodies publiées autrefois SOÏIS le\nnom de Jean Hubert et dont l'auteur veut\nbien aujourd'hui se faire connaître : c'est\nM. Alexis Rostand, président et Direc-\nteur général du Comptoir d'escompte. Ces\nmélodies, pleines de grâce et d'esprit, étaient\ninterprétées par Mlle Marie de l'ïsle, dont on\nsait le talent.\nAu Lyceum, brillante soirée donnée par\nMme Macréjamska en l'honneur de M. Klobu-\nkowsky, gouverneur général de l'lndochine.\nAu programme, œuvres de Mmc J. Toutain-\nGrûn interprétées par l'auteur et Mme Pauline\nSmith et de M. Trémisat.\nSous la direction de Victor Charpentier,\n\" l'orchestre \" a donné au Trocadéro, le\n28 mai un très intéressant concert. Au pro-\ngramme. des œuvres de Handel, Mozart,\nGuilmant, Chaminade, Selz, César Franck,\nainsi que l'audition intégrale du Désert de\nFélicien David, interprété par Mlle Paule"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.9", "texte": "LE MAESTRO TOSCANINI"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.10", "texte": "VIENT DE PARAITRE\n■„ -r •\"V ï- '«XI ' ' )\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\nGEORGES OERTEL\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\nC. THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nEN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PREPARATION :\n. \\f . î :\nROOVERSLIEFDE\nDRAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. GILSON\n. PARTITION : Piano et Chant."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.11", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n■ V. ' ■ ' •- ■\n289\n\nMarsa, M. Plamondon, l'ensemble vocal de\n\" l'Orchestre \" et le chorale \" Les Enfants de\nParis.\"\n\nF. Guérillot.\n\nProvince\nBOURGES. A l'occasion des Fêtes de\nu l'Argentier Jacques Cœur\" (12 et 13 Juin)\nla Ville de Bourges a été le théâtre de mani-\nfestations artistiques qui resteront longtemps\ndans la mémoire des nombreux étrangers\naccourus dans ses murs.\nC'est devant une salle littéralement comble\nqu'eurent lieu les deux soirées des 12 et 13\nJuin, la première presqu'exclusivement musi-\ncale et chorégraphique, la seconde consacrée\nà une représentation de l'Arlésienne.\nNous voudrions pouvoir nous étendre sur\nla première qui réunit les musiques de la\ngarnison, la musique municipale et un orchestre\nsymphonique de 60 musiciens dont nous nous\nréservons de parler plus loin, vanter ainsi\nqu'elles le méritent les qualités des chanteurs\nqui ont nom Juliette Dorys, Mario Varelly,\nexprimer le suprême plaisir de l'ouïe et de la\nvue à la fois que nous a procuré l'exécution\nimpeccable du ballet de Faust, dansé par\nMlle Sandrini et huit danseuses du corps de\nballet de l'Opéra.\nCependant, à raison de l'attention particulière\nqu'attira dans le monde des amateurs de\nmusique la représentation de l'Arlésienne, c'est\nà elle que nous nous consacrerons plus spécia-\nlement.\nL'interprétation du chef-d'œuvre de Daudet\nfut de tous points parfaite.\nL'orchestre symphonique, n'a pas peu con-\ntribué à la pleine réussite de l'œuvre.\nSous la baguette experte de M. Courrouy,\nchef de la musique de la 8e brigade d'artillerie,\nqui avait bien voulu en accepter la direction\npour cette fête de bienfaisance, l'orchestre,\ncomposé des meilleurs éléments de la Société\nPhilharmonique, auxquels on avait adjoint\nplusieurs solistes, tous lauréats du Conservatoire\nde Paris, avait acquis un degré de perfection\nvraiment extraordinaire.\nCe fut une révélation ! Les frénétiques ap-\nplaudissements d'une foule enthousiaste qui\naccueillirent la délicieuse partition de Bizet et\nnotamment l'ouverture, le Menuet et l'lnter-\nmezzo, sont le plus sûr garant du plaisir\nextrême que nous a procuré cette phalange\nd'artistes.\nNous ne saurions mieux faire que d'opposer\nà ceux qui nous taxeraient d'un chauvinisme\nexcessif, les allégations mêmes de Tessandier,\nqui au lendemain de la représentation, écrivait\nau sympathique chef :\nu ...Il y a fort longtemps, depuis Colonne\n- que je n'ai entendu pareille sûreté d'exé-\ncution.\"\nCe témoignage nous dispense de plus longs\ncommentaires.\nSouhaitons que cette \" révélation \" consti-\ntue un utile enseignement pour la Municipalité\net pour la Société des Fêtes et qu'un régal\nsemblable ne reste pas sans lendemain.\nO. M.\nBELLEY. Importante manifestation\nmusicale à la Cathédrale à l'occasion de l'ln-\ntronisation du nouvel évêque MgT Magnier :"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.12", "texte": "F. CHATENET\nPhotographie documentaire\net artistique\n67, rue des Batignolles, 67, PARIS.\nNouveau procédé sur papier; blanc sur noir, grandeur 18 x 24:\nPour une commande de cinquante épreuves 0.75 par épreuve.\nPar petite quantité : 1 fr. par épreuve.\nPar ce procédé, la Maison CHATENET a fourni aux Bénédictins\nde Solesmes pour leur Paléographie plus de 40.000 photographies.\nPRIX-COURANT :\nCliché î 3 x 18 avec une épreuve, 3 fr. ; les suivantes, chaque 0.75\nCliché i 8 x 24 avec une épreuve, 4 fr. ; les suivantes, chaque 1.00\nC liché 24 x 30 avec une épreuve, 5 fr. ; les suivantes, chaque 1.50\n\nExtrait du roman de Fauve! (1315) publié en reproduction photographique."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.13", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n291\n\nœuvres de Bach, Beethoven, Gounod, Franck,\nSaint-Saëns, Baetz, quelques unes exécutées\npar une Chorale d'enfants et d'hommes de\nbonne volonté plus habitués aux travaux de la\ncampagne qu'à la musique. E. B.\nCAMBRAI. AT occasion du mariage\nde Mlle Morand, fille du sympathique Président\nde l'Union orphéonique, une manifestation\nartistique d'une grande ampleur a été faite à\nla Cathédrale. Au programme :\nChœur des Pèlerins, de Wagner;\nPater Noster, de Niedermeyer ; Soliste :\nM. Dumont ;\nMarche nuptiale, de Wagner ; (Trompettes);\nRomance pour Violon, de Svendsen 5 M.\nPaul Cormont ;\nAve Maria de Gounod ; Solistes : M. Mar-\ntin, ténor ; Mlle Inghebrelt, Harpiste ; M.\nMarcel Richard, Orgue ;\nAdagio du Septuor de Beethoven, par les\nprofesseurs de l'Ecole Nationale de Musique ;\nSancta Maria, de Faure; M. Dartus.\nAu deuxième Concert des Elèves de\nl'Ecole Nationale de Musique, citons tout\nparticulièrement le jeune violoncelliste M. De-\nbergue qui exécuta le Concerto de Golter-\nmann d'une façon parfaite ; cet excellent\nmusicien possède un jeu très sur et une belle\nsonorité... P. CORMONT.\nLILLE. Mme Maquet a dignement\nclôturé la série des Concerts Symphoniques en\ndonnant le 29 Mai la première audition en\nFrance de la Délivrance de Prométhée, poème\nsymphonique pour orchestre, chœurs et réci-\ntant. Le Final de l'Or du Rhin, le prélude du\ntroisième acte et la dernière scène des Maîtres\nChanteurs complétaient le programme de ce\nmagnifique Concert. Mme Maquet a-été applau-\ndie comme elle le méritait. La saison musicale\nest à peine finie que l'active musicienne\nannonce pour l'an prochain la neuvième\nsymphonie et d'importants fragments Wagné-\nriens.\nTROU VILLE. La saison promet d'être\nbrillante au Casino ; il suffit de lire les noms\ndes artistes : Litvinne, de l'Opéra, Thévenet,\nde 1' Opéra Comique, Toutain-Griin et Barthé,\ndes Concerts de Monte-Carlo, Sandrini, de\nl'Opéra... Et les œuvres qu'on représentera\nsont nombreuses et variées.\nDUNKERQUE. Au point de vue\nartistique, notre Ville ne reste pas en arrière.\nSous la direction de son excellent chef M.\nEug. Théry, l'Association des artistes musiciens\ndonne chaque année deux concerts de musique\nqui obtiennent toujours un vif succès.\nLe premier, cette année, eut lieu le 15\navril, avec le concours du pianiste A. Lermyt.\n\" Rédemption \" de Franck fut représentée\ndans toute son intégralité, fait assez rare\nen province.\nLes Chœurs d'hommes et de femmes furent\nbons. La seule chose à souhaiter pour une\nprochaine fois, c'est un renforcement des\nchœurs, cela est nécessaire, sinon indispensable,\npour exécuter de pareils monuments d'art\nmusical.\nL'orchestre, au grand complet, n'eut aucu-\nne faiblesse.\n\nApplication\nraisonnêe des\nmeilleurs pro ce des\npédagogiques\net techniques\nem,plot?ês par tes\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS\nRue Franklin, 5, \"PARIS Trocadéro."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.14", "texte": "292\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nMadame Auguez de Montalant avait pour\nla circonstance prêté son concours. Le poème\nfut récité par M. Granlieu, ancien pension-\nnaire du Théâtre de notre ville.\nLa soirée avait commencé par la \" Procession \"\nde C. Franck et la \" Chanson de Barbaine\nde V. Jallois, chantées par Mme de Montalant.\nE. S.\nLORIENT. Nous possédons ici une\njeune société chorale, qui vient, dans un\nrécent concours à Laval, de se couvrir de\ngloire.\nFondé en 1907 par M. Mars Refray et\nprésidé aujourd'hui par M. Brard, conseiller\nmunicipal, le \" Choral Lorentais \" a, depuis le\nmois de novembre dernier, pour Directeur\nM. Maublanc. Au concours de Laval elle\navait comme concurrents le Choral laïque de\nFougères et le Choral de Villers-Boccage; or,\nelle a obtenu le ler prix de lecture à vue\nà l'unanimité, un ler prix d'exécution avec le\nchoeur choisi u La Légende de la Glèbe \"\n(La Charrue) de La To m belle et un 2me prix\nd'honneur avec le morceau imposé: u Voici\nJuillet \" de Cools. Résultat superbe!\nA leur retour à Lorient les vainqueurs ont\nété reçus comme ils le méritaient. Nous adres-\nsons au choral Lorientais nos plus sincères fé-\nlicitations, et nous lui souhaitons surtout une\nlongue carrière, car hélas, combien chez nous,\nde sociétés qui se fondent et ont juste assez de\nforce pour vivre, comme les roses du poète,\nl'espace d'un matin!\nC. s.\nGUERET. Le concert E. Bernard fut\nun succès pour cet artiste, et, si son interpré-\ntation de la Sonate Appassionata put soulever\nquelques critiques, il fut vraiment remarqua-\nble dans les autres œuvres qui composaient\nson programme.\nConférence très intéressante de M. Lan-\ndormy sur la musique moderne, avec exécu-\ntion d'œuvres de Debussy, Chausson, d'lndy,\nLekeu, certainement mieux applaudies que\ncomprises.\nLa sonate à Kreutzer et la Ronde des\nLutins de Bazzini furent fort bien exécutées\npar Mr Cazaneuve dans un concert où se fît\napplaudir Mr Tuburlut.\n- Audition très intéressante des élèves de\nM 1 Pierret. Bach, Beethoven, Mozart, Schu-\nmann, Rode, Fauré et Paganini même, dans\nson difficile Mouvement Perpétuel, eurent des\ninterprètes qui firent vraiment honneur à leur\nsympathique professeur.\nMOULINS. Nous avons déjà annoncé\nqu'à l'occasion d'une grande cérémonie qui\ndoit être célébrée, dans notre ville, le 19\ncourant, un grand oratorio-cantate allait être\nexécuté. Voici quelques brefs renseignements\nsur cette œuvre inédite. Les paroles sont de\nM. l'Abbé Parsy, aumônier du lycée de\nValenciennes et la musique de M. l'abbé\nF. Magnasse, directeur de la psallette de la\nCathédrale de Moulins. Cet oratorio-cantate\nest divisé en cinq parties. Après un solennel\nprélude d'orgue, une phrase large et soutenue,\nconfiée au baryton, annonce le Couronnement\nde la Vierge. Puis survient un colloque entre\nle ciel et la terre. Les soprani, remplaçant les\nanges, font entendre des Alléluia dont le thème\nest emprunté aux différents modes en plain-\nchant. Des voix de basse, assez contenues,\nrépondent par une mélodie simple et suppliante\naux voix du ciel. Enfin, le ciel et la terre\ns'unissent en un grand chœur final qui ter-\nmine la première partie. Il serait intéressant\nd'analyser jusqu'au bout l'œuvre fort intéres-\nsante de M. l'Abbé Mao-nasse. Mais nous en\no\nreparlerons après son exécution qui promet,\navec les éléments dont dispose la Maîtrise de\nMoulins auxquels viendront, pour la circon-\nstance, s'ajouter de solides renforts, d'être\nfort belle.\nA l'occasion du Concours National Agri-\ncole qui vient de se tenir à Moulins, toutes nos\nSociétés Musicales se sont prodiguées et distin-\nguées, mais tout particulièrement la Lyre\nMoulinoise et la Chorale de Moulins, ainsi\nqu'une société de trompettes, l'Etendard\nMoulinois, qui se sont faits applaudir à plusieurs\nreprises, pendant toute une semaine, sur nos\nplaces et cours."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.15", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n293\n\nROY AT. Le goût éclairé et la sincérité\nartistique de M. Maurice de Villers donnent,\ncette année, à la saison de Royat, un intérêt\nexceptionnel ; on nous promet, en musique :\nl'Enfance du Christ, la Damnation de Faust,\nles Béatitudes, Antar, les Symphonies de\nBeethoven, de Schumann, etc., des œuvres\nimportantes de Lalo, Saint-Saëns, Fauré, etc.\nPour commencer, il nous fut donné d'entendre,\nvendredi 24 juin, un excellent \"concert clas-\nsique \" (classique, au sens précis du mot)\ndont le programme réunissait les noms de\nGluck, Mehul, Haendel, Haydn, Mozart, etc.\nLe gros succès de la soirée a été pour\nMlle Streletski dans la scène et l'Air de Beet-\nhoven \"Ah ! perfide \" Ce morceau, si\npuissamment dramatique, s'exécute rarement,\nparce qu'il exige un registre vocal d'une rare\nétendue. Ce fut une bonne fortune, pour les\nauditeurs de Royat, de l'entendre interprété\navec une justesse de sentiment et une musicalité\nparfaites. On a beaucoup applaudi, également,\nla belle voix de basse chantante de M. Bastide,\ndans l'Air de la Flûte enchantée, et le violoncelle\nde M. Merck, .dans la Romance en rè, de\nSaint-Saëns. J. D.\nBORDEAUX. Plus de musique, plus\nde virtuose ! l'activité musicale est complète-\nment calmée à Bordeaux. Signalons cependant\nune intéressante audition d'artistes et d'ama-\nteurs de notre ville, élèves de G. Sarreau, à\nl'lnstitution nationale des Sourdes et Muettes,\nau profit de la caisse de secours des anciennes\nélèves de la maison. Puis encore, le concert\ndonné à la Salle Bermond, par l'orchestre de\nla société 1' \" Accord Parfait \", direction du\nsympathique professeur u Chaubet\nD'autre part, la belle Revue de L. Le mar-\nchand, \"Tout pour la bordelaise\", triomphe\n\nCOMPOSITIONS DE EDGAR TINEL\nNouvelles éditions revues et corrigées\nOp. 1.\nOp. 2\nCP. 3.\nOp. 4.\nOp. 5.\nOp. 6.\nOp. 7.\nOp. 8.\nOp. 9.\nOp. 10,\nQuatre Nocturnes à une\nvoix Fr. 2.\nTrois SVJorceaux de Fan-\ntaisie pour Piano : No. 1.\nPapillon. 2 Le soir.\n3. Adieu . . . complet\nScherzo en ut mineur poui\npiano\nDrie Liederen (texte fl.).\nQuatre Mélodies ;\n1. L'Automne. . . .\n2. Charmante Rose.\n3. Bel Enfant, souris-moi\n4. L'Oracle en défaut,\nidem . . complet net\nDeux Mélodies :\n1. L'Angelus\n2. Pourquoi •\n1. Impromptu-valse, p. piano\n2. Chanson, pour piano . .\nSechs Lieder und Gesange\n(texte allemand et flamand) „ 3.\nSonate pour piano- . net 5.\nSchilflieder von picolas\nLenau (text allem. et fl.) „ 2.\n2.\n2.\n\\ ,75\n1\n1 .35\n0,85\n1 .00\n2.50\n1 .35\n1 .35\n2.\n1\nOP. 11. Funf Gesange aus N. Le-\nnau's \" Lieder der Sehn-\nsucht \" \\texte allem. et fl.)\nOp. 12. Een krans van veertien\noud-vlaamsche min-\nneliederen (texte flam.)\ncomplet net\nOp. 13. Vier oud - vlaamsche\ndrinkliederen (texte fl.)\ncomplet net\nOp. 14. Au printemps, cinq mor-\nceaux de fantaisie p. piano:\n1. Hymne. 2. Joie. 3. Peti-\ntes fleurs !... 4. Ave Maria.\n5. Danse de paysans . .\nOp. 17. Marche extraite de la can-\ntate \" Klokke Roeland\npour Piano à 4 mains . .\nMarche p. piano à 2 mains\nWeverslied uit de cantate\n\" Klokke Roeland \" . .\nOp. 30. Marche N uptiale pour\npiano à 4 mains ....\nLe Mois de Mai (à Ma-\nrie) Mélodie ....\n2.\n5.\n2.50\n4.\n2.50\n2.\n1 .35\n3.\n1 .35\nSCHOTT FRÈRES, Éditeurs de Musique à BRUXELLES"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.16", "texte": "294\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nau Théâtre de l'Alhambra pendant qu'au\nThéâtre de la Nature de l'Américan Park, le\nbaryton de Souza obtient un très grand succès,\nen même temps que l'excellent orchestre\nRenaud intéresse les nombreux promeneurs\ndu parc.\nRien de plus à dire d'intéressant ; cependant\nil est bon de faire connaître à nos lecteurs\nfrançais et étrangers, que notre Théâtre\nMunicipal n'a pas changé de direction. \" Fer-\nnand Bory \" préside encore pour trois années\naux destinées musicales et chorégraphiques de\nnotre première scène, avec, comme Conseiller\nMusical, le chef d'orchestre \" E. Montagni\nD'une telle collaboration, il ne peut résulter\nque de bonnes et belles choses.\nV. GENDREU.\nTOULOUSE. Au théâtre Lafayette,\nles deux chanteuses d'opérette, Mme Gabrielle\nFrédax et Mme Lucy Raymond, reçoivent, les\nenthousiastes acclamations du public.\nAux Nouveautés, la féerie \"Tout en Rose\"\nattire tous les soirs un nombre considérable de\nspectateurs. Malgré ce succès, directeurs et\nartistes vont prendre deux mois de repos légi-\ntimement conquis.\nLe 27 Juin, au théâtre de la nation, exquise\nreprésentation de Lakmé avec Mme Victoria\nFer, du grand théâtre de Genève.\nAu Conservatoire, concours publics de fin\nd'année. Nous avons remarqué la belle tenue\ndes classes d'instruments à archet, et de celles\nde basson, haut bois, trompette et clarinette.\nJ. H.\nNIMES. La saison dernière a été extrê-\nmement riche au point de vue musical à Nîmes.\nAux Concerts du Conservatoire on a entendu\nRicardo Vines et Firmin Touche. v\nA la Chambre Musicale, qui reste comme\npar le passé le sanctuaire du grand art, on a eu\nen dehors des séances ordinaires, treize concerts\nde tout premier ordre, avec le concours de\nMlle 81. Selva, du quatuor Zimmer et de\nM. Plamondon. Il serait trop long d'énumérer\ntoutes les œuvres qui ont été exécutées et il\nsuffit presque de dire que les programmes ont\nété irréprochablement beaux. Beethoven a été\nreprésenté à lui tout seul par 12 des sonates\npour piano, 4 quatuors dont le XIVe et le\nXVe, et les variations sur une valse de Dia-\nbelli. On a en outre commencé à faire une\nplace importante à la musique ancienne, avec\ndes exécutions d'œuvres de Kuhnau, de Scar-\nlatti, de Lulli, de Couperin et de Rameau.\nQuant aux artistes ils peuvent se considérer\ncomme étant désormais tout-à-fait chez eux à\nla \" Chambre, \" où l'on a la plus grande\nadmiration, non seulement pour leur talent,\nmais surtout pour leur sincérité et leur con-\nscience artistique.\nLa saison a été couronnée, fait sans précé-\ndent, par un merveilleux concert, organisé\nuniquement avec les ressources dont dispose la\nville. Le programme était consacré à Rameau\net à J. S. Bach. D e ce dernier maître on a\nexécuté, et ce pour la première fois à Nîmes,\nla \" cantate du café. \" Admirable exécution,\nexcellemment dirigée par un jeune chef d'or-\nchestre de grand talent, professeur au Conser-\nvatoire, M. Delaunay.\nUn de nos collègues de la Société interna-\ntionale de musique, M. L'Hôpital, a profité\nde T occasion pour faire un plaidoyer en faveur\nde la musique ancienne. U a prêché l'union\nde toutes les bonnes volontés pour qu'on en\narrive à restaurer cette musique dans sa dignité\net son éclat par des exécutions qui sont loin\nd'être irréalisables dans une ville comme\nNîmes. Espérons que son appel sera entendu\net que la saison prochaine nous réservera de\nbonnes surprises.\nSALON. A la suite du Concours de\nMusique de l'lsle-sur-Sorgues, les sociétés de\nSalon, qui y ont remporté de nombreux\nlauriers, ont donné, avec le Concours de la\nmusique municipale, une très brillante audition.\nNous sommes heureux d'apprendre que\nMlle Simone Girard vient de remporter un\nlégitime succès au cours de l'audition que\nMile Rose Demay, professeur de diction et de\ndéclamation organisa à Marseille, dans les\nSalons Massilia."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.17", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n29 5\n\nLa saison théâtrale (Direction Depère)\ns'est terminée par la Tosca de Puccini.\nLes examens de fin d'année sont com-\nmencés au Conservatoire Municipal de Lyon.\nLa distribution des récompenses donnera lieu,\ncomme les années précédentes, à une audition\npublique des lauréats de l'année.\nL.\nVALENCE. La Société des Concerts-\nConférences de notre ville a clôturé on ne peut\nplus dignement sa saison par l'audition intégrale\net inédite en France du Miracle de Saint-Nico-\nlas, légende lorraine en deux parties pour\nsolis-chœurs, projections et grand orchestre,\nde Guy Ropartz, directeur du Conservatoire\nde Nancy. Nos sincères compliments aux\ninterprètes et aux dévoués administrateurs.\n* *\nNous apprenons que notre grande et sym-\npathique fanfare de Valence vient d'être invitée\nà Lausanne (Suisse) sur l'instigation de la\ndélégation des ingénieurs.\nDe grandes fêtes sont préparées les 9, 10\net 11 juillet en l'honneur de notre vaillante\nSociété, par un comité spécial à l'organisation\nde cette réception.\n\nBelgique\nCOMMUNIQUES. CHOSES THÉÂ-\nTRALES. Le jeune compositeur, Léon\nDelcroix, vient de terminer une œuvre nou-\nvelle intitulée : La Bacchante, conte mimo-\nsymphonique, dont le scénario est du à la\ncollaboration de deux hommes de théâtre bien\nconnus, MM. F. Ambrosiny et Armand Du\nPlessy. L'action se passe au temps des Grecs\nd'Alexandrie, sous le règne de Bérénice, et\nsert notamment de prétexte à des reconstitu-\ntions de la danse antique dans ses diverses\nmanifestations.\nL'œuvre sera représentée dans le courant\nde la saison d'hiver prochaine.\n- A LA MEMOIRE DE MAX WALLER.\nLe projet d'ériger un monument à Max\nWaller, le fondateur de la \" Jeune Belgique \",\nsemble devoir se réaliser bientôt grâce aux efforts\nincessants du Comité constitué dans ce but.\nEt voici que dans une pensée de glorifica-\ntion immédiate Messieurs Fonson viennent de\nfrapper une médaille à l'effigie du poète.\nLe bijou grand modulé en bronze sera mis\nen vente au profit de la souscription.\nGrâce à l'initiative de Messieurs Fonson, le\nComité Waller tient dès aujourd'hui à la\ndisposition des souscripteurs, pour la somme\nde 10 francs, cette très jolie médaille due au\ntalent de Godefroid Devreese, qui est passé\nmaître en cet art.\nL'artiste y a fait revivre la physionomie si\nsympathique du jeune écrivain. L'œuvre con-\nstitue un précieux souvenir que voudront pos-\nséder tous ceux qui vouent à Waller le culte\nque l'on doit à cet éveilleur d'enthousiasme\nlittéraire.\nLes adhésions peuvent être adressées à\nM. Léopold Rosy, Directeur du Thyrse,\nSecrétaire du Comité Waller, 130 rue de\nBruxelles à Uccle.\nA L'EXPOSITION, brillante exécution\nde S 1 Franciscus d'Edgar Tinel, avec tout le\nsuccès que mérite l'œuvre magistrale, noble\net belle.\nLe 9 juillet, on entendra l'orchestre du\nConservatoire de Paris ; les 16 et 17 juillet,\nfestival allemand sous la direction de M.\nSteinbach.\nA propos des manifestations musicales de\nla saison \" extraordinaire \" on se demande\nen quoi, nous découpons, dans les bonnes\nfeuilles du Diapason, organe indépendant des\ncombien justes doléances de nos musiciens, ces\nlignes dûes à la plume alerte de l'excellent\ncompositeur et écrivain M. Cari Smulders :\n\" L'Exposition de Bruxelles nous vaudra\nla visite de millions d'étrangers. Pour inter-\nnationale que soit cette exposition, il est hors\nde doute que nos hôtes ont avant tout le\ndésir de contempler nos villes, au cachet si\nparticulier, d'admirer nos monuments, d'étu-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.18", "texte": "EO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n?â\no\n->\nA\nS\n$\nfi\nH\n■HHMBBHBOM\n8û\n□\nu\nmtmt\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFILIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.19", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n297\n\ndier notre formidable outillage industriel, de\nprendre connaissance des produits de notre\nsol, de notre science et de notre art. Ce n'est\npas pour applaudir VAnneau du Niebelung ou\nSalornè qu'ils entreprennent leur pèlerinage.\nTout cela, ils peuvent l'entendre chez eux. Il\nsemble bien qu'on eût dû mettre l'occasion à\nprofit pour représenter sur notre première\nscène lyrique les productions de nos musiciens\nnationaux, les œuvres de Jan Blockx, de Léon\nDu Bois, de Paul Gil son, d'Albert Dupuis.\nC'eût été d'un patriotisme éclairé et bien\nentendu.\nM. Smulders aurait-il encore des illusions ?\nNous trouvons, dans l'Artiste Musicien,\norgane des Chambres Syndicales fédérées de\nBelgique, au cours d'une réponse à un article\nparu dans le XXe siècle, qui reprochait au\nSyndicat des Artistes, sous une forme inter-\nrogative, il est vrai, de causer, par ses exigen-\nces, la mauvaise préparation, l'à-peu-près de\nnos auditions au théâtre et aux concerts, ce\nrenseignement bon à noter.\ncc MM. Sylvain Dupuis et Isaye payent les\nmêmes salaires que feu Joseph Dupont\". \" Ce\nn'est donc pas là qu'il faut chercher la mau-\nvaise préparation des concerts. Seulement,\nlorsque Joseph Dupont dirigeait, on faisait 7,\n8, et même plus de répétitions pour mettre\nune œuvre au point et les artistes recevaient\nune somme variant entre 38 et 45 fr. pour\nchaque concert. AujourcVhui oyi se contente de 2\nou 3, exceptionnellement de 4 répétitions, et un\nconcert rapporte lorsqu'il est bien payé 25 fr.\"\nEt plus loin :\nu Les musiciens syndiqués, à Bruxelles,\nil n'y en a presque plus d'autres font un\nsacrifice très grand en jouant pour 3,50 fr. une\nrépétition de 2 heures, et pour 5 et 8 fr. un\nconcert, qui sont payés à Paris 8 et 10 fr.\nles répétitions, et 1 8 et 20 fr. le concert. \"\nCeci est édifiant et nous ne pouvons qu'ap-\nplaudir -à la conclusion de l'article : u Le\nSyndicat, qui poursuit le noble but de mettre\nles artistes à même de gagner honorablement\nleur existence, mériterait plutôt l'aide de ceux\nqui s'intéressent à la musique que leur mé-\nprisable critique.\nLA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\nAU POINT DE VUE HYGIÉNIQUE\nET MEDICAL. Dans son numéro du\n15 avril dernier, le S. I. M. (page 149), par-\nlant de l'lnstitut des Hautes études musicales\net dramatiques d'lxelles, juge une démonstra-\ntion de Gymnastique rythmique, méthode\nJacques Dalcroze et semble vouloir lui refuser\nsa valeur réelle.\nPermettez nous d'ajouter à l'appréciation\nde votre correspondant quelques considérations\nhygiéniques et médicales au sujet de la gym-\nnastique rythmique qui monteront que son\nimportance ne se borne pas au rythme et à la\ngrâce mais qu'elle constitue tout un pro-\ngramme d'éducation où s'associent également\nla volonté centrale, la transmission nerveuse\n\nCHEMINS DE FER DE L'ETAT.\nBILLETS DE BAINS DE MER (jusqu'au 31 Octobre 1910)\nL'administration de Chemins des Fer de l'Etat, dans le but de faciliter au Public la visite ou le séjour aux PLAGES\nDE LA MANCHE et de l'Océan, fait délivrer, au départ de Paris, les billets d'aller et retour, ci-après, qui comportent\njusqu'à 40 o/o de réduction sur les prix du tarif ordinaire.\n1. Bains de Mer de la Manche. Billets individuels valables, suivant la distance, 3, 4 et 10 jouis (le et\n2e Cl.) et 33 jours (le, 2e et 3e Cl.)\nLes billets de 33 jours peuvent être prolongés d'une ou deux périodes de 30 jours moyennant supplément de 10 °lo par périodeç\n2. Bains de Mer de l'Océan. (A) Billets individuels de le. 2e, et 3e cl. valables 33 jours avec faculté de\nprolongation d'une ou deux périodes ds 30 jours moyennant supplément de 10 o/o par période.\n(B) Billets individuels de le, 2e, et 3e Cl. valables 5 jours (sans faculté de prolongation) du Vendredi de chaque\nsemaine au Mardi suivant ou de l'avant-veille au surlendemain d'un jour férié.\nBILLETS de VACANCES (jusqu'au ler Octobre 1910). Billets de famille valables 33 jours (le, 2e et 3e cl.)\navec faculté de prolongation d'une ou deux périodes de 30 jours moyennant supplément de 10 o/o par période.\nCes billets sont délivrés aux familles composées d'au moins trois personnes voyagant ensemble, pour toutes les gares du réseau\nde l'Etat (Lignes du Sud-Ouest) situées a 125 kilomètres au moins de 'Paris, ou réciproquement."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.20", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—... %K - y 1•• • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\n1\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.21", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n299\n\net l'exécution par des muscles exercés et\nrégénérés.\nSans entrer dans les détails d'exécution,\nconnus déjà, on peut considérer l'élève comme\nun réceptable d'où partiront des manifestations\nvariées, dont l'excitation initiale sera le rythme\ndonné par le piano.\nSuivons schématiquement les diverses opé-\nrations qui amèneront l'exécution d'un mou-\nvement rythmé :\ni° L'oreille reçoit la sensation de l'air\nmélodique qui lui indique le mouvement à\nexécuter.\n2° Cette sensation est transmise au cerveau\net devient, grâce à la conscience, une percep-\ntion.\n30 Cette perception, toujours dans les cen-\ntres cérébraux, devient une solution, l'indica-\ntion d'un mouvement à accoupler, mettant\nen jeu un groupe de muscles.\n40 Transmission aux muscles mêmes du mot\net de l'ensemble de l'exercice.\nOn voit par ce tableau succinct combien\nest varié et multiple l'activité déployée au\ncours d'un exercice rythmique et combien le\ndéveloppement psychique et harmonique de\ntout notre organisme peut bénificier de l'exé-\ncution d'une gymnastique aussi rationnelle.\nA côté de la physiologie même, nous trou-\nvons chez les jeunes gens bien des cas patho-\nlogiques qui bénéficieront d'exercices appro-\npriés et bien compris qui tous font partie de\nla gymnastique rythmique :\ni° Enfants dont la poitrine est trop étroite.\nLeur respiration se fait mal, leurs poumons\nne peuvent prendre un développement suffisant,\nd'où résulte un état d'anémie générale, de\ndéperdition de force, avec manque de croissance\net prédisposition à la phtysie.\nDe grandes inspirations, des mouvements\nde dégagement du torse aideront à rétablir la\nfonction respiratoire dans sa normale.\n2° En classe, les enfants, prennent souvent\ndes attitudes vicieuses d'où résultent des défor-\nmations de la colonne vertébrale, soit à cause de\nla faiblesse des muscles du dos, soit à cause de\nla trop grande force des muscles de l'abdomen\nqui ramène le buste en avant. C'est alors que\nles mouvements rythmés interviendront pour\nrendre aux muscles leur équilibre et permettre\nla rectitude du tronc.\nA une époque plus avancée, les os se sont\ndéformés et le mal est devenu difficile à\nréparer. Il convient donc de commencer la\ngymnastique rythmique dès le jeune âge si on\nveut prévenir les déformations vertébrales et\ncorriger les mauvaises attitudes.\nSans entrer plus avant dans le détail même\nde l'exécution, on peut conclure qu'une har-\nmonie parfaite entre les centres psychiques et\nles muscles s'obtient grâce à la gymnastique\nrythmique et que son emploi régulier contribue\nà l'esthétique de la forme et à l'harmonie de\nl'individu.\nDR GASTON DANIEL.\nr\nLIEGE, 15 juin 1910. A noter, en ce\ndernier mois, une avalanche de petits concerts:\nc'est sans doute un dédommagement pour la\nvacuité marquée de certaines périodes de\nl'hiver, en cette année peu musicale.\nA l'Œuvre des Artistes, on a beaucoup\napplaudi Mme Durand-Texte qui, accompa-\ngnée par l'auteur, fit entendre nombre de\nmélodies de M. Reynaldo Hahn. Les meilleures\nd'entre elles étaient déjà connues du public.\nLa séance consacrée à M. Guy Ropartz a\nfait plus d'impression : l'art sérieux de ce\ncompositeur, basé sur des chants populaires\nbretons qui évoquent les mélodies grégoriennes,\nnous porte dans un monde harmonique tout\nspécial, parent de celui qui baigne la musique\nd'orgue allemande du XVIIe siècle. Les\nœuvres exécutées (sonate et andante pour violon,\nchoral varie pour piano) sont sévères, mais\nbelles, grandioses, et leur interprétation, con-\nfiée à M. Louis Claesen, violoniste, et à\nM. Louis Lavoye, pianiste-organiste, fut\nparfaite. En des mélodies pleines de mélancolie\net marquées au coin d'un sentiment profond,\nMlle Davanzi nous a prouvé que M. Ropartz\nsait à merveille écrire pour la voix. La\ndernière Heure de musique était consacrée à\nl'art ancien. Le choral mixte a capella\ndirigé par M, Lucien Mawet a fait entendre\nune sélection de pièces de la grande période"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.22", "texte": "VIENT DE PARAITRE\nPUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE (SECTION DE PARIS)\nLES MUSICIENS\nDE LA\nSAINTE CHAPELLE DU PALAIS\nDocuments inédits, recueillis et annotés par\nMICHEL BRENET\nIn 8° carré de 370 pages. Prix fr. 15.00\nPARIS\nLIBRAIRIE ALPHONSE PICARD ET FILS\n82, RUE BONAPARTE\nI 9 I O"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.23", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n301\n\nde polyphonie vocale : le canon anglais de\nFornsete (1226), de l'Arcadelt, du Waelrant,\ndu Lasso, du Palestrina, du Bach, donnant un\naperçu rapide de l'art profane et religieux de\nces cinq siècles. M. Léopold Charlier, accom-\npagné par M. Fernand Mawet, agrémentait\nl'audition par l'impeccable interprétation d'une\nsonate de Tartini et de la Ciacona de Vitali.\nAu Palais des Beaux-Arts, on a applaudi\nune séance de sonate donnée par M. Chau-\nmont et Mlle Stévart, un récital de piano de\nM. Demblon qui se montra bon interprète de\nla musique française moderne mais non de\nBeethoven et de Chopin, puis les cercles de\nmusique de chambre : Piano et archets, surtout\ndans le quintette de Franck, et le Quatuor\nCharlier surtout dans le Quatuor de Debussy.\nNous ne signalerons pas d'autres séances\nmoins intéressantes, n'ayant pas la prétention\nde publier un résumé fidèle des programmes\nliégeois, mais bien de relever les faits les plus\ncaractéristiques de notre vie d'art.\nParmi ceux-ci rentre un concert Chopin\norganisé par les étudiants polonais avec le\nconcours du très intéressant et personnel con-\nférencier M. Arthur Hubens, de Mme Abla-\nmovvicz, cantatrice habile, et de M. Lidney\nVantyn, qui se montra interprète pénétrant,\npoétique et extériorisateur magistral de l'œuvre\nde Chopin. DR DWELSHAUWERS.\nMALINES. Les concerts de carillon\nont repris depuis le lERIER juin. Le temps était\nbon, et de nombreux auditeurs étaient ac-\ncourus. Nous y avons remarqué pas mal\nd'étrangers. C'est sans doute l'Exposition qui\nnous les amène. P. C.\nREVUES A LIRE. La Société Nouvelle,\nsociologie, science et art. Directeur M. Jules\nNoël, il, rue Ghisaire, Mons.\nLa Belgique artistique et littéraire, revue du\nmouvement artistique belge, sous la direction\nde M. Paul André. Bureaux : 26-28, rue des\nMinimes, Bruxelles.\nUv Le Thyrse, revue d'art et de littérature.\nDirecteur M. Léopold Rosy. 16, rue du Fort,\nBruxelles.\nWallonia, revue mensuelle du mouvement\nartistique et littéraire de Wallonie. Directeur\nM. Oscar Colson. Rue Léon Mignon, Liège.\nLe Diapason, journal hebdomadaire de\nsociétés de musique belges et étrangères. Di-\nrecteur M. Garras. 22, rue de la Bourse,\nBruxelles.\nUArtiste \\ Musicien, tribune libre, organe\nmensuel des Chambres Syndicales fédérées de\nBelgique. Rédaction : 26, Place Ste Gudule,\nBruxelles.\n\nÉtranger\nLONDRES. On a pris grand intérêt\naux deux concerts alternés que donnaient, le\n2 juin, M. Franz Liebich, avec le concours\nde Mlle Marguerite Babaïan, et, le 7, Mlle Mar-\nguerite Babaïan, avec le concours de M. Franz\nLiebich. Le premier conduisait du romantisme\nà l'impressionisme, en passant par la musique\nexotique, et M. Louis Laloy s'était chargé de\ndémontrer (en français) la légitimité de cet\napparent\" détour ; le second comprenait des\nmélodies françaises du XVIIe et du XVIIIe\nsiècle, des œuvres de Moussorgski, et de De-\nbussy ; et M. Laloy y reprenait la parole pour\nexpliquer, cette fois en anglais, comment il\navait eu la bonne fortune de découvrir douze\nmélodies inédites de Moussorgski, dans un\nmanuscrit appartenant à la collection de M.\nCharles Malherbe. M. Liebich joint à une\ntrès sûre technique le don précieux de l'émo-\ntion musicale, et l'on peut apprendre de lui à\njouer Debussy en toute simplicité de cœur.\nHuit des douze Préludes qui viennent de\nparaître lui avaient été confiés, et il a su en\nfaire sentir le charme. Mlle Babaïan est une\nmusicienne exquise, et sa voix délicate, pré-\ncieuse, que nous connaissions pareille à un filet\nd'or liquide, a pris aujourd'hui la seule qualité\nqui lui manquait encore : l'assurance. Le\nsuccès des deux artistes a été très grand, et le\ncritique d'un journal quotidien s'est chargé de\nla bévue obligée : il a attribué à une erreur\nd'exécution l'intervalle de quarte augmentée"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.24", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE &. ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNE, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Coupe\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.25", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n303\n\nqui heurtait son oreille incrédule, dans une des\nmélodies populaires grecques harmonisées par\nMaurice Ravel.\nLe 9 juin, Pelléas et Mélisande reparaissait\nà Covent Garden, devant une salle fervente,\net M. Campanini conduisait l'orchestre avec\nle soin le plus ému : c'est ici qu'on peut\nretrouver bien des détails, et surtout des accents\nqui s'étaient perdus aux dernières exécutions\nparisiennes, Mme Edwina est une jolie Méli-\nsande ; M. Devries, dans le rôle de Pelléas,\nsemble forcer sa voix pour se faire entendre,\nen quoi il a bien tort ; M. Bourbon donne à\nGoland un caractère saisissant et tragique ;\nMlle Bourgeois est la meilleure Geneviève que\nnous ayons jamais entendue, tout comme.M.\nMarcoux le plus emprunté des Arkhel.\nVIENNE. De plusieurs côtés, on an-\nnonce la démission de Weingartner comme\ndirecteur de l'Opéra, démission qui est aussitôt\ndémentie.\nOn parle cependant du successeur de rémi-\nnent Cappelmeister qui serait M. Souche\na moins qu'un protégé de la Cour n'intervienne\nin dernier moment.\nSTRASSBOURG. Le chef d'orchestre\nAlbert Gorber cède sa place, à la tête de\n'opéra, au compositeur Hans Phitzner qui\n>rend le titre de directeur de l'Opéra. Comme\nA. Phitzner est, en même temps directeur du\nConservatoire de la Ville et directeur des\nConcerts d'abonnement, sa tâche est extrê-\nlement lourde.\nLes 12 et 13 juin ont eu lieu la troisième\nîssion des fêtes musicales d'Alsace Lorraine\n:>nsacrées au Centenaire de Schuman n.\nS. S.\nMILAN. Si nous faisons le bilan de\nutes les fêtes musicales de ces 8 derniers\nois nous avons le droit d'être assez satisfaits.\nla Societa del Quartetto nous avons eu\necsey. La Société des Concerti Sinfonici\nété confiée cette année à Mengelberg qui\nintroduit dans ses programmes quelques\n)dernes italiens : Fromo, de Venise, Enrico\n»ssi, le Comte Guerchi. Bientôt vont com-\nmencer les examens au Conservatoire de\nMilan. G. E.\nFLORENCE. Les amateurs de musique\nn'auront pas à se plaindre de cette fin de\nsaison. Nous avons eu coup sur coup quatre\ngrands concerts d'orchestre extrêmement in-\ntéressants. L'orchestre de Munich, sous la\ndirection magistrale de M. Ferdinand Lôwe,\nnous a donné en deux séances la symphonie\nhéroïque et la pastorale de Beethoven, la séré-\nnade en ré majeur de Mozart, l'ouverture de\nBenvenuto Celiini de Berlioz, le Tasso de\nLiszt, divers fragments de Wagner et le Tyll\nEulenspiegel de Richard Strauss. A son tour,,\nla vaillante société orchestrale florentine, dirigée\npar le jeune Kapellmeister finlandais Georg\nSchnéevoigt, a fait merveille et n'a nullement\nsouffert de la comparaison.L'ouverture de Lènore.\nde Beethoven, la 138 symphonie\nle prélude du premier acte des Maîtres Chan-\nteurs, un poème symphonique de Liszt (les\nPréludes), l'Apprenti sorcier de Dukas et\nmême une symphonie de Techaikowsky (la 4e)\nont donné matière à deux concerts remarqua-\nbles ou l'orchestre florentin a montré mieux\nque jamais ses qualités d'homogénéité et de.\nsouplesse. P. M. M,\nTURIN. Grâce à la munificence de\nMme la princesse Laetitia et de quelques dilet-\ntantes de l'aristocratie piémontaise, Turin vient\nd'être témoin d'une très curieuse et très simi-\nO\nficative manifestation d'archéologie musicale.\nLa \" Nina pazza per cimore \" de Paisiello a été\nremis au théâtre par les soins de la section de\nTurin de l'Associazione di Musicologi, qui est\nla forme italienne de notre Société Interna-\ntionale de Musique. Il y avait 120 ans que\ncette partition n'avait plus vu la rampe, si l'on\npeut s'exprimer ainsi, et le public dont la\ncuriosité est toujours un peu mêlée d'ironie ne\nregardait pas sans quelques appréhensions cette\nreconstitution. Le succès fut complet et NINA\nva rester au répertoire non seulement de Turin\nmais de l'ltalie toute entière. Ce qui a plu\nsurtout ici c'est que l'œuvre est extrêmement\nfraîche. L'instrumentation élégante, mais sobre"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.26", "texte": "304\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nlaisse dominer une mélodie expressive et vive,\ndont les modernes véristes ont déshabitué nos\nauditeurs et que les Italiens ont acclamé avec\njoie. C'est un petit drame, mais charmant et\nque la Section de Paris de la S. I. M., ou les\nAmis de la musique devraient bien faire revivre\nen France. Le public turinois qui s'est rué à\nces quatre représentations de Nina est le\nmeilleur garant du succès de cette œuvre. Es-\npérons d'ailleurs que ce n'est là que le com-\nmencement d'une remise au théâtre du fonds\nmusical ancien, qui fît jadis la gloire de l'ltalie,\net que tous les Paillasses actuels n'ont pu faire\noublier totalement. M. L.\nBARCELONE. Un mot sur les der-\nniers concerts donnés tout dernièrement au\nPalace de la Musica (Orfeo' Català) par\nY Orquesta Sinfonica, de Madrid, avec le con-\ncours de Y Orfeo' Català. On a donné 5\nconcerts d'abonnement et un extraordinaire.\nLes programmes ont été superbes: du Bach, du\nGréty, du Haendel, Beethoven, Liszt, Wag-\nner, Brahms, Strauss, Albeniz, Dvorak,\nLiadow, rien ne manquait à ces programmes,\nvraiment.... pantagruéliques. Le succès de\ntoutes ces séances a été extraordinaire. On a\napplaudi, surtout la belle Symphonie, de Franck,\nla troisième de Brahms, le Choral varie, les\ndeux Suites (en rè et en si mineur), de J. S.\nBach, la Pastorale, de Beethoven, le Concerto\nGrosso, de Haendel, Y ouverture du Taunhàuser\n(qui a dû être rejouée), El Puerto et Y Evoca-\ncion, d'Albeniz (d 'lberia)y que le maître\nArbos a mis en partition, et, enfin, la Suite\nEspagnole, de Pérez Casas, qu'on nous don-\nnait pour la première fois, et qui n'a pas eu\nle même succès qu'à Madrid. Par contre, à\nMadrid on n'a pas beaucoup applaudi, paraît-\nil, la Troisième Symphonie de Brahms !... Mais\nc'est évidemment la Neuvième, de Beethoven,\nqui constituait le clou de ces concerts. Il est\nvrai qu'elle a été exécutée par la Sinfonica, de\nMadrid, et par notre Orfeo Català. On l'at-\ntendait donc avec délices. Nos gourmets d'art\nn'ont pas été déçus car l'exécution le ce chef-\nd'œuvre a été en tous points parfaite.\nYHy mne à la Joiey de Schiller, a été lancé,\npar 1 \"Orfeo, avec tout l'enthousiasme désiré et\nle tout, d'un bout à l'autre, a été absolument\nvivant.\nUn mot, avant de finir sur Y orquesta Sinfo-\nyucay de Madrid. C'est, incontestablement un\ndes meilleurs orchestres qui existent. Le qua-\ntuor de cordes est, surtout d'une perfection\nvraiment rare. Et le tout a un fondu, une\nsonorité, une précision et un sérieux qu'on ne\ntrouve pas souvent, il faut en convenir, aussi\nbien réuni. En outre le maître Arbos (dont\non connaît le beau talent de violoniste) est un\nchef d'orchestre remarquable.\nNous avons actuellement au Palais des\nBeaux-Arts une Exposition de portraits et de\ndessins anciens et modernes. On expose là\nde bien belles choses. A cette occasion on a\ndonné et on donnera encore, dans la grande\nsalle (trop grande, hélas!) de ce Palais quel-\nques séances musicales. On en a donné trois,\nsous la direction du maître Beidler avec la\n\" Domestica \" de Richard Strauss—et on en\ndonnera encore quelques-uns, sous la direction\ndu maître Nicolau, Directeur de l'Ecole mu-\nnicipale de Musique et avec le concours de\nl'Orfeo Català. F. ILIURAT.\nMADRID. L'orchestre d'Arbos a\nterminé sa tâche par une apothéose Franko-\nWagnérienne. Décidément les Espagnols ont\npour le maître de Bayreuth une admiration\npassionnée. Seulement ne leur jouez point les\nMaîtres-chanteurs ou Tristan : il n'y sauraient\nprendre plaisir. Mais que la romantique\nChevauchée les secoue de son rythme bien\nassuré, que le sommeil de Briïnnhild les berce,\ninvariable, que le Prélude de Parsifal leur\nrappelle l'harmonie dont s'émeuvent les ca-\nthédrales d'lbérie, et vous les voyez heureux,\nLe répertoire de leurs goûts musicaux est fort\nlimité, et se réduit, suivant leur chef Arbos, l\nl'audition d'environ huit pièces de Bach\nBeethoven et Wagner.\no\nC'est devant une partie de ce public d<\nMadrid que u notre \" pianiste Ricardo Virïe\na \" gracieusement \" interprété les plus signi\nficatives parmi les œuvres des écoles moderne\nfrançaise et espagnole. Le concert donné"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.27", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n305\n\nl'Athénée et précédé d'une conférence de\nM. Henri Collet comprenait des pièces de\nFauré, Schmitt, Ravel, Debussy, Séverac,\nGranados, Turina, Falla, Albéniz.\nLa farouche gallophobie des Espagnols, qui\nva chaque jour s'accroissant, vous expliquera\npourquoi la partie espagnole plut infiniment\nmieux que la partie française du programme.\nEt je vous dirai : Mes Frères, réjouissons-nous.\nLes Allemands, les Italiens et les Espagnols\npeuvent, comme cela est, ne rien comprendre\nà Pelléas et Mélisande, et mépriser Racine...\nc'est notre meilleure gloire.\nDonc, on ne comprit guère à Madrid, la\nsubtilité pointilliste de Ravel, la profondeur\nrêveuse de Schmitt, le caprice de Fauré ; la\nfougue de Déodat de Séverac ou la magie\nsonore de Debussy. En revanche, le roman-\ntique Chopin et les jeunes Espagnols électri-\nsèrent une salle par ailleurs fort agréable et\nbrillante.\nCélébrons cependant le fait unique dans\nl'histoire musicale espagnole de ces cinquante\ndernières années, qu'un public perverti par la\nzarzuela corrompue (car nous ne nous lasse-\nrons point de répéter que la zarzuela d'au-\njourd'hui, dérivation de l'opéra bouffe italien,\nne ressemble en rien à la zarzuela du XVIIme\nsiècle) ait applaudi avec enthousiasme un peu\nde musique, puis qu'enfin musique il y a dans\nces compositions si colorées d'un Turina ou\nd'un Granados, d'un Albéniz ou d'un de Falla,\nSouhaitons que ce semblant de réaction\ncontre le réalisme grossier du charivari à la\nArrieta ou à la Chapi, ne s'évtmouisse pas\nencore dans la retombée d'indifférence dont\nsont coutumiers les Espagnols épris de domi-\nnation \" mondiale. \"\nDans son répertoire espagnol, Vinès sut\nconquérir tous les cœurs. Albéniz et Granados\nétaient déjà connus: par Vinès, Turina et de\nFalla furent sacrés en Madrid grands compo-\nsiteurs.\nSouhaitons à Vinès un prompt et triom-\nphant retour à Madrid. La presse qui l'accla-\nma, le public qui le choya, les amis qui l'en-\ntourèrent, tous l'attendent avec impatience en\nun théâtre plus digne de ses exploits, sur une\nscène plus vaste et où nul ne le pourra le criti-\nquer \" qui n'en ait acheté le droit en entrant. \"\nVirïès a prêté son gracieux concours a\nl'Athénée. C'est grande bonté de sa part.\nQu'il en soit loué, mais ne recommence plus !\nHF.NRI COLLET.\nCADIX. Un annonce la construction\nd'un grand Casino dans lequel la musique\naura sa place ; d'importants concerts sont\nprojetés pour l'hiver prochain.\nSEVILLE. On se soucie peu du progrès\nde la musique moderne ; par bonheur quelques\namateurs éclairés font tout ce qu'ils peuvent\npour l'encourager. La Société musicale artisti-\nque, la Société des Quatuors, i'Orféon de\nSeville sont des institutions trop récentes pour\nqu'on puisse leur prédire un brillant avenir.\nA la Salle des Concerts Piazza nous avons eu\ndes concerts classiques. G. LATORRE.\nSTOCKHOLM. La nouvelle Société\nPhilharmonique a donné la passion selon\nS 1 Jean de Bach, le Requiem de Sgambati ;\nla Société de Musique, le Messie de Haendel,\ndes œuvres de Franck, Bach, Schubert, Liszt,\nNormann et Olsonn. L'Union des Concerts a\nconsacré quatre concerts d'orchestre à Beetho-\nven, Brahms et à deux compositeurs romanti-\nques Berwald et Norman. Parmi les artistes,\ncitons le pianiste compositeur Stenhammar,\net la cantatrice Mme Sigfrid Arnoldson-\nFischof. Julia Culp, Hallé, J oan Manen, Franz\nvon Vecsey, Ed. Risler, Ignaz Friedmann,\nHarold Bauer, Ludwig Wullner et Marcel\nf ' O\nLegay sont venus donner des concerts. L'opéra\na représenté la \" Dame de Pique \" de\nTchaikowsky et \" Versiegelt \" de Léo Blech.\nLes compositeurs d'opéras les plus connus\nsont Berwald, Hallstrôm, Hallen, Stenhammar\net Peterson-Berger. Ce dernier est le compo-\nsiteur de l'opéra \" Arnljot Il en a écrit le\npoème et la musique. Le drame vit par\nlui-même. Ce qui le différencie des drames\nmusicaux des compositeurs allemands moder-\nnes où l'action n'est qu'une illustration de ce\nqui se passe dans l'orchestre.\nO. MORALES."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.28", "texte": "LA CLASSE D'ORGUE AU CONSERVATOIRE NATIONAL.\n\nC'est la première fois que le bulletin de\nla S. I. M. va faire mention du concours\nd'orgue. Depuis la fondation de la classe,\nsemble-t-il, cette épreuve avait lieu à huis-clos ;\nil n'a rien moins fallu que le manque d'un\ninstrument convenable au Faubourg Poisson-\nnière, la construction d'une belle salle et d'un\norgue moderne rue de la Boëtie pour décider\nle Jury à transporter ses pénates à la Salle\nGaveau et à permettre à un public, plus\nnombreux que les rares initiés des concours\nprécédents, d'assister à un tournoi vraiment\ndigne de retenir l'attention des professionnels\net des amateurs sérieux.\nOn peut dire qu'il n'y a pas d'épreuve aussi\nintéressante et où l'élève puisse autant, de\nmanières différentes, donner la mesure de ses\nconnaissances et de son talent que le concours\nd'orgue.\nO\nOn demande :\ni° L'accompagnement du chant grégorien\ndans la tonalité des modes.\n2° Improvisation sur un thème grégorien\ndans la tonalité du plain-chant.\n30 Improvisation d'une fugue à quatre\nparties sur un sujet donné. Les élèves n'ont\nque deux ou trois minutes pour trouver la\nréponse, les strettes, etc.\n40 Improvisation libre sur un sujet donné\nau moment de jouer.\n5° Exécution d'une pièce difficile (par chœur)\nchoisie dans les œuvres de Bach, Mendels-\nsohn, Schumann, Buxtehude, Thicle, Liszt,\nou d'auteurs modernes.\nDans la plupart des Conservatoires d'Europe,\non se contente d'une lecture à vue ou d'un\naccompagnement et du morceau d'exécution ;\ndans certains, le morceau d'exécution tient\nlieu de tout.\nFaut-il voir dans l'énorme travail que l'élève\ndu Conservatoire de Paris est obligé de fournir,\npour se présenter au Concours, la supériorité\nde l'Ecole Française d'orgue sur toutes les\nautres ; évidemment cette préparation est bien\npour quelque chose dans le succès de nos\norganistes, mais il convient de rappeler aussi\nque la classe d'orgue a toujours été confiée à\ndes maîtres du plus grand savoir et que c'est à\neux surtout qu'on est redevable de traditions\nqui font école dans le monde entier. Il suffira\nde nommer les trois derniers titulaires :\nCésar Franck.\nCh. M. Widor.\nAlex. Guilmant.\nL'œuvre de César Franck est trop connue\npour que j'insiste sur l'influence qu'eut ce\nMaître sur ses élèves ; il fut professeur de\n1872 à 1890.\nCh. M. Widor succéda à César Franck et\ndirigea la classe d'orgue jusqu'à la fin de 1896,\népoque à laquelle il fut nommé à une classe\nde composition. Ch. M. Widor est un des\nmusiciens les plus éminents de notre époque :\nauteur de dix symphonies pour orgue, de sym-\nphonies pour orgue et orchestre, il a créé une\nécole brillante dont les élèves les plus remar-\nquables sont : Louis Vierne, Charles Tourne-\nmire, Henri Libert.\nAlex. Guilmant, le titulaire actuel, a formé\nà son tour une véritable phalange d'artistes\nrenommés ; nous donnons plus loin la liste de\ntous les premiers prix obtenus dans sa classe\ndepuis l'année 1898. Par ses concerts au Tro-\ncadéro depuis 1878 et les cours pratiques, qu'il\nfit dans la même salle, comme complément à\ncelui du Conservatoire, par les auditions si\nintéressantes qu'il donna à Bellevue, M. Guil-\nmant s'est conquis une place tout-à-fait à part\ndans la vulgarisation de toute la musique\nd'orgue, aussi bien celle de l'Ecole française\nque de toutes les Ecoles étrangères.\nLes différentes classes du Conservatoire\nNational ont toujours été sympathiques à des\namateurs qui ont fondé des prix pour récom-\npenser les meilleurs élèves ; la classe d'orgue\nseule était oublié. Ce n'est qu'à partir de 1901"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.29", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n307\n\nqu'un anonyme remit à chacun des premiers\nprix une somme de cinq cents francs en sou-\nvenir de Cavailié-Coll. En 1905, Alex. Guil-\nmant fondait le prix qui porte son nom, prix\nde cinq cents francs attribué au premier prix\npremier nommé. Cet encouragement donné\ndirectement par le Maître à ses élèves mérite\nd'être signalé ; et il est à souhaiter que cet\nexemple soit suivi et que la publicité donnée\nmaintenant au Concours inspire quelques\nMécènes. Un premier prix nommé second ou\nun second prix valent mieux que la simple\nmention qui leur est remise.\nAu Conservatoire, il y a trois classes d'orgue\npar semaine : deux sont consacrées à l'impro-\nvisation et une à la technique.\nOn a pu se rendre compte, par le dernier\nconcours, de la supériorité de cet enseignement.\nSi nous consultons la liste des grands compo-\nsiteurs, on peut dire que l'influence de l'orgue\nfut pour une large part dans la beauté de leurs\nconceptions : Ch. Gounod fut organiste aux\nM issions Etrangères ; C, Saint-Saëns tint pen-\ndant vingt-deux ans le grand orgue de la\nMadeleine ; César Franck était organiste à\nSainte-Clotilde ; Théodore Dubois remplaça\nSaint-Saëns à la Madeleine et il fut remplacé\nlui-même au clavier de cet instrument par\nGabriel Fauré, le très distingué Directeur de\nnotre Conservatoire ; Ch. M. Widor, auteur\nde Maître Ambrose, les Pêcheurs et la Korri-\ngane, est organiste de Saint-Sulpice depuis\n1870 ; Samuel-Rousseau fut organiste et maître\nde Chapelle de Sainte-Clotilde pendant de\nlongues années ; Gabriel Pierné succéda à\nCésar Franck à la même église ; Alexandre\nGeorges est organiste à Saint-Vincent de\nPaul ; Périlhou est à Saint-Séverin ; Césare\nGaleotti et Georges Hue eurent un premier\nprix d'orgue ; Chapuis, Trépard, de la T om-\nbelle, Charles Bordes;1 et j'en oublie certai-\nnement.\nVoici maintenant la liste des premiers prix\ndepuis que M. Guilmant est titulaire de la\nclasse :\n1898 : Alphonse Schmitt.\nCharles Ouef.\n1900 : Georges Jacob.\n1901 : Louis Andlauer.\nJuliette Toutain.\n1902 : Félix Fourdrain.\n1903 : Emile Aviné.\n1904: Nadia Boulanger.\nJoseph Bonnal.\n1905 : Joseph Boulnois.\n1906 : Joseph Bonnet.\nAugustin Barié.\nRené Vierne.\n1907 : Marcel Dupré.\nPaul Fauchet.\n1908: Alexandre Cellier.\n1909 : Georges Krieger.\n1910: Roger Boucher.\n(Il n'y eut aucun premier prix en 1899).\nIl ne reste qu'à souhaiter à tous ces artistes\nde marcher sur les traces de leur Maître et de\nleurs devanciers. Il reste à souhaiter aussi que,\nlors du transfert de notreConservatoireNational\nà la Rue de Madrid, l'Etat puisse mettre à la\ndisposition de la classe d'orgue un instrument\ndigne d'elle.\nL Furent organistes avant d'être compositeurs.\n\nC. M.\n\nCONCOURS PUBLICS\nNous ne donnons pas les résultats des concours publics ; ils auront,\nen effet ; été publiés par tous les grands quotidiens avant l'apparition du\nprésent numéro et le palmarès que nous pourrions transcrire occuperait\ndans notre Actualité une place bien inutile. Mieux vaut, avons-nous pensé,\ndemander à un de nos collaborateurs de dégager ultérieurement la morale\nde ces tournois musicaux."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.30", "texte": "LÉOPOLD WIDHALM\nLUTHIER ALLEMAND\nNUREMBERG, XVIII SIÈCLE\n\nLéopold Widhalm est un des luthiers les\nplus réputés de l'école allemande ; mais, en\nFrance, il est fort peu connu. Dans l'espoir\nque ma modeste contribution pourra offrir\nquelque intérêt aux amateurs de lutherie, je\nprésente aux lecteurs de cette Revue le résultat\nde mes recherches sur sa vie et ses œuvres.\nUNE FAMILLE DE LUTHIERS.\nPlusieurs membres de la famille Widhalm\nse sont distingués dans la fabrication des instru-\nments à archet ; mais, éclipsés par la brillante\nrenommée de Léopold, ils sont à peu près\ninconnus et les auteurs, à l'exception de\nM. von Lùtgendorff, dans son ouvrage sur\nles luthiers du moyen âge à nos jours \" sem-\nblent avoir ignoré leur existence.\nQuand on étudie la carrière de Léopold\nWidhalm, on est surpris par la durée vraiment\ninadmissible (1720 à 1807) de la période pen-\ndant laquelle il aurait exercé son art ; le maître\naurait atteint un âge en comparaison duquel\nles Mathusalems de la lutherie n'auraient été\nque des enfants. M. von Lùtgendorff signale,\nil est vrai, que plusieurs étiquettes authentiques\nportent des dates fausses ; j'ai constaté moi\naussi le fait dans un exemplaire, mais, à elle\nseule, cette explication n'est pas de nature à\nsatisfaire les moins exigeants. Peut-être aurais-je\nfait comme ceux qui, plus qualifiés que moi,\nont étudié cet artiste sans chercher à découvrir\nle mystère, si M. von Bezold, Directeur du\nMusée Germanique de Nuremberg, ne m'avait\nmis sur la voie en m'écrivant qu'à son avis, il\na dû exister deux luthiers du nom de Léopold\nWidhalm. J'ai alors demandé à diverses pa-\nroisses de Nuremberg d'effectuer des recher-\nches, afin d'essayer de reconstituer l'arbre\ngénéalogique de la famille. Le succès a dépassé\ntoutes mes espérances, et l'ample moisson de\ndocuments que j'ai pu réunir éclaire la question\nd'un jour tout nouveau. 1\nBien que Léopold Widhalm fasse seul l'ob-\njet de cette étude, parce que le seul dont les\nouvrages me soient connus, quelques indica-\ntions sur les autres artistes de la famille 11e\nseront pas superflues.\nLe plus ancien luthier du nom de Widhalm\ns'appelait Léopold ; son acte de naissance et\nson acte de mariage n'ont pas été retrouvés,\nmais les renseignements contenus dans l'acte\nde décès sont assez précis pour y suppléer. Il\na dû naître le 2 octobre 1722, et en 1746, il\nétait établi luthier à Gostenhof2 et épousait\nBarbara Sybilla Schellin, âgée alors de 27 ans.\nIl mourut le 11 Juin 1776 et fut inhumé le\n14 Juin dans le cimetière St Rochus. Sa veuve\nlui survécut quelques années et mourut le 26\nMars 1781. Léopold Widhalm eut six enfants;\ntrois sont morts dans la plus tendre enfance ;\nles autres furent :\nI° Martin LÉOPOLD, né le 3 Juin 1747,\ndécédé le 16 Mars 1806.\n1 Je suis heureux d'exprimer ici ma profonde recon-\nnaissance à tous les amis de l'art qui m'ont aidé dans\nma tâche : M. le docteur Mummenhof, archiviste de\nla ville de Nuremberg : M. von Bezold, Directeur du\nMusée Germanique ; MM. les Pasteurs des Eglises\nSt Leonhardt, St Lorenz et Wôhrd qui ont bien voulu\nentreprendre en ma faveur de longues et délicates\nrecherches dans les archives de leurs paroisses.\n2 Gostenhof, Wôhrd et Glockenhof sont des quar-\ntiers de Nuremberg. Widhalm joignait à sa profession\nde luthier celle de militaire. Les actes de naissance de\nses enfants portent qu'il était caporal de la garde\nmunicipale, garde civique qui existait dans la Ville\nlibre à côté de l'armée du cercle franconien de\nl'Empire."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.31", "texte": "VIOLON DE LEOPOLD WIDHALM 1769."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.32", "texte": "310\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\n2° Gai lus Ignatius, né le 19 Mars 1752, et\nqui vivait encore le 18 Mai 1804.\n30 Veit Anton, né le 16 Janvier 1756.\nLes deux premiers ont été luthiers à Gosten-\nhof ; quant au troisième, on n'en retrouve\naucune trace à Nuremberg et peut-être est-ce\nlui qui, établi à Regensburg vers 1780, a fait\ndes copies très remarquées de Stainer et de\nStradivarius.\nEn 1779, un luthier du nom de Johann\nVeit WITHALM, établi précédemment à\nVienne, habitait Glockenhof ; l'orthographe\ndiffère ; mais, au XVIIIe siècle, on attachait\npeu d'importance à l'orthographe des noms de\nfamille.\nEnfin, d'après M. von Lutgendorff, un\nluthier du nom de Joseph Widhalm aurait\ntravaillé à Nuremberg en 1737, mais on ne\npossède sur lui aucun renseignement précis et\nson existence semble très douteuse. Comme\non ne me le signale même pas, il n'a pas dû\ntravailler à Gostenhof, s'il a réellement vécu.\nLes instruments portant son étiquette ne sor-\ntent pas de la médiocreté.\nIl est donc établi que deux luthiers, le père\net l'un de ses fils, ont porté le nom de Leopold\nWidhalm et se sont succédé à Nuremberg.\nBien qu'aucune différence de style ne distin-\ngue leurs ouvrages, on peut cependant les\nclasser en cinq catégories. La première, de\n1746, à 1770 environ, comprend les instru-\nments faits par le père seul ; la deuxième, de\n1770 à 1776 ceux faits en collaboration par\nles deux artistes, sans doute sous le contrôle\ndu père ; la troisième, 1776 à 1806, ceux qui\nsont l'œuvre du fils; la quatrième, fin 1806 et\n1807, ceux qui étaient terminés ou sur le\npoint de l'être à la mort de Martin Léopold.\nRemarquons ici que Gai lus Ignatius, bien que\nluthier à Gostenhof, parait n'avoir jamais signé\nd'instruments ; il est donc fort probable qu'il a\ntravaillé à l'atelier de son frère et a participé\naux instruments des deuxième et troisième\npériodes ; peut-être même, s'il vivait encore en\n1807, a-t-il terminé et étiqueté les instruments\nlaissés inachevés par son frère. L'atelier des\nWidhalm fut ensuite fermé. A cette époque,\nla guerre ravageait l'Europe ; on avait plus\nbesoin de canons que de violons, et nombre\nde luthiers durent chercher dans d'autres tra-\nvaux leurs moyens d'existence : le métier ne\nfaisait plus vivre l'artiste. C'est là la cause prin-\ncipale de la décadence de la lutherie, aussi\nbien en Italie qu'en Allemagne et en France.\nReste la dernière période (1720 a 1746), la\npremière dans l'ordre chronologique. A qui\nattribuer les instruments de cette époque ? Il\nn'est pas possible de répondre d'une manière\ncatégorique. La seule hypothèse plausible, à\nmoins de considérer, contre toute évidence, ces\ninstruments comme faux, serait que le père de\nLéopold aîné ait, lui aussi, porté le prénom de\nLéopold et ait ouvert l'atelier de Gostenhof.\nL'acte de naissance de 1722 aurait sans doute\nfourni des indications précieuses et permis de\nfaire la lumière sur ce point, malheureusement\ntoutes les recherches, même celles effectuées à\nNuremberg par M. von Bezold, sont restées\ninfructueuses. Le fait que deux Widhalm ont\nporté le prénom de Léopold, 1 comme aussi la\ncertitude que Gostenhof fut le berceau de la\nfamille, donnent à cette opinion une grande\nprobabilité ; mais, enfin, ce n'est qu'une hypo-\nthèse, alors qu'il eût été si intéressant d'arriver\nà une certitude.\nAucune différence, nous l'avons déjà vu, ne\npermet de distinguer les instruments des deux\n(ou même des trois) artistes ; aussi, dans l'étu-\nde de leur modèle et de leurs ouvrages, je\ngrouperai sous le nom de Léopold Widhalm,\ncomme si un seul luthier les avait construits,\nles instruments sortis de l'atelier de Gostenhof.\nJ'ai, d'ailleurs, l'intime conviction que l'inten-\ntion du fils, en conservant les étiquettes de son\npère, était de retenir la clientèle attirée par les\nremarquables travaux sortis de la maison et\ndéjà hautement appréciés.\nLa carrière des Widhalm a été très longue,\nils ont beaucoup travaillé pour les couvents, et\n\n1 Martin Léopold eut pour parrain Martin Tyroff,\nmarchand d'objets d'art à Nuremberg. Son acte de\nnaissance porte en note : \"Le père est catholique,\nc'est pourquoi on a pu donner à l'enfant le nom de\nLéopold. \" Pourquoi a-t-on voulu ajouter ce prénom\nau premier enfant mâle, alors que les autres enfants\nont reçu exactement ceux de leurs parrains ou marrai\nnés, suivant le sexe ?"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.33", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n311\n\nleurs instruments sont très répandus en Alle-\nmagne. Outre les violons, il ont construit des\nharpes excellentes, paraît-il, autrefois très\nrecherchées, aujourd'hui réduites au silence.\nEn France leurs spécimens sont plutôt rares,\net je n'en ai rencontré que trois.\nLE MODÈLE.\nOn ne connaît pas le maître qui a initié\nWidhalm aîné à son art ; ses étiquettes sont\nmuettes à ce sujet, M. von Bezold pense que\nce fut Leonhardt Maussiel, qui a travaillé à\nNuremberg de 1708 à 1757 et qui, lui aussi,\nétait un artiste de talent. Heureusement pour\nles amateurs de belle lutherie, l'élève n'a pas\ndonné dans le travers de son maître, et n'a\njamais substitué à la volute, qui est le couron-\nnement de l'œuvre, des têtes de femmes ou\nd'animaux. Son fils, nous l'avons vu, fut son\nélève et son successeur.\nD'après les auteurs, Widhalm aurait travaillé\nexclusivement sur les modèles de Stainer et\naurait copié le fameux luthier allemand avec\nune telle exactitude et un tel bonheur \" qu'un\nconnaisseur très habile peut seul distinguer ses\ninstruments de ceux du maître, \" écrit M.\nVidal. Il n'est pas contestable qu'il fut, en\neffet, un disciple de Stainer dont il fît des\ncopies parfaites, mais nombre de ses instruments\non le verra plus loin, dénotent une tendance\nmarquée à suivre sa propre inspiration. En tous\ncas, si l'on était tenté de critiquer le choix de\nson modèle, il serait bon de se rappeler qu'à\nl'époque où vivait Widhalm, la gloire du plus\ncélèbre luthier qu'ait produit l'Allemagne\nbrillait d'un éclat incomparable et surpassait\ncelle de Stradivarius lui-même. En le copiant,\nle luthier de Nuremberg ne faisait que suivre\nla voie tracée par son illustre devancier, et dans\nlaquelle s'étaient engagés avant lui nombre\nd'artistes de haute envergure et de toutes\nnationalités.\nLe modèle de Widhalm est grand, les voûtes\nélégantes, bombées sans excès, le patron varie.\nTantôt ses instruments présentent des formes\nlarges et massives, tantôt ils affectent l'appa-\nrence plus grêle du violon longuet, notamment\ndans la largeur de la partie inférieure où l'on\ntrouve des écarts atteignants 12 millimètres;\nen revanche les patrons étroits sont un peu\nplus longs que les autres et leurs voûtes sont\nun peu plus élevées, de manière à conserver le\nmême volume à la caisse sonore. Pour la\nmajeure partie de ses altos, il a adopté l'ancien\nmodèle à dos plat. Il existe également des\nvariations très curieuses dans le traitement des\nouïes ; tantôt elles presque droites, tantôt plus\ninclinées que de coutume ; quelquefois elles\nsont très arrondies, ailleurs elles marquent une\ntendance vers la forme pointue ; leur longueur\net leur largeur varient ; elles sont plus ou\nmoins rapprochées des bords de l'instrument ;\nenfin, dans quelques spécimens, elles sont pla-\ncées beaucoup plus bas que dans la plupart de\nses instruments. Ces quelques détails montrent\nla fertilité de l'imagination de l'artiste, et les\nrecherches qu'il a faites pour obtenir une\nqualité de son excellente. Si Widhalm n'a pas\nouvert à la lutherie des horizons nouveaux, il a\nfait preuve néanmoins, dans une certaine\nmesure, d'une originalité incontestable et ce\nserait une erreur de ne voir en lui qu'un servile\ncopiste de Stainer.\nLE TRAVAIL.\nTous les auteurs déclarent que la main\nd'œuvre de Widhalm est parfaite et que la\nqualité de ses instruments en est la conséquence\nnaturelle. Je tiens cependant de connaisseurs\néclairés, très familiarisés avec ses ouvrages, que\nson travail n'a pas toujours été égal ; s'il est\nvrai que la plupart de ses instruments témoi-\ngnent du plus précieux fini, quelques-uns sont\ntrès négligés. D'ailleurs, au risque de passer\npour un révolutionnaire, j'avouerai que la main\nd'œuvre n'a, au point de vue de la qualité du\nson, qu'une importance très secondaire, témoins\nGuarnerius del Gesu et Storioni, dont les\ninstruments, souvent fort peu soignés, ont\ncependant des qualités acoustiques de premier\nordre. Que d'exemples du contraire on pour-\nrait citer ! Toutefois, si la beauté du travail\nn'est pas indispensable, elle ne nuit pas, est\nagréable à l'œil et, de ce chef, mérite d'être\nprise en considération quand la sonorité est\nbonne. Pour en revenir à notre luthier, j'ajou-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.34", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\nM EMIL GUTMANN M\nREPRÉSENTE LES ARTISTES ET LES\nASSOCIATIONS ARTISTIQUES LES PLUS\nCONSIDÉRABLES, LES MAITRES LES\nPLUS RÉPUTÉS EN ALLEMAGNE.\nENGAGEMENTS PAR TOUTES LES SOCIÉTÉS DE\nCONCERT ALLEMANDES ET ÉTRANGÈRES. #\nTOURNÉES D'ORCHESTRE ET DE\nSOLISTES DANS TOUS LES PAYS.\nSOLISTES POUR ORATORIOS.\nORGANISATION DE CONCERTS ET DE CONFÉ-\nRENCES, DE RECITALS DANS TOUTES LES\nSALLES DE MUNICH ET DE GRANDS FESTIVALS\nINDICATIONS DE POSTES VACANTS\nDE PROFESSEURS DE CONSERVA-\nTOIRE ET D'ÉCOLE DE MUSIQUE. 4\nANNONCE, PUBLICITÉ, INFORMATIONS\nLA PLUS GRANDE AGENCE DE CON-\nCERTS DE L'ALLEMAGNE DU SUD.\nMUNICH = Theatinerstrasse 38 - MUNICH\nAdresse Télégraphique x KONZERTGUTMANN, MUNICH"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.35", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n313\n\nterai que le bois qu'il a employé est générale-\nment très beau ; le sapin est à veines plutôt un\npeu serrées ; l'érable dont il s'est servi pour\nses fonds (ceux que j'ai vus sont d'une seule\npièce) présente tantôt de larges ondes, tantôt\nde petites veines courtes et chatoyantes rappe-\nlant le bois à œil de perdrix dont on fait les\nbeaux chevalets ; les ouïes sont d'un dessin\nvigoureux et finement découpées. La volute,\ngénéralement en poirier, est très bien sculptée,\net comme la spirale s'élargit rapidement et que\nla séparation du milieu est très accusée, elle\npossède une grande vigueur ; le chevillier, aux\nparois très épaisses, présente une largeur suffi-\nsante pour que les cordes y tiennent facilement\nà l'aise, et les chevilles sont bien placées. Je\nsignale en passant que les contours de la volute\nne portent pas de filets noirs, et sont vernis\ncomme le reste de l'instrument.\nLE VERNIS.\nCertains luthiers contemporains intitulent\nWidhalm luthier tyrolien italien et j'ai sous les\nyeux, en écrivant ces lignes, une lettre où il est\nainsi désigné. Cet assemblage de mots, bizarre\nau premier abord, doit être justifié dans la pensée\nde celui qui l'a employé. Comme le modèle\nde Widhalm est tout allemand, l'épithète\nd'italien ne peut donc s'appliquer qu'à son\nvernis, et l'examen attentif de ses ouvrages\nsemble montrer que, comme Stainer, il con-\nnaissait les procédés des maîtres italiens ; il\nhabitait, en effet, près de l'ltalie et, d'ailleurs,\nces procédés n'avaient rien de mystérieux à\nson époque. Son maître, Maussiel, semble\navoir eu, lui aussi, et à un degré égal, les\nmêmes connaissances.\nLes auteurs sont unanimes à reconnaître\nque Widhalm s'est servi d'un vernis d'une\nqualité supérieure ; sur ce point seulement ils\nsont d'accord ; sur les autres caractéristiques\ndu vernis, on trouve les divergences les plus\nétranges. Passons en revue les diverses opinions.\nu Son vernis n'a pas la délicatesse de celui\nde Stainer, mais il est excellent ; la couleur en\nest généralement rouge pâle. \" Hart, Le Violon,\npage 244.\n\"Le vernis est mince, de couleur rouge\nbrun foncé et très brillant. \" M. von Liitgen-\ndorff. Les luthiers, page 707.\n\" Vernis gras épais, dont la couleur varie du\nrouge clair au rouge brun. \" M. Fuchs.\nAinsi le vernis de Widhalm aurait été,\nsuivant les différents ouvrages cités, ou clair\nou foncé, ou mince ou au contraire épais.\nChaque auteur a évidemment basé son opi-\nnion sur les spécimens qu'il a eus entre les\nmains. La vérité me semble toute différente;\nj'ai examiné attentivement trois instruments\nauthentiques, et chacun d'eux pouvait corres-\npondre à l'une de ces descriptions, à l'exclusion\ndes autres.\nLe plus ancien est un alto de 17 31 (chiffres\nsurchargés, sans doute 17 5 1), grand patron,\naux formes élégantes, revêtu d'un splendide\nvernis rose pâle d'une minceur extrême. Il\nsemblait une peinture, et son parfait état de\nconservation en faisait une pièce remarquable.\nL'autre est un violon de 1752; le vernis rouga\nclair, légèrement nuancé de brun, était peu\népais et laissait voir les ondes de l'érable, très\ncourtes et très rapprochées, ce qui donnait à\nce violon un aspect tigré des plus séduisants ;\nl'instrument était assez bien conservé et cepen-\ndant le vernis était presque complètement usé\nsur les joues et sur la. volute. Le troisième,\ndont je donne ici la photographie et la mensu-\nration est mon violon, daté de 1769. 1 Le bois\nest superbe, le vernis, rouge foncé très pur,\ntirant même sur le violet lie de vin aux endroits\nintacts, est à dessous doré. Le dos, à larges\nveines, semble recouvert d'un verre épais mer-\nveilleusement coloré, au fond duquel on aper-\nçoit le ondes du bois. Le vernis forme de\ngrandes épaisseurs, particulièrement visibles\naux endroits où il est dégradé, et il a été\nemployé avec une prodigalité telle qu'il s'est\nmis en grumeaux sur les bords des tables et sur\nles éclisses. Malgré sa grande épaisseur, qui\n1 Longueur totale. . . . . . „ 0m595om595\nLongueur de la caiss'e 0m356\n( Haut omi 66\nLargeur < Milieu omioB\nl Bas 0m206om2o6\nLongueur des ff ...... omo6B\nHauteur des Eclisses f Haut. . . o 029 fort\n( Bas . . . omo3i fort\n\n3"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.36", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARÏS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\nam\n20\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.37", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n315\n\nfait paraître la table plus foncée que le reste de\nl'instrument, il n'empêche pas de distinguer\nles fibres du sapin, et cependant il perd un peu\nde la transparence des tons plus clairs.\nLa qualité de ce vernis devait être parfaite,\ncar l'instrument a beaucoup servi, comme en\ntémoignent ses glorieuses blessures, l'usure des\ntables et des éclisses près du manche, et les\ntraces laissées par un menton qui n'avait que de\nlointaines relations avec le rasoir ; et pourtant,\nà part un endroit où devait être un cachet de\ncire qui a emporté le vernis, il ne présente que\npeu de traces d'usure et subsiste encore presque\nintact sur les bords et sur les coins. Cepen-\ndant, en cette même année 1769, le maître fit\ndes instruments revêtus d'un vernis brun et\nmince, et on en connaît aussi d'une teinte plus\nclaire. J'aurai l'occasion d'en parler plus loin.\nLa pâte du vernis de Widhalm est toujours\nsouple, très transparente et excellente ; la cou-\nleur a varié, mais la nuance prédominante est\nle rouge brun. En ce qui concerne les diffé-\nrences d'épaisseur, il est difficile de se pronon-\ncer. On ne peut nier que Widhalm ait fait\npreuve d'une habileté consommée comme ver-\nnisseur ; mais peut-être les instruments au\nvernis épais ont-ils été faits plus hâtivement et\navec moins de soin, ou le mélange des couleurs\nà la pâte aura-t-il été moins complet. Au sur-\nplus, les craquelures et les grumeaux ne sont\npas spéciaux au vernis de Widhalm, et nombre\nd'instruments italiens présentent ce trait com-\nmun avec les siens. Peut-être est-il une expli-\ncation plus simple. Widhalm ayant vécu long-\ntemps, 011 peut penser que, vers la fin de sa\ncarrière, ses premiers instruments étaient déjà\nassez anciens pour qu'il pût remarquer qu'une\nusure précoce menaçait le vernis. Afin d'assu-\nrer une durée indéfinie à des œuvres dont il\nn'ignorait pas les qualités, le maître aurait\naugmenté l'épaisseur de son vernis pour lui\ndonner plus de résistance à l'action dissolvante\ndu temps ; d'où les instruments aux tons\nchauds et au vernis épais et craquelé. Cette\nexplication aurait l'avantage de rendre compte\ndes variations d'intensité qui se rencontrent\ndans une même couleur ; cependant leur rareté\nsemble plutôt trahir une origine accidentelle.\nLES ETIQUETTES.\nQuelques instruments de Widhalm portent\nses initiales L. W. marquées au fer chaud à\nl'intérieur. Aucun de ceux que j'ai vus ne\nportait cette marque ni dans les descriptions\nque j'ai reçues.\nSes étiquettes sont nombreuses.\n1. L. WIDHALM\nLauten und Geigenmacher\nNûrnberg fecit A I 731\n2. LEOPOLD WIDHALM\nLauten und Geigenmacher\nin Nûrnberg fecit A 1752\n3. LEOPOLD WIDHALM, Lauten und\nGeigenmacher in Nïirnberg fecit A 1769\n4. LEOPOLDUS WIDHALM\nNorimbergce 1774\n5. LEOPO WIDHALM, Lauten und Geigenmacher\nin Niirnberg fecit A 1807\n6. LEOPOLD WIDHALM, Lauten-Geigenmacher\nin Nurnberg A 1769\nLes trois premières sont celles des instru-\nments que j'ai eus entre les mains ; les modè-\nles 1 et 2 en caractères allemands, l'autre en\ncaractères romains.\nLe Musée Germanique de Nuremberg\npossède trois instruments de Léopold Widhalm,\ndont la rareté mérite une description spéciale. 1\ni° M. J. 301. Violon de 1807 (étiquette\nn° 5), assez beau ; vernis brun clair très\nmince ; le son est faible.\n2° M. J. 26. Violon de 1769 (étiquette\nn° 6), très beau et d'un travail soigné ; vernis\nbrun, mince. La longueur de la caisse n'est\nque de om2 84. a Petit instrument dont le son\nà l'accord normal est faible. Il s'améliore si\nl'on accorde l'instrument sur un ton plus élevé.\nC'est peut-être un violino piccolo, dont l'ac-\ncord était : ut, sol, ré, la.\n30 M. J. 313. Alto de 1757 (étiquette\nn° 3), de grandissime patron. \"\n\n1 J'emprunte les descriptions qui vont suivre à\nM. von Bezold qui a eu l'obligeance de m'envoyer de\nsplendides photographies des instruments de Musée et\nde son propre violon. Il est très regrettable que le\ndéfaut de place ne permette pas de les reproduire."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.38", "texte": "CE QUE CA\n'PENSE DU PIAN OLA\nI\nê,;\n%\nm\nCaruso jouant du Pianoia caricaturé par lui-même.\nEN RICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme tovites les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANOLÂ. \"Je viens cVentendre le Pianoia\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie TEolian,—\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianoia, muni du Métro style, permet àun novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianoia cesse vraiment\nd'être un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez\nLe Catalogue illustré UC\" sera envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianoia peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE JEOLIAN COMPANY Ltd.\nPU NO LAS PIANOL A-PIANOS\nJEOLIAN-ORCH EST RELIES\nPIANOS STECK\nGRANDES ORGUES\nSALLE /EOLIAN,32, AVENUE"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.39", "texte": "L'ACTUALITE MUSICALE\n317\n\nLongueur totale omyo\nLongueur de la caisse om44\nLargeur 0m22om22 omi 44 om2/\nHauteur des éclisses, omo6\nLe travail est excellent ; le vernis, d'une\nteinte plus claire que d'ordinaire chez Wid-\nhalm, est brun jaunâtre, de moyenne épais-\nseur et très transparent. Cet alto, presque\nintact, et dont l'état primitif a été scrupuleu-\nsement respecté, montre ce qu'était un instru-\nment neuf au sortir des mains de l'artiste. Il\nporte encore le cordier original ; la touche,\nplus courte qu'on ne les fait aujourd'hui, est\nfinement découpée en accolade à sa base ; le\nsillet est en ivoire et les chevilles, ouvragées,\nsont en buis. La qualité du son est bonne,\nbien qu'un peu sombre. Que l'on ne vienne\npas nous dire, après cela, qu'un instrument\ndoit être gratté pendant des siècles avant d'être\nbon. Comment, alors, justifier la réputation\ndont a joui Widhalm, de son vivant même ?\nCette légende, née de l'impuissance où les\nluthiers modernes se sont trouvés d'égaler la\nbelle lutherie ancienne, a heureusement vécu.\nM. von Bezold possède un violon au vernis\nbrun et mince, au son puissant, et M. von\nBezold fils un excellent violoncelle très sonore.\nJe citerai encore l'alto que M. Snœck a\nlégué au Musée du Conservatoire de Berlin,\noù il est inscrit sous le n° 575 du catalogue\n(collection Snœck). 1 Cet instrument, daté de\n1777 (étiquette n° 3 en caractères romains),\nne mesure que 39°m 5 de corps. Il porte, gravé\nsur le dos, le nom de son précédent proprié-\ntaire, Louis Grégoir. Les voûtes sont d'une\nmoyenne élévation ; les ouïes un peu plus\nlarges que le modèle adopté d'ordinaire par\nWidhalm. Le vernis, brun sombre avec reflets\nviolets, est assez épais ; à certains endroits, la\nteinte est devenue plus claire, par suite de l'u-\nsure. La qualité de son est bonne et ne laisse\nrien à désirer. Malgré tout, l'instrument du\nMusée de Nuremberg, de proportions plus lar-\nges, me semble supérieur.\nQUALITÉS ACOUSTIQUES.\nLes instruments de Widhalm ne sont pas\ntous d'un égal mérite et, indépendamment de\nla beauté de leur facture, il s'en trouve de très\nmédiocres et d'excellents. Les premiers sont\ntoutefois l'exception et, dans le nombre,\nquelques-uns peuvent être l'œuvre de copistes\nplus ou moins habiles, car Widhalm, comme\ntous les artistes réputés, a eu des contrefacteurs.\nLes bons instruments ont une grande richesse\nde timbre, un son puissant très en dehors, dont\nune émission facile et une articulation rapide\naccroissent encore la pureté. Dans ses violons,\nla chanterelle est onctueuse et sonore comme\nune cloche, la quatrième est mâle et vibrante,\net l'égalité de cordes est parfaite. Ce sont des\nouvrages d'une haute valeur artistique, dignes\nd'être pris en considération, et qui peuvent\naisément rivaliser avec bien des instruments\nportant une étiquette italienne ; on leur accor-\ndera toute l'attention qu'ils méritent quand les\nluthiers allemands seront mieux connus en\nFrance. Car, il faut loyalement le reconnaître,\nil y a eu, au-delà du Rhin, des artistes pénétrés\nde leur art, indifférents au bénéfice qu'ils pour-\nraient retirer de leurs travaux, tandisque l'école\nfrançaise, à part de trop rares exceptions, n'a\nguère produit que des commerçants fabriquant\ndes violons à la douzaine, sans se préoccuper\nde leur valeur artistique. Aussi la vogue qui a\nfavorisé quelques-uns de nos luthiers diminue-\nt-elle considérablement depuis que l'on juge\nleurs ouvrages avec plus d'impartialité, et les\nétrangers, qui les ont achetés autrefois, ont\nprofité de notre engouement pour nous les\nrendre, et n'en veulent plus aujourd'hui à\naucun prix. Au contraire, nous nous trouvons,\npour acquérir les instruments de Léopold\nWidhalm, en concurrence avec ses compatrio-\ntes qui leur donnent une place d'honneur dans\nleurs Musées, et sont tout disposés à offrir des\nprix plus élevés que nous, pour rentrer en\npossession des instruments de cet artiste qu'ils\nconsidèrent comme une gloire nationale.\nrisle-sur-Serein (TonneJ.\n\n1 La collection Snœck a été divisée en deux parties:\nl'une, comprenant les instruments néerlandais, à été\nléguée au Conservatoire de Bruxelles ; l'autre, la plus\nimportante, au Conservatoire de Berlin. M. Fleischer,\nConservateur du Musée de Berlin, a bien voulu me\ncommuniquer la description qui suit.\n\nCh. Boulée."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.40", "texte": "318\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nLes Instruments\nVENTE DE LA COLLECTION D'ANCIENS\nINSTRUMENTS DE MUSIQUE AYANT APPARTENU\nA M. LE BARON DE LERY.\nLes 14, 15 et 16 Juin dernier ont vu se\ndisperser sous le feu des enchères, à l'hôtel\nDrouot, l'ancienne collection d'instruments de\nM. le Baron de Lery.\nQuoique ce genre de bibelots jouisse de peu\nde faveur dans le monde des collectionneurs,\nquelques objets ont atteint des prix relativement\nélevés, peut-être plus pour certains, par le\nsouvenir historique qui s'y rattache, que par\nleur mérite artistique.\nVoici la nomenclature des principales en-\nchères :\nTrompette en argent par Ad. Sax n° 13663\nune des six faites pour l'escadron des cent\ngardes de Napoléon 111, avec la flamme en\nsoie brodée sur les deux faces frs 4000.\nUn lot de Tambours historiques, de 100 à\n300 frs pièce, sauf un Tambour Louis XIV,\nsur le fût duquel un épisode de la guerre des\nFlandres est assez bien peint, qui a atteint,\nfrs 1850.\nUn Tablier de Timbales de Cavalerie, du\npremier Empire en drap vert avec aigle en\nrelief frs 1460.\nDeux belles guitares italiennes du 1 Jme siècle\nincrustées d'ivoire et d'ébène, l'une frs s°s>\nl'autre, frs 330.\nUn Archiluth du XVIe siècle à côtes creu-\nses, en cèdre, triple rosace ajourée, sculptée\ndans la table, frs 880.\nUn Archiluth du XVIe siècle à côtes unies,\ndoubles filets ivoire, très-belle rosace sculptée\net ciselée à jour, frs 910.\n1,1 Un beau luth à manche renversé de Sé-\nbastian Schelle à Nuremberg 1726, érable et\npalissandre, frs 755.\nGuitare-luth Louis XVI de Caron, luthier\nde la Reine à Versailles 1784. Pièce rare et\ntrès pure, frs 900.\nDeux belles violes d'amour, l'une de Tomasso\nEberle à Naples 1774, frs 800, l'autre de\nSocque t à Paris, frs 670.\nUne Basse de viole de Pieter Rombouts a\nAmsterdam 1723, pièce superbe n'a fait que\n420 frs, tandis qu'une basse de Claude Boivin\nà Paris 1754 a monté jusqu'à frs 1920.\nUn Clavecin Louis XV, à double clavier,\ndécoré de paysages et amours en vernis Mar-\ntin, table d'harmonie décorée de bouquets de\nfleurs, larges bandes rouges et dorées, le tout\nretouché et restauré n'a pas dépassé frs 4.100.\nDEUXIÈME CONCOURS INTERNA-\nTIONAL DE LUTHERIE ANCIENNE\nET MODERNE : VIOLONCELLES.\nL'an dernier nous avons eu, à propos du\npremier Concours, l'occasion d'examiner la\nvaleur de ce genre d'épreuves. Nous n'y\nreviendrons pas, et renvoyons nos lecteurs à\nl'article si documenté de notre collaborateur\nL. Greilsamer, auquel nous ne saurions rien\najouter. Le résultat du Concours de Violon-\ncelles, qui vient d'avoir lieu, salle des agricul-\nteurs, a donné le résultat le plus cocasse du\nmonde.\nSix instruments anciens : Stradivarius,\nGagliano, Techler, Cappa, Pressenda et Guar-"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.41", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n319\n\nnerius (Lequel r) devaient lutter contre six\ninstruments modernes.\nVoici dans quel ordre les douze champions\nfurent classés : i Moderne 465 points 2 Stra-\ndivarius 288 points, 3 moderne, 270 points,\n4 moderne 231 points, 5 moderne 227 points\n6 Cappa 191 points. 7 moderne, 119 points,\nPressenda 103 points, Techler 93 points,\nGuarnerius 50 points.\nLe total des points en faveur des modernes\nserait donc de 1484 contre 883 pour les\nanciens. Pauvres anciens !\n\nQuestions\nSociales\n\nLES PRÉJUGÉS DE L'ÉDUCATION\nMUSICALE\nNous avons longtemps hésité à écrire cet\narticle. Beaucoup de professeurs, à qui nous\navions communiqué quelques-unes de nos\nidées, nous en détournaient énergiquement.\n\" Comment, nous disaient-ils, conciliez-\nvous le souci de nos intérêts, que vous préten-\ndez défendre, avec l'entreprise d'une campagne\nqui réduira certainement le nombre de nos\nélèves. De ceux-ci, il y en a beaucoup de\nmédiocres, c'est indéniable, mais est-ce utile\nd'ouvrir les yeux des familles ?... Si insuffisante\nque soient ces élèves, ils comptent dans notre\nclientèle ; ne les découragez pas ; laissez donc\naller les choses \".\nInfortunés petits professeurs à la poursuite\nd'élèves qui, tel l'insaisissable Dewet, se\ndérobent à toutes recherches ; leurs raisons\nme touchaient. Sans m'illusionner sur la\nportée de ces modestes articles, je songeais que\ncependant ils pouvaient influer sur certains\nesprits, ébranler les solides préjugés de l'édu-\ncation musicale, détourner quelques familles de\nl'appel aux professeurs. Singulière idée pour\nun écrivain qui essaie de soutenir leur cause.\nEh ! bien, j'avais tort ; il ne faut jamais\n\" laisser aller les choses \" ; laisser croire qu'une\nerreur, fût-elle profitable à quelques-uns\npeut être inoffensive. L'erreur est toujours\nfuneste, nuisible, affaiblissante, destructive ;\nil la faut dénoncer sans lassitude et combattre\npar tous moyens. Allons plus haut, dépassons\nle point de vue des matériels intérêts et des\nexigences respectables, mais limitées, du corps\nmusical enseignant, nous verrons clairement\nnotre meilleur devoir. Avec les véritables\nartistes, et nous unissant à eux? en pensée,\nnous méditerons l'admirable et profonde parole\nde Camille Mauclair : \" La musique n'est pas\nla propriété des compositeurs\", et, l'appliquant\nà un cas déterminé, nous dirons : uLa musi-\nque n'est pas la propriété des professeurs \",\nen ajoutant : l'âme de nos enfants n'est pas\nnon plus leur propriété ; ils n'ont pas le droit\nde desservir l'art en abîmant les âmes. Sus\ndonc à tous les préjugés et, nous musiciens,\nluttons contre les préjugés de l'éducation\nmusicale.\nL'un d'eux, le plus néfaste, consiste à im-\nposer à des enfants, même mal doues, l'étude\nlongue, pénible et inutile de la musique, ou,\npour parler exactement, d'un instrument de\nmusique, ce qui n'est pas la même chose.\nPendant des années, certaines familles, de\nplus en plus nombreuses, à Paris, et en\nprovince, perdent ainsi leur peine, leur argent,\net, chose plus grave, font perdre à leur enfant\nun temps qui serait beaucoup plus utilement\nemployé au développement de ses véritables\naptitudes. 1 On suscite ainsi, chez certains\n1 Eclaircissons tout de suite une apparente contra-\ndiction entre le nombre croissant des élèves et les\ndoléances des professeurs dépourvus d'élèves. Il faut\nentendre que les dits professeurs se sont multipliés\ndans les proportions qui dépassent de beaucoup les\nbesoins de la clientèle, bien que celle-ci s'accroisse\nchaque jour."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.42", "texte": "320\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\nsujets, de fausses vocations ; on détermine chez\nd'autres le dégoût de l'art véritable ; on exalte\nchez presque tous un amour-propre exagéré ;\nl'habitude de l'exhibition et l'amour du solo.\nOn obtient, grâce à ce système, des virtuoses,\nsous-virtuoses, et pseudo-virtuoses de I5me\ncatégorie qui, sans dispositions musicales avé-\nrées, s'acharnent pendant des semaines, voire\ndes mois, à l'infructueuse étude de quelques\nmorceaux de bravoure. Leurs familles les\nentendent inlassablement avec un ennui ré-\nsigné, leurs voisins avec un ennui exaspéré, et\nleurs auditeurs, les jours d'exécution (!!) avec\nun ennui sombre, aggravé par la recherche\ndes formules de politesse qu'ils sont obligés de\ndécouvrir pour louer d'aussi médiocres exécu-\ntants.\nLes causes d'une telle aberration ?... Elles\nsont multiples. Certaines gens agissent par\nintérêt. Grisés par les succès et les gains de\ngrands et incontestables virtuoses, dont la\npresse musicale célèbre les exploits... et les\nprofits, ils engagent leurs enfants dans \" la\ncarrière d'artiste \" pensant que le \" métier \"\nen vaut la peine. DECOURAGEONS-LES.\nQue la presse musicale et la presse quotidienne\nnous y aide ; c'est un devoir social. LE MÉTIER\nEST PERDU. Avis aux gens pratiqués et aux\narrivistes pressés. Les musiciens sont trop ; on\nn'en veut plus, et il sera désormais inutile,\npendant de longues années, de condamner au\npiano forcé d'infortunés petits êtres qui auront\nplus tard tout le loisir d'en mourir de faim.\nD'autres familles agissent par vanité, avec,\nen-dessous, le désir de satisfaire à cette égalité\ninscrite sur nos monuments. Pourquoi les\n\" gens du fond de la cour \", comme dit drôle-\nment Sudermann, ne feraient-ils pas comme\nceux de la façade ? et la petite demoiselle du\nquatrième, comme celle du premier ? et la\nfille du pâtissier comme celle du notaire r\n\" Et moi aussi, j'apprends le piano ! \" On\npeut encore découvrir là une part de ce\nmimétisme social analogue à celui qui fait que\nnous voulons tous porter l'habit de la même\ncouleur que le voisin, et que des femmes,\ndont beaucoup ne sont pas absolument stupides,\nadoptent les modes les plus laides et les plus\nextravagantes» Ah ! si nous apportions un peu\nde sincérité dans notre vie, notre manière\nd'être, notre pensée surtout... Mais ces con-\nsidérations sociales nous entraîneraient trop\nloin. Arrivons au moyens d'améliorer une\nsituation musicale regrettable pour les élèves\net pour la musique.\nQuelle est la condition première pour entre-\nprendre l'éducation musicale d'un enfant?\nN'hésitons pas à répondre : des dispositions\nnaturelles, CRÉATRICES, manifestées des /'enfance.\nL'histoire musicale nous apprend que les\nHaydn, les Beethoven, les Mozart, les Gounod\ndécouvrent, dès leur jeune âge, leurs mer-\nveilleuses aptitudes. Sans prétendre égaler de\nsi illustres modèles, on peut dire que l'enfant\nqui ne cherche pas, à créer, en musique, ne\nsera jamais un véritable artiste ; il peut devenir\nun bon amateur, et même, en travaillant la\ntechnique avec ardeur, un premier prix de\nConservatoire, en réalité, la Musique ne lui\ndevra rien. Il est bon pour la garde du temple,\nle service de l'autel lui demeure interdit.\nNous n'avons pas ici à nous occuper de ces\nquelques élus, créateurs de génie, mis si dominici,\ntrop rares, dont les œuvres immortelles\néclairent notre vie de joies consolatrices.\nLaissons-les à leurs brillantes destinées.\nAux antipodes de ceux-ci, les non-doués,\nles parias de l'art, les incompréhensifs, irré-\nmédiablement. En musique (le croirait-on) ils\nsont relativement en petit nombre et sont\ncaractérisés par une oreille radicalement fausse.\nAbandonnons-les à leur infortune et occupons-\nnous de la grande masse des autres, c'est-à-dire\nde la moyenne.\nRestent donc devant nous les enfants qui,\nsans dispositions naturelles (créatrices) bien\nconstatées sont cependant susceptibles d'une\ncertaine éducation musicale. Nous distingue-\nrons ceux auxquels une certaine aisance per-\nmet, sans dommage, l'étude coûteuse d'un\ninstrument de musique et ceux \"du fond de\nla cour \" qui feront raisonnablement mieux de\ns'abstenir. Les premiers doivent se dire que\npour devenir bon musicien (flûtiste, violoniste,\norganiste, pianiste) il faut consacrer à l'instru-\nment choisi, au moins dix ans d'études suivies"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.43", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n321\n\net persévérantes. C'est l'avis d'un éminent-\npédagogue M. Lavignac. Pendant ce temps il\nfaut, au minimum, 2 heures d'études par jour,\nce qui représente un total de 7.300 heures\nqu'on peut augmenter, au moins, d'une heure\nde leçon par semaine, ce qui donne 7.820\nheures. Voilà pour le temps. Quant à l'ar-\ngent !... C'est encore un préjugé de l'éduca-\ntion musicale de croire qu'on peut donner au\ndébutant des instruments détestables et des\nprofesseurs médiocres, arguant que : u c'est\nassez bon pour lui \". Voyez-vous une mère\nnourrissant son petit enfant de pain gâté,\nsous prétexte qu'on lui donnera plus tard,\nquand il sera grand, du petit pain de gruau !\nDrôle d'idée d'empoisonner l'oreille avec les\naffreuses sonorités d'un piano ou d'un violon\nau rabais, ou encore de laisser abîmer la main\nd'un jeune élève par un maître ignare et\nmaladroit. Préjugés ! préjugés ! ! Calculez donc\nici la dépense avant de vous engager dans les\nfrais d'une bonne éducation musicale. Enfin,\navant de l'entreprendre, faites examiner le\n\" sujet \" par un maître consciencieux, et s'il\nne découvre à votre fils, ou votre fille, aucune\naptitude sérieuse, pas même de quoi faire un\nbon amateur, n'hésitez pas à abandonner\nl'étude d'un instrument ; il restera encore à\nvotre enfant quelque chose à faire, nous le\nverrons tout à l'heure. Si l'élève est bien doué,\nl'avis du maître favorable, vos ressources\nsuffisantes et votre instrument choisi, nous\ndirons encore : qu'aucune idée de lucre vous\nguide ; faire de la musique n'est pas un métier.\nEtre boulanger, menuisier, laboureur, employé\nd'administration, c'est fort honorable quand\non est un honnête homme, et c'est un \" métier \"\nou, si l'on veut, une profession. Etre musicien,\nc'est, par définition, être artiste c'est-à-dire\nvouer toute son âme à un art choisi, l'aimer,\nle servir inlassablement et de toutes ses forces.\nOn ne fait pas cela pour de l'argent, c'est\ninévaluable.\nMais, dira-t-on, les enfants auxquels leur\nfamille ne peut, par manque de fortune, faire\ndonner l'éducation musicale, et qui cependant\naiment la musique, que leur reste-t-il ? Nous\navons promis de nous en occuper. Il leur reste\nun admirable, un splendide, un superbe in-\nstrument, qui vaut tous les pianos et les violons\ndu monde ; qu'ils portent avec eux ; qui ne\nleur coûte rien et ne demande qu'à être\nexercé. Ils ont tous une voix. Pour l'amour de\nla Musique, qu'ils s'en souviennent donc. La\nvoix, c'est le charme, le délice, la pure joie\nmusicale, utilisez-la. Sauf la très petite mi-\nnorité de ceux qui ont l'oreille fausse, les\nautres, ayant une voix parlée, ont une voix\nchantée, et la voix chantée c'est de la musique.\nJe ne dis pas : faites tous du chant, au sens\noù l'entendent les professeurs de vocalises,\nmais : faites tous du solfège, excellente prépara-\ntion à la musique chorale. Et ne me faites\npas dire non plus que je conseille les solfèges\nhorriformes préconisés par les Conservatoires ;\nlecture en 7 clefs, traquenards et pièges à\nvoix ; non, il faut adopter le bon, le mélodique\nsolfège. Les professeurs de musique ont là un\nbeau rôle à jouer, qu'ils le prennent ; qu'ils\nrépandent partout, dans les grandes villes et\nles tout petits villages, le goût du solfège,\nqu'ils en multiplient les leçons ; elles abouti-\nront forcément, et par un naturel enchaîne-\nment de cause à effet, à l'admirable musique\nchorale, dont nous nous réservons d'indiquer\nle rôle social, indépendant de la beauté essen-\ntielle. Le solfège n'est pas ennuyeux encore\nun préjugé il a le tort de ne pas fournir\naux familles, dans la personne de l'enfant, une\ndistraction suffisante, mais l'égoïsme des\nfamilles et leur désir de s'amuser avec et par\nl'enfant n'a rien à voir ici. Le solfège n'est\ndétestable que lorsqu'un professeur ignare le\nrend tel. Qu'on pique, stimule l'esprit des\nélèves ; qu'on essaie promptement du solfège\nà deux et même trois voix. Les résultats seront\nsurprenants. La voix charme, enchante, sen-\nsibilise l'âme de l'enfant. Où le son sec et\nfroid du piano, criard du violon, n'aura rien\nsuscité, la voix touchera et éveillera douce-\nment, dans son âme puérile, les premières,\nprofondes, pures joies musicales, promesses,\npour notre art, d'un meilleur avenir.\n\nM. Daubresse."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.44", "texte": "322\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nL'Édition\nMusicale\n\n!) Durand. —2) Hamelle. 3) Edition mutuelle.\n—4) Bouwens van der Boijen. °) Liepmannsohn, à\nBerlin.\nN'allez pas conclure, devant la longueur\ninusitée de ce compte-rendu à une vive recru-\ndescence de l'inspiration musicale. Quantité et\nqualité sont deux choses différentes; et avouons-\nle, il faut feuilleter bien des pages insignifiantes,\navant d'en trouver une qui vaille la peine\nd'être approfondie.\nPIANO SEUL. La musique de piano,\nen particulier, ne nous offre, ce mois-ci, rien\nque de très ordinaire : des ARABESQUES 1 de\nM. Delafosse, cinq petites pièces où l'idée mu-\nsicale est courte ; puis, du même auteur, un\nPRÉLUDE 1 et une ETUDE DE CONCERT ], deux\navalanches ininterrompues de doubles notes ;\nvoilà bien des notes doublement inutiles.\nM. Maurice Pesse, avec la SOURCE QUI CHANTE 2\ns'adresse évidemment aux pianistes qui désirent\nbriller à peu de frais. La CHANSON DU RUIS-\nSEAU 2, de M. Widor, est au contraire d'une\nexécution vétilleuse ; de même sa KERMESSE\nCARILLONNANTE 2. Dans un genre plus quin-\ntessencié, voilà une BERCEUSE 3 de M. de\nC aster a et deux morceaux de Paul Le Flem :\nPAR LANDES et CLAIR DE LUNE sous BOIS 3,\ncelui-ci pour harpe chromatique ; sonorités très\nenveloppées, grands effets de pédale, enchaîne-\nments bien modernes, un peu décousus parfois.\nL'interminable SONATE de M. J. Szu/c n'est\npas absolument distinguée ; on me pardonnera\ne ne pas énumérer le reste des qualités qui lui\nont défaut : i est temps de retrouver un peu\nde grande et saine musique, avec la JEUNESSE\nD'HERCULE3, de St. Saëns, réduite par M. Staub.\nClaire, aisee et très pianistique, la réduction\ndonne cependant parfaitement l'impression de\nl'orchestre.\nCHANT . Les voix caverneuses pour-\nront chanter le CHASSEUR NOIR, de M. La-\nparra, ballade d'un effet un peu gros et d'un\nromantisme halluciné. Les voix moyennes\ndiront la PRIÈRE A MADAME LA VIERGE 2, de\nPaul Lacombe, œuvre d'une déclamation juste;\net LE GRAND SOMMEIL NOIR, de M. Laparra 2,\nqui décidément se voue au genre ténébreux.\nPour les voix étendues, GREEN 2, de Lydie\nMichaïloff,\\ morceau qui tout en étant d'un\ntrès joli sentiment, ne nous fera pas oublier\ncelui de Fauré sur les mêmes paroles. Puis, le\nDoux D'APPEL -, de M. Widor, dont le lyrisme\nexalté évoquera le souvenir de Gounod. (Ac-\ncompagnement de violon ou violoncelle obligé).\nLes voix angéliques auront deux œuvres de\nNadia Boulanger: une PRIÈRE2 dont les paroles,\nmalheureusement sont peu intelligibles ; et un\nCANTIQUE 2, charmant de simplicité et de\ncandeur. La ligne mélodique y est ample,\naisée et d'un contour parfait ; les accompagne-\nments, dans leur simplicité presque rudimen-\ntaire, ne manquent ni de richesse, ni de\ncoloris : constatons-le une fois de plus : il ne\nfaut pas beaucoup de notes pour exprimer\nbeaucoup de choses en musique.\nPIANO 4 MAINS. Nous redirons cela\nà propos de la petite suite de M. Ravel MA\nMERE L'OYE \\ cinq pièces qui pourront être\njouées par toutes les petites mains. Rien n'est\nplus amusant que de voir réaliser, dans une\nécriture claire, et avec des moyens aussi res-\ntreints, des effets aussi intensément modernes.\nM. Florent Schmitt, qui ne dédaigne pas\nnon plus d'amuser la jeunesse fera rire tout le\nmonde avec ses MUSIQUES FORAINES 2. Sa valse\nfinale, où des chevaux de bois planent éper-\nduement, parmi un bruit de poulies grinçantes\net au son d'un orgue qui déchiquète inlassable-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.45", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n323\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\n\nment la même petite phrase, est pleine d'hu-\nmour.\nRemarquons, en passant, que l'Orgue de\nBarbarie se porte beaucoup cette année dans la\nmusique. Pour la jeunesse, aussi, le PRÉLUDE\nde M. de Larmanjat et sa ROMANCE SURAN-\nNÉE4. Les morceaux de ce genre me font in-\nvinciblement penser aux boîtes de couleur sans\ndanger que l'on donne aux enfants, pour leur\nenlever avec toute possibilité d'empoisonne-\nment, toute chance de peindre.\n2 PIANOS. IBERIA1, de Debussy, pu-\nbliée pour deux pianos, ne devient pas beau-\ncoup plus facile qu'à quatre mains. L'introduc-\ntion du 3E Acte d'ARIANE ET BARBE BLEUE 1\nparaît après cela d'une lecture facile ; c'est tout\ndire. Citons encore une assez amusante TOC-\nCATA de M. Paul Fournier.\nMUSIQUE INSTRUMENTALE. —La\nmusique instrumentale est mieux représentée,\nce mois-ci que la musique de piano : le ir\nvolume de I'ANTHOLOGIE ZUR ILLUSTRATION\nDER MUSIKGESCHICHTE 5, de Hugo Riemann,\nrenferme trois délicieux trios de Pergolèse :\ncertain Andante, de toute beauté, méritait bien\nd'être remis au rang des chefs-d'œuvres clas-\nsiques ; d'autres pages toutes d'enjouement et\nde gaieté, font penser aux meilleures de Mo-\nzart.\nM. Marcel Samuel Rousseau extrait de son\nNOËL BERRICHON 2, un adagietto pour violon\nou violoncelle, les PROMIS. M. Florent Schrnitt\nnous donne deux petites pièces tout en demi\nteintes, très simples, très chantantes. GUITARE\net CHANSON A BERCER 2 serait-il las des effets\ntonitruanes où il s'est complu si longtemps ?\nM. Destenay publie un fort beau TRIO2, qui\ngagnerait peut-être à être élagué de quelques\nlongueurs, dans la finale surtout. La IRE RHAP-\nSODIE pour clarinette en si bémol, de DEBUSSY 1\nest un régal,de sonorités exquises : quand l'en-\ntendrons-nous ? Et le Duo pour violon et\nvioloncelle, LA MUSE ET LE POÈTE \\ d'inspi-\nration toute classique, de forme aisée, porte\nbien la griffe du maître St. Saëns.\nPARTITIONS. Beaucoup d'éditeurs,\njusqu'ici conservaient jalousement leurs parti-\ntions d'orchestre, comme autant de trésors à\npréserver du public et des copistes. M. Dûrand,\nau contraire, vient de publier l'ouverture de\nPOLYEUCTE, de Dukas, IBÉRIA et les RONDES\nDE PRINTEMPS, de Debussy, en petites volumes\nin-12°, commodes et légers, qui pourront se\nglisser dans toutes les poches. Félicitons-le de\nrompre avec une tradition qui ne fait pas\ntoujours grand honneur à l'édition française.\nAUCASSIN ET NICOLETTE3 connus jusqu'ici\nde quelques initiés, ont fait leur entrée dans le\nmonde sous la couverture verte de l'Edition\nmutuelle. Nous eussions souhaité les y retrou-\nver en compagnie des silhouettes de M. Dori-\nval. La musique de M. Le Flem y eut gagné\nencore. Rappelons-nous certains albums de\nFragerolle, le créateur du théâtre d'ombres en\nmusique. A la lecture comme à l'audition, nous\navons goûté surtout le prologue, aves ses grands\naccords âpres et frustes, balayés par un souffle\nde mistral, la complainte d'Aucassin, l'Ouver-\nture de l'épisode des bergers, et l'exquise\nphrase du récitant à la fin du 2e Acte. La\ndéclamation, très juste, sans mots ni notes\nsuperflues, rappelle certaines œuvres de De-\nbussy, la Damoiselle Elue en particulier. Mais,\nici, le mysticisme n'est plus de mise, les per-\nsonnages, très humains, parlent encore notre\nlangue ; ils la parlent même avec entrain et\nverdeur. Je suis heureux de conclure sur cette\nœuvre originale et savoureuse, qui marque\névidemment une étape intéressante dans l'his-\ntoire de la musique française.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.46", "texte": "BERL I O Z\nPAR\nADOLPHE BOSCHOT\nla plus vaste biographie qui ait\nparu en France.\nCouronnée par l'lnstitut\nNombreux documents inédits,\ntable chronologique et analytique.\nVie de l'artiste ; son œuvre ; son\népoque. Portraits.\nI. La Jeunesse d'un Romantique\n4® édition 540 pages 4 fr.\n11. Un Romantique sous Louis-Philippe\n3e édition 670 pages 5 fr.\nParis LIBRAIRIE PLON, 8, rue Garancière Paris.\n■\n1"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.47", "texte": "LES “PLAGIATS” DE HAENDEL\n\nLa question des prétendus plagiats de Haendel n'intéresse pas\nseulement l'histoire de ce maître ; elle touche à un des plus graves\nproblèmes de l'esthétique : celui de l'originalité en art ; et son étude\npermet de pénétrer dans le mystère de la création musicale.\nElle a fait couler des flots d'encre, en Allemagne et en Angleterre.\nChez nous, on la connaît mal, (on connaît mal Haendel lui-même).\nJe voudrais résumer l'état actuel de la question, et je me permettrai\nensuite de l'examiner, à ma façon.\nC'est, je crois, en 1808 que l'accusation de plagiat a été lancée\npour la première fois contre Haendel par l'organiste Samuel Wesley.\nIl ne faisait que citer le propos d'un violoniste allemand, Salomon,\nqui disait :\n\" Haendel vint, quand il y avait\nse fit une réputation grâce aux dépouilles quil\na pillé tous les auteurs possibles, a qui\nvalût la peine. \"\nEn 1831, William Crotch s'acharna à démontrer les plagiats de\nHaendel, en publiant des œuvres de 29 compositeurs, pillés par lui.\nLes éditeurs allemands de la grande collection des œuvres de Haendel,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.48", "texte": "284\nS. I. M.\n\nChrysander, et après lui M. Seiffert, ont publié en suppléments à l'édi-\ntion un certain nombre d'oeuvres de Keiser, Muffat, Clari, Stradella, etc.\nimitées par Haendel.\nDans ces dernières années, des polémiques très vives se sont\nrallumées à ce sujet ; et les Anglais y ont pris une part active. Deux\ngros volumes ont été publiés, l'un par M. Sedley Taylor, de Cambridge:\nThe indebtednessof Handel to other comp 1906 ; l'autre par M. Percy\nRobinson, d'Oxford : Handel and his orbit, 1908. Ces deux représentants\ndes deux vieilles Universités rivales se gourment volontiers l'un l'autre ; 1\net tous deux sont assez mal traités par les critiques allemands.\nEn général, les Anglais, avec des scrupules qui les honorent, mais\ndont les critiques allemands n'ont peut-être pas tort de railler\nl'exagération, se placent à un point de vue surtout moral. Les Alle-\nmands au contraire font assez bon marché de cette considération, au\nnom des droits du génie, (ce qui est un peu sommaire), et ils\nn'examinent la question que du point de vue esthétique. Selon moi, les\ndeux questions se tiennent. Nous devons nous placer sur le terrain\nstrictement artistique pour juger les faits ; mais notre conclusion aura\nfatalement un sens moral. Nous ne nous demanderons pas, pour com-\nmencer : \" Haendel avait-il ou non le droit de prendre des inventions\nétrangères ?\" Mais : \" Les a-t-il prises ? Comment ? Et pourquoi ?\nAfin de nous appuyer sur des exemples précis, choisissons l'œuvre-\ntype, où la question des emprunts de Haendel se pose avec toute son\nampleur : Israël en ILgypte.Sur trente numéros environ, que compte la\npartition, il y en a, pour le moins, dix-sept, que nous savons empruntés.2\n\n1 La thèse de M. Sedley Taylor est celle-ci : Haendel a pillé les musiciens vivants et morts, connus et\ninconnus. Sans doute, il a enrichi la musique de ses larcins ; mais il aurait dû au moins nommer ses créanciers.\nOr, il s'est toujours attribué la propriété de ses emprunts. A moins qu'on ne juge de la moralité avec des mesures\ndifférentes, selon qu'on se trouve ou non en face d'un génie, Haendel est coupable.\nLa thèse de M. Percy Robinson, exprimée par lui, non seulement dans son livre, mais dans des articles\nde VI. M. G. (juillet-septembre 1907), est que les emprunts de Haendel ont été francs et loyaux. D'ailleurs,\nla plupart des œuvres soi-disant volées sont de Haendel lui-même, et datent de sa jeunesse.\nM. Max Seiifert a répondu dans le Jakrbuch Peter s de 1907 (Haendels Verhâltnis %u àlterer\ndeutscher Meister). Sa thèse est que la morale n'a rien à voir ici. Haendel n'a pas volé ; il a, par volonté\nartistique, mûrement délibérée, travaillé sur des matériaux étrangers, pour bâtir sa propre pensée.\n2 M. Sedley Taylor a dressé, dans son livre, la liste de ces emprunts, et publié, en regard les uns des autres,\nles principaux exemples des passages imités et des copies de Haendel."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.49", "texte": "HAENDEL\n285\n\n11 y en a sûrement d'autres, que nous ne connaissons pas encore, et que\nnous découvrirons, un jour ou l'autre. Les maîtres mis à contribution\nsont Joh. Caspar Kerl, Alessandro Stradella, et surtout Erba, et Urio.\nCes deux derniers seraient inconnus, si Haendel n'avait fait tomber\nsur eux un reflet de sa gloire. Les œuvres d'eux qu'il a mis à\ncontribution (un Magnificat et un n'ont été conservées\nqu'à très peu d'exemplaires manuscrits, la plupart d'une écriture\npostérieure à la date présumée de leur composition ; 1 et sur les auteurs\nmêmes toutes les conjectures se donnent carrière.\nUrio (Francesco Antonio) serait, dit-on, un prêtre italien, né pro-\nbablement à Milan en 1660, moine franciscain à Rome, et maître de\nchapelle de l'église des SS. Apostoli, qui écrivit des motets de concert,\ndes Psaumes concertés avec violons, et un 2 Erba (Dionigi)\naurait été un religieux libre, d'une maison princière de Milan, probable-\nment le frère cadet du cardinal Benedetto Erba, qui fut membre de\nl'Arcadie. Il devint, vers 1692, maître de chapelle à S. Francesco de\nMilan, et composa quelques actes d'opéras, sans grande notoriété.\nChrysander dit que son Magnificat^écrit à deux chœurs, était sans doute\ndestiné au dôme de Milan, où on faisait usage de deux grandes orgues et\nde musique à plusieurs chœurs. 3\nCes explications n'ont pas satisfait beaucoup de gens. L'absence\nd'autres compositions conservées de- ce Urio et de ce Erba, le parfait\noubli où ils seraient tombés sans les emprunts de Haendel, et la beauté\nde style de ce Magnificat et de ce Te ont inspiré des doutes sur leur\nattribution. Dès 1857, G. A. Macfarren avançait l'hypothèse que Erba\nétait non pas le compositeur, mais le propriétaire du manuscrit du\nMagnificat. En 1883, W. S. Rockstro reprenait cette assertion, en l'ap-\n\n1 Le Magnificat de Erba, pour double chœur, orchestre et orgue, n'est connu que par deux manuscrits,\nl'un de Técriture de Haendel, sans nom d'auteur, qui date d'environ 1737-9, et qui se trouve à la Royal Library\ndu Buckingham Palace; l'autre, d'une écriture plus récente, qui porte le titre de : \"Magnificat del R(l Sigr Erba\",\net qui est conservé à la Library of the Royal Collège of Music.\nDu Te Deum de Urio7 on ne connaît que trois manuscrits : l'un qui est à la Bibliothèque du Conservatoire\nde Paris, avec cette mention : Te Deum, Urio, 1660 j un second manuscrit, qui est au Royal Collège of\nMusic de Londres, qui semble écrit en 1780, et qui porte la date: 1682 ; un troisième enfin, de 1781, qui\nest au British Muséum, avec le titre : Te Deum del p. Francesco Uria bolognese.\n2 Remarquer que cette date et ce lieu de naissance sont en contradiction avec les notes inscrites sur les\nmanuscrits d'Urio.\n3 II est assez curieux que l'historien le plus décidé à repousser l'attribution à Haendel des œuvres de Erba\net de Urio soit justement Chrysander, parce qu'il les trouve trop inférieures à Haendel. Mais ce jugement laisse\ncroire qu'il les connaissait mal."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.50", "texte": "286\nS. I. M.\n\npuyant sur le titre du manuscrit: \"MagnificatDEL rd sigv Erba. \" 1 M. Percy\nRobinson, tout dernièrement, est revenu à la charge : et, dans ses articles\nde l'J. M. G.en 1907, il a émis l'hypothèse ingénieuse, amusante, que\nErba et Urio n'étaient pas des noms d'hommes, mais des noms de pays.\nIl est positif qu'il existe, sur la route de Côme à Lecco, une petite ville :\nErba, où sont de belles villas, et qu'à peu de distance, dix milles environ,\nsur la rive occidentale du lac de Côme, est un petit village : Urio, en face\nde la fameuse villa de Pline, à cinq milles de Côme. Le voisinage de ces\ndeux noms sur la carte est en effet une coïncidence assez curieuse ; et elle\npermet à M. Robinson de supposer que Haendel a pu être invité dans\nunes de ces villas princières, lors de son séjour en Italie, en 1709, et qu'il y\na composé ces deux œuvres, en marquant sur les manuscrits, suivant son\nhabitude, l'endroit où il les avait écrites.2 Plus tard, les copistes n'auraient\npas compris l'indication, et ils auraient pris le Pirée pour un homme.3\nM. Robinson s'efforce de montrer, d'autre part, la similitude de style du\nTe Deum dit de Urio et du Magnificat, dit de Erba avec des œuvres\nauthentiques de Haendel, non seulement postérieures à son voyage en\nItalie, comme Aci s et Galatéeet le Te 4 mais antérieures\nà ce voyage, comme la Passion de 1704 à Hambourg. Il en dit autant de\n\n1 En italien, on doit dire : dal, pour exprimer : -par, Del voudrait dire : appartenant à. A cela, M.\nSedley Taylor a répondu par d'assez nombreux exemples de manuscrits italiens, où del désigne pourtant l'auteur.\n2 Ainsi, Haendel a marqué sur le manuscrit de la Resurre%ione ; \" Roma la festa di Pasque dal Marche\nRuspoli 11 d*Aprile 1708 (c'est-à-dire : \" chez le marquis Ruspoli.\" )\nM. Robinson a admis aussi que Haendel ait pu écrire : \" chez le R. Erba Mais en ce cas, il croit qu'il\ns'agit, non de Dionigi Erba qui était peu connu, mais de Mgr. Benedetto Erba, qui fut vice-légat à Ferrare et\nà Bologne en 1708-9, plus tard archevêque de Thessalonique, nonce en Pologne, archevêque de Milan, cardinal,\ndonc, un très grand personnage, que Haendel connut certainement à Rome, dans l'Arcadie, dont Mgr. Erba\nfaisait partie. Il y aurait eu d'autant plus de raisons pour que Haendel écrivît un Magnificat destiné à Erba,\nqu' en janvier 1709 venait de se terminer la guerre entre l'Empereur et le Pape, guerre où Ferrare et Bologne,\ndont Erba était vice-légat, avaient beaucoup souffert.\nCette nouvelle hypothèse, exposée par M. Robinson dans son volume : Handel and his orhit, me semble\nplus ingénieuse encore et plus plausible que celle de ses articles de I'/. M. G., où il faisait de Erba un nom\nde pays.\n3 M. Robinson cite un certain nombre d'erreurs analogues, qui ont été récemment reconnues. R. Eitner,\ndans son Quellen Lexikon, attribue les sonates de Haendel pour viola da gamba à un certain Leffioth de\nNuremberg. M. A. Einstein a prouvé, (dans I'/. M. G. IV, 170) que ce sont des compositions de jeunesse de\nHaendel. On avait cherché un autre compositeur, parceque le style jusque-là connu de Haendel en différait un\npeu. Ni le manuscrit d'Almira, ni celui de la Passion, ne portent le nom de Haendel. Le manuscrit de Silla, qui\nest au Britsh Muséum, porte le nom de Bononinic. Le Magnificat a toujours paru d'un style purement\nhaendelien, jusqu'au jour où l'on a découvert le manuscrit du prétendu Erba. Et M. Robinson poussant à\nl'absurde la thèse de ses adversaires, dit : Il existait, au temps de Haendel, un compositeur, nommé Utrecht, qui\nétait en relations avec le Hanovre, (voir Norlind dans VI. M. G. IX, 230). Ira-t-on lui attribuer le Te\nDeum d* Utrecht P\n4 J'ajouterai: comme Saul: car ce n'est pas le fait le moins curieux que le fameux carillon flamand de Saul\n(pour le triomphe de David) se trouve être la basse d'une ritournelle, au début du Te Deum dit d'Urio."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.51", "texte": "HAENDEL\n287\n\nla Serenatade Stradella, mise à profit par Haendel dans son\nEgypte : cette Serenata n'est connue que par un manuscrit unique,1 sans\ndate, dont l'inscription est conjecturale ; or M. Robinson en retrouve des\ntraits caractéristiques dans la Passion de Haendel, écrite à Hambourg en\n1704, alors que Haendel ne connaissait encore ni Stradella, ni aucun\nItalien. Par conséquent, la Serenata de Stradella, le Te Deum de Urio, et\nle Magnificat de Erba, seraient des œuvres de Haendel.\nJe dois dire que l'argumentation de M. Robinson me semble in-\nsuffisamment fondée sur des exemples, qui ne me convainquent pas. Ses\nanalyses musicales sont fines et minutieuses, mais un peu myopes ; et l'au-\nteur ne semble connaître que d'une façon superficielle la musique italienne\ndu même temps : car les ressemblances sur lesquelles il insiste, portent\nsur des formules musicales qui n'étaient point la propriété d'un auteur,\nmais le bien commun de toute une époque.\nBeaucoup plus frappant me semble le fait que Haendel a puisé dans\nce Magnificat et dans ce Te Deum, d'une façon si peu voilée, si abondante,\nsi littérale, dans ses œuvres les plus largement exposées au public 2 et\nque non seulement il n'a rien fait pour le cacher, mais que des deux\ncopies de Erba, qui nous sont conservées, l'une, qui est de sa main, a été\nléguée par lui à son secrétaire, Smith, afin qu'il la transmît à l'Université\nd'Oxford, avec le reste de ses papiers, pour perpétuer sa gloire. Il est\névident qu'un plagiaire ordinaire se fût empressé d'anéantir la trace de\nl'œuvre copiée.\nMais, d'une façon générale, jamais Haendel n'a eu le moindre souci\nde cacher ses agissements ; et ce ne sont pas seulement des morts oublies\nou inconnus qu'il a imités, mais des contemporains célèbres, comme\nKeiser, Graun, Muffat, dont plusieurs étaient en relations avec lui. 3\n\n1 Ce manuscrit de Stradella est à la Bibliothèque du Conservatoire de Paris ; il fait partie du fonds\nSchœlcher, 16717, oblong, 174 p, relié avec le S. Battista. Il porte, comme titre: Serenata a. 3. cou\nstromenti del Sig1' Alessandro Stradella, et est d'une très belle écriture italienne, très nette, un peu lourde, appuyée,\nqui semble bien de la fin du XVIIe Siècle.\n2 Ainsi, dans son T<? Deum de Dettingen, qui fut exécuté solennellement dans les églises, pendant une longue\nsuite d'années.\n3 A l'époque où Haendel commença ses emprunts de Graun, en 1736, Graun était capellmeister de\nBrunswick. Brunswick était voisine de Hanovre, ou la cour d'Angleterre séjournait fréquemment 5 et les opéras\nde Haendel étaient joués à Brunswick sous la direction de Graun. Quant à Théophile Muffat, il était\norganiste de cour de Vienne, maître de chapelle des archiduchesses ; il connaissait Haendel, dont il avait ai rangé\nle premier livre de Suites pour une nouvelle méthode de doigté, en 1736 \\ ses Componimenti musicali fier cembalo\n(1739)? °ù puisa Haendel, étaient dans toutes les mains ; et Haendel, de son côté, ne songeait pas, un seul\ninstant, au secret: car ses grands Concertos, ou il fit usage d'inventions de Muftat, furent annoncés, d une façon\nretentissante, en Europe."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.52", "texte": "288\nS. I. M.\n\nJ'ajouterai que, (comme le fait remarquer M. Robinson), quand il imite,\nc'est avec une tranquillité stupéfiante, prenant par exemple, pour une\nmême œuvre, toutes ses imitations non pas dans des œuvres diverses,\nmais dans une même œuvre, à la file, 1 ou bien, ne prenant aucune\nprécaution pour démarquer la musique qu'il imite, en la noyant dans des\narrangements personnels. 2\nOn a cherché des raisons de cette insouciance dans la moralité\ndifférente de l'époque, ou dans l'ignorance où était l'Angleterre de la\nmusique du continent. Mais ce sont de mauvaises raisons. On avait déjà\nen Angleterre le sentiment bien net de la propriété artistique. Le premier\nacte de Copyright, pour garantir la propriété musicale, est du temps de la\nreine Anne en ijog. 3 Un plagiat de Bononcini, qui avait fait passer sous\nson nom un madrigal de Lotti, fit un scandale énorme dans la société de\nLondres, vers 173 1. Après avoir procédé à une enquête longue et minu-\ntieuse, en Italie et en Autriche, XAcadémie d? ancienne musique de\nLondres rendit une sentence écrasante, qui fut traduite et publiée en\nplusieurs langues, contre Bononcini; et celui-ci, célèbre et adulé la veille,\nse vit, du jour au lendemain, abandonné par ses partisans, contraint\nde quitter l'Angleterre, \" brûlé \" dans toute l'Europe. D'autre part,\nil est absurde de dire que l'Angleterre était en dehors du courant musical.\nM. Robinson montre très bien qu'elle était, avec Vienne, un des centres\nles plus brillants de la musique européenne ; les compositeurs et les\nvirtuoses de marque, italiens, allemands, hollandais, y venaient, et souvent\ns'y établissaient ; il y avait à Londres, dans le West End, une colonie\nmusicale extrêmement nombreuse de tous les pays d'Europe. Ajoutez\nqu'il n'y avait pas de pays, où l'on s'occupât autant de l'ancienne musique:\nune Académie avait même été fondée, au début du siècle, pour son étude\nexclusive et pour son entretien. Or Haendel avait des ennemis acharnés ;\net certains de ses rivaux, comme le Dr Pepusch, étaient des gens les\nplus instruits, musicalement, du siècle : impossible d'arguer de leur\nignorance. 4\nAinsi, nous arrivons à ce premier résultat :\n\n1 Voir la seconde partie d'lsraël, bâtie presque tout entière sur Erba.\n2 Telle la can%ona de Kerl, reprise pour le chœur d'lsraël : \"Le peuple d'Egypte, heureux de les voir partir \"\n3 Voir S. Taylor, op. cit. p. 186.\n4 Les ennemis de Haendel suivaient de très près sa production. Pepusch, la duchesse de Marlborough, qui\nfaisait une campagne haineuse contre lui, souscrivaient cependant à ses œuvres. (Voir Robinson)."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.53", "texte": "HAENDEL\n289\n\nib Haendel ne se cache jamais de ses imitations.\n2° Personne autour de lui ne les ignorait, ni ne les lui reprochait.1\nIl faut donc chercher d'autres raisons. Si Haendel a procédé à ses\nemprunts, avec cette assurance, sans qu'aucun de ses ennemis, à aucun\nmoment, n'élevât de plainte, il fallait que cela parût légitime, aux autres\net à Haendel, de la façon dont il en usait.\nExaminons cette façon.\nTout d'abord, je ferai remarquer ceci : Qu'est-ce qui a déterminé\nHaendel à écrire Israël en Egypte ? Avait-il une commande ? Etait-il\npressé de finir son travail ?\nEn aucune façon. Il venait de terminer le 27 septembre\n1738 ; il y avait travaillé à loisir; il avait maintenant une grande œuvre\nnouvelle à faire jouer, pour la saison musicale ; rien ne le forçait à com-\nmencer un second oratorio ; il n'avait même pas de pour\ncomme il en eut pour tous ses autres oratorios : ce fut lui-même qui\nécrivit ou transcrivit son poème, d'après la Bible. Et il composa\nl'œuvre, avec une rapidité vertigineuse. Dix jours pour la seconde partie.\nCinq jours pour la première.2 Quand on lit, quand on entend l'œuvre, on\na l'impression d'une poussée artistique irrésistible.\nD'autre part, Haendel a-t-il publié Israël? Non. La partition n'a pas\nété publiée, de son vivant. 3 Serait-ce donc, par hasard, que Haendel,\n\n1 Mattheson, peu bienveillant, et qui savait que Haendel l'avait imité lui-même, ne fait aucune réserve sur\nl'originalité de Haendel. Hawkins fait allusion â certains emprunts de Haendel, et n'en écrit pas moins que\n\"le style de H. était original et formé par lui-même. \" Burney fait aussi allusion à des emprunts de H. à Keiser,\nClari, etc. sans que son jugement admiratif en soit modifié. Scheibe dit avoir causé souvent avec Mattheson\net Telemann des emprunts faits à Keiser par Haendel et par Hasse 5 et il ajoute : \" Mais ils les oni transformés\nen inventions originales. \" Tous savaient donc à quoi s'en tenir.\nRemarquez d'ailleurs la popularité en Angleterre de la plupart des auteurs anciens, mis à contribution par\nHaendel : de Carissimi, de Steffani, de Kuhnau, dont cinq éditions des œuvres de clavier avaient été publiées\navant 1740. Même la canzona de Kerl, que M. Sedley Taylor prétendait inédite et inconnue des Anglais, était\nrépandue, comme l'a montré M. SeifFert, à trois éditions, dont une de Walsh, à Londres. Tous les amateurs de\nLondres étaient à même de connaître ces œuvre».\n2 II commença par la fin. Il avait fait choix d'un des passages de la Bible qui lui étaient le plus chers : le\nchant de grâces de Moïse pour la délivrance du peuple d'lsraël. Ce chant, qui forme la seconde partie de la\npartition actuelle d'lsraël, fut commencé le 1 octobre 1738, (trois jours après l'achèvement de Saul), et fini\nle 11 octobre. Puis, Haendel trouva sans doute que la statue manquait de base, et il entreprit d'écrire le récit\ndes événements qui avaient amené et légitimé ce chant de Moïse, c'est-à-dire la captivité d'lsraël, les plaies\nd'Egypte, et le passage de la mer Rouge, qui forment la première partie. Il la commença, le 15 octobre, et\nl'avait terminée le 20 octobre.\n3 Ce fut Y Académie d'ancienne musique de Londres qui publia la partition, en 1768."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.54", "texte": "29°\nS. I. M.\n\nsi soucieux à l'ordinaire de l'opinion de l'avenir, n'avait pas écrit Israël en\nEgypte pour elle, mais pour lui, comme une épreuve artistique, l'essai\nd'un genre nouveau, un problème de construction musicale, voulu et\nexécuté en pleine conscience des moyens employés ? Bref, ne faut-il pas\nchercher la cause de ces emprunts extraordinaires dans un dessein artistique\nde Haendel, et non pas, comme on le fait d'habitude, dans des raisons\nbasses de plagiarisme, ou d'épuisement intellectuel ? Je le répète : rien ne\nforçait Haendel à écrire Israël ; et l'on n'a pas le droit d'accuser de\npauvreté d'invention le génie du XVIIIe siècle le plus abondant en musi-\nque, avec J. S. Bach et Mozart, ni même d'alléguer l'état de fatigue qui\navait dû suivre sa grave maladie de 173 7, quand on voit précédé\net suivi d'oeuvres aussi originales et aussi saines que et que\ne Pensieroso.J'estime, pour ma part, que Haendel, en écrivant\ncomme il l'a fait, n'était guidé que par des raisons d'art, et des plus\nhautes. Il suffit d'ailleurs de parcourir la partition, pour s'apercevoir que\njamais Haendel n'a moins songé au succès. Et, de fait, n'en a\njamais eu, de son vivant, ne pouvait pas en avoir : 1 c'était une œuvre trop\ndédaigneuse du vulgaire.\nObservons cette étrange contradiction apparente : l'œuvre la plus\ndédaigneuse du vulgaire, et en même temps la plus faite d'emprunts !\nQu'est-ce à dire, sinon que ces emprunts n'avaient point pour but l'effet\nsur le public, mais la réalisation d'une idée artistique ? L'œuvre est, à\nmon sens, un problème de construction musicale, magnifiquement résolu,\npour la joie de l'artiste. Supposez un de ces architectes de basiliques\nchrétiennes, qui arrachait aux temples païens leurs plus belles colonnes,\npour les faire servir à la gloire de son Dieu, un de ces barbares de\ngénie, qui avait en tête un monument colossal, comme on n'en avait\njamais vu de tel, et qui décidait d'y employer, comme matériaux, les\ndépouilles enlevées aux monuments anciens. Nous ne lui demanderons\npas compte des fragments qu'il a pris, mais de l'œuvre qu'il a faite, avec.\nCelle qu'a bâtie Haendel est quelque chose d'absolument nouveau\npar les proportions et le style colossal. Dès le premier coup d'œil\ndans la partition, l'esprit est saisi. Dix-neuf à vingt chœurs, contre quatre\n\n1 La première audition (le 4 Avril 1739) ut un échec complet. \"Afin de répondre aux désirs des amis,\"\ncomme le firent savoir des annonces de journaux, Haendel abrégea l'œuvre, pour la seconde audition, qui ne\nréussit pas mieux. On ne put aller au-delà de la troisième. Pendant les vingt ans qui suivirent, jusqu'à la mort\nde Haendel, l'œuvre ne fut donnée, en tout, que huit fois, (y compris les auditions de 1739). Et jamais elle ne\nfit recette. \"Israël n'attire pas, écrit Mary Granville, en 1756 5 il est trop solennel pour des oreilles ordinaires.\""}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.55", "texte": "HAENDEL\n2gt\n\nairs soliet trois duos. Dans la première partie, un seul air, noyé au milieu\ndes chœurs. On peut presque dire que l'oratorio entier est un chœur.\nLe héros est un peuple, le Peuple de Dieu. Toutes les figures indi-\nviduelles sont fondues dans l'immense épopée, qui se déroule sous forme\nde récit Biblique, ou de cris d'enthousiasme et d'extase. C'est là une\nœuvre unique.\nPour étudier comment Haendel l'a réalisée, au moyen de matériaux\nétrangers, il faudrait pouvoir examiner cette formidable architecture, de\nla base à la cime. L'espace nous étant mesuré, nous nous contenterons de\ndeux ou trois morceaux, choisis parmi les plus caractéristiques : ils nous\npermettront de pénétrer l'esprit de l'architecte et ses procédés de\nconstruction.\nLe double chœur (n° 6) : Er sp rassemble en un seul\ntableau la peinture de la troisième, de la quatrième, et de la huitième\nplaies d'Egypte, très intelligemment groupées: les tourbillons de mouches,\nla vermine, les sauterelles \"Et Dieu dit : \" Et aussitôt les nuées grouil-\nlantes s'élèvent.\nLe motif musical est emprunté à la de Stradella. Cette\nSerenata, écrite pour trois voix (2 soprani et basse) et pour deux groupes\nd'instruments (concertinoet concerto qui sont désignés sur le\nmanuscrit comme primo et secondo (premier et second chars),\nsemble avoir été réellement jouée en sérénade, dans les rues de Rome,\nsur deux chars de musiciens. 1 Le sujet en est très simple : sous la fenêtre\nd'une belle, un amoureux (soprano) vient chanter ses louanges. Un second\namoureux, mais amoureux misogyne (basse) survient et chante des im-\npertinences à la belle ; il se moque de l'imprudent, qui va réveiller par\nses cris le serpent endormi. Sur ce, la fenêtre s'ouvre, et la dame paraît.\nElle demande qui vient l'importuner ainsi.\n\" Un qui t'implore \", dit l'un.\n\"Un qui te méprise dit l'autre.\nLa dame conclut impartialement :\n\" Tous les deux, donnez-moi la paix.\"\n\n1 On a prétendu qu'il fallait lire crocchio (groupe, ou société). Mais le manuscrit donne bien nettement\ncocchio : il n'y a aucun doute. D'ailleurs, on donnait encore des cocchiate (sérénades en chars), au XVIIIe siècle,\nà Florence. Mann, ami de Walpole, en rend compte dans des lettres de 1741.\n2"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.56", "texte": "292\nS « I. .\n\nElle chante son indifférence railleuse. L'amoureux fidèle déclare\nqu'il la suivra quand même. L'amoureux misogyne déclare qu'il ne la\nsuivra pas ; et la sérénade finit par ce petit dialogue entre les deux\nhommes :\n—\" Il est mal de mépriser les femmes dit l'un.\n—\" Il est pire de les aimer conclut l'autre.\nOn avouera qu'il est assez étrange que Haendel ait eu la pensée\nd'aller chercher cette œuvre légère, comme source d'inspiration, quand il\ntravaillait à l'épopée d'lsraël. Or, sur les quinze petits morceaux de cette\nSérénade, Haendel en a utilisé six pour les chœurs les plus puissants\nÔL Israël. Cette simple constatation donne à penser déjà que, dans de tels\nemprunts, l'emprunteur a été le plus grand créateur.\nPour le chœur en question, Haendel se sert d'un interlude instru-\nmental de la Serenata {Sinfonia concertata et\nil en fait le chant, le récit des deux chœurs, avec quelques changements\nd'écriture, insignifiants en apparence.\nAlessandro Stradella: SERENATA"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.57", "texte": "HAENDEL\n293\n\nHsendeh ISRAËL EN EGYPTE\nJHŒUR N«6"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.58", "texte": "294\nS. I. M."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.59", "texte": "HAENDEL\n295"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.60", "texte": "296\nS » I • NI «\n\nMais d'abord, la caractéristique de la page de Haendel est dans l'ac-\ncompagnement instrumental, qui représente les nuées de moustiques qui\ns'élèvent, grossissent, tourbillonnent, de plus en plus denses et acharnées, et\nfinissent par devenir les monstrueuses sauterelles, bruissantes et dévorantes."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.61", "texte": "HAENDEL\n297\n\nEt de plus, quelle physionomie nouvelle prend la phrase indécise de\nStradella, par le resserrement des lignes, la progression des voix, l'effet\nimposant de la masse sonore, les timbres instrumentaux! Haendel a, pour\nainsi dire, extrait de cette symphonie inconsciente de ce qu'elle exprime,\nsa signification, sa puissance latente. Stradella se fût-il jamais douté que,\ndans ce badinage, il y avait : \"Et Dieu dit : Que cela soit ! Et\ncela fut \" ?\nCeci pourrait nous entraîner à des considérations assez singulières\nsur la musique : à savoir que l'on n'a pas encore créé une page de\nmusique, quand on en a créé la mélodie, les harmonies, voire même le\nrythme, si l'on n'en a créé aussi l'accent, la diction de la phrase, c'est-à-\n-dire au bout du compte, l'âme. Le plus grand des musiciens dramatiques\ndu XVIIIe Siècle, celui qui avait le plus réfléchi sur les rapports de la\nmusique avec l'expression de l'âme, Gluck, disait à Corancez :\n\" On chercherait en vain dans la combinaison des notes qui com-\nposent le chant un caractère propre à certaines passions ; il n'en existe\npoint. Le compositeur a la ressource de l'harmonie ; mais souvent elle-\nmême est insuffisante. \" Ce qui importe surtout, continuait-il, c'est la\nplace du morceau dans l'œuvre, c'est son contraste ou sa liaison avec les\nchants qui précèdent et qui suivent, c'est le choix des instruments qui\nl'accompagnent. Et c'est l'accent. Il suffit d'un déplacement d'accent\npour que le sens expressif de toute une scène soit changé.\nCette théorie de Gluck trouve son illustration dans de\nHaendel, où une pensée nouvelle arrache leur sens ancien à des éléments\nempruntés, pour leur communiquer une valeur entièrement nouvelle, et\nincomparablement supérieure à l'ancienne.\n(A suivre.)\n\nRomain Polland."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.62", "texte": "On trouve dans le Recueil d'airs publié par l'éditeur\nChristophe Ballard de 1695 à 1724 1 deux petites œuvres de Rameau\ndont aucun historien, à ma connaissance, n'a encore mentionné la\npublication. A coup sûr, elles sont bien peu de chose auprès des chefs-\nd'œuvre de notre grand musicien. Mais il suffit, pour mériter notre\nattention, qu'elles soient sorties de sa plume, et ce qui ajoute peut-être à\nleur intérêt, c'est qu'elles ont été publiées pendant la période de sa vie\nqui nous est le plus mal connue.\nLa première a paru dans la livraison de février 1707, pages 23 et\nsuivantes. Elle est intitulée AIR A BOIRE, DE MONSIEUR RAMEAU, et porte\nen sous-titre Duo PAYSAN. A la table de la livraison, elle est simplement\ndésignée par la mention Air paysant(sic). C'était pour les contemporains\nune indication suffisante sur la nature du morceau, car était\nune sorte de petit genre bien défini et assez cultivé par les compositeurs\nde chansons. Le Recueil d'atrs serieux en contient plusieurs : dès\nla première année, en 1695, on trouve un \" air paysan \" de la Barre\n(p. 180). En 1707, dans le volume qui renferme celui de Rameau, il y a\n\n1 Recueil d'airs serieux et à boire, de différents autheurs, Paris, Christophe Ballard, 1695-1724, trente\nvolumes in-40 oblong. Le recueil paraissait en livraisons mensuelles, réunies en volume à la fin de chaque\nannée. Je publierai très prochainement une étude d'ensemble sur cette curieuse collection."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.63", "texte": "RAMEAU\n\n299\n\nun Air Paysan de Messieurs Bouvard et Cochereau. L'année 1713 en\nfournit quatre, l'année 1715, sept. On en trouve jusqu'à la disparition du\nRecueil1 et la collection qui y fait suite, les Meslanges de Musique Latine,\nFrançoise et Italienne, en contient encore des spécimens.2\nL'air paysan^généralement en duo,3 est ainsi nommé parce qu'il\nmet en scène des paysans parlant le jargon du village. On y voit\n\" Chariot \", \" Piarot \", \" Lucas \" et \" Cathereine \", plaisanter gaillarde-\nment à grand renfort de \" morgué \" et de \" palsangué \". Les paroles sont\nnaturellement comiques et le plus souvent bachiques : presque tous les\nairs paysans sont, comme celui de Rameau, des airs à boire. Voici\nd'ailleurs les paroles du morceau qui nous occupe ; elles peuvent être\nprises comme type du genre.\nLucas, pour se gausser de nous,\nFait frême4 d'agasser nôtre jeune Voiseine,\nEt palsangué je voyons bien tretoush\nQu'il nen veut qu'à nôtre chopeine.\nQu'il se tremouse avec Catin,\nMorgué, je ri en ferons 6\nMais, s'il viant goûter notre vin\nPour nous gausser de ly, tapons sur sa bedeine,\nmorguèy tapons\nTels sont les vers qui ont inspiré Rameau. Ils sont anonymes et\nrien ne nous porte à croire qu'il en soit l'auteur. Sa musique nous\nintéresse davantage. C'est un duo pour dessus et basse, avec accompagne-\nment de basse-continue. Le style ne diffère pas de celui de tous les duos\nde cette époque. La coupe présente la disposition si souvent employée\nde l'air à deux parties, dont chacune est répétée (AA BB), avec une\ncourte répétition conclusive qui vient s'ajouter à la seconde reprise de B.\nLes modulations sont extrêmement simples et suivent une marche qui est\nd'usage courant, dans les airs de ce genre. A se termine à la dominante,\net B, avant de revenir au ton, passe par le relatif mineur. Chaque phrase\ndébute par une esquisse d'imitation qui se résout généralement dans une\n\n1 Années 1697, 1705, 1711* *7î6, 1717, 1718, 1719* 1 17^4-\n2 Années 1727, 172 g, 1730, 1731.\n3On trouve dans le volume de 1713 (p. 36) un Trio paysan de Lemaire.\n4 Pour fait frime, c'est-à-dire fait semblant.\n6 Forme renforcée de tous, encore assez fréquente dans les auteurs du XVIe siècle.\n6 Nous nen ferons pas mine, c'est-à-dire nous ne nous en fâcherons pas."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.64", "texte": "3°°\nS. I. M.\n\nécriture plus harmonique. Çà et là, sur des mots caractéristiques (chopine,\ntrémousse), une vocalise rapide qui anime l'ensemble et favorise l'indé-\npendance des deux voix. L'inspiration est franchement populaire, comme\nil convenait. Mais il semble que l'on puisse reconnaître dans ce petit\nmorceau quelques-unes des meilleures qualités de Rameau, la franchise\ndu geste, la verve vigoureuse, la plénitude dans la sobriété. L'intérêt\nmusical ne faiblit pas un seul instant et l'entrain ne fait que croître. La\nbasse-continue, qui, pendant la première moitié du morceau, se confondait\navec la seconde voix, s'en distingue vers le milieu et prend jusqu'à la\nfin de plus en plus d'importance. Elle paraît être destinée à dépeindre\nles coups de gourdin qui vont pleuvoir sur la \" bedaine\" de Lucas : cette\nmontée diatonique de notes répétées, c'est la correction qui commence,\nle bâton qui menace, se lève et se met en train ; ces batteries de tierces\nponctuées par des octaves significatives, cette grimpade endiablée des\narpèges qui commentent \" morgué tapons \", nous montrent le pauvre\nLucas rossé de main de maître ; à la fin, pour corser la deuxième reprise\net terminer en pleine animation, les croches se mettent de la partie et se\nprécipitent par grandes gammes descendantes qui dégringolent toujours\nde plus haut : c'est une véritable grêle de coups qui s'abat sur la panse\ndu mal-appris.\nVoici la reproduction intégrale du texte donné par le Recueil de\nBallard.\nCe morceau paraît avoir eu un certain succès, car on le retrouve au\ntome vii (p. 68 et suiv.) du Nouveau publié à\nLa Haye chez Jean Neaulme en 1736.1 II porte comme titre: Duo\npaïsan. De Mr. Rameau.ll est donné sans basse-continue, comme les\nautres pièces du recueil, et présente avec le texte ci-dessus de très légères\nvariantes relatives aux agréments du chant et à l'orthographe des paroles.\nNous en avons encore une autre reproduction, assez semblable à celle de\nNeaulme, dans un Recueil de Duo Serieux et a Boire... tirés des meilleurs\nauteurs anciens et Par M. X.(Amsterdam, s. d., livre premier,\np. 21-24).8\n\n1 II faut dire que ce Nouveau recueil fait de larges emprunts aux recueils de Ballard.\n2 Un exemplaire de ce recueil se trouve dans la bibliothèque de M. Henry Prunières. Enfin, il existe une\ncopie manuscrite du duo de Rameau, sans la basse-continue, dans les Fragmens provenant du don de la famille\nDecroix et conservés à la Bibliothèque Nationale sous la cote Vm7 3620. Cette copie, dont le titre (Duo paysan\npar M. Rameau) ne suffisait peut-être pas à prouver l'authenticité, était déjà connue de M. Ecorcheville et son\nexistence avait été signalée, avec celle d'autres fragments u non encore identifiés par M. Lionel de La\nLaurencie (S. I. M., juin 1907, p. 591}.\nA A. A"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.65", "texte": "RECUEIL D'AIRS\nSERIEUX ET A BOIRE,\nDE DIFFERENTS AUTEURS,\nIMPRIME AU MOIS DE FEVRIER 1707.\n\nAIR A BO 1 Kl, DE MONSIEUR RAMEAU.\nb'E V X ? A r"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.66", "texte": "302\nS. I. M.\n\n'B ÀSSE-COHTINUE."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.67", "texte": "RAMEAU\n303\n\n_ -«*»\nBâSSi-CoNTîSUE."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.68", "texte": "304\nS. I. M.\n\nLa présence de cet air dans le Recueil d'airs sérieux et a boire de 1707\net une indication contenue dans l'année de 1708 permettent en outre\nd'apporter un peu plus de précision sur un des nombreux points obscurs\nde la biographie de Rameau. En septembre 1706, Rameau, organiste des\nJésuites de la rue Saint-Jacques et des Pères de la Merci, avait concouru\npour l'orgue de Sainte-Madeleine de la Cité. Ayant mérité le poste, il\ndut le refuser, car la fabrique s'opposait à tout cumul et exigeait qu'il\nabandonnât les deux orgues qu'il possédait déjà. A partir de ce moment,\ntous ses biographes perdent sa trace jusqu'au 27 mars 1709, date à\nlaquelle nous le retrouvons à Dijon, prenant la succession de son père\ncomme organiste de Notre-Dame.1 Qu'est devenu Rameau de septembre\n1706 à mars 1709? Quand a-t-il quitté Paris? Deux petits faits fournis\npar le Recueil de Ballard nous permettent d'avancer un hypothèse assez\nprobable. L'air publié en février 1707 fait déjà supposer qu'à cette date\nRameau est encore à Paris. Et une annonce insérée dans le de\nl'année suivante donne à croire qvi'en juillet 1708 il tenait encore les\ndeux orgues qu'il avait en 1706. On lit en effet, au bas de la Table de\nla livraison de juillet 1708: \"Les Pièces de Clavecin2 par Monsieur\nRameau, Organiste des RR. PP. Jésuites et de la Mercy; se vendent\ngravées, 1 livre 15 sols. \" Sans doute, on pourrait supposer que l'air\npublié en février 1707 a paru après le départ de Rameau, soit qu'il ait\nété déposé chez Ballard quelques mois auparavant, soit qu'il été envoyé\nde province. On pourrait dire aussi que l'annonce de juillet 1708 ne fait\nque reproduire une indication fournie par le titre de 1706.3 Mais, en\nl'absence de toute autre donnée, il est plus vraisemblable d'admettre,\njusqu'à plus ample information, que Rameau n'a quitté Paris qu'à la fin\nde 1708 ou au début de 1709.\nJ'ai été tout naturellement amené à dépouiller le reste du\nsérieux et a boire^et les volumes de qui le continuent, pour\nvoir s'il ne s'y trouverait pas d'autres œuvres de Rameau. Il y en a\neffectivement une seconde qui porte son nom; mais nous la connaissions\n\n1 Michel Brenet, La Jeunesse de Rameau, Rivista musicale italiana, 1902, p. 862.\n2 II s'agit du Premier lï<vre de pièces de clavecin, paru en 1706.\n3 Toutefois, je crois que dans ce cas on aurait mis devant le mot organiste, selon l'usage du temps, la\nlocution cy-devant.\n4 Sauf les années 1722 et 1723 qui manquent à la Bibliothèque Nationale (à parties livraisons de\njanvier et de juin 1722) ainsi que l'année 1726 des Meslanges."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.69", "texte": "RAMEAU\n3°5\n\ndéjà par une autre source. Elle se trouve dans l'année 1719 du Recueil\n(livraison de novembre, p. 222). Elle est intitulée CANON\nDE M. RAMEAU, et porte en sous-titre TRIO. Les canons, assez fréquents\ndans le Recueil,y apparaissent dès la 5e année (en 1699), où l'on trouve\ntrois \" canons à Trois,\" un \" canon à quatre \" et un \" canon à cinq.\" A la\nsuite de ce dernier (p. 84), on peut lire la note suivante. \" Le lecteur est\nprié de faire attention que ces Airs en Canons sont excellents, et qu'il ne\nsont imprimez dans aucuns Livres ; c'est pour cette raison qu'on rapporte\nquelquefois d'anciens Airs pour satisfaire plusieurs personnes qui les\nrecherchent tous les jours.\" Ces canons sont extrêmement courts. Les\nquelques paroles qui servent de prétexte au chant les rangent dans la\ncatégorie des airs à boire.\" Buvons, Buvons, Buvons, Amis, Buvons, \"\nTel est tout le poème du canon de l'année 171 5 (p. 222) et en 1710 un\n\" canon à quatre\" (p. 182), particulièrement développé, se déroulait sur\nces trois vers :\nVersez tout plein\nDe ce bon vin,\nPour boire à la santé de ma Catin.\nCe sont des canons à l'unisson ou à l'octave, imprimés en notation\nabrégée.1 Celui de Rameau est aussi un air à boire, mais sa construction\nmusicale est beaucoup plus compliquée : c'est un canon \" à la quarte,\"\nc'est-à-dire où les répétitions successives du chant se font à une quarte\nau-dessus les unes des autres, chacune se trouvant ainsi dans un ton\nnouveau, jusqu'au moment où, après avoir parcouru le cercle des tonalités,\non revient dans le ton primitif. Ce n'est plus simplement un canon\n\" perpétuel,\" c'est un canon \" circulaire,\" comme on\ndisait dans les anciens traités.2 Voici d'ailleurs le texte donné par le\nRecueil de Ballard :\n\n1 C'est-à-dire en écrivant une seule partie vocale et en y marquant par des signes les points où les autres\nparties doivent entrer. C'est ce qu'on appelait dans le langage de l'école canon clausus ou canone in corpo, par\nopposition au canon apertus ou canone in partito.\n2 On trouve un \"Canon a 2. Per tonos\" dans VOffrande musicale de Jean-Sébastien Bach, n° 3,\ncanon viii."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.70", "texte": "306\nS. I. M.\n\nCANON A LA QUARTE DE M. RAMEAU\nCeux qui ont lu le Fraité de /'harmonie réduite à ses Principes naturels\nconnaissent deja ce morceau. Il y est donné en effet comme exemple de\ncanon à la quarte. 1 Auparavant, Rameau explique en ces termes la nature\net les difficultés de ce genre de composition : \" L'on peut encore prendre\ncette Fugue perpétuelle 2 à la Quinte ou à la Quarte, en observant que\nchaque Partie fasse entendre le même Chant ; mais il faut ici que l'Air\nsoit entièrement imaginé et que l'on ajoute des Diezes ou des Bémols selon\nle cas, aux Nottes dont les degrés naturels empêcheraient aux Parties, qui\nrépètent cet Air, de se conformer en tout au premier Chant composé,\nsans avoir égard à aucune Modulation, mais seulement au chant, ce qui\nen augmente beaucoup la difficulté ; car à chaque fois qu'une Partie\nreprend la Fugue,elle entre dans un nouveau ton, qui est à la Quinte, si\nla Fugue se prend à la Quinte ; et à la Quarte, si elle se prend à la Quarte.\nAu reste, si le nombre des Parties n'est pas limité dans le Canon précé-\n\n1 Livre 111, p. 362.\n2 Synonyme de canon, comme on voit p. 35 9 : \" Il y a une autre espèce de Fugue qu'on nomme perpétuelle,\nou Canon, lesquelles consistent en un Air entier, dont le Chant doit être répété très régulièrement par toutes les\nparties"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.71", "texte": "RAMEAU\n3°7\n\ndent, 1 nous ne croyons pas que l'on puisse en employer ici plus de quatre,\npuisque même il n'en a point encore paru de la sorte à quatre Parties 2\nCe passage prouve qu'en publiant pour la première fois ce canon à la\nquarte en trio dans le Recueil de Ballard, Rameau avait conscience d'affir-\nmer son habileté de contrapontiste.\nQuelles conséquences peut-on tirer de cette publication pour la\nbiographie de Rameau ? Sur les pages blanches qui attendent encore\nl'histoire des années 1715 k 1722, nous devons nous contenter d'écrire cet\nunique petit fait :En novembre 1719 Rameau publie dans le Recueil\nd'airs sérieux et a boire,imprimé à Paris, un canon qu'il citera comme\nexemple, en 1722, dans son Traité de Où était-il à cette date ?\nOn ne peut le dire avec certitude. Il n'est pas impossible qu'il fût alors\nen province, à Clermont par exemple, comme le voudrait M. Henri\nQuittard, 3 et qu'il ait envoyé son œuvre à Ballard. Il se peut aussi qu'après\nle mariage de son frère (janvier 1715) il ait quitté Dijon pour Paris et\nqu'il soit resté dans la capitale de 171 5 à 1720. Il venait de Lyon, où il\navait passé toute l'année 1714, 4et Dijon était sur sa route. Déplus, dans\nles vers souvent cités de la Raméide, son neveu semble bien faire allusion\nà un retour à Paris :\nMon père eut pour son lot la province en partage,\nEt mon oncle à Paris fixa son héritage.\nIl se peut enfin qu'il fût simplement de passage à Paris en novembre\n1719.\nQuoi qu'il en soit, les deux petites œuvres qu'il a publiées, àl2 ans\nde distance, dans le Recueil d'airs sérieu semblent résumer les\npréoccupations de Rameau pendant cette obscure période qui précède son\nétablissement définitif à Paris en 1722. Il sait qu'il sera créateur : dans\nson Air paysan^comme dans ses premières pièces de clavecin, comme\ndans ses cantates, qui restent manuscrites, nous le voyons disposé à faire\nœuvre d'artiste, à cultiver les genres à la mode. Mais le meilleur de son\nactivité n'est pas là : le subtil exercice d'école publié dès 1719 et qui aura\n\n1 Le canon à l'octave, dont il vient de parler.\n2 Livre 111, p. 360.\n8 Les années de jeunesse de J. Ph. Rameau,, Revue musicale, 1902, p. 166.\n4 Léon Vallas, La musique à Lyon au dix-huitième siècle, t. I, p. 35 et suiv.\n3"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.72", "texte": "3°B\nS. I. M.\n\nsa place dans le Traité de Vharmonie nous rappelle qu'à cette époque Rameau\nest avant tout préoccupé d'approfondir les règles de son art et d'en\ndécouvrir les principes. C'est encore le temps de l'étude patiente et du\nrecueillement ; c'est le demi-silence fécond où certains génies se plaisent\nà mûrir leurs espérances.\n\nPaul-Marie Masson."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.73", "texte": "CLAVECIN OU PIANO DANS L'EXÉCUTION DES ŒUVRES\nDE BACH?\nA mon ami Georges Pioch.\nSi quelqu'un, il y a dix ans seulement, avait osé poser une question\nsemblable on lui aurait ri au nez : \" Comment ! préférer un clavecin à\nnotre instrument perfectionné ! C'est de la folie ! En vrai précurseur,\nBach pressentait le piano moderne et c'est en vue de celui-ci qu'il a écrit\nses œuvres magnifiques d'ailleurs inexécutables sur les vieilles boîtes de\njadis\nIl faut croire que les temps ont changé. A l'heure actuelle ce pro-\nblème est traité par les musiciens et les musicographes des plus sérieux\navec gravité et passion. MM. Albert Schweizer, Richard Buchmeyer,\nKarl Nef, Seiffert, Lucien Greilsamer ont consacré à ce sujet des études\napprofondies, sans parler des innombrables articles dans les journaux\nquotidiens, où cependant nous voyons traîner encore les vieux lieux\ncommuns, dont nous ont nourris les virtuoses, les fabricants et les profes-\nseurs de piano tout le long du XIXe siècle. Seul Rubinstein semblait ne\npoint partager cet engouement général pour notre instrument moderne.\n\" Non, dit-il, le piano perfectionné n'est pas un progrès pour exécuter\nles œuvres anciennes... Puisque les œuvres de telle ou telle époque ont"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.74", "texte": "3io\nS. I. M.\n\nété conçues pour les instruments qui existaient alors et qu'elles devaient\nen recevoir leur expression complète, je pense que ces œuvres perdent\nplutôt à être jouées sur les instruments d'à présent\".\n\"Je ne peux m'empêcher de croire, continue-t-il, que le piano de\nBach avait des dispositions spéciales qui lui donnaient\nsonorité. Je me sens toujours tenté de registrer ces œuvres au moyen\ndes différents touchés et de différentes pédales... Seulement nous ne\npouvons pas nous rendre un compte exact de ces clavecins, clavicordes,\nclavicembalos et épinettes. Nous ne connaissons pas non plus la chose la\nplus importante pour en bien juger, c'est-à-dire la manière de s'en servir\"...1\nNous commençons heureusement à nous rendre un compte plus\nou moins exact de tous ces instruments de jadis et même à connaître la\nmanière de s'en servir. Et s'il m'arrive de rencontrer encore des accusa-\ntions dans le genre de celle-ci :\" le cla de Mme Landowska n'est pas,\ncomme elle l'annonce, un cembalo, c'est tout simplement une spinett \"\n(authentique), les musiciens cultivés cessent de jeter dans la même\nboîte à vieille ferraille, les luths, les clavecins, les épinettes et tous les\nautres confidents de nos plus grands maîtres du passé.2\n\nQUEL ÉTAIT L'INSTRUMENT DE PRÉDILECTION DE\nJEAN SEBASTIEN BACH?\nAu dernier Tiach-Festde 1908 le prof. Richard Buchmayer a lu une\ncommunication 3 à ce sujet qui a provoqué une polémique assurément trop\nviolente dans les pages du Bulletin Mensuel International de notre\nSociété. Cette polémique est loin d'être terminée. M. Buchmayer a\nvoulu prouver que c'est le clavicorde qui fut le favori de Jean Seb. Bach\net il appuie cette affirmation sur la sympathie qu'auraient manifesté à\n\n1 Antoine Rubinstein. La musique et ses représentants. 1892.\n2 Les fêtes qui vont être données à Duisburg, sous le patronage de la Neue Bachgeselhchaft, ramèneront\nl'intérêt des musiciens sur ces vieux instruments, le clavecin et le clavicorde, dont il convient de prendre la\ndéfense contre certaines attaques injustifiées. On sait que le propre du clavecin est de pincer les cordes sous la\npression d'une plume, ou d'une languette de cuir, ce qui donne une sonorité brillante. Le clavicorde, au\ncontraire, frappe la corde par une tige de métal, ancêtre du marteau de notre piano 5 le son en est voilé, doux et\nsentimental. Les historiens n'ont pas encore décrit comme il conviendrait les diverses espèces de ces instruments\ndisparus : le manicordion, le harpsichord, le virginal, Pépinette, le clavicythérium...\n3 Cette conférence a paru dans le Bach-Jahrbuch 1908 : Rie h. Buchmayer. Cembalo oder Pianoforte."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.75", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n\n311\n\nl'égard de cet instrument, Kuhnau, Fischer et Mattheson et sur le peu\nd'intérêt que le clavecin leur aurait inspiré.\nJ'ai une admiration très sincère pour la science et le grand talent de\nM. Buchmayer dont l'exécution de musique ancienne m'a ravie, je suis\neil outre très sensible à l'amitié dont il m'honore et au bien qu'il a dit de\nmoi dans cette même conférence. Je suis donc d'autant plus navrée de ne\npouvoir partager ses avis et de trouver son argumentation bien insuffi-\nsante.\nEn admettant même que quelques-uns de ses prédécesseurs aient\npréféré le clavicorde à tout autre instrument, d'où la preuve que Bach\ndevait nécessairement avoir le même goût ? D'ailleurs Mattheson n'est\npoint un ennemi du clavecin, comme on voudrait nous le faire croire.\n\" Les Vollsthmmigen Claviere,dit-il, en italien Cembali,\nen français Clavessins, Clavecins restent cependant les maîtres de tous les\ninstruments et il faut y comprendre les ou les épinettes de\ntoutes les façons, de toutes les grandeurs, les régales, les positifs et enfin\nles clavicordes tant aimés par certains, petits et grands ; et parmi tout cela\nles clavecins et les clavicordes retiennent le record... Le clavecin, con-\ntinue-t-il, nous offre un instrument indispensable d'accompagnement\npour la musique d'église, de théâtre et de chambre et on a le droit de\ns'étonner qu'on conserve encore ici dans les églises les insupportables\nrégales, tandis que Pharmonie bourdonnante\nun effet infiniment plus beau sur le chœur \".\nQuant à Joh. Gaspar Ferdinand Fischer, il écrit dans sa dédicace,\nque ses pièces sont composées pour le \" clavicordium oder Instrument \",\net M. Buchmayer veut en conclure qu'il avait une hostilité contre\nle clavecin. Or le mot Instrument signifiait précisément le clavecin. Je prie\nmon antagoniste et ami, (pardon, mon ami et antagoniste,) de n'avoir aucun\ndoute là-dessus, il n'aura d'ailleurs qu'à consulter le titre original du\nvolume, où il trouvera en grandes lettres : \" Les Pièces de com-\nposées par Jean Gaspard Fischer \".\nIl est vrai que Mattheson recommande le clavicorde pour les pièces\ngalantes, mais le caractère de ses Suites est bien différent de celles de Bach.\nEt en général il n'est pas dit que l'instrument de prédilection d'un\ncompositeur doit être nécessairement celui de tous ses contemporains.\nPhilippe Emmanuel, par exemple, recommande le clavicorde comme\nl'instrument idéal d'étude et Marpurg trouve le clavecin préférable."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.76", "texte": "312\nS. I. M.\n\nAu moment où le clavicorde est très en vogue en Allemagne, les\nitaliens et les français ne veulent point l'admettre et le\nSciences du XVIIIe siècle écrit :\nles tons graves du clavicorde ont un son de\nchaudron et les aigus n'en ont point du tout ; cet instrument ne peut\nguère avoir plus de trois octaves dont le son soit agréable. Il sert\nà accompagner les petites voix, mais ne doit pas être réuni avec d'autres\ninstruments dans un concert, il n'a pas assez de force pour se faire\nentendre ! \"\nM. Buchmayer cite cependant un extrait de de\nJacob Adlung, d'après lequel un clavicorde pouvait se faire entendre\nparmi plusieurs violons.\nIl n'y a rien d'aussi flexible et d'accommodant que citations ;\nc'est cependant la base de toute recherche, dont le résultat peut nous être\nlivré par les citations. Quand nous aurons rassemblé toutes les données\net tous les détails, nous pourrons alors juger à l'aise. Et voici pourquoi\nM. Buchmayer et le docteur Nef, qui tous deux, se basant sur des\ndocuments différents arrivent à des conclusions opposées, ne font point\nde l'érudition puérile ; chacun d'eux apporte des pierres pour bâtir le\nphare qui nous éclairera sur certains problèmes, encore un peu obscurs.\n\nL'EXPRESSIVITÉ DU CLAVECIN\nLe prof. Buchmayer attache une grande importance à l'indication\nque nous trouvons dans le titre des In \" et principale-\nment pour arriver àun jeu chantant et expressif\".1 II y voit une preuve\nindiscutable que ces pièces étaient composées en vue du clavicorde, cet\ninstrument étant plus chantant que le clavecin, ce qui ne doit pas\nnous empêcher d'y voir une preuve contraire.\nOn n'écrit pas des volumes d'études spéciales dans le seul but de\nfaire tirer des sons flûtés de la flûte. Le clavicorde étant de sa nature un\ninstrument chantant, il ne fallait point de grandes études préparatoires\npour arriver à en tirer des sonorités expressives. Tandis que le seul défaut\ndu clavecin consistait précisément dans ce que les exécutants peu habiles\n\n' Eine Çantable Art im Sfielen zu erlangen"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.77", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n3i3\n\ntombaient facilement dans la sécheresse, et à l'exemple de son père,\nPhilippe Emmanuel, ainsi que Quantz et Marpurg, ne cesse de recom-\nmander en premier lieu à tout claveciniste le jeu chantant et expressif.\n\" Le clavecin est parfait quant à son étendue et brillant par luy-\nmême, écrit Couperin, mais comme on ne peut enfler ny diminuer ses\nsons, je sçauray toujours gré à ceux qui, par un art infini soutenu par le\ngoût., pourront arriver a rendre cet instrum c'est à\nquoy mes ancêtres se sont appliqués\nComme vous voyez, l'indication de Couperin est identique à celle\nde J. S. Bach et comme elle se rapporte au clavecin, celle des Inventions\nne vise certainement pas le clavicorde.\nOn a voulu souvent nous faire croire que le clavecin était totalement\ndénué d'expression et pour le prouver on se contentait de quelque citation\ndécoupée et arrangée pour la circonstance. Le plus souvent Couperin en\nfaisait les frais. Les Marmontel, les Méréaux, les Le Couppey, et après eux\nles fabricants de notices à encyclopédies n'avaient qu'à citer le passage :\n\" comme on ne peut enfler ni diminuer ses sons \", en enlevant tout ce\nqui précédait et tout ce qui suivait, pour y voir une plainte inconsolable\nde ces pauvres musiciens de jadis se lamentant sur l'impuissance de leurs\nclavecins. Mais Couperin adorait son instrument et ne se lassait point\nde le répéter dans chacune de ses préfaces. \"Le clavecin, dit-il, a, dans\nson espèce, un brillant et une netteté qu'on ne trouve guère dans les\nautres instruments \". 1 Et le roi des instruments à touches est considéré\nnon seulement comme excellent, mais comme parfait. Déjà au dix-\nseptième siècle Jean Denis l'appelle \" le plus bel instrument du monde et\nle plus parfait\".2 Le Père Mersenne dans son\nraconte : \" après avoir oui le clavecin touché par le sieur de Chambonnières,\nj'en peux exprimer mon sentiment qu'en disant qu'il ne fault plus rien\nentendre après, soit qu on désire les et les belles parties de\nl'harmonie meslées ensemble, ou la beauté des mouvements... \"\nLes poètes comme Shakespeare et La Fontaine chantent les beautés du\nclavecin. Et même quand, vers la fin du XVIIIe siècle, le clavicorde devient\nà la mode en Allemagne comme se prêtant bien au genre de musique\ngalante de caractère doux et sentimental qu'on écrivait alors, les musiciens\nne cessent point d'avoir le clavecin en très haute estime. Il suffit pour\n\n1 François Couperin. Pièces de clavecin. 1713.\n2 Jean Denis. Sur l'accord de Tespinette. 1650."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.78", "texte": "314\nS. I. M.\n\ncela de consulter les écrits de Philippe Emmanuel, Quantz et Marpurg.\nMais au lieu de cela, on préfère souvent avoir recours à quelque citation\nafin de soutenir ce lieu commun que les anciens étaient mécontents de\nleurs instruments inexpressifs et rêvaient un Pleyel ou un Steinway. Et\ncette rengaine me poursuit de ville en ville et je suis toujours sûre, après\nchacun de mes concerts, de la trouver sous la plume de quelque grave\ncritique musical.\nLa sécheresse et le manque d'expression du clavecin ne peut être que\nla conséquence d'une exécution imparfaite. Il est vrai, que faire chanter\nle clavecin et en tirer des sonorités moelleuses n'est pas chose bien facile\net les anciens considéraient cela comme le plus grand art.\n\" Non, Mattheson, écrit un de ses admirateurs, c'est trop ! Tu n'est\ndonc plus content\n\" De charmer les esprits, d'enchanter nos oreilles,\n\" De rendre sous tes mains un clavecin parlant... \" 1\nRendre un clavecin parlant ou chantant voici le grand art, voici le\ngrand mérite d'un musicien de l'époque et c'est à celui-ci que fait allusion\nJean Sébastien Bach dans son indication aux\nDe ce qu'il fallait du goût et de l'art pour obtenir le beau chant\nau clavecin, M. Buchmayer tire aussi la conclusion que cet instrument\nétait absolument inexpressif. Une fois ce principe posé il s'étonne qu'on\npuisse admettre que la musique de Bach, toute faite de sentiment, s'accom-\nmode du clavecin. Mais le cantor d'Eisenach n'a pas été le seul de son\népoque à faire de la musique expressive. Puisque toute l'œuvre des\nclavecinistes français, italiens et anglais se trouvait bien à l'aise sur cet\ninstrument il ne devait pas en être autrement pour celle de Bach. Nous\nn'avons pas de peine à croire qu'il possédait \" assez d'art et assez de\ngoût \" pour rendre son Cembalochantant et expressif à l'égal d'un\nCouperin ou d'un Frescobaldi.\nJ'ai remarqué au cours de mes voyages que le clavecin rencontrait\ndes antagonistes principalement parmi les pianistes.\nL'embarras de se procurer un instrument difficile à manier, et d'ac-\nquérir une technique spéciale, en chassant la force accumulée dans les bras\njusque dans les bouts des doigts pour en faire de petits marteaux, ne sont\n\n1 Mattheson. Das beschûtzte Orchestre. Hamburg, 1717."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.79", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n3i5\n\npas les seuls mobiles de cette méfiance manifestée par les pianistes à\nl'égard de la renaissance des instruments anciens. Il y a des raisons plus\ngraves, plus profondes. Quand on s'est habitué dès l'enfance à entendre\ncertaines œuvres au piano, quand les oreilles se sont faites durant toute\nune vie aux sons de cet instrument, il est assez naturel qu'on éprouve au\npremier abord un certain choc, quand les mêmes pièces sont exécutées\navec des sonorités absolument différentes. Nos oreilles sont au premier\nabord trop surprises par ces timbres argentins, par ces accords métalliques,\ntrop éblouies par cet éclat lumineux et par ce bourdonnement mystérieux\npour pouvoir suivre l'idée mélodique et en ressentir l'expression. Notre\ngoût, régi en premier lieu par l'habitude, se révolte parfois; mais je pourrais\nciter parmi les plus fervents actuels du clavecin, des gens qui lui étaient\nau commencement rebelles. Et voici pourquoi je suis assez sceptique\nquand quelqu'un me dit avec gravité préférer la sonorité du piano à\ncelle du clavecin ; peut il être sûr que son goût ne changera pas et que\ndemain ses préférences n'iront pas ailleurs ? Dois-je être à la merci de la\nbonne ou mauvaise disposition et du caprice de quelque musicien ou de\nquelque critique ? Car vouloir prouver que la sonorité du piano est en\nelle-même plus belle que celle du clavicorde ou du clavecin serait une\ntâche aussi oiseuse que de se battre pour la supériorité de la flûte sur le\nviolon.\nLe clavicorde, le clavecin, le vieux piano-forte et notre piano moderne\nsont tous des instruments admirables. Il s'agit seulement de jouer sur\nchacun d'eux des œuvres qui lui sont appropriées, et, en les maniant avec\nscience, on tirera de chacun d'eux sa beauté et son expressivité par-\nticulières.\n\nLE CLAVECIN ET LE CLAVICORDE\nNon seulement Rubinstein, mais tous les grands pianistes ont\ntoujours été tentés de registrer les œuvres de Bach et, chose bizarre, tout\nen affirmant que le grand Cantor avait écrit ses Clavierstticke en vue de\nnotre piano moderne, ils les trouvent conçus dans le style de l'orgue.\nJ'ai déjà démontré par ailleurs l'inanité de cette accusation. 1 \"Unter\n\n1 Wanda Lando<ws%a. Musique ancienne, Paris Mercure de France 1909. p. 113-117."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.80", "texte": "316\nS • I • M •\n\nOrgel und Clavicimbal keinen Unterschied zu machen \" était le plus\ngrand outrage pour un compositeur ou pour un exécutant.\nCependant ces grands pianistes avaient complètement raison les\nœuvres de Bach exigent des registres, seulement, pas ceux de l'orgue.\nEst-ce ceux du clavicorde ? Cet instrument n'en possédait point ; c'est\ndonc ceux du cembalo.Le clavicorde n'était pas un instrument de grande\nparade, on ne confiait à sa sonorité douce que des sentiments intimes.\n\" Celui qui n'éclate pas et ne s'emporte jamais avec force et avec fureur,\ndit Schubart, 2 celui dont le cœur ne s'adonne pas aux douces rêveries\npassera à côté du clavecin et du piano-forte et prendra un clavicorde de\nFrik, Spath ou Stein. \"\nComme le cœur de Bach ne s'adonnait pas exclusivement aux douces\nrêveries, comme il savait s'emporter souvent avec force et fureur\npourquoi admettre que cet instrument \" timide, mélancolique et infini-\nment doux \" fut son seul favori, son seul confident ?\nOn trouverait certes dans l'œuvre de Bach quelques pièces s'adaptant\nau clavicorde, comme par exemple le prélude en mi bémol min. ou celui\nen dodieze-min. du Clavecin bien tempéré ; mais les préludes en en\ndo dieze maj.,en ré maj.,en ré min.,(du premier volume) et tant d'autres,\nmorceaux de grande virtuosité, exigeant du brillant et de l'éclat quelle\ntriste figure feraient-ils sur l'instrument \" timide et mélancolique ! \"\nL'expérience n'est pas difficile à faire et plus d'une fois j'ai eu l'accasion\nde le constater.\nEt quel effet produira par exemple la fugue pompeuse en ré\nqui ressemble tant à une ouverture française ; et le prélude en do maj.\nd nt les harpègements appellent le clavecin ; et le prélude en ré (du\nII vol.) fougueux, tumultueux et rempli d'effets des claviers croisés ; et\nla fugue en mi min. énergiquement rythmée et la fugue étincelante en\nsol maj. (du II vol.) ; et le Concerto italien et la Fantaisie chromatique et\ntoutes les Fantaisies et toutes les Toccates !\nMais ces œuvres et, à peu d'exceptions près toute l'œuvre de Bach\nexigent les nombreux registres du clavecin avec ses sons flûtés, ses\nincisions fines, son ferraillement superbe et ses bruissements mystérieux\net toute la richesse dans l'opposition des sonorités qui lui ont valu le\nnom d' \" orchestre d'instruments à cordes\n\n1 Quantz. Versuch, XVIII.\n2 Ch. F. D. Schubart. Ideen zu einer Aesthetik der Tonkunst. Wien 1806."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.81", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n3*7\n\nEt mon ami M. Buchmayer voudrait faire supporter au doux et\ntimide clavicorde le poids d'idées aussi larges, aussi puissantes et aussi\nemportées que celles du grand Cantor !\n\nLA “BEBUNG”\nQuand on est assez familiarisé avec le clavicorde et le clavecin on\nfinit par distinguer facilement quelle œuvre se prête mieux à l'un ou\nà l'autre. Mais il y a encore une indication qui ne trompe jamais.\nEn pressant la touche du clavicorde on peut obtenir l'effet le plus\ncaractéristique pour cet instrument, d'ailleurs exquis, une sorte de\nvibrato, de battement redoublé sur une même note que nous pouvons\nobtenir aussi sur notre piano en répétant les coups de pédale et\nen pressant la touche sans la quitter, mais qui était inexécutable sur le\nclavecin. Les clavicordistes employaient fréquemment cet ornement\nappelé Bebung et les clavecinistes, bien entendu, jamais.\nComment expliquer que dans les œuvres à claviers de Bach la\nJBebung, l'effet principal du clavicorde, ne se rencontre point ? N'est-ce\npas une preuve suffisante du peu d'intérêt qu'il pouvait porter à cet\ninstrument ?\n\nLES INSTRUMENTS AYANT APPARTENU A\nJEAN SEBASTIEN BACH\nDans l'extrait de l'inventaire fait après la mort du Cantor nous\ntrouvons des clavecins, des épinettes et point de clavicorde.\ni fournirt Clavecin, welches bei der Familie so viel\nmôglich bleiben soll 80\n1 Clavecin 50\n1 ditto 50\n1 ditto 50\n1 ditto kleiner 20\n1 Lauten Werck 30\n1 ditto 30\n1 Steinerische Violine 8"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.82", "texte": "318\nS. I. M.\n\ni Violoncello 6\ni ditto 16\ni Viola da Gamba 3\n1 Laute 21\n1 Spinettgen 3\nDonc, cinq clavecins et une épinette sans compter les trois clavecins\nà pédales dont il fit cadeau de son vivant à Jean Chrétien.\nM. Buchmayer devant des témoignages aussi frappants se demande\ns'il n'y a pas erreur commise par le notaire. Nous tombons alors avec\nlui dans le domaine trop vaste de la supposition. Or, n'oublions pas que\nla famille assistait à l'inventaire et que la différence entre un clavecin et\nun clavicorde est trop flagrante, le premier étant un grand instrument à\nqueue et le second une petite caisse carrée. D'ailleurs puisque l'épinette\navait été taxée à 3 d., un clavicorde n'aurait jamais atteint le prix de\n80, 50 et même de 20 d.\nC'est cependant surprenant, on veut nous convaincre que\nl'instrument favori de Bach fut le clavicorde et nous n'en trouvons point\nde trace. Par contre nous pouvons constater que la valeur de ses clavecins\nreprésentait au moins le quart de sa fortune. Nous savons en outre qu'il\nse servait d'un clavecin dans la Thomas-Kirche pour accompagner les\nrécitatifs dans les Cantates, et que l'accord de cet instrument était confié\nà Philippe Emmanuel.\nA l'heure actuelle nous pouvons admirer encore deux clavecins qui\nlui ont appartenu : l'un au Musée des instruments anciens à Berlin\net l'autre au Musée d'Eisenach.\nOù sont les clavicordes ?\n\nUN AIR DE CORNEMUSE\nIl y a une vieille anecdote très populaire au dix-huitième siècle, celle\nd'un soldat qui passant par une forêt s'assit sous un arbre pour prendre quel-\nque nourriture. Il tira de sa besace du pain et du fromage, mais à peine eut-\nil commencé d'en goûter qu'il aperçut deux loups dont la mine affamée\nl'avertissait qu'ils voulaient prendre part au régal. Pour les empêcher de\nl'approcher de trop près il leur jeta plusieurs morceaux jusqu'à ce que\ntout fût mangé. Ne sachant plus quoi faire pour leur échapper il s'avisa"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.83", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n3i9\n\nde jouer de sa cornemuse et à peine eut-il commencé que les loups épou-\nvantés prirent la fuite. Le soldat dit alors : \"Oh ! si j'avais su que la\nmusique vous faisait tant de plaisir, vous l'auriez eu avant le repas\nSi les petits loups qui veulent déchirer mon clavecin ne se contentent\npas des miettes que je viens de leur jeter, je connais des airs de cornemuse\nqui les feront fuire à tout jamais... Ce sont les titres authentiques de\nBach.\nDe son vivant il n'a publié que quelques volumes dont les exem-\nplaires revus et corrigés se trouvent au British Muséum à Londres.\nLe Deuxième volume de cette publication porte une indication bien\nprécise : \" ein Concerto nach Italienischen Gusto und eine Ouverture\nnach franzôsischer Art vor ein G/avicymbel \".\nPlus de doute que le Concerto italien et X Ouverture française sont\nécrits pour le clavecin.\nDans le quatrième volume nous trouvons une recommandation qui\nn'est pas moins nette : \" Arie mit verschiedenen Veraenderungen vors\nClavicymbel mit 2 éManualen\".\nLes Suites Anglaises^d'après le prof. Buchmayer, ne peuvent d'aucune\nfaçon s'adapter au clavecin.\nIl suffit de consulter l'autographe pour que toute hésitation soit dis-\nsipée, car il porte le titre suivant, écrit de la main du Cantor : \" Six\nSuittes avec leurs Préludés pour le claves par Jean Sebast... \"1\nLes Suites françaises portent dans l'autographe le titre suivant : \" Sex\nSuiten pour le Clavecin composée par Mon. J. S. Bach 3\nNous trouvons encore une nouvelle confirmation dans le Clavier-\nBûchlein de Anna Magdalene de 1722 où Bach a de sa propre main\ninscrit au-dessus de la suite 111 :\n\"pour le clavessin par J. S. Bach \" ;\nau-dessus de la suite IV :\n\" Suite ex Dis pour le Clavessin\"\net au-dessus de la cinquième :\n\" Suite pour le Clavessin ex G#\n\n1 L'autogr. se trouve en possession de Jos: Hauser à Carlsruhe (v, B. G.).\n3 Le Rust-Hagener'sche Autograph contient la première, deuxième, troisième et quatrième suites françaises\ncomplètes et en plus 2 suites en la min. et en mi bem. maj. {B. G.)."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.84", "texte": "320\nS. I. M.\n\nDans le Notenbuch de Anna Magdalene de 1725 nous lisons encore:\n\" XXX. Suite I pour le clavessin par J. S. Bach\n\" XXXI. Suite II pour le clavessin par J. S. Bach \".\n\" XXYII. Solo per il cembalo\nLe Clavierbuchlein et le Notenbuch n'étaient pas prédestinés à l'édition,\nmais à l'exécution dans l'intimité. Devant un témoignage aussi flagrant,\ndevant une recommandation aussi nette et précise de Bach lui-même\nexigeant qu'on joue ses suites au clavecin, il me semble que toute discus-\nsion devient puérile.\nNous manquons d'indications pour les Partitas. Elles ont parues du\nvivant de Bach dans le premier volume de Le mot\nchez Bach n'est qu'un terme général, qui se rapporte à tout instrument à\nclavier aussi bien au clavecin qu'à l'orgue. Ainsi le deuxième volume des\nClavierùbungen contient des pièces pour Claloicymbel\net le troisième des pièces pour l'orgue. Cependant, puisque Bach exige\nle clavecin pour ses suites il n'y a pas de raison pour que les Partitas,\ndont le caractère est intermédiaire entre celui des suites françaises et\nanglaises nécessitât un instrument différent. Certains morceaux, comme par\nexemple la Gigue de la Partita en si s'imposent particulièrement\nau clavecin ; c'est là une typique pièce croisée dans le genre de celles de\nScarlatti ou de Couperin, qui doit être jouée sur deux claviers. 1\nL'autographe de la Chr manque, et nous ne devons\npoint nous étonner de trouver dans la plus ancienne copie du 1730 le\ntitre suivant : Fantasia chromatica pro\nL'autographe de la Fantaisie en manque de première page,\nnous trouvons l'indication per il cembalo sur une vieille copie.\nLa Toccata en ré maj.porte dans la copie de Sara Levy le titre :\n\" Toccata-Cembalo.\nLa Toccata en sol maj.dans la copie de Gerber : \" Concerto sur\nToccata pour le clavecin \".\nOuverture en fa maj.dans la copie de l'organiste hambourgeois\nWestphal : \" Ouverture per il clavicembalo \".\nDans la sonate len sol maj.et dans la 111 en pour clavier\net viola da Gamba nous trouvons le titre écrit de la main propre de\nBach : Sonata a cembalo et viola \" da Gamba \".\n\n1 Voir la préface au 3e livre des pièces de Couperin."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.85", "texte": "LE CLAVECIN CHEZ BACH\n321\n\nDans d'autres autographes nous lisons :\n\" Sonata a cembalo obligatoe Traverso Solo \".\n\" Sei Sonate a cembaloconcertato e violino solo \".\n\" Sonata a I Traverso e cembalo obligato\n\" Concerto a cembalo concertato\" etc.\nEn général tous les concertos et toutes les pièces de musique de\nchambre portent soit dans les autographes, soit dans les premières copies\nl'indication du cembalo, qui entre aussi dans les cantates pour accom-\npagner les récitatifs. Dans la Passio l'air de la basse\n\" Betrachte meine Seele \" peut être accompagné soit par l'orgue, soit par\nle clavecin, (organo o cembalo obligato). Dans le Trio de\nle continuo a été réalisé par Kirnberger en vue du cembalo.\nQue nous reste donc de l'œuvre de Bach, où le clavecin ne soit pas\nnettement indiqué ? Le Wolhtemperiertes et les et ;\nmais le clavicorde n'y est pas désigné non plus, car le mot \" Clavier \" chez\nBach est un terme général, se rapportant à tous les instruments\nà clavier, même à l'orgue. Puisque nous ne trouvons dans ces\npièces la moindre trace de la \" Bebung \" puisque plusieurs entre elles,\ncomme je l'ai déjà indiqué plus haut, inexécutables sur le petit instrument\ndoux et mélancolique, ayant un caractère large, puissant et décoratif,\nie ne vois vraiment pas, à quel titre nous allons les attribuer au clavicorde\nQuant aux fugues du Wolhtemperiertes il est de toute évidence\nqu'elles étaient destinées au clavecin, celui-ci étant avec l'orgue le seul\ninstrument se prêtant le mieux au style polyphonique, grâce à ses registres\net à son double clavier. Je me rappelle une lettre de Mozart que je regrette\nde ne pas avoir sous la main et où le jeune Wolfgang raconte à son père\navoir joué sur un clavecin à double clavier, sur un de ces instruments,\ndit-il, sur lesquels on joue si bien les \" fugues 1\nMais ne soyons pas trop durs dans la discussion surtout quand nos\nadversaires sont nos amis, que nous estimons et admirons ; faisons donc\n\n1 Au temps de Haydn et de Mozart, à mesure que la musique se simplifiait et perdait son caractère polypho-\nnique, le double clavier et les registres commençaient à devenir superflus et Ton se servait des clavecins à un\nclavier et, en Allemagne, du clavicorde qui revint à la mode avec Philippe Emmanuel, ainsi que du piano-forte\nqui menaçait déjà de détrôner ses prédécesseurs."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.86", "texte": "322\nS. I. M.\n\nles concessions les plus larges et admettons pour l'instant que certains\npréludes et certaines inventions aient été écrites pour le clavicorde. Il\nn'en reste pas moins certain que l'instrument favori de Bach, et en vue\ndu quel il composa l'immense partie de son œuvre, a été le clavecin.\n\nCONCLUSION\nWanda Landowska.\nJe vois le sourire de certains professionnels : \" Que nous importe,\nsi Bach a écrit pour le clavecin, ou pour le clavicorde. C'est de la pédan-\nterie !\" Pour une personne sale, celui qui se lave les mains, est un pédant.\nEt puis, que nous importe, disent-ils, si les pièces de Bach sont pour le\nclavecin ou pour le clavicorde, du moment que, de toute façon, nous les\njouons, nous, sur le piano ?\nMême pour une interprétation sur notre piano moderne, il est\nde toute importance de savoir en vue de quel instrument l'œuvre a été\nconçue, afin d'obtenir, dans la mesure du possible, les sonorités et les\neffets qui étaient dans l'intention de l'auteur. Et, à la question que se\nposaient les grands pianistes, comme par exemple Rubinstein : com-\nment registrer les œuvres Bach ? nous pouvons répondre maintenant.\n\" Il faut tâcher d'obtenir sur le piano, autant que possible, tous les\neffets du clavecin.\" Car on peut, à la rigueur, jouer Bach au piano, mais\non doit le jouer au clavecin. Certains interprètes soignent la virtuosité ;\nd'autres le sentiment ; mais on fait peu de cas encore du caractère, de\nl'ambiance, des sonorités particulières et du style de l'époque. La spéciali-\nsation n'existe presque pas dans le monde des interprètes et nous sommes\nréduits aux médecins de village qui soignent toutes les maladies : Scarlatti,\nBrahms, Cabzon, Bach, Beethoven, Schumann, Liszt, Chopin, jusqu'aux\nauteurs les plus modernes. Mais les temps changeront, ils changent déjà.\nTout en reconnaissant la richesse d'un cadre Louis XV, nous nous gardons\nbien d'en orner un tableau primitif, comme nous ne mettrions pas une\ngravure du 18e siècle dans un cadre style sécession, fût-il même plus beau\nque les anciens. Tôt ou tard nous sentirons qu'une œuvre musicale ne\npeut retrouver son véritable caractère et sa véritable beauté que sur\nl'instrument qui l'a inspirée."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.87", "texte": "PARIS.\nAvril.\nTrois ouvrages considérables que Paris n'avait pas encore entendus,\nnous ont été offerts presque en même temps, de façon à appeler d'inté-\nressantes comparaisons entre les écoles contemporaines d'ltalie, d'Allemagne\net de France. Une fois encore il est apparu que l'art lui-même admet des\nfrontières, et que si le génie, comme il sied, les passe aisément, il n'en est\npoint de même du simple talent. Je ne vois d'ailleurs aucun inconvénient\nà ce qu'il en soit ainsi. Ne me faites pas dire pour cela que nous ne devons\naucun accueil aux compositeurs étrangers ; j'estime au contraire qu'il est\nfort utile que nous les connaissions le mieux possible, et que nous offrions\nun tour d'hospitalité à chacun de ceux qui se sont fait un nom dans leur\n\n4"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.88", "texte": "M. Casella.\n\n324\nS. I. M.\n\npays. Mais il ne faut nous deman-\nder de les comprendre et de les\naimer tout à fait, que s'ils possè-\ndent la puissance de nous imposer\nleur mentalité et leur sensibilité\ntoutes différentes des nôtres, ou\nplutôt s'ils nous laissent sentir, au\ntravers de leur humanité particu-\nlière, ce qu'ils enferment d'huma-\nnité générale. Ils appartiennent\nalors à la famille universelle, et\nnous pouvons les adopter. Autre-\nment, efforçons-nous de les appré-\ncier avec justice, accueillons les\nquand ils le méritent avec\ncourtoisie, et ramenons les chez\neux, sans leur abandonner chez\nnous une place dont les nôtres ont\nbesoin, et qu'ils peuvent remplir\ntout aussi bien, sinon mieux.\nDom Lorenzo Perosi, maître\nde chapelle du Vatican, est sans\ndoute le plus illustre et le plus\nautorisé des compositeurs de musi-\nque religieuse d'aujourd'hui. Si\nnous le comparons à certains de\nses compatriotes, il nous paraîtra\nun sérieux et probe musicien ; il\nnous forcera à reconnaître que\nl'immonde vérisme n'est pas toute\nla musique de l'ltalie, et que ce\npays, qui semble avoir épuisé sa\npart de beauté et n'être plus, dans\nune nature inépuisablement belle,\nque le musée de son miraculeux\npassé, possède encore des hommes\nqui ont le respect de leur art et"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.89", "texte": "LE MOIS\n\n325\n\nmême le connaissent un peu. Mais par quel ironie du sort les musiciens\nitaliens qui écrivent de la musique propre, n'écrivent-ils plus que de la\nmusique morte ?\nM. Perosi écrit fort proprement : mais il bâtit mal, et n'orchestre, a\nvrai dire, pas du tout. Ce qui ne serait rien, si du moins on sentait chez\nlui une pensée forte. Ne parlons point de \" suite symphonique \"\npas symphonique le moins du monde : cela n'est assurément pas son\naffaire. Mais l'oratorio ou la cantate : Dies Iste, œuvre estimable et\nd'amples proportions, ne montre que la piété superficielle et familière,\noptimiste et un peu molle, à laquelle s'accoutument les personnes qui\nvivent à l'abri de la vie dans l'intimité du saint lieu. Je ne discute pas la\ntrès sûre sincérité de la foi qui l'inspire : mais c est de la musique de\nreligieux, plutôt que de la musique vraiment religieuse. Quelques pages\nsublimes de Palestrina, que M. Vincent d'lndy est venu faire chanter\nensuite par les élèves de la Scho/a,ont immédiatement fait sentir la diffé-\nrence. Hélas ! non, M. Perosi n'est pas comme on l'avait annoncé le\nsuccesseur des Palestrina et des Carissimi. Il semble aussi éloigné du mys-\nticisme ingénuement passionné d'un César Franck pour ne point parler\nde la profondeur enthousiaste ou douloureuse du protestant Bach. Il est\nle premier des maîtres de chapelle de son temps : mais après avoir anime\nses œuvres de début d'un sentiment vivace, presque dramatique, il n'écrit\nplus que cette musique facile et béate qui est spécialement la musique\ndes maîtres de chapelle. Il a du reste sur la plupart d entre eux 1 avantage\nd'une fraîcheur mélodique parfois plus qu'agréable.\nM. Gustav Mahler est une individualité d'une autre trempe. Il y a\nlongtemps que nous devrions le connaître, et peut-etre est-il de ceux qui\nmériteraient que nous les connussions bien. C'est encore un exemple de\nla bizarrerie de nos chefs d'orchestre. Tandis que depuis des années tous\nles ouvrages de M. Richard Strauss prennent place au répertoire de nos\nconcerts, M. Mahler, qui occupe en Allemagne le théâtre mis à part,\npour lequel il n'écrit point une situation presque égale à celle de\nM. Strauss, ne peut se révéler à nous que dans des conditions anormales,\net ne se révèle qu'avec un ouvrage ancien déjà. Sa deuxième sympho-\nnie, en ut mineur, appartient àsa \" première manière \" —un peu moins"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.90", "texte": "326\nS. I. M.\n\nrévolutionnaire, au fond, qu'elle n'en a l'air et l'on nous dit qu'il en\nest à la troisième ! C'est donc de cet ouvrage seulement qu'il convient\nque nous parlions, en nous gardant de trop généraliser sur la personnalité\nde l'auteur.\nCe que nous savons, c'est qu'en Autriche et en Allemagne cette\npersonnalité excite des délires d'admiration dont il nous arrive même\ndes échos un peu effarants qu'elle rencontre aussi une de ces opposi-\ntions méprisantes, haineuses, qui nient plutôt encore qu'elles ne discutent.\nA Paris, la deuxième symphonie z. été en somme bien accueillie par le public;\nparmi les musiciens et les critiques je n'ai pas vu que se soient manifestés\nde très grands enthousiasmes, mais les témoignages de répulsion n'ont pas\nmanqué. Evidemment M. Mahler n'a pas le savoir faire de M. Strauss.\nIl me paraît néanmoins plus sympathique. S'il n'a pas le brillant, ni la\nséduction, ni l'esprit, ni l'incomparable couleur orchestrale de son rival,\nil n'a pas non plus ce quelque chose d'équivoque, qui frappe et qui inquiète\ndans presque toutes les compositions de M. Strauss. Il ne flatte aucun de\nnos bas instincts. Il est nerveux, il n'est pas neurasthénique. Il n'a pas de\ngoût, plutôt qu'il n'a mauvais goût.\nM. Casella vous a donné ici même le mois dernier une analyse assez\ncomplète de la deuxième symphonie.J'avoue qu'il ne m'a point fait com-\nprendre quel lien pouvait s'établir entre les différentes parties. Cet amon-\ncellement de choses prodigieusement disparates, pourtant, l'énormité de\nl'œuvre et du matériel sonore qu'elle emploie, n'amènent pas autant de\ntrouble ni d'accablement qu'on le pourrait croire. Tout cela s'ordonne\navec une clarté aveuglante. La construction est assez rude, comme de\nblocs juxtaposés, avec des transitions élémentaires, des contrastes gros et\nfaciles ; mais elle est, quoique peu régulière, largement et solidement\néquilibrée. L'étendue extraordinaire des thèmes, la façon dont M. Mahler,\nà leurs présentations successives, les varie et les enrichit de figures super-\nposées, empêchent quelquefois qu'on ne discerne du premier coup les\nlignes de cette construction. Malheureusement l'invention de ces thèmes\nest en soi d'une extrême insignifiance, volontiers et fâcheusement empha-\ntique. Seul le premier thème du premier morceau sort de la banalité, est\nvraiment une idée : et ce morceau aussi est, à mon sens, le meilleur de la\nsymphonie, avec une partie du lied qui précède le finale. Quant à l'écri-\nture, elle ne dépasse guère les moyens classiques ; et nous serions presque\ntentés, avec nos habitudes d'oreille, de la trouver trop peu garnie. Toute"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.91", "texte": "LE MOIS\n3^7\n\ncette énorme orchestration n'opère que par grossissement du trait, qui\nreste simple, souvent sec et dur. Ce grossissement est dosé avec une\nremarquable sûreté. C'est une orchestration démonstrative, ce n'est pas\nune orchestration \" amusante, \" sauf en quelques passages, cependant, du\nsecond et du troisième morceau. Le goût des instruments à son indéter-\nminé y est caractéristique. Elle n'a pas la vivacité fluide et frémissante\nde celle de M. Strauss, mais elle \" sort \" avec une netteté lumineuse, et\nles oppositions, gradations, préparations des effets de sonorité sont parfai-\ntement ménagées. Ce qui manque partout en cet ouvrage, c'est la beauté.\nIl est franc et sain ; il a de la force ; il a par moments de la grâce ; la\npensée peut en être vaste et pure, probablement sincère : tout cela pour-\ntant, avec un idéal apocalyptique, reste en quelque sorte terre à terre, sent\nl'huile, intéresse, mais ne touche pas. L'énergie se soutient mal, s'échappe\nen cris forcenés, ou retombe à l'apathie d'extases que nous ne nous sentons\npas assez convaincus de partager. Le rythme est actif et vigoureux : mais\non voit toujours à l'horizon un régiment qui passe, ou la brasserie où\nl'on danse.\nM. Mahler ne prit jamais de leçons de Bruckner, c'est entendu : il\nserait déshonoré, paraît-il, si on le pouvait croire l'élève de ce pauvre\nvieux. Il n'en est pas moins, avec des goûts et un tempérament en bien\ndes choses opposés, le véritable continuateur de cet autre symphoniste\nsans mesure. Beaucoup moins wagnérien que lui, beaucoup moins mystique,\net plus lucide, je concède qu'il n'ennuie pas comme lui, parce que son\nécriture est moins touffue, son développement moins scolastique, sa com-\nposition mieux pondérée. Mais il lui reste inférieur par l'émotion, par la\nqualité du sentiment et par l'idée. Peut-être n'obéit-il pas plus que\nBruckner à un désir intéressé d'étonner. Cet appétit du colossal et du\nmêlé semble lui être naturel. Et ce n'est en réalité que l'hypertrophie\nmaladive d'un certain sentiment beethovénien, déjà dévié par Berlioz :\nvéritable mégalomanie, qui fait de tous les compositeurs allemands de ce\nsiècle autant de Bismarck, violents, gonflés d'eux-mêmes et sans scrupules.\nQuant à Schubert, comment a-t-on pu prononcer le nom du plus cordial\net du plus spontané des musiciens à propos de cet art brutal et cérébral,\noù se sent une volonté sans cesse et laborieusement tendue ? Ils se ren-\ncontrent dans l'exploitation du lœndler viennois : voilà tout. Et quelle\naffectueuse poésie Schubert savait y mettre !\nC'est grâce au patronage de la Société des Grandes Auditions que la"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.92", "texte": "328\nS. I. M.\n\nsymphonie de M. Mabler a pu être jouée aux Concerts Colonne : grâce\naux Amis de la Musique aussi. Les Amis en ont partagé les charges, sans\nque les Grandes Auditions partageassent leur discrétion. Les Amis se sont\nfacilité l'abord de cette œuvre formidable en certaines réunions prélimi-\nnaires, dont l'organisation était fort intelligente. Ils ont en même temps\nentendu pour la première fois la Chorale qu'ils ont fondée,\net qui, sous la direction de M. Gustave Bret, donne déjà les résultats les\nplus remarquables, promettant de rendre à la musique des services pro-\nchains, et les plus efficaces.\nA deux compositeurs qui occupent chacun dans sa patrie une situa-\ntion depuis longtemps prépondérante, les circonstances ont opposé un\njeune Français, qui ne fait que débuter. Sur M. Mariotte et sur les diffi-\ncultés qui s'élevèrent à popos des deux je n'ai rien à vous apprendre :\nles lecteurs de cette revue ont connu l'affaire mieux que personne,\npuisque c'est grâce à l'heureuse intervention de M. Romain Rolland dans\nnotre S. I. éM. qu'elle a enfin reçu une solution pacifique. Rien qu'à la\ndéfense de son ami, M. Richard Strauss a pu comprendre qu'il se couvrait\nnon seulement d'odieux, mais encore de ridicule, ce qui devait lui être\nplus sensible. Il a compris aussi qu'au moment de faire représenter sa\npropre Saloméà l'Opéra, un geste sympathique serait particulièrement\nopportun. Je ne sais pas s'il touche des droits d'auteur à la Gaîté comme\nil fit à Lyon : mais que nous ayons pu entendre la Salomé de M. Mariotte,\nvoilà l'essentiel ; ne parlons plus du reste, qui n'est pas joli.\nPour être tout à fait juste envers la française, il faudrait sans\ndoute oublier la Salomé allemande, œuvre éblouissante d'une personnalité\nla plus audacieuse et la plus dominatrice qui existe dans l'art aujourd'hui.\nAvouons cependant qu'en face de celle de M. Strauss l'œuvre de\nM. Mariotte se tient fort bien. D'abord parce que M. Mariotte est un\nmusicien excellent, solide, élevé et délicat, et pas du tout, M. Rolland\na été le premier à le reconnaître \" l'amateur \" qu'on pouvait craindre.\nEnsuite, le sentiment dans lequel les deux partitions ont été conçues\nest si différent qu'il écarte les comparaisons. M. Strauss, avec une\npuissance, un éclat, une originalité, avec surtout une intensité de vie\nextraordinaires mais d'une vie tout extérieure a encore exaspéré le"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.93", "texte": "LE MOIS\n329\n\ngoût exécrable du texte d'Oscar Wilde, ce qu'il présente d'artificiel,\nd'excentrique et de malsain : et par là, il faut le dire, c'est sa musique qui\nse maintient dans l'esprit du poème et lui convient évidemment le mieux.\nAvec tous ses excès de développement et de sonorité, de couleur et d'ex-\npression, avec son extrême complication, sa difficulté et sa cruauté, elle\nest, comme on dit, très représentative des tendances actuelles de l'art\nallemand : tandis que M. Mariotte offre un bon exemple des qualités de\nconscience, de mesure et de dignité, dans la forme comme dans la pensée,\nqui caractérisent la vie profonde de notre école française. Il s'est efforcé de\ndégager tout ce que le sujet pouvait contenir d'intérieurement humain, et\nde l'idéaliser. Il y a réussi avec déjà une grande assurance : et un tel début\nnous apporte plus que des promesses. La partition de date en effet\nde quelques années ; elle est réellement la première œuvre de M. Mariotte,\nse rattachant, au travers de l'enseignement de M. d'lndy, aux principes\nwagnériens. On y a voulu relever aussi l'influence de M. Debussy : elle\nresterait bien superficielle, et visiblement M. Mariotte écrit avec une\nsincérité parfaite, sans s'occuper d'imiter personne. Après un beau prélude,\ndramatique et sombre, les premières scènes se déroulent dans une atmos-\nphère délicieuse. M. Mariotte a donné plus d'importance que M. Strauss\nau personnage sympathique du jeune Syrien ; il a, en revanche, atténué\nl'acre humour des caractères d'Hérode et d'Hérodias, supprimé même\ntoute la dispute avec les Juifs. Il s'est ainsi privé de contrastes nécessaires.\nDans la suite de son œuvre, à la monotonie du sentiment s'ajoute celle de\nl'écriture, uniformément complexe et chargée, d'une instrumentation\nsouvent épaisse et lourde dans le grave; la monotonie encore des tonalités,\ndont l'ordonnance semble peu raisonnée. En bien des endroits l'idée ne\nse dégage pas nettement, bien qu'elle ait de l'abondance et du souffle.\nConstituée généralement par des mélodies assez étendues, dont les fragments\nles plus significatifs se développent, à l'orchestre ou dans le chant, comme\ndes thèmes individuels, cette idée, si elle n'est pas d'une originalité frap-\npante, est d'une noble et généreuse qualité, dans son dessin et dans son\nexpression. Expression juste et sans mauvaise complaisance à l'effet, comme\nle mouvement scénique, comme la déclamation, qui s'accorde et s'équili-\nbre à merveille avec la symphonie toujours importante. Et quand arrive\nla dernière scène; quand avec un cri déchirant et triomphant, Salomé reçoit\nen ses mains la tête et ploie sous le faix, et qu'on n'entend plus rien\nqu'un chœur invisible, priant et gémissant à la fois et murmurant toute"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.94", "texte": "l'horreur du monde ; quand elle commence sa lamentation suprême,\nil n'est plus besoin, en vérité, d'oublier la de M. Strauss. D'une\nespèce toute différente, et beaucoup plus haute, l'émotion ici n'est pas\nmoins saisissante. Tout n'en appartient qu'à M. Mariotte. Par lui, le\nspectacle de macabre luxure se purifie en un terrible symbole d'amour et\nde mort. M. Strauss nous tord le cerveau et les sens, nous pénètre d'on\nne sait quel mélange d'horreur délectable et de révoltante volupté :\nM. Mariotte nous incite aux pensers les plus graves. Il a trouvé en\nMelle Bréval l'interprète admirable qui de la pensée même sait faire une\nforme et un chant. C'est un de ces moments où la musique, aux mains\nd'une grande artiste, ouvre en nous-mêmes d'indéfinissables profondeurs.\nLe mois dernier a été particulièrement favorable à M. Paul Dukas.\nUne reprise à? Ariane et Barbe-Bleue à l'Opéra Comique a produit sur le\npublic plus d'impression qu'aucune des représentations précédentes.\nCeci, non pas seulement parce que le public avait besoin de s'accoutumer\naux beautés de cette admirable partition, dont le poème seul a quelque\nobscurité ; mais surtout parce qu'on a enfin donné au rôle principal\nune interprète qui a une voix, et qui chante. Le public s'est ainsi aperçu\ndu caractère si généreusement vocal, si simplement émouvant, d'un\nouvrage qu'il avait été trop porté jusqu'ici à considérer comme une sym-\nphonie accompagnant de précieuses pantomimes. Que n'avons-nous entendu\nplus tôt Melle Mérentié dans Ariane !\nPeu après, M. Paul Dukas a dirigé pour la première fois l'Exercice\nannuel des élèves du Conservatoire, en qualité de professeur de la classe\nd'ensemble instrumental, où il a interrompu une trop longue tradition\nd'indifférents batteurs de mesure. Les applaudissements les plus chaleu-\nreux ne se sont pas adressés seulement à sa personne, ni aux exécutions\nd'un style si original en même temps que si classique qu'il obtenait, mais\na une modification essentielle dans l'esprit de l'école. On avait admiré\njusqu'ici les qualités de jeunesse, de fraîcheur, d'ardeur de l'orchestre et\ndu chœur composés d'élèves tous bien doués et déjà très exercés. Pour la\npremière fois voici ces qualités au service d'une compréhension profonde\nde la musique. Et pour la première fois, ces exercices d'ensemble prennent\nune valeur d'enseignement, et la plus haute ; car c'est, à la place de\n\n33°\nS. I. M."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.95", "texte": "LE MOIS\n331\n\nl'enseignement du virtuose, celui du musicien, et de son véritable rôle\nvis à vis de la musique.\nC'est une chose bien mince, n'est-ce pas, qu'un cahier de mélodies?\nC'est une chose qui peut avoir un prix inestimable. La Chanson d'Eve\nde M. Gabriel Fauré, qui vient d'être chantée intégralement pour la pre-\nmière fois par Mme Jeanne Raunay, aura sa place dans notre admiration à\ncôté de la célèbre Bonne Chanson.Vous savez avec quel goût intelligent\net quelle fine sensibilité M. Fauré sait, tout en restant si bien lui-même,\nrenouveler son inspiration et son style selon les différents poètes qu'il\ninterprète. Ses nouvelles mélodies ne ressemblent à aucune de celles qu'il\nécrivit auparavant. Elles ont une simplicité surprenante, et n'en sont\npoint pour cela moins subtilement belles, et riches de nuances et de sens.\nL'émerveillement candide d'une âme neuve, infiniment délicate, devant\nla révélation du monde, s'y épanche avec une sérénité tendre, une pureté,\nune pudeur intimement émouvantes.\nEt les grandes sociétés de concerts ont l'une après l'autre terminé\nleur campagne. Au Châtelet, une magnifique exécution des Béatitudes a\nété l'occasion de témoigner à M. Gabriel Pierné la joie et la confiance\nunanimes avec lesquelles on le voit définitivement désigné à la lourde\nsuccession d'Edouard Colonne. Nul autre ne pouvait ni ne devait la\nrecueillir aujourd'hui. Dans un tel poste un musicien de ce caractère, de\ncette culture et de ce goût peut faire, outre de si belles choses, tant de\nbien.\nLa féconde saison de la Société Bach, dont je vous avais annoncé la\nclôture, le mois dernier, avec un peu trop de hâte, a pris fin par la pre-\nmière audition de trois cantates d'un même sentiment mystique : des\ncantates d'une beauté parfaite, où le temps n'a pas fait ressortir une tache,\noù l'idée de la mort se pare d'une douceur indicible. Mme Philippi leur\na prêté l'idéale pureté de son style et de sa voix ; et M. Gustave Bret a\nsu donner à l'exécution des chœurs et de l'orchestre l'émotion confiante,\nla sonorité pieusement contenue qu'il fallait. N'oublions pas quel colla-\nborateur est pour lui M. Albert Schweitzer dans cette partie capitale de\nl'orgue, qui paraît effacée à l'auditeur, mais qui soutient, équilibre,\nnuance, relie tout l'ensemble ; qui est comme l'âme même du Maître\nrevenant au milieu de ses créatures pour les guider discrètement et les\naffermir.\n\nGaston Carraud."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.96", "texte": "332\nS. I. M.\n\nLETTRE DE SUISSE\n\nPâques est déjà passé. Les concerts, l'un après l'autre, ferment leurs\nportes. Les orchestres quittent leurs estrades pour se répandre dans les\njardins, où ils rejoindront le beau temps mais n'emmèneront guère la\nMusique. Pour elle, la saison est finie. Une saison abondante et qui\nmontre la place toujours plus essentielle que chez nous comme ailleurs,\nla vie musicale prend dans la vie, tout court. Un nom en ressort, souvent\net partout répété cet hiver, celui du compositeur et chef d'orchestre\nErnest Bloch, lancé dans l'action après quelques années de recueillement\nfécond. Un théâtre de musique semble s'être ajouté aux éléments dont\non pouvait jusqu'ici signaler l'activité : l'Opéra de Genève, laissé\nlongtemps en des mains malhabiles, accuse de grands progrès, grâce\naux efforts d'un directeur -et d'un chef d'orchestre aussi consciencieux\nqu'intelligents. Le cortège habituel des artistes itinérants a passé ; mais\nil y faut signaler une physionomie nouvelle, accueillie de façon vraiment\ntriomphale et placée tout de suite au premier rang : Ricardo Vinès.\nEnfin, dans chacune de nos petites villes, les éléments essentiels de notre\nvie musicale se sont appliqués à leur tâche.\nA cet égard, il faut mentionner, à Genève, les auditions du\nSacré, sous la direction de M. Otto Barblan, du quatuor Berber, et surtout\nles Concerts d'abonnement. Ces deux dernières associations avaient inscrit\nà leur programme, la première : la série intégrale des quatuors de\nBeethoven ; la seconde : celle des symphonies. En même temps, le théâtre\njouait le Beethoven de René Fauchois. Vous voyez que la fièvre beetho-\nvenienne règne là comme un peu partout. Et sans doute il y a des\nenthousiasmes moins justifiés. Mais dans cette admiration un peu exclu-\nsive d'un maître, fût-il le plus grand, n'y a-t-il pas une grande injustice\npour les autres ?\nLes Concerts d'Abonnement, dirigés par M. Stavenhagen, sont à\nGenève, une des plus importantes manifestations musicales, en raison de\nleur valeur propre d'abord mais plus encore, parce qu'à leurs dix seules\nauditions se réduit la part de la musique symphonique dans la saison\ngenèvoise. C'est un fait singulier que cette ville, si développée à d'autres\négards, n'ait pas éprouvé le besoin de concerts symphoniques plus"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.97", "texte": "LE MOIS\n333\n\nfréquents. C'est un fait regrettable, aussi, au point de vue de l'éducation\ndu public, qui manque d'accoutumance, d'éléments de comparaison, et\npour qui chaque morceau des concerts d'abonnement prend une impor-\ntance démesurée.\nUn caractère non moins curieux de la vie musicale genèvoise est le\ngermanisme, qui non-seulement s'y maintient mais s'y accuse. Plus\nencore que l'activité de M. Stavenhagen, la nomination comme profes-\nseur supérieur de violon au Conservatoire, de M. Berber en remplace-\nment de M. Marteau en a été un indice. Quant à M. Stavenhagen, il\nest un représentant typique de ces musiciens modernes que l'on rencontre\ndans les grands centres allemands, et qui ne semblent sentir que le côté\nextérieur de la musique : sonorité, valeur dramatique ou pittoresque. Ils\nont le sens du mouvement ou de la dynamique, nullement celui du\nrythme. Et s'ils comprennent médiocrement la musique contemporaine\n\nM. ERNEST BLOCH"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.98", "texte": "334\nS. I. M.\n\nqui n'est pas allemande, ils me paraissent méconnaître plus encore leur\nart classique, celui de Mozart ou de Beethoven : Wagner lui-même, s'il\nrevenait, aurait sans doute souvent à répéter la leçon qu'il infligeait à ce\nchef de musique militaire qui avait dirigé devant lui, sans souci de sa\npensée, la marche de Tannhaûser.\nJe m'empresse, d'ailleurs, de répéter ce que j'ai déjà écrit ici-même,\nque si le sentiment musical de M. Stavenhagen me semble fort médiocre,\nses qualités techniques, par contre, sont absolument remarquables. Ses\nconcerts sont toujours préparés avec un soin, un souci des moindres\ndétails, une sûreté étonnante. Ses programmes mêmes sont aussi copieux,\naussi intéressants qu'on peut le désirer. Ils ont fait connaître entr' autres\ntrois œuvres suisses nouvelles : la Symphonie en ut dieze mineur d'Ernest\nBloch, le Toeme pour violon et orchestre de Jacques Dalcroze, et la\nTrompette de Zirka^pour baryton et orchestre de J. Lauber. Je n'ai\nentendu que la première de ces œuvres, qui date je crois d'une huitaine\nd'années et que son auteur écrivit, tout jeune, en sortant de ses études. Il\nn'y faut donc chercher ni grande condensation de la pensée, ni technique\ndéfinitive. Mais toutes les qualités de la jeunesse, fraîcheur, abondance,\nfougue, cette Symphonie les a, et avec elles une profondeur de sentiments\net une maîtrise des éléments expressifs surprenantes. Une personnalité\ntrès forte y perce déjà, notamment dans un Scherzo d'un fantastique\ngénial. Il y a bien peu de symphonies modernes qui aient, avec la même\nspontanéité, la richesse de celle-là.\nTandis que M. Stavenhagen exécutait, avec une conscience digne\nde tous éloges la Symphonie en ut dieze d'Ernest Bloch, celui-ci dirigeait\nà Lausanne ses deux poèmes pour orchestre : Hiver-Printemps, qui sont à\nleur manière, laquelle est bien différente de celle de la Symphonie,\ndeux petites merveilles de poésie et de couleur. L'orchestre sympho-\nnique de Lausanne était en effet, dirigé cet hiver, pour les concerts\nd'abonnement par M. Ernest Bloch, et pour les autres grands concerts,\npar M. Cari Ehrenberg. Cette organisation était nécessitée par les besoins\nd'un nouveau, inutile et malencontreux Casino, qui a déjà eu sur l'or-\nchestre et les musiciens les contre-coups les plus fâcheux, et qui en aura\nencore, s'il n'anéantit pas complètement une vie musicale jusqu'ici\nflorissante. Le récit de ses méfaits, comme de l'impéritie de ses administra-\nteurs m'entraînerait d'ailleurs trop loin. M. Ehrenberg, qui a plus d'un\ntrait commun avec M. Stavenhagen, et qui est un bon technicien de"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.99", "texte": "LE MOIS\n335\n\nl'orchestre, a fait ce qu'il a pu bien qu'avec quelque maladresse\npour accomplir une tâche difficile. Quant à M. Ernest Bloch, il a fait\nproduire, à ses concerts, et avec de faibles moyens, un petit orchestre\net peu de temps un rendement artistique considérable et d'autant plus\nétonnant qu'il débutait dans la carrière.\nSes programmes abondaient en premières auditions ; ils étaient\nd'une variété s'exerçant autant dans l'espace, si je puis dire, que dans le\ntemps. Et pour les réaliser, pour rendre justice à chacune de ces œuvres\nsi différentes, il a fallu une volonté opiniâtre jointe à cette intelligence\nmusicale si rapide et si perspicace, qui caractérise le jeune musicien\nsuisse.\nA Montreux, M. de Lacerda continue sa belle tâche, dont je vous\nai entretenu l'an dernier. Il compose toujours ces programmes, dont\nM. G. Humbert dit qu'ils sont \" d'un équilibre parfait, d'un éclectisme\nde bon aloi qui a sa source certaine, non seulement dans le goût affiné,\nmais aussi dans l'érudition de leur auteur. \" Mais je crois plus admirable\nencore que la composition des programmes, leur interprétation. Une\ninterprétation dictée par l'instinct rythmique le plus profond que je\nconnaisse. Et la rythmique n'est-elle pas la clef même de l'interprétation,\nla vertu qui comporte toutes les autres, qui permet de dégager les\ngrandes lignes de la musique tout en insufflant la vie aux moindres\ndétails, qui aère les polyphonies et donne à l'auditeur cette impression si\nsaine de la liberté de toutes les parties d'une œuvre et en même temps\nde leur dépendance, de leur équilibre nécessaire.\nSi j'ajoute qu'à ses qualités d'interprète, M. de Lacerda joint celles\nd'un chef d'autorité et d'un technicien consommé, on comprendra que je le\nplace à côté des chefs d'orchestre les plus éminents que compte le monde\nmusical d'aujourd'hui. Je n'ai pas la joie de voir cette opinion partagée\npar ce grand artiste dont la musique française déplore la retraite forcée :\nM. Henri Duparc. L'auteur de l'immortelle est un assidu des\nconcerts de Lacerda et a trouvé, dans la joie qu'ils lui communiquent, la\nforce de reprendre la plume. Reprenant une vieille esquisse oubliée, il en\ntira une élégie pour orchestre, charmante de poésie et de couleur, et d'un"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.100", "texte": "336\nS. I. M.\n\nsentiment, intense, intitulée Aux Etoiles. Sa première audition, qui vient\nd'avoir lieu, a été une fête pour l'auteur, le chef à qui elle est dédiée, et\nles musiciens.\n\nE. Ansermet.\n\nM. CARL EHRENBERG"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.101", "texte": "HET MUSIEKLEVEN IN NEDERLAND IN DE\ni8de EEUW, PAR D. F. SCHEURLEER, deux vol. in 40,\nillustrés de 200 gravures. La Haye, librairie Martin Nijhoff 1909.\nLe plus savant des musicographes hollandais, M. Scheurleer,\navait publié autrefois un petit livre, tout bourré de documents\ncurieux, sur le séjour de la famille Mozart aux Pays-Bas en 1765:\noffrant là à ses confrères des autres pays un précieux exemple que\npersonne d'entre eux, jusqu'ici, ne s'est malheureusement avisé de\nsuivre. Car l'entreprise serait à la fois infiniment intéressante et\nsinon facile, du moins tout à fait possible, de reconstituer exacte-\nment les faits musicaux les plus intéressants qui se sont produits,\npar exemple à Paris et à Londres, pendant que le petit Mozart\ndemeurait dans ces deux villes avec ses parents. Pour ce qui est de\nParis, en particulier, toutes les œuvres composées par l'enfant aussi\nbien pendant son séjour chez nous que les années suivantes\nprouvent, de la façon la plus certaine, que la musique française,\nqu'il a entendue ou jouée, a exercé sur lui une influence très\nprofonde et durable. Non seulement ses deux dernières sonates\nparisiennes dérivent tout droit des sonates de Schobert : plus tard\nencore, après son retour en Allemagne, nous retrouvons la trace\névidentes de l'art de Rameau, et surtout de nos rondes et ariettes\nfrançaises, dans un grand nombre de ses compositions. Et c'est assez dire combien il serait\ndésirable que quelqu'un prît la peine de rechercher ce qu'ont pu être au juste les œuvres\nfrançaises qui, en 1763 et 1764 comme en 1766, ont ainsi contribué à la formation musicale\ndu petit garçon. Sans compter que les lettres de Léopold Mozart à ses amis salzburgeois les\nHagenauer, au lieu d'être invariablement traduites et retraduites comme elles l'ont été, mérite-\nraient d'être interprétées à l'aide des journaux et d'autres documents contemporains, ce qui leur\npermettrait de nous renseigner beaucoup plus complètement sur le détail de l'existence menée\npar la famille Mozart à Paris et'à Versailles, ces deux villes où l'enfant a éprouvé ses premières\nimpressions personnelles un peu vives, en même temps qu'il s'initiait, pour la première fois, à\nun mouvement musical bien défini. Voilà un sujet que je ne saurais trop recommander\nà l'attention de nos jeunes musicographes, faute d'oser espérer que le plus parfait de leurs\nmaîtres et modèles, Mlle M. Brenet, veuille enfin se décider, quelque jour, à aborder elle-même\nce sujet, dont personne au monde ne pourrait mieux qu'elle recueillir et animer tous les\néléments.\nCe que nul n'a tenté jusqu'à présent pour les séjours de Mozart à Paris et à Londres, en\ntout cas, M. Scheurleer l'a fait jadis pour le séjour en Hollande ; et je ne puis assez dire quelle"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.102", "texte": "338\nS. I. M.\n\nsource précieuse d'instruction et de divertissement tous les admirateurs de Mozart ont trouvée\ndans l'admirable petit volume où ce savant homme s'est plu à commenter les lettres hollandaises\nde Léopold Mozart, de manière à nous révéler, tout ensemble, ce qu'a été la vie privée\nde l'enfant pendant ces quelques mois et tout ce que l'atmosphère musicale de la Hollande a eu à\nlui enseigner d'un peu mémorable. Grâce à lui cette étape, relativement l'une des moins\nimportantes, du grand voyage des musiciens salzbourgeois, est pour nous la mieux connue et,\njusqu'ici, la plus intéressante. Nous savons de quels spectacles se sont nourris les yeux et\nle cœur de Mozart, quel aspect lui ont présenté les rues et les places où il s'est promené avec\nses parents; nous assistons avec lui à ces fêtes de La Haye dont les moindres détails ont\ndû l'amuser merveilleusement, depuis les somptueux cortèges défilant à travers la ville jusqu'aux\nilluminations et feux d'artifice de la soirée. Et puis nous prenons part, aussi, à ses émotions de\nmusicien, soit que nous l'écoutions exécuter ses sonates à la cour de La Haye ou que\nnous déchiffrions, par dessus son épaule, le nouveau recueil gravé des sonates de Graf, après\nquoi nous le suivons dans un des théâtres où sa petite âme ingénue se régale des ariettes,\nlangoureuses ou badines, de nos compositeurs d'opéras-comiques français. Et il n'y a pas\njusqu'à l'iconographie de Mozart que M. Scheurleer n'ait heureusement enrichie, dès ce\npetit livre de naguère, en nous y offrant une reproduction du portrait de l'enfant-prodige\nqu'a peint à La Haye, en 1766, le maître hollandais Van der Smissen.\nAussi un ouvrage tel que celui-là ne pouvait-il manquer d'être réimprimé, avec les corrections\nou additions que l'auteur, depuis vingt ans, devait certainement avoir trouvé à y faire. Mais\nj'avoue que, tout en désirant cette réimpression, je ne m'attendais pas à la forme, vraiment mer-\nveilleuse, que vient de lui donner M. Scheurleer. Non content de remettre au point, presque\nde page en page, son texte original, avec une foule de documents nouveaux des plus instructifs,\nil a encore transformé le modeste petit volume ancien en deux grands in-quarto de l'apparence\nla plus somptueuse, et littéralement remplis d'images admirables ou charmantes images qui, à\nelles seules, suffiraient pour nous faire connaître et aimer la vie musicale hollandaise des environs\nde 1765. Impossible de rêver un enchantement comparable à la lecture de ce pittoresque récit\nde quelques mois de l'enfance de Mozart parmi cette floraison ininterrompue de paysages ou\nde vues de maisons anciennes, de portraits de Mozart lui-même et de tous les musiciens qu'il a\npu rencontrer dans les Pays-Bas, et puis d'exquises gravures représentant des décors d'opéras\nou encore de ces scènes musicales tout intimes où se reconnaît l'aimable inspiration familière de\nla race des Terbourg et des Gérard Dou. Et nous lisons et nous admirons, avec un profond\nsentiment de reconnaissance pour l'auteur à qui nous devons, nous aussi, une délicieuse fête\ndes yeux et de l'esprit. Mais, pourquoi faut-il que, malgré nous, une ombre de mélancolie\nvienne se mêler en nous au plaisir délicat que nous ressentons ? Car nous ne pouvons nous\ndéfendre de songer que nous aurions beaucoup plus de droit que les Hollandais à posséder un\nadmirable ouvrage tel que celui-là, je veux dire un ouvrage qui nous entretînt du séjour de\nMozart dans notre pays, de la même façon que celui-là nous raconte un autre séjour dont\nl'intérêt pour nous est beaucoup moins proche. Qui donc voudra enfin nous offrir cet ouvrage\nnécessaire, et quand donc pourrons-nous, parmi une floraison d'images tirées du répertoire\nincomparable de notre gravure française du XVIIIe siècle, revivre les mémorables semaines\npassées jadis par le petit Mozart à l'Hôtel de Beauvais et chez l'odieux Grimm ?\n\nT. W."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.103", "texte": "SCHEUERLEER\nHET\nMUZIEKLEVEN\nIN\nNEDERLAND\n\nPORTRAIT DE MOZART\nLA HAYE\nM. NIJHOF\n2 vol. in-fol. de 432 pages\n22 florins 50"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.104", "texte": "F. PEDRELL, CATALFCH DE LA DIPUTACIO DE BARCELONA\nFacsimilè d'un manuscrit. Vol. 11. p. 160."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.105", "texte": "LES LIVRES\n\n339\n\nPEDRELL (Felip.) Catalech de la Bibîioteca musical de la Diputacio de Barcelona.\n(Barcelona 1908-1909, iDeuxlvol. in fol.»de 33Ô + 382 pp.)\nDécidément, la bibliographie est en veine de somptuosité. Les deux volumes de catalogue\nque le maître Pedrell vient de terminer, resteront comme des monuments de bibliophilie, dans\nce genre un peu austère qui s'adresse à un public choisi. Jamais, je crois, la description des\nœuvres n'a été poussée plus loin. Telle ananlyse (voir par ex. I N° 45) comprend douze pages\nde texte minuscules et plusieurs morceaux de musique. En outre de très beaux facsimilés,\ndes reproductions en tous genres, des textes musicaux, des gravures documentaires etc...\ndonnent à cet ouvrage l'aspect le plus luxueux.\nAinsi présentée la bibliothèque du \" Palau de la Diputacio \" a quelque chose de très\nimposant. Elle avait été formée par un érudit Don Juan Carreras (1828-1900) qui collec-\ntionnait au bon moment, et dont la Ville de Barcelone ne voulut pas laisser disperser le trésor\nmusical. L'intérêt de ce fonds est naturellement la foule d'ouvrage espagnols imprimés ou\nmanuscrits qui s'y rencontrent.\nPourtant une remarque. L'inventaire dressé par M. Pedrell est méthodique. Je ne cesserai\nde préférer l'ordre alphabétique à tout autre. Et ces deux volumes, malgré tous leurs mérites,\nne font que confirmer ma conviction. Tous les classements méthodiques portent en eux-\nmêmes des germes de confusion. Qu'on les relègue dans des tables aussi complètes que\npossibles, mais qu'on laisse les noms d'auteurs dans le corps même de l'inventaire. Ici surtout\noù la bibliophilie et la curiosité historique entendent se réserver un rôle important, la tâche du\nbibliographe et celle du chercheur se trouvent singulièrement compliquées par ces préoccupations\nde méthodes. N'importe l'ouvrage rendra de grands services et toute ville d'Espagne devrait\nposséder son Pedrell attentif et documenté. J. E.\nDEUX CATALOGUES. Je voudrais faire ici une remarque qui relève de la\nbibliomanie. J'ai reçu en même temps deux catalogues, l'un allemand de M. C. Boerner à\nLeipzig, l'autre de M. N. à Paris, tous deux consacrés à l'annonce de choses précieuses,\net la comparaison de ces deux brochures a couvert de confusion mon amour propre de\nFrançais. L'ouvrage allemand d'une présentation sobre, décorative, d'une mise au point\ntypographique achevée, d'une perfection absolue dans son iconographie, dans le choix de son\npapier, surprend et ravit tout amateur de livre. Le petit volume français, recouvert d'un\npapier criard, orné de vignettes surannées, parsemé d'une typographie incertaine et hybride\nmontre bien à quel point patrons et ouvriers ont perdu chez nous le sens du bel ouvrage. Et\nje saisis cette occasion de protester, parce que c'est ici, dans une production commerciale, dans\nune œuvre de publicité, que se révèlent les mentalités de nos imprimeurs. Certes, si vous\nallez chez X. ou Z. (qui sont Italiens d'ailleurs) pour y faire éditer un volume à deux cents\nfrancs l'exemplaire, vous obtiendrez quelque chose présentable, mais ce sera par exception, et\nparcèque vous aurez à faire à un artiste. Mais dès que vous tombez dans le courant, dès\nque vous vous en rapportez au Français, le mauvais goût est là. Alors que les moindres\nréclames de Munich ou de Berlin donnent l'impression d'une culture vigoureuse, prospère,\nqui marche vers un style et qui est heureuse, joyeuse de poursuivre cet idéal de plus en plus\nprécis, les productions françaises, celles qui demandent de l'initiative et de la créations\napparaissent de plus en plus pauvres et indifférentes. On sent très bien que ceux qui le,\nconçoivent n'ont aucun intérêt à ce qu'ils font, et que le travail est pour eux une gêne dont\nils cherchent à se libérer au plus vite. Le catalogue de musique est peu de chose, personne\n\n5"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.106", "texte": "340\nS. I. M.\n\nn'y fait attention, mais dans son petit coin il signifie quelque chose. 11-indique à queljpoint la\nmasse populaire chez nous est préoccupée d'autre chose que du souci !de la Beauté.\nJ. E.\nNICOLAS FINDEISEN, Histoire de la Section Pètersbourgeoise de la Société Impériale\nMusicale Russe, (Pètersbourg 1909-8°). Dans sa dernière correspondance de St. Pètersbourg,\nM. Findeisen nous a, en quelques mots, retracé l'histoire de cette Société Musicale Impériale\nRusse, qui a été, pour ainsi dire, le berceau de toute la vie musicale du pays. Le livre que le\ndistingué musicographe Russe vient de consacrer à ce sujet, à l'occasion du 50e anniversaire\nde la Société, fêté avec éclat au mois de Janvier dernier, est des plus instructifs. C'est l'histoire\nmême de la musique Russe moderne, et, en plus des silhouettes brièvement esquissées des\nprincipaux compositeurs, virtuoses et professeurs, dont l'existence fut intimement liée à celle\nde la Société.\nC'est à Antoine Rubinstein que la Russie doit entre autres la fondation d'abord et,\nensuite, l'heureux développement de la Société Musicale Russe. Car Rubinstein n'était pas un\nseulement grand Musicien ; ce fut aussi un homme d'action, doué d'une volonté de fer et d'une\npersévérance remarquable, qualités, qui lui permirent de triompher des préjugés des uns, du\nmauvais vouloir des autres. A cette époque vers 1850 la situation sociale des musiciens\nprofessionels n'était guère enviable en Russie et ceux-ci était presque hors la loi, puisque seuls\nles artistes des théâtres impériaux et quelques rares professeurs jouissaient de droits civiques.\nCet état de choses cessa presque en même temps que fut fondée la Société, grâce aux démarches\nlaborieuses de Rubinstein, secondé fort utilement par la Grande Duchesse Hélène véritable\nange-gardien de la Société Musicale. Ce puissant patronage valut à la Société, l'attention de\nla Cour ; désormais ses jours furent assurés et, rapidement, elle s'épanouit. Dès 1862 fut fondé,\npar les soins de la Société, le Conservatoire de St. Pètersbourg et, bientôt après, celui de\nMoscou ; ces deux Etablissements jouissaient des larges subsides de la cassette impériale,\ntoujours grâce à l'entremise puissante et éclairée de la Grande Duchesse Hélène. Antoine\nRubinstein fut le premier directeur du Conservatoire de St. Pètersbourg et s'adonna à cette\nlourde tâche avec un admirable dévouement et une énergie vraiment étonnante. Cependant de\ngraves désaccords ne tardèrent pas à surgir entre le maître et certains professeurs, et, en 1867,\nRubinstein abandonna la direction du Conservatoire qui passa entre les mains de M. N. Za-\nremba. En même temps A. S. Dargomijsky fut nommé président de la Société Musicale\nRusse et Balakirew directeur des Concerts Syrnphoniques. Depuis ces hautes fonctions chan-\ngèrent souvent de mains et furent, entre autres, occupées par G. Nepravnik, César Cui,\nK. Davydov, A. Glazounov (actuellement encore directeur du Conservatoire de St. Péters-*\nbourg), L. Aucr, W. Safonov, I. Johansen, etc. En dépit de quelques querelles intestines,\nl'existence de la Société Musicale Russe et du Conservatoire, s'écoula ininterrompue et\nheureuse jusqu'en 1905, où elle fut sérieusement troublée par l'agitation révolutionnaire et\nl'état de malaise général qui régnait à cette époque dans le pays entier. Ce n'est qu'en 1908\nque la vie normale reprit et le 500e concert eut lieu sous la direction de M. Glazounov.\nCette même année fut assombrie par la mort de Rimsky Korsakov, vénérable doyen des\nprofesseurs du Conservatoire et compositeur illustre.\nL'ouvrage M. Findeisen abonde en détails qu'il serait impossible de reproduire ici, en\nentier, et qui sont des plus instructifs ; nous ne pouvons qu'engager vivement tous ceux qui\ns'intéressent tant soit peu à la musique Russe de lire l'histoire de la Sté Musicale Russe."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.107", "texte": "LES LIVRES\n34i\n\nVieux papiers et souvenirs musicaux {lbid. 3 \"vol. in-S°) du même auteur ne sont pas\nqu'intéressants ; c'est un ouvrage charmant, conçu dans une forme, à la fois instructive et\nlégère et où l'on trouve, également une foule de détails aussi curieux qu inédits. C est 1 histoire\nde la musique Russe depuis ses origines (commencement du 18e siècle) ; nous y trouvons la\nbiographie de tous ceux qui directement ou indirectement, ont contribué a 1 implantation et au\ndéveloppement de cette nouvelle forme d'art en Russie. C'étaient, pour le plupart, des\nétrangers : des Italiens, comme Giuseppe Sarti, Vincent Martin, Juan Paesiello, des\nAllemands, comme Johann Marech (inventeur du fameux orchestre de cors), Jacob von\nStellin, etc. Très intéressantes égalements certaines silhouettes russes, notamment celle du\nprince Odoïewsky, mécène généreux et musicien consommé; correspondance de celui-ci avec\nA. Lwon et A. Siérow. De plus, grand nombre de dessins très amusants et même des\ncaricatures de l'époque ou plutôt de plusieurs époques ne font que rehausser 1 intérêt, très\nvif, que procure la lecture de ces Vieux souvenirs musicaux.\n, J. P. L.\nUNE DECOUVERTE. Notre collègue M. H. Prunières vient de retrouver à l'église\nS. Maria in Via Lata, à Roma, le tombeau de Luigi Rossi. Cette découverte permet de fixer\ndéfinitivement la date de la mort de Rossi au 19 février 1653*\n\nMISE AU POINT.\nComme suite et complément à sa communication sur la restauration grégorienne, notre collègue A. Oastoue\nnous envoie les notes suivantes, puisées à source authentique, touchant les premières années de xa Paléographie\nmusicale des bénédictins de Solesmes :\n\"C'est en 1888 que l'idée de Dom Mocquereau, de fonder une publication régulière repro-\nduisant par la phototypie quelques-uns des principaux manuscrits anciens, fut lancée. Le but,\nalors, était simplement de mieux faire connaître les bases de la restauration grégorienne. Le\nLiber Gradualis, qui avait déjà donné les premiers résultats, allait ainsi être muni de ses pièces\njustificatives. Dom Pothier rédigea le plan de l'œuvre ; ce plan de publication fut inséré par\ndivers journaux et revues catholiques. (Cf. la Bi par Dom\nCabrol, dont la ire édition est de 1889). Dom Mocquereau devait être le principal rédacteur,\nsous la haute direction de Dom Pothier. (Voir l'étude de D.Choisnard, Revue du chant grégorien,\nXV, 140). Le premier tome comprend, dans la partie rédaction : i° une introduction\ngénérale et une explication des planches, écrites par Dom Mocquereau, avec, tout naturelle-\nment la collaboration de Dom Pothier qui revit le tout, en y apportant les modifications\nnécessaires ; 2°l'histoire de la bibliothèque de St. Gall, par Dom Cabrol ;3° description\ndu MS. 339, par Dom Cagin. La partie phototypique comprend la reproduction de ce même\nMS., choisi à Saint Gall même, par Dom Pothier, de concert avec Dom Mocquereau. Les\nautres planches de ce tome, celles des tomes II et 111 furent principalement choisies par Dom\nPothier. Le second tome fut surtout rédigé par Dom Pothier, (entre autres la remarquable\nnotice du Gregorius Praesul)^avec la collaboration de Dom IVlocquereau, il confia à celui-ci\net à Dom Delpech le soin d'en dresser les tableaux annexes, dont lui-même avait, près de vingt\nans auparavant, établi les originaux. Dom Pothier quitta 1 abbaye de Solesmes pour devenir"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.108", "texte": "342\nS. I. M *\n\nprieur de Ligugé, monastère de la même congrégation, au moment de la rédaction du tome\ntroisième qu'il avait commencé ; plusieurs remaniements furent alors faits, et certaines feuilles\ntirées à nouveau, avec une rédaction différente. Dom Mocquereau assuma seul, dès lors, la\ndirection complète de la publication. \""}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.109", "texte": "LE YAKOUNINE\n\nPAROLES DE L. MÉTIVET Drame musical en un acte #\n™ r- »r ***• Louis Laloy\nMUSIQUE DE G. KNOSP cTlzanamt) J\nNotre collègue G. Knosp vient d'écrire avec! la collaboration ide M. L. Métivet, un acte japonais\n\"Le Yakounine\" dont nous sommes heureux de détacher le morceau suivant."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.110", "texte": "344\nS. I. M."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.111", "texte": "le yakôunine\n345"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19100715-01.1.112", "texte": "346\ns;, i. M.\nM"}]}