{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_sha256": "8e31f0a0309ba87033a032b1ec4748e6aad7e3596c3ac6a1492ce76b38da5358", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/11/15_01/bmtnabh_1910-11-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/11/15_01/bmtnabh_1910-11-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.1", "debut_caractere": 339, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nLe Festival de 3kCtxnich et la allemande. Le monument W/ agner a Denise.\nLA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE, par M. Daubresse. ANTONIO CABEZON, par F. Lliurat.\nMÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. * LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE, PAR H.\nBarrère. F LES LIVRES. £<* L'ACTUALITÉ. Concerts. Jour et Nuit. Instruisons-nous. A travers\nles Revues. L'Édition musicale. Çà et là."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.3", "titre_corps": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE", "titre_sommaire": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE\nEst-il une meilleure preuve du succès moral et artistique de la semaine française\norganisée par nos soins a Munich que V intérêt\nimposante manifestation ? Nous avons reçu,\nhuit cents coupures de journaux ou revues. Elles représentent un effort d'attention et de\nsympathie que nous sommes heureux d'avoir\nsons ici nos plus sincères remerciements a tous\nde la presse parisienne, qui dès le mois de juillet nous ont aidés avec une inlassable bien-\nveillance, et un entier désintéressement, a propager Vidée d'un festival Français en\nAllemagne, à la faire connaître et agréer du\nVExposition d'Art Musulman de Munich, qui nous a rendu possible la réalisation de ce\nbeau projet.\nIl nous reste aujourd'hui a dresser le\nappréciations multiples et souvent contraires\nutile. Une revue de la presse allemande nous dira l'opinion générale moyenne de cette\ncritique au devant de laquelle nous allions, gu\nLes Amis de la musique il ne fau\nexpérience nouvelle. Du côté de la France, i à\net rassembler, en un programme limité, les\nantagonistes qui composent aujourd'hui l'art\nconciliation nous était imposé par le caractère\nfallait tenir compte de l'auditeur étranger.\nnombre à Munich, pour la VHP symphonie\nnaturellement sa curiosité vers les œuvres les plus nouvelles de notre jeune école. Le gros\npublic devait préférer nos œuvres consacrées, dont le style lui est déjà familier. On sait\nenfin comment l'équilibre de nos premiers programmes, établis au mois de juin, se trouva\ncomplètement modifié par l'impossibilité de dé\nchœur qui voulut préparer une audition des Béatitudes.\nQuel fut le résultat d'un effort ainsi diri ?La\nEt ses indications portent, avant tout, la mar\nAllemands ont été heureux de nous recevoir; tous leurs compte-rendus témoignent d'une joie\nsincère (aufrichtiger Freude). On s'en est \" Trop\nécrié après la seule lecture des Munchener Ne"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.4", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "quotidien, organe officiel de l Allemagne du Sud', se sentent tenu a une courtoisie, dont\nM. Knorr nous permit d'apprécier toute la\npas ailleurs, et les critiques ne nous ont pas manqué.\nLe héros de la fête fut notre maître\nfrançaise, comme T appelle un de nos confrères a\nreprésentant des qualités les mieux connues de \"La symphonie\nen ut, écrit M. Spanuth, 1 peut passer pour un exemple achevé de la manière fran-\nçaise de construire une symphonie et, ainsi considérée, elle apparaît comme un\nchef-d'œuvre ; le musicien allemand peut apprendre quelque chose de cette clareté\ndu dispositif, et de cette perfection absolue dans la mise au point des détails\nA coté de Saint-Saëns, Gabriel Fauré\nparfum de délicatesse qui frappe tout Allemand\nHall de l'Exposition était un peu spacieux pour le Pie Jesu, mais le Kuenstlertheater\ns adaptait merveilleusement à la voix de\npour beaucoup une révélation. Rarement le\nà Végard du charme français, apu s initier de plus près au sentiment puissant et sensuel,\nqui se cache derrière les lignes fuyantes de ces\nLa symphonie de Franck a triomphé. Sa\nRhené-Baton, la chaleur de son mysticisme rapprochent cette œuvre et son auteur des\nsympathies germaniques. \" Chez Franck, écrit le TJ San Galli : 2 on dirait volontiers\nque le cœur est toujours de la partie ; mais ce ne serait pas assez ; c'est l'âme\nmême de l'auteur qui passe dans sa musique. Franck était un artiste religieux. En\nce sens on peut dire avec un critique français des programmes du festival, que\nFranck fut un véritable successeur de Beethoven. (Qu'il ait été le seul, c'est à dire\nplus que Beethoven, Schumann et Bramhs, c'est contestable). Mais en tout cas la\nsymphonie en ré est ce que tout le programme nous a montré de plus profond. De\nce point de vue Franck mérite sans doute d'être placé à la tête de l'école fran-\nçaise El la rédaction du joutnal ajoute aussitôt cette note bien caractéristique :\" Le\njugement de notre collaborateur s'accorde parfaitement avec ce fait que Franck\nétait né de parents allemands\nMais passons sur les éloges accordés en détail et en grand nombre à tous nos maîtres,\net arrivons aux critiques a ensemble. Elles sont souvent vives et imprévues, mais il con-\nvient de n en rien cacher.\nM. LéopoldSchmidt, notre éminent c écrit3 : Un\n\n1 Berliner Lokal Anzeiger, du 25 septembre.\n2 Rhein-Westfalische Zeitun\n3 Le 24. septembre."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.5", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "programme de trois concerts d'orchestre et de deux auditions de musique de\nchambre devait mettre suffisamment en valeur les caractères communs à l'art national\nfrançais. Il nous montra cependant aussi combien en France, comme chez nous, il\ny a rupture entre l'ancien et le moderne. Ce n'est pas seulement Saint Saôns, lui\njadis le premier à transporter en France le poème symphonique de Liszt, qui passe\nau rang des classiques, mais des maîtres beaucoup moins conservateurs que lui,\nsont refoulés vers lui par les tendances modernistes. Gabriel Fauré, malgré tout\nl'intérêt de son style harmonique, et César Franck lui-même, si profond, si riche,\net qu'on voudrait considérer (non sans quelque exagération) comme le père de la\nmusique française, César Franck avec son inspiration pour ainsi dire gothique, son\ngoût des formes cycliques l'un et l'autre restent, à côté de l'universel Saint\nSaëns, les représentants de cet art qui s'est formé en pays gaulois, sous des influences\nitaliennes et grâce à des apports occasionnels venus d'Allemagne. Ils opèrent\n(surtout Saint Saëns et Franck) par contrastes, leurs idées claires et plastiques ont\nl'appui d'une rythmique vigoureuse, leurs formes et leurs moyens d'expression\nsont purement et essentiellement musicaux. Le sentiment allemand pourrait peut-\nêtre demander plus de passion, plus de complexité, plus de premier jet, mais il\nconvient cependant de se réjouir et de constater qu'en fin de compte ce qu'il y a\nde meilleur et de plus particulier dans le caractère national d'une musique échappe\nà l'auditeur étranger... Vincent d'lndy, teinté de sécessionisme, appartient au\nmême groupe et y joue le rôle d'un savant doctrinaire... Un genre bien français\nlui aussi, et qui relève de l'art d'agrément léger, raffiné, habilement ciselé, c'est celui\ndont Lalo sera toujours le représentant le plus brillant. Entre les anciens et les\nmodernes, se place Chabrier, dont la fantaisie infiniment riche n'a malheureusement\npas trouvé de moyens d'expression adéquats... La musique nationale en France a\ndepuis le milieu du XVIIIe siècle soutenu de pénibles luttes. Sa nouvelle victoire\nn'en est que plus bruyamment célébrée. Depuis que Pelléas et Mélisande a fait le\ntour des scènes allemandes, nous connaissons les œuvres où Claude Debussy\nprêche le nouvel évangile... L'article de Laloy publié dans les programmes, donne\nsur lui les meilleurs éclaircissements... On ne peut se soustraire à l'impression de\ndécadent que fait naître dans cet art nouveau la crainte de la clareté, des contrastes\net de toute saine vigueur. On ne saurait non plus contester qu'il abuse des effets\ndont Berlioz (toujours méconnu en France) avait déjà montré la profusion, sans\ncependant les ériger en doctrine. Mais, quoiqu'il en soit, nous ne pouvons nous\nempêcher de suivre avec attention le debussysme... Ses grâces délicates son\nidéalisme indiscutable méritent notre intérêt, sinon chez ses imitateurs impuissants\n(tel Maurice Ravel) du moins chez le maître lui-même."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.6", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "De la nouvelle école se dégage une personnalité celle de Paul Dukas, dont\n\"l'Apprenti Sorcier\", esquisse colorée pleine de verve, a partout triomphé..,\n\" En Norwèce \" d'Arthur Coquard se conforme a des modèles connus, mais avec\nune technique parfois toute personnelle. Roger Ducasse attire l'attention sur son\njeune talent par l'allure vivante, les fermes contours, et l'habile emploi des formes\nanciennes, que nous montrent sa \" Suite Française .\nM. Herz se montre assez sévère : 1\n\" Parmi les jeunes s'est sans conteste Paul Dukas qui remporte }e prix ; il\nest destiné à prendre en France le rôle prépondérant. Pour moi il se place bien au-\ndessus de Debussy et de Ravel, dont les recherches ingénieuses dans le domaine\nde l'orchestre ne doivent pas être mises en doute, mais qui, étant donné leur\namorphie, ne me paraissent pas qualifiés pour être à la tête d'une nouvelle école.\nDe Debussy nous n'avons du reste rien entendu de neuf, mais les \" Nocturnes \"\naux couleurs chatoyantes et magiques. De Ravel au contraire une nouveauté, la\n\" Rapsodie Espagnole \" dont j'attendais beaucoup et qui m'a complètement déçu...\nChez Ravel la mélodie est pour ainsi dire égorgée, et les effets de sonorité\ndominent exclusivement, ils dégénèrent même dans le dernier morceau en musique\n\" tintamaresque \". Si je me permets ce jugement vraiment dur, c'est que je ne\ndoute pas du talent extraordinaire de Ravel, et que je suis persuade qu il faudrait\nramener ce talent à sa véritable voie... Le jeune Roger Ducasse a débuté avec le\nplus grand succès j sa Suite respire la grâce et la joie fiançaise et particulièrement\n\" l'Ouverture \" et la \" Bourrée \" sont des pièces charmantes et tout à fait aima-\nbles. Dans la musique pure les \" Suites \" de Lalo, Fauré, Dubois et Coquard sont\ndes compositions très estimables, de bonne et sérieuse facture, quoique d'invention\nmélodique assez peu originale, ce qui explique l'incursion de ces Messieurs du\ncôté du Folklore \".\nVoulons-nous voir l'extrême du blâme, nous le trouverons dans V Allgemeine Musik-\nzeitung sous la signature du docteur EduardW 2\n\" Pour Debussy je dois avouer que je ne partage pas l'admiration de ses\ncompatriotes à son égard. Certes ses théorèmes sont intéressants, certes sa maniéré\nvous séduit, lorsqu'on l'entend pour la première fois. Mais je ne pourrais\nvraiment l'apprécier que si elle était capable de produire cet effet d'une façon\ndurable. Et cela ne me paraît pas le cas. Lorsqu'on a pénétré le secret de ce senti-\nment harmonique, assez simple d'ailleurs, on remarque que l'horizon de Debussy\nest petit et que l'originalité qui nous frappait passe rapidement à l'état de cliché...\n\n1 Fremdenblatt. Vienne le 5 octobre.\n1 30 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.7", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "Gabriel Fauré est très inégal. Il faut placer très haut sa suite de \" Pelléas L'in-\nfluence de Wagner est incontestable. Mais un Wagner si bien digéré qu'il n'en\nrésulte aucun dommage pour l'auteur, et l'on trouvera rarement l'impression\nd'inconsolable douleur, de désir inassouvi exprimé par des sons aussi purs et dans\nune forme aussi parfaite...\nCitons encore un des articles les plus longs de la presse, celui de notre confrère\nKorngold, successeur de Hanslick à la Neue F 1\n\" La musique instrumentale française prend conscience d'elle-même. Il y a dix\nans encore on ne l'aurait pas vue prenant le train à la gare de l'Est pour venir\ncélébrer ici trois journées de fêtes. En 1899 MM. Rabaud et d'Ollone passèrent à\nVienne ; c'étaient alors les maîtres Saint Saëns, Franck, Dubois, d'lndy, Chabrier,\nLalo, Bruneau qui nous paraissaient les représentants d'une génération de musi-\nciens modernes. Mais rapidement d'autres modernes ont succédé à ceux-là, et qui\nont non seulement cherché à transformer la langue musicale en usage, mais encore\nà transporter dans le domaine de l'art des préoccupations nationalistes. Or, n'est-ce\npas justement ce groupe radical, épris de revendications nationales, qui a permis à\nla musique française de jouer un rôle de plus en plus considérable dans la con-\ncurrence internationale ? Si paradoxal que cela puisse paraître, on peut dire que l'art\ndes anciens et des jeunes, ne serait pas venu aussi complet à Munich, si ces\nrévolutionnaires de la dernière heure n'avaient accompli leur mouvement de\nrévolte contre toute influence étrangère. \"\nM. Korngold rappelle V évolution de la m\najoute :\" Tout à coup vers la fin du siècle dernier se produisit un changement de\nfront contre la musique étrangère et particulièrement contre Wagner. Cette école\nse rassembla autour de Franck. Puis un nom commença à circuler parmi les\nécrivains et les compositeurs libérés de Bayreuth: Debussy! Un nouvel \" isme \"\nnaquit : le debussysme... Ici une grande place avait été accordée à Saint-Saëns.\nSa symphonie s'élève sans cesse au-dessus du spirituel et du joli (Nur-Geistreiche\nund Nur-Feingebildete) et le cœur commente le souvenir de Liszt, dans les\nrythmes il est vrai de Schumann et de Mendelssohn. Le premier allegro pourrait\nêtre de la main d'un Allemand. Dans l'adagio apparaît le Français.\nGabriel Fauré nous montre un art voisin. Son quatuor en ut majeur parle une\nlangue sérieuse et d'excellente compagnie. Ses mélodies ont un parfum délicat,\nsinon le \" Parfum Impérissable \" dont il est question dans l'une d'elles. A côté\nde Saint Saëns et de Fauré plaçons Dubois et Widor, tous deux issus de l'orgue.\nLa France connaît aussi comme nous certaine facture musicale qui se réclame de\n\n23 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.8", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2685, "texte": "l'académie, mais qui chez nos voisins a le bon goût de renoncer aux allures de la\nprofondeur et du colossal...\nSuivant le moment on devient à l'orgue un Bach, un Bruckner ou un César\nFranck. Il serait difficile d'indiquer les origines de l'art franckiste, qui est devenu\nlui -même un point de départ. Toutefois c'est l'esprit de la musique allemande qui\nse manifeste dans cette gravité religieuse, dans cette profondeur de la pensée\nharmonique, même dans ce goût d'une fantaisie incertaine. Chez Franck l'invention\nmélodique n'est ni puissante ni variée ; Franck est original mais pas riche.\nQuand on parle de Franck, Vincent d'lndy n'est pas loin. La symphonie sur\nun thème montagnard poursuit son motif initial avec une persistance voulue, au\nmilieu d'un travail thématique qui donne moins l'idée d'une véritable composition\nque d'une transposition et d'un jeu. Dans la dernière partie la verve apparaît\ncependant et tout l'esprit des rythmes. Sur l'accompagnement en cimbales du\npiano et de la harpe, la clarinette joue un air de musette ; c'est une kermesse vue\ndu boulevard \".\nA propos de Chabrier M. Korngold rap B el!aiguë\nsentation de Gwendoline. \"Et le reste ? Ce\nmais du bruit\".\nDe Bruneau F Ouverture de Messidor est \" eine Morgenstimmung im Treib-\nhause \" e est à dire\" une impression matinale dans une serre \".\n\" On nous a donné la Rapsodie Norwégienne de Lalo. L'auditeur allemand a\ndéjà fait souvent cet agréable voyage aux pays du Nord.\n\" Venons aux jeunes et pourquoi ne pas le dire à ceux qui nous\nintéressent. Debussy et Ravel sont facilement reconnaissables : mépris de la culture\nmusicale traditionnelle, et retour au primitif par le raffinement... Les créations\nde Debussy ne sont pas seulement d'une originalité exclusive, elles sont l'expression\nmême de la solitude et de la désolation d'une âme (seelig veroedet). Mais ce\nformalisme extrême, qui cherche à remplacer les formes absentes, ce sens délicat\ndes nouvelles valeurs harmoniques et des couleurs, créent à leur tour de nouveaux\nattraits. La sensibilité, je dirais volontiers la chasteté de Debussy, disparaît com-\nplètement chez l'hyperdebussyste Ravel, un jeune sauvage, mais plein de talent pour\nles hors-d'œuvre de l'instrumentation, et qui sait nous tenir en suspens devant\nl'exécution d'un rien sonore, comme sa rapsodie espagnole. Nous avions du reste\ndeja entendu à Vienne un quatuor de lui, qui n'était ni moins espagnol, ni moins\nrapsodique. A la mesure de ces deux musiciens Paul Dukas apparaît comme un\nartiste pur sang. Son \" Apprenti sorcier \", devenu un morceau de répertoire, aeu\ntout le succès d'une manifestation musicale du plus pur esprit gaulois. Dukas est"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.9", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "un des plus grands espoirs de la musique française contemporaine. Qui connaît cet\nhomme spirituel, le redoutera à cause de son esprit même. Il lui manque la\nfraîche naïveté qui ose ; les regards qu'il jette vers le passé semblent faire tort à\n1 audace qu il sait cependant montrer a 1 occasion. Aux fêtes de Salzbourg Dukas,\nqui ne sent pas apprécié a sa valeur en france ni à l'étranger, laissa échapper ce\njoli mot . A Salzbourg 011 me croit trop Parisien, et à Paris je passe pour être trop\nSalzbourgeois. Ne pas confondre avec lui Roger Ducasse, dont la \" Suite\nFrançaise amuse par son humeur pétillante, par le feu d'artifice de ses rythmes,\npar le jacassement de ses bois et de ses cordes. Un Wolf-Ferrai français... \"\nLa place nous manque pour citer encore de nombreux confrères qui onty chacun de\nleur point de vue, juge, critique, et fait assaut de qualificatifs autour de nos musiciens. Encore\nmoins voudrions-nous résumer nous-même ces im\nnotre prochain Bulletin des Amis nous grouperons\nment cherche a tirer des conclusions générales de ces fêtes et à donner a leurs lecteurs une\nopinion comparée de F état présent de la musique"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.4", "titre_corps": "LE MONUMENT WAGNER", "titre_sommaire": "LE MONUMENT WAGNER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.9", "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 2205, "texte": "LE MONUMENT WAGNER\nLa souscription ouverte dans notre\net destinée à V érection d'un monument Wagn\nVendramin où est mort le Maître, a produit l fr. 2.000\nauquel il convient d'ajouter le don généreux de S. M. le Roi de Bulgarie. . fr. 500\nSoit fr. 2.500\nL inauguration de ce bas-relief a eu lie 26\nautorites communales de Vmise, d'une nombreuse colonie étrangère, et de la haute société\nV°ni tienne.\nC est à Ettore Cadorin, un sculpteur vénitien fixé a Paris, que nous devons ce\nmonument de marbre. Le bas-relief a im 2 sde hauteur sur une largeur de im4s ;\nil comporte un médaillon du Maître entouré d\nde Gabrieled'Annunzio :\nIn questo palazzo l'ultimo spiro di Riccardo Wagner odono le anime\nperpetuarsi corne la marea\nApres le prélude des Maîtres-Chanteurs par /' orchestre communal, sous la direction\ndu Maestro Preite, M. Max Rikoff prit\nV allocution suivante :\n\" La sculpture et la poésie s'unissent en ce jour pour rendre hommage à la mémoire\ndun maître, dont le nom, assez illustre pour se passer de toute épithéte banalement"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.10", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "louangeuse, sonne comme une fanfare triomphale\nRichard Wagner.\n\"Il ne s'agit pas d'ériger ici un monument a sa gloire. De tels monuments se\ndressent ailleurs, et le plus beau d'entre eux\ndont on se proposera de magnifier l'auteur. Il s'agit d'un simple souvenir, et, si l'on\nveut excuser ce mot prosaïque?, d'un \"avis\npassant devant ce palais, les Vénitiens et les étrangers, les curieux et les indifférents,\ns'arrêtent et lisent. ■ Qu'ils se reportent un\n13 février 1883, jour de deuil et de\npieusement : la séjourna quelques mois l'un de ceux qui ont compté parmi les hommes ;\nlà son cœur a cessé de battre ; là ses yeux se sont fermés à la lumière.\n\"Et tel est le prestige du génie qui\nparticularités de race, aux limitations de frontières. Parvenu a certain degré, il n'est\nplus d'un seul pays, mais de tous les pays. Dans ce sens on a pu proclamer que l'art\nn'a pas de patrie, l'art, c' est-à-dire l'art s\nà la terre un reflet du ciel, un rayon divin. Homère et Platon, Virgile et Dante,\nShakespeare et Newton, Molière et Pasteur, Mozart et Beethoven n appartiennent plus\nà leur nationalité d'origine; ils ont dépassé le niveau où l'homme demeure obscur pour\nses semblables parce qu'il reste confondu dans la foule; or, à mesure quil s'élève, il\nvoit de plus haut, comme on le voit de plus\nque si l'Allemagne a la juste fierté de son fils, l'humanité le réclame a son tour parce\nqu'il lui fit honneur, parce qu'il a noblement\nson esprit, pour étendre le domaine de son idéal.\n\" Voilà pourquoi un groupe d'admirateurs, parmi lesquels toutes les nations sont\nreprésentées, a conçu le projet qui se réalise a\ncette plaque commémorative, dont elle accepte la garde. Venise la belle, aime ce qui est\nbeau. Elle se rappellera que la beauté de l'art est une religion, et que, dans cette\nreligion, Richard Wagner fut l'un des apôtres\nLe Maire deVmise, Comte Grimani,\nInternational et l'auteur de cette œuvre fort\nse ferait un plaisir de prendre sous sa garde, ce Monument Commémoratif Après la\ncérémonie, l'orchestre exécuta encore quelqu\npassaient en gondole devant le monument. M. Max Rikoff, déposa devant le bas-relief,\nune couronne au nom de la \"Société Française des Amis de la Musique\"; le\nConservatoire \" Benedetto Marcello\" de Venise en fit autant. Parmi les assistants,\nnous avons remarque le Préfet de Venise;\nCanevaro, Baronne Ellembach; Baronne de Fontaine ; Comte et Comtesse Lovatelli ;\nBaronne Bosch; Rudolph Wintenberg; Broce\nvon Stepski, Consul d'Autriche, M. et Mme Davez, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.5", "titre_corps": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE", "titre_sommaire": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n\nIl y a quelques années, un professeur genevois, M. Jaques-Dalcroze,\neut l'idée de faire exécuter à ses élèves solfégistes des mouvements coor-\ndonnés à la musique qu'il leur faisait entendre. Le but était de fortifier,\nchez ses élèves, l'instinct musical, quelquefois défaillant.\nLorsqu'il songea à prendre le pas pour unité de mesure et a associer\ndes mouvements corporels à l'audition de la mélodie, M. Dalcroze ne\nsoupçonnait sans doute pas toutes les conséquences de sa géniale tenta-\ntive, et le développement que devait prendre, par la suite, la Qymnastique\nRythmique qu'il venait de créer."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.12", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "En France, nous ne connûmes guère de la gymnastique rythmique\nque son nom, quelques comptes-rendus de presse nous l'ayant appris. De\ntimides essais d'acclimatation, faits à Paris, n'intéressèrent qu'un petit\ngroupe. Il est probable que nous en serions\nrestés fort longtemps à cette vue limitée\nsi un remarquable artiste, et un homme\nd'initiative, M. Jean d'Udine, ne s'était\nsubitement enthousiasmé pour la nouvelle\nméthode. Il l'évalua, par intuition immé-\ndiate, et pressentit les merveilleux résultats\nqu'une judicieuse application en pouvait\nobtenir, non seulement au point de vue de\nla culture musicale d'un individu, mais\nencore au point de vue de sa culture\ngénérale. Sans délai, avec un courage et un\nesprit de décision qu'on ne saurait trop\nlouer, M. d'Udine abandonna la situation\nqu'il occupait à Paris et alla s'installer à\nGenève où il se soumit à un entraînement\nintensif sous la direction de M. Jaques-\nDalcroze. Il associait à son effort deux\ncollaboratrices dont le dévouement doit\nêtre, ici, rappelé : sa femme M 1 Jean\nd'Udine, et Melle Charruit, sa belle sœur.\nTous trois travaillèrent un an.\nDe retour à Paris, en octobre 1909, M. d'Udine inaugurait les\npremiers véritables cours de G. R. dans une salle louée et aménagée à cet\neffet. Il expliqua, dans une conférence d'ouverture, ce qu'était la G. R. et,\navec une confiance ingénue, proposa à ses auditeurs le nouvel enseignement.\nEngager des Parisiens distraits, sceptiques, frivoles, (opinion accréditée\ndans le monde entier, donc indiscutable) à revêtir régulièrement, deux\nfois par semaine, un costume de gymnastique, et, sans apparat, sans\nsnobisme, tout simplement, tout docilement à se placer sous la direction\nd un professeur !.. convier ces gens accablés d'occupations, de soucis, de\nplaisiis a améliorer leurs corps imparfaits, à combiner des mouvements\nharmonieux sous la dictee de la Musique, à établir, en leur mentalité,\ndes associations nouvelles, à travailler difficilement, avec persévérance, des"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.13", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "rythmes oubliés depuis les années de collège, et à rendre, en leurs cœurs,\nhommage à la Beauté, c'était : ou d'une candeur désarmante, ou d'une\nintrépidité de conviction singulière. On resta d'abord saisi ; puis, la\nferveur de ce converti à la doctrine dalcrozienne, sa parole entraînante,\nson accent de franchise, la grâce des attitudes de ses deux monitrices,\nexemples vivants de l'excellence de la méthode ; cette sympathie, que\nsuscite tout enthousiasme sincère, l'emportèrent tout à coup. On fut\nsubjugué, entraîné, conquis, et, avant la fin de la séance, le programme\nétait adopté.\nEn s'adressant à Paris, M. d'Udine prouvait qu'il connaissait bien\ncette Ville aux ressources d'intelligence, aux avidités de savoir et à cette\ncontinuité de labeurs que beaucoup méconnaissent parce qu'elle a le bon\ngoût et la délicate politesse de masquer son effort d'un sourire. Hommes,\nfemmes, enfants s'inscrivirent aux nouveaux cours, on refusa des élèves.\nLe succès avait répondu à l'ardeur de foi agissante du nouveau maître.\nMalheureusement, quelques mois après, un deuil cruel venait attrister\nla maison, Mlle Charruit était enlevée à l'affection des siens. M. et Mme\nd'Udine continuèrent seuls la tâche.\n* *\nPresqu'un an passé et aujourd'hui des résultats s'imposent à notre\nattention. Et d'abord, qu'est-ce que la Gymnastique Rythmique ?\nAu déchiffrage, lorsque le pianiste lit couramment les signes sur la\nportée, il organise mentalement, et de façon presque instantanée, la série\ndes mouvements nécessaires à l'exécution du morceau. Cette blanche doit\ndurer deux temps ; ces deux temps doivent être lents, car le tempo indiqué\nest : adagio ; le son sera plein et fort, car la nuance l'exige ; le doigt se\nlève donc à une certaine hauteur afin de presser comme il faut la touche.\nImmédiatement, avec une rapidité surprenante, la durée, la vitesse,\nl'intensité du son, l'amplitude du mouvement nécessaire à le produire\nont été évalués par l'exécutant. Entrevu un petit rond blanc, ou noir, sur\n•une portée, et tout le mécanisme mental se déclanche; le courant nerveux\nest projeté le long du bras, dans la main, le doigt tombe, l'effet est\nobtenu.\nCe que fait là le pianiste, pour que sonne le clavier, ce travail\nimmédiat d'action manuelle, l'élève de G. R. l'accomplit avec tout son"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "corps. Pour lui, l'audition entraîne immédiatement une série d'images\nmentales et une organisation consécutive de mouvements rythmes. Taine,\ndans cet admirable livre de d'une analyse\nsi pénétrante, si aiguë et si juste de tout le processus\nmental, Taine dit que le mot et l'image forment un\ncouple inséparable ; l'un, le mot, lu ou entendu, suscite\nune série d'images lui correspondant, l'autre, l'image,\nou les images perçues entraînent le vocable qui les\ndésigne. C'est un couple lié chez tout sujet normal.\nIl en va de même en G. R., mais ce n'est plus du\nmot qu'il s'agit, c'est du son. Ainsi on peut dire :\nle son perçu par le rythmicien 1\nd' images mentales représentatives Ces\nimages sont comme nous le voyions tout-à-l'heure\npour le pianiste de durée, de vitesse, d'étendue et\nd'intensité. Par la suite, et à ces premiers groupes,\ns'ajoutent d'autres images, d'un ordre différent, que nous\nappellerions volontiers, de pathétisme.\nLes mouvements corporels peuvent ne pas être\nexécutés, ils sont toujours perçus en puissance d'actes (lorsque l'entraîne-\nment est suffisant). Dès que le son et Vimage sont couplés, le logos musical\nest traduit par le geste du corps : geste\nprompt, agile, détendu, rapide ou lent ;\npompeux, marqué, ou simplement esquissé,\ntrès large ou petit et comme resserré. Il\nse mesure et s'appuie aux fractions du\ntemps, et ainsi sa durée s'adapte à la\nvitesse ; enfin il s'intensifie, devient riche\net comme tout plein d'une force qu'il\nprojette. Quelquefois il se pathétise, l'in-\nterprète transmet alors tout le contenu\némotionnel de son être sous l'influence\nexcitatrice du dessin musical perçu.\nLa G. R. aboutit donc à la panto-\nmime et à la danse expressives, non pas\ncelles que nous connaissons trop et dont les attitudes prévues sont\n1 Terme adopté par l'Ecole Française de G. R"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.15", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "imposées par un maître de ballet suivant des traditions, trop souvent\nfausses, incohérentes, et comme établies la Musique. Il s'agit, en\nG. R. d'une pantomime et d'une danse expressives créées spontanément,\npar le danseur lui-même, en fonction de la musique qu'il traduit. C'est,\nau sens littéral, une inspiration musicale.L'interprète dessine dans l'espace,\nqu'il emplit de belles images mouvantes, le mystérieux poème : joie,\npleurs, ironie, dédain, divertissement, amour, lamentations, que chante,\nclame ou murmure la voix de la Muse lorsqu'elle rompt le silence.\nEst-ce tout ?... Bien plus encore. Nous allons constater un curieux\nphénomène de réversibilité. L'artiste, c'est le pratiquant de G. R. que je\nveux dire, a obéi à la Musique et, sous sa dictée, il a dessiné de beaux\ngestes. Maintenant, mû par cet instinct créateur qui pousse l'homme,\nà chaque instant, vers des voies nouvelles et toujours plus variées, il va\nsuivre une marche inverse, et ceci vaut qu'on s'y arrête; il va, avec des\ngestes, créer de la musique, c'est-à-dire\ndes rythmes nouveaux. Lorsque le\npeintre a beaucoup observé la Nature et\ns'est astreint longuement à sa minutieuse\nreprésentation, il arrive qu'il cesse un\ninstant d'ouvrir les yeux sur Elle.\nRegardant en lui-même, retourné vers\nces cavernes mystérieuses de la pensée :\ninsondables gouffres tour-à-tour pleins de\nlumières et noirs de formidables ombres,\nil découvre une foule de formes harmo-\nnieuses qu'il ne soupçonnait pas en lui.\nElles sont sa création propre, le fruit de\nson esprit et comme les filles mêmes de\nson âme. Saisissant alors ses pinceaux,\nses couleurs, ses toiles, le peintre fixe,\npour nous, ces créatures imaginaires\nvenues de ce monde intérieur que nous connaissons si peu. Ainsi en\nva-t-il de même pour l'adepte de G. R. Il cesse parfois de desirer\nentendre la musique, il ferme l'oreille à ses accents ; il se recueille ;\nl'éveil et la surexcitation du sens dynamique, très développe chez lui,\ndéterminent F invention ; il élabore des rythmes nouveaux, les propose"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1085, "texte": "à la mélodie ; il les veut fixer en de beaux chants, il se charme soi-même\nde ses trouvailles, leur cherche une voix qu'il tient à nous faire entendre,\nnote leur dessin, leur cours régulier et paisible, ou l'oppression de leurs\nsyncopes haletantes. Comme la pythonisse, agitée par le dieu, trouve enfin\nla formule de l'oracle, le \" rythmicien \", dans ce nouvel état, découvre\nl'expression musicale correspondant au geste qu'il vient de concevoir.\nIci, le mouvement a créé la Musique.\nOn voit quel large champ est ouvert à ceux qui voudraient appro-\nfondir cette moderne orchestique et quelles multiples activités elle\nsolliciterait chez eux.\nOn peut définir la Musique, il est impossible, avec des mots, d'en\ndonner l'impression.Ayant, à rendre compte d'une composition entendue,\nje puis énoncer qu elle est d'un mouvement lent, à quatre temps, en mi\nbémol, confiée a tels et tels instruments. Celui qui me lit, ou m'écoute,\nn est pas plus avance ; j accumule les adjectifs, dis que le morceau était\nsuperbe, magnifique, sublime, ou plat et ennuyeux ; qu'il a fait couler"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.17", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "des larmes, ou fuir le public ; du point de vue musical, ce sont paroles\ninutiles ; rien de plus de la composition n'est révélé. Le le\nretentissement du mot dans la pensée, n'est en rien comparable au\nmusical,ou plutôt, les rapports entre eux sont tellement éloignés que presque\nnuls. Il faut entendre soi-même ; entrer personnellement dans le cercle\ndes ondes sonores, vibrer de leurs vibrations pour savoir ce qu'est la\nMusique et l'effet produit par telle ou telle composition.\nDe même, en G. R. ni vocables, ni même croquis, si parfaits soient-\nils, ne peuvent donner l'idée de la succession des mouvements, encore\nmoins du travail mental que nécessite leur exécution. Il faut voir, le\nmieux serait de devenir soi-même rythmicien, pour prendre l'idée com-\nplète de l'admirable méthode dalcrozienne.\nCertains compositeurs, pour aider à la compréhension de leurs œuvres,\nen donnent quelquefois une analyse thématique. L'idée est bonne ;\nessayons-en.\nAvant toute chose, en dehors de la G. R. et précisément dans cette\nRevue Internationale de Musique, nous formulerons un vœu : c'est que\nle mot rythme soit mieux défini. En effet il peut désigner :\ni° Le mouvement : On dit un rythme vif et gai.\n2 Une certaine disposition régulière de valeurs : le rythme du\nboléro, de la barcarolle.\n3° Un dessin mélodique (voir les ouvrages de Mathis Lussy) un\nrythme thétique, anacrousique.\n4° La durée des valeurs : un rythme de blanches et de noires.\nC'est beaucoup. Il importerait de préciser.\nEn G.R. un rythme est la série des valeurs d'un dessin musical. (Com-\nbinaison des définitions 3 et 4).\nCeci dit, revenons à notre méthode.\nTout dessin mélodique suppose une mesure (2, 3, 4 temps) remplie\npar des notes ou des silences de durées différentes (blanches, noires, soupirs).\nTout individu normal possède des bras et des jambes. Il peut donc\nse proposer d'indiquer, par les mouvements des membres, les temps et les\ndurées. Par exemple : les bras battront les temps, avec des gestes convenus,\ntandis que les jambes marqueront les durées, par station ou mouvements.\nEtant donné ce rythme : f f f les bras feront quatre mouvements, les\npieds frapperont le lerIer temps ; indiqueront le 2me par un mouvement, le\ncorps restant stationnaire, et marcheront les temps 3 et 4."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "Il a fallu convenir d'un certain nombre de mouvements significatifs\ncorrespondant aux temps et aux durées. S'il a connaissance des conventions\nfaites, le spectateur d'une leçon de G. R. peut dans les gestes executes\ndevant lui, par les élèves, les valeurs musicales données par l'instrument.\nIl les découvrirait d'ailleurs par lui-même en peu de temps.\nOn arrive ainsi à :\ni° Battre la mesure avec les bras ; marquer les rythmes avec les pieds.\n2° Battre la mesure avec les pieds ; marquer les rythmes avec les bras.\n3° Penser, ou mieux sentir mentalement la mesure, et battre le rythme\navec les bras et les pieds.\n4° Indiquer les rythmes, non plus par des mouvements segmentaires,\nmais par l'attitude complète et même expressive du corps.\nTout ceci, d'après la leçon du piano, et\nEn d'autres termes, le rythmicien fait de la \"dictée musicale\" non écrite,\nmais mimée ; il la réalise, non par la graphie, mais par le geste. Les\nélèves arrivent, très rapidement à traduire les improvisations qu'ils entendent,\ncomme les solfégistes à les écrire. Ils font mieux encore. Au bout de\nquelques mois d'étude, ils réussissent à figurer un rythme qu'ils viennent\nde percevoir, tout en enregistrant un autre, qu'ils vont exécuter. C'est ce\nqui se produit quand ils \"agissent\" un contre point sous forme canonique.\nVoici un exemple entendu récemment au cours de Mr d'Udine :"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.19", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "Le piano propose le rythme i ; les élèves l'exécutent à la deuxième\nmesure, en enregistrant le rythme 2, qu'ils vont figurer pendant la\n3me mesure, en enregistrant le rythme 3. Et ainsi de suite pendant toute\nla durée du canon.\nOn peut également demander aux rythmiciens d'exécuter les\nmouvements en sens contraire, autrement dit de réaliser un rythme en\nle commençant par le dernier temps, cependant qu'ils battent la mesure\nà l'envers et marchent rythmiquement en arrière au commandement.\nToute cette partie d'acquisitions techniques, sans stylisation, est\nd'un intérêt majeur, et révèle, chez les plus petits enfants, (certains des\nélèves ont cinq ans) une puissance d'organisation motrice tout à fait\nstupéfiante et, jusqu'ici, insoupçonnée.\nAllez voir ces gentils élèves qui, sous le magistère de M. J. d'Udine,\nattendent l'heure de la leçon. Ils sautent, courent, bondissent dans la\nvaste salle et semblent se soucier fort peu de psychologie. Cependant le\nmaître s'assied au piano, le travail commence. Tous les jeunes disciples,\ngarçons et filles, sont attentifs ; ils nouent et dénouent leur ronde ;\nprécipitent ou ralentissent leurs pas, selon que la mélodie s enfle ou\ndiminue ; les petits pieds frappent les temps forts, les bras et les mains\nmignonnes s'élèvent en cadence. Pas un des enfants n est passif.\npeuvent pas l'être.Aucun de ces martyrs mécaniques qui ânonnent, au\ncours de solfège, un, deux, trots, la\nfigure grise et la pensée absente ; toutes les petites bonnes gens, ici,\nrassemblés sont en train de bien vivre leur vie ; ils s'activent et s appli-\nquent, il ne faut point troubler les pas, ni manquer la mesure : les tetes\ntravaillent, les mouvements sont commandés, inhibes et repris suivant la\nleçon du piano.\nAprès les exercices, les jeux, avec application des memes principes.\nAujourd'hui, c'est le Petit Poucet dont Mr d'Udine a écrit la musique.\nUn brave petit homme de six ans, au minois fute, aux yeux brillants\nd'intelligence tient le grand premier rôle de Poucet. Ses dix freres le\nsuivent. Tous abandonnent leur famille. Apparition terrifiante de 1 Ogre.\nEn la circonstance, c'est un élève de G. R. détache du cours d hommes.\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "Faut-il ajouter qu'il est un de nos plus admirables poètes. Bien supé-\nrieur au jeu auquel il s associe, et dune signification plastique étonnante,\nson départ est superbe i un tel élan fêtait la joie d un sculpteui. Il y a la\nun allongement de lignes prodigieux, donnant la sensation même du\ndémesuré, une étonnante protection QU bras dioit en avdnt, par un\nvigoureux lancé, tandis que la jambe droite s'étire longuement en arrière\net que le regard scrute, à des lieues, un imaginaire horizon. Cet Ogie est\nimmense. Toute la scène se déroule rythmiquement, chaque geste com-\nmandé par les combinaisons de valeurs de la notation proportionnelle.\nC'est un contre-point d'un nouveau genre, dont 1 exposition est faite a\nla fois par le piano et par les figurants : l'Ogre et le personnage collectif\nde la famille Poucet. On pourrait l'écrire à onze parties, si on voulait,\nun ancien harmoniste n'y eut pas manqué et nos jeunes rythmiciens n'y\nverraient nulle difficulté.\n* *\nQuelle est l'utilité de semblables exercices? ont demandé certaines\ngens qui n'ont jamais beaucoup réfléchi à leur propre existence, se\npréoccupant moins de sa qualité que de sa longueur.\nPourvu qu'en somme\nJe vive, c'est assez, je suis plus que content.\nCet idéal, qui n'en est pas un, semblera peut-être un peu court.\nA ceux qu'il ne satisferait point et qui veulent surtout vivre, en\nnous dirons que la G. R. peut les intéresser au triple point de vue :\nmusical, plastique et psychologique."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.21", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "Musical. Il est presque inutile d'y insister. La culture musicale\nrythmique est, chez nous, assez négligée, et même nulle. Les plus\nremarquables virtuoses ne soupçonnent guère leur arythmie ; elle existe\ncependant, et il leur serait impossible d'exécuter, tout virtuoses qu'ils\nsont, les mouvements que fait, sans peine, un jeune rythmicien de dix\nans. Un entraînement méthodique, et progressif, ne leur serait donc pas\ninutile. Quant aux musiciens non-virtuoses, ils sont foule, ils auraient\ntout profit à développer, en eux, le sens du rythme par l'étude, ou plutôt\nla pratique de la G. R.\nSi par hasard, fantaisie prenait aux compositeurs de devenir ryth-\nmiciens, ils acquerraient les notions les plus claires et les plus précieuses\nsur les rapports du geste et de la musique, (nous ne disons rien des\nmaîtres de ballets). Ils feraient, en ce qui touche au rythme, de véritables\ndécouvertes leur permettant de varier un peu les formules qu'ils emploient.\nQuelques-uns d'entre eux cesseraient peut être de demander la variété\nrythmique à l'incohérence. Ce serait tout profit pour l'art.\nPlastiquement, la G. R. détermine l'harmonie du geste. Regardez\nles gens agir autour de vous ; que de mouvements mal venus ; ou trop\narrondis, et lâches, et mous; ou anguleux, rétrécis, désagréables à l'oeil.\nLa cause d'effets si fâcheux?... nous sommes presque tous arythmiques\npar suite d'une mauvaise éducation, ou si l'on veut, d'absence d'éducation"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "spéciale : nous ne savons pas coordonner les mouvements les plus\nélémentaires j nous dépensons trop, ou trop peu, d influx nerveux, nous\nne pouvons pas commander, en temps et quantité voulus sa distribution.\nLa G. R. apprendrait à chacun de nous, hommes et femmes, la grâce\ndu geste, non pas cette grâce factice que les femmes, particulièrement,\nsurajoutent à leurs mouvements comme elles mettent de la poudre sur\nleurs visages; grâce agaçante et fausse, fard du geste, dissonance et\nmensonge, mais la grâce véritable que donnent, naturellement, des\nmouvements justes représentant le minimum d'effort musculaire pour le\nmaximum d'effet réalisé.\nMais restreignons à ceux que la méthode dalcrozienne intéresse\nplus directement. Les peintres, sculpteurs, dessinateurs et tous artistes\nde la forme, trouveraient, dans les rythmiciens, des collaborateurs autre-\nment précieux que les mo-\ndèles gagés qui tiennent, plus\nou moins bien, \"la pose\". Ils\npourraient perfectionner, là,\ncette éducation de l'œil qui\nleur est indispensable et que\nles habitudes de notre civili-\nsation favorisent si peu. Un\nartiste génial, Mr Rodin, a\ntrouvé le moyen d'obtenir\ndes poses libres-, des mouve-\nments spontanés, des flexions\nà saisir au vol, pour la plus\ngrande joie de l'œil qui se\ncaresse aux contours ; mais\ntous les amoureux de la ligne\nne peuvent pas user du pro-\ncédé de Mr Rodin. La G. R.\nle leur offrirait dans des con-\nditions inespérées et peut-\nêtre plus parfaites encore.\nAutre aspect de la question : si l'on songe au développement du\n\" bel animal humain les médecins seraient tout désignés pour en suivre\nles phases sous l'influence de la G. R. Il est même étonnant, par ce"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.23", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "temps de médicophilie, que Mr d'Udine n'ait pas, dès le début de ses\ncours, prié quelque sommité médicale de \" mesurer \" les candidats qui\nse présentaient afin de constater leurs modifications physiologiques,\naprès quelques mois d'exercices.\nEnfin les psychologues ne devraient pas négliger l'assistance aux\ncours de G. R. Ils devraient même y être les premiers. Qu'on veuille\nbien se rappeler en effet que la Mémoire est notre faculté maîtresse, la\nbase même de toute notre vie psychique, conditionnant l'autre. Associa-\ntions, dissociations, ces deux aspects d'un même phénomène si remar-\nquablement étudié par Mr Ribot dans son livre sur les Maladies de la\nMémoire, voilà tout le travail de la pensée.\nIl n'est rendu possible que par la mémoire.\nPas un de nos gestes, pas la plus petite\nde nos actions, qui ne suppose un en-\ntraînement, c'est-à-dire un fait de mé-\nmoire. Par contre, la plus légère amnésie\nnous frappe d'incapacité. L'étude de la\nmémoire constitue, certainement, le plus\nimportant chapitre de toute la psycho-\nlogie ; combien s'enrichirait-il de l'at-\ntention donnée à la gymnastique créée\npar Mr Jaques-Dalcroze. Elle institue une\nsérie toute faite de remarquables expé-\nriences sur le passage du conscient à l'in-\nconscient. Mr le Professeur Grasset dirait :\nsur les relations multipliées du centre O\navec le polygone. Et, l'illustre psycho-\nlogue, Mr le Dr Pierre Janet, trouverait\nici matière à une superbe leçon ajoutée à\n1' Automatisme Psychologique.\nUne autre étude pourrait encore\ns'offrir à l'intérêt de tant de renommés\nphilosophes ; nous voulons parler de la\nlecture et comme de la visibilité des sentiments sur tout le corps humain\nen action. L'élève rythmicien est pour ainsi dire condamné à l'expression\nde sa vérité sentimentale par la justesse même de son effort. Tout 1 in-\ndividu devient expressif. D'une part, la du tempérament se signifie"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1746, "texte": "dans le geste, d'autre part, 1 émotion y est saisie dans sa piesque intégra-\nlité ; elle est mise à nu, et comme dévoilée, par le frémissement des lignes\nvivantes d'un corps projeté tout entier, dans 1 action qu il accomplit.\nLes leçons de G. R., pour qui sait entendre le silence du geste, sont\ndes révélatrices.\nLe cours des jeunes filles est toute grâce, sans aucune mièvrerie, et\nres mirabilis,toute vérité. Des femmes, quittant pour un instant le\nvêtement de mensonge que leur imposent, des 1 enfance, les stupiaes\nconventions auxquelles elles sont soumises, n'est ce point un spectacle\ninattendu ! On nous le donne, il nous enchante. Avec une simplicité\ncharmante, une sincérité, nous dirions presque, au meilleur sens du mot,\nune candeur délicieuse, ces jeunes rythmi-\nciennes se soumettent aux plus difficiles\nexercices: mesures compliquées; syncopes,\ncontre-temps, n'ont plus de secrets pour\nelles. L'évaluation exacte des silences, si\ndifficile, et incertaine pour les meilleurs\ndes musiciens, n'est qu'un jeu pour ces\nélèves. Sculpteur idéal et impérieux, le\nrythme modèle tous ces jeunes corps et\nles anime à son gré : fragiles, gracieuses\net vivantes statuettes.\nDes exercices de pure technique, on\npasse, sans effort, à la stylisation du geste.\nCe sont de petites scènes aimables :\ncueillette des fleurs ; le\net reprise. L'une derrière l'autre, et comme\naccomplissant quelque mystérieuse gyro-\nmancie, les élèves dessinent le geste que\nréclame la mélodie ; l'ensemble est char-\nmant. On voit poindre la danse expressive,\nappuyée sur une solide technique. Il y a\ndes agenouillements lents qui prennent des\ngrâces d'élégie, et des marches héroïques\noù- ces féminines faiblesses se muent en forces avec l'accent vainqueur"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.25", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "des odes triomphales. Quelquefois les mains se nouent aux épaules, et,\nau dessin que la mélodie expose, répond le souple balancement des corps.\nA droite, à gauche, semblables aux fleurs penchées sous l'effort du vent\nqui les ploie et que redresse vivement le vouloir de leur petite vie végétale,\nimage unique, aux multiples visages, le groupe des jeunes femmes\ns'incline et fléchit comme si la Musique aimantait, vers un point\nqu'elle désigne, la courbe harmonieuse de ces corps délicats. L'at-\ntraction cesse, les formes se relèvent doucement, pour s'infléchir de\nnouveau cédant au mystérieux appel que murmure la caressante mélodie.\nLa leçon achevée, toutes s'en vont, l'œil et\nl'oreille emplis de beaux rythmes. C'est, pendant\ncette heure bénie, une esthétique vécue qu'inspira\nla Musiaue. Instants heureux, pendant lesquels ces\nenfants ont échap-\npé à l'emprise du\nlaid: du geste in-\ncantatoire de leurs\npetites mains, elles\nlui ont interdit\nd'avoir accès près\nd'elles. La G. R.\nn'aurait-elle point\ndes significations\nplus hautes, des\nsymboles plus par-\nlants que ceux\nauxquels nous son-\ngeâmes ici ! .\n• •••••\n• • • • • •\nAu cou rs\nd'hommes, l'im-\npression est tout\nautre. Les gestes\nont une aisance,\nune solidité, une\ncarrure, donnant bien l'impression d'une force qui se déploie, et décelant,"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "de prime, laflongue habitude des mouvements non entravés que la femme,\ntoujours enveloppée de la jupe, n'a jamais connue et prend difficilement.\nLes élèves se placent à la file, l'un derrière l'autre. Le maître est au\nDiano. Au commandement de : hop ! tous doivent commencer ou modifier\n! 'exercice convenu. Les rondes, les noires, les blanches se succèdent et\nces jeunes [hommes règlent la durée de leurs mouvements sur les valeurs\nqu'ils entendent. Ils tournent en cadence dans la grande salle, les pieds\nscandant d un vigoureux appel le\npremier temps de la mesure.\nChacun d'eux occupe successive-\nment tous les points du cercle et\ny érige, statue vivante et fugitive,\ninstantané humain, une attitude\naussitôt changée. Les bras se\nlèvent, s'abaissent, remontent, se\ncroisent, s'écartent, puis revien-\nnent. Toutes ces lignes blanches,\ndes bras blancs, et les petites lignes\ndes doigts fins, font et défont\nd'idéales arabesques, au-dessus des\ntêtes blondes ou brunes des hom-\nmes courant. C'est une ronde sin-\ngulière. Il semble qu'un lien idéal\net magnétique, force jetée de l'un\nà l'autre, invisible chaîne, joigne\ntous ces corps dans une poursuite\ninlassable et comme fatidique.\nL'espace qui les sépare semble\nencore empli d'eux-mêmes, la\nsensation devient continue,le piano\nsonne avec des heurts de cymbalum ; cette musique martelée, ces appels\nretentissants des pieds frappeurs, la rapidité des images mouvantes in-\nduisent le spectateur en une sorte de griserie, avec d'arrière-visions\nbizarres de derviches tourneurs et d'ivresse obtenue par la continuité\nd une giration obstinée. Bientôt la vitesse s'accélère, les jeunes gens vont,\ntournent, se suivent, s'atteignent, un vertige semble les emporter, livrés\ntout entiers au coup de fouet du rythme obsédant qui les cingle."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.27", "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "Et je songe que, dans sa Psychologie des Foules, Gustave le Bon n'a\nrien dit de cette contagion dynamique, de cette aimantation de l'immo-\nbile par le mouvant, qui, soudain, fait des êtres distincts et séparés que\nnous sommes, un faisceau de forces jetées d'un seul élan, avec la puissance\nirrésistible du flot marin ou de la lave volcanique.\nNous voici loin du cours de G. R. Eh ! non, car une discussion\ns'élève sur l'interprétation d'un motif. Invité par le maître, l'un des\nélèves esquisse l'enchaînement des poses que la musique suggère. Les\nautres regardent, attentifs. En cette minute, lui, fait songer à un de ces\ngracieux faunes rieurs et dansants que nous légua l'antiquité ; non que\nson jeune visage, ait rien du masque traditionnel, toute la ressemblance\nest dans cette grâce enlevée du mouvement, dans cette agilité heureuse,\ndans cette joyeuse exubérance du geste qu'une mélodie ordonne et disci-\npline sans rien lui ôter de sa spontanéité. La forme souple bondit, retombe,\npuis s'élance, avant de s'immobiliser soudain dans une dernière attitude\ncomme suspendue encore à l'action qu'elle achève.\nLa preuve est faite et le cours continue .\n• •••••* • •\nEn quittant cette petite salle où, soutenu par la foi vivante d'un\nmaître, on travaille si naïvement, si sincèrement, nous dirions presque si\npieusement, nous restions songeur. Une poétique et douce croyance veut\nque la prière des cœurs fervents rachète, mystique compensatrice, le mal\nqui s'accomplit. Peut-être quelques-uns des crimes que le laid médite\nconstamment, dans l'ombre, nous seront-ils épargnés par la vertu efficace\ndes gestes harmonieux qui, chaque jour, rendent ici hommage a la Beaute.\nJuillet 1910.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.5.2", "titre_corps": "M. Jean d'Udine", "titre_sommaire": "M. 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Lliurat", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "L'Espagne musicale célèbre cette année-ci le quatrième centenaire\nde la naissance de l'un des musiciens les plus glorieux du XVIe siècle :\nAntonio de Cabezon. La Revis 'ta Musical de Barcelone, la Re-\nvis ta Musical,de Bilbao, et, tout dernièrement, de\nBilbao, ont consacré au fameux organiste des études fort remarquables.\nSeules les revues étrangères — un peu oublieuses cette fois-ci, — n'ont\npas signalé cet événement et il n'en est qu'une, que je sache, qui se soit\noccupé d'Antonio de Cabezon.\nJe ne nommerai pas la revue dont il s'agit pour ne pas froisser\nl'écrivain (mal renseigné !) qui a écrit : I. Que Antonio de Cabezon\nnaquit à Madrid. II. Que son ouvrage : Livre du musique pour jouer du\nde la harpe et de la vielle (voilà une traduction un peu trop...\nlibre, vraiment !) est devenu tellement rare qu'après l'avoir inutilement\ncherché en Espagne, Saldoni n'eût la chance de le retrouver qu'à la\nBibliothèque Royale de Berlin. III. Qu'il existe un traité de composition\n(de Cabezon), qui porte le titre de y — Or,\nAntonio de Cabezon ne s'est jamais appelé Félix, il n'est pas né à Madrid,\nle livre publié par son fils n'est pas aussi rare qu'on veut bien le\ncroire (nous en connaissons six exemplaires) et son soi-disant traité intitulé\nMusica Teorica y practica est, enfin, un ouvrage... imaginaire.\nMais éclairons — ne fut-ce qu'en passant, — ces quelques\nerreurs.\n•5K-\n* *\nUne première question se pose lorsqu'il s'agit d'Antonio de Cabezon.\nS'appelait-il Félix Antonio ou simplement Antonio ? Fétis, Eslaaa,\nSaldoni, Soriano Fuertes, Pareda y Barreto — tout le monde, enfin ! —\n1 appelent Félix Antonio. Or, on a des raisons fort sérieuses pour croire"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "ERREURS SUR CABEZON"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.29", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "qu'il ne s'appelait qu'Antonio. L'erreur viendrait, paraît-il, d'une mauvaise\ntraduction de ce premier vers de son épitaphe :\nHoc situ s est felix Antonius il le sepulchro.\nEn le copiant, il est des biographes qui écrivent félix avec minuscule\net d'autres qui l'écrivent avec majuscule. Dans quel sens ce mot fut-il\nemployé ? \" J'adopte définitivement le mot placé comme épithète écrit\nle maître Pedrell et cela pour différentes raisons : la première, parce\nque je suppose que l'inscription étant tracée en lettres lapidaires sans\ndistinction de majuscules, on a copié Félix au lieu de FELIX et que de\nlà sans doute, est survenue l'erreur.\" 1\nPedrell croit, enfin, que Cabezon ne s'est jamais appelé Félix parce\nque \" ni son fils, ni ses contemporains ne l'appellent une seule fois Félix\nAntonio ni même F. Antonio.\"\nLes raisons du maître Pedrell sont, comme on le voit, excellentes.\nTant qu'on ne prouvera pas le contraire et il n'est encore per-\nsonne, que nous sachions, qui ait essayé de le faire il faudra bien\nadmettre, que l'auteur des Diferencias s'appellait,\nquoi qu'on ai dit, Antonio tout court.\nLa plupart de biographes font naître Cabezon à Madrid, cela est\névidemment faux. \" Fué natural de la écrivit Hernando de\nCabezon lorsqu'il publia les œuvres de son père. Cela était fort vague.\nHeureusement, Hernando lui même se charge de nous renseigner là dessus\nlorsqu'il écrit dans son testament : \" de la mitad dellos se aga una capellania\nen Castrillo ques donde nacio Antonio que sea\nen gloria que es el dicho lugar barrio de Castro Jeriz...\" 2\nAntonio de Cabezon est donc né à Castrillo de Matajudios,3 quartier\nde Castrojeriz (province de Burgos), en 15 10. Il était fils de Sébastian\nCabezon et de Maria Gutiérrez. Il mourut à Madrid le 26 Mars 1566.\nNous pourrons ajouter qu'il était aveugle dès l'enfance (\" descde muy nino \"\nécrit son fils Hernando), et qu'il fut maître de la camara y capilla de\nCharles V et de Philippe 11.\n\n1 Hispaniœ Schola Musica Sacra, opéra *varia (Saecul XV, XVI, XVII et XVIII). diligenter excerptay\naccurate re<vida, sedulo concinnata a Philippo Pedrell, vol. 111 et VIII. Dans ces deux volumes on trouvera la\npremière étude vraiment sérieuse qui ait été faite, de nos jours, sur Antonio de Cabezon.\n3 \"...de la moitié d'eux qu'on érige une chapelle à Castrillo où naquit Antonio de Cabeçon mon père... etc.\"\n3 Actuellement Castrillo Matajudios."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "Disons bien vite que les erreurs bibliographiques commises à propos\ndes œuvres de Cabezon sont également importantes. Ces œuvres furent\npubliées, ainsi que nous l'avons dit, par son fils Hernando et se trouvent\ntoutes dans un seul volume dont voici le signalement exact :\n\" Obras de Mu si | ca para tecla a| vihuela, de\néMusico de| la camara y captlla del R | . |\nRecopiladas y pues tas en cifra por Hernando \\ de Cabeçon su hijo. Ausi mesmo\nmusico de camara y capilla de su |\nRey Don \\ Philippe nuestro senor. (Il ya un écusson) | con privilegio \\ Im-\npressas en en casa de Francisco Sanchez. Ano de SVI. D. LXXVIII\nOutre les œuvres d'Antonio de Cabezon (qui sont en grand nombre),\nil y a dans ce volume des compositions de Juan de Cabezon (frère\nd'Antonio) d'Hernando de Cabezon et de quelqu'un d'autre.\nD'après ce qu'Hernando de Cabezon avoue lui-même dans le beau\nProemio al lector en loor de la musica^qui sert d'introduction aux œuvres\nde son père qu'il publie, Antonio de Cabezon ne put écrire tout ce qu'il\naurait voulu car il n'eût ni le temps ni le calme nécessaire. Tout ce que\nle volume dont nous nous occupons contient ne sont, donc, ainsi que le\ndit son fils, que les \" miettes qui tombaient de sa table \" 1 ces\nmigajas n'étant, en outre, que les leçons qu'il donnait à ses élèves ne\ncontiennent pas, ainsi que le fait remarquer Hernando de Cabezon, tout\nce que leur auteur savait^mais, seulement, ce qu'il donner à ses\nélèves. Et, cependant, que des beautés ! Il faut croire, enfin, qu'il n'existe,\naujourd'hui, d'Antonio de Cabezon, que ce que contient la ou\nture publiée par son fils. Hernando de Cabezon parle, il est vrai,\ndans son testament, de dos Libros contenant des composi-\ntions de lui et de son père 2 mais on n'en connaît aucun exemplaire\net on ignore même s'ils ont été publiés. Le maître Pedrella transcrit\nenfin, en notation moderne 3 d'autres compositions qu'il attribue à\nAntonio de Cabezon. Elles se trouvent un de Venegas de\nH inestrosa intitulé : Libro de cifra | para\n\n1 Estas jornadas y ocupaciones, no le dejaron escreuir como lo hiziera, si tuuiera quietud y tiempo, y assi\nlo que en este libro va, mas se pueden tener por migajas que cayan de su mesa, que por cosa que el hubiesse\nnecho de proposito ni de assiento, parque no sou mas que las lecciones que el daua a sur discipulos, las quales\nno erem conforme o' lo que sabin el maestro, sino o' la medida de lo que ellos podian alcanzar y entender.,,\n2 I per quanto de los travaxos del dicho mi padre é mios tengo échos dos Libros de musica puestos en\ncifra los quales son de grandisima utilidad para la republica y estan para se poder ymprimir suplico o' su\nmagestad sea servido de mandar que se su ympriman pues es cosa tan util para toda la cristiandad.\"\n3 Hispaniae Sohale musica Sacra Vol. VIII."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.31", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "Cliché deiMusica [Sacro-hisfiaiia.\nFac-similé du folio l8ç des \" Diras _ de. Musica. \""}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.33", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "en el| quai se ensenabrevemente cantarcanto-llano, | no,\nalgunos auisos para contra punto, compuesto por Luis Venegas de Hinestrosa.\nDirigido al Illustrissimo senor Don Diego |En\nI En casa de Joan de Brocar | 1557.\n* *\nUn mot encore : on a prétendu, jusqu'à présent, que les plus\nanciennes variations connues étaient de William Byrd. Pour quiconque\nest un peu au courant du XVIe siècle musical espagnol cela est évidem-\nment inadmisible. Et il est même étonnant, ajouterons-nous, que, malgré\ntout ce que le maître Pedrell a publié pendant ces dernières années, sur\nnos anciens maîtres, cette erreur puisse subsister. Je pensais à ceci,\ntout dernièrement, en lisant (avec combien d'intérêt), le deuxième\nvolume du Cours de composition musicale publié par M. Vincent d'lndy.\nLà aussi on dit : \" Des essais de Thème avait été tentés déjà assez\nlongtemps auparavant par des musiciens Anglais, et notamment W. Byrd\nqui écrivit en 1591 diverses Variations sur des airs répandus à son époque\nen Angleterre.\"\nJe prie le lecteur français de bien vouloir comparer ces dates :\nWilliam Byrd, 1538-1623 ; Antonio de Cabezon, 1510-1566, En outre,\nles variations de Byrd datent, paraît-il, de 1591. Or, dans la\npubliée en 1578 par Hernando de Cabezon on trouve déjà pas mal de\nDiferencias (variations) d'Antonio de Cabezon. 1 D'ailleurs, ce n'est pas\nseulement Cabezon qui écrivit de DiferOn en trouve dans d'autres\nLibros de cifraespagnols du XVI siècle.2\nTant qu'on ne présentera pas des variations anglaises antérieures à\ncelles, déjà connues, de William Byrd, il faudra donc admettre, croyons-\nnous, que cette forme fut cultivée en Espagne avant de l'être en Angleterre.\nEn attendant, nous demandons qu'on veuille bien corriger les erreurs\nhistoriques que nous venons de signaler.\n\nF. Lliurat.\n\n1 Diferencias sobre la Gallarda Milanesa, Diferencias sobre el canto del Caballero, Diferencias sobre la\nPavana îtaliana, Diferencias sobre el canto de la Dama le demanda, Diferencias sobre el canto De quién terne\nenojo îsabel, etc,. etc.\n2 Nous citerons, par exemple : Anriquez de Valderrabano : Libro de musica de vihuela intitulado Sil<va de\nSirenas. Valladolid 1547."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.7", "titre_corps": "Cliché de Mnsica Sacro-hispana. Orgue de Charles Quint sur lequel a jouè Cabezon (Musèe de l'Escurial.)", "titre_sommaire": "Cliché de Mnsica Sacro-hispana. 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L'affiche de Concert est leur extrait baptistaire. En\nAllemagne, on a toujours soin de marquer, sur l'affiche, l'âge du petit\nprodige: de même que chez le marchand, on réclame toujours un rabais\nsur le prix marqué, de même, les pères d'artistes, (j'écrirai un jour leur\nphysiologie dans \" les Français peints par eux-mêmes, \") rajeunissent tou-\njours leurs malheureux enfants, de 2 ou 3 ans. Du reste, voici un acte\nofficiel, rédigé par mon père.\nAvec permission des\nCRACOVIE, ville libre et privilégiée.\nAujourd'hui, Lundi le 13 Décembre 1829, à 8 h. du soir.\nLe jeune pianiste Stephen, âgé de 11 ans : (j'en avais treize,) aura\nl'honneur de donner une grande soirée musicale dans laquelle on entendra\nles premiers talents de la ville libre de Cracovie et des environs.\nCette grande soirée aura lieu dans la salle de Mgr le Comte de\n\n1 Voir S. I. M. du 15 octobre."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.35", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "Potocki honorant de sa haute protection le talent précoce du bénéficiaire,\nqui s'efforcera de mériter un tel patronage et par des compositions des\ngrands maîtres et par une grande (Première audition à\nCracovie).\nPROGRAMME :\nN° I. Concerto en la mineur^par HUMMEL, exécuté par Stephen, âgé\nde onze ans.\nN° 2. Air varié pour le violon, de LAFONT, exécuté par M. Sacco-\nwitz.\n(Cet artiste de grand renom, n'a pas hésité à se rendre à l'invitation de Stephen, bénéfi-\nciaire, et vient expressément de Bochnia, pour lui prêter l'appui de son beau talent.) (J)\nNu 3. Improvisation sur des thèmes donnés, par Stephen.\nN° 4. Cavatine \" di tanti palpiti, \" de Tancrède, musique de Gioacchino\nRossini., Chantée par Mlle Adelina Wieliszka.\n(Cet air, un des plus illustres de l'illustre cygne de Pesaro, comme l'Europe tout entière\na nommé le grand et fécond Gioacchino Rossini ne manquera certainement pas d'exciter le\npublic P. P. à des applaudissements unanimes.)\nN° 5. Fantaisie de bravoure,sur des thèmes irlandais, composée par\nMOSCHELÈS, exécutée par Stephen.\n(Cette fantaisie, exécutée par le jeune bénéficiaire à ses concerts de Vienne, de Pesth,\nBochnia, Tarnow et autres capitales, est une des dernières compositions du célèbre Ignace\nMoschelès, né à Prague le 18 Juillet 1793 et maitenant à Londres, premier pianiste de Sa\nMajesté britannique George IV, roi d'Angleterre, d'Ecosse, etc., etc.)\nN° 6. Variations pour deux flûtes sur God Save the King,\npar DROUET, exécutées par MM. Balthazar et Stanislas Bemutsky, artistes\ndu théâtre de la ville libre de Cracovie.\nN° 7. Deuxième et dernière improvisation, par STEPHEN.\nOn est prié de préparer des thèmes, soit nationaux, soit d'Opéras et\nde les apporter par écrit au Concert.\nLe bénéficiaire remercie d'avance une haute noblesse, un louable\ncorps d'officiers, une honorable bourgeoisie, et une population estimable\nde leur intérêt et prie d'agréer l'assurance de la plus profonde soumission,\n\n(*) Saccowitz était un misérable saltimbanque ; il avait le malheur d'une main humide, et la séchait pendant\nchaque pause avec du son, qu'il portait dans la poche de son gilet."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.36", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "du plus inaltérable respect, de la plus parfaite obéissance de leur très\nhumble serviteur, tomm.\nDANS LES CARPATHES.\nNous étions, mon père et moi, au pied des Carpathes, les Pyrenees\nde ma patrie.\nAccroupis dans une méchante carriole, attelee de cinq chevaux, nous\navions beaucoup de peine à nous tenir en équilibre sur nos sièges, c'est à\ndire sur des tas de foin et de paille. Nous traversâmes les Villes\nde Miskoltz et de Sixo. Il y avait foire en ce dernier endroit et mon père\nvoulut absolument profiter de cette circonstance pour m y faire donner un\nConcert. En habile général, il voulut d'abord prendre connaissance du lieu,\nafin de procéder savamment à la prise de la place. La ville de Sixo ne se\ndoutant pas de la présence d'un ennemi redoutable tel qu un pianiste\nprécoce, prêt à fondre sur elle avec force improvisations et variations,\nnous ouvrit ses portes, avec cette hospitalité qui distingue les Hongrois\nqui pourtant ne sont point Arabes.\nSelon l'usage, nous allâmes présenter nos hommages au Bourgmestre\nde l'endroit, qui nous donna la permission d'afficher nos prétentions et\nnos programmes. Comme il n'y avait point d autre local que la salle de\nl'hôtel de ville, pour le moment occupée par des marchands de peaux de\ntigre et de lapins, venus là pour la foire, il ordonna aux charpentiers et\narchitectes de la ville, de nous construire une vaste boutique en bois,\nsemblable à celle des meilleurs saltimbanques qui honoraient alors Sixo de\nleur présence. Pendant que mon père concluait cet arrangement; je dépensai\ngaiement un florin, allant des chiens savants aux sauvages qui avalaient\ndes sabres, puis aux nains et aux géants, puis aux potentats et brigands\nde cire ; le tout en grignottant du pain d'épice et des bâtons de sucre\nd'orge.\nMais hélas, je n'en étais qu'à mon 9e bâton de sucre d'orge, que je\nvis arriver mon père, appuyé sur un bâton, que je n'aimais pas du tout.\nQuelle fut ma surprise quand je le vis sourire avec bonté, me disant:\n\" Eh bien, Stephen, je parie que ton argent s'est en allé dans toutes ces"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.37", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2461, "texte": "boutiques : tu as bien fait ; il faut que jeunesse se passe. Tiens, prends\nencore ce petit écu, et réjouis toi. \"\nLes larmes me vinrent aux yeux ; je murmurai quelques mots de\ntendresse et de reconnaissance. Mais bientôt, je vis que mon père semblait\nvouloir lire au fond de mon âme. Il y avait un singulier mélange de\ncrainte, et d'autorité paternelle dans son regard.\n\" Bah, me dis-je, dépensons d'abord le petit écu : la morale ou\nl'ennui viendront ensuite. \"\nMais j'avais deviné juste : mon père venait de me donner, somme\ntoute, des arrhes, comme vous allez voir.\nBientôt, je vis apparaître des ouvriers, accompagnés d'un officier\nmunicipal et d'une espèce d'architecte, à en juger par un crayon rouge,\nun portefeuille et un mètre qu'il tenait à la main. Mon père, à mon grand\nétonnement, alla au devant d'eux et s'entretint à voix basse avec l'homme\nau crayon rouge en jetant de temps à autre des regards presque timides\nsur moi.\nJe devins attentif, mais je fus bientôt distrait par une jeune paysanne\nhabillée en Grecque qui exécutait des tours d'adresse sur un tapis, pres-\nqu'en face de moi. C'était une charmante enfant de quinze à seize ans.\nSes longues tresses de cheveux châtains tombaient presque à ses pieds,\nUne calotte rouge lui couvrait la tête. Une courte jupe blanche laissait\nvoir une tunique bleue qui tombait à la cheville. Ses jolis pieds effilés\nétaient chaussés de pantoufles de maroquin rouge, et quand elle dansait,\non voyait ses longues guêtres de velours, brodées d'or.\nHélas, la malheureuse fille avait déjà perdu toute fraîcheur, comme\nson costume, qui avait du être somptueux autrefois. La misère avait terni\nses yeux et fané les couleurs de ses joues. Et pourtant, quelle noble créature\nelle était encore sous ces haillons ! Comme elle exécutait magistralement\nses pirouettes. Avec quelle ironie elle marchait sur les mains, elle qui avait\nde si jolis pieds ! Mais elle n'était pas seule : un vieillard aux cheveux\nblancs, aux mains tremblantes, aux jambes ployées était auprès d'elle.\nCe vénérable vieillard était un farceur ignoble ; c'était le partner de la\njeune fille. Il exécutait avec elle des pas de deux, à faire frémir les Vestris,\nles Petit pas et les Gardes Municipaux. C'étaient des danses prévues par\nle code civil, tout imprévues qu'elles étaient.\nOh, quelle honte et quelle horreur de voir ce vieux mourant faire\nassaut de grâce et de lubricité avec cette belle enfant. Plus loin on voyait\n3"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.38", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2500, "texte": "la mère qui battait de la grosse caisse. Près d'elle sautillait un nain qui\npouvait avoir 60 ans et se vantait d avoir ete caresse par tous les potentats\nde l'Europe et de l'Asie et de s'être reposé sur les genoux de plusieurs\ntêtes couronnées. Ce nain complétait ce quatuor infortuné, dont l'aspect\nme causait un mélange de joie et de douleur que je m explique aujourd hui\nmieux qu'alors. ( .\nTout à coup, j'entends la voix de mon pere, disant : \"ce sera ici la\npremière place, la bas la seconde, et puis ....\nJe m'élançai vers le groupe d'ouvriers ; mon père leur expliquait, je\nn'en pouvais douter, les dispositions d une salle de Concert. Et quelle salle,\ngrand Dieu ! Au milieu des singes, des Saltimbanques et des danseurs de\nc0rde.....! Mon père, m'écriai je hors de moi, que faites vous là ? Voudriez\nvous m'humilier à ce point ? me faire jouer au milieu des nains et des\nkanguruhs ? Ah, votre petit ecu devait m appiivoiser ! Eh bien, le voici.\nIl ne sera pas dit qu un morceau de vil argent m aura fait oubliei ma\ndignité d'enfant précoce et d'artiste plein d avenir. (C étaient les termes\ndont on s'était servi dans le dernier article publié à mon sujet.)\nMon père reprit l'argent et me signifia de me rendre aux arrêts à\nl'auberge ou nous étions descendus.\nJe lui répondis : \"je porterai avec d'autant plus de force la besace\nhonorable de l'artiste, qu'un long apprentissage m'a déjà initié aux vicis-\nsitudes de cette existence.\nCette longue et belle tirade me fit du bien, car je croyais avoir\ndécoché de la sorte un terrible épigramme à mon père.\nEn attendant, on travaillait toujours à l'horrible édifice. De l'auberge,\nje pus très bien attendre les coups de marteau qui devaient fixer les\npoutres de ce nouveau temple de la gloire. Je songeai à Egmont qui\nentendait, de sa prison, les pioches des ouvriers construisant son échafaud.\nCette ressemblance avec un de mes héros favoris me soulagea un peu.\nMon père vint réitérer ses prières et ses menaces, mais rien n'y fit.\nEt comme il s'obstinait autant que moi, je fus forcé de recourir à mon\ndernier moyen ; je me dis malade, je me couchai, et ne mangeai qu'en\ncachette. Mon père, voyant qu'il était impossible de me plier à sa volonté\ndespotique, prit le parti de quitter Sixo et de fixer ailleurs notre tente.\nNous arrivâmes à Leutschau, situé également au pied des Carpathes.\nImaginez une seule et immense rue, au bout de laquelle se trouvent\ndeux tours crénelées, et vous aurez idée d'une ville libre hongroise. Les"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.39", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "maisons sont toutes d'un étage et blanchies à la chaux. Elles sont presque\ntoutes séparées l'une de l'autre et possèdent chacune deux petits jardins,\nl'un en dehors, l'autre, plus vaste, servant de cour par derrière.\nLe préfet 1 de Leutschau, M. de St Kiraly, (il y a en Hongrie\ncomme en France beaucoup de noms qui commencent par Saint,) nous\naccueillit très bien et nous invita à dîner, ce qui est une faveur marquée\nde la part d'un préfet hongrois. Au beau milieu du repas, nous entendîmes\ndes cris, à déchirer le cœur. Je laissai tomber ma fourchette et je\nm'élançai vers la fenêtre pour voir d'où venaient ces cris atroces : \"Eh\nbien, s'écria le préfet, qu'a donc cet enfant ?\"\n\" Mais, lui dis-je d'une voix étouffée, vos hussards de police\nbattent un pauvre paysan, attaché sur le \" gazon. \"\n\" Eh bien, Teremtete, ils époussettent quelque vilain, peut-être\nmême un voleur.\"\nIl faut dire que le \" gazon \" en Hongrie, est un banc, sur lequel on\nfixe un homme à l'aide d'anneaux en fer. Puis, deux bourreaux, armés\nde bâtons de noisetier le frappent de 40 à 50 coups à longs intervalles.\nOrdinairement, le patient crie après chaque coup : grâce, grâce ! Et après\nce cruel châtiment, il se relève en chantant et en demandant un verre de\nwotka. Cette abominable justice est adaptée à ces hommes de fer, qui\nne comprendraient pas d'autre punition. C'est au moins l'opinion des\nlégislateurs hongrois, tant soit peu sauvages et barbares.\nQuoiqu'il en fût, je ne pus supporter ces cris, qui me faisaient\nclaquer des dents, et, en enfant impressionnable et mal élevé que j'étais,\nje pris mon chapeau et je descendis l'escalier quatre à quatre pour fuir\nle lieu de ce supplice odieux.\nMon père rentra bientôt en me disant que le préfet était furieux et\navait dit à haute voix : Mais, mon cher Monsieur, votre fils est une\nfemmelette ; ce n'est pas un Hongrois, c'est un maudit Allemand. Terem-\ntete Cristosag ! (Jurement effroyable).\nMon père voyait déjà les espérances d'un beau concert anéanties par\nma faute. Le hasard me sauva des suites de cet accident.\nIl venait d'arriver à Leutschau une troupe de Comédiens ambulants,\nqui représentaient le Fiesque de Schiller, l'Avare de Molière, Don Juan\net Joseph. Mon père reçut des autorités locales l'ordre suivant :\n\n1 (Obergespan)."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.40", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "A Istran 1 Heller :\nLes notables de la ville de Leutschau\nd'entendre l'Opéra Don Juan par feu rOpéra\npar le célébré Compositeur parisien éM. de éMéhul ; mais comme il n existe\npoint d'orchestre convenable pour accompagner le chant des artistes, le musicien\nIstran est requis d'autorité d\" accompagner les dits musiciens sur le piano qui\nlui sera transmis dans ce but. Accordons au dit musicien Istran 2 florins par\njour pour toute la durée de ces représentati\naccordons une représentation a son bénéfice, d'un Opéra a son choix, et cela\naux conditions ordinaires, fraisd\" éclairage,\nétablissements de bienfaisance.\nLe Sénat de la Ville Libre de Leuts\nLe tout était contresigné, timbré, scellé ; enfin cela avait l'air d'un\nordre de gouvernement des plus importants.\nParmi les actrices, il y avait une Zerline ravissante, qui ne se lassait\npas d'admirer mon habileté, et mes longs cheveux bruns, fort beaux\nalors. Elle avait le soin de me bourrer de tartelettes aux cerises, et cette\ndélicate attention lui avait gagné toute ma tendresse.\nLe jour de la première représentation arriva. Imaginez une abomi-\nnable grange, quelques planches formant scène au fond, et un fabuleux\nappareil de cordes, d'échelles et de toiles peintes. Les spectateurs étaient\nplacés sur de longs bancs de bois sans dossier. Plusieurs flambeaux d'église\néclairaient les toilettes invraisemblables de la haute société de Leutschau.\nSix chandelles et autant de lampions brillaient devant l'immense paravent\nqui servait de toile. Là où auraient dû être placés les musiciens, on voyait\nune espèce de fossé, où se trouvait un petit piano octogone. C'était là\nma place.\nLa salle, c'était à dire la grange, était comble. La plupart des\nspectateurs, et le Vice Gespan 1 lui-même avaient auprès d'eux des\nhussards domestiques chargés de vider, bourrer et allumer les longues\npipes turques de leurs maîtres. La fumée était si forte que je faillis\nétouffer en entrant. Je toussai et le Vice Gespan, voyant mon malaise\nmit sa pipe de côté et se leva pour prononcer le remarquable discours\nque voici :\n\n1 Stephen en Hongrois.\n1 Sous préfet."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.41", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2413, "texte": "\" Gentilshommes ! Officiers du 5e Dragons ! Bourgeois ! et vous\nautres ! (c'étaient les domestiques, les garde cochons et autre canaille,) je\nvous fais connaître que notre compatriote Istran se trouve incommodé\nde la fumée de tabac. Mettez donc vos pipes de côté et ne les reprenez\npas avant la chute du rideau (il voulait dire paravent)\".\nJe commençai l'ouverture sur le chaudron monocorde, et la ter-\nminai aux applaudissements frénétiques du public. Le Vice Gespan sauta\npar dessus le fossé où j'étais enseveli et m'embrassa à m'écorcher la joue\navec sa barbe énorme.\nLe tumulte apaisé, deux paysans apparurent sur l'avant-scène pour\nreplier le paravent, et on vit ce vaurien de Leporello, représenté par un\ngrand flandrin, gai comme un portier ivre.\nOn ne chantait point les récitatifs. On les déclamait tout simplement\ncomme à l'Opéra Comique.\nJ'étais impatient de voir apparaître la gentille Zerline. Enfin, elle\narriva, sautillante et fraiche, au bras de ce benêt de Mazetto. Le chœur\ndes paysannes braillait impitoyablement une mesure avant moi.\nJe sautai une mesure pour les rattraper ; mais ces malheureux,\ns'étant aperçus de leur faute, sautèrent également, pour réparer leur\nerreur. Dès lors, il nous arriva ce qui arrive souvent dans la rue lorsque\ndeux passants se trouvent nez à nez : l'un va à droite, l'autre aussi, puis\nils tournent tous les deux à gauche et ainsi de suite. Je poursuivis donc\nmon chœur, il me poursuivit à son tour, et nous terminâmes misérable-\nment, tous exténués de fatigue.\nPour en revenir à Zerline, elle excitait un murmure d'admiration\ngénérale. Elle portait un joli costume de paysanne hongroise : robe de\ntoile blanche, garnie de volants bleus, corset de velours, manches longues,\nbrodequins rouges à hauts talons, ornés de jolis éperons d'argent. Ses\ncheveux pendaient en deux longues tresses, entremêlées de rubans bleus,\nl'une par devant, l'autre par derrière, selon l'usage du pays. Le succès tut\nimmense et les Comédiens purent donner 14 représentations.\nPendant les entr'actes de la représentation donnée à mon bénéfice,\nj'improvisai sur des thèmes hongrois et tout le monde m'embrassa, le\nseigneur préfet, sa femme, les dragons, les domestiques, les comédiens, les\npâtres, et mon père lui même. Mais ce qui me rendait le plus heureux\nc'était une invitation secrète de Zerline.\nCette faveur m'embarrassait bien un peu ; Zerline semblait avoir"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.42", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "juré le malheur de Mazetto, qui était du reste un rustre assez malappris,\nbête, jaloux, et chantant constamment un quart de ton trop haut. Mais\nj'avais une idée confuse que ce souper était une chose défendue pour moi.\nLa foule s'étant écoulée, il ne restait que mon père, les Comédiens\net quelques officiers de cavalerie qui causaient assidûment avec\nMmes Donna Anna et Elvire. Je profitai d'un moment propice et dis à\nZerline :\n\" Vous m'avez parlé d'un souper \"?...\n\" Oui, Maestro, vous viendrez \" ?...\n\"J'aimerais bien, mais Papa \"\n\" Bah, est ce qu'il jouera le tyran ? \"\n\" Il ne veut jamais me laisser seul.\"\n\" Vous voulez donc rester seul avec moi,\" repartit la perfide\nZerline.\nJe rougis, sans savoir pourquoi, et répondis assez niaisement :\n\" Mon père craint pour moi les tartelettes aux cerises.\"\nElle se mit à rire et me dit en ricanant : \"Tu n'en auras point\nd'indigestion, va ! \" Puis elle alla mettre dans la confidence le Comman-\ndeur, qui descendait justement de son grand cheval. Celui-ci prit la\nparole devant mon père et, d'une voix grave, émit le vœu de me garder\nà souper. Don Ottavio roucoula dans le même sens et pour l'attendrir\nversa même le reste des larmes qu'il avait répandues au ir Acte. Mais\nmon père ne voulut pas se laisser fléchir. Alors, Zerline fit avancer le\ncorps de réserve qui devait tout emporter : les officiers du 5e Dragons.\nMon père, ayant les traîneurs de sabre en horreur, céda pour se débarras-\nser d'eux. Il jeta un regard courroucé sur moi et me laissa tremblant de\npeur et de joie.\n(A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.9", "titre_corps": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE", "titre_sommaire": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE", "signature_source": "Hélène Barrère", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "Dans ma lettre de Rome du 15 Juin, j'ai signalé un mouvement\nintéressant parmi les jeunes musiciens de cette ville dont j'examinais les\ntendances, tout en analysant l'étude critique de l'un d'eux, Francesco\nSantoliquido, sur Debussy et Strauss. Déjà l'an dernier, j'avais remarqué\navec intérêt que certains esprits jeunes et indépendants cherchaient à se\nfrayer une voie nouvelle en s'affranchissant de l'influence que la musique\nallemande a exercé depuis Wagner en Italie, aussi bien qu'en France.1 En\ntâchant de m'orienter dans ces tendances nouvelles, j'eus la bonne fortune\nd'être guidée par une artiste que le professorat tient éloignée depuis\nplusieurs années de la carrière d'exécutante, mais qui juge l'évolution de\na musique avec d'autant plus de sérénité et de clairvoyance : Emma\nMettler qui fut quelque temps élève de Liszt et qui est restée fidèle au\ngénéreux éclectisme de son maître, me fit connaître l'hiver dernier un\njeune musicien dont plusieurs œuvres devaient être exécutées au cours de\nla saison.\nFrançais par sa mère et petit-neveu de Guizot,\nm'intéressa autant par son talent de musicien qu'à cause de sa culture\nétendue qui participe de sa double origine ; né à Naples en 1879, il fit\nses études d'harmonie à Rome avec le professeur Terziani ; au lieu de se\ncantonner dans un mouvement isolé de la musique moderne, comme c est\nle cas de bien des jeunes musiciens, Gasco a étudié toutes les œuvres de\nFranck, de d'lndy, de Magnard, de Debussy, de Moussorgski, et il a reçu\nà maintes reprises les conseils et les encouragements de Vincent d'lndy et\nde Romain Rolland. Aussi après avoir entendu l'hiver dernier le quatuor,\n\n1 Je citerai à ce propos un article où M. Silvio Xanzi jeune musicien et critique plein de verve commentait\nles volumes de \" Révolte \" du Jean Christophe de Romain Rolland : \" Voici enfin que la musique allemande a\n\" été observée par un regard et sous un aspect nouveau et que cette analyse aiguë, sure, originale, impitoyable\n\" parfois, a été faite par un français. 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Il est cependant\n\" clair que j'ai suivi un plan et que j'ai cherché à rendre tour à tour avec\n\" une certaine évidence quoique très sobrement les divers aspects\n\" d'une fête dyonisiaque. Ainsi, il y a une partie dithyrambique, une\n\" partie plus bruyante, où pointent des rythmes de danse, une partie\n\" sentimentale, et vers la conclusion de la pièce, un choral bachique, un\n\" hymne de joyeux buveurs. Vous me demanderez peut-être pourquoi\n\" je n'ai pas voulu indiquer de programme à ma composition. Je répondrai\n\" ceci : il me semble que de nos jours, le poème symphonique, forme\n\" admirable de composition musicale, issue de la symphonie classique\n\" modifiée profondément par l'introduction d'éléments pittoresques et\n\" dramatiques est sur le point de dégénérer à cause de l'abus de\n\" programmes trop longs et trop détaillés. Je puis me tromper, mais je\n\" crois que tout poème symphonique doit être constitué par un fonds\n\" de musique, belle en elle-même, et intéressante en dehors de tout\n\" programme. Un titre bien choisi et un bref commentaire, ajoutent\n\" évidemment de l'attraction à l'œuvre musicale ; tandis qu'un programme\n\" excessivement compliqué, finit par absorber presque totalement l'intérêt\n\" de l'auditeur qui s'épuise à trouver le rapport exact entre la musique\n\" qu'il entend et les différents épisodes du programme, sans y réussir, le\n\" plus souvent. Et puis, certaines de ces compositions dégénèrent par-\n\" fois véritables actes d'opéras sans paroles. Il en résulte ainsi un\n\" genre hybride, car on fait du drame lyrique en renonçant à la voix\n\" humaine, qui, d'après moi, est l'organe essentiel pour exprimer le\n\" drame en lui-même.\n\" Une autre erreur très répandue, que l'on me pardonne ce\n\n1 Ce Scherzo a été exécuté aux concerts de l'Augusteum au mois de Mai."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.45", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2570, "texte": "« jugement audacieux, est de croire que la mélodie n'a pas de véritable\n« puissance descriptive, et qu'elle est presque dépourvue d'éléments de\n\" suggestion. Ï1 me semble au contraire que la mélodie possède une\n\" prodigieuse souplesse, une incroyable force plastique qui la rend apte,\n\" quand elle est bien bâtie et bien travaillée, à traduire tout sentiment\n\" _ même le plus vague, le plus subtil et indéfini. Peut-être même,\n\" pourraît-on opposer un impre s sionisme à l'impressionisme\n\" harmonique dont on abuse tellement à présent.\"\nLa phrase initiale du quatuor pour cordes de Gasco me semble un\nexemple très clair de cet \" impressionisme mélodique.\" Ce morceau qui\nlui a été inspiré, par le célèbre tableau de Giorgione \" Vénus dormant \",\nest construit sur des thèmes clairement mélodiques, et logiquement\ndéveloppés ; tout en restant de la musique descriptive, il rend très bien\nl'atmosphère de volupté et de repos dont le tableau est empreint. Il est\nle premier en date d'une série de compositions qui lui ont été inspirées\npar les chefs d'œuvres de la beauté plastique à laquelle, en véritable artiste\nmérédional, Gasco est excessivement sensible.1\nLe jeune compositeur m'explique également, comment il s'est\nefforcé, dans une autre œuvre Toemes d'atteindre\nau juste équilibre entre la voix et l'accompagnement ; la voix est en effet\nun instrument bien négligé par les musiciens modernes qui réduisent\nsouvent la partie chantée à une simple déclamation. A ce sujet, les idées\nexprimées par un autre jeune compositeur Francesco Santoliquido, dans\nun interview du Secolo, au sujet de son nouvel opéra, démontrent claire-\nment que la voix est encore pour les Italiens l'instrument de prédilection\npour exprimer les passions et le drame ; on pourrait, il est vrai, leur\nobjecter que les méthodes de chant usitées en Italie depuis vingt ans font\nde la voix un instrument bien imparfait et tout-à-fait inapte à rendre la\nnoblesse de la mélodie et la pureté du \" bel canto \" ; mais peut-être y\nont-ils déjà songé eux-mêmes ; et leurs efforts pour s'élever au-dessus de\nla mélodie vulgaire et banale du mélodrame moderne italien, pourraient\nprécisément amener une transformation de la technique du chant.\nTandis que je préparais ces pages, une initiative d'une importance\nvraiment considérable vient d'être prise par un groupe de jeunes musiciens\nromains : Gui, Tommasini, Santoliquido, Gennaro Napoli ont établi\n\n1 Les œuvres de Gasco sont le quatuor et le Scherzo précités. Un opéra, \"La Légende des Sept Tours \"\nsur le poème d'un ami."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.46", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "une espèce de concours permanent pour la musique symphonique dont\nles juges seront Toscanini Wolff-Ferrari et Sinigaglia, les trois person-\nnalités les plus autorisées pour prendre la tête de ce mouvement. Quarante-\ntrois partitions ont déjà été présentées et les meilleures seront exécutées\naux concerts de l'Augusteum, ce qui permet d'augurer un heureux\ndéveloppement de la musique symphonique italienne. J'ai interrogé\nSantoliquido sur les tendances de ce groupe de jeunes musiciens qui\nveulent régénérer la musique de leur pays ; le jeune maestro Santo-\nliquido n'a pas encore vingt-cinq ans m'a répondu, des bords du lac\nde Côme où il se recueille en vue des représentations prochaines de son\nopéra à Milan :\n\" Nous voulons, m'écrit-il, opérer un renouvellement de la musique\n\" italienne, aussi bien symphonique que théâtrale. Nous voulons introduire\n\" dans la musique de notre pays des éléments de et d\n\" qui en étaient presque complètement absents. Pour arriver à ce résultat,\n\" il est compréhensible que nous écoutions les voix qui nous viennent\n\" d'au-delà les Alpes, en les réchauffant cependant au soleil italien. Aussi\n\" Strauss, Debussy et les symphonistes russes ont leur influence sur cette\n\" renaissance de la musique italienne, mais seulement au point-de-vue\n\" technique, nullement sous le rapport de l'inspiration et de l'âme. Les\n\" mêmes phénomènes se sont produits dans toutes les renaissances\n\" musicales.\" ,\nA propos de son opéra en un acte, la \" Favola di Helga \" qui sera\nreprésenté àla fin d'octobre à Milan1 au théâtre : \" Del Verme,\" Santo-\nliquido m'écrit : \"Je suis absolument contraire au mélodrame, parce\n\" que ce genre est d'un niveau intellectuel fort bas; je rêve une forme spé-\n\" ciale de tragédie lyrique qui sans renoncer aux traits caractéristiques de\n\" l'âme latine puisse trouver place dans une atmosphère idéale et esthéti-\n\" que plus haute et plus raffinée. Le public italien n'aime pas les révolu-\n\" tions d'art, attaché comme il est aux traditions ; il faudra donc le\n\" conduire vers la forme rêvée, petit à petit, par Fidèle à mon\n\" système de l'évolution je n'ai mis dans mon premier opéra que les\n\" premières flammes de mon rêve.\" Organisation poétique et raffinée,\nvrai type de l'artiste italien théoricien et savant, Santoliquido fait penser\n\n1 Ces pages ayant été écrites en octobre, il est probable que la première représentation de l'Opéra de Santo-\nliquido aura déjà eu lieu quand elles paraîtront."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.47", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "à ces artistes qui à l'aurore du XVIIe siècle, présidèrent, aux académies des\nBardi, à la naissance du drame lyrique.1\nQuelques notes sur les condisciples de Santoliquido achèveront de\ndonner de ce groupe de très jeunes musiciens une idée plus complète :\nGennaro Napo/i, né à Naples en 1881 a été élève du conservatoire de\ncette ville. En 1906, il fut le premier lauréat d'un pensionato (concours)\nnational de musique qui venait d'être institué. Sa symphonie en ré fut\nexécutée à Naples et dirigée par Martucci, le savant et regretté chef\nd'orchestre de cette ville, puis ensuite à Rome. Son poème \"Il Sole\nRisorto \" (la Résurrection du Soleil : il s'agit de la grande terreur de l'an\nmille) pour Soli, chœurs et orchestre a été jugé inexécutable par le jury\ndu \" Pensionato \" à cause de sa tendance ultra-moderne. Il sera exécuté\nà Naples l'hiver prochain. Gennaro Napoli prépare un drame lyrique en\nquatre actes sur le fameux roman de Foscolo : \" Jacopo Ortis.\"\nVmcenzo Tommasini et Vittorio Gui sont romains tous les deux ;\nle premier, après avoir travaillé l'harmonie à Rome avec Falchi, a terminé\nses études musicales à Berlin. Son œuvre se compose de quelques mélodies\nsur ses propres poésies, d'une suite pour orchestre, d'une ouverture pour\nla tragédie de Calderon : \"La Vie est un songe \" et d'un opéra en trois\nactes, \" Médée \" représenté à Dresde en 1906. Le second, Gui, né en\n1885, est un jeune chef d'orchestre d'avenir; son tempérament musical\ns'est révélé précocement et il s'est déjà essayé à divers genres de compo-\nsitions : mais il se sent surtout attiré par l'intimité et l'art raffiné de cer-\ntains poètes modernes et il a écrit des mélodies sur diverses poésies de\nCatulle Mendes et de Samain. Vittorio Gui compose actuellement la\nmusique chorale et symphonique qui accompagnera les représentations\nd'art antique qui auront lieu au Palatin l'an prochain ; il dirigera aussi cet\nhiver la saison d'opéra au San Carlo de Naples.\nAyant tâché d'indiquer par ce rapide aperçu quel est le mouvement\nqui se dessine actuellement parmi les très jeunes compositeurs italiens, je\nserais heureuse si la lecture de quelques pages de leurs œuvres et l'exposé de\nquelques-unes des idées, et des principes auxquels ils obéissent, aidaient\nle lecteur français à les juger impartialement : c'est-à-dire en se souvenant\nque le public italien pour lequel ils écrivent, est imbu de traditions fort\n\n1 Les œuvres de Santoliquido sont : des mélodies pour chant et piano, des œuvres symphoniqnes entre\nauteurs. Esquisses symphoniques \" Pacsaggi. \" Crépuscule sur la Mer, et voix d'automne.\" \"La Favola di\nHelga,\" récemment acquise par Ricordi. Il prépare un nouvel opéra en 4 actes : \" Claudia Lanteschi.\""}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "différentes des nôtres, et que les jeunes artistes qui se proposent d'élever\nson goût n'en sont encore qu'à leurs œuvres d'essai. Il m'a semblé\nintéressant de démontrer que les germes de vie musicale nouvelle qui\nfermentent dans les autres pays, existent aussi en Italie, ce qui n'est pas\nindifférent pour la musique moderne en général, à laquelle il manquait\npeut-être jusqu'ici des sources d'inspiration latine. De plus, il convenait\nde rendre hommage à l'initiative de ces jeunes artistes de Rome qui en\nouvrant un concours aux œuvres musicales du pays entier, ont voulu lui\ndonner un caractère national et non plus régional, comme cela est trop\nsouvent le cas chez nos voisins. Puissent-ils réussir à donner, comme ils\nle voudraient, une impulsion nouvelle à la vie musicale de leur pays, et un\nplus grand développement à la musique symphonique.\n\nHélène Barrère."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.10", "titre_corps": "ALBERTO GASCO", "titre_sommaire": "ALBERTO GASCO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 13, "texte": "ALBERTO GASCO"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.16", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "A. I. Schmidt", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "GROVE'S DICTIONARY OF MUSIC & MUSICIANS.\nNouvelle édition T. V. et dernier.(Londres, Macmillan 1910).\nJ'ai déjà signalé ici (Octobre 1908) les précédents volumes de\ncet ouvrage dont j'ai dit, en même temps que l'excellence géné-\nrale, les quelques défauts particuliers. Le voici complet, et le\ncinquième volume ne changera rien à l'impression que laissaient\nles quatre autres, le dictionnaire est bien le précieux ouvrage de\nchevet, unique en son genre, dont ne pourra se passer aucun\ntravailleur, aucun amateur sérieux de musique.\nParmi les plus remarquables articles, il convient de citer :\nTempérament par M. J. Ucky ; par Sir H. Parry ;\nWagner par Danreuther et M. Hubert Thompson ;\npar M. F. Kidson.\nDans un appendice on s'est efforcé non seulement de com-\npléter et de corriger les articles du dictionnaire, mais encore de le\ntenir à jour par des articles nouveaux. Là se trahit (mais n'était-ce\npoint invitable ?) le point faible de l'ouvrage et l'on n'est pas\nparvenu, sur le sujet des contemporains, à éviter tout à fait l'arbi-\ntraire. La préface (vol. I) prévoit ce reproche ; mais il n'en\ndemeure pas moins vrai que nommer certains vivants et en négliger\nd'autres de mérite sensiblement équivalent est un grave défaut. Laissons de côté pour n'être\npoint plus royalistes que le roi, les artistes, compositeurs ou écrivains anglais : mais pourquoi,\npuisque l'on a consacré avec raison, un article assez étendu à M. Maurice Ravel, n'en avoir\npas fait autant pour M. Florent Schmitt et pour M. Déodat de Séverac ?\nPourquoi ? parce ce que sans doute nul dictionnaire international des contemporains ne\nsaurait être tout à fait complet, tout à fait à jour. S'abstenir par parti pris d'y faire figurer les\njeunes eut été pire, et il faut bien reconnaître que les éditeurs du ont des deux maux\nchoisi le moindre. M. D. C.\nJOSEF MACHAC. Bedrich Smetana a cizina (Prague in-8° 1910.)\nTHEOBALD KRETSCHMANN. Tempi passati (Vienne in-8° 1910.)\nDeux livres intéressants viennent de paraître dus, l'un à un musicologue, l'autre à un\nmusicien tchèques. Le premier Bedrich Smetana a cizina (Frédéric Smetana et Vétranger) établit\nl'inventaire complet des succès et défaites de l'œuvre de Smetana hors des frontières de\nBohème. L'auteur M. Josef Machac en a rassemblé les matériaux depuis six ans et à propre-\nment parler n'a rien omis. Il est triste de constater que, dans la connaissance de l'œuvre du\nmaître tchèque la France est restée en arrière même sur la Roumanie et l'Espagne. M. Machac"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.66", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "préconise hautement l'idée de grands festivals internationaux à Prague et propose quelle\nNarodu divadloexporte tels quels, en tchèque, les Smetana. Il y toutes chances pour qu'ils\ncontinuent de remporter à l'étranger les mêmes succès qu'à Vienne lors de VExposition interna-\ntionale de Théâtre et de Musique en 1892, épisode qui demeure l'un des points culminants de\nla carrière du poète F. A. Subert, alors directeur du Théâtre National.\nLe second de ces livres, en allemand, sous le titre italien de Tempi passati est du autant\nà la bonne humeur et à l'humour qu'à la plume de M. Theobald Kretschmann, un vieux\ncamarade de Sevcik, longtemps violoncelliste à l'Opéra de Vienne, après ceux de Prague et de\nBreslau. Ce sont des souvenirs qui apportent une contribution importante à l'histoire de la\nmusique en Autriche depuis 1858. A noter surtout les deux chapitres consacrés à Smetana et\nà Dvorak, puis ceux concernant Brahms et Robert Franz, Bayreuth de 1876 (un véritable\njournal des répétitions auxquelles Kretschmann prenait part). Le livre entier, du reste, se lit\navec le plus parfait agrément même par le pire profane en matière musicale. W. R.\nDÉCOUVERTE. Le célèbre concerto d'orgue en rè mineur, de Wilhelm Friedemann\nBach cette pièce superbe que tous les exécutants ont inscrite à leurs programmes, depuis que\nM. Auguste Stradal en a fait la magistrale transcription que l'on sait pour le piano, vient\nd'être reconnue pour une simple transposition, très à la Bach, mais enfin transposition d'un\nconcerto de violon d'Antonio Vivaldi. On sait que J. S. Bach, père, lui-même fut incité à écrire\nses concertos pour piano et orchestre, par les œuvres du \"preto rosso'n propagateur du concerto\nde violon solo, et que déjà il avait transposé des concertos de violon du Kapellmeister du duc\nde Hesse (régent de Mantoue. Vivaldi n'a pas été établi à Darmstadt) : il en a arrangé six\npour piano, quatre pour orgue ; et, pour quatre pianos, celui de Vivaldi pour quatre violons en\nsi mineur. Des élèves de Bach, le duc Ernest de Saxe, Benedetto Marcello, Telemann, firent\ndes arrangements analogues. Or voici que le musicographe munichois, M. Ludwig Schittler\nqui travaille à une édition des œuvres \" inconnues \" de Friedemann Bach, a trouvé un manus-\ncrit du concerto, à la Bibliothèque royale de Berlin, dont le titre énonce sans laisser subsister\nde doute que la composition originale est de Vivaldi. Faisant ensuite des recherches dans le\nfonds de 80 (quatre-vingts) concertos manuscrits qui gisent, assez délaissés, à la Bibliothèque\nde Dresde, M. Schittler eut la bonne fortune d'y découvrir en effet l'œuvre originale du\nmaître italien.\nNe parlait-on pas, ces temps derniers, dans notre monde musical contemporain, de\nl'originalité des thèmes et de mélodies prises dans la rue ? Un Bach transcrivait et remaniait les\nœuvres de ses voisins aussi bien que les siennes propres. Ne nous montrait-on pas ici même,\nrécemment, que Haendel en usait avec une égale et superbe désinvolture ?... M. Mtd.\nGRAVES (L. C.) Musical Monstrosities.(London, Isaac Pitman 190 g. In-160).\nNe pensons pas à Berlioz, ni aux Grotesques de la Musique : l'esprit français, même\nromantique, a toujours eu des réticences et des subtilités que l'humour anglais ne connaît pas.\nLes Français trouveront peut-être que M. Graves manie souvent la plaisanterie à coups de\nmassue. Et cependant, à ses fictions les plus ahurissantes, il mêle toujours un fonds de vérité :\nainsi nous apprenons grâce à lui que M. Godowsky dévoue ses loisirs à un traité sur l'histoire\ndu Bi Métal ; que le Pr. MetchnikofF, dans son Traité sur la Prolongation de la vie, a conclu\nque la carrière la plus conservatrice est celle de Choriste dans un Opéra Italien ; que la Royal\nCommission a suggéré l'emploi d'un \" Pole-Tax,\" contre tous les virtuoses dont le nom\ncomporte plus d'un certain nombre de consonnes consécutives La méthode, un peu"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 25, "texte": "LES LIVRES\nA. I. Schmidt."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.67", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "déconcertante, irrite parfois mais amuse quand même. Quelques illustrations ajoutent à l'ori-\nginalité de ce petit volume.\nENGEL (CARL). The music ofthe most a (London, William Reeves, in 8°).\nSMITH (HERMANN). The world's earliest music. (London, William Reeves, in 8°).\nDeux livres, de sujets à peu près identiques, publiés en Angleterre tous deux, et se\nressemblant jusque dans leurs défauts. On a trop longtemps oublié, de l'autre côté de la\nManche, que l'histoire de la Musique est une science, et que la science ne se base pas sur des\nconjectures. Pour nous, habitués a d autres procédés, il a quelque chose d'irritant à suivre\ndes raisonnements qui s'arrêteront toujours en chemin, et où s'entremêleront, sous couleur de\nlittérature, des appréciations humoristiques voisines de l'enfantillage.\nM. Smith a sur M. Engel ce mérité de poser très nettement les problèmes, lors même\nqu il ne parvient pas toujours à les résoudre. Son chapitre sur l'évolution de la flûte, particu-\nlièrement ingénieux, nous a paru un des meilleurs du volume ; cependant, le mérite d'avoir\nsignalé la parente du double aulos avec le lioneddas de Sardaigne revient à ]VI.\nRegrettons que M. Smith s obstine a nous donner comme étrusques des reproductions extraites\nde vases grecs. Rcgiettons aussi son mépris pour la musique chinoise Uqui ne peut avoir que\npeu d attraits poui nous, et son enthousiasme exclusif pour le système diatonique, 66 ce trophée,\na la conquête duquel la musique a marché pendant des milliers d'années.\" Le temps s'est\nchargé déjà de faire raison de ces assertions.\nNos deux auteurs consacrent tous deux de longues pages à l'évolution de la lyre antique,\nqu ils confondent 1 un et 1 autre avec la cithare ; leurs hypothèses à ce sujet sont dès à\nprésent mises a néant par le très remarquable travail de Miss Schlesinger sur les Origines du\nViolon.\nLe livre de M. Engel, tout entier, est appelé au même sort: déjà la plupart des problèmes\nqui y sont effleures ont fait l'objet d'une abondante bibliographie : son capital défaut est de\ndater de 1864. nous décrit la musique chinoise, d'après les écrits du Père Amiot, les\nantiquités égyptiennes d'après M. Villoteau, et ne cite Homère que dans la traduction de\nPope. Il expedie en deux pages la question de la double flûte, en une phrase celle de la musique\ntzigane, et passe sous silence les origines du luth. Et que dire de généralisations hâtives comme\ncelle-ci : u Les progrès dans la musique ont été beaucoup moins rapides que dans les autres\narts, a cause de la lenteur qu'ont mis les instruments à se perfectionner.\" Ou bien : u les\npeuples les moins civilisés sont ceux qui accordent la plus grande prédominance aux paroles\nsur la musique.\" Et encore : u Les plus anciens chants juifs étant en mode phrygien et\nmyxolydien, comme beaucoup de chansons arabes et turques, il faut voir là une caractéristique\nde la musique orientale\" Foute la musique bretonne est là pour contredire cette théorie.\nEnfin, M. Engel, aussi bien que M. Smith, travaillent l'un et l'autre à reconstituer des\nmusiques disparues, d'après les instruments qui les exécutaient. Le procédé est plausible\nbien qu on puisse se demander au contraire si ce n'est pas la musique qui détermine les\ninstruments, et non les instruments qui déterminent la musique mais pour l'appliquer, il\nfaudrait la divination d'un Cuvier, qui avec une vertèbre ou une dent reconstituait le monstre\nd une époque disparue. Ni M. Smith, ni M. Engel 11e me paraissent y avoir réussi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.17", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.68", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": "LIVRES REÇUS\nBACH. Jahrbuch der neuenßachgesellschaft, (Leipzig, Breitkopf et Hartel 1909 in 40).\nFEININGER (KARL). An experiential psychology 0} music. (New-York, A.\nGemunder and Sons, in 40 de 320 p.).\nFONDI (ENRICO). La vitaeP opéra\n(Rome, Modes 1909 in 12° de 135 pages).\nGASTOUÉ. Traité d'harmonisation du chant Grégorien. (Lyon, Janin 1910, in-8°\nde 130 p.).\nHARDY. Rodolphe Kreutzer. (Paris, Fischbacher 1910 in-8°).\nISTEL. Das Kunstwerk Richard Wagners. (Leipzig, Teubner 1910 in-40 de\n145 p.).\nKATALOG DER MUSIKBIBLIOTHEK PETERS. Tome I, (Leipzig,\nPeters 1910 in-8° de 227 p.).\nILLUSTRIERTER TONKÙSTLER KALENDER, (Munich, Mûller in 8° de\n75° p.p.). • I\nLOGAN. Musicology. (New-York 1910, Hinds, Noble et Eldridge in-120).\nPROCEDINGS OF THE MUSICAL ASSOCIATION. (Londres, Novello 1910\nin 12° de 128 pages).\nRADICIOTTI. —G. B. Tergolesi. (Rome, Edition musica 1910 in 8° de 292 p.).\nSTIEVENARD. Traite des principes (Hamelle 1910 in 8°).\nTARDUCCI. Storia de S. Gregorio (Rome, Pustet 1909 'n\"B° de\n499 P-)-\nVOIGT. Excursionsbuch z um Stu (Leipzig, Quelle et\nMeyer in-120).\nPRODHOMME (J. G.). Œuvres en prose de Richard IVagnery Tome VI. (des\nGesammelte Schriften tome IV et VII). (Paris, Ch. Delagrave ini2° de 252 pp.)\nWOLF (HELENE). IVie studiert man (Magdebourg I9Io> Heinrischs-\nhofen's Verlag in-120)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.18", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU VENDREDI, 28 OCTOBRE\nLa Séance est ouverte à 41/4 heures, chez MM.Gaveau, étaient présents: MM. Charles\nMalherbe, Président ; J. Ecorcheville, L. Dauriac, J.-G. Prod'Homme, A. Boschot, M. et\nMme G. Lefeuve, MM. Ruelle, A. Laugier, F. Guérillot, L. Greilsamer, A. de Bertha,\nMeUe Babaian. S'étaient excusés : Mme Filliaux-Tiger, M. Daubresse et Mutin.\nAprès la lecture du procès-verbal, la candidature de M. le Comte G. Chandon de Briailles\nprésentée par M. Charles Malherbe et M. J. Ecorcheville, est admise à l'unanimité.\nLe Président prend la parole pour faire l'éloge de notre Collègue Pierre Aubry, dont la\nperte a été si douloureusement ressentie par toute la Section. Il retrace la vie de notre ami, et\nfait un tableau de son inlassable activité.\nLa Séance est levée en signe de deuil.\nSECTION DU MIDI DE LA FRANCE\nUne nouvelle Section de notre Société vient de se former, grâce à 1 initiative de M. Chr.\nL'Hôpital, inspecteur d'Académie du Gard : la Section du Midi. Le comité en est ainsi\ncomposé :\nPrésident : M. Chr. UHôpital, à Nîmes.\nSecrétaire : M. Caillaba, à\nTrésorier : M. Ch. Gervais,\nNous sommes heureux d'applaudir à la création de cette nouvelle Section et de constater\nque la région du Midi qui a toujours été favorable à la musique, 1 est maintenant aussi à la\nmusicologie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.19", "titre_corps": "Spécimen d'une illustration du Catalogue de la Bibliothèque Nationale.", "titre_sommaire": "Spécimen d'une illustration du Catalogue de la Bibliothèque Nationale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 70, "texte": "Spécimen d'une illustration du Catalogue de la Bibliothèque Nationale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.20", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nC'est par la i 6 de la Damnation de\nFaust qu'a commencé la saison musicale, ainsi\nqu'il est d'usage au Chatelet. M. Pierné, qui\nn'est pas un ingrat, devait cette dévotion\nliminaire à Berlioz. Il l'a renouvelée le di-\nmanche suivant, ménageant nos émotions en\nvue des nouveautés annoncées, peu nombreuses\nd'ailleurs. Cette quiétude n'a pas été troublée\npar une ouverture de féte écrite par M. Saint\nSaëns pour l'inauguration du Musée Océano-\ngraphique de Monaco, et donnée par M. Pierné\nà l'occasion des 75 ans du Maître.\nLe troisième concert nous offrait l'ouverture\nnon moins inaugurale de Beethoven, zur\nWeihe des Hauses (op. 124) qu'on joue rare-\nment, page sans caractère dramatique dont\nl'écriture est le principal intérêt. Le Chant\nFunèbre de M. Alberic Magnard exprime\nnoblement d'intimes et profondes émotions.\nDans l'exquis Concerto Brandebourgeois, en\nré, de Bach, où la partie de clavecin est d'une\nimportance et d'un intérêt exceptionnels,\nMlle Selva fut une admirable interprète, comme\nelle l'avait été à la Société Bach. Une telle\nœuvre ainsi jouée rayonne sur tout un concert.\nLa symphonie • d'Ernest Chausson et celle\nen mi bémol, de Borodine sont presque des\nnouveautés et il faut louer M. Chevillard d'en\navoir orné ses deux premiers programmes. Il\nest difficile de parler après l'analyse pénétrante\nque lui consacrait l'autre jour M. Boschot,\nde la symphonie de Chausson, \" œuvre très\nhaute, sincère et probe, mais habillée selon\nune mode qui n'est déjà plus à la mode et\nqui n'a pas encore l'ascendant des choses\nd'autrefois. \" Comme bien des choses, elle\ngagnera en vieillissant. Borodine, lui, a gardé\nsa fraîcheur orientale, un peu simple et super-\nficielle, mais intéressante tout de même. Les\ndeux solistes de ces séances furent M. Renaud\nde l'Opéra et M. Jacques Thibaud, pour les-\nquels tout l'encens des louanges a été brûlé.\nMais leur perfection technique est-elle exempte\nd'affectation, et leur charme de préciosité ?\nCe sont deux merveilleux artistes, voilà ce que\npersonne n'osera contester.\nAu Salon cTAutomne, parmi les peintures\neffarantes et les sculptures chaotiques, M. Pa-\nrent a voulu donner cinq séances de musique\ncontemporaine, ce dont il faut grandement le\nlouer. Il apporte à cette tâche un peu ingrate\nsalle d'acoustique médiocre et de tempéra-\nture fraîche, public encore ahuri ou égayé de\nla peinture qu'il vient de voir sa foi et son\nardeur habituelles. (Notez qu'entre temps, il\ndonne à la Schola tout l'œuvre de musique de"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.73", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1490, "texte": "chambre de Schumann). Les œuvres entendues\nau Salon d'Automne l'ont été déjà a la Schola\nou à la Nationale et nous les avons signalées à\nleur apparition. Elles résument assez bien les\ntendances actuelles.\nLa Société Philharmonique annonce une\nbelle série de séances. Elle a débuté par une\nsoirée tout à la gloire de M. Saint-Saëns,\ntoujours jeune et toujours applaudi. Il a joué\navec une légitime coquetterie le con-\ncerto de Mozart qui figurait à son premier\nconcert en 1846 salle Pleyel et à celui qu'il y\ndonna cinquante ans plus tard. Le 2,m trio,\njoué par M. Hayot, M. Salmon et le Maître,\nest certes toujours intéressant. Mais on aurait\ndû lui joindre une autre page de musique de\nchambre plutôt que les mélodies qu'a chantées\nMme Auguez de Montalant et les pièces de\npiano qu'a jouées avec perfection\nMme la Comtesse de Guitant. L'hommage eut\nété plus complet et plus exacte l'impression\nsur l'auditoire.\nFaut-il, pour être à peu près complet (ce\nqui ne nous arrivera plus guère les prochains\nmois) signaler l'orchestre russe de balalaïkas\nentendu ce mois-ci au I héâtre Sarah-Bern-\nhardt ? Il y eut' là un soliste merveilleux,\nM. Trojanowsky, pour tirer parti de la man-\ndoline nationale, et un groupe de 25 artistes,\nsoutenus par deux cithares. Sonorité curieuse,\nquelques airs populaires bien harmonisés par\nM. Andreeff, le capellmeister, mais trop de\nvalses, vraiment.\nAttendons, sans impatience, novembre et le\ndéluge musical dont il nous menace.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.21", "titre_corps": "Province.", "titre_sommaire": "Province.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.73", "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 3320, "texte": "Province.\nComme tous les ans à pareille époque, Vactivité musicale de la province ne fait que renaître.\nNous avons cependant reçu quelques intéressantes correspondances que nous sommes heureux d insérer.\nBREST. Le répertoire lyrique de cet\nhiver promet d'être servi par une interpréta-\ntion de choix, à en juger par le grand succès\nobtenu jusqu'à ce jour par Mmes Luisa Myriel et\nMuller, MM. Deliano, Engelibert et Escach\nsur la scène du Grand Théâtre. •\n\" Manon \" Lakmé \", \" Werther\n\" Mignon \", le \"Jongleur de Notre-Dame \"\n\" Louise \" ont attiré au théâtre beaucoup de\nmonde, et notre public, d'ordinaire assez\ndifficile, a témoigné aux pensionnaires de\nM. Dorfer toute sa satisfaction.\nL'orchestre a été transformé : toute une\npartie se trouve logée sous le proscenium : le\nrésultat est admirable pour nos excellents\nmusiciens, que dirige avec talent M. Brisard.\nQuo Vadisr La Habanera, Don Quichotte,\nque l'on doit prochainement monter, s'en\ntrouveront bien.\nOn annonce aussi la création à Brest d'un\nouvrage inédit : les Fiancés d'Armor, drame\nmusical d'une forme originale, de MM. Per-\npignan et Pierre La Heuzanne. La troupe\nd'opérette, avec la joyeuse Mlle Neyral,\ncomme divette, est fort goûtée.\nJ. s.\nBORDEAUX. Après quelques mois de\nchômage, la musique à Bordeaux, eommence\nde nouveau à reprendre droit de cité. Ainsi\nnotre Grand Théâtre vient de faire une ouver-\nture sensationnelle avec les \" Huguenots. \"\nLa Direction Bory, a-t-elle, cette fois-ci,\ntrouvé la fameuse troupe homogène, si vaine-\nment cherchée depuis longtemps? La com-\npagnie ne manque pas de bons éléments,\nAttendons donc pour la juger, de la voir à\nl'œuvre dans des ouvrages sérieux et musicale-\nment intéressants.\nNotre Société Sainte Cécile (Conservatoire\nde Musique) nous promet, dit-on, une Saison\nmusicale très intéressante. Tout le monde sait"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.78", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "à Bordeaux, et depuis longtemps que pour\nnotre vieille Société Musicale, promettre et\ntenir c'est tout un et qu'elle est toujours à\nhauteur de son passé artistique, sous la direc-\ntion, toujours si appréciée de son comité\nmusical et de son éminent Directeur-Chef\nd'orchestre, J. G. Pennequin.\nNous publierons prochainement les pro-\ngrammes de huit concerts classiques, que\ndonne annuellement cette Société.\nV. GENDREU\nNANCY.—Concerts du Conservatoire.—\nM.-J. Guy-Ropartz vient d'arrêter les gran-\ndes lignes du programme de la Saison 1910-\n1911.\nPour commémorer le 20° anniversaire de\nla mort de César Franck (8 novembre 1890)\nquatre séances seront consacrées à l'audition\nintégrale des œuvres de concert du Maître :\nSymphonie en ré mineur, les Eolides, les\nDjinns, Variations symphoniques, le Chasseur\nMaudit, Psyché, Psaume CL, Ruth, Rebecca,\nRédemption, les Béatitudes.\nD'autre part, poursuivant la \" revue \" de\nla \" Symphonie française contemporaine, \"\ncommencée en 1900-1901 par l'audition des\nsymphonies écrites entre 1885 et 1900, M.J.-\nGuy-Ropartz fera entendre des œuvres com-\nposées entre 1900 et 1910 : Deuxième\nsymphonie de V. d'lndy, troisième Symphonie\nde Gédalge, symphonie de Th. Dubois, Sylvio\nLazzari, etc.\nLes onze ouvertures de Beethoven, dont\ncertaines sont si peu connues, figureront éga-\nlement au programme, en même temps que\ncertainesœuvres nouvellesdont ce sera à Nancy\nla première audition et dont la liste n'est pas\nencore définitivement arrêtée.\nEnfin un Festival Wagner sera donné avec\nle concours de M. Delmas, de l'Opéra.\nLes solistes des Concerts seront : Mll' Blan-\nche Selva et M. Edouard Risler (piano) M.\nHugo Heermann (violon) MUe Jean Marx\n(violoncelle) etc. Pour le chant, outre M. Del-\nmas et M\"11' P. Frisch, les artistes les plus aimés\nde notre public : Jean Reder, G. Mary,\nG. Monys, etc. etc., et d'autres encore selon\nles nécessités des œuvres pour soli, chœurs\net orchestres inscrites au programme.\nANGERS. Notre lerIer concert de la\nsaison a eu lieu Dimanche 16, sous la belle\ndirection de Rhené-Baton qui remplaçait au\npupitre de chef d'orchestre le sympathique\nMax d'Ollone.\nL'intéressante Symphonie en Fa de Boëll-\nmann ouvrait la séance avec son Lento si\npoignant, son gracieux Intermède, son presti-\ngieux Finale.\nLe baryton Jan Reder a remporté un vif\nsuccès avec une sélection des Poèmes d'Armor\npour chant et orchestre, de Louis Brisset et\nles Chants religieux, de Beethoven.\nLes délicieuses pages de Debussy : Cortège\net Air de Danse de l'Enfant Prodigue, la\nDanse Macabre de St. Saëns et l'ouverture\nd'Obéron complétaient le concert.\nUne intéressante matinée poétique et\nmusicale a été donnée chez Mmc D... Au\ntalent de l'excellente diseuse et d'une pléiade\nde jeunes filles, se joignait celui de Melle B. de\nM. qui, par sa diction, son chant et sa grâce,\na conquis le public particulièrement dans la\nDanseuse de Pompéï, accompagnée au piano\npar l'auteur, M\"lc' B.\nM. B.\nSALON. C'est avec impatience qu'est\nattendu le transfert du Conservatoire dans un\nnouvel immeuble qui permettra la création de\nnouvelles classes, comme, par exemple, la\nclasse d'instruments à cordes. La nécessite\nd'un local plus spacieux se fait sentir impé-\nrieusement.\nEn 1911 la Musique Municipale et 1 Union\nChorale s'en iront cueillir de nouveaux lauriers\ndans les Grands Concours.\nTROUVILLE. La saison musicale\ns'est brillamment terminée par une reprise du\nrépertoire d'Operette M'\"e Tariol-Baugé\nque nous n'avons eu qu'en Septembre a beau-\ncoup plu et a remporté de gros succès, très\nbien secondée par le reste de la troupe."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.79", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3596, "texte": "M. Figarella a été comme toujours très\napplaudi, il est parfait dans tous ses rôles tant\nd'opérette que d'opéra-comique. M. Lorrain\nest toujours très symphatique, Villat toujours\ndésopilant et Mme Mico la plus amusante des\nduègnes. L'orchestre et les chœurs sous\nF habile direction de M. Louis Masson furent\ntoujours dignes de tous les éloges.\nLe Casino nous promet une petite saison,\npour Pâques ; cette innovation sera bien\naccueillie par les personnes qui ont l'habitude\nde faire un séjour à cette époque.\nEglise N.D. de Bon Secours. Nous avons\neu à cette église une solennité musicale qui\navait attiré une nombreuse assistance. A l'oc-\ncasion de l'inauguration d'une statue de Jeanne\nd'Arc on a exécuté une cantate de circonstance\nécrite spécialement par J. Toutain-Grùn et\nque l'auteur a dirigée elle-même. Cette\nœuvre assez développée et écrite sur le mode\ndorien comprenait des soli qui furent chantés\npar Mm(i Lacoinbe-Olivier de l'Opéra dont la\nmerveilleuse voix sut rendre l'enthousiasme\ninspiré de l'héroïne ; le rôle du Ténor était\ntrès bien chanté par M. Bousseau de New-\nYork, élève du Maître Giraudet !\nLes chœurs obligeamment prêtés par le\nCasino-Salon ont été absolument remarqua-\nbles. L'Orgue et un petit orchestre complé-\ntaient la parfaite interprétation de cette belle\nœuvre qui a produit une grande impression.\nUn solo de violon (La vision de Jeanne d'Arc)\nd'une jolie couleur a été très bien rendu par\nM. Debruyne. Au salut il nous fut donné\nd'entendre : Un Ave Maria à quatre voix de\nTh. Porel, un Pater Noster de Bourdeney\npour ténor et chœur.\nAIX-EN-PRO VENCE. Dans la cathé-\ndrale St-Sauveur, M. Joseph Bonnet, le mer-\nveilleux organiste de Saint Eustache, nous a\ndonné un magnifique récital d'orgue.\nAu programme, des œuvres de Frescobaldi,\nBach, Clérambault, Buxtehude, Martini, et\nparmi les modernes, Schumann, Franck, Guil-\nmont, Tournemire, Messerer, Bonnet.\nUne très nombreuse assistance a admiré en\nsilence, mais avec ferveur le prestigieux méca-\nnisme de M. Bonnet, et surtout son style\nimpeccable.\nIl serait injuste d'oublier la maîtrise de la\ncathédrale, qui, sous l'intelligente direction de\nM. l'abbé Peyre, a bien interprété plusieurs\npièces anciennes et modernes.\nF. M.\nBOURGES. Encouragée par le succès\nsi vif qui avait accueilli 1' u Arlésienne \" en\njuin dernier, la Société des Fêtes a continué\navec \" Mireille \" la série de ses soirées à la\nhalle. Les deux représentations des 24 et 25\noctobre, qui feront date dans ses annales, ne\nl'ont cédé en rien comme valeur artistique à\ncelle du 13 juin.\nProfitant des conseils à eux dictés par l'ex-\npérience, les organisateurs n'avaient rien né-\ngligé pour faire de ce lieu public si détourné\npourtant de son affectation ordinaire, une\nconfortable salle de spectacle, qui permit à\ntous d'apprécier la valeur des interprètes.\nA signaler l'ampleur de la voix et la netteté\nde la vocalise dans Mllc Vallandri (Mireille),\nle timbre sympathique de M. Galand (Vincent),\ndignement entourés par Mauzin, Mlles Vilmer,\nJuliette Dorys.\nChœurs du Jardin d'acclimatation et or-\nchestre de 50 musiciens conduits habilement\npar M. Courrouy, auquel nous ne saurions\nadresser trop d'éloges pour le sens artistique\nd'interprétation qu'il possède et pour la maestria\ndont il fait preuve dans la direction.\nIl serait à souhaiter qu'un orchestre aussi\nhomogène, constitué avec les éléments et sur\nles bases actuels se fasse entendre non seule-\nment en tant qu'orchestre d'accompagnement,\nmais seul, dans des auditions spécialement\nréservées à lui, dans les chefs-d'œuvre de la\nmusique classique et moderne.\nO. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.22", "titre_corps": "CaVaillé-Coll-Mutin", "titre_sommaire": "CaVaillé-Coll-Mutin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.76", "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 113, "texte": "CaVaillé-Coll-Mutin\n\n15, AVENUE DU MAINE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.22.1", "titre_corps": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "titre_sommaire": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 71, "texte": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.23", "titre_corps": "Belgique.", "titre_sommaire": "Belgique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.79", "debut_caractere": 3598, "fin_caractere_exclue": 3729, "texte": "Belgique.\nA LA MONNAIE. Tvan le Terrible,\nparoles et musique de M. Gunsbourg, vient\nd'être représenté sur notre première scène avec"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.80", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3084, "texte": "un soin, et avec un succès vraiment extraor-\ndinaires. C'est une représentation qui comptera\ndans les fastes de la Monnaie. Nous avons\ndéjà parlé de la conception du compositeur.\nPour lui, la mélodie seule a de l'intérêt, et il\ndonne au chant toute prédominance. Foin des\nrecherches harmoniques, foin des combinaisons\nde l'orchestration moderne ! Je comprends\nfort bien le principe de M. Gunsbourg, et je\nl'admirerais s'il n'était pas trop visiblement un\nu principe \" —. Evidemment, il ne faut pas\nexiger d'un artiste ce qu'il ne prétend point\nnous offrir. M. Gunsbourg se contente de\nréaliser des œuvres qui savent gagner sans\npeine le gros public, qui le charment sans fati-\ngue. C'est un mérite, appréciable, ma foi, et\nc'est surtout un titre à la reconnaissance des\nfoules dilettantes. M. Gunsbourg a d'autres\nqualités ; il n'a pas de rival comme metteur en\nscène, il excelle dans la technique de l'effet à\nproduire : ayant beaucoup d'expérience, il tire\nparti merveilleusement des moindres ressources.\nLe théâtre n'a plus de secret pour lui.\nDans l'œuvre présente, évocation de la\nsombre époque, dont tous les manuels d'his-\ntoire retracèrent les horreurs, où le tzarisme\nrouge, reçut le pourpre baptême du sang, le\ndramaturge trouve champ fécond.\nMalheureusement, à part les costumes, dont\ns'émerveilla notre critique officielle et que\ncélébrèrent à l'avance les communiqués,\ncostumes venus à grand frais des théâtres de\nl'Empire slave,— et quelques authentiques dan-\nseurs russes, il faut reconnaître que la couleur\nlocale fait défaut !\nEt pourtant M. Gunsbourg, russe de nais-\nsance, habitué aux péripéties d'une vie agitée,\navait toutes les qualités pour rendre la figure\nde ce terrible personnage.\nYvan le Terrible lui fournit la matière\nd'un intense mouvement de situations savam-\nment alternées, pour ménager les nerfs des\npaisibles spectateurs. Quant à la partition\nen elle-même, il y a ça et là de jolis passages,\nquelques belles phrases, un certain mouvement,\ndes tonalités heureuses, des chatoyements, des\nors, sur un ensemble parfois expressif. Rien de\ntrop poignant néanmoins. En somme, l'en-\nsemble porte, selon les désirs de l'auteur, et la\nsalle brillante des grandes premières a frémi\ndans tout son enthousiasme.\nM. Gunsbourg a connu chez nous l'ivresse\ndes triomphes. Il faut dire qu'il possédait\ndes interprètes de tout premier ordre, et que\nl'orchestre a réussi tout-à-fait, sous l'intelli-\ngente direction du sympathique et compréhen-\nsif M. Sylvain Dupuis, à mettre au point\nl'œuvre élue. Tout est bien donc, et sou-\nhaitons à nos maîtres belges de telles fêtes,\nlongtemps désirées.\nARTS, SCIENCES, LETTRES.\nMelle Aline Laleman compositeur et cantatrice\navait organisé par les soins du Spectacle Office,\nune intéressante Soirée Musicale le samedi\n20 Octobre à la Salle Erard. La programme\ncomportait une intéressante sélection de mélo-\ndies interprétées par leur auteur Mlle Laleman\net une série d'œuvres de Grieg, Mendelsohn,\nSchumann et Gounod avec le concours de\nMrs Chosty basse chantante, Doehaerd, vio-\nloniste, et Kauffmann pianiste."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.82", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3564, "texte": "M. Durant a donné le 16 octobre dernier,\nsous les auspices du Comité de l'Exposition,\nun concert entièrement consacré aux œuvres\nde César Franck ; il a été vraiment remar-\nquable.\n\"Psyché\" ouvrait la séance : cela manquait\nun peu de fluidité, de ligne enveloppante :\nil est vrai que la salle était d'une sonorité fort\ncrue néanmoins l'exécution dans l'en-\nsemble fut bonne : M. Durant a montré là,\nce qu'il peut donner lorsque la surcharge de\ntravail ne lui impose pas des études hâtives.\nAvec son admirable talent, M. De Greef\nvint ensuite; inutile de dire que les \"Djinns\"\ncette œuvre un peu ingrate, et les admirables\n\" Variations symphoniques\" n'eurent pas à se\nplaindre de leur interprète : peut-on parler\nencore de la merveilleuse technique de\nM. De Greef, de sa force, de sa délicatesse, de\nson jeu idéalement pur, de sa compréhension\nsouple et nuancée ? à peine pourrait-on lui\nreprocher parfois un romantisme un peu poussé\ndans l'expression : mais cela ne l'empêche pas\nd'être un grand pianiste. Le public lui a fait\nde tumultueuses ovations.\nOn donne rarement à Bruxelles des frae-\nments d'œuvres lyriques de Franck. Ceux du\nballet d' \" Hulda \" (la lutte de l'Hiver et du\nPrintemps) que nous avons entendus hier sont\npourtant pleins de vie et de couleur : il man-\nque bien à la symphonie printanière, victo-\nrieuse du lourd Hiver, un peu dé cette aérienne\nfraîcheur qu'on trouve dans le Prélude Fugue\net Variation, par exemple ; mais le premier\nmouvement est un chef-d'œuvre d'interpréta-\ntion musicale.\nLa symphonie en ré couronnait magni-\nfiquement l'ensemble du concert ; si l'alle-\ngretto fut traité à la manière rude, si le\nfinal fut d'un tempo instable, trop tiède dans\nles débuts, le premier mouvement, en revan-\nche, a reçu de M. Durant et de son orchestre\nune exécution vraiment d'éloges.\no O\nAussi le public, malheureusement clairsemé,\na-t-il rigoureusement applaudi tout le monde.\nLE CENTENAIRE DE LISZT.\nDe tous côtés l'on s'apprête à fêter le cente-\nnaire de Franz Liszt, né en 1811. A cette\noccasion, le pianiste Arthur van Dooren orga-\nnise une tournée de Récitals dans laquelle il\nsera accompagné- par le D 1 Dwelshauvers,\nconférencier, et une cantatrice de renom. La\ntournée débutera à Bruxelles, en janvier pro-\nchain.\nCONCERTS ISAYE. - - Il y aura 6\nconcerts au cours de la saison, au Théâtre de\nl'Alhambra, aux dates ci-après :\n29-30 octobre, 3-4 décembre, 14-15 jan-\nvier, 11-12 février, 1-2 avril. Plus 2 concerts\nextraordinaires : 22-23 aYri'> 6-7 mai.\nLes artistes suivants y participeront :\nChant : Mme Bosetti, de l'Opéra de Munich;\nMM. H. Dufranne, de l'Opéra de Paris ;\nH. Hensel, de l'Opéra de Wiesbaden.\nPiano : MM. Mark Hambourg ; Ossip\nGabrilowitsch.\nFiolon : MM. Eug. Isaye, Jacques Thibaud.\nVioloncelle : M. Jean Gérardy.\nCh. d'orchestre : MM. Otto Lohse, Edward\nElgar, Eug. Isaye et Théo Isaye.\nLe Tonkunstler orchester de Munich, sous\nla direction de Joseph Lassalle.\nAux programmes'.Bach, Mozart, Beethoven,\nSchuman, Brahms, Wagner, Strauss, Swen-\nden, etc.\nNouveautés : Suite Burlesque, A. Dupuis.\nSymphonie, Delcroix.\nRyelandt.\nElgar.\nLazzari.\nOuverture, Trémisot.\nPoème symphonique, Buffin.\nLa forêt et l'oiseau, Théo Isaye.\nLA MUSIQUE BELGE A L'ÉTRAN-\nGER. Après une saison magnifique au\nKursaal d'Ostende, le maestro, Léon Rinskoff,\nse prépare comme les années précédentes à\nporter et défendre au loin le bon renom de\nnos compatriotes.\nLes tournées antérieures en Allemagne et\nen Angleterre ont eu, on s'en souvient, un\ngrand succès, et les festi qu'il donna de\nmusique belge furent bien goûtés."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.83", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3868, "texte": "Cette année, en décembre, à Budapesth, en\nHongrie, puis à Rome et à Nice; en janvier,\nil donnera des auditions des œuvres suivantes ;\nOuverture de Godlieve . . . Ed. Tinel.\nMacbeth, poème symphonique . S. Dupuis.\nVariations symphoniques ... P. Gilson.\nPsyché, poème symphonique . C. Frank.\nDanses flamandes J. Blockx.\nFantaisie sur des thèmes popu-\nlaires wallons Th. Ysaye.\nNul doute qu'avec l'ardeur infatigable,\ntout le sentiment artistique et la grande com-\npréhension des œuvres qu'il fait exécuter, le\nsympathique maestro, n'obtienne cette année,\ndans sa tournée, le même et peut-être encore\nmeilleur succès que précédemment. Tous nos\nvœux l'accompagnent.\nCONCERTS POPULAIRES. Les\nquatre concerts d'abonnement auront lieu aux\ndates ci-après: 19-20 novembre 1910, premier\nconcert, avec le concours de M. Misha\nElmann, violoniste ; 21-22 janvier 1911,\ndeuxième concert, avec le concours de Mlle\nClara Sansoni, pianiste; 18-19 février, troisième\nconcert, avec le concours de Mmc Leffler-\nBurckard, cantatrice de l'Opéra royal de\nBerlin ; 25-26 mars, quatrième concert con-\nsacré à l'exécution de La Création, oratorio\nd'Haydn, soli chœurs et orchestre.\n\\\nLIEGE. Les débuts du théâtre royal\nn'ont pas, jusqu'ici, donné grande satisfaction.\nPlusieurs nouveau-venus ont dû résilier.\nI reize opéras joués en dix-sept jours énervent\nles interprètes. Réservons donc notre avis.\nLes nouveautés de la saison seront : Mme\nButterfly de Puccini, Mona Vanna de Février,\nla Glaneuse de Fourdrain et Kermesse ! d'Arthur\nvan Dooren, le sympathique pianiste bruxel-\nlois. Une œuvre belge... bravo !\nL'administration communale a organisé, à\n1 occasion de la visite des Conseillers munici-\npaux parisiens, un grand concert de solistes\n(Eugène Ysaye, Jean Gérardy, Mlk' de Ceu-\nninck) que dirigea M. Sylvain Dupuis. Elle a\noublié d'y convier la presse musicale.\nDR DWELSHAUVERS.\nANVERS. Le Gala Français aura lieu\ncette année le 23 ou le 30 novembre, au\nThéâtre Royal. La représentation comportera\nMlîie Butterfly, avec le concours de Marguerite\nCarré, MlllO Brohly et M. Léon Beyle de\nl'opéra comique. S'adresser à M. le Prési-\ndent de la Chambre de Commerce française,\n15, Longue rue de l'Hôpital, Anvers.\nLa société royale du Jardin Zoologique donnera\nde nombreux concerts en la saison 1910-1911,\nsous l'éminente direction de M. Edward\nKeurvels, musicien savant, chef d'orchestre\naccompli. Du 1 novembre au 29 mars, les\nmercredis à 8 1/2 du soir et dimanche à 3 1/2\naprès-midi.\nParmi les virtuoses qui prêteront leur con-\ncours à ces concerts : MM. Laurent Swolfs,\nLudwig Froelich, Mlle Hélène Luquiens,\nJ. Daene, May Harrisson, M. J. Riss-Arbeau,\nM. Jesu Daisy, Jules Tordo, Casella, Ml]e\nClair Bamberg, Aima Mandie, A. Raveau,\nJ. Bonnet, Gérard, Heking, Denaucy, Mlle\nHeilbronner, Fernand Charlier, Raoul Pugno,\nMile Maud Delstauche, Mark Hamburg, Mlle\nRotsaert, Louis Robert, Henriette Renié,\nPovla Frisch, Ph. Gaubert, César Thomson,\nFlora. Joutard-Loevensohn, H. Ven-Elsacker.\nLa société des Concerts de Musique sacrée\nannonce pour la saison l'exécution de Josué de\nHaendel, et la Messe en si mineur de Bach.\nJosuè n'a jamais été entendu en Belgique.\nLes dates et détails de ces solemnités seront\ndonnées ici prochainement.\n—M. Mahillon, est nommé conservateur en\nchef à titre personnel du musée instrumental\ndu Conservatoire royal du Bruxelles.\nUne fanfare wallonne vient de se créer à\nIxelles. S'adresser à M. Stéphane, compositeur\n137, Avenue du Pesaye, Ixelles.\nLa société : La IVallonie, sous la direc-\ntion de M. L. Laurent, professeur de chant,\ndonnait, le 8 octobre, une excellente soirée.\nM. Bricoult, ténor remarquable, à la voix\nsympathique et puissante, joliment timbrée,\nfort bien conduite, M. Gonze baryton, qui\nunit une culture parfaite à d'égales qualités,\nMlle Mary Roosen la charmante cantatrice\ndont nous avons ici-même noté déjà les succès"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.84", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "prometteuses,, et Mlle Le Brun, excellente\npianiste, prêtaient leur concours à cette fête.\nLa Société des nouveaux sous la\ndirection du compositeur\ndonnera au Théâtre Royal cinq grands con-\ncerts.\nLOUVAIN,— M\"' Raphaële Rodhain, la\ncharmante artiste est engagée pour une repré-\nsentation de Werther,les 26 et 30 novembre.\nLes Louvanistes se feront fête d'applaudir leut\ncompatriote*\nTOURNAI. - La section dramatique de\nla Société Royale des\nsiens organise un grand concours international.\nEcrire à M. Tordeur, secrétaire,. Avenue du\nMaire,, pour renseignements.\nNous détachons, dans La\nrevue Suisse, publiée sous la direction de\nM. Georges Humbert, l'article suivant, con-\nsacré à une artiste de valeur, que le public\nbelge eut l'occasion d'applaudir souvent, et\nqui fait honneur à Mllc Lefébiue> l'excellent\nprofesseur de chant dont elle fut l'élève.\n\" A F Exquise interprète deGodelieve \" inscri-\nvit le maître Edgar Tinei au bas du portrait\nqu'il offrit à Mlle Homburger, et peu après,\nla charmante cantatrice recevait de la reine\nmère d'ltalie un superbe bijou. C'est dire que,\nquoique jeune encore, l'artiste a déjà connu\nles succès.\nMll'' Eisa Homburger est Saint-Galloise, de\ncette Suisse allemande qui a fourni déjà plus\nd'un chanteur à l'Allemagne, voir même à la\nFrance. Il est vrai qu'à l'âge de seize ans à\npeine elle partit pour Bruxelles et qu'elle y fit\ntoutes ses études musicales. Avec des profes-\nseurs du Conservatoire, mais non point comme\neleve de l'établissement lui-même, MUe Eisa\nHomburger travailla le solfège, l'harmonie, le\npiano et la déclamation ; puis elles devint,\npour le chant, disciple fervente et exclusive de\nMlle H. Lefébure.\nCinq ans plus tard, en 1901, - en posses-\nsion de tous les secrets de l'art vocal et douée\nd'une voix de soprano \" sympathique, cares-\nsante, pure comme le cristal et très étendue \"\nelle débute dans un concert du \" Maen-\nnerchor \" de Zurich, sous la direction de\nM. C. Atte n ho fer. Elle chante ici et là,\noratorios, concerts d'église, soirées de lieder,\navec un succès croissant, et se fait hautement\napprécier comme professeur de chant dans sa\nville natale.\nMlle Eisa Homburger ne devait pas tarder\nà être appelée en Belgique, par la \" Société\nde musique \" de Tournai qui, sous l'excel-\nlente direction de M. H. De Loose, organise\nannee après année de grandes auditions d'ora-\ntorios. Notre cantatrice y chanta le\nde J, Brahms, Sainte-Lu/hnile d'A. Dvorak,\nSmnte-Godelive d Edg. T. inel. Puis ce furent\ndes engagements à Paris, à Wiesbaden, à\nMulhouse, à Turin, en Suisse naturellement,\net, cet hiver même, A/\"*'\npose oie donner à Bruxelles \" \"\nanalogue à celui qui lui valut il y a deux ans,\ndans la même ville, un très grand succès.\nG AND. - La direction du Grand,-Théâtre\na été confiée cette année à un de nos con-\ncitoyens, M. Pierre De Meyer, un Heldentenor\nqui jouit en Allemagne d'une bonne réputa-\ntion. M. De Meyer s'est assuré le concours\n1} # r i\nd artistes français et allemands ; il peut ainsi\npuiser dans des répertoires très différents et\ndonne des spectacles aussi variés, qu'intéressants.\nIl n'est pas banal de voir alterner sur l'affiche\nd'un théâtre de province :\ndie IV, alkûre, Carmen, la\nla vue de 'Bohème, Tiefland, sans compter\nl'opéra Lira du compositeur gantois Joseph\nVander Meulen, qui remplit les fonctions de\nchef d'orchestre, avec l'excellent d'Oscar\nBecker»\nLes chanteurs français sont de valeur iné-\ngale. Le soprano insuffisant sera remplacé.\nDans Samson et Dali la, le beau contralto de\nMlle Berthe Soyer a fort agréablement fait\nvaloir les caressantes mélodies de Saëns mais\nles qualités dramatiques de cette artiste ne\nsont pas à la hauteur de ses. ressources, vocales,\net son apparition dans n'a que trop\npermis de constater la différence, M. De\nMeyer, qui chante dans les deux langues, a"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.85", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3951, "texte": "été un Samson émouvant, tandis qu'un autre\nténor, M. G. Dufriche se faisait applaudir\ndans Faust, dans Carmen, et surtout dans\nPaillasse. M. Florian est un jeune baryton\nd'avenir. La basse, bonne, est M. Dôrich-\nSteinar qui appartient en même temps à la\ntroupe allemande.\nDans son ensemble, celle-ci est de qualité\nbien supérieure. Elle a fait un brillant début\ndans la Walkûre, avec M. De Meyer dans le\nrôle de Siegmund, M. Dorich-Steinar dans\ncelui de Hunding, IVI. Schutzendorff, dans\ncelui de IVotan-, MUe Weingarten était\nM\",e Hansen, 'Brunnhilde et Mme Blegenburg,\nFricka. Le succès de ces artistes s'est affirmé\ndans le Tiejlandd'Eugen d Albert.\nLe public français ne connaît pas encore les\nœuvres dramatiques du célèbre pianiste vir-\ntuose qui se double d'un compositeur de pre-\nmier rang. Dans Tiejland, E. d'Albert a su\nrendre d'une façon saisissante le contraste\nentre les sentiments purs et nobles des habi-\ntants de la montagne et les instincts bas et vils\ndes gens de la plaine, du Quoique\nl'action se déroule en Catalogne, au bas des\nPyrénées, d'Albert n'a pas voulu la localiser\nmusicalement, par l'emplio de thèmes et de\nrythmes espagnols. Ce sont des idees générales\nqu'il tient à exprimer, et il les exprime par\nles voix de l'orchestre où des thèmes symbo-\nliques s'entremêlent et se combattent tandis\nque les personnages, sur la scène, ont pour\nmission d'évoquer l'action spécialisée dans le\nlivret. D'Albert connaît toutes les ressources\nde l'orchestre moderne, et il les utilise heu-\nreusement. Au premier abord, l'œuvre paraît\ns'inspirer de la manière violemment mouve-\nmentée du vérisme italien ; mais elle me\nparaît être, en réalité, d'un art plus élevé que\nles opéras des Mascagni et des Puccini.\nL'interprétation de est bonne :\nMi'e Weingarten [Marthaet M. Dônich-\nSteinar (Tomasso) encadrent artistement\net Sebastiano,si bien campés par MM. De\nMeyer et Schiitzendorf.\nIl convient d'ajouter que les petits rôles et\nles chœurs ne donnent lieu à aucune critique,\nce qui est aussi très rare en province. Ils ont,\nau contraire, fait souvent preuve de qualités\nsérieuses de discipline et d'intelligence.\nLa Feuve Joyeuse de Franz Lehar fait\nflores à la fois en flamand, au Théâtre néer-\nlandais, et en français, au .Théâtre Minard.\nAu Collège musical, mon excellent con-\nfrère, M. Dwelshauvers, a fait, avec un vif\nsuccès, une intéressante conférence sur la\ntechnique pianistique mPropagandiste\nconvaincu des théories de Breithaupt, il a\nmontré que l'ancienne technique était irra-\ntionnelle au point de vue physiologique, et\nque, d'autre part, elle était devenue insuffisante\ntant pour les œuvres modernes que pour les\npianos actuels. Il faut, aujourd'hui, autre\nchose que de la vélocité. M. Dwelshauvers a\nexposé avec clarté les caractéristiques de la\nnouvelle technique, et il a terminé, fort judi-\ncieusement, en rappelant que la technique ne\nsuffit pas pour former un artiste : celui qui\naspire à ce titre doit aussi faire l'éducation de\nson intelligence, par la pratique et l'analyse\ndes œuvres des maîtres et par l'étude de\nl'histoire de son art.\nDR PAUL BERGMANS.\nBIBLIOGRAPHIE. Des cahiers de\nmusique Scandinave, éditée par M. Willem\nHansen. (Représentant exclusif pour la Belgi-\nque ; Mme VVe Ratto.), fort intéressants :\nSehytte. Die kunst auf dem klavier zù\nzingen.\nSincling : op 82.\nSinding : Sonate pour piano.\nHalvorsen : Chant de la Vesfenroy.\nBurmester : Gavotte (violon et piano).\nAlbum pour piano :La musique Scandinave\nà l'Exposition 1910.\nExtraits ele la Tresse élégante brochurette,\naccompagnée d'une ravissante photographie et\nd'une lettre enthousiaste du maître Eugène\nIsaye, de M\"1' Maud Delstauche. La jeune et\ntalentueuse violoniste que nous saluions ici,\nnaguère, a su s'attacher les plus hauts sympa-\nthies et le vif intérêt du monde musical. Ces\nnotes rassemblées le prouvent et nous sommes\nheureux d'ajouter que c'est à juste titre que\nl'on attend, de M\"'' Maud Delstauche, la plus"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.86", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "brillante carrière. Nous aurons l'occasion de\nmarquer ses succès futurs.\nLe violoncelliste virtuose M.\ndont on se souvient du succès en Russie, à la\ncour même du Tsar, jouait le 26 octobre\ndevant S. M. l'Empereur d'Allemagne, à\nl'occassion de sa visite à Bruxelles. Guillaume\nII sut apprécier le jeu impeccable, la senti-\nmentabilité charmeuse et distinguée, les\nqualités de son et d'interprétation de l'artiste.\nAux compliments qu'il lui adressa, nous\njoignons toutes nos félicitations.\nCONFERENCE. M. le docteur Dwels-\nhauvers donnait à l'lnstitut des Hautes Etudes\nd'lxelles, le 24 octobre, une très intéressante\ncauserie sur la technique pianistique moderne.\nOn trouvera un compte-rendu de la même\nconférence aux feuillets de notre éminent col-\nlaborateur gantois, M. le docteur Bergmans.\nM. Dwelshauvers retraça succinctement l'his-\ntorique des instruments à clavier. La loi physio-\nlogique \" La fonction crée l'organe, et l'organe,\nla fonction \" régit l'histoire des instruments.\nElle pense que i° les œuvres créées pour les\ninstruments représentent en chaque période\nl'expression la plus parfaite des possibilités\ntechniques du moment, que chaque dé-\ncouverte technique, entraîne un progrès de\nl'art, 3\" qu'à chaque perfectionnement corres-\npond une efflorescence de la technique et de\nla littérature.\nLa technique moderne doit répondre au\nmoment. Nos instruments, dit M. le docteur\nDwelshauvers, se sont modifiés. Ce sont les\npianos allemands et germano-américains qui\nréalisent le dernier progrès ; les instruments\nIbach et Steinway, sont aux français Pleyel et\nErard comme la musique anglaise à la mécani-\nque viennoise. Les français s'efforcent de\nparfaire dans ce sens leur construction.— Pour\nen tirer tous les effets possibles, la technique\ndoit être profondément modifiée. Le siège\nsera bas, éloigné du clavier, coudes sous le\nniveau des touches, le corps en avant, sur le\nbord de la chaise, le pied gauche tourné\nlégèrement en dehors, le talon droit. Les\nmains dans l'axe du bras, l'articulation digito-\nmétacarpienne ressort, la main se creuse en\nhémisphère. Les doigts ne sont plus que des\nchevilles, le poignet joue exclusivement le\nrôle d'un ressort. Le bras est transporté vers\nla gauche, ou la droite, on obtient le doigté\nunique 1-5, pour les touches noires et blanches.\nL'avant bras roule autour de son axe, puis,\ndans ce trémolo, il met en jeu les muscles de\nl'épaule et surtout du dos.\nCe roulement supprime les difficultés du\npassage du pouce. Le rejet du poids par l'élas-\nticité du clavier donne le staccato, si le\nrelâchement musculaire est complet et im-\nmédiat...\nCes exercices, combinés d'après ces princi-\npes, seront exécutés à une main, puis avec 2\nmains, en sens direct et contraire, à 2 ou 3\noctaves d'intervalle, pour rendre aisée la posi-\ntion du corps, l'audition précise, et ménager\nle médium du piano (côté pratique). Ils met-\ntront en jeu tout l'organisme, développeront\nla maîtrisé de soi et feront acquérir la beauté\nsonore.\nLa technique bien comprise, ajoute l'émi-\nnent conférencier, ressortit de la volonté. La\ngymnastique rythmique sera son corollaire.\nUne éducation du goût l'accompagnera. Les\nsonates de Spork (analyses) sont recommanda-\nbles en ceci. On habituera l'élève à une\néconomie de force, et à l'effort volontaire, par\nl'étude lente, peu prolongée.\nj.\nCONSEILS DU DR DWELSHAUVERS AUX JEUNES\nPIANISTES.\n1. Deviens maître de toi, cultive ta volonté.\n2. Ecoute ton jeu, prends un excellent\npiano, bien réglé, d'accord, tends toujours\nvers la beauté.\n3. Cherche un meilleur résultat avec un\nmoindre effort.\n4. Joue des œuvres faciles avec grande\nperfection.\n5. Joue chaque jour du Bach ; sans lui,\npoint de vrai musicien.\n6. Joue des œuvres à ta portée, étudie\nl'harmonie, le contrepoint, analyse.\n7. Fuis la médiocrité."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.87", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "8. Ne méprise pas le rythme des danses,\n(le manque de rythme est Vun des défauts de\nnotre musique belge.)\n9. Aime le classique ; qui doit être ton pain\nquotidien : apprends les modernes.\n10. Etudie l'histoire de l'art.\n11. Fais de l'ensemble, accompagnements,\nchœurs.\n12. Ecoute les chants populaires, utilise les\ndans les improvisations.\nCOMMUNICATIONS. On nous\nprie d'annoncer le Récital, à la Grande Har-\nmonie, que donnera M. Vantyn, pianiste,\nprofesseur au Conservatoire royal de Liège et\nà l'lnstitut des Hautes études musicales d'lxel-\nles, le mercredi 16 novembre 1910, à 8 1/2\nheures du soir.\nOn nous prie d'annoncer un Récital de\nPiano que donnera M. Adolf Watennan,\njeune pianiste hollandais, à la Grande Har-\nmonie, le mercredi 23 novembre, à 8 1/2\nheures du soir.\nMlle Gabrielle Tambuyser, pianiste, et\nM. Marcel Jorez, violoniste, annoncent pour\nles vendredis 25 novembre et 9 décembre,\ndeux séances de sonates. Au programme :\nBrahms, Fauré, Saint-Saëns, Grovlez."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.24", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.87", "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "Étranger\nLONDRES. COVENT GARDEN. Une\nsaison d'automne sous la direction de M.\nThomas Beecham ne s'annonce pas comme\ntrès heureuse. Teifland de M. d'Albert et Le\nChemineau se jouèrent devant des salles peu\ngarnies ; même Tristan et Elektra ne firent\npas de salles combles malgré la qualité de\nl'interprétation. L'opéra à Londres deviendrait-\nil moins populaire ? Ce n'est pas une reprise\nde Hamlet qui attirera la foule égarée.\nIl semble que M. Beecham ne donnera pas\nsuite à son projet annoncé dans les journaux\nd'une saison d'été à Drury Lave. L'on dit\nmême qu'il n'entrera plus en concurrence avec\nCovent Garden et a signé avec le Syndicat\nun arrangement satisfaisant. Il ferait des débuts\ncomme chef d'orchestre pendant la saison\nordinaire (Mai-Juillet) du Royal Opéra.\nPROVINCE. Le Festival de Leeds a\nété des plus réussis. Masses chorales et orches-\ntre admirables. Deux nouveautés intéressantes :\nla Sea Symphony de Vaughan Williams (ba-\nsée sur une poésie de Walt Whitman,) en\nquatre parties et les Songs of the Fleet de Sir\nCharles Villiers Stanford. Miss Glason-White\net Miss Perceval Allen s'y distinguèrent ainsi\nque dans la Damoiselle Elue de Debussy.\nCONCERTS. Les \" Promenade Con-\ncerts \" sous la direction de M. Henry Wood\ncontinuent leur œuvre de popularisation. En\noutre des œuvres à succès de Wagner, Debus-\nsy, Bruneau, d'lndy, Ravel, et des symphonies\nclassiques, une œuvre nouvelle, symphonie de\nM. Emil Paur, bien faite et sans grande\noriginalité a obtenu un certain succès. Miss\nMary Cracroft a donné un beau concert dont\nle principal intérêt fut le Concerto pour Violon,\net orchestre en D mineur de Bach, (d'habitude\njoué comme concerto de piano) reconstitué\nd'après F. David et des manuscrits.\nM. Backhaus a triomphé avec un programme\nBach-Debussy ; M. Pachman avec son Cho-\npin habituel ; Ysaye avec Mozart et Vivaldi ;\nKubelik dans du Max Bruch. Concerts en\nsomme nombreux et pas particulièrement\nintéressants. Deux chanteuses ont fait une\ngrande impression, toutes deux engagées en ce\nmoment à Covent Garden, Miss Maggie\nTeyte et MllO Mignon Nevada, fille de la\ncélèbre artiste.\nX. M. B.\nVIENNE. La saison qui commence\npromet d'être très intéressante. A l'Opéra\nvoici les premières nouveautés : \"Le secret\nde Suzanne \" de Wolf Ferrari et la pantomine\n\"Le Bonhomme de Neige \" de Wolfgang\nErich Korngold. L'œuvre de Ferrari est un\nopéra-comique imité de l'ancien opéra-comi-\nque italien, particulièrement de la Servante\nmaîtresse de Pergolèse. L'intrigue est moderne:"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.92", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "un jeune mari découvre que sa femme lui\ncache quelque chose : et pense qu'elle le trom-\npe ; la vérité est qu'elle fume en cachette : il\nexècre le tabac ; tout s'explique : on se récon-\ncilie. C'est là un ouvrage bien insignifiant pour\nêtre représenté à l'Opéra. La pantomime de\nKorngold, par contre, offre beaucoup d'in-\ntérêt ; mais comment ne pas s'étonner de voir\nexécutée par la Philharmonique l'œuvre d'un\nenfant de treize ans ; du reste, aux répétitions\nd'orchestre, le jeune auteur modifiait tant et\ntant que la Philharmonique se refusait à jouer.\nVoici le scénario de cette pantomime : c'est\nl'époque de la Noël ; des enfants construisent\nun bonhomme de Neige sur la place Saint-\nMarc. Pierrot,pour pouvoir courtiser tranquille-\nment Colombine, prend la place du bonhomme\nde Neige. Au second tableau, Pierrot, après\navoir raillé son rival, s'enfuit avec Colombine.\nLa fin du premier tableau est d'une poésie\ncharmante, alors que Pierrot, transformé en\nbonhomme de Neige, se tient dans la rue\ntoute éclairée de lune.\nLe Concertverein exécute les neuf Sym-\nphonies de Bruckner, puis quelques œuvres de\nDukas et Debussy. Les concerts de la Société\ndes Amis de la musique donnent la huitième\nde Mahler et la Passion selon S 1 Mathieu de\nBach.\nLe Chœur philharmonique, sous la direction\nde Franz Schvelcer, prépare trois concerts\ncomposés uniquement de nouveauté : un\npsaume de A. de Zemlinsky, la Messe de la\nVie, de Delius, Gloria de Nicodé et des chœurs\nde Schonberg.\nMUNICH. Le programme des concerts\nd'abonnement du Konzertverein, que dirige\nà la Tonhalle M. Ferdinand Lœwe, de Vienne,\na ménagé une belle surprise à tous les amateurs\nde musique pure, à ceux qu'intéresse en parti-\nculier le développement moderne de la forme\nmusicale par excellence, la symphonie, dont\nle cadre logique et la discipline spirituelle sont\nsi bien faits pour se prêter à l'expansion des\nindividualités les plus diverses. Pour la première\nfois cet hiver, nous échappons à la sugestion,et\net il faut dire aussi à la routine, des neuf\nSymphonies de Beethoven. Pour la première\nfois elles seront remplacées par l'exécution\nintégrale et chronologique, des neuf Sympho-\nnies de Bruckner. Il était réservé à M. Ferd.\nLœwe d'accomplir ce beau geste ; le nom du\ndisciple se nimbe là de la pure gloire du maître.\nEt ce premier cycle Bruckner marque une\ndate.\nLe programme au reste, est un des plus\nintéressants qui nous aient été offerts depuis\ndes années. Le voici en entier : 17 Octobre :\nBruckner I ; Mozart : Sérénade si bènol majeur ;\nR. Strauss : Mort et Transfiguration.— 7 Nov.;\nBeethoven VIII ; Cl. Debussy : Rondes de\nPrintemps (ie audition à Munich) ; Berlioz :\nchant ; Harold en Italie. 14 Nov.: Bruck-\nner II; H ugo Wolf : Penthesilée ; Schubert :\nInachevée, (celle-ci p. Ex. on commence àla\nconnaître). 21 Nov.: Fred. Delius : Brigg\nF air (i° audition) ; Schumann ; Concerto de\nvioloncelle (P. Casais) ; Bruckner 111. 19\nD éc.: Bach : Concerto Sol ma]. (Arrigo Serato) ;\nG. Mahler : Y-Symphonie. 9 Janv. : Haydn :\nSymphonie ut mineur ; W. Braunfels : Sérénade\n(i° audition); Bruckner IV. 30 Janv.:\nouverture d\"ldoménée ; Concerto de piano (R.\nPigno) ; Bruckner V. 13 Fév. : Bruckner\nVI ; E. Boehe : Ouverture tragique (le audi-\ntion) ; Mozart, Symphonie ré majeur. 27\nFévr. : P. Dukas, ouverture de Polyeucte (ie\naudition) ; Beethoven : Concerto de violon (Fr.\nKreisler) ; Bruckner VII. 6 Mars :\nBruckner VIII ; Psaume 150. 20 Mars :\nBrakms 111 ; R. Strauss : Don Quichotte ;\nBeethoven VI. 10 Avril : Bruckner IX\navec le Te Deum.\nOn aurait dit au vieux Schulmeister qu'un\njour il occuperait les concerts de tout un hiver\net que Brahms ne figurerait qu'avec une seule\nsymphonie ! il n'en aurait pas cru ses oreilles,\nmais nous nous aurions sans doute une Sym-\nphonie de plus.\nDe son côté l'Académie de Musique, dont\nFélix Mottl dirige les concerts à l'Odéon,\nannonce comme d'ordinaire huit soirees da-\nbonnement et deux soirees supplémentaires.\nCelles-ci seront consacrées à de grandes œuvres\nchorales : le jour de la T.oussaint, 1 oratorio"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.93", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4069, "texte": "Samson de Haendel ; le dimanche des Rameaux,\nl'oratorio Christus de Liszt, avec le concours\nde la chorale des maîtres d'école.\nLes quatre premiers concerts affichés ont à\nleur programe : 11 Novembre : ler concerto de\nBrandebourg et la cantate Non sa che sia dolorc\nde Bach, et l'Héroïque. 25 Nov. : Beethoven\nI ; G. Mahler : Kinder-totenlieder (i(1 audition)\npar Mme Preuse-Matzenauer ; Liszt : Prédica-\ntion aux oiseaux (le audition) ; Fr. Klose :\nPèlerinage a Kevlaar, mélodrame pour chœur\net orchestre, sur le poème de H. Heine (ie\naudition). 9 Déc. : une soirée slave, chose\nrare à Munich : Glinka : Kamarinskaia ;\nGlazonnow : Symphonie la majeur ; Reger :\nconcerto de piano (iL' audition) avec M. A.\nSchmid-Lindner ; Beethoven VIII.\nLe directeur des deux séries de Concerts\npopulaires à la Tonhalle, M. Paul Prill,\nKapellmeister de la Cour de Schwerin, fêtait\nce 1 octobre son 50e anniversaire ; ce fut\nl'occasion pour le Konzertverein et les habitués\nde mercredi, de lui faire parvenir les témoigna-\nges les plus flatteurs de sympathie et de recon-\nnaissance. M. Prill est en effet très apprécié\ncomme chef d'orchestre, non seulement pour\nle soin, la conscience et l'intelligence musicale\ntrès vive qu'il apporte à ses exécutions, mais\npour le bon goût et l'érudition avec lesquels il\ncompose ses programmes ; soit en reprenant\ndes ouvrages négligées, soit en confrontant des\nœuvres similaires d'auteurs ou d'époques dif-\nférents, soit par des belles séries classiques, il a\nsu élever des concerts, précisément destinés à\nla petite bourgeoisie et à la jeunesse des écoles,\nà la hauteur d'un véritable Institut d'éducation\nmusicale, dans lequel la mode n'a de place\nqu'autant qu'elle peut servir à d'utiles compa-\nraisons.\nFils déjà d'un directeur de musique, à\nBerlin, M. Paul Prill, comme ses frères Karl\nPrill l'excellent violoniste, Konzertmeister de\nl'Opéra de Vienne, et Emile Prill le maître\nflûtiste, professeur à l'Ecole des hautes études\nde musique à Berlin, reçut les premières notions\nde son art de son père. Puis il sortit de l'école\nvioloncelliste et de brillantes tournées avec ses\nfrères. Mais* il ne tarda pas à prendre la\nbaguette et dès 1885 devint directeur d'opéras\naux théâtres Wallner et Belle-Alliance de\nBerlin, à ceux de Hambourg, Rotterdam>\nNuremberg ; passa cinq ans après premier\nKapellmeister au Mozarthaus et au Nouveau\nSchauspielhaus de Berlin, pour être enfin ap-\npelé à Munich au poste qu'illustrèrent déjà\nles Siegmund von Hausegger, les Peter Raabe,\nles Bernhard Stavenhagen. Puisse le Konzert-\nverein le conserver longtemps.\nMARCEL MONTANDON.\nTURIN. Turin fêtera dans six mois la\n50e année de la proclamation de Rome comme\ncapitale de l'ltalie.\nUne exposition internationale aura lieu à\ncette occassion, et la musique y aura sa place\net une place très importante ; dans l'immense\nsalle où seront donnés les concerts, un grand\norgue Vegezzi-Bossi a été installé. Citer le\nnom des compositeurs dont certains dirigeront\neux mêmes leurs œuvres (Debussy, d'lndy,\nRichter,Mailler, Steinbach, Mengelberg, Tos-\ncanini) n'est-ce pour prédire à ces concerts un\nsuccès certain ?\nSARAGOSSE. La Filarmonica a donné\ndeux concerts avec le Concours de l'Orquesta\nSinfonica de Barcelone, dont le chef d'orchestre\nest M. Lamote de Grignon. La musique\nfrançaise, en particulier, y fut bien représentée\npar des œuvres de S 1 Saëns, César Franck>\nDukas et Debussy. M. JLamotte de Grignon\ndirigea deux de ses œuvres : Rêverie et Scherzo\nsur un thème populaire.\nPRAGUE. —M. Ladislav Dolansky, l'un\ndes \" pionniers, \" comme on dit à Prague, de\nla musique de Smetana est mort le 17 juillet\npassé. Les revues musicales tchèques qui ne\nparaissent pas en été rappellent seulement\naujourd'hui ses importants services de critique.\nC'est grâce à lui que la Umelecka Beseda a\nédité les œuvres posthumes de Smetane. En\n1900 il rédigea la revue Dalibor. Il ne souf-\nfrait pas que l'on y dénigrât qui que ce fut\nsurtout un débutant. Le pays tchèque s'est\nd'autre part rappelé, le 31 juillet, le quatre-\nvingtième anniversaire de naissance de feu"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.94", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4102, "texte": "F. Z. Skuhersky, fondateur en Bohème de la\nlittérature pédagogique musicale.\nLe 9 octobre passé, à Prague, le Phil-\nharmonie tchèque a recommencé la série des\nconcerts symphoniques populaires dont elle\ndonne à peu près vingt-cinq par saison, tou-\njours le dymanche à quatre heures. La meil-\nleure preuve de la popularité croissante de\nRichard Strauss à l'étranger est l'enthousiasme\ndes tchèques à son égard : ils ont tenu à lui\nconsacrer la première séance de leur Philhar-\nmonie. Au programme : la symphonie rap-\nportée d'ltalie, Till Eulenspiegel, Don Juan,\nMort et Résurrection.\nLe théâtre de Kralovské Vinohrady\nvient de représenter une amusante opérette de\nOscar Nedbal : la pudique Barbara avec ce\ngrand succès qui accueille toutes les produc-\ntions du chef d'orchestre enfant-gâté du public\ntchèque.\nBien plus sérieux le succès d'estime rem-\nporté au Théâtre National de Prague par la\npantomime en trois tableaux de M. Ernest de\nDohnàny sur l'action, passablement macabre,\nde M. Arthur Schmitzler: le Voile de Colombine.\nMusique influencée de Richard Strauss, qui\nserre de très près un scénario de Grande Guignol.\nLe samedi 15 octobre dernier, il y eut dix\nans qu'est mort Zdenko Fibich, le plus grand\nmusicien tchèque après Smetana et Dvorak.\nLa philharmonie de Prague lui a consacré son\nconcert du lendemain, avec ce programme :\nOuverture solennelle et honneur de Komensky : le\nmélodrame Vodnik (Fhomme des eaux) avec texte\nde K. J. Erben : ouverture pour le Nuit à\nKarlstein, (comédie de Vrechlicky); deuxième\nsymphonie, mi bémol majeur. En même temps\nle Théâtre National reprenait l'un des pre-\nmiers opéras du maître : la Fiancée de Messine,\ntexte tiré de Schiller par Otakar Hostinsky.\nC'avait été justement pour honorer à sa mort\nce poète et musicologue distingué que l'opéra\nde Fibich avait été donné pour la dernière fois.\nA Brunn, en Moravie, la troisième des\ngrandes fêtes musicales, organisées par la\nBeseda, la plus ancienne société de musique de\nla ville (côté tchèque), pour célébrer le cinquan-\ntième anniversaire de sa fondation, a surpassé\nen éclat les deux précédentes. La première\navait eu lieu en Avril, le clou en avait été\nBouré (la Tempête), le poème symphonique\nde Vitiezlav Novak ; la seconde, cet été, avait\nremis en honneur l'œuvre du moine Augustin\nPavel Krizkovsky, le prédécesseur de Smetana\ndans la création d'une musique nationale\nd'expression artistique (en opposition à popu-\nlaire) ; la troisième donc, qui a eu lieu le\nI octobre, a vu l'immense succès de la grande\nsymphonie Azraël de Suk (commémoraison de\nla mort de Dvorak et de sa fille, la femme du\ncompositeur), et de deux poèmes symphoni-\nques, de Novak encore, unis sous le titre le\nDésir et la Passion. Les deux panneaux de\ncette sorte de diptyque musical sont titrés\nl'un, le Chant de Téternel désir, l'autre Toman\net rhamadryade (d'après une légende tchèque).\nL'organisation de ce concert merveilleux a\nsubi d'énormes difficultés. L'orchestre entier\ndu Narodni Divadlo, (Théâtre National) de\nPrague, s'était transporté à Brunn. Son direc-\nteur Karel Kavarovic est le grand maître de\nl'orchestre tchèque. Quand viendra-t-il faire\nses preuves à Paris ? Nul encore ne se rend\ncompte de ce que devient la musique tchèque\ndirigée par un Tchèque.\nLe Théâtre National tchèque de Prague a\nrepris, avec une nouvelle distribution, à la fin\nde Septembre, Tverdé palice (les Têtes dures) de\nDvorak, l'un de ses opéras les plus typiques.\nCette reprise, succédant à celle de Dmitri, de\nSelrna sedlak (le Paysan madré) et des Jacobins,\nmarque un significatif retour de faveur à\nl'égard du si intéressant théâtre de Dvorak.\nII serait à souhaiter que le Narodni Divadlo\nen donnât un cycle annuel, ainsi qu'il fait de\ncelui de Smetana. W. R.\nLA HAYE. Salle Diligentia. Pro-\ngramme de la ire Séance de Sonates donnée\npar M. Ch. Van Isterdael, violoncelliste,\nprofesseur au Conservatoire Royal le Mercredi\n19 Octobre 1910, avec le concours de\nMMrs C. L. Wirtz et Alfred Casella, pianistes.\nSonate en sol majeur pour viole de Gambe\n(J. S. Bach). Sonate op. 99 (J. Brahms).\nSonate op. 6 Alfred Casella."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.25", "titre_corps": "WAGNER & MENDÈS", "titre_sommaire": "WAGNER & MENDÈS", "signature_source": "Pierre Jobbé-Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "WAGNER & MENDÈS\n\nà Madame Jane Catulle Mendès.\nIndifférente aux phrases creuses, à toutes\nces déclamations écrites ou verbales inspirées\nd'un patriotisme faux, fruste, infantile, relevant\nd'une mentalité de gamin jouant encore aux\nsoldats, aux Roldats comme on dit à la Mater-\nnelle, une phalange d'artistes français a donc\nfait entendre et acclamer notre musique à\nMunich. L'intelligence a triomphé des mau-\nvais souvenirs de vols et de tueries. De tout\nce Passé odieux issu de combinaisons politiques\nou financières, œuvre des gouvernements misé-\nrables ou incapables, dont les hommes ne sont\npas plus responsables d'un côté de la Frontière\nque de l'autre.\nCe contact, cet accord parfait, ce do-mi-sol-\ndo entre races si différentes, depuis longtemps\ndeux hommes au sang non moins dissemblable\nl'ont obtenu: le Germain, le Teuton: Wagner\net le Latin, le Byzantin : Mendès.\nTant il est vrai que les individualités ont\nsur les masses le suprême avantage de pouvoir\nagir non pas selon des conventions, des préju-\ngés stupides et barbares, mais selon leur esprit\net leur cœur.\nAujourd'hui que l'œuvre discutable qui\net quoi ne l'est pas ?. mais moins que toute\nautre en ce que, si elle a ses défauts, elle n'a pas\nde vice comme celle de certains compositeurs\nitaliens ou français, les uns riches en paresse,\nles autres en concession, discutable soit mais\nen tout cas surprenante, titanesque de Wagner,\nest estampillée du qualicatif Beau, rares sont\nceux qui la dénigrent ou \"la combattent. Sa-\nveur, ceux qui acclament à présent ne sont-ils\npas pour la plupart, nombre de ceux qui\nsifflaient ? Obéissant à la Mode commandant\nle baiser après le crachat.\nAvant la canonisation, pendant l'apostolat,\nen France, qui le premier peut-être, batailla\npour la transfusion de l'Art Wagnérien dans\ncette aorte de la France qui est Paris ? Qui\nprépara ces liens noués à Munich ? Qui ? Si\nce n'est le Poète Catulle Mendès, dont le\nnom semble de ce fait, pour toujours accolé\nà celui de Wagner, comme celui de Séïd l'est\nà celui de Mahomet.\n*\n* %\nLouanges et critiques n'ont pas manqué à\nWagner. Se valant en violences et dispropor-\ntions elles ont surtout fait connaître ou\nméconnaître, l'artiste, et peu l'Homme. Sans\ndoute, au cours de quelques causeries faites\nil y a déjà quelque vingt-cinq ans, Catulle\nMendès présentait Wagner à la fois artiste et"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.98", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "homme. Mais depuis, et pendant les plus\nI violentes polémiques ou apothéoses Wagné-\nriennes, s'il fut question du Musicien, on\nn'évoqua jamais plus —ou si peu, ou si mal\nl'homme.\nUne récente conversation avec Madame\nJane Catulle Mendès nous permet de faire\nrenaître les souvenirs de Catulle Mendès sur\nWagner.\n* *\nCe fut à Paris, rue d'Aumale, que Catulle\nMendès alors tout jeune Poète et Directeur\nde la Revue Fantaisiste, connut Wagner.\nPour entrer dans l'intimité des gens il y a\nles bons et les mauvais moments. Mendès\ntomba dans un de ces derniers, à l'époque où\nénervé par les terribles répétitions de Tann-\nhàuser à l'Opéra, Richard Wagner n'était\nenclin à l'amitié ou seulement à la sympathie,\npour aucun nouveau visage. Fut-ce pour celui\nd'un poète venu lui faire sa déclaration. Ayant\nreçu un accueil poli, mais dénué, sec de ces\ndemi-chaleurs de voix et de ces souplesses\nd'attitudes qui, si elles ne sont pas encore\nl'invitation à la familiarité, en sont tout de\nmême les prémices, de plus, discret et retenu\npar une différence d'âge assez considérable,\nMendès ne retourna plus rue d'Aumale. Wag-\nner en partait quelques années plus tard pour\nTribchen près Lucerne.\nAvec la facilité qu'à vingt ans et souvent\nmême beaucoup plus tard l'on a de s'attris-\nter ou de se réjouir trop vite, avant que\nl'Avenir ait donné son mot de la Fin, Mendès\neut donc le gros chagrin. Retrouverait-il\njamais son Dieu ? Le hasard, parfois l'ami des\nhommes et même des poètes, aurait peut-être\nde lui-même un jour ou l'autre consolé Men-\ndès. Moins confiant en ce Hasard qu'en lui,\nce en quoi il avait joliment raison, au cours\nd'un voyage accompli avec son ami Villiers\nde l'lsle Adam, Mendès résolut de revoir son\nDieu\nQuelle allait être la réception ? Sans doute\nWagner savait avec quelle furie pour défendre\nses idées et son œuvre Mendès donnait l'assaut\nà la Routine, au Bourgeoisisme musical, sou-\ntenu par un chauvinisme obtus. Mais le mépris\net le ressentiment que le grand homme pouvait\navoir contre la majonté imbécile (comme le\nsont toutes les majorités) qui l'avait bafoué,\ncet ogre de Majorité qui veut toujours tout\ndévorer sans savoir même ce qu'il dévore, tout\ncelà n'avait-il pas été assez violent pour aigrir\net fermer son cœur ? Cela au détriment de la\npetite Minorité du Petit Poucet intelligent et\nbrave qui l'aimait ?\nDe sa parole charmeuse, de sa plume d'où\nles mots tombaient aussi colorés, chatoyants,\net scintillants, que des pierres précieuses d'un\ncoffret de Princesse, du temps où les Princesses\nne portaient pas leurs bijoux au Clou, Mendès\nconta autrefois cette émotion qui l'étreignit à\nTribchen, lorsque le train stoppa.\nAprès le premier serrement de flancs causé\npar l'appréhension, les deux voyageurs en\neurent un second, celui-là vite suivi de cette\ndilatation, de cet épanouissement, de cette\nrespiration large et facile éprouvée quand on a\ndevant soi la Chose ou l'Etre désiré.\nPetit, sec, osseux, tout en angles incessam-\nment déplacés, le corps rendu plus gringalet\nencore par une étroite lévite de drap marron,\ncoiffé d'un immense chapeau de paille et qui\nporté en arrière n'empêchait pas de voir la tête\npuissante, dont le front à la Beethoven, don-\nnait bien l'impression de ce qu'il était : la\nCapitale de toutes les forces, Wagner cher-\nche de tous côtés, de ses yeux vifs, fouilleurs\nd'un bleu clair et pur, innocents comme ceux\nd'une Vierge, pas de salon, de vitrail. Après\nun instant reconnaît l'un d'eux, grâce au sou-\nvenir vivace qu'il en a gardé. Alors se livre à\nune exubérante pantomime accompagnée d'ex-\nclamations joyeuses. Entraîne celui-ci de sa\nmain droite, celui-là de sa gauche jusqu'à la\nla voiture attelée du petit âne qui doit les\nconduire à la maison.\nChaque jour dans le cottage dressé au milieu\ndu beau jardin grassement vert et généreuse-\nment fleuri c'est la même hospitalité simple,\net charmante, atmosphère où il n'y a qu'intel-\nligence, joie et santé.\nLibre, un jeune chien noir déjà gros comme"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.99", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "un petit veau, gambade, se mêle aux ébats\nd'enfants qui rient et jouent sur le perron.\nA l'intérieur, dans le vaste Salon, aux quatre\ngrandes fenêtres ouvertes sur les monragnes,\njusqu'à deux heures, moment invariable où est\nservi le diner, on cause. Rarement assis, par\nhasard à une table ou au piano, le Maître est\ndebout. Mû par un irrésistible mouvement\nperpétuel, il va, vient, s'arrête et repart.\nEn expédition, à la découverte de sa taba-\ntière en Vermeil incrusté d'émaux anciens et\nqui est dans sa poche, ou de ses lunettes qui\nsont sur son nez, il parle avec une inlassable\nfacilité. Non seulement de l'Art des autres et\ndu Sien, mais de toutes choses et gens. Surtout\nde ce Paris que plus tard au moment du\nDésastre, il devait avoir l'imbécilité de railler,\navec cette lourdeur d'esprit à laquelle, sauf\nl'unique, l'adorable Henri Heine toute l'Alle-\nmagne n'échappa jamais.\n... Au moment du passage de Mendès qu'il\nne savait pas Juif, Wagner n'avait pas encore\nécrit son lamentable Pamphlet contre Paris\ninvesti. C'était ancore le temps où avec des\népanchements de Proscrit qu'il n'était pas,\nWagner s'inquiétait, de ce qu'avait bien pu\ndevenir dans les transformations de la Ville,\ntelle Maison qu'il avait connue, habitée. A\ncette époque où pour vivre il écrivait des\nmusiques d'Opérette Bouffe et pour cinq cents\nfrancs vendait à l'Opéra le Poème de son\nVaisseau-Fantôme.\nS'enfonçant plus loin dans le Passé, Wagner\névoquait aussi les soirs, où échappé de la maison\npaternelle, il se sauvait en rasant les murs com-\nme un voleur de plaisir pour aller voir\nle romantique Weber conduire son orchestre.\nPuis, sans transition avec cet impromptu,\nce désordre dans la manifestation des idées\nparce que trop nombreuses, trop grouillantes,\ntrop bouillantes, ne s'épanchant pas avec le\ncalme d'une eau canalisée, mais s'échappant\ncomme celle d'un torrent vigoureux, Wagner\npassait tout à coup, de ses souvenirs d'homme\nà ses projets d'artiste.\nPersuasif jusqu'à l'éloquence et persuadé\njusqu'à l'extase, il devenait un Illuminé tenant\nà la fois du Théurgiste et du Prophète.\nCette silhouette et ce verbe feraient rire\naujourd'hui les cinq sixièmes de nos contem-\nporains. Par chic, insensibles les deux sixièmes\nne s'efforcent-ils pas de garder le doigt sur la\ncouture du pantalon et de composer l'attitude\nd'un bonhomme de bois moins drôles que\nceux de Bils ? Les trois autres sixièmes\nont-ils d'autre enthousiasme si ce n'est devant\nle nombril d'un boxeur noir, rouge ou trico-\nlore r\nCatulle Mendès, qui était du premier\nsixième, ne trouvait rien de grotesque aux\nextériorisations plus ou moins excessives de\nWagner qu'il admirait.\n... Par ses propos grandiloquents, entraîné\nsouvent très tard dans la veillée, Wagner\nn'était pas moins levé d'extrêmement bonne\nheure, à laquelle il avait pris coutume de faire\nvenir Mendès. Autant par plaisir d'être vite\nen son intimité, que par malice de faire sortir\nce sybarite avec l'aurore ! A son balcon, dans\nla lumière hésitante, soigneuse, tendre et louche\ndu petit matin, dès qu'il apercevait Mendès,\nd'un geste gamin, Wagner agitait son béret\nde velours noir, sa crête, comme il l'appelait...\nFaiblesse de grandhomme, Wagner ne se\nmontrait pas alors dans sa sobre et classique\nlévite marron de l'après-midi et du soir, mais\ndans un accoutrement singulier, celui d'un\nMangin, d'un Robert Houdin ou de quelque\nPoète décadent : dalmatique et pantalon de\nsatin broché d'or, fleurs et perles. Sans aucune\npose avec un grand naturel comme s'il était en\nmodeste pyjama de pilou, Wagner ne chan-\ngeait rien ni à sa conversation ni à son attitude\nhabituelle. Mais il recevait dans sa chambre\nde travail où sa passion des étoffes surtout\nfastueuses en couleurs, lui en avait fait répandre\nà profusion, s Sur son lit, sur les murs, sur son\npiano, jusque sur les moindres meubles.\nAprès un mois d'une vie pleine et d'un\nintérêt jamais faiblissant, bien contre son gré,\nmais impérieusement appelé par ses occupa-\ntions parisiennes, Mendès quittait Wagner et\nrevenait en Fi ance avec de nouvelles forces pour\ndéfendre son Dieu qui était devenu son Ami."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.100", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "Wagner! Mendès! Tannhauser! les batailles\na coup de chroniques, de conférences et de\ncannes !.... Lointain !\nAprès avoir été traité en Fou, déjà Wagner\ncommence à l'être en bourgeois.\nAprès Mendès qui fut son Annon\ndateur, qui dans l'Avenir défendra sa gloire?\nQuand le temps impitoyable, avide écrasant,\nenfouisseur, après l'homme aura fait mourir\nl'artiste ?...\nOn songe à la fameuse poésie de Baudelaire,\noù montrant une charogne au détour d'un\nsentier, l'Amoureux dit à la Bien-aimée.\n... Ow/, telle vous serez, o la reine des grâces\nAprès les derniers sacrements\nQuand vous i rez sous l herb\nMoisir parmi les\nAlors o ma dites\nQui vous mangera\nQue y'ai gardé la forme et Vessence divine\nDe mes amours décomposées !..\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.26", "titre_corps": "L'ACTUALITÉ", "titre_sommaire": "L'ACTUALITÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.102", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "LE GALINISME ET LA NOTATION\nTRADITIONNELLE. Un de nos abon-\nnés, M. Perret-Bouty, organiste de la cathé-\ndrale d'Oran, nous écrit pour nous demander\ndes renseignements sur \\z méthode galiniste(l??iY\\s-\nGalin-Chevé) officiellement prescrite dans les\nEcoles Normales depuis le 4 Août 1905, et\ndans les Ecoles primaires supérieures depuis\nle 26 Juillet 1909. Il a été très frappé d'un\narticle paru dans le Manuel général de Vinstruc-\ntion primaire du 5 février 1910 sous la signature\nde M. Dangueuger, intitulé \" Qui veut la fin\nveut les moyens. Pour enseigner le chant\nemployez la méthode chiffrée.\" Mais M. Perret-\nBouty fait des objections. Il craint qu'on ne\ndépense \" beaucoup de temps en pure perte, \"\npuisqu'il faut toujours arriver, en définitive, à\nla connaissance de la notation traditionnelle...\nEnfin il désire savoir \"l'opinion des personnes\ncompétentes \", pour éclairer sa religion.\nNotre correspondant ne s'imagine peut-être\npas qu'il soulève là une des questions les plus\ndiscutées de la pédagogie contemporaine. La\nlutte entre galinistes et antigalinistes est ardente,\npassionnée ; elle prend parfois un caractère\nd'une violence regrettable : les adversaires en\nprésence ne reculent pas devant l'injure, lors-\nqu'ils sont à bout d'arguments.\nJe m'aventurerai avec précaution sur ce ter-\nrain brûlant. Je tâcherai de ne pas apporter de\npassion en résumant ce terrible débat, et,\nautant que possible, de rester impartial.\nTout le monde sait, je pense, que la méthode\nchiffrée, ou galinisme, remplace le système de\nnotation sur la portée par l'emploi des chiffres\n1234567 qui désignent les sons de la\ngamme majeure, quelle qu'en soit la tonique,\net qu'on lira ut, rè, mi, fa, sol, la, si quelle que\nsoit la tonalité, de sorte que la mélodie\ns'écrira :\nIl 72 Jl | 2 23 | 4 4 | 3\net se lira ut ré mi ut\nJe renvoie pour l'exposé détaillé des procédés\ngalinistes aux ouvrages spéciaux, et, par exem-\nple, à un petit volume de 2 frs publié chez\nJ. Lebègue et Cie, 30, rue de Lille à Paris, où,\nsous le titre de la méthode modale chiffrée se\ntrouvent exposés les principes essentiels du\ngalinisme.\nOn voit que les galinistes ne tiennent pas\ncompte de la hauteur des sons et ne\ns'occupent que de leurs\nCe procédé de notation, dont la première\nidée remonte à J. J. Rousseau, a toujours déplu\naux musiciens professionnels. Ils lui reprochent\nde ne pas habituer l'oreille à distinguer les sons\nautrement que par leurs relations dans la\ntonalité, de telle sorte que la différence entre\nle même morceau chanté en ut, en ré ou en\nmi devient inappréciable. Et surtout ils se\nrévoltent contre une tentative qui aurait pour\nbut de substituer à un système de notation\néprouvé par une longue expérience et consacre\npar une puissante tradition un autre système\nimaginé de toutes pièces par des idéologues\nrévolutionnaires.\nLes partisans du galinisme sont plutôt des"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "L'ACTUALITÉ"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "pédagogues que des musiciens. Ils répondent\nà leurs adversaires que leurs prétentions sont\ntout à fait modestes, et qu'on leur prête des\ndesseins trop ambitieux et trop hardis. Ils ne\nsongent point à remplacer la portée par le\nchiffre. La portée restera le moyen de notation\ndes artistes, et ce n'est pas au Conservatoire\nqu'il s'agit d'enseigner le chiffre. Mais le\nchiffre sera l'alphabet musical de l'Ecole. Il est\nplus simple, plus rapide, plus maniable. Il se\nprête à tous les besoins de\nmaire. Il a même cet avantage, qui n'est pas à\ndédaigner, d'être plus économique. Du reste\nles galinistes affirment que c'est un jeu d'ap-\nprendre à des enfants la quand ils con-\nnaissent déjà le chiffre, et ainsi leur méthode,\nloin d'allonger l'étude des signes de la musique,\nserait un raccourci. L'une des autoritées les plus"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.104", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "compétentes en matière d'instruction primaire\nque les galinistes aient à invoquer, est celle de\nM. Bouchor, qui leur est tout à fait favorable.\nPour ma part, sans émettre aucune opinion\ndécisive, je regrette que les galinistes aient\ndonné les noms des notes, ut, rè mi, fa, sol, la,\nsi, aux fonctions tonales qu'ils représentaient par\nles chiffres i, 2, 3, 4, 5, 6, 7. C'est là l'origine\nd'un gros malentendu et de la principale ob-\njection qu'on adresse aux novateurs. \" Comment\nserais-je galiniste ? s'écrie tel professeur du\nConservatoire. Mon oreille entend : sol, la, si\nsol, la et vous voulez que je dise : ut, rè, mi,\nut, rè ! Cela m'est aussi impossible que si vous\nme demandiez d'appeler rouge ce qui est jaune,\net jaune ce qui est vert ! \" Il fallait inventer\nd'autres noms, et l'objection tombait d'elle-\nmême. Il est certain que les mêmes mots ne\npeuvent pas désigner à la fois des sons fixes\nd'un hauteur absolue bien déterminée, et aussi\nles degrés de la gamme majeure, abstraction\nfaite de la hauteur absolue. Il y aurait même\nlà une réforme bien facile à introduire dans le\ngalinisme, et qui serait, il me semble, d'une\nportée considérable.\nVoilà quelques indications très rapides sur\nun sujet extrêmement vaste que nous abordons\naujourd'hui par la première fois sans avoir\nl'intention de l'épuiser, et sur lequel nous\nreviendrons volontiers, si nos lecteurs nous y\nconvient.\nLA BARRE DE MESURE. Un de\nnos abonnés se fâche très fort de ce que j'ai\ndit, il y a quelque temps, de la barre de\nmesure, et il m'oblige à revenir sur ce sujet.\nJe ne citerai pas les paroles de mon correspon-\ndant ; car mon correspondant est fort peu\nparlementaire, et il ne ménage pas les épithètes.\nSi je le citais, je serais obligé de me fâcher à\nmon tour, ou, au moins, d'en avoir l'air. Ne\npeut-on pas discuter posément, sans s'envoyer\ndes injures à la tête ?\nMon impitoyable critique nie que l'usage de\nla barre de mesure ait jamais été l'origine de\nnombreux contre-sens au point de vue du\nphrasé musical. Je cite pourtant des exemples,\nque je pourrais multiplier. Mais comme ces\nexemples ont été reproduits photographique-\nment d'un façon peu nette dans le numéro\nd'avril, je les répète aujourd'hui pour plus de\nclarté. Dans l'édition Peters des quatuors de\nBeethoven, le grand violoniste Ferdinand,\nDavid a réglé ainsi quelques coups d'archet\n(3e quatuor) :\nau lieu de :\net plus loin :\nau lieu de :\net encore :\nau lieu de :\nSi des erreurs de ce genre ont été commises\npar un artiste de la valeur de Ferdinand David,\n(et par bien d'autres encore), il me semble que"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.105", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "-l'intérêt de mes observations se trouve par là\n'même justifié ; et je pourrais d ailleurs en\nappeler à l'autorité du grand musicologue\nallemand Hugo Riemann qui les a présentées\navant moi.\nMais je m'étonne davantage que mon contra-\ndicteur n'ait pas compris pourquoi je faisais\ncette remarque, —si banale, que la barre\nde mesure indiquerait mieux Tes divisions de la\npTirase \"musicale si elle était placée après le\ntemps fort, et non avants comme c'est l'habi-\ntiïcTe! Supposons que je sois un homme si\nessoufflé que je ne puisse chanter deux notes\nsans respirer ; où placerai-je donc les respira-\ntions dans le thème de la Marseillaise, si je ne\nveux pas en rendre l'énoncé absurde r Chan-\nterai-je :\nNe chanterai-je pas plutôt :\nJe fais correspondre les barres de mesure\naux respirations. Je remarque seulement que\ndans le second énoncé, je tâcherai de suppri-\nmer la respiration sur le rè aigu, autant que\npossible : mais elle est, en tout cas, mieux\nplacée sur ce rè, que dans le ire énoncé entre\nle si et le sol qui suivent. Autrement dit le\nphrasé de la Marseillaise peut s'exprimer, selon\nla méthode de Hugo Riemann, par les indi-\ncations suivantes :\nqui font bien ressortir la place des divisions du\nmembre de phrase musicale, toujours au-delà du\ntemps fort, JAMAIS ENTRE LE TEMPS FAIBLE ET\nLE TEMPS FORT. Le temps faible tend a tomber\nsur le temps fort, comme le marteau sur /'enclume.\nIl en est inséparable comme les syllabes d'un\nmême mot sont également inséparables dans le\nlangage parlé, tandis que les mots peuvent à la\nrigueur se séparer un peu les uns des autres\ndans l'énoncé de la phrase. Voilà ce que j'ai\nvoulu dire, et si cette fois je ne suis pas clair,\nje renonce à expliquer un fait aussi simple.\nD'ailleurs mon aimable correspondant ne\ncraint pas de se contredire en acceptant mes\ncorrections à l'édition David des quatuors de\nBeethoven, ce qui implique qu'il admet ma\nconception du phrasé.\nAprès tout je ne regrette pas d'avoir trouvé\nl'occasion de revenir sur des considérations qui\nme paraissent tout à fait importantes, et sur les-\nquelles ni mes lecteurs, ni moi, nous n'aurons\njamais suffisamment réfléchi.\nRÉSULTATS DU CONCOURS DU\n15 JUIN 1910.-1. Micha (Montélinar).\n2. Grenon (Sens). 3. Ch. Omèro. (Paris).\n4. Albert Ardoin (Nantes). Les autres con-\ncurrents n'ont pas réalisé la basse donnée d'une\nfaçon suffisamment correcte. Nous accordons\nau premier nomme dans ce concours un abonne-\nment gratuit d?un an a VS. /. M.\nLe texte que nous avons proposé à nos\nabonnés fut le sujet du concours d'harmonie\nau Conservatoire national de musique en 1859-\nLe premier prix fut remporté par le célèbre\npianiste Louis Dièmer, et son devoir, que nous\navons retrouvé dans les archives du Conserva-\ntoire, nous servira aujourd'hui de corrige. Nous\ny relevons cependant quelques taches ; notam-\nment à la 45e mesure cette incompréhensible\npartie de ténor qui monte du fa au sol par le\nfa pendant que la basse monte directement du\nfa au sol. N'y a-t-il pas là une erreur de\ncopie ? Car ce n'est pas le devoir même de\nDiénler, mais seulement sa copie que nous\navons eue sous les yeux..."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.109", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "NOUVEAU CONCOURS. On nous\ndemande de donner de nouveau comme sujet\nde concours Vexplication d^un texte musical.\nVoici le texte que nous proposons. Nous prions\nnos lecteurs de nous dire : i° de quelle œuvre\nce texte a été détaché, ou au moins à quelle\népoque appartient cette œuvre ; 2° d'en indi-\nquer toutes les particularités de tonalité, de\nmodalité, de rythme, de nuances, et d'en\nanalyser la construction mélodique et har-\nMonique (point de vue technique) ; 30 d'en dé-\nterminer la valeur expressive ou bien descriptive\n(point de vue esthétique) ;40 d'y démêler, s'il est\npossible, certains caractères dont on peut dire\nqu'il sont comme la marque du temps sur cet\nouvrage (point de vue historique).\nLes réponses doivent être adressées aux\nbureaux de l'Actualité Musicale avant le\nlerIer décembre 1910."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.110", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 30, "texte": "DOUBLE DIÈZE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.27", "titre_corps": "A travers les Revues", "titre_sommaire": "A travers les Revues", "signature_source": "M.-D. Calvocoressi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "A travers les Revues\n\nLA HUITIÈME SYMPHONIE DE\nM. GUSTAV MAHLER. J'avais effleuré\nce sujet dans ma dernière chronique, mais il\nme faut y revenir aujourd'hui. L'exécution de\ncette œuvre considérable a été précédée et\nsuivie, comme de juste, d'un véritable débor-\ndement de \" copie \", comptes-rendus, analyses,\ncommentaires. Le signataire de cette rubrique\na devant lui environ quatre-vingt-dix articles\nou études, en français ou en allemand, qui ne\nreprésentent sans doute qu'une fraction de ce\nqui s'est imprimé après le festival de Munich.\nS'il est infiniment aisé pour qui n'a point\nentendu la symphonie de M. Mahler, de se\nformer une opinion après lecture d'un quel-\nconque desdits articles, la tâche devient bien\nplus malaisée après avoir parcouru cette formi-\ndable masse d'impressions et de théories con-\ntradictoires.\nDans le Berliner Borser Courier, il est dit :\nu Le musicien trouvera dans cette œuvre des\ncréations magnifiques; l'homme, des sensations\nidéales ; le public des effets puissants et des\némotions fortes \". Le critique de la Potsdamer\nTageszeitung déclare l'œuvre u profondément\némouvante\", tandis que celui de YAllgemeine\nMusik%eitung proclame sans ombrages qu'il n'a\npas été le moins du monde ému :\n\"Il me faut déclarer que je n'ai senti dans\nla huitième symphonie de Mahler aucune trace\nde cette puissance qui vit dans les œuvres de\nnos grands maîtres. Pas une seule mesure ne\nme fit sentir ce souffle de l'esprit (Geistes Rauch)\nqui m'aurait ému sympathiquement. J'atten-\ndais, mais en vain ! Morte et vide, brillante de\nprétentions creuses me parut cette musique \".\nEt, alors que la plupart des mahleristes cla-\nment bien haut que les œuvres de leur maître\npréféré sont déconcertantes par leur originalité,\ndont on ne pourra pénétrer les arcanes qu'avec\nle temps, et au prix de longues et profondes\nméditations, le même critique n'hésite point à\naffirmer qu'il n'y a pas d'arcanes du tout :\n\" Je ne pus m'empêcher de songer à Liszt\net à Rriickner, les deux maîtres que nos\ncontemporains, prompts à déverser sur Mahler\nleurs applaudissements frénétiques,sont si lents\net si hésitants à suivre dans les sphères de\nl'idéalité pure, et un profond dégoût m'enva-\nhit. Non que la huitième de Mahler soit d'une\naudace inouïe, contienne quelque chose de\nhardi, qui devance les temps, qui nous incite à\nlutter, mais bien parce que je l'ai trouvée si\nnulle, si indiciblement superficielle. Pour\npénétrer dans ce temple-là, il n'y a point à\npasser par des portes redoutables ! Non : les\nportiques sont ouverts et invitent le public à\nentrer... ici, Mahler, malgré quelques moder-\nnismes, n'est pas un musicien du présent, mais\nbien du passé \".\nMoins cruelle, la Tagliche Rundschau n'est\nsomme toute pas moins sévère et se place à un\npoint de vue analogue. Il y est observé que\nM. Mahler, énergique, avisé, très doué du\npouvoir de s'identifier à la pensée des maîtres,\nest un incomparable chef-d'orchestre inter-"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.112", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4080, "texte": "prète-né des œuvres les plus diverses de toutes\nles époques.\n\" Mais cela ne lui suffit pas. Il veut vivre sa\npropre vie musicale, il devient compositeur,\ndirige ses propres œuvres. Et alors, du moins\nà ce que je crois reconnaître il présume trop\nde ses forces et de la portée de sa nature de\nmusicien \".\nLe critique de la NeueFrciePresse de Vienne\nconclut un feuilleton étendu et serré en sou-\nlignant la beauté et la noblesse de l'œuvre,\ntandis que celui de la Vossische '/eitung assure\nque \" pas une note de cette musique n'a été\njusqu'à son cœur \" et se demande : \" Est-ce la\nfaute de mon insensibilité ? La raison dernière\nde mon indifférence est-elle que la musique\nmanque de cordialité ? Peut-être la manière\ndont Mahler s'exprime contient-elle quelque\nchose qui élève une barrière entre sa musique\net ma sensibilité. Mais je ne puis qu'assurer\nque malgré ses incontestables mérites techni-\nques et ses explosions de force, elle m'a paru\nsans vie, et parfois antipathique \".\nMais il me semble que tout compte fait, les\narticles élogieux sont, dans la presse allemande,\nen majorité. Du jeu de les comparer si l'on\npeut, de les peser si l'on ose, il ne saurait\nrésulter rien que de médiocrement profitable.\nUn point particulier qui préoccupe fort\ncertaines critiques est celui de la forme de\nl'œuvre. Pour la Breslauer c'est \" une\npeinture musicale de caractère absolument\nvocal.\" Dans les Dresdener il est\ndit que \"l'on ne peut point considérer l'œuvre\ncomme une cantate ou quelque chose d'ana-\nlogue : le caractère symphonique résulte bien\ndu tait que l'architecture est rigoureuse, que\nles thèmes sont traités tout à fait symphoni-\nquement.\" Mais en générale l'étiquette de\n\" symphonie \" a paru à beaucoup de critiques\ninexacte, et admissible seulement comme pis-\naller.\n\" On en est arrivé à un point, constate,\ndans son compte rendu assez favorable la\nDeutsche Tageszeitung,où l'on peut appeler\nsymphonie tout ce qu'on veut.\"\nEt la IVi eser Zeitungde Brème remarque\négalement que \" chaque nouvelle forme, de-\nvrait recevoir une désignation nouvelle. Et\nc'est le cas de l'œuvre que présente M. Mahler.\"\nu Oui, confirme le Bayrischer Kurier (après\navoir constaté que le manque d'indépendance\nde M. Mailler, en matière d'invention musi-\ncale, est \" tragique \" mais qu'on peut se laisser\naller à l'éblouissement que causent ses œuvres)\nMahler, en appelant sa nouvelle œuvre sym-\nphonie en prend à son aise, mais ne met point\nà l'aise le bon public... Le langage est-il si\npauvre, qu'on ne puisse trouver en l'espèce\nune dénomination à peu près convenable ? \"\nCe mot employé de manière déconcertante,\nl'association en un ensemble de textes dont la\nqualité est si dissemblable, la manière dont\nM. Mahler a conçu l'équilibre de son œuvre,\nil n'en fallait pas plus pour rendre, somme\ntoute, les commentateurs fort perplexes. Et\ntous ceux que n'entraîne point un irrésistible\nélan d'enthousiasme sont évidemment assez\nembarrassés pour parler de la dernière produc-\ntion de M. Mahler. Il est nombre de comptes-\nrendus assez vagues pour qu'on reste bien en\npeine d'en tirer une conclusion et même de\nles résumer.\nPour les articles publiés dans les revues\nfrançaises, il en est deux qui émanent de\nmahléristes convaincus et depuis longtemps\nconnus comme tels : M. William Ritter (dans\nla Revue de Lyet M. Casella\n(dans le 3Vlonde -Musical).Ils sont naturelle-\nment très enthousiastes.\nDans la Revue {Musicale M. Léon\nVallas a pris à son tour la parole, et son article,\npublié, cela est manifeste, après de sérieuses\nméditations basées et sur l'étude de l'œuvre,\net sur celle des critiques, me paraît entre tous\ndigne d'attention.\nLes fervents de l'art mahlérien semblent à\nM. Vallas \" rechercher dans les symphonies\nce qu'ils souhaitent d'y voir, ce que Mahler a\nvoulu y mettre, et non ce qui y est... M.\nMahler possède une énorme puissance de\nfascination... La VIIIe symphonie est d'un\nintérêt passionnant par son noble sujet, par le\ntexte qu'elle traduit en musique... Si je con-\nsidère l'œuvre non plus au point de vue\nmahlérien, philosophique ou poétique, mais au"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.113", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "point de vue purement et exclusivement mu-\nsical, c'est-à-dire si j'examine dans la com-\nposition ce qui y est, je reste contraint de\nrépéter que la VIIIe symphonie m'apparaît\ncomme d'une essence inférieure, sans origina-\nlité, sans nouveauté, sans avenir... Il est\ninutile d'enfoncer une porte ouverte en dé-\nclarant que les thèmes de M. Mahler sont\ndépourvus d'intérêt personnel. Les plus fervents\nmahlériens le concèdent... Mais c'est la mise\nen œuvre de matériaux généralement quel-\nconques qui fait naître un conflit entre dé-\ntracteurs et admirateurs. Polyphonie, harmonie,\norchestration sont déclarées géniales par ceux-\nci, tandis que pour les oreilles de ceux-là, elles\nne dépassent pas une très estimable banalité.\nDans ce débat, il n'est pas facile de trouver\nun étalon aux dimensions duquel mesurer la\nvaleur précise de l'écriture vocale ou instru-\nmentale... En matière d'esthétique, tout est\npointes d'aiguilles, et une œuvre, avec la\nmême bonne foi mais par deux personnes\ndifférentes, peut être jugée divine ou ridicule.\"\n\" LA LEPREUSE \" de M. Sylvio Laz-\nzari.— Dans le Courrier (15 octobre)\nM. Julien Forchet plaide généreusement la\ncause de cette œuvre, dont on sait la mauvaise\nfortune. Il résume les tribulations de M. Laz-\nzari, analyse le livret, la partition, et fait remar-\nquer combien vains sont les scrupules qui\nempêchèrent les représentations et mirent au\nConcours de la Ville de Paris la musique de\nM. Lazzari en fâcheuse posture : conséquen-\nces également injustes pour le bel écrivain\nqu'est M. Henry Bataille, et pour le cons-\nciencieux écrivain qui a mis dans la partition\nde La Lépreuse le meilleur de lui-même. L'ar-\nticle est à lire tout entier, et il faut souhaiter\nqu'il ait le retentissement qu'à tous les égards\nil mérite.\nUNE CLASSE DE CHEFS D'OR-\nCHESTRE AU CONSERVATOIRE.\nElle n'existe pas, mais dans Comœdia M. Ga-\nbriel Grovlez, avec des arguments excellents,\nen réclame la fondation. Il fait justement\nremarquer qu'elle s'avère aujourd'hui indis-\npensable. Il mérite -d'être loué pour avoir fait\ntinter haut et clair un grelot attaché il y a\nquelques années, mais dont le son jusqu'ici\nn'avait guère eu d'écho.\n\nM.-D. Calvocoressi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.28", "titre_corps": "L'Edition Musicale", "titre_sommaire": "L'Edition Musicale", "signature_source": "V. P", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.113", "debut_caractere": 2200, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "L'Edition\nMusicale\n\ni. chez Durand ; 2. chez Bilibin 5 3. chez Roudanez ;\n4. chez Elkin ; 5. à l'édition Mutuelle.\nPIANO. Moins d'œuvres originales que\nde transcriptions, le mois dernier. Nos com-\npositeurs, ayant donné campo à l'inspiration,\ns'étaient mis à remanier la musique des autres,\nen guise de devoirs de vacances. M. Jacques\nDurand a transcrit la Pièce Héroïque et la\nFantaisie de Franck 1 ; M. Harold Bauer, la\nPastorale, et Prélude, Choral et Fugue x, du\nmême auteur. M. André Caplet a réduit (pour\n2 Pianos 4 mains) les Rondes de Printemps de\nDebussy : 1 voilà deux paires de mains, et sur-\ntout deux paires d'yeux qui ne manqueront\npas de besogne. M. Roger Ducasse s'est attaqué\nà ses propres œuvres, avec une réduction,\nquelque peu surchargée de l'amusante Bourrée\nde sa Suite Française x, et avec une transcrip-\ntion, (pour 2 Pianos 4 mains) de ses Variations\nplaisantes sur un thème grave \\ primitivement\ndestinées à l'orchestre avec harpe obligée.\nEn fait de nouveautés, une petite valse de\nDebussy, la Plus que Lente, dont la tonalité,\nincertaine et flottante, a quelque chose de\ndécevant ; puis des Novelles de Medtner,\néditées sous une couverture incendiaire où"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.114", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "luttent les caractères russes et latins ; musique\nabstraite, peu captivante, qui dérive plutôt de\nl'école allemande que de l'école russe.\nVIOLON. M. Jongen, souvent coutu-\nmier des enchevêtrements les plus indéchiffra-\nbles, paraît évoluer, avec sa Sonate *, vers des\nformes d'un modernisme moins accentué. Le\nthème initial qui, soit dit en passant, est\nemprunté textuellement à la Tétralogie, se\ndéroule avec aisance et noblesse ; de l'Andante,\nje goûte surtout le thème, dans son éloquente\nsimplicité, et les quelques épisodes en style\nrapsodique. Le finale a de l'élan et de la tenue,\nsinon une originalité bien marquée.\nDans la Pastorale 3 de Paul Dupin la mélo-\ndie, s'entoure d'accompagnements grinçants,\ndont l'acidité nous surprend : M. Dupin nous\na souvent donné mieux, et même beaucoup\nmieux. Le même morceau existe aussi pour\nquatuor à Cordes avec piano.\nLe Lac d'amour 0 de M. Paolo Litta, l'émi-\nnent directeur de la Libéra Esthetica, est\ninspiré de Bruges. C'est une sorte de poème\nsymphonique pour piano et violon, plein de\npoésie subtile où le Nord et le Sud, l'ltalie et\nla Belgique s'allient de curieuse façon. Très\n•difficile, cette œuvre mériterait de nous être\nprésentée souvent dans nos concerts. Elle con-\nstitue une des plus intéressantes manifestations\nde la Jeune Italie.\nCHANT. Quant à M. Cyril Scott, qui\npasse pour un des meilleurs musiciens de\nl'Angleterre, et n'est même pas tout à fait\ninconnu sur le continent, il a déjà produit des\nœuvres de valeur ; comment se laisse-t-il aller\nà publier des pages comme ces 3 petites mélo-\ndies : Scotch Lullaby ; a Spring et Arietta 4\noù la banalité ne le cède qu'à la platitude.\nNous sommes habitués, en France, à faire une\ndistinction entre le répertoire des Minstrels,\nnègres ou non, et celui des artistes, et nous ne\ncomprenons guère qu'un musicien convaincu\nse plaise à fournir indifféremment l'un ou\nl'autre.\nVoilà maintenant un chœur pour deux\nvoix d'enfants : La Rivière de chez nous,1\nd?Auguste Chapuis. Ces enfants, s'ils sont un\npeu observateurs, se demanderont peut-être ce\nque vient faire, à la 6e mesure de l'accompa-\ngnement, dans un trait en la mineur, ce fa\ndièze, si peu joli et si peu justifié. Enfin, voici\nde la musique : deux recueils de Debussy : le\nPromenoir des deux Amants, et Trois ballades de\nFrançois Villon. 1 Jamais l'auteur n'a poussé\nplus loin les raffinements de la déclamation\nmoderne et la recherche exquise de l'harmo-\nnie ; il a trouvé là des accompagnements\ninimitables, fluides, allégés, où s'égrène de\nproche en proche une brève dissonance de\nseconde, telle une gouttelette d'eau qui roule\ndans la vasque d'une fontaine. La dernière\nballade de Villon écrite dans une intention\ncomique, avec un accompagnement staccato,\nalerte et malicieux, un peu agressif parfois,\ncomme un babillage qui pourrait devenir une\ndiscussion, nous parait la meilleure des six.\nPARTITION PIANO ET CHANT.\n—La Forêt Bleue,1 de M. Aubert, ne nous\nest point inconnue ; c'est celle de Perrault,\ncelle où s'endormit la Belle au Bois dormant,\noù le Petit Poucet faillit être dévoré par\nl'ogre, et où Chaperon Rouge rencontra le\nloup, qui du reste ne la mangea point pour\ncette fois. Car le librettiste de M. Aubert,\nM. Jacques Chenevière, s'est permis quelques\nfamiliarités à l'égard du texte classique. Pour\ngrouper en un même scénario les personnages\nde trois contes différents, il a fallu nécessaire-\nment donner plus d'une entorse à la tradition,\nprocédé plausible, mais qui ne va pas sans\nnous choquer un peu.\nCette forêt bleue nous rappellera encore\ncelle où Hânsel et Gretel, perdus, eux aussi,\nà la nuit tombante, rencontrèrent, non l'ogre,\nmais la fée Grignotte. Et la comparaison sera\ninfiniement dangereuse, pour le livret comme\npour ia musique. Les personnages de Humper-\ndinck, très robustes, assez terre à terre, ont\nplus de vitalité que ceux de la forêt bleue,\nvolontairement confinés dans le domaine im-\nprécis de la légende. La musique de M.\nAubert, poétique et raffinée, un peu étiolée,\npeut être touchera quelquefois au point où la"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.115", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "tendresse devient de la fadeur, et l'expressivite,\nde la sensiblerie. Le prince et la princesse,\nbien languissants, prolongeront un peu trop\nleurs duos d'amour ; l'inévitable chœur des\nFileuses n'est guère original ; le non moins\ninévitable chœur des Moissonnsurs se soutient\nà peine un peu plus par une certaine verve\npopulaire. Cela dit, signalons mille détails\ncharmants ; les chœurs des fées, exquis d un\nbout à l'autre. Puis au ir acte, le mouvement\nmélodique qui accompagne le jeu de scène\ndes deux enfants, portant ensemble un seau\nd'eau trop lourd pour eux ; l'arrivée de la\nBoulangère, sur un air connu, auquel une\nharmonisation amusante, donne un aspect\ndrôlement rébarbatif ; dans l'Acte suivant, la\nphrase obséquieuse du Petit Poucet: \" Vous ne\nvous êtes pas enrhumé sur la mousse ? \" Puis\nle trio des enfants qui trépignent autour du\ngéant débotté, pendant que les fanfares de la\nsuite du prince se font entendre au loin dans\nla forêt. Et si nous trouvons que la musique\nsouligne avec une instance un peu puérile les\nrugissements du loup, les vols de papillons, et\nles battements d'aile des oiseaux, nous nous\nrappellerons que les Contes bleus sont faits\npour les petits enfants.\nUne seule chose nous étonne, c'est que\npareille œuvre musicale n'ait pas été tentée\ndepuis longtemps déjà. Les Contes de Perrault,\nen raison de leur imprécision même n'inspire-\nront peut-être jamais bien brillamment les arts\nplastiques : Petit Poucet et Chaperon Rouge\nn'ont pas encore franchi les limites de la\nsimple imagerie. Mais la musique a le pouvoir\nde leur faire raconter mille choses encore,\nsans les faire sortir au domaine du rêve.\nSachons gré à M. Aubert de l'avoir si bien\ncompris, et souhaitons d'entendre très prochai-\nx. /\nnement sa Forêt Bleue.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.29", "titre_corps": "REVUES ET PÉRIODIQUES REÇUS", "titre_sommaire": "REVUES ET PÉRIODIQUES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.116", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "REVUES ET PÉRIODIQUES REÇUS\nNous la liste des revues et périodiques que nous recevons dans les bureaux de la Section\nde Par is. Nous attirons tout par ticulièrement l attention de nos collègues parisiens sur cette collection qu 'ils\nne connaissent pas tous et qu ils pourront consulter au siège de la Section, 22 rue Saint-Augustin\ntous les Jeudis après-midi.\nAnthropos, Modling [Basse\nAutriche).\nArs et Labor, Milan.\nL'Art Décoratif, Paris,\nArt Moderne, Bruxelles.\nArte Musical, Lisbonne.\nBalance, Moscou.\nBayreuther Blâtter, Bayreuth.\nBibliofilia, Florence.\nChronique Médicale, Paris.\nCœcilia, Strasbourg.\nComœdia illustré, Paris.\nCourrier musical, Paris.\nCronaca Musicale, Pesaro.\nDeutsche Militar Musiker-\nzeitung, Berlin.\nDeutsche Sângerbundeszeit-\nung, Leipzig.\nLe Diapason, Bruxelles.\nThe Etude, Philadelphie.\nExpress Musical, Lyon.\nLe Feu, Marseille.\nLa Française, Paris.\nGazette Musicale Russe,\nSt. Pètersbourg.\nGrande Revue, Paris.\nGuide du Concert, Paris.\nGuide Musical, Bruxelles.\nDie Kirchenmusik, Pader-\nborn. '\nLeonard's Illustrierte Musik-\nzeitung, Berlin.\nMénestrel, Paris.\nMercure de France, Paris.\nDer Merker, Vienne.\nMonde artiste, Paris.\nMonde Musical, Paris.\nMonde Artistico, Milan.\nMonthly Musical Record,\nLondres.\nMunchner Neueste Nach-\nrichten, Munich.\nMusica, Paris.\nMusica, Rome.\nMusica, musicisti, Milan.\nMusical America, New-York.\nMusical Antiquary, Londres.\nMusical Courier, New-York.\nMusical Opinion, Londres.\nMusica Sacro-Hispana, Bil-\nbao.\nMusical Standard, Londres.\nMusical Times, Londres.\nMusician, Boston.\nMusikalisches Wochenblatt,\nLeipzig.\nNew Music Review, New-\nYork.\nNouvelle revue française,\nParis.\nLa Nuova Musica, Florence.\nL'Occident, Paris.\nL'Orfeo, R orne.\nPan, Paris.\nRevista Musical, Buenos-Air es.\nRevista Musical Catalana, Bar-\ncelone.\nRevista Musicale Italiana, Turin.\nRevue bibliographique belge,\nBruxelles.\nRevue du Chant Grégorien.\no 7\nGrenoble.\nRevue de Hongrie, Budapest.\nRevue des Lettres et des Arts,\nNice.\nRevue Musicale, Paris.\nRevue Musicale de Lyon.\nRevue de Synthèse Historique,\nParis.\nRheinische Musik und Theater\nZeitung, Cologne.\nLa Rinascita Musicale, Parme.\nSanta Cecilia, Turin.\nSchweitzerische Musik Zeitung,\nZurich.\nSignale fur die Musikalische\nWelt, Berlin.\nSymphonia, Naples.\nThéatra, Marseille.\nTribune de St. Gervais, Paris.\nVers et Prose, Paris.\nVie Musicale, Lausanne.\nZeitschrift fiirlnstrumentenbau,\nLeipzig.\nZenevilag, Budapest."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 120, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.30", "titre_corps": "Retraite d'Artiste", "titre_sommaire": "Retraite d'Artiste", "signature_source": "Jean de l'Armagnac", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.119", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "Retraite d'Artiste\n\nPar ces temps d'automobilisme à outrance,\nles nombreux voyageurs qui sillonnent la route\nde Bordeaux à Bayonne de toute la vitesse de\nleur 40 chevaux, ne se doutent pas que der-\nrière le rideau de pins, de chênes ou de\nbruyères, source d'impressions mélancoliques\nqu'ils brûlent impitoyablement, se cachent des\npaysages enchanteurs, véritables oasis, semées\nçà et là, pour reposer les yeux et l'esprit\nd'une désolation pa\"V trop persistante. Qu'ils\ndonnent uh coup de frein et s'arrêtent un\ninstant devant le tableau que nous allons leur\nprésenter : ils ne le regretteront pas..\nC'est un petit village : cinq ou six maisons\ntrès proprettes, très blanches se groupent au-\ntour d'une église sans prétention et sans style,\nmais aux allures de vieille coquette qui semble\nvouloir se laisser deviner ou se faire désirer au\nmilieu du bosquet et de la verdure qui la\ndérobent aux regards.\nLe village est civilisé. Les maisons sont\ndeux auberges, le bureau de tabac, une cabine\ntéléphonique, la mairie, le presbytère, une\nmaison d'école, reliés par un boulevard tout\ncomme au cœur de Paris, et une place en\nquinconces semblable à celle de Bordeaux.\nNotre petit village n'a rien à envier aux plus\ngrandes cités et sagement il ne leur envie\nrien. Sa population ne l'encombre point, elle\ns'étend dans la campagne et ne se réunit\nqu'aux temps de repos, le Dimanche et les\njours fériés, pour traiter les affaires de la\ncommune, satisfaire sa piété ou prendre quel-\nques instants de distraction.\nAussi le voyageur peut sans crainte s'avan-\ncer seul, guidé par des écriteaux nombreux\nqui témoignent d'une administration pré-\nvoyante et surtout très jalouse de ses droits,\nsuivre une jolie route qui serpente, qui descend\nvers une rivière rieuse que l'on traverse sur\nun pont rustique appelé, hélas ! à disparaître\nbientôt, qui remonte ensuite dans un bois de\npins passé à la tondeuse, et il se trouve alors\ntout-à-coup devant une pelouse, éclatante de\nverdure, parsemée de bouquets d'arbres d'es-\npèces variées, et sur laquelle un peintre im-\npressionniste a semé quelques taches blanches\net brunes : les troupeaux qu'elles représentent\nannoncent une ferme ou un château. Avan-\nçons encore sans avoir peur d'effrayer les\nlapins qui s'enfuient sous nos pas ou les\nfaisans qui volent sur nos têtes, et sur le flanc\ndu coteau apparaît comme le joyau de tout le\npaysage, une coquette demeure, percée de\nverrières, à la fois castel et villa, semblant\nnous dire : \" Venez, ne craignez point, vous\nserez bien accueilli. \" Devant cette invite gra-\ncieuse, nul ne résiste : point n'est besoin de\nsonner, on pousse un portail toujours ouvert,\net l'on est arrivé.\nDans ces lieux enchanteurs, tout est amé-\nnité, et celui qui les a créés a su leur donner\nla caractéristique de sa propre individualité :\nque le maître soit là, ou qu'il soit sur ses\nterres, le passant est toujours assuré d'être le\nbienvenu. \" Vous venez en touriste, très bien,\nmon cher Monsieur, nous allons faire le tour\ndu propriétaire. \" Et c'est la promenade dans\nles allées ombreuses, la visite aux champs et\naux guérets, on dévale le coteau, on entre\ndans les taillis, et partout le paysage est vivant\net animé, non par les humains dont on n'aper-\nçoit que de rares spécimens, vaquant aux\ndivers travaux des champs, mais par une faune\nvariée destinée aux plaisirs de la chasse. \" Je\nvous conduis au pont du Diable, car nous\navons su nous donner une réduction très\nfidèle des ravins suisses et des cascades pyré-\nnéennes. \" Le tout bien ordonné et posé\nadmirablement à sa place. Pour combler l'il-\nlusion, le cor de Rolland retentit et un écho\nrépond à la tierce. Les Maures ne sont pas\nloin, mais n'ayez nulle crainte, ils sont domes-\ntiqués et vous amènent le char qui doit vous\naider à continuer la promenade. Vous vous\nlaissez doucement conduire et vous n'avez"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.120", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "qu'à admirer un paysage, plein de fantaisie et\nd'imprévu, et néanmoins réglé avec un ordre\nparfait. On sent que celui qui le possède l'a\nvoulu ainsi pour son gran,d amour du Fini\ndans l'Art qui a été le but de sa vie : on com-\nprend alors qu'il ne s'arrache qu'avec peine\nà cette délicieuse solitude, où il trouve toutes\nles sensations, qu'il sut lui-même communi-\nquer aux foules.\nVous saluez, en la quittant, cette demeure\ndu Sage dont votre cœur et vos yeux empor-\ntent une image profonde : L'une et l'autre\nvous ont également conquis.\nEt cependant, quelque suaves qu'aient été\nces impressions, elles ne sont pas compara-\nbles à celles qu'éprouvent les nymphes de ces\nbosquets, lorsque, le soir venu, elles prêtent\nl'oreille aux accents qui sortent de la maison\nsilencieuse le jour, mais vibrante, l'ombre\nvenue, du langage des dieux. Seuls, vous les\nconnaissez, ô chantres des forêts, doux ros-\nsignols qui apprenez à égrener vos roulades\nsur les tendres nocturnes de Chopin ou les\ndouces rêveries de Schumann, que seuls désor-\nmais vous êtes admis à entendre !...\nCar le petit village s'appelle S 1 Avit et celui\nqui n'a plus d'autre ambition que d'étendre\nsur lui sa douce et chère influence, vous l'avez\ndéjà nommé, c'est Francis Planté.\n\nJean de l'Armagnac."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 120, "image_fin": 122, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.31", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.120", "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "Çà et Là\nLa Société Hàndel inscrit aux programmes\nde ses concerts pour l'année prochaine, les\nœuvres suivantes :\nG. F. Hândel : Satil ; Te Deum de\nDettingen ; Coronation Anthem. Fragments\nde la Fête d'Alexandre et de l'occasional\nOratorio. Concerti grossi.\nLully : Extraits d'lsis et du Triomphe de\nl'Amour.\nSchiitz : Concerts spirituels.\nGossec, Stamitz : œuvres instrumentales, etc.\nLe Société F. S. sous la direction\nde M. G. Bret, annonce pour la saison 1910-\n1911, quatre concerts d'abonnement dont le\npremier aura lieu le 18 novembre avec le pro-\ngramme suivant : Suite en ut majeur pour\norchestre (ire audition); Cantate nuptiale \" O\nHolder Tag\" ; Cantate \" Nous avons\nun nouveau gouverneur \" ; (M\"IC Laupecht\nvon Lamraen de Francfort, M. Demetrio\nFloresco ;) Concerto en mi majeur pour violon\n(M. Daniel Herrmann) ;"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.121", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "en sol mineur, pour orgue (M. Joseph Bonnet).\nSera reprise ensuite la série des grandes audi-\ntions avec la Passion selon Saint Matthieu qui\noccupera les soirées du 16 décembre et 17\nmars, le défi de Phœbus et de Pany POde funè-\nbre etc... Comme par le passé, les concerts\nseront donnés salle Gaveau et précédés d'une\nrépétition publique qui aura lieu la veille\n(toujours le jeudi à 4 heures).\nLa \" Neue Bach-Gesellschaft \" vient de\nrecevoir un don important. M. Hermann\nObrist, le sculpteur de Munich, a offert à\ncette Société la précieuse collection de son\nfrère, le conseiller Aloys Obrist, parmi laquelle\nse trouvent des instruments'semblables à ceux\ndont se servait J. S. Bach. Par vénération\npour le travail de son frère, M. Hermann\nObrist a exprimé le désir de voir ces instru-\nments conservés au Musée Bach d'Eisenach,\ndans la maison où naquit le grand musicien ;\nnulle place ne pouvait mieux convenir à la\ndonation \" Aloys Obrist. \"\nM. Rhené-Baton, Directeur Artistique\ndes Concerts Populaires d'Angers dirigera cet\nhiver, en plus du répertoire classique et\nmoderne —, les œuvres suivantes dont ce sera\nla première audition à Angers : Symphonies\nde Chausson, Boellmann, Casadesus, Gedalge ;\nsuites d'orchestre de Saint-Saëns, Piernè, Mas-\nsenet, Coquard, Casella, Roger-Ducasse ; ouver-\ntures de Paul Dukas, Saint-Saëns, Trèmisot ;\nœuvres diverses de Vincent d'*lndy, Borodine,\nStravinsky, Sporck, Jaques-Dalcroze, Debussy,\nGemain, Samazeuilh, Golestan, Brisset, Enesco\net parmi les œuvres classiques : Symphonie de\nHaydn, Serenade de Mozart, concerto grosso\nde Corelli, concerto pour 4 violons de Vivaldi,\nPastorale de l'oratorio de Noël de Bach, Airs\nde ballet et cantates de Rameau.\nM. Rhené-Baton donnera également deux\nconcerts avec chœurs. Dans l'un il exécutera\nla Damoiselle Ecue de M. Debussy. L'autre\nconcert sera entièrement consacré à une des\ngrandes œuvres de Berlioz.\nL'intéressante Société des Concerts Fran-\nçais, de Londres, annonce, pour cette saison,\ncinq concerts consacrés aux œuvres de\nFauré, d'lndy, Debussy, Chausson, Pierné,\nCaplet, Ducasse, Lenormand, Koechlin, Fl.\nSchmitt, Moret, de Castillon, Woollett, etc.\nLes artistes engagées sont : Mmes Durand-\nTexte, Willaume-Lamber, Blanche Marchesi,\nMarcelle René Doire, Melle Autran, MM.\nDumesnil, A. Mangeot, la \" Société des\nInstruments à vent \" et le \" Quatuor vocal\nMauguière.\"\nCette troisième saison de concert aura\ncertainement le même succès que les précé-\ndentes et tous les musiciens applaudiront à\nl'activité que déploie chaque année M. J. T.\nGuéritte.\nVoici les principales œuvres qui seront\ndonnées cet hiver à Leipzig: Berlin : Requiem\n(exécution intégrale), symphonie Fantastique,\nouvertures, etc. ; Charpentier : Impressions\nd'ltalie; Debussy : La Damoiselle élue, Iberia;\nSchubert : Stabat Mater, symphonies; Bruckner :\nMesse en fa min., symphonies ; Haydn :\nMesses, oratorios, symphonies, etc. ; Liszt :\nChristus, Messe de Grau, Sainte Elisabeth,\nle 13e psaume, symphonies, poèmes symphoni-\nques, concertos, œuvres pour piano, etc. ;\nBach : Cantates, Passion selon St Jean, Messe\nen mi, etc. ; Handel : Deborah, Baltazar,\nconcerti grossi, cantates, etc.\nŒuvres de Wogrsch, Nowowiezski, Schu-\nmann, E. Koch, Beethoven, R. Strauss,\nMahler (4e symph.), C. Horn, Tschaïkowsky,\nDukas, Blegle, Brahms, etc.\nNotre collègue Adolphe Boschot vient\nde prendre à Y Echo de Paris la succession du\nregretté Arthur Coquard. Nous adressons nos\nbien vives félicitations à notre ami Boschot,\net nous constatons avec grand plaisir que, de\ntous les candidats à ce poste envié, c'est un\nmembre du bureau de notre Section Parisienne\nde la S. I. M. qui a été élu.\nUn autre de nos collègues, M. Gabriel\nAstruc, Directeur de la Société Musicale reçoit\nla croix de la légion d'honneur, que son in-\nlassable zèle pour la musique, lui avait depuis\nlongtemps méritée. Nous n'oublions pas que\nM. Austruc fut un des promoteurs de notre\nSection, à laquelle il donna généreusement\nasile dans le pavillon de Hanovre, pendant les\npremières années de notre existence. Nos plus"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.122", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "sincères compliments au collègue aimable, et\nau sympathique Directeur de la\nLe 2 2 octobre commençait à l'opéra-\ncomique la série des Concerts Historiques de la\nMusique que M. Carré eut la bonne idée d'orga-\nniser et qui ont pour objet,cette année, l'histoire\nde la Mélodie. Notre collègue M. Henri\nExpert, bibliothécaire du Conservatoire, fit\nune courte mais éloquente conférence sur la\nMélodie du Moyen âge et de la Renaissance ;\nles auditeurs, ainsi avertis, goûtèrent beaucoup\nla musique des Marcabru, Rambaud de\nVaqueiras, Thibaud, roi de Navarre, Janne-\nquin, Claude le Jeune, du Caurroy, Mauduit,\ndont les interprètes, est-il besoin de le dire,\nrendirent si bien l'apparente naïveté. Ces con-\ncerts sont l'indice que le goût du public\ns'oriente peu à peu vers la musicologie : voilà\nbien de quoi se réjouir.\nLa Société Haendeldont nous avons\npublié d'autre part le programme de la saison,\ndonnera à l'Eglise S 1 Eustache, le 22 novem-\nbre, à 3 heures, une exécution intégrale du\nTe Deum de Dettingen (1743) de G. F.\nHaendel. On peut se procurer des cartes\nd'entrée à la Sacristie de S 1 Eustache.\nSous le titre, Chanso le déli-\ncat poète Pierre Reynielvient de faire paraître\nun recueil de poésies qui sera bien accueilli\ndes lettrés et des musiciens.\nAlfred Cottina repris ses leçons\nparticulières et ses cours I 24bis Avenue de\nVilliers où il reçoit le Samedi de 5 h. à 7 h.\nNous sommes heureux d'annoncer à nos\nlecteurs que notre correspondant de Nancy,\nM. H. Parisot vient d'être nommé Secrétaire\ndu Conservatoire de cette ville. Toutes nos\nfélicitations."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.32", "titre_corps": "Notre encartage", "titre_sommaire": "Notre encartage", "signature_source": "La Rédaction", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "Notre encartage\nLa Rédaction.\nNous publions ce mois-ci, sous forme d'un encartage, une\n*\nBibliographie de la musique exotique, a laquelle notre collègue\nM. Q. Knosp a depuis longtemps consacré ses efforts. Cette\nbibliographie paraîtra successivement dans chaque numéro, et\nformera une brochure de trente-deux\nd un certain nombre d'ouvrages du même genre. S. I. M. espère que\ntous les chercheurs lui sauront gré de mettre à leur disposition des\ninstruments de travail et d investigation dont notre histoire musicale\nsent l'impérieux besoin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d Etat aux Seaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÈ, Direct\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM, GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GENERAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nj •\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de Vlnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET, de Vlnstitut, professeur\nau Collège de Fran\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur h a\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "Vient de p\nCATALOGUE\nDU FONDS DE MUSIQUE ANCIENNE\nDE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE\n(IMPRIMÉS ET MANUSCRITS)\nPAR\nJULES ECORCHEVILLE\nDOCTEUR ÈS-LETTRES\nOuvrage publié sous le patronage de I'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS.\nHuit volumes grand in-40 de 250 pages chacun, compre-\nnant dix mille thèmes de musique, et un grand nombre de\nfac-similés\nL'ouvrage complet : 500 francs.\nLe fonds de musique ancienne, manuscrite et imprimée, qui\nse trouve au département des imprimés de notre Bibliothèque\nNationale, constitue un dépôt fort important et encore peu connu.\nL'lnventaire Général de la Bibliothèque avait réservé cette série\nmusicale pour un classement ultérieur que les nécessités budgétaires\navaient jusqu'ici fait ajourner. Grâce à l'initiative de l'Académie des\nBeaux-Arts et de la Société Internationale de Musique, ce travail\nconsidérable a pu être entrepris et mené à bonne fin.\nLE TIRAGE EST LIMITÉ A 200 EXEMPLAIRES."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.74", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Programme des Conférences et Auditions\nLa Musique Française au XIX1 Siècle et commencement du XX'"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.74", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "LUNDI 5 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : L'ÉCOLE FRANCKISTE.\nAudition : ŒUVRES DE CASTILLON, VIN-\nCENT D'INDY, HENRY DUPARC, CHARLES\nBORDES.\nLUNDI 12 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : L'ÉCOLE FRANCKISTE (suite)\nAudition : ŒUVRES DE VINCENT D'INDY,\nERNEST CHAUSSON, PIERRE DE BRE-\nVILLE, ROUSSEL.\nLUNDI 19 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : IMPRESSIONNISTES ET INDE-\nPENDANTS.\nAudition: ŒUVRES DE CHABRIER, DEODAT\nDE SEVERAC, CLAUDE DEBUSSY, RAVEL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c103", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.74", "debut_caractere": 560, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "LUNDI 7 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : DE 1800 à 1860\nAudition : ŒUVRES DE MICOI.O, BOIEL-\nDIEU, MEYERBEER, BERLIOZ.\nLUNDI 14 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : DE GOUNOD A M. 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Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\nDÉLIVRÉS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements: Mr. J. NICATI, Directeur.\nH 13291 L"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.74", "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "GUITARE\nMlle B. DORÉ\nÉLÈVE DE MIGUEL LI.OBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nTéléphone 829.80\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\nPARIS. Rue Demours. 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ERNST VON DOHNANYI,\nprofesseur à l'Académie royale de Musique\nde Berlin :\nCher SKConsieur Clutsam,\nJ'ai grand plaisir à vous confirmer par lettre ce\nque je vous ai dit de vive voix. ylyant eu derniè-\nrement, à plusieurs reprises, l'occasion de faire usage\nde votre clavier circulaire, en public, je ne puis que\nm'en déclarer de plus en plus satisfait. Je préférerai\ntoujours les CLAVIERS CLUTSAM aux claviers\ndroits, et j'espère que le moment viendra c'est\ninévitable où je pourrai ne plus jouer sur d'autres\nque ceux-là.\nVotre très dévoué\nERNST VON DOHNANYI.\nA l'Exposition de Munich le clavier Clutsam est re=\nprésenté par la Maison GROTRIAN=STEINWEG. A\nParis, il se trouve en dépôt chez MM. PLEYL, WOLF\nLYON & Çie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c109", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c109", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.75", "debut_caractere": 793, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "BERLIN W. 50. * Pragerstrasse 22\nTelefon : Amt Wilmersdorf 3910"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c110", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.44", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "LES PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par les\ncomme les meilleurs du monde entier.\nE. MOULLÉ\nJ* J*\nAGENT GE\n1, RUE BLANCHE, PARIS.\nV\nR .\n1111 l IIIIIÉI\n;<v\ni« \\ '\n> V'\n-, r\nCéO\nC*>\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués dun goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nHECTOR BERLIOZ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c111", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.80", "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "LA SCOLA MUSIC/E\nInstitut musical de ler1er ordre, 90 rue Gallait.\nBRUXELLES\nChant, déclamation, instruments, harmonie,\nesthétique musicale, littérature française.\nEtudes complètes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "VIENT DE PARAITRE\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\n(GEORGES OERTEL)\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\n■PMHraMOHMnnBMHnHIHBI\nC. THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nKN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nD RAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. 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MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3rne SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains\n~ petite partition d'orchestre .\nnet fr. 12\nnet fr. 8"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c114", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c114", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "LEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\nf Si\nm\n9 t\n* 1\n*îiJ\nk\né&i\n: i\nfiZ\nS\"\ny;\n■u\nWI\nfù\nerra\nV\n/7T\nVl\nSw\nR*\n<r\\\n■<**\n<3>\n\\\n«• \"»\n1\nr\nJE\n■»*\nP **\nJnfi\n>.c\n**•\"\nA'\nrr\ni\ns\nv\\\nl!\nt*!\ni\n*■\naû\nr\nV*\"\nikZB\n-n\n>XS\n>*\nEl\nm\nl )\nVSI f i.\n•■y\nCJT'\n*«J\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFILIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c115", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c115", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 958, "texte": "CE QUECA I{]JS 0\nTENSE DU PI AN OL A\n\\\nCaruso jouant du Pianola caricaturé par lui-même.\nENRICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme toutes les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANOLA. uJe viens (Ventendre le Pianola\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie ./Eoîian,\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianola, muni du Métrostyle, permet à un novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianola cesse vraiment\nd etre un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès aue «\nque vous méritez.'\nLe Catalogue illustré \"C\" sera envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianola peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE MOU AN\nPIANOLAS PI ANO L A - PIANOS\nJEOLIAN-ORC H ESTRELIES GRANDES ORGUES\nSALLE JEOLIAN, 32, AVENUE DE L'OPÉRA, PARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c116", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.50", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.91", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PA RIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nF\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c117", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c117", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.51", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.95", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 81, "texte": "DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4. 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JONGEN\nid.\nid.\nB. HOLLANDER\nROGER-DUCASSE\nTrio pour Violon, Alto et Piano\nQuatuor pour Violon, Alto\nVioloncelle et Piano\n2me Sonate pour Violon et Piano\nQuatuor à cordes\nPartition et Parties\nQuatuor a cordes\nPartition in-i6°\nParties séparées\nnet 10 fr.\nnet\nnet\nnet\nnet\n12 fr.\n10 fr.\nnet 10 fr.\n3 fr-\n-10 fr.\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameauf Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morce\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c119", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.53", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.96", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 48, "texte": "G. Schirmer (inc.) New York\nEditeurs de Musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c120", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.54", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.96", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 83, "texte": "QUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c121", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.55", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.96", "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "LES ŒUVRES PUBLIEES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa Villanelle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr, 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7,50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. >,50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. 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Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp. 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) net fr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé , . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femme net fr. 1.90\n3. 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MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig : FRIEDRICH HOFMEISTER.\nBerlin ; ALBERT STAHL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c124", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c124", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.58", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.101", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "ftrmrJftwiWi mil n .t>m* *m\\uvmwiw*).vv m » iwhn mu\"'»» ' ■\">? <*■«■«» u «un vmmt\nwmmmimwtovM w\n\"\nET\nmat,\nm\n■\nmm.\ni\n-u\nM\nSI\n■\".<\nV.\nM\n■<sl >-\n:Jï\n£\n••• ••\nS\n*\n.-z\nS\nk\ny--;\n< >\n:\niT:\n-w\n.-v\n-i >\n%\n'■'. ■? .\n'\n::\n•;- >. <;\n> C\"y\n»»•*.\ns\nmm"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c125", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c125", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.59", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.101", "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Costcillat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pcizdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et Y Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, F auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison d'édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c126", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c126", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 1676, "texte": "Ecole Française de Gymnastique Rythmique\nMéthode JACQUES-DALCROZE\n11 Avenue des Ternes\nt\n2e ANNÉE: 1910-1911 RÉOUVERTURE LE 15 OCTOBRE\nHORAIRE DES COURS\nCOURS DE PREMIÈRE ANNÉE.\nHOMMES Lundi, 6 heures; Vendredi, 9 heures du soir.\nDAMES ET JEUNES FILLES Cours A. 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JEAN d'UDINE, reçoit 11, Avenue des Ternes, le Mardi et le Vendredi de 2 à 4 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c127", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c127", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "debut_caractere": 1678, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, \"PAR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c128", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c128", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "Application\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c129", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c129", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.63", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.117", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 70, "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c130", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c130", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.64", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.117", "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "PARUS\nH. QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages ... 5 fr.\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40 10 fr.\nÀ. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conserves dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du Xllle siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • > 150 fr.\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de ïArsenal (Xllle siècle), 15 livrai-\nsons de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. ECORCHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vni7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique - . 5 fr.\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages . . .* .\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOCHET. Traité. de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. Un volume in-40 de 150 pages.\nL. LALOY. Kîn fou. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\n,\nLE COMITE DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. 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DEBROUX:.\nLes Maîtres du Violon, au XVIIe et XVIIIe\nsiècle\n25 sonates déjà parues net 2 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c137", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c137", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.71", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.118", "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "PAUL DUPIN\nPoèmes pour Ouatuor à Corde . . 4 fr. net\nPastorale, piano et violon .... 1.7°\nRecueil de mélodies 7 fr. net"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c138", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c138", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.72", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.118", "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "ENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c139", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c139", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.73", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "debut_caractere": 541, "fin_caractere_exclue": 939, "texte": "SOCIÉTÉ MUSICALE, G. ASTRUC & Cie, 32, Rue Louis-le-Grand, (Pavillon de Hanovre).\nSALLE GAVEAU, 45, Rue La Boëtie, PARIS\nLe SAMEDI 19 NOVEMBRE 1910, à 9 heures du soir\nCONCERT donné par\nENSEMBLE VOCAL SPOEL\nSous le Haut Patronage S. M. LA REINE MÈRE DES PAYS=RAS\net sous la Direction de M. ARNOLD SPOEL\nProfesseur de chant au Conservatoire Royal de La Haye\nPremière Partie PROGRAMME Deuxième Partie"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c140", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c140", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.74", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 1315, "texte": "1. a. Tenebrae factae sunt . . .\nb. Ecce, quomodo moritur . .\nc. O vos omnes\n2. Crucifixus\n(Chœur à 8 voix).\n3. a. Du Hirte Israëls (Vous, ber\nger d'lsraël)\nb. Ave Verum\n4. Trauergesang (Chant funèbre)\nPalestrina (1514-1594)\nGallus (1550-1591)\nF. A. Valotti\n(1697-1780)\nA. Lotti (1667-1740)\nDimitri Bortnianski\n(1752-1825)\nW. A. Mozart\n(1756-1791)\nMartin Blumner\n(1827-1898)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c141", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c141", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.75", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "debut_caractere": 1317, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "5. Noël . . .\n6. a. La Violette,\nArnold Spoel 1859\n1650\nb. Grisélidis\nBrunettes à 4 voix.\n7. a. O dolci lacci\n) L. Cherubini\nb. Vieni, vieni nei boschetto . . . ) (1760-1842)\nCanons à 3 voix de femmes.\n8. Calme des Nuits C. Saint-Saëns (1835)\n9. a. Bede voor het Vaderland.\n(Prière pour la Patrie) .... A. Valerius (1625)\nb. 'k Kwam laestmael over bergen \\\nen dalen (Je cheminais par I Vieilles Chansons\nmontagnes et vallées) .... V Néerlandaises\nc. Slaep, kindeke, slaep (dors mon l du XVIII siècle\nenfant, dors) /\nAdaptées par Florimond Van Duyse (1843-1910)\n10. O che bon ecco Oiiando di Lasso\n(Chœur à 8 voix) (1532-1594)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c142", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c142", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.76", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "debut_caractere": 1944, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "BILLETS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c143", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c143", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 124, "image_fin": 124, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.77", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.124", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Librairie CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, PARIS.\nPUBLICATIONS NOUVELLES\n\"COLLECTION PALLAS\"\nCharmants vol. in-16, sur beau papier vergé, broché 3 fr. 50\nRelié, peau souple 5 francs.\nC est dans cette Collection, qui peut etre mise entre toutes les mains, qu'ont déjà paru :\nANTHOLOGIE DES POÈTES FRANÇAIS DU xixe SIÈCLE (1800 à 1866), par G. Pellissier.\nANTHOLOGIE DES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS (1866 à nos jours), par G. Walch.\nVICTOR HUGO. Morceaux choisis, Prose, par J. Steeg.\nPoésie, par\nThéâtre par H. Parigot.\nALFRED DE MUSSET. Œuvres choisies (prose et poésie), par E. Morillot.\nALFRED DE VIGNY. Œuvres choisies (prose et poésie), par Tréfeu.\nFERDINAND FABRE. Œuvres choisies, par Maurice Pellisson.\nRUDYARD KIPLING. Traduction française. Œuvres choisies, par Michel Epuy.\nElle se continuera par la publication de I'ANTHOLOGIE DES PROSATEURS FRANÇAIS\nCONTEMPORAINS (1850 à nos ours), qui comportera 3 vol. :\nTome I. Les Romanciers.\nTome 11. Les Historiens Mémorialistes Ecrivains et orateurs politiques.\nTome lII. Les Critiques littéraires Critiques d'art Moralistes Philosophes Écri-\nvains et Orateurs religieux Ecrivains scientifiques Divers.\nVIENT DE PARAITRE :\nANTHOLOGIE DES\nPROSATEURS FRANÇAIS\nCONTEMPORAINS\nTOME I.\n(1850 à nos Jours)\nLES ROMANCIERS\nPAR G. PELLISSIER\nDocteur ès-lettres.\nCe volume de 500 pages environ comprend, pour chaque auteur, une notice biographique et\nbibliographique et la reproduction d'un autographe. Il a été fait un choix d'extraits pris dans les\nŒuvres les plus caractéristiqLies.de chaque écrivain. L'ordre chronologique a guidé le classement,\nsans aucune exclusion ni parti pris d'école. Une préface reconstitue l'histoire du Roman pendant\nces soixante-dix dernières années.\nPRINCIPAUX AUTEURS CITES\nV. Hugo.\nFromentin.\nO. Feuillet.\nG. Flaubert.\nErckmann Chatrian.\nLes Goncourt,\nA. Dumas fils.\nF. Fabre.\nE. About.\nJ. Verne.\nV. Cherbuliez.\nSOUS PRESSE :\nH. Malot.\nG. Droz.\nA. Theuriet.\nJ. Vallès.\nL. Halévy.\nE. Le Roy.\nJ. Claretie.\nA. Daudet.\nE. Pouvillon.\nE. Zola.\nA. France.\nV. de l'lsle Adam.\nHuysmans.\nO. Mirbeau.\nG. Ohnet.\nM. de Vogue.\nJ. Richepin.\nGyp.\nG. de Maupassant.\nP. Loti.\nElémir Bourges.\nP, Bourget.\nJ. Lemaître.\nRodenbach.\nL. Descaves.\nJ.-H. Rosny.\nHervieu.\nRod.\nA. Capus.\nCourteline.\nP.-V. Margueritte.\nP. Adam.\nM. Barrés.\nA. Hermant.\nM. Prévost.\nH. de Régnier.\nJ. Renard.\nL. Daudet.\nP Louys.\nM. Tinayre.\nG. Farrère.\nCtesse de Noailles\nR. Boylesve.\nG. Lecomte, etc.\nANTHOLOGIE DU THEATRE FRANÇAIS CONTEMPORAIN\npar G. PELLISSIER\nCe volume sera conçu sur le même plan que le précédent, avec notices et autographes.\nIl contiendra prose et vers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-11-15-01-c144", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-11-15_01#c144", "volume": "bmtnabh_1910-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 125, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.2.78", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.125", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 521, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A »\nY:\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\n''' ' 1\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\nEDI ! lON POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.1", "texte": "VIE Année.\nF\nN° 11.\n15 Novembre 1910.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\n■\n* •\npubliée .par la Société internationale de Musique (Section de Paris)\nRÉDACTION :\n| 22. Rue St. Augustin, PARIS.\n2o4^2o^^^\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufflo\nLe numéro:\nFrance et Belgique 1fr,50 Union 2 fr.\nUn an —• 15 fr» ■ 20 fr.\nParaissant le 15 de chaque mois.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nLe Festival de 3kCtxnich et la allemande. Le monument W/ agner a Denise.\nLA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE, par M. Daubresse. ANTONIO CABEZON, par F. Lliurat.\nMÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. * LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE, PAR H.\nBarrère. F LES LIVRES. £<* L'ACTUALITÉ. Concerts. Jour et Nuit. Instruisons-nous. A travers\nles Revues. L'Édition musicale. Çà et là."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d Etat aux Seaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÈ, Direct\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM, GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GENERAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nj •\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de Vlnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET, de Vlnstitut, professeur\nau Collège de Fran\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, professeur h a\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.3", "texte": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE\nEst-il une meilleure preuve du succès moral et artistique de la semaine française\norganisée par nos soins a Munich que V intérêt\nimposante manifestation ? Nous avons reçu,\nhuit cents coupures de journaux ou revues. Elles représentent un effort d'attention et de\nsympathie que nous sommes heureux d'avoir\nsons ici nos plus sincères remerciements a tous\nde la presse parisienne, qui dès le mois de juillet nous ont aidés avec une inlassable bien-\nveillance, et un entier désintéressement, a propager Vidée d'un festival Français en\nAllemagne, à la faire connaître et agréer du\nVExposition d'Art Musulman de Munich, qui nous a rendu possible la réalisation de ce\nbeau projet.\nIl nous reste aujourd'hui a dresser le\nappréciations multiples et souvent contraires\nutile. Une revue de la presse allemande nous dira l'opinion générale moyenne de cette\ncritique au devant de laquelle nous allions, gu\nLes Amis de la musique il ne fau\nexpérience nouvelle. Du côté de la France, i à\net rassembler, en un programme limité, les\nantagonistes qui composent aujourd'hui l'art\nconciliation nous était imposé par le caractère\nfallait tenir compte de l'auditeur étranger.\nnombre à Munich, pour la VHP symphonie\nnaturellement sa curiosité vers les œuvres les plus nouvelles de notre jeune école. Le gros\npublic devait préférer nos œuvres consacrées, dont le style lui est déjà familier. On sait\nenfin comment l'équilibre de nos premiers programmes, établis au mois de juin, se trouva\ncomplètement modifié par l'impossibilité de dé\nchœur qui voulut préparer une audition des Béatitudes.\nQuel fut le résultat d'un effort ainsi diri ?La\nEt ses indications portent, avant tout, la mar\nAllemands ont été heureux de nous recevoir; tous leurs compte-rendus témoignent d'une joie\nsincère (aufrichtiger Freude). On s'en est \" Trop\nécrié après la seule lecture des Munchener Ne\n\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.4", "texte": "• •\n11\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nquotidien, organe officiel de l Allemagne du Sud', se sentent tenu a une courtoisie, dont\nM. Knorr nous permit d'apprécier toute la\npas ailleurs, et les critiques ne nous ont pas manqué.\nLe héros de la fête fut notre maître\nfrançaise, comme T appelle un de nos confrères a\nreprésentant des qualités les mieux connues de \"La symphonie\nen ut, écrit M. Spanuth, 1 peut passer pour un exemple achevé de la manière fran-\nçaise de construire une symphonie et, ainsi considérée, elle apparaît comme un\nchef-d'œuvre ; le musicien allemand peut apprendre quelque chose de cette clareté\ndu dispositif, et de cette perfection absolue dans la mise au point des détails\nA coté de Saint-Saëns, Gabriel Fauré\nparfum de délicatesse qui frappe tout Allemand\nHall de l'Exposition était un peu spacieux pour le Pie Jesu, mais le Kuenstlertheater\ns adaptait merveilleusement à la voix de\npour beaucoup une révélation. Rarement le\nà Végard du charme français, apu s initier de plus près au sentiment puissant et sensuel,\nqui se cache derrière les lignes fuyantes de ces\nLa symphonie de Franck a triomphé. Sa\nRhené-Baton, la chaleur de son mysticisme rapprochent cette œuvre et son auteur des\nsympathies germaniques. \" Chez Franck, écrit le TJ San Galli : 2 on dirait volontiers\nque le cœur est toujours de la partie ; mais ce ne serait pas assez ; c'est l'âme\nmême de l'auteur qui passe dans sa musique. Franck était un artiste religieux. En\nce sens on peut dire avec un critique français des programmes du festival, que\nFranck fut un véritable successeur de Beethoven. (Qu'il ait été le seul, c'est à dire\nplus que Beethoven, Schumann et Bramhs, c'est contestable). Mais en tout cas la\nsymphonie en ré est ce que tout le programme nous a montré de plus profond. De\nce point de vue Franck mérite sans doute d'être placé à la tête de l'école fran-\nçaise El la rédaction du joutnal ajoute aussitôt cette note bien caractéristique :\" Le\njugement de notre collaborateur s'accorde parfaitement avec ce fait que Franck\nétait né de parents allemands\nMais passons sur les éloges accordés en détail et en grand nombre à tous nos maîtres,\net arrivons aux critiques a ensemble. Elles sont souvent vives et imprévues, mais il con-\nvient de n en rien cacher.\nM. LéopoldSchmidt, notre éminent c écrit3 : Un\n\n1 Berliner Lokal Anzeiger, du 25 septembre.\n2 Rhein-Westfalische Zeitun\n3 Le 24. septembre."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.5", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n• • •\n111\n\nprogramme de trois concerts d'orchestre et de deux auditions de musique de\nchambre devait mettre suffisamment en valeur les caractères communs à l'art national\nfrançais. Il nous montra cependant aussi combien en France, comme chez nous, il\ny a rupture entre l'ancien et le moderne. Ce n'est pas seulement Saint Saôns, lui\njadis le premier à transporter en France le poème symphonique de Liszt, qui passe\nau rang des classiques, mais des maîtres beaucoup moins conservateurs que lui,\nsont refoulés vers lui par les tendances modernistes. Gabriel Fauré, malgré tout\nl'intérêt de son style harmonique, et César Franck lui-même, si profond, si riche,\net qu'on voudrait considérer (non sans quelque exagération) comme le père de la\nmusique française, César Franck avec son inspiration pour ainsi dire gothique, son\ngoût des formes cycliques l'un et l'autre restent, à côté de l'universel Saint\nSaëns, les représentants de cet art qui s'est formé en pays gaulois, sous des influences\nitaliennes et grâce à des apports occasionnels venus d'Allemagne. Ils opèrent\n(surtout Saint Saëns et Franck) par contrastes, leurs idées claires et plastiques ont\nl'appui d'une rythmique vigoureuse, leurs formes et leurs moyens d'expression\nsont purement et essentiellement musicaux. Le sentiment allemand pourrait peut-\nêtre demander plus de passion, plus de complexité, plus de premier jet, mais il\nconvient cependant de se réjouir et de constater qu'en fin de compte ce qu'il y a\nde meilleur et de plus particulier dans le caractère national d'une musique échappe\nà l'auditeur étranger... Vincent d'lndy, teinté de sécessionisme, appartient au\nmême groupe et y joue le rôle d'un savant doctrinaire... Un genre bien français\nlui aussi, et qui relève de l'art d'agrément léger, raffiné, habilement ciselé, c'est celui\ndont Lalo sera toujours le représentant le plus brillant. Entre les anciens et les\nmodernes, se place Chabrier, dont la fantaisie infiniment riche n'a malheureusement\npas trouvé de moyens d'expression adéquats... La musique nationale en France a\ndepuis le milieu du XVIIIe siècle soutenu de pénibles luttes. Sa nouvelle victoire\nn'en est que plus bruyamment célébrée. Depuis que Pelléas et Mélisande a fait le\ntour des scènes allemandes, nous connaissons les œuvres où Claude Debussy\nprêche le nouvel évangile... L'article de Laloy publié dans les programmes, donne\nsur lui les meilleurs éclaircissements... On ne peut se soustraire à l'impression de\ndécadent que fait naître dans cet art nouveau la crainte de la clareté, des contrastes\net de toute saine vigueur. On ne saurait non plus contester qu'il abuse des effets\ndont Berlioz (toujours méconnu en France) avait déjà montré la profusion, sans\ncependant les ériger en doctrine. Mais, quoiqu'il en soit, nous ne pouvons nous\nempêcher de suivre avec attention le debussysme... Ses grâces délicates son\nidéalisme indiscutable méritent notre intérêt, sinon chez ses imitateurs impuissants\n(tel Maurice Ravel) du moins chez le maître lui-même."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.6", "texte": "iv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nDe la nouvelle école se dégage une personnalité celle de Paul Dukas, dont\n\"l'Apprenti Sorcier\", esquisse colorée pleine de verve, a partout triomphé..,\n\" En Norwèce \" d'Arthur Coquard se conforme a des modèles connus, mais avec\nune technique parfois toute personnelle. Roger Ducasse attire l'attention sur son\njeune talent par l'allure vivante, les fermes contours, et l'habile emploi des formes\nanciennes, que nous montrent sa \" Suite Française .\nM. Herz se montre assez sévère : 1\n\" Parmi les jeunes s'est sans conteste Paul Dukas qui remporte }e prix ; il\nest destiné à prendre en France le rôle prépondérant. Pour moi il se place bien au-\ndessus de Debussy et de Ravel, dont les recherches ingénieuses dans le domaine\nde l'orchestre ne doivent pas être mises en doute, mais qui, étant donné leur\namorphie, ne me paraissent pas qualifiés pour être à la tête d'une nouvelle école.\nDe Debussy nous n'avons du reste rien entendu de neuf, mais les \" Nocturnes \"\naux couleurs chatoyantes et magiques. De Ravel au contraire une nouveauté, la\n\" Rapsodie Espagnole \" dont j'attendais beaucoup et qui m'a complètement déçu...\nChez Ravel la mélodie est pour ainsi dire égorgée, et les effets de sonorité\ndominent exclusivement, ils dégénèrent même dans le dernier morceau en musique\n\" tintamaresque \". Si je me permets ce jugement vraiment dur, c'est que je ne\ndoute pas du talent extraordinaire de Ravel, et que je suis persuade qu il faudrait\nramener ce talent à sa véritable voie... Le jeune Roger Ducasse a débuté avec le\nplus grand succès j sa Suite respire la grâce et la joie fiançaise et particulièrement\n\" l'Ouverture \" et la \" Bourrée \" sont des pièces charmantes et tout à fait aima-\nbles. Dans la musique pure les \" Suites \" de Lalo, Fauré, Dubois et Coquard sont\ndes compositions très estimables, de bonne et sérieuse facture, quoique d'invention\nmélodique assez peu originale, ce qui explique l'incursion de ces Messieurs du\ncôté du Folklore \".\nVoulons-nous voir l'extrême du blâme, nous le trouverons dans V Allgemeine Musik-\nzeitung sous la signature du docteur EduardW 2\n\" Pour Debussy je dois avouer que je ne partage pas l'admiration de ses\ncompatriotes à son égard. Certes ses théorèmes sont intéressants, certes sa maniéré\nvous séduit, lorsqu'on l'entend pour la première fois. Mais je ne pourrais\nvraiment l'apprécier que si elle était capable de produire cet effet d'une façon\ndurable. Et cela ne me paraît pas le cas. Lorsqu'on a pénétré le secret de ce senti-\nment harmonique, assez simple d'ailleurs, on remarque que l'horizon de Debussy\nest petit et que l'originalité qui nous frappait passe rapidement à l'état de cliché...\n\n1 Fremdenblatt. Vienne le 5 octobre.\n1 30 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.7", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nGabriel Fauré est très inégal. Il faut placer très haut sa suite de \" Pelléas L'in-\nfluence de Wagner est incontestable. Mais un Wagner si bien digéré qu'il n'en\nrésulte aucun dommage pour l'auteur, et l'on trouvera rarement l'impression\nd'inconsolable douleur, de désir inassouvi exprimé par des sons aussi purs et dans\nune forme aussi parfaite...\nCitons encore un des articles les plus longs de la presse, celui de notre confrère\nKorngold, successeur de Hanslick à la Neue F 1\n\" La musique instrumentale française prend conscience d'elle-même. Il y a dix\nans encore on ne l'aurait pas vue prenant le train à la gare de l'Est pour venir\ncélébrer ici trois journées de fêtes. En 1899 MM. Rabaud et d'Ollone passèrent à\nVienne ; c'étaient alors les maîtres Saint Saëns, Franck, Dubois, d'lndy, Chabrier,\nLalo, Bruneau qui nous paraissaient les représentants d'une génération de musi-\nciens modernes. Mais rapidement d'autres modernes ont succédé à ceux-là, et qui\nont non seulement cherché à transformer la langue musicale en usage, mais encore\nà transporter dans le domaine de l'art des préoccupations nationalistes. Or, n'est-ce\npas justement ce groupe radical, épris de revendications nationales, qui a permis à\nla musique française de jouer un rôle de plus en plus considérable dans la con-\ncurrence internationale ? Si paradoxal que cela puisse paraître, on peut dire que l'art\ndes anciens et des jeunes, ne serait pas venu aussi complet à Munich, si ces\nrévolutionnaires de la dernière heure n'avaient accompli leur mouvement de\nrévolte contre toute influence étrangère. \"\nM. Korngold rappelle V évolution de la m\najoute :\" Tout à coup vers la fin du siècle dernier se produisit un changement de\nfront contre la musique étrangère et particulièrement contre Wagner. Cette école\nse rassembla autour de Franck. Puis un nom commença à circuler parmi les\nécrivains et les compositeurs libérés de Bayreuth: Debussy! Un nouvel \" isme \"\nnaquit : le debussysme... Ici une grande place avait été accordée à Saint-Saëns.\nSa symphonie s'élève sans cesse au-dessus du spirituel et du joli (Nur-Geistreiche\nund Nur-Feingebildete) et le cœur commente le souvenir de Liszt, dans les\nrythmes il est vrai de Schumann et de Mendelssohn. Le premier allegro pourrait\nêtre de la main d'un Allemand. Dans l'adagio apparaît le Français.\nGabriel Fauré nous montre un art voisin. Son quatuor en ut majeur parle une\nlangue sérieuse et d'excellente compagnie. Ses mélodies ont un parfum délicat,\nsinon le \" Parfum Impérissable \" dont il est question dans l'une d'elles. A côté\nde Saint Saëns et de Fauré plaçons Dubois et Widor, tous deux issus de l'orgue.\nLa France connaît aussi comme nous certaine facture musicale qui se réclame de\n\n23 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.8", "texte": "vi\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nl'académie, mais qui chez nos voisins a le bon goût de renoncer aux allures de la\nprofondeur et du colossal...\nSuivant le moment on devient à l'orgue un Bach, un Bruckner ou un César\nFranck. Il serait difficile d'indiquer les origines de l'art franckiste, qui est devenu\nlui -même un point de départ. Toutefois c'est l'esprit de la musique allemande qui\nse manifeste dans cette gravité religieuse, dans cette profondeur de la pensée\nharmonique, même dans ce goût d'une fantaisie incertaine. Chez Franck l'invention\nmélodique n'est ni puissante ni variée ; Franck est original mais pas riche.\nQuand on parle de Franck, Vincent d'lndy n'est pas loin. La symphonie sur\nun thème montagnard poursuit son motif initial avec une persistance voulue, au\nmilieu d'un travail thématique qui donne moins l'idée d'une véritable composition\nque d'une transposition et d'un jeu. Dans la dernière partie la verve apparaît\ncependant et tout l'esprit des rythmes. Sur l'accompagnement en cimbales du\npiano et de la harpe, la clarinette joue un air de musette ; c'est une kermesse vue\ndu boulevard \".\nA propos de Chabrier M. Korngold rap B el!aiguë\nsentation de Gwendoline. \"Et le reste ? Ce\nmais du bruit\".\nDe Bruneau F Ouverture de Messidor est \" eine Morgenstimmung im Treib-\nhause \" e est à dire\" une impression matinale dans une serre \".\n\" On nous a donné la Rapsodie Norwégienne de Lalo. L'auditeur allemand a\ndéjà fait souvent cet agréable voyage aux pays du Nord.\n\" Venons aux jeunes et pourquoi ne pas le dire à ceux qui nous\nintéressent. Debussy et Ravel sont facilement reconnaissables : mépris de la culture\nmusicale traditionnelle, et retour au primitif par le raffinement... Les créations\nde Debussy ne sont pas seulement d'une originalité exclusive, elles sont l'expression\nmême de la solitude et de la désolation d'une âme (seelig veroedet). Mais ce\nformalisme extrême, qui cherche à remplacer les formes absentes, ce sens délicat\ndes nouvelles valeurs harmoniques et des couleurs, créent à leur tour de nouveaux\nattraits. La sensibilité, je dirais volontiers la chasteté de Debussy, disparaît com-\nplètement chez l'hyperdebussyste Ravel, un jeune sauvage, mais plein de talent pour\nles hors-d'œuvre de l'instrumentation, et qui sait nous tenir en suspens devant\nl'exécution d'un rien sonore, comme sa rapsodie espagnole. Nous avions du reste\ndeja entendu à Vienne un quatuor de lui, qui n'était ni moins espagnol, ni moins\nrapsodique. A la mesure de ces deux musiciens Paul Dukas apparaît comme un\nartiste pur sang. Son \" Apprenti sorcier \", devenu un morceau de répertoire, aeu\ntout le succès d'une manifestation musicale du plus pur esprit gaulois. Dukas est"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.9", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\n• •\nVil\n\nun des plus grands espoirs de la musique française contemporaine. Qui connaît cet\nhomme spirituel, le redoutera à cause de son esprit même. Il lui manque la\nfraîche naïveté qui ose ; les regards qu'il jette vers le passé semblent faire tort à\n1 audace qu il sait cependant montrer a 1 occasion. Aux fêtes de Salzbourg Dukas,\nqui ne sent pas apprécié a sa valeur en france ni à l'étranger, laissa échapper ce\njoli mot . A Salzbourg 011 me croit trop Parisien, et à Paris je passe pour être trop\nSalzbourgeois. Ne pas confondre avec lui Roger Ducasse, dont la \" Suite\nFrançaise amuse par son humeur pétillante, par le feu d'artifice de ses rythmes,\npar le jacassement de ses bois et de ses cordes. Un Wolf-Ferrai français... \"\nLa place nous manque pour citer encore de nombreux confrères qui onty chacun de\nleur point de vue, juge, critique, et fait assaut de qualificatifs autour de nos musiciens. Encore\nmoins voudrions-nous résumer nous-même ces im\nnotre prochain Bulletin des Amis nous grouperons\nment cherche a tirer des conclusions générales de ces fêtes et à donner a leurs lecteurs une\nopinion comparée de F état présent de la musique\n\nLE MONUMENT WAGNER\nLa souscription ouverte dans notre\net destinée à V érection d'un monument Wagn\nVendramin où est mort le Maître, a produit l fr. 2.000\nauquel il convient d'ajouter le don généreux de S. M. le Roi de Bulgarie. . fr. 500\nSoit fr. 2.500\nL inauguration de ce bas-relief a eu lie 26\nautorites communales de Vmise, d'une nombreuse colonie étrangère, et de la haute société\nV°ni tienne.\nC est à Ettore Cadorin, un sculpteur vénitien fixé a Paris, que nous devons ce\nmonument de marbre. Le bas-relief a im 2 sde hauteur sur une largeur de im4s ;\nil comporte un médaillon du Maître entouré d\nde Gabrieled'Annunzio :\nIn questo palazzo l'ultimo spiro di Riccardo Wagner odono le anime\nperpetuarsi corne la marea\nApres le prélude des Maîtres-Chanteurs par /' orchestre communal, sous la direction\ndu Maestro Preite, M. Max Rikoff prit\nV allocution suivante :\n\" La sculpture et la poésie s'unissent en ce jour pour rendre hommage à la mémoire\ndun maître, dont le nom, assez illustre pour se passer de toute épithéte banalement"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.10", "texte": "• « •\nvin\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nlouangeuse, sonne comme une fanfare triomphale\nRichard Wagner.\n\"Il ne s'agit pas d'ériger ici un monument a sa gloire. De tels monuments se\ndressent ailleurs, et le plus beau d'entre eux\ndont on se proposera de magnifier l'auteur. Il s'agit d'un simple souvenir, et, si l'on\nveut excuser ce mot prosaïque?, d'un \"avis\npassant devant ce palais, les Vénitiens et les étrangers, les curieux et les indifférents,\ns'arrêtent et lisent. ■ Qu'ils se reportent un\n13 février 1883, jour de deuil et de\npieusement : la séjourna quelques mois l'un de ceux qui ont compté parmi les hommes ;\nlà son cœur a cessé de battre ; là ses yeux se sont fermés à la lumière.\n\"Et tel est le prestige du génie qui\nparticularités de race, aux limitations de frontières. Parvenu a certain degré, il n'est\nplus d'un seul pays, mais de tous les pays. Dans ce sens on a pu proclamer que l'art\nn'a pas de patrie, l'art, c' est-à-dire l'art s\nà la terre un reflet du ciel, un rayon divin. Homère et Platon, Virgile et Dante,\nShakespeare et Newton, Molière et Pasteur, Mozart et Beethoven n appartiennent plus\nà leur nationalité d'origine; ils ont dépassé le niveau où l'homme demeure obscur pour\nses semblables parce qu'il reste confondu dans la foule; or, à mesure quil s'élève, il\nvoit de plus haut, comme on le voit de plus\nque si l'Allemagne a la juste fierté de son fils, l'humanité le réclame a son tour parce\nqu'il lui fit honneur, parce qu'il a noblement\nson esprit, pour étendre le domaine de son idéal.\n\" Voilà pourquoi un groupe d'admirateurs, parmi lesquels toutes les nations sont\nreprésentées, a conçu le projet qui se réalise a\ncette plaque commémorative, dont elle accepte la garde. Venise la belle, aime ce qui est\nbeau. Elle se rappellera que la beauté de l'art est une religion, et que, dans cette\nreligion, Richard Wagner fut l'un des apôtres\nLe Maire deVmise, Comte Grimani,\nInternational et l'auteur de cette œuvre fort\nse ferait un plaisir de prendre sous sa garde, ce Monument Commémoratif Après la\ncérémonie, l'orchestre exécuta encore quelqu\npassaient en gondole devant le monument. M. Max Rikoff, déposa devant le bas-relief,\nune couronne au nom de la \"Société Française des Amis de la Musique\"; le\nConservatoire \" Benedetto Marcello\" de Venise en fit autant. Parmi les assistants,\nnous avons remarque le Préfet de Venise;\nCanevaro, Baronne Ellembach; Baronne de Fontaine ; Comte et Comtesse Lovatelli ;\nBaronne Bosch; Rudolph Wintenberg; Broce\nvon Stepski, Consul d'Autriche, M. et Mme Davez, etc."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.11", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n\nIl y a quelques années, un professeur genevois, M. Jaques-Dalcroze,\neut l'idée de faire exécuter à ses élèves solfégistes des mouvements coor-\ndonnés à la musique qu'il leur faisait entendre. Le but était de fortifier,\nchez ses élèves, l'instinct musical, quelquefois défaillant.\nLorsqu'il songea à prendre le pas pour unité de mesure et a associer\ndes mouvements corporels à l'audition de la mélodie, M. Dalcroze ne\nsoupçonnait sans doute pas toutes les conséquences de sa géniale tenta-\ntive, et le développement que devait prendre, par la suite, la Qymnastique\nRythmique qu'il venait de créer."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.12", "texte": "$BB\nS. I. M.\n\nEn France, nous ne connûmes guère de la gymnastique rythmique\nque son nom, quelques comptes-rendus de presse nous l'ayant appris. De\ntimides essais d'acclimatation, faits à Paris, n'intéressèrent qu'un petit\ngroupe. Il est probable que nous en serions\nrestés fort longtemps à cette vue limitée\nsi un remarquable artiste, et un homme\nd'initiative, M. Jean d'Udine, ne s'était\nsubitement enthousiasmé pour la nouvelle\nméthode. Il l'évalua, par intuition immé-\ndiate, et pressentit les merveilleux résultats\nqu'une judicieuse application en pouvait\nobtenir, non seulement au point de vue de\nla culture musicale d'un individu, mais\nencore au point de vue de sa culture\ngénérale. Sans délai, avec un courage et un\nesprit de décision qu'on ne saurait trop\nlouer, M. d'Udine abandonna la situation\nqu'il occupait à Paris et alla s'installer à\nGenève où il se soumit à un entraînement\nintensif sous la direction de M. Jaques-\nDalcroze. Il associait à son effort deux\ncollaboratrices dont le dévouement doit\nêtre, ici, rappelé : sa femme M 1 Jean\nd'Udine, et Melle Charruit, sa belle sœur.\nTous trois travaillèrent un an.\nDe retour à Paris, en octobre 1909, M. d'Udine inaugurait les\npremiers véritables cours de G. R. dans une salle louée et aménagée à cet\neffet. Il expliqua, dans une conférence d'ouverture, ce qu'était la G. R. et,\navec une confiance ingénue, proposa à ses auditeurs le nouvel enseignement.\nEngager des Parisiens distraits, sceptiques, frivoles, (opinion accréditée\ndans le monde entier, donc indiscutable) à revêtir régulièrement, deux\nfois par semaine, un costume de gymnastique, et, sans apparat, sans\nsnobisme, tout simplement, tout docilement à se placer sous la direction\nd un professeur !.. convier ces gens accablés d'occupations, de soucis, de\nplaisiis a améliorer leurs corps imparfaits, à combiner des mouvements\nharmonieux sous la dictee de la Musique, à établir, en leur mentalité,\ndes associations nouvelles, à travailler difficilement, avec persévérance, des\n\nM. Jean d'Udine"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.13", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n589\n\nrythmes oubliés depuis les années de collège, et à rendre, en leurs cœurs,\nhommage à la Beauté, c'était : ou d'une candeur désarmante, ou d'une\nintrépidité de conviction singulière. On resta d'abord saisi ; puis, la\nferveur de ce converti à la doctrine dalcrozienne, sa parole entraînante,\nson accent de franchise, la grâce des attitudes de ses deux monitrices,\nexemples vivants de l'excellence de la méthode ; cette sympathie, que\nsuscite tout enthousiasme sincère, l'emportèrent tout à coup. On fut\nsubjugué, entraîné, conquis, et, avant la fin de la séance, le programme\nétait adopté.\nEn s'adressant à Paris, M. d'Udine prouvait qu'il connaissait bien\ncette Ville aux ressources d'intelligence, aux avidités de savoir et à cette\ncontinuité de labeurs que beaucoup méconnaissent parce qu'elle a le bon\ngoût et la délicate politesse de masquer son effort d'un sourire. Hommes,\nfemmes, enfants s'inscrivirent aux nouveaux cours, on refusa des élèves.\nLe succès avait répondu à l'ardeur de foi agissante du nouveau maître.\nMalheureusement, quelques mois après, un deuil cruel venait attrister\nla maison, Mlle Charruit était enlevée à l'affection des siens. M. et Mme\nd'Udine continuèrent seuls la tâche.\n* *\nPresqu'un an passé et aujourd'hui des résultats s'imposent à notre\nattention. Et d'abord, qu'est-ce que la Gymnastique Rythmique ?\nAu déchiffrage, lorsque le pianiste lit couramment les signes sur la\nportée, il organise mentalement, et de façon presque instantanée, la série\ndes mouvements nécessaires à l'exécution du morceau. Cette blanche doit\ndurer deux temps ; ces deux temps doivent être lents, car le tempo indiqué\nest : adagio ; le son sera plein et fort, car la nuance l'exige ; le doigt se\nlève donc à une certaine hauteur afin de presser comme il faut la touche.\nImmédiatement, avec une rapidité surprenante, la durée, la vitesse,\nl'intensité du son, l'amplitude du mouvement nécessaire à le produire\nont été évalués par l'exécutant. Entrevu un petit rond blanc, ou noir, sur\n•une portée, et tout le mécanisme mental se déclanche; le courant nerveux\nest projeté le long du bras, dans la main, le doigt tombe, l'effet est\nobtenu.\nCe que fait là le pianiste, pour que sonne le clavier, ce travail\nimmédiat d'action manuelle, l'élève de G. R. l'accomplit avec tout son"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.14", "texte": "590\nS. I. M.\n\ncorps. Pour lui, l'audition entraîne immédiatement une série d'images\nmentales et une organisation consécutive de mouvements rythmes. Taine,\ndans cet admirable livre de d'une analyse\nsi pénétrante, si aiguë et si juste de tout le processus\nmental, Taine dit que le mot et l'image forment un\ncouple inséparable ; l'un, le mot, lu ou entendu, suscite\nune série d'images lui correspondant, l'autre, l'image,\nou les images perçues entraînent le vocable qui les\ndésigne. C'est un couple lié chez tout sujet normal.\nIl en va de même en G. R., mais ce n'est plus du\nmot qu'il s'agit, c'est du son. Ainsi on peut dire :\nle son perçu par le rythmicien 1\nd' images mentales représentatives Ces\nimages sont comme nous le voyions tout-à-l'heure\npour le pianiste de durée, de vitesse, d'étendue et\nd'intensité. Par la suite, et à ces premiers groupes,\ns'ajoutent d'autres images, d'un ordre différent, que nous\nappellerions volontiers, de pathétisme.\nLes mouvements corporels peuvent ne pas être\nexécutés, ils sont toujours perçus en puissance d'actes (lorsque l'entraîne-\nment est suffisant). Dès que le son et Vimage sont couplés, le logos musical\nest traduit par le geste du corps : geste\nprompt, agile, détendu, rapide ou lent ;\npompeux, marqué, ou simplement esquissé,\ntrès large ou petit et comme resserré. Il\nse mesure et s'appuie aux fractions du\ntemps, et ainsi sa durée s'adapte à la\nvitesse ; enfin il s'intensifie, devient riche\net comme tout plein d'une force qu'il\nprojette. Quelquefois il se pathétise, l'in-\nterprète transmet alors tout le contenu\némotionnel de son être sous l'influence\nexcitatrice du dessin musical perçu.\nLa G. R. aboutit donc à la panto-\nmime et à la danse expressives, non pas\ncelles que nous connaissons trop et dont les attitudes prévues sont\n1 Terme adopté par l'Ecole Française de G. R\n\nUn premier temps\n\nDernier temps\nritenuto\n\nUn deuxième temps"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.15", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n591\n\nimposées par un maître de ballet suivant des traditions, trop souvent\nfausses, incohérentes, et comme établies la Musique. Il s'agit, en\nG. R. d'une pantomime et d'une danse expressives créées spontanément,\npar le danseur lui-même, en fonction de la musique qu'il traduit. C'est,\nau sens littéral, une inspiration musicale.L'interprète dessine dans l'espace,\nqu'il emplit de belles images mouvantes, le mystérieux poème : joie,\npleurs, ironie, dédain, divertissement, amour, lamentations, que chante,\nclame ou murmure la voix de la Muse lorsqu'elle rompt le silence.\nEst-ce tout ?... Bien plus encore. Nous allons constater un curieux\nphénomène de réversibilité. L'artiste, c'est le pratiquant de G. R. que je\nveux dire, a obéi à la Musique et, sous sa dictée, il a dessiné de beaux\ngestes. Maintenant, mû par cet instinct créateur qui pousse l'homme,\nà chaque instant, vers des voies nouvelles et toujours plus variées, il va\nsuivre une marche inverse, et ceci vaut qu'on s'y arrête; il va, avec des\ngestes, créer de la musique, c'est-à-dire\ndes rythmes nouveaux. Lorsque le\npeintre a beaucoup observé la Nature et\ns'est astreint longuement à sa minutieuse\nreprésentation, il arrive qu'il cesse un\ninstant d'ouvrir les yeux sur Elle.\nRegardant en lui-même, retourné vers\nces cavernes mystérieuses de la pensée :\ninsondables gouffres tour-à-tour pleins de\nlumières et noirs de formidables ombres,\nil découvre une foule de formes harmo-\nnieuses qu'il ne soupçonnait pas en lui.\nElles sont sa création propre, le fruit de\nson esprit et comme les filles mêmes de\nson âme. Saisissant alors ses pinceaux,\nses couleurs, ses toiles, le peintre fixe,\npour nous, ces créatures imaginaires\nvenues de ce monde intérieur que nous connaissons si peu. Ainsi en\nva-t-il de même pour l'adepte de G. R. Il cesse parfois de desirer\nentendre la musique, il ferme l'oreille à ses accents ; il se recueille ;\nl'éveil et la surexcitation du sens dynamique, très développe chez lui,\ndéterminent F invention ; il élabore des rythmes nouveaux, les propose\n\nScherzo"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.16", "texte": "592\nS. I. M.\n\nà la mélodie ; il les veut fixer en de beaux chants, il se charme soi-même\nde ses trouvailles, leur cherche une voix qu'il tient à nous faire entendre,\nnote leur dessin, leur cours régulier et paisible, ou l'oppression de leurs\nsyncopes haletantes. Comme la pythonisse, agitée par le dieu, trouve enfin\nla formule de l'oracle, le \" rythmicien \", dans ce nouvel état, découvre\nl'expression musicale correspondant au geste qu'il vient de concevoir.\nIci, le mouvement a créé la Musique.\nOn voit quel large champ est ouvert à ceux qui voudraient appro-\nfondir cette moderne orchestique et quelles multiples activités elle\nsolliciterait chez eux.\nOn peut définir la Musique, il est impossible, avec des mots, d'en\ndonner l'impression.Ayant, à rendre compte d'une composition entendue,\nje puis énoncer qu elle est d'un mouvement lent, à quatre temps, en mi\nbémol, confiée a tels et tels instruments. Celui qui me lit, ou m'écoute,\nn est pas plus avance ; j accumule les adjectifs, dis que le morceau était\nsuperbe, magnifique, sublime, ou plat et ennuyeux ; qu'il a fait couler\n\nAgenouillements"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.17", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n593\n\ndes larmes, ou fuir le public ; du point de vue musical, ce sont paroles\ninutiles ; rien de plus de la composition n'est révélé. Le le\nretentissement du mot dans la pensée, n'est en rien comparable au\nmusical,ou plutôt, les rapports entre eux sont tellement éloignés que presque\nnuls. Il faut entendre soi-même ; entrer personnellement dans le cercle\ndes ondes sonores, vibrer de leurs vibrations pour savoir ce qu'est la\nMusique et l'effet produit par telle ou telle composition.\nDe même, en G. R. ni vocables, ni même croquis, si parfaits soient-\nils, ne peuvent donner l'idée de la succession des mouvements, encore\nmoins du travail mental que nécessite leur exécution. Il faut voir, le\nmieux serait de devenir soi-même rythmicien, pour prendre l'idée com-\nplète de l'admirable méthode dalcrozienne.\nCertains compositeurs, pour aider à la compréhension de leurs œuvres,\nen donnent quelquefois une analyse thématique. L'idée est bonne ;\nessayons-en.\nAvant toute chose, en dehors de la G. R. et précisément dans cette\nRevue Internationale de Musique, nous formulerons un vœu : c'est que\nle mot rythme soit mieux défini. En effet il peut désigner :\ni° Le mouvement : On dit un rythme vif et gai.\n2 Une certaine disposition régulière de valeurs : le rythme du\nboléro, de la barcarolle.\n3° Un dessin mélodique (voir les ouvrages de Mathis Lussy) un\nrythme thétique, anacrousique.\n4° La durée des valeurs : un rythme de blanches et de noires.\nC'est beaucoup. Il importerait de préciser.\nEn G.R. un rythme est la série des valeurs d'un dessin musical. (Com-\nbinaison des définitions 3 et 4).\nCeci dit, revenons à notre méthode.\nTout dessin mélodique suppose une mesure (2, 3, 4 temps) remplie\npar des notes ou des silences de durées différentes (blanches, noires, soupirs).\nTout individu normal possède des bras et des jambes. Il peut donc\nse proposer d'indiquer, par les mouvements des membres, les temps et les\ndurées. Par exemple : les bras battront les temps, avec des gestes convenus,\ntandis que les jambes marqueront les durées, par station ou mouvements.\nEtant donné ce rythme : f f f les bras feront quatre mouvements, les\npieds frapperont le lerIer temps ; indiqueront le 2me par un mouvement, le\ncorps restant stationnaire, et marcheront les temps 3 et 4."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.18", "texte": "594\nS. I. M.\n\nIl a fallu convenir d'un certain nombre de mouvements significatifs\ncorrespondant aux temps et aux durées. S'il a connaissance des conventions\nfaites, le spectateur d'une leçon de G. R. peut dans les gestes executes\ndevant lui, par les élèves, les valeurs musicales données par l'instrument.\nIl les découvrirait d'ailleurs par lui-même en peu de temps.\nOn arrive ainsi à :\ni° Battre la mesure avec les bras ; marquer les rythmes avec les pieds.\n2° Battre la mesure avec les pieds ; marquer les rythmes avec les bras.\n3° Penser, ou mieux sentir mentalement la mesure, et battre le rythme\navec les bras et les pieds.\n4° Indiquer les rythmes, non plus par des mouvements segmentaires,\nmais par l'attitude complète et même expressive du corps.\nTout ceci, d'après la leçon du piano, et\nEn d'autres termes, le rythmicien fait de la \"dictée musicale\" non écrite,\nmais mimée ; il la réalise, non par la graphie, mais par le geste. Les\nélèves arrivent, très rapidement à traduire les improvisations qu'ils entendent,\ncomme les solfégistes à les écrire. Ils font mieux encore. Au bout de\nquelques mois d'étude, ils réussissent à figurer un rythme qu'ils viennent\nde percevoir, tout en enregistrant un autre, qu'ils vont exécuter. C'est ce\nqui se produit quand ils \"agissent\" un contre point sous forme canonique.\nVoici un exemple entendu récemment au cours de Mr d'Udine :"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.19", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n595\n\nLe piano propose le rythme i ; les élèves l'exécutent à la deuxième\nmesure, en enregistrant le rythme 2, qu'ils vont figurer pendant la\n3me mesure, en enregistrant le rythme 3. Et ainsi de suite pendant toute\nla durée du canon.\nOn peut également demander aux rythmiciens d'exécuter les\nmouvements en sens contraire, autrement dit de réaliser un rythme en\nle commençant par le dernier temps, cependant qu'ils battent la mesure\nà l'envers et marchent rythmiquement en arrière au commandement.\nToute cette partie d'acquisitions techniques, sans stylisation, est\nd'un intérêt majeur, et révèle, chez les plus petits enfants, (certains des\nélèves ont cinq ans) une puissance d'organisation motrice tout à fait\nstupéfiante et, jusqu'ici, insoupçonnée.\nAllez voir ces gentils élèves qui, sous le magistère de M. J. d'Udine,\nattendent l'heure de la leçon. Ils sautent, courent, bondissent dans la\nvaste salle et semblent se soucier fort peu de psychologie. Cependant le\nmaître s'assied au piano, le travail commence. Tous les jeunes disciples,\ngarçons et filles, sont attentifs ; ils nouent et dénouent leur ronde ;\nprécipitent ou ralentissent leurs pas, selon que la mélodie s enfle ou\ndiminue ; les petits pieds frappent les temps forts, les bras et les mains\nmignonnes s'élèvent en cadence. Pas un des enfants n est passif.\npeuvent pas l'être.Aucun de ces martyrs mécaniques qui ânonnent, au\ncours de solfège, un, deux, trots, la\nfigure grise et la pensée absente ; toutes les petites bonnes gens, ici,\nrassemblés sont en train de bien vivre leur vie ; ils s'activent et s appli-\nquent, il ne faut point troubler les pas, ni manquer la mesure : les tetes\ntravaillent, les mouvements sont commandés, inhibes et repris suivant la\nleçon du piano.\nAprès les exercices, les jeux, avec application des memes principes.\nAujourd'hui, c'est le Petit Poucet dont Mr d'Udine a écrit la musique.\nUn brave petit homme de six ans, au minois fute, aux yeux brillants\nd'intelligence tient le grand premier rôle de Poucet. Ses dix freres le\nsuivent. Tous abandonnent leur famille. Apparition terrifiante de 1 Ogre.\nEn la circonstance, c'est un élève de G. R. détache du cours d hommes.\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.20", "texte": "596\nS. I. M.\n\nFaut-il ajouter qu'il est un de nos plus admirables poètes. Bien supé-\nrieur au jeu auquel il s associe, et dune signification plastique étonnante,\nson départ est superbe i un tel élan fêtait la joie d un sculpteui. Il y a la\nun allongement de lignes prodigieux, donnant la sensation même du\ndémesuré, une étonnante protection QU bras dioit en avdnt, par un\nvigoureux lancé, tandis que la jambe droite s'étire longuement en arrière\net que le regard scrute, à des lieues, un imaginaire horizon. Cet Ogie est\nimmense. Toute la scène se déroule rythmiquement, chaque geste com-\nmandé par les combinaisons de valeurs de la notation proportionnelle.\nC'est un contre-point d'un nouveau genre, dont 1 exposition est faite a\nla fois par le piano et par les figurants : l'Ogre et le personnage collectif\nde la famille Poucet. On pourrait l'écrire à onze parties, si on voulait,\nun ancien harmoniste n'y eut pas manqué et nos jeunes rythmiciens n'y\nverraient nulle difficulté.\n* *\nQuelle est l'utilité de semblables exercices? ont demandé certaines\ngens qui n'ont jamais beaucoup réfléchi à leur propre existence, se\npréoccupant moins de sa qualité que de sa longueur.\nPourvu qu'en somme\nJe vive, c'est assez, je suis plus que content.\nCet idéal, qui n'en est pas un, semblera peut-être un peu court.\nA ceux qu'il ne satisferait point et qui veulent surtout vivre, en\nnous dirons que la G. R. peut les intéresser au triple point de vue :\nmusical, plastique et psychologique.\n\nLe Petit Poucet"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.21", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n597\n\nMusical. Il est presque inutile d'y insister. La culture musicale\nrythmique est, chez nous, assez négligée, et même nulle. Les plus\nremarquables virtuoses ne soupçonnent guère leur arythmie ; elle existe\ncependant, et il leur serait impossible d'exécuter, tout virtuoses qu'ils\nsont, les mouvements que fait, sans peine, un jeune rythmicien de dix\nans. Un entraînement méthodique, et progressif, ne leur serait donc pas\ninutile. Quant aux musiciens non-virtuoses, ils sont foule, ils auraient\ntout profit à développer, en eux, le sens du rythme par l'étude, ou plutôt\nla pratique de la G. R.\nSi par hasard, fantaisie prenait aux compositeurs de devenir ryth-\nmiciens, ils acquerraient les notions les plus claires et les plus précieuses\nsur les rapports du geste et de la musique, (nous ne disons rien des\nmaîtres de ballets). Ils feraient, en ce qui touche au rythme, de véritables\ndécouvertes leur permettant de varier un peu les formules qu'ils emploient.\nQuelques-uns d'entre eux cesseraient peut être de demander la variété\nrythmique à l'incohérence. Ce serait tout profit pour l'art.\nPlastiquement, la G. R. détermine l'harmonie du geste. Regardez\nles gens agir autour de vous ; que de mouvements mal venus ; ou trop\narrondis, et lâches, et mous; ou anguleux, rétrécis, désagréables à l'oeil.\nLa cause d'effets si fâcheux?... nous sommes presque tous arythmiques\npar suite d'une mauvaise éducation, ou si l'on veut, d'absence d'éducation\n\nL'Ogre."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.22", "texte": "598\nS. I. M.\n\nspéciale : nous ne savons pas coordonner les mouvements les plus\nélémentaires j nous dépensons trop, ou trop peu, d influx nerveux, nous\nne pouvons pas commander, en temps et quantité voulus sa distribution.\nLa G. R. apprendrait à chacun de nous, hommes et femmes, la grâce\ndu geste, non pas cette grâce factice que les femmes, particulièrement,\nsurajoutent à leurs mouvements comme elles mettent de la poudre sur\nleurs visages; grâce agaçante et fausse, fard du geste, dissonance et\nmensonge, mais la grâce véritable que donnent, naturellement, des\nmouvements justes représentant le minimum d'effort musculaire pour le\nmaximum d'effet réalisé.\nMais restreignons à ceux que la méthode dalcrozienne intéresse\nplus directement. Les peintres, sculpteurs, dessinateurs et tous artistes\nde la forme, trouveraient, dans les rythmiciens, des collaborateurs autre-\nment précieux que les mo-\ndèles gagés qui tiennent, plus\nou moins bien, \"la pose\". Ils\npourraient perfectionner, là,\ncette éducation de l'œil qui\nleur est indispensable et que\nles habitudes de notre civili-\nsation favorisent si peu. Un\nartiste génial, Mr Rodin, a\ntrouvé le moyen d'obtenir\ndes poses libres-, des mouve-\nments spontanés, des flexions\nà saisir au vol, pour la plus\ngrande joie de l'œil qui se\ncaresse aux contours ; mais\ntous les amoureux de la ligne\nne peuvent pas user du pro-\ncédé de Mr Rodin. La G. R.\nle leur offrirait dans des con-\nditions inespérées et peut-\nêtre plus parfaites encore.\nAutre aspect de la question : si l'on songe au développement du\n\" bel animal humain les médecins seraient tout désignés pour en suivre\nles phases sous l'influence de la G. R. Il est même étonnant, par ce\n\nQuatrième temps aune\nmesure à 6/4\n\nDernier temps en force"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.23", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n599\n\ntemps de médicophilie, que Mr d'Udine n'ait pas, dès le début de ses\ncours, prié quelque sommité médicale de \" mesurer \" les candidats qui\nse présentaient afin de constater leurs modifications physiologiques,\naprès quelques mois d'exercices.\nEnfin les psychologues ne devraient pas négliger l'assistance aux\ncours de G. R. Ils devraient même y être les premiers. Qu'on veuille\nbien se rappeler en effet que la Mémoire est notre faculté maîtresse, la\nbase même de toute notre vie psychique, conditionnant l'autre. Associa-\ntions, dissociations, ces deux aspects d'un même phénomène si remar-\nquablement étudié par Mr Ribot dans son livre sur les Maladies de la\nMémoire, voilà tout le travail de la pensée.\nIl n'est rendu possible que par la mémoire.\nPas un de nos gestes, pas la plus petite\nde nos actions, qui ne suppose un en-\ntraînement, c'est-à-dire un fait de mé-\nmoire. Par contre, la plus légère amnésie\nnous frappe d'incapacité. L'étude de la\nmémoire constitue, certainement, le plus\nimportant chapitre de toute la psycho-\nlogie ; combien s'enrichirait-il de l'at-\ntention donnée à la gymnastique créée\npar Mr Jaques-Dalcroze. Elle institue une\nsérie toute faite de remarquables expé-\nriences sur le passage du conscient à l'in-\nconscient. Mr le Professeur Grasset dirait :\nsur les relations multipliées du centre O\navec le polygone. Et, l'illustre psycho-\nlogue, Mr le Dr Pierre Janet, trouverait\nici matière à une superbe leçon ajoutée à\n1' Automatisme Psychologique.\nUne autre étude pourrait encore\ns'offrir à l'intérêt de tant de renommés\nphilosophes ; nous voulons parler de la\nlecture et comme de la visibilité des sentiments sur tout le corps humain\nen action. L'élève rythmicien est pour ainsi dire condamné à l'expression\nde sa vérité sentimentale par la justesse même de son effort. Tout 1 in-\ndividu devient expressif. D'une part, la du tempérament se signifie\n\nTemps fort après une note piquee"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.24", "texte": "600\nS. I. M.\n\ndans le geste, d'autre part, 1 émotion y est saisie dans sa piesque intégra-\nlité ; elle est mise à nu, et comme dévoilée, par le frémissement des lignes\nvivantes d'un corps projeté tout entier, dans 1 action qu il accomplit.\nLes leçons de G. R., pour qui sait entendre le silence du geste, sont\ndes révélatrices.\nLe cours des jeunes filles est toute grâce, sans aucune mièvrerie, et\nres mirabilis,toute vérité. Des femmes, quittant pour un instant le\nvêtement de mensonge que leur imposent, des 1 enfance, les stupiaes\nconventions auxquelles elles sont soumises, n'est ce point un spectacle\ninattendu ! On nous le donne, il nous enchante. Avec une simplicité\ncharmante, une sincérité, nous dirions presque, au meilleur sens du mot,\nune candeur délicieuse, ces jeunes rythmi-\nciennes se soumettent aux plus difficiles\nexercices: mesures compliquées; syncopes,\ncontre-temps, n'ont plus de secrets pour\nelles. L'évaluation exacte des silences, si\ndifficile, et incertaine pour les meilleurs\ndes musiciens, n'est qu'un jeu pour ces\nélèves. Sculpteur idéal et impérieux, le\nrythme modèle tous ces jeunes corps et\nles anime à son gré : fragiles, gracieuses\net vivantes statuettes.\nDes exercices de pure technique, on\npasse, sans effort, à la stylisation du geste.\nCe sont de petites scènes aimables :\ncueillette des fleurs ; le\net reprise. L'une derrière l'autre, et comme\naccomplissant quelque mystérieuse gyro-\nmancie, les élèves dessinent le geste que\nréclame la mélodie ; l'ensemble est char-\nmant. On voit poindre la danse expressive,\nappuyée sur une solide technique. Il y a\ndes agenouillements lents qui prennent des\ngrâces d'élégie, et des marches héroïques\noù- ces féminines faiblesses se muent en forces avec l'accent vainqueur\n\nSotto voce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.25", "texte": "LA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n601\n\ndes odes triomphales. Quelquefois les mains se nouent aux épaules, et,\nau dessin que la mélodie expose, répond le souple balancement des corps.\nA droite, à gauche, semblables aux fleurs penchées sous l'effort du vent\nqui les ploie et que redresse vivement le vouloir de leur petite vie végétale,\nimage unique, aux multiples visages, le groupe des jeunes femmes\ns'incline et fléchit comme si la Musique aimantait, vers un point\nqu'elle désigne, la courbe harmonieuse de ces corps délicats. L'at-\ntraction cesse, les formes se relèvent doucement, pour s'infléchir de\nnouveau cédant au mystérieux appel que murmure la caressante mélodie.\nLa leçon achevée, toutes s'en vont, l'œil et\nl'oreille emplis de beaux rythmes. C'est, pendant\ncette heure bénie, une esthétique vécue qu'inspira\nla Musiaue. Instants heureux, pendant lesquels ces\nenfants ont échap-\npé à l'emprise du\nlaid: du geste in-\ncantatoire de leurs\npetites mains, elles\nlui ont interdit\nd'avoir accès près\nd'elles. La G. R.\nn'aurait-elle point\ndes significations\nplus hautes, des\nsymboles plus par-\nlants que ceux\nauxquels nous son-\ngeâmes ici ! .\n• •••••\n• • • • • •\nAu cou rs\nd'hommes, l'im-\npression est tout\nautre. Les gestes\nont une aisance,\nune solidité, une\ncarrure, donnant bien l'impression d'une force qui se déploie, et décelant,\n\nEtude du canon plastique\n\nEtude du canon plastique"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.26", "texte": "602\nS. I. M.\n\nde prime, laflongue habitude des mouvements non entravés que la femme,\ntoujours enveloppée de la jupe, n'a jamais connue et prend difficilement.\nLes élèves se placent à la file, l'un derrière l'autre. Le maître est au\nDiano. Au commandement de : hop ! tous doivent commencer ou modifier\n! 'exercice convenu. Les rondes, les noires, les blanches se succèdent et\nces jeunes [hommes règlent la durée de leurs mouvements sur les valeurs\nqu'ils entendent. Ils tournent en cadence dans la grande salle, les pieds\nscandant d un vigoureux appel le\npremier temps de la mesure.\nChacun d'eux occupe successive-\nment tous les points du cercle et\ny érige, statue vivante et fugitive,\ninstantané humain, une attitude\naussitôt changée. Les bras se\nlèvent, s'abaissent, remontent, se\ncroisent, s'écartent, puis revien-\nnent. Toutes ces lignes blanches,\ndes bras blancs, et les petites lignes\ndes doigts fins, font et défont\nd'idéales arabesques, au-dessus des\ntêtes blondes ou brunes des hom-\nmes courant. C'est une ronde sin-\ngulière. Il semble qu'un lien idéal\net magnétique, force jetée de l'un\nà l'autre, invisible chaîne, joigne\ntous ces corps dans une poursuite\ninlassable et comme fatidique.\nL'espace qui les sépare semble\nencore empli d'eux-mêmes, la\nsensation devient continue,le piano\nsonne avec des heurts de cymbalum ; cette musique martelée, ces appels\nretentissants des pieds frappeurs, la rapidité des images mouvantes in-\nduisent le spectateur en une sorte de griserie, avec d'arrière-visions\nbizarres de derviches tourneurs et d'ivresse obtenue par la continuité\nd une giration obstinée. Bientôt la vitesse s'accélère, les jeunes gens vont,\ntournent, se suivent, s'atteignent, un vertige semble les emporter, livrés\ntout entiers au coup de fouet du rythme obsédant qui les cingle.\n\nAgenouillement pathétique"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.27", "texte": "Mouvements de la ronde à six temps\nCroquis de Mr Paulet Thévenaz élève de l'Ecole Française de G. R. a Paris.\n\nLA GYMNASTIQUE RYTHMIQUE\n603\n\nEt je songe que, dans sa Psychologie des Foules, Gustave le Bon n'a\nrien dit de cette contagion dynamique, de cette aimantation de l'immo-\nbile par le mouvant, qui, soudain, fait des êtres distincts et séparés que\nnous sommes, un faisceau de forces jetées d'un seul élan, avec la puissance\nirrésistible du flot marin ou de la lave volcanique.\nNous voici loin du cours de G. R. Eh ! non, car une discussion\ns'élève sur l'interprétation d'un motif. Invité par le maître, l'un des\nélèves esquisse l'enchaînement des poses que la musique suggère. Les\nautres regardent, attentifs. En cette minute, lui, fait songer à un de ces\ngracieux faunes rieurs et dansants que nous légua l'antiquité ; non que\nson jeune visage, ait rien du masque traditionnel, toute la ressemblance\nest dans cette grâce enlevée du mouvement, dans cette agilité heureuse,\ndans cette joyeuse exubérance du geste qu'une mélodie ordonne et disci-\npline sans rien lui ôter de sa spontanéité. La forme souple bondit, retombe,\npuis s'élance, avant de s'immobiliser soudain dans une dernière attitude\ncomme suspendue encore à l'action qu'elle achève.\nLa preuve est faite et le cours continue .\n• •••••* • •\nEn quittant cette petite salle où, soutenu par la foi vivante d'un\nmaître, on travaille si naïvement, si sincèrement, nous dirions presque si\npieusement, nous restions songeur. Une poétique et douce croyance veut\nque la prière des cœurs fervents rachète, mystique compensatrice, le mal\nqui s'accomplit. Peut-être quelques-uns des crimes que le laid médite\nconstamment, dans l'ombre, nous seront-ils épargnés par la vertu efficace\ndes gestes harmonieux qui, chaque jour, rendent ici hommage a la Beaute.\nJuillet 1910.\n\nM. Daubresse."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.28", "texte": "L'Espagne musicale célèbre cette année-ci le quatrième centenaire\nde la naissance de l'un des musiciens les plus glorieux du XVIe siècle :\nAntonio de Cabezon. La Revis 'ta Musical de Barcelone, la Re-\nvis ta Musical,de Bilbao, et, tout dernièrement, de\nBilbao, ont consacré au fameux organiste des études fort remarquables.\nSeules les revues étrangères — un peu oublieuses cette fois-ci, — n'ont\npas signalé cet événement et il n'en est qu'une, que je sache, qui se soit\noccupé d'Antonio de Cabezon.\nJe ne nommerai pas la revue dont il s'agit pour ne pas froisser\nl'écrivain (mal renseigné !) qui a écrit : I. Que Antonio de Cabezon\nnaquit à Madrid. II. Que son ouvrage : Livre du musique pour jouer du\nde la harpe et de la vielle (voilà une traduction un peu trop...\nlibre, vraiment !) est devenu tellement rare qu'après l'avoir inutilement\ncherché en Espagne, Saldoni n'eût la chance de le retrouver qu'à la\nBibliothèque Royale de Berlin. III. Qu'il existe un traité de composition\n(de Cabezon), qui porte le titre de y — Or,\nAntonio de Cabezon ne s'est jamais appelé Félix, il n'est pas né à Madrid,\nle livre publié par son fils n'est pas aussi rare qu'on veut bien le\ncroire (nous en connaissons six exemplaires) et son soi-disant traité intitulé\nMusica Teorica y practica est, enfin, un ouvrage... imaginaire.\nMais éclairons — ne fut-ce qu'en passant, — ces quelques\nerreurs.\n•5K-\n* *\nUne première question se pose lorsqu'il s'agit d'Antonio de Cabezon.\nS'appelait-il Félix Antonio ou simplement Antonio ? Fétis, Eslaaa,\nSaldoni, Soriano Fuertes, Pareda y Barreto — tout le monde, enfin ! —\n1 appelent Félix Antonio. Or, on a des raisons fort sérieuses pour croire"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.29", "texte": "ERREURS SUR CABEZON\n\n605\n\nqu'il ne s'appelait qu'Antonio. L'erreur viendrait, paraît-il, d'une mauvaise\ntraduction de ce premier vers de son épitaphe :\nHoc situ s est felix Antonius il le sepulchro.\nEn le copiant, il est des biographes qui écrivent félix avec minuscule\net d'autres qui l'écrivent avec majuscule. Dans quel sens ce mot fut-il\nemployé ? \" J'adopte définitivement le mot placé comme épithète écrit\nle maître Pedrell et cela pour différentes raisons : la première, parce\nque je suppose que l'inscription étant tracée en lettres lapidaires sans\ndistinction de majuscules, on a copié Félix au lieu de FELIX et que de\nlà sans doute, est survenue l'erreur.\" 1\nPedrell croit, enfin, que Cabezon ne s'est jamais appelé Félix parce\nque \" ni son fils, ni ses contemporains ne l'appellent une seule fois Félix\nAntonio ni même F. Antonio.\"\nLes raisons du maître Pedrell sont, comme on le voit, excellentes.\nTant qu'on ne prouvera pas le contraire et il n'est encore per-\nsonne, que nous sachions, qui ait essayé de le faire il faudra bien\nadmettre, que l'auteur des Diferencias s'appellait,\nquoi qu'on ai dit, Antonio tout court.\nLa plupart de biographes font naître Cabezon à Madrid, cela est\névidemment faux. \" Fué natural de la écrivit Hernando de\nCabezon lorsqu'il publia les œuvres de son père. Cela était fort vague.\nHeureusement, Hernando lui même se charge de nous renseigner là dessus\nlorsqu'il écrit dans son testament : \" de la mitad dellos se aga una capellania\nen Castrillo ques donde nacio Antonio que sea\nen gloria que es el dicho lugar barrio de Castro Jeriz...\" 2\nAntonio de Cabezon est donc né à Castrillo de Matajudios,3 quartier\nde Castrojeriz (province de Burgos), en 15 10. Il était fils de Sébastian\nCabezon et de Maria Gutiérrez. Il mourut à Madrid le 26 Mars 1566.\nNous pourrons ajouter qu'il était aveugle dès l'enfance (\" descde muy nino \"\nécrit son fils Hernando), et qu'il fut maître de la camara y capilla de\nCharles V et de Philippe 11.\n\n1 Hispaniœ Schola Musica Sacra, opéra *varia (Saecul XV, XVI, XVII et XVIII). diligenter excerptay\naccurate re<vida, sedulo concinnata a Philippo Pedrell, vol. 111 et VIII. Dans ces deux volumes on trouvera la\npremière étude vraiment sérieuse qui ait été faite, de nos jours, sur Antonio de Cabezon.\n3 \"...de la moitié d'eux qu'on érige une chapelle à Castrillo où naquit Antonio de Cabeçon mon père... etc.\"\n3 Actuellement Castrillo Matajudios."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.30", "texte": "606\nS. I. M.\n\nDisons bien vite que les erreurs bibliographiques commises à propos\ndes œuvres de Cabezon sont également importantes. Ces œuvres furent\npubliées, ainsi que nous l'avons dit, par son fils Hernando et se trouvent\ntoutes dans un seul volume dont voici le signalement exact :\n\" Obras de Mu si | ca para tecla a| vihuela, de\néMusico de| la camara y captlla del R | . |\nRecopiladas y pues tas en cifra por Hernando \\ de Cabeçon su hijo. Ausi mesmo\nmusico de camara y capilla de su |\nRey Don \\ Philippe nuestro senor. (Il ya un écusson) | con privilegio \\ Im-\npressas en en casa de Francisco Sanchez. Ano de SVI. D. LXXVIII\nOutre les œuvres d'Antonio de Cabezon (qui sont en grand nombre),\nil y a dans ce volume des compositions de Juan de Cabezon (frère\nd'Antonio) d'Hernando de Cabezon et de quelqu'un d'autre.\nD'après ce qu'Hernando de Cabezon avoue lui-même dans le beau\nProemio al lector en loor de la musica^qui sert d'introduction aux œuvres\nde son père qu'il publie, Antonio de Cabezon ne put écrire tout ce qu'il\naurait voulu car il n'eût ni le temps ni le calme nécessaire. Tout ce que\nle volume dont nous nous occupons contient ne sont, donc, ainsi que le\ndit son fils, que les \" miettes qui tombaient de sa table \" 1 ces\nmigajas n'étant, en outre, que les leçons qu'il donnait à ses élèves ne\ncontiennent pas, ainsi que le fait remarquer Hernando de Cabezon, tout\nce que leur auteur savait^mais, seulement, ce qu'il donner à ses\nélèves. Et, cependant, que des beautés ! Il faut croire, enfin, qu'il n'existe,\naujourd'hui, d'Antonio de Cabezon, que ce que contient la ou\nture publiée par son fils. Hernando de Cabezon parle, il est vrai,\ndans son testament, de dos Libros contenant des composi-\ntions de lui et de son père 2 mais on n'en connaît aucun exemplaire\net on ignore même s'ils ont été publiés. Le maître Pedrella transcrit\nenfin, en notation moderne 3 d'autres compositions qu'il attribue à\nAntonio de Cabezon. Elles se trouvent un de Venegas de\nH inestrosa intitulé : Libro de cifra | para\n\n1 Estas jornadas y ocupaciones, no le dejaron escreuir como lo hiziera, si tuuiera quietud y tiempo, y assi\nlo que en este libro va, mas se pueden tener por migajas que cayan de su mesa, que por cosa que el hubiesse\nnecho de proposito ni de assiento, parque no sou mas que las lecciones que el daua a sur discipulos, las quales\nno erem conforme o' lo que sabin el maestro, sino o' la medida de lo que ellos podian alcanzar y entender.,,\n2 I per quanto de los travaxos del dicho mi padre é mios tengo échos dos Libros de musica puestos en\ncifra los quales son de grandisima utilidad para la republica y estan para se poder ymprimir suplico o' su\nmagestad sea servido de mandar que se su ympriman pues es cosa tan util para toda la cristiandad.\"\n3 Hispaniae Sohale musica Sacra Vol. VIII."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.31", "texte": "DE ANTONIO DE CABECON.\n«ft#\n\nCliché deiMusica [Sacro-hisfiaiia.\nFac-similé du folio l8ç des \" Diras _ de. Musica. \""}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.32", "texte": "Cliché de Mnsica Sacro-hispana.\nOrgue de Charles Quint sur lequel a jouè Cabezon\n(Musèe de l'Escurial.)"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.33", "texte": "ERREURS SUR CABEZON\n607\n\nen el| quai se ensenabrevemente cantarcanto-llano, | no,\nalgunos auisos para contra punto, compuesto por Luis Venegas de Hinestrosa.\nDirigido al Illustrissimo senor Don Diego |En\nI En casa de Joan de Brocar | 1557.\n* *\nUn mot encore : on a prétendu, jusqu'à présent, que les plus\nanciennes variations connues étaient de William Byrd. Pour quiconque\nest un peu au courant du XVIe siècle musical espagnol cela est évidem-\nment inadmisible. Et il est même étonnant, ajouterons-nous, que, malgré\ntout ce que le maître Pedrell a publié pendant ces dernières années, sur\nnos anciens maîtres, cette erreur puisse subsister. Je pensais à ceci,\ntout dernièrement, en lisant (avec combien d'intérêt), le deuxième\nvolume du Cours de composition musicale publié par M. Vincent d'lndy.\nLà aussi on dit : \" Des essais de Thème avait été tentés déjà assez\nlongtemps auparavant par des musiciens Anglais, et notamment W. Byrd\nqui écrivit en 1591 diverses Variations sur des airs répandus à son époque\nen Angleterre.\"\nJe prie le lecteur français de bien vouloir comparer ces dates :\nWilliam Byrd, 1538-1623 ; Antonio de Cabezon, 1510-1566, En outre,\nles variations de Byrd datent, paraît-il, de 1591. Or, dans la\npubliée en 1578 par Hernando de Cabezon on trouve déjà pas mal de\nDiferencias (variations) d'Antonio de Cabezon. 1 D'ailleurs, ce n'est pas\nseulement Cabezon qui écrivit de DiferOn en trouve dans d'autres\nLibros de cifraespagnols du XVI siècle.2\nTant qu'on ne présentera pas des variations anglaises antérieures à\ncelles, déjà connues, de William Byrd, il faudra donc admettre, croyons-\nnous, que cette forme fut cultivée en Espagne avant de l'être en Angleterre.\nEn attendant, nous demandons qu'on veuille bien corriger les erreurs\nhistoriques que nous venons de signaler.\n\nF. Lliurat.\n\n1 Diferencias sobre la Gallarda Milanesa, Diferencias sobre el canto del Caballero, Diferencias sobre la\nPavana îtaliana, Diferencias sobre el canto de la Dama le demanda, Diferencias sobre el canto De quién terne\nenojo îsabel, etc,. etc.\n2 Nous citerons, par exemple : Anriquez de Valderrabano : Libro de musica de vihuela intitulado Sil<va de\nSirenas. Valladolid 1547."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.34", "texte": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER\nI\nLes malheureux artistes, ci-devant enfants prodiges, ne savent jamais\nau juste leur âge. L'affiche de Concert est leur extrait baptistaire. En\nAllemagne, on a toujours soin de marquer, sur l'affiche, l'âge du petit\nprodige: de même que chez le marchand, on réclame toujours un rabais\nsur le prix marqué, de même, les pères d'artistes, (j'écrirai un jour leur\nphysiologie dans \" les Français peints par eux-mêmes, \") rajeunissent tou-\njours leurs malheureux enfants, de 2 ou 3 ans. Du reste, voici un acte\nofficiel, rédigé par mon père.\nAvec permission des\nCRACOVIE, ville libre et privilégiée.\nAujourd'hui, Lundi le 13 Décembre 1829, à 8 h. du soir.\nLe jeune pianiste Stephen, âgé de 11 ans : (j'en avais treize,) aura\nl'honneur de donner une grande soirée musicale dans laquelle on entendra\nles premiers talents de la ville libre de Cracovie et des environs.\nCette grande soirée aura lieu dans la salle de Mgr le Comte de\n\n1 Voir S. I. M. du 15 octobre."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.35", "texte": "STEPHEN HELLER\n6og\n\nPotocki honorant de sa haute protection le talent précoce du bénéficiaire,\nqui s'efforcera de mériter un tel patronage et par des compositions des\ngrands maîtres et par une grande (Première audition à\nCracovie).\nPROGRAMME :\nN° I. Concerto en la mineur^par HUMMEL, exécuté par Stephen, âgé\nde onze ans.\nN° 2. Air varié pour le violon, de LAFONT, exécuté par M. Sacco-\nwitz.\n(Cet artiste de grand renom, n'a pas hésité à se rendre à l'invitation de Stephen, bénéfi-\nciaire, et vient expressément de Bochnia, pour lui prêter l'appui de son beau talent.) (J)\nNu 3. Improvisation sur des thèmes donnés, par Stephen.\nN° 4. Cavatine \" di tanti palpiti, \" de Tancrède, musique de Gioacchino\nRossini., Chantée par Mlle Adelina Wieliszka.\n(Cet air, un des plus illustres de l'illustre cygne de Pesaro, comme l'Europe tout entière\na nommé le grand et fécond Gioacchino Rossini ne manquera certainement pas d'exciter le\npublic P. P. à des applaudissements unanimes.)\nN° 5. Fantaisie de bravoure,sur des thèmes irlandais, composée par\nMOSCHELÈS, exécutée par Stephen.\n(Cette fantaisie, exécutée par le jeune bénéficiaire à ses concerts de Vienne, de Pesth,\nBochnia, Tarnow et autres capitales, est une des dernières compositions du célèbre Ignace\nMoschelès, né à Prague le 18 Juillet 1793 et maitenant à Londres, premier pianiste de Sa\nMajesté britannique George IV, roi d'Angleterre, d'Ecosse, etc., etc.)\nN° 6. Variations pour deux flûtes sur God Save the King,\npar DROUET, exécutées par MM. Balthazar et Stanislas Bemutsky, artistes\ndu théâtre de la ville libre de Cracovie.\nN° 7. Deuxième et dernière improvisation, par STEPHEN.\nOn est prié de préparer des thèmes, soit nationaux, soit d'Opéras et\nde les apporter par écrit au Concert.\nLe bénéficiaire remercie d'avance une haute noblesse, un louable\ncorps d'officiers, une honorable bourgeoisie, et une population estimable\nde leur intérêt et prie d'agréer l'assurance de la plus profonde soumission,\n\n(*) Saccowitz était un misérable saltimbanque ; il avait le malheur d'une main humide, et la séchait pendant\nchaque pause avec du son, qu'il portait dans la poche de son gilet."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.36", "texte": "610\nS. I. M.\n\ndu plus inaltérable respect, de la plus parfaite obéissance de leur très\nhumble serviteur, tomm.\nDANS LES CARPATHES.\nNous étions, mon père et moi, au pied des Carpathes, les Pyrenees\nde ma patrie.\nAccroupis dans une méchante carriole, attelee de cinq chevaux, nous\navions beaucoup de peine à nous tenir en équilibre sur nos sièges, c'est à\ndire sur des tas de foin et de paille. Nous traversâmes les Villes\nde Miskoltz et de Sixo. Il y avait foire en ce dernier endroit et mon père\nvoulut absolument profiter de cette circonstance pour m y faire donner un\nConcert. En habile général, il voulut d'abord prendre connaissance du lieu,\nafin de procéder savamment à la prise de la place. La ville de Sixo ne se\ndoutant pas de la présence d'un ennemi redoutable tel qu un pianiste\nprécoce, prêt à fondre sur elle avec force improvisations et variations,\nnous ouvrit ses portes, avec cette hospitalité qui distingue les Hongrois\nqui pourtant ne sont point Arabes.\nSelon l'usage, nous allâmes présenter nos hommages au Bourgmestre\nde l'endroit, qui nous donna la permission d'afficher nos prétentions et\nnos programmes. Comme il n'y avait point d autre local que la salle de\nl'hôtel de ville, pour le moment occupée par des marchands de peaux de\ntigre et de lapins, venus là pour la foire, il ordonna aux charpentiers et\narchitectes de la ville, de nous construire une vaste boutique en bois,\nsemblable à celle des meilleurs saltimbanques qui honoraient alors Sixo de\nleur présence. Pendant que mon père concluait cet arrangement; je dépensai\ngaiement un florin, allant des chiens savants aux sauvages qui avalaient\ndes sabres, puis aux nains et aux géants, puis aux potentats et brigands\nde cire ; le tout en grignottant du pain d'épice et des bâtons de sucre\nd'orge.\nMais hélas, je n'en étais qu'à mon 9e bâton de sucre d'orge, que je\nvis arriver mon père, appuyé sur un bâton, que je n'aimais pas du tout.\nQuelle fut ma surprise quand je le vis sourire avec bonté, me disant:\n\" Eh bien, Stephen, je parie que ton argent s'est en allé dans toutes ces"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.37", "texte": "STEPHEN HELLER\n611\n\nboutiques : tu as bien fait ; il faut que jeunesse se passe. Tiens, prends\nencore ce petit écu, et réjouis toi. \"\nLes larmes me vinrent aux yeux ; je murmurai quelques mots de\ntendresse et de reconnaissance. Mais bientôt, je vis que mon père semblait\nvouloir lire au fond de mon âme. Il y avait un singulier mélange de\ncrainte, et d'autorité paternelle dans son regard.\n\" Bah, me dis-je, dépensons d'abord le petit écu : la morale ou\nl'ennui viendront ensuite. \"\nMais j'avais deviné juste : mon père venait de me donner, somme\ntoute, des arrhes, comme vous allez voir.\nBientôt, je vis apparaître des ouvriers, accompagnés d'un officier\nmunicipal et d'une espèce d'architecte, à en juger par un crayon rouge,\nun portefeuille et un mètre qu'il tenait à la main. Mon père, à mon grand\nétonnement, alla au devant d'eux et s'entretint à voix basse avec l'homme\nau crayon rouge en jetant de temps à autre des regards presque timides\nsur moi.\nJe devins attentif, mais je fus bientôt distrait par une jeune paysanne\nhabillée en Grecque qui exécutait des tours d'adresse sur un tapis, pres-\nqu'en face de moi. C'était une charmante enfant de quinze à seize ans.\nSes longues tresses de cheveux châtains tombaient presque à ses pieds,\nUne calotte rouge lui couvrait la tête. Une courte jupe blanche laissait\nvoir une tunique bleue qui tombait à la cheville. Ses jolis pieds effilés\nétaient chaussés de pantoufles de maroquin rouge, et quand elle dansait,\non voyait ses longues guêtres de velours, brodées d'or.\nHélas, la malheureuse fille avait déjà perdu toute fraîcheur, comme\nson costume, qui avait du être somptueux autrefois. La misère avait terni\nses yeux et fané les couleurs de ses joues. Et pourtant, quelle noble créature\nelle était encore sous ces haillons ! Comme elle exécutait magistralement\nses pirouettes. Avec quelle ironie elle marchait sur les mains, elle qui avait\nde si jolis pieds ! Mais elle n'était pas seule : un vieillard aux cheveux\nblancs, aux mains tremblantes, aux jambes ployées était auprès d'elle.\nCe vénérable vieillard était un farceur ignoble ; c'était le partner de la\njeune fille. Il exécutait avec elle des pas de deux, à faire frémir les Vestris,\nles Petit pas et les Gardes Municipaux. C'étaient des danses prévues par\nle code civil, tout imprévues qu'elles étaient.\nOh, quelle honte et quelle horreur de voir ce vieux mourant faire\nassaut de grâce et de lubricité avec cette belle enfant. Plus loin on voyait\n3"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.38", "texte": "612\nS. I. M.\n\nla mère qui battait de la grosse caisse. Près d'elle sautillait un nain qui\npouvait avoir 60 ans et se vantait d avoir ete caresse par tous les potentats\nde l'Europe et de l'Asie et de s'être reposé sur les genoux de plusieurs\ntêtes couronnées. Ce nain complétait ce quatuor infortuné, dont l'aspect\nme causait un mélange de joie et de douleur que je m explique aujourd hui\nmieux qu'alors. ( .\nTout à coup, j'entends la voix de mon pere, disant : \"ce sera ici la\npremière place, la bas la seconde, et puis ....\nJe m'élançai vers le groupe d'ouvriers ; mon père leur expliquait, je\nn'en pouvais douter, les dispositions d une salle de Concert. Et quelle salle,\ngrand Dieu ! Au milieu des singes, des Saltimbanques et des danseurs de\nc0rde.....! Mon père, m'écriai je hors de moi, que faites vous là ? Voudriez\nvous m'humilier à ce point ? me faire jouer au milieu des nains et des\nkanguruhs ? Ah, votre petit ecu devait m appiivoiser ! Eh bien, le voici.\nIl ne sera pas dit qu un morceau de vil argent m aura fait oubliei ma\ndignité d'enfant précoce et d'artiste plein d avenir. (C étaient les termes\ndont on s'était servi dans le dernier article publié à mon sujet.)\nMon père reprit l'argent et me signifia de me rendre aux arrêts à\nl'auberge ou nous étions descendus.\nJe lui répondis : \"je porterai avec d'autant plus de force la besace\nhonorable de l'artiste, qu'un long apprentissage m'a déjà initié aux vicis-\nsitudes de cette existence.\nCette longue et belle tirade me fit du bien, car je croyais avoir\ndécoché de la sorte un terrible épigramme à mon père.\nEn attendant, on travaillait toujours à l'horrible édifice. De l'auberge,\nje pus très bien attendre les coups de marteau qui devaient fixer les\npoutres de ce nouveau temple de la gloire. Je songeai à Egmont qui\nentendait, de sa prison, les pioches des ouvriers construisant son échafaud.\nCette ressemblance avec un de mes héros favoris me soulagea un peu.\nMon père vint réitérer ses prières et ses menaces, mais rien n'y fit.\nEt comme il s'obstinait autant que moi, je fus forcé de recourir à mon\ndernier moyen ; je me dis malade, je me couchai, et ne mangeai qu'en\ncachette. Mon père, voyant qu'il était impossible de me plier à sa volonté\ndespotique, prit le parti de quitter Sixo et de fixer ailleurs notre tente.\nNous arrivâmes à Leutschau, situé également au pied des Carpathes.\nImaginez une seule et immense rue, au bout de laquelle se trouvent\ndeux tours crénelées, et vous aurez idée d'une ville libre hongroise. Les"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.39", "texte": "STEPHEN HELLER\n6i 3\n\nmaisons sont toutes d'un étage et blanchies à la chaux. Elles sont presque\ntoutes séparées l'une de l'autre et possèdent chacune deux petits jardins,\nl'un en dehors, l'autre, plus vaste, servant de cour par derrière.\nLe préfet 1 de Leutschau, M. de St Kiraly, (il y a en Hongrie\ncomme en France beaucoup de noms qui commencent par Saint,) nous\naccueillit très bien et nous invita à dîner, ce qui est une faveur marquée\nde la part d'un préfet hongrois. Au beau milieu du repas, nous entendîmes\ndes cris, à déchirer le cœur. Je laissai tomber ma fourchette et je\nm'élançai vers la fenêtre pour voir d'où venaient ces cris atroces : \"Eh\nbien, s'écria le préfet, qu'a donc cet enfant ?\"\n\" Mais, lui dis-je d'une voix étouffée, vos hussards de police\nbattent un pauvre paysan, attaché sur le \" gazon. \"\n\" Eh bien, Teremtete, ils époussettent quelque vilain, peut-être\nmême un voleur.\"\nIl faut dire que le \" gazon \" en Hongrie, est un banc, sur lequel on\nfixe un homme à l'aide d'anneaux en fer. Puis, deux bourreaux, armés\nde bâtons de noisetier le frappent de 40 à 50 coups à longs intervalles.\nOrdinairement, le patient crie après chaque coup : grâce, grâce ! Et après\nce cruel châtiment, il se relève en chantant et en demandant un verre de\nwotka. Cette abominable justice est adaptée à ces hommes de fer, qui\nne comprendraient pas d'autre punition. C'est au moins l'opinion des\nlégislateurs hongrois, tant soit peu sauvages et barbares.\nQuoiqu'il en fût, je ne pus supporter ces cris, qui me faisaient\nclaquer des dents, et, en enfant impressionnable et mal élevé que j'étais,\nje pris mon chapeau et je descendis l'escalier quatre à quatre pour fuir\nle lieu de ce supplice odieux.\nMon père rentra bientôt en me disant que le préfet était furieux et\navait dit à haute voix : Mais, mon cher Monsieur, votre fils est une\nfemmelette ; ce n'est pas un Hongrois, c'est un maudit Allemand. Terem-\ntete Cristosag ! (Jurement effroyable).\nMon père voyait déjà les espérances d'un beau concert anéanties par\nma faute. Le hasard me sauva des suites de cet accident.\nIl venait d'arriver à Leutschau une troupe de Comédiens ambulants,\nqui représentaient le Fiesque de Schiller, l'Avare de Molière, Don Juan\net Joseph. Mon père reçut des autorités locales l'ordre suivant :\n\n1 (Obergespan)."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.40", "texte": "614\nS. I. M.\n\nA Istran 1 Heller :\nLes notables de la ville de Leutschau\nd'entendre l'Opéra Don Juan par feu rOpéra\npar le célébré Compositeur parisien éM. de éMéhul ; mais comme il n existe\npoint d'orchestre convenable pour accompagner le chant des artistes, le musicien\nIstran est requis d'autorité d\" accompagner les dits musiciens sur le piano qui\nlui sera transmis dans ce but. Accordons au dit musicien Istran 2 florins par\njour pour toute la durée de ces représentati\naccordons une représentation a son bénéfice, d'un Opéra a son choix, et cela\naux conditions ordinaires, fraisd\" éclairage,\nétablissements de bienfaisance.\nLe Sénat de la Ville Libre de Leuts\nLe tout était contresigné, timbré, scellé ; enfin cela avait l'air d'un\nordre de gouvernement des plus importants.\nParmi les actrices, il y avait une Zerline ravissante, qui ne se lassait\npas d'admirer mon habileté, et mes longs cheveux bruns, fort beaux\nalors. Elle avait le soin de me bourrer de tartelettes aux cerises, et cette\ndélicate attention lui avait gagné toute ma tendresse.\nLe jour de la première représentation arriva. Imaginez une abomi-\nnable grange, quelques planches formant scène au fond, et un fabuleux\nappareil de cordes, d'échelles et de toiles peintes. Les spectateurs étaient\nplacés sur de longs bancs de bois sans dossier. Plusieurs flambeaux d'église\néclairaient les toilettes invraisemblables de la haute société de Leutschau.\nSix chandelles et autant de lampions brillaient devant l'immense paravent\nqui servait de toile. Là où auraient dû être placés les musiciens, on voyait\nune espèce de fossé, où se trouvait un petit piano octogone. C'était là\nma place.\nLa salle, c'était à dire la grange, était comble. La plupart des\nspectateurs, et le Vice Gespan 1 lui-même avaient auprès d'eux des\nhussards domestiques chargés de vider, bourrer et allumer les longues\npipes turques de leurs maîtres. La fumée était si forte que je faillis\nétouffer en entrant. Je toussai et le Vice Gespan, voyant mon malaise\nmit sa pipe de côté et se leva pour prononcer le remarquable discours\nque voici :\n\n1 Stephen en Hongrois.\n1 Sous préfet."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.41", "texte": "STEPHEN HELLER\n6i5\n\n\" Gentilshommes ! Officiers du 5e Dragons ! Bourgeois ! et vous\nautres ! (c'étaient les domestiques, les garde cochons et autre canaille,) je\nvous fais connaître que notre compatriote Istran se trouve incommodé\nde la fumée de tabac. Mettez donc vos pipes de côté et ne les reprenez\npas avant la chute du rideau (il voulait dire paravent)\".\nJe commençai l'ouverture sur le chaudron monocorde, et la ter-\nminai aux applaudissements frénétiques du public. Le Vice Gespan sauta\npar dessus le fossé où j'étais enseveli et m'embrassa à m'écorcher la joue\navec sa barbe énorme.\nLe tumulte apaisé, deux paysans apparurent sur l'avant-scène pour\nreplier le paravent, et on vit ce vaurien de Leporello, représenté par un\ngrand flandrin, gai comme un portier ivre.\nOn ne chantait point les récitatifs. On les déclamait tout simplement\ncomme à l'Opéra Comique.\nJ'étais impatient de voir apparaître la gentille Zerline. Enfin, elle\narriva, sautillante et fraiche, au bras de ce benêt de Mazetto. Le chœur\ndes paysannes braillait impitoyablement une mesure avant moi.\nJe sautai une mesure pour les rattraper ; mais ces malheureux,\ns'étant aperçus de leur faute, sautèrent également, pour réparer leur\nerreur. Dès lors, il nous arriva ce qui arrive souvent dans la rue lorsque\ndeux passants se trouvent nez à nez : l'un va à droite, l'autre aussi, puis\nils tournent tous les deux à gauche et ainsi de suite. Je poursuivis donc\nmon chœur, il me poursuivit à son tour, et nous terminâmes misérable-\nment, tous exténués de fatigue.\nPour en revenir à Zerline, elle excitait un murmure d'admiration\ngénérale. Elle portait un joli costume de paysanne hongroise : robe de\ntoile blanche, garnie de volants bleus, corset de velours, manches longues,\nbrodequins rouges à hauts talons, ornés de jolis éperons d'argent. Ses\ncheveux pendaient en deux longues tresses, entremêlées de rubans bleus,\nl'une par devant, l'autre par derrière, selon l'usage du pays. Le succès tut\nimmense et les Comédiens purent donner 14 représentations.\nPendant les entr'actes de la représentation donnée à mon bénéfice,\nj'improvisai sur des thèmes hongrois et tout le monde m'embrassa, le\nseigneur préfet, sa femme, les dragons, les domestiques, les comédiens, les\npâtres, et mon père lui même. Mais ce qui me rendait le plus heureux\nc'était une invitation secrète de Zerline.\nCette faveur m'embarrassait bien un peu ; Zerline semblait avoir"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.42", "texte": "616\nS. I. M,\n\njuré le malheur de Mazetto, qui était du reste un rustre assez malappris,\nbête, jaloux, et chantant constamment un quart de ton trop haut. Mais\nj'avais une idée confuse que ce souper était une chose défendue pour moi.\nLa foule s'étant écoulée, il ne restait que mon père, les Comédiens\net quelques officiers de cavalerie qui causaient assidûment avec\nMmes Donna Anna et Elvire. Je profitai d'un moment propice et dis à\nZerline :\n\" Vous m'avez parlé d'un souper \"?...\n\" Oui, Maestro, vous viendrez \" ?...\n\"J'aimerais bien, mais Papa \"\n\" Bah, est ce qu'il jouera le tyran ? \"\n\" Il ne veut jamais me laisser seul.\"\n\" Vous voulez donc rester seul avec moi,\" repartit la perfide\nZerline.\nJe rougis, sans savoir pourquoi, et répondis assez niaisement :\n\" Mon père craint pour moi les tartelettes aux cerises.\"\nElle se mit à rire et me dit en ricanant : \"Tu n'en auras point\nd'indigestion, va ! \" Puis elle alla mettre dans la confidence le Comman-\ndeur, qui descendait justement de son grand cheval. Celui-ci prit la\nparole devant mon père et, d'une voix grave, émit le vœu de me garder\nà souper. Don Ottavio roucoula dans le même sens et pour l'attendrir\nversa même le reste des larmes qu'il avait répandues au ir Acte. Mais\nmon père ne voulut pas se laisser fléchir. Alors, Zerline fit avancer le\ncorps de réserve qui devait tout emporter : les officiers du 5e Dragons.\nMon père, ayant les traîneurs de sabre en horreur, céda pour se débarras-\nser d'eux. Il jeta un regard courroucé sur moi et me laissa tremblant de\npeur et de joie.\n(A suivre.)"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.43", "texte": "Dans ma lettre de Rome du 15 Juin, j'ai signalé un mouvement\nintéressant parmi les jeunes musiciens de cette ville dont j'examinais les\ntendances, tout en analysant l'étude critique de l'un d'eux, Francesco\nSantoliquido, sur Debussy et Strauss. Déjà l'an dernier, j'avais remarqué\navec intérêt que certains esprits jeunes et indépendants cherchaient à se\nfrayer une voie nouvelle en s'affranchissant de l'influence que la musique\nallemande a exercé depuis Wagner en Italie, aussi bien qu'en France.1 En\ntâchant de m'orienter dans ces tendances nouvelles, j'eus la bonne fortune\nd'être guidée par une artiste que le professorat tient éloignée depuis\nplusieurs années de la carrière d'exécutante, mais qui juge l'évolution de\na musique avec d'autant plus de sérénité et de clairvoyance : Emma\nMettler qui fut quelque temps élève de Liszt et qui est restée fidèle au\ngénéreux éclectisme de son maître, me fit connaître l'hiver dernier un\njeune musicien dont plusieurs œuvres devaient être exécutées au cours de\nla saison.\nFrançais par sa mère et petit-neveu de Guizot,\nm'intéressa autant par son talent de musicien qu'à cause de sa culture\nétendue qui participe de sa double origine ; né à Naples en 1879, il fit\nses études d'harmonie à Rome avec le professeur Terziani ; au lieu de se\ncantonner dans un mouvement isolé de la musique moderne, comme c est\nle cas de bien des jeunes musiciens, Gasco a étudié toutes les œuvres de\nFranck, de d'lndy, de Magnard, de Debussy, de Moussorgski, et il a reçu\nà maintes reprises les conseils et les encouragements de Vincent d'lndy et\nde Romain Rolland. Aussi après avoir entendu l'hiver dernier le quatuor,\n\n1 Je citerai à ce propos un article où M. Silvio Xanzi jeune musicien et critique plein de verve commentait\nles volumes de \" Révolte \" du Jean Christophe de Romain Rolland : \" Voici enfin que la musique allemande a\n\" été observée par un regard et sous un aspect nouveau et que cette analyse aiguë, sure, originale, impitoyable\n\" parfois, a été faite par un français. Cela est très réconfortant pour la France et de bon augure pour tous les\n\" autres pays.\""}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.44", "texte": "6iB\nS. I. M.\n\nle Scherzo et les lieds de Gasco, je pensai à l'interroger sur ses idées\nd'esthétique musicale.\nTout en ne se croyant pas encore autorisé à exprimer des théories\nmusicales, avant qu'une série d'oeuvres plus importantes lui donne\nquelque sorte le droit de formuler ses principes d'art, Gasco a bien voulu\nnéanmoins interrompre ses rêveries musicales sous les chênes verts de la\nvilla Lante, villégiature idéale pour un artiste qui s'inspire volontiers des\nchefs-d'œuvre de la Renaissance, et m'indiquer les principes qui l'ont\nguidé dans la composition de son Scherzo pour orchestre \" Orgie 1\" Il\ns'agit,\" m'écrit-il, en m'envoyant les phrases les plus caractéristiques de ce\nmorceau, \" d'un poème symphonique sans programme. Il est cependant\n\" clair que j'ai suivi un plan et que j'ai cherché à rendre tour à tour avec\n\" une certaine évidence quoique très sobrement les divers aspects\n\" d'une fête dyonisiaque. Ainsi, il y a une partie dithyrambique, une\n\" partie plus bruyante, où pointent des rythmes de danse, une partie\n\" sentimentale, et vers la conclusion de la pièce, un choral bachique, un\n\" hymne de joyeux buveurs. Vous me demanderez peut-être pourquoi\n\" je n'ai pas voulu indiquer de programme à ma composition. Je répondrai\n\" ceci : il me semble que de nos jours, le poème symphonique, forme\n\" admirable de composition musicale, issue de la symphonie classique\n\" modifiée profondément par l'introduction d'éléments pittoresques et\n\" dramatiques est sur le point de dégénérer à cause de l'abus de\n\" programmes trop longs et trop détaillés. Je puis me tromper, mais je\n\" crois que tout poème symphonique doit être constitué par un fonds\n\" de musique, belle en elle-même, et intéressante en dehors de tout\n\" programme. Un titre bien choisi et un bref commentaire, ajoutent\n\" évidemment de l'attraction à l'œuvre musicale ; tandis qu'un programme\n\" excessivement compliqué, finit par absorber presque totalement l'intérêt\n\" de l'auditeur qui s'épuise à trouver le rapport exact entre la musique\n\" qu'il entend et les différents épisodes du programme, sans y réussir, le\n\" plus souvent. Et puis, certaines de ces compositions dégénèrent par-\n\" fois véritables actes d'opéras sans paroles. Il en résulte ainsi un\n\" genre hybride, car on fait du drame lyrique en renonçant à la voix\n\" humaine, qui, d'après moi, est l'organe essentiel pour exprimer le\n\" drame en lui-même.\n\" Une autre erreur très répandue, que l'on me pardonne ce\n\n1 Ce Scherzo a été exécuté aux concerts de l'Augusteum au mois de Mai."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.45", "texte": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE\n\n61 Q\n\n« jugement audacieux, est de croire que la mélodie n'a pas de véritable\n« puissance descriptive, et qu'elle est presque dépourvue d'éléments de\n\" suggestion. Ï1 me semble au contraire que la mélodie possède une\n\" prodigieuse souplesse, une incroyable force plastique qui la rend apte,\n\" quand elle est bien bâtie et bien travaillée, à traduire tout sentiment\n\" _ même le plus vague, le plus subtil et indéfini. Peut-être même,\n\" pourraît-on opposer un impre s sionisme à l'impressionisme\n\" harmonique dont on abuse tellement à présent.\"\nLa phrase initiale du quatuor pour cordes de Gasco me semble un\nexemple très clair de cet \" impressionisme mélodique.\" Ce morceau qui\nlui a été inspiré, par le célèbre tableau de Giorgione \" Vénus dormant \",\nest construit sur des thèmes clairement mélodiques, et logiquement\ndéveloppés ; tout en restant de la musique descriptive, il rend très bien\nl'atmosphère de volupté et de repos dont le tableau est empreint. Il est\nle premier en date d'une série de compositions qui lui ont été inspirées\npar les chefs d'œuvres de la beauté plastique à laquelle, en véritable artiste\nmérédional, Gasco est excessivement sensible.1\nLe jeune compositeur m'explique également, comment il s'est\nefforcé, dans une autre œuvre Toemes d'atteindre\nau juste équilibre entre la voix et l'accompagnement ; la voix est en effet\nun instrument bien négligé par les musiciens modernes qui réduisent\nsouvent la partie chantée à une simple déclamation. A ce sujet, les idées\nexprimées par un autre jeune compositeur Francesco Santoliquido, dans\nun interview du Secolo, au sujet de son nouvel opéra, démontrent claire-\nment que la voix est encore pour les Italiens l'instrument de prédilection\npour exprimer les passions et le drame ; on pourrait, il est vrai, leur\nobjecter que les méthodes de chant usitées en Italie depuis vingt ans font\nde la voix un instrument bien imparfait et tout-à-fait inapte à rendre la\nnoblesse de la mélodie et la pureté du \" bel canto \" ; mais peut-être y\nont-ils déjà songé eux-mêmes ; et leurs efforts pour s'élever au-dessus de\nla mélodie vulgaire et banale du mélodrame moderne italien, pourraient\nprécisément amener une transformation de la technique du chant.\nTandis que je préparais ces pages, une initiative d'une importance\nvraiment considérable vient d'être prise par un groupe de jeunes musiciens\nromains : Gui, Tommasini, Santoliquido, Gennaro Napoli ont établi\n\n1 Les œuvres de Gasco sont le quatuor et le Scherzo précités. Un opéra, \"La Légende des Sept Tours \"\nsur le poème d'un ami."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.46", "texte": "6 2 o\nS. I. M.\n\nune espèce de concours permanent pour la musique symphonique dont\nles juges seront Toscanini Wolff-Ferrari et Sinigaglia, les trois person-\nnalités les plus autorisées pour prendre la tête de ce mouvement. Quarante-\ntrois partitions ont déjà été présentées et les meilleures seront exécutées\naux concerts de l'Augusteum, ce qui permet d'augurer un heureux\ndéveloppement de la musique symphonique italienne. J'ai interrogé\nSantoliquido sur les tendances de ce groupe de jeunes musiciens qui\nveulent régénérer la musique de leur pays ; le jeune maestro Santo-\nliquido n'a pas encore vingt-cinq ans m'a répondu, des bords du lac\nde Côme où il se recueille en vue des représentations prochaines de son\nopéra à Milan :\n\" Nous voulons, m'écrit-il, opérer un renouvellement de la musique\n\" italienne, aussi bien symphonique que théâtrale. Nous voulons introduire\n\" dans la musique de notre pays des éléments de et d\n\" qui en étaient presque complètement absents. Pour arriver à ce résultat,\n\" il est compréhensible que nous écoutions les voix qui nous viennent\n\" d'au-delà les Alpes, en les réchauffant cependant au soleil italien. Aussi\n\" Strauss, Debussy et les symphonistes russes ont leur influence sur cette\n\" renaissance de la musique italienne, mais seulement au point-de-vue\n\" technique, nullement sous le rapport de l'inspiration et de l'âme. Les\n\" mêmes phénomènes se sont produits dans toutes les renaissances\n\" musicales.\" ,\nA propos de son opéra en un acte, la \" Favola di Helga \" qui sera\nreprésenté àla fin d'octobre à Milan1 au théâtre : \" Del Verme,\" Santo-\nliquido m'écrit : \"Je suis absolument contraire au mélodrame, parce\n\" que ce genre est d'un niveau intellectuel fort bas; je rêve une forme spé-\n\" ciale de tragédie lyrique qui sans renoncer aux traits caractéristiques de\n\" l'âme latine puisse trouver place dans une atmosphère idéale et esthéti-\n\" que plus haute et plus raffinée. Le public italien n'aime pas les révolu-\n\" tions d'art, attaché comme il est aux traditions ; il faudra donc le\n\" conduire vers la forme rêvée, petit à petit, par Fidèle à mon\n\" système de l'évolution je n'ai mis dans mon premier opéra que les\n\" premières flammes de mon rêve.\" Organisation poétique et raffinée,\nvrai type de l'artiste italien théoricien et savant, Santoliquido fait penser\n\n1 Ces pages ayant été écrites en octobre, il est probable que la première représentation de l'Opéra de Santo-\nliquido aura déjà eu lieu quand elles paraîtront."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.47", "texte": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE\n6 2 I\n\nà ces artistes qui à l'aurore du XVIIe siècle, présidèrent, aux académies des\nBardi, à la naissance du drame lyrique.1\nQuelques notes sur les condisciples de Santoliquido achèveront de\ndonner de ce groupe de très jeunes musiciens une idée plus complète :\nGennaro Napo/i, né à Naples en 1881 a été élève du conservatoire de\ncette ville. En 1906, il fut le premier lauréat d'un pensionato (concours)\nnational de musique qui venait d'être institué. Sa symphonie en ré fut\nexécutée à Naples et dirigée par Martucci, le savant et regretté chef\nd'orchestre de cette ville, puis ensuite à Rome. Son poème \"Il Sole\nRisorto \" (la Résurrection du Soleil : il s'agit de la grande terreur de l'an\nmille) pour Soli, chœurs et orchestre a été jugé inexécutable par le jury\ndu \" Pensionato \" à cause de sa tendance ultra-moderne. Il sera exécuté\nà Naples l'hiver prochain. Gennaro Napoli prépare un drame lyrique en\nquatre actes sur le fameux roman de Foscolo : \" Jacopo Ortis.\"\nVmcenzo Tommasini et Vittorio Gui sont romains tous les deux ;\nle premier, après avoir travaillé l'harmonie à Rome avec Falchi, a terminé\nses études musicales à Berlin. Son œuvre se compose de quelques mélodies\nsur ses propres poésies, d'une suite pour orchestre, d'une ouverture pour\nla tragédie de Calderon : \"La Vie est un songe \" et d'un opéra en trois\nactes, \" Médée \" représenté à Dresde en 1906. Le second, Gui, né en\n1885, est un jeune chef d'orchestre d'avenir; son tempérament musical\ns'est révélé précocement et il s'est déjà essayé à divers genres de compo-\nsitions : mais il se sent surtout attiré par l'intimité et l'art raffiné de cer-\ntains poètes modernes et il a écrit des mélodies sur diverses poésies de\nCatulle Mendes et de Samain. Vittorio Gui compose actuellement la\nmusique chorale et symphonique qui accompagnera les représentations\nd'art antique qui auront lieu au Palatin l'an prochain ; il dirigera aussi cet\nhiver la saison d'opéra au San Carlo de Naples.\nAyant tâché d'indiquer par ce rapide aperçu quel est le mouvement\nqui se dessine actuellement parmi les très jeunes compositeurs italiens, je\nserais heureuse si la lecture de quelques pages de leurs œuvres et l'exposé de\nquelques-unes des idées, et des principes auxquels ils obéissent, aidaient\nle lecteur français à les juger impartialement : c'est-à-dire en se souvenant\nque le public italien pour lequel ils écrivent, est imbu de traditions fort\n\n1 Les œuvres de Santoliquido sont : des mélodies pour chant et piano, des œuvres symphoniqnes entre\nauteurs. Esquisses symphoniques \" Pacsaggi. \" Crépuscule sur la Mer, et voix d'automne.\" \"La Favola di\nHelga,\" récemment acquise par Ricordi. Il prépare un nouvel opéra en 4 actes : \" Claudia Lanteschi.\""}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.48", "texte": "622\nS. I. M.\n\ndifférentes des nôtres, et que les jeunes artistes qui se proposent d'élever\nson goût n'en sont encore qu'à leurs œuvres d'essai. Il m'a semblé\nintéressant de démontrer que les germes de vie musicale nouvelle qui\nfermentent dans les autres pays, existent aussi en Italie, ce qui n'est pas\nindifférent pour la musique moderne en général, à laquelle il manquait\npeut-être jusqu'ici des sources d'inspiration latine. De plus, il convenait\nde rendre hommage à l'initiative de ces jeunes artistes de Rome qui en\nouvrant un concours aux œuvres musicales du pays entier, ont voulu lui\ndonner un caractère national et non plus régional, comme cela est trop\nsouvent le cas chez nos voisins. Puissent-ils réussir à donner, comme ils\nle voudraient, une impulsion nouvelle à la vie musicale de leur pays, et un\nplus grand développement à la musique symphonique.\n\nHélène Barrère."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.49", "texte": "ALBERTO GASCO"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.50", "texte": "FRAGMENT\nSanto L"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.51", "texte": "FRANCESCO SANTO LIQUIDO"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.53", "texte": "MÉLODIE\nGennaro Napoli"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.55", "texte": "GENNARO NAPOLI"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.57", "texte": "VESPRO\n\nVittorio Gui"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.61", "texte": "VITTORIO GUI"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.65", "texte": "GROVE'S DICTIONARY OF MUSIC & MUSICIANS.\nNouvelle édition T. V. et dernier.(Londres, Macmillan 1910).\nJ'ai déjà signalé ici (Octobre 1908) les précédents volumes de\ncet ouvrage dont j'ai dit, en même temps que l'excellence géné-\nrale, les quelques défauts particuliers. Le voici complet, et le\ncinquième volume ne changera rien à l'impression que laissaient\nles quatre autres, le dictionnaire est bien le précieux ouvrage de\nchevet, unique en son genre, dont ne pourra se passer aucun\ntravailleur, aucun amateur sérieux de musique.\nParmi les plus remarquables articles, il convient de citer :\nTempérament par M. J. Ucky ; par Sir H. Parry ;\nWagner par Danreuther et M. Hubert Thompson ;\npar M. F. Kidson.\nDans un appendice on s'est efforcé non seulement de com-\npléter et de corriger les articles du dictionnaire, mais encore de le\ntenir à jour par des articles nouveaux. Là se trahit (mais n'était-ce\npoint invitable ?) le point faible de l'ouvrage et l'on n'est pas\nparvenu, sur le sujet des contemporains, à éviter tout à fait l'arbi-\ntraire. La préface (vol. I) prévoit ce reproche ; mais il n'en\ndemeure pas moins vrai que nommer certains vivants et en négliger\nd'autres de mérite sensiblement équivalent est un grave défaut. Laissons de côté pour n'être\npoint plus royalistes que le roi, les artistes, compositeurs ou écrivains anglais : mais pourquoi,\npuisque l'on a consacré avec raison, un article assez étendu à M. Maurice Ravel, n'en avoir\npas fait autant pour M. Florent Schmitt et pour M. Déodat de Séverac ?\nPourquoi ? parce ce que sans doute nul dictionnaire international des contemporains ne\nsaurait être tout à fait complet, tout à fait à jour. S'abstenir par parti pris d'y faire figurer les\njeunes eut été pire, et il faut bien reconnaître que les éditeurs du ont des deux maux\nchoisi le moindre. M. D. C.\nJOSEF MACHAC. Bedrich Smetana a cizina (Prague in-8° 1910.)\nTHEOBALD KRETSCHMANN. Tempi passati (Vienne in-8° 1910.)\nDeux livres intéressants viennent de paraître dus, l'un à un musicologue, l'autre à un\nmusicien tchèques. Le premier Bedrich Smetana a cizina (Frédéric Smetana et Vétranger) établit\nl'inventaire complet des succès et défaites de l'œuvre de Smetana hors des frontières de\nBohème. L'auteur M. Josef Machac en a rassemblé les matériaux depuis six ans et à propre-\nment parler n'a rien omis. Il est triste de constater que, dans la connaissance de l'œuvre du\nmaître tchèque la France est restée en arrière même sur la Roumanie et l'Espagne. M. Machac"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.66", "texte": "640\nS. I. M.\n\npréconise hautement l'idée de grands festivals internationaux à Prague et propose quelle\nNarodu divadloexporte tels quels, en tchèque, les Smetana. Il y toutes chances pour qu'ils\ncontinuent de remporter à l'étranger les mêmes succès qu'à Vienne lors de VExposition interna-\ntionale de Théâtre et de Musique en 1892, épisode qui demeure l'un des points culminants de\nla carrière du poète F. A. Subert, alors directeur du Théâtre National.\nLe second de ces livres, en allemand, sous le titre italien de Tempi passati est du autant\nà la bonne humeur et à l'humour qu'à la plume de M. Theobald Kretschmann, un vieux\ncamarade de Sevcik, longtemps violoncelliste à l'Opéra de Vienne, après ceux de Prague et de\nBreslau. Ce sont des souvenirs qui apportent une contribution importante à l'histoire de la\nmusique en Autriche depuis 1858. A noter surtout les deux chapitres consacrés à Smetana et\nà Dvorak, puis ceux concernant Brahms et Robert Franz, Bayreuth de 1876 (un véritable\njournal des répétitions auxquelles Kretschmann prenait part). Le livre entier, du reste, se lit\navec le plus parfait agrément même par le pire profane en matière musicale. W. R.\nDÉCOUVERTE. Le célèbre concerto d'orgue en rè mineur, de Wilhelm Friedemann\nBach cette pièce superbe que tous les exécutants ont inscrite à leurs programmes, depuis que\nM. Auguste Stradal en a fait la magistrale transcription que l'on sait pour le piano, vient\nd'être reconnue pour une simple transposition, très à la Bach, mais enfin transposition d'un\nconcerto de violon d'Antonio Vivaldi. On sait que J. S. Bach, père, lui-même fut incité à écrire\nses concertos pour piano et orchestre, par les œuvres du \"preto rosso'n propagateur du concerto\nde violon solo, et que déjà il avait transposé des concertos de violon du Kapellmeister du duc\nde Hesse (régent de Mantoue. Vivaldi n'a pas été établi à Darmstadt) : il en a arrangé six\npour piano, quatre pour orgue ; et, pour quatre pianos, celui de Vivaldi pour quatre violons en\nsi mineur. Des élèves de Bach, le duc Ernest de Saxe, Benedetto Marcello, Telemann, firent\ndes arrangements analogues. Or voici que le musicographe munichois, M. Ludwig Schittler\nqui travaille à une édition des œuvres \" inconnues \" de Friedemann Bach, a trouvé un manus-\ncrit du concerto, à la Bibliothèque royale de Berlin, dont le titre énonce sans laisser subsister\nde doute que la composition originale est de Vivaldi. Faisant ensuite des recherches dans le\nfonds de 80 (quatre-vingts) concertos manuscrits qui gisent, assez délaissés, à la Bibliothèque\nde Dresde, M. Schittler eut la bonne fortune d'y découvrir en effet l'œuvre originale du\nmaître italien.\nNe parlait-on pas, ces temps derniers, dans notre monde musical contemporain, de\nl'originalité des thèmes et de mélodies prises dans la rue ? Un Bach transcrivait et remaniait les\nœuvres de ses voisins aussi bien que les siennes propres. Ne nous montrait-on pas ici même,\nrécemment, que Haendel en usait avec une égale et superbe désinvolture ?... M. Mtd.\nGRAVES (L. C.) Musical Monstrosities.(London, Isaac Pitman 190 g. In-160).\nNe pensons pas à Berlioz, ni aux Grotesques de la Musique : l'esprit français, même\nromantique, a toujours eu des réticences et des subtilités que l'humour anglais ne connaît pas.\nLes Français trouveront peut-être que M. Graves manie souvent la plaisanterie à coups de\nmassue. Et cependant, à ses fictions les plus ahurissantes, il mêle toujours un fonds de vérité :\nainsi nous apprenons grâce à lui que M. Godowsky dévoue ses loisirs à un traité sur l'histoire\ndu Bi Métal ; que le Pr. MetchnikofF, dans son Traité sur la Prolongation de la vie, a conclu\nque la carrière la plus conservatrice est celle de Choriste dans un Opéra Italien ; que la Royal\nCommission a suggéré l'emploi d'un \" Pole-Tax,\" contre tous les virtuoses dont le nom\ncomporte plus d'un certain nombre de consonnes consécutives La méthode, un peu"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.67", "texte": "LES LIVRES\nA. I. Schmidt.\n\n641\n\ndéconcertante, irrite parfois mais amuse quand même. Quelques illustrations ajoutent à l'ori-\nginalité de ce petit volume.\nENGEL (CARL). The music ofthe most a (London, William Reeves, in 8°).\nSMITH (HERMANN). The world's earliest music. (London, William Reeves, in 8°).\nDeux livres, de sujets à peu près identiques, publiés en Angleterre tous deux, et se\nressemblant jusque dans leurs défauts. On a trop longtemps oublié, de l'autre côté de la\nManche, que l'histoire de la Musique est une science, et que la science ne se base pas sur des\nconjectures. Pour nous, habitués a d autres procédés, il a quelque chose d'irritant à suivre\ndes raisonnements qui s'arrêteront toujours en chemin, et où s'entremêleront, sous couleur de\nlittérature, des appréciations humoristiques voisines de l'enfantillage.\nM. Smith a sur M. Engel ce mérité de poser très nettement les problèmes, lors même\nqu il ne parvient pas toujours à les résoudre. Son chapitre sur l'évolution de la flûte, particu-\nlièrement ingénieux, nous a paru un des meilleurs du volume ; cependant, le mérite d'avoir\nsignalé la parente du double aulos avec le lioneddas de Sardaigne revient à ]VI.\nRegrettons que M. Smith s obstine a nous donner comme étrusques des reproductions extraites\nde vases grecs. Rcgiettons aussi son mépris pour la musique chinoise Uqui ne peut avoir que\npeu d attraits poui nous, et son enthousiasme exclusif pour le système diatonique, 66 ce trophée,\na la conquête duquel la musique a marché pendant des milliers d'années.\" Le temps s'est\nchargé déjà de faire raison de ces assertions.\nNos deux auteurs consacrent tous deux de longues pages à l'évolution de la lyre antique,\nqu ils confondent 1 un et 1 autre avec la cithare ; leurs hypothèses à ce sujet sont dès à\nprésent mises a néant par le très remarquable travail de Miss Schlesinger sur les Origines du\nViolon.\nLe livre de M. Engel, tout entier, est appelé au même sort: déjà la plupart des problèmes\nqui y sont effleures ont fait l'objet d'une abondante bibliographie : son capital défaut est de\ndater de 1864. nous décrit la musique chinoise, d'après les écrits du Père Amiot, les\nantiquités égyptiennes d'après M. Villoteau, et ne cite Homère que dans la traduction de\nPope. Il expedie en deux pages la question de la double flûte, en une phrase celle de la musique\ntzigane, et passe sous silence les origines du luth. Et que dire de généralisations hâtives comme\ncelle-ci : u Les progrès dans la musique ont été beaucoup moins rapides que dans les autres\narts, a cause de la lenteur qu'ont mis les instruments à se perfectionner.\" Ou bien : u les\npeuples les moins civilisés sont ceux qui accordent la plus grande prédominance aux paroles\nsur la musique.\" Et encore : u Les plus anciens chants juifs étant en mode phrygien et\nmyxolydien, comme beaucoup de chansons arabes et turques, il faut voir là une caractéristique\nde la musique orientale\" Foute la musique bretonne est là pour contredire cette théorie.\nEnfin, M. Engel, aussi bien que M. Smith, travaillent l'un et l'autre à reconstituer des\nmusiques disparues, d'après les instruments qui les exécutaient. Le procédé est plausible\nbien qu on puisse se demander au contraire si ce n'est pas la musique qui détermine les\ninstruments, et non les instruments qui déterminent la musique mais pour l'appliquer, il\nfaudrait la divination d'un Cuvier, qui avec une vertèbre ou une dent reconstituait le monstre\nd une époque disparue. Ni M. Smith, ni M. Engel 11e me paraissent y avoir réussi."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.68", "texte": "642\nS. I. M.\n\nLIVRES REÇUS\nBACH. Jahrbuch der neuenßachgesellschaft, (Leipzig, Breitkopf et Hartel 1909 in 40).\nFEININGER (KARL). An experiential psychology 0} music. (New-York, A.\nGemunder and Sons, in 40 de 320 p.).\nFONDI (ENRICO). La vitaeP opéra\n(Rome, Modes 1909 in 12° de 135 pages).\nGASTOUÉ. Traité d'harmonisation du chant Grégorien. (Lyon, Janin 1910, in-8°\nde 130 p.).\nHARDY. Rodolphe Kreutzer. (Paris, Fischbacher 1910 in-8°).\nISTEL. Das Kunstwerk Richard Wagners. (Leipzig, Teubner 1910 in-40 de\n145 p.).\nKATALOG DER MUSIKBIBLIOTHEK PETERS. Tome I, (Leipzig,\nPeters 1910 in-8° de 227 p.).\nILLUSTRIERTER TONKÙSTLER KALENDER, (Munich, Mûller in 8° de\n75° p.p.). • I\nLOGAN. Musicology. (New-York 1910, Hinds, Noble et Eldridge in-120).\nPROCEDINGS OF THE MUSICAL ASSOCIATION. (Londres, Novello 1910\nin 12° de 128 pages).\nRADICIOTTI. —G. B. Tergolesi. (Rome, Edition musica 1910 in 8° de 292 p.).\nSTIEVENARD. Traite des principes (Hamelle 1910 in 8°).\nTARDUCCI. Storia de S. Gregorio (Rome, Pustet 1909 'n\"B° de\n499 P-)-\nVOIGT. Excursionsbuch z um Stu (Leipzig, Quelle et\nMeyer in-120).\nPRODHOMME (J. G.). Œuvres en prose de Richard IVagnery Tome VI. (des\nGesammelte Schriften tome IV et VII). (Paris, Ch. Delagrave ini2° de 252 pp.)\nWOLF (HELENE). IVie studiert man (Magdebourg I9Io> Heinrischs-\nhofen's Verlag in-120)."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.69", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU VENDREDI, 28 OCTOBRE\nLa Séance est ouverte à 41/4 heures, chez MM.Gaveau, étaient présents: MM. Charles\nMalherbe, Président ; J. Ecorcheville, L. Dauriac, J.-G. Prod'Homme, A. Boschot, M. et\nMme G. Lefeuve, MM. Ruelle, A. Laugier, F. Guérillot, L. Greilsamer, A. de Bertha,\nMeUe Babaian. S'étaient excusés : Mme Filliaux-Tiger, M. Daubresse et Mutin.\nAprès la lecture du procès-verbal, la candidature de M. le Comte G. Chandon de Briailles\nprésentée par M. Charles Malherbe et M. J. Ecorcheville, est admise à l'unanimité.\nLe Président prend la parole pour faire l'éloge de notre Collègue Pierre Aubry, dont la\nperte a été si douloureusement ressentie par toute la Section. Il retrace la vie de notre ami, et\nfait un tableau de son inlassable activité.\nLa Séance est levée en signe de deuil.\nSECTION DU MIDI DE LA FRANCE\nUne nouvelle Section de notre Société vient de se former, grâce à 1 initiative de M. Chr.\nL'Hôpital, inspecteur d'Académie du Gard : la Section du Midi. Le comité en est ainsi\ncomposé :\nPrésident : M. Chr. UHôpital, à Nîmes.\nSecrétaire : M. Caillaba, à\nTrésorier : M. Ch. Gervais,\nNous sommes heureux d'applaudir à la création de cette nouvelle Section et de constater\nque la région du Midi qui a toujours été favorable à la musique, 1 est maintenant aussi à la\nmusicologie."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.70", "texte": "Vient de p\nCATALOGUE\nDU FONDS DE MUSIQUE ANCIENNE\nDE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE\n(IMPRIMÉS ET MANUSCRITS)\nPAR\nJULES ECORCHEVILLE\nDOCTEUR ÈS-LETTRES\nOuvrage publié sous le patronage de I'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS.\nHuit volumes grand in-40 de 250 pages chacun, compre-\nnant dix mille thèmes de musique, et un grand nombre de\nfac-similés\nL'ouvrage complet : 500 francs.\nLe fonds de musique ancienne, manuscrite et imprimée, qui\nse trouve au département des imprimés de notre Bibliothèque\nNationale, constitue un dépôt fort important et encore peu connu.\nL'lnventaire Général de la Bibliothèque avait réservé cette série\nmusicale pour un classement ultérieur que les nécessités budgétaires\navaient jusqu'ici fait ajourner. Grâce à l'initiative de l'Académie des\nBeaux-Arts et de la Société Internationale de Musique, ce travail\nconsidérable a pu être entrepris et mené à bonne fin.\nLE TIRAGE EST LIMITÉ A 200 EXEMPLAIRES."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.71", "texte": "Spécimen d'une illustration du Catalogue de la Bibliothèque Nationale."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.72", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nC'est par la i 6 de la Damnation de\nFaust qu'a commencé la saison musicale, ainsi\nqu'il est d'usage au Chatelet. M. Pierné, qui\nn'est pas un ingrat, devait cette dévotion\nliminaire à Berlioz. Il l'a renouvelée le di-\nmanche suivant, ménageant nos émotions en\nvue des nouveautés annoncées, peu nombreuses\nd'ailleurs. Cette quiétude n'a pas été troublée\npar une ouverture de féte écrite par M. Saint\nSaëns pour l'inauguration du Musée Océano-\ngraphique de Monaco, et donnée par M. Pierné\nà l'occasion des 75 ans du Maître.\nLe troisième concert nous offrait l'ouverture\nnon moins inaugurale de Beethoven, zur\nWeihe des Hauses (op. 124) qu'on joue rare-\nment, page sans caractère dramatique dont\nl'écriture est le principal intérêt. Le Chant\nFunèbre de M. Alberic Magnard exprime\nnoblement d'intimes et profondes émotions.\nDans l'exquis Concerto Brandebourgeois, en\nré, de Bach, où la partie de clavecin est d'une\nimportance et d'un intérêt exceptionnels,\nMlle Selva fut une admirable interprète, comme\nelle l'avait été à la Société Bach. Une telle\nœuvre ainsi jouée rayonne sur tout un concert.\nLa symphonie • d'Ernest Chausson et celle\nen mi bémol, de Borodine sont presque des\nnouveautés et il faut louer M. Chevillard d'en\navoir orné ses deux premiers programmes. Il\nest difficile de parler après l'analyse pénétrante\nque lui consacrait l'autre jour M. Boschot,\nde la symphonie de Chausson, \" œuvre très\nhaute, sincère et probe, mais habillée selon\nune mode qui n'est déjà plus à la mode et\nqui n'a pas encore l'ascendant des choses\nd'autrefois. \" Comme bien des choses, elle\ngagnera en vieillissant. Borodine, lui, a gardé\nsa fraîcheur orientale, un peu simple et super-\nficielle, mais intéressante tout de même. Les\ndeux solistes de ces séances furent M. Renaud\nde l'Opéra et M. Jacques Thibaud, pour les-\nquels tout l'encens des louanges a été brûlé.\nMais leur perfection technique est-elle exempte\nd'affectation, et leur charme de préciosité ?\nCe sont deux merveilleux artistes, voilà ce que\npersonne n'osera contester.\nAu Salon cTAutomne, parmi les peintures\neffarantes et les sculptures chaotiques, M. Pa-\nrent a voulu donner cinq séances de musique\ncontemporaine, ce dont il faut grandement le\nlouer. Il apporte à cette tâche un peu ingrate\nsalle d'acoustique médiocre et de tempéra-\nture fraîche, public encore ahuri ou égayé de\nla peinture qu'il vient de voir sa foi et son\nardeur habituelles. (Notez qu'entre temps, il\ndonne à la Schola tout l'œuvre de musique de"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.73", "texte": "402\nL'ACTUALITÉ\n\nchambre de Schumann). Les œuvres entendues\nau Salon d'Automne l'ont été déjà a la Schola\nou à la Nationale et nous les avons signalées à\nleur apparition. Elles résument assez bien les\ntendances actuelles.\nLa Société Philharmonique annonce une\nbelle série de séances. Elle a débuté par une\nsoirée tout à la gloire de M. Saint-Saëns,\ntoujours jeune et toujours applaudi. Il a joué\navec une légitime coquetterie le con-\ncerto de Mozart qui figurait à son premier\nconcert en 1846 salle Pleyel et à celui qu'il y\ndonna cinquante ans plus tard. Le 2,m trio,\njoué par M. Hayot, M. Salmon et le Maître,\nest certes toujours intéressant. Mais on aurait\ndû lui joindre une autre page de musique de\nchambre plutôt que les mélodies qu'a chantées\nMme Auguez de Montalant et les pièces de\npiano qu'a jouées avec perfection\nMme la Comtesse de Guitant. L'hommage eut\nété plus complet et plus exacte l'impression\nsur l'auditoire.\nFaut-il, pour être à peu près complet (ce\nqui ne nous arrivera plus guère les prochains\nmois) signaler l'orchestre russe de balalaïkas\nentendu ce mois-ci au I héâtre Sarah-Bern-\nhardt ? Il y eut' là un soliste merveilleux,\nM. Trojanowsky, pour tirer parti de la man-\ndoline nationale, et un groupe de 25 artistes,\nsoutenus par deux cithares. Sonorité curieuse,\nquelques airs populaires bien harmonisés par\nM. Andreeff, le capellmeister, mais trop de\nvalses, vraiment.\nAttendons, sans impatience, novembre et le\ndéluge musical dont il nous menace.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince.\nComme tous les ans à pareille époque, Vactivité musicale de la province ne fait que renaître.\nNous avons cependant reçu quelques intéressantes correspondances que nous sommes heureux d insérer.\nBREST. Le répertoire lyrique de cet\nhiver promet d'être servi par une interpréta-\ntion de choix, à en juger par le grand succès\nobtenu jusqu'à ce jour par Mmes Luisa Myriel et\nMuller, MM. Deliano, Engelibert et Escach\nsur la scène du Grand Théâtre. •\n\" Manon \" Lakmé \", \" Werther\n\" Mignon \", le \"Jongleur de Notre-Dame \"\n\" Louise \" ont attiré au théâtre beaucoup de\nmonde, et notre public, d'ordinaire assez\ndifficile, a témoigné aux pensionnaires de\nM. Dorfer toute sa satisfaction.\nL'orchestre a été transformé : toute une\npartie se trouve logée sous le proscenium : le\nrésultat est admirable pour nos excellents\nmusiciens, que dirige avec talent M. Brisard.\nQuo Vadisr La Habanera, Don Quichotte,\nque l'on doit prochainement monter, s'en\ntrouveront bien.\nOn annonce aussi la création à Brest d'un\nouvrage inédit : les Fiancés d'Armor, drame\nmusical d'une forme originale, de MM. Per-\npignan et Pierre La Heuzanne. La troupe\nd'opérette, avec la joyeuse Mlle Neyral,\ncomme divette, est fort goûtée.\nJ. s.\nBORDEAUX. Après quelques mois de\nchômage, la musique à Bordeaux, eommence\nde nouveau à reprendre droit de cité. Ainsi\nnotre Grand Théâtre vient de faire une ouver-\nture sensationnelle avec les \" Huguenots. \"\nLa Direction Bory, a-t-elle, cette fois-ci,\ntrouvé la fameuse troupe homogène, si vaine-\nment cherchée depuis longtemps? La com-\npagnie ne manque pas de bons éléments,\nAttendons donc pour la juger, de la voir à\nl'œuvre dans des ouvrages sérieux et musicale-\nment intéressants.\nNotre Société Sainte Cécile (Conservatoire\nde Musique) nous promet, dit-on, une Saison\nmusicale très intéressante. Tout le monde sait"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.74", "texte": "Programme des Conférences et Auditions\nLa Musique Française au XIX1 Siècle et commencement du XX'\n\nLUNDI 5 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : L'ÉCOLE FRANCKISTE.\nAudition : ŒUVRES DE CASTILLON, VIN-\nCENT D'INDY, HENRY DUPARC, CHARLES\nBORDES.\nLUNDI 12 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : L'ÉCOLE FRANCKISTE (suite)\nAudition : ŒUVRES DE VINCENT D'INDY,\nERNEST CHAUSSON, PIERRE DE BRE-\nVILLE, ROUSSEL.\nLUNDI 19 DÉCEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : IMPRESSIONNISTES ET INDE-\nPENDANTS.\nAudition: ŒUVRES DE CHABRIER, DEODAT\nDE SEVERAC, CLAUDE DEBUSSY, RAVEL.\n\nLUNDI 7 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : DE 1800 à 1860\nAudition : ŒUVRES DE MICOI.O, BOIEL-\nDIEU, MEYERBEER, BERLIOZ.\nLUNDI 14 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence : DE GOUNOD A M. GUSTAVE\nCHARPENTIER.\nAudition : ŒUVRES DE GOUNOD, REYER,\nBIZET, MASSENET, BRUNEAU, CHAR-\nPENTIER.\nLUNDI 21 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence et Audition : LALO, SAINT-\nSAENS, FAURÉ.\nLUNDI 28 NOVEMBRE, à 4 heures 1/2\nConférence et Audition : CÉSAR FRANCK.\n\nCONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\nDÉLIVRÉS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements: Mr. J. NICATI, Directeur.\nH 13291 L\n\nGUITARE\nMlle B. DORÉ\nÉLÈVE DE MIGUEL LI.OBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nTéléphone 829.80\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\nPARIS. Rue Demours. XVIT'-"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.75", "texte": "The Clutsam Keyboard\nSyndicate Proprietary.\n\nD.R.P. 211650.\n\nLettre de M. ERNST VON DOHNANYI,\nprofesseur à l'Académie royale de Musique\nde Berlin :\nCher SKConsieur Clutsam,\nJ'ai grand plaisir à vous confirmer par lettre ce\nque je vous ai dit de vive voix. ylyant eu derniè-\nrement, à plusieurs reprises, l'occasion de faire usage\nde votre clavier circulaire, en public, je ne puis que\nm'en déclarer de plus en plus satisfait. Je préférerai\ntoujours les CLAVIERS CLUTSAM aux claviers\ndroits, et j'espère que le moment viendra c'est\ninévitable où je pourrai ne plus jouer sur d'autres\nque ceux-là.\nVotre très dévoué\nERNST VON DOHNANYI.\nA l'Exposition de Munich le clavier Clutsam est re=\nprésenté par la Maison GROTRIAN=STEINWEG. A\nParis, il se trouve en dépôt chez MM. PLEYL, WOLF\nLYON & Çie.\n\nBERLIN W. 50. * Pragerstrasse 22\nTelefon : Amt Wilmersdorf 3910"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.76", "texte": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome\n\nCaVaillé-Coll-Mutin\n\n15, AVENUE DU MAINE"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.77", "texte": "LES PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par les\ncomme les meilleurs du monde entier.\nE. MOULLÉ\nJ* J*\nAGENT GE\n1, RUE BLANCHE, PARIS.\nV\nR .\n1111 l IIIIIÉI\n;<v\ni« \\ '\n> V'\n-, r\nCéO\nC*>\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués dun goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nHECTOR BERLIOZ."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.78", "texte": "L'ACTUALITÉ\n407\n\nà Bordeaux, et depuis longtemps que pour\nnotre vieille Société Musicale, promettre et\ntenir c'est tout un et qu'elle est toujours à\nhauteur de son passé artistique, sous la direc-\ntion, toujours si appréciée de son comité\nmusical et de son éminent Directeur-Chef\nd'orchestre, J. G. Pennequin.\nNous publierons prochainement les pro-\ngrammes de huit concerts classiques, que\ndonne annuellement cette Société.\nV. GENDREU\nNANCY.—Concerts du Conservatoire.—\nM.-J. Guy-Ropartz vient d'arrêter les gran-\ndes lignes du programme de la Saison 1910-\n1911.\nPour commémorer le 20° anniversaire de\nla mort de César Franck (8 novembre 1890)\nquatre séances seront consacrées à l'audition\nintégrale des œuvres de concert du Maître :\nSymphonie en ré mineur, les Eolides, les\nDjinns, Variations symphoniques, le Chasseur\nMaudit, Psyché, Psaume CL, Ruth, Rebecca,\nRédemption, les Béatitudes.\nD'autre part, poursuivant la \" revue \" de\nla \" Symphonie française contemporaine, \"\ncommencée en 1900-1901 par l'audition des\nsymphonies écrites entre 1885 et 1900, M.J.-\nGuy-Ropartz fera entendre des œuvres com-\nposées entre 1900 et 1910 : Deuxième\nsymphonie de V. d'lndy, troisième Symphonie\nde Gédalge, symphonie de Th. Dubois, Sylvio\nLazzari, etc.\nLes onze ouvertures de Beethoven, dont\ncertaines sont si peu connues, figureront éga-\nlement au programme, en même temps que\ncertainesœuvres nouvellesdont ce sera à Nancy\nla première audition et dont la liste n'est pas\nencore définitivement arrêtée.\nEnfin un Festival Wagner sera donné avec\nle concours de M. Delmas, de l'Opéra.\nLes solistes des Concerts seront : Mll' Blan-\nche Selva et M. Edouard Risler (piano) M.\nHugo Heermann (violon) MUe Jean Marx\n(violoncelle) etc. Pour le chant, outre M. Del-\nmas et M\"11' P. Frisch, les artistes les plus aimés\nde notre public : Jean Reder, G. Mary,\nG. Monys, etc. etc., et d'autres encore selon\nles nécessités des œuvres pour soli, chœurs\net orchestres inscrites au programme.\nANGERS. Notre lerIer concert de la\nsaison a eu lieu Dimanche 16, sous la belle\ndirection de Rhené-Baton qui remplaçait au\npupitre de chef d'orchestre le sympathique\nMax d'Ollone.\nL'intéressante Symphonie en Fa de Boëll-\nmann ouvrait la séance avec son Lento si\npoignant, son gracieux Intermède, son presti-\ngieux Finale.\nLe baryton Jan Reder a remporté un vif\nsuccès avec une sélection des Poèmes d'Armor\npour chant et orchestre, de Louis Brisset et\nles Chants religieux, de Beethoven.\nLes délicieuses pages de Debussy : Cortège\net Air de Danse de l'Enfant Prodigue, la\nDanse Macabre de St. Saëns et l'ouverture\nd'Obéron complétaient le concert.\nUne intéressante matinée poétique et\nmusicale a été donnée chez Mmc D... Au\ntalent de l'excellente diseuse et d'une pléiade\nde jeunes filles, se joignait celui de Melle B. de\nM. qui, par sa diction, son chant et sa grâce,\na conquis le public particulièrement dans la\nDanseuse de Pompéï, accompagnée au piano\npar l'auteur, M\"lc' B.\nM. B.\nSALON. C'est avec impatience qu'est\nattendu le transfert du Conservatoire dans un\nnouvel immeuble qui permettra la création de\nnouvelles classes, comme, par exemple, la\nclasse d'instruments à cordes. La nécessite\nd'un local plus spacieux se fait sentir impé-\nrieusement.\nEn 1911 la Musique Municipale et 1 Union\nChorale s'en iront cueillir de nouveaux lauriers\ndans les Grands Concours.\nTROUVILLE. La saison musicale\ns'est brillamment terminée par une reprise du\nrépertoire d'Operette M'\"e Tariol-Baugé\nque nous n'avons eu qu'en Septembre a beau-\ncoup plu et a remporté de gros succès, très\nbien secondée par le reste de la troupe."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.79", "texte": "408\nL'ACTUALITÉ\n\nM. Figarella a été comme toujours très\napplaudi, il est parfait dans tous ses rôles tant\nd'opérette que d'opéra-comique. M. Lorrain\nest toujours très symphatique, Villat toujours\ndésopilant et Mme Mico la plus amusante des\nduègnes. L'orchestre et les chœurs sous\nF habile direction de M. Louis Masson furent\ntoujours dignes de tous les éloges.\nLe Casino nous promet une petite saison,\npour Pâques ; cette innovation sera bien\naccueillie par les personnes qui ont l'habitude\nde faire un séjour à cette époque.\nEglise N.D. de Bon Secours. Nous avons\neu à cette église une solennité musicale qui\navait attiré une nombreuse assistance. A l'oc-\ncasion de l'inauguration d'une statue de Jeanne\nd'Arc on a exécuté une cantate de circonstance\nécrite spécialement par J. Toutain-Grùn et\nque l'auteur a dirigée elle-même. Cette\nœuvre assez développée et écrite sur le mode\ndorien comprenait des soli qui furent chantés\npar Mm(i Lacoinbe-Olivier de l'Opéra dont la\nmerveilleuse voix sut rendre l'enthousiasme\ninspiré de l'héroïne ; le rôle du Ténor était\ntrès bien chanté par M. Bousseau de New-\nYork, élève du Maître Giraudet !\nLes chœurs obligeamment prêtés par le\nCasino-Salon ont été absolument remarqua-\nbles. L'Orgue et un petit orchestre complé-\ntaient la parfaite interprétation de cette belle\nœuvre qui a produit une grande impression.\nUn solo de violon (La vision de Jeanne d'Arc)\nd'une jolie couleur a été très bien rendu par\nM. Debruyne. Au salut il nous fut donné\nd'entendre : Un Ave Maria à quatre voix de\nTh. Porel, un Pater Noster de Bourdeney\npour ténor et chœur.\nAIX-EN-PRO VENCE. Dans la cathé-\ndrale St-Sauveur, M. Joseph Bonnet, le mer-\nveilleux organiste de Saint Eustache, nous a\ndonné un magnifique récital d'orgue.\nAu programme, des œuvres de Frescobaldi,\nBach, Clérambault, Buxtehude, Martini, et\nparmi les modernes, Schumann, Franck, Guil-\nmont, Tournemire, Messerer, Bonnet.\nUne très nombreuse assistance a admiré en\nsilence, mais avec ferveur le prestigieux méca-\nnisme de M. Bonnet, et surtout son style\nimpeccable.\nIl serait injuste d'oublier la maîtrise de la\ncathédrale, qui, sous l'intelligente direction de\nM. l'abbé Peyre, a bien interprété plusieurs\npièces anciennes et modernes.\nF. M.\nBOURGES. Encouragée par le succès\nsi vif qui avait accueilli 1' u Arlésienne \" en\njuin dernier, la Société des Fêtes a continué\navec \" Mireille \" la série de ses soirées à la\nhalle. Les deux représentations des 24 et 25\noctobre, qui feront date dans ses annales, ne\nl'ont cédé en rien comme valeur artistique à\ncelle du 13 juin.\nProfitant des conseils à eux dictés par l'ex-\npérience, les organisateurs n'avaient rien né-\ngligé pour faire de ce lieu public si détourné\npourtant de son affectation ordinaire, une\nconfortable salle de spectacle, qui permit à\ntous d'apprécier la valeur des interprètes.\nA signaler l'ampleur de la voix et la netteté\nde la vocalise dans Mllc Vallandri (Mireille),\nle timbre sympathique de M. Galand (Vincent),\ndignement entourés par Mauzin, Mlles Vilmer,\nJuliette Dorys.\nChœurs du Jardin d'acclimatation et or-\nchestre de 50 musiciens conduits habilement\npar M. Courrouy, auquel nous ne saurions\nadresser trop d'éloges pour le sens artistique\nd'interprétation qu'il possède et pour la maestria\ndont il fait preuve dans la direction.\nIl serait à souhaiter qu'un orchestre aussi\nhomogène, constitué avec les éléments et sur\nles bases actuels se fasse entendre non seule-\nment en tant qu'orchestre d'accompagnement,\nmais seul, dans des auditions spécialement\nréservées à lui, dans les chefs-d'œuvre de la\nmusique classique et moderne.\nO. M.\n\nBelgique.\nA LA MONNAIE. Tvan le Terrible,\nparoles et musique de M. Gunsbourg, vient\nd'être représenté sur notre première scène avec"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.80", "texte": "L'ACTUALITÉ\n409\n\nun soin, et avec un succès vraiment extraor-\ndinaires. C'est une représentation qui comptera\ndans les fastes de la Monnaie. Nous avons\ndéjà parlé de la conception du compositeur.\nPour lui, la mélodie seule a de l'intérêt, et il\ndonne au chant toute prédominance. Foin des\nrecherches harmoniques, foin des combinaisons\nde l'orchestration moderne ! Je comprends\nfort bien le principe de M. Gunsbourg, et je\nl'admirerais s'il n'était pas trop visiblement un\nu principe \" —. Evidemment, il ne faut pas\nexiger d'un artiste ce qu'il ne prétend point\nnous offrir. M. Gunsbourg se contente de\nréaliser des œuvres qui savent gagner sans\npeine le gros public, qui le charment sans fati-\ngue. C'est un mérite, appréciable, ma foi, et\nc'est surtout un titre à la reconnaissance des\nfoules dilettantes. M. Gunsbourg a d'autres\nqualités ; il n'a pas de rival comme metteur en\nscène, il excelle dans la technique de l'effet à\nproduire : ayant beaucoup d'expérience, il tire\nparti merveilleusement des moindres ressources.\nLe théâtre n'a plus de secret pour lui.\nDans l'œuvre présente, évocation de la\nsombre époque, dont tous les manuels d'his-\ntoire retracèrent les horreurs, où le tzarisme\nrouge, reçut le pourpre baptême du sang, le\ndramaturge trouve champ fécond.\nMalheureusement, à part les costumes, dont\ns'émerveilla notre critique officielle et que\ncélébrèrent à l'avance les communiqués,\ncostumes venus à grand frais des théâtres de\nl'Empire slave,— et quelques authentiques dan-\nseurs russes, il faut reconnaître que la couleur\nlocale fait défaut !\nEt pourtant M. Gunsbourg, russe de nais-\nsance, habitué aux péripéties d'une vie agitée,\navait toutes les qualités pour rendre la figure\nde ce terrible personnage.\nYvan le Terrible lui fournit la matière\nd'un intense mouvement de situations savam-\nment alternées, pour ménager les nerfs des\npaisibles spectateurs. Quant à la partition\nen elle-même, il y a ça et là de jolis passages,\nquelques belles phrases, un certain mouvement,\ndes tonalités heureuses, des chatoyements, des\nors, sur un ensemble parfois expressif. Rien de\ntrop poignant néanmoins. En somme, l'en-\nsemble porte, selon les désirs de l'auteur, et la\nsalle brillante des grandes premières a frémi\ndans tout son enthousiasme.\nM. Gunsbourg a connu chez nous l'ivresse\ndes triomphes. Il faut dire qu'il possédait\ndes interprètes de tout premier ordre, et que\nl'orchestre a réussi tout-à-fait, sous l'intelli-\ngente direction du sympathique et compréhen-\nsif M. Sylvain Dupuis, à mettre au point\nl'œuvre élue. Tout est bien donc, et sou-\nhaitons à nos maîtres belges de telles fêtes,\nlongtemps désirées.\nARTS, SCIENCES, LETTRES.\nMelle Aline Laleman compositeur et cantatrice\navait organisé par les soins du Spectacle Office,\nune intéressante Soirée Musicale le samedi\n20 Octobre à la Salle Erard. La programme\ncomportait une intéressante sélection de mélo-\ndies interprétées par leur auteur Mlle Laleman\net une série d'œuvres de Grieg, Mendelsohn,\nSchumann et Gounod avec le concours de\nMrs Chosty basse chantante, Doehaerd, vio-\nloniste, et Kauffmann pianiste.\n\nLA SCOLA MUSIC/E\nInstitut musical de ler1er ordre, 90 rue Gallait.\nBRUXELLES\nChant, déclamation, instruments, harmonie,\nesthétique musicale, littérature française.\nEtudes complètes."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.81", "texte": "VIENT DE PARAITRE\nA LA\nMAISON BEETHOVEN\n(GEORGES OERTEL)\nRUE DE LA RÉGENCE, 17-19, BRUXELLES.\n■PMHraMOHMnnBMHnHIHBI\nC. THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6.00\nKN LOCATION LE MATERIEL D'ORCHESTRE\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nD RAME LYRIQUE EN UN ACTE DE P. GILSON\nPARTITION : Piano et Chant."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.82", "texte": "L'ACTUALITÉ\n411\n\nM. Durant a donné le 16 octobre dernier,\nsous les auspices du Comité de l'Exposition,\nun concert entièrement consacré aux œuvres\nde César Franck ; il a été vraiment remar-\nquable.\n\"Psyché\" ouvrait la séance : cela manquait\nun peu de fluidité, de ligne enveloppante :\nil est vrai que la salle était d'une sonorité fort\ncrue néanmoins l'exécution dans l'en-\nsemble fut bonne : M. Durant a montré là,\nce qu'il peut donner lorsque la surcharge de\ntravail ne lui impose pas des études hâtives.\nAvec son admirable talent, M. De Greef\nvint ensuite; inutile de dire que les \"Djinns\"\ncette œuvre un peu ingrate, et les admirables\n\" Variations symphoniques\" n'eurent pas à se\nplaindre de leur interprète : peut-on parler\nencore de la merveilleuse technique de\nM. De Greef, de sa force, de sa délicatesse, de\nson jeu idéalement pur, de sa compréhension\nsouple et nuancée ? à peine pourrait-on lui\nreprocher parfois un romantisme un peu poussé\ndans l'expression : mais cela ne l'empêche pas\nd'être un grand pianiste. Le public lui a fait\nde tumultueuses ovations.\nOn donne rarement à Bruxelles des frae-\nments d'œuvres lyriques de Franck. Ceux du\nballet d' \" Hulda \" (la lutte de l'Hiver et du\nPrintemps) que nous avons entendus hier sont\npourtant pleins de vie et de couleur : il man-\nque bien à la symphonie printanière, victo-\nrieuse du lourd Hiver, un peu dé cette aérienne\nfraîcheur qu'on trouve dans le Prélude Fugue\net Variation, par exemple ; mais le premier\nmouvement est un chef-d'œuvre d'interpréta-\ntion musicale.\nLa symphonie en ré couronnait magni-\nfiquement l'ensemble du concert ; si l'alle-\ngretto fut traité à la manière rude, si le\nfinal fut d'un tempo instable, trop tiède dans\nles débuts, le premier mouvement, en revan-\nche, a reçu de M. Durant et de son orchestre\nune exécution vraiment d'éloges.\no O\nAussi le public, malheureusement clairsemé,\na-t-il rigoureusement applaudi tout le monde.\nLE CENTENAIRE DE LISZT.\nDe tous côtés l'on s'apprête à fêter le cente-\nnaire de Franz Liszt, né en 1811. A cette\noccasion, le pianiste Arthur van Dooren orga-\nnise une tournée de Récitals dans laquelle il\nsera accompagné- par le D 1 Dwelshauvers,\nconférencier, et une cantatrice de renom. La\ntournée débutera à Bruxelles, en janvier pro-\nchain.\nCONCERTS ISAYE. - - Il y aura 6\nconcerts au cours de la saison, au Théâtre de\nl'Alhambra, aux dates ci-après :\n29-30 octobre, 3-4 décembre, 14-15 jan-\nvier, 11-12 février, 1-2 avril. Plus 2 concerts\nextraordinaires : 22-23 aYri'> 6-7 mai.\nLes artistes suivants y participeront :\nChant : Mme Bosetti, de l'Opéra de Munich;\nMM. H. Dufranne, de l'Opéra de Paris ;\nH. Hensel, de l'Opéra de Wiesbaden.\nPiano : MM. Mark Hambourg ; Ossip\nGabrilowitsch.\nFiolon : MM. Eug. Isaye, Jacques Thibaud.\nVioloncelle : M. Jean Gérardy.\nCh. d'orchestre : MM. Otto Lohse, Edward\nElgar, Eug. Isaye et Théo Isaye.\nLe Tonkunstler orchester de Munich, sous\nla direction de Joseph Lassalle.\nAux programmes'.Bach, Mozart, Beethoven,\nSchuman, Brahms, Wagner, Strauss, Swen-\nden, etc.\nNouveautés : Suite Burlesque, A. Dupuis.\nSymphonie, Delcroix.\nRyelandt.\nElgar.\nLazzari.\nOuverture, Trémisot.\nPoème symphonique, Buffin.\nLa forêt et l'oiseau, Théo Isaye.\nLA MUSIQUE BELGE A L'ÉTRAN-\nGER. Après une saison magnifique au\nKursaal d'Ostende, le maestro, Léon Rinskoff,\nse prépare comme les années précédentes à\nporter et défendre au loin le bon renom de\nnos compatriotes.\nLes tournées antérieures en Allemagne et\nen Angleterre ont eu, on s'en souvient, un\ngrand succès, et les festi qu'il donna de\nmusique belge furent bien goûtés."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.83", "texte": "412\nL'ACTUALITÉ\n\nCette année, en décembre, à Budapesth, en\nHongrie, puis à Rome et à Nice; en janvier,\nil donnera des auditions des œuvres suivantes ;\nOuverture de Godlieve . . . Ed. Tinel.\nMacbeth, poème symphonique . S. Dupuis.\nVariations symphoniques ... P. Gilson.\nPsyché, poème symphonique . C. Frank.\nDanses flamandes J. Blockx.\nFantaisie sur des thèmes popu-\nlaires wallons Th. Ysaye.\nNul doute qu'avec l'ardeur infatigable,\ntout le sentiment artistique et la grande com-\npréhension des œuvres qu'il fait exécuter, le\nsympathique maestro, n'obtienne cette année,\ndans sa tournée, le même et peut-être encore\nmeilleur succès que précédemment. Tous nos\nvœux l'accompagnent.\nCONCERTS POPULAIRES. Les\nquatre concerts d'abonnement auront lieu aux\ndates ci-après: 19-20 novembre 1910, premier\nconcert, avec le concours de M. Misha\nElmann, violoniste ; 21-22 janvier 1911,\ndeuxième concert, avec le concours de Mlle\nClara Sansoni, pianiste; 18-19 février, troisième\nconcert, avec le concours de Mmc Leffler-\nBurckard, cantatrice de l'Opéra royal de\nBerlin ; 25-26 mars, quatrième concert con-\nsacré à l'exécution de La Création, oratorio\nd'Haydn, soli chœurs et orchestre.\n\\\nLIEGE. Les débuts du théâtre royal\nn'ont pas, jusqu'ici, donné grande satisfaction.\nPlusieurs nouveau-venus ont dû résilier.\nI reize opéras joués en dix-sept jours énervent\nles interprètes. Réservons donc notre avis.\nLes nouveautés de la saison seront : Mme\nButterfly de Puccini, Mona Vanna de Février,\nla Glaneuse de Fourdrain et Kermesse ! d'Arthur\nvan Dooren, le sympathique pianiste bruxel-\nlois. Une œuvre belge... bravo !\nL'administration communale a organisé, à\n1 occasion de la visite des Conseillers munici-\npaux parisiens, un grand concert de solistes\n(Eugène Ysaye, Jean Gérardy, Mlk' de Ceu-\nninck) que dirigea M. Sylvain Dupuis. Elle a\noublié d'y convier la presse musicale.\nDR DWELSHAUVERS.\nANVERS. Le Gala Français aura lieu\ncette année le 23 ou le 30 novembre, au\nThéâtre Royal. La représentation comportera\nMlîie Butterfly, avec le concours de Marguerite\nCarré, MlllO Brohly et M. Léon Beyle de\nl'opéra comique. S'adresser à M. le Prési-\ndent de la Chambre de Commerce française,\n15, Longue rue de l'Hôpital, Anvers.\nLa société royale du Jardin Zoologique donnera\nde nombreux concerts en la saison 1910-1911,\nsous l'éminente direction de M. Edward\nKeurvels, musicien savant, chef d'orchestre\naccompli. Du 1 novembre au 29 mars, les\nmercredis à 8 1/2 du soir et dimanche à 3 1/2\naprès-midi.\nParmi les virtuoses qui prêteront leur con-\ncours à ces concerts : MM. Laurent Swolfs,\nLudwig Froelich, Mlle Hélène Luquiens,\nJ. Daene, May Harrisson, M. J. Riss-Arbeau,\nM. Jesu Daisy, Jules Tordo, Casella, Ml]e\nClair Bamberg, Aima Mandie, A. Raveau,\nJ. Bonnet, Gérard, Heking, Denaucy, Mlle\nHeilbronner, Fernand Charlier, Raoul Pugno,\nMile Maud Delstauche, Mark Hamburg, Mlle\nRotsaert, Louis Robert, Henriette Renié,\nPovla Frisch, Ph. Gaubert, César Thomson,\nFlora. Joutard-Loevensohn, H. Ven-Elsacker.\nLa société des Concerts de Musique sacrée\nannonce pour la saison l'exécution de Josué de\nHaendel, et la Messe en si mineur de Bach.\nJosuè n'a jamais été entendu en Belgique.\nLes dates et détails de ces solemnités seront\ndonnées ici prochainement.\n—M. Mahillon, est nommé conservateur en\nchef à titre personnel du musée instrumental\ndu Conservatoire royal du Bruxelles.\nUne fanfare wallonne vient de se créer à\nIxelles. S'adresser à M. Stéphane, compositeur\n137, Avenue du Pesaye, Ixelles.\nLa société : La IVallonie, sous la direc-\ntion de M. L. Laurent, professeur de chant,\ndonnait, le 8 octobre, une excellente soirée.\nM. Bricoult, ténor remarquable, à la voix\nsympathique et puissante, joliment timbrée,\nfort bien conduite, M. Gonze baryton, qui\nunit une culture parfaite à d'égales qualités,\nMlle Mary Roosen la charmante cantatrice\ndont nous avons ici-même noté déjà les succès"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.84", "texte": "L'ACTUALITÉ\n413\n\nprometteuses,, et Mlle Le Brun, excellente\npianiste, prêtaient leur concours à cette fête.\nLa Société des nouveaux sous la\ndirection du compositeur\ndonnera au Théâtre Royal cinq grands con-\ncerts.\nLOUVAIN,— M\"' Raphaële Rodhain, la\ncharmante artiste est engagée pour une repré-\nsentation de Werther,les 26 et 30 novembre.\nLes Louvanistes se feront fête d'applaudir leut\ncompatriote*\nTOURNAI. - La section dramatique de\nla Société Royale des\nsiens organise un grand concours international.\nEcrire à M. Tordeur, secrétaire,. Avenue du\nMaire,, pour renseignements.\nNous détachons, dans La\nrevue Suisse, publiée sous la direction de\nM. Georges Humbert, l'article suivant, con-\nsacré à une artiste de valeur, que le public\nbelge eut l'occasion d'applaudir souvent, et\nqui fait honneur à Mllc Lefébiue> l'excellent\nprofesseur de chant dont elle fut l'élève.\n\" A F Exquise interprète deGodelieve \" inscri-\nvit le maître Edgar Tinei au bas du portrait\nqu'il offrit à Mlle Homburger, et peu après,\nla charmante cantatrice recevait de la reine\nmère d'ltalie un superbe bijou. C'est dire que,\nquoique jeune encore, l'artiste a déjà connu\nles succès.\nMll'' Eisa Homburger est Saint-Galloise, de\ncette Suisse allemande qui a fourni déjà plus\nd'un chanteur à l'Allemagne, voir même à la\nFrance. Il est vrai qu'à l'âge de seize ans à\npeine elle partit pour Bruxelles et qu'elle y fit\ntoutes ses études musicales. Avec des profes-\nseurs du Conservatoire, mais non point comme\neleve de l'établissement lui-même, MUe Eisa\nHomburger travailla le solfège, l'harmonie, le\npiano et la déclamation ; puis elles devint,\npour le chant, disciple fervente et exclusive de\nMlle H. Lefébure.\nCinq ans plus tard, en 1901, - en posses-\nsion de tous les secrets de l'art vocal et douée\nd'une voix de soprano \" sympathique, cares-\nsante, pure comme le cristal et très étendue \"\nelle débute dans un concert du \" Maen-\nnerchor \" de Zurich, sous la direction de\nM. C. Atte n ho fer. Elle chante ici et là,\noratorios, concerts d'église, soirées de lieder,\navec un succès croissant, et se fait hautement\napprécier comme professeur de chant dans sa\nville natale.\nMlle Eisa Homburger ne devait pas tarder\nà être appelée en Belgique, par la \" Société\nde musique \" de Tournai qui, sous l'excel-\nlente direction de M. H. De Loose, organise\nannee après année de grandes auditions d'ora-\ntorios. Notre cantatrice y chanta le\nde J, Brahms, Sainte-Lu/hnile d'A. Dvorak,\nSmnte-Godelive d Edg. T. inel. Puis ce furent\ndes engagements à Paris, à Wiesbaden, à\nMulhouse, à Turin, en Suisse naturellement,\net, cet hiver même, A/\"*'\npose oie donner à Bruxelles \" \"\nanalogue à celui qui lui valut il y a deux ans,\ndans la même ville, un très grand succès.\nG AND. - La direction du Grand,-Théâtre\na été confiée cette année à un de nos con-\ncitoyens, M. Pierre De Meyer, un Heldentenor\nqui jouit en Allemagne d'une bonne réputa-\ntion. M. De Meyer s'est assuré le concours\n1} # r i\nd artistes français et allemands ; il peut ainsi\npuiser dans des répertoires très différents et\ndonne des spectacles aussi variés, qu'intéressants.\nIl n'est pas banal de voir alterner sur l'affiche\nd'un théâtre de province :\ndie IV, alkûre, Carmen, la\nla vue de 'Bohème, Tiefland, sans compter\nl'opéra Lira du compositeur gantois Joseph\nVander Meulen, qui remplit les fonctions de\nchef d'orchestre, avec l'excellent d'Oscar\nBecker»\nLes chanteurs français sont de valeur iné-\ngale. Le soprano insuffisant sera remplacé.\nDans Samson et Dali la, le beau contralto de\nMlle Berthe Soyer a fort agréablement fait\nvaloir les caressantes mélodies de Saëns mais\nles qualités dramatiques de cette artiste ne\nsont pas à la hauteur de ses. ressources, vocales,\net son apparition dans n'a que trop\npermis de constater la différence, M. De\nMeyer, qui chante dans les deux langues, a"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.85", "texte": "414\nL'ACTUALITÉ\n\nété un Samson émouvant, tandis qu'un autre\nténor, M. G. Dufriche se faisait applaudir\ndans Faust, dans Carmen, et surtout dans\nPaillasse. M. Florian est un jeune baryton\nd'avenir. La basse, bonne, est M. Dôrich-\nSteinar qui appartient en même temps à la\ntroupe allemande.\nDans son ensemble, celle-ci est de qualité\nbien supérieure. Elle a fait un brillant début\ndans la Walkûre, avec M. De Meyer dans le\nrôle de Siegmund, M. Dorich-Steinar dans\ncelui de Hunding, IVI. Schutzendorff, dans\ncelui de IVotan-, MUe Weingarten était\nM\",e Hansen, 'Brunnhilde et Mme Blegenburg,\nFricka. Le succès de ces artistes s'est affirmé\ndans le Tiejlandd'Eugen d Albert.\nLe public français ne connaît pas encore les\nœuvres dramatiques du célèbre pianiste vir-\ntuose qui se double d'un compositeur de pre-\nmier rang. Dans Tiejland, E. d'Albert a su\nrendre d'une façon saisissante le contraste\nentre les sentiments purs et nobles des habi-\ntants de la montagne et les instincts bas et vils\ndes gens de la plaine, du Quoique\nl'action se déroule en Catalogne, au bas des\nPyrénées, d'Albert n'a pas voulu la localiser\nmusicalement, par l'emplio de thèmes et de\nrythmes espagnols. Ce sont des idees générales\nqu'il tient à exprimer, et il les exprime par\nles voix de l'orchestre où des thèmes symbo-\nliques s'entremêlent et se combattent tandis\nque les personnages, sur la scène, ont pour\nmission d'évoquer l'action spécialisée dans le\nlivret. D'Albert connaît toutes les ressources\nde l'orchestre moderne, et il les utilise heu-\nreusement. Au premier abord, l'œuvre paraît\ns'inspirer de la manière violemment mouve-\nmentée du vérisme italien ; mais elle me\nparaît être, en réalité, d'un art plus élevé que\nles opéras des Mascagni et des Puccini.\nL'interprétation de est bonne :\nMi'e Weingarten [Marthaet M. Dônich-\nSteinar (Tomasso) encadrent artistement\net Sebastiano,si bien campés par MM. De\nMeyer et Schiitzendorf.\nIl convient d'ajouter que les petits rôles et\nles chœurs ne donnent lieu à aucune critique,\nce qui est aussi très rare en province. Ils ont,\nau contraire, fait souvent preuve de qualités\nsérieuses de discipline et d'intelligence.\nLa Feuve Joyeuse de Franz Lehar fait\nflores à la fois en flamand, au Théâtre néer-\nlandais, et en français, au .Théâtre Minard.\nAu Collège musical, mon excellent con-\nfrère, M. Dwelshauvers, a fait, avec un vif\nsuccès, une intéressante conférence sur la\ntechnique pianistique mPropagandiste\nconvaincu des théories de Breithaupt, il a\nmontré que l'ancienne technique était irra-\ntionnelle au point de vue physiologique, et\nque, d'autre part, elle était devenue insuffisante\ntant pour les œuvres modernes que pour les\npianos actuels. Il faut, aujourd'hui, autre\nchose que de la vélocité. M. Dwelshauvers a\nexposé avec clarté les caractéristiques de la\nnouvelle technique, et il a terminé, fort judi-\ncieusement, en rappelant que la technique ne\nsuffit pas pour former un artiste : celui qui\naspire à ce titre doit aussi faire l'éducation de\nson intelligence, par la pratique et l'analyse\ndes œuvres des maîtres et par l'étude de\nl'histoire de son art.\nDR PAUL BERGMANS.\nBIBLIOGRAPHIE. Des cahiers de\nmusique Scandinave, éditée par M. Willem\nHansen. (Représentant exclusif pour la Belgi-\nque ; Mme VVe Ratto.), fort intéressants :\nSehytte. Die kunst auf dem klavier zù\nzingen.\nSincling : op 82.\nSinding : Sonate pour piano.\nHalvorsen : Chant de la Vesfenroy.\nBurmester : Gavotte (violon et piano).\nAlbum pour piano :La musique Scandinave\nà l'Exposition 1910.\nExtraits ele la Tresse élégante brochurette,\naccompagnée d'une ravissante photographie et\nd'une lettre enthousiaste du maître Eugène\nIsaye, de M\"1' Maud Delstauche. La jeune et\ntalentueuse violoniste que nous saluions ici,\nnaguère, a su s'attacher les plus hauts sympa-\nthies et le vif intérêt du monde musical. Ces\nnotes rassemblées le prouvent et nous sommes\nheureux d'ajouter que c'est à juste titre que\nl'on attend, de M\"'' Maud Delstauche, la plus"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.86", "texte": "L'ACTUALITÉ\n415\n\nbrillante carrière. Nous aurons l'occasion de\nmarquer ses succès futurs.\nLe violoncelliste virtuose M.\ndont on se souvient du succès en Russie, à la\ncour même du Tsar, jouait le 26 octobre\ndevant S. M. l'Empereur d'Allemagne, à\nl'occassion de sa visite à Bruxelles. Guillaume\nII sut apprécier le jeu impeccable, la senti-\nmentabilité charmeuse et distinguée, les\nqualités de son et d'interprétation de l'artiste.\nAux compliments qu'il lui adressa, nous\njoignons toutes nos félicitations.\nCONFERENCE. M. le docteur Dwels-\nhauvers donnait à l'lnstitut des Hautes Etudes\nd'lxelles, le 24 octobre, une très intéressante\ncauserie sur la technique pianistique moderne.\nOn trouvera un compte-rendu de la même\nconférence aux feuillets de notre éminent col-\nlaborateur gantois, M. le docteur Bergmans.\nM. Dwelshauvers retraça succinctement l'his-\ntorique des instruments à clavier. La loi physio-\nlogique \" La fonction crée l'organe, et l'organe,\nla fonction \" régit l'histoire des instruments.\nElle pense que i° les œuvres créées pour les\ninstruments représentent en chaque période\nl'expression la plus parfaite des possibilités\ntechniques du moment, que chaque dé-\ncouverte technique, entraîne un progrès de\nl'art, 3\" qu'à chaque perfectionnement corres-\npond une efflorescence de la technique et de\nla littérature.\nLa technique moderne doit répondre au\nmoment. Nos instruments, dit M. le docteur\nDwelshauvers, se sont modifiés. Ce sont les\npianos allemands et germano-américains qui\nréalisent le dernier progrès ; les instruments\nIbach et Steinway, sont aux français Pleyel et\nErard comme la musique anglaise à la mécani-\nque viennoise. Les français s'efforcent de\nparfaire dans ce sens leur construction.— Pour\nen tirer tous les effets possibles, la technique\ndoit être profondément modifiée. Le siège\nsera bas, éloigné du clavier, coudes sous le\nniveau des touches, le corps en avant, sur le\nbord de la chaise, le pied gauche tourné\nlégèrement en dehors, le talon droit. Les\nmains dans l'axe du bras, l'articulation digito-\nmétacarpienne ressort, la main se creuse en\nhémisphère. Les doigts ne sont plus que des\nchevilles, le poignet joue exclusivement le\nrôle d'un ressort. Le bras est transporté vers\nla gauche, ou la droite, on obtient le doigté\nunique 1-5, pour les touches noires et blanches.\nL'avant bras roule autour de son axe, puis,\ndans ce trémolo, il met en jeu les muscles de\nl'épaule et surtout du dos.\nCe roulement supprime les difficultés du\npassage du pouce. Le rejet du poids par l'élas-\nticité du clavier donne le staccato, si le\nrelâchement musculaire est complet et im-\nmédiat...\nCes exercices, combinés d'après ces princi-\npes, seront exécutés à une main, puis avec 2\nmains, en sens direct et contraire, à 2 ou 3\noctaves d'intervalle, pour rendre aisée la posi-\ntion du corps, l'audition précise, et ménager\nle médium du piano (côté pratique). Ils met-\ntront en jeu tout l'organisme, développeront\nla maîtrisé de soi et feront acquérir la beauté\nsonore.\nLa technique bien comprise, ajoute l'émi-\nnent conférencier, ressortit de la volonté. La\ngymnastique rythmique sera son corollaire.\nUne éducation du goût l'accompagnera. Les\nsonates de Spork (analyses) sont recommanda-\nbles en ceci. On habituera l'élève à une\néconomie de force, et à l'effort volontaire, par\nl'étude lente, peu prolongée.\nj.\nCONSEILS DU DR DWELSHAUVERS AUX JEUNES\nPIANISTES.\n1. Deviens maître de toi, cultive ta volonté.\n2. Ecoute ton jeu, prends un excellent\npiano, bien réglé, d'accord, tends toujours\nvers la beauté.\n3. Cherche un meilleur résultat avec un\nmoindre effort.\n4. Joue des œuvres faciles avec grande\nperfection.\n5. Joue chaque jour du Bach ; sans lui,\npoint de vrai musicien.\n6. Joue des œuvres à ta portée, étudie\nl'harmonie, le contrepoint, analyse.\n7. Fuis la médiocrité."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.87", "texte": "416\nL'ACTUALITÉ\n\n8. Ne méprise pas le rythme des danses,\n(le manque de rythme est Vun des défauts de\nnotre musique belge.)\n9. Aime le classique ; qui doit être ton pain\nquotidien : apprends les modernes.\n10. Etudie l'histoire de l'art.\n11. Fais de l'ensemble, accompagnements,\nchœurs.\n12. Ecoute les chants populaires, utilise les\ndans les improvisations.\nCOMMUNICATIONS. On nous\nprie d'annoncer le Récital, à la Grande Har-\nmonie, que donnera M. Vantyn, pianiste,\nprofesseur au Conservatoire royal de Liège et\nà l'lnstitut des Hautes études musicales d'lxel-\nles, le mercredi 16 novembre 1910, à 8 1/2\nheures du soir.\nOn nous prie d'annoncer un Récital de\nPiano que donnera M. Adolf Watennan,\njeune pianiste hollandais, à la Grande Har-\nmonie, le mercredi 23 novembre, à 8 1/2\nheures du soir.\nMlle Gabrielle Tambuyser, pianiste, et\nM. Marcel Jorez, violoniste, annoncent pour\nles vendredis 25 novembre et 9 décembre,\ndeux séances de sonates. Au programme :\nBrahms, Fauré, Saint-Saëns, Grovlez.\n\nÉtranger\nLONDRES. COVENT GARDEN. Une\nsaison d'automne sous la direction de M.\nThomas Beecham ne s'annonce pas comme\ntrès heureuse. Teifland de M. d'Albert et Le\nChemineau se jouèrent devant des salles peu\ngarnies ; même Tristan et Elektra ne firent\npas de salles combles malgré la qualité de\nl'interprétation. L'opéra à Londres deviendrait-\nil moins populaire ? Ce n'est pas une reprise\nde Hamlet qui attirera la foule égarée.\nIl semble que M. Beecham ne donnera pas\nsuite à son projet annoncé dans les journaux\nd'une saison d'été à Drury Lave. L'on dit\nmême qu'il n'entrera plus en concurrence avec\nCovent Garden et a signé avec le Syndicat\nun arrangement satisfaisant. Il ferait des débuts\ncomme chef d'orchestre pendant la saison\nordinaire (Mai-Juillet) du Royal Opéra.\nPROVINCE. Le Festival de Leeds a\nété des plus réussis. Masses chorales et orches-\ntre admirables. Deux nouveautés intéressantes :\nla Sea Symphony de Vaughan Williams (ba-\nsée sur une poésie de Walt Whitman,) en\nquatre parties et les Songs of the Fleet de Sir\nCharles Villiers Stanford. Miss Glason-White\net Miss Perceval Allen s'y distinguèrent ainsi\nque dans la Damoiselle Elue de Debussy.\nCONCERTS. Les \" Promenade Con-\ncerts \" sous la direction de M. Henry Wood\ncontinuent leur œuvre de popularisation. En\noutre des œuvres à succès de Wagner, Debus-\nsy, Bruneau, d'lndy, Ravel, et des symphonies\nclassiques, une œuvre nouvelle, symphonie de\nM. Emil Paur, bien faite et sans grande\noriginalité a obtenu un certain succès. Miss\nMary Cracroft a donné un beau concert dont\nle principal intérêt fut le Concerto pour Violon,\net orchestre en D mineur de Bach, (d'habitude\njoué comme concerto de piano) reconstitué\nd'après F. David et des manuscrits.\nM. Backhaus a triomphé avec un programme\nBach-Debussy ; M. Pachman avec son Cho-\npin habituel ; Ysaye avec Mozart et Vivaldi ;\nKubelik dans du Max Bruch. Concerts en\nsomme nombreux et pas particulièrement\nintéressants. Deux chanteuses ont fait une\ngrande impression, toutes deux engagées en ce\nmoment à Covent Garden, Miss Maggie\nTeyte et MllO Mignon Nevada, fille de la\ncélèbre artiste.\nX. M. B.\nVIENNE. La saison qui commence\npromet d'être très intéressante. A l'Opéra\nvoici les premières nouveautés : \"Le secret\nde Suzanne \" de Wolf Ferrari et la pantomine\n\"Le Bonhomme de Neige \" de Wolfgang\nErich Korngold. L'œuvre de Ferrari est un\nopéra-comique imité de l'ancien opéra-comi-\nque italien, particulièrement de la Servante\nmaîtresse de Pergolèse. L'intrigue est moderne:"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.88", "texte": "Rouart, Lerolle Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n♦\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3rne SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains\n~ petite partition d'orchestre .\nnet fr. 12\nnet fr. 8"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.89", "texte": "LEO OLSCHKI\nFLORENCE Lungarno Acciaioli 4.\nLIBRAIRIE ANCIENNE\nf Si\nm\n9 t\n* 1\n*îiJ\nk\né&i\n: i\nfiZ\nS\"\ny;\n■u\nWI\nfù\nerra\nV\n/7T\nVl\nSw\nR*\n<r\\\n■<**\n<3>\n\\\n«• \"»\n1\nr\nJE\n■»*\nP **\nJnfi\n>.c\n**•\"\nA'\nrr\ni\ns\nv\\\nl!\nt*!\ni\n*■\naû\nr\nV*\"\nikZB\n-n\n>XS\n>*\nEl\nm\nl )\nVSI f i.\n•■y\nCJT'\n*«J\nPulci (Luigi), Driades d'amore s.a.\nCatalogues de Musique ancienne Rarissime\nManuscrits, Tablatures, Antiphonaires\nHymnologie, Chansons.\nBIBLIOFILIA, revue mensuelle, illustrée et connue dans\nle monde entier des bibliophiles. (Un an 30 fr.)"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.90", "texte": "CE QUECA I{]JS 0\nTENSE DU PI AN OL A\n\\\nCaruso jouant du Pianola caricaturé par lui-même.\nENRICO CARUSO, le merveilleux ténor, est, comme toutes les célébrités\nmusicales, un fervent admirateur du PIANOLA. uJe viens (Ventendre le Pianola\nexécuter une composition difficile, écrivait-il naguère à la Compagnie ./Eoîian,\net ses effets sont non seulement musicaux et artistiques, mais simplement stupéfiants. Quand on\nsonge que le Pianola, muni du Métrostyle, permet à un novice de rendre les nuances et les\nfinesses de Vinterprétation d'un chef-d'œuvre par un grand artiste, le Pianola cesse vraiment\nd etre un instrument mécanique. Je vous souhaite tout le succès aue «\nque vous méritez.'\nLe Catalogue illustré \"C\" sera envoyé franco à toute personne qui en fera\nla demande. Le Pianola peut-être entendu à toute heure, dans les salons de\nTHE MOU AN\nPIANOLAS PI ANO L A - PIANOS\nJEOLIAN-ORC H ESTRELIES GRANDES ORGUES\nSALLE JEOLIAN, 32, AVENUE DE L'OPÉRA, PARIS."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.91", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PA RIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n«\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nF\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.92", "texte": "L'ACTUALITÉ\n421\n\nun jeune mari découvre que sa femme lui\ncache quelque chose : et pense qu'elle le trom-\npe ; la vérité est qu'elle fume en cachette : il\nexècre le tabac ; tout s'explique : on se récon-\ncilie. C'est là un ouvrage bien insignifiant pour\nêtre représenté à l'Opéra. La pantomime de\nKorngold, par contre, offre beaucoup d'in-\ntérêt ; mais comment ne pas s'étonner de voir\nexécutée par la Philharmonique l'œuvre d'un\nenfant de treize ans ; du reste, aux répétitions\nd'orchestre, le jeune auteur modifiait tant et\ntant que la Philharmonique se refusait à jouer.\nVoici le scénario de cette pantomime : c'est\nl'époque de la Noël ; des enfants construisent\nun bonhomme de Neige sur la place Saint-\nMarc. Pierrot,pour pouvoir courtiser tranquille-\nment Colombine, prend la place du bonhomme\nde Neige. Au second tableau, Pierrot, après\navoir raillé son rival, s'enfuit avec Colombine.\nLa fin du premier tableau est d'une poésie\ncharmante, alors que Pierrot, transformé en\nbonhomme de Neige, se tient dans la rue\ntoute éclairée de lune.\nLe Concertverein exécute les neuf Sym-\nphonies de Bruckner, puis quelques œuvres de\nDukas et Debussy. Les concerts de la Société\ndes Amis de la musique donnent la huitième\nde Mahler et la Passion selon S 1 Mathieu de\nBach.\nLe Chœur philharmonique, sous la direction\nde Franz Schvelcer, prépare trois concerts\ncomposés uniquement de nouveauté : un\npsaume de A. de Zemlinsky, la Messe de la\nVie, de Delius, Gloria de Nicodé et des chœurs\nde Schonberg.\nMUNICH. Le programme des concerts\nd'abonnement du Konzertverein, que dirige\nà la Tonhalle M. Ferdinand Lœwe, de Vienne,\na ménagé une belle surprise à tous les amateurs\nde musique pure, à ceux qu'intéresse en parti-\nculier le développement moderne de la forme\nmusicale par excellence, la symphonie, dont\nle cadre logique et la discipline spirituelle sont\nsi bien faits pour se prêter à l'expansion des\nindividualités les plus diverses. Pour la première\nfois cet hiver, nous échappons à la sugestion,et\net il faut dire aussi à la routine, des neuf\nSymphonies de Beethoven. Pour la première\nfois elles seront remplacées par l'exécution\nintégrale et chronologique, des neuf Sympho-\nnies de Bruckner. Il était réservé à M. Ferd.\nLœwe d'accomplir ce beau geste ; le nom du\ndisciple se nimbe là de la pure gloire du maître.\nEt ce premier cycle Bruckner marque une\ndate.\nLe programme au reste, est un des plus\nintéressants qui nous aient été offerts depuis\ndes années. Le voici en entier : 17 Octobre :\nBruckner I ; Mozart : Sérénade si bènol majeur ;\nR. Strauss : Mort et Transfiguration.— 7 Nov.;\nBeethoven VIII ; Cl. Debussy : Rondes de\nPrintemps (ie audition à Munich) ; Berlioz :\nchant ; Harold en Italie. 14 Nov.: Bruck-\nner II; H ugo Wolf : Penthesilée ; Schubert :\nInachevée, (celle-ci p. Ex. on commence àla\nconnaître). 21 Nov.: Fred. Delius : Brigg\nF air (i° audition) ; Schumann ; Concerto de\nvioloncelle (P. Casais) ; Bruckner 111. 19\nD éc.: Bach : Concerto Sol ma]. (Arrigo Serato) ;\nG. Mahler : Y-Symphonie. 9 Janv. : Haydn :\nSymphonie ut mineur ; W. Braunfels : Sérénade\n(i° audition); Bruckner IV. 30 Janv.:\nouverture d\"ldoménée ; Concerto de piano (R.\nPigno) ; Bruckner V. 13 Fév. : Bruckner\nVI ; E. Boehe : Ouverture tragique (le audi-\ntion) ; Mozart, Symphonie ré majeur. 27\nFévr. : P. Dukas, ouverture de Polyeucte (ie\naudition) ; Beethoven : Concerto de violon (Fr.\nKreisler) ; Bruckner VII. 6 Mars :\nBruckner VIII ; Psaume 150. 20 Mars :\nBrakms 111 ; R. Strauss : Don Quichotte ;\nBeethoven VI. 10 Avril : Bruckner IX\navec le Te Deum.\nOn aurait dit au vieux Schulmeister qu'un\njour il occuperait les concerts de tout un hiver\net que Brahms ne figurerait qu'avec une seule\nsymphonie ! il n'en aurait pas cru ses oreilles,\nmais nous nous aurions sans doute une Sym-\nphonie de plus.\nDe son côté l'Académie de Musique, dont\nFélix Mottl dirige les concerts à l'Odéon,\nannonce comme d'ordinaire huit soirees da-\nbonnement et deux soirees supplémentaires.\nCelles-ci seront consacrées à de grandes œuvres\nchorales : le jour de la T.oussaint, 1 oratorio"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.93", "texte": "422\nL'ACTUALITÉ\n\nSamson de Haendel ; le dimanche des Rameaux,\nl'oratorio Christus de Liszt, avec le concours\nde la chorale des maîtres d'école.\nLes quatre premiers concerts affichés ont à\nleur programe : 11 Novembre : ler concerto de\nBrandebourg et la cantate Non sa che sia dolorc\nde Bach, et l'Héroïque. 25 Nov. : Beethoven\nI ; G. Mahler : Kinder-totenlieder (i(1 audition)\npar Mme Preuse-Matzenauer ; Liszt : Prédica-\ntion aux oiseaux (le audition) ; Fr. Klose :\nPèlerinage a Kevlaar, mélodrame pour chœur\net orchestre, sur le poème de H. Heine (ie\naudition). 9 Déc. : une soirée slave, chose\nrare à Munich : Glinka : Kamarinskaia ;\nGlazonnow : Symphonie la majeur ; Reger :\nconcerto de piano (iL' audition) avec M. A.\nSchmid-Lindner ; Beethoven VIII.\nLe directeur des deux séries de Concerts\npopulaires à la Tonhalle, M. Paul Prill,\nKapellmeister de la Cour de Schwerin, fêtait\nce 1 octobre son 50e anniversaire ; ce fut\nl'occasion pour le Konzertverein et les habitués\nde mercredi, de lui faire parvenir les témoigna-\nges les plus flatteurs de sympathie et de recon-\nnaissance. M. Prill est en effet très apprécié\ncomme chef d'orchestre, non seulement pour\nle soin, la conscience et l'intelligence musicale\ntrès vive qu'il apporte à ses exécutions, mais\npour le bon goût et l'érudition avec lesquels il\ncompose ses programmes ; soit en reprenant\ndes ouvrages négligées, soit en confrontant des\nœuvres similaires d'auteurs ou d'époques dif-\nférents, soit par des belles séries classiques, il a\nsu élever des concerts, précisément destinés à\nla petite bourgeoisie et à la jeunesse des écoles,\nà la hauteur d'un véritable Institut d'éducation\nmusicale, dans lequel la mode n'a de place\nqu'autant qu'elle peut servir à d'utiles compa-\nraisons.\nFils déjà d'un directeur de musique, à\nBerlin, M. Paul Prill, comme ses frères Karl\nPrill l'excellent violoniste, Konzertmeister de\nl'Opéra de Vienne, et Emile Prill le maître\nflûtiste, professeur à l'Ecole des hautes études\nde musique à Berlin, reçut les premières notions\nde son art de son père. Puis il sortit de l'école\nvioloncelliste et de brillantes tournées avec ses\nfrères. Mais* il ne tarda pas à prendre la\nbaguette et dès 1885 devint directeur d'opéras\naux théâtres Wallner et Belle-Alliance de\nBerlin, à ceux de Hambourg, Rotterdam>\nNuremberg ; passa cinq ans après premier\nKapellmeister au Mozarthaus et au Nouveau\nSchauspielhaus de Berlin, pour être enfin ap-\npelé à Munich au poste qu'illustrèrent déjà\nles Siegmund von Hausegger, les Peter Raabe,\nles Bernhard Stavenhagen. Puisse le Konzert-\nverein le conserver longtemps.\nMARCEL MONTANDON.\nTURIN. Turin fêtera dans six mois la\n50e année de la proclamation de Rome comme\ncapitale de l'ltalie.\nUne exposition internationale aura lieu à\ncette occassion, et la musique y aura sa place\net une place très importante ; dans l'immense\nsalle où seront donnés les concerts, un grand\norgue Vegezzi-Bossi a été installé. Citer le\nnom des compositeurs dont certains dirigeront\neux mêmes leurs œuvres (Debussy, d'lndy,\nRichter,Mailler, Steinbach, Mengelberg, Tos-\ncanini) n'est-ce pour prédire à ces concerts un\nsuccès certain ?\nSARAGOSSE. La Filarmonica a donné\ndeux concerts avec le Concours de l'Orquesta\nSinfonica de Barcelone, dont le chef d'orchestre\nest M. Lamote de Grignon. La musique\nfrançaise, en particulier, y fut bien représentée\npar des œuvres de S 1 Saëns, César Franck>\nDukas et Debussy. M. JLamotte de Grignon\ndirigea deux de ses œuvres : Rêverie et Scherzo\nsur un thème populaire.\nPRAGUE. —M. Ladislav Dolansky, l'un\ndes \" pionniers, \" comme on dit à Prague, de\nla musique de Smetana est mort le 17 juillet\npassé. Les revues musicales tchèques qui ne\nparaissent pas en été rappellent seulement\naujourd'hui ses importants services de critique.\nC'est grâce à lui que la Umelecka Beseda a\nédité les œuvres posthumes de Smetane. En\n1900 il rédigea la revue Dalibor. Il ne souf-\nfrait pas que l'on y dénigrât qui que ce fut\nsurtout un débutant. Le pays tchèque s'est\nd'autre part rappelé, le 31 juillet, le quatre-\nvingtième anniversaire de naissance de feu"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.94", "texte": "L'ACTUALITÉ\n423\n\nF. Z. Skuhersky, fondateur en Bohème de la\nlittérature pédagogique musicale.\nLe 9 octobre passé, à Prague, le Phil-\nharmonie tchèque a recommencé la série des\nconcerts symphoniques populaires dont elle\ndonne à peu près vingt-cinq par saison, tou-\njours le dymanche à quatre heures. La meil-\nleure preuve de la popularité croissante de\nRichard Strauss à l'étranger est l'enthousiasme\ndes tchèques à son égard : ils ont tenu à lui\nconsacrer la première séance de leur Philhar-\nmonie. Au programme : la symphonie rap-\nportée d'ltalie, Till Eulenspiegel, Don Juan,\nMort et Résurrection.\nLe théâtre de Kralovské Vinohrady\nvient de représenter une amusante opérette de\nOscar Nedbal : la pudique Barbara avec ce\ngrand succès qui accueille toutes les produc-\ntions du chef d'orchestre enfant-gâté du public\ntchèque.\nBien plus sérieux le succès d'estime rem-\nporté au Théâtre National de Prague par la\npantomime en trois tableaux de M. Ernest de\nDohnàny sur l'action, passablement macabre,\nde M. Arthur Schmitzler: le Voile de Colombine.\nMusique influencée de Richard Strauss, qui\nserre de très près un scénario de Grande Guignol.\nLe samedi 15 octobre dernier, il y eut dix\nans qu'est mort Zdenko Fibich, le plus grand\nmusicien tchèque après Smetana et Dvorak.\nLa philharmonie de Prague lui a consacré son\nconcert du lendemain, avec ce programme :\nOuverture solennelle et honneur de Komensky : le\nmélodrame Vodnik (Fhomme des eaux) avec texte\nde K. J. Erben : ouverture pour le Nuit à\nKarlstein, (comédie de Vrechlicky); deuxième\nsymphonie, mi bémol majeur. En même temps\nle Théâtre National reprenait l'un des pre-\nmiers opéras du maître : la Fiancée de Messine,\ntexte tiré de Schiller par Otakar Hostinsky.\nC'avait été justement pour honorer à sa mort\nce poète et musicologue distingué que l'opéra\nde Fibich avait été donné pour la dernière fois.\nA Brunn, en Moravie, la troisième des\ngrandes fêtes musicales, organisées par la\nBeseda, la plus ancienne société de musique de\nla ville (côté tchèque), pour célébrer le cinquan-\ntième anniversaire de sa fondation, a surpassé\nen éclat les deux précédentes. La première\navait eu lieu en Avril, le clou en avait été\nBouré (la Tempête), le poème symphonique\nde Vitiezlav Novak ; la seconde, cet été, avait\nremis en honneur l'œuvre du moine Augustin\nPavel Krizkovsky, le prédécesseur de Smetana\ndans la création d'une musique nationale\nd'expression artistique (en opposition à popu-\nlaire) ; la troisième donc, qui a eu lieu le\nI octobre, a vu l'immense succès de la grande\nsymphonie Azraël de Suk (commémoraison de\nla mort de Dvorak et de sa fille, la femme du\ncompositeur), et de deux poèmes symphoni-\nques, de Novak encore, unis sous le titre le\nDésir et la Passion. Les deux panneaux de\ncette sorte de diptyque musical sont titrés\nl'un, le Chant de Téternel désir, l'autre Toman\net rhamadryade (d'après une légende tchèque).\nL'organisation de ce concert merveilleux a\nsubi d'énormes difficultés. L'orchestre entier\ndu Narodni Divadlo, (Théâtre National) de\nPrague, s'était transporté à Brunn. Son direc-\nteur Karel Kavarovic est le grand maître de\nl'orchestre tchèque. Quand viendra-t-il faire\nses preuves à Paris ? Nul encore ne se rend\ncompte de ce que devient la musique tchèque\ndirigée par un Tchèque.\nLe Théâtre National tchèque de Prague a\nrepris, avec une nouvelle distribution, à la fin\nde Septembre, Tverdé palice (les Têtes dures) de\nDvorak, l'un de ses opéras les plus typiques.\nCette reprise, succédant à celle de Dmitri, de\nSelrna sedlak (le Paysan madré) et des Jacobins,\nmarque un significatif retour de faveur à\nl'égard du si intéressant théâtre de Dvorak.\nII serait à souhaiter que le Narodni Divadlo\nen donnât un cycle annuel, ainsi qu'il fait de\ncelui de Smetana. W. R.\nLA HAYE. Salle Diligentia. Pro-\ngramme de la ire Séance de Sonates donnée\npar M. Ch. Van Isterdael, violoncelliste,\nprofesseur au Conservatoire Royal le Mercredi\n19 Octobre 1910, avec le concours de\nMMrs C. L. Wirtz et Alfred Casella, pianistes.\nSonate en sol majeur pour viole de Gambe\n(J. S. Bach). Sonate op. 99 (J. Brahms).\nSonate op. 6 Alfred Casella."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.95", "texte": "DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4. Place de la Madeleine, PARIS\n\nMusique de Chambre nouvelle\nJ. JONGEN\nid.\nid.\nB. HOLLANDER\nROGER-DUCASSE\nTrio pour Violon, Alto et Piano\nQuatuor pour Violon, Alto\nVioloncelle et Piano\n2me Sonate pour Violon et Piano\nQuatuor à cordes\nPartition et Parties\nQuatuor a cordes\nPartition in-i6°\nParties séparées\nnet 10 fr.\nnet\nnet\nnet\nnet\n12 fr.\n10 fr.\nnet 10 fr.\n3 fr-\n-10 fr.\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameauf Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morce\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.96", "texte": "G. Schirmer (inc.) New York\nEditeurs de Musique.\n\nQUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES\n\nLES ŒUVRES PUBLIEES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa Villanelle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr, 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7,50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. >,50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. Sérénade net fr. 2,50\n\nGABRIEL FAURÉ\nQuintette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp. 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) net fr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé , . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femme net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\n\nDépôt à Paris : A. DURAND «S FILS, 4 Place de la Made=\nleine. MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig : FRIEDRICH HOFMEISTER.\nBerlin ; ALBERT STAHL."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.97", "texte": "WAGNER & MENDÈS\n\nà Madame Jane Catulle Mendès.\nIndifférente aux phrases creuses, à toutes\nces déclamations écrites ou verbales inspirées\nd'un patriotisme faux, fruste, infantile, relevant\nd'une mentalité de gamin jouant encore aux\nsoldats, aux Roldats comme on dit à la Mater-\nnelle, une phalange d'artistes français a donc\nfait entendre et acclamer notre musique à\nMunich. L'intelligence a triomphé des mau-\nvais souvenirs de vols et de tueries. De tout\nce Passé odieux issu de combinaisons politiques\nou financières, œuvre des gouvernements misé-\nrables ou incapables, dont les hommes ne sont\npas plus responsables d'un côté de la Frontière\nque de l'autre.\nCe contact, cet accord parfait, ce do-mi-sol-\ndo entre races si différentes, depuis longtemps\ndeux hommes au sang non moins dissemblable\nl'ont obtenu: le Germain, le Teuton: Wagner\net le Latin, le Byzantin : Mendès.\nTant il est vrai que les individualités ont\nsur les masses le suprême avantage de pouvoir\nagir non pas selon des conventions, des préju-\ngés stupides et barbares, mais selon leur esprit\net leur cœur.\nAujourd'hui que l'œuvre discutable qui\net quoi ne l'est pas ?. mais moins que toute\nautre en ce que, si elle a ses défauts, elle n'a pas\nde vice comme celle de certains compositeurs\nitaliens ou français, les uns riches en paresse,\nles autres en concession, discutable soit mais\nen tout cas surprenante, titanesque de Wagner,\nest estampillée du qualicatif Beau, rares sont\nceux qui la dénigrent ou \"la combattent. Sa-\nveur, ceux qui acclament à présent ne sont-ils\npas pour la plupart, nombre de ceux qui\nsifflaient ? Obéissant à la Mode commandant\nle baiser après le crachat.\nAvant la canonisation, pendant l'apostolat,\nen France, qui le premier peut-être, batailla\npour la transfusion de l'Art Wagnérien dans\ncette aorte de la France qui est Paris ? Qui\nprépara ces liens noués à Munich ? Qui ? Si\nce n'est le Poète Catulle Mendès, dont le\nnom semble de ce fait, pour toujours accolé\nà celui de Wagner, comme celui de Séïd l'est\nà celui de Mahomet.\n*\n* %\nLouanges et critiques n'ont pas manqué à\nWagner. Se valant en violences et dispropor-\ntions elles ont surtout fait connaître ou\nméconnaître, l'artiste, et peu l'Homme. Sans\ndoute, au cours de quelques causeries faites\nil y a déjà quelque vingt-cinq ans, Catulle\nMendès présentait Wagner à la fois artiste et"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.98", "texte": "L'ACTUALITÉ\n427\n\nhomme. Mais depuis, et pendant les plus\nI violentes polémiques ou apothéoses Wagné-\nriennes, s'il fut question du Musicien, on\nn'évoqua jamais plus —ou si peu, ou si mal\nl'homme.\nUne récente conversation avec Madame\nJane Catulle Mendès nous permet de faire\nrenaître les souvenirs de Catulle Mendès sur\nWagner.\n* *\nCe fut à Paris, rue d'Aumale, que Catulle\nMendès alors tout jeune Poète et Directeur\nde la Revue Fantaisiste, connut Wagner.\nPour entrer dans l'intimité des gens il y a\nles bons et les mauvais moments. Mendès\ntomba dans un de ces derniers, à l'époque où\nénervé par les terribles répétitions de Tann-\nhàuser à l'Opéra, Richard Wagner n'était\nenclin à l'amitié ou seulement à la sympathie,\npour aucun nouveau visage. Fut-ce pour celui\nd'un poète venu lui faire sa déclaration. Ayant\nreçu un accueil poli, mais dénué, sec de ces\ndemi-chaleurs de voix et de ces souplesses\nd'attitudes qui, si elles ne sont pas encore\nl'invitation à la familiarité, en sont tout de\nmême les prémices, de plus, discret et retenu\npar une différence d'âge assez considérable,\nMendès ne retourna plus rue d'Aumale. Wag-\nner en partait quelques années plus tard pour\nTribchen près Lucerne.\nAvec la facilité qu'à vingt ans et souvent\nmême beaucoup plus tard l'on a de s'attris-\nter ou de se réjouir trop vite, avant que\nl'Avenir ait donné son mot de la Fin, Mendès\neut donc le gros chagrin. Retrouverait-il\njamais son Dieu ? Le hasard, parfois l'ami des\nhommes et même des poètes, aurait peut-être\nde lui-même un jour ou l'autre consolé Men-\ndès. Moins confiant en ce Hasard qu'en lui,\nce en quoi il avait joliment raison, au cours\nd'un voyage accompli avec son ami Villiers\nde l'lsle Adam, Mendès résolut de revoir son\nDieu\nQuelle allait être la réception ? Sans doute\nWagner savait avec quelle furie pour défendre\nses idées et son œuvre Mendès donnait l'assaut\nà la Routine, au Bourgeoisisme musical, sou-\ntenu par un chauvinisme obtus. Mais le mépris\net le ressentiment que le grand homme pouvait\navoir contre la majonté imbécile (comme le\nsont toutes les majorités) qui l'avait bafoué,\ncet ogre de Majorité qui veut toujours tout\ndévorer sans savoir même ce qu'il dévore, tout\ncelà n'avait-il pas été assez violent pour aigrir\net fermer son cœur ? Cela au détriment de la\npetite Minorité du Petit Poucet intelligent et\nbrave qui l'aimait ?\nDe sa parole charmeuse, de sa plume d'où\nles mots tombaient aussi colorés, chatoyants,\net scintillants, que des pierres précieuses d'un\ncoffret de Princesse, du temps où les Princesses\nne portaient pas leurs bijoux au Clou, Mendès\nconta autrefois cette émotion qui l'étreignit à\nTribchen, lorsque le train stoppa.\nAprès le premier serrement de flancs causé\npar l'appréhension, les deux voyageurs en\neurent un second, celui-là vite suivi de cette\ndilatation, de cet épanouissement, de cette\nrespiration large et facile éprouvée quand on a\ndevant soi la Chose ou l'Etre désiré.\nPetit, sec, osseux, tout en angles incessam-\nment déplacés, le corps rendu plus gringalet\nencore par une étroite lévite de drap marron,\ncoiffé d'un immense chapeau de paille et qui\nporté en arrière n'empêchait pas de voir la tête\npuissante, dont le front à la Beethoven, don-\nnait bien l'impression de ce qu'il était : la\nCapitale de toutes les forces, Wagner cher-\nche de tous côtés, de ses yeux vifs, fouilleurs\nd'un bleu clair et pur, innocents comme ceux\nd'une Vierge, pas de salon, de vitrail. Après\nun instant reconnaît l'un d'eux, grâce au sou-\nvenir vivace qu'il en a gardé. Alors se livre à\nune exubérante pantomime accompagnée d'ex-\nclamations joyeuses. Entraîne celui-ci de sa\nmain droite, celui-là de sa gauche jusqu'à la\nla voiture attelée du petit âne qui doit les\nconduire à la maison.\nChaque jour dans le cottage dressé au milieu\ndu beau jardin grassement vert et généreuse-\nment fleuri c'est la même hospitalité simple,\net charmante, atmosphère où il n'y a qu'intel-\nligence, joie et santé.\nLibre, un jeune chien noir déjà gros comme"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.99", "texte": "428\nL'ACTUALITE\n\nun petit veau, gambade, se mêle aux ébats\nd'enfants qui rient et jouent sur le perron.\nA l'intérieur, dans le vaste Salon, aux quatre\ngrandes fenêtres ouvertes sur les monragnes,\njusqu'à deux heures, moment invariable où est\nservi le diner, on cause. Rarement assis, par\nhasard à une table ou au piano, le Maître est\ndebout. Mû par un irrésistible mouvement\nperpétuel, il va, vient, s'arrête et repart.\nEn expédition, à la découverte de sa taba-\ntière en Vermeil incrusté d'émaux anciens et\nqui est dans sa poche, ou de ses lunettes qui\nsont sur son nez, il parle avec une inlassable\nfacilité. Non seulement de l'Art des autres et\ndu Sien, mais de toutes choses et gens. Surtout\nde ce Paris que plus tard au moment du\nDésastre, il devait avoir l'imbécilité de railler,\navec cette lourdeur d'esprit à laquelle, sauf\nl'unique, l'adorable Henri Heine toute l'Alle-\nmagne n'échappa jamais.\n... Au moment du passage de Mendès qu'il\nne savait pas Juif, Wagner n'avait pas encore\nécrit son lamentable Pamphlet contre Paris\ninvesti. C'était ancore le temps où avec des\népanchements de Proscrit qu'il n'était pas,\nWagner s'inquiétait, de ce qu'avait bien pu\ndevenir dans les transformations de la Ville,\ntelle Maison qu'il avait connue, habitée. A\ncette époque où pour vivre il écrivait des\nmusiques d'Opérette Bouffe et pour cinq cents\nfrancs vendait à l'Opéra le Poème de son\nVaisseau-Fantôme.\nS'enfonçant plus loin dans le Passé, Wagner\névoquait aussi les soirs, où échappé de la maison\npaternelle, il se sauvait en rasant les murs com-\nme un voleur de plaisir pour aller voir\nle romantique Weber conduire son orchestre.\nPuis, sans transition avec cet impromptu,\nce désordre dans la manifestation des idées\nparce que trop nombreuses, trop grouillantes,\ntrop bouillantes, ne s'épanchant pas avec le\ncalme d'une eau canalisée, mais s'échappant\ncomme celle d'un torrent vigoureux, Wagner\npassait tout à coup, de ses souvenirs d'homme\nà ses projets d'artiste.\nPersuasif jusqu'à l'éloquence et persuadé\njusqu'à l'extase, il devenait un Illuminé tenant\nà la fois du Théurgiste et du Prophète.\nCette silhouette et ce verbe feraient rire\naujourd'hui les cinq sixièmes de nos contem-\nporains. Par chic, insensibles les deux sixièmes\nne s'efforcent-ils pas de garder le doigt sur la\ncouture du pantalon et de composer l'attitude\nd'un bonhomme de bois moins drôles que\nceux de Bils ? Les trois autres sixièmes\nont-ils d'autre enthousiasme si ce n'est devant\nle nombril d'un boxeur noir, rouge ou trico-\nlore r\nCatulle Mendès, qui était du premier\nsixième, ne trouvait rien de grotesque aux\nextériorisations plus ou moins excessives de\nWagner qu'il admirait.\n... Par ses propos grandiloquents, entraîné\nsouvent très tard dans la veillée, Wagner\nn'était pas moins levé d'extrêmement bonne\nheure, à laquelle il avait pris coutume de faire\nvenir Mendès. Autant par plaisir d'être vite\nen son intimité, que par malice de faire sortir\nce sybarite avec l'aurore ! A son balcon, dans\nla lumière hésitante, soigneuse, tendre et louche\ndu petit matin, dès qu'il apercevait Mendès,\nd'un geste gamin, Wagner agitait son béret\nde velours noir, sa crête, comme il l'appelait...\nFaiblesse de grandhomme, Wagner ne se\nmontrait pas alors dans sa sobre et classique\nlévite marron de l'après-midi et du soir, mais\ndans un accoutrement singulier, celui d'un\nMangin, d'un Robert Houdin ou de quelque\nPoète décadent : dalmatique et pantalon de\nsatin broché d'or, fleurs et perles. Sans aucune\npose avec un grand naturel comme s'il était en\nmodeste pyjama de pilou, Wagner ne chan-\ngeait rien ni à sa conversation ni à son attitude\nhabituelle. Mais il recevait dans sa chambre\nde travail où sa passion des étoffes surtout\nfastueuses en couleurs, lui en avait fait répandre\nà profusion, s Sur son lit, sur les murs, sur son\npiano, jusque sur les moindres meubles.\nAprès un mois d'une vie pleine et d'un\nintérêt jamais faiblissant, bien contre son gré,\nmais impérieusement appelé par ses occupa-\ntions parisiennes, Mendès quittait Wagner et\nrevenait en Fi ance avec de nouvelles forces pour\ndéfendre son Dieu qui était devenu son Ami."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.100", "texte": "L'ACTUALITÉ\n429\n\nWagner! Mendès! Tannhauser! les batailles\na coup de chroniques, de conférences et de\ncannes !.... Lointain !\nAprès avoir été traité en Fou, déjà Wagner\ncommence à l'être en bourgeois.\nAprès Mendès qui fut son Annon\ndateur, qui dans l'Avenir défendra sa gloire?\nQuand le temps impitoyable, avide écrasant,\nenfouisseur, après l'homme aura fait mourir\nl'artiste ?...\nOn songe à la fameuse poésie de Baudelaire,\noù montrant une charogne au détour d'un\nsentier, l'Amoureux dit à la Bien-aimée.\n... Ow/, telle vous serez, o la reine des grâces\nAprès les derniers sacrements\nQuand vous i rez sous l herb\nMoisir parmi les\nAlors o ma dites\nQui vous mangera\nQue y'ai gardé la forme et Vessence divine\nDe mes amours décomposées !..\n\nPierre Jobbé-Duval."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.101", "texte": "ftrmrJftwiWi mil n .t>m* *m\\uvmwiw*).vv m » iwhn mu\"'»» ' ■\">? <*■«■«» u «un vmmt\nwmmmimwtovM w\n\"\nET\nmat,\nm\n■\nmm.\ni\n-u\nM\nSI\n■\".<\nV.\nM\n■<sl >-\n:Jï\n£\n••• ••\nS\n*\n.-z\nS\nk\ny--;\n< >\n:\niT:\n-w\n.-v\n-i >\n%\n'■'. ■? .\n'\n::\n•;- >. <;\n> C\"y\n»»•*.\ns\nmm\n\nUNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Costcillat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pcizdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et Y Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, F auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison d'édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.102", "texte": "LE GALINISME ET LA NOTATION\nTRADITIONNELLE. Un de nos abon-\nnés, M. Perret-Bouty, organiste de la cathé-\ndrale d'Oran, nous écrit pour nous demander\ndes renseignements sur \\z méthode galiniste(l??iY\\s-\nGalin-Chevé) officiellement prescrite dans les\nEcoles Normales depuis le 4 Août 1905, et\ndans les Ecoles primaires supérieures depuis\nle 26 Juillet 1909. Il a été très frappé d'un\narticle paru dans le Manuel général de Vinstruc-\ntion primaire du 5 février 1910 sous la signature\nde M. Dangueuger, intitulé \" Qui veut la fin\nveut les moyens. Pour enseigner le chant\nemployez la méthode chiffrée.\" Mais M. Perret-\nBouty fait des objections. Il craint qu'on ne\ndépense \" beaucoup de temps en pure perte, \"\npuisqu'il faut toujours arriver, en définitive, à\nla connaissance de la notation traditionnelle...\nEnfin il désire savoir \"l'opinion des personnes\ncompétentes \", pour éclairer sa religion.\nNotre correspondant ne s'imagine peut-être\npas qu'il soulève là une des questions les plus\ndiscutées de la pédagogie contemporaine. La\nlutte entre galinistes et antigalinistes est ardente,\npassionnée ; elle prend parfois un caractère\nd'une violence regrettable : les adversaires en\nprésence ne reculent pas devant l'injure, lors-\nqu'ils sont à bout d'arguments.\nJe m'aventurerai avec précaution sur ce ter-\nrain brûlant. Je tâcherai de ne pas apporter de\npassion en résumant ce terrible débat, et,\nautant que possible, de rester impartial.\nTout le monde sait, je pense, que la méthode\nchiffrée, ou galinisme, remplace le système de\nnotation sur la portée par l'emploi des chiffres\n1234567 qui désignent les sons de la\ngamme majeure, quelle qu'en soit la tonique,\net qu'on lira ut, rè, mi, fa, sol, la, si quelle que\nsoit la tonalité, de sorte que la mélodie\ns'écrira :\nIl 72 Jl | 2 23 | 4 4 | 3\net se lira ut ré mi ut\nJe renvoie pour l'exposé détaillé des procédés\ngalinistes aux ouvrages spéciaux, et, par exem-\nple, à un petit volume de 2 frs publié chez\nJ. Lebègue et Cie, 30, rue de Lille à Paris, où,\nsous le titre de la méthode modale chiffrée se\ntrouvent exposés les principes essentiels du\ngalinisme.\nOn voit que les galinistes ne tiennent pas\ncompte de la hauteur des sons et ne\ns'occupent que de leurs\nCe procédé de notation, dont la première\nidée remonte à J. J. Rousseau, a toujours déplu\naux musiciens professionnels. Ils lui reprochent\nde ne pas habituer l'oreille à distinguer les sons\nautrement que par leurs relations dans la\ntonalité, de telle sorte que la différence entre\nle même morceau chanté en ut, en ré ou en\nmi devient inappréciable. Et surtout ils se\nrévoltent contre une tentative qui aurait pour\nbut de substituer à un système de notation\néprouvé par une longue expérience et consacre\npar une puissante tradition un autre système\nimaginé de toutes pièces par des idéologues\nrévolutionnaires.\nLes partisans du galinisme sont plutôt des"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.103", "texte": "L'ACTUALITÉ\n\n432\n\npédagogues que des musiciens. Ils répondent\nà leurs adversaires que leurs prétentions sont\ntout à fait modestes, et qu'on leur prête des\ndesseins trop ambitieux et trop hardis. Ils ne\nsongent point à remplacer la portée par le\nchiffre. La portée restera le moyen de notation\ndes artistes, et ce n'est pas au Conservatoire\nqu'il s'agit d'enseigner le chiffre. Mais le\nchiffre sera l'alphabet musical de l'Ecole. Il est\nplus simple, plus rapide, plus maniable. Il se\nprête à tous les besoins de\nmaire. Il a même cet avantage, qui n'est pas à\ndédaigner, d'être plus économique. Du reste\nles galinistes affirment que c'est un jeu d'ap-\nprendre à des enfants la quand ils con-\nnaissent déjà le chiffre, et ainsi leur méthode,\nloin d'allonger l'étude des signes de la musique,\nserait un raccourci. L'une des autoritées les plus\n\nEcole Française de Gymnastique Rythmique\nMéthode JACQUES-DALCROZE\n11 Avenue des Ternes\nt\n2e ANNÉE: 1910-1911 RÉOUVERTURE LE 15 OCTOBRE\nHORAIRE DES COURS\nCOURS DE PREMIÈRE ANNÉE.\nHOMMES Lundi, 6 heures; Vendredi, 9 heures du soir.\nDAMES ET JEUNES FILLES Cours A. Mercredi et Samedi, 4 heures.\nCours B.\nENFANTS Cours A. (Grands) Mardi et Vendredi, 5 H. 15*\nCours B. (Petits) Lundi et Jeudi, 4h. 45.\nCOURS DE DEUXIÈME ANNÉE.\nHOMMES Mercredi, 9h. du soir; Dimanche, 11 h. du matin.\nDAMES ET JEUNES FILLES Mardi et Vendredi, 4 heures.\nENFANTS Mercredi et Samedi, 5 h. 15.\nSOLFEGE Méthode Jaccjues-Dalcroze\nCOURS DE PREMIÈRE ANNÉE Jeudi, 11 heures du matin.\nCOURS DE DEUXIÈME ANNÉE Dimanche, 9 h. 45 du matin.\nSOLFEGE ELEMENTAIRE. Jeudi, 10 h. du matin.\nM. JEAN d'UDINE, reçoit 11, Avenue des Ternes, le Mardi et le Vendredi de 2 à 4 heures.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, \"PAR\n\nApplication\nraisonnée des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.104", "texte": "L'ACTUALITÉ\n433\n\ncompétentes en matière d'instruction primaire\nque les galinistes aient à invoquer, est celle de\nM. Bouchor, qui leur est tout à fait favorable.\nPour ma part, sans émettre aucune opinion\ndécisive, je regrette que les galinistes aient\ndonné les noms des notes, ut, rè mi, fa, sol, la,\nsi, aux fonctions tonales qu'ils représentaient par\nles chiffres i, 2, 3, 4, 5, 6, 7. C'est là l'origine\nd'un gros malentendu et de la principale ob-\njection qu'on adresse aux novateurs. \" Comment\nserais-je galiniste ? s'écrie tel professeur du\nConservatoire. Mon oreille entend : sol, la, si\nsol, la et vous voulez que je dise : ut, rè, mi,\nut, rè ! Cela m'est aussi impossible que si vous\nme demandiez d'appeler rouge ce qui est jaune,\net jaune ce qui est vert ! \" Il fallait inventer\nd'autres noms, et l'objection tombait d'elle-\nmême. Il est certain que les mêmes mots ne\npeuvent pas désigner à la fois des sons fixes\nd'un hauteur absolue bien déterminée, et aussi\nles degrés de la gamme majeure, abstraction\nfaite de la hauteur absolue. Il y aurait même\nlà une réforme bien facile à introduire dans le\ngalinisme, et qui serait, il me semble, d'une\nportée considérable.\nVoilà quelques indications très rapides sur\nun sujet extrêmement vaste que nous abordons\naujourd'hui par la première fois sans avoir\nl'intention de l'épuiser, et sur lequel nous\nreviendrons volontiers, si nos lecteurs nous y\nconvient.\nLA BARRE DE MESURE. Un de\nnos abonnés se fâche très fort de ce que j'ai\ndit, il y a quelque temps, de la barre de\nmesure, et il m'oblige à revenir sur ce sujet.\nJe ne citerai pas les paroles de mon correspon-\ndant ; car mon correspondant est fort peu\nparlementaire, et il ne ménage pas les épithètes.\nSi je le citais, je serais obligé de me fâcher à\nmon tour, ou, au moins, d'en avoir l'air. Ne\npeut-on pas discuter posément, sans s'envoyer\ndes injures à la tête ?\nMon impitoyable critique nie que l'usage de\nla barre de mesure ait jamais été l'origine de\nnombreux contre-sens au point de vue du\nphrasé musical. Je cite pourtant des exemples,\nque je pourrais multiplier. Mais comme ces\nexemples ont été reproduits photographique-\nment d'un façon peu nette dans le numéro\nd'avril, je les répète aujourd'hui pour plus de\nclarté. Dans l'édition Peters des quatuors de\nBeethoven, le grand violoniste Ferdinand,\nDavid a réglé ainsi quelques coups d'archet\n(3e quatuor) :\nau lieu de :\net plus loin :\nau lieu de :\net encore :\nau lieu de :\nSi des erreurs de ce genre ont été commises\npar un artiste de la valeur de Ferdinand David,\n(et par bien d'autres encore), il me semble que"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.105", "texte": "-l'intérêt de mes observations se trouve par là\n'même justifié ; et je pourrais d ailleurs en\nappeler à l'autorité du grand musicologue\nallemand Hugo Riemann qui les a présentées\navant moi.\nMais je m'étonne davantage que mon contra-\ndicteur n'ait pas compris pourquoi je faisais\ncette remarque, —si banale, que la barre\nde mesure indiquerait mieux Tes divisions de la\npTirase \"musicale si elle était placée après le\ntemps fort, et non avants comme c'est l'habi-\ntiïcTe! Supposons que je sois un homme si\nessoufflé que je ne puisse chanter deux notes\nsans respirer ; où placerai-je donc les respira-\ntions dans le thème de la Marseillaise, si je ne\nveux pas en rendre l'énoncé absurde r Chan-\nterai-je :\nNe chanterai-je pas plutôt :\nJe fais correspondre les barres de mesure\naux respirations. Je remarque seulement que\ndans le second énoncé, je tâcherai de suppri-\nmer la respiration sur le rè aigu, autant que\npossible : mais elle est, en tout cas, mieux\nplacée sur ce rè, que dans le ire énoncé entre\nle si et le sol qui suivent. Autrement dit le\nphrasé de la Marseillaise peut s'exprimer, selon\nla méthode de Hugo Riemann, par les indi-\ncations suivantes :\nqui font bien ressortir la place des divisions du\nmembre de phrase musicale, toujours au-delà du\ntemps fort, JAMAIS ENTRE LE TEMPS FAIBLE ET\nLE TEMPS FORT. Le temps faible tend a tomber\nsur le temps fort, comme le marteau sur /'enclume.\nIl en est inséparable comme les syllabes d'un\nmême mot sont également inséparables dans le\nlangage parlé, tandis que les mots peuvent à la\nrigueur se séparer un peu les uns des autres\ndans l'énoncé de la phrase. Voilà ce que j'ai\nvoulu dire, et si cette fois je ne suis pas clair,\nje renonce à expliquer un fait aussi simple.\nD'ailleurs mon aimable correspondant ne\ncraint pas de se contredire en acceptant mes\ncorrections à l'édition David des quatuors de\nBeethoven, ce qui implique qu'il admet ma\nconception du phrasé.\nAprès tout je ne regrette pas d'avoir trouvé\nl'occasion de revenir sur des considérations qui\nme paraissent tout à fait importantes, et sur les-\nquelles ni mes lecteurs, ni moi, nous n'aurons\njamais suffisamment réfléchi.\nRÉSULTATS DU CONCOURS DU\n15 JUIN 1910.-1. Micha (Montélinar).\n2. Grenon (Sens). 3. Ch. Omèro. (Paris).\n4. Albert Ardoin (Nantes). Les autres con-\ncurrents n'ont pas réalisé la basse donnée d'une\nfaçon suffisamment correcte. Nous accordons\nau premier nomme dans ce concours un abonne-\nment gratuit d?un an a VS. /. M.\nLe texte que nous avons proposé à nos\nabonnés fut le sujet du concours d'harmonie\nau Conservatoire national de musique en 1859-\nLe premier prix fut remporté par le célèbre\npianiste Louis Dièmer, et son devoir, que nous\navons retrouvé dans les archives du Conserva-\ntoire, nous servira aujourd'hui de corrige. Nous\ny relevons cependant quelques taches ; notam-\nment à la 45e mesure cette incompréhensible\npartie de ténor qui monte du fa au sol par le\nfa pendant que la basse monte directement du\nfa au sol. N'y a-t-il pas là une erreur de\ncopie ? Car ce n'est pas le devoir même de\nDiénler, mais seulement sa copie que nous\navons eue sous les yeux...\n\n434\nL'ACTU ALI TÉ"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.106", "texte": "L'ACTUALITE\n435"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.107", "texte": "436\nL'ACTUALITÉ"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.108", "texte": "L'ACTUALITE\n437"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.109", "texte": "438\nL'ACTUALITÉ\n\nNOUVEAU CONCOURS. On nous\ndemande de donner de nouveau comme sujet\nde concours Vexplication d^un texte musical.\nVoici le texte que nous proposons. Nous prions\nnos lecteurs de nous dire : i° de quelle œuvre\nce texte a été détaché, ou au moins à quelle\népoque appartient cette œuvre ; 2° d'en indi-\nquer toutes les particularités de tonalité, de\nmodalité, de rythme, de nuances, et d'en\nanalyser la construction mélodique et har-\nMonique (point de vue technique) ; 30 d'en dé-\nterminer la valeur expressive ou bien descriptive\n(point de vue esthétique) ;40 d'y démêler, s'il est\npossible, certains caractères dont on peut dire\nqu'il sont comme la marque du temps sur cet\nouvrage (point de vue historique).\nLes réponses doivent être adressées aux\nbureaux de l'Actualité Musicale avant le\nlerIer décembre 1910."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.110", "texte": "L'ACTUALITÉ\n439\n\nDOUBLE DIÈZE."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.111", "texte": "A travers les Revues\n\nLA HUITIÈME SYMPHONIE DE\nM. GUSTAV MAHLER. J'avais effleuré\nce sujet dans ma dernière chronique, mais il\nme faut y revenir aujourd'hui. L'exécution de\ncette œuvre considérable a été précédée et\nsuivie, comme de juste, d'un véritable débor-\ndement de \" copie \", comptes-rendus, analyses,\ncommentaires. Le signataire de cette rubrique\na devant lui environ quatre-vingt-dix articles\nou études, en français ou en allemand, qui ne\nreprésentent sans doute qu'une fraction de ce\nqui s'est imprimé après le festival de Munich.\nS'il est infiniment aisé pour qui n'a point\nentendu la symphonie de M. Mahler, de se\nformer une opinion après lecture d'un quel-\nconque desdits articles, la tâche devient bien\nplus malaisée après avoir parcouru cette formi-\ndable masse d'impressions et de théories con-\ntradictoires.\nDans le Berliner Borser Courier, il est dit :\nu Le musicien trouvera dans cette œuvre des\ncréations magnifiques; l'homme, des sensations\nidéales ; le public des effets puissants et des\némotions fortes \". Le critique de la Potsdamer\nTageszeitung déclare l'œuvre u profondément\némouvante\", tandis que celui de YAllgemeine\nMusik%eitung proclame sans ombrages qu'il n'a\npas été le moins du monde ému :\n\"Il me faut déclarer que je n'ai senti dans\nla huitième symphonie de Mahler aucune trace\nde cette puissance qui vit dans les œuvres de\nnos grands maîtres. Pas une seule mesure ne\nme fit sentir ce souffle de l'esprit (Geistes Rauch)\nqui m'aurait ému sympathiquement. J'atten-\ndais, mais en vain ! Morte et vide, brillante de\nprétentions creuses me parut cette musique \".\nEt, alors que la plupart des mahleristes cla-\nment bien haut que les œuvres de leur maître\npréféré sont déconcertantes par leur originalité,\ndont on ne pourra pénétrer les arcanes qu'avec\nle temps, et au prix de longues et profondes\nméditations, le même critique n'hésite point à\naffirmer qu'il n'y a pas d'arcanes du tout :\n\" Je ne pus m'empêcher de songer à Liszt\net à Rriickner, les deux maîtres que nos\ncontemporains, prompts à déverser sur Mahler\nleurs applaudissements frénétiques,sont si lents\net si hésitants à suivre dans les sphères de\nl'idéalité pure, et un profond dégoût m'enva-\nhit. Non que la huitième de Mahler soit d'une\naudace inouïe, contienne quelque chose de\nhardi, qui devance les temps, qui nous incite à\nlutter, mais bien parce que je l'ai trouvée si\nnulle, si indiciblement superficielle. Pour\npénétrer dans ce temple-là, il n'y a point à\npasser par des portes redoutables ! Non : les\nportiques sont ouverts et invitent le public à\nentrer... ici, Mahler, malgré quelques moder-\nnismes, n'est pas un musicien du présent, mais\nbien du passé \".\nMoins cruelle, la Tagliche Rundschau n'est\nsomme toute pas moins sévère et se place à un\npoint de vue analogue. Il y est observé que\nM. Mahler, énergique, avisé, très doué du\npouvoir de s'identifier à la pensée des maîtres,\nest un incomparable chef-d'orchestre inter-"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.112", "texte": "L'ACTUALITÉ\n441\n\nprète-né des œuvres les plus diverses de toutes\nles époques.\n\" Mais cela ne lui suffit pas. Il veut vivre sa\npropre vie musicale, il devient compositeur,\ndirige ses propres œuvres. Et alors, du moins\nà ce que je crois reconnaître il présume trop\nde ses forces et de la portée de sa nature de\nmusicien \".\nLe critique de la NeueFrciePresse de Vienne\nconclut un feuilleton étendu et serré en sou-\nlignant la beauté et la noblesse de l'œuvre,\ntandis que celui de la Vossische '/eitung assure\nque \" pas une note de cette musique n'a été\njusqu'à son cœur \" et se demande : \" Est-ce la\nfaute de mon insensibilité ? La raison dernière\nde mon indifférence est-elle que la musique\nmanque de cordialité ? Peut-être la manière\ndont Mahler s'exprime contient-elle quelque\nchose qui élève une barrière entre sa musique\net ma sensibilité. Mais je ne puis qu'assurer\nque malgré ses incontestables mérites techni-\nques et ses explosions de force, elle m'a paru\nsans vie, et parfois antipathique \".\nMais il me semble que tout compte fait, les\narticles élogieux sont, dans la presse allemande,\nen majorité. Du jeu de les comparer si l'on\npeut, de les peser si l'on ose, il ne saurait\nrésulter rien que de médiocrement profitable.\nUn point particulier qui préoccupe fort\ncertaines critiques est celui de la forme de\nl'œuvre. Pour la Breslauer c'est \" une\npeinture musicale de caractère absolument\nvocal.\" Dans les Dresdener il est\ndit que \"l'on ne peut point considérer l'œuvre\ncomme une cantate ou quelque chose d'ana-\nlogue : le caractère symphonique résulte bien\ndu tait que l'architecture est rigoureuse, que\nles thèmes sont traités tout à fait symphoni-\nquement.\" Mais en générale l'étiquette de\n\" symphonie \" a paru à beaucoup de critiques\ninexacte, et admissible seulement comme pis-\naller.\n\" On en est arrivé à un point, constate,\ndans son compte rendu assez favorable la\nDeutsche Tageszeitung,où l'on peut appeler\nsymphonie tout ce qu'on veut.\"\nEt la IVi eser Zeitungde Brème remarque\négalement que \" chaque nouvelle forme, de-\nvrait recevoir une désignation nouvelle. Et\nc'est le cas de l'œuvre que présente M. Mahler.\"\nu Oui, confirme le Bayrischer Kurier (après\navoir constaté que le manque d'indépendance\nde M. Mailler, en matière d'invention musi-\ncale, est \" tragique \" mais qu'on peut se laisser\naller à l'éblouissement que causent ses œuvres)\nMahler, en appelant sa nouvelle œuvre sym-\nphonie en prend à son aise, mais ne met point\nà l'aise le bon public... Le langage est-il si\npauvre, qu'on ne puisse trouver en l'espèce\nune dénomination à peu près convenable ? \"\nCe mot employé de manière déconcertante,\nl'association en un ensemble de textes dont la\nqualité est si dissemblable, la manière dont\nM. Mahler a conçu l'équilibre de son œuvre,\nil n'en fallait pas plus pour rendre, somme\ntoute, les commentateurs fort perplexes. Et\ntous ceux que n'entraîne point un irrésistible\nélan d'enthousiasme sont évidemment assez\nembarrassés pour parler de la dernière produc-\ntion de M. Mahler. Il est nombre de comptes-\nrendus assez vagues pour qu'on reste bien en\npeine d'en tirer une conclusion et même de\nles résumer.\nPour les articles publiés dans les revues\nfrançaises, il en est deux qui émanent de\nmahléristes convaincus et depuis longtemps\nconnus comme tels : M. William Ritter (dans\nla Revue de Lyet M. Casella\n(dans le 3Vlonde -Musical).Ils sont naturelle-\nment très enthousiastes.\nDans la Revue {Musicale M. Léon\nVallas a pris à son tour la parole, et son article,\npublié, cela est manifeste, après de sérieuses\nméditations basées et sur l'étude de l'œuvre,\net sur celle des critiques, me paraît entre tous\ndigne d'attention.\nLes fervents de l'art mahlérien semblent à\nM. Vallas \" rechercher dans les symphonies\nce qu'ils souhaitent d'y voir, ce que Mahler a\nvoulu y mettre, et non ce qui y est... M.\nMahler possède une énorme puissance de\nfascination... La VIIIe symphonie est d'un\nintérêt passionnant par son noble sujet, par le\ntexte qu'elle traduit en musique... Si je con-\nsidère l'œuvre non plus au point de vue\nmahlérien, philosophique ou poétique, mais au"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.113", "texte": "442\nL ' ACTUALITÉ\n\npoint de vue purement et exclusivement mu-\nsical, c'est-à-dire si j'examine dans la com-\nposition ce qui y est, je reste contraint de\nrépéter que la VIIIe symphonie m'apparaît\ncomme d'une essence inférieure, sans origina-\nlité, sans nouveauté, sans avenir... Il est\ninutile d'enfoncer une porte ouverte en dé-\nclarant que les thèmes de M. Mahler sont\ndépourvus d'intérêt personnel. Les plus fervents\nmahlériens le concèdent... Mais c'est la mise\nen œuvre de matériaux généralement quel-\nconques qui fait naître un conflit entre dé-\ntracteurs et admirateurs. Polyphonie, harmonie,\norchestration sont déclarées géniales par ceux-\nci, tandis que pour les oreilles de ceux-là, elles\nne dépassent pas une très estimable banalité.\nDans ce débat, il n'est pas facile de trouver\nun étalon aux dimensions duquel mesurer la\nvaleur précise de l'écriture vocale ou instru-\nmentale... En matière d'esthétique, tout est\npointes d'aiguilles, et une œuvre, avec la\nmême bonne foi mais par deux personnes\ndifférentes, peut être jugée divine ou ridicule.\"\n\" LA LEPREUSE \" de M. Sylvio Laz-\nzari.— Dans le Courrier (15 octobre)\nM. Julien Forchet plaide généreusement la\ncause de cette œuvre, dont on sait la mauvaise\nfortune. Il résume les tribulations de M. Laz-\nzari, analyse le livret, la partition, et fait remar-\nquer combien vains sont les scrupules qui\nempêchèrent les représentations et mirent au\nConcours de la Ville de Paris la musique de\nM. Lazzari en fâcheuse posture : conséquen-\nces également injustes pour le bel écrivain\nqu'est M. Henry Bataille, et pour le cons-\nciencieux écrivain qui a mis dans la partition\nde La Lépreuse le meilleur de lui-même. L'ar-\nticle est à lire tout entier, et il faut souhaiter\nqu'il ait le retentissement qu'à tous les égards\nil mérite.\nUNE CLASSE DE CHEFS D'OR-\nCHESTRE AU CONSERVATOIRE.\nElle n'existe pas, mais dans Comœdia M. Ga-\nbriel Grovlez, avec des arguments excellents,\nen réclame la fondation. Il fait justement\nremarquer qu'elle s'avère aujourd'hui indis-\npensable. Il mérite -d'être loué pour avoir fait\ntinter haut et clair un grelot attaché il y a\nquelques années, mais dont le son jusqu'ici\nn'avait guère eu d'écho.\n\nM.-D. Calvocoressi.\n\nL'Edition\nMusicale\n\ni. chez Durand ; 2. chez Bilibin 5 3. chez Roudanez ;\n4. chez Elkin ; 5. à l'édition Mutuelle.\nPIANO. Moins d'œuvres originales que\nde transcriptions, le mois dernier. Nos com-\npositeurs, ayant donné campo à l'inspiration,\ns'étaient mis à remanier la musique des autres,\nen guise de devoirs de vacances. M. Jacques\nDurand a transcrit la Pièce Héroïque et la\nFantaisie de Franck 1 ; M. Harold Bauer, la\nPastorale, et Prélude, Choral et Fugue x, du\nmême auteur. M. André Caplet a réduit (pour\n2 Pianos 4 mains) les Rondes de Printemps de\nDebussy : 1 voilà deux paires de mains, et sur-\ntout deux paires d'yeux qui ne manqueront\npas de besogne. M. Roger Ducasse s'est attaqué\nà ses propres œuvres, avec une réduction,\nquelque peu surchargée de l'amusante Bourrée\nde sa Suite Française x, et avec une transcrip-\ntion, (pour 2 Pianos 4 mains) de ses Variations\nplaisantes sur un thème grave \\ primitivement\ndestinées à l'orchestre avec harpe obligée.\nEn fait de nouveautés, une petite valse de\nDebussy, la Plus que Lente, dont la tonalité,\nincertaine et flottante, a quelque chose de\ndécevant ; puis des Novelles de Medtner,\néditées sous une couverture incendiaire où"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.114", "texte": "L'ACTUALITÉ\n443\n\nluttent les caractères russes et latins ; musique\nabstraite, peu captivante, qui dérive plutôt de\nl'école allemande que de l'école russe.\nVIOLON. M. Jongen, souvent coutu-\nmier des enchevêtrements les plus indéchiffra-\nbles, paraît évoluer, avec sa Sonate *, vers des\nformes d'un modernisme moins accentué. Le\nthème initial qui, soit dit en passant, est\nemprunté textuellement à la Tétralogie, se\ndéroule avec aisance et noblesse ; de l'Andante,\nje goûte surtout le thème, dans son éloquente\nsimplicité, et les quelques épisodes en style\nrapsodique. Le finale a de l'élan et de la tenue,\nsinon une originalité bien marquée.\nDans la Pastorale 3 de Paul Dupin la mélo-\ndie, s'entoure d'accompagnements grinçants,\ndont l'acidité nous surprend : M. Dupin nous\na souvent donné mieux, et même beaucoup\nmieux. Le même morceau existe aussi pour\nquatuor à Cordes avec piano.\nLe Lac d'amour 0 de M. Paolo Litta, l'émi-\nnent directeur de la Libéra Esthetica, est\ninspiré de Bruges. C'est une sorte de poème\nsymphonique pour piano et violon, plein de\npoésie subtile où le Nord et le Sud, l'ltalie et\nla Belgique s'allient de curieuse façon. Très\n•difficile, cette œuvre mériterait de nous être\nprésentée souvent dans nos concerts. Elle con-\nstitue une des plus intéressantes manifestations\nde la Jeune Italie.\nCHANT. Quant à M. Cyril Scott, qui\npasse pour un des meilleurs musiciens de\nl'Angleterre, et n'est même pas tout à fait\ninconnu sur le continent, il a déjà produit des\nœuvres de valeur ; comment se laisse-t-il aller\nà publier des pages comme ces 3 petites mélo-\ndies : Scotch Lullaby ; a Spring et Arietta 4\noù la banalité ne le cède qu'à la platitude.\nNous sommes habitués, en France, à faire une\ndistinction entre le répertoire des Minstrels,\nnègres ou non, et celui des artistes, et nous ne\ncomprenons guère qu'un musicien convaincu\nse plaise à fournir indifféremment l'un ou\nl'autre.\nVoilà maintenant un chœur pour deux\nvoix d'enfants : La Rivière de chez nous,1\nd?Auguste Chapuis. Ces enfants, s'ils sont un\npeu observateurs, se demanderont peut-être ce\nque vient faire, à la 6e mesure de l'accompa-\ngnement, dans un trait en la mineur, ce fa\ndièze, si peu joli et si peu justifié. Enfin, voici\nde la musique : deux recueils de Debussy : le\nPromenoir des deux Amants, et Trois ballades de\nFrançois Villon. 1 Jamais l'auteur n'a poussé\nplus loin les raffinements de la déclamation\nmoderne et la recherche exquise de l'harmo-\nnie ; il a trouvé là des accompagnements\ninimitables, fluides, allégés, où s'égrène de\nproche en proche une brève dissonance de\nseconde, telle une gouttelette d'eau qui roule\ndans la vasque d'une fontaine. La dernière\nballade de Villon écrite dans une intention\ncomique, avec un accompagnement staccato,\nalerte et malicieux, un peu agressif parfois,\ncomme un babillage qui pourrait devenir une\ndiscussion, nous parait la meilleure des six.\nPARTITION PIANO ET CHANT.\n—La Forêt Bleue,1 de M. Aubert, ne nous\nest point inconnue ; c'est celle de Perrault,\ncelle où s'endormit la Belle au Bois dormant,\noù le Petit Poucet faillit être dévoré par\nl'ogre, et où Chaperon Rouge rencontra le\nloup, qui du reste ne la mangea point pour\ncette fois. Car le librettiste de M. Aubert,\nM. Jacques Chenevière, s'est permis quelques\nfamiliarités à l'égard du texte classique. Pour\ngrouper en un même scénario les personnages\nde trois contes différents, il a fallu nécessaire-\nment donner plus d'une entorse à la tradition,\nprocédé plausible, mais qui ne va pas sans\nnous choquer un peu.\nCette forêt bleue nous rappellera encore\ncelle où Hânsel et Gretel, perdus, eux aussi,\nà la nuit tombante, rencontrèrent, non l'ogre,\nmais la fée Grignotte. Et la comparaison sera\ninfiniement dangereuse, pour le livret comme\npour ia musique. Les personnages de Humper-\ndinck, très robustes, assez terre à terre, ont\nplus de vitalité que ceux de la forêt bleue,\nvolontairement confinés dans le domaine im-\nprécis de la légende. La musique de M.\nAubert, poétique et raffinée, un peu étiolée,\npeut être touchera quelquefois au point où la"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.115", "texte": "444\nL'ACTUALITÉ\n\ntendresse devient de la fadeur, et l'expressivite,\nde la sensiblerie. Le prince et la princesse,\nbien languissants, prolongeront un peu trop\nleurs duos d'amour ; l'inévitable chœur des\nFileuses n'est guère original ; le non moins\ninévitable chœur des Moissonnsurs se soutient\nà peine un peu plus par une certaine verve\npopulaire. Cela dit, signalons mille détails\ncharmants ; les chœurs des fées, exquis d un\nbout à l'autre. Puis au ir acte, le mouvement\nmélodique qui accompagne le jeu de scène\ndes deux enfants, portant ensemble un seau\nd'eau trop lourd pour eux ; l'arrivée de la\nBoulangère, sur un air connu, auquel une\nharmonisation amusante, donne un aspect\ndrôlement rébarbatif ; dans l'Acte suivant, la\nphrase obséquieuse du Petit Poucet: \" Vous ne\nvous êtes pas enrhumé sur la mousse ? \" Puis\nle trio des enfants qui trépignent autour du\ngéant débotté, pendant que les fanfares de la\nsuite du prince se font entendre au loin dans\nla forêt. Et si nous trouvons que la musique\nsouligne avec une instance un peu puérile les\nrugissements du loup, les vols de papillons, et\nles battements d'aile des oiseaux, nous nous\nrappellerons que les Contes bleus sont faits\npour les petits enfants.\nUne seule chose nous étonne, c'est que\npareille œuvre musicale n'ait pas été tentée\ndepuis longtemps déjà. Les Contes de Perrault,\nen raison de leur imprécision même n'inspire-\nront peut-être jamais bien brillamment les arts\nplastiques : Petit Poucet et Chaperon Rouge\nn'ont pas encore franchi les limites de la\nsimple imagerie. Mais la musique a le pouvoir\nde leur faire raconter mille choses encore,\nsans les faire sortir au domaine du rêve.\nSachons gré à M. Aubert de l'avoir si bien\ncompris, et souhaitons d'entendre très prochai-\nx. /\nnement sa Forêt Bleue.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.116", "texte": "REVUES ET PÉRIODIQUES REÇUS\nNous la liste des revues et périodiques que nous recevons dans les bureaux de la Section\nde Par is. Nous attirons tout par ticulièrement l attention de nos collègues parisiens sur cette collection qu 'ils\nne connaissent pas tous et qu ils pourront consulter au siège de la Section, 22 rue Saint-Augustin\ntous les Jeudis après-midi.\nAnthropos, Modling [Basse\nAutriche).\nArs et Labor, Milan.\nL'Art Décoratif, Paris,\nArt Moderne, Bruxelles.\nArte Musical, Lisbonne.\nBalance, Moscou.\nBayreuther Blâtter, Bayreuth.\nBibliofilia, Florence.\nChronique Médicale, Paris.\nCœcilia, Strasbourg.\nComœdia illustré, Paris.\nCourrier musical, Paris.\nCronaca Musicale, Pesaro.\nDeutsche Militar Musiker-\nzeitung, Berlin.\nDeutsche Sângerbundeszeit-\nung, Leipzig.\nLe Diapason, Bruxelles.\nThe Etude, Philadelphie.\nExpress Musical, Lyon.\nLe Feu, Marseille.\nLa Française, Paris.\nGazette Musicale Russe,\nSt. Pètersbourg.\nGrande Revue, Paris.\nGuide du Concert, Paris.\nGuide Musical, Bruxelles.\nDie Kirchenmusik, Pader-\nborn. '\nLeonard's Illustrierte Musik-\nzeitung, Berlin.\nMénestrel, Paris.\nMercure de France, Paris.\nDer Merker, Vienne.\nMonde artiste, Paris.\nMonde Musical, Paris.\nMonde Artistico, Milan.\nMonthly Musical Record,\nLondres.\nMunchner Neueste Nach-\nrichten, Munich.\nMusica, Paris.\nMusica, Rome.\nMusica, musicisti, Milan.\nMusical America, New-York.\nMusical Antiquary, Londres.\nMusical Courier, New-York.\nMusical Opinion, Londres.\nMusica Sacro-Hispana, Bil-\nbao.\nMusical Standard, Londres.\nMusical Times, Londres.\nMusician, Boston.\nMusikalisches Wochenblatt,\nLeipzig.\nNew Music Review, New-\nYork.\nNouvelle revue française,\nParis.\nLa Nuova Musica, Florence.\nL'Occident, Paris.\nL'Orfeo, R orne.\nPan, Paris.\nRevista Musical, Buenos-Air es.\nRevista Musical Catalana, Bar-\ncelone.\nRevista Musicale Italiana, Turin.\nRevue bibliographique belge,\nBruxelles.\nRevue du Chant Grégorien.\no 7\nGrenoble.\nRevue de Hongrie, Budapest.\nRevue des Lettres et des Arts,\nNice.\nRevue Musicale, Paris.\nRevue Musicale de Lyon.\nRevue de Synthèse Historique,\nParis.\nRheinische Musik und Theater\nZeitung, Cologne.\nLa Rinascita Musicale, Parme.\nSanta Cecilia, Turin.\nSchweitzerische Musik Zeitung,\nZurich.\nSignale fur die Musikalische\nWelt, Berlin.\nSymphonia, Naples.\nThéatra, Marseille.\nTribune de St. Gervais, Paris.\nVers et Prose, Paris.\nVie Musicale, Lausanne.\nZeitschrift fiirlnstrumentenbau,\nLeipzig.\nZenevilag, Budapest."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.117", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nH. QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages ... 5 fr.\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40 10 fr.\nÀ. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conserves dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du Xllle siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • > 150 fr.\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de ïArsenal (Xllle siècle), 15 livrai-\nsons de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. ECORCHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vni7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique - . 5 fr.\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages . . .* .\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOCHET. Traité. de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. Un volume in-40 de 150 pages.\nL. LALOY. Kîn fou. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\n,\nLE COMITE DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tiersot."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.118", "texte": "JAQUES-DALCROZE\nCours, d'Octobre 1910 à Juin 1911, dans les salies de\nl'ancien Palais des Etats, à Dresde=Altes Staendehaus,\nÛRESDEN A.\nDÉVELOPPEMENT DU SENS RYTHMIQUE ET MÉTRIQUE; ÉTUDE\nDU RYTHME MUSICAL ET PLASTIQUE; FORMATION\nDE L'OREILLE.\nCOURS NORMAL pour les futurs maîtres de gymnastique rythmique selon la\nméthode Jaques-Dalcroze.\nCOURS DE THEATRE pour les chefs-d'orchestre, régisseurs, chanteurs et danseurs.\nCOURS D'ENFANTS pour l'âge de 6 à 12 ans.\nCOURS D'AMATEURS pour garçons, filles et adultes.\nProspectus (cours, conditions etc.) et renseignements au bureau de l'lnstitut :\nBildungs Anstalt fur MusiK und Rythmus\nDRESDEN 15 Hellerau.\n\nEditions M. Senart, B, Roudanez «S Cie, Paris\nSocial : 20, RUE DU DRAGON Vente au détail : 9, RUE' DE MÉDICIS.\n\nMUSIQUE CLASSIQUE à 25 centimes\nÉdition en grand format publiée sous la Direction artistique de VINCENT D INDY\n\nMusique de Chambre\n(ÉCOLES ANCIENNES)\nCorelli Couperin Rameau Mondonville\nDu- Caurroy —• Masciti\nTrios et Quatuors avec accompagnement.\n\nChansons mondaines\ntf\nDES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES FRANÇAIS\npubliées par Henry Expert\nHarmonisées par Emile Desportes\nChaque chanson en grand format O fr. 50\n\nJ. DEBROUX:.\nLes Maîtres du Violon, au XVIIe et XVIIIe\nsiècle\n25 sonates déjà parues net 2 fr.\n\nPAUL DUPIN\nPoèmes pour Ouatuor à Corde . . 4 fr. net\nPastorale, piano et violon .... 1.7°\nRecueil de mélodies 7 fr. net\n\nENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.119", "texte": "Retraite d'Artiste\n\nPar ces temps d'automobilisme à outrance,\nles nombreux voyageurs qui sillonnent la route\nde Bordeaux à Bayonne de toute la vitesse de\nleur 40 chevaux, ne se doutent pas que der-\nrière le rideau de pins, de chênes ou de\nbruyères, source d'impressions mélancoliques\nqu'ils brûlent impitoyablement, se cachent des\npaysages enchanteurs, véritables oasis, semées\nçà et là, pour reposer les yeux et l'esprit\nd'une désolation pa\"V trop persistante. Qu'ils\ndonnent uh coup de frein et s'arrêtent un\ninstant devant le tableau que nous allons leur\nprésenter : ils ne le regretteront pas..\nC'est un petit village : cinq ou six maisons\ntrès proprettes, très blanches se groupent au-\ntour d'une église sans prétention et sans style,\nmais aux allures de vieille coquette qui semble\nvouloir se laisser deviner ou se faire désirer au\nmilieu du bosquet et de la verdure qui la\ndérobent aux regards.\nLe village est civilisé. Les maisons sont\ndeux auberges, le bureau de tabac, une cabine\ntéléphonique, la mairie, le presbytère, une\nmaison d'école, reliés par un boulevard tout\ncomme au cœur de Paris, et une place en\nquinconces semblable à celle de Bordeaux.\nNotre petit village n'a rien à envier aux plus\ngrandes cités et sagement il ne leur envie\nrien. Sa population ne l'encombre point, elle\ns'étend dans la campagne et ne se réunit\nqu'aux temps de repos, le Dimanche et les\njours fériés, pour traiter les affaires de la\ncommune, satisfaire sa piété ou prendre quel-\nques instants de distraction.\nAussi le voyageur peut sans crainte s'avan-\ncer seul, guidé par des écriteaux nombreux\nqui témoignent d'une administration pré-\nvoyante et surtout très jalouse de ses droits,\nsuivre une jolie route qui serpente, qui descend\nvers une rivière rieuse que l'on traverse sur\nun pont rustique appelé, hélas ! à disparaître\nbientôt, qui remonte ensuite dans un bois de\npins passé à la tondeuse, et il se trouve alors\ntout-à-coup devant une pelouse, éclatante de\nverdure, parsemée de bouquets d'arbres d'es-\npèces variées, et sur laquelle un peintre im-\npressionniste a semé quelques taches blanches\net brunes : les troupeaux qu'elles représentent\nannoncent une ferme ou un château. Avan-\nçons encore sans avoir peur d'effrayer les\nlapins qui s'enfuient sous nos pas ou les\nfaisans qui volent sur nos têtes, et sur le flanc\ndu coteau apparaît comme le joyau de tout le\npaysage, une coquette demeure, percée de\nverrières, à la fois castel et villa, semblant\nnous dire : \" Venez, ne craignez point, vous\nserez bien accueilli. \" Devant cette invite gra-\ncieuse, nul ne résiste : point n'est besoin de\nsonner, on pousse un portail toujours ouvert,\net l'on est arrivé.\nDans ces lieux enchanteurs, tout est amé-\nnité, et celui qui les a créés a su leur donner\nla caractéristique de sa propre individualité :\nque le maître soit là, ou qu'il soit sur ses\nterres, le passant est toujours assuré d'être le\nbienvenu. \" Vous venez en touriste, très bien,\nmon cher Monsieur, nous allons faire le tour\ndu propriétaire. \" Et c'est la promenade dans\nles allées ombreuses, la visite aux champs et\naux guérets, on dévale le coteau, on entre\ndans les taillis, et partout le paysage est vivant\net animé, non par les humains dont on n'aper-\nçoit que de rares spécimens, vaquant aux\ndivers travaux des champs, mais par une faune\nvariée destinée aux plaisirs de la chasse. \" Je\nvous conduis au pont du Diable, car nous\navons su nous donner une réduction très\nfidèle des ravins suisses et des cascades pyré-\nnéennes. \" Le tout bien ordonné et posé\nadmirablement à sa place. Pour combler l'il-\nlusion, le cor de Rolland retentit et un écho\nrépond à la tierce. Les Maures ne sont pas\nloin, mais n'ayez nulle crainte, ils sont domes-\ntiqués et vous amènent le char qui doit vous\naider à continuer la promenade. Vous vous\nlaissez doucement conduire et vous n'avez"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.120", "texte": "L'ACTUALITÉ\n449\n\nqu'à admirer un paysage, plein de fantaisie et\nd'imprévu, et néanmoins réglé avec un ordre\nparfait. On sent que celui qui le possède l'a\nvoulu ainsi pour son gran,d amour du Fini\ndans l'Art qui a été le but de sa vie : on com-\nprend alors qu'il ne s'arrache qu'avec peine\nà cette délicieuse solitude, où il trouve toutes\nles sensations, qu'il sut lui-même communi-\nquer aux foules.\nVous saluez, en la quittant, cette demeure\ndu Sage dont votre cœur et vos yeux empor-\ntent une image profonde : L'une et l'autre\nvous ont également conquis.\nEt cependant, quelque suaves qu'aient été\nces impressions, elles ne sont pas compara-\nbles à celles qu'éprouvent les nymphes de ces\nbosquets, lorsque, le soir venu, elles prêtent\nl'oreille aux accents qui sortent de la maison\nsilencieuse le jour, mais vibrante, l'ombre\nvenue, du langage des dieux. Seuls, vous les\nconnaissez, ô chantres des forêts, doux ros-\nsignols qui apprenez à égrener vos roulades\nsur les tendres nocturnes de Chopin ou les\ndouces rêveries de Schumann, que seuls désor-\nmais vous êtes admis à entendre !...\nCar le petit village s'appelle S 1 Avit et celui\nqui n'a plus d'autre ambition que d'étendre\nsur lui sa douce et chère influence, vous l'avez\ndéjà nommé, c'est Francis Planté.\n\nJean de l'Armagnac.\n\nÇà et Là\nLa Société Hàndel inscrit aux programmes\nde ses concerts pour l'année prochaine, les\nœuvres suivantes :\nG. F. Hândel : Satil ; Te Deum de\nDettingen ; Coronation Anthem. Fragments\nde la Fête d'Alexandre et de l'occasional\nOratorio. Concerti grossi.\nLully : Extraits d'lsis et du Triomphe de\nl'Amour.\nSchiitz : Concerts spirituels.\nGossec, Stamitz : œuvres instrumentales, etc.\nLe Société F. S. sous la direction\nde M. G. Bret, annonce pour la saison 1910-\n1911, quatre concerts d'abonnement dont le\npremier aura lieu le 18 novembre avec le pro-\ngramme suivant : Suite en ut majeur pour\norchestre (ire audition); Cantate nuptiale \" O\nHolder Tag\" ; Cantate \" Nous avons\nun nouveau gouverneur \" ; (M\"IC Laupecht\nvon Lamraen de Francfort, M. Demetrio\nFloresco ;) Concerto en mi majeur pour violon\n(M. Daniel Herrmann) ;"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.121", "texte": "45°\nL'AC TU ALITÉ\n\nen sol mineur, pour orgue (M. Joseph Bonnet).\nSera reprise ensuite la série des grandes audi-\ntions avec la Passion selon Saint Matthieu qui\noccupera les soirées du 16 décembre et 17\nmars, le défi de Phœbus et de Pany POde funè-\nbre etc... Comme par le passé, les concerts\nseront donnés salle Gaveau et précédés d'une\nrépétition publique qui aura lieu la veille\n(toujours le jeudi à 4 heures).\nLa \" Neue Bach-Gesellschaft \" vient de\nrecevoir un don important. M. Hermann\nObrist, le sculpteur de Munich, a offert à\ncette Société la précieuse collection de son\nfrère, le conseiller Aloys Obrist, parmi laquelle\nse trouvent des instruments'semblables à ceux\ndont se servait J. S. Bach. Par vénération\npour le travail de son frère, M. Hermann\nObrist a exprimé le désir de voir ces instru-\nments conservés au Musée Bach d'Eisenach,\ndans la maison où naquit le grand musicien ;\nnulle place ne pouvait mieux convenir à la\ndonation \" Aloys Obrist. \"\nM. Rhené-Baton, Directeur Artistique\ndes Concerts Populaires d'Angers dirigera cet\nhiver, en plus du répertoire classique et\nmoderne —, les œuvres suivantes dont ce sera\nla première audition à Angers : Symphonies\nde Chausson, Boellmann, Casadesus, Gedalge ;\nsuites d'orchestre de Saint-Saëns, Piernè, Mas-\nsenet, Coquard, Casella, Roger-Ducasse ; ouver-\ntures de Paul Dukas, Saint-Saëns, Trèmisot ;\nœuvres diverses de Vincent d'*lndy, Borodine,\nStravinsky, Sporck, Jaques-Dalcroze, Debussy,\nGemain, Samazeuilh, Golestan, Brisset, Enesco\net parmi les œuvres classiques : Symphonie de\nHaydn, Serenade de Mozart, concerto grosso\nde Corelli, concerto pour 4 violons de Vivaldi,\nPastorale de l'oratorio de Noël de Bach, Airs\nde ballet et cantates de Rameau.\nM. Rhené-Baton donnera également deux\nconcerts avec chœurs. Dans l'un il exécutera\nla Damoiselle Ecue de M. Debussy. L'autre\nconcert sera entièrement consacré à une des\ngrandes œuvres de Berlioz.\nL'intéressante Société des Concerts Fran-\nçais, de Londres, annonce, pour cette saison,\ncinq concerts consacrés aux œuvres de\nFauré, d'lndy, Debussy, Chausson, Pierné,\nCaplet, Ducasse, Lenormand, Koechlin, Fl.\nSchmitt, Moret, de Castillon, Woollett, etc.\nLes artistes engagées sont : Mmes Durand-\nTexte, Willaume-Lamber, Blanche Marchesi,\nMarcelle René Doire, Melle Autran, MM.\nDumesnil, A. Mangeot, la \" Société des\nInstruments à vent \" et le \" Quatuor vocal\nMauguière.\"\nCette troisième saison de concert aura\ncertainement le même succès que les précé-\ndentes et tous les musiciens applaudiront à\nl'activité que déploie chaque année M. J. T.\nGuéritte.\nVoici les principales œuvres qui seront\ndonnées cet hiver à Leipzig: Berlin : Requiem\n(exécution intégrale), symphonie Fantastique,\nouvertures, etc. ; Charpentier : Impressions\nd'ltalie; Debussy : La Damoiselle élue, Iberia;\nSchubert : Stabat Mater, symphonies; Bruckner :\nMesse en fa min., symphonies ; Haydn :\nMesses, oratorios, symphonies, etc. ; Liszt :\nChristus, Messe de Grau, Sainte Elisabeth,\nle 13e psaume, symphonies, poèmes symphoni-\nques, concertos, œuvres pour piano, etc. ;\nBach : Cantates, Passion selon St Jean, Messe\nen mi, etc. ; Handel : Deborah, Baltazar,\nconcerti grossi, cantates, etc.\nŒuvres de Wogrsch, Nowowiezski, Schu-\nmann, E. Koch, Beethoven, R. Strauss,\nMahler (4e symph.), C. Horn, Tschaïkowsky,\nDukas, Blegle, Brahms, etc.\nNotre collègue Adolphe Boschot vient\nde prendre à Y Echo de Paris la succession du\nregretté Arthur Coquard. Nous adressons nos\nbien vives félicitations à notre ami Boschot,\net nous constatons avec grand plaisir que, de\ntous les candidats à ce poste envié, c'est un\nmembre du bureau de notre Section Parisienne\nde la S. I. M. qui a été élu.\nUn autre de nos collègues, M. Gabriel\nAstruc, Directeur de la Société Musicale reçoit\nla croix de la légion d'honneur, que son in-\nlassable zèle pour la musique, lui avait depuis\nlongtemps méritée. Nous n'oublions pas que\nM. Austruc fut un des promoteurs de notre\nSection, à laquelle il donna généreusement\nasile dans le pavillon de Hanovre, pendant les\npremières années de notre existence. Nos plus"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.122", "texte": "L'ACTUALITÉ\n451\n\nsincères compliments au collègue aimable, et\nau sympathique Directeur de la\nLe 2 2 octobre commençait à l'opéra-\ncomique la série des Concerts Historiques de la\nMusique que M. Carré eut la bonne idée d'orga-\nniser et qui ont pour objet,cette année, l'histoire\nde la Mélodie. Notre collègue M. Henri\nExpert, bibliothécaire du Conservatoire, fit\nune courte mais éloquente conférence sur la\nMélodie du Moyen âge et de la Renaissance ;\nles auditeurs, ainsi avertis, goûtèrent beaucoup\nla musique des Marcabru, Rambaud de\nVaqueiras, Thibaud, roi de Navarre, Janne-\nquin, Claude le Jeune, du Caurroy, Mauduit,\ndont les interprètes, est-il besoin de le dire,\nrendirent si bien l'apparente naïveté. Ces con-\ncerts sont l'indice que le goût du public\ns'oriente peu à peu vers la musicologie : voilà\nbien de quoi se réjouir.\nLa Société Haendeldont nous avons\npublié d'autre part le programme de la saison,\ndonnera à l'Eglise S 1 Eustache, le 22 novem-\nbre, à 3 heures, une exécution intégrale du\nTe Deum de Dettingen (1743) de G. F.\nHaendel. On peut se procurer des cartes\nd'entrée à la Sacristie de S 1 Eustache.\nSous le titre, Chanso le déli-\ncat poète Pierre Reynielvient de faire paraître\nun recueil de poésies qui sera bien accueilli\ndes lettrés et des musiciens.\nAlfred Cottina repris ses leçons\nparticulières et ses cours I 24bis Avenue de\nVilliers où il reçoit le Samedi de 5 h. à 7 h.\nNous sommes heureux d'annoncer à nos\nlecteurs que notre correspondant de Nancy,\nM. H. Parisot vient d'être nommé Secrétaire\ndu Conservatoire de cette ville. Toutes nos\nfélicitations."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.123", "texte": "Notre encartage\nLa Rédaction.\nNous publions ce mois-ci, sous forme d'un encartage, une\n*\nBibliographie de la musique exotique, a laquelle notre collègue\nM. Q. Knosp a depuis longtemps consacré ses efforts. Cette\nbibliographie paraîtra successivement dans chaque numéro, et\nformera une brochure de trente-deux\nd un certain nombre d'ouvrages du même genre. S. I. M. espère que\ntous les chercheurs lui sauront gré de mettre à leur disposition des\ninstruments de travail et d investigation dont notre histoire musicale\nsent l'impérieux besoin.\n\nSOCIÉTÉ MUSICALE, G. ASTRUC & Cie, 32, Rue Louis-le-Grand, (Pavillon de Hanovre).\nSALLE GAVEAU, 45, Rue La Boëtie, PARIS\nLe SAMEDI 19 NOVEMBRE 1910, à 9 heures du soir\nCONCERT donné par\nENSEMBLE VOCAL SPOEL\nSous le Haut Patronage S. M. LA REINE MÈRE DES PAYS=RAS\net sous la Direction de M. ARNOLD SPOEL\nProfesseur de chant au Conservatoire Royal de La Haye\nPremière Partie PROGRAMME Deuxième Partie\n\n1. a. Tenebrae factae sunt . . .\nb. Ecce, quomodo moritur . .\nc. O vos omnes\n2. Crucifixus\n(Chœur à 8 voix).\n3. a. Du Hirte Israëls (Vous, ber\nger d'lsraël)\nb. Ave Verum\n4. Trauergesang (Chant funèbre)\nPalestrina (1514-1594)\nGallus (1550-1591)\nF. A. Valotti\n(1697-1780)\nA. Lotti (1667-1740)\nDimitri Bortnianski\n(1752-1825)\nW. A. Mozart\n(1756-1791)\nMartin Blumner\n(1827-1898)\n\n5. Noël . . .\n6. a. La Violette,\nArnold Spoel 1859\n1650\nb. Grisélidis\nBrunettes à 4 voix.\n7. a. O dolci lacci\n) L. Cherubini\nb. Vieni, vieni nei boschetto . . . ) (1760-1842)\nCanons à 3 voix de femmes.\n8. Calme des Nuits C. Saint-Saëns (1835)\n9. a. Bede voor het Vaderland.\n(Prière pour la Patrie) .... A. Valerius (1625)\nb. 'k Kwam laestmael over bergen \\\nen dalen (Je cheminais par I Vieilles Chansons\nmontagnes et vallées) .... V Néerlandaises\nc. Slaep, kindeke, slaep (dors mon l du XVIII siècle\nenfant, dors) /\nAdaptées par Florimond Van Duyse (1843-1910)\n10. O che bon ecco Oiiando di Lasso\n(Chœur à 8 voix) (1532-1594)\n\nBILLETS"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.124", "texte": "Librairie CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, PARIS.\nPUBLICATIONS NOUVELLES\n\"COLLECTION PALLAS\"\nCharmants vol. in-16, sur beau papier vergé, broché 3 fr. 50\nRelié, peau souple 5 francs.\nC est dans cette Collection, qui peut etre mise entre toutes les mains, qu'ont déjà paru :\nANTHOLOGIE DES POÈTES FRANÇAIS DU xixe SIÈCLE (1800 à 1866), par G. Pellissier.\nANTHOLOGIE DES POÈTES FRANÇAIS CONTEMPORAINS (1866 à nos jours), par G. Walch.\nVICTOR HUGO. Morceaux choisis, Prose, par J. Steeg.\nPoésie, par\nThéâtre par H. Parigot.\nALFRED DE MUSSET. Œuvres choisies (prose et poésie), par E. Morillot.\nALFRED DE VIGNY. Œuvres choisies (prose et poésie), par Tréfeu.\nFERDINAND FABRE. Œuvres choisies, par Maurice Pellisson.\nRUDYARD KIPLING. Traduction française. Œuvres choisies, par Michel Epuy.\nElle se continuera par la publication de I'ANTHOLOGIE DES PROSATEURS FRANÇAIS\nCONTEMPORAINS (1850 à nos ours), qui comportera 3 vol. :\nTome I. Les Romanciers.\nTome 11. Les Historiens Mémorialistes Ecrivains et orateurs politiques.\nTome lII. Les Critiques littéraires Critiques d'art Moralistes Philosophes Écri-\nvains et Orateurs religieux Ecrivains scientifiques Divers.\nVIENT DE PARAITRE :\nANTHOLOGIE DES\nPROSATEURS FRANÇAIS\nCONTEMPORAINS\nTOME I.\n(1850 à nos Jours)\nLES ROMANCIERS\nPAR G. PELLISSIER\nDocteur ès-lettres.\nCe volume de 500 pages environ comprend, pour chaque auteur, une notice biographique et\nbibliographique et la reproduction d'un autographe. Il a été fait un choix d'extraits pris dans les\nŒuvres les plus caractéristiqLies.de chaque écrivain. L'ordre chronologique a guidé le classement,\nsans aucune exclusion ni parti pris d'école. Une préface reconstitue l'histoire du Roman pendant\nces soixante-dix dernières années.\nPRINCIPAUX AUTEURS CITES\nV. Hugo.\nFromentin.\nO. Feuillet.\nG. Flaubert.\nErckmann Chatrian.\nLes Goncourt,\nA. Dumas fils.\nF. Fabre.\nE. About.\nJ. Verne.\nV. Cherbuliez.\nSOUS PRESSE :\nH. Malot.\nG. Droz.\nA. Theuriet.\nJ. Vallès.\nL. Halévy.\nE. Le Roy.\nJ. Claretie.\nA. Daudet.\nE. Pouvillon.\nE. Zola.\nA. France.\nV. de l'lsle Adam.\nHuysmans.\nO. Mirbeau.\nG. Ohnet.\nM. de Vogue.\nJ. Richepin.\nGyp.\nG. de Maupassant.\nP. Loti.\nElémir Bourges.\nP, Bourget.\nJ. Lemaître.\nRodenbach.\nL. Descaves.\nJ.-H. Rosny.\nHervieu.\nRod.\nA. Capus.\nCourteline.\nP.-V. Margueritte.\nP. Adam.\nM. Barrés.\nA. Hermant.\nM. Prévost.\nH. de Régnier.\nJ. Renard.\nL. Daudet.\nP Louys.\nM. Tinayre.\nG. Farrère.\nCtesse de Noailles\nR. Boylesve.\nG. Lecomte, etc.\nANTHOLOGIE DU THEATRE FRANÇAIS CONTEMPORAIN\npar G. PELLISSIER\nCe volume sera conçu sur le même plan que le précédent, avec notices et autographes.\nIl contiendra prose et vers."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101115-01.1.125", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A »\nY:\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\n''' ' 1\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\nEDI ! lON POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}