{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_sha256": "557394e0f436b1bc0acde5843d6e800be554ae8bb0d4723419efe76d88df6369", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/10/15_01/bmtnabh_1910-10-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/10/15_01/bmtnabh_1910-10-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.1", "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 637, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\ntNjotre Semaine\nMÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. L'EXOTISME ET LA MUSIQUE DE\n.VENIR, par G. Capellen. MUSIQUE : Pièce javanaise orchestrée par Charles Koechlin. SUR\nRIGINE DU CRESCENDO, par Michel Brenet. J LA Ville SYMPHONIE DE GUSTAV MAHLER\npar W. Ritter. * LES LIVRES L'ACTUALITÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "17", "image_debut": 5, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3", "titre_corps": "NOTRE SEMAINE A MUNICH", "titre_sommaire": "NOTRE SEMAINE A MUNICH", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 638, "texte": "NOTRE SEMAINE A MUNICH\n\n7 ous nos Amis et tous nos lecteurs attendent avec impatience le compte rendu détaillé\nles bêtes qui viennent d être organisées par les soins de notre Société dans la capitale de\na Bavière, et dont toute la presse a déjà signalé Vimportance dans de multiples chroniques.\n\\ous ne pourrons que retracer ici tout h fait objectivement les péripéties de ces journées\nlimeuses, reservant pour notre prochain Bulletin\nes jugements de la presse allemande, qui n\nnseignement de cet effort considérable accompli\n'an ç ai se en Allemagne.\nDes le 10 septembre, les premiers éléments\n'te l infatigable Rhené-Baton, qui allait p"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.6", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 982, "texte": "docilité, mais habitué à un style tout différent de celm de Ravel et de Debussy. R,en , ,■\ncurieux comme de voir un chef d'orchestre aux prises avec des éléments artistiques ,«connus\nau il faut transformer, façonner 'a sa guise, et rompre ade nouvelles dtsaphnes. . «\nseconde répétition toute anxiété disparaît, et la partie peut être considérée comme gag,tee ;\nl'accord s'est étabti entre l'orchestre et le chef mais aux prix de quels efforts . Du\nmardi 13, au mardi ïo, Rhené-Baton devra 17 3\n1 heures5 eu plus des auditions Miemes.\nQuelques jours se -passent dans la fièvre\ntoute à Gustav Mahler, se tourne résolument du coté du Festival Français, et lut reservi\nun accueil, ou la curiosité le dispute a la sympathie. Nous recevons h ce moment uni\nmauvaise nouvelle, la mort du sculpteur Frémtet nous prive malheureusement du concoun\npersonnel du Maître Gabriel Faurè, dont nous nous faisons un honneur de reproduire ici\nla lettre, datée du mercredi 14 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "CHER MONSIEUR ET AMI,\nJ ous ne pouvez pas avoir oublie que j avais accepte avec une joie véritable de\nparticiper aux Fêtes de Munich. Je ne prévoyais pas alors le malheur qui vient de nous\nfrapper et qui rend les miens trop profondément malheureux pour que je puisse songer h\nm éloigner d'eux, même momentanément. Dites bien à Saint-Saëns, a celui dont je suis si\nfie} det y e l eleve et l ami, combien j aurais\ncotes, et veuillez bien remercier Cortot de son amical dévouement. Le sort de mes Œuvres\nne sautait êti e en de meilleures mains. Et vous, cher IVLonsieur, soyez assuré des vifs\nregrets de votre cordialement dévoué.\"\nDeja prévenu telegraphiquement, notre ami Cortot, veut bien se substituer dans la\nSe an ce de Musique de Chambre au Directeur de notre Conservatoire, et prendre sa place\nau piano.\nLe samedi 17 septembre arrive enfin !\n! Vie, aux boiseries fameuses, et dans lequel /'Empereur Guillaume reçut, il y a quelques\nannées, la médaillé d or de la Ville de Munich,\nMinistre des Affaires Etrangères von Podewilz, et de hautes personnalités munichoises. Du\ncoté français, on aperçoit: M. Allizé, Ministre\nChandon de Briailles, Président de la Société,\nTrésorier, M. Franz Custot et M™ Th.Reinach, & Herrmann,\nmembres du Conseil d'Administration, M. Gustave Bret, Directeur Artistique,\nM. J. Eco? cheville, Secrétaire Général, M. J. Pasquier, Secrétaire du Conseil,\nM\"e Gaillard deJVitt, M™Bazaillas, M™\nMM. Maxßikoff, Pregre, Félix Dreyfus, Herrmann,\nSaxe, ]aul Gentien, J.-G. Prod'Homme, 0 d'Gelly &G. Boeswilwald de la presse\nStrasbourgeoise. L'Orchestre joue la \"Marche\npremier Bourgmestre, le Bourgmestre von Brunner se lève et prononce une allocution de\nbienvenue en Vhonneur des hôtes français. II rappelle le rôle international de la musique,\nangue universelle \" qui fait communiquer les âmes malgré la différence des dialectes et\nles nations, et termine par une phrase française qu'il emprunte à notre S. I. M.\n'La Musique est faite pour de semblables conquêtes ; elle sait, tout en conservant\nindépendance de son caractère national, s'élev\nlans la paix a la fraternité des peuples. \""}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.8", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "Le Président des Amis de la Musique rappelle h son tour, que la musique française\nest infiniment heureuse de venir se faire applaudir dans la patrie de Bach et de Wagner,\net que notre Société se fait son interprète, en remerciant les Hauts Protecteurs de Vart, la\nMunicipalité et la ville toute entière qui Vaccueillent si généreusement.\nCette réception solennelle, entremêlée de\nimmédiatement suivie d'un grand déjeuner dan\nUn excellent repas accompagné devins merveilleux de la Ratskeller, permettent h 80 con-\nvives d'apprécier d'une façon toute matérielle\nquelques discours sont échangés, discours plus in\nde parler français, non sans élégance, et notre\nmeilleure des bonnes volontés.\nLe soir h 9 heures, a VHôtel Regina, tous\njoints M. & M'ne Allizé, se trouvaient de nouveau réunis autour de leur Président, pour\nrecevoir leurs L. L. AA. RR. les Princes Henri et Louis-Ferdinand de Bavière, qui nous\navaient faitV honneur d'agréer notre invitation.\ndont les journaux ont donné les noms, avaient également répondu h Vappel de notre Président,\net la cordialité succédait a la cérémonie des premièr\nalors sa première apparition, le Maître Saint-Saëns\n\"La Valse Mignonne, \" et quelques autres œuvres encore. M. Widor et M. Léo Sachs,\nvoulurent bien chacun à leur tour, accompagner\nM'h Rose Feart. Et sur la demande du Prince Louis-Ferdinand, le jeune Schmitz qui\narrivait de Paris, dut exécuter \"La Soirée dans Grenadeet \"Le Jardin sous la Pluie \"\nde Debussy. Enfin, surprise agréable, Erich Korngold, Venfant prodige, fils de notre\nCollègue le critique de la Neue Freie Presse de Vienne, étonna F auditoire et les Maîtres\neux-înemes5 en exécutant un yyiovceau d une sonate qu il vient de composer.\nLes réceptions n étaient pas finies, elles\nA 1 heure, notre Ministre et Mme Allizé réuni\ndence du Prince Louis-Ferdinand, le patron de toutes ces manifestations, une vingtaine de\nconvives. A 2 heures, au chateau de Nymphenburg, le Versailles Munichois nous conviait\nle Prince Louis-Ferdinand, pour nous présenter '\nIci, de nouveau, musique et chants avec Mlle Féart, Mme Darlays, MM. Viannenc &\nHube ; de au, et un petit incident fort amusant,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.10", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "Fêtes. Mlle Fèart ayant voulu chanter \" Plaisir d'Amour \"de Martini, pria M. Schmitz\nde vouloir V accompagner de mémoire bien\nCétait un tour de force auquel le jeune virtuose se prêta de bonne grâce, mais non sans\ncommettre quelques défaillances. Camille Saint-Sa\nglissa tout a coup a coté de Schmitz, et d'une main alerte, remplit quelques basses incer-\ntaines. On vit alors le jeune Schmitz glisser\nà lui, sans que le morceau ait été interrompu,\naperçu. Infiniment amusé pat cet incident, le Maître ajouta quelques ritournelles dont le\nbrave Martini aurait eu certainement tort de\ntonnerre d'applaudissements.\nEnfin, arriva le premier concert d'Orchestre, 7 1/2,\ncertes pas sans une appréhension que nous nous rendions tous dans ce gigantesque Hall de\nplaces, pour y entendre sonner notre mus\nétait \" Le Prélude de Messidor, \" le public était conquis, et on sentait que la bienveillance\nqui nous avait accueillis jusque-là, s'étendrait à toutes les manifestations artistiques qui\nallaient se dérouler. En même temps nous arrivaient de toute /'Allemagne des télégrammes\nde félicitations, et parmi ceux-ci, une dépêche de Siegfried Wagner, et un mot aimable\nde Félix Weingarmer.\nLe lundi matin, succès colossal pour le Maître Saint-Saëns dans Vexécution de ses\nœuvres de musique de chambre, accompagné pa\n600 places du Kunstler Theater était retenue déjà plusieurs jours à Vavance, et jamais\npeut-être, on ne remarqua plus de brillant, plus de précision dans le jeu du Maître, jeu\nque les années ont en quelque sorte spiritualisé.\nL'élan était donné, lundi soir, mardi matin\nl'avions espéré, et de nouveau les réceptions reprirent au milieu des jours. Le lundi soir a\n10 heures, les Amis de la Musique tenaient h honneur de réunir V Orchestre Tonkunstler,\net son vaillant chef José Lasalle, autour d'un\nquèrent pas, et surtout celui d'un musicien de V Orchestre dédié aux Dames françaises,\ndans un français vibrant et de fougueuse allure.\nMardi l'après-midi h 4 heures, M. & Mme Thomas Knorr, /'éminent Directeur des\nNeuste Nachrichten, avaient ouvert, non pas leurs salons, mais leur villa toute entière, villa\nfameuse où IVt igner vint jadis s'établir à Munic"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.12", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "des plus belles collections de tableaux modernes de V Allemagne entière. Cest la au milieu\ndes Boecklin, des Eembach5 des Thomas5 des Sganbati5 des Stuck et de tant d autres toiles\nfameuses, admirablement choisies5 hbtes français eurent une surprise délicate.\nDans les salons ou circulait le tout Munich des grandes cérémonies, Richard Strauss nous\nattendait5 faisait le plus aimable accueil. Des que Mme Landowska eut répandu pay\nson clavecin une atmosphère musicale sur tout l auditoire5 / Auteur de Salome se mit au\npiano5 seulement nous joua5 mais nous chanta de la voix la plus imprévue quelques\nscènes de son Rosenkavalier. Cest la une œuvre5 comme le dit astucieusement le IVLaitie\nlui-même5 çw //Vj/ pas de Vauteur d^ mais de l emule de Johann Strauss. Avec\npeine les français quittèrent cette charmante demeure5 après en avoir admire tous les\ncoins5 et particulièrement les pièces meublées en ce goût nouveau que Munich est en train de\ndonner en spectacle a et qui est bien une des plus prodigieuses créations de notre\nvieille civilisation.\nAprès le concert du soir5 grand banquet offert par la Municipalité. En quelques\nmots émus5 le Prince Louis-Ferdinand\\ qui avait bien voulu présider ce banquet nous\nassura de sa sympathie5 leva son verre en Vhonneur de Tart et des Maîtres français.\nPuis, le premier Bourgmestre, le Chevalier von Borscht qui avait tenu a rentrer exprès a\nMunich, un toast plein d\"esprit et de bonhomie malicieuse, rappela les liens qui unissent\nVart de notre pays a celui de Munich5 il termina par une sorte d^allitération aimable5\nsouhaitant que, u /# Musique devinssent a leur tour, les Amis de la Ville\nMunich. \" CO/0# Chandon de Briailles releva cet aimable défi\\ <?/ promit notre retour\ndans une autre occasion, capitale de VAllemagne du Sud. Enfin le D' Kilhles,\nparla en français au nom du Comité de FExposition : cc C<? n est pas sans hésiter\\\nVon avait accueilli le projet de M. Emile Gutmann. Aujourd'hui, nous\nsommes tous remplis d\"admiration pour la production des musiciens français et les\nefforts de leurs chefs ; et si Von a pu dire que Munich est le cœur de VAllemagne\n\\\n( comme Berlin en est la têteJ, les maîtres\nd'avoir fait, par le charme de leur musique, la conquête du cœur de ce cœur de\nrAllemagne. Puisse bientôt le tricolore flotter de nouveau au-devant de la Muse\nfrançaise aux portes de VExposition. \"\nV I\nFaut-il le dire ? tant de musique, et tant de cérémonies de tous genres ne nous suffi-\nsaient pas, et après ce vers une heure"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.14", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1106, "texte": "pagnés de tout un groupe, firent cortège au Prince Louis-Ferdinand. Et nom allâmes\napplaudir des danses espagnoles, et des valses chaloupées, en un heu bizarre de / Expo-\nsition le Park Casino, où la musique française fut encore victorieuse, puisque Schmitz\nfut contraint d'exécuter devant Vauditoire stupéfait, la Soiree dans Gienade, /«\nn'avait jamais sans doute paru au Café-Coneert. A + heures 1/2 du matin, nous y étions\nCHCOYC !\nLe mercredi soir, le Théâtre de la Co \"\nvenuto Cellinimédiocrement chantée, mais délicieusement dirigée et mise au point par\nFélix Mottl; et, bien entendu, la soirée ne s acheva pas sans un banquet. Cette fois, c ctait\nM. Lasalle, et quelques membres de V Orchestre, qui nous régalaient par un menu dont\nje ne puis résister de citer ici le détail:\nHors d'œuvre variés\nSt Peray\nConsommé double\nDarne de saumon gri\nFilzenerl9oo\nCœur de Filet de b\nChâteau Mouton Rothschild 1893\nVol-au-vent\nSchloss Johannisberger 1897\nSuprêmes de perdreaux,\nSalade Ninon et\nMoët, W\nAnanas à V Orientale\nPetits fours\nPaillettes\nCorbeille\nMocca\nCognac Pru 1811"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "Le même jour dans Vaprès-midi, M. et Allizé\nconvier les princes et princesses de Bavière en ce moment a Munich, à un Thé en\nV honneur des français, et nous nous retrouvâmes,\nplus douce et la plus aimable des réunions.\nEnfin, il fallait songer a clore cette semaine de débauches, le jeudi seul restait encore,\nc est le jour que choisit son A. R. le Prince Henri de Bavière, pour convier quelques-uns\nd'entre nous à un déjeuner qui restera fameux dans les annales des Amis de la Musique.\nLe Prince, vers le milieu du repas, se leva et prononça dans le plus pur français cette\nallocution dont les termes délicats auront certainement en France un grand retentissement.\n\" Messieurs. Les grandes manœuvres m ayant\nces jours derniers, je n ai, du moins, pas voulu renoncer au bien vif plaisir de vous prier\nde venir déjeuner chez moi si fose m exprimer ainsi a la bonne franquette...\nJe vous remercie bien sincèrement de vous\nseulement que, rappelés h Paris par des raisons fort urgentes, les Maîtres Saint-Saëns et\nFauré, n aient pu être des nôtres.\nJe voudrais vous répéter encore une fois que je me sens vraiment fier de voir figurer\nmon nom en tête du comité d'honneur de cette\npermettre de vous rappeler la gracieuse pensée de notre aimable bourgmestre, M. von\nBorscht, qui vous a demandé d\" être non seulement les Amis de la musique, mais aussi\nceux de Munich.\nLa première visite a Munich de votre\nineffaçable, et cest en vertu de ce souvenir que je vous prie de ne pas nous dire adieu,\nmais au revoir.\nJe tiens encore a remercier mes chers\nmontrés fidèles aux antiques traditions hospitalières\nboire avec moi a V éternelle gloire de la musique\nde ses interprètes, et de tous ses amis.\"\nEt le soir, après tant de musique française,\nvues, de projets, après l'effervescence de la"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 671, "texte": "d'assister pendant une heure et demie à Vhorreur tragique de ce drame sans précèdent qui\ns'appelle \" Elektra\". Il n est pas possible de traduire Vémotion presque physiologique de\ncette tragédie réalisée par Mmes Fassbender et\nreconstituée par le Kapellmeister Félix Méottl.\nLe vendredi, grande dislocation, et pourtant, quelques retardataires bien inspirés\neurent la bonne fortune d'assister au grand défilé historique de la fête d'octobre, où\nS. A. R. le Régent, et tous les Princes de la M\nmain de notre Président, le Comte Chandon de Briailles, et à lui dire de la façon la plus\nobligeante, toute leur sympathie pour les Amis de la musique."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.17", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "Je ne sais si cette rapide narration où i a\nnos membres une vision bien claire de cette\njours que nous avons passés comme dans un r\net d'incessantes surprises, laisseront dans nos\nOn chicanera très évidemment sur le dispositif des programmes, sur Vopportunité de ceci\net de cela, et les conseils ne manqueront pas,\nen quelque sorte par l'extérieur. Mais pour n\nce qu elles représentent dans Véquilibre de Vart\nloin que toutes les critiques. La visite que nous faisions en Allemagne aurait pu être une\nvisite de politesse, elle s'est prolongée dans\nrésultat dont les Amis de la Musique ont le drooV être"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3.2", "titre_corps": "Le comte G. Chandon de Briailles, au Rathaus, répond au discours du Bourgmestre.", "titre_sommaire": "Le comte G. Chandon de Briailles, au Rathaus, répond au discours du Bourgmestre.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.6", "debut_caractere": 984, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "Le comte G. Chandon de Briailles, au Rathaus, répond au discours du Bourgmestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3.3", "titre_corps": "AU CHATEAU DE NYMPHENBURG", "titre_sommaire": "AU CHATEAU DE NYMPHENBURG", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.9", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "AU CHATEAU DE NYMPHENBURG\nF. Custot Rikoff\nSpeidel Bret C. de Briailles M. Allizé G. Berly M11e Féart Prince Louis-Ferdinand Schmitz\nPe Elvira Pe Pilar Infante-Marie Me Séligmann St Saens Pe della Paz Csse Wrbna Me Sachs Leo Sachs Me Darlays Me Landowska"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3.4", "titre_corps": "Au Château de Nymphenburg", "titre_sommaire": "Au Château de Nymphenburg", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.11", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "Au Château de Nymphenburg"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3.5", "titre_corps": "Au dîner offert par M. José Lasalle et les Tonkünstler", "titre_sommaire": "Au dîner offert par M. José Lasalle et les Tonkünstler", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.13", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 81, "texte": "Au dîner offert par M. José Lasalle et les Tonkünstler"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.3.6", "titre_corps": "Devant le Künstlertheater", "titre_sommaire": "Devant le Künstlertheater", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.16", "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "Devant le Künstlertheater"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "27", "image_debut": 18, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.4", "titre_corps": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER", "titre_sommaire": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER\nHeller n'était pas seulement un musicien de grand talent mais encore un écrivain plein\nd'humour et de finesse. Ses articles de la Gazette Musicale en font foi et les pages suivantes\ndont le style a été très peu retouché, montreront que Stephen était bien le contemporain de\nSterne. Les Mémoiresd'Heller ont déjà vu le jour sous une forme très mutilée et très différente\nde celle-ci dans la Gazette de Schlesinger de 1841. L'heureux possesseur de ce manuscrit, va\nbientôt publier ces précieux documents ainsi qu'une volumineuse correspondance de Stephen.\nIl nous a autorisé à donner à nos lecteurs la primeur de cet ouvrage.\nCes mémoires manuscrits portent le titre de Mémoires pour servir aux futurs biographes\nde Stephen. L'auteur pour se présenter lui-même au public a imaginé une fiction légère, et fait\ntenir la plume par un ami d'enfance. Puis le style devient direct et Stephen lui-même prend la\nparole. Né à Budapest en 1815, Heller eut le sort de tous les jeunes prodiges. Son père le\ntraîna de tournées en tournées en Hongrie, en Pologne et en Allemagne. Heller parvint enfin à\ns'émanciper, et l'improvisateur de concert devint compositeur. Arrivé à Paris en 1838, il y\nmourut en 1888. Le génie de Stephen porta toujours la marque de cette stupéfiante éducation\nde virtuose martyr."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.19", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE.\nJe suis ami d'enfance de Stephen. Nous étions assis sur le même\nbanc à l'école de notre ville natale. C'était un garçon doué d'une facilité\nremarquable à saisir tout ce qu'on lui enseignait. Cette facilité n'était\nappuyée, du reste d'aucun travail ; il était paresseux à l'excès et voyant\nque tout allait assez bien sans travail, il s'en dispensait entièrement. Une\nheure avant d'aller à l'école, il se hâtait de faire son pensum, de traduire\nles trois pages marquées par le professeur, quelques passages de Cicéron,\nde Sénèque, ou des Mémoires de Plutarque, —et sa besogne était faite.\nIl passait le reste du temps à lire avec avidité des contes de revenants, de\nchevaliers du moyen âge et des prouesses de brigands fameux, qu'il\nempruntait au cabinet de lecture, en y laissant les deux sous que son\npère lui donnait pour les menus plaisirs du jour.\nIl avait choisi le grenier pour s'y établir sur des tas de foin et s'adon-\nner à la lecture, sa plus grande passion. Quand son père, qui était très\nsévère, montait voir son fils, qu'il savait étudier dans les hautes régions,\nil le trouvait, lisant dans la Grammaire latine de Broeder ou dans les\nlettres de Cicéron, que le scélérat avait eu la précaution de prendre avec\nlui. Quant aux autres livres, ils étaient précipitamment dissimulés dans\nle foin.\nStephen devait étudier le droit et les Lois qui gouvernaient alors sa\nville natale. Le bourgmestre de la ville étant son parent, il pouvait espérer,\nDieu et le Bourgmestre aidant, devenir un jour officier d'état civil\nou greffier de l'endroit.\nL'école où nous avions commencé nos études était un Couvent, et tous\nles professeurs, des moines de l'ordre des Piairistes, espèces de Jésuites\ntrès savants. Ils avaient soin surtout de notre éducation religieuse et\nous souffrions souvent de leur rigorisme catholique.\nEntre autres devoirs pénibles, nous étions tenus à nous confesser,\ntous les quinze jours ; et pour ne pas risquer de communier avec un crime\nnon digéré, nous avions ordre d'inscrire soigneusement nos péchés sur de\npetits chiffons de papier. Quatre ou cinq jours avant cette fatale opération,\nnous nous examinions scrupuleusement, toujours par ordre, et nous nous\nmettions en quatre pour trouver quelque chose de convenable à confesser.\nJe me rappelle qu'un jour, Stephen se plaignit à moi et à plusieurs autres"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.20", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "camarades de ce qu'il ne trouvait plus rien de nouveau à confesser,\nc'était là un point d'honneur —, il avait épuisé imaginairement tous les\npéchés ; et le délai de quinze jours, qui séparait une confession de l'autre\nétait vraiment insuffisant pour qu'il put en trouver de nouveaux, soit\ncomme quantité, soit comme qualité. Il nous priait donc de lui prêter\nquelques péchés à nous, pour compléter sa liste défectueuse, et était\nprêt à restituer fidèlement l'emprunt sauveur. Souvent ainsi, nous échan-\ngeâmes nos papiers pécheurs, avant de nous agenouillier derrière le\nvasistas grillé du Confessionnal, où était assis le moine, semblable à un\ngros radis noir. On payait l'inventaire, la liste des notables péchés, avec\nquelques bâtons de sucre d'orge.\nIl faut vous dire, Madame, que nous remarquions avec cette sagacité\npénétrante, particulière aux écoliers, que nos révérends P.P. préféraient\nceux d'entre nous qui confessaient les plus grosses fautes ; par exemple :\ndistractions à l'église, tapage à l'école avant l'arrivée du Père Professeur,\npensées irrévérencieuses envers un serviteur de Dieu, etc Les\ncauses de cette préférence étaient d'abord qu'ils avaient un plus grand\nnombre de pénitences à nous infliger, (par exemple, 30 Pater Noster et\n24 Ave Maria par écrit à donner au Père Confesseur,) et puis qu'ils\nétaient touchés de la sincérité de nos repentirs. En vrais moines, ils\nétaient persuadés que l'on péchait abondamment dans cette vallée de\nlarmes; et voyaient dans un récit trop court, l'obstination criminelle d'un\ncœur endurci, qui tait ses crimes et ses méfaits.\nCe fut pourtant dans ce couvent qu'on s'aperçut de la vocation\nmusicale de Stephen. Un de nos professeurs, à la fois maître de Chapelle\net organiste, le chargeait souvent d'exécuter ce roulement solennel de\ntimbales qui annonce le Sanctus. (Stephen, qui croit en Dieu avec ferveur,\nn a jamais doute d'aucun miracle; il sait Dieu partout; mais il aime mieux\nle voir dans le soleil et dans toute autre magnificence de ses créations.)\nLe Père Eisner, c'était son nom, lui enseignait aussi à manier les\nsoufflets de l'orgue ; Stephen devint bientôt des plus habiles. Encouragé\npar ces succès, le Père Eisner, excellent homme s'il en fut, lui apprit\nquelques préludes sur l'orgue. Sans connaître ses notes, Stephen s'en tirait\navec cette adresse qui lui a toujours été particulière.\nPersuadé que Stephen avait des dispositions musicales, le bon Père\nEisner alla voir le pere de mon ami, et le pria de lui faire donner des\nleçons de musique. Celui-ci s'effraya beaucoup de la découverte d'un talent"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.21", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "dans sa famille, qui jusqu'alors avait toujours vécu honorablement; à cette\nterrible nouvelle, il demanda au Père Eisner s'il était bien sûr de ce qu'il\navançait et ce qu'il faudrait faire si ses prévisions se confirmaient. Dame !\nrépondit le bon professeur, en voyant M. Stephen père pâlir, les indices\ndu talent sont là, donnez lui tout de suite un professeur de musique et peut-\nêtre cela passera.\nQuelquesjours après, je passais comme d'habitude la soirée avec Stephen,\nlorsque nous vîmes entrer son père, accompagné d'une demi-douzaine de j\nsoldats, armés jusqu'aux dents de trompettes, bassons et ophicléides. Notre\nfrayeur se dissipa lorsque nous reconnûmes les musiciens du 5e Régiment\nd'artillerie garnisonné à P Trois fois par semaine, cette musique exé-\ncutait des Ouvertures et des Marches entières sur la Place aux Lapins,\ndevant la maison de M. le Général de Kinsky. M. Stéphen père fut très '\ndélicat pour ces musiciens. Il leur fit servir d'excellent pain noir et une\nbouteille d'eau de vie. Puis il fit défiler ces artistes si bien armés devant\nson fils et lui dit : \" Voilà, mon cher enfant, des musiciens pleins de talent,\ncomme tu le sais, puisque tu les as entendu jouer sur la place aux Lapins.\nDésigne celui d'entre eux qui te plaît le mieux. \"\nStephen, assez stupéfait, finit par désigner furtivement un homme\nd'une assez bonne figure, mais horriblement ravagé par la petite vérole ;\nil voulait, m'a-t-il avoué plus tard, l'en consoler, par son choix. Après le\ndépart des musiciens, le père fit sentir à son fils avec quelle répugnance il i\nsacrifiait, pour son bonheur, un argent et un temps destinés à lui donner\nun emploi honorable dans la magistrature. Le pauvre enfant se mit à\npleurer à chaudes larmes : il devait s'entendre reprocher ce sacrifice\njusqu'à sa dix-huitième année.\nLe nouveau professeur de piano, qui était un virtuose du basson,\nmais ne savait toucher la moindre chose sur un clavier, commença par\nenvoyer son élève trois fois par semaine à huit heures du soir, sur la place\naux Lapins, chargé de plusieurs cahiers de musique et d'un pupitre très\nportatif,. mais incommode. A huit heures et demie, arrivait le corps de\nmusique et avec lui son maître Wiliczanowsky ; (il était d'un village de\nBohème et parlait un horrible mélange d'allemand, bohémien, hongrois et\nvalaque). On exécutait alors de la musique magnifique de Rossini et de\nCarafa, à l'usage des piétons, généraux, gamins et caporaux. Plusieurs\nsoldats du corps martial des grenadiers hongrois formaient une haie clair-\nsemée, afin d'empêcher la foule d'entrer dans le cercle magique des musi-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.22", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2197, "texte": "ciens. Stephen était du petit nombre des élus ; il jouissait de la fortune\ntrès enviée de rester en dedans du cercle, de tenir un pupitre et de tourner\nles feuilles devant un des musiciens.\nUn soir, il eût le malheur de tourner trop tard la feuille qu'il tenait\nen face de son maître le basson ; et celui-ci, se voyant enlevé un magni-\nfique contre-ut, qui se trouvait sur le verso, fut tellement blessé dans cette\nsensibilité naturelle à tout musicien, qu'il n'hésita pas un instant à\nappliquer un soufflet vigoureux à son malheureux élève.\nLe Père de Stephen, et celui-ci lui-même, en furent contrariés à tel\npoint, qu'ils crurent convenable d'aller à la recherche d'un maître moins\nchatouilleux.\nM. Stephen père s'adressa donc au 3e Régiment de hussards, pour y\ntrouver un remplaçant au basson par trop incivil. Cette fois-ci ce fut\nd'un serpent à pistons, (instrument fort agréable quand on s'y habitue,)\nqu'il gratifia son fils unique.\nMais hélas, ce serpent s'adonnait à la boisson et à la musique avec\nune persévérance égale ; et l'exercice continu de ces deux passions finit\npar lui attirer un coup de sang qui le tua subitement : il mourut comme\nil avait vécu : d'un seul trait.\nAprès la mort du serpent, M. Stephen père, éclairé par les conseils\nd'un ami de la famille, homme de beaucoup d'expérience, résolut de donner\nà son fils un maître de piano qui jouât de cet instrument, aujourd'hui\npresque universellement connu.\nBientôt, son professeur ne lui suffisant plus, comme cela arrive toujours,\non songea à lui donner un maître de premier ordre, capable de suivre ses\npas de géant dans la carrière musicale.\nLe père, voyant que M. Semler, c'était le nom du pianiste évincé\nétait très content de Stéphen, en concluait avec justesse que c'était un\nmauvais professeur qui n'y entendait rien. Il vit, avec désolation, les autres\nmaîtres également satisfaits. Il en eût souhaité un qui eût trouvé tout\ndétestable ; alors il aurait eu confiance.\nM. Heller Pére.\nMon père avait la manie de dresser des règlements pour les moindres\nchoses. J'avais un horaire de mes délassements, de mes études et de mes\npromenades. Mes professeurs à Vienne avaient un livret, soigneusement"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "relié, où ils devaient remplir, après chaque leçon, une de ces quatre\nrubriques : Très bien, bien, médiocre, mauvais.\nComme les médiocres et les mauvais étaient en majorité, il en\nrésultait pour moi une notable minorité de dmers et de soupers.\nEn 1825 mon père travailla à son insu à diminuer mon attachement\npour la religion. Sous prétexte de Carême, il me fit jeûner pendant\n46 jours. Je fus nourri de salsifis, d'épinards, vermicelles, carpes, et\nautres mets insupportablement catholiques. Quand Pâques arriva, mon\npère me dit : \" Stephen, mon enfant, j'ai été sévère, mais tu étudiais le\npiano à peine huit heures par jour : tu riais insolemment ton maître au\nnez, quand il marchait dans sa chambre M.M. i = 120 pour t'empêcher de\njouer le presto de Clémenti en mesure, n'ayant pas de Métronome chez\nlui. C'était manquer au respect dû à tout maître à tout homme plus âgé\nque toi. J'ai cru devoir, pour ton bonheur, t'infliger une pénitence, trop\nsévère, il est vrai, car tu es un faible enfant qui a besoin de se soigner....\nMon cœur saignait en te voyant manger rien que des légumes et des\npoissons. Néanmoins, je reconnais tout ce qu'il y a de noble dans ton\ncaractère et je me propose de te mener aujourd'hui à l'hôtel de Russie,\npour y manger du veau rôti. Reconnais-tu mon amour pour toi ? \"\n\" J'aimerais mieux du poulet ! \" répondis-je en pleurnichant.\n\" Va, créature corrompue, \" tempêta mon père \" tu ne mérites pas\nmes soins ; tu ne comprends pas mes vues sur ton bonheur ; tu auras du\nbouilli pour ton dîner et tu mangeras seul !\nOr, c'était une fête pour moi de dîner seul, je n'avais pas à supporter\nles sermons de mon père sur la manière de me servir du couteau, de la\ncuiller et de la fourchette. J'avais l'exécrable habitude de mettre la cuiller\nen long dans ma bouche. Lui, persistait dans sa volonté de m'obliger à\nla mettre en large ? Puis je mangeais trop vite le potage et trop lentement\nla viande. Si, pour comble de malheur, je laissais tomber quelques gouttes\nsur mon gilet, qui était toujours neuf, c'était une source d'amers reproches.\nDînant tout seul, non seulement, j'évitais tout cela, mais je pouvais\nmême me balancer sur ma chaise et essayer de casser les deux petits\nmorceaux de bois en croix, qui en formaient le dossier. Cependant,\ncraignant les suites de l'aventure, je me contentais de quelques légers\ncraquements, et ma passion de briser était satisfaite.\nPuis je pouvais, tout en dînant, m'occuper de littérature ; et lire, par\nexemple : Vie, aventures et hauts fait chef d'une"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.24", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "bande de brigands qui désolait les Abruzzes, ouvrage essentiellement\nhistorique. Ce vertueux bandit, qui passait son temps à sauver la vie à\nbeaucoup de personnes innocentes, à doter richement de jeunes paysannes\npauvres mais honnêtes ; à ne tuer que des notaires infidèles, des tuteurs\nperfides et surtout des juges iniques, m'inspirait une vive sympathie.\nJ'éprouvais une douleur vraie à l'idée qu'un tel homme fut récom-\npensé par un grand cordon, qui trop étroit pour son corps, et lui\nfut passé autour du cou. Rinaldo Rinaldini ne put, bien entendu, survivre\nà cette désillusion et préféra une mort subite à cette vie pleine de décep-\ntions et de chagrins\nPÉRIGRINATIONS.\nAprès avoir étudié plusieurs années à Vienne, et profité des conseils\nde plusieurs grands artistes, dans cette capitale de la musique, Stephen,\ntoujours accompagné de son père, partit pour un grand voyage artistique.\nIls parcoururent ainsi pendant 5 ans la Hongrie, la Pologne et l'Allemagne.\nEnfin, c'est à Paris que je les retrouvai. Il me conta alors sa vie aventu-\nreuse pendant ces cinq mortelles années et ce supplice de donner dans\nchaque ville ou dans chaque hameau un Concert ou une Soirée musicale.\n\" Oui, s'écriait-il, c'était une vie de nomades, sans repos, sans espoir,\nsans but. Mon père, l'homme du caractère le plus probe et le plus honnête,\navait les bizarreries les plus étranges. Il croyait me faire le plus grand\nbien, en m'obligeant à agir en homme mûr et formé, au lieu de me laisser\nenfant, ce que j'étais.\nAinsi, à peine arrivé dans une ville, tout éreinté des fatigues du\nvoyage, qui était toujours arrangé de la façon la plus économique et la\nmoins commode, mon père m'ordonnait de retirer mes hardes de la malle,\nde donner un coup de brosse à mon habit et pantalon noirs, de mettre un\nchapeau qui avait l'air d'une supplique, et des bottes, qui par le moyen\nd'une étoffe de laine et d'une rosace mensongère qui couvrait le coup de\npied, ressemblaient à s'y méprendre à une paire de souliers humblement\npolis. Puis, je recevais de mon père un gros paquet de lettres de recom-\nmandation que je devais porter à leurs adresses."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "Pendant cette course, qui me coûtait beaucoup de larmes, parceque\nj'étais timide, non seulement comme je le suis encore aujourd'hui, mais\naussi de la timidité bien naturelle à un enfant, mon père inspectait les\nsalles de spectacle, esquissait l'ordre des réjouissances publiques,\n(je veux dire les programmes du concert), et mettait en ordre les parties\nd'orchestre des morceaux que je devais jouer dans la ville. Puis il souli-\ngnait à l'encre rouge les articles de journaux qui parlaient de mes concerts\ndans la ville voisine et que je devais montrer. A ce sujet, j'avais toujours\ndes reproches à subir, ne voulant pas de cette manœuvre que je regardais\ncomme déshonorante pour un artiste.\nPendant ces affaires importantes, je faisais les courses, semblable à un\ncommissionnaire ou à un être antédiluvien, moitié artiste, moitié facteur.\nTout le monde était étonné de voir entrer ce petit garçon à l'air\nsolennel ; par le dégoût qui se peignait sur ma figure, tout le monde\npouvait voir que je récitais pour la centième fois la leçon qui m'avait été\nfaite : Monsieur, je prends la liberté de vous présenter une lettre que\nM. un Tel de m'a donnée. Je suis pianiste et j'ai l'intention\nde me faire entendre dans votre charmante ville (Ici, on changeait\nselon la nécessité capitale, hameau, chef-lieu) dont le goût pour\nles arts est connu partout ailleurs. Croyez vous, Monsieur ?\nJ'allai voir, par exemple, M. le Comte de Mieg, président de la\nCour de Cassation. Je fus reçus à ma 5e visite et on me pria de laisser\nmon adresse. Quelques jours après, je trouvais une invitation de sa part,\nconçue dans ces termes très gracieux et très allemands : \" A M. Stéphen,\nartiste musicien. \"\n\"J'ai après demain du monde à dîner chez moi. Si vous voulez\npasser le soir à huit heures chez moi, vous aurez occasion de faire des\nconnaissances qui pourront vous être utiles. Donc, si vous n'avez rien de\nmieux à faire venez ; ie suis vôtre,\nCOMTE DE MIEG.\"\n\" Post Scriptum : n'oubliez pas de prendre de la musique avec vous.\nMon piano étant très discord, je vous prie de prévenir mon accordeur\nMocher, qui demeurait autrefois rue Gerber, mais qui vient de déménager.\nDemandez son adresse, S. V. P. \"\nJ'arrive deux jours après chez le Comte de Mieg. Il y a foule ;\npartout des figures enluminées par un dîner copieux. Son Excellence\nM. le Comte est bien loin d'inviter un humble artiste à dîner ; non, il"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.26", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "est assez bon pour le servir à ses hôtes comme un plat, comme un mets\nde plus : entendre improviser un jeune homme imberbe, n'est ce pas offrir\nà ses invités une nouvelle espèce de primeurs, des petits pois au mois de\nTanvier !\nW # # • 0 0\nC'était un dîner et une soirée d'hommes. Ainsi, je n avais rien a\nespérer, car les femmes seules auraient pu me donner du courage. On ne\nvoyait qu'habits noirs et pantalons majestueusement larges ; que perru-\nques soigneusement blondes et nez abondamment nourris de tabac dont\nquelques grains folâtraient dans les jabots ou bien se montraient distillés\ndans cette rosée à laquelle le nez semblait servir de gouttière ; ce qui\nachevait de leur donner un air grandiose et propre à faire glacer mes\ndoigts de terreur.\nCependant, j'eus du succès et on daigna me demander si je jouais de\nquelqu'autre instrument encore, et à quel âge j'avais commencé à apprendre\nla musique. \" Ah, s'écria un Conseiller d'Etat, quel bonheur que d'avoir\ndu talent pour les arts. De qui était donc le morceau que vous venez\nd'improviser ?\" \" Oui, il y a quelque chose de mystérieux dans\nle talent et dans la manière dont il se fait jour, \" remarqua le Consul des\nVilles Hanséatiques. \" Voyez, par exemple, la complexion singulière d'un\nMathieu Frok— (ici, je pâlis) vous savez, le célèbre coureur. Figurez\nvous qu'il a fait le chemin de Gottingue à Cassel en deux heures 25 mi-\nnutes et que M. le Substitut du Référendaire du Commissariat des\nContributions Communales ne le put suivre à cheval qu'avec peine.\nCertainement, c'est un talent d'ordre subalterne, mais enfin, tout le monde\nne peut pas \"\nJe prenais mon chapeau lorsque M. le comte de Mieg me dit à part :\n\"Je vous remercie, M. Stephen et je vous prie de m'envoyer un billet\npour votre Concert, s'il a lieu. Je suis désolé que ma femme soit souffrante\net que mes filles ne sortent jamais. Adieu donc et si je puis vous être\nutile, disposez de moi \"Etil me fit l'honneur d'arracher un bouton de\nmon habit.\nAvant de passer la soirée chez cette Excellence, je m'étais présenté\nchez M. Ernemann, le Liszt et le Beethoven de l'endroit. Je m'attendais\nà trouver un artiste jaloux et inquiet de voir un collègue exploiter une\npopulation à laquelle il donnait des leçons depuis 25 ans ; je ne me\ntrompais pas.\n\" Ah, Monsieur, dit-il d'un air renfrogné, j'ai déjà entendu parler de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2003, "texte": "vous : M. Teffeln, n'est ce pas ? \" Stephen \" fis-je doucement. \" Ah oui,\noui, je sais. Eh bien, mon cher M. Stréphen, voyez-vous, la saison actuelle\nest extrêmement défavorable ; le Carnaval absorbe tout le monde ; on veut\ndes bals, on s'occupe des travestissements.... (Variante : il fait beau temps,\nqui donc voudra s'enfermer dans une salle de Concert au moins de Juin.)\nEt puis notre ville n'est pas grande ; (Variante : et puis, dans une grande\nville il y a tant de distractions !) par conséquent, il y a peu à espérer d'un\nConcert. \"\nL'excellent collègue, pour se débarrasser de moi, ajoute : \" Mais je\nvous donnerai un conseil ; à D.... vous trouverez plus d'amateurs qu'ici\nla population de D... est en général plus aisée que la nôtre ; (à D... on\nrenvoie à B.... sous prétexte qu'il y a des particuliers plus riches.) Aussi,\nje m'empresserai, continue le charitable collègue de vous donner une\nrecommandation pour un homme tout puissant à D.... qui est mon ami\net organiste à l'Eglise Ste Elisabeth. \"\nTriste, abattu, découragé, je raconte à mon père le succès de ma\nvisite. Il me répond : \" tu as été comme à l'ordinaire, gauche, timide\nhautain et monosyllabique. Xu es bête quand il s'agit de montrer de\n1 esprit, et tu en montres avec moi, qui n'en veux pas î Xu pleurniches\nquand je te dis la vérité, tu trembles quand il faut de la fermeté, et tu\nbégaies quand il s'agit de parler clairement ! Est ce que Mozart, est ce que\nHummel et tant d'autres se montraient aussi lâches, aussi faibles que toi,\nquand ils voyageaient,avec leur père également,pour donner des Concerts? \"\nLa voix de mon père s'attendrissait peu à peu pendant cette allocu-\ntion, de sorte que, malgré le comique de la scène, qui ne m'échappait pas,\nje me sentais me trouver mal, tant j'aimais mon père, et tant est irrésistible\nla voix de celui qui nous donna le jour. Une tendresse délirante s'emparait\nde mon cœur, quand je croyais voir souffrir mon père, l'être le plus sacré\npour moi après Dieu !\n(a su"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "28", "page_fin": "34", "image_debut": 28, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.5", "titre_corps": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE DE L'AVENIR", "titre_sommaire": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE DE L'AVENIR", "signature_source": "Georges Capellen", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1349, "texte": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE\nDE L'AVENIR\n\nDepuis le succès de Ivlme Butterfly, qui utilise des motifs et des\nmélodies japonaises, et depuis le triomphe de dont\nla mélodie et l'harmonie ont pour base l'échelle diatonique chinoise, on\npeut prétendre que la musique européenne, en France du moins, se meut\ndans l'atmosphère exotique. Il y a déjà quelques années, Saint-Saëns avait\nannoncé l'apogée de cette tendance, dans un passage fameux de son\nHarmonie et Mélodie.\nLa propagande que j'ai entreprise en Allemagne en faveur de cette\nmusique, tant par mes études que par mes arrangements et compositions,\nm'autorise à prendre position sur cette question.\nDepuis que la polyphonie a amené la musique européenne à recon-\nnaître le principe de la Tonalité depuis que l'harmonie, résultat fortuit ,\nde la conduite des voix, est devenue un des facteurs essentiels de la\nmusique, la mélodie a subi une notable dépréciation. Depuis la concen-\ntration du sentiment tonal en deux modes, le Majeur et le Mineur, la\nmusique a fait bon marché des diverses modalités ecclésiastiques : c est la\nun recul regrettable si l'on se place au point de vue moderne. Il xaut bien\navouer que nous n'avons QU'UNE TONALITÉ en Europe, la tonalité\nMajeure, car le genre Mineur ne peut guère être considéré comme indé-\npendant, étant donné les importants emprunts qu'il fait au majeur."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "Un temps devait venir où une innovation allait s'imposer, pour échap-\nper à l'imitation obsédante de l'art classique ; et, ce renouveau ne pouvant\nvenir de la Tonalité, il fallut bien chercher ailleurs : i°, dans la modulation,\naboutissant à la négation presque absolue de la Tonalité ; 2°, dans la\npolyphonie, poussée jusqu'au désordre le plus inextricable ; 30, dans la\nrecherche du coloris musical de plus en plus raffiné.\nCe sont là des moyens pleinement justifiés, mais qui ne satisfont\npas complètement la loi d'évolution de la musique occidentale. Il est évident\nqu'à l'heure actuelle, nous ne pouvons plus rien produire de nouveau dans\nles limites de nos gammes diatoniques majeures et mineures : mais ne\npourrions-nous pas faire place à d'autres échelles, diatoniques aussi ? Ne\npourrait-on pas obtenir de nouvelles ressources par L'ÉLARGISSEMENT DU\nPRINCIPE TONAL EUROPÉEN ? C'est là le point de départ de la nouvelle ten-\ndance exotique que nous signalons ici.\nC'est avec raison que Saint-Saëns reconnaît dans les tonalités, (plus\njustement les gammes,) le moyen de revivifier la mélodie moderne, en la\ndélivrant des tyrannies accessoires... Mais peut-on envisager les gammes\nexotiques, dont certaines sont identiques aux modes ecclésiastiques,\ncomme des tonalités indépendantes, ayant leurs cadences caractéristiques?\nJe crois pouvoir l'affirmer, en m'appuyant sur les déductions suivantes.\nIl faut d'abord convenir que nos ancêtres avaient absolument raison\nde se sentir instinctivement attirés vers la tonalité majeure ; il est\nindéniable que le majeur est la seule tonalité naturelle, la seule qui se base\nsur les harmoniques les plus puissants. Prenons, par exemple, la tonalité\nd'Ut Majeur : je la représente par la succession harmonique suivante,\nsuccession retournant à son point de départ.\nNotre Mineur, par contre, n'est pas une tonalité simple : c'est un\ngenre hybride, qui fait des emprunts à deux tonalités majeures : ainsi, La\nMineur dérive de La Majeur et d'Ut Majeur, à la fois. L'accord lui\nmeme de La Mineur, (La, Do, Mi) doit être considéré aujourd'hui\ncomme un mélange des accords de La Majeur et d'Ut Majeur.1\nOn pourrait concevoir une echelle Mineure construite par les\n\nTandis que jusqu à Bach, au contraire, Paccord parfait mineur était vraisemblablement perçu comme\nun accord parfait altéré La Majeur."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.30", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "mêmes procédés que l'échelle Majeure, ce qui donnerait pour La Mineur\nle type suivant :\nMais on se trouverait alors en contradiction avec le sentiment\nmoderne, qui veut que la tierce soit un élément essentiel du mode\nMineur. Acceptons donc l'hypothèse d'un Mineur hybride : La Majeur,\nUt Majeur.\nNous serons aussitôt portés à nous demander de quelle façon former\nici la cadence la plus naturelle ? Evidemment au moyen de la tonalité\nmajeure originale, (La Majeur), c'est à dire celle dont le mineur dérive\ndirectement. Elle nous fournit la dominante Mi, avec ou sans septième\net le mouvement D. T.\nMais ne pourrait-on pas former la cadence de la Mineur en se\nservant de l'accord de Sol, Dominante de la Tonalité relative d'Ut ?\nOn le peut, comme le prouve l'exemple suivant :\nEtant donné la résonnance simultanée de la quinte (la\nnote entre parenthèse) le ré de la basse devient fondamentale de la sous\ndominante de La Mineur ; et comme le mouvement cadençant Re La,\nrelève de la Tonalité de La Majeur, il est évident que les deux tons\noriginaux, (La et Ut Majeur), participent à cette forme de cadence. Sa\nsonorité agréable prouve pratiquement la justesse de notre nouvelle\nconception du mineur. Par là se légitime aussi le mouvement diatonique\nSol La, en La Mineur. On obtient donc la gamme éolienne suivante :\nla si do ré mi fa sol la\nen tant que gamme indépendante à cadence propre, gamme que j'appelle\nle \" petit mineur. \"\nGrieg, dans ses mélodies \" Herbststimmung \" et \" Sieh dich vor \" a"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.31", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "employé cette cadence Mineure sans toutefois s'être rendu compte de sa\njustification logique.\nMais d'autres gammes Mineures peuvent se prêter à l'établissement\nde Tonalités indépendantes. Il est possible de concevoir l'accord parfait\nmineur de La, non seulement comme étant La (Sol), mais en\nd'autres circonstances, comme étant :\n\\# #\nLa Ut Mi,(Fa) La Ut Mi,(Sol) ou encore (Ré Fa)\nPar conséquent La Mineur peut passer pour un La Majeur altéré,\ndont voici l'échelle :\nLa Si Do Ré Mi Fa t Sol % La, (Mineur Fondamental;)\nou pour un La Majeur + Fa Majeur, dont la gamme serait :\nLa Si bUt Ré Mi Fa Sol La, (Grand Mineur)\nou finalement comme La Majeur + Sol Majeur,1 dont voici l'échelle tonale:\nLa Si Do Ré Mi Fa % Sol La, (Mineur de Neuvième).\nIci également, c'est l'accord de Dominante de la Tonalité originale qui\nfournit les cadences les plus naturelles ; par exemple, pour le mineur de\nneuvième, on procède à l'aide de l'accord parfait ou de l'accord de Sep-\ntième Majeur sur Ré, formation de Dominante de la Tonalité de Sol\nMajeur. 1\nIl serait indispensable de fixer des termes exacts pour les nouveaux\ntypes Mineurs : ils ont l'aspect des gammes médiévales, ils n'en ont plus\nle sens.\nA ces formations viennent se joindre les différentes gammes des\nTsiganes avec leurs secondes augmentées. En fait de Gammes à Sept\ndegres nous aurons donc à l'avenir à notre disposition 26 tonalités sur la\nmeme base, (Tonique), y compris nos modes Majeur et Mineur ; étant\ndonne que chacun des douze degrés de notre gamme tempérée est sus-\nceptible de devenir la fondamentale de 26 gammes nouvelles, nous\nobtiendrons 26 x 12 = 312 Tonalités, qui récèlent une multitude de\nmoyens d'expression nouveaux.\nComme pieuves de leur utilisation mélodique, je citerai le ton entier\nSol La au lieu du demi ton Sol $ La, (en La petit et La Meneur),\nle ton entier Si La, au lieu du demi Ton Si b la en Ré Mineur,\n\n1 Étant donné que l'accord de Neuvième, Ré Fa ï La Ut Mi est un aspect de la Dominante de Sol\nMajeur. 11 r"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.32", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "le demi ton Si Ut au lieu du Ton Si b Ut en Fa majeur et Fa mineur;\npuis aussi les intervalles spécifiques que l'on rencontre dans les gammes\ntsiganes: Ut Ré,# Ré# Fa, Sol# Ut, et leurs renversements.\nCes intervalles se rencontrent parfois dans la musique européenne,\nmais accidentellement, sans que les fondements de nos Tonalités et le\ncaractère de leurs cadences en soient altérées. Ajoutons que ces mouve-\nments mélodiques sont utilisés le plus souvent dans un but pittoresque.\nLe nouveau style exotique, au contraire, n'y cherche que des moyens\nd'expression.\nEn tous cas, il ne s'agit plus seulement d'un procédé d'harmonisation\nmais d'un problème bien autrement important : la fusion de l'Orient et\nde l'Occident. Et d'ailleurs, cet art nouveau ne se bornera pas à révolu-\ntionner les gammes diatoniques : le chromatisme et la modulation ne lui\nmanqueront pas. Dès maintenant, nous pouvons prévoir dans le genre exo-\ntique de notre musique occidentale des modulations infiniment variées.1\nMais le style exotique ne nous fournit pas seulement les gammes à\nsept degrés ; il nous en offre également à cinq et à six degrés : la gamme\nchinoise diatonique : Do Ré Mi Fa#, Sol# ou Lab, Sib Ut, ainsi que la\ngamme pentatonique de forme chino-celtique : Do Ré Mi Sol La Do,\nsans demi-tons et de forme japonaise : Ut Ré Mib Sol Lab Do.\nComme pour les gammes à sept degrés, chaque ton, ici, peut aussi\ndevenir la Tonique d'une nouvelle gamme. Ajoutons toutefois que dans\nles gammes pentatoniques, l'harmonie ne peut se passer des degrés absents.\nSelon nous, le système pentatonique ne peut être considéré que comme\nformation mélodique particulière, dans les limites du système des gammes\nà sept degrés.\nL'arrangement des mélodies exotiques conçues en dehors de nos\nmodalités Majeure et Mineure constitue une excellente préparation à\nl'application du nouveau style. Mentionnons ici les quatre façons de\nprocéder dans ce travail.\ni° Reproduction phonographiquement exacte des mélodies et de leur\nharmonie éventuelle. 2° L'autre extrême : Europaïsation totale de la\nmélodie et de l'harmonie. 30 Harmonisation Occidentale de la mélodie\nexotique scrupuleusement respectée. 40 Harmonisation Exotico-Occiden-\ntale de la Mélodie non modifiée. Pratiquement, le premier procédé est\n\n1 Ainsi le type petit mineur de La peut moduler au grand mineur, c'est à dire que La Si Ut Ré Mi Fa\nSol La devient Mi Fa Sol La Si Do Ré Mi."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.33", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "SHOTAI"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.34", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "inapplicable ; il n'offre aucune ressource, étant donné la divergence qui\nexiste entre notre goût, notre éducation musicale, et la musique orientale.\nLa seconde méthode, qui fleurissait jadis, doit être écartée comme ne res-\npectant pas la mélodie.\nL'exemple que je soumets ici est une chanson de route japonaise\ncaractéristique, \" Shotai \", construite à l'aide de la Gamme :\nRé Mi Fa Sol La Si Do Ré.\nQu'on veuille bien lire cette mélodie en imaginant les dièzes à leurs\nplaces respectives, et l'on verra qu'elle acquiert de suite un caractère\neuropéen. L'arrangement de J. A. Pollak, a respecté la mélodie, que\nviennent cependant contredire l'harmonie et la Tonalité. En procédant\nainsi, la mélodie perd son caractère d'acuité : nous n'avons plus là qu'un\nspécimen puéril de cette musique. Le 3e exemple, par contre, tend\nvers la fusion de l'harmonie et de la mélodie.\nLorsque Saint-Saëns annonçait que le rythme à peine exploité se\ndévelopperait, il eut pu ajouter que la musique exotique, en vertu de son\nprincipe homophone, pouvait se permettre plus de liberté, quant aux\nrythmes, à l'accent et à la forme, que la musique européenne. N'oublions\npas que la division en mesures, nécessaire à la production simultanée des\ndifférentes voix constitue une entrave au libre mouvement de la mélodie\net du rythme. Elle a conduit la phrase musicale à la carrure et elle a\nannihilé en nous le sens des grandes périodes mélodiques. En dépit des\nlibertés rythmiques qui caractérisent la musique exotique, cette\ndernière ne doit pas être taxée d'amorphie : les fréquentes répétitions\nservent ici à ponctuer le langage musical. Et telle est la force\ndu sens rythmique en Orient que les instruments à percussion qui\naccompagnent les différents morceaux, n'accentuent pas, comme chez\nnous, les temps forts, mais précisément les temps faibles.\nIl est difficile de prédire quelle influence pourront avoir sur l'art\neuropéen les rythmes et le style exotique. Il est impossible de dire si les\ntiers et quarts de tons exotiques provoqueront une nouvelle division des\ndemi-tons. L'intuition des quarts de tons existe chez nous à l'état latent\nmais il n'est pas prouvé que ces tons, abandonnés jusqu'à présent à\nl'arbitraire, puissent jamais être choisis comme degrés essentiels de notre\nsystème musical. Celui-ci passerait alors du système de douze degrés à\ncelui de cinquante-trois degrés.\n\nGeorges Capellen.\n\n2"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "35", "page_fin": "50", "image_debut": 35, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.6", "titre_corps": "Gamelang Salandro (Sultanat de Yogyakarta)", "titre_sommaire": "Gamelang Salandro (Sultanat de Yogyakarta)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 357, "texte": "Gamelang Salandro (Sultanat de Yogyakarta)\ntranscription pour instruments européens p&r Ch» Kœchlin\n\\ oici un des plus curieux essais tentés en France dernièrement pour introduire la musique orientale dans\nnos concerts. Ces pièces javanaises ont été orchestrées par M. Charles Kôchlin, et exécutées à la société\nIndépendante de musique au mois de juin 1910."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "51", "page_fin": "57", "image_debut": 51, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.7", "titre_corps": "SUR L'ORIGINE DU “CRESCENDO”", "titre_sommaire": "SUR L'ORIGINE DU “CRESCENDO”", "signature_source": "Michel Brenet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "SUR L'ORIGINE DU “CRESCENDO”\n\nOn a mis, depuis sept ou huit ans, dans l'histoire de la musique,\nbeaucoup de choses àla Stamitz. Autour d'un grand musicien, soudaine-\nment tiré de l'oubli, les ombres des \" Mannheimer \" ont été évoquées et\nl'on a, de droite et de gauche, repris à d'autres, pour les leur rendre ou\nles leur attribuer, toutes sortes d'inventions grandes et petites, formes,\nformules ou procédés de composition ou d'exécution. A l'heure du Juge-\nment, qu'annonce l'Evangile, \" les derniers seront les premiers \" : des\ntrompettes impatientes sonnent déjà pour appeler à la gloire les Stamitz,\nRichter, Toeschi, Holzbauer, Filz, Cannabich, et faire d'eux l'avant-\ngarde d'Haydn, Mozart et Beethoven. Le résultat de ce mouvement,\ndont le Dr Hugo Riemann a, comme on sait, pris l'initiative et la\ndirection, est, autant qu'une découverte, un déplacement d'opinions et\nd'attributions. C'est aussi un coup de fouet donné aux chercheurs de tous\npays, dont l'amour-propre national entre en jeu. Déjà sont apparus, en\nface des rénovateurs de l'école de Mannheim, les défenseurs de l'école\nviennoise. A nous, Français, importe surtout quelle part peuvent reven-\ndiquer nos artistes dans le partage commencé. En attendant que des\nchampions fortement armés se décident à rompre quelques lances en\nfaveur de l'ancienne musique symphonique française, on peut tenter, du\nbout de la plume, une escarmouche à propos d'un très petit détail,\nl'invention du crescendo.Récemment, M. Alfred Heuss a annoncé1\nl'intention d'écrire l'histoire de la \" dynamique musicale et il a d'avance\ninsisté sur l'utilité des études à faire dans cette direction, négligée\njusqu'ici parceque les points d'appui semblent manquer pour s'y engager\navec fruit. L'apparente rareté des documents n'est pas chose propre a\nrebuter le courage des érudits ; tous savent que d'une mention, d'un fait\njugé à première vue sans importance peuvent découler d'assez notables\nconséquences ; et c'est pourquoi les moindres indications doivent être\nrecueillies pour servir de jalons ou de parapets, le long d'une route\nincertaine.\n\n1 Dans l'intéressante étude qu'il a donnée à la Festschrift Riemann."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.52", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Avant que l'on songeât à établir les droits de Stamitz et des\n\" Mannheimer \" sur la création de la symphonie, on leur faisait honneur\ndéjà de l'invention du crescendo.Trois écrivains servaient de caution :\nBurney, Reichardt et Schubart. Ce dernier reste la moindre \" autorité\nnon seulement parceque son livre, écrit de mémoire pendant sa captivité,\net imprimé après sa mort, ne fournit pas de date précise, mais parceque\nnombre de ses affirmations pèchent par l'exactitude. Le passage qui con-\ncerne l'orchestre de Mannheim vise principalement au : \" Son\nforte est un tonnerre, son crescendo une cataracte, son un mur-\nmure cristallin de rivière qui s'éloigne, son une haleine du prin-\ntemps Schubart, d'ailleurs, trouve aux œuvres de \" le père\" une\n\" mine vieillotte \" ; c'est du temps de Cannabich qu'il a entendu les\nmusiciens de Mannheim, et c'est Cannabich qu'il vante comme \"le\ncréateur de l'exécution égale \" qui règne dans cet orchestre, comme\nl'inventeur de \" tous ces miracles que l'Europe admire 1\nReichardt et Burney non plus ne connurent l'orchestre de Mannheim\nque sous la direction de Cannabich, longtemps après la mort de Stamitz.\nC'est de 1772 que date le fragment souvent cité des voyages de Burney,\noù sont célébrés les fastes musicaux de la résidence palatine : \" C'est là\nque Stamitz, stimulé par les œuvres de Jommelli, a pour la première fois\nétendu les limites de l'ouverture... C'est dans cette salle que sont nés le\ncrescendo et le diminuendo.Le piano,que l'on n'employait principalement\nqu'en guise à'écho,le forte,devinrent ainsi de véritables couleurs musi-\ncales... \" A ces textes, M. Riemann joint un extrait du petit écrit de\nReichardt \" sur les devoirs du musicien d'orchestre \", qui parut en 1776:\n\" La plupart des orchestres connaissent et emploient seulement le forte et\nle piano sans s'inquiéter d'une délicate gradation... Il est difficile, très\ndifficile d'obtenir d'un orchestre ce que déjà ne réalise qu'avec peine un\nvirtuose isolé. Cependant cela est possible: on a entendu cela à Mannheim\net à Stuttgart \". 2\nDéjà dans un ouvrage précédent, son premier ouvrage,\nReichardt s'était extasié sur le crescendo de Mannheim. Il datait de\nBerlin la première de ses \" lettres d'un voyageur attentif, concernant la\nmusique \", et, après avoir parlé de l'orchestre de Dresde, il disait :\n\n1 SCHUBART, Ideen <z,u einer JEsthetik der Tonkunst, 1806, p. 121, 137.\n2 Ces textes sont cités par Riemann dans sa préface au premier volume de symphonies de l'école palatine\nbavaroise, Denkmàler der Deutscher Tonkunst, 2 e série, 3e année, vol. I, 1902."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "\" Quant à l'augmentation et diminution (Anwachsen et\nd'un son prolongé ou de beaucoup de sons successifs, qui produit, pour\nainsi dire, toutes les nuances (Schattirung) d'une couleur allant du clair au\nfoncé, et qui est si magistralement exécuté à Mannheim, je n'en parlerai\npas ici (à Berlin), car Hasse et Graun ne s'en sont jamais servi... \" 1\nIl est curieux de voir en 1835 un rédacteur de l'Encyclopédie de Schilling\nexpliquer le crescendo comme une chose encore à peine clairement définie,\nemprunter sa description à Reichardt, insister sur ce que le passage du\npiano au forte doit être constamment gradué, sans à-coups, et sur ce\nque il n'est pas de règle d'y associer une accélération de mouvement ; et\ndire enfin que pour un virtuose isolé l'exécution du crescendo est aisée,\nmais qu'elle est, pour un orchestre, \" d'une difficulté inouïe\nschwer), si ce n'est même impossible. \" 2\nC'était sur la foi de Reichardt que le même lexicographe désignait\nJommelli comme celui qui avait \" élevé le mot italien crescendo à une\nsignification musicale technique, esthétique \". On raconte, avait dit\nReichardt, que \"le jour où Jommelli fit entendre cela à Rome pour la\npremière fois, les auditeurs, pendant le crescendo, se levèrent peu à peu de\nleurs sieges, et ne respirèrent qu'au diminuendo, s'apercevant alors qu'ils\navaient perdu l'haleine. J'ai moi-même, ajoute-t-il, éprouvé cet effet\nà Mannheim \".\nL'invention de crescendo n'est d'ailleurs pas absolument revendiquée\nen faveur de Stamitz et de ses élèves, par leurs nouveaux avocats. Le\nDl' Riemann concède que le procédé était connu des solistes, chanteurs\nou instrumentistes, et que, entre autres, Geminiani le pratiquait dans ses\nœuvres et sa méthode de violon : en quoi Geminiani suivait simplement\n1 exemple des grands virtuoses de l'art vocal, car, dès 1723, Pier Francesco\n1 osi définissait la bonne mise de voix \"la manière de commencer le son\npianissimo et de le conduire insensiblement du pianissimo au fortissimo, puis\nde le 1 amener avec la meme respiration du fortissimo au pianissimo^\"1, et il\najoute que, de son temps, les chanteurs \" modernes \" dédaignaient déjà\nce procédé d'un \" excellent effet \", mais regardé comme \" ancien \" ;3\net en 1739? président de Brosses admire, dans les duos qu'il entend en\nItalie, la façon dont \" les voix, ainsi que les violons, emploient ce clair-\n\n' REICHARDT, Briefe eines atifmerksamen Reisenden, die Musik betreffend, 1774, tome I, lettre 1.\nÔ iV'1\"' Crescendo de 1 Encyclopédie der gesammten munkalischen IVissemchaften, de Schilling, t. 11, p. 327.\nTosi, Opimom de Cantori antichi emoderni, etc., chap. I. trad. fi\\, p. 37."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.54", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "obscur, ce renflement insensible du son, qui augmente de force de note\nen note, jusqu'au plus haut degré, puis revient à une nuance extrême-\nment douce et attendrissante 1 II serait aisé de réunir d'autres textes,\nqui, tout au moins pour l'exécution des solos, contredisent l'idée des\nalternatives brusques de force et de douceur, des oppositions perpétuelles\nde contrastes en écho.Aussi M. Riemann y renonce-t-il, et, dans l'affaire\nprincipale du crescendo des \" Mannheimer\", s'arrête-t-il à affirmer seule-\nment que l'extension du procédé à l'exécution orchestrale et l'adoption\ndu mot crescendo pour le commander, lui paraissent la propriété de\nStamitz, auquel seulement l'exemple de Geminiani aurait appris à prêter\nplus d'attention aux signes dynamiques. 2\nSur ce terrain, d'autres chefs d'orchestre allemands marchaient en\nmême temps que lui. Reichardt, dans sa lettre de Berlin, parlait du\nConcertmeister de Dresde, Pisendel, qui \"se donnait la peine presque\nincroyable d'inscrire sur toutes les parties de chaque opéra, de chaque\nmusique qu'il devait diriger, les forte et les piano, leurs différents degrés,\net même les coups d'archet \". Ce Pisendel était mort avant Stamitz, le\n25 novembre 1755, après quarante ans de services à la cour de l'électeur\nde Saxe ; sur l'ordre de son maître, il avait voyagé en France, en Italie,\net il passait pour avoir introduit dans la direction de l'orchestre de\nDresde un goût \" mélangé de français et d'italien On aimerait à\nconnaître la forme de ses annotations dans les partitions et les parties\nséparées de ses propres ouvrages et des ouvrages d'autres compositeurs,\ndont les manuscrits peuvent encore subsister ; on aimerait surtout savoir\ncomment il exprimait ces \" différents degrés \" d et de Dans\nune ouverture de Galuppi, que mentionne M. Riemann, écrite pour II\nfilosofo in campagna,et jouée à Milan en 1754, à Mannheim en 1756, la\nsuccession des termes pianissimo,piano, pres-\ncrivait fort exactement la gradation fameuse, la \" chose qui existait, dit\nM. Riemann, avant le mot \" : et c'est de la même façon que se trouve\nprescrit le même effet, dans l'ouverture du de Haendel,\ndont la composition remonte à 1750.3\nL'innovation de Stamitz ou de Cannabich se réduirait-elle donc à\n\n1 Le Président de Brosses en Italie, t. 11, p. 382. M. Kamienski s'est servi de ce texte dans l'article cité\nplus loin.\n2 V. un article de M. Hugo Riemann dans le Bulletin mensuel de la Sociétéintern. de mus., t. X, 1908-1909,\nP- *37-\n3 ROMAIN ROLLAND, Hœndely p. 200 et suiv."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.55", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "une question de mot ? Toujours est-il qu'avant la date des voyages de\nReichardt et de Burney le mot aussi bien que la chose étaient déjà, de\ncôté et d'autre, employés. Haydn, en 1768, rédigeant des instructions\npour l'exécution de sa cantate Applausus-, recommandait à ses interprètes\nde prendre garde aux signes de nuances, \" car il y a, écrit-il, une très\ngrande différence entre piaijo et pianissimo, forte et fortissimo, entre crescendo\net sforzando \". 1 La notation du \" cresc. \" existe, dit M. Kamienski, dans\nplusieurs ouvrages de Hasse (ce qui contredit l'assertion de Reichardt) et\ndans les symphonies (ouvertures) de Jommelli, qui sont à la bibliothèque\nde Berlin. 1 Eitner, qui a signalé l'emploi du à la fin de l'ouver-\nture de Lisuart et Dariolette,de Hiller, —un opéra-comique allemand\nécrit en 1766 par un maître qui n'était jamais allé à Mannheim, ne\nnous explique pas par quel mot ou quel signe le compositeur l'exprimait.3\nPour chercher des exemples de l'emploi du en France,\nnous partirons de la date où Reichardt déclarait ce procédé \" possible \",\nmais usité seulement à Mannheim et à Stuttgart, et nous remonterons de\ncette date à d'autres, antérieures.\nDonc, en 1775, un des compositeurs ordinaires du Concert Spirituel,\nà Paris, Henri-Joseph Rigel, se sert du comme d'un élément de\ndescription musicale, dans son oratorio la La première\naudition avait eu lieu le 25 mai 1775, une autre, en 1777 ; après celle-ci,\nle Journal de Paris déclara charmante \" la marche des Israélites, exécutée\ncomme elle l'est, avec toutes les gradations du crescendo \". 4 L'effet\nétait renouvelé de la marche des janissaires, dans de\nGrétry (1770), et déjà tellement connu et goûté du public français,\nqu'en 1765 le sieur Berger, \" accompagnateur du concert de Grenoble\"\net inventeur d'un \" clavecin organisé \" qu'il appelait le\ns'efforçait d'en faciliter l'exécution sur les instruments à clavier, et pro-\nposait aux amateurs d'adapter, moyennant 300 livres, aux clavecins\nordinaires, \"sa mécanique avec le cres5\nLa notation du même effet, par l'abréviation s'introduisait en\nmême temps dans la gravure des œuvres musicales, et nous la trouvons,\n\n1 POHL, Haydn, t. 11, p. 39 et suiv.\n2 V. l'article de M. Kamienski, Mannheim et Vltalie, dans le Recueil trimestriel de la Soc. intern. de mus.,\nt. X, 1908-1909, p. 307 et suiv.\n3 Monatshefte fur Musikgeschichte, t. XXIV, 1892, p. 39.\n4 Journal de Paris du 26 mars 1777.\n5 Annonces, affiches et avis divers, du 15 octobre 1765."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.56", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "par exemple, dans les Six Symphonies a grande orchestre, œuvre X, de\nMiroglio le jeune (Jean-Baptiste Miroglio), mises en vente dans l'été de\n1764 1 et dont nulle particularité ne passait pour une innovation. Si\nCannabich fut l'introducteur du crescendo dans l'orchestre de Mannheim,\nil pouvait donc l'avoir trouvé d'usage courant à Paris, lorsqu'il y vint\nen 1772.2\nEn remontant encore de quelques années, nous lisons dans le compte-\nrendu d'un des opéras les plus oubliés de J.-B. de La Borde, les Bons amis,\nun petit opéra-comique en un acte, joué en 1761, l'éloge d'un\n\" crescendo dans l'accompagnement d'un monologue \", qui produisait \" un\ngrand effet \".3 Un autre journaliste va nous montrer que \"la chose \",\nsinon, cette fois, le \" mot \" avait été pratiquée à Paris antérieurement au\nséjour de Stamitz. L'auteur des Sentiments\nouvrages de musique^retraçant la biographie de l'organiste et compositeur\nAntoine Calvière, mort le 18 avril 1755, s'étend avec complaisance sur\nsur le Te Deum que ce maître avait fait exécuter en l'église de l'Oratoire\ndu Louvre, \"pour la convalescence du Dauphin\", c'est-à-dire en 1752.\nUne peinture musicale du Jugement dernier accompagnait le verset\nJudex crederis, et dans cette page exécutée par \" tout le corps de la\nsymphonie \", un tambour placé au milieu de l'orchestre, imitait le bruit\ndu tonnerre \" par un roulement continuel et toujours en enflant le son. \"\nAutour de lui, les instruments chargés d'interpréter \" une tempête qui\nfait frémir \", se bornaient-ils à des teintes plates et à l'amusement des\néchos ? C'est peu probable. Eux aussi, vraisemblablement usaient de ce\nmoyen d' \" enfler le son \" dont la valeur descriptive n'échappait pas à\nl'auteur de ce Te Deum.4 Remarquons toujours que Stamitz, en séjour-\nnant environ un an à Paris, en 1754-1755, put connaître Calvière et son\nTe Deum, dont le succès avait été si grand, que \" plusieurs musiciens\"\ns'en étaient fait immédiatement les imitateurs et avaient \" travaillé dans\nle même genre \" leurs propres composition sur ce texte. 5\nRien n'était plus cher alors aux musiciens et au public français que les\neffets descriptifs. Tout ce qui pouvait renforcer ou préciser l'expression\n\n1 L'Avant-Coureur du 15 octobre 1764.\n2 Nous avons donné quelques indications relatives au voyage de Cannabich dans notre livre : les Concerts\nen France, p. 399.\n3 Mercure de France, avril 1761.\n4 Le Te Deum de Calvière paraît malheureusement perdu.\nD C'est ce qu'affirme l'auteur des Sentiments d'un harmoniphiley qui écrit en 1756, quatre ans après\nl'exécution de l'ouvrage de Calvière."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "répondait aux goûts d'une époque plus foncièrement éprise de littérature\nque de musique pure. Le crescendo apportait une couleur précieuse à la\npeinture sonore : Calvière l'admit à ce titre. Pourquoi ne pas supposer\nque Rameau, qui connaissait dans le chant \" les sons enflés et diminués \"\net qui demandait qu'un chanteur mît \" de l'âme dans toutes ses expres-\nsions Ise servit du crescendo pour souligner une progression harmonique\nen même temps qu'une \" situation \" théâtrale ? Sans doute, les partitions,\ngravées ou copiées, de ses opéras, sont presque dépourvues de signes\ndynamiques ; mais avec, M. Kamienski, nous regardons volontiers les\nsimples p. et j. les brèves indications de doux et de fort, comme le\n\" squelette \" sur quoi s'ajoutaient les nuances intermédiaires capables de\nlui communiquer la vie. L'ouverture de Naïs (1749), vraie symphonie\ndescriptive qui peint l'assaut des Titans, escaladant le ciel, ne nous\ninvite-t-elle pas à deviner, à lire entre les signes ordinaires d'opposition,\nune \" gradation \" de sonorité soulignant l'ascension fébrile des arpèges\nqui se brisent, la répétition syncopée d'accords dont le retour exprime\n1 effort \" haletant, exaspéré, tenace \", rendu sensible, par l'oreille, aux\nyeux de l'esprit ?\nSinon dans les partitions, du moins peut-être dans les parties séparées,\ncopiées pour l'exécution, des œuvres de nos anciens maîtres français,\ntrouverait-on des indices précis de leur manière de nuancer. De telles\ndécouvertes n'auraient pas seulement pour effet de fixer un détail histori-\nque : elles éclaireraient d un peu plus de lumière les doctrines incomplètes\net controversées sur lesquelles nous basons actuellement les exécutions et\nles rééditions de musique ancienne.\n\nMichel Brenet.\n\n25e S°int 'CS termes,^ont se s.ert> au chapitre \"de l'Expression du Code de musique pratique.\n.a a p. 227 de 1 excellent livre de M. Laloy sur Rameau quelques lignes très justes et très heureuses\nconcernant cette ouverture."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "58", "page_fin": "66", "image_debut": 58, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.8", "titre_corps": "GUSTAVE MAHLER", "titre_sommaire": "GUSTAVE MAHLER", "signature_source": "William Ritter", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.58", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "On en a dit et on en va dire sans doute encore tout au monde, peut-\nêtre même qu'elle n'a eu aucun succès. C'est pourquoi Vienne et Mannheim\ns'en sont d'ores et déjà assuré les reprises. La vérité est que, de ma\nvie, je n'ai assisté à un pareil déchaînement d'enthousiasme, à d'aussi\ninterminables ovations. Or notez que sous ce rapport l'Allemagne n'est pas\nla France, encore moins l'ltalie. Notez en outre ceci : les quatre mille\npersonnes qui, les 12 et 13 septembre remplirent la grande halle de\nl'Exposition de Munich, vue ainsi pour la première fois comble, (ce qui\nn était pas même arrivé aux fêtes Richard Strauss) représentaient à la fois\nles grandes orgues de la sensibilité musicale allemande et austro-slave et\n1 elite du monde artistique d'Europe et d'Amérique. On était venu,\ncomme à Prague, lors de la Vil''\"0, de partout, et je tiens à signaler le fait\nque, de France même, des admirateurs de la IIme, sans mandat officiel\ncomme sans notoriété, mais suivant simplement l'impulsion de leur cœur\nconquis, avaient tenu à être de la tête. En sorte que si l'on peut parler de\ncause gagnée, en ce qui concerne cette VIIIme, on le peut d'autant mieux\nque nulle voix de l'opposition n'a été étouffée ; on l'a même fort claire-\nment entendue, voguant en petite arche opiniâtre sur le déluge des\nacclamations. Jamais triomphe mieux mérité n'eut plus réelle valeur, pour\navoir été mieux disputé. S'il y a eu victoire, en effet, ce fut en dépit de"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "tant de mauvaises volontés ! Les clameurs jubilantes n'ont empêché, bien\nau contraire, ni les critiques les plus acerbes, ni les discussions les plus\nviolentes. Nul mieux que nous, du reste, n'a pu percevoir combien de\ncolères ou d'ironies dissidentes se sont réfugiées, celles-ci dans les petits\ngroupes de Français, arrivés en avant-coureurs de leur Festival, celles-là\ndans les journaux d'Allemagne et de Suisse, tandis que ceux de France se\ntaisaient, comme si l'événement n'eut été d'aucune importance. Des\njournaux suisses-allemands, par exemple, j'en pourrais citer où les invec-\ntives personnelles s'en prirent non seulement à Mahler, mais à ceux aussi,\ndont le Dr. Paul Stefan, de Vienne, avait groupé les pages de fête, offertes\nen un livre d'hommage au Maître, à l'occasion de ses cinquante ans. Car\nil demeure acquis, semble-t-il, que la plus grande injure qu'on puisse faire\nà la critique soit d'admirer quelqu'un sans sa permission. La très sobre,\ntrès exacte et très documentée biographie de Mahler, que le même Paul\nStefan 1 vient de publier, a été, pour parler net, véritablement lacérée au\nmoral par certains journalistes, et avec un tel accent de haine, qu'aucune\nexplication, antisémitisme, chauvinisme, rivalités d'école, inimitiés per-\nsonnelles, vengeances n'est suffisante, hors peut-être celle-ci : on a deviné\nsous le musicien la présence du prophète et qu'il s'agit non plus, avec\ncette musique, de délecter agréablement les sens raffinés et l'esprit\ningénieux d'une centaine de précieux dilletanti, mais d'ameuter les fouies,\nde les rassembler autour de ces mêmes vérités vieilles comme le monde,\ndesquelles le monde contemporain croyait s'être définitivement affranchi\net qui se démontrent une fois de plus immortelles. Les raisons du caractère\ntrès spécial des haines que suscite Mahler, aussi bien en Allemagne qu'en\nFrance, sont que sa musique met aux prises les salons et la place publique,\nl'irréligion oligarchique et l'idéalisme populaire; qu'elle chante : \"\nnia donné une petite lumière que le maître éprouve le besoin de construire\nl'un des plus gigantesques premiers mouvements de - symphonie qui\nexistent, sur les paroles du Vent creator et que, de toutes les puis-\nsances de son orchestre, il lance au ciel ce que\nl'irréligion contemporaine espérait bien ne plus entendre que de la bouche\ndes \" pauvres d'esprit \", et dont elle escomptait ne plus rendre responsable\nque l'imbécile \" foi du charbonnier Or Mahler est l'un des plus\nérudits et des plus profonds penseurs de notre temps !\n\n1 Dr. Paul Stefan : Gustav Mahler, eine studie über PersOnlichkeit und Werk Munich R. Piper. Et chez\nle même éditeur : Gust&v Mahler : ein Bild seiner PersOnlichkeit in Widmungen."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "GUSTAVE MAHLER"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.60", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "Et c'est là le fond de la question. Voici une musique qui rejette\ncarrément les suffrages des cénacles et en appelle directement au peuple,\nà tous les peuples de la terre entière ; voici une musique qui ne s'inquiète\npas une minute des modes du jour et revient à la pleine mélodie spon-\ntanée, sans s'inquiéter d'être taxée de vulgaire ou de triviale. Des thèmes\nparaissent ramassés sur la rue. Ils sont la voix même de la rue, élevée à\nproclamer Dieu lui-même. Les détracteurs parlent à la fois de Tristan,\ndu Faust de Schumann, et de Johann Strauss, de Perosi, de Mascagni et\nde Puccini. Les thèmes sont \" volés partout \", disent-ils, et ne servent qu'à\ndes \" grossissements photographiques. \" Ce volé partout n'est pas exact :\ncar il est à remarquer d'abord que les emprunts sont approuvés tantôt,\ntantôt taxés de citations, quand ils ont lieu dans certaine école, et que\npersonne ne trouve à redire à Wagner d'avoir dévalisé tous ses grands\nprédécesseurs, ni de ce que tous les grands maîtres d'autrefois se soient\nservi dans la rue et les champs, dans les poches du populaire, comme du\nreste font tous les rois de la terre. Et ensuite des thèmes de l'allure du\nVent Creator, qui est àla base de toute l'œuvre monumentale, peuvent\navoir n'importe quelle provenance, ils prennent immédiatement une\nphysionomie telle, qu'un Richard Strauss a pu dire à Prague, \" une seule\nmesure de Mahler, cueillie n'importe où, est telle que Mahler seule pou-\nvait ainsi l'écrire et seul de tous les musiciens modernes il se reconnaît\nimmédiatement à cette seule mesure. \" Quant à ce qui se construit\nà l'aide de ces thèmes, tenus par d'aucuns pour quelconques et qui\nne le sont en réalité nullement, l'importance et la magnificence en est\ntelle qu'on peut voir aussi bien un Max Reger ou un Richard Strauss\nqu'un Père Hartmann suivre la partition, au concert, de la première à la\ndernière mesure, sans une minute en relever les yeux, puis, les premiers,\nReger et Strauss, donner le signal des applaudissements. Et cela nous\nchange un peu de ces roitelets d'aujourd'hui, dont la jalousie vindicative\ns'attaque même à Wagner, même à Franck, même à Beethoven, à tout\nce qui n'est pas eux-mêmes enfin.\nJe ne veux du reste pas aborder en ce moment cette absurde question\nde la provenance des thèmes, et de la classification des thèmes vulgaires\nou distingués. Tous sont également bons ou mauvais selon ce qu'on en\nfait, et au bout de cinquante ans ils sont tous égaux devant la postérité,\nqui ne sait plus quels ont été distingués et quels vulgaires, en sot. Le\n\" goût du jour \" passé, il ne leur reste plus que la beauté, la noblesse ou"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.61", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "l'indignité de ce que l'auteur en a fait. Et en ce qui concerne Mahler,\nnous dormons aussi tranquilles qu'en ce qui concerne Bruckner et\nBeethoven. Nous demandons aux thèmes de créer de la vie et rien autre.\nLa vie la plus intense, la plus passionnée est ici, qui nous console des\npensums scholastiques et des architectures ennuyeuses, voire même des\narchitectures de nuages, engendrées par tant de thèmes très distingués,\ncycliques ou non, vertébrés ou invertébrés.\nLa VIIIme symphonie de Mahler, cyclique àsa manière, puisque tout\ny est engendré par le premier thème du Veni Creator, est une immense\ncomposition décorative, exécutée par une roule et proposée aux foules,\ndans un but d'édification à la fois sacrée et profane, mais tendant à subli-\nmer le profane par le sacré. Elle entend rappeler au culte de l'Esprit\nCréateur le monde moderne et lui proposer de fondre en une seule adora-\ntion l'Eros antique et le Saint Esprit catholique, au cours d'une grande\nfête pompeuse où toutes les puissances de la suggestion musicale entrent en\njeu. L'humanité entière étant Faust, elle recourt ensuite au finale\nae Gœthe pour se rendre claire à elle-même sa pensée, pour dégager\nd'elle-même les paroles trancendantes dont elle est grosse. Viens à nous,\nEsprit Créateur, et fais nous comprendre que, par delà toutes les expé-\nriences, toutes les défaillances de la vie, ceci seul persiste, indemne et\ngrand, source de tout, supérieur à tout l'Amour, et que, sur les ailes de\nl'Amour, nous entrons dans l'éternité. Gloire au Père, au Fils et au Saint\nEsprit, dont le nom est Amour, auprès de qui nous atteindrons par\nl'Amour et qui, par l'Amour, nous entraînent à eux.\nLes mots A'Eternel féminin sont tenus ici dans une acception toute\nphilosophique et kabbalistique, qui exclue toute idée de sexe. Mahler a\npris la formule de Gœthe, il eut tout aussi bien pu recourir à la Schek-\nhina du Zohar. Le texte n'est ici que le revêtement révélateur (au sens\nprimitif re-voiler) de la pensée créatrice, et, si je puis m'exprimer ainsi la\npeau, 1 epiaerme du corps musical, de la masse symphonique, la signifi-\ncation extérieure de la cohue chorale. Comme on le voit, nous sommes\nloin ae 1 infime discussion de la provenance et de la qualité de thèmes. Ils\nn ont pas pius Q importance ici que les mots élus pour créer un sens, pour\ndéfinir une vérité. La pensée tout au long de la symphonie les purifie sans\ncesse et leur crée une splendeur, une éloquence persuasive, que les thèmes\nles plus savants, les plus épurés par la plus sévère critique de soi-disant\n\" bon gout n obtiendront jamais. Une telle symphonie est aussi éloignée"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.62", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "de la notion courante de l'œuvre d'art qu'un bloc de Rodin, qu'une\ntranche de la Comédie humaine, qu'un livre de Rabelais, que le Faust ou la\nDivine Comédie.\nSa première étrangeté et sa grande nouveauté est d'être non pas une\nsymphonie avec chœurs comme l'avaient comprise Beethoven, Liszt\n(Faust, Dante)et même le Mailler des symphonies II et 111, mais une\nsymphonie chorale où les voix agissent en fonction d'instruments. Rien\nd'un oratorio, rien d'une messe, encore que depuis Bach et Haendel\njamais chœurs n'aient été traités avec cette maîtrise, cette possession de\ntoutes les ressources des voix humaines, qui laisse bien loin en arrière ce que\nmême le Beethoven de la Missa solemnis, le Bruckner du Te Deum, le\nLiszt de Ghristus,de Ste Elisabeth et de la le Brahms du\nRequiem et du Chant du destin avaient essayé. Toutes ces grandes et belles\nchoses sont œuvres où des génies modernes s'épuisent à reprendre l'ancienne\ntradition chorale et à en tirer des effets neufs. Mahler au contraire arrive,\ncandide et omnipotent, qui s'empare des voix avec le même sans gêne\ndominateur que de l'orchestre, et par ces mille bouches exprime le débor-\ndement de son cœur. Les gens du métier, les plus impropres à accepter\nl'entrain et la verve spontanée de la musique de Mahler, sont les premiers\nà avoir rendu hommage à la belle franchise, à la frappe vigoureuse et\nmartiale de ces chœurs, à l'allégresse heureuse et jeune de ces trois cents\nvoix d'enfants et de ces merveilleuses voix de femmes, parfois criant à tue\ntête dans la masse fougueuse et bouillonnante de ce Veni au-delà\nduquel on ne sait plus ce qu'il serait encore possible d'inventer d'inattendu\net de frappant. Et cependant Mahler tient encore la gageure d'apporter\nautre chose et sinon mieux, comme le disent les uns, aussi bien, comme\ndisent les autres.\nCette formidable symphonie, dont la durée est de une heure quarante\nminutes avec une seule et très courte pause, est divisée en deux parties.\nLa première, le Vem Creator, est un premier mouvement de symphonie\ndans toutes les règles, mais chanté en même temps que joué ; la seconde\nconfond et entremêle les diverses autres parties (scherzo, adagio, finaleJ en\nune agglomération d'un seul bloc, qui s'exprime par le texte de Gœthe et,\nà certaines minutes, nous donne excellemment idée de ce que pourrait\nMahler s'il lui plaisait un jour de s'attaquer à un drame musical. L'im-\npression du Vteni Creator a été écrasante et n'a pas permis une minute de\nsouiller. Ici l'orchestre reprend ses droits et se succèdent les épisodes les"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.63", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2644, "texte": "plus variés, atmosphères et clartés mystique, paradis de peintre primitif\nou paysage des Chimères de Gustave IVtoreau, exhaltation des anachorètes,\net des pénitentes, invocation à la Mater et son apparition, et lon\nne doit pas être surpris de reconnaître de ci de là, transposé en clarté\npurificatrice, l'accent même du péché primitif, ainsi que dans nos corps\nglorifiés du dernier jour se retrouvera quelque apparence de notre coips\ncharnel. Ici encore on a parlé, comme à chaque symphonie de Mahler,\nde profanation et de sacrilège. A en croire certains c'est même l'intangible\ntexte de Goethe qui aurait été profané. J'ai l'impression au contraire que\nce grand païen de Goethe, qui pouvait bien concevoir l'hymne à 1\nféminin, mais non pas XEternel jémimncomme Dante a conçu sa Béatrice\net Mahler le sien, c'est-à-dire chemin et guide sur les voies du Gloria\nPatri, se complairait à certaines pages du Faust du maître autrichien\nmieux qu'à celles de tout autre prédécesseur, de Spohr a Gounod, de\nBerlioz à Wagner et à Schumann. Il en est là, que l'on voudrait baiser\nau passage et telles que toutes les beautés des symphonies précédentes\nsont certainement atteintes, encore que je ne cache pas que, s'il s'agit de\nl'œuvre prise dans son ensemble, je n'hésite pas, vu la singularité et\nl'appareil anormal de celle-ci, de lui préférer, du moins après les sept ou\nhuit auditions totales que constituent tant de répétitions partielles, les\ndeux répétitions générales et les deux auditions, cette rayonnante VIImt\nsymphonie des beaux jours de Prague 1908. Mais qu'est-ce que huit\nauditions pour prendre connaissance d'une œuvre aussi à part dans la\nproduction de notre temps ? Il est facile de prétendre qu'elle ne présente\naucun problème, lorsque l'on n'a pas même aperçu ces problèmes ! Qui\nvoudrait seulement étudier par le menu la façon dont texte et musique\nse comportent en leurs rapports réciproques, les retours de thèmes et les\nrappels d'une partie en l'autre, enfin et surtout le miracle d'être demeuré\nconstamment dans l'unité symphonique sans entorse à l'expression drama-\ntique, pourrait trouver là une intarissable matière aux plus édifiants com-\nmentaires et développements d'esthétique musicale.\nIntercalée comme exprès, entre une audition de la et\nune de Deborah (Haendel) par les chœurs venus de Vienne, sous la direction\nde M. Schalk, et de Leipzig, sous la direction de M. Gœhler, justement\npour l'œuvre géante, cette VIIIe symphonie est apparue très à son aise, et\ncomme dans son milieu naturel, parce que de tous points l'expression en\nquelque sorte mondiale de l'état de notre vie, de notre culture et de notre"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.64", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "idéal. Œuvre démocratique et universelle par excellence, elle s'adresse non\nà celui-ci ou à celui-là, mais à tous. Son intention n'est pas de capter les\nsuffrages des délicats, de chatouiller des sens ou des esprits blasés, mais de\nremuer des populations modernes entières et de leur donner cette minute\nd'exaltation et de réconfort que les foules du moyen âge tiraient des\npompes du culte ou de l'Empire. En examiner à la loupe la texture serait\naussi fou que d'appliquer un télescope sur les floraisons délicates de la\nmusique française de l'heure actuelle. Une cantate, décorative à la manière\nd'une fresque, n'est pas un instantané d'émotion rare, à la manière d'une\npochade impressionniste, et il est absurde d'appliquer à Saint Pierre de\nRome le même critère qu'à une maison slovaque sous chaume, encore\nque certaines lois constructives s'y retrouvent immuables. Le Festival\nfrançais qui, à trois jours d'intervalle, suivit est arrivé, lui aussi, comme\nexprès pour nous bien faire toucher du doigt les complications et les incon-\nséquences de la vie. C'est votre république, pas mal démagogique, qui pro-\nduit les œuvres subtiles et exquises, d'un irrésistible attrait sur les aristo-\ncraties d'intellectuels blasés, et ce sont en nos solides monarchies disciplinées\nque s'élèvent les grandes voix amples comme les flots de la mer, des fêtes\nde la Fraternité dans la Joie et l'Amour. Evidemment il y a là deux arts\nabsolument incompatibles et pourtant qui ne s'excluent pas, justement du\nfait d'être si différents. Les trois nocturnes de la VIF symphonie de\nMahler contiennent certainement l'analogue de ce qui, une minute nous\nséduit dans les Fêtes de Debussy ou la Rhapsodie espagnole de Ravel.\nEt ce qui intéressait le plus les musiciens français, présents à Munich lors\ndes journées Mahler, était les pages de fraîcheur naïvement populaire, ou\ncertaines bizarreries orchestrales de la scène de Faust. Mais à côté des\nminutes exquises, l'œuvre du maître contient autre chose, et du moins en\nce qui nous concerne, nous les amis de Mahler, c'est celà seul qui importe\net celà seul par quoi il durera, celà seul qui le met au rang des Hsendel,\ndes Haydn, des Beethoven et des Bruckner. Et je sais, je sais pertinem-\nment qu'en France même beaucoup commençent à s'en apercevoir.\nIl est impossible de ne pas parler d'une exécution merveilleuse, une\nde ces exécutions dont Mahler seul a le secret, pour laquelle s'étaient\ndérangés deux cent cinquante chanteurs de Vienne, deux cent cinquante\nchanteurs de Leipzig, et à Munich les trois cent cinquante enfants des\nécoles de chant et les cent cinquante musiciens de l'orchestre du Konzert-\nverein renforcé. Cet orchestre fut ainsi distribué : 24 premiers et 20 se-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.65", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "conds violons, 16 violes, 14 violoncelles, 1 o contrebasses, 5 harpes et\n2 mandolines, 2 petites flûtes, 4 grandes, 4 hautbois et cors anglais, 2 cla-\nrinettes en mi-bémol, 3 autres, 1 clarinette basse, 4 bassons et contre-\nbassons, 8 cors, 4 trompettes, 4 trombones, la basse tuba, les timbales, la\ngrosse caisse, les cymbales, le tamtan, le triangle, les grosses cloches, le\nglockenspiel, le celesta, le piano, l'harmonium et l'orgue, sans compter\n4 trompettes et trois trombones, isolés au milieu des masses chorales.\nEnfin huit solistes de premier ordre devraient être, du moins six sur huit,\ncélébrés sans aucune hésitation sur le choix de termes, car les plus forts\nsont les plus mérités. MM. Félix Senius, de Berlin, (Ténor et\nMari anus), Nicolas Geisse- Winkel de Wiesbaden (Bariton et\nticus), Richard Mayr, de Vienne (Basse et , Mmes Ottilie\nMetzger, de Hambourg, (premier alto et samaritana), Anna Erler\nSchnaudt, de Munich (second alto et Emma Bellwidt,\nde Francfort sur Mein [Mater Gloriosa)^Marthe Winternitz-Dorda, de\nVienne, (second soprano et magnapeccatrix), enfin Gertrude Foerstel de\nVienne (premier soprano et unapœnitentium), ont tous et toutes bien mérité\ndu maître, qui souvent exigeait l'impossible, et de notre reconnaissance.\nMais si je nomme en dernier Mme Gertrude Foerstel, c'est pour la mettre\nhors pair. Vraiment je crois n'avoir jamais rien entendu de pareil à la\npureté, à l'élan, à la passion, à la force de ce magnifique soprano, donnant à\nchaque fois l'impression de planer dans le ciel bleu, haut, haut et lent\ncomme un grand aigle, bien loin au-dessus de toutes les agitations humaines.\nAprès la si fraîche rentrée des voix enfantines sur le gloria patri, qui suit\nle petit interlude en fugato, où passe comme un souffle de Bach, soudain\nlancés dans le vide, au-dessus des passions de l'orchestre frénétisé, les deux\nsoprani un instant semblent tomber d'un autre monde et les courbes de\nleur élan sonnent orientales comme une voix de muezzin. C'est l'une\ndes minutes extraordinaires de cette partition radieuse. Partout ailleurs du\nreste, ce fut comme un oiseau dans l'air, comme un poisson dans l'eau,\nque cette Gertrude Foerstel chanta tout son rôle par cœur et évolua au\nmilieu des mille voix déchaînées... Pauvres chanteuses du temps de la\nIXme symphonie, qui prétendaient se déchirer le gosier pour le plaisir de\nBeethoven ! Celles-ci étaient toutes trop heureuses d'avoir été les élues.\nVenir de Francfort à Munich pour chanter les vingt mesures tout unies,\nde la Mater Gloriosa, c'est là dévouement qui paraît encore tout simple en\nAllemagne. Et que dire de la joie des enfants, des coquetteries réciproques"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "4"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.66", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "de Mahler à leur égard et au sien des \" Herren Buben \" (qui étaient surtout\ndes fillettes). Qui n'a pas vu les sept cents petites mains agitant les blancs\nfeuillets au milieu des hurlements forcenés et du tapage de la foule,\nà l'heure du délire finale, ne saurait concevoir ce qu'un tel triomphe\npeut avoir de réconfortant. C'est un de ces spectacles qui réconcilient\navec la vie.\nA quand le prochain ? Un de ces jours les IX et Xe symphonies,\nqu'on achève d'imprimer, vont paraître à la fois. Puissent elles, Dieu et\nM. Emile Gutmann aidant, être le grand bonheur de notre année 1911.\n\nWilliam Ritter."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "67", "page_fin": "73", "image_debut": 67, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.9", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "BRENET (Michel). Les Musiciens d\ndu Palais. (Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nPicard et fils 1910. In-40 de 380 pp. ; frs. 15»)\nFondée par Saint Louis pour recevoir et conserver dignement\nla sainte Couronne d'épine, la Chapelle du Palais a joue un rôle\nfort important dans l'histoire de la musique religieuse française.\nAprès la musique du roi celle de la Sainte Chapelle était la\npremière et la plus illustre. Les postes de chantres et organistes\nétaient dévolus aux maîtres les plus en vue ou les plus appuyés.\nC'est dire que depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIIe les archives\nde cette fondation ont gardé pour l'historien un véritable trésor.\nPeu d'entre nous s'étaient aventurés dans ces cartons de la\nSainte Chapelle soit aux Archives, soit dans les bibliothèques.\nM. Brenet vient de nous rendre toutes recherches désormais\ninutiles en publiant méthodiquement et chronologiquement tout ce\nqui a trait à la musique et aux musiciens dans ces fonds. Et, pour\najouter plus de prix à cet ouvrage, l'infatigable chercheur qu'est\nnotre collègue Brenet a versé dans ce volume, soit en notes, soit en\nappendices, toutes les fiches qu'il avait rassemblées sur les person-\nnages cités dans ces documents. Dans toute notre musicologie\n. . , • 1 .1 . r _ . • . .0\nfrançaise nous n'avons peut-être pas deux volumes aussi amplement documentes que cet 111-4\noù apparaissent près de 700 noms de praticiens français.\nSi j'avais la place de donner à ces notes bibliographiques les développements d'une\nchronique, je ne résisterais pas au plaisir de donner une image sommaire de cette vie musicale\nde la Sainte Chapelle, avec ses rivalités de fonctionnaires, ses chicanes de maîtres, et l'évolution\nde l'art au milieu de cette illustre compagnie. A noter la disparation d'un registre des archives\nqui correspond, au XVIIe siècle, à une curieuse dispute autour d'un Lutrin. Brenet insinue fort\njustement que Boileau dut emprunter ce document des mains de son oncle, le chanoine\nDongois, et omettre de le restituer. A remarquer encore la difficulté de faire participer les\nchapelains à l'exécution de la musique lorsque celle-ci eut pris hors de la liturgie l'importance\net le caractère d'un art véritable. C'est une querelle que nous retrouvons dans toutes les\ninstitutions de ce genre, dont la fondation remonte au moyen âge.\nNous attendions tous avec impatience le livre de Brenet, et plus d'un parmi nous pourra\ndésormais poursuivre des études que le manque de documents arrêtait, C'est un gros morceau\nde l'histoire biographique qui devient accessible. Il ne sera plus possible de parler au XVIIe\nsiècle français en érudit sans s'être référé à ce dépouillement laborieux et qui honore si grande-\nment la musicologie du XXe siècle. J. E."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.68", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "HAMMERICH (Angul). Muséum. Katalog (Copenhague 1909 in-8°\nde 150 pp.)\nQuand on songe au déplorable état de notre Musée du Conservatoire et au peu d'éclat\nqu'on a donné à cette collection nationale, il est toujours pénible de voir l'étranger créer et\ndévelopper ses musées d'instruments anciens. M. Hammerich est arrivé à doter le Danemark\nd'un fond de 700 spécimens fort intéressants, très bien choisis, et dont il nous présente un\nCatalogue richement illustré par les procédés de reproduction moderne. Gémissons sur notre\nConservatoire et félicitons M. Hammerich.\nROLLAND (Romain).— Hœndel.(Collection des Maîtres de lamusique. Alcan 1910\nin-12°, frs. 3,50).\nNos lecteurs ont suivi les belles et profondes études de notre éminent collègue sur Harndel\net ses plagiats. Elles étaient détachées, comme ce volume lui-même des cours de Sorbonne\nprofessés sur ce sujet écrasant par M. Romain Rolland. Ce livre n'a pas la prétention d'épuiser\nune matière gigantesque, mais de réunir sous un format réduit l'essentiel et ce qu'il faut savoir\nde l'auteur du Messie, de ses œuvres, de sa vie, de son style, de ses tendances. Il faut admirer\nM. Rolland de pouvoir mettre au service de la vulgarisation une érudition, qui suppose avant\ntout la lecture attentive des cent et quelques volumes in-folios que la Hœndel-Gesellschaft a mis\nau jour, et le dépouillement minutieux de fonds du Conservatoire.\nLa thèse qui semble se préciser dans ces pages c'est que Haendel ne doit pas être considéré\ncomme le représentant de la musique emphatique et pompeuse, mais comme une âme drama-\ntique et essentiellement active. Au lieu du Cent Kilos de la musique, nous aurions en Hîendel\nun génie descriptif, évocateur, un homme de théâtre, épris de contraste, d'émotions vives et de\npittoresque. Je le veux bien, mais j'avoue qu'en rassemblant mes souvenirs je ne me sens pas\npersuadé. Cela tient sans doute àce que nous ne connaissons ici qu'une part de l'œuvre de\nHaendel, et sous un jour froid qui tombe d'une exécution mauvaise.\nOù je me sépare de mon collègue, c'est à la page 160, sur la question de l'ornementation.\nDire :on ne doit conserver des génies que ce qutls c'est parfait. Mais pour-\nquoi vouer à la mort ces malheureux ornements. Je reviendrai un jour sur ce problème, qui ne\nse laisse pas résoudre en une page.\nRHODES (EMILE). Les Trompettes d (Paris, Picard et fils, 1909. In-8° de\n70 pages.)\nJe suis d'autant plus heureux de l'apparition de cette brochure que j'avais moi-même\npublié autrefois1 les documents ayant trait aux trompettes de la Grande Ecurie du Roi au\nXVII- siècle, contenus dans les cartons des séries O et Z des Archives. M. Rhodes,\nqui est un descendant d'une dynastie de trompettes de la cour, s'est beaucoup plus étendu sur\nce sujet que je ne l'avais fait moi-même. Plusieurs manuscrits de la Bibliothèque Nationale et\ndes pièces d'archives d'Auvergne lui ont fourni une abondante contribution. A signaler pour\nl'histoire de la musique une lettre du Duc de Chaulnes, tirée des Archives du Ministère de la\nGuerre, et qui se termine ainsi : \"Il manque deux trompettes, et comme il n'y en a guère de\nbons en France, je crois devoir en prendre d'étrangers sous le bon plaisir de Votre Majesté. Il\ns'en présente deux, l'un Napolitain, l'autre Suisse. Ils sont bons, mais comme ils sont jeunes,\n\n1 La musique de la Grande Ecurie du Roi. (Bulletin mensuel de la Société Internationale de musique...\nBreitkopt et Hârtel.)"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "11 y a apparence qu'ils deviendront excellents. Je demande à votre Majesté la permission de les\nprendre. Si Elle l'accorde, je les essayerai à la tête de la brigade avant de les mettre en\ncharge. \"\nIl faut cependant constater que dans la grande écurie de la maison militaire du Roi aux\n170 et 180 Siècles, presque toutes les charges sont tenues par des familles qui habitaient et\nhabitent encore la haute Auvergne, aux environs de Riom. M. Rhodes n'aurait-il apporté que\ncette démonstration, que son ouvrage serait déjà précieux.\nQuatre pages de musique tirées du Manuscrit Philidor bien connu de la Bibliothèque de\nVersailles complètent cette monographie. Je signale à M. Rhodes un manuscrit qui paraît\ncontenir un répertoire de trompettes françaises de la fin du 17e siècle. Il se trouve dans la\nbibliothèque de la Société Musicale de Varsovie.\nWEINMANN (DR KARL). Kirchenmusikalisches Jahrbuch. (23e Année, Regensburg,\n1910. In-B°.)\nCette vénérable publication nous apporte encore cette année de très intéressantes études.\nTout d'abord, la suite d'une biographie de StefFani par notre collègue Einstein, puis une con-\ntribution à l'histoire de l'organiste français Titelouze ; d'abondantes bibliographies et enfin de\npetits articles, parmi lesquels j'ai remarqué surtout celui du Dr Weinmann sur\nsacrée ancienne et moderne. Le problème que pose notre confrère en ces quelques pages, à propos\nde l'avenir de la musique d'Eglise est des plus importants. Il est bien certain en effet que nos\nmaîtres musiciens ne produisent plus rien dans le domaine sacré, rien au moins qui soit à la\nhauteur de leur production dans le domaine profane. Pourquoi ? c'est ce qu'il importerait de\nrechercher.\nTILLIE (GUSTAVE). Guide pratique d'E(Aux bureaux du Moniteur juridique.\n4 rue du Fouarre. 1910. In-120, de 134 pp. 2 fr.)\nPetit mémento qui rappellera aux auteurs ce qu'ils devraient savoir. J'aurais aimé que\nM. Tillié, qui s'intitule lui-même ancien éditeur, nous ait renseigné plus sûrement encore et\nplus en détail sur les pratiques de ses confrères. Mais, tel qu'il est ce Guide peut rendre\nd'utiles services.\nKWARTIN (BERNARD). Der Moderne (Cari Konegen, Vienne,\n1910. In-120, de 116 pp. 2 fr.)\nVoici une brochure d'un caractère tout nouveau. L'auteur a rassemblé les 10 ou\n12 questions qui se posent en général à propos de l'art du Chant et qui ont fait l'objet de\ntoute un littérature depuis ces 10 dernières années. Il s'est livré à propos de ces questions à\nune véritable enquête qui a duré plusieurs années, et pour laquelle il a interrogé plus de\n500 personnes, professeurs ou élèves. L'auteur conclut que la décadence de l'art du Chant ne\nprovient ni d'un travers du goût ou du style, ni d'une pénurie des voix, mais de l'anarchie des\nméthodes et de l'insuffisance des professeurs. La majorité des élèves perd confiance dans un\nenseignement arbitraire et aveugle, et change sans cesse de professeur et de méthode. Il en\nrésulte un désarroi complet, qui produit les pires résultats. Les voix de Ténor ont le plus à\nsouffrir de cet état de choses. La France aurait beaucoup à gagner à la connaissance de ce\npetit volume nourri de faits."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.70", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "OLSCHKI (LÉO S.). Catalogue de manuscrits sur vèlin avec miniatures, du Xe au\nXVIe siècle. (Florence, 1910. In-40 de 100 pp. 20 fr.)\nDe tous nos grands libraires d'Europe, et de monde entier, M. Olschki est celui qui\nsacrifie le plus volontiers à la somptuosité des catalogues. Ce dernier ouvrage, avec ces tirages\nen bistre, ses reproductions en couleur, son iconographie débordante, est une contribution\nvéritable et précieuse à l'histoire du manuscrit sur vélin. Tous les amateurs, et ceux surtout\nqui ne peuvent atteindre les originaux décrits dans ces pages, les conserveront et les consulte-\nront. A noter des offices, et surtout deux splendides du XVe, ornés de très belles\nminiatures.\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (London Novelleo&C0,\n1909. In-fol de 350 pp.)\nDécidément les catalogues et les inventaires ont en ce moment toutes les sympathies des\nbibliophiles. Cet ouvrage, qui jadis eut été un simple in 8\", sa présente à nous, grâce aux soins\nde M. Novello, comme un merveilleux et imposant in folio. Je soupçonne fort notre éminent\ncollègue M. Littleton, d'avoir contribué pour une grande part à cette somptuosité, et la\nmusicologie lui en saura gré.\nL'exposition musicale dont ce volume est l'inventaire, s'est tenue en 1904 à Londres pour\ncélébrer le troisième centenaire de la vénérable Worshipful Company of Musicians de Londres,\nfondée par charte du roi Jacques I en 1604. Exemple à proposer à nos syndicats de musiciens\nqui pourraient réclamer de la Confrairie des Mènesi leurs ancêtres n'avaient pas impru-\ndemment détruit eux-mêmes leur corporation dès le XVIIIe siècle. L'Angleterre avait la\npremière donné le modèle d'une exposition de musique, en 1872, puis en 1885 et en 1900.\nLa Loan Exhibition devait donc être en progrès sur celles qui l'avaient précédées, et en effet\nelle fut remarquable. Livres, manuscrits, portraits, souvenirs, instruments, tout s'y trouvait en\nabondance. Le catalogue de cette réunion de raretés est fait méthodiquement. Il contient\nmaintes bonnes notices. Et surtout des reproduction en héliotypie infiniment précieuses. Il\ndoit être complété par un ouvrage que nous avons analysé ici même, et où se trouvent les\nlectures faites dans cette exposition qui s'appelle : (Walter Scott Publishing C°.)\nJ'observerais cependant que le portrait de Monteverde me paraît d'une attribution bien\ncontestable. M. Hill, qui a mentionné cette toile, lorsqu'elle était encore en Italie, n'avait pas\nété si affirmatif, à ce que je crois me rappeler. A critiquer aussi la planche qui représente des\n\"Recorder.\" Le catalogue nous dit très justement que le mot recorder s'appliquait aux flûtes\nà bec, et la planche représente en outre des hautbois et des cornets !\nDans la section des mss., plusieurs volumes sont à relever : des tablatures de luth et\nde violle ; le fameux Old Hall Ms.décrit dans nos bulletins internationaux par M. Barclay\nSquire ; enfin trois livres de pièces de Virginal,deux prêtés par le Roi d'Angleterre, un par les\nmarquis d'Abergavenny.\nCHANTS FACILES A DEUX VOIX ÉGALES pour les familles et les écoles,\n3e fasicule, 1 brochure de 16 pages, o fr. 15, chez Lebègue, 30 rue de Lille, Paris. Ce\nnouveau recueil de chants notés dans le système galiniste est digne des précédents. La musique\nest claire, simple, populaire. Elle est empruntée en grande partie aux acteurs d'opéras-comi-\nques du 18e siècle et du commencement du 19' , Reichardt, Doche, Dezède, Laujon, Gaveaux,\nGilliery Hèrold, On y rencontre aussi les noms de Beethoven, de Mozart, de Schubert, de\nMendelssohn,de Rameauyde IVeber.Un seul morceau est signé du nom d'un contemporain,"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "M. Bonnet, le président de l'association galiniste. Les paroles originales sont conservées le plus\nsouvent possible, ce qui est excellent. Quand il a fallu les remplacer par d'autres, on a fait des\nemprunts à des poètes connus, ou l'on a fait appel à l'initiative d'un homme de goût et\nd'expérience. Nous souhaitons le plus vif succès à ce petit volume.\nPAUL LANDORMY.\nJ. BONNET ET G. MICHAËLIS. ; d'après Pierre Galin et ses\ndisciples, i vol. in-B°, 5 fr. chez Lebègue et ClO, 30, rue de Lille, Paris. C'est là un\nexcellent volume de théorie à l'usage des écoles et des lycées. Il est très méthodique et très\ncomplet, dans les deux systèmes de notation, galiniste et non-galiniste. Les chapitres sur\nl'expression et sur la pose de la voix sont nouveaux et intéressants au point de vue pédagogique.\nUn appendice sur le plain-chant fournit d'utiles renseignements élémentaires.\nLA MÉTHODE MODULE CHIFFRÉE. 1 vol. in-B°, 2 fr. chez J. Lebègue\net C'e, 30 rue de Lille, Paris. Remarquable plaidoyer en faveur du système galiniste\ncomme moyen d'initiation musicale dans les écoles primaires. La question vaudrait d'être\ndiscutée, un jour ou l'autre, très largement.\nHENRY WOOLLETT. Histoire de la musique depuis l'antiquité jusqu'à nos jours,\nler volume, in-16, 517 pages, 3 fr. 50, publication du \"Monde Musical,\" 3 rue du 29 juillet.\nCe premier volume nous mène des origines jusqu'à Gluck en 9 chapitres intitulés :\nd ''œil d'ensemble, le monde antique oriental et les cha\ndans la Grèce antique et moderne, origines et développemen\nV époque du contrepoint et la naissance du drame ly\nHcendel, Vépoque du Clavecin, le drame lyrique de Le livre est plein de faits et\nde bons exemples. Il est peut-être un peu trop savant pour les lecteurs auxquels il prétend\ns'adresser. Le grand public réclame sans doute des vues plus rapides et plus systématiques. Tel\nqu'il est, cet ouvrage rendra de grands services, ét nous lui souhaitons le meilleur succès.\nPAUL LANDORMY.\nE. L. BAZIN, Ingénieur des Arts et Manufactures :\nMusique, chez l'auteur, 17 rue de Versailles à Nantes, et chez les libraires. 1910. Gr. in-40\nde 94 pages, avec un portrait de l'auteur.\nComme tous ceux qui joignent une culture sérieuse à la connaissance de la musique,\nH. Bazin a été frappé de l'anarchie et de l'incohérence qui régnent dans l'écriture et même\ndans la théorie musicales. Aujourd'hui que se manifeste partout un esprit d'organisation et de\nméthode, la musique semble s'attarder en une sorte de Kabile, et se complaire au sein d'un\ninextricable Babilisme, la même note, grâce au système de la portée à 5 lignes et des clefs,\npouvant offrir jusqu'à 150 figures différentes ! La plupart des traités de solfège et d'harmonie\ndécoulent de l'empirisme le plus suranné Leur enseignement àla fois compliqué, péremp-\ntoire et candide, n'est que terminologique, purement vertical ; et s'enferme dans le plus étroit\ndes formalismes.\nDepuis J. J. Rousseau, le problème de la simplification de l'écriture musicale et de son\nétablissement sur des bases logiques est à l'ordre du jour, et il nous souvient d'en avoir lu dans\nla S. I. M. une solution ingénieuse, due à M. Haustont. Mais, jusqu'à présent, nul n'a pu"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.72", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3935, "texte": "triompher de la toute-puissante routine, et on continue à perdre un temps précieux à apprendre\nà lire la musique, au lieu d'apprendre la musique elle-même.\nPourtant, les défauts de la notation actuelle apparaissent en toute évidence. En laissant\ncoexister la portée à 5 lignes munie de lignes supplémentaires et le système des clefs, cette\nnotation constitue une contradiction grossière; car si l'on multiplie les lignes de la portée, c'est\napparemment afin de réaliser une représentation immédiate de la plus \"grande partie possible\nde l'échelle sonore, et d'emplacer les octaves. Or, le changement des clefs, c'est-à-dire des\npoints initiaux, a, au contraire, pour objet de rétrécir l'étendue de la portée. Ajoutons que la\nlecture de toutes ces clefs ne s'acquiert que lentement, au prix d'un labeur rebutant, et\nconstitue la plus vaine des sciences. Et quelle inutile complication pour les instruments\ntranspositeurs.\nSans doute, ces anomalies peuvent se justifier d'un point de vue historique. Mais, là n'est\npas la question, d'autant plus que tous ces faits d'empirisme accumulés dans la notation ont\nété des perfectionnements successifs, et que, par conséquent, rien ne nous empêche d'ajouter,\nà notre tour, a la chaîne du passé un maillon plus solide et mieux conditionné.\nLe système d'écriture de M. Bazin est dit 0 parce que chaque octave s'écrit tou-\njours de la même manière au moyen de 7 notes de forme invariable et d'une portée réduite à\n3 lignes. Les clefs sont supprimées, les notes ne changent jamais de nom, et les octaves se loca-\nlisent dans l'échelle au moyen de chiffres romains placés en tête de la portée. Evidemment, ces\nchiffres constituent des espèces de clefs puisqu'ils indiquent l'exhaussement ou l'abaissement du\nplan de 1 intonation, mais, au moins, présentent-ils l'énorme avantage de conserver aux notes\nleurs noms, de numéroter les octaves de façon précise et de supprimer toute ambiguité de la\nhauteur des sons.\nM. Bazin réglé avec la même logique la question des indices métriques qui, dans la notation\nclassique, est résolue de la façon la plus irrationnelle. Et, en effet, si, en rythme binaire,\nla noire est 1 unité du temps, en rythme tertiaire, elle est remplacée par la noire pointée, choix\nvraiment singulier pour une unité. Dans l'écriture octavinale on rejette cette unité fraction-\nnaire, et on adopte la noire comme unité de temps, en rythme ternaire. La division du temps\ns établit alors au moyen d'une figure nouvelle, la une noire, valant trois crochettes, et\ntoutes les mesures de rythme binaire ou ternaire, s'écrivent de la même façon, au moyen de la\nfractlon ; ou crochittes• Les t, £, V2 deviennent ainsi des f, f, et l'incompréhensi-\nble terminologie qui fait de ces mesures des mesures disparaît.\nAbordant le théorie même de la musique, M. Bazin traite de la formation des tonalités\nqu'il classe en positives majeures et en négatives mineures et dont un système ingénieux\nd'armures permet de reconnaître immédiatement la modalité.\nCe livre vient à son heure, car, comme toujours, l'art contemporain est en avance sur la\nnotation, qui, de plus en plus, se montre impuissante à le traduire. Quand l'esprit change, il\nfaut que le matériel se transforme, aussi, ne saurions-nous trop recommander aux professeurs\nde musique une étude attentive de la réforme octavinale présentée par M. Bazin avec un\nremarquable esprit de logique. Peut-être pourrait-on reprocher à son ouvrage un certain excès\nde concision qui en rend la lecture assez malaisée ; mais, il convient de rendre justice à l'effort\net a la rigueur de méthode dont il témoigne. Seulement, comme toutes les tentatives\nantérieures, la méthode octavinale se heurtera à une assez sérieuse difficulté d'application, en\nraison de l'énorme quantité de musique déjà gravée dans le système de la portée à 5 lignes, et\npour laquelle il faudrait procéder à une complète réforme typographique.\nLIONEL DE LA LAURENCIE."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "LUCIEN HARVET, le subtil mélodiste, le beau poëte du piano nous offre un lied :\nJe t'aime,poésie d'Andersen traduite par Wilder, (édition Breitkopff). Chant de passion\ndésespérée, aux accents sauvages et doux à la fois, avec le geste des deux mains ferventes\nvers Elle offrant le cœur qui saigne ; sur la plainte lente et mouvante, en accom-\npagnement, des vagues désolées. Art personnel, spontané, simple, jailli du fond de l'être, et qui\némeut sans détours.\n\nLIVRES REÇUS.\nGLASENAPP. Das Leben Richard (Breitkopf, 1905-1910, 6 vol.\nin-B°. Mk 47, 50.) .\nGROVE. Dictionary of Music. Vol. 5, Tà Z. (Macmillan &C° 1910 in-8° de\n672 pp. 21 /.)\nBURKERT (OTTO). Fuehrer durch die Or gel Litteratury von Kothe-Forch-\nhammer, neubearbeitet von... (Lpz. Leuckart 1 in~i2 de PP» Mk 3*)\nKNOSP. (GASTON). Notes sur la musique Indo-chinoise. (Extrait de la Revista\nmusicale.)\nJOHN (ERNEST H. H.) Volkslieder (Annaberg.\nGrassers Verlag. in-8° de 240 pp. Mk 4, 80.)\nGASTOUÉ (A.). Récitatifs ou Chants simples pour les Graduels, Traits et Àlleluyas.\n(Bureaux de la Schola in-40 de 44 pp.)\n_ BAZIN (S. L.). Ecriture et Théorie octavinale (Nantes in-40\nde pp.)\nVIRGILI (VIRGILIO). Bernardo Pasquini(Pescia. E. Nucei 1908 in-12° de 80 pp.)\nWUSTMANN (RUDOLF). Musikgeschichte Leipzigs in drei Baenden. Band I.\n(Lpz. Teubner, 1909, in-40 de 5°5 PP- M 6.)\nTILÉ (GUSTAVE). Guide pratique d'édition.(Paris, 4 rue du Fouarre, 1910 in-120\nde 130 pp. Fcs 2.)\nRHODES (EMILE). Les Trompettes du Roi.(P. A. Picard et fils. 1909 in-40\nde 70 pp.)\nWEINMANN (D1 K.). Kirchemusikalisches (Regensburg\n1910, in-8° de 190 pp.)\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (Novelleo & C° 1909\nin fol de 350 pp. London.)\nROLLAND (ROMAIN). Haendel.(Collection des maîtres de la musique ; Alcan.\n1910, in- 12° de 350 pp.)\nHAEGER (G.) et WÛST (W.). Volkslieder aus der Rheinpfalz. (Kaiserlautern,\nH. Kayser, 1909, 2 vol. in-8° de 300 pp.).\nKLOSS (E.). Richard Wagner, ilb (Breitkopf 1910, in-16°\nde 86 pp. ;Mk 1.50)* , 0\nF ARAL (E.). Les Jongleurs en Fra (H. Champion 1910, in-8°\nde 340 pp. ; 7.50).\nGRAVES (L. L.). Musical monstruositie(London, Sir Pitman 1909, in-12 de\n23° pp. ; I-50)-\nWINDAKIEWICZOWA (HELENA). (Kra-\nkowie 1907, in-8° de 50 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "67", "page_fin": "73", "image_debut": 67, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.9.1", "titre_corps": "BRENET (Michel). Les Musiciens d", "titre_sommaire": "BRENET (Michel). Les Musiciens d", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "BRENET (Michel). Les Musiciens d\ndu Palais. (Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nPicard et fils 1910. In-40 de 380 pp. ; frs. 15»)\nFondée par Saint Louis pour recevoir et conserver dignement\nla sainte Couronne d'épine, la Chapelle du Palais a joue un rôle\nfort important dans l'histoire de la musique religieuse française.\nAprès la musique du roi celle de la Sainte Chapelle était la\npremière et la plus illustre. Les postes de chantres et organistes\nétaient dévolus aux maîtres les plus en vue ou les plus appuyés.\nC'est dire que depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIIe les archives\nde cette fondation ont gardé pour l'historien un véritable trésor.\nPeu d'entre nous s'étaient aventurés dans ces cartons de la\nSainte Chapelle soit aux Archives, soit dans les bibliothèques.\nM. Brenet vient de nous rendre toutes recherches désormais\ninutiles en publiant méthodiquement et chronologiquement tout ce\nqui a trait à la musique et aux musiciens dans ces fonds. Et, pour\najouter plus de prix à cet ouvrage, l'infatigable chercheur qu'est\nnotre collègue Brenet a versé dans ce volume, soit en notes, soit en\nappendices, toutes les fiches qu'il avait rassemblées sur les person-\nnages cités dans ces documents. Dans toute notre musicologie\n. . , • 1 .1 . r _ . • . .0\nfrançaise nous n'avons peut-être pas deux volumes aussi amplement documentes que cet 111-4\noù apparaissent près de 700 noms de praticiens français.\nSi j'avais la place de donner à ces notes bibliographiques les développements d'une\nchronique, je ne résisterais pas au plaisir de donner une image sommaire de cette vie musicale\nde la Sainte Chapelle, avec ses rivalités de fonctionnaires, ses chicanes de maîtres, et l'évolution\nde l'art au milieu de cette illustre compagnie. A noter la disparation d'un registre des archives\nqui correspond, au XVIIe siècle, à une curieuse dispute autour d'un Lutrin. Brenet insinue fort\njustement que Boileau dut emprunter ce document des mains de son oncle, le chanoine\nDongois, et omettre de le restituer. A remarquer encore la difficulté de faire participer les\nchapelains à l'exécution de la musique lorsque celle-ci eut pris hors de la liturgie l'importance\net le caractère d'un art véritable. C'est une querelle que nous retrouvons dans toutes les\ninstitutions de ce genre, dont la fondation remonte au moyen âge.\nNous attendions tous avec impatience le livre de Brenet, et plus d'un parmi nous pourra\ndésormais poursuivre des études que le manque de documents arrêtait, C'est un gros morceau\nde l'histoire biographique qui devient accessible. Il ne sera plus possible de parler au XVIIe\nsiècle français en érudit sans s'être référé à ce dépouillement laborieux et qui honore si grande-\nment la musicologie du XXe siècle. J. E."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.68", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "HAMMERICH (Angul). Muséum. Katalog (Copenhague 1909 in-8°\nde 150 pp.)\nQuand on songe au déplorable état de notre Musée du Conservatoire et au peu d'éclat\nqu'on a donné à cette collection nationale, il est toujours pénible de voir l'étranger créer et\ndévelopper ses musées d'instruments anciens. M. Hammerich est arrivé à doter le Danemark\nd'un fond de 700 spécimens fort intéressants, très bien choisis, et dont il nous présente un\nCatalogue richement illustré par les procédés de reproduction moderne. Gémissons sur notre\nConservatoire et félicitons M. Hammerich.\nROLLAND (Romain).— Hœndel.(Collection des Maîtres de lamusique. Alcan 1910\nin-12°, frs. 3,50).\nNos lecteurs ont suivi les belles et profondes études de notre éminent collègue sur Harndel\net ses plagiats. Elles étaient détachées, comme ce volume lui-même des cours de Sorbonne\nprofessés sur ce sujet écrasant par M. Romain Rolland. Ce livre n'a pas la prétention d'épuiser\nune matière gigantesque, mais de réunir sous un format réduit l'essentiel et ce qu'il faut savoir\nde l'auteur du Messie, de ses œuvres, de sa vie, de son style, de ses tendances. Il faut admirer\nM. Rolland de pouvoir mettre au service de la vulgarisation une érudition, qui suppose avant\ntout la lecture attentive des cent et quelques volumes in-folios que la Hœndel-Gesellschaft a mis\nau jour, et le dépouillement minutieux de fonds du Conservatoire.\nLa thèse qui semble se préciser dans ces pages c'est que Haendel ne doit pas être considéré\ncomme le représentant de la musique emphatique et pompeuse, mais comme une âme drama-\ntique et essentiellement active. Au lieu du Cent Kilos de la musique, nous aurions en Hîendel\nun génie descriptif, évocateur, un homme de théâtre, épris de contraste, d'émotions vives et de\npittoresque. Je le veux bien, mais j'avoue qu'en rassemblant mes souvenirs je ne me sens pas\npersuadé. Cela tient sans doute àce que nous ne connaissons ici qu'une part de l'œuvre de\nHaendel, et sous un jour froid qui tombe d'une exécution mauvaise.\nOù je me sépare de mon collègue, c'est à la page 160, sur la question de l'ornementation.\nDire :on ne doit conserver des génies que ce qutls c'est parfait. Mais pour-\nquoi vouer à la mort ces malheureux ornements. Je reviendrai un jour sur ce problème, qui ne\nse laisse pas résoudre en une page.\nRHODES (EMILE). Les Trompettes d (Paris, Picard et fils, 1909. In-8° de\n70 pages.)\nJe suis d'autant plus heureux de l'apparition de cette brochure que j'avais moi-même\npublié autrefois1 les documents ayant trait aux trompettes de la Grande Ecurie du Roi au\nXVII- siècle, contenus dans les cartons des séries O et Z des Archives. M. Rhodes,\nqui est un descendant d'une dynastie de trompettes de la cour, s'est beaucoup plus étendu sur\nce sujet que je ne l'avais fait moi-même. Plusieurs manuscrits de la Bibliothèque Nationale et\ndes pièces d'archives d'Auvergne lui ont fourni une abondante contribution. A signaler pour\nl'histoire de la musique une lettre du Duc de Chaulnes, tirée des Archives du Ministère de la\nGuerre, et qui se termine ainsi : \"Il manque deux trompettes, et comme il n'y en a guère de\nbons en France, je crois devoir en prendre d'étrangers sous le bon plaisir de Votre Majesté. Il\ns'en présente deux, l'un Napolitain, l'autre Suisse. Ils sont bons, mais comme ils sont jeunes,\n\n1 La musique de la Grande Ecurie du Roi. (Bulletin mensuel de la Société Internationale de musique...\nBreitkopt et Hârtel.)"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "11 y a apparence qu'ils deviendront excellents. Je demande à votre Majesté la permission de les\nprendre. Si Elle l'accorde, je les essayerai à la tête de la brigade avant de les mettre en\ncharge. \"\nIl faut cependant constater que dans la grande écurie de la maison militaire du Roi aux\n170 et 180 Siècles, presque toutes les charges sont tenues par des familles qui habitaient et\nhabitent encore la haute Auvergne, aux environs de Riom. M. Rhodes n'aurait-il apporté que\ncette démonstration, que son ouvrage serait déjà précieux.\nQuatre pages de musique tirées du Manuscrit Philidor bien connu de la Bibliothèque de\nVersailles complètent cette monographie. Je signale à M. Rhodes un manuscrit qui paraît\ncontenir un répertoire de trompettes françaises de la fin du 17e siècle. Il se trouve dans la\nbibliothèque de la Société Musicale de Varsovie.\nWEINMANN (DR KARL). Kirchenmusikalisches Jahrbuch. (23e Année, Regensburg,\n1910. In-B°.)\nCette vénérable publication nous apporte encore cette année de très intéressantes études.\nTout d'abord, la suite d'une biographie de StefFani par notre collègue Einstein, puis une con-\ntribution à l'histoire de l'organiste français Titelouze ; d'abondantes bibliographies et enfin de\npetits articles, parmi lesquels j'ai remarqué surtout celui du Dr Weinmann sur\nsacrée ancienne et moderne. Le problème que pose notre confrère en ces quelques pages, à propos\nde l'avenir de la musique d'Eglise est des plus importants. Il est bien certain en effet que nos\nmaîtres musiciens ne produisent plus rien dans le domaine sacré, rien au moins qui soit à la\nhauteur de leur production dans le domaine profane. Pourquoi ? c'est ce qu'il importerait de\nrechercher.\nTILLIE (GUSTAVE). Guide pratique d'E(Aux bureaux du Moniteur juridique.\n4 rue du Fouarre. 1910. In-120, de 134 pp. 2 fr.)\nPetit mémento qui rappellera aux auteurs ce qu'ils devraient savoir. J'aurais aimé que\nM. Tillié, qui s'intitule lui-même ancien éditeur, nous ait renseigné plus sûrement encore et\nplus en détail sur les pratiques de ses confrères. Mais, tel qu'il est ce Guide peut rendre\nd'utiles services.\nKWARTIN (BERNARD). Der Moderne (Cari Konegen, Vienne,\n1910. In-120, de 116 pp. 2 fr.)\nVoici une brochure d'un caractère tout nouveau. L'auteur a rassemblé les 10 ou\n12 questions qui se posent en général à propos de l'art du Chant et qui ont fait l'objet de\ntoute un littérature depuis ces 10 dernières années. Il s'est livré à propos de ces questions à\nune véritable enquête qui a duré plusieurs années, et pour laquelle il a interrogé plus de\n500 personnes, professeurs ou élèves. L'auteur conclut que la décadence de l'art du Chant ne\nprovient ni d'un travers du goût ou du style, ni d'une pénurie des voix, mais de l'anarchie des\nméthodes et de l'insuffisance des professeurs. La majorité des élèves perd confiance dans un\nenseignement arbitraire et aveugle, et change sans cesse de professeur et de méthode. Il en\nrésulte un désarroi complet, qui produit les pires résultats. Les voix de Ténor ont le plus à\nsouffrir de cet état de choses. La France aurait beaucoup à gagner à la connaissance de ce\npetit volume nourri de faits."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.70", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "OLSCHKI (LÉO S.). Catalogue de manuscrits sur vèlin avec miniatures, du Xe au\nXVIe siècle. (Florence, 1910. In-40 de 100 pp. 20 fr.)\nDe tous nos grands libraires d'Europe, et de monde entier, M. Olschki est celui qui\nsacrifie le plus volontiers à la somptuosité des catalogues. Ce dernier ouvrage, avec ces tirages\nen bistre, ses reproductions en couleur, son iconographie débordante, est une contribution\nvéritable et précieuse à l'histoire du manuscrit sur vélin. Tous les amateurs, et ceux surtout\nqui ne peuvent atteindre les originaux décrits dans ces pages, les conserveront et les consulte-\nront. A noter des offices, et surtout deux splendides du XVe, ornés de très belles\nminiatures.\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (London Novelleo&C0,\n1909. In-fol de 350 pp.)\nDécidément les catalogues et les inventaires ont en ce moment toutes les sympathies des\nbibliophiles. Cet ouvrage, qui jadis eut été un simple in 8\", sa présente à nous, grâce aux soins\nde M. Novello, comme un merveilleux et imposant in folio. Je soupçonne fort notre éminent\ncollègue M. Littleton, d'avoir contribué pour une grande part à cette somptuosité, et la\nmusicologie lui en saura gré.\nL'exposition musicale dont ce volume est l'inventaire, s'est tenue en 1904 à Londres pour\ncélébrer le troisième centenaire de la vénérable Worshipful Company of Musicians de Londres,\nfondée par charte du roi Jacques I en 1604. Exemple à proposer à nos syndicats de musiciens\nqui pourraient réclamer de la Confrairie des Mènesi leurs ancêtres n'avaient pas impru-\ndemment détruit eux-mêmes leur corporation dès le XVIIIe siècle. L'Angleterre avait la\npremière donné le modèle d'une exposition de musique, en 1872, puis en 1885 et en 1900.\nLa Loan Exhibition devait donc être en progrès sur celles qui l'avaient précédées, et en effet\nelle fut remarquable. Livres, manuscrits, portraits, souvenirs, instruments, tout s'y trouvait en\nabondance. Le catalogue de cette réunion de raretés est fait méthodiquement. Il contient\nmaintes bonnes notices. Et surtout des reproduction en héliotypie infiniment précieuses. Il\ndoit être complété par un ouvrage que nous avons analysé ici même, et où se trouvent les\nlectures faites dans cette exposition qui s'appelle : (Walter Scott Publishing C°.)\nJ'observerais cependant que le portrait de Monteverde me paraît d'une attribution bien\ncontestable. M. Hill, qui a mentionné cette toile, lorsqu'elle était encore en Italie, n'avait pas\nété si affirmatif, à ce que je crois me rappeler. A critiquer aussi la planche qui représente des\n\"Recorder.\" Le catalogue nous dit très justement que le mot recorder s'appliquait aux flûtes\nà bec, et la planche représente en outre des hautbois et des cornets !\nDans la section des mss., plusieurs volumes sont à relever : des tablatures de luth et\nde violle ; le fameux Old Hall Ms.décrit dans nos bulletins internationaux par M. Barclay\nSquire ; enfin trois livres de pièces de Virginal,deux prêtés par le Roi d'Angleterre, un par les\nmarquis d'Abergavenny.\nCHANTS FACILES A DEUX VOIX ÉGALES pour les familles et les écoles,\n3e fasicule, 1 brochure de 16 pages, o fr. 15, chez Lebègue, 30 rue de Lille, Paris. Ce\nnouveau recueil de chants notés dans le système galiniste est digne des précédents. La musique\nest claire, simple, populaire. Elle est empruntée en grande partie aux acteurs d'opéras-comi-\nques du 18e siècle et du commencement du 19' , Reichardt, Doche, Dezède, Laujon, Gaveaux,\nGilliery Hèrold, On y rencontre aussi les noms de Beethoven, de Mozart, de Schubert, de\nMendelssohn,de Rameauyde IVeber.Un seul morceau est signé du nom d'un contemporain,"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.71", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "M. Bonnet, le président de l'association galiniste. Les paroles originales sont conservées le plus\nsouvent possible, ce qui est excellent. Quand il a fallu les remplacer par d'autres, on a fait des\nemprunts à des poètes connus, ou l'on a fait appel à l'initiative d'un homme de goût et\nd'expérience. Nous souhaitons le plus vif succès à ce petit volume.\nPAUL LANDORMY.\nJ. BONNET ET G. MICHAËLIS. ; d'après Pierre Galin et ses\ndisciples, i vol. in-B°, 5 fr. chez Lebègue et ClO, 30, rue de Lille, Paris. C'est là un\nexcellent volume de théorie à l'usage des écoles et des lycées. Il est très méthodique et très\ncomplet, dans les deux systèmes de notation, galiniste et non-galiniste. Les chapitres sur\nl'expression et sur la pose de la voix sont nouveaux et intéressants au point de vue pédagogique.\nUn appendice sur le plain-chant fournit d'utiles renseignements élémentaires.\nLA MÉTHODE MODULE CHIFFRÉE. 1 vol. in-B°, 2 fr. chez J. Lebègue\net C'e, 30 rue de Lille, Paris. Remarquable plaidoyer en faveur du système galiniste\ncomme moyen d'initiation musicale dans les écoles primaires. La question vaudrait d'être\ndiscutée, un jour ou l'autre, très largement.\nHENRY WOOLLETT. Histoire de la musique depuis l'antiquité jusqu'à nos jours,\nler volume, in-16, 517 pages, 3 fr. 50, publication du \"Monde Musical,\" 3 rue du 29 juillet.\nCe premier volume nous mène des origines jusqu'à Gluck en 9 chapitres intitulés :\nd ''œil d'ensemble, le monde antique oriental et les cha\ndans la Grèce antique et moderne, origines et développemen\nV époque du contrepoint et la naissance du drame ly\nHcendel, Vépoque du Clavecin, le drame lyrique de Le livre est plein de faits et\nde bons exemples. Il est peut-être un peu trop savant pour les lecteurs auxquels il prétend\ns'adresser. Le grand public réclame sans doute des vues plus rapides et plus systématiques. Tel\nqu'il est, cet ouvrage rendra de grands services, ét nous lui souhaitons le meilleur succès.\nPAUL LANDORMY.\nE. L. BAZIN, Ingénieur des Arts et Manufactures :\nMusique, chez l'auteur, 17 rue de Versailles à Nantes, et chez les libraires. 1910. Gr. in-40\nde 94 pages, avec un portrait de l'auteur.\nComme tous ceux qui joignent une culture sérieuse à la connaissance de la musique,\nH. Bazin a été frappé de l'anarchie et de l'incohérence qui régnent dans l'écriture et même\ndans la théorie musicales. Aujourd'hui que se manifeste partout un esprit d'organisation et de\nméthode, la musique semble s'attarder en une sorte de Kabile, et se complaire au sein d'un\ninextricable Babilisme, la même note, grâce au système de la portée à 5 lignes et des clefs,\npouvant offrir jusqu'à 150 figures différentes ! La plupart des traités de solfège et d'harmonie\ndécoulent de l'empirisme le plus suranné Leur enseignement àla fois compliqué, péremp-\ntoire et candide, n'est que terminologique, purement vertical ; et s'enferme dans le plus étroit\ndes formalismes.\nDepuis J. J. Rousseau, le problème de la simplification de l'écriture musicale et de son\nétablissement sur des bases logiques est à l'ordre du jour, et il nous souvient d'en avoir lu dans\nla S. I. M. une solution ingénieuse, due à M. Haustont. Mais, jusqu'à présent, nul n'a pu"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.72", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3935, "texte": "triompher de la toute-puissante routine, et on continue à perdre un temps précieux à apprendre\nà lire la musique, au lieu d'apprendre la musique elle-même.\nPourtant, les défauts de la notation actuelle apparaissent en toute évidence. En laissant\ncoexister la portée à 5 lignes munie de lignes supplémentaires et le système des clefs, cette\nnotation constitue une contradiction grossière; car si l'on multiplie les lignes de la portée, c'est\napparemment afin de réaliser une représentation immédiate de la plus \"grande partie possible\nde l'échelle sonore, et d'emplacer les octaves. Or, le changement des clefs, c'est-à-dire des\npoints initiaux, a, au contraire, pour objet de rétrécir l'étendue de la portée. Ajoutons que la\nlecture de toutes ces clefs ne s'acquiert que lentement, au prix d'un labeur rebutant, et\nconstitue la plus vaine des sciences. Et quelle inutile complication pour les instruments\ntranspositeurs.\nSans doute, ces anomalies peuvent se justifier d'un point de vue historique. Mais, là n'est\npas la question, d'autant plus que tous ces faits d'empirisme accumulés dans la notation ont\nété des perfectionnements successifs, et que, par conséquent, rien ne nous empêche d'ajouter,\nà notre tour, a la chaîne du passé un maillon plus solide et mieux conditionné.\nLe système d'écriture de M. Bazin est dit 0 parce que chaque octave s'écrit tou-\njours de la même manière au moyen de 7 notes de forme invariable et d'une portée réduite à\n3 lignes. Les clefs sont supprimées, les notes ne changent jamais de nom, et les octaves se loca-\nlisent dans l'échelle au moyen de chiffres romains placés en tête de la portée. Evidemment, ces\nchiffres constituent des espèces de clefs puisqu'ils indiquent l'exhaussement ou l'abaissement du\nplan de 1 intonation, mais, au moins, présentent-ils l'énorme avantage de conserver aux notes\nleurs noms, de numéroter les octaves de façon précise et de supprimer toute ambiguité de la\nhauteur des sons.\nM. Bazin réglé avec la même logique la question des indices métriques qui, dans la notation\nclassique, est résolue de la façon la plus irrationnelle. Et, en effet, si, en rythme binaire,\nla noire est 1 unité du temps, en rythme tertiaire, elle est remplacée par la noire pointée, choix\nvraiment singulier pour une unité. Dans l'écriture octavinale on rejette cette unité fraction-\nnaire, et on adopte la noire comme unité de temps, en rythme ternaire. La division du temps\ns établit alors au moyen d'une figure nouvelle, la une noire, valant trois crochettes, et\ntoutes les mesures de rythme binaire ou ternaire, s'écrivent de la même façon, au moyen de la\nfractlon ; ou crochittes• Les t, £, V2 deviennent ainsi des f, f, et l'incompréhensi-\nble terminologie qui fait de ces mesures des mesures disparaît.\nAbordant le théorie même de la musique, M. Bazin traite de la formation des tonalités\nqu'il classe en positives majeures et en négatives mineures et dont un système ingénieux\nd'armures permet de reconnaître immédiatement la modalité.\nCe livre vient à son heure, car, comme toujours, l'art contemporain est en avance sur la\nnotation, qui, de plus en plus, se montre impuissante à le traduire. Quand l'esprit change, il\nfaut que le matériel se transforme, aussi, ne saurions-nous trop recommander aux professeurs\nde musique une étude attentive de la réforme octavinale présentée par M. Bazin avec un\nremarquable esprit de logique. Peut-être pourrait-on reprocher à son ouvrage un certain excès\nde concision qui en rend la lecture assez malaisée ; mais, il convient de rendre justice à l'effort\net a la rigueur de méthode dont il témoigne. Seulement, comme toutes les tentatives\nantérieures, la méthode octavinale se heurtera à une assez sérieuse difficulté d'application, en\nraison de l'énorme quantité de musique déjà gravée dans le système de la portée à 5 lignes, et\npour laquelle il faudrait procéder à une complète réforme typographique.\nLIONEL DE LA LAURENCIE."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.73", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "LUCIEN HARVET, le subtil mélodiste, le beau poëte du piano nous offre un lied :\nJe t'aime,poésie d'Andersen traduite par Wilder, (édition Breitkopff). Chant de passion\ndésespérée, aux accents sauvages et doux à la fois, avec le geste des deux mains ferventes\nvers Elle offrant le cœur qui saigne ; sur la plainte lente et mouvante, en accom-\npagnement, des vagues désolées. Art personnel, spontané, simple, jailli du fond de l'être, et qui\némeut sans détours."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "73", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.9.2", "titre_corps": "LIVRES REÇUS.", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.73", "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "LIVRES REÇUS.\nGLASENAPP. Das Leben Richard (Breitkopf, 1905-1910, 6 vol.\nin-B°. Mk 47, 50.) .\nGROVE. Dictionary of Music. Vol. 5, Tà Z. (Macmillan &C° 1910 in-8° de\n672 pp. 21 /.)\nBURKERT (OTTO). Fuehrer durch die Or gel Litteratury von Kothe-Forch-\nhammer, neubearbeitet von... (Lpz. Leuckart 1 in~i2 de PP» Mk 3*)\nKNOSP. (GASTON). Notes sur la musique Indo-chinoise. (Extrait de la Revista\nmusicale.)\nJOHN (ERNEST H. H.) Volkslieder (Annaberg.\nGrassers Verlag. in-8° de 240 pp. Mk 4, 80.)\nGASTOUÉ (A.). Récitatifs ou Chants simples pour les Graduels, Traits et Àlleluyas.\n(Bureaux de la Schola in-40 de 44 pp.)\n_ BAZIN (S. L.). Ecriture et Théorie octavinale (Nantes in-40\nde pp.)\nVIRGILI (VIRGILIO). Bernardo Pasquini(Pescia. E. Nucei 1908 in-12° de 80 pp.)\nWUSTMANN (RUDOLF). Musikgeschichte Leipzigs in drei Baenden. Band I.\n(Lpz. Teubner, 1909, in-40 de 5°5 PP- M 6.)\nTILÉ (GUSTAVE). Guide pratique d'édition.(Paris, 4 rue du Fouarre, 1910 in-120\nde 130 pp. Fcs 2.)\nRHODES (EMILE). Les Trompettes du Roi.(P. A. Picard et fils. 1909 in-40\nde 70 pp.)\nWEINMANN (D1 K.). Kirchemusikalisches (Regensburg\n1910, in-8° de 190 pp.)\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (Novelleo & C° 1909\nin fol de 350 pp. London.)\nROLLAND (ROMAIN). Haendel.(Collection des maîtres de la musique ; Alcan.\n1910, in- 12° de 350 pp.)\nHAEGER (G.) et WÛST (W.). Volkslieder aus der Rheinpfalz. (Kaiserlautern,\nH. Kayser, 1909, 2 vol. in-8° de 300 pp.).\nKLOSS (E.). Richard Wagner, ilb (Breitkopf 1910, in-16°\nde 86 pp. ;Mk 1.50)* , 0\nF ARAL (E.). Les Jongleurs en Fra (H. Champion 1910, in-8°\nde 340 pp. ; 7.50).\nGRAVES (L. L.). Musical monstruositie(London, Sir Pitman 1909, in-12 de\n23° pp. ; I-50)-\nWINDAKIEWICZOWA (HELENA). (Kra-\nkowie 1907, in-8° de 50 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "83", "page_fin": "83", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.10", "titre_corps": "SOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ", "titre_sommaire": "SOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.75", "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "SOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ\nDU 15 OCTOBRE\nTHEATRES El CONCERTS : Province. Belgique. Étranger. UN\nVIEIL ARTISTE. L'ENSEIGNEMENT MUSICAL A L'ÉCOLE PRIMAIRE,\npar O. LUTH. QUESTIONS SOCIALES : Comptez d'abord sur vous-même par\nM. DAUBRESSE. A TRAVERS LES REVUES, par M. D. CALVOCORESSI. -\nL'ÉDITION MUSICALE par V.P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "84", "page_fin": "84", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.11", "titre_corps": "PIERRE AUBRY", "titre_sommaire": "PIERRE AUBRY", "signature_source": "Charles Malherbe", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "PIERRE AUBRY\nCharles Malherbe.\nLa mort vient de frapper douloureusement la musicologie\nfrançaise, et notre Section Parisienne de la Société Internatio-\nnale de Musique. Pierre Aubry a été victime d'un accident\nlamentable. Au cours d'un assaut d'armes, l'épée de son\nadversaire se trouvant en mauvais état, et maniée avec une\ngrande violence, a pénétré jusqu'au poumon de notre malheu-\nreux Ami. Une hémorragie se déclara, et quelques heures après,\nPierre Aubry était mort.\nTous ceux qui s'intéressent aux sciences musicales avaient\npu apprécier notre Collègue, qui, frappé à 36 ans, laisse derrière\nlui une œuvre déjà considérable et un nom glorieux. Nous\nréunissons en ce moment les éléments d'une nécrologie digne de\nPierre Aubry, et que nous publierons dans notre prochain\nN uméro.\nLors des funérailles, notre Collègue Romain Rolland\nretenu en Italie, avait en quelques mots qui ont été prononcés\npar M. Emile Dacier, Bibliothécaire de la Bibliothèque Natio-\nnale, rendu hommage au nom de notre Société à l'Ami que\nnous regrettons tous.\nLe Président de la Section de Paris,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "86", "page_fin": "106", "image_debut": 78, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.12", "titre_corps": "Théatres et Concerts", "titre_sommaire": "Théatres et Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.78", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "Théatres et Concerts\n\nHeliogabale\nLe genre de spectacle donné à Béziers a un\ncaractère très particulier auquel on aurait tort\nde n'attacher aucune importance. Il a la pompe\ndu grand opéra, la coupe de l'opéra-comique\net la forme du mélodrame. C'est presque le\ndrame antique. Aussi les sujets tirés de l'His-\ntoire Ancienne conviennent-ils bien au cadre\ndes arènes, mais ils ne sauraient se passer de\nmusique. Celle-ci doit avoir une ligne bien\naccusée, ne pas se perdre dans des raffinements\ninutiles et se borner à être décorative en lais-\nsant de côté la psychologie des personnages.\nC'est ce qu'a compris M. de Séverac, comme\ndéjà avant lui M. Saint-Saëns, dont la Dejanire\npassait jusqu'ici sans conteste pour le modèle\ndu genre.\nAlors que le poète Heliogabale s'attardait\ndans un symbolisme désuet, le musicien a\nécrit au contraire une partition d'allure très\nfranche. Il a vu surtout dans l'Empereur\ndégénéré le Prêtre du Soleil, le syrien fantasque\net voluptueux qui fit venir à Rome, sur un\nchemin semé de poussière d'or, la pierre noire\nd'Emese, et il a donné à la plus grande partie\nde son œuvre une teinte orientale peut-être\nun peu trop marquée : le thème qui caracté-\nrise la mollesse d'Heliogabale, celui qui accom-\npagne ses prêtres et ses éphèbes sont construits\nsur des formules empruntées aux gammes\norientales, gamme sans quarte et sans note\nsensible, ou mode mineur avec fausse relation\nde triton. Il en résulte plus de monotonie\nencore que de couleur. M. de Séverac va\njusqu'à utiliser des modes hindous, auxquels\nsuccèdent des modes grecs antiques. En plein\nair c'est de l'érudition perdue et tous ces\nmodes nous sont devenus tellement familiers\nqu'ils n'ont plus aucun caractère.\nL'acte le plus réussi est le premier ; je puis\nmême dire que c'est un chef-d'œuvre, ainsi\nque le prologue qui le précède, où le poète\nrésume le drame : Rome s'endormant dans la\nvolupté, pendant que les chrétiens prêchent\nla chasteté et le renoncement, et se révoltant\npour se débarrasser tragiquement d'Helioga-\nbale. Le musicien en profite pour exposer ses\nprincipaux thèmes, celui de Rome, simple et\nfrappant, clamé par les trompettes, celui\nd'Heliogabale et de sa suite, et enfin celui des\nchrétiens, assez solennel. Ces thèmes, sauf le\ndernier, forment le fond du premier acte où le\ncruel Empereur fait mourir ses convives sous"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.79", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4323, "texte": "un déluge de roses et condamne deux chré-\ntiennes à un supplice atroce, ce qui lui vaut\nla haine du père des deux martyres (et au\ndernier acte il tombera sous les coups de ce\npère outragé). Il confie ses craintes et ses\nremords à sa mère vigilante et faible, et pour\nchasser ses hallucinations fait danser devant\nlui des esclaves exotiques, ce qui donne lieu à\nun joli numéro d'orchestre et de chant, la\nDanse lascive.\nDans le second acte, consacré exclusive-\nment aux chrétiens, M. de Séverac a écrit des\nchœurs fugués, assez courts (et il n'y a pas de\nfugue proprement dite), procédé un peu facile\npour un musicien tel que lui, et s'est égale-\nment servi de VAlléluia grégorien si expressif\nque chantent si bien les chanteurs de Saint-\nGervais. Il en a fait un motif principal formant\nfond de tableau. Au lieu de lui conserver son\ncaractère monodique, il lui a adjoint un ac-\ncompagnement simple et fort joli qui le rend\ntrop séduisant pour un chant de chrétiens\nprimitifs et austères. Je dois dire néanmoins\nqu'il est ainsi fort agréable à entendre et qu'il\na beaucoup plu. De même le Pater noster à\nquatre parties n'a pas l'onction et l'humilité\nqui conviennent à cette prière, et dans tout\ncet acte on sent que le musicien a cherché\nsurtout à faire joli. Il y a pleinement réussi.\nLe troisième acte comprend un long ballet,\ntraité simplement à la manière de ceux de\nGluck, et toujours dans le style oriental, une\ndanse du Soleil, très originale, et une masca-\nrade pétillante d'esprit.\nLe style de M. de Séverac dans Heliogabale\ndiffère sensiblement de celui que nous lui con-\nnaissions. On conçoit que cela était nécessaire,\net il est curieux de remarquer combien le\nplein-air fond les dissonances, atténue les\ncrudités : les suites de quintes et de quartes\nqui accompagnent par exemple le motif de\nl'empereur efféminé sont très douces ; les\nfrottements de secondes mineures, chers au\ncompositeur d^En Languedoc, produisent à peine\nun petit frisson, et en revanche les pédales\nprofondes, très nombreuses et souvent d'un\neffet très réussi, sont très frappantes, comme\naussi les trouvailles rythmiques, très heureuses,\ntelle, pour n'en citer qu'une, que l'alternance\nde la mesure à 4/4 avec la mesure à 2j2 Jans\nla bacchanale du dernier acte, produisant une\nconfusion apparente bien en situation.\nL'orchestre se composait de plusieurs musi-\nques militaires et du quatuor ordinaire ren-\nforcé. Le musicien les a divisés en groupes\ndont il se sert un peu à la façon des registres\nd'un orgue. Les violons, qui s'entendent bien,\nfont de jolis contrastes avec les cuivres, et les\nharpes sont utilisées avec une très louable\nmodération. Au 3e acte, M. de Séverac a\nintroduit, dans son orchestration, quatre cha-\nlumeaux, instruments à anches d'origine basque,\nrappelant par leur crudité les clarinettes en ut.\nElles encanaillent, comme disait Berlioz, de\nfaçon pittoresque le défilé des masques.\nBien que cette partition, adaptée après coup\nà une tragédie écrite pour une autre destina-\ntion, paraisse avoir été un peu hâtivement\ncomposée, elle marque un pas plus décisif du\nmusicien que le Cœur du moulin dans le genre\ndramatique. En se surveillant moins, il se\nlivre à nous tout entier, laissant à découvert\nses défauts et ses qualités, défauts et qualités\négalement indispensables pour faire un homme\nde théâtre : beaucoup de facilité, idées abon-\ndantes et claires, harmonie riche et solide, et\noù l'on remarque enfin une tendance heureuse\nà se dégager définitivement des liens de l'Ecole.\nIl y a peu de choses à dire sur l'interpréta-\ntion. Les soli étaient bien chantés, par des\nvoix sonores, mais les chœurs où 11e\nfigurait pas la Schola de Montpellier, annon-\ncée à tort par les affiches et les journaux\ndétonnèrent abominablement. M(!k' Napier-\nkowska ne vint pas, et les attitudes, la grâce\nde Me'lle Nina Sereni nous consolèrent de sa\ndéfection. Le décor, soutenu par des madriers\nd'un effet déplorable, ne recueillit pas tous les\nsuffrages, et le spectacle en général, monté\navec un peu de hâte, accusait des négligences\nregrettables dans beaucoup de détails. En re-\nvanche l'orchestre fut merveilleux sous la\nbaguette de M. Hasselmans et le jeune chef\nd'orchestre fut tout simplement admirable. Sa\nmaîtrise suppléa au manque de répétitions et\nde mise au point qui eussent pu compromettre"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.80", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "fâcheusement le succès de cette remarquable\npartition.\nEDOUARD PERRIN.\nTOURS. Le compositeur tourangeau,\nM. Fernand Jouteux vient de remporter un\nbeau succès à la Distribution des Prix de\nl'Ecole qu'il a été, au début de l'année, chargé\nde diriger et de réorganiser. L'Ecole compte\ndeux-cents élèves, et les concours publics ont\nété excellents. Au Concert donné au Grand\nThéâtre, M. Fernand Jouteux a dirigé,\nentr'autres, plusieurs de ses œuvres: une pitto-\nresque Danse Chinoise ; un chœur délicieux\n\" Ma fille, veux-tu un bouquet \", et une grande\nscène dramatique, pour solis, chœurs et\norchestre u le Retour du Mann \", qui fut\nacclamée avec enthousiasme.\nSEDAN. Représentation en plein air\nde \" l'Artésienne \".\nCette manifestation artistique et populaire\norganisée à l'occasion de l'lnauguration offi-\ncielle de la ligne de Chemin de fer de Sedan\nà la Frontière Belge, eut lieu au Champ de\nMars, dans un paysage charmant et devant\nenviron huit mille spectateurs.\nLoin de moi l'idée d'établir une compa-\nraison entre le cadre grandiose des différents\nthéâtres antiques d'Orange, de Nimes, de\nBéziers, d'Arles, etc... et le lieu de la repré-\nsentation.\nMais l'interprétation de la belle œuvre de\nDaudet fut parfaite.\nSous l'habile direction de son chef, M. Cla-\nrinval, la Société Philarmonique de Sedan\nsut en cette occasion se rendre digne tant du\ndévoûment de son distingué Président, M. le\ndocteur Hennecart, que du public de connais-\nseurs que l'on rencontre dans tous ses concerts.\nEPINAL. Nul de ceux qui assistèrent,\nlors de l'exposition artistique de 1908, au\nconcert offert par Y Orchestre Cosmopolite dans\nles jardins de la Maison Romaine, n'avait\noublié le charme de cette soirée.\nCette fois encore le Cosmos avait choisi le\nmême cadre. Le programme se composait de\ntrois morceaux symphoniques choisis au réper-\ntoire des grandes auditions. Tout d'abord,\nF Ouverture de Guillaume Tell, puis la Sym-\nphonie inachevée de Schubert et, enfin, la\nRomance en Sol, de Beethoven, qui permit à\nM. Rietschler de mettre en évidence son jeu\nsouple, sobre et ému.\nA signaler aussi une Gavotte de Popper où\nM. Talaupe, violoncelliste, excella comme à\nson ordinaire ; trois chœurs sans accompagne-\nment, de Schumann, et qui furent parfaite-\nment rendus.\nLa soirée se termina par une ode sympho-\nnie pour ténor, chœur et orchestre, traitée\npar un lorrain René de BoisdefFre dans\nla manière de Massenet, et qui fut l'occasion\nd'un beau succès pour l'auteur et les exé-\ncutants.\nNANTES. Du 23 juillet au 1 août se\nsont déroulées, à Nantes, les fêtes de la\nBretagne à travers les âges. Exposition bretonne,\ncavalcades historiques, concours de costumes,\nde danses et de chant, telles furent les princi-\npales attractions. La musique eut, dans ces\nfêtes, un rôle important.\nLe Dimanche 24, nous assistions à une\nreprésentation d'Andromaque au theatre de la\nnature organisé dans le parc de M. Brousset,\nau front du Cens. Interprètes : Mmc Second-\nWeber, Mllc Madeleine Roch, MM. Jacques\nFenoux, Mayer et Albert Lambert père. La\nmusique de scène de Saint-Saëns était executee\npar l'orchestre Lonati.\nLe soir, l'Orphéon nantais \" la Sainte-\nCécile \", sous l'habile direction de M. La-\ncombe, et l'orchestre Lonati donnaient un\nconcert à l'exposition avec le concours de\nMme G..., de M. Nucelly, de l'opéra, et de\nM. Reliet, premier prix de chant au conser-\nvatoire de Nantes. La cantate de Thielemans\n\" les deux Bretagnes \" obtint un vif succès et\nnous eûmes le plus grand plaisir a en entendre\nune seconde audition au concert du 28.\nLe 27 et le 28, concerts populaires donnés\npar la Garde républicaine.\nLe Dimanche 31 juillet on avait eu l'heu-\nreuse idée d'organiser une cour d'amour dans"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "la cour principale du Château des ducs de\nBretagne. En présence de la duchesse Anne,\njVjene Meunier, de l'Opéra, exécuta une danse\ngrecque. Puis M. Nucelly et Mv]W Delvair,\nsociétaire de la Comédie française se firent\nentendre. Le \" Choral Nantais \" et la\n\" Sainte-Cécile \" exécutèrent une des plus\nbelles mélodies bretonnes recueillies par Bour-\ngault-Ducoudray : \" le Semeur \", sous la\ndirection de M. Morisson, et la \" Légende\nbretonne \" de Sanitis sous la direction de\nM. Lacombe. L'Union Philharmonique fit\nentendre enfin différents morceaux, entre\nautres l'originale \" Marche des Korrigans \"\nde Guy Ropartz.\nLes Nantais ont voulu clore cette série de\nfêtes par un pieux hommage à la mémoire du\nregretté maître Bourgault-Ducoudray. C'est à\nses œuvres que fut consacré le festival très\nréussi donné le ler août par la Société Philhar-\nmonique, le Choral Nantais et la Sainte-\nCécile.\nMais ce qui donna aux fêtes Nantaises leur\nparfum vraiment spécial ce fut la musique des\nbretons bretonnants : les binious et les bom-\nbardes.\nCAUTERETS. De tous les \" Théâtres\nde la Nature \" créés (avec quelque excès) ces\nderniers temps, aucun ne peut rivaliser avec\nle nôtre avec son incomparable décor de forêts,\nde sapins et de Pyrenées neigeuses. Il est à\nquelques minutes de la ville, fort bien installé,\nun peu vaste toutefois pour des représentations\nd'œuvres lyriques composées pour nos salles\nde théâtre.\nNous venons d'y entendre u Paillasse\navec Campagnola de l'Opéra, et \" la Navar-\nraise \" avec MLII(J Lucy Vauthrin, de l'Opéra-\nComique.\nEnsemble excellent de solistes, mais chœurs\net orchestre vraiment insuffisants. Dans rAr-\nlésienne jouée par la troupe du Théâtre\nSarah Bernhardt, au lieu d'Antar annoncé\nl'orchestre a été tout à fait médiocre.\nAu Casino, très bonnes représentations de\nWerther, Madame Butterfly, Carmen etc.\navec Seldon, de la Monnaie de Bruxelles,\nténor de belle prestance, de voix superbe mais\ninsuffisamment travaillée ,et Mme Lise Lam-\nbertha, du même théâtre.\nEn somme peu de villes d'eaux peuvent\ndonner d'aussi bonnes représentations lyriques.\nAvec un effort des chœurs et de l'orchestre\nce serait parfait.\nF. A.\nCETTE. Le Kursaal qui vient de\nbrûler pendant une représentation de Carmen,\nétait situé sur la plage et, pendant la saison\ndes bains de mer. donnait régulièrement de\n> o\ntrès bonnes représentations d'opéra-comique et\nde grand opéra. La ville de Cette qui possède\nun joli théâtre, tout neuf, imité de celui de\nMontpellier (qui lui-même ressemble à l'Opéra-\nComique), n'a cependant pas de saison théâ-\ntrale d'hiver, Cette possède également un\nconservatoire.\nTROUVILLE. Casino-Salon. La\ntroupe d'Opéra-Comique a fait d'heureux\ndébuts. Mme Landouzy est une chanteuse\nlégère, dont la voix très fraîche est d'une\no /\nvirtuosité remarquable. Le rôle de Rosine, du\nBarbier, a été un véritable triomphe pour elle.\nM. Geyre, premier ténor, n'est pas un inconnu\npour les habitués du Casino, où il a déjà\nchanté, il est élégant et a une jolie voix.\nM. Figarella, le baryton, est parfait dans tous\nses rôles, c'est un artiste absolument remar-\nquable. M. Bathier est une basse merveilleuse,\nle public lui prodigue ses applaudissements et\nc'est justice. Nous avons eu de belles exécu-\ntions de Lakmé, Le Barbier, Manon, La\nDame blanche, La Vie de Bohême, alternant\navec les représentations d'opérettes. Paillasse\net l'Attaque du Moulin ont été donnés avec\nM. Abers, le baryton spécialement engagé\npour ces représentations qui ont superbes.\nLes tournées nous ont donné : La Vierge\nfolle, avec MlllL' Berthe Bady dans le rôle de sa\nsuperbe création de Fanny Armaury. Miquette\net sa mère a été l'occasion d'un gros succès\npour M. Max Dearly qui tenait le rôle de\nMonchablon qu'il a créé et à ses côtés une\ntrès bonne troupe assurait le succès de la"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.83", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "pièce. Gémier nous a donné une parfaite\ninterprétation de Papillon dit Lyonnais le\nJuste, fort bien secondé par une excellente\ntroupe d'ensemble. Les soirées de gala nous\nont permis d'applaudir de grandes artistes :\nMmc Litvine, la grande cantatrice dans les\n\" Amours du Poète \" de Schumann, Mme\nJuliette Toutain-Grùn, la merveilleuse pia-\nniste, dans le 2lne concerto de Saint-Saëns. Au\nmême concert Mme Barthé se faisait applaudir\ndans : Les Nuits d'orient et L'Oiseau bleu de\nJ. Toutain-Grun qui triomphait comme vir-\ntuose et comme compositeur. M,ne Chenal de\nl'Opéra obtint un beau succès en faisant\nentendre de jolies mélodies de C. Erlanger.\nMACON. Le concert donné par le\nchoral Lamartine a été très réussi et l'occasion\npour MM. Lenormand père et ses deux fils\nd'un très réel succès. Ces Messieurs avaient\nchoisi \" Rédemption \" de Gounod qui était\napplaudi avec frénésie et c'était justice car\nl'exécution était parfaite.\nLe concert offert sur la promenade Lamar-\ntine par notre Harmonie municipale a permis\nd'apprécier le talent et le savoir de son nou-\nveau chef M. Laurent à qui nous sommes\nheureux de souhaiter la bienvenue.\nL'Union Chorale a fété le 25e anniversaire\nde sa fondation et son fondateur-chef, M.\nOberdœrffer. Un banquet très animé a com-\nmencé la fête. Quant au concert qui devait\navoir lieu promenade Lamartine, force fut à\nla société de le repousser en deux fois, les\ncataractes célestes n'ayant pas permis de s'ex-\nposer au-dehors, mais la troisième tentative a\nréussi et plus de 3.000 auditeurs ont souligné\nde leurs applaudissements les chœurs, orchestre\net solistes, Melle Thévenin (très goûtée dans la\n\" Fileuse \" de Laurent), MM. Daly et Besson.\nCette société doit prendre part le 11 septembre\nprochain aux fêtes du Millénaire de la fonda-\ntion de la ville et de l'Abbaye de Cluny. Ce\njour un cortège doit défiler en ville. On doit\nreconstituer la visite que Louis IX fit à la\ncélèbre abbaye. Les sociétaires de l'Union\nChorale figureront les moines et exécuteront\nun chant liturgique du VIIIe siècle. Un grand\ncongrès de Savants organisé par l'académie de\nMâcon réunira à Cluny le monde savant de\ntoute l'Europe, donnant ainsi à cette fête un\ncaractère grandiose.\nLES SABLES-D'OLONNE.- -La saison\nse poursuit très brillante au Casino des Sables-\nd'Olonne grâce à l'excellente administration de\nson propriétaire M. Audubon.\nAprès une parfaite saison d'opérette, les\nartistes d'opéra qui ont nom : Mmes Cahuzac,\nVan den Berg, O'deyer ; MM. Cargue,\nLéger, Delhaye, Borelli, Gauthier, remportent\ntous les soirs des succès complets avec Faust,\nMireille, Le Chemineau, Manon, Le Jon-\ngleur, etc...\nA noter une magnifique représentation du\nténor David, de l'Opéra-Comique, dans Wer-\nther. Compliments à tous ces artistes et\nsurtout à l'infatigable chef d'orchestre Et.\nBardou.\nLes concerts donnés sur la terrasse sont\négalement très suivis grâce au réel talent des\nartistes qui le composent et dont quelques-uns\nsont lers prix du conservatoire de Paris.\nM. P.\nDUNKERQUE. Les amateurs dun-\nkerquois, malouins, ainsi que les étrangers en\nvillégiature sur notre plage, peuvent s'estimer\nheureux de trouver une aussi bonne troupe\nlyrique que celle qu'a su dénicher M. Der-\nvillez, le sympathique directeur de notre\nkursaal.\nNous avons, par semaine, 2 ou 3 grands\nopéras et 4 à 5 opéras-comiques ou opérettes.\nAu répertoire : Les Huguenots, L'Afri-\ncaine, Thaïs, Samson et Dalila, Hamlet, etc.\nexécutés par des artistes de grand talent :\nMMmcs Madeski, falcon très appréciée, Ram-\nblez-Malherbe, contralto, MM. Gaillard, ténor,\nRoselli, un baryton fort goûté, et Grommen,\nbasse noble.\nLe quatuor d'opéra-comique, composé de\nMrm Victoria Fer, ire chanteuse du théâtre\nde Genève, MM. Jolbert, ténor léger du\nthéâtre d'Alger, Cotreuil, forte basse, qui\nnous arrive de Rouen et Demay, baryton, du"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.84", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "théâtre de Genève, est excellent également ;\nc'est un vrai régal que d'entendre ces artistes\nque les auditeurs ne manquent pas d'applaudir\nchaleureusement.\nUn fort orchestre comprenant une pléiade\nde prix de conservatoire et de professionnels\nlocaux fait merveille sous la direction expéri-\nmentée de M. Eus;. Thiery.\nE. S.\nMOULINS. La jeune Chorale de\nMoulins qui n'a que quelques mois d'existence\nvient de se couvrir de lauriers au concours\nmusical de Limoges des 14 et 15 août dernier.\nElle a obtenu en effet un premier prix de\nlecture à vue avec félicitation au directeur,\nM. Emile Vincent, l'excellent professeur\nde violon de notre ville, un second prix\nd'exécution et un second prix d'honneur,\nconcurremment avec la Société Orphéonique\nde Bordeaux. Cette dernière société était par-\nticulièrement redoutable. Elle existe depuis\nlongtemps et elle a un long entraînement.\nC'était un honneur périlleux pour la jeune\nChorale de Moulins d'avoir à se mesurer\navec elle.\nNous sommes heureux d'enregistrer les\nbrillants succès de cette ardente et conscien-\ncieuse phalange musicale qui ne tardera pas,\nle travail aidant, à se placer au premier rang.\nSon directeur, dont la méthode a été si appré-\nciée, saura l'y conduire.\nMONT-DE-MARSAN. Dernière-\nment, l'Ecole de Musique des Landes, qui,\nsous la direction de P. Lacome prospère à\nMont-de-Marsan depuis une dizaine d'années,\ndonnait, dans la salle des fêtes de l'Hôtel\nS 1 Martin, son concert annuel de fin d'études.\nComme dans les précédentes auditions, l'audi-\ntoire d'élite qui avait répondu à l'invitation du\nMaître et des Elèves, a pu apprécier les jolies\nvoix de mieux en mieux exercées qui ont, tour\nà tour, détaillé un programme choisi. Nous ne\nvoulons pas les nommer pour ne pas blesser\nleur modestie, car toutes devraient être citées.\nDans cet article nous nous contente-\nrons d'approuver un programme où se réunis-\nsaient les noms de Bach, de Mendelssohn et\nde Schumann pour les classiques ; de Meyer-\nbeer, Chabrier, Rossini et Wagner pour les\nromantiques ; de Duparc, Sibelius, Holmès\npour les modernes, et qui a fait connaître\nainsi le lied (objet de la conférence d'intro-\nduction) sous toutes ses meilleures formes ;\nune légère critique s'adressera au sentiment\nde profonde mélancolie qui se dégageait d'un\nensemble de morceaux un peu trop tirés sur\nle sombre : mais de quelle douce rêverie s'im-\nprégnaient les esprits et les cœurs !... Espérons\nque l'Ecole de Musique des Landes, dernier\nrefuge de l'art musical à Mont-de-Marsan,\nvivra longtemps encore pour la grande jouis-\nsance des purs dilettantes landais.\nPERIGUEUX. La monotonie légen-\ndaire de notre charmante et pittoresque cité a\nété rompue, le mois dernier par trois mani-\nfestations artistiques de premier ordre.\nLa félibrée annuelle du Bournat s'est dé-\nroulée à Razac, près Périgneux, où, malgré\nles menaces de pluie, l'attrayant programme\nde la fête a pu être exécuté en son entier.\nLe maire de la localité, M. Deschamps, avait\nmis son parc ombreux à la disposition des\nfélibres et de leurs invités. C'est là, dans ce\ncadre verdoyant que s'est tenue la cour\nd'amour, présidée par une gracieuse reine et\nses dames d'honneur, en coiffe périgourdine.\nLa partie concert a été très réussie et s'est\nterminée par le premier acte de Mireille,\ndélicieusement interprété par Mlnes Feytaud,\nDupont, Blondel et M. Fraikin, avec un\nchœur de quarante jeunes et jolies magnana-\nrelles, patiemment stylées par le maestro\nTenant, qui, avec un zèle des plus louables,\nprésida à tout le travail préparatoire de cette\nartistique et inoubliable journée, au début de\nlaquelle avait été inaugurée une plaque destinée\nà perpétuer la mémoire du poète Lagrange-\nChancel.\nPuis Sarah Bernhardt est venue donner sur\nnotre scène La Dame aux Camélias, où, maigre\nune fatigue évidente, la vaillante artiste a\nremporté son succès habituel.\nEnfin sur un théâtre de verdure installé"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.86", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "dans les jardins de la Préfecture, M. Berton\na fait représenter sa MagdaUenne, pièce bibli-\nque en deux actes et en vers, agrémentée\nd'une émouvante musique de scène de l'émi-\nnent compositeur M. de La I ombelle. C'est\nMllP' Madeleine Roch, de la Comédie Fran-\nçaise, qui tenait le principal rôle, entourée de\nMM. Perrin, Desmares, Val bel, de l'Odéon.\nBeaux vers, bonne musique, qui gagneront\nsûrement à être entendus dans un grand\nthéâtre de Paris, où l'œuvre n'a pas encore\nparu. Le programme était complété par Le\nPassant, de Coppée, interprété par M11(S Ma-\ndeleine et Marguerite Roch.\n- En terminant, signalons la construction, à\nPérigueux, d'une nouvelle salle de spectacle,\nqui comptera 700 places, avec une scène\nmachinée et des décors fournis par la maison\nWesbecher. Nous reparlerons de cette salle,\nsur laquelle nous attirons d'ores et déjà l'at-\ntention des directeurs de tournées, appelés à\nla fréquenter, de préférence à notre vieux\nthéâtre.\nF. C.\nSAINT JEAN-DE-LUZ. Les fêtes\nBasques. Les fêtes musicales et traditionnel-\nles de la \" Société Charles-Bordes (28 et 29\naoût) ont attiré un public nombreux, vivement\nintéressé par un ensemble de manifestations\nayant pour but de montrer l'évolution de la\nmusique primitive en ces formes successives :\nchant grégorien, mélodie populaire, polyphonie\nvocale.\nL'institution des fêtes musicales et tradition-\nnelles remonte à l'année 1896 ; elle est due à\nl'initiative de Charles Bordes, qui le premier,\nassocia l'élément ethnique basque (chant et\ndanses) aux manifestations d'art grégorien et\npalestinien.\nLes quatre-vingts choristes de la \" Société\nCharles Bordes \" ont chanté à l'église parois-\nsiale la messe \" Quarti Toni \" de T. L. da\nVittoria (seizième siècle).\nTout le propre de l'office, avec l'alléluia du\njour, fut exécuté en chant grégorien.\nPuis environ deux mille spectateurs se réu-\nnissaient au \" Préau Sainte-Marie \", où avait\nlieu la fête champêtre basque. L'inoubliable\nsouvenir de Charles Bordes s'évoquait irrésis-\ntible, car tous se souvenaient que, l'année\ndernière encore, notre bien aimé fondateur\ndirigeait en personne les \"fêtes traditionnelles.\"\nCe furent, cet été, les fêtes de la danse et\nde la chanson basque. Les danses \" héroïques\net traditionnelles \" permirent d'admirer ces\nbeaux danseurs euskuariens, dont la noblesse\net la grâce s'avérèrent une fois de plus. Les\nchansons morales, amoureuses et satiriques du\npays basque, alternaient avec les danses, chan-\ntées par les choristes de la Société Charles\nBordes.\nLes fêtes se terminèrent par une audition\ndes plus intéressantes, donnée par les mêmes\nchoristes, sous la direction de Mme Jumel,\nl'éminent professeur de chant grégorien à la\n\" Schola cantorum \" de Paris et directrice de\nla classe de chant grégorien à la \" Société\nCharles Bordes. \"\nL'OPERA BASQUE. Un événement\nmusical d'un haut intérêt passionne actuelle-\nment les dilettantes des curieuses provinces\nbasques, espagnoles et françaises. Il s'agit de\nl'éclosion de l'art dramatique basque provoquée\npar deux artistes français des environs de\nSaint-Jean de Luz, sous le remarquable pa-\ntronage de la Société Chorale de Bilbao.\nLa Pastorale lyrique basque, en 2 actes,\n\" Maitena \", paroles d'Et. Decrept, musique\nde Ch. Colin, représentée l'an dernier à pareille\népoque (juin) au théâtre des Campos-Elyseos,\nà Bilbao, riche capitale de la Viscaye, a sou-\nlevé un véritable enthousiasme qui n'a fait\nque s'accroître au fur et à mesure des repré-\nsentations successives de l'ouvrage.\nCe résultat ne devait être qu'un début.\nCette année, trois pièces lyriques nouvelles\nviennent accompagner \" Maitena \" au théâtre\nBasque définitivement constitué par la Société\nChorale de Bilbao.\nCe furent \" Mendi-Mendiau livret de\nJ. Power, président actuel de la Société,\nmusique de Uzandizaga, jeune musicien gui-\npuscoan ; \" Mirentxu \", livret de A. Echave,\nex-président de la même société, musique de"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.87", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "Guridi, compositeur viscayen ; et enfin \" Lide\nta Ixidor \", dont le livret est également de\nEchave et la musique de S. Inchausti, de\nBilbao.\n\" Maitena \", reprise avec un succès égal à\ncelui de sa première apparition, et les trois\nautres opéras, joués successivement au théâtre\ndes Campos Elyseos, tous interprétés par les\nuniques éléments de la Chorale, furent ac-\ncueillis passionnément par la population eus-\nkarienne et par les nombreux étrangers attirés\npar cette manifestation si intéressante de décen-\ntralisation artistique.\nOn parle de différentes tournées dans les\nGrandes villes espagnoles et françaises, et même\nà Buenos-Ayres, d'où de nombreux cablo-\ngrammes ont réclamé déjà le voyage triomphal,\nvers l'Amérique basque, des musiciens euska-\nriens et de leurs incomparables interprètes et\nparrains de la Société Chorale de Bilbao.\nBREST. Trois musiciens de la Scho/a\nCantorum, M. D. Sangrà, violoniste, Mlle Far-\ndeau, pianiste et M11(1 Darragon, soprano, ont\ndonné dernièrement une séance de musique\ndes plus intéressantes.\nVANNES. A la distribution des prix\ndu conservatoire municipal on a particuliè-\nrement applaudi dans le concerto en ré mineur\nde Mozart une jeune élève du cours supérieur\nde piano, et dans le Menuet-Valse de Saint\nSaëns un des distingués professeurs de ce\ncours.\nL'hymne au feu sacré de Bourgault-Ducou-\ndray et quelques extraits de Lalla-Rouk de\nFélicien David, chantés par les chœurs ont\nobtenu également un vif succès.\nCet événement est d'autant plus intéressant\nà signaler que le Conservatoire de Vannes est\nune institution qui fonctionne, en dehors de\ntoute attache officielle, et dans des conditions\nréellement démocratiques, grâce à une sub-\nvention municipale et au concours désintéressé\nde professeurs et d'amateurs de grand mérite\net de réel talent. La plupart des récompenses\nattribuées aux lauréats proviennent d'ailleurs\nde dons généreux faits par des personnes qui\ntémoignent ainsi d'une sympathie véritable à\nl'art musical et qu'on ne saurait assez louer.\nT. C.\nGRANVILLE. Les concerts donnés\nau Casino sous l'experte direction de M. René\nDoire, ont obtenu le plus grand succès, expli-\ncable, du reste, quand on connaît le nom\ndes artistes qui y ont pris part : l'excellente\nbasse Fournets, M'\"e René Doire, Mlle Jane\nQuainom, le célèbre violoncelliste-compositeur\nHollmann, et les œuvres qui y furent exécu-\ntées : pièces de Hândel, Rameau, Chopin,\nCapriccio Espagnol de Rimsky-Korsakoff,\nouverture de Phèdre de Massenet, l'lntermezzo\nde G. Sporck, Concerto de St-Saëns pour\nvioloncelle, etc... Il convient aussi de louer\nl'orchestre si souple et si intelligent. Félicitons\nle Directeur du Casino d'avoir réussi à donner\nGranville une véritable Saison Musicale du\nplus haut intérêt ; et remercions-le au nom\ndes auditeurs de ces concerts.\nARCACHON. La saison d'opérette\ndonnée par le Casino de la Plage a été très\nbrillante.\nLe Petit Duc, une des plus aimables opéret-\ntes de Lecoq mettait en effet en scène les\nprincipaux éléments de la troupe, et nous\nsommes heureux de dire tout de suite quel\nplaisir ce fut pour nous de constater qu'elle\npossédait une homogénéité parfaite. D'aucuns\nau surplus, nous ont paru, ainsi qu'au nom-\nbreux public, qui assistait à cette première,\nposséder de réelles qualités artistiques qui nous\npromettent pour le courant de la saison, une\nsérie de représentation dignes de nos concitoyens\net de leurs hôtes.\nC'est dire que l'administration et le Direc-\nteur ont fait les plus grands efforts pour arriver\nà nous donner toute satisfaction, et nous serons\nheureux d'applaudir à leur réussite ainsi qu'aux\nsuccès des pensionnaires de la Maison.\nOn nous dit également beaucoup de bien\ndes artistes d'opéra et d'opéra-comique qui\nont signé leurs engagements. Nouveau plaisir\nsera pour nous de les applaudir prochainement.\nPar ailleurs, l'administration à traité avec divers"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.88", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "tournées parisiennes choisies parmi les meilleures\net dont l'une, sous la direction de M. Baret,\navait attiré une affluence d'élite, qui a fait un\nbeau et légitime succès a la petite chocolatière,\noù Andrée Divonne s'est montrée particu-\nlièrement exquise. Orchestre complet sous la\ndirection du Maestro Geoffroy. A signaler par-\nticulièrement le violoncelliste Bigaray virtuose\ndes plus distingués dans les œuvres de Popper\net de E. Nicaise, chef de notre musique\nmunicipale.\nE. NICAISE.\nPAU. Le public palois eut l'occasion\nd'applaudir nos compatriotes : Fournets de\nl'Opéra et Chardy IE ténor du grand théâtre\nde Liège, dans le Barbier\nFournets, chanteur admirable et comédien\nconsommé, fut frénétiquement rappelé lors-\nqu'il chanta avec sa habituelle l'air\nfameux de la calomnie. Chardy, ténor à la\nvoix claire nous a fait fort bonne impression.\nMaurianne, du théâtre royal de I ournai\n(Figaro) tint son rôle à la satisfaction générale,\net la voix de MIIR Roserni du théâtre royal de\nBruxelles est fraîche et conduite avec art.\nBref nous n'aurions que des éloges à adres-\nser à l'imprésario si l'orchestre ne s'était\nréduit à un simple piano !...\nInutile de dire combien nous fûmes désa-\ngréablement surpris par ce sans gêne un peu\nexagéré ni quel fut le désappointement des\nspectateurs venus pour entendre la délicate\npartition de ce chef-d'œuvre de l'opéra-comique.\nPRIVAS. L'Association Musicale de\nPrivas dont le président d'honneur est Vincent\nd'lndy a donné le 9 Octobre un très intéressant\nconcert avec le concours de M\"'' Odile Clément,\nvioloncelliste, lERIER prix du Conservatoire de\nParis et MUe Berthe Ponthus, professeur de\nchant à Lyon.\nROYAT. —Durant toute cette saison, les\nprogrammes de concerts se sont tenus, grâce à\nM. de Villers, à un niveau artistique fort élevé.\nLes grands concerts du vendredi ont été le\nprétexte d'auditions remarquables : festivals\nSaint-Saëns, Berlioz, Massenet ; concerts con-\nsacrés à Mendelssohn, à Schumann, à Wagner\net la musique moderne, à Lalo et la musique\nrusse. Ce dernier a été pour nous d'un vif\nattrait encore que le mélange de Lalo et\ndes Russes ne fût par des plus heureux, la pure\nbeauté de la musique française se trouvant\noffusquée par l'éclatant coloris des composi-\nteurs slaves. Le festival Berlioz fut un des plus\ngoûtés, grâce, en partie, aux voix de Mlles\nDworska et Gustin, de MM. Burlurut et\nImbert. Un autre concert, où M. de Villers\nnous fit entendre les compositions plus qu'ho-\nnorables (toujours bien écrites, souvent très\némouvantes) d'un musicien clermontois, A.\nClaussmann, obtint les acclamations du public.\nLa représentation de Y Anniversaire, avec la\nmusique d'Adalbert Mercier n'a pas eu autant\nsuccès. En revanche, l'ArUsienne, très-bien de\nreprésentée par la troupe, très-bien jouée par\nl'orchestre, fut le triomphe de la saison.\nJ. D.\nEPERNAY. Tous les ans, la florris-\nsante Société d'horticulture et de viticulture\nd'Epernay célébré la Saint-Fiacre.\nMais la fête de cette année devait être par-\nticulièrement solennelle et brillante, car on\ncélébrait en même temps le trentième anni-\nversaire de l'élection de M. Gaston Chandon\nde Briailles à la présidence de la Société, et\nenfin l'on inaugurait la nouvelle salle ainsi\nque le superbe parc dont M. Gaston Chandon\nvient de faire généreusement cadeau à la\nSociété.\nLa musique ne fit pas défaut ; on lui réser-\nva une bonne partie de l'après-midi. Trois\nsociétés prêtèrent leur très artistique concours :\nl'Harmonie Municipale, sous la direction de\nson chef M. Guignard, l'Union Chorale, sous\nles ordres de M. Maître et l'Orchestre Sym-\nphonique, sous la direction de M. Louis Dupont.\nTous les morceaux inscrits au programme\nfurent exécutés d'une manière parfaite et on\nne saurait trop féliciter ces trois phalanges\nmusicales qui ont contribué à la réussite de\ncette journée dont les invités garderont le plus\nagréable et le plus durable souvenir."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.90", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "VERDUN. A la distribution des prix du\ncollège de Verdun, le discours d'usage a été\nprononcé par M. Lévêque, professeur de secon-\nde qui avait pris comme sujet : \" Du rôle de\nla musique dans l'éducation. \"\nNous analyserons succinctement ce discours:\nA l'époque où bien des énergies défaillent,\noù le désenchantement se glisse jusque dans\nles âmes enfantines, où l'indifférence, en mo-\nrale, et en art accable les nations vieillies, ne\npourrait-011 pas, par une éducation musicale\nsagement comprise, raviver au cœur de l'hu-\nmanité la flamme de l'idéal qui semble prête à\ns'éteindre ?\nLes anciennes chansons, \" ces frêles immor-\ntelles qui volent de lèvre en lèvre à travers les\nâges\" expriment dans toute leur naïveté et\ntout leur charme les idées de bonheur d'un\npetit garçon ou d'une petite fille \" Giroflé-\nGirofla,\" \"les Compagnons de la Marjolaine \",\n\" Nous n'irons plus au bois \", \" Cendrillon\",\nsont de merveilleux petits chefs-d'œuvre, capa-\nbles d'entretenir chez l'enfant cette fraîcheur\nd'imagination qui, plus tard, embellit la vie,\net rend plus léger le fardeau quotidien\nA mesure que l'enfant grandira, nous le\nmettrons en présence d'œuvres musicales déplus\nen plus complexes. Nous l'initierons progres-\nsivement aux compositions musicales des grands\nauteurs ; et nous n'aurons qu'à suivre l'histoire\nde la musique depuis le XVIIe siècle à partir\nde Lulli et de J. B. Moreau. Puis ce seront\nMozart, Beethoven, Wagner. Le 9e sym-\nphonie de Beethoven n'est-elle pas un chant\nde triomphe de l'énergie, victorieuse de la\ndouleur ? Et d'autre part, Beethoven, dans ses\nadagios, n'est-il pas le plus noble consolateur\nde l'humanité ?\nLe sentiment du beau, l'énergie, la bonté,\n3 qualités que la musique peut développer\nchez un enfant. Puissions-nous voir dans un\navenir prochain, une part plus grand faite à la\nmusique dans les programmes scolaires.\nGERARDMER. Le succès de notre\ncasino cet été doit être attribué un peu à la\nsaison maussade qui a entravé le zèle des\nexcursionnistes, mais surtout à l'organisation\nmusicale qui fut excellente. Un orchestre, peu\nnombreux mais composé d'éléments de premier\nordre, fut dirigé par M. Louis Delune, le\ndistingué prix de Rome en Belgique, compo-\nsiteur et pianiste dont le S. I. M. a souvent cité\nles belles et puissantes œuvres jouées à Paris.\nS'il ne put donner des œuvres importantes\npour grand orchestre et chœur, il fit jouer\nd'excellente musique de chambre. Nous gar-\ndons un tout particulier souvenir des Variations\npour Quator à Cordes, de M. Delune et nous\nespérons bien les réentendre cet hiver à Paris.\nCONCERT BRÉSILIEN. Avec une\ncertaine audace, le directeur du Conservatoire\nde Rio de Janeiro, M. Alberto Nepomuceno\na donné un \" Grand Concert Brésilien avec\nOrchestre \" Salle Gaveau, le 17 Septembre.\nEn réalité, M. Nepomuceno n'a fait enten-\ndre que de ses œuvres. (Le Concerto pour\nviolon, de M. Oswald, fort bien joué par\nM. Chiaffitelli, Brésilien notoire, n'a été qu'un\nintermède banal et médiocre, sauf peut-être\nl'adagio.) Y-a-t-il une musique brésilienne ?"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.91", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "Nous l'ignorons encore, car celle de M. Ne-\npomuceno n'a pas de caractère local et peu de\npersonnalité. Sa symphonie en sol mineur est\nfort mendelssohnienne de style, avec une\norchestration modernisée mais trop souvent\nprétentieuse.Les fragments d'un opéra \"Aboul\",\ndont le programme laissait ignorer la donnée\ndramatique, présentent plus d intérêt dans les\ndeux préludes d'orchestre que dans les deux\nair, que chanta M. Dupriche, de 1 Opéra\nComique. Enfin une \" suite Brésilienne \" où\nle final d'un rythme amusant est la seule partie\nun peu Brésilienne, termina ce concert peu\nsubversif. Ce fut à peine une escarmouche\navant la bataille musicale qui se prépare pour\nl'hiver prochain.\nr F. G.\nLA MUSIQUE AU SALON D'AU-\nTOMNE. M. Armand Parent vient\nd'organiser des séances de musique de chambre\nqui auront lieu les 7, 14, 21, 28 Octobre et\n4 Novembre à 3 heures, et promettent d'être\nfort intéressantes. On y entendra des œuvres\nde Vincent d'lndy, Germaine Corbin, Béclard\nd'Harcourt, P. Le Flem, Jean Déré, Mme Ro-\nbert-Thieffry, Herscher, Vreuls, Geloso, Louis\nVuillemin, de Falla, Turina, Cras, Roussel,\nFl. Schmitt, Paul Dupin, interprétrés par\nMlles Marthe Dron, Chevalet, MM. Parent,\nLoiseau, Brun, Fournier.\n\nBelgique\nLe temps des vacances nous a éloigné de la\ncapitale, où certes, la musique n'a point chômé.\nIl serait oiseux, et il nous est impossible de\nsignaler dans ces pages d'Actualité, gonflées\ndéjà- par la correspondance accumulée de deux\nmois, le détail des manifestations multiples\ndont l'Exposition fut l'occasion. Nos lecteurs\ntrouveront d'autre part le compte-rendu com-\nplet des très intéressantes séances données à\nY Art ancien sous le haut patronage de S. M. la\nReine des Belges, par la Section Belge\net dont le grand succès est tout à l'honneur\ndes organisateurs savants et dévoués MM. A.\nBein et E Closson. Ce cycle rétrospectif est le\ngros événement de notre année musicale. La\nDirection des Beaux-Arts a fait œuvre féconde\net belle. Qu'elle accepte nos vives félicitations\net nos remerciements.\nA part cela, nous devons consacrer quelques\nlignes à la saison extraordinaire de la Monnaie,\nElle nous a valu deux premières sensationnel-\nles, à des titres bien différents. La troupe de\nMonte-Carlo nous a présenté Le Vieil Aigle\nde M. Gunsbourg, (livret de Gorky) et la der-\nnière production de J. Massenet. Disons que\nle héros chevaleresque, dans les deux cas, ne\nperd pas trop à s'envelopper du revêtement\nmélodique, mais qu'il n'y gagne sûrement\nrien. La troupe de Cologne, en outre, nous\nfit connaître Elektra de M. Richard Strauss.\nL'auteur du libretto n'a pas ajouté aux données\ndes tragédies antiques : il les a condensées.\nQuant à la partition, c'est une œuvre puissante,\nchaotique, grandiose même. Un critique disait\nà son propos qu'elle est ule point culminant\ndu drame lyrique contemporain. \" A notre\nsens, le tempérament du compositeur est plus\ndramatique que vraiment et simplement musi-\ncal. Chez lui, les sons ont une valeur plus\nreprésentative qu'émotive. C'est un paroxyste,\net c'est un audacieux. Sans doute, il manipule\nl'orchestre avec une poigne de titan. Son art\nfulgurant et bruyant fait songer à l'orage. Tout\nici se heurte, les thèmes s'enchevrêtent, dans\nune sarabande, avec des fracas de cuivres, des\nclameurs furieuses et des éclats farouches.\nC'est brutal ! Strauss nous saisit par le vacarme\nplutôt que par le sentiment. Sa profondeur\nappartient à la physique et à la science. A\nchacun son tempérament : l'incendie d'une\ngrande ville, peut être \"horriblement beau\" ;\nj'aime la sublime et paisible clarté des étoiles !\nLa beauté m'apparaît, reposante, harmonieuse,\net calme, comme un regard, jeune et tendre-\nment lumineux, au murmure des nuits sereines.\nLa même troupe, excellente vraiment,\nnous a donné VAnneau de Nibelungen. Mais\ninutile de parler encore de ces inoubliables\nvisions. L'ombre de Wagner, immensément,\ns'est projetée sur le monde, et le couvre encore,"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.92", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3955, "texte": "despotiquement. De loin en loin, il est des\nhommes-dieux, ainsi, qui recueillent soudain\nle fluide épars de la pensée ; grands prêtres\ncommuniant de l'infini, ils parlent, et c'est\npour une génération, un émerveillement mor-\ntel. Il est temps de frémir à de nouveaux\nfrissons !\nLa saison 1910-1911 est ouverte. Hélas,\nnotre premier scène ne trouve pas mieux que\nl'Africaine, Faust et Werther ! On nous\npromet quelques œuvres... et même des œuvres\nbelges ! Nous les attendrons. Par contre le\nthéâtre de Gandannonce une série d'opéras\nlocaux dignes du plus haut intérêt. Notre\néminent correspondant M. le docteur Paul\nBergmans, nous tiendra au courant de cet\neffort dont nous félicitons à l'avance les\ninitateurs.\nOSTENDE. 20 juillet - 20 août. Parmi\nles beaux concerts que nous donna l'orchestre\ndu Kursaal, il faut citer celui du 21 juillet,\nconsacré à la musique belge, trois concerts de\nmusique classique dans lesquels Edouard Risler\nHugo Heermann et Geneviève Dehelly se sont\nsuccessivement fait entendre, ainsi que le fes-\ntival d'auteurs autrichiens et hongrois.\nLe concert donné à l'occasion des fêtes\nnationales fut particulièrement intéressant les\nauteurs dirigeant eux-mêmes leurs œuvres. Il\ndébuta par la 3e ouverture symphonique de\nPaul Gilson, œuvre excellente, mais que le\ncompositeur n'a pas fait valoir autant qu'elle\nla mérité, par le calme, le flegme, dirai-je, qui\ncaractérisé sa direction et auquel nos orchestres\nne sont pas habitués. Par contre, une scène\nde son drame lyrique chantée\npar Mmc Feltesse, enthousiasma l'auditoire.\nCette meme cantatrice chanta encore, avec\naccompagnement d'orchestre et sous la direc-\ntion de Rinskopf, trois lieder du regretté\nGustave Huberti.\nLe distingué directeur du conservatoire de\nGand, M. Emile Mathieu, fit entendre Les\nNoces feoda/es, tableau symphonique d'une réelle\nbeauté.\nEdgard Tinel nous avait réservé l'ouverture\nde sa legende dramatique op. 44,\nCette œuvre forte, aux riches harmonies et\nmodulations ne put manquer de faire grande\nimpression, d'autant plus que la direction\nénergique et autoritaire du maître en mettait\nencore plus en relief le caractère personnel.\nUne ballade pour orchestre et une scène\npopulaire d'un nouveau drame lyrique\nlied(chant d amour) de Jan Blockx, le compo-\nsiteur anversois qui se sent vraiment chez lui\nquand il s agit d'écrire des carnavals et des\nscènes burlesques aux rythmes secoués et '\nhachés, terminèrent ce concert.\nLe jour suivant Edouard Risler nous rtint\nsous le charme de son jeu noble. Allemand de t\nnaissance et parisien par son éducation, il allie\nà une profondeur de sentiment toute germa-\nnique, une netteté et une délicatesse bien\nfrançaises. Et cela fait de lui un interprète\nmerveilleux de Beethoven, dout il exécute\nles œuvres avec une technique parfaite et une\nrare compréhension. Il l'a prouvé une fois de\nplus dans le concerto en sol, une des plus\nbelles compositions pour piano du maître de\nBonn. Vraiment, à entendre jouer une telle\nœuvre par un tel artiste, l'on n'ose plus bouger\nde peur de rompre le charme, et quand Risler\neut terminé ce concerto à l'adagio sublime,\non aurait voulu tout à coup se trouver bien\nloin de toute salle de concert et de toute foule\nmondaine, babillarde et rieuse, pour continuer\nà entendre les effluves sonores dans le calme\nde la nuit\nC'est encore avec du Beethoven que Hugo\nHeermann, le violoniste allemand, nous régala.\nSon jeu sobre, chantant et doux rendit bien le\ncaractère très poétique du concerto pour violon.\nIl fut tout autre, fougeux et vibrant, dans\nl'exécution des Scènes de la Czarda de Jenô\nHubay.\nMlle Geneviève Dehelly, de Paris, nous\npermit d'apprécier une finesse de toucher et\nune technique à coup sûr admirable. Elle\nsemble affectionner particulièrement Liszt\npuisque le programme portait le\nmi bet la fantaisie sur Rde ce maître.\nElle nous joua encore une étude de Chopin\n(en mi majeur) et, comme bis,\nLe tout fut rendu d'une façon très délicate,"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "pourtant il faut déplorer le choix du concerto:\nc'est en effet, une composition dans laquelle\npiano et orchestre semblent plutôt se faire\nconcurrence que se compléter.\nNotons que dans ces différents concerts\nl'orchestre, habilement conduit par M. Léon\nRinskopf, a toujours consciencieusement ac-\ncompagné les virtuoses et dans ceux de Risler\net de Heermann, solo et accompagnement\nformaient un tout bien homogène dans lequel\nrien, ni un tutti trop accentué, ni un crescendo\nintempestif, ne vint rompre la sensation artis-\ntique.\nLe concert donné à l'occasion du 80e anni-\nversaire de l'empereur François-Joseph, était\nréservé aux œuvres d'auteurs autrichiens et\nhongrois, et était dirigé par le compositeur\nJenô Hubay. Programme chargé et heureux.\nNous avons entendu entre autres l'Adagio de\nla symphonie en ut $ mineur de A. de But-\ntykay page symphonique aux thèmes larges\net aux majestueuses modulations, l'ouverture\nAu printemps de Goldmarck, le prélude très\nfouillé de l'opéra Moharozsade Hubay et un\npoème symphonique La Sirène de Mihalovich.\nUn autre poème symphonique de Sme-\ntana, termina le concert.\nCette œuvre tirée du cycle M à vlast (ma\npatrie) dépeint un épisode de la guerre des\njeunes filles de Bohême, dont Schârka était\nune des héroïnes. Cette composition est un\ndes chants .d'une véritable épopée nationale\nqu'écrivit le grand tchèque ; elle est une de\nses meilleures productions. On y sent encore\nde loin en loin l'influence de Liszt, mais elle\npossède bien un cachet personnel et se distin-\ngue par sa richesse polyphonique.\nPour terminer, je ne puis omettre de toucher\nun . mot du spectacle d'œuvres belges que le\nthéâtre adonné le 19 août. En vérité, c'étaient\nplutôt des essais de composition. Il faut souli-\ngner le succès remporté, et, mérité, par Ceci\nn'est pas un conte pièce lyrique en un acte de\nM. C. Stiénon du Pré, sur paroles de M. G.\nDumestre. La pièce n'est assurément pas par-\nfaite mais n'oublions pas qu'elle est l'œuvre\nd'un très jeune, qu'elle trahit des qualités\ndramatiques réelles et que l'orchestration en\nétait soignée. Souhaitons à son auteur persé-\nvérance. M.\nG AND. Au Grand Théâtre. D'une\nstatistique dressée par M. G. Bonneville, il\nrésulte que le répertoire lyrique de l'année\n1909-1910 s'est composé de 40 ouvrages, dus\nà 24 compositeurs différents. Les nouveautés\nde la saison furent : Au pays du lin (drame\nlyrique en 3 actes et 4 tableaux, musique de\nJoseph Vander Meulen), et la Mort du roi\nReynaud (légende lyrique en 2 actes et 3 ta-\nbleaux, musique de Robert Herberigs), comme\nœuvres nationales, et Madame Butterfly, le\nChemineau, Marie-Madeleine, Fortunio et le\nParadis de Mahomet,comme œuvres étran-\ngères.\nLa campagne a duré du ler octobre 1909\nau 22 mars 1910. La direction, confiée à\nM. Raffit, fut abandonnée par lui au bout de\ndeux mois, et continuée en régie par l'admi-\nnistration communale. Le nombre des repré-\nsentations s'est élevé à 132, dont 27 matinées.\nLes pièces les plus jouées ont été : Madame\nButterfly (17), le Chemineau (10), la Fie de\nBohême (9), Faust (8), Manon (7), Au pays du\nlin, Lakmè, la Toscaet IV (chacun 6).\nParmi les compositeurs, Puccini tient la corde\n(32 représentations avec 3 œuvres) ; puis\nviennent Massenet (24 représentations avec\n5 œuvres), Gounod (14 représentations avec\n3 œuvres) et Xavier Leroux (10 représentations\navec 1 œuvre).\nDans la liste des artistes en représentation,\nnous relevons Mines Marguerite Bériza, De-\nmougeot et Geneviève Vix, MM. Léon Beyle\net Vigneau.\nM. Pierre de Meyer a été nommé directeur\npour 1910-1911; il dispose d'une troupe\nbilingue qui lui permettra de puiser à la fois\ndans le répertoire français et dans le répertoire\nallemand.\nLe Vaux-Hall a terminé sa saison de con-\ncerts symphoniques qui a été très attrayante,\ngrâce à ses distingués chefs d'orchestre, Joseph\nLefébure et Oscar Roels. Ceux-ci ont réservé\nà l'art national une place considérable, et nous\ntrouvons inscrits aux programmes les noms de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.95", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "Peter Benoit, F.-A. Gevaert, Jan Blockx, Léon\nDubois, Albert Dupuis, Paul Gilson, Edgard\nTinel, Emile Wambach, etc.\nLes compositeurs gantois n'ont pas été\noubliés, et il n'est peut-être pas sans intérêt\nde les énumérer, cette liste constituant un\ndocument utile d'histoire artistique locale :\nOscar Bergmans, Melle de Guchtenaere, R.\nGuillemyn, M. Henderick, Paul Lebrun,\nJoseph Lefébure, Melle G. Masure, Emile\nMathieu, César Michiels, Albert Morel de\nWestgaver, Charles et Oscar Roels, Adolphe\nSamuel, L. Stiénon du Pré, Frans van Aver-\nmaete, Jean Vanden Bogaert, Jean Vanden\nEeden, Léo Vander Haegen, Joseph Vander\nMeulen et Henri Waelput.\nParmi les derniers concerts, il y a lieu de\nsignaler spécialement celui où ont été exécutés\ndes fragments de Lina, roman musical en\n3 actes de Léo Vander Haeghen, qui sera\nreprésenté cet hiver au Grand Théâtre. Les\nextraits choisis ont beaucoup plu et font\naugurer favorablement de l'avenir de l'œuvre\nà la scène.\nRelevons aussi parmi les solistes des der-\nnières soirées, une jeune pianiste d'un talent\nrempli de promesses, Melle Mariette Hill, qui\na notamment joué le beau Concertsttick\nd'Emile Mathieu, Paysages automne.\nDr PAUL BERGMANS.\nCONCERTS ANNONCÉS. Pour\nle jeudi 20 Octobre, Salle de la Grande Har-\nmonie, audition d'oeuvres du compositeur russe.\nA. Scriabine. Orchestre : D 1 M. W. Safonoff.\nPiano : Mme Scriabine. Au programme :\nire symphonie en mi majeur ; concerto piano\net orchestre en fa dièze majeur, Rêverie et\n12 études pour piano.\nLa Société Bach donnera ses concerts :\nles Dimanches : 4 Décembre ; 26 février,\n27-28 mai festival avec la Passion selon Sfc\nJean, et la Messe en si mineur. Artistes annon-\nces : Mmes Noordewier, Reddingins, Tilio Hill,\nE. Ohlohof. De Haan, Manifarges, Schu-\nneman, Stapelfelt, MM. G. Walter, Baldszun,\nStefani, Zalsman, Jan Reder.\nRappelons que réminent musicologue\nM.le Dr Dwelshauvers a publié une excellente\nbrochure analyse de la Passion selon S 1 Jean,\nindispensable à ceux qui veulent en pénétrer\nle sens profond et la facture.\nM. Sydney Vauteyn, professeur au Con-\nservatoire de Liège, donnera à la Grande\nHarmonie, le 16 Novembre, un Récital Schu-\nman.\nCOMMUNIQUÉ. Institut musical\nd'lxelles 35, Rue Souverain. Cours profession-\nnels, libres et mondains, selon le programme\ndu gouvernement, par professeurs diplômes, avec\nparticipation au Concours général de l'Enseigne-\nment du Royaume. Cours musicaux,\ndramatiques, littéraires, esthétiques et plastiques.\nSous l'éminente direction de M. Henry\nThiébaut.\nMM. Duplessy et Gaston Dupuis ont fondé\nla Société belge d'art populaire. - Initiative\npleine d'intérêt. ir audition, le Dimanche,\ng Octobre, au Théâtre Royal de VAlcazar.—\nPour renseignement, s'adresser aux bureaux:\nRue du Treurenberg, chez l'éditeur Lauwe-\nryns.\n\nÉtranger\nFLORENCE. Florence va-t-elle rede-\nvenir, comme autrefois, une des grandes cités\nmusicales de l'Europe. On n'ose guère l'espé-\nrer. Mais 011 aurait presque pu le croire, en\nvoyant se multiplier tout d'un coup les concerts\net les fêtes de musique. La société du Quartetto\nflorentino a exécuté dans ses dernières séances\ndes quatuors de G. Pacini, de Bazzini, de\nModona, de Faccio Franco, un quintette de\nDworak et le septuor de Beethoven. Nous\navons eu presque à la fois quatre concerts de\ngrand orchestre (les seuls de l'année, il faut le\ndire) donnés par la Société orchestrale floren-\ntine. Les trois premiers étaient dirigés par un"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.96", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4112, "texte": "des meilleurs chefs d'orchestre d'Europe, W.\nLuigi Mancinelli, qui, entre une exécution fort\nsatisfaisante de la 5e symphonie de Beethoven\net une interprétation très personnelle de divers\nfragments symphoniques de Wagner, nous a\nfait admirer dans son œuvre nouvelle, Ouver-\nture romantica(l9lo) la parfaite maîtrise de\nson instrumentation. On regrette que cet\norchestre de cent musiciens, qui possède des\nqualités sérieuses, ne nous ait pas donné cet\nhiver des concerts réguliers que le public\nflorentin aurait certainement suivis avec em-\npressement.\nAu théâtre Verdi, une première :\nOuichotie, \" comédie musicale \" en trois actes,\npoème de M. Riccardo di Cagliostro. Je n ai\npas encore eu le temps de faire connaissance\navec le Don Quichotte de M. Massenet et\npourtant je n'hésite pas à affirmer que celui\nde M. Pacini ne lui ressemble en rien.\nM. Pacini, qui a fait ses études musicales à\nLeipzig,s'est proposé, dans cetteœuvre curieuse\net déconcertante, d'appliquer au poème un peu\ngrêle et fort peu dramatique de M. di Cagli-\nostro, les procédés musicaux du drame wagné-\nrien. Cette disproportion produit quelque\nmalaise et l'orchestre ne nous permet pas\ntoujours d'entendre les acteurs. Parmi les pages\nles mieux venues, on peut signaler la mort de\ndon Quichotte et la scène de l'acte II où il\ndéfie les esprits de la nuit. Ce qu'il y a de plus\nintéressant dans l'œuvre de M. Pacini, c'est la\nvolonté délibérée de rompre nettement avec le\nstyle dramatique de M. Mascagni ou de\nM. Puccini, de s'engager dans des voies nou-\nvelles (du moins en Italie), même au risque de\nse fourvoyer.\nOn peut constater dans quelques milieux\nitaliens, et particulièrement à Florence, le goût\net le besoin d'une musique nouvelle. Plusieurs\namateurs et aussi quelques jeunes compositeurs\npleins de promesses étudient Strauss, Mous-\nsorgsky, Debussy. Récemment, dans une con-\nférence illustrée par une audition de ses\nœuvres, M. Gino Bellio, dont l'originalité\naudacieuse ne paraît pas avoir été affaiblie par\nde longues années d'enseignement, exposait\nune théorie de la liberté rythmique et tonale\net rendait hommage aux innovations fécondes\nde la jeune école française.\nMais, comme il est naturel, c'est surtout\ndans son passé, si glorieux, que la musique\nitalienne devra fortifier son inspiration. S'ils ne\nse décident pas encore à utiliser les trésors du\nchant populaire sarde ou calabrais, les Italiens\nont tenté, cette année, plusieurs reprises im-\nportantes d'opéras anciens, la Mèdèe de Che-\nrubini, la Vestale de Spontini et de\nMonteverdi, qui, donné d'abord à Milan par les\nsoins de la société des Am vient\nd'être exécuté tout récemment à Florence, avec\nles mêmes chanteurs et avec le duc Visconti de\nMilan pour chef d'orchestre, sous les auspices\nde l'Association des musicologues italiens (la\nS. I. M. d'ltalie). Ce fut une belle fête de\nmusique, où triomphèrent le célèbre baryton\nKaschmann et Mmcs Fino Savio et Maria\nPozzi. L'adaptation de M. Orefice, conçue\ndans un esprit assez différent de celle de\nM. Vincent d'lndy, est fort agréable à enten-\ndre, mais les libertés prises avec le texte sont\nvraiment excessives, comme l'a fort bien\nmontré M. Gaetano Cesari, dans une magis-\ntrale étude de la Rivista\nM. Orefice a fait profiter Monteverdi de\nl'expérience acquise par trois siècles de musi-\nque. Il l'a aussi rendu beaucoup plus accessible\nau grand public, qu'une transcription plus\nfidèle aurait peut-être rebuté et qui a accueilli\ncelle-ci avec enthousiasme. Après tout, si c'est\nlà le seul moyen, à l'heure actuelle, de faire\naimer Monteverdi, peut-être devons-nous con-\ntenir notre indignation d'historiens, et\napplaudir.\nPAUL-MARIE MASSON.\nPAYS DE GALLES. Treize sociétés\nchorales venues de différents points du pays de\nGalles et formant un ensemble de 1300 v°ix\nse sont assemblées à Harlech célèbre par son\nvieux château et par son héroïque défense\ndurant la guerre des deux Roses en 1460.\nC'est sans doute de cette époque que date une\ndes célèbres mélodies galloises u The march of\nthe men of Harlech \" qui est un des plus beaux\nairs guerriers de l'Europe. Cette marche devint"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.98", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "l'air national Gallois et ne fut remplacée par\nl'air actuel qu'à la fin du siècle dernier. Le\nFestival du 8 Juillet dernier fut une rénova-\ntion de festivals qui, il y a 25 ans, étaient\nle plus grand événement de la vie musicale\nGalloise.\nMrs. Mary Davies la vaillante secrétaire de\nla \" Welsch Folk song Socie\" a présidé la séance\ndu matin où les chœurs se sont fait entendre\nséparément.\nA la séance du soir, les 1300 voix se sont\nunies dans une admirable interprétation du\nMessie de Hândel. LUCIE A. BARBIER.\n> BOSTON. L'un de nos jeunes compo-\nsiteurs les plus intéressants, M. André Caplet,\nvient d'être chargé de conduire les œuvres\nfrançaises l'hiver prochain à l'Opéra de Boston.\nRemarquable chef d'orchestre M. André\nCaplet va trouver dans la conduite de Pelléas\net Mélisande, et d'Ariane et Barbe-bleue,\nentre autres, une compensation aux deux\nderniers concerts organisés par MM. Durand\net Co. pour lesquels il avait été choisi, mais\nqu'une indisposition l'avait empêché de con-\nduire.\nLE RÉPERTOIRE FRANÇAIS MO-\nDERNE AUX ÉTATS-UNIS. La\nsaison prochaine, voici les œuvres qui seront\nreprésentées dans les grandes villes : New-\nYork, Chicago, Philadelphie, Boston, Wash-\nington, La Nouvelle-Orléans :\n\" Samson et Dalila \", \" Javotte \" et\n\" Henry VIII \" du Maître Saint-Saëns, \" Pel-\nléas et Mélisande \" et \" L'Enfant Prodigue \"\nde Claude Debussy, \" Ariane et Barbe-Bleue \"\nde Paul Dukas, \" L'Heure Espagnole \" de\nMaurice Ravel.\nVALENCE. Des concerts sans intérêt\nont été donnés à l'Exposition Nationale d'Arts\net Industries. A signaler la visite de la Schola\nChorale de Tarrasa (Barcelone) qui, sous la\ndirection du Maître M. Llongueras, a donné\ndeux séances de musique et de gymnastique\nrythmique (d'après la méthode de M. Jaques\nDalcroze).\nA signaler aussi l'exécution des œuvres\ntelles que les Chorals de Victoria ou de Bach,\nles chants catalans de Morera, Pedrell, etc...\nOn apprécia tout particulièrement l'inter-\nprétation parfaite des poses de gymnastique\nrythmique. M. Llongueras est allé lui-même\nen Suisse pour étudier la méthode de M.\nJaques Dalcroze ; il a la chance d'avoir\ndes élèves très douées et dont la grâce tout\nhellénique fut vivement appréciée. Bref, très\ngrand succès.\nNous avons eu aussi un concours de fanfares\ntrès important. ED. L. CHAVARRI.\nCADIX. Le programme du douzième\nConcert donné par \" l'Octeto Sinfonico \"\ncomprenait la Danse aux Flambeaux de\nMoszkowski, des mélodies de Grieg, le pré-\nlude du troisième acte d'Hérodiade de Masse-\nnet, la 8e Symphonie de Beethoven, des\nfragments de Parsifal, Tristan, l'Or du Rhin\net du Crépuscule des Dieux.\nMARIAGE. Nous apprenons avec\nplaisir le mariage de notre collègue M. Mau-\nrice Reuchsel, membre de la Société Inter-\nnationale de Musique, compositeur, rédacteur\nen chef du journal L'Express Musical de Lyon,\navec Mlle Louise Perrenot, fille de feu Mc\nPerrenot, avoué, et nièce du Général Berthier,\ncommandeur de la Légion d'honneur.\nNÉCROLOGIE. Frédéric-Adolphe\nSteinhausen, médecin général et médecin du\nseizième corps d'armée à Metz, bien connu\ndans le monde musical pour ses ouvrages sur\n\" le maniement de l'archet dans les instru-\nments à cordes \" et \" la nouvelle technique\ndu piano \" est mort à Boppard le 23 juillet à\nl'âge de 51 ans.\nMme Berta Adels von Miinchhausen,\ncélèbre cantatrice d'oratorios et de lieder, en\nmême temps que professeur distingué, est\ndécédée subitement à Strasbourg le 2 sep-\ntembre. Elle avait su acquérir une place très\nimportante dans la vie musicale de Strasbourg\net le public ainsi que la presse étrangère lui\nréservaient toujours le plus chaleureux accueil."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "86", "page_fin": "99", "image_debut": 78, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.12.1", "titre_corps": "Heliogabale", "titre_sommaire": "Heliogabale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.78", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "Heliogabale\nLe genre de spectacle donné à Béziers a un\ncaractère très particulier auquel on aurait tort\nde n'attacher aucune importance. Il a la pompe\ndu grand opéra, la coupe de l'opéra-comique\net la forme du mélodrame. C'est presque le\ndrame antique. Aussi les sujets tirés de l'His-\ntoire Ancienne conviennent-ils bien au cadre\ndes arènes, mais ils ne sauraient se passer de\nmusique. Celle-ci doit avoir une ligne bien\naccusée, ne pas se perdre dans des raffinements\ninutiles et se borner à être décorative en lais-\nsant de côté la psychologie des personnages.\nC'est ce qu'a compris M. de Séverac, comme\ndéjà avant lui M. Saint-Saëns, dont la Dejanire\npassait jusqu'ici sans conteste pour le modèle\ndu genre.\nAlors que le poète Heliogabale s'attardait\ndans un symbolisme désuet, le musicien a\nécrit au contraire une partition d'allure très\nfranche. Il a vu surtout dans l'Empereur\ndégénéré le Prêtre du Soleil, le syrien fantasque\net voluptueux qui fit venir à Rome, sur un\nchemin semé de poussière d'or, la pierre noire\nd'Emese, et il a donné à la plus grande partie\nde son œuvre une teinte orientale peut-être\nun peu trop marquée : le thème qui caracté-\nrise la mollesse d'Heliogabale, celui qui accom-\npagne ses prêtres et ses éphèbes sont construits\nsur des formules empruntées aux gammes\norientales, gamme sans quarte et sans note\nsensible, ou mode mineur avec fausse relation\nde triton. Il en résulte plus de monotonie\nencore que de couleur. M. de Séverac va\njusqu'à utiliser des modes hindous, auxquels\nsuccèdent des modes grecs antiques. En plein\nair c'est de l'érudition perdue et tous ces\nmodes nous sont devenus tellement familiers\nqu'ils n'ont plus aucun caractère.\nL'acte le plus réussi est le premier ; je puis\nmême dire que c'est un chef-d'œuvre, ainsi\nque le prologue qui le précède, où le poète\nrésume le drame : Rome s'endormant dans la\nvolupté, pendant que les chrétiens prêchent\nla chasteté et le renoncement, et se révoltant\npour se débarrasser tragiquement d'Helioga-\nbale. Le musicien en profite pour exposer ses\nprincipaux thèmes, celui de Rome, simple et\nfrappant, clamé par les trompettes, celui\nd'Heliogabale et de sa suite, et enfin celui des\nchrétiens, assez solennel. Ces thèmes, sauf le\ndernier, forment le fond du premier acte où le\ncruel Empereur fait mourir ses convives sous"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.79", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4323, "texte": "un déluge de roses et condamne deux chré-\ntiennes à un supplice atroce, ce qui lui vaut\nla haine du père des deux martyres (et au\ndernier acte il tombera sous les coups de ce\npère outragé). Il confie ses craintes et ses\nremords à sa mère vigilante et faible, et pour\nchasser ses hallucinations fait danser devant\nlui des esclaves exotiques, ce qui donne lieu à\nun joli numéro d'orchestre et de chant, la\nDanse lascive.\nDans le second acte, consacré exclusive-\nment aux chrétiens, M. de Séverac a écrit des\nchœurs fugués, assez courts (et il n'y a pas de\nfugue proprement dite), procédé un peu facile\npour un musicien tel que lui, et s'est égale-\nment servi de VAlléluia grégorien si expressif\nque chantent si bien les chanteurs de Saint-\nGervais. Il en a fait un motif principal formant\nfond de tableau. Au lieu de lui conserver son\ncaractère monodique, il lui a adjoint un ac-\ncompagnement simple et fort joli qui le rend\ntrop séduisant pour un chant de chrétiens\nprimitifs et austères. Je dois dire néanmoins\nqu'il est ainsi fort agréable à entendre et qu'il\na beaucoup plu. De même le Pater noster à\nquatre parties n'a pas l'onction et l'humilité\nqui conviennent à cette prière, et dans tout\ncet acte on sent que le musicien a cherché\nsurtout à faire joli. Il y a pleinement réussi.\nLe troisième acte comprend un long ballet,\ntraité simplement à la manière de ceux de\nGluck, et toujours dans le style oriental, une\ndanse du Soleil, très originale, et une masca-\nrade pétillante d'esprit.\nLe style de M. de Séverac dans Heliogabale\ndiffère sensiblement de celui que nous lui con-\nnaissions. On conçoit que cela était nécessaire,\net il est curieux de remarquer combien le\nplein-air fond les dissonances, atténue les\ncrudités : les suites de quintes et de quartes\nqui accompagnent par exemple le motif de\nl'empereur efféminé sont très douces ; les\nfrottements de secondes mineures, chers au\ncompositeur d^En Languedoc, produisent à peine\nun petit frisson, et en revanche les pédales\nprofondes, très nombreuses et souvent d'un\neffet très réussi, sont très frappantes, comme\naussi les trouvailles rythmiques, très heureuses,\ntelle, pour n'en citer qu'une, que l'alternance\nde la mesure à 4/4 avec la mesure à 2j2 Jans\nla bacchanale du dernier acte, produisant une\nconfusion apparente bien en situation.\nL'orchestre se composait de plusieurs musi-\nques militaires et du quatuor ordinaire ren-\nforcé. Le musicien les a divisés en groupes\ndont il se sert un peu à la façon des registres\nd'un orgue. Les violons, qui s'entendent bien,\nfont de jolis contrastes avec les cuivres, et les\nharpes sont utilisées avec une très louable\nmodération. Au 3e acte, M. de Séverac a\nintroduit, dans son orchestration, quatre cha-\nlumeaux, instruments à anches d'origine basque,\nrappelant par leur crudité les clarinettes en ut.\nElles encanaillent, comme disait Berlioz, de\nfaçon pittoresque le défilé des masques.\nBien que cette partition, adaptée après coup\nà une tragédie écrite pour une autre destina-\ntion, paraisse avoir été un peu hâtivement\ncomposée, elle marque un pas plus décisif du\nmusicien que le Cœur du moulin dans le genre\ndramatique. En se surveillant moins, il se\nlivre à nous tout entier, laissant à découvert\nses défauts et ses qualités, défauts et qualités\négalement indispensables pour faire un homme\nde théâtre : beaucoup de facilité, idées abon-\ndantes et claires, harmonie riche et solide, et\noù l'on remarque enfin une tendance heureuse\nà se dégager définitivement des liens de l'Ecole.\nIl y a peu de choses à dire sur l'interpréta-\ntion. Les soli étaient bien chantés, par des\nvoix sonores, mais les chœurs où 11e\nfigurait pas la Schola de Montpellier, annon-\ncée à tort par les affiches et les journaux\ndétonnèrent abominablement. M(!k' Napier-\nkowska ne vint pas, et les attitudes, la grâce\nde Me'lle Nina Sereni nous consolèrent de sa\ndéfection. Le décor, soutenu par des madriers\nd'un effet déplorable, ne recueillit pas tous les\nsuffrages, et le spectacle en général, monté\navec un peu de hâte, accusait des négligences\nregrettables dans beaucoup de détails. En re-\nvanche l'orchestre fut merveilleux sous la\nbaguette de M. Hasselmans et le jeune chef\nd'orchestre fut tout simplement admirable. Sa\nmaîtrise suppléa au manque de répétitions et\nde mise au point qui eussent pu compromettre"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.80", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "fâcheusement le succès de cette remarquable\npartition.\nEDOUARD PERRIN.\nTOURS. Le compositeur tourangeau,\nM. Fernand Jouteux vient de remporter un\nbeau succès à la Distribution des Prix de\nl'Ecole qu'il a été, au début de l'année, chargé\nde diriger et de réorganiser. L'Ecole compte\ndeux-cents élèves, et les concours publics ont\nété excellents. Au Concert donné au Grand\nThéâtre, M. Fernand Jouteux a dirigé,\nentr'autres, plusieurs de ses œuvres: une pitto-\nresque Danse Chinoise ; un chœur délicieux\n\" Ma fille, veux-tu un bouquet \", et une grande\nscène dramatique, pour solis, chœurs et\norchestre u le Retour du Mann \", qui fut\nacclamée avec enthousiasme.\nSEDAN. Représentation en plein air\nde \" l'Artésienne \".\nCette manifestation artistique et populaire\norganisée à l'occasion de l'lnauguration offi-\ncielle de la ligne de Chemin de fer de Sedan\nà la Frontière Belge, eut lieu au Champ de\nMars, dans un paysage charmant et devant\nenviron huit mille spectateurs.\nLoin de moi l'idée d'établir une compa-\nraison entre le cadre grandiose des différents\nthéâtres antiques d'Orange, de Nimes, de\nBéziers, d'Arles, etc... et le lieu de la repré-\nsentation.\nMais l'interprétation de la belle œuvre de\nDaudet fut parfaite.\nSous l'habile direction de son chef, M. Cla-\nrinval, la Société Philarmonique de Sedan\nsut en cette occasion se rendre digne tant du\ndévoûment de son distingué Président, M. le\ndocteur Hennecart, que du public de connais-\nseurs que l'on rencontre dans tous ses concerts.\nEPINAL. Nul de ceux qui assistèrent,\nlors de l'exposition artistique de 1908, au\nconcert offert par Y Orchestre Cosmopolite dans\nles jardins de la Maison Romaine, n'avait\noublié le charme de cette soirée.\nCette fois encore le Cosmos avait choisi le\nmême cadre. Le programme se composait de\ntrois morceaux symphoniques choisis au réper-\ntoire des grandes auditions. Tout d'abord,\nF Ouverture de Guillaume Tell, puis la Sym-\nphonie inachevée de Schubert et, enfin, la\nRomance en Sol, de Beethoven, qui permit à\nM. Rietschler de mettre en évidence son jeu\nsouple, sobre et ému.\nA signaler aussi une Gavotte de Popper où\nM. Talaupe, violoncelliste, excella comme à\nson ordinaire ; trois chœurs sans accompagne-\nment, de Schumann, et qui furent parfaite-\nment rendus.\nLa soirée se termina par une ode sympho-\nnie pour ténor, chœur et orchestre, traitée\npar un lorrain René de BoisdefFre dans\nla manière de Massenet, et qui fut l'occasion\nd'un beau succès pour l'auteur et les exé-\ncutants.\nNANTES. Du 23 juillet au 1 août se\nsont déroulées, à Nantes, les fêtes de la\nBretagne à travers les âges. Exposition bretonne,\ncavalcades historiques, concours de costumes,\nde danses et de chant, telles furent les princi-\npales attractions. La musique eut, dans ces\nfêtes, un rôle important.\nLe Dimanche 24, nous assistions à une\nreprésentation d'Andromaque au theatre de la\nnature organisé dans le parc de M. Brousset,\nau front du Cens. Interprètes : Mmc Second-\nWeber, Mllc Madeleine Roch, MM. Jacques\nFenoux, Mayer et Albert Lambert père. La\nmusique de scène de Saint-Saëns était executee\npar l'orchestre Lonati.\nLe soir, l'Orphéon nantais \" la Sainte-\nCécile \", sous l'habile direction de M. La-\ncombe, et l'orchestre Lonati donnaient un\nconcert à l'exposition avec le concours de\nMme G..., de M. Nucelly, de l'opéra, et de\nM. Reliet, premier prix de chant au conser-\nvatoire de Nantes. La cantate de Thielemans\n\" les deux Bretagnes \" obtint un vif succès et\nnous eûmes le plus grand plaisir a en entendre\nune seconde audition au concert du 28.\nLe 27 et le 28, concerts populaires donnés\npar la Garde républicaine.\nLe Dimanche 31 juillet on avait eu l'heu-\nreuse idée d'organiser une cour d'amour dans"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "la cour principale du Château des ducs de\nBretagne. En présence de la duchesse Anne,\njVjene Meunier, de l'Opéra, exécuta une danse\ngrecque. Puis M. Nucelly et Mv]W Delvair,\nsociétaire de la Comédie française se firent\nentendre. Le \" Choral Nantais \" et la\n\" Sainte-Cécile \" exécutèrent une des plus\nbelles mélodies bretonnes recueillies par Bour-\ngault-Ducoudray : \" le Semeur \", sous la\ndirection de M. Morisson, et la \" Légende\nbretonne \" de Sanitis sous la direction de\nM. Lacombe. L'Union Philharmonique fit\nentendre enfin différents morceaux, entre\nautres l'originale \" Marche des Korrigans \"\nde Guy Ropartz.\nLes Nantais ont voulu clore cette série de\nfêtes par un pieux hommage à la mémoire du\nregretté maître Bourgault-Ducoudray. C'est à\nses œuvres que fut consacré le festival très\nréussi donné le ler août par la Société Philhar-\nmonique, le Choral Nantais et la Sainte-\nCécile.\nMais ce qui donna aux fêtes Nantaises leur\nparfum vraiment spécial ce fut la musique des\nbretons bretonnants : les binious et les bom-\nbardes.\nCAUTERETS. De tous les \" Théâtres\nde la Nature \" créés (avec quelque excès) ces\nderniers temps, aucun ne peut rivaliser avec\nle nôtre avec son incomparable décor de forêts,\nde sapins et de Pyrenées neigeuses. Il est à\nquelques minutes de la ville, fort bien installé,\nun peu vaste toutefois pour des représentations\nd'œuvres lyriques composées pour nos salles\nde théâtre.\nNous venons d'y entendre u Paillasse\navec Campagnola de l'Opéra, et \" la Navar-\nraise \" avec MLII(J Lucy Vauthrin, de l'Opéra-\nComique.\nEnsemble excellent de solistes, mais chœurs\net orchestre vraiment insuffisants. Dans rAr-\nlésienne jouée par la troupe du Théâtre\nSarah Bernhardt, au lieu d'Antar annoncé\nl'orchestre a été tout à fait médiocre.\nAu Casino, très bonnes représentations de\nWerther, Madame Butterfly, Carmen etc.\navec Seldon, de la Monnaie de Bruxelles,\nténor de belle prestance, de voix superbe mais\ninsuffisamment travaillée ,et Mme Lise Lam-\nbertha, du même théâtre.\nEn somme peu de villes d'eaux peuvent\ndonner d'aussi bonnes représentations lyriques.\nAvec un effort des chœurs et de l'orchestre\nce serait parfait.\nF. A.\nCETTE. Le Kursaal qui vient de\nbrûler pendant une représentation de Carmen,\nétait situé sur la plage et, pendant la saison\ndes bains de mer. donnait régulièrement de\n> o\ntrès bonnes représentations d'opéra-comique et\nde grand opéra. La ville de Cette qui possède\nun joli théâtre, tout neuf, imité de celui de\nMontpellier (qui lui-même ressemble à l'Opéra-\nComique), n'a cependant pas de saison théâ-\ntrale d'hiver, Cette possède également un\nconservatoire.\nTROUVILLE. Casino-Salon. La\ntroupe d'Opéra-Comique a fait d'heureux\ndébuts. Mme Landouzy est une chanteuse\nlégère, dont la voix très fraîche est d'une\no /\nvirtuosité remarquable. Le rôle de Rosine, du\nBarbier, a été un véritable triomphe pour elle.\nM. Geyre, premier ténor, n'est pas un inconnu\npour les habitués du Casino, où il a déjà\nchanté, il est élégant et a une jolie voix.\nM. Figarella, le baryton, est parfait dans tous\nses rôles, c'est un artiste absolument remar-\nquable. M. Bathier est une basse merveilleuse,\nle public lui prodigue ses applaudissements et\nc'est justice. Nous avons eu de belles exécu-\ntions de Lakmé, Le Barbier, Manon, La\nDame blanche, La Vie de Bohême, alternant\navec les représentations d'opérettes. Paillasse\net l'Attaque du Moulin ont été donnés avec\nM. Abers, le baryton spécialement engagé\npour ces représentations qui ont superbes.\nLes tournées nous ont donné : La Vierge\nfolle, avec MlllL' Berthe Bady dans le rôle de sa\nsuperbe création de Fanny Armaury. Miquette\net sa mère a été l'occasion d'un gros succès\npour M. Max Dearly qui tenait le rôle de\nMonchablon qu'il a créé et à ses côtés une\ntrès bonne troupe assurait le succès de la"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.83", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "pièce. Gémier nous a donné une parfaite\ninterprétation de Papillon dit Lyonnais le\nJuste, fort bien secondé par une excellente\ntroupe d'ensemble. Les soirées de gala nous\nont permis d'applaudir de grandes artistes :\nMmc Litvine, la grande cantatrice dans les\n\" Amours du Poète \" de Schumann, Mme\nJuliette Toutain-Grùn, la merveilleuse pia-\nniste, dans le 2lne concerto de Saint-Saëns. Au\nmême concert Mme Barthé se faisait applaudir\ndans : Les Nuits d'orient et L'Oiseau bleu de\nJ. Toutain-Grun qui triomphait comme vir-\ntuose et comme compositeur. M,ne Chenal de\nl'Opéra obtint un beau succès en faisant\nentendre de jolies mélodies de C. Erlanger.\nMACON. Le concert donné par le\nchoral Lamartine a été très réussi et l'occasion\npour MM. Lenormand père et ses deux fils\nd'un très réel succès. Ces Messieurs avaient\nchoisi \" Rédemption \" de Gounod qui était\napplaudi avec frénésie et c'était justice car\nl'exécution était parfaite.\nLe concert offert sur la promenade Lamar-\ntine par notre Harmonie municipale a permis\nd'apprécier le talent et le savoir de son nou-\nveau chef M. Laurent à qui nous sommes\nheureux de souhaiter la bienvenue.\nL'Union Chorale a fété le 25e anniversaire\nde sa fondation et son fondateur-chef, M.\nOberdœrffer. Un banquet très animé a com-\nmencé la fête. Quant au concert qui devait\navoir lieu promenade Lamartine, force fut à\nla société de le repousser en deux fois, les\ncataractes célestes n'ayant pas permis de s'ex-\nposer au-dehors, mais la troisième tentative a\nréussi et plus de 3.000 auditeurs ont souligné\nde leurs applaudissements les chœurs, orchestre\net solistes, Melle Thévenin (très goûtée dans la\n\" Fileuse \" de Laurent), MM. Daly et Besson.\nCette société doit prendre part le 11 septembre\nprochain aux fêtes du Millénaire de la fonda-\ntion de la ville et de l'Abbaye de Cluny. Ce\njour un cortège doit défiler en ville. On doit\nreconstituer la visite que Louis IX fit à la\ncélèbre abbaye. Les sociétaires de l'Union\nChorale figureront les moines et exécuteront\nun chant liturgique du VIIIe siècle. Un grand\ncongrès de Savants organisé par l'académie de\nMâcon réunira à Cluny le monde savant de\ntoute l'Europe, donnant ainsi à cette fête un\ncaractère grandiose.\nLES SABLES-D'OLONNE.- -La saison\nse poursuit très brillante au Casino des Sables-\nd'Olonne grâce à l'excellente administration de\nson propriétaire M. Audubon.\nAprès une parfaite saison d'opérette, les\nartistes d'opéra qui ont nom : Mmes Cahuzac,\nVan den Berg, O'deyer ; MM. Cargue,\nLéger, Delhaye, Borelli, Gauthier, remportent\ntous les soirs des succès complets avec Faust,\nMireille, Le Chemineau, Manon, Le Jon-\ngleur, etc...\nA noter une magnifique représentation du\nténor David, de l'Opéra-Comique, dans Wer-\nther. Compliments à tous ces artistes et\nsurtout à l'infatigable chef d'orchestre Et.\nBardou.\nLes concerts donnés sur la terrasse sont\négalement très suivis grâce au réel talent des\nartistes qui le composent et dont quelques-uns\nsont lers prix du conservatoire de Paris.\nM. P.\nDUNKERQUE. Les amateurs dun-\nkerquois, malouins, ainsi que les étrangers en\nvillégiature sur notre plage, peuvent s'estimer\nheureux de trouver une aussi bonne troupe\nlyrique que celle qu'a su dénicher M. Der-\nvillez, le sympathique directeur de notre\nkursaal.\nNous avons, par semaine, 2 ou 3 grands\nopéras et 4 à 5 opéras-comiques ou opérettes.\nAu répertoire : Les Huguenots, L'Afri-\ncaine, Thaïs, Samson et Dalila, Hamlet, etc.\nexécutés par des artistes de grand talent :\nMMmcs Madeski, falcon très appréciée, Ram-\nblez-Malherbe, contralto, MM. Gaillard, ténor,\nRoselli, un baryton fort goûté, et Grommen,\nbasse noble.\nLe quatuor d'opéra-comique, composé de\nMrm Victoria Fer, ire chanteuse du théâtre\nde Genève, MM. Jolbert, ténor léger du\nthéâtre d'Alger, Cotreuil, forte basse, qui\nnous arrive de Rouen et Demay, baryton, du"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.84", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "théâtre de Genève, est excellent également ;\nc'est un vrai régal que d'entendre ces artistes\nque les auditeurs ne manquent pas d'applaudir\nchaleureusement.\nUn fort orchestre comprenant une pléiade\nde prix de conservatoire et de professionnels\nlocaux fait merveille sous la direction expéri-\nmentée de M. Eus;. Thiery.\nE. S.\nMOULINS. La jeune Chorale de\nMoulins qui n'a que quelques mois d'existence\nvient de se couvrir de lauriers au concours\nmusical de Limoges des 14 et 15 août dernier.\nElle a obtenu en effet un premier prix de\nlecture à vue avec félicitation au directeur,\nM. Emile Vincent, l'excellent professeur\nde violon de notre ville, un second prix\nd'exécution et un second prix d'honneur,\nconcurremment avec la Société Orphéonique\nde Bordeaux. Cette dernière société était par-\nticulièrement redoutable. Elle existe depuis\nlongtemps et elle a un long entraînement.\nC'était un honneur périlleux pour la jeune\nChorale de Moulins d'avoir à se mesurer\navec elle.\nNous sommes heureux d'enregistrer les\nbrillants succès de cette ardente et conscien-\ncieuse phalange musicale qui ne tardera pas,\nle travail aidant, à se placer au premier rang.\nSon directeur, dont la méthode a été si appré-\nciée, saura l'y conduire.\nMONT-DE-MARSAN. Dernière-\nment, l'Ecole de Musique des Landes, qui,\nsous la direction de P. Lacome prospère à\nMont-de-Marsan depuis une dizaine d'années,\ndonnait, dans la salle des fêtes de l'Hôtel\nS 1 Martin, son concert annuel de fin d'études.\nComme dans les précédentes auditions, l'audi-\ntoire d'élite qui avait répondu à l'invitation du\nMaître et des Elèves, a pu apprécier les jolies\nvoix de mieux en mieux exercées qui ont, tour\nà tour, détaillé un programme choisi. Nous ne\nvoulons pas les nommer pour ne pas blesser\nleur modestie, car toutes devraient être citées.\nDans cet article nous nous contente-\nrons d'approuver un programme où se réunis-\nsaient les noms de Bach, de Mendelssohn et\nde Schumann pour les classiques ; de Meyer-\nbeer, Chabrier, Rossini et Wagner pour les\nromantiques ; de Duparc, Sibelius, Holmès\npour les modernes, et qui a fait connaître\nainsi le lied (objet de la conférence d'intro-\nduction) sous toutes ses meilleures formes ;\nune légère critique s'adressera au sentiment\nde profonde mélancolie qui se dégageait d'un\nensemble de morceaux un peu trop tirés sur\nle sombre : mais de quelle douce rêverie s'im-\nprégnaient les esprits et les cœurs !... Espérons\nque l'Ecole de Musique des Landes, dernier\nrefuge de l'art musical à Mont-de-Marsan,\nvivra longtemps encore pour la grande jouis-\nsance des purs dilettantes landais.\nPERIGUEUX. La monotonie légen-\ndaire de notre charmante et pittoresque cité a\nété rompue, le mois dernier par trois mani-\nfestations artistiques de premier ordre.\nLa félibrée annuelle du Bournat s'est dé-\nroulée à Razac, près Périgneux, où, malgré\nles menaces de pluie, l'attrayant programme\nde la fête a pu être exécuté en son entier.\nLe maire de la localité, M. Deschamps, avait\nmis son parc ombreux à la disposition des\nfélibres et de leurs invités. C'est là, dans ce\ncadre verdoyant que s'est tenue la cour\nd'amour, présidée par une gracieuse reine et\nses dames d'honneur, en coiffe périgourdine.\nLa partie concert a été très réussie et s'est\nterminée par le premier acte de Mireille,\ndélicieusement interprété par Mlnes Feytaud,\nDupont, Blondel et M. Fraikin, avec un\nchœur de quarante jeunes et jolies magnana-\nrelles, patiemment stylées par le maestro\nTenant, qui, avec un zèle des plus louables,\nprésida à tout le travail préparatoire de cette\nartistique et inoubliable journée, au début de\nlaquelle avait été inaugurée une plaque destinée\nà perpétuer la mémoire du poète Lagrange-\nChancel.\nPuis Sarah Bernhardt est venue donner sur\nnotre scène La Dame aux Camélias, où, maigre\nune fatigue évidente, la vaillante artiste a\nremporté son succès habituel.\nEnfin sur un théâtre de verdure installé"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.86", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "dans les jardins de la Préfecture, M. Berton\na fait représenter sa MagdaUenne, pièce bibli-\nque en deux actes et en vers, agrémentée\nd'une émouvante musique de scène de l'émi-\nnent compositeur M. de La I ombelle. C'est\nMllP' Madeleine Roch, de la Comédie Fran-\nçaise, qui tenait le principal rôle, entourée de\nMM. Perrin, Desmares, Val bel, de l'Odéon.\nBeaux vers, bonne musique, qui gagneront\nsûrement à être entendus dans un grand\nthéâtre de Paris, où l'œuvre n'a pas encore\nparu. Le programme était complété par Le\nPassant, de Coppée, interprété par M11(S Ma-\ndeleine et Marguerite Roch.\n- En terminant, signalons la construction, à\nPérigueux, d'une nouvelle salle de spectacle,\nqui comptera 700 places, avec une scène\nmachinée et des décors fournis par la maison\nWesbecher. Nous reparlerons de cette salle,\nsur laquelle nous attirons d'ores et déjà l'at-\ntention des directeurs de tournées, appelés à\nla fréquenter, de préférence à notre vieux\nthéâtre.\nF. C.\nSAINT JEAN-DE-LUZ. Les fêtes\nBasques. Les fêtes musicales et traditionnel-\nles de la \" Société Charles-Bordes (28 et 29\naoût) ont attiré un public nombreux, vivement\nintéressé par un ensemble de manifestations\nayant pour but de montrer l'évolution de la\nmusique primitive en ces formes successives :\nchant grégorien, mélodie populaire, polyphonie\nvocale.\nL'institution des fêtes musicales et tradition-\nnelles remonte à l'année 1896 ; elle est due à\nl'initiative de Charles Bordes, qui le premier,\nassocia l'élément ethnique basque (chant et\ndanses) aux manifestations d'art grégorien et\npalestinien.\nLes quatre-vingts choristes de la \" Société\nCharles Bordes \" ont chanté à l'église parois-\nsiale la messe \" Quarti Toni \" de T. L. da\nVittoria (seizième siècle).\nTout le propre de l'office, avec l'alléluia du\njour, fut exécuté en chant grégorien.\nPuis environ deux mille spectateurs se réu-\nnissaient au \" Préau Sainte-Marie \", où avait\nlieu la fête champêtre basque. L'inoubliable\nsouvenir de Charles Bordes s'évoquait irrésis-\ntible, car tous se souvenaient que, l'année\ndernière encore, notre bien aimé fondateur\ndirigeait en personne les \"fêtes traditionnelles.\"\nCe furent, cet été, les fêtes de la danse et\nde la chanson basque. Les danses \" héroïques\net traditionnelles \" permirent d'admirer ces\nbeaux danseurs euskuariens, dont la noblesse\net la grâce s'avérèrent une fois de plus. Les\nchansons morales, amoureuses et satiriques du\npays basque, alternaient avec les danses, chan-\ntées par les choristes de la Société Charles\nBordes.\nLes fêtes se terminèrent par une audition\ndes plus intéressantes, donnée par les mêmes\nchoristes, sous la direction de Mme Jumel,\nl'éminent professeur de chant grégorien à la\n\" Schola cantorum \" de Paris et directrice de\nla classe de chant grégorien à la \" Société\nCharles Bordes. \"\nL'OPERA BASQUE. Un événement\nmusical d'un haut intérêt passionne actuelle-\nment les dilettantes des curieuses provinces\nbasques, espagnoles et françaises. Il s'agit de\nl'éclosion de l'art dramatique basque provoquée\npar deux artistes français des environs de\nSaint-Jean de Luz, sous le remarquable pa-\ntronage de la Société Chorale de Bilbao.\nLa Pastorale lyrique basque, en 2 actes,\n\" Maitena \", paroles d'Et. Decrept, musique\nde Ch. Colin, représentée l'an dernier à pareille\népoque (juin) au théâtre des Campos-Elyseos,\nà Bilbao, riche capitale de la Viscaye, a sou-\nlevé un véritable enthousiasme qui n'a fait\nque s'accroître au fur et à mesure des repré-\nsentations successives de l'ouvrage.\nCe résultat ne devait être qu'un début.\nCette année, trois pièces lyriques nouvelles\nviennent accompagner \" Maitena \" au théâtre\nBasque définitivement constitué par la Société\nChorale de Bilbao.\nCe furent \" Mendi-Mendiau livret de\nJ. Power, président actuel de la Société,\nmusique de Uzandizaga, jeune musicien gui-\npuscoan ; \" Mirentxu \", livret de A. Echave,\nex-président de la même société, musique de"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.87", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "Guridi, compositeur viscayen ; et enfin \" Lide\nta Ixidor \", dont le livret est également de\nEchave et la musique de S. Inchausti, de\nBilbao.\n\" Maitena \", reprise avec un succès égal à\ncelui de sa première apparition, et les trois\nautres opéras, joués successivement au théâtre\ndes Campos Elyseos, tous interprétés par les\nuniques éléments de la Chorale, furent ac-\ncueillis passionnément par la population eus-\nkarienne et par les nombreux étrangers attirés\npar cette manifestation si intéressante de décen-\ntralisation artistique.\nOn parle de différentes tournées dans les\nGrandes villes espagnoles et françaises, et même\nà Buenos-Ayres, d'où de nombreux cablo-\ngrammes ont réclamé déjà le voyage triomphal,\nvers l'Amérique basque, des musiciens euska-\nriens et de leurs incomparables interprètes et\nparrains de la Société Chorale de Bilbao.\nBREST. Trois musiciens de la Scho/a\nCantorum, M. D. Sangrà, violoniste, Mlle Far-\ndeau, pianiste et M11(1 Darragon, soprano, ont\ndonné dernièrement une séance de musique\ndes plus intéressantes.\nVANNES. A la distribution des prix\ndu conservatoire municipal on a particuliè-\nrement applaudi dans le concerto en ré mineur\nde Mozart une jeune élève du cours supérieur\nde piano, et dans le Menuet-Valse de Saint\nSaëns un des distingués professeurs de ce\ncours.\nL'hymne au feu sacré de Bourgault-Ducou-\ndray et quelques extraits de Lalla-Rouk de\nFélicien David, chantés par les chœurs ont\nobtenu également un vif succès.\nCet événement est d'autant plus intéressant\nà signaler que le Conservatoire de Vannes est\nune institution qui fonctionne, en dehors de\ntoute attache officielle, et dans des conditions\nréellement démocratiques, grâce à une sub-\nvention municipale et au concours désintéressé\nde professeurs et d'amateurs de grand mérite\net de réel talent. La plupart des récompenses\nattribuées aux lauréats proviennent d'ailleurs\nde dons généreux faits par des personnes qui\ntémoignent ainsi d'une sympathie véritable à\nl'art musical et qu'on ne saurait assez louer.\nT. C.\nGRANVILLE. Les concerts donnés\nau Casino sous l'experte direction de M. René\nDoire, ont obtenu le plus grand succès, expli-\ncable, du reste, quand on connaît le nom\ndes artistes qui y ont pris part : l'excellente\nbasse Fournets, M'\"e René Doire, Mlle Jane\nQuainom, le célèbre violoncelliste-compositeur\nHollmann, et les œuvres qui y furent exécu-\ntées : pièces de Hândel, Rameau, Chopin,\nCapriccio Espagnol de Rimsky-Korsakoff,\nouverture de Phèdre de Massenet, l'lntermezzo\nde G. Sporck, Concerto de St-Saëns pour\nvioloncelle, etc... Il convient aussi de louer\nl'orchestre si souple et si intelligent. Félicitons\nle Directeur du Casino d'avoir réussi à donner\nGranville une véritable Saison Musicale du\nplus haut intérêt ; et remercions-le au nom\ndes auditeurs de ces concerts.\nARCACHON. La saison d'opérette\ndonnée par le Casino de la Plage a été très\nbrillante.\nLe Petit Duc, une des plus aimables opéret-\ntes de Lecoq mettait en effet en scène les\nprincipaux éléments de la troupe, et nous\nsommes heureux de dire tout de suite quel\nplaisir ce fut pour nous de constater qu'elle\npossédait une homogénéité parfaite. D'aucuns\nau surplus, nous ont paru, ainsi qu'au nom-\nbreux public, qui assistait à cette première,\nposséder de réelles qualités artistiques qui nous\npromettent pour le courant de la saison, une\nsérie de représentation dignes de nos concitoyens\net de leurs hôtes.\nC'est dire que l'administration et le Direc-\nteur ont fait les plus grands efforts pour arriver\nà nous donner toute satisfaction, et nous serons\nheureux d'applaudir à leur réussite ainsi qu'aux\nsuccès des pensionnaires de la Maison.\nOn nous dit également beaucoup de bien\ndes artistes d'opéra et d'opéra-comique qui\nont signé leurs engagements. Nouveau plaisir\nsera pour nous de les applaudir prochainement.\nPar ailleurs, l'administration à traité avec divers"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.88", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "tournées parisiennes choisies parmi les meilleures\net dont l'une, sous la direction de M. Baret,\navait attiré une affluence d'élite, qui a fait un\nbeau et légitime succès a la petite chocolatière,\noù Andrée Divonne s'est montrée particu-\nlièrement exquise. Orchestre complet sous la\ndirection du Maestro Geoffroy. A signaler par-\nticulièrement le violoncelliste Bigaray virtuose\ndes plus distingués dans les œuvres de Popper\net de E. Nicaise, chef de notre musique\nmunicipale.\nE. NICAISE.\nPAU. Le public palois eut l'occasion\nd'applaudir nos compatriotes : Fournets de\nl'Opéra et Chardy IE ténor du grand théâtre\nde Liège, dans le Barbier\nFournets, chanteur admirable et comédien\nconsommé, fut frénétiquement rappelé lors-\nqu'il chanta avec sa habituelle l'air\nfameux de la calomnie. Chardy, ténor à la\nvoix claire nous a fait fort bonne impression.\nMaurianne, du théâtre royal de I ournai\n(Figaro) tint son rôle à la satisfaction générale,\net la voix de MIIR Roserni du théâtre royal de\nBruxelles est fraîche et conduite avec art.\nBref nous n'aurions que des éloges à adres-\nser à l'imprésario si l'orchestre ne s'était\nréduit à un simple piano !...\nInutile de dire combien nous fûmes désa-\ngréablement surpris par ce sans gêne un peu\nexagéré ni quel fut le désappointement des\nspectateurs venus pour entendre la délicate\npartition de ce chef-d'œuvre de l'opéra-comique.\nPRIVAS. L'Association Musicale de\nPrivas dont le président d'honneur est Vincent\nd'lndy a donné le 9 Octobre un très intéressant\nconcert avec le concours de M\"'' Odile Clément,\nvioloncelliste, lERIER prix du Conservatoire de\nParis et MUe Berthe Ponthus, professeur de\nchant à Lyon.\nROYAT. —Durant toute cette saison, les\nprogrammes de concerts se sont tenus, grâce à\nM. de Villers, à un niveau artistique fort élevé.\nLes grands concerts du vendredi ont été le\nprétexte d'auditions remarquables : festivals\nSaint-Saëns, Berlioz, Massenet ; concerts con-\nsacrés à Mendelssohn, à Schumann, à Wagner\net la musique moderne, à Lalo et la musique\nrusse. Ce dernier a été pour nous d'un vif\nattrait encore que le mélange de Lalo et\ndes Russes ne fût par des plus heureux, la pure\nbeauté de la musique française se trouvant\noffusquée par l'éclatant coloris des composi-\nteurs slaves. Le festival Berlioz fut un des plus\ngoûtés, grâce, en partie, aux voix de Mlles\nDworska et Gustin, de MM. Burlurut et\nImbert. Un autre concert, où M. de Villers\nnous fit entendre les compositions plus qu'ho-\nnorables (toujours bien écrites, souvent très\némouvantes) d'un musicien clermontois, A.\nClaussmann, obtint les acclamations du public.\nLa représentation de Y Anniversaire, avec la\nmusique d'Adalbert Mercier n'a pas eu autant\nsuccès. En revanche, l'ArUsienne, très-bien de\nreprésentée par la troupe, très-bien jouée par\nl'orchestre, fut le triomphe de la saison.\nJ. D.\nEPERNAY. Tous les ans, la florris-\nsante Société d'horticulture et de viticulture\nd'Epernay célébré la Saint-Fiacre.\nMais la fête de cette année devait être par-\nticulièrement solennelle et brillante, car on\ncélébrait en même temps le trentième anni-\nversaire de l'élection de M. Gaston Chandon\nde Briailles à la présidence de la Société, et\nenfin l'on inaugurait la nouvelle salle ainsi\nque le superbe parc dont M. Gaston Chandon\nvient de faire généreusement cadeau à la\nSociété.\nLa musique ne fit pas défaut ; on lui réser-\nva une bonne partie de l'après-midi. Trois\nsociétés prêtèrent leur très artistique concours :\nl'Harmonie Municipale, sous la direction de\nson chef M. Guignard, l'Union Chorale, sous\nles ordres de M. Maître et l'Orchestre Sym-\nphonique, sous la direction de M. Louis Dupont.\nTous les morceaux inscrits au programme\nfurent exécutés d'une manière parfaite et on\nne saurait trop féliciter ces trois phalanges\nmusicales qui ont contribué à la réussite de\ncette journée dont les invités garderont le plus\nagréable et le plus durable souvenir."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.90", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "VERDUN. A la distribution des prix du\ncollège de Verdun, le discours d'usage a été\nprononcé par M. Lévêque, professeur de secon-\nde qui avait pris comme sujet : \" Du rôle de\nla musique dans l'éducation. \"\nNous analyserons succinctement ce discours:\nA l'époque où bien des énergies défaillent,\noù le désenchantement se glisse jusque dans\nles âmes enfantines, où l'indifférence, en mo-\nrale, et en art accable les nations vieillies, ne\npourrait-011 pas, par une éducation musicale\nsagement comprise, raviver au cœur de l'hu-\nmanité la flamme de l'idéal qui semble prête à\ns'éteindre ?\nLes anciennes chansons, \" ces frêles immor-\ntelles qui volent de lèvre en lèvre à travers les\nâges\" expriment dans toute leur naïveté et\ntout leur charme les idées de bonheur d'un\npetit garçon ou d'une petite fille \" Giroflé-\nGirofla,\" \"les Compagnons de la Marjolaine \",\n\" Nous n'irons plus au bois \", \" Cendrillon\",\nsont de merveilleux petits chefs-d'œuvre, capa-\nbles d'entretenir chez l'enfant cette fraîcheur\nd'imagination qui, plus tard, embellit la vie,\net rend plus léger le fardeau quotidien\nA mesure que l'enfant grandira, nous le\nmettrons en présence d'œuvres musicales déplus\nen plus complexes. Nous l'initierons progres-\nsivement aux compositions musicales des grands\nauteurs ; et nous n'aurons qu'à suivre l'histoire\nde la musique depuis le XVIIe siècle à partir\nde Lulli et de J. B. Moreau. Puis ce seront\nMozart, Beethoven, Wagner. Le 9e sym-\nphonie de Beethoven n'est-elle pas un chant\nde triomphe de l'énergie, victorieuse de la\ndouleur ? Et d'autre part, Beethoven, dans ses\nadagios, n'est-il pas le plus noble consolateur\nde l'humanité ?\nLe sentiment du beau, l'énergie, la bonté,\n3 qualités que la musique peut développer\nchez un enfant. Puissions-nous voir dans un\navenir prochain, une part plus grand faite à la\nmusique dans les programmes scolaires.\nGERARDMER. Le succès de notre\ncasino cet été doit être attribué un peu à la\nsaison maussade qui a entravé le zèle des\nexcursionnistes, mais surtout à l'organisation\nmusicale qui fut excellente. Un orchestre, peu\nnombreux mais composé d'éléments de premier\nordre, fut dirigé par M. Louis Delune, le\ndistingué prix de Rome en Belgique, compo-\nsiteur et pianiste dont le S. I. M. a souvent cité\nles belles et puissantes œuvres jouées à Paris.\nS'il ne put donner des œuvres importantes\npour grand orchestre et chœur, il fit jouer\nd'excellente musique de chambre. Nous gar-\ndons un tout particulier souvenir des Variations\npour Quator à Cordes, de M. Delune et nous\nespérons bien les réentendre cet hiver à Paris.\nCONCERT BRÉSILIEN. Avec une\ncertaine audace, le directeur du Conservatoire\nde Rio de Janeiro, M. Alberto Nepomuceno\na donné un \" Grand Concert Brésilien avec\nOrchestre \" Salle Gaveau, le 17 Septembre.\nEn réalité, M. Nepomuceno n'a fait enten-\ndre que de ses œuvres. (Le Concerto pour\nviolon, de M. Oswald, fort bien joué par\nM. Chiaffitelli, Brésilien notoire, n'a été qu'un\nintermède banal et médiocre, sauf peut-être\nl'adagio.) Y-a-t-il une musique brésilienne ?"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.91", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "Nous l'ignorons encore, car celle de M. Ne-\npomuceno n'a pas de caractère local et peu de\npersonnalité. Sa symphonie en sol mineur est\nfort mendelssohnienne de style, avec une\norchestration modernisée mais trop souvent\nprétentieuse.Les fragments d'un opéra \"Aboul\",\ndont le programme laissait ignorer la donnée\ndramatique, présentent plus d intérêt dans les\ndeux préludes d'orchestre que dans les deux\nair, que chanta M. Dupriche, de 1 Opéra\nComique. Enfin une \" suite Brésilienne \" où\nle final d'un rythme amusant est la seule partie\nun peu Brésilienne, termina ce concert peu\nsubversif. Ce fut à peine une escarmouche\navant la bataille musicale qui se prépare pour\nl'hiver prochain.\nr F. G.\nLA MUSIQUE AU SALON D'AU-\nTOMNE. M. Armand Parent vient\nd'organiser des séances de musique de chambre\nqui auront lieu les 7, 14, 21, 28 Octobre et\n4 Novembre à 3 heures, et promettent d'être\nfort intéressantes. On y entendra des œuvres\nde Vincent d'lndy, Germaine Corbin, Béclard\nd'Harcourt, P. Le Flem, Jean Déré, Mme Ro-\nbert-Thieffry, Herscher, Vreuls, Geloso, Louis\nVuillemin, de Falla, Turina, Cras, Roussel,\nFl. Schmitt, Paul Dupin, interprétrés par\nMlles Marthe Dron, Chevalet, MM. Parent,\nLoiseau, Brun, Fournier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "99", "page_fin": "103", "image_debut": 91, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.12.2", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.91", "debut_caractere": 1241, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "Belgique\nLe temps des vacances nous a éloigné de la\ncapitale, où certes, la musique n'a point chômé.\nIl serait oiseux, et il nous est impossible de\nsignaler dans ces pages d'Actualité, gonflées\ndéjà- par la correspondance accumulée de deux\nmois, le détail des manifestations multiples\ndont l'Exposition fut l'occasion. Nos lecteurs\ntrouveront d'autre part le compte-rendu com-\nplet des très intéressantes séances données à\nY Art ancien sous le haut patronage de S. M. la\nReine des Belges, par la Section Belge\net dont le grand succès est tout à l'honneur\ndes organisateurs savants et dévoués MM. A.\nBein et E Closson. Ce cycle rétrospectif est le\ngros événement de notre année musicale. La\nDirection des Beaux-Arts a fait œuvre féconde\net belle. Qu'elle accepte nos vives félicitations\net nos remerciements.\nA part cela, nous devons consacrer quelques\nlignes à la saison extraordinaire de la Monnaie,\nElle nous a valu deux premières sensationnel-\nles, à des titres bien différents. La troupe de\nMonte-Carlo nous a présenté Le Vieil Aigle\nde M. Gunsbourg, (livret de Gorky) et la der-\nnière production de J. Massenet. Disons que\nle héros chevaleresque, dans les deux cas, ne\nperd pas trop à s'envelopper du revêtement\nmélodique, mais qu'il n'y gagne sûrement\nrien. La troupe de Cologne, en outre, nous\nfit connaître Elektra de M. Richard Strauss.\nL'auteur du libretto n'a pas ajouté aux données\ndes tragédies antiques : il les a condensées.\nQuant à la partition, c'est une œuvre puissante,\nchaotique, grandiose même. Un critique disait\nà son propos qu'elle est ule point culminant\ndu drame lyrique contemporain. \" A notre\nsens, le tempérament du compositeur est plus\ndramatique que vraiment et simplement musi-\ncal. Chez lui, les sons ont une valeur plus\nreprésentative qu'émotive. C'est un paroxyste,\net c'est un audacieux. Sans doute, il manipule\nl'orchestre avec une poigne de titan. Son art\nfulgurant et bruyant fait songer à l'orage. Tout\nici se heurte, les thèmes s'enchevrêtent, dans\nune sarabande, avec des fracas de cuivres, des\nclameurs furieuses et des éclats farouches.\nC'est brutal ! Strauss nous saisit par le vacarme\nplutôt que par le sentiment. Sa profondeur\nappartient à la physique et à la science. A\nchacun son tempérament : l'incendie d'une\ngrande ville, peut être \"horriblement beau\" ;\nj'aime la sublime et paisible clarté des étoiles !\nLa beauté m'apparaît, reposante, harmonieuse,\net calme, comme un regard, jeune et tendre-\nment lumineux, au murmure des nuits sereines.\nLa même troupe, excellente vraiment,\nnous a donné VAnneau de Nibelungen. Mais\ninutile de parler encore de ces inoubliables\nvisions. L'ombre de Wagner, immensément,\ns'est projetée sur le monde, et le couvre encore,"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.92", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3955, "texte": "despotiquement. De loin en loin, il est des\nhommes-dieux, ainsi, qui recueillent soudain\nle fluide épars de la pensée ; grands prêtres\ncommuniant de l'infini, ils parlent, et c'est\npour une génération, un émerveillement mor-\ntel. Il est temps de frémir à de nouveaux\nfrissons !\nLa saison 1910-1911 est ouverte. Hélas,\nnotre premier scène ne trouve pas mieux que\nl'Africaine, Faust et Werther ! On nous\npromet quelques œuvres... et même des œuvres\nbelges ! Nous les attendrons. Par contre le\nthéâtre de Gandannonce une série d'opéras\nlocaux dignes du plus haut intérêt. Notre\néminent correspondant M. le docteur Paul\nBergmans, nous tiendra au courant de cet\neffort dont nous félicitons à l'avance les\ninitateurs.\nOSTENDE. 20 juillet - 20 août. Parmi\nles beaux concerts que nous donna l'orchestre\ndu Kursaal, il faut citer celui du 21 juillet,\nconsacré à la musique belge, trois concerts de\nmusique classique dans lesquels Edouard Risler\nHugo Heermann et Geneviève Dehelly se sont\nsuccessivement fait entendre, ainsi que le fes-\ntival d'auteurs autrichiens et hongrois.\nLe concert donné à l'occasion des fêtes\nnationales fut particulièrement intéressant les\nauteurs dirigeant eux-mêmes leurs œuvres. Il\ndébuta par la 3e ouverture symphonique de\nPaul Gilson, œuvre excellente, mais que le\ncompositeur n'a pas fait valoir autant qu'elle\nla mérité, par le calme, le flegme, dirai-je, qui\ncaractérisé sa direction et auquel nos orchestres\nne sont pas habitués. Par contre, une scène\nde son drame lyrique chantée\npar Mmc Feltesse, enthousiasma l'auditoire.\nCette meme cantatrice chanta encore, avec\naccompagnement d'orchestre et sous la direc-\ntion de Rinskopf, trois lieder du regretté\nGustave Huberti.\nLe distingué directeur du conservatoire de\nGand, M. Emile Mathieu, fit entendre Les\nNoces feoda/es, tableau symphonique d'une réelle\nbeauté.\nEdgard Tinel nous avait réservé l'ouverture\nde sa legende dramatique op. 44,\nCette œuvre forte, aux riches harmonies et\nmodulations ne put manquer de faire grande\nimpression, d'autant plus que la direction\nénergique et autoritaire du maître en mettait\nencore plus en relief le caractère personnel.\nUne ballade pour orchestre et une scène\npopulaire d'un nouveau drame lyrique\nlied(chant d amour) de Jan Blockx, le compo-\nsiteur anversois qui se sent vraiment chez lui\nquand il s agit d'écrire des carnavals et des\nscènes burlesques aux rythmes secoués et '\nhachés, terminèrent ce concert.\nLe jour suivant Edouard Risler nous rtint\nsous le charme de son jeu noble. Allemand de t\nnaissance et parisien par son éducation, il allie\nà une profondeur de sentiment toute germa-\nnique, une netteté et une délicatesse bien\nfrançaises. Et cela fait de lui un interprète\nmerveilleux de Beethoven, dout il exécute\nles œuvres avec une technique parfaite et une\nrare compréhension. Il l'a prouvé une fois de\nplus dans le concerto en sol, une des plus\nbelles compositions pour piano du maître de\nBonn. Vraiment, à entendre jouer une telle\nœuvre par un tel artiste, l'on n'ose plus bouger\nde peur de rompre le charme, et quand Risler\neut terminé ce concerto à l'adagio sublime,\non aurait voulu tout à coup se trouver bien\nloin de toute salle de concert et de toute foule\nmondaine, babillarde et rieuse, pour continuer\nà entendre les effluves sonores dans le calme\nde la nuit\nC'est encore avec du Beethoven que Hugo\nHeermann, le violoniste allemand, nous régala.\nSon jeu sobre, chantant et doux rendit bien le\ncaractère très poétique du concerto pour violon.\nIl fut tout autre, fougeux et vibrant, dans\nl'exécution des Scènes de la Czarda de Jenô\nHubay.\nMlle Geneviève Dehelly, de Paris, nous\npermit d'apprécier une finesse de toucher et\nune technique à coup sûr admirable. Elle\nsemble affectionner particulièrement Liszt\npuisque le programme portait le\nmi bet la fantaisie sur Rde ce maître.\nElle nous joua encore une étude de Chopin\n(en mi majeur) et, comme bis,\nLe tout fut rendu d'une façon très délicate,"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "pourtant il faut déplorer le choix du concerto:\nc'est en effet, une composition dans laquelle\npiano et orchestre semblent plutôt se faire\nconcurrence que se compléter.\nNotons que dans ces différents concerts\nl'orchestre, habilement conduit par M. Léon\nRinskopf, a toujours consciencieusement ac-\ncompagné les virtuoses et dans ceux de Risler\net de Heermann, solo et accompagnement\nformaient un tout bien homogène dans lequel\nrien, ni un tutti trop accentué, ni un crescendo\nintempestif, ne vint rompre la sensation artis-\ntique.\nLe concert donné à l'occasion du 80e anni-\nversaire de l'empereur François-Joseph, était\nréservé aux œuvres d'auteurs autrichiens et\nhongrois, et était dirigé par le compositeur\nJenô Hubay. Programme chargé et heureux.\nNous avons entendu entre autres l'Adagio de\nla symphonie en ut $ mineur de A. de But-\ntykay page symphonique aux thèmes larges\net aux majestueuses modulations, l'ouverture\nAu printemps de Goldmarck, le prélude très\nfouillé de l'opéra Moharozsade Hubay et un\npoème symphonique La Sirène de Mihalovich.\nUn autre poème symphonique de Sme-\ntana, termina le concert.\nCette œuvre tirée du cycle M à vlast (ma\npatrie) dépeint un épisode de la guerre des\njeunes filles de Bohême, dont Schârka était\nune des héroïnes. Cette composition est un\ndes chants .d'une véritable épopée nationale\nqu'écrivit le grand tchèque ; elle est une de\nses meilleures productions. On y sent encore\nde loin en loin l'influence de Liszt, mais elle\npossède bien un cachet personnel et se distin-\ngue par sa richesse polyphonique.\nPour terminer, je ne puis omettre de toucher\nun . mot du spectacle d'œuvres belges que le\nthéâtre adonné le 19 août. En vérité, c'étaient\nplutôt des essais de composition. Il faut souli-\ngner le succès remporté, et, mérité, par Ceci\nn'est pas un conte pièce lyrique en un acte de\nM. C. Stiénon du Pré, sur paroles de M. G.\nDumestre. La pièce n'est assurément pas par-\nfaite mais n'oublions pas qu'elle est l'œuvre\nd'un très jeune, qu'elle trahit des qualités\ndramatiques réelles et que l'orchestration en\nétait soignée. Souhaitons à son auteur persé-\nvérance. M.\nG AND. Au Grand Théâtre. D'une\nstatistique dressée par M. G. Bonneville, il\nrésulte que le répertoire lyrique de l'année\n1909-1910 s'est composé de 40 ouvrages, dus\nà 24 compositeurs différents. Les nouveautés\nde la saison furent : Au pays du lin (drame\nlyrique en 3 actes et 4 tableaux, musique de\nJoseph Vander Meulen), et la Mort du roi\nReynaud (légende lyrique en 2 actes et 3 ta-\nbleaux, musique de Robert Herberigs), comme\nœuvres nationales, et Madame Butterfly, le\nChemineau, Marie-Madeleine, Fortunio et le\nParadis de Mahomet,comme œuvres étran-\ngères.\nLa campagne a duré du ler octobre 1909\nau 22 mars 1910. La direction, confiée à\nM. Raffit, fut abandonnée par lui au bout de\ndeux mois, et continuée en régie par l'admi-\nnistration communale. Le nombre des repré-\nsentations s'est élevé à 132, dont 27 matinées.\nLes pièces les plus jouées ont été : Madame\nButterfly (17), le Chemineau (10), la Fie de\nBohême (9), Faust (8), Manon (7), Au pays du\nlin, Lakmè, la Toscaet IV (chacun 6).\nParmi les compositeurs, Puccini tient la corde\n(32 représentations avec 3 œuvres) ; puis\nviennent Massenet (24 représentations avec\n5 œuvres), Gounod (14 représentations avec\n3 œuvres) et Xavier Leroux (10 représentations\navec 1 œuvre).\nDans la liste des artistes en représentation,\nnous relevons Mines Marguerite Bériza, De-\nmougeot et Geneviève Vix, MM. Léon Beyle\net Vigneau.\nM. Pierre de Meyer a été nommé directeur\npour 1910-1911; il dispose d'une troupe\nbilingue qui lui permettra de puiser à la fois\ndans le répertoire français et dans le répertoire\nallemand.\nLe Vaux-Hall a terminé sa saison de con-\ncerts symphoniques qui a été très attrayante,\ngrâce à ses distingués chefs d'orchestre, Joseph\nLefébure et Oscar Roels. Ceux-ci ont réservé\nà l'art national une place considérable, et nous\ntrouvons inscrits aux programmes les noms de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.95", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "Peter Benoit, F.-A. Gevaert, Jan Blockx, Léon\nDubois, Albert Dupuis, Paul Gilson, Edgard\nTinel, Emile Wambach, etc.\nLes compositeurs gantois n'ont pas été\noubliés, et il n'est peut-être pas sans intérêt\nde les énumérer, cette liste constituant un\ndocument utile d'histoire artistique locale :\nOscar Bergmans, Melle de Guchtenaere, R.\nGuillemyn, M. Henderick, Paul Lebrun,\nJoseph Lefébure, Melle G. Masure, Emile\nMathieu, César Michiels, Albert Morel de\nWestgaver, Charles et Oscar Roels, Adolphe\nSamuel, L. Stiénon du Pré, Frans van Aver-\nmaete, Jean Vanden Bogaert, Jean Vanden\nEeden, Léo Vander Haegen, Joseph Vander\nMeulen et Henri Waelput.\nParmi les derniers concerts, il y a lieu de\nsignaler spécialement celui où ont été exécutés\ndes fragments de Lina, roman musical en\n3 actes de Léo Vander Haeghen, qui sera\nreprésenté cet hiver au Grand Théâtre. Les\nextraits choisis ont beaucoup plu et font\naugurer favorablement de l'avenir de l'œuvre\nà la scène.\nRelevons aussi parmi les solistes des der-\nnières soirées, une jeune pianiste d'un talent\nrempli de promesses, Melle Mariette Hill, qui\na notamment joué le beau Concertsttick\nd'Emile Mathieu, Paysages automne.\nDr PAUL BERGMANS.\nCONCERTS ANNONCÉS. Pour\nle jeudi 20 Octobre, Salle de la Grande Har-\nmonie, audition d'oeuvres du compositeur russe.\nA. Scriabine. Orchestre : D 1 M. W. Safonoff.\nPiano : Mme Scriabine. Au programme :\nire symphonie en mi majeur ; concerto piano\net orchestre en fa dièze majeur, Rêverie et\n12 études pour piano.\nLa Société Bach donnera ses concerts :\nles Dimanches : 4 Décembre ; 26 février,\n27-28 mai festival avec la Passion selon Sfc\nJean, et la Messe en si mineur. Artistes annon-\nces : Mmes Noordewier, Reddingins, Tilio Hill,\nE. Ohlohof. De Haan, Manifarges, Schu-\nneman, Stapelfelt, MM. G. Walter, Baldszun,\nStefani, Zalsman, Jan Reder.\nRappelons que réminent musicologue\nM.le Dr Dwelshauvers a publié une excellente\nbrochure analyse de la Passion selon S 1 Jean,\nindispensable à ceux qui veulent en pénétrer\nle sens profond et la facture.\nM. Sydney Vauteyn, professeur au Con-\nservatoire de Liège, donnera à la Grande\nHarmonie, le 16 Novembre, un Récital Schu-\nman.\nCOMMUNIQUÉ. Institut musical\nd'lxelles 35, Rue Souverain. Cours profession-\nnels, libres et mondains, selon le programme\ndu gouvernement, par professeurs diplômes, avec\nparticipation au Concours général de l'Enseigne-\nment du Royaume. Cours musicaux,\ndramatiques, littéraires, esthétiques et plastiques.\nSous l'éminente direction de M. Henry\nThiébaut.\nMM. Duplessy et Gaston Dupuis ont fondé\nla Société belge d'art populaire. - Initiative\npleine d'intérêt. ir audition, le Dimanche,\ng Octobre, au Théâtre Royal de VAlcazar.—\nPour renseignement, s'adresser aux bureaux:\nRue du Treurenberg, chez l'éditeur Lauwe-\nryns."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "106", "image_debut": 95, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.12.3", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.95", "debut_caractere": 2803, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "Étranger\nFLORENCE. Florence va-t-elle rede-\nvenir, comme autrefois, une des grandes cités\nmusicales de l'Europe. On n'ose guère l'espé-\nrer. Mais 011 aurait presque pu le croire, en\nvoyant se multiplier tout d'un coup les concerts\net les fêtes de musique. La société du Quartetto\nflorentino a exécuté dans ses dernières séances\ndes quatuors de G. Pacini, de Bazzini, de\nModona, de Faccio Franco, un quintette de\nDworak et le septuor de Beethoven. Nous\navons eu presque à la fois quatre concerts de\ngrand orchestre (les seuls de l'année, il faut le\ndire) donnés par la Société orchestrale floren-\ntine. Les trois premiers étaient dirigés par un"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.96", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4112, "texte": "des meilleurs chefs d'orchestre d'Europe, W.\nLuigi Mancinelli, qui, entre une exécution fort\nsatisfaisante de la 5e symphonie de Beethoven\net une interprétation très personnelle de divers\nfragments symphoniques de Wagner, nous a\nfait admirer dans son œuvre nouvelle, Ouver-\nture romantica(l9lo) la parfaite maîtrise de\nson instrumentation. On regrette que cet\norchestre de cent musiciens, qui possède des\nqualités sérieuses, ne nous ait pas donné cet\nhiver des concerts réguliers que le public\nflorentin aurait certainement suivis avec em-\npressement.\nAu théâtre Verdi, une première :\nOuichotie, \" comédie musicale \" en trois actes,\npoème de M. Riccardo di Cagliostro. Je n ai\npas encore eu le temps de faire connaissance\navec le Don Quichotte de M. Massenet et\npourtant je n'hésite pas à affirmer que celui\nde M. Pacini ne lui ressemble en rien.\nM. Pacini, qui a fait ses études musicales à\nLeipzig,s'est proposé, dans cetteœuvre curieuse\net déconcertante, d'appliquer au poème un peu\ngrêle et fort peu dramatique de M. di Cagli-\nostro, les procédés musicaux du drame wagné-\nrien. Cette disproportion produit quelque\nmalaise et l'orchestre ne nous permet pas\ntoujours d'entendre les acteurs. Parmi les pages\nles mieux venues, on peut signaler la mort de\ndon Quichotte et la scène de l'acte II où il\ndéfie les esprits de la nuit. Ce qu'il y a de plus\nintéressant dans l'œuvre de M. Pacini, c'est la\nvolonté délibérée de rompre nettement avec le\nstyle dramatique de M. Mascagni ou de\nM. Puccini, de s'engager dans des voies nou-\nvelles (du moins en Italie), même au risque de\nse fourvoyer.\nOn peut constater dans quelques milieux\nitaliens, et particulièrement à Florence, le goût\net le besoin d'une musique nouvelle. Plusieurs\namateurs et aussi quelques jeunes compositeurs\npleins de promesses étudient Strauss, Mous-\nsorgsky, Debussy. Récemment, dans une con-\nférence illustrée par une audition de ses\nœuvres, M. Gino Bellio, dont l'originalité\naudacieuse ne paraît pas avoir été affaiblie par\nde longues années d'enseignement, exposait\nune théorie de la liberté rythmique et tonale\net rendait hommage aux innovations fécondes\nde la jeune école française.\nMais, comme il est naturel, c'est surtout\ndans son passé, si glorieux, que la musique\nitalienne devra fortifier son inspiration. S'ils ne\nse décident pas encore à utiliser les trésors du\nchant populaire sarde ou calabrais, les Italiens\nont tenté, cette année, plusieurs reprises im-\nportantes d'opéras anciens, la Mèdèe de Che-\nrubini, la Vestale de Spontini et de\nMonteverdi, qui, donné d'abord à Milan par les\nsoins de la société des Am vient\nd'être exécuté tout récemment à Florence, avec\nles mêmes chanteurs et avec le duc Visconti de\nMilan pour chef d'orchestre, sous les auspices\nde l'Association des musicologues italiens (la\nS. I. M. d'ltalie). Ce fut une belle fête de\nmusique, où triomphèrent le célèbre baryton\nKaschmann et Mmcs Fino Savio et Maria\nPozzi. L'adaptation de M. Orefice, conçue\ndans un esprit assez différent de celle de\nM. Vincent d'lndy, est fort agréable à enten-\ndre, mais les libertés prises avec le texte sont\nvraiment excessives, comme l'a fort bien\nmontré M. Gaetano Cesari, dans une magis-\ntrale étude de la Rivista\nM. Orefice a fait profiter Monteverdi de\nl'expérience acquise par trois siècles de musi-\nque. Il l'a aussi rendu beaucoup plus accessible\nau grand public, qu'une transcription plus\nfidèle aurait peut-être rebuté et qui a accueilli\ncelle-ci avec enthousiasme. Après tout, si c'est\nlà le seul moyen, à l'heure actuelle, de faire\naimer Monteverdi, peut-être devons-nous con-\ntenir notre indignation d'historiens, et\napplaudir.\nPAUL-MARIE MASSON.\nPAYS DE GALLES. Treize sociétés\nchorales venues de différents points du pays de\nGalles et formant un ensemble de 1300 v°ix\nse sont assemblées à Harlech célèbre par son\nvieux château et par son héroïque défense\ndurant la guerre des deux Roses en 1460.\nC'est sans doute de cette époque que date une\ndes célèbres mélodies galloises u The march of\nthe men of Harlech \" qui est un des plus beaux\nairs guerriers de l'Europe. Cette marche devint"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.98", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "l'air national Gallois et ne fut remplacée par\nl'air actuel qu'à la fin du siècle dernier. Le\nFestival du 8 Juillet dernier fut une rénova-\ntion de festivals qui, il y a 25 ans, étaient\nle plus grand événement de la vie musicale\nGalloise.\nMrs. Mary Davies la vaillante secrétaire de\nla \" Welsch Folk song Socie\" a présidé la séance\ndu matin où les chœurs se sont fait entendre\nséparément.\nA la séance du soir, les 1300 voix se sont\nunies dans une admirable interprétation du\nMessie de Hândel. LUCIE A. BARBIER.\n> BOSTON. L'un de nos jeunes compo-\nsiteurs les plus intéressants, M. André Caplet,\nvient d'être chargé de conduire les œuvres\nfrançaises l'hiver prochain à l'Opéra de Boston.\nRemarquable chef d'orchestre M. André\nCaplet va trouver dans la conduite de Pelléas\net Mélisande, et d'Ariane et Barbe-bleue,\nentre autres, une compensation aux deux\nderniers concerts organisés par MM. Durand\net Co. pour lesquels il avait été choisi, mais\nqu'une indisposition l'avait empêché de con-\nduire.\nLE RÉPERTOIRE FRANÇAIS MO-\nDERNE AUX ÉTATS-UNIS. La\nsaison prochaine, voici les œuvres qui seront\nreprésentées dans les grandes villes : New-\nYork, Chicago, Philadelphie, Boston, Wash-\nington, La Nouvelle-Orléans :\n\" Samson et Dalila \", \" Javotte \" et\n\" Henry VIII \" du Maître Saint-Saëns, \" Pel-\nléas et Mélisande \" et \" L'Enfant Prodigue \"\nde Claude Debussy, \" Ariane et Barbe-Bleue \"\nde Paul Dukas, \" L'Heure Espagnole \" de\nMaurice Ravel.\nVALENCE. Des concerts sans intérêt\nont été donnés à l'Exposition Nationale d'Arts\net Industries. A signaler la visite de la Schola\nChorale de Tarrasa (Barcelone) qui, sous la\ndirection du Maître M. Llongueras, a donné\ndeux séances de musique et de gymnastique\nrythmique (d'après la méthode de M. Jaques\nDalcroze).\nA signaler aussi l'exécution des œuvres\ntelles que les Chorals de Victoria ou de Bach,\nles chants catalans de Morera, Pedrell, etc...\nOn apprécia tout particulièrement l'inter-\nprétation parfaite des poses de gymnastique\nrythmique. M. Llongueras est allé lui-même\nen Suisse pour étudier la méthode de M.\nJaques Dalcroze ; il a la chance d'avoir\ndes élèves très douées et dont la grâce tout\nhellénique fut vivement appréciée. Bref, très\ngrand succès.\nNous avons eu aussi un concours de fanfares\ntrès important. ED. L. CHAVARRI.\nCADIX. Le programme du douzième\nConcert donné par \" l'Octeto Sinfonico \"\ncomprenait la Danse aux Flambeaux de\nMoszkowski, des mélodies de Grieg, le pré-\nlude du troisième acte d'Hérodiade de Masse-\nnet, la 8e Symphonie de Beethoven, des\nfragments de Parsifal, Tristan, l'Or du Rhin\net du Crépuscule des Dieux.\nMARIAGE. Nous apprenons avec\nplaisir le mariage de notre collègue M. Mau-\nrice Reuchsel, membre de la Société Inter-\nnationale de Musique, compositeur, rédacteur\nen chef du journal L'Express Musical de Lyon,\navec Mlle Louise Perrenot, fille de feu Mc\nPerrenot, avoué, et nièce du Général Berthier,\ncommandeur de la Légion d'honneur.\nNÉCROLOGIE. Frédéric-Adolphe\nSteinhausen, médecin général et médecin du\nseizième corps d'armée à Metz, bien connu\ndans le monde musical pour ses ouvrages sur\n\" le maniement de l'archet dans les instru-\nments à cordes \" et \" la nouvelle technique\ndu piano \" est mort à Boppard le 23 juillet à\nl'âge de 51 ans.\nMme Berta Adels von Miinchhausen,\ncélèbre cantatrice d'oratorios et de lieder, en\nmême temps que professeur distingué, est\ndécédée subitement à Strasbourg le 2 sep-\ntembre. Elle avait su acquérir une place très\nimportante dans la vie musicale de Strasbourg\net le public ainsi que la presse étrangère lui\nréservaient toujours le plus chaleureux accueil."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "105", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.13", "titre_corps": "Cavaillé-Coll-Mutin 15, AVENUE DU MAINE", "titre_sommaire": "Cavaillé-Coll-Mutin 15, AVENUE DU MAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "Cavaillé-Coll-Mutin\n15, AVENUE DU MAINE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "105", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.13.1", "titre_corps": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "titre_sommaire": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.97", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 112, "texte": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "108", "page_fin": "110", "image_debut": 100, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.14", "titre_corps": "Un vieil artiste", "titre_sommaire": "Un vieil artiste", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.100", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "Un vieil artiste\nNous venons de fêter à Niort le 80e anni-\nversaire, d'un artiste vaillant que n'ont pas\noublié tous /ceux qui aimaient la musique et\nen suivaient les manifestations il y a vingt-cinq\nans. Tolbecque né en 1830 était le neveu de\nTolbecque, chef d'orchestre éminent sous\nLouis-Philippe et rival de Musard.\nIl obtint à l'unanimité en 1849, au Con-\nservatoire de Paris, son premier prix de Violon-\ncelle avec le 2me Concerto en la mineur de\nBaudiot. Il fut professeur au Collège de Pons,\nVioloncelliste solo au Grand Théâtre de Mar-\nseille et professeur à l'Ecole de Musique de\ncette ville de 1865 à 1871. Il faisait partie\ndes quatuors Millon.\nAprès la guerre il revint à Paris et fut\nVioloncelle solo à la Société des Concerts. C'est\nlà que pour la première fois, il exécuta le pre-\nmier Concerto en la mineur qui lui avait été\ndédié par l'auteur : \" Camille Saint-Sâens.\"\nVioliste distingué, il se fît entendre souvent\net il y a quelques années encore à la Société In-\nternationale de Musique à Paris, où il donna la\nSonate de Bach pour Basse de Viole et la 6mc\nsonate du même auteur pour la\nViola Pomposa (Violoncelle à 5\ncordes).\nr ; Compositeur de valeur, il a\nécrit de nombreuses œuvres pour\nVioloncelle Solo, Violoncelle et\nPiano, Messes solennelles avec\nOrchestre qui furent exécutées\nà la Cathédrale de Niort et d'un\npetit Opéra Comique qui a fait\nles délices des auditeurs. Sa\nGymnastique du Violoncelliste, ré-\npandue dans le monde entier,\nsert d'études dans tous les Con-\nservatoires. Citons encore: Danse\nCosaque, Les Dagues, et La\nMarche des Mousquetaires pour\nVioloncelle sans accompagne-\nment, et enfin ses u Souvenirs\nd'un musicien de province\nTolbecque n'était pas seulement violoncel-\nliste, compositeur et ami des livres. Il eut\nencore la passion de la lutherie, au point de\ndevenir un professionnel des plus habiles.\nPoussé par un irrésistible désir de connaître\net d'approfondir les détails de fabrication d'un\ninstrument qu'il aimait, il prit la résolution de\nse mettre en apprentissage de lutherie chez\nVictor Rambaux au même moment qu'il sui-\nvait les classes de Vaslin au Conservatoire.\nDans sa chambre, l'établi voisinait auprès du\npupitre et le pot à colle fredonnait pendant\nl'exécution d'un concerto. Et en vérité Tol-\nbecque eut préféré la vie paisible de l'atelier à\nl'existence mouvementée d'artiste qu'il mena\npendant soixante ans !\nPar étude et par goût Tolbecque devint\nl'homme de France le plus habile à la remise\nen état des anciens instruments de la musique,\ndont on commençait alors à peine à se soucier.\nLe musée de Bruxelles à lui seul pourrait\nfournir des preuves éclatantes de la maestria\nde Tolbecque. Le tour de force du maître fut"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.101", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "la réparation du fameux Componium de Winkel,\ninstrument mécanique à tuyaux, variant à Tin-\nbécque date de 1848. C'est un Alto dont la\nsonorité rivalise avec celle du Violoncelle.\nfini un theme quelconque noté sur deux\ncylindres.\nLe premier instrument construit par Toi-\nSon exposition d'instruments disparus du\nXP au XVe siècle fut achetée par notre\ncollègue, le collectionneur Charles Petit."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.102", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1698, "texte": "Gahd, l'illustre luthier, lui avait commandé\nune série d'instruments rétrospectifs qui firent\nl'admiration des visiteurs de l'Exposition de\n1865.\nTolbecque s'est encore livré avec succès à\nla fabrication des Orgues.\nIl construisit celui de Pons, celui du Mar-\nquis de Foucault (9 jeux, deux claviers et\npédales séparées). Le bel et intéressant instru-\nment qui dans son salon occupe, la place\nd'honneur est au dire de nos grands facteurs\nqui l'ont examiné et des artistes qui l'ont\ntouché, un véritable bijou.1\nDepuis de longues années Tolbecque est\nretiré à Niort dans sa propriété du Fort Fou-\ncault, et partage son temps entre sa merveil-\nleuse collection d'instruments et de très belles\nauditions classiques où il a su grouper (chose si\ndifficile en province !) les meilleures forces de\nnotre ville. Tous ses amis ont tenu à offrir au\nmaître à l'occassion de son 80e anniversaire une\npreuve de leur reconnaissance et de leur estime.\nIls ont eu la délicate pensée de choisir une\nœuvre d'art qui eut à la fois une grande valeur\net le charme d'un souvenir : c'est un buste en\ncire perdue modelé par Dubois, et qui repré-\nsente le grand ami de Tolbecque, Camille\nSaint-Saëns.\nQue celui qui tient entre ses mains la des-\ntinée de chacun, daigne conserver longtemps\nencore à l'art de la lutherie et de la musique\nun de ses plus fervents adeptes.\n1 L'expérience acquise par plus d'un demi siècle de\ntravaux a été condensée par Tolbecque dans différents\nvolumes : \" Quelques considérations sur la lutherie\nNotices historiques sur les instruments à cordeset surtout >\n\" UArt du Luthier \" (Paris Fischbacher 1902). Cette\nactivité valut au maître la croix de la légion d'honneur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "111", "page_fin": "111", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.15", "titre_corps": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE", "titre_sommaire": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE", "signature_source": "Henri Daveney. A. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nHenri Daveney.\nA. M.\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Coslallat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Beriioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et Y Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussee d An tin. Ces agrandissements font d'elle une maison d édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir à la\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "112", "page_fin": "113", "image_debut": 104, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.16", "titre_corps": "L'Enseignement musical à l'Ecole Primaire", "titre_sommaire": "L'Enseignement musical à l'Ecole Primaire", "signature_source": "O. Luth", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.104", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "L'Enseignement musical à l'Ecole Primaire\n\nDepuis longtemps les musiciens critiquent,\n, avec raison, les programmes scolaires auxquels\nils sont en droit d'adresser les reproches les\nplus graves.\nActuellement, les enfants des écoles pri-\nmaires commencent l'étude de la musique à\nl'âge de dix ans ou même onze ans : c'est\ntrop tard. Cette étude devrait commencer,\n1 parallèlement avec l'alphabet, à cinq ans\nenviron, ainsi que cela se pratique en Alle-\nmagne, en Autriche, en Suisse, en Danemarck,\nen Suède et en Norwège.\nPartisan résolu de cette méthode, M. L.-J.\n| de Schepper, directeur du \" Groupe sympho-\n, nique \", de l'harmonie \" l'Union musicale\n1 et de la \" Chorale la Fraternelle \", dès son\narrivée à Château-Gontier, en janvier 1893,\nsollicita l'autorisation de faire, à titre absolu-\n-1 ment gracieux, des cours de solfège dans toutes\n( les classes des écoles communales. Malgré\ntoute sa bonne volonté il dut attendre pendant\nquinze ans cette faveur : la chose peut paraître\nsingulière ; elle est rigoureusement exacte ; il\ndésespérait de réussir quand à la rentrée d'oc-\ntobre 1908 il obtint enfin l'autorisation si\nimpatiemment attendue.\nSans perdre un instant, il se mit au travail\navec ardeur et, depuis, consacre plus de dix\nheures chaque semaine à des cours supplé-\nmentaires. Sous cette vigoureuse impulsion les\nbons résultats ne pouvaient se faire attendre ;\nen janvier dernier une première distribution\nd'instruments eut lieu et le quatorze juillet\nles jeunes instrumentistes exécutèrent, au\nkiosque des Promenades, un programme de\nquatre morceaux d'une certaine difficulté.\nLeurs qualités de son, de justesse, d ensemble\net de résistance furent très remarquées et ils\nobtinrent un grand et légitime succès.\nCette petite harmonie, composée exclusive-"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.105", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "ment d'enfants de huit à treize ans, (un seul,\nle clarinette-solo a quatorze ans) comprend :\nune petite flûte ; une petite clarinette ; quatre\nclarinettes si b ; deux cornets ; quatre bugles ;\ndeux saxophones-altos : un saxophone-ténor ;\ntrois altos ; deux barytons ; deux trombones ■\net cinq basses si b ; elle a pour titre : \" Har-\nmonie des pupilles de l'Union musicale \" et\npossède déjà un répertoire de dix morceaux,\ntous de la composition de leur dévoué profes-\nseur, ainsi d'ailleurs que les solfèges qu'il im-\nprovise au tableau et que les méthodes qu il\nleur copie lui-même.\nEn attendant une modification des pro-\ngrammes qui s'impose, souhaitons de voir les\nprofesseurs de musique prendre partout une\nsemblable initiative et travailler avec autant\nde courage et de désintéressement au relève-\nment du niveau de l'enseignement musical\ndans les écoles publiques. Que les professeurs\ndémontrent par des faits aux plus sceptiques,\naux plus incrédules, que le solfège peut être\nenseigné avec fruit dès l'âge le plus tendre.\nRubinstein, le grand compositeur russe, l'a dit\nfort justement : \" L'étude de la langue musi-\n\" cale est semblable aux autres langues, celui\n\" qui l'apprend dès l'enfance peut se l'appro-\n\" prier, mais à un âge avancé il est presque\n\" impossible d'y parvenir.\nCet enseignement peut être donné de la\nfaçon la plus animée, la plus attrayante,\nrompre heureusement la monotonie forcée\nd'autres exercises. Il n'exige pas beaucoup de\ntemps, deux séances par semaine suffisent. Ce\nqui se fait ailleurs peut et doit se faire chez\nnous. Nous ne sommes pas nécessairement\ncondamnés par le destin a voir le char de la\nMusique rouler et tanguer à perpétuité le\nlong des ornières de la routine.\ndu journal \" Le Progrès \" de Laval\net de Château-Gontier.\n\nO. Luth."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "113", "page_fin": "116", "image_debut": 105, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.17", "titre_corps": "Questions Sociales", "titre_sommaire": "Questions Sociales", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.105", "debut_caractere": 1806, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "Questions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS\nCOMPTEZ D'ABORD SUR VOUS-MÊME !\nNous étions amené récemment, au cours\nd'un entretien, avec un de nos distingués\néconomistes, (son nom, ici, importe peu) à lui\nexposer quelques-unes de nos vues sur la con-\ndition des artistes, en général, et celle des\nmusiciens, en particulier.\nVous vous occupez beaucoup, lui disions-\nnous, des Classes Moyennes} Les petits commer-\nçants, petits industriels et agriculteurs sont\nl'objet de votre sollicitude ; vous avez déjà\nobtenu de nos députés certaines dispositions\nlégislatives favorables à cette classe si intéres-\nsante de producteurs, mais pourquoi, en prenant\ncette rubrique : classes la faites-vous\nlimitative? Vous en excluez les \"petits\nartistes \" ceux qui, péniblement, laborieuse-\nment, luttent aussi, avec non moins de courage\ncontre des conditions sociales désastreuses pour\neux. Moins nombreux peut-être que vos pro-\ntégés ils forment cependant un groupe notable\ndans l'ensemble de la population, groupe qui\ns'accroît tous les jours. Ceux-là aussi sont\ndignes de votre bienveillance ; ceux-là aussi\nsont des producteurs, quoique d'un genre dif-\nférent ; ceux-là aussi sont utiles, ils sont de>\n\n1 Ici même nous avons publié un article sur un\nCongrès des Classes Movennes tenu à Paris en Novembre\n1909."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.106", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "1\ncitoyens, ou, si vous voulez, simplement, des\nhommes aux prises avec de dures réalités et\nplus désarmés peut-être que les autres pour en\ntirer habilement parti. Savants, artistes, repré-\nsentent ce capital intellectuel aussi nécessaire\nà une nation bien portante qu'à un individu\nsain car vous ne concevez pas, j'imagine, un\nêtre humain comme uniquement préoccupé de\ns'enrichir au moyen du commerce, de l'agri-\nculture ou de l'industrie. Accordez donc aux\nu petits artistes \" je veux y insister, une place\ndans vos préoccupations sociales.\nMon interlocuteur avait écouté fort poliment\ncette tirade, débitée avec le feu que donne\ntoujours une conviction sincère, mais la froideur\nde son attitude n'indiquait pas qu'il fût con-\nvaincu.\nEnfin, dis-je, devant son silence, que\npensez-vous ?\nIl prit un temps, et, fort posément :\nNous ne demandons pas mieux, fit-il,\nque d'accueillir les artistes. Quant à espérer,\npour les tirer d'affaire, la modification des lois\nqui les concernent c'est une autre question et\nils pourront attendre longtemps qu'on s'in-\nquiète de leur sort. Comprenez donc qu'ils ne\nsont pas intéressants.\nJe sursautai.\nLaissez-moi poursuivre. Vous n'êtes pas\nintéressants, vous autres artistes, parce que\nvous ne formez pas un parti politique. Le petit\ncommerçant, l'industriel, l'agriculteur a des\nopinions politiques, bonnes, ou mauvaises,\nil n'importe. Il les propage autour de lui.\nSa boutique, son usine, son exploitation sont\ndes endroits de réunion, des petits centres\nd'action, des organismes déjà constitués dont\nprofitent ceux qui, à tort ou à raison, préten-\ndent diriger les autres et établir leur situation\nmême sur l'utilité de cette direction. Rien de\npareil avec les artistes. Ils sont des isolés, des\nindividualistes, des nomades souvent, et, pour\nles trois-quarts d'entre eux, la politique est\nchose indifférente. Ils n'exercent pas d'action\nappréciable dans un cercle donné ; en quoi\nvoulez-vous qu'ils touchent nos législateurs ?\nUn commerçant influe sur son entourage, il\nest à ménager, mais, je vous le demande, quel\nest l'emploi, comme rouage social, d'un petit\nvioloniste, râcleur de concerts, dans les grandes\nvilles, l'hiver, dans les casinos, l'été ?\nJe restai sans réponse tellement ces idées\nme semblaient étranges. Où la politique allait-\nelle se nicher ! Je ne pouvais contester l'exac-\ntitude de ces affirmations. Oui, sans doute, les\nchoses devaient se passer ainsi. Et cependant\nune telle injustice m'indignait.\nEh ! quoi, pôursuivit-il, ces musiciens\nauxquels vous vous intéressez si obstinément\nn'ont-ils donc rien fait pour améliorer leur sort?\nQu'ils prennent alors exemple sur ces petits\ncommerçants, agriculteurs, industriels, dont\nnous parlions tout-à-l'heure. Ceux-là ont com-\npris que la période de développement de\nl'individualisme était close. Ils se sont aperçus\nque la facilité donnée au libre jeu de la con*-\ncurrence n'aboutissait, en définitive, qu'à l'écra-\nsement de l'individu ; alors, par un juste\nretour, ils ont cherché dans l'union des\nforces, l'appui nécessaire contre l'aveugle pres-\nsion sociale, quitte, après un assez long temps,\nà éprouver les inconvénients de ce nouvel état\net à revenir à l'individualisme. Nous n'avons\npas à prévoir cette conséquence lointaine nous\nen sommes à la période associative. Adaptez-\nvous donc et surtout : comptez sur\nmême.\nAu départ, cette parole me suivit : Compter\nsur soi-même. N'est-ce pas tout le secret de la\nvictoire dans cette lutte quotidienne qu'il faut\nque chaque être et chaque collectivité, sou-\ntienne contre un milieu toujours hostile. Etre\nattaqué sans cesse, se défendre sans cesse,\ntrouver en soi toutes les énergies nécessaires à\nune continuelle réaction, se maintenir en\néquilibre et conquérir chaque jour, au soleil,\nune place toujours disputée. C'est la loi de la\nvie.\nQuelques musiciens ont compris la nécessité\nde tenter quelque chose et, ne sachant com-\nment se déterminer, ils se sont adjoints aux\nassociations déjà existantes, ils se sont syndi-\nqués. Ils sont allés frapper à la Bourse du\nTravail où ils furent accueillis et assimilés aux\nsyndicats ouvriers. Au début, ils ont retiré,\nj\ngrand profit de cette alliance mais, actuelle-"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.108", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.108", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3531, "texte": "ment, un mouvement de recul paraît se des-\nsiner, certains symptômes se précisent d'une\nprochaine évolution. Les termes de la loi de\n1884, régissant les syndicats, étaient formels :\nle syndicat devait être une association unique-\nment préoccupée des intérêts professionnels de\nses membres. On sait ce qu'il est devenu et\ncomment les syndicats affiliés à la Bourse du\nTravail ont été détournés de leur but, trans-\nformés en partis politiques, dressés contre la\nsociété qui leur avait donné naissance, adoptant,\ncomme progrès, les doctrines révolutionnaires.\nNous n'avons pas à juger leur action, mais nous\npouvons constater que beaucoup de leurs plus\nfervents adeptes commencent à en être las. Ce\nne sont pas seulement les manœuvres et les\nouvriers qui regimbent sous la férule des me-\nneurs. Il y a là, pour qui suit le mouvement,\nfort utiles à noter, les prodromes d'une réaction\nqui ne saurait tarder.\nLa nécessite du groupement reste entière ; l'éti-\nquette syndicale commence à être bien discré-\nditée. On pourrait peut-être trouver autre\nchose et ceux des artistes musiciens à qui\nrépugnent les procédés et les allures de la pire\ndémagogie auraient quelque intérêt à réfléchir\nà ce sujet et à découvrir quelle forme associa-\ntive leur convient le mieux : un groupement\nbasé uniquement sur les intérêts professionnels,\nn'est peut-être pas une chimère, il est temps\nque quelques-uns d'entre nous en prennent\nl'initiative.\nLes artistes doivent se persuader qu'ils\nauraient tout à perdre à une transformation\nbrutale de l'état social présent et que leur\nintérêt n'est pas d'y travailler. Ces grands bou-\nleyersements qui saisissent, pour ainsi dire,\ntoute la puissance de volonté d'un peuple et\nl'appliquent au pénible passage de la théorie\nà l'action révolutionnaire ne sont pas favorables\nau développement de l'art, qui est un luxe, et\nà la condition de ceux qui le servent. Quant\nà une transformation plus lente, mais plus\nsûre peut-être, en faveur du prolétariat ouvrier,\nelle est tout aussi redoutable à envisager pour\nl'artiste. L'industrialisation à outrance d'un\npays, où jusqu'à présent la part d'intellectua-\nlisme a été sauvegardée, l'exclusion du patro-\nnat, au profit de collectivités anonymes, repré-\nsenteraient, au moins- pendant un long temps,\ndes conditions de vie détestables pour les\nartistes. A eux de sauvegarder leur précaire\nexistence en reconstituant promptement leurs\ncorporations, non pas dans les formes suran-\nnées et désuètes, mais en accord avec les\nexigences d'un temps nouveau. Tous les\nmodes de groupements doivent être essayés,\ntous, bien compris, peuvent donner de bons\nrésultats. Nous en citerons, pour conclure, un\nseul exemple. Il nous vient d'Amérique et\nvaut d'être retenu.\n\" A New York, les artistes lyriques et dra-\nmatiques disposent de trois clubs où ils se\nretrouvent quotidiennement. Le plus grand de\nces clubs, et le plus distingué, est le Players-\nClub, fondé en 1888, par Edwin Booths le\nplus célèbre des tragédiens américains. Le local\ndu club contient des salles de jeux, de lecture,\nune bibliothèque de 6000 volumes. Beaucoup\nmoins fermé est le Lambs Club. Ses fêtes sont\ncélèbres, ainsi que ses représentations données\nsur un petit théâtre propriété du club. Le\nGreen room Club comprend des directeurs et\ndes imprésarios. Son but est de rapprocher ceux\nqui offrent et ceux qui demandent des emplois,\net de créer des relations personnelles entre\ndirecteurs et artistes. \"\nConcluons, suivant la formule : pourrait\nêtre essayé à Paris.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "121", "image_debut": 109, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.18", "titre_corps": "A travers les Revues", "titre_sommaire": "A travers les Revues", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.109", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "A travers les Revues\nL'on se propose dans cette rubrique, qui paraîtra désormais tous les mois non point de dresser un\nrépertoire des sommaires ce que fait fort bien le bulletin ?nensuel de la /. M. G. mais de\nglaner pour les lecteurs du S. /. IVL., dans les revues de divers pays, des idées et des documents\nintéressants, de résumer pour eux la substance des études ou des récits les plus originaux ; ceci sans\nla moindre prétention a être complet, mais avec /'espoir de ne rien omettre d} essentiel en F espèce,\nsoit dans le choix des articles, soit dans la manière de les résumer.\nM. D. C.\nLETTRES DE JEUNESSE DE BALA-\nKIREW. C'est la Gazette musicale Russe\n(25 Juillet, 1 Août 1910) de M. Findeisen,\nindispensable à qui veut connaître la musique\nrusse qui en publie des extraits. Ainsi que\nle disait naguère ici même le distingué musico-\nlogue russe, il est grand temps de recueillir\net de publier tous les documents possibles sur\nla vie et l'œuvre du grand artiste et de\nl'homme très bon que fut Balakirew. A présent\nqu'il est mort on finira bien par lui rendre un\njuste tribut d'admiration, et l'heure est venue\npour les biographes d'entrer en scène.\nCes lettres furent adressées au docteur\nZatkévitch, camarade de collège du maître et\nappartiennent à la période de 1857-1858 soit\ndu premier séjour de Balakirew à St. Péters-\nbourg.\nLe premier extrait est des plus caractéris-\ntiques, et nous montre déjà tout entier la belle\nintransigeance, la foi artistique du maître :\n\" Tu m'as mal compris ou bien je me suis\nmal exprimé. Ce dont je me plains, c'est de\nl'indifférence du public pour tout ce qui est\nvraiment beau : ce pourquoi on devrait m'ap-\nplaudir, on ne l'applaudit pas : ce qui n'est\nque routine produit au contraire de l'effet et\nj'en produis quand je joue des Nocturnes pour\nbelles dames de Chopin, ou bien mes pre-\nmières compositions qui ne valent rien. Je ne\ntraite point Chopin de compositeur pour belles\ndames : il a écrit des œuvres magnifiques mais\nce sont celles-là qui ne produisent point d'effet\nsur le public... Je viens de recevoir une lettre\nde B.; écrite afin de me piquer au vif, \" dans\nmon propre intérêt.\" On lui a dit que je m'en\ncrois trop, que j'ai le culte de moi-même. Tu\nsais combien tout cela est faux. Il me signale\nencore le danger de vivre parmi des partisans\ntrop enthousiastes qui m'encensent. Quelles\nniaiseries ! Pour le choix de mes relations je\nm'en tiens à la précieuse vérité d'un conseil de\nSchumann : \" recherche ceux qui te connais-\nsent le mieux \"... B. me dit que mon igno-\nrance du français me nuira en m'empêchant\nde fréquenter les artistes qui pourraient m être\nutiles (r). Mais le peuple des virtuoses est aux\nantipodes de la musique. Pour eux c'est non\nl'art mais l'argent qui est au premier plan. Seul\nd'entre les virtuoses, Liszt est devenu musicien\nparce qu'il a cessé d'être virtuose. Mais chez\nnous, à Pétersbourg, il n'y a jamais eu de\nLiszt. On s'y contente de racaille comme\nHenselt, Lechetitsky, etc. (j'entends racaille\nau point de vue musical, car pour ce qui est\nde leur jeu, il est excellent). Je termine ce\nvolume par cet autre aphorisme de Schumann:\npasse plus de temps en compagnie des parti-\ntions qu'en compagnie des virtuoses. Et je\nt'envoie ma lettre par un certain fanatique de\nmon talent le seul qu'on puisse trouver à\nPétersbourg. Il m'est sympathique parce que\nson cœur est bon, son âme ardente, mais non\nparce qu'il a cette foi fanatique en mon talent.\nMais il est superflu de t'expliquer cela.\"\nLes autres extraits montrent Balakirew très\npauvre au point d'hésiter à payer dix kopecks\npour le port d'une lettre, et d'humeur assez\nsombre, encore qu'il ne se laissât point aller\nau découragement."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.110", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3951, "texte": "M. GUSTAVE MAHLER. Tant à\nl'occasion du cinquantième anniversaire de ce\ncompositeur qu'à celle de la première exécu-\ntion de sa huitième symphonie, les journaux\nallemands parlent, naturellement, beaucoup de\nson œuvre et de lui-même. Non moins na-\nturellement, les diatribes s'opposent aux dithy-\nrambes. La note juste paraît être donnée par\nle compte-rendu de M. A. Spanuth (Signale,\n21 septembre) où se mêlent le blâme et l'éloge.\nMême sans avoir entendu cette symphonie, on\nest persuadé que M. Spanuth a raison en\ndéclarant qu'une belle œuvre, avant tout\nvocale, ne peut être considérée comme mar-\nquant la symphonie de l'avenir, ce qui impli-\nquerait la condamnation de la symphonie\ninstrumentale. Et qui connaît les précédentes\nne s'étonnera pas d'apprendre qu'il n'y a qu'une\ntrès lâche corrélation esthétique entre la seconde\npartie et la première ; mais, lisant que jamais\nM. Mahler n'a montré moins de sens critique,\nil restera effaré.\nEn somme, M. Spanuth trouve que l'œuvre\nne révèle rien de neuf, mais est digne d'être\nconnue.\nVeut-on de ces contradictions qui jamais ne\nmanquent, mais réjouiront toujours ? En\nvoici une\n\"... Oublia-t-on même que les œuvres de M.\nMahler sont le point de la réflexion bien plutôt que\nde V inspiration.(M. Spanuth, loc. cit.)\n\"... Voilà qui prouve que Mahler est un\nmusicien de sensibilité et non un musicien d'*enten-\ndement. .. \"\n(M. Jelinek, Musikalisches IVochenblatt,)\nLE DÉVELOPPEMENT DE LA MU-\nSIQUE FRANÇAISE. Soixante-huit\nlignes pour un tel sujet : ce n'est guère, et\npourtant M. von der Stucken (Signale, 14 sep-\ntembre) s'en accommode, il trouve même\nmoyen de faire en si peu de mots (et c'est en\nallemand, non en turc qu'il écrit) des remarques\nintéressantes, comme celle-ci : \" les Allemands\napprécient mal le caractère sérieux et profond\ndes œuvres françaises modernes. Une musique\nqui émeut jusqu'au tréfonds l'âme française\nn'est considérée ici que comme spirituelle et\nagréable. Ne vaudrait-il pas la peine d'étudier\nces œuvres de manière plus intime, au point\nde vue du caractère et du sentiment français ? \"\nOui, certes ; mais cela est très difficile, dirai-je\nvolontiers, en voyant combien la réciproque\nl'est, et comme l'on a du mal, ici, à juger\nBrahms, M. Mahler et M. Reger au point de\nvue du caractère et du sentiment allemands.\nN'importe, il faut toujours essayer, comme le\nconseille M. von der Stucken ; et si, à force\nde le faire, on finit par s'apercevoir que la\nmusique est le moins international des arts\nou du moins, celui qui met le plus de temps\nà franchir les frontières ce sera toujours une\nvérité esthétique d'établie !\nCARACTÈRES DISTINCTIFS DE\nTONALITÉS. Très sage article de\nM. G. Cumberland [Musical Opinion, août) sur\nce thème cher aux abstracteurs de quintessence.\nPour l'auteur, une tonalité \" possède les carac-\ntéristiques que lui attribue tout individu comme\nrésultat d'une crise d'émotion ou bien parce\nqu'il a fréquemment associé une certaine dis-\nposition d'esprit à une certaine tonalité. \" Il a\npu constater que \" des tons ont acquis de\nmanière absolue une atmosphère, une qualité\némotionnelle à lui communiquées par une\nseule pièce imbue de cette émotion ou de cette\natmosphère. \"\nD'autre part, \" tout pianiste a ses tons\nfavoris, ceux qui sur le clavier conviennent le\nmieux à la conformation particulière de ses\nmains : moins souple est sa technique, plus il\npréférera certains tons aux autres. Aux premiers\ns'associeront pour lui les idées de fluidité, de\ngrâce, de lyrisme ; à ceux qui sont difficiles,\ncelles de de nuit, de souffrance. Des\nexpériences prouvent combien le caractère\nattribué aux tonalités varient avec les auditeurs.\nŒUVRES DE M. DEBUSSY. La\ncritique anglaise s'y intéresse beaucoup et\ndepuis fort longtemps comme nouvelles\npreuves de cet intérêt, voici [Musical Opinion,\naoût) un article élogieux de M. G. Lowe sur\nles mélodies de M. Debussy, et un autre (ib.y\nseptembre) de M. J. Matthews sur les nouveaux"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.112", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4125, "texte": "Prèiudes. M. Matthews sait apprécier le charme\nde ces préludes, encore qu'il fasse nombre de\nréserves : souhaitant, par exemple, \" un peu\nde Grieg tout frais, tout animé des brises\nsalines du Nord, comme fortifiant après les\nsonorités languides et énervantes du 4\"'° \".\nCe qua vu le vent d'Ouest est \"fort laid\" mais\nd'autres pièces, comme Les collines cVAnacapri,\nLa fille aux cheveux de Un etc. sont fort vantées.\nEn manière de conclusion : une réaction se\nproduira un jour contre le réalisme de\nM. Strauss et de M. Debussy et en faveur de\nla musique pure, sans programme. Le Quatuor\nde M. Debussy prouve que ce compositeur\npeut écrire de belle musique pure ; attendons\nune sonate pour piano, d'égal intérêt.\nM. DEBUSSY DEVANT L'HIS-\nTOIRE. Relevons aussi il n'est pas\ntrop tard pour le faire les réflexions suivan-\ntes sur l'art de M. Debussy par M. Ernest\nNewman (.Musical Ti m es, 1 Mai).\nQuelle place la critique historique donnera-\nt-elle, en fin de compte, à M. Debussy t On\npeut aborder ce problème sans témérité, aujour-\nd'hui que de fréquentes auditions et la rapide\npublication des œuvres rendent possible ce\nqu'on n'aurait jamais pu oser autrefois. Que la\nmusique du compositeur offre maintes beautés\net doive toujours occuper une place importante\ndans l'histoire est hors de doute ; mais dans\nquelle mesure sera-t-elle aimée d'ici une géné-\nration ou deux, et dans quelle mesure regardée\ncomme le premier balbutiement d'un art qui\nn'a point encore maîtrisé le langage qu'il\nambitionne de parler ? Certains ont donné de\npuissantes impulsions à l'art, sans que pour\ncela leurs œuvres aient survécu : tels les\nréformateurs florentins qui fondèrent l'opéra.\nD'autre part, les formes d'art les plus belles et\nles plus durables semblent ne venir qu'à la fin\nde longues périodes d'évolution, être l'expres-\nsion autant d'une race ou d'une époque qvie\nde l'individu qui les met au jour. L'extrême\nindividualité de Debussy, le caractère très\nparticulier de son œuvre ne permettent-ils pas,\nde même que sa prédilection pour certaines\nformules et pour certains effets toujours les\nmêmes et parfois affectés de le considérer\ncomme un génie limité, un pionnier qui ne\npeut conquérir la Terre promise qu'il a décou-\nverte ? M. Debussy est un \" type transitionnel \"\net ce n'est pas lui qui récoltera le meilleur de\nce qu'il a semé. Son malheur est d'inaugurer\nune époque au lieu de la clore. Telle, est la\nconclusion de ces \"notes\"; simple esquisse,dit\nl'auteur, mais esquisse à coup sûr réfléchie,\nsagace et modérée qui pourrait bien être la\nplus riche en idées et en observations justes\nque compte jusqu'à ce jour la littérature anti-\ndebussyste où, pour mieux dire, la critique\nnon apologétique des œuvres de M. Debussy.\nŒUVRES DE M. JOSEPH HOL-\nBROOKE. Un nouveau drame lyrique,\nDylan, de ce compositeur, un des plus en vue\nde la jeune école anglaise,nous est présenté, sans\ngrand commentaire vu la difficulté d'en juger\nd'après la partition pour piano, par M. J. Bow-\nden [Musical Standard,io Sept.). Ce serait une\ndes meilleures œuvres de l'auteur, aux mélodies\nduquel M. Georges Lowe consacre, dans le\nmême périodique (17 Sept.) un article détaillé\net des plus élogieux pour une bonne partie des\npièces énumérées ; celle dont le texte est l'im-\nmortelle Annabel Lee de Poe, les six Chansons\nromantiques, et Marino (d'après Byron)\nsont particulièrement citées comme fort belles.\nM.-D. CALVOCORESSI.\nL'AFFAIRE DE LA LÉPREUSE.\nLa Revue des grands procès contemporains\nvient de publier les plaidoieries du procès de\nla Lépreuse et le jugement qui, pour un mo-\nment, a interrompu les hostilités entre auteurs\net directeurs. On se souvient que Sylvio Laz-\nzari et Henry Bataille présentèrent en 1900\nau directeur de l'opéra-comique un drame\nlyrique : la Lépreuse. On se souvient aussi\ncomment l'œuvre quelque peu modifiée sur la\ndemande de M. Carré, devint la Sorcière, puis\nl'Ensorcelée, et fut acceptée en 1901) annoncée\net affichée en 1902 et 1903. C'est à cette\népoque que remontent les dissentiments entre\nles auteurs et le directeur, dissentiments pro-\nvoqués par les atermoiements de M. Carré"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.113", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 969, "texte": "et son refus de jouer la pièce reçue ; les\npolémiques de presse et même un débat a la\nchambre ont d'ailleurs rendus publics ces\ndémêlés. Enfin la Justice fut invitée à trancher\nle litige, elle le fit avec une fantaisie inattendue.\nLes juges ont décidé notamment que M. Carre\npouvait se libérer de son engagement en payant\nà Lazzari le montant du dédit stipulé dans\nson traité avec la Société des auteurs, bien que\nLazzari ne fit pas partie de cette Société au\nmoment où sa pièce fut reçue à l'Opéra Comi-\nque. Ils ont prétendu aussi que l'annonce, au\nmoyen de circulaires et d'affiches, de la re-\nprésentation d'une œuvre dramatico-musicale\n11e saurait prouver la réception de cette œuvre.\nIls ont adopté avec empressement les argu-\nments cependant bien pauvres de M. Carré.\nHeureusement cette décision demeure sans\nimportance, et la Cour d'appel nous dira sans\ndoute prochainement s'il faut encore croire à\nl'équité des juges. GEORGES BAUDIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "121", "page_fin": "122", "image_debut": 113, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.19", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.113", "debut_caractere": 971, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "L'Édition\nMusicale\nCHANT. La\nXVIIP siècles, par M'ne Jane Arger. Une\ntrès jolie collection d'airs et de récits, choisis\navec infiniment de goût dans ce que la musi-\nque française offre de plus pimpant et de plus\nenjoué à l'époque classique. Nous ne trou-\nverons ici aucun de ces airs languissants et\néternellement attendris, dont il y a tant d'ex-\nemples à cette époque. Ne prenons pas ce\npetit recueil pour une image exacte du genre\nCantate. Nous risquerions de nous en faire\nune idée trop favorable. Un seul ordre de\nsentiments a trouvé place ici ; et il y faut\nchercher moins de passion que de galanterie,\nmoins de conviction que de bonne grâce. Seul,\nun air de Monteclair, Pan et Syrinx, se dé-\ntache d'une façon un peu plus dramatique sur\nce charmant badinage.\nPour chant aussi, 4 mélodies plutôt ordi-\nnaires, de Charles Neveu : NOËL MARIN,\nFLEURS MORTES, VERS LUISANTS, AUX ÉTOI-\nLES. LE VIEUX CALVAIRE, du même auteur,\névoque assez heureusement un de ces paysages\nbretons dont la sérénité triste 11e manque pas\nde noblesse. LES ROSSIGNOLS DU CIMETIÈRE,\npetites pièces pour voix d'enfants, de Louis\nBoyer, ne sont qu'un enfantillage musical, sur\nun poème d'Alphonse Daudet, que nous eus-\nsions préféré ne pas connaître.\nPIANO. Un volumineux paquet de\nmusique pour piano nous arrive de Hongrie.\nNous ne nous permettrons pas de nous en\nporter juges. Les lecteurs de la S. I. M. liront\ndans un article prochain les origines et les\nambitions de la jeune école hongroise. Pour\naujourd'hui, conseillons-leur de s'attaquer plu-\ntôt aux œuvres d'un Szendy (Six POÈMES HON-\nGROIS, APHORISMES,) OU d'un Léo Weiner\n(SERENADE, réduite à 4 mains) qu'aux élucu-\nbrations un tant soit peu effarantes d'un Zoltan\nKodaly, 10 PIÈCES pour le Piano, pour les-\nquelles l'initiation ne sera pas de trop.\nM. Sigfrid KargEllert, en homme prudent,\npublie avec sa SONATE pour piano (Fis Moll\nOp. 50.) un petit opuscule, destiné à guider le\nlecteur à travers les méandres de son œuvre.\nA première vue, la nécessité de ce fil conduc-\nteur paraît cruellement évidente. Et M. Elert,\nlui-même en semble, plus qu'un autre persuade,\nlorsqu'il inscrit, en tête de son programme, en\nguise de motto d'épigraphe, dirions-nous, les\nvers suivants :\nu Emportez-moi, quand même ce serait sui\nles ailes de la nuit, je veux parvenir à 'la\nlumière. La force des Titans est née de 1 an-\ngoisse, et le jour des œuvres s'élève de la nuit\net du chaos. \""}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.114", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "On serait fortement tenté de croire que les\nténèbres sont demeurées victorieuses, et que la\nlumière aura bien du mal à jaillir de ces 39\npages denses, laborieuses et touffues. Mais les\ncourageux n'auront pas à se repentir d'avoir\nbien voulu suivre M. Ellert. Il rappelle sou-\nvent Schumann, et le meilleur, celui des Varia-\ntions Symphoniques ; mais un Schumann qui\nse serait assimilé toutes les richesses de l'har-\nmonie ultra moderne. Sa phrase, souvent cha-\nleureuse, chante et s'étale avec largeur et\nabondance. Ses trouvailles pianistiques, quel-\nquefois très heureuses, sont-elles aussi un pro-\nlongement des procédés de l'école romantique.\nSi le deuxième morceau, en forme de marche\nfunèbre, nous rappelle un peu trop textuelle-\nment certains Adagios classiques, si le char-\nmant petit passage à 5/8, basé sur un mode\npentatonique, s'efface avec une brièveté décon-\ncertante, (M. Ellert n'est pas homme à s'amuser\naux subtilités de l'exotisme.) l'œuvre n'en est\npas moins riche, et d'une belle venue.\nVIOLONCELLE. Le même auteur\nnous envoie une Sonate, pour Piano et Violon-\ncelle, qui ne paraît pas beaucoup plus accessible\nque l'autre. Ces deux œuvres ont-elles chance\nd'être appréciées en France ? Je le souhaiterais\nbien vivement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "122", "page_fin": "122", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.20", "titre_corps": "Divers", "titre_sommaire": "Divers", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.114", "debut_caractere": 1269, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "Divers\nj LES ABEILLES ET LA MUSIQUE.\nIl ne s'agit pas de rapporter ici le résultat des\nrecherches de quelque patient savant notant\nminutieusement le bourdonnement musical de\nla ruche et s'efforçant d'en expliquer le sens\nni d émettre une opinion plus ou moins autori-\nsée sur la sensibibilité des abeilles au charme\n/de la musique ; car les abeilles dont nous\nvoulons parler sont celles qui bourdonnèrent\nsous les doigts agiles de la célèbre pianiste\n| Marguerite Nécom dans un récent concert à\n: Hanovre ; ces abeilles-là ne piquent pas ; bien\nau contraire, elles sont douces aux oreilles des\nauditeurs ; ceux-ci furent à tel point charmés\npar la virtuosité de la charmante artiste qu'ils\nse crurent pendant quelques instants bien loin\nde la salle de concert et qu'ils sentirent, s'il\nfaut en croire un Journal Allemand, passer\nsur leurs fronts alourdis par l'atmosphère sur-\nchauffée, un. souffle de printemps : la brillante\npianiste venait d'exécuter un des 66 poëmes\nvirgiliens\" de Th. Dubois : les Abeilles.\nAUTOS MUSICALES. Seul Guil-\nlaume II a le droft, dit-on, de faire annoncer\nson passage en automobile par une trompe\nsonnant une fanfare sur trois notes ; on connaît\nla passion du Kaiser pour la musique ; aussi\nne surprendrons-nous pas nos lecteurs en leur\napprenant que cette fanfare est inspirée d'un\nthème de Wagner qui apparaît pour la première\nfois à la fin de l'Or du Rhin.\nNous recevions récemment le catalogue\nd'une nouvelle trompe pour automobiles auquel\nétait joint un petit cahier de musique ; le\ncatalogue assurait que chacun peut, grâce à\ncette invention, exécuter telle musique qu'il lui\nplaît et terminait, d'une façon rassurante, du\nreste, en déclarant qu'aucune étude n'est\nnécessaire pour arriver à ce résultat. Quant au\ncahier de musique, qui nous avait fort intrigués,\nil nous déçut entièrement. Nous pensions y\nvoir quelque musique de nos meilleurs com-\npositeurs: illusion puérile ! Nous n'y trouvâmes\nni Samson et Dalila, ni Fervaal, ni Pelléas,\nmais \" V'ia l'Général qui passe \", \" V'ia vot'fille\nqui j'vous ramène \", \"La marche des Zoua-\nves \", etc... Nous déchirâmes tristement cette\nréclame qui tient vraiment trop peu de compte\nde notre vie musicale ; puisque Guillaume\njoue du Wagner en automobile, pourquoi le\nreprésentant de notre pays ne quitterait-il pas\nl'Elysée annoncé par Pelléas ; pourquoi cet\nhiver, à la sortie de l'opéra-comique, les paris-\nsiennes ne gagneraient-elles pas leurs autos\nau son de quelque fragment de \" l'Heure\nEspagnole \" de Ravel ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "124", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.21", "titre_corps": "Cours et Leçons", "titre_sommaire": "Cours et Leçons", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.116", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "Cours et Leçons\nMme ELIZABETH DELHEZ, profes-\nseur de chant, a repris ses cours et leçons le\nler octobre en son salon, 38, rue Pergolèse,\n'(Paris, et recevra le Mardi de 2 à 4 h.\nLa réouverture du COURS SAUVRE-\niZIS (82, rue de Passy, et 4, rue de la Sor-\nbonne) a eu lieu le 4 octobre. Ecole d'art\nélémentaire et supérieure : solfège, gymnas-\ntique rythmique, harmonie, chant, chœurs,\npiano, instruments à cordes, orchestre, etc.\nM. G. Lantelme devient titulaire du cours\nde chant d'ensemble, Mme Jumel, de celui de\nplain-chant, Mlle Herval, de celui de diction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "124", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.22", "titre_corps": "Information", "titre_sommaire": "Information", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.116", "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "Information\nMr. A. Dandelot, de retour à Paris, reprend\nses réceptions de 2 à 4 heures en ses bureaux\ndu 83 de la Rue d'Amsterdam. L'Administra-\ntion de Concerts A. Dandelot est ouverte\ntous les jours (dimanche excepté) de 9 heures\nà midi et de 2 à 6 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "I. M.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nOrgane de la Section de Paris de la Société Inter-\nnationale de Musique et de la Société Française\ndes Amis de la Musique.\nFrance et Belgique :\nLe numéro : l £r. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nLe numéro:\nEurope:\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.\nSix mois: 12 fr.\nUnis :\ncents.— Un an: 5.00\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nMUSICALE\net forme trente-deux pages mensuelles.\nLe prix de l'Actualité Musicale est :\nFrance et Belgique:\nLe numéro fr. 0.40\nUn an fr. 4.00\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur: . ECORCHEVILLE\nSécretaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nRédacteur pour la Belgique:\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 55, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES\nAMIS DE LA MUSIQUE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c073", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'État aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAU RE, Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM .LE PRINCE A. D'ARENBERG ,de F Institut.\nM. Louis BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'H AUSSONVILLE.\nM. J EAN w ERER,\nM. Louis HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL H ERMANN.\nMME H ENRY H OTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMMO LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à la\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de F Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "85", "page_fin": "85", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nl\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\n. f\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—••••1 4 • • • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\n1 4\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS !\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "89", "page_fin": "89", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 706, "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\nM EMIL GUTMANN JSf\nREPRÉSENTE LES ARTISTES ET LES\nASSOCIATIONS ARTISTIQUES LES PLUS\nCONSIDÉRABLES, LES MAITRES LES\nPLUS RÉPUTÉS EN ALLEMAGNE.\nENGAGEMENTS PAR TOUTES LES SOCIÉTÉS DE\nCONCERT ALLEMANDES ET ÉTRANGÈRES.\nTOURNÉES D'ORCHESTRE ET DE\nSOLISTES DANS TOUS LES PAYS.\nSOLISTES POUR ORATORIOS.\nORGANISATION DE CONCERTS ET DE CONFÉ-\nRENCES, DE RÉCITALS DANS TOUTES LES\nSALLES DE MUNICH ET DE GRANDS FESTIVALS\nINDICATIONS DE POSTES VACANTS\nDE PROFESSEURS DE CONSERVA-\nTOIRE ET D'ÉCOLE DE MUSIQUE. 4\nANNONCE, PUBLICITÉ, INFORMATIONS\n4 *\nLA PLUS GRANDE AGENCE DE CON-\nCERTS DE L'ALLEMAGNE DU SUD.\nMUNICH = Theatinerstrasse 38 = MUNICH\nAdresse Télégraphique : KONZERTGUTMANN, MUNICH"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "93", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 521, "texte": "Rouart, Lerolle & Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nI\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Mais on G A VEAU, 45, rue de la Boëtie.\n\\\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\n%\nChaque piano à 4 mains , net fr. 12\n~ petite partition d'orchestre net fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 411, "texte": "LEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n*1\n* t\n<* »\nS i\nfs>.\n«i\n*- çt>\nM\n>4/\n.t ~Jr'ÏÏ~ -uEiW.^l^'\nWTnt.l—aw»\n_l\n#=\nliv\n□\n%\nt •\nIfJ\nf ri\ns g $\nM\nÀV\nPulci (Luigi), Driades d'arnore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFÏLIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.90", "debut_caractere": 3057, "fin_caractere_exclue": 3197, "texte": "Application\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par tes\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.90", "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, PARIS Trocadéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "101", "page_fin": "101", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus morceaux et Partit\nDépôt exclusif pour la France des Editions Petcrs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "107", "page_fin": "107", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "CE QUECA CI{US\n'PENSE \"PIANOLA\n\\\n§\nte,\nCaruso jouant du Pianola caricaturé par lui-même.\nENRICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme toutes les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANQLÂ. kk Je viens d'entendre le Pianola\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie TEolian,\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianola, muni du Métro style, permet à un novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianola cesse vraiment\ndetre un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez.\"\nLe Catalogue illustré U'C\" serâ envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianola peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE JEOEIAN COMPANY Ltd.\nPIANOLAS PIANOLA-PIANOS PIANOS STECK & WEBER\nJEOLIAN-ORCH ESTRELLES\nSALLE /EOLIAN, 32, AVENUE DE L'OPÉRA, PARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "109", "page_fin": "109", "image_debut": 101, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.101", "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 601, "texte": "Four paraître le 15 Octobre\nmes du Jour\n99\nEV U E\ndes Personnalités et Choses féminines\nMarquise de La Feuillade, Directrice Pierre Jobbé=Duval, Rédacteur en chef\nLe Numéro fr. 0.20"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "115", "page_fin": "115", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "LES \"PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par les grands musiciens\ncomme les meilleurs\nE. MOULLÉ\nAGENT GÉ\n1, RUE \"BLANCHE, PARIS.\nc*>.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrés dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nil\n-\nlr\nS\nHECTOR BERLIOZ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "119", "page_fin": "119", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\n\" vV' ' ' î -ïA.\" 'v,'. :YY - Y-4.\" - jjW j*\nY. Y ' Y;Y Y * / ■\nS! X'-i\n< .\nI\n•Sfto\nivva\nï>\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "123", "page_fin": "123", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.115", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "FÉLIX ALCAN, Éditeur, 108, Boulevard Saint-Germain, PARIS (6<)\nLes Maîtres de la Musique\nÉTUDES D'HISTOIRE ET D'ESTHETIQUE PUBLIEES SOUS LA DIRECTION DE M. JEAN CHANTAVOINE\nChaque volume in-8 écu de 250 pages environ\nVient de Paraître :\nHAENDEL par Romain f^olland\nMoussorgski par M.-D. CALVOCORESSI.\nHaydn, par MICHEL BRENET (2e édition.)\nTrouvères et Troubadours, par P. AUBRY\n(2e édition.)\nWagner, par H. LICHTENBERGER (y édition)\nGluck, par JULIEN TIERSOT.\nLiszt, par JEAN CHANTAVOINE.\nGounod, par CAMILLE BELLAIGUE.\n3 fr- 50\nPalestrina, par MICHEL BRENET (3\" éd.)\nCésar Franck, par VINCENT D'INDY (5e éd.)\nJ.-S. Bach, par ANDRÉ PIRRO, (3e édition.)\nBeethoven, par JEAN CHANTAVOINE (51 éd.)\nMendelssohn, par CAMILLE BELLAIGUE\n(2e édition)\nSmetana, par WILLIAM RITTER.\nRameau, par Louis LALOY (2e édition)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "123", "page_fin": "123", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.115", "debut_caractere": 810, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "CONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\n&LIVRÉS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements: Mr. J. NICATI, Directeur.\n13291 L"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "123", "page_fin": "123", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.115", "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "GUITARE\nM'\" B. DORE\nELEVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, RUE FURSTENBERG\nTéléphone 829.80\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\n28, Rue Demours. XVII\"."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-10-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-10-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1910-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.117", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 409, "texte": "BERLIOZ\nPAR\nADOLPHE BOSCHOI\nla plus vaste biographie qui ait\nparu en France.\nCouronnée par l'lnstitut\nNombreux documents inédits,\n/ 7\ntable chronologique et analytique.\nVie de l'artiste ; son œuvre ; son\népoque. Portraits.\n. •* Qy' '\nI. La Jeunesse d'un Romantique\n4e édition 540 pages —*4 fr.\n11. Un Romantique sous Louis-Philippe\n3' édition 670 pages 5 fr.\nm\nParis - LIBRAIRIE PLON, 8, ruejGarancière Paris."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.1", "texte": "Année.\nN° 10.\n15 Octobre 1910.\n'niidÉli^fffiitt''i\nlEVUE MUSICALE MENSUELLE\n»\npubliée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nRÉDACTION :\n!UE ST. AUGUSTIN\nPARIS.\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue SouffJot,\nLe numéro :\nFrance et Belgiq. 1fr.50 Union 2 fr.\nUn an 15 fr. —2O fr.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\ntNjotre Semaine\nMÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. L'EXOTISME ET LA MUSIQUE DE\n.VENIR, par G. Capellen. MUSIQUE : Pièce javanaise orchestrée par Charles Koechlin. SUR\nRIGINE DU CRESCENDO, par Michel Brenet. J LA Ville SYMPHONIE DE GUSTAV MAHLER\npar W. Ritter. * LES LIVRES L'ACTUALITÉ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.2", "texte": "I. M.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nOrgane de la Section de Paris de la Société Inter-\nnationale de Musique et de la Société Française\ndes Amis de la Musique.\nFrance et Belgique :\nLe numéro : l £r. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nLe numéro:\nEurope:\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.\nSix mois: 12 fr.\nUnis :\ncents.— Un an: 5.00\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nMUSICALE\net forme trente-deux pages mensuelles.\nLe prix de l'Actualité Musicale est :\nFrance et Belgique:\nLe numéro fr. 0.40\nUn an fr. 4.00\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur: . ECORCHEVILLE\nSécretaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nRédacteur pour la Belgique:\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.3", "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES\nAMIS DE LA MUSIQUE"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.4", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'État aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAU RE, Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM .LE PRINCE A. D'ARENBERG ,de F Institut.\nM. Louis BARTHOU, député, ministre de\nla justice.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'H AUSSONVILLE.\nM. J EAN w ERER,\nM. Louis HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL H ERMANN.\nMME H ENRY H OTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMMO LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur à la\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de F Université."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.5", "texte": "NOTRE SEMAINE A MUNICH\n\n7 ous nos Amis et tous nos lecteurs attendent avec impatience le compte rendu détaillé\nles bêtes qui viennent d être organisées par les soins de notre Société dans la capitale de\na Bavière, et dont toute la presse a déjà signalé Vimportance dans de multiples chroniques.\n\\ous ne pourrons que retracer ici tout h fait objectivement les péripéties de ces journées\nlimeuses, reservant pour notre prochain Bulletin\nes jugements de la presse allemande, qui n\nnseignement de cet effort considérable accompli\n'an ç ai se en Allemagne.\nDes le 10 septembre, les premiers éléments\n'te l infatigable Rhené-Baton, qui allait p"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.6", "texte": "iv\nLES AMIS DE\n\ndocilité, mais habitué à un style tout différent de celm de Ravel et de Debussy. R,en , ,■\ncurieux comme de voir un chef d'orchestre aux prises avec des éléments artistiques ,«connus\nau il faut transformer, façonner 'a sa guise, et rompre ade nouvelles dtsaphnes. . «\nseconde répétition toute anxiété disparaît, et la partie peut être considérée comme gag,tee ;\nl'accord s'est étabti entre l'orchestre et le chef mais aux prix de quels efforts . Du\nmardi 13, au mardi ïo, Rhené-Baton devra 17 3\n1 heures5 eu plus des auditions Miemes.\nQuelques jours se -passent dans la fièvre\ntoute à Gustav Mahler, se tourne résolument du coté du Festival Français, et lut reservi\nun accueil, ou la curiosité le dispute a la sympathie. Nous recevons h ce moment uni\nmauvaise nouvelle, la mort du sculpteur Frémtet nous prive malheureusement du concoun\npersonnel du Maître Gabriel Faurè, dont nous nous faisons un honneur de reproduire ici\nla lettre, datée du mercredi 14 septembre.\n\nLe comte G. Chandon de Briailles, au Rathaus, répond au discours du Bourgmestre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.7", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nCHER MONSIEUR ET AMI,\nJ ous ne pouvez pas avoir oublie que j avais accepte avec une joie véritable de\nparticiper aux Fêtes de Munich. Je ne prévoyais pas alors le malheur qui vient de nous\nfrapper et qui rend les miens trop profondément malheureux pour que je puisse songer h\nm éloigner d'eux, même momentanément. Dites bien à Saint-Saëns, a celui dont je suis si\nfie} det y e l eleve et l ami, combien j aurais\ncotes, et veuillez bien remercier Cortot de son amical dévouement. Le sort de mes Œuvres\nne sautait êti e en de meilleures mains. Et vous, cher IVLonsieur, soyez assuré des vifs\nregrets de votre cordialement dévoué.\"\nDeja prévenu telegraphiquement, notre ami Cortot, veut bien se substituer dans la\nSe an ce de Musique de Chambre au Directeur de notre Conservatoire, et prendre sa place\nau piano.\nLe samedi 17 septembre arrive enfin !\n! Vie, aux boiseries fameuses, et dans lequel /'Empereur Guillaume reçut, il y a quelques\nannées, la médaillé d or de la Ville de Munich,\nMinistre des Affaires Etrangères von Podewilz, et de hautes personnalités munichoises. Du\ncoté français, on aperçoit: M. Allizé, Ministre\nChandon de Briailles, Président de la Société,\nTrésorier, M. Franz Custot et M™ Th.Reinach, & Herrmann,\nmembres du Conseil d'Administration, M. Gustave Bret, Directeur Artistique,\nM. J. Eco? cheville, Secrétaire Général, M. J. Pasquier, Secrétaire du Conseil,\nM\"e Gaillard deJVitt, M™Bazaillas, M™\nMM. Maxßikoff, Pregre, Félix Dreyfus, Herrmann,\nSaxe, ]aul Gentien, J.-G. Prod'Homme, 0 d'Gelly &G. Boeswilwald de la presse\nStrasbourgeoise. L'Orchestre joue la \"Marche\npremier Bourgmestre, le Bourgmestre von Brunner se lève et prononce une allocution de\nbienvenue en Vhonneur des hôtes français. II rappelle le rôle international de la musique,\nangue universelle \" qui fait communiquer les âmes malgré la différence des dialectes et\nles nations, et termine par une phrase française qu'il emprunte à notre S. I. M.\n'La Musique est faite pour de semblables conquêtes ; elle sait, tout en conservant\nindépendance de son caractère national, s'élev\nlans la paix a la fraternité des peuples. \""}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.8", "texte": "vi\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nLe Président des Amis de la Musique rappelle h son tour, que la musique française\nest infiniment heureuse de venir se faire applaudir dans la patrie de Bach et de Wagner,\net que notre Société se fait son interprète, en remerciant les Hauts Protecteurs de Vart, la\nMunicipalité et la ville toute entière qui Vaccueillent si généreusement.\nCette réception solennelle, entremêlée de\nimmédiatement suivie d'un grand déjeuner dan\nUn excellent repas accompagné devins merveilleux de la Ratskeller, permettent h 80 con-\nvives d'apprécier d'une façon toute matérielle\nquelques discours sont échangés, discours plus in\nde parler français, non sans élégance, et notre\nmeilleure des bonnes volontés.\nLe soir h 9 heures, a VHôtel Regina, tous\njoints M. & M'ne Allizé, se trouvaient de nouveau réunis autour de leur Président, pour\nrecevoir leurs L. L. AA. RR. les Princes Henri et Louis-Ferdinand de Bavière, qui nous\navaient faitV honneur d'agréer notre invitation.\ndont les journaux ont donné les noms, avaient également répondu h Vappel de notre Président,\net la cordialité succédait a la cérémonie des premièr\nalors sa première apparition, le Maître Saint-Saëns\n\"La Valse Mignonne, \" et quelques autres œuvres encore. M. Widor et M. Léo Sachs,\nvoulurent bien chacun à leur tour, accompagner\nM'h Rose Feart. Et sur la demande du Prince Louis-Ferdinand, le jeune Schmitz qui\narrivait de Paris, dut exécuter \"La Soirée dans Grenadeet \"Le Jardin sous la Pluie \"\nde Debussy. Enfin, surprise agréable, Erich Korngold, Venfant prodige, fils de notre\nCollègue le critique de la Neue Freie Presse de Vienne, étonna F auditoire et les Maîtres\neux-înemes5 en exécutant un yyiovceau d une sonate qu il vient de composer.\nLes réceptions n étaient pas finies, elles\nA 1 heure, notre Ministre et Mme Allizé réuni\ndence du Prince Louis-Ferdinand, le patron de toutes ces manifestations, une vingtaine de\nconvives. A 2 heures, au chateau de Nymphenburg, le Versailles Munichois nous conviait\nle Prince Louis-Ferdinand, pour nous présenter '\nIci, de nouveau, musique et chants avec Mlle Féart, Mme Darlays, MM. Viannenc &\nHube ; de au, et un petit incident fort amusant,"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.9", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n• •\nVil\n\nAU CHATEAU DE NYMPHENBURG\nF. Custot Rikoff\nSpeidel Bret C. de Briailles M. Allizé G. Berly M11e Féart Prince Louis-Ferdinand Schmitz\nPe Elvira Pe Pilar Infante-Marie Me Séligmann St Saens Pe della Paz Csse Wrbna Me Sachs Leo Sachs Me Darlays Me Landowska"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.10", "texte": "• • •\nVlll\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nFêtes. Mlle Fèart ayant voulu chanter \" Plaisir d'Amour \"de Martini, pria M. Schmitz\nde vouloir V accompagner de mémoire bien\nCétait un tour de force auquel le jeune virtuose se prêta de bonne grâce, mais non sans\ncommettre quelques défaillances. Camille Saint-Sa\nglissa tout a coup a coté de Schmitz, et d'une main alerte, remplit quelques basses incer-\ntaines. On vit alors le jeune Schmitz glisser\nà lui, sans que le morceau ait été interrompu,\naperçu. Infiniment amusé pat cet incident, le Maître ajouta quelques ritournelles dont le\nbrave Martini aurait eu certainement tort de\ntonnerre d'applaudissements.\nEnfin, arriva le premier concert d'Orchestre, 7 1/2,\ncertes pas sans une appréhension que nous nous rendions tous dans ce gigantesque Hall de\nplaces, pour y entendre sonner notre mus\nétait \" Le Prélude de Messidor, \" le public était conquis, et on sentait que la bienveillance\nqui nous avait accueillis jusque-là, s'étendrait à toutes les manifestations artistiques qui\nallaient se dérouler. En même temps nous arrivaient de toute /'Allemagne des télégrammes\nde félicitations, et parmi ceux-ci, une dépêche de Siegfried Wagner, et un mot aimable\nde Félix Weingarmer.\nLe lundi matin, succès colossal pour le Maître Saint-Saëns dans Vexécution de ses\nœuvres de musique de chambre, accompagné pa\n600 places du Kunstler Theater était retenue déjà plusieurs jours à Vavance, et jamais\npeut-être, on ne remarqua plus de brillant, plus de précision dans le jeu du Maître, jeu\nque les années ont en quelque sorte spiritualisé.\nL'élan était donné, lundi soir, mardi matin\nl'avions espéré, et de nouveau les réceptions reprirent au milieu des jours. Le lundi soir a\n10 heures, les Amis de la Musique tenaient h honneur de réunir V Orchestre Tonkunstler,\net son vaillant chef José Lasalle, autour d'un\nquèrent pas, et surtout celui d'un musicien de V Orchestre dédié aux Dames françaises,\ndans un français vibrant et de fougueuse allure.\nMardi l'après-midi h 4 heures, M. & Mme Thomas Knorr, /'éminent Directeur des\nNeuste Nachrichten, avaient ouvert, non pas leurs salons, mais leur villa toute entière, villa\nfameuse où IVt igner vint jadis s'établir à Munic"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.11", "texte": "LES AMIS DE\nix\n\nAu Château de Nymphenburg"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.12", "texte": "X\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\ndes plus belles collections de tableaux modernes de V Allemagne entière. Cest la au milieu\ndes Boecklin, des Eembach5 des Thomas5 des Sganbati5 des Stuck et de tant d autres toiles\nfameuses, admirablement choisies5 hbtes français eurent une surprise délicate.\nDans les salons ou circulait le tout Munich des grandes cérémonies, Richard Strauss nous\nattendait5 faisait le plus aimable accueil. Des que Mme Landowska eut répandu pay\nson clavecin une atmosphère musicale sur tout l auditoire5 / Auteur de Salome se mit au\npiano5 seulement nous joua5 mais nous chanta de la voix la plus imprévue quelques\nscènes de son Rosenkavalier. Cest la une œuvre5 comme le dit astucieusement le IVLaitie\nlui-même5 çw //Vj/ pas de Vauteur d^ mais de l emule de Johann Strauss. Avec\npeine les français quittèrent cette charmante demeure5 après en avoir admire tous les\ncoins5 et particulièrement les pièces meublées en ce goût nouveau que Munich est en train de\ndonner en spectacle a et qui est bien une des plus prodigieuses créations de notre\nvieille civilisation.\nAprès le concert du soir5 grand banquet offert par la Municipalité. En quelques\nmots émus5 le Prince Louis-Ferdinand\\ qui avait bien voulu présider ce banquet nous\nassura de sa sympathie5 leva son verre en Vhonneur de Tart et des Maîtres français.\nPuis, le premier Bourgmestre, le Chevalier von Borscht qui avait tenu a rentrer exprès a\nMunich, un toast plein d\"esprit et de bonhomie malicieuse, rappela les liens qui unissent\nVart de notre pays a celui de Munich5 il termina par une sorte d^allitération aimable5\nsouhaitant que, u /# Musique devinssent a leur tour, les Amis de la Ville\nMunich. \" CO/0# Chandon de Briailles releva cet aimable défi\\ <?/ promit notre retour\ndans une autre occasion, capitale de VAllemagne du Sud. Enfin le D' Kilhles,\nparla en français au nom du Comité de FExposition : cc C<? n est pas sans hésiter\\\nVon avait accueilli le projet de M. Emile Gutmann. Aujourd'hui, nous\nsommes tous remplis d\"admiration pour la production des musiciens français et les\nefforts de leurs chefs ; et si Von a pu dire que Munich est le cœur de VAllemagne\n\\\n( comme Berlin en est la têteJ, les maîtres\nd'avoir fait, par le charme de leur musique, la conquête du cœur de ce cœur de\nrAllemagne. Puisse bientôt le tricolore flotter de nouveau au-devant de la Muse\nfrançaise aux portes de VExposition. \"\nV I\nFaut-il le dire ? tant de musique, et tant de cérémonies de tous genres ne nous suffi-\nsaient pas, et après ce vers une heure"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.13", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nxi\n\nAu dîner offert par M. José Lasalle et les Tonkünstler"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.14", "texte": "• •\nXll\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\npagnés de tout un groupe, firent cortège au Prince Louis-Ferdinand. Et nom allâmes\napplaudir des danses espagnoles, et des valses chaloupées, en un heu bizarre de / Expo-\nsition le Park Casino, où la musique française fut encore victorieuse, puisque Schmitz\nfut contraint d'exécuter devant Vauditoire stupéfait, la Soiree dans Gienade, /«\nn'avait jamais sans doute paru au Café-Coneert. A + heures 1/2 du matin, nous y étions\nCHCOYC !\nLe mercredi soir, le Théâtre de la Co \"\nvenuto Cellinimédiocrement chantée, mais délicieusement dirigée et mise au point par\nFélix Mottl; et, bien entendu, la soirée ne s acheva pas sans un banquet. Cette fois, c ctait\nM. Lasalle, et quelques membres de V Orchestre, qui nous régalaient par un menu dont\nje ne puis résister de citer ici le détail:\nHors d'œuvre variés\nSt Peray\nConsommé double\nDarne de saumon gri\nFilzenerl9oo\nCœur de Filet de b\nChâteau Mouton Rothschild 1893\nVol-au-vent\nSchloss Johannisberger 1897\nSuprêmes de perdreaux,\nSalade Ninon et\nMoët, W\nAnanas à V Orientale\nPetits fours\nPaillettes\nCorbeille\nMocca\nCognac Pru 1811"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.15", "texte": "LES AMIS DE\n• I •\nXlll\n\nLe même jour dans Vaprès-midi, M. et Allizé\nconvier les princes et princesses de Bavière en ce moment a Munich, à un Thé en\nV honneur des français, et nous nous retrouvâmes,\nplus douce et la plus aimable des réunions.\nEnfin, il fallait songer a clore cette semaine de débauches, le jeudi seul restait encore,\nc est le jour que choisit son A. R. le Prince Henri de Bavière, pour convier quelques-uns\nd'entre nous à un déjeuner qui restera fameux dans les annales des Amis de la Musique.\nLe Prince, vers le milieu du repas, se leva et prononça dans le plus pur français cette\nallocution dont les termes délicats auront certainement en France un grand retentissement.\n\" Messieurs. Les grandes manœuvres m ayant\nces jours derniers, je n ai, du moins, pas voulu renoncer au bien vif plaisir de vous prier\nde venir déjeuner chez moi si fose m exprimer ainsi a la bonne franquette...\nJe vous remercie bien sincèrement de vous\nseulement que, rappelés h Paris par des raisons fort urgentes, les Maîtres Saint-Saëns et\nFauré, n aient pu être des nôtres.\nJe voudrais vous répéter encore une fois que je me sens vraiment fier de voir figurer\nmon nom en tête du comité d'honneur de cette\npermettre de vous rappeler la gracieuse pensée de notre aimable bourgmestre, M. von\nBorscht, qui vous a demandé d\" être non seulement les Amis de la musique, mais aussi\nceux de Munich.\nLa première visite a Munich de votre\nineffaçable, et cest en vertu de ce souvenir que je vous prie de ne pas nous dire adieu,\nmais au revoir.\nJe tiens encore a remercier mes chers\nmontrés fidèles aux antiques traditions hospitalières\nboire avec moi a V éternelle gloire de la musique\nde ses interprètes, et de tous ses amis.\"\nEt le soir, après tant de musique française,\nvues, de projets, après l'effervescence de la"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.16", "texte": "xiv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nd'assister pendant une heure et demie à Vhorreur tragique de ce drame sans précèdent qui\ns'appelle \" Elektra\". Il n est pas possible de traduire Vémotion presque physiologique de\ncette tragédie réalisée par Mmes Fassbender et\nreconstituée par le Kapellmeister Félix Méottl.\nLe vendredi, grande dislocation, et pourtant, quelques retardataires bien inspirés\neurent la bonne fortune d'assister au grand défilé historique de la fête d'octobre, où\nS. A. R. le Régent, et tous les Princes de la M\nmain de notre Président, le Comte Chandon de Briailles, et à lui dire de la façon la plus\nobligeante, toute leur sympathie pour les Amis de la musique.\n\nDevant le Künstlertheater"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.17", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nXV\n\nJe ne sais si cette rapide narration où i a\nnos membres une vision bien claire de cette\njours que nous avons passés comme dans un r\net d'incessantes surprises, laisseront dans nos\nOn chicanera très évidemment sur le dispositif des programmes, sur Vopportunité de ceci\net de cela, et les conseils ne manqueront pas,\nen quelque sorte par l'extérieur. Mais pour n\nce qu elles représentent dans Véquilibre de Vart\nloin que toutes les critiques. La visite que nous faisions en Allemagne aurait pu être une\nvisite de politesse, elle s'est prolongée dans\nrésultat dont les Amis de la Musique ont le drooV être"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.18", "texte": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER\nHeller n'était pas seulement un musicien de grand talent mais encore un écrivain plein\nd'humour et de finesse. Ses articles de la Gazette Musicale en font foi et les pages suivantes\ndont le style a été très peu retouché, montreront que Stephen était bien le contemporain de\nSterne. Les Mémoiresd'Heller ont déjà vu le jour sous une forme très mutilée et très différente\nde celle-ci dans la Gazette de Schlesinger de 1841. L'heureux possesseur de ce manuscrit, va\nbientôt publier ces précieux documents ainsi qu'une volumineuse correspondance de Stephen.\nIl nous a autorisé à donner à nos lecteurs la primeur de cet ouvrage.\nCes mémoires manuscrits portent le titre de Mémoires pour servir aux futurs biographes\nde Stephen. L'auteur pour se présenter lui-même au public a imaginé une fiction légère, et fait\ntenir la plume par un ami d'enfance. Puis le style devient direct et Stephen lui-même prend la\nparole. Né à Budapest en 1815, Heller eut le sort de tous les jeunes prodiges. Son père le\ntraîna de tournées en tournées en Hongrie, en Pologne et en Allemagne. Heller parvint enfin à\ns'émanciper, et l'improvisateur de concert devint compositeur. Arrivé à Paris en 1838, il y\nmourut en 1888. Le génie de Stephen porta toujours la marque de cette stupéfiante éducation\nde virtuose martyr."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.19", "texte": "19\nS. I. M.\n\nSOUVENIRS D'ENFANCE.\nJe suis ami d'enfance de Stephen. Nous étions assis sur le même\nbanc à l'école de notre ville natale. C'était un garçon doué d'une facilité\nremarquable à saisir tout ce qu'on lui enseignait. Cette facilité n'était\nappuyée, du reste d'aucun travail ; il était paresseux à l'excès et voyant\nque tout allait assez bien sans travail, il s'en dispensait entièrement. Une\nheure avant d'aller à l'école, il se hâtait de faire son pensum, de traduire\nles trois pages marquées par le professeur, quelques passages de Cicéron,\nde Sénèque, ou des Mémoires de Plutarque, —et sa besogne était faite.\nIl passait le reste du temps à lire avec avidité des contes de revenants, de\nchevaliers du moyen âge et des prouesses de brigands fameux, qu'il\nempruntait au cabinet de lecture, en y laissant les deux sous que son\npère lui donnait pour les menus plaisirs du jour.\nIl avait choisi le grenier pour s'y établir sur des tas de foin et s'adon-\nner à la lecture, sa plus grande passion. Quand son père, qui était très\nsévère, montait voir son fils, qu'il savait étudier dans les hautes régions,\nil le trouvait, lisant dans la Grammaire latine de Broeder ou dans les\nlettres de Cicéron, que le scélérat avait eu la précaution de prendre avec\nlui. Quant aux autres livres, ils étaient précipitamment dissimulés dans\nle foin.\nStephen devait étudier le droit et les Lois qui gouvernaient alors sa\nville natale. Le bourgmestre de la ville étant son parent, il pouvait espérer,\nDieu et le Bourgmestre aidant, devenir un jour officier d'état civil\nou greffier de l'endroit.\nL'école où nous avions commencé nos études était un Couvent, et tous\nles professeurs, des moines de l'ordre des Piairistes, espèces de Jésuites\ntrès savants. Ils avaient soin surtout de notre éducation religieuse et\nous souffrions souvent de leur rigorisme catholique.\nEntre autres devoirs pénibles, nous étions tenus à nous confesser,\ntous les quinze jours ; et pour ne pas risquer de communier avec un crime\nnon digéré, nous avions ordre d'inscrire soigneusement nos péchés sur de\npetits chiffons de papier. Quatre ou cinq jours avant cette fatale opération,\nnous nous examinions scrupuleusement, toujours par ordre, et nous nous\nmettions en quatre pour trouver quelque chose de convenable à confesser.\nJe me rappelle qu'un jour, Stephen se plaignit à moi et à plusieurs autres"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.20", "texte": "STEPHEN HELLER\n533\n\ncamarades de ce qu'il ne trouvait plus rien de nouveau à confesser,\nc'était là un point d'honneur —, il avait épuisé imaginairement tous les\npéchés ; et le délai de quinze jours, qui séparait une confession de l'autre\nétait vraiment insuffisant pour qu'il put en trouver de nouveaux, soit\ncomme quantité, soit comme qualité. Il nous priait donc de lui prêter\nquelques péchés à nous, pour compléter sa liste défectueuse, et était\nprêt à restituer fidèlement l'emprunt sauveur. Souvent ainsi, nous échan-\ngeâmes nos papiers pécheurs, avant de nous agenouillier derrière le\nvasistas grillé du Confessionnal, où était assis le moine, semblable à un\ngros radis noir. On payait l'inventaire, la liste des notables péchés, avec\nquelques bâtons de sucre d'orge.\nIl faut vous dire, Madame, que nous remarquions avec cette sagacité\npénétrante, particulière aux écoliers, que nos révérends P.P. préféraient\nceux d'entre nous qui confessaient les plus grosses fautes ; par exemple :\ndistractions à l'église, tapage à l'école avant l'arrivée du Père Professeur,\npensées irrévérencieuses envers un serviteur de Dieu, etc Les\ncauses de cette préférence étaient d'abord qu'ils avaient un plus grand\nnombre de pénitences à nous infliger, (par exemple, 30 Pater Noster et\n24 Ave Maria par écrit à donner au Père Confesseur,) et puis qu'ils\nétaient touchés de la sincérité de nos repentirs. En vrais moines, ils\nétaient persuadés que l'on péchait abondamment dans cette vallée de\nlarmes; et voyaient dans un récit trop court, l'obstination criminelle d'un\ncœur endurci, qui tait ses crimes et ses méfaits.\nCe fut pourtant dans ce couvent qu'on s'aperçut de la vocation\nmusicale de Stephen. Un de nos professeurs, à la fois maître de Chapelle\net organiste, le chargeait souvent d'exécuter ce roulement solennel de\ntimbales qui annonce le Sanctus. (Stephen, qui croit en Dieu avec ferveur,\nn a jamais doute d'aucun miracle; il sait Dieu partout; mais il aime mieux\nle voir dans le soleil et dans toute autre magnificence de ses créations.)\nLe Père Eisner, c'était son nom, lui enseignait aussi à manier les\nsoufflets de l'orgue ; Stephen devint bientôt des plus habiles. Encouragé\npar ces succès, le Père Eisner, excellent homme s'il en fut, lui apprit\nquelques préludes sur l'orgue. Sans connaître ses notes, Stephen s'en tirait\navec cette adresse qui lui a toujours été particulière.\nPersuadé que Stephen avait des dispositions musicales, le bon Père\nEisner alla voir le pere de mon ami, et le pria de lui faire donner des\nleçons de musique. Celui-ci s'effraya beaucoup de la découverte d'un talent"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.21", "texte": "534\nS. I « M,\n\ndans sa famille, qui jusqu'alors avait toujours vécu honorablement; à cette\nterrible nouvelle, il demanda au Père Eisner s'il était bien sûr de ce qu'il\navançait et ce qu'il faudrait faire si ses prévisions se confirmaient. Dame !\nrépondit le bon professeur, en voyant M. Stephen père pâlir, les indices\ndu talent sont là, donnez lui tout de suite un professeur de musique et peut-\nêtre cela passera.\nQuelquesjours après, je passais comme d'habitude la soirée avec Stephen,\nlorsque nous vîmes entrer son père, accompagné d'une demi-douzaine de j\nsoldats, armés jusqu'aux dents de trompettes, bassons et ophicléides. Notre\nfrayeur se dissipa lorsque nous reconnûmes les musiciens du 5e Régiment\nd'artillerie garnisonné à P Trois fois par semaine, cette musique exé-\ncutait des Ouvertures et des Marches entières sur la Place aux Lapins,\ndevant la maison de M. le Général de Kinsky. M. Stéphen père fut très '\ndélicat pour ces musiciens. Il leur fit servir d'excellent pain noir et une\nbouteille d'eau de vie. Puis il fit défiler ces artistes si bien armés devant\nson fils et lui dit : \" Voilà, mon cher enfant, des musiciens pleins de talent,\ncomme tu le sais, puisque tu les as entendu jouer sur la place aux Lapins.\nDésigne celui d'entre eux qui te plaît le mieux. \"\nStephen, assez stupéfait, finit par désigner furtivement un homme\nd'une assez bonne figure, mais horriblement ravagé par la petite vérole ;\nil voulait, m'a-t-il avoué plus tard, l'en consoler, par son choix. Après le\ndépart des musiciens, le père fit sentir à son fils avec quelle répugnance il i\nsacrifiait, pour son bonheur, un argent et un temps destinés à lui donner\nun emploi honorable dans la magistrature. Le pauvre enfant se mit à\npleurer à chaudes larmes : il devait s'entendre reprocher ce sacrifice\njusqu'à sa dix-huitième année.\nLe nouveau professeur de piano, qui était un virtuose du basson,\nmais ne savait toucher la moindre chose sur un clavier, commença par\nenvoyer son élève trois fois par semaine à huit heures du soir, sur la place\naux Lapins, chargé de plusieurs cahiers de musique et d'un pupitre très\nportatif,. mais incommode. A huit heures et demie, arrivait le corps de\nmusique et avec lui son maître Wiliczanowsky ; (il était d'un village de\nBohème et parlait un horrible mélange d'allemand, bohémien, hongrois et\nvalaque). On exécutait alors de la musique magnifique de Rossini et de\nCarafa, à l'usage des piétons, généraux, gamins et caporaux. Plusieurs\nsoldats du corps martial des grenadiers hongrois formaient une haie clair-\nsemée, afin d'empêcher la foule d'entrer dans le cercle magique des musi-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.22", "texte": "STEPHEN HELLER\n535\n\nciens. Stephen était du petit nombre des élus ; il jouissait de la fortune\ntrès enviée de rester en dedans du cercle, de tenir un pupitre et de tourner\nles feuilles devant un des musiciens.\nUn soir, il eût le malheur de tourner trop tard la feuille qu'il tenait\nen face de son maître le basson ; et celui-ci, se voyant enlevé un magni-\nfique contre-ut, qui se trouvait sur le verso, fut tellement blessé dans cette\nsensibilité naturelle à tout musicien, qu'il n'hésita pas un instant à\nappliquer un soufflet vigoureux à son malheureux élève.\nLe Père de Stephen, et celui-ci lui-même, en furent contrariés à tel\npoint, qu'ils crurent convenable d'aller à la recherche d'un maître moins\nchatouilleux.\nM. Stephen père s'adressa donc au 3e Régiment de hussards, pour y\ntrouver un remplaçant au basson par trop incivil. Cette fois-ci ce fut\nd'un serpent à pistons, (instrument fort agréable quand on s'y habitue,)\nqu'il gratifia son fils unique.\nMais hélas, ce serpent s'adonnait à la boisson et à la musique avec\nune persévérance égale ; et l'exercice continu de ces deux passions finit\npar lui attirer un coup de sang qui le tua subitement : il mourut comme\nil avait vécu : d'un seul trait.\nAprès la mort du serpent, M. Stephen père, éclairé par les conseils\nd'un ami de la famille, homme de beaucoup d'expérience, résolut de donner\nà son fils un maître de piano qui jouât de cet instrument, aujourd'hui\npresque universellement connu.\nBientôt, son professeur ne lui suffisant plus, comme cela arrive toujours,\non songea à lui donner un maître de premier ordre, capable de suivre ses\npas de géant dans la carrière musicale.\nLe père, voyant que M. Semler, c'était le nom du pianiste évincé\nétait très content de Stéphen, en concluait avec justesse que c'était un\nmauvais professeur qui n'y entendait rien. Il vit, avec désolation, les autres\nmaîtres également satisfaits. Il en eût souhaité un qui eût trouvé tout\ndétestable ; alors il aurait eu confiance.\nM. Heller Pére.\nMon père avait la manie de dresser des règlements pour les moindres\nchoses. J'avais un horaire de mes délassements, de mes études et de mes\npromenades. Mes professeurs à Vienne avaient un livret, soigneusement"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.23", "texte": "536\nS. I. M.\n\nrelié, où ils devaient remplir, après chaque leçon, une de ces quatre\nrubriques : Très bien, bien, médiocre, mauvais.\nComme les médiocres et les mauvais étaient en majorité, il en\nrésultait pour moi une notable minorité de dmers et de soupers.\nEn 1825 mon père travailla à son insu à diminuer mon attachement\npour la religion. Sous prétexte de Carême, il me fit jeûner pendant\n46 jours. Je fus nourri de salsifis, d'épinards, vermicelles, carpes, et\nautres mets insupportablement catholiques. Quand Pâques arriva, mon\npère me dit : \" Stephen, mon enfant, j'ai été sévère, mais tu étudiais le\npiano à peine huit heures par jour : tu riais insolemment ton maître au\nnez, quand il marchait dans sa chambre M.M. i = 120 pour t'empêcher de\njouer le presto de Clémenti en mesure, n'ayant pas de Métronome chez\nlui. C'était manquer au respect dû à tout maître à tout homme plus âgé\nque toi. J'ai cru devoir, pour ton bonheur, t'infliger une pénitence, trop\nsévère, il est vrai, car tu es un faible enfant qui a besoin de se soigner....\nMon cœur saignait en te voyant manger rien que des légumes et des\npoissons. Néanmoins, je reconnais tout ce qu'il y a de noble dans ton\ncaractère et je me propose de te mener aujourd'hui à l'hôtel de Russie,\npour y manger du veau rôti. Reconnais-tu mon amour pour toi ? \"\n\" J'aimerais mieux du poulet ! \" répondis-je en pleurnichant.\n\" Va, créature corrompue, \" tempêta mon père \" tu ne mérites pas\nmes soins ; tu ne comprends pas mes vues sur ton bonheur ; tu auras du\nbouilli pour ton dîner et tu mangeras seul !\nOr, c'était une fête pour moi de dîner seul, je n'avais pas à supporter\nles sermons de mon père sur la manière de me servir du couteau, de la\ncuiller et de la fourchette. J'avais l'exécrable habitude de mettre la cuiller\nen long dans ma bouche. Lui, persistait dans sa volonté de m'obliger à\nla mettre en large ? Puis je mangeais trop vite le potage et trop lentement\nla viande. Si, pour comble de malheur, je laissais tomber quelques gouttes\nsur mon gilet, qui était toujours neuf, c'était une source d'amers reproches.\nDînant tout seul, non seulement, j'évitais tout cela, mais je pouvais\nmême me balancer sur ma chaise et essayer de casser les deux petits\nmorceaux de bois en croix, qui en formaient le dossier. Cependant,\ncraignant les suites de l'aventure, je me contentais de quelques légers\ncraquements, et ma passion de briser était satisfaite.\nPuis je pouvais, tout en dînant, m'occuper de littérature ; et lire, par\nexemple : Vie, aventures et hauts fait chef d'une"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.24", "texte": "STEPHEN HELLER\n537\n\nbande de brigands qui désolait les Abruzzes, ouvrage essentiellement\nhistorique. Ce vertueux bandit, qui passait son temps à sauver la vie à\nbeaucoup de personnes innocentes, à doter richement de jeunes paysannes\npauvres mais honnêtes ; à ne tuer que des notaires infidèles, des tuteurs\nperfides et surtout des juges iniques, m'inspirait une vive sympathie.\nJ'éprouvais une douleur vraie à l'idée qu'un tel homme fut récom-\npensé par un grand cordon, qui trop étroit pour son corps, et lui\nfut passé autour du cou. Rinaldo Rinaldini ne put, bien entendu, survivre\nà cette désillusion et préféra une mort subite à cette vie pleine de décep-\ntions et de chagrins\nPÉRIGRINATIONS.\nAprès avoir étudié plusieurs années à Vienne, et profité des conseils\nde plusieurs grands artistes, dans cette capitale de la musique, Stephen,\ntoujours accompagné de son père, partit pour un grand voyage artistique.\nIls parcoururent ainsi pendant 5 ans la Hongrie, la Pologne et l'Allemagne.\nEnfin, c'est à Paris que je les retrouvai. Il me conta alors sa vie aventu-\nreuse pendant ces cinq mortelles années et ce supplice de donner dans\nchaque ville ou dans chaque hameau un Concert ou une Soirée musicale.\n\" Oui, s'écriait-il, c'était une vie de nomades, sans repos, sans espoir,\nsans but. Mon père, l'homme du caractère le plus probe et le plus honnête,\navait les bizarreries les plus étranges. Il croyait me faire le plus grand\nbien, en m'obligeant à agir en homme mûr et formé, au lieu de me laisser\nenfant, ce que j'étais.\nAinsi, à peine arrivé dans une ville, tout éreinté des fatigues du\nvoyage, qui était toujours arrangé de la façon la plus économique et la\nmoins commode, mon père m'ordonnait de retirer mes hardes de la malle,\nde donner un coup de brosse à mon habit et pantalon noirs, de mettre un\nchapeau qui avait l'air d'une supplique, et des bottes, qui par le moyen\nd'une étoffe de laine et d'une rosace mensongère qui couvrait le coup de\npied, ressemblaient à s'y méprendre à une paire de souliers humblement\npolis. Puis, je recevais de mon père un gros paquet de lettres de recom-\nmandation que je devais porter à leurs adresses."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.25", "texte": "25\nS. I. M.\n\nPendant cette course, qui me coûtait beaucoup de larmes, parceque\nj'étais timide, non seulement comme je le suis encore aujourd'hui, mais\naussi de la timidité bien naturelle à un enfant, mon père inspectait les\nsalles de spectacle, esquissait l'ordre des réjouissances publiques,\n(je veux dire les programmes du concert), et mettait en ordre les parties\nd'orchestre des morceaux que je devais jouer dans la ville. Puis il souli-\ngnait à l'encre rouge les articles de journaux qui parlaient de mes concerts\ndans la ville voisine et que je devais montrer. A ce sujet, j'avais toujours\ndes reproches à subir, ne voulant pas de cette manœuvre que je regardais\ncomme déshonorante pour un artiste.\nPendant ces affaires importantes, je faisais les courses, semblable à un\ncommissionnaire ou à un être antédiluvien, moitié artiste, moitié facteur.\nTout le monde était étonné de voir entrer ce petit garçon à l'air\nsolennel ; par le dégoût qui se peignait sur ma figure, tout le monde\npouvait voir que je récitais pour la centième fois la leçon qui m'avait été\nfaite : Monsieur, je prends la liberté de vous présenter une lettre que\nM. un Tel de m'a donnée. Je suis pianiste et j'ai l'intention\nde me faire entendre dans votre charmante ville (Ici, on changeait\nselon la nécessité capitale, hameau, chef-lieu) dont le goût pour\nles arts est connu partout ailleurs. Croyez vous, Monsieur ?\nJ'allai voir, par exemple, M. le Comte de Mieg, président de la\nCour de Cassation. Je fus reçus à ma 5e visite et on me pria de laisser\nmon adresse. Quelques jours après, je trouvais une invitation de sa part,\nconçue dans ces termes très gracieux et très allemands : \" A M. Stéphen,\nartiste musicien. \"\n\"J'ai après demain du monde à dîner chez moi. Si vous voulez\npasser le soir à huit heures chez moi, vous aurez occasion de faire des\nconnaissances qui pourront vous être utiles. Donc, si vous n'avez rien de\nmieux à faire venez ; ie suis vôtre,\nCOMTE DE MIEG.\"\n\" Post Scriptum : n'oubliez pas de prendre de la musique avec vous.\nMon piano étant très discord, je vous prie de prévenir mon accordeur\nMocher, qui demeurait autrefois rue Gerber, mais qui vient de déménager.\nDemandez son adresse, S. V. P. \"\nJ'arrive deux jours après chez le Comte de Mieg. Il y a foule ;\npartout des figures enluminées par un dîner copieux. Son Excellence\nM. le Comte est bien loin d'inviter un humble artiste à dîner ; non, il"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.26", "texte": "STEPHEN HELLER\n539\n\nest assez bon pour le servir à ses hôtes comme un plat, comme un mets\nde plus : entendre improviser un jeune homme imberbe, n'est ce pas offrir\nà ses invités une nouvelle espèce de primeurs, des petits pois au mois de\nTanvier !\nW # # • 0 0\nC'était un dîner et une soirée d'hommes. Ainsi, je n avais rien a\nespérer, car les femmes seules auraient pu me donner du courage. On ne\nvoyait qu'habits noirs et pantalons majestueusement larges ; que perru-\nques soigneusement blondes et nez abondamment nourris de tabac dont\nquelques grains folâtraient dans les jabots ou bien se montraient distillés\ndans cette rosée à laquelle le nez semblait servir de gouttière ; ce qui\nachevait de leur donner un air grandiose et propre à faire glacer mes\ndoigts de terreur.\nCependant, j'eus du succès et on daigna me demander si je jouais de\nquelqu'autre instrument encore, et à quel âge j'avais commencé à apprendre\nla musique. \" Ah, s'écria un Conseiller d'Etat, quel bonheur que d'avoir\ndu talent pour les arts. De qui était donc le morceau que vous venez\nd'improviser ?\" \" Oui, il y a quelque chose de mystérieux dans\nle talent et dans la manière dont il se fait jour, \" remarqua le Consul des\nVilles Hanséatiques. \" Voyez, par exemple, la complexion singulière d'un\nMathieu Frok— (ici, je pâlis) vous savez, le célèbre coureur. Figurez\nvous qu'il a fait le chemin de Gottingue à Cassel en deux heures 25 mi-\nnutes et que M. le Substitut du Référendaire du Commissariat des\nContributions Communales ne le put suivre à cheval qu'avec peine.\nCertainement, c'est un talent d'ordre subalterne, mais enfin, tout le monde\nne peut pas \"\nJe prenais mon chapeau lorsque M. le comte de Mieg me dit à part :\n\"Je vous remercie, M. Stephen et je vous prie de m'envoyer un billet\npour votre Concert, s'il a lieu. Je suis désolé que ma femme soit souffrante\net que mes filles ne sortent jamais. Adieu donc et si je puis vous être\nutile, disposez de moi \"Etil me fit l'honneur d'arracher un bouton de\nmon habit.\nAvant de passer la soirée chez cette Excellence, je m'étais présenté\nchez M. Ernemann, le Liszt et le Beethoven de l'endroit. Je m'attendais\nà trouver un artiste jaloux et inquiet de voir un collègue exploiter une\npopulation à laquelle il donnait des leçons depuis 25 ans ; je ne me\ntrompais pas.\n\" Ah, Monsieur, dit-il d'un air renfrogné, j'ai déjà entendu parler de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.27", "texte": "540\nS. I. M,\n\nvous : M. Teffeln, n'est ce pas ? \" Stephen \" fis-je doucement. \" Ah oui,\noui, je sais. Eh bien, mon cher M. Stréphen, voyez-vous, la saison actuelle\nest extrêmement défavorable ; le Carnaval absorbe tout le monde ; on veut\ndes bals, on s'occupe des travestissements.... (Variante : il fait beau temps,\nqui donc voudra s'enfermer dans une salle de Concert au moins de Juin.)\nEt puis notre ville n'est pas grande ; (Variante : et puis, dans une grande\nville il y a tant de distractions !) par conséquent, il y a peu à espérer d'un\nConcert. \"\nL'excellent collègue, pour se débarrasser de moi, ajoute : \" Mais je\nvous donnerai un conseil ; à D.... vous trouverez plus d'amateurs qu'ici\nla population de D... est en général plus aisée que la nôtre ; (à D... on\nrenvoie à B.... sous prétexte qu'il y a des particuliers plus riches.) Aussi,\nje m'empresserai, continue le charitable collègue de vous donner une\nrecommandation pour un homme tout puissant à D.... qui est mon ami\net organiste à l'Eglise Ste Elisabeth. \"\nTriste, abattu, découragé, je raconte à mon père le succès de ma\nvisite. Il me répond : \" tu as été comme à l'ordinaire, gauche, timide\nhautain et monosyllabique. Xu es bête quand il s'agit de montrer de\n1 esprit, et tu en montres avec moi, qui n'en veux pas î Xu pleurniches\nquand je te dis la vérité, tu trembles quand il faut de la fermeté, et tu\nbégaies quand il s'agit de parler clairement ! Est ce que Mozart, est ce que\nHummel et tant d'autres se montraient aussi lâches, aussi faibles que toi,\nquand ils voyageaient,avec leur père également,pour donner des Concerts? \"\nLa voix de mon père s'attendrissait peu à peu pendant cette allocu-\ntion, de sorte que, malgré le comique de la scène, qui ne m'échappait pas,\nje me sentais me trouver mal, tant j'aimais mon père, et tant est irrésistible\nla voix de celui qui nous donna le jour. Une tendresse délirante s'emparait\nde mon cœur, quand je croyais voir souffrir mon père, l'être le plus sacré\npour moi après Dieu !\n(a su"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.28", "texte": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE\nDE L'AVENIR\n\nDepuis le succès de Ivlme Butterfly, qui utilise des motifs et des\nmélodies japonaises, et depuis le triomphe de dont\nla mélodie et l'harmonie ont pour base l'échelle diatonique chinoise, on\npeut prétendre que la musique européenne, en France du moins, se meut\ndans l'atmosphère exotique. Il y a déjà quelques années, Saint-Saëns avait\nannoncé l'apogée de cette tendance, dans un passage fameux de son\nHarmonie et Mélodie.\nLa propagande que j'ai entreprise en Allemagne en faveur de cette\nmusique, tant par mes études que par mes arrangements et compositions,\nm'autorise à prendre position sur cette question.\nDepuis que la polyphonie a amené la musique européenne à recon-\nnaître le principe de la Tonalité depuis que l'harmonie, résultat fortuit ,\nde la conduite des voix, est devenue un des facteurs essentiels de la\nmusique, la mélodie a subi une notable dépréciation. Depuis la concen-\ntration du sentiment tonal en deux modes, le Majeur et le Mineur, la\nmusique a fait bon marché des diverses modalités ecclésiastiques : c est la\nun recul regrettable si l'on se place au point de vue moderne. Il xaut bien\navouer que nous n'avons QU'UNE TONALITÉ en Europe, la tonalité\nMajeure, car le genre Mineur ne peut guère être considéré comme indé-\npendant, étant donné les importants emprunts qu'il fait au majeur."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.29", "texte": "542\nS. I, M.\n\nUn temps devait venir où une innovation allait s'imposer, pour échap-\nper à l'imitation obsédante de l'art classique ; et, ce renouveau ne pouvant\nvenir de la Tonalité, il fallut bien chercher ailleurs : i°, dans la modulation,\naboutissant à la négation presque absolue de la Tonalité ; 2°, dans la\npolyphonie, poussée jusqu'au désordre le plus inextricable ; 30, dans la\nrecherche du coloris musical de plus en plus raffiné.\nCe sont là des moyens pleinement justifiés, mais qui ne satisfont\npas complètement la loi d'évolution de la musique occidentale. Il est évident\nqu'à l'heure actuelle, nous ne pouvons plus rien produire de nouveau dans\nles limites de nos gammes diatoniques majeures et mineures : mais ne\npourrions-nous pas faire place à d'autres échelles, diatoniques aussi ? Ne\npourrait-on pas obtenir de nouvelles ressources par L'ÉLARGISSEMENT DU\nPRINCIPE TONAL EUROPÉEN ? C'est là le point de départ de la nouvelle ten-\ndance exotique que nous signalons ici.\nC'est avec raison que Saint-Saëns reconnaît dans les tonalités, (plus\njustement les gammes,) le moyen de revivifier la mélodie moderne, en la\ndélivrant des tyrannies accessoires... Mais peut-on envisager les gammes\nexotiques, dont certaines sont identiques aux modes ecclésiastiques,\ncomme des tonalités indépendantes, ayant leurs cadences caractéristiques?\nJe crois pouvoir l'affirmer, en m'appuyant sur les déductions suivantes.\nIl faut d'abord convenir que nos ancêtres avaient absolument raison\nde se sentir instinctivement attirés vers la tonalité majeure ; il est\nindéniable que le majeur est la seule tonalité naturelle, la seule qui se base\nsur les harmoniques les plus puissants. Prenons, par exemple, la tonalité\nd'Ut Majeur : je la représente par la succession harmonique suivante,\nsuccession retournant à son point de départ.\nNotre Mineur, par contre, n'est pas une tonalité simple : c'est un\ngenre hybride, qui fait des emprunts à deux tonalités majeures : ainsi, La\nMineur dérive de La Majeur et d'Ut Majeur, à la fois. L'accord lui\nmeme de La Mineur, (La, Do, Mi) doit être considéré aujourd'hui\ncomme un mélange des accords de La Majeur et d'Ut Majeur.1\nOn pourrait concevoir une echelle Mineure construite par les\n\nTandis que jusqu à Bach, au contraire, Paccord parfait mineur était vraisemblablement perçu comme\nun accord parfait altéré La Majeur."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.30", "texte": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE\n543\n\nmêmes procédés que l'échelle Majeure, ce qui donnerait pour La Mineur\nle type suivant :\nMais on se trouverait alors en contradiction avec le sentiment\nmoderne, qui veut que la tierce soit un élément essentiel du mode\nMineur. Acceptons donc l'hypothèse d'un Mineur hybride : La Majeur,\nUt Majeur.\nNous serons aussitôt portés à nous demander de quelle façon former\nici la cadence la plus naturelle ? Evidemment au moyen de la tonalité\nmajeure originale, (La Majeur), c'est à dire celle dont le mineur dérive\ndirectement. Elle nous fournit la dominante Mi, avec ou sans septième\net le mouvement D. T.\nMais ne pourrait-on pas former la cadence de la Mineur en se\nservant de l'accord de Sol, Dominante de la Tonalité relative d'Ut ?\nOn le peut, comme le prouve l'exemple suivant :\nEtant donné la résonnance simultanée de la quinte (la\nnote entre parenthèse) le ré de la basse devient fondamentale de la sous\ndominante de La Mineur ; et comme le mouvement cadençant Re La,\nrelève de la Tonalité de La Majeur, il est évident que les deux tons\noriginaux, (La et Ut Majeur), participent à cette forme de cadence. Sa\nsonorité agréable prouve pratiquement la justesse de notre nouvelle\nconception du mineur. Par là se légitime aussi le mouvement diatonique\nSol La, en La Mineur. On obtient donc la gamme éolienne suivante :\nla si do ré mi fa sol la\nen tant que gamme indépendante à cadence propre, gamme que j'appelle\nle \" petit mineur. \"\nGrieg, dans ses mélodies \" Herbststimmung \" et \" Sieh dich vor \" a"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.31", "texte": "31\nS. I. M.\n\nemployé cette cadence Mineure sans toutefois s'être rendu compte de sa\njustification logique.\nMais d'autres gammes Mineures peuvent se prêter à l'établissement\nde Tonalités indépendantes. Il est possible de concevoir l'accord parfait\nmineur de La, non seulement comme étant La (Sol), mais en\nd'autres circonstances, comme étant :\n\\# #\nLa Ut Mi,(Fa) La Ut Mi,(Sol) ou encore (Ré Fa)\nPar conséquent La Mineur peut passer pour un La Majeur altéré,\ndont voici l'échelle :\nLa Si Do Ré Mi Fa t Sol % La, (Mineur Fondamental;)\nou pour un La Majeur + Fa Majeur, dont la gamme serait :\nLa Si bUt Ré Mi Fa Sol La, (Grand Mineur)\nou finalement comme La Majeur + Sol Majeur,1 dont voici l'échelle tonale:\nLa Si Do Ré Mi Fa % Sol La, (Mineur de Neuvième).\nIci également, c'est l'accord de Dominante de la Tonalité originale qui\nfournit les cadences les plus naturelles ; par exemple, pour le mineur de\nneuvième, on procède à l'aide de l'accord parfait ou de l'accord de Sep-\ntième Majeur sur Ré, formation de Dominante de la Tonalité de Sol\nMajeur. 1\nIl serait indispensable de fixer des termes exacts pour les nouveaux\ntypes Mineurs : ils ont l'aspect des gammes médiévales, ils n'en ont plus\nle sens.\nA ces formations viennent se joindre les différentes gammes des\nTsiganes avec leurs secondes augmentées. En fait de Gammes à Sept\ndegres nous aurons donc à l'avenir à notre disposition 26 tonalités sur la\nmeme base, (Tonique), y compris nos modes Majeur et Mineur ; étant\ndonne que chacun des douze degrés de notre gamme tempérée est sus-\nceptible de devenir la fondamentale de 26 gammes nouvelles, nous\nobtiendrons 26 x 12 = 312 Tonalités, qui récèlent une multitude de\nmoyens d'expression nouveaux.\nComme pieuves de leur utilisation mélodique, je citerai le ton entier\nSol La au lieu du demi ton Sol $ La, (en La petit et La Meneur),\nle ton entier Si La, au lieu du demi Ton Si b la en Ré Mineur,\n\n1 Étant donné que l'accord de Neuvième, Ré Fa ï La Ut Mi est un aspect de la Dominante de Sol\nMajeur. 11 r"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.32", "texte": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE\n545\n\nle demi ton Si Ut au lieu du Ton Si b Ut en Fa majeur et Fa mineur;\npuis aussi les intervalles spécifiques que l'on rencontre dans les gammes\ntsiganes: Ut Ré,# Ré# Fa, Sol# Ut, et leurs renversements.\nCes intervalles se rencontrent parfois dans la musique européenne,\nmais accidentellement, sans que les fondements de nos Tonalités et le\ncaractère de leurs cadences en soient altérées. Ajoutons que ces mouve-\nments mélodiques sont utilisés le plus souvent dans un but pittoresque.\nLe nouveau style exotique, au contraire, n'y cherche que des moyens\nd'expression.\nEn tous cas, il ne s'agit plus seulement d'un procédé d'harmonisation\nmais d'un problème bien autrement important : la fusion de l'Orient et\nde l'Occident. Et d'ailleurs, cet art nouveau ne se bornera pas à révolu-\ntionner les gammes diatoniques : le chromatisme et la modulation ne lui\nmanqueront pas. Dès maintenant, nous pouvons prévoir dans le genre exo-\ntique de notre musique occidentale des modulations infiniment variées.1\nMais le style exotique ne nous fournit pas seulement les gammes à\nsept degrés ; il nous en offre également à cinq et à six degrés : la gamme\nchinoise diatonique : Do Ré Mi Fa#, Sol# ou Lab, Sib Ut, ainsi que la\ngamme pentatonique de forme chino-celtique : Do Ré Mi Sol La Do,\nsans demi-tons et de forme japonaise : Ut Ré Mib Sol Lab Do.\nComme pour les gammes à sept degrés, chaque ton, ici, peut aussi\ndevenir la Tonique d'une nouvelle gamme. Ajoutons toutefois que dans\nles gammes pentatoniques, l'harmonie ne peut se passer des degrés absents.\nSelon nous, le système pentatonique ne peut être considéré que comme\nformation mélodique particulière, dans les limites du système des gammes\nà sept degrés.\nL'arrangement des mélodies exotiques conçues en dehors de nos\nmodalités Majeure et Mineure constitue une excellente préparation à\nl'application du nouveau style. Mentionnons ici les quatre façons de\nprocéder dans ce travail.\ni° Reproduction phonographiquement exacte des mélodies et de leur\nharmonie éventuelle. 2° L'autre extrême : Europaïsation totale de la\nmélodie et de l'harmonie. 30 Harmonisation Occidentale de la mélodie\nexotique scrupuleusement respectée. 40 Harmonisation Exotico-Occiden-\ntale de la Mélodie non modifiée. Pratiquement, le premier procédé est\n\n1 Ainsi le type petit mineur de La peut moduler au grand mineur, c'est à dire que La Si Ut Ré Mi Fa\nSol La devient Mi Fa Sol La Si Do Ré Mi."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.33", "texte": "33\nS. I. M.\n\nSHOTAI"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.34", "texte": "L'EXOTISME ET LA MUSIQUE\n547\n\ninapplicable ; il n'offre aucune ressource, étant donné la divergence qui\nexiste entre notre goût, notre éducation musicale, et la musique orientale.\nLa seconde méthode, qui fleurissait jadis, doit être écartée comme ne res-\npectant pas la mélodie.\nL'exemple que je soumets ici est une chanson de route japonaise\ncaractéristique, \" Shotai \", construite à l'aide de la Gamme :\nRé Mi Fa Sol La Si Do Ré.\nQu'on veuille bien lire cette mélodie en imaginant les dièzes à leurs\nplaces respectives, et l'on verra qu'elle acquiert de suite un caractère\neuropéen. L'arrangement de J. A. Pollak, a respecté la mélodie, que\nviennent cependant contredire l'harmonie et la Tonalité. En procédant\nainsi, la mélodie perd son caractère d'acuité : nous n'avons plus là qu'un\nspécimen puéril de cette musique. Le 3e exemple, par contre, tend\nvers la fusion de l'harmonie et de la mélodie.\nLorsque Saint-Saëns annonçait que le rythme à peine exploité se\ndévelopperait, il eut pu ajouter que la musique exotique, en vertu de son\nprincipe homophone, pouvait se permettre plus de liberté, quant aux\nrythmes, à l'accent et à la forme, que la musique européenne. N'oublions\npas que la division en mesures, nécessaire à la production simultanée des\ndifférentes voix constitue une entrave au libre mouvement de la mélodie\net du rythme. Elle a conduit la phrase musicale à la carrure et elle a\nannihilé en nous le sens des grandes périodes mélodiques. En dépit des\nlibertés rythmiques qui caractérisent la musique exotique, cette\ndernière ne doit pas être taxée d'amorphie : les fréquentes répétitions\nservent ici à ponctuer le langage musical. Et telle est la force\ndu sens rythmique en Orient que les instruments à percussion qui\naccompagnent les différents morceaux, n'accentuent pas, comme chez\nnous, les temps forts, mais précisément les temps faibles.\nIl est difficile de prédire quelle influence pourront avoir sur l'art\neuropéen les rythmes et le style exotique. Il est impossible de dire si les\ntiers et quarts de tons exotiques provoqueront une nouvelle division des\ndemi-tons. L'intuition des quarts de tons existe chez nous à l'état latent\nmais il n'est pas prouvé que ces tons, abandonnés jusqu'à présent à\nl'arbitraire, puissent jamais être choisis comme degrés essentiels de notre\nsystème musical. Celui-ci passerait alors du système de douze degrés à\ncelui de cinquante-trois degrés.\n\nGeorges Capellen.\n\n2"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.35", "texte": "Gamelang Salandro (Sultanat de Yogyakarta)\ntranscription pour instruments européens p&r Ch» Kœchlin\n\\ oici un des plus curieux essais tentés en France dernièrement pour introduire la musique orientale dans\nnos concerts. Ces pièces javanaises ont été orchestrées par M. Charles Kôchlin, et exécutées à la société\nIndépendante de musique au mois de juin 1910."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.36", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n36"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.37", "texte": "37\nS. I. M."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.38", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n38"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.39", "texte": "39\nS. I. M."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.40", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n40"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.41", "texte": "41\nS. I. M."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.42", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n42"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.43", "texte": "43\nS. I. M."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.44", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n44"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.45", "texte": "45\nS. I. M."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.46", "texte": "GAMELANG SALANDRO\n46"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.47", "texte": "47\nS. I. M."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.48", "texte": "GAMELANG SA.LANDRO\n48"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.49", "texte": "562\nS. I. M."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.50", "texte": "3\n\nGAMELANG SALANDRO\n50"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.51", "texte": "SUR L'ORIGINE DU “CRESCENDO”\n\nOn a mis, depuis sept ou huit ans, dans l'histoire de la musique,\nbeaucoup de choses àla Stamitz. Autour d'un grand musicien, soudaine-\nment tiré de l'oubli, les ombres des \" Mannheimer \" ont été évoquées et\nl'on a, de droite et de gauche, repris à d'autres, pour les leur rendre ou\nles leur attribuer, toutes sortes d'inventions grandes et petites, formes,\nformules ou procédés de composition ou d'exécution. A l'heure du Juge-\nment, qu'annonce l'Evangile, \" les derniers seront les premiers \" : des\ntrompettes impatientes sonnent déjà pour appeler à la gloire les Stamitz,\nRichter, Toeschi, Holzbauer, Filz, Cannabich, et faire d'eux l'avant-\ngarde d'Haydn, Mozart et Beethoven. Le résultat de ce mouvement,\ndont le Dr Hugo Riemann a, comme on sait, pris l'initiative et la\ndirection, est, autant qu'une découverte, un déplacement d'opinions et\nd'attributions. C'est aussi un coup de fouet donné aux chercheurs de tous\npays, dont l'amour-propre national entre en jeu. Déjà sont apparus, en\nface des rénovateurs de l'école de Mannheim, les défenseurs de l'école\nviennoise. A nous, Français, importe surtout quelle part peuvent reven-\ndiquer nos artistes dans le partage commencé. En attendant que des\nchampions fortement armés se décident à rompre quelques lances en\nfaveur de l'ancienne musique symphonique française, on peut tenter, du\nbout de la plume, une escarmouche à propos d'un très petit détail,\nl'invention du crescendo.Récemment, M. Alfred Heuss a annoncé1\nl'intention d'écrire l'histoire de la \" dynamique musicale et il a d'avance\ninsisté sur l'utilité des études à faire dans cette direction, négligée\njusqu'ici parceque les points d'appui semblent manquer pour s'y engager\navec fruit. L'apparente rareté des documents n'est pas chose propre a\nrebuter le courage des érudits ; tous savent que d'une mention, d'un fait\njugé à première vue sans importance peuvent découler d'assez notables\nconséquences ; et c'est pourquoi les moindres indications doivent être\nrecueillies pour servir de jalons ou de parapets, le long d'une route\nincertaine.\n\n1 Dans l'intéressante étude qu'il a donnée à la Festschrift Riemann."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.52", "texte": "L'ORIGINE DU \"CRESCENDO\"\n565\n\nAvant que l'on songeât à établir les droits de Stamitz et des\n\" Mannheimer \" sur la création de la symphonie, on leur faisait honneur\ndéjà de l'invention du crescendo.Trois écrivains servaient de caution :\nBurney, Reichardt et Schubart. Ce dernier reste la moindre \" autorité\nnon seulement parceque son livre, écrit de mémoire pendant sa captivité,\net imprimé après sa mort, ne fournit pas de date précise, mais parceque\nnombre de ses affirmations pèchent par l'exactitude. Le passage qui con-\ncerne l'orchestre de Mannheim vise principalement au : \" Son\nforte est un tonnerre, son crescendo une cataracte, son un mur-\nmure cristallin de rivière qui s'éloigne, son une haleine du prin-\ntemps Schubart, d'ailleurs, trouve aux œuvres de \" le père\" une\n\" mine vieillotte \" ; c'est du temps de Cannabich qu'il a entendu les\nmusiciens de Mannheim, et c'est Cannabich qu'il vante comme \"le\ncréateur de l'exécution égale \" qui règne dans cet orchestre, comme\nl'inventeur de \" tous ces miracles que l'Europe admire 1\nReichardt et Burney non plus ne connurent l'orchestre de Mannheim\nque sous la direction de Cannabich, longtemps après la mort de Stamitz.\nC'est de 1772 que date le fragment souvent cité des voyages de Burney,\noù sont célébrés les fastes musicaux de la résidence palatine : \" C'est là\nque Stamitz, stimulé par les œuvres de Jommelli, a pour la première fois\nétendu les limites de l'ouverture... C'est dans cette salle que sont nés le\ncrescendo et le diminuendo.Le piano,que l'on n'employait principalement\nqu'en guise à'écho,le forte,devinrent ainsi de véritables couleurs musi-\ncales... \" A ces textes, M. Riemann joint un extrait du petit écrit de\nReichardt \" sur les devoirs du musicien d'orchestre \", qui parut en 1776:\n\" La plupart des orchestres connaissent et emploient seulement le forte et\nle piano sans s'inquiéter d'une délicate gradation... Il est difficile, très\ndifficile d'obtenir d'un orchestre ce que déjà ne réalise qu'avec peine un\nvirtuose isolé. Cependant cela est possible: on a entendu cela à Mannheim\net à Stuttgart \". 2\nDéjà dans un ouvrage précédent, son premier ouvrage,\nReichardt s'était extasié sur le crescendo de Mannheim. Il datait de\nBerlin la première de ses \" lettres d'un voyageur attentif, concernant la\nmusique \", et, après avoir parlé de l'orchestre de Dresde, il disait :\n\n1 SCHUBART, Ideen <z,u einer JEsthetik der Tonkunst, 1806, p. 121, 137.\n2 Ces textes sont cités par Riemann dans sa préface au premier volume de symphonies de l'école palatine\nbavaroise, Denkmàler der Deutscher Tonkunst, 2 e série, 3e année, vol. I, 1902."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.53", "texte": "566\nS. I. M.\n\n\" Quant à l'augmentation et diminution (Anwachsen et\nd'un son prolongé ou de beaucoup de sons successifs, qui produit, pour\nainsi dire, toutes les nuances (Schattirung) d'une couleur allant du clair au\nfoncé, et qui est si magistralement exécuté à Mannheim, je n'en parlerai\npas ici (à Berlin), car Hasse et Graun ne s'en sont jamais servi... \" 1\nIl est curieux de voir en 1835 un rédacteur de l'Encyclopédie de Schilling\nexpliquer le crescendo comme une chose encore à peine clairement définie,\nemprunter sa description à Reichardt, insister sur ce que le passage du\npiano au forte doit être constamment gradué, sans à-coups, et sur ce\nque il n'est pas de règle d'y associer une accélération de mouvement ; et\ndire enfin que pour un virtuose isolé l'exécution du crescendo est aisée,\nmais qu'elle est, pour un orchestre, \" d'une difficulté inouïe\nschwer), si ce n'est même impossible. \" 2\nC'était sur la foi de Reichardt que le même lexicographe désignait\nJommelli comme celui qui avait \" élevé le mot italien crescendo à une\nsignification musicale technique, esthétique \". On raconte, avait dit\nReichardt, que \"le jour où Jommelli fit entendre cela à Rome pour la\npremière fois, les auditeurs, pendant le crescendo, se levèrent peu à peu de\nleurs sieges, et ne respirèrent qu'au diminuendo, s'apercevant alors qu'ils\navaient perdu l'haleine. J'ai moi-même, ajoute-t-il, éprouvé cet effet\nà Mannheim \".\nL'invention de crescendo n'est d'ailleurs pas absolument revendiquée\nen faveur de Stamitz et de ses élèves, par leurs nouveaux avocats. Le\nDl' Riemann concède que le procédé était connu des solistes, chanteurs\nou instrumentistes, et que, entre autres, Geminiani le pratiquait dans ses\nœuvres et sa méthode de violon : en quoi Geminiani suivait simplement\n1 exemple des grands virtuoses de l'art vocal, car, dès 1723, Pier Francesco\n1 osi définissait la bonne mise de voix \"la manière de commencer le son\npianissimo et de le conduire insensiblement du pianissimo au fortissimo, puis\nde le 1 amener avec la meme respiration du fortissimo au pianissimo^\"1, et il\najoute que, de son temps, les chanteurs \" modernes \" dédaignaient déjà\nce procédé d'un \" excellent effet \", mais regardé comme \" ancien \" ;3\net en 1739? président de Brosses admire, dans les duos qu'il entend en\nItalie, la façon dont \" les voix, ainsi que les violons, emploient ce clair-\n\n' REICHARDT, Briefe eines atifmerksamen Reisenden, die Musik betreffend, 1774, tome I, lettre 1.\nÔ iV'1\"' Crescendo de 1 Encyclopédie der gesammten munkalischen IVissemchaften, de Schilling, t. 11, p. 327.\nTosi, Opimom de Cantori antichi emoderni, etc., chap. I. trad. fi\\, p. 37."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.54", "texte": "L'ORIGINE DU \"CRESCENDO\"\n567\n\nobscur, ce renflement insensible du son, qui augmente de force de note\nen note, jusqu'au plus haut degré, puis revient à une nuance extrême-\nment douce et attendrissante 1 II serait aisé de réunir d'autres textes,\nqui, tout au moins pour l'exécution des solos, contredisent l'idée des\nalternatives brusques de force et de douceur, des oppositions perpétuelles\nde contrastes en écho.Aussi M. Riemann y renonce-t-il, et, dans l'affaire\nprincipale du crescendo des \" Mannheimer\", s'arrête-t-il à affirmer seule-\nment que l'extension du procédé à l'exécution orchestrale et l'adoption\ndu mot crescendo pour le commander, lui paraissent la propriété de\nStamitz, auquel seulement l'exemple de Geminiani aurait appris à prêter\nplus d'attention aux signes dynamiques. 2\nSur ce terrain, d'autres chefs d'orchestre allemands marchaient en\nmême temps que lui. Reichardt, dans sa lettre de Berlin, parlait du\nConcertmeister de Dresde, Pisendel, qui \"se donnait la peine presque\nincroyable d'inscrire sur toutes les parties de chaque opéra, de chaque\nmusique qu'il devait diriger, les forte et les piano, leurs différents degrés,\net même les coups d'archet \". Ce Pisendel était mort avant Stamitz, le\n25 novembre 1755, après quarante ans de services à la cour de l'électeur\nde Saxe ; sur l'ordre de son maître, il avait voyagé en France, en Italie,\net il passait pour avoir introduit dans la direction de l'orchestre de\nDresde un goût \" mélangé de français et d'italien On aimerait à\nconnaître la forme de ses annotations dans les partitions et les parties\nséparées de ses propres ouvrages et des ouvrages d'autres compositeurs,\ndont les manuscrits peuvent encore subsister ; on aimerait surtout savoir\ncomment il exprimait ces \" différents degrés \" d et de Dans\nune ouverture de Galuppi, que mentionne M. Riemann, écrite pour II\nfilosofo in campagna,et jouée à Milan en 1754, à Mannheim en 1756, la\nsuccession des termes pianissimo,piano, pres-\ncrivait fort exactement la gradation fameuse, la \" chose qui existait, dit\nM. Riemann, avant le mot \" : et c'est de la même façon que se trouve\nprescrit le même effet, dans l'ouverture du de Haendel,\ndont la composition remonte à 1750.3\nL'innovation de Stamitz ou de Cannabich se réduirait-elle donc à\n\n1 Le Président de Brosses en Italie, t. 11, p. 382. M. Kamienski s'est servi de ce texte dans l'article cité\nplus loin.\n2 V. un article de M. Hugo Riemann dans le Bulletin mensuel de la Sociétéintern. de mus., t. X, 1908-1909,\nP- *37-\n3 ROMAIN ROLLAND, Hœndely p. 200 et suiv."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.55", "texte": "568\nS. I. M.\n\nune question de mot ? Toujours est-il qu'avant la date des voyages de\nReichardt et de Burney le mot aussi bien que la chose étaient déjà, de\ncôté et d'autre, employés. Haydn, en 1768, rédigeant des instructions\npour l'exécution de sa cantate Applausus-, recommandait à ses interprètes\nde prendre garde aux signes de nuances, \" car il y a, écrit-il, une très\ngrande différence entre piaijo et pianissimo, forte et fortissimo, entre crescendo\net sforzando \". 1 La notation du \" cresc. \" existe, dit M. Kamienski, dans\nplusieurs ouvrages de Hasse (ce qui contredit l'assertion de Reichardt) et\ndans les symphonies (ouvertures) de Jommelli, qui sont à la bibliothèque\nde Berlin. 1 Eitner, qui a signalé l'emploi du à la fin de l'ouver-\nture de Lisuart et Dariolette,de Hiller, —un opéra-comique allemand\nécrit en 1766 par un maître qui n'était jamais allé à Mannheim, ne\nnous explique pas par quel mot ou quel signe le compositeur l'exprimait.3\nPour chercher des exemples de l'emploi du en France,\nnous partirons de la date où Reichardt déclarait ce procédé \" possible \",\nmais usité seulement à Mannheim et à Stuttgart, et nous remonterons de\ncette date à d'autres, antérieures.\nDonc, en 1775, un des compositeurs ordinaires du Concert Spirituel,\nà Paris, Henri-Joseph Rigel, se sert du comme d'un élément de\ndescription musicale, dans son oratorio la La première\naudition avait eu lieu le 25 mai 1775, une autre, en 1777 ; après celle-ci,\nle Journal de Paris déclara charmante \" la marche des Israélites, exécutée\ncomme elle l'est, avec toutes les gradations du crescendo \". 4 L'effet\nétait renouvelé de la marche des janissaires, dans de\nGrétry (1770), et déjà tellement connu et goûté du public français,\nqu'en 1765 le sieur Berger, \" accompagnateur du concert de Grenoble\"\net inventeur d'un \" clavecin organisé \" qu'il appelait le\ns'efforçait d'en faciliter l'exécution sur les instruments à clavier, et pro-\nposait aux amateurs d'adapter, moyennant 300 livres, aux clavecins\nordinaires, \"sa mécanique avec le cres5\nLa notation du même effet, par l'abréviation s'introduisait en\nmême temps dans la gravure des œuvres musicales, et nous la trouvons,\n\n1 POHL, Haydn, t. 11, p. 39 et suiv.\n2 V. l'article de M. Kamienski, Mannheim et Vltalie, dans le Recueil trimestriel de la Soc. intern. de mus.,\nt. X, 1908-1909, p. 307 et suiv.\n3 Monatshefte fur Musikgeschichte, t. XXIV, 1892, p. 39.\n4 Journal de Paris du 26 mars 1777.\n5 Annonces, affiches et avis divers, du 15 octobre 1765."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.56", "texte": "L'ORIGINE DU \"CRESCENDO\"\n569\n\npar exemple, dans les Six Symphonies a grande orchestre, œuvre X, de\nMiroglio le jeune (Jean-Baptiste Miroglio), mises en vente dans l'été de\n1764 1 et dont nulle particularité ne passait pour une innovation. Si\nCannabich fut l'introducteur du crescendo dans l'orchestre de Mannheim,\nil pouvait donc l'avoir trouvé d'usage courant à Paris, lorsqu'il y vint\nen 1772.2\nEn remontant encore de quelques années, nous lisons dans le compte-\nrendu d'un des opéras les plus oubliés de J.-B. de La Borde, les Bons amis,\nun petit opéra-comique en un acte, joué en 1761, l'éloge d'un\n\" crescendo dans l'accompagnement d'un monologue \", qui produisait \" un\ngrand effet \".3 Un autre journaliste va nous montrer que \"la chose \",\nsinon, cette fois, le \" mot \" avait été pratiquée à Paris antérieurement au\nséjour de Stamitz. L'auteur des Sentiments\nouvrages de musique^retraçant la biographie de l'organiste et compositeur\nAntoine Calvière, mort le 18 avril 1755, s'étend avec complaisance sur\nsur le Te Deum que ce maître avait fait exécuter en l'église de l'Oratoire\ndu Louvre, \"pour la convalescence du Dauphin\", c'est-à-dire en 1752.\nUne peinture musicale du Jugement dernier accompagnait le verset\nJudex crederis, et dans cette page exécutée par \" tout le corps de la\nsymphonie \", un tambour placé au milieu de l'orchestre, imitait le bruit\ndu tonnerre \" par un roulement continuel et toujours en enflant le son. \"\nAutour de lui, les instruments chargés d'interpréter \" une tempête qui\nfait frémir \", se bornaient-ils à des teintes plates et à l'amusement des\néchos ? C'est peu probable. Eux aussi, vraisemblablement usaient de ce\nmoyen d' \" enfler le son \" dont la valeur descriptive n'échappait pas à\nl'auteur de ce Te Deum.4 Remarquons toujours que Stamitz, en séjour-\nnant environ un an à Paris, en 1754-1755, put connaître Calvière et son\nTe Deum, dont le succès avait été si grand, que \" plusieurs musiciens\"\ns'en étaient fait immédiatement les imitateurs et avaient \" travaillé dans\nle même genre \" leurs propres composition sur ce texte. 5\nRien n'était plus cher alors aux musiciens et au public français que les\neffets descriptifs. Tout ce qui pouvait renforcer ou préciser l'expression\n\n1 L'Avant-Coureur du 15 octobre 1764.\n2 Nous avons donné quelques indications relatives au voyage de Cannabich dans notre livre : les Concerts\nen France, p. 399.\n3 Mercure de France, avril 1761.\n4 Le Te Deum de Calvière paraît malheureusement perdu.\nD C'est ce qu'affirme l'auteur des Sentiments d'un harmoniphiley qui écrit en 1756, quatre ans après\nl'exécution de l'ouvrage de Calvière."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.57", "texte": "570\nS. I. M.\n\nrépondait aux goûts d'une époque plus foncièrement éprise de littérature\nque de musique pure. Le crescendo apportait une couleur précieuse à la\npeinture sonore : Calvière l'admit à ce titre. Pourquoi ne pas supposer\nque Rameau, qui connaissait dans le chant \" les sons enflés et diminués \"\net qui demandait qu'un chanteur mît \" de l'âme dans toutes ses expres-\nsions Ise servit du crescendo pour souligner une progression harmonique\nen même temps qu'une \" situation \" théâtrale ? Sans doute, les partitions,\ngravées ou copiées, de ses opéras, sont presque dépourvues de signes\ndynamiques ; mais avec, M. Kamienski, nous regardons volontiers les\nsimples p. et j. les brèves indications de doux et de fort, comme le\n\" squelette \" sur quoi s'ajoutaient les nuances intermédiaires capables de\nlui communiquer la vie. L'ouverture de Naïs (1749), vraie symphonie\ndescriptive qui peint l'assaut des Titans, escaladant le ciel, ne nous\ninvite-t-elle pas à deviner, à lire entre les signes ordinaires d'opposition,\nune \" gradation \" de sonorité soulignant l'ascension fébrile des arpèges\nqui se brisent, la répétition syncopée d'accords dont le retour exprime\n1 effort \" haletant, exaspéré, tenace \", rendu sensible, par l'oreille, aux\nyeux de l'esprit ?\nSinon dans les partitions, du moins peut-être dans les parties séparées,\ncopiées pour l'exécution, des œuvres de nos anciens maîtres français,\ntrouverait-on des indices précis de leur manière de nuancer. De telles\ndécouvertes n'auraient pas seulement pour effet de fixer un détail histori-\nque : elles éclaireraient d un peu plus de lumière les doctrines incomplètes\net controversées sur lesquelles nous basons actuellement les exécutions et\nles rééditions de musique ancienne.\n\nMichel Brenet.\n\n25e S°int 'CS termes,^ont se s.ert> au chapitre \"de l'Expression du Code de musique pratique.\n.a a p. 227 de 1 excellent livre de M. Laloy sur Rameau quelques lignes très justes et très heureuses\nconcernant cette ouverture."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.58", "texte": "On en a dit et on en va dire sans doute encore tout au monde, peut-\nêtre même qu'elle n'a eu aucun succès. C'est pourquoi Vienne et Mannheim\ns'en sont d'ores et déjà assuré les reprises. La vérité est que, de ma\nvie, je n'ai assisté à un pareil déchaînement d'enthousiasme, à d'aussi\ninterminables ovations. Or notez que sous ce rapport l'Allemagne n'est pas\nla France, encore moins l'ltalie. Notez en outre ceci : les quatre mille\npersonnes qui, les 12 et 13 septembre remplirent la grande halle de\nl'Exposition de Munich, vue ainsi pour la première fois comble, (ce qui\nn était pas même arrivé aux fêtes Richard Strauss) représentaient à la fois\nles grandes orgues de la sensibilité musicale allemande et austro-slave et\n1 elite du monde artistique d'Europe et d'Amérique. On était venu,\ncomme à Prague, lors de la Vil''\"0, de partout, et je tiens à signaler le fait\nque, de France même, des admirateurs de la IIme, sans mandat officiel\ncomme sans notoriété, mais suivant simplement l'impulsion de leur cœur\nconquis, avaient tenu à être de la tête. En sorte que si l'on peut parler de\ncause gagnée, en ce qui concerne cette VIIIme, on le peut d'autant mieux\nque nulle voix de l'opposition n'a été étouffée ; on l'a même fort claire-\nment entendue, voguant en petite arche opiniâtre sur le déluge des\nacclamations. Jamais triomphe mieux mérité n'eut plus réelle valeur, pour\navoir été mieux disputé. S'il y a eu victoire, en effet, ce fut en dépit de"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.59", "texte": "572\nS. I. M.\n\ntant de mauvaises volontés ! Les clameurs jubilantes n'ont empêché, bien\nau contraire, ni les critiques les plus acerbes, ni les discussions les plus\nviolentes. Nul mieux que nous, du reste, n'a pu percevoir combien de\ncolères ou d'ironies dissidentes se sont réfugiées, celles-ci dans les petits\ngroupes de Français, arrivés en avant-coureurs de leur Festival, celles-là\ndans les journaux d'Allemagne et de Suisse, tandis que ceux de France se\ntaisaient, comme si l'événement n'eut été d'aucune importance. Des\njournaux suisses-allemands, par exemple, j'en pourrais citer où les invec-\ntives personnelles s'en prirent non seulement à Mahler, mais à ceux aussi,\ndont le Dr. Paul Stefan, de Vienne, avait groupé les pages de fête, offertes\nen un livre d'hommage au Maître, à l'occasion de ses cinquante ans. Car\nil demeure acquis, semble-t-il, que la plus grande injure qu'on puisse faire\nà la critique soit d'admirer quelqu'un sans sa permission. La très sobre,\ntrès exacte et très documentée biographie de Mahler, que le même Paul\nStefan 1 vient de publier, a été, pour parler net, véritablement lacérée au\nmoral par certains journalistes, et avec un tel accent de haine, qu'aucune\nexplication, antisémitisme, chauvinisme, rivalités d'école, inimitiés per-\nsonnelles, vengeances n'est suffisante, hors peut-être celle-ci : on a deviné\nsous le musicien la présence du prophète et qu'il s'agit non plus, avec\ncette musique, de délecter agréablement les sens raffinés et l'esprit\ningénieux d'une centaine de précieux dilletanti, mais d'ameuter les fouies,\nde les rassembler autour de ces mêmes vérités vieilles comme le monde,\ndesquelles le monde contemporain croyait s'être définitivement affranchi\net qui se démontrent une fois de plus immortelles. Les raisons du caractère\ntrès spécial des haines que suscite Mahler, aussi bien en Allemagne qu'en\nFrance, sont que sa musique met aux prises les salons et la place publique,\nl'irréligion oligarchique et l'idéalisme populaire; qu'elle chante : \"\nnia donné une petite lumière que le maître éprouve le besoin de construire\nl'un des plus gigantesques premiers mouvements de - symphonie qui\nexistent, sur les paroles du Vent creator et que, de toutes les puis-\nsances de son orchestre, il lance au ciel ce que\nl'irréligion contemporaine espérait bien ne plus entendre que de la bouche\ndes \" pauvres d'esprit \", et dont elle escomptait ne plus rendre responsable\nque l'imbécile \" foi du charbonnier Or Mahler est l'un des plus\nérudits et des plus profonds penseurs de notre temps !\n\n1 Dr. Paul Stefan : Gustav Mahler, eine studie über PersOnlichkeit und Werk Munich R. Piper. Et chez\nle même éditeur : Gust&v Mahler : ein Bild seiner PersOnlichkeit in Widmungen."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.60", "texte": "GUSTAVE MAHLER\n\n573\n\nEt c'est là le fond de la question. Voici une musique qui rejette\ncarrément les suffrages des cénacles et en appelle directement au peuple,\nà tous les peuples de la terre entière ; voici une musique qui ne s'inquiète\npas une minute des modes du jour et revient à la pleine mélodie spon-\ntanée, sans s'inquiéter d'être taxée de vulgaire ou de triviale. Des thèmes\nparaissent ramassés sur la rue. Ils sont la voix même de la rue, élevée à\nproclamer Dieu lui-même. Les détracteurs parlent à la fois de Tristan,\ndu Faust de Schumann, et de Johann Strauss, de Perosi, de Mascagni et\nde Puccini. Les thèmes sont \" volés partout \", disent-ils, et ne servent qu'à\ndes \" grossissements photographiques. \" Ce volé partout n'est pas exact :\ncar il est à remarquer d'abord que les emprunts sont approuvés tantôt,\ntantôt taxés de citations, quand ils ont lieu dans certaine école, et que\npersonne ne trouve à redire à Wagner d'avoir dévalisé tous ses grands\nprédécesseurs, ni de ce que tous les grands maîtres d'autrefois se soient\nservi dans la rue et les champs, dans les poches du populaire, comme du\nreste font tous les rois de la terre. Et ensuite des thèmes de l'allure du\nVent Creator, qui est àla base de toute l'œuvre monumentale, peuvent\navoir n'importe quelle provenance, ils prennent immédiatement une\nphysionomie telle, qu'un Richard Strauss a pu dire à Prague, \" une seule\nmesure de Mahler, cueillie n'importe où, est telle que Mahler seule pou-\nvait ainsi l'écrire et seul de tous les musiciens modernes il se reconnaît\nimmédiatement à cette seule mesure. \" Quant à ce qui se construit\nà l'aide de ces thèmes, tenus par d'aucuns pour quelconques et qui\nne le sont en réalité nullement, l'importance et la magnificence en est\ntelle qu'on peut voir aussi bien un Max Reger ou un Richard Strauss\nqu'un Père Hartmann suivre la partition, au concert, de la première à la\ndernière mesure, sans une minute en relever les yeux, puis, les premiers,\nReger et Strauss, donner le signal des applaudissements. Et cela nous\nchange un peu de ces roitelets d'aujourd'hui, dont la jalousie vindicative\ns'attaque même à Wagner, même à Franck, même à Beethoven, à tout\nce qui n'est pas eux-mêmes enfin.\nJe ne veux du reste pas aborder en ce moment cette absurde question\nde la provenance des thèmes, et de la classification des thèmes vulgaires\nou distingués. Tous sont également bons ou mauvais selon ce qu'on en\nfait, et au bout de cinquante ans ils sont tous égaux devant la postérité,\nqui ne sait plus quels ont été distingués et quels vulgaires, en sot. Le\n\" goût du jour \" passé, il ne leur reste plus que la beauté, la noblesse ou"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.61", "texte": "574\nS. I. M.\n\nl'indignité de ce que l'auteur en a fait. Et en ce qui concerne Mahler,\nnous dormons aussi tranquilles qu'en ce qui concerne Bruckner et\nBeethoven. Nous demandons aux thèmes de créer de la vie et rien autre.\nLa vie la plus intense, la plus passionnée est ici, qui nous console des\npensums scholastiques et des architectures ennuyeuses, voire même des\narchitectures de nuages, engendrées par tant de thèmes très distingués,\ncycliques ou non, vertébrés ou invertébrés.\nLa VIIIme symphonie de Mahler, cyclique àsa manière, puisque tout\ny est engendré par le premier thème du Veni Creator, est une immense\ncomposition décorative, exécutée par une roule et proposée aux foules,\ndans un but d'édification à la fois sacrée et profane, mais tendant à subli-\nmer le profane par le sacré. Elle entend rappeler au culte de l'Esprit\nCréateur le monde moderne et lui proposer de fondre en une seule adora-\ntion l'Eros antique et le Saint Esprit catholique, au cours d'une grande\nfête pompeuse où toutes les puissances de la suggestion musicale entrent en\njeu. L'humanité entière étant Faust, elle recourt ensuite au finale\nae Gœthe pour se rendre claire à elle-même sa pensée, pour dégager\nd'elle-même les paroles trancendantes dont elle est grosse. Viens à nous,\nEsprit Créateur, et fais nous comprendre que, par delà toutes les expé-\nriences, toutes les défaillances de la vie, ceci seul persiste, indemne et\ngrand, source de tout, supérieur à tout l'Amour, et que, sur les ailes de\nl'Amour, nous entrons dans l'éternité. Gloire au Père, au Fils et au Saint\nEsprit, dont le nom est Amour, auprès de qui nous atteindrons par\nl'Amour et qui, par l'Amour, nous entraînent à eux.\nLes mots A'Eternel féminin sont tenus ici dans une acception toute\nphilosophique et kabbalistique, qui exclue toute idée de sexe. Mahler a\npris la formule de Gœthe, il eut tout aussi bien pu recourir à la Schek-\nhina du Zohar. Le texte n'est ici que le revêtement révélateur (au sens\nprimitif re-voiler) de la pensée créatrice, et, si je puis m'exprimer ainsi la\npeau, 1 epiaerme du corps musical, de la masse symphonique, la signifi-\ncation extérieure de la cohue chorale. Comme on le voit, nous sommes\nloin ae 1 infime discussion de la provenance et de la qualité de thèmes. Ils\nn ont pas pius Q importance ici que les mots élus pour créer un sens, pour\ndéfinir une vérité. La pensée tout au long de la symphonie les purifie sans\ncesse et leur crée une splendeur, une éloquence persuasive, que les thèmes\nles plus savants, les plus épurés par la plus sévère critique de soi-disant\n\" bon gout n obtiendront jamais. Une telle symphonie est aussi éloignée"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.62", "texte": "GUSTAVE MAHLER\n575\n\nde la notion courante de l'œuvre d'art qu'un bloc de Rodin, qu'une\ntranche de la Comédie humaine, qu'un livre de Rabelais, que le Faust ou la\nDivine Comédie.\nSa première étrangeté et sa grande nouveauté est d'être non pas une\nsymphonie avec chœurs comme l'avaient comprise Beethoven, Liszt\n(Faust, Dante)et même le Mailler des symphonies II et 111, mais une\nsymphonie chorale où les voix agissent en fonction d'instruments. Rien\nd'un oratorio, rien d'une messe, encore que depuis Bach et Haendel\njamais chœurs n'aient été traités avec cette maîtrise, cette possession de\ntoutes les ressources des voix humaines, qui laisse bien loin en arrière ce que\nmême le Beethoven de la Missa solemnis, le Bruckner du Te Deum, le\nLiszt de Ghristus,de Ste Elisabeth et de la le Brahms du\nRequiem et du Chant du destin avaient essayé. Toutes ces grandes et belles\nchoses sont œuvres où des génies modernes s'épuisent à reprendre l'ancienne\ntradition chorale et à en tirer des effets neufs. Mahler au contraire arrive,\ncandide et omnipotent, qui s'empare des voix avec le même sans gêne\ndominateur que de l'orchestre, et par ces mille bouches exprime le débor-\ndement de son cœur. Les gens du métier, les plus impropres à accepter\nl'entrain et la verve spontanée de la musique de Mahler, sont les premiers\nà avoir rendu hommage à la belle franchise, à la frappe vigoureuse et\nmartiale de ces chœurs, à l'allégresse heureuse et jeune de ces trois cents\nvoix d'enfants et de ces merveilleuses voix de femmes, parfois criant à tue\ntête dans la masse fougueuse et bouillonnante de ce Veni au-delà\nduquel on ne sait plus ce qu'il serait encore possible d'inventer d'inattendu\net de frappant. Et cependant Mahler tient encore la gageure d'apporter\nautre chose et sinon mieux, comme le disent les uns, aussi bien, comme\ndisent les autres.\nCette formidable symphonie, dont la durée est de une heure quarante\nminutes avec une seule et très courte pause, est divisée en deux parties.\nLa première, le Vem Creator, est un premier mouvement de symphonie\ndans toutes les règles, mais chanté en même temps que joué ; la seconde\nconfond et entremêle les diverses autres parties (scherzo, adagio, finaleJ en\nune agglomération d'un seul bloc, qui s'exprime par le texte de Gœthe et,\nà certaines minutes, nous donne excellemment idée de ce que pourrait\nMahler s'il lui plaisait un jour de s'attaquer à un drame musical. L'im-\npression du Vteni Creator a été écrasante et n'a pas permis une minute de\nsouiller. Ici l'orchestre reprend ses droits et se succèdent les épisodes les"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.63", "texte": "576\nS. I. M.\n\nplus variés, atmosphères et clartés mystique, paradis de peintre primitif\nou paysage des Chimères de Gustave IVtoreau, exhaltation des anachorètes,\net des pénitentes, invocation à la Mater et son apparition, et lon\nne doit pas être surpris de reconnaître de ci de là, transposé en clarté\npurificatrice, l'accent même du péché primitif, ainsi que dans nos corps\nglorifiés du dernier jour se retrouvera quelque apparence de notre coips\ncharnel. Ici encore on a parlé, comme à chaque symphonie de Mahler,\nde profanation et de sacrilège. A en croire certains c'est même l'intangible\ntexte de Goethe qui aurait été profané. J'ai l'impression au contraire que\nce grand païen de Goethe, qui pouvait bien concevoir l'hymne à 1\nféminin, mais non pas XEternel jémimncomme Dante a conçu sa Béatrice\net Mahler le sien, c'est-à-dire chemin et guide sur les voies du Gloria\nPatri, se complairait à certaines pages du Faust du maître autrichien\nmieux qu'à celles de tout autre prédécesseur, de Spohr a Gounod, de\nBerlioz à Wagner et à Schumann. Il en est là, que l'on voudrait baiser\nau passage et telles que toutes les beautés des symphonies précédentes\nsont certainement atteintes, encore que je ne cache pas que, s'il s'agit de\nl'œuvre prise dans son ensemble, je n'hésite pas, vu la singularité et\nl'appareil anormal de celle-ci, de lui préférer, du moins après les sept ou\nhuit auditions totales que constituent tant de répétitions partielles, les\ndeux répétitions générales et les deux auditions, cette rayonnante VIImt\nsymphonie des beaux jours de Prague 1908. Mais qu'est-ce que huit\nauditions pour prendre connaissance d'une œuvre aussi à part dans la\nproduction de notre temps ? Il est facile de prétendre qu'elle ne présente\naucun problème, lorsque l'on n'a pas même aperçu ces problèmes ! Qui\nvoudrait seulement étudier par le menu la façon dont texte et musique\nse comportent en leurs rapports réciproques, les retours de thèmes et les\nrappels d'une partie en l'autre, enfin et surtout le miracle d'être demeuré\nconstamment dans l'unité symphonique sans entorse à l'expression drama-\ntique, pourrait trouver là une intarissable matière aux plus édifiants com-\nmentaires et développements d'esthétique musicale.\nIntercalée comme exprès, entre une audition de la et\nune de Deborah (Haendel) par les chœurs venus de Vienne, sous la direction\nde M. Schalk, et de Leipzig, sous la direction de M. Gœhler, justement\npour l'œuvre géante, cette VIIIe symphonie est apparue très à son aise, et\ncomme dans son milieu naturel, parce que de tous points l'expression en\nquelque sorte mondiale de l'état de notre vie, de notre culture et de notre"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.64", "texte": "GUSTAVE MAHLER\n577\n\nidéal. Œuvre démocratique et universelle par excellence, elle s'adresse non\nà celui-ci ou à celui-là, mais à tous. Son intention n'est pas de capter les\nsuffrages des délicats, de chatouiller des sens ou des esprits blasés, mais de\nremuer des populations modernes entières et de leur donner cette minute\nd'exaltation et de réconfort que les foules du moyen âge tiraient des\npompes du culte ou de l'Empire. En examiner à la loupe la texture serait\naussi fou que d'appliquer un télescope sur les floraisons délicates de la\nmusique française de l'heure actuelle. Une cantate, décorative à la manière\nd'une fresque, n'est pas un instantané d'émotion rare, à la manière d'une\npochade impressionniste, et il est absurde d'appliquer à Saint Pierre de\nRome le même critère qu'à une maison slovaque sous chaume, encore\nque certaines lois constructives s'y retrouvent immuables. Le Festival\nfrançais qui, à trois jours d'intervalle, suivit est arrivé, lui aussi, comme\nexprès pour nous bien faire toucher du doigt les complications et les incon-\nséquences de la vie. C'est votre république, pas mal démagogique, qui pro-\nduit les œuvres subtiles et exquises, d'un irrésistible attrait sur les aristo-\ncraties d'intellectuels blasés, et ce sont en nos solides monarchies disciplinées\nque s'élèvent les grandes voix amples comme les flots de la mer, des fêtes\nde la Fraternité dans la Joie et l'Amour. Evidemment il y a là deux arts\nabsolument incompatibles et pourtant qui ne s'excluent pas, justement du\nfait d'être si différents. Les trois nocturnes de la VIF symphonie de\nMahler contiennent certainement l'analogue de ce qui, une minute nous\nséduit dans les Fêtes de Debussy ou la Rhapsodie espagnole de Ravel.\nEt ce qui intéressait le plus les musiciens français, présents à Munich lors\ndes journées Mahler, était les pages de fraîcheur naïvement populaire, ou\ncertaines bizarreries orchestrales de la scène de Faust. Mais à côté des\nminutes exquises, l'œuvre du maître contient autre chose, et du moins en\nce qui nous concerne, nous les amis de Mahler, c'est celà seul qui importe\net celà seul par quoi il durera, celà seul qui le met au rang des Hsendel,\ndes Haydn, des Beethoven et des Bruckner. Et je sais, je sais pertinem-\nment qu'en France même beaucoup commençent à s'en apercevoir.\nIl est impossible de ne pas parler d'une exécution merveilleuse, une\nde ces exécutions dont Mahler seul a le secret, pour laquelle s'étaient\ndérangés deux cent cinquante chanteurs de Vienne, deux cent cinquante\nchanteurs de Leipzig, et à Munich les trois cent cinquante enfants des\nécoles de chant et les cent cinquante musiciens de l'orchestre du Konzert-\nverein renforcé. Cet orchestre fut ainsi distribué : 24 premiers et 20 se-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.65", "texte": "578\nS. I. M.\n\nconds violons, 16 violes, 14 violoncelles, 1 o contrebasses, 5 harpes et\n2 mandolines, 2 petites flûtes, 4 grandes, 4 hautbois et cors anglais, 2 cla-\nrinettes en mi-bémol, 3 autres, 1 clarinette basse, 4 bassons et contre-\nbassons, 8 cors, 4 trompettes, 4 trombones, la basse tuba, les timbales, la\ngrosse caisse, les cymbales, le tamtan, le triangle, les grosses cloches, le\nglockenspiel, le celesta, le piano, l'harmonium et l'orgue, sans compter\n4 trompettes et trois trombones, isolés au milieu des masses chorales.\nEnfin huit solistes de premier ordre devraient être, du moins six sur huit,\ncélébrés sans aucune hésitation sur le choix de termes, car les plus forts\nsont les plus mérités. MM. Félix Senius, de Berlin, (Ténor et\nMari anus), Nicolas Geisse- Winkel de Wiesbaden (Bariton et\nticus), Richard Mayr, de Vienne (Basse et , Mmes Ottilie\nMetzger, de Hambourg, (premier alto et samaritana), Anna Erler\nSchnaudt, de Munich (second alto et Emma Bellwidt,\nde Francfort sur Mein [Mater Gloriosa)^Marthe Winternitz-Dorda, de\nVienne, (second soprano et magnapeccatrix), enfin Gertrude Foerstel de\nVienne (premier soprano et unapœnitentium), ont tous et toutes bien mérité\ndu maître, qui souvent exigeait l'impossible, et de notre reconnaissance.\nMais si je nomme en dernier Mme Gertrude Foerstel, c'est pour la mettre\nhors pair. Vraiment je crois n'avoir jamais rien entendu de pareil à la\npureté, à l'élan, à la passion, à la force de ce magnifique soprano, donnant à\nchaque fois l'impression de planer dans le ciel bleu, haut, haut et lent\ncomme un grand aigle, bien loin au-dessus de toutes les agitations humaines.\nAprès la si fraîche rentrée des voix enfantines sur le gloria patri, qui suit\nle petit interlude en fugato, où passe comme un souffle de Bach, soudain\nlancés dans le vide, au-dessus des passions de l'orchestre frénétisé, les deux\nsoprani un instant semblent tomber d'un autre monde et les courbes de\nleur élan sonnent orientales comme une voix de muezzin. C'est l'une\ndes minutes extraordinaires de cette partition radieuse. Partout ailleurs du\nreste, ce fut comme un oiseau dans l'air, comme un poisson dans l'eau,\nque cette Gertrude Foerstel chanta tout son rôle par cœur et évolua au\nmilieu des mille voix déchaînées... Pauvres chanteuses du temps de la\nIXme symphonie, qui prétendaient se déchirer le gosier pour le plaisir de\nBeethoven ! Celles-ci étaient toutes trop heureuses d'avoir été les élues.\nVenir de Francfort à Munich pour chanter les vingt mesures tout unies,\nde la Mater Gloriosa, c'est là dévouement qui paraît encore tout simple en\nAllemagne. Et que dire de la joie des enfants, des coquetteries réciproques"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.66", "texte": "4\n\nGUSTAVE MAHLER\n579\n\nde Mahler à leur égard et au sien des \" Herren Buben \" (qui étaient surtout\ndes fillettes). Qui n'a pas vu les sept cents petites mains agitant les blancs\nfeuillets au milieu des hurlements forcenés et du tapage de la foule,\nà l'heure du délire finale, ne saurait concevoir ce qu'un tel triomphe\npeut avoir de réconfortant. C'est un de ces spectacles qui réconcilient\navec la vie.\nA quand le prochain ? Un de ces jours les IX et Xe symphonies,\nqu'on achève d'imprimer, vont paraître à la fois. Puissent elles, Dieu et\nM. Emile Gutmann aidant, être le grand bonheur de notre année 1911.\n\nWilliam Ritter."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.67", "texte": "BRENET (Michel). Les Musiciens d\ndu Palais. (Publications de la Section de Paris de la S. I. M.\nPicard et fils 1910. In-40 de 380 pp. ; frs. 15»)\nFondée par Saint Louis pour recevoir et conserver dignement\nla sainte Couronne d'épine, la Chapelle du Palais a joue un rôle\nfort important dans l'histoire de la musique religieuse française.\nAprès la musique du roi celle de la Sainte Chapelle était la\npremière et la plus illustre. Les postes de chantres et organistes\nétaient dévolus aux maîtres les plus en vue ou les plus appuyés.\nC'est dire que depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIIe les archives\nde cette fondation ont gardé pour l'historien un véritable trésor.\nPeu d'entre nous s'étaient aventurés dans ces cartons de la\nSainte Chapelle soit aux Archives, soit dans les bibliothèques.\nM. Brenet vient de nous rendre toutes recherches désormais\ninutiles en publiant méthodiquement et chronologiquement tout ce\nqui a trait à la musique et aux musiciens dans ces fonds. Et, pour\najouter plus de prix à cet ouvrage, l'infatigable chercheur qu'est\nnotre collègue Brenet a versé dans ce volume, soit en notes, soit en\nappendices, toutes les fiches qu'il avait rassemblées sur les person-\nnages cités dans ces documents. Dans toute notre musicologie\n. . , • 1 .1 . r _ . • . .0\nfrançaise nous n'avons peut-être pas deux volumes aussi amplement documentes que cet 111-4\noù apparaissent près de 700 noms de praticiens français.\nSi j'avais la place de donner à ces notes bibliographiques les développements d'une\nchronique, je ne résisterais pas au plaisir de donner une image sommaire de cette vie musicale\nde la Sainte Chapelle, avec ses rivalités de fonctionnaires, ses chicanes de maîtres, et l'évolution\nde l'art au milieu de cette illustre compagnie. A noter la disparation d'un registre des archives\nqui correspond, au XVIIe siècle, à une curieuse dispute autour d'un Lutrin. Brenet insinue fort\njustement que Boileau dut emprunter ce document des mains de son oncle, le chanoine\nDongois, et omettre de le restituer. A remarquer encore la difficulté de faire participer les\nchapelains à l'exécution de la musique lorsque celle-ci eut pris hors de la liturgie l'importance\net le caractère d'un art véritable. C'est une querelle que nous retrouvons dans toutes les\ninstitutions de ce genre, dont la fondation remonte au moyen âge.\nNous attendions tous avec impatience le livre de Brenet, et plus d'un parmi nous pourra\ndésormais poursuivre des études que le manque de documents arrêtait, C'est un gros morceau\nde l'histoire biographique qui devient accessible. Il ne sera plus possible de parler au XVIIe\nsiècle français en érudit sans s'être référé à ce dépouillement laborieux et qui honore si grande-\nment la musicologie du XXe siècle. J. E."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.68", "texte": "LES LIVRES\n\n581\n\nHAMMERICH (Angul). Muséum. Katalog (Copenhague 1909 in-8°\nde 150 pp.)\nQuand on songe au déplorable état de notre Musée du Conservatoire et au peu d'éclat\nqu'on a donné à cette collection nationale, il est toujours pénible de voir l'étranger créer et\ndévelopper ses musées d'instruments anciens. M. Hammerich est arrivé à doter le Danemark\nd'un fond de 700 spécimens fort intéressants, très bien choisis, et dont il nous présente un\nCatalogue richement illustré par les procédés de reproduction moderne. Gémissons sur notre\nConservatoire et félicitons M. Hammerich.\nROLLAND (Romain).— Hœndel.(Collection des Maîtres de lamusique. Alcan 1910\nin-12°, frs. 3,50).\nNos lecteurs ont suivi les belles et profondes études de notre éminent collègue sur Harndel\net ses plagiats. Elles étaient détachées, comme ce volume lui-même des cours de Sorbonne\nprofessés sur ce sujet écrasant par M. Romain Rolland. Ce livre n'a pas la prétention d'épuiser\nune matière gigantesque, mais de réunir sous un format réduit l'essentiel et ce qu'il faut savoir\nde l'auteur du Messie, de ses œuvres, de sa vie, de son style, de ses tendances. Il faut admirer\nM. Rolland de pouvoir mettre au service de la vulgarisation une érudition, qui suppose avant\ntout la lecture attentive des cent et quelques volumes in-folios que la Hœndel-Gesellschaft a mis\nau jour, et le dépouillement minutieux de fonds du Conservatoire.\nLa thèse qui semble se préciser dans ces pages c'est que Haendel ne doit pas être considéré\ncomme le représentant de la musique emphatique et pompeuse, mais comme une âme drama-\ntique et essentiellement active. Au lieu du Cent Kilos de la musique, nous aurions en Hîendel\nun génie descriptif, évocateur, un homme de théâtre, épris de contraste, d'émotions vives et de\npittoresque. Je le veux bien, mais j'avoue qu'en rassemblant mes souvenirs je ne me sens pas\npersuadé. Cela tient sans doute àce que nous ne connaissons ici qu'une part de l'œuvre de\nHaendel, et sous un jour froid qui tombe d'une exécution mauvaise.\nOù je me sépare de mon collègue, c'est à la page 160, sur la question de l'ornementation.\nDire :on ne doit conserver des génies que ce qutls c'est parfait. Mais pour-\nquoi vouer à la mort ces malheureux ornements. Je reviendrai un jour sur ce problème, qui ne\nse laisse pas résoudre en une page.\nRHODES (EMILE). Les Trompettes d (Paris, Picard et fils, 1909. In-8° de\n70 pages.)\nJe suis d'autant plus heureux de l'apparition de cette brochure que j'avais moi-même\npublié autrefois1 les documents ayant trait aux trompettes de la Grande Ecurie du Roi au\nXVII- siècle, contenus dans les cartons des séries O et Z des Archives. M. Rhodes,\nqui est un descendant d'une dynastie de trompettes de la cour, s'est beaucoup plus étendu sur\nce sujet que je ne l'avais fait moi-même. Plusieurs manuscrits de la Bibliothèque Nationale et\ndes pièces d'archives d'Auvergne lui ont fourni une abondante contribution. A signaler pour\nl'histoire de la musique une lettre du Duc de Chaulnes, tirée des Archives du Ministère de la\nGuerre, et qui se termine ainsi : \"Il manque deux trompettes, et comme il n'y en a guère de\nbons en France, je crois devoir en prendre d'étrangers sous le bon plaisir de Votre Majesté. Il\ns'en présente deux, l'un Napolitain, l'autre Suisse. Ils sont bons, mais comme ils sont jeunes,\n\n1 La musique de la Grande Ecurie du Roi. (Bulletin mensuel de la Société Internationale de musique...\nBreitkopt et Hârtel.)"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.69", "texte": "582\nS. I. M.\n\n11 y a apparence qu'ils deviendront excellents. Je demande à votre Majesté la permission de les\nprendre. Si Elle l'accorde, je les essayerai à la tête de la brigade avant de les mettre en\ncharge. \"\nIl faut cependant constater que dans la grande écurie de la maison militaire du Roi aux\n170 et 180 Siècles, presque toutes les charges sont tenues par des familles qui habitaient et\nhabitent encore la haute Auvergne, aux environs de Riom. M. Rhodes n'aurait-il apporté que\ncette démonstration, que son ouvrage serait déjà précieux.\nQuatre pages de musique tirées du Manuscrit Philidor bien connu de la Bibliothèque de\nVersailles complètent cette monographie. Je signale à M. Rhodes un manuscrit qui paraît\ncontenir un répertoire de trompettes françaises de la fin du 17e siècle. Il se trouve dans la\nbibliothèque de la Société Musicale de Varsovie.\nWEINMANN (DR KARL). Kirchenmusikalisches Jahrbuch. (23e Année, Regensburg,\n1910. In-B°.)\nCette vénérable publication nous apporte encore cette année de très intéressantes études.\nTout d'abord, la suite d'une biographie de StefFani par notre collègue Einstein, puis une con-\ntribution à l'histoire de l'organiste français Titelouze ; d'abondantes bibliographies et enfin de\npetits articles, parmi lesquels j'ai remarqué surtout celui du Dr Weinmann sur\nsacrée ancienne et moderne. Le problème que pose notre confrère en ces quelques pages, à propos\nde l'avenir de la musique d'Eglise est des plus importants. Il est bien certain en effet que nos\nmaîtres musiciens ne produisent plus rien dans le domaine sacré, rien au moins qui soit à la\nhauteur de leur production dans le domaine profane. Pourquoi ? c'est ce qu'il importerait de\nrechercher.\nTILLIE (GUSTAVE). Guide pratique d'E(Aux bureaux du Moniteur juridique.\n4 rue du Fouarre. 1910. In-120, de 134 pp. 2 fr.)\nPetit mémento qui rappellera aux auteurs ce qu'ils devraient savoir. J'aurais aimé que\nM. Tillié, qui s'intitule lui-même ancien éditeur, nous ait renseigné plus sûrement encore et\nplus en détail sur les pratiques de ses confrères. Mais, tel qu'il est ce Guide peut rendre\nd'utiles services.\nKWARTIN (BERNARD). Der Moderne (Cari Konegen, Vienne,\n1910. In-120, de 116 pp. 2 fr.)\nVoici une brochure d'un caractère tout nouveau. L'auteur a rassemblé les 10 ou\n12 questions qui se posent en général à propos de l'art du Chant et qui ont fait l'objet de\ntoute un littérature depuis ces 10 dernières années. Il s'est livré à propos de ces questions à\nune véritable enquête qui a duré plusieurs années, et pour laquelle il a interrogé plus de\n500 personnes, professeurs ou élèves. L'auteur conclut que la décadence de l'art du Chant ne\nprovient ni d'un travers du goût ou du style, ni d'une pénurie des voix, mais de l'anarchie des\nméthodes et de l'insuffisance des professeurs. La majorité des élèves perd confiance dans un\nenseignement arbitraire et aveugle, et change sans cesse de professeur et de méthode. Il en\nrésulte un désarroi complet, qui produit les pires résultats. Les voix de Ténor ont le plus à\nsouffrir de cet état de choses. La France aurait beaucoup à gagner à la connaissance de ce\npetit volume nourri de faits."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.70", "texte": "LES LIVRES\n583\n\nOLSCHKI (LÉO S.). Catalogue de manuscrits sur vèlin avec miniatures, du Xe au\nXVIe siècle. (Florence, 1910. In-40 de 100 pp. 20 fr.)\nDe tous nos grands libraires d'Europe, et de monde entier, M. Olschki est celui qui\nsacrifie le plus volontiers à la somptuosité des catalogues. Ce dernier ouvrage, avec ces tirages\nen bistre, ses reproductions en couleur, son iconographie débordante, est une contribution\nvéritable et précieuse à l'histoire du manuscrit sur vélin. Tous les amateurs, et ceux surtout\nqui ne peuvent atteindre les originaux décrits dans ces pages, les conserveront et les consulte-\nront. A noter des offices, et surtout deux splendides du XVe, ornés de très belles\nminiatures.\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (London Novelleo&C0,\n1909. In-fol de 350 pp.)\nDécidément les catalogues et les inventaires ont en ce moment toutes les sympathies des\nbibliophiles. Cet ouvrage, qui jadis eut été un simple in 8\", sa présente à nous, grâce aux soins\nde M. Novello, comme un merveilleux et imposant in folio. Je soupçonne fort notre éminent\ncollègue M. Littleton, d'avoir contribué pour une grande part à cette somptuosité, et la\nmusicologie lui en saura gré.\nL'exposition musicale dont ce volume est l'inventaire, s'est tenue en 1904 à Londres pour\ncélébrer le troisième centenaire de la vénérable Worshipful Company of Musicians de Londres,\nfondée par charte du roi Jacques I en 1604. Exemple à proposer à nos syndicats de musiciens\nqui pourraient réclamer de la Confrairie des Mènesi leurs ancêtres n'avaient pas impru-\ndemment détruit eux-mêmes leur corporation dès le XVIIIe siècle. L'Angleterre avait la\npremière donné le modèle d'une exposition de musique, en 1872, puis en 1885 et en 1900.\nLa Loan Exhibition devait donc être en progrès sur celles qui l'avaient précédées, et en effet\nelle fut remarquable. Livres, manuscrits, portraits, souvenirs, instruments, tout s'y trouvait en\nabondance. Le catalogue de cette réunion de raretés est fait méthodiquement. Il contient\nmaintes bonnes notices. Et surtout des reproduction en héliotypie infiniment précieuses. Il\ndoit être complété par un ouvrage que nous avons analysé ici même, et où se trouvent les\nlectures faites dans cette exposition qui s'appelle : (Walter Scott Publishing C°.)\nJ'observerais cependant que le portrait de Monteverde me paraît d'une attribution bien\ncontestable. M. Hill, qui a mentionné cette toile, lorsqu'elle était encore en Italie, n'avait pas\nété si affirmatif, à ce que je crois me rappeler. A critiquer aussi la planche qui représente des\n\"Recorder.\" Le catalogue nous dit très justement que le mot recorder s'appliquait aux flûtes\nà bec, et la planche représente en outre des hautbois et des cornets !\nDans la section des mss., plusieurs volumes sont à relever : des tablatures de luth et\nde violle ; le fameux Old Hall Ms.décrit dans nos bulletins internationaux par M. Barclay\nSquire ; enfin trois livres de pièces de Virginal,deux prêtés par le Roi d'Angleterre, un par les\nmarquis d'Abergavenny.\nCHANTS FACILES A DEUX VOIX ÉGALES pour les familles et les écoles,\n3e fasicule, 1 brochure de 16 pages, o fr. 15, chez Lebègue, 30 rue de Lille, Paris. Ce\nnouveau recueil de chants notés dans le système galiniste est digne des précédents. La musique\nest claire, simple, populaire. Elle est empruntée en grande partie aux acteurs d'opéras-comi-\nques du 18e siècle et du commencement du 19' , Reichardt, Doche, Dezède, Laujon, Gaveaux,\nGilliery Hèrold, On y rencontre aussi les noms de Beethoven, de Mozart, de Schubert, de\nMendelssohn,de Rameauyde IVeber.Un seul morceau est signé du nom d'un contemporain,"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.71", "texte": "584\nS. I. M.\n\nM. Bonnet, le président de l'association galiniste. Les paroles originales sont conservées le plus\nsouvent possible, ce qui est excellent. Quand il a fallu les remplacer par d'autres, on a fait des\nemprunts à des poètes connus, ou l'on a fait appel à l'initiative d'un homme de goût et\nd'expérience. Nous souhaitons le plus vif succès à ce petit volume.\nPAUL LANDORMY.\nJ. BONNET ET G. MICHAËLIS. ; d'après Pierre Galin et ses\ndisciples, i vol. in-B°, 5 fr. chez Lebègue et ClO, 30, rue de Lille, Paris. C'est là un\nexcellent volume de théorie à l'usage des écoles et des lycées. Il est très méthodique et très\ncomplet, dans les deux systèmes de notation, galiniste et non-galiniste. Les chapitres sur\nl'expression et sur la pose de la voix sont nouveaux et intéressants au point de vue pédagogique.\nUn appendice sur le plain-chant fournit d'utiles renseignements élémentaires.\nLA MÉTHODE MODULE CHIFFRÉE. 1 vol. in-B°, 2 fr. chez J. Lebègue\net C'e, 30 rue de Lille, Paris. Remarquable plaidoyer en faveur du système galiniste\ncomme moyen d'initiation musicale dans les écoles primaires. La question vaudrait d'être\ndiscutée, un jour ou l'autre, très largement.\nHENRY WOOLLETT. Histoire de la musique depuis l'antiquité jusqu'à nos jours,\nler volume, in-16, 517 pages, 3 fr. 50, publication du \"Monde Musical,\" 3 rue du 29 juillet.\nCe premier volume nous mène des origines jusqu'à Gluck en 9 chapitres intitulés :\nd ''œil d'ensemble, le monde antique oriental et les cha\ndans la Grèce antique et moderne, origines et développemen\nV époque du contrepoint et la naissance du drame ly\nHcendel, Vépoque du Clavecin, le drame lyrique de Le livre est plein de faits et\nde bons exemples. Il est peut-être un peu trop savant pour les lecteurs auxquels il prétend\ns'adresser. Le grand public réclame sans doute des vues plus rapides et plus systématiques. Tel\nqu'il est, cet ouvrage rendra de grands services, ét nous lui souhaitons le meilleur succès.\nPAUL LANDORMY.\nE. L. BAZIN, Ingénieur des Arts et Manufactures :\nMusique, chez l'auteur, 17 rue de Versailles à Nantes, et chez les libraires. 1910. Gr. in-40\nde 94 pages, avec un portrait de l'auteur.\nComme tous ceux qui joignent une culture sérieuse à la connaissance de la musique,\nH. Bazin a été frappé de l'anarchie et de l'incohérence qui régnent dans l'écriture et même\ndans la théorie musicales. Aujourd'hui que se manifeste partout un esprit d'organisation et de\nméthode, la musique semble s'attarder en une sorte de Kabile, et se complaire au sein d'un\ninextricable Babilisme, la même note, grâce au système de la portée à 5 lignes et des clefs,\npouvant offrir jusqu'à 150 figures différentes ! La plupart des traités de solfège et d'harmonie\ndécoulent de l'empirisme le plus suranné Leur enseignement àla fois compliqué, péremp-\ntoire et candide, n'est que terminologique, purement vertical ; et s'enferme dans le plus étroit\ndes formalismes.\nDepuis J. J. Rousseau, le problème de la simplification de l'écriture musicale et de son\nétablissement sur des bases logiques est à l'ordre du jour, et il nous souvient d'en avoir lu dans\nla S. I. M. une solution ingénieuse, due à M. Haustont. Mais, jusqu'à présent, nul n'a pu"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.72", "texte": "LES LIVRES\n585\n\ntriompher de la toute-puissante routine, et on continue à perdre un temps précieux à apprendre\nà lire la musique, au lieu d'apprendre la musique elle-même.\nPourtant, les défauts de la notation actuelle apparaissent en toute évidence. En laissant\ncoexister la portée à 5 lignes munie de lignes supplémentaires et le système des clefs, cette\nnotation constitue une contradiction grossière; car si l'on multiplie les lignes de la portée, c'est\napparemment afin de réaliser une représentation immédiate de la plus \"grande partie possible\nde l'échelle sonore, et d'emplacer les octaves. Or, le changement des clefs, c'est-à-dire des\npoints initiaux, a, au contraire, pour objet de rétrécir l'étendue de la portée. Ajoutons que la\nlecture de toutes ces clefs ne s'acquiert que lentement, au prix d'un labeur rebutant, et\nconstitue la plus vaine des sciences. Et quelle inutile complication pour les instruments\ntranspositeurs.\nSans doute, ces anomalies peuvent se justifier d'un point de vue historique. Mais, là n'est\npas la question, d'autant plus que tous ces faits d'empirisme accumulés dans la notation ont\nété des perfectionnements successifs, et que, par conséquent, rien ne nous empêche d'ajouter,\nà notre tour, a la chaîne du passé un maillon plus solide et mieux conditionné.\nLe système d'écriture de M. Bazin est dit 0 parce que chaque octave s'écrit tou-\njours de la même manière au moyen de 7 notes de forme invariable et d'une portée réduite à\n3 lignes. Les clefs sont supprimées, les notes ne changent jamais de nom, et les octaves se loca-\nlisent dans l'échelle au moyen de chiffres romains placés en tête de la portée. Evidemment, ces\nchiffres constituent des espèces de clefs puisqu'ils indiquent l'exhaussement ou l'abaissement du\nplan de 1 intonation, mais, au moins, présentent-ils l'énorme avantage de conserver aux notes\nleurs noms, de numéroter les octaves de façon précise et de supprimer toute ambiguité de la\nhauteur des sons.\nM. Bazin réglé avec la même logique la question des indices métriques qui, dans la notation\nclassique, est résolue de la façon la plus irrationnelle. Et, en effet, si, en rythme binaire,\nla noire est 1 unité du temps, en rythme tertiaire, elle est remplacée par la noire pointée, choix\nvraiment singulier pour une unité. Dans l'écriture octavinale on rejette cette unité fraction-\nnaire, et on adopte la noire comme unité de temps, en rythme ternaire. La division du temps\ns établit alors au moyen d'une figure nouvelle, la une noire, valant trois crochettes, et\ntoutes les mesures de rythme binaire ou ternaire, s'écrivent de la même façon, au moyen de la\nfractlon ; ou crochittes• Les t, £, V2 deviennent ainsi des f, f, et l'incompréhensi-\nble terminologie qui fait de ces mesures des mesures disparaît.\nAbordant le théorie même de la musique, M. Bazin traite de la formation des tonalités\nqu'il classe en positives majeures et en négatives mineures et dont un système ingénieux\nd'armures permet de reconnaître immédiatement la modalité.\nCe livre vient à son heure, car, comme toujours, l'art contemporain est en avance sur la\nnotation, qui, de plus en plus, se montre impuissante à le traduire. Quand l'esprit change, il\nfaut que le matériel se transforme, aussi, ne saurions-nous trop recommander aux professeurs\nde musique une étude attentive de la réforme octavinale présentée par M. Bazin avec un\nremarquable esprit de logique. Peut-être pourrait-on reprocher à son ouvrage un certain excès\nde concision qui en rend la lecture assez malaisée ; mais, il convient de rendre justice à l'effort\net a la rigueur de méthode dont il témoigne. Seulement, comme toutes les tentatives\nantérieures, la méthode octavinale se heurtera à une assez sérieuse difficulté d'application, en\nraison de l'énorme quantité de musique déjà gravée dans le système de la portée à 5 lignes, et\npour laquelle il faudrait procéder à une complète réforme typographique.\nLIONEL DE LA LAURENCIE."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.73", "texte": "586\nS. I. M.\n\nLUCIEN HARVET, le subtil mélodiste, le beau poëte du piano nous offre un lied :\nJe t'aime,poésie d'Andersen traduite par Wilder, (édition Breitkopff). Chant de passion\ndésespérée, aux accents sauvages et doux à la fois, avec le geste des deux mains ferventes\nvers Elle offrant le cœur qui saigne ; sur la plainte lente et mouvante, en accom-\npagnement, des vagues désolées. Art personnel, spontané, simple, jailli du fond de l'être, et qui\némeut sans détours.\n\nLIVRES REÇUS.\nGLASENAPP. Das Leben Richard (Breitkopf, 1905-1910, 6 vol.\nin-B°. Mk 47, 50.) .\nGROVE. Dictionary of Music. Vol. 5, Tà Z. (Macmillan &C° 1910 in-8° de\n672 pp. 21 /.)\nBURKERT (OTTO). Fuehrer durch die Or gel Litteratury von Kothe-Forch-\nhammer, neubearbeitet von... (Lpz. Leuckart 1 in~i2 de PP» Mk 3*)\nKNOSP. (GASTON). Notes sur la musique Indo-chinoise. (Extrait de la Revista\nmusicale.)\nJOHN (ERNEST H. H.) Volkslieder (Annaberg.\nGrassers Verlag. in-8° de 240 pp. Mk 4, 80.)\nGASTOUÉ (A.). Récitatifs ou Chants simples pour les Graduels, Traits et Àlleluyas.\n(Bureaux de la Schola in-40 de 44 pp.)\n_ BAZIN (S. L.). Ecriture et Théorie octavinale (Nantes in-40\nde pp.)\nVIRGILI (VIRGILIO). Bernardo Pasquini(Pescia. E. Nucei 1908 in-12° de 80 pp.)\nWUSTMANN (RUDOLF). Musikgeschichte Leipzigs in drei Baenden. Band I.\n(Lpz. Teubner, 1909, in-40 de 5°5 PP- M 6.)\nTILÉ (GUSTAVE). Guide pratique d'édition.(Paris, 4 rue du Fouarre, 1910 in-120\nde 130 pp. Fcs 2.)\nRHODES (EMILE). Les Trompettes du Roi.(P. A. Picard et fils. 1909 in-40\nde 70 pp.)\nWEINMANN (D1 K.). Kirchemusikalisches (Regensburg\n1910, in-8° de 190 pp.)\nCATALOGUE OF THE MUSIC LOAN EXHIBITION. (Novelleo & C° 1909\nin fol de 350 pp. London.)\nROLLAND (ROMAIN). Haendel.(Collection des maîtres de la musique ; Alcan.\n1910, in- 12° de 350 pp.)\nHAEGER (G.) et WÛST (W.). Volkslieder aus der Rheinpfalz. (Kaiserlautern,\nH. Kayser, 1909, 2 vol. in-8° de 300 pp.).\nKLOSS (E.). Richard Wagner, ilb (Breitkopf 1910, in-16°\nde 86 pp. ;Mk 1.50)* , 0\nF ARAL (E.). Les Jongleurs en Fra (H. Champion 1910, in-8°\nde 340 pp. ; 7.50).\nGRAVES (L. L.). Musical monstruositie(London, Sir Pitman 1909, in-12 de\n23° pp. ; I-50)-\nWINDAKIEWICZOWA (HELENA). (Kra-\nkowie 1907, in-8° de 50 pp.)"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.74", "texte": "L'ACTUALITÉ\nMUSICALE\nANNEXE DE LA REVUE MUSICALE S.I.M.\nPUBLIÉE PAR LA SECTION DE PARIS DE LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n15 OCTOBRE 1910\nFRANCE ET BELGIQUE\nLe numéro: 0.40 - Un an: 4.00\nI\nUNION POSTALE\nLe numéro: 0.60 - Un an: 6.00"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.75", "texte": "L'JCTUALITÉ MUSICALE\nRÉDACTION :\nPARIS: 22, RUE ST. AUGUSTIN\nBELGIQUE: RENÉ LYR A BOITSFORT, BRUXELLES\ny\ni * •\nADMINISTRATION :\n>\nLIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufïlot, PARIS.\n*\nTous les mandats doivent être adressés soit à la librairie DELAGRjIVE,\nsoit à M. R I\n\nSOMMAIRE DE L'ACTUALITÉ\nDU 15 OCTOBRE\nTHEATRES El CONCERTS : Province. Belgique. Étranger. UN\nVIEIL ARTISTE. L'ENSEIGNEMENT MUSICAL A L'ÉCOLE PRIMAIRE,\npar O. LUTH. QUESTIONS SOCIALES : Comptez d'abord sur vous-même par\nM. DAUBRESSE. A TRAVERS LES REVUES, par M. D. CALVOCORESSI. -\nL'ÉDITION MUSICALE par V.P."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.76", "texte": "PIERRE AUBRY\nCharles Malherbe.\nLa mort vient de frapper douloureusement la musicologie\nfrançaise, et notre Section Parisienne de la Société Internatio-\nnale de Musique. Pierre Aubry a été victime d'un accident\nlamentable. Au cours d'un assaut d'armes, l'épée de son\nadversaire se trouvant en mauvais état, et maniée avec une\ngrande violence, a pénétré jusqu'au poumon de notre malheu-\nreux Ami. Une hémorragie se déclara, et quelques heures après,\nPierre Aubry était mort.\nTous ceux qui s'intéressent aux sciences musicales avaient\npu apprécier notre Collègue, qui, frappé à 36 ans, laisse derrière\nlui une œuvre déjà considérable et un nom glorieux. Nous\nréunissons en ce moment les éléments d'une nécrologie digne de\nPierre Aubry, et que nous publierons dans notre prochain\nN uméro.\nLors des funérailles, notre Collègue Romain Rolland\nretenu en Italie, avait en quelques mots qui ont été prononcés\npar M. Emile Dacier, Bibliothécaire de la Bibliothèque Natio-\nnale, rendu hommage au nom de notre Société à l'Ami que\nnous regrettons tous.\nLe Président de la Section de Paris,"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.77", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nl\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\n. f\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—••••1 4 • • • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\n1 4\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS !\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.78", "texte": "Théatres et Concerts\n\nHeliogabale\nLe genre de spectacle donné à Béziers a un\ncaractère très particulier auquel on aurait tort\nde n'attacher aucune importance. Il a la pompe\ndu grand opéra, la coupe de l'opéra-comique\net la forme du mélodrame. C'est presque le\ndrame antique. Aussi les sujets tirés de l'His-\ntoire Ancienne conviennent-ils bien au cadre\ndes arènes, mais ils ne sauraient se passer de\nmusique. Celle-ci doit avoir une ligne bien\naccusée, ne pas se perdre dans des raffinements\ninutiles et se borner à être décorative en lais-\nsant de côté la psychologie des personnages.\nC'est ce qu'a compris M. de Séverac, comme\ndéjà avant lui M. Saint-Saëns, dont la Dejanire\npassait jusqu'ici sans conteste pour le modèle\ndu genre.\nAlors que le poète Heliogabale s'attardait\ndans un symbolisme désuet, le musicien a\nécrit au contraire une partition d'allure très\nfranche. Il a vu surtout dans l'Empereur\ndégénéré le Prêtre du Soleil, le syrien fantasque\net voluptueux qui fit venir à Rome, sur un\nchemin semé de poussière d'or, la pierre noire\nd'Emese, et il a donné à la plus grande partie\nde son œuvre une teinte orientale peut-être\nun peu trop marquée : le thème qui caracté-\nrise la mollesse d'Heliogabale, celui qui accom-\npagne ses prêtres et ses éphèbes sont construits\nsur des formules empruntées aux gammes\norientales, gamme sans quarte et sans note\nsensible, ou mode mineur avec fausse relation\nde triton. Il en résulte plus de monotonie\nencore que de couleur. M. de Séverac va\njusqu'à utiliser des modes hindous, auxquels\nsuccèdent des modes grecs antiques. En plein\nair c'est de l'érudition perdue et tous ces\nmodes nous sont devenus tellement familiers\nqu'ils n'ont plus aucun caractère.\nL'acte le plus réussi est le premier ; je puis\nmême dire que c'est un chef-d'œuvre, ainsi\nque le prologue qui le précède, où le poète\nrésume le drame : Rome s'endormant dans la\nvolupté, pendant que les chrétiens prêchent\nla chasteté et le renoncement, et se révoltant\npour se débarrasser tragiquement d'Helioga-\nbale. Le musicien en profite pour exposer ses\nprincipaux thèmes, celui de Rome, simple et\nfrappant, clamé par les trompettes, celui\nd'Heliogabale et de sa suite, et enfin celui des\nchrétiens, assez solennel. Ces thèmes, sauf le\ndernier, forment le fond du premier acte où le\ncruel Empereur fait mourir ses convives sous"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.79", "texte": "87\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nun déluge de roses et condamne deux chré-\ntiennes à un supplice atroce, ce qui lui vaut\nla haine du père des deux martyres (et au\ndernier acte il tombera sous les coups de ce\npère outragé). Il confie ses craintes et ses\nremords à sa mère vigilante et faible, et pour\nchasser ses hallucinations fait danser devant\nlui des esclaves exotiques, ce qui donne lieu à\nun joli numéro d'orchestre et de chant, la\nDanse lascive.\nDans le second acte, consacré exclusive-\nment aux chrétiens, M. de Séverac a écrit des\nchœurs fugués, assez courts (et il n'y a pas de\nfugue proprement dite), procédé un peu facile\npour un musicien tel que lui, et s'est égale-\nment servi de VAlléluia grégorien si expressif\nque chantent si bien les chanteurs de Saint-\nGervais. Il en a fait un motif principal formant\nfond de tableau. Au lieu de lui conserver son\ncaractère monodique, il lui a adjoint un ac-\ncompagnement simple et fort joli qui le rend\ntrop séduisant pour un chant de chrétiens\nprimitifs et austères. Je dois dire néanmoins\nqu'il est ainsi fort agréable à entendre et qu'il\na beaucoup plu. De même le Pater noster à\nquatre parties n'a pas l'onction et l'humilité\nqui conviennent à cette prière, et dans tout\ncet acte on sent que le musicien a cherché\nsurtout à faire joli. Il y a pleinement réussi.\nLe troisième acte comprend un long ballet,\ntraité simplement à la manière de ceux de\nGluck, et toujours dans le style oriental, une\ndanse du Soleil, très originale, et une masca-\nrade pétillante d'esprit.\nLe style de M. de Séverac dans Heliogabale\ndiffère sensiblement de celui que nous lui con-\nnaissions. On conçoit que cela était nécessaire,\net il est curieux de remarquer combien le\nplein-air fond les dissonances, atténue les\ncrudités : les suites de quintes et de quartes\nqui accompagnent par exemple le motif de\nl'empereur efféminé sont très douces ; les\nfrottements de secondes mineures, chers au\ncompositeur d^En Languedoc, produisent à peine\nun petit frisson, et en revanche les pédales\nprofondes, très nombreuses et souvent d'un\neffet très réussi, sont très frappantes, comme\naussi les trouvailles rythmiques, très heureuses,\ntelle, pour n'en citer qu'une, que l'alternance\nde la mesure à 4/4 avec la mesure à 2j2 Jans\nla bacchanale du dernier acte, produisant une\nconfusion apparente bien en situation.\nL'orchestre se composait de plusieurs musi-\nques militaires et du quatuor ordinaire ren-\nforcé. Le musicien les a divisés en groupes\ndont il se sert un peu à la façon des registres\nd'un orgue. Les violons, qui s'entendent bien,\nfont de jolis contrastes avec les cuivres, et les\nharpes sont utilisées avec une très louable\nmodération. Au 3e acte, M. de Séverac a\nintroduit, dans son orchestration, quatre cha-\nlumeaux, instruments à anches d'origine basque,\nrappelant par leur crudité les clarinettes en ut.\nElles encanaillent, comme disait Berlioz, de\nfaçon pittoresque le défilé des masques.\nBien que cette partition, adaptée après coup\nà une tragédie écrite pour une autre destina-\ntion, paraisse avoir été un peu hâtivement\ncomposée, elle marque un pas plus décisif du\nmusicien que le Cœur du moulin dans le genre\ndramatique. En se surveillant moins, il se\nlivre à nous tout entier, laissant à découvert\nses défauts et ses qualités, défauts et qualités\négalement indispensables pour faire un homme\nde théâtre : beaucoup de facilité, idées abon-\ndantes et claires, harmonie riche et solide, et\noù l'on remarque enfin une tendance heureuse\nà se dégager définitivement des liens de l'Ecole.\nIl y a peu de choses à dire sur l'interpréta-\ntion. Les soli étaient bien chantés, par des\nvoix sonores, mais les chœurs où 11e\nfigurait pas la Schola de Montpellier, annon-\ncée à tort par les affiches et les journaux\ndétonnèrent abominablement. M(!k' Napier-\nkowska ne vint pas, et les attitudes, la grâce\nde Me'lle Nina Sereni nous consolèrent de sa\ndéfection. Le décor, soutenu par des madriers\nd'un effet déplorable, ne recueillit pas tous les\nsuffrages, et le spectacle en général, monté\navec un peu de hâte, accusait des négligences\nregrettables dans beaucoup de détails. En re-\nvanche l'orchestre fut merveilleux sous la\nbaguette de M. Hasselmans et le jeune chef\nd'orchestre fut tout simplement admirable. Sa\nmaîtrise suppléa au manque de répétitions et\nde mise au point qui eussent pu compromettre"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.80", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n88\n\nfâcheusement le succès de cette remarquable\npartition.\nEDOUARD PERRIN.\nTOURS. Le compositeur tourangeau,\nM. Fernand Jouteux vient de remporter un\nbeau succès à la Distribution des Prix de\nl'Ecole qu'il a été, au début de l'année, chargé\nde diriger et de réorganiser. L'Ecole compte\ndeux-cents élèves, et les concours publics ont\nété excellents. Au Concert donné au Grand\nThéâtre, M. Fernand Jouteux a dirigé,\nentr'autres, plusieurs de ses œuvres: une pitto-\nresque Danse Chinoise ; un chœur délicieux\n\" Ma fille, veux-tu un bouquet \", et une grande\nscène dramatique, pour solis, chœurs et\norchestre u le Retour du Mann \", qui fut\nacclamée avec enthousiasme.\nSEDAN. Représentation en plein air\nde \" l'Artésienne \".\nCette manifestation artistique et populaire\norganisée à l'occasion de l'lnauguration offi-\ncielle de la ligne de Chemin de fer de Sedan\nà la Frontière Belge, eut lieu au Champ de\nMars, dans un paysage charmant et devant\nenviron huit mille spectateurs.\nLoin de moi l'idée d'établir une compa-\nraison entre le cadre grandiose des différents\nthéâtres antiques d'Orange, de Nimes, de\nBéziers, d'Arles, etc... et le lieu de la repré-\nsentation.\nMais l'interprétation de la belle œuvre de\nDaudet fut parfaite.\nSous l'habile direction de son chef, M. Cla-\nrinval, la Société Philarmonique de Sedan\nsut en cette occasion se rendre digne tant du\ndévoûment de son distingué Président, M. le\ndocteur Hennecart, que du public de connais-\nseurs que l'on rencontre dans tous ses concerts.\nEPINAL. Nul de ceux qui assistèrent,\nlors de l'exposition artistique de 1908, au\nconcert offert par Y Orchestre Cosmopolite dans\nles jardins de la Maison Romaine, n'avait\noublié le charme de cette soirée.\nCette fois encore le Cosmos avait choisi le\nmême cadre. Le programme se composait de\ntrois morceaux symphoniques choisis au réper-\ntoire des grandes auditions. Tout d'abord,\nF Ouverture de Guillaume Tell, puis la Sym-\nphonie inachevée de Schubert et, enfin, la\nRomance en Sol, de Beethoven, qui permit à\nM. Rietschler de mettre en évidence son jeu\nsouple, sobre et ému.\nA signaler aussi une Gavotte de Popper où\nM. Talaupe, violoncelliste, excella comme à\nson ordinaire ; trois chœurs sans accompagne-\nment, de Schumann, et qui furent parfaite-\nment rendus.\nLa soirée se termina par une ode sympho-\nnie pour ténor, chœur et orchestre, traitée\npar un lorrain René de BoisdefFre dans\nla manière de Massenet, et qui fut l'occasion\nd'un beau succès pour l'auteur et les exé-\ncutants.\nNANTES. Du 23 juillet au 1 août se\nsont déroulées, à Nantes, les fêtes de la\nBretagne à travers les âges. Exposition bretonne,\ncavalcades historiques, concours de costumes,\nde danses et de chant, telles furent les princi-\npales attractions. La musique eut, dans ces\nfêtes, un rôle important.\nLe Dimanche 24, nous assistions à une\nreprésentation d'Andromaque au theatre de la\nnature organisé dans le parc de M. Brousset,\nau front du Cens. Interprètes : Mmc Second-\nWeber, Mllc Madeleine Roch, MM. Jacques\nFenoux, Mayer et Albert Lambert père. La\nmusique de scène de Saint-Saëns était executee\npar l'orchestre Lonati.\nLe soir, l'Orphéon nantais \" la Sainte-\nCécile \", sous l'habile direction de M. La-\ncombe, et l'orchestre Lonati donnaient un\nconcert à l'exposition avec le concours de\nMme G..., de M. Nucelly, de l'opéra, et de\nM. Reliet, premier prix de chant au conser-\nvatoire de Nantes. La cantate de Thielemans\n\" les deux Bretagnes \" obtint un vif succès et\nnous eûmes le plus grand plaisir a en entendre\nune seconde audition au concert du 28.\nLe 27 et le 28, concerts populaires donnés\npar la Garde républicaine.\nLe Dimanche 31 juillet on avait eu l'heu-\nreuse idée d'organiser une cour d'amour dans"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.81", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS\nM EMIL GUTMANN JSf\nREPRÉSENTE LES ARTISTES ET LES\nASSOCIATIONS ARTISTIQUES LES PLUS\nCONSIDÉRABLES, LES MAITRES LES\nPLUS RÉPUTÉS EN ALLEMAGNE.\nENGAGEMENTS PAR TOUTES LES SOCIÉTÉS DE\nCONCERT ALLEMANDES ET ÉTRANGÈRES.\nTOURNÉES D'ORCHESTRE ET DE\nSOLISTES DANS TOUS LES PAYS.\nSOLISTES POUR ORATORIOS.\nORGANISATION DE CONCERTS ET DE CONFÉ-\nRENCES, DE RÉCITALS DANS TOUTES LES\nSALLES DE MUNICH ET DE GRANDS FESTIVALS\nINDICATIONS DE POSTES VACANTS\nDE PROFESSEURS DE CONSERVA-\nTOIRE ET D'ÉCOLE DE MUSIQUE. 4\nANNONCE, PUBLICITÉ, INFORMATIONS\n4 *\nLA PLUS GRANDE AGENCE DE CON-\nCERTS DE L'ALLEMAGNE DU SUD.\nMUNICH = Theatinerstrasse 38 = MUNICH\nAdresse Télégraphique : KONZERTGUTMANN, MUNICH"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.82", "texte": "la cour principale du Château des ducs de\nBretagne. En présence de la duchesse Anne,\njVjene Meunier, de l'Opéra, exécuta une danse\ngrecque. Puis M. Nucelly et Mv]W Delvair,\nsociétaire de la Comédie française se firent\nentendre. Le \" Choral Nantais \" et la\n\" Sainte-Cécile \" exécutèrent une des plus\nbelles mélodies bretonnes recueillies par Bour-\ngault-Ducoudray : \" le Semeur \", sous la\ndirection de M. Morisson, et la \" Légende\nbretonne \" de Sanitis sous la direction de\nM. Lacombe. L'Union Philharmonique fit\nentendre enfin différents morceaux, entre\nautres l'originale \" Marche des Korrigans \"\nde Guy Ropartz.\nLes Nantais ont voulu clore cette série de\nfêtes par un pieux hommage à la mémoire du\nregretté maître Bourgault-Ducoudray. C'est à\nses œuvres que fut consacré le festival très\nréussi donné le ler août par la Société Philhar-\nmonique, le Choral Nantais et la Sainte-\nCécile.\nMais ce qui donna aux fêtes Nantaises leur\nparfum vraiment spécial ce fut la musique des\nbretons bretonnants : les binious et les bom-\nbardes.\nCAUTERETS. De tous les \" Théâtres\nde la Nature \" créés (avec quelque excès) ces\nderniers temps, aucun ne peut rivaliser avec\nle nôtre avec son incomparable décor de forêts,\nde sapins et de Pyrenées neigeuses. Il est à\nquelques minutes de la ville, fort bien installé,\nun peu vaste toutefois pour des représentations\nd'œuvres lyriques composées pour nos salles\nde théâtre.\nNous venons d'y entendre u Paillasse\navec Campagnola de l'Opéra, et \" la Navar-\nraise \" avec MLII(J Lucy Vauthrin, de l'Opéra-\nComique.\nEnsemble excellent de solistes, mais chœurs\net orchestre vraiment insuffisants. Dans rAr-\nlésienne jouée par la troupe du Théâtre\nSarah Bernhardt, au lieu d'Antar annoncé\nl'orchestre a été tout à fait médiocre.\nAu Casino, très bonnes représentations de\nWerther, Madame Butterfly, Carmen etc.\navec Seldon, de la Monnaie de Bruxelles,\nténor de belle prestance, de voix superbe mais\ninsuffisamment travaillée ,et Mme Lise Lam-\nbertha, du même théâtre.\nEn somme peu de villes d'eaux peuvent\ndonner d'aussi bonnes représentations lyriques.\nAvec un effort des chœurs et de l'orchestre\nce serait parfait.\nF. A.\nCETTE. Le Kursaal qui vient de\nbrûler pendant une représentation de Carmen,\nétait situé sur la plage et, pendant la saison\ndes bains de mer. donnait régulièrement de\n> o\ntrès bonnes représentations d'opéra-comique et\nde grand opéra. La ville de Cette qui possède\nun joli théâtre, tout neuf, imité de celui de\nMontpellier (qui lui-même ressemble à l'Opéra-\nComique), n'a cependant pas de saison théâ-\ntrale d'hiver, Cette possède également un\nconservatoire.\nTROUVILLE. Casino-Salon. La\ntroupe d'Opéra-Comique a fait d'heureux\ndébuts. Mme Landouzy est une chanteuse\nlégère, dont la voix très fraîche est d'une\no /\nvirtuosité remarquable. Le rôle de Rosine, du\nBarbier, a été un véritable triomphe pour elle.\nM. Geyre, premier ténor, n'est pas un inconnu\npour les habitués du Casino, où il a déjà\nchanté, il est élégant et a une jolie voix.\nM. Figarella, le baryton, est parfait dans tous\nses rôles, c'est un artiste absolument remar-\nquable. M. Bathier est une basse merveilleuse,\nle public lui prodigue ses applaudissements et\nc'est justice. Nous avons eu de belles exécu-\ntions de Lakmé, Le Barbier, Manon, La\nDame blanche, La Vie de Bohême, alternant\navec les représentations d'opérettes. Paillasse\net l'Attaque du Moulin ont été donnés avec\nM. Abers, le baryton spécialement engagé\npour ces représentations qui ont superbes.\nLes tournées nous ont donné : La Vierge\nfolle, avec MlllL' Berthe Bady dans le rôle de sa\nsuperbe création de Fanny Armaury. Miquette\net sa mère a été l'occasion d'un gros succès\npour M. Max Dearly qui tenait le rôle de\nMonchablon qu'il a créé et à ses côtés une\ntrès bonne troupe assurait le succès de la\n\nL'ACTUALITE MUSICALE\n90"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.83", "texte": "91\nL'ACTUALITE MUSICALE\n\npièce. Gémier nous a donné une parfaite\ninterprétation de Papillon dit Lyonnais le\nJuste, fort bien secondé par une excellente\ntroupe d'ensemble. Les soirées de gala nous\nont permis d'applaudir de grandes artistes :\nMmc Litvine, la grande cantatrice dans les\n\" Amours du Poète \" de Schumann, Mme\nJuliette Toutain-Grùn, la merveilleuse pia-\nniste, dans le 2lne concerto de Saint-Saëns. Au\nmême concert Mme Barthé se faisait applaudir\ndans : Les Nuits d'orient et L'Oiseau bleu de\nJ. Toutain-Grun qui triomphait comme vir-\ntuose et comme compositeur. M,ne Chenal de\nl'Opéra obtint un beau succès en faisant\nentendre de jolies mélodies de C. Erlanger.\nMACON. Le concert donné par le\nchoral Lamartine a été très réussi et l'occasion\npour MM. Lenormand père et ses deux fils\nd'un très réel succès. Ces Messieurs avaient\nchoisi \" Rédemption \" de Gounod qui était\napplaudi avec frénésie et c'était justice car\nl'exécution était parfaite.\nLe concert offert sur la promenade Lamar-\ntine par notre Harmonie municipale a permis\nd'apprécier le talent et le savoir de son nou-\nveau chef M. Laurent à qui nous sommes\nheureux de souhaiter la bienvenue.\nL'Union Chorale a fété le 25e anniversaire\nde sa fondation et son fondateur-chef, M.\nOberdœrffer. Un banquet très animé a com-\nmencé la fête. Quant au concert qui devait\navoir lieu promenade Lamartine, force fut à\nla société de le repousser en deux fois, les\ncataractes célestes n'ayant pas permis de s'ex-\nposer au-dehors, mais la troisième tentative a\nréussi et plus de 3.000 auditeurs ont souligné\nde leurs applaudissements les chœurs, orchestre\net solistes, Melle Thévenin (très goûtée dans la\n\" Fileuse \" de Laurent), MM. Daly et Besson.\nCette société doit prendre part le 11 septembre\nprochain aux fêtes du Millénaire de la fonda-\ntion de la ville et de l'Abbaye de Cluny. Ce\njour un cortège doit défiler en ville. On doit\nreconstituer la visite que Louis IX fit à la\ncélèbre abbaye. Les sociétaires de l'Union\nChorale figureront les moines et exécuteront\nun chant liturgique du VIIIe siècle. Un grand\ncongrès de Savants organisé par l'académie de\nMâcon réunira à Cluny le monde savant de\ntoute l'Europe, donnant ainsi à cette fête un\ncaractère grandiose.\nLES SABLES-D'OLONNE.- -La saison\nse poursuit très brillante au Casino des Sables-\nd'Olonne grâce à l'excellente administration de\nson propriétaire M. Audubon.\nAprès une parfaite saison d'opérette, les\nartistes d'opéra qui ont nom : Mmes Cahuzac,\nVan den Berg, O'deyer ; MM. Cargue,\nLéger, Delhaye, Borelli, Gauthier, remportent\ntous les soirs des succès complets avec Faust,\nMireille, Le Chemineau, Manon, Le Jon-\ngleur, etc...\nA noter une magnifique représentation du\nténor David, de l'Opéra-Comique, dans Wer-\nther. Compliments à tous ces artistes et\nsurtout à l'infatigable chef d'orchestre Et.\nBardou.\nLes concerts donnés sur la terrasse sont\négalement très suivis grâce au réel talent des\nartistes qui le composent et dont quelques-uns\nsont lers prix du conservatoire de Paris.\nM. P.\nDUNKERQUE. Les amateurs dun-\nkerquois, malouins, ainsi que les étrangers en\nvillégiature sur notre plage, peuvent s'estimer\nheureux de trouver une aussi bonne troupe\nlyrique que celle qu'a su dénicher M. Der-\nvillez, le sympathique directeur de notre\nkursaal.\nNous avons, par semaine, 2 ou 3 grands\nopéras et 4 à 5 opéras-comiques ou opérettes.\nAu répertoire : Les Huguenots, L'Afri-\ncaine, Thaïs, Samson et Dalila, Hamlet, etc.\nexécutés par des artistes de grand talent :\nMMmcs Madeski, falcon très appréciée, Ram-\nblez-Malherbe, contralto, MM. Gaillard, ténor,\nRoselli, un baryton fort goûté, et Grommen,\nbasse noble.\nLe quatuor d'opéra-comique, composé de\nMrm Victoria Fer, ire chanteuse du théâtre\nde Genève, MM. Jolbert, ténor léger du\nthéâtre d'Alger, Cotreuil, forte basse, qui\nnous arrive de Rouen et Demay, baryton, du"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.84", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n92\n\nthéâtre de Genève, est excellent également ;\nc'est un vrai régal que d'entendre ces artistes\nque les auditeurs ne manquent pas d'applaudir\nchaleureusement.\nUn fort orchestre comprenant une pléiade\nde prix de conservatoire et de professionnels\nlocaux fait merveille sous la direction expéri-\nmentée de M. Eus;. Thiery.\nE. S.\nMOULINS. La jeune Chorale de\nMoulins qui n'a que quelques mois d'existence\nvient de se couvrir de lauriers au concours\nmusical de Limoges des 14 et 15 août dernier.\nElle a obtenu en effet un premier prix de\nlecture à vue avec félicitation au directeur,\nM. Emile Vincent, l'excellent professeur\nde violon de notre ville, un second prix\nd'exécution et un second prix d'honneur,\nconcurremment avec la Société Orphéonique\nde Bordeaux. Cette dernière société était par-\nticulièrement redoutable. Elle existe depuis\nlongtemps et elle a un long entraînement.\nC'était un honneur périlleux pour la jeune\nChorale de Moulins d'avoir à se mesurer\navec elle.\nNous sommes heureux d'enregistrer les\nbrillants succès de cette ardente et conscien-\ncieuse phalange musicale qui ne tardera pas,\nle travail aidant, à se placer au premier rang.\nSon directeur, dont la méthode a été si appré-\nciée, saura l'y conduire.\nMONT-DE-MARSAN. Dernière-\nment, l'Ecole de Musique des Landes, qui,\nsous la direction de P. Lacome prospère à\nMont-de-Marsan depuis une dizaine d'années,\ndonnait, dans la salle des fêtes de l'Hôtel\nS 1 Martin, son concert annuel de fin d'études.\nComme dans les précédentes auditions, l'audi-\ntoire d'élite qui avait répondu à l'invitation du\nMaître et des Elèves, a pu apprécier les jolies\nvoix de mieux en mieux exercées qui ont, tour\nà tour, détaillé un programme choisi. Nous ne\nvoulons pas les nommer pour ne pas blesser\nleur modestie, car toutes devraient être citées.\nDans cet article nous nous contente-\nrons d'approuver un programme où se réunis-\nsaient les noms de Bach, de Mendelssohn et\nde Schumann pour les classiques ; de Meyer-\nbeer, Chabrier, Rossini et Wagner pour les\nromantiques ; de Duparc, Sibelius, Holmès\npour les modernes, et qui a fait connaître\nainsi le lied (objet de la conférence d'intro-\nduction) sous toutes ses meilleures formes ;\nune légère critique s'adressera au sentiment\nde profonde mélancolie qui se dégageait d'un\nensemble de morceaux un peu trop tirés sur\nle sombre : mais de quelle douce rêverie s'im-\nprégnaient les esprits et les cœurs !... Espérons\nque l'Ecole de Musique des Landes, dernier\nrefuge de l'art musical à Mont-de-Marsan,\nvivra longtemps encore pour la grande jouis-\nsance des purs dilettantes landais.\nPERIGUEUX. La monotonie légen-\ndaire de notre charmante et pittoresque cité a\nété rompue, le mois dernier par trois mani-\nfestations artistiques de premier ordre.\nLa félibrée annuelle du Bournat s'est dé-\nroulée à Razac, près Périgneux, où, malgré\nles menaces de pluie, l'attrayant programme\nde la fête a pu être exécuté en son entier.\nLe maire de la localité, M. Deschamps, avait\nmis son parc ombreux à la disposition des\nfélibres et de leurs invités. C'est là, dans ce\ncadre verdoyant que s'est tenue la cour\nd'amour, présidée par une gracieuse reine et\nses dames d'honneur, en coiffe périgourdine.\nLa partie concert a été très réussie et s'est\nterminée par le premier acte de Mireille,\ndélicieusement interprété par Mlnes Feytaud,\nDupont, Blondel et M. Fraikin, avec un\nchœur de quarante jeunes et jolies magnana-\nrelles, patiemment stylées par le maestro\nTenant, qui, avec un zèle des plus louables,\nprésida à tout le travail préparatoire de cette\nartistique et inoubliable journée, au début de\nlaquelle avait été inaugurée une plaque destinée\nà perpétuer la mémoire du poète Lagrange-\nChancel.\nPuis Sarah Bernhardt est venue donner sur\nnotre scène La Dame aux Camélias, où, maigre\nune fatigue évidente, la vaillante artiste a\nremporté son succès habituel.\nEnfin sur un théâtre de verdure installé"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.85", "texte": "Rouart, Lerolle & Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nI\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Mais on G A VEAU, 45, rue de la Boëtie.\n\\\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\n%\nChaque piano à 4 mains , net fr. 12\n~ petite partition d'orchestre net fr."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.86", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n94\n\ndans les jardins de la Préfecture, M. Berton\na fait représenter sa MagdaUenne, pièce bibli-\nque en deux actes et en vers, agrémentée\nd'une émouvante musique de scène de l'émi-\nnent compositeur M. de La I ombelle. C'est\nMllP' Madeleine Roch, de la Comédie Fran-\nçaise, qui tenait le principal rôle, entourée de\nMM. Perrin, Desmares, Val bel, de l'Odéon.\nBeaux vers, bonne musique, qui gagneront\nsûrement à être entendus dans un grand\nthéâtre de Paris, où l'œuvre n'a pas encore\nparu. Le programme était complété par Le\nPassant, de Coppée, interprété par M11(S Ma-\ndeleine et Marguerite Roch.\n- En terminant, signalons la construction, à\nPérigueux, d'une nouvelle salle de spectacle,\nqui comptera 700 places, avec une scène\nmachinée et des décors fournis par la maison\nWesbecher. Nous reparlerons de cette salle,\nsur laquelle nous attirons d'ores et déjà l'at-\ntention des directeurs de tournées, appelés à\nla fréquenter, de préférence à notre vieux\nthéâtre.\nF. C.\nSAINT JEAN-DE-LUZ. Les fêtes\nBasques. Les fêtes musicales et traditionnel-\nles de la \" Société Charles-Bordes (28 et 29\naoût) ont attiré un public nombreux, vivement\nintéressé par un ensemble de manifestations\nayant pour but de montrer l'évolution de la\nmusique primitive en ces formes successives :\nchant grégorien, mélodie populaire, polyphonie\nvocale.\nL'institution des fêtes musicales et tradition-\nnelles remonte à l'année 1896 ; elle est due à\nl'initiative de Charles Bordes, qui le premier,\nassocia l'élément ethnique basque (chant et\ndanses) aux manifestations d'art grégorien et\npalestinien.\nLes quatre-vingts choristes de la \" Société\nCharles Bordes \" ont chanté à l'église parois-\nsiale la messe \" Quarti Toni \" de T. L. da\nVittoria (seizième siècle).\nTout le propre de l'office, avec l'alléluia du\njour, fut exécuté en chant grégorien.\nPuis environ deux mille spectateurs se réu-\nnissaient au \" Préau Sainte-Marie \", où avait\nlieu la fête champêtre basque. L'inoubliable\nsouvenir de Charles Bordes s'évoquait irrésis-\ntible, car tous se souvenaient que, l'année\ndernière encore, notre bien aimé fondateur\ndirigeait en personne les \"fêtes traditionnelles.\"\nCe furent, cet été, les fêtes de la danse et\nde la chanson basque. Les danses \" héroïques\net traditionnelles \" permirent d'admirer ces\nbeaux danseurs euskuariens, dont la noblesse\net la grâce s'avérèrent une fois de plus. Les\nchansons morales, amoureuses et satiriques du\npays basque, alternaient avec les danses, chan-\ntées par les choristes de la Société Charles\nBordes.\nLes fêtes se terminèrent par une audition\ndes plus intéressantes, donnée par les mêmes\nchoristes, sous la direction de Mme Jumel,\nl'éminent professeur de chant grégorien à la\n\" Schola cantorum \" de Paris et directrice de\nla classe de chant grégorien à la \" Société\nCharles Bordes. \"\nL'OPERA BASQUE. Un événement\nmusical d'un haut intérêt passionne actuelle-\nment les dilettantes des curieuses provinces\nbasques, espagnoles et françaises. Il s'agit de\nl'éclosion de l'art dramatique basque provoquée\npar deux artistes français des environs de\nSaint-Jean de Luz, sous le remarquable pa-\ntronage de la Société Chorale de Bilbao.\nLa Pastorale lyrique basque, en 2 actes,\n\" Maitena \", paroles d'Et. Decrept, musique\nde Ch. Colin, représentée l'an dernier à pareille\népoque (juin) au théâtre des Campos-Elyseos,\nà Bilbao, riche capitale de la Viscaye, a sou-\nlevé un véritable enthousiasme qui n'a fait\nque s'accroître au fur et à mesure des repré-\nsentations successives de l'ouvrage.\nCe résultat ne devait être qu'un début.\nCette année, trois pièces lyriques nouvelles\nviennent accompagner \" Maitena \" au théâtre\nBasque définitivement constitué par la Société\nChorale de Bilbao.\nCe furent \" Mendi-Mendiau livret de\nJ. Power, président actuel de la Société,\nmusique de Uzandizaga, jeune musicien gui-\npuscoan ; \" Mirentxu \", livret de A. Echave,\nex-président de la même société, musique de"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.87", "texte": "95\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nGuridi, compositeur viscayen ; et enfin \" Lide\nta Ixidor \", dont le livret est également de\nEchave et la musique de S. Inchausti, de\nBilbao.\n\" Maitena \", reprise avec un succès égal à\ncelui de sa première apparition, et les trois\nautres opéras, joués successivement au théâtre\ndes Campos Elyseos, tous interprétés par les\nuniques éléments de la Chorale, furent ac-\ncueillis passionnément par la population eus-\nkarienne et par les nombreux étrangers attirés\npar cette manifestation si intéressante de décen-\ntralisation artistique.\nOn parle de différentes tournées dans les\nGrandes villes espagnoles et françaises, et même\nà Buenos-Ayres, d'où de nombreux cablo-\ngrammes ont réclamé déjà le voyage triomphal,\nvers l'Amérique basque, des musiciens euska-\nriens et de leurs incomparables interprètes et\nparrains de la Société Chorale de Bilbao.\nBREST. Trois musiciens de la Scho/a\nCantorum, M. D. Sangrà, violoniste, Mlle Far-\ndeau, pianiste et M11(1 Darragon, soprano, ont\ndonné dernièrement une séance de musique\ndes plus intéressantes.\nVANNES. A la distribution des prix\ndu conservatoire municipal on a particuliè-\nrement applaudi dans le concerto en ré mineur\nde Mozart une jeune élève du cours supérieur\nde piano, et dans le Menuet-Valse de Saint\nSaëns un des distingués professeurs de ce\ncours.\nL'hymne au feu sacré de Bourgault-Ducou-\ndray et quelques extraits de Lalla-Rouk de\nFélicien David, chantés par les chœurs ont\nobtenu également un vif succès.\nCet événement est d'autant plus intéressant\nà signaler que le Conservatoire de Vannes est\nune institution qui fonctionne, en dehors de\ntoute attache officielle, et dans des conditions\nréellement démocratiques, grâce à une sub-\nvention municipale et au concours désintéressé\nde professeurs et d'amateurs de grand mérite\net de réel talent. La plupart des récompenses\nattribuées aux lauréats proviennent d'ailleurs\nde dons généreux faits par des personnes qui\ntémoignent ainsi d'une sympathie véritable à\nl'art musical et qu'on ne saurait assez louer.\nT. C.\nGRANVILLE. Les concerts donnés\nau Casino sous l'experte direction de M. René\nDoire, ont obtenu le plus grand succès, expli-\ncable, du reste, quand on connaît le nom\ndes artistes qui y ont pris part : l'excellente\nbasse Fournets, M'\"e René Doire, Mlle Jane\nQuainom, le célèbre violoncelliste-compositeur\nHollmann, et les œuvres qui y furent exécu-\ntées : pièces de Hândel, Rameau, Chopin,\nCapriccio Espagnol de Rimsky-Korsakoff,\nouverture de Phèdre de Massenet, l'lntermezzo\nde G. Sporck, Concerto de St-Saëns pour\nvioloncelle, etc... Il convient aussi de louer\nl'orchestre si souple et si intelligent. Félicitons\nle Directeur du Casino d'avoir réussi à donner\nGranville une véritable Saison Musicale du\nplus haut intérêt ; et remercions-le au nom\ndes auditeurs de ces concerts.\nARCACHON. La saison d'opérette\ndonnée par le Casino de la Plage a été très\nbrillante.\nLe Petit Duc, une des plus aimables opéret-\ntes de Lecoq mettait en effet en scène les\nprincipaux éléments de la troupe, et nous\nsommes heureux de dire tout de suite quel\nplaisir ce fut pour nous de constater qu'elle\npossédait une homogénéité parfaite. D'aucuns\nau surplus, nous ont paru, ainsi qu'au nom-\nbreux public, qui assistait à cette première,\nposséder de réelles qualités artistiques qui nous\npromettent pour le courant de la saison, une\nsérie de représentation dignes de nos concitoyens\net de leurs hôtes.\nC'est dire que l'administration et le Direc-\nteur ont fait les plus grands efforts pour arriver\nà nous donner toute satisfaction, et nous serons\nheureux d'applaudir à leur réussite ainsi qu'aux\nsuccès des pensionnaires de la Maison.\nOn nous dit également beaucoup de bien\ndes artistes d'opéra et d'opéra-comique qui\nont signé leurs engagements. Nouveau plaisir\nsera pour nous de les applaudir prochainement.\nPar ailleurs, l'administration à traité avec divers"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.88", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n96\n\ntournées parisiennes choisies parmi les meilleures\net dont l'une, sous la direction de M. Baret,\navait attiré une affluence d'élite, qui a fait un\nbeau et légitime succès a la petite chocolatière,\noù Andrée Divonne s'est montrée particu-\nlièrement exquise. Orchestre complet sous la\ndirection du Maestro Geoffroy. A signaler par-\nticulièrement le violoncelliste Bigaray virtuose\ndes plus distingués dans les œuvres de Popper\net de E. Nicaise, chef de notre musique\nmunicipale.\nE. NICAISE.\nPAU. Le public palois eut l'occasion\nd'applaudir nos compatriotes : Fournets de\nl'Opéra et Chardy IE ténor du grand théâtre\nde Liège, dans le Barbier\nFournets, chanteur admirable et comédien\nconsommé, fut frénétiquement rappelé lors-\nqu'il chanta avec sa habituelle l'air\nfameux de la calomnie. Chardy, ténor à la\nvoix claire nous a fait fort bonne impression.\nMaurianne, du théâtre royal de I ournai\n(Figaro) tint son rôle à la satisfaction générale,\net la voix de MIIR Roserni du théâtre royal de\nBruxelles est fraîche et conduite avec art.\nBref nous n'aurions que des éloges à adres-\nser à l'imprésario si l'orchestre ne s'était\nréduit à un simple piano !...\nInutile de dire combien nous fûmes désa-\ngréablement surpris par ce sans gêne un peu\nexagéré ni quel fut le désappointement des\nspectateurs venus pour entendre la délicate\npartition de ce chef-d'œuvre de l'opéra-comique.\nPRIVAS. L'Association Musicale de\nPrivas dont le président d'honneur est Vincent\nd'lndy a donné le 9 Octobre un très intéressant\nconcert avec le concours de M\"'' Odile Clément,\nvioloncelliste, lERIER prix du Conservatoire de\nParis et MUe Berthe Ponthus, professeur de\nchant à Lyon.\nROYAT. —Durant toute cette saison, les\nprogrammes de concerts se sont tenus, grâce à\nM. de Villers, à un niveau artistique fort élevé.\nLes grands concerts du vendredi ont été le\nprétexte d'auditions remarquables : festivals\nSaint-Saëns, Berlioz, Massenet ; concerts con-\nsacrés à Mendelssohn, à Schumann, à Wagner\net la musique moderne, à Lalo et la musique\nrusse. Ce dernier a été pour nous d'un vif\nattrait encore que le mélange de Lalo et\ndes Russes ne fût par des plus heureux, la pure\nbeauté de la musique française se trouvant\noffusquée par l'éclatant coloris des composi-\nteurs slaves. Le festival Berlioz fut un des plus\ngoûtés, grâce, en partie, aux voix de Mlles\nDworska et Gustin, de MM. Burlurut et\nImbert. Un autre concert, où M. de Villers\nnous fit entendre les compositions plus qu'ho-\nnorables (toujours bien écrites, souvent très\némouvantes) d'un musicien clermontois, A.\nClaussmann, obtint les acclamations du public.\nLa représentation de Y Anniversaire, avec la\nmusique d'Adalbert Mercier n'a pas eu autant\nsuccès. En revanche, l'ArUsienne, très-bien de\nreprésentée par la troupe, très-bien jouée par\nl'orchestre, fut le triomphe de la saison.\nJ. D.\nEPERNAY. Tous les ans, la florris-\nsante Société d'horticulture et de viticulture\nd'Epernay célébré la Saint-Fiacre.\nMais la fête de cette année devait être par-\nticulièrement solennelle et brillante, car on\ncélébrait en même temps le trentième anni-\nversaire de l'élection de M. Gaston Chandon\nde Briailles à la présidence de la Société, et\nenfin l'on inaugurait la nouvelle salle ainsi\nque le superbe parc dont M. Gaston Chandon\nvient de faire généreusement cadeau à la\nSociété.\nLa musique ne fit pas défaut ; on lui réser-\nva une bonne partie de l'après-midi. Trois\nsociétés prêtèrent leur très artistique concours :\nl'Harmonie Municipale, sous la direction de\nson chef M. Guignard, l'Union Chorale, sous\nles ordres de M. Maître et l'Orchestre Sym-\nphonique, sous la direction de M. Louis Dupont.\nTous les morceaux inscrits au programme\nfurent exécutés d'une manière parfaite et on\nne saurait trop féliciter ces trois phalanges\nmusicales qui ont contribué à la réussite de\ncette journée dont les invités garderont le plus\nagréable et le plus durable souvenir."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.89", "texte": "LEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\n*1\n* t\n<* »\nS i\nfs>.\n«i\n*- çt>\nM\n>4/\n.t ~Jr'ÏÏ~ -uEiW.^l^'\nWTnt.l—aw»\n_l\n#=\nliv\n□\n%\nt •\nIfJ\nf ri\ns g $\nM\nÀV\nPulci (Luigi), Driades d'arnore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFÏLIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.90", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n98\n\nVERDUN. A la distribution des prix du\ncollège de Verdun, le discours d'usage a été\nprononcé par M. Lévêque, professeur de secon-\nde qui avait pris comme sujet : \" Du rôle de\nla musique dans l'éducation. \"\nNous analyserons succinctement ce discours:\nA l'époque où bien des énergies défaillent,\noù le désenchantement se glisse jusque dans\nles âmes enfantines, où l'indifférence, en mo-\nrale, et en art accable les nations vieillies, ne\npourrait-011 pas, par une éducation musicale\nsagement comprise, raviver au cœur de l'hu-\nmanité la flamme de l'idéal qui semble prête à\ns'éteindre ?\nLes anciennes chansons, \" ces frêles immor-\ntelles qui volent de lèvre en lèvre à travers les\nâges\" expriment dans toute leur naïveté et\ntout leur charme les idées de bonheur d'un\npetit garçon ou d'une petite fille \" Giroflé-\nGirofla,\" \"les Compagnons de la Marjolaine \",\n\" Nous n'irons plus au bois \", \" Cendrillon\",\nsont de merveilleux petits chefs-d'œuvre, capa-\nbles d'entretenir chez l'enfant cette fraîcheur\nd'imagination qui, plus tard, embellit la vie,\net rend plus léger le fardeau quotidien\nA mesure que l'enfant grandira, nous le\nmettrons en présence d'œuvres musicales déplus\nen plus complexes. Nous l'initierons progres-\nsivement aux compositions musicales des grands\nauteurs ; et nous n'aurons qu'à suivre l'histoire\nde la musique depuis le XVIIe siècle à partir\nde Lulli et de J. B. Moreau. Puis ce seront\nMozart, Beethoven, Wagner. Le 9e sym-\nphonie de Beethoven n'est-elle pas un chant\nde triomphe de l'énergie, victorieuse de la\ndouleur ? Et d'autre part, Beethoven, dans ses\nadagios, n'est-il pas le plus noble consolateur\nde l'humanité ?\nLe sentiment du beau, l'énergie, la bonté,\n3 qualités que la musique peut développer\nchez un enfant. Puissions-nous voir dans un\navenir prochain, une part plus grand faite à la\nmusique dans les programmes scolaires.\nGERARDMER. Le succès de notre\ncasino cet été doit être attribué un peu à la\nsaison maussade qui a entravé le zèle des\nexcursionnistes, mais surtout à l'organisation\nmusicale qui fut excellente. Un orchestre, peu\nnombreux mais composé d'éléments de premier\nordre, fut dirigé par M. Louis Delune, le\ndistingué prix de Rome en Belgique, compo-\nsiteur et pianiste dont le S. I. M. a souvent cité\nles belles et puissantes œuvres jouées à Paris.\nS'il ne put donner des œuvres importantes\npour grand orchestre et chœur, il fit jouer\nd'excellente musique de chambre. Nous gar-\ndons un tout particulier souvenir des Variations\npour Quator à Cordes, de M. Delune et nous\nespérons bien les réentendre cet hiver à Paris.\nCONCERT BRÉSILIEN. Avec une\ncertaine audace, le directeur du Conservatoire\nde Rio de Janeiro, M. Alberto Nepomuceno\na donné un \" Grand Concert Brésilien avec\nOrchestre \" Salle Gaveau, le 17 Septembre.\nEn réalité, M. Nepomuceno n'a fait enten-\ndre que de ses œuvres. (Le Concerto pour\nviolon, de M. Oswald, fort bien joué par\nM. Chiaffitelli, Brésilien notoire, n'a été qu'un\nintermède banal et médiocre, sauf peut-être\nl'adagio.) Y-a-t-il une musique brésilienne ?\n\nApplication\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par tes\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, PARIS Trocadéro."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.91", "texte": "99\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nNous l'ignorons encore, car celle de M. Ne-\npomuceno n'a pas de caractère local et peu de\npersonnalité. Sa symphonie en sol mineur est\nfort mendelssohnienne de style, avec une\norchestration modernisée mais trop souvent\nprétentieuse.Les fragments d'un opéra \"Aboul\",\ndont le programme laissait ignorer la donnée\ndramatique, présentent plus d intérêt dans les\ndeux préludes d'orchestre que dans les deux\nair, que chanta M. Dupriche, de 1 Opéra\nComique. Enfin une \" suite Brésilienne \" où\nle final d'un rythme amusant est la seule partie\nun peu Brésilienne, termina ce concert peu\nsubversif. Ce fut à peine une escarmouche\navant la bataille musicale qui se prépare pour\nl'hiver prochain.\nr F. G.\nLA MUSIQUE AU SALON D'AU-\nTOMNE. M. Armand Parent vient\nd'organiser des séances de musique de chambre\nqui auront lieu les 7, 14, 21, 28 Octobre et\n4 Novembre à 3 heures, et promettent d'être\nfort intéressantes. On y entendra des œuvres\nde Vincent d'lndy, Germaine Corbin, Béclard\nd'Harcourt, P. Le Flem, Jean Déré, Mme Ro-\nbert-Thieffry, Herscher, Vreuls, Geloso, Louis\nVuillemin, de Falla, Turina, Cras, Roussel,\nFl. Schmitt, Paul Dupin, interprétrés par\nMlles Marthe Dron, Chevalet, MM. Parent,\nLoiseau, Brun, Fournier.\n\nBelgique\nLe temps des vacances nous a éloigné de la\ncapitale, où certes, la musique n'a point chômé.\nIl serait oiseux, et il nous est impossible de\nsignaler dans ces pages d'Actualité, gonflées\ndéjà- par la correspondance accumulée de deux\nmois, le détail des manifestations multiples\ndont l'Exposition fut l'occasion. Nos lecteurs\ntrouveront d'autre part le compte-rendu com-\nplet des très intéressantes séances données à\nY Art ancien sous le haut patronage de S. M. la\nReine des Belges, par la Section Belge\net dont le grand succès est tout à l'honneur\ndes organisateurs savants et dévoués MM. A.\nBein et E Closson. Ce cycle rétrospectif est le\ngros événement de notre année musicale. La\nDirection des Beaux-Arts a fait œuvre féconde\net belle. Qu'elle accepte nos vives félicitations\net nos remerciements.\nA part cela, nous devons consacrer quelques\nlignes à la saison extraordinaire de la Monnaie,\nElle nous a valu deux premières sensationnel-\nles, à des titres bien différents. La troupe de\nMonte-Carlo nous a présenté Le Vieil Aigle\nde M. Gunsbourg, (livret de Gorky) et la der-\nnière production de J. Massenet. Disons que\nle héros chevaleresque, dans les deux cas, ne\nperd pas trop à s'envelopper du revêtement\nmélodique, mais qu'il n'y gagne sûrement\nrien. La troupe de Cologne, en outre, nous\nfit connaître Elektra de M. Richard Strauss.\nL'auteur du libretto n'a pas ajouté aux données\ndes tragédies antiques : il les a condensées.\nQuant à la partition, c'est une œuvre puissante,\nchaotique, grandiose même. Un critique disait\nà son propos qu'elle est ule point culminant\ndu drame lyrique contemporain. \" A notre\nsens, le tempérament du compositeur est plus\ndramatique que vraiment et simplement musi-\ncal. Chez lui, les sons ont une valeur plus\nreprésentative qu'émotive. C'est un paroxyste,\net c'est un audacieux. Sans doute, il manipule\nl'orchestre avec une poigne de titan. Son art\nfulgurant et bruyant fait songer à l'orage. Tout\nici se heurte, les thèmes s'enchevrêtent, dans\nune sarabande, avec des fracas de cuivres, des\nclameurs furieuses et des éclats farouches.\nC'est brutal ! Strauss nous saisit par le vacarme\nplutôt que par le sentiment. Sa profondeur\nappartient à la physique et à la science. A\nchacun son tempérament : l'incendie d'une\ngrande ville, peut être \"horriblement beau\" ;\nj'aime la sublime et paisible clarté des étoiles !\nLa beauté m'apparaît, reposante, harmonieuse,\net calme, comme un regard, jeune et tendre-\nment lumineux, au murmure des nuits sereines.\nLa même troupe, excellente vraiment,\nnous a donné VAnneau de Nibelungen. Mais\ninutile de parler encore de ces inoubliables\nvisions. L'ombre de Wagner, immensément,\ns'est projetée sur le monde, et le couvre encore,"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.92", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n100\n\ndespotiquement. De loin en loin, il est des\nhommes-dieux, ainsi, qui recueillent soudain\nle fluide épars de la pensée ; grands prêtres\ncommuniant de l'infini, ils parlent, et c'est\npour une génération, un émerveillement mor-\ntel. Il est temps de frémir à de nouveaux\nfrissons !\nLa saison 1910-1911 est ouverte. Hélas,\nnotre premier scène ne trouve pas mieux que\nl'Africaine, Faust et Werther ! On nous\npromet quelques œuvres... et même des œuvres\nbelges ! Nous les attendrons. Par contre le\nthéâtre de Gandannonce une série d'opéras\nlocaux dignes du plus haut intérêt. Notre\néminent correspondant M. le docteur Paul\nBergmans, nous tiendra au courant de cet\neffort dont nous félicitons à l'avance les\ninitateurs.\nOSTENDE. 20 juillet - 20 août. Parmi\nles beaux concerts que nous donna l'orchestre\ndu Kursaal, il faut citer celui du 21 juillet,\nconsacré à la musique belge, trois concerts de\nmusique classique dans lesquels Edouard Risler\nHugo Heermann et Geneviève Dehelly se sont\nsuccessivement fait entendre, ainsi que le fes-\ntival d'auteurs autrichiens et hongrois.\nLe concert donné à l'occasion des fêtes\nnationales fut particulièrement intéressant les\nauteurs dirigeant eux-mêmes leurs œuvres. Il\ndébuta par la 3e ouverture symphonique de\nPaul Gilson, œuvre excellente, mais que le\ncompositeur n'a pas fait valoir autant qu'elle\nla mérité, par le calme, le flegme, dirai-je, qui\ncaractérisé sa direction et auquel nos orchestres\nne sont pas habitués. Par contre, une scène\nde son drame lyrique chantée\npar Mmc Feltesse, enthousiasma l'auditoire.\nCette meme cantatrice chanta encore, avec\naccompagnement d'orchestre et sous la direc-\ntion de Rinskopf, trois lieder du regretté\nGustave Huberti.\nLe distingué directeur du conservatoire de\nGand, M. Emile Mathieu, fit entendre Les\nNoces feoda/es, tableau symphonique d'une réelle\nbeauté.\nEdgard Tinel nous avait réservé l'ouverture\nde sa legende dramatique op. 44,\nCette œuvre forte, aux riches harmonies et\nmodulations ne put manquer de faire grande\nimpression, d'autant plus que la direction\nénergique et autoritaire du maître en mettait\nencore plus en relief le caractère personnel.\nUne ballade pour orchestre et une scène\npopulaire d'un nouveau drame lyrique\nlied(chant d amour) de Jan Blockx, le compo-\nsiteur anversois qui se sent vraiment chez lui\nquand il s agit d'écrire des carnavals et des\nscènes burlesques aux rythmes secoués et '\nhachés, terminèrent ce concert.\nLe jour suivant Edouard Risler nous rtint\nsous le charme de son jeu noble. Allemand de t\nnaissance et parisien par son éducation, il allie\nà une profondeur de sentiment toute germa-\nnique, une netteté et une délicatesse bien\nfrançaises. Et cela fait de lui un interprète\nmerveilleux de Beethoven, dout il exécute\nles œuvres avec une technique parfaite et une\nrare compréhension. Il l'a prouvé une fois de\nplus dans le concerto en sol, une des plus\nbelles compositions pour piano du maître de\nBonn. Vraiment, à entendre jouer une telle\nœuvre par un tel artiste, l'on n'ose plus bouger\nde peur de rompre le charme, et quand Risler\neut terminé ce concerto à l'adagio sublime,\non aurait voulu tout à coup se trouver bien\nloin de toute salle de concert et de toute foule\nmondaine, babillarde et rieuse, pour continuer\nà entendre les effluves sonores dans le calme\nde la nuit\nC'est encore avec du Beethoven que Hugo\nHeermann, le violoniste allemand, nous régala.\nSon jeu sobre, chantant et doux rendit bien le\ncaractère très poétique du concerto pour violon.\nIl fut tout autre, fougeux et vibrant, dans\nl'exécution des Scènes de la Czarda de Jenô\nHubay.\nMlle Geneviève Dehelly, de Paris, nous\npermit d'apprécier une finesse de toucher et\nune technique à coup sûr admirable. Elle\nsemble affectionner particulièrement Liszt\npuisque le programme portait le\nmi bet la fantaisie sur Rde ce maître.\nElle nous joua encore une étude de Chopin\n(en mi majeur) et, comme bis,\nLe tout fut rendu d'une façon très délicate,"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.93", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus morceaux et Partit\nDépôt exclusif pour la France des Editions Petcrs."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.94", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n102\n\npourtant il faut déplorer le choix du concerto:\nc'est en effet, une composition dans laquelle\npiano et orchestre semblent plutôt se faire\nconcurrence que se compléter.\nNotons que dans ces différents concerts\nl'orchestre, habilement conduit par M. Léon\nRinskopf, a toujours consciencieusement ac-\ncompagné les virtuoses et dans ceux de Risler\net de Heermann, solo et accompagnement\nformaient un tout bien homogène dans lequel\nrien, ni un tutti trop accentué, ni un crescendo\nintempestif, ne vint rompre la sensation artis-\ntique.\nLe concert donné à l'occasion du 80e anni-\nversaire de l'empereur François-Joseph, était\nréservé aux œuvres d'auteurs autrichiens et\nhongrois, et était dirigé par le compositeur\nJenô Hubay. Programme chargé et heureux.\nNous avons entendu entre autres l'Adagio de\nla symphonie en ut $ mineur de A. de But-\ntykay page symphonique aux thèmes larges\net aux majestueuses modulations, l'ouverture\nAu printemps de Goldmarck, le prélude très\nfouillé de l'opéra Moharozsade Hubay et un\npoème symphonique La Sirène de Mihalovich.\nUn autre poème symphonique de Sme-\ntana, termina le concert.\nCette œuvre tirée du cycle M à vlast (ma\npatrie) dépeint un épisode de la guerre des\njeunes filles de Bohême, dont Schârka était\nune des héroïnes. Cette composition est un\ndes chants .d'une véritable épopée nationale\nqu'écrivit le grand tchèque ; elle est une de\nses meilleures productions. On y sent encore\nde loin en loin l'influence de Liszt, mais elle\npossède bien un cachet personnel et se distin-\ngue par sa richesse polyphonique.\nPour terminer, je ne puis omettre de toucher\nun . mot du spectacle d'œuvres belges que le\nthéâtre adonné le 19 août. En vérité, c'étaient\nplutôt des essais de composition. Il faut souli-\ngner le succès remporté, et, mérité, par Ceci\nn'est pas un conte pièce lyrique en un acte de\nM. C. Stiénon du Pré, sur paroles de M. G.\nDumestre. La pièce n'est assurément pas par-\nfaite mais n'oublions pas qu'elle est l'œuvre\nd'un très jeune, qu'elle trahit des qualités\ndramatiques réelles et que l'orchestration en\nétait soignée. Souhaitons à son auteur persé-\nvérance. M.\nG AND. Au Grand Théâtre. D'une\nstatistique dressée par M. G. Bonneville, il\nrésulte que le répertoire lyrique de l'année\n1909-1910 s'est composé de 40 ouvrages, dus\nà 24 compositeurs différents. Les nouveautés\nde la saison furent : Au pays du lin (drame\nlyrique en 3 actes et 4 tableaux, musique de\nJoseph Vander Meulen), et la Mort du roi\nReynaud (légende lyrique en 2 actes et 3 ta-\nbleaux, musique de Robert Herberigs), comme\nœuvres nationales, et Madame Butterfly, le\nChemineau, Marie-Madeleine, Fortunio et le\nParadis de Mahomet,comme œuvres étran-\ngères.\nLa campagne a duré du ler octobre 1909\nau 22 mars 1910. La direction, confiée à\nM. Raffit, fut abandonnée par lui au bout de\ndeux mois, et continuée en régie par l'admi-\nnistration communale. Le nombre des repré-\nsentations s'est élevé à 132, dont 27 matinées.\nLes pièces les plus jouées ont été : Madame\nButterfly (17), le Chemineau (10), la Fie de\nBohême (9), Faust (8), Manon (7), Au pays du\nlin, Lakmè, la Toscaet IV (chacun 6).\nParmi les compositeurs, Puccini tient la corde\n(32 représentations avec 3 œuvres) ; puis\nviennent Massenet (24 représentations avec\n5 œuvres), Gounod (14 représentations avec\n3 œuvres) et Xavier Leroux (10 représentations\navec 1 œuvre).\nDans la liste des artistes en représentation,\nnous relevons Mines Marguerite Bériza, De-\nmougeot et Geneviève Vix, MM. Léon Beyle\net Vigneau.\nM. Pierre de Meyer a été nommé directeur\npour 1910-1911; il dispose d'une troupe\nbilingue qui lui permettra de puiser à la fois\ndans le répertoire français et dans le répertoire\nallemand.\nLe Vaux-Hall a terminé sa saison de con-\ncerts symphoniques qui a été très attrayante,\ngrâce à ses distingués chefs d'orchestre, Joseph\nLefébure et Oscar Roels. Ceux-ci ont réservé\nà l'art national une place considérable, et nous\ntrouvons inscrits aux programmes les noms de"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.95", "texte": "103\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nPeter Benoit, F.-A. Gevaert, Jan Blockx, Léon\nDubois, Albert Dupuis, Paul Gilson, Edgard\nTinel, Emile Wambach, etc.\nLes compositeurs gantois n'ont pas été\noubliés, et il n'est peut-être pas sans intérêt\nde les énumérer, cette liste constituant un\ndocument utile d'histoire artistique locale :\nOscar Bergmans, Melle de Guchtenaere, R.\nGuillemyn, M. Henderick, Paul Lebrun,\nJoseph Lefébure, Melle G. Masure, Emile\nMathieu, César Michiels, Albert Morel de\nWestgaver, Charles et Oscar Roels, Adolphe\nSamuel, L. Stiénon du Pré, Frans van Aver-\nmaete, Jean Vanden Bogaert, Jean Vanden\nEeden, Léo Vander Haegen, Joseph Vander\nMeulen et Henri Waelput.\nParmi les derniers concerts, il y a lieu de\nsignaler spécialement celui où ont été exécutés\ndes fragments de Lina, roman musical en\n3 actes de Léo Vander Haeghen, qui sera\nreprésenté cet hiver au Grand Théâtre. Les\nextraits choisis ont beaucoup plu et font\naugurer favorablement de l'avenir de l'œuvre\nà la scène.\nRelevons aussi parmi les solistes des der-\nnières soirées, une jeune pianiste d'un talent\nrempli de promesses, Melle Mariette Hill, qui\na notamment joué le beau Concertsttick\nd'Emile Mathieu, Paysages automne.\nDr PAUL BERGMANS.\nCONCERTS ANNONCÉS. Pour\nle jeudi 20 Octobre, Salle de la Grande Har-\nmonie, audition d'oeuvres du compositeur russe.\nA. Scriabine. Orchestre : D 1 M. W. Safonoff.\nPiano : Mme Scriabine. Au programme :\nire symphonie en mi majeur ; concerto piano\net orchestre en fa dièze majeur, Rêverie et\n12 études pour piano.\nLa Société Bach donnera ses concerts :\nles Dimanches : 4 Décembre ; 26 février,\n27-28 mai festival avec la Passion selon Sfc\nJean, et la Messe en si mineur. Artistes annon-\nces : Mmes Noordewier, Reddingins, Tilio Hill,\nE. Ohlohof. De Haan, Manifarges, Schu-\nneman, Stapelfelt, MM. G. Walter, Baldszun,\nStefani, Zalsman, Jan Reder.\nRappelons que réminent musicologue\nM.le Dr Dwelshauvers a publié une excellente\nbrochure analyse de la Passion selon S 1 Jean,\nindispensable à ceux qui veulent en pénétrer\nle sens profond et la facture.\nM. Sydney Vauteyn, professeur au Con-\nservatoire de Liège, donnera à la Grande\nHarmonie, le 16 Novembre, un Récital Schu-\nman.\nCOMMUNIQUÉ. Institut musical\nd'lxelles 35, Rue Souverain. Cours profession-\nnels, libres et mondains, selon le programme\ndu gouvernement, par professeurs diplômes, avec\nparticipation au Concours général de l'Enseigne-\nment du Royaume. Cours musicaux,\ndramatiques, littéraires, esthétiques et plastiques.\nSous l'éminente direction de M. Henry\nThiébaut.\nMM. Duplessy et Gaston Dupuis ont fondé\nla Société belge d'art populaire. - Initiative\npleine d'intérêt. ir audition, le Dimanche,\ng Octobre, au Théâtre Royal de VAlcazar.—\nPour renseignement, s'adresser aux bureaux:\nRue du Treurenberg, chez l'éditeur Lauwe-\nryns.\n\nÉtranger\nFLORENCE. Florence va-t-elle rede-\nvenir, comme autrefois, une des grandes cités\nmusicales de l'Europe. On n'ose guère l'espé-\nrer. Mais 011 aurait presque pu le croire, en\nvoyant se multiplier tout d'un coup les concerts\net les fêtes de musique. La société du Quartetto\nflorentino a exécuté dans ses dernières séances\ndes quatuors de G. Pacini, de Bazzini, de\nModona, de Faccio Franco, un quintette de\nDworak et le septuor de Beethoven. Nous\navons eu presque à la fois quatre concerts de\ngrand orchestre (les seuls de l'année, il faut le\ndire) donnés par la Société orchestrale floren-\ntine. Les trois premiers étaient dirigés par un"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.96", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n104\n\ndes meilleurs chefs d'orchestre d'Europe, W.\nLuigi Mancinelli, qui, entre une exécution fort\nsatisfaisante de la 5e symphonie de Beethoven\net une interprétation très personnelle de divers\nfragments symphoniques de Wagner, nous a\nfait admirer dans son œuvre nouvelle, Ouver-\nture romantica(l9lo) la parfaite maîtrise de\nson instrumentation. On regrette que cet\norchestre de cent musiciens, qui possède des\nqualités sérieuses, ne nous ait pas donné cet\nhiver des concerts réguliers que le public\nflorentin aurait certainement suivis avec em-\npressement.\nAu théâtre Verdi, une première :\nOuichotie, \" comédie musicale \" en trois actes,\npoème de M. Riccardo di Cagliostro. Je n ai\npas encore eu le temps de faire connaissance\navec le Don Quichotte de M. Massenet et\npourtant je n'hésite pas à affirmer que celui\nde M. Pacini ne lui ressemble en rien.\nM. Pacini, qui a fait ses études musicales à\nLeipzig,s'est proposé, dans cetteœuvre curieuse\net déconcertante, d'appliquer au poème un peu\ngrêle et fort peu dramatique de M. di Cagli-\nostro, les procédés musicaux du drame wagné-\nrien. Cette disproportion produit quelque\nmalaise et l'orchestre ne nous permet pas\ntoujours d'entendre les acteurs. Parmi les pages\nles mieux venues, on peut signaler la mort de\ndon Quichotte et la scène de l'acte II où il\ndéfie les esprits de la nuit. Ce qu'il y a de plus\nintéressant dans l'œuvre de M. Pacini, c'est la\nvolonté délibérée de rompre nettement avec le\nstyle dramatique de M. Mascagni ou de\nM. Puccini, de s'engager dans des voies nou-\nvelles (du moins en Italie), même au risque de\nse fourvoyer.\nOn peut constater dans quelques milieux\nitaliens, et particulièrement à Florence, le goût\net le besoin d'une musique nouvelle. Plusieurs\namateurs et aussi quelques jeunes compositeurs\npleins de promesses étudient Strauss, Mous-\nsorgsky, Debussy. Récemment, dans une con-\nférence illustrée par une audition de ses\nœuvres, M. Gino Bellio, dont l'originalité\naudacieuse ne paraît pas avoir été affaiblie par\nde longues années d'enseignement, exposait\nune théorie de la liberté rythmique et tonale\net rendait hommage aux innovations fécondes\nde la jeune école française.\nMais, comme il est naturel, c'est surtout\ndans son passé, si glorieux, que la musique\nitalienne devra fortifier son inspiration. S'ils ne\nse décident pas encore à utiliser les trésors du\nchant populaire sarde ou calabrais, les Italiens\nont tenté, cette année, plusieurs reprises im-\nportantes d'opéras anciens, la Mèdèe de Che-\nrubini, la Vestale de Spontini et de\nMonteverdi, qui, donné d'abord à Milan par les\nsoins de la société des Am vient\nd'être exécuté tout récemment à Florence, avec\nles mêmes chanteurs et avec le duc Visconti de\nMilan pour chef d'orchestre, sous les auspices\nde l'Association des musicologues italiens (la\nS. I. M. d'ltalie). Ce fut une belle fête de\nmusique, où triomphèrent le célèbre baryton\nKaschmann et Mmcs Fino Savio et Maria\nPozzi. L'adaptation de M. Orefice, conçue\ndans un esprit assez différent de celle de\nM. Vincent d'lndy, est fort agréable à enten-\ndre, mais les libertés prises avec le texte sont\nvraiment excessives, comme l'a fort bien\nmontré M. Gaetano Cesari, dans une magis-\ntrale étude de la Rivista\nM. Orefice a fait profiter Monteverdi de\nl'expérience acquise par trois siècles de musi-\nque. Il l'a aussi rendu beaucoup plus accessible\nau grand public, qu'une transcription plus\nfidèle aurait peut-être rebuté et qui a accueilli\ncelle-ci avec enthousiasme. Après tout, si c'est\nlà le seul moyen, à l'heure actuelle, de faire\naimer Monteverdi, peut-être devons-nous con-\ntenir notre indignation d'historiens, et\napplaudir.\nPAUL-MARIE MASSON.\nPAYS DE GALLES. Treize sociétés\nchorales venues de différents points du pays de\nGalles et formant un ensemble de 1300 v°ix\nse sont assemblées à Harlech célèbre par son\nvieux château et par son héroïque défense\ndurant la guerre des deux Roses en 1460.\nC'est sans doute de cette époque que date une\ndes célèbres mélodies galloises u The march of\nthe men of Harlech \" qui est un des plus beaux\nairs guerriers de l'Europe. Cette marche devint"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.97", "texte": "Cavaillé-Coll-Mutin\n15, AVENUE DU MAINE\n\nChargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.98", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n106\n\nl'air national Gallois et ne fut remplacée par\nl'air actuel qu'à la fin du siècle dernier. Le\nFestival du 8 Juillet dernier fut une rénova-\ntion de festivals qui, il y a 25 ans, étaient\nle plus grand événement de la vie musicale\nGalloise.\nMrs. Mary Davies la vaillante secrétaire de\nla \" Welsch Folk song Socie\" a présidé la séance\ndu matin où les chœurs se sont fait entendre\nséparément.\nA la séance du soir, les 1300 voix se sont\nunies dans une admirable interprétation du\nMessie de Hândel. LUCIE A. BARBIER.\n> BOSTON. L'un de nos jeunes compo-\nsiteurs les plus intéressants, M. André Caplet,\nvient d'être chargé de conduire les œuvres\nfrançaises l'hiver prochain à l'Opéra de Boston.\nRemarquable chef d'orchestre M. André\nCaplet va trouver dans la conduite de Pelléas\net Mélisande, et d'Ariane et Barbe-bleue,\nentre autres, une compensation aux deux\nderniers concerts organisés par MM. Durand\net Co. pour lesquels il avait été choisi, mais\nqu'une indisposition l'avait empêché de con-\nduire.\nLE RÉPERTOIRE FRANÇAIS MO-\nDERNE AUX ÉTATS-UNIS. La\nsaison prochaine, voici les œuvres qui seront\nreprésentées dans les grandes villes : New-\nYork, Chicago, Philadelphie, Boston, Wash-\nington, La Nouvelle-Orléans :\n\" Samson et Dalila \", \" Javotte \" et\n\" Henry VIII \" du Maître Saint-Saëns, \" Pel-\nléas et Mélisande \" et \" L'Enfant Prodigue \"\nde Claude Debussy, \" Ariane et Barbe-Bleue \"\nde Paul Dukas, \" L'Heure Espagnole \" de\nMaurice Ravel.\nVALENCE. Des concerts sans intérêt\nont été donnés à l'Exposition Nationale d'Arts\net Industries. A signaler la visite de la Schola\nChorale de Tarrasa (Barcelone) qui, sous la\ndirection du Maître M. Llongueras, a donné\ndeux séances de musique et de gymnastique\nrythmique (d'après la méthode de M. Jaques\nDalcroze).\nA signaler aussi l'exécution des œuvres\ntelles que les Chorals de Victoria ou de Bach,\nles chants catalans de Morera, Pedrell, etc...\nOn apprécia tout particulièrement l'inter-\nprétation parfaite des poses de gymnastique\nrythmique. M. Llongueras est allé lui-même\nen Suisse pour étudier la méthode de M.\nJaques Dalcroze ; il a la chance d'avoir\ndes élèves très douées et dont la grâce tout\nhellénique fut vivement appréciée. Bref, très\ngrand succès.\nNous avons eu aussi un concours de fanfares\ntrès important. ED. L. CHAVARRI.\nCADIX. Le programme du douzième\nConcert donné par \" l'Octeto Sinfonico \"\ncomprenait la Danse aux Flambeaux de\nMoszkowski, des mélodies de Grieg, le pré-\nlude du troisième acte d'Hérodiade de Masse-\nnet, la 8e Symphonie de Beethoven, des\nfragments de Parsifal, Tristan, l'Or du Rhin\net du Crépuscule des Dieux.\nMARIAGE. Nous apprenons avec\nplaisir le mariage de notre collègue M. Mau-\nrice Reuchsel, membre de la Société Inter-\nnationale de Musique, compositeur, rédacteur\nen chef du journal L'Express Musical de Lyon,\navec Mlle Louise Perrenot, fille de feu Mc\nPerrenot, avoué, et nièce du Général Berthier,\ncommandeur de la Légion d'honneur.\nNÉCROLOGIE. Frédéric-Adolphe\nSteinhausen, médecin général et médecin du\nseizième corps d'armée à Metz, bien connu\ndans le monde musical pour ses ouvrages sur\n\" le maniement de l'archet dans les instru-\nments à cordes \" et \" la nouvelle technique\ndu piano \" est mort à Boppard le 23 juillet à\nl'âge de 51 ans.\nMme Berta Adels von Miinchhausen,\ncélèbre cantatrice d'oratorios et de lieder, en\nmême temps que professeur distingué, est\ndécédée subitement à Strasbourg le 2 sep-\ntembre. Elle avait su acquérir une place très\nimportante dans la vie musicale de Strasbourg\net le public ainsi que la presse étrangère lui\nréservaient toujours le plus chaleureux accueil."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.99", "texte": "CE QUECA CI{US\n'PENSE \"PIANOLA\n\\\n§\nte,\nCaruso jouant du Pianola caricaturé par lui-même.\nENRICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme toutes les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANQLÂ. kk Je viens d'entendre le Pianola\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie TEolian,\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianola, muni du Métro style, permet à un novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianola cesse vraiment\ndetre un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez.\"\nLe Catalogue illustré U'C\" serâ envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianola peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE JEOEIAN COMPANY Ltd.\nPIANOLAS PIANOLA-PIANOS PIANOS STECK & WEBER\nJEOLIAN-ORCH ESTRELLES\nSALLE /EOLIAN, 32, AVENUE DE L'OPÉRA, PARIS."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.100", "texte": "Un vieil artiste\nNous venons de fêter à Niort le 80e anni-\nversaire, d'un artiste vaillant que n'ont pas\noublié tous /ceux qui aimaient la musique et\nen suivaient les manifestations il y a vingt-cinq\nans. Tolbecque né en 1830 était le neveu de\nTolbecque, chef d'orchestre éminent sous\nLouis-Philippe et rival de Musard.\nIl obtint à l'unanimité en 1849, au Con-\nservatoire de Paris, son premier prix de Violon-\ncelle avec le 2me Concerto en la mineur de\nBaudiot. Il fut professeur au Collège de Pons,\nVioloncelliste solo au Grand Théâtre de Mar-\nseille et professeur à l'Ecole de Musique de\ncette ville de 1865 à 1871. Il faisait partie\ndes quatuors Millon.\nAprès la guerre il revint à Paris et fut\nVioloncelle solo à la Société des Concerts. C'est\nlà que pour la première fois, il exécuta le pre-\nmier Concerto en la mineur qui lui avait été\ndédié par l'auteur : \" Camille Saint-Sâens.\"\nVioliste distingué, il se fît entendre souvent\net il y a quelques années encore à la Société In-\nternationale de Musique à Paris, où il donna la\nSonate de Bach pour Basse de Viole et la 6mc\nsonate du même auteur pour la\nViola Pomposa (Violoncelle à 5\ncordes).\nr ; Compositeur de valeur, il a\nécrit de nombreuses œuvres pour\nVioloncelle Solo, Violoncelle et\nPiano, Messes solennelles avec\nOrchestre qui furent exécutées\nà la Cathédrale de Niort et d'un\npetit Opéra Comique qui a fait\nles délices des auditeurs. Sa\nGymnastique du Violoncelliste, ré-\npandue dans le monde entier,\nsert d'études dans tous les Con-\nservatoires. Citons encore: Danse\nCosaque, Les Dagues, et La\nMarche des Mousquetaires pour\nVioloncelle sans accompagne-\nment, et enfin ses u Souvenirs\nd'un musicien de province\nTolbecque n'était pas seulement violoncel-\nliste, compositeur et ami des livres. Il eut\nencore la passion de la lutherie, au point de\ndevenir un professionnel des plus habiles.\nPoussé par un irrésistible désir de connaître\net d'approfondir les détails de fabrication d'un\ninstrument qu'il aimait, il prit la résolution de\nse mettre en apprentissage de lutherie chez\nVictor Rambaux au même moment qu'il sui-\nvait les classes de Vaslin au Conservatoire.\nDans sa chambre, l'établi voisinait auprès du\npupitre et le pot à colle fredonnait pendant\nl'exécution d'un concerto. Et en vérité Tol-\nbecque eut préféré la vie paisible de l'atelier à\nl'existence mouvementée d'artiste qu'il mena\npendant soixante ans !\nPar étude et par goût Tolbecque devint\nl'homme de France le plus habile à la remise\nen état des anciens instruments de la musique,\ndont on commençait alors à peine à se soucier.\nLe musée de Bruxelles à lui seul pourrait\nfournir des preuves éclatantes de la maestria\nde Tolbecque. Le tour de force du maître fut"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.101", "texte": "384\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nla réparation du fameux Componium de Winkel,\ninstrument mécanique à tuyaux, variant à Tin-\nbécque date de 1848. C'est un Alto dont la\nsonorité rivalise avec celle du Violoncelle.\nfini un theme quelconque noté sur deux\ncylindres.\nLe premier instrument construit par Toi-\nSon exposition d'instruments disparus du\nXP au XVe siècle fut achetée par notre\ncollègue, le collectionneur Charles Petit.\n\nFour paraître le 15 Octobre\nmes du Jour\n99\nEV U E\ndes Personnalités et Choses féminines\nMarquise de La Feuillade, Directrice Pierre Jobbé=Duval, Rédacteur en chef\nLe Numéro fr. 0.20"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.102", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n110\n\nGahd, l'illustre luthier, lui avait commandé\nune série d'instruments rétrospectifs qui firent\nl'admiration des visiteurs de l'Exposition de\n1865.\nTolbecque s'est encore livré avec succès à\nla fabrication des Orgues.\nIl construisit celui de Pons, celui du Mar-\nquis de Foucault (9 jeux, deux claviers et\npédales séparées). Le bel et intéressant instru-\nment qui dans son salon occupe, la place\nd'honneur est au dire de nos grands facteurs\nqui l'ont examiné et des artistes qui l'ont\ntouché, un véritable bijou.1\nDepuis de longues années Tolbecque est\nretiré à Niort dans sa propriété du Fort Fou-\ncault, et partage son temps entre sa merveil-\nleuse collection d'instruments et de très belles\nauditions classiques où il a su grouper (chose si\ndifficile en province !) les meilleures forces de\nnotre ville. Tous ses amis ont tenu à offrir au\nmaître à l'occassion de son 80e anniversaire une\npreuve de leur reconnaissance et de leur estime.\nIls ont eu la délicate pensée de choisir une\nœuvre d'art qui eut à la fois une grande valeur\net le charme d'un souvenir : c'est un buste en\ncire perdue modelé par Dubois, et qui repré-\nsente le grand ami de Tolbecque, Camille\nSaint-Saëns.\nQue celui qui tient entre ses mains la des-\ntinée de chacun, daigne conserver longtemps\nencore à l'art de la lutherie et de la musique\nun de ses plus fervents adeptes.\n1 L'expérience acquise par plus d'un demi siècle de\ntravaux a été condensée par Tolbecque dans différents\nvolumes : \" Quelques considérations sur la lutherie\nNotices historiques sur les instruments à cordeset surtout >\n\" UArt du Luthier \" (Paris Fischbacher 1902). Cette\nactivité valut au maître la croix de la légion d'honneur."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.103", "texte": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nHenri Daveney.\nA. M.\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Coslallat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Beriioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et Y Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussee d An tin. Ces agrandissements font d'elle une maison d édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir à la\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.104", "texte": "L'Enseignement musical à l'Ecole Primaire\n\nDepuis longtemps les musiciens critiquent,\n, avec raison, les programmes scolaires auxquels\nils sont en droit d'adresser les reproches les\nplus graves.\nActuellement, les enfants des écoles pri-\nmaires commencent l'étude de la musique à\nl'âge de dix ans ou même onze ans : c'est\ntrop tard. Cette étude devrait commencer,\n1 parallèlement avec l'alphabet, à cinq ans\nenviron, ainsi que cela se pratique en Alle-\nmagne, en Autriche, en Suisse, en Danemarck,\nen Suède et en Norwège.\nPartisan résolu de cette méthode, M. L.-J.\n| de Schepper, directeur du \" Groupe sympho-\n, nique \", de l'harmonie \" l'Union musicale\n1 et de la \" Chorale la Fraternelle \", dès son\narrivée à Château-Gontier, en janvier 1893,\nsollicita l'autorisation de faire, à titre absolu-\n-1 ment gracieux, des cours de solfège dans toutes\n( les classes des écoles communales. Malgré\ntoute sa bonne volonté il dut attendre pendant\nquinze ans cette faveur : la chose peut paraître\nsingulière ; elle est rigoureusement exacte ; il\ndésespérait de réussir quand à la rentrée d'oc-\ntobre 1908 il obtint enfin l'autorisation si\nimpatiemment attendue.\nSans perdre un instant, il se mit au travail\navec ardeur et, depuis, consacre plus de dix\nheures chaque semaine à des cours supplé-\nmentaires. Sous cette vigoureuse impulsion les\nbons résultats ne pouvaient se faire attendre ;\nen janvier dernier une première distribution\nd'instruments eut lieu et le quatorze juillet\nles jeunes instrumentistes exécutèrent, au\nkiosque des Promenades, un programme de\nquatre morceaux d'une certaine difficulté.\nLeurs qualités de son, de justesse, d ensemble\net de résistance furent très remarquées et ils\nobtinrent un grand et légitime succès.\nCette petite harmonie, composée exclusive-"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.105", "texte": "113\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\nment d'enfants de huit à treize ans, (un seul,\nle clarinette-solo a quatorze ans) comprend :\nune petite flûte ; une petite clarinette ; quatre\nclarinettes si b ; deux cornets ; quatre bugles ;\ndeux saxophones-altos : un saxophone-ténor ;\ntrois altos ; deux barytons ; deux trombones ■\net cinq basses si b ; elle a pour titre : \" Har-\nmonie des pupilles de l'Union musicale \" et\npossède déjà un répertoire de dix morceaux,\ntous de la composition de leur dévoué profes-\nseur, ainsi d'ailleurs que les solfèges qu'il im-\nprovise au tableau et que les méthodes qu il\nleur copie lui-même.\nEn attendant une modification des pro-\ngrammes qui s'impose, souhaitons de voir les\nprofesseurs de musique prendre partout une\nsemblable initiative et travailler avec autant\nde courage et de désintéressement au relève-\nment du niveau de l'enseignement musical\ndans les écoles publiques. Que les professeurs\ndémontrent par des faits aux plus sceptiques,\naux plus incrédules, que le solfège peut être\nenseigné avec fruit dès l'âge le plus tendre.\nRubinstein, le grand compositeur russe, l'a dit\nfort justement : \" L'étude de la langue musi-\n\" cale est semblable aux autres langues, celui\n\" qui l'apprend dès l'enfance peut se l'appro-\n\" prier, mais à un âge avancé il est presque\n\" impossible d'y parvenir.\nCet enseignement peut être donné de la\nfaçon la plus animée, la plus attrayante,\nrompre heureusement la monotonie forcée\nd'autres exercises. Il n'exige pas beaucoup de\ntemps, deux séances par semaine suffisent. Ce\nqui se fait ailleurs peut et doit se faire chez\nnous. Nous ne sommes pas nécessairement\ncondamnés par le destin a voir le char de la\nMusique rouler et tanguer à perpétuité le\nlong des ornières de la routine.\ndu journal \" Le Progrès \" de Laval\net de Château-Gontier.\n\nO. Luth.\n\nQuestions\nSociales\n\nET INTÉRÊTS PROFESSIONNELS\nCOMPTEZ D'ABORD SUR VOUS-MÊME !\nNous étions amené récemment, au cours\nd'un entretien, avec un de nos distingués\néconomistes, (son nom, ici, importe peu) à lui\nexposer quelques-unes de nos vues sur la con-\ndition des artistes, en général, et celle des\nmusiciens, en particulier.\nVous vous occupez beaucoup, lui disions-\nnous, des Classes Moyennes} Les petits commer-\nçants, petits industriels et agriculteurs sont\nl'objet de votre sollicitude ; vous avez déjà\nobtenu de nos députés certaines dispositions\nlégislatives favorables à cette classe si intéres-\nsante de producteurs, mais pourquoi, en prenant\ncette rubrique : classes la faites-vous\nlimitative? Vous en excluez les \"petits\nartistes \" ceux qui, péniblement, laborieuse-\nment, luttent aussi, avec non moins de courage\ncontre des conditions sociales désastreuses pour\neux. Moins nombreux peut-être que vos pro-\ntégés ils forment cependant un groupe notable\ndans l'ensemble de la population, groupe qui\ns'accroît tous les jours. Ceux-là aussi sont\ndignes de votre bienveillance ; ceux-là aussi\nsont des producteurs, quoique d'un genre dif-\nférent ; ceux-là aussi sont utiles, ils sont de>\n\n1 Ici même nous avons publié un article sur un\nCongrès des Classes Movennes tenu à Paris en Novembre\n1909."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.106", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n114\n\n1\ncitoyens, ou, si vous voulez, simplement, des\nhommes aux prises avec de dures réalités et\nplus désarmés peut-être que les autres pour en\ntirer habilement parti. Savants, artistes, repré-\nsentent ce capital intellectuel aussi nécessaire\nà une nation bien portante qu'à un individu\nsain car vous ne concevez pas, j'imagine, un\nêtre humain comme uniquement préoccupé de\ns'enrichir au moyen du commerce, de l'agri-\nculture ou de l'industrie. Accordez donc aux\nu petits artistes \" je veux y insister, une place\ndans vos préoccupations sociales.\nMon interlocuteur avait écouté fort poliment\ncette tirade, débitée avec le feu que donne\ntoujours une conviction sincère, mais la froideur\nde son attitude n'indiquait pas qu'il fût con-\nvaincu.\nEnfin, dis-je, devant son silence, que\npensez-vous ?\nIl prit un temps, et, fort posément :\nNous ne demandons pas mieux, fit-il,\nque d'accueillir les artistes. Quant à espérer,\npour les tirer d'affaire, la modification des lois\nqui les concernent c'est une autre question et\nils pourront attendre longtemps qu'on s'in-\nquiète de leur sort. Comprenez donc qu'ils ne\nsont pas intéressants.\nJe sursautai.\nLaissez-moi poursuivre. Vous n'êtes pas\nintéressants, vous autres artistes, parce que\nvous ne formez pas un parti politique. Le petit\ncommerçant, l'industriel, l'agriculteur a des\nopinions politiques, bonnes, ou mauvaises,\nil n'importe. Il les propage autour de lui.\nSa boutique, son usine, son exploitation sont\ndes endroits de réunion, des petits centres\nd'action, des organismes déjà constitués dont\nprofitent ceux qui, à tort ou à raison, préten-\ndent diriger les autres et établir leur situation\nmême sur l'utilité de cette direction. Rien de\npareil avec les artistes. Ils sont des isolés, des\nindividualistes, des nomades souvent, et, pour\nles trois-quarts d'entre eux, la politique est\nchose indifférente. Ils n'exercent pas d'action\nappréciable dans un cercle donné ; en quoi\nvoulez-vous qu'ils touchent nos législateurs ?\nUn commerçant influe sur son entourage, il\nest à ménager, mais, je vous le demande, quel\nest l'emploi, comme rouage social, d'un petit\nvioloniste, râcleur de concerts, dans les grandes\nvilles, l'hiver, dans les casinos, l'été ?\nJe restai sans réponse tellement ces idées\nme semblaient étranges. Où la politique allait-\nelle se nicher ! Je ne pouvais contester l'exac-\ntitude de ces affirmations. Oui, sans doute, les\nchoses devaient se passer ainsi. Et cependant\nune telle injustice m'indignait.\nEh ! quoi, pôursuivit-il, ces musiciens\nauxquels vous vous intéressez si obstinément\nn'ont-ils donc rien fait pour améliorer leur sort?\nQu'ils prennent alors exemple sur ces petits\ncommerçants, agriculteurs, industriels, dont\nnous parlions tout-à-l'heure. Ceux-là ont com-\npris que la période de développement de\nl'individualisme était close. Ils se sont aperçus\nque la facilité donnée au libre jeu de la con*-\ncurrence n'aboutissait, en définitive, qu'à l'écra-\nsement de l'individu ; alors, par un juste\nretour, ils ont cherché dans l'union des\nforces, l'appui nécessaire contre l'aveugle pres-\nsion sociale, quitte, après un assez long temps,\nà éprouver les inconvénients de ce nouvel état\net à revenir à l'individualisme. Nous n'avons\npas à prévoir cette conséquence lointaine nous\nen sommes à la période associative. Adaptez-\nvous donc et surtout : comptez sur\nmême.\nAu départ, cette parole me suivit : Compter\nsur soi-même. N'est-ce pas tout le secret de la\nvictoire dans cette lutte quotidienne qu'il faut\nque chaque être et chaque collectivité, sou-\ntienne contre un milieu toujours hostile. Etre\nattaqué sans cesse, se défendre sans cesse,\ntrouver en soi toutes les énergies nécessaires à\nune continuelle réaction, se maintenir en\néquilibre et conquérir chaque jour, au soleil,\nune place toujours disputée. C'est la loi de la\nvie.\nQuelques musiciens ont compris la nécessité\nde tenter quelque chose et, ne sachant com-\nment se déterminer, ils se sont adjoints aux\nassociations déjà existantes, ils se sont syndi-\nqués. Ils sont allés frapper à la Bourse du\nTravail où ils furent accueillis et assimilés aux\nsyndicats ouvriers. Au début, ils ont retiré,\nj\ngrand profit de cette alliance mais, actuelle-"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.107", "texte": "LES \"PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par les grands musiciens\ncomme les meilleurs\nE. MOULLÉ\nAGENT GÉ\n1, RUE \"BLANCHE, PARIS.\nc*>.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrés dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nil\n-\nlr\nS\nHECTOR BERLIOZ."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.108", "texte": "3\n\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n116\n\nment, un mouvement de recul paraît se des-\nsiner, certains symptômes se précisent d'une\nprochaine évolution. Les termes de la loi de\n1884, régissant les syndicats, étaient formels :\nle syndicat devait être une association unique-\nment préoccupée des intérêts professionnels de\nses membres. On sait ce qu'il est devenu et\ncomment les syndicats affiliés à la Bourse du\nTravail ont été détournés de leur but, trans-\nformés en partis politiques, dressés contre la\nsociété qui leur avait donné naissance, adoptant,\ncomme progrès, les doctrines révolutionnaires.\nNous n'avons pas à juger leur action, mais nous\npouvons constater que beaucoup de leurs plus\nfervents adeptes commencent à en être las. Ce\nne sont pas seulement les manœuvres et les\nouvriers qui regimbent sous la férule des me-\nneurs. Il y a là, pour qui suit le mouvement,\nfort utiles à noter, les prodromes d'une réaction\nqui ne saurait tarder.\nLa nécessite du groupement reste entière ; l'éti-\nquette syndicale commence à être bien discré-\nditée. On pourrait peut-être trouver autre\nchose et ceux des artistes musiciens à qui\nrépugnent les procédés et les allures de la pire\ndémagogie auraient quelque intérêt à réfléchir\nà ce sujet et à découvrir quelle forme associa-\ntive leur convient le mieux : un groupement\nbasé uniquement sur les intérêts professionnels,\nn'est peut-être pas une chimère, il est temps\nque quelques-uns d'entre nous en prennent\nl'initiative.\nLes artistes doivent se persuader qu'ils\nauraient tout à perdre à une transformation\nbrutale de l'état social présent et que leur\nintérêt n'est pas d'y travailler. Ces grands bou-\nleyersements qui saisissent, pour ainsi dire,\ntoute la puissance de volonté d'un peuple et\nl'appliquent au pénible passage de la théorie\nà l'action révolutionnaire ne sont pas favorables\nau développement de l'art, qui est un luxe, et\nà la condition de ceux qui le servent. Quant\nà une transformation plus lente, mais plus\nsûre peut-être, en faveur du prolétariat ouvrier,\nelle est tout aussi redoutable à envisager pour\nl'artiste. L'industrialisation à outrance d'un\npays, où jusqu'à présent la part d'intellectua-\nlisme a été sauvegardée, l'exclusion du patro-\nnat, au profit de collectivités anonymes, repré-\nsenteraient, au moins- pendant un long temps,\ndes conditions de vie détestables pour les\nartistes. A eux de sauvegarder leur précaire\nexistence en reconstituant promptement leurs\ncorporations, non pas dans les formes suran-\nnées et désuètes, mais en accord avec les\nexigences d'un temps nouveau. Tous les\nmodes de groupements doivent être essayés,\ntous, bien compris, peuvent donner de bons\nrésultats. Nous en citerons, pour conclure, un\nseul exemple. Il nous vient d'Amérique et\nvaut d'être retenu.\n\" A New York, les artistes lyriques et dra-\nmatiques disposent de trois clubs où ils se\nretrouvent quotidiennement. Le plus grand de\nces clubs, et le plus distingué, est le Players-\nClub, fondé en 1888, par Edwin Booths le\nplus célèbre des tragédiens américains. Le local\ndu club contient des salles de jeux, de lecture,\nune bibliothèque de 6000 volumes. Beaucoup\nmoins fermé est le Lambs Club. Ses fêtes sont\ncélèbres, ainsi que ses représentations données\nsur un petit théâtre propriété du club. Le\nGreen room Club comprend des directeurs et\ndes imprésarios. Son but est de rapprocher ceux\nqui offrent et ceux qui demandent des emplois,\net de créer des relations personnelles entre\ndirecteurs et artistes. \"\nConcluons, suivant la formule : pourrait\nêtre essayé à Paris.\n\nM. Daubresse."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.109", "texte": "A travers les Revues\nL'on se propose dans cette rubrique, qui paraîtra désormais tous les mois non point de dresser un\nrépertoire des sommaires ce que fait fort bien le bulletin ?nensuel de la /. M. G. mais de\nglaner pour les lecteurs du S. /. IVL., dans les revues de divers pays, des idées et des documents\nintéressants, de résumer pour eux la substance des études ou des récits les plus originaux ; ceci sans\nla moindre prétention a être complet, mais avec /'espoir de ne rien omettre d} essentiel en F espèce,\nsoit dans le choix des articles, soit dans la manière de les résumer.\nM. D. C.\nLETTRES DE JEUNESSE DE BALA-\nKIREW. C'est la Gazette musicale Russe\n(25 Juillet, 1 Août 1910) de M. Findeisen,\nindispensable à qui veut connaître la musique\nrusse qui en publie des extraits. Ainsi que\nle disait naguère ici même le distingué musico-\nlogue russe, il est grand temps de recueillir\net de publier tous les documents possibles sur\nla vie et l'œuvre du grand artiste et de\nl'homme très bon que fut Balakirew. A présent\nqu'il est mort on finira bien par lui rendre un\njuste tribut d'admiration, et l'heure est venue\npour les biographes d'entrer en scène.\nCes lettres furent adressées au docteur\nZatkévitch, camarade de collège du maître et\nappartiennent à la période de 1857-1858 soit\ndu premier séjour de Balakirew à St. Péters-\nbourg.\nLe premier extrait est des plus caractéris-\ntiques, et nous montre déjà tout entier la belle\nintransigeance, la foi artistique du maître :\n\" Tu m'as mal compris ou bien je me suis\nmal exprimé. Ce dont je me plains, c'est de\nl'indifférence du public pour tout ce qui est\nvraiment beau : ce pourquoi on devrait m'ap-\nplaudir, on ne l'applaudit pas : ce qui n'est\nque routine produit au contraire de l'effet et\nj'en produis quand je joue des Nocturnes pour\nbelles dames de Chopin, ou bien mes pre-\nmières compositions qui ne valent rien. Je ne\ntraite point Chopin de compositeur pour belles\ndames : il a écrit des œuvres magnifiques mais\nce sont celles-là qui ne produisent point d'effet\nsur le public... Je viens de recevoir une lettre\nde B.; écrite afin de me piquer au vif, \" dans\nmon propre intérêt.\" On lui a dit que je m'en\ncrois trop, que j'ai le culte de moi-même. Tu\nsais combien tout cela est faux. Il me signale\nencore le danger de vivre parmi des partisans\ntrop enthousiastes qui m'encensent. Quelles\nniaiseries ! Pour le choix de mes relations je\nm'en tiens à la précieuse vérité d'un conseil de\nSchumann : \" recherche ceux qui te connais-\nsent le mieux \"... B. me dit que mon igno-\nrance du français me nuira en m'empêchant\nde fréquenter les artistes qui pourraient m être\nutiles (r). Mais le peuple des virtuoses est aux\nantipodes de la musique. Pour eux c'est non\nl'art mais l'argent qui est au premier plan. Seul\nd'entre les virtuoses, Liszt est devenu musicien\nparce qu'il a cessé d'être virtuose. Mais chez\nnous, à Pétersbourg, il n'y a jamais eu de\nLiszt. On s'y contente de racaille comme\nHenselt, Lechetitsky, etc. (j'entends racaille\nau point de vue musical, car pour ce qui est\nde leur jeu, il est excellent). Je termine ce\nvolume par cet autre aphorisme de Schumann:\npasse plus de temps en compagnie des parti-\ntions qu'en compagnie des virtuoses. Et je\nt'envoie ma lettre par un certain fanatique de\nmon talent le seul qu'on puisse trouver à\nPétersbourg. Il m'est sympathique parce que\nson cœur est bon, son âme ardente, mais non\nparce qu'il a cette foi fanatique en mon talent.\nMais il est superflu de t'expliquer cela.\"\nLes autres extraits montrent Balakirew très\npauvre au point d'hésiter à payer dix kopecks\npour le port d'une lettre, et d'humeur assez\nsombre, encore qu'il ne se laissât point aller\nau découragement."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.110", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n118\n\nM. GUSTAVE MAHLER. Tant à\nl'occasion du cinquantième anniversaire de ce\ncompositeur qu'à celle de la première exécu-\ntion de sa huitième symphonie, les journaux\nallemands parlent, naturellement, beaucoup de\nson œuvre et de lui-même. Non moins na-\nturellement, les diatribes s'opposent aux dithy-\nrambes. La note juste paraît être donnée par\nle compte-rendu de M. A. Spanuth (Signale,\n21 septembre) où se mêlent le blâme et l'éloge.\nMême sans avoir entendu cette symphonie, on\nest persuadé que M. Spanuth a raison en\ndéclarant qu'une belle œuvre, avant tout\nvocale, ne peut être considérée comme mar-\nquant la symphonie de l'avenir, ce qui impli-\nquerait la condamnation de la symphonie\ninstrumentale. Et qui connaît les précédentes\nne s'étonnera pas d'apprendre qu'il n'y a qu'une\ntrès lâche corrélation esthétique entre la seconde\npartie et la première ; mais, lisant que jamais\nM. Mahler n'a montré moins de sens critique,\nil restera effaré.\nEn somme, M. Spanuth trouve que l'œuvre\nne révèle rien de neuf, mais est digne d'être\nconnue.\nVeut-on de ces contradictions qui jamais ne\nmanquent, mais réjouiront toujours ? En\nvoici une\n\"... Oublia-t-on même que les œuvres de M.\nMahler sont le point de la réflexion bien plutôt que\nde V inspiration.(M. Spanuth, loc. cit.)\n\"... Voilà qui prouve que Mahler est un\nmusicien de sensibilité et non un musicien d'*enten-\ndement. .. \"\n(M. Jelinek, Musikalisches IVochenblatt,)\nLE DÉVELOPPEMENT DE LA MU-\nSIQUE FRANÇAISE. Soixante-huit\nlignes pour un tel sujet : ce n'est guère, et\npourtant M. von der Stucken (Signale, 14 sep-\ntembre) s'en accommode, il trouve même\nmoyen de faire en si peu de mots (et c'est en\nallemand, non en turc qu'il écrit) des remarques\nintéressantes, comme celle-ci : \" les Allemands\napprécient mal le caractère sérieux et profond\ndes œuvres françaises modernes. Une musique\nqui émeut jusqu'au tréfonds l'âme française\nn'est considérée ici que comme spirituelle et\nagréable. Ne vaudrait-il pas la peine d'étudier\nces œuvres de manière plus intime, au point\nde vue du caractère et du sentiment français ? \"\nOui, certes ; mais cela est très difficile, dirai-je\nvolontiers, en voyant combien la réciproque\nl'est, et comme l'on a du mal, ici, à juger\nBrahms, M. Mahler et M. Reger au point de\nvue du caractère et du sentiment allemands.\nN'importe, il faut toujours essayer, comme le\nconseille M. von der Stucken ; et si, à force\nde le faire, on finit par s'apercevoir que la\nmusique est le moins international des arts\nou du moins, celui qui met le plus de temps\nà franchir les frontières ce sera toujours une\nvérité esthétique d'établie !\nCARACTÈRES DISTINCTIFS DE\nTONALITÉS. Très sage article de\nM. G. Cumberland [Musical Opinion, août) sur\nce thème cher aux abstracteurs de quintessence.\nPour l'auteur, une tonalité \" possède les carac-\ntéristiques que lui attribue tout individu comme\nrésultat d'une crise d'émotion ou bien parce\nqu'il a fréquemment associé une certaine dis-\nposition d'esprit à une certaine tonalité. \" Il a\npu constater que \" des tons ont acquis de\nmanière absolue une atmosphère, une qualité\némotionnelle à lui communiquées par une\nseule pièce imbue de cette émotion ou de cette\natmosphère. \"\nD'autre part, \" tout pianiste a ses tons\nfavoris, ceux qui sur le clavier conviennent le\nmieux à la conformation particulière de ses\nmains : moins souple est sa technique, plus il\npréférera certains tons aux autres. Aux premiers\ns'associeront pour lui les idées de fluidité, de\ngrâce, de lyrisme ; à ceux qui sont difficiles,\ncelles de de nuit, de souffrance. Des\nexpériences prouvent combien le caractère\nattribué aux tonalités varient avec les auditeurs.\nŒUVRES DE M. DEBUSSY. La\ncritique anglaise s'y intéresse beaucoup et\ndepuis fort longtemps comme nouvelles\npreuves de cet intérêt, voici [Musical Opinion,\naoût) un article élogieux de M. G. Lowe sur\nles mélodies de M. Debussy, et un autre (ib.y\nseptembre) de M. J. Matthews sur les nouveaux"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.111", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\n\" vV' ' ' î -ïA.\" 'v,'. :YY - Y-4.\" - jjW j*\nY. Y ' Y;Y Y * / ■\nS! X'-i\n< .\nI\n•Sfto\nivva\nï>\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.112", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n120\n\nPrèiudes. M. Matthews sait apprécier le charme\nde ces préludes, encore qu'il fasse nombre de\nréserves : souhaitant, par exemple, \" un peu\nde Grieg tout frais, tout animé des brises\nsalines du Nord, comme fortifiant après les\nsonorités languides et énervantes du 4\"'° \".\nCe qua vu le vent d'Ouest est \"fort laid\" mais\nd'autres pièces, comme Les collines cVAnacapri,\nLa fille aux cheveux de Un etc. sont fort vantées.\nEn manière de conclusion : une réaction se\nproduira un jour contre le réalisme de\nM. Strauss et de M. Debussy et en faveur de\nla musique pure, sans programme. Le Quatuor\nde M. Debussy prouve que ce compositeur\npeut écrire de belle musique pure ; attendons\nune sonate pour piano, d'égal intérêt.\nM. DEBUSSY DEVANT L'HIS-\nTOIRE. Relevons aussi il n'est pas\ntrop tard pour le faire les réflexions suivan-\ntes sur l'art de M. Debussy par M. Ernest\nNewman (.Musical Ti m es, 1 Mai).\nQuelle place la critique historique donnera-\nt-elle, en fin de compte, à M. Debussy t On\npeut aborder ce problème sans témérité, aujour-\nd'hui que de fréquentes auditions et la rapide\npublication des œuvres rendent possible ce\nqu'on n'aurait jamais pu oser autrefois. Que la\nmusique du compositeur offre maintes beautés\net doive toujours occuper une place importante\ndans l'histoire est hors de doute ; mais dans\nquelle mesure sera-t-elle aimée d'ici une géné-\nration ou deux, et dans quelle mesure regardée\ncomme le premier balbutiement d'un art qui\nn'a point encore maîtrisé le langage qu'il\nambitionne de parler ? Certains ont donné de\npuissantes impulsions à l'art, sans que pour\ncela leurs œuvres aient survécu : tels les\nréformateurs florentins qui fondèrent l'opéra.\nD'autre part, les formes d'art les plus belles et\nles plus durables semblent ne venir qu'à la fin\nde longues périodes d'évolution, être l'expres-\nsion autant d'une race ou d'une époque qvie\nde l'individu qui les met au jour. L'extrême\nindividualité de Debussy, le caractère très\nparticulier de son œuvre ne permettent-ils pas,\nde même que sa prédilection pour certaines\nformules et pour certains effets toujours les\nmêmes et parfois affectés de le considérer\ncomme un génie limité, un pionnier qui ne\npeut conquérir la Terre promise qu'il a décou-\nverte ? M. Debussy est un \" type transitionnel \"\net ce n'est pas lui qui récoltera le meilleur de\nce qu'il a semé. Son malheur est d'inaugurer\nune époque au lieu de la clore. Telle, est la\nconclusion de ces \"notes\"; simple esquisse,dit\nl'auteur, mais esquisse à coup sûr réfléchie,\nsagace et modérée qui pourrait bien être la\nplus riche en idées et en observations justes\nque compte jusqu'à ce jour la littérature anti-\ndebussyste où, pour mieux dire, la critique\nnon apologétique des œuvres de M. Debussy.\nŒUVRES DE M. JOSEPH HOL-\nBROOKE. Un nouveau drame lyrique,\nDylan, de ce compositeur, un des plus en vue\nde la jeune école anglaise,nous est présenté, sans\ngrand commentaire vu la difficulté d'en juger\nd'après la partition pour piano, par M. J. Bow-\nden [Musical Standard,io Sept.). Ce serait une\ndes meilleures œuvres de l'auteur, aux mélodies\nduquel M. Georges Lowe consacre, dans le\nmême périodique (17 Sept.) un article détaillé\net des plus élogieux pour une bonne partie des\npièces énumérées ; celle dont le texte est l'im-\nmortelle Annabel Lee de Poe, les six Chansons\nromantiques, et Marino (d'après Byron)\nsont particulièrement citées comme fort belles.\nM.-D. CALVOCORESSI.\nL'AFFAIRE DE LA LÉPREUSE.\nLa Revue des grands procès contemporains\nvient de publier les plaidoieries du procès de\nla Lépreuse et le jugement qui, pour un mo-\nment, a interrompu les hostilités entre auteurs\net directeurs. On se souvient que Sylvio Laz-\nzari et Henry Bataille présentèrent en 1900\nau directeur de l'opéra-comique un drame\nlyrique : la Lépreuse. On se souvient aussi\ncomment l'œuvre quelque peu modifiée sur la\ndemande de M. Carré, devint la Sorcière, puis\nl'Ensorcelée, et fut acceptée en 1901) annoncée\net affichée en 1902 et 1903. C'est à cette\népoque que remontent les dissentiments entre\nles auteurs et le directeur, dissentiments pro-\nvoqués par les atermoiements de M. Carré"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.113", "texte": "121\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\n\net son refus de jouer la pièce reçue ; les\npolémiques de presse et même un débat a la\nchambre ont d'ailleurs rendus publics ces\ndémêlés. Enfin la Justice fut invitée à trancher\nle litige, elle le fit avec une fantaisie inattendue.\nLes juges ont décidé notamment que M. Carre\npouvait se libérer de son engagement en payant\nà Lazzari le montant du dédit stipulé dans\nson traité avec la Société des auteurs, bien que\nLazzari ne fit pas partie de cette Société au\nmoment où sa pièce fut reçue à l'Opéra Comi-\nque. Ils ont prétendu aussi que l'annonce, au\nmoyen de circulaires et d'affiches, de la re-\nprésentation d'une œuvre dramatico-musicale\n11e saurait prouver la réception de cette œuvre.\nIls ont adopté avec empressement les argu-\nments cependant bien pauvres de M. Carré.\nHeureusement cette décision demeure sans\nimportance, et la Cour d'appel nous dira sans\ndoute prochainement s'il faut encore croire à\nl'équité des juges. GEORGES BAUDIN.\n\nL'Édition\nMusicale\nCHANT. La\nXVIIP siècles, par M'ne Jane Arger. Une\ntrès jolie collection d'airs et de récits, choisis\navec infiniment de goût dans ce que la musi-\nque française offre de plus pimpant et de plus\nenjoué à l'époque classique. Nous ne trou-\nverons ici aucun de ces airs languissants et\néternellement attendris, dont il y a tant d'ex-\nemples à cette époque. Ne prenons pas ce\npetit recueil pour une image exacte du genre\nCantate. Nous risquerions de nous en faire\nune idée trop favorable. Un seul ordre de\nsentiments a trouvé place ici ; et il y faut\nchercher moins de passion que de galanterie,\nmoins de conviction que de bonne grâce. Seul,\nun air de Monteclair, Pan et Syrinx, se dé-\ntache d'une façon un peu plus dramatique sur\nce charmant badinage.\nPour chant aussi, 4 mélodies plutôt ordi-\nnaires, de Charles Neveu : NOËL MARIN,\nFLEURS MORTES, VERS LUISANTS, AUX ÉTOI-\nLES. LE VIEUX CALVAIRE, du même auteur,\névoque assez heureusement un de ces paysages\nbretons dont la sérénité triste 11e manque pas\nde noblesse. LES ROSSIGNOLS DU CIMETIÈRE,\npetites pièces pour voix d'enfants, de Louis\nBoyer, ne sont qu'un enfantillage musical, sur\nun poème d'Alphonse Daudet, que nous eus-\nsions préféré ne pas connaître.\nPIANO. Un volumineux paquet de\nmusique pour piano nous arrive de Hongrie.\nNous ne nous permettrons pas de nous en\nporter juges. Les lecteurs de la S. I. M. liront\ndans un article prochain les origines et les\nambitions de la jeune école hongroise. Pour\naujourd'hui, conseillons-leur de s'attaquer plu-\ntôt aux œuvres d'un Szendy (Six POÈMES HON-\nGROIS, APHORISMES,) OU d'un Léo Weiner\n(SERENADE, réduite à 4 mains) qu'aux élucu-\nbrations un tant soit peu effarantes d'un Zoltan\nKodaly, 10 PIÈCES pour le Piano, pour les-\nquelles l'initiation ne sera pas de trop.\nM. Sigfrid KargEllert, en homme prudent,\npublie avec sa SONATE pour piano (Fis Moll\nOp. 50.) un petit opuscule, destiné à guider le\nlecteur à travers les méandres de son œuvre.\nA première vue, la nécessité de ce fil conduc-\nteur paraît cruellement évidente. Et M. Elert,\nlui-même en semble, plus qu'un autre persuade,\nlorsqu'il inscrit, en tête de son programme, en\nguise de motto d'épigraphe, dirions-nous, les\nvers suivants :\nu Emportez-moi, quand même ce serait sui\nles ailes de la nuit, je veux parvenir à 'la\nlumière. La force des Titans est née de 1 an-\ngoisse, et le jour des œuvres s'élève de la nuit\net du chaos. \""}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.114", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n122\n\nOn serait fortement tenté de croire que les\nténèbres sont demeurées victorieuses, et que la\nlumière aura bien du mal à jaillir de ces 39\npages denses, laborieuses et touffues. Mais les\ncourageux n'auront pas à se repentir d'avoir\nbien voulu suivre M. Ellert. Il rappelle sou-\nvent Schumann, et le meilleur, celui des Varia-\ntions Symphoniques ; mais un Schumann qui\nse serait assimilé toutes les richesses de l'har-\nmonie ultra moderne. Sa phrase, souvent cha-\nleureuse, chante et s'étale avec largeur et\nabondance. Ses trouvailles pianistiques, quel-\nquefois très heureuses, sont-elles aussi un pro-\nlongement des procédés de l'école romantique.\nSi le deuxième morceau, en forme de marche\nfunèbre, nous rappelle un peu trop textuelle-\nment certains Adagios classiques, si le char-\nmant petit passage à 5/8, basé sur un mode\npentatonique, s'efface avec une brièveté décon-\ncertante, (M. Ellert n'est pas homme à s'amuser\naux subtilités de l'exotisme.) l'œuvre n'en est\npas moins riche, et d'une belle venue.\nVIOLONCELLE. Le même auteur\nnous envoie une Sonate, pour Piano et Violon-\ncelle, qui ne paraît pas beaucoup plus accessible\nque l'autre. Ces deux œuvres ont-elles chance\nd'être appréciées en France ? Je le souhaiterais\nbien vivement.\n\nDivers\nj LES ABEILLES ET LA MUSIQUE.\nIl ne s'agit pas de rapporter ici le résultat des\nrecherches de quelque patient savant notant\nminutieusement le bourdonnement musical de\nla ruche et s'efforçant d'en expliquer le sens\nni d émettre une opinion plus ou moins autori-\nsée sur la sensibibilité des abeilles au charme\n/de la musique ; car les abeilles dont nous\nvoulons parler sont celles qui bourdonnèrent\nsous les doigts agiles de la célèbre pianiste\n| Marguerite Nécom dans un récent concert à\n: Hanovre ; ces abeilles-là ne piquent pas ; bien\nau contraire, elles sont douces aux oreilles des\nauditeurs ; ceux-ci furent à tel point charmés\npar la virtuosité de la charmante artiste qu'ils\nse crurent pendant quelques instants bien loin\nde la salle de concert et qu'ils sentirent, s'il\nfaut en croire un Journal Allemand, passer\nsur leurs fronts alourdis par l'atmosphère sur-\nchauffée, un. souffle de printemps : la brillante\npianiste venait d'exécuter un des 66 poëmes\nvirgiliens\" de Th. Dubois : les Abeilles.\nAUTOS MUSICALES. Seul Guil-\nlaume II a le droft, dit-on, de faire annoncer\nson passage en automobile par une trompe\nsonnant une fanfare sur trois notes ; on connaît\nla passion du Kaiser pour la musique ; aussi\nne surprendrons-nous pas nos lecteurs en leur\napprenant que cette fanfare est inspirée d'un\nthème de Wagner qui apparaît pour la première\nfois à la fin de l'Or du Rhin.\nNous recevions récemment le catalogue\nd'une nouvelle trompe pour automobiles auquel\nétait joint un petit cahier de musique ; le\ncatalogue assurait que chacun peut, grâce à\ncette invention, exécuter telle musique qu'il lui\nplaît et terminait, d'une façon rassurante, du\nreste, en déclarant qu'aucune étude n'est\nnécessaire pour arriver à ce résultat. Quant au\ncahier de musique, qui nous avait fort intrigués,\nil nous déçut entièrement. Nous pensions y\nvoir quelque musique de nos meilleurs com-\npositeurs: illusion puérile ! Nous n'y trouvâmes\nni Samson et Dalila, ni Fervaal, ni Pelléas,\nmais \" V'ia l'Général qui passe \", \" V'ia vot'fille\nqui j'vous ramène \", \"La marche des Zoua-\nves \", etc... Nous déchirâmes tristement cette\nréclame qui tient vraiment trop peu de compte\nde notre vie musicale ; puisque Guillaume\njoue du Wagner en automobile, pourquoi le\nreprésentant de notre pays ne quitterait-il pas\nl'Elysée annoncé par Pelléas ; pourquoi cet\nhiver, à la sortie de l'opéra-comique, les paris-\nsiennes ne gagneraient-elles pas leurs autos\nau son de quelque fragment de \" l'Heure\nEspagnole \" de Ravel ?"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.115", "texte": "FÉLIX ALCAN, Éditeur, 108, Boulevard Saint-Germain, PARIS (6<)\nLes Maîtres de la Musique\nÉTUDES D'HISTOIRE ET D'ESTHETIQUE PUBLIEES SOUS LA DIRECTION DE M. JEAN CHANTAVOINE\nChaque volume in-8 écu de 250 pages environ\nVient de Paraître :\nHAENDEL par Romain f^olland\nMoussorgski par M.-D. CALVOCORESSI.\nHaydn, par MICHEL BRENET (2e édition.)\nTrouvères et Troubadours, par P. AUBRY\n(2e édition.)\nWagner, par H. LICHTENBERGER (y édition)\nGluck, par JULIEN TIERSOT.\nLiszt, par JEAN CHANTAVOINE.\nGounod, par CAMILLE BELLAIGUE.\n3 fr- 50\nPalestrina, par MICHEL BRENET (3\" éd.)\nCésar Franck, par VINCENT D'INDY (5e éd.)\nJ.-S. Bach, par ANDRÉ PIRRO, (3e édition.)\nBeethoven, par JEAN CHANTAVOINE (51 éd.)\nMendelssohn, par CAMILLE BELLAIGUE\n(2e édition)\nSmetana, par WILLIAM RITTER.\nRameau, par Louis LALOY (2e édition)\n\nCONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\n&LIVRÉS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements: Mr. J. NICATI, Directeur.\n13291 L\n\nGUITARE\nM'\" B. DORE\nELEVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, RUE FURSTENBERG\nTéléphone 829.80\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\n28, Rue Demours. XVII\"."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.116", "texte": "L'ACTUALITÉ MUSICALE\n124\n\nCours et Leçons\nMme ELIZABETH DELHEZ, profes-\nseur de chant, a repris ses cours et leçons le\nler octobre en son salon, 38, rue Pergolèse,\n'(Paris, et recevra le Mardi de 2 à 4 h.\nLa réouverture du COURS SAUVRE-\niZIS (82, rue de Passy, et 4, rue de la Sor-\nbonne) a eu lieu le 4 octobre. Ecole d'art\nélémentaire et supérieure : solfège, gymnas-\ntique rythmique, harmonie, chant, chœurs,\npiano, instruments à cordes, orchestre, etc.\nM. G. Lantelme devient titulaire du cours\nde chant d'ensemble, Mme Jumel, de celui de\nplain-chant, Mlle Herval, de celui de diction.\n\nInformation\nMr. A. Dandelot, de retour à Paris, reprend\nses réceptions de 2 à 4 heures en ses bureaux\ndu 83 de la Rue d'Amsterdam. L'Administra-\ntion de Concerts A. Dandelot est ouverte\ntous les jours (dimanche excepté) de 9 heures\nà midi et de 2 à 6 heures."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101015-01.1.117", "texte": "BERLIOZ\nPAR\nADOLPHE BOSCHOI\nla plus vaste biographie qui ait\nparu en France.\nCouronnée par l'lnstitut\nNombreux documents inédits,\n/ 7\ntable chronologique et analytique.\nVie de l'artiste ; son œuvre ; son\népoque. Portraits.\n. •* Qy' '\nI. La Jeunesse d'un Romantique\n4e édition 540 pages —*4 fr.\n11. Un Romantique sous Louis-Philippe\n3' édition 670 pages 5 fr.\nm\nParis - LIBRAIRIE PLON, 8, ruejGarancière Paris."}]}